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-The Project Gutenberg eBook of L'Art du Cuisinier, Volume 1, by Antoine
-Beauvilliers
-
-This eBook is for the use of anyone anywhere in the United States and
-most other parts of the world at no cost and with almost no restrictions
-whatsoever. You may copy it, give it away or re-use it under the terms
-of the Project Gutenberg License included with this eBook or online at
-www.gutenberg.org. If you are not located in the United States, you
-will have to check the laws of the country where you are located before
-using this eBook.
-
-Title: L'Art du Cuisinier, Volume 1
-
-Author: Antoine Beauvilliers
-
-Release Date: March 31, 2021 [eBook #64976]
-
-Language: French
-
-Character set encoding: UTF-8
-
-Produced by: Frank van Drogen, Hans Pieterse and the Online Distributed
- Proofreading Team at https://www.pgdp.net (This file was
- produced from images generously made available by the
- Bibliothèque nationale de France (BnF/Gallica) at
- http://gallica.bnf.fr)
-
-*** START OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK L'ART DU CUISINIER, VOLUME 1 ***
-
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-
- Au lecteur.
-
- Pour visualiser correctement les pages à deux colonnes ou la Table
- des matières il convient d'utiliser une police à chasse fixe
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- L'orthographe d'origine a été conservée et n'a pas été harmonisée,
- mais quelques erreurs clairement introduites par le typographe ou
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- La ponctuation a été tacitement corrigée à plusieurs endroits.
-
-
-
-
- L’ART
-
- DU CUISINIER.
-
-
- Vous qui, jusqu’à ce jour, étrangers à mes lois,
- Avez suivi vos goûts sans méthode et sans choix;
- Qui, dans votre appétit réglé par l’habitude,
- Ne soupçonnez pas l’art dont j’ai fait mon étude;
- Ma voix va vous dicter d’importantes leçons:
- Venez à mon école, ô mes chers nourrissons!
-
- (_Gastronomie, chant_ 1er.)
-
-
- TOME PREMIER.
-
-
- IMPRIMERIE DE J. L. CHANSON,
- RUE ET MAISON DES MATHURINS, Nº 10.
-
-
-
-
- M’étant conformé aux Ordonnances, je déclare que je poursuivrai,
- suivant toute la rigueur des lois, tous contrefacteurs et adhérens;
- et pour assurer la garantie de ma propriété, j’ai fait apposer,
- au timbre sec, les deux lettres initiales de mon nom à chaque
- exemplaire de cette édition.
-
- [Signature: A. Beauvilliers]
-
-
-
-
- L’ART
-
- DU CUISINIER,
-
-
- PAR A. BEAUVILLIERS,
-
- Ancien Officier de MONSIEUR, comte de Provence, attaché
- aux Extraordinaires des Maisons royales, et actuellement
- Restaurateur, rue de Richelieu, nº 26, à la grande Taverne
- de Londres.
-
-
- TOME PREMIER.
-
- [Illustration sign: Jubin Sculp.]
-
-
- A PARIS,
- CHEZ PILET, IMPRIMEUR-LIBRAIRE, RUE CHRISTINE, Nº 5.
- IL SE VEND AUSSI
- CHEZ { COLNET, LIBRAIRE, QUAI DES PETITS-AUGUSTINS,
- { ET LENOIR, LIBRAIRE, RUE DE RICHELIEU, Nº 35.
-
- 1814.
-
-
-
-
- A MONSIEUR LE MARQUIS
-
- DE LA VOPPALIÈRE.
-
-
- _Monsieur_,
-
-_L’intérêt que vous m’avez témoigné me détermine à vous faire hommage
-de ce Traité sur l’_Art du Cuisinier_. De tout temps les personnes
-distinguées par leurs talens dans cette profession, les voluptueux
-même, qui voulaient donner les préceptes de leur expérience, ont cru
-devoir les faire paraître sous des noms distingués. Platina, le fameux
-écrivain de la_ Vie des Papes, _a dédié au cardinal Roverella ses
-Recherches_ sur l’Art de préparer les Mets d’une manière qu’il dit être
-agréable, et utile pour la santé. _D’autres maîtres dans ce même art
-ont imité cet exemple, et vous m’avez permis de le suivre à mon tour.
-Mes leçons, recommandées par votre suffrage, n’en auront que plus de
-faveur. Si le jugement avantageux que vous portez sur les objets de
-goût est une marque assurée de leur prix, ma Théorie ne peut manquer de
-jouir de la plus heureuse prédilection. Vous savez qu’elle est appuyée
-d’une longue expérience, et je ne puis craindre les illusions de
-l’amour-propre, quand je la vois appuyée de vos éloges et de ceux des
-vrais connaisseurs._
-
-_J’ai recueilli les méthodes des plus grands maîtres; je ne me suis
-permis d’exposer des vues d’amélioration, qu’après les avoir long-temps
-vérifiées, et j’ai pris soin de développer les détails nécessaires pour
-former un système complet. Je n’ai pas oublié les moyens économiques,
-soit pour la manipulation, soit pour la conservation des alimens. Les
-hommes opulens peuvent apprendre dans mon Ouvrage comment ils
-doivent tirer parti du produit de leur jardin, de leur basse-cour et
-de leur chasse; comment ils peuvent, sans beaucoup de frais, avoir des
-mets exquis, et trouver tout à-la-fois plaisir et santé._
-
-_L’opulence fut toujours amie de la bonne chère: c’est tout à-la-fois
-le luxe qui coûte le moins, et la jouissance, peut-être, la plus pure.
-Vous avez toujours été persuadé, Monsieur, que la Sagesse elle-même
-devait jeter des fleurs au milieu des épines inséparables de la vie:
-souvent, dans un banquet, elle renouvelle ses forces morales; les liens
-de la société deviennent plus étroits; et des rivaux ou des ennemis
-ulcérés finissent par n’être que des amis ou des convives. Des hommes
-étrangers l’un à l’autre participent a l’intimité de la famille; la
-différence des rangs s’éclipse; la faiblesse s’unit à la puissance;
-les mœurs se polissent; et l’esprit électrisé prend un nouvel essor.
-C’est peut-être au milieu des festins, dans la meilleure compagnie de
-Paris et de Versailles, que vous avez puisé cette urbanité qui vous
-caractérise, cette connaissance du grand monde qui sait tout apprécier
-d’un coup d’œil._
-
-_Vous me permettrez de mêler ma voix au concert de vos louanges. Tous
-ceux qui ont l’avantage de vous connaître n’ont eu qu’à se louer de
-votre empressement à les obliger, et furent souvent les témoins de
-votre bonté, de vos vertus: à des connaissances variées, vous avez
-joint une tranquillité d’âme, toujours la même au milieu de l’orage;
-et je puis dire que l’épicurien le plus aimable est aussi un modèle de
-raison et de philosophie._
-
-
-
-
-DISCOURS PRÉLIMINAIRE.
-
-
-La cuisine, simple dans son origine, raffinée de siècle en siècle, est
-devenue un art difficile, une science compliquée sur laquelle beaucoup
-d’auteurs ont écrit, sans avoir pu l’embrasser dans son ensemble. Nos
-plaisirs sont si rares, les idées qui peuvent servir à les renouveler
-sont si fugitives et si variables, qu’il est bien permis de vouloir
-les fixer; et c’est sans doute une ambition bien naturelle à l’homme
-que celle d’étendre le domaine de ses jouissances, en mettant à profit
-les présens de la nature. Nous suivons tous, bon gré mal gré, ce point
-de vue; et le bonheur consiste dans le secret d’en approcher plus ou
-moins. Les personnes les plus austères, celles qui ne se font aucun
-scrupule de blâmer les fantaisies d’un superflu souvent nécessaire,
-sont elles-mêmes bien aises d’en profiter; et ne manqueraient pas
-de ressentir une privation, si ces fantaisies étaient pour elles
-une habitude qui ne fût plus à leur portée. D’ailleurs, puisqu’il
-est impossible de nous réduire à la sauce des Lacédémoniens, il est
-sans doute bien plus raisonnable de jouir des raffinemens de notre
-sensualité que de s’en plaindre; il est bien plus conforme à nos
-goûts de l’augmenter que de la diminuer. Nos aimables épicuriens
-goûteront ma théorie, et peut-être, bien loin de la censurer, ils
-aimeraient mieux la mettre plus souvent en pratique.
-
-La délicatesse de notre table fut portée, dans le siècle dernier, à un
-tel degré de perfection, qu’il sera bien difficile de la surpasser. Les
-Français se glorifiaient de voir le goût de leur cuisine régner, avec
-le même empire que leur langue et leurs modes, sur les états opulens de
-l’Europe, du nord au midi. J’ignore si nous avions atteint la recherche
-des grands de l’Asie, ou des Lucullus de l’ancienne Rome; toujours
-est-il vrai que nous étions reconnus à cet égard pour les arbitres de
-l’élégance; et que notre supériorité n’était plus mise en question.
-Les délicats, occupés d’idées moins dangereuses et plus réelles que
-celles auxquelles se livraient nos philosophes métaphysiciens, avaient
-fait la suite d’observations que leur fortune avait pu leur permettre;
-la doctrine des hommes distingués dans l’art était fixée; ils
-n’espéraient plus lui voir faire des progrès, toujours prêts d’ailleurs
-à encourager la découverte d’un nouveau plaisir. J’ai eu l’occasion
-de faire l’épreuve des méthodes les plus accréditées, souvent même de
-les améliorer, après des expériences successives; et c’est le tableau
-de ces améliorations, de mes procédés particuliers que je présente,
-avec toutes les circonstances nécessaires, même pour l’élève qui ne
-serait pas au fait des premiers élémens.
-
-Il ne s’agit point ici d’entrer dans de longs détails sur l’art du
-cuisinier, mais de réunir, suivant l’ordre des saisons, les mets en
-vogue aux mets exquis anciens, et d’en former un ensemble qui puisse
-donner aux amateurs une idée précise d’un repas excellent et bien
-servi. Si je puis me féliciter d’avoir étendu les limites de nos
-connaissances dans cette matière, je puis encore me flatter de leur
-donner un nouvel attrait, à la faveur d’un aperçu clair et rapide qui
-se concilie très-bien avec les considérations de l’économie.
-
-Sans doute la curiosité peut déterminer à faire de nouvelles
-expériences; le besoin de varier peut amener des changemens qui, sans
-altérer le principe d’un mets, le modifient au moyen d’une simple
-décoration; et c’est alors qu’on peut lui donner tel nom qu’on voudra.
-Un chef de cuisine ingénieux, tel qu’un Laguippière, un Dalègre, un
-Lenoir, etc., ajoute ou supprime quelque chose à un mets connu, dans
-la manière de le composer ou de le décorer; il lui donne un nom de
-fantaisie, par exemple celui du patron auquel il est attaché. Cette
-variété d’expressions, pour exprimer la même idée, peut égarer l’élève
-qui cherche à se perfectionner, et produire une certaine confusion
-dans la manière de préparer le mets; mais cette qualification nouvelle
-donne à ce mets connu les grâces de la nouveauté; il perd son nom
-primitif, et c’est sous le nom moderne qu’il est mis en œuvre dans
-toutes les cuisines. Ainsi, par exemple, ont été nommées _Côtelettes à
-la Soubise_, celles _à la Purée d’Oignons_, etc.
-
-Bien loin de me piquer de copier servilement ce que d’autres érudits
-dans cet art ont écrit ou fait sous ce rapport, j’ai fait différentes
-innovations reconnues utiles; et je me fais un devoir particulier
-d’exposer avec précision ma méthode; je la crois perfectionnée d’après
-les premiers officiers de bouche, contrôleurs des maisons royales,
-d’après les cuisiniers qui jouissaient de la plus grande réputation
-dans leur état, et à l’école desquels je l’ai apprise et exercée. Je
-donne une instruction circonstanciée, et des idées nouvelles, par
-exemple, sur les meilleurs moyens de distiller les liqueurs, de choisir
-les vins, de les transvaser, de les conserver et de les réparer au
-besoin. J’offre un système complet pour tout ce qui concerne l’Office
-en général, comme glaces, conserves, etc. J’indique les mets les
-plus exquis et les plus vantés de la cuisine anglaise, que j’ai eu
-l’avantage de transplanter le premier en France. Une mère de famille
-pourrait trouver dans ce livre la manière de faire tous les mets
-connus, ainsi que ceux qui sont de mon invention, et présider elle-même
-à leur composition.
-
-Je donne mes procédés dans tous leurs détails; je présente mes
-services de table dans les divers genres, tels qu’ils doivent être, et
-particulièrement tels qu’ils furent à l’époque où les étrangers mêmes
-rendaient justice à la finesse de notre goût et au raffinement de notre
-luxe. J’ai fait des réformes, des améliorations pour aller du bien au
-mieux. J’ai cru devoir ajouter dans la table des matières, à l’article
-des mets énoncés, un numéro qui renvoie à l’art de leur composition.
-Cette indication m’a paru nécessaire pour la commodité et pour la
-clarté.
-
-Je puis me flatter d’avoir fourni dans cet Ouvrage, soit aux
-maîtres-d’hôtel et chefs de cuisine, soit aux chefs d’office, soit
-aux amateurs, avec l’aide du cuisinier le plus ordinaire, les moyens
-les plus simples et les moins dispendieux de faire un grand et beau
-service. Une expérience de quarante-quatre ans me garantit le succès
-de ma doctrine. Je la crois une des meilleures; et si je me permets
-cette assertion, c’est plutôt d’après l’opinion générale que d’après
-la mienne. Les hommes qui connaissent le mieux la délicatesse de la
-table n’ont jamais cessé de m’honorer de leur confiance. Fier de
-leurs suffrages, je m’estimerais heureux de contribuer encore à leurs
-plaisirs, et d’ajouter ainsi à leur bonheur. Je présente, dans ce
-tableau des progrès de l’art, mes observations, mûries par une longue
-expérience: ce sont là mes derniers adieux.
-
-
-
-
-SERVICES DE TABLE.
-
-
-PRINTEMPS.
-
-PREMIER SERVICE.
-
-MENU DE QUARANTE COUVERTS, EN GRAS (un dormant).
-
-_Quatre Potages._
-
- 1 printanier. 1 au blé vert.
- 1 aux choux nouveaux. 1 de pâte d’Italie.
-
-
-_Quatre Relevés._
-
- 1 d’une tête de veau en tortue. 1 de rosbif d’agneau piqué.
- 1 d’une pièce de bœuf à 1 d’un turbot.
- l’écarlate.
-
-
-_Seize Entrées._
-
- 1 d’une poularde à la 1 d’une fricassée de poulets
- ravigote.[3] aux petits pois.[3]
- 1 d’un pâté chaud de légumes.[2] 1 d’une noix de veau à la
- dauphine.[3]
- 1 de deux carrés de mouton à la 1 de pigeons à l’hérisson.[8]
- servante.[6]
- 1 de filets de maquereaux à la 1 d’une cuisse d’oie à la purée
- maître-d’hôtel.[4] de pois.[9]
- 1 de quenelles de volaille au 1 de soufflé de gibier.[5]
- velouté.[9] 1 de petits pâtés au salpicon.[7]
- 1 de pieds d’agneau farcis à la 1 de filets de caneton à la
- Villeroi.[4] provençale.[6]
- 1 d’un ragoût mêlé.[7] 1 de palais de bœuf au gratin.[6]
- 1 d’hâtereaux à la
- bourguignote.[8]
-
- [3] Note de transcription: Ces numéros font référence à
- l'emplacement des plats montré dans les planches correspondantes
- à la fin du livre, voir la version illustrée HTML.
-
-
-_Quatre gros Entremets._
-
- 1 d’un pâté de perdreaux 1 d’un biscuit de Savoie.[1]
- rouges.[1]
- 1 d’un jambon glacé.[1] 1 d’un buisson d’écrevisses.[1]
-
-
-_Huit Plats de Rôt._
-
- 1 de poulets à la reine.[4] 1 de soles frites.[1]
- 1 d’une accolade de 1 de levreaux.[3]
- lapereaux.[3] 1 de pigeons ramiers.[5]
- 1 d’une langue de bœuf fumée.[5] 1 de cailles.[4]
- 1 de brochettes d’éperlans.[2]
-
-
-_Seize Entremets._
-
- 1 de concombres farcis.[5] 1 d’œufs pochés au jus.[12]
- 1 de petits pois à la 1 de gelée d’oranges dans
- française.[6] l’écorce.[10]
- 1 de laitues à l’espagnole.[11] 1 de blanc-manger en petits
- 1 de haricots verts à pots.[10]
- l’anglaise.[9] 1 de jalousies.[12]
- 1 de choufleurs au beurre.[5]
- 1 de tartelettes bandées.[7] 1 d’asperges au beurre.[11]
- 1 d’épinards en croustade.[9] 1 de fondus en caisse.[7]
- 1 de beignets de cerises.[8] 1 de beignets de riz.[8]
- 1 de féves de marais à la
- sarriette.[6]
-
-
-_Quatre Salades._
-
- 2 d’herbes. 1 d’olives. 1 de citrons.
-
-
-MENU DE VINGT-CINQ A TRENTE COUVERTS, AVEC DORMANT.
-
-_Quatre Potages._
-
- 1 de garbure.[1] 1 de riz, à la purée de pois.[1]
- 1 aux laitues.[2] 1 à la bisque d’écrevisses.[2]
-
-
-_Quatre Relevés._
-
- 1 d’une matelote à la marinière. 1 d’un quartier de chevreuil.
- 1 d’un cabiau en dauphin à la 1 d’une rouchie de mouton aux
- Ste-Menéhould. haricots verts à la bretonne.
-
-
-_Douze Entrées._
-
- 1 d’ailes de poularde à la 1 de cuisses de poulardes en petit
- maréchale.[5] cygne.
- 1 de maquereaux à l’anglaise.[3] 1 d’une dalle de saumon à la
- 1 de côtelettes de mouton aux génoise.[3]
- laitues.[6] 1 de tendons de veau à la
- 1 d’aspic de filets de poulette.[4]
- lapereaux.[8] 1 de pâté chaud de cailles.[8]
- 1 d’un caneton de Rouen au 1 de popiettes de veau.[6]
- citron.[7] 1 d’ailerons de dinde en
- 1 de morue au gratin à la marinade.[7]
- béchamelle.
-
-
-_Quatre gros Entremets._
-
- 1 d’un gâteau de Compiègne.[1] 1 d’une terrine de neraque.[2]
- 1 d’une hure de sanglier de 1 de buisson de ramequin.[1]
- Troyes.[2]
-
-
-_Quatre Plats de Rôt._
-
- 1 d’un coq vierge.[7] 1 de deux faisans.[7]
- 1 de soles frites.[8] 1 de goujons frits.[8]
-
-
-_Huit Entremets._
-
- 1 d’une crême à l’anglaise.[5] 1 de petits pois.[3]
- 1 d’une tourte aux cerises.[6] 1 de féves de marais.[3]
- 1 de nougat.[6] 1 d’artichauts à la barigoule.[4]
- 1 d’œufs au café.[5] 1 d’asperges à l’espagnole.[4]
- Deux Salades.[9] Huilier.[10]
-
-
-_Quatre Salades._
-
- 2 d’herbes. 1 de citrons. 1 d’olives.
-
-
-MENU DE SEIZE A VINGT COUVERTS.
-
-_Deux Potages._
-
- 1 aux petits oignons. 1 au sagout et à la purée de navets.
-
-
-_Deux Relevés._
-
- 1 d’un rosbif de mouton des 1 d’un dindon en daube.
- Ardennes.
-
-
-_Huit ou dix Entrées._
-
- 1 de côtelettes à la Soubise. 1 de noix de veau en bedeau.
- 1 d’émincée de poularde aux 1 de deux poulets en lézards.
- concombres.
- 1 de ris de veau piqué sur la 1 d’une timbale de lazagnes.
- purée d’oseille.
- 1 de gibelotte de lapereau et 1 de filets de soles à la Horly.
- d’anguille.
- 1 de filets de bœuf en 1 d’une casserole au ris et tendons
- serpenteau. de veau.
-
-
-_Deux gros Entremets._
-
- 1 d’un gâteau de mille-feuilles. 1 d’un carpeau au bleu.
-
-
-_Quatre Plats de Rôt._
-
- 1 de cailles. 1 de pigeons.
- 1 d’un quartier de derrière 1 d’un chapon pané à l’anglaise.
- d’agneau piqué.
-
-
-_Deux Salades._
-
-
-_Huit ou dix Entremets._
-
- 1 d’un biscuit de Nioffe. 1 de petits pois à la française.
- 1 d’un gâteau de vermicelle. 1 de laitues à l’espagnole.
- 1 de crême aux pistaches 1 de choufleurs au beurre.
- renversées.
- 1 de beignets d’abricots. 1 d’artichauts à l’italienne.
-
-
-MENU DE HUIT A DOUZE COUVERTS.
-
- 1 potage en tortue. 1 relevé de truites à la génoise.
-
-
-_Six Entrées._
-
- 1 d’un suprême de poularde 1 de côtelettes de pigeons.
- à la Chingara.
- 1 d’un sauté de lapereaux aux 1 de côtelettes d’agneau à la
- concombres. purée de champignons.
- 1 d’un pâté chaud à la 1 d’une poularde à la Saint-Cloud.
- financière.
-
-
-_Deux Plats de Rôt._
-
- 1 de deux poulets, un piqué. 1 de tourtereaux.
-
-
-_Six Entremets._
-
- 1 de beignets de blanc-manger. 1 de petits pois.
- 1 d’un gâteau à l’italienne. 1 d’asperges au beurre.
- 1 de gelée de citrons. 1 d’épinards au consommé.
- Salade de petite chicorée verte.
-
-
-MENU DE DOUZE À SEIZE COUVERTS, À L’ANGLAISE.
-
-_Potage._
-
- 1 potage en tortue (dite fausse tortue).
-
-
-_Deux Bouts de Table._
-
- 1 d’un dindon bouilli, sauce 1 rosbif aux pommes de terre.
- aux huîtres, ou au céleri.
-
-
-_Six Entrées._
-
- 1 d’une dalle de saumon 1 de maquereaux bouillis, sauce aux
- bouillie, sauce aux câpres, fenouilles, épinards bouillis à
- purée de navets. l’anglaise.
- 1 de deux lapereaux, sauce aux 1 de deux poulets, sauce au persil,
- oignons, choufleurs sans purée de pommes de terre.
- sauce.
- 1 de quatre escalopes de veau. 1 de perdreaux, bré de sauce.
-
-
-SECOND SERVICE.
-
-MILIEU.
-
- 1 quartier de derrière de daim 1 d’une poularde rôtie.
- à la broche, sauce, gelée de 1 d’un levraut farci à l’anglaise.
- groseilles.
-
-
-_Deux Salades._
-
- 1 d’herbes. 1 de citrons.
-
- 1 d’une gelée de vin de Madère. 1 d’une tourte de confiture.
- 1 d’un plombpoutingue, sauce au 1 de woiches rabettes.
- vin de Malaga. 1 d’un poutingue de riz.
- 1 d’une gelée de Rome.
-
-
-_Treize à quinze Assiettes de dessert._
-
- 4 compotes. 2 de mendians et marrons.
- 4 assiettes de fruits crus. 2 de fromages.
- 2 de différens biscuits. 1 assiette montée.
-
-
-HIVER.
-
-PREMIER SERVICE.
-
-MENU DE QUARANTE COUVERTS (un dormant).
-
-_Quatre Potages._
-
- 1 à la bisque d’écrevisses. 1 aux choux à la paysanne.
- 1 à la reine. 1 au ris et au blond de veau.
-
-
-_Quatre Relevés._
-
- 1 turbot, sauce au beurre de 1 aloyau à la Godard.
- Vembre.
- 1 de présalé sur des haricots 1 de casserole au riz, garnie d’un
- à la bretonne. kari de poulets.
-
-
-_Douze Hors-d’œuvres de cuisine._
-
- 1 de sauté de filets de 1 sauté de volaille aux truffes.
- mauviettes au fumet et aux
- truffes. 1 de filets de soles à la
- 1 sauté de saumon à la mayonnaise.
- maître-d’hôtel. 1 de boudin à la Richelieu, sauce
- 1 de petits pâtés d’une bouchée à l’italienne blanche.
- au hachis à la reine. 1 de côtelettes de mouton à la
- 1 de filets de canetons à minute.
- l’orange. 1 de croquettes aux truffes en
- 1 d’hatelets de ris de veau. côtelettes.
- 1 d’oreilles de cochon au 1 de filets de merlans à la Horly.
- menu-de-roi.
-
-
-_Douze Entrées._
-
- 1 poularde à la maréchale. 1 de caisses de foies gras aux
- 1 de manchon à la Gérard. truffes.
- 1 de filet de bœuf, sauce au 1 de côtelettes de veau à la
- vin de Madère. Chingara.
- 1 de poulets à la reine, sauce 1 de cailles au gratin.
- tomate. 1 de laitances de carpes en
- 1 de perdreaux à la Périgueux. matelote.
- 1 de manchon de cabillaud à la 1 d’ailerons de dindon en haricot
- crême. vierge.
- 1 d’un aspic de filets de
- lapereaux.
-
-
-_Quatre gros Entremets._
-
- 1 de baba. 1 d’une longe de veau de Pontoise.
- 1 de jambon de Baïonne glacé. 1 de croque-en-bouche.
-
-
-_Huit Plats de Rôt._
-
- 1 dindonneau. 1 de levrauts.
- 1 de sarcelles. 1 de petits pigeons en ortolans.
- 1 d’éperlans. 1 de soles frites.
- 1 de carpeau du Rhin, au bleu. 1 d’une hure de saumon.
-
-
-_Seize Entremets._
-
- 1 de cardes à l’essence et à la 1 d’épinards en croustade.
- moelle. 1 de truffes sous la serviette et
- 1 de salsifis au beurre. au vin de Champagne.
- 1 de céleri à l’espagnole. 1 de croûtes aux champignons.
- 1 de truffes à l’italienne. 1 de blanc-manger en petits pots.
- 1 de choufleurs au Parmesan. 1 de tartelettes bandées aux
- 1 de gelée au vin de Malaga. confitures.
- 1 de darioles au massepain. 1 de beignets de pommes en
- 1 de beignets de riz. quartier.
- 1 de petites omelettes à la 1 d’œufs pochés à l’essence.
- Célestine.
-
-
-_Quatre Salades._
-
- 2 d’herbes. 1 d’olives. 1 de citrons.
-
-
-MENU DE VINGT-CINQ A TRENTE COUVERTS (un dormant).
-
- _Douze Hors-d’œuvres d’office._
-
- 4 de beurre à l’Enfant-Jésus. 2 de cornichons.
- 2 de salades d’anchois. 2 de canapés.
- 2 de petits radis.
-
-
- _Quatre Potages._
-
- 1 à la Conti. 1 au vermicelle, au blond de veau.
- 1 au lait d’amandes. 1 à la brunoise.
-
-
- _Quatre grosses Pièces._
-
- 1 d’un oison à la Chipolata. 1 d’une carpe à la Chambord.
- 1 d’un cabillaud à la 1 d’une culotte de bœuf braisée aux
- hollandaise. oignons glacés.
-
-
- _Huit Hors-d’œuvres d’entrées. Huit Entrées._
-
- 1 de petits pâtés en 1 d’un vol-au-vent de mauviettes.
- croustade, avec un salpicon.
- 1 de suprême de volaille aux 1 d’une timbale de macaronis.
- truffes.
- 1 de filets de perdreaux à la 1 d’une poule de Caux, à la
- portugaise. Périgueux.
- 1 de filet mignon de mouton en 1 de deux canetons à la garloquine.
- escalopes.
- 1 de filets de levrauts en 1 de côtelettes à la Soubise.
- serpent.
- 1 d’ailerons de poulardes à la 1 de tendons de veau en queue de
- Bellevue. paon, à la jardinière.
- 1 d’hatelets de filets de 1 de perdreaux, sauce à la bigarade.
- merlans, sauce à l’italienne.
- 1 de quenelles de saumon à 1 d’un ris de veau à la dauphine.
- l’espagnole.
-
-
- _Quatre gros Entremets._
-
- 1 de buisson d’écrevisses. 1 de buisson de ramequin.
- 1 de hure de Troyes. 1 d’un gâteau de mille-feuilles.
-
-
- _Six Plats de Rôt, dont deux gros._
-
- 1 de trois poulets (1 piqué). 1 de deux faisans (1 piqué).
- 1 d’accolades de lapereaux. 1 de cailles de vignes.
- 1 d’un quartier de chevreuil 1 d’un brochet à l’allemande.
- piqué.
-
-
- _Seize Entremets._
-
- 1 de biscuits de niauffes. 1 de choufleurs à l’espagnole.
- 1 de gimblettes glacées. 1 de haricots verts à l’anglaise.
- 1 d’une crême aux pistaches 1 de truffes en croustades.
- renversées.
- 1 d’une crême de chocolat. 1 d’œufs brouillés aux cardes.
- 1 de beignets de blanc-manger. 1 de navets en poires.
- 1 de céleri frit et glacé. 1 d’une macédoine.
- 1 d’une charlotte de pommes aux 1 de truffes à la piémontaise.
- confitures.
- 1 d’amourettes frites. 1 d’artichauts à l’italienne.
-
-
- _Quatre Salades._
-
- 2 d’herbes. 1 de citrons.
- 1 d’olives.
-
-
-MENU DE QUINZE A VINGT COUVERTS (un dormant).
-
- _Deux Potages._
-
- 1 de ravioles. 1 de croûtes au pot.
-
-
- _Deux Relevés._
-
- 1 d’une tête de veau en tortue. 1 d’une dinde aux truffes.
-
-
- _Quatre Hors-d’œuvres d’entrée. Quatre Entrées._
-
- 1 de petites noix d’épaule de 1 de deux gros poulets, sauce à
- veau, à la purée de l’ivoire.
- champignons. 1 de deux carrés de mouton, un piqué
- 1 de sauté de levrauts au sang. de persil, et l’autre de lard.
- 1 d’escalopes de filet de bœuf 1 de canard sauvage, sauce bigarade.
- aux pommes de terre.
- 1 d’oreilles de veau à la 1 d’une chartreuse de tendons de
- ravigote. veau en huîtres.
-
-
- _Deux Flancs._
-
- 1 d’un pâté chaud maigre de 1 d’un filet de bœuf à la broche,
- carpes et d’anguilles. sauce hachée.
-
-
- _Deux gros Entremets._
-
- 1 rocher. 1 petit cochon de lait en galantine.
-
-
- _Quatre Plats de Rôt._
-
- 1 de perdreaux rouges. 1 d’une poularde du Mans.
- 1 d’éperlans. 1 de soles frites.
-
-
- _Huit Entremets._
-
- 1 de pommes au riz. 1 de cardes à la moelle.
- 1 de gelée de marasquin. 1 de choufleurs au beurre.
- 1 de beignets de chocolat. 1 de truffes à la serviette.
- 1 de tartelettes à la Chantilly. 1 de salsifis frits.
-
-
- _Deux Salades._
-
- 1 d’herbes. 1 de citrons.
-
-
-MENU DE HUIT À DOUZE COUVERTS.
-
- _Un Potage à la Julienne._
-
- 1 relevé d’une pièce de bœuf de Hambourg, garni de choucroûte.
-
-
- _Six Entrées._
-
- 1 d’un coq vierge en petit 1 d’un pâté chaud de lazagnes.[3]
- deuil.[3]
- 1 de bécasses en salmi.[2] 1 de pigeons à la Gautier, au beurre
- 1 de côtelettes de mouton d’écrevisses.[2]
- sautées, avec chicorée dans 1 de palais de bœuf au gratin.[4]
- le puits.[4]
-
-
- _Relevé._
-
- 1 Brioche au fromage, ou 1 pâté de foies gras de Strasbourg.[1]
-
-
- _Deux Plats de Rôt._
-
- 1 de poulets. 1 de perdreaux.
-
-
- _Quatre Entremets._
-
- 1 de cardes à la moelle.[3] 1 d’œufs au café.[4]
- 1 de haricots verts.[3] 1 de truffes à la cendre.[4]
-
- _Une salade._[5]
-
-
-SECOND SERVICE.
-
-MENU DE QUARANTE COUVERTS (un dormant).
-
- _Quatre Potages._
-
- 1 à la purée de pois verts et 1 de purée de lentilles à la reine.
- aux croûtons.
- 1 de quenelles de merlans. 1 de brunoise au pain.
-
-
- _Quatre Relevés._
-
- 1 d’un cabillaud à la 1 d’une truite à la génoise.
- Sainte-Menéhould.
- 1 d’un turbot, sauce aux 1 d’un manchon d’esturgeon à la
- homards. broche.
-
-
- _Seize Entrées._
-
- 1 d’une dalle de saumon à 1 d’une carpe farcie, sauce à
- l’espagnole. l’espagnole.
- 1 de carlets sur le plat. 1 d’ailes de raietons frits, sauce
- 1 de perches à la valesfiche. poivrade.
- 1 de vives grillées, sauce aux 1 de filets de merlans en turban.
- câpres. 1 de caisses de laitances de
- 1 de matelotes de foies de harengs, à l’italienne rousse.
- lottes. 1 d’un pâté chaud d’anguilles.
- 1 de petits pâtés maigres. 1 de filets de carrelets, sauce
- 1 d’œufs à la polonaise. tomate.
- 1 d’une casserole au riz et aux 1 d’une omelette aux truffes.
- langues de carpes. 1 d’une morue au gratin.
-
-
- _Quatre gros Entremets._
-
- 1 gâteau de Compiègne. 1 hure de saumon au bleu.
- 1 buisson d’écrevisses. 1 brochet à l’allemande.
-
-
- _Huit Plats de Rôt._
-
- 1 de soles frites. 1 d’une carpe frite.
- 1 d’éperlans. 1 de barbues.
- 1 de pilets. 1 de poules d’eau.
- 1 d’oiseaux de rivière. 1 de goujons.
-
-
- _Seize Entremets._
-
- 1 de gelée d’ananas. 1 de gelée d’épine-vinette.
- 1 de darioles. 1 de fondus.
- 1 d’œufs au thé. 1 de beignets de poires.
- 1 de pains à la duchesse. 1 de côtelettes en surprise.
- 1 de nouilles soufflées et 1 d’un flanc à la suisse.
- méringuées.
- 1 d’épinards à la crême. 1 de cardes à l’espagnole.
- 1 de navets en quadrille. 1 de choux-raves au beurre.
- 1 de salsifis frits. 1 de truffes au vin de Champagne.
-
-
- _Quatre Salades._
-
- 2 d’herbes. 1 de citrons. 1 d’olives.
-
-
-MENU DE VINGT-QUATRE A TRENTE COUVERTS (un dormant).
-
- _Quatre Potages, deux grands, deux moyens._
-
- 1 à la julienne. 1 à la Conti.
- 1 à la crecy. 1 au lait d’amandes.
-
-
- _Quatre Pièces, deux grosses et deux moyennes._
-
- 1 carpeau du Rhin à la 1 murette.
- Chambord.
- 1 turbot à la hollandaise. 1 églefin au soleil.
-
-
- _Douze Entrées._
-
- 1 de pâté chaud de légumes. 1 d’un manchon d’esturgeon à la
- 1 de crêtes de morue à la broche.
- maître-d’hôtel. 1 de mulet à la ravigote.
- 1 de filets de merlans à la 1 de maquereau-sansonnet à la
- Horly. maître-d’hôtel.
- 1 d’œufs à la tripe. 1 d’omelette à l’oseille.
- 1 de filets de soles au gratin. 1 de petits pâtés de filets de
- 1 de grondins, sauce aux brochets à la béchamelle.
- câpres. 1 de rissoles à la Choisy.
-
-
- _Deux gros et deux moyens Entremets._
-
- 1 d’un biscuit de Savoie. 1 de buisson de talmouses.
- 1 de buisson de crabes. 1 d’une barbue.
-
-
- _Quatre Plats de Rôt._
-
- 1 de merlans frits. 1 de brochet au bleu.
- 1 de carrelets frits. 1 de plongeons à la broche.
-
-
- _Huit Entremets._
-
- 1 de macaronis à l’italienne. 1 de crême aux pistaches
- 1 de gâteaux à la paysanne. renversées.
- 1 d’œufs pochés. 1 de haricots blancs à la
- 1 d’artichauts au beurre. maître-d’hôtel.
- 1 de gelée d’oranges. 1 de choufleurs au Parmesan.
-
-
- _Deux Salades._
-
- 1 d’herbes. 1 de citrons.
-
-
-MENU DE SEIZE A VINGT COUVERTS (un dormant).
-
- _Deux Potages._
-
- 1 à la pâte d’Italie. 1 aux choux.
-
-
- _Deux Relevés._
-
- 1 d’une truite à l’italienne. 1 d’un floton à la flamande.
-
-
- _Dix Entrées._
-
- 1 de saumon en papillotes. 1 de fricandeau de brochet à la
- 1 d’anguille à la broche. purée de champignons.
- 1 d’hatelets d’esturgeon, sauce 1 de pâté chaud de quenelles, de
- poivrade. merlans au velouté.
- 1 d’une timbale de macaronis. 1 de salade de filets de turbot.
- 1 de grenouilles à la poulette. 1 d’œufs à l’aurore.
- 1 d’une matelote de carpes.
-
-
- _Deux gros Entremets._
-
- 1 nougat. 1 buisson de petites brioches
- nattées.
-
-
- _Quatre Plats de Rôt._
-
- 1 d’oiseaux de rivière. 1 de lottes frites.
- 1 de perches au bleu. 1 de soles frites.
-
-
- _Huit Entremets._
-
- 1 de choux grillés. 1 de jalousies.
- 1 d’œufs brouillés aux truffes. 1 de crême au chocolat.
- 1 de choufleurs au Parmesan. 1 de navets en sabots.
- 1 d’émincée de truffes au 1 d’épinards à l’anglaise.
- beurre.
-
-
-MENU DE HUIT A DOUZE COUVERTS.
-
- 1 potage aux petits oignons à la minime.
- 1 relevé; un tronçon d’esturgeon à la broche.
-
-
- _Six Entrées._
-
- 1 d’un sauté de filets de soles 1 vol-au-vent de turbot à la
- à la maître-d’hôtel. béchamelle.
- 1 d’anguilles à la tartare. 1 d’un Saint-Pierre, sauce aux
- câpres.
- 1 d’œufs pochés aux concombres. 1 de filets de carrelets en anneaux.
-
-
- _Deux Plats de Rôt._
-
- 1 de goujons frits. 1 d’une carpe au court-bouillon.
-
-
- _Six Entremets._
-
- 1 d’œufs à la neige. 1 de lentilles à la reine, à la
- 1 de betteraves blanches, maître-d’hôtel.
- sautées au beurre.
- 1 d’une gelée au vin de Madère. 1 de culs d’artichauts à la
- 1 de beignets de crême à la ravigote.
- fleur d’orange. 1 salade. Céleri en remoulade.
-
-
-
-
-L’ART DU CUISINIER.
-
-
-POTAGES.
-
-_Grand Bouillon._
-
-Ayant un grand service, il faut faire un grand bouillon pour mouiller
-vos sauces et votre empotage. Mettez dans une grande marmite une
-pièce de bœuf, soit culotte ou poitrine, et les débris ou parures de
-vos viandes de boucherie, _bœuf_, _veau_, _mouton_; joignez-y les
-carcasses, pattes et cous de volailles et gibier, dont vous aurez levé
-les chairs pour vos entrées; mettez sur un feu modéré cette marmite,
-non pleine d’eau tout-à-fait, écumez-la doucement, rafraîchissez-la
-chaque fois que vous en ôterez l’écume, jusqu’à ce que ce bouillon
-soit parfaitement limpide. De ce grand bouillon dépendra la beauté de
-vos sauces et de vos potages (puisque cuit, il est la mère qui doit
-alimenter tout ce qui en résulte); mettez-y sel, deux navets, six
-carottes, six oignons, dont un piqué de trois clous de girofle, un
-bouquet de poireaux; menez votre marmite doucement. La pièce de bœuf
-cuite ou près de l’être, si vous vous en servez pour votre table,
-mettez-la dans une casserole, mouillez-la avec le dessus de la marmite
-au moment de la servir; ensuite passez votre grand bouillon au travers
-d’une serviette d’office, que vous aurez mouillée et tordue; laissez-le
-reposer, servez-vous-en pour mouiller vos sauces et votre empotage, etc.
-
-
-_Empotage._
-
-Ayez une marmite propre et bien étamée; chauffez-la légèrement;
-essayez-la de nouveau; mettez-y, selon les potages dont vous avez
-besoin, un trumeau de bœuf, un morceau de tranche, un jarret de veau,
-une poule, un vieux lapin de garenne ou deux vieilles perdrix; mouillez
-le tout avec une pinte et demie de grand bouillon; faites-le réduire
-sur un fourneau très-vif, jusqu’à consistance de glace; commence-t-elle
-à se faire sentir? mouillez votre marmite avec le grand bouillon,
-faites-la partir à grand feu; écumez-la comme ci-dessus; ensuite
-assaisonnez-la de trois navets, trois carottes, trois oignons, dont
-un piqué de deux ou trois clous de girofle, un bouquet de poireaux et
-céleri; mettez-la au bord d’un fourneau, et conduisez-la à l’instar
-d’un pot-au-feu de ménage; vos viandes cuites, retirez-les pour vous
-en servir en cas que vous ayez des tables de suite; dégraissez votre
-bouillon; qu’il soit d’un bon sel, et passez-le dans un tamis de soie
-ou une serviette, comme il est énoncé à l’article précédent.
-
-
-_Grand Consommé pour Potage et Sauces._
-
-Mettez dans une marmite deux jarrets de veau, un morceau de tranche de
-bœuf, une poule ou un vieux coq, un lapin de garenne ou deux vieilles
-perdrix; mouillez le tout avec une cuillerée à pot de bouillon, et
-remuez-le: lorsque vous verrez que cela commence à tomber à glace,
-mouillez-le avec du bouillon, et faites surtout qu’il soit clair;
-faites bouillir ce consommé; écumez-le; rafraîchissez-le de temps en
-temps; mettez-y des légumes, tels que carottes, oignons, un pied de
-céleri, un bouquet de persil et ciboules, assaisonné d’une gousse d’ail
-et de deux clous de girofle; faites bouillir ce consommé à petit feu,
-quatre à cinq heures; passez-le au travers d’une serviette; vous vous
-en servirez pour travailler vos sauces, pour vos potages clairs et pour
-vos petites sauces.
-
-
-_Blond de Veau._
-
-Beurrez le fond d’une casserole; mettez-y quelques lames de jambon,
-quatre à cinq livres de veau de bonne qualité, deux ou trois carottes
-tournées, autant d’oignons; mouillez le tout avec une cuillerée de
-grand bouillon; faites-le suer sur un feu doux, et réduire jusqu’à
-consistance de glace; quand elle sera d’une belle teinte jaune,
-retirez-la du feu; piquez les chairs avec la pointe d’un couteau,
-pour en faire sortir le reste du jus; couvrez votre blond de veau;
-laissez-le suer ainsi un quart d’heure, et mouillez-le avec du grand
-bouillon, selon la quantité de vos viandes; mettez-y un bouquet de
-persil et ciboules, assaisonné de la moitié d’une gousse d’ail et piqué
-d’un clou de girofle; faites bouillir ce blond de veau; écumez-le;
-mettez-le mijoter sur le bord d’un fourneau; vos viandes cuites,
-dégraissez-le, passez-le comme il est dit à l’article précédent, et
-servez-vous-en comme de l’empotage, pour le riz, le vermicelle et même
-vos sauces.
-
-
-_Mitonnage._
-
-Ayez un pain à potage, râpez-le légèrement, enlevez-en les croûtes
-sans endommager la mie, qui peut vous servir, soit pour vos autres
-potages, soit pour des petits croûtons ou des gros pour des épinards.
-Si vous servez une charlotte ou une panade, coupez vos croûtes;
-arrondissez-les; mettez-les mitonner un quart d’heure avant de les
-servir; mettez dessus tels légumes qu’il vous plaira; mouillez-les avec
-votre empotage et servez bouillant.
-
-
-_Potage Croûtes au Pot._
-
-Coupez du pain en tranches; mettez-le dans un plat creux et d’argent;
-mouillez-le avec d’excellent bouillon pour le faire mitonner; lorsque
-votre mitonnage est réduit, pour le laisser gratiner, couvrez votre
-fourneau avec de la cendre rouge; coupez un ou deux pains à potage en
-deux; ôtez-en toute la mie; mettez un gril sur une cendre chaude et
-faites sécher vos croûtes dessus; lorsqu’elles le seront bien, prenez
-la partie grasse du bouillon ou consommé; arrosez-en le dedans de vos
-croûtes et saupoudrez-les de sel fin, ce qu’il en faut pour qu’elles
-soient d’un bon goût; égouttez-les; mettez-les sur le gratin sans les
-couvrir, afin qu’elles ne mollissent pas; arrosez-les, de quart d’heure
-en quart d’heure, du derrière de la marmite, jusqu’à ce que le gratin
-soit parfaitement formé; dégraissez-les, servez-les, et joignez-y une
-jatte séparée de consommé ou de bon bouillon.
-
-
-_Potage Printanier._
-
-Il se fait comme le potage à la Julienne, excepté qu’on y ajoute des
-pointes d’asperges, des petits pois, des petits radis tournés, de
-très-petits oignons blanchis; en faisant cuire ces légumes, mettez-y
-un petit morceau de sucre pour en ôter l’âcreté; faites mitonner votre
-potage, couvrez-le des légumes énoncés et servez-le.
-
-
-_Potage à la Crecy._
-
-Selon la saison, ayez toutes sortes de légumes (épluchés et lavés avec
-soin) tels que carottes, navets, céleri, oignons (en petite quantité);
-faites-les blanchir dans un chaudron un quart d’heure; mettez-les
-dans une casserole avec un bon morceau de beurre et quelques lames
-de jambon; passez-les sur un petit feu, assez de temps pour que le
-tout soit cuit; alors égouttez le tout dans une passoire; pilez-le,
-mouillez-le avec son propre bouillon, et passez-le à l’étamine pour en
-faire une purée; faites partir cette purée sur le feu, qu’elle cuise
-deux heures; dégraissez-la bien, mitonnez votre potage comme il est
-déjà énoncé, mettez votre crecy dessus et servez.
-
-
-_Potage au Riz._
-
-Ayez environ un quarteron de riz de bonne qualité, tel que celui de la
-Caroline; lavez-le à plusieurs eaux, faites-le blanchir; égouttez-le
-sur un tamis, mettez-le dans une casserole ou petite marmite,
-mouillez-le peu, faites-le partir, et mettez-le crever doucement sous
-le fourneau; est-il crevé? mouillez-le à un degré convenable avec votre
-blond de veau ou du consommé; faites qu’il soit d’un bon sel, et servez.
-
-
-_Autre façon._
-
-Videz, flambez, épluchez, retroussez un chapon en poule; conservez-lui
-les ailes et bridez-les pour qu’il ait plus de grâce; mettez-le dans
-une marmite avec un bouquet de légumes bien assaisonné, deux oignons,
-dont l’un piqué de deux clous de girofle; mouillez le tout avec du
-grand bouillon; faites écumer comme ci-dessus. Durant la cuisson
-de votre chapon faites crever, comme il est indiqué ci-dessus, un
-quarteron de riz; prenez la partie grasse de votre marmite pour
-faire crever votre riz; à l’instant de le servir, mouillez-le avec
-du bouillon dans lequel a cuit votre chapon, après l’avoir passé
-au tamis de soie; mettez-y une cuillerée de jus de bœuf pour qu’il
-soit d’une belle couleur; servez-vous du chapon pour relever votre
-potage; débridez-le, dressez-le; mettez-lui quelques grains de sel sur
-l’estomac, et dessous une cuillerée de jus ou de son propre bouillon.
-
-
-_Chapon au Riz._
-
-Habillez un chapon comme ci-dessus; lavez une livre de riz; _faites-le
-blanchir ainsi qu’il est dit plus haut_; mettez-le, et votre chapon
-dessus, dans une marmite assez grande pour qu’elle contienne le tout,
-sans être trop pleine; mouillez-le légèrement, afin qu’il ne soit
-pas trop clair. Votre chapon est-il à son degré de cuisson? ce dont
-vous vous assurez en lui pinçant l’aile; si la chair fléchit, c’est
-qu’il est cuit; débridez-le, mettez-le sur le plat; dégraissez le riz;
-ajoutez-y du jus, pour qu’il soit d’une belle couleur; masquez-en votre
-chapon, et servez-le pour potage, entrée ou relevé.
-
-
-_Potage au Vermicelle clair._
-
-Mettez dans une casserole la quantité de blond de veau, bouillon ou
-consommé, qui est nécessaire pour faire un potage de six ou huit
-personnes; faites-le bouillir; prenez la valeur de six onces de
-vermicelle, mettez-le petit à petit dans le bouillon, etc., en le
-rompant légèrement dans vos doigts, pour qu’il ne se mette pas en
-pelote; laissez-le bouillir environ six minutes; retirez-le au bord du
-fourneau, dégraissez-le; laissez-le mijoter jusqu’à ce qu’il soit cuit,
-en prenant garde qu’il ne se dilate trop.
-
-
-_Potage à la Julienne._
-
-Prenez carottes, oignons, céleri, panais, navets, laitues, oseille en
-égale quantité; vous couperez votre oseille en filets; vous la ferez
-blanchir dans un peu d’eau avec un peu de sel; vous la rafraîchirez,
-et, un quart d’heure avant de servir, vous la mêlerez à vos autres
-légumes; coupez les racines en tranches d’égale longueur, et
-réduisez-les en filets plus ou moins gros; coupez de même l’oseille, la
-laitue et le céleri. Lavez le tout à grande eau; égouttez-le dans une
-passoire; mettez un quarteron de beurre dans une casserole, avec vos
-racines et votre céleri; passez sur un fourneau ces légumes, jusqu’à
-ce qu’ils aient pris une légère couleur; mouillez-les avec une bonne
-cuillerée de bouillon; ces racines à moitié cuites, joignez-y votre
-oseille; laissez mijoter le tout, et dégraissez-le; quand vous serez
-près de vous en servir, faites le mitonnage tel qu’il est indiqué
-(article _Mitonnage_); versez votre julienne dessus, et mêlez le tout
-légèrement.
-
-
-_Potage à la Brunoise._
-
-Coupez en petits dés, carottes, navets, panais et céleri; prenez du
-derrière de la marmite, ou du beurre clarifié; faites-le chauffer;
-jetez vos légumes; faites-leur prendre couleur; égouttez-les sur un
-tamis; mouillez-les avec du blond de veau, ou consommé, ou bouillon;
-conduisez-les comme ceux de la julienne; dégraissez-les, et couvrez-en
-votre mitonnage. Si vous en servez avec du riz, ayez attention qu’il
-soit clair, que les dés ne soient pas plus gros que le riz lorsqu’il
-est crevé, et mêlez bien le tout ensemble.
-
-
-_Potage à la purée de Pois._
-
-Prenez une quantité de pois suffisante; lavez-les; mettez-les dans une
-marmite, avec oignons, carottes, un bouquet de poireaux et de céleri,
-un combien de jambon ou des tranches; sinon un morceau de petit lard.
-Sont-ce des pois secs? mettez-les tremper la veille; si ce sont des
-nouveaux, vous en servant de suite, sautez-les dans du beurre, avec une
-poignée de persil en branche et quelques ciboules; mouillez-les avec du
-bon bouillon; lorsqu’ils seront cuits, égouttez-les dans une passoire;
-pilez-les dans un mortier, et passez-les à l’étamine: le bouillon dans
-lequel ils ont cuit doit vous servir pour les passer; mettez-en la
-purée dans une marmite ou une casserole; laissez mijoter cette purée
-quatre ou cinq heures; remuez-la souvent, de peur qu’elle ne s’attache,
-et, avant de la remuer, dégraissez-la; lorsqu’elle sera réduite à son
-degré, servez-la sur du riz, du vermicelle ou des petits croûtons
-passés au beurre, que vous mettrez à l’instant de servir.
-
-
-_Potage à la purée de Lentilles à la Reine, ou autres Lentilles._
-
-Procédez à cet égard comme il est énoncé pour la purée de pois, et
-servez-vous-en de même pour les potages; ayez soin pourtant, si ce sont
-des lentilles à la reine, de les laisser long-temps sur le feu, pour
-que la purée soit d’un beau rouge, autant que possible: ce qui fait la
-beauté et la bonté de ce potage.
-
-
-_Potage à la purée de Carottes._
-
-Prenez quinze ou vingt carottes, ratissez et lavez-les: selon leur
-grosseur, coupez-les en lames; mettez-les dans une casserole avec
-trois quarterons de bon beurre; passez-les sur un fourneau assez vif;
-remuez-les jusqu’à ce qu’elles soient colorées; alors mouillez-les
-avec du bon bouillon; faites-les cuire, et, cuites, vous servant du
-même procédé que pour la purée de pois et de lentilles, passez-les à
-l’étamine, etc.; dégraissez cette purée, laissez-la long-temps cuire,
-et servez-vous-en comme on se sert de la purée de pois.
-
-
-_Potage à la purée de Navets._
-
-Il se fait comme celui de la purée de carottes, excepté qu’on ne fait
-pas roussir les navets, qu’on les tient blancs le plus possible, et
-qu’ils demandent moins de cuisson.
-
-
-_Potage aux Laitues._
-
-Ayez douze ou quinze laitues; épluchez-les; laissez-les entières;
-lavez-les à grande eau, en prenant bien garde qu’il ne reste de la
-paille après; faites-les blanchir; jetez-les dans un seau d’eau
-fraîche, retirez-les, et, les unes après les autres, pressez-les;
-ficelez-les trois ou quatre ensemble, foncez une casserole de bardes de
-lard; arrangez-y vos laitues; mettez-y deux ou trois lames de jambon,
-une carotte, un oignon, un bouquet de persil dans lequel vous aurez
-enveloppé un clou de girofle et une demi-feuille de laurier; mouillez
-vos laitues avec la partie grasse de votre bouillon ou de votre
-consommé; mettez sel et mignonnette, ce qu’il en faut pour qu’elles
-soient d’un bon goût: lorsque vous voudrez servir votre potage,
-égouttez-les; pressez-les légérement, afin d’en faire sortir ce qu’il y
-aurait de trop de graisse; et, selon leur grosseur, vous les laisserez
-entières ou les couperez en deux, et vous en garnirez votre potage.
-
-
-_Potage à la purée de Marrons._
-
-Prenez, cuits, marrons de Lyon ou du Luc; levez-en la première peau
-(mais supprimez avec soin ceux qui sont gâtés); mettez-les dans une
-poêle avec un petit morceau de beurre; sautez-les jusqu’à ce que
-l’épiderme se lève facilement; ôtez-les, épluchez-les, marquez-les dans
-une marmite avec du consommé; faites-les cuire; ensuite égouttez-les
-dans une passoire; pilez-les dans un mortier; passez-les dans une
-étamine, en les mouillant à fur et à mesure avec le bouillon dans
-lequel ils ont cuit: votre purée passée, mettez-la dans une casserole
-avec deux cuillerées à pot pleines de consommé; délayez bien votre
-purée; faites-la cuire et réduire environ trois ou quatre heures;
-dégraissez-la; ajoutez-y un peu de sucre; goûtez si elle est d’un bon
-goût, et servez-la avec des petits croûtons passés dans le beurre ou un
-mitonnage. (Voyez _Mitonnage_.)
-
-
-_Potage en Tortue._
-
-Ayez quatre ou cinq livres de mouton, soit épaule, soit gigot, ou six
-à sept livres des parures de carrés; ajoutez-y des débris de poisson,
-comme têtes et arêtes de merlans; débris de saumon, une carpe ou
-ses débris, ainsi du reste; mettez ce mouton dans une marmite avec
-vos débris; assaisonnez-le tel que le blond de veau; faites-le suer
-de même; mouillez-le avec de l’eau; écumez-le bien; que le bouquet
-de persil soit forcé en aromates; de plus joignez-y deux brins de
-basilic et du massif: laissez cuire ce mouton jusqu’à ce que les
-chairs quittent les os; passez-en le bouillon à travers une serviette;
-clarifiez-le avec deux ou trois blancs d’œufs battus légèrement,
-faites-lui jeter un bouillon; laissez-le reposer, afin qu’il soit
-clair; passez-le de nouveau dans une autre serviette, et faites-le
-réduire jusqu’à ce qu’il soit assez corsé pour pouvoir supporter,
-sans être réduit, du vin de Madère; de là prenez la moitié d’une
-tête de veau échaudée de la veille, désossez-la, et, pour qu’elle
-soit blanche, mettez-la dégorger dans l’eau, que vous aurez soin de
-changer une ou deux fois; faites-la blanchir et rafraîchir; essuyez-la,
-parez-la; faites-la cuire dans un blanc (tel que vous le trouverez à
-son article): dès qu’elle est cuite, égouttez-la au moment de vous
-en servir; coupez-la par morceaux carrés, gros comme le pouce, et que
-vous mettrez dans le bouillon énoncé, avec les trois quarts d’une
-bouteille d’excellent vin de Madère, du poivre de Cayenne environ une
-cuillerée à café non comblée; une semblable cuillerée à café de poivre
-kari. Dressez votre potage, composé de vos morceaux de veau; ayez la
-précaution de faire durcir auparavant quinze œufs frais, après en avoir
-ôté les blancs; mettez-en les jaunes, aussi entiers que possible, dans
-ce potage, à l’instant de le servir. Observez que si vous pouviez vous
-procurer des petits œufs en grappe, que vous feriez blanchir, ils
-vaudraient mieux que ces jaunes.
-
-
-_Potage aux Choux._
-
-Prenez de choux ce qu’il vous en faut; épluchez-les, flairez-les:
-s’ils sentent le musc, prenez-en d’autres; coupez-les par
-quartiers; faites-les blanchir à grande eau, ensuite retirez-les;
-rafraîchissez-les; ôtez-en les trognons; ficelez-les et marquez-les
-comme les laitues énoncées article précédent, en y joignant un
-morceau de petit lard; nourrissez-les et assaisonnez-les davantage;
-servez-vous-en comme des laitues, et observez qu’ils demandent plus de
-cuisson.
-
-
-_Potage au Sagou et à la purée de Navets._
-
-Sagou, nom d’une espèce de pâte végétale et alimentaire, qu’on prépare
-aux Indes avec la moelle de quelques palmiers, particulièrement avec
-celle du palmier sagou ou sagoutier. Cette substance nous est apportée
-des îles Moluques, en petits pois de couleur roussâtre, de la grosseur
-à-peu-près de ceux du gros millet; elle est inodore, stomachique,
-conséquemment de facile digestion; elle s’apprête comme le vermicelle:
-on lave ce sagou comme le riz, excepté qu’on ne le fait pas blanchir;
-mettez-le dans un bon bouillon corsé et bouillant, pour qu’il fasse
-deux ou trois bouillons; retirez-le sur le bord du fourneau, et
-lorsqu’il formera gelée, mettez-y votre purée de navets (voyez _Purée
-de Navets_); remuez le tout; goûtez si votre potage est d’un bon sel,
-et servez-le.
-
-
-_Potage à la Condé._
-
-Prenez un litron et demi, ou plus, s’il le faut, de petits haricots
-rouges; lavez-les bien; mettez-les dans une marmite avec de l’eau ou
-du grand bouillon; ajoutez-y un morceau de petit lard, trois carottes,
-trois oignons, dont un piqué de deux clous de girofle, un bouquet de
-poireaux et céleri; laissez bien cuire le tout, et aussitôt retirez-en
-les légumes; jetez vos haricots dans une passoire; écrasez-les;
-passez-les à l’étamine en les mouillant avec le bouillon dans lequel
-ils ont cuit; mettez-en la purée sur le feu comme celle de pois. Si
-c’est un potage maigre qu’il vous faut, mettez dans vos haricots un
-morceau de beurre au lieu de lard; et pour finir votre potage, mettez
-de même un morceau de beurre. Votre purée cuite à son point, ayez de la
-mie de pain; coupez-la en dés, et passez-les au beurre: sont-ils d’une
-belle couleur, égouttez-les dans une passoire, et au moment de servir,
-mettez-les sur la purée.
-
-
-_Potage à la Bisque d’Écrevisse._
-
-Ayez un demi-cent d’écrevisses, ou davantage, selon leur grosseur;
-lavez-les à plusieurs eaux, et rejetez-les mortes; égouttez-les;
-mettez-les cuire sur un bon feu dans une casserole avec du bouillon,
-sans qu’elles nagent dedans, sautez-les; lorsqu’elles seront cuites,
-retirez-les du feu, laissez-les couvertes un demi-quart d’heure;
-jetez-les dans une passoire, conservez-en le bouillon; lorsqu’elles
-sont à moitié froides ôtez-en les queues, épluchez-les, et mettez-en
-les épluchures avec les corps dans un mortier; pilez le tout jusqu’à
-consistance de pâte, qu’on aperçoive à peine les coquilles; mettez
-gros comme deux œufs de mie de pain mollet dans le bouillon où elles
-ont cuit; desséchez-le sur un feu doux; mettez-le dans un mortier avec
-vos écrevisses; délayez le tout avec d’excellent bouillon; passez-le
-à travers une étamine; mettez-le dans une casserole sur le feu et
-sans bouillir, remuez-le bien, qu’il ne soit ni trop clair, ni trop
-épais; ensuite mettez-le au bain-marie, goûtez s’il est d’un bon sel,
-et servez-vous-en, soit avec du riz, soit avec des croûtons passés au
-beurre.
-
-
-_Potage à la Reine._
-
-1º. Ayez trois poulets; videz-les; flambez-les, enlevez-en les estomacs
-en entier; mettez-les sur un attelet, et couvrez-les d’une petite
-bande de lard, comme l’on fait pour les poulets d’entrée à la broche;
-enveloppez-les de papier pour qu’ils ne prennent point de couleur;
-mettez-les à la broche, ou dans une casserole que vous aurez foncée
-de quelques lames de veau, de jambon, d’un oignon, de deux ou trois
-carottes tournées et d’un bouquet de persil assaisonné; mettez ces
-estomacs; couvrez-les de légères bandes de lard, de deux ou trois
-ronds de papier beurré, afin qu’ils ne prennent point de couleur,
-dirai-je encore; mouillez le tout de deux à trois cuillerées à ragoût
-de consommé; faites-le partir sur le fourneau; après mettez-le dessous,
-ou sur une paillasse; faites cuire ces estomacs vingt minutes;
-retirez-les, et faites-les refroidir; passez ce fond au travers d’un
-tamis de soie; faites avec ce fond une panade, telle que pour le
-potage à la bisque; hachez ces estomacs très-menus; mettez-les dans un
-mortier, avec vingt amandes douces et deux ou trois amères émondées,
-comme il est dit à l’article du lait d’amandes; pilez bien le
-tout; après joignez-y votre panade, et pilez de nouveau; retirez-le,
-mouillez-le avec le consommé de vos carcasses, au point de le passer à
-l’étamine.
-
-2º. Pour faire un consommé de volaille, marquez dans une petite
-marmite, hors les têtes et les poumons, les débris de ces poulets
-lavés et ficelés; mouillez-les avec du consommé; faites-les écumer;
-assaisonnez-les de nouveau de légumes; faites que votre bouillon ne
-soit point trop ambré; laissez-le bouillir à petit feu une heure et
-demie; passez ce bouillon à travers une serviette; servez-vous-en pour
-délayer votre purée de volaille, et la faire passer au travers de
-votre étamine; que cette purée ne soit ni trop claire ni trop épaisse;
-mettez-la dans une casserole nouvellement étamée, afin que votre potage
-soit bien blanc; faites-le chauffer ensuite, sans bouillir, dans un
-bain-marie. Vous le servirez avec des petits croûtons passés au beurre,
-ou avec du riz bien crevé, avec peu de mouillement. Goûtez votre
-potage, s’il est d’un bon goût, et servez-le.
-
-
-_Potage au Macaroni._
-
-Ayez dans une casserole un bon consommé; qu’il soit bouillant; mettez-y
-du macaroni; faites-le pocher comme le vermicelle; écumez-le, et
-lorsqu’il aura bouilli un quart d’heure, retirez-le sur le bord du
-fourneau, pour qu’il mijote; prenez du bon Parmesan râpé, et autant de
-fromage de Gruyères; mettez-le dans votre potage avant de le servir, ou
-servez-le séparément. Faites qu’il soit plus épais que clair.
-
-
-_Potage à la Génoise ou aux Raviolis._
-
-Prenez l’estomac d’une poularde ou d’un fort poulet cuit à la broche;
-hachez-le bien; prenez autant de tetines de veau; ajoutez-y la même
-quantité d’épinards blanchis et bien pressés, et autant de fromage de
-Parmesan râpé; pilez le tout dans un mortier; joignez-y de moment en
-moment quatre ou cinq jaunes d’œufs crus, du sel, une pincée de gros
-poivre et le quart d’une muscade râpée; quand le tout sera bien pilé et
-d’un bon goût, prenez des rognures de feuilletage ou de pâte brisée;
-abaissez-les aussi minces que possible; cela fait, mouillez avec un
-doroir cette abaisse de pâte, et couchez de distance en distance cette
-farce ou mélange, gros comme la moitié d’une noisette; reployez votre
-pâte dessus; soudez-la bien en formant vos raviolis, et coupez-les avec
-un coupe-pâte; ayez soin que votre farce soit au milieu, et que vos
-raviolis aient la forme d’une petite rissole; faites-les blanchir dans
-du grand bouillon; égouttez-les dans une passoire; jetez-les dans un
-excellent consommé, et servez.
-
-
-_Potage aux pâtes d’Italie._
-
-Mettez sur le feu, dans une petite marmite, d’excellent bouillon:
-lorsqu’il est en grande ébullition, jetez-y des pâtes d’Italie,
-soit graines de melon, étoiles ou autres; remuez-le pour qu’elles ne
-se pelotent pas; écumez-le, et dégraissez comme pour le potage au
-macaroni; laissez-le mijoter un quart d’heure, et servez.
-
-
-_Potage à la Semoule._
-
-La semoule est aussi une pâte d’Italie (qui ressemble assez au gruau).
-Faites ce potage comme le précédent, en le remuant un peu davantage, de
-crainte que la semoule ne s’attache ou ne se pelote.
-
-
-_Bouillon de Poulet._
-
-Ayez un bon poulet commun; videz-le; ôtez-en la peau, et flambez-en
-les pattes; liez-le avec une ficelle, mettez-le dans une marmite avec
-deux pintes et demie d’eau; ajoutez-y une once des quatre semences
-froides, après les avoir concassées à moitié: vous les mettrez dans un
-petit linge blanc pour en faire un petit paquet bien lié; faites cuire
-le tout à petit feu, jusqu’à ce qu’il soit réduit à deux pintes ou
-à-peu-près, et servez-vous-en comme bouillon rafraîchissant.
-
-
-_Bouillon de Poulet pectoral._
-
-Prenez un poulet comme ci-dessus, une même quantité d’eau, deux onces
-d’orge mondé, autant de riz; mettez le tout ensemble dans une marmite;
-joignez-y deux onces de miel de Narbonne; écumez le tout; faites cuire
-trois heures ce bouillon, jusqu’à ce qu’il soit réduit aux deux tiers.
-Il est très-bon pour adoucir les irritations de la poitrine.
-
-
-_Bouillon de Veau rafraîchissant._
-
-Coupez en dés une demi-livre de rouelle de veau, que vous mettrez
-bouillir avec trois pintes d’eau, deux ou trois laitues et une poignée
-de cerfeuil; faites bouillir le tout, et, si vous le jugez convenable,
-ajoutez-y un peu de chicorée sauvage; passez ce bouillon au tamis de
-soie, et servez-vous-en.
-
-
-_Bouillon de Mou de Veau._
-
-Prenez la moitié d’un lobe de mou de veau; coupez-le en petits dés,
-après l’avoir fait dégorger; mettez-le dans une marmite de terre avec
-trois pintes d’eau, six ou huit navets émincés, deux ou trois pieds de
-cerfeuil cernés, et une douzaine de jujubes; faites partir ce bouillon;
-écumez-le, laissez-le réduire à deux pintes, et passez au tamis de
-soie. Ce bouillon est excellent pour la poitrine.
-
-
-
-
-SAUCES.
-
-
-_Jus de Bœuf._
-
-Beurrez le fond d’une casserole; mettez-y, comme au blond de veau,
-quelques lames de jambon et bardes de lard, oignons en tranches, et
-carottes; couvrez le tout de lames de bœuf, épaisses de deux doigts;
-mouillez-le d’une cuillerée à pot de grand bouillon; faites-le partir
-sur un feu vif; lorsqu’il commencera à s’attacher, piquez la viande
-avec la pointe d’un couteau; couvrez de cendre votre fourneau pour
-empêcher que votre jus n’aille trop vite; prenez bien garde qu’il ne
-brûle: quand il sera fort attaché, mouillez-le comme le blond de veau;
-écumez-le, assaisonnez-le avec un bon bouquet de persil et ciboules,
-en y ajoutant quelques queues de champignon; quand vous jugerez la
-viande cuite, dégraissez; passez votre jus dans une serviette, et
-servez-vous-en pour colorer vos potages et vos sauces, ou les entrées
-et entremets qui exigent du jus.
-
-
-_Grande Sauce._
-
-Beurrez une casserole; foncez-la de lames de jambon; coupez votre
-veau par morceaux; mettez-en sur votre jambon, suffisamment pour la
-grandeur de votre casserole; mouillez-le avec une ou deux cuillerées
-de bouillon, de manière que votre veau soit presque couvert; mettez-y
-deux carottes tournées, un gros oignon que vous retirerez quand il
-sera cuit. Lorsque votre veau est tombé à glace, vous laissez très-peu
-de feu sous votre casserole, et vous l’entourez de cendres rouges
-pour faire descendre la glace; quand elle a pris sa couleur, vous la
-détachez avec une cuillerée à pot de bouillon froid: sitôt qu’elle est
-détachée, vous remplissez votre casserole de bouillon; quand votre
-veau est cuit, vous le retirez, et vous passez votre blond de veau
-dans une serviette; vous avez votre roux dans une casserole; vous le
-délayez assez pour que la sauce ne soit pas trop épaisse, et vous la
-faites partir; retirez-la sur le bord du fourneau, et remuez-la de
-temps en temps: que votre coulis soit d’une belle couleur; s’il en
-manquait, perfectionnez-le avec du jus de bœuf; il se formera, durant
-la cuisson, une peau dessus: ne l’ôtez pas, et ne le dégraissez qu’à
-parfaite cuisson et au moment de le passer, sans l’exprimer, à travers
-l’étamine. Votre sauce passée, mettez une cuiller dedans; ayez soin
-de la sasser et vanner, jusqu’à ce qu’elle soit refroidie, pour qu’il
-ne se forme point de peau dessus, et servez-vous-en pour des petites
-sauces brunes.
-
-
-_Espagnole._
-
-Prenez une, deux ou trois noix de veau; foncez une casserole de lard et
-de jambon, de ce dernier surtout en plus grande quantité, et procédez
-à cet égard comme il est expliqué pour la grande sauce; mettez vos
-noix dessus, avec une bonne cuillerée de consommé bien corsé, cinq ou
-six carottes tournées, autant d’oignons; faites partir le tout comme le
-coulis général, et mettez-le sur un feu doux, afin que vos noix jettent
-leur jus. Lorsque la glace sera bien formée, ce que vous reconnaîtrez
-au fond de la casserole qui doit être d’un beau jaune; retirez-la du
-feu; piquez alors vos noix avec votre couteau, pour que le reste du
-jus s’en exprime; mouillez-les avec du consommé dans lequel vous
-aurez fait cuire une quantité suffisante de perdrix, de lapins ou de
-poulets; mettez un bouquet de persil et ciboules, assaisonné de deux
-clous de girofle par noix de veau, d’une demi-feuille de laurier, d’une
-gousse d’ail; d’un peu de basilic et de thym; faites bouillir le tout;
-retirez-le sur le bord du fourneau et dégraissez-le: au bout de deux
-heures, liez votre espagnole avec le roux comme le coulis général;
-lorsqu’elle sera liée de manière à être plus claire qu’épaisse,
-laissez-la bouillir une demi-heure ou trois quarts d’heure, pour
-que le roux s’incorpore; alors dégraissez et passez cette espagnole
-à l’étamine dans une autre casserole; remettez-la sur le feu pour
-la faire réduire d’un quart: elle pourra vous servir pour tous les
-ragoûts au brun. Vous y mettrez le vin que vous jugerez à propos,
-soit de Madère, de Champagne ou de Bourgogne, selon les petites
-sauces dont vous aurez besoin. Ma coutume n’est pas de mettre le vin
-dans l’espagnole générale, attendu qu’on ne met point tout au vin,
-et qu’avec le vin elle peut s’aigrir du jour au lendemain, si tout
-n’est pas employé dans la journée, ce qui ferait _une perte_; mon
-habitude encore est de ne point faire réduire les vins seuls, ce qui
-leur donne souvent un goût d’alambic, et fait évaporer toute la partie
-spiritueuse; conséquemment je les fais réduire avec la sauce à une
-demi-glace ou gros comme le pouce de glace, ou même davantage, quand
-c’est pour des petites sauces, et selon le besoin que j’ai qu’elles
-soient plus ou moins corsées.
-
-
-_Espagnole travaillée._
-
-Lorsque vous voudrez vous servir de l’espagnole pour des sautés,
-ou comme simple sauce, prenez-en deux ou trois cuillerées à pot,
-ou davantage, avec environ le tiers de consommé, quelques parures
-de truffes bien lavées et quelques queues de champignons; faites
-réduire le tout sur un grand feu, et dégraissez-le avec soin. Si votre
-espagnole manque de couleur, donnez-lui-en avec votre blond de veau;
-faites-la réduire à consistance de sauce; passez-la à l’étamine;
-mettez-la dans un bain-marie, pour vous en servir au besoin.
-
-
-_Velouté, ou Coulis blanc._
-
-Ayez noix ou sous-noix, ou une partie d’un cuissot de veau; mettez-le
-dans une casserole beurrée, avec quelques lames de jambon, une
-cuillerée de consommé bien corsé, trois ou quatre carottes, autant
-d’oignons; faites partir le tout sur un feu assez vif: quand vous
-verrez que votre mouillement est réduit et qu’il pourrait s’attacher,
-mouillez-le avec du consommé, en raison de la quantité de vos viandes
-et de la force de votre consommé: quand le tout sera bien bouillant,
-retirez-le sur le bord du fourneau; ajoutez-y quelques échalotes,
-quelques queues ou tournures de champignons, dans lesquels vous
-n’aurez point mis de citron, de crainte qu’il ne fasse aigrir votre
-sauce; mettez-y un bouquet bien assaisonné comme pour l’espagnole, et
-ayez soin de le retirer lorsqu’il sera cuit, en l’exprimant entre deux
-cuillers; retirez également vos viandes lorsqu’elles seront cuites;
-ayez soin, durant que votre sauce est sur le feu, de faire un roux
-blanc pour la lier. Voici la manière de vous y prendre. Faites fondre
-une livre d’excellent beurre; tirez-le au clair dans une casserole
-pour en supprimer le lait de beurre et les autres effondrilles qui
-s’y trouvent: quand cela est fait, vous prenez de la fleur de farine
-de froment, et vous en mettez une suffisante quantité dans votre
-beurre, que vous remuez au point qu’il soit parfaitement bu par la
-farine; ensuite vous mettez la casserole sur un feu doux; vous remuez
-constamment, pour que votre roux ne prenne point de couleur; vous le
-flairez, et lorsque vous sentez que la farine est cuite, vous délayez
-le tout ou une partie avec le mouillement de votre velouté: cela fait,
-ayez soin de tourner continuellement votre farce, pour que la farine
-ne tombe point au fond et qu’elle ne s’attache pas; dégraissez votre
-velouté; passez-le à l’étamine; remettez-le sur le feu; dégraissez-le
-de nouveau et faites réduire; retirez-le, mettez-le dans un vase;
-passez et vannez, de crainte qu’il ne forme une peau.
-
-
-_Velouté travaillé._
-
-Il se travaille comme l’espagnole, excepté que l’on n’y met rien qui
-puisse le colorer, afin qu’il soit très-blanc.
-
-
-_Grand Aspic._
-
-Mettez dans une marmite un ou deux jarrets de veau, une vieille
-perdrix, une poule, des pattes de volaille, si vous en avez; deux ou
-trois lames de jambon; ficelez vos viandes, joignez-y deux carottes,
-deux oignons, un bouquet bien assaisonné; mouillez le tout d’un peu
-de consommé; faites-le légérement suer: lorsque vous verrez que votre
-aspic, tombant en glace, prendra une teinte jaune, mouillez-le avec
-du bouillon, si vous en avez; sinon avec de l’eau, en observant de le
-laisser réduire davantage: faites-le partir, écumez-le, mettez-y le
-sel nécessaire; laissez-le cuire trois heures: alors dégraissez-le,
-passez-le au travers d’une serviette mouillée et tordue; laissez-le
-refroidir; cassez deux œufs avec blancs, jaunes et coquilles;
-fouettez-les, mouillez-les avec un peu de votre bouillon, mettez-y
-une cuillerée à bouche de vinaigre d’estragon, et versez le tout dans
-votre aspic: posez-le sur le feu, agitez-le avec un fouet de buis:
-quand il commencera à partir, retirez-le sur le bord du fourneau, afin
-qu’il ne fasse que frémir; couvrez-le, et sur son couvercle mettez du
-feu. Quand vous verrez que cet aspic est clair, passez-le au travers
-d’une serviette mouillée et tordue que vous attacherez aux quatre pieds
-d’un tabouret. Retournez, couvrez-le de nouveau, et sur son couvercle
-mettez un peu de feu. Quand il sera passé, servez-vous-en pour vos
-grands et petits aspics.
-
-
-_Sauce blanche ou au Beurre._
-
-Mettez dans une casserole une demi-livre de bon beurre coupé en gros
-dés, une bonne pincée de farine passée au tamis, et versez de l’eau
-légèrement dessus; agitez votre casserole pour que la farine et l’eau
-se tiennent sans faire de grumeaux; assaisonnez-la de sel, et, si vous
-voulez, de muscade râpée; mettez-la sur le feu, tournez-la avec une
-cuiller de bois, jusqu’à ce qu’elle soit prête à bouillir; ôtez cette
-cuiller, prenez-en une à dégraisser, vannez votre sauce. Sa cuisson
-faite, tordez-la dans une étamine bien blanche et mettez-la dans votre
-bain-marie.
-
-
-_Sauce à l’Anglaise et au Beurre._
-
-Elle se fait comme la précédente, excepté qu’on y met, à l’instant de
-la servir, du persil haché très-fin et blanchi, un peu de muscade, de
-gros poivre et le jus d’un citron.
-
-
-_Sauce hollandaise._
-
-Elle se fait avec la grande sauce au beurre: mettez-en dans une
-casserole trois cuillerées à dégraisser, avec un citron coupé en
-dés, et duquel vous ôtez le blanc et les pepins; joignez-y trois
-jaunes d’œufs coupés de même, un peu de persil haché, une pincée de
-mignonnette et un filet de bon vinaigre blanc.
-
-
-_Sauce à l’Allemande._
-
-Mettez dans une casserole des champignons hachés, et gros de beurre
-comme la moitié d’un œuf; faites bien cuire vos champignons, joignez-y
-trois cuillerées à dégraisser de velouté travaillé, et une cuillerée
-de consommé: faites réduire votre sauce; arrivée à son point, jetez-y
-gros de beurre comme la moitié d’un œuf, du persil bien vert haché
-et blanchi; passez et vannez le tout; mettez le jus de la moitié
-d’un citron, un peu de mignonnette, passez de nouveau votre sauce et
-servez-vous-en.
-
-_Remarque._ Faute de velouté, singez vos champignons, délayez le tout
-avec d’excellent bouillon, mettez-y un bouquet bien assaisonné d’un
-clou de girofle, la moitié d’une gousse d’ail, thym et laurier. Votre
-sauce cuite, retirez le bouquet, exprimez-le et finissez cette sauce
-comme la précédente.
-
-
-_Sauce à la Béchamelle._
-
-Mettez de votre velouté dans une casserole, en raison de vos besoins,
-et un demi-setier de consommé. Si vous employez une pinte de velouté,
-faites aller votre sauce sur un grand feu, tournez-la avec soin,
-qu’elle se réduise d’un tiers de son volume; en même temps faites
-réduire au tiers une pinte de crême double, incorporez-la peu à peu
-dans votre sauce que vous tournerez jusqu’à ce qu’elle soit réduite au
-point où elle était avant d’y avoir mis la crême. Cette sauce ayant
-la consistance d’une légère bouillie, tordez-la dans une étamine bien
-blanche, et mettez-la au bain-marie pour vous en servir au besoin.
-
-
-_Autre manière._
-
-Coupez un morceau de noix de jambon en dés, deux fois autant de veau,
-quelques petites carottes tournées, cinq petits oignons et quelques
-queues d’échalotes; joignez à cela un ou deux clous de girofle, une
-feuille de laurier, environ une demi-livre de beurre; mettez le tout
-dans une casserole et sur le feu; remuez avec une cuiller de bois
-très-propre. Quand votre viande commencera à jeter son jus, singez-la
-avec de la farine bien blanche, retirez-la du feu, remuez-la pour que
-la farine soit bien incorporée, remettez-la sur le feu, remuez-la
-toujours, de crainte qu’elle ne s’attache. Quand elle sera suffisamment
-passée, délayez le tout avec du consommé ou du bon bouillon; faites
-aller cette sauce à grand feu, ayant toujours soin de la remuer, et
-finissez-la, comme la précédente, avec une pinte de crême réduite
-ou une pinte de bon lait. (Remarquez que la pinte de crême, chez le
-crêmier, n’est qu’une chopine.) Enfin votre sauce ayant, comme la
-précédente, la consistance d’une bouillie, tordez-la dans une étamine,
-et mettez-la dans votre bain-marie, etc.
-
-
-_Sainte-Menéhould._
-
-Mettez dans une casserole un morceau de beurre coupé; singez-le de
-farine; délayez votre sauce avec du lait ou de la crême; assaisonnez-la
-d’un bouquet de persil et ciboules, la moitié d’une feuille de laurier,
-une poignée de champignons et quelques échalotes; mettez-la sur le feu;
-tournez-la comme la béchamelle, et tordez-la à l’étamine; remettez-la
-sur le feu; mettez-y du persil haché, un peu de mignonnette, et vous
-vous en servirez pour ce qui vous sera indiqué ci-après.
-
-
-_Sauce à la bonne Morue._
-
-Elle se fait comme la Sainte-Menéhould, excepté qu’elle est un peu
-moins liée, qu’il faut saupoudrer le mets que l’on sert, avec du persil
-haché et blanchi.
-
-
-_Sauce à la Poulette._
-
-Mettez dans une casserole du velouté réduit; faites-le bouillir;
-ajoutez-y une liaison avec du persil haché et blanchi, un petit
-morceau d’excellent beurre et un jus de citron, et servez-vous-en.
-Si vous n’aviez pas de velouté, faites un petit roux blanc (voyez
-_le Roux_, à son article); mouillez-le avec du bouillon; mettez-y un
-bouquet de persil et de ciboules; faites cuire et réduire votre sauce;
-dégraissez-la; passez-la à l’étamine et servez-vous-en.
-
-
-_Sauce Italienne rousse._
-
-Coupez douze dés de jambon; mettez-les dans une casserole avec une
-poignée de champignons bien hachés et un citron coupé en grosses
-tranches, duquel vous aurez ôté tout le blanc et les pepins; ajoutez
-une cuillerée à bouche d’échalotes hachées, lavées et passées dans le
-coin d’un torchon, comme pour vos champignons; plus une demi-feuille de
-laurier, deux clous de girofle et un quarteron d’huile; passez le tout
-sur le feu: quand vous vous apercevrez que le citron et les ingrédiens
-sont presque cuits, retirez le citron, et mettez une cuillerée de
-persil haché, une cuillerée d’espagnole, un demi-setier de bon vin
-blanc, sans l’avoir fait réduire, et un peu de mignonnette; faites
-ensuite réduire votre sauce et dégraissez-la; ôtez le jambon, et,
-lorsque votre sauce aura atteint son degré de réduction, retirez-la.
-
-
-_Sauce Italienne blanche._
-
-Servez-vous du même procédé, pour faire cette sauce italienne, que celui
-dont on se sert pour la rousse énoncée ci-contre, excepté qu’il faut
-employer pour celle-ci du velouté, au lieu d’espagnole.
-
-
-_Sauce à la Maître-d’hôtel froide._
-
-Mettez un morceau de beurre dans une casserole, avec persil haché,
-quelques feuilles d’estragon, une ou deux feuilles de baume, du sel fin
-en suffisante quantité, le jus d’un ou deux citrons, ou un filet de
-verjus; mariez le tout avec une cuiller de bois, jusqu’à ce qu’il soit
-bien incorporé. Cette sauce vous servira pour les choses indiquées
-ci-après.
-
-
-_Sauce à la Maître-d’hôtel liée._
-
-Prenez du velouté, deux cuillerées à dégraisser; mettez-les dans une
-casserole; joignez-y gros de beurre comme un œuf, avec persil haché
-très-fin, deux ou trois feuilles d’estragon hachées de même; mettez
-cette sauce sur le feu; tournez-la pour bien incorporer votre beurre
-avec le velouté: à l’instant où vous voudrez la servir, passez et
-vannez votre sauce; ajoutez-y un jus de citron ou un filet de verjus,
-ce qui revient au même.
-
-
-_Sauce au Suprême._
-
-Prenez du velouté réduit, deux ou trois cuillerées à dégraisser;
-mettez-les dans une casserole; ajoutez-y deux ou trois cuillerées de
-consommé de volaille; faites réduire le tout à la valeur de trois
-cuillerées de velouté; au moment de vous en servir, mettez-y gros
-de beurre comme un œuf; faites aller cette sauce sur un bon feu;
-tournez-la et passez-la; qu’elle soit bien liée, sans être trop
-épaisse: arrivée à son degré, retirez-la; mettez-y un jus de citron ou
-un filet de verjus; vannez-la, et servez.
-
-
-_Sauce à la Matelote._
-
-Mettez dans une casserole une cuillerée à pot d’espagnole réduite:
-l’est-elle à-peu-près, mettez-y des petits oignons que vous aurez fait
-roussir et cuire dans le beurre, des champignons tournés, et des culs
-d’artichauts. A l’instant où vous servirez votre sauce, vous y mettrez
-gros de beurre comme une petite noix; remuez le tout de manière à bien
-mêler le beurre sans écraser vos garnitures, et servez.
-
-
-_Sauce Poivrade._
-
-Coupez une lame de jambon en douze petits dés; mettez-les dans une
-casserole avec un petit morceau de beurre, cinq ou six branches de
-persil; deux ou trois ciboules coupées en deux, une gousse d’ail,
-une feuille de laurier, un peu de basilic, du thym, et deux clous de
-girofle; passez le tout sur un bon feu: lorsqu’il sera bien revenu,
-mettez-y une pincée de poivre fin, une cuillerée à dégraisser de
-vinaigre, quatre cuillerées d’espagnole sans être réduite; remuez votre
-sauce, faites-la partir; retirez-la sur le bord du fourneau, laissez-la
-cuire trois quarts d’heure, dégraissez-la, et passez-la dans une
-étamine.
-
-
-_Sauce hachée._
-
-Mettez dans une casserole une cuillerée à bouche pleine d’échalotes
-hachées et blanchies, autant de champignons, un peu de persil haché:
-versez dessus deux ou trois cuillerées à dégraisser d’espagnole,
-autant de bouillon, deux cuillerées à dégraisser de bon vinaigre, et
-une pincée de mignonnette; faites bouillir et dégraissez; hachez plein
-une cuiller à bouche de câpres, et autant de cornichons: lorsque vous
-voudrez vous servir de cette sauce, ajoutez-y le beurre d’un ou deux
-anchois; passez et vannez bien le tout: ne faites bouillir ni les
-cornichons ni les câpres.
-
-
-_Sauce piquante._
-
-Mettez dans une casserole deux ou trois cuillerées à dégraisser
-d’espagnole ou de coulis, une cuillerée de vinaigre blanc, une feuille
-de laurier, une gousse d’ail, un peu de thym, un clou de girofle,
-une ou deux cuillerées de bouillon, une pincée de poivre fin; faites
-bouillir votre sauce, et dégraissez-la: quand elle aura bouilli un
-quart d’heure, tordez-la dans une étamine, mettez-y le sel qu’il faut
-pour qu’elle soit d’un bon goût.
-
-
-_Sauce à la Nompareille ou à l’Arlequine._
-
-Coupez des petits dés de jambon bien égaux, des truffes de même, en
-égale quantité; mettez le tout dans une casserole avec un morceau
-de beurre; posez votre casserole sur un feu doux; laissez cuire
-environ un quart d’heure, si vous voulez, votre sauce blanche; mettez
-trois cuillerées à dégraisser de votre velouté; et si vous voulez
-qu’elle soit rousse, employez de votre espagnole réduite; ajoutez-y
-un demi-verre d’excellent vin blanc et une cuillerée de consommé;
-faites réduire; mettez-y des blancs d’œufs durs et des champignons
-en même quantité, coupés comme le jambon et les truffes; ajoutez des
-queues d’écrevisses coupées de même, et, s’il s’en trouve, des œufs
-d’écrevisses; finissez votre sauce avec gros de beurre comme une noix
-et demie, et servez.
-
-
-_Sauce à la Pluche._
-
-Prenez des feuilles de persil bien vertes; faites-les blanchir;
-rafraîchissez-les; jetez-les sur un tamis; mettez dans une casserole
-trois cuillerées à dégraisser de velouté réduit, et deux de consommé;
-faites réduire le tout à l’instant où vous voudrez servir; jetez vos
-feuilles de persil dans votre sauce: si elle se trouvait trop salée,
-ajoutez-y un petit morceau de beurre, passez, vannez et servez.
-
-
-_Sauce aux Truffes ou à la Périgueux._
-
-Émincez des truffes en liards, ou coupez-les en petits dés; passez-les
-dans une casserole sur un feu doux, avec un morceau de beurre;
-laissez-les cuire ainsi, et mettez-y de l’espagnole réduite en raison
-de la quantité des truffes, et selon la pièce que vous avez à saucer;
-joignez à cette espagnole du consommé ou du bouillon, du vin blanc en
-égale proportion; laissez-la réduire, dégraissez-la, finissez-la avec
-un morceau de beurre, et servez-vous-en. Observez que vous ne devez
-mettre dans cette sauce aucun acide, tel que citron ou verjus, vu
-qu’autrement vous ôteriez le moelleux de la sauce, et que le vin que
-vous devez employer doit fournir assez d’acide.
-
-
-_Sauce à la purée de Champignons._
-
-Prenez deux maniveaux de champignons, épluchez-les, lavez-les bien
-à plusieurs eaux, en les frottant légérement dans vos mains; cela
-fait, égouttez-les dans une passoire; ensuite émincez les têtes et
-les queues; mettez-les dans une casserole, avec gros de beurre comme
-un œuf; faites-les fondre à petit feu, et lorsqu’ils seront presque
-cuits, mouillez-les avec du velouté, la valeur de deux cuillerées
-à dégraisser, laissez-les cuire trois quarts d’heure, passez-les à
-l’étamine à force de bras, et finissez votre purée avec de la crême
-double comme celle d’oignons blancs, néanmoins avec la différence que
-celle-ci doit être un peu plus claire.
-
-
-_Sauce en Tortue._
-
-Mettez dans une casserole la valeur d’une petite cuillerée à pot
-d’espagnole réduite, un bon verre de vin de Madère sec, une cuillerée
-à café de poivre kari, pleine, et la moitié de cette quantité de
-poivre de Cayenne; faites réduire le tout; dégraissez-le ensuite;
-ajoutez-y des crêtes de coqs, des rognons, des culs d’artichauts, des
-champignons, une gorge de ris de veau, ou des ris d’agneaux, si c’est
-la saison; faites bouillir le tout, afin que les ingrédiens prennent le
-goût de la sauce et sa couleur; mettez-y, au moment de servir, six ou
-huit jaunes d’œufs durs bien entiers; prenez garde de les écraser en
-remuant avec la cuiller, et servez-vous de cette sauce pour les mets
-en tortue.
-
-
-_Sauce Kari ou à l’Indienne._
-
-Mettez dans une casserole trois cuillerées de velouté réduit, et
-autant de consommé, une cuiller à café pleine de poivre kari; prenez
-une pincée de safran, faites-le bouillir dans un petit vase: quand la
-teinture du safran sera formée, passez-la sur le coin d’un tamis dans
-votre sauce; exprimez bien le safran avec une cuiller; faites-en même
-passer une partie; faites ensuite bouillir, et dégraissez. Si cette
-sauce n’était pas assez poivrée, vous y mettriez, avec la pointe d’un
-couteau, un peu de poivre rouge, autrement dit poivre de Cayenne.
-Remarquez que dans cet ouvrage je donnerai, en ses lieu et place, la
-manière de faire ce poivre.
-
-
-_Sauce Tomate._
-
-Ayez douze ou quinze tomates bien mûres et surtout bien rouges,
-ôtez-en les queues, ouvrez-les en deux avec votre couteau, et ôtez-en
-la graine; pressez-les dans votre main pour en faire sortir la partie
-aqueuse qui se trouve dans le cœur, et que vous jeterez, ainsi que
-la graine; mettez-les dans une casserole avec un morceau de beurre
-gros comme un œuf, une feuille de laurier et un peu de thym; posez
-votre casserole sur un feu modéré; remuez vos tomates jusqu’à ce
-qu’elles soient en purée. Durant leur cuisson, mettez-y une cuillerée
-d’espagnole ou de la partie grasse du bouillon, ce qui vaudrait mieux:
-lorsqu’elles seront au degré de purée, passez-les à force de bras à
-travers l’étamine, ratissez le dehors de cette étamine avec le dos de
-votre couteau; mettez tout le résidu dans une casserole, avec deux
-cuillerées d’espagnole, faites-le réduire à consistance d’une légère
-bouillie, mettez-y du sel convenablement, et, sur la pointe d’un
-couteau, un peu de poivre de Cayenne.
-
-
-_Sauce à l’Ivoire._
-
-Prenez un poulet commun que vous fendrez pas le dos pour en extraire
-les poumons, ou des carcasses de poulets: après en avoir ôté les
-poumons, mettez-le dans une petite marmite qu’il faut avoir le soin
-de bien laver; ajoutez-y deux carottes, deux oignons, dont un piqué
-d’un clou de girofle, et un bouquet assaisonné; mouillez le tout avec
-deux cuillerées à pot de consommé, ou de bouillon qui n’aie point de
-couleur; faites écumer cette marmite, retirez-la sur le coin d’un
-fourneau afin qu’elle mijote. Après cinq quarts d’heure ou une heure et
-demie de cuisson, passez ce consommé à travers une serviette; prenez
-deux ou trois cuillerées de ce consommé, mettez-les dans une casserole,
-joignez-y deux cuillerées de velouté, faites réduire à consistance de
-sauce: lorsque vous serez sur le point de servir, mettez-y gros de
-beurre comme la moitié d’un œuf; passez et vannez bien cette sauce,
-versez-y une cuiller à bouche pleine de jus de citron, et servez.
-
-
-_Sauce Ravigote blanche._
-
-Ayez cresson à la noix, cerfeuil, pimprenelle, estragon, civette,
-quelques feuilles de céleri et deux feuilles de baume; épluchez et
-lavez bien le tout; mettez-le dans un vase; jetez dessus un poisson
-d’eau bouillante; couvrez et laissez infuser trois quarts d’heure;
-ensuite passez cette infusion, mettez-la dans une casserole avec trois
-cuillerées à dégraisser de velouté; faites-la réduire à consistance de
-sauce; mettez-y la valeur d’une cuillerée à bouche pleine de vinaigre
-blanc, gros de beurre comme la moitié d’un œuf; passez et vannez bien
-cette sauce, et servez-la.
-
-
-_Sauce Ravigote froide et crue._
-
-Prenez la même ravigote que celle énoncée ci-dessus, hachez-la bien
-fine; joignez-y une cuillerée de câpres, hachées de même, un ou deux
-anchois que vous aurez concassés, un peu de poivre fin et du sel
-convenablement; mettez le tout dans un mortier de marbre ou de pierre,
-pilez-le jusqu’à ce qu’on ne puisse plus distinguer aucun ingrédient;
-ajoutez-y un jaune d’œuf cru; broyez, arrosez avec un peu d’huile et
-de temps en temps un peu de vinaigre blanc pour l’empêcher de tourner,
-et cela jusqu’à ce que le tout soit à consistance de sauce (si vous
-voulez votre ravigote très-forte, ajoutez-y un peu de moutarde); alors
-retirez-la du mortier, et servez.
-
-
-_Sauce Ravigote cuite._
-
-Ayez la même ravigote que celle énoncée ci-dessus; lavez-la; faites-la
-blanchir comme vous feriez blanchir des épinards; rafraîchissez-la
-quand elle sera cuite; mettez-la égoutter sur un tamis, pilez-la bien;
-quand elle le sera, passez-la, à force de bras, au travers d’un tamis
-ordinaire; cela fait, délayez-la avec de l’huile et du vinaigre;
-mettez-y sel et poivre, ainsi que vous feriez pour une rémoulade;
-qu’elle soit d’un bon goût, et servez.
-
-
-_Sauce verte._
-
-Vous ferez cette sauce comme la sauce au suprême, en y ajoutant une
-ravigote comme celle énoncée dans l’article ci-dessus, et du vert
-d’épinards que vous ferez ainsi: lavez et pilez bien une poignée
-d’épinards; exprimez-en le jus, en les mettant dans un torchon blanc et
-les tordant à force de bras; cela fait, mettez ce jus dans une petite
-casserole sur le bord d’un fourneau; il se caillebotte comme du lait;
-lorsqu’il le sera, jetez-le dans un tamis de soie pour le laisser
-égoutter; à l’instant de servir vous délayerez, soit le tout, soit une
-partie, pour faire votre sauce verte; de suite vous y mettrez le jus
-d’un citron ou un filet de vinaigre; passez et servez aussitôt, de peur
-que votre sauce ne devienne jaune.
-
-
-_Sauce Robert._
-
-Coupez en rouelles ou en dés six gros oignons ou davantage, si le cas
-le requiert; mettez-les dans une casserole avec du beurre à proportion;
-posez le tout sur un bon feu, singez-le avec un peu de farine, et
-faites qu’elle roussisse avec vos oignons; quand tout le sera, délayez
-avec du bouillon; laissez cuire; mettez sel et mignonnette, et lorsque
-votre sauce sera arrivée à son degré, joignez-y de la moutarde et
-servez.
-
-
-_Sauce au beurre d’Écrevisses._
-
-Lavez à plusieurs eaux un demi-cent de petites écrevisses, mettez-les
-dans une casserole, couvrez-les; faites-les cuire dans du grand
-bouillon avec peu de mouillement; sitôt qu’elles commencent à bouillir,
-sautez-les, pour que celles qui sont dessous viennent dessus; quand
-elles seront d’un beau rouge retirez la casserole du feu; laissez dix
-minutes vos écrevisses couvertes; ensuite égouttez-les sur un tamis,
-laissez-les refroidir, séparez-en les chairs, comme les queues que vous
-conservez pour faire les garnitures; jetez le dedans du corps, après
-en avoir extrait les petites pattes; lavez bien toutes ces écailles,
-jetez-les sur le tamis; faites-les sécher dans un four tiède ou sur un
-couvercle posé sur une cendre chaude; quand elles le seront, pilez-les
-dans un mortier; lorsqu’elles seront presque entièrement pilées,
-joignez-y gros de beurre comme un œuf; pilez-les de nouveau, jusqu’à
-ce qu’on ne distingue presque plus les écailles de vos écrevisses
-(remarquez si ces écrevisses, en les pilant, ne donnaient point assez
-de rouge à votre beurre, ajoutez-y deux ou trois petites racines qu’on
-nomme orcanette); cela fait, mettez fondre sur un feu très-doux votre
-beurre d’écrevisses environ un quart d’heure; quand il sera très-chaud,
-mettez un tamis un peu serré sur un vase rempli d’eau fraîche; versez
-sur ce tamis votre beurre, lequel se figera dans l’eau; ensuite
-ramassez-le, mettez-le sur une assiette (afin de vous en servir pour
-vos sauces au beurre d’écrevisses); ensuite prenez trois cuillerées de
-velouté réduit et bien corsé; incorporez votre beurre d’écrevisses, et
-vannez bien le tout à l’instant de vous en servir.
-
-
-_Sauce aux Homards._
-
-Prenez un homard de moyenne grosseur, ôtez-en les chairs et les œufs,
-s’il s’en trouve; coupez ces chairs en petits dés; épluchez les œufs
-de cet homard, de manière qu’il ne reste point de fibres; mettez dans
-une casserole les œufs et les chairs sans mouillement, couvrez votre
-casserole d’un papier ou d’un couvercle, de crainte que vos chairs ne
-se hâlent; lavez les coquilles de votre homard, détachez-en les petites
-pattes du plastron, que vous supprimerez; vos coquilles étant bien
-lavées, mettez-les sécher dans une étuve; une fois sèches, pilez-les
-et faites-en un beurre, comme il est indiqué au beurre d’écrevisses,
-et finissez-le de même; le beurre de votre homard refroidi, mettez-le
-dans une sauce blanche, vannez-la sur le feu sans la faire bouillir;
-ajoutez-y, si vous le voulez, un peu de poivre de Cayenne ou de gros
-poivre: versez votre sauce sur les chairs de votre homard; mêlez bien
-le tout, et servez-le dans une saucière, à côté d’un turbot ou de tout
-autre poisson.
-
-
-_Sauce à la purée d’Oseille._
-
-Ayez deux poignées d’oseille ou davantage, si le cas le nécessite;
-ôtez-en les queues; lavez ensuite cette oseille, égouttez-la, hachez-la
-très-menue, mettez-la dans une casserole avec un morceau de beurre que
-vous ferez fondre; quand votre oseille sera cuite, passez-la à force
-de bras à travers une étamine; remettez-la dans une casserole, après
-avoir ramassé avec le dos d’un couteau ce qui a pu rester au dehors de
-cette étamine; versez-y une cuillerée ou deux d’espagnole, faites-la
-recuire environ trois quarts d’heure, ayant soin de la remuer toujours;
-dégraissez-la, et faites qu’elle soit d’un bon sel; arrivée à la
-consistance d’une bouillie épaisse, retirez-la du feu et servez-vous-en.
-
-
-_Sauce à la purée d’Oignons blancs._
-
-Emincez douze oignons, mettez-les dans une casserole avec un morceau de
-beurre; posez votre casserole sur un feu doux, afin que votre oignon
-ne prenne point de couleur; faites-le cuire à petit feu, ayant soin
-de le remuer souvent avec une cuiller de bois; quand vous voyez qu’il
-s’écrase facilement sur la cuiller, joignez-y une ou deux cuillerées
-de velouté, et laissez cuire de nouveau; quand le tout sera bien cuit
-et réduit, passez-le dans une étamine comme pour la purée d’oseille;
-remettez-le dans une casserole et sur le feu; incorporez dans cette
-purée d’oignon une chopine de crême que vous aurez fait bouillir;
-mettez-y un peu de muscade râpée, pour que votre purée soit d’un
-bon goût; lorsqu’elle aura atteint le degré d’une bonne bouillie,
-retirez-la et servez.
-
-
-_Sauce à la purée d’Oignon rousse, dite Bretonne._
-
-Prenez douze oignons comme ci-dessus; mettez-les dans une casserole
-sur un feu vif, et faites-les roussir: lorsqu’ils seront d’une belle
-couleur d’or, mouillez-les avec deux cuillerées d’espagnole; faites
-cuire cette purée comme la précédente; passez-la de même à l’étamine;
-remettez-la dans la casserole, et, au lieu de crême, employez de
-l’espagnole; ensuite faites-la réduire à consistance d’une bouillie;
-ayez soin qu’elle soit d’un bon goût, et servez.
-
-
-_Sauce à la purée de Pois._
-
-Marquez cette purée de pois comme celle indiquée pour les potages
-(voyez _Potages_); faites-en autant que vous croirez nécessaire
-pour une ou deux entrées; mettez-la réduire avec une quantité
-suffisante de velouté: lorsqu’elle sera à son point, ajoutez-y un peu
-de vert d’épinards, pour lui donner la teinte qu’ont les pois verts;
-finissez-la avec un morceau de beurre, une pincée de sucre en poudre;
-qu’elle soit à consistance d’une bouillie épaisse, et servez.
-
-
-_Sauce Pois verts, pour Entrées et Entremets._
-
-Prenez deux litres de gros pois verts, ou davantage; lavez-les,
-jetez-les dans une passoire, mettez-les dans une casserole avec un
-morceau de beurre, une poignée de persil en branche, quatre ou cinq
-ciboules coupées en deux; posez votre casserole sur le feu, sautez
-vos pois: lorsque vous les verrez se rider, mouillez-les avec deux
-cuillerées à pot de bouillon; mettez une ou deux lames de jambon;
-faites-les partir; retirez-les sur le bord du fourneau; faites-les
-cuire, après jetez-les dans une passoire; ôtez-en le jambon;
-écrasez-les avec une cuiller, ou pilez-les et passez-les à l’étamine
-à force de bras, en les humectant avec du bouillon dans lequel ils
-ont cuit. La purée étant passée, mettez-la dans une casserole avec un
-morceau de beurre, une cuillerée ou deux de velouté; faites-la réduire
-à la consistance d’une purée, et dégraissez-la: qu’elle soit d’un bon
-sel; mettez-y un petit morceau de sucre, et finissez-la avec un pain
-de beurre. Si elle n’était pas assez verte, mettez-y un peu de vert
-d’épinards, comme il est indiqué à l’article Purée des potages.
-
-
-_Purée de Pois secs._
-
-Suivez le même mode, pour cette purée, que celui indiqué pour les
-potages (voyez _Potages_), et accommodez-la comme celle de pois verts.
-
-
-_Sauce à la purée de Lentilles à la Reine._
-
-Elle se fait comme la précédente, excepté qu’il faut la servir avec de
-l’espagnole qu’on doit laisser cuire davantage que celle de pois, afin
-qu’elle soit d’une belle couleur marron: on la finit avec un morceau de
-beurre, et on lui donne la même consistance que la purée de pois.
-
-
-_Purée de Gibier._
-
-Prenez un ou deux perdreaux rôtis à la broche, un lapereau ou bécasse,
-soit séparément, soit mêlés ensemble; levez-en toutes les chairs;
-supprimez-en les peaux et les nerfs; hachez le tout très-menu,
-mettez-le dans le mortier et pilez-le; lorsqu’il le sera bien,
-mettez-le dans une casserole avec de l’espagnole réduite et un peu de
-consommé; faites chauffer le tout sur un feu doux et sans bouillir;
-quand cette purée sera bien chaude, passez-la à force de bras à travers
-une étamine, et ramassez ce qui peut en rester au dehors; remettez-la
-dans une casserole, faites-la chauffer et placez-la au bain-marie: au
-moment de vous en servir, finissez-la avec un morceau de beurre; si
-vous ne la trouvez pas assez corsée, mettez-y un peu de glace, et
-servez-la, soit avec des œufs pochés dessus, soit avec des croûtons ou
-dans des croustades.
-
-
-_Sauce au pauvre Homme._
-
-Prenez cinq ou six échalotes, ciselez et hachez-les; ajoutez une pincée
-de persil haché bien fin; mettez le tout dans une casserole, soit avec
-un verre de bouillon, soit avec du jus ou de l’eau en moindre quantité,
-et une cuillerée à dégraisser de bon vinaigre, du sel, une pincée de
-gros poivre; faites bouillir vos échalotes jusqu’à ce qu’elles soient
-cuites, et servez.
-
-
-_Glace ou Consommé réduit._
-
-Prenez un ou deux jarrets de veau, ficelez-les, et, soit pour augmenter
-ou remplacer ces jarrets, employez des parures de carrés ou des débris
-de veau; mettez le tout dans une marmite fraîchement étamée, avec
-quatre ou cinq carottes, deux ou trois oignons et un bouquet de persil
-et ciboules; mouillez le tout avec d’excellent bouillon ou quelques
-bons fonds; faites écumer votre marmite, et rafraîchissez-la plusieurs
-fois avec de l’eau fraîche; mettez-la sur le bord d’un fourneau, et
-lorsque vos viandes quitteront les os, passez votre consommé à travers
-une serviette que vous aurez mouillée et tordue; laissez refroidir
-votre consommé; clarifiez-le, comme il est indiqué à l’article de la
-Culotte de bœuf à la gelée (voyez cet article); faites-le réduire à
-consistance de sauce, ayant soin de le remuer toujours, vu que rien
-n’est plus sujet à s’attacher et à brûler: à cet effet, ne la conduisez
-pas à trop grand feu, ce qui pourrait la noircir. Elle doit être d’un
-beau jaune et très-transparente; n’y mettez point de sel, elle en aura
-toujours assez. Cette réduction sert à donner du corps aux sauces
-et ragoûts qui pourraient en manquer, et à glacer vos viandes; vous
-ferez un petit pinceau avec des queues de vieilles poules; ôtez-en
-les bardes; ne laissez que le bout des plumes d’environ deux pouces
-de longueur; mettez-les bien égales, _qu’il n’y en ait pas une plus
-longue que l’autre_; liez-les fortement, ce qui formera votre pinceau;
-lavez-le dans l’eau tiède, pressez-le, servez-vous-en, et prenez garde
-de le laisser bouillir dans la glace, de crainte d’en faire en aller
-les bardes par parcelles dans votre glace.
-
-
-_Marinade cuite._
-
-Mettez dans une casserole gros de beurre comme un œuf; une ou deux
-carottes en tranches, ainsi que des oignons, une feuille de laurier, la
-moitié d’une gousse d’ail, un peu de thym et de basilic, du persil en
-branche, deux ou trois ciboules coupées en deux; faites passer le tout
-sur un bon feu: quand vos légumes commenceront à roussir, mouillez-les
-avec un poisson de vinaigre blanc, un demi-setier d’eau; mettez-y sel
-et gros poivre; laissez bien cuire cette marinade; après passez-la au
-travers d’un tamis, et servez-vous-en au besoin.
-
-
-_Poêle._
-
-Prenez quatre livre de rouelle de veau; coupez-les en dés, ainsi
-qu’une livre et demie de jambon, une livre et demie de lard râpé ou
-coupé de même, cinq ou six carottes coupées aussi en dés; huit moyens
-oignons entiers, un fort bouquet de persil et de ciboules, dans lequel
-vous envelopperez trois clous de girofle, deux feuilles de laurier,
-du thym, un peu de basilic et un peu de massif; joignez à cela trois
-citrons coupés en tranches, et dont vous aurez supprimé la pelure et
-les pepins; mettez le tout dans une marmite fraîchement étamée, avec
-une livre de beurre fin; passez-le sur un feu doux; mouillez-le avec du
-bouillon ou du consommé; faites partir, écumez, laissez cuire quatre ou
-cinq heures; après passez votre poêle au travers d’un tamis de crin, et
-servez-vous-en au besoin.
-
-
-_Sauce à la Mirepoix._
-
-Cette sauce se fait comme la précédente; elle diffère en ce que dans le
-volume de son mouillement il entre un quart de vin, soit de Champagne,
-soit d’autre bon vin blanc.
-
-
-_Blanc._
-
-Ayez une livre ou une livre et demie de graisse de bœuf; coupez-la
-en gros dés; mettez-les dans une marmite avec carottes coupées en
-tranches, oignon entier, piqué de deux clous de girofle, une ou deux
-feuilles de laurier, un bouquet de persil et ciboules, une gousse
-d’ail, deux citrons coupés en tranches, dont vous aurez supprimé la
-peau et les pepins; passez le tout sur le feu sans le faire roussir:
-lorsque votre graisse sera aux trois quarts cuite, singez-la d’une
-cuillerée à bouche de farine; mouillez le tout avec de l’eau, joignez-y
-de l’eau de sel ce qu’il en faut, laquelle se fait ainsi: mettez dans
-une casserole une ou deux poignées de sel avec de l’eau; faites-la
-bouillir, écumez-la, laissez-la reposer, tirez-la au clair, et
-servez-vous-en.
-
-
-_Petite Sauce à l’Aspic._
-
-Mettez dans une casserole un bon verre de consommé; faites-y infuser
-une partie suffisante de fines herbes dont on se sert pour la ravigote;
-posez la casserole sur une cendre chaude environ un quart d’heure, et
-ne laissez pas bouillir; passez le tout au travers d’un linge blanc; ne
-l’exprimez pas trop fort: mettez-y une cuillerée à bouche de vinaigre
-d’estragon, un peu de gros poivre, et servez-vous-en.
-
-
-_Sauce au fumet de Gibier._
-
-Mettez dans une casserole quatre cuillerées à dégraisser de consommé;
-prenez deux ou trois carcasses de perdreaux, que vous aurez concassées
-avec le dos de votre couteau, un bon verre de vin blanc, et faites
-cuire environ trois quarts d’heure; passez le tout au travers d’un
-tamis de soie; faites réduire et tomber à glace: cela fait, mettez
-deux ou trois cuillerées à dégraisser d’espagnole; faites bouillir,
-dégraissez, et servez-vous-en.
-
-
-_Sauce au Beurre d’ail._
-
-Prenez deux grosses gousses d’ail; pilez-les avec gros de beurre comme
-un œuf: lorsque le tout sera bien pilé, mettez votre beurre sur le fond
-d’un tamis de crin double; passez-le à force de bras avec une cuiller
-de bois; ramassez-le, et servez-vous-en, soit avec du velouté, soit
-avec de l’espagnole réduite.
-
-
-_Sauce au Beurre d’anchois._
-
-Prenez trois ou quatre anchois; lavez-les bien; ayez soin de les
-frotter sous votre pouce, afin qu’il n’y reste aucune écaille; levez-en
-les chairs; supprimez-en l’arête; pilez-les avec gros de beurre comme
-un petit œuf: quand le tout sera pilé, ramassez-le et mettez-le sur
-une assiette: vous aurez fait réduire quatre cuillerées à dégraisser
-ou à ragoût d’espagnole: à l’instant de saucer, vous incorporerez
-votre beurre d’anchois, soit en partie, soit en totalité, avec votre
-espagnole; faites chauffer votre sauce, sans la laisser bouillir;
-mettez-y le jus d’un ou deux citrons, pour la dessaler; passez et
-vannez-la: si elle se trouvait trop liée, ajoutez-y un peu de consommé,
-et servez-vous-en.
-
-
-_Sauce au Beurre de Provence._
-
-Prenez cinq ou six gousses d’ail; pilez-les comme pour le beurre
-d’ail; passez-les, comme ci-dessus, à travers un tamis de crin double;
-ramassez avec la cuiller tout le résidu; mettez-le dans un vase de
-faïence; ayez de la bonne huile vierge d’Aix; versez-en un peu dessus;
-tournez votre huile et votre ail, comme pour faire une pommade, sans
-discontinuer de la remuer et de la mouiller petit à petit; mettez-y du
-sel convenablement. Elle doit venir comme un morceau de beurre, à force
-de la travailler: alors servez-vous-en.
-
-
-_Sauce à la Tartare._
-
-Hachez deux ou trois échalotes bien fines, un peu de cerfeuil et
-d’estragon; mettez le tout dans le fond d’un vase de terre avec de la
-moutarde, un filet de vinaigre, sel et poivre, selon la quantité qu’il
-vous en faut; arrosez légérement d’huile votre sauce, et remuez-la
-toujours: si vous voyez qu’elle se lie trop, jetez-y un peu de
-vinaigre; goûtez si elle est d’un bon sel: si elle se trouvait trop
-salée, remettez-y un peu de moutarde et d’huile.
-
-
-_Sauce au Fenouil._
-
-Ayez quelques branches de fenouil vert; épluchez-les comme du persil;
-hachez-les très-fin; faites-les blanchir; rafraîchissez-les; jetez-les
-sur un tamis; mettez dans une casserole deux cuillerées à dégraisser
-de velouté, autant de sauce au beurre; faites-les chauffer; ayez soin
-de les vanner à l’instant de servir; jetez votre fenouil dans votre
-sauce; passez-la bien, pour que votre fenouil soit bien mêlé; mettez-y
-le sel convenable et un peu de muscade râpée.
-
-Si vous n’aviez pas de velouté, marquez du beurre dans une casserole
-avec de la farine, comme il est indiqué à l’article _Sauce blanche ou
-au Beurre_; mouillez avec du consommé ou du bouillon, et ayez soin de
-faire cuire davantage votre sauce.
-
-
-_Sauce à l’Anglaise, aux Groseilles à maquereau._
-
-Prenez vos deux pleines mains de groseilles à maquereau à moitié mûres;
-ouvrez-les en deux; ôtez-en les pepins; faites-les blanchir dans l’eau
-avec un peu de sel, comme vous feriez blanchir des haricots verts;
-égouttez-les; jetez-les dans une sauce comme celle indiquée ci-dessus,
-avec fenouil ou sans fenouil. Cette sauce sert à manger, en place de
-celle de maître-d’hôtel, des maquereaux bouillis.
-
-
-_Sauce claire à l’Estragon._
-
-Prenez de votre grand aspic: si vous n’en aviez pas, employez quelques
-bons fonds, que vous clarifierez comme je l’ai indiqué à l’article
-_Grand Aspic_. Après l’avoir clarifié, mettez-y un filet de vinaigre
-à l’estragon; coupez quelques feuilles d’estragon en losanges,
-faites-les bouillir, et au moment de servir jetez-les dans votre aspic.
-
-
-_Sauce à l’Estragon liée._
-
-Mettez dans une casserole deux ou trois cuillerées à dégraisser de
-velouté réduit, si vous la voulez blanche, et d’espagnole réduite, si
-vous la voulez rousse; ajoutez-y un filet de vinaigre à l’estragon, de
-l’estragon préparé comme le précédent, et finissez de lier votre sauce
-avec un pain de beurre.
-
-
-_Sauce mayonnaise._
-
-Mettez dans un vase de terre trois ou quatre cuillerées à bouche
-d’huile fine, et deux de vinaigre d’estragon; joignez-y estragon,
-échalotes, pimprenelles, hachés très-fin, sel, gros poivre, en
-suffisante quantité, deux ou trois cuillerées à bouche de gelée ou
-d’aspic; remuez bien le tout avec une cuiller: la sauce se liera et
-formera une espèce de pommade. Goûtez-la: si elle était trop salée ou
-trop vinaigrée, mêlez-y un peu d’huile; en cas que vous la vouliez
-claire, concassez la gelée avec votre couteau, et mêlez-la légèrement
-avec votre assaisonnement.
-
-
-_Roux._
-
-Mettez dans une casserole une livre de beurre ou davantage; faites-le
-fondre sans le laisser roussir; passez au tamis de la farine de
-froment, la plus blanche et la meilleure; mettez-en autant que votre
-beurre en pourra boire (on le fait aussi considérable que le besoin
-l’exige). Il faut que ce roux ait la consistance d’une pâte un peu
-ferme; menez-le au commencement sur un feu assez vif, ayant soin de
-le remuer toujours: lorsqu’il sera bien chaud et qu’il commencera à
-blondir, mettez-le dessus de la cendre chaude, sous un fourneau allumé,
-en sorte que la cendre rouge de ce fourneau tombe sur le couvercle
-qui couvre votre roux; remuez-le de demi-quart d’heure en demi-quart
-d’heure, jusqu’à ce qu’il soit d’un beau roux: de cette manière, votre
-roux n’aura point l’âcreté que les roux ont ordinairement.
-
-
-_Roux blanc._
-
-Faites fondre le beurre le plus fin que vous aurez; mettez-y de la
-farine en suffisante quantité; passez au tamis comme ci-dessus, de
-crainte qu’il ne se trouve dans votre farine des grumeaux ou de la
-malpropreté; menez-le sur un feu très-doux, afin qu’il ne prenne
-point couleur: ayez soin de le remuer environ une demi-heure, et
-servez-vous-en pour votre velouté.
-
-
-_Pâte à frire._
-
-Passez une demi-livre de farine; mettez-la dans une terrine avec deux
-cuillerées à bouche d’huile, du sel et deux ou trois jaunes d’œufs;
-mouillez-la avec de la bière, en suffisante quantité pour qu’elle
-ne corde point; travaillez-la pour qu’elle soit à consistance d’une
-bouillie; fouettez un ou deux blancs d’œufs; incorporez-les dans votre
-pâte en la remuant légérement: faites-la deux ou trois heures avant de
-vous en servir. Du plus ou du moins de blancs d’œufs fouettés dépendra
-la légéreté de votre pâte. Vous pouvez faire de même cette pâte avec
-du beurre au lieu d’huile, et de l’eau chaude en place de bière, en y
-ajoutant un verre de vin blanc.
-
-
-FRITURE.
-
-L’expérience m’a appris que, de toutes les fritures, la meilleure est
-celle que l’on fait avec la partie grasse qu’on tire de la grande
-marmite. Lorsqu’on n’a pas assez de cette graisse, on y supplée avec
-de la graisse de rognons de bœuf hachée très-fin, ou que l’on coupe en
-dés, et qu’on fait fondre avec soin. Ces graisses valent infiniment
-mieux que le sain-doux, qui a le défaut de ramollir la pâte, et celui
-encore plus grand, lorsqu’on le fait chauffer, de s’enfler et d’écumer,
-ce qui le fait déborder souvent du vase où on l’a mis, et ce qui est
-dangereux encore, _dans le feu_. L’huile fait à-peu-près le même
-effet, et n’est pas moins dangereuse sous ce dernier rapport; mais
-elle ne ramollit pas. A l’égard du beurre fondu, cette friture revient
-fort chère et a presque les mêmes inconvéniens: ainsi je conclus que
-de toutes les fritures, tant pour la beauté que pour la bonté et
-l’économie, la meilleure est celle qui provient de la graisse qu’on a
-retirée de la marmite, ainsi que celle qu’on fait de la graisse des
-rognons de bœuf.
-
-
-_Manière d’opérer en cela._
-
-Lorsque vous aurez de la graisse indiquée en suffisante quantité,
-mettez-la dans une marmite pour la faire cuire et clarifier; faites-la
-partir comme vous feriez à l’égard d’un bouillon; écumez-la; mettez-y
-quelques tranches d’oignons et quelques morceaux de pain; faites-la
-aller quatre ou cinq heures sur le bord d’un fourneau ou devant le
-feu, comme on fait aller, vulgairement dit, un pot-au-feu bourgeois;
-après ôtez-en le pain, les oignons, et tirez-la au clair; elle doit
-être extrêmement limpide; mettez-en la quantité dont vous avez besoin
-dans une poêle; faites-la chauffer; pour vous assurer si elle est
-chaude assez, trempez un de vos doigts dans l’eau et secouez-le sur
-la friture; si elle petille et rejette l’eau, c’est qu’elle est à son
-degré de chaleur.
-
-Si c’est du poisson que vous faites frire, avant de l’abandonner
-tenez-le par la tête et trempez le bout de la queue dans votre friture;
-si, l’ayant laissé une seconde, vous voyez que ce bout est presque
-cassant, mettez-y votre poisson et ayez soin de le retourner.
-
-
-_Sauces aux Hatelets._
-
-Hachez un peu de persil, ciboules et champignons; mettez ces fines
-herbes dans une casserole avec un morceau de beurre; passez-les,
-singez-les et mouillez les avec une cuillerée à pot de consommé;
-assaisonnez cette sauce d’un peu de sel, gros poivre, de la muscade
-râpée et d’une demi-feuille de laurier; faites-la aller sur un bon feu,
-ayant soin de la tourner jusqu’à ce qu’elle ait atteint son degré de
-cuisson, c’est-à-dire qu’elle soit réduite à consistance d’une bouillie
-claire; retirez-en le laurier; liez-la avec deux jaunes d’œufs délayés
-avec un peu de bouillon, et servez-vous-en.
-
-
-_Autre Sauce aux Hatelets._
-
-Mettez dans une casserole une cuiller à pot de velouté avec une
-pincée de persil, autant d’échalotes ou de ciboules, et deux fois
-autant de champignons hachés très-fin; tournez cette sauce; faites-la
-réduire à consistance d’une bouillie claire; liez-la comme la
-précédente; ajoutez-y, si vous le voulez, un peu de muscade râpée, et
-servez-vous-en.
-
-
-_Brède-Sauce._
-
-Prenez la mie d’un pain mollet d’une demi-livre, ou de la mie d’un pain
-blanc; faites-la dessécher avec du lait; laissez-la cuire environ trois
-quarts d’heure, et ne lui donnez que la consistance d’une bouillie
-épaisse; ajoutez-y vingt grains de poivre noir, du sel en suffisante
-quantité, et, en la finissant, gros comme une noix d’excellent beurre;
-servez-la dans une saucière, à côté de vos bécasses ou perdreaux.
-
-
-_Sauce aux Truffes à la Saint-Cloud, ou en Petit Deuil._
-
-Coupez une truffe en très-petits dés; passez-les dans un petit morceau
-de beurre; mouillez-les avec quatre cuillerées à dégraisser, pleines
-de velouté, et deux de consommé; faites cuire et réduire votre sauce;
-dégraissez-la et finissez-la avec un pain de beurre.
-
-
-_Sauce à la Pluche verte._
-
-Mettez dans une casserole quatre cuillerées pleines de velouté réduit;
-faites bouillir, et dégraissez au moment de servir; mettez dans cette
-sauce des feuilles de persil blanchi, du gros poivre, un pain de beurre
-et le jus d’un citron; observez que ce jus doit dominer un peu.
-
-
-_Court-Bouillon._
-
-Mettez dans une casserole un morceau de beurre avec des oignons coupés
-en tranches et des carottes en lames, deux feuilles de laurier cassées,
-trois clous de girofle, deux gousses d’ail, du thym, du basilic et un
-peu de gingembre; passez le tout sur un feu un peu vif, pour donner à
-ces légumes un peu de couleur; faites que le fond de votre casserole
-soit un peu attaché; mouillez-les avec deux ou trois bouteilles de vin;
-si vous voulez que votre court-bouillon soit au gras, mettez quelques
-bons fonds de graisse; faites-le bouillir et servez-vous-en.
-
-
-_Ket-Chop._
-
-Ayez douze maniveaux de champignons, épluchez-les, lavez-les,
-émincez-les le plus possible; ayez une terrine d’office neuve;
-faites un lit de champignons de l’épaisseur d’un travers de doigt;
-saupoudrez-le légérement de sel fin, ainsi de suite, lit par lit,
-jusqu’à ce que vos champignons soient employés; ajoutez-y une poignée
-de brou de noix. (A l’égard de brou de noix, voyez l’article du
-_Cochon_, le moyen de donner au cochon domestique l’apparence et
-le goût du sanglier.) Cela fait, couvrez votre terrine d’un linge
-blanc, fixez ce linge avec une ficelle, et recouvrez votre terrine
-avec un plat quelconque. Laissez quatre ou cinq jours vos champignons
-se fondre; tirez-en le jus au clair, et exprimez-en le marc à force
-de bras, au travers d’un torchon neuf (il faut être deux pour cela);
-mettez ce jus dans une casserole; faites-le réduire; ajoutez-y deux
-feuilles de laurier; vous aurez marqué une petite marmite comme pour
-faire un fond de glace (voyez _la Glace_). Sa cuisson faite, passez-la
-au travers d’un tamis; dégraissez-la; mettez ensemble et ce jus de
-champignons, et ce fond de glace (si vous l’aimez mieux, mettez de la
-glace); ajoutez-y quatre ou cinq anchois pilés; une cuiller à café de
-poivre de Cayenne (voyez _Poivre de Cayenne_); faites réduire le tout
-presque à demi glace; ôtez-en les feuilles de laurier, et laissez-le
-refroidir; ensuite mettez-le dans une bouteille neuve bien bouchée, et
-servez-le avec le poisson.
-
-
-_La Ducelle._
-
-Hachez champignons, persil, ciboules ou échalotes, le tout par tiers;
-mettez du beurre dans une casserole avec autant de lard râpé; passez
-ces fines herbes sur le feu; assaisonnez-les de sel, gros poivre,
-fines épices, un peu de muscade râpée et une feuille de laurier;
-mouillez le tout de quelques cuillerées d’espagnole ou de velouté;
-laissez-le mijoter, ayant soin de le remuer; lorsque vous croirez votre
-ducelle suffisamment cuite, et l’humidité des fines herbes évaporée,
-finissez-la avec une liaison que vous ferez cuire sans la laisser
-bouillir; ajoutez-y, si vous le voulez, le jus d’un citron; déposez-la
-dans une terrine, et servez-vous-en pour tout ce que vous voudrez
-mettre en papillotes.
-
-
-_Sauce au Vert-Pré._
-
-Mettez dans une casserole cinq cuillerées pleines de velouté et deux de
-consommé; faites-les réduire: au moment de servir, ajoutez-y un petit
-pain de beurre et gros comme une noix de vert d’épinards (voyez le
-_Vert d’Épinards_, article des _Garnitures_); passez, sans travailler
-votre sauce, et servez-vous-en.
-
-
-_Sauce à l’Orange._
-
-Prenez trois oranges, coupez-les en deux, exprimez-en le jus dans un
-tamis que vous poserez sur un vase de terre ou de faïence; coupez en
-deux vos moitiés d’oranges dont vous aurez exprimé le jus, ôtez-en
-toutes les chairs, c’est-à-dire, laissez le moins de blanc possible
-au zeste; coupez ce zeste en petits filets, faites-le blanchir,
-égouttez-le, mettez-le dans un jus de bœuf bien corsé, avec une pincée
-de gros poivre; retirez sur le bord du fourneau votre casserole,
-mettez-y le jus de vos oranges, saucez-y vos filets, et que le zeste
-soit dessus.
-
-
-_Eau de sel._
-
-Mettez de l’eau dans un petit chaudron et du sel proportionnément
-à la quantité de l’eau, avec quelques ciboules entières, du persil
-en branche, une ou deux gousses d’ail, deux ou trois oignons coupés
-en tranches, zeste de carottes, thym, laurier, basilic, deux clous
-de girofle; faites bouillir trois quarts d’heure, écumez votre eau,
-descendez-la du feu, couvrez-la d’un linge blanc, laissez-la reposer
-une demi-heure ou trois quarts d’heure, passez-la au travers d’un tamis
-de soie sans y verser le fond; servez-vous-en pour faire cuire votre
-poisson et tout ce qui nécessite de l’eau de sel.
-
-
-_Beurre lié._
-
-Cassez deux œufs, supprimez-en les blancs, mettez les jaunes dans une
-casserole; faites fondre environ un quarteron de beurre sans le laisser
-roussir; broyez, rompez vos jaunes avec une cuiller de bois, versez
-votre beurre à fur et à mesure sur ces jaunes; posez votre casserole
-sur un feu doux, mettez-y du jus de citron, et servez-vous-en pour
-faire vos panures.
-
-
-_Verjus, et la manière de le faire pour qu’il se conserve._
-
-Prenez du verjus avant qu’il ne commence à mûrir, séparez les grains
-de la grappe, ôtez-en les queues; mettez les grains dans un mortier
-avec un peu de sel, pilez-les, exprimez-en le jus, à travers un linge,
-à force de bras ou sous une presse; ayez une chausse de futaine ou
-deux, si la quantité de verjus que vous voulez faire l’exige; mouillez
-cette chausse, enduisez-la de farine du côté pelucheux de la futaine,
-suspendez-la, de manière qu’elle soit ouverte; versez votre verjus en
-plusieurs fois, jusqu’à ce qu’il devienne limpide comme de l’eau de
-roche; vous aurez auparavant rincé des bouteilles, ou vous en aurez de
-neuves, pour qu’elles n’aient aucun mauvais goût; vous les soufrerez
-en agissant ainsi: ayez un bouchon qui puisse aller à toutes les
-bouteilles, passez dedans un fil de fer, arrêtez-le sur le haut du
-bouchon, et faites-lui faire un crochet à l’autre extrémité; il faut
-que ce fil de fer ne passe pas la moitié de la bouteille; mettez au
-crochet un morceau de mèche soufrée comme celle qu’on emploie pour
-mécher les tonneaux, allumez-la, mettez-la dans les bouteilles l’une
-après l’autre; lorsque vous apercevrez que la bouteille est remplie de
-la vapeur, ôtez-en la mèche et bouchez-la, ainsi des autres; au bout
-d’un instant videz-y votre verjus, et bouchez-bien vos bouteilles que
-vous mettrez debout dans la cave, et quand vous voudrez vous en servir,
-supprimez la petite pellicule qui doit s’être formée dans le goulot;
-vous pourrez vous servir de ce verjus en place de citron; vous pourrez
-vous en servir aussi pour les liqueurs fraîches et le punch, en y
-ajoutant un peu d’esprit de citron ou du zeste de citron. Ce verjus est
-bon pour obvier aux inconvéniens des chutes: il suffit, à cet effet,
-d’en prendre un verre lorsque l’accident vient d’arriver.
-
-
-
-
-GARNITURES.
-
-
-_Bords de Plats._
-
-Prenez du pain de pâte ferme, rassis; levez-en la mie par tranches
-de l’épaisseur d’une lame de couteau; formez de cette mie de petits
-losanges, des _x_, des croissans, enfin de toutes les formes que vous
-voudrez. Cela fait, mettez chauffer de l’huile dans une casserole, et
-passez-y ces croûtons comme ceux des épinards; faites-en des roux et
-des blancs; les blancs, en leur laissant moins subir l’action du feu.
-Quand ces croûtons seront bien secs, égouttez-les, faites des caisses
-de papier blanc, et mettez-les séparément, selon leur forme et leur
-couleur, dans chacune de ces caisses. Lorsque vous voudrez vous servir
-de ces croûtons pour des bords de plats, percez un œuf par la pointe,
-faites-en tomber une partie du blanc sur un couvercle, battez un peu
-ce blanc avec la lame de votre couteau; incorporez-y une petite pincée
-de farine, faites chauffer légérement votre plat, trempez dans l’œuf
-un des côtés de vos croûtons, et posez-le sur ce plat, ainsi de suite,
-jusqu’à ce que votre bord soit formé. Gardez-vous de faire chauffer
-votre plat plus qu’il ne faut, de crainte que votre bord ne puisse
-tenir.
-
-
-_Crêtes de Coqs._
-
-Parez ces crêtes et coupez-en les petites pointes; ôtez-en le moins que
-vous pourrez, pour ne pas leur ôter leur grâce. Parez aussi la partie
-qui est adhérente à la tête. Mettez-les dégorger trois quarts d’heure
-dans de l’eau un peu tiède, au bord d’un fourneau; ayez soin de les
-remuer souvent. Faites chauffer de l’eau dans une autre casserole,
-qu’elle soit un peu plus que tiède; mettez vos crêtes dans un torchon
-neuf, avec une pincée de gros sel; tenez les quatre coins de votre
-torchon dans votre main, plongez-le dans l’eau presque bouillante, et
-frottez-les avec la paume de la main, comme il a été dit pour la mie
-de pain; ouvrez votre torchon; voyez si l’épiderme de vos crêtes se
-détache; sinon retrempez-les en faisant chauffer un peu plus votre eau;
-prenez garde néanmoins qu’elle ne le soit trop, car vous manqueriez
-vos crêtes. Si l’épiderme s’en détache bien, passez-les toutes les unes
-après les autres dans vos doigts, pour les bien éplucher; mettez-les
-dégorger dans de l’eau fraîche, jusqu’à ce qu’elles soient blanches.
-Cela fait, marquez-les dans un blanc (voyez _Blanc_); faites-les cuire
-et mettez-les au rang de vos garnitures, pour vous en servir au besoin.
-
-
-_Garniture de Rognons de Coqs._
-
-Prenez la quantité de ces rognons que vous jugerez nécessaire;
-appropriez-les, mettez-les dégorger comme les crêtes, sur le bord
-d’un fourneau: quand ils le seront suffisamment, faites-les blanchir,
-et marquez-les dans un blanc comme les crêtes (voyez _Blanc_ ou
-_Mirepoix_), et rangez-les au nombre de vos garnitures.
-
-
-_Foies gras et demi-gras pour Garnitures._
-
-Ayez la quantité de foies gras que vous croirez nécessaire pour votre
-service; supprimez les cœurs et les amers; parez-les bien où l’amer
-a posé; prenez garde de la crever. Faites dégorger vos foies comme
-les rognons, et blanchir légérement; mettez-les cuire dans des bardes
-de lard; mouillez-les avec une bonne Mirepoix: leur cuisson faite,
-mettez-les au rang de vos garnitures.
-
-
-_Truffes pour Garnitures._
-
-Je ne parlerai point ici des truffes, vu que j’en donnerai l’_analyse_
-dans le corps de l’ouvrage. (Voyez article _Ragoût aux Truffes_.)
-
-
-_Carottes pour Garnitures._
-
-Ayez des carottes en quantité proportionnée à vos besoins;
-choisissez-les pourtant d’une belle couleur rouge et tendre;
-tournez-les, soit en bâtonnets, en gousses d’ail, en forme de
-champignons ou de morilles. Si le temps vous presse, coupez-les avec
-un vide-pomme; tâchez de ne point employer le cœur de la carotte,
-qui différerait de couleur et qui est moins délicat; faites blanchir
-ces petites carottes, mettez-les cuire avec un peu de consommé ou de
-bouillon; joignez-y un petit morceau de sucre; faites-les tomber à
-glace; prenez garde qu’elles ne s’attachent: leur cuisson achevée,
-mettez-les au rang de vos garnitures.
-
-
-_Navets pour Garnitures._
-
-Choisissez la quantité de navets dont vous avez besoin; soit que vous
-les preniez de Farneuse ou de toute autre espèce, choisissez-les d’une
-chair serrée et sucrée (les creux ne valent rien); tournez-les, comme
-il est indiqué à l’article des carottes, faites-les cuire de même, à
-moins que vous ne les veuilliez au roux: dans ce cas, ne les faites
-point blanchir, mais roussir dans du beurre ou du sain-doux, et de là
-mettez-les au rang de vos garnitures.
-
-
-_Champignons pour Garnitures._
-
-A l’égard de ces champignons (voyez, à l’article des _Ragoûts_, le
-_Ragoût de Champignons_). De même, pour les _Morilles_ et les
-_Mousserons_ (voyez à l’article des _Ragoûts_).
-
-
-_Petits Oignons pour Garnitures._
-
-Prenez la quantité de petits oignons dont vous croirez avoir besoin;
-coupez-leur les têtes et la queue; faites blanchir ces petits oignons,
-supprimez-en la première peau; rendez-les tous égaux, mettez-les cuire
-dans du consommé ou du bouillon; ajoutez-y un petit morceau de sucre;
-faites-les tomber presque à glace. Si vous les voulez roux, au lieu de
-les faire blanchir, faites les roussir dans du beurre; égouttez-les;
-mettez-les cuire comme il est dit plus haut. Leur cuisson achevée,
-placez-les au rang de vos garnitures.
-
-
-_Laitues pour Garnitures._
-
-Prenez la quantité convenable de laitues, épluchez-les; ne coupez
-point la racine près des feuilles; lavez-les; plongez-les dans l’eau
-(en les tenant par la queue) les unes après les autres, de crainte
-qu’il n’y reste quelques petits vers rouges. Faites-les blanchir,
-rafraîchissez-les, passez-les, ficelez-les de trois en trois; foncez
-une casserole de bardes de lard, posez-les dedans, assaisonnez-les de
-sel et gros poivre, d’une feuille de laurier, d’une gousse d’ail, d’un
-oignon et d’une lame de jambon; mouillez-les, soit avec du consommé,
-du bouillon ou un bon fond de graisse; couvrez-les de bardes de lard,
-d’un rond de papier; faites les partir; mettez-les mijoter deux
-heures avec feu dessous et dessus. Étant cuites, laissez-les dans leur
-assaisonnement, et mettez-les au rang de vos garnitures.
-
-
-_Vert d’Épinards._
-
-Prenez environ un demi-paquet d’épinards; épluchez-le, lavez-le,
-secouez-le; mettez ces épinards dans un mortier; pilez-les; exprimez-en
-le jus en les pressant à force de bras dans un torchon; mettez ce
-jus dans une sauteuse ou dans un couvercle de marmite; posez-le sur
-une cendre chaude, afin qu’il ne fasse que frémir; ce jus vert se
-caillebottera. Une fois caillé, égouttez-le sur un tamis de soie,
-et servez-vous-en pour donner une couleur verte à vos purées, à vos
-sauces, à vos gelées, et pour les petites omelettes qui servent à
-décorer.
-
-
-_Culs d’Artichauts tournés._
-
-Prenez une douzaine d’artichauts tendres et non filandreux, ce qui vous
-sera facile de connaître en séparant la queue de l’artichaut; si elle
-se casse net, c’est une preuve qu’il n’est point filandreux; supprimez
-les feuilles de dessous l’artichaut, non en les cassant, mais en les
-tirant de côté, de façon à n’enlever que la grosse peau de la feuille
-sans en arracher la chair: lorsque votre artichaut sera dégagé de la
-majeure partie de ses feuilles, tournez-le, commencez par l’endroit où
-posait la queue, tournez-le sur la lame de votre couteau, de façon que
-l’artichaut tourne tandis que votre couteau restera en place, et faites
-que l’on ne puisse distinguer aucun coup de couteau: lorsque vous serez
-arrivé aux feuilles, coupez-les horizontalement; frottez votre cul
-d’artichaut avec la moitié d’un citron, jetez-le dans de l’eau fraîche,
-dans laquelle vous aurez exprimé le jus d’un ou de plusieurs citrons.
-Vos artichauts étant tournés, mettez de l’eau bouillir dans un chaudron
-ou une casserole; quand votre eau sera bouillante, mettez-y vos culs
-d’artichauts, couvrez-les d’un plat qui les tienne plongés dans l’eau;
-faites-les bouillir; retirez-en un, voyez si le foin quitte; dans ce
-cas, rafraîchissez vos artichauts, supprimez-en le foin, remettez-les
-dans une autre eau fraîche. Une fois rafraîchis, égouttez-les,
-mettez-les dans un blanc (voyez _Blanc_), achevez de les faire cuire.
-Leur cuisson faite, retirez-les de leur blanc, qu’il ne reste rien
-après; mettez-les dans une terrine, passez dessus à travers un tamis de
-ce même blanc, et servez de ces culs d’artichauts pour garnitures, soit
-en entier ou par quartier.
-
-
-
-
-POIVRE DE CAYENNE.
-
-_Manière de le faire._
-
-Ayez une demi-livre de gros piment ou poivre long; choisissez-le d’un
-beau rouge, épais de peau; faites-le sécher à l’ombre; lorsqu’il le
-sera bien, déchiquetez-le; supprimez-en les queues; mettez-les avec
-leur graine et une pincée de sel dans un mortier de fonte; servez-vous
-d’un pilon de fer pour le piler, et ayez bien soin de couvrir votre
-mortier d’une peau fermée bien hermétiquement.
-
-
-_Poivre Kari._
-
-Ayez un quarteron de piment enragé, deux onces de safran en racine,
-ou crocus de l’Inde; deux onces de racine de rhubarbe en sorte; pilez
-d’abord dans un mortier de fonte votre piment; à cet effet, servez-vous
-d’un pilon de fer; couvrez le mortier d’une peau qui enveloppe le
-pilon, et liez-la autour du mortier; quand votre poivre sera réduit en
-poudre, passez-le au tambour dans le tamis de crin. Pilez le safran et
-passez-le de même, ainsi que la rhubarbe, que vous aurez choisie la
-plus nouvelle et la plus lourde. Le tout passé, mélangez-le, ajoutez-y
-une demi-once d’épices en poudre et un peu de sel fin; mélangez bien le
-tout, et servez-vous de ce poivre kari au besoin.
-
-
-_Oignons glacés._
-
-(Voyez _Bœuf ou Bouilli ordinaire._)
-
-_Concombres au Blanc._
-
-Prenez trois concombres; coupez-en les petits bouts, goûtez-les; s’il
-s’en trouve d’amers, supprimez-les, et prenez-en d’autres que vous
-goûterez de même, etc.; ôtez-leur la pelure, coupez-les en quatre, et
-supprimez-en les pepins. Coupez ces concombres en écailles d’huîtres;
-parez-les et arrondissez-les; tâchez que les morceaux soient égaux;
-faites-les blanchir dans de l’eau avec un peu de sel; assurez-vous
-s’ils sont cuits; ils le seront, s’ils fléchissent sous vos doigts;
-alors égouttez-les, et servez-vous-en au besoin.
-
-
-_Concombres au Brun._
-
-Préparez les concombres, comme il est indiqué précédemment, et
-mettez-les dans un vase de terre, avec un peu d’eau, un filet de
-vinaigre blanc et un peu de sel; laissez-les mariner une heure;
-égouttez-les; étendez-les dans un torchon; tordez-les à deux, à force
-de bras, pour en ôter toute l’eau; faites-les frire dans du lard râpé;
-qu’ils soient d’une belle couleur; égouttez-les, et servez-vous-en pour
-vos ragoûts au brun.
-
-
-_Pluche d’Oignons, blanche et rousse._
-
-Prenez une douzaine de gros oignons; épluchez-les; coupez-les en deux
-et ôtez-en les cœurs; coupez-les en rouelles; mettez un morceau de
-beurre dans une casserole; égouttez-y vos oignons si votre pluche est
-pour être au blanc; faites-les cuire sur une cendre chaude; remuez-les
-souvent: quand ils seront au trois quarts cuits, singez-les; achevez
-de les faire cuire comme un roux au blanc; mouillez-les avec du
-consommé ou du bouillon; faites-les réduire à consistance d’une forte
-bouillie, ajoutez-y du sel, du poivre et un peu de muscade râpée, et
-servez-vous-en au besoin.
-
-
-_Pluche d’Oignons au roux._
-
-Épluchez et coupez des oignons, comme à l’article précédent; mettez-les
-dans une casserole avec un morceau de beurre; faites-les roussir d’une
-belle couleur; singez-les; remuez-les sur le feu; faites roussir votre
-farine; mouillez-les avec quelques cuillerées de jus de bœuf; mettez-y
-sel et poivre, et faites cuire à consistance de sauce; goûtez si votre
-pluche est d’un bon goût, et servez-vous-en.
-
-
-
-
-RAGOUTS.
-
-
-_Salpicons._
-
-Les salpicons sont composés de toutes sortes de viandes et de légumes,
-comme truffes, champignons et culs d’artichauts; vous mettez de tout
-dans une égale proportion; il faut, pour les bien faire, que les
-viandes que vous employez soient cuites à part, ainsi que les légumes,
-afin que ces ingrédiens se trouvent d’égale cuisson, selon leur qualité.
-
-
-_Salpicon ordinaire._
-
-Il se compose de gorge de ris de veau, de foies gras ou demi gras, de
-jambon, de champignons et de truffes, si c’est la saison; coupez de
-tout cela en petits dés et d’égale grosseur; au moment de servir ayez
-de l’espagnole bien réduite, la quantité qu’il vous faut, pour vos
-chairs; jetez-les dedans; mettez-les sur le feu; remuez-les sans les
-laisser bouillir, et servez.
-
-On fait de même ce salpicon avec des quenelles ou du gaudiveau, des
-blancs de volailles cuites à la broche, des crêtes de coqs et des culs
-d’artichauts: cela dépend de ce que l’on a et de la saison où l’on se
-trouve.
-
-
-_Ragoût de Ris de Veau._
-
-Faites dégorger un ou deux ris de veau; quand ils auront rendu tout
-leur sang, faites-les blanchir; marquez-les dans une casserole avec une
-ou deux carottes, deux oignons, quelques parures de veau, un bouquet
-de persil et ciboules assaisonné; mettez vos ris de veau dans la
-casserole; couvrez-les avec une petite barde de lard; mouillez-les avec
-une cuillerée ou deux de bouillon; qu’ils ne trempent pas entièrement;
-couvrez-les avec un rond de papier beurré; faites-les partir; après
-mettez-les sous le fourneau avec de la cendre chaude dessous et
-dessus. Veillez à ce qu’ils ne cuisent pas trop: quand ils le seront,
-retirez-les, ôtez-les de leur assaisonnement. Si vous n’aviez pas de
-sauce, passez leur cuisson dans une casserole, au travers d’un tamis.
-En cas que vous veuilliez les mettre au blanc, maniez un pain de
-beurre avec une pincée de farine, quelques champignons; mettez le tout
-dans cette cuisson; laissez cuire, dégraissez, joignez-y quelques
-culs d’artichauts, si vous voulez, et ayant coupé vos ris de veau
-en tranches, mettez-les dans cette sauce sans les laisser bouillir:
-lorsque vous serez pour les servir, faites une liaison de deux jaunes
-d’œufs, un peu de persil haché très-fin, un jus de citron ou un filet
-de verjus; voici la manière de les lier:
-
-D’abord cassez deux œufs; ôtez-en les jaunes, sans les rompre; n’y
-laissez ni blanc ni germe, écrasez-les avec une cuiller; délayez-les
-avec un peu d’eau ou du bouillon; ensuite, quand votre ragoût sera
-bouillant, retirez-le au bord du fourneau, tenez la queue de votre
-casserole d’une main, et de l’autre versez doucement votre liaison dans
-votre ragoût, en le remuant; posez-le sur le feu; remuez-le toujours;
-ne le laissez point bouillir, et mettez-y sur-le-champ un petit morceau
-de beurre. Pour que votre sauce soit moelleuse, finissez-la avec un jus
-de citron ou un filet de verjus; qu’elle ne soit ni trop longue ni trop
-courte, et servez.
-
-
-_Ragoût de Crêtes et de Rognons de Coqs en Financière._
-
-Quand vos crêtes auront été échaudées et cuites dans un blanc,
-égouttez-les (voyez _Crêtes de coqs_, article des _Garnitures_), ainsi
-que les rognons; mettez dans une casserole la quantité convenable de
-velouté réduit, si vous voulez votre ragoût au blanc; et si vous le
-voulez au roux, employez de l’espagnole réduite, en y ajoutant un peu
-de consommé: en cas que votre sauce se trouve trop liée, faites mijoter
-vos crêtes un quart d’heure; joignez-y, un instant avant de servir vos
-rognons, quelques champignons tournés et que vous aurez fait cuire, des
-culs d’artichauts et des truffes, selon votre volonté. Si votre ragoût
-est au blanc, liez-le comme il est indiqué à l’article _Ragoût de ris
-de Veau_; et s’il est au roux, suivez le même procédé que celui énoncé
-au même article.
-
-
-_Ragoût de Laitances de Carpes._
-
-Ayez deux douzaines de laitances; détachez-les des boyaux; jetez-les
-dans de l’eau fraîche; laissez-les dégorger une demi-heure; changez-les
-d’eau, et mettez-les sur le bord d’un fourneau; laissez-les dégorger
-jusqu’à ce qu’elles soient blanches; prenez une autre casserole;
-faites-y bouillir de l’eau avec un peu de sel; égouttez vos laitances,
-et jetez-les dans cette eau; faites-leur jeter un bouillon; retirez-les
-du feu; ayez dans une casserole quatre cuillerées à dégraisser
-d’italienne blanche ou rousse; mettez-y vos laitances; faites-leur
-jeter un bouillon ou deux; dégraissez-les; finissez-les avec un jus
-de citron, et servez-les comme ragoût de laitances, soit dans une
-casserole d’argent, soit dans une caisse, ou dans un vol-au-vent.
-
-
-_Ragoût de Langues de Carpes._
-
-Prenez un cent de langues de carpes; faites-les dégorger et blanchir,
-comme les laitances de carpes. La sauce de ces langues est la même que
-celle des laitances, et elles se finissent de même.
-
-
-_Des Truffes en général._
-
-La truffe, comme on sait, est un légume de la famille des champignons,
-qui présente une substance toujours ferme et charnue, dont les semences
-ne sortent jamais sous la forme de poussière, et qui se multiplie par
-décomposition dans la terre. Parmi les espèces de ce genre, la plus
-importante à considérer, c’est la truffe _dite_ comestible, dont la
-couleur est noire: elle n’a ni racine apparente, ni base radicale;
-sa forme est irrégulière, mais cependant toujours rapprochée de la
-globuleuse; sa grosseur varie depuis celle d’un pois jusqu’à celle des
-deux poings réunis. Elle répand une odeur pénétrante et agréable, qu’on
-ne peut comparer à aucune autre, et qui fait son principal mérite. Dans
-sa maturité; elle est souvent crevassée et toujours d’un brun veiné de
-blanc dans son intérieur. Elle présente plusieurs variétés; mais il ne
-faut pas regarder comme telles la truffe blanche et la truffe musquée:
-ce sont de véritables espèces, comme on le verra plus bas.
-
-C’est principalement dans les forêts plantées de chênes et de
-châtaigniers, vulgairement appelées vieilles écorces; dans les terrains
-secs, légers et abondamment pourvus d’humus, qu’on rencontre le
-plus fréquemment la truffe comestible. Elle se trouve dans toute
-l’Europe, et principalement en France, où elle est fort recherchée
-comme assaisonnement et comme aliment. Celles d’Angoulême et celles
-des environs de Périgueux sont préférées; cependant celles du Dauphiné
-les rivalisent pour la finesse, l’odorat et la délicatesse de leur
-chair; elles ont l’avantage d’être mieux faites et d’avoir la peau
-extrêmement plus fine, ce qui me les a fait souvent préférer. Après les
-truffes noires sont les truffes blanches du Piémont, que les Piémontais
-appellent _bianchetto_. Cette truffe est presque ronde, unie, grise,
-de la grosseur d’une forte noix; sa chair est blanche ou livide,
-farineuse, et exhale une odeur d’ail.
-
-Après ces truffes viennent celles de Bourgogne, qui leur sont
-inférieures, et généralement on en fait peu de cas: elles ressemblent
-assez, par leur grosseur, à celles du Périgord et du Dauphiné; elles
-diffèrent cependant par l’épaisseur de la peau, qui est infiniment plus
-graveleuse, leurs chairs moins fines, ainsi que l’odorat. Elles sont
-très-sujètes à sentir le musc, ce qui fait qu’on les recherche peu:
-aussi sont-elles infiniment moins chères. Dirai-je que les marchands de
-truffes et de comestibles les mêlent souvent avec celles du Périgord et
-du Dauphiné, ce qui est une fraude manifeste; et il n’y a guère que les
-connaisseurs qui peuvent en partie s’en garantir.
-
-
-_Ragoût aux Truffes._
-
-Prenez une livre ou deux de truffes, selon vos besoins (_si c’est vous
-qui les achetez, prenez les plus rondes, autant que possible; qu’elles
-soient lourdes, peu chargées de terre, et que la peau en soit fine.
-Serrez-les dans votre main; il faut qu’elles résistent en les serrant
-moyennement, et qu’elles ne soient ni molles ni gluantes; flairez-les
-pour juger de leur parfum; si elles avaient un goût de fromage,
-rejetez-les_). Après vous être assuré de leur qualité, jetez-les dans
-l’eau fraîche: celles qui surnagent sont inférieures à celles qui
-restent au fond; ayez une petite brosse, brossez-les, pour en extraire
-absolument la terre, et rejetez-les dans un autre vase rempli d’eau
-claire, et non d’eau chaude, vu qu’elles en perdraient leur parfum:
-rebrossez-les, et avec la pointe du couteau ôtez-en la terre jusque
-dans les creux et les sinuosités: s’il s’en trouvait qui aient des
-brochettes, retirez-les. Je parle ainsi, parce qu’il arrive souvent que
-les marchands osent en faire de grosses de plusieurs petites, et cela
-en les joignant l’une à l’autre, à la faveur de ces brochettes. Bref,
-cela fait, lavez vos truffes encore à une troisième eau, et même plus,
-vu qu’il faut que l’eau reste limpide; retirez-les; épluchez-les: elles
-s’épluchent en levant leur peau le plus mince possible. On conserve
-ordinairement les plus belles pour servir sous la serviette ou en
-croustade; les autres se coupent par tranches ou en dés, pour faire la
-sauce aux truffes dont je vais parler.
-
-
-_Ragoût aux Truffes et à l’Espagnole._
-
-Prenez une poignée de truffes ou davantage, si le cas le requiert;
-coupez-les en lames ou en dés, comme il est dit à l’article précédent;
-mettez-les dans une casserole sur un feu doux avec un morceau de
-beurre; faites-les suer; mouillez-les avec un demi-verre de vin blanc,
-deux cuillerées à dégraisser d’espagnole réduite; faites-les aller
-sur un feu doux, jusqu’à ce qu’elles soient cuites; dégraissez votre
-sauce, et finissez-la avec un petit morceau de beurre: ayez soin de
-bien l’incorporer avec vos truffes, soit en les passant, soit en les
-remuant; surtout n’y mettez point de citron, ce qui ôterait le velouté
-de votre sauce.
-
-
-_Ragoût aux Truffes à l’Italienne._
-
-Émincez des truffes comme les précédentes, la quantité que vous jugerez
-nécessaire; faites-les suer dans du beurre, comme il est énoncé
-précédemment; mettez un peu d’échalotes et de persil haché, du sel et
-du poivre; mouillez avec un demi-verre de vin blanc et deux cuillerées
-à dégraisser d’espagnole; faites bouillir votre sauce; dégraissez, et
-finissez-la avec un filet d’excellente huile d’olive.
-
-
-_Ragoût aux Truffes à la Piémontaise._
-
-Émincez vos truffes comme il est dit plus haut, et mettez-y, au lieu de
-beurre, de l’huile; joignez à cela un peu d’ail écrasé; posez votre
-casserole sur une cendre chaude, afin que vos truffes ne fassent que
-frémir; au bout d’un quart d’heure assaisonnez-les de sel fin et d’un
-peu de gros poivre; forcez-les un peu en jus de citron, et servez.
-
-
-_Ragoût à la Périgueux._
-
-Coupez des truffes en petits dés; passez-les dans du beurre;
-mettez-y deux ou trois cuillerées à dégraisser d’italienne rousse ou
-d’espagnole, avec un peu de vin blanc, et finissez-les avec la moitié
-d’un pain de beurre de Vembre. Cette sauce se sert sur des perdreaux,
-des poulardes, des poulets et des dindes truffés.
-
-
-_Observations sur les Champignons._
-
-On sait que les champignons désignés par les botanistes sous le nom
-d’_agaric succulent_ sont les champignons qui s’emploient dans les
-ragoûts: ils viennent sur couches, et sont à-peu-près les seuls que
-l’on puisse manger sans danger, à moins qu’on en fasse excès. Je n’en
-excepte point les sceptres et les oronges, dont on fait une grande
-consommation à Bordeaux et lieux circonvoisins: ceux-là se trouvent
-dans les bois; et le plus sûr moyen que je connaisse pour les employer
-et les manger sans danger, est de les séparer avec une pièce de métal,
-comme, par exemple, une pièce de six liards; lorsque les ayant coupé
-et ayant supprimé les parties feuilletées, ainsi que les queues qui
-se trouvent au-dessous de la tête des champignons, ils conservent leur
-blancheur au moins une heure, et ne changent point de couleur; on peut
-les employer; (avant cela, il faut les peler, c’est-à-dire leur ôter la
-première épiderme), les faire macérer dans de l’huile ou du vinaigre,
-et leur faire des incisions multipliées; de plus il ne faut les
-employer qu’à leur parfaite maturité: s’ils sont trop vieux, ils sont
-dangereux; et s’ils ne sont pas assez mûrs, ils le sont encore.
-
-
-_Ragoût aux Champignons._
-
-Ayez deux maniveaux de champignons, épluchez-les, coupez les queues
-près de la tête, lavez-les à plusieurs eaux, et tournez-les; en voici
-la manière: Prenez un petit couteau de la main dont vous avez le
-plus l’habitude de vous servir, et de l’autre la tête du champignon;
-posez-le sur le tranchant de la lame de votre couteau, en sorte que ce
-soit le champignon qui tourne sur cette lame, de manière à ne laisser
-aucune trace des coups de couteau; au fur et à mesure que vous les
-aurez tournés, jetez-les dans une casserole avec un peu d’eau où vous
-aurez mis le jus d’un citron, sautez-les, afin qu’ils ne rougissent
-pas: dirai-je que vous pourrez tourner les queues de même comme vous
-tourneriez des petites carottes? Cela fait, mettez dans vos champignons
-un grain de sel, un morceau de beurre; posez votre casserole sur un
-bon feu, et sautez-les; sont-ils passés? laissez-les cuire sur un feu
-doux; vous jugerez s’ils le sont en les pressant entre deux doigts,
-vu qu’ils rendront leur jus; si vous voulez en faire un ragoût au
-brun, joignez une lame de jambon et un bouquet de persil et ciboules;
-mouillez le tout avec trois cuillerées à dégraisser d’espagnole;
-retirez le jambon et le bouquet quand vous jugerez que votre ragoût
-est près d’être réduit; dégraissez-le et finissez-le avec un petit
-pain de beurre; si vous n’aviez point d’espagnole, vous feriez sur un
-feu doux un petit roux brun d’une belle couleur; mouillez-le avec une
-cuillerée à pot de bouillon, mettez-y un peu plus de jambon, quelques
-parures de veau, un bouquet bien assaisonné, une carotte et un oignon;
-faites cuire le tout; lorsque vous le croirez cuit, passez cette sauce
-à l’étamine et servez-vous-en au lieu d’espagnole.
-
-
-_Ragoût de Champignons au blanc._
-
-Le procédé pour ce ragoût est le même que celui énoncé à l’article
-précédent, excepté qu’il faut employer du velouté au lieu d’espagnole,
-et que, pour le finir, on le lie avec deux jaunes d’œufs, délayés
-avec un peu de lait ou de crême, et un demi-pain de beurre; faute de
-velouté, il faut ôter le jus de vos champignons, les singer avec de la
-farine de froment passée au tamis, ensuite les délayer petit à petit
-avec leur jus, en y ajoutant une cuillerée à pot de bouillon sans
-couleur, une lame de jambon, un bouquet de persil et de ciboules;
-enfin, en faisant cuire ce ragoût, dégraissez-le; réduit à son degré,
-liez-le comme ci-dessus, et finissez-le de même.
-
-
-_Ragoût de Morilles._
-
-La morille est une sorte de champignon et s’accommode de même; prenez
-des morilles proportionnément au ragoût que vous voulez faire,
-épluchez-en les queues pour en ôter la terre, fendez les grosses en
-deux ou trois, lavez-les, mettez-les dans un vase avec de l’eau tiède
-pour qu’elles dégorgent, et que le sable qu’elles sont sujètes à
-contenir tombe au fond du vase; retirez-les de cette eau, faites-les
-blanchir, égouttez-les, mettez-les dans une casserole avec un morceau
-de beurre; passez-les, mouillez-les avec la sauce rousse, si elles sont
-au roux; blanche, si elles sont au blanc, comme il est énoncé pour les
-ragoûts de champignons, et finissez de même.
-
-
-_Ragoût de Mousserons._
-
-Le mousseron est encore de la famille des champignons, et vient sous
-la mousse; il s’accommode comme les morilles, soit qu’il soit sec ou
-frais: il faut le faire dégorger dans l’eau pour en extraire le sable
-et le faire blanchir de même que la morille.
-
-
-_Ragoût de Chicorée au brun._
-
-Ayez douze chicorées, épluchez-les, ôtez-en tout le vert; lavez
-ces chicorées à plusieurs eaux, en les tenant par la racine et les
-plongeant à plusieurs reprises; prenez garde qu’il n’y reste des
-vers de terre, qui souvent s’y trouvent; égouttez-les; faites-les
-blanchir à grande eau où vous aurez mis une poignée de sel; elles le
-seront assez lorsque, en pressant leurs feuilles entre vos doigts,
-elles s’écraseront facilement; alors retirez-les avec une écumoire,
-mettez-les rafraîchir dans un seau d’eau fraîche; égouttez-les,
-pressez-les entre vos mains, de manière qu’il leur reste le moins
-d’eau possible; supprimez-en les racines et les plus gros côtons;
-hachez cette chicorée, mettez-la dans une casserole avec un morceau
-de beurre, passez-la sur un feu moyen environ un quart d’heure pour
-la bien dessécher; mouillez-la avec deux cuillerées d’espagnole et
-une de consommé; faites-la cuire une heure au moins, en la remuant
-continuellement avec une cuiller de bois, de crainte qu’elle ne
-s’attache et ne brûle; quand elle sera réduite à son point, mettez-y du
-sel et servez.
-
-
-_Ragoût de Chicorée au blanc._
-
-Employez pour ce ragoût le même procédé que celui énoncé ci-dessus,
-excepté qu’il faut employer en moindre quantité du velouté, au lieu
-d’espagnole; ce ragoût de chicorée se finit avec une chopine de crême,
-ou du lait réduit, que vous y versez petit à petit, un peu de muscade
-râpée et du sel, la quantité convenable.
-
-
-_Autre manière._
-
-Pour faire le ragoût de chicorée au blanc, n’ayant point de velouté,
-passez-la dans le beurre; quand elle est assez desséchée, singez-la
-légérement, délayez-la avec du bouillon, mettez-y le sel convenable,
-faites-la cuire et réduire; finissez-la, comme la précédente, avec de
-la crême ou du bon lait, et un peu de muscade râpée.
-
-
-_Manière de remplacer la Chicorée dans la saison où elle manque et
-lorsque l’on n’en a pas conservé._
-
-Prenez le cœur d’un ou de deux choux, dont vous aurez ôté le vert,
-flairez-les; s’ils sentent le musc prenez-en d’autres; coupez-les par
-quartiers, ôtez-en les trognons et les plus grosses côtes; émincez-les
-avec votre couteau le plus fin possible, jetez-les dans l’eau,
-lavez-les bien, retirez-les dans une passoire; faites-les blanchir
-comme la chicorée, mais un peu plus de temps; rafraîchissez-les,
-pressez-les, hachez-les comme la chicorée, et pour leur accommodage
-c’est le même procédé.
-
-
-_Ragoût d’Épinards._
-
-Ayez des épinards ce qu’il vous en faut; ôtez-en les queues et ceux qui
-ne sont pas bien verts ou qui sont tachés; lavez-les plusieurs fois à
-grande eau, faites-les blanchir, au grand bouillant, dans beaucoup
-d’eau où vous aurez mis une poignée de sel; ayez soin de les remuer
-et de les écumer; prenez garde que l’eau ne s’en aille pardessus les
-bords du chaudron, ce qui ferait voler de la cendre dans vos épinards,
-leur donnerait un mauvais goût et les ferait croquer: pour juger s’ils
-sont assez blanchis, pressez-en entre deux doigts; s’ils s’écrasent
-facilement, ils le sont assez; dès-lors retirez-les du feu, jetez-les
-dans une passoire, ensuite dans une assez grande quantité d’eau fraîche
-pour les rafraîchir sur-le-champ; laissez-les se rafraîchir un quart
-d’heure; jetez-les de nouveau dans une passoire, après mettez-les
-en pelote, sans pour cela les trop presser; hachez-en ce dont vous
-aurez besoin, mettez-les dans une casserole avec un morceau de beurre
-suffisant pour les nourrir; passez-les sur un feu vif, remuez-les
-avec une cuiller de bois; quand ils seront assez desséchés et d’un
-beau vert, mouillez-les avec de l’espagnole; s’ils sont pour entrée,
-faites-les réduire à consistance d’une forte bouillie, mettez-y un peu
-de muscade râpée, et, pour les finir, un pain de beurre; remuez-les
-bien, puis servez.
-
-
-_Ragoût de Haricots à la Bretonne._
-
-Épluchez et lavez un litre de haricots de Soissons, secs ou verts;
-mettez-les dans une marmite, à l’eau froide, avec un morceau de beurre
-sans sel, et durant leur cuisson versez-y à plusieurs reprises un
-peu d’eau fraîche, ce qui les empêchera de bouillir et les rendra
-plus moelleux; quand ils seront cuits égouttez-les, mettez-les dans
-une casserole avec un morceau de beurre, une cuillerée ou deux de
-purée d’oignons au brun (comme elle est énoncée à son article)
-et d’espagnole, assaisonnez-les d’un peu de gros poivre et de sel;
-sautez-les souvent, et finissez-les avec un pain de beurre.
-
-
-_Ragoût de Haricots au jus._
-
-Mettez dans une casserole vos haricots cuits, comme il est dit
-ci-dessus, avec un morceau de beurre, deux cuillerées d’espagnole, une
-cuillerée de jus de bœuf, du sel, du gros poivre, et finissez-les aussi
-avec un pain de beurre.
-
-
-_Garniture de Céleri ou Entremets._
-
-Ayez une vingtaine de pieds de céleri; épluchez-les en ôtant toutes les
-feuilles vertes; tournez-en les racines; lavez ces pieds de céleri à
-plusieurs eaux; faites-les blanchir, rafraîchissez-les, égouttez-les;
-faites en cinq paquets, ficelez-les; foncez de bardes de lard une
-casserole, arrangez-y votre céleri; joignez-y un oignon piqué d’un
-clou de girofle, une carotte coupée en quatre, un bouquet de persil et
-ciboules, un peu de sel; mouillez votre céleri avec le derrière de la
-marmite; couvrez-le de bardes de lard et d’un rond de papier; faites-le
-partir et laissez-le mijoter avec feu dessous et dessus; sa cuisson
-faite, égouttez-le, dressez-le autour de ce que vous serez dans le cas
-de servir, comme noix de veau, poularde, poulet, gigot, etc., et saucez
-avec une espagnole et un jus clair.
-
-
-_Ragoût blanc aux Concombres._
-
-Préparez vos concombres, comme il est indiqué à l’article des
-_Garnitures_; mettez dans une casserole trois ou quatre cuillerées à
-dégraisser de velouté; ajoutez-y vos concombres; faites cuire, réduire,
-et dégraissez-les; goûtez s’ils sont d’un bon sel; finissez de les
-lier avec un morceau de beurre; mettez-y un peu de muscade râpée, et
-servez-vous-en.
-
-
-_Ragoût brun aux Concombres._
-
-Préparez vos concombres, comme il est indiqué à l’article des
-_Garnitures_; mettez dans une casserole quatre cuillerées à
-dégraisser pleines d’espagnole réduite, grasse ou maigre; ajoutez-y
-vos concombres; dégraissez et faites réduire; mettez-y gros comme
-le pouce de glace; finissez-les avec un petit morceau de beurre, et
-servez-vous-en.
-
-
-_Ragoût à la Chipolata._
-
-Mettez dans une casserole deux cuillerées à pot d’espagnole réduite,
-une demi-bouteille de vin de Madère, des champignons tournés, des
-petits oignons cuits à blanc, des marrons préparés comme pour les
-terrines, des petites saucisses à la chipolata que vous aurez fait
-cuire dans du bouillon, des truffes coupées en quartiers et un peu
-de gros poivre; faites réduire votre ragoût; dégraissez-le, et
-servez-vous-en.
-
-
-_Ragoût de Pois au Lard._
-
-Prenez lard ou jambon une demi-livre, ou plus, si le cas le requiert;
-coupez-le en gros dés; faites-le blanchir; mettez du beurre dans une
-casserole; faites-y revenir votre lard ou votre jambon; qu’il soit
-d’une belle couleur; ayez un litre de pois très-fin; mettez-les dans
-un vase avec gros de beurre comme une noix; maniez-les avec la main;
-versez de l’eau dessus; laissez-les dans l’eau un demi-quart d’heure,
-pour que leur peau s’attendrisse; égouttez-les dans une passoire;
-mettez-les dans une casserole, et faites-les suer: lorsqu’ils seront
-bien verts, mouillez-les avec une cuillerée à pot d’espagnole;
-ajoutez-y votre petit lard ou votre jambon, un bouquet de persil et
-ciboules; faites-les partir; retirez-les sur le bord du fourneau,
-laissez-les mijoter et réduire. Votre ragoût étant bien cuit,
-dégraissez-le; goûtez s’il est d’un bon sel; s’il se trouvait trop
-salé, mettez-y un peu de sucre, et servez.
-
-
-_Ragoût d’Olives._
-
-Ayez une chopine d’olives nouvelles et bien vertes; ôtez-en les noyaux;
-vous y parviendrez en prenant l’olive d’une main, votre couteau de
-l’autre, et tournant votre olive comme vous tourneriez une pomme, à
-la différence près qu’il faut enlever avec la pointe de votre couteau
-toute la chair de votre olive de dessus le noyau sans la rompre, et la
-reformer dans son état primitif: cela fait, mettez vos olives dans de
-l’eau fraîche; au moment de servir faites-les blanchir; versez dans
-une autre casserole trois cuillerées à dégraisser d’espagnole réduite;
-faites-la bouillir et dégraissez-la; au moment de servir mettez vos
-olives dans votre sauce; ajoutez-y la moitié d’un pain de beurre, liez
-votre sauce, et servez-vous-en.
-
-
-_Ragoût de Navets en Haricots vierges._
-
-(Voyez l’article _Ailerons de Poulardes en Haricots vierges_.)
-
-
-_Ragoût aux pointes d’Asperges._
-
-(Voyez l’article _Tendons d’Agneaux_.)
-
-
-_Ragoût de petites Racines._
-
-Préparez des petites racines, comme il est indiqué à l’article
-_Garnitures_, etc.; faites-les tomber à glace; mouillez-les avec
-deux ou trois cuillerées d’espagnole et une de consommé; laissez-les
-cuire, dégraissez-les; faites-les réduire; finissez-les avec gros
-de beurre comme une noix et une pincée de sucre; sautez-les, goûtez
-si elles sont d’un bon goût, et servez-vous-en. Si vous n’avez pas
-d’espagnole, faites un petit roux; mouillez-le avec du bouillon ou du
-consommé, et un bouquet assaisonné; faites cuire; tordez votre sauce
-dans une étamine; ajoutez-y vos petites racines; laissez-les mijoter;
-dégraissez-les; faites-les réduire, et finissez comme ci-dessus.
-
-
-_Ragoût aux petits Oignons._
-
-Suivez pour ce ragoût la manière énoncée pour les petites racines,
-article précédent.
-
-
-_Ragoût à la Macédoine._
-
-(Voyez _Macédoine blanche ou rousse_, à l’article de l’Entremets.)
-
-
-_Ragoût à la Godiveau._
-
-Mettez de l’espagnole dans une casserole, la quantité que vous croirez
-nécessaire pour votre ragoût; ajoutez-y la quantité convenable
-d’andouillettes de Godiveau; mettez-y des champignons préparés, comme
-il est dit aux _Garnitures_, et quelques culs d’artichauts coupés en
-quatre ou en huit morceaux; faites achever de cuire votre ragoût;
-dégraissez-le, faites-le réduire, mettez-y un jus de citron ou un filet
-de verjus, et servez-vous-en, soit pour garnir une tourte ou un pâté
-chaud, ou tout autre ragoût; vous pouvez l’augmenter de quelques gorges
-de ris de veau coupées en tranches, d’écrevisses, de foies de volailles
-et d’ailerons.
-
-
-
-
-BŒUF.
-
-
-Le bœuf est sans contredit la base fondamentale de la bonne cuisine;
-c’est la nourriture ordinaire dont on se passe le moins après le pain.
-
-Les meilleurs bœufs nous viennent de la Normandie: ceux du Cotentin,
-lorsqu’ils ont toutes les qualités requises, sont les meilleurs; les
-bœufs de l’Auvergne et de la Bretagne les suivent pour la qualité.
-Ceux du Limousin sont encore fort bons. Les bœufs d’Allemagne, par
-la fatigue qu’ils éprouvent pour arriver en ce pays, acquièrent une
-qualité supérieure à celle qu’ils auraient si on les consommait sur les
-lieux, parce que leur graisse, par la longueur du voyage, s’incorpore
-avec leur chair et la rend plus succulente: d’ailleurs leur charpente
-est infiniment plus grande et plus grosse que celle de nos bœufs du
-Cotentin; ce qui fait que vous avez à la boucherie plus d’os que vous
-n’en auriez des autres bœufs.
-
-La qualité du bœuf se distingue lorsque les chairs sont couvertes de
-graisse et que l’intérieur en est picoté comme le marbre granit, et
-d’une couleur rouge tirant un peu sur le brun.
-
-Malgré que la totalité de l’animal (les cornes, cuir et sabots
-exceptés) soit bonne à manger, les parties les plus recherchées sont
-l’aloyau, la culotte, la noix, ou, comme l’appellent les bouchers, la
-tranche grasse, les entre-côtes, les côtes et la poitrine; l’épaule,
-que les bouchers nomment paleron, est inférieure aux parties énoncées.
-Le flanchet, le collier et la tête sont les parties les moins estimées.
-Comme le filet mignon est ce qu’il y a de plus délicat: je ne parlerai
-pas de la cervelle, parce qu’elle est rarement bonne dans le bœuf,
-attendu qu’en France on a l’habitude de les assommer.
-
-On fait, de la langue et du palais, d’excellens mets sous diverses
-formes. Les rognons, selon moi, sont dans le bœuf ce qu’il y a de plus
-grossier, en ce qu’ils ont souvent des pierres, des obstructions;
-qu’ils servent, comme chez tous les animaux, de filtres aux urines,
-et qu’ils en ont le goût. Cependant j’indiquerai les moyens de les
-employer avec avantage.
-
-
-_Bœuf bouilli (ordinaire)._
-
-Ayez une culotte de bœuf, ou seulement une partie, ce qui dépend de la
-quantité de personnes que vous avez à traiter; désossez et ficelez-la;
-mettez-la dans une marmite, comme il est indiqué à l’article du _Grand
-Bouillon_; lorsqu’elle sera cuite, servez-la, soit avec du persil vert
-en branche, soit avec une sauce hachée ou une garniture d’oignons et
-de légumes; cela dépend de votre volonté. Si vous servez votre pièce
-(grosse ou petite) aux oignons glacés, prenez de ces derniers une
-quantité suffisante et de même grosseur; après les avoir épluchés avec
-soin, et prenant garde de couper les têtes et queues trop courtes,
-enlevez la première peau sans endommager celle de dessous: ceci fait,
-beurrez un peu épais le fond d’une casserole; saupoudrez-le d’un peu
-de sucre; arrangez vos oignons au fond, en les plaçant du côté de
-la tête, de façon qu’ils soient tout couverts; mouillez-les avec du
-bouillon, sans qu’ils trempent à plus de moitié; posez votre casserole
-sur un bon feu: une fois partie, mettez-la sur un feu plus doux,
-couvrez-la, et mettez du feu sur le couvercle; veillez vos oignons;
-quand vous verrez qu’ils sont presque cuits, remettez-les sur un
-fourneau plus ardent, découvrez-les, faites réduire leur bouillon,
-de manière à tirer vos oignons à glace, et qu’ils soient d’une belle
-couleur. Avant de les ranger autour de votre pièce, ayez soin de les
-rouler dans leur glace au moyen d’une fourchette avec laquelle vous
-les prendrez pour ne pas les déformer. Vous mettrez un peu de bouillon
-dans votre casserole pour en détacher le reste de la glace dont vous
-couvrirez votre pièce, après avoir levé la première peau et avoir
-rapporté, avec la lame du couteau, du gras de votre pièce sur les
-parties où il en manque, et servez.
-
-
-_Pièce de Bœuf garnie de Choux._
-
-Prenez deux ou trois choux; coupez-les par quartiers; lavez-les;
-faites-les blanchir: lorsqu’ils le seront, rafraîchissez-les;
-ficelez-les; mettez-les dans une marmite; mouillez-les avec
-du bouillon: si vous avez une braise ou quelques bons fonds,
-servez-vous-en; ajoutez-y quelques carottes, deux ou trois oignons,
-dont un piqué de trois clous de girofle, une gousse d’ail, du laurier,
-du thym; de plus, pour que vos choux soient bien nourris, ajoutez-y le
-derrière de votre marmite; laissez-les mijoter trois ou quatre heures;
-égouttez-les sur un linge blanc; pressez-les pour en faire sortir la
-graisse en leur donnant la forme d’un rouleau à pâte; dressez-les
-autour de votre pièce; masquez-la, ainsi que vos choux, avec une
-espagnole réduite, et servez.
-
-
-_Pièce de Bœuf au Pain perdu._
-
-Si vous n’avez pas une culotte de bœuf, prenez un aloyau, ou seulement
-une partie; levez-en le filet (mignon); il vous servira pour faire
-une entrée; désossez le reste de votre aloyau; roulez-le en manchon;
-ficelez-le; marquez-le comme une pièce de bœuf à l’ordinaire, et
-faites-le cuire; coupez des lames de pain mollet en queue de paon ou en
-cœur; cassez trois œufs; battez-les comme une omelette; assaisonnez-les
-d’un peu de sel et de crême; trempez-y vos lames de pain; faites-les
-frire dans du beurre; ayez soin de les retourner les unes après les
-autres: lorsqu’elles seront d’une belle couleur, égouttez-les sur un
-linge blanc: la cuisson de votre pièce de bœuf ou aloyau étant achevée,
-égouttez-la, et, après l’avoir déficelée, vous la poserez sur le plat,
-et rangerez autour vos lames de pain frites; saucez le tout, soit avec
-une espagnole, soit avec une sauce hachée, et servez.
-
-
-_Pièce de Bœuf à l’écarlate._
-
-Prenez tout ou partie d’une culotte de bœuf: laissez-la se mortifier
-trois jours ou plus, suivant la saison: cela fait, désossez-la et
-lardez-la de gros lard; vous l’assaisonnerez de persil et ciboules
-hachés, de poivre et épices fines; frottez cet aliment de sel fin,
-très-sec et passé au tamis, dans lequel vous aurez mis une once ou deux
-de salpêtre purifié; mettez votre pièce dans une terrine de grès _dite_
-d’office, avec une bonne poignée de genièvre, thym, basilic, quelques
-ciboules, une ou deux gousses d’ail, trois ou quatre clous de girofle,
-et quelques tranches d’oignons; couvrez-la d’un vase, en mettant entre
-deux un linge, pour que l’air n’y puisse pénétrer; laissez-la ainsi
-huit jours, au bout desquels retournez-la et recouvrez-la avec le même
-soin, et laissez-la encore trois ou quatre jours; ensuite retirez-la
-et faites-la égoutter; mettez dans une marmite de l’eau assaisonnée de
-carottes, oignons, et d’un bon bouquet; faites-la partir; et lorsque
-votre eau sera au grand bouillon, mettez-y votre culotte, après l’avoir
-enveloppée d’un linge blanc, que vous ficelerez; faites-la cuire ainsi
-pendant quatre heures sans interruption; après, retirez-la pour la
-placer dans une terrine de sa forme; jetez dessus l’assaisonnement
-dans lequel elle a cuit, et laissez-la refroidir; servez-la sur une
-serviette comme un jambon, avec du persil vert autour.
-
-Si vous la voulez servir chaude, mettez-la sur un plat comme une pièce
-de bœuf, avec un bon jus de bœuf corsé, et autour, du raifort ou cran
-râpé.
-
-
-_Culotte de Bœuf à la Gelée ou à la Royale._
-
-Prenez une culotte ou une partie; choisissez-la de bonne qualité,
-et qu’elle soit bien couverte; désossez-la; lardez-la de gros lard,
-comme la culotte à l’écarlate, et assaisonnez ces lardons de même;
-enveloppez-la dans un linge blanc; ficelez-la; mettez-la dans une
-braisière, au fond de laquelle vous aurez mis les os de votre culotte,
-cinq ou six carottes, quatre oignons, deux gousses d’ail, un bouquet
-de persil et ciboules, deux feuilles de laurier, un jarret de veau, un
-demi-setier de vin blanc, du sel ce qu’il en faut pour qu’elle soit
-d’un bon goût, deux ou trois cuillerées à pot de bouillon; faites-la
-partir sur un bon feu; couvrez-la de trois épaisseurs de papier beurré;
-couvrez votre braisière avec son couvercle; faites-la aller doucement
-avec feu dessus et dessous environ quatre heures; lorsque votre culotte
-sera cuite, retirez-la; laissez-la refroidir dans le linge; passez son
-fond à travers une serviette, que vous aurez eu soin de mouiller, afin
-que la graisse ne passe pas avec; laissez-la refroidir; fouettez avec
-une fourchette deux blancs d’œufs avec un peu d’eau; jetez-les dans
-votre fond encore tiède; remuez-le; mettez-le sur le feu jusqu’à ce
-qu’il commence à bouillir; retirez-le; couvrez-le avec un couvercle
-sur lequel vous mettrez quelques charbons ardens; laissez dans cet
-état votre fond près d’un quart d’heure; levez ce couvercle, si votre
-fond est limpide; passez-le de nouveau à travers un linge mouillé et
-tordu; faites refroidir votre gelée, pour voir si elle est trop forte
-ou trop légère: dans le premier cas, mettez-y un peu de bouillon;
-dans le second, faites-la cuire de nouveau avec un jarret de veau, et
-clarifiez-la encore, ainsi qu’il est dit plus haut.
-
-Si elle n’était pas assez ambrée, vous pourriez y mettre un peu de jus
-de bœuf: si vous voulez décorer votre pièce de différentes couleurs,
-telles que rouge et vert, vous pouvez, pour la première, employer un
-peu de cochenille, après l’avoir fait infuser sur un feu doux, et en
-mettre seulement quelques gouttes, jusqu’à ce que vous ayez atteint
-le rouge que vous désirez: le mieux est que la couleur ne domine pas.
-Si vous la désirez verte, prenez un peu de jus d’épinards à cru;
-mettez-en également fort peu, afin de conserver la limpidité de votre
-gelée. Si vous n’aviez pas de cochenille, et que ce fût en hiver, vous
-la remplaceriez aisément en substituant un peu de jus de betteraves
-rouges, pilées à cru, et en agissant comme pour la cochenille; vous
-coulez toutes ces gelées dans des vases disposés de manière à pouvoir
-couper vos gelées de l’épaisseur d’un pouce ou moins, et de diverses
-façons, pour en décorer à volonté la pièce à servir, comme si c’était
-des rubis ou émeraudes; ensuite déballez votre pièce; parez-la sur tous
-les sens; ôtez légèrement la peau de la première graisse qui la couvre;
-mettez-la sur un plat; qu’elle soit d’à-plomb; garnissez-la de gelée;
-faites une bordure de couleurs, en les plaçant alternativement, l’une
-rouge et l’autre verte, comme le sont les diamans d’une couronne, et
-servez.
-
-
-_Rosbif, Rond-bif ou Corne-bif._
-
-Procurez-vous un morceau de cuisse de bœuf; qu’il soit le plus gras
-possible; faites-le couper de toute la circonférence de la cuisse,
-et au-dessous de ce que l’on appelle la culotte; que le gros os se
-trouve au milieu; et au lieu de casser cet os, sciez-le; faites sécher
-et piler trois ou quatre livres de sel; passez-le au tamis; mêlez-y
-un peu d’épices fines et d’aromates en poudre; frottez-en toutes les
-parties de votre bœuf: cela fait, mettez-le dans une grande terrine de
-grès avec le restant de votre assaisonnement; couvrez-le d’abord d’un
-linge blanc; fixez ce linge avec de la ficelle autour de la terrine,
-et couvrez-la avec un couvercle le plus hermétiquement que possible;
-mettez-la au frais trois ou quatre jours; après, retournez dans son
-assaisonnement votre pièce de bœuf; faites-en de même tous les deux
-jours, durant huit ou neuf jours: lorsque vous voudrez vous en servir,
-retirez-la; laissez-la égoutter et ficelez-la; mettez de l’eau dans
-une casserole ronde, dans le cas de contenir votre pièce sans qu’elle
-y soit gênée, avec navets, carottes, oignons, quatre clous de girofle,
-quatre feuilles de laurier; faites bouillir cet assaisonnement, et
-mettez-y votre pièce de bœuf: posez-la sur une feuille de turbotière,
-afin de pouvoir l’enlever, sa cuisson faite, sans la casser; faites-la
-bouillir durant trois heures; retirez-la; dressez-la sur votre plat:
-garnissez-la de légumes avec lesquels elle aura cuit, et servez-la
-avec deux saucières, une de sauce au beurre, et l’autre de jus de bœuf
-(voyez _Sauce au Beurre_, article SAUCES). Servez encore avec votre
-corne-bif des brocolis (voyez _Choux brocolis_, article ENTREMETS).
-Cette pièce, après s’être servie chaude, peut être représentée froide
-avec de la moutarde anglaise et des cornichons.
-
-
-_Bœuf fumé ou de Hambourg._
-
-Employez, pour la préparation de cette pièce, le même procédé que
-celui énoncé à l’article précédent, excepté que vous ne la larderez
-pas; ajoutez au sel fin dont vous la frotterez un peu de salpêtre,
-du genièvre et autres aromates: après douze jours de salaison,
-accrochez-la, laissez-la s’égoutter tout un jour; mettez-la fumer sept
-ou huit jours, comme vous en useriez pour un jambon, ayant soin de la
-retourner au bout de quatre jours, afin qu’elle soit fumée également:
-de là, faites-la cuire comme la précédente. Celle-ci se sert sur de la
-chou-croûte garnie de saucisses, cervelas et petit lard, ou simplement
-saucée avec un jus de bœuf.
-
-On peut employer la poitrine, les tendons et la noix de bœuf, pour
-remplacer la culotte. Ce bœuf se mange froid comme le jambon, et avec
-de la moutarde.
-
-
-_Aloyau à la Broche._
-
-Ayez un aloyau de première ou de seconde pièce, et plus gros, si le cas
-l’exige; ôtez-lui l’arête sans endommager les deux filets; mettez-le
-sur un plat, saupoudrez-le d’un peu de sel fin; arrosez-le d’un peu
-d’excellente huile d’olive, en y joignant quelques tranches d’oignons
-et de feuilles de laurier; laissez-le mortifier deux ou trois jours, si
-le temps le permet, et ayez soin de le retourner deux ou trois fois par
-jour; lorsque vous voudrez le faire cuire, embrochez-le ou couchez-le
-sur fer, de la manière suivante: passez votre broche dans le gros
-filet, en suivant l’arête ou les os de l’échine; gardez-vous, dirai-je
-encore, d’endommager le filet mignon; attachez du côté du gros filet un
-hatelet ou petite broche de fer, liez-le avec de la ficelle fortement
-des deux bouts, afin que votre aloyau ne tourne pas sur la broche;
-roulez le flanc en dessous, pour mieux présenter le filet mignon et la
-graisse de votre aloyau que vous dégraisserez légérement; assujettissez
-ce flanc avec de petits hatelets, en les passant d’outre en outre dans
-le gros filet; enveloppez de papier fort cet aloyau et mettez-le à
-un feu vif, afin qu’il concentre son jus; ayez soin qu’il ne soit ni
-trop cuit ni trop peu, pour qu’il soit dans son jus, et servez-le,
-accompagné d’une saucière dans laquelle vous mettrez une bonne sauce
-hachée. (Voyez _Sauce hachée_.)
-
-
-_Aloyau à la Godard._
-
-Otez le dos de l’échine à votre aloyau sans le désosser tout-à-fait;
-lardez-le de gros lardons, assaisonnés comme il est dit à l’article
-_Culotte de Bœuf à l’écarlate_; ficelez-le de manière à lui donner
-une belle forme; mettez-le dans une braisière avec un bouquet garni de
-fines herbes, oignons et carottes en suffisante quantité; mouillez-le
-avec du bon bouillon, une demi-bouteille de vin de Champagne et une
-autre demi-bouteille de vin de Madère; mettez-y sel et gros poivre;
-faites-le cuire à petit feu, et de manière que son fond soit réduit
-presqu’en glace; retirez-le de sa braise, et servez-le avec le ragoût
-énoncé ci-après: mettez quatre cuillerées à dégraisser d’espagnole
-dans une casserole; ajoutez-y la cuisson de votre aloyau, que vous
-aurez passée et dégraissée; coupez quelques gorges de ris de veau en
-tranches, des champignons tournés, des culs d’artichauts en quartiers,
-des crêtes et des rognons de coqs, des petits œufs; dégraissez votre
-ragoût avant de servir; saucez votre aloyau avec ce ragoût; ajoutez-y,
-si vous voulez, des ris de veau piqués et glacés, des petits pigeons
-à la Gautier, des truffes entières, des quenelles, six ou huit belles
-écrevisses, quelques culs d’artichauts entiers, et servez.
-
-
-_Noix de Bœuf braisée._
-
-Ayez une noix de bœuf couverte de sa panuffe; lardez-la de gros
-lardons, assaisonnez-la comme il est dit à l’article _Culotte à
-l’écarlate_; ficelez-la, mettez-la dans une casserole avec carottes
-tournées, un bouquet assaisonné de laurier, de thym, de basilic, une
-gousse d’ail et deux clous de girofle, un peu de sel, une cuillerée à
-pot de bouillon et un demi-setier de vin blanc; lorsque vous la jugerez
-à moitié cuite, mettez-y six ou huit oignons blancs, étouffez-la avec
-feu dessus et dessous; quand elle sera cuite, ôtez une partie du fond,
-faites-le réduire pour glacer votre noix et vos oignons; dressez-la sur
-un plat, arrangez vos oignons et vos carottes autour; glacez le tout
-comme il est dit plus haut; passez le surplus du fond dans ce qui reste
-de votre glace, saucez-en votre noix et servez.
-
-
-_Côtes de Bœuf couvertes aux Racines._
-
-Prenez les côtes couvertes, lardez-les de gros lard comme la noix de
-bœuf, assaisonnez-les et braisez-les de même; tournez des carottes avec
-votre couteau ou emporte-pièce, une quantité suffisante pour masquer
-vos côtes; faites-les blanchir, mettez-les cuire dans une casserole
-avec une partie de l’assaisonnement de vos côtes, ou du bouillon;
-faites-le tomber à glace; cela fait, prenez la valeur d’une cuiller à
-bouche de farine, un peu de beurre; faites un petit roux, mouillez-le:
-quand il sera bien blond avec les restans de l’assaisonnement de vos
-côtes faites cuire votre sauce, dégraissez-la, tordez-la dans une
-étamine sur vos carottes; remettez le tout sur le feu, afin que votre
-sauce et vos carottes prennent du goût; mettez-y gros de sucre comme
-la moitié d’une noix, pour en ôter l’âcreté, et un pain de beurre;
-sautez bien le tout jusqu’à ce que le beurre soit parfaitement fondu et
-incorporé; masquez vos côtes et servez.
-
-
-_Entre-Côte de Bœuf._
-
-L’entre-côte est la partie qui se trouve sous l’épaule ou paleron; la
-meilleure partie est celle qui est à deux côtes de celles couvertes;
-elle a besoin d’être attendrie et mortifiée; elle est plus délicate
-lorsqu’elle est bien marbrée.
-
-Si vous voulez servir une entre-côte, supprimez-en les nerfs; coupez-la
-de l’épaisseur de deux travers de doigt, aplatissez-la; saupoudrez-la
-légérement de sel, mettez-la sur un gril avec un feu vif; retournez-la
-souvent: lorsque vous la jugerez cuite, servez-la avec une sauce hachée
-(voyez _Sauce hachée_, à son article), ou bien mettez un peu de beurre
-dans un plat, posez-la dessus, retournez-la dedans, ajoutez un jus de
-citron ou un filet de verjus.
-
-
-_Filet de Bœuf, piqué, à la Broche._
-
-Ayez un bon filet de bœuf dont vous lèverez la peau nerveuse qui se
-trouve dessus le côté qui n’est point attaché aux petites côtes: pour
-cet effet, servez-vous d’un couteau mince, et faites-le glisser entre
-la peau et le filet, comme si vous leviez une barde de lard: s’il
-restait quelques petits nerfs, levez-les avec soin, sans endommager
-votre filet; parez-le en tous sens, coupez-en la pointe, et ne lui
-donnez que l’épaisseur de deux doigts; piquez-le d’un bout à l’autre.
-
-La manière de s’y prendre pour le bien piquer consiste seulement à
-placer son filet sur un torchon blanc, le gros bout sur la paume de la
-main gauche, et l’on met de la droite sa lardoire: lorsque vous aurez
-pris de la chair, en raison de la longueur de votre lard, placez le
-lardon dans la lardoire, et tirez-le; s’il était plus passé d’un côté
-que de l’autre, il faudrait l’ajuster avec la pointe de votre lardoire,
-pour qu’il soit égal et que votre pièce ait bonne mine; continuez
-ainsi votre rangée: lorsqu’elle sera achevée, faites-en une autre, en
-ayant l’attention de croiser les bouts, et de ne pas prendre plus de
-chair dans un endroit que dans l’autre; continuez ainsi, jusqu’à ce
-que votre filet soit entièrement piqué. Cette opération faite, vous le
-mettez mariner dans de la bonne huile, avec sel, gros poivre, tranches
-d’oignons et quelques feuilles de laurier; après embrochez-le sur un
-hatelet. S’il ne vous plaît pas de le laisser dans toute sa longueur,
-donnez-lui la forme d’un serpent, en lui faisant faire divers contours,
-celle d’une gimblette ou d’un fer à cheval, comme vous le jugerez le
-plus convenable; faites-le cuire; le plus ou le moins dépend du feu,
-mais préférez un feu vif; servez-le avec une excellente sauce hachée
-ou poivrade. (Voyez _Sauce hachée_ et _Poivrade_, à leurs articles.)
-
-
-_Filet de Bœuf au Vin de Madère._
-
-Ayez un bon filet de bœuf bien marbré, c’est-à-dire d’excellente
-qualité; piquez-le comme il est dit à l’article _Filet de Bœuf à la
-broche_; foncez une casserole de quelques carottes, oignons et d’un
-bouquet; mettez autour de cette casserole des bardes de lard; posez
-votre filet sur les légumes, après y avoir mis environ un quarteron de
-lard râpé, et lui avoir donné la forme d’une gimblette; mouillez-le
-avec une demi-bouteille de vin de Madère, autant de consommé; mettez-y
-peu de sel, et faites-le partir sur un bon feu. Lorsqu’il le sera,
-couvrez-le de trois ou quatre feuilles de papier beurrées; mettez un
-couvercle sur votre casserole, avec feu ardent dessus, et ralentissez
-celui de dessous, pour qu’il mijote seulement. Lorsqu’il sera cuit ou
-près de l’être, passez la majeure partie de ce fond au travers d’un
-tamis de soie; rejetez ce qui n’aura pas passé, dans le puits que forme
-votre filet, afin de le nourrir; mettez la partie coulée dans une
-casserole, avec une cuiller à dégraisser pleine d’espagnole: faites
-réduire le tout à consistance de demi-glace, égouttez votre filet,
-glacez-le, posez-le sur un plat avec propreté. Finissez votre réduction
-avec un pain de beurre; passez-la, versez-la dans le puits de votre
-filet, et servez.
-
-
-_Filet d’Aloyau aux Concombres._
-
-Après avoir paré votre filet, comme il est dit à l’article ci-dessus,
-piquez-le ou lardez-le de gros lard; marquez-le dans une casserole
-en en usant comme pour celui au vin de Madère, et au lieu de ce vin,
-mettez un verre de vin blanc et un peu plus de bouillon; faites cuire
-de même; prenez une partie de ce fond avec une cuillerée d’espagnole;
-faites-le réduire, dégraissez-le, mettez-y vos concombres. (Voyez
-_Ragoût de Concombres_, à son article.)
-
-
-_Filet de Bœuf à la Chicorée._
-
-Il se prépare comme le précédent, excepté qu’on y met, dans le puits
-ou dessous, une bonne chicorée réduite au blanc ou au roux. (Voyez
-_Chicorée_, article des _Ragoûts_.)
-
-
-_Filet de Bœuf à la Sauce Tomate._
-
-Ce filet se prépare comme le précédent, ou on le met à la broche. La
-seule différence, en fait de sauce, est d’en mettre une tomate dessous,
-telle qu’elle est indiquée à l’article _Sauce Tomate_.
-
-
-_Filets de Bœuf sautés dans leur Glace._
-
-Préparez votre filet, supprimez-en le gros bout et la pointe; coupez-le
-en tranches d’un demi-pouce d’épaisseur; si ce filet est gros,
-séparez les tranches en quatre ou en moindres parties; s’il n’est pas
-très-fort, aplatissez-les, coupez-les, avec un coupe-pâte, de la
-grosseur du creux de la main; faites clarifier du beurre, trempez-les
-dedans, et arrangez-les dans une casserole très-plate; posez-les sur un
-feu vif, retournez-les souvent, afin qu’ils ne perdent pas leur jus.
-Quand ils seront près d’être cuits, égouttez-en le beurre, et mettez
-à la place un peu de consommé réduit, ou du bouillon que vous aurez
-fait réduire; retournez-les plusieurs fois et en les appuyant, afin
-qu’ils se glacent et prennent du goût: lorsqu’ils sont bien glacés,
-arrangez-les sur votre plat, en forme de miroton; remettez dans votre
-sauce une cuillerée de consommé; détachez bien votre glace, liez-la
-avec un petit morceau de beurre, versez-la sur vos filets et servez.
-
-Vous pouvez mettre dans le puits, des pommes de terre que vous
-tournerez à cru en forme de petits oignons, que vous ferez cuire dans
-le beurre et auxquelles vous ferez prendre une belle couleur. Vous
-pouvez également y mettre une sauce tomate, de la chicorée ou des
-petits navets; mais il me paraît plus convenable d’employer des pommes
-de terre.
-
-
-_Bifteck._
-
-Parez un morceau de filet de bœuf; de préférence choisissez le milieu,
-ayez soin d’en ôter toutes les fibres et de conserver le plus de
-graisse que vous pourrez; coupez ce filet par morceaux d’un pouce et
-demi d’épaisseur, aplatissez-les et réduisez-les à un demi-pouce;
-mettez-les sur un gril propre, avec un feu vif; retournez-les presque
-toujours, afin que le feu sèche leur surface, au point de leur faire
-conserver leur jus, qui, si vous les laissiez dormir sur le feu,
-reviendrait dessus, et se perdrait en les retournant. Il ne faut pas
-plus de trois minutes pour les faire cuire, si le feu est convenable.
-Ensuite mettez-les sur un plat dans lequel vous aurez mis gros de
-beurre comme une noix par chaque filet; chauffez légérement ce plat;
-retournez vos filets, lesquels feront fondre le beurre en les appuyant
-dessus; garnissez-les de pommes de terre cuites au beurre ou à l’eau,
-et servez.
-
-
-_Véritable Bifteck, comme il se fait en Angleterre._
-
-Les Anglais prennent, pour faire leur bifteck, ce que nous appelons
-la sous-noix de bœuf, ou le morceau qui se trouve près de la queue,
-et qu’ils nomment Romesteck; mais le bœuf chez eux est infiniment
-plus tendre, parce qu’ils le tuent beaucoup plus jeune qu’en France.
-Ils prennent cette partie de bœuf, la coupent par lames épaisses d’un
-demi-pouce, l’aplatissent un peu, la font cuire sur une plaque de fonte
-faite exprès, et au lieu d’employer du charbon de bois, ils se servent
-de charbon de terre. Il faut convenir que cette partie du bœuf employée
-par les Anglais est infiniment meilleure que le filet mignon dont nous
-faisons usage; mais d’un autre côté elle est moins tendre.
-
-
-_Queue de Bœuf en Hoche-pot._
-
-Prenez une queue de bœuf; coupez-la par tronçons, de joint en joint;
-faites-la dégorger et blanchir; foncez une casserole de viande de
-boucherie; placez dessus vos tronçons; ajoutez-y sel, oignons,
-carottes, un bouquet assaisonné d’une feuille de laurier, d’une gousse
-d’ail, de thym, de basilic, et piquée de deux clous de girofle;
-mouillez le tout avec du bouillon, de manière à ce que vos tronçons
-ne fassent que tremper; couvrez-les de bardes de lard; faites-les
-partir; mettez-y un rond de papier, et, les posant sur un feu modéré,
-couvrez-les avec un couvercle, avec feu dessus; laissez-les cuire
-quatre à cinq heures. Vous pourrez juger si votre queue est cuite,
-lorsque, l’ayant pressée contre vos doigts, la chair quittera presque
-les os; alors égouttez-la, et servez-la avec le ragoût de racines.
-(Voyez l’article _Côtes de Bœuf aux Racines_.)
-
-Si vous n’aviez pas de sauce, faites un petit roux avec gros de beurre
-comme un œuf, de la farine autant que votre beurre en pourra boire;
-étant fondu, faites aller votre roux sur un feu doux; tournez-le,
-afin qu’il ne s’attache ni ne brûle, ensuite, ayant passé le fond de
-votre queue au travers d’un tamis de soie, délayez avec ce fond votre
-roux, que vous aurez retiré du feu: de là faites cuire votre sauce;
-dégraissez-la et tordez-la dans une étamine: observez qu’alors vous
-devez avoir eu soin de préparer et faire cuire des racines, ainsi qu’il
-est indiqué à l’article _Côtes de Bœuf aux Racines_; conséquemment
-jetez vos racines dans votre sauce; qu’elle soit d’un bon goût;
-faites-la bouillir, afin que ces racines prennent également du goût;
-mettez-y gros de sucre comme une noix, si vous n’en avez pas mis en les
-faisant cuire; finissez votre ragoût avec un pain de beurre; marquez
-vos tronçons de queue que vous aurez égouttés; dressez sur le plat le
-plus en pyramide possible, et servez.
-
-
-_Queue à la purée de Pois, Lentilles, etc._
-
-Marquez cette queue comme il est dit à l’article précédent; faites
-votre purée comme celle des potages, et passez-la avec un morceau de
-beurre: si vous n’avez pas de sauce pour la corser, mettez une partie
-du fond de votre queue; faites-la réduire; dégraissez-la; mettez-y un
-peu de sucre; qu’elle soit d’un bon sel; finissez-la avec un morceau de
-beurre; égouttez, dressez votre queue, masquez-la avec votre purée, et
-servez ensuite.
-
-
-_Langue fumée._
-
-Ayez autant de langues de bœufs que vous le jugerez à propos;
-supprimez-en le gosier, et faites-les tremper trois heures dans
-l’eau; grattez-les; mettez-les égoutter; frottez-les avec du sel fin
-et environ deux onces de salpêtre; ayez un pot de grès, mettez-y vos
-langues, et à mesure que vous les arrangerez, joignez-y quelques
-feuilles de laurier, du thym, du basilic, du genièvre, du persil,
-de la ciboule, quelques gousses d’ail, des échalotes et des clous de
-girofle; ayez soin que vos langues soient bien serrées les unes contre
-les autres, afin qu’il n’y ait nul vide entre elles: les ayant salées
-convenablement, couvrez votre pot de manière qu’elles ne prennent pas
-l’évent; laissez-les au sel huit jours, après retirez-les, attachez-les
-par le petit bout à un grand bâton, et mettez-les fumer dans la
-cheminée jusqu’à ce qu’elles soient sèches: quand vous voudrez les
-employer, lavez-les, ratissez-les, et faites-les cuire dans un bon
-assaisonnement.
-
-Vous pouvez faire du petit salé avec la saumure assaisonnée de vos
-langues.
-
-
-_Langue de Bœuf fourrée._
-
-Vous ferez dégorger des langues et nettoyer des boyaux de bœuf; ayant
-fait tremper quelques heures dans de l’eau et des herbes aromatiques
-ces boyaux, mettez vos langues dedans, et liez-en les extrémités;
-ayez une saumure assez considérable; mettez-y salpêtre en petite
-quantité, macis, clous de girofle, gingembre, poivre long, laurier,
-thym, basilic, genièvre et coriandre; faites bouillir cette saumure
-une demi-heure à petit feu; passez-la au tamis; laissez-la reposer;
-tirez-la au clair, mettez-y tremper ces langues douze jours; après
-retirez-les; faites-les sécher à la cheminée: pendant qu’elles sèchent,
-brûlez dessous, si vous le voulez, des herbes de senteur, et faites
-cuire ces langues dans une braise, telles que les langues fumées.
-
-
-_Langue de Bœuf à la braise._
-
-Ayez une langue de bœuf; coupez-en le cornet; mettez-la dégorger deux
-ou trois heures et plus; retirez-la de l’eau; ratissez-la bien avec
-votre couteau, pour en ôter la malpropreté; faites-la blanchir dans un
-chaudron ou dans une grande marmite; retirez-la sur un linge blanc;
-ôtez-en la peau; lardez-la de gros lard, que vous aurez assaisonné avec
-sel, poivre fin, épices fines, persil et ciboules; mettez-la cuire dans
-une marmite avec oignons et carottes; mouillez-la avec du bon bouillon
-et un verre de vin blanc; joignez-y quelques parures, soit de viande
-de boucherie, de volaille ou de gibier, afin de lui donner du goût;
-faites-la partir; après mettez-la sur un feu modéré, couvrez-la d’un
-papier et d’un couvercle avec feu dessus; laissez-la mijoter quatre
-heures et demie; dressez-la sur le plat; arrangez autour les légumes
-avec lesquels vous l’avez fait cuire; passez son fond à travers un
-tamis de soie; saucez votre langue avec ce fond, dans lequel vous
-ajouterez une ou deux cuillerées d’espagnole, et servez.
-
-
-_Langue de Bœuf en papillote._
-
-Faites cuire cette langue comme la précédente, sans la larder: quand
-elle sera cuite, laissez-la refroidir dans son assaisonnement; après,
-coupez-la par lames de l’épaisseur d’un demi-pouce; ayez soin de
-la couper en bec de sifflet, pour qu’elle représente à-peu-près la
-largeur d’une côtelette de veau; parez tous les morceaux avec propreté;
-faites qu’ils soient de même grandeur, et mettez-les en papillotes de
-la manière suivante: hachez autant de persil que de ciboules, et deux
-fois plus de champignons; en hachant ces derniers, exprimez dessus
-un jus de citron pour les maintenir blancs; mettez-les dans le coin
-d’un torchon, et pressez-les; supprimez le jus; ensuite jetez le tout
-dans une casserole avec un morceau de beurre; mettez-y sel, gros
-poivre et un peu de muscade râpée; faites cuire le tout à petit feu;
-selon la quantité de vos fines herbes, versez-y une cuillerée ou deux
-d’espagnole réduite ou de velouté; faites réduire le tout de nouveau,
-en sorte que l’humidité ne fasse pas crever vos papillotes: taillez
-votre papier en forme de cœur, en coupant un peu la pointe; étendez
-votre papier; huilez-le légérement avec le doigt à l’endroit où vous
-devez poser votre morceau de langue et vos fines herbes; ensuite mettez
-une petite barde de lard sur le papier, et sur ce lard la valeur d’une
-cuillerée à bouche des mêmes herbes; ensuite posez votre morceau de
-langue, et dessus faites la même opération que dessous: vous aurez
-soin de rogner votre papier avec des ciseaux, au cas où il serait
-trop grand pour la côtelette; ployez-le de manière à ce que les bords
-se trouvent égaux; videz la papillote tout autour, le plus serré que
-possible, en sorte que la partie coupée de ce papier se trouve rentrée
-en dedans du bord: pour y parvenir, vous pincerez votre papier avec
-le pouce et l’index, et le rentrerez en dedans, comme si vous vouliez
-faire une corde: à l’égard de la pointe du haut, vous la tordez comme
-une papillote; cela fait, huilez vos papillotes en dehors, soit avec
-la main, soit avec un doroir; mettez-les sur un gril, avec feu doux,
-environ dix minutes: avant de servir, retournez-les, cinq minutes après
-avoir été posées sur le feu; que le papier soit d’une belle couleur;
-lorsque vous les verrez gonfler, c’est une preuve qu’elles sont
-atteintes; servez-les de suite.
-
-
-_Langue de Bœuf à l’Italienne ou au Parmesan._
-
-Faites cuire cette langue dans une braise comme la précédente;
-laissez-la refroidir de même; coupez-la par lames très-minces; mettez
-du Parmesan dans le fond d’un plat creux; couvrez votre Parmesan de
-vos tranches de langue, ainsi de suite; faites trois ou quatre lits de
-langue et de fromage; arrosez chaque lit d’un peu du fond dans lequel
-aura cuit la langue dont il s’agit, et finissez par un lit de fromage,
-que vous arroserez d’un peu de beurre fondu; mettez le plat au four
-ordinaire ou de campagne; donnez à votre Parmesan une belle couleur, et
-servez.
-
-
-_Palais de Bœufs au Gratin._
-
-Ayez trois ou quatre palais de bœufs; mettez-les sur un gril du côté de
-la peau, et le gril sur une cendre rouge; faites-les griller, au point
-de pouvoir enlever facilement la peau avec le couteau; ensuite grattez
-la partie blanche qui se trouve sous cette peau, pour qu’il n’en reste
-aucun vestige; supprimez le bout du mufle et celui du côté de la gorge,
-et enfin la partie noire qui se trouve au milieu, sans cependant trop
-l’altérer; ensuite faites-les dégorger et blanchir; mettez-les cuire
-dans un blanc, comme il est dit à l’article _Tête de Veau en Tortue_,
-pendant trois ou quatre heures; puis égouttez-les; faites-les refroidir
-à moitié; séparez-les en deux avec votre couteau, comme si vous leviez
-une barde de lard; garnissez-les d’une farce cuite (voyez _Farce
-cuite_, à son article). A cet effet, étendez vos morceaux de palais;
-mettez dessus avec la lame du couteau de cette farce à-peu-près de leur
-épaisseur; roulez-les sur eux-mêmes, comme vous rouleriez un morceau de
-papier dans vos doigts; parez-les des deux bouts; égalisez-les; mettez
-de votre farce l’épaisseur d’un travers de doigt au fond de votre plat;
-rangez vos petits cannelons debout sur votre fond de farce, en laissant
-un puits dans le milieu; garnissez de farce au dedans et au dehors, le
-plus proprement possible, les intervalles de vos cannelons: il faut que
-votre entrée ait la base d’une tour; garnissez ce puits en général de
-bardes de lard bien fines, et remplissez la capacité d’un morceau de
-mie de pain, de manière à maintenir les cannelons dans la position que
-vous leur aurez donnée; faites fondre du beurre, dorez-les avec un
-doroir; panez-les; mettez-les au four ou sous un four de campagne, avec
-feu dessus et dessous; faites-les cuire et prendre une belle couleur;
-ôtez votre bouchon de pain et les bardes de lard, égouttez le beurre,
-saucez dans le puits avec une italienne, et servez.
-
-
-_Palais de Bœufs à l’Italienne._
-
-Préparez cinq ou six de ces palais, comme les précédens; faites-les
-cuire de même; égouttez-les, coupez-les en escalopes ou en petits
-carrés; coupez-les ensuite en rond, de la grandeur d’un petit écu;
-mettez dans une casserole cinq cuillerées à dégraisser d’italienne
-rousse, que vous ferez réduire aux deux tiers de son volume; jetez vos
-palais dedans, laissez-les mijoter un peu, sautez-les; mettez un jus de
-citron, et servez.
-
-
-_Palais de Bœufs à la Poulette._
-
-Préparez, comme ci-dessus, la même quantité de palais de bœufs;
-coupez-les en rond ou en filets; mettez-les dans une casserole avec
-trois cuillerées à dégraisser de velouté, laissez-les mijoter; faites
-une liaison de deux jaunes d’œufs, déliez-la avec un peu de lait ou de
-crême; retirez vos palais du feu, liez-les avec vos œufs; remettez-les
-sur le feu, en les agitant toujours, afin de faire cuire votre liaison;
-mettez-y un demi-pain de beurre, un filet de verjus, ou un jus de
-citron, un peu de persil haché, et servez-les. Pour faire une bordure à
-votre plat, ajoutez, si vous le voulez, des croûtes de pain, tournées
-en bouchons, que vous aurez fait frire dans le beurre.
-
-
-_Palais de Bœufs à la Ravigote._
-
-Préparez, comme il est dit aux articles précédens, vos palais de bœufs;
-coupez-les de même, sautez-les dans une sauce ravigote, froide ou
-chaude (voyez _Sauce Ravigote_, à son article), et servez.
-
-
-_Croquettes de Palais de Bœufs._
-
-Faites cuire dans un blanc trois palais de bœufs, laissez-les
-refroidir, coupez-les en petits dés, et de même quelques champignons,
-ainsi que des truffes, si c’est la saison; faites réduire quatre
-cuillerées d’espagnole ou de velouté à demi-glace, c’est-à-dire à
-moitié, jetez dedans tous vos petits dés avec un peu de persil haché;
-retirez votre casserole du feu; liez votre salpicon avec deux jaunes
-d’œufs et du beurre gros comme une noix; versez le tout sur un plat,
-étendez-le avec la lame d’un couteau, en lui conservant une bonne
-épaisseur; lorsque ce salpicon sera refroidi, coupez-le par carrés
-égaux, et donnez-lui la forme que vous jugerez convenable, soit en
-côtelettes, soit en cannelons, soit en poires ou en petites boules.
-Cassez trois œufs que vous battrez comme une omelette; mettez-y un peu
-de sel fin; trempez tous vos morceaux, l’un après l’autre, dans cette
-omelette; mettez-les ensuite dans de la mie de pain, en maintenant la
-forme que vous leur avez donnée; au fur et à mesure que vous les aurez
-passés, mettez-les sur un plat; repassez votre mie de pain au travers
-d’une passoire; trempez une seconde fois vos croquettes dans cette
-omelette, passez-les de nouveau; saupoudrez votre plat de mie de pain,
-rangez-les dessus et couvrez-les avec le reste de la mie de pain pour
-qu’elles ne sèchent pas; au moment de servir, retirez-les de cette mie,
-posez-les sur un couvercle; mettez votre friture sur le feu, faites-la
-bien chauffer sans la brûler; glissez toutes vos croquettes à-la-fois,
-afin qu’elles aient toutes la même couleur; retirez-les; faites-les
-égoutter un moment; rangez-les sur votre plat, et servez avec un
-bouquet de persil frit, dont vous couronnerez vos croquettes.
-
-
-_Palais de Bœufs en Cracovie._
-
-Ayez trois palais de bœufs, préparez-les comme les précédens;
-laissez-les refroidir; coupez-les en quatre; fendez chaque morceau
-en deux, comme si vous leviez une barde de lard; ce qui vous donnera
-vingt-quatre morceaux. Ayez une tetine de veau blanchie dans l’eau, ou
-cuite dans la marmite; coupez-la par petites bardes, comme le sont vos
-palais; ayez également un salpicon, comme celui des croquettes énoncées
-à l’article précédent; étendez-en gros comme le pouce sur chaque
-morceau de vos palais, roulez-les, enveloppez-les avec votre morceau de
-tetine; passez-les comme les croquettes, ou trempez-les dans une pâte
-à frire (voyez _Pâte à frire_, à son article); faites-les frire comme
-les croquettes, dressez-les de même, et servez.
-
-
-_Palais de Bœufs à la Lyonnaise._
-
-Faites cuire quatre ou cinq de ces palais dans un blanc, ainsi que vous
-le verrez ci-dessus; coupez cinq ou six oignons en tranches, passez-les
-dans le beurre; qu’ils soient d’une belle couleur; lorsqu’ils seront
-cuits, mouillez-les avec une cuillerée ou deux d’espagnole: si vous
-n’en avez pas, singez-les et mouillez-les avec un peu de bouillon;
-faites cuire le tout; coupez vos palais en carré ou en filets,
-jetez-les dans votre sauce; mettez-y un peu de sel, de gros poivre, et
-finissez avec un peu de moutarde.
-
-
-_Gras-double._
-
-Prenez la partie la plus épaisse du gras-double, mettez-la dans de
-l’eau tiède; ratissez-la bien; enlevez avec soin la partie spongieuse;
-remettez-la dans de l’eau beaucoup plus chaude; faites-lui jeter un
-bouillon, et nettoyez-la de nouveau; frottez-la avec du citron; faites
-qu’elle soit aussi blanche que possible; mettez cuire ce gras-double
-dans un blanc, sept à huit heures: sa cuisson faite, coupez-le en
-losanges ou en filets. Si vous le voulez servir à la poulette (voyez
-l’article _Palais de Bœufs à la Poulette_): si vous le voulez à
-l’Italienne (voyez aussi cet article.)
-
-
-
-
-VEAU.
-
-
-Choisissez-le bien blanc et d’une chair tirant plutôt sur le verdâtre
-que sur le rose; c’est la couleur que doit avoir le véritable veau de
-Pontoise, qui doit être nourri, pour avoir cette qualité, avec des œufs
-frais, de la mie de pain blanc ou des rognures de pain à chanter. Il
-nous en vient de divers endroits, tels que de Montargis, Caen et Rouen,
-et qui, en raison de leur blancheur, passent pour être de Pontoise. Il
-faut, outre la blancheur, que le veau de Pontoise soit très-gras, bien
-couvert sur les côtes et sur le filet des reins; que ses rognons soient
-très-gros de graisse. Dans le veau tout se mange, excepté les sabots et
-une partie de la peau, puisque celle de la tête et des pieds se mange:
-il n’y a pas jusqu’à son sang dont on ne puisse faire d’excellent
-boudin. Les charcutiers l’emploient avec le sang du porc, et le
-trouvent plus délicat. Le veau est préférable, lorsqu’il n’a encore que
-six semaines ou deux mois; sa chair est plus onctueuse et donne plus de
-sucs nourriciers que si l’animal était plus jeune ou plus vieux.
-
-
-_Tête de Veau au naturel, ou à la Bourgeoise._
-
-Choisissez-la bien blanche, ôtez les deux côtés de la mâchoire
-inférieure; désossez aussi le bout du mufle jusqu’auprès des yeux, en
-relevant la peau sans l’endommager; coupez le museau sans blesser la
-langue; ensuite mettez dégorger cette tête à grande eau; faites-la
-blanchir, épluchez-la, flambez-la, et frottez-la avec un citron:
-cela fait, mettez-la dans un blanc (voyez _Blanc_, à son article);
-après l’avoir renfermée dans un torchon dont vous aurez attaché les
-quatre bouts, faites-la partir, laissez-la cuire deux ou trois heures;
-retirez-la, et après l’avoir développée, laissez-la égoutter; découvrez
-la cervelle en levant la calotte; parez-la, dressez-la, et servez
-ensuite avec une sauce au pauvre homme. (Voyez _Sauce au pauvre
-Homme_, à son article.)
-
-
-_Tête de Veau farcie._
-
-Ayez une tête de veau échaudée, bien blanche; désossez-la, en laissant
-tenir les yeux à la peau, et prenant garde de la percer avec le
-couteau; mettez-la dégorger, ainsi que la langue dont vous aurez
-supprimé le gosier: faites une farce avec une livre de veau et une
-livre et demie de graisse de rognons de bœuf; hachez ces deux objets
-séparément; pilez le veau; cette opération faite, joignez-y votre
-graisse, et pilez le tout ensemble, de manière à ce qu’il ne puisse
-être distingué; joignez à cela la mie d’un pain à potage, que vous
-aurez trempée dans de la crême, et ensuite desséchée par des fines
-herbes hachées et passées dans le beurre, telles que champignons,
-persil et ciboules, que vous laisserez refroidir pour incorporer avec
-votre farce; assaisonnez-la de sel, épices fines et poivre; pilez le
-tout ensemble: mouillez cette farce avec peu d’eau à-la-fois; ajoutez
-trois ou quatre œufs, l’un après l’autre: si elle se trouvait trop
-ferme pour l’étendre sur la tête de veau, mettez-y un peu d’eau. Cette
-farce finie, égouttez cette tête, essuyez-la, flambez-la si elle en
-a besoin; ensuite mettez-la sur un linge; étendez sur ses chairs
-l’épaisseur de deux doigts de farce; cela fait, mettez sur cette farce
-un salpicon froid, dont vous aurez coupé les dés un peu plus gros que
-pour des croquettes; remettez la langue après l’avoir fait blanchir;
-ôtez la peau qui l’enveloppe, à la position où elle était quand la tête
-était entière; recouvrez votre salpicon avec de la farce, ayant soin de
-donner à cette tête sa première forme; cousez-la, et du côté du collet
-enveloppez-la de bardes de lard ou d’une toilette de veau (ce qui vaut
-mieux), afin que la farce n’en sorte pas; roulez-la dans une serviette
-ou étamine, ayant soin de lui coucher les oreilles; ficelez-la
-par-dessus la serviette, toujours en ménageant sa forme; foncez une
-marmite avec quelques débris de viande de boucherie; mettez-y sel,
-oignons, carottes, deux feuilles de laurier, deux gousses d’ail, deux
-clous de girofle, une bouteille et demie de vin blanc de bonne qualité,
-quelques fonds de braise ou du bon bouillon; laissez-la cuire deux ou
-trois heures, surtout qu’elle n’arrête pas. Quand elle sera cuite,
-égouttez-la sur un couvercle, et servez-la avec le ragoût ci-après:
-
-Mettez dans une casserole deux cuillerées à pot d’espagnole, et un
-demi-setier de vin blanc; faites réduire le tout; ajoutez six ou huit
-grosses quenelles de la farce énoncée plus haut, et que vous aurez
-fait pocher dans du bouillon; joignez-y des champignons tournés, des
-culs d’artichauts, quelques tranches de gorges de ris de veau; faites
-mijoter le tout, dégraissez-le; déballez votre tête, dressez-la sur un
-plat: mettez ce ragoût autour, garnissez-le d’écrevisses, de ris de
-veau piqués et glacés, ainsi que de truffes, et servez.
-
-Vous pouvez encore servir cette tête farcie avec le ragoût de celle en
-tortue. (Voyez _Sauce en Tortue_, à son article.)
-
-
-_Tête de Veau en Tortue._
-
-Ayez une tête de veau échaudée, désossez-la comme la précédente;
-mettez-la dégorger; faites-la blanchir, ainsi que la langue; coupez-la
-en deux; flambez-la; frottez-la de citron; mettez-la cuire dans un
-blanc, comme celle à la bourgeoise: lorsqu’elle sera cuite, coupez-la
-proprement en douze morceaux; égouttez et dressez ces morceaux sur un
-plat; placez-y la langue que vous aurez panée à l’anglaise et fait
-griller d’une belle couleur; joignez-y la cervelle que vous aurez
-divisée en cinq ou six parties, fait cuire dans une marinade, mise dans
-une pâte et fait frire; saucez les morceaux de la tête de veau avec
-le ragoût en tortue; garnissez-les de six œufs frais pochés, d’une
-douzaine de belles truffes, d’autant d’écrevisses, de quelques ris de
-veau piqués, et servez.
-
-
-_Oreilles de Veaux farcies._
-
-Ayez des oreilles; flambez-les; mettez les cuire dans un blanc (voyez
-_Blanc_, à son article): lorsque ces oreilles seront cuites, tirez-les
-de leur blanc; laissez-les refroidir; remplissez-les de farce cuite
-(voyez _Farce cuite_, à son article); unissez cette farce avec la
-lame de votre couteau; cassez quelques œufs comme pour une omelette;
-trempez-y vos oreilles; panez-les; retrempez-les une seconde fois
-dans les œufs, et panez-les de nouveau; mettez-les sur un couvercle;
-couvrez-les du reste de votre mie de pain; un peu avant de servir,
-retirez-les; faites les frire: observez que votre friture ne soit pas
-trop chaude, afin que ces oreilles ne prennent pas trop de couleur, et
-que votre farce ait le temps de cuire; retirez-les, dressez-les sur un
-plat, la pointe en haut; mettez dessus une pincée de persil frit, et
-servez.
-
-
-_Oreilles de Veaux en Marinade._
-
-Faites cuire cinq oreilles de veaux dans un blanc, comme vous l’avez
-fait ci-dessus: lorsqu’elles le seront, coupez-les dans leur longueur
-en quatre morceaux; faites-les mariner avec vinaigre, sel et gros
-poivre; égouttez-les, et trempez-les dans une pâte à frire qui soit
-très-légère (voyez _Pâte à frire_, à son article); couchez les
-morceaux, les uns après les autres, dans la friture avec assez de
-vivacité pour qu’ils soient frits également; retournez-les avec une
-écumoire; menez-les à un feu vif: lorsque votre friture sera d’une
-belle couleur et sèche, retirez-la, égouttez-la sur un linge blanc,
-dressez-la sur le plat, et couronnez-la avec du persil frit.
-
-
-_Oreilles de Veaux à l’Italienne._
-
-Ayez sept ou huit de ces oreilles échaudées; flambez-les; faites-les
-blanchir et rafraîchissez-les; faites-les cuire dans un blanc, ou
-autrement foncez une casserole de bardes de lard; mettez-y ces oreilles
-avec un bouquet de persil et ciboules assaisonné, quelques tranches
-de citrons; mouillez avec du consommé et un demi-verre de vin blanc;
-couvrez vos oreilles de bardes de lard; mettez dessus un rond de papier
-beurré; faites-les cuire une heure et demie, égouttez-les; essuyez-les;
-ciselez les bouts comme vous feriez d’une ciboule; dressez-les, et
-servez dessous une sauce à l’italienne. (Voyez _Sauce à l’Italienne_,
-à son article.)
-
-
-_Oreilles de Veaux à la Ravigote._
-
-Préparez ces oreilles comme les précédentes; ayez attention qu’elles
-soient bien blanches; au moment de servir, coupez-en les pointes et
-ciselez-en les cartilages; égouttez-les; servez-les sur une ravigote
-chaude ou froide. (Voyez _Sauce Ravigote_, à son article.)
-
-
-_Langues de Veaux à la Sauce piquante._
-
-Ces langues s’accommodent comme celles de bœufs. (Voyez article
-_Langues de Bœufs_.)
-
-
-_Pieds de Veau._
-
-Les pieds de veau se font cuire comme la tête, et se mangent au
-naturel, en marinade, à la ravigote. Ils sont ennemis de toutes sauces
-fades.
-
-
-_Cervelles de Veaux à l’Allemande._
-
-Ayez trois cervelles de veaux bien levées, c’est-à-dire sans être
-endommagées; mettez-les dans une casserole avec de l’eau en suffisante
-quantité; de suite ôtez-en toutes les fibres, ainsi qu’au cervelet:
-cela fait, changez-les d’eau; laissez-les dégorger; repassez-les
-pour en ôter les fibres s’il en est resté; faites-les blanchir
-environ un quart d’heure, de la manière suivante: faites bouillir
-de l’eau avec une pincée de sel blanc, un verre de vinaigre blanc;
-mettez-y vos cervelles; retirez-les après qu’elles sont blanchies;
-égouttez-les; mettez-les dans une casserole que vous aurez foncée de
-lard; mouillez-les avec un verre de vin blanc, deux fois autant de
-consommé, afin qu’elles trempent; joignez-y un bouquet de persil et
-ciboules bien assaisonné, quelques tranches de citron, desquelles vous
-aurez ôté les pepins et l’écorce; couvrez-les de bardes de lard et d’un
-rond de papier; faites-les partir sur un fourneau; mettez-les ensuite
-trois quarts d’heure sur une petite paillasse; leur cuisson faite,
-dressez-les sur le plat, et masquez-les avec la sauce à l’allemande.
-(Voyez _Sauce à l’Allemande_, à son article.)
-
-
-_Cervelles de Veaux en Matelote._
-
-Prenez la même quantité de cervelles; faites-les cuire de même que
-celles ci-dessus: leur cuisson faite, dressez-les sur le plat;
-garnissez-les d’écrevisses, de croûtons coupés en queue de paon et
-passés dans le beurre; saucez-les avec la sauce à la matelote, indiquée
-à son article, et servez.
-
-
-_Cervelles en Marinade._
-
-Préparez deux cervelles de veaux comme les précédentes, et faites-les
-cuire de la même manière: après les avoir égouttées, divisez-les en
-cinq morceaux; mettez-les dans une marinade passée au tamis (voyez
-_Marinade_, à son article); faites une pâte à frire assez légère
-(voyez _Pâte à frire_, à son article); trempez-y vos morceaux,
-égouttez-les pour qu’ils ne soient pas trop chargés de pâte, et
-mettez-les dans la friture; faites qu’ils aient une belle couleur;
-égouttez-les; dressez-les en les surmontant d’une pincée de persil
-frit, et servez.
-
-
-_Cervelles de Veaux à la purée de Pois._
-
-Prenez le même nombre de cervelles, et apprêtez-les comme celles
-ci-dessus: lorsque vous serez prêt à servir, égouttez-les, et
-masquez-les avec une purée de pois, comme celle indiquée pour les
-entrées. (Voyez _Purée de Pois_, à son article.)
-
-
-_Cervelles de Veaux au Beurre noir._
-
-Préparez et faites cuire ces cervelles comme celles dites à
-l’allemande: lorsque vous serez prêt à servir, égouttez-les, et, après
-les avoir dressées, saucez-les avec le beurre noir qui se prépare ainsi:
-
-Mettez une demi-livre de beurre dans un diable (poêle à courte queue);
-posez-le sur le feu; faites-le roussir sans le brûler, ce qui s’évite
-en agitant la poêle: lorsqu’il est suffisamment noir, retirez-le, et
-tirez-le au clair; après l’avoir écumé, essuyez votre poêle; versez
-dedans une cuillerée à dégraisser de vinaigre, une pincée de sel;
-faites-le chauffer; versez-le dans votre beurre noir; agitez le tout;
-saucez-en vos cervelles; garnissez-les de persil frit, soit autour ou
-dessus, et servez de suite.
-
-
-_Cervelles de Veaux à la Ravigote._
-
-Prenez également trois cervelles que vous préparerez de la même manière
-que celles ci-dessus: lorsqu’elles seront cuites, dressez-les et
-servez-les avec une des sauces à la ravigote indiquées à leur article;
-vous pouvez servir autour des petits oignons que vous aurez fait
-blanchir et cuire ensuite dans du consommé.
-
-
-_Foie de Veau à la Poêle._
-
-Ayez un foie de veau bien blond, c’est-à-dire bien gras; émincez-le
-par petites lames de l’épaisseur d’un écu de six livres; mettez dans
-une poêle un morceau de beurre, en raison du volume de foie que vous
-préparez; posez cette poêle sur un bon feu, et remuez-la souvent:
-lorsque votre foie sera roide, singez-le d’une pincée de farine;
-remuez-le de nouveau, pour que la farine ait le temps de cuire; cela
-fait, saupoudrez-le d’un peu de persil et de ciboules ou échalotes
-hachées; assaisonnez-le de sel et gros poivre; mouillez-le avec une
-demi-bouteille de vin rouge; remuez le tout sur le feu, sans le laisser
-bouillir, de crainte de faire durcir votre foie. Si la sauce était
-trop courte, alongez-la avec un peu de bouillon, et finissez, si vous
-voulez, avec un filet de vinaigre ou de verjus, et servez.
-
-
-_Foie de Veau à la Bourgeoise ou à l’Étouffade._
-
-Ayez un foie de veau, comme il est indiqué ci-dessus; lardez-le de gros
-lardons en travers, lesquels auront été assaisonnés de sel, poivre,
-épices fines, basilic et thym mis en poudre, persil et ciboules hachés.
-Votre foie étant bien lardé, mettez-le dans une casserole foncée de
-bardes de lard, avec oignons, carottes, deux clous de girofle, une
-feuille de laurier, une gousse d’ail, quelques débris de veau et une
-demi-bouteille de vin blanc; achevez de le mouiller avec du bouillon;
-faites-le partir; écumez-le; couvrez-le de bardes de lard et d’un rond
-de papier; mettez dessus un couvercle et lutez-le; cela fait, mettez-le
-environ cinq quarts d’heure sur une paillasse, avec feu dessous et
-dessus: lorsqu’il sera cuit, passez dans une casserole et tamis de soie
-une partie de son mouillement; mettez ce mouillement sur le feu avec un
-pain de beurre manié dans de la farine, pour lier votre sauce; faites
-réduire; ajoutez-y, si vous le voulez, un peu de beurre d’anchois;
-sassez, masquez-en votre foie, et servez.
-
-
-_Foie de Veau à l’Italienne._
-
-Ayez un foie de veau bien blond; coupez-le par lames de l’épaisseur
-d’un travers de doigt; parez-les toutes de la même grandeur, en leur
-donnant la forme d’une queue de paon; farinez-les; mettez environ un
-quarteron de bonne huile d’Aix dans une casserole très-plate, appelée
-sauteuse; étendez-y vos lames de foie, les unes après les autres;
-saupoudrez de sel fin le dessus; posez votre sauteuse sur un bon feu;
-faites roidir votre foie, retournez-le avec la pointe du couteau: quand
-il sera revenu des deux côtés, et que vous le jugerez cuit, ce dont
-vous pourrez vous assurer en en coupant un peu de l’un des morceaux,
-égouttez-le; dressez-le en cordon sur le plat; saucez-le avec une bonne
-italienne rousse réduite, dans laquelle vous aurez mis le jus d’un
-citron, et servez. (Voyez _Italienne rousse_, à son article.)
-
-
-_Foie de Veau à la Broche._
-
-Choisissez un beau foie blond; lardez-le en dessous de gros lard que
-vous aurez assaisonné comme ceux du foie à l’étouffade; piquez-le
-comme le filet de bœuf (voyez _Filet de Bœuf piqué_, à son article);
-mettez-le ensuite sur un plat de terre, avec quelques branches de
-persil et des ciboules coupées en trois ou en quatre, deux feuilles de
-laurier et un peu de thym; saupoudrez-le d’un peu de sel; arrosez-le
-avec de l’huile d’olive, et laissez-le mariner ainsi: lorsque vous
-voudrez le mettre à la broche, passez-y quatre ou cinq petits hatelets
-en travers et un grand dans sa longueur que vous fixerez sur la
-broche, en l’attachant assez fortement des deux bouts pour qu’il ne
-puisse tourner sur lui-même; enveloppez-le de papier beurré que vous
-attacherez de même sur la broche; arrosez-le; faites-le cuire environ
-cinq quarts d’heure: sa cuisson dépend de sa grosseur et du plus ou
-du moins de feu que vous ferez; déballez-le, et, après l’avoir glacé,
-servez-le avec une bonne poivrade dessous. (Voyez _Sauce poivrade_, à
-son article.)
-
-
-_Mou de Veau à la Poulette._
-
-Ayez un mou de veau bien blanc, coupez-le en gros dés; faites-le
-dégorger et changez-le d’eau plusieurs fois, ayant soin de le presser
-dans vos mains lorsque vous le retirez de l’eau, afin d’en exprimer
-le sang; faites-le blanchir en le mettant à l’eau froide; faites-lui
-jeter un bouillon, rafraîchissez-le, c’est-à-dire, jetez-le dans l’eau
-froide; égouttez-le; mettez dans une casserole convenable un morceau
-de beurre; ce beurre une fois fondu, jetez-y votre mou; faites-le
-revenir sans qu’il roussisse; singez-le de farine; retournez-le avec
-une cuiller, afin que la farine s’incorpore avec le mou; mouillez-le
-doucement avec du bouillon, ayant soin de le remuer toujours;
-assaisonnez-le de sel, poivre et d’un bouquet de persil, garni d’une
-feuille de laurier, d’un clou de girofle, d’une gousse d’ail; faites
-partir à grand feu, toujours en le remuant, afin que la farine ne tombe
-pas au fond et ne s’attache point; aux trois quarts cuit, mettez-y des
-petits oignons et des champignons; la cuisson faite du tout, si la
-sauce se trouvait trop longue, versez-en dans une autre casserole la
-majeure partie, faites-la réduire, dégraissez-la; arrivée à son point,
-liez-la avec quelques jaunes d’œufs (voyez _Liaison_, à son article);
-mettez-y un peu de persil haché, un filet de verjus ou le jus d’un
-citron; goûtez s’il est d’un bon sel, et servez.
-
-
-_Mou de Veau au Roux._
-
-Préparez ce mou comme il est dit ci-dessus; mais, au lieu de le passer
-dans le beurre, mettez-le dans un peu de roux (voy. _Roux_, à son
-article); mouillez-le comme le précédent et assaisonnez-le de même;
-aux trois quarts cuit, mettez-y des petits oignons et des champignons;
-faites réduire la sauce, dégraissez-la et ôtez-en le bouquet en
-l’exprimant; faites que cette sauce, arrivée à son degré de réduction,
-soit d’une belle couleur rousse et d’un bon goût; finissez-la avec un
-filet de verjus ou le jus d’un citron, et servez.
-
-
-_Fraise de Veau._
-
-Ayez une fraise de veau bien blanche et grasse; ayez soin de
-l’approprier comme il faut; faites-la dégorger et blanchir en lui
-faisant jeter quelques bouillons; rafraîchissez-la, mettez-la cuire
-dans un blanc comme la tête de veau (voyez _Blanc_, à son article); la
-cuisson faite, égouttez-la, et servez-la avec une sauce au pauvre homme
-que vous mettrez dans une saucière. (Voyez _Sauce au Pauvre homme_.)
-
-
-_Fraise de Veau à la Brisac._
-
-Faites cuire cette fraise comme pour la servir au naturel; sa cuisson
-achevée, coupez-la en morceaux égaux; mettez-les dans une italienne
-bien réduite et bien corsée; la fraise étant fade par elle-même, au
-moment de la servir relevez-la d’un jus de citron, d’un peu d’huile et
-d’ail râpé.
-
-
-_Ris de Veau à la Dauphine._
-
-Ayez cinq ris de veau, séparez-en les gorges; mettez-les dégorger,
-changez-les d’eau plusieurs fois, afin qu’ils soient bien blancs;
-faites-les blanchir légérement, qu’ils ne soient que roidis pour les
-piquer plus facilement; mettez dessus un bout-à-bout ou une deuxième,
-comme je l’ai indiqué; foncez une casserole de quelques parures de
-veau, garnissez-la d’oignons et de carottes; mettez autour de cette
-casserole des bardes de lard; posez vos ris sur ce fond, qu’ils se
-touchent sans être pressés; mouillez-les avec du consommé, en sorte
-que le lard ne trempe pas; couvrez-les avec un rond de papier beurré;
-faites-les partir; posez-les sur une paillasse, couvrez-les; mettez
-du feu sur leur couvercle; que ce feu soit assez ardent pour qu’ils
-prennent une belle couleur dorée; laissez-les cuire environ trois
-quarts d’heure; égouttez-les sur un couvercle, glacez-les, mettez-les
-sur une bonne chicorée blanche réduite (voyez _Ragoût à la Chicorée
-blanche_, à son article); ajoutez-y, si vous voulez, quatre grandes
-crêtes de pain passées dans le beurre.
-
-Si vous n’avez pas de glace, passez le fond de vos ris au travers d’un
-tamis de soie; faites-le réduire en glace, et servez-vous-en pour
-glacer vos ris.
-
-
-_Ris de Veau à l’Espagnole._
-
-Après avoir fait blanchir des ris de veau et les avoir piqués comme
-les précédens, marquez-les de même et faites-les cuire; lorsqu’ils
-le seront, passez leur fond dans une casserole; faites-les réduire
-presqu’à glace; remettez vos ris de veau jusqu’à ce que leur glace soit
-à son point; retournez-les légérement du côté du lard; dressez-les
-sur le plat, mettez dans la casserole une cuillerée à dégraisser
-d’espagnole; détachez bien la glace, saucez-en vos ris de veau, et
-servez.
-
-
-_Hatelet de Ris de Veau._
-
-Marquez des gorges de ris de veau sans être piquées, comme les ris
-énoncés aux articles précédens; lorsqu’ils seront presque cuits,
-retirez-les de leur fond et laissez-les se refroidir; coupez-les
-par tranches d’un demi-pouce d’épaisseur; coupez de même grosseur
-une langue de veau fourrée, des truffes, que vous passerez dans le
-beurre, du petit lard cuit dans la marmite; vous aurez une sauce aux
-hatelets (voyez _Sauce aux Hatelets_, à son article); quand elle
-sera bien chaude, vous y mettrez tous vos morceaux que vous mêlerez
-bien, et déposant le tout sur un plat, vous le laisserez refroidir;
-ensuite enfilez ces morceaux l’un après l’autre, et par le milieu,
-en les entremêlant; cela fait, parez ces hatelets sur les quatre
-faces, afin qu’ils soient parfaitement carrés; garnissez-les du reste
-de votre sauce en remplissant les vides des morceaux qui peuvent ne
-pas être égaux; ensuite passez-les à la mie de pain, en tenant des
-deux mains les bouts de votre hatelet; trempez-le dans une petite
-omelette; repanez-le et rendez-le bien carré; lorsque vous voudrez
-servir vos hatelets, mettez-les sur un gril propre, à un feu doux, afin
-qu’ils aient le temps d’être atteints sans prendre trop de couleur;
-grillez-les sur les quatre faces; qu’ils soient d’une belle couleur, et
-servez.
-
-
-_Ris de Veau en caisse._
-
-Faites cuire des gorges de ris de veau; coupez-les par tranches,
-passez-les dans des fines herbes, telles que du persil, ciboules et
-champignons hachés très-fin, un morceau de beurre, sel et gros poivre;
-faites-les mijoter; vous aurez une caisse, ronde ou carrée, que vous
-huilerez en dehors; mettez dans le fond de cette caisse l’épaisseur
-d’un travers de doigt de farce cuite (voyez _Farce cuite_, à son
-article); mettez votre caisse sur un gril ou sur un couvercle de
-tourtière, afin que votre farce puisse cuire sans brûler; il faut que
-cette caisse prenne une teinte jaune; mettez-y vos ris de veau et vos
-fines herbes; saucez-les avec une bonne espagnole réduite, un jus de
-citron, et servez.
-
-
-_Ris de Veau à l’Anglaise._
-
-Préparez et faites cuire ces ris comme les précédens; mettez dans une
-casserole du beurre gros comme un œuf; faites-le fondre sans trop le
-chauffer; délayez-y deux jaunes d’œufs; assaisonnez votre beurre d’un
-peu de sel; dressez vos ris de veau sur une tourtière, dorez-les avec
-votre beurre et vos jaunes bien mêlés; panez-les avec de la mie de
-pain, dans laquelle vous aurez mis un peu de Parmesan râpé; arrosez-les
-avec ce beurre, en vous servant de ciboules fendues en forme de
-pinceau; mettez ces ris au four, ou sous un four de campagne, pour
-leur faire prendre une belle couleur dorée; dressez-les sur le plat,
-saucez-les avec une bonne italienne blanche, et servez.
-
-Vous pouvez servir panée la moitié de ces ris, et l’autre moitié piquée
-et glacée.
-
-
-_Petit Aspic de Ris de Veau._
-
-Faites cuire ces ris un peu plus que ceux pour hatelets; coupez-les de
-même; enfilez-les dans des petits hatelets d’argent; parez-les sur les
-quatre faces, tel que les ris de veau en hatelets; entremêlez-les de
-truffes, si vous le voulez; ayez des moules de fer-blanc ou de cuivre,
-étamés, plus longs et un peu plus larges que la surface de vos hatelets
-de ris de veau garnis; coulez dans ces moules de l’aspic tiède, de
-l’épaisseur de deux écus de six livres, et laissez-le prendre; vous
-pouvez faire sur cet aspic le dessin que vous jugerez à propos, soit
-avec des truffes, des cornichons, des blancs d’œufs durcis, des filets
-d’anchois et des feuilles d’estragon blanchies; lorsque vous aurez fait
-vos dessins, posez vos hatelets, garnis de ris de veau, légérement
-dessus et bien au milieu; ensuite coulez-y de nouveau avec une cuiller
-à bouche de l’aspic presque froid sur les côtés et le milieu, afin
-de remplir parfaitement vos moules; laissez-les prendre ainsi, ou
-mettez-les à la glace, si le cas l’exige; au moment de servir, trempez
-légérement ces moules dans de l’eau chaude jusqu’au bord; retournez-les
-sur un couvercle; faites-les glisser sur leur plat; n’ôtez leur moule
-que quand vos petits aspics sont arrangés sur ce plat, et mettez-les au
-frais jusqu’à ce que vous serviez.
-
-Si vous n’aviez point d’aspic, vous fonceriez davantage la casserole de
-vos ris de veau, et vous en clarifieriez le fond, duquel vous feriez
-votre aspic. (Voyez _Grand Aspic_, à son article.)
-
-
-_Ris de Veau à la Poulette._
-
-Faites cuire ces ris comme il est énoncé ci-dessus; mettez dans une
-casserole du velouté ce que vous jugerez à propos; coupez vos ris
-par tranches; vous aurez eu soin de ne pas les laisser trop cuire;
-mettez-les dans votre velouté avec des champignons, que vous aurez
-fait cuire (voyez _Sauce aux Champignons_, à son article); laissez
-réduire votre ragoût à son degré, et liez-le avec deux ou trois jaunes
-d’œufs (voyez _Liaison_, et _la Manière de lier_, à leurs articles);
-mettez-y du persil haché et blanchi, si vous le voulez, un demi-pain de
-beurre, un jus de citron, et servez.
-
-
-_Queues de Veaux aux petits Pois._
-
-Ayez plusieurs queues de veaux, coupez-les par jointures, comme il est
-indiqué à l’article _Queues de Bœuf_; faites un petit roux (voyez
-_Roux_, à son article); quand il sera d’une belle couleur, mettez-y
-vos queues de veau, ayant soin de les retourner pour les faire revenir;
-ayez l’attention que le feu ne soit pas trop vif, de crainte de brûler
-votre roux; quand vous les jugerez suffisamment revenues, mouillez le
-tout avec du bouillon, ou de l’eau, faute de bouillon; faites que votre
-sauce ne soit pas trop épaisse; assaisonnez-la de sel, d’un bouquet de
-persil et de ciboules, d’un ou deux oignons, d’un clou de girofle et
-d’une feuille de laurier; laissez mijoter, jusqu’à ce que vos queues
-soient à moitié cuites; ôtez-en l’oignon où est le clou de girofle;
-mettez-y des pois en suffisante quantité pour votre ragoût; laissez-le
-mijoter jusqu’à ce que vos pois soient cuits; ôtez le bouquet de persil
-et de ciboules en l’exprimant; remuez votre ragoût, faites-le bouillir,
-dégraissez-le; qu’il soit d’un bon sel et servez.
-
-
-_Queues de Veaux à la Poulette._
-
-Prenez ce que vous jugerez à propos de queues de veaux; coupez-les
-comme à l’article précédent; faites-les dégorger dans de l’eau tiède;
-quand elles le seront, faites-les blanchir; égouttez-les; mettez dans
-une casserole un morceau de beurre, vos queues de veaux, un bouquet de
-persil, de ciboules; assaisonnez d’une demi-gousse d’ail, d’une feuille
-de laurier; joignez à cela quelques oignons. Passez le tout sur un feu
-doux, sans laisser roussir votre beurre; singez d’un peu de farine;
-remuez vos viandes, mouillez-les avec autant de bouillon qu’il en faut;
-mettez dans ce ragoût du sel et du gros poivre; faites-le cuire; ayez
-soin de le remuer souvent, afin qu’il ne s’attache pas; retirez-en
-les oignons et le bouquet en l’exprimant; liez-le (voyez l’article
-_Liaison_ et _la Manière de lier_); mettez-y un peu de persil haché
-et blanchi, un filet de vinaigre ou le jus d’un citron, et servez.
-
-
-_Amourettes de Veau._
-
-Ce qu’on appelle amourettes est tout simplement la moelle alongée des
-quadrupèdes. Celles de veau sont préférées pour leur délicatesse. On
-emploie celles de bœuf, de mouton, comme on pourrait employer toutes
-celles des animaux à quatre pieds. Voici la manière de les approprier
-et de les accommoder:
-
-Ayez des amourettes; mettez-les dans de l’eau; ôtez-en les membranes
-qui les enveloppent; changez-les d’eau, laissez-les dégorger;
-coupez-les par morceaux d’égale longueur, autant que possible;
-faites-les blanchir comme les cervelles de veau; quand elles le seront,
-mettez-les dans une marinade (voyez _Marinade_, à son article);
-lorsque vous voudrez vous en servir, égouttez-les, mettez-les dans une
-légère pâte à frire; faites-les frire; qu’elles soient d’une belle
-couleur, dressez-les et servez.
-
-_Nota._ On se sert aussi des amourettes en place de pâte pour faire
-des timbales; on fonce une casserole de bardes de lard, on met dedans
-ses amourettes comme on fonce une timbale avec de la pâte, je veux
-dire, les arranger tout autour les uns sur les autres, en sorte
-qu’elles forment un puits dans lequel on met et des lames de rouelles
-de veau bien jointes les unes contre les autres, afin de contenir les
-amourettes dans leur position, et de la farce cuite (voyez _Farce
-cuite_, à son article), dont on fait un contre-mur, et de laquelle on
-garnit le fond; mettez dans ce puits un salpicon bien réduit de ce que
-vous jugerez convenable; couvrez-le de farce, soudez bien le tout, pour
-que la sauce du salpicon ne s’échappe pas; mettez cette timbale dans un
-four doux ou sur la paillasse, avec un feu modéré dessous et dessus;
-faites-la cuire trois heures; renversez-la, ôtez-en les bardes; versez
-autour une bonne italienne rousse et servez.
-
-
-_Quartier de Veau de derrière._
-
-Si vous avez besoin d’une longe, vous la couperez à trois doigts plus
-bas que la hanche; vous roulerez le flanchet; vous l’assujettirez avec
-des petits hatelets, afin que votre longe soit bien carrée, et qu’elle
-n’ait pas l’air plus épaisse d’un côté que d’un autre; pour réussir à
-cela, supprimez une partie des os de l’échine qui avoisinent le rognon:
-cela fait, couchez sur le fer votre longe, c’est-à-dire, embrochez-la
-et assujettissez-la avec un grand hatelet que vous attacherez fortement
-des deux bouts sur la broche; enveloppez cette longe de plusieurs
-feuilles de papier que vous beurrerez en dessus, de crainte qu’elles ne
-brûlent; il faut deux heures et demie ou trois heures pour la cuire:
-cela dépend de la quantité de feu et de l’épaisseur de la pièce.
-
-
-_Cuissot de Veau, et les manières d’en tirer parti._
-
-Ayez un cuissot de veau; commencez par en lever la noix. On appelle
-noix la chair qui se trouve en dedans de la cuisse, et qui en est la
-partie la plus grasse et la plus tendre. Vous parviendrez à la lever
-en passant le bout de votre couteau le long du quasi, à l’endroit où
-la chair est découverte, et vous irez jusqu’à ce que vous trouviez une
-séparation des chairs: vous la suivrez jusqu’à l’os proche le genou,
-et vous continuerez de glisser votre couteau sur l’os pour lever votre
-noix bien entière; ensuite levez la sous-noix qui est la plus voisine.
-Il y a une autre noix qu’on appelle la noix du pâtissier, laquelle
-se trouve proche la fesse du veau et la naissance de la queue. Cette
-sous-noix sert ordinairement à faire le godiveau et les farces cuites.
-Levez votre quasi, coupez le jarret dans le genoux et le bout de la
-crosse. Ils vous serviront pour vos consommés; la noix pour vous faire
-une entrée, la sous-noix pour faire votre farce cuite, et la noix du
-pâtissier pour faire votre godiveau, ou, si vous l’aimez mieux, pour
-tirer un peu de velouté; ce qu’on appelle sauce tournée; le quasi, l’os
-et les chairs qui restent après, vous pouvez en tirer une espagnole.
-
-
-_Noix de Veau à la Bourgeoise._
-
-Prenez une noix de veau, celle d’un veau femelle, s’il vous est
-possible; conservez la panoufle dans tout son entier; mettez-la entre
-deux linges blancs, battez-la avec le plat du couperet; cela fait,
-lardez-la dans l’épaisseur des chairs et de toute leur longueur, sans
-endommager la panoufle; assaisonnez vos lardons comme je l’ai indiqué
-(voyez les articles _Noix de Bœuf_, et _Culotte à l’écarlate_);
-foncez une casserole de quelques parures ou débris de veau, posez votre
-noix dessus; mettez deux ou trois oignons autour, quelques carottes
-tournées, un bouquet de persil et ciboules; mouillez-la avec un bon
-verre de consommé ou du bouillon; couvrez-la d’un fort papier beurré
-et faites-la partir; une fois en train, couvrez-la, mettez-la sur la
-paillasse, avec feu dessous et dessus; laissez-la cuire près d’une
-heure et demie ou deux heures; le temps de sa cuisson dépend et de sa
-qualité et de sa grosseur: sa cuisson terminée, égouttez-la, passez
-son fond, faites-le réduire à glace; glacez votre noix; mettez deux
-cuillerées à dégraisser d’espagnole dans le reste de cette glace;
-détachez bien le tout, dégraissez-le, finissez-le avec la moitié d’un
-pain de beurre et saucez.
-
-Si vous n’aviez point d’espagnole, vous feriez un petit roux, vous le
-mettriez, votre noix étant glacée, dans le reste de sa glace; mêlez
-bien le tout, mouillez-le avec un quart de verre de vin blanc, un
-verre de bouillon; faites-le réduire, dégraissez et finissez-le comme
-ci-dessus.
-
-Cette noix peut se servir sur de la chicorée, de l’oseille, des
-épinards, de la purée d’oignons, sur des petites racines tournées et
-des montans de cardes.
-
-
-_Noix de Veau en Bedeau._
-
-Ayez une noix de veau; prenez de préférence d’un veau femelle;
-conservez la panoufle ou tetine: battez-la entre deux linges et
-parez-la sur la partie découverte; piquez-la de gros lard sur le
-dessous et le dessus d’une deuxième; marquez-la et assaisonnez-la comme
-la précédente; couvrez la panoufle d’une barde de lard, afin qu’elle ne
-prenne point de couleur: faites-la cuire comme il est dit plus haut,
-avec feu dessous et dessus; glacez-la, servez-la sur de la chicorée, de
-l’oseille, ou des concombres, soit au jus, soit à la béchamelle.
-
-
-_Noix de Veau piquée._
-
-Prenez une noix de veau; battez-la, posez-la sur la table; levez-en
-la panoufle comme si vous leviez une barde de lard; retournez-la et
-parez-la en faisant glisser votre couteau pour la rendre bien unie:
-cela fait, piquez-la toute entière; marquez-la dans une casserole,
-comme la précédente: mettez vos oignons sous votre noix, pour lui
-donner une forme bombée; mouillez-la avec du consommé ou du bouillon,
-de façon que le lard de cette noix ne trempe point dans le mouillement;
-glacez-la et servez-la sur une espagnole réduite ou sur de la chicorée.
-
-
-_Grenadins de Veau._
-
-Ayez une noix de veau, battez-la comme il est déjà dit plus haut;
-coupez-la en deux, comme si vous leviez une bardière de lard; après,
-rebattez légérement les deux morceaux, afin de les aplatir un peu;
-faites de chaque partie trois ou quatre morceaux, ayant soin de
-les couper en losanges alongés; arrondissez parfaitement un de ces
-morceaux; piquez-les tous avec soin, et que votre lard soit bien
-égal: cela fait, foncez une casserole avec vos rognures de veau, deux
-carottes et des oignons coupés en deux; mettez-en la moitié sous chacun
-de vos grenadins, à la partie la plus large, pour la faire tomber, et
-de même au morceau que vous avez arrondi, observez, en les posant,
-qu’ils ne se touchent pas; assaisonnez-les d’un bouquet de persil
-et de ciboules, d’une feuille de laurier et d’un clou de girofle;
-mouillez-les avec du consommé ou du bouillon, de manière que le lard ne
-trempe point; couvrez-les d’un papier beurré; faites-les partir sur un
-bon feu; de là, posez-les sur un feu doux; mettez sur leur couvercle un
-feu un peu ardent, afin qu’ils prennent une couleur dorée; laissez-les
-cuire une heure; leur cuisson faite, égouttez-les, glacez-les;
-mettez-les sur une purée, soit de champignons, d’oseille, de chicorée,
-ou toute autre: observez, en dressant ces grenadins, que les pointes
-soient au centre du plat, comme pour en faire une _rosasse_; posez le
-grenadin qui est en rond sur les pointes des autres, et servez.
-
-
-_Manchons à la Gérard._
-
-Ayez une noix de veau; levez-en la panoufle comme aux précédentes;
-battez-la de même; séparez-la dans sa longueur en quatre ou cinq
-morceaux, de l’épaisseur d’un demi-pouce au plus; coupez ces
-morceaux en carrés longs: battez-les avec le plat du couperet; après
-rebattez-les avec le dos de la lame de votre couteau, que les coups
-soient très-près les uns des autres, à différens sens, afin de rompre
-les fibres des viandes; mettez dans trois de ces morceaux de la farce
-de quenelle, où vous n’aurez point mis trop de blancs d’œufs fouettés.
-Roulez-les, en leur donnant la forme de manchons; recouvrez-les d’un
-lit de cette farce, de l’épaisseur de la lame de votre couteau; coupez
-par bandes, de la largeur de deux doigts, les deux lames de veau
-qui vous sont restées; piquez-les avec soin; appliquez-les aux deux
-bouts de chacun de vos manchons: bridez-les en dessous, ainsi que les
-morceaux piqués, pour qu’ils ne se détachent ni ne se déforment; hachez
-des truffes très-fin; sablez-en un de vos manchons jusqu’aux bordures
-piquées; hachez de même des pistaches pour en sabler un second; et
-si vous voulez, pour le troisième, hachez encore de même des amandes
-douces, bien émondées, et appliquez-les sur le troisième (ce qui fera
-trois couleurs), et garnissez le tout, en sorte qu’on ne voie point
-la farce: cela fait, marquez-les comme les noix de veau; foncez une
-casserole de bardes de lard; donnez-leur la même cuisson, à la réserve
-qu’il faut mettre moins de feu dessus leur couvercle; égouttez-les;
-débridez-les; parez-les des deux bouts; glacez les parties piquées;
-dressez-les sur le plat; mettez dessous une bonne espagnole réduite, ou
-une sauce aux truffes (voyez _Sauce aux Truffes_, à son article), et
-servez.
-
-
-_Hâtereaux._
-
-Ayez une noix de veau; coupez-la par lames un peu plus minces que les
-précédentes; battez-les de même; coupez-les en plus petits morceaux,
-à-peu-près de la longueur de trois pouces, sur quatre de large;
-piquez-les avec soin dans toute leur longueur: après, posez-les sur
-un linge, du côté du lard; étendez dessus le côté non piqué la farce
-ci-après:
-
-Prenez de la farce cuite ce qu’il vous en faut pour faire neuf
-hâtereaux, en incorporant dans cette farce un tiers en sus de petits
-foies gras, des truffes, des champignons coupés en petits dés; maniez
-bien le tout avec une cuiller de bois; joignez-y deux ou trois jaunes
-d’œufs, du sel en suffisante quantité et un peu d’épices fines; mettez
-de cette farce, comme il est déjà dit, sur vos hâtereaux; roulez-les,
-en sorte que les deux bouts de veau se joignent; embrochez-les d’un
-hatelet, fixez-le sur la broche; enveloppez-les de papier; arrosez-les,
-durant leur cuisson, avec du beurre; dressez-les, et servez dessous une
-italienne corsée rousse ou blanche.
-
-
-_Popiettes de Veau._
-
-Prenez une partie de noix de veau, coupez-la en tranches fort minces;
-battez-les bien sur tous les sens, comme nous l’avons dit pour les
-hâtereaux; mettez dessus une farce cuite de volaille ou de veau;
-roulez-les, comme je l’ai indiqué pour les hâtereaux: ficelez-les, pour
-qu’elles ne se déforment pas; foncez une casserole de bardes de lard;
-mettez vos popiettes avec une petite cuillerée à pot de consommé, un
-bon verre de vin blanc, un bouquet de persil et ciboules, assaisonné
-d’un clou de girofle, d’une gousse d’ail et d’un peu de basilic; faites
-cuire à-peu-près trois quarts d’heure; passez le fond au travers d’un
-tamis de soie; mettez-y deux cuillerées à dégraisser d’espagnole;
-faites-le réduire, dégraissez-le; égouttez vos popiettes, glacez-les et
-servez.
-
-
-_Escalopes de Veau à la manière anglaise._
-
-Prenez une noix de veau bien blanche et bien tendre; coupez-la par
-filets carrés, d’un pouce et demi en tous sens, et de ces filets faites
-des escalopes, c’est-à-dire, coupez-les de deux lignes d’épaisseur;
-ensuite aplatissez-les légérement sur une table bien propre où vous
-aurez mis un peu d’huile; parez chaque morceau, en lui donnant la
-formé d’un écu, et qu’il en ait à-peu-près l’épaisseur; vous aurez
-fait fondre et clarifier du beurre que vous aurez tiré au clair dans
-une sauteuse, ou, faute de celle-ci, dans un couvercle de marmite bien
-étamé; rangez-y ces escalopes, de manière qu’elles se touchent, sans
-être les unes sur les autres; posez-les sur un feu ordinaire; quand
-elles seront roidies d’un côté, retournez-les de l’autre avec la pointe
-de votre couteau; pour qu’elles roidissent de même, égouttez le beurre;
-mettez une cuillerée à dégraisser de gelée ou de bon consommé; faites
-aller vos escalopes à un feu plus vif: remuez-les en totalité; lorsque
-vous verrez qu’elles tombent à glace, retirez-les; dressez-les en
-cordons autour de votre plat; mettez au milieu un ragoût de godiveau,
-et servez (voyez _Ragoût de Godiveau_, à son article).
-
-
-_Filets mignons de Veau._
-
-Ayez six filets mignons de veau piqués en trois, et décorez les
-trois autres, soit de truffes ou de jambon; marquez-les comme les
-fricandeaux; faites-les cuire de même; glacez-les, et dressez-les sur
-un ragoût de chicorée, d’oseille, ou d’autres ragoûts, à votre volonté.
-
-
-_Quartier du devant du Veau._
-
-Dans ce quartier il y a l’épaule, le carré et les tendons: l’épaule
-se sert à la broche; on s’en sert aussi, étant rôtie, pour faire des
-blanquettes; on peut en tirer des sauces comme du cuissot; mais elle
-a moins de sucs nourriciers. Elle renferme des parties de chair fort
-délicates; elle a aussi, à la partie la plus proche du collet, une noix
-enveloppée de graisse, qui pour sa délicatesse est fort estimée des
-gourmets.
-
-
-_Blanquette de Veau._
-
-Lorsque vous aurez servi une épaule de veau à la broche, et qu’il y
-sera resté assez de chair pour faire une blanquette, levez la chair qui
-reste par morceaux, que vous aplatirez avec la lame de votre couteau;
-parez-les; ôtez-en les peaux rissolées; émincez les filets que vous
-aurez levés; faites réduire du velouté, et jetez-y vos filets sans les
-laisser bouillir; liez votre blanquette avec autant de jaunes d’œufs
-qu’il en faut; mettez-y un filet de verjus ou jus de citron, un petit
-morceau de beurre, un peu de persil et de ciboules hachés, si vous le
-jugez à propos, et servez.
-
-
-_Tendons de Veau à la Poulette ou au Blanc._
-
-Prenez une poitrine de veau; posez-la sur la table, du côté de la
-chair; prenez votre couteau, de manière que vous ayez les ongles en
-dehors; faites remonter votre couteau entre les tendons et les os
-rouges de la poitrine, en les prenant par le bout le plus mince;
-ensuite levez la chair qui couvre les tendons, séparez-les des côtes;
-posez vos tendons sur la table, et coupez-les en forme d’huître,
-en inclinant votre couteau de la droite à la gauche; donnez-leur
-l’épaisseur de trois quarts de pouce; arrondissez-les, mettez-les
-dégorger; faites-les blanchir et rafraîchissez-les; foncez une
-casserole de bardes de lard; mettez dans le fond quelques parures
-de veau; posez dessus vos tendons; joignez-y un bouquet assaisonné,
-quelques tranches de citron, trois ou quatre carottes tournées et
-autant d’oignons; mouillez-les avec du consommé ou du bouillon;
-faites-les partir, et mettez-les mijoter sur la paillasse deux ou
-trois heures; avant de les retirer, sondez-les avec la pointe du
-couteau; si elle entre sans effort, retirez-les du feu, égouttez-les et
-servez-vous-en de toutes les manières.
-
-
-_Tendons de Veau en Queue de Paon._
-
-Otez les os rouges, comme je l’ai indiqué aux tendons ci-dessus;
-retournez votre poitrine, de manière que les côtes se trouvent sur la
-table; mettez un linge blanc sur cette poitrine; aplatissez-la avec le
-plat du couperet: cela fait, coupez-la par morceaux de trois à quatre
-doigts de largeur; arrondissez-en avec votre couteau le gros bout, et
-diminuez-en la partie opposée, de manière à en former un cœur alongé,
-qu’on appelle queue de paon. Détachez la chair du côté des os; rognez
-l’os, de manière que la chair dépasse; faites-les dégorger et blanchir;
-marquez-les comme les tendons ci-dessus, avec cette différence que
-vous n’y mettrez pas de tranches de citron; la cuisson est à-peu-près
-la même: si vous n’aviez point de sauce pour les accommoder, passez
-leur fond au travers d’un tamis de soie; faites-le réduire à glace, et
-glacez-les: mettez dans le reste de votre glace un petit morceau de
-roux (voyez _Roux_, à son article); faites-le fondre, en le délayant
-avec votre glace; mouillez-le avec du consommé ou du bouillon et le
-quart d’un verre de vin blanc; ajoutez-y dix parures de champignons
-ou de truffes; faites bouillir cette sauce, dégraissez-la et tordez-la
-dans une étamine; faites-la réduire de nouveau à consistance de sauce;
-goûtez si elle est d’un bon goût; finissez-la en la passant et la
-vannant avec un petit morceau de beurre, et saucez-en vos tendons: vous
-pouvez la servir avec des petits oignons, des pointes d’asperges, ou un
-ragoût de champignons. (Voyez l’article _Ragoûts_.)
-
-
-_Casserole au Riz._
-
-Prenez deux livres de riz, plus ou moins, selon la grandeur du plat
-que vous devez servir; épluchez-le, lavez-le, faites-le blanchir;
-mettez-le dans une casserole, mouillez-le avec du derrière de la
-marmite; observez qu’on doit peu le mouiller et qu’on doit le faire
-aller très-doucement; remuez-le souvent, et de manière à ne point le
-rompre; faites en sorte qu’il soit bien nourri, c’est-à-dire qu’il soit
-gras; salez-le convenablement; sa cuisson achevée, faites un bouchon de
-mie de pain de la grandeur du fond de votre plat; dressez tout autour
-votre riz comme vous feriez pour un pâté; soudez-le bien sur le plat;
-couvrez votre mie de pain d’une barde de lard; étendez de votre riz sur
-un couvercle que vous aurez beurré pour en couvrir votre casserole;
-faites-le glisser sur votre pain et soudez le premier placé; donnez au
-tout une forme agréable; marquez le couvercle de votre casserole pour
-pouvoir l’enlever facilement; quand il sera cuit, mettez-le dans un
-four très-chaud; donnez-lui une belle couleur lorsque vous serez près
-de servir; levez votre couvercle avec soin; mettez-le sur un couvercle
-de casserole; videz votre casserole au riz, remplissez-la d’un ragoût
-tel que vous jugerez à propos; remettez-lui son couvercle et servez.
-
-
-_Tendons de Veau en Macédoine._
-
-Préparez ces tendons comme ceux énoncés ci-dessus, soit en huître, soit
-en queue de paon; leur cuisson faite, préparez la Macédoine, comme il
-est indiqué à son article.
-
-
-_Tendons de Veau panés et grillés._
-
-Lorsque vos tendons seront cuits, comme il est dit ci-dessus, panez,
-soit à l’anglaise, soit à une panure ordinaire; faites-leur prendre une
-belle couleur, et mettez dessous, soit une sauce poivrade, soit une
-sauce au pauvre homme, ou une italienne.
-
-
-_Tendons de Veau en Mayonnaise._
-
-Lorsque vos tendons seront bien cuits, faites-les refroidir; parez-les
-de nouveau, dressez-les en cordons autour de votre plat; mettez autour
-une bordure de petits oignons que vous aurez fait blanchir et cuire
-dans du bouillon ou du consommé, et de cornichons tournés en petits
-oignons, en les entremêlant; ne les arrangez autour du plat que quand
-vous aurez masqué vos tendons avec votre mayonnaise, et servez. (Voyez
-_Sauce Mayonnaise_.)
-
-
-_Tendons de Veau en Matelote._
-
-Quand vos tendons seront cuits, comme il est énoncé aux articles
-précédens, ayez trente petits oignons tous égaux et bien épluchés;
-mettez-les dans une casserole avec un morceau de beurre et faites-les
-roussir; lorsqu’ils le seront, retirez-les, et dans le beurre restant
-mettez une pincée de farine, faites un petit roux; quand il sera d’une
-belle couleur, mouillez-le avec un demi-verre de vin blanc, et le fond
-dans lequel auront cuits vos tendons; s’il ne suffisait pas, joignez-y
-du bouillon ce qu’il en faut pour le mettre à consistance de sauce;
-de là faites-la bouillir, dégraissez-la et tordez-la dans une étamine
-au-dessus d’une casserole; remettez de suite cette sauce sur le feu
-avec un bouquet de persil et ciboules, dans lequel vous aurez mis un
-clou de girofle, une demi-feuille de laurier et la moitié d’une gousse
-d’ail; ajoutez à cela une trentaine de champignons tournés, du sel et
-du poivre ce qu’il en faut, et un peu d’épices fines; faites réduire
-votre sauce; ôtez-en le bouquet en l’exprimant; finissez-la avec gros
-comme une noix de beurre d’anchois, et servez.
-
-
-_Tendons de Veau à la Ravigote._
-
-Préparez vos tendons comme ceux coupés en huîtres, dont il est parlé
-ci-dessus; leur cuisson faite, mettez-les refroidir et parez-les;
-vous aurez fait un bord de plat avec du beurre que vous décorerez à
-votre fantaisie; dressez vos tendons en cordon sur votre plat, et
-masquez-les avec une ravigote froide (voyez _Ravigote froide_, à son
-article). Si vous serviez vos tendons à la ravigote chaude, vous feriez
-un bord de plat avec des croûtons.
-
-
-_Tendons de Veau à la Marinade._
-
-Faites bien cuire vos tendons; après mettez-les dans une marinade
-(voyez _Marinade_, à son article); faites-leur jeter un bouillon;
-laissez-les refroidir; égouttez-les un demi-quart d’heure; avant de
-vous en servir, trempez-les dans une légère pâte à frire, couchez-les
-dans la friture l’un après l’autre, ayant soin de les égoutter pour
-qu’ils aient une forme agréable; faites-leur prendre une belle couleur;
-retirez-les alors de la friture; égouttez-les sur un linge blanc;
-faites frire une pincée de persil, dressez vos tendons, mettez dessus
-votre persil et servez.
-
-
-_Tendons de Veau à la Villeroy._
-
-Préparez vos tendons comme ils sont indiqués à la poulette; forcez-les
-d’un peu plus de liaison et de citron; laissez-les refroidir;
-garnissez-les bien de leur sauce, panez-les, trempez-les dans une
-omelette; panez-les une seconde fois, faites-les frire; dressez-les,
-mettant dessus ou dessous une pincée de persil frit, et servez.
-
-
-_Côtelettes de Veau._
-
-Ayez un carré de veau bien blanc; coupez-le par côtes de même grosseur;
-ôtez-leur l’os de l’échine; à cet effet, coupez dans la jointure à
-la jonction de la côte avec l’échine; parez le filet de la côtelette;
-ôtez-en les nerfs; et aplatissez légérement avec le plat du couperet,
-après en avoir ôté les peaux, en prenant bien garde d’altérer ce
-filet; arrondissez votre côtelette; supprimez une partie de la chair
-du haut en découvrant le bout de la côte; grattez l’os avec le dos
-de votre couteau, en sorte qu’il n’y reste aucune chair; recoupez le
-bout de l’os, de façon qu’étant cuit, il ne soit pas trop long, et que
-votre côtelette ait de la grâce; vous pourrez vous en servir, soit au
-naturel, soit pour les faire piquer, ou de toute autre manière.
-
-
-_Côtelettes piquées._
-
-Lorsque vous aurez paré vos côtelettes, comme il est dit ci-dessus,
-et que vous aurez conservé la panuffe, liez cette panuffe et l’os de
-la côtelette, afin qu’elle ne se détache point; piquez vos côtelettes
-d’une deuxième, comme je l’ai indiqué à l’article _Noix de Veau_;
-foncez une casserole des parures de vos côtelettes; joignez deux
-oignons, trois ou quatre morceaux de carottes et un bouquet assaisonné,
-tel qu’il est indiqué plusieurs fois; mouillez-les avec du bouillon, du
-consommé ou de l’eau; si vous employez de l’eau, mettez un peu de sel;
-couvrez vos côtelettes d’un rond de papier beurré, et faites-les cuire
-comme il est indiqué à l’article _Grenadins_; vos côtelettes cuites,
-égouttez-les; faites-en réduire le fond à glace et servez-vous-en pour
-les glacer, surtout si vous n’avez point de glace: vous pouvez servir
-ces côtelettes sur de l’oseille, de la chicorée, des concombres, des
-petits pois, une sauce tomate, une purée de champignons, ou avec une
-bonne espagnole réduite, etc.
-
-
-_Côtelettes de Veau à la Chingara._
-
-Prenez six ou sept côtelettes de veau parées, comme je l’ai dit
-ci-dessus, en leur donnant un peu plus d’épaisseur; lardez-les de
-moyens lardons et de jambon entremêlé; marquez-les comme celles
-énoncées plus haut, et faites-les cuire de même; lorsqu’elles seront
-cuites, laissez-les refroidir; parez-les, c’est-à-dire, supprimez les
-bouts de lardons, etc., qui dépassent la chair; passez le fond de vos
-côtelettes, faites-le réduire jusqu’à glace, et remettez vos côtelettes
-pour les glacer; ayez une langue de bœuf fumée ou à l’écarlate,
-coupez-la en lames, de l’épaisseur de trois lignes et de la forme de
-vos côtelettes; faites chauffer ces lames dans du bouillon; glacez-les
-avec le restant de la glace de vos côtelettes; dressez-les sur le
-plat en cordons et en les entremêlant d’une sauce de langue; mettez
-deux cuillerées à dégraisser d’espagnole dans le fond de votre glace;
-faites-la détacher, finissez-la avec un demi-pain de beurre, et servez.
-
-Vous pourrez aussi hacher le reste de la langue à l’écarlate, ainsi
-que les parures, et les mettre dans cette sauce, qu’il ne faut point
-laisser bouillir dans ce dernier cas; mettez-y un peu plus de beurre
-pour la rendre moelleuse; de suite versez-la dans le puits de vos
-côtelettes, et servez.
-
-
-_Côtelettes de Veau sautées._
-
-Prenez sept côtelettes de veau, parez-les comme ci-dessus et
-aplatissez-les davantage; ensuite faites fondre à-peu-près un quarteron
-de beurre dans une sauteuse, trempez dans ce beurre vos côtelettes des
-deux côtés, et rangez-les, de manière qu’elles ne soient point les unes
-sur les autres; faites-les partir sur un feu moyen et retournez-les
-souvent; lorsqu’elles auront atteint les trois quarts de leur cuisson,
-égouttez-en le beurre et mettez dans vos côtelettes gros de glace
-comme deux fois le pouce, une cuillerée à dégraisser de bouillon,
-et menez-les à grand feu; ayez soin de les retourner souvent, de
-les appuyer sur le fond de la sauteuse, afin qu’elles se pénètrent
-bien de la glace; lorsqu’elles seront cuites et qu’elles seront bien
-glacées, dressez-les sur le plat comme les précédentes; remettez un
-peu de consommé dans le fond de votre sauteuse pour en détacher toute
-la glace; quand votre consommé sera réduit, mettez-y un demi-pain de
-beurre et le jus d’un citron; liez le tout sans le laisser bouillir, en
-agitant votre sauteuse; arrosez-en vos côtelettes, et servez.
-
-
-_Côtelettes de Veau au Jambon._
-
-Préparez sept côtelettes comme les précédentes, et faites-les cuire de
-même; lorsque vous les servirez, mettez entre elles des lames de noix
-de jambon, comme l’on met des lames de langue à l’écarlate entre les
-côtelettes à la chingara ou jambon.
-
-
-_Côtelettes de Veau au Naturel._
-
-Prenez, autant qu’il vous en faut, de ces côtelettes; parez et
-aplatissez-les comme celles ci-dessus; saupoudrez-les d’un peu de sel,
-trempez-les dans du beurre fondu et mettez-les sur le gril; ayez soin
-de les retourner; arrosez-les du reste de leur beurre durant leur
-cuisson, pour qu’elles soient d’une belle couleur; vous pourrez vous
-assurer qu’elles sont cuites si, en appuyant le doigt dessus, elles
-sont fermes; alors dressez-les, saucez-les avec un bon jus de bœuf
-réduit ou une sauce au pauvre homme, et servez.
-
-
-_Côtelettes de Veau panées._
-
-Elles se préparent de même que celles énoncées plus haut, sinon
-qu’après les avoir trempées dans le beurre, on les pane et qu’elles
-exigent un feu plus doux.
-
-
-_Côtelettes de Veau en papillotes._
-
-Prenez ce qu’il vous faut de ces côtelettes; faites-les revenir dans le
-beurre, mettez-y persil, champignons et ciboules hachés (un tiers de
-chaque), un peu de lard râpé, avec sel, poivre et épices fines; laissez
-mijoter le tout; quand ces côtelettes seront cuites, retirez-les
-des fines herbes, et mettez dans ces fines herbes une cuillerée ou
-deux à dégraisser d’espagnole ou du velouté, selon la quantité de
-côtelettes que vous avez; laissez réduire votre sauce, en sorte que
-l’humidité en soit évaporée; goûtez si vos fines herbes sont d’un bon
-goût; liez-les avec des jaunes d’œufs, selon la quantité de la sauce;
-laissez-la refroidir ainsi que vos côtelettes; coupez votre papier de
-la forme d’un petit cerf-volant, huilez-le dans l’endroit où votre
-côtelette doit poser; mettez sur le papier des petites bardes de lard
-très-minces; mettez la moitié d’une cuillerée à bouche de fines herbes
-sur le lard; posez dessus votre côtelette, et couvrez-la de fines
-herbes et d’une petite barde; refermez votre papillote, _videlez-la_;
-nouez la pointe du côté de l’os avec une ficelle; huilez vos papillotes
-en dehors; faites-les griller, et prenez garde que le papier ne brûle;
-supprimez la ficelle; faites que vos côtelettes soient d’une belle
-couleur, et servez.
-
-
-_Carré de Veau à la Broche._
-
-Prenez un carré de veau bien gras et bien blanc; ôtez le bout qui se
-trouve dessous l’épaule, afin que votre carré soit entièrement couvert;
-levez-en l’arête de l’échine dans toute sa longueur. Coupez-la avec
-le couperet dans les jointures des côtés, comme je l’ai dit (article
-_Côtelettes_): cela fait, coupez-le de toute sa longueur du côté de la
-poitrine, afin de le mettre bien carré; passez quelques hatelets dans
-le filet, et faites-leur rejoindre les côtes, afin que votre carré se
-soutienne: couchez-le sur fer, en passant un grand hatelet au-dessus du
-filet, pour l’assujettir sur la broche: liez l’hatelet fortement des
-deux bouts; enveloppez votre carré de papier beurré; faites-le cuire
-environ une heure et demie en l’arrosant avec soin; de suite ôtez-en le
-papier et faites-lui prendre une belle couleur; servez-le avec un bon
-jus de bœuf.
-
-
-_Carré de Veau piqué._
-
-Prenez un beau carré de veau; ôtez-en l’os de l’échine, comme il
-est dit précédemment: cela fait, coupez légérement et dans toute sa
-longueur la peau qui couvre le filet, surtout sans l’endommager; de
-même levez-en le nerf ainsi que les peaux qui le couvrent encore, en
-faisant glisser votre couteau entre ce nerf et la chair du filet;
-parez-le bien et battez-le légérement; ensuite piquez-le, comme il est
-dit à l’article du _Ris de Veau_, et marquez-le dans une casserole,
-ainsi que je l’ai énoncé pour la _Noix de Veau_, à son article: sa
-cuisson faite, glacez-le et servez-le sur tel ragoût que vous jugerez à
-propos.
-
-
-_Petites Noix d’Épaule de Veau._
-
-Ayez quinze petites noix d’épaule de veau; faites-les blanchir,
-rafraîchissez-les, parez-les, sans en supprimer la graisse qui les
-entoure; foncez une casserole de deux carottes, de deux oignons,
-quelques débris de veau, un bouquet de persil et ciboules, une
-demi-feuille de laurier et deux clous de girofle; posez ces noix
-sur ce fond, mouillez-les avec un peu de bouillon ou de consommé;
-couvrez-les de bardes de lard et d’un rond de papier; une heure avant
-de servir faites-les partir; mettez-les cuire sur la paillasse avec feu
-dessous et dessus: leur cuisson achevée, égouttez-les sur un couvercle;
-glacez-les et servez-les sur une purée de champignons (voyez _Sauce à
-la purée de Champignons_, à son article) ou sur toute autre purée. Si
-vous n’aviez point de glace, prenez le fond de ces noix et faites-le
-réduire à glace, en sorte qu’elle soit d’une belle couleur dorée.
-
-
-_Noix de Veau à la Gendarme._
-
-Parez une noix de veau comme pour la mettre en bedeau; vous la piquez
-en dedans de lard et de jambon bien assaisonné; lorsqu’elle est piquée,
-vous la mettez dans une terrine ou plat creux; vous coupez deux
-oignons en tranches, persil, ciboules, laurier, ail, thym et basilic,
-et vous l’assaisonnez de sel, de poivre et d’huile, pour qu’elle
-marine bien pendant vingt-quatre heures; ensuite vous l’embrochez
-avec l’assaisonnement: lorsqu’elle est cuite, vous lui faites prendre
-couleur, et la servez avec une sauce poivrade.
-
-
-
-
-MOUTON.
-
-
-_Du Mouton en général._
-
-Le mouton est de tous les quadrupèdes celui dont on fait le plus de
-consommation. Il s’emploie dans toutes les saisons; cependant il est
-meilleur l’hiver que l’été; il est moins sujet à sentir la laine,
-et il est toujours plus gras. Il faut le choisir d’une graisse bien
-blanche et la chair noire. Le mâle est préférable. Lorsqu’on choisit,
-il faut prendre celui dont le nerf de la génération est le plus fin
-et le manche du gigot très-court: de plus il doit avoir le gigot bien
-arrondi. Différentes provinces en fournissent d’excellens. Ceux de
-Sologne, des Ardennes, de la Champagne, des Côtes maritimes, dites
-Prés-Salés, et de Beauvais, sont les meilleurs. Les flamands, qui sont
-beaucoup plus gros, sont moins estimés: les métis et les mérinos le
-sont encore moins; ils ont peu de goût, et pour l’ordinaire sont assez
-coriaces.
-
-
-_Rôt-de-Bif de Mouton à la Broche._
-
-Prenez le derrière d’un mouton; coupez-le à la première ou seconde
-côte; cassez les deux os des cuisses; battez les deux gigots plusieurs
-fois avec le plat du couperet; faites entrer un des deux jarrets dans
-l’autre; rompez les côtes du côté du flanchet; roulez les deux flancs
-et passez un hatelet dans chaque pour donner au rosbif une belle forme;
-dégraissez peu les rognons; enfoncez un petit hatelet dans la moelle
-alongée; couchez votre rosbif sur fer; attachez bien le petit hatelet
-d’un bout et les deux jarrets de l’autre; passez un hatelet dans les
-deux noix des gigots; mettez un autre grand hatelet qui se croise
-sur celui qui est passé entre les deux noix; attachez-le fortement
-pour que le rosbif ne tourne pas; enveloppez-le tout entier de papier
-beurré; faites-le cuire environ une heure et demie ou deux heures, ce
-qui dépend du feu et de la force du mouton: sa cuisson faite, servez-le
-avec du jus dessous ou des haricots à la bretonne. (Voyez _Haricots à
-la Bretonne_, article _Ragoût_.)
-
-
-_Gigot de Mouton à la Broche._
-
-Ayez un gigot de mouton bien mortifié; battez-le; embrochez-le; pour
-cela, passez la broche dans le jarret; traversez-le sans offenser la
-noix; faites-le cuire environ une heure et demie; sa cuisson faite,
-coupez le bout du jarret; enveloppez le bout de l’os d’un peu de
-papier, et servez votre gigot avec du jus ou son propre jus.
-
-
-_Gigot de Mouton à l’Anglaise._
-
-Ayez un bon gigot d’une chair noire et d’une graisse blanche; coupez-en
-le bout du jarret et le nerf du genou; battez-le bien; farinez-le,
-c’est-à-dire, enduisez-en la superficie de farine; enveloppez-le dans
-un linge dont vous nouerez les quatre bouts: ayez une marmite ou une
-braisière pleine d’eau; lorsqu’elle sera bouillante, mettez-y votre
-gigot avec du sel en suffisante quantité et la valeur d’une botte de
-navets, coupés en lames; ayez soin que votre gigot ne cesse de bouillir
-et retournez-le, non avec la pointe d’un couteau, de crainte de le
-piquer et de lui faire perdre son jus: il faut cinq quarts d’heure
-ou une heure et demie pour le faire cuire; durant sa cuisson retirez
-les navets; lorsqu’ils seront cuits, écrasez-les pour les mettre en
-purée; desséchez-les bien sur le feu; mettez-y un morceau de beurre,
-ayant soin de les remuer toujours; assaisonnez-les de sel, poivre et
-d’un peu de muscade râpée; mouillez-les peu à peu avec de la crême ou
-du lait que vous aurez fait réduire comme pour faire de la chicorée au
-blanc; il faut leur donner assez de consistance pour les dresser comme
-en pyramide; arrivés à ce degré, dressez-les de suite, égouttez votre
-gigot, posez-le sur le plat, masquez-le avec une sauce au beurre, sur
-laquelle vous sèmerez des câpres et servez-le: joignez-y et votre plat
-de navets et une saucière ou vous aurez mis une sauce blanche avec des
-câpres.
-
-
-_Gigot Braisé ou à la Braise._
-
-Ayez un bon gigot comme le précédent; ôtez les os, excepté le manche;
-lardez-le de gros lardons assaisonnés de fines épices, de sel, de
-basilic en poudre, de poivre, de persil et ciboules hachés; ficelez-le
-et donnez-lui sa première forme: cela fait, foncez une braisière avec
-quelques parures de viandes de boucherie, cinq ou six oignons et
-autant de carottes; posez dessus votre gigot; mouillez-le avec du bon
-bouillon et un demi-verre d’eau-de-vie; joignez-y deux feuilles de
-laurier, trois clous de girofle, deux gousses d’ail et un peu de thym;
-faites-le partir; couvrez-le d’un papier; faites-le aller doucement
-avec feu dessous et dessus; il faut à-peu-près quatre à cinq heures
-pour qu’il soit cuit: sa cuisson faite, égouttez-le; glacez-le, et
-servez-le sur de la chicorée ou avec son jus, ou tous autres ragoûts
-qu’il vous plaira.
-
-
-_Gigot à la Gasconne._
-
-Ayez un gigot comme ci-dessus; lardez-le d’une douzaine de gousses
-d’ail et d’une douzaine d’anchois en filets; mettez-le à la broche: sa
-cuisson faite, servez-le avec un ragoût d’ail préparé ainsi:
-
-Épluchez de l’ail la valeur d’un litron; faites-le blanchir à plusieurs
-bouillons: quand il sera presque cuit, retirez-le; jetez-le dans de
-l’eau fraîche; égouttez-le; mettez dans une casserole quatre ou cinq
-cuillerées à dégraisser d’espagnole réduite, et deux cuillerées de jus
-de bœuf; jetez-y votre ail; faites-le réduire, et sous votre gigot
-servez-le en place de haricots.
-
-
-_Gigot à l’Eau._
-
-Ayez un gigot comme le précédent; mettez-le dans une braisière remplie
-d’eau bouillante; assaisonnez-le de carottes, oignons, un bouquet de
-persil et ciboules, deux clous de girofle, du laurier, du thym, du
-basilic et deux gousses d’ail; faites-le cuire deux heures: sa cuisson
-faite, égouttez-le, glacez-le, et servez-le avec une sauce espagnole.
-
-
-_Gigot en Chevreuil._
-
-Prenez un gigot mortifié; battez-le bien; levez la première peau;
-piquez-le comme une noix de veau; mettez-le dans un vase de terre,
-avec une poignée de graines de genièvre et une pincée de mélilot;
-versez dessus une forte marinade, dans laquelle vous aurez mis du
-vinaigre rouge en plus grande quantité que dans celle indiquée à
-l’article _Marinade_; laissez mariner votre gigot cinq ou six jours;
-égouttez-le, mettez-le à la broche, et servez-le avec une bonne
-poivrade. (Voyez _Poivrade_, à son article.)
-
-
-_Selle de Mouton à la Broche._
-
-Coupez votre selle de mouton au défaut des hanches, des gigots et à
-la deuxième ou troisième côte; brisez les côtes comme à un rosbif de
-mouton; roulez-en les flancs; traversez-les avec des hatelets, pour
-qu’ils ne se déroulent point; couchez sur fer, comme il est indiqué au
-rosbif; donnez-lui environ une heure et demie de cuisson, et servez-la
-avec un jus clair.
-
-
-_Selle de Mouton parée à l’Anglaise._
-
-Ayez une selle de mouton comme il est énoncé ci-dessus; désossez les
-grandes côtes; roulez les flancs; garnissez-les de quelques parures
-de mouton sans os; retenez-les avec des brochettes de bois au lieu
-d’hatelets; ficelez votre selle; foncez une braisière de quelques
-parures de viandes de boucherie, cinq ou six carottes, autant
-d’oignons, deux ou trois clous de girofle, deux feuilles de laurier,
-deux gousses d’ail, un peu de basilic et de thym; posez sur ce fond
-votre selle; mouillez-la avec du bon bouillon; faites-la partir;
-laissez-la cuire, avec feu dessous et dessus, trois ou quatre heures:
-sa cuisson faite, égouttez-la; mettez-la sur un plat-fond; ôtez-en
-les hatelets ou brochettes de bois; prenez quatre ou cinq jaunes
-d’œufs; faites fondre une demi-livre de beurre délayée avec vos jaunes
-d’œufs; mettez-y un peu de sel en poudre; levez la peau de votre selle
-dans tout son entier; dorez-la avec votre anglaise et panez-la bien
-également; faites fondre de nouveau un peu de beurre; arrosez-en votre
-selle; mettez-la au four; faites-lui prendre une belle couleur et
-dressez-la; pour la dresser, enlevez-la de dessus le plat-fond avec
-deux couvercles de casserole, un de chaque côté; posez-la sur votre
-plat; mettez dessous un jus clair, et servez.
-
-
-_Selle de Mouton à la Sainte-Menéhould._
-
-Prenez et faites cuire cette selle comme celle dite à l’anglaise, après
-en avoir levé les peaux; étendez dessus une Sainte-Menéhould (voyez
-_Sainte-Menéhould_, à son article); ensuite panez-la avec de la mie
-de pain dans laquelle vous aurez mis à-peu-près la huitième partie de
-fromage Parmesan râpé; arrosez votre selle avec du beurre; pour cela
-ayez un pinceau fait d’une queue de poireau ciselée, que vous tremperez
-dans le beurre, et que vous égoutterez sur votre selle; cela fait,
-mettez-la au four; faites-lui prendre une belle couleur, et servez-la
-comme la précédente.
-
-
-_Petites Selles de Mouton ou Carbonnades._
-
-Coupez trois carrés de mouton, depuis la hanche jusqu’aux côtes (ce
-qu’on appelle le filet); de ces trois parties faites-en six morceaux
-égaux; donnez-leur la forme d’un cœur alongé, ce qui se nomme queue
-de paon; parez les filets de trois, c’est-à-dire, ôtez de ces filets
-la panuffe et les nerfs qui les couvrent; piquez-les, et, joints
-avec les autres morceaux, marquez-les comme la selle de mouton dite
-Sainte-Menéhould; faites-les cuire; leur cuisson achevée, égouttez-les
-sur un couvercle; levez la peau des trois non piqués, et celle qui
-reste des trois autres; passez au-dessus une pelle rouge, afin de les
-sécher un peu; glacez-les tous, et servez-les sous un ragoût de petites
-racines, ou sur de la chicorée, de la purée d’oseille, ou une sauce
-tomate, etc.
-
-
-_Rouchis de Mouton._
-
-Prenez un quartier de mouton de devant; commencez par désosser la
-poitrine et les os des côtes, sans altérer les entre-côtes; ce que vous
-exécuterez en glissant la pointe de votre couteau le long des côtes;
-cela fait, levez les côtes du côté de la poitrine, et désossez-les
-jusqu’à l’échine que vous supprimerez, ainsi que le collet, de manière
-qu’il ne reste que les os de l’épaule; passez quelques hatelets dans
-le filet pour lui donner du soutien et la forme convenable; embrochez
-votre rouchis comme une épaule de mouton; emballez-la; donnez-lui trois
-quarts d’heure ou une heure de cuisson, et servez-la sur des haricots à
-la bretonne ou sur un ragoût de céleri. (Voyez _Ragoût de Céleri_, à
-son article.)
-
-
-_Épaule de Mouton en Ballon._
-
-Levez une épaule de mouton large, et sans gâter votre carré;
-désossez-la entièrement; coupez de grands lardons; assaisonnez-les de
-sel, poivre, épices fines, persil et ciboules hachés, et d’aromates
-passés au tamis; roulez bien vos lardons dans cet assaisonnement,
-lardez les chairs de votre épaule sans en percer la peau; cela fait,
-passez avec une aiguille à brider une ficelle tout autour de la peau
-de cette épaule, comme si vous faisiez un bouton d’étoffe; donnez-lui
-la forme ronde d’un ballon; foncez une casserole avec des carottes,
-des oignons, une feuille de laurier, du thym, du basilic, et les os de
-cette épaule que vous aurez cassés; posez-la sur ce fond du côté de
-la ficelle; mouillez-la de bouillon; couvrez-la de quelques bardes de
-lard et d’un rond de papier; faites-la partir; mettez-la cuire deux ou
-trois heures sur la paillasse, avec feu dessous et dessus, ou dessous
-un fourneau; sa cuisson faite, égouttez-la; glacez-la: si vous n’aviez
-pas de glace, passez son fond au tamis; faites-le réduire à glace, et
-servez-vous-en; mettez sous cette épaule, soit une purée d’oseille,
-une chicorée blanche ou au jus, un ragoût de petites racines, ou de
-l’espagnole que vous aurez jetée d’abord dans le fond de votre glace,
-et servez.
-
-
-_Côtelettes de Mouton au Naturel._
-
-Ayez un carré de mouton; coupez vos côtelettes d’égale grosseur, de
-deux côtes en deux côtes, et supprimez-en une, si ce carré est fort;
-coupez vos côtelettes de côte en côte; séparez-les avec le couperet;
-ôtez l’os de l’échine de chaque côtelette; posez votre côtelette
-sur la table, et du côté du filet, levez-en la peau et le nerf qui
-la couvrent; aplatissez légérement votre côtelette avec le plat du
-couperet; parez-la de nouveau; grattez le dedans de la côte avec le dos
-du couteau; coupez le bout de l’os, de la longueur de trois pouces,
-plus ou moins, ce qui dépend de la grosseur du mouton; supprimez les
-chairs de la pointe de l’os, et ratissez-le à-peu-près d’un demi-pouce;
-de là mettez fondre du beurre; trempez-y vos côtelettes et mettez-les
-sur le gril; faites-les cuire, ayant soin de les tourner plusieurs
-fois, pour que le jus ne se perde point, et servez-les avec un jus
-clair.
-
-
-_Côtelettes de Mouton panées._
-
-Préparez-les comme les précédentes; panez-les au beurre; faites-les
-griller avec soin, et servez-les sans jus.
-
-
-_Côtelettes de Mouton à la Minute._
-
-Coupez et parez douze côtelettes comme les précédentes; mettez-les
-dans une sauteuse avec du beurre fondu; posez votre sauteuse sur le
-fourneau; faites cuire vos côtelettes en les retournant souvent; il
-vous sera facile de juger si elles sont cuites, et cela quand elles
-commenceront à être fermes sous le doigt; alors égouttez le beurre qui
-est dans votre sauteuse, et en place, mettez gros comme le pouce de
-glace ou réduction de veau, une cuillerée à dégraisser de bouillon ou
-de consommé; remuez bien vos côtelettes les unes après les autres et
-en les retournant; faites en sorte qu’elles soient bien imprégnées de
-leur réduction; lorsqu’elles seront bien glacées, dressez-les en cordon
-autour de votre plat; versez dans votre sauteuse une seconde cuillerée
-de consommé, pour en détacher parfaitement la glace; mettez gros comme
-une noix d’excellent beurre; liez le tout en agitant cette sauteuse,
-arrosez-en vos côtelettes et servez.
-
-
-_Côtelettes de Mouton à la Jardinière._
-
-Préparez ces côtelettes comme celles dites à la minute; dressez-les
-de même; faites un ragoût de toutes sortes de légumes tournés,
-telles que de petites carottes, de petits navets et de champignons;
-joignez-y des haricots et des petits pois verts; le tout cuit dans du
-consommé (il faut que ces haricots et ces pois soient très-verts);
-mettez dans une casserole trois ou quatre cuillerées à dégraisser
-d’espagnole; jetez-y vos légumes; faites mijoter et réduire votre
-ragoût; dégraissez-le; finissez-le avec un petit morceau de beurre et
-une pincée de sucre en poudre; mettez ce ragoût dans le puits de vos
-côtelettes et dessus un beau morceau de chou-fleur bien blanc.
-
-
-_Côtelettes de Mouton à la Chicorée._
-
-Préparez ces côtelettes de même que celles à la minute; dressez-les de
-même; mettez dans le puits une bonne chicorée réduite, soit au blanc,
-soit au roux.
-
-
-_Côtelettes de Mouton à la Soubise._
-
-Coupez vos côtelettes à deux côtes le moins; parez-les, aplatissez-les
-légérement; lardez-les de moyen lard et de jambon, autant de l’un
-que de l’autre; foncez une casserole des parures de ces côtelettes;
-ajoutez-y trois ou quatre oignons, un couple de carottes, un bouquet
-de persil et de ciboules bien assaisonné; rangez vos côtelettes
-dessus, mouillez-les avec du consommé, de manière qu’elles trempent
-presque entièrement; couvrez-les de bardes de lard, et d’un fort
-papier beurré par-dessus; faites-les partir; couvrez votre casserole;
-mettez-la sur la paillasse avec feu dessous et dessus; lorsqu’elles
-seront cuites, égouttez-les, laissez-les refroidir; parez-les de
-nouveau en égalisant la superficie des chairs et supprimant les lardons
-qui les outre-passent, tant de jambon que de lard; passez le fond
-de votre cuisson au travers d’un tamis de soie; faites-le réduire
-presqu’à consistance de glace; remettez vos côtelettes dans ce fond;
-retournez-les pour les glacer des deux côtés; ensuite dressez-les en
-cordon; versez dans le puits une bonne purée d’oignons au blanc (voyez
-_Purée d’Oignons_, à son article); de plus faites autour de vos
-côtelettes une bordure de petits oignons égaux, que vous aurez fait
-blanchir et cuire dans du consommé; il faut que ces oignons soient
-posés sur votre plat, de manière à ce que vous puissiez planter dans la
-queue une petite branche de persil cru, et servez.
-
-
-_Carrés de Mouton à la Servante._
-
-Prenez deux carrés de mouton; supprimez-en l’échine, parez-en les
-filets; piquez-les comme il est indiqué aux _Carbonnades_ (voyez cet
-article), un de lard et l’autre de persil vert en branche; passez un
-hatelet au travers; posez-les sur la broche et faites-les cuire une
-demi-heure ou trois quarts d’heure, ayant soin de les arroser: leur
-cuisson faite, dressez-les sur le plat, les filets en dehors, et
-servez-les avec un jus clair dessous.
-
-
-_Carré de Mouton en Fricandeau._
-
-Prenez un carré de mouton; parez-le et piquez-le de lard fin, tel que
-celui dit à la servante; foncez une casserole des débris de votre
-carré et de quelques parures de viandes de boucherie; posez votre
-carré dessus, et joignez-y deux carottes, deux oignons et un bouquet
-assaisonné; mouillez-le d’une cuillerée à pot de bouillon; couvrez-le
-d’un papier beurré; faites-le cuire comme les grenadins de veau (voyez
-cet article): sa cuisson faite, égouttez-le, levez la peau qui couvre
-les côtes; glacez le filet ou la totalité du carré; servez-le sur une
-bonne purée d’oseille ou un ragoût de chicorée.
-
-
-_Filets Mignons de Mouton._
-
-Levez les filets mignons de douze carrés de mouton; ce qui vous
-fera douze filets; parez-les, piquez-les, marquez-les tels que les
-carbonnades (voyez cet article): leur cuisson faite, glacez-les et
-dressez-les sur un ragoût de concombres au jus (voyez _Ragoût de
-concombres_, à son article), ou sur tout autre ragoût qu’il vous
-plaira, et servez.
-
-
-_Emincé de Filets de Mouton aux Concombres._
-
-Prenez la noix d’un gigot froid, cuit à la broche; ôtez-en les peaux
-et la graisse, coupez-la par filets d’un pouce et demi carré, émincez
-ces filets et mêlez-les, sans les laisser bouillir, avec un émincé de
-concombres réduit et bouillant (voyez _Ragoût de Concombres_, à son
-article), ou avec de la chicorée (voyez _Ragoût de Chicorée_, à son
-article).
-
-
-_Hachis de Mouton à la Portugaise._
-
-Si vous avez un gigot rôti de desserte, levez-en la noix et la
-sous-noix; supprimez-en les nerfs, la graisse et les peaux; hachez vos
-chairs très-menu; mettez dans une casserole de l’espagnole réduite;
-faites-la réduire de nouveau à demi-glace; mettez-y vos chairs hachées;
-remuez-les sur le feu sans les laisser bouillir; mettez-y un pain de
-beurre et un peu de gros poivre: si votre hachis n’était pas assez
-corsé, mettez-y gros de glace comme le pouce (_Réduction de Veau,
-etc._); dressez-le sur le plat auquel vous aurez fait une bordure;
-arrosez-le légérement avec une espagnole réduite, et posez dessus huit
-ou dix œufs pochés; de là servez.
-
-
-_Haricot de Mouton à la Bourgeoise._
-
-Coupez un carré de mouton par morceaux; mettez dans votre casserole un
-morceau de beurre avec votre mouton, et faites-le revenir sur un feu
-vif: lorsque vos chairs auront pris une couleur dorée, égouttez-les;
-ayant tourné des navets en bâtons ou en bâtonnets, une quantité
-suffisante, passez-les dans la graisse de votre mouton; faites qu’ils
-soient d’une belle couleur et égouttez-les; ensuite faites un roux
-(voyez _Roux_, à son article); repassez votre mouton dans ce roux;
-mouillez-le; mettez-y du sel, du poivre, un bouquet, deux oignons
-dont un piqué d’un clou de girofle, une feuille de laurier, et
-mettez-y vos navets: lorsque votre mouton sera aux trois quarts cuit,
-faites-le mijoter, dégraissez-le; parvenu à son degré de cuisson, si
-la sauce est trop longue, retirez-en une partie, et faites-la réduire
-convenablement: cela fait, dressez votre haricot, masquez-le de vos
-navets, et servez.
-
-
-_Poitrines de Moutons._
-
-Prenez deux poitrines de moutons; parez-les; coupez-en le bout du
-flanchet et l’os rouge de la poitrine; ficelez-les et mettez-les
-cuire dans la grande marmite ou dans une braisière, où vous les
-assaisonnerez, afin que vos poitrines soient d’un bon goût: elles
-seront cuites quand vous pourrez en ôter facilement les os des
-côtes: cela fait, levez-en la première peau; parez-les de nouveau;
-arrondissez-les du côté du flanchet; panez-les en saupoudrant dessus
-de la mie de pain, assaisonnée de sel et de poivre; ensuite faites-les
-griller, et servez-les avec une sauce au pauvre homme. (Voyez _Sauce
-au pauvre Homme_, à son article.)
-
-
-_Collets de Moutons à la Sainte-Menéhould._
-
-Prenez deux collets entiers de moutons; parez les bouts saigneux;
-faites-les blanchir; ficelez-les et marquez-les dans une braise: si
-vous n’en avez pas, foncez une braisière de quelques parures de viandes
-de boucherie, de quelques bardes de lard, trois carottes, autant
-d’oignons, dont un piqué de deux clous de girofle, deux feuilles de
-laurier, du thym, du basilic, deux gousses d’ail, un bouquet de persil
-et ciboules, et du sel en suffisante quantité; mouillez ces collets
-avec du bouillon si vous en avez, sinon avec de l’eau; couvrez-les
-d’un papier; faites-les partir et cuire ensuite sur la paillasse deux
-ou trois heures, avec feu dessous et dessus: leur cuisson faite,
-égouttez-les; posez-les sur un plafond; parez-les; couvrez-les d’une
-bonne Sainte-Menéhould; panez-les avec de la mie de pain, dans laquelle
-vous aurez mis un peu de Parmesan râpé; arrosez-les de nouveau;
-faites-leur prendre couleur dans un four ordinaire ou sous un four de
-campagne; dressez-les sur le plat, et saucez-les avec une italienne
-rousse. (Voyez _Sauce Italienne rousse_, à son article.)
-
-
-_Collets de Moutons grillés._
-
-Prenez trois collets ordinaires de moutons, c’est-à-dire que le mouton
-ait été partagé en deux; ôtez-en les bouts saigneux; faites blanchir
-et cuire ces collets dans la marmite, comme les poitrines de moutons:
-lorsqu’ils seront cuits, panez-les; faites-les griller d’une belle
-couleur, et servez-les avec une sauce au pauvre homme ou une poivrade.
-(Voy. _Sauce au pauvre Homme_, et _Poivrade_, à leurs articles.)
-
-
-_Queues de Moutons glacées à la Chicorée._
-
-Prenez cinq queues de moutons bien grasses; parez-les; mettez-les
-dégorger dans de l’eau tiède; faites-les blanchir et cuire dans une
-braise, comme les collets de moutons (article précédent): leur cuisson
-faite, égouttez-les, essuyez-les et ciselez-les; séchez-les avec
-une pelle que vous aurez fait rougir et que vous tiendrez à quelque
-distance au-dessus de vos queues; ensuite glacez-les et servez-les sur
-de la chicorée, des épinards, une purée d’oseille, ou tout autre ragoût
-qu’il vous plaira.
-
-
-_Queues de Moutons en Hoche-pot._
-
-Ayez six queues de moutons; faites-les blanchir et cuire dans une
-braise avec la valeur d’une demi-livre de petit lard coupé en gros
-dés, auxquels vous aurez laissé la couenne; ayez des légumes tournés,
-tels que navets, carottes, quelques racines de céleri, auxquels vous
-joindrez des petits oignons; faites blanchir ces légumes; séparez-les,
-et faites-les cuire à part avec du consommé ou du bouillon: il faut
-que leur mouillement tombe à glace, et avoir soin que chacun de ces
-légumes soit cuit à son point; mettez dans une casserole une quantité
-suffisante d’espagnole réduite, et jetez-y tous vos légumes, ainsi que
-votre petit lard, que vous aurez retiré de la braisière; dégraissez vos
-légumes; faites réduire à courte sauce; égouttez vos queues; glacez-les
-comme ci-dessus; dressez vos légumes dans le plat; posez vos queues
-dessus: si vous n’avez point de glace, masquez vos queues avec le
-ragoût, et servez.
-
-
-_Queues de Moutons au Soleil._
-
-Ayez six queues de moutons cuites dans une braise; faites une sauce
-aux hatelets (voyez cette sauce, à son article); laissez refroidir
-et vos queues et votre sauce; ensuite garnissez-en vos queues; ayez
-soin de leur conserver leur forme; roulez-les dans de la mie de pain;
-faites une petite omelette assaisonnée de sel: trempez-y vos queues,
-et panez-les; faites-les frire d’une belle couleur; dressez-les sur un
-buisson de persil frit, le gros bout en bas et la pointe en haut; de là
-servez-les.
-
-
-_Terrine de Queues de Moutons._
-
-Braisez six queues de moutons; joignez-y une livre de petit lard
-de poitrine; ayez six ou huit ailerons de dindons; échaudez-les;
-désossez-les à moitié, flambez-les, épluchez-les et poêlez-les (voyez
-_Poêle_, à son article); de suite prenez un cent de marrons, desquels
-vous ôterez la première peau; mettez-les dans une casserole avec
-gros de beurre comme un œuf; sautez-les sur le feu jusqu’à ce qu’ils
-quittent leur seconde peau; supprimez-la; après mettez-les dans une
-casserole avec du consommé pour les faire cuire; lorsqu’ils le seront,
-prenez tous ceux qui seront défectueux, et pelez-les: vos queues de
-moutons étant cuites, passez au tamis de soie une partie du fond de
-leur braise, dont vous vous servirez pour mouiller votre purée de
-marrons, en la passant à l’étamine comme une autre purée: lorsqu’elle
-le sera, faites-la réduire, en y ajoutant une bonne cuillerée
-d’espagnole; dégraissez-la; égouttez vos queues ainsi que vos ailerons;
-dressez-les dans la terrine avec votre petit lard coupé en gros dés,
-ainsi que vos marrons entiers; finissez votre purée avec un pain de
-beurre; goûtez si elle est d’un bon goût, versez-la dans votre terrine,
-et servez.
-
-Vous pouvez employer, selon la saison, une purée de lentilles à la
-reine, de pois, ou toute autre, en place de celle de marrons.
-
-
-_Rognons de Moutons à la Brochette._
-
-Ayez douze rognons de moutons; fendez-les légérement à l’opposé du
-nerf; ôtez-en les pellicules qui les enveloppent; achevez de les fendre
-sans les séparer; passez au travers, de quatre en quatre, une brochette
-de bois, en sorte qu’ils ne puissent se _refermer_; faites-les griller,
-en ayant soin de les retourner à propos: quand ils seront cuits,
-retirez-en ces brochettes et dressez-les sur le plat; mettez dans
-chaque, gros comme la moitié d’une noix, de maître-d’hôtel froide
-(voyez _Maître-d’Hôtel froide_, à son article); faites chauffer votre
-plat; exprimez dessus ces rognons le jus d’un citron, et servez.
-
-
-_Rognons de Moutons au Vin de Champagne ou à l’Italienne._
-
-Prenez quinze rognons; supprimez comme ci-dessus la pellicule;
-émincez-les; mettez dans une casserole gros de beurre comme un œuf avec
-vos rognons; faites-les aller à grand feu: lorsqu’ils seront roidis,
-égouttez-les et mettez-les dans une sauce à l’italienne, dans laquelle
-vous aurez versé un demi-verre de vin de Champagne, et que vous aurez
-fait réduire presque à consistance de glace; achevez de les faire
-cuire, en les remuant dans cette sauce sans les laisser bouillir, et
-servez.
-
-
-_Animelles ou Testicules de Moutons._
-
-Ayez deux paires d’animelles; supprimez-en les peaux; coupez-les en
-filets de la largeur du petit doigt de la main, en ne leur donnant que
-la moitié de l’épaisseur; marinez-les dans du citron, sel, poivre,
-quelques branches de persil et quelques ciboules; égouttez-les quand
-vous voudrez vous en servir; farinez-les; faites-les frire de manière à
-ce qu’elles soient croquantes, et servez-les avec ou sans persil frit.
-
-
-_Amourettes ou Moelle alongée de Mouton._
-
-Procédez, au sujet de ces amourettes, comme pour celles de veau.
-
-
-_Cervelles de Moutons._
-
-Ces cervelles, moins délicates que celles de veaux, s’apprêtent de
-même; et l’on s’en sert au besoin en place de celles de veaux.
-
-
-_Langues de Moutons en Papillotes._
-
-Ayez douze de ces langues; nettoyez-les; faites-les dégorger et ensuite
-blanchir près d’un quart d’heure; rafraîchissez-les; égouttez-les; ôtez
-toutes les peaux qui les enveloppent: cela fait, marquez ces langues
-dans une casserole foncée de bardes de lard, oignons, carottes, un
-bouquet de persil et ciboules, une gousse d’ail et une feuille de
-laurier; mouillez-les avec du bouillon; faites-les partir et cuire
-environ trois heures; laissez-les refroidir dans leur cuisson; ensuite
-retirez-les sur un plat, et faites autant de cornets de papier que
-vous devez employer de langues; hachez plein les deux mains de parures
-de champignons, du persil et des ciboules, à-peu-près la moitié du
-volume de ces champignons; mettez le tout dans une casserole avec une
-demi-livre de beurre, du sel, du poivre, une pincée d’épices fines et
-un quarteron de lard râpé; passez ces fines herbes; faites-les aller
-à petit feu; remuez-les pour qu’elles ne s’attachent point: quand
-elles seront presque cuites, mettez-y deux cuillerées à dégraisser
-d’espagnole ou de velouté; faites mijoter le tout; liez-le avec trois
-jaunes d’œufs, et versez cette sauce sur vos langues; laissez-les
-refroidir; après mettez-en une dans chaque cornet, duquel vous aurez
-soin d’huiler le dehors; remplissez ces cornets de fines herbes;
-fermez-les de manière qu’elles n’en puissent sortir, et mettez-les
-griller sur un feu doux; ayez soin de les retourner, de leur faire
-prendre une belle couleur, et servez.
-
-
-_Langues de Moutons au Gratin._
-
-Prenez et faites cuire dans une braise, comme ci-dessus, des langues
-de moutons; laissez-les refroidir ainsi, pour qu’elles prennent du
-goût; prenez de la farce cuite; garnissez de gratin le fond d’un plat
-(voyez _Gratin_, à son article); ouvrez les langues en deux, sans les
-séparer, afin qu’elles forment chacune un cœur, et posez-les sur ce
-plat garni; couvrez-les de ce gratin ou farce, en leur laissant leur
-forme; garnissez-les de gratin tout autour; unissez-les, passez-les,
-arrosez-les légérement de beurre fondu; ayez des bouchons de pain que
-vous tremperez dans ce beurre, et faites-en une ceinture au bord du
-plat, afin que votre gratin conserve sa forme; mettez-le cuire dans un
-grand four ou sous un four de campagne, avec feu dessous et dessus,
-pour le faire gratiner; ayez soin qu’il ne brûle pas et qu’il prenne
-une belle couleur: au moment de servir, ôtez les bouchons de pain et
-mettez-en d’autres passés dans du beurre et qui soient d’une belle
-couleur; saucez d’une bonne italienne rousse réduite, et servez.
-
-
-_Langues de Moutons à la Bretonne ou en Crépine._
-
-Faites cuire huit langues de moutons, comme celles dites braisées;
-laissez-les refroidir de même dans leur assaisonnement; prenez quinze
-gros oignons, coupez-les en deux, supprimez-en la pointe et le petit
-cœur; coupez-les en rouelles bien égales; après mettez-les dans une
-casserole avec environ un quarteron de beurre; passez-les sur un bon
-feu; lorsqu’ils commenceront à roussir et à cuire, singez-les, faites
-roussir un peu votre farine avec vos oignons; et quand ils seront
-bien jaunes, mouillez-les avec de l’espagnole, du consommé ou du
-bouillon; s’il vous manquait de l’espagnole, singez un peu plus vos
-oignons; assaisonnez-les de sel, de poivre et d’un peu d’épices fines;
-faites-les cuire et réduire jusqu’à consistance d’une forte bouillie
-et laissez-les refroidir; de là, ayez des toilettes ou crépines de
-cochons, mettez-les tremper dans de l’eau; coupez vos langues en
-deux, supprimez-en la pointe; coupez vos crépines par morceaux comme
-vos langues; mettez dessus une cuillerée de bretonne; posez dessus
-chacune de vos langues, recouvrez-la de bretonne, enveloppez-la avec
-sa crépine, en sorte que la bretonne ne puisse s’échapper; donnez à
-ces langues, ainsi préparées, la forme d’une grosse saucisse plate;
-mettez-les sur le gril et sur le feu un quart d’heure avant de servir;
-retournez-les, qu’elles aient une belle couleur, et servez.
-
-
-_Langues de Moutons au Parmesan._
-
-Faites cuire vos langues dans une braise, que vous salerez peu;
-laissez-les refroidir dans cette braise, après fendez-les en deux comme
-celles dites au gratin; mettez dans le fond du plat où vous devez les
-servir de l’espagnole ou du velouté; saupoudrez le dessus de Parmesan
-râpé, à-peu-près l’épaisseur d’un écu; arrangez vos langues sur ce
-Parmesan; arrosez-les de votre espagnole ou velouté; couvrez-les de
-Parmesan, joint à de la mie de pain, à-peu-près la quantité saupoudrée
-sur le fond du plat dont il est parlé plus haut; arrosez-les d’un peu
-de beurre, mettez-les au four ou sous un four de campagne, avec feu
-dessus et dessous; faites-leur prendre une belle couleur, et servez.
-
-
-_Langues de Moutons à la Matelote._
-
-Ayez des langues; préparez-les et braisez-les, comme il est dit aux
-articles précédens; quand elles seront bien cuites, égouttez-les,
-masquez-les d’une sauce matelote, et servez. (Voyez _Sauce Matelote_,
-à son article.)
-
-
-_Pieds de Moutons à la Poulette._
-
-Ayez une ou deux bottes de pieds de moutons, comme ils se vendent
-chez la tripière; prenez-les l’un après l’autre, supprimez-en le
-bout des ergots, fendez le pied jusqu’à la jointure de l’os, ôtez-en
-l’_entre-fourchon_, où il se trouve une petite pelote de laine, appelée
-vulgairement le ver; parez le haut du pied, flambez-le, épluchez-le,
-supprimez-en le gros os; ensuite faites blanchir ces pieds; essuyez-les
-avec un linge blanc; mettez-les dans une braisière; mouillez-les avec
-un blanc (voyez _Blanc_, à son article); laissez-les cuire cinq ou six
-heures; égouttez-les; mettez-les dans une casserole avec une cuiller
-à pot de velouté, et davantage s’il le faut; faites-les mijoter;
-assaisonnez-les de sel, de gros poivre, d’une pincée de persil haché et
-blanchi; à l’instant de les servir liez-les avec trois jaunes d’œufs
-environ; finissez-les avec un filet de verjus, de vinaigre ou d’un jus
-de citron, et servez.
-
-Si vous n’avez pas de velouté, faites un petit roux blanc; délayez-le
-avec du bouillon dans lequel vous mettrez un bouquet de persil et de
-ciboules, deux oignons, deux clous de girofle, une gousse d’ail, une
-feuille de laurier et quelques parures de champignons; faites cuire
-cette sauce en la tournant près de trois quarts d’heure; sa cuisson
-faite, ôtez-en les oignons; posez sur une casserole une étamine,
-versez-y votre sauce et tordez cette étamine; faites cuire et réduire
-cette sauce, jetez-y vos pieds de moutons, et finissez-les comme
-ci-dessus, excepté qu’il faut, en les liant, y mettre un morceau de
-beurre.
-
-
-_Pieds de Moutons à la sauce Robert._
-
-Préparez ces pieds comme ceux dits pieds de moutons à la poulette;
-leur cuisson achevée, mettez-les dans une sauce Robert (voyez _Sauce
-Robert_, à son article); faites-les mijoter; assaisonnez-les,
-finissez-les avec un peu de moutarde; qu’ils soient d’un bon goût, et
-servez.
-
-
-_Pieds de Moutons à la Ravigote._
-
-Préparez ces pieds de moutons, comme ceux énoncés ci-dessus; faites-les
-cuire dans un blanc; sautez-les dans une ravigote froide (voyez
-_Ravigote froide_, à son article); dressez-les et servez.
-
-
-
-
-AGNEAU.
-
-
-L’agneau n’est bon que du 24 décembre au commencement d’avril. Les
-agneaux de lait sont les meilleurs. Pour qu’ils soient excellens,
-il faut qu’ils n’aient pas mangé et qu’ils ne soient nourris que du
-lait de leur mère. Afin de les engraisser, on leur donne plusieurs
-nourrices. Il faut les choisir d’une chair blanche, et les rognons bien
-couverts de graisse. Lorsqu’on en fait l’achat au marché, il faut leur
-pincer le bas de la poitrine pour juger si elle est épaisse; ce qui
-annonce leur bonne qualité. Je fais peu de cas des métis et des mérinos
-pour le service de la cuisine; leur chair est moins succulente; il est
-facile de les reconnaître à leur laine qui est infiniment plus fine et
-plus frisée que celle des agneaux ordinaires.
-
-
-_Têtes d’Agneaux à la Poulette._
-
-Ayez deux têtes d’agneaux; désossez-en les mâchoires et ôtez-les:
-détachez le mufle de sa peau et coupez-le près de l’œil; faites
-dégorger et blanchir ces têtes; flambez-les; frottez-les de citron;
-pour qu’elles soient blanches, mettez-les dans un blanc (voyez
-_Blanc_, à son article); faites-les cuire environ deux heures; prenez
-garde qu’elles ne cuisent pas trop: cette cuisson faite, égouttez-les;
-levez-en les crânes; épluchez les cervelles, ôtez-en les veines qui
-peuvent s’y trouver; dépouillez les langues, fendez-les en deux;
-ciselez les oreilles; dressez ces têtes, saucez-les avec une bonne
-poulette (voyez _Sauce Poulette_, à son article), et servez.
-
-Vous pouvez également les servir avec une hollandaise verte. Faites
-cuire la fressure, après l’avoir fait blanchir dans le blanc avec
-les têtes; lorsqu’elles seront cuites, mettez-les dans votre sauce;
-coupez-les en grosses escalopes; joignez les pieds de l’agneau pour
-garnir vos têtes, ainsi que des champignons, et masquez le tout avec
-une hollandaise verte. (Voyez _Hollandaise verte_, art. _Sauces_.)
-
-
-_Têtes d’Agneaux à l’Italienne._
-
-Apprêtez ces têtes comme les précédentes, et servez-les avec une bonne
-italienne. (Voyez _Sauce à l’Italienne_.)
-
-
-_Oreilles d’Agneaux, farcies et frites._
-
-Ayez une quinzaine de ces oreilles, flambez-les; faites-les blanchir
-et cuire dans un blanc: après égouttez-les; laissez-les refroidir;
-remplissez-en l’intérieur d’une farce cuite (voyez _Farce cuite_, à
-son article); donnez-leur une belle forme; roulez-les dans de la mie de
-pain; trempez-les dans une omelette; panez-les de nouveau; mettez-les
-à fur et à mesure sur un couvercle de casserole. Un demi-quart d’heure
-avant de servir, faites-les frire à friture moyennement chaude,
-pour que la farce ait le temps d’être atteinte, et poussez-les un
-peu vivement pour les finir; qu’elles soient d’une belle couleur;
-égouttez-les sur un linge blanc; dressez-les avec du persil frit,
-dessous ou dessus, et servez.
-
-
-_Oreilles d’Agneaux à la Ravigote._
-
-Prenez la même quantité d’oreilles que ci-dessus; préparez-les de même;
-ayez attention qu’elles soient très-blanches; égouttez-les, et servez
-dessous une ravigote froide ou chaude. (Voyez _Sauce Ravigote_, à son
-article.)
-
-
-_Oreilles d’Agneaux à l’Italienne._
-
-Ayez la même quantité d’oreilles qu’il est dit à l’article précédent;
-préparez-les de même et servez-les avec une italienne. (Voyez _Sauce à
-l’Italienne_, à son article.)
-
-
-_Pieds d’Agneaux à la Poulette._
-
-(Voyez _Pieds de Moutons à la Poulette_.)
-
-
-_Rosbif d’Agneau._
-
-Ayez un bon rosbif d’agneau; faites-le blanchir légérement; levez la
-peau de dessus les filets; faites-en autant sur le milieu des gigots;
-piquez toutes les parties découvertes d’une deuxième; vous aurez soin
-de le retrousser comme il est indiqué à l’article _Rosbif de Mouton_;
-mettez-le sur le fer, c’est-à-dire, embrochez-le; enveloppez-le de
-papier beurré; faites-le cuire; sa cuisson achevée, dressez-le; glacez
-les parties piquées, et servez-le avec un jus clair.
-
-
-_Quartier de devant d’Agneau à la Broche._
-
-Ayez un quartier d’agneau, couvrez-le de bardes de lard, du défaut de
-l’épaule à l’extrémité de la poitrine; passez un grand hatelet entre
-les côtes et l’épaule; attachez-en les deux bouts sur la broche;
-emballez ce quartier de papier beurré; faites-le cuire, et lorsqu’il le
-sera, dressez-le sur le plat; levez légérement l’épaule du côté de la
-poitrine, et mettez, sans qu’on la puisse voir, une maître-d’hôtel crue
-entre cette épaule et les côtes, et servez avec un jus clair.
-
-
-_Épigrammes d’Agneau._
-
-Prenez un quartier d’agneau de devant; levez-en l’épaule de façon que
-la poitrine reste couverte le plus possible; séparez-la des côtes;
-coupez ces côtes, comme il est indiqué à l’article _Côtelettes de
-Mouton_; faites-en cinq ou six dans votre carré, et autant de tendons
-que vous avez de côtelettes; foncez une casserole de bardes de lard;
-mettez-y les parures de vos côtelettes avec une carotte coupée en
-quatre, un oignon, un petit bouquet de persil et ciboules, un clou
-de girofle, une demi-feuille de laurier et un peu de sel. Arrangez
-vos tendons dans cette casserole; couvrez-les d’une barde de lard;
-mouillez-les avec du bouillon ou du consommé; couvrez-les d’un papier
-beurré; faites-les partir sur un bon feu; mettez-les sur une paillasse,
-avec feu dessus et dessous; laissez-les cuire trois quarts d’heure;
-coupez vos côtelettes et parez-les; faites fondre du beurre dans une
-sauteuse, trempez-y vos côtelettes des deux côtés; rangez-les dedans
-et couvrez-les d’un rond de papier; pendant ce temps vous aurez fait
-cuire votre épaule d’agneau, soit à la broche, soit dans une casserole,
-avec un peu de beurre et sans mouillement; sa cuisson finie, laissez-la
-refroidir; levez-en les chairs; ôtez-en les peaux et les nerfs; émincez
-ces chairs; mettez dans une casserole trois cuillerées à dégraisser
-de velouté réduit, une douzaine de champignons émincés, et faites
-sauter vos côtelettes: vous pouvez vous assurer de leur cuisson, en
-appuyant le doigt dessus un peu avant: ayant égoutté, paré et donné à
-vos tendons la forme d’un cœur, et les ayant passés et repassés dans
-deux jaunes d’œufs, délayez dans du beurre fondu et un grain de sel;
-mettez-les sur le gril; faites-les griller; lorsqu’ils seront d’une
-belle couleur, finissez de glacer vos côtelettes et dressez-les en
-couronne, en les entremêlant d’un tendon alternativement: de suite
-mettez votre émincée dans la sauce que vous avez préparée; liez alors
-cette blanquette sans la laisser bouillir; finissez-la avec gros de
-beurre comme une petite noix et un jus de citron; mettez-la dans le
-puits de vos côtelettes et tendons; dressez, comme il est dit, en
-couronne, et servez.
-
-Si vous n’aviez pas de sauce pour faire votre blanquette, faites cuire
-vos tendons un peu d’avance; prenez une douzaine de champignons;
-passez-les dans le beurre; singez-les d’une petite pincée de farine;
-mouillez-les avec le fond de vos tendons, que vous aurez passés au
-travers d’un tamis de soie ou d’une serviette; faites-le réduire à
-consistance de sauce; dégraissez cette sauce, tordez-la dans une
-casserole à travers une étamine; mettez-y votre émincée, et finissez
-votre blanquette comme ci-dessus.
-
-
-_Tendons d’Agneau aux pointes d’Asperges._
-
-Prenez deux poitrines d’agneaux; marquez-les dans une casserole,
-avec des parures de veau, comme ceux de l’épigramme; faites-les
-cuire de même; leur cuisson faite, égouttez-les; mettez-les entre
-deux couvercles; laissez-les-y refroidir; coupez-les en cœur; passez
-le fond, dans lequel ils ont cuit, au travers d’un tamis de soie;
-faites-le réduire, dans une sauteuse, à moitié de la consistance de
-glace; rangez vos tendons, laissez-les mijoter et s’y glacer; ayez
-une botte d’asperges, _dites_ aux petits pois, et n’en employez
-que le tendre; lavez-les; faites-les blanchir à l’eau bouillante,
-où vous aurez mis une pincée de sel; écumez-les, blanchissez-les,
-rafraîchissez-les, jetez-les dans un tamis; mettez dans une casserole
-cinq à six cuillerées d’espagnole; faites réduire votre sauce,
-dégraissez-la, mettez-y vos asperges, faites-la achever de cuire et
-réduire: dressez en couronne vos tendons sur le plat; remettez une
-partie de votre ragoût d’asperges dans votre sauteuse, pour en détacher
-la glace; mêlez le tout, finissez-le avec un pain de beurre; versez-le
-dans votre puits, et servez.
-
-
-_Tendons d’Agneau à la Villeroi._
-
-Ayez deux poitrines d’agneaux; faites-les cuire comme celles ci-dessus;
-mettez-les entre deux couvercles pour les aplatir; lorsqu’elles seront
-froides, coupez-les comme pour l’épigramme (voyez cet article);
-faites une sauce à la poulette bien réduite; liez-la davantage qu’une
-poulette ordinaire; versez-la sur vos tendons, laissez-la refroidir;
-garnissez-les bien de cette sauce, panez-les; donnez-leur une belle
-forme; trempez-les dans une omelette; panez-les une seconde fois;
-faites-les frire, et servez.
-
-
-_Côtelettes d’Agneau au Naturel._
-
-(Voyez l’article _Côtelettes de Mouton au Naturel_.)
-
-
-_Côtelettes d’Agneau panées._
-
-Ayez des carrés d’agneau; coupez vos côtelettes et parez-les; faites
-fondre dans une sauteuse un peu de beurre; arrangez dedans vos
-côtelettes; saupoudrez-les d’un peu de sel; faites-les revenir sans
-roussir le beurre; égouttez-les; laissez refroidir un peu votre
-beurre; lorsqu’il le sera, incorporez deux jaunes d’œufs; trempez vos
-côtelettes des deux côtés dans cette anglaise; panez-les, posez-les sur
-le gril, mettez-les sur un feu très-doux; faites-leur prendre une belle
-couleur des deux côtés; servez-les à sec, ou, si vous voulez, avec un
-jus clair, dans lequel vous exprimerez le jus d’un citron; ajoutez-y,
-si vous le jugez à propos, une pincée de mignonnette, et servez.
-
-
-_Côtelettes d’Agneau à la Minute._
-
-Ces côtelettes se préparent comme celles de mouton _dites_ à la Minute.
-(Voyez l’article _Côtelettes de Mouton à la Minute_.)
-
-
-_Épaule d’Agneau en Musette._
-
-Levez deux épaules d’agneau, les plus larges qu’il vous sera possible;
-supprimez-en tous les os et la moitié du manche; étendez bien toutes
-vos chairs également; assaisonnez-en l’intérieur d’un peu de sel et
-d’épices fines; remplissez cet intérieur de vos épaules d’un bon
-salpicon (voyez _Salpicon_, à son article); passez de la ficelle
-tout autour avec une aiguille à brider, comme un tailleur forme un
-bouton, afin que votre salpicon, ainsi enfermé, ne puisse s’échapper;
-cela fait, piquez le dessus de ces épaules de petit lard en forme de
-rosette, ou mettez dessus une légère couche de farce cuite (voyez
-_Farce Cuite_, à son article); décorez-les, comme il vous conviendra,
-avec des truffes ou des cornichons, que vous appliquerez sur la farce;
-ensuite foncez une casserole avec les os, quelques parures de viande
-de boucherie, quelques lames de jambon, carottes, oignons et un
-bouquet de persil et ciboules assaisonné; mouillez votre braise avec
-du bouillon ou du consommé; couvrez ces épaules de bardes de lard et
-d’un rond de papier beurré; faites partir votre braisière, posez-la
-sur une paillasse avec feu dessus et dessous; faites cuire une heure
-et demie: la cuisson achevée, égouttez vos épaules, glacez-en ce qui
-est piqué; si elles ne le sont pas, glacez les chairs autour de leur
-décor; dressez-les et servez dessous une italienne réduite ou une bonne
-espagnole.
-
-
-
-
-COCHON.
-
-
-Le cochon est de tous les animaux celui qui est le plus employé dans
-la cuisine; car presque dans tous les mets, soit entrée ou rôti, on
-se sert de lard et de jambon; les autres parties de cet animal sont
-moins recherchées; cependant la hure est un mets fort distingué, quand
-elle est apprêtée par un homme qui connaît bien son état; les pieds se
-servent aussi à la Sainte-Menéhould, ou farcis de truffes; les oreilles
-se servent en menu-de-roi, et les poitrines s’emploient dans bien des
-ragoûts; il faut choisir le porc jeune et gras; mais bien prendre garde
-qu’il ne soit ladre; sa chair est fort malsaine et très-indigeste
-lorsqu’il a cette maladie; elle est facile à connaître, même dans le
-lard et dans les chairs, par de petites glandes blanches et roses.
-
-Dans cet animal il n’y a presque rien à jeter: de son sang on en fait
-du boudin, de ses intestins des andouilles, des débris de ses chairs
-des saucisses, et, lorsque le tout est bien préparé, on peut en faire
-d’excellens mets.
-
-
-_Hure de Cochon._
-
-Coupez votre hure jusqu’à la moitié des épaules, c’est-à-dire plus
-longue qu’on ne la coupe ordinairement; flambez-la, de manière à ce
-qu’il n’y reste aucune soie; nettoyez le dedans des oreilles en y
-introduisant un fer presque rouge, pour en brûler les poils qui s’y
-trouvent; cela fait, lavez bien cette hure; épluchez-la de nouveau;
-ratissez-la et désossez-la; prenez garde de n’y faire aucun trou,
-surtout à la couenne de dessus le nez; la chair qui provient des
-parties charnues, telle que celle des épaules, étendez-la dans les
-parties de votre hure où il n’y en a pas, afin que les chairs soient
-égales partout; ensuite mettez-la dans un grand vase de terre; faites
-une eau de sel; laissez-la refroidir, tirez-la à clair et versez-la
-dans votre vase sur la hure, afin qu’elle trempe entièrement; mettez-y
-une poignée de graine de genièvre, quatre feuilles de laurier, cinq ou
-six clous de girofle, deux ou trois gousses d’ail (coupées en deux),
-une demi-once de salpêtre en poudre, du thym, du basilic et de la
-sauge; couvrez votre terrine d’un linge blanc, et mettez dessus un
-autre vase qui la couvre le plus possible; laissez-la se mariner huit
-ou dix jours; ensuite égouttez-la; faites une farce pour en garnir
-votre hure. A cet effet, prenez de la chair de porc; ôtez-en la peau
-et les nerfs; mettez à-peu-près la même quantité de lard, assaisonné
-de sel fin et de fines épices; hachez le tout très-menu, en sorte
-qu’on ne puisse distinguer le lard d’avec la chair; mettez votre farce
-dans un mortier; pilez-la bien; incorporez, l’un après l’autre, cinq
-ou six œufs entiers; faites l’essai de cette farce, et remédiez à ce
-qui pourrait y manquer. Votre farce achevée, étendez votre hure sur
-une nappe blanche; ôtez tous les ingrédiens qui ont servi à lui donner
-du goût. Vous aurez coupé du lard en grands lardons que vous aurez
-assaisonnés avec sel, poivre, quatre épices, des aromates pilés, persil
-et ciboules hachés, et que vous aurez incorporés le mieux possible avec
-vos lardons; arrangez de nouveau vos chairs dans la peau de la hure;
-garnissez-la de ces lardons, posés en long de distance en distance,
-bien entremêlés avec la chair et la farce, de l’épaisseur d’un pouce;
-mettez-y la langue que vous aurez échaudée et épluchée; faites un autre
-lit de lardons, et entre ces lardons placez des truffes épluchées et
-coupées en long, entremêlées de pistaches que vous aurez émondées;
-faites ainsi plusieurs lits, jusqu’à l’emploi entier de votre farce,
-de vos truffes, de votre lard et des pistaches. Votre hure remplie,
-cousez-la avec une aiguille à brider; ménagez-lui bien sa première
-forme; enveloppez-la dans une étamine neuve, et cousez-la; attachez
-les deux bouts avec de la ficelle; foncez une braisière avec des
-parures de boucherie, surtout de veau, des oignons, des carottes,
-trois feuilles de laurier, deux bouquets de persil et ciboules,
-quelques clous de girofle, de l’ail et trois bouteilles de vin rouge
-de Bourgogne; achevez de la mouiller avec du bon bouillon: il faut
-qu’elle trempe dans son assaisonnement: faites-la partir; couvrez-la
-avec plusieurs feuilles de fort papier beurré; couvrez la braisière de
-son couvercle; mettez-la sur une paillasse, avec feu dessus et dessous;
-faites-la cuire cinq à six heures; cela dépendra de la grosseur de
-la pièce et de la jeunesse de l’animal dont elle provient: pour vous
-assurer si elle est cuite, sondez-la avec une lardoire; si elle entre
-facilement, retirez votre braisière du feu; laissez votre hure dedans,
-et ne la retirez de son assaisonnement que quand elle sera presque
-tiède; laissez-la refroidir dans son étamine; après déballez-la,
-retirez la graisse qui pourrait se trouver dessus; ôtez les ficelles,
-parez-la du côté du chignon, dressez-la sur une serviette, et servez.
-
-
-_Hure de Cochon à la manière de Troyes._
-
-Appropriez et désossez une hure de cochon, comme il est indiqué à
-l’article précédent, et exécutez de point en point pour celle-ci tout
-ce qui est dit pour la première: la seule différence qu’il y ait, c’est
-qu’au lieu de farce, vous devez la remplir de chair de porc, après en
-avoir ôté les nerfs; vous pouvez également y mettre des truffes et des
-pistaches: quant à la cuisson, elle est la même.
-
-
-_Jambon au Naturel._
-
-Ayez un bon jambon (ceux de Westphalie sont les meilleurs, et
-généralement plus estimés que ceux de Baïonne); parez-le, c’est-à-dire,
-levez le dessus des chairs, et, sur les bords du lard, ce qui pourrait
-être jaune; ôtez l’os du quasi; coupez le bout du jarret, et mettez
-votre jambon tremper, après l’avoir goûté, en enfonçant une lardoire
-dans la noix, ce qui vous décidera à le laisser se dessaler plus ou
-moins de temps: cela fait, mettez-le dans un linge; nouez-en les quatre
-bouts; arrangez-le dans une marmite ou une braisière proportionnée
-à sa grosseur; mouillez-le avec de l’eau; mettez-y quatre ou cinq
-carottes, autant d’oignons, quatre clous de girofle, trois ou quatre
-feuilles de laurier, deux ou trois gousses d’ail et un ou deux bouquets
-de persil, thym et basilic; faites-le partir et cuire ensuite à petit
-feu, quatre ou cinq heures; lorsque vous soupçonnerez qu’il est cuit,
-sondez-le avec la lardoire: si elle s’enfonce facilement, c’est que sa
-cuisson est faite; retirez-le; dénouez et renouez le linge pour serrer
-davantage: votre jambon à moitié refroidi, levez-en la couenne près du
-combien; parez-le et panez-le avec de la chapelure passée au travers
-d’un tamis; mettez une serviette sur un plat, et dressez-le dessus.
-
-
-_Jambon Braisé._
-
-Ayez un jambon; parez-le en dessous; coupez-en le manche, et supprimez
-le bord du lard qui pourrait être jaune; désossez l’os du quasi sans
-gâter votre jambon; faites-le dessaler à propos; mettez-le dans un
-linge; liez-le des quatre bouts, et posez-le dans une braisière juste
-à sa grandeur, après l’avoir foncée de viande de boucherie, bœuf et
-veau, avec oignons, carottes, un bouquet de persil et de ciboules,
-deux ou trois clous de girofle, trois feuilles de laurier, thym et
-basilic; mouillez-le avec de l’eau, faites-le partir, et à moitié de sa
-cuisson ajoutez une bouteille de vin de Madère; faute de ce vin, mettez
-un demi-setier d’eau-de-vie et une bouteille de vin de Champagne:
-alors vous ne couvrirez pas votre braisière, afin qu’en cuisant
-l’assaisonnement de votre jambon se réduise; sondez-le, pour juger s’il
-est cuit, ainsi qu’il est indiqué ci-dessus; égouttez-le; posez-le sur
-un couvercle; levez-en la couenne; glacez-le avec une réduction de
-veau: si vous n’en aviez pas, saupoudrez-le avec un peu de sucre fin,
-et glacez-le au four ou avec une pelle rouge; faites qu’il ait une
-belle couleur; servez-le sur des épinards ou dessus tels légumes que
-vous jugerez convenable.
-
-
-_Jambon à la Broche._
-
-Parez le dessus de votre jambon; arrondissez-le en le coupant tout
-autour, donnez-lui une belle forme; mettez-le dessaler, si vous croyez
-que cela soit nécessaire, ce dont vous pouvez vous assurer en le
-sondant; mettez-le dans un vase de terre avec des tranches d’oignons
-et de carottes, et deux ou trois feuilles de laurier cassées; versez
-dessus une bouteille et demie de vin de Malaga ou de tout autre vin
-d’Espagne, à défaut duquel vous emploierez du vin de Champagne:
-couvrez-le d’un linge blanc, et fermez-le le plus hermétiquement que
-possible; laissez-le mariner pendant vingt-quatre heures dans cet
-assaisonnement; embrochez-le; faites-le cuire à point; servez-vous
-de sa marinade pour l’arroser: sa cuisson presque faite, levez-en
-la couenne; dorez-le avec une anglaise (voyez _Anglaise_, à son
-article); panez-le; faites-lui prendre une belle couleur: en retirant
-votre jambon pour en enlever la couenne, retirez aussi votre marinade,
-passez-la au tamis de soie, faites-la réduire à consistance de sauce,
-et servez-la sous votre jambon.
-
-
-_Échinée de Cochon._
-
-Prenez une échinée de cochon; parez-la comme vous feriez d’un carré de
-veau; ôtez-en l’arête jusqu’au joint des côtes, et deux heures avant de
-la mettre à la broche, saupoudrez-la d’un peu de sel dessus et dessous;
-faites-la bien cuire, et servez dessous une sauce poivrade. (Voyez
-cette sauce, à son article.)
-
-
-_Côtelettes de Cochon, sauce Robert._
-
-Coupez vos côtelettes de porc frais, comme celles de veau;
-aplatissez-les; parez-les, saupoudrez-les d’un peu de sel des deux
-côtés; faites-les griller, et surtout qu’elles soient bien cuites.
-Vous les servirez avec une sauce Robert. (Voyez _Sauce Robert_, à son
-article.)
-
-
-_Oreilles de Cochons en Menu-de-Roi._
-
-Ayez trois oreilles de cochons; flambez-les; nettoyez-en le dedans, en
-y introduisant un fer presque rouge; ratissez-les bien; lavez-les à
-plusieurs eaux; faites-les blanchir et cuire ensuite dans une braisière
-(voyez _Poêle_, à son article); lorsqu’elles seront cuites, laissez-les
-refroidir; coupez-les par filets bien égaux; coupez aussi six gros
-oignons en deux; parez-en la tête et la queue; ôtez le petit cœur de
-ces oignons; coupez-les en filets ou en demi-anneaux; mettez-les dans
-une casserole avec un morceau de beurre; passez-les; faites-les cuire;
-qu’ils soient bien blancs; mouillez-les de deux ou trois cuillerées à
-dégraisser d’espagnole, d’une cuillerée de jus de bœuf ou de blond de
-veau; laissez mijoter vos oignons; dégraissez votre sauce à l’instant
-de servir; jetez-y votre menu-de-roi, ou les filets de ces oreilles;
-mettez-y du sel, s’il en faut, un peu de moutarde, un filet de
-vinaigre, et servez.
-
-
-_Oreilles de Cochons à la Purée._
-
-Préparez quatre ou cinq oreilles de cochons, comme il est indiqué
-ci-dessus; faites-les cuire dans une braise; prenez du bouillon;
-assaisonnez-les de carottes, oignons, d’un bouquet de persil et
-ciboules, thym, laurier et basilic: leur cuisson faite, égouttez-les;
-dressez-les et masquez-les avec une purée de pois, de lentilles, ou
-toute autre purée. (Voyez _Purée de Pois verts_, à son article.)
-
-
-_Queues de Cochons à la Purée._
-
-Procédez, à l’égard de ces queues, comme il est dit à l’article
-précédent pour les oreilles.
-
-
-_Pieds de Cochon à la Sainte-Menéhould._
-
-Préparez quatre pieds de cochon; flambez-les, de crainte qu’il ne
-s’y trouve des soies; ratissez-les; lavez-les dans l’eau chaude;
-faites qu’ils soient bien propres; fendez-les en deux; rapprochez
-les morceaux l’un contre l’autre; entortillez-les de rubans de fil,
-appelés _rubans à tablier_, comme si un perruquier faisait une queue;
-cousez les deux bouts du ruban, afin que les morceaux réunis ne se
-détachent pas; faites-les cuire dans une braise, et, faute de braise,
-dans du bouillon, comme les queues à la purée: leur cuisson faite,
-égouttez-les; laissez-les refroidir; ôtez-en les rubans; séparez ces
-morceaux, trempez-les dans du beurre légérement fondu, panez-les,
-faites-les griller, et servez-les à sec.
-
-
-_Pieds de Cochon aux Truffes._
-
-Vous procéderez pour ceux-ci, comme il est indiqué ci-dessus: à moitié
-froids, vous en ôterez les rubans; vous poserez chacun de ces pieds
-sur un morceau de crépine assez grand pour pouvoir l’envelopper; vous
-ôterez tous les os, et vous les remplacerez par un salpicon fait de
-truffes et de blanc de volailles (voyez _Salpicon de Volailles_, à son
-article): enveloppez ces pieds de la crépine énoncée; donnez-leur à
-chacun la forme d’un pied à la Sainte-Menéhould; faites-les griller de
-longue-main sur un feu doux, et servez-les.
-
-
-_Manière de faire ou de préparer le Lard._
-
-Levez le lard de votre cochon, en y laissant le moins de chair
-possible; frottez-le de sel fin, séché, pilé et passé au tamis; mettez
-lard contre lard et l’un sur l’autre; posez-le sur une planche dans une
-cave fraîche, sans être trop humide; remettez du sel tout autour de vos
-pièces, et posez une autre planche dessus; chargez cette planche d’un
-poids assez fort: laissez ce lard se faire un mois et davantage; cela
-fait, accrochez-le et laissez-le sécher dans un lieu aéré, sans être
-humide; qu’il soit ferme et sec, afin de pouvoir vous en servir pour
-piquer.
-
-
-_Petit Salé._
-
-Prenez des poitrines de cochon; coupez-les par morceaux; frottez-les de
-sel fin, comme les pièces de lard: vous y ajouterez un peu de salpêtre;
-vous les arrangerez au fur et à mesure les unes sur les autres dans un
-pot; ayez soin de les bien fouler, pour éviter qu’elles ne prennent le
-goût d’évent: pour obvier à cet inconvénient, bouchez les vides que
-pourra laisser le sel; recouvrez le vase d’un linge blanc, et fermez-le
-le plus hermétiquement possible: au bout de huit ou dix jours vous
-pouvez vous en servir, soit pour mettre aux choux ou à la purée, soit
-pour tout ce dont vous aurez besoin.
-
-
-_Sain-Doux._
-
-Quand vous voudrez faire du sain-doux, ayez de la panne bien blanche;
-la plus épaisse est celle que vous devez préférer; supprimez-en les
-peaux; battez-la bien avec un morceau de bois, mettez-la dans une
-marmite ou une casserole, avec un peu d’eau; faites-la aller à petit
-feu et bouillir long-temps pour qu’elle soit bien cuite et que le
-sain-doux se conserve: vous serez assuré qu’elle est bien cuite,
-lorsque les cortons se briseront facilement; laissez-la refroidir;
-lorsqu’elle ne sera plus que tiède, passez-la au travers d’un tamis,
-et, si vous voulez la conserver, mettez-la dans un endroit frais.
-
-
-_Manière de faire le Jambon._
-
-Selon la quantité de jambon que vous voulez avoir, faites une saumure
-plus ou moins considérable; mettez dans le vaisseau où vous voulez
-mariner vos jambons, toutes sortes d’herbes odoriférantes, comme
-sauge, basilic, thym, laurier, baume et grains de genièvre, du sel en
-suffisante quantité, et un peu de salpêtre; ajoutez à ces ingrédiens
-de la lie de vin, la meilleure possible; mettez autant d’eau que de
-lie, et laissez le tout infuser plusieurs jours; passez au clair votre
-saumure; exprimez bien les herbes; jetez un peu d’eau sur votre marc,
-afin de finir de fondre votre sel; exprimez vos herbes une seconde
-fois; arrangez vos jambons dans votre vase, ainsi que les épaules;
-versez dessus votre saumure; laissez-les ainsi pendant trois semaines
-ou un mois; ensuite retirez-les, égouttez-les, mettez-les fumer;
-lorsqu’ils seront bien secs et bien fumés, vous les conserverez en les
-frottant avec moitié vin et moitié vinaigre; vous les laisserez sécher,
-afin que les mouches ne les gâtent pas, et vous vous en servirez au
-besoin.
-
-
-_Langues de Porcs fumées et fourrées._
-
-Prenez des langues de porcs; ôtez-en une partie du cornet, échaudez-les
-pour leur ôter la première peau; mettez-les dans un vase, serrez-les
-bien l’une contre l’autre, en les salant avec sel et un peu de
-salpêtre; joignez-y du basilic, du laurier, du thym, du genièvre, et,
-si vous le voulez, quelques échalotes; posez dessus quelque chose de
-lourd pour les presser l’une contre l’autre; couvrez le pot comme il
-est indiqué au petit lard; mettez-le de même dans un endroit frais
-pendant huit jours: au bout de ce temps retirez-les de la saumure;
-faites-les égoutter; emballez-les dans des boyaux de cochon, de bœuf ou
-de veau; nouez-en les deux bouts, faites-les fumer, et, lorsque vous
-voudrez vous en servir, vous les mettrez cuire dans de l’eau avec un
-peu de vin, un bouquet de persil et ciboules, quelques oignons, thym,
-laurier et basilic; laissez-les refroidir, et servez-les.
-
-
-_Cochon de Lait._
-
-En choisissant un cochon de lait, vous devez vous attacher à le prendre
-court, gras et jeune, c’est-à-dire qu’il n’ait pris pour nourriture que
-le lait de sa mère, et alors il doit être bon; préférez les tonquins
-aux autres espèces, ils sont beaucoup plus délicats; lorsque vous
-voudrez le tuer, prenez-lui le corps entre vos genoux, en lui serrant
-le groin dans la main gauche, et vous lui enfoncerez le couteau au bas
-de la gorge, ce qu’on appelle le petit cœur: il est nécessaire que le
-couteau soit étroit de lame et fort pointu; dirigez-le bien droit,
-afin d’atteindre le cœur de l’animal: prenez garde de l’épauler, car
-alors il serait difficile à échauder, et, comme il saignerait peu,
-les chairs en seraient noires et moins délicates: vous aurez fait
-chauffer une chaudronnée d’eau un peu plus que tiède, vous aurez eu
-la précaution d’avoir un peu de poix-résine. Avant de tremper votre
-cochon dans l’eau, ayez soin de lui casser les défenses, de crainte
-qu’elles ne vous blessent en l’échaudant; trempez-lui la tête dans
-cette eau; si le poil des oreilles commence à quitter, retirez votre
-eau du feu et trempez en entier votre cochon; mettez-le sur la table,
-et la résine près de vous; posez votre main à plat sur cette résine
-(ce qui vous donnera l’aisance de bien approprier votre cochon);
-frottez-le, trempez-le plusieurs fois dans l’eau, et frottez-le enfin
-jusqu’à ce qu’il n’y reste aucun poil; déchaussez-le, c’est-à-dire,
-ôtez-lui les sabots; videz-le et prenez garde de faire l’ouverture
-trop grande; ôtez-lui tout ce qu’il a dans le corps, hors les rognons;
-passez votre doigt entre le quasi, pour lui faire sortir le gros
-intestin, supprimez-le; ciselez-lui le chignon du cou; faites-lui
-quatre incisions sur la croupe, pour lui retrousser la queue entre la
-peau et les chairs; passez-lui trois brochettes, une dans les cuisses,
-pour lui assujettir les pieds de derrière, comme ceux d’un lapin au
-gîte; une autre à travers la poitrine pour lui trousser les pieds de
-devant, et une autre près des rognons pour l’empêcher de faire le
-dos de chameau: cela fait, mettez-le dégorger dans de l’eau fraîche;
-égouttez-le, laissez-le se ressuyer et mettez-le à la broche; s’il lui
-restait quelques poils, flambez-le avec un bouchon de papier; lorsqu’il
-aura fait trois ou quatre tours de broche, frottez-le d’huile avec un
-pinceau de plumes, pour que la peau soit plus croquante; faites cette
-opération plusieurs fois pendant le temps de la cuisson; quand il sera
-cuit, débrochez-le; faites-lui une incision autour du cou, afin que la
-peau reste croquante, et servez-le.
-
-
-_Cochon de Lait à l’Anglaise._
-
-Vous procéderez en tout pour celui-ci comme pour le précédent, avec
-cette différence que vous le remplirez de la farce ci-après indiquée.
-
-Prenez le foie du cochon, ôtez-en l’amer, hachez-le, pilez-le; ajoutez
-autant de mie de pain desséchée dans la crême, ou du bouillon, que vous
-avez de foie, et autant de beurre et de tetine que vous avez de mie;
-pilez le tout ensemble avec un peu de fines herbes passées dans du
-beurre, sel, poivre, fines épices en suffisante quantité, et une pincée
-de petite sauge bien hachée; ajoutez-y deux œufs entiers et trois
-jaunes; mêlez bien le tout; remplissez-en le corps de votre cochon;
-mettez-le à la broche; arrosez-le d’huile, comme pour l’autre. Il est
-inutile de faire observer qu’il faut plus de cuisson, puisqu’il y a une
-farce de plus qu’au précédent; retirez-le, et servez-le avec une sauce
-poivrade dessous. (Voyez l’article _Sauce Poivrade_.)
-
-
-_Cochon de Lait en Galantine._
-
-Echaudez votre cochon, comme il est indiqué à l’article _Cochon
-de Lait rôti_; faites-le dégorger; égouttez-le, désossez-le, à la
-réserve des quatre pieds; prenez garde de faire aucun trou à sa peau;
-faites une farce cuite, de volaille ou de veau (voyez l’article
-_Farce cuite_); étendez la peau de votre cochon sur un linge blanc;
-mettez-y de cette farce l’épaisseur d’un doigt; garnissez-la de grands
-lardons de lard, et entre ces lardons placez des filets de truffes
-dans toute la longueur, des filets d’omelettes de jaunes d’œufs, des
-filets de pistaches, des filets d’amandes douces et des filets de
-noix de jambon cuit; couvrez le tout d’une même épaisseur de farce,
-et continuez ainsi jusqu’à ce que la peau soit pleine, sans être trop
-tendue: surtout donnez à la tête de votre cochon, ainsi qu’au corps,
-sa première forme; cousez-le avec une grosse aiguille et du fil de
-Bretagne; fixez les quatre pieds comme pour le mettre à la broche;
-frottez-le de citron, couvrez-le de bardes de lard, emballez-le dans
-une étamine neuve, que vous coudrez; attachez les deux bouts, marquez
-une braise avec les os et les débris de votre cochon, quelques lames
-de jambon cru, un jarret de veau partagé en deux, deux gousses d’ail,
-deux feuilles de laurier, du sel, carottes, oignons et un bouquet de
-persil et ciboules: posez dessus votre cochon; mouillez-le avec du bon
-bouillon et une bouteille de vin de Grave; faites-le partir, retirez-le
-sur le bord du fourneau, faites-le aller doucement pendant trois
-heures; retirez-le, laissez-le refroidir, ensuite déballez-le; ôtez les
-bardes de lard; dressez-le sur le plat. Vous aurez passé le fond de
-votre braise au travers d’un tamis de soie: si ce fond n’est pas assez
-ambré, mettez-y un peu de jus; faites-le réduire et clarifier comme il
-est indiqué à l’aspic (voyez l’article _Aspic_); faites un cordon de
-cette gelée autour de votre cochon, soit en diamans ou de toute autre
-manière, et servez.
-
-
-_Boudin ordinaire._
-
-Ayez douze oignons épluchés; faites-les cuire dans du bouillon ou du
-consommé avec un bouquet de persil et ciboules, du thym, du basilic
-et une feuille de laurier; vos oignons cuits, hachez-les très-fin;
-ayez une pinte de sang de cochon; observez que ce sang, pour en ôter
-les fibres, doit être bien manié en sortant de la gorge de l’animal,
-et qu’il faut y mettre un filet de vinaigre, afin de l’empêcher de se
-cailler; coupez une livre et demie de panne en dés, mettez-la dans
-le sang avec une chopine de crême double, des fines herbes hachées,
-des épices fines, sel et poivre en suffisante quantité, et mêlez bien
-le tout; ayez des boyaux de cochon ou de mouton, que vous ratissez
-et lavez bien, remplissez-les de votre appareil; servez-vous à cet
-effet d’un entonnoir propre à cet usage; ne remplissez pas trop vos
-boyaux, dans la crainte que vos boudins ne crèvent pendant la cuisson;
-ficelez-les aux deux extrémités et d’espace en espace, suivant la
-longueur dont vous voulez vos boudins; mettez-les dans un chaudron
-d’eau tiède et menez-les à petit feu, afin qu’ils ne crèvent pas;
-retournez-les doucement avec une écumoire: vous jugerez s’ils sont
-cuits, si, en les piquant avec une épingle, la graisse vient au lieu de
-sang; leur cuisson faite, retirez-les sur un linge blanc et laissez-les
-refroidir; lorsque vous voudrez les servir, ciselez-les, mettez-les sur
-le gril et faites-les cuire.
-
-
-_Boudin à la façon de Nanterre._
-
-Épluchez une suffisante quantité d’oignons pour le sang que vous aurez
-à employer; mettez-les dans une sebile de bois, et avec un couteau
-semblable à celui des bourreliers, hachez-les; ensuite mettez-les dans
-une casserole avec de la panne, passez-la sur le feu jusqu’à ce que
-les oignons soient bien cuits sans être roux; laissez-les refroidir
-à moitié, mettez-y votre sang, mêlez bien le tout, assaisonnez-le de
-sel fin, fines herbes, épices fines; mettez-y de la crême, et finissez
-votre boudin comme il est indiqué à l’article précédent.
-
-
-_Boudin blanc_.
-
-Faites cuire une douzaine d’oignons dans du bouillon ou du consommé,
-avec deux clous de girofle, du basilic, du thym et du laurier, un
-bouquet de persil et ciboules, du sel et du poivre; leur cuisson faite,
-hachez-les très-fin; faites une panade à la crême, bien desséchée;
-mettez les oignons et cette panade dans un mortier, ajoutez-y quelques
-amandes douces, que vous aurez pilées et passées à l’étamine; mêlez
-le tout ensemble avec le pilon; ajoutez-y quelques jaunes d’œufs
-crus, de la panne coupée en dés, des blancs de volailles rôties,
-hachez très-fin; pilez le tout ensemble et délayez-le avec de la crême
-double et chaude, assaisonnez-le de sel et d’épices fines; goûtez si
-votre appareil est d’un bon goût et entonnez-le comme vous avez fait
-précédemment dans des boyaux: ce boudin demande moins de temps pour sa
-cuisson que le noir, et, pour le faire cuire, employez du lait au lieu
-d’eau; laissez-le refroidir, piquez-le au lieu de le ciseler avant de
-le mettre sur le gril: la meilleure manière de le faire cuire est de le
-mettre dans une caisse de papier blanc.
-
-
-_Boudin d’Ecrevisses_.
-
-Ayez un demi-cent d’écrevisses; faites-les cuire, après les avoir
-lavées, avec du bouillon ou de l’eau; leur cuisson faite, laissez-les
-refroidir, épluchez-les, c’est-à-dire, ôtez-en la chair des queues
-et les petites pattes, et supprimez le dedans du corps; faites-en
-sécher toutes les coquilles, pilez-les, faites-en un beurre (voyez
-_Beurre d’Ecrevisses_, à son article); coupez les queues en dés,
-mettez-les dans une casserole avec les œufs que vous aurez retirés de
-vos écrevisses en les épluchant; ajoutez des blancs de volailles bien
-hachés, une panade à la crême très-desséchée, quelques oignons cuits
-sous la cendre, quelques foies gras coupés en dés, de la panne _idem_;
-mêlez-y votre beurre d’écrevisses, quelques cuillerées de consommé,
-des épices fines et du sel en suffisante quantité; mêlez bien le tout
-ensemble, entonnez-les dans les boyaux; liez-les de même que les
-précédens, et faites-les cuire comme les boudins blancs.
-
-
-_Boudin de Lapereau._
-
-Faites cuire un lapereau de garenne à la broche, levez-en les chairs,
-supprimez-en la peau et les nerfs; hachez ces chairs très-fin,
-joignez-y le foie, ayant eu soin d’en ôter l’amer; concassez les
-carcasses, mettez-les dans une casserole, mouillez-les avec un peu de
-consommé; faites-les bouillir pour en tirer le fumet, avec lequel vous
-ferez une panade; pilez vos chairs et votre panade ensemble, ajoutez
-un tiers de beurre en sus, c’est-à-dire que le tout soit par tiers;
-mettez-y des oignons cuits dans du consommé et hachés très-menu, six
-jaunes d’œufs crus, de la crême réduite et froide (ce qu’il en faut
-pour mettre cet appareil à consistance de boudin), des épices fines, un
-peu de muscade, du sel; et procédez, pour finir ces boudins, comme il
-est énoncé aux articles précédens.
-
-
-_Boudin de Faisan._
-
-Faites cuire un faisan à la broche, levez-en les chairs, supprimez-en
-la peau et les nerfs; hachez ces chairs très-menu; concassez les os,
-dont vous ferez le même usage que ci-dessus; faites cuire six oignons
-dans du bouillon, assaisonnez-les de sel, de poivre, de deux clous de
-girofle, d’un peu de basilic et d’un bouquet de persil et ciboules:
-ces oignons cuits jusqu’à parfaite réduction de leur mouillement,
-hachez-les très fin, incorporez-y vos chairs hachées, mêlez-y votre mie
-de pain desséchée; pilez le tout, délayez-le avec de la crême double;
-joignez-y six jaunes d’œufs frais et crus, et trois quarterons de panne
-blanche, coupée en petits dés, du sel fin et des épices fines; mettez
-cet appareil dans des boyaux, ainsi qu’il est indiqué ci-dessus; faites
-cuire de même, et servez.
-
-
-_Boudin de Foies gras._
-
-Ayez deux beaux foies gras de Strasbourg; hachez-les; faites cuire six
-oignons, comme il est dit article _Boudin de Faisan_; leur cuisson
-faite, hachez-les très-fin et mêlez-les avec vos foies gras; ajoutez
-une demi-livre de panne blanchie, coupée en petits dés, un demi-setier
-de crême double, une chopine de sang de veau, que vous aurez soin de
-manier comme il est dit au boudin noir; assaisonnez le tout de sel fin,
-d’épices fines, et posez-le sur un feu doux pour le faire tiédir, en
-le remuant toujours, afin que le sang ne s’attache point au fond: cela
-fait, entonnez-le dans les boyaux; faites cuire ces boudins dans du
-bouillon, et procédez, pour les mettre en état d’être servis, comme il
-est dit aux articles précédens.
-
-
-_Cervelas fumés._
-
-Selon la quantité de cervelas que vous voulez faire, hachez de la
-chair de porc frais, entrelardée, avec un quart de lard en sus;
-assaisonnez-les de sel fin et d’épices fines; mettez cet appareil
-dans des boyaux de cochon bien lavés, et, selon la grosseur que vous
-voulez donner à vos cervelas, ficelez-en les deux bouts et pendez-les
-à la cheminée pour les faire fumer trois jours; après faites-les cuire
-dans le bouillon pendant trois heures, avec un peu de sel, une gousse
-d’ail, du thym, du laurier, du basilic et un bouquet de persil et
-ciboules; laissez-les refroidir, et servez-les sur une serviette.
-
-
-_Saucisses._
-
-Prenez de la chair de porc frais, beaucoup plus grasse que maigre
-(la meilleure partie est celle qui est entre la poitrine et le lard
-au-dessus du tendon); lorsque vous aurez haché cette chair bien fin,
-assaisonnez-la de sel fin et d’épices fines; entonnez-la dans des
-boyaux que vous ficelerez des deux bouts, et faites-les griller à un
-feu doux.
-
-
-_Saucisses plates._
-
-Hachez, comme ci-dessus, de la chair de porc frais ce qu’il vous en
-faut; assaisonnez-la de même, et, au lieu de l’entonner dans des
-boyaux, mettez-la par parties sur des morceaux de crépine, que vous
-aurez coupés en raison de la grandeur qu’il vous plaira de donner à vos
-saucisses, et faites-les cuire sur un feu doux.
-
-
-_Andouilles de Cochon._
-
-Ayez des boyaux de cochon propres à faire des andouilles; coupez-les
-de la grandeur et de la grosseur de celles que vous voulez faire;
-nettoyez-les bien pour leur ôter le goût de charcuterie; faites-les
-tremper dans un peu de vin blanc, pendant cinq à six heures, avec thym,
-basilic et deux gousses d’ail; ensuite coupez en filet du porc frais,
-de la panne et des boyaux; mêlez le tout, assaisonnez-le de sel fin,
-d’épices fines, d’un peu d’anis pilés; remplissez-en vos boyaux; prenez
-garde qu’ils ne le soient trop (ce qui les ferait crever); ficelez-les
-et mettez-les cuire dans un vase juste à leur longueur, avec moitié
-lait et moitié eau, un bouquet de persil et ciboules, une gousse
-d’ail, thym, basilic, laurier, sel, poivre, panne: vos andouilles
-cuites, laissez-les refroidir dans leur assaisonnement; retirez-les,
-essuyez-les bien, ciselez un peu, faites-les griller et servez-les.
-
-
-_Andouilles de Couenne._
-
-Coupez en filets de la couenne d’un jeune cochon, des boyaux et de
-la panne; mêlez le tout, et procédez, pour assaisonner et finir vos
-andouilles, comme il est énoncé à l’article des _Andouilles de Cochon_.
-
-
-_Andouilles à la Béchamelle._
-
-Mettez un morceau de beurre dans une casserole avec une tranche de
-jambon, trois échalotes, du persil et de la ciboule, une gousse d’ail,
-thym, basilic et laurier: posez votre casserole sur un feu doux, et
-laissez suer pendant environ un quart d’heure; mouillez-la avec une
-chopine de lait; faites-la bouillir et réduire à moitié; passez-la au
-tamis; mettez-y une bonne poignée de mie de pain, et faites-la bouillir
-de nouveau, jusqu’à ce que le pain ait bu le lait; ensuite coupez en
-filets de la poitrine de porc frais, de la panne, du petit lard et une
-fraise de veau; mêlez ces filets avec votre mie de pain et six jaunes
-d’œufs crus, des épices et du sel; remplissez des boyaux de cette
-composition; et, ayant fermé vos andouilles, faites-les cuire avec
-moitié lait et moitié bouillon gras, du sel, du poivre, un bouquet de
-persil et ciboules; et, pour les servir, procédez comme il est dit aux
-andouilles de cochon.
-
-
-_Andouilles de Bœuf._
-
-Prenez chez le charcutier des robes d’andouilles; faites-leur passer
-le goût de boyaux, comme il est expliqué pour celles de cochon; faites
-cuire aux trois quarts dans de l’eau du gras-double et des palais de
-bœufs; ensuite coupez-les en filets, ainsi que de la tetine de veau et
-du petit lard; joignez à ces filets de l’oignon coupé de même, et que
-vous aurez fait presque cuire dans du beurre ou du lard; mêlez le tout
-ensemble, en y ajoutant quatre jaunes d’œufs crus, des épices fines
-et du sel; entonnez cet appareil dans vos boyaux; ficelez-en les deux
-bouts; et vos andouilles faites, mettez-les cuire dans du bouillon
-gras où vous aurez mis une chopine de vin blanc, un bouquet de persil
-et ciboules, une gousse d’ail, du laurier, du thym, du basilic, trois
-clous de girofle, sel, poivre, carottes et oignons; vos andouilles
-cuites, laissez-les refroidir dans leur assaisonnement; et, pour les
-servir, procédez comme il est dit pour les andouilles de cochon.
-
-Vous pouvez vous servir de langues en place de palais de bœufs.
-
-
-_Andouilles de Veau._
-
-Ayez une fraise et une tetine de veau; faites-les blanchir un grand
-quart d’heure, et coupez-les en filets; joignez-y une livre de petit
-lard coupé de même; maniez le tout dans une terrine, avec sel, épices
-fines, quelques échalotes hachées, quatre cuillerées à dégraisser de
-crême double et quatre jaunes d’œufs: procédez ensuite, en employant
-des boyaux de cochon pour faire vos andouilles, comme il est énoncé à
-l’article _Andouilles de Cochon_; faites-les cuire avec du bouillon,
-une chopine de vin blanc, une gousse d’ail, du thym, du basilic, du
-laurier et un bouquet de persil et ciboules; laissez-les refroidir dans
-leur assaisonnement, retirez-les, essuyez-les, et, après les avoir un
-peu ciselées, faites les griller, et servez.
-
-
-_Andouilles de Fraise de Veau._
-
-Prenez une fraise de veau; faites-la blanchir et cuire; ensuite
-laissez-la refroidir; ayez une tetine ou deux, selon leur grosseur;
-faites-les cuire comme la fraise; émincez le tout; mettez-le dans
-une terrine; hachez des champignons, des échalotes, du persil et des
-truffes, si c’est la saison; mettez ces fines herbes dans une casserole
-avec un morceau de beurre; passez-les et mouillez-les avec un verre
-de vin de Malvoisie ou de Madère: lorsque cela sera réduit à moitié,
-mettez-y quatre ou cinq cuillerées d’espagnole; faites-le réduire de
-nouveau, comme pour une sauce aux échalotes: de là mettez-y votre
-fraise de veau, votre tetine et six jaunes d’œufs; le tout assaisonné
-de sel, poivre et épices fines; assurez-vous si cet appareil est de bon
-goût; dans ce cas, mettez-le dans les boyaux que vous avez préparés
-à cet effet, ayant toujours soin qu’ils ne soient pas trop pleins;
-liez-les par les deux bouts; mettez-les deux minutes dans de l’eau
-bouillante, pour leur faire prendre leur forme; retirez-les; ensuite
-laissez-les refroidir; mettez dans une casserole des lames de veau
-et de jambon, carottes et oignons; arrangez dessus vos andouilles;
-couvrez-les de bardes de lard; mouillez-les avec du vin blanc et un peu
-de bouillon; faites-les cuire une heure, et doucement, pour qu’elles
-ne crèvent pas; laissez-les refroidir dans leur assaisonnement pour
-qu’elles prennent du goût; après retirez-les, parez-les et faites-les
-griller comme les andouilles ordinaires.
-
-
-
-
-SANGLIER.
-
-
-Le sanglier est un cochon sauvage, tel qu’il existe en état de nature:
-le cochon domestique sort de cette race; il n’en diffère que par suite
-de la nourriture que l’homme lui donne.
-
-Il faut choisir, pour l’employer, un sanglier de l’âge d’un à trois
-ans: s’il est plus vieux, la chair en est sèche et lourde. Il faut,
-sitôt qu’il est tué, en supprimer les testicules; car (en les lui
-laissant) elles donneraient un fort mauvais goût à la chair, au point
-qu’elle ne serait pas mangeable.
-
-
-_Hure de Sanglier._
-
-Procédez en tout, pour préparer et servir cette hure, comme pour celle
-_dite_ de cochon. (Voyez _Hure de Cochon_, à son article.)
-
-
-_Filets de Sanglier._
-
-Levez ces filets comme vous lèveriez ceux de bœuf ou de veau;
-piquez-les; mettez-les dans une marinade à cru, ainsi préparée:
-
-Coupez des oignons en tranches; joignez-y des échalotes, quelques
-gousses d’ail, clous de girofle, feuilles de laurier, petite sauge,
-genièvre en grains, basilic, thym et sel en suffisante quantité;
-mettez-y moitié vinaigre et moitié eau, si le vinaigre est fort;
-laissez mariner vos filets, ou toute autre partie du sanglier, quatre
-ou cinq jours; ôtez-les; égouttez-les; mettez de l’huile dans une
-casserole, faites-y revenir vos filets des deux côtés: cela fait,
-mettez feu dessus et dessous, et laissez-les cuire (on ne peut
-déterminer le temps de la cuisson que par l’âge et la grosseur de
-l’animal); égouttez ces filets sur un linge, et servez-les avec une
-sauce poivrade dessous.
-
-Vous pouvez faire cuire ces filets à la broche et les servir de même
-avec une poivrade.
-
-
-_Côtelettes de Sanglier._
-
-Parez et piquez ces côtelettes, et procédez ensuite comme il est
-indiqué pour les filets, à l’article précédent.
-
-
-_Jambon de Sanglier._
-
-Ce jambon se prépare comme celui de porc. (Voyez _Manière de préparer
-le Jambon_, à son article.)
-
-
-_Moyens de donner au Cochon domestique le goût et l’apparence du
-Sanglier._
-
-Levez vos chairs de cochon, comme côtelettes, filets, etc.; mettez-les
-dans la marinade indiquée à l’article _Filets de Sanglier_; ajoutez à
-cette marinade du mélilot, quelques branches de baume ou de menthe et
-du brou de noix (au sujet du brou, ayez-en dans la saison, mettez-le
-dans un pot de terre, salez-le, couvrez-le bien et servez-vous-en au
-besoin); laissez le tout mariner huit jours: votre cochon prendra la
-couleur et le goût du sanglier. Pour bien réussir en cela, il faut
-choisir un jeune animal, qui ne soit pas trop gras. Vous pourrez vous
-assurer qu’il est jeune et tendre, en pinçant et tirant sa couenne, si
-elle se déchire facilement.
-
-
-
-
-CHEVREUIL.
-
-
-Le chevreuil est beaucoup plus petit que le cerf: il lui ressemble plus
-que tout autre animal par la conformation des parties extérieures
-et intérieures. On distingue l’âge du chevreuil par le nombre des
-andouillers qui sont à son bois: il en porte jusqu’à dix: alors il est
-_dix-cors_ et n’est plus propre à la cuisine: il faut donc le prendre
-de l’âge de dix-huit mois à trois ans, pour qu’il soit tendre et
-savoureux. Sa chair est très-bonne; mais cependant sa qualité dépend
-beaucoup du pays qu’il habite: ceux des pays élevés et en colline sont
-les plus délicats; ceux dont le pelage est brun ont la chair plus fine
-que les roux; les mâles qui ont passé deux à trois ans, qu’on appelle
-en terme de chasse _vieux brocards_, sont de mauvais goût dans certains
-temps de l’année; par exemple, à l’époque du _rut_ ou peu après; les
-femelles du même âge, appelées chevrettes, ont la chair plus tendre;
-celle des faons ou jeunes chevreuils est mollasse; mais, lorsqu’ils
-atteignent un an ou dix-huit mois, elle est excellente.
-
-
-_Manière de dépecer le Chevreuil._
-
-Lorsque vous avez un chevreuil, dépouillez-le avec soin: vous n’avez
-presque pas besoin de vous servir de couteau pour cela; aussitôt que
-vous vous êtes fait jour entre la chair et la peau, introduisez dans
-l’ouverture votre poing, ainsi que le fait un boucher en dépouillant
-un mouton: cela fait, ôtez bien tous les poils qui ont pu se détacher
-de la peau, et qui se colleraient sur les chairs: fendez-le en deux,
-comme si c’était un mouton. Pour y réussir parfaitement, accrochez-le
-par une jambe de derrière, fendez l’os du quasi au milieu de la moelle
-alongée; introduisez dans la naissance de cette moelle un hatelet de
-fer qui vous servira de régulateur, ayant soin de l’enfoncer au fur et
-à mesure que vous partagez votre pièce, jusqu’au cou: séparez le cou du
-corps; après coupez vos quartiers de derrière jusqu’à la première côte,
-c’est-à-dire que tout le filet reste sur le quartier: levez ensuite les
-épaules comme celles de mouton, et séparez la poitrine des carrés.
-
-
-_Quartier de derrière de Chevreuil à la Broche._
-
-Levez la première peau du filet, ainsi que celle du dehors de la
-cuisse; piquez-le de lard fin, soit d’un bout à bout ou d’une deuxième:
-cela fait, mettez-le dans une marinade crue, comme il est indiqué pour
-le sanglier (voyez cet article), de laquelle vous mitigerez la force,
-selon le plus ou le moins de temps que vous voudrez conserver votre
-chevreuil: au bout de huit jours de marinade vous pouvez le retirer:
-dans ce cas laissez-le s’égoutter; mettez-le à la broche; enveloppez-le
-de papier beurré; faites-le cuire, et servez dessous une bonne sauce
-au pauvre homme, ou poivrade (voyez ces deux articles); vous pouvez
-conserver du chevreuil deux, trois et même six mois, en le changeant
-de marinade; et lorsque vous voudrez vous en servir, vous mettrez, un
-ou deux jours avant, une quantité suffisante d’eau pour en alléger la
-marinade, et conséquemment ôter en grande partie à la chair la force
-du vinaigre.
-
-
-_Côtelettes de Chevreuil._
-
-Levez ces côtelettes comme celles de mouton; parez-les de même;
-aplatissez-les légérement; piquez-les, si vous le voulez; mettez-les
-dans la marinade crue, comme il est indiqué à l’article précédent:
-un jour suffit; ensuite mettez un peu de bonne huile dans une
-casserole; faites-y revenir à grand feu vos côtelettes des deux côtés;
-lorsqu’elles seront cuites et d’une belle couleur, égouttez-les,
-dressez-les et servez-les avec une bonne sauce poivrade ou toute autre
-sauce, telle que celle de tomate, etc.
-
-
-_Épaules de Chevreuil._
-
-Levez les chairs de ces épaules par petits filets; ôtez-en la peau
-et les nerfs, piquez ces petits filets, faites-les mariner comme les
-côtelettes ci-dessus, faites-les cuire de même et servez-les avec une
-sauce poivrade ou autre.
-
-
-_Civet de Chevreuil._
-
-Prenez les poitrines d’un chevreuil; coupez-les par morceaux, ainsi
-que le collet (comme il est indiqué à l’article _Haricot de Mouton_);
-passez du petit lard dans un morceau de beurre; ensuite égouttez-le,
-et faites un roux léger avec ce même beurre; passez vos chairs avec le
-petit lard jusqu’à ce qu’elles soient bien roidies; alors mouillez-les
-avec une bonne bouteille de vin rouge et à-peu-près une chopine d’eau;
-assaisonnez ce civet d’un bouquet de persil et ciboules, de deux
-gousses d’ail, thym, laurier, sel et poivre; remuez-le souvent pour
-qu’il ne s’attache pas; mettez-y des petits oignons crus ou passés dans
-le beurre; joignez-y des champignons; faites-le cuire et dégraissez-le:
-sa cuisson faite, si sa sauce est trop longue, faites-la réduire à son
-degré: qu’il soit d’un bon goût, et servez.
-
-
-_Cervelle de Chevreuil en Marinade._
-
-Levez votre cervelle de chevreuil comme on lève celle de veau ou de
-mouton; épluchez-la, faites-la cuire dans une marinade, égouttez-la et
-faites-la frire, comme il est indiqué aux cervelles _dites_ de veau
-(voyez cet article.)
-
-
-
-
-DAIM.
-
-
-Le daim et le cerf ont entre eux beaucoup de ressemblance, quoique le
-premier soit plus petit, et tienne le milieu entre le chevreuil et le
-cerf. On ne fait pas un grand cas de sa chair en ce pays-ci; pour moi
-je soutiens que c’est à tort, et qu’un jeune daim bien gras ne le cède
-pas au chevreuil pour la qualité; les Anglais en font un grand cas, et
-estiment peu le chevreuil; enfin je conseille d’employer le daim; et je
-crois qu’on perdra ici l’opinion qu’il est moins bon que le chevreuil,
-dès qu’il sera apprêté de même, excepté néanmoins pendant le temps
-du rut. La femelle et sa chevrette sont plus délicates que le daim et
-le chevreuil: la manière de procéder à leur égard et pour le daim,
-relativement au service, étant la même que celle énoncée à l’article
-du chevreuil, j’indiquerai seulement comment le daim se prépare en
-Angleterre.
-
-
-_Hanche de Venaison, ou Quartier de derrière du Daim._
-
-Lorsque vous aurez un quartier de daim bien gras, c’est-à-dire couvert
-de graisse, tel que peut l’être un gigot de mouton; désossez-en le
-quasi; battez-le bien; saupoudrez le dessus d’un peu de sel fin; faites
-une pâte avec trois litrons de farine, dans laquelle vous mettrez une
-demi-once de sel, six œufs entiers et un peu d’eau seulement, pour que
-votre pâte soit extrêmement ferme; enveloppez-la dans un linge blanc et
-humide; laissez-la reposer une heure; après abaissez-la bien également,
-en lui donnant l’épaisseur d’une pièce de six livres; embrochez votre
-venaison; enveloppez-la entièrement de votre abaisse de pâte, pour cela
-elle doit être d’un seul morceau; soudez-la en mouillant les bords et
-les joignant l’un sur l’autre; cela fait, enveloppez le tout de fort
-papier beurré (le papier d’une seule feuille); cette hanche ainsi
-préparée, faites-la cuire à un feu bien égal environ trois heures; la
-cuisson faite, ôtez-en le papier; faites prendre une belle couleur à la
-pâte; après l’avoir débrochée, servez-la en joignant une saucière de
-gelée de groseilles, qu’on appelle en anglais Corinthe gelée.
-
-
-
-
-LIÈVRE.
-
-
-_Gâteau de Lièvre._
-
-Ayez un lièvre; dépouillez-le, videz-le; conservez-en le sang, ainsi
-que le foie; levez-en toutes les chairs; ôtez-en les nerfs et les
-peaux; hachez ces chairs; ayez autant de foie de veau, que vous
-hacherez de même, après en avoir supprimé la peau et les nerfs;
-joignez-y le foie de votre lièvre; ayez de la noix de jambon cuit
-autant que vous avez de chair de lièvre; hachez bien ce jambon,
-mettez-le dans le mortier, et pilez-le jusqu’à consistance d’une pâte;
-ajoutez-y votre chair de lièvre, son foie et celui du veau; pilez bien
-le tout ensemble, et joignez-y du lard râpé, le tiers du volume de
-vos viandes; pilez de nouveau le tout, au point qu’on ne sente sous
-le doigt aucun grumeau; assaisonnez-le de sel fin, d’épices fines,
-de fines herbes cuites, telles que persil, ciboules et de la muscade
-râpée; joignez à tout cela un demi-verre de bonne eau-de-vie, six ou
-huit œufs entiers, l’un après l’autre, le sang de votre lièvre et un
-jus d’ail (lequel se fait en écrasant deux gousses d’ail qu’on met avec
-un peu d’eau dans une cuiller et dont on exprime le jus); mêlez bien le
-tout ensemble; cela fait, foncez une casserole de bardes de lard bien
-_loses_; mettez-y de votre appareil l’épaisseur de deux doigts; ayez de
-grands lardons; rangez-les sur cet appareil, de distance en distance,
-et mettez alternativement dans chacune de ces distances une rangée de
-pistaches ou de truffes coupées comme un lardon; recouvrez ce fond de
-votre appareil toujours de l’épaisseur de deux doigts, et continuez
-ainsi jusqu’à ce que votre casserole soit pleine; couvrez cet appareil
-de bardes de lard et d’un rond de papier; mettez un couvercle sur votre
-casserole; posez-la sur une tourtière, et faites cuire au four votre
-gâteau trois heures, ou moins, selon la grosseur; ensuite retirez-le;
-laissez-le refroidir; échauffez légérement la casserole, pour le
-retourner; retournez-le; ôtez-en les bardes; faites-y une remarque qui
-indique à l’entamer, de sorte que les lardons qui y sont posés en long
-se trouvent coupés en travers; et servez-le sur une assiette, comme
-moyenne ou grosse pièce d’entremets.
-
-
-_Levraut à la Broche._
-
-Ayez un levraut jeune et tendre (vous vous assurerez s’il l’est, en
-lui tâtant une des pattes de devant; s’il est jeune, vous devez sentir
-au dehors une ou deux protubérances ou grosseurs; plus elles sont
-sensibles, plus elles indiquent la jeunesse de l’animal); coupez les
-deux pattes de devant près du coude; dépouillez le, videz-le; passez
-votre doigt entre ses quasis, pour qu’il n’y reste aucune malpropreté;
-crevez le diaphragme; retirez les poumons et le foie de votre levraut;
-mettez son sang dans un vase; coupez à moitié les pattes de derrière,
-passez une d’elle dans le jarret de l’autre; rompez les cuisses vers
-le milieu; refaites votre lièvre sur le feu; essuyez-le; frottez-le
-entièrement de son sang avec votre main; piquez-le, ou bardez-le;
-mettez-le à la broche; faites-le cuire une demi-heure ou trois quarts
-d’heures; retirez-le, et servez-le avec une sauce poivrade que vous
-lierez avec son sang; ayez soin de ne la pas laisser bouillir. (Voyez
-l’article _Sauce Poivrade_.)
-
-
-_Levraut à l’Anglaise._
-
-Ayez un levraut tendre, comme il est dit à l’article précédent;
-dépouillez-le, sans lui couper les pattes; au contraire, dépouillez-les
-toutes les quatre le mieux possible; laissez-lui ses ongles; et pour
-qu’il reste dans son entier, échaudez-lui les oreilles comme on
-échaude celles d’un cochon de lait (voyez _Cochon de Lait_, à son
-article): faites-lui, pour le vider, une petite ouverture; retirez-lui
-les poumons et le sang, comme il est dit précédemment: passez votre
-doigt entre les quasis, de même que ci-dessus; prenez le foie, ôtez-en
-l’amer, hachez-le très-menu; faites une panade un peu desséchée avec
-de la crême, pilez-la avec votre foie; mettez autant de beurre qu’il y
-a de panade, quatre jaunes d’œufs crus, sel, poivre et fines épices;
-coupez un gros oignon en très-petits dés, passez-le dans du beurre;
-faites-le cuire à blanc; ôtez votre pilon et joignez cet oignon à votre
-farce, en le mettant avec une cuiller; ajoutez-y une pincée de petite
-sauge, que vous aurez passée au tamis: mêlez le tout et incorporez-y le
-sang de votre levraut; faites l’essai de cette farce; goûtez si elle
-est d’un bon goût; remplissez-en le corps de votre levraut, cousez-le;
-cassez-lui les os des cuisses, et ramenez-lui les pattes de derrière
-sous le ventre où vous les fixerez; donnez l’attitude aux pattes de
-devant, ainsi qu’à la tête de votre lièvre, comme s’il était au gîte;
-mettez-le à la broche, en lui conservant cette position: bardez-le,
-enveloppez-le de papier; faites-le cuire environ cinq quarts d’heure;
-avant de le retirer du feu, ôtez-lui le papier: si c’est pour servir
-à des Anglais, supprimez-en le lard, et servez-le avec une saucière
-remplie de gelée de groseilles.
-
-
-_Civet de Lièvre._
-
-Ce civet se fait comme celui du chevreuil, mais on le finit, en le
-liant avec le sang qu’on a réservé du lièvre (voy. l’art. _Civet de
-Chevreuil_).
-
-
-_Escalopes de Levraut au sang._
-
-Ayez un ou deux levrauts, selon leur grosseur; dépouillez-les,
-videz-les, conservez-en le sang; levez-en les filets, ainsi que les
-mignons et les noix des cuisses; supprimez les nerfs de vos filets, en
-les posant sur la table et faisant glisser votre couteau, comme si
-vous leviez une barde de lard; ôtez les nerfs et les peaux de vos noix;
-coupez le tout de l’épaisseur et de la grandeur d’un écu; battez-les
-l’un après l’autre avec le manche du couteau, que vous tremperez dans
-l’eau; arrondissez vos escalopes, arrangez-les l’une après l’autre,
-ainsi que les rognons partagés en deux, dans une sauteuse ou un plat
-d’argent creux, où vous aurez fait fondre du beurre; saupoudrez ces
-escalopes d’un peu de sel et de gros poivre; couvrez-les de beurre
-fondu et d’un rond de papier blanc, et laissez-les jusqu’à l’instant
-de vous en servir: concassez les os, la tête et tous les débris de vos
-levrauts; mettez-les dans une petite marmite, avec quelques lames de
-jambon, un morceau de rouelle de veau, deux oignons, un piqué de deux
-clous de girofle, deux ou trois carottes tournées, un bouquet de persil
-et de ciboules, une feuille de laurier et la moitié d’une gousse d’ail;
-mouillez le tout avec du bon bouillon et un verre de vin de Bourgogne
-rouge; faites cuire ce fumet une heure ou davantage: sa cuisson faite,
-dégraissez-le, passez-le au travers d’une serviette, mettez-le sur le
-feu de nouveau; faites-le réduire plus qu’à moitié; ajoutez-y trois
-cuillerées à dégraisser d’espagnole; faites-le réduire de nouveau à
-consistance de demi-glace: à l’instant de servir, mettez vos escalopes
-sur un feu ardent; lorsqu’elles seront roides d’un côté, faites-les
-roidir de l’autre; cela fait, égouttez-en le beurre sans perdre le jus
-de vos filets; mettez le tout dans votre fumet, sautez-le, liez-le avec
-le sang de vos levrauts; ajoutez-y un pain de beurre, un jus de citron;
-goûtez s’il est d’un bon goût, et servez.
-
-Si vous n’aviez point d’espagnole, faites un petit roux (voyez _Roux_,
-à son article); liez-en votre fumet avant de le passer, et, pour en
-obtenir à-peu-près le même résultat que ci-dessus, faites-le réduire au
-même degré.
-
-
-_Filets de Levrauts à la Provençale._
-
-Levez les filets d’un ou deux levrauts; parez-les, ôtez-en les nerfs;
-piquez-les de filets d’anchois dessalés et de lard; versez de l’huile
-dans une casserole; mettez-y une demi-gousse d’ail, un peu d’échalotes
-hachées, un peu de sel et de gros poivre; posez vos filets dans
-cette casserole et passez-les sur le feu: lorsqu’ils seront cuits,
-égouttez-les chaudement; mettez dans votre casserole deux cuillerées
-de coulis, autant de consommé, la moitié d’une cuillerée à bouche de
-vinaigre à l’estragon; faites réduire votre sauce, dégraissez-la,
-passez-la à l’étamine; remettez-la au feu, dégraissez-la de nouveau:
-goûtez si elle est d’un bon goût; versez-la dans le fond du plat et
-servez vos filets dessus.
-
-
-_Filets de Levrauts en Serpent._
-
-Prenez les gros filets de trois ou quatre forts levrauts; parez-les
-comme il est dit précédemment (article des _Escalopes_); formez avec
-le gros bout du filet une espèce de tête de serpent; piquez le reste
-d’une deuxième; foncez une casserole de bardes de lard; arrangez-y
-vos filets, en les faisant serpenter; assaisonnez-les d’un bouquet
-de persil et ciboules, d’une carotte, d’un oignon, d’un demi-verre
-de vin blanc; mouillez le tout avec un peu de consommé; couvrez vos
-filets d’un papier beurré; faites-les partir et de suite cuire un quart
-d’heure, avec feu dessus et dessous: leur cuisson faite, égouttez-les
-sur un couvercle, glacez-les et servez-les sur un bon _fumet_, tel que
-celui dont il est mention à l’article des _Escalopes de Levrauts_.
-Vous pouvez vous servir des cuisses et des épaules, soit pour faire un
-civet, soit de la manière suivante.
-
-
-_Cuisses de Levrauts en Papillotes._
-
-Prenez six cuisses de levrauts, désossez-les jusqu’aux genoux;
-passez-les dans des fines herbes hachées; faites-les cuire près d’une
-demi-heure, et du reste préparez-les comme les côtelettes de veau en
-papillotes (voyez cet article).
-
-
-_Boudin de Lièvre._
-
-Prenez un lièvre ou des cuisses de levrauts dont vous aurez levé
-les filets; supprimez-en les nerfs et les peaux; pilez ces chairs;
-joignez-y le foie dont vous aurez ôté l’amer; passez-les à travers
-le tamis à quenelles; ramassez-les; ayez autant de panade desséchée,
-dans du consommé ou du bouillon, que vous avez de ces chairs; pilez
-le tout ensemble; ajoutez-y autant de beurre fin que vous avez employé
-de panade, c’est-à-dire que le tout soit par tiers; joignez à cela le
-sang de votre lièvre; assaisonnez votre farce de sel fin, d’épices
-fines, d’un peu de muscade râpée et de fines herbes hachées, passées
-dans du beurre; mettez-y trois ou quatre jaunes d’œufs l’un après
-l’autre, et finissez-la avec deux blancs d’œufs fouettés que vous y
-mêlerez légérement: faites-en l’essai; goûtez si elle est d’un bon
-goût; saupoudrez votre table d’un peu de farine; mettez votre farce
-dessus; roulez-la de la grosseur d’un moyen cervelas; formez vos
-boudins, posez-les sur un couvercle que vous aurez saupoudré aussi d’un
-peu de farine: faites bouillir au grand bouillon, pochez-les dedans;
-après retirez-les, laissez-les refroidir; trempez-les dans du beurre
-fondu; panez-les, posez-les sur un gril; faites-les griller d’une belle
-couleur; et servez-les avec un bon fumet comme celui énoncé plus haut.
-
-
-_Côtelettes de Levraut._
-
-Prenez les filets de trois gros levrauts; supprimez-en les nerfs et les
-peaux; coupez-les par morceaux de l’épaisseur d’une petite côtelette
-de mouton; aplatissez vos morceaux, parez-les, en leur donnant
-la forme d’une côtelette; ôtez les côtes de la carcasse de votre
-lièvre, faites-les bouillir, jusqu’à ce que les chairs s’en détachent
-facilement; nettoyez ces os, coupez-les convenablement pour en former
-vos côtelettes, en enfonçant un d’eux dans chacun de ces morceaux (ce
-qui formera vos côtelettes de levraut); ayez une casserole dans le cas
-de contenir vos côtelettes; vous passerez dans du beurre et du lard
-râpé des fines herbes hachées, telles que persil, ciboules, échalotes
-et champignons; assaisonnez-les de sel, d’un peu de poivre et d’un
-demi-verre de vin blanc; arrangez ces côtelettes sur ces fines herbes,
-faites-les-y cuire durant six ou sept minutes; dressez-les en cordon
-sur votre plat, tenez-les chaudement; dégraissez vos fines herbes;
-mettez-y une cuillerée d’espagnole réduite et le jus d’un fort citron;
-mêlez bien le tout ensemble, et servez avec cette sauce mise dans le
-puits de vos côtelettes.
-
-
-
-
-LAPEREAU.
-
-
-_Sauté ou Escalopes de Lapereaux._
-
-Prenez deux bons lapereaux; dépouillez-les, levez-en les filets; prenez
-la chair des cuisses, ôtez les filets mignons et les rognons; supprimez
-les nerfs et les peaux de ces chairs; coupez-les en petits morceaux
-d’égale grosseur; aplatissez-les avec le manche de votre couteau, que
-vous tremperez dans de l’eau; parez-les; faites fondre du beurre dans
-une sauteuse, arrangez-y vos escalopes, les unes après les autres;
-saupoudrez-les légérement d’un peu de sel et de gros poivre; mettez
-dessus un peu de beurre fondu; couvrez-les d’un rond de papier, et
-laissez-les ainsi jusqu’au moment de servir; coupez vos carcasses de
-lapereaux par morceaux, mettez-les dans une petite marmite, avec une
-carotte, deux oignons, dont un piqué d’un clou de girofle, un bouquet
-de persil et ciboules, une feuille de laurier, une lame de jambon et
-quelques débris de veau; mouillez tout cela avec du consommé, faites-le
-bouillir, écumez-le, et laissez-le cuire environ une heure; dégraissez
-ce consommé, et passez au tamis; faites-le réduire aux trois quarts;
-ajoutez-y deux cuillerées à dégraisser d’espagnole réduite; faites
-réduire de nouveau votre sauce, en la travaillant, à consistance d’une
-demi-glace; au moment de servir, sautez vos escalopes; faites-les
-roidir des deux côtés; égouttez-en le beurre, en conservant leur jus;
-mettez-les dans votre sauce, sautez-les; mettez-y un pain de beurre;
-dressez-les dans un plat auquel vous aurez fait un bord, et servez.
-(Voyez l’article _Bords de Plat_.)
-
-Vous pouvez, dans la saison, couper des truffes en liards, les passer
-dans du beurre, les égoutter, et au moment de servir les sauter avec
-vos escalopes; de plus vous pouvez employer des concombres. (Voyez
-l’article _Garnitures_.)
-
-
-_Filets de Lapereaux Piqués et Glacés._
-
-Ayez six lapereaux; levez-en les filets, parez-les, supprimez-en la
-peau et les nerfs; piquez-en six des plus gros de menu lard; aux six
-autres, faites-leur avec le tranchant de votre couteau, en l’insinuant
-un peu, des incisions, de distance en distance; prenez plusieurs
-truffes, arrondissez-les, cannelez-les, c’est-à-dire, donnez-leur la
-forme d’une petite crête; coupez-les de l’épaisseur d’une pièce de
-trente sous, arrangez-les dans toutes les incisions de vos filets;
-rangez ces filets dans une sauteuse, dans laquelle vous aurez fait
-fondre un peu de beurre; donnez-leur la forme que vous jugerez à
-propos; saupoudrez-les d’un peu de sel, arrosez-les d’un peu de beurre
-fondu, et au moment de servir faites-les cuire avec feu dessus et
-dessous; tâtez-les; s’ils résistent sous le doigt, c’est qu’ils sont
-cuits; saucez-les avec un fumet réduit, et servez. (Voyez _Fumet de
-Lapin_, article précédent.)
-
-
-_Filets de Lapereaux à la Purée de Champignons._
-
-Prenez six lapereaux, piquez-en les filets de même lard; faites-les
-cuire comme ci-dessus, et servez-les sur une purée de champignons.
-(Voyez l’article _Sauce_ ou _Purée de Champignons_.)
-
-Vous pouvez servir ces filets sur des concombres, des petits pois, de
-la chicorée, etc.
-
-
-_Cuisses de Lapereaux à la Dauphine._
-
-Prenez huit cuisses de lapereaux; supprimez-en l’os du quasi;
-piquez-les, marquez-les dans une casserole comme des fricandeaux
-(voyez l’article _Grenadins de Veau_); donnez-leur une demi-heure de
-cuisson; glacez-les et servez-les dessus une bonne chicorée réduite à
-la béchamelle.
-
-
-_Hachis de Lapereaux à la Portugaise._
-
-Ayez trois lapereaux; faites-les cuire à la broche; levez-en les
-chairs; ôtez-en les peaux et les nerfs; hachez ces chairs; mettez-les
-dans un vase jusqu’au moment de vous en servir; prenez vos carcasses
-de lapereaux, concassez-les; mettez-les dans une casserole avec cinq
-cuillerées à dégraisser d’espagnole, deux de consommé et un verre de
-vin blanc de Champagne; faites cuire le tout: la cuisson faite, passez
-votre farce à travers une étamine, faites-la réduire à consistance de
-demi-glace; mettez-y vos chairs avec un peu de gros poivre et un pain
-de beurre; liez bien le tout sans le laisser bouillir, et dressez votre
-hachis sur un plat auquel vous aurez fait une bordure avec des petits
-croûtons (voyez l’article _Bordures de Plats_); mettez sur votre
-hachis huit ou neuf œufs pochés et glacés. Ce hachis doit être entre
-les œufs, avec un peu de votre essence que vous avez dû réserver à ce
-sujet. Vous pouvez mettre des filets mignons entre vos œufs en sautoir,
-décorés de truffes ou piqués.
-
-
-_Filets de Lapereaux à la Vopallière._
-
-Levez les filets de trois bons lapereaux bien tendres; coupez-les
-à-peu-près de la grosseur du pouce; faites-les mariner dans de la
-bonne huile, des truffes fraîches et hachées, quelques échalotes,
-persil et ciboules, hachés très-fin; assaisonnez-les de sel et de gros
-poivre; laissez-les mariner une couple d’heure; enfilez ces morceaux
-de filets dans des hatelets avec leur assaisonnement; enveloppez-les
-de bardes de lard; couvrez-les de papier, mettez-les à la broche,
-faites-les cuire environ un quart d’heure; déballez-les, ôtez-en le
-lard, et servez-les avec une bonne italienne rousse, forcée de citron.
-
-
-_Lapereaux en fricassée de Poulet._
-
-Ayez deux lapereaux bien tendres; coupez-les proprement en morceaux;
-essuyez-en le sang; mettez-les dans une casserole avec de l’eau,
-quelques tranches d’oignons, une feuille de laurier, du persil en
-branche, quelques ciboules et un peu de sel; faites-leur jeter un
-bouillon; égouttez-les, essuyez-les et parez-les de nouveau; mettez-les
-dans une autre casserole avec un morceau de beurre; sautez-les,
-singez-les légérement de farine; mouillez-les avec l’eau dans laquelle
-ils ont blanchis, ayant soin de les remuer, pour que la farine ne fasse
-point de grumeaux; faites-les bouillir; mettez-y des champignons, des
-mousserons ou des morilles, et, si vous le voulez, des trois ensemble:
-laissez cuire, faites réduire la sauce convenablement; votre ragoût
-cuit, liez-le avec quatre jaunes d’œufs délayés, soit avec un peu de
-lait, soit avec de la crême, ou un peu de votre sauce refroidie, et
-finissez-les, soit en y mettant un jus de citron, soit un filet de
-verjus, ou, faute de ces deux objets, un filet de vinaigre blanc;
-goûtez si votre sauce est d’un bon goût et servez.
-
-
-_Gibelotte de Lapereaux._
-
-Ayez une demi-livre de petit lard; coupez-le en gros dés, que
-vous passerez dans du beurre; lorsqu’ils seront d’un beau blond,
-égouttez-les; mettez une pincée de farine dans votre beurre et faites
-un petit roux; vous aurez coupé deux lapereaux en morceaux, et lorsque
-votre roux sera d’un beau blond, mettez-y vos lapereaux; faites les
-revenir; ensuite joignez-y votre petit lard; mouillez le tout avec la
-moitié d’une bouteille de vin blanc, et achevez de le mouiller avec
-du bouillon; faute de bouillon, employez de l’eau; assaisonnez votre
-gibelotte de sel, d’un peu de gros poivre, d’un bouquet de persil et
-ciboules, dans lequel vous aurez mis un clou de girofle, une feuille de
-laurier et une gousse d’ail; faites cuire, et durant la cuisson mettez
-des champignons; dégraissez votre sauce et ôtez le bouquet: si elle se
-trouvait trop longue, retirez-en; faites-la réduire; goûtez si elle est
-d’un bon goût et servez.
-
-
-_Gibelotte de Lapereau et d’Anguille._
-
-Procédez pour cette gibelotte comme il est énoncé pour la précédente:
-ajoutez-y une anguille que vous couperez par tronçons, et que vous
-ferez cuire avec votre lapereau; ou, si vous l’aimez mieux, faites-la
-cuire séparément dans l’assaisonnement. (Pour cette cuisson, voyez
-_Anguille à la Broche_, article POISSON.)
-
-
-_Lapereaux aux petits Pois._
-
-Faites un petit roux; coupez vos lapereaux par membres; votre roux
-étant bien blond, passez-les dedans; ajoutez-y quelques dés de jambon,
-et mouillez le tout avec du bouillon; faites que votre roux soit bien
-délayé; mettez-y un bouquet de persil et ciboules, garni d’un clou de
-girofle, d’une feuille de laurier et d’une demi-gousse d’ail, si vous
-voulez; lorsque votre lapereau sera en train de bouillir, mettez-y un
-litre de petits pois, et faites cuire le tout, que vous assaisonnerez
-de sel en suffisante quantité; quand votre ragoût sera bien réduit,
-supprimez-en le bouquet et servez.
-
-
-_Timbale de Lapereaux._
-
-Ayez deux lapereaux; préparez-les comme il est dit ci-dessus;
-passez-les dans une casserole, avec du beurre, du sel, du poivre et
-des fines herbes hachées, telles que persil, échalotes, ciboules,
-champignons et truffes; mettez des épices fines, une feuille de
-laurier, et mouillez le tout avec un verre de vin blanc et deux
-cuillerées à dégraisser d’espagnole; faites-les mijoter, et lorsque vos
-lapereaux seront cuits, laissez-les refroidir, et ôtez-en la feuille de
-laurier: de là prenez gros de beurre comme une noix, beurrez-en une
-casserole d’une grandeur convenable, et foncez-la de petites bandes
-de pâte roulées (voyez l’article _Pâte à Pâté_); commencez par le
-milieu du fond de cette casserole, en tournant votre pâte en forme de
-limaçon, jusqu’à ce que vous arriviez au rebord de la casserole; ayez
-soin, et que ces bandes portent bien les unes sur les autres, et de
-les souder, en sorte qu’on ne puisse s’apercevoir de leur jonction:
-cela fait, moulez un morceau de pâte qui vous servira à faire un double
-fond; abaissez-la, mettez-la de l’épaisseur d’un écu de six francs,
-pliez-la en quatre, présentez-la dans votre casserole pour vous assurer
-si ce fond est assez grand; il faut qu’il dépasse la casserole d’un
-bon pouce; vous en serez convaincu en pliant votre pâte en quatre et
-lorsque sa pointe touchera le point central du fond; après mouillez
-un peu les bandes avec un doroir; posez dessus votre double fond,
-appuyez-le légérement pour qu’il ne reste aucun vide entre les bandes
-et votre abaisse; ensuite roulez du godiveau, avec un peu de farine;
-formez-en des petites quenelles; garnissez-en le fond de votre timbale,
-mettez-en tout autour, presque jusqu’au bord; remplissez-en le vide des
-membres de vos lapereaux; joignez-y quelques champignons tournés, et
-passez dans du beurre; faites une seconde abaisse pour couvrir votre
-timbale, mouillez-en les bords; posez dessus votre couvercle de pâte,
-soudez-le et videz-le; mettez-la au four environ une heure et demie:
-lorsqu’elle sera cuite d’une belle couleur et que vous serez prêt à
-servir, renversez-la sur le plat; levez-en un couvercle de la grandeur
-que vous voudrez; mettez dans votre timbale une bonne espagnole
-réduite, et servez.
-
-Si vous n’avez pas le temps de faire ces bandes, beurrez votre
-casserole, saupoudrez-la de vermicelle; mettez votre abaisse dessus, et
-procédez pour le reste, comme il est énoncé plus haut.
-
-
-_Mayonnaise de Lapereaux._
-
-Faites cuire deux lapereaux à la broche; laissez-les refroidir;
-coupez-les par membres; parez-les proprement, mettez-les et sautez-les
-dans une mayonnaise (voyez _Sauce Mayonnaise_, à son article);
-dressez-les et servez.
-
-
-_Lapereaux aux fines Herbes._
-
-Ayez deux lapereaux; videz-les, coupez-les en morceaux; parez-les,
-mettez-les dans une casserole, avec un morceau de beurre, du sel et
-du poivre; joignez-y persil, ciboules, échalotes hachées, et des
-champignons, si vous en avez: passez le tout; laissez-le suer environ
-un quart d’heure; lorsque vos lapereaux seront cuits, ajoutez-y le jus
-d’un fort citron, et servez-les.
-
-
-_Lapereaux en Papillotes._
-
-Préparez vos lapereaux comme il est énoncé à l’article précédent: cela
-fait, mettez-les en papillotes (voyez l’article _Cuisses de Levrauts
-en papillotes_.).
-
-
-_Marinade de Lapereaux._
-
-Ayez deux lapereaux cuits à la broche, comme je l’ai dit à l’article
-de la _Mayonnaise_; coupez-les par membres; faites-les mariner
-(voyez l’article _Marinade_); lorsqu’ils le seront suffisamment,
-égouttez-les, mettez-les dans une pâte à frire; faites-les frire;
-qu’ils soient d’une belle couleur, et servez.
-
-
-_Salade de Lapereaux._
-
-Faites cuire un ou deux lapereaux à la broche; après coupez-les par
-membres; parez-les, dressez-les sur un plat; décorez-les avec des
-filets d’anchois, des œufs durs, coupés par quartiers; des betteraves,
-si c’est la saison; des cœurs de laitues, des câpres, des petits
-oignons cuits, de la fourniture hachée, et servez avec un huilier.
-
-
-_Terrine de Lapereaux._
-
-Apprêtez deux lapereaux; coupez-les par membres, mettez-les dans une
-petite marmite, avec deux ou trois oignons, dont un piqué de deux clous
-de girofle, une ou deux carottes, une feuille de laurier, un bouquet
-de persil et ciboules, et une demi-gousse d’ail; mouillez le tout avec
-du bon bouillon; vous aurez auparavant fait blanchir une demi-livre ou
-trois quarterons de lard coupés en gros dés, sans être détachés de la
-couenne, et que vous ajouterez à vos lapereaux: faites cuire le tout;
-sa cuisson faite, égouttez-le, mettez-le dans le fond de votre terrine,
-et masquez-le d’une purée de lentilles ou de pois. (Voyez les articles
-_Purée de Lentilles_ et _Purée de Pois_.)
-
-
-_Lapereaux en Caisse._
-
-Ayez deux ou trois jeunes lapereaux; préparez-les; refaites-les;
-posez-les à un feu nu pour les roidir; faites une caisse de la grandeur
-de vos lapereaux; frottez-la d’huile; posez-la sur le gril, et rangez-y
-ces lapereaux; passez dans du beurre des fines herbes hachées, telles
-que persil, ciboules et champignons, que vous mettrez dans un linge
-blanc, et que vous tordrez pour en supprimer le jus qui pourrait
-ramollir votre caisse: assaisonnez ces fines herbes de sel, de gros
-poivre, de fines épices, et versez-les dans votre caisse; mettez-la
-sur un feu doux; ayez soin d’y tourner vos lapereaux, et leur cuisson
-faite, servez-les.
-
-
-_Accolade de Lapereaux à la Broche._
-
-Ayez deux jeunes lapereaux; coupez-leur les jambes de devant,
-tout-à-fait près du corps; la moitié des pieds de derrière, et
-passez-leur un de ces pieds dans le jarret de l’autre; habillez-les,
-posez-les sur la table; battez-leur le dos avec le manche de votre
-couteau; refaites-les; bardez l’un et piquez l’autre: pour le piquer,
-vous ferez une lapinière qui est une espèce de latte où il y a des
-trous et dont le bout est pointu; vous enfoncerez cette pointe dans la
-mâchoire de l’animal, et vous lui fixerez les pieds sur la lapinière
-avec une petite cheville: cela fait, mettez vos lapereaux à la broche;
-faites-les cuire en les arrosant: leur cuisson faite, servez-les, en
-mettant à côté une poivrade dans une saucière.
-
-
-
-
-FAISAN.
-
-
-Le faisan est jeune et tendre, lorsque la maîtresse penne de l’aile
-marque encore, c’est-à-dire qu’elle forme la pointe, et que de la
-jambe du coq l’éperon est arrondi: au contraire, s’il est pointu et
-long, c’est une preuve que c’est un vieux coq, et dès-lors nullement
-convenable pour le rut; mais on peut l’employer pour toute autre chose,
-comme il sera désigné ci-après. Remarquez qu’il faut toujours le
-choisir gras et bien en chair; et que ceux qui viennent de la Bohême
-sont préférables à ceux de ces pays-ci; mais il n’en vient que dans
-l’hiver.
-
-
-_Faisan à la Broche._
-
-Ayez un faisan jeune, tendre et gras; plumez-le par tout le corps,
-excepté à la queue et à la tête, en prenant garde de le déchirer:
-l’ayant vidé, flambé et épluché, bridez-le; bardez-le ou piquez-le;
-enveloppez-lui la tête et la queue de papier; retroussez-lui la queue
-le long des reins, embrochez-le, enveloppez-le entièrement de papier,
-faites-le cuire, et déballez-le, ainsi que sa tête et sa queue, et
-servez-le.
-
-S’il est pour des Anglais, servez-le avec une brède-sauce. (Voyez cet
-article.)
-
-
-_Faisan aux Truffes ou à la Périgueux._
-
-Plumez un jeune faisan, comme pour la broche; videz-le par la poche: à
-cet effet, cassez-lui l’os du brichet ou de la poitrine, en lui sortant
-les intestins: prenez garde de crever l’amer; flambez-le légérement,
-épluchez-le; ayez une livre et demie de bonnes truffes; brossez-les,
-épluchez-les; pilez trois quarterons de lard; mettez ce lard dans
-une casserole avec vos truffes, dont vous aurez haché les plus
-petites; mettez-les cuire sur un feu doux, avec sel, poivre et un peu
-d’épices fines: leur cuisson faite, laissez-les presque refroidir, et
-remplissez-en le corps de votre faisan; cousez-en la poche; bardez-le;
-laissez-le se parfumer ainsi deux ou trois jours et plus, si vous le
-voulez: de là embrochez-le, emballez-le de papier; faites-le cuire
-environ une heure, et servez-le.
-
-
-_Filets de Faisans à la Vopallière._
-
-Prenez trois jeunes faisans; levez-en les filets; ôtez-en les mignons;
-levez la peau de vos gros filets, et cela en les posant sur la table,
-et faisant couler votre couteau, comme si vous leviez une barde de
-lard; prenez garde d’en endommager les chairs; battez-les légérement
-avec le manche de votre couteau, et parez-les: faites fondre du beurre
-dans une sauteuse; trempez-y vos filets les uns après les autres, et
-rangez-les, de manière qu’ils ne se touchent pas; saupoudrez-les d’un
-peu de sel fin, d’un peu de gros poivre, et couvrez-les d’un rond de
-papier: préparez vos six petits filets; piquez-en trois de même lard;
-les trois autres, décorez-les de petites crêtes de truffes; mettez-les
-sur une tourtière, avec un peu de beurre fondu et un grain de sel;
-donnez-leur la forme d’un demi-cercle, et couvrez-les d’un rond de
-papier: vous aurez levé les cuisses de vos faisans et les aurez fait
-cuire à la broche ou dans une casserole, avec un peu de beurre, sans
-mouillement: lorsqu’elles seront froides, vous en supprimerez les
-peaux et les nerfs; vous hacherez vos chairs fort menu, et les mettrez
-dans une casserole que vous couvrirez: vous aurez fait un fumet de vos
-carcasses, comme il est indiqué au fumet de lapereaux (voyez l’article
-_Escalopes de Lapereaux_); sa cuisson faite, passez-le au travers
-d’une serviette; faites-le réduire; ajoutez-y trois cuillerées à
-dégraisser d’espagnole travaillée; faites réduire le tout à consistance
-de demi-glace, et réservez-en une partie pour glacer votre entrée;
-sautez vos filets, retournez-les; assurez-vous s’ils sont cuits;
-dressez-les en couronne; mettez votre hachis et vos truffes dans votre
-sauce, avec gros comme une noix d’excellent beurre: remuez le tout; ne
-le laissez point bouillir; versez-le dans le puits de vos filets: vous
-aurez fait sauter au même instant vos petits filets dans le beurre:
-leur cuisson faite, glacez-les et faites-en une seconde couronne sur
-votre hachis, que vous aurez glacé avec ce que vous aviez conservé de
-votre sauce, et servez.
-
-
-_Escalopes de Faisans._
-
-Levez les ailes de trois faisans; enlevez-en la petite peau, comme
-il est indiqué à l’article précédent; coupez-les en filets d’égale
-grosseur; formez-en des escalopes, comme il est dit à l’article
-_Escalopes de Lapereaux_; faites fondre du beurre dans une sauteuse;
-arrangez-y vos escalopes, les unes après les autres; saupoudrez-les
-d’un peu de sel et de gros poivre; arrosez-les de beurre fondu; faites
-un fumet du restant de vos chairs et de vos carcasses, comme il est
-indiqué article _Lapereau_; ajoutez-y trois cuillerées à dégraisser
-d’espagnole; mettez le tout à demi-glace; faites sauter vos escalopes;
-égouttez-en le beurre; conservez leur jus; mettez-les, ainsi que ce
-jus, dans votre réduction; sautez-les et finissez-les avec un pain de
-beurre; goûtez si elles sont d’un bon goût, dressez-les et servez:
-joignez-y des truffes coupées en liards, si c’est la saison et si tel
-est votre goût.
-
-
-_Salmi de Faisans._
-
-Faites cuire un ou deux faisans à la broche; laissez-les refroidir,
-dépecez-les, parez-les proprement, supprimez-en les peaux; arrangez-les
-dans une casserole, mouillez-les avec un peu de consommé pour les
-faire chauffer sur une cendre chaude; mettez dans une casserole
-un bon verre de vin, rouge ou blanc; ajoutez-y trois ou quatre
-échalotes hachées, un zeste de bigarade, trois cuillerées à dégraisser
-d’espagnole réduite, gros comme une muscade de glace ou de réduction
-de veau; faites réduire le tout; pilez les peaux et les parures de vos
-faisans; mettez-les dans votre réduction, délayez-les sans les faire
-bouillir, passez-les à l’étamine comme une purée; mettez cette espèce
-de purée ou sauce de salmi dans une casserole, et tenez-la chaudement
-au bain-marie: au moment de servir, égouttez vos membres de faisans;
-dressez-les sur le plat, en mettant les inférieurs les premiers,
-conséquemment vos ailes et vos cuisses tout autour, le tout entremêlé
-de croûtons en cœur, soit de mie ou de croûte de pain, passés dans
-du beurre: exprimez dans votre salmi le jus d’une ou deux bigarades,
-saucez et servez.
-
-
-_Soufflé de Faisans._
-
-Pour procéder à ce sujet, voyez _Soufflé de Perdreaux_, à son article.
-
-
-_Faisan à la Chou-croûte._
-
-Ayez un gros faisan, plumez-le, videz-le, flambez-le; lardez-le de gros
-lardons, assaisonnés de sel, poivre, fines épices, persil, ciboules, un
-peu d’aromates pilés: lavez et pressez de la chou-croûte en suffisante
-quantité pour en former un bon plat; mettez-la cuire avec un morceau
-de petit lard et un cervelas; nourrissez-la avec quelques fonds ou
-dessus de braises; faites-la cuire trois ou quatre heures sur un feu
-doux; après mettez-y au milieu votre faisan; faites-le cuire environ
-une heure, et lorsqu’il le sera, dressez-le sur le plat: prenez votre
-chou-croûte pour l’égoutter avec une cuiller percée; garnissez-en votre
-faisan; coupez votre cervelas en tranches; ôtez-en la peau; faites-en
-une bordure autour de la chou-croûte, en l’entremêlant de petit lard
-coupé en lames et de quelques saucisses, puis servez.
-
-
-_Croquettes de Faisans._
-
-S’il vous reste un faisan de desserte, ou des membres de faisans, vous
-pouvez en faire des croquettes. (Voyez _Croquettes de Lapereaux_,
-article FARCES.)
-
-
-_Mayonnaise de Faisan._
-
-Pour procéder à l’égard de cette mayonnaise, voyez _Mayonnaise de
-Lapereaux_, à son article.
-
-
-_Boudin de Faisan à la Richelieu._
-
-Levez les chairs d’un faisan; pilez-les, passez-les au tamis à
-quenelles; faites cuire dans la cendre douze grosses pommes de terre,
-épluchez-les, et faites attention qu’il n’y reste ni cendre ni gravier;
-pilez-les à force de bras; ramassez-les dans votre mortier; formez
-des pelotes et de vos chairs et de ces pommes, ainsi que de beurre,
-c’est-à-dire, que le tout soit par tiers d’égale proportion; pilez
-ensemble vos chairs et vos pommes de terre; lorsqu’elles le seront
-bien, ajoutez-y votre beurre; pilez le tout de nouveau, jusqu’à ce
-qu’il soit bien incorporé; assaisonnez-le de sel, d’un peu d’épices
-fines et de muscade râpée, et faites en sorte que rien ne domine;
-humectez vos quenelles avec cinq ou six jaunes d’œufs, les uns après
-les autres; ces jaunes bien incorporés à votre farce, faites-en
-l’essai; si elle est d’un bon goût et à son degré de perfection,
-retirez votre pilon; fouettez trois blancs d’œufs, joignez-les à votre
-farce en les y mêlant bien, et retirez-la; saupoudrez votre table de
-farine; mettez dessus, par parties, votre farce; roulez-la, en sorte
-d’en former de gros boudins; posez-les sur un couvercle, pochez-les
-comme le boudin de lapereau; laissez-les refroidir, panez-les à
-l’anglaise, c’est-à-dire avec un jaune d’œuf mêlé d’un peu de beurre
-fondu et une pincée de sel; au moment de servir, faites-les griller et
-servez-les avec un fumet fait avec la carcasse de votre faisan. (Voyez
-_Fumet de Gibier_, article LAPEREAU.)
-
-
-
-
-PERDRIX ROUGES.
-
-
-On en distingue de deux espèces; l’une est la bortavelle, et l’autre
-celle d’Europe; la dernière a douze pouces de longueur, le bec et
-l’iris des pieds rouges, le fond d’un gris-brun, et la tête d’un beau
-roux, barrée de taches noires obliques sur les plumes de l’occiput; la
-gorge d’un blanc pur, encadré de noir; une bande blanche au-dessus des
-yeux; le dessus du col et les côtés cendrés, avec deux taches noires
-au-dessus du dos. Le mâle se distingue de la femelle par un tubercule
-sur chaque pied; on connaît les jeunes à la forme pointue de la
-première penne de l’aile, et à une petite pointe blanche qui se trouve
-à l’extrémité.
-
-
-_Perdreaux Rouges à la Périgueux._
-
-Ayez trois de ces perdreaux; plumez-les, videz-les par la poche,
-flambez-les légérement et sans en roidir la peau; ne leur refaites
-point les pattes, et coupez-leur le bout des ergots; râpez une
-demi-livre de lard; lavez, brossez, épluchez une livre de truffes; si
-elles sont grosses, coupez-les en deux ou en quatre; arrondissez-les
-en forme de petites truffes, et hachez-en les parures; passez-les
-dans votre lard râpé, comme il est dit à l’article du _Faisan à la
-Périgueux_; remplissez-en le corps de vos perdreaux; cousez la poche,
-retroussez-leur les pattes en dehors avec une aiguille à brider;
-donnez-leur une belle forme; que l’estomac soit comme un peu aplati;
-foncez une casserole, qui puisse contenir vos perdreaux sans les gêner,
-avec des bardes de lard, une ou deux lames de jambon, un peu de rouelle
-de veau, une carotte, un oignon, un bouquet assaisonné, un demi-verre
-de vin blanc, une cuillerée de consommé et un peu de sel; posez sur
-ce fond vos perdreaux, mettez-leur sur l’estomac quelques tranches de
-citron, dont vous aurez supprimé la peau et les pépins; couvrez-les
-de bardes de lard, et faites-les partir; mettez-les cuire sur la
-paillasse, avec feu dessous et dessus environ trois quarts d’heure;
-égouttez-les, dressez-les, saucez-les avec la sauce à la Périgueux, et
-servez. (Voyez l’article _Sauce aux Truffes_ ou _à la Périgueux_.)
-
-
-_Perdreaux Rouges ou Gris à l’Espagnole._
-
-Ayez trois perdreaux; plumez-les, videz-les, flambez-les; faites-les
-revenir dans une casserole sur un feu doux, avec un morceau de beurre,
-et sans leur donner de couleur; mouillez-les d’un verre de vin blanc,
-deux cuillerées à dégraisser de consommé et quatre d’espagnole réduite;
-laissez-les cuire et mijoter à-peu-près trois quarts d’heure; retirez
-la majeure partie de la sauce, faites-la réduire, dégraissez-la; au
-moment de servir, dressez vos perdreaux sur le plat, mettez un pain de
-beurre dans votre sauce, passez-la et vannez-la; saucez vos perdreaux
-et servez.
-
-Si vous n’avez point d’espagnole, mouillez vos perdreaux avec du
-consommé et un verre de vin blanc; ajoutez à cela deux lames de jambon,
-une ou deux tranches de veau, un bouquet de persil et ciboules, un
-oignon piqué d’un clou de girofle, une carotte coupée en quatre, et la
-moitié d’une feuille de laurier; durant la cuisson de vos perdreaux
-faites un petit roux; leur cuisson presqu’achevée, passez la majeure
-partie de leur fond au travers d’un tamis de soie, délayez-en votre
-roux; faites cuire votre sauce, dégraissez-la, faites-la réduire,
-tordez-la dans une étamine; achevez la cuisson de vos perdreaux dans
-cette sauce, et finissez-la comme la précédente.
-
-
-_Perdreaux ou Entrée de Broche._
-
-Prenez trois perdreaux; videz-les, flambez-les sans les roidir;
-bridez-les, embrochez-les sur un hatelet; couvrez-leur l’estomac de
-tranches de citrons, desquels vous aurez ôté les pépins et la peau;
-couvrez-les de bardes de lard, enveloppez-les de papier; fixez les
-bouts de votre papier sur l’hatelet avec de la ficelle attachée sur la
-broche; faites cuire trois quarts d’heure vos perdreaux, déballez-les;
-au moment de servir, égouttez-les, dressez-les en chevrette sur votre
-plat; saucez-les avec un jus clair, dans lequel vous aurez mis une
-pincée de gros poivre; exprimez le jus d’une ou deux bigarades, et
-servez.
-
-
-_Perdreaux Grillés._
-
-Ayez deux ou trois perdreaux; plumez-les, videz-les, flambez-les,
-épluchez-les, retroussez les pattes en poule, fendez-les en deux par
-les reins, aplatissez-les légérement sur la table; mettez dans une
-casserole un morceau de beurre avec vos perdreaux; assaisonnez-les de
-sel, de gros poivre et faites-les revenir des deux côtés; posez-les
-sur le gril, et faites-les cuire à un feu doux; leur cuisson faite,
-dressez-les, et servez-les avec une sauce au pauvre homme. (Voy.
-_Sauce au Pauvre homme_, article SAUCES.)
-
-
-_Perdreaux à l’Anglaise._
-
-Faites une farce avec les foies de trois perdreaux, un peu de beurre,
-du gros poivre et du sel en suffisante quantité; farcissez-en vos
-perdreaux; mettez-les à la broche sans les barder; enveloppez-les de
-papier et faites-les cuire aux trois quarts; ensuite mettez-les dans
-une casserole, après leur avoir lavé les membres, sans les séparer du
-corps, et mettez-leur entre chaque membre un peu de beurre manié avec
-de la mie de pain, de l’échalote, du persil, de la ciboule hachée, du
-sel, du gros poivre et un peu de muscade; mouillez vos perdreaux avec
-un bon verre de vin de Champagne et deux cuillerées à dégraisser de
-consommé; faites-les bouillir doucement jusqu’à parfaite cuisson, sans
-les couvrir, afin que la sauce puisse se réduire; finissez avec le jus
-d’une ou deux bigarades, un peu de leur zeste râpé, et servez.
-
-
-_Salmi de Perdreaux._
-
-Préparez trois perdreaux; bardez-les et faites-les cuire à la broche
-(il faut qu’ils soient un peu verts cuits): laissez-les refroidir,
-levez-en les membres, ôtez-en la peau, parez-les, rangez-les dans une
-casserole, avec un peu de consommé, posez-les sur une cendre chaude,
-faites qu’ils ne bouillent point de suite; coupez six échalotes, un
-peu de zeste de citron, mettez-les dans une casserole avec un peu
-de vin de Champagne et faites bouillir; concassez vos carcasses de
-perdreaux; mettez-les dans votre casserole; ajoutez-y quatre cuillerées
-à dégraisser d’espagnole réduite; faites réduire le tout à moitié;
-passez cette sauce à l’étamine; égouttez vos membres de perdreaux,
-dressez-les, mettez entre ces membres des croûtons de pain passés dans
-du beurre; saucez vos perdreaux, en ajoutant à leur sauce un jus de
-citron, si vous le voulez, et servez.
-
-
-_Salmi chaud ou froid._
-
-Préparez votre salmi comme il est indiqué à l’article précédent;
-finissez-le un quart d’heure avant de servir; mettez les membres de
-vos perdreaux à part; ajoutez à votre sauce une bonne cuillerée à
-dégraisser de gelée ou d’aspic; posez votre casserole sur la glace
-ou sur de l’eau sortant du puits; remuez bien cette sauce jusqu’à
-ce qu’elle prenne: une fois à son degré, trempez-y ces membres de
-perdreaux, les uns après les autres; dressez-les sur votre plat de
-service; couvrez-les du restant de la sauce; garnissez votre entrée de
-croûtons passés dans du beurre; décorez-la tout autour de gelée taillée
-en diamans, et servez.
-
-
-_Perdreaux à la Vopallière._
-
-A l’égard de ces perdreaux, procédez comme pour les faisans de ce nom.
-(Voyez l’article _Faisans à la Vopallière_.)
-
-
-_Salmi de Chasseur._
-
-Faites cuire deux ou trois perdreaux à la broche, et coupez-les par
-membres; vous aurez mis dans une casserole trois cuillerées à bouche
-d’huile, un demi-verre de vin rouge, un peu de sel fin, du gros poivre,
-un jus de citron et un peu de zeste; sautez vos membres de perdreaux
-dans cette sauce; dressez-les, saucez-les et servez.
-
-
-_Perdreaux à la Monglat ou Salpicon en Cuvette._
-
-Retroussez trois perdreaux en poule; bardez-les, faites-les cuire à
-la broche, laissez-les refroidir, levez-en les estomacs, de manière
-à en former une cuvette; coupez-les en petits dés; faites chauffer
-vos perdreaux dans un peu de consommé, et tenez-les chauds jusqu’au
-moment de servir; mettez dans une casserole un morceau de beurre;
-coupez six ou huit truffes crues comme le sont vos estomacs, et autant
-de champignons; passez-les dans ce beurre, en y joignant un peu de
-persil, de ciboules et d’échalotes hachées; mouillez le tout d’un bon
-verre de vin de Champagne et de six cuillerées à dégraisser d’espagnole
-travaillée; faites cuire et réduire votre sauce, ayant soin de la
-dégraisser; coupez deux ou trois foies gras ainsi que vos chairs;
-mettez-les dans votre sauce, avec sel et gros poivre; faites-lui
-jeter deux ou trois bouillons, joignez-y ces chairs énoncées; faites
-chauffer le tout sans qu’il bouille; dressez vos perdreaux sur le plat,
-remplissez-les de votre salpicon et dessous un fumet, et servez. (Voyez
-_Fumet_, article LAPEREAU.)
-
-
-_Perdrix aux Choux._
-
-Ayez trois vieilles perdrix; après les avoir appropriées, troussez-les
-en poule; lardez-les de gros lardons, assaisonnés de sel, poivre,
-épices fines, aromates pilés et passés au tamis, persil et ciboules
-hachés; foncez une casserole de quelques débris de veau, deux carottes,
-deux oignons et une demi-gousse d’ail; posez vos perdrix dessus,
-couvrez-les de bardes de lard; mouillez-les avec quelques bons fonds,
-ou avec du bouillon et du consommé; posez votre casserole sur le feu,
-faites-la partir; couvrez-la d’un rond de papier beurré, ainsi que
-de son couvercle; déposez-la sur la paillasse, avec feu dessous et
-cendre chaude dessus; laissez cuire une heure ou cinq quarts d’heure;
-de suite préparez des choux, comme il est énoncé à l’article de _la
-Pièce de Bœuf aux Choux_, dans lesquels vous ferez cuire un cervelas
-et un morceau de petit lard; tournez trente carottes rouges, autant
-de navets; donnez-leur le diamètre d’une pièce d’un franc (il faut
-que leur longueur soit de la hauteur du moule dont je vais parler);
-faites blanchir ces légumes; égouttez-les et faites-les cuire dans
-du consommé, avec une pincée de sucre pour en ôter l’âcreté; ayant
-fait refroidir votre cervelas et votre petit lard, ayez un moule;
-beurrez-le; mettez dans le fond un rond de papier blanc et une bande de
-papier autour de votre moule en dedans et de sa hauteur; coupez votre
-cervelas en liards et votre petit lard par tranches, de l’épaisseur de
-votre cervelas; posez au centre de ce moule un morceau de cervelas;
-rangez autour des tranches de votre petit lard, et garnissez ainsi le
-fond de votre moule de cercles de petit lard et de vos morceaux de
-cervelas; dressez autour de votre moule vos bâtons de carottes et de
-navets, en les entremêlant et les serrant les uns contre les autres;
-pressez vos choux, garnissez-en le fond de votre moule, et continuez
-d’en garnir les bords comme une espèce de contre-mur, si je puis
-m’exprimer ainsi; laissez un vide au milieu pour y placer vos perdrix;
-posez-leur l’estomac sur le fond; remplissez votre moule de choux, en
-coupant tout ce qui pourrait le déborder, et pressez-les, de manière
-à leur donner une assez ferme consistance, pour qu’en renversant vos
-perdrix, votre décor ne se dérange point; mettez un couvercle sur ce
-moule, et tenez vos perdrix chaudement au bain-marie; passez leur fond
-à travers un tamis de soie; joignez-y trois cuillerées à dégraisser
-d’espagnole travaillée, comme il est énoncé ci-après; laissez cuire
-votre sauce, dégraissez-la, faites-la réduire à consistance de
-demi-glace; retournez votre chartreuse sur votre plat, enlevez-en le
-papier, égouttez-la avec attention, épongez-en le mouillement, le
-mieux possible, avec le coin d’un linge blanc; saucez-la avec votre
-réduction, et servez.
-
-
-_Autre manière de dresser les Perdrix aux Choux._
-
-Posez vos perdrix sur le plat; pressez vos choux dans un linge;
-coupez-les en bâtons; dressez-les debout autour de vos perdrix;
-garnissez-les de cervelas coupés en rond, de petit lard en tranches,
-de saucisses à la chipolata; saucez-les avec la réduction énoncée
-ci-dessus, et servez.
-
-
-_Mayonnaise de Perdreaux._
-
-Faites cuire trois perdreaux à la broche; laissez-les refroidir;
-coupez-les par membres; parez-les; mettez-les dans un vase avec
-quatre échalotes, un peu d’estragon et de pimprenelle hachés, quatre
-cuillerées d’huile, trois cuillerées à dégraisser de gelée concassée,
-un peu de gros poivre, une pincée de sel fin et une cuillerée à
-dégraisser de vinaigre à l’estragon; sautez bien le tout ensemble;
-dressez sur votre plat vos perdreaux, en mettant au fond les estomacs
-et les reins, et rangeant vos membres autour; masquez le tout avec
-votre mayonnaise, et servez.
-
-Vous pouvez décorer le bord de votre plat avec quelques festons de
-gelée.
-
-
-_Perdreaux à la Cussy._
-
-Ayez trois perdreaux rouges, bien frais; habillez-les, désossez-les
-entièrement par les reins, excepté le dernier os de la cuisse;
-laissez-leur les pattes; étendez-les sur un linge blanc; couvrez les
-chairs d’une légère couche de farce cuite, faite de perdreaux. Vous
-aurez fait et laissé refroidir un salpicon, composé de gorges de ris de
-veau, de truffes, de champignons et de crêtes de coqs, le tout coupé en
-petits dés et par proportion égale, c’est-à-dire, ayant employé autant
-de l’un que de l’autre (voyez _Manière de faire le Salpicon_, à son
-article); remplissez le corps de vos perdreaux de ce salpicon, pour
-les faire bien dodus; cousez-les et donnez-leur alors leur première
-forme; bridez-leur les pattes en dehors; mettez-les dans une casserole,
-et faites-en roidir l’estomac dans un peu de beurre; laissez-les se
-refroidir, et piquez-leur l’estomac d’une deuxième; concassez leurs
-débris; mettez-les dans une casserole avec une lame de jambon, deux
-petits oignons, une carotte coupée en quatre, un bouquet de persil et
-ciboules assaisonné d’une demi-feuille de laurier et un peu de massif;
-joignez à cela un demi-verre de vin blanc, un petit bacha de consommé
-et un peu de lard râpé; posez vos perdreaux dans une casserole et
-couvrez-les d’un double rond de papier beurré; une demi-heure avant
-de servir, faites-les partir; couvrez-les, faites-les cuire avec feu
-dessous et dessus; ayez soin que leurs estomacs prennent couleur,
-comme si vous les faisiez cuire à la broche; égouttez-les, glacez-les
-légérement, dressez-les, saucez-les d’un fumet de gibier. (Voyez
-_Fumet de Gibier_, article _Sauté de Lapereaux_.)
-
-Si vous n’avez point de foncé, passez le fond de vos perdreaux à
-travers un tamis de soie; faites-le réduire avec deux cuillerées à
-dégraisser d’espagnole à consistance de demi-glace, et saucez-les.
-
-
-_Sauté de Filets de Perdreaux._
-
-Dépouillez quatre perdreaux, levez-en les filets, supprimez-en les
-peaux nerveuses, comme il est dit article _Faisans à la Vopallière_;
-mettez un quarteron de bon beurre dans une sauteuse; faites-le fondre,
-trempez-y vos filets, et arrangez-les l’un après l’autre dans votre
-sauteuse; saupoudrez-les d’un peu de sel; couvrez-les d’un rond de
-papier: vous aurez fait un fumet avec leurs carcasses (voyez _Fumet_,
-article _Sauté de Lapereaux_); ajoutez à votre fumet réduit quatre
-cuillerées à dégraisser d’espagnole; faites-le réduire, dégraissez-le
-au moment de servir; sautez vos filets, retournez-les: vous jugerez
-qu’ils sont cuits s’ils résistent au toucher; égouttez-les; dressez-les
-en couronne autour de votre plat, en mettant entre chaque un croûton
-de pain en cœur, passé dans du beurre, et glacé; finissez votre sauce
-avec un pain de beurre de Vembre; arrosez-en ces croûtons; saucez vos
-filets, et servez: vous pouvez les servir aux truffes.
-
-
-_Purée de Perdreaux._
-
-(Voyez _Purée de Gibier_).
-
-
-_Soufflé de Perdreaux._
-
-Prenez deux perdreaux cuits à la broche; levez-en les chairs;
-supprimez-en les peaux et les nerfs; hachez ces chairs; pilez-les,
-en y joignant les foies que vous aurez fait blanchir, et desquels
-vous aurez ôté l’amer; retirez le tout du mortier, mettez-le dans une
-casserole, avec environ quatre cuillerées à dégraisser d’espagnole
-réduite; chauffez le tout sans le faire bouillir; passez-le à l’étamine
-à force de bras; ramassez avec le dos de votre couteau ce qui peut
-être resté au dehors de cette étamine; déposez-le dans un vase; mettez
-dans une casserole quatre cuillerées à dégraisser d’espagnole et deux
-de consommé; concassez vos carcasses; joignez-les à votre espagnole;
-faites-les cuire, dégraissez-les, passez-en la sauce à l’étamine,
-faites-la réduire; mettez-y gros comme le pouce de glace ou de
-réduction de veau; faites-la réduire de nouveau plus qu’à demi-glace;
-retirez du feu votre casserole; mettez votre purée, mêlez le tout;
-ajoutez-y gros comme un œuf d’excellent beurre, un peu de muscade
-râpée, et incorporez-y quatre jaunes d’œufs frais, desquels vous aurez
-mis les blancs à part; fouettez ces blancs comme pour un biscuit;
-incorporez-les petit à petit dans votre purée, quoique chaude, le
-tout bien mêlé; versez-le dans une casserole d’argent ou une caisse
-de papier, ronde ou carrée; mettez-le dans un four ou sous un four de
-campagne, avec un feu doux dessous et dessus: lorsque votre soufflé
-sera bien monté, vous appuierez légérement les doigts dessus; s’il
-résiste moyennement au toucher, c’est qu’il est à son degré: servez-le
-aussitôt, de crainte qu’il ne retombe.
-
-
-_Perdrix à la Purée, en Terrine ou Entrée._
-
-Ayez trois perdrix; lardez-les de gros lardons; assaisonnez comme il
-est dit à l’article _Perdrix aux Choux_; faites-les cuire dans le même
-assaisonnement; servez-les avec la purée qu’il vous plaira, telle que
-de pois, lentilles dites provençales, etc.; garnissez-les de saucisses
-et de petit lard, ainsi que de petits croûtons en liards, passés au
-beurre.
-
-
-_Hachis de Perdreaux._
-
-Ayez deux ou trois perdreaux cuits à la broche; levez-en les chairs;
-supprimez-en les peaux et les nerfs; hachez ces chairs très-fin;
-concassez tous les débris de vos perdreaux; mettez-les dans une
-casserole avec quatre cuillerées à dégraisser d’espagnole, et deux
-de consommé; faites cuire ce fumet; passez cette sauce à l’étamine;
-faites-la réduire; dégraissez-la; réduite à demi-glace, retirez votre
-casserole du feu (mettez à part un peu de votre sauce, qui vous servira
-à glacer votre hachis à l’instant de servir); mettez dans cette sauce
-vos chairs, avec une pincée de mignonnette, un peu de muscade râpée et
-deux petits pains de beurre; mêlez bien votre hachis; dressez-le sur
-le plat; garnissez-le autour de croûtons passés dans du beurre; mettez
-dessus des œufs pochés, et servez-le.
-
-Vous pouvez garnir avec des filets en sautoir, entre chaque œuf ou
-langue à l’écarlate en crête.
-
-
-_Salmi de Perdreaux à la d’Artois._
-
-Ayez trois perdreaux cuits à la broche, sans avoir été piqués; levez-en
-les membres, parez-les; supprimez les peaux; arrangez ces membres dans
-une petite casserole, et mettez-les chauffer sans bouillir, avec un
-peu de consommé; mettez les reins et les parures de ces perdreaux dans
-un mortier; pilez-les, versez dans une casserole un bon verre de vin
-de Madère; mettez-y trois échalotes coupées, trois branches de persil,
-et un peu de zeste de bigarade; faites jeter un bouillon, et joignez
-à cela cinq cuillerées à dégraisser d’espagnole; laissez bouillir le
-tout dix minutes sur un bon feu; retirez la casserole du fourneau;
-mêlez à votre sauce vos carcasses pilées, délayez-les, passez-les à
-l’étamine; ramassez bien tout ce qui est au dehors de l’étamine; mettez
-cette purée ou salmi dans une petite casserole; faites-la chauffer au
-bain-marie; égouttez vos membres de perdreaux, dressez-les sur votre
-plat, en les entremêlant de quelques croûtons passés au beurre: vous
-aurez fait un bord à votre plat avec des petits croûtons passés à
-l’huile; retirez votre sauce du bain-marie, ajoutez-y le jus d’une ou
-deux bigarades, un peu de mignonnette et la moitié d’un pain de beurre;
-passez-la bien et saucez votre salmi.
-
-
-_Sauté de Perdreaux aux Truffes._
-
-Levez les filets de quatre perdreaux, parez-les; mettez fondre du
-beurre dans une sauteuse, posez-y vos filets; faites-les roidir des
-deux côtés, égouttez-les, posez-les sur votre table; coupez-les en
-huître, par petits morceaux d’égale grandeur; parez-les; donnez-leur
-une forme ronde; faites un fumet de carcasses, comme il est indiqué
-à l’article _Sauté de Lapereaux_; passez-le; faites-le réduire;
-ajoutez-y trois cuillerées d’espagnole travaillée; faites réduire à
-consistance de demi-glace; mettez-y vos filets, ne les faites point
-bouillir; joignez-y une demi-livre de truffes coupées en liards, tels
-que sont vos filets, et que vous aurez fait cuire dans le beurre où
-vous aurez sauté ces filets: mêlez bien le tout ensemble; que votre
-sauce ne soit pas trop longue; finissez-la avec un petit pain de
-beurre; dressez votre ragoût, en rocher, sur un plat, où vous aurez un
-bord de petits croûtons soudés, et servez.
-
-
-_Semelles de Perdreaux à la Chingara._
-
-Levez les filets de trois perdreaux, parez-les; faites fondre du beurre
-dans une sauteuse; mettez et retournez vos filets dans ce beurre;
-couvrez-les d’un rond de papier; ayez une belle langue de veau à
-l’écarlate, qui ne soit pas trop salée, et dont vous aurez coupé six
-morceaux; donnez-leur la grandeur et la forme de vos filets; mettez-les
-chauffer dans une casserole, avec un peu de consommé; prenez les
-parures et le tendre, excepté les peaux, de cette langue; hachez-les
-bien fin; ayant fait une sauce, comme il est indiqué à l’article
-ci-dessus, sautez vos filets; dressez-les en couronne, avec un morceau
-de langue entre chaque; saucez-les avec une partie de votre sauce;
-mettez votre hachis dans le reste de cette sauce; incorporez bien le
-tout; goûtez-le; s’il se trouvait salé, adoucissez-le avec un morceau
-d’excellent beurre; mettez ce hachis dans le puits de vos filets, et
-servez.
-
-
-_Côtelettes de Perdreaux._
-
-Prenez six perdreaux, levez-en les filets; supprimez-en les peaux
-nerveuses; battez-les légérement avec le manche de votre couteau;
-prenez l’os le plus faible des ailerons de vos perdreaux; ratissez-le;
-enfoncez-le suffisamment dans la pointe de chaque filet, afin qu’il
-y tienne; faites fondre du beurre dans une sauteuse, en suffisante
-quantité; posez-y vos filets; saupoudrez-les d’un peu de sel fin;
-faites-les roidir légérement; égouttez-les; laissez refroidir un peu
-leur beurre; lorsqu’il sera tiède, mettez-y deux jaunes d’œufs, pour
-le lier; trempez-y vos côtelettes; panez-les; posez-les sur un gril
-propre; mettez-les sur une cendre rouge; faites-leur prendre une belle
-couleur des deux côtés, dressez-les en couronne; servez dessus un fumet
-clair et réduit (voyez _Fumet_, article SAUTÉ) que vous aurez fait
-avec leurs carcasses; mettez-y une pincée de gros poivre, le jus d’une
-ou de deux oranges, et servez.
-
-
-_Perdreaux, Entrée de broche à l’Italienne._
-
-Appropriez trois ou quatre perdreaux; flambez-les légérement, et
-videz-les par la poche; maniez du beurre avec un grain de sel fin;
-remplissez-en le corps de vos perdreaux; laissez-leur les pattes en
-dehors; bridez-les; embrochez-les avec un hatelet entre l’aile et la
-cuisse; enveloppez-les de bardes de lard et de deux feuilles de papier;
-attachez cet hatelet des deux bouts sur une broche; faites cuire ces
-perdreaux une demi-heure ou trois quarts d’heure, ce qui suffit pour
-leur cuisson; déballez-les, laissez-les égoutter sur votre papier;
-dressez-les; saucez-les avec une bonne italienne rousse réduite (voyez
-_Sauce Italienne_, à son article): si vous voulez, ajoutez-y des
-truffes hachées, ce qui vous fera une fausse Périgueux.
-
-
-_Pâtés froids de Perdreaux._
-
-(Voyez article _Pâtés_).
-
-_Remarque._ Je n’ai point fait mention des perdreaux gris, en parlant
-des rouges, parce que les procédés en fait de cuisine sont les mêmes
-pour les deux espèces.
-
-
-
-
-BÉCASSES, BÉCASSINES, BÉCASSEAUX,
-
-
-_Et parti qu’on peut tirer de ces trois espèces de Gibier dans
-l’Économie domestique._
-
-La bécasse, étant un oiseau de passage, ne commence à paraître que vers
-la fin de septembre, lorsque la neige, venant à couvrir les montagnes,
-la chasse dans nos climats; et elle s’en va au mois de février: ce
-n’est que par hasard qu’on en trouve alors. C’est une excellente pièce
-de gibier, surtout lorsqu’elle est grasse. La bécassine ne diffère de
-la bécasse que parce qu’elle est moitié moins grosse; c’est le même
-plumage et le même bec. Le bécasseau ne diffère aussi de la bécassine
-que parce qu’il est moitié plus petit: observez que ces trois espèces
-de gibier se préparent de même et ne se vident point.
-
-
-_Bécasses, Bécassines et Bécasseaux à la Broche._
-
-Plumez et flambez trois bécasses; épluchez-les; supprimez la peau de la
-tête, en la laissant adhérente au corps; retroussez-leur les pattes,
-et servez-vous de leur bec comme d’une brochette, pour les retrousser;
-prenez la moins grasse des trois, piquez-la; bardez les deux autres,
-passez-leur un hatelet entre les cuisses; fixez-le des deux bouts:
-faites cuire vos bécasses environ une demi-heure, et arrosez-les, ayant
-mis dessous trois rôties de pain pour recevoir leur graisse et ce qui
-peut leur tomber du corps; au moment de servir ces bécasses, retirez
-vos rôties, parez-les, mettez-les sur le plat, et servez vos bécasses
-dessus.
-
-
-_Autre manière de les servir à la Broche._
-
-Videz vos bécasses par le dos; retirez-en tous les intestins;
-supprimez-en le gosier; hachez-les; mêlez-y du lard râpé, à-peu-près
-moitié du volume des intestins, un peu de persil, de ciboules et
-d’échalotes hachées, ainsi que du sel et un peu de gros poivre;
-farcissez de cela vos bécasses; recousez-les, bardez-les, et finissez
-comme il est indiqué ci-dessus. Si c’est pour des Anglais, servez-les
-avec une brède-sauce. (Voyez article _Brède-Sauce_.)
-
-
-_Salmi de Bécasses et de Bécassines._
-
-Faites cuire trois bécasses à la broche; laissez-les refroidir;
-levez-en les membres, et procédez pour ce salmi, comme pour celui de
-perdreaux (voy. cet article), excepté que vous joindrez les intestins
-de vos bécasses à leurs débris.
-
-
-_Soufflé de Bécasses._
-
-Voyez à ce sujet le _Soufflé de Perdreaux_, à son article, le procédé
-en général étant le même.
-
-
-_Bécasses en entrée de Broche._
-
-Procédez à l’égard de ces bécasses, comme pour les perdreaux en entrée
-de broche, avec la seule différence que vous leur retirez les intestins
-et les assaisonnez comme pour les bécasses à la broche. (Voyez
-l’article _Perdreaux à la Broche_.)
-
-
-_Salmi de Bécasses de Chasseur._
-
-Procédez, pour ce salmi, comme il est indiqué à l’article _Salmi de
-Perdreaux_, dit _de Chasseur_.
-
-
-_Autre Salmi de Bécasses._
-
-Ayez trois bécasses, faites-les cuire à la broche; mettez des rôties
-dessous pour recevoir la graisse et ce qui peut tomber de ces bécasses
-en cuisant: lorsqu’elles le seront, retirez-les; fendez les têtes en
-deux; prenez les intestins de vos bécasses; étendez-les sur vos rôties
-que vous couperez en cœur, et que vous entremêlerez avec vos membres en
-les dressant sur le plat; préparez, durant leur cuisson, votre sauce,
-comme il est indiqué à l’article _Salmi de Perdreaux_, et servez.
-
-
-_Bécasses aux Truffes._
-
-Prenez des bécasses; flambez-les; épluchez-les; videz-les par le
-dos; ôtez-en les intestins: vous aurez épluché des truffes selon la
-quantité que vous aurez de bécasses: ayant fait cuire ces truffes dans
-du lard râpé, avec sel, poivre, fines épices, ciboules, échalotes
-et persil hachés, laissez-les refroidir aux trois quarts; hachez
-bien ces intestins; mêlez-les avec vos truffes; remplissez avec cet
-appareil les corps de vos bécasses; cousez-leur le dos; retroussez-les;
-bardez-les; mettez-les à la broche, comme il est indiqué à l’article
-_Bécasses et Bécassines à la Broche_; ou marquez-les dans une
-casserole; et faites-les cuire avec feu dessous et dessus.
-
-
-_Hachis de Bécasses en Croustades._
-
-Faites cuire trois bécasses à la broche; lorsqu’elles seront froides,
-levez-en les chairs, hachez-les le plus fin possible; après avoir
-supprimé les peaux, ôtez le gésier du corps de vos bécasses; pilez-en
-les débris, ainsi que les intestins; versez dans une casserole
-un bon verre de vin de Champagne, avec trois ou quatre échalotes
-coupées: lorsque ce vin aura jeté un bouillon ou deux, mettez-y
-quatre cuillerées à dégraisser pleines d’espagnole réduite; faites
-bouillir; retirez vos carcasses du mortier; mettez-les dans votre
-sauce; délayez-les sans les faire bouillir; passez à l’étamine à force
-de bras; ramassez le tout; mettez dans une casserole votre purée, et
-tenez-la chaudement au bain-marie; faites d’égale grosseur et longueur
-sept ou neuf croûtons en cœur et en rond, le tout de l’épaisseur de
-trois travers de doigt; faites-les frire dans du beurre; qu’ils soient
-d’une belle couleur: vous leur aurez fait, du côté que vous voulez
-les servir, une petite incision convenable à leur forme; videz-les
-comme vous feriez d’un pâté chaud; mettez votre hachis dans votre
-sauce; incorporez bien le tout ensemble; ajoutez-y un pain de beurre;
-goûtez si ce hachis est d’un bon goût; remplissez-en vos croustades;
-dressez-les, la pointe en dedans, le rond sur les pointes; mettez sur
-chaque un œuf frais poché, et servez.
-
-
-
-
-PLUVIER.
-
-
-Le pluvier doré se met communément à la broche et comme les bécasses:
-il ne se vide point; cependant on en fait différentes entrées, telles
-que les suivantes.
-
-
-_Pluviers au Gratin._
-
-Videz, flambez, épluchez quatre pluviers; faites une farce de leurs
-intestins, comme celle indiquée aux _Bécasses_ (article _Autre
-Manière_); remplissez-en leur corps; mettez au fond d’un plat d’entrée
-l’épaisseur d’un travers de doigt de gratin (voyez _Gratin_, article
-FARCES); arrangez, dessus vos quatre pluviers; remplissez de ce gratin
-les vides qui peuvent se trouver entre eux; relevez-en la farce autour,
-ayant soin de n’en point garnir les estomacs, que vous couvrirez de
-bardes de lard; mettez-les cuire dans un four, ou sous un four de
-campagne, avec feu modéré dessous et un peu plus ardent dessus; leur
-cuisson faite, égouttez-les, et saucez-les avec une italienne rousse.
-(Voy. l’article _Sauce Italienne rousse_.)
-
-
-_Pluviers à la Périgueux._
-
-Ayez quatre pluviers; videz-les, flambez-les, épluchez-les; mettez-les
-dans une casserole avec une douzaine de belles truffes entières, dont
-vous aurez ôté la peau, un bouquet de persil et ciboules, un clou de
-girofle, une demi-feuille de laurier, un peu de basilic, sel et gros
-poivre; faites revenir le tout dans du beurre, et mouillez-le avec un
-verre de vin de Champagne et six cuillerées à dégraisser d’espagnole;
-faites cuire ainsi vos pluviers et dégraissez-les; leur cuisson faite,
-mettez-les, ainsi que les truffes, dans une autre casserole; passez
-leur sauce à l’étamine; dressez vos pluviers sur votre plat, avec une
-truffe entre chacun d’eux, et mettez dessus en rocher le reste de vos
-truffes; faites réduire votre sauce; ajoutez-y un jus de citron, et
-servez.
-
-
-_Pluviers en Entrée de Broche._
-
-Flambez quatre pluviers; videz-les par le dos; faites une farce
-de leurs intestins, comme il est indiqué aux BÉCASSES, article
-_Autre Manière_: remplissez-les de cette farce; cousez-leur le dos;
-embrochez-les avec un hatelet; enveloppez-les de bardes de lard;
-couvrez-les de papier; fixez votre hatelet sur la broche; faites-les
-cuire; leur cuisson faite, déballez-les, dressez-les sur votre plat;
-masquez-les d’un ragoût de truffes (voyez _Ragoût de Truffes_), et
-servez.
-
-
-
-
-GRIVES.
-
-
-_Grives à la Broche._
-
-(Voyez l’article _Bécasses à la Broche_).
-
-
-_Grives à la Flamande._
-
-Épluchez et retroussez ces grives, sans les vider; mettez-les dans
-une casserole avec un morceau de beurre et une pincée de graine de
-genièvre; saupoudrez-les d’un peu de sel; sautez-les; faites-leur
-prendre couleur; couvrez votre casserole; mettez un peu de feu dessous
-et dessus; faites-les cuire un peu vertes, et servez-les avec leur
-assaisonnement.
-
-
-_Grives à l’Anglaise._
-
-Épluchez et retroussez vos grives sans les vider; embrochez-les avec
-un hatelet, posez cet hatelet sur une broche et fixez-la des deux
-bouts; enveloppez vos grives de papier; faites-les cuire à moitié; ôtez
-leur papier; mettez un morceau de lard au bout d’un hatelet; faites
-prendre le feu à votre lard, et durant qu’il brûle faites-le dégoutter
-sur vos grives; saupoudrez-les d’un peu de sel fin et de mie de pain;
-donnez-leur une belle couleur; dressez-les, et servez à côté une sauce
-au pauvre homme, liée avec un morceau de beurre. (Voyez l’article
-_Sauce au pauvre Homme_.)
-
-
-
-
-CAILLES.
-
-
-_Cailles à la Broche._
-
-Plumez, videz, épluchez six ou huit cailles bien grasses; flambez-les,
-retroussez-les, enveloppez-les d’une feuille de vigne, d’une barde de
-lard, c’est-à-dire qu’il n’y ait que la moitié des pattes à découvert;
-embrochez-les dans un hatelet, posez-les sur la broche; faites-les
-cuire et servez.
-
-
-_Cailles au Laurier._
-
-Ayez sept cailles, épluchez-les, videz-les et flambez-les; faites une
-petite farce avec leurs foies et quelques foies de volailles, du lard
-râpé, une feuille de laurier hachée très-fin et un peu de ciboules
-hachées; assaisonnez de sel et de gros poivre; farcissez vos cailles;
-embrochez-les sur un hatelet, en les enveloppant de bardes de lard et
-de papier; faites-les cuire à la broche, et servez-les avec une sauce
-ainsi composée:
-
-Coupez deux ou trois lames de jambon, faites-les suer; lorsqu’elles
-commenceront à s’attacher, mouillez-les avec un verre de bon vin blanc,
-deux cuillerées à dégraisser pleines de consommé et autant d’espagnole
-réduite: mettez-y une demi-gousse d’ail et deux feuilles de laurier:
-faites bouillir et réduire le tout à consistance de sauce, et passez
-cette sauce à l’étamine. Durant la cuisson de vos cailles faites
-blanchir sept grandes feuilles de laurier; la cuisson de vos cailles
-étant achevée, supprimez-en le lard; dressez-les; mettez entre chacune
-d’elles une de ces feuilles de laurier: ajoutez à votre sauce le jus
-d’un citron, du gros poivre et un peu de beurre; passez-la, vannez-la,
-saucez et servez.
-
-
-_Cailles aux petits Pois._
-
-Videz, flambez et retroussez sept ou huit cailles; foncez une casserole
-d’une lame de veau et de jambon; joignez-y une carotte, un oignon et
-un bouquet assaisonné; couvrez-les de bardes de lard et d’un rond de
-papier; ensuite faites-les partir et cuire, avec feu dessus et dessous:
-leur cuisson faite, égouttez-les, dressez-les, et masquez-les d’un
-ragoût de pois au lard ou au jambon. (Voyez l’article _Ragoût de Pois
-au lard ou au jambon_.)
-
-
-_Cailles au Gratin._
-
-Flambez et désossez neuf cailles; faites un bouchon de la mie d’un
-pain du diamètre d’environ trois pouces et demi et de deux et demi
-de hauteur; entourez-le d’une barde de lard; posez-le au milieu de
-votre plat; garnissez le tour de ce bouchon de pain, d’un gratin que
-vous tiendrez en talus (voyez l’article _Gratin_), c’est-à-dire que
-ce gratin soit presque de la hauteur du pain vers le milieu du plat,
-et qu’il aille en diminuant vers les bords de ce plat, à-peu-près de
-l’épaisseur d’un demi-pouce: remplissez vos cailles de ce même gratin;
-donnez-leur la forme primitive: dressez-les sur votre gratin, les
-pattes en dehors; que ces pattes ne débordent pas le pain; remplissez
-de gratin les intervalles de vos cailles, de manière qu’on en voie
-l’estomac; unissez bien votre gratin sans couvrir les estomacs de vos
-cailles, que vous couvrirez de bardes de lard; mettez-les dans un
-four, avec un petit âtre dessous, ou sous un four de campagne, avec
-feu modéré dessus et dessous; faites qu’elles aient une belle couleur:
-leur cuisson faite, ôtez toutes les bardes de lard, ainsi que la mie de
-pain; égouttez-les; versez au milieu une bonne italienne rousse: glacez
-les estomacs de vos cailles, si vous le voulez; ajoutez des croûtons
-coupés en forme de crêtes et passés au beurre entre chaque caille, et
-servez.
-
-
-_Cailles aux Laitues._
-
-Flambez et retroussez huit cailles; foncez une casserole de bardes de
-lard et d’une lame de jambon; rangez vos cailles dans cette casserole,
-versez dessus une poêle, sinon coupez un morceau de rouelle de veau en
-dés; ajoutez-y un oignon piqué d’un clou de girofle, une demi-feuille
-de laurier, une carotte tournée et un petit bouquet de persil et de
-ciboules: mouillez cela d’un verre de consommé et d’un demi-verre
-de vin blanc; couvrez ces cailles de bardes de lard et d’un rond de
-papier; une demi-heure avant de servir, faites-les partir et cuire;
-leur cuisson faite, égouttez-les; dressez-les en les entremêlant de
-laitues (voyez _Laitues_, article des GARNITURES). Si vous le voulez,
-ajoutez entre vos cailles et vos laitues des croûtes de pain passées
-dans du beurre, qui doivent être d’une belle couleur. Avant de placer
-ces crêtes, saucez vos cailles et vos laitues avec une bonne espagnole
-réduite, dans laquelle vous aurez mis gros de glace comme le pouce, et
-servez.
-
-Si vous n’aviez point d’espagnole, faites cuire vos cailles un peu
-plus tôt; ayez un petit roux; mouillez-le avec le fond de ces cailles;
-faites cuire cette sauce; dégraissez-la, tordez-la dans une étamine,
-travaillez-la de nouveau, et servez-vous-en pour saucer vos cailles.
-
-
-_Cailles en Croustades._
-
-Prenez six ou sept cailles, désossez-les, remplissez-les d’un gratin
-fait avec leurs foies et quelques-uns de volailles (voyez _Gratin_,
-article FARCES); cousez vos cailles, marquez-les comme il est dit à
-l’article précédent, et procédez de même pour leur cuisson: faites
-autant de croustades que vous avez de cailles, et à cet égard (voyez
-_Hachis de Bécasses en Croustades_, à son article): vos cailles
-cuites, égouttez-les, ôtez-en les fils, mettez les cailles dans vos
-croustades, dressez-les, saucez-les avec une bonne italienne, dans
-laquelle vous aurez mis des truffes hachées et passées au beurre; de là
-servez.
-
-
-_Cailles à l’Anglaise._
-
-Ayez huit cailles, retroussez-les en poule, flambez-les, marquez-les
-dans une casserole entre quelques bardes de lard, avec une cervelle
-de veau séparée en deux, une douzaine de saucisses à la Chipolata, un
-bouquet de persil et ciboules, du sel et du poivre; mouillez le tout
-avec un bon verre de vin de Champagne et autant de bouillon; couvrez
-vos cailles de bardes de lard et d’un rond de papier, et faites-les
-cuire: leur cuisson achevée, égouttez-les ainsi que la cervelle; ôtez
-la peau de vos saucisses; rangez-les au milieu du plat; mettez vos
-cailles autour; posez vos cervelles sur vos saucisses: marquez le
-tout d’une financière au blanc (voyez l’article _Ragoût mêlé à la
-Financière_), et servez.
-
-
-_Cailles aux Truffes._
-
-Videz par la poche neuf cailles, flambez-les légérement; épluchez neuf
-belles truffes, coupez-les en dés, et donnez-leur la forme de petites
-truffes; hachez toutes leurs parures très-fin, ainsi que les foies des
-cailles; assaisonnez-les de sel et de mignonnette; mettez-y un morceau
-de beurre; faites cuire le tout légérement; laissez-le refroidir et
-remplissez-en vos cailles: de suite marquez-les dans une casserole,
-comme celles aux laitues (voy. cet article): leur cuisson faite,
-égouttez-les, dressez-les, et servez-les avec une sauce à la Périgueux.
-(Voyez l’article _Sauce aux Truffes ou à la Périgueux_.)
-
-
-
-
-MAUVIETTES OU ALOUETTES.
-
-
-_Mauviettes à la Broche._
-
-Plumez vingt-quatre mauviettes, flambez-les sans les vider; ayez
-autant de morceaux de lard que vous avez de mauviettes, et dans le
-cas de les envelopper les unes après les autres; embrochez-les l’une
-après l’autre avec un hatelet menu: passez une double ficelle dans la
-longueur de l’hatelet d’un bout à l’autre, dans le cas de contenir le
-lard qui enveloppe vos mauviettes; fixez des deux bouts votre hatelet
-sur une broche; faites cuire à un feu clair et vif; mettez, durant leur
-cuisson, des rôties dessous pour en recevoir la graisse, et servez-les
-dessus les rôties, que vous parerez proprement.
-
-
-_Mauviettes au Gratin._
-
-Prenez quinze mauviettes; fendez-les par le dos, désossez-les,
-remplissez-les de gratin (voyez _Gratin_, article FARCES); mettez de
-ce gratin l’épaisseur d’un travers de doigt dans le fond d’un plat;
-posez dessus vos mauviettes en couronne, afin de leur conserver un
-puits au milieu, tel que je l’ai indiqué à l’article _Cailles au
-Gratin_; garnissez ces mauviettes de gratin, en ne leur laissant
-d’apparent que les estomacs, que vous couvrirez de bardes de lard;
-faites-les cuire dans un grand four ou sous un four de campagne, avec
-feu dessus et dessous; donnez à votre gratin une belle couleur: la
-cuisson achevée, ôtez les bardes de lard et le pain, saucez avec une
-italienne rousse, et servez.
-
-
-_Sauté de Mauviettes aux Truffes._
-
-Ayez quatre douzaines de mauviettes, levez-en les filets, faites fondre
-du beurre dans une sauteuse, rangez-y ces filets comme des escalopes,
-et mettez dessus des truffes coupées en liards; mettez dans une
-casserole quatre cuillerées d’espagnole et deux de consommé; ajoutez-y
-les carcasses de vos mauviettes (desquelles vous aurez supprimé les
-gésiers) avec un demi-verre de vin de Champagne; laissez cuire cette
-sauce une demi-heure, dégraissez-la, passez-la à l’étamine; faites-la
-réduire à demi-glace: ayant fait cuire vos filets et vos truffes,
-égouttez-en le beurre, et conservez le jus: mettez ces filets et ces
-truffes dans votre fumet sans laisser bouillir; sautez bien le tout,
-finissez avec la moitié d’un pain de beurre, et servez.
-
-
-_Pâté chaud et Pâté froid de Mauviettes._
-
-(Voyez l’article PATISSERIE).
-
-
-
-
-ROUGES-GORGES, ORTOLANS, MURIERS ET BEC-FIGUES.
-
-
-Ils se préparent comme les mauviettes, et le plus souvent à la broche.
-(Voyez précédemment les articles _Mauviettes_.)
-
-
-
-
-PIGEONS.
-
-
-_Des Pigeons en général._
-
-Le ramier est un pigeon sauvage, qui diffère des autres par la couleur
-et le goût de sa chair; il diffère aussi en ce qu’il se perche sur
-les arbres (ce que ne fait point le pigeon domestique): les jeunes
-se nomment ramereaux, et sont les meilleurs; il est facile de les
-distinguer à leurs ongles, qu’ils ont plus courts que les vieux: on les
-mange assez généralement à la broche; néanmoins on peut en employer en
-entrée. Les vieux ne sont propres qu’à mettre dans la marmite.
-
-
-_Ramereaux en Marinade._
-
-Videz et flambez trois ramereaux; coupez-les en deux ou en quatre;
-faites-les cuire dans une légère marinade (voyez l’article
-_Marinade_); un peu avant de servir, égouttez-les sur un linge blanc,
-trempez-les dans une pâte à frire (voyez l’article _Pâte à Frire_);
-faites-les frire, qu’ils soient d’une belle couleur; égouttez-les, et
-servez-les comme les autres marinades.
-
-
-_Ramereaux poêlés._
-
-Videz et flambez légérement trois ou quatre ramereaux; retroussez-leur
-les pattes en dedans; foncez une casserole de bardes de lard, mettez-y
-une lame de jambon, un bouquet de persil et ciboules, une branche de
-basilic, une demi-feuille de laurier, deux oignons, dont un piqué d’un
-clou de girofle, une carotte coupée en quatre, un petit verre de vin,
-rouge ou blanc, et un verre de consommé; posez vos ramereaux sur ce
-fond, couvrez-les de bardes de lard; faites-les partir, mettez-les
-sur la paillasse, avec un feu modéré dessous et dessus; faites-les
-cuire environ trois quarts d’heure; leur cuisson faite, égouttez-les,
-dégraissez-les, et servez dessous une sauce poivrade légérement
-acidulée. (Voyez l’article _Sauce Poivrade_.)
-
-
-_Ramereaux à l’Étouffade._
-
-Videz et flambez trois ramereaux; préparez des moyens lardons,
-assaisonnez-les de sel, de poivre, de persil et ciboules hachées,
-d’épices fines et d’aromates pilés et passés au tamis (il faut que le
-basilic y domine un peu); lardez vos ramereaux, marquez-les dans une
-casserole, comme il est énoncé dans l’article précédent; faites-les
-bien cuire; leur cuisson achevée, dressez-les sur votre plat, passez
-leur fond au tamis, saucez-les et servez-les.
-
-
-_Des Tourtereaux._
-
-Les tourtereaux sont de la famille des pigeons: leur chair est plus
-estimée que celle de ces derniers, quoique plus sèche; les sauvages
-sont d’un meilleur goût que ceux des volières. On distingue le mâle par
-un collier noir qu’il a au cou. Les tourtereaux et les tourterelles
-s’emploient, comme le pigeon, le plus ordinairement à la broche.
-
-
-
-
-VOLAILLE.
-
-
-_Poulets._
-
-Il y en a de quatre sortes: 1º. le poulet commun, qui s’emploie
-généralement en fricassée, et dont on lève les chairs pour faire des
-farces de diverses sortes.
-
-2º. Le poulet demi-gras, dont on se sert pour les marinades à cru, les
-karis et différentes entrées qui n’exigent pas de très-gros poulets.
-
-3º. Le poulet à la reine, qui est le plus délicat, et qui sert aussi
-pour entrée et pour rôt.
-
-4º. Le gros poulet gras, dont on fait plus communément usage pour la
-broche que pour toute autre chose.
-
-C’est vers la fin d’avril que l’on commence à avoir les poulets
-nouveaux; on les reconnaît facilement à la blancheur de leur peau;
-ils sont ordinairement couverts de petits tuyaux, comme s’ils étaient
-mal épluchés; leurs pattes sont plus unies que celles des vieux, plus
-douces au toucher, et d’un bleu tirant sur l’ardoise. Les vieilles
-poules et les vieux coqs ne sont bons qu’à corser les bouillons ou les
-consommés; les chairs en sont dures et sèches, et d’un mauvais manger.
-
-Après les poulets viennent les poulardes et les chapons.
-
-
-_Fricassée de Poulets._
-
-Ayez deux poulets, flambez-les; refaites les pattes, épluchez-les,
-coupez les ongles; videz ces poulets et ôtez-en la poche (soit dit une
-fois pour toutes); dépecez-les, en commençant par lever les cuisses;
-séparez les pattes des cuisses; cassez l’os de la cuisse, à-peu-près
-vers le milieu; supprimez la moitié de cet os; coupez le petit bout du
-moignon; séparez les ailerons des ailes; coupez-en la pointe, ce qu’on
-appelle le fouet; levez vos ailes dans la jointure; ménagez l’estomac,
-séparez-le des reins; parez-le des deux bouts et des deux côtés;
-coupez le rein en deux; parez le croupion, coupez-en la petite pointe;
-supprimez le boyau adhérent au croupion; parez ce rein et ôtez-en les
-poumons; mettez dans une casserole une chopine d’eau, un oignon coupé
-en tranches, quatre branches de persil, un peu de sel, et vos morceaux
-de poulets; faites-les blanchir, c’est-à-dire, faites jeter un bouillon
-à cette eau; retirez-les, égouttez-les sur un linge blanc; parez-les,
-essuyez-les; passez votre eau à travers un tamis de soie; mettez dans
-une casserole un quarteron et demi de beurre; joignez-y vos poulets,
-faites-les revenir légérement; singez-les avec une pincée de farine
-de froment; sautez-les pour bien mêler votre farine; mouillez-les peu
-à peu, en les délayant avec votre eau de poulet; ajoutez-y un bouquet
-de persil et ciboules, garni d’une demi-feuille de laurier, d’un clou
-de girofle et de champignons tournés (voyez l’article GARNITURES);
-faites cuire votre fricassée, dégraissez-la: sa cuisson faite, si la
-sauce se trouve être trop longue, versez-en une partie ou le tout dans
-une autre casserole, et faites-la réduire à consistance de sauce;
-remettez-la sur vos membres de poulets; faites une liaison de trois
-jaunes d’œufs, avec un peu de crême ou de lait; faites bouillir votre
-fricassée; retirez-la du feu, liez-la; remettez-la sur le feu, sans
-la faire bouillir, pour achever de la lier; sachez si elle est d’un
-bon goût; finissez-la avec un demi-pain de beurre, un jus de citron ou
-un filet de verjus; dressez-la, en commençant par mettre les pattes
-au fond du plat, les reins dessus, ainsi que les estomacs; et rangez
-par-dessus, en les entremêlant, les cuisses et les ailes; saucez et
-servez.
-
-Vous pouvez faire la fricassée de poulets à chaud et à froid, de la
-même manière qu’il est énoncé à l’article _Salmi de Perdreaux chaud ou
-froid_, lorsque vous aurez lié votre fricassée de poulets, qu’elle sera
-un peu froide, ajoutez de la gelée à la sauce; faites-la prendre de la
-même manière qu’il est expliqué pour les perdreaux: n’employez point
-de croûtons.
-
-
-_Fricassée de Poulets à la Chevalière._
-
-Préparez deux beaux poulets gras, et faites-les cuire de la même
-manière qu’il a été expliqué, excepté qu’il faut mettre de côté les
-ailes, que vous piquez avec du menu lard; supprimez la peau; ôtez la
-chair du bout de l’os, et grattez-le; si c’est la saison, vous piquerez
-deux de ces ailes avec des truffes; faites fondre du beurre dans une
-tourtière; arrangez-y vos quatre ailes, saupoudrez-les d’un peu de sel
-fin, couvrez-les d’un papier beurré; mettez-les cuire dans un four ou
-sous un four de campagne; votre fricassée étant finie, comme il est dit
-à la précédente, dressez-la, saucez-la, décorez-la de ces quatre ailes,
-mises en croix, que vous aurez glacées, avec lesquelles vous mêlerez
-quatre belles écrevisses; vous mettrez une grosse truffe au-dessus,
-comme pour couronner votre entrée et vous servirez.
-
-
-_Kari._
-
-Dépecez deux poulets, comme il est indiqué à l’article _Fricassée
-de Poulets_; mettez dans une casserole un quarteron de beurre, une
-même quantité de petit lard et les membres de vos poulets; passez
-le tout; singez-le avec une cuiller à bouché, pleine de farine de
-froment; sautez ce kari, mouillez-le peu à peu avec du bouillon;
-assaisonnez-le d’un bouquet de persil et ciboules, d’une poignée de
-champignons, de sel et d’une cuillerée à café de poudre de kari (voyez
-l’article _Poudre de Kari_); laissez cuire votre kari; sa cuisson
-faite, dressez-le dans un vase creux; servez-le avec du riz, que vous
-préparerez ainsi:
-
-Faites blanchir et crever votre riz avec un peu de sel et presque sans
-mouillement; beurrez un vase et remplissez-le de ce riz qui doit être
-bien entier, de façon à en former un pain; tenez-le chaudement sur
-une cendre rouge; à l’instant de servir, retournez-le sur un plat; si
-la poudre de kari n’avait pas donné assez de couleur à votre ragoût,
-faites infuser dans un peu d’eau une pincée de safran du Gâtinais;
-exprimez-le sur votre kari, mêlez-le bien; goûtez s’il est d’un bon
-goût, s’il est assez pimenté. Vous pouvez faire, si vous le voulez,
-procédant de la manière énoncée, un kari de lapereaux, de veau, de
-pigeons, etc.
-
-
-_Poulets en Entrée de Broche._
-
-Ayez deux poulets gras, bien blancs, d’égale grosseur et sans taches:
-après en avoir plumé les ailerons, flambez-les légérement; prenez garde
-d’en roidir la peau: épluchez-les, rompez-leur le brichet, videz-les
-par la poche; ayez soin d’en extraire tous les intestins; servez-vous,
-pour cela, du crochet d’une cuiller à dégraisser, et prenez garde de
-crever l’amer; mettez dans une casserole environ trois quarterons de
-beurre, un peu de sel, un jus de citron et un peu de muscade râpée:
-mêlez le tout à froid avec une cuiller de bois; remplissez-en vos
-poulets également; retroussez-les en poulets d’entrée, c’est-à-dire,
-les pattes en dehors; passez-leur une ficelle dans les ailes, et
-qui fixe la peau de la poche le long du rein; pelez jusqu’au vif un
-citron, coupez-le en deux, frottez-en l’estomac de vos poulets et
-le dessus, afin qu’ils soient très-blancs; exprimez le jus de votre
-citron; foncez une casserole de bardes de lard; posez-y vos poulets;
-joignez-y une carotte, un oignon piqué de deux clous de girofle, un
-bouquet de persil et ciboules, une demi-feuille de laurier, la moitié
-d’une gousse d’ail, une lame de jambon, et quelques petits morceaux
-de veau: levez la peau d’un citron, coupez-le en tranches, ôtez-en
-les pepins, et mettez ces tranches sur l’estomac de vos poulets;
-couvrez-les de bardes de lard; mouillez-les avec une cuiller à pot
-de bouillon ou d’une poêle, et, faute de cette dernière, mettez
-avec le bouillon un demi-verre de vin blanc; couvrez-les d’un rond
-de papier et d’un couvercle; faites-les partir; posez-les sur une
-paillasse, avec feu modéré dessus et dessous: leur cuisson achevée,
-égouttez-les, débridez-les, faites-en sortir le beurre; dressez-les et
-servez dessous, soit une sauce aux truffes, une espagnole très-corsée,
-une sauce tomate, une sauce à l’estragon, un aspic, un ragoût de
-champignons ou un ragoût mêlé, etc.
-
-
-_Poulets à l’Ivoire._
-
-Préparez et poêlez deux poulets, comme il est dit ci-dessus, excepté
-qu’il en faut supprimer les pattes; coupez les bouts des moignons;
-grattez-en les os: leur cuisson faite, égouttez-les, dressez-les et
-saucez-les avec une sauce à l’ivoire. (Voyez cet article.)
-
-
-_Poulets, Sauce aux Huîtres._
-
-Préparez deux poulets comme ceux en entrée de broche; faites-les cuire
-de même, égouttez-les et dressez-les; prenez six douzaines d’huîtres,
-ôtez-les de leurs coquilles, mettez-les dans une casserole, sans autre
-mouillement que leur eau; faites-les roidir; mettez dans une casserole
-quatre cuillerées à dégraisser de velouté réduit; égouttez vos huîtres
-et jetez-les dans ce velouté; faites-leur jeter un bouillon; ajoutez-y
-une pincée de persil haché et blanchi, un pain de beurre et une pincée
-de gros poivre: au moment de servir, exprimez dans cette sauce le jus
-d’un citron; sachez si elle est d’un bon goût, versez-la dessus vos
-poulets, et servez.
-
-
-_Poulets, Sauce aux Truffes._
-
-Ayez deux poulets, préparez-les comme ci-dessus, et poêlez-les de même:
-leur cuisson achevée, égouttez-les, dressez-les, et mettez dessus une
-sauce aux truffes. (Voyez cet article.)
-
-
-_Poulets à la Sauce Tomate._
-
-Préparez deux poulets de la même manière que ci-dessus, et poêlez-les:
-leur cuisson faite, après les avoir égouttés, dressez-les et servez-les
-avec une sauce tomate. (Voyez cet article.)
-
-
-_Poulets à l’Estragon._
-
-Préparez deux poulets, comme il est indiqué ci-dessus; poêlez-les de
-même, et leur cuisson faite, égouttez-les, dressez-les, et saucez-les
-avec une sauce à l’estragon. (Voyez cet article.)
-
-
-_Poulets bouillis à l’Anglaise._
-
-Flambez et troussez deux poulets, comme ceux d’entrées de broche:
-mettez de l’eau dans une casserole assez grande, pour qu’ils y soient
-à l’aise; faites-la bouillir; ajoutez-y une pincée de sel; mettez-y vos
-poulets; faites qu’ils bouillent toujours, sans aller trop vite: leur
-cuisson achevée, égouttez-les, dressez-les, saucez, et masquez-les avec
-une sauce à l’anglaise. (Voyez cet article.)
-
-
-_Poulets en Lézard._
-
-Videz et flambez deux beaux poulets; supprimez-en les pattes ainsi que
-les ailerons, et conservez-en la peau jusqu’à la tête; ouvrez-les par
-le dos, jusqu’au croupion; désossez-les entièrement, étendez-les sur
-un linge blanc, garnissez-les en dedans d’une farce cuite de volaille,
-coulez-les, et donnez-leur la forme d’un lézard, en procédant ainsi:
-de la peau du cou farcie formez-en la queue du lézard, des cuisses
-faites-en les jambes de derrière, et des deux bouts des ailes les
-jambes de devant; de l’estomac le dos, et pour en faire la tête,
-prenez une truffe, à laquelle vous donnerez la forme de celle du
-lézard: si vous n’avez pas de truffe, servez-vous d’un navet, que vous
-introduirez dans le corps de cette espèce de lézard; relâchez un peu
-de farce cuite, avec un peu de velouté; étendez-en une légère couche
-sur le dos de vos lézards; décorez-les de diverses couleurs avec des
-petites omelettes, coloriées de blanc, de vert, de rouge et de jaune;
-enfin imitez en tout la richesse de la peau du lézard (voyez l’article
-_Petites Omelettes_): cela fait, foncez une casserole ovale de bardes
-de lard; posez-y vos lézards; ayez soin qu’ils conservent leur forme;
-poêlez-les comme les poulets en entrée de broche; couvrez-les d’un fort
-papier et d’un couvercle; faites-les partir; mettez-les cuire avec
-peu de feu dessus, pour ne pas altérer leur décoration: la cuisson
-faite, égouttez-les, dressez-les, et servez dessous une ravigote ou une
-hollandaise verte. (Voyez l’article SAUCES.)
-
-
-_Poulets aux Pois._
-
-Prenez une demi-livre de lard de poitrine; coupez-le en gros dés;
-supprimez-en la couenne, faites-le blanchir, égouttez-le; mettez
-dans une casserole un quarteron de beurre; faites un petit roux
-(voyez l’article _Roux_); passez-y votre lard, et faites-le roussir
-légérement: lorsqu’il sera d’un beau blond, joignez-y deux jeunes
-poulets dépecés, comme pour la fricassée; mouillez-les avec une cuiller
-à pot de bouillon; délayez bien le tout, que vous assaisonnerez d’un
-bouquet de persil et ciboules, et où vous aurez mis une demi-feuille
-de laurier et un clou de girofle; faites bouillir votre fricassée;
-mettez-y un litron de pois très-fins; faites aller à grand feu, sans
-la couvrir; dégraissez-la: sa cuisson faite, dressez vos membres de
-poulets, faites-en réduire la sauce, si elle est trop longue; goûtez si
-elle est d’un bon goût, masquez-en ces membres, et servez.
-
-
-_Autre Façon de fricasser des Poulets aux Pois et au Blanc._
-
-Ayez deux jeunes poulets, flambez-les, dépecez-les, comme pour la
-fricassée; mettez un morceau de beurre dans une casserole; jetez-y vos
-poulets avec un bouquet de persil et ciboules; assaisonnez d’un peu de
-sel fin et de deux moyens oignons; sautez le tout; faites revenir vos
-poulets, couvrez-les et laissez-les cuire doucement, avec feu dessus
-et dessous; à moitié de leur cuisson, mettez-y un litron de pois fins,
-que vous aurez manié dans de l’eau et du beurre, gros comme une noix;
-égouttez-les dans une passoire; laissez suer et cuire le tout, en le
-sautant de temps en temps: la cuisson achevée, ôtez les oignons et le
-bouquet; liez votre fricassée avec une cuillerée à dégraisser pleine de
-bon velouté réduit: si vous n’avez pas de velouté, maniez un pain de
-beurre avec un peu de farine de froment, et servez-vous-en pour opérer
-cette liaison: dressez votre fricassée comme la précédente, et servez.
-
-
-_Poulets au Beurre d’Écrevisses._
-
-Préparez et faites cuire ces poulets, comme il est indiqué aux poulets
-en entrée de broche (voyez cet article); égouttez-les; mettez dans
-une casserole quatre cuillerées à dégraisser de velouté réduit et
-du beurre d’écrevisses gros comme un œuf (voyez l’article _Beurre
-d’Écrevisses_); passez le tout, travaillez bien votre sauce, mettez-la
-dans le fond de votre plat, et dressez vos poulets dessus.
-
-
-_Poulets à la Broche pour Rôt._
-
-Ayez deux beaux poulets gras, ou trois petits à la reine; préparez-les
-comme la poularde (voyez cet article); piquez-en un des deux,
-s’ils sont gras, et un ou deux, s’ils sont à la reine; bardez-les,
-embrochez-les, enveloppez-les de papier et faites-les cuire: aux trois
-quarts de leur cuisson, déballez-les pour achever de les cuire et
-faire sécher le lard: laissez-les prendre une belle couleur dorée; si
-vous avez de la glace, mettez-en légérement avec un pinceau sur le
-lard de vos poulets, dressez-les sur un lit de cresson, assaisonné
-convenablement d’un peu de sel et de vinaigre, et servez.
-
-
-_Poulets à la Hollandaise._
-
-Apprêtez et faites cuire deux poulets, comme pour entrée de broche
-(voyez l’article _Poulets en Entrée de Broche_); égouttez-les; mettez
-dans une casserole quatre cuillerées à dégraisser pleines de velouté
-réduit, de la glace gros comme le pouce, ou de la réduction de veau,
-du vert d’épinards gros comme une noix; sautez et vannez votre sauce:
-au moment de servir, exprimez le jus d’un citron, en supprimant les
-pepins: mettez-la dans le fond de votre plat; dressez dessus vos
-poulets; faites en sorte qu’ils soient très-blancs, et servez.
-
-
-_Poulets à la Tartare._
-
-Nettoyez et préparez deux poulets; troussez-les en poule, c’est-à-dire,
-les pattes en dedans; fendez-en les reins et aplatissez-les; cassez les
-os des cuisses; mettez un morceau de beurre dans une casserole, avec
-sel et gros poivre; faites-y revenir et cuire ensuite vos poulets, avec
-feu dessous et dessus: un quart d’heure avant de servir, passez-les,
-mettez-les sur le gril à un feu doux; ayez soin de les retourner deux
-ou trois fois, pour qu’ils prennent une belle couleur, et servez
-dessous une sauce à la Tartare. (Voyez cette sauce.)
-
-
-_Poulets, Sauce au Pauvre Homme, et diverses autres._
-
-Préparez vos poulets comme il est dit ci-dessus; supprimez-en les cous
-et les pattes, fendez-en les dos et aplatissez-les; faites-les cuire à
-moitié dans le beurre, avec sel et poivre; achevez, sans les passer,
-leur cuisson sur le gril, et servez dessous une sauce au pauvre homme,
-à l’estragon ou tomate, ou toute autre que vous voudrez. (Voyez ces
-Sauces.)
-
-
-_Poulets à la Périgueux._
-
-Choisissez deux beaux poulets gras, bien blancs: après les avoir
-épluchés et vidés par la poche (voyez l’article _Poulets en Entrée de
-Broche_) (vous aurez brossé et lavé deux livres de truffes, desquelles
-vous supprimerez la peau des grosses; vous en ferez des petites aussi
-égales que possible); mettez une livre de lard râpé dans une casserole;
-ajoutez-y vos truffes et leurs parures, que vous aurez hachées;
-assaisonnez-les de sel, gros poivre, une pincée d’épices fines, un peu
-de muscade râpée et une feuille de laurier, que vous ôterez à la fin;
-faites-les mijoter sur un feu doux l’espace d’une demi-heure, en les
-remuant avec soin; retirez-les du feu; laissez-les refroidir; mettez
-vos poulets sur un linge blanc; remplissez-les également, par la poche,
-de votre appareil de truffes; retroussez-les en poulets d’entrée;
-embrochez-les avec un hatelet; couvrez-les de bardes de lard, de deux
-ou trois feuilles de papier; posez-les sur une broche, faites-les
-cuire environ cinq quarts d’heure; leur cuisson faite, déballez-les,
-égouttez-les, dressez-les, et servez dessus une sauce à la Périgueux.
-(Voyez cette sauce.)
-
-
-_Poulet à la Mayonnaise._
-
-Prenez un poulet cuit à la broche; procédez, à l’égard de cette
-mayonnaise, comme pour les perdreaux. (Voyez l’article _Perdreaux à la
-Mayonnaise_.)
-
-
-_Salade de Poulets._
-
-Prenez deux poulets rôtis et froids, ou de desserte; coupez-les,
-dépecez-les par membres, comme pour la mayonnaise; mettez-les dans un
-vase de terre; assaisonnez-les de même qu’une salade; ajoutez-y câpres
-entières, anchois et cornichons coupés en filets, de la fourniture
-hachée; sautez le tout, dressez-le sur le plat, comme une fricassée de
-poulets, sans y comprendre les anchois, les cornichons et les câpres;
-garnissez le bord du plat de laitues fraîches, coupées par quartiers,
-et d’œufs durs, coupés de même; décorez votre salade des filets
-d’anchois et des câpres; saucez-la avec son assaisonnement, et servez.
-
-
-_Poulets à la Crême._
-
-Ayez deux poulets froids, cuits à la broche; levez-en les estomacs
-jusqu’aux cuisses, os et chairs; supprimez-en les poumons; faites une
-farce avec les chairs des estomacs, en procédant ainsi: levez ces
-chairs ou blancs de poulets; après en avoir ôté les peaux, hachez-les
-très-menu, et pilez-les ensuite; parez et pilez également une tetine
-de veau, cuite dans la grande marmite: si vous n’aviez pas de tetine,
-employez du lard râpé ou du beurre; prenez la mie d’un pain à potage;
-faites-la tremper et dessécher dans de la crême double; mettez par
-portions égales ces trois substances; pilez le tout ensemble; ajoutez-y
-cinq jaunes d’œufs, un peu de muscade râpée, et du sel ce qu’il en
-faut: essayez votre farce, goûtez si elle est d’un bon goût, ôtez votre
-pilon; incorporez légérement, au fur et à mesure, et en la remuant
-avec une cuiller de bois, trois blancs d’œufs fouettés; mettez-y deux
-échalotes hachées très-fin, lavées et passées dans un linge blanc,
-et, si vous le voulez, un peu de persil haché; mêlez bien le tout;
-retirez-le du mortier; mettez deux bardes de lard sur une tourtière;
-remplissez vos poulets de cette farce; unissez-la avec votre couteau
-trempé dans une omelette; donnez à cette farce la forme de l’estomac
-de vos poulets; dorez-la, et faites dessus le dessin qui vous plaira;
-entourez ces poulets de papier beurré, assez haut pour contenir la
-farce; fixez-le autour avec une ficelle; posez vos poulets sur votre
-tourtière; trois quarts d’heure avant de servir, mettez-les dans le
-four, faites-leur prendre une belle couleur: leur cuisson faite,
-dressez-les et servez dessous une italienne blanche, ou une sauce au
-suprême ou une à l’ivoire. (Voyez l’article SAUCES.)
-
-
-_Poulets en Friteau._
-
-Dépecez deux poulets, comme pour en faire une fricassée; mettez-les
-dans un vase de terre, avec des tranches d’oignons, persil en branche,
-sel, gros poivre et le jus de deux ou trois citrons; laissez-les
-mariner une heure; égouttez-les; mettez-les dans un linge, avec une
-poignée de farine; sassez-les et posez-les sur un couvercle; vous aurez
-mis votre friture sur le feu; lorsqu’elle sera à son degré, mettez-y
-d’abord les cuisses de vos poulets, peu après les estomacs, ensuite les
-ailes, les reins, ainsi de suite pour le reste: votre friture cuite et
-d’une belle couleur, égouttez-la, et, après l’avoir dressée, servez-la,
-si vous le voulez, avec six œufs frais frits; arrangez dessus, et
-servez avec une sauce poivrade. (Voyez l’article _Sauce Poivrade_.)
-
-
-_Marinade de Poulets._
-
-Dépecez deux poulets cuits à la broche; faites-les mariner une
-demi-heure avant de les servir (voyez l’article _Marinade cuite_);
-égouttez-les; trempez leurs membres dans une pâte à frire, légère,
-c’est-à-dire, dans laquelle vous aurez mis des blancs d’œufs fouettés;
-faites frire votre marinade, en procédant comme ci-dessus; quand elle
-sera cuite et d’une belle couleur, égouttez-la sur un linge blanc;
-dressez-la, et servez-la avec du persil frit que vous mettrez dessous,
-ou seulement avec une pincée dessus.
-
-
-_Rissoles de Volaille._
-
-Prenez des rognures de feuilletage (voyez _Feuilletage_, article
-PATISSERIE); abaissez-les en long, de l’épaisseur d’une pièce de
-quarante sous, et plus mince, s’il est possible; mouillez le bord de
-votre abaisse avec un doroir trempé dans de l’eau; couchez de la farce
-cuite de volaille, par parties et d’espace en espace, de la grosseur
-d’un grain de verjus; repliez cette abaisse sur ces parcelles de farce;
-donnez-leur la forme de petits chaussons: à cet effet, coupez-les
-en demi-lune, avec un coupe-pâte goudronné, ou avec votre couteau;
-ayez soin que la jointure de vos pâtes soit bien soudée; farinez un
-couvercle; arrangez vos rissoles dessus; quand vous serez sur le point
-de servir, faites-les frire, qu’elles prennent une belle couleur;
-dressez-les et servez.
-
-
-_Poulet en Capilotade._
-
-Dépecez un poulet cuit à la broche; mettez dans une casserole trois
-cuillerées à dégraisser pleines d’italienne; à défaut de laquelle vous
-employerez de la sauce hachée, et, à défaut de cette dernière, une
-sauce au pauvre homme (voyez article SAUCES): faites mijoter votre
-poulet dans une de ces sauces; un quart d’heure avant de servir,
-dressez-le; ajoutez à votre sauce quelques cornichons coupés en liards
-ou en filets; saucez et servez.
-
-
-_Poulets à la Saint-Cloud._
-
-Préparez deux poulets comme ceux pour entrée de broche; prenez deux
-ou trois truffes bien noires, formez-en des petits clous; décorez-en
-vos poulets, ce qui consiste seulement à mettre chacun de ces clous
-dans les trous que vous faites, à l’estomac de vos poulets, avec une
-petite lardoire; il faut que ces trous soient également espacés; foncez
-une casserole de bardes de lard; mettez-y un oignon piqué d’un clou
-de girofle, une carotte tournée, un bouquet de persil et ciboules;
-saupoudrez l’estomac de vos poulets de sel fin; exprimez aussi dessus
-un jus de citron; couvrez-les de bardes de lard et d’un rond de
-papier; mouillez-les avec une poêle, ou employez un verre de consommé
-ou de bouillon; joignez-y un verre de vin blanc, une demi-feuille de
-laurier et une lame de jambon; trois quarts d’heure avant de servir
-vos poulets, faites-les partir; posez-les sur la paillasse, avec feu
-dessus et dessous: leur cuisson achevée, égouttez-les, dressez-les,
-et servez dessous une sauce aux truffes (voyez l’article _Sauce
-aux Truffes à la Saint-Cloud ou en petit Deuil_). Si vous n’avez
-point de velouté, passez-le fond de vos poulets; mettez-y un pain de
-beurre, manié dans une demi-cuillerée de farine; faites bouillir votre
-sauce; dégraissez-la, et l’ayant fait réduire, passez-la à l’étamine;
-ajoutez-y vos petits dés de truffes (dont il sera question à la Sauce
-en petit Deuil) passés dans du beurre, et finissez avec un demi-pain de
-beurre.
-
-
-_Poulets à la Ravigote._
-
-Préparez deux poulets, comme pour entrée de broche; leur cuisson faite,
-égouttez-les et servez dessous une sauce à la ravigote (voyez l’article
-_Sauce Ravigote_).
-
-
-_Poulets à la Paysanne ou à la Démidoff._
-
-Ayez deux poulets; dépecez-les comme pour une fricassée; mettez dans
-une casserole du beurre gros comme un œuf, quatre cuillerées à bouche
-d’huile d’olive; passez votre casserole sur un fourneau ardent; faites
-revenir vos membres de poulets; qu’ils prennent une belle couleur;
-assaisonnez-les de sel et gros poivre; lorsqu’ils seront à moitié
-cuits, joignez-y deux carottes coupées en liards, quatre oignons
-coupés en anneaux et une pincée de persil en branche; passez le tout
-ensemble; quand les racines seront colorées, mouillez votre paysanne
-avec six cuillerées à dégraisser pleines d’espagnole; remuez-la,
-couvrez votre fourneau avec de la cendre, et faites doucement mijoter
-dessus, environ un quart d’heure, votre paysanne; ayez soin qu’elle ne
-s’attache pas; dressez-la et servez.
-
-
-_Poulets à la Reine, sauce à la Pluche._
-
-Préparez et poêlez trois de ces poulets: leur cuisson faite, égouttez,
-dressez, marquez-les avec une sauce à la pluche verte, et servez.
-(Voyez l’article _Sauce à la Pluche verte_.)
-
-
-_Poulets à la Provençale._
-
-Prenez deux poulets que vous couperez comme pour une fricassée; ayez
-une douzaine d’oignons blancs; coupez-les en demi-anneaux, avec un
-peu de persil; mettez vos oignons dans une casserole ou sauteuse,
-dans laquelle vous ferez un lit de vos oignons et un des membres de
-votre volaille, et recouvrez le tout avec un autre lit d’oignons et
-de persil; ajoutez un verre d’huile, une ou deux feuilles de laurier
-et du sel en suffisante quantité; mettez-les au feu, et, lorsqu’ils
-seront partis, vous les laisserez aller doucement: leur cuisson faite,
-glacez-les; dressez-les, en mettant vos oignons au milieu et un peu
-d’espagnole pour les saucer; ensuite servez.
-
-
-_Chapon au Gros Sel._
-
-Ayez un chapon; après l’avoir vidé, flambé et épluché, troussez-lui
-les pattes en dedans; bridez-le, bardez-le et mettez-le cuire dans la
-marmite, dans le consommé, ou dans une casserole, avec du bouillon;
-vous vous assurerez de sa cuisson, si, en lui pinçant l’aileron avec
-les doigts, il ne résiste pas; égouttez-le; dressez-le, et mettez-lui
-sur l’estomac une pincée de gros sel, et saucez-le avec un jus de bœuf
-réduit.
-
-
-_Chapon au Riz._
-
-Préparez votre chapon comme le précédent; faites blanchir environ trois
-quarterons de riz; égouttez-le, mettez-le dans une marmite qui puisse
-aussi contenir votre chapon, que vous posez du côté de l’estomac;
-mouillez le tout avec deux bonnes cuillerées à pot de consommé ou de
-bouillon; faites partir votre marmite; couvrez-la; mettez-la mijoter
-sur la paillasse; ayez soin de remuer de temps en temps votre riz;
-sondez votre chapon, pour vous assurer s’il est cuit: sa cuisson
-faite, dressez-le; dégraissez votre riz; finissez-le avec un morceau
-de beurre, en y mettant sel, gros poivre, un peu de réduction, si vous
-en avez, et masquez-en votre chapon: si votre riz était trop épais,
-relâchez-le avec un peu de bon bouillon.
-
-
-_Chapon aux Truffes._
-
-Préparez ce chapon comme le précédent; videz-le par la poche;
-servez-vous à cet effet du crochet d’une cuiller à dégraisser: prenez
-garde de crever l’amer du foie.
-
-Vous aurez brossé et épluché environ deux livres de bonnes truffes;
-hachez-en quelques-unes des plus défectueuses; coupez par dés, et
-pilez environ une livre de lard gras; mettez-le dans une casserole,
-avec vos truffes, du sel, du poivre, un peu de muscade râpée et des
-fines épices; faites mijoter le tout à un feu très-doux, environ une
-demi-heure; laissez-le refroidir; remplissez-en votre chapon jusqu’à la
-poche, et cousez-la; bridez-le, les pattes en long; conservez-le, si
-vous pouvez l’attendre, deux ou trois jours; bardez-le, embrochez-le,
-après l’avoir enveloppé de papier; faites-le cuire à-peu-près une heure
-et demie; déballez-le: si vous l’employez pour relevé, supprimez la
-barde; servez-le à la peau de goret, et mettez dessous une sauce aux
-truffes. (Voyez l’article _Sauce aux Truffes_.)
-
-
-_Poularde en Entrée de Broche._
-
-Plumez les ailerons et la queue de cette pièce; flambez-la,
-refaites-lui les pattes; prenez garde d’en rider la peau; épluchez-la,
-supprimez-en le brichet; videz-la par la poche, et prenez garde d’en
-crever l’amer; maniez dans une casserole avec une cuiller de bois un
-morceau de beurre; assaisonnez-le du jus d’un citron et d’un peu de
-sel; remplissez-en le corps de votre poularde; retroussez-lui les
-pattes en dehors; bridez-en les ailes; embrochez-la sur un hatelet;
-frottez-lui l’estomac d’un citron, saupoudrez-la d’un peu de sel;
-couvrez-la de tranches de citron, desquelles vous aurez ôté les pepins;
-enveloppez-la de bardes de lard, de plusieurs feuilles de papier, liées
-sur vos hatelets par les deux bouts; posez-la sur la broche, du côté du
-dos; faites-la cuire environ une heure, déballez-la, égouttez-la, et
-servez-la avec la sauce que vous jugerez convenable.
-
-
-_Poularde aux Truffes._
-
-(Voyez ci-dessus, _Chapon aux Truffes_).
-
-
-_Poularde à la Maréchale._
-
-Épluchez et flambez une belle poularde; videz-la par la poche; ôtez-lui
-le brichet; remplissez-le de beurre, manié avec du sel et le jus d’un
-citron; retroussez-lui les pattes en dehors; piquez-lui l’estomac de
-menu lard; donnez-lui le plus de largeur possible, et faites en sorte
-que votre poularde ait une belle forme; marquez-la dans une casserole,
-comme les poulets en entrée de broche (voyez cet article); excepté
-pourtant qu’il ne la faut couvrir qu’avec un rond de papier beurré,
-afin qu’elle prenne une belle couleur; faites-la partir et cuire avec
-feu dessous et dessus: sa cuisson faite, égouttez-la, glacez-la, et
-servez dessous un ragoût à la financière. (Voyez cet article.)
-
-
-_Poularde à la Saint-Cloud._
-
-Préparez cette poularde comme celle à la maréchale, avec cette
-différence qu’au lieu de la piquer de lard, il faut la piquer avec des
-clous de truffes (voyez l’article _Poulets à la Saint-Cloud_).
-
-
-_Poulardes à la Bigarrure._
-
-Prenez deux moyennes poulardes; après les avoir épluchées et flambées,
-levez-en les ailes, ôtez-en les filets mignons, supprimez les ailerons
-et les peaux nerveuses des ailes; piquez deux de ces ailes d’une
-deuxième, et les deux autres de petits lardons de truffes, cuits à
-moitié; marquez ces quatre ailes dans une casserole foncée de bardes
-de lard, avec une carotte, un bouquet de persil et de ciboules, et
-deux moyens oignons, dans l’un desquels vous aurez mis un clou de
-girofle; mouillez vos ailes avec un peu de consommé: ayez soin que
-ce mouillement n’atteigne point le lard piqué de vos poulardes, et
-couvrez-les d’un rond de papier; un quart d’heure avant de servir
-faites-les partir, avec feu dessous et dessus; désossez entièrement les
-quatre cuisses, et remplissez-les d’un salpicon, composé de truffes et
-de foies gras (voyez l’article _Salpicon_); cousez-en les peaux, et
-donnez aux cuisses la forme d’une figue aplatie; coupez les pattes en
-deux; supprimez-en le haut, et mettez le bas dans la cuisse, en sorte
-qu’on ne voie que la moitié de cette patte; piquez deux de ces cuisses
-de clous de truffes, en forme de rosettes, les deux autres devant
-rester blanches; frottez-les de citron; marquez ces quatre cuisses dans
-une casserole, entre des bardes de lard; assaisonnez-les comme les
-ailes; faites-les cuire à un feu doux environ trois quarts d’heure: au
-moment de servir, égouttez-les, ôtez-en les fils; égouttez aussi vos
-ailes; ôtez le nerf des filets mignons; faites-leur des entailles de
-distance en distance, et mettez-y des petites crêtes de truffes, de
-la largeur de ces filets; donnez-leur une forme cintrée; sautez-les
-dans du beurre fondu et un grain de sel; après égouttez-les; glacez
-les ailes piquées; dressez-les toutes les quatre en croix, et posez
-entre chacune d’elles vos cuisses de poulardes, en mettant dessus, en
-forme de couronne, les petits filets; saucez votre entrée avec une
-espagnole réduite et travaillée avec le consommé que vous aurez fait
-des carcasses de vos poulardes.
-
-
-_Poularde Sauce Tomate._
-
-Préparez cette poularde comme il est indiqué à l’article _Poularde en
-Entrée de Broche_, et servez dessous une sauce tomate. (Voyez cette
-Sauce.)
-
-
-_Poularde à la Broche pour Rôt._
-
-Videz, flambez, épluchez et refaites une belle poularde; bridez-la, en
-lui laissant les pattes en long; bardez-la ou piquez-la, embrochez-la,
-enveloppez-la de papier et faites-la cuire: sa cuisson faite aux trois
-quarts, déballez-la, achevez sa cuisson et faites-lui prendre une
-belle couleur; mettez sur votre plat un lit de cresson, assaisonné
-convenablement de sel et vinaigre; posez dessus votre poularde, et
-servez.
-
-
-_Poularde en Entrée de Broche, à la Hollandaise._
-
-Procédez pour cette poularde comme pour celle en entrée de broche, et
-servez dessous une sauce hollandaise. (Voyez cette Sauce.)
-
-
-_Poularde en Entrée de Broche._
-
-Poêlez ou mettez cette poularde à la broche, et, pour la servir,
-mettez une sauce au beurre d’écrevisses, ou toute autre sauce. (Voyez
-l’article _Sauce au Beurre d’Écrevisses_.)
-
-
-_Poularde en Entrée de Broche, à la Ravigote._
-
-Procédez pour cette poularde comme il est indiqué à l’article _Poulets
-à la Ravigote_.
-
-
-_Poularde à l’Ivoire._
-
-Préparez cette poularde comme il est énoncé à l’article _Poulets à
-l’Ivoire_.
-
-
-_Poularde aux Huîtres._
-
-Vous préparez votre poularde ainsi qu’il est dit à l’article _Poulets
-aux Huîtres_.
-
-
-_Poularde, sauce à l’Estragon._
-
-Préparez votre poularde comme les précédentes, poêlée ou à la
-broche: sa cuisson faite, égouttez-la, et servez-la avec une sauce à
-l’estragon, claire ou liée. (Voyez l’article _Sauce à l’Estragon_.)
-
-
-_Poularde bouillie à l’Anglaise._
-
-(Voyez l’article _Poulets bouillis à l’Anglaise_).
-
-
-_Poularde au Beurre d’Écrevisses._
-
-(Voyez l’article _Poulets au Beurre d’Écrevisses_).
-
-
-_Poularde à la Tartare._
-
-(Voyez l’article _Poulets à la Tartare_).
-
-
-_Poularde, sauce au Pauvre Homme._
-
-(Voyez l’article _Poulets, sauce au Pauvre Homme_).
-
-
-_Poularde à la Périgueux._
-
-(Voyez l’article _Poulets à la Périgueux_).
-
-
-_Mayonnaise de Poularde._
-
-(Voyez l’article _Mayonnaise de Poulets_).
-
-
-_Poularde à la Crême._
-
-(Voyez l’article _Poulets à la Crême_).
-
-
-_Marinade de Poulardes._
-
-(Voyez l’article _Marinade de Poulets_).
-
-
-_Filets de Poulardes au Suprême._
-
-Levez les filets de trois moyennes poulardes, posez ces filets sur la
-table, et levez-en les petites peaux le plus mince possible; trempez
-dans l’eau le manche de votre couteau, et battez-les légérement;
-parez-les; faites fondre dans une sauteuse une suffisante quantité
-de beurre; arrangez-y vos filets, en les trempant des deux côtés;
-saupoudrez-les d’un peu de sel, couvrez-les d’un rond de papier; levez
-avec soin les six cuisses pour vous en faire une entrée, soit pour le
-jour ou le lendemain: vous leur conserverez la totalité de la peau,
-pour former de ces cuisses des petits canetons ou des ballons; faites
-un consommé des carcasses; faites-le réduire presque en glace, sans lui
-donner de couleur; ajoutez-y six cuillerées à dégraisser pleines de
-velouté réduit, et deux pains de beurre; salez et vannez votre sauce;
-sautez vos filets en les retournant; faites qu’ils soient bien blancs;
-assurez-vous qu’ils sont bien cuits, en appuyant le doigt dessus: s’ils
-résistent, c’est qu’ils le sont; vous aurez passé six croûtons de mie
-de pain à potage, auxquels vous aurez donné la forme et l’épaisseur
-de vos filets; dressez ces filets en couronne, et mettez un croûton
-entre chacun d’eux; travaillez votre sauce, et saucez en marquant votre
-entrée: si vous voulez ces filets aux truffes, coupez des truffes en
-liards; faites-les cuire dans du beurre et un grain de sel; mettez-les
-dans une partie de votre sauce au suprême, et versez-les dans le puits
-de vos filets.
-
-
-_Émincée de Filets de Poulardes aux Concombres._
-
-Prenez l’estomac d’une ou deux poulardes rôties et froides; levez-en
-les chairs; supprimez-en les peaux et les nerfs; émincez ces chairs;
-faites un ragoût de concombres, soit au blanc, soit au roux (voyez ces
-Ragoûts, à leur article): votre ragoût réduit et prêt à servir, mêlez-y
-vos blancs de poulardes, sans les laisser bouillir: si c’est au blanc,
-ajoutez-y une liaison de deux jaunes d’œufs, du beurre gros comme une
-noix, un peu de muscade râpée, et servez.
-
-
-_Ailes de Poulardes à la Maréchale._
-
-Prenez trois belles poulardes, levez-en les ailes, supprimez-en les
-ailerons, ne conservez que les deux moignons; levez-en la petite peau,
-en posant votre aile sur la table, et faisant glisser votre couteau,
-comme si vous leviez une barde de lard; prenez garde d’endommager les
-chairs; piquez vos six ailes d’une deuxième, et marquez-les dans une
-casserole, comme il est indiqué à l’article _Poulardes en Bigarrures_:
-vos ailes cuites, égouttez-les sur un couvercle; glacez-les: qu’elles
-soient d’un beau blond; dressez dans votre plat une bonne chicorée
-réduite (voyez l’article _Chicorée au Blanc_); dressez vos six ailes
-dessus la pointe, au centre du plat, pour former une rosette; mettez,
-si vous le voulez, une belle truffe au milieu, et servez.
-
-
-_Poularde en Galantine._
-
-Ayez une belle poularde; après l’avoir épluchée, flambée et vidée,
-désossez-la par le dos, étendez-la sur un linge blanc; couvrez les
-chairs d’une farce cuite de volaille, à-peu-près de l’épaisseur
-d’un travers de doigt (voy. l’article _Farce cuite_); faites des
-gros lardons de lard, assaisonnez-les de sel, poivre, fines épices,
-aromates pilés et passés au tamis, persil et ciboules hachés; ayez
-du jambon cuit, faites-en des lardons aussi gros et aussi longs
-que ceux de lard; posez sur votre farce ces lardons de distance en
-distance; ajoutez-y, si c’est la saison, des truffes coupées en
-filets, de la grosseur de vos lardons, et entremêlez-les, pour que
-votre pièce soit bien marbrée; recouvrez ces lardons d’un autre lit
-de farce, et continuez de remettre ainsi farce et lardons, jusqu’à ce
-que votre volaille soit remplie; rapprochez les peaux, cousez-les;
-tâchez de donner à votre poularde sa forme première; entourez-la de
-bardes de lard, enveloppez-la d’un morceau d’étamine neuve; cousez
-cette étamine, attachez-en les deux bouts avec des ficelles: foncez
-une braisière avec quelques carottes, oignons, deux clous de girofle,
-deux feuilles de laurier, deux ou trois lames de jambon, un jarret
-de veau, et les carcasses de votre poularde coupées par morceaux:
-posez, du côté du dos, votre pièce sur ce fond; appuyez un peu la
-main sur son estomac, afin de l’aplatir: couvrez votre galantine de
-bardes de lard; mouillez-la avec du bouillon (il faut qu’elle baigne
-dans son assaisonnement); couvrez-la de papier, faites-la partir,
-après lui avoir mis son couvercle; posez-la sur la paillasse, avec
-feu dessous et dessus; laissez-la cuire une heure et demie ou deux
-heures: sa cuisson faite, retirez-la du feu, laissez-la dans son
-assaisonnement une demi-heure, retirez-la, pressez-la légérement,
-aplatissez-lui de nouveau l’estomac, autant que possible, afin d’avoir
-la facilité de la garnir de gelée; passez le fond de votre galantine
-au travers d’une serviette mouillée à cet effet: si ce fond n’était
-pas assez ambré, mêlez-y un peu de jus de bœuf ou de blond de veau;
-faites-en l’essai. Si ce fond ou plutôt cette gelée se trouvait trop
-délicate, faites-la réduire; cassez deux œufs entiers, jaunes, blancs
-et coquilles; mettez-les dans votre gelée; fouettez-la avec un fouet
-de buis, mettez-la sur le feu, ayez soin de la remuer: lorsqu’elle
-commencera à bouillir, retirez-la sur le bord du fourneau; mettez sur
-votre casserole un couvercle, avec quelques charbons ardens dessus;
-laissez ainsi votre gelée se clarifier environ une demi-heure ou trois
-quarts d’heure; passez-la dans une serviette, comme il est indiqué à
-l’article _Grand Aspic_: laissez votre gelée se refroidir; déballez
-votre galantine, ratissez le gras qui est autour, dressez-la sur une
-serviette; garnissez-la de gelée, soit coupée en lames, en diamans, ou
-hachée, ou les trois ensemble, et servez.
-
-
-_Filets de Poulardes à la Béchamelle._
-
-Faites cuire deux poulardes à la broche, laissez-les refroidir,
-levez-en les blancs, et supprimez-en les peaux et les nerfs; émincez
-ces blancs également; mettez dans une casserole cinq cuillerées à
-dégraisser de béchamelle, et deux de consommé, ainsi qu’un peu de
-muscade râpée (voyez l’article _Sauce à la Béchamelle_); faites
-bouillir, et délayez bien votre sauce; prenez garde qu’elle ne
-s’attache: au moment de servir, jetez vos filets dedans, retournez-les
-légérement, de crainte de les rompre; dressez-les sur votre plat
-garni d’une bordure; sinon entourez votre entrée, soit de fleurons
-de feuilletage, soit de croûtons; ou servez-les dans un vol-au-vent.
-(Voyez _Vol-au-Vent_, article PATISSERIE.)
-
-
-_Soufflé de Poularde._
-
-Procédez pour ce soufflé comme il est énoncé au soufflé de Perdreaux.
-(Voyez cet article.)
-
-
-_Hachis de Poularde à la Reine._
-
-Prenez des blancs de poulardes ou de poulets, hachez-les bien menu;
-mettez dans une casserole de la béchamelle ainsi que du consommé,
-en raison de la quantité de vos chairs; faites bouillir, et délayez
-votre sauce: au moment de servir, mêlez-y votre hachis sans le laisser
-bouillir; finissez-le avec un peu de beurre et un peu de muscade râpée;
-prenez garde qu’il ne soit ni trop épais ni trop clair. Ce hachis se
-sert aussi dans des grands ou petits vols-au-vent.
-
-
-_Croquettes de Poularde._
-
-Prenez une poularde froide, de desserte ou non; levez-en les chairs,
-supprimez-en les peaux et les nerfs; coupez ces chairs en petits dés,
-quelques foies gras, ainsi que des champignons et des truffes, si c’est
-la saison (il faut que ces objets soient coupés de même grosseur);
-mettez dans une casserole du velouté en raison de votre appareil et
-faites-le réduire à demi-glace; sa réduction faite, tirez-le du feu,
-liez-le avec trois jaunes d’œufs, jetez-y vos dés, ajoutez-y un peu
-d’excellent beurre; mêlez bien le tout, et mettez-le sur un couvercle
-bien étamé; laissez ainsi refroidir votre appareil, séparez-le par
-portions égales, de la grosseur que vous voulez faire vos croquettes;
-donnez-leur la forme que vous jugerez convenable: ayez de la mie de
-pain, posez-la sur la table, roulez-y vos croquettes; ayez quelques
-œufs cassés en omelette; trempez-les dedans; repassez-les et achevez de
-perfectionner la forme que vous leur avez donnée d’abord. Au moment de
-servir, jetez-les dans de la friture un peu chaude, afin qu’elles ne se
-crèvent pas: aussitôt qu’elles auront une belle couleur, égouttez-les
-sur un linge blanc, dressez-les, mettez dessus un bouquet de persil, et
-servez.
-
-
-_Côtelettes de Poulardes ou de Poulets._
-
-Procédez, à l’égard de ces côtelettes, comme pour celles de perdreaux,
-énoncées à l’article _Gibier_.
-
-
-_Blanquette de Poularde._
-
-Ayez une poularde froide, ou des débris; levez-en les chairs;
-supprimez-en les peaux et les nerfs; émincez ces chairs; mettez dans
-une casserole du velouté; faites-le réduire et dégraissez-le; au moment
-de servir, jetez votre émincée; ne le laissez pas bouillir; faites
-une liaison délayée avec un peu de crême ou de lait; finissez votre
-blanquette avec un petit morceau de beurre et le jus d’un citron. (Il
-faut qu’elle ne soit ni trop liée, ni trop claire.)
-
-
-_Filets de Poularde à la Chingara._
-
-Ayez trois poulardes, levez-en les filets comme il est indiqué
-à l’article _Filets de Poularde_ au suprême: faites fondre du
-beurre dans une sauteuse; trempez-y vos filets en les y arrangeant;
-saupoudrez-les d’un peu de sel fin; couvrez-les d’un rond de papier;
-prenez une langue de bœuf à l’écarlate; levez-en six morceaux, de la
-grandeur et de l’épaisseur de vos filets, ainsi que de leur forme;
-mettez-les dans une casserole avec un peu de bouillon; tenez-les
-chaudement sans les faire bouillir; sautez vos filets comme il est dit
-au _Suprême_, énoncé ci-dessus. Leur cuisson faite, égouttez-les;
-dressez-les sur votre plat, et mettez entre chacun d’eux un morceau de
-langue: si vous voulez votre entrée plus forte, ajoutez-y des croûtons
-entremêlés de même; saucez votre entrée avec une sauce au suprême, et
-servez. (Voyez _Sauce au Suprême_.)
-
-
-_Cuisses de Poularde en Canetons ou en petits Oignons._
-
-Quand vous aurez levé les filets de trois belles poulardes, comme à
-l’article précédent, en ménageant les peaux des cuisses, désossez-les
-jusqu’à la moitié de l’os qui tient à la patte; supprimez les trois
-quarts de chaque patte; étendez vos cuisses sur un linge blanc;
-remplissez-les d’un salpicon, composé de foies gras, de truffes et de
-champignons: cousez les peaux de ces cuisses, et donnez-leur une forme
-alongée comme le cou d’un cygne ou d’un canard; il faut que le moignon
-de la cuisse forme le col de votre oiseau, et que la patte forme le
-bec. Fixez ces pattes avec un fil, de manière à leur conserver la grâce
-qu’a le col d’un cygne; faites deux incisions au reste de la patte,
-l’une sensée derrière la tête de l’oiseau, et l’autre sur le haut du
-bec, pour qu’il forme la protubérance qui est sur le haut du bec du
-cygne: ayez six belles écrevisses, dont les pattes soient égales;
-faites-les cuire dans du bouillon; ôtez-leur les douze grosses pattes;
-formez-en les ailes de vos cygnes, en les enfonçant dans la chair par
-le bout qui tenait au corps de l’écrevisse; foncez une casserole de
-bardes de lard; rangez-y vos petits cygnes comme s’ils étaient sur
-l’eau; mettez sur chaque une tranche de citron, afin qu’ils soient
-bien blancs; mouillez-les avec une poêle (voyez article _Poêle_);
-couvrez-les de bardes de lard et d’un rond de papier; trois quarts
-d’heure avant de servir, faites-les partir et cuire doucement sur la
-paillasse, avec peu de feu dessus: leur cuisson faite, égouttez-les,
-ôtez-en les fils; dressez-les et servez dessous une sauce hollandaise
-verte, ou une sauce au beurre d’écrevisses. (Voyez l’article SAUCES.)
-
-
-_Cuisses de Poulardes en Ballon._
-
-Désossez six ou huit cuisses de poulardes; supprimez à-peu-près les
-trois quarts de chaque patte; mettez ces cuisses sur un linge blanc;
-étalez-les, remplissez-les d’un salpicon; cousez-les comme celles des
-poulardes en bigarrure; marquez-les dans une casserole foncée de bardes
-de lard; mouillez-les avec une poêle; faites-les cuire environ trois
-quarts d’heure: leur cuisson faite, égouttez, dressez et saucez-les
-avec une bonne italienne rousse, et servez. (Voyez l’article _Sauce
-Italienne Rousse_.)
-
-
-_Cuisses de Poulardes à la Bayonnaise._
-
-Prenez trois culottes de poulardes; partagez-en la peau en deux
-jusqu’au croupion; levez les cuisses avec cette peau; désossez-les
-entièrement, néanmoins en leur laissant le bout de l’os adhérant
-aux pattes: cela fait, marinez-les avec du jus de citron, sel, gros
-poivre et une feuille de laurier cassée en morceaux; laissez mariner
-ces cuisses deux ou trois heures: au moment de servir, égouttez-les,
-farinez-les, faites-les frire dans du lard râpé; coupez quatre oignons
-en anneaux; ôtez-en le cœur; faites aussi frire ces oignons; ayez soin
-qu’ils aient, ainsi que les cuisses, une belle couleur: dressez ces
-cuisses sur votre plat; mettez dessus vos anneaux frits, et servez
-dessous une sauce poivrade. (Voyez l’article _Sauce Poivrade_.)
-
-
-_Cuisses de Poulardes à la Livernois._
-
-Levez les cuisses de trois poulardes; supprimez la moitié de l’os
-de la cuisse; parez-les; foncez une casserole de quelques carottes
-coupées en lames, de deux oignons, d’un bouquet de persil et ciboules,
-assaisonné de ces aromates et d’une lame de jambon; posez ces cuisses
-dessus; mouillez-les avec une cuillerée à pot de bouillon: couvrez-les
-de quelques bardes de lard et d’un rond de papier; tournez des petites
-carottes, soit en bâtonnets, soit en champignons; mettez-les blanchir;
-égouttez-les; faites-les cuire dans du bouillon et tomber à glace;
-mettez-y un petit morceau de sucre pour en ôter l’âcreté; versez
-dans une casserole quatre à cinq cuillerées à dégraisser pleines
-d’espagnole; ajoutez-y vos carottes tombées à glace; faites-les
-bouillir et dégraissez-les; égouttez les cuisses de poulardes, et
-dressez-les: ajoutez un demi-pain de beurre à votre ragoût; sautez-le;
-masquez-en votre entrée, et servez.
-
-
-_Cuisses de Poulardes aux Truffes._
-
-Désossez six cuisses de poulardes, comme il est indiqué à l’article
-_Cuisses en Ballon_; farcissez-les d’un salpicon, composé de truffes
-et de foies gras: cousez ces cuisses; marquez-les dans une casserole,
-comme il est dit aux cuisses précédentes: faites-les cuire de même;
-égouttez-les; ôtez-en les fils, et servez dessous un ragoût de truffes.
-(Voyez l’article _Ragoût aux Truffes_.)
-
-
-_Quenelles de Poulardes._
-
-Procédez, pour ces quenelles, de même qu’il est indiqué à l’article
-_Quenelles de Volailles_.
-
-
-_Ailerons de Poulardes en Haricots Vierges._
-
-Ayez vingt ailerons de poulardes; échaudez-les, épluchez-les;
-désossez-les jusqu’à la moitié de la première jointure; flambez-les,
-parez-les; essuyez-les avec un linge blanc; foncez une casserole de
-bardes de lard; rangez-les dedans; mouillez-les d’une poêle ou avec
-du bouillon sans couleur: si vous n’avez point de poêle, alors mettez
-quelques tranches de citron, dont vous aurez ôté la peau et les
-pepins, avec un bouquet de persil et ciboules, une carotte tournée,
-deux oignons, dont un piqué d’un clou de girofle et une demi-feuille
-de laurier; couvrez le tout de bardes de lard et d’un rond de papier;
-faites partir et cuire sur la paillasse, avec feu dessous et dessus:
-vous aurez tourné des navets en petits bâtonnets, en gousses d’ail ou
-en champignons; faites blanchir ces navets, égouttez-les; mettez-les
-dans une casserole avec du bouillon qui ne soit point coloré; ajoutez-y
-un petit morceau de sucre; faites cuire à petit feu; mettez dans une
-autre casserole quatre cuillerées à dégraisser pleines de velouté;
-faites-le réduire; vous aurez fait bouillir une chopine de crême,
-et vous la verserez petit à petit dans votre sauce, en la tournant
-toujours, jusqu’à ce qu’elle ait acquis la consistance d’une bouillie
-claire: sa réduction faite, égouttez vos navets; mettez-les dans votre
-sauce; ajoutez-y un peu de muscade râpée, un demi-pain de beurre, et
-sautez-les: égouttez vos ailerons; dressez-les sur un plat auquel vous
-aurez fait un bord de citron; masquez ces ailerons avec vos navets et
-servez.
-
-
-_Ailerons de Poulardes en Haricots._
-
-Préparez ces ailerons comme il est indiqué à l’article précédent;
-tournez vos navets de même; faites-les roussir dans du beurre, de
-manière qu’ils aient une belle couleur; égouttez-les; mettez dans
-une casserole une cuillerée à pot d’espagnole; faites-la bouillir,
-jetez-y vos navets, laissez-les mijoter et cuire; dressez vos ailerons,
-et masquez-les avec vos navets, faute d’espagnole; quand vos navets
-seront passés et d’une belle couleur, égouttez-les; faites un petit
-roux, en mettant une cuillerée à bouche de farine dans le beurre de
-vos navets (voyez _Roux_, article SAUCES); mouillez ce roux avec le
-fond de vos ailerons; faites bouillir votre sauce; passez-la dans une
-casserole au travers d’une étamine; ajoutez-y vos navets; laissez-les
-cuire, dégraissez-les, jetez-y un petit morceau de sucre; goûtez si
-votre sauce est d’un bon goût, et servez-vous-en comme il est expliqué
-ci-dessus.
-
-
-_Ailerons de Poulardes à la Purée._
-
-Marquez ces ailerons comme les précédens: leur cuisson faite,
-égouttez-les, dressez-les et masquez-les d’une purée à votre choix.
-(Voyez _Purées d’Entrées_, article SAUCES.)
-
-
-_Ailerons de Poulardes au Soleil._
-
-Préparez et faites cuire quinze ailerons comme les précédens: leur
-cuisson faite, égouttez-les; trempez-les dans une légère pâte,
-faites-les frire; qu’ils soient d’une belle couleur; et servez-les avec
-une pincée de persil frit.
-
-
-_Terrine d’Ailerons de Poulardes._
-
-Prenez une quantité d’ailerons proportionnée à la grandeur de votre
-terrine; préparez-les comme ci-dessus; faites cuire du petit lard en
-raison de la quantité de vos ailerons, et procédez en tout, pour cette
-terrine, ainsi qu’il est énoncé à l’article _Mouton_ dit _Terrine_.
-(Voyez cet article.)
-
-
-_Ailerons de Poulardes piqués et glacés._
-
-Ayez douze ou quinze de ces ailerons: après les avoir épluchés et
-flambés, désossez-les comme il est indiqué précédemment; faites-les
-légérement blanchir; piquez-les d’une deuxième: cela fait, foncez une
-casserole avec un peu de rouelle de veau, une lame ou deux de jambon,
-un oignon piqué d’un clou de girofle, une carotte tournée, un bouquet
-de persil et ciboules; rangez vos ailerons sur ce fond, de manière
-que le lard ne se touche point; mouillez-les avec du bon bouillon;
-couvrez-les d’un rond de papier beurré; faites-les partir et cuire sur
-la paillasse, avec un feu vif dessous et dessus, afin qu’ils prennent
-une belle couleur: leur cuisson faite, passez leur fond au travers d’un
-tamis de soie; faites-le réduire presque à glace dans une sauteuse,
-laquelle doit avoir assez d’étendue pour les contenir sans être les
-uns sur les autres: rangez-les sens dessus dessous dans cette sauteuse,
-c’est-à-dire que le côté piqué doit tremper dans la glace; posez cette
-sauteuse sur une cendre chaude; laissez mijoter ainsi vos ailerons:
-quand ils seront glacés, prenez-les avec une fourchette, dressez-les
-sur votre plat, le côté glacé en dessus; mettez dans le restant de
-votre glace une cuillerée à dégraisser pleine d’espagnole et une de
-consommé; faites bouillir le tout; détachez bien votre glace; saucez
-vos ailerons avec cette sauce, et servez.
-
-
-_Ailerons de Poulardes à la Chicorée._
-
-Préparez vos ailerons comme les précédens, faites-les cuire de
-même, dressez-les sur une bonne chicorée blanche, et servez. (Voyez
-_Chicorée blanche_, article RAGOUTS.)
-
-
-_Ailerons de Poulardes à la Pluche verte._
-
-Ayez une quinzaine d’ailerons: après les avoir préparés, comme il est
-indiqué ci-dessus, formez une casserole de quelques tranches de veau et
-de lames de jambon; joignez-y une douzaine de queues de champignons,
-une demi-gousse d’ail, une demi-feuille de laurier et une pincée de
-basilic; rangez vos ailerons sur ce fond; coupez deux carottes en lames
-et deux oignons en tranches, couvrez-en vos ailerons, mouillez-les avec
-du bouillon ou du consommé; faites-les partir; mettez-les cuire sur
-la paillasse, avec feu dessous et dessus: leur cuisson faite, passez
-votre fond dans une casserole à travers un tamis de soie; ajoutez à
-ce fond un petit pain de beurre, manié dans de la farine; faites lier
-votre fond, en la tournant; laissez-la réduire jusqu’à consistance de
-sauce; ajoutez-y une pincée de feuilles de persil, que vous aurez fait
-blanchir; dressez vos ailerons; mettez le jus d’un citron dans votre
-sauce, avec un peu de gros poivre; goûtez si elle est d’un bon sel,
-masquez-en vos ailerons, et servez.
-
-
-_Ailerons de Poulardes à la Villeroi._
-
-Prenez douze ou quinze ailerons, flambez, épluchez, désossez-les
-jusqu’à la première jointure; remplissez-les d’une farce cuite de
-volailles (voyez, à l’article FARCES, celle cuite _de Volailles_);
-marquez-les dans une casserole, comme les ailerons piqués et glacés
-(voyez cet article), et faites-les cuire de même: leur cuisson
-achevée, égouttez-les, posez-les sur une tourtière, couvrez-les d’une
-Sainte-Menéhould (voyez l’article de cette sauce); panez-les avec
-moitié mie de pain et moitié fromage de Parmesan, mêlés ensemble:
-faites prendre une belle couleur à vos ailerons, soit au four ou sous
-un four de campagne, dressez-les, et servez.
-
-
-_Crêtes et Rognons au Velouté._
-
-Préparez et faites cuire dans un blanc ces crêtes et rognons: leur
-cuisson faite, égouttez-les; mettez dans une casserole du velouté
-réduit en suffisante quantité; jetez-y vos crêtes et vos rognons;
-faites-les mijoter un demi-quart d’heure; liez votre ragoût;
-finissez-le avec la moitié d’un pain de beurre et un jus de citron,
-dressez et servez.
-
-
-_Grand Aspic de Crêtes et Rognons._
-
-Prenez un moule à aspic, ou, faute de ce moule, une casserole
-proportionnée à la grandeur de votre plat; posez-la dans un autre vase
-rempli de glace pilée; coulez dans ce moule de l’aspic, de l’épaisseur
-d’un travers de doigt; décorez-le d’un dessin à votre fantaisie: à cet
-effet, servez-vous de truffes, de blancs d’œufs durs, de cornichons,
-de queues et d’œufs d’écrevisses, et de rognons de coqs: votre décor
-achevé, coulez-le légérement sur votre aspic; prenez garde de le
-déranger: cet aspic pris, remplissez votre moule de crêtes et rognons
-de coqs, en laissant un espace de deux travers de doigt tout autour;
-remplissez d’aspic cet intervalle, ainsi que le moule, pour que le tout
-ensemble ne forme qu’un pain: au moment de servir, trempez votre moule
-dans de l’eau tiède; renversez-le sur un couvercle; coulez votre aspic
-sur le plat sans ôter le moule: lorsqu’il sera bien placé, enlevez-en
-le moule avec dextérité; remuez la gelée qui se trouverait fondue, au
-moyen d’un chalumeau de paille; essuyez votre plat, et servez.
-
-Vous pouvez vous servir du même procédé pour faire des aspics de blancs
-de poulardes, de filets de lapereaux et de perdreaux; et si votre
-moule se trouvait faire un puits, remplissez-le d’une mayonnaise ou
-d’une ravigote à la gelée.
-
-
-_Petits Aspics de Crêtes et de Rognons._
-
-Procédez, pour ces petits aspics, comme il est énoncé ci-dessus
-pour le grand aspic, soit pour leur dessin, soit pour les remplir
-convenablement: faites-en sept ou neuf.
-
-
-_Foies gras à la Périgueux._
-
-Prenez sept foies de poulardes qui soient bien gras; ôtez-en l’amer
-et la partie du foie qui le touche; piquez-les de clous de truffes;
-marquez-les dans une casserole foncée de bardes de lard; mouillez-les
-avec une bonne mirepoix (voyez, à l’article SAUCES, celle de
-_Mirepoix_): faute de mirepoix, mettez un verre de vin blanc et un de
-consommé, avec un peu de sel, une carotte tournée, deux moyens oignons,
-dont un piqué d’un clou de girofle, un bouquet de persil et ciboules,
-une demi-feuille de laurier et la moitié d’une gousse d’ail: couvrez
-alors ces foies de bardes de lard et d’un rond de papier; faites partir
-et cuire un quart d’heure et demi sur la paillasse, avec feu dessus et
-dessous; égouttez-les, dressez-les sur le plat, et saucez-les avec une
-sauce à la Périgueux (voyez cet article): vous pouvez servir entre vos
-foies des crêtes de pain passées dans le beurre, avec une belle truffe
-au milieu.
-
-
-_Foies gras au Gratin._
-
-Prenez un plat d’argent, ou tout autre qui puisse aller au feu;
-mettez dans le fond l’épaisseur d’un travers de doigt de gratin (voyez
-_Gratin_, article FARCES); ayez six ou sept beaux foies de poulardes
-bien blancs, appropriez-les, comme il est dit à l’article précédent;
-arrangez-les sur votre plat, en laissant un puits au milieu (à ce
-sujet, voyez l’article _Mauviettes au Gratin_); remplissez tous les
-intervalles de vos foies, en sorte que le tout ne forme qu’un pain:
-ayant uni votre gratin entièrement avec votre couteau, couvrez-le d’un
-papier beurré, mettez-le dans le four ou sous le four de campagne: sa
-cuisson faite, retirez-le, ôtez-en le papier beurré, débouchez-en le
-puits, saucez-le avec une espagnole réduite ou une italienne rousse, et
-servez.
-
-
-_Foies gras en Matelote._
-
-Préparez six foies gras, ainsi qu’il est expliqué ci-dessus; faites-les
-blanchir et cuire comme ceux à la Périgueux (voyez cet article);
-égouttez-les; dressez-les sur votre plat; saucez-les d’une sauce à la
-matelote (voyez l’article _Sauce à la Matelote_); ajoutez-y des cœurs
-de pain passés dans le beurre, des truffes, si vous voulez, et servez.
-
-
-_Foies gras en Caisse._
-
-Faites une caisse ronde ou carrée, de la hauteur de deux pouces et
-demi environ; huilez-la en dehors; étendez dans le fond du gratin,
-de l’épaisseur d’un travers de doigt: ayant préparé six foies gras,
-mettez-les dans une casserole avec un morceau de beurre, du persil,
-ciboules, champignons hachés, sel, poivre et fines épices, le tout
-en suffisante quantité; passez ainsi ces foies: mettez votre caisse
-sur le gril; arrangez vos foies dans cette caisse, avec les fines
-herbes; posez sur un feu doux; laissez-les cuire, et, leur cuisson
-faite, dressez votre caisse sur le plat; saucez-la d’une bonne
-espagnole réduite, dans laquelle vous aurez exprimé le jus d’un citron;
-dégraissez-les en cas qu’il y surnage du beurre.
-
-
-_Hatelettes de Foies gras._
-
-(Voyez l’article _Hatelettes de Ris de Veau_). Au lieu de ris de veau,
-vous employez ici des foies gras.
-
-
-_Coquilles de Foies gras._
-
-Faites blanchir de ces foies, en raison de la quantité de coquilles
-que vous voulez servir; coupez-les par lames, ainsi que des truffes
-et des champignons: ajoutez-y persil et ciboules hachés, sel, gros
-poivre, un peu d’épices fines et un morceau de beurre; mettez le tout
-dans une casserole, et passez-le sur le feu; mouillez-le avec un peu
-de vin de Champagne et d’espagnole; faites réduire ce ragoût à courte
-sauce, mettez-le dans des coquilles (nommées communément pélerines);
-panez-les; faites-leur prendre une belle couleur au four ou sous un
-four de campagne, et servez.
-
-
-
-
-DINDE.
-
-
-_Dinde aux Truffes et à la Broche._
-
-Ayez une poule d’Inde grasse et blanche; épluchez-la, flambez-la,
-videz-la par la poche, prenez garde d’en crever l’amer et d’offenser
-les intestins: si cela vous arrivait, lavez-la en lui passant de l’eau
-dans le corps; ayez trois ou quatre livres de truffes; épluchez-les
-avec soin; supprimez celles musquées, et hachez une poignée des
-plus défectueuses; pilez une livre de lard gras; mettez-le dans une
-casserole avec vos truffes hachées, et celles qui sont entières,
-assaisonnez-les de sel, gros poivre, fines épices et une feuille
-de laurier; passez le tout sur un feu doux; laissez-le mijoter une
-demi-heure ou trois quarts d’heure; après retirez vos truffes du feu;
-remuez-les bien; laissez-les presque refroidir, et remplissez-en le
-corps de votre dinde jusqu’au jabot; cousez-en les peaux, afin d’y
-contenir les truffes; bridez-la, bardez-la, et laissez-la se parfumer
-trois ou quatre jours, si la saison vous le permet: au bout de ce
-temps mettez-la à la broche, enveloppez-la de fort papier, faites-la
-cuire environ deux heures: sa cuisson achevée, déballez-la, faites-lui
-prendre une belle couleur et servez-la.
-
-
-_Dinde en Galantine._
-
-Procédez, à l’égard de cette dinde, comme il est indiqué à l’article
-_Poularde en Galantine_.
-
-
-_Dinde en Daube._
-
-Prenez une vieille dinde: après l’avoir flambée et épluchée,
-refaites-lui les pattes; videz-la et retroussez-la en poule; coupez de
-gros lardons, assaisonnez-les de sel, poivre, épices fines, aromates
-pilés, persil et ciboules hachés; roulez bien ces lardons dans tout
-cela, ensuite lardez-en votre dinde en travers et en totalité;
-bridez-la, enveloppez-la dans un morceau d’étamine; cousez-la et
-ficelez-la des deux bouts; foncez une braisière, de la grandeur
-convenable à la grosseur de votre dinde, de quelques bardes de lard
-et de débris de veau, de quelques lames de jambon et du restant de
-vos lardons; ajoutez encore, si vous le voulez, un jarret de veau;
-posez votre dinde sur ce fond; assaisonnez-la de sel, d’un fort
-bouquet de persil et ciboules, de deux gousses d’ail et de deux
-feuilles de laurier, de deux ou trois carottes et de quatre ou cinq
-oignons, dont un piqué de trois clous de girofle; mouillez votre
-dinde avec du bouillon et un poisson de bonne eau-de-vie: faites en
-sorte qu’elle baigne dans son mouillement; couvrez-la de quelques
-bardes de lard et de feuilles de papier beurré; faites-la partir, et
-couvrez votre braisière de son couvercle; mettez-la sur la paillasse,
-avec feu dessous et dessus; entourez-la de cendres rouges; laissez-la
-mijoter ainsi pendant quatre heures: cependant à moitié de sa cuisson
-découvrez votre dinde; retournez-la; goûtez si elle est d’un bon
-sel, et ajoutez, au cas contraire, ce dont il peut avoir besoin: sa
-cuisson faite, retirez-le du feu; laissez-le presque se refroidir dans
-son assaisonnement; retirez-le sur un plat, ayant soin de le laisser
-égoutter; passez son fond au travers d’un tamis de soie; clarifiez-le
-de même que l’aspic (voyez _Grand Aspic_, article SAUCES); laissez
-refroidir votre gelée; déballez votre dinde; dressez-la et garnissez-la
-de cette gelée. (Observez qu’on peut servir cette dinde, chaude, avec
-partie de son fond réduit.)
-
-
-_Ailerons de Dindons, accommodés de toutes façons._
-
-(Voyez à ce sujet tous les articles _Ailerons de Poulardes_).
-
-
-
-
-PIGEONS.
-
-
-Il y a plusieurs sortes de pigeons: les romains, les cochois et les
-bisets sont ceux qu’on emploie le plus communément. Il y a aussi les
-pigeons _dits_ à la Gautier, qui sont d’une grande ressource pour la
-cuisine. Je ne parlerai ici que des pigeons de volière, comme étant les
-meilleurs, et auxquels on peut substituer le biset. Je ne m’étendrai
-pas non plus sur ce sujet, vu que j’en ai déjà parlé à l’article
-_Pigeons Ramiers_.
-
-
-_Pigeons aux Petits Pois._
-
-Prenez trois ou quatre pigeons; après les avoir plumés et épluchés,
-videz-les et remettez-leur le foie dans le corps; retroussez-leur
-les pattes en dedans; laissez-leur les ailerons; flambez-les et
-épluchez-les; mettez un morceau de beurre dans une casserole;
-faites-les revenir, et retirez-les: vous aurez coupé du petit lard en
-gros dés et fait dessaler près d’une demi-heure; passez-le dans votre
-beurre; faites-lui prendre une belle couleur; égouttez-le, mettez
-une bonne cuillerée à bouche de farine dans votre beurre; faites un
-petit roux, qu’il soit bien blond; remettez-y votre petit lard et vos
-pigeons; retournez-les dans votre roux, mouillez-les petit à petit
-avec du bouillon, et mettez le tout à consistance de sauce; tournez-le
-jusqu’à ce qu’il bouille; assaisonnez-le de persil et ciboules, avec
-une demi-feuille de laurier, la moitié d’une gousse d’ail et un clou de
-girofle; retirez votre casserole sur le bord du fourneau pour que vos
-pigeons mijotent; quand ils seront à moitié de leur cuisson, mettez-y
-un litre de pois fins; laissez-les cuire, ayant soin de les remuer
-souvent: leur cuisson achevée, goûtez-les et ajoutez du sel, s’il en
-est besoin; dégraissez-les, retirez-les pour faire réduire leur sauce
-si elle est trop longue: la réduction faite, dressez vos pigeons,
-masquez-les de leur ragoût de pois et de petit lard, et servez.
-
-
-_Autre Manière._
-
-Ayez trois pigeons de volière; préparez-les comme il est dit à
-l’article précédent; foncez une casserole de bardes de lard; mettez-y
-vos pigeons; ajoutez-y deux carottes tournées, deux oignons, dont un
-piqué d’un clou de girofle, quelques débris de viande de boucherie,
-une lame de jambon, un peu de sel, un bouquet assaisonné comme
-précédemment; mouillez ces pigeons d’une cuillerée à pot de bouillon;
-mettez dessus quelques bardes de lard; faites-les partir; couvrez-les
-d’un rond de papier et d’un couvercle, et laissez-les cuire: leur
-cuisson achevée, égouttez-les, dressez-les, masquez-les d’un ragoût de
-pois, et servez. (Voyez l’article _Ragoût de Pois_.)
-
-
-_Compote de Pigeons._
-
-Prenez trois ou quatre pigeons de volière, et plus, si ce sont des
-bisets; préparez-les comme il est dit ci-dessus; mettez un quarteron
-de beurre dans une casserole, ainsi que du petit lard que vous aurez
-coupé en dés, et que vous aurez fait dessaler; faites un petit roux
-(voyez _Roux_, article SAUCES); faites-y revenir vos pigeons: le
-tout bien revenu, mouillez-le avec un verre de vin et de bouillon, ou
-de l’eau; mettez-y un bouquet garni d’une demi-feuille de laurier,
-une demi-gousse d’ail, un clou de girofle et deux bonnes poignées de
-champignons tournés, ainsi qu’une vingtaine de petits oignons d’égale
-grosseur, que vous aurez passés dans le beurre, en sorte qu’ils
-soient bien blonds; assaisonnez vos pigeons de sel et gros poivre
-en suffisante quantité; laissez-les cuire, dégraissez-les; si votre
-sauce est trop longue, mettez vos pigeons chaudement dans une autre
-casserole, et faites réduire leur sauce: lorsqu’elle sera arrivée à son
-degré, dressez vos pigeons, masquez-les avec votre ragoût, et servez.
-
-
-_Pigeons au Blanc._
-
-Prenez la même quantité de pigeons que ci-dessus, et préparez-les de
-même; faites-les dégorger une demi-heure et blanchir; égouttez-les,
-essuyez-les avec un linge blanc; mettez-les dans une casserole avec
-un morceau de beurre; faites-les revenir sur un feu doux, sans que
-le beurre roussisse; singez-les, mouillez-les avec du bouillon;
-assaisonnez-les d’un bouquet comme ci-dessus, de sel et de poivre;
-faites-les mijoter un quart d’heure; ajoutez-y deux poignées de
-champignons tournés, une vingtaine de petits oignons d’égale grosseur;
-faites cuire le tout et dégraissez-le: si votre sauce se trouvait trop
-longue, transvasez-la, faites-la réduire, remettez-la sur vos pigeons;
-faites une liaison de trois jaunes d’œufs, délayés avec de la crême ou
-du lait, et un peu de muscade râpée; liez votre ragoût sans le faire
-bouillir; ajoutez-y, si vous le voulez, un peu de persil haché et
-blanchi; goûtez s’il est d’un bon goût; dressez vos pigeons sur votre
-plat, et masquez-les de votre ragoût.
-
-
-_Marinade de Pigeons au Soleil._
-
-Si vous avez trois pigeons cuits à la broche, coupez-les en deux;
-faites-les mijoter environ vingt minutes dans une marinade cuite
-(voyez l’article _Marinade cuite_), ensuite égouttez-les: au moment
-de servir, trempez-les dans une pâte à frire, légère (voyez l’article
-_Pâte à frire_); lorsqu’ils seront frits et auront pris une belle
-couleur, dressez-les, couronnez-les d’un bouquet de persil frit, et
-servez.
-
-
-_Pigeons à la Crapaudine._
-
-Prenez trois pigeons de volière; videz-les; retroussez-leur les
-pattes dans le corps; flambez-les, épluchez-les; levez une partie de
-l’estomac, en commençant du côté des cuisses, et venant jusqu’à la
-jointure des ailes, sans attaquer le coffre du pigeon; renversez cet
-estomac et aplatissez le corps avec le manche de votre couteau; prenez
-une casserole assez grande pour les contenir, sans qu’ils soient gênés;
-faites-y fondre un morceau de beurre, mettez-y sel et gros poivre
-en suffisante quantité; posez-y vos pigeons, du côté de l’estomac;
-faites-les revenir, en les retournant aux trois quarts cuits;
-retirez-les; passez-les; mettez-les sur le gril, faites-les griller
-à un feu doux; donnez-leur une belle couleur; dressez-les et servez
-dessous une sauce au pauvre homme. (Voyez cette Sauce.)
-
-
-_Pigeons à la Gautier._
-
-Ayez six ou sept de ces petits pigeons, bien égaux, lesquels ne doivent
-avoir que sept ou huit jours; flambez-les très-légérement; prenez garde
-d’en roidir la peau; épluchez-les, coupez-leur les ongles; faites
-fondre, ou plutôt tiédir trois quarterons de beurre très-fin; ajoutez-y
-le jus de deux ou trois citrons et un peu de sel fin (le blanc est
-préférable); mettez vos pigeons dans ce beurre; faites-les revenir
-légérement, sans passer votre casserole sur le charbon, afin de ne
-point roidir leur peau; retirez du feu votre casserole; foncez-en une
-autre en totalité de bardes de lard; rangez-y vos pigeons, de manière
-que les pattes soient au centre de la casserole; arrosez-les de la
-totalité de votre beurre; mouillez-les avec une poêle (voyez _Poêle_,
-article SAUCES): si vous n’en avez pas, mettez en place un verre de vin
-blanc, une cuillerée à pot de consommé, un quarteron de lard râpé et
-un bouquet assaisonné; couvrez vos pigeons de bardes de lard et d’un
-rond de papier; un quart d’heure avant de servir faites-les partir;
-mettez-les cuire sur la paillasse, avec un peu de feu dessous et de la
-cendre chaude dessus; leur cuisson faite, égouttez, dressez-les, mettez
-entre chacun d’eux une belle écrevisse et une belle truffe au milieu;
-saucez-les, soit avec une sauce verte, soit avec un beurre d’écrevisses
-ou bien un aspic. (Voyez article SAUCES.)
-
-
-_Pigeons au Basilic._
-
-Si vous avez des pigeons à la Gautier, de desserte, assez pour une
-entrée, faites une farce cuite de volaille (voyez cet article), dans
-laquelle vous mettrez une pincée de basilic haché, s’il est vert (s’il
-est sec, pilez-le et passez-le au tamis); supprimez les pattes de vos
-pigeons; enveloppez-les de farce cuite, en sorte qu’on ne puisse pas
-distinguer si ce sont des pigeons; trempez-les dans une omelette bien
-battue, et dans laquelle vous aurez mis une mie de pain et un grain de
-sel; roulez-les dans la mie de pain, c’est-à-dire, panez-les; un quart
-d’heure avant de servir, mettez-les dans de la friture moyennement
-chaude, afin qu’ils puissent être atteints; faites en sorte qu’ils
-aient une belle couleur; dressez-les et servez-les.
-
-
-_Côtelettes de Pigeons._
-
-Prenez six pigeons; préparez-les, flambez-les légérement; levez-en
-les filets, posez-les sur la table et levez-en la petite peau; battez
-légérement ces filets avec le manche de votre couteau; parez-les;
-prenez des os de l’aile ou du brichet; nettoyez-les; mettez-les dans
-la pointe de chacun de vos filets pour en former comme une côtelette;
-trempez-les dans une anglaise (c’est-à-dire, deux jaunes d’œufs délayés
-avec du beurre); panez-les; mettez-les sur le gril; faites-les griller,
-ayant soin de les retourner; donnez-leur une belle couleur, et, leur
-cuisson achevée, dressez-les en couronne sur votre plat; saucez-les
-d’un jus de bœuf, ou d’un blond de veau bien corsé, dans lequel vous
-mettrez une pincée de gros poivre, le jus d’un ou deux citrons, et
-servez.
-
-Vous pouvez faire avec les culottes de vos pigeons une entrée, telle
-qu’une timbale, un pâté chaud, ou des papillotes (voy. l’article
-_Côtelettes de Veau en Papillotes_, et procédez de même): il faut,
-pour cette dernière entrée, couper vos culottes en deux.
-
-
-_Pigeons à la Broche._
-
-Prenez cinq pigeons de volière; plumez-les, videz-les; refaites-les
-légérement; épluchez-les, bridez-les; laissez-leur les pattes en long;
-bardez-les: si c’est en été, mettez une feuille de vigne entre le
-pigeon et la barde, et posez-la de manière à ce qu’elle ne déborde
-pas le lard. Passez vos pigeons dans un hatelet; attachez-les sur la
-broche; faites cuire ces pigeons, et observez qu’ils demandent à être
-cuits verts.
-
-
-_Pigeons en Ortolans pour Rôt._
-
-Prenez six pigeons à la Gautier; préparez-les; flambez-les légérement;
-bardez-les en caille, de manière qu’on leur voie à peine les pattes;
-passez-les dans un hatelet; couchez-les sur la broche; faites-les cuire
-à un feu clair (il leur faut très-peu de cuisson), et servez.
-
-
-
-
-OIES.
-
-
-_Oies sauvages._
-
-Leur passage dure environ deux mois, à moins que l’hiver ne soit doux:
-les jeunes sont d’un fort bon manger, et ressemblent beaucoup à nos
-oies domestiques, lesquelles proviennent des sauvages. Bien que l’on
-en compte plusieurs espèces, telles que celles d’Astracan et de la
-Chine, il y en a encore d’autres que l’on a par curiosité. En général,
-l’oie, quoique de difficile digestion, est très-bonne à manger; il y a
-quantité de manières de s’en servir dans l’économie domestique: je vais
-essayer de les indiquer.
-
-
-_Oison à la Broche._
-
-Ayez un oison gras, et dont la graisse soit blanche: pour vous assurer
-s’il est jeune et tendre, essayez de lui rompre la partie supérieure du
-bec; si elle se rompt facilement, vous pouvez le prendre; supprimez-en
-les ailes; épluchez-le, flambez-le; refaites-lui les pattes; coupez-en
-les ongles; essuyez-les avec un linge blanc; bridez votre oison;
-laissez-lui les pattes en long; mettez-le à la broche; faites-le cuire
-vert; il faut qu’en mettant le couteau dans le filet, le jus en sorte.
-
-
-_Oie à l’Anglaise._
-
-Préparez une oie comme ci-dessus; hachez-en le foie; épluchez trois
-gros oignons; coupez-les en petits dés; passez-les dans le beurre;
-faites-le cuire à blond; ajoutez-y une pincée de sauge bien hachée,
-ainsi que votre foie, du sel et poivre fin; mêlez bien le tout
-ensemble; mettez cet appareil dans le corps de cette oie; cousez-la,
-mettez-la à la broche; faites-la cuire comme ci-dessus, et servez-la
-avec un jus de bœuf ou un blond de veau réduit.
-
-
-_Oie aux Marrons._
-
-Ayez une oie, comme il est indiqué ci-dessus; préparez-la de même,
-hachez son foie; coupez un oignon en petits dés, passez le tout dans du
-lard râpé; préparez cinquante marrons, comme il est indiqué au potage à
-la purée de marrons; mettez-les mijoter dans votre farce; assaisonnez
-le tout de sel, poivre, fines épices (vos marrons seront cuits s’ils
-s’écrasent facilement dans vos doigts); rentrez le croupion de votre
-oie en dedans, cousez-la, remplissez-la de votre appareil, cousez la
-poche, mettez votre oie à la broche, donnez-lui cinq quarts d’heure de
-cuisson, et servez-la.
-
-
-_Oie à la Chipolata._
-
-Ayez un bel oison d’une graisse bien blanche; videz-le, retroussez-lui
-les pattes en dedans, flambez-le légérement, épluchez-le, bridez-le,
-bardez-le et ficelez-le; foncez une braisière de bardes de lard; mettez
-dans le fond quelques débris de viande de boucherie, deux lames de
-jambon, les abatis de votre oison, un bouquet de persil et ciboules,
-trois carottes tournées, deux ou trois oignons, dont un piqué de
-girofle, une gousse d’ail, du thym, du laurier, un peu de basilic et du
-sel; posez votre oie sur ce fond, mouillez-la avec un verre de vin de
-Madère ou tout autre vin blanc en plus grande quantité, et du bouillon
-ce qu’il en faut pour que votre oison baigne; faites-le partir, mettez
-dessus du papier beurré; couvrez-le, mettez-le sur la paillasse, avec
-feu dessous et dessus; faites-le cuire environ une heure et demie; sa
-cuisson faite, égouttez-le, dressez-le, et masquez-le au moment de
-servir avec une chipolata. (Voyez _Chipolata_, article RAGOUTS.)
-
-
-_Cuisses et Ailes d’Oies à la façon de Baïonne._
-
-Ayez le nombre d’oies que vous croirez nécessaire pour conserver;
-levez-en les ailes entières, ainsi que les cuisses, de manière à ne
-rien laisser sur la carcasse; désossez en partie les cuisses avec la
-main, frottez-les, ainsi que les ailes, de sel fin, dans lequel vous
-aurez mis une demi-once de salpêtre pilé, pour les membres des cinq
-oies; rangez toutes vos ailes et vos cuisses dans une terrine; mettez
-entre elles du laurier, du thym et du basilic; couvrez-les d’un linge
-blanc, laissez-les vingt-quatre heures dans cet assaisonnement; après
-retirez-les, passez-les légérement dans de l’eau, laissez-les égoutter;
-vous aurez ôté toute la graisse qui est dans le corps de vos oies, même
-celle qui est attachée aux intestins; vous l’aurez préparée comme le
-sain-doux (voyez _Sain-Doux_, article COCHON); mettez ces membres dans
-ce sain-doux, faites-les cuire à un feu extrêmement modéré; il faut que
-ce sain-doux ne fasse que frémir; vous serez sûr que ces membres seront
-cuits, lorsque vous pourrez y enfoncer une paille; alors égouttez-les,
-et quand ils seront bien refroidis, vous les arrangerez le plus serré
-que possible dans des pots; vous y coulerez votre sain-doux, aux trois
-quarts refroidi; laissez le tout ainsi refroidir; vingt-quatre heures
-après couvrez les pots bien hermétiquement de papier ou de parchemin;
-mettez-les dans un endroit frais, sans être humide, et servez-vous-en
-au besoin.
-
-
-_Cuisses d’Oies à la Lyonnaise._
-
-Prenez trois ou quatre quartiers d’oies; faites-les chauffer et un
-peu frire dans leur sain-doux; coupez six gros oignons en anneaux,
-prenez une partie du sain-doux dans lequel vous aurez fait chauffer ces
-cuisses, faites-y frire vos oignons; quand ils seront cuits et d’une
-belle couleur, égouttez-les, et de même égouttez vos quartiers d’oies;
-dressez-les, mettez vos oignons dessus, et servez dessous une bonne
-poivrade ou toute autre sauce qu’il vous plaira.
-
-
-_Cuisses ou Quartiers d’Oies à la purée._
-
-Faites chauffer vos cuisses comme les précédentes; égouttez-les,
-dressez-les et masquez-les d’une bonne purée de pois verts, que vous
-aurez finie avec un pain de beurre, et servez. (Voyez l’article _Sauce
-à la Purée de Pois_.)
-
-
-_Oie à la Daube ou à la Flamande._
-
-Videz, flambez, épluchez une oie; préparez-la comme la dinde (voyez
-l’article _Dinde à la Daube_); marquez-la et faites-la cuire de même;
-la cuisson achevée, dressez-la sur le plat, garnissez-la d’oignons, de
-carottes tournées et servez dessous son fond, que vous aurez passé au
-tamis de soie et fait réduire; observez que pour l’ordinaire on ne le
-sert pas froid comme on sert le dindon.
-
-
-
-
-CANARDS.
-
-
-_Des Canards en général._
-
-Le canard est de tous les oiseaux celui qui approche le plus de
-l’oie; il est plus délicat et de plus facile digestion. Il en est du
-canard comme de l’oie, il y en a de sauvages et de domestiqués; ces
-derniers sont les plus gros. Nous avons des variétés dans ces espèces,
-telle, par exemple, que celle de Barbarie, qui est plus grosse, moins
-délicate, et sujette à sentir le musc; mais, si on croise cette espèce
-avec les autres, il en provient des mulets qui tiennent le milieu entre
-les deux, et ils n’ont pas le désavantage d’avoir le mauvais goût de
-ceux de Barbarie: c’est avec cette espèce de mulet qu’on fait les
-canetons de Rouen; si estimés pour leur grosseur et leur qualité. Le
-canard sauvage se mange communément à la broche; cependant on en fait
-des entrées, que je tâcherai de faire connaître.
-
-
-_Canard sauvage à la Broche._
-
-Choisissez un canard (ou deux); qu’il soit gras; voyez s’il a les
-pattes fines, d’une belle couleur et non desséchées; pour juger s’il
-est vieux tué, ouvrez-lui le bec, et flairez s’il ne sent pas un
-mauvais goût; tâtez-lui le croupion et le ventre; s’ils sont fermes et
-que l’animal soit pesant, c’est une preuve qu’il est gras et frais;
-s’il a toutes ces qualités, prenez-le: j’ai remarqué que les femelles
-étaient plus délicates à manger que les mâles, quoiqu’en général les
-mâles se vendent plus cher; plumez deux de ces canards, ôtez-en le
-duvet, coupez-en les ailes bien près du corps, supprimez-en les cous,
-videz-les, flambez-les, épluchez-les, retroussez-leur les pattes,
-bridez-les et frottez-les avec leur foie; mettez-les à la broche,
-faites-les cuire verts; débrochez-les, dressez-les et servez-les avec
-deux citrons entiers.
-
-
-_Filets de Canards sauvages à l’Orange._
-
-Levez les filets de trois de ces canards; conservez la peau sur les
-filets, ciselez-les légèrement du côté de la peau; faites-les mariner
-dans de l’huile, avec ciboules cassées en deux et persil en branche,
-sel, gros poivre et le jus d’un citron; laissez-les se mariner une
-heure; au moment de servir, versez deux cuillerées d’huile dans une
-sauteuse, mettez-y vos filets, posez-les sur un bon feu, retournez-les
-deux ou trois fois, égouttez-les, dressez-les en couronne, et servez
-dessous une sauce à l’orange (voyez l’article de cette Sauce).
-
-
-_Salmi de Canards sauvages._
-
-Faites cuire deux de ces canards à la broche; lorsqu’ils seront froids,
-levez-les par membres, parez-les, pilez-les en parures, passez-les à
-l’étamine, et procédez en tout comme il est indiqué à l’article _Salmi
-de Perdreaux_.
-
-
-_Salmi de Canards sauvages au Chasseur._
-
-Faites cuire à la broche deux de ces canards: leur cuisson faite,
-coupez les estomacs en aiguillettes, levez-en les cuisses, séparez
-la carcasse en plusieurs morceaux; mettez-y sel et gros poivre;
-arrosez-les de quatre cuillerées à bouche d’huile d’olive et d’un
-demi-verre de vin de Bordeaux; coupez deux bigarades; exprimez-en le
-jus dessus, remuez bien le tout ensemble, et servez.
-
-
-_Caneton de Rouen, sauce à l’Orange._
-
-Ayez un beau caneton, bon de chair et de graisse, surtout qu’il
-soit blanc (ceci soit dit pour tous ceux que vous devez employer):
-videz-le, flambez-le légérement sans lui roidir la peau; refaites-lui
-les pattes, coupez-en les petits bouts, retroussez-les-lui en dehors,
-et rentrez-lui le croupion en dedans; épluchez-le; coupez-lui les
-ailes bien près du corps; supprimez-les, ainsi que le cou; maniez du
-beurre dans une casserole, ce qu’il en faut pour votre caneton; maniez
-ce beurre avec une cuiller de bois; mettez-y un peu de sel et un jus
-de citron; remplissez votre caneton de ce beurre, retroussez-le,
-donnez-lui une belle forme; foncez une casserole de bardes de lard;
-posez-le sur ce fond; couvrez-le de tranches de citron, desquelles vous
-aurez ôté la peau, le blanc et les pepins; couvrez-le de bardes de
-lard; assaisonnez-le d’une carotte tournée, d’un oignon piqué d’un clou
-de girofle et d’un bouquet de persil et ciboules; mouillez-le d’un peu
-de consommé et d’un demi-verre de vin blanc, et couvrez-le d’un rond de
-papier: une heure ou trois quarts d’heure avant de servir, faites-le
-partir, couvrez-le d’un couvercle, mettez-le sur la paillasse, avec feu
-dessous et de la cendre rouge dessus: sa cuisson faite, égouttez-le,
-débridez-le, dressez-le sur votre plat, et servez dessous une sauce à
-l’orange (voyez cette Sauce): au lieu d’employer du jus de bœuf, prenez
-un peu de sauce à l’aspic ou du consommé réduit: si ce n’est pas dans
-le temps des oranges, employez des citrons.
-
-
-_Caneton, sauce aux Olives._
-
-Préparez et faites cuire ce caneton comme le précédent, et masquez-le
-d’un ragoût d’olives. (Voyez ce Ragoût.)
-
-
-_Caneton aux petits Pois._
-
-Préparez et faites cuire ce caneton comme les précédens, et masquez-le
-d’un ragoût de petits pois. (Voyez cet article.)
-
-_Caneton aux Navets, Haricot vierge._
-
-Apprêtez et faites cuire ce caneton comme les précédens, et masquez-le
-d’un haricot vierge. (Voyez _Ailerons de Poulardes en Haricot vierge_.)
-
-
-_Caneton aux Navets._
-
-Procédez de la même manière que ci-dessus pour ce caneton, et
-masquez-le d’un ragoût de navets. (Voyez ce Ragoût.)
-
-
-_Caneton, sauce au Beurre d’Écrevisses._
-
-Préparez et faites cuire ce caneton de même que les précédens, et, pour
-le saucer, voyez l’article _Sauce au Beurre d’Écrevisses_.
-
-
-_Caneton, sauce au Vert-pré._
-
-Procédez de la même manière pour celui-ci que pour les précédens, et,
-pour le saucer, voyez l’article _Sauce au Vert-pré_.
-
-
-_Canards aux petites Racines._
-
-Opérez également pour ceux-ci comme pour les précédens; masquez-les de
-petites racines. (Voyez l’article _Ragoût aux petites Racines_.)
-
-
-_Canards aux Concombres._
-
-Préparez ces canards et faites-les cuire comme les précédens, et
-masquez-les de concombres. (Voyez l’article _Ragoût aux Concombres_.)
-
-
-_Canards aux petits Oignons._
-
-Préparez ces canards comme les précédens; faites-les cuire de même, et
-masquez-les de petits oignons. (Voyez l’article _Ragoût aux petits
-Oignons_.)
-
-
-_Canards en Macédoine._
-
-Préparez ces canards de même que les précédens, faites-les cuire de
-même, et masquez-les d’une macédoine. (Voyez l’article _Ragoût de
-Macédoine_.)
-
-
-_Canards au Verjus._
-
-Préparez ces canards comme les précédens; faites-les cuire de même;
-ayez du verjus, si c’est la saison; ôtez-en les queues, faites-les
-blanchir et égouttez-les; mettez trois cuillerées d’espagnole réduite
-dans une casserole; ajoutez-y votre verjus; faites réduire votre
-ragoût; dégraissez-le avec un pain de beurre, goûtez s’il est d’un bon
-goût, masquez-en vos canards et servez.
-
-
-_Canards à la Purée verte._
-
-Préparez ces canards comme les précédens; faites-les cuire de même,
-et masquez-les d’une purée verte. (Voyez l’article _Sauce à la Purée
-verte_.)
-
-
-_Canards aux Navets à la Bourgeoise._
-
-Prenez un ou deux canards, videz-les, flambez-les, refaites-leur les
-pattes, coupez-en les bouts et les ailes bien près du corps, ainsi que
-le cou; épluchez-les, retroussez-les en poule, les pattes en dedans:
-mettez du beurre dans une casserole, faites-y revenir vos canards;
-ayez soin de les retourner; faites-leur prendre une belle couleur;
-retirez-les de la casserole: pour les garnir, vous aurez apprêté une
-quantité suffisante de petits navets, soit coupés au vide-pomme, soit
-tournés au couteau et tous égaux; faites-les roussir dans le beurre
-de vos canards: lorsqu’ils seront d’une belle couleur, égouttez-les,
-faites un petit roux (voyez _Roux_, art. SAUCES); délayez avec du
-bouillon, sinon, avec de l’eau: prenez garde que votre sauce ne soit
-grumeleuse; mettez-y sel, poivre, un bouquet de persil et ciboules,
-assaisonné d’une demi-gousse d’ail et d’une feuille de laurier; trempez
-vos canards dans cette sauce et faites-les cuire: quand ils seront à
-moitié de leur cuisson, joignez-y vos navets; laissez-les mijoter;
-ayez soin de retourner vos canards de temps en temps, sans écraser
-les navets: la cuisson achevée, dégraissez votre ragoût, dressez vos
-canards, masquez-les de ce ragoût, et servez.
-
-
-_Caneton de Rouen, pour Rôt._
-
-Prenez un ou deux canetons (voyez _Caneton de Rouen_), préparez,
-videz, flambez, épluchez et bridez-les, les pattes en long;
-embrochez-les, enveloppez-les de papier, faites-les cuire environ trois
-quarts d’heure: la cuisson faite, dressez-les et servez-les, comme le
-canard sauvage au citron.
-
-
-
-
-OISEAUX DE RIVIÈRES ET SARCELLES.
-
-
-Le _rouge de rivière_ est plus petit que le canard sauvage, et lui
-ressemble beaucoup pour la forme; il est d’une chair plus délicate:
-après lui viennent les _pilets_, les _moiletons_, les _macreuses_, qui
-leur sont bien inférieurs en qualité: tous ces oiseaux s’apprêtent
-et s’accommodent comme le canard sauvage. La macreuse et le pilet,
-considérés comme chair de poisson, se servent les jours maigres, avec
-des sauces maigres.
-
-
-
-
-MAIGRE.
-
-
-_Bouillon de Pois._
-
-Prenez un litre ou deux de pois, qui soient sans pucerons; lavez-les,
-et, si vous en avez le temps, laissez-les tremper quelques heures;
-mettez-les dans une marmite avec deux oignons et deux carottes;
-faites-les bouillir; n’attendez pas qu’ils se mettent en purée;
-retirez-les du feu; passez leur bouillon dans une passoire; laissez-le
-reposer; tirez-le au clair, et servez-vous-en.
-
-
-_Bouillon pour les Potages et les Sauces._
-
-Prenez douze carottes, autant de navets et d’oignons, une botte de
-poireaux, deux panais, quatre pieds de céleri et un chou coupé en
-quatre; faites blanchir le tout, rafraîchissez-le; égouttez-le, ficelez
-le chou; mettez ces légumes dans une marmite; mouillez avec le bouillon
-de pois; ajoutez-y quelques racines de persil et un petit paquet
-de macis, de gingembre, deux clous de girofle, et une gousse d’ail
-enveloppée dans un linge: faites cuire votre bouillon: pour lui donner
-une belle couleur, mettez dans une casserole un morceau de beurre
-avec deux ou trois carottes, autant de navets et d’oignons coupés en
-lames et un pied de céleri; passez le tout bien coloré; mouillez-le
-d’un peu de bouillon de pois; faites-le tomber à glace; et lorsqu’il
-sera presque attaché, mouillez-le encore un peu pour le détacher, et
-versez-le dans votre bouillon, que vous laisserez mijoter quatre ou
-cinq heures de suite; passez-le dans une serviette, et servez-vous-en
-pour faire vos potages et vos sauces.
-
-
-_Bouillon de Poisson._
-
-Mettez du beurre dans le fond d’une casserole et dessus des oignons
-coupés en deux; émincez en moindre quantité des légumes, comme
-ci-dessus; couvrez-en vos oignons; ayez deux carpes, échardez-les,
-videz-les; fendez les têtes en deux, ôtez-en une pierre jaune nommée
-communément l’amer de la tête, et qui se trouve près des ouïes;
-jetez-la; coupez ces carpes par tronçons; joignez-y un brocheton ou
-tout autre poisson, que vous mettrez sur vos légumes; versez-y une
-cuillerée de bouillon maigre; laissez suer le tout: quand il formera
-glace, mouillez-le entièrement; mettez-y du sel, un peu de mignonnette,
-des queues de champignons, un bouquet assaisonné d’une gousse d’ail,
-d’un peu de macis, d’un peu de laurier et de deux clous de girofle;
-vous pouvez vous servir de ce bouillon, qui tient lieu du consommé et
-du blond de veau, pour vos potages, vos grandes et vos petites sauces.
-
-
-_Jus Maigre._
-
-Étendez du beurre dans le fond d’une casserole; couvrez-le d’oignons
-coupés en deux et de racines en tranches; faites suer le tout sur un
-feu modéré, environ trois quarts d’heure; ensuite mettez-le sur un
-feu plus vif, et faites-le tomber à glace, jusqu’à ce qu’il soit d’une
-couleur plus foncée; alors mouillez-le avec du bouillon des potages;
-détachez-le doucement; ajoutez-y quelques queues de champignons, une
-demi-gousse d’ail, persil et ciboules, une feuille de laurier, deux
-clous de girofle et du sel en suffisante quantité: laissez cuire ce jus
-à-peu-près trois quarts d’heure; passez-le au travers d’une serviette,
-et servez-vous-en au besoin.
-
-
-_Espagnole Maigre._
-
-Beurrez le fond d’une casserole; couvrez-la d’oignons coupés en deux,
-de quelques carottes tournées, d’une feuille de laurier, d’une ou deux
-carpes et tous autres poissons, même de l’esturgeon, si vous en avez:
-faites suer le tout à petit feu; ensuite poussez-le à un feu plus
-vif: lorsque ce suage sera tombé à glace, mouillez-le avec moitié jus
-et moitié bouillon, comme je l’ai indiqué pour le Potage; faites-le
-bouillir, pour que la glace se détache: cela fait, liez cette sauce
-avec un roux, comme l’espagnole grasse (voyez l’article _Espagnole_);
-mettez-y une demi-bouteille de vin blanc, de Champagne ou de Bourgogne,
-une gousse d’ail et quelques champignons: faites aller cette espagnole
-pendant une heure à petit feu; dégraissez-la, passez-la à l’étamine,
-et servez-vous-en, comme on se sert de l’espagnole, pour toutes vos
-petites sauces.
-
-
-_Potage au Pain._
-
-Chapelez légérement un pain à potage; levez-en les croûtes;
-arrondissez-les; mettez-les dans une casserole; versez dessus une
-cuillerée à pot de votre bouillon à potage; faites-le mitonner;
-versez-le dans votre pot à œil, et servez dessus tel légume ou telle
-purée maigre qu’il vous plaira. Il n’est point nécessaire d’entrer dans
-aucun détail au sujet de ces purées, puisqu’elles se font comme les
-grasses, sinon qu’elles se mouillent avec du bouillon maigre.
-
-
-_Potage à la Reine en Maigre._
-
-Ayez deux brochetons, qui ne sentent point la vase; échaudez-les,
-videz-les, levez-en les chairs; posez-les sur la table, du côté de la
-peau; levez cette peau, comme vous lèveriez une barde de lard; coupez
-ces chairs en gros dés; mettez-les dans une casserole, avec un morceau
-de beurre; faites-les cuire, sans les faire roussir; laissez-les
-refroidir; pilez une vingtaine d’amandes douces émondées: vous aurez
-fait tremper la mie d’un pain à potage dans de la crême, et vous
-l’aurez fait dessécher, comme il est indiqué à la _Panade_, article
-FARCES: pilez de même cette panade; retirez-la du mortier; pilez aussi
-vos chairs de brochets; joignez-y votre panade et vos amandes; repilez
-le tout; foncez une casserole de beurre; mettez dessus des oignons
-coupés en deux et des racines en lames, telles que carottes, navets,
-une demi-gousse d’ail, la moitié d’une feuille de laurier, un peu de
-macis, un bouquet de persil, ciboules, un clou de girofle, deux carpes
-coupées en tronçons, et les débris de vos brochetons: mouillez ce fond
-d’un peu de bouillon de pois; faites-le suer à petit feu, sans le
-laisser attacher: lorsque votre glace sera formée, mouillez-la avec du
-bouillon de pois (voyez cet article); faites cuire ce bouillon à petit
-feu: sa cuisson faite, passez-le dans une serviette, et servez-vous-en
-pour délayer votre appareil, que vous passerez à l’étamine, à force de
-bras, et auquel vous donnerez la consistance d’un coulis: mettez cet
-appareil dans une casserole, faites-le chauffer au bain-marie, jusqu’au
-moment de vous en servir; mettez dans votre pot à œil des petits
-croûtons coupés en dés et passés dans le beurre; versez dessus votre
-purée à la reine, et servez.
-
-
-_Potage au Lait d’Amandes._
-
-Prenez une livre et demie d’amandes douces et douze amandes amères;
-mettez-les dans une casserole avec de l’eau fraîche et sur le feu;
-lorsqu’elles sont prêtes à bouillir, retirez-les; voyez si la peau
-se lève, pour les émonder (on se sert d’un torchon dans lequel on
-les frotte); ayez de l’eau froide, où vous les mettrez au fur et à
-mesure; égouttez-les; lorsqu’elles seront froides, mettez-les dans un
-mortier et pilez-les; mettez-y de temps en temps une goutte d’eau,
-afin qu’elles ne tournent point en huile; vous jugerez qu’elles seront
-bien pliées, quand vous ne sentirez plus de grumeaux sous vos doigts;
-mettez-les dans une casserole et dans une pinte et demie d’eau; cette
-eau étant bouillante, mettez-y infuser une demi-once de coriandre et le
-zeste d’une moitié de citron, dont vous aurez ôté le blanc; délayez vos
-amandes avec cette infusion, passez le tout plusieurs fois au travers
-d’une serviette ou d’une étamine, jusqu’à ce qu’il ressemble à du lait;
-salez-le et sucrez-le convenablement; ensuite mettez-le au bain-marie;
-ayez des tranches de mie de pain très-minces, faites-les glacer au four
-ou sous un four de campagne, et jetez-les dans votre lait d’amandes au
-moment de servir.
-
-
-_Autre manière._
-
-Prenez une demi-livre d’amandes douces et cinq ou six amères;
-émondez-les et pilez-les comme ci-dessus; ayez une pinte et demie de
-lait, faites-le bouillir, et servez-vous d’une partie pour passer votre
-pâte d’amandes à plusieurs reprises, comme il est dit à l’article
-précédent; dans la partie du lait dont vous ne vous serez point servi,
-mettez infuser la moitié d’un bâton de vanille, que vous retirerez
-quand vous mélangerez le tout; assaisonnez-le de sucre et d’un peu de
-sel, mettez-y gros comme la moitié d’un œuf d’excellent beurre; trempez
-votre potage comme le précédent, et servez.
-
-
-_Autre manière plus prompte et plus économique._
-
-Prenez une pinte et demie de lait, faites-le bouillir; mettez dans
-une casserole huit jaunes d’œufs très-frais, dont vous aurez ôté avec
-soin les blancs et les germes; écrasez avec le rouleau vingt-quatre
-massepains ou macarons, moitié amers et moitié doux; mettez du sucre
-suffisamment pour sucrer votre lait, un peu de sel et une cuillerée à
-bouche de fleur d’orange; délayez le tout avec un peu de votre lait
-chaud, mais non bouillant, et de manière que vos macarons se mêlent
-bien avec les jaunes d’œufs et votre sucre; réservez la moitié de ce
-lait pour lier votre potage; ayant coupé des tranches de pain, les
-ayant rangé sur un plafond et les ayant saupoudré de sucre très-fin,
-faites-les glacer au four ou sous un four de campagne; et de suite
-dans votre pot à œil, au moment de servir, achevez de mouiller votre
-appareil (le remuant avec une cuiller de bois bien neuve), en versant
-dessus le restant de votre lait; et afin d’achever de le lier,
-mettez-le sur le feu, tournez-le et ne le laissez point bouillir;
-goûtez s’il est d’un bon goût; versez-le sur votre pain glacé, et
-servez aussitôt.
-
-Au demeurant, à défaut de macarons, employez des pralines, dont vous
-tirerez à-peu-près le même résultat.
-
-
-_Potage à la Julienne Maigre._
-
-Voyez le potage à la Julienne gras, pour la manière de préparer vos
-légumes; lorsqu’ils le sont, passez-les dans une casserole avec un
-morceau de beurre; faites-les légèrement roussir; mouillez-les avec
-votre bouillon maigre, comme il est indiqué pour le gras; et, faute
-de bouillon maigre, servez-vous de l’eau de haricots ou de lentilles;
-faites mitonner votre potage; qu’il soit d’un bon sel, et servez.
-
-
-_Potage Maigre aux Herbes._
-
-Ayez une bonne poignée d’oseille, deux laitues, un peu de cerfeuil
-et de belles-dames; épluchez, lavez à grande eau; égouttez, hachez
-ces herbes bien menu; mettez-les dans une casserole ou marmite, avec
-un morceau de beurre; passez-les, faites-les cuire à petit feu;
-mouillez-les ce qu’il faut pour votre potage avec votre grand bouillon,
-sinon, avec celui de haricots ou de lentilles; qu’il soit d’un bon sel,
-et servez.
-
-
-_Potage au Riz et au Lait._
-
-Ayez un quarteron de riz; épluchez-le, lavez-le à plusieurs eaux;
-faites-le blanchir à un bouillon ou deux; égouttez-le sur un tamis,
-mettez-le dans une marmite avec un demi-quarteron de beurre, un peu de
-zeste de citron et une feuille de laurier-amande; faites-le crever à
-l’eau; lorsqu’il le sera presque, mouillez-le avec du bon lait; faites
-qu’il ne soit ni trop épais ni trop clair; mettez-y sel et sucre ce
-qu’il faut; supprimez le laurier, ainsi que le zeste de citron, et
-servez.
-
-
-_Potage au Vermicelle et au Lait._
-
-Ayez environ un quarteron de vermicelle, que vous épousseterez;
-faites bouillir une pinte et demie de lait, et mettez-y peu à peu
-votre vermicelle, afin qu’il ne se pelote pas; retirez-le sur le bord
-du fourneau, jusqu’à ce qu’il soit cuit; assaisonnez-le de sel et
-de sucre; mettez-y, si vous voulez, quelques macarons et un peu de
-vanille, ou l’un ou l’autre; qu’il soit d’un bon goût, et servez.
-
-
-FIN DU TOME PREMIER.
-
-
-
-
-TABLE DES MATIÈRES
-
-CONTENUES DANS LE PREMIER VOLUME.
-
-
-SERVICES DE TABLE.
-
-PRINTEMPS.
-
-PREMIER SERVICE.
-
- Pages
-
- Menu de 40 couverts, en gras. 1
- -- de 25 à 30 couverts. 2
- -- de 16 à 30 couverts. 3
-
- Menu de 8 à 12 couverts. 4
- -- de 12 à 16 couverts, à 5
- l’anglaise. _ib._
-
- SECOND SERVICE.--MILIEU. _ib._
-
- HIVER.
-
- PREMIER SERVICE.
-
- Menu de 40 couverts. 5
- -- de 25 à 30 couverts. 7
-
- Menu de 15 à 20 couverts. 8
- -- de 8 à 12 couverts. 9
-
- SECOND SERVICE.
-
- Menu de 40 couverts, en maigre. 9
- -- de 24 à 30 couverts. 11
-
- Menu de 16 à 20 couverts. 11
- -- de 8 à 12 couverts. 12
-
- POTAGES.
-
- Grand Bouillon. 13
- Empotage. 14
- Grand Consommé, etc. 15
- Blond de Veau. _ib._
- Mitonnage. 16
- Potage Croûtes, au Pot. _ib._
- -- printanier. 17
- -- à la Crecy. _ib._
- -- au Riz. 18
- Autre façon. _ib._
- Chapon au Riz. 19
- Potage au Vermicelle clair, _ib._
- -- à la Julienne. 20
- -- à la Brunoise. _ib._
- -- à la Purée de Pois. 21
- Potage à la Purée de Lentilles à la
- Reine, etc. 22
- -- à la Purée de Carottes. _ib._
- -- à la Purée de Navets. _ib._
- -- aux Laitues. _ib._
- -- à la Purée de Marrons. 23
- -- en Tortue. 24
- -- aux Choux. 25
- -- au Sagou, etc. 26
- -- à la Condé. _ib._
- -- à la Bisque d’Écrevisses. 27
- -- à la Reine. 28
- -- au Macaroni. 29
- -- à la Génoise ou aux Raviolis. 30
- Potages aux Pâtes d’Italie. 30
- -- à la Semoule. 31
- Bouillon de Poulet. _ib._
- -- de Poulet, pectoral. _ib._
- Bouillon de Veau, rafraîchissant. 32
- -- de Mou de Veau. _ib._
-
- SAUCES.
-
- Jus de Bœuf. 32
- Grande Sauce. 33
- Espagnole. 34
- -- travaillée. 36
- Velouté, ou Coulis blanc. _ib._
- -- travaillé. 37
- Grand Aspic. 38
- Sauce blanche on au Beurre. 39
- -- à l’Anglaise et au Beurre. _ib._
- -- hollandaise. _ib._
- -- à l’Allemande. 40
- -- à la Béchamelle. _ib._
- Autre manière. 41
- Sainte-Menéhould. _ib._
- Sauce à la bonne Morue. 42
- -- à la Poulette. _ib._
- -- italienne rousse. _ib._
- -- italienne blanche. 43
- -- à la Maître-d’Hôtel, froide. _ib._
- -- à la Maître-d’Hôtel, liée. 44
- -- au Suprême. _ib._
- -- à la Matelote. _ib._
- -- poivrade. 45
- -- hachée. _ib._
- -- piquante. 46
- -- à la Nompareille ou à
- l’Arlequine. _ib._
- -- à la Pluche. 47
- -- aux Truffes ou à la Périgueux. _ib._
- -- à la purée de Champignons. 48
- -- en Tortue. _ib._
- -- Kari ou à l’Indienne. 49
- -- Tomate. _ib._
- -- à l’Ivoire. 50
- Sauce Ravigote blanche. 51
- -- Ravigote froide et crue. _ib._
- -- Ravigote cuite. 52
- -- verte. _ib._
- -- Robert. 53
- -- au beurre d’Ecrevisses. _ib._
- -- aux Homards. 54
- -- a la purée d’Oseille. 55
- -- à la Purée d’Oignons blancs. _ib._
- -- à la purée d’Oignons rousse,
- dite Bretonne. 56
- -- à la purée de Pois. _ib._
- -- Pois verts, pour Entrées et
- Entremets. 57
- Purée de Pois secs. 58
- Sauce à la purée de Lentilles à la
- Reine. _ib._
- Purée de Gibier. _ib._
- Sauce au pauvre Homme. 59
- Glace ou Consommé réduit. _ib._
- Marinade cuite. 60
- Poêle. 61
- Sauce à la Mirepoix. _ib._
- Blanc. _ib._
- Petite Sauce à l’Aspic. 62
- Sauce au fumet de Gibier. _ib._
- -- au Beurre d’ail. 63
- -- au Beurre d’anchois. _ib._
- -- au Beurre de Provence. 64
- -- à la Tartare. _ib._
- -- au Fenouil. _ib._
- -- à l’Anglaise, aux Groseilles à
- maquereau. 65
- -- claire à l’Estragon. _ib._
- -- à l’Estragon, liée. 66
- -- mayonnaise. _ib._
- Roux. _ib._
- Roux blanc. 67
- Pâte à frire. _ib._
- _Friture._, 68
- Sauce aux Hatelets. 69, 70
- Brède-Sauce. 70
- Sauce aux Truffes à la Saint-Cloud, ou
- en petit Deuil. 71
- -- à la Pluche verte. _ib._
- Court-Bouillon. _ib._
- Ket-Chop. 72
- La Ducelle. 73
- Sauce au Vert-Pré. _ib._
- -- à l’Orange. _ib._
- Eau de sel. 74
- Beurre lié. _ib._
- Verjus, et la manière de le faire
- pour qu’il se conserve. 75
-
- GARNITURES.
-
- Bords de Plats. 76
- Crêtes de Coqs. 77
- Garniture de Rognons de Coqs. 78
- Foies gras et demi-gras pour
- Garnitures. _ib._
- Truffes pour Garnitures. _ib._
- Carottes pour Garnitures. 79
- Navets pour Garnitures. _ib._
- Champignons pour Garnitures. _ib._
- Petits Oignons pour Garnitures. 80
- Laitues pour Garnitures. _ib._
- Vert d’Épinards. 81
- Culs d’Artichauts tournés. _ib._
- Poivre de Cayenne, etc. 82
- -- Kari. 83
- Oignons glacés. _ib._
- Concombres au blanc. _ib._
- -- au brun. 84
- Pluche d’Oignons blanche et rousse. _ib._
- Pluche d’Oignons au roux. 85
-
- RAGOUTS.
-
- Salpicons. 85
- Salpicon ordinaire. _ib._
- Ragoût de Ris de Veau. 86
- -- de Crêtes et de Rognons de Coqs
- en Financière. 87
- -- de Laitances de Carpes. 88
- -- de Langues de Carpes. _ib._
- _Des Truffes en général._, 89
- Ragoût aux Truffes. 91
- -- aux Truffes et à l’Espagnole. 92
- -- aux Truffes à l’Italienne. _ib._
- -- aux Truffes à la Piémontaise. _ib._
- -- à la Périgueux. 93
- Observations sur les Champignons. _ib._
- Ragoût aux Champignons. 94
- Ragoût de Champignons au blanc. 95
- -- de Morilles. 96
- -- de Mousserons. _ib._
- -- de Chicorée au brun. _ib._
- -- de Chicorée au blanc. 97
- Autre manière. 98
- Manière de remplacer la Chicorée,
- etc. _ib._
- Ragoût d’Épinards. _ib._
- -- de Haricots à la Bretonne. 99
- -- de Haricots au jus. 100
- Garniture de Céleri ou Entremets. _ib._
- Ragoût blanc aux Concombres. 101
- Ragoût brun aux Concombres. 101
- -- à la Chipolata. _ib._
- -- de Pois au Lard. 102
- -- d’Olives. _ib._
- -- de Navets en Haricots vierges. 103
- Ragoût aux pointes d’Asperges. 103
- -- de petites Racines. _ib._
- -- aux petits Oignons. 104
- -- à la Macédoine. _ib._
- -- à la Godiveau. _ib._
-
- BŒUF. _ib._
-
- Bœuf bouilli (ordinaire). 106
- Pièce de Bœuf garnie de Choux. 107
- -- au Pain perdu. 108
- -- à l’écarlate. _ib._
-
- Culotte de Bœuf à la Gelée ou à la
- Royale. 110
- Rosbif, Rond-bif ou Corne-bif. 112
- Bœuf fumé ou de Hambourg. 113
- Aloyau à la Broche. 114
- -- à la Godard. 115
- Noix de Bœuf braisée. _ib._
- Côtes de Bœuf couvertes aux Racines. 116
- Entre-Côte de Bœuf. 117
- Filet de Bœuf, piqué, à la Broche. _ib._
- -- au Vin de Madère. 119
- Filet d’Aloyau aux Concombres. 120
- Filet de Bœuf à la Chicorée. _ib._
- -- à la Sauce Tomate. _ib._
- Filets de Bœuf sautés dans leur
- Glace. 120
- Bifteck. 121
- Véritable Bifteck, comme il se fait
- en Angleterre. 122
- Queue de Bœuf en Hoche-pot. 123
- -- à la purée de Pois, Lentilles,
- etc. 124
- Langue fumée. _ib._
- -- de Bœuf fourrée. 125
- -- à la braise. 126
- -- en papillote. _ib._
- -- à l’Italienne ou au Parmesan. 128
- Palais de Bœufs au Gratin. _ib._
- -- à l’Italienne. 130
- -- à la Poulette. _ib._
- -- à la Ravigote. 131
- Croquettes de Palais de Bœufs. _ib._
- Palais de Bœufs en Cracovie. 132
- -- à la Lyonnaise. 133
- Gras-double. _ib._
-
- VEAU. 134
-
- Tête de Veau au naturel, ou à la
- Bourgeoise. 134
- -- farcie. 135
- -- en Tortue. 137
- Oreilles de Veaux farcies. 138
- -- en Marinade. _ib._
- -- à l’Italienne. 139
- -- à la Ravigote. _ib._
- Langues de Veaux à la Sauce piquante. _ib._
- Pieds de Veau. 140
- Cervelles de Veaux à l’Allemande. _ib._
- -- en Matelote. 141
- -- en Marinade. _ib._
- -- à la purée de Pois. _ib._
- -- au Beurre noir. _ib._
- -- à la Ravigote. 142
- Foie de Veau à la Poêle. _ib._
- Foie de Veau à la Bourgeoise ou à
- l’Étouffade. 143
- -- à l’Italienne. 144
- -- à la Broche. _ib._
- Mou de Veau à la Poulette. 145
- -- au Roux. 146
- Fraise de Veau. 147
- -- à la Brisac. _ib._
- Ris de Veau à la Dauphine. _ib._
- -- à l’Espagnole. 148
- Hatelet de Ris de Veau. _ib._
- Ris de Veau en caisse. 149
- -- à l’Anglaise. 150
- Petit Aspic de Ris de Veau. 151
- Ris de Veau à la Poulette. 152
- Queues de Veaux aux petits Pois. _ib._
- -- à la Poulette. 153
- Amourettes de Veau. 154
- Quartier de Veau de derrière. 155
- Cuissot de Veau, et manières d’en
- tirer parti. _ib._
- Noix de Veau à la Bourgeoise. 156
- -- en Bedeau. 157
- -- piquée. 158
- Grenadins de Veau. _ib._
- Manchons à la Gérard. 159
- Hâtereaux. 161
- Popiettes de Veau. _ib._
- Escalopes de Veau à la manière
- anglaise. 162
- Filets mignons de Veau. 163
- Quartier du devant du Veau. _ib._
- Blanquette de Veau. _ib._
- Tendons de Veau à la Poulette ou au
- Blanc. 164
- -- en Queue de Paon. 165
- Casserole au Riz. 166
- Tendons de Veau en Macédoine. 167
- -- panés et grillés. _ib._
- -- en Mayonnaise. _ib._
- -- en Matelote. 168
- -- à la Ravigote. _ib._
- -- à la Marinade. 169
- -- à la Villeroy. _ib._
- Côtelettes de Veau. _ib._
- -- piquées. 170
- -- à la Chingara. 171
- -- sautées. 172
- -- au Jambon. _ib._
- -- au Naturel. 173
- -- panées. _ib._
- -- en papillotes. _ib._
- Carré de Veau à la Broche. 174
- -- piqué. 175
- Petites Noix d’Épaule de Veau. _ib._
- Noix de Veau à la Gendarme. 176
-
- MOUTON.
-
- Du Mouton en général. 176
- Rôt-de-Bif de Mouton à la Broche. 177
- Gigot de Mouton à la Broche. 178
- -- à l’Anglaise. _ib._
- -- braisé ou à la Braise. 179
- -- à la Gasconne. 180
- -- à l’Eau. _ib._
- -- en Chevreuil. 181
- Selle de Mouton à la Broche. _ib._
- Selle de Mouton parée à l’Anglaise. 181
- -- à la Sainte-Menéhould. 182
- Petites Selles de Mouton ou
- Carbonnades. 183
- Rouchis de Mouton. _ib._
- Épaule de Mouton en Ballon. 184
- Côtelettes de Mouton au Naturel. 185
- -- panées. _ib._
- -- à la Minute. 186
- Côtelettes de Mouton à la Jardinière. 186
- -- à la Chicorée. 187
- -- à la Soubise. _ib._
- Carrés de Mouton à la Servante. 188
- -- en Fricandeau. _ib._
- Filets mignons de Mouton. 189
- Emincée de Filets de Mouton aux
- Concombres. _ib._
- Hachis de Mouton à la Portugaise. _ib._
- Haricot de Mouton à la Bourgeoise. 190
- Poitrines de Moutons. 191
- Collets de Moutons à la
- Sainte-Menéhould. _ib._
- -- grillés. 192
- Queues de Moutons glacées à la
- Chicorée. _ib._
- -- en Hoche-pot. 193
- -- au Soleil. _ib._
- Terrine de Queues de Moutons. 194
- Rognons de Moutons à la Brochette. 195
- -- au Vin de Champagne ou à
- l’Italienne. _ib._
- Animelles ou Testicules de Moutons. 196
- Amourettes ou Moelle alongée de
- Mouton. _ib._
- Cervelles de Moutons. _ib._
- Langues de Moutons en Papillotes. _ib._
- -- au Gratin. 197
- -- à la Bretonne ou en Crépine. 198
- -- au Parmesan. 199
- -- à la Matelote. 200
- Pieds de Moutons à la Poulette. _ib._
- -- à la sauce Robert. 201
- -- à la Ravigote. _ib._
-
- AGNEAU. 202
-
- Têtes d’Agneaux à la Poulette. 202
- -- à l’Italienne. 203
- Oreilles d’Agneaux, farcies et frites. _ib._
- -- à la Ravigote. 204
- -- à l’Italienne. _ib._
- Pieds d’Agn. à la Poulette. _ib._
- Rosbif d’Agneau. _ib._
- Quartier de devant d’Agneau à la
- broche. 205
- Épigrammes d’Agneau. 205
- Tendons d’Agneau aux pointes
- d’Asperges. 207
- Tendons d’Agneau à la Villeroy. 208
- Côtelettes d’Agneau au Naturel. _ib._
- -- panées. _ib._
- -- à la Minute. 209
- Épaule d’Agneau en Musette. _ib._
-
- COCHON. 210
-
- Hure de Cochon. 211
- -- à la manière de Troyes. 213
- Jambon au Naturel. 214
- -- braisé. 215
- -- à la Broche. _ib._
- Echinée de Cochon. 216
- Côtelettes de Cochon, sauce Robert. _ib._
- Oreilles de Cochons en Menu-de-Roi. 217
- -- à la Purée. _ib._
- Queues de Cochons à la Purée. 218
- Pieds de Cochon à la
- Sainte-Menéhould. _ib._
- -- aux Truffes. _ib._
- Manière de faire ou de préparer le
- Lard. 219
- Petit Salé. _ib._
- Sain-Doux. 220
- Manière de faire le Jambon. _ib._
- Langues de Porcs fumées et fourrées. 221
- Cochon de Lait. 222
- -- à l’Anglaise. 223
- -- en Galantine. 224
- Boudin ordinaire. 225
- -- à la façon de Nanterre. 226
- -- blanc. 227
- Boudin d’Ecrevisses. 228
- -- de Lapereau. _ib._
- -- de Faisan. 229
- -- de Foies gras. 230
- Cervelas fumés. _ib._
- Saucisses. 231
- -- plates. _ib._
- Andouilles de Cochon. _ib._
- -- de Couenne. 232
- -- à la Béchamelle. _ib._
- -- de Bœuf. 233
- -- de Veau. 234
- -- de Fraise de Veau. _ib._
-
- SANGLIER. 235
-
- Hure de Sanglier. 236
- Filets de Sanglier. _ib._
- Côtelettes de Sanglier. 237
- Jambon de Sanglier. _ib._
- Moyens de donner au Cochon domestique
- le goût et l’apparence du Sanglier. 237
-
- CHEVREUIL. _ib._
-
- Manière de dépecer le Chevreuil. 238
- Quartier de derrière de Chevreuil à
- la Broche. 239
- Côtelettes de Chevreuil. 240
- Épaules de Chevreuil. _ib._
- Civet de Chevreuil. _ib._
- Cervelle de Chevreuil en Marinade. 241
-
- DAIM. _ib._
-
- Hanche de Venaison, ou Quartier de
- derrière du Daim. 242
-
- LIÈVRE.
-
- Gâteau de lièvre. 243
- Levraut à la Broche. 244
- Levraut à l’Anglaise. 245
- Civet de Lièvre. 246
- Escalopes de Levraut au sang. _ib._
- Filets de Levrauts à la Provençale. 248
- -- en Serpent. _ib._
- Cuisses de Levrauts en papillotes. 249
- Boudin de Lièvre. _ib._
- Côtelettes de Levraut. 250
-
- LAPEREAU.
-
- Sauté ou Escalopes de Lapereaux. 251
- Filets de Lapereaux piqués et glacés. 252
- Filets de Lapereaux à la Purée de
- Champignons. 253
- Cuisses de Lapereaux à la Dauphine. _ib._
- Hachis de Lapereaux à la Portugaise. 254
- Filets de Lapereaux à la Voppalière. _ib._
- Lapereaux en fricassée de Poulet. 255
- Gibelotte de Lapereaux. 256
- -- et d’Anguille. _ib._
- Lapereaux aux petits Pois. 257
- Timbale de Lapereaux. _ib._
- Mayonnaise de Lapereaux. 259
- Lapereaux aux fines Herbes. _ib._
- -- en Papillotes. _ib._
- Marinade de Lapereaux. 260
- Salade de Lapereaux. _ib._
- Terrine de Lapereaux. _ib._
- Lapereaux en Caisse. 261
- Accolade de Lapereaux à la Broche. _ib._
-
- FAISAN. 262
-
- Faisan à la Broche. 262
- -- aux Truffes ou à la Périgueux. 269
- Filets de Faisans à la Voppalière. _ib._
- Escalopes de Faisans. 265
- Salmi de Faisans. _ib._
- Soufflé de Faisans. 266
- Faisan à la Chou-croûte. _ib._
- Croquettes de Faisans. 367
- Mayonnaise de Faisan. _ib._
- Boudin de Faisan à la Richelieu. _ib._
-
- PERDRIX ROUGES. 268
-
- Perdreaux rouges à la Périgueux. 269
- -- rouges ou gris à l’Espagnole. 270
- -- en Entrée de Broche. 271
- -- grillés. _ib._
- -- à l’Anglaise. 272
- Salmi de Perdreaux. _ib._
- -- chaud ou froid. 273
- Perdreaux à la Voppalière. 274
- Salmi de Chasseur. _ib._
- Perdreaux à la Monglat ou Salpicon en
- Cuvette. _ib._
- Perdrix aux Choux. 275
- Autre manière de dresser les Perdrix
- aux Choux. 277
- Mayonnaise de Perdreaux. _ib._
- Perdreaux à la Cussy. 278
- Sauté de Filets de Perdreaux. 279
- Purée de Perdreaux. 280
- Soufflé de Perdreaux. _ib._
- Perdrix à la Purée, en Terrine ou
- Entrée. 281
- Hachis de Perdreaux. _ib._
- Salmi de Perdreaux à la d’Artois. 282
- Sauté de Perdreaux aux Truffes. 283
- Semelles de Perdreaux à la Chingara. _ib._
- Côtelettes de Perdreaux. 284
- Perdreaux, Entrée de broche à
- l’Italienne. 285
- Pâtés froids de Perdreaux. _ib._
- BÉCASSES, BÉCASSINES, BÉCASSEAUX,
- _Et parti qu’on peut tirer de ces
- trois espèces de Gibier dans
- l’Economie domestique_, 286
- Bécasses, Bécassines et Bécasseaux à
- la Broche. 286
- Autre manière de les servir à la
- Broche. 287
- Salmi de Bécasses et de Bécassines. 287
- Soufflé de Bécasses. _id._
- Bécasses en entrée de Broche. _ib._
- Salmi de Bécasses de Chasseur. 288
- Autre Salmi de Bécasses. _ib._
- Bécasses aux Truffes. _ib._
- Hachis de Bécasses en Croustades. 289
-
- PLUVIER. 290
-
- Pluviers au Gratin. 290
- -- à la Périgueux. 291
- Pluviers en Entrée de Broche. 291
-
- GRIVES.
-
- Grives à la Broche. 292
- -- à la Flamande. _ib._
- Grives à l’Anglaise. 292
-
- CAILLES.
-
- Cailles à la Broche. 293
- -- au Laurier. _ib._
- -- aux petits Pois. 294
- -- au Gratin. _ib._
- Cailles aux Laitues. 295
- -- en Croustades. 296
- -- à l’Anglaise. 297
- -- aux Truffes. _ib._
-
- MAUVIETTES OU ALOUETTES.
-
- Mauviettes à la Broche. 298
- -- au Gratin. _ib._
- Sauté de Mauviettes aux Truffes. 299
- Pâté chaud et Pâté froid de
- Mauviettes. 299
-
- ROUGES-GORGES, ORTOLANS, MURIERS ET
- BEC-FIGUES. 299
-
- PIGEONS.
-
- Des Pigeons en général. 300
- Ramereaux en Marinade. _ib._
- -- poêlés. _ib._
- Ramereaux à l’Étouffade. 301
- Des Tourtereaux. _ib._
-
- VOLAILLE.
-
- Poulets. 302
- Fricassée de Poulets. _ib._
- -- à la Chevalière. 304
- Kari. 305
- Poulets en Entrée de Broche. 306
- -- à l’Ivoire. 307
- -- Sauce aux Huîtres. _ib._
- -- Sauce aux Truffes. 308
- -- à la Sauce Tomate. _ib._
- -- à l’Estragon. _ib._
- Poulets bouillis à l’Anglaise. 308
- -- en Lézard. 309
- -- aux Pois. 310
- Autre façon de fricasser des Poulets
- aux Pois et au Blanc. 311
- Poulets au Beurre d’Ecrevisses. _ib._
- -- à la Broche pour Rôt. 312
- -- à la Hollandaise. _ib._
- Poulets à la Tartare. 313
- -- Sauce au pauvre Homme, et
- diverses autres. _ib._
- -- à la Périgueux. _ib._
- Poulet à la Mayonnaise. 314
- Salade de Poulets. _ib._
- Poulets à la Crême. 315
- -- en Friteau. 316
- Marinade de Poulets. 317
- Rissoles de Volaille. _ib._
- Poulet en Capilotade. 318
- Poulets à la Saint-Cloud. _ib._
- -- à la Ravigote. 319
- -- à la Paysanne ou à la Démidoff. _ib._
- -- à la Reine, sauce à la Pluche. 320
- -- à la Provençale. _ib._
- Chapon au gros Sel. 321
- -- au Riz. _ib._
- -- aux Truffes. _ib._
- Poularde en Entrée de Broche. 322
- -- aux Truffes. 323
- -- à la Maréchale. _ib._
- -- à la Saint-Cloud. 324
- Poulardes à la Bigarrure. _ib._
- Poularde Sauce Tomate. 325
- -- à la Broche pour Rôt. _ib._
- -- en Entrée de Broche, à la
- Hollandaise. 326
- -- en Entrée de Broche. _ib._
- -- en Entrée de Broche, à la
- Ravigote. _ib._
- -- à l’Ivoire. _ib._
- -- aux Huîtres. _ib._
- -- sauce à l’Estragon. _ib._
- -- bouillie à l’Anglaise. 327
- -- au Beurre d’Ecrevisses. _ib._
- -- à la Tartare. _ib._
- -- sauce au Pauvre Homme. _ib._
- -- à la Périgueux. _ib._
- Mayonnaise de Poularde. _ib._
- Poularde à la Crême. _ib._
- Marinade de Poularde. 327
- Filets de Poulardes au Suprême. _ib._
- Emincée de Filets de Poulardes aux
- Concombres. 328
- Ailes de Poulardes à la Maréchale. 329
- Poularde en Galantine. _ib._
- Filets de Poulardes à la Béchamelle. 331
- Soufflé de Poularde. 332
- Hachis de Poularde à la Reine. _ib._
- Croquettes de Poularde. _ib._
- Côtelettes de Poulardes ou de Poulets. 333
- Blanquette de Poularde. _ib._
- Filets de Poularde à la Chingara. 334
- Cuisses de Poularde en Canetons ou en
- petits Oignons. _ib._
- -- en Ballon. 335
- -- à la Bayonnaise. 336
- -- à la Livernois. _ib._
- -- aux Truffes. 337
- Quenelles de Poulardes. _ib._
- Ailerons de Poulardes en Haricots
- vierges. 338
- -- en Haricots. 339
- -- à la Purée. _ib._
- -- au Soleil. _ib._
- Terrine d’Ailerons de Poulardes. 340
- Ailerons de Poulardes piqués et
- glacés. _ib._
- -- à la Chicorée. 341
- -- à la Pluche verte. _ib._
- -- à la Villeroi. 342
- Crêtes et Rognons au Velouté. _ib._
- Grand Aspic de Crêtes et Rognons. 343
- Petits Aspics de Crêtes et de Rognons. 344
- Foies gras à la Périgueux. _ib._
- -- au Gratin. _ib._
- -- en Matelote. 345
- -- en Caisse. _ib._
- Hatelettes de Foies gras. 346
- Coquilles de Foies gras. _ib._
-
- _Dinde._
-
- Dinde aux Truffes et à la Broche. 347
- -- en Galantine. _ib._
- -- en Daube. 348
- Ailerons de Dindons, accommodés de
- toutes façons. 349
-
- _Pigeons._ _ib._
-
- Pigeons aux petits Pois. _ib._
- Autre manière. 350
- Compote de Pigeons. 351
- Pigeons au Blanc. 352
- Marinade de Pigeons au Soleil. _ib._
- Pigeons à la Crapandine. 353
- -- à la Gautier. _ib._
- -- au Basilic. 354
- Côtelettes de Pigeons. 355
- Pigeons à la Broche. 356
- -- en Ortolans pour Rôt. _ib._
-
- _Oies._
-
- Oies sauvages. _ib._
- Oison à la Broche. 357
- Oie à l’Anglaise. _ib._
- Oie aux Marrons. 358
- -- à la Chipolata. _ib._
- Cuisses et Ailes d’Oies à la façon de
- Baïonne. 359
- Cuisses d’Oies à la Lyonnaise. 360
- -- ou Quartiers d’Oies à la Purée. _ib._
- Oie à la Daube ou à la Flamande. _ib._
-
- _Canards._
-
- Des Canards en général. 361
- Canard sauvage à la Broche. _ib._
- Filets de Canards sauvages à l’Orange. 362
- Salmi de Canards sauvages. 363
- -- au Chasseur. _ib._
- Caneton de Rouen, sauce à l’Orange. _ib._
- -- sauce aux Olives. 364
- -- aux petits Pois. _ib._
- -- aux Navets, Haricots vierges. _ib._
- -- aux Navets. 365
- -- sauce au Beurre d’Ecrevisses. _ib._
- -- sauce au Vert-pré. _ib._
- Canards aux petites Racines. _ib._
- -- aux Concombres. _ib._
- -- aux petits Oignons. _ib._
- -- en Macédoine. _ib._
- -- au Verjus. 366
- -- à la Purée verte. _ib._
- -- aux Navets à la Bourgeoise. _ib._
- Caneton de Rouen, pour Rôt. 367
-
- _Oiseaux de Rivières et Sarcelles._ _ib._
-
- MAIGRE.
-
- Bouillon de Pois. 363
- Bouillon pour les Potages et les
- Sauces. _ib._
- Bouillon de Poisson. 369
- Jus maigre. _ib._
- Espagnole maigre. 370
- Potage au Pain. 371
- -- à la Reine, en Maigre. _ib._
- -- au Lait d’Amandes. 372
- Autre manière. 373
- Autre manière plus prompte et plus
- économique. 374
- Potage à la Julienne maigre. 374
- -- maigre aux Herbes. 375
- -- au Riz et au Lait. _ib._
- -- au Vermicelle et au Lait. 376
-
-
- FIN DE LA TABLE DU PREMIER VOLUME.
-
-
-
-
-[Illustration: Table de 35 à 40 Couverts -- _Premier Service._]
-
-[Illustration: Table de 20 à 25 Couverts -- _Premier Service._]
-
-[Illustration: Table de 8 à 12 Couverts -- _Premier service._]
-
-
- * * * * *
-
-
- Corrections:
-
- Page 6 (sous _Douze Entrées._): «perdereaux» remplacé par
- «perdreaux» (perdreaux à la Périgueux).
-
- Page 26: «sagontier» remplacé par «sagoutier» (celle du palmier
- sagou ou sagoutier).
-
- Page 27: «davanvantage» remplacé par «davantage» (un demi-cent
- d’écrevisses, ou davantage).
-
- Page 38 (sous _Grand Aspic._): «pates» remplacé par «pattes» (une
- poule, des pattes de volaille).
-
- Page 71 (sous _Sauce à la Pluche verte._): «pleine» remplacé par
- «pleines» (quatre cuillerées pleines de velouté réduit).
-
- Page 87: «point point» remplacé par «point» (ne le laissez point
- bouillir).
-
- Page 100 «espagnol» remplacé par «espagnole» (et d’espagnole,
- assaisonnez-les d’un peu de gros poivre).
-
- Page 101 (sous _Ragoût brun aux Concombres._): «finistez» remplacé
- par «finissez» (finissez-les avec un petit morceau de beurre).
-
- Page 105: «qualitées» remplacé par «qualités» (lorsqu’ils ont
- toutes les qualités requises).
-
- Page 105: «Contentin» remplacé par «Cotentin» (plus grosse que
- celle de nos bœufs du Cotentin).
-
- Page 107: «lez» remplacé par «les» (remettez-les sur un fourneau
- plus ardent).
-
- Page 108: «laisez» remplacé par «laissez» (laissez-les mijoter
- trois ou quatre heures).
-
- Page 121: «égoutez» remplacé par «égouttez» (Quand ils seront près
- d’être cuits, égouttez-en le beurre).
-
- Page 133 (sous _Gras-double._): «losa nes» remplacé par «losanges»
- (coupez-le en losanges ou en filets).
-
- Page 145: inséré «de» (saupoudrez-le d’un peu [de] sel).
-
- Page 147 (sous _Fraise de Veau à la Brisac._): «corcée» remplacé par
- «corsée» une italienne bien réduite et bien corsée.
-
- Page 154 (sous _Amourettes de Veau._): «emploier» remplacé par
- «employer» (comme on pourrait employer toutes celles).
-
- Page 172 (sous _Côtelettes de Veau sautées._): «uu» remplacé par
- «un» (remettez un peu de consommé dans le fond).
-
- Page 175 (sous _Carré de Veau piqué._): «éconcé» remplacé par
- «énoncé» (ainsi que je l’ai énoncé pour la _Noix de Veau_).
-
- Page 186 (sous _Côtelettes de Mouton à la Jardinière._): «à à»
- remplacé par «à» (comme celles dites à la minute)
-
- Page 188 (sous _Carrés de Mouton à la Servante._): «monton»
- remplacé par «mouton» (Prenez deux carrés de mouton).
-
- Page 203: inséré «les» (dépouillez [les] langues, fendez-les en
- deux).
-
- Page 204 (sous _Rosbif d’Agneau._): «avez» remplacé par «avec»
- (servez-le avec un jus clair).
-
- Page 209 (sous _Épaule d’Agneau en Musette._): «le» remplacé par
- «les» (deux épaules d’agneau, les plus larges qu’il vous sera
- possible).
-
- Page 240: «conséquemmeut» remplacé par «conséquemment» (et
- conséquemment ôter en grande partie).
-
- Page 240 (sous _Côtelettes de Chevreuil._): inséré «de» (telle que
- celle [de] tomate, etc.).
-
- Page 273: «espagole» remplacé par «espagnole» (quatre cuillerées à
- dégraisser d’espagnole réduite).
-
- Page 283 (sous _Sauté de Perdreaux aux Truffes._): «beure» remplacé
- par «beurre» (finissez-la avec un petit pain de beurre).
-
- Page 288: «Bécassses» remplacé par «Bécasses» (_Autre Salmi de
- Bécasses._)
-
- Page 288 (sous _Autre Salmi de Bécasses>._): «prépaparez» remplacé
- par «préparez» (préparez, durant leur cuisson, votre sauce).
-
- Page 302: «corcer» remplacé par «corser» (les vieux coqs ne sont
- bons qu’à corser les bouillons).
-
- Page 305 (sous _Kari._): inséré «de» (beurrez un vase et
- remplissez-le [de] ce riz).
-
- Page 307: «corcée» remplacé par «corsée» (une espagnole
- très-corsée).
-
- Page 349: «chaud» remplacé par «chaude» (Observez qu’on peut servir
- cette dinde, chaude).
-
- Page 355 (sous _Côtelettes de Pigeons._): «corcé» remplacé par
- «corsé» un blond de veau bien corsé.
-
- Page 361 (sous _Des Canards en général._): «tout» remplacé par
- «tous» (Le canard est de tous les oiseaux).
-
- Page 370 (sous _Espagnole Maigre._): «étatamine» remplacé par
- «étamine» (dégraissez-la, passez-la à l’étamine).
-
- Page 382: «Saine» remplacé par «Sainte» (Pieds de Cochon à la
- Sainte-Menéhould).
-
- Page 384 (sous FAISAN): «Périgneux» remplacé par «Périgueux» (aux
- Truffes ou à la Périgueux ).
-
-
-
-
-*** END OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK L'ART DU CUISINIER, VOLUME 1 ***
-
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-the second copy is also defective, you may demand a refund in writing
-without further opportunities to fix the problem.
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-in paragraph 1.F.3, this work is provided to you 'AS-IS', WITH NO
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-LIMITED TO WARRANTIES OF MERCHANTABILITY OR FITNESS FOR ANY PURPOSE.
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-warranties or the exclusion or limitation of certain types of
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-limitation permitted by the applicable state law. The invalidity or
-unenforceability of any provision of this agreement shall not void the
-remaining provisions.
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-trademark owner, any agent or employee of the Foundation, anyone
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-electronic works, harmless from all liability, costs and expenses,
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-or any Project Gutenberg-tm work, (b) alteration, modification, or
-additions or deletions to any Project Gutenberg-tm work, and (c) any
-Defect you cause.
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-Section 2. Information about the Mission of Project Gutenberg-tm
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-Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
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-Volunteers and financial support to provide volunteers with the
-assistance they need are critical to reaching Project Gutenberg-tm's
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-Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
-and permanent future for Project Gutenberg-tm and future
-generations. To learn more about the Project Gutenberg Literary
-Archive Foundation and how your efforts and donations can help, see
-Sections 3 and 4 and the Foundation information page at
-www.gutenberg.org
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-Section 3. Information about the Project Gutenberg Literary
-Archive Foundation
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-501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
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-and official page at www.gutenberg.org/contact
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- <title>L'Art du Cuisinier, tome Ier,
- by Antoine Beauvilliers&mdash;A Project Gutenberg eBook</title>
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-
-/* Titres */
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-</head>
-<body>
-
-<div style='text-align:center; font-size:1.2em; font-weight:bold'>The Project Gutenberg eBook of L'Art du Cuisinier, Volume 1, by Antoine Beauvilliers</div>
-
-<div style='display:block; margin:1em 0'>
-This eBook is for the use of anyone anywhere in the United States and
-most other parts of the world at no cost and with almost no restrictions
-whatsoever. You may copy it, give it away or re-use it under the terms
-of the Project Gutenberg License included with this eBook or online
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-are not located in the United States, you will have to check the laws of the
-country where you are located before using this eBook.
-</div>
-
-<div style='display:block; margin-top:1em; margin-bottom:1em; margin-left:2em; text-indent:-2em'>Title: L'Art du Cuisinier, Volume 1</div>
-
-<div style='display:block; margin-top:1em; margin-bottom:1em; margin-left:2em; text-indent:-2em'>Author: Antoine Beauvilliers</div>
-
-<div style='display:block; margin:1em 0'>Release Date: March 31, 2021 [eBook #64976]</div>
-
-<div style='display:block; margin:1em 0'>Language: French</div>
-
-<div style='display:block; margin:1em 0'>Character set encoding: UTF-8</div>
-
-<div style='display:block; margin-left:2em; text-indent:-2em'>Produced by: Frank van Drogen, Hans Pieterse and the Online Distributed Proofreading Team at https://www.pgdp.net (This file was produced from images generously made available by the Bibliothèque nationale de France (BnF/Gallica) at http://gallica.bnf.fr)</div>
-
-<div style='margin-top:2em; margin-bottom:4em'>*** START OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK L'ART DU CUISINIER, VOLUME 1 ***</div>
-
-<hr class="full" />
-
-<p class="ssrf nobreak"><a href="#note">Au lecteur</a></p>
-
-<p class="ssrf"><a href="#toc">Table des matières</a></p>
-
-<div class="screenonly">
-<div class="figcenter" style="margin: 3em auto;">
- <img src="images/couverture.jpg" alt="" title="" width="368" height="600" />
- <p class="cent cs6 ssrf">L’image de couverture a été réalisée pour cette édition
- électronique.<br />Elle appartient au domaine public.</p>
-</div>
-</div>
-
-<div class="npage">
-
-<h1><small>L’ART</small><br />
-DU CUISINIER.</h1>
-
-<div class="poem">
- <div class="vers">Vous qui, jusqu’à ce jour, étrangers à mes lois,</div>
- <div class="vers">Avez suivi vos goûts sans méthode et sans choix;</div>
- <div class="vers">Qui, dans votre appétit réglé par l’habitude,</div>
- <div class="vers">Ne soupçonnez pas l’art dont j’ai fait mon étude;</div>
- <div class="vers">Ma voix va vous dicter d’importantes leçons:</div>
- <div class="vers">Venez à mon école, ô mes chers nourrissons!</div>
-
- <div class="attrib">(<i>Gastronomie, chant</i> 1<sup>er</sup>.)</div>
-</div>
-
-<p class="sep2 cent cs12 sepb4">TOME PREMIER.</p>
-
-<hr />
-
-<p class="cent lh1"><span class="esp">IMPRIMERIE DE J. L. CHANSON,</span><br />
-<span class="cs6">RUE ET MAISON DES MATHURINS, N<sup>o</sup> 10.</span></p>
-
-</div>
-
-<div class="npage">
-
-<hr />
-
-<p>M’étant conformé aux Ordonnances, je déclare que je poursuivrai,
-suivant toute la rigueur des lois, tous contrefacteurs et
-adhérens; et pour assurer la garantie de ma propriété, j’ai fait
-apposer, au timbre sec, les deux lettres initiales de mon nom à
-chaque exemplaire de cette édition.</p>
-
-<hr style="margin-bottom: 0;" />
-
-<img src="images/im-sign.jpg" alt="Signature: A. Beauvilliers" style="margin-left: 12%;" />
-
-</div>
-
-<div class="npage" style="width: 80%; margin: 4em auto;">
-
-<p class="cent esp cs30"><small>L’ART</small><br />
-DU CUISINIER,</p>
-
-<p class="cent cs12">PAR A. BEAUVILLIERS,</p>
-
-<p class="hang cs8">Ancien Officier de <span class="smcap">Monsieur</span>, comte de Provence, attaché
-aux Extraordinaires des Maisons royales, et actuellement
-Restaurateur, rue de Richelieu, n<sup>o</sup> 26, à la grande Taverne
-de Londres.</p>
-
-<hr class="hr20" />
-
-<p class="cent">TOME PREMIER.</p>
-
-<div class="figcenter">
- <img src="images/im-01.jpg" alt="" style="width: 100%; max-width: 512px;" />
- <p class="screenonly cent cs6 ssrf"><a href="images/im-01x.jpg">Agrandir</a></p>
-</div>
-
-<p class="sep2 cent lh1"><span class="cs12">A PARIS,</span><br />
-<small>CHEZ PILET, IMPRIMEUR-LIBRAIRE, RUE CHRISTINE, N<sup>o</sup> 5.</small><br />
-<span class="cs6">IL SE VEND AUSSI</span></p>
-<table summary="Points de vente" style="margin: 0 auto;">
-<tr>
- <td class="cs6">CHEZ</td>
- <td class="cs16"><span style=" position: relative; bottom: .1em;">{</span></td>
- <td class="cs6">COLNET, LIBRAIRE, QUAI DES PETITS-AUGUSTINS,<br />
- ET LENOIR, LIBRAIRE, RUE DE RICHELIEU, N<sup>o</sup> 35.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<div style="margin: 0.5em auto; text-align: center;">
- <img src="images/filet-20.jpg" alt="" style="width: 100%; max-width: 600px;" />
-</div>
-
-<p class="cent">1814.</p>
-
-</div>
-
-<div class="npage" id="Page_V">
-
-<div style="margin: 0.5em auto; text-align: center;">
- <img src="images/filet-600.jpg" alt="" style="width: 100%; max-width: 600px;" />
-</div>
-
-<p class="sep2 lh2 cent">A MONSIEUR LE MARQUIS<br />
-<span class="cs16">DE LA VOPPALIÈRE.</span></p>
-
-<hr class="hr10" />
-
-<p class="addr"><span class="smcap esp cs12"><i>Monsieur</i></span>,</p>
-
-<p><i>L’intérêt que vous m’avez témoigné me détermine à
-vous faire hommage de ce Traité sur l</i>’Art du Cuisinier.
-<i>De tout temps les personnes distinguées par leurs talens
-dans cette profession, les voluptueux même, qui voulaient
-donner les préceptes de leur expérience, ont cru
-devoir les faire paraître sous des noms distingués. Platina,
-le fameux écrivain de la</i> Vie des Papes, <i>a dédié au cardinal
-Roverella ses</i> Recherches sur l’Art de préparer les
-Mets d’une manière <i>qu’il dit être</i> agréable, et utile pour
-la santé. <i>D’autres maîtres dans ce même art ont imité cet
-exemple, et vous m’avez permis de le suivre à mon tour.
-Mes leçons, recommandées par votre suffrage, n’en auront
-que plus de faveur. Si le jugement avantageux que
-vous portez sur les objets de goût est une marque assurée
-de leur prix, ma Théorie ne peut manquer de jouir de la
-plus heureuse prédilection. Vous savez qu’elle est appuyée
-d’une longue expérience, et je ne puis craindre les illusions
-de l’amour-propre, quand je la vois appuyée de vos éloges
-et de ceux des vrais connaisseurs.</i></p>
-
-<p><i>J’ai recueilli les méthodes des plus grands maîtres; je
-ne me suis permis d’exposer des vues d’amélioration,
-qu’après les avoir long-temps vérifiées, et j’ai pris soin de
-développer les détails nécessaires pour former un système
-complet. Je n’ai pas oublié les moyens économiques, soit
-pour la manipulation, soit pour la conservation des alimens.
-Les hommes opulens peuvent apprendre dans mon
-<span class="pagenum" id="Page_VI">[p. vj]</span>
-Ouvrage comment ils doivent tirer parti du produit de leur
-jardin, de leur basse-cour et de leur chasse; comment ils
-peuvent, sans beaucoup de frais, avoir des mets exquis, et
-trouver tout à-la-fois plaisir et santé.</i></p>
-
-<p><i>L’opulence fut toujours amie de la bonne chère: c’est
-tout à-la-fois le luxe qui coûte le moins, et la jouissance,
-peut-être, la plus pure. Vous avez toujours été persuadé,
-Monsieur, que la Sagesse elle-même devait jeter des fleurs
-au milieu des épines inséparables de la vie: souvent, dans
-un banquet, elle renouvelle ses forces morales; les liens
-de la société deviennent plus étroits; et des rivaux ou des
-ennemis ulcérés finissent par n’être que des amis ou des
-convives. Des hommes étrangers l’un à l’autre participent
-a l’intimité de la famille; la différence des rangs s’éclipse;
-la faiblesse s’unit à la puissance; les mœurs se
-polissent; et l’esprit électrisé prend un nouvel essor. C’est
-peut-être au milieu des festins, dans la meilleure compagnie
-de Paris et de Versailles, que vous avez puisé cette
-urbanité qui vous caractérise, cette connaissance du grand
-monde qui sait tout apprécier d’un coup d’œil.</i></p>
-
-<p><i>Vous me permettrez de mêler ma voix au concert de
-vos louanges. Tous ceux qui ont l’avantage de vous connaître
-n’ont eu qu’à se louer de votre empressement à les
-obliger, et furent souvent les témoins de votre bonté, de
-vos vertus: à des connaissances variées, vous avez joint
-une tranquillité d’âme, toujours la même au milieu de
-l’orage; et je puis dire que l’épicurien le plus aimable est
-aussi un modèle de raison et de philosophie.</i></p>
-
-</div>
-
-<div class="npage" id="Page_VII">
-
-<h2 class="nbreak">DISCOURS PRÉLIMINAIRE.</h2>
-
-<div style="margin: 1.5em auto; text-align: center;">
- <img src="images/filet-30.jpg" alt="" style="width: 100%; max-width: 600px;" />
-</div>
-
-<p class="first"><span class="smcap">La</span> cuisine, simple dans son origine, raffinée
-de siècle en siècle, est devenue un art
-difficile, une science compliquée sur laquelle
-beaucoup d’auteurs ont écrit, sans avoir pu
-l’embrasser dans son ensemble. Nos plaisirs
-sont si rares, les idées qui peuvent servir à
-les renouveler sont si fugitives et si variables,
-qu’il est bien permis de vouloir les fixer; et
-c’est sans doute une ambition bien naturelle
-à l’homme que celle d’étendre le domaine de
-ses jouissances, en mettant à profit les présens
-de la nature. Nous suivons tous, bon gré
-mal gré, ce point de vue; et le bonheur consiste
-dans le secret d’en approcher plus ou
-moins. Les personnes les plus austères, celles
-qui ne se font aucun scrupule de blâmer les
-fantaisies d’un superflu souvent nécessaire,
-sont elles-mêmes bien aises d’en profiter; et
-ne manqueraient pas de ressentir une privation,
-si ces fantaisies étaient pour elles une
-habitude qui ne fût plus à leur portée. D’ailleurs,
-puisqu’il est impossible de nous réduire
-à la sauce des Lacédémoniens, il est
-sans doute bien plus raisonnable de jouir des
-raffinemens de notre sensualité que de s’en
-plaindre; il est bien plus conforme à nos
-<span class="pagenum" id="Page_VIII">[p. viij]</span>
-goûts de l’augmenter que de la diminuer.
-Nos aimables épicuriens goûteront ma théorie,
-et peut-être, bien loin de la censurer, ils
-aimeraient mieux la mettre plus souvent en
-pratique.</p>
-
-<p>La délicatesse de notre table fut portée,
-dans le siècle dernier, à un tel degré de perfection,
-qu’il sera bien difficile de la surpasser.
-Les Français se glorifiaient de voir le
-goût de leur cuisine régner, avec le même
-empire que leur langue et leurs modes, sur
-les états opulens de l’Europe, du nord au
-midi. J’ignore si nous avions atteint la recherche
-des grands de l’Asie, ou des Lucullus
-de l’ancienne Rome; toujours est-il vrai que
-nous étions reconnus à cet égard pour les
-arbitres de l’élégance; et que notre supériorité
-n’était plus mise en question. Les délicats,
-occupés d’idées moins dangereuses et
-plus réelles que celles auxquelles se livraient
-nos philosophes métaphysiciens, avaient fait la
-suite d’observations que leur fortune avait pu
-leur permettre; la doctrine des hommes distingués
-dans l’art était fixée; ils n’espéraient
-plus lui voir faire des progrès, toujours prêts
-d’ailleurs à encourager la découverte d’un
-nouveau plaisir. J’ai eu l’occasion de faire
-l’épreuve des méthodes les plus accréditées,
-souvent même de les améliorer, après des
-<span class="pagenum" id="Page_IX">[p. ix]</span>
-expériences successives; et c’est le tableau de
-ces améliorations, de mes procédés particuliers
-que je présente, avec toutes les circonstances
-nécessaires, même pour l’élève qui ne
-serait pas au fait des premiers élémens.</p>
-
-<p>Il ne s’agit point ici d’entrer dans de longs
-détails sur l’art du cuisinier, mais de réunir,
-suivant l’ordre des saisons, les mets en vogue
-aux mets exquis anciens, et d’en former un
-ensemble qui puisse donner aux amateurs
-une idée précise d’un repas excellent et bien
-servi. Si je puis me féliciter d’avoir étendu
-les limites de nos connaissances dans cette
-matière, je puis encore me flatter de leur
-donner un nouvel attrait, à la faveur d’un
-aperçu clair et rapide qui se concilie très-bien
-avec les considérations de l’économie.</p>
-
-<p>Sans doute la curiosité peut déterminer à
-faire de nouvelles expériences; le besoin de
-varier peut amener des changemens qui, sans
-altérer le principe d’un mets, le modifient au
-moyen d’une simple décoration; et c’est alors
-qu’on peut lui donner tel nom qu’on voudra.
-Un chef de cuisine ingénieux, tel qu’un Laguippière,
-un Dalègre, un Lenoir, etc., ajoute
-ou supprime quelque chose à un mets connu,
-dans la manière de le composer ou de le décorer;
-il lui donne un nom de fantaisie, par
-exemple celui du patron auquel il est attaché.
-<span class="pagenum" id="Page_X">[p. x]</span>
-Cette variété d’expressions, pour exprimer la
-même idée, peut égarer l’élève qui cherche
-à se perfectionner, et produire une certaine
-confusion dans la manière de préparer le
-mets; mais cette qualification nouvelle donne
-à ce mets connu les grâces de la nouveauté;
-il perd son nom primitif, et c’est sous le nom
-moderne qu’il est mis en œuvre dans toutes
-les cuisines. Ainsi, par exemple, ont été
-nommées <i>Côtelettes à la Soubise</i>, celles <i>à la
-Purée d’Oignons</i>, etc.</p>
-
-<p>Bien loin de me piquer de copier servilement
-ce que d’autres érudits dans cet art ont
-écrit ou fait sous ce rapport, j’ai fait différentes
-innovations reconnues utiles; et je me
-fais un devoir particulier d’exposer avec précision
-ma méthode; je la crois perfectionnée
-d’après les premiers officiers de bouche,
-contrôleurs des maisons royales, d’après les
-cuisiniers qui jouissaient de la plus grande
-réputation dans leur état, et à l’école desquels
-je l’ai apprise et exercée. Je donne une instruction
-circonstanciée, et des idées nouvelles,
-par exemple, sur les meilleurs moyens
-de distiller les liqueurs, de choisir les vins,
-de les transvaser, de les conserver et de les
-réparer au besoin. J’offre un système complet
-pour tout ce qui concerne l’Office en
-général, comme glaces, conserves, etc. J’indique
-<span class="pagenum" id="Page_XI">[p. xj]</span>
-les mets les plus exquis et les plus
-vantés de la cuisine anglaise, que j’ai eu
-l’avantage de transplanter le premier en
-France. Une mère de famille pourrait trouver
-dans ce livre la manière de faire tous
-les mets connus, ainsi que ceux qui sont de
-mon invention, et présider elle-même à leur
-composition.</p>
-
-<p>Je donne mes procédés dans tous leurs détails;
-je présente mes services de table dans
-les divers genres, tels qu’ils doivent être, et
-particulièrement tels qu’ils furent à l’époque
-où les étrangers mêmes rendaient justice à la
-finesse de notre goût et au raffinement de
-notre luxe. J’ai fait des réformes, des améliorations
-pour aller du bien au mieux. J’ai
-cru devoir ajouter dans la table des matières,
-à l’article des mets énoncés, un numéro qui
-renvoie à l’art de leur composition. Cette indication
-m’a paru nécessaire pour la commodité
-et pour la clarté.</p>
-
-<p>Je puis me flatter d’avoir fourni dans cet
-Ouvrage, soit aux maîtres-d’hôtel et chefs de
-cuisine, soit aux chefs d’office, soit aux amateurs,
-avec l’aide du cuisinier le plus ordinaire,
-les moyens les plus simples et les moins
-dispendieux de faire un grand et beau service.
-Une expérience de quarante-quatre ans
-me garantit le succès de ma doctrine. Je la
-<span class="pagenum" id="Page_XII">[p. xij]</span>
-crois une des meilleures; et si je me permets
-cette assertion, c’est plutôt d’après l’opinion
-générale que d’après la mienne. Les hommes
-qui connaissent le mieux la délicatesse de la
-table n’ont jamais cessé de m’honorer de
-leur confiance. Fier de leurs suffrages, je
-m’estimerais heureux de contribuer encore à
-leurs plaisirs, et d’ajouter ainsi à leur bonheur.
-Je présente, dans ce tableau des progrès
-de l’art, mes observations, mûries par
-une longue expérience: ce sont là mes derniers
-adieux.</p>
-
-<hr class="hr20" />
-
-</div>
-
-<div class="npage" id="Page_1">
-
-<h2 class="nbreak">SERVICES DE TABLE.</h2>
-
-<hr class="hr10" />
-
-<p class="mnu cs12" id="srv_1">PRINTEMPS.</p>
-
-<p class="mnu cs12">PREMIER SERVICE.</p>
-
-<div class="box">Note de transcription: Voir les planches en fin de l'ouvrage.
-Les petits numéros ci-dessous indiquent l'emplacement suggéré des
-différents plats.</div>
-
-<p class="mnu" ><span class="smcap">Menu de quarante Couverts, en gras</span> (un dormant).<br />
-[Voir <a href="#pl_01">Planche N<sup>o</sup> 1</a>.]</p>
-
-<p class="lmnu"><i>Quatre Potages.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 printanier.</td>
- <td>1 au blé vert.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 aux choux nouveaux.</td>
- <td>1 de pâte d’Italie.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Quatre Relevés.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 d’une tête de veau en tortue.</td>
- <td>1 de rosbif d’agneau piqué.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’une pièce de bœuf à l’écarlate.</td>
- <td>1 d’un turbot.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Seize Entrées.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 d’une poularde à la ravigote.<sup>3</sup></td>
- <td>1 d’une fricassée de poulets aux petits pois.<sup>3</sup></td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’un pâté chaud de légumes.<sup>2</sup></td>
- <td>1 d’une noix de veau à la dauphine.<sup>3</sup></td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de deux carrés de mouton à la servante.<sup>6</sup></td>
- <td>1 de pigeons à l’hérisson.<sup>8</sup></td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de filets de maquereaux à la maître-d’hôtel.<sup>4</sup></td>
- <td>1 d’une cuisse d’oie à la purée de pois.<sup>9</sup></td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de quenelles de volaille au velouté.<sup>9</sup></td>
- <td>1 de soufflé de gibier.<sup>5</sup></td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de pieds d’agneau farcis à la Villeroi.<sup>4</sup></td>
- <td>1 de petits pâtés au salpicon.<sup>7</sup></td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’un ragoût mêlé.<sup>7</sup></td>
- <td>1 de filets de caneton à la provençale.<sup>6</sup></td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’hâtereaux à la bourguignote.<sup>8</sup></td>
- <td>1 de palais de bœuf au gratin.<sup>6</sup></td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Quatre gros Entremets.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 d’un pâté de perdreaux rouges.<sup>1</sup></td>
- <td>1 d’un biscuit de Savoie.<sup>1</sup></td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’un jambon glacé.<sup>1</sup></td>
- <td>1 d’un buisson d’écrevisses.<sup>1</sup></td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="mnu"><span class="pagenum" id="Page_2">[p. 2]</span>
-<i>Huit Plats de Rôt.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 de poulets à la reine.<sup>4</sup></td>
- <td>1 de levreaux.<sup>3</sup></td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’une accolade de lapereaux.<sup>3</sup></td>
- <td>1 de pigeons ramiers.<sup>5</sup></td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’une langue de bœuf fumée.<sup>5</sup></td>
- <td>1 de cailles.<sup>4</sup></td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de soles frites.<sup>1</sup></td>
- <td>1 de brochettes d’éperlans.<sup>2</sup></td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Seize Entremets.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 de concombres farcis.<sup>5</sup></td>
- <td>1 de féves de marais à la sarriette.<sup>6</sup></td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de petits pois à la française.<sup>6</sup></td>
- <td>1 d’œufs pochés au jus.<sup>12</sup></td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de laitues à l’espagnole.<sup>11</sup></td>
- <td>1 de gelée d’oranges dans l’écorce.<sup>10</sup></td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de haricots verts à l’anglaise.<sup>9</sup></td>
- <td>1 de blanc-manger en petits pots.<sup>10</sup></td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de choufleurs au beurre.<sup>5</sup></td>
- <td>1 de jalousies.<sup>12</sup></td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de tartelettes bandées.<sup>7</sup></td>
- <td>1 d’asperges au beurre.<sup>11</sup></td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’épinards en croustade.<sup>9</sup></td>
- <td>1 de fondus en caisse.<sup>7</sup></td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de beignets de cerises.<sup>8</sup></td>
- <td>1 de beignets de riz.<sup>8</sup></td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Quatre Salades.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td class="td3">2 d’herbes.</td>
- <td class="td3">1 d’olives.</td>
- <td class="td3">1 de citrons.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="mnu" id="srv_2"><span class="smcap">Menu de vingt-cinq a trente Couverts, avec dormant.</span><br />
-[Voir <a href="#pl_02">Planche N<sup>o</sup> 2</a>]</p>
-
-<p class="lmnu"><i>Quatre Potages.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 de garbure.<sup>1</sup></td>
- <td>1 de riz, à la purée de pois.<sup>1</sup></td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 aux laitues.<sup>2</sup></td>
- <td>1 à la bisque d’écrevisses.<sup>2</sup></td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Quatre Relevés.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 d’une matelote à la marinière.</td>
- <td>1 d’un quartier de chevreuil.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’un cabiau en dauphin à la Ste-Menéhould.</td>
- <td>1 d’une rouchie de mouton aux haricots verts à la bretonne.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Douze Entrées.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 d’ailes de poularde à la maréchale.<sup>5</sup></td>
- <td>1 de cuisses de poulardes en petit cygne.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de maquereaux à l’anglaise.<sup>3</sup></td>
- <td>1 d’une dalle de saumon à la génoise.<sup>3</sup></td>
-</tr>
-<tr>
- <td><span class="pagenum" id="Page_3">[p. 3]</span>
-1 de côtelettes de mouton aux laitues.<sup>6</sup></td>
- <td>1 de tendons de veau à la poulette.<sup>4</sup></td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’aspic de filets de lapereaux.<sup>8</sup></td>
- <td>1 de pâté chaud de cailles.<sup>8</sup></td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’un caneton de Rouen au citron.<sup>7</sup></td>
- <td>1 de popiettes de veau.<sup>6</sup></td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de morue au gratin à la béchamelle.</td>
- <td>1 d’ailerons de dinde en marinade.<sup>7</sup></td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Quatre gros Entremets.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 d’un gâteau de Compiègne.<sup>1</sup></td>
- <td>1 d’une terrine de neraque.<sup>2</sup></td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’une hure de sanglier de Troyes.<sup>2</sup></td>
- <td>1 de buisson de ramequin.<sup>1</sup></td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Quatre Plats de Rôt.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 d’un coq vierge.<sup>7</sup></td>
- <td>1 de deux faisans.<sup>7</sup></td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de soles frites.<sup>8</sup></td>
- <td>1 de goujons frits.<sup>8</sup></td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Huit Entremets.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 d’une crême à l’anglaise.<sup>5</sup></td>
- <td>1 de petits pois.<sup>3</sup></td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’une tourte aux cerises.<sup>6</sup></td>
- <td>1 de féves de marais.<sup>3</sup></td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de nougat.<sup>6</sup></td>
- <td>1 d’artichauts à la barigoule.<sup>4</sup></td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’œufs au café.<sup>5</sup></td>
- <td>1 d’asperges à l’espagnole.<sup>4</sup></td>
-</tr>
-<tr>
- <td><span class="lpad">Deux Salades.<sup>9</sup></span></td>
- <td><span class="lpad">Huilier.<sup>10</sup></span></td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Quatre Salades.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td class="td3">2 d’herbes.</td>
- <td class="td3">1 de citrons.</td>
- <td class="td3">1 d’olives.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="mnu" id="srv_3"><span class="smcap">Menu de seize a vingt couverts.</span></p>
-
-<p class="lmnu"><i>Deux Potages.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 aux petits oignons.</td>
- <td>1 au sagout et à la purée de navets.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Deux Relevés.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 d’un rosbif de mouton des Ardennes.</td>
- <td>1 d’un dindon en daube.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Huit ou dix Entrées.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 de côtelettes à la Soubise.</td>
- <td>1 de noix de veau en bedeau.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’émincée de poularde aux concombres.</td>
- <td>1 de deux poulets en lézards.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de ris de veau piqué sur la purée d’oseille.</td>
- <td>1 d’une timbale de lazagnes.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td><span class="pagenum" id="Page_4">[p. 4]</span>
- 1 de gibelotte de lapereau et d’anguille.</td>
- <td>1 de filets de soles à la Horly.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de filets de bœuf en serpenteau.</td>
- <td>1 d’une casserole au ris et tendons de veau.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Deux gros Entremets.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 d’un gâteau de mille-feuilles.</td>
- <td>1 d’un carpeau au bleu.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Quatre Plats de Rôt.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 de cailles.</td>
- <td>1 de pigeons.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’un quartier de derrière d’agneau piqué.</td>
- <td>1 d’un chapon pané à l’anglaise.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Deux Salades.</i></p>
-
-<p class="lmnu"><i>Huit ou dix Entremets.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 d’un biscuit de Nioffe.</td>
- <td>1 de petits pois à la française.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’un gâteau de vermicelle.</td>
- <td>1 de laitues à l’espagnole.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de crême aux pistaches renversées.</td>
- <td>1 de choufleurs au beurre.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de beignets d’abricots.</td>
- <td>1 d’artichauts à l’italienne.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="mnu" id="srv_4"><span class="smcap">Menu de huit a douze couverts.</span></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 potage en tortue.</td>
- <td>1 relevé de truites à la génoise.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Six Entrées.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 d’un suprême de poularde à la Chingara.</td>
- <td>1 de côtelettes de pigeons.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’un sauté de lapereaux aux concombres.</td>
- <td>1 de côtelettes d’agneau à la purée de champignons.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’un pâté chaud à la financière.</td>
- <td>1 d’une poularde à la Saint-Cloud.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Deux Plats de Rôt.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 de deux poulets, un piqué.</td>
- <td>1 de tourtereaux.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Six Entremets.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 de beignets de blanc-manger.</td>
- <td>1 de petits pois.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’un gâteau à l’italienne.</td>
- <td>1 d’asperges au beurre.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de gelée de citrons.</td>
- <td>1 d’épinards au consommé.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Salade de petite chicorée verte.</i></p>
-
-<p class="mnu" id="srv_5"><span class="pagenum" id="Page_5">[p. 5]</span>
-<span class="smcap">Menu de douze à seize Couverts, à l’anglaise.</span></p>
-
-<p class="lmnu"><i>Potage.</i></p>
-
-<p>1 potage en tortue (dite fausse tortue).</p>
-
-<p class="lmnu"><i>Deux Bouts de Table.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 d’un dindon bouilli, sauce aux huîtres, ou au céleri.</td>
- <td>1 rosbif aux pommes de terre.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Six Entrées.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 d’une dalle de saumon bouillie, sauce aux câpres, purée de navets.</td>
- <td>1 de maquereaux bouillis, sauce aux fenouilles, épinards bouillis à l’anglaise.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de deux lapereaux, sauce aux oignons, choufleurs sans sauce.</td>
- <td>1 de deux poulets, sauce au persil, purée de pommes de terre.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de quatre escalopes de veau.</td>
- <td>1 de perdreaux, bré de sauce.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="mnu cs12" id="srv_m">SECOND SERVICE.</p>
-
-<p class="mnu">MILIEU.</p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td rowspan="2">1 quartier de derrière de daim à la broche, sauce, gelée de groseilles.</td>
- <td>1 d’une poularde rôtie.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’un levraut farci à l’anglaise.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Deux Salades.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 d’herbes.</td>
- <td>1 de citrons.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu" style="margin-top: 1em;">
-<tr>
- <td rowspan="2">1 d’une gelée de vin de Madère.</td>
- <td>1 d’une tourte de confiture.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de woiches rabettes.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td rowspan="2">1 d’un plombpoutingue, sauce au vin de Malaga.</td>
- <td>1 d’un poutingue de riz.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’une gelée de Rome.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Treize à quinze Assiettes de dessert.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>4 compotes.</td>
- <td>2 de mendians et marrons.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>4 assiettes de fruits crus.</td>
- <td>2 de fromages.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>2 de différens biscuits.</td>
- <td>1 assiette montée.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="mnu cs12" id="srv_6">HIVER.</p>
-
-<p class="mnu cs12">PREMIER SERVICE.</p>
-
-<p class="mnu"><span class="smcap">Menu de quarante Couverts</span> (un dormant).</p>
-
-<p class="lmnu"><i>Quatre Potages.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 à la bisque d’écrevisses.</td>
- <td>1 aux choux à la paysanne.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 à la reine.</td>
- <td>1 au ris et au blond de veau.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="mnu"><span class="pagenum" id="Page_6">[p. 6]</span>
-<i>Quatre Relevés.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 turbot, sauce au beurre de Vembre.</td>
- <td>1 aloyau à la Godard.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de présalé sur des haricots à la bretonne.</td>
- <td>1 de casserole au riz, garnie d’un kari de poulets.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Douze Hors-d’œuvres de cuisine.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 de sauté de filets de mauviettes au fumet et aux truffes.</td>
- <td>1 sauté de volaille aux truffes.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 sauté de saumon à la maître-d’hôtel.</td>
- <td>1 de filets de soles à la mayonnaise.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de petits pâtés d’une bouchée au hachis à la reine.</td>
- <td>1 de boudin à la Richelieu, sauce à l’italienne blanche.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de filets de canetons à l’orange.</td>
- <td>1 de côtelettes de mouton à la minute.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’hatelets de ris de veau.</td>
- <td>1 de croquettes aux truffes en côtelettes.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’oreilles de cochon au menu-de-roi.</td>
- <td>1 de filets de merlans à la Horly.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Douze Entrées.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 poularde à la maréchale.</td>
- <td>1 de caisses de foies gras aux truffes.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de manchon à la Gérard.</td>
- <td>1 de côtelettes de veau à la Chingara.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de filet de bœuf, sauce au vin de Madère.</td>
- <td>1 de cailles au gratin.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de poulets à la reine, sauce tomate.</td>
- <td>1 de laitances de carpes en matelote.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de <ins id="cor_1" title="perdereaux">perdreaux</ins> à la Périgueux.</td>
- <td>1 d’ailerons de dindon en haricot vierge.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de manchon de cabillaud à la crême.</td>
- <td>1 d’un aspic de filets de lapereaux.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Quatre gros Entremets.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 de baba.</td>
- <td>1 d’une longe de veau de Pontoise.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de jambon de Baïonne glacé.</td>
- <td>1 de croque-en-bouche.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Huit Plats de Rôt.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 dindonneau.</td>
- <td>1 de levrauts.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de sarcelles.</td>
- <td>1 de petits pigeons en ortolans.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’éperlans.</td>
- <td>1 de soles frites.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de carpeau du Rhin, au bleu.</td>
- <td>1 d’une hure de saumon.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Seize Entremets.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 de cardes à l’essence et à la moelle.</td>
- <td>1 d’épinards en croustade.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de salsifis au beurre.</td>
- <td>1 de truffes sous la serviette et au vin de Champagne.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td><span class="pagenum" id="Page_7">[p. 7]</span>
- 1 de céleri à l’espagnole.</td>
- <td>1 de petites omelettes à la Célestine.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de truffes à l’italienne.</td>
- <td>1 de croûtes aux champignons.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de choufleurs au Parmesan.</td>
- <td>1 de blanc-manger en petits pots.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de gelée au vin de Malaga.</td>
- <td>1 de tartelettes bandées aux confitures.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de darioles au massepain.</td>
- <td>1 de beignets de pommes en quartier.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de beignets de riz.</td>
- <td>1 d’œufs pochés à l’essence.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Quatre Salades.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td class="td3">2 d’herbes.</td>
- <td class="td3">1 d’olives.</td>
- <td class="td3">1 de citrons.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="mnu" id="srv_7"><span class="smcap">Menu de vingt-cinq a trente Couverts</span> (un dormant).</p>
-
-<p class="lmnu"><i>Douze Hors-d’œuvres d’office.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>4 de beurre à l’Enfant-Jésus.</td>
- <td>2 de cornichons.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>2 de salades d’anchois.</td>
- <td>2 de canapés.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>2 de petits radis.</td>
- <td>&nbsp;</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Quatre Potages.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 à la Conti.</td>
- <td>1 au vermicelle, au blond de veau.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 au lait d’amandes.</td>
- <td>1 à la brunoise.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Quatre grosses Pièces.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 d’un oison à la Chipolata.</td>
- <td>1 d’une carpe à la Chambord.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’un cabillaud à la hollandaise.</td>
- <td>1 d’une culotte de bœuf braisée aux oignons glacés.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td class="tdcm"><i>Huit Hors-d’œuvres d’entrées.</i></td>
- <td class="tdcm"><i>Huit Entrées.</i></td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de petits pâtés en croustade, avec un salpicon.</td>
- <td>1 d’un vol-au-vent de mauviettes.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de suprême de volaille aux truffes.</td>
- <td>1 d’une timbale de macaronis.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de filets de perdreaux à la portugaise.</td>
- <td>1 d’une poule de Caux, à la Périgueux.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de filet mignon de mouton en escalopes.</td>
- <td>1 de deux canetons à la garloquine.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de filets de levrauts en serpent.</td>
- <td>1 de côtelettes à la Soubise.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’ailerons de poulardes à la Bellevue.</td>
- <td>1 de tendons de veau en queue de paon, à la jardinière.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’hatelets de filets de merlans, sauce à l’italienne.</td>
- <td>1 de perdreaux, sauce à la bigarade.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de quenelles de saumon à l’espagnole.</td>
- <td>1 d’un ris de veau à la dauphine.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="mnu"><span class="pagenum" id="Page_8">[p. 8]</span>
-<i>Quatre gros Entremets.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 de buisson d’écrevisses.</td>
- <td>1 de buisson de ramequin.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de hure de Troyes.</td>
- <td>1 d’un gâteau de mille-feuilles.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Six Plats de Rôt, dont deux gros.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 de trois poulets (1 piqué).</td>
- <td>1 de deux faisans (1 piqué).</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’accolades de lapereaux.</td>
- <td>1 de cailles de vignes.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’un quartier de chevreuil piqué.</td>
- <td>1 d’un brochet à l’allemande.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Seize Entremets.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 de biscuits de niauffes.</td>
- <td>1 de choufleurs à l’espagnole.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de gimblettes glacées.</td>
- <td>1 de haricots verts à l’anglaise.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’une crême aux pistaches renversées.</td>
- <td>1 de truffes en croustades.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’une crême de chocolat.</td>
- <td>1 d’œufs brouillés aux cardes.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de beignets de blanc-manger.</td>
- <td>1 de navets en poires.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de céleri frit et glacé.</td>
- <td>1 d’une macédoine.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’une charlotte de pommes aux confitures.</td>
- <td>1 de truffes à la piémontaise.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’amourettes frites.</td>
- <td>1 d’artichauts à l’italienne.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Quatre Salades.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td class="td3">2 d’herbes.</td>
- <td class="td3">1 de citrons.</td>
- <td class="td3">1 d’olives.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="mnu" id="srv_8"><span class="smcap">Menu de quinze a vingt Couverts</span> (un dormant).</p>
-
-<p class="lmnu"><i>Deux Potages.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 de ravioles.</td>
- <td>1 de croûtes au pot.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Deux Relevés.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 d’une tête de veau en tortue.</td>
- <td>1 d’une dinde aux truffes.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td class="tdcm"><i>Quatre Hors-d’œuvres d’entrée.</i></td>
- <td class="tdcm"><i>Quatre Entrées.</i></td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de petites noix d’épaule de veau, à la purée de champignons.</td>
- <td>1 de deux gros poulets, sauce à l’ivoire.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de sauté de levrauts au sang.</td>
- <td>1 de deux carrés de mouton, un piqué de persil, et l’autre de lard.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’escalopes de filet de bœuf aux pommes de terre.</td>
- <td>1 de canard sauvage, sauce bigarade.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’oreilles de veau à la ravigote.</td>
- <td>1 d’une chartreuse de tendons de veau en huîtres.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Deux Flancs.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 d’un pâté chaud maigre de carpes et d’anguilles.</td>
- <td>1 d’un filet de bœuf à la broche, sauce hachée.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="mnu"><span class="pagenum" id="Page_9">[p. 9]</span>
-<i>Deux gros Entremets.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 rocher.</td>
- <td>1 petit cochon de lait en galantine.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Quatre Plats de Rôt.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 de perdreaux rouges.</td>
- <td>1 d’une poularde du Mans.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’éperlans.</td>
- <td>1 de soles frites.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Huit Entremets.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 de pommes au riz.</td>
- <td>1 de cardes à la moelle.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de gelée de marasquin.</td>
- <td>1 de choufleurs au beurre.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de beignets de chocolat.</td>
- <td>1 de truffes à la serviette.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de tartelettes à la Chantilly.</td>
- <td>1 de salsifis frits.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Deux Salades.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 d’herbes.</td>
- <td>1 de citrons.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="mnu" id="srv_9"><span class="smcap">Menu de huit à douze Couverts.</span><br />
-[Voir <a href="#pl_03">Planche N<sup>o</sup> 3</a>]</p>
-
-<p class="lmnu"><i>Un Potage à la Julienne.</i></p>
-
-<p class="noind cs9">1 relevé d’une pièce de bœuf de Hambourg, garni de choucroûte.</p>
-
-<p class="lmnu"><i>Six Entrées.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 d’un coq vierge en petit deuil.<sup>3</sup></td>
- <td>1 d’un pâté chaud de lazagnes.<sup>3</sup></td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de bécasses en salmi.<sup>2</sup></td>
- <td>1 de pigeons à la Gautier, au beurre d’écrevisses.<sup>2</sup></td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de côtelettes de mouton sautées, avec chicorée dans le puits.<sup>4</sup></td>
- <td>1 de palais de bœuf au gratin.<sup>4</sup></td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Relevé.</i></p>
-
-<p class="noind cs9">1 Brioche au fromage, ou 1 pâté de foies gras de Strasbourg.<sup>1</sup></p>
-
-<p class="lmnu"><i>Deux Plats de Rôt.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 de poulets.</td>
- <td>1 de perdreaux.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Quatre Entremets.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 de cardes à la moelle.<sup>3</sup></td>
- <td>1 d’œufs au café.<sup>4</sup></td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de haricots verts.<sup>3</sup></td>
- <td>1 de truffes à la cendre.<sup>4</sup></td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Une salade.</i><sup>5</sup></p>
-
-<p class="mnu cs12" id="srv_10">SECOND SERVICE.</p>
-
-<p class="mnu"><span class="smcap">Menu de quarante Couverts</span> (un dormant).</p>
-
-<p class="lmnu"><i>Quatre Potages.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 à la purée de pois verts et aux croûtons.</td>
- <td>1 de purée de lentilles à la reine.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de quenelles de merlans.</td>
- <td>1 de brunoise au pain.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="mnu"><span class="pagenum" id="Page_10">[p. 10]</span>
-<i>Quatre Relevés.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 d’un cabillaud à la Sainte-Menéhould.</td>
- <td>1 d’une truite à la génoise.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’un turbot, sauce aux homards.</td>
- <td>1 d’un manchon d’esturgeon à la broche.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Seize Entrées.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 d’une dalle de saumon à l’espagnole.</td>
- <td>1 d’une carpe farcie, sauce à l’espagnole.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de carlets sur le plat.</td>
- <td>1 d’ailes de raietons frits, sauce poivrade.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de perches à la valesfiche.</td>
- <td>1 de filets de merlans en turban.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de vives grillées, sauce aux câpres.</td>
- <td>1 de caisses de laitances de harengs, à l’italienne rousse.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de matelotes de foies de lottes.</td>
- <td>1 d’un pâté chaud d’anguilles.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de petits pâtés maigres.</td>
- <td>1 de filets de carrelets, sauce tomate.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’œufs à la polonaise.</td>
- <td>1 d’une omelette aux truffes.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’une casserole au riz et aux langues de carpes.</td>
- <td>1 d’une morue au gratin.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Quatre gros Entremets.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 gâteau de Compiègne.</td>
- <td>1 hure de saumon au bleu.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 buisson d’écrevisses.</td>
- <td>1 brochet à l’allemande.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Huit Plats de Rôt.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 de soles frites.</td>
- <td>1 d’une carpe frite.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’éperlans.</td>
- <td>1 de barbues.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de pilets.</td>
- <td>1 de poules d’eau.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’oiseaux de rivière.</td>
- <td>1 de goujons.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Seize Entremets.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 de gelée d’ananas.</td>
- <td>1 de gelée d’épine-vinette.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de darioles.</td>
- <td>1 de fondus.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’œufs au thé.</td>
- <td>1 de beignets de poires.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de pains à la duchesse.</td>
- <td>1 de côtelettes en surprise.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de nouilles soufflées et méringuées.</td>
- <td>1 d’un flanc à la suisse.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’épinards à la crême.</td>
- <td>1 de cardes à l’espagnole.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de navets en quadrille.</td>
- <td>1 de choux-raves au beurre.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de salsifis frits.</td>
- <td>1 de truffes au vin de Champagne.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="mnu"><span class="pagenum" id="Page_11">[p. 11]</span>
-<i>Quatre Salades.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td class="td3">2 d’herbes.</td>
- <td class="td3">1 de citrons.</td>
- <td class="td3">1 d’olives.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="mnu" id="srv_11"><span class="smcap">Menu de vingt-quatre a trente Couverts</span>
-(un dormant).</p>
-
-<p class="lmnu"><i>Quatre Potages, deux grands, deux moyens.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 à la julienne.</td>
- <td>1 à la Conti.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 à la crecy.</td>
- <td>1 au lait d’amandes.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Quatre Pièces, deux grosses et deux moyennes.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 carpeau du Rhin à la Chambord.</td>
- <td>1 murette.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 turbot à la hollandaise.</td>
- <td>1 églefin au soleil.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Douze Entrées.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 de pâté chaud de légumes.</td>
- <td>1 d’un manchon d’esturgeon à la broche.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de crêtes de morue à la maître-d’hôtel.</td>
- <td>1 de mulet à la ravigote.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de filets de merlans à la Horly.</td>
- <td>1 de maquereau-sansonnet à la maître-d’hôtel.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’œufs à la tripe.</td>
- <td>1 d’omelette à l’oseille.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de filets de soles au gratin.</td>
- <td>1 de petits pâtés de filets de brochets à la béchamelle.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de grondins, sauce aux câpres.</td>
- <td>1 de rissoles à la Choisy.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Deux gros et deux moyens Entremets.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 d’un biscuit de Savoie.</td>
- <td>1 de buisson de talmouses.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de buisson de crabes.</td>
- <td>1 d’une barbue.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Quatre Plats de Rôt.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 de merlans frits.</td>
- <td>1 de brochet au bleu.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de carrelets frits.</td>
- <td>1 de plongeons à la broche.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Huit Entremets.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 de macaronis à l’italienne.</td>
- <td>1 de gelée d’oranges.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de gâteaux à la paysanne.</td>
- <td>1 de crême aux pistaches renversées.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’œufs pochés.</td>
- <td>1 de haricots blancs à la maître-d’hôtel.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’artichauts au beurre.</td>
- <td>1 de choufleurs au Parmesan.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Deux Salades.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 d’herbes.</td>
- <td>1 de citrons.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="mnu" id="srv_12"><span class="smcap">Menu de seize a vingt Couverts</span> (un dormant).</p>
-
-<p class="lmnu"><i>Deux Potages.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 à la pâte d’Italie.</td>
- <td>1 aux choux.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="mnu"><span class="pagenum" id="Page_12">[p. 12]</span>
-<i>Deux Relevés.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 d’une truite à l’italienne.</td>
- <td>1 d’un floton à la flamande.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Dix Entrées.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 de saumon en papillotes.</td>
- <td>1 d’une matelote de carpes.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’anguille à la broche.</td>
- <td>1 de fricandeau de brochet à la purée de champignons.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’hatelets d’esturgeon, sauce poivrade.</td>
- <td>1 de pâté chaud de quenelles, de merlans au velouté.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’une timbale de macaronis.</td>
- <td>1 de salade de filets de turbot.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de grenouilles à la poulette.</td>
- <td>1 d’œufs à l’aurore.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Deux gros Entremets.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 nougat.</td>
- <td>1 buisson de petites brioches nattées.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Quatre Plats de Rôt.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 d’oiseaux de rivière.</td>
- <td>1 de lottes frites.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de perches au bleu.</td>
- <td>1 de soles frites.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Huit Entremets.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 de choux grillés.</td>
- <td>1 de jalousies.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’œufs brouillés aux truffes.</td>
- <td>1 de crême au chocolat.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de choufleurs au Parmesan.</td>
- <td>1 de navets en sabots.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’émincée de truffes au beurre.</td>
- <td>1 d’épinards à l’anglaise.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="mnu" id="srv_13"><span class="smcap">Menu de huit a douze Couverts.</span></p>
-
-<p class="noind cs9">1 potage aux petits oignons à la minime.</p>
-
-<p class="noind cs9">1 relevé; un tronçon d’esturgeon à la broche.</p>
-
-<p class="lmnu"><i>Six Entrées.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 d’un sauté de filets de soles à la maître-d’hôtel.</td>
- <td>1 vol-au-vent de turbot à la béchamelle.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’anguilles à la tartare.</td>
- <td>1 d’un Saint-Pierre, sauce aux câpres.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’œufs pochés aux concombres.</td>
- <td>1 de filets de carrelets en anneaux.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Deux Plats de Rôt.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 de goujons frits.</td>
- <td>1 d’une carpe au court-bouillon.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>Six Entremets.</i></p>
-
-<table class="tmnu" summary="Menu">
-<tr>
- <td>1 d’œufs à la neige.</td>
- <td>1 de beignets de crême à la fleur d’orange.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 de betteraves blanches, sautées au beurre.</td>
- <td>1 de lentilles à la reine, à la maître-d’hôtel.</td>
-</tr>
-<tr>
- <td>1 d’une gelée au vin de Madère.</td>
- <td>1 de culs d’artichauts à la ravigote.</td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="lmnu"><i>1 salade. Céleri en remoulade.</i></p>
-
-</div>
-
-<div class="npage" id="Page_13">
-
-<p class="cent esp cs30"><small>L’ART</small><br />
-DU CUISINIER.</p>
-
-<div style="margin: 1em auto; text-align: center;">
- <img src="images/filet-600.jpg" alt="" style="width: 100%; max-width: 600px;" />
-</div>
-
-<h2 id="rct_potages" class="nbreak">POTAGES.</h2>
-
-<h4 id="rct_1"><i>Grand Bouillon.</i></h4>
-
-<p class="first"><span class="smcap">Ayant</span> un grand service, il faut faire un grand
-bouillon pour mouiller vos sauces et votre empotage.
-Mettez dans une grande marmite une
-pièce de bœuf, soit culotte ou poitrine, et les
-débris ou parures de vos viandes de boucherie,
-<i>bœuf</i>, <i>veau</i>, <i>mouton</i>; joignez-y les carcasses,
-pattes et cous de volailles et gibier, dont vous
-aurez levé les chairs pour vos entrées; mettez
-sur un feu modéré cette marmite, non pleine
-d’eau tout-à-fait, écumez-la doucement, rafraîchissez-la
-chaque fois que vous en ôterez l’écume,
-jusqu’à ce que ce bouillon soit parfaitement
-limpide. De ce grand bouillon dépendra
-la beauté de vos sauces et de vos potages (puisque
-cuit, il est la mère qui doit alimenter tout
-ce qui en résulte); mettez-y sel, deux navets,
-six carottes, six oignons, dont un piqué de trois
-clous de girofle, un bouquet de poireaux;
-menez votre marmite doucement. La pièce de
-bœuf cuite ou près de l’être, si vous vous en
-servez pour votre table, mettez-la dans une
-casserole, mouillez-la avec le dessus de la marmite
-<span class="pagenum" id="Page_14">[p. 14]</span>
-au moment de la servir; ensuite passez
-votre grand bouillon au travers d’une serviette
-d’office, que vous aurez mouillée et tordue; laissez-le
-reposer, servez-vous-en pour mouiller
-vos sauces et votre empotage, etc.</p>
-
-<h4 id="rct_2"><i>Empotage.</i></h4>
-
-<p>Ayez une marmite propre et bien étamée;
-chauffez-la légèrement; essayez-la de nouveau;
-mettez-y, selon les potages dont vous avez besoin,
-un trumeau de bœuf, un morceau de
-tranche, un jarret de veau, une poule, un vieux
-lapin de garenne ou deux vieilles perdrix;
-mouillez le tout avec une pinte et demie de
-grand bouillon; faites-le réduire sur un fourneau
-très-vif, jusqu’à consistance de glace;
-commence-t-elle à se faire sentir? mouillez votre
-marmite avec le grand bouillon, faites-la partir
-à grand feu; écumez-la comme ci-dessus; ensuite
-assaisonnez-la de trois navets, trois carottes,
-trois oignons, dont un piqué de deux
-ou trois clous de girofle, un bouquet de poireaux
-et céleri; mettez-la au bord d’un fourneau,
-et conduisez-la à l’instar d’un pot-au-feu
-de ménage; vos viandes cuites, retirez-les pour
-vous en servir en cas que vous ayez des tables
-de suite; dégraissez votre bouillon; qu’il soit
-d’un bon sel, et passez-le dans un tamis de soie
-ou une serviette, comme il est énoncé à l’article
-précédent.</p>
-
-<h4 id="rct_3"><span class="pagenum" id="Page_15">[p. 15]</span>
-<i>Grand Consommé pour Potage et&nbsp;Sauces.</i></h4>
-
-<p>Mettez dans une marmite deux jarrets de veau,
-un morceau de tranche de bœuf, une poule ou
-un vieux coq, un lapin de garenne ou deux
-vieilles perdrix; mouillez le tout avec une cuillerée
-à pot de bouillon, et remuez-le: lorsque
-vous verrez que cela commence à tomber à glace,
-mouillez-le avec du bouillon, et faites surtout
-qu’il soit clair; faites bouillir ce consommé;
-écumez-le; rafraîchissez-le de temps en temps;
-mettez-y des légumes, tels que carottes, oignons,
-un pied de céleri, un bouquet de persil
-et ciboules, assaisonné d’une gousse d’ail
-et de deux clous de girofle; faites bouillir ce
-consommé à petit feu, quatre à cinq heures;
-passez-le au travers d’une serviette; vous vous
-en servirez pour travailler vos sauces, pour vos
-potages clairs et pour vos petites sauces.</p>
-
-<h4 id="rct_4"><i>Blond de Veau.</i></h4>
-
-<p>Beurrez le fond d’une casserole; mettez-y
-quelques lames de jambon, quatre à cinq livres
-de veau de bonne qualité, deux ou trois carottes
-tournées, autant d’oignons; mouillez le
-tout avec une cuillerée de grand bouillon; faites-le
-suer sur un feu doux, et réduire jusqu’à consistance
-de glace; quand elle sera d’une belle
-teinte jaune, retirez-la du feu; piquez les chairs
-avec la pointe d’un couteau, pour en faire sortir
-le reste du jus; couvrez votre blond de veau;
-<span class="pagenum" id="Page_16">[p. 16]</span>
-laissez-le suer ainsi un quart d’heure, et mouillez-le
-avec du grand bouillon, selon la quantité
-de vos viandes; mettez-y un bouquet de persil
-et ciboules, assaisonné de la moitié d’une gousse
-d’ail et piqué d’un clou de girofle; faites bouillir
-ce blond de veau; écumez-le; mettez-le mijoter
-sur le bord d’un fourneau; vos viandes
-cuites, dégraissez-le, passez-le comme il est dit
-à l’article précédent, et servez-vous-en comme
-de l’empotage, pour le riz, le vermicelle et
-même vos sauces.</p>
-
-<h4 id="rct_5"><i>Mitonnage.</i></h4>
-
-<p>Ayez un pain à potage, râpez-le légèrement,
-enlevez-en les croûtes sans endommager la mie,
-qui peut vous servir, soit pour vos autres potages,
-soit pour des petits croûtons ou des gros
-pour des épinards. Si vous servez une charlotte
-ou une panade, coupez vos croûtes; arrondissez-les;
-mettez-les mitonner un quart d’heure
-avant de les servir; mettez dessus tels légumes
-qu’il vous plaira; mouillez-les avec votre empotage
-et servez bouillant.</p>
-
-<h4 id="rct_6"><i>Potage Croûtes au Pot.</i></h4>
-
-<p>Coupez du pain en tranches; mettez-le dans
-un plat creux et d’argent; mouillez-le avec
-d’excellent bouillon pour le faire mitonner;
-lorsque votre mitonnage est réduit, pour le laisser
-gratiner, couvrez votre fourneau avec de la
-cendre rouge; coupez un ou deux pains à potage
-en deux; ôtez-en toute la mie; mettez un
-<span class="pagenum" id="Page_17">[p. 17]</span>
-gril sur une cendre chaude et faites sécher vos
-croûtes dessus; lorsqu’elles le seront bien, prenez
-la partie grasse du bouillon ou consommé;
-arrosez-en le dedans de vos croûtes et saupoudrez-les
-de sel fin, ce qu’il en faut pour qu’elles
-soient d’un bon goût; égouttez-les; mettez-les
-sur le gratin sans les couvrir, afin qu’elles ne
-mollissent pas; arrosez-les, de quart d’heure en
-quart d’heure, du derrière de la marmite, jusqu’à
-ce que le gratin soit parfaitement formé;
-dégraissez-les, servez-les, et joignez-y une jatte
-séparée de consommé ou de bon bouillon.</p>
-
-<h4 id="rct_7"><i>Potage Printanier.</i></h4>
-
-<p>Il se fait comme le potage à la Julienne, excepté
-qu’on y ajoute des pointes d’asperges, des
-petits pois, des petits radis tournés, de très-petits
-oignons blanchis; en faisant cuire ces
-légumes, mettez-y un petit morceau de sucre
-pour en ôter l’âcreté; faites mitonner votre potage,
-couvrez-le des légumes énoncés et servez-le.</p>
-
-<h4 id="rct_8"><i>Potage à la Crecy.</i></h4>
-
-<p>Selon la saison, ayez toutes sortes de légumes
-(épluchés et lavés avec soin) tels que carottes,
-navets, céleri, oignons (en petite quantité);
-faites-les blanchir dans un chaudron un quart
-d’heure; mettez-les dans une casserole avec un
-bon morceau de beurre et quelques lames de
-jambon; passez-les sur un petit feu, assez de
-temps pour que le tout soit cuit; alors égouttez
-<span class="pagenum" id="Page_18">[p. 18]</span>
-le tout dans une passoire; pilez-le, mouillez-le
-avec son propre bouillon, et passez-le à l’étamine
-pour en faire une purée; faites partir cette purée
-sur le feu, qu’elle cuise deux heures; dégraissez-la
-bien, mitonnez votre potage comme
-il est déjà énoncé, mettez votre crecy dessus et
-servez.</p>
-
-<h4 id="rct_9"><i>Potage au Riz.</i></h4>
-
-<p>Ayez environ un quarteron de riz de bonne
-qualité, tel que celui de la Caroline; lavez-le à
-plusieurs eaux, faites-le blanchir; égouttez-le
-sur un tamis, mettez-le dans une casserole ou
-petite marmite, mouillez-le peu, faites-le partir,
-et mettez-le crever doucement sous le fourneau;
-est-il crevé? mouillez-le à un degré convenable
-avec votre blond de veau ou du consommé;
-faites qu’il soit d’un bon sel, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_10"><i>Autre façon.</i></h4>
-
-<p>Videz, flambez, épluchez, retroussez un chapon
-en poule; conservez-lui les ailes et bridez-les
-pour qu’il ait plus de grâce; mettez-le dans
-une marmite avec un bouquet de légumes bien
-assaisonné, deux oignons, dont l’un piqué de
-deux clous de girofle; mouillez le tout avec du
-grand bouillon; faites écumer comme ci-dessus.
-Durant la cuisson de votre chapon faites crever,
-comme il est indiqué ci-dessus, un quarteron
-de riz; prenez la partie grasse de votre marmite
-pour faire crever votre riz; à l’instant de le servir,
-mouillez-le avec du bouillon dans lequel a
-<span class="pagenum" id="Page_19">[p. 19]</span>
-cuit votre chapon, après l’avoir passé au tamis
-de soie; mettez-y une cuillerée de jus de bœuf
-pour qu’il soit d’une belle couleur; servez-vous
-du chapon pour relever votre potage; débridez-le,
-dressez-le; mettez-lui quelques grains de sel
-sur l’estomac, et dessous une cuillerée de jus
-ou de son propre bouillon.</p>
-
-<h4 id="rct_11"><i>Chapon au Riz.</i></h4>
-
-<p>Habillez un chapon comme ci-dessus; lavez
-une livre de riz; <i>faites-le blanchir ainsi qu’il est
-dit plus haut</i>; mettez-le, et votre chapon dessus,
-dans une marmite assez grande pour qu’elle
-contienne le tout, sans être trop pleine; mouillez-le
-légèrement, afin qu’il ne soit pas trop
-clair. Votre chapon est-il à son degré de cuisson?
-ce dont vous vous assurez en lui pinçant l’aile;
-si la chair fléchit, c’est qu’il est cuit; débridez-le,
-mettez-le sur le plat; dégraissez le riz; ajoutez-y
-du jus, pour qu’il soit d’une belle couleur;
-masquez-en votre chapon, et servez-le pour potage,
-entrée ou relevé.</p>
-
-<h4 id="rct_12"><i>Potage au Vermicelle&nbsp;clair.</i></h4>
-
-<p>Mettez dans une casserole la quantité de
-blond de veau, bouillon ou consommé, qui est
-nécessaire pour faire un potage de six ou huit
-personnes; faites-le bouillir; prenez la valeur de
-six onces de vermicelle, mettez-le petit à petit
-dans le bouillon, etc., en le rompant légèrement
-dans vos doigts, pour qu’il ne se mette
-pas en pelote; laissez-le bouillir environ six
-<span class="pagenum" id="Page_20">[p. 20]</span>
-minutes; retirez-le au bord du fourneau, dégraissez-le;
-laissez-le mijoter jusqu’à ce qu’il
-soit cuit, en prenant garde qu’il ne se dilate
-trop.</p>
-
-<h4 id="rct_13"><i>Potage à la&nbsp;Julienne.</i></h4>
-
-<p>Prenez carottes, oignons, céleri, panais, navets,
-laitues, oseille en égale quantité; vous
-couperez votre oseille en filets; vous la ferez
-blanchir dans un peu d’eau avec un peu de sel;
-vous la rafraîchirez, et, un quart d’heure avant
-de servir, vous la mêlerez à vos autres légumes;
-coupez les racines en tranches d’égale longueur,
-et réduisez-les en filets plus ou moins gros; coupez
-de même l’oseille, la laitue et le céleri. Lavez
-le tout à grande eau; égouttez-le dans une
-passoire; mettez un quarteron de beurre dans
-une casserole, avec vos racines et votre céleri;
-passez sur un fourneau ces légumes, jusqu’à ce
-qu’ils aient pris une légère couleur; mouillez-les
-avec une bonne cuillerée de bouillon; ces
-racines à moitié cuites, joignez-y votre oseille;
-laissez mijoter le tout, et dégraissez-le; quand
-vous serez près de vous en servir, faites le mitonnage
-tel qu’il est indiqué (article <a href="#rct_5"><i>Mitonnage</i></a>);
-versez votre julienne dessus, et mêlez le tout légèrement.</p>
-
-<h4 id="rct_14"><i>Potage à la&nbsp;Brunoise.</i></h4>
-
-<p>Coupez en petits dés, carottes, navets, panais
-et céleri; prenez du derrière de la marmite, ou
-du beurre clarifié; faites-le chauffer; jetez vos légumes;
-<span class="pagenum" id="Page_21">[p. 21]</span>
-faites-leur prendre couleur; égouttez-les
-sur un tamis; mouillez-les avec du blond de
-veau, ou consommé, ou bouillon; conduisez-les
-comme ceux de la julienne; dégraissez-les, et
-couvrez-en votre mitonnage. Si vous en servez
-avec du riz, ayez attention qu’il soit clair, que
-les dés ne soient pas plus gros que le riz lorsqu’il
-est crevé, et mêlez bien le tout ensemble.</p>
-
-<h4 id="rct_15"><i>Potage à la purée de&nbsp;Pois.</i></h4>
-
-<p>Prenez une quantité de pois suffisante; lavez-les;
-mettez-les dans une marmite, avec oignons,
-carottes, un bouquet de poireaux et de céleri,
-un combien de jambon ou des tranches; sinon
-un morceau de petit lard. Sont-ce des pois secs?
-mettez-les tremper la veille; si ce sont des nouveaux,
-vous en servant de suite, sautez-les dans
-du beurre, avec une poignée de persil en branche
-et quelques ciboules; mouillez-les avec du
-bon bouillon; lorsqu’ils seront cuits, égouttez-les
-dans une passoire; pilez-les dans un mortier,
-et passez-les à l’étamine: le bouillon dans lequel
-ils ont cuit doit vous servir pour les passer;
-mettez-en la purée dans une marmite ou une
-casserole; laissez mijoter cette purée quatre ou
-cinq heures; remuez-la souvent, de peur qu’elle
-ne s’attache, et, avant de la remuer, dégraissez-la;
-lorsqu’elle sera réduite à son degré, servez-la
-sur du riz, du vermicelle ou des petits croûtons
-passés au beurre, que vous mettrez à l’instant de
-servir.</p>
-
-<h4 id="rct_16"><span class="pagenum" id="Page_22">[p. 22]</span>
-<i>Potage à la purée de Lentilles à la Reine, ou
-autres&nbsp;Lentilles.</i></h4>
-
-<p>Procédez à cet égard comme il est énoncé pour
-la purée de pois, et servez-vous-en de même pour
-les potages; ayez soin pourtant, si ce sont des
-lentilles à la reine, de les laisser long-temps sur
-le feu, pour que la purée soit d’un beau rouge,
-autant que possible: ce qui fait la beauté et la
-bonté de ce potage.</p>
-
-<h4 id="rct_17"><i>Potage à la purée de&nbsp;Carottes.</i></h4>
-
-<p>Prenez quinze ou vingt carottes, ratissez et lavez-les:
-selon leur grosseur, coupez-les en lames;
-mettez-les dans une casserole avec trois quarterons
-de bon beurre; passez-les sur un fourneau
-assez vif; remuez-les jusqu’à ce qu’elles soient
-colorées; alors mouillez-les avec du bon bouillon;
-faites-les cuire, et, cuites, vous servant du
-même procédé que pour la purée de pois et de
-lentilles, passez-les à l’étamine, etc.; dégraissez
-cette purée, laissez-la long-temps cuire, et servez-vous-en
-comme on se sert de la purée de
-pois.</p>
-
-<h4 id="rct_18"><i>Potage à la purée de&nbsp;Navets.</i></h4>
-
-<p>Il se fait comme celui de la purée de carottes,
-excepté qu’on ne fait pas roussir les navets, qu’on
-les tient blancs le plus possible, et qu’ils demandent
-moins de cuisson.</p>
-
-<h4 id="rct_19"><i>Potage aux&nbsp;Laitues.</i></h4>
-
-<p>Ayez douze ou quinze laitues; épluchez-les;
-<span class="pagenum" id="Page_23">[p. 23]</span>
-laissez-les entières; lavez-les à grande eau, en prenant
-bien garde qu’il ne reste de la paille après;
-faites-les blanchir; jetez-les dans un seau d’eau
-fraîche, retirez-les, et, les unes après les autres,
-pressez-les; ficelez-les trois ou quatre ensemble,
-foncez une casserole de bardes de lard; arrangez-y
-vos laitues; mettez-y deux ou trois lames de
-jambon, une carotte, un oignon, un bouquet
-de persil dans lequel vous aurez enveloppé un
-clou de girofle et une demi-feuille de laurier;
-mouillez vos laitues avec la partie grasse de votre
-bouillon ou de votre consommé; mettez sel et
-mignonnette, ce qu’il en faut pour qu’elles soient
-d’un bon goût: lorsque vous voudrez servir votre
-potage, égouttez-les; pressez-les légérement,
-afin d’en faire sortir ce qu’il y aurait de trop de
-graisse; et, selon leur grosseur, vous les laisserez
-entières ou les couperez en deux, et vous en
-garnirez votre potage.</p>
-
-<h4 id="rct_20"><i>Potage à la purée de&nbsp;Marrons.</i></h4>
-
-<p>Prenez, cuits, marrons de Lyon ou du Luc;
-levez-en la première peau (mais supprimez
-avec soin ceux qui sont gâtés); mettez-les dans
-une poêle avec un petit morceau de beurre;
-sautez-les jusqu’à ce que l’épiderme se lève facilement;
-ôtez-les, épluchez-les, marquez-les
-dans une marmite avec du consommé; faites-les
-cuire; ensuite égouttez-les dans une passoire;
-pilez-les dans un mortier; passez-les dans une
-étamine, en les mouillant à fur et à mesure avec
-<span class="pagenum" id="Page_24">[p. 24]</span>
-le bouillon dans lequel ils ont cuit: votre purée
-passée, mettez-la dans une casserole avec deux
-cuillerées à pot pleines de consommé; délayez
-bien votre purée; faites-la cuire et réduire environ
-trois ou quatre heures; dégraissez-la; ajoutez-y
-un peu de sucre; goûtez si elle est d’un bon
-goût, et servez-la avec des petits croûtons passés
-dans le beurre ou un mitonnage. (Voyez
-<a href="#rct_5"><i>Mitonnage</i></a>.)</p>
-
-<h4 id="rct_21"><i>Potage en&nbsp;Tortue.</i></h4>
-
-<p>Ayez quatre ou cinq livres de mouton, soit
-épaule, soit gigot, ou six à sept livres des parures
-de carrés; ajoutez-y des débris de poisson,
-comme têtes et arêtes de merlans; débris de saumon,
-une carpe ou ses débris, ainsi du reste;
-mettez ce mouton dans une marmite avec vos
-débris; assaisonnez-le tel que le blond de veau;
-faites-le suer de même; mouillez-le avec de l’eau;
-écumez-le bien; que le bouquet de persil soit
-forcé en aromates; de plus joignez-y deux brins
-de basilic et du massif: laissez cuire ce mouton
-jusqu’à ce que les chairs quittent les os; passez-en
-le bouillon à travers une serviette; clarifiez-le
-avec deux ou trois blancs d’œufs battus légèrement,
-faites-lui jeter un bouillon; laissez-le
-reposer, afin qu’il soit clair; passez-le de nouveau
-dans une autre serviette, et faites-le réduire
-jusqu’à ce qu’il soit assez corsé pour pouvoir
-supporter, sans être réduit, du vin de Madère;
-de là prenez la moitié d’une tête de veau échaudée
-<span class="pagenum" id="Page_25">[p. 25]</span>
-de la veille, désossez-la, et, pour qu’elle soit
-blanche, mettez-la dégorger dans l’eau, que vous
-aurez soin de changer une ou deux fois; faites-la
-blanchir et rafraîchir; essuyez-la, parez-la; faites-la
-cuire dans un <a href="#rct_88">blanc</a> (tel que vous le trouverez
-à son article): dès qu’elle est cuite, égouttez-la
-au moment de vous en servir; coupez-la par
-morceaux carrés, gros comme le pouce, et que
-vous mettrez dans le bouillon énoncé, avec les
-trois quarts d’une bouteille d’excellent vin de
-Madère, du poivre de Cayenne environ une cuillerée
-à café non comblée; une semblable cuillerée
-à café de poivre kari. Dressez votre potage,
-composé de vos morceaux de veau; ayez la précaution
-de faire durcir auparavant quinze œufs
-frais, après en avoir ôté les blancs; mettez-en les
-jaunes, aussi entiers que possible, dans ce potage,
-à l’instant de le servir. Observez que si
-vous pouviez vous procurer des petits œufs en
-grappe, que vous feriez blanchir, ils vaudraient
-mieux que ces jaunes.</p>
-
-<h4 id="rct_22"><i>Potage aux&nbsp;Choux.</i></h4>
-
-<p>Prenez de choux ce qu’il vous en faut; épluchez-les,
-flairez-les: s’ils sentent le musc, prenez-en
-d’autres; coupez-les par quartiers; faites-les blanchir
-à grande eau, ensuite retirez-les; rafraîchissez-les;
-ôtez-en les trognons; ficelez-les et marquez-les
-comme les <a href="#rct_19">laitues</a> énoncées article précédent,
-en y joignant un morceau de petit lard;
-nourrissez-les et assaisonnez-les davantage;
-<span class="pagenum" id="Page_26">[p. 26]</span>
-servez-vous-en comme des laitues, et observez qu’ils
-demandent plus de cuisson.</p>
-
-<h4 id="rct_23"><i>Potage au Sagou et à la purée de&nbsp;Navets.</i></h4>
-
-<p>Sagou, nom d’une espèce de pâte végétale et
-alimentaire, qu’on prépare aux Indes avec la
-moelle de quelques palmiers, particulièrement
-avec celle du palmier sagou ou <ins id="cor_2" title="sagontier">sagoutier</ins>. Cette
-substance nous est apportée des îles Moluques,
-en petits pois de couleur roussâtre, de la grosseur
-à-peu-près de ceux du gros millet; elle est
-inodore, stomachique, conséquemment de facile
-digestion; elle s’apprête comme le vermicelle:
-on lave ce sagou comme le riz, excepté
-qu’on ne le fait pas blanchir; mettez-le dans un
-bon bouillon corsé et bouillant, pour qu’il fasse
-deux ou trois bouillons; retirez-le sur le bord
-du fourneau, et lorsqu’il formera gelée, mettez-y
-votre purée de navets (voyez <a href="#rct_18"><i>Purée de Navets</i></a>);
-remuez le tout; goûtez si votre potage est d’un
-bon sel, et servez-le.</p>
-
-<h4 id="rct_24"><i>Potage à la&nbsp;Condé.</i></h4>
-
-<p>Prenez un litron et demi, ou plus, s’il le faut,
-de petits haricots rouges; lavez-les bien; mettez-les
-dans une marmite avec de l’eau ou du grand
-bouillon; ajoutez-y un morceau de petit lard,
-trois carottes, trois oignons, dont un piqué de
-deux clous de girofle, un bouquet de poireaux
-et céleri; laissez bien cuire le tout, et aussitôt
-retirez-en les légumes; jetez vos haricots dans
-<span class="pagenum" id="Page_27">[p. 27]</span>
-une passoire; écrasez-les; passez-les à l’étamine
-en les mouillant avec le bouillon dans lequel ils
-ont cuit; mettez-en la purée sur le feu comme
-celle de pois. Si c’est un potage maigre qu’il vous
-faut, mettez dans vos haricots un morceau de
-beurre au lieu de lard; et pour finir votre potage,
-mettez de même un morceau de beurre.
-Votre purée cuite à son point, ayez de la mie de
-pain; coupez-la en dés, et passez-les au beurre:
-sont-ils d’une belle couleur, égouttez-les dans
-une passoire, et au moment de servir, mettez-les
-sur la purée.</p>
-
-<h4 id="rct_25"><i>Potage à la Bisque d’Écrevisse.</i></h4>
-
-<p>Ayez un demi-cent d’écrevisses, ou <ins id="cor_3" title="davanvantage">davantage</ins>,
-selon leur grosseur; lavez-les à plusieurs
-eaux, et rejetez-les mortes; égouttez-les;
-mettez-les cuire sur un bon feu dans une casserole
-avec du bouillon, sans qu’elles nagent dedans,
-sautez-les; lorsqu’elles seront cuites, retirez-les
-du feu, laissez-les couvertes un demi-quart
-d’heure; jetez-les dans une passoire, conservez-en
-le bouillon; lorsqu’elles sont à moitié
-froides ôtez-en les queues, épluchez-les, et mettez-en
-les épluchures avec les corps dans un mortier;
-pilez le tout jusqu’à consistance de pâte,
-qu’on aperçoive à peine les coquilles; mettez gros
-comme deux œufs de mie de pain mollet dans
-le bouillon où elles ont cuit; desséchez-le sur
-un feu doux; mettez-le dans un mortier avec vos
-écrevisses; délayez le tout avec d’excellent bouillon;
-<span class="pagenum" id="Page_28">[p. 28]</span>
-passez-le à travers une étamine; mettez-le
-dans une casserole sur le feu et sans bouillir,
-remuez-le bien, qu’il ne soit ni trop clair, ni trop
-épais; ensuite mettez-le au bain-marie, goûtez
-s’il est d’un bon sel, et servez-vous-en, soit avec
-du riz, soit avec des croûtons passés au beurre.</p>
-
-<h4 id="rct_26"><i>Potage à la&nbsp;Reine.</i></h4>
-
-<p>1<sup>o</sup>. Ayez trois poulets; videz-les; flambez-les,
-enlevez-en les estomacs en entier; mettez-les sur
-un attelet, et couvrez-les d’une petite bande de
-lard, comme l’on fait pour les poulets d’entrée
-à la broche; enveloppez-les de papier pour qu’ils
-ne prennent point de couleur; mettez-les à la
-broche, ou dans une casserole que vous aurez
-foncée de quelques lames de veau, de jambon,
-d’un oignon, de deux ou trois carottes tournées
-et d’un bouquet de persil assaisonné; mettez ces
-estomacs; couvrez-les de légères bandes de lard,
-de deux ou trois ronds de papier beurré, afin
-qu’ils ne prennent point de couleur, dirai-je encore;
-mouillez le tout de deux à trois cuillerées
-à ragoût de consommé; faites-le partir sur le
-fourneau; après mettez-le dessous, ou sur une
-paillasse; faites cuire ces estomacs vingt minutes;
-retirez-les, et faites-les refroidir; passez ce fond
-au travers d’un tamis de soie; faites avec ce fond
-une panade, telle que pour le potage à la bisque;
-hachez ces estomacs très-menus; mettez-les
-dans un mortier, avec vingt amandes douces et
-deux ou trois amères émondées, comme il est
-<span class="pagenum" id="Page_29">[p. 29]</span>
-dit à l’article du <a href="#rct_635">lait d’amandes</a>; pilez bien le
-tout; après joignez-y votre panade, et pilez de
-nouveau; retirez-le, mouillez-le avec le consommé
-de vos carcasses, au point de le passer à l’étamine.</p>
-
-<p>2<sup>o</sup>. Pour faire un consommé de volaille, marquez
-dans une petite marmite, hors les têtes et
-les poumons, les débris de ces poulets lavés et
-ficelés; mouillez-les avec du consommé; faites-les
-écumer; assaisonnez-les de nouveau de légumes;
-faites que votre bouillon ne soit point
-trop ambré; laissez-le bouillir à petit feu une
-heure et demie; passez ce bouillon à travers une
-serviette; servez-vous-en pour délayer votre purée
-de volaille, et la faire passer au travers de
-votre étamine; que cette purée ne soit ni trop
-claire ni trop épaisse; mettez-la dans une casserole
-nouvellement étamée, afin que votre potage
-soit bien blanc; faites-le chauffer ensuite,
-sans bouillir, dans un bain-marie. Vous le servirez
-avec des petits croûtons passés au beurre,
-ou avec du riz bien crevé, avec peu de mouillement.
-Goûtez votre potage, s’il est d’un bon
-goût, et servez-le.</p>
-
-<h4 id="rct_27"><i>Potage au&nbsp;Macaroni.</i></h4>
-
-<p>Ayez dans une casserole un bon consommé;
-qu’il soit bouillant; mettez-y du macaroni; faites-le
-pocher comme le vermicelle; écumez-le, et
-lorsqu’il aura bouilli un quart d’heure, retirez-le
-sur le bord du fourneau, pour qu’il mijote; prenez
-<span class="pagenum" id="Page_30">[p. 30]</span>
-du bon Parmesan râpé, et autant de fromage
-de Gruyères; mettez-le dans votre potage avant
-de le servir, ou servez-le séparément. Faites qu’il
-soit plus épais que clair.</p>
-
-<h4 id="rct_28"><i>Potage à la Génoise ou aux&nbsp;Raviolis.</i></h4>
-
-<p>Prenez l’estomac d’une poularde ou d’un fort
-poulet cuit à la broche; hachez-le bien; prenez
-autant de tetines de veau; ajoutez-y la même
-quantité d’épinards blanchis et bien pressés, et
-autant de fromage de Parmesan râpé; pilez le
-tout dans un mortier; joignez-y de moment en
-moment quatre ou cinq jaunes d’œufs crus, du
-sel, une pincée de gros poivre et le quart d’une
-muscade râpée; quand le tout sera bien pilé et
-d’un bon goût, prenez des rognures de feuilletage
-ou de pâte brisée; abaissez-les aussi minces
-que possible; cela fait, mouillez avec un doroir
-cette abaisse de pâte, et couchez de distance en
-distance cette farce ou mélange, gros comme la
-moitié d’une noisette; reployez votre pâte dessus;
-soudez-la bien en formant vos raviolis, et
-coupez-les avec un coupe-pâte; ayez soin que
-votre farce soit au milieu, et que vos raviolis
-aient la forme d’une petite rissole; faites-les blanchir
-dans du grand bouillon; égouttez-les dans
-une passoire; jetez-les dans un excellent consommé,
-et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_29"><i>Potage aux pâtes d’Italie.</i></h4>
-
-<p>Mettez sur le feu, dans une petite marmite,
-d’excellent bouillon: lorsqu’il est en grande
-<span class="pagenum" id="Page_31">[p. 31]</span>
-ébullition, jetez-y des pâtes d’Italie, soit graines
-de melon, étoiles ou autres; remuez-le pour
-qu’elles ne se pelotent pas; écumez-le, et dégraissez
-comme pour le potage au macaroni;
-laissez-le mijoter un quart d’heure, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_30"><i>Potage à la&nbsp;Semoule.</i></h4>
-
-<p>La semoule est aussi une pâte d’Italie (qui
-ressemble assez au gruau). Faites ce potage
-comme le précédent, en le remuant un peu davantage,
-de crainte que la semoule ne s’attache
-ou ne se pelote.</p>
-
-<h4 id="rct_31"><i>Bouillon de&nbsp;Poulet.</i></h4>
-
-<p>Ayez un bon poulet commun; videz-le; ôtez-en
-la peau, et flambez-en les pattes; liez-le avec une
-ficelle, mettez-le dans une marmite avec deux
-pintes et demie d’eau; ajoutez-y une once des quatre
-semences froides, après les avoir concassées
-à moitié: vous les mettrez dans un petit linge
-blanc pour en faire un petit paquet bien lié; faites
-cuire le tout à petit feu, jusqu’à ce qu’il soit réduit
-à deux pintes ou à-peu-près, et servez-vous-en
-comme bouillon rafraîchissant.</p>
-
-<h4 id="rct_32"><i>Bouillon de Poulet&nbsp;pectoral.</i></h4>
-
-<p>Prenez un poulet comme ci-dessus, une même
-quantité d’eau, deux onces d’orge mondé, autant
-de riz; mettez le tout ensemble dans une marmite;
-joignez-y deux onces de miel de Narbonne;
-écumez le tout; faites cuire trois heures ce bouillon,
-jusqu’à ce qu’il soit réduit aux deux tiers. Il
-<span class="pagenum" id="Page_32">[p. 32]</span>
-est très-bon pour adoucir les irritations de la
-poitrine.</p>
-
-<h4 id="rct_33"><i>Bouillon de Veau&nbsp;rafraîchissant.</i></h4>
-
-<p>Coupez en dés une demi-livre de rouelle de
-veau, que vous mettrez bouillir avec trois pintes
-d’eau, deux ou trois laitues et une poignée de
-cerfeuil; faites bouillir le tout, et, si vous le jugez
-convenable, ajoutez-y un peu de chicorée sauvage;
-passez ce bouillon au tamis de soie, et
-servez-vous-en.</p>
-
-<h4 id="rct_34"><i>Bouillon de Mou de&nbsp;Veau.</i></h4>
-
-<p>Prenez la moitié d’un lobe de mou de veau;
-coupez-le en petits dés, après l’avoir fait dégorger;
-mettez-le dans une marmite de terre avec
-trois pintes d’eau, six ou huit navets émincés,
-deux ou trois pieds de cerfeuil cernés, et une douzaine
-de jujubes; faites partir ce bouillon; écumez-le,
-laissez-le réduire à deux pintes, et passez
-au tamis de soie. Ce bouillon est excellent pour
-la poitrine.</p>
-
-<hr class="hr15" />
-
-<h2 id="rct_35">SAUCES.</h2>
-
-<h4><i>Jus de&nbsp;Bœuf.</i></h4>
-
-<p>Beurrez le fond d’une casserole; mettez-y,
-comme au blond de veau, quelques lames de
-jambon et bardes de lard, oignons en tranches,
-et carottes; couvrez le tout de lames de bœuf,
-épaisses de deux doigts; mouillez-le d’une cuillerée
-à pot de grand bouillon; faites-le partir sur
-<span class="pagenum" id="Page_33">[p. 33]</span>
-un feu vif; lorsqu’il commencera à s’attacher, piquez
-la viande avec la pointe d’un couteau; couvrez
-de cendre votre fourneau pour empêcher
-que votre jus n’aille trop vite; prenez bien garde
-qu’il ne brûle: quand il sera fort attaché, mouillez-le
-comme le blond de veau; écumez-le, assaisonnez-le
-avec un bon bouquet de persil et
-ciboules, en y ajoutant quelques queues de champignon;
-quand vous jugerez la viande cuite, dégraissez;
-passez votre jus dans une serviette, et
-servez-vous-en pour colorer vos potages et vos
-sauces, ou les entrées et entremets qui exigent
-du jus.</p>
-
-<h4 id="rct_36"><i>Grande&nbsp;Sauce.</i></h4>
-
-<p>Beurrez une casserole; foncez-la de lames de
-jambon; coupez votre veau par morceaux; mettez-en
-sur votre jambon, suffisamment pour la
-grandeur de votre casserole; mouillez-le avec une
-ou deux cuillerées de bouillon, de manière que
-votre veau soit presque couvert; mettez-y deux
-carottes tournées, un gros oignon que vous retirerez
-quand il sera cuit. Lorsque votre veau
-est tombé à glace, vous laissez très-peu de feu
-sous votre casserole, et vous l’entourez de cendres
-rouges pour faire descendre la glace; quand
-elle a pris sa couleur, vous la détachez avec une
-cuillerée à pot de bouillon froid: sitôt qu’elle
-est détachée, vous remplissez votre casserole de
-bouillon; quand votre veau est cuit, vous le retirez,
-et vous passez votre blond de veau dans
-<span class="pagenum" id="Page_34">[p. 34]</span>
-une serviette; vous avez votre roux dans une
-casserole; vous le délayez assez pour que la sauce
-ne soit pas trop épaisse, et vous la faites partir;
-retirez-la sur le bord du fourneau, et remuez-la
-de temps en temps: que votre coulis soit d’une
-belle couleur; s’il en manquait, perfectionnez-le
-avec du jus de bœuf; il se formera, durant la
-cuisson, une peau dessus: ne l’ôtez pas, et ne
-le dégraissez qu’à parfaite cuisson et au moment
-de le passer, sans l’exprimer, à travers l’étamine.
-Votre sauce passée, mettez une cuiller dedans;
-ayez soin de la sasser et vanner, jusqu’à
-ce qu’elle soit refroidie, pour qu’il ne se forme
-point de peau dessus, et servez-vous-en pour
-des petites sauces brunes.</p>
-
-<h4 id="rct_37"><i>Espagnole.</i></h4>
-
-<p>Prenez une, deux ou trois noix de veau; foncez
-une casserole de lard et de jambon, de ce
-dernier surtout en plus grande quantité, et procédez
-à cet égard comme il est expliqué pour la
-<a href="#rct_36">grande sauce</a>; mettez vos noix dessus, avec une
-bonne cuillerée de consommé bien corsé, cinq
-ou six carottes tournées, autant d’oignons; faites
-partir le tout comme le coulis général, et mettez-le
-sur un feu doux, afin que vos noix jettent
-leur jus. Lorsque la glace sera bien formée, ce
-que vous reconnaîtrez au fond de la casserole
-qui doit être d’un beau jaune; retirez-la du feu;
-piquez alors vos noix avec votre couteau, pour
-que le reste du jus s’en exprime; mouillez-les avec
-<span class="pagenum" id="Page_35">[p. 35]</span>
-du consommé dans lequel vous aurez fait cuire
-une quantité suffisante de perdrix, de lapins ou
-de poulets; mettez un bouquet de persil et ciboules,
-assaisonné de deux clous de girofle par
-noix de veau, d’une demi-feuille de laurier, d’une
-gousse d’ail; d’un peu de basilic et de thym;
-faites bouillir le tout; retirez-le sur le bord du
-fourneau et dégraissez-le: au bout de deux
-heures, liez votre espagnole avec le roux comme
-le coulis général; lorsqu’elle sera liée de manière
-à être plus claire qu’épaisse, laissez-la bouillir
-une demi-heure ou trois quarts d’heure, pour
-que le roux s’incorpore; alors dégraissez et passez
-cette espagnole à l’étamine dans une autre
-casserole; remettez-la sur le feu pour la faire réduire
-d’un quart: elle pourra vous servir pour
-tous les ragoûts au brun. Vous y mettrez le vin
-que vous jugerez à propos, soit de Madère, de
-Champagne ou de Bourgogne, selon les petites
-sauces dont vous aurez besoin. Ma coutume n’est
-pas de mettre le vin dans l’espagnole générale,
-attendu qu’on ne met point tout au vin, et qu’avec
-le vin elle peut s’aigrir du jour au lendemain,
-si tout n’est pas employé dans la journée, ce qui
-ferait <i>une perte</i>; mon habitude encore est de ne
-point faire réduire les vins seuls, ce qui leur
-donne souvent un goût d’alambic, et fait évaporer
-toute la partie spiritueuse; conséquemment
-je les fais réduire avec la sauce à une demi-glace
-ou gros comme le pouce de glace, ou même davantage,
-quand c’est pour des petites sauces, et
-<span class="pagenum" id="Page_36">[p. 36]</span>
-selon le besoin que j’ai qu’elles soient plus ou
-moins corsées.</p>
-
-<h4 id="rct_38"><i>Espagnole&nbsp;travaillée.</i></h4>
-
-<p>Lorsque vous voudrez vous servir de l’espagnole
-pour des sautés, ou comme simple sauce,
-prenez-en deux ou trois cuillerées à pot, ou davantage,
-avec environ le tiers de consommé,
-quelques parures de truffes bien lavées et quelques
-queues de champignons; faites réduire le
-tout sur un grand feu, et dégraissez-le avec soin.
-Si votre espagnole manque de couleur, donnez-lui-en
-avec votre blond de veau; faites-la réduire
-à consistance de sauce; passez-la à l’étamine;
-mettez-la dans un bain-marie, pour vous en servir
-au besoin.</p>
-
-<h4 id="rct_39"><i>Velouté, ou Coulis&nbsp;blanc.</i></h4>
-
-<p>Ayez noix ou sous-noix, ou une partie d’un
-cuissot de veau; mettez-le dans une casserole
-beurrée, avec quelques lames de jambon, une
-cuillerée de consommé bien corsé, trois ou quatre
-carottes, autant d’oignons; faites partir le
-tout sur un feu assez vif: quand vous verrez
-que votre mouillement est réduit et qu’il pourrait
-s’attacher, mouillez-le avec du consommé,
-en raison de la quantité de vos viandes et de la
-force de votre consommé: quand le tout sera
-bien bouillant, retirez-le sur le bord du fourneau;
-ajoutez-y quelques échalotes, quelques
-queues ou tournures de champignons, dans lesquels
-<span class="pagenum" id="Page_37">[p. 37]</span>
-vous n’aurez point mis de citron, de crainte
-qu’il ne fasse aigrir votre sauce; mettez-y un bouquet
-bien assaisonné comme pour l’espagnole,
-et ayez soin de le retirer lorsqu’il sera cuit, en
-l’exprimant entre deux cuillers; retirez également
-vos viandes lorsqu’elles seront cuites; ayez soin,
-durant que votre sauce est sur le feu, de faire un
-roux blanc pour la lier. Voici la manière de vous
-y prendre. Faites fondre une livre d’excellent
-beurre; tirez-le au clair dans une casserole pour
-en supprimer le lait de beurre et les autres effondrilles
-qui s’y trouvent: quand cela est fait, vous
-prenez de la fleur de farine de froment, et vous
-en mettez une suffisante quantité dans votre
-beurre, que vous remuez au point qu’il soit parfaitement
-bu par la farine; ensuite vous mettez
-la casserole sur un feu doux; vous remuez constamment,
-pour que votre roux ne prenne point
-de couleur; vous le flairez, et lorsque vous sentez
-que la farine est cuite, vous délayez le tout
-ou une partie avec le mouillement de votre velouté:
-cela fait, ayez soin de tourner continuellement
-votre farce, pour que la farine ne tombe
-point au fond et qu’elle ne s’attache pas; dégraissez
-votre velouté; passez-le à l’étamine; remettez-le
-sur le feu; dégraissez-le de nouveau
-et faites réduire; retirez-le, mettez-le dans un
-vase; passez et vannez, de crainte qu’il ne forme
-une peau.</p>
-
-<h4 id="rct_40"><i>Velouté&nbsp;travaillé.</i></h4>
-
-<p>Il se travaille comme l’espagnole, excepté que
-<span class="pagenum" id="Page_38">[p. 38]</span>
-l’on n’y met rien qui puisse le colorer, afin qu’il
-soit très-blanc.</p>
-
-<h4 id="rct_41"><i>Grand&nbsp;Aspic.</i></h4>
-
-<p>Mettez dans une marmite un ou deux jarrets
-de veau, une vieille perdrix, une poule, des
-<ins id="cor_4" title="pates">pattes</ins> de volaille, si vous en avez; deux ou trois
-lames de jambon; ficelez vos viandes, joignez-y
-deux carottes, deux oignons, un bouquet bien
-assaisonné; mouillez le tout d’un peu de consommé;
-faites-le légérement suer: lorsque vous
-verrez que votre aspic, tombant en glace, prendra
-une teinte jaune, mouillez-le avec du bouillon,
-si vous en avez; sinon avec de l’eau, en
-observant de le laisser réduire davantage: faites-le
-partir, écumez-le, mettez-y le sel nécessaire;
-laissez-le cuire trois heures: alors dégraissez-le,
-passez-le au travers d’une serviette mouillée et
-tordue; laissez-le refroidir; cassez deux œufs
-avec blancs, jaunes et coquilles; fouettez-les,
-mouillez-les avec un peu de votre bouillon,
-mettez-y une cuillerée à bouche de vinaigre
-d’estragon, et versez le tout dans votre aspic:
-posez-le sur le feu, agitez-le avec un fouet de
-buis: quand il commencera à partir, retirez-le
-sur le bord du fourneau, afin qu’il ne fasse que
-frémir; couvrez-le, et sur son couvercle mettez
-du feu. Quand vous verrez que cet aspic est
-clair, passez-le au travers d’une serviette mouillée
-et tordue que vous attacherez aux quatre pieds
-d’un tabouret. Retournez, couvrez-le de nouveau,
-<span class="pagenum" id="Page_39">[p. 39]</span>
-et sur son couvercle mettez un peu de
-feu. Quand il sera passé, servez-vous-en pour
-vos grands et petits aspics.</p>
-
-<h4 id="rct_42"><i>Sauce blanche ou au&nbsp;Beurre.</i></h4>
-
-<p>Mettez dans une casserole une demi-livre de
-bon beurre coupé en gros dés, une bonne pincée
-de farine passée au tamis, et versez de l’eau légèrement
-dessus; agitez votre casserole pour que
-la farine et l’eau se tiennent sans faire de grumeaux;
-assaisonnez-la de sel, et, si vous voulez,
-de muscade râpée; mettez-la sur le feu, tournez-la
-avec une cuiller de bois, jusqu’à ce qu’elle
-soit prête à bouillir; ôtez cette cuiller, prenez-en
-une à dégraisser, vannez votre sauce. Sa cuisson
-faite, tordez-la dans une étamine bien blanche
-et mettez-la dans votre bain-marie.</p>
-
-<h4 id="rct_43"><i>Sauce à l’Anglaise et au&nbsp;Beurre.</i></h4>
-
-<p>Elle se fait comme la précédente, excepté
-qu’on y met, à l’instant de la servir, du persil
-haché très-fin et blanchi, un peu de muscade,
-de gros poivre et le jus d’un citron.</p>
-
-<h4 id="rct_44"><i>Sauce&nbsp;hollandaise.</i></h4>
-
-<p>Elle se fait avec la grande sauce au beurre:
-mettez-en dans une casserole trois cuillerées à
-dégraisser, avec un citron coupé en dés, et duquel
-vous ôtez le blanc et les pepins; joignez-y
-trois jaunes d’œufs coupés de même, un peu
-de persil haché, une pincée de mignonnette et
-un filet de bon vinaigre blanc.</p>
-
-<h4 id="rct_45"><span class="pagenum" id="Page_40">[p. 40]</span>
-<i>Sauce à l’Allemande.</i></h4>
-
-<p>Mettez dans une casserole des champignons
-hachés, et gros de beurre comme la moitié d’un
-œuf; faites bien cuire vos champignons, joignez-y
-trois cuillerées à dégraisser de velouté
-travaillé, et une cuillerée de consommé: faites
-réduire votre sauce; arrivée à son point, jetez-y
-gros de beurre comme la moitié d’un œuf, du
-persil bien vert haché et blanchi; passez et
-vannez le tout; mettez le jus de la moitié d’un
-citron, un peu de mignonnette, passez de nouveau
-votre sauce et servez-vous-en.</p>
-
-<p><i>Remarque.</i> Faute de velouté, singez vos champignons,
-délayez le tout avec d’excellent bouillon,
-mettez-y un bouquet bien assaisonné d’un
-clou de girofle, la moitié d’une gousse d’ail,
-thym et laurier. Votre sauce cuite, retirez le
-bouquet, exprimez-le et finissez cette sauce
-comme la précédente.</p>
-
-<h4 id="rct_46"><i>Sauce à la&nbsp;Béchamelle.</i></h4>
-
-<p>Mettez de votre velouté dans une casserole,
-en raison de vos besoins, et un demi-setier de
-consommé. Si vous employez une pinte de velouté,
-faites aller votre sauce sur un grand feu,
-tournez-la avec soin, qu’elle se réduise d’un tiers
-de son volume; en même temps faites réduire
-au tiers une pinte de crême double, incorporez-la
-peu à peu dans votre sauce que vous
-tournerez jusqu’à ce qu’elle soit réduite au point
-où elle était avant d’y avoir mis la crême. Cette
-<span class="pagenum" id="Page_41">[p. 41]</span>
-sauce ayant la consistance d’une légère bouillie,
-tordez-la dans une étamine bien blanche, et
-mettez-la au bain-marie pour vous en servir au
-besoin.</p>
-
-<h4 id="rct_47"><i>Autre&nbsp;manière.</i></h4>
-
-<p>Coupez un morceau de noix de jambon en
-dés, deux fois autant de veau, quelques petites
-carottes tournées, cinq petits oignons et quelques
-queues d’échalotes; joignez à cela un ou
-deux clous de girofle, une feuille de laurier,
-environ une demi-livre de beurre; mettez le tout
-dans une casserole et sur le feu; remuez avec
-une cuiller de bois très-propre. Quand votre
-viande commencera à jeter son jus, singez-la
-avec de la farine bien blanche, retirez-la du feu,
-remuez-la pour que la farine soit bien incorporée,
-remettez-la sur le feu, remuez-la toujours,
-de crainte qu’elle ne s’attache. Quand elle sera
-suffisamment passée, délayez le tout avec du
-consommé ou du bon bouillon; faites aller cette
-sauce à grand feu, ayant toujours soin de la remuer,
-et finissez-la, comme la précédente, avec
-une pinte de crême réduite ou une pinte de bon
-lait. (Remarquez que la pinte de crême, chez le
-crêmier, n’est qu’une chopine.) Enfin votre sauce
-ayant, comme la précédente, la consistance
-d’une bouillie, tordez-la dans une étamine, et
-mettez-la dans votre bain-marie, etc.</p>
-
-<h4 id="rct_48"><i>Sainte-Menéhould.</i></h4>
-
-<p>Mettez dans une casserole un morceau de
-<span class="pagenum" id="Page_42">[p. 42]</span>
-beurre coupé; singez-le de farine; délayez votre
-sauce avec du lait ou de la crême; assaisonnez-la
-d’un bouquet de persil et ciboules,
-la moitié d’une feuille de laurier, une poignée
-de champignons et quelques échalotes; mettez-la
-sur le feu; tournez-la comme la béchamelle,
-et tordez-la à l’étamine; remettez-la sur le feu;
-mettez-y du persil haché, un peu de mignonnette,
-et vous vous en servirez pour ce qui
-vous sera indiqué ci-après.</p>
-
-<h4 id="rct_49"><i>Sauce à la bonne&nbsp;Morue.</i></h4>
-
-<p>Elle se fait comme la Sainte-Menéhould, excepté
-qu’elle est un peu moins liée, qu’il faut
-saupoudrer le mets que l’on sert, avec du persil
-haché et blanchi.</p>
-
-<h4 id="rct_50"><i>Sauce à la&nbsp;Poulette.</i></h4>
-
-<p>Mettez dans une casserole du velouté réduit;
-faites-le bouillir; ajoutez-y une liaison avec du
-persil haché et blanchi, un petit morceau d’excellent
-beurre et un jus de citron, et servez-vous-en.
-Si vous n’aviez pas de velouté, faites un
-petit roux blanc (voyez le <a href="#rct_100"><i>Roux</i></a>, à son article);
-mouillez-le avec du bouillon; mettez-y un bouquet
-de persil et de ciboules; faites cuire et réduire
-votre sauce; dégraissez-la; passez-la à l’étamine
-et servez-vous-en.</p>
-
-<h4 id="rct_51"><i>Sauce Italienne&nbsp;rousse.</i></h4>
-
-<p>Coupez douze dés de jambon; mettez-les
-dans une casserole avec une poignée de champignons
-<span class="pagenum" id="Page_43">[p. 43]</span>
-bien hachés et un citron coupé en
-grosses tranches, duquel vous aurez ôté tout le
-blanc et les pepins; ajoutez une cuillerée à bouche
-d’échalotes hachées, lavées et passées dans
-le coin d’un torchon, comme pour vos champignons;
-plus une demi-feuille de laurier, deux
-clous de girofle et un quarteron d’huile; passez
-le tout sur le feu: quand vous vous apercevrez
-que le citron et les ingrédiens sont presque cuits,
-retirez le citron, et mettez une cuillerée de persil
-haché, une cuillerée d’espagnole, un demi-setier
-de bon vin blanc, sans l’avoir fait réduire,
-et un peu de mignonnette; faites ensuite
-réduire votre sauce et dégraissez-la; ôtez le jambon,
-et, lorsque votre sauce aura atteint son degré
-de réduction, retirez-la.</p>
-
-<h4 id="rct_52"><i>Sauce Italienne&nbsp;blanche.</i></h4>
-
-<p>Servez-vous du même procédé, pour faire cette
-sauce italienne, que celui dont on se sert pour
-la <a href="#rct_51">rousse</a> énoncée ci-contre, excepté qu’il faut
-employer pour celle-ci du velouté, au lieu d’espagnole.</p>
-
-<h4 id="rct_53"><i>Sauce à la Maître-d’hôtel&nbsp;froide.</i></h4>
-
-<p>Mettez un morceau de beurre dans une casserole,
-avec persil haché, quelques feuilles d’estragon,
-une ou deux feuilles de baume, du sel
-fin en suffisante quantité, le jus d’un ou deux
-citrons, ou un filet de verjus; mariez le tout
-avec une cuiller de bois, jusqu’à ce qu’il soit
-<span class="pagenum" id="Page_44">[p. 44]</span>
-bien incorporé. Cette sauce vous servira pour
-les choses indiquées ci-après.</p>
-
-<h4 id="rct_54"><i>Sauce à la Maître-d’hôtel&nbsp;liée.</i></h4>
-
-<p>Prenez du velouté, deux cuillerées à dégraisser;
-mettez-les dans une casserole; joignez-y
-gros de beurre comme un œuf, avec persil haché
-très-fin, deux ou trois feuilles d’estragon hachées
-de même; mettez cette sauce sur le feu; tournez-la
-pour bien incorporer votre beurre avec le velouté:
-à l’instant où vous voudrez la servir, passez
-et vannez votre sauce; ajoutez-y un jus de
-citron ou un filet de verjus, ce qui revient au
-même.</p>
-
-<h4 id="rct_55"><i>Sauce au&nbsp;Suprême.</i></h4>
-
-<p>Prenez du velouté réduit, deux ou trois cuillerées
-à dégraisser; mettez-les dans une casserole;
-ajoutez-y deux ou trois cuillerées de consommé
-de volaille; faites réduire le tout à la valeur
-de trois cuillerées de velouté; au moment
-de vous en servir, mettez-y gros de beurre comme
-un œuf; faites aller cette sauce sur un bon feu;
-tournez-la et passez-la; qu’elle soit bien liée, sans
-être trop épaisse: arrivée à son degré, retirez-la;
-mettez-y un jus de citron ou un filet de verjus;
-vannez-la, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_56"><i>Sauce à la&nbsp;Matelote.</i></h4>
-
-<p>Mettez dans une casserole une cuillerée à pot
-d’espagnole réduite: l’est-elle à-peu-près, mettez-y
-des petits oignons que vous aurez fait roussir
-<span class="pagenum" id="Page_45">[p. 45]</span>
-et cuire dans le beurre, des champignons
-tournés, et des culs d’artichauts. A l’instant où
-vous servirez votre sauce, vous y mettrez gros
-de beurre comme une petite noix; remuez le
-tout de manière à bien mêler le beurre sans écraser
-vos garnitures, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_57"><i>Sauce&nbsp;Poivrade.</i></h4>
-
-<p>Coupez une lame de jambon en douze petits
-dés; mettez-les dans une casserole avec un petit
-morceau de beurre, cinq ou six branches de
-persil; deux ou trois ciboules coupées en deux,
-une gousse d’ail, une feuille de laurier, un peu
-de basilic, du thym, et deux clous de girofle;
-passez le tout sur un bon feu: lorsqu’il sera bien
-revenu, mettez-y une pincée de poivre fin, une
-cuillerée à dégraisser de vinaigre, quatre cuillerées
-d’espagnole sans être réduite; remuez votre
-sauce, faites-la partir; retirez-la sur le bord du
-fourneau, laissez-la cuire trois quarts d’heure,
-dégraissez-la, et passez-la dans une étamine.</p>
-
-<h4 id="rct_58"><i>Sauce&nbsp;hachée.</i></h4>
-
-<p>Mettez dans une casserole une cuillerée à bouche
-pleine d’échalotes hachées et blanchies, autant
-de champignons, un peu de persil haché:
-versez dessus deux ou trois cuillerées à dégraisser
-d’espagnole, autant de bouillon, deux cuillerées
-à dégraisser de bon vinaigre, et une pincée
-de mignonnette; faites bouillir et dégraissez; hachez
-plein une cuiller à bouche de câpres, et
-autant de cornichons: lorsque vous voudrez
-<span class="pagenum" id="Page_46">[p. 46]</span>
-vous servir de cette sauce, ajoutez-y le beurre
-d’un ou deux anchois; passez et vannez bien le
-tout: ne faites bouillir ni les cornichons ni les
-câpres.</p>
-
-<h4 id="rct_59"><i>Sauce&nbsp;piquante.</i></h4>
-
-<p>Mettez dans une casserole deux ou trois cuillerées
-à dégraisser d’espagnole ou de coulis, une
-cuillerée de vinaigre blanc, une feuille de laurier,
-une gousse d’ail, un peu de thym, un clou
-de girofle, une ou deux cuillerées de bouillon,
-une pincée de poivre fin; faites bouillir votre
-sauce, et dégraissez-la: quand elle aura bouilli
-un quart d’heure, tordez-la dans une étamine,
-mettez-y le sel qu’il faut pour qu’elle soit d’un
-bon goût.</p>
-
-<h4 id="rct_60"><i>Sauce à la Nompareille ou à l’Arlequine.</i></h4>
-
-<p>Coupez des petits dés de jambon bien égaux,
-des truffes de même, en égale quantité; mettez
-le tout dans une casserole avec un morceau de
-beurre; posez votre casserole sur un feu doux;
-laissez cuire environ un quart d’heure, si vous
-voulez, votre sauce blanche; mettez trois cuillerées
-à dégraisser de votre velouté; et si vous
-voulez qu’elle soit rousse, employez de votre
-espagnole réduite; ajoutez-y un demi-verre d’excellent
-vin blanc et une cuillerée de consommé;
-faites réduire; mettez-y des blancs d’œufs durs
-et des champignons en même quantité, coupés
-comme le jambon et les truffes; ajoutez des
-queues d’écrevisses coupées de même, et, s’il
-<span class="pagenum" id="Page_47">[p. 47]</span>
-s’en trouve, des œufs d’écrevisses; finissez votre
-sauce avec gros de beurre comme une noix et
-demie, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_61"><i>Sauce à la&nbsp;Pluche.</i></h4>
-
-<p>Prenez des feuilles de persil bien vertes; faites-les
-blanchir; rafraîchissez-les; jetez-les sur un
-tamis; mettez dans une casserole trois cuillerées
-à dégraisser de velouté réduit, et deux de consommé;
-faites réduire le tout à l’instant où vous
-voudrez servir; jetez vos feuilles de persil dans
-votre sauce: si elle se trouvait trop salée, ajoutez-y
-un petit morceau de beurre, passez, vannez
-et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_62"><i>Sauce aux Truffes ou à la&nbsp;Périgueux.</i></h4>
-
-<p>Émincez des truffes en liards, ou coupez-les
-en petits dés; passez-les dans une casserole sur
-un feu doux, avec un morceau de beurre; laissez-les
-cuire ainsi, et mettez-y de l’espagnole réduite
-en raison de la quantité des truffes, et selon
-la pièce que vous avez à saucer; joignez à
-cette espagnole du consommé ou du bouillon,
-du vin blanc en égale proportion; laissez-la réduire,
-dégraissez-la, finissez-la avec un morceau
-de beurre, et servez-vous-en. Observez que vous
-ne devez mettre dans cette sauce aucun acide,
-tel que citron ou verjus, vu qu’autrement vous
-ôteriez le moelleux de la sauce, et que le vin
-que vous devez employer doit fournir assez
-d’acide.</p>
-
-<h4 id="rct_63"><span class="pagenum" id="Page_48">[p. 48]</span>
-<i>Sauce à la purée de&nbsp;Champignons.</i></h4>
-
-<p>Prenez deux maniveaux de champignons,
-épluchez-les, lavez-les bien à plusieurs eaux, en
-les frottant légérement dans vos mains; cela fait,
-égouttez-les dans une passoire; ensuite émincez
-les têtes et les queues; mettez-les dans une casserole,
-avec gros de beurre comme un œuf;
-faites-les fondre à petit feu, et lorsqu’ils seront
-presque cuits, mouillez-les avec du velouté, la
-valeur de deux cuillerées à dégraisser, laissez-les
-cuire trois quarts d’heure, passez-les à l’étamine
-à force de bras, et finissez votre purée avec de
-la crême double comme celle d’oignons blancs,
-néanmoins avec la différence que celle-ci doit
-être un peu plus claire.</p>
-
-<h4 id="rct_64"><i>Sauce en&nbsp;Tortue.</i></h4>
-
-<p>Mettez dans une casserole la valeur d’une petite
-cuillerée à pot d’espagnole réduite, un bon verre
-de vin de Madère sec, une cuillerée à café de
-poivre kari, pleine, et la moitié de cette quantité
-de poivre de Cayenne; faites réduire le tout;
-dégraissez-le ensuite; ajoutez-y des crêtes de
-coqs, des rognons, des culs d’artichauts, des
-champignons, une gorge de ris de veau, ou des
-ris d’agneaux, si c’est la saison; faites bouillir le
-tout, afin que les ingrédiens prennent le goût
-de la sauce et sa couleur; mettez-y, au moment
-de servir, six ou huit jaunes d’œufs durs bien
-entiers; prenez garde de les écraser en remuant
-<span class="pagenum" id="Page_49">[p. 49]</span>
-avec la cuiller, et servez-vous de cette sauce pour
-les mets en tortue.</p>
-
-<h4 id="rct_65"><i>Sauce Kari ou à l’Indienne.</i></h4>
-
-<p>Mettez dans une casserole trois cuillerées de
-velouté réduit, et autant de consommé, une
-cuiller à café pleine de poivre kari; prenez une
-pincée de safran, faites-le bouillir dans un petit
-vase: quand la teinture du safran sera formée,
-passez-la sur le coin d’un tamis dans votre sauce;
-exprimez bien le safran avec une cuiller; faites-en
-même passer une partie; faites ensuite bouillir,
-et dégraissez. Si cette sauce n’était pas assez
-poivrée, vous y mettriez, avec la pointe d’un
-couteau, un peu de poivre rouge, autrement
-dit <a href="#rct_129">poivre de Cayenne</a>. Remarquez que dans cet
-ouvrage je donnerai, en ses lieu et place, la
-manière de faire ce poivre.</p>
-
-<h4 id="rct_66"><i>Sauce&nbsp;Tomate.</i></h4>
-
-<p>Ayez douze ou quinze tomates bien mûres et
-surtout bien rouges, ôtez-en les queues, ouvrez-les
-en deux avec votre couteau, et ôtez-en
-la graine; pressez-les dans votre main pour en
-faire sortir la partie aqueuse qui se trouve dans
-le cœur, et que vous jeterez, ainsi que la graine;
-mettez-les dans une casserole avec un morceau
-de beurre gros comme un œuf, une feuille de
-laurier et un peu de thym; posez votre casserole
-sur un feu modéré; remuez vos tomates jusqu’à
-ce qu’elles soient en purée. Durant leur cuisson,
-<span class="pagenum" id="Page_50">[p. 50]</span>
-mettez-y une cuillerée d’espagnole ou de la
-partie grasse du bouillon, ce qui vaudrait mieux:
-lorsqu’elles seront au degré de purée, passez-les
-à force de bras à travers l’étamine, ratissez le
-dehors de cette étamine avec le dos de votre
-couteau; mettez tout le résidu dans une casserole,
-avec deux cuillerées d’espagnole, faites-le
-réduire à consistance d’une légère bouillie, mettez-y
-du sel convenablement, et, sur la pointe
-d’un couteau, un peu de poivre de Cayenne.</p>
-
-<h4 id="rct_67"><i>Sauce à l’Ivoire.</i></h4>
-
-<p>Prenez un poulet commun que vous fendrez
-pas le dos pour en extraire les poumons, ou des
-carcasses de poulets: après en avoir ôté les poumons,
-mettez-le dans une petite marmite qu’il
-faut avoir le soin de bien laver; ajoutez-y deux
-carottes, deux oignons, dont un piqué d’un clou
-de girofle, et un bouquet assaisonné; mouillez le
-tout avec deux cuillerées à pot de consommé,
-ou de bouillon qui n’aie point de couleur; faites
-écumer cette marmite, retirez-la sur le coin d’un
-fourneau afin qu’elle mijote. Après cinq quarts
-d’heure ou une heure et demie de cuisson, passez
-ce consommé à travers une serviette; prenez
-deux ou trois cuillerées de ce consommé, mettez-les
-dans une casserole, joignez-y deux cuillerées
-de velouté, faites réduire à consistance de
-sauce: lorsque vous serez sur le point de servir,
-mettez-y gros de beurre comme la moitié d’un
-œuf; passez et vannez bien cette sauce, versez-y
-<span class="pagenum" id="Page_51">[p. 51]</span>
-une cuiller à bouche pleine de jus de citron, et
-servez.</p>
-
-<h4 id="rct_68"><i>Sauce Ravigote&nbsp;blanche.</i></h4>
-
-<p>Ayez cresson à la noix, cerfeuil, pimprenelle,
-estragon, civette, quelques feuilles de
-céleri et deux feuilles de baume; épluchez et
-lavez bien le tout; mettez-le dans un vase;
-jetez dessus un poisson d’eau bouillante; couvrez
-et laissez infuser trois quarts d’heure; ensuite
-passez cette infusion, mettez-la dans une
-casserole avec trois cuillerées à dégraisser de
-velouté; faites-la réduire à consistance de sauce;
-mettez-y la valeur d’une cuillerée à bouche
-pleine de vinaigre blanc, gros de beurre comme
-la moitié d’un œuf; passez et vannez bien cette
-sauce, et servez-la.</p>
-
-<h4 id="rct_69"><i>Sauce Ravigote froide et&nbsp;crue.</i></h4>
-
-<p>Prenez la même ravigote que celle énoncée
-ci-dessus, hachez-la bien fine; joignez-y une
-cuillerée de câpres, hachées de même, un ou
-deux anchois que vous aurez concassés, un peu
-de poivre fin et du sel convenablement; mettez
-le tout dans un mortier de marbre ou de
-pierre, pilez-le jusqu’à ce qu’on ne puisse plus
-distinguer aucun ingrédient; ajoutez-y un jaune
-d’œuf cru; broyez, arrosez avec un peu d’huile
-et de temps en temps un peu de vinaigre
-blanc pour l’empêcher de tourner, et cela jusqu’à
-ce que le tout soit à consistance de sauce
-(si vous voulez votre ravigote très-forte, ajoutez-y
-<span class="pagenum" id="Page_52">[p. 52]</span>
-un peu de moutarde); alors retirez-la du
-mortier, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_70"><i>Sauce Ravigote&nbsp;cuite.</i></h4>
-
-<p>Ayez la même ravigote que celle énoncée ci-dessus;
-lavez-la; faites-la blanchir comme vous feriez
-blanchir des épinards; rafraîchissez-la quand
-elle sera cuite; mettez-la égoutter sur un tamis,
-pilez-la bien; quand elle le sera, passez-la, à
-force de bras, au travers d’un tamis ordinaire;
-cela fait, délayez-la avec de l’huile et du vinaigre;
-mettez-y sel et poivre, ainsi que vous
-feriez pour une rémoulade; qu’elle soit d’un
-bon goût, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_71"><i>Sauce&nbsp;verte.</i></h4>
-
-<p>Vous ferez cette sauce comme la <a href="#rct_55">sauce au suprême</a>,
-en y ajoutant une ravigote comme celle
-énoncée dans l’article ci-dessus, et du vert d’épinards
-que vous ferez ainsi: lavez et pilez
-bien une poignée d’épinards; exprimez-en le
-jus, en les mettant dans un torchon blanc
-et les tordant à force de bras; cela fait, mettez
-ce jus dans une petite casserole sur le bord
-d’un fourneau; il se caillebotte comme du lait;
-lorsqu’il le sera, jetez-le dans un tamis de soie
-pour le laisser égoutter; à l’instant de servir
-vous délayerez, soit le tout, soit une partie,
-pour faire votre sauce verte; de suite vous y
-mettrez le jus d’un citron ou un filet de vinaigre;
-passez et servez aussitôt, de peur que votre sauce
-ne devienne jaune.</p>
-
-<h4 id="rct_72"><span class="pagenum" id="Page_53">[p. 53]</span>
-<i>Sauce&nbsp;Robert.</i></h4>
-
-<p>Coupez en rouelles ou en dés six gros oignons
-ou davantage, si le cas le requiert; mettez-les
-dans une casserole avec du beurre à
-proportion; posez le tout sur un bon feu, singez-le
-avec un peu de farine, et faites qu’elle
-roussisse avec vos oignons; quand tout le sera,
-délayez avec du bouillon; laissez cuire; mettez sel
-et mignonnette, et lorsque votre sauce sera arrivée
-à son degré, joignez-y de la moutarde et
-servez.</p>
-
-<h4 id="rct_73"><i>Sauce au beurre d’Écrevisses.</i></h4>
-
-<p>Lavez à plusieurs eaux un demi-cent de
-petites écrevisses, mettez-les dans une casserole,
-couvrez-les; faites-les cuire dans du
-grand bouillon avec peu de mouillement; sitôt
-qu’elles commencent à bouillir, sautez-les, pour
-que celles qui sont dessous viennent dessus;
-quand elles seront d’un beau rouge retirez la
-casserole du feu; laissez dix minutes vos écrevisses
-couvertes; ensuite égouttez-les sur un
-tamis, laissez-les refroidir, séparez-en les chairs,
-comme les queues que vous conservez pour
-faire les garnitures; jetez le dedans du corps,
-après en avoir extrait les petites pattes; lavez
-bien toutes ces écailles, jetez-les sur le tamis;
-faites-les sécher dans un four tiède ou sur un
-couvercle posé sur une cendre chaude; quand
-elles le seront, pilez-les dans un mortier; lorsqu’elles
-seront presque entièrement pilées,
-<span class="pagenum" id="Page_54">[p. 54]</span>
-joignez-y gros de beurre comme un œuf; pilez-les
-de nouveau, jusqu’à ce qu’on ne distingue
-presque plus les écailles de vos écrevisses (remarquez
-si ces écrevisses, en les pilant, ne donnaient
-point assez de rouge à votre beurre,
-ajoutez-y deux ou trois petites racines qu’on
-nomme orcanette); cela fait, mettez fondre
-sur un feu très-doux votre beurre d’écrevisses
-environ un quart d’heure; quand il sera très-chaud,
-mettez un tamis un peu serré sur un vase
-rempli d’eau fraîche; versez sur ce tamis votre
-beurre, lequel se figera dans l’eau; ensuite ramassez-le,
-mettez-le sur une assiette (afin de
-vous en servir pour vos sauces au beurre d’écrevisses);
-ensuite prenez trois cuillerées de
-velouté réduit et bien corsé; incorporez votre
-beurre d’écrevisses, et vannez bien le tout à
-l’instant de vous en servir.</p>
-
-<h4 id="rct_74"><i>Sauce aux&nbsp;Homards.</i></h4>
-
-<p>Prenez un homard de moyenne grosseur, ôtez-en
-les chairs et les œufs, s’il s’en trouve; coupez
-ces chairs en petits dés; épluchez les œufs
-de cet homard, de manière qu’il ne reste point
-de fibres; mettez dans une casserole les œufs
-et les chairs sans mouillement, couvrez votre
-casserole d’un papier ou d’un couvercle, de
-crainte que vos chairs ne se hâlent; lavez les coquilles
-de votre homard, détachez-en les petites
-pattes du plastron, que vous supprimerez; vos
-coquilles étant bien lavées, mettez-les sécher
-<span class="pagenum" id="Page_55">[p. 55]</span>
-dans une étuve; une fois sèches, pilez-les et
-faites-en un beurre, comme il est indiqué au
-beurre d’écrevisses, et finissez-le de même; le
-beurre de votre homard refroidi, mettez-le dans
-une sauce blanche, vannez-la sur le feu sans
-la faire bouillir; ajoutez-y, si vous le voulez,
-un peu de poivre de Cayenne ou de gros poivre:
-versez votre sauce sur les chairs de votre homard;
-mêlez bien le tout, et servez-le dans une
-saucière, à côté d’un turbot ou de tout autre
-poisson.</p>
-
-<h4 id="rct_75"><i>Sauce à la purée d’Oseille.</i></h4>
-
-<p>Ayez deux poignées d’oseille ou davantage,
-si le cas le nécessite; ôtez-en les queues; lavez
-ensuite cette oseille, égouttez-la, hachez-la très-menue,
-mettez-la dans une casserole avec un
-morceau de beurre que vous ferez fondre;
-quand votre oseille sera cuite, passez-la à force
-de bras à travers une étamine; remettez-la dans
-une casserole, après avoir ramassé avec le dos
-d’un couteau ce qui a pu rester au dehors de
-cette étamine; versez-y une cuillerée ou deux
-d’espagnole, faites-la recuire environ trois quarts
-d’heure, ayant soin de la remuer toujours; dégraissez-la,
-et faites qu’elle soit d’un bon sel;
-arrivée à la consistance d’une bouillie épaisse,
-retirez-la du feu et servez-vous-en.</p>
-
-<h4 id="rct_76"><i>Sauce à la purée d’Oignons&nbsp;blancs.</i></h4>
-
-<p>Emincez douze oignons, mettez-les dans une
-casserole avec un morceau de beurre; posez
-<span class="pagenum" id="Page_56">[p. 56]</span>
-votre casserole sur un feu doux, afin que votre
-oignon ne prenne point de couleur; faites-le
-cuire à petit feu, ayant soin de le remuer souvent
-avec une cuiller de bois; quand vous voyez
-qu’il s’écrase facilement sur la cuiller, joignez-y
-une ou deux cuillerées de velouté, et laissez
-cuire de nouveau; quand le tout sera bien cuit
-et réduit, passez-le dans une étamine comme
-pour la purée d’oseille; remettez-le dans une
-casserole et sur le feu; incorporez dans cette
-purée d’oignon une chopine de crême que
-vous aurez fait bouillir; mettez-y un peu de
-muscade râpée, pour que votre purée soit d’un
-bon goût; lorsqu’elle aura atteint le degré d’une
-bonne bouillie, retirez-la et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_77"><i>Sauce à la purée d’Oignon rousse, dite&nbsp;Bretonne.</i></h4>
-
-<p>Prenez douze oignons comme ci-dessus; mettez-les
-dans une casserole sur un feu vif, et
-faites-les roussir: lorsqu’ils seront d’une belle
-couleur d’or, mouillez-les avec deux cuillerées
-d’espagnole; faites cuire cette purée comme la
-précédente; passez-la de même à l’étamine; remettez-la
-dans la casserole, et, au lieu de crême,
-employez de l’espagnole; ensuite faites-la réduire
-à consistance d’une bouillie; ayez soin
-qu’elle soit d’un bon goût, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_78"><i>Sauce à la purée de&nbsp;Pois.</i></h4>
-
-<p>Marquez cette purée de pois comme celle indiquée
-pour les potages (voyez <a href="#rct_15"><i>Potages</i></a>); faites-en
-<span class="pagenum" id="Page_57">[p. 57]</span>
-autant que vous croirez nécessaire pour une ou
-deux entrées; mettez-la réduire avec une quantité
-suffisante de velouté: lorsqu’elle sera à son
-point, ajoutez-y un peu de vert d’épinards, pour
-lui donner la teinte qu’ont les pois verts; finissez-la
-avec un morceau de beurre, une pincée
-de sucre en poudre; qu’elle soit à consistance
-d’une bouillie épaisse, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_79"><i>Sauce Pois verts, pour Entrées et&nbsp;Entremets.</i></h4>
-
-<p>Prenez deux litres de gros pois verts, ou davantage;
-lavez-les, jetez-les dans une passoire,
-mettez-les dans une casserole avec un morceau
-de beurre, une poignée de persil en branche,
-quatre ou cinq ciboules coupées en deux; posez
-votre casserole sur le feu, sautez vos pois:
-lorsque vous les verrez se rider, mouillez-les
-avec deux cuillerées à pot de bouillon; mettez
-une ou deux lames de jambon; faites-les partir;
-retirez-les sur le bord du fourneau; faites-les
-cuire, après jetez-les dans une passoire; ôtez-en
-le jambon; écrasez-les avec une cuiller, ou
-pilez-les et passez-les à l’étamine à force de bras,
-en les humectant avec du bouillon dans lequel
-ils ont cuit. La purée étant passée, mettez-la
-dans une casserole avec un morceau de beurre,
-une cuillerée ou deux de velouté; faites-la réduire
-à la consistance d’une purée, et dégraissez-la:
-qu’elle soit d’un bon sel; mettez-y un
-petit morceau de sucre, et finissez-la avec un
-pain de beurre. Si elle n’était pas assez verte,
-<span class="pagenum" id="Page_58">[p. 58]</span>
-mettez-y un peu de vert d’épinards, comme il
-est indiqué à l’article <a href="#rct_15">Purée des potages</a>.</p>
-
-<h4 id="rct_80"><i>Purée de Pois&nbsp;secs.</i></h4>
-
-<p>Suivez le même mode, pour cette purée, que
-celui indiqué pour les potages (voyez <a href="#rct_15"><i>Potages</i></a>),
-et accommodez-la comme celle de pois verts.</p>
-
-<h4 id="rct_81"><i>Sauce à la purée de Lentilles à la&nbsp;Reine.</i></h4>
-
-<p>Elle se fait comme la précédente, excepté
-qu’il faut la servir avec de l’espagnole qu’on
-doit laisser cuire davantage que celle de pois,
-afin qu’elle soit d’une belle couleur marron:
-on la finit avec un morceau de beurre, et on lui
-donne la même consistance que la purée de pois.</p>
-
-<h4 id="rct_82"><i>Purée de&nbsp;Gibier.</i></h4>
-
-<p>Prenez un ou deux perdreaux rôtis à la broche,
-un lapereau ou bécasse, soit séparément,
-soit mêlés ensemble; levez-en toutes les chairs;
-supprimez-en les peaux et les nerfs; hachez le
-tout très-menu, mettez-le dans le mortier et
-pilez-le; lorsqu’il le sera bien, mettez-le dans
-une casserole avec de l’espagnole réduite et un
-peu de consommé; faites chauffer le tout sur un
-feu doux et sans bouillir; quand cette purée
-sera bien chaude, passez-la à force de bras à
-travers une étamine, et ramassez ce qui peut en
-rester au dehors; remettez-la dans une casserole,
-faites-la chauffer et placez-la au bain-marie:
-au moment de vous en servir, finissez-la
-avec un morceau de beurre; si vous ne la trouvez
-<span class="pagenum" id="Page_59">[p. 59]</span>
-pas assez corsée, mettez-y un peu de glace,
-et servez-la, soit avec des œufs pochés dessus,
-soit avec des croûtons ou dans des croustades.</p>
-
-<h4 id="rct_83"><i>Sauce au pauvre&nbsp;Homme.</i></h4>
-
-<p>Prenez cinq ou six échalotes, ciselez et hachez-les;
-ajoutez une pincée de persil haché bien
-fin; mettez le tout dans une casserole, soit avec
-un verre de bouillon, soit avec du jus ou de l’eau
-en moindre quantité, et une cuillerée à dégraisser
-de bon vinaigre, du sel, une pincée de gros
-poivre; faites bouillir vos échalotes jusqu’à ce
-qu’elles soient cuites, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_84"><i>Glace ou Consommé&nbsp;réduit.</i></h4>
-
-<p>Prenez un ou deux jarrets de veau, ficelez-les,
-et, soit pour augmenter ou remplacer ces jarrets,
-employez des parures de carrés ou des débris
-de veau; mettez le tout dans une marmite fraîchement
-étamée, avec quatre ou cinq carottes,
-deux ou trois oignons et un bouquet de persil
-et ciboules; mouillez le tout avec d’excellent
-bouillon ou quelques bons fonds; faites écumer
-votre marmite, et rafraîchissez-la plusieurs
-fois avec de l’eau fraîche; mettez-la sur le bord
-d’un fourneau, et lorsque vos viandes quitteront
-les os, passez votre consommé à travers une serviette
-que vous aurez mouillée et tordue; laissez
-refroidir votre consommé; clarifiez-le, comme
-il est indiqué à l’article de la <a href="#rct_176">Culotte de bœuf à
-la gelée</a> (voyez cet article); faites-le réduire à
-<span class="pagenum" id="Page_60">[p. 60]</span>
-consistance de sauce, ayant soin de le remuer
-toujours, vu que rien n’est plus sujet à s’attacher
-et à brûler: à cet effet, ne la conduisez pas
-à trop grand feu, ce qui pourrait la noircir. Elle
-doit être d’un beau jaune et très-transparente;
-n’y mettez point de sel, elle en aura toujours
-assez. Cette réduction sert à donner du corps
-aux sauces et ragoûts qui pourraient en manquer,
-et à glacer vos viandes; vous ferez un
-petit pinceau avec des queues de vieilles poules;
-ôtez-en les bardes; ne laissez que le bout des
-plumes d’environ deux pouces de longueur;
-mettez-les bien égales, <i>qu’il n’y en ait pas une
-plus longue que l’autre</i>; liez-les fortement, ce
-qui formera votre pinceau; lavez-le dans l’eau
-tiède, pressez-le, servez-vous-en, et prenez garde
-de le laisser bouillir dans la glace, de crainte
-d’en faire en aller les bardes par parcelles dans
-votre glace.</p>
-
-<h4 id="rct_85"><i>Marinade&nbsp;cuite.</i></h4>
-
-<p>Mettez dans une casserole gros de beurre
-comme un œuf; une ou deux carottes en tranches,
-ainsi que des oignons, une feuille de laurier,
-la moitié d’une gousse d’ail, un peu de
-thym et de basilic, du persil en branche, deux
-ou trois ciboules coupées en deux; faites passer
-le tout sur un bon feu: quand vos légumes
-commenceront à roussir, mouillez-les avec un
-poisson de vinaigre blanc, un demi-setier
-d’eau; mettez-y sel et gros poivre; laissez bien
-<span class="pagenum" id="Page_61">[p. 61]</span>
-cuire cette marinade; après passez-la au travers
-d’un tamis, et servez-vous-en au besoin.</p>
-
-<h4 id="rct_86"><i>Poêle.</i></h4>
-
-<p>Prenez quatre livre de rouelle de veau; coupez-les
-en dés, ainsi qu’une livre et demie de
-jambon, une livre et demie de lard râpé ou
-coupé de même, cinq ou six carottes coupées
-aussi en dés; huit moyens oignons entiers, un
-fort bouquet de persil et de ciboules, dans lequel
-vous envelopperez trois clous de girofle,
-deux feuilles de laurier, du thym, un peu de
-basilic et un peu de massif; joignez à cela trois
-citrons coupés en tranches, et dont vous aurez
-supprimé la pelure et les pepins; mettez le tout
-dans une marmite fraîchement étamée, avec
-une livre de beurre fin; passez-le sur un feu
-doux; mouillez-le avec du bouillon ou du consommé;
-faites partir, écumez, laissez cuire
-quatre ou cinq heures; après passez votre poêle
-au travers d’un tamis de crin, et servez-vous-en
-au besoin.</p>
-
-<h4 id="rct_87"><i>Sauce à la&nbsp;Mirepoix.</i></h4>
-
-<p>Cette sauce se fait comme la précédente; elle
-diffère en ce que dans le volume de son mouillement
-il entre un quart de vin, soit de Champagne,
-soit d’autre bon vin blanc.</p>
-
-<h4 id="rct_88"><i>Blanc.</i></h4>
-
-<p>Ayez une livre ou une livre et demie de graisse
-de bœuf; coupez-la en gros dés; mettez-les dans
-<span class="pagenum" id="Page_62">[p. 62]</span>
-une marmite avec carottes coupées en tranches,
-oignon entier, piqué de deux clous de girofle,
-une ou deux feuilles de laurier, un bouquet de
-persil et ciboules, une gousse d’ail, deux citrons
-coupés en tranches, dont vous aurez supprimé
-la peau et les pepins; passez le tout sur le feu
-sans le faire roussir: lorsque votre graisse sera
-aux trois quarts cuite, singez-la d’une cuillerée
-à bouche de farine; mouillez le tout avec de l’eau,
-joignez-y de l’eau de sel ce qu’il en faut, laquelle
-se fait ainsi: mettez dans une casserole une ou
-deux poignées de sel avec de l’eau; faites-la
-bouillir, écumez-la, laissez-la reposer, tirez-la
-au clair, et servez-vous-en.</p>
-
-<h4 id="rct_89"><i>Petite Sauce à l’Aspic.</i></h4>
-
-<p>Mettez dans une casserole un bon verre de
-consommé; faites-y infuser une partie suffisante
-de fines herbes dont on se sert pour la ravigote;
-posez la casserole sur une cendre chaude
-environ un quart d’heure, et ne laissez pas bouillir;
-passez le tout au travers d’un linge blanc;
-ne l’exprimez pas trop fort: mettez-y une cuillerée
-à bouche de vinaigre d’estragon, un peu
-de gros poivre, et servez-vous-en.</p>
-
-<h4 id="rct_90"><i>Sauce au fumet de&nbsp;Gibier.</i></h4>
-
-<p>Mettez dans une casserole quatre cuillerées à
-dégraisser de consommé; prenez deux ou trois
-carcasses de perdreaux, que vous aurez concassées
-avec le dos de votre couteau, un bon verre
-<span class="pagenum" id="Page_63">[p. 63]</span>
-de vin blanc, et faites cuire environ trois quarts
-d’heure; passez le tout au travers d’un tamis de
-soie; faites réduire et tomber à glace: cela fait,
-mettez deux ou trois cuillerées à dégraisser d’espagnole;
-faites bouillir, dégraissez, et servez-vous-en.</p>
-
-<h4 id="rct_91"><i>Sauce au Beurre d’ail.</i></h4>
-
-<p>Prenez deux grosses gousses d’ail; pilez-les
-avec gros de beurre comme un œuf: lorsque le
-tout sera bien pilé, mettez votre beurre sur le
-fond d’un tamis de crin double; passez-le à force
-de bras avec une cuiller de bois; ramassez-le, et
-servez-vous-en, soit avec du velouté, soit avec de
-l’espagnole réduite.</p>
-
-<h4 id="rct_92"><i>Sauce au Beurre d’anchois.</i></h4>
-
-<p>Prenez trois ou quatre anchois; lavez-les bien;
-ayez soin de les frotter sous votre pouce, afin
-qu’il n’y reste aucune écaille; levez-en les chairs;
-supprimez-en l’arête; pilez-les avec gros de beurre
-comme un petit œuf: quand le tout sera pilé,
-ramassez-le et mettez-le sur une assiette: vous
-aurez fait réduire quatre cuillerées à dégraisser
-ou à ragoût d’espagnole: à l’instant de saucer,
-vous incorporerez votre beurre d’anchois, soit
-en partie, soit en totalité, avec votre espagnole;
-faites chauffer votre sauce, sans la laisser bouillir;
-mettez-y le jus d’un ou deux citrons, pour
-la dessaler; passez et vannez-la: si elle se trouvait
-trop liée, ajoutez-y un peu de consommé, et servez-vous-en.</p>
-
-<h4 id="rct_93"><span class="pagenum" id="Page_64">[p. 64]</span>
-<i>Sauce au Beurre de&nbsp;Provence.</i></h4>
-
-<p>Prenez cinq ou six gousses d’ail; pilez-les
-comme pour le beurre d’ail; passez-les, comme
-ci-dessus, à travers un tamis de crin double; ramassez
-avec la cuiller tout le résidu; mettez-le
-dans un vase de faïence; ayez de la bonne huile
-vierge d’Aix; versez-en un peu dessus; tournez
-votre huile et votre ail, comme pour faire une
-pommade, sans discontinuer de la remuer et de
-la mouiller petit à petit; mettez-y du sel convenablement.
-Elle doit venir comme un morceau
-de beurre, à force de la travailler: alors servez-vous-en.</p>
-
-<h4 id="rct_94"><i>Sauce à la&nbsp;Tartare.</i></h4>
-
-<p>Hachez deux ou trois échalotes bien fines,
-un peu de cerfeuil et d’estragon; mettez le tout
-dans le fond d’un vase de terre avec de la moutarde,
-un filet de vinaigre, sel et poivre, selon
-la quantité qu’il vous en faut; arrosez légérement
-d’huile votre sauce, et remuez-la toujours:
-si vous voyez qu’elle se lie trop, jetez-y un peu
-de vinaigre; goûtez si elle est d’un bon sel: si
-elle se trouvait trop salée, remettez-y un peu de
-moutarde et d’huile.</p>
-
-<h4 id="rct_95"><i>Sauce au&nbsp;Fenouil.</i></h4>
-
-<p>Ayez quelques branches de fenouil vert; épluchez-les
-comme du persil; hachez-les très-fin;
-faites-les blanchir; rafraîchissez-les; jetez-les sur
-un tamis; mettez dans une casserole deux cuillerées
-<span class="pagenum" id="Page_65">[p. 65]</span>
-à dégraisser de velouté, autant de sauce
-au beurre; faites-les chauffer; ayez soin de les
-vanner à l’instant de servir; jetez votre fenouil
-dans votre sauce; passez-la bien, pour que votre
-fenouil soit bien mêlé; mettez-y le sel convenable
-et un peu de muscade râpée.</p>
-
-<p>Si vous n’aviez pas de velouté, marquez du
-beurre dans une casserole avec de la farine,
-comme il est indiqué à l’article <a href="#rct_42"><i>Sauce blanche
-ou au Beurre</i></a>; mouillez avec du consommé ou
-du bouillon, et ayez soin de faire cuire davantage
-votre sauce.</p>
-
-<h4 id="rct_96"><i>Sauce à l’Anglaise, aux Groseilles
-à&nbsp;maquereau.</i></h4>
-
-<p>Prenez vos deux pleines mains de groseilles à
-maquereau à moitié mûres; ouvrez-les en deux;
-ôtez-en les pepins; faites-les blanchir dans l’eau
-avec un peu de sel, comme vous feriez blanchir
-des haricots verts; égouttez-les; jetez-les dans
-une sauce comme celle indiquée ci-dessus, avec
-fenouil ou sans fenouil. Cette sauce sert à manger,
-en place de celle de maître-d’hôtel, des maquereaux
-bouillis.</p>
-
-<h4 id="rct_97"><i>Sauce claire à l’Estragon.</i></h4>
-
-<p>Prenez de votre grand aspic: si vous n’en aviez
-pas, employez quelques bons fonds, que vous
-clarifierez comme je l’ai indiqué à l’article <a href="#rct_41"><i>Grand
-Aspic</i></a>. Après l’avoir clarifié, mettez-y un filet
-de vinaigre à l’estragon; coupez quelques feuilles
-<span class="pagenum" id="Page_66">[p. 66]</span>
-d’estragon en losanges, faites-les bouillir, et au
-moment de servir jetez-les dans votre aspic.</p>
-
-<h4 id="rct_98"><i>Sauce à l’Estragon&nbsp;liée.</i></h4>
-
-<p>Mettez dans une casserole deux ou trois cuillerées
-à dégraisser de velouté réduit, si vous la
-voulez blanche, et d’espagnole réduite, si vous
-la voulez rousse; ajoutez-y un filet de vinaigre à
-l’estragon, de l’estragon préparé comme le précédent,
-et finissez de lier votre sauce avec un
-pain de beurre.</p>
-
-<h4 id="rct_99"><i>Sauce&nbsp;mayonnaise.</i></h4>
-
-<p>Mettez dans un vase de terre trois ou quatre
-cuillerées à bouche d’huile fine, et deux de vinaigre
-d’estragon; joignez-y estragon, échalotes,
-pimprenelles, hachés très-fin, sel, gros poivre,
-en suffisante quantité, deux ou trois cuillerées à
-bouche de gelée ou d’aspic; remuez bien le tout
-avec une cuiller: la sauce se liera et formera
-une espèce de pommade. Goûtez-la: si elle était
-trop salée ou trop vinaigrée, mêlez-y un peu
-d’huile; en cas que vous la vouliez claire, concassez
-la gelée avec votre couteau, et mêlez-la
-légèrement avec votre assaisonnement.</p>
-
-<h4 id="rct_100"><i>Roux.</i></h4>
-
-<p>Mettez dans une casserole une livre de beurre
-ou davantage; faites-le fondre sans le laisser
-roussir; passez au tamis de la farine de froment,
-la plus blanche et la meilleure; mettez-en autant
-que votre beurre en pourra boire (on le fait aussi
-<span class="pagenum" id="Page_67">[p. 67]</span>
-considérable que le besoin l’exige). Il faut que
-ce roux ait la consistance d’une pâte un peu
-ferme; menez-le au commencement sur un feu
-assez vif, ayant soin de le remuer toujours: lorsqu’il
-sera bien chaud et qu’il commencera à blondir,
-mettez-le dessus de la cendre chaude, sous
-un fourneau allumé, en sorte que la cendre rouge
-de ce fourneau tombe sur le couvercle qui couvre
-votre roux; remuez-le de demi-quart d’heure en
-demi-quart d’heure, jusqu’à ce qu’il soit d’un
-beau roux: de cette manière, votre roux n’aura
-point l’âcreté que les roux ont ordinairement.</p>
-
-<h4 id="rct_101"><i>Roux&nbsp;blanc.</i></h4>
-
-<p>Faites fondre le beurre le plus fin que vous aurez;
-mettez-y de la farine en suffisante quantité;
-passez au tamis comme ci-dessus, de crainte qu’il
-ne se trouve dans votre farine des grumeaux ou
-de la malpropreté; menez-le sur un feu très-doux,
-afin qu’il ne prenne point couleur: ayez
-soin de le remuer environ une demi-heure, et
-servez-vous-en pour votre velouté.</p>
-
-<h4 id="rct_102"><i>Pâte à&nbsp;frire.</i></h4>
-
-<p>Passez une demi-livre de farine; mettez-la dans
-une terrine avec deux cuillerées à bouche d’huile,
-du sel et deux ou trois jaunes d’œufs; mouillez-la
-avec de la bière, en suffisante quantité pour
-qu’elle ne corde point; travaillez-la pour qu’elle
-soit à consistance d’une bouillie; fouettez un ou
-deux blancs d’œufs; incorporez-les dans votre
-<span class="pagenum" id="Page_68">[p. 68]</span>
-pâte en la remuant légérement: faites-la deux
-ou trois heures avant de vous en servir. Du plus
-ou du moins de blancs d’œufs fouettés dépendra
-la légéreté de votre pâte. Vous pouvez faire
-de même cette pâte avec du beurre au lieu d’huile,
-et de l’eau chaude en place de bière, en y ajoutant
-un verre de vin blanc.</p>
-
-<hr class="hr5" />
-
-<h4 id="rct_103">FRITURE.</h4>
-
-<p>L’expérience m’a appris que, de toutes les fritures,
-la meilleure est celle que l’on fait avec la
-partie grasse qu’on tire de la grande marmite.
-Lorsqu’on n’a pas assez de cette graisse, on y
-supplée avec de la graisse de rognons de bœuf
-hachée très-fin, ou que l’on coupe en dés, et
-qu’on fait fondre avec soin. Ces graisses valent
-infiniment mieux que le sain-doux, qui a le défaut
-de ramollir la pâte, et celui encore plus
-grand, lorsqu’on le fait chauffer, de s’enfler et
-d’écumer, ce qui le fait déborder souvent du
-vase où on l’a mis, et ce qui est dangereux encore,
-<i>dans le feu</i>. L’huile fait à-peu-près le même
-effet, et n’est pas moins dangereuse sous ce dernier
-rapport; mais elle ne ramollit pas. A l’égard
-du beurre fondu, cette friture revient fort chère
-et a presque les mêmes inconvéniens: ainsi je
-conclus que de toutes les fritures, tant pour la
-beauté que pour la bonté et l’économie, la meilleure
-est celle qui provient de la graisse qu’on a
-<span class="pagenum" id="Page_69">[p. 69]</span>
-retirée de la marmite, ainsi que celle qu’on fait
-de la graisse des rognons de bœuf.</p>
-
-<h4><i>Manière d’opérer en&nbsp;cela.</i></h4>
-
-<p>Lorsque vous aurez de la graisse indiquée en
-suffisante quantité, mettez-la dans une marmite
-pour la faire cuire et clarifier; faites-la partir
-comme vous feriez à l’égard d’un bouillon; écumez-la;
-mettez-y quelques tranches d’oignons et
-quelques morceaux de pain; faites-la aller quatre
-ou cinq heures sur le bord d’un fourneau ou
-devant le feu, comme on fait aller, vulgairement
-dit, un pot-au-feu bourgeois; après ôtez-en
-le pain, les oignons, et tirez-la au clair; elle doit
-être extrêmement limpide; mettez-en la quantité
-dont vous avez besoin dans une poêle; faites-la
-chauffer; pour vous assurer si elle est chaude
-assez, trempez un de vos doigts dans l’eau et
-secouez-le sur la friture; si elle petille et rejette
-l’eau, c’est qu’elle est à son degré de chaleur.</p>
-
-<p>Si c’est du poisson que vous faites frire, avant
-de l’abandonner tenez-le par la tête et trempez
-le bout de la queue dans votre friture; si, l’ayant
-laissé une seconde, vous voyez que ce bout est
-presque cassant, mettez-y votre poisson et ayez
-soin de le retourner.</p>
-
-<hr class="hr5" />
-
-<h4 id="rct_104"><i>Sauces aux&nbsp;Hatelets.</i></h4>
-
-<p>Hachez un peu de persil, ciboules et champignons;
-mettez ces fines herbes dans une casserole
-<span class="pagenum" id="Page_70">[p. 70]</span>
-avec un morceau de beurre; passez-les,
-singez-les et mouillez les avec une cuillerée à
-pot de consommé; assaisonnez cette sauce d’un
-peu de sel, gros poivre, de la muscade râpée
-et d’une demi-feuille de laurier; faites-la aller
-sur un bon feu, ayant soin de la tourner jusqu’à
-ce qu’elle ait atteint son degré de cuisson, c’est-à-dire
-qu’elle soit réduite à consistance d’une
-bouillie claire; retirez-en le laurier; liez-la avec
-deux jaunes d’œufs délayés avec un peu de
-bouillon, et servez-vous-en.</p>
-
-<h4 id="rct_105"><i>Autre Sauce aux&nbsp;Hatelets.</i></h4>
-
-<p>Mettez dans une casserole une cuiller à pot
-de velouté avec une pincée de persil, autant
-d’échalotes ou de ciboules, et deux fois autant
-de champignons hachés très-fin; tournez cette
-sauce; faites-la réduire à consistance d’une bouillie
-claire; liez-la comme la précédente; ajoutez-y,
-si vous le voulez, un peu de muscade râpée, et
-servez-vous-en.</p>
-
-<h4 id="rct_106"><i>Brède-Sauce.</i></h4>
-
-<p>Prenez la mie d’un pain mollet d’une demi-livre,
-ou de la mie d’un pain blanc; faites-la dessécher
-avec du lait; laissez-la cuire environ trois
-quarts d’heure, et ne lui donnez que la consistance
-d’une bouillie épaisse; ajoutez-y vingt
-grains de poivre noir, du sel en suffisante quantité,
-et, en la finissant, gros comme une noix
-d’excellent beurre; servez-la dans une saucière,
-à côté de vos bécasses ou perdreaux.</p>
-
-<h4 id="rct_107"><span class="pagenum" id="Page_71">[p. 71]</span>
-<i>Sauce aux Truffes à la Saint-Cloud, ou en
-Petit&nbsp;Deuil.</i></h4>
-
-<p>Coupez une truffe en très-petits dés; passez-les
-dans un petit morceau de beurre; mouillez-les
-avec quatre cuillerées à dégraisser, pleines
-de velouté, et deux de consommé; faites cuire et
-réduire votre sauce; dégraissez-la et finissez-la
-avec un pain de beurre.</p>
-
-<h4 id="rct_108"><i>Sauce à la Pluche&nbsp;verte.</i></h4>
-
-<p>Mettez dans une casserole quatre cuillerées
-<ins id="cor_5" title="pleine">pleines</ins> de velouté réduit; faites bouillir, et dégraissez
-au moment de servir; mettez dans cette
-sauce des feuilles de persil blanchi, du gros poivre,
-un pain de beurre et le jus d’un citron;
-observez que ce jus doit dominer un peu.</p>
-
-<h4 id="rct_109"><i>Court-Bouillon.</i></h4>
-
-<p>Mettez dans une casserole un morceau de
-beurre avec des oignons coupés en tranches et
-des carottes en lames, deux feuilles de laurier
-cassées, trois clous de girofle, deux gousses
-d’ail, du thym, du basilic et un peu de gingembre;
-passez le tout sur un feu un peu vif, pour
-donner à ces légumes un peu de couleur; faites
-que le fond de votre casserole soit un peu attaché;
-mouillez-les avec deux ou trois bouteilles
-de vin; si vous voulez que votre court-bouillon
-soit au gras, mettez quelques bons fonds de
-graisse; faites-le bouillir et servez-vous-en.</p>
-
-<h4 id="rct_110"><span class="pagenum" id="Page_72">[p. 72]</span>
-<i>Ket-Chop.</i></h4>
-
-<p>Ayez douze maniveaux de champignons, épluchez-les,
-lavez-les, émincez-les le plus possible;
-ayez une terrine d’office neuve; faites un
-lit de champignons de l’épaisseur d’un travers
-de doigt; saupoudrez-le légérement de sel fin,
-ainsi de suite, lit par lit, jusqu’à ce que vos
-champignons soient employés; ajoutez-y une
-poignée de brou de noix. (A l’égard de brou de
-noix, voyez l’article du <a href="#rct_380"><i>Cochon</i></a>, le moyen de
-donner au cochon domestique l’apparence et le
-goût du sanglier.) Cela fait, couvrez votre terrine
-d’un linge blanc, fixez ce linge avec une
-ficelle, et recouvrez votre terrine avec un plat
-quelconque. Laissez quatre ou cinq jours vos
-champignons se fondre; tirez-en le jus au clair,
-et exprimez-en le marc à force de bras, au travers
-d’un torchon neuf (il faut être deux pour
-cela); mettez ce jus dans une casserole; faites-le
-réduire; ajoutez-y deux feuilles de laurier; vous
-aurez marqué une petite marmite comme pour
-faire un fond de glace (voyez <a href="#rct_84"><i>la Glace</i></a>). Sa cuisson
-faite, passez-la au travers d’un tamis; dégraissez-la;
-mettez ensemble et ce jus de champignons,
-et ce fond de glace (si vous l’aimez
-mieux, mettez de la glace); ajoutez-y quatre ou
-cinq anchois pilés; une cuiller à café de poivre
-de Cayenne (voyez <a href="#rct_129"><i>Poivre de Cayenne</i></a>); faites
-réduire le tout presque à demi glace; ôtez-en les
-feuilles de laurier, et laissez-le refroidir; ensuite
-<span class="pagenum" id="Page_73">[p. 73]</span>
-mettez-le dans une bouteille neuve bien bouchée,
-et servez-le avec le poisson.</p>
-
-<h4 id="rct_111"><i>La&nbsp;Ducelle.</i></h4>
-
-<p>Hachez champignons, persil, ciboules ou échalotes,
-le tout par tiers; mettez du beurre dans
-une casserole avec autant de lard râpé; passez
-ces fines herbes sur le feu; assaisonnez-les de
-sel, gros poivre, fines épices, un peu de muscade
-râpée et une feuille de laurier; mouillez
-le tout de quelques cuillerées d’espagnole ou de
-velouté; laissez-le mijoter, ayant soin de le remuer;
-lorsque vous croirez votre ducelle suffisamment
-cuite, et l’humidité des fines herbes
-évaporée, finissez-la avec une liaison que vous
-ferez cuire sans la laisser bouillir; ajoutez-y, si
-vous le voulez, le jus d’un citron; déposez-la
-dans une terrine, et servez-vous-en pour tout
-ce que vous voudrez mettre en papillotes.</p>
-
-<h4 id="rct_112"><i>Sauce au Vert-Pré.</i></h4>
-
-<p>Mettez dans une casserole cinq cuillerées
-pleines de velouté et deux de consommé;
-faites-les réduire: au moment de servir, ajoutez-y
-un petit pain de beurre et gros comme une
-noix de vert d’épinards (voyez le <a href="#rct_127"><i>Vert d’Épinards</i></a>,
-article des <i>Garnitures</i>); passez, sans
-travailler votre sauce, et servez-vous-en.</p>
-
-<h4 id="rct_113"><i>Sauce à l’Orange.</i></h4>
-
-<p>Prenez trois oranges, coupez-les en deux,
-exprimez-en le jus dans un tamis que vous poserez
-<span class="pagenum" id="Page_74">[p. 74]</span>
-sur un vase de terre ou de faïence; coupez
-en deux vos moitiés d’oranges dont vous
-aurez exprimé le jus, ôtez-en toutes les chairs,
-c’est-à-dire, laissez le moins de blanc possible
-au zeste; coupez ce zeste en petits filets, faites-le
-blanchir, égouttez-le, mettez-le dans un jus
-de bœuf bien corsé, avec une pincée de gros
-poivre; retirez sur le bord du fourneau votre
-casserole, mettez-y le jus de vos oranges, saucez-y
-vos filets, et que le zeste soit dessus.</p>
-
-<h4 id="rct_114"><i>Eau de&nbsp;sel.</i></h4>
-
-<p>Mettez de l’eau dans un petit chaudron et du
-sel proportionnément à la quantité de l’eau,
-avec quelques ciboules entières, du persil en
-branche, une ou deux gousses d’ail, deux ou
-trois oignons coupés en tranches, zeste de carottes,
-thym, laurier, basilic, deux clous de
-girofle; faites bouillir trois quarts d’heure,
-écumez votre eau, descendez-la du feu, couvrez-la
-d’un linge blanc, laissez-la reposer une
-demi-heure ou trois quarts d’heure, passez-la
-au travers d’un tamis de soie sans y verser le
-fond; servez-vous-en pour faire cuire votre poisson
-et tout ce qui nécessite de l’eau de sel.</p>
-
-<h4 id="rct_115"><i>Beurre&nbsp;lié.</i></h4>
-
-<p>Cassez deux œufs, supprimez-en les blancs,
-mettez les jaunes dans une casserole; faites
-fondre environ un quarteron de beurre sans le
-laisser roussir; broyez, rompez vos jaunes avec
-<span class="pagenum" id="Page_75">[p. 75]</span>
-une cuiller de bois, versez votre beurre à fur et à
-mesure sur ces jaunes; posez votre casserole sur
-un feu doux, mettez-y du jus de citron, et
-servez-vous-en pour faire vos panures.</p>
-
-<h4 id="rct_116"><i>Verjus, et la manière de le faire pour qu’il
-se&nbsp;conserve.</i></h4>
-
-<p>Prenez du verjus avant qu’il ne commence à
-mûrir, séparez les grains de la grappe, ôtez-en
-les queues; mettez les grains dans un mortier
-avec un peu de sel, pilez-les, exprimez-en le
-jus, à travers un linge, à force de bras ou sous
-une presse; ayez une chausse de futaine ou
-deux, si la quantité de verjus que vous voulez
-faire l’exige; mouillez cette chausse, enduisez-la
-de farine du côté pelucheux de la futaine,
-suspendez-la, de manière qu’elle soit ouverte;
-versez votre verjus en plusieurs fois, jusqu’à
-ce qu’il devienne limpide comme de l’eau
-de roche; vous aurez auparavant rincé des
-bouteilles, ou vous en aurez de neuves, pour
-qu’elles n’aient aucun mauvais goût; vous les
-soufrerez en agissant ainsi: ayez un bouchon
-qui puisse aller à toutes les bouteilles, passez
-dedans un fil de fer, arrêtez-le sur le haut du
-bouchon, et faites-lui faire un crochet à l’autre
-extrémité; il faut que ce fil de fer ne passe pas
-la moitié de la bouteille; mettez au crochet un
-morceau de mèche soufrée comme celle qu’on
-emploie pour mécher les tonneaux, allumez-la,
-mettez-la dans les bouteilles l’une après l’autre;
-<span class="pagenum" id="Page_76">[p. 76]</span>
-lorsque vous apercevrez que la bouteille est
-remplie de la vapeur, ôtez-en la mèche et bouchez-la,
-ainsi des autres; au bout d’un instant
-videz-y votre verjus, et bouchez-bien vos bouteilles
-que vous mettrez debout dans la cave, et
-quand vous voudrez vous en servir, supprimez
-la petite pellicule qui doit s’être formée dans le
-goulot; vous pourrez vous servir de ce verjus en
-place de citron; vous pourrez vous en servir aussi
-pour les liqueurs fraîches et le punch, en y ajoutant
-un peu d’esprit de citron ou du zeste de citron.
-Ce verjus est bon pour obvier aux inconvéniens
-des chutes: il suffit, à cet effet, d’en prendre
-un verre lorsque l’accident vient d’arriver.</p>
-
-<hr class="hr15" />
-
-<h2 id="rct_117">GARNITURES.</h2>
-
-<h4><i>Bords de&nbsp;Plats.</i></h4>
-
-<p>Prenez du pain de pâte ferme, rassis; levez-en
-la mie par tranches de l’épaisseur d’une lame
-de couteau; formez de cette mie de petits losanges,
-des <i>x</i>, des croissans, enfin de toutes les
-formes que vous voudrez. Cela fait, mettez
-chauffer de l’huile dans une casserole, et passez-y
-ces croûtons comme ceux des épinards; faites-en
-des roux et des blancs; les blancs, en leur laissant
-moins subir l’action du feu. Quand ces
-croûtons seront bien secs, égouttez-les, faites des
-caisses de papier blanc, et mettez-les séparément,
-selon leur forme et leur couleur, dans
-<span class="pagenum" id="Page_77">[p. 77]</span>
-chacune de ces caisses. Lorsque vous voudrez
-vous servir de ces croûtons pour des bords de
-plats, percez un œuf par la pointe, faites-en
-tomber une partie du blanc sur un couvercle,
-battez un peu ce blanc avec la lame de votre
-couteau; incorporez-y une petite pincée de
-farine, faites chauffer légérement votre plat,
-trempez dans l’œuf un des côtés de vos croûtons,
-et posez-le sur ce plat, ainsi de suite, jusqu’à
-ce que votre bord soit formé. Gardez-vous
-de faire chauffer votre plat plus qu’il ne faut, de
-crainte que votre bord ne puisse tenir.</p>
-
-<h4 id="rct_118"><i>Crêtes de&nbsp;Coqs.</i></h4>
-
-<p>Parez ces crêtes et coupez-en les petites pointes;
-ôtez-en le moins que vous pourrez, pour ne
-pas leur ôter leur grâce. Parez aussi la partie
-qui est adhérente à la tête. Mettez-les dégorger
-trois quarts d’heure dans de l’eau un peu tiède,
-au bord d’un fourneau; ayez soin de les remuer
-souvent. Faites chauffer de l’eau dans une autre
-casserole, qu’elle soit un peu plus que tiède;
-mettez vos crêtes dans un torchon neuf, avec
-une pincée de gros sel; tenez les quatre coins de
-votre torchon dans votre main, plongez-le dans
-l’eau presque bouillante, et frottez-les avec la
-paume de la main, comme il a été dit pour la
-mie de pain; ouvrez votre torchon; voyez si
-l’épiderme de vos crêtes se détache; sinon
-retrempez-les en faisant chauffer un peu plus
-votre eau; prenez garde néanmoins qu’elle ne
-<span class="pagenum" id="Page_78">[p. 78]</span>
-le soit trop, car vous manqueriez vos crêtes. Si
-l’épiderme s’en détache bien, passez-les toutes
-les unes après les autres dans vos doigts, pour
-les bien éplucher; mettez-les dégorger dans de
-l’eau fraîche, jusqu’à ce qu’elles soient blanches.
-Cela fait, marquez-les dans un blanc (voyez
-<a href="#rct_88"><i>Blanc</i></a>); faites-les cuire et mettez-les au rang de
-vos garnitures, pour vous en servir au besoin.</p>
-
-<h4 id="rct_119"><i>Garniture de Rognons de&nbsp;Coqs.</i></h4>
-
-<p>Prenez la quantité de ces rognons que vous
-jugerez nécessaire; appropriez-les, mettez-les
-dégorger comme les crêtes, sur le bord d’un
-fourneau: quand ils le seront suffisamment,
-faites-les blanchir, et marquez-les dans un blanc
-comme les crêtes (voyez <a href="#rct_88"><i>Blanc</i></a> ou <a href="#rct_87"><i>Mirepoix</i></a>),
-et rangez-les au nombre de vos garnitures.</p>
-
-<h4 id="rct_120"><i>Foies gras et demi-gras pour&nbsp;Garnitures.</i></h4>
-
-<p>Ayez la quantité de foies gras que vous croirez
-nécessaire pour votre service; supprimez les
-cœurs et les amers; parez-les bien où l’amer a
-posé; prenez garde de la crever. Faites dégorger
-vos foies comme les rognons, et blanchir légérement;
-mettez-les cuire dans des bardes de
-lard; mouillez-les avec une bonne Mirepoix:
-leur cuisson faite, mettez-les au rang de vos
-garnitures.</p>
-
-<h4 id="rct_121"><i>Truffes pour&nbsp;Garnitures.</i></h4>
-
-<p>Je ne parlerai point ici des truffes, vu que j’en
-donnerai l’<i>analyse</i> dans le corps de l’ouvrage.
-(Voyez article <a href="#rct_143"><i>Ragoût aux Truffes</i></a>.)</p>
-
-<h4 id="rct_122"><span class="pagenum" id="Page_79">[p. 79]</span>
-<i>Carottes pour&nbsp;Garnitures.</i></h4>
-
-<p>Ayez des carottes en quantité proportionnée
-à vos besoins; choisissez-les pourtant d’une belle
-couleur rouge et tendre; tournez-les, soit en
-bâtonnets, en gousses d’ail, en forme de champignons
-ou de morilles. Si le temps vous presse,
-coupez-les avec un vide-pomme; tâchez de ne
-point employer le cœur de la carotte, qui différerait
-de couleur et qui est moins délicat; faites
-blanchir ces petites carottes, mettez-les cuire
-avec un peu de consommé ou de bouillon; joignez-y
-un petit morceau de sucre; faites-les
-tomber à glace; prenez garde qu’elles ne s’attachent:
-leur cuisson achevée, mettez-les au
-rang de vos garnitures.</p>
-
-<h4 id="rct_123"><i>Navets pour&nbsp;Garnitures.</i></h4>
-
-<p>Choisissez la quantité de navets dont vous avez
-besoin; soit que vous les preniez de Farneuse
-ou de toute autre espèce, choisissez-les d’une
-chair serrée et sucrée (les creux ne valent rien);
-tournez-les, comme il est indiqué à l’article des
-<a href="#rct_122">carottes</a>, faites-les cuire de même, à moins que
-vous ne les veuilliez au roux: dans ce cas, ne les
-faites point blanchir, mais roussir dans du beurre
-ou du sain-doux, et de là mettez-les au rang de
-vos garnitures.</p>
-
-<h4 id="rct_124"><i>Champignons pour&nbsp;Garnitures.</i></h4>
-
-<p>A l’égard de ces champignons (voyez, à l’article
-des <i>Ragoûts</i>, le <a href="#rct_149"><i>Ragoût de Champignons</i></a>). De
-<span class="pagenum" id="Page_80">[p. 80]</span>
-même, pour les <a href="#rct_151"><i>Morilles</i></a> et les <a href="#rct_152"><i>Mousserons</i></a> (voyez
-à l’article des <i>Ragoûts</i>).</p>
-
-<h4 id="rct_125"><i>Petits Oignons pour&nbsp;Garnitures.</i></h4>
-
-<p>Prenez la quantité de petits oignons dont
-vous croirez avoir besoin; coupez-leur les têtes
-et la queue; faites blanchir ces petits oignons,
-supprimez-en la première peau; rendez-les tous
-égaux, mettez-les cuire dans du consommé ou
-du bouillon; ajoutez-y un petit morceau de
-sucre; faites-les tomber presque à glace. Si vous
-les voulez roux, au lieu de les faire blanchir,
-faites les roussir dans du beurre; égouttez-les;
-mettez-les cuire comme il est dit plus haut. Leur
-cuisson achevée, placez-les au rang de vos garnitures.</p>
-
-<h4 id="rct_126"><i>Laitues pour&nbsp;Garnitures.</i></h4>
-
-<p>Prenez la quantité convenable de laitues,
-épluchez-les; ne coupez point la racine près des
-feuilles; lavez-les; plongez-les dans l’eau (en les
-tenant par la queue) les unes après les autres, de
-crainte qu’il n’y reste quelques petits vers rouges.
-Faites-les blanchir, rafraîchissez-les, passez-les,
-ficelez-les de trois en trois; foncez une casserole
-de bardes de lard, posez-les dedans, assaisonnez-les
-de sel et gros poivre, d’une feuille de
-laurier, d’une gousse d’ail, d’un oignon et d’une
-lame de jambon; mouillez-les, soit avec du
-consommé, du bouillon ou un bon fond de
-graisse; couvrez-les de bardes de lard, d’un
-rond de papier; faites les partir; mettez-les mijoter
-<span class="pagenum" id="Page_81">[p. 81]</span>
-deux heures avec feu dessous et dessus.
-Étant cuites, laissez-les dans leur assaisonnement,
-et mettez-les au rang de vos garnitures.</p>
-
-<h4 id="rct_127"><i>Vert d’Épinards.</i></h4>
-
-<p>Prenez environ un demi-paquet d’épinards;
-épluchez-le, lavez-le, secouez-le; mettez ces épinards
-dans un mortier; pilez-les; exprimez-en
-le jus en les pressant à force de bras dans un
-torchon; mettez ce jus dans une sauteuse ou
-dans un couvercle de marmite; posez-le sur
-une cendre chaude, afin qu’il ne fasse que frémir;
-ce jus vert se caillebottera. Une fois caillé,
-égouttez-le sur un tamis de soie, et servez-vous-en
-pour donner une couleur verte à vos purées,
-à vos sauces, à vos gelées, et pour les petites
-omelettes qui servent à décorer.</p>
-
-<h4 id="rct_128"><i>Culs d’Artichauts&nbsp;tournés.</i></h4>
-
-<p>Prenez une douzaine d’artichauts tendres et
-non filandreux, ce qui vous sera facile de connaître
-en séparant la queue de l’artichaut; si
-elle se casse net, c’est une preuve qu’il n’est
-point filandreux; supprimez les feuilles de dessous
-l’artichaut, non en les cassant, mais en les
-tirant de côté, de façon à n’enlever que la
-grosse peau de la feuille sans en arracher la
-chair: lorsque votre artichaut sera dégagé de la
-majeure partie de ses feuilles, tournez-le, commencez
-par l’endroit où posait la queue, tournez-le
-sur la lame de votre couteau, de façon
-<span class="pagenum" id="Page_82">[p. 82]</span>
-que l’artichaut tourne tandis que votre couteau
-restera en place, et faites que l’on ne puisse
-distinguer aucun coup de couteau: lorsque vous
-serez arrivé aux feuilles, coupez-les horizontalement;
-frottez votre cul d’artichaut avec la
-moitié d’un citron, jetez-le dans de l’eau fraîche,
-dans laquelle vous aurez exprimé le jus
-d’un ou de plusieurs citrons. Vos artichauts
-étant tournés, mettez de l’eau bouillir dans un
-chaudron ou une casserole; quand votre eau
-sera bouillante, mettez-y vos culs d’artichauts,
-couvrez-les d’un plat qui les tienne plongés
-dans l’eau; faites-les bouillir; retirez-en un,
-voyez si le foin quitte; dans ce cas, rafraîchissez
-vos artichauts, supprimez-en le foin, remettez-les
-dans une autre eau fraîche. Une fois
-rafraîchis, égouttez-les, mettez-les dans un blanc
-(voyez <a href="#rct_88"><i>Blanc</i></a>), achevez de les faire cuire. Leur
-cuisson faite, retirez-les de leur blanc, qu’il
-ne reste rien après; mettez-les dans une terrine,
-passez dessus à travers un tamis de ce même
-blanc, et servez de ces culs d’artichauts pour
-garnitures, soit en entier ou par quartier.</p>
-
-<hr class="hr5" />
-
-<h4 id="rct_129">POIVRE DE CAYENNE.</h4>
-
-<h4><i>Manière de le&nbsp;faire.</i></h4>
-
-<p>Ayez une demi-livre de gros piment ou poivre
-long; choisissez-le d’un beau rouge, épais de
-peau; faites-le sécher à l’ombre; lorsqu’il le
-sera bien, déchiquetez-le; supprimez-en les
-<span class="pagenum" id="Page_83">[p. 83]</span>
-queues; mettez-les avec leur graine et une pincée
-de sel dans un mortier de fonte; servez-vous
-d’un pilon de fer pour le piler, et ayez bien
-soin de couvrir votre mortier d’une peau fermée
-bien hermétiquement.</p>
-
-<h4 id="rct_130"><i>Poivre&nbsp;Kari.</i></h4>
-
-<p>Ayez un quarteron de piment enragé, deux
-onces de safran en racine, ou crocus de l’Inde;
-deux onces de racine de rhubarbe en sorte; pilez
-d’abord dans un mortier de fonte votre piment;
-à cet effet, servez-vous d’un pilon de fer; couvrez
-le mortier d’une peau qui enveloppe le
-pilon, et liez-la autour du mortier; quand votre
-poivre sera réduit en poudre, passez-le au tambour
-dans le tamis de crin. Pilez le safran et
-passez-le de même, ainsi que la rhubarbe, que
-vous aurez choisie la plus nouvelle et la plus
-lourde. Le tout passé, mélangez-le, ajoutez-y
-une demi-once d’épices en poudre et un peu
-de sel fin; mélangez bien le tout, et servez-vous
-de ce poivre kari au besoin.</p>
-
-<hr class="hr5" />
-
-<h4 id="rct_131"><i>Oignons&nbsp;glacés.</i></h4>
-
-<p>(Voyez <a href="#rct_172"><i>Bœuf ou Bouilli ordinaire.</i></a>)</p>
-
-<h4 id="rct_132"><i>Concombres au&nbsp;Blanc.</i></h4>
-
-<p>Prenez trois concombres; coupez-en les petits
-bouts, goûtez-les; s’il s’en trouve d’amers,
-supprimez-les, et prenez-en d’autres que vous
-goûterez de même, etc.; ôtez-leur la pelure,
-<span class="pagenum" id="Page_84">[p. 84]</span>
-coupez-les en quatre, et supprimez-en les pepins.
-Coupez ces concombres en écailles d’huîtres;
-parez-les et arrondissez-les; tâchez que les
-morceaux soient égaux; faites-les blanchir dans
-de l’eau avec un peu de sel; assurez-vous s’ils
-sont cuits; ils le seront, s’ils fléchissent sous vos
-doigts; alors égouttez-les, et servez-vous-en au
-besoin.</p>
-
-<h4 id="rct_133"><i>Concombres au&nbsp;Brun.</i></h4>
-
-<p>Préparez les concombres, comme il est indiqué
-précédemment, et mettez-les dans un vase
-de terre, avec un peu d’eau, un filet de vinaigre
-blanc et un peu de sel; laissez-les mariner
-une heure; égouttez-les; étendez-les dans un torchon;
-tordez-les à deux, à force de bras, pour
-en ôter toute l’eau; faites-les frire dans du lard
-râpé; qu’ils soient d’une belle couleur; égouttez-les,
-et servez-vous-en pour vos ragoûts au
-brun.</p>
-
-<h4 id="rct_134"><i>Pluche d’Oignons, blanche et&nbsp;rousse.</i></h4>
-
-<p>Prenez une douzaine de gros oignons; épluchez-les;
-coupez-les en deux et ôtez-en les
-cœurs; coupez-les en rouelles; mettez un morceau
-de beurre dans une casserole; égouttez-y
-vos oignons si votre pluche est pour être au
-blanc; faites-les cuire sur une cendre chaude;
-remuez-les souvent: quand ils seront au trois
-quarts cuits, singez-les; achevez de les faire
-cuire comme un roux au blanc; mouillez-les
-avec du consommé ou du bouillon; faites-les
-<span class="pagenum" id="Page_85">[p. 85]</span>
-réduire à consistance d’une forte bouillie, ajoutez-y
-du sel, du poivre et un peu de muscade
-râpée, et servez-vous-en au besoin.</p>
-
-<h4 id="rct_135"><i>Pluche d’Oignons au&nbsp;roux.</i></h4>
-
-<p>Épluchez et coupez des oignons, comme à
-l’article précédent; mettez-les dans une casserole
-avec un morceau de beurre; faites-les roussir
-d’une belle couleur; singez-les; remuez-les
-sur le feu; faites roussir votre farine; mouillez-les
-avec quelques cuillerées de jus de bœuf; mettez-y
-sel et poivre, et faites cuire à consistance
-de sauce; goûtez si votre pluche est d’un bon
-goût, et servez-vous-en.</p>
-
-<hr class="hr15" />
-
-<h2 id="rct_ragouts">RAGOUTS.</h2>
-
-<h4 id="rct_136"><i>Salpicons.</i></h4>
-
-<p>Les salpicons sont composés de toutes sortes
-de viandes et de légumes, comme truffes, champignons
-et culs d’artichauts; vous mettez de
-tout dans une égale proportion; il faut, pour
-les bien faire, que les viandes que vous employez
-soient cuites à part, ainsi que les légumes,
-afin que ces ingrédiens se trouvent d’égale
-cuisson, selon leur qualité.</p>
-
-<h4 id="rct_137"><i>Salpicon&nbsp;ordinaire.</i></h4>
-
-<p>Il se compose de gorge de ris de veau, de
-foies gras ou demi gras, de jambon, de champignons
-et de truffes, si c’est la saison; coupez
-de tout cela en petits dés et d’égale grosseur; au
-<span class="pagenum" id="Page_86">[p. 86]</span>
-moment de servir ayez de l’espagnole bien
-réduite, la quantité qu’il vous faut, pour vos
-chairs; jetez-les dedans; mettez-les sur le feu;
-remuez-les sans les laisser bouillir, et servez.</p>
-
-<p>On fait de même ce salpicon avec des quenelles
-ou du gaudiveau, des blancs de volailles
-cuites à la broche, des crêtes de coqs et des
-culs d’artichauts: cela dépend de ce que l’on a
-et de la saison où l’on se trouve.</p>
-
-<h4 id="rct_138"><i>Ragoût de Ris de&nbsp;Veau.</i></h4>
-
-<p>Faites dégorger un ou deux ris de veau;
-quand ils auront rendu tout leur sang, faites-les
-blanchir; marquez-les dans une casserole
-avec une ou deux carottes, deux oignons, quelques
-parures de veau, un bouquet de persil et ciboules
-assaisonné; mettez vos ris de veau dans
-la casserole; couvrez-les avec une petite barde
-de lard; mouillez-les avec une cuillerée ou deux
-de bouillon; qu’ils ne trempent pas entièrement;
-couvrez-les avec un rond de papier
-beurré; faites-les partir; après mettez-les sous
-le fourneau avec de la cendre chaude dessous et
-dessus. Veillez à ce qu’ils ne cuisent pas trop:
-quand ils le seront, retirez-les, ôtez-les de leur
-assaisonnement. Si vous n’aviez pas de sauce,
-passez leur cuisson dans une casserole, au travers
-d’un tamis. En cas que vous veuilliez les
-mettre au blanc, maniez un pain de beurre avec
-une pincée de farine, quelques champignons;
-mettez le tout dans cette cuisson; laissez cuire,
-<span class="pagenum" id="Page_87">[p. 87]</span>
-dégraissez, joignez-y quelques culs d’artichauts,
-si vous voulez, et ayant coupé vos ris de veau
-en tranches, mettez-les dans cette sauce sans les
-laisser bouillir: lorsque vous serez pour les servir,
-faites une liaison de deux jaunes d’œufs, un
-peu de persil haché très-fin, un jus de citron ou
-un filet de verjus; voici la manière de les lier:</p>
-
-<p>D’abord cassez deux œufs; ôtez-en les jaunes,
-sans les rompre; n’y laissez ni blanc ni germe,
-écrasez-les avec une cuiller; délayez-les avec un
-peu d’eau ou du bouillon; ensuite, quand votre
-ragoût sera bouillant, retirez-le au bord du fourneau,
-tenez la queue de votre casserole d’une
-main, et de l’autre versez doucement votre liaison
-dans votre ragoût, en le remuant; posez-le
-sur le feu; remuez-le toujours; ne le laissez <ins id="cor_6" title="point point">point</ins>
-bouillir, et mettez-y sur-le-champ un petit
-morceau de beurre. Pour que votre sauce soit
-moelleuse, finissez-la avec un jus de citron ou
-un filet de verjus; qu’elle ne soit ni trop longue
-ni trop courte, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_139"><i>Ragoût de Crêtes et de Rognons de&nbsp;Coqs
-en&nbsp;Financière.</i></h4>
-
-<p>Quand vos crêtes auront été échaudées et
-cuites dans un blanc, égouttez-les (voyez <a href="#rct_118"><i>Crêtes
-de coqs</i></a>, article des <i>Garnitures</i>), ainsi que les rognons;
-mettez dans une casserole la quantité
-convenable de velouté réduit, si vous voulez
-votre ragoût au blanc; et si vous le voulez au
-roux, employez de l’espagnole réduite, en y
-<span class="pagenum" id="Page_88">[p. 88]</span>
-ajoutant un peu de consommé: en cas que votre
-sauce se trouve trop liée, faites mijoter vos crêtes
-un quart d’heure; joignez-y, un instant avant
-de servir vos rognons, quelques champignons
-tournés et que vous aurez fait cuire, des culs
-d’artichauts et des truffes, selon votre volonté.
-Si votre ragoût est au blanc, liez-le comme il est
-indiqué à l’article <a href="#rct_138"><i>Ragoût de ris de Veau</i></a>; et s’il
-est au roux, suivez le même procédé que celui
-énoncé au même article.</p>
-
-<h4 id="rct_140"><i>Ragoût de Laitances de&nbsp;Carpes.</i></h4>
-
-<p>Ayez deux douzaines de laitances; détachez-les
-des boyaux; jetez-les dans de l’eau fraîche;
-laissez-les dégorger une demi-heure; changez-les
-d’eau, et mettez-les sur le bord d’un fourneau;
-laissez-les dégorger jusqu’à ce qu’elles soient
-blanches; prenez une autre casserole; faites-y
-bouillir de l’eau avec un peu de sel; égouttez
-vos laitances, et jetez-les dans cette eau; faites-leur
-jeter un bouillon; retirez-les du feu; ayez
-dans une casserole quatre cuillerées à dégraisser
-d’italienne blanche ou rousse; mettez-y
-vos laitances; faites-leur jeter un bouillon ou
-deux; dégraissez-les; finissez-les avec un jus de
-citron, et servez-les comme ragoût de laitances,
-soit dans une casserole d’argent, soit dans une
-caisse, ou dans un vol-au-vent.</p>
-
-<h4 id="rct_141"><i>Ragoût de Langues de&nbsp;Carpes.</i></h4>
-
-<p>Prenez un cent de langues de carpes; faites-les
-<span class="pagenum" id="Page_89">[p. 89]</span>
-dégorger et blanchir, comme les laitances de
-carpes. La sauce de ces langues est la même
-que celle des laitances, et elles se finissent de
-même.</p>
-
-<h4 id="rct_142"><i>Des Truffes en&nbsp;général.</i></h4>
-
-<p>La truffe, comme on sait, est un légume de
-la famille des champignons, qui présente une
-substance toujours ferme et charnue, dont les
-semences ne sortent jamais sous la forme de
-poussière, et qui se multiplie par décomposition
-dans la terre. Parmi les espèces de ce genre, la
-plus importante à considérer, c’est la truffe <i>dite</i>
-comestible, dont la couleur est noire: elle n’a
-ni racine apparente, ni base radicale; sa forme
-est irrégulière, mais cependant toujours rapprochée
-de la globuleuse; sa grosseur varie depuis
-celle d’un pois jusqu’à celle des deux poings réunis.
-Elle répand une odeur pénétrante et agréable,
-qu’on ne peut comparer à aucune autre, et
-qui fait son principal mérite. Dans sa maturité;
-elle est souvent crevassée et toujours d’un brun
-veiné de blanc dans son intérieur. Elle présente
-plusieurs variétés; mais il ne faut pas regarder
-comme telles la truffe blanche et la truffe musquée:
-ce sont de véritables espèces, comme on
-le verra plus bas.</p>
-
-<p>C’est principalement dans les forêts plantées
-de chênes et de châtaigniers, vulgairement appelées
-vieilles écorces; dans les terrains secs,
-légers et abondamment pourvus d’humus, qu’on
-<span class="pagenum" id="Page_90">[p. 90]</span>
-rencontre le plus fréquemment la truffe comestible.
-Elle se trouve dans toute l’Europe, et principalement
-en France, où elle est fort recherchée
-comme assaisonnement et comme aliment.
-Celles d’Angoulême et celles des environs de
-Périgueux sont préférées; cependant celles du
-Dauphiné les rivalisent pour la finesse, l’odorat
-et la délicatesse de leur chair; elles ont l’avantage
-d’être mieux faites et d’avoir la peau extrêmement
-plus fine, ce qui me les a fait souvent
-préférer. Après les truffes noires sont les truffes
-blanches du Piémont, que les Piémontais appellent
-<i lang="it" xml:lang="it">bianchetto</i>. Cette truffe est presque ronde,
-unie, grise, de la grosseur d’une forte noix; sa
-chair est blanche ou livide, farineuse, et exhale
-une odeur d’ail.</p>
-
-<p>Après ces truffes viennent celles de Bourgogne,
-qui leur sont inférieures, et généralement
-on en fait peu de cas: elles ressemblent
-assez, par leur grosseur, à celles du Périgord et
-du Dauphiné; elles diffèrent cependant par l’épaisseur
-de la peau, qui est infiniment plus graveleuse,
-leurs chairs moins fines, ainsi que l’odorat.
-Elles sont très-sujètes à sentir le musc,
-ce qui fait qu’on les recherche peu: aussi sont-elles
-infiniment moins chères. Dirai-je que les
-marchands de truffes et de comestibles les mêlent
-souvent avec celles du Périgord et du Dauphiné,
-ce qui est une fraude manifeste; et il n’y a guère
-que les connaisseurs qui peuvent en partie s’en
-garantir.</p>
-
-<h4 id="rct_143"><span class="pagenum" id="Page_91">[p. 91]</span>
-<i>Ragoût aux&nbsp;Truffes.</i></h4>
-
-<p>Prenez une livre ou deux de truffes, selon vos
-besoins (<i>si c’est vous qui les achetez, prenez les
-plus rondes, autant que possible; qu’elles soient
-lourdes, peu chargées de terre, et que la peau
-en soit fine. Serrez-les dans votre main; il faut
-qu’elles résistent en les serrant moyennement, et
-qu’elles ne soient ni molles ni gluantes; flairez-les
-pour juger de leur parfum; si elles avaient
-un goût de fromage, rejetez-les</i>). Après vous être
-assuré de leur qualité, jetez-les dans l’eau fraîche:
-celles qui surnagent sont inférieures à celles qui
-restent au fond; ayez une petite brosse, brossez-les,
-pour en extraire absolument la terre, et rejetez-les
-dans un autre vase rempli d’eau claire,
-et non d’eau chaude, vu qu’elles en perdraient
-leur parfum: rebrossez-les, et avec la pointe du
-couteau ôtez-en la terre jusque dans les creux
-et les sinuosités: s’il s’en trouvait qui aient des
-brochettes, retirez-les. Je parle ainsi, parce qu’il
-arrive souvent que les marchands osent en faire
-de grosses de plusieurs petites, et cela en les joignant
-l’une à l’autre, à la faveur de ces brochettes.
-Bref, cela fait, lavez vos truffes encore à une
-troisième eau, et même plus, vu qu’il faut que
-l’eau reste limpide; retirez-les; épluchez-les:
-elles s’épluchent en levant leur peau le plus
-mince possible. On conserve ordinairement les
-plus belles pour servir sous la serviette ou en
-croustade; les autres se coupent par tranches ou
-<span class="pagenum" id="Page_92">[p. 92]</span>
-en dés, pour faire la sauce aux truffes dont je
-vais parler.</p>
-
-<h4 id="rct_144"><i>Ragoût aux Truffes et à l’Espagnole.</i></h4>
-
-<p>Prenez une poignée de truffes ou davantage,
-si le cas le requiert; coupez-les en lames ou en
-dés, comme il est dit à l’article précédent; mettez-les
-dans une casserole sur un feu doux avec
-un morceau de beurre; faites-les suer; mouillez-les
-avec un demi-verre de vin blanc, deux cuillerées
-à dégraisser d’espagnole réduite; faites-les
-aller sur un feu doux, jusqu’à ce qu’elles soient
-cuites; dégraissez votre sauce, et finissez-la avec
-un petit morceau de beurre: ayez soin de bien
-l’incorporer avec vos truffes, soit en les passant,
-soit en les remuant; surtout n’y mettez point de
-citron, ce qui ôterait le velouté de votre sauce.</p>
-
-<h4 id="rct_145"><i>Ragoût aux Truffes à l’Italienne.</i></h4>
-
-<p>Émincez des truffes comme les précédentes,
-la quantité que vous jugerez nécessaire; faites-les
-suer dans du beurre, comme il est énoncé
-précédemment; mettez un peu d’échalotes et de
-persil haché, du sel et du poivre; mouillez avec
-un demi-verre de vin blanc et deux cuillerées à
-dégraisser d’espagnole; faites bouillir votre sauce;
-dégraissez, et finissez-la avec un filet d’excellente
-huile d’olive.</p>
-
-<h4 id="rct_146"><i>Ragoût aux Truffes à la&nbsp;Piémontaise.</i></h4>
-
-<p>Émincez vos truffes comme il est dit plus haut,
-et mettez-y, au lieu de beurre, de l’huile; joignez
-<span class="pagenum" id="Page_93">[p. 93]</span>
-à cela un peu d’ail écrasé; posez votre casserole
-sur une cendre chaude, afin que vos
-truffes ne fassent que frémir; au bout d’un quart
-d’heure assaisonnez-les de sel fin et d’un peu
-de gros poivre; forcez-les un peu en jus de citron,
-et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_147"><i>Ragoût à la&nbsp;Périgueux.</i></h4>
-
-<p>Coupez des truffes en petits dés; passez-les
-dans du beurre; mettez-y deux ou trois cuillerées
-à dégraisser d’italienne rousse ou d’espagnole,
-avec un peu de vin blanc, et finissez-les
-avec la moitié d’un pain de beurre de Vembre.
-Cette sauce se sert sur des perdreaux, des poulardes,
-des poulets et des dindes truffés.</p>
-
-<h4 id="rct_148"><i>Observations sur les&nbsp;Champignons.</i></h4>
-
-<p>On sait que les champignons désignés par les
-botanistes sous le nom d’<i>agaric succulent</i> sont
-les champignons qui s’emploient dans les ragoûts:
-ils viennent sur couches, et sont à-peu-près
-les seuls que l’on puisse manger sans danger,
-à moins qu’on en fasse excès. Je n’en excepte
-point les sceptres et les oronges, dont on
-fait une grande consommation à Bordeaux et
-lieux circonvoisins: ceux-là se trouvent dans
-les bois; et le plus sûr moyen que je connaisse
-pour les employer et les manger sans danger,
-est de les séparer avec une pièce de métal,
-comme, par exemple, une pièce de six liards;
-lorsque les ayant coupé et ayant supprimé les
-<span class="pagenum" id="Page_94">[p. 94]</span>
-parties feuilletées, ainsi que les queues qui se
-trouvent au-dessous de la tête des champignons,
-ils conservent leur blancheur au moins une heure,
-et ne changent point de couleur; on peut les employer;
-(avant cela, il faut les peler, c’est-à-dire
-leur ôter la première épiderme), les faire macérer
-dans de l’huile ou du vinaigre, et leur faire
-des incisions multipliées; de plus il ne faut les
-employer qu’à leur parfaite maturité: s’ils sont
-trop vieux, ils sont dangereux; et s’ils ne sont
-pas assez mûrs, ils le sont encore.</p>
-
-<h4 id="rct_149"><i>Ragoût aux&nbsp;Champignons.</i></h4>
-
-<p>Ayez deux maniveaux de champignons, épluchez-les,
-coupez les queues près de la tête,
-lavez-les à plusieurs eaux, et tournez-les; en
-voici la manière: Prenez un petit couteau de la
-main dont vous avez le plus l’habitude de vous
-servir, et de l’autre la tête du champignon;
-posez-le sur le tranchant de la lame de votre
-couteau, en sorte que ce soit le champignon
-qui tourne sur cette lame, de manière à ne laisser
-aucune trace des coups de couteau; au fur
-et à mesure que vous les aurez tournés, jetez-les
-dans une casserole avec un peu d’eau où vous
-aurez mis le jus d’un citron, sautez-les, afin qu’ils
-ne rougissent pas: dirai-je que vous pourrez
-tourner les queues de même comme vous tourneriez
-des petites carottes? Cela fait, mettez
-dans vos champignons un grain de sel, un morceau
-de beurre; posez votre casserole sur un
-<span class="pagenum" id="Page_95">[p. 95]</span>
-bon feu, et sautez-les; sont-ils passés? laissez-les
-cuire sur un feu doux; vous jugerez s’ils le
-sont en les pressant entre deux doigts, vu qu’ils
-rendront leur jus; si vous voulez en faire un
-ragoût au brun, joignez une lame de jambon et
-un bouquet de persil et ciboules; mouillez le
-tout avec trois cuillerées à dégraisser d’espagnole;
-retirez le jambon et le bouquet quand
-vous jugerez que votre ragoût est près d’être
-réduit; dégraissez-le et finissez-le avec un petit
-pain de beurre; si vous n’aviez point d’espagnole,
-vous feriez sur un feu doux un petit
-roux brun d’une belle couleur; mouillez-le avec
-une cuillerée à pot de bouillon, mettez-y un
-peu plus de jambon, quelques parures de veau,
-un bouquet bien assaisonné, une carotte et un
-oignon; faites cuire le tout; lorsque vous le croirez
-cuit, passez cette sauce à l’étamine et servez-vous-en
-au lieu d’espagnole.</p>
-
-<h4 id="rct_150"><i>Ragoût de Champignons au&nbsp;blanc.</i></h4>
-
-<p>Le procédé pour ce ragoût est le même que
-celui énoncé à l’article précédent, excepté qu’il
-faut employer du velouté au lieu d’espagnole,
-et que, pour le finir, on le lie avec deux jaunes
-d’œufs, délayés avec un peu de lait ou de crême,
-et un demi-pain de beurre; faute de velouté, il
-faut ôter le jus de vos champignons, les singer
-avec de la farine de froment passée au tamis, ensuite
-les délayer petit à petit avec leur jus, en y
-ajoutant une cuillerée à pot de bouillon sans couleur,
-<span class="pagenum" id="Page_96">[p. 96]</span>
-une lame de jambon, un bouquet de persil
-et de ciboules; enfin, en faisant cuire ce ragoût,
-dégraissez-le; réduit à son degré, liez-le
-comme ci-dessus, et finissez-le de même.</p>
-
-<h4 id="rct_151"><i>Ragoût de&nbsp;Morilles.</i></h4>
-
-<p>La morille est une sorte de champignon et
-s’accommode de même; prenez des morilles proportionnément
-au ragoût que vous voulez faire,
-épluchez-en les queues pour en ôter la terre,
-fendez les grosses en deux ou trois, lavez-les,
-mettez-les dans un vase avec de l’eau tiède pour
-qu’elles dégorgent, et que le sable qu’elles sont
-sujètes à contenir tombe au fond du vase; retirez-les
-de cette eau, faites-les blanchir, égouttez-les,
-mettez-les dans une casserole avec un
-morceau de beurre; passez-les, mouillez-les
-avec la sauce rousse, si elles sont au roux;
-blanche, si elles sont au blanc, comme il est
-énoncé pour les ragoûts de champignons, et
-finissez de même.</p>
-
-<h4 id="rct_152"><i>Ragoût de&nbsp;Mousserons.</i></h4>
-
-<p>Le mousseron est encore de la famille des
-champignons, et vient sous la mousse; il s’accommode
-comme les morilles, soit qu’il soit sec
-ou frais: il faut le faire dégorger dans l’eau
-pour en extraire le sable et le faire blanchir de
-même que la morille.</p>
-
-<h4 id="rct_153"><i>Ragoût de Chicorée au&nbsp;brun.</i></h4>
-
-<p>Ayez douze chicorées, épluchez-les, ôtez-en
-<span class="pagenum" id="Page_97">[p. 97]</span>
-tout le vert; lavez ces chicorées à plusieurs
-eaux, en les tenant par la racine et les plongeant
-à plusieurs reprises; prenez garde qu’il
-n’y reste des vers de terre, qui souvent s’y trouvent;
-égouttez-les; faites-les blanchir à grande
-eau où vous aurez mis une poignée de sel; elles
-le seront assez lorsque, en pressant leurs feuilles
-entre vos doigts, elles s’écraseront facilement;
-alors retirez-les avec une écumoire, mettez-les
-rafraîchir dans un seau d’eau fraîche; égouttez-les,
-pressez-les entre vos mains, de manière
-qu’il leur reste le moins d’eau possible; supprimez-en
-les racines et les plus gros côtons;
-hachez cette chicorée, mettez-la dans une casserole
-avec un morceau de beurre, passez-la
-sur un feu moyen environ un quart d’heure
-pour la bien dessécher; mouillez-la avec deux
-cuillerées d’espagnole et une de consommé;
-faites-la cuire une heure au moins, en la remuant
-continuellement avec une cuiller de bois,
-de crainte qu’elle ne s’attache et ne brûle; quand
-elle sera réduite à son point, mettez-y du sel
-et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_154"><i>Ragoût de Chicorée au&nbsp;blanc.</i></h4>
-
-<p>Employez pour ce ragoût le même procédé
-que celui énoncé ci-dessus, excepté qu’il faut
-employer en moindre quantité du velouté, au
-lieu d’espagnole; ce ragoût de chicorée se finit
-avec une chopine de crême, ou du lait réduit,
-que vous y versez petit à petit, un peu de
-<span class="pagenum" id="Page_98">[p. 98]</span>
-muscade râpée et du sel, la quantité convenable.</p>
-
-<h4 id="rct_155"><i>Autre&nbsp;manière.</i></h4>
-
-<p>Pour faire le ragoût de chicorée au blanc,
-n’ayant point de velouté, passez-la dans le
-beurre; quand elle est assez desséchée, singez-la
-légérement, délayez-la avec du bouillon, mettez-y
-le sel convenable, faites-la cuire et réduire;
-finissez-la, comme la précédente, avec
-de la crême ou du bon lait, et un peu de muscade
-râpée.</p>
-
-<h4 id="rct_156" class="hang"><i>Manière de remplacer la Chicorée dans la saison
-où elle manque et lorsque l’on n’en a pas&nbsp;conservé.</i></h4>
-
-<p>Prenez le cœur d’un ou de deux choux, dont
-vous aurez ôté le vert, flairez-les; s’ils sentent
-le musc prenez-en d’autres; coupez-les par
-quartiers, ôtez-en les trognons et les plus grosses
-côtes; émincez-les avec votre couteau le plus
-fin possible, jetez-les dans l’eau, lavez-les bien,
-retirez-les dans une passoire; faites-les blanchir
-comme la chicorée, mais un peu plus de temps;
-rafraîchissez-les, pressez-les, hachez-les comme
-la chicorée, et pour leur accommodage c’est
-le même procédé.</p>
-
-<h4 id="rct_157"><i>Ragoût d’Épinards.</i></h4>
-
-<p>Ayez des épinards ce qu’il vous en faut; ôtez-en
-les queues et ceux qui ne sont pas bien verts ou
-qui sont tachés; lavez-les plusieurs fois à grande
-<span class="pagenum" id="Page_99">[p. 99]</span>
-eau, faites-les blanchir, au grand bouillant, dans
-beaucoup d’eau où vous aurez mis une poignée
-de sel; ayez soin de les remuer et de les écumer;
-prenez garde que l’eau ne s’en aille pardessus
-les bords du chaudron, ce qui ferait
-voler de la cendre dans vos épinards, leur donnerait
-un mauvais goût et les ferait croquer:
-pour juger s’ils sont assez blanchis, pressez-en
-entre deux doigts; s’ils s’écrasent facilement,
-ils le sont assez; dès-lors retirez-les du
-feu, jetez-les dans une passoire, ensuite dans
-une assez grande quantité d’eau fraîche pour
-les rafraîchir sur-le-champ; laissez-les se rafraîchir
-un quart d’heure; jetez-les de nouveau
-dans une passoire, après mettez-les en pelote,
-sans pour cela les trop presser; hachez-en ce
-dont vous aurez besoin, mettez-les dans une
-casserole avec un morceau de beurre suffisant
-pour les nourrir; passez-les sur un feu vif, remuez-les
-avec une cuiller de bois; quand ils
-seront assez desséchés et d’un beau vert, mouillez-les
-avec de l’espagnole; s’ils sont pour entrée,
-faites-les réduire à consistance d’une forte
-bouillie, mettez-y un peu de muscade râpée,
-et, pour les finir, un pain de beurre; remuez-les
-bien, puis servez.</p>
-
-<h4 id="rct_158"><i>Ragoût de Haricots à la&nbsp;Bretonne.</i></h4>
-
-<p>Épluchez et lavez un litre de haricots de
-Soissons, secs ou verts; mettez-les dans une
-marmite, à l’eau froide, avec un morceau de
-<span class="pagenum" id="Page_100">[p. 100]</span>
-beurre sans sel, et durant leur cuisson versez-y
-à plusieurs reprises un peu d’eau fraîche, ce
-qui les empêchera de bouillir et les rendra plus
-moelleux; quand ils seront cuits égouttez-les,
-mettez-les dans une casserole avec un morceau
-de beurre, une cuillerée ou deux de <a href="#rct_77">purée d’oignons
-au brun</a> (comme elle est énoncée à son
-article) et d’<a href="#rct_37"><ins title="espagnol">espagnole</ins></a>, assaisonnez-les d’un peu
-de gros poivre et de sel; sautez-les souvent,
-et finissez-les avec un pain de beurre.</p>
-
-<h4 id="rct_159"><i>Ragoût de Haricots au&nbsp;jus.</i></h4>
-
-<p>Mettez dans une casserole vos haricots cuits,
-comme il est dit ci-dessus, avec un morceau de
-beurre, deux cuillerées d’espagnole, une cuillerée
-de jus de bœuf, du sel, du gros poivre, et
-finissez-les aussi avec un pain de beurre.</p>
-
-<h4 id="rct_160"><i>Garniture de Céleri ou&nbsp;Entremets.</i></h4>
-
-<p>Ayez une vingtaine de pieds de céleri; épluchez-les
-en ôtant toutes les feuilles vertes; tournez-en
-les racines; lavez ces pieds de céleri à
-plusieurs eaux; faites-les blanchir, rafraîchissez-les,
-égouttez-les; faites en cinq paquets, ficelez-les;
-foncez de bardes de lard une casserole,
-arrangez-y votre céleri; joignez-y un oignon piqué
-d’un clou de girofle, une carotte coupée en
-quatre, un bouquet de persil et ciboules, un
-peu de sel; mouillez votre céleri avec le derrière
-de la marmite; couvrez-le de bardes de lard et
-d’un rond de papier; faites-le partir et laissez-le
-<span class="pagenum" id="Page_101">[p. 101]</span>
-mijoter avec feu dessous et dessus; sa cuisson
-faite, égouttez-le, dressez-le autour de ce que
-vous serez dans le cas de servir, comme noix
-de veau, poularde, poulet, gigot, etc., et saucez
-avec une espagnole et un jus clair.</p>
-
-<h4 id="rct_161"><i>Ragoût blanc aux&nbsp;Concombres.</i></h4>
-
-<p>Préparez vos <a href="#rct_132">concombres</a>, comme il est indiqué
-à l’article des <i>Garnitures</i>; mettez dans une
-casserole trois ou quatre cuillerées à dégraisser
-de velouté; ajoutez-y vos concombres; faites
-cuire, réduire, et dégraissez-les; goûtez s’ils
-sont d’un bon sel; finissez de les lier avec un
-morceau de beurre; mettez-y un peu de muscade
-râpée, et servez-vous-en.</p>
-
-<h4 id="rct_162"><i>Ragoût brun aux&nbsp;Concombres.</i></h4>
-
-<p>Préparez vos <a href="#rct_133">concombres</a>, comme il est indiqué
-à l’article des <i>Garnitures</i>; mettez dans une
-casserole quatre cuillerées à dégraisser pleines
-d’espagnole réduite, grasse ou maigre; ajoutez-y
-vos concombres; dégraissez et faites réduire;
-mettez-y gros comme le pouce de glace; <ins id="cor_7" title="finistez">finissez</ins>-les
-avec un petit morceau de beurre, et
-servez-vous-en.</p>
-
-<h4 id="rct_163"><i>Ragoût à la&nbsp;Chipolata.</i></h4>
-
-<p>Mettez dans une casserole deux cuillerées à
-pot d’espagnole réduite, une demi-bouteille de
-vin de Madère, des champignons tournés, des
-petits oignons cuits à blanc, des marrons préparés
-<span class="pagenum" id="Page_102">[p. 102]</span>
-comme pour les terrines, des petites saucisses
-à la chipolata que vous aurez fait cuire
-dans du bouillon, des truffes coupées en quartiers
-et un peu de gros poivre; faites réduire
-votre ragoût; dégraissez-le, et servez-vous-en.</p>
-
-<h4 id="rct_164"><i>Ragoût de Pois au&nbsp;Lard.</i></h4>
-
-<p>Prenez lard ou jambon une demi-livre, ou
-plus, si le cas le requiert; coupez-le en gros dés;
-faites-le blanchir; mettez du beurre dans une
-casserole; faites-y revenir votre lard ou votre
-jambon; qu’il soit d’une belle couleur; ayez un
-litre de pois très-fin; mettez-les dans un vase
-avec gros de beurre comme une noix; maniez-les
-avec la main; versez de l’eau dessus; laissez-les
-dans l’eau un demi-quart d’heure, pour que
-leur peau s’attendrisse; égouttez-les dans une
-passoire; mettez-les dans une casserole, et faites-les
-suer: lorsqu’ils seront bien verts, mouillez-les
-avec une cuillerée à pot d’espagnole;
-ajoutez-y votre petit lard ou votre jambon, un
-bouquet de persil et ciboules; faites-les partir;
-retirez-les sur le bord du fourneau, laissez-les
-mijoter et réduire. Votre ragoût étant bien cuit,
-dégraissez-le; goûtez s’il est d’un bon sel; s’il
-se trouvait trop salé, mettez-y un peu de sucre,
-et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_165"><i>Ragoût d’Olives.</i></h4>
-
-<p>Ayez une chopine d’olives nouvelles et bien
-vertes; ôtez-en les noyaux; vous y parviendrez
-en prenant l’olive d’une main, votre couteau de
-<span class="pagenum" id="Page_103">[p. 103]</span>
-l’autre, et tournant votre olive comme vous
-tourneriez une pomme, à la différence près qu’il
-faut enlever avec la pointe de votre couteau
-toute la chair de votre olive de dessus le noyau
-sans la rompre, et la reformer dans son état
-primitif: cela fait, mettez vos olives dans de
-l’eau fraîche; au moment de servir faites-les blanchir;
-versez dans une autre casserole trois cuillerées
-à dégraisser d’espagnole réduite; faites-la
-bouillir et dégraissez-la; au moment de servir
-mettez vos olives dans votre sauce; ajoutez-y la
-moitié d’un pain de beurre, liez votre sauce,
-et servez-vous-en.</p>
-
-<h4 id="rct_166"><i>Ragoût de Navets en Haricots&nbsp;vierges.</i></h4>
-
-<p>(Voyez l’article <a href="#rct_564"><i>Ailerons de Poulardes en
-Haricots vierges</i></a>.)</p>
-
-<h4 id="rct_167"><i>Ragoût aux pointes d’Asperges.</i></h4>
-
-<p>(Voyez l’article <a href="#rct_332"><i>Tendons d’Agneaux</i></a>.)</p>
-
-<h4 id="rct_168"><i>Ragoût de petites&nbsp;Racines.</i></h4>
-
-<p>Préparez des petites racines, comme il est
-indiqué à l’article <i>Garnitures</i>, etc.<sup><a href="#note_1">[1]</a></sup>; faites-les
-tomber à glace; mouillez-les avec deux ou trois
-cuillerées d’espagnole et une de consommé;
-laissez-les cuire, dégraissez-les; faites-les réduire;
-finissez-les avec gros de beurre comme
-une noix et une pincée de sucre; sautez-les,
-goûtez si elles sont d’un bon goût, et servez-vous-en.
-Si vous n’avez pas d’espagnole, faites
-un petit roux; mouillez-le avec du bouillon ou
-<span class="pagenum" id="Page_104">[p. 104]</span>
-du consommé, et un bouquet assaisonné; faites
-cuire; tordez votre sauce dans une étamine;
-ajoutez-y vos petites racines; laissez-les mijoter;
-dégraissez-les; faites-les réduire, et finissez
-comme ci-dessus.</p>
-
-<div class="box" id="note_1">1 Note de transcription: Nous n'avons pas trouvé
-ces indications dans le chapitre <small>GARNITURES</small>.
-L'auteur pense peut-être au <a href="#rct_13"><i>Potage à la Julienne</i></a>.
-</div>
-
-<h4 id="rct_169"><i>Ragoût aux petits&nbsp;Oignons.</i></h4>
-
-<p>Suivez pour ce ragoût la manière énoncée
-pour les petites racines, article précédent.</p>
-
-<h4 id="rct_170"><i>Ragoût à la&nbsp;Macédoine.</i></h4>
-
-<p>(Voyez <i>Macédoine blanche ou rousse</i>, à l’article
-de l’Entremets <span class="ndt"> [Tome&nbsp;II]</span>.)</p>
-
-<h4 id="rct_171"><i>Ragoût à la&nbsp;Godiveau.</i></h4>
-
-<p>Mettez de l’espagnole dans une casserole, la
-quantité que vous croirez nécessaire pour votre
-ragoût; ajoutez-y la quantité convenable d’andouillettes
-de Godiveau; mettez-y des <a href="#rct_149">champignons</a>
-préparés, comme il est dit aux <i>Garnitures</i>,
-et quelques culs d’artichauts coupés en quatre ou
-en huit morceaux; faites achever de cuire votre
-ragoût; dégraissez-le, faites-le réduire, mettez-y
-un jus de citron ou un filet de verjus, et servez-vous-en,
-soit pour garnir une tourte ou un
-pâté chaud, ou tout autre ragoût; vous pouvez
-l’augmenter de quelques gorges de ris de veau
-coupées en tranches, d’écrevisses, de foies de
-volailles et d’ailerons.</p>
-
-<hr class="hr15" />
-
-<h2 id="rct_boeuf">BŒUF.</h2>
-
-<p>Le bœuf est sans contredit la base fondamentale
-de la bonne cuisine; c’est la nourriture
-<span class="pagenum" id="Page_105">[p. 105]</span>
-ordinaire dont on se passe le moins après le
-pain.</p>
-
-<p>Les meilleurs bœufs nous viennent de la
-Normandie: ceux du Cotentin, lorsqu’ils ont
-toutes les <ins id="cor_8" title="qualitées">qualités</ins> requises, sont les meilleurs;
-les bœufs de l’Auvergne et de la Bretagne les
-suivent pour la qualité. Ceux du Limousin sont
-encore fort bons. Les bœufs d’Allemagne, par
-la fatigue qu’ils éprouvent pour arriver en ce
-pays, acquièrent une qualité supérieure à celle
-qu’ils auraient si on les consommait sur les
-lieux, parce que leur graisse, par la longueur
-du voyage, s’incorpore avec leur chair et la
-rend plus succulente: d’ailleurs leur charpente
-est infiniment plus grande et plus grosse que
-celle de nos bœufs du <ins id="cor_9" title="Contentin">Cotentin</ins>; ce qui fait
-que vous avez à la boucherie plus d’os que vous
-n’en auriez des autres bœufs.</p>
-
-<p>La qualité du bœuf se distingue lorsque les
-chairs sont couvertes de graisse et que l’intérieur
-en est picoté comme le marbre granit, et d’une
-couleur rouge tirant un peu sur le brun.</p>
-
-<p>Malgré que la totalité de l’animal (les cornes,
-cuir et sabots exceptés) soit bonne à manger,
-les parties les plus recherchées sont l’aloyau, la
-culotte, la noix, ou, comme l’appellent les
-bouchers, la tranche grasse, les entre-côtes, les
-côtes et la poitrine; l’épaule, que les bouchers
-nomment paleron, est inférieure aux parties
-énoncées. Le flanchet, le collier et la tête sont
-les parties les moins estimées. Comme le filet
-<span class="pagenum" id="Page_106">[p. 106]</span>
-mignon est ce qu’il y a de plus délicat: je ne
-parlerai pas de la cervelle, parce qu’elle est rarement
-bonne dans le bœuf, attendu qu’en
-France on a l’habitude de les assommer.</p>
-
-<p>On fait, de la langue et du palais, d’excellens
-mets sous diverses formes. Les rognons, selon
-moi, sont dans le bœuf ce qu’il y a de plus grossier,
-en ce qu’ils ont souvent des pierres, des
-obstructions; qu’ils servent, comme chez tous
-les animaux, de filtres aux urines, et qu’ils en
-ont le goût. Cependant j’indiquerai les moyens
-de les employer avec avantage.</p>
-
-<h4 id="rct_172"><i>Bœuf bouilli (ordinaire).</i></h4>
-
-<p>Ayez une culotte de bœuf, ou seulement une
-partie, ce qui dépend de la quantité de personnes
-que vous avez à traiter; désossez et ficelez-la;
-mettez-la dans une marmite, comme il
-est indiqué à l’article du <a href="#rct_1"><i>Grand Bouillon</i></a>; lorsqu’elle
-sera cuite, servez-la, soit avec du persil
-vert en branche, soit avec une sauce hachée ou
-une garniture d’oignons et de légumes; cela dépend
-de votre volonté. Si vous servez votre pièce
-(grosse ou petite) aux oignons glacés, prenez
-de ces derniers une quantité suffisante et de
-même grosseur; après les avoir épluchés avec
-soin, et prenant garde de couper les têtes et
-queues trop courtes, enlevez la première peau
-sans endommager celle de dessous: ceci fait,
-beurrez un peu épais le fond d’une casserole;
-saupoudrez-le d’un peu de sucre; arrangez vos
-<span class="pagenum" id="Page_107">[p. 107]</span>
-oignons au fond, en les plaçant du côté de la
-tête, de façon qu’ils soient tout couverts; mouillez-les
-avec du bouillon, sans qu’ils trempent à
-plus de moitié; posez votre casserole sur un bon
-feu: une fois partie, mettez-la sur un feu plus
-doux, couvrez-la, et mettez du feu sur le couvercle;
-veillez vos oignons; quand vous verrez
-qu’ils sont presque cuits, remettez-<ins id="cor_10" title="lez">les</ins> sur un
-fourneau plus ardent, découvrez-les, faites réduire
-leur bouillon, de manière à tirer vos oignons
-à glace, et qu’ils soient d’une belle couleur.
-Avant de les ranger autour de votre pièce,
-ayez soin de les rouler dans leur glace au moyen
-d’une fourchette avec laquelle vous les prendrez
-pour ne pas les déformer. Vous mettrez un peu
-de bouillon dans votre casserole pour en détacher
-le reste de la glace dont vous couvrirez votre
-pièce, après avoir levé la première peau et avoir
-rapporté, avec la lame du couteau, du gras de
-votre pièce sur les parties où il en manque, et
-servez.</p>
-
-<h4 id="rct_173"><i>Pièce de Bœuf garnie de&nbsp;Choux.</i></h4>
-
-<p>Prenez deux ou trois choux; coupez-les
-par quartiers; lavez-les; faites-les blanchir:
-lorsqu’ils le seront, rafraîchissez-les; ficelez-les;
-mettez-les dans une marmite; mouillez-les
-avec du bouillon: si vous avez une braise ou
-quelques bons fonds, servez-vous-en; ajoutez-y
-quelques carottes, deux ou trois oignons, dont
-un piqué de trois clous de girofle, une gousse
-<span class="pagenum" id="Page_108">[p. 108]</span>
-d’ail, du laurier, du thym; de plus, pour que vos
-choux soient bien nourris, ajoutez-y le derrière
-de votre marmite; <ins id="cor_11" title="laisez">laissez</ins>-les mijoter trois ou quatre
-heures; égouttez-les sur un linge blanc; pressez-les
-pour en faire sortir la graisse en leur donnant
-la forme d’un rouleau à pâte; dressez-les
-autour de votre pièce; masquez-la, ainsi que vos
-choux, avec une espagnole réduite, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_174"><i>Pièce de Bœuf au Pain&nbsp;perdu.</i></h4>
-
-<p>Si vous n’avez pas une culotte de bœuf, prenez
-un aloyau, ou seulement une partie; levez-en
-le filet (mignon); il vous servira pour faire
-une entrée; désossez le reste de votre aloyau;
-roulez-le en manchon; ficelez-le; marquez-le
-comme une pièce de bœuf à l’ordinaire, et faites-le
-cuire; coupez des lames de pain mollet en
-queue de paon ou en cœur; cassez trois œufs;
-battez-les comme une omelette; assaisonnez-les
-d’un peu de sel et de crême; trempez-y vos lames
-de pain; faites-les frire dans du beurre; ayez
-soin de les retourner les unes après les autres:
-lorsqu’elles seront d’une belle couleur, égouttez-les
-sur un linge blanc: la cuisson de votre pièce
-de bœuf ou aloyau étant achevée, égouttez-la,
-et, après l’avoir déficelée, vous la poserez sur le
-plat, et rangerez autour vos lames de pain frites;
-saucez le tout, soit avec une espagnole, soit avec
-une sauce hachée, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_175"><i>Pièce de Bœuf à l’écarlate.</i></h4>
-
-<p>Prenez tout ou partie d’une culotte de bœuf:
-<span class="pagenum" id="Page_109">[p. 109]</span>
-laissez-la se mortifier trois jours ou plus, suivant
-la saison: cela fait, désossez-la et lardez-la de
-gros lard; vous l’assaisonnerez de persil et ciboules
-hachés, de poivre et épices fines; frottez
-cet aliment de sel fin, très-sec et passé au tamis,
-dans lequel vous aurez mis une once ou deux
-de salpêtre purifié; mettez votre pièce dans une
-terrine de grès <i>dite</i> d’office, avec une bonne
-poignée de genièvre, thym, basilic, quelques
-ciboules, une ou deux gousses d’ail, trois ou
-quatre clous de girofle, et quelques tranches d’oignons;
-couvrez-la d’un vase, en mettant entre
-deux un linge, pour que l’air n’y puisse pénétrer;
-laissez-la ainsi huit jours, au bout desquels
-retournez-la et recouvrez-la avec le même soin,
-et laissez-la encore trois ou quatre jours; ensuite
-retirez-la et faites-la égoutter; mettez dans une
-marmite de l’eau assaisonnée de carottes, oignons,
-et d’un bon bouquet; faites-la partir; et
-lorsque votre eau sera au grand bouillon, mettez-y
-votre culotte, après l’avoir enveloppée d’un
-linge blanc, que vous ficelerez; faites-la cuire
-ainsi pendant quatre heures sans interruption;
-après, retirez-la pour la placer dans une terrine
-de sa forme; jetez dessus l’assaisonnement dans
-lequel elle a cuit, et laissez-la refroidir; servez-la
-sur une serviette comme un jambon, avec du
-persil vert autour.</p>
-
-<p>Si vous la voulez servir chaude, mettez-la sur un
-plat comme une pièce de bœuf, avec un bon jus
-de bœuf corsé, et autour, du raifort ou cran râpé.</p>
-
-<h4 id="rct_176"><span class="pagenum" id="Page_110">[p. 110]</span>
-<i>Culotte de Bœuf à la Gelée ou à la&nbsp;Royale.</i></h4>
-
-<p>Prenez une culotte ou une partie; choisissez-la
-de bonne qualité, et qu’elle soit bien couverte;
-désossez-la; lardez-la de gros lard, comme la
-culotte à l’écarlate, et assaisonnez ces lardons
-de même; enveloppez-la dans un linge blanc;
-ficelez-la; mettez-la dans une braisière, au fond
-de laquelle vous aurez mis les os de votre culotte,
-cinq ou six carottes, quatre oignons, deux
-gousses d’ail, un bouquet de persil et ciboules,
-deux feuilles de laurier, un jarret de veau, un
-demi-setier de vin blanc, du sel ce qu’il en faut
-pour qu’elle soit d’un bon goût, deux ou trois cuillerées
-à pot de bouillon; faites-la partir sur un
-bon feu; couvrez-la de trois épaisseurs de papier
-beurré; couvrez votre braisière avec son couvercle;
-faites-la aller doucement avec feu dessus
-et dessous environ quatre heures; lorsque
-votre culotte sera cuite, retirez-la; laissez-la refroidir
-dans le linge; passez son fond à travers
-une serviette, que vous aurez eu soin de mouiller,
-afin que la graisse ne passe pas avec; laissez-la
-refroidir; fouettez avec une fourchette deux
-blancs d’œufs avec un peu d’eau; jetez-les dans
-votre fond encore tiède; remuez-le; mettez-le
-sur le feu jusqu’à ce qu’il commence à bouillir;
-retirez-le; couvrez-le avec un couvercle sur lequel
-vous mettrez quelques charbons ardens;
-laissez dans cet état votre fond près d’un quart
-d’heure; levez ce couvercle, si votre fond est
-<span class="pagenum" id="Page_111">[p. 111]</span>
-limpide; passez-le de nouveau à travers un linge
-mouillé et tordu; faites refroidir votre gelée,
-pour voir si elle est trop forte ou trop légère:
-dans le premier cas, mettez-y un peu de bouillon;
-dans le second, faites-la cuire de nouveau
-avec un jarret de veau, et clarifiez-la encore,
-ainsi qu’il est dit plus haut.</p>
-
-<p>Si elle n’était pas assez ambrée, vous pourriez
-y mettre un peu de jus de bœuf: si vous voulez
-décorer votre pièce de différentes couleurs, telles
-que rouge et vert, vous pouvez, pour la première,
-employer un peu de cochenille, après
-l’avoir fait infuser sur un feu doux, et en mettre
-seulement quelques gouttes, jusqu’à ce que vous
-ayez atteint le rouge que vous désirez: le mieux
-est que la couleur ne domine pas. Si vous la désirez
-verte, prenez un peu de jus d’épinards à
-cru; mettez-en également fort peu, afin de conserver
-la limpidité de votre gelée. Si vous n’aviez
-pas de cochenille, et que ce fût en hiver, vous la
-remplaceriez aisément en substituant un peu de
-jus de betteraves rouges, pilées à cru, et en agissant
-comme pour la cochenille; vous coulez toutes
-ces gelées dans des vases disposés de manière à
-pouvoir couper vos gelées de l’épaisseur d’un
-pouce ou moins, et de diverses façons, pour en
-décorer à volonté la pièce à servir, comme si
-c’était des rubis ou émeraudes; ensuite déballez
-votre pièce; parez-la sur tous les sens; ôtez légèrement
-la peau de la première graisse qui la
-couvre; mettez-la sur un plat; qu’elle soit d’à-plomb;
-<span class="pagenum" id="Page_112">[p. 112]</span>
-garnissez-la de gelée; faites une bordure
-de couleurs, en les plaçant alternativement, l’une
-rouge et l’autre verte, comme le sont les diamans
-d’une couronne, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_177"><i>Rosbif, Rond-bif ou Corne-bif.</i></h4>
-
-<p>Procurez-vous un morceau de cuisse de bœuf;
-qu’il soit le plus gras possible; faites-le couper
-de toute la circonférence de la cuisse, et au-dessous
-de ce que l’on appelle la culotte; que le
-gros os se trouve au milieu; et au lieu de casser
-cet os, sciez-le; faites sécher et piler trois ou
-quatre livres de sel; passez-le au tamis; mêlez-y
-un peu d’épices fines et d’aromates en poudre;
-frottez-en toutes les parties de votre bœuf: cela
-fait, mettez-le dans une grande terrine de grès
-avec le restant de votre assaisonnement; couvrez-le
-d’abord d’un linge blanc; fixez ce linge avec
-de la ficelle autour de la terrine, et couvrez-la
-avec un couvercle le plus hermétiquement que
-possible; mettez-la au frais trois ou quatre jours;
-après, retournez dans son assaisonnement votre
-pièce de bœuf; faites-en de même tous les deux
-jours, durant huit ou neuf jours: lorsque vous
-voudrez vous en servir, retirez-la; laissez-la égoutter
-et ficelez-la; mettez de l’eau dans une casserole
-ronde, dans le cas de contenir votre pièce
-sans qu’elle y soit gênée, avec navets, carottes,
-oignons, quatre clous de girofle, quatre feuilles
-de laurier; faites bouillir cet assaisonnement, et
-mettez-y votre pièce de bœuf: posez-la sur une
-<span class="pagenum" id="Page_113">[p. 113]</span>
-feuille de turbotière, afin de pouvoir l’enlever,
-sa cuisson faite, sans la casser; faites-la bouillir
-durant trois heures; retirez-la; dressez-la sur votre
-plat: garnissez-la de légumes avec lesquels elle
-aura cuit, et servez-la avec deux saucières, une
-de sauce au beurre, et l’autre de jus de bœuf
-(voyez <a href="#rct_42"><i>Sauce au Beurre</i></a>, article <small>SAUCES</small>). Servez
-encore avec votre corne-bif des brocolis (voyez
-<i>Choux brocolis</i>, article <small>ENTREMETS</small> <span class="ndt"> [Tome&nbsp;II]</span>). Cette pièce,
-après s’être servie chaude, peut être représentée
-froide avec de la moutarde anglaise et des cornichons.</p>
-
-<h4 id="rct_178"><i>Bœuf fumé ou de&nbsp;Hambourg.</i></h4>
-
-<p>Employez, pour la préparation de cette pièce,
-le même procédé que celui énoncé à l’article
-précédent, excepté que vous ne la larderez pas;
-ajoutez au sel fin dont vous la frotterez un peu
-de salpêtre, du genièvre et autres aromates: après
-douze jours de salaison, accrochez-la, laissez-la
-s’égoutter tout un jour; mettez-la fumer sept
-ou huit jours, comme vous en useriez pour un
-jambon, ayant soin de la retourner au bout de
-quatre jours, afin qu’elle soit fumée également:
-de là, faites-la cuire comme la précédente. Celle-ci
-se sert sur de la chou-croûte garnie de saucisses,
-cervelas et petit lard, ou simplement saucée
-avec un jus de bœuf.</p>
-
-<p>On peut employer la poitrine, les tendons et
-la noix de bœuf, pour remplacer la culotte. Ce
-bœuf se mange froid comme le jambon, et avec
-de la moutarde.</p>
-
-<h4 id="rct_179"><span class="pagenum" id="Page_114">[p. 114]</span>
-<i>Aloyau à la&nbsp;Broche.</i></h4>
-
-<p>Ayez un aloyau de première ou de seconde
-pièce, et plus gros, si le cas l’exige; ôtez-lui l’arête
-sans endommager les deux filets; mettez-le
-sur un plat, saupoudrez-le d’un peu de sel
-fin; arrosez-le d’un peu d’excellente huile d’olive,
-en y joignant quelques tranches d’oignons
-et de feuilles de laurier; laissez-le mortifier deux
-ou trois jours, si le temps le permet, et ayez soin
-de le retourner deux ou trois fois par jour;
-lorsque vous voudrez le faire cuire, embrochez-le
-ou couchez-le sur fer, de la manière suivante:
-passez votre broche dans le gros filet, en
-suivant l’arête ou les os de l’échine; gardez-vous,
-dirai-je encore, d’endommager le filet
-mignon; attachez du côté du gros filet un hatelet
-ou petite broche de fer, liez-le avec de la
-ficelle fortement des deux bouts, afin que votre
-aloyau ne tourne pas sur la broche; roulez le
-flanc en dessous, pour mieux présenter le filet
-mignon et la graisse de votre aloyau que vous dégraisserez
-légérement; assujettissez ce flanc avec
-de petits hatelets, en les passant d’outre en
-outre dans le gros filet; enveloppez de papier
-fort cet aloyau et mettez-le à un feu vif, afin
-qu’il concentre son jus; ayez soin qu’il ne soit
-ni trop cuit ni trop peu, pour qu’il soit dans
-son jus, et servez-le, accompagné d’une saucière
-dans laquelle vous mettrez une bonne sauce
-hachée. (Voyez <a href="#rct_58"><i>Sauce hachée</i></a>.)</p>
-
-<h4 id="rct_180"><span class="pagenum" id="Page_115">[p. 115]</span>
-<i>Aloyau à la&nbsp;Godard.</i></h4>
-
-<p>Otez le dos de l’échine à votre aloyau sans le
-désosser tout-à-fait; lardez-le de gros lardons,
-assaisonnés comme il est dit à l’article <a href="#rct_175"><i>Culotte
-de Bœuf à l’écarlate</i></a>; ficelez-le de manière à
-lui donner une belle forme; mettez-le dans une
-braisière avec un bouquet garni de fines herbes,
-oignons et carottes en suffisante quantité; mouillez-le
-avec du bon bouillon, une demi-bouteille
-de vin de Champagne et une autre demi-bouteille
-de vin de Madère; mettez-y sel et gros
-poivre; faites-le cuire à petit feu, et de manière
-que son fond soit réduit presqu’en glace; retirez-le
-de sa braise, et servez-le avec le ragoût
-énoncé ci-après: mettez quatre cuillerées à dégraisser
-d’espagnole dans une casserole; ajoutez-y
-la cuisson de votre aloyau, que vous aurez
-passée et dégraissée; coupez quelques gorges
-de ris de veau en tranches, des champignons
-tournés, des culs d’artichauts en quartiers, des
-crêtes et des rognons de coqs, des petits œufs;
-dégraissez votre ragoût avant de servir; saucez
-votre aloyau avec ce ragoût; ajoutez-y,
-si vous voulez, des ris de veau piqués et glacés,
-des petits pigeons à la Gautier, des truffes entières,
-des quenelles, six ou huit belles écrevisses,
-quelques culs d’artichauts entiers, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_181"><i>Noix de Bœuf&nbsp;braisée.</i></h4>
-
-<p>Ayez une noix de bœuf couverte de sa panuffe;
-lardez-la de gros lardons, assaisonnez-la
-<span class="pagenum" id="Page_116">[p. 116]</span>
-comme il est dit à l’article <a href="#rct_175"><i>Culotte à l’écarlate</i></a>;
-ficelez-la, mettez-la dans une casserole avec
-carottes tournées, un bouquet assaisonné de laurier,
-de thym, de basilic, une gousse d’ail et
-deux clous de girofle, un peu de sel, une cuillerée
-à pot de bouillon et un demi-setier de vin
-blanc; lorsque vous la jugerez à moitié cuite,
-mettez-y six ou huit oignons blancs, étouffez-la
-avec feu dessus et dessous; quand elle sera cuite,
-ôtez une partie du fond, faites-le réduire pour
-glacer votre noix et vos oignons; dressez-la sur
-un plat, arrangez vos oignons et vos carottes
-autour; glacez le tout comme il est dit plus
-haut; passez le surplus du fond dans ce qui
-reste de votre glace, saucez-en votre noix et
-servez.</p>
-
-<h4 id="rct_182"><i>Côtes de Bœuf couvertes aux&nbsp;Racines.</i></h4>
-
-<p>Prenez les côtes couvertes, lardez-les de gros
-lard comme la noix de bœuf, assaisonnez-les
-et braisez-les de même; tournez des carottes avec
-votre couteau ou emporte-pièce, une quantité
-suffisante pour masquer vos côtes; faites-les
-blanchir, mettez-les cuire dans une casserole
-avec une partie de l’assaisonnement de vos côtes,
-ou du bouillon; faites-le tomber à glace; cela
-fait, prenez la valeur d’une cuiller à bouche
-de farine, un peu de beurre; faites un petit
-roux, mouillez-le: quand il sera bien blond
-avec les restans de l’assaisonnement de vos côtes
-faites cuire votre sauce, dégraissez-la, tordez-la
-<span class="pagenum" id="Page_117">[p. 117]</span>
-dans une étamine sur vos carottes; remettez le
-tout sur le feu, afin que votre sauce et vos carottes
-prennent du goût; mettez-y gros de sucre
-comme la moitié d’une noix, pour en ôter
-l’âcreté, et un pain de beurre; sautez bien le
-tout jusqu’à ce que le beurre soit parfaitement
-fondu et incorporé; masquez vos côtes et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_183"><i>Entre-Côte de&nbsp;Bœuf.</i></h4>
-
-<p>L’entre-côte est la partie qui se trouve sous
-l’épaule ou paleron; la meilleure partie est celle
-qui est à deux côtes de celles couvertes; elle a
-besoin d’être attendrie et mortifiée; elle est plus
-délicate lorsqu’elle est bien marbrée.</p>
-
-<p>Si vous voulez servir une entre-côte, supprimez-en
-les nerfs; coupez-la de l’épaisseur de
-deux travers de doigt, aplatissez-la; saupoudrez-la
-légérement de sel, mettez-la sur un gril
-avec un feu vif; retournez-la souvent: lorsque
-vous la jugerez cuite, servez-la avec une sauce
-hachée (voyez <a href="#rct_58"><i>Sauce hachée</i></a>, à son article), ou
-bien mettez un peu de beurre dans un plat,
-posez-la dessus, retournez-la dedans, ajoutez un
-jus de citron ou un filet de verjus.</p>
-
-<h4 id="rct_184"><i>Filet de Bœuf, piqué, à la&nbsp;Broche.</i></h4>
-
-<p>Ayez un bon filet de bœuf dont vous lèverez
-la peau nerveuse qui se trouve dessus le côté
-qui n’est point attaché aux petites côtes: pour cet
-effet, servez-vous d’un couteau mince, et faites-le
-glisser entre la peau et le filet, comme si vous
-<span class="pagenum" id="Page_118">[p. 118]</span>
-leviez une barde de lard: s’il restait quelques
-petits nerfs, levez-les avec soin, sans endommager
-votre filet; parez-le en tous sens, coupez-en
-la pointe, et ne lui donnez que l’épaisseur de
-deux doigts; piquez-le d’un bout à l’autre.</p>
-
-<p>La manière de s’y prendre pour le bien piquer
-consiste seulement à placer son filet sur un
-torchon blanc, le gros bout sur la paume de la
-main gauche, et l’on met de la droite sa lardoire:
-lorsque vous aurez pris de la chair, en
-raison de la longueur de votre lard, placez le
-lardon dans la lardoire, et tirez-le; s’il était
-plus passé d’un côté que de l’autre, il faudrait
-l’ajuster avec la pointe de votre lardoire, pour
-qu’il soit égal et que votre pièce ait bonne
-mine; continuez ainsi votre rangée: lorsqu’elle
-sera achevée, faites-en une autre, en ayant l’attention
-de croiser les bouts, et de ne pas prendre
-plus de chair dans un endroit que dans
-l’autre; continuez ainsi, jusqu’à ce que votre filet
-soit entièrement piqué. Cette opération faite,
-vous le mettez mariner dans de la bonne huile,
-avec sel, gros poivre, tranches d’oignons et
-quelques feuilles de laurier; après embrochez-le
-sur un hatelet. S’il ne vous plaît pas de le laisser
-dans toute sa longueur, donnez-lui la forme d’un
-serpent, en lui faisant faire divers contours,
-celle d’une gimblette ou d’un fer à cheval, comme
-vous le jugerez le plus convenable; faites-le cuire;
-le plus ou le moins dépend du feu, mais préférez
-un feu vif; servez-le avec une excellente
-<span class="pagenum" id="Page_119">[p. 119]</span>
-sauce hachée ou poivrade. (Voyez <a href="#rct_58"><i>Sauce hachée</i></a>
-et <a href="#rct_57"><i>Poivrade</i></a>, à leurs articles.)</p>
-
-<h4 id="rct_185"><i>Filet de Bœuf au Vin de&nbsp;Madère.</i></h4>
-
-<p>Ayez un bon filet de bœuf bien marbré, c’est-à-dire
-d’excellente qualité; piquez-le comme il
-est dit à l’article <a href="#rct_184"><i>Filet de Bœuf à la broche</i></a>;
-foncez une casserole de quelques carottes, oignons
-et d’un bouquet; mettez autour de cette
-casserole des bardes de lard; posez votre filet
-sur les légumes, après y avoir mis environ un
-quarteron de lard râpé, et lui avoir donné la
-forme d’une gimblette; mouillez-le avec une
-demi-bouteille de vin de Madère, autant de consommé;
-mettez-y peu de sel, et faites-le partir
-sur un bon feu. Lorsqu’il le sera, couvrez-le de
-trois ou quatre feuilles de papier beurrées; mettez
-un couvercle sur votre casserole, avec feu
-ardent dessus, et ralentissez celui de dessous,
-pour qu’il mijote seulement. Lorsqu’il sera cuit
-ou près de l’être, passez la majeure partie de ce
-fond au travers d’un tamis de soie; rejetez ce qui
-n’aura pas passé, dans le puits que forme votre
-filet, afin de le nourrir; mettez la partie coulée
-dans une casserole, avec une cuiller à dégraisser
-pleine d’espagnole: faites réduire le tout à consistance
-de demi-glace, égouttez votre filet, glacez-le,
-posez-le sur un plat avec propreté. Finissez
-votre réduction avec un pain de beurre;
-passez-la, versez-la dans le puits de votre filet,
-et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_186"><span class="pagenum" id="Page_120">[p. 120]</span>
-<i>Filet d’Aloyau aux&nbsp;Concombres.</i></h4>
-
-<p>Après avoir paré votre filet, comme il est dit
-à l’article ci-dessus, piquez-le ou lardez-le de gros
-lard; marquez-le dans une casserole en en usant
-comme pour celui au vin de Madère, et au lieu
-de ce vin, mettez un verre de vin blanc et un
-peu plus de bouillon; faites cuire de même;
-prenez une partie de ce fond avec une cuillerée
-d’espagnole; faites-le réduire, dégraissez-le,
-mettez-y vos concombres. (Voyez <a href="#rct_161"><i>Ragoût de
-Concombres</i></a>, à son article.)</p>
-
-<h4 id="rct_187"><i>Filet de Bœuf à la&nbsp;Chicorée.</i></h4>
-
-<p>Il se prépare comme le précédent, excepté
-qu’on y met, dans le puits ou dessous, une bonne
-chicorée réduite au blanc ou au roux. (Voyez
-<a href="#rct_153"><i>Chicorée</i></a>, article des <i>Ragoûts</i>.)</p>
-
-<h4 id="rct_188"><i>Filet de Bœuf à la Sauce&nbsp;Tomate.</i></h4>
-
-<p>Ce filet se prépare comme le précédent, ou on
-le met à la broche. La seule différence, en fait
-de sauce, est d’en mettre une tomate dessous,
-telle qu’elle est indiquée à l’article <a href="#rct_66"><i>Sauce Tomate</i></a>.</p>
-
-<h4 id="rct_189"><i>Filets de Bœuf sautés dans leur&nbsp;Glace.</i></h4>
-
-<p>Préparez votre filet, supprimez-en le gros
-bout et la pointe; coupez-le en tranches d’un
-demi-pouce d’épaisseur; si ce filet est gros, séparez
-les tranches en quatre ou en moindres
-parties; s’il n’est pas très-fort, aplatissez-les,
-<span class="pagenum" id="Page_121">[p. 121]</span>
-coupez-les, avec un coupe-pâte, de la grosseur
-du creux de la main; faites clarifier du beurre,
-trempez-les dedans, et arrangez-les dans une
-casserole très-plate; posez-les sur un feu vif, retournez-les
-souvent, afin qu’ils ne perdent pas
-leur jus. Quand ils seront près d’être cuits, <ins id="cor_12" title="égoutez">égouttez</ins>-en
-le beurre, et mettez à la place un peu de
-consommé réduit, ou du bouillon que vous aurez
-fait réduire; retournez-les plusieurs fois et
-en les appuyant, afin qu’ils se glacent et prennent
-du goût: lorsqu’ils sont bien glacés, arrangez-les
-sur votre plat, en forme de miroton;
-remettez dans votre sauce une cuillerée de consommé;
-détachez bien votre glace, liez-la avec
-un petit morceau de beurre, versez-la sur vos
-filets et servez.</p>
-
-<p>Vous pouvez mettre dans le puits, des pommes
-de terre que vous tournerez à cru en forme de
-petits oignons, que vous ferez cuire dans le
-beurre et auxquelles vous ferez prendre une
-belle couleur. Vous pouvez également y mettre
-une sauce tomate, de la chicorée ou des petits
-navets; mais il me paraît plus convenable d’employer
-des pommes de terre.</p>
-
-<h4 id="rct_190"><i>Bifteck.</i></h4>
-
-<p>Parez un morceau de filet de bœuf; de préférence
-choisissez le milieu, ayez soin d’en ôter
-toutes les fibres et de conserver le plus de graisse
-que vous pourrez; coupez ce filet par morceaux
-d’un pouce et demi d’épaisseur, aplatissez-les
-<span class="pagenum" id="Page_122">[p. 122]</span>
-et réduisez-les à un demi-pouce; mettez-les sur
-un gril propre, avec un feu vif; retournez-les
-presque toujours, afin que le feu sèche leur surface,
-au point de leur faire conserver leur jus,
-qui, si vous les laissiez dormir sur le feu, reviendrait
-dessus, et se perdrait en les retournant. Il
-ne faut pas plus de trois minutes pour les faire
-cuire, si le feu est convenable. Ensuite mettez-les
-sur un plat dans lequel vous aurez mis gros de
-beurre comme une noix par chaque filet; chauffez
-légérement ce plat; retournez vos filets, lesquels
-feront fondre le beurre en les appuyant
-dessus; garnissez-les de pommes de terre cuites
-au beurre ou à l’eau, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_191"><i>Véritable Bifteck, comme il se fait en&nbsp;Angleterre.</i></h4>
-
-<p>Les Anglais prennent, pour faire leur bifteck,
-ce que nous appelons la sous-noix de bœuf, ou
-le morceau qui se trouve près de la queue, et
-qu’ils nomment Romesteck; mais le bœuf chez
-eux est infiniment plus tendre, parce qu’ils le
-tuent beaucoup plus jeune qu’en France. Ils
-prennent cette partie de bœuf, la coupent par
-lames épaisses d’un demi-pouce, l’aplatissent
-un peu, la font cuire sur une plaque de fonte
-faite exprès, et au lieu d’employer du charbon
-de bois, ils se servent de charbon de terre. Il
-faut convenir que cette partie du bœuf employée
-par les Anglais est infiniment meilleure que le
-filet mignon dont nous faisons usage; mais d’un
-autre côté elle est moins tendre.</p>
-
-<h4 id="rct_192"><span class="pagenum" id="Page_123">[p. 123]</span>
-<i>Queue de Bœuf en Hoche-pot.</i></h4>
-
-<p>Prenez une queue de bœuf; coupez-la par
-tronçons, de joint en joint; faites-la dégorger et
-blanchir; foncez une casserole de viande de boucherie;
-placez dessus vos tronçons; ajoutez-y
-sel, oignons, carottes, un bouquet assaisonné
-d’une feuille de laurier, d’une gousse d’ail, de
-thym, de basilic, et piquée de deux clous de
-girofle; mouillez le tout avec du bouillon, de
-manière à ce que vos tronçons ne fassent que
-tremper; couvrez-les de bardes de lard; faites-les
-partir; mettez-y un rond de papier, et, les
-posant sur un feu modéré, couvrez-les avec un
-couvercle, avec feu dessus; laissez-les cuire quatre
-à cinq heures. Vous pourrez juger si votre
-queue est cuite, lorsque, l’ayant pressée contre
-vos doigts, la chair quittera presque les os;
-alors égouttez-la, et servez-la avec le ragoût de
-racines. (Voyez l’article <a href="#rct_182"><i>Côtes de Bœuf aux
-Racines</i></a>.)</p>
-
-<p>Si vous n’aviez pas de sauce, faites un petit
-roux avec gros de beurre comme un œuf, de la
-farine autant que votre beurre en pourra boire;
-étant fondu, faites aller votre roux sur un feu
-doux; tournez-le, afin qu’il ne s’attache ni ne
-brûle, ensuite, ayant passé le fond de votre
-queue au travers d’un tamis de soie, délayez
-avec ce fond votre roux, que vous aurez retiré
-du feu: de là faites cuire votre sauce; dégraissez-la
-et tordez-la dans une étamine: observez qu’alors
-<span class="pagenum" id="Page_124">[p. 124]</span>
-vous devez avoir eu soin de préparer et faire
-cuire des racines, ainsi qu’il est indiqué à l’article
-<a href="#rct_182"><i>Côtes de Bœuf aux Racines</i></a>; conséquemment
-jetez vos racines dans votre sauce; qu’elle
-soit d’un bon goût; faites-la bouillir, afin que ces
-racines prennent également du goût; mettez-y
-gros de sucre comme une noix, si vous n’en avez
-pas mis en les faisant cuire; finissez votre ragoût
-avec un pain de beurre; marquez vos tronçons
-de queue que vous aurez égouttés; dressez sur
-le plat le plus en pyramide possible, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_193"><i>Queue à la purée de Pois, Lentilles,&nbsp;etc.</i></h4>
-
-<p>Marquez cette queue comme il est dit à l’article
-précédent; faites votre purée comme celle
-des potages, et passez-la avec un morceau de
-beurre: si vous n’avez pas de sauce pour la corser,
-mettez une partie du fond de votre queue;
-faites-la réduire; dégraissez-la; mettez-y un peu
-de sucre; qu’elle soit d’un bon sel; finissez-la
-avec un morceau de beurre; égouttez, dressez
-votre queue, masquez-la avec votre purée, et
-servez ensuite.</p>
-
-<h4 id="rct_194"><i>Langue&nbsp;fumée.</i></h4>
-
-<p>Ayez autant de langues de bœufs que vous le
-jugerez à propos; supprimez-en le gosier, et
-faites-les tremper trois heures dans l’eau; grattez-les;
-mettez-les égoutter; frottez-les avec du
-sel fin et environ deux onces de salpêtre; ayez
-un pot de grès, mettez-y vos langues, et à mesure
-que vous les arrangerez, joignez-y quelques
-<span class="pagenum" id="Page_125">[p. 125]</span>
-feuilles de laurier, du thym, du basilic, du genièvre,
-du persil, de la ciboule, quelques gousses
-d’ail, des échalotes et des clous de girofle; ayez
-soin que vos langues soient bien serrées les unes
-contre les autres, afin qu’il n’y ait nul vide entre
-elles: les ayant salées convenablement, couvrez
-votre pot de manière qu’elles ne prennent pas
-l’évent; laissez-les au sel huit jours, après retirez-les,
-attachez-les par le petit bout à un grand
-bâton, et mettez-les fumer dans la cheminée
-jusqu’à ce qu’elles soient sèches: quand vous
-voudrez les employer, lavez-les, ratissez-les, et
-faites-les cuire dans un bon assaisonnement.</p>
-
-<p>Vous pouvez faire du petit salé avec la saumure
-assaisonnée de vos langues.</p>
-
-<h4 id="rct_195"><i>Langue de Bœuf&nbsp;fourrée.</i></h4>
-
-<p>Vous ferez dégorger des langues et nettoyer
-des boyaux de bœuf; ayant fait tremper quelques
-heures dans de l’eau et des herbes aromatiques
-ces boyaux, mettez vos langues dedans,
-et liez-en les extrémités; ayez une saumure assez
-considérable; mettez-y salpêtre en petite quantité,
-macis, clous de girofle, gingembre, poivre
-long, laurier, thym, basilic, genièvre et coriandre;
-faites bouillir cette saumure une demi-heure
-à petit feu; passez-la au tamis; laissez-la reposer;
-tirez-la au clair, mettez-y tremper ces langues
-douze jours; après retirez-les; faites-les sécher
-à la cheminée: pendant qu’elles sèchent, brûlez
-dessous, si vous le voulez, des herbes de senteur,
-<span class="pagenum" id="Page_126">[p. 126]</span>
-et faites cuire ces langues dans une braise,
-telles que les langues fumées.</p>
-
-<h4 id="rct_196"><i>Langue de Bœuf à la&nbsp;braise.</i></h4>
-
-<p>Ayez une langue de bœuf; coupez-en le cornet;
-mettez-la dégorger deux ou trois heures et plus;
-retirez-la de l’eau; ratissez-la bien avec votre
-couteau, pour en ôter la malpropreté; faites-la
-blanchir dans un chaudron ou dans une grande
-marmite; retirez-la sur un linge blanc; ôtez-en
-la peau; lardez-la de gros lard, que vous aurez
-assaisonné avec sel, poivre fin, épices fines,
-persil et ciboules; mettez-la cuire dans une marmite
-avec oignons et carottes; mouillez-la avec
-du bon bouillon et un verre de vin blanc; joignez-y
-quelques parures, soit de viande de boucherie,
-de volaille ou de gibier, afin de lui donner
-du goût; faites-la partir; après mettez-la sur
-un feu modéré, couvrez-la d’un papier et d’un
-couvercle avec feu dessus; laissez-la mijoter
-quatre heures et demie; dressez-la sur le plat;
-arrangez autour les légumes avec lesquels vous
-l’avez fait cuire; passez son fond à travers un tamis
-de soie; saucez votre langue avec ce fond,
-dans lequel vous ajouterez une ou deux cuillerées
-d’espagnole, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_197"><i>Langue de Bœuf en&nbsp;papillote.</i></h4>
-
-<p>Faites cuire cette langue comme la précédente,
-sans la larder: quand elle sera cuite, laissez-la
-refroidir dans son assaisonnement; après, coupez-la
-par lames de l’épaisseur d’un demi-pouce;
-<span class="pagenum" id="Page_127">[p. 127]</span>
-ayez soin de la couper en bec de sifflet, pour
-qu’elle représente à-peu-près la largeur d’une
-côtelette de veau; parez tous les morceaux avec
-propreté; faites qu’ils soient de même grandeur,
-et mettez-les en papillotes de la manière suivante:
-hachez autant de persil que de ciboules, et deux
-fois plus de champignons; en hachant ces derniers,
-exprimez dessus un jus de citron pour les
-maintenir blancs; mettez-les dans le coin d’un
-torchon, et pressez-les; supprimez le jus; ensuite
-jetez le tout dans une casserole avec un
-morceau de beurre; mettez-y sel, gros poivre
-et un peu de muscade râpée; faites cuire le tout
-à petit feu; selon la quantité de vos fines herbes,
-versez-y une cuillerée ou deux d’espagnole réduite
-ou de velouté; faites réduire le tout de
-nouveau, en sorte que l’humidité ne fasse pas
-crever vos papillotes: taillez votre papier en
-forme de cœur, en coupant un peu la pointe;
-étendez votre papier; huilez-le légérement avec
-le doigt à l’endroit où vous devez poser votre
-morceau de langue et vos fines herbes; ensuite
-mettez une petite barde de lard sur le papier, et
-sur ce lard la valeur d’une cuillerée à bouche
-des mêmes herbes; ensuite posez votre morceau
-de langue, et dessus faites la même opération
-que dessous: vous aurez soin de rogner votre
-papier avec des ciseaux, au cas où il serait trop
-grand pour la côtelette; ployez-le de manière à
-ce que les bords se trouvent égaux; videz la papillote
-tout autour, le plus serré que possible, en
-<span class="pagenum" id="Page_128">[p. 128]</span>
-sorte que la partie coupée de ce papier se trouve
-rentrée en dedans du bord: pour y parvenir, vous
-pincerez votre papier avec le pouce et l’index, et
-le rentrerez en dedans, comme si vous vouliez
-faire une corde: à l’égard de la pointe du haut,
-vous la tordez comme une papillote; cela fait,
-huilez vos papillotes en dehors, soit avec la main,
-soit avec un doroir; mettez-les sur un gril,
-avec feu doux, environ dix minutes: avant de
-servir, retournez-les, cinq minutes après avoir
-été posées sur le feu; que le papier soit d’une
-belle couleur; lorsque vous les verrez gonfler,
-c’est une preuve qu’elles sont atteintes; servez-les
-de suite.</p>
-
-<h4 id="rct_198"><i>Langue de Bœuf à l’Italienne ou au&nbsp;Parmesan.</i></h4>
-
-<p>Faites cuire cette langue dans une braise
-comme la précédente; laissez-la refroidir de
-même; coupez-la par lames très-minces; mettez
-du Parmesan dans le fond d’un plat creux; couvrez
-votre Parmesan de vos tranches de langue,
-ainsi de suite; faites trois ou quatre lits de langue
-et de fromage; arrosez chaque lit d’un peu du
-fond dans lequel aura cuit la langue dont il s’agit,
-et finissez par un lit de fromage, que vous arroserez
-d’un peu de beurre fondu; mettez le plat
-au four ordinaire ou de campagne; donnez à
-votre Parmesan une belle couleur, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_199"><i>Palais de Bœufs au&nbsp;Gratin.</i></h4>
-
-<p>Ayez trois ou quatre palais de bœufs; mettez-les
-sur un gril du côté de la peau, et le gril sur
-<span class="pagenum" id="Page_129">[p. 129]</span>
-une cendre rouge; faites-les griller, au point de
-pouvoir enlever facilement la peau avec le couteau;
-ensuite grattez la partie blanche qui se
-trouve sous cette peau, pour qu’il n’en reste
-aucun vestige; supprimez le bout du mufle et
-celui du côté de la gorge, et enfin la partie noire
-qui se trouve au milieu, sans cependant trop
-l’altérer; ensuite faites-les dégorger et blanchir;
-mettez-les cuire dans un blanc, comme il est dit
-à l’article <a href="#rct_210"><i>Tête de Veau en Tortue</i></a>, pendant trois
-ou quatre heures; puis égouttez-les; faites-les
-refroidir à moitié; séparez-les en deux avec votre
-couteau, comme si vous leviez une barde de lard;
-garnissez-les d’une farce cuite (voyez <i>Farce cuite</i>,
-à son article <span class="ndt"> [Tome&nbsp;II]</span>). A cet effet, étendez vos morceaux
-de palais; mettez dessus avec la lame du couteau
-de cette farce à-peu-près de leur épaisseur; roulez-les
-sur eux-mêmes, comme vous rouleriez un
-morceau de papier dans vos doigts; parez-les des
-deux bouts; égalisez-les; mettez de votre farce
-l’épaisseur d’un travers de doigt au fond de votre
-plat; rangez vos petits cannelons debout sur votre
-fond de farce, en laissant un puits dans le milieu;
-garnissez de farce au dedans et au dehors, le
-plus proprement possible, les intervalles de vos
-cannelons: il faut que votre entrée ait la base
-d’une tour; garnissez ce puits en général de bardes
-de lard bien fines, et remplissez la capacité
-d’un morceau de mie de pain, de manière à
-maintenir les cannelons dans la position que vous
-leur aurez donnée; faites fondre du beurre,
-<span class="pagenum" id="Page_130">[p. 130]</span>
-dorez-les avec un doroir; panez-les; mettez-les au
-four ou sous un four de campagne, avec feu dessus
-et dessous; faites-les cuire et prendre une
-belle couleur; ôtez votre bouchon de pain et les
-bardes de lard, égouttez le beurre, saucez dans
-le puits avec une italienne, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_200"><i>Palais de Bœufs à l’Italienne.</i></h4>
-
-<p>Préparez cinq ou six de ces palais, comme les
-précédens; faites-les cuire de même; égouttez-les,
-coupez-les en escalopes ou en petits carrés;
-coupez-les ensuite en rond, de la grandeur
-d’un petit écu; mettez dans une casserole cinq
-cuillerées à dégraisser d’italienne rousse, que
-vous ferez réduire aux deux tiers de son volume;
-jetez vos palais dedans, laissez-les mijoter un
-peu, sautez-les; mettez un jus de citron, et
-servez.</p>
-
-<h4 id="rct_201"><i>Palais de Bœufs à la&nbsp;Poulette.</i></h4>
-
-<p>Préparez, comme ci-dessus, la même quantité
-de palais de bœufs; coupez-les en rond ou
-en filets; mettez-les dans une casserole avec
-trois cuillerées à dégraisser de velouté, laissez-les
-mijoter; faites une liaison de deux jaunes
-d’œufs, déliez-la avec un peu de lait ou de crême;
-retirez vos palais du feu, liez-les avec vos œufs;
-remettez-les sur le feu, en les agitant toujours,
-afin de faire cuire votre liaison; mettez-y un
-demi-pain de beurre, un filet de verjus, ou un
-jus de citron, un peu de persil haché, et servez-les.
-Pour faire une bordure à votre plat, ajoutez,
-<span class="pagenum" id="Page_131">[p. 131]</span>
-si vous le voulez, des croûtes de pain, tournées
-en bouchons, que vous aurez fait frire dans le
-beurre.</p>
-
-<h4 id="rct_202"><i>Palais de Bœufs à la&nbsp;Ravigote.</i></h4>
-
-<p>Préparez, comme il est dit aux articles précédens,
-vos palais de bœufs; coupez-les de même,
-sautez-les dans une sauce ravigote, froide ou
-chaude (voyez <a href="#rct_68"><i>Sauce Ravigote</i></a>, à son article),
-et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_203"><i>Croquettes de Palais de&nbsp;Bœufs.</i></h4>
-
-<p>Faites cuire dans un blanc trois palais de
-bœufs, laissez-les refroidir, coupez-les en petits
-dés, et de même quelques champignons, ainsi
-que des truffes, si c’est la saison; faites réduire
-quatre cuillerées d’espagnole ou de velouté à demi-glace,
-c’est-à-dire à moitié, jetez dedans tous
-vos petits dés avec un peu de persil haché; retirez
-votre casserole du feu; liez votre salpicon
-avec deux jaunes d’œufs et du beurre gros
-comme une noix; versez le tout sur un plat,
-étendez-le avec la lame d’un couteau, en lui conservant
-une bonne épaisseur; lorsque ce salpicon
-sera refroidi, coupez-le par carrés égaux, et donnez-lui
-la forme que vous jugerez convenable,
-soit en côtelettes, soit en cannelons, soit en
-poires ou en petites boules. Cassez trois œufs que
-vous battrez comme une omelette; mettez-y un
-peu de sel fin; trempez tous vos morceaux, l’un
-après l’autre, dans cette omelette; mettez-les
-ensuite dans de la mie de pain, en maintenant
-<span class="pagenum" id="Page_132">[p. 132]</span>
-la forme que vous leur avez donnée; au fur et
-à mesure que vous les aurez passés, mettez-les
-sur un plat; repassez votre mie de pain au travers
-d’une passoire; trempez une seconde fois
-vos croquettes dans cette omelette, passez-les
-de nouveau; saupoudrez votre plat de mie de
-pain, rangez-les dessus et couvrez-les avec le
-reste de la mie de pain pour qu’elles ne sèchent
-pas; au moment de servir, retirez-les de cette
-mie, posez-les sur un couvercle; mettez votre
-friture sur le feu, faites-la bien chauffer sans la
-brûler; glissez toutes vos croquettes à-la-fois,
-afin qu’elles aient toutes la même couleur; retirez-les;
-faites-les égoutter un moment; rangez-les
-sur votre plat, et servez avec un bouquet
-de persil frit, dont vous couronnerez vos croquettes.</p>
-
-<h4 id="rct_204"><i>Palais de Bœufs en&nbsp;Cracovie.</i></h4>
-
-<p>Ayez trois palais de bœufs, préparez-les comme
-les précédens; laissez-les refroidir; coupez-les
-en quatre; fendez chaque morceau en deux,
-comme si vous leviez une barde de lard; ce qui
-vous donnera vingt-quatre morceaux. Ayez une
-tetine de veau blanchie dans l’eau, ou cuite
-dans la marmite; coupez-la par petites bardes,
-comme le sont vos palais; ayez également un
-salpicon, comme celui des croquettes énoncées
-à l’article précédent; étendez-en gros comme le
-pouce sur chaque morceau de vos palais, roulez-les,
-enveloppez-les avec votre morceau de
-<span class="pagenum" id="Page_133">[p. 133]</span>
-tetine; passez-les comme les croquettes, ou
-trempez-les dans une pâte à frire (voyez <a href="#rct_102"><i>Pâte à
-frire</i></a>, à son article); faites-les frire comme les
-croquettes, dressez-les de même, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_205"><i>Palais de Bœufs à la&nbsp;Lyonnaise.</i></h4>
-
-<p>Faites cuire quatre ou cinq de ces palais dans
-un blanc, ainsi que vous le verrez ci-dessus;
-coupez cinq ou six oignons en tranches, passez-les
-dans le beurre; qu’ils soient d’une belle
-couleur; lorsqu’ils seront cuits, mouillez-les
-avec une cuillerée ou deux d’espagnole: si vous
-n’en avez pas, singez-les et mouillez-les avec un
-peu de bouillon; faites cuire le tout; coupez vos
-palais en carré ou en filets, jetez-les dans votre
-sauce; mettez-y un peu de sel, de gros poivre,
-et finissez avec un peu de moutarde.</p>
-
-<h4 id="rct_206"><i>Gras-double.</i></h4>
-
-<p>Prenez la partie la plus épaisse du gras-double,
-mettez-la dans de l’eau tiède; ratissez-la bien;
-enlevez avec soin la partie spongieuse; remettez-la
-dans de l’eau beaucoup plus chaude; faites-lui
-jeter un bouillon, et nettoyez-la de nouveau;
-frottez-la avec du citron; faites qu’elle soit aussi
-blanche que possible; mettez cuire ce gras-double
-dans un blanc, sept à huit heures: sa
-cuisson faite, coupez-le en <ins id="cor_13" title="losa nes">losanges</ins> ou en filets.
-Si vous le voulez servir à la poulette (voyez
-l’article <a href="#rct_201"><i>Palais de Bœufs à la Poulette</i></a>); si
-vous le voulez <a href="#rct_200">à l’Italienne</a> (voyez aussi cet
-article.)</p>
-
-<hr class="hr15" />
-
-<h2 id="rct_207"><span class="pagenum" id="Page_134">[p. 134]</span>
-VEAU.</h2>
-
-<p>Choisissez-le bien blanc et d’une chair tirant
-plutôt sur le verdâtre que sur le rose; c’est la
-couleur que doit avoir le véritable veau de Pontoise,
-qui doit être nourri, pour avoir cette qualité,
-avec des œufs frais, de la mie de pain blanc
-ou des rognures de pain à chanter. Il nous en
-vient de divers endroits, tels que de Montargis,
-Caen et Rouen, et qui, en raison de leur blancheur,
-passent pour être de Pontoise. Il faut,
-outre la blancheur, que le veau de Pontoise soit
-très-gras, bien couvert sur les côtes et sur le
-filet des reins; que ses rognons soient très-gros
-de graisse. Dans le veau tout se mange, excepté
-les sabots et une partie de la peau, puisque celle
-de la tête et des pieds se mange: il n’y a pas jusqu’à
-son sang dont on ne puisse faire d’excellent
-boudin. Les charcutiers l’emploient avec le sang
-du porc, et le trouvent plus délicat. Le veau est
-préférable, lorsqu’il n’a encore que six semaines
-ou deux mois; sa chair est plus onctueuse et
-donne plus de sucs nourriciers que si l’animal
-était plus jeune ou plus vieux.</p>
-
-<h4 id="rct_208"><i>Tête de Veau au naturel, ou à la&nbsp;Bourgeoise.</i></h4>
-
-<p>Choisissez-la bien blanche, ôtez les deux côtés
-de la mâchoire inférieure; désossez aussi le
-bout du mufle jusqu’auprès des yeux, en relevant
-la peau sans l’endommager; coupez le museau
-sans blesser la langue; ensuite mettez dégorger
-<span class="pagenum" id="Page_135">[p. 135]</span>
-cette tête à grande eau; faites-la blanchir,
-épluchez-la, flambez-la, et frottez-la avec un
-citron: cela fait, mettez-la dans un blanc (voyez
-<a href="#rct_88"><i>Blanc</i></a>, à son article); après l’avoir renfermée
-dans un torchon dont vous aurez attaché les
-quatre bouts, faites-la partir, laissez-la cuire
-deux ou trois heures; retirez-la, et après l’avoir
-développée, laissez-la égoutter; découvrez la cervelle
-en levant la calotte; parez-la, dressez-la, et
-servez ensuite avec une sauce au pauvre homme.
-(Voyez <a href="#rct_83"><i>Sauce au pauvre Homme</i></a>, à son article.)</p>
-
-<h4 id="rct_209"><i>Tête de Veau&nbsp;farcie.</i></h4>
-
-<p>Ayez une tête de veau échaudée, bien blanche;
-désossez-la, en laissant tenir les yeux à la peau,
-et prenant garde de la percer avec le couteau;
-mettez-la dégorger, ainsi que la langue dont vous
-aurez supprimé le gosier: faites une farce avec
-une livre de veau et une livre et demie de graisse
-de rognons de bœuf; hachez ces deux objets séparément;
-pilez le veau; cette opération faite,
-joignez-y votre graisse, et pilez le tout ensemble,
-de manière à ce qu’il ne puisse être distingué;
-joignez à cela la mie d’un pain à potage, que
-vous aurez trempée dans de la crême, et ensuite
-desséchée par des fines herbes hachées et passées
-dans le beurre, telles que champignons, persil et
-ciboules, que vous laisserez refroidir pour incorporer
-avec votre farce; assaisonnez-la de sel,
-épices fines et poivre; pilez le tout ensemble:
-mouillez cette farce avec peu d’eau à-la-fois;
-<span class="pagenum" id="Page_136">[p. 136]</span>
-ajoutez trois ou quatre œufs, l’un après l’autre: si
-elle se trouvait trop ferme pour l’étendre sur la
-tête de veau, mettez-y un peu d’eau. Cette farce
-finie, égouttez cette tête, essuyez-la, flambez-la si
-elle en a besoin; ensuite mettez-la sur un linge;
-étendez sur ses chairs l’épaisseur de deux doigts de
-farce; cela fait, mettez sur cette farce un salpicon
-froid, dont vous aurez coupé les dés un peu plus
-gros que pour des croquettes; remettez la langue
-après l’avoir fait blanchir; ôtez la peau qui l’enveloppe,
-à la position où elle était quand la tête
-était entière; recouvrez votre salpicon avec de
-la farce, ayant soin de donner à cette tête sa première
-forme; cousez-la, et du côté du collet
-enveloppez-la de bardes de lard ou d’une toilette
-de veau (ce qui vaut mieux), afin que la
-farce n’en sorte pas; roulez-la dans une serviette
-ou étamine, ayant soin de lui coucher les oreilles;
-ficelez-la par-dessus la serviette, toujours en ménageant
-sa forme; foncez une marmite avec
-quelques débris de viande de boucherie; mettez-y
-sel, oignons, carottes, deux feuilles de laurier,
-deux gousses d’ail, deux clous de girofle, une
-bouteille et demie de vin blanc de bonne qualité,
-quelques fonds de braise ou du bon bouillon;
-laissez-la cuire deux ou trois heures, surtout
-qu’elle n’arrête pas. Quand elle sera cuite,
-égouttez-la sur un couvercle, et servez-la avec le
-ragoût ci-après:</p>
-
-<p>Mettez dans une casserole deux cuillerées à
-pot d’espagnole, et un demi-setier de vin blanc;
-<span class="pagenum" id="Page_137">[p. 137]</span>
-faites réduire le tout; ajoutez six ou huit grosses
-quenelles de la farce énoncée plus haut, et que
-vous aurez fait pocher dans du bouillon; joignez-y
-des champignons tournés, des culs d’artichauts,
-quelques tranches de gorges de ris de
-veau; faites mijoter le tout, dégraissez-le; déballez
-votre tête, dressez-la sur un plat: mettez ce ragoût
-autour, garnissez-le d’écrevisses, de ris de veau
-piqués et glacés, ainsi que de truffes, et servez.</p>
-
-<p>Vous pouvez encore servir cette tête farcie
-avec le ragoût de celle en tortue. (Voyez <a href="#rct_64"><i>Sauce
-en Tortue</i></a>, à son article.)</p>
-
-<h4 id="rct_210"><i>Tête de Veau en&nbsp;Tortue.</i></h4>
-
-<p>Ayez une tête de veau échaudée, désossez-la
-comme la précédente; mettez-la dégorger; faites-la
-blanchir, ainsi que la langue; coupez-la
-en deux; flambez-la; frottez-la de citron; mettez-la
-cuire dans un blanc, comme celle à la bourgeoise:
-lorsqu’elle sera cuite, coupez-la proprement
-en douze morceaux; égouttez et dressez
-ces morceaux sur un plat; placez-y la langue
-que vous aurez panée à l’anglaise et fait griller
-d’une belle couleur; joignez-y la cervelle que
-vous aurez divisée en cinq ou six parties, fait
-cuire dans une marinade, mise dans une pâte
-et fait frire; saucez les morceaux de la tête de
-veau avec le ragoût en tortue; garnissez-les de
-six œufs frais pochés, d’une douzaine de belles
-truffes, d’autant d’écrevisses, de quelques ris
-de veau piqués, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_211"><span class="pagenum" id="Page_138">[p. 138]</span>
-<i>Oreilles de Veaux&nbsp;farcies.</i></h4>
-
-<p>Ayez des oreilles; flambez-les; mettez les cuire
-dans un blanc (voyez <a href="#rct_88"><i>Blanc</i></a>, à son article):
-lorsque ces oreilles seront cuites, tirez-les de
-leur blanc; laissez-les refroidir; remplissez-les
-de farce cuite (voyez <i>Farce cuite</i>, à son article <span class="ndt"> [Tome&nbsp;II]</span>);
-unissez cette farce avec la lame de votre couteau;
-cassez quelques œufs comme pour une omelette;
-trempez-y vos oreilles; panez-les; retrempez-les
-une seconde fois dans les œufs, et panez-les
-de nouveau; mettez-les sur un couvercle; couvrez-les
-du reste de votre mie de pain; un
-peu avant de servir, retirez-les; faites les frire:
-observez que votre friture ne soit pas trop
-chaude, afin que ces oreilles ne prennent pas
-trop de couleur, et que votre farce ait le temps
-de cuire; retirez-les, dressez-les sur un plat, la
-pointe en haut; mettez dessus une pincée de
-persil frit, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_212"><i>Oreilles de Veaux en&nbsp;Marinade.</i></h4>
-
-<p>Faites cuire cinq oreilles de veaux dans un
-blanc, comme vous l’avez fait ci-dessus: lorsqu’elles
-le seront, coupez-les dans leur longueur
-en quatre morceaux; faites-les mariner avec vinaigre,
-sel et gros poivre; égouttez-les, et trempez-les
-dans une pâte à frire qui soit très-légère
-(voyez <a href="#rct_102"><i>Pâte à frire</i></a>, à son article); couchez les
-morceaux, les uns après les autres, dans la friture
-avec assez de vivacité pour qu’ils soient
-frits également; retournez-les avec une écumoire;
-<span class="pagenum" id="Page_139">[p. 139]</span>
-menez-les à un feu vif: lorsque votre
-friture sera d’une belle couleur et sèche, retirez-la,
-égouttez-la sur un linge blanc, dressez-la sur
-le plat, et couronnez-la avec du persil frit.</p>
-
-<h4 id="rct_213"><i>Oreilles de Veaux à l’Italienne.</i></h4>
-
-<p>Ayez sept ou huit de ces oreilles échaudées;
-flambez-les; faites-les blanchir et rafraîchissez-les;
-faites-les cuire dans un blanc, ou autrement
-foncez une casserole de bardes de lard;
-mettez-y ces oreilles avec un bouquet de persil
-et ciboules assaisonné, quelques tranches de
-citrons; mouillez avec du consommé et un
-demi-verre de vin blanc; couvrez vos oreilles
-de bardes de lard; mettez dessus un rond de
-papier beurré; faites-les cuire une heure et demie,
-égouttez-les; essuyez-les; ciselez les bouts
-comme vous feriez d’une ciboule; dressez-les,
-et servez dessous une sauce à l’italienne. (Voyez
-<a href="#rct_51"><i>Sauce à l’Italienne</i></a>, à son article.)</p>
-
-<h4 id="rct_214"><i>Oreilles de Veaux à la&nbsp;Ravigote.</i></h4>
-
-<p>Préparez ces oreilles comme les précédentes;
-ayez attention qu’elles soient bien blanches; au
-moment de servir, coupez-en les pointes et ciselez-en
-les cartilages; égouttez-les; servez-les
-sur une ravigote chaude ou froide. (Voyez
-<a href="#rct_68"><i>Sauce Ravigote</i></a>, à son article.)</p>
-
-<h4 id="rct_215"><i>Langues de Veaux à la Sauce&nbsp;piquante.</i></h4>
-
-<p>Ces langues s’accommodent comme celles de
-bœufs. (Voyez article <a href="#rct_194"><i>Langues de Bœufs</i></a>.)</p>
-
-<h4 id="rct_216"><span class="pagenum" id="Page_140">[p. 140]</span>
-<i>Pieds de&nbsp;Veau.</i></h4>
-
-<p>Les pieds de veau se font cuire comme la tête,
-et se mangent au naturel, en marinade, à la
-ravigote. Ils sont ennemis de toutes sauces
-fades.</p>
-
-<h4 id="rct_217"><i>Cervelles de Veaux à l’Allemande.</i></h4>
-
-<p>Ayez trois cervelles de veaux bien levées, c’est-à-dire
-sans être endommagées; mettez-les dans
-une casserole avec de l’eau en suffisante quantité;
-de suite ôtez-en toutes les fibres, ainsi qu’au
-cervelet: cela fait, changez-les d’eau; laissez-les
-dégorger; repassez-les pour en ôter les fibres s’il
-en est resté; faites-les blanchir environ un quart
-d’heure, de la manière suivante: faites bouillir
-de l’eau avec une pincée de sel blanc, un verre
-de vinaigre blanc; mettez-y vos cervelles; retirez-les
-après qu’elles sont blanchies; égouttez-les;
-mettez-les dans une casserole que vous
-aurez foncée de lard; mouillez-les avec un verre
-de vin blanc, deux fois autant de consommé,
-afin qu’elles trempent; joignez-y un bouquet de
-persil et ciboules bien assaisonné, quelques
-tranches de citron, desquelles vous aurez ôté
-les pepins et l’écorce; couvrez-les de bardes de
-lard et d’un rond de papier; faites-les partir sur
-un fourneau; mettez-les ensuite trois quarts
-d’heure sur une petite paillasse; leur cuisson
-faite, dressez-les sur le plat, et masquez-les avec
-la sauce à l’allemande. (Voyez <a href="#rct_45"><i>Sauce à l’Allemande</i></a>,
-à son article.)</p>
-
-<h4 id="rct_218"><span class="pagenum" id="Page_141">[p. 141]</span>
-<i>Cervelles de Veaux en&nbsp;Matelote.</i></h4>
-
-<p>Prenez la même quantité de cervelles; faites-les
-cuire de même que celles ci-dessus: leur
-cuisson faite, dressez-les sur le plat; garnissez-les
-d’écrevisses, de croûtons coupés en queue
-de paon et passés dans le beurre; saucez-les
-avec la sauce à la matelote, indiquée à son article,
-et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_219"><i>Cervelles en&nbsp;Marinade.</i></h4>
-
-<p>Préparez deux cervelles de veaux comme les
-précédentes, et faites-les cuire de la même manière:
-après les avoir égouttées, divisez-les en
-cinq morceaux; mettez-les dans une marinade
-passée au tamis (voyez <a href="#rct_85"><i>Marinade</i></a>, à son article);
-faites une pâte à frire assez légère (voyez <a href="#rct_102"><i>Pâte
-à frire</i></a>, à son article); trempez-y vos morceaux,
-égouttez-les pour qu’ils ne soient pas trop chargés
-de pâte, et mettez-les dans la friture; faites
-qu’ils aient une belle couleur; égouttez-les;
-dressez-les en les surmontant d’une pincée de
-persil frit, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_220"><i>Cervelles de Veaux à la purée de&nbsp;Pois.</i></h4>
-
-<p>Prenez le même nombre de cervelles, et apprêtez-les
-comme celles ci-dessus: lorsque vous serez
-prêt à servir, égouttez-les, et masquez-les avec
-une purée de pois, comme celle indiquée pour
-les entrées. (Voyez <a href="#rct_78"><i>Purée de Pois</i></a>, à son article.)</p>
-
-<h4 id="rct_221"><i>Cervelles de Veaux au Beurre&nbsp;noir.</i></h4>
-
-<p>Préparez et faites cuire ces cervelles comme
-<span class="pagenum" id="Page_142">[p. 142]</span>
-celles dites <a href="#rct_217">à l’allemande</a>: lorsque vous serez
-prêt à servir, égouttez-les, et, après les avoir
-dressées, saucez-les avec le beurre noir qui se
-prépare ainsi:</p>
-
-<p>Mettez une demi-livre de beurre dans un
-diable (poêle à courte queue); posez-le sur le
-feu; faites-le roussir sans le brûler, ce qui s’évite
-en agitant la poêle: lorsqu’il est suffisamment
-noir, retirez-le, et tirez-le au clair; après
-l’avoir écumé, essuyez votre poêle; versez dedans
-une cuillerée à dégraisser de vinaigre, une
-pincée de sel; faites-le chauffer; versez-le dans
-votre beurre noir; agitez le tout; saucez-en vos
-cervelles; garnissez-les de persil frit, soit autour
-ou dessus, et servez de suite.</p>
-
-<h4 id="rct_222"><i>Cervelles de Veaux à la&nbsp;Ravigote.</i></h4>
-
-<p>Prenez également trois cervelles que vous
-préparerez de la même manière que celles ci-dessus:
-lorsqu’elles seront cuites, dressez-les et
-servez-les avec une des sauces à la ravigote indiquées
-à leur article; vous pouvez servir autour
-des petits oignons que vous aurez fait blanchir
-et cuire ensuite dans du consommé.</p>
-
-<h4 id="rct_223"><i>Foie de Veau à la&nbsp;Poêle.</i></h4>
-
-<p>Ayez un foie de veau bien blond, c’est-à-dire
-bien gras; émincez-le par petites lames de l’épaisseur
-d’un écu de six livres; mettez dans une
-poêle un morceau de beurre, en raison du volume
-de foie que vous préparez; posez cette
-poêle sur un bon feu, et remuez-la souvent:
-<span class="pagenum" id="Page_143">[p. 143]</span>
-lorsque votre foie sera roide, singez-le d’une
-pincée de farine; remuez-le de nouveau, pour
-que la farine ait le temps de cuire; cela fait, saupoudrez-le
-d’un peu de persil et de ciboules ou
-échalotes hachées; assaisonnez-le de sel et gros
-poivre; mouillez-le avec une demi-bouteille de
-vin rouge; remuez le tout sur le feu, sans le laisser
-bouillir, de crainte de faire durcir votre foie.
-Si la sauce était trop courte, alongez-la avec un
-peu de bouillon, et finissez, si vous voulez,
-avec un filet de vinaigre ou de verjus, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_224"><i>Foie de Veau à la Bourgeoise ou à l’Étouffade.</i></h4>
-
-<p>Ayez un foie de veau, comme il est indiqué
-ci-dessus; lardez-le de gros lardons en travers,
-lesquels auront été assaisonnés de sel, poivre,
-épices fines, basilic et thym mis en poudre, persil
-et ciboules hachés. Votre foie étant bien lardé,
-mettez-le dans une casserole foncée de bardes
-de lard, avec oignons, carottes, deux clous de
-girofle, une feuille de laurier, une gousse d’ail,
-quelques débris de veau et une demi-bouteille
-de vin blanc; achevez de le mouiller avec du
-bouillon; faites-le partir; écumez-le; couvrez-le
-de bardes de lard et d’un rond de papier;
-mettez dessus un couvercle et lutez-le; cela fait,
-mettez-le environ cinq quarts d’heure sur une
-paillasse, avec feu dessous et dessus: lorsqu’il
-sera cuit, passez dans une casserole et tamis de
-soie une partie de son mouillement; mettez ce
-mouillement sur le feu avec un pain de beurre
-<span class="pagenum" id="Page_144">[p. 144]</span>
-manié dans de la farine, pour lier votre sauce;
-faites réduire; ajoutez-y, si vous le voulez, un
-peu de beurre d’anchois; sassez, masquez-en
-votre foie, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_225"><i>Foie de Veau à l’Italienne.</i></h4>
-
-<p>Ayez un foie de veau bien blond; coupez-le
-par lames de l’épaisseur d’un travers de doigt;
-parez-les toutes de la même grandeur, en leur
-donnant la forme d’une queue de paon; farinez-les;
-mettez environ un quarteron de bonne
-huile d’Aix dans une casserole très-plate, appelée
-sauteuse; étendez-y vos lames de foie,
-les unes après les autres; saupoudrez de sel fin
-le dessus; posez votre sauteuse sur un bon feu;
-faites roidir votre foie, retournez-le avec la
-pointe du couteau: quand il sera revenu des
-deux côtés, et que vous le jugerez cuit, ce dont
-vous pourrez vous assurer en en coupant un
-peu de l’un des morceaux, égouttez-le; dressez-le
-en cordon sur le plat; saucez-le avec une
-bonne italienne rousse réduite, dans laquelle
-vous aurez mis le jus d’un citron, et servez.
-(Voyez <a href="#rct_51"><i>Italienne rousse</i></a>, à son article.)</p>
-
-<h4 id="rct_226"><i>Foie de Veau à la&nbsp;Broche.</i></h4>
-
-<p>Choisissez un beau foie blond; lardez-le en
-dessous de gros lard que vous aurez assaisonné
-comme ceux du foie à l’étouffade; piquez-le
-comme le filet de bœuf (voyez <a href="#rct_184"><i>Filet de Bœuf
-piqué</i></a>, à son article); mettez-le ensuite sur un
-plat de terre, avec quelques branches de persil
-<span class="pagenum" id="Page_145">[p. 145]</span>
-et des ciboules coupées en trois ou en quatre,
-deux feuilles de laurier et un peu de thym; saupoudrez-le
-d’un peu <ins id="cor_14" title=" ">de</ins> sel; arrosez-le avec de
-l’huile d’olive, et laissez-le mariner ainsi: lorsque
-vous voudrez le mettre à la broche, passez-y
-quatre ou cinq petits hatelets en travers et un
-grand dans sa longueur que vous fixerez sur la
-broche, en l’attachant assez fortement des deux
-bouts pour qu’il ne puisse tourner sur lui-même;
-enveloppez-le de papier beurré que vous attacherez
-de même sur la broche; arrosez-le; faites-le
-cuire environ cinq quarts d’heure: sa
-cuisson dépend de sa grosseur et du plus ou du
-moins de feu que vous ferez; déballez-le, et,
-après l’avoir glacé, servez-le avec une bonne
-poivrade dessous. (Voyez <a href="#rct_57"><i>Sauce poivrade</i></a>, à son
-article.)</p>
-
-<h4 id="rct_227"><i>Mou de Veau à la&nbsp;Poulette.</i></h4>
-
-<p>Ayez un mou de veau bien blanc, coupez-le
-en gros dés; faites-le dégorger et changez-le
-d’eau plusieurs fois, ayant soin de le presser
-dans vos mains lorsque vous le retirez de l’eau,
-afin d’en exprimer le sang; faites-le blanchir en
-le mettant à l’eau froide; faites-lui jeter un
-bouillon, rafraîchissez-le, c’est-à-dire, jetez-le
-dans l’eau froide; égouttez-le; mettez dans une
-casserole convenable un morceau de beurre;
-ce beurre une fois fondu, jetez-y votre mou;
-faites-le revenir sans qu’il roussisse; singez-le de
-farine; retournez-le avec une cuiller, afin que
-<span class="pagenum" id="Page_146">[p. 146]</span>
-la farine s’incorpore avec le mou; mouillez-le
-doucement avec du bouillon, ayant soin de le
-remuer toujours; assaisonnez-le de sel, poivre
-et d’un bouquet de persil, garni d’une feuille
-de laurier, d’un clou de girofle, d’une gousse
-d’ail; faites partir à grand feu, toujours en le
-remuant, afin que la farine ne tombe pas au
-fond et ne s’attache point; aux trois quarts cuit,
-mettez-y des petits oignons et des champignons;
-la cuisson faite du tout, si la sauce se trouvait
-trop longue, versez-en dans une autre casserole
-la majeure partie, faites-la réduire, dégraissez-la;
-arrivée à son point, liez-la avec quelques
-jaunes d’œufs (voyez <i>Liaison</i>, à son
-article<sup><a href="#note_2">[2]</a></sup>);
-mettez-y un peu de persil haché, un filet de
-verjus ou le jus d’un citron; goûtez s’il est d’un
-bon sel, et servez.</p>
-
-<div class="box" id="note_2">2 Note de transcription: Article introuvable.
-Des indications sont données dans l'article <a href="#rct_138">Ragoût de Ris de Veau</a>.
-</div>
-
-<h4 id="rct_228"><i>Mou de Veau au&nbsp;Roux.</i></h4>
-
-<p>Préparez ce mou comme il est dit ci-dessus;
-mais, au lieu de le passer dans le beurre, mettez-le
-dans un peu de roux (voy. <a href="#rct_100"><i>Roux</i></a>, à son article);
-mouillez-le comme le précédent et assaisonnez-le
-de même; aux trois quarts cuit, mettez-y des
-petits oignons et des champignons; faites réduire
-la sauce, dégraissez-la et ôtez-en le bouquet
-en l’exprimant; faites que cette sauce, arrivée
-à son degré de réduction, soit d’une belle
-couleur rousse et d’un bon goût; finissez-la
-avec un filet de verjus ou le jus d’un citron,
-et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_229"><span class="pagenum" id="Page_147">[p. 147]</span>
-<i>Fraise de&nbsp;Veau.</i></h4>
-
-<p>Ayez une fraise de veau bien blanche et grasse;
-ayez soin de l’approprier comme il faut; faites-la
-dégorger et blanchir en lui faisant jeter quelques
-bouillons; rafraîchissez-la, mettez-la cuire
-dans un blanc comme la tête de veau (voyez
-<a href="#rct_88"><i>Blanc</i></a>, à son article); la cuisson faite, égouttez-la,
-et servez-la avec une sauce au pauvre homme
-que vous mettrez dans une saucière. (Voyez
-<a href="#rct_83"><i>Sauce au Pauvre homme</i></a>.)</p>
-
-<h4 id="rct_230"><i>Fraise de Veau à la&nbsp;Brisac.</i></h4>
-
-<p>Faites cuire cette fraise comme pour la servir
-au naturel; sa cuisson achevée, coupez-la
-en morceaux égaux; mettez-les dans une italienne
-bien réduite et bien <ins id="cor_15" title="corcée">corsée</ins>; la fraise
-étant fade par elle-même, au moment de la servir
-relevez-la d’un jus de citron, d’un peu
-d’huile et d’ail râpé.</p>
-
-<h4 id="rct_231"><i>Ris de Veau à la&nbsp;Dauphine.</i></h4>
-
-<p>Ayez cinq ris de veau, séparez-en les gorges;
-mettez-les dégorger, changez-les d’eau plusieurs
-fois, afin qu’ils soient bien blancs; faites-les
-blanchir légérement, qu’ils ne soient que roidis
-pour les piquer plus facilement; mettez dessus
-un bout-à-bout ou une deuxième, comme
-je l’ai indiqué; foncez une casserole de quelques
-parures de veau, garnissez-la d’oignons et
-de carottes; mettez autour de cette casserole des
-bardes de lard; posez vos ris sur ce fond, qu’ils
-<span class="pagenum" id="Page_148">[p. 148]</span>
-se touchent sans être pressés; mouillez-les avec
-du consommé, en sorte que le lard ne trempe
-pas; couvrez-les avec un rond de papier beurré;
-faites-les partir; posez-les sur une paillasse, couvrez-les;
-mettez du feu sur leur couvercle; que
-ce feu soit assez ardent pour qu’ils prennent
-une belle couleur dorée; laissez-les cuire environ
-trois quarts d’heure; égouttez-les sur un
-couvercle, glacez-les, mettez-les sur une bonne
-chicorée blanche réduite (voyez <a href="#rct_154"><i>Ragoût à la
-Chicorée blanche</i></a>, à son article); ajoutez-y, si
-vous voulez, quatre grandes crêtes de pain passées
-dans le beurre.</p>
-
-<p>Si vous n’avez pas de glace, passez le fond
-de vos ris au travers d’un tamis de soie; faites-le
-réduire en glace, et servez-vous-en pour glacer
-vos ris.</p>
-
-<h4 id="rct_232"><i>Ris de Veau à l’Espagnole.</i></h4>
-
-<p>Après avoir fait blanchir des ris de veau et les
-avoir piqués comme les précédens, marquez-les
-de même et faites-les cuire; lorsqu’ils le seront,
-passez leur fond dans une casserole; faites-les
-réduire presqu’à glace; remettez vos ris de veau
-jusqu’à ce que leur glace soit à son point; retournez-les
-légérement du côté du lard; dressez-les
-sur le plat, mettez dans la casserole une
-cuillerée à dégraisser d’espagnole; détachez bien
-la glace, saucez-en vos ris de veau, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_233"><i>Hatelet de Ris de&nbsp;Veau.</i></h4>
-
-<p>Marquez des gorges de ris de veau sans être
-<span class="pagenum" id="Page_149">[p. 149]</span>
-piquées, comme les ris énoncés aux articles précédens;
-lorsqu’ils seront presque cuits, retirez-les
-de leur fond et laissez-les se refroidir; coupez-les
-par tranches d’un demi-pouce d’épaisseur;
-coupez de même grosseur une langue de veau
-fourrée, des truffes, que vous passerez dans le
-beurre, du petit lard cuit dans la marmite; vous
-aurez une sauce aux hatelets (voyez <a href="#rct_104"><i>Sauce aux
-Hatelets</i></a>, à son article); quand elle sera bien
-chaude, vous y mettrez tous vos morceaux que
-vous mêlerez bien, et déposant le tout sur un
-plat, vous le laisserez refroidir; ensuite enfilez
-ces morceaux l’un après l’autre, et par le milieu,
-en les entremêlant; cela fait, parez ces hatelets
-sur les quatre faces, afin qu’ils soient parfaitement
-carrés; garnissez-les du reste de votre
-sauce en remplissant les vides des morceaux
-qui peuvent ne pas être égaux; ensuite passez-les
-à la mie de pain, en tenant des deux mains
-les bouts de votre hatelet; trempez-le dans une
-petite omelette; repanez-le et rendez-le bien
-carré; lorsque vous voudrez servir vos hatelets,
-mettez-les sur un gril propre, à un feu doux,
-afin qu’ils aient le temps d’être atteints sans
-prendre trop de couleur; grillez-les sur les
-quatre faces; qu’ils soient d’une belle couleur,
-et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_234"><i>Ris de Veau en&nbsp;caisse.</i></h4>
-
-<p>Faites cuire des gorges de ris de veau; coupez-les
-par tranches, passez-les dans des fines herbes,
-telles que du persil, ciboules et champignons
-<span class="pagenum" id="Page_150">[p. 150]</span>
-hachés très-fin, un morceau de beurre, sel et
-gros poivre; faites-les mijoter; vous aurez une
-caisse, ronde ou carrée, que vous huilerez en dehors;
-mettez dans le fond de cette caisse l’épaisseur
-d’un travers de doigt de farce cuite
-(voyez <i>Farce cuite</i>, à son article <span class="ndt"> [Tome&nbsp;II]</span>); mettez votre
-caisse sur un gril ou sur un couvercle de tourtière,
-afin que votre farce puisse cuire sans brûler;
-il faut que cette caisse prenne une teinte
-jaune; mettez-y vos ris de veau et vos fines
-herbes; saucez-les avec une bonne espagnole
-réduite, un jus de citron, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_235"><i>Ris de Veau à l’Anglaise.</i></h4>
-
-<p>Préparez et faites cuire ces ris comme les
-précédens; mettez dans une casserole du beurre
-gros comme un œuf; faites-le fondre sans trop
-le chauffer; délayez-y deux jaunes d’œufs; assaisonnez
-votre beurre d’un peu de sel; dressez
-vos ris de veau sur une tourtière, dorez-les
-avec votre beurre et vos jaunes bien mêlés;
-panez-les avec de la mie de pain, dans laquelle
-vous aurez mis un peu de Parmesan râpé; arrosez-les
-avec ce beurre, en vous servant de ciboules
-fendues en forme de pinceau; mettez ces
-ris au four, ou sous un four de campagne, pour
-leur faire prendre une belle couleur dorée;
-dressez-les sur le plat, saucez-les avec une bonne
-italienne blanche, et servez.</p>
-
-<p>Vous pouvez servir panée la moitié de ces
-ris, et l’autre moitié piquée et glacée.</p>
-
-<h4 id="rct_236"><span class="pagenum" id="Page_151">[p. 151]</span>
-<i>Petit Aspic de Ris de&nbsp;Veau.</i></h4>
-
-<p>Faites cuire ces ris un peu plus que ceux pour
-hatelets; coupez-les de même; enfilez-les dans des
-petits hatelets d’argent; parez-les sur les quatre
-faces, tel que les ris de veau en hatelets; entremêlez-les
-de truffes, si vous le voulez; ayez des moules
-de fer-blanc ou de cuivre, étamés, plus longs et
-un peu plus larges que la surface de vos hatelets
-de ris de veau garnis; coulez dans ces moules de
-l’aspic tiède, de l’épaisseur de deux écus de six
-livres, et laissez-le prendre; vous pouvez faire
-sur cet aspic le dessin que vous jugerez à propos,
-soit avec des truffes, des cornichons, des
-blancs d’œufs durcis, des filets d’anchois et des
-feuilles d’estragon blanchies; lorsque vous aurez
-fait vos dessins, posez vos hatelets, garnis
-de ris de veau, légérement dessus et bien au milieu;
-ensuite coulez-y de nouveau avec une
-cuiller à bouche de l’aspic presque froid sur les
-côtés et le milieu, afin de remplir parfaitement
-vos moules; laissez-les prendre ainsi, ou mettez-les
-à la glace, si le cas l’exige; au moment de
-servir, trempez légérement ces moules dans de
-l’eau chaude jusqu’au bord; retournez-les sur un
-couvercle; faites-les glisser sur leur plat; n’ôtez
-leur moule que quand vos petits aspics sont
-arrangés sur ce plat, et mettez-les au frais jusqu’à
-ce que vous serviez.</p>
-
-<p>Si vous n’aviez point d’aspic, vous fonceriez
-davantage la casserole de vos ris de veau, et
-<span class="pagenum" id="Page_152">[p. 152]</span>
-vous en clarifieriez le fond, duquel vous feriez
-votre aspic. (Voyez <a href="#rct_41"><i>Grand Aspic</i></a>, à son article.)</p>
-
-<h4 id="rct_237"><i>Ris de Veau à la&nbsp;Poulette.</i></h4>
-
-<p>Faites cuire ces ris comme il est énoncé ci-dessus;
-mettez dans une casserole du velouté
-ce que vous jugerez à propos; coupez vos ris
-par tranches; vous aurez eu soin de ne pas les
-laisser trop cuire; mettez-les dans votre velouté
-avec des champignons, que vous aurez fait cuire
-(voyez <a href="#rct_63"><i>Sauce aux Champignons</i></a>, à son article);
-laissez réduire votre ragoût à son degré, et liez-le
-avec deux ou trois jaunes d’œufs (voyez <i>Liaison</i>,
-et <i>la Manière de lier</i>, à leurs articles<sup><a href="#note_2">[2]</a></sup>); mettez-y
-du persil haché et blanchi, si vous le
-voulez, un demi-pain de beurre, un jus de citron,
-et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_238"><i>Queues de Veaux aux petits&nbsp;Pois.</i></h4>
-
-<p>Ayez plusieurs queues de veaux, coupez-les
-par jointures, comme il est indiqué à l’article
-<a href="#rct_192"><i>Queues de Bœuf</i></a>; faites un petit roux (voyez
-<a href="#rct_100"><i>Roux</i></a>, à son article); quand il sera d’une
-belle couleur, mettez-y vos queues de veau,
-ayant soin de les retourner pour les faire revenir;
-ayez l’attention que le feu ne soit pas trop
-vif, de crainte de brûler votre roux; quand vous
-les jugerez suffisamment revenues, mouillez le
-tout avec du bouillon, ou de l’eau, faute de
-bouillon; faites que votre sauce ne soit pas trop
-épaisse; assaisonnez-la de sel, d’un bouquet de
-<span class="pagenum" id="Page_153">[p. 153]</span>
-persil et de ciboules, d’un ou deux oignons,
-d’un clou de girofle et d’une feuille de laurier;
-laissez mijoter, jusqu’à ce que vos queues soient
-à moitié cuites; ôtez-en l’oignon où est le clou
-de girofle; mettez-y des pois en suffisante quantité
-pour votre ragoût; laissez-le mijoter jusqu’à
-ce que vos pois soient cuits; ôtez le bouquet de
-persil et de ciboules en l’exprimant; remuez
-votre ragoût, faites-le bouillir, dégraissez-le;
-qu’il soit d’un bon sel et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_239"><i>Queues de Veaux à la&nbsp;Poulette.</i></h4>
-
-<p>Prenez ce que vous jugerez à propos de queues
-de veaux; coupez-les comme à l’article précédent;
-faites-les dégorger dans de l’eau tiède; quand
-elles le seront, faites-les blanchir; égouttez-les;
-mettez dans une casserole un morceau de beurre,
-vos queues de veaux, un bouquet de persil, de
-ciboules; assaisonnez d’une demi-gousse d’ail,
-d’une feuille de laurier; joignez à cela quelques
-oignons. Passez le tout sur un feu doux, sans
-laisser roussir votre beurre; singez d’un peu de
-farine; remuez vos viandes, mouillez-les avec
-autant de bouillon qu’il en faut; mettez dans ce
-ragoût du sel et du gros poivre; faites-le cuire;
-ayez soin de le remuer souvent, afin qu’il ne
-s’attache pas; retirez-en les oignons et le bouquet
-en l’exprimant; liez-le (voyez l’article
-<i>Liaison</i> et <i>la Manière de lier</i><sup><a href="#note_2">[2]</a></sup>); mettez-y un
-peu de persil haché et blanchi, un filet de vinaigre
-ou le jus d’un citron, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_240"><span class="pagenum" id="Page_154">[p. 154]</span>
-<i>Amourettes de&nbsp;Veau.</i></h4>
-
-<p>Ce qu’on appelle amourettes est tout simplement
-la moelle alongée des quadrupèdes.
-Celles de veau sont préférées pour leur délicatesse.
-On emploie celles de bœuf, de mouton,
-comme on pourrait <ins id="cor_16" title="emploier">employer</ins> toutes celles des
-animaux à quatre pieds. Voici la manière de les
-approprier et de les accommoder:</p>
-
-<p>Ayez des amourettes; mettez-les dans de l’eau;
-ôtez-en les membranes qui les enveloppent;
-changez-les d’eau, laissez-les dégorger; coupez-les
-par morceaux d’égale longueur, autant que
-possible; faites-les blanchir comme les cervelles
-de veau; quand elles le seront, mettez-les dans
-une marinade (voyez <a href="#rct_85"><i>Marinade</i></a>, à son article);
-lorsque vous voudrez vous en servir, égouttez-les,
-mettez-les dans une légère pâte à frire;
-faites-les frire; qu’elles soient d’une belle couleur,
-dressez-les et servez.</p>
-
-<p><i>Nota.</i> On se sert aussi des amourettes en
-place de pâte pour faire des timbales; on fonce
-une casserole de bardes de lard, on met dedans
-ses amourettes comme on fonce une timbale avec
-de la pâte, je veux dire, les arranger tout autour
-les uns sur les autres, en sorte qu’elles
-forment un puits dans lequel on met et des lames
-de rouelles de veau bien jointes les unes contre
-les autres, afin de contenir les amourettes dans
-leur position, et de la farce cuite (voyez <i>Farce
-cuite</i>, à son article <span class="ndt"> [Tome&nbsp;II]</span>), dont on fait un contre-mur,
-<span class="pagenum" id="Page_155">[p. 155]</span>
-et de laquelle on garnit le fond; mettez dans ce
-puits un salpicon bien réduit de ce que vous
-jugerez convenable; couvrez-le de farce, soudez
-bien le tout, pour que la sauce du salpicon ne
-s’échappe pas; mettez cette timbale dans un four
-doux ou sur la paillasse, avec un feu modéré
-dessous et dessus; faites-la cuire trois heures;
-renversez-la, ôtez-en les bardes; versez autour
-une bonne italienne rousse et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_241"><i>Quartier de Veau de&nbsp;derrière.</i></h4>
-
-<p>Si vous avez besoin d’une longe, vous la couperez
-à trois doigts plus bas que la hanche; vous
-roulerez le flanchet; vous l’assujettirez avec des
-petits hatelets, afin que votre longe soit bien
-carrée, et qu’elle n’ait pas l’air plus épaisse
-d’un côté que d’un autre; pour réussir à cela,
-supprimez une partie des os de l’échine qui
-avoisinent le rognon: cela fait, couchez sur le
-fer votre longe, c’est-à-dire, embrochez-la et
-assujettissez-la avec un grand hatelet que vous attacherez
-fortement des deux bouts sur la broche;
-enveloppez cette longe de plusieurs feuilles de
-papier que vous beurrerez en dessus, de crainte
-qu’elles ne brûlent; il faut deux heures et demie
-ou trois heures pour la cuire: cela dépend de la
-quantité de feu et de l’épaisseur de la pièce.</p>
-
-<h4 id="rct_242"><i>Cuissot de Veau, et les manières d’en tirer&nbsp;parti.</i></h4>
-
-<p>Ayez un cuissot de veau; commencez par en
-lever la noix. On appelle noix la chair qui se
-<span class="pagenum" id="Page_156">[p. 156]</span>
-trouve en dedans de la cuisse, et qui en est la
-partie la plus grasse et la plus tendre. Vous parviendrez
-à la lever en passant le bout de votre
-couteau le long du quasi, à l’endroit où la chair
-est découverte, et vous irez jusqu’à ce que vous
-trouviez une séparation des chairs: vous la suivrez
-jusqu’à l’os proche le genou, et vous continuerez
-de glisser votre couteau sur l’os pour
-lever votre noix bien entière; ensuite levez la
-sous-noix qui est la plus voisine. Il y a une
-autre noix qu’on appelle la noix du pâtissier,
-laquelle se trouve proche la fesse du veau et la
-naissance de la queue. Cette sous-noix sert ordinairement
-à faire le godiveau et les farces cuites.
-Levez votre quasi, coupez le jarret dans le genoux
-et le bout de la crosse. Ils vous serviront
-pour vos consommés; la noix pour vous faire
-une entrée, la sous-noix pour faire votre farce
-cuite, et la noix du pâtissier pour faire votre
-godiveau, ou, si vous l’aimez mieux, pour tirer
-un peu de velouté; ce qu’on appelle sauce tournée;
-le quasi, l’os et les chairs qui restent après,
-vous pouvez en tirer une espagnole.</p>
-
-<h4 id="rct_243"><i>Noix de Veau à la&nbsp;Bourgeoise.</i></h4>
-
-<p>Prenez une noix de veau, celle d’un veau
-femelle, s’il vous est possible; conservez la panoufle
-dans tout son entier; mettez-la entre deux
-linges blancs, battez-la avec le plat du couperet;
-cela fait, lardez-la dans l’épaisseur des chairs
-et de toute leur longueur, sans endommager la
-<span class="pagenum" id="Page_157">[p. 157]</span>
-panoufle; assaisonnez vos lardons comme je
-l’ai indiqué (voyez les articles <a href="#rct_181"><i>Noix de Bœuf</i></a>,
-et <a href="#rct_175"><i>Culotte à l’écarlate</i></a>); foncez une casserole
-de quelques parures ou débris de veau, posez
-votre noix dessus; mettez deux ou trois oignons
-autour, quelques carottes tournées, un
-bouquet de persil et ciboules; mouillez-la avec
-un bon verre de consommé ou du bouillon;
-couvrez-la d’un fort papier beurré et faites-la partir;
-une fois en train, couvrez-la, mettez-la sur
-la paillasse, avec feu dessous et dessus; laissez-la
-cuire près d’une heure et demie ou deux heures;
-le temps de sa cuisson dépend et de sa qualité
-et de sa grosseur: sa cuisson terminée, égouttez-la,
-passez son fond, faites-le réduire à glace;
-glacez votre noix; mettez deux cuillerées à dégraisser
-d’espagnole dans le reste de cette glace;
-détachez bien le tout, dégraissez-le, finissez-le
-avec la moitié d’un pain de beurre et saucez.</p>
-
-<p>Si vous n’aviez point d’espagnole, vous feriez
-un petit roux, vous le mettriez, votre noix étant
-glacée, dans le reste de sa glace; mêlez bien le
-tout, mouillez-le avec un quart de verre de vin
-blanc, un verre de bouillon; faites-le réduire,
-dégraissez et finissez-le comme ci-dessus.</p>
-
-<p>Cette noix peut se servir sur de la chicorée,
-de l’oseille, des épinards, de la purée d’oignons,
-sur des petites racines tournées et des montans de
-cardes.</p>
-
-<h4 id="rct_244"><i>Noix de Veau en&nbsp;Bedeau.</i></h4>
-
-<p>Ayez une noix de veau; prenez de préférence
-<span class="pagenum" id="Page_158">[p. 158]</span>
-d’un veau femelle; conservez la panoufle ou
-tetine: battez-la entre deux linges et parez-la
-sur la partie découverte; piquez-la de gros lard
-sur le dessous et le dessus d’une deuxième;
-marquez-la et assaisonnez-la comme la précédente;
-couvrez la panoufle d’une barde de lard,
-afin qu’elle ne prenne point de couleur: faites-la
-cuire comme il est dit plus haut, avec feu dessous
-et dessus; glacez-la, servez-la sur de la
-chicorée, de l’oseille, ou des concombres, soit
-au jus, soit à la béchamelle.</p>
-
-<h4 id="rct_245"><i>Noix de Veau&nbsp;piquée.</i></h4>
-
-<p>Prenez une noix de veau; battez-la, posez-la
-sur la table; levez-en la panoufle comme si vous
-leviez une barde de lard; retournez-la et parez-la
-en faisant glisser votre couteau pour la rendre
-bien unie: cela fait, piquez-la toute entière;
-marquez-la dans une casserole, comme la précédente:
-mettez vos oignons sous votre noix, pour
-lui donner une forme bombée; mouillez-la avec
-du consommé ou du bouillon, de façon que le
-lard de cette noix ne trempe point dans le mouillement;
-glacez-la et servez-la sur une espagnole
-réduite ou sur de la chicorée.</p>
-
-<h4 id="rct_246"><i>Grenadins de&nbsp;Veau.</i></h4>
-
-<p>Ayez une noix de veau, battez-la comme il est
-déjà dit plus haut; coupez-la en deux, comme
-si vous leviez une bardière de lard; après,
-rebattez légérement les deux morceaux, afin de
-les aplatir un peu; faites de chaque partie trois
-<span class="pagenum" id="Page_159">[p. 159]</span>
-ou quatre morceaux, ayant soin de les couper
-en losanges alongés; arrondissez parfaitement
-un de ces morceaux; piquez-les tous avec soin,
-et que votre lard soit bien égal: cela fait, foncez
-une casserole avec vos rognures de veau, deux
-carottes et des oignons coupés en deux; mettez-en
-la moitié sous chacun de vos grenadins,
-à la partie la plus large, pour la faire tomber, et
-de même au morceau que vous avez arrondi, observez,
-en les posant, qu’ils ne se touchent pas;
-assaisonnez-les d’un bouquet de persil et de ciboules,
-d’une feuille de laurier et d’un clou de
-girofle; mouillez-les avec du consommé ou du
-bouillon, de manière que le lard ne trempe
-point; couvrez-les d’un papier beurré; faites-les
-partir sur un bon feu; de là, posez-les sur un
-feu doux; mettez sur leur couvercle un feu un
-peu ardent, afin qu’ils prennent une couleur
-dorée; laissez-les cuire une heure; leur cuisson
-faite, égouttez-les, glacez-les; mettez-les sur une
-purée, soit de champignons, d’oseille, de chicorée,
-ou toute autre: observez, en dressant ces
-grenadins, que les pointes soient au centre du
-plat, comme pour en faire une <i>rosasse</i>; posez le
-grenadin qui est en rond sur les pointes des
-autres, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_247"><i>Manchons à la&nbsp;Gérard.</i></h4>
-
-<p>Ayez une noix de veau; levez-en la panoufle
-comme aux précédentes; battez-la de même;
-séparez-la dans sa longueur en quatre ou cinq
-<span class="pagenum" id="Page_160">[p. 160]</span>
-morceaux, de l’épaisseur d’un demi-pouce au plus;
-coupez ces morceaux en carrés longs: battez-les
-avec le plat du couperet; après rebattez-les
-avec le dos de la lame de votre couteau, que
-les coups soient très-près les uns des autres, à
-différens sens, afin de rompre les fibres des
-viandes; mettez dans trois de ces morceaux de
-la farce de quenelle, où vous n’aurez point mis
-trop de blancs d’œufs fouettés. Roulez-les, en
-leur donnant la forme de manchons; recouvrez-les
-d’un lit de cette farce, de l’épaisseur de la
-lame de votre couteau; coupez par bandes, de
-la largeur de deux doigts, les deux lames de
-veau qui vous sont restées; piquez-les avec
-soin; appliquez-les aux deux bouts de chacun
-de vos manchons: bridez-les en dessous,
-ainsi que les morceaux piqués, pour
-qu’ils ne se détachent ni ne se déforment; hachez
-des truffes très-fin; sablez-en un de vos
-manchons jusqu’aux bordures piquées; hachez
-de même des pistaches pour en sabler un second;
-et si vous voulez, pour le troisième, hachez
-encore de même des amandes douces, bien
-émondées, et appliquez-les sur le troisième (ce
-qui fera trois couleurs), et garnissez le tout, en
-sorte qu’on ne voie point la farce: cela fait,
-marquez-les comme les noix de veau; foncez
-une casserole de bardes de lard; donnez-leur
-la même cuisson, à la réserve qu’il faut mettre
-moins de feu dessus leur couvercle; égouttez-les;
-débridez-les; parez-les des deux bouts; glacez
-<span class="pagenum" id="Page_161">[p. 161]</span>
-les parties piquées; dressez-les sur le plat; mettez
-dessous une bonne espagnole réduite, ou
-une sauce aux truffes (voyez <a href="#rct_62"><i>Sauce aux Truffes</i></a>,
-à son article), et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_248"><i>Hâtereaux.</i></h4>
-
-<p>Ayez une noix de veau; coupez-la par lames
-un peu plus minces que les précédentes; battez-les
-de même; coupez-les en plus petits morceaux,
-à-peu-près de la longueur de trois pouces,
-sur quatre de large; piquez-les avec soin dans
-toute leur longueur: après, posez-les sur un
-linge, du côté du lard; étendez dessus le côté non
-piqué la farce ci-après:</p>
-
-<p>Prenez de la farce cuite ce qu’il vous en faut
-pour faire neuf hâtereaux, en incorporant dans
-cette farce un tiers en sus de petits foies gras,
-des truffes, des champignons coupés en petits
-dés; maniez bien le tout avec une cuiller de
-bois; joignez-y deux ou trois jaunes d’œufs, du
-sel en suffisante quantité et un peu d’épices
-fines; mettez de cette farce, comme il est déjà
-dit, sur vos hâtereaux; roulez-les, en sorte que
-les deux bouts de veau se joignent; embrochez-les
-d’un hatelet, fixez-le sur la broche; enveloppez-les
-de papier; arrosez-les, durant leur cuisson,
-avec du beurre; dressez-les, et servez dessous
-une italienne corsée rousse ou blanche.</p>
-
-<h4 id="rct_249"><i>Popiettes de&nbsp;Veau.</i></h4>
-
-<p>Prenez une partie de noix de veau, coupez-la
-en tranches fort minces; battez-les bien sur
-<span class="pagenum" id="Page_162">[p. 162]</span>
-tous les sens, comme nous l’avons dit pour les
-hâtereaux; mettez dessus une farce cuite de volaille
-ou de veau; roulez-les, comme je l’ai indiqué
-pour les hâtereaux: ficelez-les, pour qu’elles
-ne se déforment pas; foncez une casserole de
-bardes de lard; mettez vos popiettes avec une
-petite cuillerée à pot de consommé, un bon
-verre de vin blanc, un bouquet de persil et ciboules,
-assaisonné d’un clou de girofle, d’une
-gousse d’ail et d’un peu de basilic; faites cuire
-à-peu-près trois quarts d’heure; passez le fond au
-travers d’un tamis de soie; mettez-y deux cuillerées
-à dégraisser d’espagnole; faites-le réduire,
-dégraissez-le; égouttez vos popiettes, glacez-les
-et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_250"><i>Escalopes de Veau à la manière&nbsp;anglaise.</i></h4>
-
-<p>Prenez une noix de veau bien blanche et bien
-tendre; coupez-la par filets carrés, d’un pouce
-et demi en tous sens, et de ces filets faites des
-escalopes, c’est-à-dire, coupez-les de deux lignes
-d’épaisseur; ensuite aplatissez-les légérement
-sur une table bien propre où vous aurez
-mis un peu d’huile; parez chaque morceau, en
-lui donnant la formé d’un écu, et qu’il en ait à-peu-près
-l’épaisseur; vous aurez fait fondre et
-clarifier du beurre que vous aurez tiré au clair
-dans une sauteuse, ou, faute de celle-ci, dans
-un couvercle de marmite bien étamé; rangez-y
-ces escalopes, de manière qu’elles se touchent,
-sans être les unes sur les autres; posez-les sur
-<span class="pagenum" id="Page_163">[p. 163]</span>
-un feu ordinaire; quand elles seront roidies d’un
-côté, retournez-les de l’autre avec la pointe de
-votre couteau; pour qu’elles roidissent de même,
-égouttez le beurre; mettez une cuillerée à dégraisser
-de gelée ou de bon consommé; faites
-aller vos escalopes à un feu plus vif: remuez-les
-en totalité; lorsque vous verrez qu’elles
-tombent à glace, retirez-les; dressez-les en cordons
-autour de votre plat; mettez au milieu un
-ragoût de godiveau, et servez (voyez <a href="#rct_171"><i>Ragoût de
-Godiveau</i></a>, à son article).</p>
-
-<h4 id="rct_251"><i>Filets mignons de&nbsp;Veau.</i></h4>
-
-<p>Ayez six filets mignons de veau piqués en
-trois, et décorez les trois autres, soit de truffes
-ou de jambon; marquez-les comme les fricandeaux;
-faites-les cuire de même; glacez-les, et
-dressez-les sur un ragoût de chicorée, d’oseille,
-ou d’autres ragoûts, à votre volonté.</p>
-
-<h4 id="rct_252"><i>Quartier du devant du&nbsp;Veau.</i></h4>
-
-<p>Dans ce quartier il y a l’épaule, le carré et
-les tendons: l’épaule se sert à la broche; on s’en
-sert aussi, étant rôtie, pour faire des blanquettes;
-on peut en tirer des sauces comme du
-cuissot; mais elle a moins de sucs nourriciers.
-Elle renferme des parties de chair fort délicates;
-elle a aussi, à la partie la plus proche du collet,
-une noix enveloppée de graisse, qui pour sa
-délicatesse est fort estimée des gourmets.</p>
-
-<h4 id="rct_253"><i>Blanquette de&nbsp;Veau.</i></h4>
-
-<p>Lorsque vous aurez servi une épaule de
-<span class="pagenum" id="Page_164">[p. 164]</span>
-veau à la broche, et qu’il y sera resté assez de
-chair pour faire une blanquette, levez la chair
-qui reste par morceaux, que vous aplatirez
-avec la lame de votre couteau; parez-les; ôtez-en
-les peaux rissolées; émincez les filets que
-vous aurez levés; faites réduire du velouté, et
-jetez-y vos filets sans les laisser bouillir; liez
-votre blanquette avec autant de jaunes d’œufs
-qu’il en faut; mettez-y un filet de verjus ou jus
-de citron, un petit morceau de beurre, un peu
-de persil et de ciboules hachés, si vous le jugez
-à propos, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_254"><i>Tendons de Veau à la Poulette ou au&nbsp;Blanc.</i></h4>
-
-<p>Prenez une poitrine de veau; posez-la sur la
-table, du côté de la chair; prenez votre couteau,
-de manière que vous ayez les ongles en dehors;
-faites remonter votre couteau entre les tendons
-et les os rouges de la poitrine, en les prenant
-par le bout le plus mince; ensuite levez la chair
-qui couvre les tendons, séparez-les des côtes;
-posez vos tendons sur la table, et coupez-les en
-forme d’huître, en inclinant votre couteau de la
-droite à la gauche; donnez-leur l’épaisseur de
-trois quarts de pouce; arrondissez-les, mettez-les
-dégorger; faites-les blanchir et rafraîchissez-les;
-foncez une casserole de bardes de lard;
-mettez dans le fond quelques parures de veau;
-posez dessus vos tendons; joignez-y un bouquet
-assaisonné, quelques tranches de citron, trois
-ou quatre carottes tournées et autant d’oignons;
-<span class="pagenum" id="Page_165">[p. 165]</span>
-mouillez-les avec du consommé ou du bouillon;
-faites-les partir, et mettez-les mijoter sur la
-paillasse deux ou trois heures; avant de les retirer,
-sondez-les avec la pointe du couteau; si
-elle entre sans effort, retirez-les du feu, égouttez-les
-et servez-vous-en de toutes les manières.</p>
-
-<h4 id="rct_255"><i>Tendons de Veau en Queue de&nbsp;Paon.</i></h4>
-
-<p>Otez les os rouges, comme je l’ai indiqué aux
-tendons ci-dessus; retournez votre poitrine, de
-manière que les côtes se trouvent sur la table;
-mettez un linge blanc sur cette poitrine; aplatissez-la
-avec le plat du couperet: cela fait,
-coupez-la par morceaux de trois à quatre doigts
-de largeur; arrondissez-en avec votre couteau le
-gros bout, et diminuez-en la partie opposée, de
-manière à en former un cœur alongé, qu’on appelle
-queue de paon. Détachez la chair du côté
-des os; rognez l’os, de manière que la chair dépasse;
-faites-les dégorger et blanchir; marquez-les
-comme les tendons ci-dessus, avec cette différence
-que vous n’y mettrez pas de tranches de
-citron; la cuisson est à-peu-près la même: si
-vous n’aviez point de sauce pour les accommoder,
-passez leur fond au travers d’un tamis de
-soie; faites-le réduire à glace, et glacez-les: mettez
-dans le reste de votre glace un petit morceau
-de roux (voyez <a href="#rct_100"><i>Roux</i></a>, à son article); faites-le
-fondre, en le délayant avec votre glace; mouillez-le
-avec du consommé ou du bouillon et le quart
-d’un verre de vin blanc; ajoutez-y dix parures
-<span class="pagenum" id="Page_166">[p. 166]</span>
-de champignons ou de truffes; faites bouillir
-cette sauce, dégraissez-la et tordez-la dans une
-étamine; faites-la réduire de nouveau à consistance
-de sauce; goûtez si elle est d’un bon
-goût; finissez-la en la passant et la vannant avec
-un petit morceau de beurre, et saucez-en vos
-tendons: vous pouvez la servir avec des petits
-oignons, des pointes d’asperges, ou un <a href="#rct_149">ragoût
-de champignons</a>. (Voyez l’article <a href="#rct_ragouts"><i>Ragoûts</i></a>.)</p>
-
-<h4 id="rct_256"><i>Casserole au&nbsp;Riz.</i></h4>
-
-<p>Prenez deux livres de riz, plus ou moins, selon
-la grandeur du plat que vous devez servir; épluchez-le,
-lavez-le, faites-le blanchir; mettez-le
-dans une casserole, mouillez-le avec du derrière
-de la marmite; observez qu’on doit peu le
-mouiller et qu’on doit le faire aller très-doucement;
-remuez-le souvent, et de manière à ne
-point le rompre; faites en sorte qu’il soit bien
-nourri, c’est-à-dire qu’il soit gras; salez-le convenablement;
-sa cuisson achevée, faites un bouchon
-de mie de pain de la grandeur du fond de
-votre plat; dressez tout autour votre riz comme
-vous feriez pour un pâté; soudez-le bien sur le
-plat; couvrez votre mie de pain d’une barde de
-lard; étendez de votre riz sur un couvercle que
-vous aurez beurré pour en couvrir votre casserole;
-faites-le glisser sur votre pain et soudez le
-premier placé; donnez au tout une forme agréable;
-marquez le couvercle de votre casserole
-pour pouvoir l’enlever facilement; quand il sera
-<span class="pagenum" id="Page_167">[p. 167]</span>
-cuit, mettez-le dans un four très-chaud; donnez-lui
-une belle couleur lorsque vous serez
-près de servir; levez votre couvercle avec soin;
-mettez-le sur un couvercle de casserole; videz
-votre casserole au riz, remplissez-la d’un ragoût
-tel que vous jugerez à propos; remettez-lui son
-couvercle et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_257"><i>Tendons de Veau en&nbsp;Macédoine.</i></h4>
-
-<p>Préparez ces tendons comme ceux énoncés
-ci-dessus, soit en huître, soit en queue de paon;
-leur cuisson faite, préparez la <a href="#rct_170">Macédoine</a>, comme
-il est indiqué à son article.</p>
-
-<h4 id="rct_258"><i>Tendons de Veau panés et&nbsp;grillés.</i></h4>
-
-<p>Lorsque vos tendons seront cuits, comme il
-est dit ci-dessus, panez, soit à l’anglaise, soit à
-une panure ordinaire; faites-leur prendre une
-belle couleur, et mettez dessous, soit une sauce
-poivrade, soit une sauce au pauvre homme, ou
-une italienne.</p>
-
-<h4 id="rct_259"><i>Tendons de Veau en&nbsp;Mayonnaise.</i></h4>
-
-<p>Lorsque vos tendons seront bien cuits, faites-les
-refroidir; parez-les de nouveau, dressez-les
-en cordons autour de votre plat; mettez autour
-une bordure de petits oignons que vous aurez
-fait blanchir et cuire dans du bouillon ou du
-consommé, et de cornichons tournés en petits
-oignons, en les entremêlant; ne les arrangez
-autour du plat que quand vous aurez masqué
-vos tendons avec votre mayonnaise, et servez.
-(Voyez <a href="#rct_99"><i>Sauce Mayonnaise</i></a>.)</p>
-
-<h4 id="rct_260"><span class="pagenum" id="Page_168">[p. 168]</span>
-<i>Tendons de Veau en&nbsp;Matelote.</i></h4>
-
-<p>Quand vos tendons seront cuits, comme il
-est énoncé aux articles précédens, ayez trente
-petits oignons tous égaux et bien épluchés;
-mettez-les dans une casserole avec un morceau
-de beurre et faites-les roussir; lorsqu’ils le seront,
-retirez-les, et dans le beurre restant
-mettez une pincée de farine, faites un petit
-roux; quand il sera d’une belle couleur, mouillez-le
-avec un demi-verre de vin blanc, et le
-fond dans lequel auront cuits vos tendons; s’il
-ne suffisait pas, joignez-y du bouillon ce qu’il
-en faut pour le mettre à consistance de sauce;
-de là faites-la bouillir, dégraissez-la et tordez-la
-dans une étamine au-dessus d’une casserole;
-remettez de suite cette sauce sur le feu avec un
-bouquet de persil et ciboules, dans lequel vous
-aurez mis un clou de girofle, une demi-feuille
-de laurier et la moitié d’une gousse d’ail; ajoutez
-à cela une trentaine de champignons tournés,
-du sel et du poivre ce qu’il en faut, et un peu
-d’épices fines; faites réduire votre sauce; ôtez-en
-le bouquet en l’exprimant; finissez-la avec gros
-comme une noix de beurre d’anchois, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_261"><i>Tendons de Veau à la&nbsp;Ravigote.</i></h4>
-
-<p>Préparez vos tendons comme ceux coupés en
-huîtres, dont il est parlé ci-dessus; leur cuisson
-faite, mettez-les refroidir et parez-les; vous aurez
-fait un bord de plat avec du beurre que vous
-décorerez à votre fantaisie; dressez vos tendons
-<span class="pagenum" id="Page_169">[p. 169]</span>
-en cordon sur votre plat, et masquez-les avec
-une ravigote froide (voyez <a href="#rct_69"><i>Ravigote froide</i></a>, à son
-article). Si vous serviez vos tendons à la ravigote
-chaude, vous feriez un bord de plat avec
-des croûtons.</p>
-
-<h4 id="rct_262"><i>Tendons de Veau à la&nbsp;Marinade.</i></h4>
-
-<p>Faites bien cuire vos tendons; après mettez-les
-dans une marinade (voyez <a href="#rct_85"><i>Marinade</i></a>, à son
-article); faites-leur jeter un bouillon; laissez-les
-refroidir; égouttez-les un demi-quart d’heure;
-avant de vous en servir, trempez-les dans une
-légère pâte à frire, couchez-les dans la friture
-l’un après l’autre, ayant soin de les égoutter
-pour qu’ils aient une forme agréable; faites-leur
-prendre une belle couleur; retirez-les alors de
-la friture; égouttez-les sur un linge blanc; faites
-frire une pincée de persil, dressez vos tendons,
-mettez dessus votre persil et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_263"><i>Tendons de Veau à la&nbsp;Villeroy.</i></h4>
-
-<p>Préparez vos tendons comme ils sont indiqués
-à la poulette; forcez-les d’un peu plus
-de liaison et de citron; laissez-les refroidir; garnissez-les
-bien de leur sauce, panez-les, trempez-les
-dans une omelette; panez-les une seconde
-fois, faites-les frire; dressez-les, mettant dessus
-ou dessous une pincée de persil frit, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_264"><i>Côtelettes de&nbsp;Veau.</i></h4>
-
-<p>Ayez un carré de veau bien blanc; coupez-le
-par côtes de même grosseur; ôtez-leur l’os de
-<span class="pagenum" id="Page_170">[p. 170]</span>
-l’échine; à cet effet, coupez dans la jointure à
-la jonction de la côte avec l’échine; parez le filet
-de la côtelette; ôtez-en les nerfs; et aplatissez
-légérement avec le plat du couperet, après en
-avoir ôté les peaux, en prenant bien garde d’altérer
-ce filet; arrondissez votre côtelette; supprimez
-une partie de la chair du haut en découvrant
-le bout de la côte; grattez l’os avec le dos
-de votre couteau, en sorte qu’il n’y reste aucune
-chair; recoupez le bout de l’os, de façon
-qu’étant cuit, il ne soit pas trop long, et que
-votre côtelette ait de la grâce; vous pourrez vous
-en servir, soit au naturel, soit pour les faire
-piquer, ou de toute autre manière.</p>
-
-<h4 id="rct_265"><i>Côtelettes&nbsp;piquées.</i></h4>
-
-<p>Lorsque vous aurez paré vos côtelettes, comme
-il est dit ci-dessus, et que vous aurez conservé
-la panuffe, liez cette panuffe et l’os de la côtelette,
-afin qu’elle ne se détache point; piquez
-vos côtelettes d’une deuxième, comme je l’ai indiqué
-à l’article <a href="#rct_245"><i>Noix de Veau</i></a>; foncez une casserole
-des parures de vos côtelettes; joignez deux oignons,
-trois ou quatre morceaux de carottes et
-un bouquet assaisonné, tel qu’il est indiqué plusieurs
-fois; mouillez-les avec du bouillon, du
-consommé ou de l’eau; si vous employez de
-l’eau, mettez un peu de sel; couvrez vos côtelettes
-d’un rond de papier beurré, et faites-les cuire
-comme il est indiqué à l’article <a href="#rct_246"><i>Grenadins</i></a>; vos
-côtelettes cuites, égouttez-les; faites-en réduire
-<span class="pagenum" id="Page_171">[p. 171]</span>
-le fond à glace et servez-vous-en pour les glacer,
-surtout si vous n’avez point de glace: vous
-pouvez servir ces côtelettes sur de l’oseille, de
-la chicorée, des concombres, des petits pois,
-une sauce tomate, une purée de champignons,
-ou avec une bonne espagnole réduite, etc.</p>
-
-<h4 id="rct_266"><i>Côtelettes de Veau à la&nbsp;Chingara.</i></h4>
-
-<p>Prenez six ou sept côtelettes de veau parées,
-comme je l’ai dit ci-dessus, en leur donnant un
-peu plus d’épaisseur; lardez-les de moyens lardons
-et de jambon entremêlé; marquez-les
-comme celles énoncées plus haut, et faites-les
-cuire de même; lorsqu’elles seront cuites, laissez-les
-refroidir; parez-les, c’est-à-dire, supprimez
-les bouts de lardons, etc., qui dépassent la
-chair; passez le fond de vos côtelettes, faites-le
-réduire jusqu’à glace, et remettez vos côtelettes
-pour les glacer; ayez une langue de bœuf fumée
-ou à l’écarlate, coupez-la en lames, de l’épaisseur
-de trois lignes et de la forme de vos côtelettes;
-faites chauffer ces lames dans du bouillon;
-glacez-les avec le restant de la glace de vos
-côtelettes; dressez-les sur le plat en cordons et
-en les entremêlant d’une sauce de langue; mettez
-deux cuillerées à dégraisser d’espagnole
-dans le fond de votre glace; faites-la détacher,
-finissez-la avec un demi-pain de beurre, et
-servez.</p>
-
-<p>Vous pourrez aussi hacher le reste de la langue
-à l’écarlate, ainsi que les parures, et les mettre
-<span class="pagenum" id="Page_172">[p. 172]</span>
-dans cette sauce, qu’il ne faut point laisser
-bouillir dans ce dernier cas; mettez-y un peu plus
-de beurre pour la rendre moelleuse; de suite
-versez-la dans le puits de vos côtelettes, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_267"><i>Côtelettes de Veau&nbsp;sautées.</i></h4>
-
-<p>Prenez sept côtelettes de veau, parez-les comme
-ci-dessus et aplatissez-les davantage; ensuite
-faites fondre à-peu-près un quarteron de beurre
-dans une sauteuse, trempez dans ce beurre
-vos côtelettes des deux côtés, et rangez-les, de
-manière qu’elles ne soient point les unes sur
-les autres; faites-les partir sur un feu moyen et
-retournez-les souvent; lorsqu’elles auront atteint
-les trois quarts de leur cuisson, égouttez-en
-le beurre et mettez dans vos côtelettes gros de
-glace comme deux fois le pouce, une cuillerée
-à dégraisser de bouillon, et menez-les à grand
-feu; ayez soin de les retourner souvent, de les
-appuyer sur le fond de la sauteuse, afin qu’elles
-se pénètrent bien de la glace; lorsqu’elles seront
-cuites et qu’elles seront bien glacées, dressez-les
-sur le plat comme les précédentes; remettez <ins id="cor_17" title="uu">un</ins>
-peu de consommé dans le fond de votre sauteuse
-pour en détacher toute la glace; quand
-votre consommé sera réduit, mettez-y un demi-pain
-de beurre et le jus d’un citron; liez le tout
-sans le laisser bouillir, en agitant votre sauteuse;
-arrosez-en vos côtelettes, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_268"><i>Côtelettes de Veau au&nbsp;Jambon.</i></h4>
-
-<p>Préparez sept côtelettes comme les précédentes,
-<span class="pagenum" id="Page_173">[p. 173]</span>
-et faites-les cuire de même; lorsque vous
-les servirez, mettez entre elles des lames de noix
-de jambon, comme l’on met des lames de
-langue à l’écarlate entre les côtelettes à la chingara
-ou jambon.</p>
-
-<h4 id="rct_269"><i>Côtelettes de Veau au&nbsp;Naturel.</i></h4>
-
-<p>Prenez, autant qu’il vous en faut, de ces côtelettes;
-parez et aplatissez-les comme celles ci-dessus;
-saupoudrez-les d’un peu de sel, trempez-les
-dans du beurre fondu et mettez-les sur
-le gril; ayez soin de les retourner; arrosez-les
-du reste de leur beurre durant leur cuisson,
-pour qu’elles soient d’une belle couleur; vous
-pourrez vous assurer qu’elles sont cuites si, en
-appuyant le doigt dessus, elles sont fermes; alors
-dressez-les, saucez-les avec un bon jus de bœuf
-réduit ou une sauce au pauvre homme, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_270"><i>Côtelettes de Veau&nbsp;panées.</i></h4>
-
-<p>Elles se préparent de même que celles énoncées
-plus haut, sinon qu’après les avoir trempées
-dans le beurre, on les pane et qu’elles exigent
-un feu plus doux.</p>
-
-<h4 id="rct_271"><i>Côtelettes de Veau en&nbsp;papillotes.</i></h4>
-
-<p>Prenez ce qu’il vous faut de ces côtelettes;
-faites-les revenir dans le beurre, mettez-y persil,
-champignons et ciboules hachés (un tiers de
-chaque), un peu de lard râpé, avec sel, poivre
-et épices fines; laissez mijoter le tout; quand
-ces côtelettes seront cuites, retirez-les des fines
-herbes, et mettez dans ces fines herbes une
-<span class="pagenum" id="Page_174">[p. 174]</span>
-cuillerée ou deux à dégraisser d’espagnole ou
-du velouté, selon la quantité de côtelettes que
-vous avez; laissez réduire votre sauce, en sorte
-que l’humidité en soit évaporée; goûtez si vos
-fines herbes sont d’un bon goût; liez-les avec
-des jaunes d’œufs, selon la quantité de la sauce;
-laissez-la refroidir ainsi que vos côtelettes; coupez
-votre papier de la forme d’un petit cerf-volant,
-huilez-le dans l’endroit où votre côtelette
-doit poser; mettez sur le papier des petites bardes
-de lard très-minces; mettez la moitié d’une cuillerée
-à bouche de fines herbes sur le lard; posez
-dessus votre côtelette, et couvrez-la de fines
-herbes et d’une petite barde; refermez votre
-papillote, <i>videlez-la</i>; nouez la pointe du côté
-de l’os avec une ficelle; huilez vos papillotes
-en dehors; faites-les griller, et prenez garde
-que le papier ne brûle; supprimez la ficelle;
-faites que vos côtelettes soient d’une belle couleur,
-et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_272"><i>Carré de Veau à la&nbsp;Broche.</i></h4>
-
-<p>Prenez un carré de veau bien gras et bien
-blanc; ôtez le bout qui se trouve dessous l’épaule,
-afin que votre carré soit entièrement couvert;
-levez-en l’arête de l’échine dans toute sa longueur.
-Coupez-la avec le couperet dans les jointures
-des côtés, comme je l’ai dit (article <a href="#rct_264"><i>Côtelettes</i></a>):
-cela fait, coupez-le de toute sa longueur
-du côté de la poitrine, afin de le mettre bien
-carré; passez quelques hatelets dans le filet, et
-<span class="pagenum" id="Page_175">[p. 175]</span>
-faites-leur rejoindre les côtes, afin que votre
-carré se soutienne: couchez-le sur fer, en passant
-un grand hatelet au-dessus du filet, pour
-l’assujettir sur la broche: liez l’hatelet fortement
-des deux bouts; enveloppez votre carré de papier
-beurré; faites-le cuire environ une heure
-et demie en l’arrosant avec soin; de suite ôtez-en
-le papier et faites-lui prendre une belle couleur;
-servez-le avec un bon jus de bœuf.</p>
-
-<h4 id="rct_273"><i>Carré de Veau&nbsp;piqué.</i></h4>
-
-<p>Prenez un beau carré de veau; ôtez-en l’os
-de l’échine, comme il est dit précédemment:
-cela fait, coupez légérement et dans toute sa longueur
-la peau qui couvre le filet, surtout sans
-l’endommager; de même levez-en le nerf ainsi
-que les peaux qui le couvrent encore, en faisant
-glisser votre couteau entre ce nerf et la chair
-du filet; parez-le bien et battez-le légérement;
-ensuite piquez-le, comme il est dit à l’article du
-<a href="#rct_231"><i>Ris de Veau</i></a>, et marquez-le dans une casserole,
-ainsi que je l’ai <ins id="cor_18" title="éconcé">énoncé</ins> pour la <a href="#rct_243"><i>Noix de Veau</i></a>,
-à son article: sa cuisson faite, glacez-le et servez-le
-sur tel ragoût que vous jugerez à propos.</p>
-
-<h4 id="rct_274"><i>Petites Noix d’Épaule de&nbsp;Veau.</i></h4>
-
-<p>Ayez quinze petites noix d’épaule de veau;
-faites-les blanchir, rafraîchissez-les, parez-les,
-sans en supprimer la graisse qui les entoure;
-foncez une casserole de deux carottes, de deux
-oignons, quelques débris de veau, un bouquet
-de persil et ciboules, une demi-feuille de laurier
-<span class="pagenum" id="Page_176">[p. 176]</span>
-et deux clous de girofle; posez ces noix sur ce
-fond, mouillez-les avec un peu de bouillon ou
-de consommé; couvrez-les de bardes de lard et
-d’un rond de papier; une heure avant de servir
-faites-les partir; mettez-les cuire sur la paillasse
-avec feu dessous et dessus: leur cuisson achevée,
-égouttez-les sur un couvercle; glacez-les et servez-les
-sur une purée de champignons (voyez
-<a href="#rct_63"><i>Sauce à la purée de Champignons</i></a>, à son article)
-ou sur toute autre purée. Si vous n’aviez point
-de glace, prenez le fond de ces noix et faites-le
-réduire à glace, en sorte qu’elle soit d’une belle
-couleur dorée.</p>
-
-<h4 id="rct_275"><i>Noix de Veau à la&nbsp;Gendarme.</i></h4>
-
-<p>Parez une noix de veau comme pour la mettre
-en bedeau; vous la piquez en dedans de lard
-et de jambon bien assaisonné; lorsqu’elle est
-piquée, vous la mettez dans une terrine ou plat
-creux; vous coupez deux oignons en tranches,
-persil, ciboules, laurier, ail, thym et basilic, et
-vous l’assaisonnez de sel, de poivre et d’huile, pour
-qu’elle marine bien pendant vingt-quatre heures;
-ensuite vous l’embrochez avec l’assaisonnement:
-lorsqu’elle est cuite, vous lui faites prendre couleur,
-et la servez avec une sauce poivrade.</p>
-
-<hr class="hr15" />
-
-<h2 id="rct_276">MOUTON.</h2>
-
-<h4><i>Du Mouton en&nbsp;général.</i></h4>
-
-<p>Le mouton est de tous les quadrupèdes celui
-dont on fait le plus de consommation. Il s’emploie
-<span class="pagenum" id="Page_177">[p. 177]</span>
-dans toutes les saisons; cependant il est
-meilleur l’hiver que l’été; il est moins sujet à
-sentir la laine, et il est toujours plus gras. Il faut le
-choisir d’une graisse bien blanche et la chair
-noire. Le mâle est préférable. Lorsqu’on choisit,
-il faut prendre celui dont le nerf de la génération
-est le plus fin et le manche du gigot
-très-court: de plus il doit avoir le gigot bien
-arrondi. Différentes provinces en fournissent
-d’excellens. Ceux de Sologne, des Ardennes,
-de la Champagne, des Côtes maritimes, dites Prés-Salés,
-et de Beauvais, sont les meilleurs. Les
-flamands, qui sont beaucoup plus gros, sont
-moins estimés: les métis et les mérinos le sont
-encore moins; ils ont peu de goût, et pour
-l’ordinaire sont assez coriaces.</p>
-
-<h4 id="rct_277"><i>Rôt-de-Bif de Mouton à la&nbsp;Broche.</i></h4>
-
-<p>Prenez le derrière d’un mouton; coupez-le
-à la première ou seconde côte; cassez les deux
-os des cuisses; battez les deux gigots plusieurs
-fois avec le plat du couperet; faites entrer un
-des deux jarrets dans l’autre; rompez les côtes
-du côté du flanchet; roulez les deux flancs et
-passez un hatelet dans chaque pour donner au
-rosbif une belle forme; dégraissez peu les
-rognons; enfoncez un petit hatelet dans la moelle
-alongée; couchez votre rosbif sur fer; attachez
-bien le petit hatelet d’un bout et les deux jarrets
-de l’autre; passez un hatelet dans les deux
-noix des gigots; mettez un autre grand hatelet
-<span class="pagenum" id="Page_178">[p. 178]</span>
-qui se croise sur celui qui est passé entre les
-deux noix; attachez-le fortement pour que le
-rosbif ne tourne pas; enveloppez-le tout entier
-de papier beurré; faites-le cuire environ une
-heure et demie ou deux heures, ce qui dépend
-du feu et de la force du mouton: sa cuisson
-faite, servez-le avec du jus dessous ou des haricots
-à la bretonne. (Voyez <i><a href="#rct_158">Haricots à la
-Bretonne</a></i>, article <i>Ragoût</i>.)</p>
-
-<h4 id="rct_278"><i>Gigot de Mouton à la&nbsp;Broche.</i></h4>
-
-<p>Ayez un gigot de mouton bien mortifié; battez-le;
-embrochez-le; pour cela, passez la broche
-dans le jarret; traversez-le sans offenser la noix;
-faites-le cuire environ une heure et demie; sa
-cuisson faite, coupez le bout du jarret; enveloppez
-le bout de l’os d’un peu de papier, et servez
-votre gigot avec du jus ou son propre jus.</p>
-
-<h4 id="rct_279"><i>Gigot de Mouton à l’Anglaise.</i></h4>
-
-<p>Ayez un bon gigot d’une chair noire et d’une
-graisse blanche; coupez-en le bout du jarret et
-le nerf du genou; battez-le bien; farinez-le, c’est-à-dire,
-enduisez-en la superficie de farine; enveloppez-le
-dans un linge dont vous nouerez les
-quatre bouts: ayez une marmite ou une braisière
-pleine d’eau; lorsqu’elle sera bouillante, mettez-y
-votre gigot avec du sel en suffisante quantité
-et la valeur d’une botte de navets, coupés en
-lames; ayez soin que votre gigot ne cesse de
-bouillir et retournez-le, non avec la pointe d’un
-couteau, de crainte de le piquer et de lui faire
-<span class="pagenum" id="Page_179">[p. 179]</span>
-perdre son jus: il faut cinq quarts d’heure ou
-une heure et demie pour le faire cuire; durant
-sa cuisson retirez les navets; lorsqu’ils seront
-cuits, écrasez-les pour les mettre en purée;
-desséchez-les bien sur le feu; mettez-y un morceau
-de beurre, ayant soin de les remuer toujours;
-assaisonnez-les de sel, poivre et d’un peu
-de muscade râpée; mouillez-les peu à peu avec
-de la crême ou du lait que vous aurez fait réduire
-comme pour faire de la chicorée au blanc;
-il faut leur donner assez de consistance pour
-les dresser comme en pyramide; arrivés à ce
-degré, dressez-les de suite, égouttez votre gigot,
-posez-le sur le plat, masquez-le avec une sauce
-au beurre, sur laquelle vous sèmerez des câpres
-et servez-le: joignez-y et votre plat de navets et
-une saucière ou vous aurez mis une sauce blanche
-avec des câpres.</p>
-
-<h4 id="rct_280"><i>Gigot Braisé ou à la&nbsp;Braise.</i></h4>
-
-<p>Ayez un bon gigot comme le précédent; ôtez
-les os, excepté le manche; lardez-le de gros
-lardons assaisonnés de fines épices, de sel, de
-basilic en poudre, de poivre, de persil et ciboules
-hachés; ficelez-le et donnez-lui sa première
-forme: cela fait, foncez une braisière avec
-quelques parures de viandes de boucherie, cinq
-ou six oignons et autant de carottes; posez
-dessus votre gigot; mouillez-le avec du bon
-bouillon et un demi-verre d’eau-de-vie; joignez-y
-deux feuilles de laurier, trois clous de
-<span class="pagenum" id="Page_180">[p. 180]</span>
-girofle, deux gousses d’ail et un peu de thym;
-faites-le partir; couvrez-le d’un papier; faites-le
-aller doucement avec feu dessous et dessus; il
-faut à-peu-près quatre à cinq heures pour qu’il
-soit cuit: sa cuisson faite, égouttez-le; glacez-le,
-et servez-le sur de la chicorée ou avec son jus,
-ou tous autres ragoûts qu’il vous plaira.</p>
-
-<h4 id="rct_281"><i>Gigot à la&nbsp;Gasconne.</i></h4>
-
-<p>Ayez un gigot comme ci-dessus; lardez-le
-d’une douzaine de gousses d’ail et d’une douzaine
-d’anchois en filets; mettez-le à la broche:
-sa cuisson faite, servez-le avec un ragoût d’ail
-préparé ainsi:</p>
-
-<p>Épluchez de l’ail la valeur d’un litron; faites-le
-blanchir à plusieurs bouillons: quand il sera
-presque cuit, retirez-le; jetez-le dans de l’eau
-fraîche; égouttez-le; mettez dans une casserole
-quatre ou cinq cuillerées à dégraisser d’espagnole
-réduite, et deux cuillerées de jus de bœuf; jetez-y
-votre ail; faites-le réduire, et sous votre gigot servez-le
-en place de haricots.</p>
-
-<h4 id="rct_282"><i>Gigot à l’Eau.</i></h4>
-
-<p>Ayez un gigot comme le précédent; mettez-le
-dans une braisière remplie d’eau bouillante;
-assaisonnez-le de carottes, oignons, un bouquet
-de persil et ciboules, deux clous de girofle, du
-laurier, du thym, du basilic et deux gousses
-d’ail; faites-le cuire deux heures: sa cuisson
-faite, égouttez-le, glacez-le, et servez-le avec
-une sauce espagnole.</p>
-
-<h4 id="rct_283"><span class="pagenum" id="Page_181">[p. 181]</span>
-<i>Gigot en&nbsp;Chevreuil.</i></h4>
-
-<p>Prenez un gigot mortifié; battez-le bien; levez
-la première peau; piquez-le comme une
-noix de veau; mettez-le dans un vase de terre,
-avec une poignée de graines de genièvre et une
-pincée de mélilot; versez dessus une forte marinade,
-dans laquelle vous aurez mis du vinaigre
-rouge en plus grande quantité que dans
-celle indiquée à l’article <a href="#rct_85"><i>Marinade</i></a>; laissez mariner
-votre gigot cinq ou six jours; égouttez-le,
-mettez-le à la broche, et servez-le avec une bonne
-poivrade. (Voyez <a href="#rct_57"><i>Poivrade</i></a>, à son article.)</p>
-
-<h4 id="rct_284"><i>Selle de Mouton à la&nbsp;Broche.</i></h4>
-
-<p>Coupez votre selle de mouton au défaut des
-hanches, des gigots et à la deuxième ou troisième
-côte; brisez les côtes comme à un rosbif
-de mouton; roulez-en les flancs; traversez-les
-avec des hatelets, pour qu’ils ne se déroulent
-point; couchez sur fer, comme il est indiqué au
-rosbif; donnez-lui environ une heure et demie
-de cuisson, et servez-la avec un jus clair.</p>
-
-<h4 id="rct_285"><i>Selle de Mouton parée à l’Anglaise.</i></h4>
-
-<p>Ayez une selle de mouton comme il est énoncé
-ci-dessus; désossez les grandes côtes; roulez les
-flancs; garnissez-les de quelques parures de
-mouton sans os; retenez-les avec des brochettes
-de bois au lieu d’hatelets; ficelez votre selle;
-foncez une braisière de quelques parures de
-viandes de boucherie, cinq ou six carottes, autant
-<span class="pagenum" id="Page_182">[p. 182]</span>
-d’oignons, deux ou trois clous de girofle,
-deux feuilles de laurier, deux gousses d’ail, un
-peu de basilic et de thym; posez sur ce fond
-votre selle; mouillez-la avec du bon bouillon;
-faites-la partir; laissez-la cuire, avec feu dessous
-et dessus, trois ou quatre heures: sa cuisson faite,
-égouttez-la; mettez-la sur un plat-fond; ôtez-en
-les hatelets ou brochettes de bois; prenez
-quatre ou cinq jaunes d’œufs; faites fondre une
-demi-livre de beurre délayée avec vos jaunes
-d’œufs; mettez-y un peu de sel en poudre; levez
-la peau de votre selle dans tout son entier;
-dorez-la avec votre anglaise et panez-la bien également;
-faites fondre de nouveau un peu de
-beurre; arrosez-en votre selle; mettez-la au four;
-faites-lui prendre une belle couleur et dressez-la;
-pour la dresser, enlevez-la de dessus le plat-fond
-avec deux couvercles de casserole, un de
-chaque côté; posez-la sur votre plat; mettez dessous
-un jus clair, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_286"><i>Selle de Mouton à la Sainte-Menéhould.</i></h4>
-
-<p>Prenez et faites cuire cette selle comme celle
-dite à l’anglaise, après en avoir levé les peaux;
-étendez dessus une Sainte-Menéhould (voyez
-<a href="#rct_48"><i>Sainte-Menéhould</i></a>, à son article); ensuite panez-la
-avec de la mie de pain dans laquelle vous aurez
-mis à-peu-près la huitième partie de fromage
-Parmesan râpé; arrosez votre selle avec du
-beurre; pour cela ayez un pinceau fait d’une
-queue de poireau ciselée, que vous tremperez
-<span class="pagenum" id="Page_183">[p. 183]</span>
-dans le beurre, et que vous égoutterez sur votre
-selle; cela fait, mettez-la au four; faites-lui prendre
-une belle couleur, et servez-la comme la
-précédente.</p>
-
-<h4 id="rct_287"><i>Petites Selles de Mouton ou&nbsp;Carbonnades.</i></h4>
-
-<p>Coupez trois carrés de mouton, depuis la
-hanche jusqu’aux côtes (ce qu’on appelle le filet);
-de ces trois parties faites-en six morceaux
-égaux; donnez-leur la forme d’un cœur alongé,
-ce qui se nomme queue de paon; parez les filets
-de trois, c’est-à-dire, ôtez de ces filets la
-panuffe et les nerfs qui les couvrent; piquez-les,
-et, joints avec les autres morceaux, marquez-les
-comme la selle de mouton dite Sainte-Menéhould;
-faites-les cuire; leur cuisson achevée,
-égouttez-les sur un couvercle; levez la peau des
-trois non piqués, et celle qui reste des trois
-autres; passez au-dessus une pelle rouge, afin de
-les sécher un peu; glacez-les tous, et servez-les
-sous un ragoût de petites racines, ou sur de la
-chicorée, de la purée d’oseille, ou une sauce tomate,
-etc.</p>
-
-<h4 id="rct_288"><i>Rouchis de&nbsp;Mouton.</i></h4>
-
-<p>Prenez un quartier de mouton de devant;
-commencez par désosser la poitrine et les os des
-côtes, sans altérer les entre-côtes; ce que vous
-exécuterez en glissant la pointe de votre couteau
-le long des côtes; cela fait, levez les côtes du
-côté de la poitrine, et désossez-les jusqu’à l’échine
-que vous supprimerez, ainsi que le collet,
-<span class="pagenum" id="Page_184">[p. 184]</span>
-de manière qu’il ne reste que les os de l’épaule;
-passez quelques hatelets dans le filet pour lui
-donner du soutien et la forme convenable; embrochez
-votre rouchis comme une épaule de
-mouton; emballez-la; donnez-lui trois quarts
-d’heure ou une heure de cuisson, et servez-la
-sur des haricots à la bretonne ou sur un ragoût
-de céleri. (Voyez <a href="#rct_160"><i>Ragoût de Céleri</i></a>, à son article.)</p>
-
-<h4 id="rct_289"><i>Épaule de Mouton en&nbsp;Ballon.</i></h4>
-
-<p>Levez une épaule de mouton large, et sans
-gâter votre carré; désossez-la entièrement; coupez
-de grands lardons; assaisonnez-les de sel,
-poivre, épices fines, persil et ciboules hachés,
-et d’aromates passés au tamis; roulez bien vos
-lardons dans cet assaisonnement, lardez les
-chairs de votre épaule sans en percer la peau;
-cela fait, passez avec une aiguille à brider une
-ficelle tout autour de la peau de cette épaule,
-comme si vous faisiez un bouton d’étoffe; donnez-lui
-la forme ronde d’un ballon; foncez une
-casserole avec des carottes, des oignons, une
-feuille de laurier, du thym, du basilic, et les os
-de cette épaule que vous aurez cassés; posez-la
-sur ce fond du côté de la ficelle; mouillez-la de
-bouillon; couvrez-la de quelques bardes de lard
-et d’un rond de papier; faites-la partir; mettez-la
-cuire deux ou trois heures sur la paillasse,
-avec feu dessous et dessus, ou dessous un fourneau;
-sa cuisson faite, égouttez-la; glacez-la:
-si vous n’aviez pas de glace, passez son fond au
-<span class="pagenum" id="Page_185">[p. 185]</span>
-tamis; faites-le réduire à glace, et servez-vous-en;
-mettez sous cette épaule, soit une purée
-d’oseille, une chicorée blanche ou au jus, un
-ragoût de petites racines, ou de l’espagnole que
-vous aurez jetée d’abord dans le fond de votre
-glace, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_290"><i>Côtelettes de Mouton au&nbsp;Naturel.</i></h4>
-
-<p>Ayez un carré de mouton; coupez vos côtelettes
-d’égale grosseur, de deux côtes en deux
-côtes, et supprimez-en une, si ce carré est fort;
-coupez vos côtelettes de côte en côte; séparez-les
-avec le couperet; ôtez l’os de l’échine de
-chaque côtelette; posez votre côtelette sur la
-table, et du côté du filet, levez-en la peau et le
-nerf qui la couvrent; aplatissez légérement
-votre côtelette avec le plat du couperet; parez-la
-de nouveau; grattez le dedans de la côte avec
-le dos du couteau; coupez le bout de l’os, de la
-longueur de trois pouces, plus ou moins, ce qui
-dépend de la grosseur du mouton; supprimez
-les chairs de la pointe de l’os, et ratissez-le à-peu-près
-d’un demi-pouce; de là mettez fondre
-du beurre; trempez-y vos côtelettes et mettez-les
-sur le gril; faites-les cuire, ayant soin de les
-tourner plusieurs fois, pour que le jus ne se
-perde point, et servez-les avec un jus clair.</p>
-
-<h4 id="rct_291"><i>Côtelettes de Mouton&nbsp;panées.</i></h4>
-
-<p>Préparez-les comme les précédentes; panez-les
-au beurre; faites-les griller avec soin, et servez-les
-sans jus.</p>
-
-<h4 id="rct_292"><span class="pagenum" id="Page_186">[p. 186]</span>
-<i>Côtelettes de Mouton à la&nbsp;Minute.</i></h4>
-
-<p>Coupez et parez douze côtelettes comme les
-précédentes; mettez-les dans une sauteuse avec
-du beurre fondu; posez votre sauteuse sur le
-fourneau; faites cuire vos côtelettes en les retournant
-souvent; il vous sera facile de juger si
-elles sont cuites, et cela quand elles commenceront
-à être fermes sous le doigt; alors égouttez
-le beurre qui est dans votre sauteuse, et en place,
-mettez gros comme le pouce de glace ou réduction
-de veau, une cuillerée à dégraisser de
-bouillon ou de consommé; remuez bien vos
-côtelettes les unes après les autres et en les retournant;
-faites en sorte qu’elles soient bien imprégnées
-de leur réduction; lorsqu’elles seront
-bien glacées, dressez-les en cordon autour de
-votre plat; versez dans votre sauteuse une seconde
-cuillerée de consommé, pour en détacher
-parfaitement la glace; mettez gros comme une noix
-d’excellent beurre; liez le tout en agitant cette
-sauteuse, arrosez-en vos côtelettes et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_293"><i>Côtelettes de Mouton à la&nbsp;Jardinière.</i></h4>
-
-<p>Préparez ces côtelettes comme celles dites <ins id="cor_19" title="à à">à</ins>
-la minute; dressez-les de même; faites un
-ragoût de toutes sortes de légumes tournés,
-telles que de petites carottes, de petits navets et
-de champignons; joignez-y des haricots et des
-petits pois verts; le tout cuit dans du consommé
-(il faut que ces haricots et ces pois soient très-verts);
-<span class="pagenum" id="Page_187">[p. 187]</span>
-mettez dans une casserole trois ou quatre
-cuillerées à dégraisser d’espagnole; jetez-y vos légumes;
-faites mijoter et réduire votre ragoût;
-dégraissez-le; finissez-le avec un petit morceau
-de beurre et une pincée de sucre en poudre;
-mettez ce ragoût dans le puits de vos côtelettes
-et dessus un beau morceau de chou-fleur bien
-blanc.</p>
-
-<h4 id="rct_294"><i>Côtelettes de Mouton à la&nbsp;Chicorée.</i></h4>
-
-<p>Préparez ces côtelettes de même que celles à
-la minute; dressez-les de même; mettez dans le
-puits une bonne chicorée réduite, soit au blanc,
-soit au roux.</p>
-
-<h4 id="rct_295"><i>Côtelettes de Mouton à la&nbsp;Soubise.</i></h4>
-
-<p>Coupez vos côtelettes à deux côtes le moins;
-parez-les, aplatissez-les légérement; lardez-les
-de moyen lard et de jambon, autant de l’un
-que de l’autre; foncez une casserole des parures
-de ces côtelettes; ajoutez-y trois ou quatre oignons,
-un couple de carottes, un bouquet de
-persil et de ciboules bien assaisonné; rangez
-vos côtelettes dessus, mouillez-les avec du consommé,
-de manière qu’elles trempent presque
-entièrement; couvrez-les de bardes de lard, et
-d’un fort papier beurré par-dessus; faites-les
-partir; couvrez votre casserole; mettez-la sur
-la paillasse avec feu dessous et dessus; lorsqu’elles
-seront cuites, égouttez-les, laissez-les
-refroidir; parez-les de nouveau en égalisant la
-superficie des chairs et supprimant les lardons
-<span class="pagenum" id="Page_188">[p. 188]</span>
-qui les outre-passent, tant de jambon que de
-lard; passez le fond de votre cuisson au travers
-d’un tamis de soie; faites-le réduire presqu’à
-consistance de glace; remettez vos côtelettes
-dans ce fond; retournez-les pour les glacer des
-deux côtés; ensuite dressez-les en cordon; versez
-dans le puits une bonne purée d’oignons au
-blanc (voyez <a href="#rct_76"><i>Purée d’Oignons</i></a>, à son article);
-de plus faites autour de vos côtelettes une bordure
-de petits oignons égaux, que vous aurez
-fait blanchir et cuire dans du consommé; il faut
-que ces oignons soient posés sur votre plat, de
-manière à ce que vous puissiez planter dans la
-queue une petite branche de persil cru, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_296"><i>Carrés de Mouton à la&nbsp;Servante.</i></h4>
-
-<p>Prenez deux carrés de <ins id="cor_20" title="monton">mouton</ins>; supprimez-en
-l’échine, parez-en les filets; piquez-les comme il
-est indiqué aux <a href="#rct_287"><i>Carbonnades</i></a> (voyez cet article),
-un de lard et l’autre de persil vert en branche;
-passez un hatelet au travers; posez-les sur la
-broche et faites-les cuire une demi-heure ou
-trois quarts d’heure, ayant soin de les arroser:
-leur cuisson faite, dressez-les sur le plat, les
-filets en dehors, et servez-les avec un jus clair
-dessous.</p>
-
-<h4 id="rct_297"><i>Carré de Mouton en&nbsp;Fricandeau.</i></h4>
-
-<p>Prenez un carré de mouton; parez-le et piquez-le
-de lard fin, tel que celui dit à la servante;
-foncez une casserole des débris de votre carré
-et de quelques parures de viandes de boucherie;
-<span class="pagenum" id="Page_189">[p. 189]</span>
-posez votre carré dessus, et joignez-y deux
-carottes, deux oignons et un bouquet assaisonné;
-mouillez-le d’une cuillerée à pot de
-bouillon; couvrez-le d’un papier beurré; faites-le
-cuire comme les <a href="#rct_246">grenadins de veau</a> (voyez cet article):
-sa cuisson faite, égouttez-le, levez la peau
-qui couvre les côtes; glacez le filet ou la totalité
-du carré; servez-le sur une bonne purée d’oseille
-ou un ragoût de chicorée.</p>
-
-<h4 id="rct_298"><i>Filets Mignons de&nbsp;Mouton.</i></h4>
-
-<p>Levez les filets mignons de douze carrés de
-mouton; ce qui vous fera douze filets; parez-les,
-piquez-les, marquez-les tels que les carbonnades
-(voyez cet article): leur cuisson faite, glacez-les
-et dressez-les sur un ragoût de concombres au
-jus (voyez <a href="#rct_161"><i>Ragoût de concombres</i></a>, à son article),
-ou sur tout autre ragoût qu’il vous plaira, et
-servez.</p>
-
-<h4 id="rct_299"><i>Emincé de Filets de Mouton aux&nbsp;Concombres.</i></h4>
-
-<p>Prenez la noix d’un gigot froid, cuit à la broche;
-ôtez-en les peaux et la graisse, coupez-la
-par filets d’un pouce et demi carré, émincez ces
-filets et mêlez-les, sans les laisser bouillir, avec
-un émincé de concombres réduit et bouillant
-(voyez <a href="#rct_161"><i>Ragoût de Concombres</i></a>, à son article),
-ou avec de la chicorée (voyez <a href="#rct_153"><i>Ragoût de Chicorée</i></a>,
-à son article).</p>
-
-<h4 id="rct_300"><i>Hachis de Mouton à la&nbsp;Portugaise.</i></h4>
-
-<p>Si vous avez un gigot rôti de desserte, levez-en
-<span class="pagenum" id="Page_190">[p. 190]</span>
-la noix et la sous-noix; supprimez-en les nerfs,
-la graisse et les peaux; hachez vos chairs très-menu;
-mettez dans une casserole de l’espagnole
-réduite; faites-la réduire de nouveau à
-demi-glace; mettez-y vos chairs hachées; remuez-les
-sur le feu sans les laisser bouillir; mettez-y
-un pain de beurre et un peu de gros poivre: si
-votre hachis n’était pas assez corsé, mettez-y gros
-de glace comme le pouce (<a href="#rct_84"><i>Réduction de Veau,
-etc.</i></a>); dressez-le sur le plat auquel vous aurez fait
-une bordure; arrosez-le légérement avec une espagnole
-réduite, et posez dessus huit ou dix œufs
-pochés; de là servez.</p>
-
-<h4 id="rct_301"><i>Haricot de Mouton à la&nbsp;Bourgeoise.</i></h4>
-
-<p>Coupez un carré de mouton par morceaux;
-mettez dans votre casserole un morceau de beurre
-avec votre mouton, et faites-le revenir sur un
-feu vif: lorsque vos chairs auront pris une couleur
-dorée, égouttez-les; ayant tourné des navets
-en bâtons ou en bâtonnets, une quantité suffisante,
-passez-les dans la graisse de votre mouton;
-faites qu’ils soient d’une belle couleur et égouttez-les;
-ensuite faites un roux (voyez <a href="#rct_100"><i>Roux</i></a>, à
-son article); repassez votre mouton dans ce roux;
-mouillez-le; mettez-y du sel, du poivre, un bouquet,
-deux oignons dont un piqué d’un clou de
-girofle, une feuille de laurier, et mettez-y vos
-navets: lorsque votre mouton sera aux trois
-quarts cuit, faites-le mijoter, dégraissez-le; parvenu
-à son degré de cuisson, si la sauce est trop
-<span class="pagenum" id="Page_191">[p. 191]</span>
-longue, retirez-en une partie, et faites-la réduire
-convenablement: cela fait, dressez votre haricot,
-masquez-le de vos navets, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_302"><i>Poitrines de&nbsp;Moutons.</i></h4>
-
-<p>Prenez deux poitrines de moutons; parez-les;
-coupez-en le bout du flanchet et l’os rouge de la
-poitrine; ficelez-les et mettez-les cuire dans la
-grande marmite ou dans une braisière, où vous les
-assaisonnerez, afin que vos poitrines soient d’un
-bon goût: elles seront cuites quand vous pourrez
-en ôter facilement les os des côtes: cela fait,
-levez-en la première peau; parez-les de nouveau;
-arrondissez-les du côté du flanchet; panez-les en
-saupoudrant dessus de la mie de pain, assaisonnée
-de sel et de poivre; ensuite faites-les griller,
-et servez-les avec une sauce au pauvre homme.
-(Voyez <a href="#rct_83"><i>Sauce au pauvre Homme</i></a>, à son article.)</p>
-
-<h4 id="rct_303"><i>Collets de Moutons à la Sainte-Menéhould.</i></h4>
-
-<p>Prenez deux collets entiers de moutons; parez
-les bouts saigneux; faites-les blanchir; ficelez-les
-et marquez-les dans une braise: si vous n’en
-avez pas, foncez une braisière de quelques parures
-de viandes de boucherie, de quelques bardes
-de lard, trois carottes, autant d’oignons, dont
-un piqué de deux clous de girofle, deux feuilles
-de laurier, du thym, du basilic, deux gousses
-d’ail, un bouquet de persil et ciboules, et du sel
-en suffisante quantité; mouillez ces collets avec
-du bouillon si vous en avez, sinon avec de l’eau;
-<span class="pagenum" id="Page_192">[p. 192]</span>
-couvrez-les d’un papier; faites-les partir et cuire
-ensuite sur la paillasse deux ou trois heures, avec
-feu dessous et dessus: leur cuisson faite, égouttez-les;
-posez-les sur un plafond; parez-les; couvrez-les
-d’une bonne Sainte-Menéhould; panez-les
-avec de la mie de pain, dans laquelle vous
-aurez mis un peu de Parmesan râpé; arrosez-les
-de nouveau; faites-leur prendre couleur dans un
-four ordinaire ou sous un four de campagne;
-dressez-les sur le plat, et saucez-les avec une italienne
-rousse. (Voyez <a href="#rct_51"><i>Sauce Italienne rousse</i></a>, à
-son article.)</p>
-
-<h4 id="rct_304"><i>Collets de Moutons&nbsp;grillés.</i></h4>
-
-<p>Prenez trois collets ordinaires de moutons,
-c’est-à-dire que le mouton ait été partagé en
-deux; ôtez-en les bouts saigneux; faites blanchir
-et cuire ces collets dans la marmite, comme les
-poitrines de moutons: lorsqu’ils seront cuits,
-panez-les; faites-les griller d’une belle couleur,
-et servez-les avec une sauce au pauvre homme ou
-une poivrade. (Voy. <a href="#rct_83"><i>Sauce au pauvre Homme</i></a>,
-et <a href="#rct_57"><i>Poivrade</i></a>, à leurs articles.)</p>
-
-<h4 id="rct_305"><i>Queues de Moutons glacées à la&nbsp;Chicorée.</i></h4>
-
-<p>Prenez cinq queues de moutons bien grasses;
-parez-les; mettez-les dégorger dans de l’eau
-tiède; faites-les blanchir et cuire dans une braise,
-comme les collets de moutons (article précédent):
-leur cuisson faite, égouttez-les, essuyez-les et
-ciselez-les; séchez-les avec une pelle que vous
-aurez fait rougir et que vous tiendrez à quelque
-<span class="pagenum" id="Page_193">[p. 193]</span>
-distance au-dessus de vos queues; ensuite glacez-les
-et servez-les sur de la chicorée, des épinards,
-une purée d’oseille, ou tout autre ragoût qu’il
-vous plaira.</p>
-
-<h4 id="rct_306"><i>Queues de Moutons en Hoche-pot.</i></h4>
-
-<p>Ayez six queues de moutons; faites-les blanchir
-et cuire dans une braise avec la valeur d’une
-demi-livre de petit lard coupé en gros dés, auxquels
-vous aurez laissé la couenne; ayez des légumes
-tournés, tels que navets, carottes, quelques
-racines de céleri, auxquels vous joindrez
-des petits oignons; faites blanchir ces légumes;
-séparez-les, et faites-les cuire à part avec du consommé
-ou du bouillon: il faut que leur mouillement
-tombe à glace, et avoir soin que chacun
-de ces légumes soit cuit à son point; mettez dans
-une casserole une quantité suffisante d’espagnole
-réduite, et jetez-y tous vos légumes, ainsi que
-votre petit lard, que vous aurez retiré de la braisière;
-dégraissez vos légumes; faites réduire à
-courte sauce; égouttez vos queues; glacez-les
-comme ci-dessus; dressez vos légumes dans le
-plat; posez vos queues dessus: si vous n’avez
-point de glace, masquez vos queues avec le ragoût,
-et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_307"><i>Queues de Moutons au&nbsp;Soleil.</i></h4>
-
-<p>Ayez six queues de moutons cuites dans une braise;
-faites une sauce aux hatelets (voyez cette
-sauce, à son article); laissez refroidir et vos queues
-et votre sauce; ensuite garnissez-en vos queues;
-<span class="pagenum" id="Page_194">[p. 194]</span>
-ayez soin de leur conserver leur forme; roulez-les
-dans de la mie de pain; faites une petite omelette
-assaisonnée de sel: trempez-y vos queues, et
-panez-les; faites-les frire d’une belle couleur;
-dressez-les sur un buisson de persil frit, le gros
-bout en bas et la pointe en haut; de là servez-les.</p>
-
-<h4 id="rct_308"><i>Terrine de Queues de&nbsp;Moutons.</i></h4>
-
-<p>Braisez six queues de moutons; joignez-y une
-livre de petit lard de poitrine; ayez six ou huit
-ailerons de dindons; échaudez-les; désossez-les
-à moitié, flambez-les, épluchez-les et poêlez-les
-(voyez <a href="#rct_86"><i>Poêle</i></a>, à son article); de suite prenez un
-cent de marrons, desquels vous ôterez la première
-peau; mettez-les dans une casserole avec
-gros de beurre comme un œuf; sautez-les sur le
-feu jusqu’à ce qu’ils quittent leur seconde peau;
-supprimez-la; après mettez-les dans une casserole
-avec du consommé pour les faire cuire;
-lorsqu’ils le seront, prenez tous ceux qui seront
-défectueux, et pelez-les: vos queues de moutons
-étant cuites, passez au tamis de soie une partie
-du fond de leur braise, dont vous vous servirez
-pour mouiller votre purée de marrons, en la passant
-à l’étamine comme une autre purée: lorsqu’elle
-le sera, faites-la réduire, en y ajoutant
-une bonne cuillerée d’espagnole; dégraissez-la;
-égouttez vos queues ainsi que vos ailerons; dressez-les
-dans la terrine avec votre petit lard coupé
-en gros dés, ainsi que vos marrons entiers; finissez
-<span class="pagenum" id="Page_195">[p. 195]</span>
-votre purée avec un pain de beurre; goûtez
-si elle est d’un bon goût, versez-la dans votre
-terrine, et servez.</p>
-
-<p>Vous pouvez employer, selon la saison, une
-purée de lentilles à la reine, de pois, ou toute
-autre, en place de celle de marrons.</p>
-
-<h4 id="rct_309"><i>Rognons de Moutons à la&nbsp;Brochette.</i></h4>
-
-<p>Ayez douze rognons de moutons; fendez-les
-légérement à l’opposé du nerf; ôtez-en les pellicules
-qui les enveloppent; achevez de les fendre
-sans les séparer; passez au travers, de quatre en
-quatre, une brochette de bois, en sorte qu’ils ne
-puissent se <i>refermer</i>; faites-les griller, en ayant
-soin de les retourner à propos: quand ils seront
-cuits, retirez-en ces brochettes et dressez-les sur
-le plat; mettez dans chaque, gros comme la moitié
-d’une noix, de maître-d’hôtel froide (voyez
-<a href="#rct_53"><i>Maître-d’Hôtel froide</i></a>, à son article); faites chauffer
-votre plat; exprimez dessus ces rognons le
-jus d’un citron, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_310"><i>Rognons de Moutons au Vin de Champagne ou
-à&nbsp;l’Italienne.</i></h4>
-
-<p>Prenez quinze rognons; supprimez comme
-ci-dessus la pellicule; émincez-les; mettez dans
-une casserole gros de beurre comme un œuf
-avec vos rognons; faites-les aller à grand feu:
-lorsqu’ils seront roidis, égouttez-les et mettez-les
-dans une sauce à l’italienne, dans laquelle
-vous aurez versé un demi-verre de vin de
-<span class="pagenum" id="Page_196">[p. 196]</span>
-Champagne, et que vous aurez fait réduire
-presque à consistance de glace; achevez de
-les faire cuire, en les remuant dans cette
-sauce sans les laisser bouillir, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_311"><i>Animelles ou Testicules de&nbsp;Moutons.</i></h4>
-
-<p>Ayez deux paires d’animelles; supprimez-en
-les peaux; coupez-les en filets de la largeur du
-petit doigt de la main, en ne leur donnant que
-la moitié de l’épaisseur; marinez-les dans du
-citron, sel, poivre, quelques branches de persil
-et quelques ciboules; égouttez-les quand vous
-voudrez vous en servir; farinez-les; faites-les
-frire de manière à ce qu’elles soient croquantes,
-et servez-les avec ou sans persil frit.</p>
-
-<h4 id="rct_312"><i>Amourettes ou Moelle alongée de&nbsp;Mouton.</i></h4>
-
-<p>Procédez, au sujet de ces amourettes, comme
-pour celles de <a href="#rct_240">veau</a>.</p>
-
-<h4 id="rct_313"><i>Cervelles de&nbsp;Moutons.</i></h4>
-
-<p>Ces cervelles, moins délicates que celles de
-<a href="#rct_217">veaux</a>, s’apprêtent de même; et l’on s’en sert
-au besoin en place de celles de veaux.</p>
-
-<h4 id="rct_314"><i>Langues de Moutons en&nbsp;Papillotes.</i></h4>
-
-<p>Ayez douze de ces langues; nettoyez-les; faites-les
-dégorger et ensuite blanchir près d’un
-quart d’heure; rafraîchissez-les; égouttez-les;
-ôtez toutes les peaux qui les enveloppent: cela
-fait, marquez ces langues dans une casserole
-foncée de bardes de lard, oignons, carottes, un
-bouquet de persil et ciboules, une gousse d’ail
-<span class="pagenum" id="Page_197">[p. 197]</span>
-et une feuille de laurier; mouillez-les avec du
-bouillon; faites-les partir et cuire environ trois
-heures; laissez-les refroidir dans leur cuisson;
-ensuite retirez-les sur un plat, et faites autant
-de cornets de papier que vous devez employer
-de langues; hachez plein les deux mains de parures
-de champignons, du persil et des ciboules,
-à-peu-près la moitié du volume de ces champignons;
-mettez le tout dans une casserole avec
-une demi-livre de beurre, du sel, du poivre,
-une pincée d’épices fines et un quarteron de
-lard râpé; passez ces fines herbes; faites-les
-aller à petit feu; remuez-les pour qu’elles ne
-s’attachent point: quand elles seront presque
-cuites, mettez-y deux cuillerées à dégraisser
-d’espagnole ou de velouté; faites mijoter le
-tout; liez-le avec trois jaunes d’œufs, et versez
-cette sauce sur vos langues; laissez-les refroidir;
-après mettez-en une dans chaque cornet, duquel
-vous aurez soin d’huiler le dehors; remplissez
-ces cornets de fines herbes; fermez-les
-de manière qu’elles n’en puissent sortir, et mettez-les
-griller sur un feu doux; ayez soin de les
-retourner, de leur faire prendre une belle couleur,
-et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_315"><i>Langues de Moutons au&nbsp;Gratin.</i></h4>
-
-<p>Prenez et faites cuire dans une braise, comme
-ci-dessus, des langues de moutons; laissez-les
-refroidir ainsi, pour qu’elles prennent du goût;
-prenez de la farce cuite; garnissez de gratin
-<span class="pagenum" id="Page_198">[p. 198]</span>
-le fond d’un plat (voyez <i>Gratin</i>, à son article <span class="ndt"> [Tome&nbsp;II]</span>);
-ouvrez les langues en deux, sans les séparer,
-afin qu’elles forment chacune un cœur, et posez-les
-sur ce plat garni; couvrez-les de ce gratin
-ou farce, en leur laissant leur forme; garnissez-les
-de gratin tout autour; unissez-les, passez-les,
-arrosez-les légérement de beurre fondu; ayez
-des bouchons de pain que vous tremperez dans
-ce beurre, et faites-en une ceinture au bord du
-plat, afin que votre gratin conserve sa forme;
-mettez-le cuire dans un grand four ou sous un
-four de campagne, avec feu dessous et dessus,
-pour le faire gratiner; ayez soin qu’il ne brûle
-pas et qu’il prenne une belle couleur: au moment
-de servir, ôtez les bouchons de pain et
-mettez-en d’autres passés dans du beurre et qui
-soient d’une belle couleur; saucez d’une bonne
-italienne rousse réduite, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_316"><i>Langues de Moutons à la Bretonne ou en
-Crépine.</i></h4>
-
-<p>Faites cuire huit langues de moutons, comme
-celles dites braisées; laissez-les refroidir de
-même dans leur assaisonnement; prenez quinze
-gros oignons, coupez-les en deux, supprimez-en
-la pointe et le petit cœur; coupez-les en
-rouelles bien égales; après mettez-les dans une
-casserole avec environ un quarteron de beurre;
-passez-les sur un bon feu; lorsqu’ils commenceront
-à roussir et à cuire, singez-les, faites
-roussir un peu votre farine avec vos oignons;
-<span class="pagenum" id="Page_199">[p. 199]</span>
-et quand ils seront bien jaunes, mouillez-les avec
-de l’espagnole, du consommé ou du bouillon;
-s’il vous manquait de l’espagnole, singez un
-peu plus vos oignons; assaisonnez-les de sel,
-de poivre et d’un peu d’épices fines; faites-les
-cuire et réduire jusqu’à consistance d’une forte
-bouillie et laissez-les refroidir; de là, ayez des
-toilettes ou crépines de cochons, mettez-les
-tremper dans de l’eau; coupez vos langues en
-deux, supprimez-en la pointe; coupez vos crépines
-par morceaux comme vos langues; mettez
-dessus une cuillerée de bretonne; posez
-dessus chacune de vos langues, recouvrez-la de
-bretonne, enveloppez-la avec sa crépine, en
-sorte que la bretonne ne puisse s’échapper;
-donnez à ces langues, ainsi préparées, la forme
-d’une grosse saucisse plate; mettez-les sur le
-gril et sur le feu un quart d’heure avant de
-servir; retournez-les, qu’elles aient une belle
-couleur, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_317"><i>Langues de Moutons au&nbsp;Parmesan.</i></h4>
-
-<p>Faites cuire vos langues dans une braise, que
-vous salerez peu; laissez-les refroidir dans cette
-braise, après fendez-les en deux comme celles
-dites au gratin; mettez dans le fond du plat où
-vous devez les servir de l’espagnole ou du
-velouté; saupoudrez le dessus de Parmesan
-râpé, à-peu-près l’épaisseur d’un écu; arrangez
-vos langues sur ce Parmesan; arrosez-les de
-votre espagnole ou velouté; couvrez-les de Parmesan,
-<span class="pagenum" id="Page_200">[p. 200]</span>
-joint à de la mie de pain, à-peu-près
-la quantité saupoudrée sur le fond du plat dont
-il est parlé plus haut; arrosez-les d’un peu de
-beurre, mettez-les au four ou sous un four de
-campagne, avec feu dessus et dessous; faites-leur
-prendre une belle couleur, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_318"><i>Langues de Moutons à la&nbsp;Matelote.</i></h4>
-
-<p>Ayez des langues; préparez-les et braisez-les,
-comme il est dit aux articles précédens; quand
-elles seront bien cuites, égouttez-les, masquez-les
-d’une sauce matelote, et servez. (Voyez <a href="#rct_56"><i>Sauce
-Matelote</i></a>, à son article.)</p>
-
-<h4 id="rct_319"><i>Pieds de Moutons à la&nbsp;Poulette.</i></h4>
-
-<p>Ayez une ou deux bottes de pieds de moutons,
-comme ils se vendent chez la tripière; prenez-les
-l’un après l’autre, supprimez-en le bout des
-ergots, fendez le pied jusqu’à la jointure de l’os,
-ôtez-en l’<i>entre-fourchon</i>, où il se trouve une petite
-pelote de laine, appelée vulgairement le ver;
-parez le haut du pied, flambez-le, épluchez-le,
-supprimez-en le gros os; ensuite faites blanchir
-ces pieds; essuyez-les avec un linge blanc; mettez-les
-dans une braisière; mouillez-les avec un blanc
-(voyez <a href="#rct_88"><i>Blanc</i></a>, à son article); laissez-les cuire
-cinq ou six heures; égouttez-les; mettez-les dans
-une casserole avec une cuiller à pot de velouté,
-et davantage s’il le faut; faites-les mijoter; assaisonnez-les
-de sel, de gros poivre, d’une pincée
-de persil haché et blanchi; à l’instant de les servir
-<span class="pagenum" id="Page_201">[p. 201]</span>
-liez-les avec trois jaunes d’œufs environ;
-finissez-les avec un filet de verjus, de vinaigre
-ou d’un jus de citron, et servez.</p>
-
-<p>Si vous n’avez pas de velouté, faites un petit
-roux blanc; délayez-le avec du bouillon dans
-lequel vous mettrez un bouquet de persil et de
-ciboules, deux oignons, deux clous de girofle,
-une gousse d’ail, une feuille de laurier et quelques
-parures de champignons; faites cuire cette
-sauce en la tournant près de trois quarts d’heure;
-sa cuisson faite, ôtez-en les oignons; posez sur une
-casserole une étamine, versez-y votre sauce et
-tordez cette étamine; faites cuire et réduire cette
-sauce, jetez-y vos pieds de moutons, et finissez-les
-comme ci-dessus, excepté qu’il faut, en les
-liant, y mettre un morceau de beurre.</p>
-
-<h4 id="rct_320"><i>Pieds de Moutons à la sauce&nbsp;Robert.</i></h4>
-
-<p>Préparez ces pieds comme ceux dits pieds de
-moutons à la poulette; leur cuisson achevée,
-mettez-les dans une sauce Robert (voyez <a href="#rct_72"><i>Sauce
-Robert</i></a>, à son article); faites-les mijoter; assaisonnez-les,
-finissez-les avec un peu de moutarde;
-qu’ils soient d’un bon goût, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_321"><i>Pieds de Moutons à la&nbsp;Ravigote.</i></h4>
-
-<p>Préparez ces pieds de moutons, comme ceux
-énoncés ci-dessus; faites-les cuire dans un blanc;
-sautez-les dans une ravigote froide (voyez
-<a href="#rct_69"><i>Ravigote froide</i></a>, à son article); dressez-les et
-servez.</p>
-
-<hr class="hr15" />
-
-<h2 id="rct_322"><span class="pagenum" id="Page_202">[p. 202]</span>
-AGNEAU.</h2>
-
-<p>L’agneau n’est bon que du 24 décembre au
-commencement d’avril. Les agneaux de lait sont
-les meilleurs. Pour qu’ils soient excellens, il
-faut qu’ils n’aient pas mangé et qu’ils ne soient
-nourris que du lait de leur mère. Afin de les engraisser,
-on leur donne plusieurs nourrices. Il
-faut les choisir d’une chair blanche, et les
-rognons bien couverts de graisse. Lorsqu’on en
-fait l’achat au marché, il faut leur pincer le bas
-de la poitrine pour juger si elle est épaisse; ce
-qui annonce leur bonne qualité. Je fais peu de
-cas des métis et des mérinos pour le service de
-la cuisine; leur chair est moins succulente; il
-est facile de les reconnaître à leur laine qui est
-infiniment plus fine et plus frisée que celle des
-agneaux ordinaires.</p>
-
-<h4 id="rct_323"><i>Têtes d’Agneaux à la&nbsp;Poulette.</i></h4>
-
-<p>Ayez deux têtes d’agneaux; désossez-en les
-mâchoires et ôtez-les: détachez le mufle de sa
-peau et coupez-le près de l’œil; faites dégorger
-et blanchir ces têtes; flambez-les; frottez-les de
-citron; pour qu’elles soient blanches, mettez-les
-dans un blanc (voyez <a href="#rct_88"><i>Blanc</i></a>, à son article);
-faites-les cuire environ deux heures; prenez garde
-qu’elles ne cuisent pas trop: cette cuisson faite,
-égouttez-les; levez-en les crânes; épluchez les cervelles,
-ôtez-en les veines qui peuvent s’y trouver;
-<span class="pagenum" id="Page_203">[p. 203]</span>
-dépouillez <ins id="cor_21" title=" ">les</ins> langues, fendez-les en deux;
-ciselez les oreilles; dressez ces têtes, saucez-les
-avec une bonne poulette (voyez <a href="#rct_50"><i>Sauce Poulette</i></a>,
-à son article), et servez.</p>
-
-<p>Vous pouvez également les servir avec une
-hollandaise verte. Faites cuire la fressure, après
-l’avoir fait blanchir dans le blanc avec les têtes;
-lorsqu’elles seront cuites, mettez-les dans votre
-sauce; coupez-les en grosses escalopes; joignez
-les pieds de l’agneau pour garnir vos têtes,
-ainsi que des champignons, et masquez le tout
-avec une hollandaise verte. (Voyez <a href="#rct_44"><i>Hollandaise
-verte</i></a>, art. <i>Sauces</i>.)</p>
-
-<h4 id="rct_324"><i>Têtes d’Agneaux à l’Italienne.</i></h4>
-
-<p>Apprêtez ces têtes comme les précédentes,
-et servez-les avec une bonne italienne. (Voyez
-<a href="#rct_51"><i>Sauce à l’Italienne</i></a>.)</p>
-
-<h4 id="rct_325"><i>Oreilles d’Agneaux, farcies et&nbsp;frites.</i></h4>
-
-<p>Ayez une quinzaine de ces oreilles, flambez-les;
-faites-les blanchir et cuire dans un blanc:
-après égouttez-les; laissez-les refroidir; remplissez-en
-l’intérieur d’une farce cuite (voyez <i>Farce
-cuite</i>, à son article <span class="ndt"> [Tome&nbsp;II]</span>); donnez-leur une belle forme;
-roulez-les dans de la mie de pain; trempez-les
-dans une omelette; panez-les de nouveau;
-mettez-les à fur et à mesure sur un couvercle de
-casserole. Un demi-quart d’heure avant de servir,
-faites-les frire à friture moyennement chaude,
-pour que la farce ait le temps d’être atteinte, et
-<span class="pagenum" id="Page_204">[p. 204]</span>
-poussez-les un peu vivement pour les finir;
-qu’elles soient d’une belle couleur; égouttez-les
-sur un linge blanc; dressez-les avec du persil
-frit, dessous ou dessus, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_326"><i>Oreilles d’Agneaux à la&nbsp;Ravigote.</i></h4>
-
-<p>Prenez la même quantité d’oreilles que ci-dessus;
-préparez-les de même; ayez attention
-qu’elles soient très-blanches; égouttez-les, et
-servez dessous une ravigote froide ou chaude.
-(Voyez <a href="#rct_68"><i>Sauce Ravigote</i></a>, à son article.)</p>
-
-<h4 id="rct_327"><i>Oreilles d’Agneaux à l’Italienne.</i></h4>
-
-<p>Ayez la même quantité d’oreilles qu’il est dit
-à l’article précédent; préparez-les de même et
-servez-les avec une italienne. (Voyez <a href="#rct_51"><i>Sauce à l’Italienne</i></a>,
-à son article.)</p>
-
-<h4 id="rct_328"><i>Pieds d’Agneaux à la&nbsp;Poulette.</i></h4>
-
-<p>(Voyez <a href="#rct_319"><i>Pieds de Moutons à la Poulette</i></a>.)</p>
-
-<h4 id="rct_329"><i>Rosbif d’Agneau.</i></h4>
-
-<p>Ayez un bon rosbif d’agneau; faites-le blanchir
-légérement; levez la peau de dessus les filets;
-faites-en autant sur le milieu des gigots;
-piquez toutes les parties découvertes d’une
-deuxième; vous aurez soin de le retrousser
-comme il est indiqué à l’article <a href="#rct_277"><i>Rosbif de Mouton</i></a>;
-mettez-le sur le fer, c’est-à-dire, embrochez-le;
-enveloppez-le de papier beurré; faites-le
-cuire; sa cuisson achevée, dressez-le; glacez
-les parties piquées, et servez-le <ins id="cor_22" title="avez">avec</ins> un jus
-clair.</p>
-
-<h4 id="rct_330"><span class="pagenum" id="Page_205">[p. 205]</span>
-<i>Quartier de devant d’Agneau à la&nbsp;Broche.</i></h4>
-
-<p>Ayez un quartier d’agneau, couvrez-le de
-bardes de lard, du défaut de l’épaule à l’extrémité
-de la poitrine; passez un grand hatelet
-entre les côtes et l’épaule; attachez-en les deux
-bouts sur la broche; emballez ce quartier de
-papier beurré; faites-le cuire, et lorsqu’il le sera,
-dressez-le sur le plat; levez légérement l’épaule
-du côté de la poitrine, et mettez, sans qu’on la
-puisse voir, une maître-d’hôtel crue entre cette
-épaule et les côtes, et servez avec un jus clair.</p>
-
-<h4 id="rct_331"><i>Épigrammes d’Agneau.</i></h4>
-
-<p>Prenez un quartier d’agneau de devant; levez-en
-l’épaule de façon que la poitrine reste couverte
-le plus possible; séparez-la des côtes; coupez
-ces côtes, comme il est indiqué à l’article <a href="#rct_290"><i>Côtelettes
-de Mouton</i></a>; faites-en cinq ou six dans votre
-carré, et autant de tendons que vous avez de
-côtelettes; foncez une casserole de bardes de
-lard; mettez-y les parures de vos côtelettes avec
-une carotte coupée en quatre, un oignon, un
-petit bouquet de persil et ciboules, un clou de
-girofle, une demi-feuille de laurier et un peu de
-sel. Arrangez vos tendons dans cette casserole;
-couvrez-les d’une barde de lard; mouillez-les
-avec du bouillon ou du consommé; couvrez-les
-d’un papier beurré; faites-les partir sur un bon
-feu; mettez-les sur une paillasse, avec feu dessus
-et dessous; laissez-les cuire trois quarts
-<span class="pagenum" id="Page_206">[p. 206]</span>
-d’heure; coupez vos côtelettes et parez-les;
-faites fondre du beurre dans une sauteuse, trempez-y
-vos côtelettes des deux côtés; rangez-les
-dedans et couvrez-les d’un rond de papier; pendant
-ce temps vous aurez fait cuire votre épaule
-d’agneau, soit à la broche, soit dans une casserole,
-avec un peu de beurre et sans mouillement;
-sa cuisson finie, laissez-la refroidir; levez-en les
-chairs; ôtez-en les peaux et les nerfs; émincez
-ces chairs; mettez dans une casserole trois cuillerées
-à dégraisser de velouté réduit, une douzaine
-de champignons émincés, et faites sauter
-vos côtelettes: vous pouvez vous assurer de leur
-cuisson, en appuyant le doigt dessus un peu
-avant: ayant égoutté, paré et donné à vos tendons
-la forme d’un cœur, et les ayant passés et
-repassés dans deux jaunes d’œufs, délayez dans
-du beurre fondu et un grain de sel; mettez-les
-sur le gril; faites-les griller; lorsqu’ils seront
-d’une belle couleur, finissez de glacer vos côtelettes
-et dressez-les en couronne, en les entremêlant
-d’un tendon alternativement: de suite mettez
-votre émincée dans la sauce que vous avez
-préparée; liez alors cette blanquette sans la laisser
-bouillir; finissez-la avec gros de beurre comme
-une petite noix et un jus de citron; mettez-la
-dans le puits de vos côtelettes et tendons; dressez,
-comme il est dit, en couronne, et servez.</p>
-
-<p>Si vous n’aviez pas de sauce pour faire votre
-blanquette, faites cuire vos tendons un peu d’avance;
-prenez une douzaine de champignons;
-<span class="pagenum" id="Page_207">[p. 207]</span>
-passez-les dans le beurre; singez-les d’une petite
-pincée de farine; mouillez-les avec le fond de
-vos tendons, que vous aurez passés au travers
-d’un tamis de soie ou d’une serviette; faites-le
-réduire à consistance de sauce; dégraissez cette
-sauce, tordez-la dans une casserole à travers une
-étamine; mettez-y votre émincée, et finissez
-votre blanquette comme ci-dessus.</p>
-
-<h4 id="rct_332"><i>Tendons d’Agneau aux pointes d’Asperges.</i></h4>
-
-<p>Prenez deux poitrines d’agneaux; marquez-les
-dans une casserole, avec des parures de veau,
-comme ceux de l’épigramme; faites-les cuire de
-même; leur cuisson faite, égouttez-les; mettez-les
-entre deux couvercles; laissez-les-y refroidir;
-coupez-les en cœur; passez le fond, dans
-lequel ils ont cuit, au travers d’un tamis de
-soie; faites-le réduire, dans une sauteuse, à
-moitié de la consistance de glace; rangez vos
-tendons, laissez-les mijoter et s’y glacer; ayez
-une botte d’asperges, <i>dites</i> aux petits pois, et n’en
-employez que le tendre; lavez-les; faites-les
-blanchir à l’eau bouillante, où vous aurez mis
-une pincée de sel; écumez-les, blanchissez-les,
-rafraîchissez-les, jetez-les dans un tamis; mettez
-dans une casserole cinq à six cuillerées d’espagnole;
-faites réduire votre sauce, dégraissez-la,
-mettez-y vos asperges, faites-la achever de cuire
-et réduire: dressez en couronne vos tendons
-sur le plat; remettez une partie de votre ragoût
-d’asperges dans votre sauteuse, pour en détacher
-<span class="pagenum" id="Page_208">[p. 208]</span>
-la glace; mêlez le tout, finissez-le avec un
-pain de beurre; versez-le dans votre puits, et
-servez.</p>
-
-<h4 id="rct_333"><i>Tendons d’Agneau à la&nbsp;Villeroi.</i></h4>
-
-<p>Ayez deux poitrines d’agneaux; faites-les cuire
-comme celles ci-dessus; mettez-les entre deux
-couvercles pour les aplatir; lorsqu’elles seront
-froides, coupez-les comme pour l’<a href="#rct_331">épigramme</a>
-(voyez cet article); faites une sauce à la poulette
-bien réduite; liez-la davantage qu’une poulette
-ordinaire; versez-la sur vos tendons, laissez-la
-refroidir; garnissez-les bien de cette sauce, panez-les;
-donnez-leur une belle forme; trempez-les
-dans une omelette; panez-les une seconde
-fois; faites-les frire, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_334"><i>Côtelettes d’Agneau au&nbsp;Naturel.</i></h4>
-
-<p>(Voyez l’article <a href="#rct_290"><i>Côtelettes de Mouton au Naturel</i></a>.)</p>
-
-<h4 id="rct_335"><i>Côtelettes d’Agneau&nbsp;panées.</i></h4>
-
-<p>Ayez des carrés d’agneau; coupez vos côtelettes
-et parez-les; faites fondre dans une sauteuse
-un peu de beurre; arrangez dedans vos
-côtelettes; saupoudrez-les d’un peu de sel; faites-les
-revenir sans roussir le beurre; égouttez-les;
-laissez refroidir un peu votre beurre; lorsqu’il
-le sera, incorporez deux jaunes d’œufs; trempez
-vos côtelettes des deux côtés dans cette anglaise;
-panez-les, posez-les sur le gril, mettez-les
-sur un feu très-doux; faites-leur prendre une
-belle couleur des deux côtés; servez-les à sec,
-<span class="pagenum" id="Page_209">[p. 209]</span>
-ou, si vous voulez, avec un jus clair, dans lequel
-vous exprimerez le jus d’un citron; ajoutez-y,
-si vous le jugez à propos, une pincée de mignonnette,
-et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_336"><i>Côtelettes d’Agneau à la&nbsp;Minute.</i></h4>
-
-<p>Ces côtelettes se préparent comme celles de
-mouton <i>dites</i> à la Minute. (Voyez l’article <a href="#rct_292"><i>Côtelettes
-de Mouton à la Minute</i></a>.)</p>
-
-<h4 id="rct_337"><i>Épaule d’Agneau en&nbsp;Musette.</i></h4>
-
-<p>Levez deux épaules d’agneau, <ins id="cor_23" title="le">les</ins> plus larges
-qu’il vous sera possible; supprimez-en tous les
-os et la moitié du manche; étendez bien toutes
-vos chairs également; assaisonnez-en l’intérieur
-d’un peu de sel et d’épices fines; remplissez cet
-intérieur de vos épaules d’un bon salpicon
-(voyez <a href="#rct_136"><i>Salpicon</i></a>, à son article); passez de la
-ficelle tout autour avec une aiguille à brider,
-comme un tailleur forme un bouton, afin que
-votre salpicon, ainsi enfermé, ne puisse s’échapper;
-cela fait, piquez le dessus de ces
-épaules de petit lard en forme de rosette, ou
-mettez dessus une légère couche de farce cuite
-(voyez <i>Farce Cuite</i>, à son article <span class="ndt"> [Tome&nbsp;II]</span>); décorez-les,
-comme il vous conviendra, avec des truffes ou
-des cornichons, que vous appliquerez sur la
-farce; ensuite foncez une casserole avec les os,
-quelques parures de viande de boucherie, quelques
-lames de jambon, carottes, oignons et
-un bouquet de persil et ciboules assaisonné;
-<span class="pagenum" id="Page_210">[p. 210]</span>
-mouillez votre braise avec du bouillon ou du
-consommé; couvrez ces épaules de bardes de
-lard et d’un rond de papier beurré; faites partir
-votre braisière, posez-la sur une paillasse avec
-feu dessus et dessous; faites cuire une heure et
-demie: la cuisson achevée, égouttez vos épaules,
-glacez-en ce qui est piqué; si elles ne le sont pas,
-glacez les chairs autour de leur décor; dressez-les
-et servez dessous une italienne réduite ou une
-bonne espagnole.</p>
-
-<hr class="hr15" />
-
-<h2 id="rct_338">COCHON.</h2>
-
-<p>Le cochon est de tous les animaux celui qui
-est le plus employé dans la cuisine; car presque
-dans tous les mets, soit entrée ou rôti, on se
-sert de lard et de jambon; les autres parties de
-cet animal sont moins recherchées; cependant
-la hure est un mets fort distingué, quand elle
-est apprêtée par un homme qui connaît bien
-son état; les pieds se servent aussi à la Sainte-Menéhould,
-ou farcis de truffes; les oreilles se
-servent en menu-de-roi, et les poitrines s’emploient
-dans bien des ragoûts; il faut choisir le
-porc jeune et gras; mais bien prendre garde
-qu’il ne soit ladre; sa chair est fort malsaine et
-très-indigeste lorsqu’il a cette maladie; elle est
-facile à connaître, même dans le lard et dans les
-chairs, par de petites glandes blanches et roses.</p>
-
-<p>Dans cet animal il n’y a presque rien à jeter:
-de son sang on en fait du boudin, de ses intestins
-<span class="pagenum" id="Page_211">[p. 211]</span>
-des andouilles, des débris de ses chairs
-des saucisses, et, lorsque le tout est bien préparé,
-on peut en faire d’excellens mets.</p>
-
-<h4 id="rct_339"><i>Hure de&nbsp;Cochon.</i></h4>
-
-<p>Coupez votre hure jusqu’à la moitié des épaules,
-c’est-à-dire plus longue qu’on ne la coupe ordinairement;
-flambez-la, de manière à ce qu’il n’y
-reste aucune soie; nettoyez le dedans des oreilles
-en y introduisant un fer presque rouge, pour
-en brûler les poils qui s’y trouvent; cela fait,
-lavez bien cette hure; épluchez-la de nouveau;
-ratissez-la et désossez-la; prenez garde de n’y
-faire aucun trou, surtout à la couenne de dessus
-le nez; la chair qui provient des parties charnues,
-telle que celle des épaules, étendez-la
-dans les parties de votre hure où il n’y en a pas,
-afin que les chairs soient égales partout; ensuite
-mettez-la dans un grand vase de terre;
-faites une eau de sel; laissez-la refroidir, tirez-la
-à clair et versez-la dans votre vase sur la hure,
-afin qu’elle trempe entièrement; mettez-y une
-poignée de graine de genièvre, quatre feuilles
-de laurier, cinq ou six clous de girofle, deux
-ou trois gousses d’ail (coupées en deux), une
-demi-once de salpêtre en poudre, du thym, du
-basilic et de la sauge; couvrez votre terrine d’un
-linge blanc, et mettez dessus un autre vase qui
-la couvre le plus possible; laissez-la se mariner
-huit ou dix jours; ensuite égouttez-la; faites une
-farce pour en garnir votre hure. A cet effet, prenez
-<span class="pagenum" id="Page_212">[p. 212]</span>
-de la chair de porc; ôtez-en la peau et les
-nerfs; mettez à-peu-près la même quantité de
-lard, assaisonné de sel fin et de fines épices; hachez
-le tout très-menu, en sorte qu’on ne puisse
-distinguer le lard d’avec la chair; mettez votre
-farce dans un mortier; pilez-la bien; incorporez,
-l’un après l’autre, cinq ou six œufs entiers;
-faites l’essai de cette farce, et remédiez à ce qui
-pourrait y manquer. Votre farce achevée, étendez
-votre hure sur une nappe blanche; ôtez tous
-les ingrédiens qui ont servi à lui donner du
-goût. Vous aurez coupé du lard en grands lardons
-que vous aurez assaisonnés avec sel, poivre,
-quatre épices, des aromates pilés, persil et ciboules
-hachés, et que vous aurez incorporés le
-mieux possible avec vos lardons; arrangez de
-nouveau vos chairs dans la peau de la hure; garnissez-la
-de ces lardons, posés en long de distance
-en distance, bien entremêlés avec la chair
-et la farce, de l’épaisseur d’un pouce; mettez-y
-la langue que vous aurez échaudée et épluchée;
-faites un autre lit de lardons, et entre ces lardons
-placez des truffes épluchées et coupées en
-long, entremêlées de pistaches que vous aurez
-émondées; faites ainsi plusieurs lits, jusqu’à l’emploi
-entier de votre farce, de vos truffes, de
-votre lard et des pistaches. Votre hure remplie,
-cousez-la avec une aiguille à brider; ménagez-lui
-bien sa première forme; enveloppez-la dans une
-étamine neuve, et cousez-la; attachez les deux
-bouts avec de la ficelle; foncez une braisière
-<span class="pagenum" id="Page_213">[p. 213]</span>
-avec des parures de boucherie, surtout de veau,
-des oignons, des carottes, trois feuilles de laurier,
-deux bouquets de persil et ciboules, quelques
-clous de girofle, de l’ail et trois bouteilles
-de vin rouge de Bourgogne; achevez de la mouiller
-avec du bon bouillon: il faut qu’elle trempe
-dans son assaisonnement: faites-la partir; couvrez-la
-avec plusieurs feuilles de fort papier
-beurré; couvrez la braisière de son couvercle;
-mettez-la sur une paillasse, avec feu dessus et
-dessous; faites-la cuire cinq à six heures; cela
-dépendra de la grosseur de la pièce et de la jeunesse
-de l’animal dont elle provient: pour vous
-assurer si elle est cuite, sondez-la avec une lardoire;
-si elle entre facilement, retirez votre braisière
-du feu; laissez votre hure dedans, et ne la
-retirez de son assaisonnement que quand elle
-sera presque tiède; laissez-la refroidir dans son
-étamine; après déballez-la, retirez la graisse qui
-pourrait se trouver dessus; ôtez les ficelles, parez-la
-du côté du chignon, dressez-la sur une
-serviette, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_340"><i>Hure de Cochon à la manière de&nbsp;Troyes.</i></h4>
-
-<p>Appropriez et désossez une hure de cochon,
-comme il est indiqué à l’article précédent, et
-exécutez de point en point pour celle-ci tout ce
-qui est dit pour la première: la seule différence
-qu’il y ait, c’est qu’au lieu de farce, vous devez
-la remplir de chair de porc, après en avoir ôté
-les nerfs; vous pouvez également y mettre des
-<span class="pagenum" id="Page_214">[p. 214]</span>
-truffes et des pistaches: quant à la cuisson, elle
-est la même.</p>
-
-<h4 id="rct_341"><i>Jambon au&nbsp;Naturel.</i></h4>
-
-<p>Ayez un bon jambon (ceux de Westphalie sont
-les meilleurs, et généralement plus estimés que
-ceux de Baïonne); parez-le, c’est-à-dire, levez le
-dessus des chairs, et, sur les bords du lard, ce
-qui pourrait être jaune; ôtez l’os du quasi; coupez
-le bout du jarret, et mettez votre jambon
-tremper, après l’avoir goûté, en enfonçant une
-lardoire dans la noix, ce qui vous décidera à le
-laisser se dessaler plus ou moins de temps: cela
-fait, mettez-le dans un linge; nouez-en les quatre
-bouts; arrangez-le dans une marmite ou une
-braisière proportionnée à sa grosseur; mouillez-le
-avec de l’eau; mettez-y quatre ou cinq carottes,
-autant d’oignons, quatre clous de girofle,
-trois ou quatre feuilles de laurier, deux ou trois
-gousses d’ail et un ou deux bouquets de persil,
-thym et basilic; faites-le partir et cuire ensuite à
-petit feu, quatre ou cinq heures; lorsque vous
-soupçonnerez qu’il est cuit, sondez-le avec la
-lardoire: si elle s’enfonce facilement, c’est que
-sa cuisson est faite; retirez-le; dénouez et renouez
-le linge pour serrer davantage: votre
-jambon à moitié refroidi, levez-en la couenne
-près du combien; parez-le et panez-le avec de
-la chapelure passée au travers d’un tamis;
-mettez une serviette sur un plat, et dressez-le
-dessus.</p>
-
-<h4 id="rct_342"><span class="pagenum" id="Page_215">[p. 215]</span>
-<i>Jambon&nbsp;Braisé.</i></h4>
-
-<p>Ayez un jambon; parez-le en dessous; coupez-en
-le manche, et supprimez le bord du lard
-qui pourrait être jaune; désossez l’os du quasi
-sans gâter votre jambon; faites-le dessaler à propos;
-mettez-le dans un linge; liez-le des quatre
-bouts, et posez-le dans une braisière juste à sa
-grandeur, après l’avoir foncée de viande de boucherie,
-bœuf et veau, avec oignons, carottes,
-un bouquet de persil et de ciboules, deux ou
-trois clous de girofle, trois feuilles de laurier,
-thym et basilic; mouillez-le avec de l’eau, faites-le
-partir, et à moitié de sa cuisson ajoutez une
-bouteille de vin de Madère; faute de ce vin, mettez
-un demi-setier d’eau-de-vie et une bouteille
-de vin de Champagne: alors vous ne couvrirez
-pas votre braisière, afin qu’en cuisant l’assaisonnement
-de votre jambon se réduise; sondez-le,
-pour juger s’il est cuit, ainsi qu’il est indiqué
-ci-dessus; égouttez-le; posez-le sur un couvercle;
-levez-en la couenne; glacez-le avec une réduction
-de veau: si vous n’en aviez pas, saupoudrez-le
-avec un peu de sucre fin, et glacez-le au four
-ou avec une pelle rouge; faites qu’il ait une belle
-couleur; servez-le sur des épinards ou dessus tels
-légumes que vous jugerez convenable.</p>
-
-<h4 id="rct_343"><i>Jambon à la&nbsp;Broche.</i></h4>
-
-<p>Parez le dessus de votre jambon; arrondissez-le
-en le coupant tout autour, donnez-lui une
-<span class="pagenum" id="Page_216">[p. 216]</span>
-belle forme; mettez-le dessaler, si vous croyez que
-cela soit nécessaire, ce dont vous pouvez vous assurer
-en le sondant; mettez-le dans un vase de
-terre avec des tranches d’oignons et de carottes, et
-deux ou trois feuilles de laurier cassées; versez
-dessus une bouteille et demie de vin de Malaga
-ou de tout autre vin d’Espagne, à défaut duquel
-vous emploierez du vin de Champagne: couvrez-le
-d’un linge blanc, et fermez-le le plus hermétiquement
-que possible; laissez-le mariner pendant
-vingt-quatre heures dans cet assaisonnement;
-embrochez-le; faites-le cuire à point; servez-vous
-de sa marinade pour l’arroser: sa cuisson
-presque faite, levez-en la couenne; dorez-le
-avec une anglaise (voyez <a href="#rct_43"><i>Anglaise</i></a>, à son article);
-panez-le; faites-lui prendre une belle couleur:
-en retirant votre jambon pour en enlever
-la couenne, retirez aussi votre marinade, passez-la
-au tamis de soie, faites-la réduire à consistance
-de sauce, et servez-la sous votre jambon.</p>
-
-<h4 id="rct_344"><i>Échinée de&nbsp;Cochon.</i></h4>
-
-<p>Prenez une échinée de cochon; parez-la comme
-vous feriez d’un carré de veau; ôtez-en l’arête
-jusqu’au joint des côtes, et deux heures avant
-de la mettre à la broche, saupoudrez-la d’un peu
-de sel dessus et dessous; faites-la bien cuire, et
-servez dessous une <a href="#rct_57">sauce poivrade</a>. (Voyez cette
-sauce, à son article.)</p>
-
-<h4 id="rct_345"><i>Côtelettes de Cochon, sauce&nbsp;Robert.</i></h4>
-
-<p>Coupez vos côtelettes de porc frais, comme
-<span class="pagenum" id="Page_217">[p. 217]</span>
-celles de veau; aplatissez-les; parez-les, saupoudrez-les
-d’un peu de sel des deux côtés; faites-les
-griller, et surtout qu’elles soient bien cuites.
-Vous les servirez avec une sauce Robert. (Voyez
-<a href="#rct_72"><i>Sauce Robert</i></a>, à son article.)</p>
-
-<h4 id="rct_346"><i>Oreilles de Cochons en Menu-de-Roi.</i></h4>
-
-<p>Ayez trois oreilles de cochons; flambez-les; nettoyez-en
-le dedans, en y introduisant un fer
-presque rouge; ratissez-les bien; lavez-les à plusieurs
-eaux; faites-les blanchir et cuire ensuite
-dans une braisière (voyez <a href="#rct_86"><i>Poêle</i></a>, à son article);
-lorsqu’elles seront cuites, laissez-les refroidir;
-coupez-les par filets bien égaux; coupez aussi six
-gros oignons en deux; parez-en la tête et la queue;
-ôtez le petit cœur de ces oignons; coupez-les en
-filets ou en demi-anneaux; mettez-les dans une
-casserole avec un morceau de beurre; passez-les;
-faites-les cuire; qu’ils soient bien blancs; mouillez-les
-de deux ou trois cuillerées à dégraisser d’espagnole,
-d’une cuillerée de jus de bœuf ou de
-blond de veau; laissez mijoter vos oignons; dégraissez
-votre sauce à l’instant de servir; jetez-y
-votre menu-de-roi, ou les filets de ces oreilles;
-mettez-y du sel, s’il en faut, un peu de moutarde,
-un filet de vinaigre, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_347"><i>Oreilles de Cochons à la&nbsp;Purée.</i></h4>
-
-<p>Préparez quatre ou cinq oreilles de cochons,
-comme il est indiqué ci-dessus; faites-les cuire
-dans une braise; prenez du bouillon; assaisonnez-les
-de carottes, oignons, d’un bouquet de
-<span class="pagenum" id="Page_218">[p. 218]</span>
-persil et ciboules, thym, laurier et basilic: leur
-cuisson faite, égouttez-les; dressez-les et masquez-les
-avec une purée de pois, de lentilles, ou
-toute autre purée. (Voyez <a href="#rct_79"><i>Purée de Pois verts</i></a>,
-à son article.)</p>
-
-<h4 id="rct_348"><i>Queues de Cochons à la&nbsp;Purée.</i></h4>
-
-<p>Procédez, à l’égard de ces queues, comme il
-est dit à l’article précédent pour les oreilles.</p>
-
-<h4 id="rct_349"><i>Pieds de Cochon à la Sainte-Menéhould.</i></h4>
-
-<p>Préparez quatre pieds de cochon; flambez-les,
-de crainte qu’il ne s’y trouve des soies; ratissez-les;
-lavez-les dans l’eau chaude; faites qu’ils
-soient bien propres; fendez-les en deux; rapprochez
-les morceaux l’un contre l’autre; entortillez-les
-de rubans de fil, appelés <i>rubans à tablier</i>,
-comme si un perruquier faisait une queue; cousez
-les deux bouts du ruban, afin que les morceaux
-réunis ne se détachent pas; faites-les cuire
-dans une braise, et, faute de braise, dans du
-bouillon, comme les queues à la purée: leur
-cuisson faite, égouttez-les; laissez-les refroidir;
-ôtez-en les rubans; séparez ces morceaux, trempez-les
-dans du beurre légérement fondu, panez-les,
-faites-les griller, et servez-les à sec.</p>
-
-<h4 id="rct_350"><i>Pieds de Cochon aux&nbsp;Truffes.</i></h4>
-
-<p>Vous procéderez pour ceux-ci, comme il est
-indiqué ci-dessus: à moitié froids, vous en ôterez
-les rubans; vous poserez chacun de ces pieds
-sur un morceau de crépine assez grand pour
-pouvoir l’envelopper; vous ôterez tous les os, et
-<span class="pagenum" id="Page_219">[p. 219]</span>
-vous les remplacerez par un salpicon fait de
-truffes et de blanc de volailles (voyez <a href="#rct_137"><i>Salpicon
-de Volailles</i></a>, à son article): enveloppez ces pieds
-de la crépine énoncée; donnez-leur à chacun la
-forme d’un pied à la Sainte-Menéhould; faites-les
-griller de longue-main sur un feu doux, et servez-les.</p>
-
-<h4 id="rct_351"><i>Manière de faire ou de préparer le&nbsp;Lard.</i></h4>
-
-<p>Levez le lard de votre cochon, en y laissant
-le moins de chair possible; frottez-le de sel fin,
-séché, pilé et passé au tamis; mettez lard contre
-lard et l’un sur l’autre; posez-le sur une planche
-dans une cave fraîche, sans être trop humide;
-remettez du sel tout autour de vos pièces, et posez
-une autre planche dessus; chargez cette planche
-d’un poids assez fort: laissez ce lard se faire
-un mois et davantage; cela fait, accrochez-le et
-laissez-le sécher dans un lieu aéré, sans être humide;
-qu’il soit ferme et sec, afin de pouvoir
-vous en servir pour piquer.</p>
-
-<h4 id="rct_352"><i>Petit&nbsp;Salé.</i></h4>
-
-<p>Prenez des poitrines de cochon; coupez-les
-par morceaux; frottez-les de sel fin, comme les
-pièces de lard: vous y ajouterez un peu de salpêtre;
-vous les arrangerez au fur et à mesure les
-unes sur les autres dans un pot; ayez soin de les
-bien fouler, pour éviter qu’elles ne prennent le
-goût d’évent: pour obvier à cet inconvénient,
-bouchez les vides que pourra laisser le sel; recouvrez
-le vase d’un linge blanc, et fermez-le le plus
-<span class="pagenum" id="Page_220">[p. 220]</span>
-hermétiquement possible: au bout de huit ou
-dix jours vous pouvez vous en servir, soit pour
-mettre aux choux ou à la purée, soit pour tout ce
-dont vous aurez besoin.</p>
-
-<h4 id="rct_353"><i>Sain-Doux.</i></h4>
-
-<p>Quand vous voudrez faire du sain-doux, ayez
-de la panne bien blanche; la plus épaisse est celle
-que vous devez préférer; supprimez-en les
-peaux; battez-la bien avec un morceau de bois,
-mettez-la dans une marmite ou une casserole,
-avec un peu d’eau; faites-la aller à petit feu et
-bouillir long-temps pour qu’elle soit bien cuite
-et que le sain-doux se conserve: vous serez
-assuré qu’elle est bien cuite, lorsque les cortons
-se briseront facilement; laissez-la refroidir; lorsqu’elle
-ne sera plus que tiède, passez-la au travers
-d’un tamis, et, si vous voulez la conserver,
-mettez-la dans un endroit frais.</p>
-
-<h4 id="rct_354"><i>Manière de faire le&nbsp;Jambon.</i></h4>
-
-<p>Selon la quantité de jambon que vous voulez
-avoir, faites une saumure plus ou moins considérable;
-mettez dans le vaisseau où vous voulez
-mariner vos jambons, toutes sortes d’herbes
-odoriférantes, comme sauge, basilic, thym, laurier,
-baume et grains de genièvre, du sel en
-suffisante quantité, et un peu de salpêtre; ajoutez
-à ces ingrédiens de la lie de vin, la meilleure
-possible; mettez autant d’eau que de lie, et
-laissez le tout infuser plusieurs jours; passez
-au clair votre saumure; exprimez bien les herbes;
-<span class="pagenum" id="Page_221">[p. 221]</span>
-jetez un peu d’eau sur votre marc, afin de
-finir de fondre votre sel; exprimez vos herbes
-une seconde fois; arrangez vos jambons dans
-votre vase, ainsi que les épaules; versez dessus
-votre saumure; laissez-les ainsi pendant trois
-semaines ou un mois; ensuite retirez-les,
-égouttez-les, mettez-les fumer; lorsqu’ils seront
-bien secs et bien fumés, vous les conserverez
-en les frottant avec moitié vin et moitié vinaigre;
-vous les laisserez sécher, afin que les mouches
-ne les gâtent pas, et vous vous en servirez au
-besoin.</p>
-
-<h4 id="rct_355"><i>Langues de Porcs fumées et&nbsp;fourrées.</i></h4>
-
-<p>Prenez des langues de porcs; ôtez-en une
-partie du cornet, échaudez-les pour leur ôter la
-première peau; mettez-les dans un vase, serrez-les
-bien l’une contre l’autre, en les salant avec
-sel et un peu de salpêtre; joignez-y du basilic,
-du laurier, du thym, du genièvre, et, si vous le
-voulez, quelques échalotes; posez dessus quelque
-chose de lourd pour les presser l’une contre
-l’autre; couvrez le pot comme il est indiqué au
-petit lard; mettez-le de même dans un endroit
-frais pendant huit jours: au bout de ce temps
-retirez-les de la saumure; faites-les égoutter;
-emballez-les dans des boyaux de cochon, de
-bœuf ou de veau; nouez-en les deux bouts, faites-les
-fumer, et, lorsque vous voudrez vous en
-servir, vous les mettrez cuire dans de l’eau avec
-un peu de vin, un bouquet de persil et ciboules,
-<span class="pagenum" id="Page_222">[p. 222]</span>
-quelques oignons, thym, laurier et basilic; laissez-les
-refroidir, et servez-les.</p>
-
-<h4 id="rct_356"><i>Cochon de&nbsp;Lait.</i></h4>
-
-<p>En choisissant un cochon de lait, vous devez
-vous attacher à le prendre court, gras et jeune,
-c’est-à-dire qu’il n’ait pris pour nourriture que
-le lait de sa mère, et alors il doit être bon; préférez
-les tonquins aux autres espèces, ils sont
-beaucoup plus délicats; lorsque vous voudrez
-le tuer, prenez-lui le corps entre vos genoux,
-en lui serrant le groin dans la main gauche,
-et vous lui enfoncerez le couteau au bas de la
-gorge, ce qu’on appelle le petit cœur: il est nécessaire
-que le couteau soit étroit de lame et fort
-pointu; dirigez-le bien droit, afin d’atteindre le
-cœur de l’animal: prenez garde de l’épauler,
-car alors il serait difficile à échauder, et, comme
-il saignerait peu, les chairs en seraient noires
-et moins délicates: vous aurez fait chauffer une
-chaudronnée d’eau un peu plus que tiède, vous
-aurez eu la précaution d’avoir un peu de poix-résine.
-Avant de tremper votre cochon dans
-l’eau, ayez soin de lui casser les défenses, de
-crainte qu’elles ne vous blessent en l’échaudant;
-trempez-lui la tête dans cette eau; si le poil des
-oreilles commence à quitter, retirez votre eau
-du feu et trempez en entier votre cochon; mettez-le
-sur la table, et la résine près de vous; posez
-votre main à plat sur cette résine (ce qui
-vous donnera l’aisance de bien approprier votre
-<span class="pagenum" id="Page_223">[p. 223]</span>
-cochon); frottez-le, trempez-le plusieurs fois dans
-l’eau, et frottez-le enfin jusqu’à ce qu’il n’y reste
-aucun poil; déchaussez-le, c’est-à-dire, ôtez-lui
-les sabots; videz-le et prenez garde de faire l’ouverture
-trop grande; ôtez-lui tout ce qu’il a dans
-le corps, hors les rognons; passez votre doigt
-entre le quasi, pour lui faire sortir le gros intestin,
-supprimez-le; ciselez-lui le chignon du cou;
-faites-lui quatre incisions sur la croupe, pour
-lui retrousser la queue entre la peau et les chairs;
-passez-lui trois brochettes, une dans les cuisses,
-pour lui assujettir les pieds de derrière, comme
-ceux d’un lapin au gîte; une autre à travers la
-poitrine pour lui trousser les pieds de devant,
-et une autre près des rognons pour l’empêcher
-de faire le dos de chameau: cela fait, mettez-le
-dégorger dans de l’eau fraîche; égouttez-le, laissez-le
-se ressuyer et mettez-le à la broche; s’il lui
-restait quelques poils, flambez-le avec un bouchon
-de papier; lorsqu’il aura fait trois ou quatre
-tours de broche, frottez-le d’huile avec un pinceau
-de plumes, pour que la peau soit plus croquante;
-faites cette opération plusieurs fois pendant
-le temps de la cuisson; quand il sera cuit,
-débrochez-le; faites-lui une incision autour du
-cou, afin que la peau reste croquante, et servez-le.</p>
-
-<h4 id="rct_357"><i>Cochon de Lait à l’Anglaise.</i></h4>
-
-<p>Vous procéderez en tout pour celui-ci comme
-pour le précédent, avec cette différence que
-vous le remplirez de la farce ci-après indiquée.</p>
-
-<p><span class="pagenum" id="Page_224">[p. 224]</span>
-Prenez le foie du cochon, ôtez-en l’amer, hachez-le,
-pilez-le; ajoutez autant de mie de pain
-desséchée dans la crême, ou du bouillon, que
-vous avez de foie, et autant de beurre et de tetine
-que vous avez de mie; pilez le tout ensemble
-avec un peu de fines herbes passées dans
-du beurre, sel, poivre, fines épices en suffisante
-quantité, et une pincée de petite sauge bien hachée;
-ajoutez-y deux œufs entiers et trois jaunes;
-mêlez bien le tout; remplissez-en le corps de
-votre cochon; mettez-le à la broche; arrosez-le
-d’huile, comme pour l’autre. Il est inutile de
-faire observer qu’il faut plus de cuisson, puisqu’il
-y a une farce de plus qu’au précédent; retirez-le,
-et servez-le avec une sauce poivrade
-dessous. (Voyez l’article <a href="#rct_57"><i>Sauce Poivrade</i></a>.)</p>
-
-<h4 id="rct_358"><i>Cochon de Lait en&nbsp;Galantine.</i></h4>
-
-<p>Echaudez votre cochon, comme il est indiqué
-à l’article <a href="#rct_356"><i>Cochon de Lait rôti</i></a>; faites-le dégorger;
-égouttez-le, désossez-le, à la réserve des
-quatre pieds; prenez garde de faire aucun trou
-à sa peau; faites une farce cuite, de volaille ou
-de veau (voyez l’article <i>Farce cuite</i> <span class="ndt"> [Tome&nbsp;II]</span>); étendez la
-peau de votre cochon sur un linge blanc; mettez-y
-de cette farce l’épaisseur d’un doigt; garnissez-la
-de grands lardons de lard, et entre ces
-lardons placez des filets de truffes dans toute la
-longueur, des filets d’omelettes de jaunes d’œufs,
-des filets de pistaches, des filets d’amandes douces
-et des filets de noix de jambon cuit; couvrez le
-<span class="pagenum" id="Page_225">[p. 225]</span>
-tout d’une même épaisseur de farce, et continuez
-ainsi jusqu’à ce que la peau soit pleine, sans être
-trop tendue: surtout donnez à la tête de votre
-cochon, ainsi qu’au corps, sa première forme;
-cousez-le avec une grosse aiguille et du fil de
-Bretagne; fixez les quatre pieds comme pour le
-mettre à la broche; frottez-le de citron, couvrez-le
-de bardes de lard, emballez-le dans une
-étamine neuve, que vous coudrez; attachez les
-deux bouts, marquez une braise avec les os et
-les débris de votre cochon, quelques lames de
-jambon cru, un jarret de veau partagé en deux,
-deux gousses d’ail, deux feuilles de laurier, du
-sel, carottes, oignons et un bouquet de persil et
-ciboules: posez dessus votre cochon; mouillez-le
-avec du bon bouillon et une bouteille de vin de
-Grave; faites-le partir, retirez-le sur le bord du
-fourneau, faites-le aller doucement pendant trois
-heures; retirez-le, laissez-le refroidir, ensuite déballez-le;
-ôtez les bardes de lard; dressez-le sur
-le plat. Vous aurez passé le fond de votre braise
-au travers d’un tamis de soie: si ce fond n’est
-pas assez ambré, mettez-y un peu de jus; faites-le
-réduire et clarifier comme il est indiqué à l’aspic
-(voyez l’article <a href="#rct_41"><i>Aspic</i></a>); faites un cordon de cette
-gelée autour de votre cochon, soit en diamans
-ou de toute autre manière, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_359"><i>Boudin&nbsp;ordinaire.</i></h4>
-
-<p>Ayez douze oignons épluchés; faites-les cuire
-dans du bouillon ou du consommé avec un bouquet
-<span class="pagenum" id="Page_226">[p. 226]</span>
-de persil et ciboules, du thym, du basilic et
-une feuille de laurier; vos oignons cuits, hachez-les
-très-fin; ayez une pinte de sang de
-cochon; observez que ce sang, pour en ôter les
-fibres, doit être bien manié en sortant de la
-gorge de l’animal, et qu’il faut y mettre un filet
-de vinaigre, afin de l’empêcher de se cailler;
-coupez une livre et demie de panne en dés,
-mettez-la dans le sang avec une chopine de
-crême double, des fines herbes hachées, des
-épices fines, sel et poivre en suffisante quantité,
-et mêlez bien le tout; ayez des boyaux de cochon
-ou de mouton, que vous ratissez et lavez
-bien, remplissez-les de votre appareil; servez-vous
-à cet effet d’un entonnoir propre à cet
-usage; ne remplissez pas trop vos boyaux, dans
-la crainte que vos boudins ne crèvent pendant
-la cuisson; ficelez-les aux deux extrémités et
-d’espace en espace, suivant la longueur dont
-vous voulez vos boudins; mettez-les dans un
-chaudron d’eau tiède et menez-les à petit feu,
-afin qu’ils ne crèvent pas; retournez-les doucement
-avec une écumoire: vous jugerez s’ils sont
-cuits, si, en les piquant avec une épingle, la
-graisse vient au lieu de sang; leur cuisson faite,
-retirez-les sur un linge blanc et laissez-les refroidir;
-lorsque vous voudrez les servir, ciselez-les,
-mettez-les sur le gril et faites-les cuire.</p>
-
-<h4 id="rct_360"><i>Boudin à la façon de&nbsp;Nanterre.</i></h4>
-
-<p>Épluchez une suffisante quantité d’oignons
-<span class="pagenum" id="Page_227">[p. 227]</span>
-pour le sang que vous aurez à employer; mettez-les
-dans une sebile de bois, et avec un couteau
-semblable à celui des bourreliers, hachez-les;
-ensuite mettez-les dans une casserole avec de
-la panne, passez-la sur le feu jusqu’à ce que les
-oignons soient bien cuits sans être roux; laissez-les
-refroidir à moitié, mettez-y votre sang,
-mêlez bien le tout, assaisonnez-le de sel fin,
-fines herbes, épices fines; mettez-y de la crême,
-et finissez votre boudin comme il est indiqué à
-l’article précédent.</p>
-
-<h4 id="rct_361"><i>Boudin blanc</i>.</h4>
-
-<p>Faites cuire une douzaine d’oignons dans du
-bouillon ou du consommé, avec deux clous de
-girofle, du basilic, du thym et du laurier, un
-bouquet de persil et ciboules, du sel et du poivre;
-leur cuisson faite, hachez-les très-fin; faites
-une panade à la crême, bien desséchée; mettez
-les oignons et cette panade dans un mortier,
-ajoutez-y quelques amandes douces, que vous
-aurez pilées et passées à l’étamine; mêlez le
-tout ensemble avec le pilon; ajoutez-y quelques
-jaunes d’œufs crus, de la panne coupée en dés,
-des blancs de volailles rôties, hachez très-fin;
-pilez le tout ensemble et délayez-le avec de la
-crême double et chaude, assaisonnez-le de sel
-et d’épices fines; goûtez si votre appareil est
-d’un bon goût et entonnez-le comme vous avez
-fait précédemment dans des boyaux: ce boudin
-demande moins de temps pour sa cuisson que
-<span class="pagenum" id="Page_228">[p. 228]</span>
-le noir, et, pour le faire cuire, employez du lait
-au lieu d’eau; laissez-le refroidir, piquez-le au
-lieu de le ciseler avant de le mettre sur le gril:
-la meilleure manière de le faire cuire est de le
-mettre dans une caisse de papier blanc.</p>
-
-<h4 id="rct_362"><i>Boudin d’Écrevisses</i>.</h4>
-
-<p>Ayez un demi-cent d’écrevisses; faites-les
-cuire, après les avoir lavées, avec du bouillon
-ou de l’eau; leur cuisson faite, laissez-les refroidir,
-épluchez-les, c’est-à-dire, ôtez-en la chair
-des queues et les petites pattes, et supprimez le
-dedans du corps; faites-en sécher toutes les
-coquilles, pilez-les, faites-en un beurre (voyez
-<a href="#rct_73"><i>Beurre d’Écrevisses</i></a>, à son article); coupez les
-queues en dés, mettez-les dans une casserole
-avec les œufs que vous aurez retirés de vos écrevisses
-en les épluchant; ajoutez des blancs de
-volailles bien hachés, une panade à la crême
-très-desséchée, quelques oignons cuits sous la
-cendre, quelques foies gras coupés en dés, de
-la panne <i>idem</i>; mêlez-y votre beurre d’écrevisses,
-quelques cuillerées de consommé, des épices
-fines et du sel en suffisante quantité; mêlez bien
-le tout ensemble, entonnez-les dans les boyaux;
-liez-les de même que les précédens, et faites-les
-cuire comme les boudins blancs.</p>
-
-<h4 id="rct_363"><i>Boudin de&nbsp;Lapereau.</i></h4>
-
-<p>Faites cuire un lapereau de garenne à la broche,
-levez-en les chairs, supprimez-en la peau
-<span class="pagenum" id="Page_229">[p. 229]</span>
-et les nerfs; hachez ces chairs très-fin, joignez-y
-le foie, ayant eu soin d’en ôter l’amer; concassez
-les carcasses, mettez-les dans une casserole,
-mouillez-les avec un peu de consommé;
-faites-les bouillir pour en tirer le fumet, avec
-lequel vous ferez une panade; pilez vos chairs
-et votre panade ensemble, ajoutez un tiers de
-beurre en sus, c’est-à-dire que le tout soit par
-tiers; mettez-y des oignons cuits dans du consommé
-et hachés très-menu, six jaunes d’œufs
-crus, de la crême réduite et froide (ce qu’il en
-faut pour mettre cet appareil à consistance de
-boudin), des épices fines, un peu de muscade,
-du sel; et procédez, pour finir ces boudins,
-comme il est énoncé aux articles précédens.</p>
-
-<h4 id="rct_364"><i>Boudin de&nbsp;Faisan.</i></h4>
-
-<p>Faites cuire un faisan à la broche, levez-en les
-chairs, supprimez-en la peau et les nerfs; hachez
-ces chairs très-menu; concassez les os, dont
-vous ferez le même usage que ci-dessus; faites
-cuire six oignons dans du bouillon, assaisonnez-les
-de sel, de poivre, de deux clous de girofle,
-d’un peu de basilic et d’un bouquet de persil et
-ciboules: ces oignons cuits jusqu’à parfaite réduction
-de leur mouillement, hachez-les très
-fin, incorporez-y vos chairs hachées, mêlez-y
-votre mie de pain desséchée; pilez le tout, délayez-le
-avec de la crême double; joignez-y six
-jaunes d’œufs frais et crus, et trois quarterons
-de panne blanche, coupée en petits dés, du sel
-<span class="pagenum" id="Page_230">[p. 230]</span>
-fin et des épices fines; mettez cet appareil dans
-des boyaux, ainsi qu’il est indiqué ci-dessus;
-faites cuire de même, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_365"><i>Boudin de Foies&nbsp;gras.</i></h4>
-
-<p>Ayez deux beaux foies gras de Strasbourg;
-hachez-les; faites cuire six oignons, comme il est
-dit article <i>Boudin de Faisan</i>; leur cuisson faite,
-hachez-les très-fin et mêlez-les avec vos foies
-gras; ajoutez une demi-livre de panne blanchie,
-coupée en petits dés, un demi-setier de crême
-double, une chopine de sang de veau, que vous
-aurez soin de manier comme il est dit au boudin
-noir; assaisonnez le tout de sel fin, d’épices
-fines, et posez-le sur un feu doux pour le faire
-tiédir, en le remuant toujours, afin que le sang
-ne s’attache point au fond: cela fait, entonnez-le
-dans les boyaux; faites cuire ces boudins dans
-du bouillon, et procédez, pour les mettre en
-état d’être servis, comme il est dit aux articles
-précédens.</p>
-
-<h4 id="rct_366"><i>Cervelas&nbsp;fumés.</i></h4>
-
-<p>Selon la quantité de cervelas que vous voulez
-faire, hachez de la chair de porc frais, entrelardée,
-avec un quart de lard en sus; assaisonnez-les de
-sel fin et d’épices fines; mettez cet appareil dans
-des boyaux de cochon bien lavés, et, selon la
-grosseur que vous voulez donner à vos cervelas,
-ficelez-en les deux bouts et pendez-les à la cheminée
-pour les faire fumer trois jours; après
-faites-les cuire dans le bouillon pendant trois
-<span class="pagenum" id="Page_231">[p. 231]</span>
-heures, avec un peu de sel, une gousse d’ail, du
-thym, du laurier, du basilic et un bouquet de
-persil et ciboules; laissez-les refroidir, et servez-les
-sur une serviette.</p>
-
-<h4 id="rct_367"><i>Saucisses.</i></h4>
-
-<p>Prenez de la chair de porc frais, beaucoup
-plus grasse que maigre (la meilleure partie est
-celle qui est entre la poitrine et le lard au-dessus
-du tendon); lorsque vous aurez haché cette
-chair bien fin, assaisonnez-la de sel fin et d’épices
-fines; entonnez-la dans des boyaux que
-vous ficelerez des deux bouts, et faites-les griller
-à un feu doux.</p>
-
-<h4 id="rct_368"><i>Saucisses&nbsp;plates.</i></h4>
-
-<p>Hachez, comme ci-dessus, de la chair de porc
-frais ce qu’il vous en faut; assaisonnez-la de
-même, et, au lieu de l’entonner dans des
-boyaux, mettez-la par parties sur des morceaux
-de crépine, que vous aurez coupés en raison de
-la grandeur qu’il vous plaira de donner à vos
-saucisses, et faites-les cuire sur un feu doux.</p>
-
-<h4 id="rct_369"><i>Andouilles de&nbsp;Cochon.</i></h4>
-
-<p>Ayez des boyaux de cochon propres à faire
-des andouilles; coupez-les de la grandeur et de
-la grosseur de celles que vous voulez faire; nettoyez-les
-bien pour leur ôter le goût de charcuterie;
-faites-les tremper dans un peu de vin
-blanc, pendant cinq à six heures, avec thym,
-basilic et deux gousses d’ail; ensuite coupez
-<span class="pagenum" id="Page_232">[p. 232]</span>
-en filet du porc frais, de la panne et des boyaux;
-mêlez le tout, assaisonnez-le de sel fin, d’épices
-fines, d’un peu d’anis pilés; remplissez-en vos
-boyaux; prenez garde qu’ils ne le soient trop
-(ce qui les ferait crever); ficelez-les et mettez-les
-cuire dans un vase juste à leur longueur,
-avec moitié lait et moitié eau, un bouquet de
-persil et ciboules, une gousse d’ail, thym, basilic,
-laurier, sel, poivre, panne: vos andouilles
-cuites, laissez-les refroidir dans leur assaisonnement;
-retirez-les, essuyez-les bien, ciselez un
-peu, faites-les griller et servez-les.</p>
-
-<h4 id="rct_370"><i>Andouilles de&nbsp;Couenne.</i></h4>
-
-<p>Coupez en filets de la couenne d’un jeune
-cochon, des boyaux et de la panne; mêlez le
-tout, et procédez, pour assaisonner et finir vos
-andouilles, comme il est énoncé à l’article des
-<a href="#rct_369"><i>Andouilles de Cochon</i></a>.</p>
-
-<h4 id="rct_371"><i>Andouilles à la&nbsp;Béchamelle.</i></h4>
-
-<p>Mettez un morceau de beurre dans une casserole
-avec une tranche de jambon, trois échalotes,
-du persil et de la ciboule, une gousse
-d’ail, thym, basilic et laurier: posez votre casserole
-sur un feu doux, et laissez suer pendant
-environ un quart d’heure; mouillez-la avec une
-chopine de lait; faites-la bouillir et réduire à
-moitié; passez-la au tamis; mettez-y une bonne
-poignée de mie de pain, et faites-la bouillir de
-nouveau, jusqu’à ce que le pain ait bu le lait;
-<span class="pagenum" id="Page_233">[p. 233]</span>
-ensuite coupez en filets de la poitrine de porc
-frais, de la panne, du petit lard et une fraise de
-veau; mêlez ces filets avec votre mie de pain et
-six jaunes d’œufs crus, des épices et du sel;
-remplissez des boyaux de cette composition; et,
-ayant fermé vos andouilles, faites-les cuire avec
-moitié lait et moitié bouillon gras, du sel, du
-poivre, un bouquet de persil et ciboules; et,
-pour les servir, procédez comme il est dit aux
-<a href="#rct_369">andouilles de cochon</a>.</p>
-
-<h4 id="rct_372"><i>Andouilles de&nbsp;Bœuf.</i></h4>
-
-<p>Prenez chez le charcutier des robes d’andouilles;
-faites-leur passer le goût de boyaux,
-comme il est expliqué pour celles de cochon;
-faites cuire aux trois quarts dans de l’eau du
-gras-double et des palais de bœufs; ensuite coupez-les
-en filets, ainsi que de la tetine de veau
-et du petit lard; joignez à ces filets de l’oignon
-coupé de même, et que vous aurez fait presque
-cuire dans du beurre ou du lard; mêlez le tout
-ensemble, en y ajoutant quatre jaunes d’œufs
-crus, des épices fines et du sel; entonnez cet
-appareil dans vos boyaux; ficelez-en les deux
-bouts; et vos andouilles faites, mettez-les cuire
-dans du bouillon gras où vous aurez mis une
-chopine de vin blanc, un bouquet de persil et
-ciboules, une gousse d’ail, du laurier, du thym,
-du basilic, trois clous de girofle, sel, poivre,
-carottes et oignons; vos andouilles cuites, laissez-les
-refroidir dans leur assaisonnement; et,
-<span class="pagenum" id="Page_234">[p. 234]</span>
-pour les servir, procédez comme il est dit pour
-les andouilles de cochon.</p>
-
-<p>Vous pouvez vous servir de langues en place
-de palais de bœufs.</p>
-
-<h4 id="rct_373"><i>Andouilles de&nbsp;Veau.</i></h4>
-
-<p>Ayez une fraise et une tetine de veau; faites-les
-blanchir un grand quart d’heure, et coupez-les
-en filets; joignez-y une livre de petit lard
-coupé de même; maniez le tout dans une terrine,
-avec sel, épices fines, quelques échalotes hachées,
-quatre cuillerées à dégraisser de crême
-double et quatre jaunes d’œufs: procédez ensuite,
-en employant des boyaux de cochon pour
-faire vos andouilles, comme il est énoncé à l’article
-<a href="#rct_369"><i>Andouilles de Cochon</i></a>; faites-les cuire avec
-du bouillon, une chopine de vin blanc, une
-gousse d’ail, du thym, du basilic, du laurier et
-un bouquet de persil et ciboules; laissez-les refroidir
-dans leur assaisonnement, retirez-les, essuyez-les,
-et, après les avoir un peu ciselées,
-faites les griller, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_374"><i>Andouilles de Fraise de&nbsp;Veau.</i></h4>
-
-<p>Prenez une fraise de veau; faites-la blanchir
-et cuire; ensuite laissez-la refroidir; ayez une tetine
-ou deux, selon leur grosseur; faites-les
-cuire comme la fraise; émincez le tout; mettez-le
-dans une terrine; hachez des champignons,
-des échalotes, du persil et des truffes, si c’est la
-saison; mettez ces fines herbes dans une casserole
-<span class="pagenum" id="Page_235">[p. 235]</span>
-avec un morceau de beurre; passez-les et
-mouillez-les avec un verre de vin de Malvoisie
-ou de Madère: lorsque cela sera réduit à moitié,
-mettez-y quatre ou cinq cuillerées d’espagnole;
-faites-le réduire de nouveau, comme pour une
-sauce aux échalotes: de là mettez-y votre fraise
-de veau, votre tetine et six jaunes d’œufs; le tout
-assaisonné de sel, poivre et épices fines; assurez-vous
-si cet appareil est de bon goût; dans ce cas,
-mettez-le dans les boyaux que vous avez préparés
-à cet effet, ayant toujours soin qu’ils ne soient
-pas trop pleins; liez-les par les deux bouts; mettez-les
-deux minutes dans de l’eau bouillante,
-pour leur faire prendre leur forme; retirez-les;
-ensuite laissez-les refroidir; mettez dans une casserole
-des lames de veau et de jambon, carottes
-et oignons; arrangez dessus vos andouilles; couvrez-les
-de bardes de lard; mouillez-les avec du
-vin blanc et un peu de bouillon; faites-les cuire
-une heure, et doucement, pour qu’elles ne crèvent
-pas; laissez-les refroidir dans leur assaisonnement
-pour qu’elles prennent du goût; après retirez-les,
-parez-les et faites-les griller comme les
-andouilles ordinaires.</p>
-
-<hr class="hr15" />
-
-<h2 id="rct_375">SANGLIER.</h2>
-
-<p>Le sanglier est un cochon sauvage, tel qu’il
-existe en état de nature: le cochon domestique
-sort de cette race; il n’en diffère que par suite de
-la nourriture que l’homme lui donne.</p>
-
-<p><span class="pagenum" id="Page_236">[p. 236]</span>
-Il faut choisir, pour l’employer, un sanglier
-de l’âge d’un à trois ans: s’il est plus vieux, la
-chair en est sèche et lourde. Il faut, sitôt qu’il
-est tué, en supprimer les testicules; car (en les
-lui laissant) elles donneraient un fort mauvais
-goût à la chair, au point qu’elle ne serait pas
-mangeable.</p>
-
-<h4 id="rct_376"><i>Hure de&nbsp;Sanglier.</i></h4>
-
-<p>Procédez en tout, pour préparer et servir cette
-hure, comme pour celle <i>dite</i> de cochon. (Voyez
-<a href="#rct_339"><i>Hure de Cochon</i></a>, à son article.)</p>
-
-<h4 id="rct_377"><i>Filets de&nbsp;Sanglier.</i></h4>
-
-<p>Levez ces filets comme vous lèveriez ceux de
-bœuf ou de veau; piquez-les; mettez-les dans une
-marinade à cru, ainsi préparée:</p>
-
-<p>Coupez des oignons en tranches; joignez-y
-des échalotes, quelques gousses d’ail, clous de
-girofle, feuilles de laurier, petite sauge, genièvre
-en grains, basilic, thym et sel en suffisante
-quantité; mettez-y moitié vinaigre et moitié eau,
-si le vinaigre est fort; laissez mariner vos filets,
-ou toute autre partie du sanglier, quatre ou cinq
-jours; ôtez-les; égouttez-les; mettez de l’huile
-dans une casserole, faites-y revenir vos filets des
-deux côtés: cela fait, mettez feu dessus et dessous,
-et laissez-les cuire (on ne peut déterminer
-le temps de la cuisson que par l’âge et la grosseur
-de l’animal); égouttez ces filets sur un linge, et
-servez-les avec une sauce poivrade dessous.</p>
-
-<p><span class="pagenum" id="Page_237">[p. 237]</span>
-Vous pouvez faire cuire ces filets à la broche
-et les servir de même avec une poivrade.</p>
-
-<h4 id="rct_378"><i>Côtelettes de&nbsp;Sanglier.</i></h4>
-
-<p>Parez et piquez ces côtelettes, et procédez ensuite
-comme il est indiqué pour les filets, à l’article
-précédent.</p>
-
-<h4 id="rct_379"><i>Jambon de&nbsp;Sanglier.</i></h4>
-
-<p>Ce jambon se prépare comme celui de porc.
-(Voyez <a href="#rct_354"><i>Manière de préparer le Jambon</i></a>, à son
-article.)</p>
-
-<h4 id="rct_380"><i>Moyens de donner au Cochon domestique le goût
-et l’apparence du&nbsp;Sanglier.</i></h4>
-
-<p>Levez vos chairs de cochon, comme côtelettes,
-filets, etc.; mettez-les dans la marinade indiquée
-à l’article <a href="#rct_377"><i>Filets de Sanglier</i></a>; ajoutez à cette marinade
-du mélilot, quelques branches de baume
-ou de menthe et du brou de noix (au sujet du
-brou, ayez-en dans la saison, mettez-le dans un
-pot de terre, salez-le, couvrez-le bien et servez-vous-en
-au besoin); laissez le tout mariner huit
-jours: votre cochon prendra la couleur et le
-goût du sanglier. Pour bien réussir en cela, il
-faut choisir un jeune animal, qui ne soit pas trop
-gras. Vous pourrez vous assurer qu’il est jeune
-et tendre, en pinçant et tirant sa couenne, si
-elle se déchire facilement.</p>
-
-<hr class="hr15" />
-
-<h2 id="rct_381">CHEVREUIL.</h2>
-
-<p>Le chevreuil est beaucoup plus petit que le
-cerf: il lui ressemble plus que tout autre animal
-<span class="pagenum" id="Page_238">[p. 238]</span>
-par la conformation des parties extérieures et
-intérieures. On distingue l’âge du chevreuil par
-le nombre des andouillers qui sont à son bois: il
-en porte jusqu’à dix: alors il est <i>dix-cors</i> et n’est
-plus propre à la cuisine: il faut donc le prendre
-de l’âge de dix-huit mois à trois ans, pour qu’il
-soit tendre et savoureux. Sa chair est très-bonne;
-mais cependant sa qualité dépend beaucoup du
-pays qu’il habite: ceux des pays élevés et en
-colline sont les plus délicats; ceux dont le pelage
-est brun ont la chair plus fine que les roux; les
-mâles qui ont passé deux à trois ans, qu’on appelle
-en terme de chasse <i>vieux brocards</i>, sont de
-mauvais goût dans certains temps de l’année;
-par exemple, à l’époque du <i>rut</i> ou peu après;
-les femelles du même âge, appelées chevrettes,
-ont la chair plus tendre; celle des faons ou jeunes
-chevreuils est mollasse; mais, lorsqu’ils atteignent
-un an ou dix-huit mois, elle est excellente.</p>
-
-<h4 id="rct_382"><i>Manière de dépecer le&nbsp;Chevreuil.</i></h4>
-
-<p>Lorsque vous avez un chevreuil, dépouillez-le
-avec soin: vous n’avez presque pas besoin de
-vous servir de couteau pour cela; aussitôt que
-vous vous êtes fait jour entre la chair et la peau, introduisez
-dans l’ouverture votre poing, ainsi que
-le fait un boucher en dépouillant un mouton:
-cela fait, ôtez bien tous les poils qui ont pu se
-détacher de la peau, et qui se colleraient sur les
-chairs: fendez-le en deux, comme si c’était un
-mouton. Pour y réussir parfaitement, accrochez-le
-<span class="pagenum" id="Page_239">[p. 239]</span>
-par une jambe de derrière, fendez l’os du
-quasi au milieu de la moelle alongée; introduisez
-dans la naissance de cette moelle un hatelet
-de fer qui vous servira de régulateur, ayant
-soin de l’enfoncer au fur et à mesure que vous
-partagez votre pièce, jusqu’au cou: séparez le
-cou du corps; après coupez vos quartiers de derrière
-jusqu’à la première côte, c’est-à-dire que
-tout le filet reste sur le quartier: levez ensuite
-les épaules comme celles de mouton, et séparez
-la poitrine des carrés.</p>
-
-<h4 id="rct_383"><i>Quartier de derrière de Chevreuil à la&nbsp;Broche.</i></h4>
-
-<p>Levez la première peau du filet, ainsi que celle
-du dehors de la cuisse; piquez-le de lard fin, soit
-d’un bout à bout ou d’une deuxième: cela fait,
-mettez-le dans une marinade crue, comme il
-est indiqué pour le <a href="#rct_377">sanglier</a> (voyez cet article),
-de laquelle vous mitigerez la force, selon le plus
-ou le moins de temps que vous voudrez conserver
-votre chevreuil: au bout de huit jours de
-marinade vous pouvez le retirer: dans ce cas
-laissez-le s’égoutter; mettez-le à la broche; enveloppez-le
-de papier beurré; faites-le cuire, et servez
-dessous une bonne <a href="#rct_83">sauce au pauvre homme</a>,
-ou <a href="#rct_57">poivrade</a> (voyez ces deux articles); vous pouvez
-conserver du chevreuil deux, trois et même
-six mois, en le changeant de marinade; et lorsque
-vous voudrez vous en servir, vous mettrez,
-un ou deux jours avant, une quantité suffisante
-d’eau pour en alléger la marinade, et
-<span class="pagenum" id="Page_240">[p. 240]</span>
-<ins id="cor_24" title="conséquemmeut">conséquemment</ins> ôter en grande partie à la chair
-la force du vinaigre.</p>
-
-<h4 id="rct_384"><i>Côtelettes de&nbsp;Chevreuil.</i></h4>
-
-<p>Levez ces côtelettes comme celles de <a href="#rct_290">mouton</a>;
-parez-les de même; aplatissez-les légérement;
-piquez-les, si vous le voulez; mettez-les dans la
-marinade crue, comme il est indiqué à l’article
-précédent: un jour suffit; ensuite mettez un
-peu de bonne huile dans une casserole; faites-y
-revenir à grand feu vos côtelettes des deux côtés;
-lorsqu’elles seront cuites et d’une belle couleur,
-égouttez-les, dressez-les et servez-les avec
-une bonne sauce poivrade ou toute autre sauce,
-telle que celle <ins id="cor_25" title="inséré «de»">de</ins> tomate, etc.</p>
-
-<h4 id="rct_385"><i>Épaules de&nbsp;Chevreuil.</i></h4>
-
-<p>Levez les chairs de ces épaules par petits filets;
-ôtez-en la peau et les nerfs, piquez ces petits
-filets, faites-les mariner comme les côtelettes ci-dessus,
-faites-les cuire de même et servez-les avec
-une sauce poivrade ou autre.</p>
-
-<h4 id="rct_386"><i>Civet de&nbsp;Chevreuil.</i></h4>
-
-<p>Prenez les poitrines d’un chevreuil; coupez-les
-par morceaux, ainsi que le collet (comme il
-est indiqué à l’article <a href="#rct_301"><i>Haricot de Mouton</i></a>); passez
-du petit lard dans un morceau de beurre;
-ensuite égouttez-le, et faites un roux léger avec
-ce même beurre; passez vos chairs avec le petit
-lard jusqu’à ce qu’elles soient bien roidies; alors
-mouillez-les avec une bonne bouteille de vin
-<span class="pagenum" id="Page_241">[p. 241]</span>
-rouge et à-peu-près une chopine d’eau; assaisonnez
-ce civet d’un bouquet de persil et ciboules,
-de deux gousses d’ail, thym, laurier, sel et
-poivre; remuez-le souvent pour qu’il ne s’attache
-pas; mettez-y des petits oignons crus ou
-passés dans le beurre; joignez-y des champignons;
-faites-le cuire et dégraissez-le: sa cuisson
-faite, si sa sauce est trop longue, faites-la réduire
-à son degré: qu’il soit d’un bon goût, et
-servez.</p>
-
-<h4 id="rct_387"><i>Cervelle de Chevreuil en&nbsp;Marinade.</i></h4>
-
-<p>Levez votre cervelle de chevreuil comme on
-lève celle de veau ou de mouton; épluchez-la,
-faites-la cuire dans une marinade, égouttez-la et
-faites-la frire, comme il est indiqué aux <a href="#rct_219">cervelles
-<i>dites</i> de veau</a> (voyez cet article.)</p>
-
-<hr class="hr15" />
-
-<h2 id="rct_388">DAIM.</h2>
-
-<p>Le daim et le cerf ont entre eux beaucoup de
-ressemblance, quoique le premier soit plus petit,
-et tienne le milieu entre le chevreuil et le
-cerf. On ne fait pas un grand cas de sa chair en
-ce pays-ci; pour moi je soutiens que c’est à tort,
-et qu’un jeune daim bien gras ne le cède pas
-au chevreuil pour la qualité; les Anglais en font
-un grand cas, et estiment peu le chevreuil; enfin
-je conseille d’employer le daim; et je crois
-qu’on perdra ici l’opinion qu’il est moins bon que
-le chevreuil, dès qu’il sera apprêté de même,
-<span class="pagenum" id="Page_242">[p. 242]</span>
-excepté néanmoins pendant le temps du rut. La
-femelle et sa chevrette sont plus délicates que le
-daim et le chevreuil: la manière de procéder
-à leur égard et pour le daim, relativement au
-service, étant la même que celle énoncée à l’article
-du <a href="#rct_381">chevreuil</a>, j’indiquerai seulement comment
-le daim se prépare en Angleterre.</p>
-
-<h4 id="rct_389"><i>Hanche de Venaison, ou Quartier de&nbsp;derrière
-du&nbsp;Daim.</i></h4>
-
-<p>Lorsque vous aurez un quartier de daim bien
-gras, c’est-à-dire couvert de graisse, tel que peut
-l’être un gigot de mouton; désossez-en le quasi;
-battez-le bien; saupoudrez le dessus d’un peu
-de sel fin; faites une pâte avec trois litrons de
-farine, dans laquelle vous mettrez une demi-once
-de sel, six œufs entiers et un peu d’eau
-seulement, pour que votre pâte soit extrêmement
-ferme; enveloppez-la dans un linge blanc
-et humide; laissez-la reposer une heure; après
-abaissez-la bien également, en lui donnant l’épaisseur
-d’une pièce de six livres; embrochez
-votre venaison; enveloppez-la entièrement de
-votre abaisse de pâte, pour cela elle doit être
-d’un seul morceau; soudez-la en mouillant les
-bords et les joignant l’un sur l’autre; cela fait,
-enveloppez le tout de fort papier beurré (le papier
-d’une seule feuille); cette hanche ainsi préparée,
-faites-la cuire à un feu bien égal environ
-trois heures; la cuisson faite, ôtez-en le papier;
-faites prendre une belle couleur à la pâte; après
-<span class="pagenum" id="Page_243">[p. 243]</span>
-l’avoir débrochée, servez-la en joignant une saucière
-de gelée de groseilles, qu’on appelle en
-anglais Corinthe gelée.</p>
-
-<hr class="hr15" />
-
-<h2 id="rct_390">LIÈVRE.</h2>
-
-<h4><i>Gâteau de&nbsp;Lièvre.</i></h4>
-
-<p>Ayez un lièvre; dépouillez-le, videz-le; conservez-en
-le sang, ainsi que le foie; levez-en
-toutes les chairs; ôtez-en les nerfs et les
-peaux; hachez ces chairs; ayez autant de foie de
-veau, que vous hacherez de même, après en avoir
-supprimé la peau et les nerfs; joignez-y le foie
-de votre lièvre; ayez de la noix de jambon cuit
-autant que vous avez de chair de lièvre; hachez
-bien ce jambon, mettez-le dans le mortier, et
-pilez-le jusqu’à consistance d’une pâte; ajoutez-y
-votre chair de lièvre, son foie et celui du
-veau; pilez bien le tout ensemble, et joignez-y
-du lard râpé, le tiers du volume de vos viandes;
-pilez de nouveau le tout, au point qu’on ne sente
-sous le doigt aucun grumeau; assaisonnez-le de
-sel fin, d’épices fines, de fines herbes cuites,
-telles que persil, ciboules et de la muscade râpée;
-joignez à tout cela un demi-verre de bonne
-eau-de-vie, six ou huit œufs entiers, l’un après
-l’autre, le sang de votre lièvre et un jus d’ail
-(lequel se fait en écrasant deux gousses d’ail
-qu’on met avec un peu d’eau dans une cuiller
-et dont on exprime le jus); mêlez bien le tout
-ensemble; cela fait, foncez une casserole de bardes
-<span class="pagenum" id="Page_244">[p. 244]</span>
-de lard bien <i>loses</i>; mettez-y de votre appareil
-l’épaisseur de deux doigts; ayez de grands
-lardons; rangez-les sur cet appareil, de distance
-en distance, et mettez alternativement dans chacune
-de ces distances une rangée de pistaches
-ou de truffes coupées comme un lardon; recouvrez
-ce fond de votre appareil toujours de l’épaisseur
-de deux doigts, et continuez ainsi jusqu’à
-ce que votre casserole soit pleine; couvrez
-cet appareil de bardes de lard et d’un rond de
-papier; mettez un couvercle sur votre casserole;
-posez-la sur une tourtière, et faites cuire au four
-votre gâteau trois heures, ou moins, selon la
-grosseur; ensuite retirez-le; laissez-le refroidir;
-échauffez légérement la casserole, pour le retourner;
-retournez-le; ôtez-en les bardes; faites-y
-une remarque qui indique à l’entamer, de
-sorte que les lardons qui y sont posés en long
-se trouvent coupés en travers; et servez-le sur
-une assiette, comme moyenne ou grosse pièce
-d’entremets.</p>
-
-<h4 id="rct_391"><i>Levraut à la&nbsp;Broche.</i></h4>
-
-<p>Ayez un levraut jeune et tendre (vous vous
-assurerez s’il l’est, en lui tâtant une des pattes
-de devant; s’il est jeune, vous devez sentir au
-dehors une ou deux protubérances ou grosseurs;
-plus elles sont sensibles, plus elles indiquent la
-jeunesse de l’animal); coupez les deux pattes de
-devant près du coude; dépouillez le, videz-le;
-passez votre doigt entre ses quasis, pour qu’il n’y
-<span class="pagenum" id="Page_245">[p. 245]</span>
-reste aucune malpropreté; crevez le diaphragme;
-retirez les poumons et le foie de votre levraut;
-mettez son sang dans un vase; coupez à moitié
-les pattes de derrière, passez une d’elle dans le
-jarret de l’autre; rompez les cuisses vers le milieu;
-refaites votre lièvre sur le feu; essuyez-le;
-frottez-le entièrement de son sang avec votre
-main; piquez-le, ou bardez-le; mettez-le à la
-broche; faites-le cuire une demi-heure ou trois
-quarts d’heures; retirez-le, et servez-le avec une
-sauce poivrade que vous lierez avec son sang;
-ayez soin de ne la pas laisser bouillir. (Voyez
-l’article <a href="#rct_57"><i>Sauce Poivrade</i></a>.)</p>
-
-<h4 id="rct_392"><i>Levraut à l’Anglaise.</i></h4>
-
-<p>Ayez un levraut tendre, comme il est dit à
-l’article précédent; dépouillez-le, sans lui couper
-les pattes; au contraire, dépouillez-les toutes les
-quatre le mieux possible; laissez-lui ses ongles;
-et pour qu’il reste dans son entier, échaudez-lui
-les oreilles comme on échaude celles d’un
-cochon de lait (voyez <a href="#rct_356"><i>Cochon de Lait</i></a>, à son
-article): faites-lui, pour le vider, une petite
-ouverture; retirez-lui les poumons et le sang,
-comme il est dit précédemment: passez votre
-doigt entre les quasis, de même que ci-dessus;
-prenez le foie, ôtez-en l’amer, hachez-le très-menu;
-faites une panade un peu desséchée avec
-de la crême, pilez-la avec votre foie; mettez
-autant de beurre qu’il y a de panade, quatre
-jaunes d’œufs crus, sel, poivre et fines épices;
-<span class="pagenum" id="Page_246">[p. 246]</span>
-coupez un gros oignon en très-petits dés, passez-le
-dans du beurre; faites-le cuire à blanc;
-ôtez votre pilon et joignez cet oignon à votre
-farce, en le mettant avec une cuiller; ajoutez-y
-une pincée de petite sauge, que vous aurez passée
-au tamis: mêlez le tout et incorporez-y le
-sang de votre levraut; faites l’essai de cette farce;
-goûtez si elle est d’un bon goût; remplissez-en
-le corps de votre levraut, cousez-le; cassez-lui
-les os des cuisses, et ramenez-lui les pattes de
-derrière sous le ventre où vous les fixerez; donnez
-l’attitude aux pattes de devant, ainsi qu’à la
-tête de votre lièvre, comme s’il était au gîte;
-mettez-le à la broche, en lui conservant cette position:
-bardez-le, enveloppez-le de papier; faites-le
-cuire environ cinq quarts d’heure; avant de
-le retirer du feu, ôtez-lui le papier: si c’est pour
-servir à des Anglais, supprimez-en le lard, et
-servez-le avec une saucière remplie de gelée de
-groseilles.</p>
-
-<h4 id="rct_393"><i>Civet de&nbsp;Lièvre.</i></h4>
-
-<p>Ce civet se fait comme celui du chevreuil,
-mais on le finit, en le liant avec le sang qu’on a
-réservé du lièvre (voy. l’art. <a href="#rct_386"><i>Civet de Chevreuil</i></a>).</p>
-
-<h4 id="rct_394"><i>Escalopes de Levraut au&nbsp;sang.</i></h4>
-
-<p>Ayez un ou deux levrauts, selon leur grosseur;
-dépouillez-les, videz-les, conservez-en le sang;
-levez-en les filets, ainsi que les mignons et les
-noix des cuisses; supprimez les nerfs de vos
-filets, en les posant sur la table et faisant glisser
-<span class="pagenum" id="Page_247">[p. 247]</span>
-votre couteau, comme si vous leviez une barde
-de lard; ôtez les nerfs et les peaux de vos noix;
-coupez le tout de l’épaisseur et de la grandeur
-d’un écu; battez-les l’un après l’autre avec le
-manche du couteau, que vous tremperez dans
-l’eau; arrondissez vos escalopes, arrangez-les
-l’une après l’autre, ainsi que les rognons partagés
-en deux, dans une sauteuse ou un plat d’argent
-creux, où vous aurez fait fondre du beurre;
-saupoudrez ces escalopes d’un peu de sel et
-de gros poivre; couvrez-les de beurre fondu et
-d’un rond de papier blanc, et laissez-les jusqu’à
-l’instant de vous en servir: concassez les os, la
-tête et tous les débris de vos levrauts; mettez-les
-dans une petite marmite, avec quelques lames de
-jambon, un morceau de rouelle de veau, deux
-oignons, un piqué de deux clous de girofle,
-deux ou trois carottes tournées, un bouquet de
-persil et de ciboules, une feuille de laurier et
-la moitié d’une gousse d’ail; mouillez le tout
-avec du bon bouillon et un verre de vin de
-Bourgogne rouge; faites cuire ce fumet une
-heure ou davantage: sa cuisson faite, dégraissez-le,
-passez-le au travers d’une serviette, mettez-le
-sur le feu de nouveau; faites-le réduire
-plus qu’à moitié; ajoutez-y trois cuillerées à dégraisser
-d’espagnole; faites-le réduire de nouveau
-à consistance de demi-glace: à l’instant de
-servir, mettez vos escalopes sur un feu ardent;
-lorsqu’elles seront roides d’un côté, faites-les
-roidir de l’autre; cela fait, égouttez-en le beurre
-<span class="pagenum" id="Page_248">[p. 248]</span>
-sans perdre le jus de vos filets; mettez le tout
-dans votre fumet, sautez-le, liez-le avec le sang
-de vos levrauts; ajoutez-y un pain de beurre,
-un jus de citron; goûtez s’il est d’un bon goût,
-et servez.</p>
-
-<p>Si vous n’aviez point d’espagnole, faites un
-petit roux (voyez <a href="#rct_100"><i>Roux</i></a>, à son article); liez-en
-votre fumet avant de le passer, et, pour en obtenir
-à-peu-près le même résultat que ci-dessus,
-faites-le réduire au même degré.</p>
-
-<h4 id="rct_395"><i>Filets de Levrauts à la&nbsp;Provençale.</i></h4>
-
-<p>Levez les filets d’un ou deux levrauts; parez-les,
-ôtez-en les nerfs; piquez-les de filets d’anchois
-dessalés et de lard; versez de l’huile dans
-une casserole; mettez-y une demi-gousse d’ail,
-un peu d’échalotes hachées, un peu de sel et
-de gros poivre; posez vos filets dans cette casserole
-et passez-les sur le feu: lorsqu’ils seront
-cuits, égouttez-les chaudement; mettez dans
-votre casserole deux cuillerées de coulis, autant
-de consommé, la moitié d’une cuillerée à bouche
-de vinaigre à l’estragon; faites réduire votre
-sauce, dégraissez-la, passez-la à l’étamine; remettez-la
-au feu, dégraissez-la de nouveau:
-goûtez si elle est d’un bon goût; versez-la dans
-le fond du plat et servez vos filets dessus.</p>
-
-<h4 id="rct_396"><i>Filets de Levrauts en&nbsp;Serpent.</i></h4>
-
-<p>Prenez les gros filets de trois ou quatre forts
-levrauts; parez-les comme il est dit précédemment
-<span class="pagenum" id="Page_249">[p. 249]</span>
-(article des <a href="#rct_394"><i>Escalopes</i></a>); formez avec le
-gros bout du filet une espèce de tête de serpent;
-piquez le reste d’une deuxième; foncez une casserole
-de bardes de lard; arrangez-y vos filets,
-en les faisant serpenter; assaisonnez-les d’un bouquet
-de persil et ciboules, d’une carotte, d’un oignon,
-d’un demi-verre de vin blanc; mouillez le
-tout avec un peu de consommé; couvrez vos filets
-d’un papier beurré; faites-les partir et de suite
-cuire un quart d’heure, avec feu dessus et dessous:
-leur cuisson faite, égouttez-les sur un couvercle,
-glacez-les et servez-les sur un bon <i>fumet</i>, tel
-que celui dont il est mention à l’article des
-<a href="#rct_394"><i>Escalopes de Levrauts</i></a>. Vous pouvez vous servir
-des cuisses et des épaules, soit pour faire un
-civet, soit de la manière suivante.</p>
-
-<h4 id="rct_397"><i>Cuisses de Levrauts en&nbsp;Papillotes.</i></h4>
-
-<p>Prenez six cuisses de levrauts, désossez-les
-jusqu’aux genoux; passez-les dans des fines
-herbes hachées; faites-les cuire près d’une
-demi-heure, et du reste préparez-les comme
-les <a href="#rct_271">côtelettes de veau en papillotes</a> (voyez cet
-article).</p>
-
-<h4 id="rct_398"><i>Boudin de&nbsp;Lièvre.</i></h4>
-
-<p>Prenez un lièvre ou des cuisses de levrauts
-dont vous aurez levé les filets; supprimez-en
-les nerfs et les peaux; pilez ces chairs; joignez-y
-le foie dont vous aurez ôté l’amer; passez-les
-à travers le tamis à quenelles; ramassez-les;
-ayez autant de panade desséchée, dans du consommé
-<span class="pagenum" id="Page_250">[p. 250]</span>
-ou du bouillon, que vous avez de ces
-chairs; pilez le tout ensemble; ajoutez-y autant
-de beurre fin que vous avez employé de panade,
-c’est-à-dire que le tout soit par tiers; joignez
-à cela le sang de votre lièvre; assaisonnez
-votre farce de sel fin, d’épices fines, d’un peu de
-muscade râpée et de fines herbes hachées, passées
-dans du beurre; mettez-y trois ou quatre jaunes
-d’œufs l’un après l’autre, et finissez-la avec deux
-blancs d’œufs fouettés que vous y mêlerez légérement:
-faites-en l’essai; goûtez si elle est
-d’un bon goût; saupoudrez votre table d’un
-peu de farine; mettez votre farce dessus; roulez-la
-de la grosseur d’un moyen cervelas; formez
-vos boudins, posez-les sur un couvercle
-que vous aurez saupoudré aussi d’un peu de
-farine: faites bouillir au grand bouillon, pochez-les
-dedans; après retirez-les, laissez-les
-refroidir; trempez-les dans du beurre fondu;
-panez-les, posez-les sur un gril; faites-les griller
-d’une belle couleur; et servez-les avec un
-bon fumet comme celui énoncé plus haut.</p>
-
-<h4 id="rct_399"><i>Côtelettes de&nbsp;Levraut.</i></h4>
-
-<p>Prenez les filets de trois gros levrauts; supprimez-en
-les nerfs et les peaux; coupez-les par
-morceaux de l’épaisseur d’une petite côtelette
-de mouton; aplatissez vos morceaux, parez-les,
-en leur donnant la forme d’une côtelette; ôtez
-les côtes de la carcasse de votre lièvre, faites-les
-bouillir, jusqu’à ce que les chairs s’en détachent
-<span class="pagenum" id="Page_251">[p. 251]</span>
-facilement; nettoyez ces os, coupez-les
-convenablement pour en former vos côtelettes,
-en enfonçant un d’eux dans chacun de
-ces morceaux (ce qui formera vos côtelettes de
-levraut); ayez une casserole dans le cas de contenir
-vos côtelettes; vous passerez dans du
-beurre et du lard râpé des fines herbes hachées,
-telles que persil, ciboules, échalotes et champignons;
-assaisonnez-les de sel, d’un peu de poivre
-et d’un demi-verre de vin blanc; arrangez
-ces côtelettes sur ces fines herbes, faites-les-y
-cuire durant six ou sept minutes; dressez-les en
-cordon sur votre plat, tenez-les chaudement;
-dégraissez vos fines herbes; mettez-y une cuillerée
-d’espagnole réduite et le jus d’un fort citron;
-mêlez bien le tout ensemble, et servez
-avec cette sauce mise dans le puits de vos côtelettes.</p>
-
-<hr class="hr15" />
-
-<h2 id="rct_400">LAPEREAU.</h2>
-
-<h4><i>Sauté ou Escalopes de&nbsp;Lapereaux.</i></h4>
-
-<p>Prenez deux bons lapereaux; dépouillez-les,
-levez-en les filets; prenez la chair des cuisses,
-ôtez les filets mignons et les rognons; supprimez
-les nerfs et les peaux de ces chairs; coupez-les
-en petits morceaux d’égale grosseur; aplatissez-les
-avec le manche de votre couteau, que vous
-tremperez dans de l’eau; parez-les; faites fondre
-du beurre dans une sauteuse, arrangez-y vos
-escalopes, les unes après les autres; saupoudrez-les
-légérement d’un peu de sel et de gros poivre;
-<span class="pagenum" id="Page_252">[p. 252]</span>
-mettez dessus un peu de beurre fondu; couvrez-les
-d’un rond de papier, et laissez-les ainsi
-jusqu’au moment de servir; coupez vos carcasses
-de lapereaux par morceaux, mettez-les
-dans une petite marmite, avec une carotte, deux
-oignons, dont un piqué d’un clou de girofle,
-un bouquet de persil et ciboules, une feuille
-de laurier, une lame de jambon et quelques
-débris de veau; mouillez tout cela avec du consommé,
-faites-le bouillir, écumez-le, et laissez-le
-cuire environ une heure; dégraissez ce consommé,
-et passez au tamis; faites-le réduire aux trois
-quarts; ajoutez-y deux cuillerées à dégraisser
-d’espagnole réduite; faites réduire de nouveau
-votre sauce, en la travaillant, à consistance
-d’une demi-glace; au moment de servir, sautez
-vos escalopes; faites-les roidir des deux côtés;
-égouttez-en le beurre, en conservant leur jus;
-mettez-les dans votre sauce, sautez-les; mettez-y
-un pain de beurre; dressez-les dans un plat
-auquel vous aurez fait un bord, et servez. (Voyez
-l’article <a href="#rct_117"><i>Bords de Plat</i></a>.)</p>
-
-<p>Vous pouvez, dans la saison, couper des
-truffes en liards, les passer dans du beurre, les
-égoutter, et au moment de servir les sauter avec
-vos escalopes; de plus vous pouvez employer des
-concombres. (Voyez l’article <a href="#rct_132"><i>Garnitures</i></a>.)</p>
-
-<h4 id="rct_401"><i>Filets de Lapereaux Piqués et&nbsp;Glacés.</i></h4>
-
-<p>Ayez six lapereaux; levez-en les filets, parez-les,
-supprimez-en la peau et les nerfs; piquez-en
-<span class="pagenum" id="Page_253">[p. 253]</span>
-six des plus gros de menu lard; aux six autres,
-faites-leur avec le tranchant de votre couteau,
-en l’insinuant un peu, des incisions, de
-distance en distance; prenez plusieurs truffes,
-arrondissez-les, cannelez-les, c’est-à-dire, donnez-leur
-la forme d’une petite crête; coupez-les
-de l’épaisseur d’une pièce de trente sous, arrangez-les
-dans toutes les incisions de vos filets;
-rangez ces filets dans une sauteuse, dans laquelle
-vous aurez fait fondre un peu de beurre;
-donnez-leur la forme que vous jugerez à propos;
-saupoudrez-les d’un peu de sel, arrosez-les d’un
-peu de beurre fondu, et au moment de servir
-faites-les cuire avec feu dessus et dessous; tâtez-les;
-s’ils résistent sous le doigt, c’est qu’ils sont
-cuits; saucez-les avec un fumet réduit, et servez.
-(Voyez <a href="#rct_400"><i>Fumet de Lapin</i></a>, article précédent.)</p>
-
-<h4 id="rct_402"><i>Filets de Lapereaux à la Purée de&nbsp;Champignons.</i></h4>
-
-<p>Prenez six lapereaux, piquez-en les filets de
-même lard; faites-les cuire comme ci-dessus,
-et servez-les sur une purée de champignons.
-(Voyez l’article <a href="#rct_63"><i>Sauce</i> ou <i>Purée de Champignons</i></a>.)</p>
-
-<p>Vous pouvez servir ces filets sur des concombres,
-des petits pois, de la chicorée, etc.</p>
-
-<h4 id="rct_403"><i>Cuisses de Lapereaux à la&nbsp;Dauphine.</i></h4>
-
-<p>Prenez huit cuisses de lapereaux; supprimez-en
-l’os du quasi; piquez-les, marquez-les dans
-une casserole comme des fricandeaux (voyez
-<span class="pagenum" id="Page_254">[p. 254]</span>
-l’article <a href="#rct_246"><i>Grenadins de Veau</i></a>); donnez-leur une
-demi-heure de cuisson; glacez-les et servez-les
-dessus une bonne chicorée réduite à la béchamelle.</p>
-
-<h4 id="rct_404"><i>Hachis de Lapereaux à la&nbsp;Portugaise.</i></h4>
-
-<p>Ayez trois lapereaux; faites-les cuire à la broche;
-levez-en les chairs; ôtez-en les peaux et les
-nerfs; hachez ces chairs; mettez-les dans un
-vase jusqu’au moment de vous en servir; prenez
-vos carcasses de lapereaux, concassez-les;
-mettez-les dans une casserole avec cinq cuillerées
-à dégraisser d’espagnole, deux de consommé
-et un verre de vin blanc de Champagne;
-faites cuire le tout: la cuisson faite, passez votre
-farce à travers une étamine, faites-la réduire à
-consistance de demi-glace; mettez-y vos chairs
-avec un peu de gros poivre et un pain de beurre;
-liez bien le tout sans le laisser bouillir, et dressez
-votre hachis sur un plat auquel vous aurez fait
-une bordure avec des petits croûtons (voyez l’article
-<a href="#rct_117"><i>Bordures de Plats</i></a>); mettez sur votre hachis
-huit ou neuf œufs pochés et glacés. Ce hachis
-doit être entre les œufs, avec un peu de votre
-essence que vous avez dû réserver à ce sujet.
-Vous pouvez mettre des filets mignons entre
-vos œufs en sautoir, décorés de truffes ou piqués.</p>
-
-<h4 id="rct_405"><i>Filets de Lapereaux à la&nbsp;Vopallière.</i></h4>
-
-<p>Levez les filets de trois bons lapereaux bien
-tendres; coupez-les à-peu-près de la grosseur
-<span class="pagenum" id="Page_255">[p. 255]</span>
-du pouce; faites-les mariner dans de la bonne
-huile, des truffes fraîches et hachées, quelques
-échalotes, persil et ciboules, hachés très-fin; assaisonnez-les
-de sel et de gros poivre; laissez-les
-mariner une couple d’heure; enfilez ces morceaux
-de filets dans des hatelets avec leur assaisonnement;
-enveloppez-les de bardes de lard; couvrez-les
-de papier, mettez-les à la broche, faites-les
-cuire environ un quart d’heure; déballez-les,
-ôtez-en le lard, et servez-les avec une bonne
-italienne rousse, forcée de citron.</p>
-
-<h4 id="rct_406"><i>Lapereaux en fricassée de&nbsp;Poulet.</i></h4>
-
-<p>Ayez deux lapereaux bien tendres; coupez-les
-proprement en morceaux; essuyez-en le sang;
-mettez-les dans une casserole avec de l’eau,
-quelques tranches d’oignons, une feuille de laurier,
-du persil en branche, quelques ciboules et
-un peu de sel; faites-leur jeter un bouillon;
-égouttez-les, essuyez-les et parez-les de nouveau;
-mettez-les dans une autre casserole avec un morceau
-de beurre; sautez-les, singez-les légérement
-de farine; mouillez-les avec l’eau dans laquelle
-ils ont blanchis, ayant soin de les remuer, pour
-que la farine ne fasse point de grumeaux; faites-les
-bouillir; mettez-y des champignons, des mousserons
-ou des morilles, et, si vous le voulez, des
-trois ensemble: laissez cuire, faites réduire la
-sauce convenablement; votre ragoût cuit, liez-le
-avec quatre jaunes d’œufs délayés, soit avec un
-peu de lait, soit avec de la crême, ou un peu de
-<span class="pagenum" id="Page_256">[p. 256]</span>
-votre sauce refroidie, et finissez-les, soit en y
-mettant un jus de citron, soit un filet de verjus,
-ou, faute de ces deux objets, un filet de vinaigre
-blanc; goûtez si votre sauce est d’un bon goût
-et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_407"><i>Gibelotte de&nbsp;Lapereaux.</i></h4>
-
-<p>Ayez une demi-livre de petit lard; coupez-le
-en gros dés, que vous passerez dans du beurre;
-lorsqu’ils seront d’un beau blond, égouttez-les;
-mettez une pincée de farine dans votre beurre
-et faites un petit roux; vous aurez coupé deux
-lapereaux en morceaux, et lorsque votre roux
-sera d’un beau blond, mettez-y vos lapereaux;
-faites les revenir; ensuite joignez-y votre petit
-lard; mouillez le tout avec la moitié d’une bouteille
-de vin blanc, et achevez de le mouiller
-avec du bouillon; faute de bouillon, employez
-de l’eau; assaisonnez votre gibelotte de sel, d’un
-peu de gros poivre, d’un bouquet de persil et
-ciboules, dans lequel vous aurez mis un clou
-de girofle, une feuille de laurier et une gousse
-d’ail; faites cuire, et durant la cuisson mettez
-des champignons; dégraissez votre sauce et ôtez
-le bouquet: si elle se trouvait trop longue, retirez-en;
-faites-la réduire; goûtez si elle est d’un
-bon goût et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_408"><i>Gibelotte de Lapereau et d’Anguille.</i></h4>
-
-<p>Procédez pour cette gibelotte comme il est
-énoncé pour la précédente: ajoutez-y une anguille
-que vous couperez par tronçons, et que
-<span class="pagenum" id="Page_257">[p. 257]</span>
-vous ferez cuire avec votre lapereau; ou, si vous
-l’aimez mieux, faites-la cuire séparément dans
-l’assaisonnement. (Pour cette cuisson, voyez
-<i>Anguille à la Broche</i>, article <span class="smcap">Poisson</span> <span class="ndt"> [Tome&nbsp;II]</span>.)</p>
-
-<h4 id="rct_409"><i>Lapereaux aux petits&nbsp;Pois.</i></h4>
-
-<p>Faites un petit roux; coupez vos lapereaux
-par membres; votre roux étant bien blond,
-passez-les dedans; ajoutez-y quelques dés de
-jambon, et mouillez le tout avec du bouillon;
-faites que votre roux soit bien délayé; mettez-y
-un bouquet de persil et ciboules, garni d’un
-clou de girofle, d’une feuille de laurier et d’une
-demi-gousse d’ail, si vous voulez; lorsque votre
-lapereau sera en train de bouillir, mettez-y un
-litre de petits pois, et faites cuire le tout, que
-vous assaisonnerez de sel en suffisante quantité;
-quand votre ragoût sera bien réduit, supprimez-en
-le bouquet et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_410"><i>Timbale de&nbsp;Lapereaux.</i></h4>
-
-<p>Ayez deux lapereaux; préparez-les comme il
-est dit ci-dessus; passez-les dans une casserole,
-avec du beurre, du sel, du poivre et des fines
-herbes hachées, telles que persil, échalotes,
-ciboules, champignons et truffes; mettez des
-épices fines, une feuille de laurier, et mouillez
-le tout avec un verre de vin blanc et deux cuillerées
-à dégraisser d’espagnole; faites-les mijoter,
-et lorsque vos lapereaux seront cuits, laissez-les
-refroidir, et ôtez-en la feuille de laurier: de là
-<span class="pagenum" id="Page_258">[p. 258]</span>
-prenez gros de beurre comme une noix, beurrez-en
-une casserole d’une grandeur convenable,
-et foncez-la de petites bandes de pâte roulées
-(voyez l’article <i>Pâte à Pâté</i> <span class="ndt"> [Tome&nbsp;II]</span>); commencez par
-le milieu du fond de cette casserole, en tournant
-votre pâte en forme de limaçon, jusqu’à ce que
-vous arriviez au rebord de la casserole; ayez soin,
-et que ces bandes portent bien les unes sur les
-autres, et de les souder, en sorte qu’on ne puisse
-s’apercevoir de leur jonction: cela fait, moulez
-un morceau de pâte qui vous servira à faire un
-double fond; abaissez-la, mettez-la de l’épaisseur
-d’un écu de six francs, pliez-la en quatre,
-présentez-la dans votre casserole pour vous assurer
-si ce fond est assez grand; il faut qu’il
-dépasse la casserole d’un bon pouce; vous en
-serez convaincu en pliant votre pâte en quatre
-et lorsque sa pointe touchera le point central
-du fond; après mouillez un peu les bandes avec
-un doroir; posez dessus votre double fond,
-appuyez-le légérement pour qu’il ne reste aucun
-vide entre les bandes et votre abaisse; ensuite
-roulez du godiveau, avec un peu de farine; formez-en
-des petites quenelles; garnissez-en le
-fond de votre timbale, mettez-en tout autour,
-presque jusqu’au bord; remplissez-en le vide
-des membres de vos lapereaux; joignez-y quelques
-champignons tournés, et passez dans du
-beurre; faites une seconde abaisse pour couvrir
-votre timbale, mouillez-en les bords; posez
-dessus votre couvercle de pâte, soudez-le et
-<span class="pagenum" id="Page_259">[p. 259]</span>
-videz-le; mettez-la au four environ une heure
-et demie: lorsqu’elle sera cuite d’une belle couleur
-et que vous serez prêt à servir, renversez-la
-sur le plat; levez-en un couvercle de la grandeur
-que vous voudrez; mettez dans votre timbale
-une bonne espagnole réduite, et servez.</p>
-
-<p>Si vous n’avez pas le temps de faire ces bandes,
-beurrez votre casserole, saupoudrez-la de
-vermicelle; mettez votre abaisse dessus, et procédez
-pour le reste, comme il est énoncé plus
-haut.</p>
-
-<h4 id="rct_411"><i>Mayonnaise de&nbsp;Lapereaux.</i></h4>
-
-<p>Faites cuire deux lapereaux à la broche; laissez-les
-refroidir; coupez-les par membres; parez-les
-proprement, mettez-les et sautez-les dans une
-mayonnaise (voyez <a href="#rct_99"><i>Sauce Mayonnaise</i></a>, à son article);
-dressez-les et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_412"><i>Lapereaux aux fines&nbsp;Herbes.</i></h4>
-
-<p>Ayez deux lapereaux; videz-les, coupez-les en
-morceaux; parez-les, mettez-les dans une casserole,
-avec un morceau de beurre, du sel et du
-poivre; joignez-y persil, ciboules, échalotes hachées,
-et des champignons, si vous en avez: passez
-le tout; laissez-le suer environ un quart d’heure;
-lorsque vos lapereaux seront cuits, ajoutez-y le
-jus d’un fort citron, et servez-les.</p>
-
-<h4 id="rct_413"><i>Lapereaux en&nbsp;Papillotes.</i></h4>
-
-<p>Préparez vos lapereaux comme il est énoncé
-à l’article précédent: cela fait, mettez-les en
-<span class="pagenum" id="Page_260">[p. 260]</span>
-papillotes (voyez l’article <a href="#rct_397"><i>Cuisses de Levrauts en
-papillotes</i></a>.).</p>
-
-<h4 id="rct_414"><i>Marinade de&nbsp;Lapereaux.</i></h4>
-
-<p>Ayez deux lapereaux cuits à la broche, comme
-je l’ai dit à l’article de la <a href="#rct_411"><i>Mayonnaise</i></a>; coupez-les
-par membres; faites-les mariner (voyez l’article
-<a href="#rct_85"><i>Marinade</i></a>); lorsqu’ils le seront suffisamment,
-égouttez-les, mettez-les dans une pâte à
-frire; faites-les frire; qu’ils soient d’une belle
-couleur, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_415"><i>Salade de&nbsp;Lapereaux.</i></h4>
-
-<p>Faites cuire un ou deux lapereaux à la broche;
-après coupez-les par membres; parez-les,
-dressez-les sur un plat; décorez-les avec des
-filets d’anchois, des œufs durs, coupés par quartiers;
-des betteraves, si c’est la saison; des
-cœurs de laitues, des câpres, des petits oignons
-cuits, de la fourniture hachée, et servez avec un
-huilier.</p>
-
-<h4 id="rct_416"><i>Terrine de&nbsp;Lapereaux.</i></h4>
-
-<p>Apprêtez deux lapereaux; coupez-les par membres,
-mettez-les dans une petite marmite, avec
-deux ou trois oignons, dont un piqué de deux
-clous de girofle, une ou deux carottes, une
-feuille de laurier, un bouquet de persil et ciboules,
-et une demi-gousse d’ail; mouillez le tout
-avec du bon bouillon; vous aurez auparavant
-fait blanchir une demi-livre ou trois quarterons
-de lard coupés en gros dés, sans être détachés
-de la couenne, et que vous ajouterez à vos lapereaux:
-<span class="pagenum" id="Page_261">[p. 261]</span>
-faites cuire le tout; sa cuisson faite,
-égouttez-le, mettez-le dans le fond de votre
-terrine, et masquez-le d’une purée de lentilles
-ou de pois. (Voyez les articles <a href="#rct_81"><i>Purée de Lentilles</i></a>
-et <a href="#rct_80"><i>Purée de Pois</i></a>.)</p>
-
-<h4 id="rct_417"><i>Lapereaux en&nbsp;Caisse.</i></h4>
-
-<p>Ayez deux ou trois jeunes lapereaux; préparez-les;
-refaites-les; posez-les à un feu nu pour
-les roidir; faites une caisse de la grandeur de
-vos lapereaux; frottez-la d’huile; posez-la sur le
-gril, et rangez-y ces lapereaux; passez dans du
-beurre des fines herbes hachées, telles que persil,
-ciboules et champignons, que vous mettrez
-dans un linge blanc, et que vous tordrez pour
-en supprimer le jus qui pourrait ramollir votre
-caisse: assaisonnez ces fines herbes de sel, de
-gros poivre, de fines épices, et versez-les dans
-votre caisse; mettez-la sur un feu doux; ayez soin
-d’y tourner vos lapereaux, et leur cuisson faite,
-servez-les.</p>
-
-<h4 id="rct_418"><i>Accolade de Lapereaux à la&nbsp;Broche.</i></h4>
-
-<p>Ayez deux jeunes lapereaux; coupez-leur les
-jambes de devant, tout-à-fait près du corps; la
-moitié des pieds de derrière, et passez-leur un
-de ces pieds dans le jarret de l’autre; habillez-les,
-posez-les sur la table; battez-leur le dos
-avec le manche de votre couteau; refaites-les;
-bardez l’un et piquez l’autre: pour le piquer,
-vous ferez une lapinière qui est une espèce de
-<span class="pagenum" id="Page_262">[p. 262]</span>
-latte où il y a des trous et dont le bout est
-pointu; vous enfoncerez cette pointe dans la
-mâchoire de l’animal, et vous lui fixerez les
-pieds sur la lapinière avec une petite cheville:
-cela fait, mettez vos lapereaux à la broche;
-faites-les cuire en les arrosant: leur cuisson
-faite, servez-les, en mettant à côté une poivrade
-dans une saucière.</p>
-
-<hr class="hr15" />
-
-<h2 id="rct_419">FAISAN.</h2>
-
-<p>Le faisan est jeune et tendre, lorsque la maîtresse
-penne de l’aile marque encore, c’est-à-dire
-qu’elle forme la pointe, et que de la jambe du
-coq l’éperon est arrondi: au contraire, s’il est
-pointu et long, c’est une preuve que c’est un
-vieux coq, et dès-lors nullement convenable
-pour le rut; mais on peut l’employer pour toute
-autre chose, comme il sera désigné ci-après.
-Remarquez qu’il faut toujours le choisir gras et
-bien en chair; et que ceux qui viennent de la
-Bohême sont préférables à ceux de ces pays-ci;
-mais il n’en vient que dans l’hiver.</p>
-
-<h4 id="rct_420"><i>Faisan à la&nbsp;Broche.</i></h4>
-
-<p>Ayez un faisan jeune, tendre et gras; plumez-le
-par tout le corps, excepté à la queue et à la tête,
-en prenant garde de le déchirer: l’ayant vidé,
-flambé et épluché, bridez-le; bardez-le ou piquez-le;
-enveloppez-lui la tête et la queue de
-papier; retroussez-lui la queue le long des reins,
-embrochez-le, enveloppez-le entièrement de papier,
-<span class="pagenum" id="Page_263">[p. 263]</span>
-faites-le cuire, et déballez-le, ainsi que sa
-tête et sa queue, et servez-le.</p>
-
-<p>S’il est pour des Anglais, servez-le avec une
-<a href="#rct_106">brède-sauce</a>. (Voyez cet article.)</p>
-
-<h4 id="rct_421"><i>Faisan aux Truffes ou à la&nbsp;Périgueux.</i></h4>
-
-<p>Plumez un jeune faisan, comme pour la broche;
-videz-le par la poche: à cet effet, cassez-lui
-l’os du brichet ou de la poitrine, en lui sortant
-les intestins: prenez garde de crever l’amer;
-flambez-le légérement, épluchez-le; ayez une livre
-et demie de bonnes truffes; brossez-les, épluchez-les;
-pilez trois quarterons de lard; mettez ce lard
-dans une casserole avec vos truffes, dont vous
-aurez haché les plus petites; mettez-les cuire
-sur un feu doux, avec sel, poivre et un peu d’épices
-fines: leur cuisson faite, laissez-les presque
-refroidir, et remplissez-en le corps de votre
-faisan; cousez-en la poche; bardez-le; laissez-le
-se parfumer ainsi deux ou trois jours et plus, si
-vous le voulez: de là embrochez-le, emballez-le
-de papier; faites-le cuire environ une heure, et
-servez-le.</p>
-
-<h4 id="rct_422"><i>Filets de Faisans à la&nbsp;Vopallière.</i></h4>
-
-<p>Prenez trois jeunes faisans; levez-en les filets;
-ôtez-en les mignons; levez la peau de vos gros
-filets, et cela en les posant sur la table, et faisant
-couler votre couteau, comme si vous leviez une
-barde de lard; prenez garde d’en endommager
-les chairs; battez-les légérement avec le manche
-de votre couteau, et parez-les: faites fondre du
-<span class="pagenum" id="Page_264">[p. 264]</span>
-beurre dans une sauteuse; trempez-y vos filets les
-uns après les autres, et rangez-les, de manière
-qu’ils ne se touchent pas; saupoudrez-les d’un
-peu de sel fin, d’un peu de gros poivre, et couvrez-les
-d’un rond de papier: préparez vos six
-petits filets; piquez-en trois de même lard; les
-trois autres, décorez-les de petites crêtes de
-truffes; mettez-les sur une tourtière, avec un peu
-de beurre fondu et un grain de sel; donnez-leur
-la forme d’un demi-cercle, et couvrez-les d’un
-rond de papier: vous aurez levé les cuisses de
-vos faisans et les aurez fait cuire à la broche ou
-dans une casserole, avec un peu de beurre, sans
-mouillement: lorsqu’elles seront froides, vous
-en supprimerez les peaux et les nerfs; vous
-hacherez vos chairs fort menu, et les mettrez
-dans une casserole que vous couvrirez: vous aurez
-fait un fumet de vos carcasses, comme il est
-indiqué au fumet de lapereaux (voyez l’article
-<a href="#rct_400"><i>Escalopes de Lapereaux</i></a>); sa cuisson faite, passez-le
-au travers d’une serviette; faites-le réduire;
-ajoutez-y trois cuillerées à dégraisser d’espagnole
-travaillée; faites réduire le tout à consistance
-de demi-glace, et réservez-en une partie
-pour glacer votre entrée; sautez vos filets,
-retournez-les; assurez-vous s’ils sont cuits; dressez-les
-en couronne; mettez votre hachis et vos
-truffes dans votre sauce, avec gros comme une
-noix d’excellent beurre: remuez le tout; ne le
-laissez point bouillir; versez-le dans le puits de
-vos filets: vous aurez fait sauter au même instant
-<span class="pagenum" id="Page_265">[p. 265]</span>
-vos petits filets dans le beurre: leur cuisson
-faite, glacez-les et faites-en une seconde couronne
-sur votre hachis, que vous aurez glacé
-avec ce que vous aviez conservé de votre sauce,
-et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_423"><i>Escalopes de&nbsp;Faisans.</i></h4>
-
-<p>Levez les ailes de trois faisans; enlevez-en la
-petite peau, comme il est indiqué à l’article précédent;
-coupez-les en filets d’égale grosseur;
-formez-en des escalopes, comme il est dit à l’article
-<a href="#rct_400"><i>Escalopes de Lapereaux</i></a>; faites fondre du
-beurre dans une sauteuse; arrangez-y vos escalopes,
-les unes après les autres; saupoudrez-les
-d’un peu de sel et de gros poivre; arrosez-les
-de beurre fondu; faites un fumet du restant de
-vos chairs et de vos carcasses, comme il est indiqué
-article <a href="#rct_400"><i>Lapereau</i></a>; ajoutez-y trois cuillerées
-à dégraisser d’espagnole; mettez le tout à
-demi-glace; faites sauter vos escalopes; égouttez-en
-le beurre; conservez leur jus; mettez-les, ainsi
-que ce jus, dans votre réduction; sautez-les et
-finissez-les avec un pain de beurre; goûtez si elles
-sont d’un bon goût, dressez-les et servez: joignez-y
-des truffes coupées en liards, si c’est la
-saison et si tel est votre goût.</p>
-
-<h4 id="rct_424"><i>Salmi de&nbsp;Faisans.</i></h4>
-
-<p>Faites cuire un ou deux faisans à la broche;
-laissez-les refroidir, dépecez-les, parez-les proprement,
-supprimez-en les peaux; arrangez-les
-dans une casserole, mouillez-les avec un peu de
-<span class="pagenum" id="Page_266">[p. 266]</span>
-consommé pour les faire chauffer sur une cendre
-chaude; mettez dans une casserole un bon verre
-de vin, rouge ou blanc; ajoutez-y trois ou quatre
-échalotes hachées, un zeste de bigarade, trois
-cuillerées à dégraisser d’espagnole réduite, gros
-comme une muscade de glace ou de réduction
-de veau; faites réduire le tout; pilez les peaux
-et les parures de vos faisans; mettez-les dans
-votre réduction, délayez-les sans les faire bouillir,
-passez-les à l’étamine comme une purée;
-mettez cette espèce de purée ou sauce de salmi
-dans une casserole, et tenez-la chaudement au
-bain-marie: au moment de servir, égouttez vos
-membres de faisans; dressez-les sur le plat, en
-mettant les inférieurs les premiers, conséquemment
-vos ailes et vos cuisses tout autour, le tout
-entremêlé de croûtons en cœur, soit de mie ou
-de croûte de pain, passés dans du beurre: exprimez
-dans votre salmi le jus d’une ou deux bigarades,
-saucez et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_425"><i>Soufflé de&nbsp;Faisans.</i></h4>
-
-<p>Pour procéder à ce sujet, voyez <a href="#rct_447"><i>Soufflé de
-Perdreaux</i></a>, à son article.</p>
-
-<h4 id="rct_426"><i>Faisan à la Chou-croûte.</i></h4>
-
-<p>Ayez un gros faisan, plumez-le, videz-le, flambez-le;
-lardez-le de gros lardons, assaisonnés de
-sel, poivre, fines épices, persil, ciboules, un
-peu d’aromates pilés: lavez et pressez de la
-chou-croûte en suffisante quantité pour en former
-un bon plat; mettez-la cuire avec un morceau
-<span class="pagenum" id="Page_267">[p. 267]</span>
-de petit lard et un cervelas; nourrissez-la
-avec quelques fonds ou dessus de braises; faites-la
-cuire trois ou quatre heures sur un feu doux;
-après mettez-y au milieu votre faisan; faites-le
-cuire environ une heure, et lorsqu’il le sera,
-dressez-le sur le plat: prenez votre chou-croûte
-pour l’égoutter avec une cuiller percée; garnissez-en
-votre faisan; coupez votre cervelas en
-tranches; ôtez-en la peau; faites-en une bordure
-autour de la chou-croûte, en l’entremêlant de
-petit lard coupé en lames et de quelques saucisses,
-puis servez.</p>
-
-<h4 id="rct_427"><i>Croquettes de&nbsp;Faisans.</i></h4>
-
-<p>S’il vous reste un faisan de desserte, ou des
-membres de faisans, vous pouvez en faire des
-croquettes. (Voyez <i>Croquettes de Lapereaux</i>,
-article <span class="smcap">Farces</span> <span class="ndt"> [Tome&nbsp;II]</span>.)</p>
-
-<h4 id="rct_428"><i>Mayonnaise de&nbsp;Faisan.</i></h4>
-
-<p>Pour procéder à l’égard de cette mayonnaise,
-voyez <a href="#rct_411"><i>Mayonnaise de Lapereaux</i></a>, à son article.</p>
-
-<h4 id="rct_429"><i>Boudin de Faisan à la&nbsp;Richelieu.</i></h4>
-
-<p>Levez les chairs d’un faisan; pilez-les, passez-les
-au tamis à quenelles; faites cuire dans la
-cendre douze grosses pommes de terre, épluchez-les,
-et faites attention qu’il n’y reste ni
-cendre ni gravier; pilez-les à force de bras;
-ramassez-les dans votre mortier; formez des pelotes
-et de vos chairs et de ces pommes, ainsi
-que de beurre, c’est-à-dire, que le tout soit par
-<span class="pagenum" id="Page_268">[p. 268]</span>
-tiers d’égale proportion; pilez ensemble vos
-chairs et vos pommes de terre; lorsqu’elles le
-seront bien, ajoutez-y votre beurre; pilez le
-tout de nouveau, jusqu’à ce qu’il soit bien incorporé;
-assaisonnez-le de sel, d’un peu d’épices
-fines et de muscade râpée, et faites en sorte que
-rien ne domine; humectez vos quenelles avec
-cinq ou six jaunes d’œufs, les uns après les
-autres; ces jaunes bien incorporés à votre farce,
-faites-en l’essai; si elle est d’un bon goût et à
-son degré de perfection, retirez votre pilon;
-fouettez trois blancs d’œufs, joignez-les à votre
-farce en les y mêlant bien, et retirez-la; saupoudrez
-votre table de farine; mettez dessus,
-par parties, votre farce; roulez-la, en sorte d’en
-former de gros boudins; posez-les sur un couvercle,
-pochez-les comme le <a href="#rct_363">boudin de lapereau</a>;
-laissez-les refroidir, panez-les à l’anglaise,
-c’est-à-dire avec un jaune d’œuf mêlé
-d’un peu de beurre fondu et une pincée de sel;
-au moment de servir, faites-les griller et servez-les
-avec un fumet fait avec la carcasse de votre
-faisan. (Voyez <i>Fumet de Gibier</i>, article <span class="smcap">Lapereau</span><sup><a href="#note_3">[3]</a></sup>.)</p>
-
-<hr class="hr15" />
-
-<h2 id="rct_430">PERDRIX ROUGES.</h2>
-
-<p>On en distingue de deux espèces; l’une est
-la bortavelle, et l’autre celle d’Europe; la dernière
-a douze pouces de longueur, le bec et l’iris
-des pieds rouges, le fond d’un gris-brun, et la
-tête d’un beau roux, barrée de taches noires
-<span class="pagenum" id="Page_269">[p. 269]</span>
-obliques sur les plumes de l’occiput; la gorge
-d’un blanc pur, encadré de noir; une bande
-blanche au-dessus des yeux; le dessus du col et
-les côtés cendrés, avec deux taches noires au-dessus
-du dos. Le mâle se distingue de la femelle
-par un tubercule sur chaque pied; on
-connaît les jeunes à la forme pointue de la première
-penne de l’aile, et à une petite pointe
-blanche qui se trouve à l’extrémité.</p>
-
-<h4 id="rct_431"><i>Perdreaux Rouges à la&nbsp;Périgueux.</i></h4>
-
-<p>Ayez trois de ces perdreaux; plumez-les, videz-les
-par la poche, flambez-les légérement et
-sans en roidir la peau; ne leur refaites point les
-pattes, et coupez-leur le bout des ergots; râpez
-une demi-livre de lard; lavez, brossez, épluchez
-une livre de truffes; si elles sont grosses,
-coupez-les en deux ou en quatre; arrondissez-les
-en forme de petites truffes, et hachez-en les
-parures; passez-les dans votre lard râpé, comme
-il est dit à l’article du <a href="#rct_421"><i>Faisan à la Périgueux</i></a>;
-remplissez-en le corps de vos perdreaux; cousez
-la poche, retroussez-leur les pattes en dehors
-avec une aiguille à brider; donnez-leur une
-belle forme; que l’estomac soit comme un peu
-aplati; foncez une casserole, qui puisse contenir
-vos perdreaux sans les gêner, avec des bardes
-de lard, une ou deux lames de jambon, un peu
-de rouelle de veau, une carotte, un oignon, un
-bouquet assaisonné, un demi-verre de vin blanc,
-une cuillerée de consommé et un peu de sel;
-<span class="pagenum" id="Page_270">[p. 270]</span>
-posez sur ce fond vos perdreaux, mettez-leur
-sur l’estomac quelques tranches de citron, dont
-vous aurez supprimé la peau et les pépins; couvrez-les
-de bardes de lard, et faites-les partir;
-mettez-les cuire sur la paillasse, avec feu dessous
-et dessus environ trois quarts d’heure; égouttez-les,
-dressez-les, saucez-les avec la sauce à la
-Périgueux, et servez. (Voyez l’article <a href="#rct_62"><i>Sauce aux
-Truffes ou à la Périgueux</i></a>.)</p>
-
-<h4 id="rct_432"><i>Perdreaux Rouges ou Gris à l’Espagnole.</i></h4>
-
-<p>Ayez trois perdreaux; plumez-les, videz-les,
-flambez-les; faites-les revenir dans une casserole
-sur un feu doux, avec un morceau de beurre,
-et sans leur donner de couleur; mouillez-les
-d’un verre de vin blanc, deux cuillerées à dégraisser
-de consommé et quatre d’espagnole réduite;
-laissez-les cuire et mijoter à-peu-près trois
-quarts d’heure; retirez la majeure partie de la
-sauce, faites-la réduire, dégraissez-la; au moment
-de servir, dressez vos perdreaux sur le
-plat, mettez un pain de beurre dans votre sauce,
-passez-la et vannez-la; saucez vos perdreaux et
-servez.</p>
-
-<p>Si vous n’avez point d’espagnole, mouillez
-vos perdreaux avec du consommé et un verre
-de vin blanc; ajoutez à cela deux lames de jambon,
-une ou deux tranches de veau, un bouquet
-de persil et ciboules, un oignon piqué d’un clou
-de girofle, une carotte coupée en quatre, et la
-moitié d’une feuille de laurier; durant la cuisson
-<span class="pagenum" id="Page_271">[p. 271]</span>
-de vos perdreaux faites un petit roux; leur
-cuisson presqu’achevée, passez la majeure partie
-de leur fond au travers d’un tamis de soie,
-délayez-en votre roux; faites cuire votre sauce,
-dégraissez-la, faites-la réduire, tordez-la dans une
-étamine; achevez la cuisson de vos perdreaux
-dans cette sauce, et finissez-la comme la précédente.</p>
-
-<h4 id="rct_433"><i>Perdreaux ou Entrée de&nbsp;Broche.</i></h4>
-
-<p>Prenez trois perdreaux; videz-les, flambez-les
-sans les roidir; bridez-les, embrochez-les sur un
-hatelet; couvrez-leur l’estomac de tranches de
-citrons, desquels vous aurez ôté les pépins et la
-peau; couvrez-les de bardes de lard, enveloppez-les
-de papier; fixez les bouts de votre papier
-sur l’hatelet avec de la ficelle attachée sur
-la broche; faites cuire trois quarts d’heure vos
-perdreaux, déballez-les; au moment de servir,
-égouttez-les, dressez-les en chevrette sur votre
-plat; saucez-les avec un jus clair, dans lequel
-vous aurez mis une pincée de gros poivre; exprimez
-le jus d’une ou deux bigarades, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_434"><i>Perdreaux&nbsp;Grillés.</i></h4>
-
-<p>Ayez deux ou trois perdreaux; plumez-les,
-videz-les, flambez-les, épluchez-les, retroussez
-les pattes en poule, fendez-les en deux par les
-reins, aplatissez-les légérement sur la table;
-mettez dans une casserole un morceau de beurre
-avec vos perdreaux; assaisonnez-les de sel,
-<span class="pagenum" id="Page_272">[p. 272]</span>
-de gros poivre et faites-les revenir des deux
-côtés; posez-les sur le gril, et faites-les cuire à
-un feu doux; leur cuisson faite, dressez-les, et
-servez-les avec une sauce au pauvre homme.
-(Voy. <a href="#rct_83"><i>Sauce au Pauvre homme</i></a>, article <span class="smcap">Sauces</span>.)</p>
-
-<h4 id="rct_435"><i>Perdreaux à l’Anglaise.</i></h4>
-
-<p>Faites une farce avec les foies de trois perdreaux,
-un peu de beurre, du gros poivre et du sel
-en suffisante quantité; farcissez-en vos perdreaux;
-mettez-les à la broche sans les barder; enveloppez-les
-de papier et faites-les cuire aux trois
-quarts; ensuite mettez-les dans une casserole,
-après leur avoir lavé les membres, sans les séparer
-du corps, et mettez-leur entre chaque
-membre un peu de beurre manié avec de la mie
-de pain, de l’échalote, du persil, de la ciboule
-hachée, du sel, du gros poivre et un peu de
-muscade; mouillez vos perdreaux avec un bon
-verre de vin de Champagne et deux cuillerées à
-dégraisser de consommé; faites-les bouillir doucement
-jusqu’à parfaite cuisson, sans les couvrir,
-afin que la sauce puisse se réduire; finissez
-avec le jus d’une ou deux bigarades, un peu de
-leur zeste râpé, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_436"><i>Salmi de&nbsp;Perdreaux.</i></h4>
-
-<p>Préparez trois perdreaux; bardez-les et faites-les
-cuire à la broche (il faut qu’ils soient un
-peu verts cuits): laissez-les refroidir, levez-en
-les membres, ôtez-en la peau, parez-les,
-<span class="pagenum" id="Page_273">[p. 273]</span>
-rangez-les dans une casserole, avec un peu de consommé,
-posez-les sur une cendre chaude, faites
-qu’ils ne bouillent point de suite; coupez six
-échalotes, un peu de zeste de citron, mettez-les
-dans une casserole avec un peu de vin de
-Champagne et faites bouillir; concassez vos carcasses
-de perdreaux; mettez-les dans votre casserole;
-ajoutez-y quatre cuillerées à dégraisser
-d’<ins id="cor_26" title="espagole">espagnole</ins> réduite; faites réduire le tout à moitié;
-passez cette sauce à l’étamine; égouttez
-vos membres de perdreaux, dressez-les, mettez
-entre ces membres des croûtons de pain passés
-dans du beurre; saucez vos perdreaux, en ajoutant
-à leur sauce un jus de citron, si vous le
-voulez, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_437"><i>Salmi chaud ou&nbsp;froid.</i></h4>
-
-<p>Préparez votre salmi comme il est indiqué
-à l’article précédent; finissez-le un quart d’heure
-avant de servir; mettez les membres de vos
-perdreaux à part; ajoutez à votre sauce une
-bonne cuillerée à dégraisser de gelée ou d’aspic;
-posez votre casserole sur la glace ou sur de l’eau
-sortant du puits; remuez bien cette sauce jusqu’à
-ce qu’elle prenne: une fois à son degré, trempez-y
-ces membres de perdreaux, les uns après
-les autres; dressez-les sur votre plat de service;
-couvrez-les du restant de la sauce; garnissez
-votre entrée de croûtons passés dans du beurre;
-décorez-la tout autour de gelée taillée en diamans,
-et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_438"><span class="pagenum" id="Page_274">[p. 274]</span>
-<i>Perdreaux à la&nbsp;Vopallière.</i></h4>
-
-<p>A l’égard de ces perdreaux, procédez comme
-pour les faisans de ce nom. (Voyez l’article
-<a href="#rct_422"><i>Faisans à la Vopallière</i></a>.)</p>
-
-<h4 id="rct_439"><i>Salmi de&nbsp;Chasseur.</i></h4>
-
-<p>Faites cuire deux ou trois perdreaux à la broche,
-et coupez-les par membres; vous aurez mis
-dans une casserole trois cuillerées à bouche
-d’huile, un demi-verre de vin rouge, un peu
-de sel fin, du gros poivre, un jus de citron et
-un peu de zeste; sautez vos membres de perdreaux
-dans cette sauce; dressez-les, saucez-les
-et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_440"><i>Perdreaux à la Monglat ou Salpicon en&nbsp;Cuvette.</i></h4>
-
-<p>Retroussez trois perdreaux en poule; bardez-les,
-faites-les cuire à la broche, laissez-les refroidir,
-levez-en les estomacs, de manière à en
-former une cuvette; coupez-les en petits dés;
-faites chauffer vos perdreaux dans un peu de
-consommé, et tenez-les chauds jusqu’au moment
-de servir; mettez dans une casserole un morceau
-de beurre; coupez six ou huit truffes crues
-comme le sont vos estomacs, et autant de champignons;
-passez-les dans ce beurre, en y joignant
-un peu de persil, de ciboules et d’échalotes hachées;
-mouillez le tout d’un bon verre de vin de
-Champagne et de six cuillerées à dégraisser d’espagnole
-travaillée; faites cuire et réduire votre
-sauce, ayant soin de la dégraisser; coupez deux
-<span class="pagenum" id="Page_275">[p. 275]</span>
-ou trois foies gras ainsi que vos chairs; mettez-les
-dans votre sauce, avec sel et gros poivre; faites-lui
-jeter deux ou trois bouillons, joignez-y ces
-chairs énoncées; faites chauffer le tout sans
-qu’il bouille; dressez vos perdreaux sur le plat,
-remplissez-les de votre salpicon et dessous un
-fumet, et servez. (Voyez <i>Fumet</i>, article <span class="smcap">Lapereau</span><sup><a href="#note_3">[3]</a></sup>.)</p>
-
-<div class="box" id="note_3">
-3 Note de transcription: Article introuvable. On trouvera des indications dans les articles
-<a href="#rct_90"><i>Sauce au fumet de Gibier</i></a> et
-<a href="#rct_400"><i>Sauté ou Escalopes de Lapereaux</i></a>.
-</div>
-
-<h4 id="rct_441"><i>Perdrix aux&nbsp;Choux.</i></h4>
-
-<p>Ayez trois vieilles perdrix; après les avoir appropriées,
-troussez-les en poule; lardez-les
-de gros lardons, assaisonnés de sel, poivre,
-épices fines, aromates pilés et passés au tamis,
-persil et ciboules hachés; foncez une casserole
-de quelques débris de veau, deux carottes, deux
-oignons et une demi-gousse d’ail; posez vos perdrix
-dessus, couvrez-les de bardes de lard;
-mouillez-les avec quelques bons fonds, ou avec
-du bouillon et du consommé; posez votre casserole
-sur le feu, faites-la partir; couvrez-la
-d’un rond de papier beurré, ainsi que de son
-couvercle; déposez-la sur la paillasse, avec feu
-dessous et cendre chaude dessus; laissez cuire
-une heure ou cinq quarts d’heure; de suite préparez
-des choux, comme il est énoncé à l’article
-de <a href="#rct_173"><i>la Pièce de Bœuf aux Choux</i></a>, dans lesquels
-vous ferez cuire un cervelas et un morceau de
-petit lard; tournez trente carottes rouges, autant
-de navets; donnez-leur le diamètre d’une pièce
-d’un franc (il faut que leur longueur soit de la
-hauteur du moule dont je vais parler); faites
-<span class="pagenum" id="Page_276">[p. 276]</span>
-blanchir ces légumes; égouttez-les et faites-les
-cuire dans du consommé, avec une pincée de
-sucre pour en ôter l’âcreté; ayant fait refroidir
-votre cervelas et votre petit lard, ayez un moule;
-beurrez-le; mettez dans le fond un rond de
-papier blanc et une bande de papier autour
-de votre moule en dedans et de sa hauteur;
-coupez votre cervelas en liards et votre petit
-lard par tranches, de l’épaisseur de votre cervelas;
-posez au centre de ce moule un morceau
-de cervelas; rangez autour des tranches
-de votre petit lard, et garnissez ainsi le fond
-de votre moule de cercles de petit lard et de
-vos morceaux de cervelas; dressez autour de
-votre moule vos bâtons de carottes et de navets,
-en les entremêlant et les serrant les uns contre
-les autres; pressez vos choux, garnissez-en le
-fond de votre moule, et continuez d’en garnir
-les bords comme une espèce de contre-mur,
-si je puis m’exprimer ainsi; laissez un vide
-au milieu pour y placer vos perdrix; posez-leur
-l’estomac sur le fond; remplissez votre moule
-de choux, en coupant tout ce qui pourrait le
-déborder, et pressez-les, de manière à leur donner
-une assez ferme consistance, pour qu’en
-renversant vos perdrix, votre décor ne se dérange
-point; mettez un couvercle sur ce moule,
-et tenez vos perdrix chaudement au bain-marie;
-passez leur fond à travers un tamis de soie; joignez-y
-trois cuillerées à dégraisser d’espagnole
-travaillée, comme il est énoncé ci-après; laissez
-<span class="pagenum" id="Page_277">[p. 277]</span>
-cuire votre sauce, dégraissez-la, faites-la réduire
-à consistance de demi-glace; retournez votre
-chartreuse sur votre plat, enlevez-en le papier,
-égouttez-la avec attention, épongez-en le mouillement,
-le mieux possible, avec le coin d’un linge
-blanc; saucez-la avec votre réduction, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_442"><i>Autre manière de dresser les Perdrix
-aux&nbsp;Choux.</i></h4>
-
-<p>Posez vos perdrix sur le plat; pressez vos choux
-dans un linge; coupez-les en bâtons; dressez-les
-debout autour de vos perdrix; garnissez-les
-de cervelas coupés en rond, de petit lard en
-tranches, de saucisses à la chipolata; saucez-les
-avec la réduction énoncée ci-dessus, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_443"><i>Mayonnaise de&nbsp;Perdreaux.</i></h4>
-
-<p>Faites cuire trois perdreaux à la broche; laissez-les
-refroidir; coupez-les par membres; parez-les;
-mettez-les dans un vase avec quatre échalotes,
-un peu d’estragon et de pimprenelle hachés,
-quatre cuillerées d’huile, trois cuillerées
-à dégraisser de gelée concassée, un peu de gros
-poivre, une pincée de sel fin et une cuillerée à
-dégraisser de vinaigre à l’estragon; sautez bien
-le tout ensemble; dressez sur votre plat vos
-perdreaux, en mettant au fond les estomacs et
-les reins, et rangeant vos membres autour; masquez
-le tout avec votre mayonnaise, et servez.</p>
-
-<p>Vous pouvez décorer le bord de votre plat
-avec quelques festons de gelée.</p>
-
-<h4 id="rct_444"><span class="pagenum" id="Page_278">[p. 278]</span>
-<i>Perdreaux à la&nbsp;Cussy.</i></h4>
-
-<p>Ayez trois perdreaux rouges, bien frais; habillez-les,
-désossez-les entièrement par les reins,
-excepté le dernier os de la cuisse; laissez-leur les
-pattes; étendez-les sur un linge blanc; couvrez
-les chairs d’une légère couche de farce cuite,
-faite de perdreaux. Vous aurez fait et laissé refroidir
-un salpicon, composé de gorges de ris
-de veau, de truffes, de champignons et de crêtes
-de coqs, le tout coupé en petits dés et par
-proportion égale, c’est-à-dire, ayant employé
-autant de l’un que de l’autre (voyez <a href="#rct_136"><i>Manière de
-faire le Salpicon</i></a>, à son article); remplissez le
-corps de vos perdreaux de ce salpicon, pour les
-faire bien dodus; cousez-les et donnez-leur alors
-leur première forme; bridez-leur les pattes en
-dehors; mettez-les dans une casserole, et faites-en
-roidir l’estomac dans un peu de beurre;
-laissez-les se refroidir, et piquez-leur l’estomac
-d’une deuxième; concassez leurs débris; mettez-les
-dans une casserole avec une lame de jambon,
-deux petits oignons, une carotte coupée en
-quatre, un bouquet de persil et ciboules assaisonné
-d’une demi-feuille de laurier et un peu
-de massif; joignez à cela un demi-verre de vin
-blanc, un petit bacha de consommé et un peu
-de lard râpé; posez vos perdreaux dans une
-casserole et couvrez-les d’un double rond de
-papier beurré; une demi-heure avant de servir,
-faites-les partir; couvrez-les, faites-les cuire
-<span class="pagenum" id="Page_279">[p. 279]</span>
-avec feu dessous et dessus; ayez soin que leurs
-estomacs prennent couleur, comme si vous les
-faisiez cuire à la broche; égouttez-les, glacez-les
-légérement, dressez-les, saucez-les d’un fumet
-de gibier. (Voyez <i>Fumet de Gibier</i>, article <i>Sauté
-de Lapereaux</i><sup><a href="#note_3">[3]</a></sup>.)</p>
-
-<p>Si vous n’avez point de foncé, passez le fond
-de vos perdreaux à travers un tamis de soie;
-faites-le réduire avec deux cuillerées à dégraisser
-d’espagnole à consistance de demi-glace, et
-saucez-les.</p>
-
-<h4 id="rct_445"><i>Sauté de Filets de&nbsp;Perdreaux.</i></h4>
-
-<p>Dépouillez quatre perdreaux, levez-en les
-filets, supprimez-en les peaux nerveuses, comme
-il est dit article <a href="#rct_422"><i>Faisans à la Vopallière</i></a>; mettez
-un quarteron de bon beurre dans une sauteuse;
-faites-le fondre, trempez-y vos filets, et arrangez-les
-l’un après l’autre dans votre sauteuse;
-saupoudrez-les d’un peu de sel; couvrez-les d’un
-rond de papier: vous aurez fait un fumet avec
-leurs carcasses (voyez <i>Fumet</i>, article <i>Sauté de
-Lapereaux</i><sup><a href="#note_3">[3]</a></sup>); ajoutez à votre fumet réduit quatre
-cuillerées à dégraisser d’espagnole; faites-le réduire,
-dégraissez-le au moment de servir; sautez
-vos filets, retournez-les: vous jugerez qu’ils
-sont cuits s’ils résistent au toucher; égouttez-les;
-dressez-les en couronne autour de votre plat,
-en mettant entre chaque un croûton de pain en
-cœur, passé dans du beurre, et glacé; finissez
-votre sauce avec un pain de beurre de Vembre;
-<span class="pagenum" id="Page_280">[p. 280]</span>
-arrosez-en ces croûtons; saucez vos filets, et servez:
-vous pouvez les servir aux truffes.</p>
-
-<h4 id="rct_446"><i>Purée de&nbsp;Perdreaux.</i></h4>
-
-<p>(Voyez <a href="#rct_82"><i>Purée de Gibier</i></a>).</p>
-
-<h4 id="rct_447"><i>Soufflé de&nbsp;Perdreaux.</i></h4>
-
-<p>Prenez deux perdreaux cuits à la broche; levez-en
-les chairs; supprimez-en les peaux et les
-nerfs; hachez ces chairs; pilez-les, en y joignant
-les foies que vous aurez fait blanchir, et desquels
-vous aurez ôté l’amer; retirez le tout du
-mortier, mettez-le dans une casserole, avec environ
-quatre cuillerées à dégraisser d’espagnole
-réduite; chauffez le tout sans le faire bouillir;
-passez-le à l’étamine à force de bras; ramassez
-avec le dos de votre couteau ce qui peut être
-resté au dehors de cette étamine; déposez-le
-dans un vase; mettez dans une casserole quatre
-cuillerées à dégraisser d’espagnole et deux de
-consommé; concassez vos carcasses; joignez-les
-à votre espagnole; faites-les cuire, dégraissez-les,
-passez-en la sauce à l’étamine, faites-la réduire;
-mettez-y gros comme le pouce de glace
-ou de réduction de veau; faites-la réduire de
-nouveau plus qu’à demi-glace; retirez du feu
-votre casserole; mettez votre purée, mêlez le
-tout; ajoutez-y gros comme un œuf d’excellent
-beurre, un peu de muscade râpée, et incorporez-y
-quatre jaunes d’œufs frais, desquels vous
-aurez mis les blancs à part; fouettez ces blancs
-<span class="pagenum" id="Page_281">[p. 281]</span>
-comme pour un biscuit; incorporez-les petit à
-petit dans votre purée, quoique chaude, le tout
-bien mêlé; versez-le dans une casserole d’argent
-ou une caisse de papier, ronde ou carrée; mettez-le
-dans un four ou sous un four de campagne,
-avec un feu doux dessous et dessus: lorsque
-votre soufflé sera bien monté, vous appuierez
-légérement les doigts dessus; s’il résiste moyennement
-au toucher, c’est qu’il est à son degré:
-servez-le aussitôt, de crainte qu’il ne retombe.</p>
-
-<h4 id="rct_448"><i>Perdrix à la Purée, en Terrine ou&nbsp;Entrée.</i></h4>
-
-<p>Ayez trois perdrix; lardez-les de gros lardons;
-assaisonnez comme il est dit à l’article <a href="#rct_441"><i>Perdrix
-aux Choux</i></a>; faites-les cuire dans le même assaisonnement;
-servez-les avec la purée qu’il vous
-plaira, telle que de pois, lentilles dites provençales,
-etc.; garnissez-les de saucisses et de petit
-lard, ainsi que de petits croûtons en liards, passés
-au beurre.</p>
-
-<h4 id="rct_449"><i>Hachis de&nbsp;Perdreaux.</i></h4>
-
-<p>Ayez deux ou trois perdreaux cuits à la broche;
-levez-en les chairs; supprimez-en les peaux
-et les nerfs; hachez ces chairs très-fin; concassez
-tous les débris de vos perdreaux; mettez-les
-dans une casserole avec quatre cuillerées à dégraisser
-d’espagnole, et deux de consommé; faites
-cuire ce fumet; passez cette sauce à l’étamine;
-faites-la réduire; dégraissez-la; réduite à demi-glace,
-retirez votre casserole du feu (mettez à
-part un peu de votre sauce, qui vous servira à
-<span class="pagenum" id="Page_282">[p. 282]</span>
-glacer votre hachis à l’instant de servir); mettez
-dans cette sauce vos chairs, avec une pincée
-de mignonnette, un peu de muscade râpée et
-deux petits pains de beurre; mêlez bien votre
-hachis; dressez-le sur le plat; garnissez-le autour
-de croûtons passés dans du beurre; mettez dessus
-des œufs pochés, et servez-le.</p>
-
-<p>Vous pouvez garnir avec des filets en sautoir,
-entre chaque œuf ou langue à l’écarlate en crête.</p>
-
-<h4 id="rct_450"><i>Salmi de Perdreaux à la d’Artois.</i></h4>
-
-<p>Ayez trois perdreaux cuits à la broche, sans
-avoir été piqués; levez-en les membres, parez-les;
-supprimez les peaux; arrangez ces membres
-dans une petite casserole, et mettez-les chauffer
-sans bouillir, avec un peu de consommé; mettez
-les reins et les parures de ces perdreaux dans
-un mortier; pilez-les, versez dans une casserole
-un bon verre de vin de Madère; mettez-y trois
-échalotes coupées, trois branches de persil, et
-un peu de zeste de bigarade; faites jeter un bouillon,
-et joignez à cela cinq cuillerées à dégraisser
-d’espagnole; laissez bouillir le tout dix minutes
-sur un bon feu; retirez la casserole du fourneau;
-mêlez à votre sauce vos carcasses pilées, délayez-les,
-passez-les à l’étamine; ramassez bien tout
-ce qui est au dehors de l’étamine; mettez cette
-purée ou salmi dans une petite casserole; faites-la
-chauffer au bain-marie; égouttez vos membres
-de perdreaux, dressez-les sur votre plat, en les
-entremêlant de quelques croûtons passés au
-<span class="pagenum" id="Page_283">[p. 283]</span>
-beurre: vous aurez fait un bord à votre plat
-avec des petits croûtons passés à l’huile; retirez
-votre sauce du bain-marie, ajoutez-y le jus d’une
-ou deux bigarades, un peu de mignonnette et
-la moitié d’un pain de beurre; passez-la bien et
-saucez votre salmi.</p>
-
-<h4 id="rct_451"><i>Sauté de Perdreaux aux&nbsp;Truffes.</i></h4>
-
-<p>Levez les filets de quatre perdreaux, parez-les;
-mettez fondre du beurre dans une sauteuse,
-posez-y vos filets; faites-les roidir des deux côtés,
-égouttez-les, posez-les sur votre table; coupez-les
-en huître, par petits morceaux d’égale grandeur;
-parez-les; donnez-leur une forme ronde;
-faites un fumet de carcasses, comme il est indiqué
-à l’article <a href="#rct_400"><i>Sauté de Lapereaux</i></a>; passez-le;
-faites-le réduire; ajoutez-y trois cuillerées d’espagnole
-travaillée; faites réduire à consistance
-de demi-glace; mettez-y vos filets, ne les faites
-point bouillir; joignez-y une demi-livre de truffes
-coupées en liards, tels que sont vos filets,
-et que vous aurez fait cuire dans le beurre où
-vous aurez sauté ces filets: mêlez bien le tout
-ensemble; que votre sauce ne soit pas trop
-longue; finissez-la avec un petit pain de <ins id="cor_27" title="beure">beurre</ins>;
-dressez votre ragoût, en rocher, sur un plat,
-où vous aurez un bord de petits croûtons soudés,
-et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_452"><i>Semelles de Perdreaux à la&nbsp;Chingara.</i></h4>
-
-<p>Levez les filets de trois perdreaux, parez-les;
-faites fondre du beurre dans une sauteuse; mettez
-<span class="pagenum" id="Page_284">[p. 284]</span>
-et retournez vos filets dans ce beurre; couvrez-les
-d’un rond de papier; ayez une belle
-langue de veau à l’écarlate, qui ne soit pas
-trop salée, et dont vous aurez coupé six morceaux;
-donnez-leur la grandeur et la forme de
-vos filets; mettez-les chauffer dans une casserole,
-avec un peu de consommé; prenez les parures
-et le tendre, excepté les peaux, de cette
-langue; hachez-les bien fin; ayant fait une sauce,
-comme il est indiqué à l’article ci-dessus, sautez
-vos filets; dressez-les en couronne, avec un
-morceau de langue entre chaque; saucez-les
-avec une partie de votre sauce; mettez votre hachis
-dans le reste de cette sauce; incorporez bien
-le tout; goûtez-le; s’il se trouvait salé, adoucissez-le
-avec un morceau d’excellent beurre; mettez
-ce hachis dans le puits de vos filets, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_453"><i>Côtelettes de&nbsp;Perdreaux.</i></h4>
-
-<p>Prenez six perdreaux, levez-en les filets; supprimez-en
-les peaux nerveuses; battez-les légérement
-avec le manche de votre couteau; prenez
-l’os le plus faible des ailerons de vos perdreaux;
-ratissez-le; enfoncez-le suffisamment
-dans la pointe de chaque filet, afin qu’il y tienne;
-faites fondre du beurre dans une sauteuse, en
-suffisante quantité; posez-y vos filets; saupoudrez-les
-d’un peu de sel fin; faites-les roidir légérement;
-égouttez-les; laissez refroidir un peu
-leur beurre; lorsqu’il sera tiède, mettez-y deux
-jaunes d’œufs, pour le lier; trempez-y vos
-<span class="pagenum" id="Page_285">[p. 285]</span>
-côtelettes; panez-les; posez-les sur un gril
-propre; mettez-les sur une cendre rouge; faites-leur
-prendre une belle couleur des deux côtés,
-dressez-les en couronne; servez dessus un fumet
-clair et réduit (voyez <i>Fumet</i>, article <a href="#rct_400"><span class="smcap">Sauté</span></a>)
-que vous aurez fait avec leurs carcasses; mettez-y
-une pincée de gros poivre, le jus d’une ou de
-deux oranges, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_454"><i>Perdreaux, Entrée de broche à l’Italienne.</i></h4>
-
-<p>Appropriez trois ou quatre perdreaux; flambez-les
-légérement, et videz-les par la poche;
-maniez du beurre avec un grain de sel fin; remplissez-en
-le corps de vos perdreaux; laissez-leur
-les pattes en dehors; bridez-les; embrochez-les
-avec un hatelet entre l’aile et la cuisse;
-enveloppez-les de bardes de lard et de deux
-feuilles de papier; attachez cet hatelet des deux
-bouts sur une broche; faites cuire ces perdreaux
-une demi-heure ou trois quarts d’heure, ce qui
-suffit pour leur cuisson; déballez-les, laissez-les
-égoutter sur votre papier; dressez-les; saucez-les
-avec une bonne italienne rousse réduite (voyez
-<a href="#rct_51"><i>Sauce Italienne</i></a>, à son article): si vous voulez,
-ajoutez-y des truffes hachées, ce qui vous fera
-une fausse Périgueux.</p>
-
-<h4 id="rct_455"><i>Pâtés froids de&nbsp;Perdreaux.</i></h4>
-
-<p>(Voyez article <i>Pâtés</i><span class="ndt"> [Tome&nbsp;II]</span>).</p>
-
-<p><i>Remarque.</i> Je n’ai point fait mention des perdreaux
-gris, en parlant des rouges, parce que
-<span class="pagenum" id="Page_286">[p. 286]</span>
-les procédés en fait de cuisine sont les mêmes
-pour les deux espèces.</p>
-
-<hr class="hr15" />
-
-<h2 id="rct_456">BÉCASSES, BÉCASSINES, BÉCASSEAUX,<br />
-<small><i>Et parti qu’on peut tirer de ces trois espèces de
-Gibier dans l’Économie domestique.</i></small></h2>
-
-<p>La bécasse, étant un oiseau de passage, ne
-commence à paraître que vers la fin de septembre,
-lorsque la neige, venant à couvrir les montagnes,
-la chasse dans nos climats; et elle s’en
-va au mois de février: ce n’est que par hasard
-qu’on en trouve alors. C’est une excellente
-pièce de gibier, surtout lorsqu’elle est grasse. La
-bécassine ne diffère de la bécasse que parce
-qu’elle est moitié moins grosse; c’est le même
-plumage et le même bec. Le bécasseau ne diffère
-aussi de la bécassine que parce qu’il est
-moitié plus petit: observez que ces trois espèces
-de gibier se préparent de même et ne se vident
-point.</p>
-
-<h4 id="rct_457"><i>Bécasses, Bécassines et Bécasseaux à la&nbsp;Broche.</i></h4>
-
-<p>Plumez et flambez trois bécasses; épluchez-les;
-supprimez la peau de la tête, en la laissant
-adhérente au corps; retroussez-leur les pattes,
-et servez-vous de leur bec comme d’une brochette,
-pour les retrousser; prenez la moins
-grasse des trois, piquez-la; bardez les deux autres,
-passez-leur un hatelet entre les cuisses;
-<span class="pagenum" id="Page_287">[p. 287]</span>
-fixez-le des deux bouts: faites cuire vos bécasses
-environ une demi-heure, et arrosez-les, ayant
-mis dessous trois rôties de pain pour recevoir
-leur graisse et ce qui peut leur tomber du corps;
-au moment de servir ces bécasses, retirez vos
-rôties, parez-les, mettez-les sur le plat, et servez
-vos bécasses dessus.</p>
-
-<h4 id="rct_458"><i>Autre manière de les servir à la&nbsp;Broche.</i></h4>
-
-<p>Videz vos bécasses par le dos; retirez-en tous
-les intestins; supprimez-en le gosier; hachez-les;
-mêlez-y du lard râpé, à-peu-près moitié du
-volume des intestins, un peu de persil, de ciboules
-et d’échalotes hachées, ainsi que du sel
-et un peu de gros poivre; farcissez de cela vos
-bécasses; recousez-les, bardez-les, et finissez
-comme il est indiqué ci-dessus. Si c’est pour des
-Anglais, servez-les avec une brède-sauce. (Voyez
-article <a href="#rct_106"><i>Brède-Sauce</i></a>.)</p>
-
-<h4 id="rct_459"><i>Salmi de Bécasses et de&nbsp;Bécassines.</i></h4>
-
-<p>Faites cuire trois bécasses à la broche; laissez-les
-refroidir; levez-en les membres, et procédez
-pour ce salmi, comme pour celui de <a href="#rct_436">perdreaux</a>
-(voy. cet article), excepté que vous joindrez les
-intestins de vos bécasses à leurs débris.</p>
-
-<h4 id="rct_460"><i>Soufflé de&nbsp;Bécasses.</i></h4>
-
-<p>Voyez à ce sujet le <a href="#rct_447"><i>Soufflé de Perdreaux</i></a>, à
-son article, le procédé en général étant le même.</p>
-
-<h4 id="rct_461"><i>Bécasses en entrée de&nbsp;Broche.</i></h4>
-
-<p>Procédez à l’égard de ces bécasses, comme
-<span class="pagenum" id="Page_288">[p. 288]</span>
-pour les perdreaux en entrée de broche, avec
-la seule différence que vous leur retirez les intestins
-et les assaisonnez comme pour les bécasses
-à la broche. (Voyez l’article <a href="#rct_454"><i>Perdreaux à
-la Broche</i></a>.)</p>
-
-<h4 id="rct_462"><i>Salmi de Bécasses de&nbsp;Chasseur.</i></h4>
-
-<p>Procédez, pour ce salmi, comme il est indiqué
-à l’article <a href="#rct_439"><i>Salmi de Perdreaux</i></a>, dit <i>de Chasseur</i>.</p>
-
-<h4 id="rct_463"><i>Autre Salmi de <ins id="cor_28" title="Bécassses">Bécasses</ins>.</i></h4>
-
-<p>Ayez trois bécasses, faites-les cuire à la broche;
-mettez des rôties dessous pour recevoir la graisse
-et ce qui peut tomber de ces bécasses en cuisant:
-lorsqu’elles le seront, retirez-les; fendez les
-têtes en deux; prenez les intestins de vos bécasses;
-étendez-les sur vos rôties que vous couperez
-en cœur, et que vous entremêlerez avec
-vos membres en les dressant sur le plat; <ins id="cor_29" title="prépaparez">préparez</ins>,
-durant leur cuisson, votre sauce, comme
-il est indiqué à l’article <a href="#rct_436"><i>Salmi de Perdreaux</i></a>, et
-servez.</p>
-
-<h4 id="rct_464"><i>Bécasses aux&nbsp;Truffes.</i></h4>
-
-<p>Prenez des bécasses; flambez-les; épluchez-les;
-videz-les par le dos; ôtez-en les intestins:
-vous aurez épluché des truffes selon la quantité
-que vous aurez de bécasses: ayant fait cuire ces
-truffes dans du lard râpé, avec sel, poivre, fines
-épices, ciboules, échalotes et persil hachés, laissez-les
-refroidir aux trois quarts; hachez bien
-ces intestins; mêlez-les avec vos truffes;
-<span class="pagenum" id="Page_289">[p. 289]</span>
-remplissez avec cet appareil les corps de vos bécasses;
-cousez-leur le dos; retroussez-les; bardez-les;
-mettez-les à la broche, comme il est
-indiqué à l’article <a href="#rct_457"><i>Bécasses et Bécassines à la
-Broche</i></a>; ou marquez-les dans une casserole; et
-faites-les cuire avec feu dessous et dessus.</p>
-
-<h4 id="rct_465"><i>Hachis de Bécasses en&nbsp;Croustades.</i></h4>
-
-<p>Faites cuire trois bécasses à la broche; lorsqu’elles
-seront froides, levez-en les chairs, hachez-les
-le plus fin possible; après avoir supprimé
-les peaux, ôtez le gésier du corps de vos
-bécasses; pilez-en les débris, ainsi que les intestins;
-versez dans une casserole un bon verre de
-vin de Champagne, avec trois ou quatre échalotes
-coupées: lorsque ce vin aura jeté un
-bouillon ou deux, mettez-y quatre cuillerées à
-dégraisser pleines d’espagnole réduite; faites
-bouillir; retirez vos carcasses du mortier; mettez-les
-dans votre sauce; délayez-les sans les faire
-bouillir; passez à l’étamine à force de bras; ramassez
-le tout; mettez dans une casserole votre
-purée, et tenez-la chaudement au bain-marie;
-faites d’égale grosseur et longueur sept ou neuf
-croûtons en cœur et en rond, le tout de l’épaisseur
-de trois travers de doigt; faites-les frire dans
-du beurre; qu’ils soient d’une belle couleur:
-vous leur aurez fait, du côté que vous voulez les
-servir, une petite incision convenable à leur
-forme; videz-les comme vous feriez d’un pâté
-chaud; mettez votre hachis dans votre sauce;
-<span class="pagenum" id="Page_290">[p. 290]</span>
-incorporez bien le tout ensemble; ajoutez-y
-un pain de beurre; goûtez si ce hachis est d’un
-bon goût; remplissez-en vos croustades; dressez-les,
-la pointe en dedans, le rond sur les
-pointes; mettez sur chaque un œuf frais poché,
-et servez.</p>
-
-<hr class="hr15" />
-
-<h2 id="rct_466">PLUVIER.</h2>
-
-<p>Le pluvier doré se met communément à la
-broche et comme les bécasses: il ne se vide
-point; cependant on en fait différentes entrées,
-telles que les suivantes.</p>
-
-<h4 id="rct_467"><i>Pluviers au&nbsp;Gratin.</i></h4>
-
-<p>Videz, flambez, épluchez quatre pluviers;
-faites une farce de leurs intestins, comme celle
-indiquée aux <i>Bécasses</i> (article <a href="#rct_458"><i>Autre Manière</i></a>);
-remplissez-en leur corps; mettez au fond d’un
-plat d’entrée l’épaisseur d’un travers de doigt
-de gratin (voyez <i>Gratin</i>, article <span class="smcap">Farces</span><span class="ndt"> [Tome&nbsp;II]</span>); arrangez,
-dessus vos quatre pluviers; remplissez de ce
-gratin les vides qui peuvent se trouver entre
-eux; relevez-en la farce autour, ayant soin de
-n’en point garnir les estomacs, que vous couvrirez
-de bardes de lard; mettez-les cuire dans un
-four, ou sous un four de campagne, avec feu
-modéré dessous et un peu plus ardent dessus;
-leur cuisson faite, égouttez-les, et saucez-les
-avec une italienne rousse. (Voy. l’article <a href="#rct_51"><i>Sauce
-Italienne rousse</i></a>.)</p>
-
-<h4 id="rct_468"><span class="pagenum" id="Page_291">[p. 291]</span>
-<i>Pluviers à la&nbsp;Périgueux.</i></h4>
-
-<p>Ayez quatre pluviers; videz-les, flambez-les,
-épluchez-les; mettez-les dans une casserole avec
-une douzaine de belles truffes entières, dont
-vous aurez ôté la peau, un bouquet de persil et
-ciboules, un clou de girofle, une demi-feuille
-de laurier, un peu de basilic, sel et gros poivre;
-faites revenir le tout dans du beurre, et mouillez-le
-avec un verre de vin de Champagne et six
-cuillerées à dégraisser d’espagnole; faites cuire
-ainsi vos pluviers et dégraissez-les; leur cuisson
-faite, mettez-les, ainsi que les truffes, dans une
-autre casserole; passez leur sauce à l’étamine;
-dressez vos pluviers sur votre plat, avec une
-truffe entre chacun d’eux, et mettez dessus en
-rocher le reste de vos truffes; faites réduire votre
-sauce; ajoutez-y un jus de citron, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_469"><i>Pluviers en Entrée de&nbsp;Broche.</i></h4>
-
-<p>Flambez quatre pluviers; videz-les par le dos;
-faites une farce de leurs intestins, comme il est
-indiqué aux <span class="smcap">Bécasses</span>, article <a href="#rct_458"><i>Autre Manière</i></a>:
-remplissez-les de cette farce; cousez-leur le dos;
-embrochez-les avec un hatelet; enveloppez-les
-de bardes de lard; couvrez-les de papier; fixez
-votre hatelet sur la broche; faites-les cuire; leur
-cuisson faite, déballez-les, dressez-les sur votre
-plat; masquez-les d’un ragoût de truffes (voyez
-<a href="#rct_143"><i>Ragoût de Truffes</i></a>), et servez.</p>
-
-<hr class="hr15" />
-
-<h2 id="rct_470"><span class="pagenum" id="Page_292">[p. 292]</span>
-GRIVES.</h2>
-
-<h4><i>Grives à la&nbsp;Broche.</i></h4>
-
-<p>(Voyez l’article <a href="#rct_457"><i>Bécasses à la Broche</i></a>).</p>
-
-<h4 id="rct_471"><i>Grives à la&nbsp;Flamande.</i></h4>
-
-<p>Épluchez et retroussez ces grives, sans les
-vider; mettez-les dans une casserole avec un
-morceau de beurre et une pincée de graine de
-genièvre; saupoudrez-les d’un peu de sel; sautez-les;
-faites-leur prendre couleur; couvrez
-votre casserole; mettez un peu de feu dessous
-et dessus; faites-les cuire un peu vertes, et servez-les
-avec leur assaisonnement.</p>
-
-<h4 id="rct_472"><i>Grives à l’Anglaise.</i></h4>
-
-<p>Épluchez et retroussez vos grives sans les
-vider; embrochez-les avec un hatelet, posez cet
-hatelet sur une broche et fixez-la des deux
-bouts; enveloppez vos grives de papier; faites-les
-cuire à moitié; ôtez leur papier; mettez un
-morceau de lard au bout d’un hatelet; faites
-prendre le feu à votre lard, et durant qu’il
-brûle faites-le dégoutter sur vos grives; saupoudrez-les
-d’un peu de sel fin et de mie de pain;
-donnez-leur une belle couleur; dressez-les, et
-servez à côté une sauce au pauvre homme, liée
-avec un morceau de beurre. (Voyez l’article
-<a href="#rct_83"><i>Sauce au pauvre Homme</i></a>.)</p>
-
-<hr class="hr15" />
-
-<h2 id="rct_473"><span class="pagenum" id="Page_293">[p. 293]</span>
-CAILLES.</h2>
-
-<h4><i>Cailles à la&nbsp;Broche.</i></h4>
-
-<p>Plumez, videz, épluchez six ou huit cailles
-bien grasses; flambez-les, retroussez-les, enveloppez-les
-d’une feuille de vigne, d’une barde
-de lard, c’est-à-dire qu’il n’y ait que la moitié
-des pattes à découvert; embrochez-les dans
-un hatelet, posez-les sur la broche; faites-les
-cuire et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_474"><i>Cailles au&nbsp;Laurier.</i></h4>
-
-<p>Ayez sept cailles, épluchez-les, videz-les et
-flambez-les; faites une petite farce avec leurs
-foies et quelques foies de volailles, du lard râpé,
-une feuille de laurier hachée très-fin et un peu
-de ciboules hachées; assaisonnez de sel et de
-gros poivre; farcissez vos cailles; embrochez-les
-sur un hatelet, en les enveloppant de bardes
-de lard et de papier; faites-les cuire à la broche,
-et servez-les avec une sauce ainsi composée:</p>
-
-<p>Coupez deux ou trois lames de jambon, faites-les
-suer; lorsqu’elles commenceront à s’attacher,
-mouillez-les avec un verre de bon vin
-blanc, deux cuillerées à dégraisser pleines de
-consommé et autant d’espagnole réduite: mettez-y
-une demi-gousse d’ail et deux feuilles de
-laurier: faites bouillir et réduire le tout à consistance
-de sauce, et passez cette sauce à l’étamine.
-Durant la cuisson de vos cailles faites
-<span class="pagenum" id="Page_294">[p. 294]</span>
-blanchir sept grandes feuilles de laurier; la
-cuisson de vos cailles étant achevée, supprimez-en
-le lard; dressez-les; mettez entre chacune
-d’elles une de ces feuilles de laurier: ajoutez à
-votre sauce le jus d’un citron, du gros poivre
-et un peu de beurre; passez-la, vannez-la, saucez
-et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_475"><i>Cailles aux petits&nbsp;Pois.</i></h4>
-
-<p>Videz, flambez et retroussez sept ou huit
-cailles; foncez une casserole d’une lame de veau
-et de jambon; joignez-y une carotte, un oignon
-et un bouquet assaisonné; couvrez-les de bardes
-de lard et d’un rond de papier; ensuite faites-les
-partir et cuire, avec feu dessus et dessous: leur
-cuisson faite, égouttez-les, dressez-les, et masquez-les
-d’un ragoût de pois au lard ou au
-jambon. (Voyez l’article <a href="#rct_164"><i>Ragoût de Pois au lard
-ou au jambon</i></a>.)</p>
-
-<h4 id="rct_476"><i>Cailles au&nbsp;Gratin.</i></h4>
-
-<p>Flambez et désossez neuf cailles; faites un
-bouchon de la mie d’un pain du diamètre d’environ
-trois pouces et demi et de deux et
-demi de hauteur; entourez-le d’une barde de
-lard; posez-le au milieu de votre plat; garnissez
-le tour de ce bouchon de pain, d’un gratin que
-vous tiendrez en talus (voyez l’article <i>Gratin</i><span class="ndt"> [Tome&nbsp;II]</span>),
-c’est-à-dire que ce gratin soit presque de la hauteur
-du pain vers le milieu du plat, et qu’il aille
-en diminuant vers les bords de ce plat, à-peu-près
-de l’épaisseur d’un demi-pouce: remplissez
-<span class="pagenum" id="Page_295">[p. 295]</span>
-vos cailles de ce même gratin; donnez-leur la
-forme primitive: dressez-les sur votre gratin, les
-pattes en dehors; que ces pattes ne débordent
-pas le pain; remplissez de gratin les intervalles
-de vos cailles, de manière qu’on en voie l’estomac;
-unissez bien votre gratin sans couvrir les
-estomacs de vos cailles, que vous couvrirez de
-bardes de lard; mettez-les dans un four, avec un
-petit âtre dessous, ou sous un four de campagne,
-avec feu modéré dessus et dessous; faites
-qu’elles aient une belle couleur: leur cuisson
-faite, ôtez toutes les bardes de lard, ainsi que la
-mie de pain; égouttez-les; versez au milieu une
-bonne italienne rousse: glacez les estomacs de
-vos cailles, si vous le voulez; ajoutez des croûtons
-coupés en forme de crêtes et passés au
-beurre entre chaque caille, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_477"><i>Cailles aux&nbsp;Laitues.</i></h4>
-
-<p>Flambez et retroussez huit cailles; foncez une
-casserole de bardes de lard et d’une lame de
-jambon; rangez vos cailles dans cette casserole,
-versez dessus une poêle, sinon coupez un morceau
-de rouelle de veau en dés; ajoutez-y un
-oignon piqué d’un clou de girofle, une demi-feuille
-de laurier, une carotte tournée et un petit
-bouquet de persil et de ciboules: mouillez
-cela d’un verre de consommé et d’un demi-verre
-de vin blanc; couvrez ces cailles de bardes
-de lard et d’un rond de papier; une demi-heure
-avant de servir, faites-les partir et cuire; leur
-<span class="pagenum" id="Page_296">[p. 296]</span>
-cuisson faite, égouttez-les; dressez-les en les
-entremêlant de laitues (voyez <a href="#rct_126"><i>Laitues</i></a>, article
-des <span class="smcap">Garnitures</span>). Si vous le voulez, ajoutez
-entre vos cailles et vos laitues des croûtes
-de pain passées dans du beurre, qui doivent
-être d’une belle couleur. Avant de placer ces
-crêtes, saucez vos cailles et vos laitues avec une
-bonne espagnole réduite, dans laquelle vous
-aurez mis gros de glace comme le pouce, et
-servez.</p>
-
-<p>Si vous n’aviez point d’espagnole, faites cuire
-vos cailles un peu plus tôt; ayez un petit roux;
-mouillez-le avec le fond de ces cailles; faites cuire
-cette sauce; dégraissez-la, tordez-la dans une
-étamine, travaillez-la de nouveau, et servez-vous-en
-pour saucer vos cailles.</p>
-
-<h4 id="rct_478"><i>Cailles en&nbsp;Croustades.</i></h4>
-
-<p>Prenez six ou sept cailles, désossez-les, remplissez-les
-d’un gratin fait avec leurs foies et
-quelques-uns de volailles (voyez <i>Gratin</i>, article
-<span class="smcap">Farces</span><span class="ndt"> [Tome&nbsp;II]</span>); cousez vos cailles, marquez-les comme
-il est dit à l’article précédent, et procédez de
-même pour leur cuisson: faites autant de croustades
-que vous avez de cailles, et à cet égard
-(voyez <a href="#rct_465"><i>Hachis de Bécasses en Croustades</i></a>, à son
-article): vos cailles cuites, égouttez-les, ôtez-en
-les fils, mettez les cailles dans vos croustades,
-dressez-les, saucez-les avec une bonne italienne,
-dans laquelle vous aurez mis des truffes hachées
-et passées au beurre; de là servez.</p>
-
-<h4 id="rct_479"><span class="pagenum" id="Page_297">[p. 297]</span>
-<i>Cailles à l’Anglaise.</i></h4>
-
-<p>Ayez huit cailles, retroussez-les en poule, flambez-les,
-marquez-les dans une casserole entre
-quelques bardes de lard, avec une cervelle de
-veau séparée en deux, une douzaine de saucisses
-à la Chipolata, un bouquet de persil et ciboules,
-du sel et du poivre; mouillez le tout avec un
-bon verre de vin de Champagne et autant de
-bouillon; couvrez vos cailles de bardes de lard
-et d’un rond de papier, et faites-les cuire: leur
-cuisson achevée, égouttez-les ainsi que la cervelle;
-ôtez la peau de vos saucisses; rangez-les
-au milieu du plat; mettez vos cailles autour; posez
-vos cervelles sur vos saucisses: marquez le
-tout d’une financière au blanc (voyez l’article
-<i>Ragoût mêlé à la Financière</i><sup><a href="#note_4">[4]</a></sup>), et servez.</p>
-
-<div class="box" id="note_4">
-4 Note de transcription: Sans doute l'article <a href="#rct_139"><i>Ragoût
-de Crêtes et de Rognons de Coqs en Financière</i></a>.
-</div>
-
-<h4 id="rct_480"><i>Cailles aux&nbsp;Truffes.</i></h4>
-
-<p>Videz par la poche neuf cailles, flambez-les légérement;
-épluchez neuf belles truffes, coupez-les
-en dés, et donnez-leur la forme de petites
-truffes; hachez toutes leurs parures très-fin,
-ainsi que les foies des cailles; assaisonnez-les de
-sel et de mignonnette; mettez-y un morceau de
-beurre; faites cuire le tout légérement; laissez-le
-refroidir et remplissez-en vos cailles: de suite
-marquez-les dans une casserole, comme celles
-<a href="#rct_477">aux laitues</a> (voy. cet article): leur cuisson faite,
-égouttez-les, dressez-les, et servez-les avec une
-sauce à la Périgueux. (Voyez l’article <a href="#rct_62"><i>Sauce aux
-Truffes ou à la Périgueux</i></a>.)</p>
-
-<hr class="hr15" />
-
-<h2 id="rct_481"><span class="pagenum" id="Page_298">[p. 298]</span>
-MAUVIETTES OU ALOUETTES.</h2>
-
-<h4><i>Mauviettes à la&nbsp;Broche.</i></h4>
-
-<p>Plumez vingt-quatre mauviettes, flambez-les
-sans les vider; ayez autant de morceaux de lard
-que vous avez de mauviettes, et dans le cas de
-les envelopper les unes après les autres; embrochez-les
-l’une après l’autre avec un hatelet
-menu: passez une double ficelle dans la longueur
-de l’hatelet d’un bout à l’autre, dans le
-cas de contenir le lard qui enveloppe vos mauviettes;
-fixez des deux bouts votre hatelet sur
-une broche; faites cuire à un feu clair et vif;
-mettez, durant leur cuisson, des rôties dessous
-pour en recevoir la graisse, et servez-les dessus
-les rôties, que vous parerez proprement.</p>
-
-<h4 id="rct_482"><i>Mauviettes au&nbsp;Gratin.</i></h4>
-
-<p>Prenez quinze mauviettes; fendez-les par le
-dos, désossez-les, remplissez-les de gratin
-(voyez <i>Gratin</i>, article <span class="smcap">Farces</span><span class="ndt"> [Tome&nbsp;II]</span>); mettez de ce gratin
-l’épaisseur d’un travers de doigt dans le fond
-d’un plat; posez dessus vos mauviettes en couronne,
-afin de leur conserver un puits au milieu,
-tel que je l’ai indiqué à l’article <a href="#rct_476"><i>Cailles au
-Gratin</i></a>; garnissez ces mauviettes de gratin, en
-ne leur laissant d’apparent que les estomacs,
-que vous couvrirez de bardes de lard; faites-les
-cuire dans un grand four ou sous un four de campagne,
-avec feu dessus et dessous; donnez à
-<span class="pagenum" id="Page_299">[p. 299]</span>
-votre gratin une belle couleur: la cuisson achevée,
-ôtez les bardes de lard et le pain, saucez
-avec une italienne rousse, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_483"><i>Sauté de Mauviettes aux&nbsp;Truffes.</i></h4>
-
-<p>Ayez quatre douzaines de mauviettes, levez-en
-les filets, faites fondre du beurre dans une
-sauteuse, rangez-y ces filets comme des escalopes,
-et mettez dessus des truffes coupées en
-liards; mettez dans une casserole quatre cuillerées
-d’espagnole et deux de consommé; ajoutez-y
-les carcasses de vos mauviettes (desquelles vous
-aurez supprimé les gésiers) avec un demi-verre de
-vin de Champagne; laissez cuire cette sauce une
-demi-heure, dégraissez-la, passez-la à l’étamine;
-faites-la réduire à demi-glace: ayant fait cuire vos
-filets et vos truffes, égouttez-en le beurre, et
-conservez le jus: mettez ces filets et ces truffes
-dans votre fumet sans laisser bouillir; sautez bien
-le tout, finissez avec la moitié d’un pain de
-beurre, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_484"><i>Pâté chaud et Pâté froid de&nbsp;Mauviettes.</i></h4>
-
-<p>(Voyez l’article <span class="smcap">Patisserie</span><span class="ndt"> [Tome&nbsp;II]</span>).</p>
-
-<hr class="hr15" />
-
-<h2 id="rct_485">ROUGES-GORGES, ORTOLANS, MURIERS
-ET BEC-FIGUES.</h2>
-
-<p>Ils se préparent comme les mauviettes, et le
-plus souvent à la broche. (Voyez précédemment
-les articles <a href="#rct_481"><i>Mauviettes</i></a>.)</p>
-
-<hr class="hr15" />
-
-<h2 id="rct_486"><span class="pagenum" id="Page_300">[p. 300]</span>
-PIGEONS.</h2>
-
-<h4><i>Des Pigeons en&nbsp;général.</i></h4>
-
-<p>Le ramier est un pigeon sauvage, qui diffère
-des autres par la couleur et le goût de sa chair;
-il diffère aussi en ce qu’il se perche sur les arbres
-(ce que ne fait point le pigeon domestique): les
-jeunes se nomment ramereaux, et sont les meilleurs;
-il est facile de les distinguer à leurs ongles,
-qu’ils ont plus courts que les vieux: on les mange
-assez généralement à la broche; néanmoins on
-peut en employer en entrée. Les vieux ne sont
-propres qu’à mettre dans la marmite.</p>
-
-<h4 id="rct_487"><i>Ramereaux en&nbsp;Marinade.</i></h4>
-
-<p>Videz et flambez trois ramereaux; coupez-les
-en deux ou en quatre; faites-les cuire dans une
-légère marinade (voyez l’article <a href="#rct_85"><i>Marinade</i></a>); un
-peu avant de servir, égouttez-les sur un linge
-blanc, trempez-les dans une pâte à frire (voyez
-l’article <a href="#rct_102"><i>Pâte à Frire</i></a>); faites-les frire, qu’ils
-soient d’une belle couleur; égouttez-les, et servez-les
-comme les autres marinades.</p>
-
-<h4 id="rct_488"><i>Ramereaux&nbsp;poêlés.</i></h4>
-
-<p>Videz et flambez légérement trois ou quatre
-ramereaux; retroussez-leur les pattes en dedans;
-foncez une casserole de bardes de lard, mettez-y
-une lame de jambon, un bouquet de persil
-et ciboules, une branche de basilic, une demi-feuille
-de laurier, deux oignons, dont un piqué
-<span class="pagenum" id="Page_301">[p. 301]</span>
-d’un clou de girofle, une carotte coupée en quatre,
-un petit verre de vin, rouge ou blanc, et un
-verre de consommé; posez vos ramereaux sur
-ce fond, couvrez-les de bardes de lard; faites-les
-partir, mettez-les sur la paillasse, avec un feu
-modéré dessous et dessus; faites-les cuire environ
-trois quarts d’heure; leur cuisson faite,
-égouttez-les, dégraissez-les, et servez dessous
-une sauce poivrade légérement acidulée. (Voyez
-l’article <a href="#rct_57"><i>Sauce Poivrade</i></a>.)</p>
-
-<h4 id="rct_489"><i>Ramereaux à l’Étouffade.</i></h4>
-
-<p>Videz et flambez trois ramereaux; préparez
-des moyens lardons, assaisonnez-les de sel, de
-poivre, de persil et ciboules hachées, d’épices
-fines et d’aromates pilés et passés au tamis (il
-faut que le basilic y domine un peu); lardez vos
-ramereaux, marquez-les dans une casserole,
-comme il est énoncé dans l’article précédent;
-faites-les bien cuire; leur cuisson achevée, dressez-les
-sur votre plat, passez leur fond au tamis,
-saucez-les et servez-les.</p>
-
-<h4 id="rct_490"><i>Des&nbsp;Tourtereaux.</i></h4>
-
-<p>Les tourtereaux sont de la famille des pigeons:
-leur chair est plus estimée que celle de ces derniers,
-quoique plus sèche; les sauvages sont
-d’un meilleur goût que ceux des volières. On
-distingue le mâle par un collier noir qu’il a au
-cou. Les tourtereaux et les tourterelles s’emploient,
-comme le pigeon, le plus ordinairement
-à la broche.</p>
-
-<hr class="hr15" />
-
-<h2 id="rct_491"><span class="pagenum" id="Page_302">[p. 302]</span>
-VOLAILLE.</h2>
-
-<h4><i>Poulets.</i></h4>
-
-<p>Il y en a de quatre sortes: 1<sup>o</sup>. le poulet commun,
-qui s’emploie généralement en fricassée,
-et dont on lève les chairs pour faire des farces
-de diverses sortes.</p>
-
-<p>2<sup>o</sup>. Le poulet demi-gras, dont on se sert pour
-les marinades à cru, les karis et différentes entrées
-qui n’exigent pas de très-gros poulets.</p>
-
-<p>3<sup>o</sup>. Le poulet à la reine, qui est le plus délicat,
-et qui sert aussi pour entrée et pour rôt.</p>
-
-<p>4<sup>o</sup>. Le gros poulet gras, dont on fait plus
-communément usage pour la broche que pour
-toute autre chose.</p>
-
-<p>C’est vers la fin d’avril que l’on commence à
-avoir les poulets nouveaux; on les reconnaît facilement
-à la blancheur de leur peau; ils sont ordinairement
-couverts de petits tuyaux, comme s’ils
-étaient mal épluchés; leurs pattes sont plus unies
-que celles des vieux, plus douces au toucher, et
-d’un bleu tirant sur l’ardoise. Les vieilles poules
-et les vieux coqs ne sont bons qu’à <ins id="cor_30" title="corcer">corser</ins> les
-bouillons ou les consommés; les chairs en sont
-dures et sèches, et d’un mauvais manger.</p>
-
-<p>Après les poulets viennent les poulardes et les
-chapons.</p>
-
-<h4 id="rct_492"><i>Fricassée de&nbsp;Poulets.</i></h4>
-
-<p>Ayez deux poulets, flambez-les; refaites les
-pattes, épluchez-les, coupez les ongles; videz
-<span class="pagenum" id="Page_303">[p. 303]</span>
-ces poulets et ôtez-en la poche (soit dit une fois
-pour toutes); dépecez-les, en commençant par
-lever les cuisses; séparez les pattes des cuisses;
-cassez l’os de la cuisse, à-peu-près vers le milieu;
-supprimez la moitié de cet os; coupez le petit
-bout du moignon; séparez les ailerons des ailes;
-coupez-en la pointe, ce qu’on appelle le fouet;
-levez vos ailes dans la jointure; ménagez l’estomac,
-séparez-le des reins; parez-le des deux
-bouts et des deux côtés; coupez le rein en deux;
-parez le croupion, coupez-en la petite pointe;
-supprimez le boyau adhérent au croupion; parez
-ce rein et ôtez-en les poumons; mettez dans une
-casserole une chopine d’eau, un oignon coupé
-en tranches, quatre branches de persil, un peu
-de sel, et vos morceaux de poulets; faites-les blanchir,
-c’est-à-dire, faites jeter un bouillon à cette
-eau; retirez-les, égouttez-les sur un linge blanc;
-parez-les, essuyez-les; passez votre eau à travers
-un tamis de soie; mettez dans une casserole un
-quarteron et demi de beurre; joignez-y vos poulets,
-faites-les revenir légérement; singez-les avec
-une pincée de farine de froment; sautez-les pour
-bien mêler votre farine; mouillez-les peu à peu,
-en les délayant avec votre eau de poulet; ajoutez-y
-un bouquet de persil et ciboules, garni
-d’une demi-feuille de laurier, d’un clou de girofle
-et de champignons tournés (voyez l’article
-<a href="#rct_124"><span class="smcap">Garnitures</span></a>); faites cuire votre fricassée, dégraissez-la:
-sa cuisson faite, si la sauce se trouve
-être trop longue, versez-en une partie ou le tout
-<span class="pagenum" id="Page_304">[p. 304]</span>
-dans une autre casserole, et faites-la réduire à
-consistance de sauce; remettez-la sur vos membres
-de poulets; faites une liaison de trois jaunes
-d’œufs, avec un peu de crême ou de lait; faites
-bouillir votre fricassée; retirez-la du feu, liez-la;
-remettez-la sur le feu, sans la faire bouillir, pour
-achever de la lier; sachez si elle est d’un bon
-goût; finissez-la avec un demi-pain de beurre,
-un jus de citron ou un filet de verjus; dressez-la,
-en commençant par mettre les pattes au fond du
-plat, les reins dessus, ainsi que les estomacs; et
-rangez par-dessus, en les entremêlant, les cuisses
-et les ailes; saucez et servez.</p>
-
-<p>Vous pouvez faire la fricassée de poulets à
-chaud et à froid, de la même manière qu’il est
-énoncé à l’article <a href="#rct_437"><i>Salmi de Perdreaux chaud ou
-froid</i></a>, lorsque vous aurez lié votre fricassée de
-poulets, qu’elle sera un peu froide, ajoutez de la
-gelée à la sauce; faites-la prendre de la même
-manière qu’il est expliqué pour les perdreaux:
-n’employez point de croûtons.</p>
-
-<h4 id="rct_493"><i>Fricassée de Poulets à la&nbsp;Chevalière.</i></h4>
-
-<p>Préparez deux beaux poulets gras, et faites-les
-cuire de la même manière qu’il a été expliqué,
-excepté qu’il faut mettre de côté les ailes, que
-vous piquez avec du menu lard; supprimez la
-peau; ôtez la chair du bout de l’os, et grattez-le;
-si c’est la saison, vous piquerez deux de ces
-ailes avec des truffes; faites fondre du beurre
-dans une tourtière; arrangez-y vos quatre
-<span class="pagenum" id="Page_305">[p. 305]</span>
-ailes, saupoudrez-les d’un peu de sel fin, couvrez-les
-d’un papier beurré; mettez-les cuire
-dans un four ou sous un four de campagne;
-votre fricassée étant finie, comme il est dit à la
-précédente, dressez-la, saucez-la, décorez-la de
-ces quatre ailes, mises en croix, que vous aurez
-glacées, avec lesquelles vous mêlerez quatre belles
-écrevisses; vous mettrez une grosse truffe au-dessus,
-comme pour couronner votre entrée et
-vous servirez.</p>
-
-<h4 id="rct_494"><i>Kari.</i></h4>
-
-<p>Dépecez deux poulets, comme il est indiqué
-à l’article <a href="#rct_492"><i>Fricassée de Poulets</i></a>; mettez dans une
-casserole un quarteron de beurre, une même
-quantité de petit lard et les membres de vos
-poulets; passez le tout; singez-le avec une cuiller
-à bouché, pleine de farine de froment;
-sautez ce kari, mouillez-le peu à peu avec du
-bouillon; assaisonnez-le d’un bouquet de persil
-et ciboules, d’une poignée de champignons, de
-sel et d’une cuillerée à café de poudre de kari
-(voyez l’article <a href="#rct_130"><i>Poudre de Kari</i></a>); laissez cuire
-votre kari; sa cuisson faite, dressez-le dans un
-vase creux; servez-le avec du riz, que vous préparerez
-ainsi:</p>
-
-<p>Faites blanchir et crever votre riz avec un
-peu de sel et presque sans mouillement; beurrez
-un vase et remplissez-le <ins id="cor_31" title="inséré «de»">de</ins> ce riz qui doit être bien
-entier, de façon à en former un pain; tenez-le
-chaudement sur une cendre rouge; à l’instant
-de servir, retournez-le sur un plat; si la poudre
-<span class="pagenum" id="Page_306">[p. 306]</span>
-de kari n’avait pas donné assez de couleur à
-votre ragoût, faites infuser dans un peu d’eau
-une pincée de safran du Gâtinais; exprimez-le
-sur votre kari, mêlez-le bien; goûtez s’il est d’un
-bon goût, s’il est assez pimenté. Vous pouvez
-faire, si vous le voulez, procédant de la manière
-énoncée, un kari de lapereaux, de veau, de
-pigeons, etc.</p>
-
-<h4 id="rct_495"><i>Poulets en Entrée de&nbsp;Broche.</i></h4>
-
-<p>Ayez deux poulets gras, bien blancs, d’égale
-grosseur et sans taches: après en avoir plumé
-les ailerons, flambez-les légérement; prenez
-garde d’en roidir la peau: épluchez-les, rompez-leur
-le brichet, videz-les par la poche; ayez soin
-d’en extraire tous les intestins; servez-vous, pour
-cela, du crochet d’une cuiller à dégraisser, et
-prenez garde de crever l’amer; mettez dans une
-casserole environ trois quarterons de beurre, un
-peu de sel, un jus de citron et un peu de muscade
-râpée: mêlez le tout à froid avec une cuiller
-de bois; remplissez-en vos poulets également;
-retroussez-les en poulets d’entrée, c’est-à-dire,
-les pattes en dehors; passez-leur une ficelle dans
-les ailes, et qui fixe la peau de la poche le long
-du rein; pelez jusqu’au vif un citron, coupez-le
-en deux, frottez-en l’estomac de vos poulets et
-le dessus, afin qu’ils soient très-blancs; exprimez
-le jus de votre citron; foncez une casserole
-de bardes de lard; posez-y vos poulets; joignez-y
-une carotte, un oignon piqué de deux clous de
-<span class="pagenum" id="Page_307">[p. 307]</span>
-girofle, un bouquet de persil et ciboules, une
-demi-feuille de laurier, la moitié d’une gousse
-d’ail, une lame de jambon, et quelques petits
-morceaux de veau: levez la peau d’un citron,
-coupez-le en tranches, ôtez-en les pepins, et
-mettez ces tranches sur l’estomac de vos poulets;
-couvrez-les de bardes de lard; mouillez-les avec
-une cuiller à pot de bouillon ou d’une poêle,
-et, faute de cette dernière, mettez avec le bouillon
-un demi-verre de vin blanc; couvrez-les d’un
-rond de papier et d’un couvercle; faites-les partir;
-posez-les sur une paillasse, avec feu modéré
-dessus et dessous: leur cuisson achevée, égouttez-les,
-débridez-les, faites-en sortir le beurre;
-dressez-les et servez dessous, soit une sauce aux
-truffes, une espagnole très-<ins id="cor_32" title="corcée">corsée</ins>, une sauce
-tomate, une sauce à l’estragon, un aspic, un
-ragoût de champignons ou un ragoût mêlé, etc.</p>
-
-<h4 id="rct_496"><i>Poulets à l’Ivoire.</i></h4>
-
-<p>Préparez et poêlez deux poulets, comme il est
-dit ci-dessus, excepté qu’il en faut supprimer les
-pattes; coupez les bouts des moignons; grattez-en
-les os: leur cuisson faite, égouttez-les, dressez-les
-et saucez-les avec une <a href="#rct_67">sauce à l’ivoire</a>. (Voyez
-cet article.)</p>
-
-<h4 id="rct_497"><i>Poulets, Sauce aux&nbsp;Huîtres.</i></h4>
-
-<p>Préparez deux poulets comme ceux en entrée
-de broche; faites-les cuire de même, égouttez-les
-et dressez-les; prenez six douzaines d’huîtres,
-ôtez-les de leurs coquilles, mettez-les dans une
-<span class="pagenum" id="Page_308">[p. 308]</span>
-casserole, sans autre mouillement que leur eau;
-faites-les roidir; mettez dans une casserole quatre
-cuillerées à dégraisser de velouté réduit; égouttez
-vos huîtres et jetez-les dans ce velouté; faites-leur
-jeter un bouillon; ajoutez-y une pincée de
-persil haché et blanchi, un pain de beurre et
-une pincée de gros poivre: au moment de servir,
-exprimez dans cette sauce le jus d’un citron;
-sachez si elle est d’un bon goût, versez-la dessus
-vos poulets, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_498"><i>Poulets, Sauce aux&nbsp;Truffes.</i></h4>
-
-<p>Ayez deux poulets, préparez-les comme ci-dessus,
-et poêlez-les de même: leur cuisson
-achevée, égouttez-les, dressez-les, et mettez dessus
-une <a href="#rct_62">sauce aux truffes</a>. (Voyez cet article.)</p>
-
-<h4 id="rct_499"><i>Poulets à la Sauce&nbsp;Tomate.</i></h4>
-
-<p>Préparez deux poulets de la même manière
-que ci-dessus, et poêlez-les: leur cuisson faite,
-après les avoir égouttés, dressez-les et servez-les
-avec une <a href="#rct_66">sauce tomate</a>. (Voyez cet article.)</p>
-
-<h4 id="rct_500"><i>Poulets à l’Estragon.</i></h4>
-
-<p>Préparez deux poulets, comme il est indiqué
-ci-dessus; poêlez-les de même, et leur cuisson
-faite, égouttez-les, dressez-les, et saucez-les avec
-une <a href="#rct_97">sauce à l’estragon</a>. (Voyez cet article.)</p>
-
-<h4 id="rct_501"><i>Poulets bouillis à l’Anglaise.</i></h4>
-
-<p>Flambez et troussez deux poulets, comme ceux
-d’entrées de broche: mettez de l’eau dans une
-<span class="pagenum" id="Page_309">[p. 309]</span>
-casserole assez grande, pour qu’ils y soient à
-l’aise; faites-la bouillir; ajoutez-y une pincée de
-sel; mettez-y vos poulets; faites qu’ils bouillent
-toujours, sans aller trop vite: leur cuisson achevée,
-égouttez-les, dressez-les, saucez, et masquez-les
-avec une <a href="#rct_43">sauce à l’anglaise</a>. (Voyez cet
-article.)</p>
-
-<h4 id="rct_502"><i>Poulets en&nbsp;Lézard.</i></h4>
-
-<p>Videz et flambez deux beaux poulets; supprimez-en
-les pattes ainsi que les ailerons, et conservez-en
-la peau jusqu’à la tête; ouvrez-les par
-le dos, jusqu’au croupion; désossez-les entièrement,
-étendez-les sur un linge blanc, garnissez-les
-en dedans d’une farce cuite de volaille,
-coulez-les, et donnez-leur la forme d’un lézard,
-en procédant ainsi: de la peau du cou farcie
-formez-en la queue du lézard, des cuisses faites-en
-les jambes de derrière, et des deux bouts des
-ailes les jambes de devant; de l’estomac le dos,
-et pour en faire la tête, prenez une truffe, à laquelle
-vous donnerez la forme de celle du lézard:
-si vous n’avez pas de truffe, servez-vous
-d’un navet, que vous introduirez dans le corps
-de cette espèce de lézard; relâchez un peu de
-farce cuite, avec un peu de velouté; étendez-en
-une légère couche sur le dos de vos lézards; décorez-les
-de diverses couleurs avec des petites
-omelettes, coloriées de blanc, de vert, de rouge
-et de jaune; enfin imitez en tout la richesse de
-la peau du lézard (voyez l’article <i>Petites Omelettes</i><span class="ndt"> [Tome&nbsp;II]</span>):
-<span class="pagenum" id="Page_310">[p. 310]</span>
-cela fait, foncez une casserole ovale de
-bardes de lard; posez-y vos lézards; ayez soin
-qu’ils conservent leur forme; poêlez-les comme
-les poulets en entrée de broche; couvrez-les d’un
-fort papier et d’un couvercle; faites-les partir;
-mettez-les cuire avec peu de feu dessus, pour
-ne pas altérer leur décoration: la cuisson faite,
-égouttez-les, dressez-les, et servez dessous une
-<a href="#rct_68">ravigote</a> ou une <a href="#rct_44">hollandaise verte</a>. (Voyez l’article
-<span class="smcap">Sauces</span>.)</p>
-
-<h4 id="rct_503"><i>Poulets aux&nbsp;Pois.</i></h4>
-
-<p>Prenez une demi-livre de lard de poitrine;
-coupez-le en gros dés; supprimez-en la couenne,
-faites-le blanchir, égouttez-le; mettez dans une
-casserole un quarteron de beurre; faites un petit
-roux (voyez l’article <a href="#rct_100"><i>Roux</i></a>); passez-y votre
-lard, et faites-le roussir légérement: lorsqu’il
-sera d’un beau blond, joignez-y deux jeunes poulets
-dépecés, comme pour la fricassée; mouillez-les
-avec une cuiller à pot de bouillon; délayez
-bien le tout, que vous assaisonnerez d’un bouquet
-de persil et ciboules, et où vous aurez mis
-une demi-feuille de laurier et un clou de girofle;
-faites bouillir votre fricassée; mettez-y un litron
-de pois très-fins; faites aller à grand feu, sans la
-couvrir; dégraissez-la: sa cuisson faite, dressez
-vos membres de poulets, faites-en réduire la
-sauce, si elle est trop longue; goûtez si elle est
-d’un bon goût, masquez-en ces membres, et
-servez.</p>
-
-<h4 id="rct_504"><span class="pagenum" id="Page_311">[p. 311]</span>
-<i>Autre Façon de fricasser des Poulets aux&nbsp;Pois et
-au&nbsp;Blanc.</i></h4>
-
-<p>Ayez deux jeunes poulets, flambez-les, dépecez-les,
-comme pour la fricassée; mettez un morceau
-de beurre dans une casserole; jetez-y vos
-poulets avec un bouquet de persil et ciboules;
-assaisonnez d’un peu de sel fin et de deux moyens
-oignons; sautez le tout; faites revenir vos poulets,
-couvrez-les et laissez-les cuire doucement,
-avec feu dessus et dessous; à moitié de leur cuisson,
-mettez-y un litron de pois fins, que vous
-aurez manié dans de l’eau et du beurre, gros
-comme une noix; égouttez-les dans une passoire;
-laissez suer et cuire le tout, en le sautant de temps
-en temps: la cuisson achevée, ôtez les oignons
-et le bouquet; liez votre fricassée avec une cuillerée
-à dégraisser pleine de bon velouté réduit:
-si vous n’avez pas de velouté, maniez un pain
-de beurre avec un peu de farine de froment, et
-servez-vous-en pour opérer cette liaison: dressez
-votre fricassée comme la précédente, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_505"><i>Poulets au Beurre d’Écrevisses.</i></h4>
-
-<p>Préparez et faites cuire ces poulets, comme il
-est indiqué aux <a href="#rct_495">poulets en entrée de broche</a>
-(voyez cet article); égouttez-les; mettez dans une
-casserole quatre cuillerées à dégraisser de velouté
-réduit et du beurre d’écrevisses gros comme
-un œuf (voyez l’article <a href="#rct_73"><i>Beurre d’Écrevisses</i></a>); passez
-le tout, travaillez bien votre sauce, mettez-la
-<span class="pagenum" id="Page_312">[p. 312]</span>
-dans le fond de votre plat, et dressez vos poulets
-dessus.</p>
-
-<h4 id="rct_506"><i>Poulets à la Broche pour&nbsp;Rôt.</i></h4>
-
-<p>Ayez deux beaux poulets gras, ou trois petits
-à la reine; préparez-les comme la <a href="#rct_526">poularde</a>
-(voyez cet article); piquez-en un des deux, s’ils
-sont gras, et un ou deux, s’ils sont à la reine;
-bardez-les, embrochez-les, enveloppez-les de
-papier et faites-les cuire: aux trois quarts de
-leur cuisson, déballez-les pour achever de les
-cuire et faire sécher le lard: laissez-les prendre
-une belle couleur dorée; si vous avez de la glace,
-mettez-en légérement avec un pinceau sur le
-lard de vos poulets, dressez-les sur un lit de cresson,
-assaisonné convenablement d’un peu de
-sel et de vinaigre, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_507"><i>Poulets à la&nbsp;Hollandaise.</i></h4>
-
-<p>Apprêtez et faites cuire deux poulets, comme
-pour entrée de broche (voyez l’article <a href="#rct_495"><i>Poulets en
-Entrée de Broche</i></a>); égouttez-les; mettez dans une
-casserole quatre cuillerées à dégraisser pleines
-de velouté réduit, de la glace gros comme le
-pouce, ou de la réduction de veau, du vert d’épinards
-gros comme une noix; sautez et vannez
-votre sauce: au moment de servir, exprimez le
-jus d’un citron, en supprimant les pepins: mettez-la
-dans le fond de votre plat; dressez dessus
-vos poulets; faites en sorte qu’ils soient très-blancs,
-et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_508"><span class="pagenum" id="Page_313">[p. 313]</span>
-<i>Poulets à la&nbsp;Tartare.</i></h4>
-
-<p>Nettoyez et préparez deux poulets; troussez-les
-en poule, c’est-à-dire, les pattes en dedans;
-fendez-en les reins et aplatissez-les; cassez les os
-des cuisses; mettez un morceau de beurre dans
-une casserole, avec sel et gros poivre; faites-y
-revenir et cuire ensuite vos poulets, avec feu dessous
-et dessus: un quart d’heure avant de servir,
-passez-les, mettez-les sur le gril à un feu
-doux; ayez soin de les retourner deux ou trois
-fois, pour qu’ils prennent une belle couleur, et
-servez dessous une <a href="#rct_94">sauce à la Tartare</a>. (Voyez
-cette sauce.)</p>
-
-<h4 id="rct_509"><i>Poulets, Sauce au Pauvre Homme, et
-diverses&nbsp;autres.</i></h4>
-
-<p>Préparez vos poulets comme il est dit ci-dessus;
-supprimez-en les cous et les pattes, fendez-en
-les dos et aplatissez-les; faites-les cuire à moitié
-dans le beurre, avec sel et poivre; achevez, sans
-les passer, leur cuisson sur le gril, et servez dessous
-une <a href="#rct_83">sauce au pauvre homme</a>, à <a href="#rct_97">l’estragon</a>
-ou <a href="#rct_66">tomate</a>, ou toute autre que vous voudrez.
-(Voyez ces Sauces.)</p>
-
-<h4 id="rct_510"><i>Poulets à la&nbsp;Périgueux.</i></h4>
-
-<p>Choisissez deux beaux poulets gras, bien
-blancs: après les avoir épluchés et vidés par la
-poche (voyez l’article <a href="#rct_495"><i>Poulets en Entrée de Broche</i></a>)
-(vous aurez brossé et lavé deux livres de
-truffes, desquelles vous supprimerez la peau des
-<span class="pagenum" id="Page_314">[p. 314]</span>
-grosses; vous en ferez des petites aussi égales
-que possible); mettez une livre de lard râpé
-dans une casserole; ajoutez-y vos truffes et leurs
-parures, que vous aurez hachées; assaisonnez-les
-de sel, gros poivre, une pincée d’épices fines,
-un peu de muscade râpée et une feuille de laurier,
-que vous ôterez à la fin; faites-les mijoter
-sur un feu doux l’espace d’une demi-heure, en
-les remuant avec soin; retirez-les du feu; laissez-les
-refroidir; mettez vos poulets sur un linge
-blanc; remplissez-les également, par la poche,
-de votre appareil de truffes; retroussez-les en
-poulets d’entrée; embrochez-les avec un hatelet;
-couvrez-les de bardes de lard, de deux ou
-trois feuilles de papier; posez-les sur une broche,
-faites-les cuire environ cinq quarts d’heure;
-leur cuisson faite, déballez-les, égouttez-les,
-dressez-les, et servez dessus une <a href="#rct_62">sauce à la Périgueux</a>.
-(Voyez cette sauce.)</p>
-
-<h4 id="rct_511"><i>Poulet à la&nbsp;Mayonnaise.</i></h4>
-
-<p>Prenez un poulet cuit à la broche; procédez,
-à l’égard de cette mayonnaise, comme pour les
-perdreaux. (Voyez l’article <a href="#rct_443"><i>Perdreaux à la
-Mayonnaise</i></a>.)</p>
-
-<h4 id="rct_512"><i>Salade de&nbsp;Poulets.</i></h4>
-
-<p>Prenez deux poulets rôtis et froids, ou de
-desserte; coupez-les, dépecez-les par membres,
-comme pour la mayonnaise; mettez-les dans un
-vase de terre; assaisonnez-les de même qu’une
-salade; ajoutez-y câpres entières, anchois et cornichons
-<span class="pagenum" id="Page_315">[p. 315]</span>
-coupés en filets, de la fourniture hachée;
-sautez le tout, dressez-le sur le plat, comme une
-fricassée de poulets, sans y comprendre les anchois,
-les cornichons et les câpres; garnissez le
-bord du plat de laitues fraîches, coupées par
-quartiers, et d’œufs durs, coupés de même; décorez
-votre salade des filets d’anchois et des câpres;
-saucez-la avec son assaisonnement, et
-servez.</p>
-
-<h4 id="rct_513"><i>Poulets à la&nbsp;Crême.</i></h4>
-
-<p>Ayez deux poulets froids, cuits à la broche;
-levez-en les estomacs jusqu’aux cuisses, os et
-chairs; supprimez-en les poumons; faites une
-farce avec les chairs des estomacs, en procédant
-ainsi: levez ces chairs ou blancs de poulets;
-après en avoir ôté les peaux, hachez-les très-menu,
-et pilez-les ensuite; parez et pilez également
-une tetine de veau, cuite dans la grande
-marmite: si vous n’aviez pas de tetine, employez
-du lard râpé ou du beurre; prenez la mie d’un
-pain à potage; faites-la tremper et dessécher dans
-de la crême double; mettez par portions égales
-ces trois substances; pilez le tout ensemble; ajoutez-y
-cinq jaunes d’œufs, un peu de muscade
-râpée, et du sel ce qu’il en faut: essayez votre
-farce, goûtez si elle est d’un bon goût, ôtez votre
-pilon; incorporez légérement, au fur et à mesure,
-et en la remuant avec une cuiller de bois,
-trois blancs d’œufs fouettés; mettez-y deux échalotes
-hachées très-fin, lavées et passées dans un
-linge blanc, et, si vous le voulez, un peu de persil
-<span class="pagenum" id="Page_316">[p. 316]</span>
-haché; mêlez bien le tout; retirez-le du mortier;
-mettez deux bardes de lard sur une tourtière;
-remplissez vos poulets de cette farce; unissez-la
-avec votre couteau trempé dans une omelette;
-donnez à cette farce la forme de l’estomac
-de vos poulets; dorez-la, et faites dessus le dessin
-qui vous plaira; entourez ces poulets de
-papier beurré, assez haut pour contenir la farce;
-fixez-le autour avec une ficelle; posez vos poulets
-sur votre tourtière; trois quarts d’heure
-avant de servir, mettez-les dans le four, faites-leur
-prendre une belle couleur: leur cuisson
-faite, dressez-les et servez dessous une italienne
-blanche, ou une <a href="#rct_55">sauce au suprême</a> ou une <a href="#rct_67">à
-l’ivoire</a>. (Voyez l’article <span class="smcap">Sauces</span>.)</p>
-
-<h4 id="rct_514"><i>Poulets en&nbsp;Friteau.</i></h4>
-
-<p>Dépecez deux poulets, comme pour en faire
-une fricassée; mettez-les dans un vase de terre,
-avec des tranches d’oignons, persil en branche,
-sel, gros poivre et le jus de deux ou trois citrons;
-laissez-les mariner une heure; égouttez-les;
-mettez-les dans un linge, avec une poignée de
-farine; sassez-les et posez-les sur un couvercle;
-vous aurez mis votre friture sur le feu; lorsqu’elle
-sera à son degré, mettez-y d’abord les
-cuisses de vos poulets, peu après les estomacs,
-ensuite les ailes, les reins, ainsi de suite pour
-le reste: votre friture cuite et d’une belle couleur,
-égouttez-la, et, après l’avoir dressée, servez-la,
-si vous le voulez, avec six œufs frais frits;
-<span class="pagenum" id="Page_317">[p. 317]</span>
-arrangez dessus, et servez avec une sauce poivrade.
-(Voyez l’article <a href="#rct_57"><i>Sauce Poivrade</i></a>.)</p>
-
-<h4 id="rct_515"><i>Marinade de&nbsp;Poulets.</i></h4>
-
-<p>Dépecez deux poulets cuits à la broche; faites-les
-mariner une demi-heure avant de les servir
-(voyez l’article <a href="#rct_85"><i>Marinade cuite</i></a>); égouttez-les;
-trempez leurs membres dans une pâte à frire,
-légère, c’est-à-dire, dans laquelle vous aurez mis
-des blancs d’œufs fouettés; faites frire votre marinade,
-en procédant comme ci-dessus; quand
-elle sera cuite et d’une belle couleur, égouttez-la
-sur un linge blanc; dressez-la, et servez-la
-avec du persil frit que vous mettrez dessous, ou
-seulement avec une pincée dessus.</p>
-
-<h4 id="rct_516"><i>Rissoles de&nbsp;Volaille.</i></h4>
-
-<p>Prenez des rognures de feuilletage (voyez
-<i>Feuilletage</i>, article <span class="smcap">Patisserie</span><span class="ndt"> [Tome&nbsp;II]</span>); abaissez-les
-en long, de l’épaisseur d’une pièce de quarante
-sous, et plus mince, s’il est possible; mouillez
-le bord de votre abaisse avec un doroir
-trempé dans de l’eau; couchez de la farce cuite
-de volaille, par parties et d’espace en espace, de
-la grosseur d’un grain de verjus; repliez cette
-abaisse sur ces parcelles de farce; donnez-leur
-la forme de petits chaussons: à cet effet, coupez-les
-en demi-lune, avec un coupe-pâte goudronné,
-ou avec votre couteau; ayez soin que
-la jointure de vos pâtes soit bien soudée; farinez
-un couvercle; arrangez vos rissoles dessus;
-quand vous serez sur le point de servir, faites-les
-<span class="pagenum" id="Page_318">[p. 318]</span>
-frire, qu’elles prennent une belle couleur;
-dressez-les et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_517"><i>Poulet en&nbsp;Capilotade.</i></h4>
-
-<p>Dépecez un poulet cuit à la broche; mettez
-dans une casserole trois cuillerées à dégraisser
-pleines d’italienne; à défaut de laquelle vous
-employerez de la sauce hachée, et, à défaut de
-cette dernière, une <a href="#rct_83">sauce au pauvre homme</a> (voyez
-article <span class="smcap">Sauces</span>): faites mijoter votre poulet dans
-une de ces sauces; un quart d’heure avant de
-servir, dressez-le; ajoutez à votre sauce quelques
-cornichons coupés en liards ou en filets;
-saucez et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_518"><i>Poulets à la Saint-Cloud.</i></h4>
-
-<p>Préparez deux poulets comme ceux pour entrée
-de broche; prenez deux ou trois truffes
-bien noires, formez-en des petits clous; décorez-en
-vos poulets, ce qui consiste seulement à
-mettre chacun de ces clous dans les trous que
-vous faites, à l’estomac de vos poulets, avec une
-petite lardoire; il faut que ces trous soient également
-espacés; foncez une casserole de bardes
-de lard; mettez-y un oignon piqué d’un clou
-de girofle, une carotte tournée, un bouquet de
-persil et ciboules; saupoudrez l’estomac de vos
-poulets de sel fin; exprimez aussi dessus un jus
-de citron; couvrez-les de bardes de lard et
-d’un rond de papier; mouillez-les avec une
-poêle, ou employez un verre de consommé ou
-de bouillon; joignez-y un verre de vin blanc,
-<span class="pagenum" id="Page_319">[p. 319]</span>
-une demi-feuille de laurier et une lame de jambon;
-trois quarts d’heure avant de servir vos
-poulets, faites-les partir; posez-les sur la paillasse,
-avec feu dessus et dessous: leur cuisson
-achevée, égouttez-les, dressez-les, et servez
-dessous une sauce aux truffes (voyez l’article
-<a href="#rct_107"><i>Sauce aux Truffes à la Saint-Cloud ou en petit
-Deuil</i></a>). Si vous n’avez point de velouté, passez-le
-fond de vos poulets; mettez-y un pain de beurre,
-manié dans une demi-cuillerée de farine; faites
-bouillir votre sauce; dégraissez-la, et l’ayant fait
-réduire, passez-la à l’étamine; ajoutez-y vos petits
-dés de truffes (dont il sera question à la Sauce
-en petit Deuil) passés dans du beurre, et finissez
-avec un demi-pain de beurre.</p>
-
-<h4 id="rct_519"><i>Poulets à la&nbsp;Ravigote.</i></h4>
-
-<p>Préparez deux poulets, comme pour entrée
-de broche; leur cuisson faite, égouttez-les et servez
-dessous une sauce à la ravigote (voyez l’article
-<a href="#rct_68"><i>Sauce Ravigote</i></a>).</p>
-
-<h4 id="rct_520"><i>Poulets à la Paysanne ou à la&nbsp;Démidoff.</i></h4>
-
-<p>Ayez deux poulets; dépecez-les comme pour
-une fricassée; mettez dans une casserole du
-beurre gros comme un œuf, quatre cuillerées à
-bouche d’huile d’olive; passez votre casserole
-sur un fourneau ardent; faites revenir vos membres
-de poulets; qu’ils prennent une belle couleur;
-assaisonnez-les de sel et gros poivre; lorsqu’ils
-seront à moitié cuits, joignez-y deux
-carottes coupées en liards, quatre oignons coupés
-<span class="pagenum" id="Page_320">[p. 320]</span>
-en anneaux et une pincée de persil en
-branche; passez le tout ensemble; quand les
-racines seront colorées, mouillez votre paysanne
-avec six cuillerées à dégraisser pleines d’espagnole;
-remuez-la, couvrez votre fourneau avec
-de la cendre, et faites doucement mijoter dessus,
-environ un quart d’heure, votre paysanne;
-ayez soin qu’elle ne s’attache pas; dressez-la et
-servez.</p>
-
-<h4 id="rct_521"><i>Poulets à la Reine, sauce à la&nbsp;Pluche.</i></h4>
-
-<p>Préparez et poêlez trois de ces poulets: leur
-cuisson faite, égouttez, dressez, marquez-les
-avec une sauce à la pluche verte, et servez.
-(Voyez l’article <a href="#rct_108"><i>Sauce à la Pluche verte</i></a>.)</p>
-
-<h4 id="rct_522"><i>Poulets à la&nbsp;Provençale.</i></h4>
-
-<p>Prenez deux poulets que vous couperez
-comme pour une fricassée; ayez une douzaine
-d’oignons blancs; coupez-les en demi-anneaux,
-avec un peu de persil; mettez vos oignons dans
-une casserole ou sauteuse, dans laquelle vous
-ferez un lit de vos oignons et un des membres
-de votre volaille, et recouvrez le tout avec un
-autre lit d’oignons et de persil; ajoutez un verre
-d’huile, une ou deux feuilles de laurier et du
-sel en suffisante quantité; mettez-les au feu, et,
-lorsqu’ils seront partis, vous les laisserez aller
-doucement: leur cuisson faite, glacez-les; dressez-les,
-en mettant vos oignons au milieu et un
-peu d’espagnole pour les saucer; ensuite servez.</p>
-
-<h4 id="rct_523"><span class="pagenum" id="Page_321">[p. 321]</span>
-<i>Chapon au Gros&nbsp;Sel.</i></h4>
-
-<p>Ayez un chapon; après l’avoir vidé, flambé
-et épluché, troussez-lui les pattes en dedans;
-bridez-le, bardez-le et mettez-le cuire dans la
-marmite, dans le consommé, ou dans une casserole,
-avec du bouillon; vous vous assurerez de
-sa cuisson, si, en lui pinçant l’aileron avec les
-doigts, il ne résiste pas; égouttez-le; dressez-le,
-et mettez-lui sur l’estomac une pincée de gros
-sel, et saucez-le avec un jus de bœuf réduit.</p>
-
-<h4 id="rct_524"><i>Chapon au&nbsp;Riz.</i></h4>
-
-<p>Préparez votre chapon comme le précédent;
-faites blanchir environ trois quarterons de riz;
-égouttez-le, mettez-le dans une marmite qui
-puisse aussi contenir votre chapon, que vous
-posez du côté de l’estomac; mouillez le tout
-avec deux bonnes cuillerées à pot de consommé
-ou de bouillon; faites partir votre marmite;
-couvrez-la; mettez-la mijoter sur la paillasse;
-ayez soin de remuer de temps en temps votre
-riz; sondez votre chapon, pour vous assurer s’il
-est cuit: sa cuisson faite, dressez-le; dégraissez
-votre riz; finissez-le avec un morceau de beurre,
-en y mettant sel, gros poivre, un peu de réduction,
-si vous en avez, et masquez-en votre chapon:
-si votre riz était trop épais, relâchez-le
-avec un peu de bon bouillon.</p>
-
-<h4 id="rct_525"><i>Chapon aux&nbsp;Truffes.</i></h4>
-
-<p>Préparez ce chapon comme le précédent;
-<span class="pagenum" id="Page_322">[p. 322]</span>
-videz-le par la poche; servez-vous à cet effet
-du crochet d’une cuiller à dégraisser: prenez
-garde de crever l’amer du foie.</p>
-
-<p>Vous aurez brossé et épluché environ deux
-livres de bonnes truffes; hachez-en quelques-unes
-des plus défectueuses; coupez par dés, et
-pilez environ une livre de lard gras; mettez-le
-dans une casserole, avec vos truffes, du sel, du
-poivre, un peu de muscade râpée et des fines
-épices; faites mijoter le tout à un feu très-doux,
-environ une demi-heure; laissez-le refroidir;
-remplissez-en votre chapon jusqu’à la poche, et
-cousez-la; bridez-le, les pattes en long; conservez-le,
-si vous pouvez l’attendre, deux ou trois
-jours; bardez-le, embrochez-le, après l’avoir
-enveloppé de papier; faites-le cuire à-peu-près
-une heure et demie; déballez-le: si vous l’employez
-pour relevé, supprimez la barde; servez-le
-à la peau de goret, et mettez dessous une
-sauce aux truffes. (Voyez l’article <a href="#rct_62"><i>Sauce aux
-Truffes</i></a>.)</p>
-
-<h4 id="rct_526"><i>Poularde en Entrée de&nbsp;Broche.</i></h4>
-
-<p>Plumez les ailerons et la queue de cette pièce;
-flambez-la, refaites-lui les pattes; prenez garde
-d’en rider la peau; épluchez-la, supprimez-en
-le brichet; videz-la par la poche, et prenez
-garde d’en crever l’amer; maniez dans une casserole
-avec une cuiller de bois un morceau de
-beurre; assaisonnez-le du jus d’un citron et
-d’un peu de sel; remplissez-en le corps de votre
-<span class="pagenum" id="Page_323">[p. 323]</span>
-poularde; retroussez-lui les pattes en dehors;
-bridez-en les ailes; embrochez-la sur un hatelet;
-frottez-lui l’estomac d’un citron, saupoudrez-la
-d’un peu de sel; couvrez-la de tranches
-de citron, desquelles vous aurez ôté les pepins;
-enveloppez-la de bardes de lard, de plusieurs
-feuilles de papier, liées sur vos hatelets par
-les deux bouts; posez-la sur la broche, du côté
-du dos; faites-la cuire environ une heure, déballez-la,
-égouttez-la, et servez-la avec la sauce
-que vous jugerez convenable.</p>
-
-<h4 id="rct_527"><i>Poularde aux&nbsp;Truffes.</i></h4>
-
-<p>(Voyez ci-dessus, <a href="#rct_525"><i>Chapon aux Truffes</i></a>).</p>
-
-<h4 id="rct_528"><i>Poularde à la&nbsp;Maréchale.</i></h4>
-
-<p>Épluchez et flambez une belle poularde; videz-la
-par la poche; ôtez-lui le brichet; remplissez-le
-de beurre, manié avec du sel et le jus d’un
-citron; retroussez-lui les pattes en dehors; piquez-lui
-l’estomac de menu lard; donnez-lui le
-plus de largeur possible, et faites en sorte que
-votre poularde ait une belle forme; marquez-la
-dans une casserole, comme les <a href="#rct_495">poulets en entrée
-de broche</a> (voyez cet article); excepté pourtant
-qu’il ne la faut couvrir qu’avec un rond de
-papier beurré, afin qu’elle prenne une belle
-couleur; faites-la partir et cuire avec feu dessous
-et dessus: sa cuisson faite, égouttez-la, glacez-la,
-et servez dessous un ragoût à la financière.
-(Voyez cet article<sup><a href="#note_4">[4]</a></sup>.)</p>
-
-<h4 id="rct_529"><span class="pagenum" id="Page_324">[p. 324]</span>
-<i>Poularde à la Saint-Cloud.</i></h4>
-
-<p>Préparez cette poularde comme celle à la maréchale,
-avec cette différence qu’au lieu de la
-piquer de lard, il faut la piquer avec des clous
-de truffes (voyez l’article <a href="#rct_518"><i>Poulets à la Saint-Cloud</i></a>).</p>
-
-<h4 id="rct_530"><i>Poulardes à la&nbsp;Bigarrure.</i></h4>
-
-<p>Prenez deux moyennes poulardes; après les
-avoir épluchées et flambées, levez-en les ailes,
-ôtez-en les filets mignons, supprimez les ailerons
-et les peaux nerveuses des ailes; piquez
-deux de ces ailes d’une deuxième, et les deux
-autres de petits lardons de truffes, cuits à moitié;
-marquez ces quatre ailes dans une casserole foncée
-de bardes de lard, avec une carotte, un bouquet
-de persil et de ciboules, et deux moyens
-oignons, dans l’un desquels vous aurez mis un
-clou de girofle; mouillez vos ailes avec un peu
-de consommé: ayez soin que ce mouillement
-n’atteigne point le lard piqué de vos poulardes,
-et couvrez-les d’un rond de papier; un quart
-d’heure avant de servir faites-les partir, avec feu
-dessous et dessus; désossez entièrement les
-quatre cuisses, et remplissez-les d’un salpicon,
-composé de truffes et de foies gras (voyez l’article
-<a href="#rct_136"><i>Salpicon</i></a>); cousez-en les peaux, et donnez
-aux cuisses la forme d’une figue aplatie; coupez
-les pattes en deux; supprimez-en le haut, et
-mettez le bas dans la cuisse, en sorte qu’on ne
-voie que la moitié de cette patte; piquez deux de
-<span class="pagenum" id="Page_325">[p. 325]</span>
-ces cuisses de clous de truffes, en forme de rosettes,
-les deux autres devant rester blanches; frottez-les
-de citron; marquez ces quatre cuisses
-dans une casserole, entre des bardes de lard;
-assaisonnez-les comme les ailes; faites-les cuire
-à un feu doux environ trois quarts d’heure: au
-moment de servir, égouttez-les, ôtez-en les fils;
-égouttez aussi vos ailes; ôtez le nerf des filets
-mignons; faites-leur des entailles de distance
-en distance, et mettez-y des petites crêtes de
-truffes, de la largeur de ces filets; donnez-leur
-une forme cintrée; sautez-les dans du
-beurre fondu et un grain de sel; après égouttez-les;
-glacez les ailes piquées; dressez-les toutes les
-quatre en croix, et posez entre chacune d’elles
-vos cuisses de poulardes, en mettant dessus, en
-forme de couronne, les petits filets; saucez votre
-entrée avec une espagnole réduite et travaillée
-avec le consommé que vous aurez fait des carcasses
-de vos poulardes.</p>
-
-<h4 id="rct_531"><i>Poularde Sauce&nbsp;Tomate.</i></h4>
-
-<p>Préparez cette poularde comme il est indiqué
-à l’article <a href="#rct_526"><i>Poularde en Entrée de Broche</i></a>, et servez
-dessous une <a href="#rct_66">sauce tomate</a>. (Voyez cette Sauce.)</p>
-
-<h4 id="rct_532"><i>Poularde à la Broche pour&nbsp;Rôt.</i></h4>
-
-<p>Videz, flambez, épluchez et refaites une belle
-poularde; bridez-la, en lui laissant les pattes en
-long; bardez-la ou piquez-la, embrochez-la, enveloppez-la
-de papier et faites-la cuire: sa cuisson
-faite aux trois quarts, déballez-la, achevez sa
-<span class="pagenum" id="Page_326">[p. 326]</span>
-cuisson et faites-lui prendre une belle couleur;
-mettez sur votre plat un lit de cresson, assaisonné
-convenablement de sel et vinaigre; posez dessus
-votre poularde, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_533"><i>Poularde en Entrée de Broche, à la&nbsp;Hollandaise.</i></h4>
-
-<p>Procédez pour cette poularde comme pour
-celle en entrée de broche, et servez dessous une
-<a href="#rct_44">sauce hollandaise</a>. (Voyez cette Sauce.)</p>
-
-<h4 id="rct_534"><i>Poularde en Entrée de&nbsp;Broche.</i></h4>
-
-<p>Poêlez ou mettez cette poularde à la broche,
-et, pour la servir, mettez une sauce au beurre
-d’écrevisses, ou toute autre sauce. (Voyez l’article
-<a href="#rct_73"><i>Sauce au Beurre d’Écrevisses</i></a>.)</p>
-
-<h4 id="rct_535"><i>Poularde en Entrée de Broche, à la&nbsp;Ravigote.</i></h4>
-
-<p>Procédez pour cette poularde comme il est
-indiqué à l’article <a href="#rct_519"><i>Poulets à la Ravigote</i></a>.</p>
-
-<h4 id="rct_536"><i>Poularde à l’Ivoire.</i></h4>
-
-<p>Préparez cette poularde comme il est énoncé
-à l’article <a href="#rct_496"><i>Poulets à l’Ivoire</i></a>.</p>
-
-<h4 id="rct_537"><i>Poularde aux&nbsp;Huîtres.</i></h4>
-
-<p>Vous préparez votre poularde ainsi qu’il est
-dit à l’article <a href="#rct_497"><i>Poulets aux Huîtres</i></a>.</p>
-
-<h4 id="rct_538"><i>Poularde, sauce à l’Estragon.</i></h4>
-
-<p>Préparez votre poularde comme les précédentes,
-poêlée ou à la broche: sa cuisson faite,
-égouttez-la, et servez-la avec une sauce à l’estragon,
-claire ou liée. (Voyez l’article <a href="#rct_97"><i>Sauce à l’Estragon</i></a>.)</p>
-
-<h4 id="rct_539"><span class="pagenum" id="Page_327">[p. 327]</span>
-<i>Poularde bouillie à l’Anglaise.</i></h4>
-
-<p>(Voyez l’article <a href="#rct_501"><i>Poulets bouillis à l’Anglaise</i></a>).</p>
-
-<h4 id="rct_540"><i>Poularde au Beurre d’Écrevisses.</i></h4>
-
-<p>(Voyez l’article <a href="#rct_505"><i>Poulets au Beurre d’Écrevisses</i></a>).</p>
-
-<h4 id="rct_541"><i>Poularde à la&nbsp;Tartare.</i></h4>
-
-<p>(Voyez l’article <a href="#rct_508"><i>Poulets à la Tartare</i></a>).</p>
-
-<h4 id="rct_542"><i>Poularde, sauce au Pauvre&nbsp;Homme.</i></h4>
-
-<p>(Voyez l’article <a href="#rct_509"><i>Poulets, sauce au Pauvre
-Homme</i></a>).</p>
-
-<h4 id="rct_543"><i>Poularde à la&nbsp;Périgueux.</i></h4>
-
-<p>(Voyez l’article <a href="#rct_510"><i>Poulets à la Périgueux</i></a>).</p>
-
-<h4 id="rct_544"><i>Mayonnaise de&nbsp;Poularde.</i></h4>
-
-<p>(Voyez l’article <a href="#rct_511"><i>Mayonnaise de Poulets</i></a>).</p>
-
-<h4 id="rct_545"><i>Poularde à la&nbsp;Crême.</i></h4>
-
-<p>(Voyez l’article <a href="#rct_513"><i>Poulets à la Crême</i></a>).</p>
-
-<h4 id="rct_546"><i>Marinade de&nbsp;Poulardes.</i></h4>
-
-<p>(Voyez l’article <a href="#rct_515"><i>Marinade de Poulets</i></a>).</p>
-
-<h4 id="rct_547"><i>Filets de Poulardes au&nbsp;Suprême.</i></h4>
-
-<p>Levez les filets de trois moyennes poulardes,
-posez ces filets sur la table, et levez-en les petites
-peaux le plus mince possible; trempez dans
-l’eau le manche de votre couteau, et battez-les
-légérement; parez-les; faites fondre dans une
-sauteuse une suffisante quantité de beurre; arrangez-y
-vos filets, en les trempant des deux côtés;
-saupoudrez-les d’un peu de sel, couvrez-les d’un
-rond de papier; levez avec soin les six cuisses
-<span class="pagenum" id="Page_328">[p. 328]</span>
-pour vous en faire une entrée, soit pour le jour
-ou le lendemain: vous leur conserverez la totalité
-de la peau, pour former de ces cuisses des
-petits canetons ou des ballons; faites un consommé
-des carcasses; faites-le réduire presque
-en glace, sans lui donner de couleur; ajoutez-y
-six cuillerées à dégraisser pleines de velouté réduit,
-et deux pains de beurre; salez et vannez
-votre sauce; sautez vos filets en les retournant;
-faites qu’ils soient bien blancs; assurez-vous
-qu’ils sont bien cuits, en appuyant le doigt dessus:
-s’ils résistent, c’est qu’ils le sont; vous aurez
-passé six croûtons de mie de pain à potage,
-auxquels vous aurez donné la forme et l’épaisseur
-de vos filets; dressez ces filets en couronne,
-et mettez un croûton entre chacun d’eux; travaillez
-votre sauce, et saucez en marquant votre
-entrée: si vous voulez ces filets aux truffes,
-coupez des truffes en liards; faites-les cuire dans
-du beurre et un grain de sel; mettez-les dans
-une partie de votre sauce au suprême, et versez-les
-dans le puits de vos filets.</p>
-
-<h4 id="rct_548"><i>Émincée de Filets de Poulardes aux&nbsp;Concombres.</i></h4>
-
-<p>Prenez l’estomac d’une ou deux poulardes
-rôties et froides; levez-en les chairs; supprimez-en
-les peaux et les nerfs; émincez ces chairs;
-faites un ragoût de concombres, soit au blanc,
-soit au roux (voyez ces Ragoûts, à leur article):
-votre ragoût réduit et prêt à servir, mêlez-y vos
-blancs de poulardes, sans les laisser bouillir: si
-<span class="pagenum" id="Page_329">[p. 329]</span>
-c’est au blanc, ajoutez-y une liaison de deux
-jaunes d’œufs, du beurre gros comme une noix,
-un peu de muscade râpée, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_549"><i>Ailes de Poulardes à la&nbsp;Maréchale.</i></h4>
-
-<p>Prenez trois belles poulardes, levez-en les
-ailes, supprimez-en les ailerons, ne conservez
-que les deux moignons; levez-en la petite peau,
-en posant votre aile sur la table, et faisant glisser
-votre couteau, comme si vous leviez une
-barde de lard; prenez garde d’endommager les
-chairs; piquez vos six ailes d’une deuxième, et
-marquez-les dans une casserole, comme il est
-indiqué à l’article <a href="#rct_530"><i>Poulardes en Bigarrures</i></a>: vos
-ailes cuites, égouttez-les sur un couvercle; glacez-les:
-qu’elles soient d’un beau blond; dressez
-dans votre plat une bonne chicorée réduite
-(voyez l’article <a href="#rct_154"><i>Chicorée au Blanc</i></a>); dressez vos
-six ailes dessus la pointe, au centre du plat, pour
-former une rosette; mettez, si vous le voulez,
-une belle truffe au milieu, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_550"><i>Poularde en&nbsp;Galantine.</i></h4>
-
-<p>Ayez une belle poularde; après l’avoir épluchée,
-flambée et vidée, désossez-la par le dos,
-étendez-la sur un linge blanc; couvrez les chairs
-d’une farce cuite de volaille, à-peu-près de l’épaisseur
-d’un travers de doigt (voy. l’article <i>Farce
-cuite</i><span class="ndt"> [Tome&nbsp;II]</span>); faites des gros lardons de lard, assaisonnez-les
-de sel, poivre, fines épices, aromates pilés
-et passés au tamis, persil et ciboules hachés;
-ayez du jambon cuit, faites-en des lardons aussi
-<span class="pagenum" id="Page_330">[p. 330]</span>
-gros et aussi longs que ceux de lard; posez sur
-votre farce ces lardons de distance en distance;
-ajoutez-y, si c’est la saison, des truffes coupées
-en filets, de la grosseur de vos lardons, et entremêlez-les,
-pour que votre pièce soit bien marbrée;
-recouvrez ces lardons d’un autre lit de
-farce, et continuez de remettre ainsi farce et
-lardons, jusqu’à ce que votre volaille soit remplie;
-rapprochez les peaux, cousez-les; tâchez de
-donner à votre poularde sa forme première; entourez-la
-de bardes de lard, enveloppez-la d’un
-morceau d’étamine neuve; cousez cette étamine,
-attachez-en les deux bouts avec des ficelles: foncez
-une braisière avec quelques carottes, oignons,
-deux clous de girofle, deux feuilles de
-laurier, deux ou trois lames de jambon, un jarret
-de veau, et les carcasses de votre poularde coupées
-par morceaux: posez, du côté du dos, votre
-pièce sur ce fond; appuyez un peu la main sur
-son estomac, afin de l’aplatir: couvrez votre
-galantine de bardes de lard; mouillez-la avec du
-bouillon (il faut qu’elle baigne dans son assaisonnement);
-couvrez-la de papier, faites-la partir,
-après lui avoir mis son couvercle; posez-la
-sur la paillasse, avec feu dessous et dessus; laissez-la
-cuire une heure et demie ou deux heures:
-sa cuisson faite, retirez-la du feu, laissez-la dans
-son assaisonnement une demi-heure, retirez-la,
-pressez-la légérement, aplatissez-lui de nouveau
-l’estomac, autant que possible, afin d’avoir
-la facilité de la garnir de gelée; passez le fond
-<span class="pagenum" id="Page_331">[p. 331]</span>
-de votre galantine au travers d’une serviette
-mouillée à cet effet: si ce fond n’était pas assez
-ambré, mêlez-y un peu de jus de bœuf ou de
-blond de veau; faites-en l’essai. Si ce fond ou
-plutôt cette gelée se trouvait trop délicate,
-faites-la réduire; cassez deux œufs entiers, jaunes,
-blancs et coquilles; mettez-les dans votre
-gelée; fouettez-la avec un fouet de buis, mettez-la
-sur le feu, ayez soin de la remuer: lorsqu’elle
-commencera à bouillir, retirez-la sur le bord du
-fourneau; mettez sur votre casserole un couvercle,
-avec quelques charbons ardens dessus;
-laissez ainsi votre gelée se clarifier environ une
-demi-heure ou trois quarts d’heure; passez-la
-dans une serviette, comme il est indiqué à l’article
-<a href="#rct_41"><i>Grand Aspic</i></a>: laissez votre gelée se refroidir;
-déballez votre galantine, ratissez le gras qui
-est autour, dressez-la sur une serviette; garnissez-la
-de gelée, soit coupée en lames, en diamans,
-ou hachée, ou les trois ensemble, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_551"><i>Filets de Poulardes à la&nbsp;Béchamelle.</i></h4>
-
-<p>Faites cuire deux poulardes à la broche, laissez-les
-refroidir, levez-en les blancs, et supprimez-en
-les peaux et les nerfs; émincez ces blancs
-également; mettez dans une casserole cinq cuillerées
-à dégraisser de béchamelle, et deux de
-consommé, ainsi qu’un peu de muscade râpée
-(voyez l’article <a href="#rct_46"><i>Sauce à la Béchamelle</i></a>); faites
-bouillir, et délayez bien votre sauce; prenez
-garde qu’elle ne s’attache: au moment de servir,
-<span class="pagenum" id="Page_332">[p. 332]</span>
-jetez vos filets dedans, retournez-les légérement,
-de crainte de les rompre; dressez-les sur votre
-plat garni d’une bordure; sinon entourez votre
-entrée, soit de fleurons de feuilletage, soit de
-croûtons; ou servez-les dans un vol-au-vent.
-(Voyez <i>Vol-au-Vent</i>, article <span class="smcap">Patisserie</span><span class="ndt"> [Tome&nbsp;II]</span>.)</p>
-
-<h4 id="rct_552"><i>Soufflé de&nbsp;Poularde.</i></h4>
-
-<p>Procédez pour ce soufflé comme il est énoncé
-au <a href="#rct_447">soufflé de Perdreaux</a>. (Voyez cet article.)</p>
-
-<h4 id="rct_553"><i>Hachis de Poularde à la&nbsp;Reine.</i></h4>
-
-<p>Prenez des blancs de poulardes ou de poulets,
-hachez-les bien menu; mettez dans une casserole
-de la béchamelle ainsi que du consommé,
-en raison de la quantité de vos chairs; faites
-bouillir, et délayez votre sauce: au moment de
-servir, mêlez-y votre hachis sans le laisser bouillir;
-finissez-le avec un peu de beurre et un peu
-de muscade râpée; prenez garde qu’il ne soit ni
-trop épais ni trop clair. Ce hachis se sert aussi
-dans des grands ou petits vols-au-vent.</p>
-
-<h4 id="rct_554"><i>Croquettes de&nbsp;Poularde.</i></h4>
-
-<p>Prenez une poularde froide, de desserte ou
-non; levez-en les chairs, supprimez-en les peaux
-et les nerfs; coupez ces chairs en petits dés,
-quelques foies gras, ainsi que des champignons
-et des truffes, si c’est la saison (il faut que ces
-objets soient coupés de même grosseur); mettez
-dans une casserole du velouté en raison de votre
-appareil et faites-le réduire à demi-glace; sa réduction
-<span class="pagenum" id="Page_333">[p. 333]</span>
-faite, tirez-le du feu, liez-le avec trois jaunes
-d’œufs, jetez-y vos dés, ajoutez-y un peu d’excellent
-beurre; mêlez bien le tout, et mettez-le
-sur un couvercle bien étamé; laissez ainsi refroidir
-votre appareil, séparez-le par portions égales,
-de la grosseur que vous voulez faire vos croquettes;
-donnez-leur la forme que vous jugerez
-convenable: ayez de la mie de pain, posez-la
-sur la table, roulez-y vos croquettes; ayez quelques
-œufs cassés en omelette; trempez-les dedans;
-repassez-les et achevez de perfectionner
-la forme que vous leur avez donnée d’abord. Au
-moment de servir, jetez-les dans de la friture un
-peu chaude, afin qu’elles ne se crèvent pas: aussitôt
-qu’elles auront une belle couleur, égouttez-les
-sur un linge blanc, dressez-les, mettez
-dessus un bouquet de persil, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_555"><i>Côtelettes de Poulardes ou de&nbsp;Poulets.</i></h4>
-
-<p>Procédez, à l’égard de ces côtelettes, comme
-pour celles de <a href="#rct_453">perdreaux</a>, énoncées à l’article
-<i>Gibier</i>.</p>
-
-<h4 id="rct_556"><i>Blanquette de&nbsp;Poularde.</i></h4>
-
-<p>Ayez une poularde froide, ou des débris; levez-en
-les chairs; supprimez-en les peaux et les
-nerfs; émincez ces chairs; mettez dans une
-casserole du velouté; faites-le réduire et dégraissez-le;
-au moment de servir, jetez votre
-émincée; ne le laissez pas bouillir; faites une
-liaison délayée avec un peu de crême ou de lait;
-finissez votre blanquette avec un petit morceau
-<span class="pagenum" id="Page_334">[p. 334]</span>
-de beurre et le jus d’un citron. (Il faut qu’elle
-ne soit ni trop liée, ni trop claire.)</p>
-
-<h4 id="rct_557"><i>Filets de Poularde à la&nbsp;Chingara.</i></h4>
-
-<p>Ayez trois poulardes, levez-en les filets comme
-il est indiqué à l’article <a href="#rct_547"><i>Filets de Poularde</i></a> au
-suprême: faites fondre du beurre dans une sauteuse;
-trempez-y vos filets en les y arrangeant;
-saupoudrez-les d’un peu de sel fin; couvrez-les
-d’un rond de papier; prenez une langue de
-bœuf à l’écarlate; levez-en six morceaux, de la
-grandeur et de l’épaisseur de vos filets, ainsi que
-de leur forme; mettez-les dans une casserole
-avec un peu de bouillon; tenez-les chaudement
-sans les faire bouillir; sautez vos filets comme
-il est dit au <a href="#rct_547"><i>Suprême</i></a>, énoncé ci-dessus. Leur
-cuisson faite, égouttez-les; dressez-les sur votre
-plat, et mettez entre chacun d’eux un morceau
-de langue: si vous voulez votre entrée plus
-forte, ajoutez-y des croûtons entremêlés de
-même; saucez votre entrée avec une sauce au
-suprême, et servez. (Voyez <a href="#rct_55"><i>Sauce au Suprême</i></a>.)</p>
-
-<h4 id="rct_558"><i>Cuisses de Poularde en Canetons ou en
-petits&nbsp;Oignons.</i></h4>
-
-<p>Quand vous aurez levé les filets de trois belles
-poulardes, comme à l’article précédent, en ménageant
-les peaux des cuisses, désossez-les jusqu’à
-la moitié de l’os qui tient à la patte; supprimez
-les trois quarts de chaque patte; étendez
-vos cuisses sur un linge blanc; remplissez-les
-d’un salpicon, composé de foies gras, de truffes
-<span class="pagenum" id="Page_335">[p. 335]</span>
-et de champignons: cousez les peaux de ces
-cuisses, et donnez-leur une forme alongée
-comme le cou d’un cygne ou d’un canard; il
-faut que le moignon de la cuisse forme le col
-de votre oiseau, et que la patte forme le bec.
-Fixez ces pattes avec un fil, de manière à leur
-conserver la grâce qu’a le col d’un cygne; faites
-deux incisions au reste de la patte, l’une sensée
-derrière la tête de l’oiseau, et l’autre sur le haut
-du bec, pour qu’il forme la protubérance qui
-est sur le haut du bec du cygne: ayez six belles
-écrevisses, dont les pattes soient égales; faites-les
-cuire dans du bouillon; ôtez-leur les douze
-grosses pattes; formez-en les ailes de vos cygnes,
-en les enfonçant dans la chair par le bout qui
-tenait au corps de l’écrevisse; foncez une casserole
-de bardes de lard; rangez-y vos petits
-cygnes comme s’ils étaient sur l’eau; mettez sur
-chaque une tranche de citron, afin qu’ils soient
-bien blancs; mouillez-les avec une poêle (voyez
-article <a href="#rct_86"><i>Poêle</i></a>); couvrez-les de bardes de lard et
-d’un rond de papier; trois quarts d’heure avant
-de servir, faites-les partir et cuire doucement
-sur la paillasse, avec peu de feu dessus: leur
-cuisson faite, égouttez-les, ôtez-en les fils; dressez-les
-et servez dessous une sauce hollandaise
-verte, ou une <a href="#rct_73">sauce au beurre d’écrevisses</a>.
-(Voyez l’article <span class="smcap">Sauces</span>.)</p>
-
-<h4 id="rct_559"><i>Cuisses de Poulardes en&nbsp;Ballon.</i></h4>
-
-<p>Désossez six ou huit cuisses de poulardes;
-<span class="pagenum" id="Page_336">[p. 336]</span>
-supprimez à-peu-près les trois quarts de chaque
-patte; mettez ces cuisses sur un linge blanc;
-étalez-les, remplissez-les d’un salpicon; cousez-les
-comme celles des poulardes en bigarrure;
-marquez-les dans une casserole foncée de bardes
-de lard; mouillez-les avec une poêle; faites-les
-cuire environ trois quarts d’heure: leur cuisson
-faite, égouttez, dressez et saucez-les avec une
-bonne italienne rousse, et servez. (Voyez l’article
-<a href="#rct_51"><i>Sauce Italienne Rousse</i></a>.)</p>
-
-<h4 id="rct_560"><i>Cuisses de Poulardes à la&nbsp;Bayonnaise.</i></h4>
-
-<p>Prenez trois culottes de poulardes; partagez-en
-la peau en deux jusqu’au croupion; levez les
-cuisses avec cette peau; désossez-les entièrement,
-néanmoins en leur laissant le bout de l’os adhérant
-aux pattes: cela fait, marinez-les avec du
-jus de citron, sel, gros poivre et une feuille de
-laurier cassée en morceaux; laissez mariner ces
-cuisses deux ou trois heures: au moment de
-servir, égouttez-les, farinez-les, faites-les frire
-dans du lard râpé; coupez quatre oignons en
-anneaux; ôtez-en le cœur; faites aussi frire ces
-oignons; ayez soin qu’ils aient, ainsi que les
-cuisses, une belle couleur: dressez ces cuisses
-sur votre plat; mettez dessus vos anneaux frits,
-et servez dessous une sauce poivrade. (Voyez
-l’article <a href="#rct_57"><i>Sauce Poivrade</i></a>.)</p>
-
-<h4 id="rct_561"><i>Cuisses de Poulardes à la&nbsp;Livernois.</i></h4>
-
-<p>Levez les cuisses de trois poulardes; supprimez
-la moitié de l’os de la cuisse; parez-les;
-<span class="pagenum" id="Page_337">[p. 337]</span>
-foncez une casserole de quelques carottes coupées
-en lames, de deux oignons, d’un bouquet
-de persil et ciboules, assaisonné de ces aromates
-et d’une lame de jambon; posez ces cuisses
-dessus; mouillez-les avec une cuillerée à pot de
-bouillon: couvrez-les de quelques bardes de
-lard et d’un rond de papier; tournez des petites
-carottes, soit en bâtonnets, soit en champignons;
-mettez-les blanchir; égouttez-les; faites-les
-cuire dans du bouillon et tomber à glace;
-mettez-y un petit morceau de sucre pour en
-ôter l’âcreté; versez dans une casserole quatre
-à cinq cuillerées à dégraisser pleines d’espagnole;
-ajoutez-y vos carottes tombées à glace; faites-les
-bouillir et dégraissez-les; égouttez les cuisses de
-poulardes, et dressez-les: ajoutez un demi-pain
-de beurre à votre ragoût; sautez-le; masquez-en
-votre entrée, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_562"><i>Cuisses de Poulardes aux&nbsp;Truffes.</i></h4>
-
-<p>Désossez six cuisses de poulardes, comme il
-est indiqué à l’article <a href="#rct_559"><i>Cuisses en Ballon</i></a>; farcissez-les
-d’un salpicon, composé de truffes et de foies
-gras: cousez ces cuisses; marquez-les dans une
-casserole, comme il est dit aux cuisses précédentes:
-faites-les cuire de même; égouttez-les;
-ôtez-en les fils, et servez dessous un ragoût de
-truffes. (Voyez l’article <a href="#rct_143"><i>Ragoût aux Truffes</i></a>.)</p>
-
-<h4 id="rct_563"><i>Quenelles de&nbsp;Poulardes.</i></h4>
-
-<p>Procédez, pour ces quenelles, de même qu’il
-est indiqué à l’article <i>Quenelles de Volailles</i><span class="ndt"> [Tome&nbsp;II]</span>.</p>
-
-<h4 id="rct_564"><span class="pagenum" id="Page_338">[p. 338]</span>
-<i>Ailerons de Poulardes en Haricots&nbsp;Vierges.</i></h4>
-
-<p>Ayez vingt ailerons de poulardes; échaudez-les,
-épluchez-les; désossez-les jusqu’à la moitié
-de la première jointure; flambez-les, parez-les;
-essuyez-les avec un linge blanc; foncez une casserole
-de bardes de lard; rangez-les dedans;
-mouillez-les d’une poêle ou avec du bouillon
-sans couleur: si vous n’avez point de poêle,
-alors mettez quelques tranches de citron, dont
-vous aurez ôté la peau et les pepins, avec un
-bouquet de persil et ciboules, une carotte tournée,
-deux oignons, dont un piqué d’un clou de
-girofle et une demi-feuille de laurier; couvrez le
-tout de bardes de lard et d’un rond de papier;
-faites partir et cuire sur la paillasse, avec feu dessous
-et dessus: vous aurez tourné des navets
-en petits bâtonnets, en gousses d’ail ou en champignons;
-faites blanchir ces navets, égouttez-les;
-mettez-les dans une casserole avec du bouillon
-qui ne soit point coloré; ajoutez-y un petit morceau
-de sucre; faites cuire à petit feu; mettez
-dans une autre casserole quatre cuillerées à dégraisser
-pleines de velouté; faites-le réduire;
-vous aurez fait bouillir une chopine de crême,
-et vous la verserez petit à petit dans votre sauce,
-en la tournant toujours, jusqu’à ce qu’elle ait
-acquis la consistance d’une bouillie claire: sa
-réduction faite, égouttez vos navets; mettez-les
-dans votre sauce; ajoutez-y un peu de muscade
-râpée, un demi-pain de beurre, et sautez-les:
-<span class="pagenum" id="Page_339">[p. 339]</span>
-égouttez vos ailerons; dressez-les sur un plat
-auquel vous aurez fait un bord de citron; masquez
-ces ailerons avec vos navets et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_565"><i>Ailerons de Poulardes en&nbsp;Haricots.</i></h4>
-
-<p>Préparez ces ailerons comme il est indiqué à
-l’article précédent; tournez vos navets de même;
-faites-les roussir dans du beurre, de manière
-qu’ils aient une belle couleur; égouttez-les; mettez
-dans une casserole une cuillerée à pot d’espagnole;
-faites-la bouillir, jetez-y vos navets,
-laissez-les mijoter et cuire; dressez vos ailerons,
-et masquez-les avec vos navets, faute d’espagnole;
-quand vos navets seront passés et d’une belle
-couleur, égouttez-les; faites un petit roux, en
-mettant une cuillerée à bouche de farine dans le
-beurre de vos navets (voyez <a href="#rct_100"><i>Roux</i></a>, article <span class="smcap">Sauces</span>);
-mouillez ce roux avec le fond de vos ailerons;
-faites bouillir votre sauce; passez-la dans une
-casserole au travers d’une étamine; ajoutez-y vos
-navets; laissez-les cuire, dégraissez-les, jetez-y
-un petit morceau de sucre; goûtez si votre sauce
-est d’un bon goût, et servez-vous-en comme il
-est expliqué ci-dessus.</p>
-
-<h4 id="rct_566"><i>Ailerons de Poulardes à la&nbsp;Purée.</i></h4>
-
-<p>Marquez ces ailerons comme les précédens:
-leur cuisson faite, égouttez-les, dressez-les et
-masquez-les d’une purée à votre choix. (Voyez
-<a href="#rct_75"><i>Purées d’Entrées</i></a>, article <span class="smcap">Sauces</span>.)</p>
-
-<h4 id="rct_567"><i>Ailerons de Poulardes au&nbsp;Soleil.</i></h4>
-
-<p>Préparez et faites cuire quinze ailerons comme
-<span class="pagenum" id="Page_340">[p. 340]</span>
-les précédens: leur cuisson faite, égouttez-les;
-trempez-les dans une légère pâte, faites-les frire;
-qu’ils soient d’une belle couleur; et servez-les
-avec une pincée de persil frit.</p>
-
-<h4 id="rct_568"><i>Terrine d’Ailerons de&nbsp;Poulardes.</i></h4>
-
-<p>Prenez une quantité d’ailerons proportionnée
-à la grandeur de votre terrine; préparez-les
-comme ci-dessus; faites cuire du petit lard en
-raison de la quantité de vos ailerons, et procédez
-en tout, pour cette terrine, ainsi qu’il est
-énoncé à l’article <i>Mouton</i> dit <a href="#rct_308"><i>Terrine</i></a>. (Voyez
-cet article.)</p>
-
-<h4 id="rct_569"><i>Ailerons de Poulardes piqués et&nbsp;glacés.</i></h4>
-
-<p>Ayez douze ou quinze de ces ailerons: après
-les avoir épluchés et flambés, désossez-les comme
-il est indiqué précédemment; faites-les légérement
-blanchir; piquez-les d’une deuxième: cela
-fait, foncez une casserole avec un peu de rouelle
-de veau, une lame ou deux de jambon, un oignon
-piqué d’un clou de girofle, une carotte tournée,
-un bouquet de persil et ciboules; rangez vos ailerons
-sur ce fond, de manière que le lard ne se
-touche point; mouillez-les avec du bon bouillon;
-couvrez-les d’un rond de papier beurré; faites-les
-partir et cuire sur la paillasse, avec un feu vif
-dessous et dessus, afin qu’ils prennent une belle
-couleur: leur cuisson faite, passez leur fond au
-travers d’un tamis de soie; faites-le réduire presque
-à glace dans une sauteuse, laquelle doit
-avoir assez d’étendue pour les contenir sans être
-<span class="pagenum" id="Page_341">[p. 341]</span>
-les uns sur les autres: rangez-les sens dessus
-dessous dans cette sauteuse, c’est-à-dire que le
-côté piqué doit tremper dans la glace; posez
-cette sauteuse sur une cendre chaude; laissez
-mijoter ainsi vos ailerons: quand ils seront glacés,
-prenez-les avec une fourchette, dressez-les
-sur votre plat, le côté glacé en dessus; mettez
-dans le restant de votre glace une cuillerée à dégraisser
-pleine d’espagnole et une de consommé;
-faites bouillir le tout; détachez bien votre
-glace; saucez vos ailerons avec cette sauce, et
-servez.</p>
-
-<h4 id="rct_570"><i>Ailerons de Poulardes à la&nbsp;Chicorée.</i></h4>
-
-<p>Préparez vos ailerons comme les précédens,
-faites-les cuire de même, dressez-les sur une
-bonne chicorée blanche, et servez. (Voyez <a href="#rct_154"><i>Chicorée
-blanche</i></a>, article <span class="smcap">Ragouts</span>.)</p>
-
-<h4 id="rct_571"><i>Ailerons de Poulardes à la Pluche&nbsp;verte.</i></h4>
-
-<p>Ayez une quinzaine d’ailerons: après les avoir
-préparés, comme il est indiqué ci-dessus, formez
-une casserole de quelques tranches de veau
-et de lames de jambon; joignez-y une douzaine
-de queues de champignons, une demi-gousse
-d’ail, une demi-feuille de laurier et une pincée
-de basilic; rangez vos ailerons sur ce fond; coupez
-deux carottes en lames et deux oignons en
-tranches, couvrez-en vos ailerons, mouillez-les
-avec du bouillon ou du consommé; faites-les partir;
-mettez-les cuire sur la paillasse, avec feu dessous
-et dessus: leur cuisson faite, passez votre
-<span class="pagenum" id="Page_342">[p. 342]</span>
-fond dans une casserole à travers un tamis de
-soie; ajoutez à ce fond un petit pain de beurre,
-manié dans de la farine; faites lier votre fond,
-en la tournant; laissez-la réduire jusqu’à consistance
-de sauce; ajoutez-y une pincée de feuilles
-de persil, que vous aurez fait blanchir; dressez
-vos ailerons; mettez le jus d’un citron dans votre
-sauce, avec un peu de gros poivre; goûtez si elle
-est d’un bon sel, masquez-en vos ailerons, et
-servez.</p>
-
-<h4 id="rct_572"><i>Ailerons de Poulardes à la&nbsp;Villeroi.</i></h4>
-
-<p>Prenez douze ou quinze ailerons, flambez,
-épluchez, désossez-les jusqu’à la première jointure;
-remplissez-les d’une farce cuite de volailles
-(voyez, à l’article <span class="smcap">Farces</span>, celle cuite <i>de Volailles</i><span class="ndt"> [Tome&nbsp;II]</span>);
-marquez-les dans une casserole, comme les <a href="#rct_569">ailerons
-piqués et glacés</a> (voyez cet article), et faites-les
-cuire de même: leur cuisson achevée, égouttez-les,
-posez-les sur une tourtière, couvrez-les
-d’une <a href="#rct_48">Sainte-Menéhould</a> (voyez l’article de cette
-sauce); panez-les avec moitié mie de pain et
-moitié fromage de Parmesan, mêlés ensemble:
-faites prendre une belle couleur à vos ailerons,
-soit au four ou sous un four de campagne, dressez-les,
-et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_573"><i>Crêtes et Rognons au&nbsp;Velouté.</i></h4>
-
-<p>Préparez et faites cuire dans un blanc ces
-crêtes et rognons: leur cuisson faite, égouttez-les;
-mettez dans une casserole du velouté réduit
-en suffisante quantité; jetez-y vos crêtes et vos
-<span class="pagenum" id="Page_343">[p. 343]</span>
-rognons; faites-les mijoter un demi-quart d’heure;
-liez votre ragoût; finissez-le avec la moitié d’un
-pain de beurre et un jus de citron, dressez et
-servez.</p>
-
-<h4 id="rct_574"><i>Grand Aspic de Crêtes et&nbsp;Rognons.</i></h4>
-
-<p>Prenez un moule à aspic, ou, faute de ce moule,
-une casserole proportionnée à la grandeur de
-votre plat; posez-la dans un autre vase rempli
-de glace pilée; coulez dans ce moule de l’aspic,
-de l’épaisseur d’un travers de doigt; décorez-le
-d’un dessin à votre fantaisie: à cet effet, servez-vous
-de truffes, de blancs d’œufs durs, de cornichons,
-de queues et d’œufs d’écrevisses, et de
-rognons de coqs: votre décor achevé, coulez-le
-légérement sur votre aspic; prenez garde de le
-déranger: cet aspic pris, remplissez votre moule
-de crêtes et rognons de coqs, en laissant un espace
-de deux travers de doigt tout autour; remplissez
-d’aspic cet intervalle, ainsi que le moule,
-pour que le tout ensemble ne forme qu’un pain:
-au moment de servir, trempez votre moule dans
-de l’eau tiède; renversez-le sur un couvercle;
-coulez votre aspic sur le plat sans ôter le moule:
-lorsqu’il sera bien placé, enlevez-en le moule
-avec dextérité; remuez la gelée qui se trouverait
-fondue, au moyen d’un chalumeau de paille; essuyez
-votre plat, et servez.</p>
-
-<p>Vous pouvez vous servir du même procédé
-pour faire des aspics de blancs de poulardes, de
-filets de lapereaux et de perdreaux; et si votre
-<span class="pagenum" id="Page_344">[p. 344]</span>
-moule se trouvait faire un puits, remplissez-le
-d’une mayonnaise ou d’une ravigote à la gelée.</p>
-
-<h4 id="rct_575"><i>Petits Aspics de Crêtes et de&nbsp;Rognons.</i></h4>
-
-<p>Procédez, pour ces petits aspics, comme il est
-énoncé ci-dessus pour le grand aspic, soit pour
-leur dessin, soit pour les remplir convenablement:
-faites-en sept ou neuf.</p>
-
-<h4 id="rct_576"><i>Foies gras à la&nbsp;Périgueux.</i></h4>
-
-<p>Prenez sept foies de poulardes qui soient bien
-gras; ôtez-en l’amer et la partie du foie qui le
-touche; piquez-les de clous de truffes; marquez-les
-dans une casserole foncée de bardes de lard;
-mouillez-les avec une bonne mirepoix (voyez,
-à l’article <span class="smcap">Sauces</span>, celle de <a href="#rct_87"><i>Mirepoix</i></a>): faute de
-mirepoix, mettez un verre de vin blanc et un
-de consommé, avec un peu de sel, une carotte
-tournée, deux moyens oignons, dont un piqué
-d’un clou de girofle, un bouquet de persil et ciboules,
-une demi-feuille de laurier et la moitié
-d’une gousse d’ail: couvrez alors ces foies de
-bardes de lard et d’un rond de papier; faites partir
-et cuire un quart d’heure et demi sur la paillasse,
-avec feu dessus et dessous; égouttez-les,
-dressez-les sur le plat, et saucez-les avec une
-<a href="#rct_62">sauce à la Périgueux</a> (voyez cet article): vous
-pouvez servir entre vos foies des crêtes de pain
-passées dans le beurre, avec une belle truffe au
-milieu.</p>
-
-<h4 id="rct_577"><i>Foies gras au&nbsp;Gratin.</i></h4>
-
-<p>Prenez un plat d’argent, ou tout autre qui
-<span class="pagenum" id="Page_345">[p. 345]</span>
-puisse aller au feu; mettez dans le fond l’épaisseur
-d’un travers de doigt de gratin (voyez <i>Gratin</i>,
-article <span class="smcap">Farces</span><span class="ndt"> [Tome&nbsp;II]</span>); ayez six ou sept beaux foies
-de poulardes bien blancs, appropriez-les, comme
-il est dit à l’article précédent; arrangez-les sur
-votre plat, en laissant un puits au milieu (à ce
-sujet, voyez l’article <a href="#rct_482"><i>Mauviettes au Gratin</i></a>); remplissez
-tous les intervalles de vos foies, en sorte
-que le tout ne forme qu’un pain: ayant uni votre
-gratin entièrement avec votre couteau, couvrez-le
-d’un papier beurré, mettez-le dans le four ou
-sous le four de campagne: sa cuisson faite, retirez-le,
-ôtez-en le papier beurré, débouchez-en
-le puits, saucez-le avec une espagnole réduite ou
-une italienne rousse, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_578"><i>Foies gras en&nbsp;Matelote.</i></h4>
-
-<p>Préparez six foies gras, ainsi qu’il est expliqué
-ci-dessus; faites-les blanchir et cuire comme
-ceux à la <a href="#rct_576">Périgueux</a> (voyez cet article); égouttez-les;
-dressez-les sur votre plat; saucez-les d’une
-sauce à la matelote (voyez l’article <a href="#rct_56"><i>Sauce à la
-Matelote</i></a>); ajoutez-y des cœurs de pain passés
-dans le beurre, des truffes, si vous voulez, et
-servez.</p>
-
-<h4 id="rct_579"><i>Foies gras en&nbsp;Caisse.</i></h4>
-
-<p>Faites une caisse ronde ou carrée, de la hauteur
-de deux pouces et demi environ; huilez-la
-en dehors; étendez dans le fond du gratin, de
-l’épaisseur d’un travers de doigt: ayant préparé
-six foies gras, mettez-les dans une casserole avec
-<span class="pagenum" id="Page_346">[p. 346]</span>
-un morceau de beurre, du persil, ciboules,
-champignons hachés, sel, poivre et fines épices,
-le tout en suffisante quantité; passez ainsi ces
-foies: mettez votre caisse sur le gril; arrangez
-vos foies dans cette caisse, avec les fines herbes;
-posez sur un feu doux; laissez-les cuire, et, leur
-cuisson faite, dressez votre caisse sur le plat;
-saucez-la d’une bonne espagnole réduite, dans
-laquelle vous aurez exprimé le jus d’un citron;
-dégraissez-les en cas qu’il y surnage du beurre.</p>
-
-<h4 id="rct_580"><i>Hatelettes de Foies&nbsp;gras.</i></h4>
-
-<p>(Voyez l’article <a href="#rct_233"><i>Hatelettes de Ris de Veau</i></a>). Au
-lieu de ris de veau, vous employez ici des foies
-gras.</p>
-
-<h4 id="rct_581"><i>Coquilles de Foies&nbsp;gras.</i></h4>
-
-<p>Faites blanchir de ces foies, en raison de la
-quantité de coquilles que vous voulez servir;
-coupez-les par lames, ainsi que des truffes et
-des champignons: ajoutez-y persil et ciboules
-hachés, sel, gros poivre, un peu d’épices fines
-et un morceau de beurre; mettez le tout dans
-une casserole, et passez-le sur le feu; mouillez-le
-avec un peu de vin de Champagne et d’espagnole;
-faites réduire ce ragoût à courte sauce,
-mettez-le dans des coquilles (nommées communément
-pélerines); panez-les; faites-leur prendre
-une belle couleur au four ou sous un four
-de campagne, et servez.</p>
-
-<hr class="hr15" />
-
-<h3 id="rct_582"><span class="pagenum" id="Page_347">[p. 347]</span>
-DINDE.</h3>
-
-<h4><i>Dinde aux Truffes et à la&nbsp;Broche.</i></h4>
-
-<p>Ayez une poule d’Inde grasse et blanche; épluchez-la,
-flambez-la, videz-la par la poche, prenez
-garde d’en crever l’amer et d’offenser les
-intestins: si cela vous arrivait, lavez-la en lui
-passant de l’eau dans le corps; ayez trois ou
-quatre livres de truffes; épluchez-les avec soin;
-supprimez celles musquées, et hachez une poignée
-des plus défectueuses; pilez une livre de
-lard gras; mettez-le dans une casserole avec vos
-truffes hachées, et celles qui sont entières, assaisonnez-les
-de sel, gros poivre, fines épices et
-une feuille de laurier; passez le tout sur un feu
-doux; laissez-le mijoter une demi-heure ou trois
-quarts d’heure; après retirez vos truffes du feu;
-remuez-les bien; laissez-les presque refroidir,
-et remplissez-en le corps de votre dinde jusqu’au
-jabot; cousez-en les peaux, afin d’y contenir les
-truffes; bridez-la, bardez-la, et laissez-la se parfumer
-trois ou quatre jours, si la saison vous le
-permet: au bout de ce temps mettez-la à la
-broche, enveloppez-la de fort papier, faites-la
-cuire environ deux heures: sa cuisson achevée,
-déballez-la, faites-lui prendre une belle couleur
-et servez-la.</p>
-
-<h4 id="rct_583"><i>Dinde en&nbsp;Galantine.</i></h4>
-
-<p>Procédez, à l’égard de cette dinde, comme il
-est indiqué à l’article <a href="#rct_550"><i>Poularde en Galantine</i></a>.</p>
-
-<h4 id="rct_584"><span class="pagenum" id="Page_348">[p. 348]</span>
-<i>Dinde en&nbsp;Daube.</i></h4>
-
-<p>Prenez une vieille dinde: après l’avoir flambée
-et épluchée, refaites-lui les pattes; videz-la et retroussez-la
-en poule; coupez de gros lardons,
-assaisonnez-les de sel, poivre, épices fines, aromates
-pilés, persil et ciboules hachés; roulez
-bien ces lardons dans tout cela, ensuite lardez-en
-votre dinde en travers et en totalité; bridez-la,
-enveloppez-la dans un morceau d’étamine;
-cousez-la et ficelez-la des deux bouts; foncez une
-braisière, de la grandeur convenable à la grosseur
-de votre dinde, de quelques bardes de lard
-et de débris de veau, de quelques lames de jambon
-et du restant de vos lardons; ajoutez encore,
-si vous le voulez, un jarret de veau; posez votre
-dinde sur ce fond; assaisonnez-la de sel, d’un
-fort bouquet de persil et ciboules, de deux gousses
-d’ail et de deux feuilles de laurier, de deux
-ou trois carottes et de quatre ou cinq oignons,
-dont un piqué de trois clous de girofle; mouillez
-votre dinde avec du bouillon et un poisson
-de bonne eau-de-vie: faites en sorte qu’elle baigne
-dans son mouillement; couvrez-la de quelques
-bardes de lard et de feuilles de papier beurré;
-faites-la partir, et couvrez votre braisière de son
-couvercle; mettez-la sur la paillasse, avec feu dessous
-et dessus; entourez-la de cendres rouges;
-laissez-la mijoter ainsi pendant quatre heures:
-cependant à moitié de sa cuisson découvrez
-votre dinde; retournez-la; goûtez si elle est d’un
-<span class="pagenum" id="Page_349">[p. 349]</span>
-bon sel, et ajoutez, au cas contraire, ce dont il
-peut avoir besoin: sa cuisson faite, retirez-le du
-feu; laissez-le presque se refroidir dans son assaisonnement;
-retirez-le sur un plat, ayant soin
-de le laisser égoutter; passez son fond au travers
-d’un tamis de soie; clarifiez-le de même que
-l’aspic (voyez <a href="#rct_41"><i>Grand Aspic</i></a>, article <span class="smcap">Sauces</span>);
-laissez refroidir votre gelée; déballez votre dinde;
-dressez-la et garnissez-la de cette gelée. (Observez
-qu’on peut servir cette dinde, <ins id="cor_33" title="chaud">chaude</ins>, avec partie
-de son fond réduit.)</p>
-
-<h4 id="rct_585"><i>Ailerons de Dindons, accommodés de
-toutes&nbsp;façons.</i></h4>
-
-<p>(Voyez à ce sujet tous les articles <a href="#rct_564"><i>Ailerons
-de Poulardes</i></a>).</p>
-
-<hr class="hr15" />
-
-<h3 id="rct_586">PIGEONS.</h3>
-
-<p>Il y a plusieurs sortes de pigeons: les romains,
-les cochois et les bisets sont ceux qu’on emploie
-le plus communément. Il y a aussi les pigeons
-<i>dits</i> à la Gautier, qui sont d’une grande ressource
-pour la cuisine. Je ne parlerai ici que des pigeons
-de volière, comme étant les meilleurs, et auxquels
-on peut substituer le biset. Je ne m’étendrai
-pas non plus sur ce sujet, vu que j’en ai
-déjà parlé à l’article <a href="#rct_486"><i>Pigeons Ramiers</i></a>.</p>
-
-<h4 id="rct_587"><i>Pigeons aux Petits&nbsp;Pois.</i></h4>
-
-<p>Prenez trois ou quatre pigeons; après les avoir
-plumés et épluchés, videz-les et remettez-leur
-<span class="pagenum" id="Page_350">[p. 350]</span>
-le foie dans le corps; retroussez-leur les pattes
-en dedans; laissez-leur les ailerons; flambez-les
-et épluchez-les; mettez un morceau de beurre
-dans une casserole; faites-les revenir, et retirez-les:
-vous aurez coupé du petit lard en gros dés
-et fait dessaler près d’une demi-heure; passez-le
-dans votre beurre; faites-lui prendre une belle
-couleur; égouttez-le, mettez une bonne cuillerée
-à bouche de farine dans votre beurre; faites
-un petit roux, qu’il soit bien blond; remettez-y
-votre petit lard et vos pigeons; retournez-les
-dans votre roux, mouillez-les petit à petit avec
-du bouillon, et mettez le tout à consistance de
-sauce; tournez-le jusqu’à ce qu’il bouille; assaisonnez-le
-de persil et ciboules, avec une demi-feuille
-de laurier, la moitié d’une gousse d’ail et
-un clou de girofle; retirez votre casserole sur le
-bord du fourneau pour que vos pigeons mijotent;
-quand ils seront à moitié de leur cuisson, mettez-y
-un litre de pois fins; laissez-les cuire, ayant
-soin de les remuer souvent: leur cuisson achevée,
-goûtez-les et ajoutez du sel, s’il en est besoin;
-dégraissez-les, retirez-les pour faire réduire leur
-sauce si elle est trop longue: la réduction faite,
-dressez vos pigeons, masquez-les de leur ragoût
-de pois et de petit lard, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_588"><i>Autre&nbsp;Manière.</i></h4>
-
-<p>Ayez trois pigeons de volière; préparez-les
-comme il est dit à l’article précédent; foncez
-une casserole de bardes de lard; mettez-y vos
-<span class="pagenum" id="Page_351">[p. 351]</span>
-pigeons; ajoutez-y deux carottes tournées, deux
-oignons, dont un piqué d’un clou de girofle,
-quelques débris de viande de boucherie, une
-lame de jambon, un peu de sel, un bouquet assaisonné
-comme précédemment; mouillez ces
-pigeons d’une cuillerée à pot de bouillon; mettez
-dessus quelques bardes de lard; faites-les
-partir; couvrez-les d’un rond de papier et d’un
-couvercle, et laissez-les cuire: leur cuisson
-achevée, égouttez-les, dressez-les, masquez-les
-d’un ragoût de pois, et servez. (Voyez l’article
-<a href="#rct_164"><i>Ragoût de Pois</i></a>.)</p>
-
-<h4 id="rct_589"><i>Compote de&nbsp;Pigeons.</i></h4>
-
-<p>Prenez trois ou quatre pigeons de volière, et
-plus, si ce sont des bisets; préparez-les comme
-il est dit ci-dessus; mettez un quarteron de beurre
-dans une casserole, ainsi que du petit lard que
-vous aurez coupé en dés, et que vous aurez fait
-dessaler; faites un petit roux (voyez <a href="#rct_100"><i>Roux</i></a>, article
-<span class="smcap">Sauces</span>); faites-y revenir vos pigeons: le
-tout bien revenu, mouillez-le avec un verre de
-vin et de bouillon, ou de l’eau; mettez-y un
-bouquet garni d’une demi-feuille de laurier, une
-demi-gousse d’ail, un clou de girofle et deux
-bonnes poignées de champignons tournés, ainsi
-qu’une vingtaine de petits oignons d’égale grosseur,
-que vous aurez passés dans le beurre, en
-sorte qu’ils soient bien blonds; assaisonnez vos
-pigeons de sel et gros poivre en suffisante quantité;
-laissez-les cuire, dégraissez-les; si votre
-<span class="pagenum" id="Page_352">[p. 352]</span>
-sauce est trop longue, mettez vos pigeons chaudement
-dans une autre casserole, et faites réduire
-leur sauce: lorsqu’elle sera arrivée à son
-degré, dressez vos pigeons, masquez-les avec
-votre ragoût, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_590"><i>Pigeons au&nbsp;Blanc.</i></h4>
-
-<p>Prenez la même quantité de pigeons que ci-dessus,
-et préparez-les de même; faites-les dégorger
-une demi-heure et blanchir; égouttez-les,
-essuyez-les avec un linge blanc; mettez-les
-dans une casserole avec un morceau de beurre;
-faites-les revenir sur un feu doux, sans que le
-beurre roussisse; singez-les, mouillez-les avec
-du bouillon; assaisonnez-les d’un bouquet comme
-ci-dessus, de sel et de poivre; faites-les mijoter
-un quart d’heure; ajoutez-y deux poignées de
-champignons tournés, une vingtaine de petits
-oignons d’égale grosseur; faites cuire le tout et
-dégraissez-le: si votre sauce se trouvait trop
-longue, transvasez-la, faites-la réduire, remettez-la
-sur vos pigeons; faites une liaison de trois
-jaunes d’œufs, délayés avec de la crême ou du
-lait, et un peu de muscade râpée; liez votre ragoût
-sans le faire bouillir; ajoutez-y, si vous le
-voulez, un peu de persil haché et blanchi; goûtez
-s’il est d’un bon goût; dressez vos pigeons
-sur votre plat, et masquez-les de votre ragoût.</p>
-
-<h4 id="rct_591"><i>Marinade de Pigeons au&nbsp;Soleil.</i></h4>
-
-<p>Si vous avez trois pigeons cuits à la broche,
-coupez-les en deux; faites-les mijoter environ
-<span class="pagenum" id="Page_353">[p. 353]</span>
-vingt minutes dans une marinade cuite (voyez
-l’article <a href="#rct_85"><i>Marinade cuite</i></a>), ensuite égouttez-les:
-au moment de servir, trempez-les dans une pâte
-à frire, légère (voyez l’article <a href="#rct_102"><i>Pâte à frire</i></a>);
-lorsqu’ils seront frits et auront pris une belle
-couleur, dressez-les, couronnez-les d’un bouquet
-de persil frit, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_592"><i>Pigeons à la&nbsp;Crapaudine.</i></h4>
-
-<p>Prenez trois pigeons de volière; videz-les;
-retroussez-leur les pattes dans le corps; flambez-les,
-épluchez-les; levez une partie de l’estomac,
-en commençant du côté des cuisses, et
-venant jusqu’à la jointure des ailes, sans attaquer
-le coffre du pigeon; renversez cet estomac
-et aplatissez le corps avec le manche de votre
-couteau; prenez une casserole assez grande
-pour les contenir, sans qu’ils soient gênés;
-faites-y fondre un morceau de beurre, mettez-y
-sel et gros poivre en suffisante quantité; posez-y
-vos pigeons, du côté de l’estomac; faites-les revenir,
-en les retournant aux trois quarts cuits;
-retirez-les; passez-les; mettez-les sur le gril,
-faites-les griller à un feu doux; donnez-leur une
-belle couleur; dressez-les et servez dessous une
-<a href="#rct_83">sauce au pauvre homme</a>. (Voyez cette Sauce.)</p>
-
-<h4 id="rct_593"><i>Pigeons à la&nbsp;Gautier.</i></h4>
-
-<p>Ayez six ou sept de ces petits pigeons, bien
-égaux, lesquels ne doivent avoir que sept ou
-huit jours; flambez-les très-légérement; prenez
-garde d’en roidir la peau; épluchez-les, coupez-leur
-<span class="pagenum" id="Page_354">[p. 354]</span>
-les ongles; faites fondre, ou plutôt tiédir
-trois quarterons de beurre très-fin; ajoutez-y le
-jus de deux ou trois citrons et un peu de sel fin
-(le blanc est préférable); mettez vos pigeons
-dans ce beurre; faites-les revenir légérement,
-sans passer votre casserole sur le charbon, afin
-de ne point roidir leur peau; retirez du feu votre
-casserole; foncez-en une autre en totalité de
-bardes de lard; rangez-y vos pigeons, de manière
-que les pattes soient au centre de la casserole;
-arrosez-les de la totalité de votre beurre; mouillez-les
-avec une poêle (voyez <a href="#rct_86"><i>Poêle</i></a>, article <span class="smcap">Sauces</span>):
-si vous n’en avez pas, mettez en place un
-verre de vin blanc, une cuillerée à pot de consommé,
-un quarteron de lard râpé et un bouquet
-assaisonné; couvrez vos pigeons de bardes
-de lard et d’un rond de papier; un quart d’heure
-avant de servir faites-les partir; mettez-les cuire
-sur la paillasse, avec un peu de feu dessous et
-de la cendre chaude dessus; leur cuisson faite,
-égouttez, dressez-les, mettez entre chacun d’eux
-une belle écrevisse et une belle truffe au milieu;
-saucez-les, soit avec une <a href="#rct_71">sauce verte</a>, soit avec
-un <a href="#rct_73">beurre d’écrevisses</a> ou bien un <a href="#rct_89">aspic</a>. (Voyez
-article <span class="smcap">Sauces</span>.)</p>
-
-<h4 id="rct_594"><i>Pigeons au&nbsp;Basilic.</i></h4>
-
-<p>Si vous avez des pigeons à la Gautier, de desserte,
-assez pour une entrée, faites une farce
-cuite de volaille (voyez cet article), dans laquelle
-vous mettrez une pincée de basilic haché, s’il est
-<span class="pagenum" id="Page_355">[p. 355]</span>
-vert (s’il est sec, pilez-le et passez-le au tamis);
-supprimez les pattes de vos pigeons; enveloppez-les
-de farce cuite, en sorte qu’on ne puisse
-pas distinguer si ce sont des pigeons; trempez-les
-dans une omelette bien battue, et dans laquelle
-vous aurez mis une mie de pain et un
-grain de sel; roulez-les dans la mie de pain, c’est-à-dire,
-panez-les; un quart d’heure avant de servir,
-mettez-les dans de la friture moyennement
-chaude, afin qu’ils puissent être atteints; faites
-en sorte qu’ils aient une belle couleur; dressez-les
-et servez-les.</p>
-
-<h4 id="rct_595"><i>Côtelettes de&nbsp;Pigeons.</i></h4>
-
-<p>Prenez six pigeons; préparez-les, flambez-les
-légérement; levez-en les filets, posez-les sur la
-table et levez-en la petite peau; battez légérement
-ces filets avec le manche de votre couteau;
-parez-les; prenez des os de l’aile ou du brichet;
-nettoyez-les; mettez-les dans la pointe de chacun
-de vos filets pour en former comme une côtelette;
-trempez-les dans une anglaise (c’est-à-dire,
-deux jaunes d’œufs délayés avec du beurre);
-panez-les; mettez-les sur le gril; faites-les griller,
-ayant soin de les retourner; donnez-leur une
-belle couleur, et, leur cuisson achevée, dressez-les
-en couronne sur votre plat; saucez-les d’un
-jus de bœuf, ou d’un blond de veau bien <ins id="cor_34" title="corcé">corsé</ins>,
-dans lequel vous mettrez une pincée de gros
-poivre, le jus d’un ou deux citrons, et servez.</p>
-
-<p>Vous pouvez faire avec les culottes de vos pigeons
-<span class="pagenum" id="Page_356">[p. 356]</span>
-une entrée, telle qu’une timbale, un
-pâté chaud, ou des papillotes (voy. l’article <a href="#rct_271"><i>Côtelettes
-de Veau en Papillotes</i></a>, et procédez de
-même): il faut, pour cette dernière entrée, couper
-vos culottes en deux.</p>
-
-<h4 id="rct_596"><i>Pigeons à la&nbsp;Broche.</i></h4>
-
-<p>Prenez cinq pigeons de volière; plumez-les,
-videz-les; refaites-les légérement; épluchez-les,
-bridez-les; laissez-leur les pattes en long; bardez-les:
-si c’est en été, mettez une feuille de
-vigne entre le pigeon et la barde, et posez-la de
-manière à ce qu’elle ne déborde pas le lard.
-Passez vos pigeons dans un hatelet; attachez-les
-sur la broche; faites cuire ces pigeons, et
-observez qu’ils demandent à être cuits verts.</p>
-
-<h4 id="rct_597"><i>Pigeons en Ortolans pour&nbsp;Rôt.</i></h4>
-
-<p>Prenez six pigeons à la Gautier; préparez-les;
-flambez-les légérement; bardez-les en caille,
-de manière qu’on leur voie à peine les pattes;
-passez-les dans un hatelet; couchez-les sur la
-broche; faites-les cuire à un feu clair (il leur
-faut très-peu de cuisson), et servez.</p>
-
-<hr class="hr15" />
-
-<h3 id="rct_598">OIES.</h3>
-
-<h4><i>Oies&nbsp;sauvages.</i></h4>
-
-<p>Leur passage dure environ deux mois, à
-moins que l’hiver ne soit doux: les jeunes sont
-d’un fort bon manger, et ressemblent beaucoup
-<span class="pagenum" id="Page_357">[p. 357]</span>
-à nos oies domestiques, lesquelles proviennent
-des sauvages. Bien que l’on en compte plusieurs
-espèces, telles que celles d’Astracan et de la
-Chine, il y en a encore d’autres que l’on a par
-curiosité. En général, l’oie, quoique de difficile
-digestion, est très-bonne à manger; il y a quantité
-de manières de s’en servir dans l’économie
-domestique: je vais essayer de les indiquer.</p>
-
-<h4 id="rct_599"><i>Oison à la&nbsp;Broche.</i></h4>
-
-<p>Ayez un oison gras, et dont la graisse soit
-blanche: pour vous assurer s’il est jeune et
-tendre, essayez de lui rompre la partie supérieure
-du bec; si elle se rompt facilement, vous pouvez
-le prendre; supprimez-en les ailes; épluchez-le,
-flambez-le; refaites-lui les pattes; coupez-en
-les ongles; essuyez-les avec un linge
-blanc; bridez votre oison; laissez-lui les pattes
-en long; mettez-le à la broche; faites-le cuire
-vert; il faut qu’en mettant le couteau dans le
-filet, le jus en sorte.</p>
-
-<h4 id="rct_600"><i>Oie à l’Anglaise.</i></h4>
-
-<p>Préparez une oie comme ci-dessus; hachez-en
-le foie; épluchez trois gros oignons; coupez-les
-en petits dés; passez-les dans le beurre;
-faites-le cuire à blond; ajoutez-y une pincée de
-sauge bien hachée, ainsi que votre foie, du sel
-et poivre fin; mêlez bien le tout ensemble; mettez
-cet appareil dans le corps de cette oie;
-cousez-la, mettez-la à la broche; faites-la cuire
-<span class="pagenum" id="Page_358">[p. 358]</span>
-comme ci-dessus, et servez-la avec un jus de
-bœuf ou un blond de veau réduit.</p>
-
-<h4 id="rct_601"><i>Oie aux&nbsp;Marrons.</i></h4>
-
-<p>Ayez une oie, comme il est indiqué ci-dessus;
-préparez-la de même, hachez son foie; coupez
-un oignon en petits dés, passez le tout dans du
-lard râpé; préparez cinquante marrons, comme
-il est indiqué au potage à la purée de marrons;
-mettez-les mijoter dans votre farce; assaisonnez
-le tout de sel, poivre, fines épices (vos marrons
-seront cuits s’ils s’écrasent facilement dans vos
-doigts); rentrez le croupion de votre oie en
-dedans, cousez-la, remplissez-la de votre appareil,
-cousez la poche, mettez votre oie à la broche,
-donnez-lui cinq quarts d’heure de cuisson,
-et servez-la.</p>
-
-<h4 id="rct_602"><i>Oie à la&nbsp;Chipolata.</i></h4>
-
-<p>Ayez un bel oison d’une graisse bien blanche;
-videz-le, retroussez-lui les pattes en dedans,
-flambez-le légérement, épluchez-le, bridez-le,
-bardez-le et ficelez-le; foncez une braisière de
-bardes de lard; mettez dans le fond quelques
-débris de viande de boucherie, deux lames de
-jambon, les abatis de votre oison, un bouquet
-de persil et ciboules, trois carottes tournées,
-deux ou trois oignons, dont un piqué de girofle,
-une gousse d’ail, du thym, du laurier, un
-peu de basilic et du sel; posez votre oie sur ce
-fond, mouillez-la avec un verre de vin de Madère
-ou tout autre vin blanc en plus grande
-<span class="pagenum" id="Page_359">[p. 359]</span>
-quantité, et du bouillon ce qu’il en faut pour
-que votre oison baigne; faites-le partir, mettez
-dessus du papier beurré; couvrez-le, mettez-le
-sur la paillasse, avec feu dessous et dessus; faites-le
-cuire environ une heure et demie; sa cuisson
-faite, égouttez-le, dressez-le, et masquez-le au
-moment de servir avec une chipolata. (Voyez
-<a href="#rct_163"><i>Chipolata</i></a>, article <span class="smcap">Ragouts</span>.)</p>
-
-<h4 id="rct_603"><i>Cuisses et Ailes d’Oies à la façon de&nbsp;Baïonne.</i></h4>
-
-<p>Ayez le nombre d’oies que vous croirez nécessaire
-pour conserver; levez-en les ailes entières,
-ainsi que les cuisses, de manière à ne rien
-laisser sur la carcasse; désossez en partie les
-cuisses avec la main, frottez-les, ainsi que les
-ailes, de sel fin, dans lequel vous aurez mis une
-demi-once de salpêtre pilé, pour les membres
-des cinq oies; rangez toutes vos ailes et vos
-cuisses dans une terrine; mettez entre elles du
-laurier, du thym et du basilic; couvrez-les d’un
-linge blanc, laissez-les vingt-quatre heures dans
-cet assaisonnement; après retirez-les, passez-les
-légérement dans de l’eau, laissez-les égoutter;
-vous aurez ôté toute la graisse qui est dans le
-corps de vos oies, même celle qui est attachée
-aux intestins; vous l’aurez préparée comme le
-sain-doux (voyez <a href="#rct_353"><i>Sain-Doux</i></a>, article <span class="smcap">Cochon</span>);
-mettez ces membres dans ce sain-doux, faites-les
-cuire à un feu extrêmement modéré; il faut
-que ce sain-doux ne fasse que frémir; vous serez
-sûr que ces membres seront cuits, lorsque vous
-<span class="pagenum" id="Page_360">[p. 360]</span>
-pourrez y enfoncer une paille; alors égouttez-les,
-et quand ils seront bien refroidis, vous les
-arrangerez le plus serré que possible dans des
-pots; vous y coulerez votre sain-doux, aux trois
-quarts refroidi; laissez le tout ainsi refroidir;
-vingt-quatre heures après couvrez les pots bien
-hermétiquement de papier ou de parchemin;
-mettez-les dans un endroit frais, sans être humide,
-et servez-vous-en au besoin.</p>
-
-<h4 id="rct_604"><i>Cuisses d’Oies à la&nbsp;Lyonnaise.</i></h4>
-
-<p>Prenez trois ou quatre quartiers d’oies; faites-les
-chauffer et un peu frire dans leur sain-doux;
-coupez six gros oignons en anneaux, prenez
-une partie du sain-doux dans lequel vous aurez
-fait chauffer ces cuisses, faites-y frire vos oignons;
-quand ils seront cuits et d’une belle
-couleur, égouttez-les, et de même égouttez vos
-quartiers d’oies; dressez-les, mettez vos oignons
-dessus, et servez dessous une bonne poivrade
-ou toute autre sauce qu’il vous plaira.</p>
-
-<h4 id="rct_605"><i>Cuisses ou Quartiers d’Oies à la&nbsp;purée.</i></h4>
-
-<p>Faites chauffer vos cuisses comme les précédentes;
-égouttez-les, dressez-les et masquez-les
-d’une bonne purée de pois verts, que vous aurez
-finie avec un pain de beurre, et servez.
-(Voyez l’article <a href="#rct_78"><i>Sauce à la Purée de Pois</i></a>.)</p>
-
-<h4 id="rct_606"><i>Oie à la Daube ou à la&nbsp;Flamande.</i></h4>
-
-<p>Videz, flambez, épluchez une oie; préparez-la
-<span class="pagenum" id="Page_361">[p. 361]</span>
-comme la dinde (voyez l’article <a href="#rct_584"><i>Dinde à la
-Daube</i></a>); marquez-la et faites-la cuire de même;
-la cuisson achevée, dressez-la sur le plat, garnissez-la
-d’oignons, de carottes tournées et servez
-dessous son fond, que vous aurez passé au
-tamis de soie et fait réduire; observez que pour
-l’ordinaire on ne le sert pas froid comme on
-sert le dindon.</p>
-
-<hr class="hr15" />
-
-<h3 id="rct_607">CANARDS.</h3>
-
-<h4><i>Des Canards en&nbsp;général.</i></h4>
-
-<p>Le canard est de <ins id="cor_35" title="tout">tous</ins> les oiseaux celui qui approche
-le plus de l’oie; il est plus délicat et de
-plus facile digestion. Il en est du canard comme
-de l’oie, il y en a de sauvages et de domestiqués;
-ces derniers sont les plus gros. Nous avons
-des variétés dans ces espèces, telle, par exemple,
-que celle de Barbarie, qui est plus grosse, moins
-délicate, et sujette à sentir le musc; mais, si on
-croise cette espèce avec les autres, il en provient
-des mulets qui tiennent le milieu entre les deux,
-et ils n’ont pas le désavantage d’avoir le mauvais
-goût de ceux de Barbarie: c’est avec cette
-espèce de mulet qu’on fait les canetons de
-Rouen; si estimés pour leur grosseur et leur
-qualité. Le canard sauvage se mange communément
-à la broche; cependant on en fait des
-entrées, que je tâcherai de faire connaître.</p>
-
-<h4 id="rct_608"><i>Canard sauvage à la&nbsp;Broche.</i></h4>
-
-<p>Choisissez un canard (ou deux); qu’il soit
-<span class="pagenum" id="Page_362">[p. 362]</span>
-gras; voyez s’il a les pattes fines, d’une belle
-couleur et non desséchées; pour juger s’il est
-vieux tué, ouvrez-lui le bec, et flairez s’il ne
-sent pas un mauvais goût; tâtez-lui le croupion
-et le ventre; s’ils sont fermes et que l’animal
-soit pesant, c’est une preuve qu’il est gras et
-frais; s’il a toutes ces qualités, prenez-le: j’ai remarqué
-que les femelles étaient plus délicates à
-manger que les mâles, quoiqu’en général les
-mâles se vendent plus cher; plumez deux de
-ces canards, ôtez-en le duvet, coupez-en les ailes
-bien près du corps, supprimez-en les cous,
-videz-les, flambez-les, épluchez-les, retroussez-leur
-les pattes, bridez-les et frottez-les avec leur
-foie; mettez-les à la broche, faites-les cuire
-verts; débrochez-les, dressez-les et servez-les
-avec deux citrons entiers.</p>
-
-<h4 id="rct_609"><i>Filets de Canards sauvages à l’Orange.</i></h4>
-
-<p>Levez les filets de trois de ces canards; conservez
-la peau sur les filets, ciselez-les légèrement
-du côté de la peau; faites-les mariner dans
-de l’huile, avec ciboules cassées en deux et persil
-en branche, sel, gros poivre et le jus d’un
-citron; laissez-les se mariner une heure; au moment
-de servir, versez deux cuillerées d’huile
-dans une sauteuse, mettez-y vos filets, posez-les
-sur un bon feu, retournez-les deux ou trois
-fois, égouttez-les, dressez-les en couronne, et
-servez dessous une <a href="#rct_113">sauce à l’orange</a> (voyez l’article
-de cette Sauce).</p>
-
-<h4 id="rct_610"><span class="pagenum" id="Page_363">[p. 363]</span>
-<i>Salmi de Canards&nbsp;sauvages.</i></h4>
-
-<p>Faites cuire deux de ces canards à la broche;
-lorsqu’ils seront froids, levez-les par membres,
-parez-les, pilez-les en parures, passez-les à l’étamine,
-et procédez en tout comme il est indiqué
-à l’article <a href="#rct_436"><i>Salmi de Perdreaux</i></a>.</p>
-
-<h4 id="rct_611"><i>Salmi de Canards sauvages au&nbsp;Chasseur.</i></h4>
-
-<p>Faites cuire à la broche deux de ces canards:
-leur cuisson faite, coupez les estomacs en aiguillettes,
-levez-en les cuisses, séparez la carcasse en
-plusieurs morceaux; mettez-y sel et gros poivre;
-arrosez-les de quatre cuillerées à bouche d’huile
-d’olive et d’un demi-verre de vin de Bordeaux;
-coupez deux bigarades; exprimez-en le jus dessus,
-remuez bien le tout ensemble, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_612"><i>Caneton de Rouen, sauce à l’Orange.</i></h4>
-
-<p>Ayez un beau caneton, bon de chair et de
-graisse, surtout qu’il soit blanc (ceci soit dit
-pour tous ceux que vous devez employer): videz-le,
-flambez-le légérement sans lui roidir
-la peau; refaites-lui les pattes, coupez-en les petits
-bouts, retroussez-les-lui en dehors, et rentrez-lui
-le croupion en dedans; épluchez-le; coupez-lui
-les ailes bien près du corps; supprimez-les,
-ainsi que le cou; maniez du beurre dans
-une casserole, ce qu’il en faut pour votre caneton;
-maniez ce beurre avec une cuiller de bois;
-mettez-y un peu de sel et un jus de citron; remplissez
-votre caneton de ce beurre, retroussez-le,
-<span class="pagenum" id="Page_364">[p. 364]</span>
-donnez-lui une belle forme; foncez une casserole
-de bardes de lard; posez-le sur ce fond; couvrez-le
-de tranches de citron, desquelles vous
-aurez ôté la peau, le blanc et les pepins; couvrez-le
-de bardes de lard; assaisonnez-le d’une
-carotte tournée, d’un oignon piqué d’un clou
-de girofle et d’un bouquet de persil et ciboules;
-mouillez-le d’un peu de consommé et d’un demi-verre
-de vin blanc, et couvrez-le d’un rond de
-papier: une heure ou trois quarts d’heure avant
-de servir, faites-le partir, couvrez-le d’un couvercle,
-mettez-le sur la paillasse, avec feu dessous
-et de la cendre rouge dessus: sa cuisson faite,
-égouttez-le, débridez-le, dressez-le sur votre plat,
-et servez dessous une <a href="#rct_113">sauce à l’orange</a> (voyez
-cette Sauce): au lieu d’employer du jus de bœuf,
-prenez un peu de sauce à l’aspic ou du consommé
-réduit: si ce n’est pas dans le temps des oranges,
-employez des citrons.</p>
-
-<h4 id="rct_613"><i>Caneton, sauce aux&nbsp;Olives.</i></h4>
-
-<p>Préparez et faites cuire ce caneton comme le
-précédent, et masquez-le d’un <a href="#rct_165">ragoût d’olives</a>.
-(Voyez ce Ragoût.)</p>
-
-<h4 id="rct_614"><i>Caneton aux petits&nbsp;Pois.</i></h4>
-
-<p>Préparez et faites cuire ce caneton comme les
-précédens, et masquez-le d’un <a href="#rct_164">ragoût de petits
-pois</a>. (Voyez cet article.)</p>
-
-<h4><i id="rct_615">Caneton aux Navets, Haricot&nbsp;vierge.</i></h4>
-
-<p>Apprêtez et faites cuire ce caneton comme les
-<span class="pagenum" id="Page_365">[p. 365]</span>
-précédens, et masquez-le d’un haricot vierge.
-(Voyez <a href="#rct_564"><i>Ailerons de Poulardes en Haricot vierge</i></a>.)</p>
-
-<h4 id="rct_616"><i>Caneton aux&nbsp;Navets.</i></h4>
-
-<p>Procédez de la même manière que ci-dessus
-pour ce caneton, et masquez-le d’un <a href="#rct_166">ragoût de
-navets</a>. (Voyez ce Ragoût.)</p>
-
-<h4 id="rct_617"><i>Caneton, sauce au Beurre d’Écrevisses.</i></h4>
-
-<p>Préparez et faites cuire ce caneton de même
-que les précédens, et, pour le saucer, voyez l’article
-<a href="#rct_73"><i>Sauce au Beurre d’Écrevisses</i></a>.</p>
-
-<h4 id="rct_618"><i>Caneton, sauce au Vert-pré.</i></h4>
-
-<p>Procédez de la même manière pour celui-ci
-que pour les précédens, et, pour le saucer, voyez
-l’article <a href="#rct_112"><i>Sauce au Vert-pré</i></a>.</p>
-
-<h4 id="rct_619"><i>Canards aux petites&nbsp;Racines.</i></h4>
-
-<p>Opérez également pour ceux-ci comme pour
-les précédens; masquez-les de petites racines.
-(Voyez l’article <a href="#rct_168"><i>Ragoût aux petites Racines</i></a>.)</p>
-
-<h4 id="rct_620"><i>Canards aux&nbsp;Concombres.</i></h4>
-
-<p>Préparez ces canards et faites-les cuire comme
-les précédens, et masquez-les de concombres.
-(Voyez l’article <a href="#rct_161"><i>Ragoût aux Concombres</i></a>.)</p>
-
-<h4 id="rct_621"><i>Canards aux petits&nbsp;Oignons.</i></h4>
-
-<p>Préparez ces canards comme les précédens;
-faites-les cuire de même, et masquez-les de petits
-oignons. (Voyez l’article <a href="#rct_169"><i>Ragoût aux petits Oignons</i></a>.)</p>
-
-<h4 id="rct_622"><i>Canards en&nbsp;Macédoine.</i></h4>
-
-<p>Préparez ces canards de même que les précédens,
-<span class="pagenum" id="Page_366">[p. 366]</span>
-faites-les cuire de même, et masquez-les
-d’une macédoine. (Voyez l’article <a href="#rct_170"><i>Ragoût de
-Macédoine</i></a>.)</p>
-
-<h4 id="rct_623"><i>Canards au&nbsp;Verjus.</i></h4>
-
-<p>Préparez ces canards comme les précédens;
-faites-les cuire de même; ayez du verjus, si c’est
-la saison; ôtez-en les queues, faites-les blanchir
-et égouttez-les; mettez trois cuillerées d’espagnole
-réduite dans une casserole; ajoutez-y votre verjus;
-faites réduire votre ragoût; dégraissez-le avec
-un pain de beurre, goûtez s’il est d’un bon goût,
-masquez-en vos canards et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_624"><i>Canards à la Purée&nbsp;verte.</i></h4>
-
-<p>Préparez ces canards comme les précédens;
-faites-les cuire de même, et masquez-les d’une
-purée verte. (Voyez l’article <a href="#rct_71"><i>Sauce à la Purée
-verte</i></a>.)</p>
-
-<h4 id="rct_625"><i>Canards aux Navets à la&nbsp;Bourgeoise.</i></h4>
-
-<p>Prenez un ou deux canards, videz-les, flambez-les,
-refaites-leur les pattes, coupez-en les
-bouts et les ailes bien près du corps, ainsi que
-le cou; épluchez-les, retroussez-les en poule,
-les pattes en dedans: mettez du beurre dans une
-casserole, faites-y revenir vos canards; ayez soin
-de les retourner; faites-leur prendre une belle
-couleur; retirez-les de la casserole: pour les
-garnir, vous aurez apprêté une quantité suffisante
-de petits navets, soit coupés au vide-pomme, soit
-tournés au couteau et tous égaux; faites-les roussir
-dans le beurre de vos canards: lorsqu’ils seront
-<span class="pagenum" id="Page_367">[p. 367]</span>
-d’une belle couleur, égouttez-les, faites un
-petit roux (voyez <a href="#rct_100"><i>Roux</i></a>, art. <span class="smcap">Sauces</span>); délayez
-avec du bouillon, sinon, avec de l’eau: prenez
-garde que votre sauce ne soit grumeleuse; mettez-y
-sel, poivre, un bouquet de persil et ciboules,
-assaisonné d’une demi-gousse d’ail et d’une
-feuille de laurier; trempez vos canards dans cette
-sauce et faites-les cuire: quand ils seront à moitié
-de leur cuisson, joignez-y vos navets; laissez-les
-mijoter; ayez soin de retourner vos canards de
-temps en temps, sans écraser les navets: la cuisson
-achevée, dégraissez votre ragoût, dressez vos
-canards, masquez-les de ce ragoût, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_626"><i>Caneton de Rouen, pour&nbsp;Rôt.</i></h4>
-
-<p>Prenez un ou deux canetons (voyez <a href="#rct_612"><i>Caneton
-de Rouen</i></a>), préparez, videz, flambez, épluchez
-et bridez-les, les pattes en long; embrochez-les,
-enveloppez-les de papier, faites-les cuire environ
-trois quarts d’heure: la cuisson faite, dressez-les
-et servez-les, comme le canard sauvage au citron<sup><a href="#note_5">[5]</a></sup>.</p>
-
-<div class="box" id="note_5">
-5 Note de transcription: Article introuvable. Voir
-<a href="#rct_612"><i>Caneton de Rouen, sauce à l’Orange</i></a> ou <a href="#rct_609"><i>Filets de Canards sauvages à l’Orange</i></a>.
-</div>
-
-<hr class="hr15" />
-
-<h2 id="rct_627">OISEAUX DE RIVIÈRES ET SARCELLES.</h2>
-
-<p>Le <i>rouge de rivière</i> est plus petit que le canard
-sauvage, et lui ressemble beaucoup pour la forme;
-il est d’une chair plus délicate: après lui viennent
-les <i>pilets</i>, les <i>moiletons</i>, les <i>macreuses</i>, qui leur
-sont bien inférieurs en qualité: tous ces oiseaux
-s’apprêtent et s’accommodent comme le canard
-sauvage. La macreuse et le pilet, considérés
-<span class="pagenum" id="Page_368">[p. 368]</span>
-comme chair de poisson, se servent les jours
-maigres, avec des sauces maigres.</p>
-
-<hr class="hr15" />
-
-<h2 id="rct_628">MAIGRE.</h2>
-
-<h4><i>Bouillon de&nbsp;Pois.</i></h4>
-
-<p>Prenez un litre ou deux de pois, qui soient
-sans pucerons; lavez-les, et, si vous en avez le
-temps, laissez-les tremper quelques heures; mettez-les
-dans une marmite avec deux oignons et
-deux carottes; faites-les bouillir; n’attendez pas
-qu’ils se mettent en purée; retirez-les du feu;
-passez leur bouillon dans une passoire; laissez-le
-reposer; tirez-le au clair, et servez-vous-en.</p>
-
-<h4 id="rct_629"><i>Bouillon pour les Potages et les&nbsp;Sauces.</i></h4>
-
-<p>Prenez douze carottes, autant de navets et
-d’oignons, une botte de poireaux, deux panais,
-quatre pieds de céleri et un chou coupé en
-quatre; faites blanchir le tout, rafraîchissez-le;
-égouttez-le, ficelez le chou; mettez ces légumes
-dans une marmite; mouillez avec le bouillon
-de pois; ajoutez-y quelques racines de persil et
-un petit paquet de macis, de gingembre, deux
-clous de girofle, et une gousse d’ail enveloppée
-dans un linge: faites cuire votre bouillon:
-pour lui donner une belle couleur, mettez dans
-une casserole un morceau de beurre avec deux
-ou trois carottes, autant de navets et d’oignons
-coupés en lames et un pied de céleri; passez le
-tout bien coloré; mouillez-le d’un peu de bouillon
-de pois; faites-le tomber à glace; et lorsqu’il
-<span class="pagenum" id="Page_369">[p. 369]</span>
-sera presque attaché, mouillez-le encore un peu
-pour le détacher, et versez-le dans votre bouillon,
-que vous laisserez mijoter quatre ou cinq
-heures de suite; passez-le dans une serviette, et
-servez-vous-en pour faire vos potages et vos
-sauces.</p>
-
-<h4 id="rct_630"><i>Bouillon de&nbsp;Poisson.</i></h4>
-
-<p>Mettez du beurre dans le fond d’une casserole
-et dessus des oignons coupés en deux; émincez
-en moindre quantité des légumes, comme ci-dessus;
-couvrez-en vos oignons; ayez deux carpes,
-échardez-les, videz-les; fendez les têtes en
-deux, ôtez-en une pierre jaune nommée communément
-l’amer de la tête, et qui se trouve près
-des ouïes; jetez-la; coupez ces carpes par tronçons;
-joignez-y un brocheton ou tout autre poisson,
-que vous mettrez sur vos légumes; versez-y
-une cuillerée de bouillon maigre; laissez suer le
-tout: quand il formera glace, mouillez-le entièrement;
-mettez-y du sel, un peu de mignonnette,
-des queues de champignons, un bouquet
-assaisonné d’une gousse d’ail, d’un peu de macis,
-d’un peu de laurier et de deux clous de girofle;
-vous pouvez vous servir de ce bouillon,
-qui tient lieu du consommé et du blond de veau,
-pour vos potages, vos grandes et vos petites
-sauces.</p>
-
-<h4 id="rct_631"><i>Jus&nbsp;Maigre.</i></h4>
-
-<p>Étendez du beurre dans le fond d’une casserole;
-couvrez-le d’oignons coupés en deux et de
-racines en tranches; faites suer le tout sur un
-<span class="pagenum" id="Page_370">[p. 370]</span>
-feu modéré, environ trois quarts d’heure; ensuite
-mettez-le sur un feu plus vif, et faites-le
-tomber à glace, jusqu’à ce qu’il soit d’une couleur
-plus foncée; alors mouillez-le avec du bouillon
-des potages; détachez-le doucement; ajoutez-y
-quelques queues de champignons, une
-demi-gousse d’ail, persil et ciboules, une feuille
-de laurier, deux clous de girofle et du sel en
-suffisante quantité: laissez cuire ce jus à-peu-près
-trois quarts d’heure; passez-le au travers
-d’une serviette, et servez-vous-en au besoin.</p>
-
-<h4 id="rct_632"><i>Espagnole&nbsp;Maigre.</i></h4>
-
-<p>Beurrez le fond d’une casserole; couvrez-la
-d’oignons coupés en deux, de quelques carottes
-tournées, d’une feuille de laurier, d’une ou deux
-carpes et tous autres poissons, même de l’esturgeon,
-si vous en avez: faites suer le tout à
-petit feu; ensuite poussez-le à un feu plus vif:
-lorsque ce suage sera tombé à glace, mouillez-le
-avec moitié jus et moitié bouillon, comme je
-l’ai indiqué pour le Potage; faites-le bouillir,
-pour que la glace se détache: cela fait, liez cette
-sauce avec un roux, comme l’espagnole grasse
-(voyez l’article <a href="#rct_37"><i>Espagnole</i></a>); mettez-y une demi-bouteille
-de vin blanc, de Champagne ou de
-Bourgogne, une gousse d’ail et quelques champignons:
-faites aller cette espagnole pendant une
-heure à petit feu; dégraissez-la, passez-la à l’<ins id="cor_36" title="étatamine">étamine</ins>,
-et servez-vous-en, comme on se sert de
-l’espagnole, pour toutes vos petites sauces.</p>
-
-<h4 id="rct_633"><span class="pagenum" id="Page_371">[p. 371]</span>
-<i>Potage au&nbsp;Pain.</i></h4>
-
-<p>Chapelez légérement un pain à potage; levez-en
-les croûtes; arrondissez-les; mettez-les dans
-une casserole; versez dessus une cuillerée à pot
-de votre bouillon à potage; faites-le mitonner;
-versez-le dans votre pot à œil, et servez dessus
-tel légume ou telle purée maigre qu’il vous plaira.
-Il n’est point nécessaire d’entrer dans aucun
-détail au sujet de ces purées, puisqu’elles se font
-comme les grasses, sinon qu’elles se mouillent
-avec du bouillon maigre.</p>
-
-<h4 id="rct_634"><i>Potage à la Reine en&nbsp;Maigre.</i></h4>
-
-<p>Ayez deux brochetons, qui ne sentent point
-la vase; échaudez-les, videz-les, levez-en les
-chairs; posez-les sur la table, du côté de la peau;
-levez cette peau, comme vous lèveriez une barde
-de lard; coupez ces chairs en gros dés; mettez-les
-dans une casserole, avec un morceau de
-beurre; faites-les cuire, sans les faire roussir;
-laissez-les refroidir; pilez une vingtaine d’amandes
-douces émondées: vous aurez fait tremper
-la mie d’un pain à potage dans de la crême,
-et vous l’aurez fait dessécher, comme il est indiqué
-à la <i>Panade</i>, article <span class="smcap">Farces</span><span class="ndt"> [Tome&nbsp;II]</span>: pilez de même
-cette panade; retirez-la du mortier; pilez aussi
-vos chairs de brochets; joignez-y votre panade et
-vos amandes; repilez le tout; foncez une casserole
-de beurre; mettez dessus des oignons coupés
-en deux et des racines en lames, telles que
-<span class="pagenum" id="Page_372">[p. 372]</span>
-carottes, navets, une demi-gousse d’ail, la moitié
-d’une feuille de laurier, un peu de macis, un
-bouquet de persil, ciboules, un clou de girofle,
-deux carpes coupées en tronçons, et les débris
-de vos brochetons: mouillez ce fond d’un peu de
-bouillon de pois; faites-le suer à petit feu, sans
-le laisser attacher: lorsque votre glace sera formée,
-mouillez-la avec du <a href="#rct_628">bouillon de pois</a> (voyez
-cet article); faites cuire ce bouillon à petit feu:
-sa cuisson faite, passez-le dans une serviette, et
-servez-vous-en pour délayer votre appareil, que
-vous passerez à l’étamine, à force de bras, et
-auquel vous donnerez la consistance d’un coulis:
-mettez cet appareil dans une casserole, faites-le
-chauffer au bain-marie, jusqu’au moment
-de vous en servir; mettez dans votre pot à œil
-des petits croûtons coupés en dés et passés dans
-le beurre; versez dessus votre purée à la reine,
-et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_635"><i>Potage au Lait d’Amandes.</i></h4>
-
-<p>Prenez une livre et demie d’amandes douces
-et douze amandes amères; mettez-les dans une
-casserole avec de l’eau fraîche et sur le feu;
-lorsqu’elles sont prêtes à bouillir, retirez-les;
-voyez si la peau se lève, pour les émonder (on
-se sert d’un torchon dans lequel on les frotte);
-ayez de l’eau froide, où vous les mettrez au fur
-et à mesure; égouttez-les; lorsqu’elles seront
-froides, mettez-les dans un mortier et pilez-les;
-mettez-y de temps en temps une goutte d’eau,
-<span class="pagenum" id="Page_373">[p. 373]</span>
-afin qu’elles ne tournent point en huile; vous
-jugerez qu’elles seront bien pliées, quand vous
-ne sentirez plus de grumeaux sous vos doigts;
-mettez-les dans une casserole et dans une pinte
-et demie d’eau; cette eau étant bouillante, mettez-y
-infuser une demi-once de coriandre et le
-zeste d’une moitié de citron, dont vous aurez
-ôté le blanc; délayez vos amandes avec cette infusion,
-passez le tout plusieurs fois au travers
-d’une serviette ou d’une étamine, jusqu’à ce qu’il
-ressemble à du lait; salez-le et sucrez-le convenablement;
-ensuite mettez-le au bain-marie; ayez
-des tranches de mie de pain très-minces, faites-les
-glacer au four ou sous un four de campagne,
-et jetez-les dans votre lait d’amandes au moment
-de servir.</p>
-
-<h4 id="rct_636"><i>Autre&nbsp;manière.</i></h4>
-
-<p>Prenez une demi-livre d’amandes douces
-et cinq ou six amères; émondez-les et pilez-les
-comme ci-dessus; ayez une pinte et demie de
-lait, faites-le bouillir, et servez-vous d’une partie
-pour passer votre pâte d’amandes à plusieurs reprises,
-comme il est dit à l’article précédent;
-dans la partie du lait dont vous ne vous serez
-point servi, mettez infuser la moitié d’un bâton
-de vanille, que vous retirerez quand vous mélangerez
-le tout; assaisonnez-le de sucre et d’un
-peu de sel, mettez-y gros comme la moitié d’un
-œuf d’excellent beurre; trempez votre potage
-comme le précédent, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_637"><span class="pagenum" id="Page_374">[p. 374]</span>
-<i>Autre manière plus prompte et plus&nbsp;économique.</i></h4>
-
-<p>Prenez une pinte et demie de lait, faites-le
-bouillir; mettez dans une casserole huit jaunes
-d’œufs très-frais, dont vous aurez ôté avec soin
-les blancs et les germes; écrasez avec le rouleau
-vingt-quatre massepains ou macarons, moitié
-amers et moitié doux; mettez du sucre suffisamment
-pour sucrer votre lait, un peu de sel
-et une cuillerée à bouche de fleur d’orange;
-délayez le tout avec un peu de votre lait chaud,
-mais non bouillant, et de manière que vos macarons
-se mêlent bien avec les jaunes d’œufs et
-votre sucre; réservez la moitié de ce lait pour
-lier votre potage; ayant coupé des tranches de
-pain, les ayant rangé sur un plafond et les
-ayant saupoudré de sucre très-fin, faites-les
-glacer au four ou sous un four de campagne;
-et de suite dans votre pot à œil, au moment
-de servir, achevez de mouiller votre appareil
-(le remuant avec une cuiller de bois bien neuve),
-en versant dessus le restant de votre lait; et
-afin d’achever de le lier, mettez-le sur le feu,
-tournez-le et ne le laissez point bouillir; goûtez
-s’il est d’un bon goût; versez-le sur votre pain
-glacé, et servez aussitôt.</p>
-
-<p>Au demeurant, à défaut de macarons, employez
-des pralines, dont vous tirerez à-peu-près
-le même résultat.</p>
-
-<h4 id="rct_638"><i>Potage à la Julienne&nbsp;Maigre.</i></h4>
-
-<p>Voyez le <a href="#rct_13">potage à la Julienne gras</a>, pour la manière
-<span class="pagenum" id="Page_375">[p. 375]</span>
-de préparer vos légumes; lorsqu’ils le sont,
-passez-les dans une casserole avec un morceau
-de beurre; faites-les légèrement roussir; mouillez-les
-avec votre bouillon maigre, comme il est
-indiqué pour le gras; et, faute de bouillon maigre,
-servez-vous de l’eau de haricots ou de lentilles;
-faites mitonner votre potage; qu’il soit
-d’un bon sel, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_639"><i>Potage Maigre aux&nbsp;Herbes.</i></h4>
-
-<p>Ayez une bonne poignée d’oseille, deux laitues,
-un peu de cerfeuil et de belles-dames;
-épluchez, lavez à grande eau; égouttez, hachez
-ces herbes bien menu; mettez-les dans une casserole
-ou marmite, avec un morceau de beurre;
-passez-les, faites-les cuire à petit feu; mouillez-les
-ce qu’il faut pour votre potage avec votre
-grand bouillon, sinon, avec celui de haricots
-ou de lentilles; qu’il soit d’un bon sel, et
-servez.</p>
-
-<h4 id="rct_640"><i>Potage au Riz et au&nbsp;Lait.</i></h4>
-
-<p>Ayez un quarteron de riz; épluchez-le, lavez-le
-à plusieurs eaux; faites-le blanchir à un bouillon
-ou deux; égouttez-le sur un tamis, mettez-le
-dans une marmite avec un demi-quarteron de
-beurre, un peu de zeste de citron et une feuille
-de laurier-amande; faites-le crever à l’eau; lorsqu’il
-le sera presque, mouillez-le avec du bon lait;
-faites qu’il ne soit ni trop épais ni trop clair;
-mettez-y sel et sucre ce qu’il faut; supprimez le
-laurier, ainsi que le zeste de citron, et servez.</p>
-
-<h4 id="rct_641"><span class="pagenum" id="Page_376">[p. 376]</span>
-<i>Potage au Vermicelle et au&nbsp;Lait.</i></h4>
-
-<p>Ayez environ un quarteron de vermicelle, que
-vous épousseterez; faites bouillir une pinte et
-demie de lait, et mettez-y peu à peu votre vermicelle,
-afin qu’il ne se pelote pas; retirez-le
-sur le bord du fourneau, jusqu’à ce qu’il soit
-cuit; assaisonnez-le de sel et de sucre; mettez-y,
-si vous voulez, quelques macarons et un peu
-de vanille, ou l’un ou l’autre; qu’il soit d’un
-bon goût, et servez.</p>
-
-<p class="sep3 cent cs8 esp">FIN DU TOME PREMIER.</p>
-
-</div>
-
-<div class="npage" id="Page_377">
-
-<hr id="toc" class="dbl" />
-
-<h2 class="nbreak">TABLE DES MATIÈRES<br />
-<small>CONTENUES DANS LE PREMIER VOLUME.</small></h2>
-
-<div class="box" style="width: 90%; max-width: 20em; margin-bottom: 2em;">
-
-<p class="cent ssrf">Index de la Table des matières.</p>
-
-<table summary="Index de la Table des matières" style="width: 90%;">
-<tr>
- <td style="text-align: left; width: 55%; vertical-align: top;">
-<ul class="ndt">
- <li><a href="#toc_0">Discours préliminaire.</a></li>
- <li><a href="#toc_1">Services de table.</a></li>
- <li><a href="#toc_2">Potages.</a></li>
- <li><a href="#toc_3">Sauces.</a></li>
- <li><a href="#toc_4">Garnitures.</a></li>
- <li><a href="#toc_5">Ragoûts.</a></li>
- <li><a href="#toc_6">Bœuf.</a></li>
- <li><a href="#toc_7">Veau.</a></li>
- <li><a href="#toc_8">Mouton.</a></li>
- <li><a href="#toc_9">Agneau.</a></li>
- <li><a href="#toc_10">Cochon.</a></li>
- <li><a href="#toc_11">Sanglier.</a></li>
- <li><a href="#toc_12">Chevreuil.</a></li>
- <li><a href="#toc_13">Daim.</a></li>
- <li><a href="#toc_14">Lièvre.</a></li>
- <li><a href="#toc_15">Lapereau.</a></li>
-</ul>
- </td>
- <td style="text-align: left; width: 45%; vertical-align: top;">
-<ul class="ssrf cs8">
- <li><a href="#toc_16">Faisan.</a></li>
- <li><a href="#toc_17">Perdrix rouges.</a></li>
- <li><a href="#toc_18">Bécasses etc.</a></li>
- <li><a href="#toc_19">Pluvier.</a></li>
- <li><a href="#toc_20">Grives.</a></li>
- <li><a href="#toc_21">Cailles.</a></li>
- <li><a href="#toc_22">Mauviettes.</a></li>
- <li><a href="#toc_23">Rouges-gorges.</a></li>
- <li><a href="#toc_24">Pigeons.</a></li>
- <li><a href="#toc_25">Volaille.</a></li>
- <li><span class="lpad cs9"><a href="#toc_26">Dinde.</a></span></li>
- <li><span class="lpad cs9"><a href="#toc_27">Pigeons.</a></span></li>
- <li><span class="lpad cs9"><a href="#toc_28">Oies.</a></span></li>
- <li><span class="lpad cs9"><a href="#toc_29">Canards.</a></span></li>
- <li><a href="#toc_30">Maigre.</a></li>
-</ul>
- </td>
-</tr>
-</table>
-</div>
-
-<table class="tabmat" summary="Introduction" id="toc_0">
-<tr>
- <td class="tdr" colspan="2">Pages</td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdcm esp">DISCOURS PRÉLIMINAIRE.</td>
- <td class="tdrm"><a href="#Page_VII"><small>vij</small></a></td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="cent esp" id="toc_1">SERVICES DE TABLE.</p>
-
-<p class="cent esp">PRINTEMPS.</p>
-
-<p class="cent cs8 esp">PREMIER SERVICE.</p>
-
-<table class="tabmat" summary="Table Printemps premier service">
-<tr>
- <td class="tdl first">Menu de 40 couverts, en gras.</td>
- <td class="tdr"><a href="#Page_1">1</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">&nbsp;— de 25 à 30 couverts.</td>
- <td class="tdr"><a href="#srv_2">2</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">&nbsp;— de 16 à 20 couverts.</td>
- <td class="tdr"><a href="#srv_3">3</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— de 8 à 12 couverts.</td>
- <td class="tdr"><a href="#srv_4">4</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— de 12 à 16 couverts, à l’anglaise.</td>
- <td class="tdr"><a href="#srv_5">5</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdcm esp">SECOND SERVICE.—MILIEU.</td>
- <td class="tdrm"><a href="#srv_m"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="cent esp">HIVER.</p>
-
-<p class="cent cs8 esp">PREMIER SERVICE.</p>
-
-<table class="tabmat" summary="Table Hiver premier service">
-<tr>
- <td class="tdl">Menu de 40 couverts.</td>
- <td class="tdr"><a href="#srv_6">5</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— de 25 à 30 couverts.</td>
- <td class="tdr"><a href="#srv_7">7</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— de 15 à 20 couverts.</td>
- <td class="tdr"><a href="#srv_8">8</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— de 8 à 12 couverts.</td>
- <td class="tdr"><a href="#srv_9">9</a></td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="cent cs8 esp">SECOND SERVICE.</p>
-
-<table class="tabmat" summary="Table Hiver second service">
-<tr>
- <td class="tdl">Menu de 40 couverts, en maigre.</td>
- <td class="tdr"><a href="#srv_10">9</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— de 24 à 30 couverts.</td>
- <td class="tdr"><a href="#srv_11">11</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— de 16 à 20 couverts.</td>
- <td class="tdr"><a href="#srv_12">11</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— de 8 à 12 couverts.</td>
- <td class="tdr"><a href="#srv_13">12</a></td>
-</tr>
-</table>
-
-<hr class="hr5" />
-
-<p class="cent cs9 esp" id="toc_2">POTAGES.</p>
-
-<table class="tabmat" summary="Table des Potages">
-<tr>
- <td class="tdl">Grand Bouillon.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_1">13</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Empotage.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_2">14</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Grand Consommé, etc.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_3">15</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Blond de Veau.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_4"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Mitonnage.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_5">16</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Potage Croûtes, au Pot.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_6"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— printanier.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_7">17</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Crecy.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_8"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— au Riz.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_9">18</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Autre façon.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_10"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Chapon au Riz.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_11">19</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Potage au Vermicelle clair,</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_12"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Julienne.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_13">20</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Brunoise.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_14"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Purée de Pois.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_15">21</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Potage à la Purée de Lentilles à la Reine, etc.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_16">22</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Purée de Carottes.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_17"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Purée de Navets.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_18"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— aux Laitues.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_19"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Purée de Marrons.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_20">23</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— en Tortue.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_21">24</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— aux Choux.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_22">25</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— au Sagou, etc.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_23">26</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Condé.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_24"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Bisque d’Écrevisses.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_25">27</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Reine.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_26">28</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— au Macaroni.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_27">29</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Génoise ou aux Raviolis.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_28">30</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl"><span class="pagenum" id="Page_378">[p. 378]</span>
- Potages aux Pâtes d’Italie.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_29">30</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Semoule.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_30">31</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Bouillon de Poulet.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_31"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— de Poulet, pectoral.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_32"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Bouillon de Veau, rafraîchissant.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_33">32</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— de Mou de Veau.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_34"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="cent cs9 esp" id="toc_3">SAUCES.</p>
-
-<table class="tabmat" summary="Table des Sauces">
-<tr>
- <td class="tdl">Jus de Bœuf.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_35">32</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Grande Sauce.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_36">33</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Espagnole.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_37">34</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— travaillée.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_38">36</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Velouté, ou Coulis blanc.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_39"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— travaillé.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_40">37</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Grand Aspic.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_41">38</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Sauce blanche ou au Beurre.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_42">39</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à l’Anglaise et au Beurre.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_43"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— hollandaise.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_44"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à l’Allemande.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_45">40</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Béchamelle.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_46"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Autre manière.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_47">41</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Sainte-Menéhould.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_48"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Sauce à la bonne Morue.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_49">42</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Poulette.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_50"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— italienne rousse.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_51"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— italienne blanche.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_52">43</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Maître-d’Hôtel, froide.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_53"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Maître-d’Hôtel, liée.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_54">44</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— au Suprême.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_55"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Matelote.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_56"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— poivrade</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_57">45</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— hachée.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_58"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— piquante</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_59">46</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Nompareille ou à l’Arlequine.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_60"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Pluche.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_61">47</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— aux Truffes ou à la Périgueux.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_62"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la purée de Champignons.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_63">48</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— en Tortue.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_64"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— Kari ou à l’Indienne.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_65">49</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— Tomate.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_66"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à l’Ivoire.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_67">50</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Sauce Ravigote blanche.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_68">51</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— Ravigote froide et crue.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_69"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— Ravigote cuite.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_70">52</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— verte.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_71"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— Robert.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_72">53</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— au beurre d’Écrevisses.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_73"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— aux Homards.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_74">54</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— a la purée d’Oseille.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_75">55</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Purée d’Oignons blancs.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_76"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la purée d’Oignons rousse, dite Bretonne.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_77">56</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la purée de Pois.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_78"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— Pois verts, pour Entrées et Entremets.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_79">57</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Purée de Pois secs.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_80">58</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Sauce à la purée de Lentilles à la Reine.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_81"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Purée de Gibier.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_82"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Sauce au pauvre Homme.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_83">59</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Glace ou Consommé réduit.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_84"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Marinade cuite.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_85">60</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Poêle.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_86">61</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Sauce à la Mirepoix.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_87"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Blanc.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_88"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Petite Sauce à l’Aspic.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_89">62</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Sauce au fumet de Gibier.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_90"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— au Beurre d’ail.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_91">63</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— au Beurre d’anchois.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_92"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— au Beurre de Provence.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_93">64</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Tartare.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_94"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— au Fenouil.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_95"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à l’Anglaise, aux Groseilles à maquereau.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_96">65</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— claire à l’Estragon.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_97"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à l’Estragon, liée.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_98">66</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— mayonnaise.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_99"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Roux.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_100"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl"><span class="pagenum" id="Page_379">[p 379]</span>
- Roux blanc.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_101">67</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Pâte à frire.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_102"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl"><i>Friture.</i></td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_103">68</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Sauce aux Hatelets.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_104">69</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Autre Sauce aux Hatelets.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_105">70</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Brède-Sauce.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_106">70</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Sauce aux Truffes à la Saint-Cloud, ou en petit Deuil.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_107">71</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">—à la Pluche verte.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_108"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Court-Bouillon.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_109"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Ket-Chop.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_110">72</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">La Ducelle.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_111">73</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Sauce au Vert-Pré.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_112"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">—à l’Orange.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_113"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Eau de sel.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_114">74</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Beurre lié.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_115"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Verjus, et la manière de le faire pour qu’il se conserve.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_116">75</a></td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="cent cs9 esp" id="toc_4">GARNITURES.</p>
-
-<table class="tabmat" summary="Table des Garnitures">
-<tr>
- <td class="tdl">Bords de Plats.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_117">76</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Crêtes de Coqs.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_118">77</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Garniture de Rognons de Coqs.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_119">78</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Foies gras et demi-gras pour Garnitures.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_120"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Truffes pour Garnitures.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_121"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Carottes pour Garnitures.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_122">79</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Navets pour Garnitures.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_123"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Champignons pour Garnitures.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_124"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Petits Oignons pour Garnitures.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_125">80</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Laitues pour Garnitures.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_126"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Vert d’Épinards.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_127">81</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Culs d’Artichauts tournés.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_128"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Poivre de Cayenne, etc.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_129">82</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— Kari.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_130">83</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Oignons glacés.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_131"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Concombres au blanc.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_132"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— au brun.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_133">84</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Pluche d’Oignons blanche et rousse.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_134"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Pluche d’Oignons au roux.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_135">85</a></td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="cent cs9 esp" id="toc_5">RAGOUTS.</p>
-
-<table class="tabmat" summary="Table des Ragoûts">
-<tr>
- <td class="tdl">Salpicons.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_136">85</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Salpicon ordinaire.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_137"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Ragoût de Ris de Veau.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_138">86</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— de Crêtes et de Rognons de Coqs en Financière.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_139">87</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— de Laitances de Carpes.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_140">88</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— de Langues de Carpes.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_141"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl"><i>Des Truffes en général.</i></td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_142">89</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Ragoût aux Truffes.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_143">91</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— aux Truffes et à l’Espagnole.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_144">92</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— aux Truffes à l’Italienne.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_145"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— aux Truffes à la Piémontaise.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_146"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Périgueux.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_147">93</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Observations sur les Champignons.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_148"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Ragoût aux Champignons.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_149">94</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Ragoût de Champignons au blanc.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_150">95</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— de Morilles.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_151">96</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— de Mousserons.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_152"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— de Chicorée au brun.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_153"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— de Chicorée au blanc.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_154">97</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Autre manière.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_155">98</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Manière de remplacer la Chicorée, etc.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_156"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Ragoût d’Épinards.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_157"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— de Haricots à la Bretonne.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_158">99</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— de Haricots au jus.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_159">100</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Garniture de Céleri ou Entremets.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_160"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Ragoût blanc aux Concombres.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_161">101</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl"><span class="pagenum" id="Page_380">[p. 380]</span>
- Ragoût brun aux Concombres.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_162">101</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">—à la Chipolata.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_163"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">—de Pois au Lard.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_164">102</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">—d’Olives.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_165"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">—de Navets en Haricots vierges.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_166">103</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Ragoût aux pointes d’Asperges.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_167">103</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">—de petites Racines.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_168"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">—aux petits Oignons.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_169">104</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">—à la Macédoine.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_170"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">—à la Godiveau.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_171"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdcm" id="toc_6">BŒUF.</td>
- <td class="tdrm"><a href="#rct_boeuf"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Bœuf bouilli (ordinaire).</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_172">106</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Pièce de Bœuf garnie de Choux.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_173">107</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">—au Pain perdu.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_174">108</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">—à l’écarlate.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_175"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Culotte de Bœuf à la Gelée ou à la Royale.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_176">110</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Rosbif, Rond-bif ou Corne-bif.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_177">112</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Bœuf fumé ou de Hambourg.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_178">113</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Aloyau à la Broche.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_179">114</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">—à la Godard.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_180">115</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Noix de Bœuf braisée.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_181"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Côtes de Bœuf couvertes aux Racines.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_182">116</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Entre-Côte de Bœuf.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_183">117</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Filet de Bœuf, piqué, à la Broche.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_184"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">—au Vin de Madère.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_185">119</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Filet d’Aloyau aux Concombres.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_186">120</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Filet de Bœuf à la Chicorée.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_187"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">—à la Sauce Tomate.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_188"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Filets de Bœuf sautés dans leur Glace.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_189">120</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Bifteck.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_190">121</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Véritable Bifteck, comme il se fait en Angleterre.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_191">122</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Queue de Bœuf en Hoche-pot.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_192">123</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la purée de Pois, Lentilles, etc.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_193">124</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Langue fumée.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_194"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">—de Bœuf fourrée.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_195">125</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">—à la braise.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_196">126</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">—en papillote.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_197"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">—à l’Italienne ou au Parmesan.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_198">128</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Palais de Bœufs au Gratin.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_199"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">—à l’Italienne.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_200">130</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">—à la Poulette.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_201"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">—à la Ravigote.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_202">131</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Croquettes de Palais de Bœufs.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_203"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Palais de Bœufs en Cracovie.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_204">132</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">—à la Lyonnaise.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_205">133</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Gras-double.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_206"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdcm" id="toc_7">VEAU.</td>
- <td class="tdrm"><a href="#rct_207">134</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Tête de Veau au naturel, ou à la Bourgeoise.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_208">134</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— farcie.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_209">135</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— en Tortue.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_210">137</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Oreilles de Veaux farcies.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_211">138</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— en Marinade.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_212"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à l’Italienne.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_213">139</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Ravigote.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_214"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Langues de Veaux à la Sauce piquante.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_215"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Pieds de Veau.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_216">140</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Cervelles de Veaux à l’Allemande.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_217"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— en Matelote.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_218">141</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— en Marinade.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_219"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la purée de Pois.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_220"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— au Beurre noir.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_221"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Ravigote.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_222">142</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Foie de Veau à la Poêle.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_223"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl"><span class="pagenum" id="Page_381">[p. 381]</span>
- Foie de Veau à la Bourgeoise ou à l’Étouffade.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_224">143</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à l’Italienne.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_225">144</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Broche.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_226"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Mou de Veau à la Poulette.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_227">145</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— au Roux.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_228">146</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Fraise de Veau.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_229">147</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Brisac.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_230"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Ris de Veau à la Dauphine.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_231"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à l’Espagnole.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_232">148</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Hatelet de Ris de Veau.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_233"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Ris de Veau en caisse.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_234">149</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à l’Anglaise.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_235">150</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Petit Aspic de Ris de Veau.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_236">151</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Ris de Veau à la Poulette.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_237">152</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Queues de Veaux aux petits Pois.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_238"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Poulette.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_239">153</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Amourettes de Veau.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_240">154</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Quartier de Veau de derrière.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_241">155</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Cuissot de Veau, et manières d’en tirer parti.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_242"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Noix de Veau à la Bourgeoise.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_243">156</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— en Bedeau.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_244">157</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— piquée.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_245">158</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Grenadins de Veau.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_246"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Manchons à la Gérard.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_247">159</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Hâtereaux.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_248">161</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Popiettes de Veau.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_249"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Escalopes de Veau à la manière anglaise.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_250">162</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Filets mignons de Veau.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_251">163</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Quartier du devant du Veau.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_252"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Blanquette de Veau.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_253"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Tendons de Veau à la Poulette ou au Blanc.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_254">164</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— en Queue de Paon.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_255">165</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Casserole au Riz.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_256">166</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Tendons de Veau en Macédoine.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_257">167</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— panés et grillés.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_258"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— en Mayonnaise.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_259"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— en Matelote.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_260">168</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Ravigote.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_261"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Marinade.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_262">169</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Villeroy.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_263"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Côtelettes de Veau.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_264"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— piquées.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_265">170</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Chingara.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_266">171</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— sautées.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_267">172</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— au Jambon.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_268"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— au Naturel.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_269">173</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— panées.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_270"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— en papillotes.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_271"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Carré de Veau à la Broche.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_272">174</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— piqué.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_273">175</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Petites Noix d’Épaule de Veau.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_274"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Noix de Veau à la Gendarme.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_275">176</a></td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="cent cs9 esp" id="toc_8">MOUTON.</p>
-
-<table class="tabmat" summary="Table du Mouton">
-<tr>
- <td class="tdl">Du Mouton en général.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_276">176</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Rôt-de-Bif de Mouton à la Broche.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_277">177</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Gigot de Mouton à la Broche.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_278">178</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">—à l’Anglaise.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_279"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">—braisé ou à la Braise.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_280">179</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">—à la Gasconne.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_281">180</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">—à l’Eau.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_282"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">—en Chevreuil.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_283">181</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Selle de Mouton à la Broche.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_284"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Selle de Mouton parée à l’Anglaise.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_285">181</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">—à la Sainte-Menéhould.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_286">182</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Petites Selles de Mouton ou Carbonnades.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_287">183</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Rouchis de Mouton.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_288"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Épaule de Mouton en Ballon.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_289">184</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Côtelettes de Mouton au Naturel.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_290">185</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">—panées.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_291"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">—à la Minute.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_292">186</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl"><span class="pagenum" id="Page_382">[p. 382]</span>
- Côtelettes de Mouton à la Jardinière.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_293">186</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Chicorée.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_294">187</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Soubise.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_295"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Carrés de Mouton à la Servante.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_296">188</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— en Fricandeau.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_297"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Filets mignons de Mouton.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_298">189</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Emincée de Filets de Mouton aux Concombres.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_299"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Hachis de Mouton à la Portugaise.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_300"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Haricot de Mouton à la Bourgeoise.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_301">190</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Poitrines de Moutons.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_302">191</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Collets de Moutons à la Sainte-Menéhould.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_303"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— grillés.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_304">192</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Queues de Moutons glacées à la Chicorée.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_305"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— en Hoche-pot.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_306">193</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— au Soleil.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_307"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Terrine de Queues de Moutons.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_308">194</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Rognons de Moutons à la Brochette.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_309">195</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— au Vin de Champagne ou à l’Italienne.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_310"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Animelles ou Testicules de Moutons.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_311">196</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Amourettes ou Moelle alongée de Mouton.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_312"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Cervelles de Moutons.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_313"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Langues de Moutons en Papillotes.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_314"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— au Gratin.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_315">197</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Bretonne ou en Crépine.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_316">198</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— au Parmesan.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_317">199</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Matelote.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_318">200</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Pieds de Moutons à la Poulette.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_319"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la sauce Robert.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_320">201</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Ravigote.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_321"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdcm" id="toc_9">AGNEAU.</td>
- <td class="tdrm"><a href="#rct_322">202</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Têtes d’Agneaux à la Poulette.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_323">202</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à l’Italienne.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_324">203</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Oreilles d’Agneaux, farcies et frites.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_325"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Ravigote.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_326">204</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à l’Italienne.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_327"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Pieds d’Agn. à la Poulette.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_328"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Rosbif d’Agneau.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_329"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Quartier de devant d’Agneau à la broche.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_330">205</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Épigrammes d’Agneau.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_331">205</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Tendons d’Agneau aux pointes d’Asperges.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_332">207</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Tendons d’Agneau à la Villeroy.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_333">208</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Côtelettes d’Agneau au Naturel.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_334"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— panées.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_335"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Minute.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_336">209</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Épaule d’Agneau en Musette.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_337"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdcm" id="toc_10">COCHON.</td>
- <td class="tdrm"><a href="#rct_338">210</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Hure de Cochon.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_339">211</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la manière de Troyes.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_340">213</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Jambon au Naturel.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_341">214</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— braisé.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_342">215</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Broche.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_343"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Échinée de Cochon.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_344">216</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Côtelettes de Cochon, sauce Robert.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_345"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Oreilles de Cochons en Menu-de-Roi.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_346">217</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Purée.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_347"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Queues de Cochons à la Purée.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_348">218</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Pieds de Cochon à la <ins id="cor_37" title="Saine">Sainte</ins>-Menéhould.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_349"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— aux Truffes.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_350"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl"><span class="pagenum" id="Page_383">[p. 383]</span>
- Manière de faire ou de préparer le Lard.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_351">219</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Petit Salé.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_352"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Sain-Doux.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_353">220</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Manière de faire le Jambon.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_354"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Langues de Porcs fumées et fourrées.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_355">221</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Cochon de Lait.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_356">222</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à l’Anglaise.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_357">223</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— en Galantine.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_358">224</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Boudin ordinaire.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_359">225</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la façon de Nanterre.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_360">226</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— blanc.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_361">227</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Boudin d’Écrevisses.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_362">228</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— de Lapereau.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_363"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— de Faisan.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_364">229</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— de Foies gras.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_365">230</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Cervelas fumés.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_366"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Saucisses.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_367">231</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— plates.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_368"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Andouilles de Cochon.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_369"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— de Couenne.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_370">232</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Béchamelle.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_371"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— de Bœuf.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_372">233</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— de Veau.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_373">234</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— de Fraise de Veau.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_374"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdcm" id="toc_11">SANGLIER.</td>
- <td class="tdrm"><a href="#rct_375">235</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Hure de Sanglier.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_376">236</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Filets de Sanglier.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_377"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Côtelettes de Sanglier.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_378">237</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Jambon de Sanglier.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_379"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Moyens de donner au Cochon domestique le goût et l’apparence du Sanglier.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_380">237</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdcm" id="toc_12">CHEVREUIL.</td>
- <td class="tdrm"><a href="#rct_381"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Manière de dépecer le Chevreuil.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_382">238</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Quartier de derrière de Chevreuil à la Broche.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_383">239</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Côtelettes de Chevreuil.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_384">240</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Épaules de Chevreuil.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_385"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Civet de Chevreuil.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_386"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Cervelle de Chevreuil en Marinade.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_387">241</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdcm" id="toc_13">DAIM.</td>
- <td class="tdrm"><a href="#rct_388"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Hanche de Venaison, ou Quartier de derrière du Daim.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_389">242</a></td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="cent cs9 esp" id="toc_14">LIÈVRE.</p>
-
-<table class="tabmat" summary="Table du Lièvre">
-<tr>
- <td class="tdl">Gâteau de lièvre.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_390">243</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Levraut à la Broche.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_391">244</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Levraut à l’Anglaise.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_392">245</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Civet de Lièvre.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_393">246</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Escalopes de Levraut au sang.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_394"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Filets de Levrauts à la Provençale.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_395">248</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— en Serpent.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_396"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Cuisses de Levrauts en papillotes.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_397">249</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Boudin de Lièvre.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_398"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Côtelettes de Levraut.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_399">250</a></td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="cent cs9 esp" id="toc_15">LAPEREAU.</p>
-
-<table class="tabmat" summary="Table du Lapereau">
-<tr>
- <td class="tdl">Sauté ou Escalopes de Lapereaux.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_400">251</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Filets de Lapereaux piqués et glacés.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_401">252</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Filets de Lapereaux à la Purée de Champignons.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_402">253</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Cuisses de Lapereaux à la Dauphine.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_403"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl"><span class="pagenum" id="Page_384">[p. 384]</span>
- Hachis de Lapereaux à la Portugaise.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_404">254</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Filets de Lapereaux à la Voppalière.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_405"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Lapereaux en fricassée de Poulet.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_406">255</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Gibelotte de Lapereaux.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_407">256</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— et d’Anguille.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_408"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Lapereaux aux petits Pois.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_409">257</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Timbale de Lapereaux.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_410"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Mayonnaise de Lapereaux.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_411">259</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Lapereaux aux fines Herbes.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_412"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— en Papillotes.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_413"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Marinade de Lapereaux.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_414">260</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Salade de Lapereaux.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_415"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Terrine de Lapereaux.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_416"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Lapereaux en Caisse.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_417">261</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Accolade de Lapereaux à la Broche.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_418"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdcm" id="toc_16">FAISAN.</td>
- <td class="tdrm"><a href="#rct_419">262</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Faisan à la Broche.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_420">262</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— aux Truffes ou à la <ins id="cor_38" title="Périgneux">Périgueux</ins>.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_421">269</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Filets de Faisans à la Voppalière.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_422"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Escalopes de Faisans.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_423">265</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Salmi de Faisans.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_424"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Soufflé de Faisans.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_425">266</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Faisan à la Chou-croûte.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_426"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Croquettes de Faisans.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_427">367</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Mayonnaise de Faisan.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_428"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Boudin de Faisan à la Richelieu.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_429"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdcm" id="toc_17">PERDRIX ROUGES.</td>
- <td class="tdrm"><a href="#rct_430">268</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Perdreaux rouges à la Périgueux.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_431">269</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— rouges ou gris à l’Espagnole.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_432">270</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— en Entrée de Broche.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_433">271</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— grillés.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_434"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à l’Anglaise.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_435">272</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Salmi de Perdreaux.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_436"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— chaud ou froid.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_437">273</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Perdreaux à la Voppalière.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_438">274</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Salmi de Chasseur.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_439"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Perdreaux à la Monglat ou Salpicon en Cuvette.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_440"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Perdrix aux Choux.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_441">275</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Autre manière de dresser les Perdrix aux Choux.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_442">277</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Mayonnaise de Perdreaux.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_443"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Perdreaux à la Cussy.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_444">278</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Sauté de Filets de Perdreaux.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_445">279</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Purée de Perdreaux.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_446">280</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Soufflé de Perdreaux.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_447"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Perdrix à la Purée, en Terrine ou Entrée.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_448">281</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Hachis de Perdreaux.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_449"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Salmi de Perdreaux à la d’Artois.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_450">282</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Sauté de Perdreaux aux Truffes.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_451">283</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Semelles de Perdreaux à la Chingara.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_452"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Côtelettes de Perdreaux.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_453">284</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Perdreaux, Entrée de broche à l’Italienne.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_454">285</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Pâtés froids de Perdreaux.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_455"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdcm" id="toc_18">BÉCASSES, BÉCASSINES, BÉCASSEAUX,<br />
- <small><i>Et parti qu’on peut tirer de ces trois espèces de Gibier
- dans l’Economie domestique</i></small>.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_456"></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Bécasses, Bécassines et Bécasseaux à la Broche.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_457">286</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Autre manière de les servir à la Broche.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_458">287</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl"><span class="pagenum" id="Page_385">[p. 385]</span>
- Salmi de Bécasses et de Bécassines.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_459">287</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Soufflé de Bécasses.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_460"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Bécasses en entrée de Broche.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_461"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Salmi de Bécasses de Chasseur.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_462">288</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Autre Salmi de Bécasses.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_463"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Bécasses aux Truffes.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_464"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Hachis de Bécasses en Croustades.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_465">289</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdcm" id="toc_19">PLUVIER.</td>
- <td class="tdrm"><a href="#rct_466">290</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Pluviers au Gratin.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_467">290</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Périgueux.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_468">291</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Pluviers en Entrée de Broche.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_469">291</a></td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="cent cs9 esp" id="toc_20">GRIVES.</p>
-
-<table class="tabmat" summary="Table des Grives">
-<tr>
- <td class="tdl">Grives à la Broche.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_470">292</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Flamande.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_471"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Grives à l’Anglaise.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_472">292</a></td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="cent cs9 esp" id="toc_21">CAILLES.</p>
-
-<table class="tabmat" summary="Table des Cailles">
-<tr>
- <td class="tdl">Cailles à la Broche.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_473">293</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— au Laurier.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_474"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— aux petits Pois.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_475">294</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— au Gratin.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_476"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Cailles aux Laitues.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_477">295</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— en Croustades.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_478">296</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à l’Anglaise.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_479">297</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— aux Truffes.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_480"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="cent cs9 esp" id="toc_22">MAUVIETTES OU ALOUETTES.</p>
-
-<table class="tabmat" summary="Table des Mauviettes ou Alouettes">
-<tr>
- <td class="tdl">Mauviettes à la Broche.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_481">298</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— au Gratin.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_482"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Sauté de Mauviettes aux Truffes.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_483">299</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Pâté chaud et Pâté froid de Mauviettes.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_484">299</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdcm" id="toc_23">ROUGES-GORGES, ORTOLANS, MURIERS ET BEC-FIGUES.</td>
- <td class="tdrm"><a href="#rct_485">299</a></td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="cent cs9 esp" id="toc_24">PIGEONS.</p>
-
-<table class="tabmat" summary="Table des Pigeons">
-<tr>
- <td class="tdl">Des Pigeons en général.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_486">300</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Ramereaux en Marinade.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_487"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— poêlés.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_488"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Ramereaux à l’Étouffade.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_489">301</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Des Tourtereaux.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_490"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="cent cs9 esp" id="toc_25">VOLAILLE.</p>
-
-<table class="tabmat" summary="Table des Volailles">
-<tr>
- <td class="tdl">Poulets.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_491">302</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Fricassée de Poulets.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_492"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Chevalière.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_493">304</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Kari.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_494">305</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Poulets en Entrée de Broche.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_495">306</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à l’Ivoire.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_496">307</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— Sauce aux Huîtres.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_497"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— Sauce aux Truffes.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_498">308</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Sauce Tomate.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_499"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à l’Estragon.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_500"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Poulets bouillis à l’Anglaise.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_501">308</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— en Lézard.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_502">309</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— aux Pois.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_503">310</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Autre façon de fricasser des Poulets aux Pois et au Blanc.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_504">311</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Poulets au Beurre d’Écrevisses.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_505"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Broche pour Rôt.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_506">312</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Hollandaise.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_507"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl"><span class="pagenum" id="Page_386">[p. 386]</span>
- Poulets à la Tartare.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_508">313</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— Sauce au pauvre Homme, et diverses autres.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_509"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Périgueux.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_510"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Poulet à la Mayonnaise.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_511">314</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Salade de Poulets.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_512"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Poulets à la Crême.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_513">315</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— en Friteau.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_514">316</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Marinade de Poulets.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_515">317</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Rissoles de Volaille.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_516"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Poulet en Capilotade.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_517">318</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Poulets à la Saint-Cloud.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_518"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Ravigote.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_519">319</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Paysanne ou à la Démidoff.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_520"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Reine, sauce à la Pluche.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_521">320</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Provençale.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_522"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Chapon au gros Sel</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_523">321</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— au Riz.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_524"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— aux Truffes.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_525"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Poularde en Entrée de Broche.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_526">322</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— aux Truffes.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_527">323</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Maréchale.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_528"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Saint-Cloud.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_529">324</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Poulardes à la Bigarrure.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_530"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Poularde Sauce Tomate.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_531">325</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Broche pour Rôt.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_532"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— en Entrée de Broche, à la Hollandaise.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_533">326</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— en Entrée de Broche.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_534"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— en Entrée de Broche, à la Ravigote.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_535"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à l’Ivoire.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_536"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— aux Huîtres.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_537"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— sauce à l’Estragon.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_538"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— bouillie à l’Anglaise.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_539">327</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— au Beurre d’Écrevisses.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_540"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Tartare.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_541"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— sauce au Pauvre Homme.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_542"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Périgueux.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_543"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Mayonnaise de Poularde.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_544"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Poularde à la Crême.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_545"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Marinade de Poularde.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_546">327</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Filets de Poulardes au Suprême.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_547"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Emincée de Filets de Poulardes aux Concombres.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_548">328</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Ailes de Poulardes à la Maréchale.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_549">329</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Poularde en Galantine.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_550"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Filets de Poulardes à la Béchamelle.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_551">331</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Soufflé de Poularde.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_552">332</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Hachis de Poularde à la Reine.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_553"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Croquettes de Poularde.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_554"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Côtelettes de Poulardes ou de Poulets.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_555">333</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Blanquette de Poularde.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_556"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Filets de Poularde à l.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_557">334</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Cuisses de Poularde en Canetons ou en petits Oignons.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_558"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— en Ballon.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_559">335</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Bayonnaise.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_560">336</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Livernois.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_561"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— aux Truffes.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_562">337</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Quenelles de Poulardes.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_563"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Ailerons de Poulardes en Haricots vierges.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_564">338</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— en Haricots.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_565">339</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Purée.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_566"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— au Soleil.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_567"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Terrine d’Ailerons de Poulardes.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_568">340</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Ailerons de Poulardes piqués et glacés.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_569"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Chicorée.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_570">341</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Pluche verte.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_571"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Villeroi.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_572">342</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Crêtes et Rognons au Velouté.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_573"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Grand Aspic de Crêtes et Rognons.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_574">343</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl"><span class="pagenum" id="Page_387">[p. 387]</span>
- Petits Aspics de Crêtes et de Rognons.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_575">344</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Foies gras à la Périgueux.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_576"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— au Gratin.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_577"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— en Matelote.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_578">345</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— en Caisse.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_579"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Hatelettes de Foies gras.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_580">346</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Coquilles de Foies gras.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_581"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdcs" id="toc_26">Dinde.</td>
- <td>&nbsp;</td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Dinde aux Truffes et à la Broche.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_582">347</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— en Galantine.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_583"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— en Daube.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_584">348</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Ailerons de Dindons, accommodés de toutes façons.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_585">349</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdcs" id="toc_27">Pigeons.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_586"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Pigeons aux petits Pois.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_587"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Autre manière.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_588">350</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Compote de Pigeons.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_589">351</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Pigeons au Blanc.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_590">352</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Marinade de Pigeons au Soleil.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_591"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Pigeons à la Crapandine.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_592">353</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Gautier.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_593"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— au Basilic.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_594">354</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Côtelettes de Pigeons.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_595">355</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Pigeons à la Broche.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_596">356</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— en Ortolans pour Rôt.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_597"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdcs" id="toc_28">Oies.</td>
- <td>&nbsp;</td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Oies sauvages.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_598"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Oison à la Broche.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_599">357</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Oie à l’Anglaise.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_600"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Oie aux Marrons.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_601">358</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Chipolata.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_602"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Cuisses et Ailes d’Oies à la façon de Baïonne.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_603">359</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Cuisses d’Oies à la Lyonnaise.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_604">360</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— ou Quartiers d’Oies à la Purée.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_605"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Oie à la Daube ou à la Flamande.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_606"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdcs" id="toc_29">Canards.</td>
- <td>&nbsp;</td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Des Canards en général.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_607">361</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Canard sauvage à la Broche.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_608"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Filets de Canards sauvages à l’Orange.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_609">362</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Salmi de Canards sauvages.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_610">363</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— au Chasseur.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_611"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Caneton de Rouen, sauce à l’Orange.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_612"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— sauce aux Olives.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_613">364</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— aux petits Pois.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_614"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— aux Navets, Haricots vierges.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_615"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— aux Navets.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_616">365</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— sauce au Beurre d’Écrevisses.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_617"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— sauce au Vert-pré.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_618"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Canards aux petites Racines.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_619"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— aux Concombres.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_620"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— aux petits Oignons.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_621"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— en Macédoine.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_622"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— au Verjus.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_623">366</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Purée verte.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_624"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— aux Navets à la Bourgeoise.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_625"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Caneton de Rouen, pour Rôt.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_626">367</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdcs"><i>Oiseaux de Rivières et Sarcelles.</i></td>
- <td class="tdrm"><a href="#rct_627"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="cent cs9 esp" id="toc_30">MAIGRE.</p>
-
-<table class="tabmat" summary="Table du Maigre">
-<tr>
- <td class="tdl">Bouillon de Pois.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_628">363</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Bouillon pour les Potages et les Sauces.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_629"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Bouillon de Poisson.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_630">369</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Jus maigre.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_631"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Espagnole maigre.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_632">370</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl"><span class="pagenum" id="Page_388">[p. 388]</span>
- Potage au Pain.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_633">371</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— à la Reine, en Maigre.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_634"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— au Lait d’Amandes.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_635">372</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Autre manière.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_636">373</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Autre manière plus prompte et plus économique.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_637">374</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">Potage à la Julienne maigre.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_638">374</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— maigre aux Herbes.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_639">375</a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— au Riz et au Lait.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_640"><i>ib.</i></a></td>
-</tr>
-<tr>
- <td class="tdl">— au Vermicelle et au Lait.</td>
- <td class="tdr"><a href="#rct_641">376</a></td>
-</tr>
-</table>
-
-<p class="cent cs8">FIN DE LA TABLE DU PREMIER VOLUME.</p>
-
-</div>
-
-<div class="npage">
-
-<div id="pl_01" class="figcenter" style="margin: 3em auto;">
- <p class="cent">Table de 36 à 40 Couverts — <i>Premier Service</i>.</p>
- <p class="cent cs6 ssrf"><a href="#srv_1">Description</a></p>
- <img src="images/im-02.jpg" alt="Table de 36 à 40 Couverts — Premier service." width="800" height="605" />
- <p class="screenonly cent cs6 ssrf"><a href="images/im-02x.jpg">Agrandir</a></p>
-</div>
-
-<div id="pl_02" class="figcenter" style="margin: 3em auto;">
- <p class="cent">Table de 20 à 25 Couverts — <i>Premier Service</i>.</p>
- <p class="cent cs6 ssrf"><a href="#srv_2">Description</a></p>
- <img src="images/im-03.jpg" alt="Table de 20 à 25 Couverts — Premier service." width="800" height="601" />
- <p class="screenonly cent cs6 ssrf"><a href="images/im-03x.jpg">Agrandir</a></p>
-</div>
-
-<div id="pl_03" class="figcenter" style="margin: 3em auto;">
- <p class="cent">Table de 8 à 12 Couverts — <i>Premier Service</i>.</p>
- <p class="cent cs6 ssrf"><a href="#srv_9">Description</a></p>
- <img src="images/im-04.jpg" alt="Table de 8 à 12 Couverts — Premier service." width="800" height="644" />
- <p class="screenonly cent cs6 ssrf"><a href="images/im-04x.jpg">Agrandir</a></p>
-</div>
-
-</div>
-
-<div class="npage">
-
-<div class="box" id="note">
-
-<p class="ssrf">Au lecteur.</p>
-
-<p>L'orthographe d'origine a été conservée et n'a pas été harmonisée,
-mais quelques erreurs clairement introduites par le typographe ou à
-l'impression ont été corrigées. Ces corrections sont soulignées <ins
-title="comme ceci">en pointillés</ins> dans le texte. Placez le curseur
-sur le mot pour voir l'orthographe originale.</p>
-
-<p>La ponctuation a été tacitement corrigée à plusieurs endroits.</p>
-
-<p>Certaines références données dans l'ouvrage concernent le second
-tome. Elles sont indiquées par <span class="ndt"> [Tome&nbsp;II]</span>.
-On pourra trouver ce second tome sur le site <a href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1098475">Gallica</a> de la Bibliothèque Nationale de France.</p>
-
-<p>Les références données ne correspondent pas toujours aux titres des
-articles. Nous avons fait au mieux pour établir dans chaque cas le lien
-avec l'article le plus pertinent.</p>
-
-<p>Un Index de la Table des matières a été ajouté.</p>
-</div>
-
-</div>
-
-<hr class="full" />
-
-<div style='display:block; margin-top:4em'>*** END OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK L'ART DU CUISINIER, VOLUME 1 ***</div>
-<div style='text-align:left'>
-
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-</div>
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-1.F.
-</div>
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-Defect you cause.
-</div>
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-<div style='display:block; font-size:1.1em; margin:1em 0; font-weight:bold'>
-Section 2. Information about the Mission of Project Gutenberg&#8482;
-</div>
-
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-Project Gutenberg&#8482; is synonymous with the free distribution of
-electronic works in formats readable by the widest variety of
-computers including obsolete, old, middle-aged and new computers. It
-exists because of the efforts of hundreds of volunteers and donations
-from people in all walks of life.
-</div>
-
-<div style='display:block; margin:1em 0'>
-Volunteers and financial support to provide volunteers with the
-assistance they need are critical to reaching Project Gutenberg&#8482;&#8217;s
-goals and ensuring that the Project Gutenberg&#8482; collection will
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-Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
-and permanent future for Project Gutenberg&#8482; and future
-generations. To learn more about the Project Gutenberg Literary
-Archive Foundation and how your efforts and donations can help, see
-Sections 3 and 4 and the Foundation information page at www.gutenberg.org.
-</div>
-
-<div style='display:block; font-size:1.1em; margin:1em 0; font-weight:bold'>
-Section 3. Information about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
-</div>
-
-<div style='display:block; margin:1em 0'>
-The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non-profit
-501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
-state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
-Revenue Service. The Foundation&#8217;s EIN or federal tax identification
-number is 64-6221541. Contributions to the Project Gutenberg Literary
-Archive Foundation are tax deductible to the full extent permitted by
-U.S. federal laws and your state&#8217;s laws.
-</div>
-
-<div style='display:block; margin:1em 0'>
-The Foundation&#8217;s business office is located at 809 North 1500 West,
-Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887. Email contact links and up
-to date contact information can be found at the Foundation&#8217;s website
-and official page at www.gutenberg.org/contact
-</div>
-
-<div style='display:block; font-size:1.1em; margin:1em 0; font-weight:bold'>
-Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
-</div>
-
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-status with the IRS.
-</div>
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-<div style='display:block; margin:1em 0'>
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-have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition
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-</div>
-
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-
-<div style='display:block; font-size:1.1em; margin:1em 0; font-weight:bold'>
-Section 5. General Information About Project Gutenberg&#8482; electronic works
-</div>
-
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-Professor Michael S. Hart was the originator of the Project
-Gutenberg&#8482; concept of a library of electronic works that could be
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