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+The Project Gutenberg EBook of Antiquités d'Herculanum, Tome VI., (Vol. 6
+of 6), by Tommaso Piroli, Pietro Piranesi, and Francesco Piranesi
+
+This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
+almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or
+re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included
+with this eBook or online at www.gutenberg.org
+
+
+Title: Antiquités d'Herculanum, Tome VI., (Vol. 6 of 6)
+
+Author: Tommaso Piroli, Pietro Piranesi, and Francesco Piranesi
+
+Release Date: December 5, 2005 [EBook #17236]
+
+Language: French
+
+Character set encoding: ISO-8859-1
+
+*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK ANTIQUITÉS D'HERCULANUM ***
+
+
+
+
+Produced by Carlo Traverso, Rénald Lévesque and Distributed
+Proofreaders Europe at http://dp.rastko.net. This file was
+produced from images generously made available by the
+Bibliothèque nationale de France (BnF/Gallica)
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+ ANTIQUITÉS D'HERCULANUM
+
+
+
+ GRAVÉES
+ PAR TH. PIROLI
+
+ AVEC
+ UNE EXPLICATION PAR S.-Ph. CHAUDÉ;
+
+ ET PUBLIÉES
+ PAR F. ET P. PIRANESI, FRÈRES.
+
+
+
+ TOME VI.
+
+ LAMPES ET CANDÉLABRES.
+
+
+À PARIS
+
+
+ {PIRANESI, Frères, place du Tribunat, n°. 1354;
+CHEZ {LEBLANC, Imprimeur-Libraire, rue de la Paix, maison
+ {Abbatiale Saint-Germain-des-Prés, n°. 1.
+
+
+
+ AN XIV. = 1806.
+
+
+
+AVERTISSEMENT
+
+
+
+Ce 6e volume, contenant les Lampes et les Candélabres, fait, dans notre
+division, la troisième partie des Antiquités d'Herculanum, et, dans
+des monumens plus simples, offre un degré d'intérêt qui le rend encore
+précieux après l'exposition des Peintures et des Bronzes. Les Lampes
+(_lucernæ_ ou _lychni_), consacrées par les besoins usuels et par la
+piété, se sont tellement multipliées, qu'il en est parvenu un grand
+nombre jusqu'à nous; les Antiquaires les ont divisées en plusieurs
+classes, sous les dénominations de _lampes sacrées, lampes domestiques_
+et _lampes sépulcrales_. Montfaucon observe judicieusement que, malgré
+ces distinctions, il serait très-difficile d'assigner à chacun de ces
+monumens sa classe particulière. En effet, celles que nous publions ont
+presque toutes été trouvées dans les maisons, et ne diffèrent pas des
+lampes sépulcrales publiées par Bellori ou par d'autres; il ne paraît
+même pas que celles qu'on allumait dans les temples, et qui devraient
+être proprement dites _sacrées_, soient absolument distinctes des
+autres; et il est vraisemblable qu'on se servait indifféremment de
+toutes dans les cérémonies religieuses et dans l'usage privé. La variété
+des formes et des emblêmes dépendait du caprice des artistes ou de la
+fantaisie de celui qui faisait fabriquer ces objets. On trouve dans
+les inscriptions, à _la Fortune domestique_, à _Jupiter domestique_,
+_Minerve domestique, etc._; c'est alors le signe d'une dévotion
+particulière, et on peut en dire autant de toutes les lampes qui portent
+la figure de quelque divinité; ce sont ces sortes de lampes que nous
+nommerons _sacrées_. Beaucoup d'autres sont relatives à la profession
+ou aux goûts de leurs possesseurs. Celles qui portent des figures de
+gladiateurs peuvent être considérées comme lampes sépulcrales; elles
+peuvent aussi se classer parmi celles destinées à éclairer les salles
+d'exercices des gladiateurs, et même les échoppes ou les boutiques des
+amphithéâtres, des théâtres et des cirques. Nous aurons soin, au
+reste, de ne point omettre, dans le cours de nos explications, les
+particularités plus ou moins curieuses qui peuvent jeter quelque jour
+sur les usages des anciens: si cette matière a été épuisée par une foule
+de savans auteurs, dont nous nous plaisons à répéter les opinions plutôt
+qu'à donner les nôtres, nous prions nos lecteurs de considérer que nous
+n'avons pour but que d'aider leur mémoire, en examinant avec eux les
+monumens dont nous leur offrons une copie fidelle.
+
+Les lampes étaient ordinairement de bronze ou de terre cuite, et l'on
+aura souvent occasion d'admirer, dans les lampes de cette dernière
+espèce, combien était répandu le sentiment du beau, et de se confirmer
+dans cette observation: que si des hommes ingénieux font la gloire de
+leur siècle, la gloire de ce même siècle conserve long-temps, parmi
+leurs successeurs, l'esprit dont les premiers furent animés, et fait
+revivre cet esprit après les nuits de la barbarie. On ne saurait donc
+trop applaudir aux efforts des artistes qui tendent, en profitant des
+exemples de l'antiquité, à répandre ce goût conservateur dans tout ce
+qui appartient aux besoins les plus familiers. Pour nous, nous croirons
+avoir peu fait pour les arts, si l'imitation par la gravure des objets
+précieux que la découverte d'Herculanum a rendus à la lumière, ne
+faisait naître, dans les productions du goût, des imitations plus
+solides et plus heureuses.
+
+
+
+ DES ANCIENNES VILLES
+ DÉTRUITES PAR LES ÉRUPTIONS DU VÉSUVE.
+
+
+L'origine d'_Herculanum_, ville d'Hercule, ou consacrée à Hercule,
+_Herculaneum sive Herculanium_ (_oppidum_), se perd dans la nuit des
+temps fabuleux. Si parmi les héros qui ont porté le nom d'Hercule, on
+suit les aventures de l'Hercule Thébain, on voit celui-ci s'arrêter,
+après avoir consommé de grands travaux en Italie, et se reposer dans _la
+Campagne heureuse_. Là il célèbre ses victoires en consacrant aux Dieux
+la dixième partie des dépouilles (_Dionys. Halic, l. I_), et fonde la
+petite ville qui porte son nom, à l'endroit où son navire avait fait sa
+station. Cette même ville est appelée par Pétrone, _Herculis Porticus_;
+d'où lui est venu, sans doute, son nom moderne de _Portici_. Avant la
+découverte d'Herculanum, personne n'avait su déterminer, avec précision,
+la situation de cette ancienne ville; il n'en restait pas même de trace
+sensible dans ce nom de _Portici_. Cette habitation royale à quatre
+milles environ de Naples, séparée de _Résina_ par une seule rue, cachait
+la ville antique sous ses fondemens. Ces deux villes sont presque
+de niveau avec la mer; en sorte que le sol d'Herculanum se trouve
+très-abaissé, ou qu'il faut que la mer se soit beaucoup élevée.
+Winckelmann, qui fait cette observation (_lettre au comte de Brühl_),
+croit à ce dernier phénomène. Il observe que sur les côtes de Hollande,
+la mer est manifestement plus haute que la terre; ce qui ne devait pas
+être avant que l'industrie humaine eût prescrit des limites à la mer.
+Les bâtimens d'Herculanum sont encore dans leur ancienne assiette;
+état tout-à-fait contraire à l'opinion qu'ils se soient affaissés. On a
+cherché à rendre raison du nom de _Résina_, en le faisant dériver de la
+_villa Retina_, dont parle Pline le jeune dans la lettre où il décrit
+l'éruption du Vésuve (_lib. VI, epist. 16_). Mais il paraît par le
+texte, malgré la diversité des leçons, que cette _villa_ était située
+près de _Misenum_, c'est-à-dire à environ douze milles du Vésuve, et
+qu'il n'y a aucun rapport de _Retina_ à _Resina_.
+
+La ville de _Pompéia_, qui subit le même sort qu'Herculanum, paraît
+avoir eu une commune origine. Son nom vient des pompes et fêtes
+d'Hercule (_Serv. in Æn. VIII, v. 662_). En écrivant _Pompéia_, dans le
+cours de cet ouvrage, nous avons suivi un usage vulgaire qui pourrait
+nous mériter un reproche. Les auteurs latins écrivent Pompeii, au
+pluriel; les Français conservent ordinairement la terminaison latine.
+Strabon dit _Pompeia_, et son traducteur, _Pompeiam, quam Sarnus
+præterfluit_. Cet exemple peut faire autorité en notre faveur. Les
+ruines de Pompéia se trouvent aujourd'hui sur le chemin de Salerne, près
+d'un village maritime, appelé _Torre dell'Annunziata_, à dix milles de
+Naples et six de Portici. L'emplacement qu'elles occupent est éloigné
+d'un demi-mille environ du cours actuel du _Sarnus_ (aujourd'hui
+_Sarno_), soit que cette différence ait pour cause les bouleversemens
+produits par les éruptions et les tremblemens de terre, soit que le port
+se trouvât situé à quelque distance de la ville; ce qui n'est point
+sans exemple. Cette situation favorable faisait de Pompéia l'entrepôt du
+commerce de _Nola_, de _Nuceria_ (_Nocerra_), et d'_Acerræ_ (_Acerra_).
+
+«Stabie (_Stabiæ_), dit Winckelmann, était située dans le terrain
+qu'occupe à présent _Gragnano_, et non comme le prétend Cluvier dans
+l'endroit où est aujourd'hui _Castell'-a-mare_, sur le bord de la mer.
+L'ancienne Stabie, suivant Gallien, en était éloignée de huit stades;
+ce qui s'accorda avec la situation que nous lui donnons. Cette ville fut
+détruite par Sylla dans la guerre des Marses; et du temps de Pline, on
+n'y voyait plus que des maisons de plaisance»; c'est le rivage où Pline
+l'ancien périt victime de son courage.
+
+Indépendamment de ces villes principales, tout le rivage était couvert
+d'habitations agréables qu'on bâtissait quelquefois jusque dans la
+mer, pour y trouver la fraîcheur que produit le mouvement des flots.
+La fertilité qui jaillissait des causes même de destruction, a, de tout
+temps, répandu sur ces lieux dangereux, un charme dont les événemens les
+plus désastreux n'ont pu détruire le prestige. Nous voyons encore de nos
+jours des jardins délicieux creusés dans la lave; à peine ces fleuves de
+marbre et de métaux fondus sont-ils refroidis, qu'on vient chercher sur
+leurs bords l'habitation qu'ils ont épargnée; on creuse leurs flancs
+pour découvrir le sol; on taille, on enlève leurs riches débris, pour
+construire des édifices, pour consolider des routes qui doivent être
+de nouveau abîmées par les torrens destructeurs, Le pavé des villes
+antiques mêmes était formé de laves. La première éruption dont
+l'histoire ait conservé le souvenir, est celle qui eut lieu la première
+année du règne de Titus, l'an 79 de l'ère chrétienne, celle à laquelle
+on a attribué la destruction totale des villes déterrées dans le siècle
+dernier. Avant l'époque dont nous venons de parler, les témoins nombreux
+qui annonçaient le voisinage d'un ennemi aussi redoutable que l'Ætna,
+semblaient être muets pour les habitans de ces contrées. Si la tradition
+des anciennes fureurs de quelques volcans avait été conservée par les
+poètes, elle était comme reléguée dans le domaine des fictions. La
+fable des Géans phlégréens, la description que Virgile fait des enfers,
+description qui nous guide encore aujourd'hui pas à pas sur les mêmes
+lieux, en renferment les traces les plus sensibles: mais il n'est
+question que des campagnes de Cumes; et l'on est surpris de voir
+l'auteur des Géorgiques parler de la fertilité du Vésuve, sans remonter
+à la cause dangereuse qui la produit, et qu'il semble tout-à-fait
+ignorer. Pline l'ancien, qui porta si loin ses recherches sur l'histoire
+naturelle, à qui l'incendie du Vésuve fut si funeste, parle deux fois de
+cette montagne célèbre par ses vins, sans paraître instruit de la nature
+sulphureuse du sol. Cette remarque n'avait point échappé à l'exact
+Strabon, qui parle d'ailleurs (_liv. V_) du sommet du Vésuve, comme
+d'un volcan éteint. Diodore de Sicile (_l. IV_), parle aussi des traces
+d'embrâsemens qu'offre la montagne, mais sans entrer dans aucun détail.
+
+Il est constant que ces apparences de la nature volcanique du Vésuve
+avaient peu frappé les anciens, et l'on voit que leurs plus habiles
+observateurs y avaient à peine fait attention. S'il est prouvé par
+l'ancien état du sol, mis à découvert dans les fouilles, qu'à une époque
+très-reculée le Vésuve s'était signalé par de grandes éruptions, il
+faut supposer qu'elles eurent lieu avant que ces contrées ne fussent
+habitées. Comment, en effet, le souvenir d'événemens aussi terribles se
+serait-il effacé de la mémoire des hommes? Ce souvenir ne se serait-il
+point, au contraire, perpétué par la tradition? Et cette tradition, les
+prêtres et les poètes, toujours amis du merveilleux, ne l'auraient-ils
+point avidement recueillie? En vain la cherche-t-on dans quelques poètes
+latins; un passage de Lucrèce (_liv. VI, v._ 747), où il est seulement
+question des eaux chaudes du mont Vésuve, ne fait point autorité. D.
+Marcello Venuti remarque même qu'on a fait subir à ce passage diverses
+corrections, pour y faire entrer le nom du volcan.
+
+On a cité, comme une autorité plus précise, ces vers de
+Valerius-Flaccus:
+
+ _Sic ubi prærupti tonuit cum fortè Vesevi
+ Hesperiæ lethalis apex._
+
+Et ceux-ci de Silius-Italicus:
+
+ _Sic ubi vi cæcâ tandem devictus ad astra
+ Evomuit pastos per sæcla Vesuvius ignes,
+ Et Pelago et terris fusa est vulcania pestis._
+
+Certes, il n'est pas possible de peindre avec plus de vérité l'effet
+des éruptions: mais sous le prétexte que Valerius-Flaccus écrivait
+sous Vespasien, à qui il dédia son poëme, et que Silius-Italicus vivait
+encore plus anciennement sous Néron, il ne faut point se persuader que
+ces deux poètes nous transmettent dans leurs vers d'anciennes traditions
+dont on ne trouve ailleurs aucunes traces. Si le premier a consacré les
+prémises de sa muse à Vespasien, il paraît constant qu'il est mort en
+88 sous Domitien, sans avoir terminé son poëme (Voyez _Dodwell, Annales
+Quintilianei_). Le second se trouvait consul lors de la mort de Néron,
+en l'an 68. On ignore quand il a cessé de vivre; mais on sait qu'il
+écrivit dans un âge avancé, et l'on convient que ses ouvrages en
+retiennent une sorte de faiblesse. Depuis l'époque de sa dignité
+consulaire jusqu'au temps de l'éruption, on ne compte que onze ans: il
+est donc très-probable que cet auteur était contemporain; et le passage
+cité plus haut nous paraît même une preuve que Silius-Italicus existait
+encore après l'événement désastreux arrivé sous Titus.
+
+Un fait singulier rapporté par Florus (_lib. III, cap. XX_), peut servir
+à prouver qu'il ne devait y avoir chez les anciens aucune idée de danger
+attachée au mont Vésuve. Spartacus, ce chef redoutable de la révolte des
+esclaves, s'était fait du sommet du Vésuve, une sorte de retraite et de
+citadelle. Assiégé et réduit à l'extrémité par les troupes de Clodius
+Glabrus, il descendit, suivi de ses compagnons, dans les entrailles
+du Vésuve, à l'aide de cordes d'osier; puis, suivant des routes
+souterraines, il sortit par une issue ignorée et tomba à l'improviste
+sur le camp de son ennemi, qui s'attendait peu à une pareille attaque.
+Si l'on doit ajouter foi à ce récit, voilà une époque où le volcan
+était entièrement éteint; c'est environ deux siècles avant la fameuse
+éruption: mais depuis cette éruption, plus de dix-sept siècles se sont
+écoulés sans que les flancs de ce gouffre se soient épuisés; et bien
+qu'un observateur moderne ait dit que le Vésuve tombe en vétusté, et
+qu'il tend à s'éteindre, qui sait combien de siècles doivent s'écouler
+encore, avant qu'un nouveau Spartacus puisse aller scruter ses
+entrailles! On est presque réduit aux conjectures, quand on veut
+rechercher quels sont les premiers peuples qui s'établirent autour du
+Vésuve. D'après les témoignages de Strabon (_liv. V_) et de Servius
+(_in Æn. VII_), les habitans du rivage et des pays arrosés par le
+Sarno, étaient connus sous le nom d'Osques, _Osci_; on attribuait-ce
+nom d'_Osci_, ou plutôt d'_Opici_, aux serpens dont abondait le pays,
+en grec, Of??. De-l par contraction, on avait dit _Opsci_ ou _Osci_.
+Capoue, qui fut de tout temps la capitale de cette région, se nommait
+_Vulturnia_, et, aussi _Osca_ ou _Opicia_. Cette étymologie, tirée
+du nom grec des serpens, est peut-être un peu forcée; mais l'origine
+grecque de ces peuples n'en doit pas moins être regardée comme
+constante. Servius, citant Conon, dit que cet ancien écrivain, «dans
+le livre qu'il a écrit sur l'Italie, raconte que des Pélasges et autres
+émigrans du Péloponnèse, abordèrent dans cet endroit de l'Italie, qui
+n'avait point encore de nom; qu'ils donnèrent celui de _Sarnus_ au
+fleuve dont ils habitèrent les rives, du nom d'un fleuve de leur patrie;
+qu'ils s'appelèrent eux-mêmes _Sarastes_, et que, parmi plusieurs
+autres villes, ils fondèrent _Nuceria_». De-là on peut conclure que
+les Pélasges commencèrent à combattre ou à se mêler avec les anciens
+Étrusques, maîtres du pays Osque. Le nom d'Étrusque est celui que les
+écrivains latins conservèrent aux habitans de ces contrées. Les Samnites
+s'étendirent dans leurs conquêtes jusqu'au cratère; mais ils ne purent
+s'y maintenir, et furent chassés par ceux du rivage. Ces nouveaux
+peuples, malgré leurs alliances avec leurs voisins, conservèrent des
+mœurs qui décelaient une origine moins barbare. Ils avaient apporté les
+usages et les arts de la Grèce, encore dans leur enfance; retranchés de
+la souche maternelle, ils conservèrent ce qu'ils avaient de sauvage, et,
+comme Grecs, demeurèrent bien loin de la politesse et du goût qui fit de
+leur première patrie, l'ornement et le modèle du monde entier. Chez eux
+donc se forma ce premier style de l'art qu'on nomma Étrusque chez les
+Romains, et dont l'imitation servit de leçon à ce peuple tout barbare.
+Une preuve de l'origine des mêmes peuples se trouve encore dans
+la dénomination de leurs magistrats, ainsi que le remarque Strabon
+lui-même. Les villes de proche en proche devinrent colonies romaines;
+mais par un privilège remarquable (celui des Municipes), les habitans
+conservèrent, en jouissant du droit de cité, la faculté de vivre sous
+leurs anciennes lois. Ainsi, les Herculaniens avaient des magistrats
+suprêmes, des _Démarques_, lesquels étaient peut-être les mêmes que les
+décemvirs Quinquennaux.
+
+Herculanum et Pompéia étaient deux villes florissantes et très-peuplées,
+si l'on en juge par les théâtres et les monumens publics découverts
+dans les fouilles. Winckelmann cite, à l'appui de la même opinion, une
+inscription curieuse trouvée sur le mur d'une maison à Herculanum. C'est
+une affiche pour la location des bains et des lieux où l'on donnait à
+boire et à manger, et que, pour le prix de _neuf cents sesterces_, on
+louait pour cinq ans. Une certaine Julia, fille de Spurius-Félix, en
+était la propriétaire LOCANTUR BALNEUM VENERIUM ET NONGENTUM TABERNÆ
+PERGULÆ, etc.
+
+Tout le monde connaît le récit que Pline le jeune fait, dans sa lettre à
+Tacite, de la terrible éruption qui coûta la vie à son oncle (_liv.
+VI. ép. 16_). L'auteur latin n'a rien exagéré; et quoique profondément
+affecté, il s'exprime avec cette énergique simplicité et cette austérité
+qui convient l'histoire. Dion-Cassius, dans une description plus
+pompeuse, s'exprime avec la chaleur d'un orateur, et nous peint tout le
+peuple d'Herculanum et de Pompéia, assis et abîmé dans le théâtre.
+Ce fut le 1er novembre, suivant Pline, et à une heure après midi, que
+l'explosion fit tout son effet: c'était l'heure où le peuple avait
+coutume de se rendre au théâtre; mais tout prouve aujourd'hui que Dion,
+qui vivait déjà loin de l'époque de l'événement, s'est laissé entraîner
+à une grande exagération. Si son récit était exact, n'aurait-on pas
+découvert un grand nombre de cadavres dans les fouilles? Or, on n'a
+pas trouvé un seul corps dans les théâtres; on n'en a même trouvé qu'un
+très-petit nombre dans les villes. Des ustensiles pesans, déterrés ç
+et là dans les campagnes, sont des traces sensibles de la fuite des
+habitans, et certainement ils ont eu le temps de se dérober au danger.
+On sait que des signes redoutables annoncent les éruptions: si les
+habitans ne pouvaient prévoir ce déluge de feux, le bruit et les
+secousses qui l'ont précédé, au rapport même de Dion-Cassius, et surtout
+le souvenir récent du tremblement de terre qui, selon Sénèque, avait
+renversé une partie de leurs villes sous Néron (en l'an 63), devaient
+les avertir de chercher leur salut en rase campagne ou sur la mer; il
+échappa sans doute au désastre un grand nombre de personnes. Chassés par
+ces malheurs, ou par d'autres qui suivirent, les habitans d'Herculanum
+se réfugièrent à Naples; ils y eurent un quartier séparé, et y vécurent,
+sous leurs lois: de-là, la dénomination de _Regio Herculaniensium_, ou
+_Herculanensis_, qui se trouve sur des inscriptions antiques. Ceux de
+Pompéia se réfugièrent à Nola. Voilà des faits qu'on ne peut révoquer
+en doute: mais quand eurent lieu ces émigrations et l'abandon total
+des deux villes? L'opinion vulgaire a voulu que ce fut après le
+premier désastre. Mais depuis peu on a mis en question si les villes
+d'Herculanum et de Pompéia n'ont pas subsisté encore longtemps après.
+D. Marcello Venuti avait cité une inscription consacrée, par la
+reconnaissance de la colonie d'Herculanum, à _L. Munatius Concessianus_
+pour l'avoir alimentée à ses frais dans un temps de disette[1].
+
+[Footnote 1: Voici cette inscription, qui mérite d'être rapportée tout
+au long:
+
+ L. MVNATIO. CONCESSIANO. V.P. PATRONO
+ COLONIAE. PRO MERITIS. EIVS. ERGA. CIVES
+ MVNIFICA. LARGITATE. OLIM HONOREM
+ DEVITVM. PRESTANTISSIMO. VIRO. PRAE
+ SENS. TEMPVS. EXEGIT. QVO. ETIAM. MVNA
+ TI. CONCESSIANI. FILII. SVI. DEMARCHIA.
+ CVMVLATIORE. SVMPTV. LIBERALITATIS
+ ABVNDANTIAM. VNIVERSIS. EXIBVIT. CIVIBVS
+ OB. QVAE. TESTIMONIA. AMORIS. SINCERISSI
+ MI. REG. PRIMARIA. SPLENDIDISSIMA
+ HERCVLANIENSIVM; PATRONO. MIRABILI
+ STATVAM. PONENDAM. DECREVIT.
+
+(Descriz. delle prime scoperte dell' antica città d'Ercolano. _Roma_,
+1478, _pag._ 28).]
+
+Le style de l'inscription se rapporte, suivant cet auteur même, aux bas
+siècles de l'empire; mais, embrassant l'opinion reçue, loin d'y voir une
+preuve de l'existence prolongée de la ville d'Herculanum, il applique le
+sens de cette inscription à l'établissement des Herculaniens réfugiés à
+Naples, dans un quartier qui prit leur nom. D. Venuti ne manquera pas
+de partisans qui partageront son opinion. En étudiant l'inscription, il
+paraît clair qu'elle a été faite à Naples: il y est question de _Regio_,
+et non pas de _Civitas Herculaniensium_; et cette expression de _Regio_
+est accompagnée des titres de _primaria_, _splendidissima_, lesquels
+établissent une sorte de comparaison entre plusieurs quartiers d'une
+même ville. Cette inscription, au rapport du Capaccio, historien
+napolitain, fut trouvée dans les environs de Naples (vers 1600), et
+transportée à Naples, dans l'église de St.-Antoine, abbé D. Venuti l'a
+vue et copiée. On ne sait pas précisément l'endroit où l'on fit cette
+découverte; cependant le Capaccio a cru très-positivement que c'était
+dans la situation même de l'ancienne Herculanum. «Nous avions, dit-il
+ignoré long-temps où cette ville fut située. Des paysans, fouillant un
+champ, trouvèrent quelques édifices voûtés, des pavés, des murs revêtus
+de marbres, et un grand nombre d'inscriptions qui donnèrent beaucoup
+de jour». Il parle ici de l'inscription que nous avons rapportée, et
+il ajoute: «Cette inscription devait être en grand honneur chez les
+Herculaniens; ils y reconnaissent la démarchie, la république et la
+protection d'un patron, espèce de gouvernement auquel leur république
+était assujétie».
+
+En donnant une grande attention au récit du Capaccio, on ne peut
+demeurer persuadé que le lieu de ces découvertes soit celui de la
+situation de l'antique Herculanum. Sans doute il l'avoisinait beaucoup,
+et on peut le considérer comme le quartier dans lequel les réfugiés,
+tout en appartenant à la ville de Naples, trouvèrent un asyle et
+reçurent de leurs nouveaux hôtes la protection et les honneurs qu'un
+peuple hospitalier se plaît accorder au malheur. Les Herculaniens
+durent, surtout, conserver leur régime et leurs lois, que les Romains
+avaient respectés, en les attachant à l'empire par le titre de colonie.
+
+M. Carletti et M. Ignarra, deux autres écrivains, font également
+rapporter l'inscription au quartier des Herculaniens dans la ville de
+Naples.
+
+Mais le dernier, dans une dissertation écrite en latin, établit une
+suite d'observations, qu'il fait concourir à prouver «qu'Herculanum n'a
+point dû cesser totalement d'exister à l'époque où, suivant l'opinion
+commune, il n'en resta plus de vestiges».
+
+M. Dutheil, membre de l'Institut national, fait l'examen de cette
+dissertation dans une lettre imprimée, adressée à M. Millin (_Paris,
+Didot jeune, 1804_). Il suit pas à pas le savant Napolitain, adopte son
+opinion, et la fortifie par ses propres réflexions. Il nous montre les
+Empereurs accordant une protection signalée aux malheureuses villes
+de la Campanie, et s'efforçant de les faire ressortir de leurs ruines.
+Elles avaient déjà éprouvé des dommages affreux par le tremblement de
+terre arrivé sous Néron. Vespasien prit un soin particulier de les
+faire réparer. Une inscription, trouvée à Pompéia, fixe la date du
+rétablissement du temple de Cybèle; elle répond à l'année 76. Ici,
+nous devons rapporter une réflexion que d'autres auteurs ont faite
+avec justesse: Ne serait-ce pas lors des écroulemens causés par le
+tremblement de terre, que le peuple fut surpris dans les théâtres
+d'Herculanum et de Pompéia? Il s'ensuivrait que Dion-Cassius, qui vivait
+dans IIIe siècle, aurait confondu ces deux époques en recueillant les
+traditions. Trois années s'écoulèrent depuis la restauration du temple
+de Cybèle, ce qui doit faire présumer celle du reste de la ville
+au moment de l'éruption, et Pompéia devait alors se trouver
+très-florissante.
+
+Titus, qui était dans la première année de son règne, signala dans cette
+occasion toute sa bienfaisance. Sans doute il ne resta point au-dessous
+de la munificence de Vespasien son père, prince entaché d'avarice. Aussi
+voyons-nous qu'il envoya des personnages consulaires dans la Campanie,
+pour réparer le désastre de cette province; qu'il fit répandre des
+secours puissans, et qu'il abandonna, au profit des malheureux, les
+biens dévolus au fisc par déshérence en cette même occasion. Quelque
+fût alors l'effet de ces secours, il fallut renoncer, comme il est bien
+prouvé, au plus grand nombre des habitations obstruées ou encombrées par
+la lave, par les cendres et par toutes les matières volcaniques. Ainsi,
+en faisant les fouilles modernes, on a pénétré dans des lieux qui ont
+été fermés à la lumière depuis cette fatale époque. Il est à remarquer
+que c'est dans ces mêmes lieux que furent trouvés des objets dont on a
+assigné, sans grand fondement, l'existence un âge moins reculé.
+Telle est, par exemple, la belle statue de _Nonius Balbus_; elle est
+accompagnée d'une inscription dont on a rapporté les caractères au
+siècle d'Adrien; mais le temps de cette inscription et de plusieurs
+autres semblables, n'est point prouvé postérieur à Titus, et la forme
+des caractères n'a rien d'assez décisif pour faire époque dans le court
+espace de temps qui s'écoule entre le règne de cet empereur et celui
+d'Adrien.
+
+Stace, qui vivait à Naples du temps de l'éruption, peint dans une épître
+adressée à Victorius-Marcellus (_Sylv. lib. IV_, 4), l'état même où
+plusieurs générations ont vu le site des villes détruites par le Vésuve:
+«Quand ces déserts se couvriront de verdure ou de moissons nouvelles,
+les races à venir croiront-elles fouler, sous leurs pieds, des peuples
+et des villes?»
+
+ _Credetne virum ventura propago,
+ Cum segetes iterùm, cum jam hæc deserta virebunt,
+ Infra urbes populosque premi?_
+
+Ces expressions semblent bien annoncer l'abandon total de ces lieux
+dévastés; mais on oppose le poète à lui-même. Dans une autre épître
+(_liv. III_, 5), il invite son épouse à venir jouir d'un aspect plus
+riant dans la même contrée. «La cîme du Vésuve, lui dit-il, la tempête
+de feu de la montagne furieuse n'a point tari la population des villes
+tremblantes; elles sont debout, habitées et florissantes».
+
+ _Non adeò Vesuvinus apex et flammea diri
+ Montis Hyems trepidas exhausit civibus urbes:
+ Stant populisque vigent._
+
+Si pourtant, d'après ces paroles consolantes, on se figure les villes
+détruites, se relevant du milieu de leurs débris; si on les voit pleines
+de citoyens qui jouissent tranquillement de la beauté du climat, ne
+donne-t-on pas un sens forcé aux expressions du poète? Parle-t-il
+d'ailleurs des villes mêmes d'Herculanum et de Pompéia? Il s'adresse à
+une épouse qui, dans sa frayeur, pouvait se représenter le Vésuve, comme
+inondant d'un fleuve de feu toutes les villes voisines; il la rassure,
+et lui promet un séjour agréable et tranquille près de cette montagne
+redoutée à Naples même, «asyle des doux loisirs et d'une paix
+inaltérable». Il ne manquait point non plus d'habitations délicieuses,
+situées autour du Vésuve, et qui n'étaient point exposées à ses ravages.
+Le poète en nomme plusieurs; ce sont là les villes qu'il faut entendre
+quand il dit qu'elles sont florissantes, malgré _la tempête de feu_;
+toutes en étaient assez éloignées pour n'avoir pas à craindre le sort
+d'Herculanum et de Pompéia.
+
+Il nous est donc impossible de nous représenter ces villes recouvrant
+leur ancienne splendeur, ou même reprenant une existence un peu
+remarquable. La circonstance la plus décisive contre l'opinion
+contraire, observe M. Visconti, est qu'aucun des nombreux monumens,
+déterrés dans ces ruines, ne porte des marques probables du temps
+postérieur à Titus. Un grand nombre porte des preuves d'un temps
+antérieur; on pourrait même ajouter qu'il n'existe pas de monument qui
+ne soit probablement antérieur à Néron, ou tout au plus de son temps.
+Cependant ces mêmes lieux ont pu être habités par de pauvres gens. La
+lampe chrétienne, que nous avons expliquée (_PL. XXIII de ce Volume_), en
+est le témoin presque unique. M. Dutheil cite, avec M. Ignarra, la
+table ou carte, dite de Peutinger, monument géographique qu'on
+croit postérieur au règne de Constantin. On y voit figurer les noms
+d'Herculanum et de Pompéia; mais, sous ces noms célèbres qui n'ont pu
+s'éteindre avec les anciennes villes, il ne peut être question que
+de petites bourgades, qui en ont pris la place. En suivant les mêmes
+auteurs dans leurs calculs, on voit disparaître toute population connue
+par les anciens noms, en l'an 471. «Sous cette année, le comte Marcellin
+fait mention d'une épouvantable éruption _qui couvrit de cendres toute
+la face de l'Europe_: ce sont ses termes; il ajoute qu'à Constantinople,
+on faisait annuellement commémoration de cet événement (_hujus metuendi
+Cineris_), le VIIIe des Ides de novembre. Cette éruption du volcan,
+arrivée en 471 (continue M. Dutheil en citant M. Ignarra), dût être
+la plus funeste de toutes; elle changea totalement la conformation du
+Vésuve. Anciennement, ce mont s'élevait, pour ainsi dire, à pic,
+n'ayant qu'un seul sommet, où on ne pouvait gravir que d'un côté et
+fort difficilement. Sa cîme offrait une espèce de plate-forme, presque
+par-tout unie, comme Strabon nous le dit (_page_ 257). Dion-Cassius
+nous apprend que les flammes sortaient du milieu de la cîme, et que les
+flancs au-dehors de la montagne, représentaient, en quelque sorte, un
+vaste amphithéâtre. Aujourd'hui il ne reste de ce cône qu'une petite
+portion regardant le nord, et séparée du cratère actuel».
+
+Cette dissertation est terminée par les conjectures de M. Ignarra
+sur les portiques d'Hercule, dont il est fait mention dans le roman
+satyrique, attribué _Petronius Arbiter_. Il ne faut point chercher
+le lieu ainsi désigné, ailleurs que dans l'emplacement de l'antique
+Herculanum. Les portiques du théâtre, élevés de plusieurs étages,
+suivant les règles de l'architecture, ont pu rester debout long-temps
+après la ruine de l'édifice. Fréquentés et demeurant seuls connus, on ne
+parla plus que des portiques; quand les portiques disparurent, leur nom
+survécut même à leur souvenir: de nos jours, il sert à désigner le même
+lieu, _Portici_.
+
+«M. Ignarra va plus loin, il soupçonne que dans le quinzième siècle,
+il pouvait rester quelques vestiges de ces portiques; il le conjecture
+d'après un passage de Sannazar. Ce poète, dans une de ses églogues,
+introduit le pêcheur Thelgon, assis sur le penchant de la colline,
+appelée _Mergellina_, en face du cratère de la montagne, et s'exprimant
+ainsi:
+
+ _Rupe sub hâc mecum sedit Galatea: videbam
+ Et Capreas, et quœ sirenum nomina servant
+ Rura procul_: veteres _aliâ de parte_ ruinas
+ Herculis _ambustâ signabat ab arce Vesevus_.
+
+Par ces mots _veteres ruinas Herculis_, le poète ne saurait guère avoir
+voulu désigner que les ruines des portiques d'Herculanum, déjà renversés
+de son temps, mais encore visibles.»
+
+En admettant cette conjecture assez plausible, nous voyons des signes
+extérieurs indiquer le tombeau d'Herculanum, presque jusqu'au siècle où
+cette ville antique fut découverte.
+
+On avait très-anciennement fait des recherches dans son sein; mais
+il paraît que le souvenir s'en était entièrement perdu. Les traces
+manifestes de ces fouilles se rencontrèrent avec les travaux de
+la découverte. Ce sont, dit Winckelmann, des conduits souterrains
+travaillés et creusés avec peine, et qui indiquent si clairement leur
+objet, qu'ils ne peuvent laisser de doutes sur leur destination. Le
+célèbre antiquaire rapporte une inscription qui semble désigner ces
+anciennes recherches; nous l'a copions d'après lui:
+
+ SIGNA TRANSLATA EX ABDITIS
+ LOCIS AD CELEBRITATEM
+ THERMARUM SEVERIANARUM
+ AUDENTIUS ÆMILIANUS V. C. CON.
+ CAMP. CONSTITUIT. DEDICARIQUE PRECEPIT. (_sic_)
+ CURANTE T. ANNONIO CRYSANTIO V. P.
+
+Cette expression _signa translata ex abditis locis_, ne peut convenir
+qu'à des statues tirées de villes ensevelies, et particulièrement
+d'Herculanum; ainsi l'inscription et les anciens conduits s'expliquent
+mutuellement. Il est question des bains de Sévère; ces bains ne sont
+connus que par l'inscription; il est très-probable qu'ils appartenaient
+à la ville de Naples, et que leur dénomination se rapporte à
+Septime-Sévère. Ainsi, à supposer que les anciennes fouilles aient eu
+lieu sous le règne de cet Empereur, l'époque peut en être fixée plus
+d'un siècle après la fameuse éruption.
+
+Les couches de l'attérissement montrent différentes époques auxquelles
+il a eu lieu. Herculanum ne fut point inondé tout-à-coup par des torrens
+de feu et de lave liquéfiée. Cette ville fut encombrée par une pluie de
+cendres brûlantes, dont la chaleur fut si grande, qu'elle réduisit
+en charbon les poutres des maisons et les objets combustibles; cette
+émission de cendres fut suivie, et peut-être immédiatement, de lavasses
+qui en firent une croute solide. On a même imaginé que l'eau de la mer,
+à la faveur des secousses de la terre, avait pénétré dans le gouffre qui
+l'avait ensuite vomie par torrens. On cite deux éruptions modernes où ce
+phénomène est raconté comme certain. En 1631 et 1698, l'absorption fut
+telle que le bassin du port se montra à sec un moment, et que les eaux
+et la lave, lancées par le Vésuve, se trouvèrent mêlées d'une quantité
+de coquillages de toute espèce. La lave a coulé depuis sur les cendres,
+et les a recouvertes de différentes couches. Par ce nom de lave (qui
+paraît venir de _lavare_, laver), que les anciens n'ont point employé,
+et pour lequel ils n'ont point eu d'équivalent, on entend le mélange des
+matières fondues, de soufre, de bitume, de minéraux et de pierres. Cette
+matière épaisse et visqueuse ne court point, comme ferait un torrent;
+elle coule lentement, comme ferait une pâte ou du verre fondu, et roule
+sur elle-même, enveloppée d'une colonne d'air brûlant, qui dessèche tout
+à une grande distance. Elle conserve sa chaleur assez long-temps pour
+arriver jusqu'à la mer où elle forme quelquefois de petits promontoires.
+La lave se fixe à mesure qu'elle perd sa chaleur, et devient dure
+comme le marbre, dont elle prend le poli et quelquefois les plus riches
+couleurs. C'est toujours vers Herculanum et dans le voisinage jusqu'à
+_Torre-del-Greco_, que la lave a dirigé son cours; elle n'a point coulé
+jusqu' Pompéia ni Stabie. Ces deux endroits sont couverts d'une cendre
+légère qu'on nomme dans le pays _Papamonte_; aussi les fouilles s'y
+font-elles avec plus de facilité, et les objets ensevelis s'y sont-ils
+mieux conservés.
+
+C'est au prince d'Elbeuf qu'on doit les premières fouilles qui
+conduisirent à la découverte d'Herculanum. Ce prince faisait bâtir une
+maison de plaisance sur le bord de la mer, à Portici. Instruit que des
+habitans de Resine, en voulant creuser un puits leurs frais, avaient
+trouvé quelques fragmens de beaux marbres; le prince, qui en cherchait
+pour faire faire du stuc, ordonna qu'on creusât ce même puits jusqu'à
+fleur d'eau. A peine avait-on fouillé le terrain latéralement, qu'on
+trouva quelques belles statues, et plus loin un grand nombre de
+colonnes, quelques-unes d'albâtre fleuri, mais la plupart de jaune
+antique, appartenant à un temple. Naples était alors sous la domination
+autrichienne; le vice-roi forma des prétentions sur les statues; elles
+furent envoyées à Vienne, et données au prince Eugène de Savoie: ceci
+se passait en 1711. La cour, se réservant un droit dont elle n'usa pas,
+défendit de faire des fouilles, et l'on demeura plus de trente ans sans
+y penser.
+
+Enfin, Charles, second fils du roi d'Espagne Philippe V, devenu
+possesseur du royaume de Naples, fit choix de la _villa_ de _Portici_
+pour maison de plaisance; il s'y trouvait au mois de décembre en 1738.
+Le puits subsistait encore; il avait été percé auprès du jardin des
+Grands-Augustins, et le hasard voulut qu'il se trouvât dirigé vers le
+milieu du théâtre qui aujourd'hui ne se trouve éclairé que par cette
+ouverture. Le roi ordonna qu'on continuât les fouilles; quelques
+fragmens d'une inscription en lettres onciales qu'expliqua D. Marcello
+Venuti, apprirent l'existence du théâtre. Venuti raconte qu'il
+dirigea ces premiers travaux, et il eut la gloire de faire cette belle
+découverte qui fut suivie de toutes les autres. Cet heureux succès
+engagea, en effet, à faire des recherches en d'autres endroits, et l'on
+découvrit bientôt la véritable situation de Stabie et celle de Pompéia,
+déjà indiquée par un vaste amphithéâtre dont les vestiges demeuraient
+visibles à la surface du sol.
+
+Nous avons exposé, dans le cours de cette collection, la plus grande
+partie des richesses tirées de ces villes ensevelies. Il n'entre point
+dans notre plan de parler de leurs édifices; nous renvoyons les curieux
+aux ouvrages que les éditeurs mêmes de ce recueil, MM. Piranesi, ont
+donnés sur ces matières. On trouve, dans la Collection de leurs œuvres,
+tous les détails du théâtre d'Herculanum; et ils publient au moment même
+où nous écrivons (1806), les édifices de Pompéia, gravés par eux sur les
+dessins de leur père.
+
+
+
+FIN DU 6e ET DERNIER VOLUME.
+
+
+
+
+[Illustration: VI page 34]
+
+
+
+PLANCHE I.
+(_P._ I, 2, _tome VIII de l'Edition royale_.)
+
+
+FIG. I On remarquera dans cette lampe, comme dans un grand nombre
+d'autres, l'anse dont la forme varie souvent, la languette où est le
+trou d'où sortait le lumignon; et enfin, dans le cercle, le trou qui
+servait à introduire l'huile, et qui s'écartait plus ou moins du centre,
+pour épargner les figures. Le sujet du médaillon est l'union des trois
+grandes Divinités. On voit Jupiter assis sur son trône, ayant la tête
+radiée, et tenant le sceptre et la foudre; à sa droite est Minerve,
+qu'on reconnaît au casque et à la lance; à sa gauche est Junon, tenant
+une corne d'abondance. Ces trois Divinités se trouvent souvent réunies
+dans les monumens, comme elles l'étaient dans le culte qu'on leur
+rendait à Rome, au Capitole; c'était en leur honneur qu'on célébrait
+les fameux jeux du cirque, institués par Tarquin-l'Ancien, dits les
+jeux romains ou les grands jeux. Ce triple culte paraît être passé des
+Toscans chez les Romains. Les villes Etrusques n'étaient point réputées
+_justes_, si elles n'avaient trois portes consacrées à Jupiter, à
+Junon et à Minerve. Les Grecs observaient aussi cette union; et dans
+le temple, où se rendaient les députés de la Phocide, on voyait Jupiter
+assis sur son trône, ayant Junon à sa droite, et Minerve à sa gauche.
+Pindare place Minerve à la droite, comme on le voit sur notre lampe, et
+dans dix autres du musée de Portici, situation également observée dans
+l'union des trois Divinités au Capitole.
+
+FIG. II. Cette lampe est percée pour deux mèches; l'ornement est une
+figure de Jupiter; près de lui est le sceptre, attribut de sa puissance
+souveraine, et qui désigne le roi des rois, comme l'ont appelé les
+poètes. Devant lui est l'aigle, ministre de la foudre, à qui le roi des
+Dieux accorda l'empire sur tous les oiseaux (_Hor. IV, Od._ 4). L'aigle
+est aussi, suivant Callimaque, le messager des augures du grand Jupiter
+(_Hym. in Jov._ 69). Ce fut l'aigle qui, dans le combat des Géans, lui
+présagea la victoire, et qui lui fournissait ses traits foudroyans;
+de-là l'image de l'aigle fut consacrée comme une enseigne militaire,
+prêtant un heureux auspice. Cette image a toujours plu aux ames
+guerrières, et nous la voyons servir encore de gage assuré pour la
+victoire, aux soldats du Héros du siècle où nous vivons.
+
+FIG. III. Cette autre lampe offre l'union des trois grandes Divinités
+égyptiennes, Isis y Harpocrates et Anubis. Isis et Harpocrates ont sur
+la tête la fleur du _lotus_; on reconnaît le fils d'Isis et d'Osiris
+au geste, qui exprime le silence. Isis tient le sistre, instrument qui,
+dans les cérémonies sacrées, exprimait le deuil et les lamentations de
+la Déesse cherchant son mari ou son fils. Anubis était fils d'Osiris et
+de Nephthys, sœur d'Isis; il l'accompagna dans la recherche de son fils
+Horus: c'est pour cela, ou pour être le compagnon, le gardien d'Isis
+et d'Osiris, qu'on l'a représenté avec une tête de chien. Il tient une
+palme et un caducée, selon la description d'Apulée (_Mét. XI, 961_). On
+confondait le Mercure Égyptien, _Taaut_, avec Anubis; de-là vient cette
+communauté du même symbole, du caducée. On sait, au reste, que dans les
+processions des fêtes Isiaques, un prêtre représentait Anubis en portant
+un masque de chien. Volusius, au rapport d'Appien, échappa sous ce
+déguisement, à la proscription triumvirale.
+
+FIG. IV. À la corne d'abondance, au timon que porte la figure exprimée
+sur cette lampe, on reconnaît la Fortune. Le timon, en donnant l'idée
+du gouvernement des affaires humaines, semble encore être l'emblème
+de l'instabilité: c'est dans ce sens qu'Artémidore a dit que celui
+qui rêvait de la Fortune avec le timon, devait demeurer en crainte:
+la Fortune a été quelquefois confondue avec la déesse Némésis,
+c'est-à-dire, la vengeance Dieux ou la justice. À ce titre, on peut la
+considérer comme présidant à ce mélange des biens et des maux, mystère
+incompréhensible de la sagesse divine. Nous ajouterons encore que toutes
+Divinités, influant sur la condition humaine, reproduisaient quelquefois
+sous le nom, l'image ou les emblêmes de la Fortune. Nous avons vu les
+attributs de la Fortune donnes à Isis, dans un beau bronze de ce recueil
+(_tom. V, pl. XIII_).
+
+[Illustration: VI page 39]
+
+
+
+PLANCHE II.
+(_P. 3, 4, t. VI de l'Édition royale._)
+
+
+Les lampes représentées dans cette planche sont de terre cuite. Pour ne
+point nous répéter à chaque explication, nous prévenons nos lecteurs que
+nous ne ferons à l'avenir mention de la matière que lorsqu'elle changera
+de nature.
+
+FIG. I et II. La même lampe, plus remarquable par sa forme que par ses
+ornemens, est représentée de face et de profil.
+
+FIG. III. Deux Victoires aîlées soutiennent un bouclier entouré d'une
+couronne de chêne; on lit au milieu: OB CIVIS (_cives_) SERVATOS.
+Au-dessous est un autel orné de festons et d'une tête de bœuf, emblême
+des grands sacrifices. Aux côtés de l'autel s'élèvent les deux lauriers
+qui décoraient l'entrée de la maison d'Auguste sur le mont Palatin.
+Les écrivains du beau siècle de Rome font souvent mention de ces deux
+lauriers. D'après les observations de MM. _Visconti_ et _Marini_ sur cet
+emblême (_Museo Pio-Clem., tome IV, pl. dernière_), on peut croire que
+cette lampe a servi pour les fêtes des _Lares Viales_, les Dieux des
+quartiers de Rome, Dieux dont les fêtes se célébraient toujours avec
+celle du Génie d'Auguste. L'orthographe du mot _civis_ par I répond à ce
+même âge: et la couronne civique est fréquente avec la même inscription
+_ob civis servatos_, sur les revers des médailles de ce prince, qui
+était flatté de cette devise.
+
+FIG. IV. Lampes à deux mèches. Sur le manche sont deux poulets, dont
+l'un est à demi-effacé. Leur action, qui est de becqueter à terre,
+semble les désigner pour les poulets sacrés dont les Romains tiraient
+des augures. Le médaillon représente une Diane assise, tenant une
+branche à la main et ayant devant elle une biche qui la regarde.
+
+FIG. V. Lampe à une seule mèche; Hercule avec un autel. L'objet qui est
+posé sur cet autel a été expliqué par M. Visconti. C'est la grande coupe
+d'Hercule (_scyphus Herculaneus_) que ce héros avait reçue en présent
+du Soleil, et qui, selon la fable, avait, en certaine occasion, servi de
+bateau au fils d'Alcmène.
+
+[Illustration: T. VI page 42]
+
+
+
+PLANCHE III.
+(_P. 5,6, t. VIII de l'Édition royale._)
+
+
+FIG. I. Lampe à deux mèches fracturée. Un aigle déchire un lièvre sur
+lequel il vient de fondre. On trouve cet emblême sur plusieurs médailles
+des villes grecques de l'Italie et de la Sicile.
+
+FIG. II. On voit dans cette lampe Hercule, vainqueur du dragon qui
+gardait les pommes d'or du jardin des Hespérides: d'un pied il écrase
+le nœud dont le monstre l'a enlacé, et il l'étouffe d'une seule main.
+La force prodigieuse du héros est habilement développée dans cette belle
+attitude. On retrouve la même action exprimée sur plusieurs médailles.
+
+FIG. III et IV. Cette lampe curieuse est un monument de l'antique usage
+des étrennes, qui remonte jusqu'au roi _Titus-Tatius_, ou du-moins
+jusqu' Numa. On se faisait des souhaits réciproques; on s'envoyait
+des présens (_strenœ_) différens de ceux dits _Xenia_, dons mutuels de
+l'hospitalité. Ces marques de bienveillance avaient lieu, comme encore
+de nos jours, le premier janvier; le second jour était _nefaste_; le
+troisième était en quelque sorte le plus solennel; c'était celui où
+l'on offrait des sacrifices, où l'on faisait des vœux publics pour la
+prospérité des empereurs. Ces fêtes étaient prolongées pendant presque
+tout le mois, et étaient désignées par _kalendes de janvier_. Dans des
+temps plus rapprochés, les chrétiens, qui avaient conservé l'usage des
+étrennes, y ajoutaient des divertissemens consistant en festins et
+en déguisemens sous l'habit de femme, et sous le masque de différens
+animaux, ce qu'on appelait _vetulam_ et _cervudum facere_. C'est de-là
+qu'on fait dériver l'origine du carnaval, dont les folies, commençant au
+mois de janvier, se rattachent à d'autres extravagances empruntées aux
+anciens. La figure principale de la lampe est une Victoire aîlée, tenant
+une palme et un bouclier, sur lequel on lit l'inscription _ANNUM NOVUM
+FAUSTUM FELICEM MIHI, que le nouvel an soit heureux pour moi!_ formule
+usitée, et celle dont on se saluait réciproquement dans ce jour de fête.
+Ce salut était au nombre des présages, heureux qu'on recueillait par
+l'ouie, _omina_; ceux qui frappaient la vue étaient appelés _monstra_.
+Par le mot MIHI, on voit que notre lampe était une étrenne que la
+personne se donnait à elle-même. Il est bon encore d'observer que, dans
+les souhaits et dans les prières pour la félicité, chacun avait coutume
+de se nommer le premier. Sur le fond du médaillon sont semés différens
+objets qu'on s'offrait en dons réciproques aux étrennes. La large
+feuille paraît représenter un éventail (_flabellum_); plus bas est
+une datte (_caryota_) renfermée dans sa gousse; une médaille où est
+représenté le signe de la bonne-foi ou de la concorde, deux mains unies
+et deux serpens formant caducée; une autre médaille, Victoire aîlée; de
+l'autre côté de la figure, une troisième médaille avec la double face
+de Janus, divinité qui présidait à la nouvelle année et au premier
+mois appelé _Januarius_ (Janvier) de son nom; un objet qu'on ne peut
+discerner; enfin, une espèce de paquet qui paraît représenter une masse
+de figues sèches (_caricœ_). Ces figues se transportaient dans des
+vases de terre, dont l'objet en question paraît avoir la forme,
+suivant l'expression de Martial, _torta meta_ (_XIII_, 28). On apprend
+effectivement par des passages recueillis dans les poètes, que les
+étrennes d'usage étaient des figues sèches, des dattes, des noix (et
+sous le nom de noix, il faut entendre plusieurs sortes de fruits), enfin
+des monnaies. Les dons d'argent n'avaient pas seulement lieu entre
+les particuliers; on en faisait aux empereurs et aux princes, dont on
+recevait de semblables dons de la main à la main. Dans la suite, le
+sénat fit offrir les monnaies l'empereur dans une patère d'or, par
+le préfet de la cité. Honorius fixa ces présens à une livre d'or,
+et l'empereur faisait distribuer aux magistrats et aux personnes de
+distinction, d'autres monnaies ou médailles, le plus souvent frappées à
+son image. On trouvera des lampes semblables à la nôtre, rapportées par
+Bellori (_Luc. sep. P. III, Tab. V_) et Passeri (_Luc. fic. P. I, Tab.
+VI_).
+
+FIG. V. Lampe à une seule mèche. Victoire aîlée, tenant une palme et
+une couronne, et posant sur un globe; c'est ainsi que la Victoire est
+ordinairement représentée sur les médailles.
+
+[Illustration: page 47]
+
+
+
+PLANCHE IV.
+(_P. 7, 8, t. VIII de l'Edition royale_.)
+
+
+Nous nous contentons de rapporter dans cette planche les médaillons
+de plusieurs lampes, dont la forme est peu curieuse; on y voit des
+gladiateurs en différentes attitudes. L'opinion que les mânes ou les
+dieux infernaux s'appaisaient par le sang humain, paraît avoir été
+l'origine des combats de gladiateurs, si l'on en juge par la coutume
+barbare d'immoler des prisonniers de guerre ou des esclaves dans les
+funérailles des princes et des grands. L'invention de ces combats est
+le plus communément attribuée aux étrusques, dont les monumens funèbres
+offrent souvent de telles représentations. Quoi qu'il en soit, le goût
+en fut porté jusqu'à la fureur chez les Romains, qui les admettaient
+comme un divertissement au milieu des festins. Non contens d'en jouir
+comme d'un spectacle, des hommes libres, des chevaliers, des sénateurs
+se plaisaient à s'y livrer. Les femmes même partagèrent cette fureur, et
+l'empereur Sévère fut obligé de rendre un édit pour leur interdire ces
+jeux sanglans. C'était le spectacle qui excitait le plus la curiosité du
+peuple. Les empereurs le faisaient principalement donner à l'ouverture
+des guerres, sans doute pour exciter le courage dans l'âme des soldats.
+Les occasions en étaient, au reste, très-fréquentes. Les magistrats,
+et sur-tout les édiles, faisaient donner des combats de gladiateurs, en
+prenant possession de leurs charges; mais ce spectacle paraît avoir
+été particulièrement consacré aux pompes funèbres, dans celles même
+de simples particuliers, qui le prescrivaient fréquemment par leurs
+testamens, et faisaient des legs ou des fondations pour qu'il fût
+renouvelé à chaque anniversaire. On peut donc considérer comme lampes
+sépulcrales, plusieurs de celles qui portent des images de gladiateurs.
+Ces figures ne sont point toujours un monument des combats exécutés en
+l'honneur des morts: l'image des cérémonies, qu'on n'avait pu exécuter,
+suffisait dans l'opinion religieuse pour appaiser les mânes.
+
+FIG. I. Gladiateur frappé à mort, et qui a abandonné ses armes.
+
+FIG. II Celui-ci, un genou en terre, semble attendre son adversaire,
+prêt à se couvrir de son bouclier et à frapper. Son casque est surmonté
+d'une aigrette; le vainqueur enlevait cette aigrette, et la montrait au
+peuple en signe de sa victoire: de-là Juvénal les appelle _Pinnirapi_.
+
+FIG. III. Le casque de celui-ci est hérissé de pointes; il est prêt à
+combattre et dans l'attitude proprement dite _status_, en garde.
+
+FIG. IV. Dans ce groupe, le vainqueur considère son ennemi renversé,
+comme pour s'assurer s'il est mort, prêt, sans doute, à l'action cruelle
+exprimée par _repetere_, lorsque le peuple, non content de voir
+couler le sang, demandait la mort du blessé, en criant au vainqueur de
+l'achever: ce que celui-ci confirmait au peuple en disant, après avoir
+frappé, _habet_.
+
+FIG. V. Ce jeune homme nu, tenant une lance et un petit bouclier
+(_parma_), pourrait ne pas être de l'espèce des gladiateurs, et exprimer
+ici un Génie de la guerre, ou celui du dieu Mars.
+
+FIG. VI. Le vainqueur paraît tendre la main au vaincu pour le secourir:
+cet acte d'humanité, que nous n'avons point encore vu exprimé dans
+d'autres monumens, rend notre lampe précieuse. C'était au peuple que le
+vaincu demandait la vie, en élevant le doigt en l'air. Nous voyons sans
+doute ici ces gladiateurs représentés au moment qui suit cette action.
+De cette coutume venait l'expression _ad digitum pugnare_, quand les
+deux champions convenaient de ne point se faire de quartier jusqu' ce
+signe.
+
+FIG. VII. Figure de mime, coiffé d'un bonnet pointu, armé d'un bouclier
+et d'un bâton fendu propre à faire du bruit; cette caricature pourrait
+donner à penser qu'on admettait quelquefois des bouffons dans les jeux
+des gladiateurs: on sait, au reste, que les mimes faisaient partie des
+pompes funèbres.
+
+FIG. VIII. Athlète armé de cestes pour le combat du Pugilat.
+
+
+[Illustration: page 62]
+
+
+
+PLANCHE V.
+(_P. 9, t. VIII de l'Edition royale_.)
+
+
+FIG. I. Dans cette lampe, un homme couché par terre saisit un taureau
+fougueux par les cornes: un cheval lancé au galop, la bride
+flottante sur le cou, est de l'autre côté. Ce groupe représente
+très-vraisemblablement la chasse du taureau, qui avait lieu dans les
+jeux du cirque. César, étant dictateur, donna le premier aux Romains
+le spectacle de cette chasse, inventée par les Thessaliens. Un cavalier
+poursuivait le taureau flanc à flanc, et lorsque l'animal était fatigué,
+il lui sautait sur le dos et le renversait à terre par les cornes.
+(_Plin. VIII_, 45.--_Suet. Claud._ 21.) Une ancienne épigramme peint
+vivement cette course, et représente le Thessalien jetant un nœud
+dans les cornes du taureau, qu'il fait plier et qu'il renverse en un
+clin-d'œil. (_Reiske. Anth._ 728.) Ici le cavalier étendu par terre,
+profite habilement de sa situation pour entraîner l'animal; l'ordonnance
+du groupe donne à penser que cet homme s'est élancé de son cheval sur le
+taureau, qu'il a glissé par le mouvement rapide de la course, et qu'il
+saisit la victoire avec présence d'esprit: il serait encore possible que
+cette situation fût un tour d'adresse. Ces sortes de jeux, qui se sont
+conservés dans nos provinces méridionales, et sur-tout en Espagne, se
+font pied comme à cheval, et donnent encore de nos jours l'occasion
+d'admirer ce que peut l'adresse contre la force.
+
+FIG. II. Cette autre lampe représente un quadrige en pleine course;
+suivant un exemple fréquent, les accessoires sont négligés et le char
+est représenté par une roue seulement. Le conducteur est vêtu d'une
+ample tunique resserrée par des bandes servant de ceinture; d'une main
+il agite son fouet, et de l'autre tient les rênes qui sont liées autour
+de son corps: cet usage avait pour but de s'assurer des chevaux, et de
+les gouverner avec plus de force; il mettait cependant très-souvent
+le conducteur en grand péril: c'est ainsi que Sophocle a peint Oreste;
+qu'Euripide, Ovide et Sénèque ont peint Hippolyte entraîné dans ces
+nœuds dangereux; c'est encore ce que notre divin Racine, qui avait une
+connaissance profonde de l'antiquité, a exprimé dans ce vers bien connu:
+
+Dans les rênes lui-même il tombe embarrassé.
+
+[Illustration: 55]
+
+
+
+PLANCHE VI
+(_P. 10, II, t. V de l'Edition royale_).
+
+
+Fig. I. Le sujet de cette lampe vraiment curieuse est un coq avec une
+palme, qui dénote la victoire remportée par cet oiseau dans un combat.
+Les combats de coqs étaient célèbres dans la Grèce. Ælien rapporte que
+lorsque Thémistocle marchait contre les Perses, il fit remarquer à son
+armée deux coqs qui se battaient avec acharnement, animant ses soldats,
+par cet exemple, à combattre courageusement pour leur patrie; et qu'à
+cette occasion, une loi prescrivit que chaque année, dans un jour
+déterminé, on donnerait sur le théâtre d'Athènes, le spectacle d'un
+combat de coqs. Ces oiseaux avaient des maîtres pour les dresser (_avium
+lanistæ_). On leur faisait manger de l'ail pour les rendre plus ardens,
+et on armait leurs pattes d'éperons de fer; ce qui a donné lieu au
+proverbe grec, _lève l'éperon quand tu combats_. Les plus estimés
+étaient ceux de Rhodes et de Tanagra en Béotie. Les spectateurs
+s'intéressaient si vivement à la victoire de l'un des deux champions,
+qu'ils faisaient en leur faveur des gageures considérables, au point
+même de dissiper leur patrimoine, si l'on en croit Columelle (_VIII_,
+2.). Ces spectacles, dans son opinion, paraissaient avoir été plus
+propres aux anciens Grecs qu'aux Romains. Pline, du moins, en parlant de
+son temps, dit que tous les ans on donnait, à Pergame, un spectacle
+de coqs. Le coq combattant servait de signe pour les monnaies des
+Dardaniens; on voit un coq avec deux épis (peut-être deux palmes) sur
+une médaille de _Dardanis_ ou Troye (_Thes. Brit. tome_ I, p. 254); on
+le trouve avec la palme, comme dans notre lampe, sur une autre médaille
+d'Athènes (_Ibidem, pl._ 213). On donnait encore, dans la Grèce et à
+Rome, des combats de cailles, qui se signalaient aussi-bien que les
+coqs par leur courage et leur obstination. Les Anglais se montrent
+très-curieux de ces sortes de combats, et ne sont pas moins fous dans
+leurs gageures que ceux dont parle Columelle; ils ont pris le goût
+de ces jeux dans les Indes, où les grands en font un de leurs
+divertissemens. Un combat de coqs est le sujet d'une très-belle et
+curieuse gravure d'Earlom, ou l'on voit un coq, tenant pour le colonel
+Mordaunt, se battre victorieusement contre le champion d'un Nabab. On
+pourrait citer en plaisantant les combats de coqs qui se donnaient pour
+Auguste et pour Antoine. Le coq d'Auguste était toujours vainqueur.
+(_Plut. Vie d'Ant._)
+
+FIG. II. La cigogne qu'on voit sur cette lampe, est le symbole de la
+piété filiale, et, par cette raison, elle pourrait désigner une lampe
+sépulcrale; c'était aussi le symbole du printemps (_titulus tepidi
+temporis_): on voit la cigogne sur les médailles des familles _Antonia_
+et _Cœcilia_.
+
+FIG. III et V. Ces deux lampes, chacune à deux mèches, sont sans
+figures, mais elles méritent d'être remarquées pour leur forme, la
+beauté du travail, et le goût des ornemens.
+
+FIG. IV. Cette lampe, endommagée, et d'un travail assez grossier, est
+intéressante par le sujet qui représente Cybèle assise entre deux lions,
+et ayant auprès d'elle, d'un côté, le jeune _Atys_; de l'autre un arbre
+d'où pendent des tambours (_tympana_), et sur ses genoux, une clé ou un
+autre objet; sa tête est couronnée de tours. La plupart de ces objets
+se devinent pour être les attributs de la déesse, plutôt qu'ils ne se
+distinguent. On célébrait en l'honneur de Cybèle, dite la mère des Dieux
+ou la _grande mère_, outre les fêtes si fameuses, des fêtes de nuit dans
+l'intérieur des familles, de veillées (_pervigilia_). On pourrait dire
+avec quelque fondement, que les lampes qui représentent Cybèle et _Atys_
+ensemble, ou séparément, étaient consacrées à ces sortes de fêtes.
+
+[Illustration: 60]
+
+
+
+PLANCHE VII.
+(_P._ 11, 12, _t. VIII de l'Edition royale_.)
+
+
+FIG. I. On voit sur cette lampe l'un de ces gladiateurs, dits,
+_Retiarii_, de leur manière de combattre. Le gladiateur _Retiarius_
+portait d'une main _des rets_, dont il cherchait à envelopper son
+adversaire; son arme principale était un harpon ou un trident; il avait
+quelquefois de plus un poignard ou une épée courte, comme on le voit
+ici; son vêtement était une tunique; il portait un bonnet (_pileus ou
+galerus_) qui devait laisser à découvert son visage, qu'il présentait
+avec affectation aux spectateurs. L'adversaire était désigné
+généralement par le nom de Gaulois, et plus particulièrement par
+celui de _Mirmillon_; c'est encore à celui-ci que paraît appartenir la
+dénomination de _Secutor_, employée par Suétone dans la description d'un
+combat, où un _Retiarius_, reprenant l'avantage, tue coups de trident
+les cinq ennemis vainqueurs de son parti (_Caligul._ 30). Ce combat
+bizarre était l'image d'une pêche, et, pour la rendre plus complète,
+le _Mirmillon_ portait sur son casque un poisson; et son ennemi, en le
+poursuivant, s'écriait: «J'en veux au poisson, je n'en veux point à toi:
+ô Gaulois, pourquoi me fuis-tu»? Juvénal, dans la 8e Satyre (_v._ 200
+_et suiv._), fait paraître un sénateur, _Gracchus_, s'exposant, sous
+le rôle d'un _Retiarius_ mal-habile, à une ignominie plus grave que des
+blessures: nulle part l'appareil de ce genre de combat n'est décrit avec
+plus de précision.
+
+FIG. II à VI. Lampe à trois mèches, en forme d'autel à trois pans, sur
+lequel pose une espèce de vase quadrangulaire; trois figures servent
+d'ornement à chaque face de l'autel. Dans l'une, on peut reconnaître
+Apollon; dans la seconde, le dieu Mars; et dans la troisième, la
+Fortune, désignée par le sceptre et la corne d'abondance, si ce n'est la
+Concorde, suivant ce que nous en avons dit propos de la _pl. II du
+tome V_. Ces Divinités sont, sans doute, réunies dans ce monument comme
+l'objet d'une dévotion particulière. Les détails que nous donnons de
+cette lampe curieuse la présentent sous tous les aspects. Le dessin
+au trait est le plan du pied sous lequel on lit _C. CORVINVS_, nom qui
+paraît être celui du fabricant.
+
+[Illustration: 63]
+
+
+
+PLANCHE VIII.
+(_P._ 13, 14, _de l'Édition royale_.)
+
+
+FIG, I et II. Lampe à quatorze mèches, en forme de barque. Les quatre
+traverses semblent exprimer les bancs des rameurs, proprement dits
+_transtra_.
+
+FIG. III et IV. La forme de cet ustensile a, paru peu appropriée à une
+lampe; cependant, et malgré la petitesse de son orifice, elle répugne
+encore plus à l'espèce de vase, dit _infundibulum_ ou _guttus_, à
+laquelle on a voulu la rapporter. Nous ne reconnaissons dans ce vase
+autre chose qu'une lampe, dont la mèche très-mince devait fournir une
+lumière de longue durée, destinée probablement éclairer un tombeau: le
+petit bassin qui est au milieu servait à introduire l'huile. La figure
+représente un gladiateur.
+
+FIG. V et VI. Cette lampe à douze mèches est d'une forme élégante
+et d'un bon travail. Deux branches de chêne avec les feuilles et des
+glands, en font l'ornement. Les couronnes de chêne sont très-fréquentes
+sur les lampes comme sur les médailles. On peut considérer les deux
+branches ou comme exprimant la récompense civique, ou comme un emblême
+relatif au culte de Jupiter et de Junon, Divinités protectrices des
+cités, et auxquelles le chêne était consacré.
+
+[Illustration: 66]
+
+
+
+PLANCHE IX.
+(_P._ 15, 16, _t. VIII de l'Edition royale_.)
+
+
+FIG. I. Lampe à une seule mèche. Du milieu s'élève une anse avec un œil
+pour servir à la suspendre.
+
+FIG. II. Lampe, à douze mèches, semblable celle de la planche
+précédente.
+
+FIG. III. Celle-ci est remarquable par sa triple forme dont chacune a
+son récipient, sa bouche et son orifice, sans communication. La lampe
+du milieu figure une conque; les deux lampes latérales sont en forme
+de colombes ou d'oies; ce qui pourrait annoncer que cette espèce de
+candélabre servait aux veillées de Vénus ou de Priape. La séparation des
+récipients indiquerait qu'on allumait une mèche à mesure qu'une
+autre s'éteignait. On retrouve les traces de cet usage dans une jolie
+épigramme de l'Anthologie (_VII, ép._ 16) «Cléophantide tarde encore, et
+déjà, s'affaiblissant peu à peu, va s'éteindre la _troisième_ lumière:
+ah! pourquoi avec la lumière ne s'éteint point le feu qui me consume!
+combien de fois, combien ne m'a-t-elle pas juré par Vénus, qu'elle
+viendrait sur la brune! Mais la parjure se rit et des hommes et des
+Dieux».
+
+FIG. V et VI. Cette lampe produisant neuf lumières, est garnie de
+trois anses servant à la suspendre. Les masques qui en font l'ornement,
+indiquent qu'elle était destinée à un théâtre ou à une salle de festin.
+Martial désigne l'emploi de ces lampes dans les festins, sous la
+dénomination de _Polymixi_, à plusieurs lumignons. Si les lampes de
+métal étaient plus en usage dans les maisons aisées que celles de terre,
+ces dernières cependant n'étaient point dédaignées, et la délicatesse
+qui se fait remarquer dans l'exécution de la nôtre, prouve qu'on y
+mettait quelque prix.
+
+[Illustration: 69]
+
+
+
+PLANCHE X.
+(_P._ 17, 18, _t. VIII de l'Edition royale_.)
+
+
+FIG. I. Nous ne reconnaissons point, avec les Académiciens d'Herculanum,
+une chouette dans l'oiseau imprimé sur cette lampe; c'est plutôt un
+épervier, emblême du Soleil, ou de la divinité d'Osiris. Cet oiseau
+pourrait encore être considéré dans une lampe, comme augural. Il
+avait été désigné comme tel, et placé au premier rang par Phœnomoë,
+prophétesse du temple de Delphes; on en tirait des augures pour les
+mariages et pour la prospérité des troupeaux (_Pline, liv. X, chap._ 8).
+
+FIG II. Lampe remarquable seulement par l'entourage du médaillon et la
+finesse du travail.
+
+Les quatre autres lampes ont pour ornement différentes figures
+d'animaux qui, comme victimes, peuvent être l'expression d'une dévotion
+particulière envers la Divinité, à laquelle chacun d'eux est consacré.
+
+FIG. III. Une chèvre. On sacrifiait une chèvre blanche à Vénus
+populaire, et une chèvre noire Pluton. C'était aussi, suivant Servius,
+l'une des victimes qu'on offrait à Esculape.
+
+FIG. IV. Un lapin mangeant un raisin. Comme dévastateur des vignes, cet
+animal était, ainsi que le lièvre, consacré à Bacchus; c'est ce qui est
+formellement exprimé dans cette épigramme de l'Anthologie (_VI, cap._ 7,
+_ep._ 7). «Je vis un lièvre couché dans une vigne consacrée à Bacchus,
+et mangeant le raisin. J'avertis le vigneron, et celui-ci d'un coup
+de pierre écrasa la tête à l'animal, et, le prenant, dit tout joyeux:
+J'offre à-la-fois à Bacchus, la victime et le dédommagement». Les
+lièvres et les lapins étaient encore consacrés Vénus, aux Amours et à
+Diane.
+
+FIG. V. Un porc; c'était la victime particulière du dieu Silvain et des
+dieux Lares: on l'offrait aussi à Vénus, à Minerve, aux Dieux nuptiaux
+et à Priape.
+
+FIG. VI. Un daim, animal consacré à Diane. Les daims et les chevreaux
+appartiennent encore Bacchus et à ses suivans, à cause de leur
+pétulance.
+
+[Illustration 72]
+
+
+
+PLANCHE XI.
+(_P._ 19 _de l'Edition royale_.)
+
+
+FIG. I. Lampe de bronze à deux becs, d'une forme élégante et d'un
+travail précieux. Le corps de la lampe est orné d'arabesques; et l'anse,
+d'un feuillage en éventail. Il part de l'anse une petite chaîne qui
+vient se rattacher au pied de l'oie ou du cygne, groupé avec un petit
+génie prêt l'étouffer. Ce groupe, qui sert ici de couvercle, est,
+sans doute, l'emblême de la force de l'amour. La même action se trouve
+répétée dans plusieurs monumens antiques.
+
+FIG. II et III. Ces deux dessins représentent les plans de la même
+lampe, pris en dessus et en dessous, en ôtant le bouchon orné du petit
+groupe.
+
+[Illustration 74]
+
+
+
+PLANCHE XII.
+(_P._ 22, 40, _t. VIII de l'Edition royale_).
+
+
+Six lampes de terre cuite, dont nous donnons les médailles seulement.
+
+Fig. I et II. Diane ou la Lune caractérisée par le croissant, et Apollon
+ou le Soleil caractérisé par les rayons. Ces Divinités qui président à
+la lumière, ou leurs emblêmes, servent très-fréquemment d'ornemens aux
+lampes.
+
+Fig. III. Un Pégase grossièrement exprimé. Cet emblême convient à
+la lampe d'un poète: si la lampe est sépulcrale, le cheval aîlé fait
+allusion au transport des âmes dans l'Olympe, comme on le voit,
+dans quelques médailles et dans quelques pierres gravées, exprimer
+l'apothéose: telle est la médaille d'Antinoüs, sur laquelle Mercure
+guide Pégase portant au ciel cet autre Ganimède (_Passeri Gemm. astrif.
+t. III, p._ 115); telle est encore la gemme, où l'on voit Drusus
+Germanicus s'élevant au ciel sur le cheval ailé (_Spanh. de us. et
+prœest. Num. p._ 277).
+
+Fig. IV. Griffon, emblême du Soleil ou d'Apollon, comme le démontre,
+sans parler d'autres.
+
+_Tome VI_. LAMPES. monumens, la statue du musée Napoléon, salle des
+Saisons; cet emblème appartiendrait fort bien à un musicien. C'est ainsi
+que le Griffon que l'on voit dans un bas-relief de la villa Albani,
+désigne le talent de la femme d'un certain Hermias, à laquelle ce
+monument de la piété conjugale est consacré. (_Gaet. Marini. Marm. Alb._
+p. 78).
+
+Fig. V et VI. Une écrevisse et un bélier. On ne peut les considérer ici
+comme signes du Zodiaque: le bélier du Zodiaque est dans une attitude
+différente, et les anciens n'ont jamais donné la forme de l'écrevisse,
+mais toujours celle d'un crabe, au signe qui suit les gémeaux.
+
+Fig. VII et VIII. Lampe de bronze en forme de barque, et vue de face et
+de profil; l'anse est ornée d'un beau masque tragique, dont l'épaisse
+chevelure est frisée en anneaux ou cannelures; d'où l'on disait, les
+cheveux ainsi arrangés, _calamistrati_.
+
+[Illustration 77]
+
+
+
+PLANCHE XIII.
+(_P._ 23, _t. VIII de l'Edition royale_.)
+
+
+Fig. I et II. Trois poissons et un lion courant. Le lion pourrait être
+considéré comme un signe du Zodiaque: il serait moins heureux d'en dire
+autant des trois poissons.
+
+Fig. III et IV. Lampe de bronze. L'anse est ornée d'arabesques à jour,
+sur lesquels pose une chauve-souris, les aîles étendues. Le premier
+emblême qu'offre cet animal, est celui de l'approche de la nuit, et
+il est là comme pour avertir de chasser l'obscurité par la lumière des
+lampes. On pourrait encore voir, dans sa présence, une intention plus
+recherchée; il rappelle l'aventure des filles laborieuses de Minée, qui
+s'attirèrent le courroux de Bacchus pour avoir profané ses fêtes par le
+travail. Alors cette lampe devient sacrée, comme appartenant aux fêtes
+de Bacchus, et rappelant le respect qu'on doit à cette divinité. La
+chauve-souris peut encore servir d'emblème à l'amour du travail qui fuit
+le sommeil, ou bien à l'amour maternel; car cet oiseau étant le seul
+qui puisse offrir le lait à ses petits, il servait à exprimer dans les
+tableaux, la mère qui prenait ces tendres soins. Les lampes étaient au
+nombre des apophorètes, c'est-à-dire, des présens qui se faisaient dans
+les festins, aux saturnales et au nouvel an; et l'on peut penser que les
+personnes délicates savaient ajouter quelque prix à leurs dons par des
+emblèmes ou par des allusions ingénieuses.
+
+[Illustration 80]
+
+
+
+PLANCHE XIV.
+(_P._ 25, 26, _t. VIII de l'Edition royale_.)
+
+
+FIG. I. Lampe de bronze à deux becs. L'anse est surmontée d'un masque.
+La forme convexe du couvercle donnerait à penser qu'il servait à un
+double usage, c'est-à-dire, à éteindre la lumière: quelques personnes
+avaient coutume, par une sorte de superstition, de laisser les lampes
+s'éteindre d'elles-mêmes; mais l'odeur désagréable qui se répand après
+l'extinction, et dont la malignité, selon Aristote, va jusqu'à produire
+l'avortement, détournait les gens éclairés de cette pratique incommode
+et dangereuse.
+
+FIG. II. Autre lampe de bronze, qui n'a rien de remarquable, si ce
+n'est le couvercle en forme de ces vases, dits _gutti_ ou _infundibula_,
+servant verser l'huile goutte à goutte.
+
+FIG. III. Cette lampe singulière prend sa forme principale d'une feuille
+de figuier, sur laquelle se déploient en arabesques des fleurs de
+lotus ou d'hyacinthe. Du milieu sort une demi-figure coiffée du bonnet
+phrygien, ayant à la main un _pedum_ ou un autre instrument, et tenant
+des fruits dans le pli forme sur son sein, par la draperie qui descend
+de son épaule: il serait difficile de rapporter la figure avec précision
+à quelque Divinité connue. Peut-être a-t-on eu l'intention d'exprimer
+Atis, Le favori de Cybèle, entouré des productions de la terre.
+
+FIG. IV. Cette lampe fracturée a pour sujet principal un masque scénique
+d'une grande beauté; les autres ornemens sont également finis et
+recherchés: on peut la ranger parmi les monumens bachiques. Les têtes
+de griffons qui paraissent aux côtés, conviennent à Bacchus; et, comme
+emblêmes du Soleil, désignent l'Orient, où le Dieu donna ses lois, et
+vit naître son culte.
+
+[Illustration 83]
+
+
+
+PLANCHE XV.
+(_P_, 27, 69, _t. VIII de l'Edition royale_.)
+
+
+FIG. I. Lampe de terre à dix mèches. Elle est d'une si petite
+proportion, qu'on ne peut supposer qu'elle a été mise en usage. On
+trouve, dans les cabinets des amateurs, divers ustensiles remarquables
+comme celui-ci, par leur petitesse; et l'on doit se rappeler à
+cette occasion qu'on faisait chez les anciens, ainsi que parmi nous,
+l'imitation en petit d'une infinité d'objets pour amuser les enfans;
+ces présens avaient lieu principalement le jour natal, de la part des
+parens, des amis et même des serviteurs. Les poètes comiques nous ont
+aussi conservé la mémoire de ces usages (_Plaut. Bud. IV_, 4, _v_. 110).
+L'inscription qui est sous la lampe porte _C. TV. PRI._ qu'on peut lire
+_Caius TVllius PRIscus_ ou _PRImitivus_ ou _PRImus_; noms qui désignent,
+sans doute, le fabricant.
+
+FIG. II. Lampe à deux mèches en forme de poisson.
+
+FIG. II. Autre à quatre mèches, remarquable seulement par le croissant
+qui termine l'anse.
+
+FIG. II. Autre en forme d'oiseau grossièrement exprimé. Un trou sur le
+dos servait à introduire l'huile; à la place des ailes sont les godets
+pour placer les mèches. On reconnaît une colombe dans cet oiseau, qui
+peut signifier que la lampe est une de celles consacrées aux veillées de
+Vénus.
+
+FIG. II. Lampe de bronze. L'anse est ornée d'une tête de cheval; de la
+bouche part une chaîne qui se rattache à l'anneau d'un bouton fermant
+l'ouverture de la lampe; le support est un trépied à griffes de lion,
+orné d'une large feuille travaillée avec recherche.
+
+FIG. V. Autre lampe de bronze, dont l'anse se termine en tête de
+griffon. Elle a pour support un trépied élégant, dont le motif est
+l'union de trois dauphins, ayant dans la bouche une conque marine, et
+soutenant un disque avec leurs queues.
+
+[Illustration 86]
+
+
+
+PLANCHE XVI.
+(_P_. 28, _t. VIII de l'Edition royale_.)
+
+
+Lampe de bronze à trois becs, représentée de face et de profil; son
+couvercle a pour ornement une figure qui se tient en équilibre sur un
+seul pied. Le bonnet pointu dont ce baladin est coiffé, était propre
+aux mimes et aux danseurs; il porte une espèce de ceinture ou plutôt de
+caleçon, dite chez les Romains _subligar_ ou _subligaculum_; cette pièce
+de vêtement, que les hommes et les femmes employaient dans les bains,
+était particulièrement à l'usage de tous les acteurs, de peur que les
+yeux du public, dit Cicéron, ne fussent offensés par quelqu'accident
+contraire à la pudeur. Notre baladin tient dans sa main droite une
+chaîne où pend un instrument à pointe et à crochet, destiné à gouverner
+le lumignon. Le couvercle est tout-à-fait mobile, et la figure n'y tient
+elle-même que par une aiguille, et peut s'enlever à volonté. La
+lampe, ainsi ornée de la figure, paraît destinée à être posée sur un
+candélabre.
+
+[Illustration 88]
+
+
+
+PLANCHE XVII.
+(_P_. 29, _t. VIII de l'Edition royale_.)
+
+
+FIG. I. Sur cette lampe, on voit un jeune homme aîlé et coiffé
+d'un bonnet pointu, tenant un objet qu'on a pris pour un instrument
+champêtre, mais qui pourrait être aussi une espèce d'étendard
+(_vexillum_).
+
+FIG. II. Lampe à deux mèches, ayant pour ornement deux figures placées
+sur des piédestaux. Leur attitude est celle que nous avons considérée
+sur d'autres antiques, comme étant propre aux dieux Lares. Cette lampe
+était, sans doute, destinée brûler devant ces divinités domestiques.
+
+FIG. III. On voit dans celle-ci une tête d'éléphant assez mal figurée,
+mais dont on distingue bien les défenses et la trompe. La tête
+d'éléphant peut être l'emblème d'une victoire ou d'une conquête.
+
+FIG. IV. Lampe à deux mèches, caractérisée par le croissant et par la
+figure qui est celle de Diane, ou d'une nymphe de sa suite. La tête
+a une expression sévère; les cheveux négligés sont retenus par des
+bandelettes; l'épaule est nue; l'arc est traité avec le plus grand soin,
+et l'on remarque à l'extrémité, entre deux boutons, la place destinée à
+recevoir la corde.
+
+FIG. V. Le personnage vêtu d'une ample draperie et armé de thyrse, donne
+à cette lampe un caractère bachique.
+
+FIG. VI. Celle-ci, de la même forme que la quatrième, a pour sujet un
+Amour ou un Génie tenant deux pommes ou deux balles, trophées glorieux
+de la beauté, ou emblèmes des jeux de l'enfance.
+
+[Illustration 91]
+
+
+
+PLANCHE XVIII.
+(_P_. 30, 31, _t. VIII de l'Edition royale_.)
+
+FIG. I et V. Dans ces deux lampes, on remarque le buste d'un jeune homme
+ou d'une jeune femme, ayant derrière elle un croissant dont les pointes
+s'élèvent au-dessus des épaules. Dans la première, on voit de plus un
+aigle posant sur un globe, et levant la tête vers les cieux. L'oiseau de
+Jupiter ne laisse aucun doute sur le sens de cet emblème qui exprime une
+apothéose, dont le personnage demeure inconnu. Cet honneur n'appartenait
+point exclusivement aux Empereurs: de simples citoyens le recevaient
+de la piété et de la vénération de leurs proches. Les médailles
+représentent les âmes déifiées dans la Lune, parce qu'une opinion
+religieuse admettait que cet astre devenait leur séjour (_Buonarotti
+Med. p._ 44 _à_ 46). Dans les médailles des deux Faustines, on voit la
+Lune au-dessous de la figure avec la légende _SIDERIBVS RECEPTA_,
+_reçue parmi les astres_. Ici la situation de la figure entre la Lune
+et l'aigle de Jupiter, semble exprimer que l'âme s'élève jusque dans
+l'Olympe. Les deux lampes peuvent se ranger dans la classe des lampes
+sépulcrales.
+
+FIG. II. Le Dauphin entrelacé avec le trident, consacre cette lampe à
+Neptune. On peut en dire autant de la Fig. VII.
+
+FIG. III. Un temple, deux dauphins et un dragon, ou monstre marin.
+Cette lampe pourrait être regardée comme un monument votif, consacré en
+reconnaissance d'un heureux voyage.
+
+FIG. IV. Cette figure symbolique posant sur deux dauphins, ayant la
+tête chargée d'ornemens peu distincts, peut représenter quelque divinité
+marine. Au caractère sinistre imprimé dans ses traits, nous ne sommes
+point éloignés d'y reconnaître l'image de Scylla.
+
+FIG. V. Un corbeau tenant une branche de laurier, emblême relatif à
+Apollon.
+
+FIG. VIII, IX et X. Lampe, ou plutôt espèce de lanterne qui devait se
+compléter par une garniture mobile. Nous en donnons la vue, la coupe
+et le plan; le cylindre qui part du fond était destiné recevoir le
+lumignon, comme l'atteste l'orifice noirci par la fumée; l'huile
+s'introduisait par l'un des côtés, et se répandait par un trou dans le
+récipient principal.
+
+[Illustration 94]
+
+
+
+PLANCHE XIX.
+(_P_. 32, 33 et 34, _t. VIII de l'Edition royale_.)
+
+FIG. I. Cette lampe de terre, d'un dessin très médiocre, a pour sujet
+deux mains unies avec le caducée: c'est le signe bien connu de la
+concorde et de la bonne-foi. Ce symbole était devenu le plus usité pour
+exprimer l'alliance conjugale; après les guerres civiles, il servit
+d'étendard aux compagnies romaines, et l'on trouve souvent ce signe
+militaire sur les médailles avec l'épigraphe: _Concordia militum_.
+
+FIG. II. Bellori (_par. II, pl. XXIV_), et Montfaucon (_tom. V, pl.
+CXXIV_), rapportent une lampe absolument semblable à la nôtre, à
+l'exception que la flèche, dont la forme est ici très distincte, paraît
+être un thyrse chez ces auteurs. Ils ont vu, dans ce jeune homme, un
+suivant de Bacchus, prêt à frapper, ou menaçant un chien, qui s'élance
+sur lui; l'instrument noueux et recourbé est plutôt un bâton de chasse
+qu'une massue héroïque. Il faut corriger les dessins de Santi-Bartoli,
+ordinairement inexacts, par le nôtre, et reconnaître dans ce sujet
+Actæon, qui se défend de ses propres chiens, aux yeux desquels il
+paraissait être un cerf. Un sarcophage de la villa Borghèse représente
+Actæon presque dans la même attitude.
+
+FIG. III. Cette lampe en terre cuite est l'une des plus curieuses de la
+collection; posant sur une base, elle forme une espèce de candélabre. La
+figure principale représente le génie d'Hercule appuyé sur une massue;
+la peau du lion vient se nouer sur sa poitrine, et ses aîles étendues
+embrassent le corps de la lampe. La tête qui sert d'ornement à la base
+est un masque bachique orné de feuilles de vigne ou de lierre, avec des
+fleurs ou des corymbes. Hercule et Bacchus, dont la présence est ici
+rappelée par des symboles, sont deux Divinités souvent réunies dans le
+culte des anciens.
+
+FIG. IV. Cette lampe, d'un travail médiocre, ayant pour ornement quatre
+chiens en course, appartient au culte de Diane.
+
+[Illustration 97]
+
+
+
+PLANCHE XX.
+(_P._ 35, 36, _t. VIII de l'Edition royale_.)
+
+
+Les cinq premières figures sont les médaillons d'autant de lampes.
+
+FIG. I. Tête du dieu Pan, dont le caractère réside dans les cornes et
+les oreilles de bouc, et dans la barbe épaisse.
+
+FIG. II. Masque de satyre.
+
+FIG. III. Masque comique caractérisé par la largeur de la face,
+l'élévation des sourcils, et les cheveux roulés en couronne; coiffure
+propre aux valets sur la scène.
+
+FIG. IV. Masque de faune ou de silène; il est groupé avec une draperie,
+comme les masques le sont très-souvent dans les ouvrages de l'art.
+
+FIG. V. Masque tragique, comme on le voit par l'expression larmoyante
+et la chevelure en tresses relevées sur le front, et pendantes sur
+les côtés. La bouche fermée semble indiquer que c'est le masque d'un
+danseur, ceux des histrions ayant ordinairement la bouche ouverte.
+
+Les masques scéniques, dans les monumens funéraires, font allusion à la
+brièveté de la vie dans laquelle nous ne faisons qu'un rôle éphémère;
+les masques de faunes, de satyres et des Divinités champêtres,
+rappellent aussi les jouissances passagères que la mort inattendue
+vient terminer. Les anciens regardaient ces images multipliées comme un
+avertissement continuel de mettre à profit, pour la sagesse ou pour les
+plaisirs, les instans rapides et sans retour.
+
+FIG. VI à XIV. Sept lampes, dont deux sous les nos IX. et X, XII et
+XIII, sont représentées en deux dessins: ces lampes ne sont remarquables
+que par les inscriptions exprimées en relief sur le fond. On trouve
+ordinairement dans ces petits monumens, les noms au second cas, comme
+_VETILI_, _ATIMETI_, et il faut sous-entendre _ex officinâ_, _ex
+figlinâ_... de la fabrique ou de la tuilerie d'un tel. _ATIMETI_ est un
+surnom; il en est de même de _CELSI_ écrit en grec: _VETILI_ et _TITIN_,
+c'est-à-dire _Titinni_, sont des noms de famille. Les deux autres
+inscriptions, nos VIII et XI, sont moins claires, et pourraient contenir
+des abréviations. La dernière lampe porte pour signe l'empreinte de deux
+pieds humains, où l'on voit les inscriptions PVI et PVR. On a trouvé
+dans les fouilles d'Herculanum plus d'une vingtaine de lampes, avec
+l'empreinte de deux pieds ou d'un seul. On peut, avec quelque raison,
+considérer cette marque comme une espèce de cachet. On connaît des
+anneaux qui se distinguent par le même signe; c'est particulièrement
+le symbole de la possession et de la propriété: les lettres qui
+l'accompagnent en complètent le sens, en indiquant un nom, comme
+_Publius VIbius PURpuratus_, ou tout autre qui s'accorderait avec les
+mêmes initiales.
+
+[Illustration 101]
+
+
+
+PLANCHE XXI.
+(_P._ 38, 39 et 40, _t. VIII de l'Édition royale_.)
+
+
+Huit lampes de bronze, chacune de la même forme, avec une anse recourbée
+qui se termine par des têtes d'animaux. Ces figures peuvent exprimer une
+dévotion envers les Divinités auxquelles chacune d'elle est consacrée.
+Ainsi, le cygne se rapporte à Vénus, le cheval à Neptune, le dauphin au
+même Dieu ou à Apollon, la panthère à Bacchus, le lion à Cybèle. Le roi
+des animaux peut encore rappeler les exploits d'Hercule, ou s'offrir
+comme symbole de la force.
+
+[Illustration 103]
+
+
+
+PLANCHE XXII.
+(_P._ 44, 45, _t. VIII de l'Édition royale_.)
+
+
+FIG. I et II. Lampe de bronze vue de face et de profil, d'un beau
+travail et d'une forme élégante.
+
+FIG. III et IV. Autre lampe de bronze, avec un couvercle à charnière.
+Le principal ornement est une coquille qui forme l'anse; on y voit aussi
+deux pommes: ces divers emblèmes conviennent au culte de Vénus.
+
+FIG. V. Lampe de terre, comme le sont les deux autres. Le médaillon,
+orné d'un bel entourage, représente un lion à crinière flottante,
+assis pacifiquement comme un chien: ce lion peut offrir l'emblème de la
+modération.
+
+FIG. VI. On voit sur cette lampe un vaisseau, dont la proue est ornée
+d'une tête de panthère. Les anciens se plaisaient presque toujours à
+donner aux proues des vaisseaux la forme d'un animal, et c'était de-là
+que le navire tirait quelquefois son nom. Le petit bateau qui accompagne
+le bâtiment est de la même forme.
+
+FIG. VII. Cette lampe, assez semblable pour la forme à celle du n°. V,
+a pour ornement deux colombes posées sur les anses du même vase, et
+becquetant ensemble le même fruit ou la même feuille. Ces deux oiseaux
+semblent offrir l'emblême de l'union conjugale, dans laquelle tous
+les biens sont en commun. Ce symbole se rencontre fréquemment dans les
+monumens sépulcraux.
+
+[Illustration 106]
+
+
+
+PLANCHE XXIII.
+(_P._ 47, 48 et 49, _t. VIII de l'Édition royale._)
+
+
+FIG. I. Cette lampe de terre fracturée a pour entourage une couronne de
+feuilles, et porte au milieu du médaillon une croix enrichie de divers
+ornemens, comme seraient des pierreries: ce même signe se retrouve sur
+cinq lampes publiées par Arringhi (_Rom. Sotterr. lib. III_, 22), et sur
+trois autres rapportées par Delachausse (_ Mus. Rom. sect. V, tab. I et
+seq._). Il ne reste aucun doute que la croix représentée sur ces lampes
+ne soit le symbole du christianisme, qu'il ne faut pas confondre avec
+d'autres symboles égyptiens qui ont avec celui-ci quelque ressemblance.
+Le frêle monument que nous publions, trouvé dans les fouilles de
+Pompéia, serait l'un des plus anciens du christianisme, si l'on pouvait
+supposer que l'existence de cette lampe a précédé la destruction
+d'Herculanum par le Vésuve; mais c'est une circonstance dont il est
+permis de douter. M. Dutheil a lu l'Institut une savante dissertation,
+où il a prouvé que ces mêmes lieux ne cessèrent pas d'être habités dans
+les âges suivans, quoique les villes détruites n'aient jamais recouvré
+leur première splendeur, et que les traces en aient presqu'entièrement
+disparu sous les villes qui leur ont succédé. Ce fait expliquerait
+comment des monumens plus modernes peuvent se trouver confondus sous des
+ruines avec ceux des villes antiques de la Campanie.
+
+FIG. II. Lampe de terre d'un travail grossier, ornée d'un croissant et
+d'une tête de bœuf, dont cet ustensile emprunte toute la forme.
+Cette lampe peut offrir l'emblême des grands sacrifices, ou plutôt se
+rapporter au culte égyptien d'Isis, dont le croissant est le symbole, et
+à celui du bœuf Apis.
+
+FIG. III. Le bas-relief de cette lampe exprime deux figures nues
+penchées sur un cratère à hauteur d'appui; l'une, versant l'eau d'un
+vase dans le bassin, est sans contredit une esclave, tandis qu'on
+reconnaît dans la seconde la maîtresse attentive à l'exécution de ses
+ordres: il s'agit sans doute ici de soins relatifs à la toilette.
+
+FIG. IV et V. La même lampe en deux dessins; elle est à deux lumières
+opposées; du milieu s'élève une anse avec un œil pour la suspendre.
+
+FIG. VI et VII. Lampe de bronze en deux vues; elle est d'un bon travail;
+l'anse est formée par deux branches qui embrassent le flanc, et viennent
+se réunir à une feuille de lierre en éventail, d'où pend une chaîne avec
+le bouchon servant de couvercle.
+
+FIG. VIII et IX. Autre lampe de bronze d'une forme à-peu-près semblable,
+garnie de trois chaînes pour la suspendre. Sur la partie supérieure,
+on remarque un rat qui s'avance vers le lumignon; ce qui exprime
+ingénieusement l'avidité de ces buveurs d'huile, dont Minerve, dans
+la guerre des rats et des grenouilles, poëme attribué à Homère, refuse
+d'embrasser la cause, «parce que, dit-elle, ils me font de grands
+dégâts, qu'ils mangent mes couronnes, et rongent mes lampes pour en
+avoir l'huile».
+
+[Illustration 110]
+
+
+
+PLANCHE XXIV.
+(_P._ 51, _t. VIII de l'Édition royale_).
+
+
+Belle lampe de bronze à trois becs. Les trois dessins en offrent la
+vue sous deux aspects, avec la coupe au trait de l'un des trois becs,
+jusqu'au milieu du corps de la lampe. Les ornemens en sont recherchés et
+d'un travail élégant; ils consistent en trois masques et en guirlandes
+de feuillage tressées avec des bandelettes; trois chaînes qui
+s'attachent à chaque bec servaient à la suspendre; une quatrième chaîne
+s'attache le bouton qui ferme le trou du milieu.
+
+[Illustration 112]
+
+
+
+PLANCHE XXV.
+(_P._ 50, 52, _t. VIII de l'Édition royale._)
+
+
+FIG. I et II. Lampe de bronze garnie de chaînes pour la suspendre,
+représentée en deux dessins; elle est à deux becs, dont chacun est
+surmonté d'un aigle, les ailes étendues, et tenant la foudre dans ses
+serres, emblême qui semble annoncer que cet ustensile est consacré à
+Jupiter.
+
+FIG. III. Autre lampe de bronze à deux becs, ornée d'un masque sur les
+deux faces, et garnie de chaînes.
+
+FIG. IV. Lampe de bronze d'un bon travail; dans l'un des becs, est un
+lumignon trouvé avec la lampe même. La conservation d'une substance
+aussi périssable, intacte après un laps de dix-sept siècles, est une
+singularité qui rend ce monument extrêmement curieux. Il est vrai que ce
+lumignon n'a point été trouvé à la place qui lui convient, et où il est
+représenté; il était renfermé dans l'intérieur de la lampe, et la lampe
+se trouvait hermétiquement fermée par la cendre qui s'était condensée
+autour du bouchon et dans les ouvertures. La privation de l'air
+extérieur, et surtout de l'humidité, a permis, comme l'on sait,
+l'entière conservation d'objets très-corruptibles, sur-tout quand ces
+objets étaient renfermés dans des corps métalliques, ou quand ils
+y étaient adhérens; ainsi on a trouvé des bonnets de laine dans des
+casques de bronze, des morceaux de bois tenant à des poignées de métal,
+et des monnaies de bronze retenant encore la toile qui les enveloppait.
+La matière du lumignon est de lin non filé, mais en étoupe tortillée en
+deux branches, comme une corde imparfaite. Le lin paraît avoir été la
+matière le plus constamment employée à cet usage, dans une antiquité
+très-reculée. La culture du coton, très-anciennement en vigueur sur les
+confins de l'Égypte et de l'Arabie, suivant le témoignage de Pline (_L.
+XIX, I_), ne s'était guère répandue en Europe que quelques siècles après
+cet écrivain, par le moyen des Arabes qui l'introduisirent en Espagne.
+On se servait encore pour les lampes, de _papyrus_ et de bouillon-blanc.
+Le chanvre était d'un usage très-commun, mais il servait plus
+particulièrement pour les lanternes, où le lumignon devait avoir plus de
+fermeté.
+
+FIG. V et VI. Pincettes dont on se servait pour gouverner le lumignon.
+
+FIG. VII. Crochet faisant office de mouchettes.
+
+[Illustration 115]
+
+
+
+PLANCHE XXVI.
+(_P._ 53, 54, _t. VIII l'Edition royale_.)
+
+
+Les vases de bronze que nous donnons ici, nous ont paru appartenir au
+service des lampes, comme destinés à contenir de l'huile. En consultant
+les ornemens, on trouve cependant à ces vases un caractère bachique;
+nous nous bornons à en donner la description sans rien affirmer sur leur
+emploi.
+
+FIG. I. Ce dessin, au trait, offre le profil d'un vase pris du côté de
+l'anse, qui, dans celui-ci comme dans les suivans, fait le principal
+ornement. Cette anse est formée par la figure d'un jeune satyre posant
+sur un panier de raisin, et tenant dans chacune de ses mains une branche
+qui va, par-dessus son épaule, s'unir au bord du vase. Le corps du vase
+est absolument semblable à celui qu'on remarque sous le n° VII.
+
+FIG. II et III. Ce vase est plus simple dans sa forme et dans ses
+ornemens que le premier. L'anse est formée par une branche contournée,
+ornée de feuillures: elle se termine par un médaillon, d'où sort une
+tête de jeune homme, coiffée du bonnet phrygien.
+
+FIG. IV, V et VI. L'anse de ce vase a pour sujet un Hermès d'Hercule,
+proprement dit _Herméracle_, et se termine par une coquille. Le Dieu est
+sans barbe: la peau du lion est jetée sur son épaule, et ses bras
+sont enveloppés dans sa draperie. On rencontre des herméracles pareils
+exécutés en marbre: le musée Napoléon en possède plusieurs.
+
+FIG. VII, VIII et IX. Sur l'anse de ce vase est encore appliqué un
+Hermès offrant la figure d'un jeune suivant de Bacchus; ce demi-Dieu
+joue avec un lièvre, animal qui se trouve souvent dans les sujets
+bachiques. Les autres attributs qui terminent l'anse sont aussi tous
+bachiques; c'est le masque d'un jeune faune appliqué sur une peau de
+panthère dont on voit pendre les pattes.
+
+[Illustration 118]
+
+
+
+PLANCHE XXVII.
+(_P._ 55, 56, _t. VII de l'Edition royale_.)
+
+
+FIG. I, II et III. Coupe et profil d'un petit vase destiné à recevoir
+une lumière, dont l'effet était modéré par un couvercle à charnière,
+percé de plusieurs trous; cette lampe était une espèce de veilleuse.
+Sur le côté, on voit une petite anse. L'intérieur est rempli de plomb
+jusqu'à la hauteur désignée par la teinte, dans le premier dessin; ce
+qui donne au vase une assiette solide. Le cylindre indiqué dans la coupe
+est de laiton; il est mobile, et faisait, dans le vase, office de lampe.
+Le trait, n°. II, est celui d'un bassin, dans lequel on plaçait le vase
+par une attention de propreté.
+
+FIG. IV. Ce dessin représente une lanterne portative de forme
+cylindrique, et faite de cuivre jaune; les montans sont de métal
+fondu; le fond est soutenu par trois pieds en forme de boule. Le cercle
+supérieur est couronné par une calotte percée de quelques trous: cette
+calotte est mobile à volonté. Pour porter la lanterne fermée, la main
+devait embrasser les deux branches d'où pendent les chaînes, et qui
+servent de poignée. Pour ouvrir la lanterne, on élevait la branche
+supérieure qui faisait monter le couvercle par le moyen du clou qui joue
+dans la première branche, et de la chaîne attachée à ce clou. Sur le
+plateau du fond, pose la petite lampe de forme cylindrique: nous en
+donnons la coupe qui fait voir le lamperon où se plaçait le lumignon.
+Sur le sommet du couvercle, est une inscription en caractères pointés,
+que nous répétons au-dessus du dessin d'une manière plus lisible,
+quoique les lettres mal formées ne permettent pas de la déchiffrer
+parfaitement. On peut lire _TIBURTI CATUS, Tiburtius Catus_, et ces
+noms peuvent être ceux du fabricant. Si on lit _TIBURTl CATIS_, il
+se présente deux sens différens: l'un serait _TIBURTl CATl Sum_,
+_j'appartiens à Tiburtus Catus_; ce qui ne s'éloigne pas de la coutume
+qu'avaient les anciens d'indiquer de cette manière le maître d'objets ou
+d'êtres de nature à s'égarer; on trouve de semblables inscriptions sur
+des colliers de chiens, de cerfs et d'autres animaux, sur ceux même
+qu'on mettait au cou des esclaves; l'autre sens serait _TIBURTINUS CATI
+Servus, Tiburtinus esclave de Catus;_ et ce _Tiburtinus_ (nom d'esclave,
+rapporté par Gruter DCCCLXXXIV, n°. II), aurait eu l'emploi particulier
+de porter la lanterne devant son maître, _lanternarius_ ou _lampadarius
+servus_. La lanterne se trouve ici destituée de l'enveloppe transparente
+qui devait la compléter, comme le désignent précisément les deux bandes
+de métal fixées par des attaches à une petite distance des montans, et
+une pareille bande circulaire qui règne sur le fond. La matière le plus
+communément employée à cet usage paraît avoir été la corne; de-là vient
+que Plaute désigne une lanterne par le mot même de _cornu_ (_Amph. act_.
+I, I. 185). Pline dit à ce sujet que la meilleure corne était celle que
+donnait une espèce de bœufs sauvages qu'il nomme _uri_ (_l. XI._ 37). On
+ne manque point non plus d'autorités prises dans les écrits des anciens,
+pour avancer qu'on entourait encore les lanternes avec la peau des
+vessies, ou avec d'autres membranes, ainsi qu'avec de la toile frottée
+d'huile. On pourrait même soupçonner que la propriété du verre, adaptée
+au même usage, n'a pas été ignorée des anciens. Le premier des écrivains
+qui parle des fenêtres de verre, est Lactance, qui florissait sur la
+fin du troisième siècle: sans entrer à cet égard dans aucune discussion,
+nous nous contenterons de rapporter une autorité qui parle avec plus
+de force, c'est-à-dire, la conservation de quelques morceaux de verre
+trouvés à une fenêtre dans Pompéia, et déposés au musée de Portici.
+
+FIG. V. Nous ne suivons pas les académiciens d'Herculanum dans leurs
+recherches sur la véritable étymologie du mot _lanterna_, mais nous
+rapportons avec eux, comme très-curieux, quoiqu'étranger à la collection
+d'Herculanum, un monument trouvé dans un village près de Capoue: on voit
+par l'inscription, qu'il a été érigé par un certain _Marcus Hordionius
+Philargurus Labeo_ lanternier, à son épouse _Flavia Claudia Philumina_;
+outre le titre bien exprimé de la profession, _LANTERNARIUS_, on
+en trouve encore sur le monument le signe bien distinct, une petite
+lanterne entourée de son enveloppe.
+
+[Illustration 123]
+
+
+
+PLANCHE XXVIII.
+(_P._ 55, 58, _t. VI de l'Edition royale_).
+
+
+FIG. I, II et III. Trépieds en bronze qu'on peut regarder comme destinés
+à servir de support à des lampes. Nous n'avons rien à faire remarquer
+dans ces trois pièces, que les ornemens; la gravure les expose avec
+clarté.
+
+FIG. IV, V et VI. Lampe de bronze à une seule mèche; elle est
+remarquable par la queue pliante qui sert à la porter; la première
+partie de cette queue naît à la réunion de deux têtes d'oiseaux qui
+s'appliquent à la lampe; la seconde partie se termine en patte de
+lièvre; se pliant en dessus, elle s'arrête en dessous sur l'alignement
+de la première, qu'elle rencontre à angle droit.
+
+[Illustration 125]
+
+
+
+PLANCHE XXIX.
+(_P._ 61, _t. VIII de l'Edition royale_.)
+
+
+FIG. I. Lampadaire en bronze; il prend sa forme de deux troncs d'arbres
+qui s'élèvent sur une plinthe quarrée, portée par des pieds de bœuf; sur
+le sommet du tronc principal, est posé un disque ou plateau destiné à
+recevoir la lampe.
+
+FIG. II. Autre lampadaire de bronze avec son plateau; sa forme est
+prise d'une canne à nœuds, se divisant par le bas en branches qui font
+trépied.
+
+FIG. III et IV. Lampe de bronze d'un très beau travail, avec des
+ornemens recherchés. Elle pose sur un support en forme de trépied à
+griffes de lion, et orné de mascarons sur chaque face.
+
+[Illustration 127]
+
+
+
+PLANCHE XXX.
+(_P_. 62, 63, _t. VIII de l'Edition royale_.)
+
+
+FIG. I. Le support de cette lampe peut être mis au nombre des
+candélabres; c'est une colonne cannelée élevée sur une base; la base est
+formée de trois pattes de lion, et les pattes sont unies par un ornement
+en arabesques et des coquilles; le chapiteau est de fantaisie; dessus
+pose un vase à deux anses, lequel porte la lampe dont le couvercle est
+levé: le tout est de bronze et d'un travail élégant.
+
+FIG. II. Autre Lampe avec son support; il est formé d'un tronc d'arbre,
+orné de quelques feuilles et de glands. Le socle est fait au tour, et
+pose sur un trépied à griffes de lion.
+
+[Illustration 129]
+
+
+
+PLANCHE XXXI.
+(_P._ 64, _tome VIII de l'Edition royale._)
+
+
+Une figure grotesque sert de principal motif ce lampadaire; c'est une
+espèce de Silène, dont la physionomie, le geste et l'attitude ont
+une expression comique et théâtrale. Il a pour tout vêtement un court
+manteau jeté sur ses épaules; sa chaussure est le socque orné d'une
+languette; le perroquet perché au milieu des deux branches, n'est point
+sans rapport avec l'expression ridicule du personnage. Chaque branche du
+candélabre se termine par un plateau destiné à supporter les lampes. La
+figure pose sur une base quarrée à trois degrés, qui a pour support des
+griffes de lion, montées chacune sur de petits socles ronds.
+
+[Illustration 131]
+
+
+
+PLANCHE XXXII.
+(_P._ 65, _tome VIII de l'Edition royale._)
+
+
+Ce lampadaire a pour motif le tronc d'un chêne dépouillé et divisé en
+cinq branches, d'où pendent autant de lampes, toutes d'une forme assez
+simple. L'arbre est élevé sur une plinthe rectangulaire, ayant pour
+support des griffes de lion.
+
+[Illustration 133]
+
+
+
+PLANCHE XXXIII.
+(_P._ 66, 67, _t. VIII de l'Edition royale_).
+
+
+FIG I. La tige de ce lampadaire emprunte sa forme des plantes bulbeuses
+dont elle imite l'élégante souplesse dans ses contours. Les deux lampes,
+dans leur forme bizarre, imitent des limaçons, dont l'un est à moitié
+sorti de sa coquille. Ce n'est pas sans une sorte de convenance que cet
+insecte est ici rapproché d'une espèce de végétaux qui se plaisent dans
+les terrains humides. Le socle représente, en quelque sorte, un autel,
+étant entouré d'un feuillage en festons et orné d'un crâne de bœuf.
+La plinthe à griffes de lion est d'un travail précieux; sa surface est
+enrichie d'arabesques damasquinés en argent, comme le sont les ornemens
+de l'autel. Un semblable lampadaire pourrait être consacré à la nymphe
+d'une fontaine.
+
+FIG. II. Cet autre lampadaire, d'un travail également beau, est d'un
+style plus sévère. Une colonne cannelée en fait le motif. L'ornement du
+chapiteau tient par ses volutes à l'ordre ionique: mais il ne faut point
+chercher dans ces compositions de fantaisie, les proportions et les
+règles de l'art. Les artistes usaient sans réserve, dans ces sortes
+d'ouvrages, du droit de s'abandonner à leur imagination. Au milieu des
+volutes est un masque comique, et du sommet du chapiteau partent quatre
+rameaux en arabesques, qui servaient suspendre les lampes. Le dessin
+n'en montre que deux; le plan du chapiteau fait voir la distribution de
+tous les quatre.
+
+[Illustration 137]
+
+
+
+PLANCHE XXXIV.
+(_P_. 69, _tome VIII de l'Edition royale._)
+
+
+Ce lampadaire offre une composition agréable et animée. Sur une base
+quadrangulaire s'élève une colonne cannelée en spirales, qui ont peu de
+profondeur. Sur le chapiteau pose une tête couronnée d'une branche de
+lierre avec ses corymbes; c'est celle d'un esclave barbare caractérisé
+par les moustaches: elle sert elle-même de lampe, comme le montre le
+dessin pris de profil. On introduisait l'huile par le sommet, et de la
+bouche sortait le lumignon. Près de la colonne, sur un socle rond, est
+un enfant d'une expression naïve et dans une attitude gracieuse; dans
+le pouce de sa main gauche est passé un anneau qui réunit trois chaînes,
+deux servent à suspendre une lampe; à la troisième, qu'il relève de
+la main droite, pend un crochet propre à gouverner le lumignon. Cette
+seconde lampe prend sa forme d'un masque scénique orné de pampres.
+
+[Illustration 138]
+
+
+
+PLANCHE XXXV.
+(_P_. 68, 70 et 71, _t. VIII de l'Edition royale_.)
+
+
+FIG. I et III. Ces deux candélabres sont remarquables par leur mécanisme
+qu'on saisira facilement à l'inspection du dessin. Le pied est formé
+par trois traverses horizontales qui se démontent volonté. Le fût du
+candélabre pose sur un plateau qu'il traverse par un tenon fixé en
+dessous à l'aide d'une cheville; à partir de sa base, le fût s'élève en
+forme de pilastre, surmonté d'un Hermès à deux faces. Un vase faisant
+chapiteau pose sur la tête de chaque Hermès; ce vase couronné d'un
+plateau, où doit être placée la lampe, s'élève et s'abaisse volonté, au
+moyen d'une tige qui joue dans le pilastre, et qu'on arrête à la hauteur
+convenable avec une clef. La figure qui sert d'ornement au premier
+candélabre est celle de Jupiter; on la reconnaît au diadême et à la
+barbe épaisse et majestueuse. Au revers, la tête se fait remarquer par
+les cornes de Jupiter Ammon. L'Hermès de l'autre candélabre est celui
+de Persée, comme peut le faire penser la tête de Méduse et un instrument
+crochu qui représenterait la harpé. Sur l'autre face, le buste porte les
+attributs ordinaires du fils de Maïa, la bourse et le caducée.
+
+FIG. II. Lampadaire en forme de pilastre. La surface de la plinthe qui
+sert de base, est ornée d'arabesques damasquinés en bronze même. Il est
+à remarquer que, dans ce lampadaire comme dans tous les autres, et comme
+le démontre le dessin de la planche précédente, la tige n'est point
+située au milieu de la base, mais à l'une des extrémités; cette
+précaution avait, sans doute, pour but de ménager en avant une table
+commode, où l'on pouvait poser les vases à l'huile, ou d'autres
+ustensiles nécessaires au service des lampes.
+
+[Illustration 141]
+
+[Illustration 142]
+
+[Illustration 143]
+
+[Illustration 144]
+
+[Illustration 145]
+
+[Illustration 146]
+
+[Illustration 147]
+
+[Illustration 148]
+
+[Illustration 149]
+
+[Illustration 150]
+
+
+
+PLANCHES XXXVI--XLV.
+(_P_. 72, 93, _t. VIII de l'Edition royale_.)
+
+
+Nous avons précédemment désigné, par le nom de _lampadaire_, les
+instrumens propres à porter à-la-fois plusieurs lampes, suspendues: ces
+ustensiles ont le plus souvent la forme d'un tronc d'arbre, auquel on
+n'a laissé que quelques branches dépouillées de leurs feuilles. Cette
+invention nous offre l'imitation des arbres consacrés à un semblable
+usage, dans les fêtes champêtres. Les _candélabres_ destinés à porter
+une seule lumière ont une forme plus noble, mais qui doit sans doute
+aussi son origine à quelque usage familier. Le trait qui distingue
+particulièrement le candélabre est la canne ou le roseau qui servait à
+porter la pomme de pin ou la torche allumée: on a fixé le roseau dans
+le trépied qui la recevait momentanément; on a couronné la tige d'un
+disque, d'un calice ou d'un chapiteau. L'art s'est ainsi emparé d'une
+forme grossière; mais en l'embellissant, il a conservé la grâce qu'elle
+empruntait à la nature; dans le candélabre le plus orné, quelque
+chose rappelle toujours sa naissance. Souvent là tige est une colonne
+cannelée; imitation d'un faisceau de cannes. Si c'est une colonne lisse,
+sa légèreté s'éloigne de la proportion mâle de l'architecture. Peu-à-peu
+le luxe a déployé des ornemens plus recherchés; le disque destiné à
+porter la lampe a posé sur un chapiteau: celui-ci a pris la forme d'un
+vase, et le vase a reçu tous les ornemens qui lui conviennent; il a été
+embelli de feuilles de chênes et d'acanthe, de pampres, de bas-reliefs
+saillans, ou de travaux délicats à très-bas-relief. Ces ornemens furent
+prodigués sur la coupe et sur le disque, et jusque sur la cimaise de la
+tige. La richesse du travail ajouta encore un nouveau prix à l'élégance;
+le disque reçut de l'emploi des métaux, l'agrément des couleurs. Sa
+surface damasquinée offrit des feuillages et des arabesques rendus avec
+la délicatesse qui appartient à la peinture. Les pieds des candélabres
+eurent aussi des ornemens plus recherchés. La tige sembla naître d'une
+touffe de feuillage. Le trépied fut formé avec les pattes et les griffes
+de divers animaux, mais sur-tout du lion. Des feuilles interposées avec
+goût entre l'embranchement des pattes, servirent à les lier avec grâce:
+on sauva aussi la nudité de leur union, en y appliquant des roses ou
+des masques. Ce pied n'offrait pas un champ assez vaste pour recevoir
+beaucoup d'ornemens, il fallut y ajouter un disque dont le travail
+répondit à celui de la partie supérieure. On ne peut, de toutes ces
+observations, déduire une règle générale pour la composition des
+candélabres; il faut les ranger parmi les ouvrages qui permettent
+beaucoup la fantaisie et au goût de l'artiste. Un exemple récent prouve
+le parti qu'on peut tirer des beaux modèles de l'antiquité, en les
+appliquant à nos usages modernes; nous voulons parler des candélabres de
+fonte qui décorent le pont du Louvre, et qui servent, en supportant des
+lanternes, l'éclairer pendant la nuit.
+
+Les candélabres que nous publions, quelqu'élégans qu'ils soient, étaient
+d'un usage familier: l'art à porté plus loin ses inventions et la beauté
+d'exécution dans ceux qui étaient consacrés aux usages religieux. On
+peut voir ce que l'antiquité nous a laissé de plus admirable en ce
+genre, dans les œuvres de J.-B. Piranesi, et dans le _Musée Napoléon_,
+récemment publié par ses fils à Paris. M. Visconti, dans son musée
+_Pio-Clementino_, donne des notions très-intéressantes sur ces monumens
+religieux, dont nous n'avons point à offrir de modèles dans notre
+collection. Nous revenons donc aux candélabres dont nous avons exposé
+les dessins. Ils sont de bronze, à l'exception d'un très-petit nombre
+qui sont de fer; les ornemens sont de bas, ou très-bas-relief, sortis du
+jet de la fonte presqu'entièrement finis; en sorte qu'il a fallu peu de
+travail pour les polir. On ne trouve guère la trace de l'outil que dans
+les reliefs très-bas dont la tranche demandait à être marquée avec plus
+de profondeur. Pline nous apprend que les fabriques les plus célèbres
+étaient celles de Tarente et de l'île d'Égine. En commentant le passage
+de cet écrivain (_lib. LXIV_), il paraît que les premières excellaient
+pour la beauté de la forme; et les secondes, pour la délicatesse et
+le fini des ornemens: il serait difficile de décider auxquelles de ces
+fabriques il faut attribuer nos candélabres. Nous avons déjà parlé d'une
+magnifique habitation voisine d'Herculanum, dont le possesseur avait
+pris plaisir rassembler une grande quantité d'ouvrages de l'art des
+Grecs: c'est là qu'on trouva la plus grande partie des statues, et
+presque tous les bronzes de notre collection; c'est là aussi qu'on a
+trouvé ceux des candélabres dont le pied est couronné d'un disque. Cette
+circonstance pourrait faire penser qu'ils sont d'un travail grec, et
+plutôt des fabriques d'Égine, que de celles de Tarente.
+
+La _pl. XLV_ représente les chapiteaux de divers candélabres, dont nous
+ne donnons ni le fût, ni le pied, attendu que ces parties n'offrent
+qu'une répétition de ce qu'on voit dans les autres planches. (_XVIII,
+XIX_), et à l'aide des rapprochemens fournis par les connaissances des
+machines en usage de nos jours, parvenir à donner une idée des pressoirs
+qui complètent le cellier à l'huile de Stabie; c'est ce qu'on a essayé
+dans le plan _pl. XLIX_. Les renvois de ce plan suffiront pour le faire
+comprendre. Les voici en deux colonnes; dans la première, nous les
+exprimons en latin pour être plus agréables à ceux de nos lecteurs qui
+voudraient suivre le texte de Caton.
+
+A Pavimentum torcularii. A Pavé du cellier.
+
+B Pavimentum inter binos stipites. B Pavé entre les deux poteaux.
+
+C Parietes. C Murailles.
+
+D Vasa instructa juga II. D Vases accouplés.
+
+E Trapetes. E Meules.
+
+F Areæ. F Aires.
+
+G Canales. G Rigoles.
+
+H Lacus. H Bassins où se rendait l'huile.
+
+I Fora cum foraminibus. I Cuves avec des trous, où l'on
+ mettait égoûter les olives
+ triturées avant de les jeter sur le
+ pressoir.
+
+K Arbores. K Arbres jumeaux, ou un seul arbre
+ fendu dans lequel descendait la
+ poutre.
+
+L Stipites. L Poteaux.
+
+M Trabes planæ. M Madriers.
+
+N Trabeculæ vel tigni. N Soliveaux ou aiguilles.
+
+O Præla. O Poutre ou grand arbre du pressoir.
+
+P Laigulæ prœlorum. P Languettes des poutres.
+
+Q Sucula cum senis foraminibus. Q Treuil à six trous.
+
+
+
+[Illustration 156]
+
+[Illustration 157]
+
+[Illustration 158]
+
+[Illustration 159]
+
+
+
+PLANCHE XLVI.--XLIX.
+(_Préf. de l'Edition royale._)
+
+Nous donnons, dans ces quatre planches, le plan et les détails d'un
+moulin ou pressoir à huile, découvert en 1779 à Gragnano, l'ancienne
+Stabie. Nous suivrons le plus succinctement qu'il nous sera possible,
+les Académiciens d'Herculanum, dans l'explication qu'ils en ont donnée,
+et dans l'heureuse application qu'ils ont faite, de la description du
+pressoir de Caton, aux vestiges du pressoir de Stabie.
+
+La _planche XLVI_ offre le plan général du pressoir avec trois coupes du
+cellier où il était situé, appelé par les anciens _cella olearia,
+cella torcularia_, ou bien d'un nom commun à la machine _torculum_ et
+_torcular_. La longueur de la pièce était de 46 pieds et demi romains
+antiques; la largeur, de 16 pieds un quart; le pavé entre les deux
+vasques portait 17 pieds un quart: il était formé avec un ciment, dont
+les murs étaient aussi revêtus à la hauteur de 5 pieds et demi[2].
+
+[Footnote 2: Nous employons la mesure romaine antique pour faciliter les
+rapprochemens avec le texte de Caton. Vérification faite sur plusieurs
+pieds romains conservés à Portici, cette mesure répond à-peu-près, à 11
+pouces du pied français; elle se divisait en 16 doigts.]
+
+
+La machine à presser les olives, indiquée dans le plan par la lettre G,
+est exposée en détail dans la _planche XLVII_:
+
+Elle est placée dans une cuve assez profonde, _fig._ I, et consiste en
+deux meules en forme de segment de sphère, qui se meuvent autour d'un
+cylindre. Les olives sont pressées entre la partie convexe de ces
+meules, et les parois de la cuve. Dans le cylindre, est un pivot qui
+recevait une barre; cette barre était assujétie par la plaque de fer
+qu'on voit dans le dessin des mêmes parties, pris en dessus, _fig._
+2; la barre traversait les deux meules percées, comme le montrent les
+_fig._ 3 et 4 Ce mécanisme est facile à saisir, et la _fig._ 5, dont
+nous renvoyons en note l'explication, le démontrera d'une manière
+satisfaisante[3]. Les dimensions des parties étant calculées, il s'est
+trouvé que le diamètre de la cuve, pris extérieurement, était de 3 pieds
+10 doigts, et l'épaisseur du bord, de 5 doigts; l'espace entre le bord
+et le cylindre, de 14 doigts. La meule a de diamètre 1 pied et 7 doigts;
+et de grosseur, 12 doigts et demi: chaque côté du trou des meules a,
+dans la partie convexe, un demi-pied, mais il se rétrécit du côté plat,
+et diminue jusqu'à 6 doigts et demi.
+
+[Footnote 3: Cette figure offre la construction géométrique de la
+machine, prise dans une coupe verticale qui passe par son axe. Sur
+la ligne horizontale AB, égale au demi-diamètre de la cuve en pierre,
+s'élève du point B, comme point central, la perpendiculaire CD qui
+représente l'axe. Prenons sur la ligne AB la portion AE égale à 5 doigts
+du pied romain antique, qui formera l'épaisseur du bord de la cuve;
+il reste la ligne BE pour rayon interne de la cuve. Tirons une ligne
+indéterminée HG, qui coupe perpendiculairement en deux parties égales,
+le rayon BE au point F.--Entre la ligne HG et l'axe de la cuve CD, à
+la distance de 2 doigts et demi, tirons la ligne IK parallèle à HG,
+laquelle donnera le côté du cylindre qui s'élève au milieu de la cuve,
+comme IB en désignera le rayon. Établissons la ligne LM parallèle à la
+ligne AB, et à la distance du tiers de EI, et nous aurons déterminé
+la situation de l'axe linéaire des meules. Le centre de la courbure de
+chacune d'elles, se trouvera au point N de la ligne LM, distante de
+L, de la huitième partie de BE; de ce centre, et avec le rayon NE,
+décrivons l'arc GEH qui s'arrête sur la corde GH, et nous aurons formé
+un segment de sphère qui constituera chacune des deux meules. Dans l'arc
+EG, prenons le point O distant de E d'une huitième partie de la ligne
+BE, ou donnant la même mesure que LN; de ce point, tirons par N la ligne
+indéterminée NO, sur laquelle nous prendrons le point P distant de N de
+2 doigts: ce point déterminera le centre de la concavité interne de la
+cuve, ayant pour rayon PO; enfin, prenant N pour centre avec le rayon NQ
+égal à LB, nous couperons la ligne CD, et le point de section Q fixera
+la hauteur du cylindre, dont la superficie plane sera parallèle au bord
+de la cuve.]
+
+Les _fig._ 6 _et_ 7 font voir de face et de côté, une portion d'un tube
+formé de deux plaques de fer appliquées l'une sur l'autre, lesquelles
+ont dû, sans doute, revêtir un morceau de bois que le temps avait tout
+consumé. On remarque, dans le tube, les pointes d'un grand nombre de
+clous qui y fixaient le morceau de bois. Ce tube, trouvé dans le trou de
+l'une des meules, servait probablement de caisse au moyeu. Le fragment,
+_fig._ 8, est un anneau qui entourait l'extrémité du moyeu. Les _fig._
+9 _et_ 10 représentent le pivot enchâssé dans un tube et une plaque de
+fer: on a vu la situation de ces deux objets dans les _fig._ 1 _et_ 2.
+
+Caton-le-Censeur, dans son livre de _Re rusticâ_, donne la description
+d'un moulin ou pressoir olives, qu'on retrouve très-exactement dans la
+machine de Stabie. Pour rendre plus sensible ce rapprochement curieux,
+on reproduit dans la _planche XLVIII_, la machine de Caton; on a suivi
+la construction qu'il en prescrit dans les chapitres 20, 21 et 22, et
+d'après les dimensions du plus petit pressoir, prises dans le chapitre
+135 (_Édit. de Math. Gesner_).
+
+La _fig._ 1 fait voir la machine entière, prise extérieurement,
+c'est-à-dire la cuve, dite par Caton _trapetum_, et plus
+particulièrement _mortarium_. Au milieu on voit le cylindre
+(_miliarium_), lequel s'élève au-dessus des bords de la cuve. Sur le
+cylindre, est la barre (_cupa_) percée au milieu d'un trou où se trouve
+un tube de fer (_fistula ferrea_), par lequel passe le pivot (_columella
+ferrea_). Aux deux côtés opposés du noyau, sont les deux meules
+(_orbes_) qui sont fixées dans leur place par des chevilles de fer
+(_clavi_)> enfin, dans le noyau qui se trouve entre les roues, sont deux
+trous (_foramina dextera sinistraque_). En dehors de ces trous, sont
+clouées ces petites plaques que Caton nomme _sublaminas pollulas
+et minutas_, et qui ont pour but d'empêcher que les trous ne
+s'agrandissent, lorsqu'on y fiche les petites barres (_cupæ minusculæ_),
+représentées dans la _fig._ 2, où la machine est dessinée en dessus.
+Dans les _fig._ 3 _et_ 4, on a l'une des roues de face et de profil: on
+y remarque le trou pour le passage de l'axe (_foramen orbis_), qui va
+en se rétrécissant vers le côté plat. Caton ne parle point de cette
+particularité que nous restituons d'après la machine de Stabie, et qui
+devait exister, afin que le moyeu (_modiolus_), restât bien ferme dans
+sa boîte. Cette différence est rendue sensible dans la _fig._ 5, qui
+montre la coupe de toute la machine: on voit au milieu le cylindre,
+ayant au centre le pivot de fer, et le moyeu pris en long et dessiné
+sous différens aspects, _fig._ 7, 8 _et_ 9. Enfin, la _fig._ 6
+représente la barre qu'on voit en place dans les _fig._ 1 _et_ 2; on a
+fait le noyau quarré, parce qu'il est tel dans la machine de Stabie, et
+qu'il semble aussi ne devoir pas être autrement. Le dessous est garni
+d'une plaque de fer (_tabula ferrea_). La partie de la barre qui entre
+dans les moyeux, est revêtue de quatre plaques recourbées (_imbrices
+ferrei_), clouées avec de petits clous (_clavuli_); au bout de ces
+plaques, est un fer (_ferrum librarium_), qui embrasse la barre, et
+dans lequel est un trou pour y ficher la cheville qui retient les roues,
+comme on le voit dans la _fig._ 1. Entre le clou et la roue, entre
+celle-ci et la partie quarrée de la barre, sont des rondelles de fer
+(_armillæ ferreæ_), qu'on a tâché d'indiquer dans les _fig._ 1 _et_ 2.
+
+D'après toutes ces descriptions, on conçoit facilement comment le
+pressoir de Caton était mis en mouvement. Deux hommes placés à chaque
+extrémité de la barre, la faisaient tourner sur le pivot du cylindre,
+et les deux meules qui se suivaient, écrasaient les olives contre
+les parois de la cuve et du cylindre, sans briser le noyau qui étant
+très-dur, n'éprouvait pas pour cela assez de pression, quand on
+observait dans la situation des roues la distance prescrite par Caton.
+Il paraît que les anciens écrivains de l'économie rustique, ont tous eu
+l'opinion que la trituration du noyau donnait à l'huile un mauvais goût
+(Voyez _Caton, cap._ 66--_Colum. lib._ 12, _cap._ 50_, _et autres_). On
+ne doit point en conclure qu'on prenait toujours la précaution indiquée;
+l'huile plus commune pouvait trouver son usage, sur-tout pour les
+lampes, Caton parle lui-même de meules de rechange pour remplacer
+celles qui s'égrenaient: ce qui ne pouvait guère avoir lieu que quand
+on écrasait les noyaux. Caton, après avoir donné les préceptes sur
+la manière de construire un pressoir à olives, donne le détail de la
+dépense qu'il occasionnait; l'incertitude des érudits sur la valeur des
+signes employés dans ce passage, ne permet pas de le connaître à fond.
+Le même auteur nous apprend qu'on tirait des meules des carrières
+situées aux environs de Sessa, qui en fournissent encore aujourd'hui,
+et de celles de Nola et de Pompéia. On a reconnu, en effet, que notre
+pressoir était d'une lave très-antique qui se trouve dans la situation
+de cette ville, très-au-dessus des terrains de Civita et de Rapillo,
+jusqu'au fleuve Sarno. Indépendamment de la machine que nous avons
+essayé de décrire avec la plus grande exactitude, on remarquera dans le
+plan et les coupes (_pl. XLVI_) les vestiges de deux autres machines ou
+pressoirs proprement dits, servant à exprimer l'huile des olives déjà
+triturées. Les deux vasques marquées HI sur le plan, ont dû faire partie
+de ces pressoirs. Chacune des deux vasques, a, sur le côté opposé au
+mur, un bord ou marge marquée _a_, où il restait un conduit de plomb qui
+aboutissait à un grand vase de terre cuite C. Le plan montre l'orifice
+du vase; la coupe en montre la forme inférieure sur la ligne AB, et la
+hauteur au-dessus du pavé sur la ligne CD. Près de la bouche de chaque
+vase, s'élève un petit massif de maçonnerie dont la surface est un
+plan incliné; celui de droite est recouvert d'une tuile: ces massifs
+faisaient probablement l'office d'égoûtoirs. Bans les vasques, sont
+trois trous _d, e, f_, tous ayant un bord et une certaine profondeur
+(comme on le voit dans les deux sections CD, EF) qui arrive à un petit
+souterrain _g_, indiqué dans le plan et dans la coupe. On descendait
+dans ce souterrain par le petit puits _h_. Chaque puits a un bord qui
+s'élève un peu au-dessus du plan de la vasque: on voit un bord semblable
+autour du trou _f_. À l'un des trous _d_, on voit un creux en forme de
+niche, et enfin sur le pavé de la vasque I, s'élèvent quatre cercles de
+fer, liés deux à deux, _i, i_. En combinant les traces du pressoir
+sur le plan, c'est-à-dire les vasques, les vases de terre cuite, les
+conduits en plomb, les trous, leur communication avec un souterrain, on
+peut à l'aide de la description donnée par Caton (_cap._)
+
+[Illustration 168]
+
+
+
+PLANCHE L.
+
+_Carte pour servir à l'intelligence des découvertes d'Herculanum, de
+Pompéia, et des autres Villes antiques détruites par les éruptions du
+Vésuve._
+
+
+En publiant cette édition des antiquités d'Herculanum, nous avons cru
+devoir nous arrêter au même point où l'édition royale de Naples s'est
+trouvée suspendue. Un ouvragé de cette importance, commencé sur un si
+beau plan, ne demeurera point, sans doute, imparfait. Les statues en
+marbre, les ustensiles sacrés et domestiques, et d'autres antiquités,
+doivent former différentes classes, et fournir la matière de plusieurs
+autres volumes. Une grande partie de ces objets a été gravée pour
+l'édition originale; M. Piroli s'était mis en mesure d'en suivre la
+publication pas à pas; mais il a considéré qu'il serait indiscret de
+prévenir, pour ainsi dire furtivement, une entreprise digne d'être
+relevée et encouragée par l'auguste Souverain, devenu le possesseur de
+ces trésors et des mines non fouillées qui en récèlent encore d'aussi
+précieux. Nous partageons ce sentiment, et nous espérons que nos
+lecteurs, en appréciant notre retenue, nous sauront aussi quelque gré
+de l'empressement que nous mettrons à compléter notre édition, aussi-tôt
+que nous pourrons nous permettre de le faire.
+
+La carte que nous donnons ici ferme, en quelque sorte, le câdre que nous
+avons adopté.
+
+Elle montre la situation des villes antiques, détruites par le Vésuve,
+et desquelles nous avons eu occasion de parler dans cet ouvragé, comme
+du théâtre des découvertes. Il entre dans notre sujet de donner, sur
+ces mêmes villes, quelques notions historiques et géographiques; c'est
+l'objet de l'article qui termine ce volume.
+
+
+
+
+TABLE DES MATIÈRES
+CONTENUES
+Dans le 6e Volume des Antiquités d'Herculanum
+(LAMPES ET CANDÉLABRES).
+
+
+
+
+
+A
+
+ACTÆAON se défendant contre ses chiens,--Pl. 19, fig. II.
+
+AIGLE déchirant un lièvre.--Pl. 3, fig. I.
+
+ANIMAUX, (lampes ornées de figures ou de têtes d') emblèmes du culte de
+diverses divinités.--Pl. 10, fig. III, IV, V, VI; et Pl. 21.
+
+APOTHÉOSE, d'un personnage inconnu. (Lampes exprimant l').--Pl. 18, fig.
+I et V.
+
+B
+
+BAIN. (Deux personnages préparant un)--Pl. 23, fig. III.
+
+BALADIN. (Lampe dont le couvercle est surmonté d'une figure de)--Pl. 16.
+
+BARQUE. (Lampe en forme de).--Pl. 8, fig. I.
+
+BŒUF avec le _croissant_, emblême du culte égyptien.--Planch. 23, fig.
+II.
+
+C
+
+CALEÇON. _Voyez_ BALADIN.
+
+CANDÉLABRES à mécanisme, avec des figures en hermès.--Pl. 35.--_Autres_
+de diverses espèces.----Pl. 36 à 45.
+
+CARTE pour servir à l'intelligence de la découverte d'_Herculanum_, de
+_Pompéia_, et des autres villes anciennes, détruites par les éruptions
+du Vésuve.
+
+CHAÎNES. (Lampe de bronze suspendue avec des)--Pl. 24 et 25.
+
+CHAUVE-SOURIS. (Lampe de bronze ornée d'une)--Pl. 13, fig. III et IV.
+
+CHIENS DE CHASSE.--Pl. 19, fig. IV.
+
+CIGOGNE, symbole de la piété filiale.--Pl. 6, fig. II.
+
+COLOMBES.--Pl. 22. fig. VII.
+
+CONCORDE. (Symbole de la)--Pl. 19, fig. I.
+
+COQS. (Combat de)--Pl. 6, fig. I.
+
+COQUILLES, ornemens de lampes. Pl. 22, fig. III et IV.
+
+COURONNES de chêne, ornemens de lampes.--Pl. 8, fig. V.
+
+CROISSANT, emblème de Diane. Pl. 12, fig. I et II.
+
+CROIX. (Lampe curieuse, ornée d'une)--Pl. 23, fig. I.
+
+CYBÈLE et Attis.--Pl. 6, fig. III.
+
+D
+
+DAUPHINS sur des lampes consacrées à des divinités marines.--Pl. 18,
+fig. II, III et IV.
+
+DIANE.--pl. 17, fig. IV.
+
+DIEUX LARES des quartiers de Rome. (Lampe consacrée aux)--Pl. 2, fig.
+III.
+
+DIEUX LARES domestiques. (Lampe consacrée aux)--Pl. 17, fig. II.
+
+DIVINITÉS (Les trois grandes) réunies: Jupiter, Minerve et Junon. Pl. 1,
+fig. I.
+
+DIVINITÉS (Les trois grandes) égyptiennes: Isis, Osiris et Harpocrates.
+
+E
+
+ELÉPHANT sur une lampe, emblème d'une victoire.--Pl. 17, fig. III.
+
+EPERVIER, lampe augurale.--Pl. 10, fig. I.
+
+ETRENNES. (Lampe relative aux) Explication sur cet usage.--Pl. 3, fig.
+III et IV.
+
+F
+
+FIGUIER. (Lampe en forme de feuille de) avec une figure au milieu.--Pl.
+14, fig. III.
+
+FORTUNE.--Pl. 1, fig. IV.
+
+G
+
+GÉNIE tenant un étendard.--Pl. 17, fig. I.
+
+GÉNIE de la beauté.--Pl. 17, fig. VI.
+
+GLADIATEUR, dit _Retiarius_, armé d'un filet.--Pl. 7, fig. I.
+
+GLADIATEUR. (Plusieurs lampes représentant des)--Pl. 4.
+
+GRIFFON, symbole du Soleil.--Pl. 12, fig. IV; pl. 15, fig. V.
+
+GUTTUS, sorte de vase. (Lampe en forme de)--Pl. 8, fig. III et IV.
+
+H
+
+HERCULE avec sa grande coupe.--Pl. 2, fig. V.--vainqueur du Dragon qui
+gardait les pommes d'or du jardin des Hespérides.--Pl. 3, fig. II.
+
+HERCULE. (Génie d')--Pl. 19, fig. II.
+
+I
+
+INSCRIPTIONS. (Lampes remarquables par des)--Pl. 20, fig. VI à XIV.
+
+JOUET d'enfant. (Petite lampe considérée comme un)--Pl. 15, fig. I.
+
+JUPITER. (Lampe consacrée à)--Pl. 1, fig. II.
+
+L
+
+LAMPES. Leurs différentes espèces. _Voyez_ l'Avertissement en tête du
+volume.
+
+LAMPADAIRES en bronzes.--Pl. 29,--_Autres_, portant des lampes.--Pl.
+30.--_Autre_, ayant pour motif une figure grotesque.--Pl. 31.
+--_Autres_, en forme de tronc d'arbre.--Pl. 32 et 33.--_Autre_, en
+forme de colonnes.--Pl. 33.--_Autre_, avec un enfant sur le même
+piédestal.--Pl. 24.
+
+LANTERNE, avec tous ses agrès.--Pl. 27.
+
+LION sur des lampes.--Pl. 13, fig. II; pl. 22, fig. V.
+
+LUMIGNON trouvé dans une lampe de bronze.--Pl. 25, fig. IV.
+
+M
+
+MASQUES. (Lampes ornées de)--Pl. 9, fig. V et VI; pl. 14, fig. I à IV;
+pl. 17, fig. V; pl. 20; pl. 22, fig. VII et VIII.
+
+MOULIN, ou Pressoir à huile, trouvé à Stabie. Plans et détails.--Pl. 46
+à 59.
+
+O
+
+OIE. (Lampe en forme d')--Pl. 9. fig. II.
+
+OIE étouffée par un génie. (Lampe de bronze, ayant pour ornement
+une)--Pl. 11.
+
+P
+
+PÉGASE, symbole d'Apollon.--Pl. 12, fig. III.
+
+POISSONS.--Pl. 13, fig. I; pl. 15, fig. II.
+
+POULETS SACRÉS.--Pl. 11, fig. IV.
+
+Q
+
+QUADRIGE en pleine course.--Pl. 5, fig. II.
+
+QUEUE pliante. (Lampe à)--Pl. 28, fig. IV à VI.
+
+R
+
+RAT sur une lampe de bronze.--Pl. 23, fig. VIII et IX.
+
+T
+
+TAUREAU. (Chasse au)--Pl. 5, fig. I.
+
+TRÉPIEDS en tronze, pour servir de support à des lampes.--Pl. 28, fig.
+I, II et III.
+
+V
+
+VAISSEAU. (Lampes en forme de)--Pl. 22, fig. VI.
+
+VASES pour le service des lampes, avec des anses très-ornées.--Pl. 26.
+
+VEILLEUSE. (Lampe faisant)--Pl. 18, fig. VIII, IX et X.
+
+VICTOIRES.--Pl. II, fig. III.
+
+VILLES _(Des anciennes) détruites par les éruptions du Vésuve;
+dissertation placée à la suite de la CARTE._--Pl. 50.
+
+
+
+_Fin de la Table._
+
+
+
+
+
+
+
+DE L'IMPRIMERIE DE LEBLANC.
+
+PLANCHES XXXVI et suivantes.
+
+
+
+AVERTISSEMENT.
+
+Les planches qui terminent cette livraison (nos XXXVI-XLII) et celles
+qui doivent commencer la livraison prochaine, ne sont point susceptibles
+d'une explication particulière. Nous relèverons ce qu'elles peuvent
+offrir d'intéressant, en examinant dans un seul article ce genre de
+monumens. Nous ne nous sommes point refusés à l'abondance des matières
+lorsque le fonds en était riche, comme il est arrivé dans ce même
+volume; et nous avons racheté d'avance le vide que nous sommes obligés
+de laisser ici. Nous aurons aussi occasion de nous étendre davantage
+à la fin de ce volume, le sixième de ceux que nous avons annoncés au
+public.
+
+
+(_Le Relieur supprimera ce feuillet._)
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+End of the Project Gutenberg EBook of Antiquités d'Herculanum, Tome VI.,
+(Vol. 6 of 6), by Tommaso Piroli, Pietro Piranesi, and Francesco Piranesi
+
+*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK ANTIQUITÉS D'HERCULANUM ***
+
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+Produced by Carlo Traverso, Rénald Lévesque and Distributed
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+(and you!) can copy and distribute it in the United States without
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+works. See paragraph 1.E below.
+
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+ of receipt of the work.
+
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+WARRANTIES OF MERCHANTIBILITY OR FITNESS FOR ANY PURPOSE.
+
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+or cause to occur: (a) distribution of this or any Project Gutenberg-tm
+work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any
+Project Gutenberg-tm work, and (c) any Defect you cause.
+
+
+Section 2. Information about the Mission of Project Gutenberg-tm
+
+Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
+electronic works in formats readable by the widest variety of computers
+including obsolete, old, middle-aged and new computers. It exists
+because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
+people in all walks of life.
+
+Volunteers and financial support to provide volunteers with the
+assistance they need, is critical to reaching Project Gutenberg-tm's
+goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
+remain freely available for generations to come. In 2001, the Project
+Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
+and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
+To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
+and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
+and the Foundation web page at https://www.pglaf.org.
+
+
+Section 3. Information about the Project Gutenberg Literary Archive
+Foundation
+
+The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
+501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
+state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
+Revenue Service. The Foundation's EIN or federal tax identification
+number is 64-6221541. Its 501(c)(3) letter is posted at
+https://pglaf.org/fundraising. Contributions to the Project Gutenberg
+Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
+permitted by U.S. federal laws and your state's laws.
+
+The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
+Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
+throughout numerous locations. Its business office is located at
+809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email
+business@pglaf.org. Email contact links and up to date contact
+information can be found at the Foundation's web site and official
+page at https://pglaf.org
+
+For additional contact information:
+ Dr. Gregory B. Newby
+ Chief Executive and Director
+ gbnewby@pglaf.org
+
+
+Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg
+Literary Archive Foundation
+
+Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
+spread public support and donations to carry out its mission of
+increasing the number of public domain and licensed works that can be
+freely distributed in machine readable form accessible by the widest
+array of equipment including outdated equipment. Many small donations
+($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
+status with the IRS.
+
+The Foundation is committed to complying with the laws regulating
+charities and charitable donations in all 50 states of the United
+States. Compliance requirements are not uniform and it takes a
+considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
+with these requirements. We do not solicit donations in locations
+where we have not received written confirmation of compliance. To
+SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any
+particular state visit https://pglaf.org
+
+While we cannot and do not solicit contributions from states where we
+have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition
+against accepting unsolicited donations from donors in such states who
+approach us with offers to donate.
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+International donations are gratefully accepted, but we cannot make
+any statements concerning tax treatment of donations received from
+outside the United States. U.S. laws alone swamp our small staff.
+
+Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
+methods and addresses. Donations are accepted in a number of other
+ways including including checks, online payments and credit card
+donations. To donate, please visit: https://pglaf.org/donate
+
+
+Section 5. General Information About Project Gutenberg-tm electronic
+works.
+
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+with anyone. For thirty years, he produced and distributed Project
+Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.
+
+
+Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
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+unless a copyright notice is included. Thus, we do not necessarily
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