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You may copy it, give it away or -re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included -with this eBook or online at www.gutenberg.org - - -Title: Supplément à la Correspondance Diplomatique de Bertrand de Salignac de La Mothe Fénélon, Tome Septième - Ambassadeur de France en Angleterre de 1568 à 1575 - -Author: Bertrand de Salignac de La Mothe Fénélon - -Release Date: March 29, 2013 [EBook #42432] - -Language: French - -Character set encoding: ISO-8859-1 - -*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK CORRESPONDANCE DIPLOMATIQUE *** - - - - -Produced by Robert Connal, Hélène de Mink, and the Online -Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This -file was produced from images generously made available -by the Bibliothèque nationale de France (BnF/Gallica) at -http://gallica.bnf.fr) - - - - - - - -Notes de transcription: Les erreurs clairement introduites par le -typographe ont été corrigées. L'orthographe d'origine a été conservée -et n'a pas été harmonisée. - -Une expression, en exposant dans l'original, et dont l'abrévation -n'est pas évidente, a été mise entre accolades dans cette version -électronique. Ainsi, le {c} après le chiffre romain signifie que ce -dernier doit être multiplié par cent. - - - - - SUPPLÉMENT - - A LA - - CORRESPONDANCE - - DIPLOMATIQUE - - DE - - BERTRAND DE SALIGNAC - - DE LA MOTHE FÉNÉLON, - - AMBASSADEUR DE FRANCE EN ANGLETERRE - - DE 1568 A 1575, - - Lettres adressées de la Cour à l'Ambassadeur. - - TOME SEPTIÈME. - - ANNÉES 1568-1575. - - PARIS ET LONDRES. - - 1840. - - - - - RECUEIL - - DES - - DÉPÊCHES, RAPPORTS, - - INSTRUCTIONS ET MÉMOIRES - - Des Ambassadeurs de France - - _EN ANGLETERRE ET EN ÉCOSSE_ - - PENDANT LE XVIe SIÈCLE, - - Conservés aux Archives du Royaume, - - A la Bibliothèque du Roi, - etc., etc., - - ET PUBLIÉS POUR LA PREMIÈRE FOIS - - _Sous la Direction_ - - DE M. CHARLES PURTON COOPER. - - [Illustration] - - PARIS ET LONDRES. - - 1840. - - - - - DÉPÊCHES, RAPPORTS, - - INSTRUCTIONS ET MÉMOIRES - - DES AMBASSADEURS DE FRANCE - - EN ANGLETERRE ET EN ÉCOSSE - - PENDANT LE XVIe SIÈCLE. - - - LA MOTHE FÉNÉLON. - - - Imprimé par BÉTHUNE et PLON, à Paris. - - - - - AUX TRÈS-HONORABLES MEMBRES - - DU - - BANNATYNE CLUB - - D'ÉDIMBOURG. - - CE VOLUME LEUR EST DÉDIÉ - - COMME - - TÉMOIGNAGE DE RECONNAISSANCE ET DE HAUTE - - CONSIDÉRATION - - PAR LEUR TRÈS-OBÉISSANT SERVITEUR - - A. TEULET. - - -Les six volumes qui précèdent sont la reproduction entière des -registres sur lesquels BERTRAND DE SALIGNAC DE LA MOTHE FÉNÉLON -faisait transcrire toutes ses dépêches. Sous ce rapport, cette -publication est complète; c'est l'oeuvre de l'Ambassadeur pure et sans -mélange. Dans le septième volume, que nous publions aujourd'hui, nous -avons réuni tout ce que nous avons pu recueillir de lettres inédites -adressées par la Cour de France à l'Ambassadeur, et nous y avons joint -quelques pièces essentiellement relatives à ses négociations. Un -critique plein d'érudition, qui a rendu compte des premiers volumes de -cet ouvrage avec une bienveillance dont nous ne saurions trop le -remercier[1], a pensé qu'il eût été préférable d'intercaler ces -lettres et ces pièces à la suite de chacune des dépêches auxquelles -elles se rapportent. Nous l'aurions fait sans hésiter si nous avions -pu nous procurer un recueil complet des lettres de la Cour à -l'Ambassadeur; mais nous n'avions à notre disposition qu'un certain -nombre de ces lettres, qu'un heureux hasard nous avait fait retrouver. -D'ailleurs, pour tenir notre engagement de ne publier que des pièces -inédites, il aurait toujours fallu renoncer à intercaler les lettres -de la Cour à partir du mois de décembre 1572, puisque depuis cette -époque elles ont été imprimées, au moins en grande partie, par Le -Laboureur à la suite des mémoires de Castelnau[2]. Nous nous sommes -déterminés, par ce double motif, à réunir en un volume supplémentaire -tout ce que nous avions de documents inédits relatifs à l'Ambassade de -La Mothe Fénélon. Il sera facile, à l'aide des dates et des chiffres -de renvoi, de rapprocher ces documents des dépêches auxquelles ils se -rapportent, et ils serviront en même temps à compléter autant que -possible les lacunes qui existent dans le recueil de Le Laboureur. - - [1] _Edinburg Review_, No CXL. _July, 1839._ - - [2] Tome III, pag. 265-283. - -Il suffit de parcourir ce volume pour se pénétrer de l'intérêt et de -l'importance des documents qu'il renferme. Quant à la confiance qui -leur est due, nous avons déjà expliqué dans la préface insérée en -tête du premier volume comment ces lettres se trouvent aux Archives du -Royaume, et quelle est leur origine. Ce sont des copies faites vers la -fin du dix-septième siècle dans la famille de l'Ambassadeur, sous la -direction d'un abbé de Fénélon, son petit neveu, qui n'est autre, -suivant nous, que le grand Fénélon, alors fort jeune. L'insertion de -ces copies dans des cahiers, qui contiennent en même temps une -transcription fidèle de toutes les dépêches de l'Ambassadeur, -suffirait jusqu'à un certain point pour en assurer l'authenticité; -mais ce qui ne peut laisser aucun doute à cet égard, c'est que nous -les avons comparées soit avec le manuscrit des lettres publiées par Le -Laboureur, soit avec tous ceux des originaux que nous avons pu -recouvrer, et qu'elles se sont constamment trouvées d'une exactitude -irréprochable. On sait que le manuscrit imprimé par Le Laboureur est -conservé à la Bibliothèque du Roi[3]. Quant aux lettres originales, -quelques-unes se sont retrouvées dans les papiers de l'Ambassadeur, -d'autres, en assez grand nombre, sont entre les mains de M. de La -Fontenelle de Vaudoré, conseiller à la cour royale de Poitiers, qui a -eu l'obligeance de les mettre à notre disposition; enfin, la majeure -partie de ces lettres et des papiers de l'Ambassade existe à la -Bibliothèque Impériale de Saint-Pétersbourg, où M. le prince Alexandre -Labanoff a bien voulu les consulter pour nous en transmettre une -notice. Nous prions ces deux messieurs de recevoir ici l'expression de -notre bien vive reconnaissance. - - [3] _Fonds de St-Germain_, no 769. - -Des diverses comparaisons que nous avons faites il est donc résulté -pour nous la certitude complète que tous les documents renfermés dans -ce volume sont d'une authenticité incontestable. Les hommes d'état et -les historiens qui voudront les consulter en apprécieront -l'importance. - - - - -LETTRES ÉCRITES DE LA COUR - -A - -LA MOTHE FÉNÉLON. - - - - -I - -LE DUC D'ANJOU A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XIVe jour de mars 1569.-- - - Nouvelle de la victoire de Jarnac.--Mort du prince de - Condé.--Résolution de suivre les fruits de la victoire.--Charge - donnée à l'ambassadeur de communiquer cette nouvelle à la reine - d'Angleterre. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, escrivant au Roy, Mon Seigneur et frère, -comme le Prince de Condé, avec grand nombre de seigneurs, -gentilshommes et cappitaines, tenans son parti, ont esté tués, à la -rencontre qui feust, entre nostre armée et la leur, le jour d'hier, -près ce lieu de Jarnac, outre la perte de plusieurs cappitaines et -personnages d'importance qui y feurent prins prisonniers, je vous ay -bien voulu escrire la présante pour vous mander ceste bonne nouvelle, -et afin que vous en fassiez part à la Reyne d'Angleterre; vous priant -luy faire bien entendre de quelle importance est la victoire que Dieu -nous a donnée sur noz ennemis, et comme leur armée, fuyant devant la -nostre, a esté poursuivie par nous, au galop, plus de deux grandes -lieues, où ilz ont perdu beaucoup de gens; et comme j'espère, -bientost, avec l'ayde de Dieu, venir à bout de ce qui est demeuré, et -leur ester le moyen de se remettre sus. - -Et, entre autres choses, je vous prie luy faire bien entendre comme -Dieu nous a tant favorisés que nous n'avons fait aucune perte, en tout -ce combat, que d'un seul homme de marque, le sieur de Montsalles, qui -despuis est mort de quelques coups qu'il y avoit receus, et bien peu -de nos soldats; en sorte qu'il n'y a rien qui me puisse retarder de -poursuivre la victoire et les aller chercher en quelle part où ils se -soient retirez. - -Et, pour cest effect, je fais, dez ce jourdhuy, passer la Charente à -toute mon advantgarde, pour marcher demain, avec tout le demeurant de -l'armée, droit à Cognac, où l'Admiral et d'Andelot se sont sauvez; -espérant n'obmettre aucune chose de ce qui sera nécessaire pour les -forcer là dedans, et en avoir la raison. - -J'escris un mot à la dicte Dame, en créance sur vous, laquelle je vous -prie, Monsieur de La Mothe Fénélon, visiter de ma part, pour luy faire -entendre le discours de tout ce qui s'est passé entre nous et noz -ennemis, suivant le mémoire que je vous en envoye; et m'advertyr, le -plus tot que vous pourrez, comme la dicte Dame aura prise ceste -nouvelle, et ce que vous pourrez descouvrir de ses desseings et de ce -qu'elle voudra faire après avoir entendu... - - (La fin de cette lettre manque, et le mémoire envoyé à - l'ambassadeur ne s'est pas retrouvé dans ses papiers; mais la - pièce suivante, qui fait partie des archives de Symancas, doit y - suppléer.) - - _Nota._--Cette lettre est la première en date de celles qui sont - conservées aux archives; les lettres écrites par le roi à La - Mothe Fénélon avant cette époque n'ont pu être retrouvées; elles - sont énoncées dans les dépêches sous la date des 5, 15, 16 et 27 - décembre 1568; 1er, 15 et 20 janvier; 7, 8, 9, 12, 14 et 22 - février, et 7 mars 1569. - - - - -II - -DISCOURS DE LA BATAILLE - - donnée par Monseigneur, Duc d'Anjou et de Bourbonnoys, frère du - Roy, et lieutenant général pour Sa Majesté, par tout son - royaume et terre de son obéissance, contre les rebelles de sa - dicte Majesté, le XIIIe jour de mars mil V{c} soixante neuf, - entre la ville d'Angoulesme et Jarnac, près d'une maison, - nommée Vibrac, appartenant à la dame de Mézières[4]. - - [4] Cette pièce est la copie qui fut envoyée au roi d'Espagne, - Philippe II, par son ambassadeur en France, don Francès d'Alava. - ---du XXIe jour de mars 1569.-- - -(_Archives du royaume, fonds de Symancas, carton K. 1391. B.--liasse -26, pièce 9._) - -Relation de la bataille de Jarnac, livrée le 13 mars 1569. - - -Il fault premièrement sçavoir que, depuys que Monseigneur est party de -Chinon, avecques touts les princes, seigneurs et cappitaines, qui -l'ont, dès le commencement des troubles, accompaigné, et de toutes ses -forces, pour venir retrouver le Prince de Condé et aultres rebelles -subjectz de Sa Majesté, iceulx se sont toutjours retirés, petit à -petit, dans le pays par eulx conquis, pour fuyr le combat, lequel ilz -cognoissoyent que Mon dict Seigneur alloyt cherchant; de façon que Mon -dict Seigneur, pour l'extresme desir qu'il avoyt de les combatre et -joindre, estoit entré dans leur dicte conqueste, il y avoyt jà -longtemps, quand se retrouvant à Verteuil, maison du comte de La -Rochefoucault, distant de trois lieues de la dicte ville d'Angoulesme, -il s'apperceust que, tant plus il métoit peine de les rencontrer pour -les attirer au combat, que plus ilz fuyoient; et que, pour ce faire, -ilz avoyent mis la rivière de Charente entre luy et eulx, de façon -que Mon dict Seigneur se résolust de gaigner ung passaige sur la dicte -Charente, affin de n'avoir, après, rien qui l'empeschast de suyvre son -entreprise. - -Et, pour ce faire, feist acheminer son avantgarde, conduicte par Mr le -Duc de Montpensier à Chasteauneuf, où elle arriva le mercredy, -neufviesme de ce moys de mars. Dans le chasteau se retrouva ung -escossoys, avecques cinquante ou soixante soldatz, que les ennemys y -avoyent laissé pour la garde d'icelluy, qui se deffendirent, d'entrée, -fort bien, et tuèrent quelques soldatz, faisans contenance de ne se -voulloir point rendre. Touteffoys, veoyans arriver Mon dict Seigneur -avecques la bataille et le reste de l'armée, ilz se rendirent à la -volunté et discrétion de Mon dict Seigneur, de sorte que, le dict IXe, -il demeura maistre du dict chasteau. - -Où il fut résolu de séjourner le lendemain, jeudy, affin de adviser à -ce qui seroyt de faire, tant affin de donner ordre à faire les -magasins nécessaires pour la suytte de l'armée, que pour faire -besongner et reffaire le pont de la dicte rivyère, que les dictz -ennemyz avoyent rompu. Et fut donnée ceste charge à Mr le président de -Birague, qui s'en acquicta fort bien, ainsy que, parcy après, l'on -pourra veoir. - -Le lendemain, vendredy XIe, Mon dict Seigneur, ayant nouvelles que les -dicts ennemys estoient à Coignac, deslibéra et résolut, pour deux -raisons, d'aller au devant du dict Coignac: l'une que se présentant -devant la dicte ville, si les ennemys y estoient, come il se disoyt, -il espéroyt que ilz sortiroyent, et que, ce faisant, il pourroit les -attirer au combat; l'autre que, au pys aller, il recognoistroyt la -dicte ville pour après l'attaquer. Pour ces causes doncques, il -marcha jusques devant icelle ville, et commanda au comte de Brissac, -qui avoyt avecques luy la plus grande partie de la jeunesse -d'approcher plus près, ce qu'il feyt de telle façon qu'il donna -jusques dedans les barrières de la dicte ville, d'où il ne sortit -personne que ung nommé Cabryane, qui fut prins prisonnier; ayant -cependant le dict comte de Brissac fort bien recogneu l'assiette de la -place, comme feirent, en mesme temps, par le commandement de Mon dict -Seigneur, les seigneurs de Thavennes et de Losses, encores que de -dedans l'on tirast infiniz coups d'artillerye. A mesme heure, l'armée -des ennemyz se monstra de delà la rivière au devant du dict Coignac, -venant de Xainctes; et demeura longuement en bataille à la veue de -nostre armée, puys commencea à marcher vers Jarnac, tousjours estant -la rivyère entre nous et eulx. Et veoyant Monseigneur qu'il estoit jà -tard, et que personne ne comparoissoit de nostre cousté, se retira au -dict Chasteauneuf, où il arriva, à la nuit. - -Le sabmedy XIIe, Mon dict Seigneur estant tousjours au dict -Chasteauneuf, faysant en toute dilligence, par le dict de Birague, -racoustrer le pont, les ennemys vindrent comparoistre, avecques toutes -leurs forces, sur une montaigne, au devant du dict pont. Nos soldatz -les veoyans si près d'eulx, encores que le lieu où estaient les dictz -ennemys fût fort advantageux, aucuns d'iceulx se desbendèrent pour -attacher l'escarmouche avecques eulx; mais Mon dict Seigneur, n'estant -le dict ponct refaict, où l'on travailloyt autant qu'il estoit -possible, et se pouvoyt faire, aussy bien que à en faire dresser ung -aultre sur les batteaulx, feit retenir nos dicts soldatz, attendant -que iceulx pontz feussent achevez, comme ilz feurent sur le minuit, -au grand contantement de Mon dict Seigneur et de toute son armée, -veoyant par ce moyen le passaige ouvert pour aller affronter les dicts -ennemys. - -Sur quoy, lors, il fut résolu que, deux heures après, les régiments -des gens de cheval passeroient sur le pont refaict, et les Suysses et -gens de pied sur celuy de batteaulx. La plus grand part de la -cavallerye avoit passé, à la poincte du jour, le dimenche XIIIe; mais -les dicts Suysses et gens de pied eurent beaucoup de peine à passer -sur le dict pont de bateaux qui se rompit. Néantmoings, pour -l'extresme désir que ung chacun avoyt d'estre delà l'eau, l'on ne -layssa, après l'avoyr habillé au mieulx que l'on avoyt peu, de passer. -Il avoyt esté ordonné par Mon dict Seigneur, dès le soir, que tous les -bagaiges demeureroient de deçà l'eaue, sur le hault de la montaigne, -près du dict Chasteauneuf, avecques huict cens hommes de pied et -quatre cens chevaulx, pour couvrir le dict bagaige; ce qui servit -grandement, parce que les ennemys pensoient que ce fust le fort de -nostre armée. - -Estant doncques en ceste sorte passé nostre armée la rivyère de la -Charente sur les dicts pontz, le dict dimenche XIIIe de ce dict moys, -Monseigneur, veoyant qu'il seroyt ce jour pour veoir de près ses -ennemys, voullust, suyvant sa bonne et louable coustume, commancer sa -matinée par se recommander à Dieu, de façon qu'il receust, avecques -les dicts princes, seigneurs et plusieurs cappitaines de son armée, le -corps prétieux de Nostre Seigneur Jhésus Christ avecques toute -dévotion et humilité. Puis après commanda aux seigneurs de Losses et -de Carnavallet d'aller recognoistre l'endroict où estoit l'ennemy, -qui comparust avecques soixante chevaulx sur le hault de la -montaigne. Et estant arrivé, à mesme heure, vers les dicts seigneurs -ung cappitaine provenssal, nommé Vins, de la maison de Mon dict -Seigneur et nepveu du Sr de Cazas, qui conduysoit cinquante -harquebusiers à cheval avecques luy, les dicts Srs de Losses et -Carnavallet feurent d'advis qu'il donnast dans ung village, bien près -de là, ce qu'il feit si furieusement que y trouvant une cornette de -gens de cheval des ennemys, il la meit en tel désordre que tout ce -qu'ilz peurent faire fût de s'en sauver une partye, et ramena le dict -Vins cinq ou six prisonniers d'iceulx, qui assurèrent les dicts Srs de -Losses et Carnavallet que l'Admiral et Andelot estoyent là avecques -toutes leurs trouppes, et qu'il y avoyt apparence de bataille. - -Pour gaigner tousjours temps, Mon dict Seigneur avoyt faict advancer -son avantgarde, de façon que, à mesme heure, Messeigneurs le Duc de -Guise et de Martigues arrivèrent avecques leurs régiments, ensemble la -suytte de la dicte avantgarde, conduicte, comme dict est, par Mon dict -Seigneur de Montpensier. Lors, l'ennemy comparust, estant jà entre dix -et unze heures du matin, au bas de la montaigne, du costé de Jarnac, -en bien grand nombre. Le dict Sr comte de Brissac se desbenda de la -dicte avantgarde, avecques vingt cinq ou trente gentilzhomes, et les -alla attacher. Mon dict Seigneur les feit soustenir par le dict Sr de -Martigues, faysant suyvre tousjours la dicte avantgarde, et après, la -bataille. Le dict Sr de Brissac ayant donné en queue sur ceulx qui -partoyent du village de Vibrac, en tailla en pièces quelques ungs. - -Peu après, l'ennemy commença de s'acheminer vers Jarnac, et, se -rencontrant sur le hault d'une petite montaigne, fait teste en cest -endroict, ayant ung ruysseau bien malaysé au devant de luy, où il -avoyt mis huict cens ou mil harquebuziers, pour garder le passaige, -affin d'avoir cependant moyen et loysir de rassembler de tous costez -leurs forces et armée. - -Lors Mon dict Seigneur commanda au dict Sr de Losses et cappitaine -Cossins d'aller recognoistre le dict ruysseau, pour veoir s'il seroyt -aysé à le passer. Estant de retour, Mon dict Seigneur y envoya, par -leur advis, mille harquebuziers pour combatre et gaigner le dict -passaige du dict ruysseau: ce qui fut faict et gaigné à l'instant, à -la veue de la cavalerye des ennemys, qui estoit tousjours sur le -tertre. Et se peult dire que les dicts harquebuziers nostres feirent -aussi bravement qu'il est possible, faysans habandonner le dict -passaige aux ennemys; lesquelz, veoyans que toute l'armée de Sa -Majesté marchoit droit à eulx, commencèrent à se retirer peu à peu. - -Lors, le dict Admiral manda soubdainement au Prince de Condé, qui -estoyt encores à Jarnac, que il estoit attaqué de si près qu'il ne -pouvoyt plus se retirer, veu que les gens de nostre armée venoyent -avecques une extresme furye droict à luy, de façon qu'il estoyt forcé -de combatre, le suppliant de s'advancer pour le secourir. - -Quoy veoyant, Mon dict Seigneur manda à ceulx qui conduysoient -l'avantgarde, que, quelque chose qu'ilz trouvassent, ilz -combattissent, estant résolu, à ceste foys, de passer sur le ventre à -tout ce qu'il trouveroyt des dicts ennemyz, ce qui fut suyvy par ceulx -de la dicte avantgarde; lesquelz, sans regarder aux inconvéniens qui -pouvoyent advenir, donnèrent à toute bride sur la queue des dicts -ennemys, où il fut tué beaucoup d'iceulx; et mesmes, à ung passaige -que aucuns voulloyent prendre, sur une chaussée d'estang, avecques ung -si grand désordre, que les ayans les nostres bien advancez, ilz se -meslèrent ensemble, de sorte que plusieurs des dicts enuemys, qui -avoyent casaques blanches, furent veuz tumber dans le dict estang pour -la presse qu'ilz avoyent au passaige. - -Pendant que le dict combat se faisoyt, nostre bataille et Mon dict -Seigneur, auprès duquel estoit toujours le dict Sr de Thavennes, comme -l'un des plus vieulx et expérimentez cappitaines de la trouppe, -passoyt sur la main droicte du dict estang; et pouvoyt estre, lors, -entre midy et une heure. - -Au dessoubz d'icelluy estang il fut trouvé ung villaige, en ung lieu -assez estroict, où le Prince de Condé se trouva bien accompaigné. -Aussy y survindrent les reistres; et se rengea le comte Ringraff -avecques la dicte avantgarde et Bassompierre à la bataille, ainsi que -l'avoyt ordonné Mon dict Seigneur. Cependant les deux armées eurent -quelque loysir de se préparer au combat, et fust si vivement résolu de -la part du dict Prince qu'il vint furieusement, à toute bride, donner -sur notre avantgarde, et de telle furye qu'il l'arresta à bon escient, -estant soustenue du dict comte de Reingraff avecques ses trouppes, qui -y combatist fort vaillamment. Et veoyant Mon dict Seigneur nos gens -porter et soustenir ung si grand faix, il part avecques la cavallerye, -qu'il avoyt près de luy, à toute bride, et chargea les dicts ennemys -par le flanc, de telle façon qu'il les meit en désordre, et tournèrent -bride, s'enfuyans à vau de route. - -Et, en ce mesme lieu, de la première charge, fust tué le dict Prince -de Condé, le comte de Montgommery, Chastellier Portault et plusieurs -aultres, dont on sçaura cy après les noms, estant le dict Sr de -Losses, qui a apporté ceste nouvelle à Sa Majesté, party si à la -haste, après le gaing de la dicte bataille, que l'on ne sçavoyt -encores bonnement le nombre des mortz, ny de tous les prisonniers; -combien qu'il soyt très certain que il y ayt eu bon nombre, tant de -l'un que de l'aultre; et de ceulx qu'il asseure avoir veuz prisonniers -sont le comte de Choysy, La Noue, de La Force, l'aisné Clermont -d'Amboyse, Stuard escossoys, Montmédy, Soubize et Souppoix, avecques -infinis aultres, desquelz il n'a peu retenir les noms. - -Il a rapporté que l'on tenoit que l'Admiral estoit fort blessé à -l'espaule; et ne laissoyt touteffoys, par le rapport des dicts -prisonniers, de se retirer à cinq grandes lieues de là, cependant que -l'on chassoytles dicts ennemys; qui dura jusques à la nuict, où les -gens de pied françoys et les Suysses se estoyent meslez, lesquelz ont -faict ung très grand carnage. - -Une partie des gens de pied des dicts ennemys se retirèrent dedans -Jarnac; ce que voyant Mon dict Seigneur il commanda au cappitaine -Cariez, et aultres cappitaines avecques luy, s'en aller donner la -teste baissée dans le dict Jarnac, ce qu'il feit fort courageusement, -de façon qu'il les meit en tel désordre qu'ilz furent contrainctz de -gaigner le pont, le passer et le rompre après eulx; qui leur vint fort -à propoz. Et le soir, Mon dict Seigneur alla loger au dict Jarnac, -prenant le logis du jour de devant du dict ennemy. Au dict lieu, l'a -laissé le dict Sr de Losses, remerciant Dieu de ceste heureuse -victoire qu'il luy avoyt donnée; et là, donna le corps du Prince de -Condé mort à Mr le duc de Longueville, sur la requeste qu'il en feit; -Mon dict Seigneur estant en bonne deslibération de partir, dès le -lendemain, pour suyvre les relicques des dicts rebelles, ennemys de -Dieu et de Sa Majesté. Et se peut dire avecques toute vérité que, en -l'exécution de la dicte victoyre, Mon dict Seigneur a faict tous les -actes que le plus grand et plus viel cappitaine, qui soyt aujourdhuy -en l'Europpe, pourroit faire; qui doibt faire espérer en luy à tout le -monde, par ung si beau et digne commancement, toutes les grandes et -dignes partyes qui se peuvent désirer à ung grand prince. - -Faict à Metz le XXIe jour de mars 1569. - - DE NEUFVILLE. - - - - -III - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du IIe jour d'apvril 1569.-- - - Confiance du roi que la victoire de Jarnac empêchera la reine - d'Angleterre de se déclarer pour les protestans de la - Rochelle.--Offre faite aux Anglais de leur ouvrir des ports - pour le commerce. - - -Monsieur de Lamothe Fénélon, depuis vos despesches du XXIe et XXVe du -passé[5], vous aurés entendu la nouvelle de la victoire que Dieu m'a -donnée sur mes rebelles, et comme mon frère, le Duc d'Anjou, poursuit -encore ceux qui se sont sauvés par la fuitte. Je m'asseure que estant -entendu par la Royne d'Angleterre, elle sera moins disposée que jamais -à leur prester secours d'argent et de rafraischissements; et si la -flotte que m'avés escrit qui commenceoit à s'acheminer vers la -Rochelle n'est fort avant, ce sera peust estre bien occasion pour la -révoquer et luy faire rebrousser chemin. - - [5] Voyez XXVe et XXVIe dépêches, t. I, p. 268 et 277. - -Au demeurant, j'ay bien veu et bien considéré tous les poincts de vos -susdictes dépesches et les menées que faict le cardinal de Chastillon, -et ceux qui sont avec luy, par delà, ayant prins grand plaisir de voir -tout ce qui s'y passe si bien desduict par le menu. Quant à la -plaincte que le comte de Lestre vous a faict faire du tort qu'il dict -avoir esté faict à l'un des gens de l'ambassadeur Noris, je trouve que -vous luy avés très bien respondu: car aussi n'a ce pas esté par mon -commandement, de mon sceu, ni sans grande occasion de soubçon que cela -a esté faict; et ne sçai non plus que c'est de celuy qui a esté détenu -prisonnier à Dieppe, et ne voudrois pas, pour le désir et affection -que j'ay de nourrir et entretenir la paix et amitié qui est entre ces -deux couronnes, qu'il feust fait aucun tort aux subjects de la dite -Royne, ou chose qui y apportât altération, encore que ses actions -fassent assés connoistre le peu d'envie qu'elle a de la conserver. Et -afin qu'elle connoisse avec quelle sincérité je chemine, si les -marchans de delà veullent quitter la route de la Rochelle et de -Brouage, et ne plus traffiquer avec mes dicts rebelles, je les feray -accommoder de toutes choses nécessaires qu'ils y vont quérir. Et si -cela se fait, et que doresnavant les marchants ne se fournissent -ailleurs que ès ports qui sont, de présent, en mon obéissance, j'auray -tant moins de soubçon de leurs actions, car la coulleur, qu'ils ont -d'aller à la Rochelle et de bailler les dicts rafraischissements, leur -sera ostée. - -Je vous prie donc asseurer la dicte Dame Royne de ma bonne et sincère -intention envers elle et ses subjects, et que, comme elle veut voir -les siens traittés, selon que la paix et amytié que nous avons entre -nous le veult, elle ne fasse chose qui m'incite à y contrevenir, ainsi -que je n'en ay point de volonté, ne demandant qu'à vivre en paix avec -mes voisins: priant Dieu, Monsieur de la Mothe Fénélon, vous avoyr en -saincte garde. - -A Mets le IIe jour d'apvril 1569. - - CHARLES. Et plus bas: DE L'AUBESPINE. - - - - -IV - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du IIIe jour d'apvril 1569.-- - - Satisfaction du roi sur la déclaration d'Élisabeth qu'elle ne - veut pas entrer en guerre avec la France.--Ordonnance pour la - restitution des prises.--Plaintes contre les menées de - l'ambassadeur d'Angleterre en France.--Maladie de la - reine-mère.--Papiers trouvés sur le prince de Condé. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, vous renvoyant le Sr de Sabran, présent -porteur, je vous ay bien voulu faire entendre le grand contentement -qui me demeure de ce que, par vos lettres des VIIIe et XIIIe du -passé[6], m'avés si particulièrement satisfaict des responces de la -Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, sur tous les poincts dont je vous -avois escrit par mes despesches des VIIIe, XIIe et XIVe de -febvrier[7], ayant esté très prudamment advisé à vous, en la poursuite -de chose où elle n'eût, par avanture, eu volonté de faire si apparente -déclaration, de rejetter sur autres que sur elle les causes qui m'ont -meu de la rechercher en cest endroict; comme, en effaict, je me suis -toujours persuadé que les mauvais déportemens qui se faisoient au -préjudice de la bonne paix et confédération d'entre nous, et mon -royaume, procédoient plustost de quelques mauvais ministres que -d'elle. Aussi est il tout certain que je ne me suis meu à aucun -ressentiment que premièrement je ne fusse certain de sa volonté; se -pouvant asseurer que quelque alliance ni fraternité qui soit entre moy -et le Roy Catholique, mon bon frère, ni chose que me voulleust donner -à entendre le duc d'Alve, je ne condescendray, ni permettray, que mes -subjects facent aucune chose qui puisse altérer nostre commune amityé -et repos d'entre nos deux royaumes. Et suis contant, puisqu'elle se -déclare si avant de n'avoir eu aucune part au voyage, faveur et -support que son vice admiral Me Huynter a faict et porté à mes -ennemis, estants à la Rochelle, de croire qu'il soit ainsi, puisqu'il -a pleu à Dieu asseoir son jugement sur le chef de mes ennemis et -rebelles, comme vous aurez entendu par Montaffier, que je vous ay puis -naguières dépesché; et aussi que le temps nous pourra esclaircir de ce -doubte pour l'advenir: ne trouvant autrement nécessaire respondre sur -tous les poincts contenus au mémoire qui vous a esté baillé en réponse -des articles que vous présentiés, puisque ce ne sont que objections -pour couvrir les justes causes que j'ay d'avoir pour suspectes, et me -plaindre des actions de l'ambassadeur Norrys, estant icy près de moy, -comme aussi pour regard des entreprinses du Hâvre et Dieppe, et -armements faicts en Angleterre, sans apparance d'aucune guerre -déclarée; veu que, par toutes les despesches que je vous ay faictes, -vous pouvez avoir connu les justes occasions que j'en ay eu. - - [6] Voyez XXIIe et XXIIIe dép. II. 217 et 252. - - [7] Ces lettres manquent. - -Toutesfois, puisqu'elle est en si bonne volonté de vouloir entretenir -et conserver la paix en laquelle nos deux royaumes ont vescu jusques -icy, elle ne me trouvera de moindre affection en cest endroict, ainsi -qu'elle pourra connoistre par l'ordonnance que j'ay faicte pour se -publier par tous mes ports et hâvres, pour assurer la mer et la -liberté du trafficq à tous ses subjects, avec commandement de leur -rendre et restituer tout ce qui a esté cy devant pris, saisy et -arresté sur eux, aussitost que j'ai veu, par l'ordonnance[8] que -m'avez envoyée, avec vostre despesche du XVIe, qu'elle en avoit autant -faict de son costé, vous envoyant une coppie de la mienne pour luy -monstrer et aux seigneurs de son conseil, que vous pourrez asseurer de -la sincérité de mon intention à l'observation de la paix et traittés; -et que je ne faudray de faire donner à ses subjects toute seureté, -faveur et bon traittement, qu'il me sera possible, en quelque endroict -de mon royaume, pays et terres de mon obéissance où ils voudront -traffiquer; de mesme qu'elle doit aussi tenir main que, pour la -mutuelle seurcéance, faicte entre les païs du Roy Catholique et elle, -mes subjects ne soient aucunement molestés, ny leur trafficq -interrompu; m'estant, au pardessus, advis que la dicte Royne ne -sçauroit avoir meilleur indice de la franchise, avec laquelle je -desire procéder envers elle et son royaume, que de luy faire déclarer -ouvertement les causes qui se présentent à moy et mes subjects de luy -faire remonstrer les contreventions qui se font, à mesure que ses -ministres m'en donnent occasion. - - [8] Voy. XXIVe dép. p. 266. - -Et pour conclure à ce propos, vous l'asseurerés, Monsieur de La Mothe -Fénélon, qu'il ne faut qu'elle doubte aucunement que je ferme les -oreilles à chose que son ambassadeur me veuille dire, soit pour se -justifier des soubçons que j'ay eus à bon droit qu'il eust pratiques -et intelligeances avec mes rebelles, ou pour autre chose concernant sa -négociation, comme elle dict avoir esté faict au sien d'Espagne; car, -si, par cy devant, il a toujours eu de moy bénigne et favorable -audience et satisfaction, toutes les fois et en tout ce qu'il a -voulleu rechercher de moy, comme il ne pourroit dire le contraire, -s'il ne vouloit taire la vérité, il doit espérer le mesme pour -l'advenir, de tant plus quand les effects se trouveront conformes à la -déclaration qu'elle faict de vouloir continuer la bonne paix et amityé -qui est entre nous et nos royaumes; laquelle, de ma part, je ne désire -rien plus que de voir inviolablement observée. - -Vous n'aurés par ceste dépesche aucunes lettres de la Royne, Madame et -Mère, d'autant qu'elle n'est encore bien renforcée de la fiebvre qui -l'a tenue par quelques jours, comme il vous a esté par cy devant -escrit, de laquelle, grâces à Dieu, ne luy reste plus que la débilité. -Et n'ayant encore eu aucunes nouvelles de ce que mon frère, le Duc -d'Anjou, aura faict des reliques de la victoire qu'il a pleu à Dieu me -donner, dont le discours vous a esté envoyé par le dict Montaffier, je -ne vous fairai la présente plus longue que de prier Dieu vous avoir, -Monsieur de La Mothe Fénélon, en sa saincte et digne garde. - -A Mets le IIIe jour d'apvril 1569. - - CHARLES. DE NEUFVILLE. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, entre plusieurs papiers, que je viens -d'apprendre avoir esté trouvés sur le Prince de Condé, et ceux qui ont -esté tués ou pris avec luy, y a un grand mémoire du cardinal de -Chastillon, escrit partie en chiffre, par lequel il luy donnoit bonne -espérance, et à ceux de son party, de leur faire avoir beaucoup de -secours et faveurs de la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, non sans -espérance de la faire embarquer à prendre leur protection, et se -déclarer ouvertement; ce que je ne veus croire, puisque vous m'avez si -bien asseuré de sa bonne volonté: qui est cause que je ne vous envoye -les dicts papiers pour luy en faire aultre instance, afin de ne luy -imprimer que je sois en aucune deffiance d'elle ny de ses actions; le -vous aïant néantmoins voulu faire entendre pour en faire vostre -proffit, en ce que vous cognoistrés estre à propos pour mon service. -Et, si vous luy en parlez, ce sera toujours en rejettant le tort sur -la malice de ceux de mes subjects qui sont près d'elle. Et cependant -ne sera que bon que vous continuiés d'avoir l'oeil ouvert pour -descouvrir leurs menées et pratiques. De quoy j'espère que vous -m'advertirez. - - - - -V - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XVIe jour d'apvril 1569.-- - -Envoi des papiers trouvés sur le prince de Condé. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, je vous ay, puis peu de jours, faict une -ample despesche. Despuis, ayant advisé de vous envoyer certains -mémoires et papiers qui peuvent beaucoup servir au bien de mes -affaires, j'ay pensé qu'il seroit à propos de vous dépescher ce -courrier en diligence, avec ceste cy, pour vous dire que, lorsque le -Prince de Condé feust tué, on trouva sur luy un long mémoire envoyé à -la Royne de Navarre par le cardinal de Chatillon, ensemble une lettre, -par où vous verrez et sçaurés bien juger beaucoup de particulières -négociations, tant du dict cardinal que des ministres, que mes -rebelles ont près de la Royne d'Angleterre, et comme ils ont embarqué -la dicte Royne, sans y penser, plus avant qu'elle ne cuydoit. Et -d'autant que j'estime que le dict mémoire pourra servir au bien de mes -affaires, je vous en envoye l'original, vous priant, Monsieur de La -Mothe Fénélon, selon que les occasions se présenteront et qu'il vous -semblera à propos, user du dict mémoire et vous en servir de façon que -cella puisse nuire aux desseins et entreprises qu'il pourroit y avoir -par delà, me remettant à vous, comme sçaurez très bien faire, de vous -y conduire de telle façon que adviserez pour le bien de mon service. -Et n'estant rien survenu depuis ma dernière dépesche digne de vous -écrire, je prierai Dieu, etc. - - A Nouyon le XVIe jour d'apvril 1569. - - CHARLES. DE L'AUBESPINE. - - - - -VI - -LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XVIIe jour d'apvril 1569.-- - -Convalescence de la reine-mère. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, vous verrés par la lettre du Roy[9], -Monsieur mon fils, l'occasion de ceste despesche, qui me gardera de -vous en rien dire, sinon que, grâces à Dieu, je me porte très bien, et -suis en bon chemin de revenir en ma première santé; de quoy j'ay -grande occasion de le louer et remercier; ce que je suis bien asseurée -que vous fairés encore, de vostre costé, puisque je vous tiens pour le -plus fidelle de tous mes serviteurs. Ce que j'ay bien voulu vous -escrire et signer de ma main pour vous en asseurer davantage; priant -Dieu qu'il vous ait en sa saincte garde. - -De Nouyon le XVIIe jour d'apvril 1569. - - CATERINE. - - [9] Cette lettre manque. - - - - -VII - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XIVe jour de may 1569.-- - - Délai nécessaire pour prendre une résolution sur les offres - secrètes faites à l'ambassadeur par les seigneurs catholiques - d'Angleterre.--Succès remportés par le duc d'Anjou.--Confiance - du roi que le duc de Deux-Ponts ne pourra pas traverser la - France.--Mort de Mr d'Andelot. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, je voulois vous renvoïer le Sr de La -Croix, aussitost après son arrivée par deçà, bien instruit sur tous -les poincts principaulx de sa despesche[10]; mais d'autant que je ne -le trouvai pas disposé de pouvoir si tost retourner par devers vous, -pour beaucoup de raisons qu'il m'allégua, et aussi que je considéray -qu'il estoit nécessaire de prendre une bonne et meure délibération sur -un faict de telle importance, en lieu de sesjour, et où on eust eu -loysir d'y penser; joint qu'il me semble n'estre pas à propos de -commettre une affaire de telle conséquance entre les mains de personne -qui n'eust autant de connaissance des affaires de delà comme le Sr de -La Croix, je pensay, pour toutes ces raisons, qu'il seroit bon de -différer jusques à tant que je visse quel train prendroient les -affaires, de ce costé, et de Flandres, suivant lesquelles je pourrois -vous despescher le dict Sr de La Croix pour vous faire sçavoir, plus -au long, mon intention. Et cependant, pour vous donner plus de lumière -de ce qui se passe par deçà, je vous dirai en quel estat sont mes -affaires. - - [10] Voyez XXXIe dép. du 20 avril 1569, tom. 1, pag. 317. - -Vous avés sceu, Monsieur de La Mothe Fénélon, comme mon frère, le Duc -d'Anjou, aïant battu mes ennemys par deux ou troys fois, il y est -demeuré si bon nombre des leurs que, jusques icy, ils ont quitté la -campagne, et se sont retirés ès petites villes qu'ilz avoient cy -devant prises et occupées, layssans néantmoins toujours quelque nombre -de cavaliers pour tanter s'il y auroit aucun moyen de passer la -rivière de Loyre pour aller joindre leurs Allemands. Ce que prévoyant, -mon dict frère a faict en sorte qu'avec son infanterie s'est attaché -aux places, d'une bonne partie dequels il s'est déjà fait maistre; et -avec la cavalerie s'est mis en lieu si à propos que, n'estant guières -esloigné de la dicte infanterie, et toujours proche des passages de la -rivière, il luy est facile, en peu de temps, secourir sa dicte -infanterie, si elle en avoit besoing, ou bien empescher ceux qui -voudroient passer la rivière; tellement que eux, réduits à ceste -extrémité de ne pouvoir attenter aucune chose sur l'infanterie, qui -est après à remettre les dictes places à mon obéissance, et ne pouvans -aussi tenter aucun passage de la rivière, sans estre perdus et -deffaits, je vous laisse à juger en quel estat ilz sont. - -Il leur reste ceste seule espérance pour dernier reffuge que le duc de -Deux Ponts se hazardera tant que de les aller chercher jusques là où -ils sont, à quoy il n'y a pas grande apparance qu'une armée -d'estrangers, suivie d'une autre, aussi puissante à peu près, qui n'a -aucunes villes à soy, sans passage de rivière, n'estant favorisée de -qui que ce soit en mon royaume, mourant de faim, travaillés et -incommodés si souvant, puisse faire tant de chemin sans se perdre et -dissiper d'elle même, quand bien je n'aurois aucunes forces pour les -combattre. - -Tout cela me faict espérer que leurs affaires n'yront pas si bien -qu'ils voudroient le faire croire à un chascun, estant leur ressource -fondée sur le secours du dict duc, lequel est véritablement avancé -dedans mon royaume jusques près d'Autun; mais avec perte de tant de -gens que, s'il continue à se laisser battre comme il a fait jusques -icy, il n'yra guères loing, sans se repentir, à bon escient, de la -folle entreprise qu'il a faicte d'entrer dedans ce royaume, et vouloir -passer la rivière de Loyre, à laquelle on a si bien pourveu. - -Voylà, Monsieur de La Mothe Fénélon, comme vont mes affaires de deçà, -que je désire que vous fassiez entendre bien au long à la Royne -d'Angleterre, ma bonne soeur, comme chose certaine et véritable, et -non pas ce que mes rebelles luy veulent imprimer et faire croire, qui -ne sont que mensonges et tromperies; et que l'asseuriés toujours de la -continuation de ma bonne amytié en son endroict, comme je luy fairai -paraistre par effect. Aussi attends je d'elle le semblable, comme elle -m'a toujours promis et asseuré, ce que vous sçaurez bien et sagement -faire entendre; et la conforterez en ceste opinion, la sollicitant des -effects convenables et nécessaires à la conservation de la dicte -amytié, si vous voyés que ses ministres la veuillent persuader du -contraire; priant Dieu, etc. - - A Reyms le XIVe jour de may 1569. - -Monsieur de La Mothe Fénélon, despuis cette despesche faicte, j'ay eu -advis certain que Mr d'Andelot est mort, ayant été frappé à la -deffaite que fit mon frère, le Duc d'Anjou, dernièrement sur eux, d'un -coup d'arquebuze dont il n'est depuis sceu guérir, ce que vous fairés -bien entendre à la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, m'asseurant que -telles nouvelles luy apporteront plaisir. - -Ce XIVe jour de may 1569. - - CHARLES. DE L'AUBESPINE. - - - - -VIII - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XXVIIIe jour de may 1569.-- - - Promesses faites par le roi à Marie Stuart.--Prise de la Charité - par le duc de Deux-Ponts.--Mesures adoptées pour l'empêcher de - se joindre aux protestans.--Marches des ducs d'Aumale et - d'Anjou afin d'arrêter ses progrès.--Succès remporté par - Montluc qui a empêché les vicomtes de s'avancer. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay, en peu de jours, receu deux -dépesches de vous, l'une du XIIe et l'autre du XVIe de ce mois[11] sur -lesquelles en général je vous dirai que je reçois un très grand -contentement du soigneux debvoir dont vous usez par delà pour mon -service; mais, pour plus particulièrement vous respondre sur icelles, -je veux bien vous advertir que j'ay donné ordre de fère, pour ma bonne -soeur, la Royne d'Escosse, ce dont m'escrivez; dont vous luy donnerez -advis, à ce qu'elle connoisse la recommandation en laquelle j'ay ses -affaires. Quant à vostre seconde dépesche, ce m'est un singulier -plaisir de ce que me tenez si particulièrement adverti des occurrances -qui s'offrent par delà, et des menées et pratiques dont mes rebelles y -usent, vous priant continuer à avoir toujours l'oeil ouvert pour -descouvrir leurs actions, aussi soigneusement que vous avez faict -jusques à ceste heure, et me tenez diligemment adverti de ce que en -apprendrés, à ce que je ne puisse être prévenu de ce costé là, s'il -est possible. - - [11] Voyez XXXVe et XXXVIe dép., tom. I, p. 372 et 385. - -J'ay veu les remonstrances que vous avez faites à la Royne -d'Angleterre, ma bonne seur, que m'avez envoyé par vostre dernière -dépesche, par où je connois d'autant plus le soing que vous employés -par delà; ce que je vous prie continuer, et de la prudance que y avez -usé jusques à ceste heure. - -Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fénélon, je veux bien vous advertir -comme le duc de Deux Ponts a pris, despuis peu de jours, la Charité, -chose qui est advenue par la lâcheté d'aucuns cappitaines qui estoient -dedans; lesquels s'enfuyans desbauchèrent et emmenèrent, quant et eux, -la plus grande partie des soldats qui y estoient: qui fut cause que -les habitans d'icelle, se voyant ainsi abandonnés de ceux qui les -debvoient conserver, se rendirent; ne pensant aussi que mon cousin le -duc d'Aumale, qui laissant le dict duc devant, alla en diligence -passer la rivière à Gien pour gaigner l'autre costé d'icelle, et par -là secourir la dicte ville et y mettre plus de forces, comme il eust -faict, encore que celles qui estoient dedans déjà feussent bastantes -pour la garder; d'autant que le dict duc n'y pouvoit autrement -grandement proffiter, n'aïant que deux petites pièces d'artillerie -devant la dicte ville, dont il faisoit batterie. Ce que voyant, mon -dit cousin est allé, avec mon armée, à Bourges pour estre à la teste -de l'armée du dit duc, et lui empescher le passaige et de se joindre à -mes rebelles; chose que je me promets à ceste cause ne luy faillir -seulement[12], mais aussi venant mon frère le Duc d'Anjou se joindre -avecque mon dict cousin, avec la plus grande et meilleure partie de -l'armée qu'il avoit, ayant laissé le reste pour opposer à mes -rebelles, s'ils vouloient se remettre en campagne et leur empescher le -passaige. Et au demeurant [il a esté] si bien pourveu à toutes choses -qu'ils ne pourront, quant ils voudroient, rien effectuer d'importance, -[et j'espère] de bientost avoir la raison de son entreprinse, pour les -grandes forces que j'auray à l'encontre de luy; qui seront renforcées -de quatre mille hommes de pied et deux mille chevaus italiens, qui -sont, il y a quelques jours, arrivés à Lyon, et seront en brief -joincts à mon armée. Outre ce, que aussi les vicontes ne peuvent se -joindre avecque le duc, comme il luy avoit esté promis, les tenants le -sieur de Montluc tellement arrestés qu'ils ne peuvent et oseroient -bouger du lieu où ils sont. - - [12] Quand même il serait seul, et à plus forte raison venant mon - frère le duc d'Anjou se joindre avec lui. - -Ce que vous aurez, pour ceste heure, pour le faire entendre par delà -sur ce que mes rebelles voudroient faire courir par delà au contraire, -comme je vous en prie; et, au reste, vous employer le plus -soigneusement que pourrez pour descouvrir ce que mes rebelles y -voudroient pratiquer au préjudice de mes affaires, et que l'on -voudroit entreprendre de faire en leur faveur, ainsi que j'en doubte -aucunement, sur ce que le dit duc est ainsi passé et si avant entré en -mon royaulme. Et ce j'attends, de vostre prudance et dextérité, et de -la grande dévotion que vous portez au bien de mon service, que vous -leur rompiés tellement leurs coups qu'ils ne puissent davantage -obtenir chose aucune au préjudice de mes affaires; priant Dieu, etc. - -A Saint Maur, le XXVIIIe jour de may 1569. - - CHARLES. DE L'AUBESPINE. - - - - -IX - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du IIe jour de juing 1569.-- - - Satisfaction témoignée par le roi à l'ambassadeur.--Consentement - donné à l'envoi de députés à Rouen pour traiter de la - restitution des prises.--Voyage de la reine-mère à l'armée, à - l'effet de prendre les mesures nécessaires pour arrêter le duc - de Deux-Ponts dans sa marche. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, bientost après vous avoir faict ma -dernière dépesche, du XXVIIIe du passé, qui vous a esté envoyée depuis -cinq ou six jours, est arrivé le Sr de Vassal avec la vostre du XXIIIe -du passé[13], fort ample sur toutes les choses qui se peuvent désirer -d'entendre du lieu où vous estes; qui m'a esté d'autant plus agréable -que j'ay bonne occasion de remarquer, en vous et en vos actions, toute -la dextérité et diligence en un bon et fidel ministre et serviteur, ne -pouvant que me servir infiniment à la conduite et direction de mes -affaires, d'estre ainsy souvant et particulièrement adverti des -humeurs et particuliers conseils de mes voisins. Si est ce que, n'y -ayant dans vostre dépesche aucune chose qui requière une bien -particulière réponse, je n'y entrerai plus avant que de vous prier de -continuer ce que vous avez faict bien prudament jusques icy: qui est -d'entretenir les seigneurs de ce conseil, que vous connoissés -affectionnés à ma cause, en leur bonne volonté et user dextrement de -la jalousie et deffiance, en quoy ils sont contre les autres, selon -que vous pouvés juger qu'il viendroit à propos pour le bien de mes -affaires, prenant soigneusement garde aux menées et pratiques de mes -adversaires, à ce que, sinon du tout, au moins qu'ils remportent le -moins qu'il sera possible en mon préjudice, et m'advertir souvent de -toutes occurances. - - [13] Voyez XXXVIIe dép., tom. 1, pag. 396. - -Or, affin, Monsieur de La Mothe Fénélon, que les choses se puissent -mieux establir à la conservation et entretènement de la paix entre ces -deux royaumes, je trouve bon l'expédiant, que vous avés escrit à mon -cousin le maréchal de Cossé, d'envoyer deux anglois en Normandie pour -voir faire la délivrance des marchandises qu'ils maintiennent y avoir -esté arrestées, et que mon dict cousin envoye deux de mes subjects, -pour le mesme effect, en Angleterre, luy ayant dès maintenant escrit -qu'il y satisface, au premier advis qu'il aura de vous, et qu'il donne -tout libre accès aux dicts deux anglois pour l'exécution de ce que -dessus; avant le partement desquels de leur pays, vous les fairés bien -advertir qu'estans en mon pays, ils se gardent de toutes pratiques, ny -de s'entremettre d'autre chose que du faict pour lequel ils seront -venus, affin que, faisans le contraire, s'ils en estoient chastiés, -cela ne fust cause de venir à nulle dispute avec ma bonne soeur, la -Royne d'Angleterre. Laquelle pourra connoistre par là que je ne desire -que l'entretènement des traittés de la paix d'entre nos deux royaumes. - -Quant à mes affaires, les choses sont encore en l'estat que je vous ay -fait entendre par ma précédente; sinon que la Royne, Madame et Mère, -est partie, depuis quatre ou cinq jours, pour approcher de mon armée -et conférer avec mon frère, le Duc d'Anjou, et les cappitaines qui luy -adcistent, des moyens qui se debvront tenir pour rompre ou chasser le -duc de Deux Ponts: dont je ne doubte point que Dieu me fasse la grâce, -tant pour la justice de ma cause que pour les gaillardes forces que -j'auray ensemble, quand mes deux armées seront joinctes, et toute ma -noblesse, et autres forces qui estoient dispersées par mon royaume, -lesquelles je fais assembler. Et espère vous en envoyer bientost -quelques bonnes nouvelles. Cependant je fairai fin à ceste lettre par -prière à Dieu qu'il vous ayt, etc. - -A St Maur des Fossés le IIe jour de juing 1569. - - CHARLES. DE NEUFVILLE. - - - - -X - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du VIIIe jour de juillet 1569.-- - - Ordonnance pour la restitution réciproque, en un même jour, des - prises faites tant par les Français que par les Anglais. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, desirant qu'il soit prins quelque fin et -expédiant à la restitution des choses, qui ont été mal prises sur mes -subjectz en Angleterre, et à celles qui ont esté mal prises aux -Anglois de deçà, ainsy qu'il apartient à la commune amytié qui est -entre la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, et moy, je vous faicts ce -mot de lettre pour promètre et assurer, de ma part, à ma dicte bonne -soeur, que je feray rendre et restituer aux Anglois tout ce qui a esté -pris ou arrêté de leurs biens, en mon royaume, et que la réalle -dellivrance leur en sera faicte, au mesme jour et temps que ma dicte -soeur accordera aussy, par autre lettre signée de sa main: que ce qui -a esté pris et arresté, en Angleterre, ou qui s'y trouvera, en -essence, appartenir à mes subjectz, ou que mes dictz subjectz -montreront et vériffieront sommairement leur appartenir, leur sera -réallement restitué, trouvant bon que le terme des dictes -restitutions se preigne au dernier jour de ce moys, ou à aultre; et -que, au reste, nous facions mutuellement administrer bonne et prompte -justice à nos communs subjectz des prises et pilleryes qui ont esté -commises de costé et d'autre, selon que le contiennent les traictés; -priant Dieu, etc. - -Escript à Orléans le VIIIe jour de juillet 1569. - - CHARLES. BRULART. - - - - -XI - -LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du IXe jour de juillet 1569.-- - - Disposition d'Élisabeth à déclarer la guerre.--Nécessité de - surveiller ses projets, et d'en donner promptement avis sur la - frontière.--Position des deux armées.--Levée du siège de - Niort.--Fausseté des nouvelles répandues en - Angleterre.--Assurance que d'Andelot et le duc de Deux-Ponts ne - sont pas morts par le poison.--Bon état de défense de - Périgueux, qui est menacé par les protestans.--Projets de - mariage du roi d'Espagne et du roi avec les deux filles de - l'empereur, et du roi de Portugal avec Madame.--Siège de la - Charité; espoir de la prochaine reddition de la place. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, tout ce que nous pouvons recueillir de -vos dernières dépesches[14] c'est que la Royne d'Angleterre, ma bonne -soeur, n'oublie rien de toutz les appretz qui sont nécessaires pour -l'acheminement d'une guerre, laquelle nous ne voyons pas s'adresser à -aultres que à nous, estant ses affaires aux termes que vous le mandez -pour le regard du costé de Flandres, et en telle voye d'accord que je -tiens jà tous ces différants pour accordés; estimant bien que ce qui -la peut retenir, jusques icy, de se déclarer ouvertement, c'est -qu'elle veult auparavant veoyr ung peu clair à ce que auront d'heureux -succez les affaires de nos ennemys. Quoy que ce soit, j'ay bonne -espérance, quand elle en viendra là, qu'elle n'en raportera non plus -d'honneur et de réputation qu'elle fist aux troubles de l'année -soixante deux, vous priant, affin que nous ne puissions estre surpris, -que, comme vous avez bien faict jusques icy, vous advertissiés -ordinairement mon cousin le maréchal de Cossé, qui est pour pourveoir -à la Normandye et la Picardye, de toutes les choses qui seront -importantes au bien du service du Roy, Monsieur mon fils. - - [14] Voyez XLIe et XLIIe dép., 15 et 21 juin 1569; tom. II, pag. - 19 et 37. - -Despuis le discours qui vous en fust dernièrement envoyé, de la façon -que s'estoient passé une bien grosse escarmouche entre quelques gens -de pied de notre armée et celle de nos ennemys, il n'est rien survenu -de nouveau entre les dictes armées; et sont, l'une au camp de Larsac, -qui est la nostre, et l'autre à N. Il est vray que, voyant l'Admiral -que le comte Du Lude estoit pret de donner l'assault à Nyort, l'a -envoyé secourir de deux mille chevaulx et quelques gens de pied, qui a -esté cause qu'il a esté contrainct d'en laisser le siège, ce qu'il a -faict sans aulcune perte. - -Comme j'étois à l'endroict de ceste despesche, la vostre du XXVIIIe du -passé[15] nous est arrivée, par laquelle j'ay veu les beaux advis que -l'ambassadeur Norrys faict, sellon sa coustume, courir par delà, qui -sont sy faulx, malicieux et controuvez qu'il n'est possible de plus. -Car de dire que le poison de feu d'Andelot se soit avéré par -l'exécution d'un sien serviteur qui a esté tiré à quatre chevaulx, -cella est entièrement faulx, comme aussi ce qu'il fait courir de la -façon de la mort du duc des Deux Pontz, estant advenu à l'ung et à -l'aultre par une grosse fiebvre; à l'occasion de beaucoup de travail -qu'il auroit pris, mesmes le dict duc des Deux Ponts, aux continuelles -grandes journées qu'il fust contrainct de faire pour garder d'estre -combatu de nostre armée, avant que joindre l'Admiral. Et tant s'en -fault que le dict duc ayt mangé avec la Royne de Navarre, que, ung -jour auparavant qu'il fust joinct au dict Admiral, il estoit jà -extrêmement malade. - - [15] Voyez XLIIIe dép., tom. II, pag. 61. - -Pour le regard de Périgueux, les dictz ennemys ont bien faict quelque -contenance d'y vouloir dresser la teste; mais ils n'en sont aprochez -de plus de dix lieues. Et quant ilz voudroient entreprendre de -l'assiéger, à quoy l'on ne voyt point d'apparance, y ayant une sy -puissante armée si prez d'eux, ils la trouveront pourveue d'ung sy bon -nombre d'hommes, qu'ils n'en raporteront que la honte. - -Mon cousin le cardinal de Guise est icy arryvé depuys sept ou huit -jours, de retour de son voyage d'Espaigne, et nous a raporté la -résolution des mariages de la fille aisnée de l'Empereur avec le Roy -Catholique, de la seconde pour le Roy, Monsieur mon fils, et du -mariage du Roy de Portugal avec ma fille, avec toute assurence et -confirmation de l'amityé du dict Roy Catholique, qui n'est en rien -diminuée pour la mort de la feue Royne d'Espaigne, ma fille. - -Le sieur de Sansac est au siège de la Charité, que nous espérons qu'il -aura réduict à l'obéissance du Roy, Mon dict Sieur et fils, dedans peu -de jours; priant Dieu, etc. - -Escript à Orléans, le IXe jour de juillet 1569. - - CATERINE. BRULART. - - - - -XII - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XVIIe jour de juillet 1569.-- - - Levée du siège de la Charité.--Ordre donné par le roi de - reprendre le siège et de le poursuivre avec - vigueur.--Satisfaction des assurances d'amitié transmises au - nom d'Élisabeth.--Contentement témoigné par le roi à - l'ambassadeur. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, je vous fais ceste despesche en haste, -sur l'occasion d'une que l'ambassadeur d'Angleterre faict par delà, -par laquelle je ne faictz point de doubte qu'il ne donne advis de la -levée du siège de la Charité; dont, afin que vous saichiez les -particullarités des choses, ainsy qu'elles sont passées, je vous en -envoye ung petit mémoire, outre lequel, je vous veux bien dire que, -m'estant venues nouvelles, de ce jourdhuy, que les ennemys n'estoient -si approchez de la rivière de Loire que les précédans adviz le -portoient, et l'on s'en estoit donné de peur, j'ai mandé au sieur de -Sansac qu'il retourne au dict siège pour y faire tanter tout l'esfort -que sera possible, à ce que la ville puisse estre réduicte en mon -obéissance. Ce que je ne faictz pas tant pour importance dont elle -soit, ny commodité qu'en tirent mes ennemys, qui ne peut estre grande -en ce temps, ny pour le passaige de la rivière qui est guéyable en -plusieurs endroictz, mais pour ma réputation: car j'auray toujours -grand regret de faillir à mes entreprises, pour lesquelles mener à -exécution je n'oublierai rien, voïans mes subjects demeurant dans leur -obstination accoustumée. - -Au demeurant, j'ay receu vostre lettre du Ve de ce moys[16] par -laquelle j'ai veu le discours des propos que vous a tenuz la Royne -d'Angleterre, ma bonne soeur, qui sont toutz pleins d'une honneste -desmonstration du desir qu'elle a de conserver la paix, et vous prie -que, à la première audiance que vous aurez d'elle, vous luy rendiez -mes cordialles recommandations, avec ung gracieux mercîment de -l'assurance, qu'elle vous a donnée, de l'affection qu'elle a à la -prospérité de mes affaires, conservation de ma couronne et de la paix -de mon royaume; en quoy elle se peut confier que je luy ay toute telle -correspondance qu'elle sçauroit souhaister de prince de ce monde son -meillieur allyé. - - [16] Voyez XLIVe dép., tom. II, pag. 70. - -Il est bien vray que les propos que vous ont tenuz les gens de son -conseil semblent estre de personnes qui veullent bien donner à -cognoistre qu'ilz ont moyen de nuire, quant ilz le vouldroient -entreprendre, pour leur en sçavoir plus de gré quand ilz ne le feront -poinct. A quoy vous avez saigement respondu et selon que je le puis -desirer pour mon honneur et réputation; n'ayant aultre chose à vous -dire par ce petit mot que je finiray en priant Dieu, etc. - -Escript à Orléans ce XVIIe jour de juilhet 1569. - - CHARLES. BRULART. - - - - -XIII - -LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XVIIe jour de juillet 1569.-- - - Nécessité de découvrir les intentions secrètes d'Élisabeth, et - d'exercer la plus grande surveillance en Angleterre.--Ordre - donné pour une levée de Suisses et de Français. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, vous faictes service bien fort agréable -au Roy, Monsieur mon filz, de prendre occasion de visiter la Royne -d'Angleterre, ma bonne soeur, le plus souvant qu'il vous est possible; -car, encores que j'estime qu'elle soit en ses propos bien fort -réservée, et sçache assez bien couvrir le font de ses intentions, sy -est ce que, par ceste fréquantation, il vous sera tousjours aysé d'en -descouvrir quelque partye, sy vous n'en pouvez sçavoir le tout; et -pour ce, le mieux, que vous puissiez faire, c'est de continuer à la -visiter bien souvant. - -Vostre dépesche du Ve me confirme tousjours, de plus en plus, en -l'opinion, que j'ay eue cy devant, que les différants d'Angleterre et -des Pays Bas se composeront bientost amiablement, dont vous nous -advertirés de ce qui succèdera, ensemble des aprestz qu'ilz fairont -par dellà; à quoy je vous prye d'avoyr l'oeil soigneusement ouvert, -selon vostre vigilance accoustumée. - -Le Roy, Mon dict Sieur et filz, ne voulant rien oublier en l'exécution -de ceste entreprinse, puysque ses subjectz demeurent en leur -obstination accoustumée, faict faire une nouvelle levée de douze mil -Suysses et de quarante enseignes de François, qu'il espère avoir toutz -pretz dedans la my aoust; estant tout ce que j'ay à vous dire par ce -mot, auquel je fairay fin en priant Dieu, etc. - -Escript à Orléans le XVIIe jour de juillet 1569. - - CATERINE. BRULART. - - - - -XIV - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XXVIIe jour de juillet 1569.-- - - Remercimens du roi pour les communications qu'Elisabeth lui a - fait transmettre.--Confidence secrète du projet de mariage de - Marie Stuart avec le duc de Norfolk.--Injonction faite à - l'ambassadeur d'en favoriser de tout son pouvoir - l'exécution.--Recommandation du plus grand secret.--Nouvelles - de la guerre.--Prise de Châtelleraut et de Lusignan par les - protestans.--Nécessité où se trouve le duc d'Anjou de se tenir - sur la défensive.--Envoi d'un secours par le roi - d'Espagne.--Mesures prises pour solder les troupes.--Projet des - protestans d'attaquer Saint-Maixent ou Poitiers. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, il y a quelques jours que vostre -dépesche de l'unzième[17] m'est arrivée, par laquelle j'ay veu que la -prompte levée qui s'est faicte, de cinq mille hommes de pied, a esté -pour le costé d'Irlande; et comme, encore que le remuement qui est de -ce costé là ne soit de petite importance, néantmoins l'on le veult -rendre à la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, le moindre que l'on -peut, pour ne la divertir d'entendre à quelque autre entreprinse, -comme vous jugez sagement qu'elle pourra faire, si elle en voit -quelque commode occasion, encores que son langaige soit plein de toute -honnesteté et courtoisie. Dont je desire néantmoins que vous la -merciez de ma part, et luy dites que, sy elle desire, de son costé, -qu'il ne m'advienne aucun mal de ceste guerre, je n'en desire pas -moins pour elle du remuement que j'ay sceu estre advenu, puis -naguières, au pays d'Irlande. Et puisqu'elle vous a dict qu'elle -auroit certitude, dedans la sepmayne de la dacte de vostre lettre, de -ce qui se fera de la levée que l'on dict que faict Cazimir, je -m'asseure que n'aurés failly de la recorder de vous en dire ce qu'elle -en sçayt. - - [17] Voyez XLVIe dép., tom. II, pag. 80. - -Au demeurant, l'on m'a adverty que la Royne d'Escosse est bien avant -en propoz de mariage avec le duc de Norfolc, et que l'on espère que -les choses s'en pourront mener à quelque bonne fin; ce que j'ai -occasion de desirer beaucoup plustost qu'il se fasse, que avec le -bastar d'Espaigne, ainsi que je sceus cy devant qu'il s'en praticquoit -quelque chose. Et, à ceste cause, je vous prie, Monsieur de La Mothe -Fénélon, que dextrement, comme de vous mesmes, et sans faire -cognoistre en façon du monde que je vous en aye rien escript, vous -fassiés tout ce qu'il vous sera possible pour faire trouver bon le -dict mariage à la dicte Royne d'Escosse, et le favorisiez tant, par -toutz les bons moyens que vous pourrés trouver de par dellà, qu'il se -puisse conduire à quelque bon effect, n'oubliant à découvrir saigement -ce qui en a jà esté miz en termes, et sy les choses sont sy advancées -que l'on me les a faictes, dont vous ne faudrez de me donner adviz. Et -surtout regardez à manier ce fait si secrètement que vous ne puissiez -estre descouvert de personne, et qu'il ne vienne en cognoissance qu'il -vous ayt esté rien mandé de deçà. - -Quant à l'estat de mes affaires, vous avez sceu, par ma dernière, -comme le faict du siège de la Charité s'est passé. Despuys, mes -ennemys, s'estant advancez, sont entrés dedans Chastèlerault, où les -soldatz qui estoient ordonnez pour la garde des postes, en petit -nombre, leur ouvrirent la porte; et ont assiégé Luzignam, où, après -avoir esté quelques jours, et avoyr enduré ceulx de dedans, qui -n'estoient que deux ou trois centz hommes, deux assaux, auxquels ilz -ont bien tué de mes dictz ennemys six ou sept cens hommes, enfin ilz -se sont renduz à composition. Mon armée, que commande mon frère, le -Duc d'Anjou, s'aproche tousjours d'eulx pour leur faire teste. Il est -vray que, ayant donné congé à la pluspart de sa gendarmerye de s'en -aller faire ung tour en leurs maisons, il n'a pas, à beaucoup près, -tel nombre de gens de cheval françoys qu'il avoit cy devant; qui est -cause qu'il n'a pas, jusques icy, peu aprocher de sy prez mes dictz -ennemys ni les tenir si serrés comme l'on eust peu faire autrement. - -Je vous ay mandé cy devant comme je faictz lever huict mil Suysses de -nouveau, et cinquante enseignes françoises, affin d'estre tousjours -plus renforcé et avoir plus de moyen de résister aux forces -étrangères, desquelles l'on me menasse: [oultre lesquelles forces, le -Roy d'Espaigne, mon beau frère, m'envoye quatre mil Espaignols]. Je -suis venu à bonnes journées en ceste ville pour donner ordre aux -provisions d'argent nécessaires pour l'entretènement des susdictes -forces des gens de pied, Françoys et Suysses, affin que, y ayant -pourveu, je puysse incontinent m'en retourner à Orléans. Dont n'ayant -que faict deux journées jusques en ceste ville, il ne sera pas que -ceulx qui essayent à descrier tousjours mes affaires de delà, le plus -qu'ilz peuvent, ne facent, possible, semer le bruict que je m'en sois -retiré par crainte de mes dictz ennemys; lesquels n'ont, jusques icy, -faict aucune contenance de s'aprocher plus prez de la rivière de Loyre -que le dict Chatèlerault. J'estime qu'ilz seront pour assiéger St -Maizant ou Poytiers; lesquelles places sont pourvues d'ung sy bon -nombre d'hommes que j'espère qu'il n'en adviendra aucun inconvéniant; -estant tout ce que j'ay à vous dire et l'endroict où je prie Dieu, -etc. - -Escript à St Germain des Prez, le XXVIIe jour de juillet 1569. - - -Me faisant réponce sur le faict du susdict mariage, escripvez m'en par -la lettre particulière que vous adresserez à Brulart, et non avec les -dépesches que me fairez de l'estat auquel sont les choses par delà. - - CHARLES. BRULART. - - - - -XV - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XXVIIe jour de juillet 1569.-- - - Négociation sur la restitution des prises.--Assurances d'amitié - pour la reine d'Angleterre. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, la dépesche, que vous a portée Sabran, -vous aura donné moyen de satisfaire la Royne d'Angleterre, ma bonne -soeur, sur le faict des restitutions des marchandises qui ont été -arrestées, tant du costé d'Angleterre à mes subjectz que du costé de -deçà aux Anglois; de sorte qu'elle n'aura point d'occasion de penser -que vous vous soyez en cela advancé plus que mon intention. Quant aux -quatre subjectz de ma dicte soeur qui sont arrestez à Calais, dont -elle vous a faict plaincte, vous luy en avez fort saigement respondu. -Toutesfois, pour estre esclayrcy de ce qui en est, j'ay escript -présentement au sieur de Gonrdan pour sçavoir l'occasion du dict -arrest, pour, après l'avoir sceue, en faire faire toute telle raison -qu'il apartient à la commune amityé, qui est entre ma dicte bonne -soeur et moy, en laquelle elle se peut assurer que je continueray -tousjours sans rien faire de mon costé, qui la puisse aulcunement -altérer; priant Dieu, etc. - -Escript à Paris le XXVIIe jour de juilhet 1569. - - CHARLES. BRULART. - - - - -XVI - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XVe jour d'aoust 1569.-- - - Remontrances qui doivent être faites à la reine d'Angleterre afin - qu'elle arrête les secours destinés pour la - Rochelle.--Dénégation qu'une ligue ait été formée par le roi - avec l'empereur et le roi d'Espagne.--Desir manifeste - d'Élisabeth de se tenir prête à profiter des troubles de - France.--Avis de secours préparés en Allemagne pour les - protestans.--Vive recommandation faite à l'ambassadeur de - favoriser de tout son pouvoir le mariage de Marie Stuart avec - le duc de Norfolk.--Envoi des lettres officielles annonçant le - mariage du roi avec la seconde fille de l'empereur, et de - Madame avec le roi de Portugal. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, par vos trois dernières despêches, des -XIXe et XXVIIe du passé, et celle que j'ay receue hier du premier du -présent[18], de l'une desquelles le Sr de Vassal a esté porteur, je -cognois bien qu'il se continue tousjours par dellà plusieurs mauvais -offices, mesmes pour le regard des deniers que l'on a tacitement -permis à ceux de la Rochelle d'emprunter sur les bagues de la Royne de -Navarre, bien que les propos de la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, -soient tousjours les plus honnestes qu'il est possible; lesquels elle -ne sçauroit mieux faire cognoistre correspondre à la sincérité de son -intention, que quand elle déniera faveur en son royaume à ceux qu'il -luy est assés notoire m'estre rebelles. Dont je désire que vous la -sollicitiez, de ma part, à toutes occasions, mesmes sur les dictz -deniers, que vous avez entendu que l'on est après pour recouvrer en -son pays, sur les bagues de la dicte Royne de Navarre, pour en ayder -et secourir mes dictz rebelles, ce qu'elle ne peut souffrir sans bien -avant contrevenir au traicté de payx, affin de tousjours luy faire -bien cognoistre que je voys assez clair en ses déportemens, et que ses -honnestes parolles ne me les peuvent tant déguyser que je ne sente -bien en quoy elle se départ de l'office de bonne soeur et alliée -qu'elle me doit estre, et de l'affection qu'elle vous a, tant de foys, -dict porter au bien de mes affaires. Ce que vous regarderez de luy -faire entendre sy dextrement, et à propos, qu'il serve à la contenir -et garder de se laisser persuader à beaucoup de choses, ès quelles -ceux qui n'ayment pas son repos desirent la faire résouldre: dont elle -pourra, possible, en le faisant, recepvoir plustot désavantaige en ses -affaires que quand elle vouldra, en observant sa foy, entretenir la -paix qu'elle a promize et jurée avec moy; s'estant assés ordinairement -veu que les princes qui, soubz une injuste querelle, mènent guerre -couvertement ou appertement à leurs voysins, n'en rapportent enfin que -perte et ruyne pour eux, leurs royaumes, pays et subjectz. - - [18] Voyez XLVIIe, XLVIIIe et XLIXe dép., tom. II, pag. 89, 97 et - 129. - -J'ay bien considéré le mémoire ample que m'avez envoyé de l'estat des -choses de delà, lesquelles, encore qu'elles semblent quelque peu -préparées à remuement, si est ce qu'il n'est tel que pour cela l'on -puisse penser qu'ilz soyent divertiz de porter mauvaise affection à -mon royaume, et que les grands préparatifs que continue ma dicte bonne -soeur ne soyent plustost pour entreprendre une offension que pour -conserver son estat, si ce n'estoit que, sur l'opinion que ceux de -delà se sont mize en la teste de la ligue qu'ils disent estre toute -certaine entre l'Empereur, le Roy d'Espaigne et moy, ainsy que le -secrétaire Cecille le vous a voullu prouver par ses raysons -discoureues au dict mémoire, ma dicte bonne soeur fust en une -perpétuelle deffiance que je la voullusse offenser. A quoy je ne voy -point d'aparance, mais bien plustost qu'elle a l'oeil ouvert pour -tirer des malheurs de mon royaulme quelque proffict en ses -prétantions; trouvant bon que vous ayez eu avec les seigneurs de delà, -et semblablement avec ma dicte bonne soeur, les propos que me mandez -par vostre lettre du dict premier de ce moys, qui peuvent servir à -tousjours mieux sonder les fontz de leurs intentions. - -Les adviz qui me viennent du costé d'Allemaigne se conforment, en -quelque chose, à ce que le comte de Lescestre vous a dict du dict -Cazimir. Et en conférant tout ce que j'entendz des dictz adviz, je voy -bien qu'il y a grande apparance qu'il s'y doive faire quelque nouvel -amas de gens de guerre; portant mesmement, ung des dictz adviz, qu'il -a esté envoyé d'Angleterre de l'argent en Allemaigne pour l'Admiral, -dont vous mettrez peyne de vous esclaircyr de ce qui en est. - -Je vous recommande l'affaire dont, par mes dernières despesches, je -vous ay escript, auquel je vous prie vous y employer sy avant que le -mariage que sçavez se puisse fère, y uzant de toutz les meilleurs et -plus exprès moyens, dont vous vous sçaurez saigement adviser. - -Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fénélon, estant le faict de mon -mariage avec la fille puisnée de l'Empereur, et de ma soeur avec le -Roy de Portugal, sy advancé que j'ay envoyé pouvoir à mon ambassadeur, -qui réside en Espaigne, pour en contracter avec ceux que le Roy -d'Espaigne, qui a pris toute la charge de cest affaire, voudra -députter, la Royne, Madame et Mère, et moy en avons voullu donner -adviz à ma dicte bonne soeur par les lettres que nous luy escripvons, -que vous luy présenterez avec nos cordialles et affectionnées -recommandations; priant Dieu, etc. - -Escript à Amboise le XVe jour d'aoust 1569. - - CHARLES. BRULART. - - - - -XVII - -LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XVe jour d'aoust 1569.-- - - Désir de la reine-mère que la pacification soit faite en France. - - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . choses à ce -que ceste guerre soit abrégée le plus que l'on pourra, ainsi que nous -espérons que Dieu nous en fera la grâce, le priant, Monsieur de La -Mothe Fénélon, qu'il vous ayt en sa saincte et digne garde. - -Escript à Amboise le XVe jour d'aoust 1569. - - CATERINE. BRULART. - - - - -XVIII - -Mr DE LA MEILLERAYE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XVIIe jour d'aoust 1569.-- - - Plaintes contre les déprédations des Anglais.--Vive - recommandation adressée à l'ambassadeur de communiquer sans - retard les entreprises qui pourraient être préparées en - Angleterre.--Nouvelles de la guerre.--Siège de Poitiers. - --Secours introduit dans la place.--Bon espoir que la ville ne - pourra être forcée. - -Monsieur, j'ay receu vostre lettre en dabte du dixiesme du présent, -avecques celles que escrivez à Mr le mareschal de Cossé, lesquelles -j'ay ouvertes suivant ce qu'il m'en a dict, à son partement de ce -païs, pour y aprendre chose pour le service du Roy qui requist prompt -remède. Et à mesme instant j'ay envoyé vostre dicte lettre par l'un -des myens que j'ay envoyé vers Leurs Majestés, auquel j'ay donné -charge d'en pourchasser la responce, et pareillement d'aultre vostre -despesche, du premier jour de ce mois, qui a passé par mes mains; par -toutes lesquelles j'ay apris le bon acheminement que vous prenez pour -faire raison aux subjectz du Roy qui certainement ont esté jusques à -icy fort gourmandez; et pour m'asseurer que vous vous y emploierez de -tout vostre pouvoir, je ne vous en feray plus ample recommandation, et -seullement vous diray que, de jour à aultre, il se commect sur les -dictz subjectz plusieurs piratteries et déprédacions, et ne puis -croire que, si la Royne d'Angleterre commandoit en estre faict quelque -pugnition exemplaire, telles chozes ne cessassent en peu de temps. -Bien est vray que nous ne nous pouvons plaindre des expédictions -qu'elle faict donner en son conseil pour la restitution des dictz -biens déprédés, mais l'exécution ny les effectz ne sont semblables. - -Et quand au regard des préparatifs qui se font par delà par la -conduicte de l'agent du prince d'Orange et autres qui s'empeschent de -telz dessaingz, en intention, comme il est bien à penser, de porter -dommage aux affaires du Roy, je vous prye, à tout le moyns, sy n'avez -moïen de les faire rompre et divertir, que soyons advertiz à temps de -leur embarquement et des chozes qui le mériteront pour tant plus nous -préparer de les recepvoir au cas qu'ilz nous voulsissent venir veoir; -vous voullant bien dire sus ce propos, qu'il reste par deçà une bonne -quantité d'hommes qui ont très bonne dévotion de les empescher -d'entreprendre choze qui tourne au préjudice du service du Roy; et -trouveront le tout en aultre estat que beaucoup ne le despeignent, en -intention de tant plus les convier à exécuter ce que eux mesmes ne -peuvent faire sans l'aide d'aultruy; et néantmoyns espère bien que -tous ensemble y perdront leur peine. - -Et quand à ce qui touche l'estat des affaires de la guerre, je ne vous -en feray long discours pour le présent, sinon vous dire que, ayans les -ennemys assiégé Poictiers, et admené bonne quantité de monitions en -intention d'y faire brêche, en voïant le peu d'advantage qu'ils en -espéroient, ont changé de batterye et remplacé leurs pièces aultre -part, qui est un tel signal que pouvez penser, joinct le grand nombre -de gens de bien qui sont dans la dicte ville, que l'on n'en doibt -attendre que une très bonne yssue pour le service du Roy. Et y sont -entrez de renffort, puys quelques jours, le cappitaine Annoux, maistre -de camp, le cappitaine Sarrioux et aultres hommes signallez, -accompaignez de mil ou douze centz harquebuziers choisys; lesquelz en -entrant, ont taillé en pièces le corps de garde des dictz ennemis, qui -font grandes pertes aux saillyes qui se font journellement, de sorte -qu'ilz n'eussent peu entreprendre choze plus à leur ruyne pendant que -nostre armée s'est quelque peu rafreschye, et que l'on a rassemblé la -gendarmerye, laquelle faict monstre généralle dans le vingt cinquiesme -de ce mois. Et croïez que, le tout remys ensemble, il fauldra que les -dictz ennemys changent de desseing; qui sera, comme je présume, très -bon subject de refroidir ceux qui auroient envye d'entrer en ceste -province. - -Et pour la fin de ma lettre, je vous puis asseurer que je seray fort -songneux, d'icy en avant, de vous faire part des occurrences qui -s'offriront par deçà, comme aussy je vous prye en faire le semblable -de vostre part, estant très certain que mon Maistre aura ceste -correspondance fort agréable; qui sera l'endroict où présentant mes -affectionnées recommandations à vostre bonne grâce, etc. - -De Fontaines le Bourg, ce XVIIe jour d'aoust 1569. - - Vostre bien humble et plus affectionné amy, - - FRANÇOIS. - -Je vous prye, venant homme seur par deçà, me faire entendre en quel -estat sont les affaires d'Escosse et Hirlande, et quelle obéissance y -est rendue à la Royne d'Angleterre. - - - - -XIX - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XXXe jour d'aoust 1569.-- - - Nouvelles du siège de Poitiers.--Déclaration du roi qu'il ne veut - poser les armes qu'après la soumission des - protestans.--Résistance de Poitiers.--Résolution du roi de - faire approcher son armée pour forcer les protestans à lever le - siège. - - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Poictiers ny de tenir -un si long siège, qu'il y a qu'ilz sont, sans y avoir rien gaigné là, -grâce à Dieu, que la perte de beaucoup d'hommes, vous voulant bien -dire sur ce que me mandez qu'elle a fort essayé de sçavoir de vous: si -mon intantion estoit de mestre fin à ceste guerre et aux différans de -la religion, par armes ou autrement, que je désire, si elle tombe, cy -après, avec vous sur semblables propos, que vous luy faictes entendre -que le vray et principal but de la présente guerre c'est de me fère -rendre par toutz mes subjects l'obéissance qui m'est due; d'establir -ung bon repos en mon royaume, et de régner roy paysible sur mes -subjectz, ainsy que ont faict mes prédécesseurs, ne voulant plus que -les troubles et remuemens, qui ont esté cy devant suscytez sur -l'occasion de mes jeunes ans, soient, à ceste heure, continuez, que -Dieu, par sa grâce, m'a donné eaige et sens pour gouverner mes dictz -subjectz. - -Ainsy que j'estois sur le point de vous faire la présente, la vostre -du XVe est arrivée[19], par laquelle me mandez les sollicitations que -continuent de faire de par delà mes dictz rebelles; à quoy je ne vous -sçaurois dire autre chose, sinon que vous vous y oposiez tousjours, le -plus vivement que vous pourrez. J'ay veu le beau discours qu'ils ont -envoyé par delà auquel ilz n'ont pas manqué, comme de coustume, -d'estendre les choses fort à leur avantage sans ..... vérité qui ..... -leurs ordinaires artifices qui ne peuvent ..... qu'il est..... - - [19] Voyez LIIe dép., tom. II, pag. 152. - -Il y a plus d'ung moys que mes dicts rebelles sont au siège de -Poitiers, où, après avoir faict bapterie d'artillerye en plusieurs -endroictz, consommé ung grand nombre de monitions, et tanté par -quelquefoys s'ils pourroient entrer dedans par la force, ilz ont -trouvé si forte résistance des gens de bien qui y sont, que, se voyant -désespérez de l'avoir par la force, ilz se sont résoluz d'attandre que -la nécessité des vivres contraigne ceux dedans de se randre; vous -laissant à penser si ceste leur espérance est bien fondée, estant la -dicte ville grandement pourveue de vivres, comme elle est, et estant -mon armée preste à estre remise toute ensemble dedans quatre ou cinq -jours; qui sera bien le nombre de sept à huit mille chevaux et de -quinze ou seize mil hommes de pied, avec laquelle je suis dellibéré de -les faire approcher de sy prez qu'ils seront contrainctz de lever le -siège. Priant Dieu, etc. - -Escript au Plessis lès Tours, le XXXe jour d'aoust 1569. - - CHARLES. BRULART. - - - - -XX - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du VIe jour de septembre 1569.-- - - Satisfaction du roi de la conduite de l'ambassadeur.--Demande que - défense soit faite aux navires anglais de se rendre à la - Rochelle.--Offre de Bordeaux pour fournir au commerce des - Anglais. - -Monsieur de La Mothe Fénélon, depuys la dernière despesche que je vous -ay faicte, qui a esté du XXXe du passé, m'ont esté aportées les deux -vostres des XXIIe et XXVIe du dict passé[20]; par la première -desquelles vous me discourez bien amplement des honnestes propos que -la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, a tenuz aux marchans qui sont -allez par delà pour l'accord de la restitution des marchandises -arrestées, et l'instance que vous luy avez faicte sur la sortye des -ourques, qu'elle a excusée le mieulx qu'elle a peu. Toutesfois il se -cognoit assés, par la tacite permission qu'elle a donnée de les -emmener, que c'est toujours soubz main favoriser les entreprinses des -rebelles; et faictes bien, voyant telles choses, de vous y opposer -fort fermement, car cella la rendra plus retenue et réservée en ses -actions, et à empescher qu'elle ne se laisse du tout surmonter aux -persuasions de ceux qui luy conseillent de se remuer contre moy. - - [20] Voyez LIIIe et LIVe dép., tom. II, pag. 165 et 174. - -L'instance que vous avez faicte aussy, envers ma dicte bonne soeur, -pour la Royne d'Ecosse, n'a esté que bien à propos, quant ce ne -seroit que pour découvrir le fonds de l'intention qu'elle a en son -endroict, de laquelle je me suis toujours bien doubté; et que les -déclarations[21] qu'elle a demandées de la Royne, Madame et Mère, de -mon frère et de moy, n'ont esté que pour remettre les choses toujours -les plus à la longue qu'elle pourra. Et toutesfoys ce n'est peu faict -de l'avoir pressée sy fort qu'elle ait été contraincte de vous dire, -en descouvrant le mescontantement qu'elle a de la dicte Royne -d'Escosse, que l'on ayt patiance jusques à quinze jours, dedans -lesquels elle procèdera en son affaire de telle sorte que les princes -chrétiens en auroient contantement; vous priant de l'entretenir en -ceste bonne volonté, et de faire tant, s'il est possible, qu'elle -réussisse à quelque bon effect. - - [21] Voyez la déclaration du roi, en date du 10 juillet 1569, et - celle du duc d'Anjou, en date du 17 juillet, tom. Ier, pag. 431 - et 433. - -Qui est tout ce que j'ay à vous dire sur la dicte lettre, et qui me -fera venir à celle du dict XXVIe, par laquelle me mandez la diversité -des advis que avez euz du chemin que prenoyent les françois et -flamans, sortys de Londres; sur lesquels vous avez eu bon subject de -tenir aux seigneurs du conseil de par dellà le langaige dont vous leur -avez uzé, encores que tousjours ilz parent leurs actions des plus -belles excuses qu'il leur est possible; et ferez fort bien, survenant -telles choses, d'en tenir tousjours advertys de bonne heure les Sr de -Piennes et de La Meilleraye, afin qu'ils soient plus sur leurs gardes. - -Je desire que vous requerriez ma bonne soeur qu'elle ne souffre que -ses subjects aillent à la Rochelle, et luy dictes que, s'ilz veuillent -aller à Bourdeaux, ils y trouveront les danrées et marchandises qu'ils -desirent achepter, avec autant et plus de commodité qu'ilz feroient à -la Rochelle; et si, en ce faisant, sera entretenir le commun bon -respect que nous nous debvons l'un à l'autre. - -Qui est tout ce que je vous puis escripre pour le présent et -l'endroict où je prie Dieu, etc. - -Escript au Plessis lès Tours, le VIe jour de septembre 1569. - - CHARLES. BRULART. - - - - -XXI - -LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du VIe jour de septembre 1569.-- - - Assurance qu'il n'a été remis au roi aucune remontrance de la - part des protestans qui font le siège de Poitiers.--Approbation - de la conduite tenue par l'ambassadeur à l'égard de Marie - Stuart.--Départ du duc d'Anjou pour se mettre à la tête de - l'armée, et faire lever le siège de Poitiers. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, je suis bien aise de la bonne espérance -que vous avez que les marchans qui sont allés par delà pour la -restitution des marchandises arrestées, tant en Angleterre que en ce -royaume, pourront conduire les choses à quelque bon accord; et est ce -que nous desirons grandement, m'esbahissant fort, d'autre part, de ce -que la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, vous a dict, sur le propos -du siège de Poitiers, de la remonstrance que ceux, qui sont devant le -dict Poitiers, ont envoyé présenter au Roy, Monsieur mon fils, et que -même il ayt esté mandé par delà que l'on l'ayt envoyée par le comte de -Retz; car c'est chose évidemment contraire à la vérité. Et n'avons -jamais, le Roy, Mon dict Sieur et fils, ny moy, veu la dicte -remonstrance, sur laquelle vous avez répondu fort prudemment et selon -l'intention du Roy, Mon dict Sieur et fils, qui n'aura occasion de -recepvoir jamais aucune remonstrance d'eulx qu'ils ne soient -premièrement mis en estat de bons et loyaulx subjectz, en déposant les -armes et se randant dignes, par tel moyen, d'estre receuz en sa bonne -grâce, laquelle il ne leur refuzera jamais, quand, de leur costé, ils -la rechercheront, selon qu'ils le doibvent faire; estant, au -demeurant, bien resjouye de veoir, par vostre lettre du XXVIe, qu'il y -ayt plus d'espérance à l'accommodement des affaires de la Royne -d'Escosse qu'il n'y avoit, lors de vostre dépesche précédante du -XXIIe; et ne sera oublyé, pour toujours les favoriser, de tenir à -l'ambassadeur d'Angleterre le mesme langaige que vous avez faict par -delà à ma dicte bonne soeur. - -Au demeurant, quant à noz nouvelles, je vous veux bien dire que, hier, -mon filz, le Duc d'Anjou, partit pour aller trouver nostre armée, qui -s'estoit jà acheminée devant au lieu de la Haye, distant de Poitiers, -de douze petites lieues seulement, d'où il espère bien de s'approcher -sy bien du dict Poitiers, dedans peu de jours, qu'il contraindra ceulx -qui sont devant d'en lever le siège; se disant par les dernières -nouvelles, que nous avons confirmées de diverses personnes, que -l'Admiral estoit bien fort malade, et qu'il ne sortoit point de la -chambre. Dedans peu de jours, nous verrons la résolution qu'ilz -prendront, voyant nostre dicte armée les aprocher, chose qui leur -ostera toute l'espérance qui leur restoit de prendre la dicte ville de -Poitiers par nécessité, après avoir veu que la force n'y pouvoit rien; -et sera bien pour confirmer le mauvais mesnage qui commanceoyt jà -estre entre eux et leurs reystres, desquels ils ont assigné le -payement sur la prinze du dict Poitiers; ayant, au demeurant, escript -par toutz les endroits à ceulx de leur opinion qu'ilz regardassent à -les aider et secourir de deniers et d'hommes dont ils ont perdu un -grand nombre au siège du dict Poitiers. Et sur ce, etc. - -Escript au Plessis lès Tours, le VIe jour de septembre 1569. - - CATERINE. BRULART. - - - - -XXII - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XIVe jour de septembre 1569.-- - - Espoir que les mauvaises intentions des Anglais resteront sans - effet.--Promesse en faveur de Marie Stuart.--Assurance donnée - au roi qu'il ne se fait pas de levée en Allemagne.--Ordre - d'insister toujours vivement pour Marie Stuart.--Adhésion à - l'accord proposé pour la restitution des prises et concernant - le commerce.--Nouvelles de la guerre.--Marche des protestans - après la levée du siège de Poitiers.--Les deux armées en - présence auprès de Chatelleraut.--Motifs qui ont empêché de - livrer la bataille. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, la despesche, que m'avez faite par -Sabran[22], m'a bien au clair représenté l'estat des affaires de par -delà, ès quels l'on veoit toujours quelque incertitude de résolution -et ung préparatif de personnes qui veullent avoir des moyens prêtz à -nuyre et porter dommaige en mon royaume, s'ils peuvent, quand ils -seront bien résolus de l'entreprendre. Toutesfois j'ay bonne espérance -que l'on n'y prouffitera en rien, et qu'il n'y sçauroit advenir sy peu -d'heureux succez en mes affaires que cela ne réfroidisse bien la -volonté de mouvoir que ont beaucoup de gens de par delà. - - [22] Voyez LVe dép. du 1er septembre 1569, tom. II, pag. 189. - -Touchant les affaires de la Royne d'Escosse, il sera teneu à -l'ambassadeur d'Angleterre ung mesmes langaige que celuy que vous avez -tenu par delà, lequel servira, comme je pense, à les favoriser en -quelque sorte, combien que, à la vérité, les déportementz de la Royne -d'Angleterre, ma bonne soeur, donnent à cognoistre qu'elle en -rejectera la conclusion le plus à la longue qu'il luy sera possible. - -Les advis, qui nous viennent du costé d'Allemaigne, ne parlent point -de levées dont le bruict court par dellà, mais au contraire qu'il ne -s'y en fait point. Bien est il vray que l'Empereur a esté en quelque -propos de mettre sus les III mille chevaux et VI mille hommes de pied, -qui luy ont esté accordez à la diette de Francfort, pour la -conservation de la paix du pays, et engarder que les reystres, qui -sont en ce royaume d'une part et d'autre, retournans, ne facent dedans -les terres de l'Empire les mesmes pilleryes qu'ilz ont faict en -venant; mais il s'estime plustost qu'il ne les lèvera point que -autrement. - -Comme j'avois commencé à vous faire la présente, voz deux despesches -des Ve et VIe de ce moys[23] m'ont esté aportées; par la première -desquelles j'ay veu les nouveaux acrochementz qui sont dressez à la -dicte Royne d'Ecosse, et comme la Royne d'Angleterre luy veult faire -acroire qu'elle oze entreprendre sur son estat, estimant que, quand -elle s'en sera bien faict cognoistre innocente, l'on trouvera encores -quelque nouveauté pour tousjours reculler la conclusion de ses -affaires. A quoy vous ne laisserez tousjours d'incister, comme vous -avez bien faict jusques icy, et d'autant plus vifvement que l'on veoyt -qu'ilz veulent remettre les choses en une longueur trop ennuyeuse. - - [23] Voyez LVIe et LVIIe dép., tom. II, pag. 218 et 227. - -J'ai faict veoir l'escript que ceux du conseil d'Angleterre ont -arresté par delà pour le faict du traficq et entrecours de -marchandises entre mes subjectz et les Anglois, lequel, à la vérité, -ils ne debvroient aucunement restraindre pour le regard des commerces -des Pays Bas. Toutesfois je ne suis pas d'adviz que vous faictes là -dessus plus grande instance que celle que jà vous avez faicte par -vostre responce sur le dict article; car aussy bien cela ne serviroit -de rien, et faudra regarder de passer les choses le plus doucement que -l'on pouvra. - -Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fénélon, depuys ma lettre du -VIIe[24], par laquelle je vous ay adverty de la levée du siège de -Poitiers, les ennemis se sont advancez de deçà Chatellerault assés -prez du fort de Pille, où mon frère avait faict mettre ung nombre de -harquebusiers pour le garder, d'autant que les ennemys voulloyent -essayer de gaigner ce logis là; s'estant logé mon dict frère avec mon -armée au lieu de la Selle, de sorte qu'il y a eu sy grande voisination -entre les deux armées, l'espace de quatre ou cinq jours, que -l'artillerye a tiré d'ung camp à l'autre. Il est vray que la rivière -estoit entre deux, mais elle est gayable: et se sont cepandant passées -plusieurs escarmouches ès quelles les dictz ennemys ont toujours eu du -pire. Ils ont faict contenance jusques d'avoir grande envye de -combattre, toutesfois ils n'ont jamais osé venir assaillir mon armée -au lieu où elle estoit logée; laquelle, d'un autre costé, ne pouvoit, -par la raison de la guerre, aussi habandonner ce lieu là bien -advantaigeux, et qu'il failloit garder son advantaige, n'estant guère -arrivé de nostre gendarmerye. Mon cousin le duc de Guyse est, de ceste -heure, auprès de mon dict frère; lequel lui a amené ung bon renfort, -et espère que bientost il s'ensuivra quelque bonne exécution utille -et profitable au bien commung et universel de mon royaume. Escript le -XIIIIe jour de septembre 1569. - - CHARLES. BRULART. - - [24] Cette lettre manque. - - - - -XXIII - -LE ROY A MR DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XXe jour de septembre 1569.-- - - Desir du roi que le mariage de Marie Stuart avec le duc de - Norfolk s'accomplisse.--Ordre donné à l'ambassadeur - d'encourager le duc dans sa poursuite, et de lui faire toutes - les promesses qu'il jugera utiles.--Nécessité d'encourager les - seigneurs catholiques à rétablir la religion, et de fomenter - les divisions en Angleterre afin de détourner Élisabeth de - porter secours aux protestans de France.--Vives instances qui - doivent être renouvelées en faveur de Marie Stuart.--Résolution - du roi de secourir le château de Dumbarton.--Conseil qu'il se - propose d'adresser à Marie Stuart par un des secrétaires de - cette princesse.--Nouvelles de la guerre.--Retraite de l'armée - protestante.--Marche de l'armée catholique, qui la - suit.--Espoir d'une prochaine bataille.--Succès remporté dans - le Midi par Montgommery.--Réunion du maréchal de Danville et de - Montluc pour le combattre. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, [=Chiffre=, j'ay sceu ce qui a esté -mis en avant pour le faict du mariage de la Royne d'Escosse, ma belle -soeur, avec le duc de Norfolc, lequel j'ay occasion de desirer qu'il -s'effectue pour beaucoup de grands respectz et considérations, et -mesmes pour l'affection que j'ay tousjours cognue que le dict duc de -Norfolc a porté à l'entretènement de la paix entre ce royaume et celuy -d'Angleterre, et aussy que je croy qu'il ne se pourroit présenter -aucun autre party, du quel ma dicte belle soeur puisse recepvoir plus -de bien, proffit et advantaige, pour son particullier, que de celluy -là; et à ceste cause, je veux que vous vous employés dextrement en -cest affaire, et le favorisiés de si bonne façon qu'il en puisse -réuscyr quelque bon effect, et ne puissiez y estre traversé, ainsy que -je croy que la Royne d'Angleterre l'essayera pour le soupçon qu'elle -a conceu contre la Royne d'Escosse, qu'il ne fault doubter qui -n'augmente, aprenant qu'il se traittera du dict mariage. Et fault -qu'en cecy vous donniez courage au dict duc de poursuivre son -entreprise et de n'en estre destourné pour quelque empeschement que la -dicte Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, s'essaye d'y donner, sy elle -le faict; car je suys tout résolu et veux que vous luy donniez cest -asseurance de ma part, que je l'assisteray et ayderay, ensemble ceux -de son party, tant en cest affaire que en toutes autres choses qu'ilz -voudront entreprendre par dellà, soit en la faveur de ceux de la -religion catholique ou pour autre cause, de toutz les moyens de gens -et argent que Dieu m'a donné, ainsy que je le pourray commodément -faire, me voyant en beau chemin de sortir bientost hors des affaires -que j'ay; m'estant advis que, puisque la dicte Royne d'Angleterre ne -crainct point, sous main, d'ayder et favoriser, comme elle a faict -jusques icy, ceux qui me sont rebelles, il ne seroit que très utille -d'essayer de luy remuer par dellà ung peu de mesnage, et se servir -dextrement et à propos de la division qui est aujourdhuy entre ceux de -son conseil. - -A quoy je vous prie de penser, et de ne craindre point de faire des -promesses bien ardies pour cest effect, faisant tousjours envers -icelle Royne d'Angleterre bien vive instance pour le faict de la -restitution de la dicte Royne d'Escosse et de son royaume, laquelle -vous luy remonstrerés toucher bien avant à l'honneur commung de toutz -ceux qui, pour luy estre alliez de sy près, et avoir avec elle de sy -estroictes confédéracions, ne pouvons, sans estre cogneus défaillir -grandement à nostre debvoir, la laisser plus longuement en l'estat -qu'elle est pour ce jourdhuy; pendant lequel ses subjects rebelles -regardent à establir leurs affaires au dict pays d'Escosse, et mêmes -sont après à se vouloir saysir de Dombertran. A quoy je veux croire de -sa bonne affection qu'elle voudra ayder la dicte Royne d'Escosse pour -y remédier, et luy donner moyen de pourvoir la dicte ville de vivres -et d'hommes, ainsy qu'il est très requis, et que, de ma part, je me -dellibère de le faire, sellon que j'y suis raisonnablement tenu et -obligé à ce que ses dictz subjectz rebelles ne s'en puissent emparer, -ainsy qu'ilz sont pour le pouvoir faire, n'y estant pourveu -promptement. Car ce seroit chose trop dure et indigne de nous, pendant -que l'on tient la dicte Royne d'Escosse en quelque espérance de la -restituer en son dict royaume, de laisser perdre une telle forteresse -qui luy seroit bien mal aysé de recouvrer, puis après, par faulte de -luy donner secours. A quoy, si elle estoit en sa pleyne liberté, elle -regarderoit d'y pourvoir elle mesme. - -Ce sont les choses que je vous ay voulu proposer de la déclaracion de -mon intention; pour l'exécution de laquelle vous regarderez, sellon -vostre dextérité et prudance accoustumée, de dresser sy bien vostre -négociation que je soys servy en cest endroit sellon que je le desire, -communicquant avec les susdictz le plus famillièrement qu'il vous sera -possible, et leur faisant toutz les honnestes acceuils et trêtements -que vous pourrez, pour les attirer à vous et les disposer à ma -dévotion, pour servyr à remuer les affaires de la dicte Royne -d'Angleterre; qui est le plus grand moyen que je puisse avoir, comme -je pense, de la divertir d'entendre à favoriser mes rebelles, et ung -service le plus notable que vous me sauriez faire par dellà. - -Ung des secrétaires de la dicte Royne d'Escosse doibt bientost s'en -aller trouver sa Mestresse, par lequel je luy manderay de mes -nouvelles, et luy feray entendre combien je desire le susdict mariage -s'effectuer, ainsi que vous luy fairés aussi sçavoir de ma part, afin -que d'autant plus volontiers elle y entende; vous voulant, au reste, -bien faire souvenir de vous monstrer bien advisé à manier ceste -négociation, et de n'y rien faire, en ce, que avec ung grand jugement -des personnes à qui vous aurez affaire, pour vous en déscouvrir à eulx -autant que, avec raison, vous en aurez de confidance]. - -Despuis mon autre lettre escripte, les ennemys ont esté, quelques -jours, vis à vis de mon armée, qui estoit campée à la Selle. Et, après -avoir faict contenance d'avoir envye de combattre ma dicte armée, -combien que, pour cest effect, ils n'ayent jamais ozé approcher du -lieu, là où elle estoit campée, jaçoit qu'elle ne fust beaucoup forte -de gens de cheval françoys, à la fin se sont retirés, de nuit, sans -sonner tabourin ny trompette, faisant grande journée; ayant été suivys -de ma dicte armée qui se retrouve ez quartiers de Montebelair, à une -demye lieue près d'eux, sans ruysseau ny rivière; dont je ne puis -espérer autre chose sinon qu'ils viennent bientôt à une bataille. - -Du costé de Béarn, vous avez entendu cy devant comme les sieurs de -Terride et Ste Columbe, s'estant retirez du siège de Navarrin, ont -esté surprins dedans la ville d'Orthays, où ils ont esté prins -prisonniers par Montgommery avec quelque peu de leurs gens, s'estant -sauvé le reste. Il est vray que, despuys, mon cousin le mareschal -Dampville, qui avoit des forces en Languedoc, et le Sr de Montluc se -sont joinctz ensemble, en espérance de rompre et deffaire le dict -Montgommery, ce qu'ils pourront faire, estant fortz comme ils sont. -Sur ce, etc. - -Au Plessis lez Tours, le XXe jour de septembre 1569. - - CHARLES. BRULART. - - - - -XXIV - -LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XXIe jour de septembre 1569.-- - - Assurance que le duc et le cardinal de Lorraine donnent leur - consentement au mariage de Marie Stuart avec le duc de - Norfolk.--Nécessité d'empêcher la reine d'Écosse d'accepter les - propositions du duc d'Albe pour son mariage avec don Juan. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, je n'ay à vous faire responce à la -dépesche, que nous a aportée Sabran, que sur la lettre que m'avez -escripte de vostre main, par laquelle j'ay veu l'advancement que vous -avez donné au mariage, dont je vous ay par mes précedantes escript; -lequel je desire grandement s'exécuter, et que, pour ce faire, vous -n'espargniez poinct le nom du Roy, Monsieur mon fils, et le mien, mais -plustost donniez toute asseurance que nous ne deffaudrons en rien au -duc de Norfolc en tout ce que nous pourrons l'ayder et favoriser pour -y parvenir, et ferons, si besoing est, que mon fils le duc de Lorraine -et mon cousin le cardinal de Lorraine y presteront leur consentement; -vous voulant bien dire que, m'ayant mis, mon dict cousin le cardinal -de Lorraine, sur ce propos de la Royne d'Escosse, il m'a dict que ung -des secrétaires de la dicte Royne d'Escosse, venant de Flandres, lui -avoit dict que le duc d'Alve lui avoit envoyé dix mil escuz, ce qui se -conforme à ce que m'en avez mandé, et luy faisoit promesse, si elle -vouloit entendre au mariage du bastard, de la secourir de vingt mil -hommes qu'il envoyeroit en Escosse, dont y en auroit cinq mil -espaignolz. En quoy l'on veoit bien que le dict duc d'Alve veult -essayer de rompre les choses, qu'il a peut estre entendu estre si -avancées, avec le dict duc de Norfolc; combien que l'on puisse bien -s'asseurer que, quant il seroit pris au mot du secours qu'il offre -ainsy, qu'il n'y satisferoit pas. - -Partant je vous prie de regarder, de vostre costé, d'achever de -conduire à bonne fin ce qui est bien commancé pour le regard du dict -duc de Norfolc, et qu'il n'y soit point donné de traverse. Mon dict -cousin le cardinal de Lorraine a le dict mariage grandement agréable -et ne desire rien plus, ainsy qu'il m'a faict entendre, que de le -veoir effectué; vous priant, encores ung coup, de mettre, s'il est -possible, à exécucion l'intention du Roy, Monsieur mon filz, tant en -cest endroict que en tout le reste qu'il vous mande par la seconde -lettre[25] faisant cognoistre vostre prudence et dextérité en ceste -négociation. Sur ce, etc. - -Escript à Marmoutier le XXIe jour de septembre 1569. - - CATERINE. BRULART. - - [25] La lettre précédente, du 20 septembre. - - - - -XXV - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XXXe jour de septembre 1569.-- - - Satisfaction du roi des réponses d'Élisabeth aux communications - qui lui ont été faites.--Refus de consentir à la restriction du - commerce avec les Pays-Bas.--Recommandation en faveur de Marie - Stuart.--Nouvelles assurances qu'il ne se fait pas de levée en - Allemagne.--Envoi d'un secours d'hommes et d'argent à - Dumbarton. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay receu voz deux dépesches des XIVe -et XIXe de ce moys[26]; par la première desquelles j'ay entendu les -propos que vous a tenuz la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, sur la -nouvelle que je luy ay départye de mon mariage, de quoy elle fait -démonstration de recepvoir quelque plaisir et contantement, dont je -suis bien ayse, semblablement aussy de la promesse qu'elle vous a -faicte que aucuns de ses subjectz ne secoureroient, en façon du monde, -ceux de la Rochelle de pouldres, armes ny de monitions; à quoy vous -aurez l'oeil ouvert qu'il soit satisfaict et à toutes autres choses -convenables à nostre commune amitié, sans en laisser passer une seule -qui y contrevienne que vous n'en faictes instance. - - [26] Voyez LVIIIe et LIXe dép., tom. II, pag. 229 et 237. - -Quant à la restriction du trafiq des Pays Bas, c'est chose à quoy, si -elle vous en reparle, je desire que vous luy faictes entendre que je -ne le puis honnestement consentir pour estre contre les traictez, me -semblant que ma dicte bonne soeur n'en doibt faire aucune instance, -estant les différants, d'entre elle et le duc d'Alve, sur le point -d'estre accordez; et que, si elle se vouloit arrester là dessus, cela -fairoit cognoistre qu'elle auroit plustost envye de nourrir les dictz -différantz que de les accommoder. - -Pour le regard de la Royne d'Écosse, je vois bien que ma dicte bonne -soeur continue toutjours à tenir la conclusion de ses affaires en -longueur, mais vous la solliciterez ordinairement d'y prendre quelque -résolution, ainsy mesmes que je le vous ai escript par celle que -Sabran vous a portée; vous voulant bien dire qu'il y a quatre jours -que j'ay parlé à l'ambassadeur de ma dicte soeur et luy fiz entendre -comme il estoit bien convenable, pour la proximité d'alliance dont -elle nous atouchoit, de l'ayder en toutz ses affaires, ce que je -desirois qu'il le fist entendre à sa Maistresse afin que toutz deux y -meissions ensemble la bonne main, à ce coup, à bon escient, n'ayant -pas estimé d'encor passer plus avant. Sur quoy le dict ambassadeur m'a -respondu que telle estoit la volunté de sa dicte Maistresse, l'ayant -bien faict cognoistre par ce qu'elle avoit faict pour la dicte Royne -d'Escosse, en escripvant au comte de Mora, duquel elle ne s'est -contantée de la responce qu'il luy avoit faicte là dessus, qui est -tout ce que j'ai eu de responce du dict ambassadeur. - -N'ayant autre chose à vous dire sur la dicte lestre du dict XIIIIe, -qui me fera venir à celles du XIXe, par laquelle vous me mandez que ma -dicte bonne soeur continue tousjours d'avoir l'esprit fort tendu à -faire son proffict des malheurs de mon royaume, envoyant mesmes pour -cest effect de grandz deniers en Allemaigne, où, sy elle veult remuer -quelque chose qui soit à mon préjudice, j'estime que ce ne pourra -estre pour ceste année, ayant une grande conformité d'adviz qu'il ne -s'y fait aucunes levées; ne me restant, pour ceste heure, autre chose -pour estendre la présente que je finiray en priant Dieu, etc. - -Escript au Plessis lès Tours, ce dernier jour de septembre 1569. - - CHARLES. BRULART. - -Il a esté pourveu, pour le regard de Dombertrand, où l'on envoye -jusques à dix mille livres de vivres, et deux cents hommes de pied, -harquebusiers. - - - - -XXVI - -LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XXXe jour de septembre 1569.-- - - Confiance dans la prudence de l'ambassadeur pour traiter les - négociations secrètes dont la direction lui a été - remise.--Bonnes dispositions de l'armée catholique à livrer - bataille. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, nous avons bien particulièrement -entendu, par vos deux dernières despesches, des XIIIIe et XIXe de ce -moys, l'estat auquel sont les choses de par dellà, les propos que vous -a tenuz la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, sur la nouvelle que le -Roy, Monsieur mon filz, luy a donnée des mariages de luy et de ma -fille, et aussy sur le faict de la Royne d'Escosse, contre laquelle -elle se monstre, de jour en jour, plus offencée, ainsy mesme que le -tesmoingne la lestre que m'avez escripte de vostre main, desirant le -Roy, Mon dict Sieur et fils, que vous regarderez à traicter dextrement -ce qu'il vous a mandé par celle que Sabran vous a portée[27]; dont -vous sçaurez bien juger si l'occasion ne s'en présente pas à propos. - - [27] La lettre ci-dessus no XXIII, du 20 septembre 1569, pag. 53. - -Quant à l'estat de nos affaires, il est tel que nostre armée estant -aujourdhuy renforcée d'ung bon nombre de chevaux françoys, que mon -frère a attendu au séjour qu'il a fait à Chinon, il est après à suivre -nos ennemys, qui sont au dedans de leur conqueste, pour les attirer au -combat; dont, dedans peu de jours, il se sçaura certainement ce qui -s'en devra espérer, estant la dicte armée aussy belle et en la plus -grande dellibération de bien faire qu'il se peut dire; priant Dieu, -etc. - -Escript au Plessis lez Tours, le dernier jour de septembre 1569. - - CATERINE. BRULART. - - - - -XXVII - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du IVe jour d'octobre 1569.-- - - Première nouvelle de la victoire remportée à - Moncontour.--Blessure du duc de Guise.--Confiance que cette - victoire arrêtera les projets des princes - protestans.--Assurance que les Anglais recevront toute - protection en France pour leur commerce. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, vous avez entendu par ma dernière en -quel estat estoient les choses, entre mon armée et celle de mes -ennemys, et l'espérance où j'estois que bientost mon frère, le Duc -d'Anjou, les contraindroit de combattre; à quoy il a si bien travaillé -que, quelque recullement qu'ils ayent faict, ils feurent hier par luy -réduictz à telle perplexité qu'il leur a donné la bataille, laquelle -il a gaignée avec une grande effuzion de sang de mes dictz ennemys. Je -ne vous puis encore mander les particulliaritez pour ne m'avoir esté -apportée ceste nouvelle que par ung courrier, que Villeroy m'a -despesché, qui a laissé mon dict frère qui suivoit la victoire, et par -un gentilhomme de mon cousin, le duc de Guyse, qui s'est trouvé à la -dicte bataille, et ne demeura pas comme les autres à suivre la dicte -victoire, à cause qu'il fallust qu'il aydast à ramener à Chinon mon -dict cousin le duc de Guyse, qui a esté blessé d'une harquebusade -dessus le pied, qui n'est pas grande chose. Vous fairés part de ceste -bonne nouvelle à la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, laquelle en -recepvra plaisir et contantement pour l'amour et affection qu'elle -porte au bien de mes affaires. - -J'ay receu vostre despesche, du XXIIIe du passé[28], par laquelle j'ay -veu ce que me mandez de quelle part a esté receue, de par delà, la -nouvelle de la levée du siège de Poitiers, le retour de Quillegrey -d'Allemaigne, ce que l'on dit qu'il a rapporté, dont le temps fera -rabattre quelque chose; espérant bien que Dieu, monstrant son juste -jugement sur mes rebelles par l'heureuse victoire qu'il m'a donnée, -faira aussy penser toutz les autres princes à ne rien faire, par cy -après, qui soit pour les favoriser. - - [28] Voyez LXe dép., tom. II, pag. 243. - -Au demeurant, je trouve fort bon que vous baillez toutes les lettres -de recommandation, dont vous serez requis, aux angloix qui voudront -venir trafficquer en ce royaume, qui y seront tousjours bien receuz et -recueilliz; estant tout ce que j'ay à vous dire et l'endroict auquel -je prye Dieu, etc. - -Escript au Plessis lez Tours, le IIIIe jour d'octobre 1569. - - CHARLES. BRULART. - - - - -XXVIII - -LE ROY A Mr DE LA MAILLERAYE. - ---du IVe jour d'octobre 1569.-- - - Détails sur la bataille de Moncontour.--Ordre de faire des - réjouissances publiques en Normandie pour célébrer la victoire. - - -Monsieur de La Mailleraye, ayant pleu à Dieu tant prospérer mes -affaires qu'il m'ait donné victoire de mes rebelles en la bataille qui -leur fust hier donnée par mon frère, le Duc d'Anjou, je vous en ay -incontinant voulu advertir et vous dire, quant et quant, que mes dicts -rebelles ont bien perdu en la dicte bataille de dix à douze mil -hommes qui sont demeurez morts dessus la place, sans que, du costé de -mon armée, il se soit faict perte que de bien peu d'hommes, et de sy -petit nombre qu'il est quasy incroyable, n'estant mort des gens -signalez que le marquis de Bade, et les deux Ringraves bien peu -blessés; mon cousin le duc de Guyse a esté aussy blessé à ung pied -d'ung coup d'arquebuse, mais c'est peu de chose. Du costé des dictz -rebelles, a esté tué le comte de Mansfelt, chef de leurs reystres; -l'admiral est blessé d'un coup d'arquebouze au travers du corps, ainsy -que La Noue, qui est prisonnier, l'a asseuré, et qu'il l'avoit laissé -sy mal de sa blesseure qu'il ne pensoit point qu'il deust vivre -encores une demye heure. Qui est ce que j'ay peu encores aprendre des -particularités de la dicte bataille, que je vous ay voullu incontinant -faire sçavoir, afin que vous communiquiez ceste bonne nouvelle en mon -pays de Normandye, en faictes rendre grâces à Dieu et faictes faire -les feux de joye, tirer l'artillerye et toutes autres récréables -démonstracions qu'il est bien requis pour ung si heureux succès; -priant Dieu, etc. - -Escript au Plessis lès Tours, le IIIIe jour d'octobre 1569. - -J'oubliois à vous dire que les dictz rebelles ont perdu douze pièces -d'artillerye qui ont esté prinses sur la place. - - - - -XXIX - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du VIIe jour d'octobre 1569.-- - - Envoi de la relation de la bataille de Moncontour. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, je vous envoyé le discours contenant la -façon que les choses sont passées, tant peu auparavant, que lorsque -la bataille a esté donnée contre mes rebelles, en laquelle il a pleu à -Dieu me donner une belle et heureuse victoire, affin qu'en faisant -part à la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, vous lui discouriez, -quant et quant, la façon que les choses y sont passées, ne luy ayant -point despesché de gentilhomme exprès, pour lui porter ceste nouvelle, -parce que ung chacun est empesché en ceste guerre; tant l'on desire en -veoir bientost une bonne diffinition, espérant bien que ceste victoire -me donnera moyen de l'abréger, Dieu aydant, auquel, etc. - -Au Plessis lès Tours le VIIe jour d'octobre 1569. - - CHARLES. BRULART. - - La relation annoncée dans cette lettre ne s'est pas retrouvée - dans les papiers de l'ambassadeur. Elle a été publiée sous ce - titre: _Discours de la bataille donnée le 3 octobre 1569, - proche de Moncontour._ Paris, Dallier, 1569, Orléans, Gibier, - 1569, in 8º, et Poitiers, 1621, in-12. La pièce suivante a - précédé cette relation officielle, qui est contre-signée - Neufville. - - - - -XXX - -DISCOURS DE LA BATAILLE DE MONCONTOUR. - -(_Archives du royaume, fonds de Symancas, carton K. 1395. B.--liasse -33, pièce 146._) - ---du VIe jour d'octobre 1569.-- - - Relation sommaire de la bataille livrée le 3 octobre 1569. - - -Le vendredy, dernier de septembre, troys cornètes des reistres de -l'admiral furent deffaictes en une escarmouche qui s'ataqua, et disoyt -on que Mansefale y feust tué. - -Le mardy, quatriesme du moys d'octobre, sur les cinq heures de matin, -arriva, au Plessis lès Tours, Mº de Chely, gentilhomme de la maison de -Mr de Guise, lequel porta nouvelle au Roy, estant Sa Majesté encores -au lict, que, le lundy, troisiesme du dict moys, à une heure après -midy, Monseigneur d'Anjou, frère du Roy, partant de Chinon pour aller -loger son armée à Mirabeau, trouva, entre Moncontour et St Jehan de -Saune, l'armée de l'ennemy, délibérée comme luy d'aller prendre le -dict logis de Mirabeau. - -Quoy voyant, le dict Seigneur d'Anjou ayant trouvé son ennemy en lieu -commode pour le combatre, ce qu'il n'avoyt peu, de longtemps, à cause -des rivières, et estans les uns et les aultres logés en pareilh -advantaige dans les pleines de Giroux, entre le dict Montcontour et St -Jehan, ny voullant le dict Seigneur d'Anjou perdre sy belle commodité, -et mêmes voyant leur cavallerye esbranlée à la fuitte, chargea à toute -oultrance, après avoir tiré plusieurs coups de canon dans la batalhe -de l'ennemy, qui ne feut sans l'endomaiger beaucoup, voullant -poursuivre l'heur de sa fortune, donna dedans les escadrons de -l'infanterye de sy grand roydeur qu'il mit en pièces quinze mil ou -plus, et print prisonnier l'Admiral[29]. - - [29] Le dict Admiral ne fut poinct prisonnier comme l'on a - entendu despuis. - - (_Note ajoutée sur la pièce._) - -De ce que dessus le dict Sr de Chaly en asseura le Roy, suyvant -l'asseurance duquel Sa Majesté, sautant du lict, rendict grâces à Dieu -de la victoyre qu'il luy avoyt pleu luy donner; et soubdain, après en -avoir faict advertir la Majesté de la Royne, Madame sa soeur, et tous -Messieurs les Princes, Sa Majesté s'en alla, accompaigné de tous les -susdicts au couvent des bons hommes lez Plécys, où ilz feirent rendre -grâces à Dieu et chanter le _Te Deum_ par les dicts relligieux du dict -couvent. Après, Sa Majesté ouyst la messe, sur la fin de laquelle -arrivèrent les chantres de sa chapelle, ausquelz il feist chanter -encores le _Te Deum_ en musique. Et soubdainement estans sourtys de -l'esglise, Mr le cardinal de Guise monta à cheval pour aller veoir Mr -de Guise, son nepveu, que l'on avoit faict porter à Chinon pour le -pencer d'une pistollade qu'il avoyt eue sur la joincture du pied, -ainsi que en faisoyt foy une chause de soye incarnade, que le dict -Chally apporta à Mr le cardinal, son oncle. - -Despuis le dict Chally arrivé, n'y eust aulcunes nouvelles de -particullier de la dicte batalhe jusqu'à l'heure de vespres, estans -Leurs Majestez au dict couvent des bons hommes. Et les vespres -achevées, arriva Mr le comte de Retz, lequel confirma la victoyre -avoir esté encores plus grande que n'avoyt dict le dict Chally; car il -asseura Leurs Majestez y estre demeurez quinze mil hommes -d'infanterye, de la part de l'ennemy, et unze pièces d'artillerye, -tant cannons, collouvrines que pièces de campaigne, oultre plus troys -mil charriotz des reistres, la pluspart désatellés; et bien encores -huict ou neuf cens chevaulx, tant reistres que françois. - -Plus, a asseuré le dict Sr conte de Retz à Leurs Majestez que Harn -Mansefale, qui avoyt esté érigé à la charge du duc de Deux Pontz, pour -collonel des reistres, avoyt esté tué, et aussi le marquis de Bade, -qui avoyt ung régiment de troys mil reistres pour le Roy avoyt esté -tué; et Monsieur, frère du roy, porté par terre, mais soubdainement -rellevé par Mr l'admiral de Villars; Mr le marquis de Mayne porté par -terre et soubdainement rellevé des siens sans aulcung mal; le jeune -ringrave blessé d'une arquebuzade; et plus n'a dict le dict sieur -conte estre demeuré des chiefz, cappitaines et seigneurs signallés, -mais qu'il avoyt laissé Mon dict Seigneur d'Anjou à deux grandz lieues -par dellà où le grand choc avoyt esté donné, poursuyvant le reste de -l'ennemy qui s'estoit escartté en desroutte. - -Plus a dict le dict sieur conte avoir entendu de La Noue, qui a esté -encores reprins prisonnier, qu'il avoyt veu porter l'Admiral à quatre -hommes, blessé à mort, d'une arquebuzade à travers le corps, qui a -esté cause de radoubler la joye de Leurs dictes Majestez et à tous les -princes et seigneurs de la cour; lesquelz, lendemain mercredy, -cinquiesme, feyrent une fort belle procession généralle despuis St -Germain jusqu'à St Martin de Tours, pendant laquelle le gentilhomme -qui a donné l'advis de ce dessus se partist du dict Tours, le -cinquiesme de ce dict moys. - - - - -XXXI - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du premier jour de novembre 1569.-- - - Mise en arrêt du duc de Norfolk.--Protection assurée à Marie - Stuart.--Secret qui doit être gardé sur les communications du - roi à cet égard.--Nouvelles de la guerre.--Prise de Lusignan et - de Saintes.--Siège de Saint-Jean-d'Angely.--Efforts que - l'ambassadeur doit faire pour jeter la dissension parmi les - seigneurs d'Angleterre.--Plaintes au sujet d'un paquet volé à - l'ambassadeur. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay esté grandement satisfaict d'avoir -entendu si particulièrement par vos lettres des IIIe, VIIe, VIIIe et -XIIIe du passé[30] et par le double de celles de la Royne -d'Escosse[31], ma belle soeur, l'estat de ses affaires, et celles du -lieu où vous estes. Et ne me sçauriés faire plus grand plaisir que de -mettre peine d'entendre bien au long ce qui surviendra cy après, pour -m'en donner advis, d'autant que c'est chose qui importe grandement -pour mon service au temps où nous sommes, mesmement à ce qui touche -les affères [du duc de Norfolc et autres qui ont esté arrestés; de -l'yssue et succès duquel arrest je seray bien ayse d'entendre ce que -vous en espérés et le jugement que vous en faictes. - - - [30] Voyez LXIIe, LXIIIe, LXIVe et LXVe dép., tom. II, pag. 255, - 259, 266 et 277. - - [31] Lettre du 25 septembre 1569, jointe à la LXIIIe dép., tom. - II, pag. 263. - -J'ay aussy entendu par vos dictes lettres comme, jusqu'au jour de la -dacte d'icelles, les propos, que vous avez mis en avant touchant le -mariage de la Royne d'Escosse avec le duc de Norfolc, avoient esté -tenus comme venant de vous seulement, et non de moy, ce que j'ay -trouvé bon; et que par cy après vous favorisiés cest affaire, et tout -ce qui touchera la dicte Royne, en tout ce qui vous sera possible, -pour le desir que j'ay de la voyr hors de la peine où elle est, et -qu'elle soit remise en son royaume avec l'authorité et commandement -sur ses subjects qu'il luy appartient; mais il faut que ce soit si -dextrement et secrettement qu'on ne puisse descouvrir ny entendre que -cela vienne de moy, ce que je m'asseure que vous sçaurés si sagement -conduire, selon mon intention et volonté, qu'il n'en sera rien cogneu; -vous asseurant que je ne manquerai, à la première commodité, et -audience que je donnerai à l'ambassadeur d'Angleterre, de luy faire -bien entendre le desplaisir que j'ay du mauvais traictement que reçoit -la dicte Dame, par delà, de la dicte Royne d'Angleterre et de ses -ministres; et pareillement de la vollerie de mon pacquet, duquel je -vous prie faire toute l'instance que vous pourrés afin de vous le -faire rendre.] - -Au reste, vous entendrés par le sieur de La Croix, que je vous -renvoye, comme les ville et chasteau de Lusignan ont esté remis et -réduicts à mon obéissance par composition, où il a esté trouvé grand -nombre de piques et autres armes, avec vingt quatre pièces de grosse -artillerie, entre lesquelles y a sept ou huit canons et plusieurs -coullouvrines; et y en a, entre autres, une pièce de celles qui ont -esté envoyées d'Angleterre aux rebelles. La ville de Xainctes est -aussi réduicte en mon obéissance. Et espère, dans peu de jours, loger -avec mon armée dedans St Jean d'Angely que je tiens assiégé. - -Et pour ce que vous entendrés plus au long les particularités par le -dict La Croix, me remettant sur ce qu'il vous en dira, je ferai fin à -la présente, etc. - -Escript au camp devant St Jean d'Angely, le premier jour de novembre -1569. - - - [Faictes tout ce que vous pourrés sur ceste occasion qui se - présente, du duc de Norfolc et autres qui sont prisonniers, pour - les mettre en discention et en trouble entre eux, afin de - brouiller leurs affaires le plus qu'il sera possible, pour, par - ce moyen, les empescher de plus secourir.] - -Depuis la présente escripte, j'ay vue vos lettres[32] du XVIIIe, et -m'avez faict grand plaisir de me mander si particulièrement tout ce -qui est passé par delà depuis vos précédantes. Et pour ce que -l'ambassadeur d'Angleterre n'est icy près de moy, je luy ay escript ce -que vous verrés par le double de la lettre[33] que je vous envoye, me -plaignant tant de ce que vostre paquet a esté vollé que du mauvais -traittement que la Royne, sa Mestresse, et ses ministres font à la -Royne d'Escosse, ma belle soeur, afin qu'il en escrivît par delà et -fît entendre le malcontentement que j'en ay, dont je vous ay bien -voullu advertir. - -Ce 1er jour de novembre 1569. - - CHARLES. FIZES. - - [32] Voyez LXVIe dép., tom. II, pag. 284. - - [33] Cette lettre manque. - - - - -XXXII - -LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du premier jour de novembre 1569.-- - - Instruction sur la conduite à tenir à l'égard de Marie - Stuart.--Nouvelle recommandation de favoriser son mariage avec - le duc de Norfolk, et de traiter cette négociation avec le plus - grand secret. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, le Roy, Monsieur mon fils, et moy sommes -grandement satisfaictz du bon debvoir et de la dilligence dont vous -uzés à nous rendre compte, sy au long et par le menu, de l'estat des -affaires de la Royne d'Escosse, ma belle filhe, et de celles du lieu -où vous êtes. Sur quoy le dict Seigneur vous faict sy ample response, -et sy au long entendre sa volonté, et de ce qu'il desire que vous -faictes, tant pour la liberté que le bon trètement de ma dicte belle -filhe, qu'il n'est jà besoing que je vous en dise aucune chose; mais -je vous prie vous employer en sorte pour la dicte Dame qu'elle -cognoisse par effect le fruict de vostre aide, et le desir que nous -avons de la favoriser en ce qu'il nous sera possible. - - [Et quant au mariage d'elle et du duc de Norfolc, nous avons - trouvé bon ce que vous en avez faict jusques icy, et que cy après - vous favorisiez à cest affaire, en tout ce que vous pourrez; mais - il faut que ce soit avec dextérité et sy secrètement que la Royne - d'Angleterre et ses ministres n'en puissent rien cognoistre.] - -Le Sr de La Croix vous fera entendre la réduction des ville et -chasteau de Luzignan et de Xaintes en l'obéissance du Roy, Mon dict -Sieur et fils, et l'espérance que nous avons d'y recepvoir bientost -Saint Jean d'Angely, qui me gardera vous en faire autre discours, ny -la présente plus longue, etc. - -Escript au camp devant Saint Jean d'Angely, ce premier jour de -novembre 1569. - - CATERINE. FIZES. - - - - -XXXIII - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XIXe jour de novembre 1569.-- - - Dispositions prises pour secourir Dumbarton.--Négociation du - mariage de Marie Stuart avec le duc de Norfolk.--Désir du roi - de conclure la paix.--Approbation des articles proposés pour - régler le commerce avec l'Angleterre. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay receu les lettres que m'avez -escriptes, du XIIIe du passé[34], par le Sr Thomas Flemy; et, suivant -le conteneu en icelles, et ce qu'il m'a faict entendre de la nécessité -en laquelle estoit réduit le chasteau de Dombertrand, j'ay donné tel -ordre et pourveu de façon à le faire secourir de ce que l'on m'a dict -y estre nécessaire, que j'espère qu'il ne sera point pris et demeurera -en l'obéyssance de la Royne d'Escosse, ma belle soeur; et despuys, par -la voye de la poste, celles du XXIIIIe et par le Sr de Vassal, que -vous avez dépesché devers moy, celles du XXVIIIe du dict moys[35], et -entendu de luy bien particulièrement ce que luy aviez donné charge me -dire de vostre part, et principallement sur les propos qui ont esté -tenuz entre la Royne d'Angleterre et vous, à l'audiance du vingt -ungniesme, sur le faict de la Royne d'Escoce et du duc de Norfolc, -ayant trouvé très bon et fort à propos les responces et répliques que -vous luy avez faictes, et mesmement sur la résolution que desiriez -tirer d'elle, du secours et assistance qu'elle disoit entendre faire à -la dicte Royne, ma belle soeur, pour la remètre en son estat. - - [34] Voyez LXVe dép., tom. II, pag. 277. - - [35] Voyez LXVIIe et LXVIIIe dép., tom. II, pag. 288 et 295. - -Et surtout j'ay esté grandement satisfaict d'avoir entendu sy -particulièrement, par vostre mémoire en chiffre[36], tant de l'estat -de toutes les affaires de dellà que de celles de la Royne d'Escosse, -et ce qui s'est passé pour le faict du mariage d'elle avec le duc de -Norfolc, que pour le regard des discours qui ont esté tenuz entre -l'évêque de Roz et le secrétaire Cecille touchant le mariage du dict -duc avec la soeur de sa femme. Sur quoy il faudra, suivant ce que je -vous ay mandé par ma dernière despesche, que vous favorisiez ce -mariage et y teniez la main en tout ce que vous pourrez, selon ce que -le dict évesque de Roz et vous adviserez ensemble; et de vostre part -favoriser tousjours le party des Catholiques, et aussy, s'il est -possible, de mettre dissention et discordes ez seigneurs de dellà, les -uns contre les autres, affin de rompre et dyvertir les desseins de -ceux qui, soubz main, vont aydant et favorisant mes subjectz rebelles, -et par ce moyen leur oster l'occasion de les secourir en façon que ce -soit, d'autant que cela estant bien conduict et manié, comme je -m'asseure que vous sçaurez très bien faire, ne peut apporter que une -grande commodité à mes affaires; et que le tout soit conduict sy -dextrement et secrètement qu'il puisse réuscir selon mon intention et -volonté, sans que l'on en cognoisse ny descouvre aucune chose. - - [36] Voyez le Mémoire général joint à la LXVIIIe dép., tom. II, - pag. 299. - -Et quant aux propos que la dicte Royne d'Angleterre vous a tenuz: -qu'elle desireroit que les troubles de mon royaume cessassent par ung -bon accord, et qu'elle s'employeroit volontiers pour ayder à les -pacifier, vous luy pourrez dire, de ma part, que je ne refuzeray point -(comme je n'ay point faict jusques icy) de recevoir mes subjectz qui -se vouldroient recognoistre et remectre en mon obéyssance, gardant mon -autorité et ce qui m'appartient, comme estant Roy souverain et leur -prince naturel: ayant trouvé bon ce que vous avez présenté à la dicte -Dame pour le regard de la restriction du traffiq et commerce des -Françoys de Flandres en Angleterre, et du dict pays en Flandres, ainsy -que j'ay veu parla coppie du mémoire[37] que m'avez envoyé; ensemble -de l'arrivée du Sr Chapin Vitel et du bon recueil qui luy a esté faict -par icelle Dame. Sur quoy je vous prie de prendre bien et -soigneusement garde, et m'avertir, le plus souvant que pourrez, de -tout ce qui se passera par delà, ainsy que vous avez accoustumé de -faire jusques icy, et comme j'ay donné charge au dict Vassal, présent -porteur, que je vous renvoye, de vous dire de ma part avec d'autres -particuliarités; qui me gardera, m'en remettant sur luy et sur la -fiance que j'ay de l'affection que vous avez à mon service et au bien -de mes affaires, que je ne vous fairay plus longue lettre, etc. - -Escript au camp de Tonny Boutonne le XIXe jour de novembre 1569. - - [37] Voyez le Mémoire joint à la LXVIIIe dép., tom. II, pag. 305. - -Monsieur de La Mothe Fénélon, ainsy que le Sr de Vassal estoit prest à -partir, et la dépesche cloze et fermée, j'ai receu vostre paquet du -premier jour de ce moys[38], dont je vous ay bien voullu advertir, et -comme j'ay veu tout le contenu en voz lettres. Sur quoy vous estant -amplement répondu par la présente, et qu'il n'y a chose par la vostre -qu'il faille que je vous fasse autres responces, je ne vous en -escripray autre chose sinon pour vous dire le contantement que je -reçoys d'entendre si souvant des nouvelles de dellà, et ne me sçauriez -faire plus grand plaisir que de m'en advertir à toutes les occasions -qui se présenteront, vous priant aussy de tenir tousjours l'oeil à -tout ce que vous cognoistrez concerner mon service et le bien de mes -affaires, ainsy que je vous escriptz cy dessus. - -Ce XIXe jour de novembre 1569. - - CHARLES. FIZES. - - [38] Voyez LXIXe dép., tom. II, pag. 308. - - - - -XXXIV - -LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du VIe jour de janvier 1570.-- - - État de la négociation de la paix en France. - -Monsieur de La Mothe Fénélon, vous verrés par les lettres que le Roy, -Monsieur mon fils, vous escript[39], en quel estat nous sommes, à -présant, pour le faict de la pacification des troubles de ce royaume, -et la responce qui a esté faicte sur ce que les députés de la Royne de -Navarre, des Princes de Navarre, de Condé, et Admiral, ont proposé et -demandé, qui me gardera, m'en remettant sur le contenu en icelles, de -vous en mander aucune chose en particulier, en la présante, sinon de -vous advertir de la réception de vostre lettre du XXIe du passé[40], -et veu tout ce qui est par vostre despesche du dict jour, à laquelle -il vous sera bientost fait responce. - - [39] Cette lettre manque. - - [40] Voyez LXXIXe dép., tom. II, pag. 403. - -Cependant je vous prie de continuer à nous advertir de toutes les -occurances de delà, comme vous avés très bien faict jusques icy; -priant, etc. - -A Angers, le VIe jour de janvier 1570. - - CATERINE. FIZES. - - - - -XXXV - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - -(_Lettre ostensible._) - ---du XIVe jour de janvier 1570.-- - - Espérance qu'Élisabeth, instruite par la révolte du nord, - refusera de secourir les protestans de France.--Satisfaction du - roi de ce que cette rébellion est apaisée.--Négociation de la - paix en France.--Dispositions prises pour continuer la guerre. - -Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay receu trois despesches de vous, -assez près l'une de l'autre, des XVIIe, XXIe et XXVIIe du passé[41], -par toutes lesquelles, ensemble les mémoires que a apportés Vassal, -j'ay esté bien aise d'entendre, si particullièrement que me le -discourés, comme toutes choses se passent, jour par jour, au delà; les -changements qui s'y présentent ordinairement, et mesme d'avoir veu, -par celle du XVIIe que, sentant maintenant la Royne d'Angleterre, ma -bonne soeur, par elle mesme, le mal qui provient d'une rébellion de -subjects, elle vous ait tenu un si honneste langage qu'elle a fait, -avec démonstration de ne voulloir favoriser, en sorte du monde, mes -subjects rebelles. A quoy je m'asseure que vous incisterés tousjours -le plus soigneusement que vous pourrés, ainsi que vous avés faict -jusques ici très dignement par vos sages et prudentes remonstrances, -mesmes en la dernière instance, que vous luy avés faicte, de ne -souffrir qu'il ne soit baillé aucuns bleds, argent ou poudres à ceux -de la Rochelle, qui ont esté, puis naguières, envoyés en Angleterre -pour cest effaict; qui est bien le plus digne service que vous me -sçauriés faire pour le grand besoin que j'entends qu'ils ont de toutes -ces choses là. - - [41] Voyez LXXVIIIe, LXXIXe et LXXXe dép., tom. II, pag. 392, 403 - et 410. - -Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fénélon, touchant les mouvements du -North, vous entendrés, à l'arrivée du Sr de Montlouet, qui sera -bientost par delà, les offices que j'entends que vous faictes pour ce -regard envers ma dicte bonne soeur et aultres; à quoy je me remétray. - -Et vous prierai au surplus que, comme vous m'avés adverti avec grand -soin et dilligence de toutes choses qui se sont, jusques icy, -présentées de par delà, vous m'en donniez ordinairement advis, ayant -esté bien aise d'entendre ce que vous me mandés, par vostre dernière -lettre du XXVIIe, de la rupture de ceux qui s'étoient eslevés contre -ma dicte bonne soeur. Dont je n'ay jamais espéré aultre chose, estant -un juste jugement de Dieu, qui ne veut point que les subjects d'un -prince s'eslèvent en armes contre luy pour quelque occasion que ce -soit; et desire que vous alliés trouver ma dicte bonne soeur pour vous -en conjouir avec elle, de ma part, de cest heureux succès; duquel vous -l'asseurerés que je reçois tout plaisir et contentement, ainsi qu'il -est convenable à nostre commune amitié; laquelle me faira tousjours -desirer de voir son royaulme paisible et pacifique, espérant que ces -petits mouvements, survenus en son royaulme, l'induiront de plus en -plus à faire tous bons offices en mon endroict pour le regard des -troubles qui sont en mon royaulme, et à ne se laisser vaincre des -persuasions de ceux qui la peuvent solliciter de favoriser mes -rebelles, contre la foy et promesses qu'elle a faictes, en suivant les -traités de paix. - -Je suis, tous les jours, attandant l'arrivée des depputés qui doibvent -venir de la Rochelle pour la pacification des présents troubles; et de -ce qui en réhussira, vous en serés tousjours adverti des premiers, -m'estant advisé de faire quelque bon séjour en ceste ville pour -prendre résollution, tant sur ce faict que plusieurs aultres affaires. -Cependant mon cousin, le prince Dauphin, avec les forces que je luy ay -baillés, aprochera toujours de mes ennemis qui sont vers Montauban, -pour n'oublier rien de ce qui sera à faire, durant que les choses -seront en estat d'hostilité. Sur ce, etc. - -Escript à Angers, le XIVe jour de janvier 1570. - - CHARLES. BRULART. - - - - -XXXVI - -LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - -(_Lettre secrète._) - ---du XIVe jour de janvier 1570.-- - - Injonction faite à l'ambassadeur d'assister les révoltés du nord, - et de leur promettre des secours d'argent, si la rébellion peut - tenir encore. - -Monsieur de La Mothe Fénélon, vos dernières despesches des XVIIe, XXIe -et XXVIIe du passé, avec les mémoires que Vassal a aporté, sont si -amples, et nous ont si clairement représenté l'estat des choses de par -delà qu'il ne se peut rien desirer davantage; et le Roy, Monsieur mon -fils, a une très grande satisfaction du bon debvoir dont vous usés en -cest endroit, desirant, pour le mouvement du North, si les choses sont -encore en quelque estat, que vous confortiez tousjours les chefs -d'iceulx, le plus que vous pourrés, et leur donniés espérance de -recevoir de luy toute l'ayde et faveur qu'il sera possible, selon que -plus amplement vous entendrés par le Sr de Montlouet, et mesme le -secours d'argent que l'on leur peut faire de par deçà; ayant semblé -que, où les comtes seroient rompus et deffaictz, selon ce que m'en -mandés par vostre dernière lettre du XXVIIe, et que ceste nouvelle -vient d'être confirmée de deux aultres endroicts, il sera fort à -propos que vous alliez voir ma bonne soeur, la Royne d'Angleterre, sur -ceste occasion, et luy user du langage que vous escript le Roy, Mon -dict Sieur et fils. Si les choses continuent aussy au mouvement -qu'elles étoient par vos précédentes, vous ensuivrés ce que le Sr de -Montlouet vous faira sçavoir de l'intention du Roy, mon dict Sieur et -fils, ayant advisé de vous faire ceste despesche par la voye de la -poste, en attendant que, sur plus grande occasion, l'on vous puisse -despescher Vassal. Et sur ce, etc. - -Escript à Angers le XIVe jour de janvier 1570. - - CATERINE BRULART. - - - - -XXXVII - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XXIe jour de janvier 1570.-- - - État de la négociation de la paix.--Continuation de la guerre par - l'Amiral et Montgommery.--Entreprise sur Bourges.--Crainte que - les protestans ne veuillent traîner la pacification en - longueur.--Position de l'Amiral.--Entreprise sur la Rochelle. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay entendu, par vostre lettre du IVe -de ce moys[42], l'honneste responce que la Royne d'Angleterre, ma -bonne soeur, vous a faicte sur les propos que vous luy aviés tenus du -commencement et ouverture qu'il y avoit de quelque traicté de -pacification, selon ce que je vous en ay cy devant escript; et suis -bien aise qu'elle ait faict démonstration d'estre bien joyeuse d'une -telle nouvelle, comme je luy suys, de mon costé, de l'appaisement des -mouvements du North, en quoy elle a esté grandement heureuse; et -desire que, ainsi, par la conclusion de son propos, quand au faict des -troubles, elle donne à cognoistre qu'il ne peut y avoir aucune -légitime cause qui puisse raisonnablement mouvoir les subjects de -s'eslever en armes contre leur prince, elle en ait tousjours bonne -souvenance, pour (quand elle sera sollicitée de prester secours à mes -rebelles) se garder en cella de faire chose où sa propre conscience -soit offensée. - - [42] Voyez LXXXIe dép., tom. III, pag. 1. - -Or, pour revenir à ceste ouverture de pacification, je vous diray que, -despuys que La Personne parla premièrement, il y a heu plusieurs -allées et venues de leur costé; pandant lesquelles l'Admiral et -Montgomeri n'ont laissé (comme gens, qu'il semble n'avoir pas grand -desir de voir ce royaulme en repos) de faire la guerre, aultant ou -plus cruelle qu'ils ayent poinct faict auparavant, et d'exercer -pleusieurs grandes inhumanités, en quelques petites villes qu'ils ont -surprises ez quartiers où ilz sont; et, d'un aultre costé, ceux de la -Charité ont aussy faict une entreprise sur ma ville de Bourges, qui a -esté si preste à exécuter que quelques uns de ceux qui étoient de la -dicte entreprise ont esté prins, estant jà entrés dans la dicte ville -par l'intelligence qu'ils y avoient, les aultres tués dedans les -fossés, jusques au nombre de cent ou six vingtz hommes. - -Pour tous ces mauvais déportements, je ne me suis point volleu -démouvoir de mon premier propos, qui est de ramener mes dicts subjects -à la bonne voye, comme faict le bon père de famille qui ne veut pas -traicter ses enfants selon que mérite leur désobéissance, mais les -conserver, de sorte que m'ayant, la Royne de Navarre, tantôt requis de -luy envoyer un gentilhomme pour conduire par deçà les députés de la -Rochelle, tantost de luy envoyer saufconduit et passeport pour -despescher gens vers les Princes de Navarre et de Condé, je l'ay -satisfaicte en toutes ces choses à son contentement; ayant néantmoins -esté usé jusques ici, de leur part, d'une telle longueur à envoyer les -dicts députés que je n'ay point encore certaines nouvelles quand est -ce qu'ils pourront arriver. Et si, il y a bien près d'un moys que le -Sr Du Croq est par dellà pour les conduire, faisans assez cognoistre, -toutes ces longueurs, que les principaux d'entre eux n'ont pas grande -vollonté d'ayder à une si bonne oeuvre que de mettre mon royaulme en -repos, et qu'ilz n'ont mis en avant ces premiers propos, dont La -Personne fust le porteur, que pour m'amuser, s'ils peuvent, et -cependant voir s'ils seront pour obtenir quelque secours de la -Germanie; où je sçay qu'ils en font faire toutes les instances du -monde envers les princes protestants, s'étant mesmement veu, par -lettres interceptées, que le dict Admiral a escrites aux négociateurs -qu'il a par delà, qu'il leur mande que, pour le bruict de paix qu'ils -puissent entendre se traicter, ils ne cessent de solliciter le dict -secours le plus qu'ils pourront. Par où l'on peut juger sa bonne et -droicte intention. - -Néantmoings je vous puis asseurer que ses forces sont en si piteux -estat, et a si peu de moyen de se résoudre de la grande perte qu'il a -faicte en la dernière bataille, qu'encore que, despuis la prise de St -Jehan d'Angely, j'ay donné congé à toutes les compaignies de -gendarmerie, et faict mettre toutes les bandes de gens de pied en -garnison pour estre plus fresches et disposées à me faire, cy après, -service, lorsque l'affaire le requerra, il n'ose comparoir en -campagne, et s'esloigner du lieu où il s'est mis entre les deux -rivières de Dordoigne et de Garonne. - -Voylà, Monsieur de La Mothe Fénélon, en peu de parolles, ce qui s'est -passé despuys ceste ouverture de pacification et de la lentitude avec -laquelle il y a esté, jusques icy, procédé par ceux de la Rochelle; ne -voullant oublier à vous dire que, voyant, aulcuns cappitaines qui -avoient dressé, il y avoit plus de trois mois, une entreprise sur la -dicte ville de la Rochelle, que l'on m'avoit voulleu ainsi surprendre -ma ville de Bourges, se délibérèrent, il y a quelques trois sepmaines, -de se mettre en debvoir d'exécuter la dicte entreprise, laquelle -toutesfoys n'a pas réheussi; vous ayant bien voullu représenter toutes -ces choses affin que, sçachant à la vérité comme elles sont passées, -vous vous puissiez opposer aux faux bruits que mes rebelles pourroient -faire courir par dellà pour rendre odieuses mes actions et -déportemens, ainsi que c'est leur artifice accoustumé. Et sur ce, etc. - -Escript à Angers, ce XXIe jour de janvier 1570. - - CHARLES. BRULART. - - - - -XXXVIII - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du VIe jour de febvrier 1570.-- - - Négociation de la paix.--Articles proposés.--Levées faites en - Allemagne pour Élisabeth.--Assurance donnée par l'ambassadeur - d'Angleterre qu'elles sont dirigées contre les rebelles du - Nord.--Injonction faite à l'ambassadeur d'interpeller la reine - pour savoir si elles ne doivent pas servir contre la - France.--_Teneur des articles proposés._ - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, par les despêches que je vous ay cy -devant faictes, vous aurés esté adverti bien amplement de ce qui a -esté faict et négocié, jusques ici, pour parvenir jusques à quelque -bonne pacification des troubles estantz en mon royaulme. Et à présent -que les députés de la Royne de Navarre, des Princes de Navarre et de -Condé, et de l'Admiral sont venus, de leur part, devers moy, qui m'ont -proposé et baillé par escript certains articles de ce que ceux de leur -parti desirent que je leur accorde, après avoir bien et meurement -considéré sur iceulx ce que je puys raisonnablement faire en leur -faveur, pour donner un bon et heureux repos à tous mes subjects; et -voullant user envers eux, encore qu'ils m'ayent griefvement offencé, -plustôt de mansuétude, de bonté et de clémence que d'extrême sévérité -et justice, je me suis résollu de leur accorder le contenu des -articles que je vous envoyé présantement, affin que vous fassiés -entendre, de ma part, à la Royne d'Angleterre, combien j'ay estimé le -bon conseil et advis qu'elle m'a donné, tant par ses lettres que par -ce que vous m'avés, par pleusieurs fois, escript de sa part, de tâcher -de parvenir à la réconcilliation de mes dicts subjects par une bonne -pacification. - -Et voullant les conserver et ne souffrir point qu'en se perdant ils -attirent avec eux une grande ruine en toute la Chrestienté, ainsi -qu'il ne pourroit advenir aultrement s'il n'y estoit donné quelque -prompt remède, et n'obmettre rien du bon debvoir d'un bon prince pour -ramener gratieusement ses subjects dévoyés au bon chemin qu'ils -doibvent tenir, en luy rendant l'obéissance à laquelle ils sont -naturellement obligés; espérant que, s'ils sont encore possédés de -quelque bon zelle et ont en leurs coeurs quelque peu de reste de la -bonté et fidélité naturelle que, de tout temps, les peuples françois -ont heu à leurs rois, ils accepteront fort volontiers les susdictes -conditions. Et par là la dicte Royne d'Angleterre pourra juger et -cognoistre de quel zelle j'y procède, selon ma bonté et clémence -accoutumée; et que, où mes dictz subjects, eslevés en armes, se -monstreroient si desraisonnables qu'ils ne voullussent accepter ce que -je leur fais offrir présentement, ains continuer en leurs malheureuses -entreprises; qui donneroient clairement à cognoistre qu'ils seroient -poussés d'une pure ambition pour usurper, s'ilz pouvoient, l'auctorité -qui m'est deue, que je m'asseure, de la bonne et sincère amitié qui -est entre nous, qu'elle ne leur baillera aulcune aide, secours ny -faveur, sçachant bien comme il importe à un roy et prince souverain de -réprimer et chastier ses subjects, quand ils prennent les armes contre -luy, et mesme s'ils se monstrent si obstinés qu'après avoir grandement -failli, comme ils ont, et usant envers eux de la grâce et bonté que je -fais, ils ne se voulloient recognoistre et rendre le debvoir et -l'obéissance qu'ils me doibvent. - -Je viens tout présentement d'avoir advis certain, d'Allemaigne, que la -Royne d'Angleterre a faict faire une levée de huict mille reystres -soubz la charge du duc Holstain et du comte de Hemdem; et, d'aultant -que le Sr de Norrys, son ambassadeur, m'est venu trouver, despuys deux -jours, lequel m'a dict avoir charge expresse par lettres de la Royne -d'Angleterre, sa Maistresse, de me faire entendre en quel état -estoient, à présent, les troubles et affaires de son royaulme, et -comme ceux, qui s'estoient eslevés contre elle, s'estoient presque -tous retirés vers l'Escosse, et qu'elle espéroit en avoir bientost une -bonne issue; et, pour ceste occasion, elle avoit résollu de faire une -levée de gens de guerre de ses subjects, tant de cheval que de pied, -la plus grande qu'elle pourroit, pour establir ses affaires et estre -obéie, et par ce moyen empescher que l'on ne puisse point faire, par -cy après, aulcune aultre eslévation contre son auctorité; et qu'elle -me prioit de ne me mettre en peyne et soubçon de ceste grande levée et -assemblée de gens de guerre qu'elle faisoit, d'aultant que ce n'estoit -que pour servir en son royaulme, et pour se faire obéir à ses dicts -subjects, et non pour ayder et favoriser aulcunement ceux qui portent -les armes contre moy, m'offrant tout ce que je debvois espérer de son -amitié; je vous ay bien voulleu advertir de tout cella affin que vous -luy en parliés de ma part, d'aultant que son ambassadeur ne m'a rien -dict, ni à la Royne, Madame et Mère, de la dicte levée, et qu'elle -vous die ouvertement, sans rien dissimuler, si c'est pour ayder et -favoriser ceux qui portent les armes contre moy, comme on me mande -qu'elle est faicte à ceste intention, ou si ce n'est seulement que -pour s'en servir contre ses dicts subjects. Et faictes en sorte que -vous en puissiés sçavoir la vérité et m'en advertir incontinent, et -vous prendrés garde au visage et à la contenance de la dicte Dame, -comme elle recevra ce que vous luy dirés, me remettant à vous d'y -adjouxter ou diminuer, selon que vous cognoistrés qu'il en sera de -besoin pour mon servisse. - -J'ai reçu vos lettres du XXIe du passé, avec l'instruction que vous -pensiés bailler à La Croix[43], et ay bien veu et considéré tout ce -que vous m'avés mandé, à quoy je vous fairay responce par la première -dépesche, estant trez aise d'entendre si particullièrement toutes les -nouvelles de ce qui se passe par dellà, et que vous continuiés à m'en -tenir adverty, à toutes les occasions qui s'offriront,et le plus -souvent que vous pourrés; priant, etc. - -Escript à Angers, le VIe jour de febvrier 1570. - - CHARLES. FIZES. - - [43] Voyez LXXXIVe dép., tom. III, pag. 20, et le Mémoire joint, - pag. 27. - - - ARTICLES. - - Le Roy ayant entendu ce qui a esté proposé de la part des députés - de la Royne de Navarre, des Princes de Navarre et de Condé, - seigneurs, gentilshommes et aultres, de toute qualité, qui sont - avec eulx, les très humbles requestes, par eulx faictes à Sa - Majesté, de leur donner la paix avecques les seuretés qui sont en - son pouvoir, pour les faire jouir du bénéfice d'icelle, ensemble - les soubmissions qu'ilz luy ont faictes de luy rendre obéissance - et fidellité qu'ils lui doibvent; - - Sa dicte Majesté, pour la singulière affection qu'elle a tousjours - portée à la Royne de Navarre, Princes de Navarre et de Condé, pour - la proximité de sang dont ils luy appartiennent, le desir qu'elle - a de la conservation de ses subjects, spéciallement de sa - noblesse; pour monstrer à eulx et à tous les dessusdictz son - affection et clémence paternelle et royalle envers eulx, et la - vollonté qu'elle a de voir tous ses subjectz ensemble réduictz - soubz son obéissance, et son royaulme en repos des troubles qui y - sont de présent, leur a accordé pour parvenir à une bonne, sincère - et entière pacification des dictz troubles les choses qui - s'ensuivent: - - Premièrement, que la mémoire de toutes choses passées demeurera - esteinte et supprimée, comme des choses non jamais advenues, et - qu'il ne sera loysible ny permis, en quelque temps ni pour quelque - occasion que ce soit, d'en faire jamais mention de procès, en - quelque cour ni juridiction que ce soit, ni ailleurs; et à ceste - fin sera impose sillence à ses procureurs généraux en toutes ses - courts de parlements et leurs substituts; sera aussi deffendu à - toutes personnes privées d'en renouveller la mémoire, ni en faire - reprosche, sur peine d'estre punies comme infracteurs de paix et - perturbateurs du repos public; - - Que touts arrêts, sentences, jugements et procédures faictes en - quelque cour, et devant quelques juges que ce soit, durant les - présents troubles, ou aux précédents, pour raison des choses - passées, durant ou à cause des dicts troubles, à l'encontre des - dessusdictz ou aulcuns d'eux, seront mis à néant, cassés et - révoqués; - - Qu'ils, ni aulcuns d'eulx, ne pourront jamais estre recerchés pour - raison des pratiques ou intelligences qu'ilz pourroient avoir - heues avec princes, potentats, communaultés ou personnes privées, - estrangers, ni à cause des traités ou contractz qu'ils pourraient - avoir faictz ou passés avec eulx pour raison des choses - concernantz les dictz troubles et dépendances d'iceulx; dont le - Roy les a entièrement deschargé, et leur en baillera toutes - lettres et seurettés qui seront à ceste fin nécessaires, en la - meilleure et plus authentique forme que faire se pourra; - - Que, par le bénéfice de ceste paix, tous les dessusdictz seront - remis et réintégrés en leurs honneurs et biens, pour d'iceulx - jouir, eulx, leurs enfans, héritiers, successeurs ou ayans cause, - paisiblement et sans aulcun empeschement. - - Et pour gratiffier particulièrement les dictz Princes et ceux de - la noblesse qui avoient estatz, charges et pensions de Sa dicte - Majesté, le Roy les remettra en leurs dictz estats, charges et - pensions, pour en jouir aussy, comme dessus est dict. - - Et, quand au faict de la religion, le Roy leur permettra de - demeurer et vivre paisiblement dedans son royaulme en entière - liberté de leur conscience, sans estre recerchés en leurs maisons, - ni les asteindre à faire chose, pour le regard de la dicte - religion, contre leur vollonté. Et encores, pour plus grande - sureté, Sa dicte Majesté leur accordera deux villes, dedans - lesquelles ils pourront faire tout ce que bon leur semblera et - qu'ils voudront, sans estre recerchés; et, en chacune d'icelle - ville, le Roy aura un gentilhomme capable et idoine qui aura - l'oeil à ce qu'il ne soit faict chose qui contrevienne à son - auctorité, et repos de son royaulme, et qui maintienne chascun en - paix et repos, ne voullant Sa dicte Majesté qu'il y ait, au reste - de tout son royaulme, aulcun ministre, ni qu'il soit faict aulcun - exercisse de religion que de la sienne. - - Et quant aux officiers de justice, finances et aultres inférieurs, - attendu que, despuys la privation faicte d'iceulx par décrets et - ordonnances de justice, suivant les édits du Roy, aultres ont esté - pourveus en leurs places, et sont aujourdhui en l'exercisse - d'iceulx; que l'argent qui en est provenu a esté despendu et - employé pour soustenir les frais de la guerre; le Roy ne les peut - aulcunement restituer, ni rétracter l'exécution de ses édictz pour - ce regard: attendu mesmes les grandes plainctes et demandes que - font ceux du clergé de son dict royaulme, et aultres, ses subjects - catholiques, pour avoir réparation des dommages par eulx souffertz - tant en leurs biens qu'en la démolition des églises et maisons de - patrimoines, par tous les endroictz de son dict royaulme, à - l'encontre de ceux qui ont faict les dictes démolitions et - domages, auxquelz le Roy ne pourroit justement desnier de faire - droit et justice à l'encontre de ceux contre lesquels ils - voudroient prétendre, s'il falloit entrer en recognoissance de - cause et réparation des dommages soufferts, d'une part et - d'aultre. - - Voulant Sa dicte Majesté, pour l'observation des choses susdictes, - avec toute bonne foy et sincérité leur bailler toutes les seuretés - qui sont en son pouvoir et qu'ils luy voudront honnestement et - raisonnablement requérir, lesquelles seuretés le Roy faira - esmologuer et passer par ses cours de parlement et aultres qu'il - appartiendra; - - Veult et entend Sa dicte Majesté que les dessusdicts - réciproquement pour luy rendre la fidellité et obéissance qu'ils - luy doibvent, ayent à se despartir de toute alliance, - confédération et association qu'ils ont avec les princes, - potentats ou communautés estrangères, hors du royaulme, - pareillement de toutes intelligences, pratiques et associations - qu'ils ont dedans et dehors icelluy; - - Qu'ils ne fairont aulcunes assemblées, contributions ni - cueillettes de deniers, sans expresse permission du Roy déclarées - par ses lettres patentes; - - Licentieront et fairont sortir hors son royaulme, dans un moys - après la conclusion de la dicte pacification, par le chemin qui - leur sera prescript par Sa dicte Majesté, sans foulle ni - oppression de ses subjectz, tous estrangers estant à leur - servisse; et conviendront avec eulx de leur paiement, à leurs - propres coust et despens; et, à ceste fin, leur donnera le Roy - telle permission qu'il sera besoin pour entre eulx cottiser et - lever les sommes qui leur seront nécessaires; - - Laisseront aussy les armes et sépareront aussy toutes leurs - aultres forces, tant de pied que de cheval, par mer et par terre; - - Se retireront chascun en leurs maisons, où bon leur semblera, - incontinent après la conclusion de la dicte paix; par là où ils - sçauront vivre paisiblement; - - Remettront entre les mains du Roy, ou de ceux qu'il commettra, les - villes, chasteaux et places qu'ils détiennent pour le présent, ou - en fairont sortir les forces qu'ils y ont, y délaissant - semblablement l'artillerie et aultres munitions qui sont en - icelles au pouvoir de ceux que y ordonnera Sa dicte Majesté; - - Et générallement restitueront, de bonne foy, à Sa dicte Majesté, - ou à ceux qu'elle commettra, toutes les choses à elle appartenant, - et qui se trouveront encores en nature, soit ez villes et places - qu'ils tiennent et aultres lieux quelz qu'ils soyent, ou par mer - ou par terre. - - Faict à Angers, le IIIe jour de febvrier 1570. - - - - -XXXIX - -MÉMOIRE DU ROY (_en chiffre_). - ---du Xe jour de febvrier 1570.-- - - Réponse à un mémoire confidentiel envoyé par - l'ambassadeur.--Impossibilité où se trouve le roi d'entendre - aux propositions faites par le roi d'Espagne de se liguer - contre l'Angleterre, tant que la guerre civile durera en - France.--Précautions qu'il faut prendre pour savoir d'où - viennent ces propositions. - -Le Roy, ayant veu l'instruction que le Sr de La Mothe Fénélon, son -ambassadeur en Angleterre, luy a envoyé avec ses lettres du XXIe du -moys passé[44], et bien et meurement considéré tout ce qui est contenu -en icelles, a esté très aise d'estre adverti si particullièrement par -son dict ambassadeur de l'estat des affaires de dellà; à quoy n'est -point de besoin que Sa Majesté fasse responce sinon qu'il a receu et -reçoit les advertissements qu'il luy donne ordinairement, de tout ce -qui se faict tant en la cour de la Royne d'Angleterre que en son -royaulme, à plaisir très agréable, et desire que son dict ambassadeur -continue à faire le semblable et le plus souvant qu'il luy sera -possible. - - [44] Voyez le Mémoire joint à la LXXXIVe dép., tom. III, pag. 27. - -Sa dicte Majesté a très bien considéré ce que le dict Sr de La Mothe -Fénélon luy mande de la conférence qu'il a heue avec l'ambassadeur du -Roy d'Espaigne, les propos qu'ils ont tenu ensemble, et ce qu'il luy a -mis en avant de persuader Sa dicte Majesté d'escrire promptement au -Roy Catholique pour la commune entreprise d'entre eulx deux contre -l'Angleterre, pour la restitution de la Royne d'Escosse seulement, ce -qu'il s'asseuroit que le Roy, son Maistre, accorderait de faire plus -vollontiers qu'il n'en seroit requis. Et voyant Sa dicte Majesté les -troubles qui sont encore en son royaulme, il ne peut penser à aultre -chose que de regarder, par tous les moyens qu'il luy sera possible, de -les appaiser, et tâcher de remettre tous ses subjects au debvoir et -obéissance qu'ils luy doibvent, et de s'establir en toutes choses que -luy et ses prédécesseurs Rois ont esté ci devant; et ne fault pas que -le dict Sr de La Mothe Fénélon s'estende tant qu'il se laisse entendre -là dessus par le dict ambassadeur, pour ce que l'on ne sçait à quelle -intention il met telles choses en avant: par quoy le faira parler et -entrer en propos le plus qu'il pourra, affin d'en tirer et descouvrir -ce qui l'a meu luy faire ce langage. - -Faict à Angers le Xe jour de febvrier 1570. - - CHARLES. FIZES. - - - - -XL - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du IIIe jour de mars 1570.-- - - Négociation de Mr de Montlouet.--Recommandation pour que - l'ambassadeur empêche Élisabeth de remettre aux protestans - d'Allemagne l'argent provenant des prises.--Négociation de la - paix.--Remerciement pour la médiation offerte par - Élisabeth.--Affaires d'Écosse.--Offre du roi de s'établir - médiateur entre la reine d'Angleterre et Marie Stuart.--Charge - donnée à l'ambassadeur de faire le traité. - -Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay receu vos lettres du Xe du moys -passé par le sieur de Montlouet, et entendu bien particullièrement par -luy tout ce que vous aviés faict ensemblement, en la charge que je luy -avois donnée, et la responce et résollution que vous aviés sur ce heue -de la Royne d'Angleterre. Despuys j'en ay receu deux aultres des XIIIe -et XVIIe du dict moys[45] par le présent porteur qui est à vous, par -lesquelles vous me mandés ce que le cardinal de Chastillon a négotié -avec la dicte Royne d'Angleterre, ce qu'il a obtenu d'elle, et la -grande instance qu'ils font qu'elle s'ayde des deniers des prinses -faictes sur des marchands, tant subjectz du Roy Catholique que -d'aultres, pour les fournir en Allemaigne, en l'acquit de ses dettes, -affin que les princes protestants s'en puissent accommoder au payement -de leurs levées; ayant trouvé très bon ce que vous en avés dict à -l'ambassadeur du dict Roy Catholique et l'advis que vous me donnés -d'en escrire au duc d'Alve, comme je fais présentement au sieur de -Ferrailz, qui est là de ma part auprès de luy. Et, en attendant que le -dict duc d'Alve en ayt escript de par delà, je suis d'advis que vous -taschiés, par tous les moyens que vous pourrés, soyt par les -ambassadeurs d'Espaigne ou aultrement, d'empescher que la dicte Royne -d'Angleterre ne prenne les dicts deniers. - - [45] Voyez LXXXVIIe, LXXXVIIIe et LXXXIXe dép., tom. III, pag. - 41, 47 et 50. - -J'ay aussi receu, par le courrier que je vous avois despéché, vos -lettres du XXIIe du dict moys[46], et veu, par le contenu en icelles, -ce que vous avés faict entendre, de ma part, à la dicte Dame pour le -faict de la pacification des troubles de mon royaulme, et la bonne et -honneste responce qu'elle vous a faicte, avec un visage plein de -démonstration de joye et contentement, et du grand désir qu'elle a de -voir cella sortir à effaict, et les offres qu'elle faict de s'y -employer, au cas qu'il y intervînt aulcune difficulté, et d'y faire, -pour moy, tout ainsy que si c'étoit son propre faict. - - [46] Voyez XCe dép., tom. III, pag. 58. - -Sur quoy je desire que vous luy faictes entendre, de ma part, que je -la remercie bien fort de ceste bonne et grande affection et volonté -qu'elle a en mon endroict; et que je m'asseure que, si ceux de mes -subjects, qui se sont eslevés en armes contre moy, ont bonne vollonté -de m'estre par cy après fidelles, et rendre l'obéissance qu'ils me -doibvent, qu'estants les articles que je leur ay envoyés si -raisonnables comme ils sont, ils les accepteront. Et où il seroit de -besoing qu'elle s'en meslât, je m'asseure tant de son amitié qu'il n'y -a prince, ni princesse en la Chrestienté qui s'y employast de -meilleure vollonté que j'estime qu'elle faira, ni à qui je m'en -voulusse fier plus librement que je fairois à elle. Et où ils seroient -si desraisonnables et plains de mauvaise intention et vollonté que ils -ne voulleussent accepter les dictes offres, je me veux tant promettre -d'elle que, non seullement elle leur reffusera toute ayde, faveur et -secours, ains qu'elle se voudra, du tout, unir avec moy, comme estant -question d'un faict qui touche à tous princes souverains, pour -réprimer l'audace et témérité de leurs subjects rebelles; estant très -aise de la déclaration qu'elle vous a faicte qu'elle ne faict point -faire aulcune levée en Allemaigne, bien a oui parler de quelque levée -à venir, et qu'elle ne sçait encores ce qui en est, et, quand elle -l'entendra, s'il y a rien contre moy, elle le vous faira sçavoir. Et -faudra que, l'entretenant tousjours en ceste bonne vollonté, vous ne -laissiés pas de regarder à estre soigneusement et curieusement adverti -tant du faict de la dicte levée que de toutes aultres choses qui -surviendront par dellà, pour le me faire entendre. - -Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay veu tout ce que vous -m'avés mandé, concernant le faict de la Royne d'Escosse et de son -royaulme, tant par vos dictes lettres que par l'instruction que avés -baillée au dict porteur[47]; et, suivant l'advis et conseil que vous -me donnés, je me suis résolleu d'envoyer au dict païs, dans peu de -jours, un gentilhomme de ma part pour favoriser le parti de la dicte -Royne d'Escosse. Et considérant le contenu en la lettre du XXIIe du -passé, que vous avez escript à la Royne, Madame et Mère[48], et la -responce que le comte de Lestre vous a faicte sur ce que vous luy avés -remonstré du peu de satisfaction qu'elle m'avoit donné à ce que je luy -avois faict requérir par le sieur de Montlouet en faveur de la Royne -d'Escosse, et comme, en la dernière audiance, que vous avés heu -d'elle, elle vous a offert d'elle mesmes que, s'il me plaist mettre en -avant un expédiant entre elles deux qui soit honneste et non -préjudiciable à elle ni à sa couronne, ni contraire à son honneur et -conscience, qu'elle y entendra très vollontiers, vous ayant prié par -deux fois de me le mander, je trouve très bon que vous l'entreteniés -en cella, et d'aviser aux moyens que l'on pourra tenir pour effectuer -ceste bonne vollonté qu'elle a; et la priés de vous permettre d'aller -trouver la Royne d'Escosse pour en communiquer avec elle, et à ceux -qui sont, là, de son conseil, et en dresser les mémoires et articles -selon et ainsy que vous aviserez pour le mieux; pour, après, -m'advertir de tout ce que vous aurez faict et arresté ensemble. En -quoy je desire que vous vous employés de tout vostre pouvoir, ainsi -que j'ay donné charge au dict porteur vous dire plus amplement de ma -part. Et sur ce, etc. - -Escript à Angers le IIIe jour de mars 1570. - - CHARLES. FIZES. - - [47] Voyez le Mémoire joint à la LXXXIXe dép., tom. III, pag. 54. - - [48] Voyez XCe dép., tom. III, pag. 61. - - - - -XLI - -LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du IIIe jour de mars 1570.-- - - Ordre de surveiller avec précaution les propositions faites par - Stuqueley.--Desir de connaître l'opinion d'Élisabeth et du - cardinal de Chatillon sur la paix. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay receu quatre de vos lettres des Xe, -XIIIe, XVIIIe, XXIIe du moys passé, et entendu, tant du sieur de -Montlouet que du présent porteur, tout ce que vous avés donné charge -de me dire; et pour ce que, par les lettres que le Roy, Monsieur mon -fils, vous escript présentement, vous sçaurés bien au long son -intention sur tout ce que vous nous avés mandé, je ne vous en fairay -icy aultre reditte, me remettant sur le contenu d'icelles. J'ay aussy -receu la lettre que vous nous avés escript en chiffre[49], que le dict -porteur m'a baillé, par laquelle vous me mandés l'opinion que vous -avés des affaires de delà, voyant l'estat auquel elles sont à présent, -et ce que le sieur Stuquelay vous est venu dire; pareillement ce que -vous luy avés bien et sagement respondu, pour la crainte qu'il fault -avoir qu'il feust dextrement envoyé devers vous de la part de la Royne -d'Angleterre ou de ses ministres, pour tascher de descouvrir si l'on -auroit quelque mauvaise vollonté contre eulx, et si vous voudriés -entendre à l'offre qu'il vous a faicte. Par quoy il me semble, pour -estre la dicte Dame hors du soubçon qu'elle pourroit avoir, si l'on -permettoit qu'il vînt de deçà, qu'il sera meilleur que vous -l'entreteniés tousjours en ceste bonne vollonté et affection qu'il a, -de faire servisse au Roy, Mon dict Sieur et fils; et, sans luy -descouvrir rien de vostre costé, tirer de luy tout ce que vous -pourrés, et cognoistrés qu'il vous pourra servir. Et cependant vous ne -laisserés pas de vous informer secrettement des moyens et -intelligences qu'il a et peut avoir avec les seigneurs de delà; et -m'asseure que vous sçaurés très bien juger et cognoistre quelle -apparance il y aura à ce qu'il vous a desjà proposé, et pourra encore -dire, pour nous en mander après vostre advis, et ce qu'il vous en -semblera. Qui est tout ce que vous aurés de moy pour ceste heure, etc. - -Escript à Angers le IIIe jour de mars 1570. - - [49] Voyez lettre du 17 février 1570, jointe à la LXXXIXe dép., - tom. III, pag. 53. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, je vous prie de me mander ce que vous -pourrés cognoistre de l'opinion que la Royne d'Angleterre a pour le -faict de la paix de ce royaulme, et aussy le cardinal de Chastillon, -et ce qu'ils en disent. Je vous veux bien advertir comme le sieur de -Téligni parlant dernièrement à moy, je le voullus mettre en propos des -troubles qui estoient lors en Angleterre; lequel me dict, sur ce que -je trouvois raisonnable de punir et chastier tous les subjects qui -portent les armes contre leurs princes souverains, qu'ils avoient bien -faict, puisque leur Royne ne leur gardoit, de son costé, ce qu'elle -debvoit; et cella vous servira pour un bon subject envers la dicte -Dame, et pour tascher de luy oster l'opinion qu'elle a en leur -endroict; d'aultant qu'ils se réjouissent de voir que ses subjectz -feussent eslevés contre elle. - -Ce IIIe jour de mars 1570. - - CATERINE. FIZES. - - - - -XLII - -Mr LE CARDINAL DE LORRAINE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du IIIe jour de mars 1570.-- - - Remerciemens à l'ambassadeur.--Assurance de reconnaissance. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, ayant receu ce jourdhuy la lettre que -vous m'avés escripte du XXIIe de ce moys, et veu par icelle, et par la -coppie de celle qu'avés envoyée au comte de Lecestre, combien la bonne -affection que vous portés aux affaires de la Royne, Madame ma niepce, -est accompagnée et conduicte de bon advis et meilleur effaict, je n'ay -pu vous en louer ni remercier assés à mon gré, prenant espérance en la -dextérité dont vous usés en ceste négociation, qu'elle pourra prendre -quelque heureuse fin, si vous ne vous lassés point de continuer les -bons et grands offices que vous avés jusques ici tant heureusement -employés à cest effaict. Dont je vous prie, d'aultant plus -affectueusement, que j'aurois regret que ceste bonne occasion se -passât inutille, et qu'oultre la naturelle affection que j'ay à la -dicte Dame et à son servisse, Leurs Majestés se réjouissent -infiniment, en recevant quelque bonne espérance, et voyant la -promptitude et dilligence dont vous usés suyvant leur intention; et -croyés que la dicte Dame, ma niepce, et tous nous aultres, qui avons -cest honneur de luy appartenir, n'aurons pas seulement cognoissance de -la grande obligation que vous aurés acquis en nous par un si digne et -recommandable servisse, mais perpétuelle mémoire pour le recognoistre -de toute nostre puissance selon vos mérites. Je vous prie de rechef, -puisqu'avés conduitte ceste négotiation en si bon chemin, ne vous -arrester et nous acroistre par l'achèvement, le plaisir que vous nous -avés baillé de ce bon commancement, dont Leurs dictes Majestez, ayant -veu vos lettres, ont prinse la meilleure part. Et sur ce, etc. - -D'Angers le IIIe jour de mars 1570. - -Vostre meilleur ami. Le CARDINAL DE LORRAINE. - - - - -XLIII - -Mr DE MORVILLERS, ÉVESQUE D'ORLÉANS, A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du IIIe jour de mars 1570.-- - - Conseils sur les devoirs d'un ambassadeur.--Félicitations sur la - manière dont La Mothe Fénélon s'acquitte de sa charge. - - -Monsieur, j'ay veu, despuys que vous estes en ceste charge, que vous -avés tousjours traicté les affaires d'une façon merveilleusement -louable, et de laquelle me semble qu'un homme réhussit tousjours à son -honneur: c'est de ne dire ni faire chose que les princes, avec -lesquels l'on a affaire, puissent arguer de mensonge, déguisement ou -malice; et qu'un ambassadeur, en toutes ses actions, soit cogneu -sincère, et procédant rondement. Il y en a toutesfois qui pensent que, -pour estre habille homme, il fault tousjours aller masqué, laquelle -opinion j'estime du tout erronée, et celluy qui la suit grandement -déceu. Le temps m'a donné quelque expérience des choses; mais je n'ay -jamais veu homme, suivant ces chemins obliques, qui n'ait embrouillé -les affaires de son Maistre, et, luy, perdre beaucoup plus qu'acquérir -de réputation; et au contraire ceux, qui se sont conduits prudemment, -avec la vérité, avoir, pour le moins, rapporté de leur négociation ce -fruict et l'honneur d'y avoir faict ce que les hommes, avec le sens et -jugement humain, peuvent faire. - -Je vous diray, Monsieur, sans flaterie, que, tant plus je vois de vos -dépesches, plus je loue le chemin que vous tenez; et espère que, le -continuant, les affaires, que vous maniés, succèderont à bonne fin, au -contantement du Roy, et sans offense de la princesse près de laquelle -vous estes. - -Au reste, vous entendés, par la dépesche du Roy et ce que vous dira le -présent porteur, l'intention de Leurs Majestez sur tous les poincts de -vos précédentes. Et vous diray seullement que bien heureux seroient -les rois et monarques de la Chrestienté, si, de bonne foy, se -voulloient ensemble réconcillier et se conforter les uns les aultres à -maintenir leur juste auctorité dessus leurs subjectz; lesquels on -void, de toutes parts, ne tendre à aultre fin qu'à secouer le joug et -se dellivrer de toute subjection. Ils autorisent souvant des mauvais -exemples, dont ils souffrent ordinairement à leur tour. - -Monsieur, je me recommande humblement à vostre bonne grâce, et prie -Dieu vous donner, en santé, longue vie. - -D'Angers le IIIe jour de mars 1570. - - Vostre bien humble ami et serviteur. - - DE MORVILLERS, ÉV. D'ORLÉANS. - - - - -XLIV - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du VIIIe jour de mars 1570.-- - - Réclamation à raison du pillage d'un navire français échoué en - Angleterre. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, j'escriptz présentement à la Royne -d'Angleterre la lectre, que je vous envoye, en faveur de François -Salomon, Jehan Colombel et Jehan Chenadec, marchands et bourgeois de -ma ville de Vannes, en Bretaigne, sur ce qu'ilz m'ont faict entendre -qu'au mois de novembre dernier passé, ils auroient faict conduire -jusques en Flandres le navire à eulx appartenant, nommé la _Bonne -Advanture_, de Vannes, et icelluy faict charger de plusieurs -marchandises, entre aultres, de diverse sorte de soyes, comme tafetas -et satins, toilles de Hollande, plomb, estein, crain, cires, bufles, -poudre fine et grosse, grand nombre d'érain en oeuvre, serges d'Arscot -et aultres marchandises, revenants bien à la valleur d'environ dix -huict mille livres. Lequel navire, ainsi chargé, ils avoient délibéré -faire amener au dict Vannes en Bretaigne, et, ayant prins la route du -dict païs, seroient, environ le quinzième jour de janvier dernier, -arrivés au port de Rosco, distant du dict Vannes de XL lieues; et -estimans, après y avoir quelque temps séjourné, avoir le vent à propos -et commode pour faire voille, se seroient mis en mer, où le vent leur -auroit esté si impétueux et contraire que le dict navire feut jeté en -la coste d'Angleterre, cuydans y estre en aussy grande seuretté comme -en mon royaulme, pour la bonne et parfaicte amitié, bienveillance et -commune intelligence qui est entre noz royaulmes, païs et subjects. - -Les habitants du dict lieu de Falmeu, et aultres circonvoysins, -subjects de la Royne d'Angleterre, se seroient jectés sur la dicte -navire, et icelle déprédé, pillé, saccagé, remporté toutes les -marchandises et choses qui estoient dessus, montants et revenants à la -susdicte somme d'environ dix huict mille livres, oultre les agrès, -appareils et munitions y estants, vallants plus de deux mille livres, -qu'ils auroient aussy prins, remportés, et faict constituer -prisonniers le maistre du dict navire, nommé Loys Corno, ensemble les -mariniers qui y estoient. - -Par quoy, et que je me suis tousjours asseuré, comme je fais encore, -que la dicte Royne d'Angleterre ne le voudroit aulcunement tollérer ni -permettre, et qu'elle ne l'a jamais entendu, je vous prie, Monsieur de -La Mothe Fénélon, après luy avoyr présenté mes dictes lettres, faire -telle instance envers elle que le dict navire, et marchandises qui -estoient dessus, agrès, appareils et munitions, soyent randus et -restitués à ceux de mes dictz subjects, aux quels ils appartiennent, -si les choses sont encores en nature; sinon la juste valleur et -estimation d'iceulx, et les mariniers, et aultres personnes estants -dessus, mis en plaine et entière liberté. Vous verrés les informations -qui de ce ont esté faictes, lesquelles vous sont présentement -envoyées, et employerés la créance, que je vous donne par ma dicte -lettre à la Royne d'Angleterre, de tous les plus honnestes propos et -remonstrances dont vous vous pourrés aviser; m'advertissant, à la -première occasion, de ce que vous aurés faict et de la responce que -vous en aurés heüe. Et sur ce, etc. - -Escript à Angers le VIIIe jour de mars 1570. - - CHARLES. FIZES. - - - - -XLV - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XIIe jour d'apvril 1570.-- - - Remerciemens sur les offres de médiation d'Élisabeth, que la - pacification prochaine doit rendre inutiles.--Remontrances sur - les armemens faits en Angleterre.--Déclaration du roi qu'il ne - souffrira pas qu'ils soient tournés contre l'Écosse.--Demande - qu'Élisabeth retire ses troupes de ce pays, et qu'elle rende la - liberté à Marie Stuart.--Garantie offerte par le roi pour - l'exécution du traité.--Ordre donné pour qu'il soit satisfait - aux réclamations des Anglais sur la pêche des côtes.--Argent - envoyé à Marie Stuart. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay receu voz lettres des IXe et XIXe -du mois de mars dernier; après, j'ay eu celles que m'a aportées le Sr -de Vassal qui sont du XXVIIe du dict moys, ensemble les mémoires et -instructions que vous luy avés baillé[50]; et, oultre le contenu -d'icelles, encore quelles soient bien amples, entendu tout ce qu'il -m'a particullièrement dict et exposé de vostre part, suyvant la charge -qu'il en avoit de vous. Despuys, j'ay aussy receu les aultres lettres -du dernier d'icelluy mois[51], me trouvant, en tout et partout, si -bien et si suffisamment esclairci de tout ce qui se pouvoit apprendre, -du costé du lieu où vous êtes, qu'il n'est possible de plus; tellement -qu'avec très juste occasion j'en demeure fort content et satisfaict. - - [50] Voyez XCIVe, XCVIe et XCVIIe dép., tom. III, pag. 79, 85 et - 88. - - [51] Voyez XCVIIIe dép., tom. III, pag. 103. - -Et pour vous y faire responce, j'ay veu et remarqué, en premier lieu, -ce que vous me faictes sçavoir du grand et singulier desir que avoit -la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, d'intervenir et s'employer à la -pacification des troubles de mon royaume, s'offrant d'envoyer pour -cest effaict par deçà quelqu'un des siens, personnage de qualité -correspondante à un tel négoce, ou bien d'en traiter par delà avec le -cardinal de Chastillon. Sur quoy je ne la puis que grandement -remercier de ceste sienne bonne vollonté et affection en mon endroict, -vous priant faire de ma part cest office envers elle, avec toutes les -plus honnestes parolles dont vous pourrez aviser, l'asseurant que, en -semblable ou aultre occasion, je luy voudrois très vollontiers faire -paroistre, par effaict, la correspondance de nostre bonne et commune -amitié. Mais il ne sera point de besoin luy donner ceste peyne, -d'aultant que ceulx de mes subjectz rebelles, qui se sont eslevés et -prins les armes contre mon autorité, m'ont toujours faict remonstrer -ne voulloir point entrer en capitulation avecque moy, qui suis leur -roy et prince naturel et souverain; mais seullement avec toute -révérence et humilité recevoir les offres que je leur fairois, -tellement que, sur l'acceptation d'icelles que je leur ay cy devant -envoyées, ils ont depputé quelques uns d'entre eulx pour me venir -trouver, estantz desjà si bien acheminés qu'ils seront ici dans peu de -jours, espérant que l'effaict de la dicte pacification sera bientost -résollu: dont je ne faudray de vous advertir incontinent, affin que -vous en faictes part et communication à la dicte Dame. - -A laquelle vous remonstrerés cependant, pour le regard de ce qui -touche le faict de si grandes forces, et l'ordre qu'elle donne encore -tous les jours de les augmenter, ensemble les fournir de provisions et -munitions de guerre, que je ne puis aulcunement penser que ce soit -seullement pour chastier, comme elle dict, les fugitifs de son royaume -qui se sont retirés au païs de la Royne d'Escosse, mais bien estimer -et me persuader qu'elle a aultre intention, encore qu'elle soit sa -proche parante; ce que je ne pourrai aulcunement souffrir ni tollérer, -ayant le coeur grand et bon comme j'ay, et qui ne voudrois -aulcunement dégénérer aux vertueux et magnanimes actes des Rois, mes -prédécesseurs, qui ont toujours heu ceste résollution devant les yeux: -d'employer non seulement les forces et moyens que Dieu leur a donné en -main, mais encore leurs propres personnes, pour rellever et soulager -les opprimés. Par quoy il ne faut pas que la Royne d'Angleterre trouve -estrange si, pour l'ancienne et estroite amitié, alliance et -confédération qui a esté de tout temps observée, et, de règne en -règne, continuée et corroborée entre mes dicts prédessesseurs Rois et -ceux d'Escosse, aussy pour m'estre la Royne du dict païs si prosche -parente comme elle est, estant ma belle soeur, j'embrasse et veux -embrasser le faict de sa cause comme la mienne propre, m'asseurant -qu'en un si bon et saint oeuvre je serai assisté de Dieu, faisant, -comme je fairai, pour une Royne et princesse catholique, la quelle en -ceste affliction ne sera jamais abandonnée du Roy d'Espaigne ni de -tous les aultres princes chrestiens. - -Mais pour n'en venir point jusque là, et devant que les choses passent -plus oultre, vous prierés de ma part la dicte Royne d'Angleterre de -faire rettirer ses forces du dict païs d'Escosse sans y en renvoyer -d'aultres, au contraire mettre la Royne du dict Escosse en liberté -pour gouverner et commander en son dict royaulme, ainsi qu'elle doibt -et luy appartient de faire, estant née royne et princesse souveraine -du dict païs, ou bien en laisser faire à ceux qui, de par elle et -soubz son autorité, seront commis et depputés au dict gouvernement, -attandu mesme que en cessi ne luy a esté donné aulcun empeschement -sinon par ceux qui tiennent le parti d'icelle Royne d'Angleterre; avec -laquelle je seray toujours très aise de continuer tous les bons -offices d'amitié qui me seront possibles, l'asseurant que la Royne -d'Escosse gardera, de sa part, tous les traités qui ont esté cy -devant, et seront cy après, faicts et accordés avec la Royne -d'Angleterre et ses prédécesseurs, et qu'elle vivra avec elle, gardant -tout le debvoir d'une bonne et syncère amitié, sans y contrevenir -aulcunement; et que je luy en veux donner telle promesse et asseurance -qu'elle aura occasion d'en avoir grand contentement. - -Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay veu par le double que -vous m'avés envoyé de la lettre que vous ont escript ceux du conseil -d'Angleterre, la plaincte que font les pescheurs de la Rie contre ceux -de mes subjects, lesquels ilz prétendent contrevenir aux ordonnances -faictes sur le faict des dictes pescheries, chose que je n'ay jamais -entendue jusques à ceste heure. Et, à la vérité, je suis bien aise de -le sçavoir, pour l'envie et la bonne affection que j'ay d'y pourvoir -et remédier: et, à ceste fin, j'escriptz présentement au Sr de La -Meilleray, mon lieutenant au gouvernement de Normandie, s'enquérir et -informer bien soigneusement et dilligemment du faict d'icelles -pescheries, et des contraventions aux dictes ordonnances, pour, sur -ce, réduire et remettre les choses en l'estat qu'elles doibvent estre, -et y demeurer en sorte qu'il n'en advienne plus aucune plainte; et -qu'il ne faille à m'advertir incontinent de tout ce qu'il en aura -faict et exécuté, affin que je vous le fasse entendre pour leur -remonstrer par delà, et ez lieux et ainsi qu'il en sera de besoin, -tellement que l'on cognoisse partout l'envie que j'ay de vivre en -bonne et mutuelle amitié avec la dicte Royne d'Angleterre. - -Je vous advise, Monsieur de La Mothe Fénélon, que la somme de dix sept -mille livres, d'une part, et cinq mille qui seront cy après envoyés -en Angleterre, n'est à aultre fin que pour estre baillée à la Royne -d'Escosse, ma belle soeur, et non ailleurs, pour luy ayder à subvenir -en ses affaires, comme estant de ses deniers; par quoy vous le luy -fairez bailler et en prendrez quittance d'elle pour vostre descharge, -que vous m'envoyerez pour faire aparoir comme elle les aura receus -entre ses mains; vous ayant bien voullu renvoyer le dict Sr Vassal, -sur lequel me remettant, je prie, etc. - -Escript à Chasteaubriant le XIIe jour d'apvril 1570. - - CHARLES. FIZES. - - - - -XLVI - -LE DUC D'ANJOU A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - -(_Lettre escrite de la main de Monsieur le Duc._) - ---du XIIe jour d'apvril 1570.-- - - Protestation faite par le duc d'Anjou qu'il n'a jamais déclaré - avoir l'intention, aussitôt la paix conclue, de faire une - entreprise en Angleterre pour délivrer Marie Stuart. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, vous verrés par la despesche du Roy, -Monseigneur et frère, responcive à celles que nous avons cy devant -receu de vous, et mesme par le Sr de Vassal qui vous est présentement -renvoyé, le voulloir et l'intention de Sa Majesté sur toutes vos -dictes despesches, estant le tout si bien et amplement déduict qu'il -ne me reste à vous dire davantage là dessus. Mais, pour le regard de -ce que vous m'escrivés, en particullier, touchant quelques propos qui -avoient esté tenus à la Royne d'Angleterre, et dont elle se sentoit -piquée; disant que j'avois voullu persuader quelques gentilshommes, -venus du camp de nos ennemis, à franchement recevoir les conditions de -la paix que l'on leur offroit, et quitter toutes aultres passions pour -se réunir ensemblement à une mesme bonne et entière vollonté, et que, -après, je les mènerois à une très honnorable entreprise en Angleterre, -pour y dellivrer une Royne que l'on y détenoit prisonnière; tellement -qu'il sembloit par là que je luy voulleusse desjà dénoncer la guerre, -dont elle ne pensoit m'avoir aulcunement donné l'occasion: sur quoy, -Monsieur de La Mothe Fénélon, vous luy avés fort bien et sagement -respondu. - -Et fault que je vous die qu'il estoit impossible de faire en cella -meilleur office que celluy que vous avés faict, qui est la vraye et -pure vérité, lorsque vous luy avez faict entendre qu'une telle -vollonté ne m'estoit point tombée dans le coeur; et quand bien il en -auroit heu quelque chose, ce que non, toutesfois tant s'en fault que -je l'heusse dict à ceux que je tenois et tiens encore pour ennemis, -durant le temps qu'ils porteront les armes contre moy, que seullement -je ne l'heusse pas voulleu descouvrir à mes amis; vous priant -d'assurer, de ma part, la Royne d'Angleterre que je trouve aultant -estrange ceste nouvelle comme elle est éloignée de la vérité, n'y -ayant jamais pensé en quelque sorte que ce soit. Mais ce sont quelques -turbulents, esprits malicieux, qui s'exercent et passent le temps à -forger telles malheureuses inventions; la priant bien fort de n'en -voulloir croire aulcune chose, mais au contraire que j'ay toujours heu -devant les yeux ceste bonne et ferme intention de voir ces deux -royaumes, de France et d'Angleterre, continuer et persévérer en leur -commune et mutuelle amitié; et à faire, de ma part, tous les meilleurs -offices que je pourrois pour donner tesmoignage par effaict de ma -dicte bonne vollonté, qui ne sera jamais aultre. Sur ce, etc. - -Escript à Chasteaubriant, le XIIe jour d'apvril 1570. - - Vostre bon ami. HENRY - - - - -XLVII - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du IVe jour de may 1570.-- - - Détails sur la négociation de la paix qui est près d'être - conclue.--Réponse faite aux articles par les princes de Navarre - et de Condé.--Insistance du roi pour qu'Élisabeth retire ses - troupes d'Écosse.--Affaires de Marie Stuart.--Résolution du roi - de faire rendre justice sur les plaintes des Anglais. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay receu voz lettres des IXe, XIIIe et -XVIIIe du moys passé[52], et par icelles entendu, bien et -particulièrement, en quel estat sont toutes choses de par delà, et -tout ce qui s'y est passé jusques à l'arrivée du présent porteur qui -est à vous; et m'avés faict bien grand plaisir de me tenir si souvent -et si amplement adverti des occurrences du lieu où vous estes. Je -n'heusse pas tant demeuré à vous faire responce sans ce, que -j'attandois le retour du Sr de Biron, et ce qui réhussiroit de la -négotiation de la paix, par la venue des depputés que la Royne de -Navarre et les Princes, ses fils et nepveu, ont envoyéd evers moy; -lesquels, oultre le contenu ez articles que je leur avois cy devant -envoyés par le dict sieur de Biron, et dont je vous ay donné adviz et -envoyé coppie, m'ont faict, de leur part, plusieurs aultres -particullières supplications et demandes de ce qu'ils désirent obtenir -de moy. Et ayant mis en considération les grandes calamités, misères, -oppressions et ruines dont mes pauvres subjects sont continuellement -affligés, pour raison des guerres provenant des troubles qui ont esté -cy devant et sont encore à présent en mon royaulme, et pour éviter un -plus grand mal et donner quelque repos et soulagement à mes subjects, -j'ay bien voulleu, puisqu'il n'y avoit aultre moyen de parvenir à une -pacification, leur accorder ce que vous verrés par les responces que -je leur ay faictes, dont je vous envoye un double, affin que vous -sçachiés les causes et raisons et occasions pour lesquelles je me suis -condescendu à leur octroyer plus que de ce que je leur avois mandé par -le susdict Sr de Biron et le Sr de Malassise, conseiller en mon -conseil privé; ce que vous pourrés dextrement et sagement faire -entendre à la Royne d'Angleterre, et luy en parler avec tel propos et -langage que vous cognoistrés qu'il en sera de besoin pour mon -servisse. Et n'oubliés de la remercier aussy bien fort, de ma part, de -la grande démonstration qu'elle a tousjours faicte de désirer la paix -et repos en mon royaulme, et la bonne vollonté qu'elle a heue de s'y -employer elle mesme, tellement qu'estant toutes choses aux termes -qu'elles sont, et veu les grandes et raisonnables offres que je leur -fais, j'espère qu'il ne sera poinct de besoin de luy donner ceste -peyne; et que ceux de mes subjects, estant de la nouvelle opinion, qui -se sont eslevés contre moy, ne s'oublieront point tant qu'ils ne -reçoivent la grâce que je leur fais avec les conditions contenues ès -dictes responces qui leur seront offertes de ma part. Aultrement, avec -juste occasion, je ne pourrois penser d'eux qu'avec très mauvaise -vollonté, et que ce seroit plustôt leur ambition qui les pousserait à -continuer la guerre que le zelle qu'ils disent avoir à la conservation -de leur religion. Et sur ce faict je ne puis mander aultre chose -jusques au retour du Sr de Biron et de Malassise. - - [52] Voyez Ce, CIe et CIIe dép., tom. III, pag. 110, 113 et 116. - -Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay trouvé très bons tous -les bons offices que vous avés faict, de ma part, envers la dicte -Dame pour la dicte Royne d'Escosse, ma belle soeur; et m'asseure que, -suyvant ce que je vous ay escript par mes dernières lettres, que le Sr -de Vassal vous a aportées, vous n'aurés rien oublié de mon intention -pour tascher et empescher, par tous les moyens que vous aurés peu, que -les forces qu'elle voulloit envoyer en Écosse n'ayent passé oultre, ce -que je désire que vous continués, et y faictes tout ce qu'il vous sera -possible. Et pour le regard du secours que la dicte Royne d'Écosse -desire estre par moy envoyé en son royaulme, j'ay donné charge au -présent porteur de vous faire sur ce entendre ce que j'ay résollu, et -aussy du surplus de ce qui est contenu ez instructions et mémoires que -vous luy avés baillé. - -Quand à la plaincte que ceux de la Royne d'Angleterre vous ont faicte -pour un de ses subjectz qui a perdu un navire, et dont vous m'avés -envoyé la requeste qu'ils vous en ont présentée, j'ay commandé que -l'on vériffie le faict et qu'il en soit faicte telle punition et -justice qu'il appartient, qui est tout ce que je vous escripray. Et -sur ce, etc. - -Escript à Chasteaubriant le IVe jour de may 1570. - - CHARLES. FIZES. - - - - -XLVIII - -LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du IVe jour de may 1570.-- - - Conférence entre la reine-mère et l'ambassadeur - d'Angleterre.--Offre de l'ambassadeur de faire la proposition - du mariage du duc d'Anjou avec Élisabeth.--Désir de la reine - que La Mothe Fénélon appuie les projets de mariage de - Leicester. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay receu voz lettres du IXe, XIIIe et -XVIIIe du moys passé, auxquelles l'on a différé de vous faire -responce, tant pour attendre le retour du Sr de Biron et des depputés -que la Royne de Navarre et les Princes, ses fils et nepveu, ont envoyé -devers le Roy, Monsieur mon fils, que pour vous avoir mandé, par le Sr -de Vassal, tout ce que nous vous pouvions escrire jusques à ce que -l'on ait veu la résollution qui seroit prise de la négotiation de la -paix. Et pour ce que, par les lettres que le Roy, Mon dict Sieur et -fils, vous escript et les responces qu'il leur a faictes, qu'il vous -envoye, vous serés bien amplement instruict de tout ce qui s'est passé -en cest affaire jusques à présent; m'en remettant là dessus, je ne -vous en manderay aulcune chose en la présente, m'asseurant que vous en -fairez sagement et dextrement entendre à la Royne d'Angleterre ce que -vous verrez et cognoistrez qu'il en sera de besoin; - -Vous voullant bien advertir comme, à la dernière audience que je -donnay à son ambassadeur, estant sur le propos de la Royne, sa -Maistresse, je luy dis que le Roy, Mon dict Sieur et fils, et moy -desirions, pour l'amitié que nous luy portons, qu'elle voullût mettre -la Royne d'Escosse en liberté, et luy ayder et favoriser en tout ce -qu'elle pourroit pour la remettre en son royaulme, avec l'autorité qui -luy est deue; et aussy qu'elle prît une résolution de se marier et de -choisir quelqu'un qui feust à sa dévotion et de qui elle peut disposer -à sa vollonté; et par ce moyen elle demeurerait en plus grand repos en -son royaulme, et osteroit les occasions des troubles qu'elle a heue -naguières, et encores a; et que ceux, qui prétendent succéder après -elle, n'auroient plus de prétexte d'y faire les remuements et menées -qu'ils font ordinairement. - -Sur quoy le dict ambassadeur me fit responce que, si je parlois pour -mon fils, le Duc d'Anjou, qu'il en escriroit vollontiers, et qu'il -pensoit que sa Mestresse auroit bien agréable d'en ouïr parler. - -Et, sur ce, je luy remonstray que l'âge de mon fils estoit si inesgal -au sien que cella ne se pourroit effectuer, et qu'elle debvoit -regarder d'en choisir quelqu'un dans son royaulme tel que bon luy -sembleroit: ce que je desire que vous faciés entendre au comte de -Lestre, et comme, suivant ce que vous m'en avés cy devant escript, et -les propos qu'il vous en avoit tenus, j'ay dict cella au dict -ambassadeur; et que ce n'est à aultre fin que pour luy faire -cognoistre la bonne vollonté que le Roy, Mon dict Sieur et fils, et -moy luy portons, et que nous avons faict et fairons tous les bons -offices que nous pourrons pour luy ayder à parvenir à ce qu'il peut -desirer en cest endroict; nous asseurant aussy qu'il faira tousjours -tous les bons offices qu'il pourra envers sa Mestresse pour entretenir -la bonne amitié qui est entre nous. - -Quand au faict de la Royne d'Escosse, vous verrés ce que le Roy, Mon -dict Sieur et fils, vous en escript, et entendrés, tant par sa lettre -que par ce que nous avons dict au présent porteur, qui est à vous, sur -ce plus amplement son intention; qui me gardera de vous faire la -présente plus longue. Sur ce, etc. - -Escript à Chasteaubriant le IVe jour de may 1570. - - CATERINE. FIZES. - - - - -XLIX - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XXXIe jour de may 1570.-- - - Affaires d'Écosse.--Nouvelle déclaration du roi pour qu'il soit - enjoint à Élisabeth de retirer ses troupes de ce pays.--Offre - acceptée par le roi de s'établir médiateur entre Élisabeth et - Marie Stuart.--Charge donnée à l'ambassadeur de se rendre - auprès de la reine d'Écosse.--Instruction pour le traité qui - pourrait être conclu. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay receu voz lettres des XXIIIe et -XXVIIe apvril, et IIIe et VIIIe du présent moys de may[53], par -lesquelles vous me faictes bien et particullièrement entendre tout ce -qui s'est passé de delà; et mesmes pour les forces que la Royne -d'Angleterre a faict acheminer en Écosse, la façon de laquelle on y a -procédé, ayant bruslé partout où ils ont passé, et prins le chasteau -de Humes, où ils ont mis garnison, la deffaicte de la plus grande -partie des forces qu'avoit milord Scrup, et particullièrement la -responce que la Royne d'Angleterre vous a faicte, luy ayant faict -entendre ce que je vous avois escript, et donné charge de luy dire, de -ma part, pour le faict de la Royne d'Escosse et des forces qu'elle -faisoit passer en son royaulme, et que, pour l'ancienne allience et -amitié qui est entre ces deux royaulmes, je ne pourrois moins faire -que de la secourir; ayant bien notté et considéré tout ce que vous -m'en avés mandé et ce que Sabran, présent porteur, oultre le contenu -en voz despesches, m'en a faict entendre amplement de vostre part. Sur -quoy je vous veux bien advertir que j'ay trouvé très bon tout ce que -vous en avés faict, qui est conforme à mon intention et vollonté, -ayant résollu de tenir le mesme langage à son ambassadeur, lorsqu'il -m'en parlera. - - [53] Voyez CIIIe, CIVe, CVe et CVIe dép., tom. III, pag. 128, - 130, 133 et 138. - -Et cependant vous pourrés voir la dicte Dame, et luy dire que les -propos, que je luy ay faict tenir par vous, ne sont point pour rompre -aulcunement la forme de paix et amitié que nous avons ensemble; -qu'elle sçait bien que ce n'est pas une allience nouvelle que je fais -avec la Royne d'Escosse et son royaulme, pour ce qu'il y a neuf cens -ans qu'elle a esté ainsi continuée par les Rois, mes prédécesseurs, et -ceux du dict Escosse; et que, pour mieux entretenir l'amitié qui est -entre nous, je n'avois point voullu, suyvant la prière et requeste que -son dict ambassadeur m'en avoit faicte, envoyer aulcunes forces en -Escosse, sur l'asseurance qu'il m'avoit donnée que la dicte Dame n'y -en envoyeroit point aussy. Et voyant à présent le contraire, et que la -Royne d'Escosse et les principaux de son païs me voudroient ou -pourroient sommer de les secourir, suyvant les traités, je ne pouvois -moins faire, pour entretenir l'amitié d'une part et d'aultre, que de -luy faire remonstrer ce que vous luy avés desjà dict; et que, pour les -raisons et considérations susdictes, je la prie de rechef de ne rien -faire ou entreprendre sur la dicte Royne d'Escosse et son royaulme, et -d'en faire incontinent rettirer ses forces, ayant bien agréable -l'offre, qu'elle vous a faicte, de voulloir recevoir les conditions -que la Royne d'Escosse luy demandoit sur la commodité de ses affaires, -ou que je luy faisois offrir pour elle. - -Et pour mieux et plus tot acheminer ceste négociation, vous la prierez -de vous permettre d'aller trouver la dicte Royne d'Escosse pour luy en -communiquer, et qu'elle puisse appeller aulcuns de son conseil, telz -qu'elle advisera, affin qu'avec eulx elle puisse faire mettre par -escript tout ce qui sera nécessaire pour l'entretènement d'une bonne -paix, amitié et concorde entre elles deux; et que je vous ay donné -charge de dire à la Royne d'Escosse que je desire que, de sa part, -elle garde et fasse observer et entretenir inviolablement tout ce qui -sera faict et accordé entre elles, et aussy qu'elle pardonne à tous -ses subjects pour tout ce qu'elle pourroit prétendre avoir esté faict -par eulx, soit en faveur de la Royne d'Angleterre, ou aultrement. Et -pour cest effaict, Monsieur de La Mothe Fénélon, vous regarderez par -tous les moyens dont vous pourrés aviser à conduire si bien ceste -résolution qu'elle a prinse, qu'il s'en puisse ensuivre bientost un -bon accord, et la Royne d'Escosse mise en liberté et en l'authorité et -commandement qu'elle doibt avoir en son royaulme. - -Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fénélon, je vous envoye un extraict -de la lettre, que le maréchal de Dampville m'a escripte par Le Béloy, -de la deffaicte d'un grand nombre d'hommes de cheval et à pied, qu'il -a faicte sur mes subjects rebelles, affin que vous puissiez faire -entendre au vray à la dicte Dame, et où il sera de besoin, ce qui en -est. Et en attendant le retour des susdicts de Biron et de Malassise, -que j'ay envoyé devers les Princes de Navarre et de Condé, et -l'Admiral, pour leur faire entendre ma dernière résollution sur ce -qu'on nous faict requérir et supplier, je suis allé en Bretaigne pour -y prendre plaisir à la chasse; et m'achemine présentement, par la -Normandie, vous avisant que vous ne me sçauriés faire servisse plus -agréable que de me tenir ordinairement et continuellement adverti de -toutes les nouvelles et occurences de delà, comme vous avés très bien, -et à mon contentement, faict jusques ici, ainsi que j'ay donné charge -à Sabran vous dire plus particullièrement de ma part. Sur ce, etc. - -Escript à Mortaing, le dernier jour de may 1570. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, despuys la présente escripte, j'ay reçue -voz lettres des XIIIe et XVIIe de ce moys[54], par lesquelles vous -m'advertissez de ce qui s'est passé de delà, despuys voz dernières -lettres, et de combien a servi ce que vous aviés faict entendre à la -Royne d'Angleterre de ma part, ayant faict rettirer ses forces en la -frontière; et sur ce que vous me mandez particullièrement de -l'expédient que la dicte Dame veut prendre sur les affaires de la -Royne d'Escosse, et comme elle pourra traicter seurement avec elle, de -trois poincts; sçavoir est: du tiltre qu'elle prétend à la couronne -d'Angleterre, d'une ligue et de la religion. - - [54] Voyez CVIIe et CVIIIe dép., tom. III, pag. 150 et 154. - -Pour le regard du tiltre et de la religion vous regarderez avec la -dicte Royne d'Escosse et son conseil; et quand à la ligue qu'elles -pourroient faire ensemble, il n'est pas raisonnable, comme vous -sçavés, qu'elle soit faicte à mon préjudice; et pour oster la Royne -d'Angleterre de tout soupçon, et luy faire mieulx cognoistre comme je -veux vivre en bonne amytié avec elle, vous luy fairez entendre de ma -part que je veux et desire entrer en ceste ligue avec elle et la Royne -d'Escoce. Et, pour cest effaict, je veux et entend que vous y faictes -pour moy, et en mon nom, tous ce que verrés et cognoistrés estre -requis et nécessaire pour le bien de mon servisse, ainsi que j'ai -donné charge plus particulière au dict Sabran de vous dire. Ce XXXIe -jour de may 1570. - - CHARLES. FIZES. - - - - -L - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du Xe jour de juing 1570.-- - - Approbation de la négociation faite par l'ambassadeur concernant - l'Écosse.--Consentement donné par le roi au rappel des forces - qu'il envoyait dans ce pays.--Confiance qu'Élisabeth va - procéder au traité pour la restitution de Marie - Stuart.--_Lettre de Mr de Fizes._ Déclaration que le roi ne - consentira pas à ce qu'il soit accordé des otages français pour - assurer l'exécution du traité relatif à Marie Stuart, mais - qu'il ne s'oppose pas formellement à ce qu'il soit donné des - otages écossais. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, despuys le partement de Sabran pour s'en -retourner devers vous, j'ay receu vos lettres du XXIIe et XXVIIe du -passé[55], par lesquelles vous me faictes bien particullièrement -entendre tout ce qui a esté fait et négotié par vous, tant avec la -Royne d'Angleterre que ceux de son conseil, pour le faict de la Royne -d'Escosse et de son royaume; les cinq poincts qu'ils ont mis en avant -pour parvenir à quelque bon accord, et pour accomoder les différents -qui sont entre elles; et aussy les seurettés que la dicte Royne -d'Angleterre demande pour l'entretènement de ce qui sera traicté et -arresté, et enfin ce qui a esté résollu suivant le mémoire qui m'en a -esté par vous envoyé. Sur quoy j'ay bien voulleu vous advertir que -j'ay heu fort agréable tout ce que vous avés dict et faict entendre de -ma part à la dicte Dame, et loue grandement la sagesse, prudence et -dextérité de laquelle vous avés usé, selon que vous avés cogneu qu'il -en estoit de besoin, et que l'occasion se présentoit; ce qui ne -sçauroit avoir esté faict mieulx ni plus à propos, ni dont je puisse -avoir plus de contentement et satisfaction, ni plus conforme à mon -intention et vollonté, ayant résollu de tenir ce mesme langage à son -ambassadeur qui m'a faict demander audience; laquelle j'espère luy -donner dans deux jours, que je pourray estre à Alançon. - - [55] Voyez CIXe et CXe dép., tom. III, pag. 157 et 161. - -Et pour le regard de ce que vous avés accordé avec la dicte Dame et -ceux de son conseil, ainsi qu'il est mis par escript par le dict -mémoire; vous luy direz que, pour luy faire cognoistre comme je veux, -de ma part, satisfaire à tout ce que vous luy avés dict, promis et -accordé, et mesmes pour luy donner plus grand tesmoignage de la -vollonté que j'ay d'entretenir la bonne amitié qui est entre nous, -que, ayant agréable tout le contenu en icelluy, j'ay incontinent -contremandé les cappitaines, avec les forces que j'avois déjà envoyées -en Escosse, m'asseurant aussy que, de sa part, elle faira le semblable -pour les deux mille arquebusiers qu'elle y a envoyés, despuys qu'elle -a faict rettirer son armée à Barwich, et les vaisseaux qu'elle a fait -mettre en mer; et que, de bonne foy, et avec telle syncérité qu'il -appartient, et que je doibs espérer d'une Royne et princesse telle -comme elle est, qu'elle satisfaira à ce qui est desjà accordé, et -parachèvera de conclurre et arrester tout ce qui reste pour remettre -la Royne d'Escosse, ma belle soeur, en liberté et en l'auctorité et -commandement qu'elle doibt avoir en son royaulme, et aussy pour mettre -une bonne fin, par accord et voye amiable, à tous les différents qui -peuvent être entre elles et leurs royaulmes, affin que, par cy après, -il n'y puisse survenir aulcune altération ni différent. - -Et voyant comme vous avés fort sagement et bien conduit cest affaire -jusques ici, je ne vous en manderay aulcune chose en particullier, -m'en remettant et reposant de tout sur vous pour le négotier, selon -et ainsi que vous cognoistrés estre convenable pour ma grandeur et -réputation, et pour le bien et commodité de ceste couronne. Sur ce, -etc. - -Escript à Argentan le Xe jour de juing 1570. - - CHARLES. FIZES. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, despuys la présente escripte, j'ay receu -vostre lettre du premier de ce moys[56], à laquelle n'est point de -besoin de vous faire aultre responce, y estant satisfaict par ce que -je vous mande cy dessus, sinon que j'ay esté bien aise d'entendre ce -qui s'est passé despuys vos dernières lettres. - - CHARLES. FIZES. - - [56] Voyez CXIe dép, tom. III, pag. 171. - - -(Plus est escript dans la lettre de Mr De Fizes à Mr de La Mothe -Fénélon). - -Monsieur, comme je voullois fermer ce pacquet, Leurs Majestés ont -receu vos lettres du 1er de ce moys, que je leur ay faict voir, et -particullièrement à la Royne ce que m'avés escript sur ce que vous -prévoyés que la Royne d'Angleterre s'opiniastrera d'avoir des ostages -pour l'entretènement du traitté qu'elle faira avec la Royne d'Escosse, -nommément le filz, si elle peut, et principallement quelques uns de la -maison de Guise ou d'Aumale. Sur quoy Sa Majesté m'a commandé vous -escrire qu'elle n'en veut point parler au Roy, sçachant qu'il ne -trouvera poinct bon et ne voudra, en quelque sorte que ce soit, -bailler aulcuns otages françois. Et, pour le regard du Prince -d'Escosse et des seigneurs escossois, qu'il ne s'en souciera pas, -sinon en tant que vous verrés que cella luy pourra servir, et que, -pour ce regard, luy en accorde ce que l'on advisera. - -Le Xe jour de juing 1570. - -Vostre bien humble et affectionné amy et serviteur. - - FIZES. - - - - -LI - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du VIe jour de juillet 1570.-- - - Négociation concernant Marie Stuart.--Articles sur l'exercice de - la religion protestante et la ligue entre l'Angleterre et - l'Écosse.--Avertissement donné aux gouverneurs des ports des - entreprises projetées par les protestans. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ai receu vostre lettre du XXVe du -passé[57], et par le contenu en icelle veu la façon dont vous avés -procédé pour faire entendre à la Royne d'Angleterre mon intention, sur -ce qu'on luy avoit voullu faire acroire de l'asprest que je faisois -faire en Bretaigne pour envoyer des forces en Escosse, et luy oster -l'opinion que, à la persuasion d'aulcuns de ses ministres, elle avoit -conceu du contraire, nonobstant la promesse que j'en avois faicte à -son ambassadeur et ce que je vous ay mandé et donné charge de luy dire -de ma part; ayant trouvé très bon que, au lieu de luy escrire, vous -ayez avisé d'attendre qu'elle ait moyen de vous donner audience, affin -que vous mesmes, de vive voix, luy puissiés dire et asseurer tout le -contraire de ce que on luy a voulleu persuader; et ce pendant ceux que -vous m'escrivés, lesquelz sont absents de sa cour, seront de retour; -et sur ce que vous me mandés avoir descouvert que aulcuns de son -conseil, qui ont tousjours voulleu empescher la liberté et restitution -de la Royne d'Escosse, voyant que leur Maistresse estoit délibérée de -mettre une fin à cest affaire, et parachever ce qui est desjà -commancé, ont résollu de se tenir fermes aux conditions portées par -vostre lettre, et dont j'ay fait faire un extraict que vous trouverez -avec la présente; sur quoy vous désirés entendre ma vollonté pour -l'exposer quand il sera temps et qu'il en sera traité. - - [57] Voyez CXVIIe dép., tom. III, pag. 212. - -J'ai pensé que, à présent, vous aurés receu toutes les despesches que -je vous ay ci devant faites, et mesmes les dernières par Vassal, et le -sieur de Poigny[58], par lesquelles je vous ay satisfaict à la -pluspart du contenu au dict mémoire, qui est que je ne voullois poinct -bailler aulcuns otages françois, de quelque qualité qu'ils le puissent -demander; et, pour le regard de ceux qu'ils voudront avoir du royaulme -d'Escosse, que je m'en remectz entre elles deux et leurs ministres -pour en accorder, ainsi que bon leur sembleroit, réservé le Prince -d'Escosse, comme n'estant raisonnable qu'il soit mené hors son -royaulme. Et à ceste occasion, je desire que vous faites tout ce que -vous pourrés pour empescher qu'il ne soit poinct envoyé en Angleterre. - - [58] Cette dernière lettre, en date du 27 juin 1570, manque. - -Quand au faict de la religion protestante, pour estre establie et -confirmée en Escosse; le serment solennel qu'ils veullent faire faire -à la Royne du dict pays de ne se marier sans l'exprès consentement de -la Royne d'Angleterre et de chasser les rebelles anglois qui se sont -rettirés en son païs; la cession, qu'ils veulent qu'elle fasse à la -Royne d'Angleterre et aux enfants qui viendront d'elle, de tout le -droict et tiltre qu'elle prétend au dict royaulme; de déclarer, dès à -présent, pour son successeur à celluy d'Escosse et aux droits qu'elle -prétend à celluy d'Angleterre le Prince, son fils; je remetz cella à -ce que vous en saurés bien meurement et sagement adviser avec la Royne -d'Escosse et ses ministres, pour faire le traité le plus à son -avantage qu'il sera possible, et qu'il ne me soit aulcunement -préjudiciable. - -Touchant la ligue offensive et deffensive entre les deux Roynes et -leurs royaulmes, à laquelle me sera donné lieu pour y entrer, si bon -me semble, vous aurés veu ce que je vous en ay mandé cy devant sur -cest article, lequel méritte d'estre bien pesé et considéré par vous, -ensemble celuy qui est ensuivant, par lequel il est dict qu'il ne sera -loisible d'introduire nul estranger en armes dans le païs, d'où qui -soit, ni par quelque coulleur ou prétexte que ce puisse estre; et se -garder, le plus que l'on pourra, de n'entrer point à faire de nouveaux -traictés qui puissent préjudicier aux anciennes alliances que mes -prédécesseurs et moy avons heu, de si longtemps, et qui demeurent -encore avec ceux d'Escosse. Et suffiroit seulement d'accorder ce que -vous verrez estre bon pour l'entretènement d'une bonne et commune -amitié entre elles et moy; et où vous verriés que l'on voudroit faire -et accorder chose qui me feust préjudiciable, avant de passer oultre, -je veux et entends que vous m'en advertissiés, pour, sur ce, vous -faire entendre mes voulloir et intention. - -J'ay veu aussy ce que vous me mandés des nouvelles que vous avés heues -des forces d'Allemaigne, et ce que vous avés peu sçavoir de leur -délibération, et pareillement de la descente que ceux de leur parti -veullent faire par mer en aulcuns des ports et havres de Picardie, -Normandie, Bretaigne ou Guienne, dont j'ay adverti les gouverneurs des -provinces et ceux qui y commandent pour moy, affin de se tenir sur -leurs gardes. Qui est tout ce que j'ay à vous escrire pour le -présent, me remettant du surplus sur ce que je vous ay mandé par le -dict Vassal, Sr de Poigny et celluy des vostres que vous m'avés -dernièrement envoyé. - -Despuys la présente escripte, j'ay receu vostre despesche du XXIXe du -passé[59] et veu ce que, par icelle, vous me faictes savoir. Sur quoy -n'est besoin vous faire aultre response pour ceste heure; en attendant -l'advis de ce que vous aurés négotié par dellà. - -Escript à Gaillon, le VIe jour de juillet 1570. - - CHARLES. FIZES. - - [59] Voyez CXVIIIe dép., tom. III, pag. 216. - - - - -LII - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XXIXe jour de juillet 1570.-- - - Mission de Mr de Poigny en Angleterre.--Mécontentement du roi de - ce qu'il ne lui a pas été permis de passer en Écosse.--Espoir - d'une paix prochaine. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, despuys l'arrivée par deçà de Sabran, -qui est à vous, j'ay receu deux de vos despesches du XIVe et du XIXe -de ce moys[60], et par le contenu d'icelles veu ce que me mandés du -faict de vostre négotiation de delà; en quoy vous me représentés si -bien et particullièrement tout ce qui s'est passé après l'arrivée du -Sr de Poigny, qu'avec très juste occasion je demeure fort content et -satisfaict de la diligence, prudence et dextérité, dont y avés uzé, ne -me pouvant trop esbahir des variétés et mutations de ceux de delà, à -qui vous avez à faire, et des desfiances où ils entrent ordinairement; -n'ayant voulleu permettre que le dict Sr de Poigny passât en Escosse. -Et encore me semble il que vous avés beaucoup faict de luy faire -accorder qu'il allast visitter la Royne du dict Escosse, ma belle -soeur, laquelle n'en pourra recevoir que très grand plaisir; et tout -ce qui dépend de vostre dicte négotiation tant mieux achemine; vous -avisant que je retiendray encores le dict Sabran jusques à ce -qu'estant les depputés des Princes retournés devers moy, la conclusion -et résollution de la paix soit entièrement faicte et arrestée, affin -de vous en donner avis. Cependant je vous ay bien voulleu faire ceste -petite dépesche par la poste, pour seullement vous advertir de la -réception de vos dictes lettres et vous asseurer du grand contentement -que j'ay de vos continuelles actions et déportements; vous priant de -ne vous lasser de nous faire sçavoir de vos nouvelles à toutes -occasions qui se présenteront. Et sur ce, etc. - -Escript à St Germain en Laye, le XXIXe juillet 1570. - - CHARLES. FIZES. - - [60] Voyez CXXIe et CXXIIe dép., tom. III, pag. 234 et 240. - - - - -LIII - -LE ROY A MR DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du IVe jour d'aoust 1570.-- - - Nouvelle que la paix peut être considérée comme définitivement - conclue. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, vous avés cy devant entendu comme, -quelque temps après le retour des Srs de Biron et de Malassise de leur -voyage vers les Princes, où je les avois envoyés de Chasteaubriant, -les depputés des dictz Princes sont arrivés en ce lieu pour achever -ceste négociation de paix, de si longtemps commancée. A quoy j'ay tant -travaillié despuys mon arryvée en ce lieu, avec la bonne assistance de -la Royne, Madame et Mère, et de mes frères, les Ducs d'Anjou et -d'Alençon, pour le desir que j'ay heu de remettre mon royaulme en -repos, et faire cesser les grands et exécrables maux que nourrit et -entretient ceste guerre, que je tiens pour ce jourdhuy les choses -terminées en une bonne pacification, selon les articles qui en ont -desjà esté arrestés, que je vous envoyeray par cy après; qui n'a pas -esté sans assés longues disputes. Néanmoings j'ay voullu préférer le -repos général de mon peuple à toutes aultres considérations -particullières, ayant bonne vollonté de suyvre tous les plus propres -et convenables moyens qui se pourront tanter, pour establir si bien la -paix par tout mon dict royaulme, qu'il ne puisse plus tomber ez -inconvéniens, desquels il a esté enveloppé despuys trois années en çà. -Qui sera chose, comme j'estime, fort agréable à toutes les nations -estrangères, qui ayment la conservation de mon dict royaulme, et -mesmes à la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, à laquelle je vous -prie faire part de ceste bonne nouvelle, pour estre celle qui, ainsi -que je m'asseure, en recevra grande joye et plaisir; priant Dieu, etc. - -Escript à St Germain en Laye, le IVe jour d'aoust 1570. - - CHARLES. BRULART. - - - - -LIV - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XIe jour d'aoust 1570.-- - - Réponse aux nouvelles d'Angleterre.--Espoir que la pacification - va rompre les projets hostiles des Anglais. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay receu vostre lettre du XXVe du -passé[61], par laquelle vous m'avés bien au vray représenté l'estat -auquel sont toutes choses par delà; mesmes l'espérance où est le duc -de Norfolc de sa délivrance; les préparatifs d'armes que faict la -Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, tant par mer que par terre, soubz -coulleur du soubçon qu'elle a prins de l'armement que faict faire le -duc d'Alve, pour le passage de la Royne d'Espaigne; et aussy la grande -intelligence qui s'est découverte parmi les Catholiques d'Angleterre, -pour faire une nouvelle sublévation dedans le royaulme; ce que je -pense estre plus pour ceste occasion que pour entreprinse qu'ils ayent -sur mon royaulme. Dont, s'ils a voient heu quelque mauvaise vollonté, -j'espère qu'elle leur sera diminuée par la pacification des troubles, -que j'ay conclue avec les depputés des Princes, qui s'ont près de moy, -estant le meilleur conseil que j'heusse peu prendre, puisque, par ce -qui est contenu au mémoire et instruction particullière[62] que m'avés -envoyé, il se cognoit clairement que ceux de delà regardent à -accommoder leurs affaires avecque les Flamans, et à nourrir la guerre -en mon dict royaulme, le plus qu'ils pourront, pour le rendre -entièrement ruiné. Mais, quand ils entendront la nouvelle de la dicte -pacification, je croy qu'ils se trouveront fort esloignés de leurs -desseins, et que, si les seigneurs du conseil de par dellà vous ont cy -devant faict quelque plus grande confirmation et démonstration de la -bonne amitié que me porte la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, -qu'ilz en fairont encores, à ceste heure, davantage, estant bien de -tel humeur de se gouverner en semblables choses, selon qu'ils voyent -noz affaires estre en bon train. - - [61] Voyez CXXIIIe dép., tom. III, pag. 246. - - [62] Voyez les Mémoires joints à la CXXIIIe dép., tom. III, pag. - 250 et 254. - -Touchant la Royne d'Escosse, ma belle soeur, il se recognoistra, au -retour de Poigny, de quel fruict luy aura esté son voyage par delà, -desirant que, en tout et partout, vous favorisiés ses affaires aultant -qu'il vous sera possible; priant Dieu, etc. - -Escript à St Germain en Laye, le XIe jour d'aoust 1570. - - CHARLES. BRULART. - - - - -LV - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XVIe jour d'aoust 1570.-- - - Retour de Mr de Poigny.--Avis donné au roi d'une entreprise - projetée par les Anglais sur Calais.--Injonction faite à - l'ambassadeur de demander à cet égard des explications à la - reine d'Angleterre. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay receu vos lettres du VIe de ce -moys[63] par le Sr de Poigny, et entendu de luy bien particullièrement -tout ce qu'il a négotié avec vous envers la Royne d'Angleterre, pour -le faict de la Royne d'Escosse; et attands, par la première dépesche, -que vous me fairés, de sçavoir tout ce qui sera succédé, despuys son -partement, en ceste négociation, m'asseurant bien que vous n'y -obmettrés aulcune chose de tout ce que vous cognoistrés y debvoir -estre faict pour le bien de mon servisse et prospérité de mes -affaires. - - [63] Voyez CXXVe dép., tom. III, pag. 263. - -Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fénélon, je vous ay voullu -dépescher ce courrier exprès, et vous envoyer le double de l'advis qui -m'a esté donné de l'entreprinse que l'on veut faire sur ma ville de -Calais, affin que vous faciés entendre, de ma part, à la Royne -d'Angleterre, qu'ayant faict envers elle tous les bons offices -d'amitié qu'il m'a esté possible, lesquels j'ay tousjours heu -vollonté de continuer, mesmes à présent, que j'ay pacifié les troubles -de mon royaulme, j'aurois grande occasion de faire le contraire, s'il -estoit vray qu'elle y heust aulcune vollonté ou intelligence, ou -qu'elle ait commandé à ceulx, qui ont charge de ses forces sur mer, de -ce faire. - -Et, pour ceste occasion, je desire d'en estre esclerci et entendre par -vous son intention et l'occasion pour laquelle elle a faict faire le -dict armement, affin que, heue vostre responce là dessus, je pourvoye, -de mon costé, à ce que j'auray à faire. A ceste cause, je vous prie -que, incontinent que vous aurés receu la présente, vous regardiés de -parler à elle le plus tôt que faire se pourra, et me mander ce que -vous aurés peu cognoistre et sçavoir du contenu au dict advis. Sur ce, -etc. - -Escript à Paris le XVIe jour d'aoust 1570. - - CHARLES. FIZES. - - - - -LVI - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XIe jour de septembre 1570.-- - - Rupture du traité concernant l'Écosse.--Envoi d'un courrier - exprès pour faire connaître à l'ambassadeur les intentions du - roi. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay receu vos lettres du XXVIe du -passé[64], par lesquelles vous m'avés faict particullièrement responce -à ce que je vous avois escript par le courrier que je vous avois -dépesché, et aussi le peu d'espérance que la Royne d'Escosse a que ses -affaires réhussissent, sellon les belles parolles et promesses que -l'on avoit données, et le traicté qui avoit esté commencé. Sur quoy -je me remettray à ce que j'ay donné charge à Sabran, que j'envoye -exprès devers vous, vous dire de ma part, par lequel vous entendrés -particullièrement mon intention; qui me gardera de vous faire plus -longue lettre que de prier, etc. - -Escript à Paris le XIe jour de septembre 1570. - - [64] Voyez CXXXe dép., tom. III, pag. 285. - - -J'ay, despuys, receu voz lettres et entendu par Vassal ce que vous luy -avés donné charge de me dire[65]. A quoy je vous fairay responce -aussytost que nous serons de retour à Paris. - - CHARLES. FIZES. - - [65] Voyez CXXXIe dép. du 5 septembre 1570, tom. III, pag. 289, - et le Mémoire pag. 294. - - - - -LVII - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---des XXIIe et XXIIIe jours de septembre 1570.-- - - Départ de Walsingham.--Plainte que lui a faite le roi au sujet de - l'entreprise récente du duc de Sussex en Écosse.--Déclaration - du roi qu'il veut employer ses forces pour la délivrance de - Marie Stuart, et pour la rétablir dans ses états. - -Monsieur de La Mothe Fénélon, s'en retournant le sieur de Walsingam -devers la Royne d'Angleterre, sa Maistresse, je vous ay bien voullu -advertir de la réception de vostre despesche du Ve de ce moys, mais -parce qu'elle a esté suivie de deux aultres voz despesches[66], que -j'ay ce jourdhuy receues, ensemblement, avant que la responce en feust -résollue, je remettray à vous satisfaire aux trois ensemble par la -première commodité, ayant faict responce et remercier par le dict -sieur de Walsingam la dicte Royne de ce qu'elle m'a escript et faict -dire par luy, de sa part, sur la pacification des troubles de mon -royaulme, que, comme je luy ay faict entendre, je délibère faire bien -exactement observer. Et en attandant que je vous fasse ample responce -à toutes vos despesches, qui sera bientost, je prie Dieu, etc. - -A Paris, le XXIIe jour de septembre 1570. - - [66] Voyez CXXXIe, CXXXIIe et CXXXIIIe dép. des 5, 10 et 15 - septembre 1570, tom. III, pag. 289, 302 et 306. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, despuis ceste lettre escripte, j'ay -donné charge au Sr de Walsingam, comme il prenoit congé de moy pour -s'en retourner devers la Royne d'Angleterre sa Maistresse, de luy -dire, de ma part, que je m'estois tousjours asseuré que, suivant ce -qu'elle m'avoit si expressément promis, qu'elle ne fairoit ni -permettroit point qu'il se fist en Escosse aulcune chose au préjudice -de la Royne d'Escosse, ma soeur; et qu'ayant entendu que le comte de -Sussex estoit allé de ce costé là, avec des forces, ayant, comme j'ay -sceu par les derniers advis que j'en ay heus, desjà commancé à faire -beaucoup de mal et de brulleries en Escosse, je m'estonnois fort de -cella, et le trouvois merveilheusement estrange, veu l'asseurance -qu'elle m'avoit donnée que, jusques à ce qu'il se vît ce qui pourroit -réhussir de l'apointement qui se traittoit, il ne seroit faict aulcune -entreprinse de ce costé là: m'ayant sur cella son ambassadeur, qui est -ici, et le Sr de Walsingam respondu que le dict comte de Sussex -n'estoit point advoué de la dicte Royne, leur Maistresse. Toutesfois -estimant qu'il n'entreprend pas telles choses de luy mesmes, je leur -ay bien faict entendre que, s'il y avoit de mes subjects qui usassent -de tels déportements à mes voysins, je y sçaurois fort bien pourvoir, -et en fairois faire telle exécution et justice que ce seroit exemple; -et que, pour ceste cause, je priois la dicte Royne, leur Maistresse, -d'y pourvoir, et me faire cognoistre qu'elle a vollonté d'entretenir -ce qu'elle m'a si expressément promis en cella, et aussy pour la -prompte dellivrance et liberté de ma dicte soeur, la Royne d'Escosse; -et que, si cella se faisoit aultrement, et qu'elle ne satisfît à sa -dicte promesse, j'avois grande occasion de m'en ressentir, comme je ne -fauldrois pas de faire délibération de ne laisser aulcunement ma dicte -soeur, mais au contraire de l'assister et ayder, non seullement pour -sa personne, affin qu'elle puisse estre bientost mise en liberté, et -aussy pour les affaires et conservation de son païs, et de n'espargner -en cella les moyens que Dieu m'a donnés. - -Dont j'ay bien voullu vous avertir, affin que, de vostre part, vous -regardiés de le faire entendre doucement à la dicte Royne -d'Angleterre, observant bien sa contenance et ce qui se pourra en -cella juger et estimer d'elle, lorsque luy en parlerez. Dont -m'escrirés le plus tôt que vous pourrés ce que sur cella elle vous -respondra; et que vous faictes aussy entendre le tout à ma dicte -soeur, la Royne d'Escosse. Sur ce, etc. - -De Paris, ce XXIIIe jour de septembre 1570. - - CHARLES. PINART. - - - - -LVIII - -LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---des XXIIe, XXIIIe et XXVIe jours de septembre 1570.-- - - Recommandation pour la reine d'Écosse.--Assurance donnée aux - réfugiés français en Angleterre qu'ils peuvent en toute sûreté - rentrer en France.--Secret que doit garder l'ambassadeur au - sujet des secours qui sont envoyés par le roi en Écosse. - -Monsieur de La Mothe Fénélon, par la lettre que le Roy, Monsieur mon -filz, vous escript, vous verrés qu'il remet à vous satisfaire en brief -à trois despesches que nous avons, puis naguières, receues de vous, -dont les deux dernières n'ont encores esté leues; qui me faict aussy -attendre à respondre à ce que par icelles vous m'escrivés. Et n'estant -ceste despesche faicte que pour accuser la réception des vostres, -affin que n'en demeuriés en aulcune peyne, je n'estendray ceste cy -davantage que pour prier Dieu, etc. - -Escript à Paris, le XXIIe jour de septembre 1570. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, despuys ceste lettre escripte, nous -avons ouvert et veu vos dictes despesches, auxquelles le Roy, Monsieur -mon fils, vous faict si amplement responce qu'il n'est besoin, me -remettant à ses dictes lettres, vous en dire davantage; comme aussy ne -fairay je que pour vous prier d'assister, en tout ce que vous pourrés, -ma fille, la Royne d'Escosse, et faire, s'il est possible, que, par -les moyens que nous vous mandons, elle puisse estre bientost mise en -liberté et ses affaires aller bien; priant Dieu, etc. - -Escript à Paris, le XXIIIe jour de septembre 1570. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, nous avons veu, par vostre despesche du -XIXe de ce moys[67], que nous avons receu en fermant ceste cy, ce que -nous mandés de l'armement des grands navires et préparatifs de vivres -qui se font par delà, et l'occasion pour laquelle vous estimés que -c'est: à quoy, toutesfois, il ne se fault pas trop fier. Et sera bon -que ayés tousjours l'oeil ouvert, comme avés acoustumé, pour voir de -quel costé l'on les voudra employer, pour nous en advertir -continuellement. - - [67] Voyez CXXXIVe dép., tom. III, pag. 309. - -Nous avons aussy veu, par vostre lettre, le retardement du partement -du secrettaire Cecille et de ceux qui debvoient aller avec luy pour la -négotiation des traictés et affaires de ma fille, la Royne d'Escosse. - -Quand aux françois qui estoient de delà, et que nous mandés qui font -difficulté de revenir en France pour le danger qu'ils pensent qu'il y -auroit pour eulx, retournant à Rouen, Dieppe et Calais, et que l'on -faict difficulté de les y recevoir, vous les pourrés bien asseurer -qu'ils doibvent venir asseurément, et que le Roy, Monsieur mon fils, a -pourveu qu'ils y seront doucement receus et maintenus. - -Et quant aux marchands qui poursuivent de delà des déprédations, vous -aurés veu ce qu'en aura esté accordé par l'édict de pacification qui -vous a esté envoyé, à quoy il vous fault régler; vous priant, pour la -fin de ceste lettre, de continuer à nous advertir tousjours de ce que -vous pourrés apprandre de l'ambarquement et passage de la Royne -d'Espaigne et des aultres occurances. Et sur ce, etc. - -Escript à Paris, le XXVIe jour de septembre 1570. - - -L'ambassadeur de ma fille, la Royne d'Escosse, m'a présentement dict -que vous aviés escript à sa Maistresse, ou faict dire, que nous ne la -pouvions aulcunement secourir des harquebusiers dont nous luy avons -donné espérance. Sur quoy je n'ay aultre chose à vous dire si ce n'est -qu'il fault que vous vous comportiés en cella avec la plus grande -discrétion que vous pourrés, envers la Royne d'Angleterre; toutesfois -sans dire chose qui nous mette à la guerre; faisant néantmoings tous -les bons offices que vous pourrés pour assister ma dicte fille, la -Royne d'Escosse, à sa prompte délivrance et au bien de ses affaires, -comme le Roy, Monsieur mon fils, vous a escript. - -Ce XXVIe jour de septembre 1570. - - CATERINE. PINART. - - - - -LIX - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XIIIe jour d'octobre 1570.-- - - Attente de la réponse d'Élisabeth sur la déclaration du roi - touchant l'Écosse.--Désignation de Cécil et de Me Mildmay pour - discuter le traité concernant Marie Stuart.--Crainte que cette - négociation ne reste sans résultat.--Recommandation faite à - l'ambassadeur de surveiller les nouvelles d'Allemagne.--Détails - sur le mariage du roi.--Satisfaction exprimée à l'ambassadeur à - raison de ses services. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, despuys le partement de Vassal que je -vous ay renvoyé ces jours icy, j'ay receu deux lettres de vous, l'une -du XXIVe et l'aultre du XXIXe du moys passé[68]; et, avant que vous y -faire responce, je vous diray que, à l'arrivée du dict Vassal par -delà, vous aurés esté amplement satisfaict de tous les points portés -par vos précédentes despesches, et si, aurés entendu de luy le desir -que j'ay de sçavoir bien particullièrement la responce que vous aura -faicte la Royne d'Angleterre sur ce que je luy manday par le sieur de -Walsingam, et que je vous ay despuis escript luy dire modestement. -Dont j'attands de vos nouvelles en grande dévotion combien que -j'estime, suivant ce que m'escrivés par vostre dicte lettre du dernier -du passé, que la dicte Royne monstrera tousjours avoir expressément -deffendu le déportement du dict de Sussex, et que, pour négotier -quelque bon traicté, elle a despéché son secrettaire Cecille avec Me -Mildmay et le sieur de Ross pour y aller faire quelque bon -appoinctement, mais je demeure en opinion que tout cella ne seront -enfin que parolles. Toutesfois, il fault que vous y faites tout ce que -vous pourrés pour y voir clair, et m'en donner continuellement advis, -faisant à ma soeur, la Royne d'Escosse, et à ses affaires, toute -l'assistance qu'il vous sera possible. - - [68] Voyez CXXXVe et CXXXVIe dép., tom. III, pag. 313 et 317. - -Cependant, pour responce à vos dictes deux dernières lettres, je vous -diray que j'ay bien considéré ce que m'escrivés par celles du dict -XXIVe du passé, de l'advis que l'on a par dellà du retardement qui -pourra estre au passage de la Royne d'Espaigne, si elle suit ce que -luy a esté, . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . -. . . . . . . . . ceste lettre, nous avons receu vostre despesche du -Ve de ce moys[69], à laquelle vous verrés qu'il est aussy comme du -tout satisfaict par ce que j'en ay escript cy dessus. Et tout ce que -je y puis adjouster est que vous apreniés tout ce que vous pourrés du -costé d'Allemaigne, et persévériés à nous en donner avis; voullant -bien, au demeurant, vous dire, pour le regard de mon mariage, que -l'archiduc d'Austriche doibt espouser Madame Elisabeth en mon nom: et -s'en doibt faire la cérémonie à Espire par l'archevesque de Mayence; -ayant envoyé le comte de Retz par delà pour porter les pouvoirs au -dict archiduc et assister à la dicte cérémonie. Et, comme nous serons -advertis quelle s'acheminera pour venir, mon frère, le Duc d'Anjou, et -ma soeur de Lorraine s'avanceront jusques sur la frontière pour la -recevoir avec tout l'honneur qu'il appartient, et dont il se pourra -aviser, et de là la conduiront à Mésières, ou elle trouvera tous ceux -de sa maison qu'elle y recevra; puis l'amèneront à Compiègne, où nous -serons pour y consommer les nopces. Et, cella faict, nous la mèneront -à St Denis en France pour le couronnement, puis après à Paris pour y -faire entrée. Je sçay que vous serez bien ayse de ces agréables -nouvelles, puisque vostre emploi vous prive d'y estre présent. Je vous -assure que je ne me souviendrai pas moins de vous dans les occasions, -voulant bien vous dire, en passant, que jamais ministre ne m'a servi -plus fidèlement que vous et sans aucun reproche. J'espère que -continurés de mesme, et je vous continuerai mes affections. A tant, je -prierai Dieu, etc. - -Escrit à Escouen, le XIIIe jour d'octobre 1570. - - CHARLES. PINART. - - [69] Voyez CXXXVIIe dép., tom. III, pag. 320. - - - - -LX - -L'AMBASSADEUR D'ANGLETERRE AU ROY. - ---du XVIe jour d'octobre 1570.-- - - Communication faite au roi des noms des commissaires désignés par - Élisabeth pour discuter le traité relatif à Marie - Stuart.--Remontrance sur ce que Mr de Vérac serait entré avec - des forces dans Dumbarton.--Et sur les secours qui seraient - préparés en Bretagne pour l'Écosse. - - -Sire, suivant vostre desir, je vous envoye, par escript, la -négotiation que la Royne, ma Maistresse, m'avoit commandé de vous -faire entendre, suppliant très humblement Vostre Majesté de faire -telle faveur de me donner responce à icelle, semblablement par -escript. - -En premier lieu, Sire, suivant vostre desir et de la Royne, vostre -mère, j'ay faict entendre à la Royne, ma Maistresse, combien il seroit -bon, et à vous agréable, qu'il luy pleust donner quelque bon moyen et -ordre touchant la Royne d'Escosse, tellement que ce peust estre avec -son honneur et seureté. - -Et comme, Sire, Sa Majesté a tousjours prins en bonne part vostre -motion et sollicitation, ainsi a elle plusieurs fois commencé de -procéder à quelque bon accord avec la dicte Royne; mais, quand elle a -esté sur les termes et voyes de ce faire, Sa Majesté a esté -entièrement empeschée et retardée, tant par les propres faicts et -actions de la dicte Royne que de ses subjects, lesquels elle a commis -en authorité en Escosse, en ce qu'ils ont non seullement entretenu et -maintenu ouvertement et publiquement au dict païs les rebelles à Sa -Majesté, mais aussy leur ont aydé et assisté à faire invasion en son -royaume; tellement que Sa Majesté n'a peu faire aultrement qu'elle a -faict pour son honneur et seureté, qui est d'avoir deffendu son -royaume, poursuivi les dicts rebelles et chastié ceux qui leur -assistoient. Mais maintenant, Sire, voyant que la dicte Royne -d'Escosse et ses subjects sont contents de se contenir de poursuivre -leurs premières actions et mauvais desseins et usages, et consentir et -promettre de garder et maintenir la paix avec les fidelles subjects de -la Royne, ma Maistresse, elle a résollu d'envoyer personnages de bon -crédit, fidélité et marque, de son conseil privé, vers la Royne -d'Escosse, affin d'entendre l'entière résollution et intention -d'icelle. Aussy, Sa Majesté a octroyé passeport et saufconduit pour -tels notables personnages que la dicte Royne d'Escosse voudra envoyer -par devers icelle, tant pour négotier pour elle et adviser de mettre -quelque bonne fin entre elle et ses subjects, qu'aussy entre Leurs -Majestés. Aussy, Sire, Sa Majesté vous prie d'interpréter son -intention en la meilleure part; vous asseurant, Sire, qu'elle a bien -sincère vollonté d'y procéder plènement et sans dellay, si la Royne -d'Escosse monstre, de sa part, de faire le semblable. - -Davantage, Sire, Sa Majesté a entendu qu'un nommé Vérac, soy disant -être à vostre service, est dernièrement arrivé à Dombertran avec -certains soldats et munitions, donnant confort et ayde, au dict nom de -Vostre Majesté, à tels escossois qui ont peu désir et vollonté d'avoir -quelque bon accord en Escosse, leur donnant entendre que s'ils -diffèrent encore quelque temps d'accorder entre eux, au dict païs -d'Escosse, ils auront davantage d'aide et secours de la France. De -quoy Sa Majesté ne peut et ne doit moins que informer Vostre Majesté; -trouvant ceste chose fort estrange, Sire, veu les promesses et -asseurances que vostre ambassadeur, résidant près d'elle, luy a -toujours faictes du contraire. Pourquoi, Sire, Sa Majesté vous prie de -l'en esclercir, et de cognoistre vostre vraye intention; sur laquelle -elle se puisse asseurer. - -Semblablement, Sire, Sa Majesté a esté advertie qu'il se fait -préparation, en Bretaigne, de quelques navires par un nommé de La -Roche, pour icelluy transporter avec certain nombre de gens de guerre -en Irlande. Et veu, Sire, que vostre dict ambassadeur l'a -dernièrement, et par plusieurs fois et instamment asseuré, de vostre -part, d'observer entièrement, par tous bons moyens possibles, la -paix, l'amitié et accord entre Voz Majestez, Sa dicte Majesté a -trouvé bon de vous advertir de ce que dessus; vous priant, Sire, de -donner ordre que vos gouverneurs de Bretaigne ayent l'oeil que nulle -personne attente telle chose. - -Voylà, Sire, le contenu de la charge que j'ay dernièrement receu de la -Royne, ma Maistresse, vous suppliant, Sire, y avoir esgard. - -Sire, je supplie le Créateur de préserver, maintenir et acroistre -Vostre Majesté, et vous donner toujours l'assistance de son esprit en -toutes voz bonnes actions. - -A Paris, ce VIe (XVIe) jour d'octobre 1570. - -_Et plus bas est escript._ Vostre très humble et obéissant. - - HENRY NOIREYS. - - - - -LXI - -LE ROY A L'AMBASSADEUR D'ANGLETERRE. - ---du XVIIe jour d'octobre 1570.-- - - Déclaration faite par le roi à l'ambassadeur d'Angleterre que - c'est par son ordre que Mr de Vérac est passé en Écosse, et que - des préparatifs se font en Bretagne pour secourir Marie - Stuart.--Espoir que le traité entre la reine d'Angleterre et la - reine d'Écosse sera bientôt conclu. - -Monsieur l'ambassadeur, j'ay veu par vostre lettre, escripte du jour -de hier, la remonstrance que vous aviés à me faire de la part de la -Royne d'Angleterre, Madame ma bonne soeur. A quoy je vous diray que je -suis bien fort aise de la vollonté qu'elle a de prendre une si bonne -résollution sur les affaires de la Royne d'Escosse, ma soeur, et que, -pour cest effaict, elle envoye le secrettaire Cecille et aultres ses -ministres; mais, pour ce que je desire que cella soit accéléré, et -qu'il y soit mis une prompte fin, je ne puis que je ne la prie ceste -fois, pour toutes, et sans plus de remise ou longueur, ne voullant pas -vous nier que je n'aye ci devant envoyé le sieur Vérac, dont vous -faictes mention par vostre lettre, avec quelques gens et munitions, -pour secourir Dombertrand, que j'entendois, lors, que l'on voulloit -aller assiéger, et que, pour l'ancienne alliance qui est entre ce -royaulme et celluy d'Escosse, et particullièrement, parce que la dicte -Royne d'Escosse, ma soeur, me touche de si près, je ne sois délibéré -de la secourir en ceste nécessité, et de procurer sa liberté par tous -les moyens que Dieu a mis en ma puissance; ayant véritablement, selon -cella, donné ordre de faire quelques préparatifs en Bretaigne pour -cest effaict, sans voulloir toutesfois rien offenser ni altérer de la -bonne amitié et intelligence qui est entre la dicte Royne, vostre -Maistresse, et moy; qui mettray, de ma part, tousjours peyne de la -nourrir et confirmer par tous les bons et honnestes moyens et -déportements dont je me pourray aviser; m'asseurant que, de sa part, -elle voudra faire le semblable, et que, ceste fois, elle faira -parroistre à ma dicte bonne soeur, la Royne d'Escosse, que, quand il -n'y auroit que l'instante prière que je luy en fais, qu'en cette -faveur le traicté, que j'espère qui se faira bientost, sera si bien -establi que dorsenavant ce sera une mutuelle amitié entre elles et -moy, aussi comme, de ma part, je le desire bien fort. Et estant ce que -je puis escrire pour le présent, je prieray Dieu, Monsieur -l'ambassadeur, vous avoir en sa garde. - -Escript à Escouen, le XVIIe jour d'octobre 1570. - - _Signé_ CHARLES; _contresigné_ PINART. - -_Et dessus_: à Monsieur de Noreys, ambassadeur de Madame ma bonne -soeur, la Royne d'Angleterre. - - - - -LXII - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XIXe jour d'octobre 1570.-- - - Persistance du roi dans sa déclaration concernant - l'Écosse.--Satisfaction des nouvelles diverses données par - l'ambassadeur.--Prochaine arrivée en France de la jeune - reine.--Mission de Mr de L'Aubespine en Angleterre. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, despuis le partement de Vassal qui vous -a porté la résollution et satisfaction, tant de la despesche que -m'envoyastes par luy[70], que de celles que m'avés despuys faictes, -par l'ordinaire, jusques à son partement, j'en ay encores receu deux, -auxquelles je vous ay satisfaict aussy par l'ordinaire despuys quatre -jours. Mais ayant receu une lettre de l'ambassadeur de la Royne -d'Angleterre, ma bonne soeur, et à icelluy faict responce, je vous ay -bien voullu faire ceste cy, et vous envoyer les doubles de sa dicte -lettre et de la responce que je luy ay faicte par escript[71], affin -que, vous entendiés les termes où nous en sommes; et que, parlant à la -dicte Royne d'Angleterre, comme je suis bien d'advis que vous en -preniés l'occasion le plus souvant que vous pourrés, vous luy teniés -tousjours modestement le langage que je vous ay ci devant escript, -conforme à la responce que j'ay faicte à son dict ambassadeur, ainsi -que vous verrés par le double d'icelle. - - [70] Voyez CXXXIe dép. du 5 septembre 1570, tom. III, pag. 289, - et dép. suiv. - - [71] Voyez les deux lettres qui précèdent. - -J'ay, ce soir, receu vostre lettre du Xe de ce moys[72], et ay veu par -icelle le raport que le Sr de Walsingam a faict à la dicte Royne, sa -Maistresse, de son voyage par deçà, et que vous avés entendu que s'est -faict au passage de la Royne d'Espagne, où j'ay prins bien grand -plaisir: desirant, sur ce que vous m'escripvés, (qu'il n'y a pas tant -de mauvaise vollonté entre les Espaignols et Anglois qu'ils -n'accommodent bien le différant qui est entre eux), que vous y -pénétriés le plus que vous pourrés, et me faictes entendre comme ils -s'en seront accordés ou desportés, et en quelle satisfaction s'en -retourneront les commissaires que y avoit envoyé le duc d'Alve. - - [72] Voyez CXXXVIIIe dép., tom. III, pag. 323. - -Et, pour le regard de ce que l'agent portugais, dont aussy vous -m'escripvés, a voullu dire de Sores et de ceux de la Rochelle, j'en -avois bien desjà sceu quelques nouvelles; mais je vous diray et -asseureray que, par toutes les despesches que je fais à ceux de la -dicte Rochelle, je ne leur recommande rien tant que de se contenir -sans offancer les subjects de mes bons amis et alliés, et leur en -fairay encores une deffence, par la première occasion, à ce qu'il ne -s'y fasse chose dont il puisse venir plainte. - -Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fénélon, c'est seullement de vostre -costé que j'ay nouvelles de l'eslection[73], dont m'escrivés, à quoy -je ne vois pas grande apparance. Toutesfois je vous prie d'en sçavoir -plus clairement ce qui en est, m'esbahissant que je n'en ay heu advis, -s'il en est quelque chose, d'Italie et d'Allemaigne. Ce me fera -plaisir que m'advertissiés souvent de tout ce que vous entendrés de -delà, ainsi que vous avés faict cy devant, dont vous me donnerés toute -satisfaction et contantement; n'ayant pour ceste heure aultre chose à -vous dire, si n'est que, suivant ce que je vous ay par ma dernière -escript, ayant heu advis certain que la Princesse Elysabeth partira le -XXIVe de ce moys de Spire pour s'acheminer en France, mon frère, le -Duc d'Anjou, et ma soeur de Lorraine partiront aussy, d'icy, entre six -ou sept jours, pour aller au devant d'elle à la frontière, deux ou -trois journées par delà Mezières, la recepvoir et accompaigner, la -menant, (passant par le dict Mésières, où elle faira sa première -entrée, et où elle trouvera toute sa maison), droict à Compiègne, où -elle pourra arriver le douxiesme du moys prochain; et, le XVe, se -faira et consommera nostre mariage, Dieu aydant. - -Escript à Escouen, le XIXe jour d'octobre 1570. - - [73] L'élection du roi des Romains. Voyez tom. III, pag. 298. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, despuis ceste lettre escripte, j'ay -advisé d'envoyer devers vous le secrettaire de L'Aubespine, présent -porteur, affin que, par luy, vous me puissiés amplement faire responce -à toutes mes précédentes lettres, et à ceste cy; mesmement de ce que -vous aura respondu la Royne d'Angleterre sur ce que je luy manday par -le Sr de Walsingam, et que je vous ay despuis escript luy dire -modestement, conforme à la responce que j'ay faicte par escript à son -ambassadeur. - - CHARLES. PINART. - - - - -LXIII - -LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XXe jour d'octobre 1570.-- - - Mission de Mr de L'Aubespine en Angleterre. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay avisé de vous envoyer le -secrettaire de L'Aubespine affin que, par luy, vous nous puissiés -escrire ce que la Royne d'Angleterre vous aura respondu sur le propos -que le Roy, Monsieur mon fils, lui a mandé par le sieur de Walsingam, -pour le faict de la Royne d'Escosse, ma fille; et sur ce que vous luy -en avés aussy modestement déclaré, suivant la despesche que nous vous -en avons faicte, conforme à ce que mon dict fils a, pour cella, -respondu par escript à l'ambassadeur de la Royne d'Angleterre. - -Quand vous me voudrés escrire du contenu en ceste lettre, il fault que -ce soit de vostre main; et suffira que me mandiés, par une lettre à -part, que c'est de l'affaire dont je vous ay escript par le dict de -L'Aubespine, sans exprimer davantage: car je l'entendray bien. - -A Escouen, ce XXe jour d'octobre 1570. - - Vostre très affectionnée. - - CATERINE. PINART. - - - - -LXIV - -LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - -(_Lettre escrite de la main de la Royne Mère à Mr de La Mothe Fénélon, -pour luy estre rendue en mains propres._) - ---du XXe jour d'octobre 1570.-- - - Proposition du mariage d'Élisabeth avec le duc d'Anjou.--Détails - confidentiels sur les dispositions qui pourraient être prises à - l'effet de marier le duc d'Anjou avec l'héritière qui serait - désignée pour la couronne d'Angleterre.--Autorisation donnée à - l'ambassadeur de communiquer à cet égard avec - Cécil.--Recommandation du plus profond secret. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, Mr le cardinal de Chastillon a faict -tenir propos à mon fils, le Duc d'Anjou, d'une ouverture de mariage de -la Royne d'Angleterre et de mon dict fils; en quoy celluy qui en a -parlé donne telle espérance qu'il croit qu'il se faira fort aisément, -si nous voullons. Mais, parce que nous avons pensé que ceste ouverture -se faisoit pour l'intelligence et peut estre menée de la Royne -d'Angleterre, et beaucoup plus en intention de se servir du temps et -de nous, pendant que cessi se négotieroit, qu'elle fairoit conduire à -la longue, que pour vollonté qu'elle heust de se marier, je répondis à -celuy qui m'en parla que je ne pensois pas que la dicte Royne -d'Angleterre se voullût mettre en la subjection d'un mari; mais que, -s'il y avoit quelque femme ou fille à marier qui luy appartînt de si -près qu'elle la peut faire et asseurer héritière de la couronne après -elle, qu'il seroit beaucoup plus convenable ainsi; et que, si cella se -pouvoit faire de ceste façon, que la dicte Royne auroit, par le moyen -de ceste alliance, tous les contentements et grandes amitiés qu'elle -pourroit desirer et espérer en ce monde, tant du Roy, Monsieur mon -fils, que de mon dict fils, le Duc d'Anjou; et par conséquent de tous -ceux de mon royaulme, et aussy des grands qui y sont alliés. - -Et, au second voyage de celluy qui tint ce propos de la part du dict -sieur cardinal de Chastillon, celluy, qui m'en a parlé, m'a dict, à -ceste occasion, que icelluy sieur cardinal avoit sceu qu'à ces -proschains Estats, qui se debvoient tenir en Angleterre, icelle Royne -seroit fort pressée, voire contraincte de se marier à quelque grand -prince, et qu'il falloit nécessairement qu'elle avisât de s'en -résoudre. Sur quoy je n'ay rien respondu. Aussy, par mesme moyen, il -me dict que celluy, qui en a parlé à mon dict fils, avoit encores en -cella quelque chose à me faire entendre. Je sçauray que c'est. - -Mais cependant je vous diray que, si l'on cognoissoit clairement que -la dicte Royne heust franche vollonté de se bien establir avecque nous -par le moyen du mariage de mon dict fils avec celle qu'elle voudroit -faire héritière de sa couronne, après elle; comme j'estime que c'est -chose qu'elle a et doibt avoir en affection pour son repos et -contentement, à présent qu'elle se void hors d'espérance d'espouser -l'archiduc Charles, qui se marie à sa niepce, la fille du duc de -Bavière, je croy qu'il seroit expédiant, et j'estime que c'est chose -que nous et elle devons desirer, pour le bien de la Chrestienté, et -principallement de ces deux couronnes, qu'elle fist déclarer, aux -dicts proschains Estats d'Angleterre, la plus prosche à sa couronne -héritière après elle de sa dicte couronne et royaume; et, en ce -faisant, faire expressément résoudre, aussy par les dicts Estats, le -mariage de ceste héritière là avec mon fils; chose qui, je suis très -asseurée, apporterait à la dicte Royne tous les contentements qu'elle -sçauroit espérer, comme s'il estoit son propre fils; car il est de si -bon naturel que, si elle luy faisoit et procuroit ce bien, il la -serviroit et honnoreroit d'affection. Et, oultre cella, se pourroit -icelle Royne prévaloir grandement, à l'occasion de ce mariage, en tous -ses affaires, tant de la faveur et des moyens du Roy, Monsieur mon -fils, que de mon fils le Duc d'Anjou, qui a heu cest honneur d'avoir, -à son âge, conduit et commandé heureusement de si belles armées, et -gaigné de si grandes batailles, y ayant acquis l'expérience et telle -réputation, par toute la Chrestienté, que prince ne la sçauroit -desirer plus grande ni meilleure qu'il l'a. - -Je vous ay bien voulleu faire tout ce discours, vous priant de le -tenir si secret que nul des vostres, ni aultre, quel que soit, n'en -sçache rien. Et fault tascher de descouvrir et voir si vous pourriés -rien apprendre de cessi, pour m'en donner advis à toutes occasions; -et, si vous cognoissés que l'on en puisse espérer quelque bon fruict, -il fault que, secrettement et accortement, comme je sçay que vous -sçavés très bien faire, que vous en parliés, comme de vous mesmes, au -secrettaire Cecille, qui s'est allié à une maison qui a, comme j'ay -entendu, faict tousjours concurrance à la Royne d'Escosse, ma fille, -pour la succession de la couronne et royaulme d'Angleterre, affin -qu'il regarde quelle femme ou fille, de ceste maison là, seroit la -plus apte à s'y introduire; et, sur cella, entrer en propos avec luy, -à bon escient, et luy faire amplement entendre, comme vous sçavés très -prudemment faire, le grand bien qu'il se fairoit, à luy mesme et à sa -maison, de moyenner et conduire cella à perfection; et que, par ce -moyen, il honnoreroit et asseureroit du tout sa dicte maison, et si, -demeureroit à jamais grand, maniant encores, avec beaucoup plus -d'authorité qu'il n'a jamais faict, le royaulme et affaires -d'Angleterre. Et, oultre cella, il se serait employé pour un prince, -qui recognoistroit si bien le bon office qu'il faira en cella pour -luy, qu'il n'en pourroit espérer que tout heur et félicité à luy et -aux siens. - -Il y a, ce me semble, une femme de ceste maison là qui a esté -longtemps prisonnière avec son mari et deux leurs fils[74]. J'ay ouï -dire que le dict mari est mort en prison, il faudroit sçavoir si elle -seroit la plus proche, et, si ainsi estoit, pour ce que, si on luy -faisoit ce bien là, et qu'il n'y feust par mesme moyen pourveu, ses -fils seroient héritiers de la dicte couronne d'Angleterre, il faudroit -faire, pour remédier à cella, que les susdicts Estats la déclarassent -héritière de la couronne d'Angleterre, et, pour certaines grandes -occasions, les dictz enfans, descendants du mariage d'elle et de mon -dict fils seullement, et non d'aultres mariages. - - [74] Voyez la réponse jointe à la CXLIIIe dép., tom. III, pag. - 357, et la note pag. 359. - -Je vous ay bien voulleu commettre ce discours, sçachant bien que vous -estes si affectionné à ceste couronne et si prudent que vous en -sçaurés dignement user, et vous y comporter comme il fault, vous -priant que j'aye, sur ce, de vos nouvelles, le plus souvant que vous -pourrés, et que personne du monde ne sçache rien de ce que je vous -escriptz, ne failhant, quand vous me manderés quelque chose, de m'en -faire, de vostre main, une lettre à part que vous plierés fort menu. -Et ne m'en escrivés jamais que quand vous m'envoyerez quelqu'un exprès -pour les aultres affaires de vostre charge, ou par homme seur, qui -vous pourra estre envoyé d'ici; et, quand vous m'en escrirés, vous -dirés à celluy, à qui vous baillerés vos lettres, que, s'il se -trouvoit pressé ou en danger d'estre arresté ou foullié, combien que -nous soyons hors de ceste crainte là, puisque Dieu nous a donné la -paix, qu'il jette ou fasse des dictes lettres en sorte qu'elles ne -soyent point veues ni trouvées de personne; priant Dieu, Monsieur de -La Mothe Fénélon, etc. - -Escript à Escouen, le XXe jour d'octobre 1570. - - - - -LXV - -LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - -(_Lettre escrite de la main de la Royne Mère._) - ---du XXe jour d'octobre 1570.-- - - Défense expresse de faire aucune communication à Cécil des - ouvertures de mariage.--Nouvelle recommandation du plus profond - secret. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, despuis ma petite lettre escripte, j'ai -parlé au personnage que je vous escriptz par icelle, qui avoit encore -quelque chose sur ce faict là à me dire; et par ce que cella me met en -doubte que cessi se fasse à quelque intention, qui n'est pas peut -estre si syncère qu'ils la proposent, je vous prie et charge, sur -vostre honneur, de n'en parler aulcunement au secrettaire Cecille, ni -à quelque personne que ce soit, et n'en faire aulcun semblant ni -démonstration que vous en sçachiés rien, ni que je vous en aye -escript: car aussi l'advis que je vous en donne n'est à aultre -intention que pour l'asseurance que vous m'estes fidelle et asseuré -serviteur, que cella demeurera ensepveli en vous, et que vous ne -perdrés une seulle occasion et moyen de descouvrir et pénétrer, par -delà, à quoy tend ce faict, et qui conduit cessi auprès de la Royne -d'Angleterre; et aussy de quelle vollonté ils y procèdent, et la dicte -Royne aussy. Mais surtout comportés vous en cella si dextrement que -créature qui vive ne puisse penser qu'en sçachiés rien; priant Dieu, -Monsieur de La Mothe Fénélon, etc. - -D'Escouen, le XXe octobre, au soir, bien tard, 1570. - -Vostre meilleure amye. CATERINE. - - - - -LXVI - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XXVIIIe jour d'octobre 1570.-- - - Négociation concernant Marie Stuart.--Affermissement de la paix - en France.--Communications faites au nom du roi - d'Espagne.--Surveillance à exercer sur les négociations du duc - d'Albe.--Discussion des articles relatifs à Marie - Stuart.--Mission de Mr de L'Aubespine. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay receu voz deux despesches, des -XVIe et XVIIe de ce présent moys[75], par vostre secrettaire, présent -porteur; et ay veu par la première ce que contiennent en substance les -articles présentés à la Royne d'Escosse, ma bonne soeur, par le -secrettaire Cecille et Me Mildmay, députés de la part de la Royne -d'Angleterre, leur Maistresse. J'ay aussy veu, par le mémoire et -instruction qu'il a apporté avec icelle[76], en quelle opinion ils -sont par delà de l'establissement et continuation de la paix que Dieu -m'a faicte la grâce de remettre en mon royaulme; en quoy ils ne se -trompent pas. Et vous prie les y conforter, aultant qu'il sera -possible, les asseurant tousjours que je n'oublieray rien de ce que je -penseray pouvoir profiter à la rendre perpétuelle, cognoissant combien -c'est chose utille et nécessaire pour le bien de mes affaires et de -mon dict royaulme; ayant esté fort aise d'entendre que, non seullement -les Anglois, mais aussy tous ceux qui en avoient contraire opinion, -croyent et voyent, par effaict, comme le dict establissement s'en -faict si bien qu'il ne se pourroit mieux desirer. - - [75] Voyez CXXXIXe et CXLe dép., tom. III, pag. 327 et 330. - - [76] Voyez le Mémoire joint à la CXXXIXe dép., tom. III, pag. - 331. - -J'ay bien considéré ce qui vous a esté dict sur ce propos par -l'ambassadeur du Roy Catholique, Monsieur mon bon frère, et ce qu'il -vous a discouru, en le continuant. Sur quoy, vous luy avés fort bien -respondu et à la vérité, mesmes pour le regard des garnisons que j'ay -renvoyées en Picardie et à Calais, ainsi qu'elles estoient auparavant -les troubles, et aussy sur ce qu'il vous a discouru de la ligue -d'entre le Pape, le Roy son Maistre, et les Vénitiens, contre le Turc, -en laquelle il semble qu'il espère que l'Empereur pourra pareillement -entrer. - -J'attands, comme je vous ay escript par mes précédentes despesches, ce -qui réhussira du différend d'entre la dicte Royne d'Angleterre et le -duc d'Alve, lequel, ainsi qu'il est porté par vostre dict mémoire, -entretient les dictz Anglois en telle opinion de l'amitié du Roy -Catholique, son Maistre, qu'ils s'en tiennent asseurés. Mais je ne -puis penser à quelle fin il a envoyé recognoistre quelque commode -descente en Escosse; et sera bon que vous ayés tousjours l'oeil ouvert -affin que, s'il se faisoit quelque entreprinse de ce costé là, ou que -le dict duc voullust entrer en traicté avec les dictz Escossois, que -j'en sois incontinent adverty. - -Et, quand à vostre seconde dépesche, j'ay veu la coppie des articles -que m'avés envoyés, conformes à ce que vous m'en escrivés en substance -par vostre première lettre; et si, j'ay aussy veu la responce que vous -avés sur ce faicte, par forme d'advis, sur chascun article à l'évesque -de Ross. En quoy vous avés très bien desduict mon intention, -spéciallement sur le troisième article que vous avés pris comme il se -debvoit prendre, pour la ligue qu'ils proposent de faire entre la -Royne d'Angleterre et ma dicte soeur la Royne d'Escosse; car, si cella -se faisoit ainsi, ce seroit du tout au préjudice de l'alliance qui -est, de si longtemps, entre mon royaulme et celluy d'Escosse. Et, pour -ce, se faudra conduire en cella ainsi qu'avés bien desduict par vostre -dicte responce. - -Mais vous n'avés pas assés expressément respondu au dict évesque de -Ross sur le neufviesme article, en ce que, par icelluy, la dicte Royne -d'Angleterre demande que la dicte Royne d'Escosse soit tenue de faire -amener son fils en Angleterre comme ostage, devant qu'elle puisse -estre mise en pleine liberté, vous priant luy faire bien entendre -qu'il se garde d'accorder aulcune chose de cest article, n'y ayant -point d'apparence en icelluy, car ils auroient tout ce qu'ils -demandent, s'ils tenoient le dict Prince d'Escosse. Et ne fault point, -soubz quelque coulleur que ce soit, qu'il soit mené en Angleterre, -mais, au contraire, il fault que vous advertissiés soigneusement ceux -du conseil et parti de la Royne d'Escosse qu'ils ne sauroient mieux -faire que de tenir le dict Prince d'Escosse en leur païs: et leur -remonstriés et persuadiés que, s'il en estoit hors, qu'il faudroit -qu'ils fissent tout ce qui leur seroit possible pour le ravoir; car il -n'y a plus de salut ni d'espérance de leur repos que par ce moyen. - -Et, aussy, ne semble pas raysonnable que la Royne d'Escosse quitte -aulcune chose des tiltres et prétentions qu'elle peut avoir au -royaulme d'Angleterre, à tout le moins fault incister sur ce poinct, -tant que faire se pourra, comme vous fairés entendre au dict évesque -de Ross; auquel toutesfois vous remettrés, et à ceux du conseil de la -Royne d'Escosse, de traicter et se laisser aller en cella, aultant -qu'ils verront estre nécessaire pour accommoder les choses et faire un -bon accord et traicté. - -Quant au dousiesme article, il ne faut, pour responce à icelluy, que -les déclarations en forme qui ont esté envoyées d'icy il y a quelque -temps, signées et scellées, et mises ès mains de la Royne -d'Angleterre[77], qui l'asseurent et esclaircissent assés pour ce -regard. - - [77] Voyez les Déclarations des 10 et 17 juillet 1569, tom. I, - pag. 431 et 433. - -Les aultres responces, que vous avés faictes au surplus, sont telles -que j'eusse pu désirer. Et ne pense avoir autre chose à vous dire, -sinon que ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, et ceux de son conseil -doivent plustost demander ostages que d'en bailler pour -l'entrètenement de ce qui sera accordé, et moins encore de laisser -aucunes places à la Royne d'Angleterre; comme vous avés bien sceu -respondre au dict sieur évesque de Ross. - -Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fénélon, vous aurés esté bien -satisfaict par le secrettaire de L'Aubespine, que je vous ay naguères -envoyé, sur le contenu en vos précédentes dépesches, et instruict de -la responce, que j'ay faicte à l'ambassadeur de la dicte Royne -d'Angleterre, sur la remonstrance qu'il m'a faicte de la part -d'icelle. Attendant au retour du dict de L'Aubespine ce que vous aura -dict la dicte Royne sur ce que je donnai charge au Sr de Walsingham -luy dire, et que je vous ay escrit, despuis, luy faire doucement -entendre; et aussy de ce qui se peut espérer de ceste négociation, -pour laquelle je vous prie vous emploïer d'affection, et faire en -sorte, par tous les moyens que vous pourrés trouver, qu'elle preigne -bientost quelque bonne fin; donnant en cela toute l'assistance et -confort qu'il vous sera possible à ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, -et à ceux de son conseil; et me tenés adverti, à chaque occasion, de -ce qui se faira en la dicte négociation, afin que je vous puisse faire -sçavoir mon intention là dessus. Sur ce, etc. - -Escript à l'abbaye St Germain des Prés, lès Paris, le XXVIIIe jour -d'octobre 1570. - - CHARLES. PINART. - - - - -LXVII - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du VIe jour de novembre 1570.-- - - Satisfaction du roi au sujet de la réponse faite par Élisabeth à - sa déclaration concernant l'Écosse.--Et de l'engagement qu'elle - a pris de rétablir Marie Stuart.--Crainte que l'on ne veuille - traîner cette négociation en longueur.--Raffermissement de la - paix.--Nouvelles des fiançailles du roi célébrées à - Spire.--Prochaine arrivée en France de la jeune reine. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, par vostre lettre du XXVe du passé[78], -vous m'avés fort particulièrement, et à ma très grande satisfaction, -discouru tout ce qui se passa à l'audience que vous donna la Royne -d'Angleterre, sur la despesche que je vous fis de ce que j'avois faict -entendre au Sr de Walsingam, et de la charge que je luy avois donnée -de dire et déclarer sur cella à la dicte Royne, sa Maistresse, m'ayant -été fort grand plaisir d'avoir veu que, après qu'elle vous heût avec -si grande attention ouï parler, qu'à la fin de son discours elle vous -ait si expressément asseuré qu'elle remettra la Royne d'Escosse, -Madame ma bonne soeur, par la voye du traicté qui se négotie entre -elles, le plus honnorablement qu'elle pourra, en son royaulme; et que, -quand elle ne le pourra faire en ceste façon, qu'encore me donne elle -parolle de la renvoyer, comment que ce soit, à ceux qui tiennent son -parti, en son païs, et qu'elle ne la veut plus rettenir en son -royaulme. En quoy je vous prie l'entrettenir de façon que, par -effaict, elle me le fasse paroistre bientost; mais que ce soit avec -toute syncérité, et que la liberté où elle promet de la mettre, ez -mains de ceux de son parti en Escosse, en cas qu'elles ne se puissent -si bien, comme je désire, accorder de toutes choses, que la dicte -liberté, où elle la mettra, ne luy aporte pas un nouveau tourment et -peyne; et que cella ne tire à la longue que le moins qu'il sera -possible, comme, par vostre lettre du XXXe du dict moys[79], que je -viens de recepvoir présentement, il semble que la dicte Royne y -veuille mener la dicte négociation, puisque l'on parle de faire pour -deux moys en Escosse suspension d'armes, qui debvoit être la première -chose accordée, quand l'on a commencé la dicte négociation; de la -quelle j'attends, par voz premières despêches ou au retour du -secrétaire de L'Aubespine, que je suis bien aise qui soit arrivé de -delà, ce qui aura esté faict, et aussy ce que en résouldra la dicte -Royne d'Angleterre, au retour de ses depputés, sur tous les poincts -proposés par les articles baillés par le secrétaire Cecille; sur -lesquelz je vous ay escript, par vostre secrettaire qui s'en est -retourné depuis dix jours, ce que je desirerois en cella pour le bien -et repos de ces deux Roynes et de leurs royaulmes et subjects: vous -voullant bien dire que, grâces à Dieu, mon royaulme est aussi paisible -que je sçaurois désirer, s'establissant mon édict de pacification le -mieux et le plus aisément qu'il est possible de souhaiter, n'en -desplaise à celluy qui a escript les lettres de delà, qui sont toutes -contraires à la vérité. - - [78] Voyez CXLIe dép., tom. III, pag. 339. - - [79] Voyez CXLIIe dép., tom. III, pag. 346. - -J'ay veu aussi le receuil escript, par voz dictes deux lettres, de -toutes les choses qui se y dient, et, combien que souvant toutes les -nouvelles ne soyent pas entièrement véritables, et que, comme vous -dictes par la lettre qu'escrivés à la Royne, Madame et Mère, elles -augmentent ou diminuent venant de loin, si vous priay je de continuer -tousjours à nous mander tout ce que vous pourrés sçavoir: car cella, -avec les aultres advis que nous avons d'ailleurs, nous sert -quelquefois. - -Cependant je vous diray que, par la dernière despesche que j'ay heu -d'Allemaigne, mes fiançiailles furent fort honnorablement faictes à -Espire, le dernier dimanche du moys passé, avec la Princesse -Élysabeth, laquelle doibt arriver, selon la supputation de ses -journées, à Mézières, le vingtième de ce moys, où je me trouveray -aussy, comme je vous ay cy devant escript, pour y achever mon dict -mariage, sans y faire les grandes magnificences que j'avois délibéré, -lesquelles, à cause que la ville est fort petite, j'ay remises, et -veux estre faictes, avec les aultres pompes et tournois de mon entrée -à Paris, que je fairay au premier jour de janvier prochain; aydant -Dieu, auquel je prie vous avoir, etc. - -Escript à Paris, le VIe jour de novembre 1570. - - CHARLES. PINART. - - - - -LXVIII - -LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du VIe jour de novembre 1570.-- - - Assurance donnée à l'ambassadeur qu'il n'a rien à craindre des - faux rapports qui peuvent être faits contre lui. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, par la lettre du Roy, Monsieur mon fils, -vous serés si amplement satisfaict à vos deux dernières despesches, -des XXVe et XXXe du moys passé, qu'il n'est besoin de vous en dire -davantage, si n'est que nous sçavons très bien que vous vous estes -toujours porté pour les affaires de ma fille, la Royne d'Escosse, avec -la bonne et grande affection que vous sçavés que nous avons de -l'assister et secourir, et ne nous sçauroit on rien persuader de -vous, et n'en ayés peur, qui nous altère la bonne opinion que nous -avons du bon debvoir que nous sçavons que vous y avés tousjours faict, -et faictes encores, vous renvoyant pour ceste occasion les lettres -qu'elle vous a escriptes et aussy celles que l'évesque de Glasco, son -ambassadeur, qui est ici, escrivoit à l'évesque de Ross; lesquelles -j'ay faict voir au Roy, Mon dict Sieur et fils, et à mon fils le Duc -d'Anjou, qui ont bien jugé par icelles, comme aussy ay je faict, -principallement par celle du dict ambassadeur, ce que m'avés escript -venir de luy et non pas de vous. Mais je croy que delà l'on n'a pas, -ceste opinion, puisque la Royne d'Angleterre vous a donné, pour la -dicte Royne d'Escosse ma fille, la bonne espérance que vous nous -escrivés par vos dictes deux dernières despesches, sur lesquelles il -ne me reste plus rien à vous dire. Sur ce, etc. - -Escript à Paris, le VIe jour de novembre 1570. - - CATERINE. PINART. - - - - -LXIX - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XXIe jour de novembre 1570.-- - - Détails de la réception faite par le roi à l'ambassadeur - d'Angleterre, à raison de laquelle il a porté plainte à sa - souveraine.--Explications données à ce sujet.--Persistance du - roi dans sa déclaration à l'égard de l'Écosse.--Injonction - faite à l'ambassadeur de veiller à ce que le traité concernant - Marie Stuart ne renferme rien de préjudiciable à la - France.--Remerciemens sur les complimens d'Élisabeth à - l'occasion du mariage du roi.--Bon accueil réservé aux - seigneurs d'Angleterre qui seraient envoyés pour assister aux - fêtes du mariage.--Ferme assurance que la paix est parfaitement - rétablie en France.--Nécessité d'exercer la plus exacte - surveillance sur les entreprises que pourraient tenter les - Anglais. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay esté bien amplement satisfaict, au -retour du secrettaire de L'Aubespine, tant par la lettre que vous -m'avés escripte[80] que par ce qu'il m'a dict de bouche. En quoy je -n'ay à vous respondre que sur ce que me mandés que la Royne -d'Angleterre, ma bonne soeur et cousine, a estimé que l'on faisoit ici -bien peu de cas de ses ambassadeurs, pour ce que j'ay parlé au sieur -de Norris au millieu de la cour d'Escouen, l'ayant rencontré, au -retour de vespres, ainsi que je m'en allois aux toiles, après l'avoir -longuement et assés tard attendu. Mais, comme vous luy avés bien sceu -dire, quand elle considèrera que, l'ayant ainsi inopinément rencontré, -en voullant sortir pour monter à cheval, et voyant qu'il avoit à se -rettirer à Paris, dont il étoit venu, pour ce qu'il n'avoit poinct -faict demander de logis au dict Escouen, je pensois faire pour luy, -usant comme je fis si privément, luy ayant toutesfois donné tout -loisir de me dire tout ce qu'il voullut, sans le remettre à une autre -fois, ni luy donner la peyne de monter à ma chambre. - - [80] Voyez CXLIIIe dép. du 9 novembre 1570, tom. III, pag. 350. - -Et, pour vous en parler franchement, je fus despuys bien aise que -cella advînt ainsi, car, après l'avoir fort privément et bien -amplement ouï, et faict son audience si longue qu'il voullut; après -luy avoir faict instance des affaires de ma soeur, la Royne d'Escosse, -je le priai de m'envoyer par escript ce qu'il m'avoit dict, affin que -je luy fisse responce aussy par escript, et que l'on se peut mieux -souvenir doresenavant des promesses que la Royne d'Angleterre, sa -Maistresse, me faisoit; et qu'elle m'avoit tant de fois, et il y avoit -si longtemps, réittérées, pour l'élargissement et liberté de ma soeur, -la Royne d'Escosse. - -Il ne fallit pas, dès le lendemain, de m'escrire, et moy, à l'instant -mesme, par un de ses gens, de luy faire la responce, dont vous avés -heu, par le dict secrettaire de L'Aubespine, les coppies au vray, -estant bien esbahi que la dicte Royne vous ayt dict que la dicte -coppie, que vous luy monstrastes, ne soit pas semblable à celle que -j'avois envoyé à son dict ambassadeur; car elle est toute pareille. Je -suis bien d'advis que, la première audience que vous aurés, vous ne -falliés, pour la satisfaire de tout, comme me mandés qu'elle desire, -de luy dire que, si je n'heusse pensé faire honneur et plaisir à son -dict ambassadeur, comme je desire faire tousjours suivant nostre bonne -et mutuelle amitié, je ne l'heusse, quand je le rencontray en la dicte -cour du chasteau, estant prest à monter à cheval, si famillièrement -ouï, mais l'heusse remis à une aultre fois, sans plaindre ses peynes. - -Je croy aussy que ce n'est pas là l'encloueure, mais qu'il luy fasche -sur les termes qu'elle vous réittéra, qui sont véritablement portés -par les lettres que j'escrivis à son dict ambassadeur, comme vous avés -veu par la dicte coppie, qui sont que:--Suivant les anciennes -alliances, confirmées entre ceste couronne et celle d'Escosse, et puis -la proximité et fraternité d'entre ma soeur, la Royne d'Escosse, et -moy,--«Je la voullois secourir en ceste sienne nécessité, et procurer -sa liberté _par tous les moyens que Dieu avait mis en ma puissance_.» -Ce que j'ay esté bien ayse qu'elle ait considéré, et qu'elle vous ait, -sur ce, tant incisté comme elle a faict, car je croy certainement que -cella est cause, avec ce que je dis au Sr de Walsingam, et aussy le -langage que vous luy tîntes à vostre précédente audience, comme je -vous avois commandé, qu'elle vous a asseuré, comme vous m'avés -escript, que, quand bien, par la voye du traicté qui se négotie entre -elles, elle ne pourroit mettre ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, si -honnorablement qu'elle vouldroit en liberté, que néantmoins elle me -donne parolle de la renvoyer, comment que ce soit, en son païs, à ses -subjects qui tiennent son parti. - -Ce que je desire bien de voir effectué, pourveu que ce soit avec toute -syncérité, et sans qu'il y ait rien de mauvais, qui la puisse faire -retomber ou remettre en nouvelle peyne; car, comme je vous ay escript -plusieurs fois, et comme vous pouvés bien penser, oultre les anciennes -alliances de nos deux couronnes, la fraternité me convie naturellement -de faire pour ma dicte soeur, la Royne d'Escoce, tous les bons -effaicts qu'il me sera possible. Ce que vous continuerés à luy -remontrer, ainsi que vous avés tousjours sagement et gratieusement -faict, comme je vous ay mandé. Mais si, vous priè je ne permettre -aulcunement que, au traicté qui se faira, il soit rien innové au -préjudice des alliances et confédérations anciennes d'entre mon -royaulme et celluy d'Escosse; et au contraire je desire qu'elles -soyent entièrement confirmées. Et affin que vous soyés plus certain -quelles elles sont, je vous envoyeray par ma première despesche les -doubles des traictés ou extraicts qui en font mention. - -Et, quand au propos que la dicte Royne vous a tenu de mon mariage, -vous l'en remercierés fort affectueusement de ma part, à la première -audience, du plaisir qu'elle dict avoir receu et du bonheur, félicité -et contentement qu'elle s'asseure qui y sera, et qu'elle souhaitte, et -aussy du desir qu'elle a heu de pouvoir de bon coeur estre à la feste; -ce que, de ma part, je desirerois aussy bien fort, et l'estimerois à -grand honneur et faveur, comme vous luy dirés, la remerciant de tous -ces honnêtes propos; et l'asseurant, comme vous luy avés dict à vostre -dernière audience, que je souhaitte et désire de la voir, à son -contentement, aux mesmes termes en quoy vous luy avés fait entendre -que je suis de mon dict mariage, lequel, Dieu aydant, se faira -dimanche prochain, à Mésières; où, suivant les lettres que j'ay -receues du comte de Fiesque, la Royne, ma femme, ne peut arriver plus -tost que sabmedy prochain, à cause des difficultés des passages des -rivières qui sont desbordées, et des mauvais chemins qu'elle a -trouvés. - -Il faudra, aussi, dire à la dicte Royne d'Angleterre que les -gentilshommes, qu'elle vous a dict qu'elle eust faict préparer pour -envoyer à mon dict mariage, si elle heust creu que mes dictes nopces -heussent esté si prochainement, y heussent esté les très bien venus, -et de bon coeur receus, comme ils seront tousjours, venants de sa -part, soit pour ceste occasion là, ou pour aultre qui se pourra -présenter. - -Cependant, pour vous satisfaire à tout le reste de vostre lettre, et -esclercir sur ce que m'a dict, de bouche, le dict de L'Aubespine: -qu'il court un bruit par delà que la paix n'est pas bien establie en -mon royaulme; et sur les aultres particularités que m'a, à ce propos, -aussy bien au long déclaré de vostre part le dict secrettaire de -L'Aubespine, je vous asseureray que ce sont choses du tout contraires -à la vérité; car, grâces à Dieu, mon édict s'observe fort droictement, -et n'espère pas qu'il y ait aulcun empeschement, ayant les mareschaux -de France et les seigneurs, que j'ay envoyés aux provinces, comme je -vous ay escript cy devant, desjà si bien establi cella, suivant ma -franche vollonté et intention, que, grâces à Dieu, toutes choses y -sont en bonne paix et repos, et y continueront tousjours, y tenant, -comme je me délibère de faire, estroictement la main. Aussy vois je -que tout mon peuple, de l'une et de l'aultre religion, se range et -obéit fort vollontiers à mon dict édict, sans aulcune difficulté ni -contrevention, quelque bruict que l'on fasse courir du contraire par -delà. Et sera bon, pour ceste occasion, que vous ostiés, le plus que -vous pourrés, ceste opinion à la dicte Royne et aux seigneurs qui en -parlent ainsi, à quoy la vérité vous aydera grandement; et que vous -continuiés à me tenir ordinairement adverti de toutes les aultres -occurences, et de tout ce que vous pourrés apprendre de leurs -discours, et principalement de ce qui se passera journellement pour le -faict de la Royne d'Escoce, ma soeur, à présent que les depputés du -païs d'Escosse sont arrivés auprès de la Royne d'Angleterre, et qu'ils -s'y pourront eschaufer à traicter et à résoudre leurs appointements, -s'ils en ont envie; ayant aussy l'oeil ouvert à ce que, si la dicte -Royne d'Angleterre avoit quelque entreprinse qu'elle voullût faire -exécuter en Escosse ou en nos frontières, que j'en sois tout -incontinent adverti, pour y pourvoir: car je me doubte que, si elle -avoit quelque délibération, comme nous en avons esté cy devant en -doubte, et m'avés aussi escript plusieurs fois, que, à présent, soubz -prétexte de ce que je dis au Sr de Walsingham, et sur ce que écrivis -au sieur de Norris, son ambassadeur, elle pourroit prendre de là -occasion de l'exécuter. - -Voylà pourquoy je vous prie mettre toutes les peynes que vous pourrés -d'observer et considérer ses délibérations et les descouvrir le mieux -que vous pourrés; mais que ce soit si dextrement que la dicte Royne -d'Angleterre ni ses ministres ne cognoissent pas que nous y pensions; -priant Dieu, etc. - -Escript à Tannay le Moulin en Vallaige, le XXIe jour de novembre 1570. - - CHARLES. PINART. - - - - -LXX - -LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---des XXIe et XXIXe jours de novembre 1570.-- - - Recommandation faite à l'ambassadeur au sujet du traité - concernant Marie Stuart.--Assurance que le roi ne négligera - rien pour procurer sa délivrance. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, vous nous avés si amplement escript et -faict entendre si particullièrement toutes choses, par le secrettaire -de L'Aubespine, que je vous asseure que le Roy, Monsieur mon fils, et -moy en demeurons bien fort satisfaictz, vous priant de continuer, à -présent que les depputés, d'une part et d'aultre, seront arrivés -auprès de la Royne d'Angleterre, et vous tenir tousjours prêt à ce -que, par le traicté que je desire et espère qui se faira pour la -liberté de ma fille la Royne d'Escoce, il ne soit rien altéré ni -préjudicié aux confédérations et alliances anciennes d'entre ceste -couronne et celle d'Escosse; nous tenants aussy advertis de toutes -aultres occurrences comme avés accoustumé. Et sur ce, etc. - -Escript à Tannay le Moulin en Vallaige, le XXIe jour de novembre 1570. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay faict retarder ceste despesche -jusques à ce que j'heusse escript et faict responce, de ma main, à la -Royne d'Escosse, Madame ma fille, à laquelle je vous prie la faire -tenir et l'asseurer tousjours que, sans l'asseurance que nous a donnée -la Royne d'Angleterre de sa dellivrance, que nous n'heussions pas -failli de faire tout ce qu'il nous heust esté possible pour elle; mais -estant la négotiation si acheminée, nous creignons que cella luy heust -porté préjudice, et diverti la dicte Royne d'Angleterre de ceste bonne -vollonté, que je ne pense pas qu'elle ne tienne; aultrement, comme -j'escripts, de ma main, à ma dicte fille, la Royne d'Escosse, le Roy, -Monsieur mon fils, aura juste occasion de se ressentir et souvenir de -ses promesses et asseurances. - -De Mézières le XXIXe jour de novembre 1570. - - CATERINE. PINART. - - - - -LXXI - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XXVIe jour de décembre 1570.-- - - Vives assurances de protection pour Marie Stuart.--Surveillance - qu'il faut exercer sur les menées du duc d'Albe à l'égard de - l'Écosse.--Nouvelles explications données au sujet des plaintes - de l'ambassadeur d'Angleterre en France.--Meilleure disposition - d'Élisabeth qui doit être attribuée aux troubles du pays de - Lancastre.--Désir du roi de connaître l'état des négociations - relatives aux prises faites sur les Espagnols, et à l'alliance - d'Élisabeth avec le roi d'Espagne.--Ambassade envoyée au roi - par les princes protestans d'Allemagne.--Bon accueil préparé à - lord Buckhurst, envoyé pour assister aux fêtes du - mariage.--Satisfaction donnée à l'ambassadeur d'Angleterre en - France.--_Réponse du roi_ sur les félicitations des princes - protestans de l'Allemagne à l'occasion de son mariage avec la - fille de l'empereur et de la paix faite en - France.--Protestations d'amitié. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, despuys la dernière dépesche que je vous -ay faicte, j'ay receu, quasi tout à un coup, trois dépesches de vous, -l'une du dernier du passé, l'autre du VIIe et l'autre du XIIIe de ce -moys[81], par lesquelles j'ay veu ce qui s'est journellement faict -pour les affaires de la Royne d'Escosse, ma soeur. En quoy je vous -diray que vous me faictes un très grand servisse de vous employer, -comme vous faictes, vous priant continuer et asseurer tousjours ma -dicte soeur, la Royne d'Escosse, et ceux qui sont de delà pour son -servisse, que je ne sçaurois recevoir plus grand plaisir que de la -voir en la liberté et satisfaction qu'elle desire; et que, comme je -leur ay cy devant promis et asseuré, je fairay non seullement instance -et poursuitte envers la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, par tous -les moyens de prière qu'il me sera possible: voire, si tant estoit que -ce traicté ne réheussît, je ne manqueray de luy donner tout le secours -que mes affaires pourront permettre, selon les moyens que j'en -pourrois avoyr, ayant toutesfois bonne espérance que, suivant ce que -vous a si expressément asseuré ma dicte soeur, la Royne d'Angleterre, -et que vous m'avés escript de sa part, dès le XXVe jour du moys -dernier passé[82], quand bien il ne se pourroit faire aulcun traicté -entre les dictes Roynes, la dicte Royne d'Angleterre mettra ma dicte -soeur la Royne d'Escosse en liberté ès mains de ses bons subjects qui -sont de son parti. - - [81] Voyez CXLVIIe, CXLVIIIe et CXLIXe dép., tom. III, pag. 382, - 394 et 399. - - [82] Voyez CXLVIe dép., tom. III, pag. 376. - -Et c'est, en tout évènement, ce qu'il faudra procurer, observant bien -pour vous ce que le sieur Seton, qui est allé devers le duc d'Alve, -pourroit avoir obtenu, tant sur le secours qu'il luy requéroit de la -part de ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, sa Maistresse, que sur les -moyens que le dict Seton proposoit au dict duc de conduire le dict -secours si à propos, et aux endroictz où il disoit, qu'il seroit -ainsi bien receu des Escossois comme me mandés; et pareillement sur la -promesse, que icelluy duc luy a faicte, de faire fournir dix mille -escus pour secourir de rafreschissement les chasteaux de Lislebourg et -Dombertrand, après que de tout il auroit eu responce du Roy -d'Espaigne, son Maistre, auquel il en avoit escript; car toutes ces -menées et poursuittes là tandent, à mon advis, à quelque aultre -intention. - -Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fénélon, pour le mescontentement -que m'escrivés que la dicte Royne d'Angleterre continue de monstrer -avoir des propos que j'ay tenuz à son ambassadeur, et de la responce -que par escript je luy fis dernièrement à Escouen, vous avés veu ce -que je vous ay là dessus plusieurs fois mandé, ne pensant pas que, sur -cella, la dicte Royne ait aulcune raison de se plaindre; et fault dire -que son dict ambassadeur luy a faict les choses aultres qu'elles ne -sont, ou qu'elle feinct ce mescontentement pour cercher quelque -argument ou inquiétude nouvelle. Toutesfois, à ce que j'ay peu voir -par vos dernières dépesches, elle commence à s'adoucir et prendre le -tout en meilleure part qu'elle ne faisoit cy devant, dont je suis bien -aise; estimant que ce qui la fait ainsi soudain et si souvant changer -et prendre ces couleurs de mescontentement, procède des précipittées -instances que m'avés escrit que aulcuns de son conseil lui faisoient -pour la divertir de sa bonne vollonté aux affaires de la Royne -d'Escosse, ma soeur; et que ce qui est cause qu'elle reprend à présent -le chemin de voulloir qu'il s'en négotie quelque bon traicté, c'est la -persévérance et assistance dont j'ay tousjours usé, et vous, de vostre -costé, pour ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, et l'alarme que la -dicte Royne d'Angleterre a eue du costé de Lanclastre. Dont je vous -prie de vous informer tousjours dilligemment pour me tenir adverti du -cours que prendra cella; car il n'est pas possible, y ayant eu telle -esmotion que m'avés escript, que cella soit si tost adouci. - -Je seray aussy bien aise de sçavoir comme il ira de la négotiation, -qui se conduict, il y a si longtemps, pour l'appréciation des prinses -faictes en Angleterre et en Flandres, et de la négotiation qui se -faict pour renouveller et rasseurer entièrement les alliances d'entre -la dicte Royne d'Angleterre et mon frère, le Roy d'Espaigne; et ce qui -adviendra de tout cella, et aussy ce que aura raporté de nouveau le -jeune Coban; car, comme je vous ay cy devant escript, il n'y a rien -plus certain que l'archiduc Charles espouse la fille du duc de -Bavières, de sorte que la charge du dict jeune Coban n'a pas réheussi; -ne voullant à ce propos oublier de vous dire que le comte Palatin, duc -Auguste, Richard Palatin, duc de Witemberg, de Brunswic, Lantgrave de -Hessen, et aultres princes protestants d'Allemaigne, ont envoyé devers -moy leurs depputés, qui sont encores ici, se conjouir tant de mon -mariage que de la paix, qui est, (comme ils ont veu, partout où ils -ont passé, mesmement à Paris, où ils ont esté) si bien establie, que, -grâces à Dieu, il n'est pas possible de mieux, quelque chose que l'on -die en Angleterre; ayant receu des dicts princes les plus grandes et -affectionnées offres et preuves d'amitié qui se peuvent dire. Aussy -ont ils eu de moy, de la Royne, Madame et Mère, et de mes frères, -toutes les bonnes réceptions qui se peuvent: leur faisant encores ici -faire fort bon traictement pour trois ou quatre jours, pour après -leur donner congé, et les renvoyer fort contants, comme ils sont -desjà; de telle sorte que je me promets qu'il n'y en a pas un d'eulx -qui n'employast pour moy et pour mes dicts frères tous les moyens que -Dieu leur a donné; estant bien délibéré d'entretenir fort curieusement -en ceste bonne vollonté iceulx princes, m'ayant si honnorablement et -honnestement envoyé visitter et faict faire par leurz dicts depputés -tant de grandes et courtoises offres; ce que vous verrez plus à plain -par le mémoire exprès que je vous en envoye. - -A ce propos je vous diray que j'ay receu fort grand plaisir de la -bonne vollonté, de laquelle vous me mandés que la dicte Royne -d'Angleterre a résollu et délibéré d'envoyer de deçà le milord -Boucaust[83], son prosche parent, et qu'il y sera au temps de mon -entrée à Paris, avec une trouppe de gentilshommes anglois pour se -conjouir avec moy de mon mariage, et venir visitter ma femme de la -part de sa Maistresse. Il y sera le très bien venu, et sa trouppe -aussy, comme aussy sera le Sr de Walsingam, quand il voudra venir. -Cependant il sera bon que vous advertissiés les Srs de Gourdan, de -Caillac, et de Mailly, affin que, quand vous penserés qu'ils pourront -passer, ils leur fassent préparer des chevaux de poste, comme je leur -escriptz par vostre secrettaire, présent porteur, qu'ils fassent, -quand vous leur manderés. - - [83] Ce nom a été si étrangement défiguré dans toute la - correspondance qu'il était assez difficile de le reconnaître: il - s'agit de lord Buckhurst. - -Je ne manqueray, à la première audience, que me demandera son -ambassadeur, de prendre bien à propos occasion de luy tenir, comme je -suis bien résollu de faire, le mesme langage que m'avés escript par -vostre dict secrettaire, bien que je ne luy en aye jamais tenu -d'aultres que plains de l'amitié qui est entre la dicte Royne, sa -Maistresse, et moy; laquelle amitié sera bien facille à entretenir, -pourveu que, de son costé, elle ne fasse chose qui la puisse altérer: -car, de ma part, je tascheray de la fortifier aultant qu'il me sera -possible, comme, jusques ici, il ne se peut dire que j'aye faict chose -esloignée de cella. Quand j'auray parlé à son dict ambassadeur je -fairay partir ce porteur aussytost, et luy bailleray une lettre, à -part, que je vous escriray, laquelle vous pourrés monstrer à la dicte -Royne d'Angleterre. - -Cependant ce me sera bien grand plaisir d'entendre journellement, par -la voye de l'ordinaire, l'estat des affaires de la dicte Royne -d'Escosse, ma soeur, et comme elle se porte de sa maladie; car je -serois fort marry qu'elle eût mal, estant bien aise du soing qu'avés -eu d'ayder à luy faire envoyer incontinent des medecins et tout le -secours qu'avés peu; priant Dieu, etc. - -Escript à Villiers, le XXVIe jour de décembre 1570. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, depuis ceste lettre escripte, j'ay parlé -à l'ambassadeur d'Angleterre, et luy ay tenu le mesme langage que -m'avés escript, de sorte qu'avec la juste occasion qu'il a de demeurer -content et satisfaict de l'honneur et service que je luy ay faict, -comme je veux tousjours faire à luy et à ceux qui viendront en sa -place, il en escrira de si bonne façon à la Royne d'Angleterre, ma -bonne soeur, que je m'asseure qu'elle ne sera plus en l'opinion, que -m'avés escript qu'elle avoit, que je n'eusse fait cas de son dict -ambassadeur. - - CHARLES. PINART. - - -RÉPONSE DU ROY AUX AMBASSADEURS DES PRINCES DE L'EMPIRE. - -Le Roy, ayant, de vive voix et par escript, entendu ce que les -ambassadeurs de Messeigneurs le Comte Pallatin et Duc de Saxe, -Ellecteurs du St Empire, et les Ducz Richard de Bavières et Jules de -Brunsvych, du Landtgrave Guillaume de Hessen, et aultres Princes de la -Germanye, ont eu charge de luy exposer de leur part, - -Sa Majesté leur a faict responce: - -Qu'elle mercye, en premier lieu, de toute la sa plus grande affection, -Mes dictz Seigneurs les Ellecteurs et Princes, de la cordiale -démonstration qu'ilz luy font de leur singulière bienvueillance et -amityé, ayant envoyé leurs dictz ambassadeurs pour se conjouyr et -congratuler avec elle de la nouvelle alliance qu'elle a naguyères -contractée avec l'Empereur, par le mariage de sa fille; laquelle -alliance elle veut bien faire entendre, à Mes dictz Seigneurs les -Ellecteurs et Princes, avoyr principalement desiré pour avoyr cogneu -qu'ainsy que le dict Empereur tient le premier tiltre et degré -d'honneur entre les Princes Chrestiens, Dieu luy a donné aussy les -grandz sens, prudence et excellentes vertuz de magnanimité, clémence -et bonté qui se doibvent desirer en si haulte dignité, oultre ce, -qu'il s'est toujours monstré du tout affectionné à maintenir ung bon -et heureulx repos en la Chrestienté. A quoy l'intention de Sa Majesté -est de luy correspondre avec telle volonté qu'elle espère, au plaisir -de Dieu, que leur commune alliance servira grandement pour establir -une asseurée tranquillité par toute la République Chrestienne. - -Et si, davantage, elle a estimé que la bonne et parfaicte amityé -qu'elle a par naturelle inclination avec Mes dictz Seigneurs, les -Ellecteurs et Princes de la Germanye, et qui luy a esté comme -héréditairement délaissée par ses père et ayeul, sera, par le moyen de -la dicte alliance, tousjours de plus en plus confirmée et corroborée; -qui sont les principaux poinctz qu'elle en a espéré et désiré tirer. - -Et, pour le regard de l'aultre poinct de congratulation, qui est de la -paix qu'il a pleu à Dieu restablir en son royaulme, elle leur répond -qu'elle ne doubte point que Mes dictz Seigneurs, les Ellecteurs et -Princes, se ressentantz et resouvenantz de la grande amityé et -bienvueillance que les Roys, de très heureuse mémoire, Henry et -Françoys, père et ayeul de Sa dicte Majesté, ont porté aux Princes de -l'Empire, leurs prédécesseurs, ne reçoyvent tousjours une grande joye -et playsir de ce qu'ilz verront succéder et se promouvoir pour le -proffict et utillité de ce royaulme, comme a esté la paciffication des -troubles; et prend en fort bonne part les sages et prudentz recordz -que Mes dictz Seigneurs, les Ellecteurs et Princes, luy ont faict -faire pour l'entretènement de la dicte paciffication; car il n'y a -rien en ce monde qu'elle ayt tant à cueur, ny à quoy plus constamment -elle persévère que à travailler de mectre et conserver la paix, unyon -et repos entre ses subjectz, comme le vray et seul moyen de la -prospérité des royaulmes et estatz. Chacun aussy a peu veoir, comme -ses subjectz n'ont poinct plus tost monstre l'envye qu'ilz avoient de -venir à la recongnoissance de leur debvoir, qu'elle ne les ayt -bénignement embrassez et receuz en sa bonne grâce. - -Au surplus, le Roy prie très affectueusement Mes dictz Seigneurs, les -Ellecteurs et Princes, de continuer envers luy ceste bonne volonté -qu'ilz démonstrent, et qu'ainsy, comme luy, suyvant les vestiges de -ses ancestres et de sa naturelle inclination, les ayme et estime avec -toute sincérité de cueur et d'affection aultant qu'il est possible, -eulx aussy luy vueillent mutuellement correspondre, se tenantz -asseurez qu'en tout temps et occasion ilz trouveront Sa dicte Majesté -prompte et entièrement disposée à employer les moyens que Dieu luy a -donnez, sans y rien espargner, pour la conservation et accroissement -de leurs dignitez et honneurs. - -Faict à Villiers Costerez, le XXIIIe jour de décembre 1570. - - CHARLES. BRULART. - - - - -LXXII - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---des XXIXe jour de janvier et 1er jour de febvrier 1571.-- - - Négociation du traité concernant Marie Stuart.--Discussion des - articles.--Menées du duc d'Albe en Écosse.--Demande de - nouvelles sur l'entreprise tentée par les Bretons en - Irlande.--Assurance donnée à Mr le cardinal de Chatillon que - les bénéfices seront conservés conformément à l'édit.--Arrivée - de Walsingham.--Remerciement du roi au sujet du présent qui lui - a été fait par Leicester.--Regret que lord Buckhurst ne puisse - assister aux fêtes du mariage, retardées à cause de la maladie - de la reine.--Audience de congé donnée à Mr de Norrys. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay receu par le Sr de Sabran, présent -porteur, vostre dépesche du XXIXe du moys passé; et, despuis son -arrivée, celles des VIe, XIIIe et XVIIIe jours du présent[84], ayant -esté bien aise d'avoir veu que la Royne d'Angleterre, Madame ma bonne -soeur, soit à présent si contente de l'honneste langage que j'ay tenu -à son ambassadeur, comme vous luy avés faict voir par l'extrait de ma -lettre. Vous aurés encore despuis veu, par les despesches que je vous -ay faictes, tant par l'ordinaire que par vostre secrettaire, comme son -dict ambassadeur est le plus satisfaict qu'il est possible; et, -encores que je vous aye, par mes précédentes et par les articles que -je vous envoyay apostillés, amplement satisfaict aux poincts -principaux, sur quoy vous avés particullièrement donné charge aux -dictz porteurs de raporter responce résollue, et spéciallement par la -dernière que vous a portée vostre dict secrettaire, je ne laisseray -pourtant de reprendre chascun poinct succintement. - - [84] Voyez CLIIe, CLIIIe, CLIVe et CLVe dép., tom. III, pag. 410, - 426, 428 et 433. - -Et vous diray, quand au faict de la Royne d'Escosse, ma soeur, qui est -le principal de vos dictes dépesches; que je suis bien aise de quoy, -(comme vous m'escrivés par la vostre dernière), ses députés commancent -à estre ouïs, et que ceux de l'aultre party s'acheminent pour y venir, -affin de bientost donner forme au traicté de ses affaires; sur -lesquels, comme je vous ay souvant faict entendre, je desire que vous -luy donniés, en mon nom, toute l'assistance qu'il vous sera possible, -priant d'affection, de ma part, le plus courtoisement que vous -pourrés, la dicte Royne d'Angleterre pour elle, ainsi que me mandés -que le comte de Lestre vous a prié et conseillé; et que je m'asseure -que vous sçaurés bien faire sellon mon intention, laquelle je vous ay -cy devant escripte, et bien amplement faict entendre combien il -importait à ma dicte soeur n'accorder que le Prince d'Escosse, son -fils, feust mené en Angleterre, et que, tant s'en fault qu'elle et ses -subjects doibvent jamais donner consentement à cella, qu'au contraire, -s'il y estoit, elle et ses dictz subjectz auroient à regarder -d'employer tous moyens pour l'en rettirer. En quoy il fault -qu'accortement et sans bruict, ni que l'on cognoisse que cella vienne -de vous, que vous fassiés, pour les raisons que je vous ay cy devant -escrites et que vous sçaurés bien considérer et dire dextrement, que -les depputés d'Escosse persévèrent et remonstrent que c'est chose -qu'ils ne peuvent accorder. - -Quand à la ligue que la Royne d'Angleterre demande estre expressément -faicte par le dict traicté d'entre elle et la dicte Royne d'Escosse; -encores que vous m'escriviés par vostre dicte dépesche, du XXIXe de -l'autre moys, qu'elle vous aye dict qu'elle n'entend par là me faire -préjudice, ains seullement faire que ma dicte soeur, la Royne -d'Escosse, ne luy puisse nuire à l'advenir; je vous diray aussy, pour -ce que ce dict porteur m'a dict que vous desiriés d'en sçavoir encores -ceste fois mon intention, que je ne veux, pour cella, que vous -différiés de prendre garde que, en faisant le dict traicté, il ne se -conclue chose qui contrevienne aux alliances et confédérations d'entre -ceste couronne et celle d'Escosse; vous ayant expressément envoyé tous -les principaux traités que j'ay fait extraire de ma cour de parlement, -lesquels vous donneront assés de lumière et cognoissance de ce que -vous aurés à faire pour mon servisse. Et si vous voyés qu'ils -voullussent faire chose qui y aportast quelque altération, il fault -que vous trouviés moyen, par quelque honneste occasion, de retarder la -résollution qu'ils en voudroient prendre, et si ne le pouviés faire -doucement, et que vissiés qu'ils voullussent passer oultre, protester -d'infraction de tout ce qui pourroit estre faict contre noz dictz -traités et alliances; et n'y intervenés plus, affin que vous ne -prestiés aulcun consentement à chose qui me puisse nuire ou -préjudicier, ni semblablement aux dictes alliances et traictés d'entre -ceste couronne et celle d'Escosse, qui sont joinctes et alliées, de -si longtemps, de tant bonne et grande amitié, faisant, au demeurant, -tout ce qu'il vous sera possible, et en sorte que les articles et -accords qui se passeront au dict traité soyent, le plus que faire se -pourra, à l'advantage de ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, et au -bien des affaires de son royaulme; ainsi que je vous ay tousjours -escript et commandé d'y tenir la main; ayant bien considéré ce que -m'escrivés des propos que vous a tenus le comte de Lestre, sur -l'ouverture de la démonstration de bonne intelligence, en quoy la -dicte Dame, Royne d'Angleterre, désire demeurer avec moy, qui semblent -estre affin que l'on ne pense que ce qui sera faict en cest endroict -pour ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, par icelle Royne -d'Angleterre, ne soit pour craincte qu'elle aye de secours et -assistance que je pourrois donner à ma dicte soeur, la Royne -d'Escosse, et à ses bons subjects, mais seullement pour l'honneste -respect et faveur qu'elle me veult porter. Dont je suis bien aise, et -desire que vous continuiés à luy user tousjours du mesme honneste -langage que je vous ay cy devant escript que vous luy debviés tenir, -qui est de vous fonder principalement sur les anciennes alliances de -ces deux royaulmes, et encore davantage pour la proximité en laquelle -me touche ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, qui vous donne assés -d'occasion de presser cest affaire, mais vous aurés à vous conduire de -telle sorte que cella ne nous puisse mettre à la guerre, ainsi que -j'ay donné charge à ce dict porteur vous dire de bouche. - -Et à ceste occasion, il sera bon d'admonester tousjours ma dicte -soeur, la Royne d'Angleterre, de ce qu'elle a si expressément promis, -et que vous m'avés escript: qui est que, quand bien il ne se pourroit -rien traicter par ceste négotiation, que, en quelque sorte que ce -soit, elle remettroit ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, en liberté -avec ses bons subjects; dont sur cella, il lui fault faire toute -instance: car, puisqu'elle l'a ainsi promis, elle n'en sçauroit -prendre nulle mauvaise occasion. - -N'y ayant plus au reste de vos dépesches à vous respondre si n'est que -le sieur Setton n'est poinct passé ici, que j'aye sceu. Et, pour ce, -je vous prie ne faillir de regarder soigneusement à descouvrir s'il a -rien faict et résollu aultre chose avec le duc d'Alve que pour le -faict de l'emprumpt de dix mille escus que me mandés, et aussi qui est -le gentilhomme qu'a dernièrement envoyé le dict duc d'Alve en Escosse, -oultre les deux aultres qui y avoient esté cy devant par son -commandement; et surtout, s'il est possible, il faut apprendre pour -quelle occasion ces voyages si fréquents se font, car, si c'est pour -entreprendre quelque chose de ce costé là ou en Irlande, je désire -bien d'en estre adverti d'heure, et bien certainement. Il est vray -qu'il n'y a pas grande apparance que le Roy d'Espaigne ni le dict duc -d'Alve y entreprennent; toutesfois il faut, s'il est possible, que -vous vous esclercissiés tellement en cessy que en puissiés sçavoir -quelque chose par les gens de l'esvesque de Ross ou aultres. Et sera -bon aussy que soubz main vous fassiés enquérir, mais par personnes que -l'on ne puisse penser que vous leur en ayés donné charge, que sont -devenus les Bretons que me mandés que l'on dict de dellà qui ont esté -du dict costé d'Irlande, où ils ont relasché, et qu'ils sont devenus; -et aussi ce que l'on en dict à la cour d'icelle Royne d'Angleterre et -comme vont ses affaires de ce costé là; - -Vous voullant bien assurer, sur ce que vous a dict mon cousin le -cardinal de Chastillon, se complaignant à vous comme s'il ne -jouissoit point encore des bénéfices que j'ay donné ordre, ainsi que -ses gens luy peuvent avoir dict et escript, qu'il ne luy en est, ni ne -luy en sera pas, rettenu un seul liart de revenu, ni semblablement à -tous les aultres bénéficier, estans de la religion. Et a l'on en cela -si bien suivi et acheminé l'exécution de mon dict édict qu'ils n'ont, -ce me semble, aulcune occasion de se plaindre, leur faisant si -dilligemment, et à toutes heures qu'ils requièrent quelque chose, -quand elle est de justice, promptement satisfaire; et ay, oultre -cella, délibéré de tenir si roide la main, non seulement au faict des -dicts bénéfices, mais aussy à tous les aultres poinctz de mon dict -édict de pacification, que je suis bien asseuré que les uns ni les -aultres n'auront aucune cause de s'en plaindre. - -Ce me feust plaisir d'avoir été adverti par vous de l'arrivée du Sr de -Walsingam, quelques jours avant qu'il feust ici. Je l'ay, depuis -quattre jours, veu avec le sieur Norris, m'ayant le dict sieur de -Walsingam apporté lettres de ma dicte soeur, la Royne d'Angleterre, sa -Maistresse, comme aussi fit il à la Royne, Madame ma mère; par les -quelles ma dicte soeur révoque le dict Sr de Norris et introduit en -son lieu le dict Sr de Walsingam, qui véritablement nous a tenu, et -aussy à mon frère le Duc d'Anjou, à chascun particulièrement, de la -part de la dicte Royne, sa Maistresse, infinis honnestes et agréables -propos. Aussy n'avons nous pas, Ma dicte Dame et Mère, et moy, ni mon -dict frère, manqué de luy répondre de mesme, l'asseurant bien qu'en -tout ce qu'il aura à négotier et à faire pour ma dicte soeur, la Royne -d'Angleterre, auprès de nous, qu'il sera tousjours fort cordiallement -et vollontiers veu et ouï, de sorte que, sur cella, il a promis de se -bien comporter en sa charge, durant laquelle il espère fortiffier, -plustot que diminuer, la commune amitié d'entre sa Maistresse et moy. - -Je suis bien aise des hacquenées que vous me mandés que le comte de -Lestre a faict enharnacher et partir devant le milord de Boucaut, -auquel je fairay toute la bonne chère qu'il peut désirer, et me -revancheray des hacquenées. Mais je suis bien marry qu'il ne verra -pas, comme je pensois, les triomphes qui se feussent faict, si la -santé de la Royne, ma femme, eust peu permettre qu'elle eust esté -sacrée, et faict son entrée; mais estant encores malade, et ne voyant -pas qu'elle puisse estre si tost du tout guérie et bien forte, aussy -qu'elle est en doubte d'estre grosse, j'ay résollu que son dict sacre -et entrée se fairont une aultre fois; et moy seullement fairay mon -entrée, sans grande cérémonie, le premier dimanche de caresme -prochain, Dieu aydant. - -Et pour ce que le dict Sr de Sabran, présent porteur, vous dira comme -je reçois très grand contentement du bon debvoir que vous faictes à -mon servisse, je ne vous en diray davantage, si n'est pour vous -asseurer que, se présentant pour vostre bien et avancement quelque -bonne occasion, je vous en grattiffieray d'aussy bon coeur que je prie -Dieu, Monsieur de La Mothe Fénélon, qu'il vous ait en sa sainte et -digne garde. - -Au chasteau de Bouloigne, le XXIXe jour de janvier 1571. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, despuis ceste lettre escripte, le sieur -Norris, se délibérant de partir dans deux ou trois jours pour s'en -retourner en Angleterre, est venu prendre congé de moy, m'ayant tenu -bien fort honneste langage de ses desportements, pendant qu'il a esté -icy. Sur quoy je n'ay pas failli de luy respondre de mesme, de sorte -qu'il s'en va bien fort content, et ne doubte pas que, oultre la -lettre que j'escripts par luy à la dicte Royne, sa Maistresse, pour -respondre à celle que m'a apportée d'elle le Sr de Walsingam, il -n'asseure bien sa dicte Maistresse de la bonne et affectionnée -vollonté que j'ay à l'entrettènement de nostre bonne et commune -amitié; et qu'à son retour de delà il ne fasse, cognoissant que c'est -le bien du servisse d'elle, tout ce qu'il pourra pour l'entretenir -aussi en pareille bonne vollonté; car il montre bien fort la desirer. -Ainsi je luy ay faict faire un présent de vaisselle d'argent jusques -environ douze cens escus, comme l'on a accoustumé. - -Au chasteau de Bouloigne, le 1er jour de febvrier 1571. - - CHARLES PINART. - - - - -LXXIII - -LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - -(_Lettre escrite de la main de la Royne._) - ---du IIe jour de febvrier 1571.-- - - Déclaration confidentielle et secrète faite par Catherine de - Médicis à l'ambassadeur que le duc d'Anjou a formellement - annoncé qu'il ne voulait pas épouser Élisabeth.--Regret que - cette détermination inspire à la reine-mère.--Moyens que l'on - pourrait employer pour entamer une négociation - nouvelle.--Proposition qui pourrait être faite pour le duc - d'Alençon.--Recommandation du plus profond secret sur cette - communication. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, après avoir entièrement dépesché ce -porteur, je l'ay renvoyé quérir pour luy bailler ceste lettre, -laquelle n'est que pour vous faire entendre ce que je n'ay voulleu -fier ni à secrettaire, ni à personne que à moy mesme, et de ma main -vous l'escrire; m'asseurant que vous conduirés ce faict si -secrettement et dextrement qu'il ne nous apportera nul inconvéniant, -comme je craindrois, si la Royne d'Angleterre pensoit estre -desdaigniée ou méprisée, et que cella feust cause de nous mettre en -quelque guerre ouverte, ou qu'elle nous la fist soubs main, comme elle -a faict jusques ici. - -Et pour venir au poinct, c'est que mon fils m'a faict dire par le Roy -qu'il ne la veut jamais espouser, quand bien elle le voudroit, -d'aultant qu'il a tousjours si mal ouï parler de son honneur et en a -veu des lettres escriptes de tous les ambassadeurs, qui y ont esté, -qu'il penseroit estre déshonnoré et perdre toute la réputation qu'il -pense avoir acquise. - -Et pensant tousjours le vaincre par raison, je vous en ay escript -tousjours du mesme train jusques à la présente que je me suis -délibérée de faire, affin qu'allant les choses plus avant, elle n'eust -plus d'occasion de nous vouloir du mal, et se ressentir de ce qu'elle -auroit esté refusée. - -Et vous promets que, si elle dict à bon escient de se voulloir marier, -que j'ay grand regret de l'opinion qu'il a; et voudrois qu'il m'eust -cousté beaucoup de sang de mon corps que je la luy eusse peu oter; -mais je ne le puis gaigner en cessy, encores qu'il me soit obéissant. - -Or, Monsieur de La Mothe, vous estes sur le poinct de perdre un tel -royaulme et grandeur pour mes enfans; dont j'ay un très grand regret. -Voyés s'il y auroit quelque aultre moyen, comme je vous avois mandé -aultrefois, qu'elle voulleût adopter quelqu'une de ses parantes pour -fille, et la déclarer son héritière et que mon fils l'espousât; ou une -chose que je trouve aussy mal aisée et plus, qu'elle voulleust mon -fils d'Alençon, car, de luy, il le desire, et il a sèze ans passés; et -d'aultant qu'il est petit de son âge, je fais encore plus de -difficulté qu'elle le veuille; car, s'il estoit de grande venue comme -sont ses frères, j'en espèrerois quelque chose, car il a -l'entendement, le visage, et la façon assés de plus d'âge qu'il n'a; -et n'y a à dire, quand à l'âge, que de trois ans, de son frère à luy. - -Je ne vous mande cessy pour espérance que j'aye, mais c'est pour faire -voir par quel moyen nous pourrions avoir ce royaulme entre les mains -d'un de mes enfans; veu, oultre leur grandeur, le bien et grand -service pour le Roy et le royaume. - -Je vous prie de bien considérer tout ce que je vous en escriptz, et me -mander ce que vous en semble, et ce que j'en puis espérer, et me -l'escrire par une lettre qui ne soit baillée qu'à moy seulle, et non -devant personne; et m'asseurant qu'avés la mesme vollonté en ce faict -que j'ay, je ne vous en diray davantage, ni ne le vous recommanderay. -Je finis priant Dieu, etc. - -De Bouloigne, près de Paris, ce segond de febvrier 1571. - - CATERINE. - - - - -LXXIV - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du VIIIe jour de febvrier 1571.-- - - Déclaration du roi que l'entreprise faite en Irlande par des - Bretons a eu lieu sans son aveu.--Ordre donné pour en faire - punition.--Vive recommandation en faveur de Marie - Stuart.--Désir du roi de se rendre au voeu d'Élisabeth, en - appuyant auprès de l'empereur le projet de la réunion des - églises.--Déclaration faite par le roi à Walsingham concernant - l'entreprise des Bretons en Irlande. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, par la dépesche que je vous ay faicte -par le sieur de Sabran, je vous ay amplement respondu à voz dernières -dépesches, si ce n'est à celle du XXIIIe de janvier, qui arriva, avant -hier, à l'heure du départ du dict Sabran que je ne voullus rettarder -davantage; et remis à vous y faire responce à présent[85], que je -vous prie d'assurer la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, qu'elle ne -doibt pas s'imaginer que je permette jamais qu'aulcun de mes subjects -entreprenne rien en Irlande contre son service, ayant été bien -surprins de l'advis qu'elle vous à baillé par escript, que j'ay veu, -où elle dict que le capitaine La Roche, gouverneur de Morleys en Basse -Bretaigne, y est allé avec quattre navires, ayant intelligence avec un -nommé Fitz Maurice, que le mémoire porte aussy qu'il est à présent -secrettement en Basse Bretaigne à solliciter pour avoir des forces, -affin de les mener à ce printemps en Irlande. Ce que je ne puis -croire, ny pareillement que le sieur de Crenay, cappitaine de Brest, -ait prins d'Angin et une petite isle qui est, à ce qu'a déclaré le -dict advis, assez près d'Irlande; car je vous asseure que ce sont -choses dont je n'oïs jamais parler qu'à la réception de vostre dicte -dépesche. - - [85] Voyez CLVIe dép., tom. III, pag. 443. - -J'ay desjà donné ordre de m'en informer certènement pour en faire -justice exemplaire, s'il se trouve qu'il en soit quelque chose; car -j'ay tousjours desiré, comme encore je veux de bon coeur, entrettenir -la paix, amitié et bonne intelligence qui est entre ma dicte soeur, la -Royne d'Angleterre, et moy; m'asseurant que, de sa part, elle est en -pareille vollonté, comme vous me mandés, et que, suivant ce qu'elle -vous a promis, elle tiendra bientost la promesse, et parole qu'elle -vous a si expressément donnée pour ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, -qu'en cas qu'il ne se fasse rien par le traicté, qu'elle ne laissera -pas de la mettre en toute liberté ez mains de ses bons subjects: ce -que attendant, je n'ay pas voullu que l'ordre que j'avois donné pour -secourir ma dicte soeur se soit avancé. - -Je vous recommande tousjours de donner à ses affaires toute -l'assistance que vous pourrés, suivant les dépesches que je vous ay cy -devant faictes, par lesquelles vous estes si amplement informé de mon -intention qu'il n'est besoin vous la réitérer. Aussy, pour la fin de -ceste cy, seullement je vous diray que je seray tousjours bien aise de -m'employer à un si bon oeuvre que celluy pour lequel elle vous a prié -de m'exhorter: qui est qu'avec la bonne intelligence que j'ay avec -l'Empereur, mon beau père, je peusse mettre en avant quelque -honnorable moyen d'accord et de réunion en l'Eglise, ce que je désire -plus que chose de ce monde, et que je prie Dieu nous donner, vous -priant l'asseurer que, l'occasion s'en présentant, c'est chose que -j'embrasseray de toute syncère et vraye affection. Sur ce, etc. - -Au chasteau de Bouloigne, le VIIIe jour de febvrier 1571. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, despuys cette lettre escripte, le Sr de -Walsingam, à présent ambassadeur de ma dicte soeur, la Royne -d'Angleterre, nous est venu faire grande instance pour le faict de -Irlande. Sur quoy la Royne, Madame ma mère, et moy luy avons respondu -le mesme langage cy dessus déclaré, et asseuré que, pour ce que s'il -s'est faict, ç'a esté sans que en ayons rien sceu, nous donnerons -ordre d'en faire faire punition exemplaire: de quoy vous pouvés -assurer ma dicte soeur, et luy dire que les pratiques et aultres -choses, qui se font au préjudice et contre ce qui a esté accordé -pendant la suspension, se font par aultres que par moy ni mes -ministres, et sans que je l'entende. - - CHARLES. PINART. - - - - -LXXV - -LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - -(_Lettre escripte de la main de la Royne._) - ---du XVIIIe jour de febvrier 1571.-- - - Consentement donné par le duc d'Anjou à son mariage avec - Élisabeth.--Recommandation de presser vivement cette - négociation.--Secret qui doit être gardé sur toute cette - affaire. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, je vous ay escript une lettre de ma main -par Sabran, et vous mandois que, voyant que mon fils ne voulloit se -marier, que vous essayssiés de voir si la Royne d'Angleterre voudroit -son frère d'Alançon, ou luy bailler quelqu'une de ses parantes. Or, -despuys, j'ay tant faict que mon dict fils d'Anjou s'est condescendu à -l'épouser, si elle le veut, ce qu'il desire, à ceste heure, -infiniment. Ce que voyant, j'ai faict temporiser icy milord Boucaust, -encore qu'il aye prins congé, affin qu'il vienne encore de nouveau -parler au Roy, mon fils, et à moy; et qu'estant asseurés à présent de -la vollonté de mon dict fils, nous luy en parlions en façon que la -Royne, sa Maistresse, à son retour, cognoisse qu'il ne tient plus à -nous que, si elle a envie de se marier, et espouser mon fils, la chose -s'effectue avec son honneur et le nostre. - -De quoy je vous ay bien voullu advertir par ce porteur que je retins -jusqu'à présent pour l'espérance que j'avois de gaigner à la fin mon -fils comme j'ay faict; et le vous ay voulleu escrire de ma main pour -estre très nécessaire, si la chose se debvoit faire, qu'elle se vît -plus tot faicte et le mariage conclud que sceu. Et, pour ceste -occasion icy, nous faisons tousjours entendre à tous secrettaires et -aultres, que je n'ay jamais peu gaigner mon fils à se voulloir -marier. Et parce que tout le monde parle, je vous prie, dorénavant, -n'escrire plus de ce propos par lettre qui puisse venir entre aultre -main que les miennes, et que personne ne les aye ni voye que le Roy, -mon fils, son frère et moy; et aux aultres lettres qui seront des -aultres nouvelles et affaires, le secrettaire les aye comme avés -acoutumé, mais qu'il n'y aye jamais rien qui parle de ce mariage; -lequel desirons qu'il ne traine point, mais, incontinent que le milord -sera de retour, que vous taschiés de descouvrir ce qu'il aura dict, et -sur cella la vollonté de la Royne d'Angleterre, et nous mandiés -comment nous aurons à nous y conduire, affin que bientost nous en -puissions avoir l'issue qu'en desirons; et surtout que les Catholiques -n'en prennent umbre, mais gaignez les de façon qu'ils le desirent, et -leur faictes cognoistre le bien et advantage que ce leur sera. - -J'ay entendu ce que m'aviés mandé par ce porteur qui me semble que -c'est un bon acheminement, et que j'espère conduire le reste de façon -que la fin en sera heureuse et comme la desirons; ce que attendant, je -prie Dieu qu'il vous aye en sa saincte garde. - -De Paris ce XVIIIe jour de febvrier 1571. - - CATERINE. - - - - -LXXVI - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XIXe jour de febvrier 1571.-- - - Avertissement donné par le roi à Élisabeth d'une entreprise - formée par les Espagnols sur l'Irlande.--Résolution du roi - d'accorder pour l'Écosse un secours de quatre mille écus par - mois, pendant six mois.--Déclaration que l'état des affaires en - France ne permet pas de donner davantage, et qu'il faudra - toujours se conduire, autant que possible, de manière à éviter - la guerre. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay reçeu un pacquet de vous, du -dernier jour du moys passé, qui a longuement demeuré par les postes; -et, le jour mesmes, arriva aussi le sieur de Vassal avec vostre -dépesche du VIe de ce moys, et aujourdhui celle du XIIe ensuivant[86]: -par toutes lesquelles j'ay eu grande satisfaction de voir les discours -que me faites de ce qui se passe journellement par delà. Sur quoy je -vous diray que je seray bien aise que, continuant envers la Royne -d'Angleterre, ma bonne soeur, le mesme langage que je vous ay escript, -vous l'asseuriés toujours que, de ma part, je veux entrettenir -inviolablement nostre commune et bonne amitié et intelligence, ainsi -que j'ay asseuré le dict Sr de Walsingam, lequel la Royne, ma dicte -mère, a adverti, il y a desjà quelques jours, de ce que nous avons -entendu qui s'est faict tant en Espaigne que par le duc d'Alve pour -dresser entreprinse sur le païs d'Irlande; par où elle jugera bien -que, l'en ayant faict advertir, nous desirons par effaict sa -conservation et continuation de nostre dicte bonne amitié, espérant -que, de sa part, elle fera le semblable, et que, suivant ce qu'elle -m'a si souvant, et, depuis quelque temps, si expressément promis, en -quelque sorte que ce soit, soit qu'il se fasse quelque bon traicté -pour ma soeur, la Royne d'Escosse, ou non, qu'elle la remectra en -liberté ès mains de ses bons subjectz. - - [86] Voyez CLVIIe, CLVIIIe et CLIXe dép., tom. III, pag. 450, 457 - et 469. - -Et si vous cognoissés que ce ne soit que parolles, sans qu'il y ait -espérance de quelque bon effaict, je suys résollu, suivant ce que vous -m'avés escript par vostre dicte dernière dépesche, que je viens -présentement de voir, de secourir par chacun moys, jusques à six moys -durant et prochains, à commancer ce moys de mars, ma dicte soeur, la -Royne d'Escoce, de quatre mille escus. Et pour ce, si vous voyés qu'il -n'y ait aulcun moyen de faire que la dicte Royne d'Angleterre me -tienne en cella promesse, il fault que doucement et sans grand bruict -vous asseuriés l'évesque de Ross, ou celluy auquel ma dicte soeur, la -Royne d'Escosse, a le plus de fiance par delà, que, combien que je -sois après à me restraindre pour mesnager et rétablir mes affaires des -dépenses que m'ont apportées ces dernières guerres, néantmoings je -m'estendray et fairay fournir, sans qu'il y ait aulcune faulte, au -commencement de mars, jusques à six mois durant, si tant les affaires -de ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, durent, les dicts quatre mille -escus par moys, à commancer en mars prochain. - -Et fault que vous regardiés avec le dict évesque de Ross, ou aultre à -qui ma dicte soeur a plus de confience, à qui secrettement je les -fairay fournir ici, affin qu'ils soyent bien employés, et sans qu'il -soit sceu que cella vienne de nous; car je serai bien aise de -continuer tousjours envers ma dicte soeur, la Royne d'Angleterre, -l'instance que j'ay occasion de luy faire de la restitution et -dellivrance de ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, sur ce qu'elle vous -a clairement dict et donné charge de m'escrire et promettre de sa -part, comme vous avés faict: qui est qu'elle la mettroit bientost en -liberté. Dont cependant vous l'admonesterés tousjours honnestement, le -plus à propos que vous pourrés de ma part, sans qu'elle puisse en -cella trouver légitime excuse; comme aussy ne sçauroit elle, pourveu -qu'elle, ny les siens ne sçachent rien des dicts quatre mille escus -par moys; estant bien nécessaire, pour beaucoup de raisons, que vous -observiés et considériés bien ce qu'elle vous dira chacune fois que -vous lui parlerés de ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, affin que -vous puissiés pénétrer et descouvrir ceux de ses ministres et -conseillers de qui et pourquoy elle est entrée en tant de déffiance -que j'ay veu par vos dictes lettres qu'elle est; luy faisant tousjours -cognoistre que, s'il s'est faict aulcune chose qui donne occasion de -retarder ou rompre la négociation du traicté de la restitution de ma -dicte soeur, la Royne d'Escosse, que je croy certainement que icelle -ma dicte soeur n'en a aulcune intelligence, et de ma part je n'en sçay -rien, comme vous la pouvés certainement asseurer. - -Tout le reste de vos dictes dépesches ne requiert plus de réponse, si -ce n'est pour vous dire qu'il sera bon, suivant ce que je vous -escrivis en chiffre, il y a quelque temps, que vous vous comportiés, -pour le regard de la négotiation d'entre la dicte Royne d'Angleterre -et le duc d'Alve, et pour les autres affaires qui se pourront offrir -entre les Espagnols et les Anglois, ainsi que je vous ay faict -entendre; qui me garde de vous en tenir ici plus longs propos. - -Mais vous diray que, despuys six jours, le sieur de Seton est arrivé -en ce lieu, avec lettres que la Royne d'Escosse, ma soeur, m'a -escriptes et à la Royne, Madame et Mère, et aussi à mon frère, le Duc -d'Anjou, qui sont faictes dès le moys d'octobre; et d'aultres -particulières de l'évesque de Ross, du Ve de ce moys, par lesquelles -ma dicte soeur et icelluy évesque me requièrent très instamment, -oultre la créance du dict Seton, qui estoit aussy de même, de secourir -et assister ma dicte soeur la Royne d'Escosse. - -Sur quoy je respondis à l'archevesque de Glasco et au dict Seton, -comme aussi fist Ma dicte Dame et Mère, de son costé, que nous avions -faict ce qui avoit esté possible, comme encore nous fairions toujours, -pour la restitution de ma dicte soeur, la Royne d'Escosse; mais, parce -que la Royne, Ma dicte Dame et Mère, jugea aux propos que luy tint le -dict archevesque de Glasco, qu'il sembloit que nous n'eussions assés -fait en cella; et toutesfois vous avez sceu ce que je dis au Sr de -Walsingam, quand il s'en retourna dernièrement pour faire entendre à -la dicte Royne d'Angleterre, et ce que despuis j'escrivis au Sr de -Norrys, qui est tout ce que je pouvois et peut estre plus que je ne -debvois lors, considéré l'estat de mes affaires; ce que Ma dicte Dame -et Mère ne faillit pas de bien dire, à ce propos, au dict archevesque -de Glasco. Dont je vous ay bien voulleu advertir, affin que, rettenant -cella à vous, vous puissiés par dellà mieux juger ses déportements. -Car je croy que luy, et ceux, avec lesquels il confère ordinairement, -desireroient bien de me mettre à la guerre avec ma dicte soeur, la -Royne d'Angleterre; ce que, pour vous dire vray, je veux évitter, avec -occasions raisonnables, tant que je pourray, et plustot, s'il est -possible, voir ceux qui m'y desirent, et qui ont faict tout ce qu'ils -ont peu pour entrettenir les troubles en mon royaulme. Je ne veux pour -cela laisser Madame ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, mais dellibère -de l'assister, tant qu'il me sera possible, comme j'ay tousjours -faict jusques icy, et que je fairay encores, sellon les moyens que -j'en ay. - -Je remettray le surplus de ce que je vous pourrois escrire au contenu -de vos dictes dépesches, à quand le dict de Vassal s'en retournera; -qui sera quand j'auray veu le dict Sr de Boucaust et ceux de sa -troupe, auxquels je fairay faire bonne chère, au devant duquel j'ay -envoyé. - -Et vous diray, pour la fin de ceste cy, que celluy, que me mandés qui -a escript de delà ce qui est contenu au mémoire enclos avec vostre -dicte dépesche du XIIe, est mal adverti, ayant seullement receuilli ce -que ceux qui discourent à leur fantaisie ont peu penser, ou luy -mesmes, qui n'a pas voulleu envoyer les premières dépesches sans y -mettre des nouvelles, en a voulleu composer; mais il sera bon que vous -continuiés tousjours à recouvrer les doubles de celles qu'il faira cy -après et ses mémoires pour m'en advertir, et cella sera tenu secret -comme vous desirés; aussy le fault il ainsi pour le bien de mon -servisse, priant Dieu, etc. - -Escript au chasteau de Bouloigne, le XIXe jour de febvrier 1571. - - CHARLES. PINART. - - - - -LXXVII - -LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - -(_Lettre escrite de la main de la Royne._) - ---du IIe jour de mars 1571.-- - - Conférence de Catherine de Médicis avec lord Buckhurst sur la - négociation du mariage.--État de cette négociation avec - Cavalcanti et Téligni. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay veu vostre petite lettre, et si -vous avez receu la dernière que je vous ay escripte, vous verrés que -les choses sont changées, et que mon fils desire infiniment espouser -la Royne d'Angleterre, et ne craint sinon qu'elle ne le veuille non -plus qu'à l'accoustumée, et qu'elle fasse mine de se voulloir marier -pour servir à ses affaires. Mais, quoiqu'il en soit, il fault essayer -par tous moyens de la conduire à le faire, et pour luy donner occasion -de dire librement sa vollonté, j'ay parlé au milord Boucaust, le jour -devant qu'il partît, encore qu'il eust longtemps auparavant prins -congé de nous en cérémonie; et, de peur qu'il feust sceu, il fist -semblant d'aller voir les Tuilleries et moy d'y estre allée me -promener sans dessein, où je feignis de l'entrevoir, et luy dis que -j'eusse eu regrect qu'il s'en feust allé sans que plus au long je luy -eusse explicqué l'amitié que le Roy, mon fils, et moy avons pour la -Royne, sa Maistresse, veu qu'elle nous avoit faict entendre par luy -celle qu'elle nous vouloit, et comment nous desirions, par touts -moyens, de luy correspondre, et l'assurer que, de nostre part, nous -travaillerons tousjours à la fortiffier davantage, quand l'occasion -s'en présenteroit. - -Il me dict qu'il pensoit que je voulleusse luy dire cella pour le -mariage d'elle et de mon fils. - -Je luy dis que, si nous estions asseurés qu'elle le voullût et ne se -moquast comme des aultres, que le Roy, mon fils, et moy le désirerions -et le voudrions avecque son honneur, mais qu'elle gardât, de son côté, -le nostre affin qu'il ne nous en tournât une moquerie. - -Lors il commença à me dire qu'elle luy avoit commandé de nous dire, si -nous entrions en ce propos, qu'elle estoit résollue de se marier, et -hors de son royaume, et à un prince de mesme aisle; et que, n'estant -l'honneur d'une fille de rechercher les hommes, qu'elle n'en pouvoit -dire davantage; mais, quand elle en seroit requise, comme son honneur -le veut, qu'elle respondroit et n'en sortiroit nulle moquerie. Et, -après, me dict qu'il me voulloit parler, de luy mesme, qu'elle estoit -contraincte de se marier, et asseuroit qu'elle le voulloit, que tous -les grands le luy conseilloient, que mon fils n'estoit ni comme le roy -de Suède, ni le frère du roy de Dannemarc, ny l'archiduc Charles, qui -sont tous princes esloignés d'Angleterre et pauvres, eux et les leurs. -Mais mon fils estoit voysin et appuyé d'un grand Roy; et que ce -mariage, s'il se faisoit, seroit bien utille pour les deux parties; et -qu'il me prioit que je luy disse ce que je voudrois sur cella mander à -sa Maistresse. - -Je luy dis que je n'avois à dire aultre chose, de la part du Roy, mon -fils, et moy, que ce que je luy avois dict: que ne se mocquant, et se -voullant marier véritablement, que le Roy, mon fils, et moy entrerions -en ce propos, luy gardant son honneur, et qu'elle aussy nous gardast -le nostre; qu'estant Royne si grande, il ne la fault pas recercher -comme une aultre princesse, sans sçavoir sa vollonté, veu mesmement -que les aultres, qui l'ont faict, s'en sont mal trouvés: mais que la -sçachant, nous luy garderons ce qui est deu à une fille, grande royne -comme elle est. - -Il me demanda s'il en diroit aultant de la part de mon fils, je luy -dis que non, que c'estoit de la part du Roy et de moy, et qu'il -pouvoit bien l'asseurer, de la part de mon fils, qu'il la serviroit -tousjours en ce qu'elle luy voudroit commander. - -Voilà tout ce qui s'est passé entre nous. - -Et, le jour auparavant, Cavalcanty m'avoit baillé le portraict de la -dicte Dame pour le bailler à mon fils, que le milord luy avoit -baillé. Despuys, le secrettaire du cardinal de Chastillon a eu sa -responce, qui est que nous le remercions et le prions de voulloir -tirer l'entière résollution de ceste Royne, si elle se veut marier ou -non, et, après, nous venir trouver pour en conférer ensemble et -prendre une résollution comme nous y debvons procéder, et l'avons -faict affin qu'il s'en vienne icy. - -Et Téligni, qui nous a aussy pressé de luy faire responce, et avoir -quelque chose plus particulière pour luy mander affin qu'il le puisse -dire à icelle Royne, si elle luy demande:--«Quand je leur auray -asseuré de le voulloir quelle seureté auriés qu'ilz le veullent.»--Je -luy ay dict et le Roy aussy, qu'il luy mande de l'asseurer que, si -nous sommes asseurés de sa vollonté, que lors elle cognoistra que nous -serions bien marris de nous moquer d'une telle princesse; et y fairons -ce que debvons pour luy conserver son honneur et réputation: car, -cella se faisant, nous le desirons conserver comme le nostre propre. - -Il m'a dict:--«Mais Monsieur y est si contraire.»--Je luy ay respondu -que non, mais qu'il y en avoit tant qui ne desiroient ce mariage que, -s'il faisoit aultrement, ils essayeroient par tous moyens de -l'empescher; et, en pensant qu'il ne le veut, ils se moquent de ce que -l'on en dict. - -Je vous ay voulleu advertir de tout affin que, parlant à ceste Royne, -vous suiviés le mesme propos, et que, nous advertissant par lettre -expresse, qui ne soit baillée qu'à moy, de tout comme les choses iront -après qu'elle aura entendu tout cessy, et nous mandiés ce qu'il vous -semble que nous y devions faire, et comment il nous fault conduire. - -Cavalcanti a grand envie que toute la négotiation luy tombe entre les -mains tout seul. Je luy en ay donné espérance, car je n'ay voulleu -malcontenter personne, de peur que, se voyant méprisé, il eust moyen -de nous y nuire. Vous parlerés à luy, et luy dires le contentement que -nous avons de luy, et que, si cecy va en avant et sans longueur, nous -ne serons pas mescognoissans. - -Ce porteur vous dira comment j'ay parlé au secrettaire, et les propos -qu'il m'a tenu; et, m'en remettant sur luy, je fairay fin à la -présente; priant Dieu, etc. - -De Paris ce IIe jour de mars 1571. - -Vostre bonne amye. CATERINE. - - - - -LXXVIII - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du VIIe jour de mars 1571.-- - - Négociation concernant Marie Stuart.--Présens reçus par le - roi.--Gratifications données à ceux qui les ont - apportés.--Remerciemens pour Élisabeth.--Assurance que le roi - ne prêtera la main a aucune entreprise contre - l'Angleterre.--Recommandation en faveur de la reine d'Écosse - pour que la liberté lui soit rendue. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, despuys ma dernière dépesche, j'ay receu -les vostres des XVIIe et XXIIIe jours du moys passé[87]: l'une, -faisant principalement mention du faict du Prince d'Escoce; l'aultre, -contenant les discours qui se sont tenus entre la Royne d'Angleterre, -Madame ma bonne soeur, et vous sur ce que je vous escrivis par Sabran, -et encores despuis en ma subséquente dépesche. - - [87] Voyez CLXe et CLXIe dép., tom. III, pag. 473 et 477. - -Par la première de vos dictes lettres, j'ay veu le bon chemin que vous -aviés tenu pour disposer accortement les dépputés de la Royne -d'Escosse, ma bonne soeur, à ne consentir que le dict Prince, son -fils, feust amené en Angleterre. J'ay veu aussy ce que vous avés -descouvert du pouvoir qu'ils ont là dessus, et comme vous jugés qu'ils -seront pour faire peu d'empeschement et de résistence en cella. Dont, -à ce que m'escrivés, vous estes en peyne, et desirés sçavoir quel -aultre remède s'y pourra trouver. A quoy je ne vous puis dire aultre -chose, sinon que vous employés tout ce que vous pourrés de prudence et -dextérité pour les divertir de consentir à ce poinct là, ainsi que je -vous ay bien amplement faict entendre par mes précédentes dépesches; -lesquelles vous suivrés, tant pour ce regard que pour ce que vous -verrés toucher à mon service, au traicté qui se faira entre les -depputtés des dictes deux Roynes et ceux de l'autre parti. - -Et, par vostre aultre lettre, j'ay veu et ay esté bien ayse d'entendre -ce que vous m'escrivés de la déclaration que la dicte Royne -d'Angleterre vous a faicte de vouloir persévérer en nostre amitié; de -la satisfaction, qu'elle a, de l'honneste congé que j'ay donné au -sieur de Norrys, et du bon recueil que j'ay faict au sieur de -Walsingam, et pareillement de l'honneur qu'elle a entendu qui a esté -faict au milord Boucaust, auquel j'ay faict présent d'une chaisne de -mille escus; à l'escuyer de la Royne d'Angleterre, qui m'a présenté -les six hacquenées que sa Maistresse m'a envoyés, d'une aultre chaisne -de quattre cens éscus; à celluy du comte de Lestre, qui m'a amenés les -deux hacquenées qu'il m'a envoyées, d'une aultre cheisne de deux cens; -à un gentilhomme des leurs, qui m'a présenté les dogues, je luy ay -pareillement donné une chaisne de deux cens escus, m'asseurant qu'ils -sont si bien édiffiés de moy et de mes subjects qu'ils en raportent -tout contentement. Il sera bon que vous sçachiés, si vous pouvés, ce -qu'ils en diront à la Royne, leur Maistresse, à leur arrivée par -dellà, et aussy de ma dicte entrée. - -Cependant, encores que, par lettres séparées que j'escris par le dict -milord Boucaust, je remercie la dicte Royne de ce qu'elle m'a envoyé -une si honnorable ambassade pour se conjouir de mon heureux mariage, -si, ne laisserés vous de la remercier encore de ma part bien à propos, -et aussy du présent qu'elle m'a faict des dictes six hacquenées, que -j'ay trouvées belles, bien fresches et bien enharnachées; et -l'asseurerés que je me revancheray, quand il se présentera occasion -que je sçauray qu'elle desirera quelque chose des commodités de deçà. - -J'ay, au demeurant, esté bien aise de voir, par vostre dicte dernière -dépesche, que la dicte Royne d'Angleterre ait prins à grande -satisfaction ce que vous luy avés dict pour le faict d'Irlande, et -asseuré que je n'avois sceu ni entendu qu'il s'y fist aulcune -entreprise par mes subjects, chose véritable, et que, toutes et -quantes fois qu'il viendra à propos d'en parler, vous luy pourrés -confirmer, trouvant que vous avés fort sagement respondu à la dicte -Royne sur ce qu'elle vous a dict avoir entendu que mon cousin le -cardinal de Lorraine, le Nonce de Nostre Sainct Père et l'archevesque -de Glasco ont proposé à mon frère le duc d'Anjou; et suis bien aise -que vous l'ayés laissée en ceste bonne opinion de moy, de la Royne, -Madame ma mère, et de mon dict frère le Duc d'Anjou, de laquelle elle -ne se trouvera jamais trompée; satisfaisant de sa part à ce qu'elle -m'a promis pour la liberté de ma dicte soeur, la Royne d'Ecosse. Dont -je vous prie la solliciter incessament; et, pour y parvenir, faire -qu'il soit procédé au dict traicté le plus diligemment qu'il sera -possible, pour lequel vous vous conduirés en sorte que ce soit sans -jalousie d'aulcuns des partis, comme je suis seur que vous sçavés bien -faire, sellon vostre prudence accoustumée. Et, n'y ayant, au reste de -vos dictes dépesches, chose pour laquelle vous ayés besoin de -responce, je finirai la présente; priant Dieu, etc. - -Escrit au fauxbourg St Honoré, le VIIe de mars 1571. - - CHARLES. PINART. - - - - -LXXIX - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du Xe jour de mars 1571.-- - - Affaires d'Écosse.--Négociation du traité concernant Marie - Stuart.--Détermination prise par le roi de ne point envoyer de - secours en Écosse, afin d'éviter tout prétexte de rompre la - négociation. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, despuis la dépesche de Vassal j'ay -advisé qu'il demeureroit ici jusques après mon entrée, que je fis en -ma ville de Paris le VIe de ce moys; affin que, oultre le discours que -j'ay commandé au secrettaire Pinart de dresser pour vous l'envoyer, -comme je fais, il vous en peust parler particulièrement; et, sur son -départ, j'ay receu vostre dépesche du premier jour de ce moys[88], -ayant par icelle veu ce que me mandés du voyage faict par Me Prestal, -l'un des fugitifs d'Angleterre, en Escosse, et l'occasion d'icelluy, -qui est conforme à ce que le sieur de Fourquevaux m'escript -d'Espaigne. Sur quoy je vous diray qu'il fault que vous fassiés -tousjours ce que vous pourrés pour estre adverti de ce qui se voudra -exécutter en cella, et m'en donner advis, vous comportant aux choses -qui sont entre le Roy Catholique, le duc d'Alve et la dicte Royne -d'Angleterre, et ses subjects, comme je vous ay ci devant escript en -chiffre. - - [88] Voyez CLXIIe dép., tom. IV, pag. 1. - -J'ay veu aussy ce que m'avez escript du comte de Morthon, et de la -forme qui se commence à prendre au traicté de la Royne d'Escosse, -Madame ma bonne soeur, pour laquelle je ne manqueray, suivant ce que -me mandés, de parler au sieur de Walsingam, de la même affection que -je sçay que, pour le bien des affaires de ma dicte soeur, la Royne -d'Escosse, il est à présent requis, affin que l'on puisse tousjours -cognoistre que je l'ay assistée aultant qu'il a esté possible et qui -se pouvoit; mais je suis bien d'advis que vous fassiés, de vostre -part, ce que vous pourrés pour voir bientost quelque bonne résollution -au dict traicté, et que ce soit, le plus que l'on pourra, à la -satisfaction d'icelle ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, avant trouvé -très bon la responce que vous avés faicte au comte de Sussex et ce que -vous aviés faict faire par Cobron envers le dict comte de Morthon, -estant très aise qu'ils soyent en opinion de ne consentir que le -Prince d'Escosse soit mené en Angleterre; car aussy, pour les raisons -que vous avés veues par la responce des articles que je vous envoyay -appostilliés, et par mes précédentes dépesches, il n'y auroit point de -raison qu'il se fît. - -Et quand à ce que vous escript le sieur de Vérac: qu'il est bien -estonné de ce que le Sr Thomas Flamy a esté envoyé de France en -Escosse sans lettres de moy, il ne se fault pas mettre en peyne pour -cella, car ce qui me garda d'escrire comme il désire par sa dicte -lettre, fust pour ce que l'abstinence et suspension d'armes estoit -lors desjà accordée; ce que vous luy pourrés faire entendre, si en -avés le moyen bien seur, et l'asseurés, et aussy les aultres seigneurs -et gentilshommes et aultres qui sont du parti de ma dicte soeur, la -Royne d'Escosse, que, si par la fin du traicté il ne se faict quelque -chose de bon au contentement d'icelle ma dicte soeur, que je -m'esforceray, aultant qu'il me sera possible, pour l'assister et luy -donner, et à ses bons subjects, tout le secours qu'il me sera -possible; mais j'ai espérance, sellon ce que vous mesmes m'escrivés, -qu'il se faira bientost en cella quelque chose de bon. Cependant, -affin qu'il ne se puisse dire que, de ma part, j'aye enfreint ce qui a -esté accordé de la dicte suspension d'armes pendant le dict traicté, -et que ma dicte soeur, la Royne d'Angleterre, ne puisse aussy prendre -nulle occasion qu'elle ne tienne et satisfasse ce qu'elle m'a si -expressément promis pour la dellivrance de ma dicte soeur, la Royne -d'Escosse, je suis délibéré de ne rien entreprendre du secours dont le -dict Vérac et le dict de Granges vous ont escript cy devant, et -encores par ce que j'ay veu du deschiffrement de la lettre du dict -Vérac. - -Et pour ce que, par le dict Vassal, présant porteur, vous entendrés -toutes aultres choses des nouvelles de deçà, je n'estendray ceste cy -davantage. Et sur ce, etc. - -Escript à Paris le Xe jour de mars 1571. - - CHARLES. PINART. - - - - -LXXX - -LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - -(_Lettre escripte de la main de la Royne._) - ---du IIIe jour d'apvril 1571.-- - - Négociation du mariage.--Satisfaction de la reine au sujet de la - réponse faite par Élisabeth.--Résolution d'envoyer Cavalcanti - en Angleterre pour commencer le traité. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, sur le propos que je tins dernièrement à -milord Boucaust, du mariage de la Royne d'Angleterre et de mon fils le -Duc d'Anjou, elle nous a fait faire responce, par son ambassadeur icy -résidant, d'en avoir receu contentement, et qu'elle trouvoit en mon -dict fils toutes choses convenables pour l'effectuer, et que, si elle -pensoit qu'il y heust aulcune juste occasion qui y peût porter -empeschement, qu'elle ne voudroit que l'on en traictât, de peur de -diminuer en quelque chose la bonne intelligence et amitié qui est -entre nous et elle; et partant, si mon dict fils voulloit mettre entre -les mains de son ambassadeur, ici résident, les conditions qu'il -desire pour y parvenir, qu'elle luy en fairait responce; mais qu'elle -trouveroit beaucoup meilleur que le Roy envoyât quelque personne de -qualité devers elle pour négotier cest affaire. - -Sur quoy nous a semblé plus expédient de dépescher le Sr Cavalcanti, -comme personne de qualité, devers elle, neutre et confident de la -dicte Dame, et ayant bon accès et intelligence avec des principaux de -delà, avec les lettres et mémoires dont vous trouverés les coppies cy -encloses[89], l'ayant chargé expressément de nous rapporter les dictes -lettres, et proposer, de bouche, le contenu ez dictz mémoires, que ne -luy avons voullu bailler tout à propos signés, affin que, si ce négoce -ne prenoit l'issue que nous desirons, il n'en demeure rien par escript -devers la dicte Dame. Comme il ne faira rien que par vostre conseil, -je vous prie de luy donner les adresses et les moyens que vous jugerés -nécessaires. - - [89] Ces lettres et mémoires manquent. - -Il nous a aussy promis de nous apporter lettres d'elle, et responce -aux dicts mémoires, ensemble les demandes qu'elle voudroit faire de -son costé pour effectuer ce négoce, affin que celluy que nous y -envoyerons du conseil du Roy, après le retour du dict Cavalcanti, -pour, avecque vous, traicter de cest affaire, puisse estre mieux -instruict de nos intentions et plus esclerci de celles de la dicte -Dame. Sur quoy il sera bon que vous l'alliés trouver pour luy dire que -le Roy, mon fils d'Anjou et moy, avons eu fort agréable la dicte -responce que son ambassadeur nous a faicte; et desirons, en ce négoce, -deux choses: l'une, qu'il passe fort secrettement, tant pour la -dignité des deux costés que pour obvier aux empeschementz que -plusieurs, tant de dedans que dehors nos royaulmes, y voudraient -donner; l'aultre, d'en avoir prompte résollution et expédition pour ne -demeurer longuement en suspens, et pour évitter les inconvénients que -la longueur y pourroit apporter. Je vous recommande cest affaire. Et -sur ce, etc. - -A Paris, ce IIIe jour d'apvril 1571. - - CATERINE. - - - - -LXXXI - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XIe jour d'apvril 1571.-- - - Audience accordée à Walsingham.--Etat de la négociation - concernant Marie Stuart.--Autorisation accordée au comte de - Morton de retourner en Écosse.--Instance du roi pour que Marie - Stuart soit immédiatement remise en liberté.--Secours d'argent - et de munitions envoyé par le roi à Edimbourg.--Secret qui doit - être gardé sur cette circonstance.--Prudence dont Mr de Vérac - doit user afin d'éviter la guerre.--Détails des mesures prises - par le roi pour réprimer la sédition de Rouen. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, parce que, par la dernière despesche que -je vous ay faicte, je vous ay respondu aux deux dernières que j'ay -receu de vous du XXVIIIe du passé et Ier de ce moys[90], celle cy est -seullement pour vous dire que, en l'audience que j'ay donné, ce jour -mesme, au Sr de Walsingam, il m'a faict entendre que la Royne, sa -Maistresse, luy avoit escript ce qui s'étoit passé jusques à ceste -heure entre les depputés de la Royne d'Escosse, ma belle soeur, et le -comte de Morthon, avec les aultres depputés qui sont avecque luy, de -la part du gouverneur d'Escosse; et qu'il estoit venu pour me le faire -entendre, et m'a discouru comme, à cest abouchement, il avoit été -maintenu, par le dict comte de Morthon et les dicts députés qui sont -de son parti, que la dicte Royne d'Escosse ne pouvoit plus avoir -l'administration de son royaume, pour ce qu'elle en avoit esté -déchargée avec son consentement; et que le Prince d'Escosse, son fils, -a esté couronné Roy, et beaucoup d'aultres particularités qu'il m'a -aussi dittes. Sur quoy les depputés de ma dicte soeur avoient maintenu -le contraire, de sorte que de cella et des dictes particularités dont -ils estoient en débat, mesmement pour la restitution et dellivrance de -ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, il ne s'estoit peu rien résouldre; -ayant sur ceste occasion le dict comte de Morthon demandé congé de -retourner en Escosse, ce que la dicte Royne luy auroit accordé, pour -assembler le parlement, où il se proposeroit tout ce qui est passé au -dict abouchement, et qu'il en raporteroit une résollution; m'ayant -davantage dict, le dict Sr de Walsingam, que la Royne, sa Maistresse, -estoit bien marrie que cella n'alloit mieux pour la Royne d'Escosse, -tant pour l'amour qu'elle luy porte que particullièrement pour le -respect et amitié qu'elle a pour moy, mais qu'elle fairoit tout ce -qu'elle pourroit, au retour du dict de Morthon. - - [90] Voyez CLXVIIe et CLXVIIIe dép., tom. IV, pag. 34 et 38. - -Sur quoy je n'ay pas failli de lui dire qu'il seroit bien plus à -propos, si elle la voulloit, comme elle pouvoit bien, faire mettre en -liberté et restituer dès ceste heure, et qu'elle luy en auroit -obligation plus grande, si elle le faisoit ainsi, sans attandre que -toutes ces choses se fissent et le retour du dict comte de Morthon, -qui ne pouvoit estre de longtemps; et que, si elle le faisoit sans -attandre tout cella, que j'en recevrois bien grand plaisir. - -Il est encores rentré en discours sur cella, me parlant des instances -que je vous ay si souvent donné charge d'en faire, et d'en parler si -fréquemment à la dicte Royne, sa Maistresse, comme s'il eust désiré -que l'on n'en eust pas faict tant de poursuitte; mais pourtant je vous -prie, quand vous verrés qu'il sera à propos, d'en faire tousjours -honnestement instance, et d'assister les ministres de ma dicte soeur, -la Royne d'Escosse, le mieux que vous pourrés. - -Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fénélon, affin que ma dicte soeur, -la Royne d'Escosse, cognoisse tousjours par effaict combien je désire -de l'assister, j'ay, suivant ce que m'avés escript, faict secrettement -bailler au sieur Kergoons, frère du sieur de Granges, gouverneur de -Lislebourg, dix mille livres en escu sol, et escus pistoles, avec dix -milliers de poudre grosse grenée, deux milliers de fine poudre, menue -grenée, et vingt arquebuses à croq de bronze avec leurs morèles, et -quelques boulets; dont j'ay donné advis à Vérac par ses gens qui -estoient icy, que j'ay renvoyés. Et l'ay bien adverti qu'il ne fault -pas que la dicte Royne d'Angleterre, ni pas un des siens et de ceux -qui sont à sa dévotion, en entendent rien; mais que si, d'avanture, -l'on sçavoit que le dict frère d'icelluy de Granges eust amené quelque -chose en ce royaulme, il fault dire que cella est des gens de ma dicte -soeur, la Royne d'Escosse, et qu'ils l'ont recouvert des deniers de -son douaire, et que ç'a esté sans que j'en aye, ni mes ministres, sceu -chose aulcune. Il sera bon, s'il s'en parloit en Angleterre, que vous -teniés ce mesme langage, affin que cella s'accorde à ce que pourra -dire le dict Vérac. - -J'ay aussy envoyé de l'argent à icelluy Vérac pour son entrettènement, -et luy ay escript qu'il advisât de tenir tousjours, de ma part, les -plus honnestes propos qu'il pourra aux seigneurs d'Escosse, qui sont à -présent à Lislebourg tous assemblés, à ce qu'il m'a mandé, pour voir -ce qu'ils auront à faire pour son servisse, sellon l'affection qu'ils -ont, comme ils disent, à ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, leur -souverainne; si cest abouchement et assemblée en Angleterre pour sa -restitution ne réheussit à sa satisfaction et desdicts seigneurs; mais -il sera bon que vous teniés la bride au dict de Vérac, à ce qu'il ne -permette pas que les susdicts seigneurs, assemblés au dict lieu de -Lislebourg, entreprennent rien par delà qui y augmente la guerre: car, -au lieu de bien faire aux affaires de ma dicte soeur, la Royne -d'Escosse, cella les empireroit. - -Vous voullant bien cependant dire que, incontinent que j'ay sceu -l'esmotion advenue à Rouen[91], désirant d'en faire punition -exemplaire, comme j'espère et m'asseure qu'elle se faira, j'ay envoyé -mon cousin le duc de Montmorency, avec un des quattre présidents de ma -cour de parlement de ceste ville, et sèze des plus notables -conseillers, tant de ma dicte cour que maistres des requestes, gens de -bien et bien affectionnés au bien et repos de mon royaulme, que je -m'asseure qui y sçauront très bien pourvoir, et que de ce qui se faira -par eulx au dict Rouen demeurera tel exemple en mon royaulme que je -m'asseure que la paix demeurera bien establie; car aussi en ay je, -comme aussy la Royne, Madame et Mère, et mes frères, avec tous les -gens de bien, parfaicte vollonté, ce que je vous prie asseurer -tousjours à ma dicte bonne soeur la Royne d'Angleterre et à tous ceux -qui vous en parleront; priant Dieu, etc. - -Escript à Paris ce XIe jour d'apvril 1571. - - CHARLES. PINART. - - [91] Voyez note, tom. IV, pag. 49. - - - - -LXXXII - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XXIIIe jour d'apvril 1571.-- - - Réflexions sur la tenue du parlement en Angleterre et sur les - propositions qui y sont faites touchant la - religion.--Négociation concernant Marie Stuart.--Crainte que la - prise de Dumbarton, si elle se vérifie, n'entraîne la rupture - de cette négociation.--Précautions qu'il est nécessaire de - prendre dans le cas où Mr de Vérac serait prisonnier. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, par voz lettres des VIe et XIe jours de -ce moys[92], que j'ay reçues despuys le départ de Sabran, j'ay veu ce -qui a esté proposé aux deux premières assemblées, qui se sont faites -par les Estats d'Angleterre. Sur quoy je vous diray qu'il semble que -le faict de la religion les pourroit bien troubler au repos qu'ils ont -eu despuis quelques années par delà, s'ilz n'y donnent bon ordre, car -les lois si estroictes et sévères qui se font aux dicts Estats pour le -dict faict de la religion, avec le mauvais ménage en quoy ceste Royne -et les ministres du Roy Catholicque, et les aultres voysins -d'Angleterre sont, ou commencent à estre, amèneront par delà quelques -nouveaultés. En quoy je ne vous réittèreray poinct ce que je vous ay -cy devant escript en chifre; car je sçay que vous vous y sçaurés très -bien conduire à ceste occasion et considérer tout ce que vous debvés -pour en user dextrement; car, encore que, grâces à Dieu, la paix soit -si bien establie en mon royaulme que je m'asseure qu'il n'est pas -possible à tous ceux qui y voudroient brouiller de la pouvoir rompre, -faisant faire punition si bonne et si prompte de ce qui est advenu à -Rouen, que je m'asseure que l'exemple y sera grand, toutesfois je -pense que, quand l'orage, qui est passé ici, retomberoit ailleurs, ce -seroit encores plus de moyen pour moy d'establir et asseurer davantage -le repos en mon dict royaulme. - - [92] Voyez CLXIXe et CLXXe dép., tom. IV, pag. 45 et 50. - -J'ay aussy veu tout ce que m'avés escript pour le faict du traité -commencé pour la restitution de ma belle soeur, la Royne d'Escosse, et -le départ du comte de Morthon pour aller en Escosse contre le -consentement de ma dicte belle soeur. En quoy je cognois davantage que -la dicte Royne d'Angleterre ne demande qu'à tirer ce faict à la -longue, et cependant se servir du temps pour establir et faire ses -affaires; mais, puisque je croy que l'évesque de Ross est maintenant -allé en Ecosse, où il sollicitera le retour du dict comte de Morthon, -et que la Royne d'Angleterre a promis de rechef qu'en cas que le dict -comte ne revînt, incontinent après le commencement du moys de may -prochain, qu'elle abandonnera icelluy comte et les siens, et faira -procéder au traicté; persévèrant tousjours en sa dellibération de -faire restituer ma dicte soeur, la Royne d'Ecosse, comme elle m'a -promis; je croy que le meilleur sera d'attendre ce temps là, où nous -serons incontinent, et cependant, suivant ce que je vous ay escript -par Sabran, en faire toujours honnestement et à propos instance à la -dicte Royne d'Angleterre; et remarquant bien ce que la dicte Royne -vous en dira quand vous luy en parlerés, pour, à chascune fois, m'en -advertir: car, s'il estoit vray que ceux du Prince d'Ecosse eussent -surprins Dombertrand, et prins prisonnier milord Flamy, Mr de Saint -André, et Vérac; je croy qu'il ne fauldroit plus rien espérer du -traicté, et que tout cella seroit rompu. - -Je vous ay escript par le dict Sabran ce que j'ay fait fort -secrettement au retour du frère du lair de Granges, qui sera bientost -en Ecosse; mais, si le dict Vérac est prisonnier, il sera bon que vous -donniés ordre de faire advertir secrettement le sieur de Ross de ce -qui a esté baillé, et ce que a emporté et faict amener le frère du -dict de Granges, afin que cella soit bien employé pour le servisse de -ma dicte soeur, la Royne d'Ecosse; et faudra que le dict de Ross, s'il -s'en descouvroit quelque chose en Ecosse ou en Angleterre, dise que -cella est venu et a esté envoyé par les serviteurs de ma soeur, la -Royne d'Ecosse, du revenu de son douaire. - -J'en avois escript en chiffre, comme je vous ay mandé, au dict Vérac, -mais son homme, qui luy portoit la lettre, a esté vollé auprès de -Rouen et son pacquet perdu, à ce que j'ay entendu. Voylà pourquoy j'ay -faict refaire la dicte dépesche que je vous envoye pour luy faire -tenir par le plus seur moyen que vous pourrés. Et si le dict Vérac -estoit prisonnier, renvoyés moy le dict pacquet. Cependant je vous -diray que j'ay dict au Sr de Seton, qui s'en retourne trouver la Royne -d'Ecosse, ma dicte soeur, et par lequel nous vous avons escript, que -nous fairions toujours tout ce que nous pourrions pour ma dicte soeur -et qu'il l'en asseurât hardiment, en quoy, s'il parle à vous, vous le -fortifierés. Et sur ce, etc. - -Ecript à Paris, ce XXIIIe jour d'apvril 1571. - - CHARLES. PINART. - - - - -LXXXIII - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du VIIe jour de may 1571.-- - - Approbation de la nouvelle suspension d'armes conclue en - Ecosse.--Déclaration du roi qu'il est résolu à donner toute - assistance aux partisans de Marie Stuart au cas où Elisabeth - fournirait des secours à ses ennemis.--Recommandation - d'insister vivement pour la mise en liberté de Marie - Stuart.--Promesse faite par le roi à l'archevêque de Glascow - qu'il n'abandonnera pas la reine d'Ecosse.--Retour de Mr de - Vérac en France. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, despuys la dépesche que je vous ay -faicte, le XXIIIe jour du moys passé, par la voye ordinaire des -postes, j'ay receu voz lettres des XVIe, XXIIIe et XXVIIIe jours du -dict moys passé[93]. Sur quoy je vous diray, sans m'arrester aux -choses sur lesquelles vous n'avez pas besoin de responce, lesquelles -vous m'avés faict bien grand plaisir de me mander, que vous avés très -bien fait d'avoir confirmé et continué l'abstinence d'armes en Ecosse -jusques à ce que l'on reprène les erres du dict traicté, au retour du -comte de Morthon; estimant que, pour ceste occasion, si la dicte -abstinence est bien résolue et accordée, la dicte Royne d'Angleterre -se gardera d'entreprendre aulcune chose de ce costé là, ny aussy de -permettre qu'il y soit couvertement rien entreprins par aulcun des -siens: ce qu'il luy fault souvent réitérer, comme je m'asseure que -vous sçavés très bien faire et à propos, affin que, continuant entre -elle et moy toute bonne amitié et correspondance, il ne se puisse -faire chose par les siens, ni aussy par les miens, qui nous engendrât -inimitié. - - [93] Voyez CLXXIe, CLXXIIIe et CLXXIVe dép., tom. IV, pag. 53, 69 - et 71. - -Mais cependant il fault que vous ne laissiés de faire tousjours -honnestement tous les bons offices en mon nom que vous avés -accoutumé, et que je vous ay souvant escript faire pour ma dicte -soeur, la Royne d'Escosse; déclarant franchement à ma dicte soeur, la -Royne d'Angleterre, que, si elle donne assistance à ceux des subjects -de ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, qui sont contre elle, que je -fairay de mesmes, comme la raison le veut et les si expresses -alliances qui sont de longue main, et encores modernement -renouvellées, entre ces deux couronnes. Et luy dictes hardiment que le -meilleur seroit qu'elle ni moy ne nous en meslassions aulcunement, et -qu'on laissât faire à ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, et aux -Escossois; aultrement, que, si elle s'en mesle apertement ou -couvertement, qu'aussi seray je, à ceste occasion, contrainct de faire -à bon escient, comme vous luy pourrés tousjours honnestement -remonstrer; mais que je ne commenceray pas, pour l'espérance que j'ay -qu'elle me tiendra la promesse, qu'elle vous a cy devant faicte, qu'en -quelque sorte que ce soit elle fairoit mettre ma dicte soeur, la Royne -d'Escosse, en liberté, soit que ce traicté réheussît ou non. - -Et pour ce, vous la prierés de ma part que, si elle cognoissoit que le -retour du dict comte de Morthon ne feust si proschain que l'on -pourroit desirer, et que le requièrent les affaires de ma dicte soeur, -la Royne d'Escosse, qu'elle se souvienne de la dicte promesse qu'elle -m'a faicte, parlant à vous; ce qu'en quelque sorte que ce soit il luy -fault tousjours réittérer, comme le sçavés très bien faire. - -Cependant je vous diray que l'archevesque de Glasco, ambassadeur, me -vint hier trouver, et me fit entendre plusieurs aultres choses -touchant les affaires de la Royne, sa Maistresse. Je luy ay promis que -je luy fairay et à ses bons subjects, comme j'en ay tousjours fort -bonne vollonté, la meilleure assistance qu'il me sera possible, et -ainsi que j'ay cy devant faict; dont je m'asseure qu'il l'advertira, -oultre ce, que je luy ay escript de ma main par le sieur de Seton, -faisant responce aux lettres qu'elle m'escrivit par luy. - -Au demeurant, je vous diray que Vérac, ayant été mis en liberté par le -comte de Lenox, il s'en est revenu, m'ayant raconté bien au long -l'estat des affaires d'Ecosse: ce qu'il vous escript, de mesmes qu'il -m'en a discoureu; vous priant de me donner advis de toutes occurences -à mesure qu'elles surviendront, comme vous avés fort bien faict -jusques icy, et dont il me demeure toute satisfaction. Sur ce, etc. - -Escript à Annet le VIIe jour de may 1571. - - CHARLES. PINART. - - - - -LXXXIV - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XXIVe jour de may 1571.-- - - Débats du parlement d'Angleterre.--Surveillance à exercer sur les - menées des Anglais en Écosse.--Instances faites par le roi - auprès de Walsingham pour la mise en liberté de Marie - Stuart.--Détails des secours envoyés de France en - Écosse.--Défiance contre les seigneurs écossais nouvellement - rattachés au parti de la reine.--Craintes inspirées par - l'entreprise des Espagnols contre l'Irlande, et le projet de - mariage de Marie Stuart avec don Juan.--Recommandation pour le - frère du comte de Rothe.--Désir du roi qu'il soit permis à - l'archevêque de Glascow d'aller visiter la reine - d'Écosse.--Affermissement de la paix en France.--Répression des - troubles d'Orange et de Rouen. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, par la dernière despesche que je vous ay -faict despuys l'arrivée de Sabran, par la voye de la poste, je vous ay -satisfaict à tout le contenu de voz despesches précédentes; et à peu -près à celle du IIe de ce moys, que m'escrivistes par Sabran, présent -porteur, et pareillement aux deux que j'ay encores depuys reçues de -vous: l'une, il y a quattre jours, du VIIIe de ce dict moys, et -l'aultre ce jourdhuy, du XIIIe ensuivant[94]; et vous diray -seullement, quant aux honnestes propos que la Royne d'Angleterre, -Madame ma bonne soeur, vous a tenus en voz dernières audiences, que je -suis fort aise que luy ayés ainsi particullièrement et à propos -respondu, et faict cognoistre que je desire, en tout ce qu'il me sera -possible, tousjours conserver nostre bonne amitié et commune -intelligence, ayant eu bien agréable d'apprendre aussy ce qui s'est -passé journellement au parlement qui se tient par delà, en quoy je voy -bien qu'il y a des divisions et partis, principallement pour le faict -de la religion, et en ce qui s'y parle du tiltre du royaume et du -faict de la police; mais, à la fin, comme il est très bien desduict -par vostre dicte dernière dépesche, je ne doubte point que ce que -desire et veut la dicte Royne ne s'y fasse. - - [94] Voyez CLXXVe, CLXXVIIe et CLXXIXe dép., tom. IV, pag. 75, 88 - et 103. - -Je seray bien aise que vous continuiés à me tenir tousjours adverti de -ce qui se passera au dict parlement, et aussy des délibérations que -pourrés descouvrir qu'a icelle Royne pour le faict d'Escosse; car, -comme je vous ay escript par ma dernière lettre, il fault prendre -garde surtout qu'elle n'envoye secrettement ou évidemment des forces -en Escosse et qu'elle n'y fasse entreprinse que je n'en sois bien -certainement et auparavant adverti, pour y pourvoir d'heure, comme -j'adviseray. Et sera aussy très bon que me mandiez si la suspension -d'armes entre les Escossois n'a pas esté arrestée quand le comte de -Morthon est retourné en Escosse, et si elle continue ou non; car il -semble qu'elle soit interrompue pour ce que, par ce que me mandés, et -par d'aultres nouvelles que Vérac, qui est icy, a eues d'Escosse, et -aussy par des lettres que Cobron a escriptes à la Royne, Madame et -Mère, il se void qu'ils se sont battus près de Lislebourg. Et si cella -continuoit, il ne faudroit plus espérer la continuation du traitté -commencé en Angleterre, mais il faudroit que vous fissiés souvenir à -la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, de la promesse qu'elle m'a -faicte, parlant à vous, qu'en quelque sorte que ce feust que se -terminast le dict traicté, qu'elle la mettroit en liberté ez mains de -ses bons subjectz, et luy en faire toute instance honnestement, sellon -sa dicte promesse. - -Et desjà Ma dicte Dame et Mère et moy en avons, ce jourdhuy, parlé au -Sr de Walsingam, et l'avons prié d'en escrire à la Royne, sa -Maistresse; mais, affin que vous suiviés en cella le désir et vollonté -de ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, je suis bien d'advis, et vous -prie ne faillir de l'advertir de ce que je vous mande, luy faisant -aussy entendre que j'ay donné ordre que les quattre mille escus de ce -moys seront baillés, dans quatre ou cinq jours, au frère du comte de -Rothes, ou à celluy que le Sr de Glasco, son ambassadeur, voudra, pour -estre incontinent envoyés en Escosse ez mains de qui, et ainsy que le -dict Sr de Glasco avisera, avec deux milliers de salpestre affiné, -deux cents boulletz de grande coulevrine, deux cens de bastarde, et -six cens de moyenne, cent corselets blancs garnis et complets, deux -cents harquebuses à mains garnies de fourniments, deux cents morions, -deux cens piques ferrées et cent hallebardes; et tout cella sera, -dedans deux ou trois jours, dellivré et baillé en la charge de Jehan -Schelsolme, escossois, contreroolleur de son artillerie, pour le faire -incontinent mener par mer en Escosse, avec un bon et seur -saufconduict, advertissant aussy ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, -que je désire bien qu'elle entende que, combien qu'elle et vous m'ayés -mandé, de sa part, que l'on se pouvoit fier au frère du lair de -Granges, et luy bailler tout ce que l'on voudroit, que néantmoins j'ay -eu quelque crainte que ce que j'ay desjà envoyé par luy ne feust pas -bien seur, ni aussy ce que je fais encore bailler, pour ce que j'ay -peur que l'on s'ayde et serve de tout cella et de tout ce que j'y -pourrois encores cy après envoyer contre elle mesmes; car, ayant esté -cy devant le lair de Granges et Ledinthon et tous ces gens là mal -affectionnés à son servisse, et s'estants remis et rangés despuys peu -à sa dévotion, comme elle m'a mandé; je n'y voids pas trop de seureté. - -Voylà pourquoy je désire qu'elle m'esclercisse en cella de sa vollonté -et intention; et affin que ce que je fais pour elle, qui est le plus -qu'il m'est possible, veu l'estat où sont réduits mes affaires, ne -soit pas mal employé contre elle, car je y aurois trop de regret; vous -voullant bien dire une chose, à laquelle il faut nécessairement que -vous regardiés de près, car cella importe grandement pour mon -servisse: c'est que j'estime, aux propos qu'ont tenus aulcuns -escossois à Vérac, quand il est parti d'Escosse, et sellon quelques -advis que j'en ay eu despuys, et à ce que j'ay aussy senti aujourdhuy, -en parlant au dict ambassadeur Walsingam, que les deux partis des -dicts Escossois, par la mennée du dict Ledinthon et du comte de -Morthon, qui sont bons amis, et qui ont à present grand part au dict -païs, se pourront accorder et unir ensemble, non seullement pour -abandonner leur Maistresse, mais aussy pour empescher que les Anglois -et aultres ne feussent maistres de l'Escosse; et peut estre aussy pour -n'y admettre pas vollontiers les François et ce qui seroit à ma -dévotion. Et combien qu'il leur seroit impossible de subsister, s'ils -n'avoient support, et que je sois très asseuré qu'ils pensent bien que -ils ne le sçauroient avoir, ni espérer plus franchement ni fidellement -que de moy, suivant les anciennes alliances de ces deux royaulmes, si -fault il que vous ayés l'oeil ouvert à cella, et que vous soyés, s'il -est possible, asseuré de leur résollution pour m'en advertir: et aussy -si vous avés point apris quelque chose davantage que ce que m'avés -dernièrement escript de l'entreprise que l'on tient pour certain de -delà, que le Roy d'Espaigne faict sur l'Irlande avec l'intelligence et -ayde du Pape. - -J'ay veu pareillement ce que me mandés qu'avés entendu que la comtesse -de Northomberland et milord Dacres ont dépesché un nommé Hervé en -Espaigne pour moyenner le mariage de la Royne d'Escosse avec dom Joan -d'Austria, et que le duc de Norfolc y pourra prendre jallousie. Ce -sera bien faict que vous en enquériés encores bien diligemment pour -m'en donner advis, et que vous continuiés à me tenir adverti de tout -ce qui se passe de delà avecque le mesme soin que vous avés tousjours -accoustumé jusques icy, et dont j'ay tel contantement que sçauriés -desirer. - -Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fénélon, je ne veux oublier de vous -dire, avant que finir ceste lettre, que le frère du comte de Rothes -m'a faict dire que, pour l'affection qu'il a, de longue main, à mon -servisse, et qu'il a tousjours eue à la Royne d'Escosse, sa -souverainne, il desire que vous le cognoissiés et qu'il puisse parler -quelquefois avec vous, pour ce qu'il a moyen de sçavoir beaucoup de -délibérations de la Royne d'Angleterre, voire, ce qu'elle dict à ses -plus secrects serviteurs, dont il vous advertira journellement. Et -pour ce que c'est chose qui ne se doibt négliger, vous fairés fort -bien pour mon servisse de l'ouïr parler et entendre ses moyens, sans -toutesfois vous lascher à luy d'aulcune chose d'importance, car je ne -le cognois sinon pour l'avoir veu ceste fois avec l'archevesque de -Glasco qui m'a dict que ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, le -cognoissant affectionné à elle, l'a envoyé icy avec les lettres -qu'elle nous a escriptes par luy, pour la secourir de ce qui est cy -dessus déclaré. - -J'ay prié le sieur de Walsingam d'escrire à sa dicte Maistresse pour -faire obtenir passeport au Sr de Glasco de pouvoir aller faire un -petit voyage devers la Royne d'Escosse, ma soeur, pour luy faire -entendre l'estat de son douaire et affaires de deçà; ce qu'il a aussy -promis de faire, remettant au dict Sabran, présent porteur, le surplus -de tout ce que je vous pourrois escrire, principallement pour vous -dire comme la paix est, grâces à Dieu, bien establie en mon royaume, -espérant qu'elle y continuera tousjours bonne. Vous en pouvés assurer -ma dicte soeur, la Royne d'Angleterre, quand elle vous en parlera; et -que l'exemple a esté desjà et sera encores si bien faict des émotions -qui ont été à Oranges, et à Rouen[95], que tout le reste de mes -subjects y prendra exemple. Sur ce, etc. - -Escript à Gaillon le XXIVe jour de may 1571. - - CHARLES. PINART. - - [95] Voir les notes, tom. IV, pag. 49. - - - - -LXXXV - -LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - -(_Lettre escripte de la main de la Royne._) - ---du XXIVe jour de may 1571.-- - - Négociation du mariage.--Doute que la reine d'Angleterre soit - franche dans ses propositions.--Sursis à la discussion de - l'article concernant l'exercice de la religion.--Demande que - les autres articles du contrat soient envoyés. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, vous avez veu par mon aultre lettre[96] -comment l'ambassadeur d'Angleterre est venu parler au Roy, mon fils, -et à moy, et qu'il ne nous a rien dict davantage que ce qu'il me dict -à St Clou; ce qui me faict doubler que la Royne d'Angleterre ne se -veuille servir de ce bruict, et qu'elle nous laisse là quand elle aura -faict ses affaires. Pour ce, prenez y garde et nous advertissez de ce -qu'il vous en semble et en pourrez sçavoir; car, encores que je vous -aye escript par l'ambassadeur, je vous ay voulleu dépescher ce -courrier, attandant que Sabran soit guéri, pour vous advertir de -cessy, et que nous avons faict bonne mine à l'ambassadeur; et, suivant -le conseil que nous avez donné de laisser indécis ce qui concerne la -religion, pour entrer au traicté des demandes de la Royne -d'Angleterre, nous luy avons dict que nous voyons tant de raisons de -tous les deux côtés, de la Royne et de mon fils, que nous desirions de -traicter tous les aultres articles, et espérions que Dieu cependant -envoyera quelque moyen pour le faict de la religion, puisque c'est sa -cause. - - [96] Cette lettre manque. - -Il nous a dict qu'il le trouve bon, et s'asseuroit que la Royne, sa -Maistresse, envoyeroit bientot ses demandes et articles. - -Encore que Pinart aye dépesché ce courrier, il ne sçait pas ce que je -vous mande; pour ce, ne m'en mandés rien que par homme exprès. Voilà -tout ce que je vous diray pour ceste heure, car je vous envoyeray le -surplus par l'aultre, et je feray fin; priant Dieu, etc. - -De Gallion, ce XXIVe jour de may 1571. - - CATERINE. - - - - -LXXXVI - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du IVe jour de juing 1571.-- - - Nécessité de ménager Élisabeth dans la négociation relative à - Marie Stuart.--Nouvelles assurances de protection pour la reine - d'Écosse.--Insistance afin qu'Élisabeth ne permette, sous aucun - prétexte, aux seigneurs anglais de passer en armes en - Écosse.--Résolution du roi de s'opposer à toute entreprise de - la part de la reine d'Angleterre sur ce pays.--Réclamation en - faveur de l'évêque de Ross.--Menées du duc d'Albe. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, vos trois dépesches des XVIIIe, XXIIIe -et XXVIIIe jours du moys passé[97], sont arrivées quasi à un même -instant; de toutes lesquelles je reprendray principallement la -dernière, et vous diray que j'ay esté bien aise de voir que, sur ce -que je vous ay escript par la mienne, du VIIIe du moys passé, vous -ayés pris occasion d'entrer en propos avec la Royne d'Angleterre, -Madame ma bonne soeur, ayant esté bien advisé et considéré à vous de -luy remonstrer et toucher doulcement ce que je desirois, sans -toutesfois y rien obmettre de ce que je vous avois par ma dicte -dépesche chargé de luy dire, bien à propos, comme j'ay veu par vostre -dicte lettre que vous avez faict. Et sera bon que vous continuiés d'y -procéder par ceste douce voye, quand vous luy parlerés du faict de la -Royne d'Escosse, Madame ma soeur, puisqu'elle s'aigrit si fort quand -on la met là dessus. Sur quoy j'attendray ce que vous aurés conféré le -lendemain de la datte de vostre dernière avec le comte de Lestre et -milord de Burgley, ainsi que m'avés escript que deviez faire. - - [97] Voyez CLXXXe, CLXXXIe et CLXXXIIe dép., tom. IV, pag. 106, - 110 et 113. - -Quand à ce que vous m'escrivés qu'avés receuilli des propos que la -dicte Royne d'Angleterre vous a tenus et des aultres advis, que vous -avez d'ailleurs, que les choses vont en Écosse comme il est contenu au -mémoire que m'avés envoyé[98], ce m'a esté plaisir de l'entendre ainsi -particullièrement. Et j'ay très grand aise que le secours, envoyé par -le frère du lair de Granges, soit arrivé si à propos qu'il ait -fortiffié et accru le courage à ceux du parti de ma dicte soeur, la -Royne d'Escosse; laquelle je vous prie consoller et asseurer -tousjours, autant qu'il vous sera possible, que je luy continueray ce -que sçavés: et ne tiendra à cella, ny à chose que je puisse, que ses -affaires ne prospèrent et prènent le bon chemin que je desire. - - [98] Ce mémoire n'est pas joint à la dépêche. - -Et pour le regard des gens de guerre que la dicte Royne d'Angleterre a -donné commission à milord de Housdon de lever à Barwich, et de ce que -vous voyés que, sans dissimulation ni aulcune couverture, le -cappitaine du dict Barvich et beaucoup de la noblesse d'Angleterre se -prépare pour assister le comte de Lenox; estant chose contraire à -l'abstinence d'armes qui a esté cy devant accordée, il fault, et je -vous prie, que vous en fassiés instance à ma dicte soeur, la Royne -d'Angleterre et luy remonstriez, si elle voulloit couvrir ce faict par -dire que ce sont bannis et désadvoués qui s'y rettirent, que l'on -cognoit bien comment ilz y vont et soubs quel adveu; et la prierez de -les révoquer, et faire de sa part observer la dicte abstinence d'armes -comme je veux faire de mon costé. - -S'il se cognoist clairement que la dicte Royne veuille entreprendre -quelque chose en Escosse, je suis délibéré de m'y opposer, tant pour -ma réputation, sellon les anciennes alliances qui sont entre ces deux -couronnes, que pour ne perdre pas aussy le pied que mes prédécesseurs -et moy y avons de tout temps, que je veux tousjours affermir en -quelque sorte que ce soit, et me servir en cela tant des moyens et -erres que je y ay d'ancienneté que de ceux que je pourray avoir par le -moyen de ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, et de ses bons subjects, -auxquels je donneray tousjours et continueray, tant qu'il me sera -possible, tout le secours que je pourray; ainsi que je vous ay escript -par mes deux dernières dépesches. Mais, comme je vous ay mandé, je -desire que ce soit secrètement, soubs la couverture que je vous ay -escripte, et sans que, par là, la dicte Royne d'Angleterre puisse -prendre occasion de se voulloir mesler de la guerre d'entre les -subjectz du royaume d'Escosse, et en ce faisant, soubs prétexte de -vouloir assister le petit Prince et le parti du comte de Lenox, -s'emparer des places fortes et occuper le dict royaulme; vous -asseurant que je suis bien marri de l'emprisonnement et assez -rigoureuses et extraordinaires procédures qui se font contre l'évesque -de Ross, et que l'on ait eu si peu de respect au lieu qu'il tient par -delà, chose qui est du tout contraire au traictement que l'on doibt -faire aux ambassadeurs. Et quelques raisons qu'ils veuillent dire -pour colorer ce faict, ils ne peuvent cacher qu'il n'y ait de -l'animosité et qu'ils cerchent de ruiner et traverser entièrement les -affaires de ma dicte soeur, la Royne d'Escosse. - -J'escripts à la dicte Dame, Royne d'Angleterre, en faveur dudict -esvesque de Ross, une lettre qui est à la fin de créance sur vous, -ainsi que vous verrés par le double que je vous en envoye; suivant -laquelle je vous prie faire toute l'honneste instance que vous pourrés -envers la dicte Dame Royne pour le faire mettre en liberté, et luy -faire faire un traictement plus agréable que celluy qu'il a receu -despuis sa détention; et au surplus continuer par delà la mesme -affection que vous avés tousjours portée, suivant ce que je vous ay -souvent escript, aux affaires de ma dicte soeur, la Royne d'Escosse; à -laquelle je n'escriptz point, craignant de mettre ceste Royne en plus -grande jalousie; mais vous le luy manderés de ma part, et l'assurerés -que je fairay tousjours pour elle et ses bons subjects et serviteurs, -tout ce qu'il me sera possible; vous priant, pour la fin de ceste cy, -continuer aussy la mesme dilligence, de laquelle vous avés usé cy -devant en tout ce qui s'est présenté par delà pour mon servisse; dont -je suis très bien satisfaict et content, prévoyant et allant tousjours -au devant des menées et pratiques que vous jugerés tendre à offencer -ma réputation et reculler le bien de mes affaires, ou de ma dicte -soeur, la Royne d'Escosse. Dont, me reposant entièrement sur là bonne -affection que je sçay que vous y avés, je ne fairay ceste cy plus -longue que pour prier Dieu, etc. - -Escript à Lions, ce IVe jour de juing 1571. - - -J'ay sceu que le duc d'Alve a faict dire à la Royne d'Angleterre -qu'elle ne debvoit pas faire le mariage que sçavés, et qu'il ne -falloit pas qu'elle attendît d'avoir Callais. - -Ce IVe jour de juing 1571. - - CHARLES. PINART. - - - - -LXXXVII - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XIe jour de juing 1571.-- - - Satisfaction du roi au sujet de la conférence de l'ambassadeur - avec Leicester et Burleigh.--Négociation relative à Marie - Stuart.--Assurance que le mariage du duc d'Anjou sera - profitable aux partisans de la reine d'Écosse. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, la dernière dépesche que je vous ay -faicte, par la voye de la poste, qui est du IVe de ce moys, a esté -principallement pour respondre à la vostre du XXVIIIe du passé, de -laquelle dépend celle que j'ay receue despuis par le courrier Nicolas, -dattée du IIe jour de ce dict moys[99], contenant la conférance que -vous avés eue avec le comte de Lestre et milord Burgley sur les mesmes -propos que vous aviés, le jour précédent, tenus à la Royne -d'Angleterre, leur Maistresse, pour les affaires de ma soeur, la Royne -d'Escosse; ayant veu que vous avés fort bien et sagement répliqué à la -responce qu'ils vous firent à ce que leur proposastes; dont toutesfois -vous n'avés eu enfin aulcune satisfaction sur les chefs que leur -baillastes par escript lors, sinon qu'il falloit attandre le retour du -mareschal de Barwich qui a esté envoyé en Escosse; la charge duquel -j'ay bien esté aise d'entendre si particullièrement que me l'avés -mandé par vos dictes lettres, lesquelles me font entrer en opinion que -ma dicte soeur et cousine, la Royne d'Angleterre, veut tanter tous -les moyens qu'elle pourra, pour exécuter du costé d'Escosse et y faire -ses affaires, et cependant me paistre de parolles. - - [99] Voyez CLXXXIIe et CLXXXIIIe dép., tom. IV. pag. 113 et 118. - -Voylà pourquoy il fault avoir l'oeil ouvert en cessy, et que, suivant -mes dernières lettres, vous monstriés tousjours clairement que c'est -chose à quoy je m'opposeray. Et cependant, en quelque sorte que ce -soit, faictes tousjours pour ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, et -ses bons subjects, tout ce qui vous sera possible, mesmement à ceste -heure, et durant la détention de l'évesque de Ross, qu'elle n'a -personne qui entende à ses affaires; car cella servira à deux -effaicts: l'un, pour voir plus clair en ce que sçavés, touchant les -dictes petites lettres, et advancer cella, si l'on marche de bon pied -de delà, ainsi que nous voulions faire de deçà, si cognoissons qu'il y -ait affection; et l'aultre, en tout évènement, aydera tousjours à ma -dicte soeur, la Royne d'Escosse, et ses bons subjects que je ne veux -aulcunement abandonner; car tousjours, quand l'effaict des dictes -petites lettres réheussira, ce sera leur bien; et si aussy nous -cognoissons qu'il y ait, au faict d'icelles petites lettres, de -l'artifice et fiction, nous serons sur nos pieds de faire en Escosse -tout ce que nous pourrons, suivant la maxime que j'ay prise en cella -dès le commencement. Cependant je vous asseure que j'ay bien agréable -la façon que vous tenés de négotier le faict des dictes petites -lettres; en quoy je vous prie continuer d'affection et vous me fairez -servisse; priant Dieu, etc. - -Escript à Lions le XIe jour de juing 1571. - - CHARLES. PINART. - - - - -LXXXVIII - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XVIIIe jour de juing 1571.-- - - Mission donnée à Mr de Larchant de passer en Angleterre.--Crainte - des projets qu'Élisabeth peut avoir sur l'Écosse.--Ferme - résolution du roi de défendre ce pays contre elle par tous les - moyens qui sont en son pouvoir.--Nouvelle mission confiée à Mr - de Vérac pour l'Écosse.--_Instruction_ remise a Mr de Larchant - sur la négociation du mariage. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay veu par vostre dépesche, du IXe de -ce moys[100], la façon dont la Royne d'Angleterre a usé à la clôture -de son parlement, et les termes en quoy elle demeure, affin que, quand -elle voudra, elle le puisse continuer et rassembler, s'il advenoit -qu'il y heust affaires pour elle, ou pour son royaume, qui le -requissent. Cella me faict penser que c'est à quelque bonne intention -et espérance que, si la négotiation du mariage d'entre elle et mon -frère réheussit à bonne fin, comme j'espère et désire qu'elle fasse, -son dict parlement ne sera point encore tant séparé qu'il ne se puisse -bien remettre. Voylà pourquoy, affin de voir clair en la dicte -négotiation, nous sommes résollus d'envoyer le Sr de Larchant, -cappitaine de la garde de mon dict frère, le Duc d'Anjou, pour porter -à la dicte Royne la responce des lettres qu'elle nous a escriptes, ces -jours icy, de sa main, et à vous les mémoires de ce que nous desirons -d'estre esclercis en ce faict, avant que d'envoyer gens de plus grande -qualité de delà; ayant avisé de vous dépescher Sabran, présent -porteur, devant luy, affin que vous en soyés adverti, et vous faire, -par mesme moyen, responce au reste de vostre dicte dépesche du IXe de -ce moys. A laquelle je vous diray que la résollution, qui a esté -prinse par icelle Royne, de renvoyer, comme me mandés qu'elle a -promptement faict, le cappitaine Briquonel, avec deux cents -harquebusiers, trouver le comte de Lenox à Esterlin; et puis considéré -qu'elle entretient à ses dépens, oultre cella, les cinq cents soldats -escossois; et davantage qu'elle faict menasser ceux du parti de la -Royne d'Escosse de leur courre sus: tout cella me faict penser, comme -vous l'escrivés fort bien à la Royne, Madame ma mère, que icelle Royne -d'Angleterre veut, non seullement faire enlever le Prince d'Escosse, -si elle peut, et le faire mener, comme vous dictes, en Angleterre, -mais il y a encore à craindre davantage: c'est que, pandant qu'elle -void qu'ils se sont rebrouillés en Escosse, et qu'elle nous entretient -tousjours en espérance de faire bien pour la Royne d'Escosse, et -durant ce propos de mariage, qu'elle tasche, par tous moyens, à se -saisir aussi de Dombertrand et de Lislebourg, ou pour le moins y -mettre gens à sa dévotion, pour, puis après, se rendre maistresse de -l'Escosse. - - [100] Voyez CLXXXVe dép., tom. IV, pag. 135. - -C'est à quoy il faut que vous preniés garde soigneusement et que vous -démonstriés tousjours clairement à icelle Royne d'Angleterre et à ses -ministres, comme je vous ay escript par mes trois dernières dépesches, -que, si elle entreprend quelque chose de ce costé là, je me délibère, -suivant les anciens traictés et alliances, qui sont entre moy et les -Escossois, de donner, de mon costé, toute l'assistance qu'il me sera -possible à ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, et à ses bons subjects. -Et affin que nous ne nous endormions poinct sur cella, il fault que -vous pénétriés si souvent en la délibération de la dicte Royne -d'Angleterre, et que vous fassiés en sorte que nous puissions sçavoir -quelle délibération elle a du dict costé d'Escosse, et, aussy, si elle -a sincère vollonté au dict mariage d'elle et de mon dict frère; car -nous sommes tousjours en quelque doubte, ayant veu qu'elle a si -souvent esté en termes de se marier avec de si grands princes, qu'elle -veuille faire, en nostre endroict, comme elle a tousjours faict avec -les aultres, et cependant se servir du temps, et faire ses affaires, -non seullement à mon préjudice, mais aussy en moquerie et risée de -nous par toute la Chrestienté. - -Et affin que cella n'advienne point, je fairay tousjours, du costé -d'Escosse, comme je vous ay escript; et, pour y avoir plus -d'intelligence, je renvoye Vérac pour y résider. J'espère qu'il y sera -dans huit ou dix jours, avec lettres et moyens tant au duc de -Chatellerauld, lair de Granges, Ledinthon, que aultres seigneurs -d'Escosse, que j'estime qui me sont bien affectionnés, et à ma dicte -soeur la Royne d'Escosse, pour tousjours les entretenir en toute bonne -affection en mon endroict, comme je desire qu'ils soyent suivant nos -dicts anciens traictés, soit que le dict mariage réheussisse, ou non, -ayant commandé au dict Vérac de vous tenir adverti de tout ce qui se -faira au dict païs d'Escosse: aussy faudra il que vous luy escriviés, -affin que vous ayés toute bonne correspondance et intelligence -ensemble, et que mes affaires et intentions se puissent mieux conduire -cependant. Je desire bien fort que l'exploit et l'entreprise que vous -m'avés mandé par vostre dicte dernière dépesche, qui se debvoit -exécuter par les dicts bien affectionnés subjects de ma dicte soeur, -la Royne d'Escosse, soit bien réheussie, et qu'il se fasse tousjours -tout ce qu'il sera possible pour affoiblir le parti de ceux qui -affectionnent, en Escosse, la dicte Royne d'Angleterre; et que vous -fassiés aussy, par tous moyens, ce que je vous ay souvent escript en -chiffre: car il n'y a rien qui fasse plus haster la Royne d'Angleterre -en la dicte négociation des petites lettres, ni qui soit plus -nécessaire pour le repos de mon royaulme et bien de mes affaires, pour -lesquelles vous estes, au demeurant, si amplement instruict de mon -intention, qu'il n'est besoin de vous faire plus longue lettre. Aussy -n'estendray je ceste cy davantage que pour prier Dieu etc. - -Escript à Gaillon, ce XVIIIe jour de juing 1571. - - CHARLES. PINART. - - - MÉMOIRE ET INSTRUCTION A Mr DE LA MOTHE, - pour instruire Mr de Larchant de ce qu'il aura à faire au voïaige - qu'il faict en Angleterre (_original_). - - (_Dressé par Mr De Foix._) - - Il est nécessaire, une des deux choses: ou respondre aux demandes - de la Royne d'Angleterre par escript, et le mander à Mr de La - Mothe, pour le bailler à la Royne d'Angleterre et le monstrer, - icy, à son ambassadeur; - - Ou bien y envoyer un gentilhomme de qualité pour déclarer à la - dicte Dame ceulx que le Roy à éleus pour aller traicter et - négocier par delà sur les demandes tant d'elle que de - Monseigneur; et conclure ce négoce. - - Quant au premier, il semble que, tant s'en faut qu'il feust - profitable qu'il seroit dommaigeable; premièrement, parce que - Monseigneur pourroit accorder quelques choses icy qui pourroient - luy estre concédées plus avantageuses, si l'on négocioit sur les - lieux, où l'on feroit les responces, sellon qu'on verroit - disposés les affaires. - - En second lieu, est à craindre qu'il ne se trouvast quelques - responces qui fussent pour desplaire à la Royne et à ceulx de son - conseil, et par ce moyen apportassent empeschement ou retardement - à ceste négociation. - - En troisième lieu, il est certain que la dicte Dame n'entrera en - aucuns débatz par escript sur les dictes responces, comme il - appert par l'inscription de ses demandes, et difficultez qu'elle - a faictes de les bailler, cuydant qu'il appartenoit à sa - grandeur et existimation de les aller prendre sur les lieux, - comme aussi il se voit par ce que l'ambassadeur a dict à Leurs - Majestez, en leur présentant les dictes demandes: qu'il n'a aucun - pouvoir pour les deffendre et débattre. Partant ce ne seroit que - leur donner plus de commodité et temps de s'aprester et instruire - contre les responces du dict Seigneur. - - En oultre, négocier par escript et messaiges, n'est aultre chose - qu'aporter longueur à cest affaire, et n'y a rien qui soit plus - tost pour le rompre que donner temps et loisir aux adversaires - d'apprester leurs machines pour l'oppugner; - - Oultre ce, que les conditions présentées par la dicte Dame - semblent estre si prochaines de la raison, qu'il semble ne - desirer aultre chose que des députez pour les clorre et arrester. - - Item, son ambassadeur s'est laissé entendre que la dicte Dame - estoit mal satisfaicte de ce que, jusques icy, le Roy n'avoit - envoyé aucun personnaige de qualité devers elle. - - Partant, il semble bon de luy en envoyer un présentement, à - plusieurs fins, pour la visiter et la remercier très cordialement - de ce qu'elle monstre, et par ses lettres, et par propos tenuz à - l'ambassadeur, et par ses demandes et responces faictes à celles - de Monseigneur, combien elle embrassoit de bon coeur l'offre qui - luy avoit esté faicte de la part du Roy, et avec quelle syncérité - d'affection elle y procédoit; de quoy leurs Majestez et - Monseigneur la remercioient très affectionnément, et - l'asseuroient que, avoir si franchement procédé à cest affaire - avoit redoublé leur desir de le mettre à fin, et leur faisait - tant plus estimer sa bonté et mérites, luy tesmoignant que le Roy - n'avoit rien plus cher que de voir son frère avec elle entendre à - son contentement, conservation de son estat et continuation - d'iceluy à sa postérité, comme aussy la Royne Mère luy rendoit - pareille affection qu'à ses propres enfans, et Monseigneur en - augmentoit tous les jours en ardent zèle de l'obéir et servir, et - se conformer à ses volontez; ce qui avoit esté cause que, - incontinant, ayant esté présenté au Roy ses dictes demandes, il - auroit dépesché devers elle pour luy déclarer ceste leur - satisfaction et desir; - - Et encores pour luy faire entendre le chois et élection qu'il a - faict de personnages, de qualité convenable au respect que le Roy - luy rend et à la grandeur de ce négoce, pour envoyer devers elle, - affin, par conférence avec elle et ceulx qui luy plaira députer - de sa part, d'adjouter, corriger et réformer, des pactions et - accords, ce qui sera juste et raysonnable, et sçavoir d'elle si - elle aura pour agréable qu'ilz l'aillent incontinent trouver, - tenans pour certain, Leurs dictes Majestez, qu'ayant donné si - bons arrhes et gaiges de sa bonne intention, elle continuera à - pourvoir à tout ce qui sera faict pour la conscience, honneur et - grandeur de Monseigneur, et ostera par sa prudence les - difficultez qui restent encores de poix et moment. - - Dira aussi qu'une des occasions, qui ont meu le Roy d'envoyer des - députez devers elle, est parce que luy semble convenable à la - grandeur d'elle que cest affaire se parachève près d'elle, et - qu'il desire de le haster le plus que l'on pourra, sachant bien - qu'il n'y a rien plus contraire à l'effectuer que la longueur des - messagers, allans et venans, pendant laquelle les adversaires - guaignent temps pour s'aprester à le pouvoir empescher. - - Et, si la dicte Dame déclare vouloir que les députez aillent - incontinent par delà, il demandera passeport pour servir, en ce, - plustost à la coustume, que pour en estre besoing à cause de la - paix et bonne intelligence qui est entre le Roy et elle. - - Mr de La Mothe adjoutera à ce que dessus ce qu'il luy semblera - estre plus propre pour l'acheminement de cest affaire et pour - rendre plus claire et certaine la négotiation des députez. - - Le dict gentilhomme remerciera aussi, de la part du Roy et de - Monseigneur, le garde des sceaux, le marquis de Norenton, le - milord Sucès, de Lecestre, de Bourlé et aultres, des bons offices - qu'ilz font par delà, selon et ainsi qu'il semblera bon au dict - ambassadeur. - - Et desire Sa Majesté qu'oultre ce qu'il a mandé, par ses lettres - du VIIe de ce mois, avoir entendu, par le comte de Lecestre, de - la bonne intention de la dicte Dame pour laisser à Monseigneur, - privément et en sa maison, l'exercice de sa religion, qu'il en - parle encor au dict seigneur conte, ensemble au milort Bourlé, et - leur remonstre l'aliénation des bonnes volontez que pourroit - apporter, si les dictz depputez, personnaiges de telle qualité, - s'en retournoient sans rien faire, et les prier que, s'ils - congnoisssent qu'il peut survenir quelque empeschement pour - rompre ceste pratique, qu'ilz luy vueillent dire clairement. - - Faict à Gaillon, le XVIIIe jour de juing 1571. - - CHARLES. PINART. - - - - -LXXXIX - -LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON - ---du IIIe jour de juillet 1571-- - - Envoi du portrait du duc d'Anjou.--Instances pour que la - négociation du mariage une prompte solution.--Demande du - portrait de la reine d'Angleterre.--Promesse du portrait de la - duchesse de Nevers.--Espoir que le duc de Montpensier - consentira à la donner en mariage à Leicester. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, pour ce que la peinture de mon fils -n'estoit pas du tout parachevée, quand vostre homme partit -dernièrement, je ne vous l'ay plus tôt peu envoyer qu'à ceste heure -par Vassal, présent porteur; encores n'a ce peu estre en une seulle -peinture, de la main de Me Jarriet, comme j'heussé désiré. Il n'eust -le loisir que de faire, comme vous verrés, le visage, qui est fort -bien, et parfaictement faict, après le vray naturel; et l'aultre -peinture, qu'il a aussy faicte, servira seullement pour la taille, qui -est aussy la vraye semblance de mon dict fils, mais il ne s'est pas, -en ceste peinture, amusé à faire parfaictement le visage, pour ce que -l'aultre estoit faict et que je voullois faire partir en dilligence ce -porteur. - -Je suis d'advis que vous baillez les dictes deux peintures au sieur -comte de Lestre et faudra que vous luy fassiez aussy entendre ce que -je vous ay mandé, et que vous accommodiez cella de telle sorte qu'il -soit prins de bonne part, en attendant que le dict Me Jamet ait -paraschevé la peinture qu'il faict en plus grand volume, que j'espère -vous envoyer cy après, si nous voyons que les choses succèdent comme -je le desire, et qu'il me semble que l'on desire aussy par delà, par -ce que j'ay veu par voz dernières petites lettres[101], l'une du jour -de St Jehan qui estoit dedans un de voz pacquetz, et l'aultre que m'a -baillée ce dict porteur. - - [101] Voyez CLXXXVIIIe et CLXXXIXe dép., tom. IV, page 155 et - 163. - -Auxquelles, pour responce, je vous diray que nous avons prins fort -grand plaisir d'entendre, par icelles, que les choses soyent en si -bons termes, et tant affectionnées de la part de la Royne d'Angleterre -et du dict comte de Lestre, et aussy du comte de Sussex et de milord -Burgley, auxquels nous sçavons infiniment bon gré des bons offices -qu'ils font; mesmement au dict sieur comte de Lestre, qui démonstre -bien, par ce que me mandés, la bonne volonté qu'il y a, dont il se -peut asseurer que, les choses advenant ainsi que j'espère qu'elles -fairont et comme nous le desirons, qu'il cognoistra par effect le bon -gré que luy en sçavons. Mais, affin que cessy soit bientost résollu, -il fault que, par son moyen, les articles que nous demandons et qui -sont mentionnés en l'instruction que vous a portée le Sr de Larchant, -nous soyent accordés, s'il est possible, avec le plus d'avantage que -vous pourrez les estendre et moyenner, et que cella soit asseuré, sans -le remettre à quand mon dict fils sera par delà, comme me mandés par -vostre dicte lettre. Et par ce moyen mon dict fils en aura plus de -contentement et d'obligation à la dicte Royne et aux gens de bien qui -manient cest affaire; lesquelz je vous prie d'entretenir toujours en -la bonne volonté et affection qu'ilz montrent avoir en cest affaire, -et qu'ilz fassent en sorte que les choses n'aillent point à la longue, -et que, pour oster le moyen à ceux qui y veullent traverser, le tout -se puisse promptement résoudre comme il est très nécessaire, et que -nous le desirons; vous priant de continuer à travailler tellement en -cessy, comme desjà vous avés si bien commencé, que de brief nous y -puissions voir une bonne et honnorable résollution. - -Je vous prie me faire ce plaisir que je puisse avoir bientost une -peincture de la Royne d'Angleterre en petit volume, de la grandeur (et -qu'elle soit bien pourtraicte), et faicte de la façon mesme de celle -que m'avez envoyée du dict comte de Lestre, ainsi que vous dira le -dict Vassal; car la peinture que nous en avons est du tout en plat, -qui n'a pas si bonne grâce qu'elle aura, estant un peu tournée sur le -costé droict. - -Et quand à ce que m'avez escript d'icelluy sieur comte de Lestre, je -suis bien marrie que, par ce dict porteur, je ne luy peus envoyer la -peincture de ma cousine la duchesse de Nevers de Montpensier, mais -elle ne s'est poinct encore faicte peindre, à cause qu'elle a esté un -peu malade; le peintre y travaille, et j'espère vous l'envoyer -incontinent qu'il aura faict. Je luy ay parlé de ce que sçavés: elle -m'a fort sagement respondu qu'elle n'avoit aultre volonté que celle de -mon cousin le duc de Montpensier, son père, qui est en sa maison de -Champigny. Je lui en eusse volontiers escript, mais vous cognoissés le -personnage; qui pense que le meilleur sera que je luy en parle moy -mesme, comme je fairay aussytost qu'il sera avecque nous, et de si -bonne affection que j'espère que icelluy sieur comte en recevra -satisfaction et contentement. Me remettant, pour le reste de voz -dépesches, à ce que vous escript le Roy, Monsieur mon fils[102], et à -ce qu'il vous mande pour responce à voz dernières dépesches, je ne -vous fairay plus longue lettre si n'est pour vous recommander encores -une fois d'affection la dicte négociation des petites lettres, dont -j'espère que nous aurons bientost de bonnes nouvelles par le Sr de -Larchant; priant Dieu, etc. - -Escript à Monceaulx, le IIIe jour de juillet 1571. - - CATERINE. PINART. - - [102] Cette lettre manque. - - - (_Est adjousté de la main de la Royne._) - -Je vous prie que bientost en puissions voir ce que desirons, car la -longueur ne porte que subject à ceux qui ne desirent la grandeur de -mon fils, et qui ayment mieux leur maison, bien et grandeur qu'ils -espèrent icy, qui ne font que luy dire beaucoup de choses qui ne -peuvent apporter rien de bon à son servisse. - - - - -XC - -LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du VIIIe jour de juillet 1571.-- - - État de la négociation du mariage.--Assurance donnée par - Walsingham que la reine d'Angleterre veut fermement épouser le - duc d'Anjou.--Protestation de Catherine de Médicis qu'elle - partage le même désir.--Recommandation faite à l'ambassadeur au - sujet de cette négociation. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, ceux qui ne désirent pas le mariage -d'entre la Royne d'Angleterre et mon dict fils, le Duc d'Anjou, ont -fait courir le bruict par deçà que ce que la dicte Royne faisoit en ce -négoce, n'estoit pas de bonne volonté qu'elle y eût, mais seullement -pour se servir du temps. Cela véritablement nous a fait penser à cest -affaire, et aller plus rettenus, et a esté cause que mon dict fils, -pour ceste occasion, n'en a pas voullu tesmoigner, comme aussi -n'estoit il pas raisonnable, qu'il y eût si grande affection. - -Dont le Sr de Walsingam, qui en a eu advis d'Angleterre, et des -aultres bruits que ces gens là mesmes ont faict courir par toute la -Chrestienté, pour tascher à rompre ce traicté de mariage, m'a faict -dire que, tant s'en fault qu'il soit vray qu'icelle Royne y procède -par dissimulation qu'au contraire elle y marche de très bon pied, et -ses principaux ministres aussi: qui l'ont expressément escrit au dict -Sr de Walsingam pour me le dire ou faire dire, comme il a fait par mon -cousin le Sr de Foix; et qu'icelle Royne et tous les siens ne -desireront jamais tant chose qu'ils font la conclusion d'icelluy -mariage. Dont le Roy, Monsieur mon fils, et moy, et aussi mon dict -fils, le Duc d'Anjou, sommes aises, espérant, puisqu'ainsi est, que, -par le Sr de Larchant que nous attendons en bonne dévotion, vous nous -envoyerés les responces des conditions que nous desirons, et les -aultres choses que vous avés entendues par luy, si avancées qu'il s'en -prendra bientost quelque bonne résolution, comme il est nécessaire et -que nous desirons; ainsi que vous pourrés asseurer la dicte Royne et -tous ceux de ses ministres qui conduisent cest affaire; et leur dire -hardiment que nous y marchons aussi de fort bon pied, et qu'ils ne -croyent rien de tous les bruits qui pourroient courir du contraire, -qui ne sont que pour rompre cest affaire; lequel je vous recommande -sellon la parfaicte confiance que nous avons en vous; à qui j'en ay -voullu incontinant faire ceste lettre, ayant sceu que tous ces bruicts -couroient, afin que, si l'on vous en parle de delà, vous asseuriés -tousjours la dicte Royne et ses ministres de nostre sincère volonté et -bonne affection. Et sur ce, etc. - -Escript à Monceaux, le VIIIe jour de juillet 1571. - - - _Par postille à la lettre précédente._ - -Ceste lettre vous servira d'advis pour en user discrètement, comme -vous sçavés très bien faire; car si de delà, ils ne sçavoient encore -tous ces faux bruits, vous vous conduirés en cela et leur parlerés -ainsi que vous le jugerés à propos. Ce VIIIe jour de juillet 1571. - - CATERINE. PINART. - - - - -XCI - -LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - -(_Lettre escripte de la main de la Royne._) - ---du XXVe jour de juillet 1571.-- - - Confidences sur la négociation du mariage.--Regret qu'éprouve - Catherine de Médicis du refus fait par le duc d'Anjou de passer - en Angleterre, sans avoir l'assurance de l'exercice public de - la religion catholique.--Menaces contre les conseillers qui le - poussent à cette détermination.--Résolution de Catherine de - proposer le mariage d'Élisabeth avec le duc d'Alençon, s'il ne - peut succéder avec le duc d'Anjou.--Proposition d'une ligue - avec la reine d'Angleterre.--Recommandation de brûler la - lettre, et de ne se fier à aucun écrit qui ne porterait pas la - signature du roi ou de la reine-mère. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, comme j'ay une particulière confience en -vous, je ne vous celleray poinct que l'humeur, en laquelle est mon -fils d'Anjou, me faict bien grande peyne; il est tellement obstiné à -ne passer en Angleterre, sans avoir une publique asseurance pour -l'exercisse de sa religion, que le Roy ni moy n'avons peu obtenir -qu'il se soit fié à la parolle de la Royne d'Angleterre. Nous -soubçonnons fort que Villequier, Lignerolles, ou Sarret, possible, -tous trois, soyent les autheurs de ces fantaisies: si nous pouvons en -avoir aulcune asseurance, je vous asseure qu'ils s'en repentiront. -Pour tout cela, je ne veux pas que nous nous rebuttions, car, -possible, pourrons nous gaigner quelque chose sur son esprit, ou sur -celluy de la dicte Royne. - -Si, par malheur, les choses ne peuvent pas s'accorder pour mon dict -fils, comme je le souhaite, je suis résollue de faire tous mes efforts -pour le faire réheussir pour mon fils d'Alençon, qui ne sera pas si -difficile. Cependant, comme on nous propose de tascher de faire une -ligue avec icelle Royne, pour nous l'attacher davantage, et esloigner -le fils de l'Empereur et aultres, ne faictes jamais semblant de cessy; -mais bruslez la présente, après l'avoir leue, et ne croyés rien que -l'on puisse vous dire, ou escrire, que ce que vous verrés par lettres -signées de la main du Roy ou de moy, qui ne vous dis pas cella sans -raison; car ceux qui ne desirent pas que les choses qui sont, grâces à -Dieu, si bien advancées et disposées, réheussissent et s'effectuent, -sont assés artificieux pour publier ou escrire ce qu'ils penseront qui -soit pour empescher ce bon oeuvre; priant Dieu, etc. - -A Fonteinebleau, ce jeudi XXVe jour de juillet 1571. - - CATERINE. - - - - -XCII - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XXXIe jour de juillet 1571.-- - - Retour de Mr de Larchant.--Réponse d'Élisabeth sur l'article - concernant la religion.--Résolution du roi d'envoyer Mr de Foix - en Angleterre pour discuter cet article.--Affaires - d'Écosse.--Surveillance nécessaire à l'effet d'empêcher toute - entreprise des Anglais sur ce pays.--Recommandation de faire en - faveur de Mr de Vérac toutes les démarches utiles pour procurer - sa liberté, s'il était vrai qu'il eût été fait prisonnier en - Écosse.--Ferme assurance donnée par le roi qu'il n'abandonnera - jamais Marie Stuart.--Recommandation faite à l'ambassadeur de - se conduire avec assez de prudence pour éviter la - guerre.--_Instruction remise à Mr de Foix._ - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, à ce que j'ay veu par les lettres que -m'avés escrites, du IXe de moys, touchant la négotiation, et despuys -par celles que m'avés aussy escriptes le XIe ensuivant, que m'a -apportées le sieur de Larchant, et entendu par ce qu'il nous a dict de -bouche, et davantage considéré ce que me mandés et à la Royne, Madame -et Mère, par vos dépesches des XIVe, XXe, et XXIIe de ce moys[103], il -se trouve de grandes difficultés sur l'article de la religion. Ayant à -ce propos mis en grande considération ce que la Royne d'Angleterre, -Madame ma bonne soeur et cousine, dict au dict de Larchant, et encores -depuis à vous; qui est qu'elle ne pense ne pouvoir consentir que mon -frère ait l'exercisse de la religion par delà, et que cella pourroit -estre cause (si elle la luy accordoit comme nous le desirons pour luy -et les siens) de troubler son estat, ce qu'elle aymeroit mieux être -morte que de voir; voylà pourquoi je pense qu'il estoit très -nécessaire, premier que envoyer mes depputés de delà, qu'il y allât -quelque personnage bien entendu et agréable pour le faict de la dicte -négotiation. Et pour ce que je pense que Mr de Foix, mon cousin, y -seroit fort propre, je l'ay prié d'en accepter la charge, comme il a -faict, lui ayant faict faire une instruction bien ample et lettres de -ce que luy et vous aurés à faire en cella; ayant avisé de vous -renvoyer cependant ce présent porteur pour vous en advertir, et pour -vous dire que, avant hier, après disner, nous ouismes sur cella le Sr -de Walsingam, qui s'est tousjours monstré bien affectionné à cest -affaire, si ce n'est quand au dict poinct de la religion, pour lequel -véritablement il se rend difficile, et croy qu'il en pourra escrire à -sa Maistresse selon sa passion; mais, le dict sieur de Foix arrivant, -comme il faira bientost par delà, vous faira entendre toutes choses -et comme vous aurés à vous y gouverner en cella. - - [103] Voyez CXCe, CXCIe, CXCIIe, CXCIIIe et CXCIVe dép., tom. IV, - pag. 165, 169, 176, 180 et 188. - -Cependant je ne veux oublier de vous dire que je suis après à pourvoir -et donner ordre au faict d'Escosse, ainsi que vous m'avés escript, -dont je vous tiendray adverti incontinent par vostre aultre -secrettaire, que j'ay rettenu pour vous le renvoyer aussytost que -cella sera faict. Mais je vous prie, Monsieur de La Mothe Fénélon, que -cepandant vous ayez tousjours l'oeil ouvert et preniez si bien garde -aux actions de la Royne d'Angleterre du costé d'Escosse, qu'elle ne -puisse rien entreprendre ni donner secours ou assistance que je ne -sois promptement adverti de ses délibérations. - -Et me sera très grand plaisir que vous sçachiez au vray si le petit -vaisseau, dernièrement parti de ce païs pour aller en Escosse, a esté -prins par ceux du Petit Lict et aussy Vérac, affin que, si ainsi est, -vous fassiez instance pour la dellivrance du dict Vérac, car, comme -l'on pourra avoir veu par les dépesches que je luy ay faict bailler, -s'il est prins, je l'envoyois par delà pour estre médiateur et tascher -à réconcillier en paix et amitié tous les subjects de la Royne -d'Escosse, Madame ma bonne soeur, et pour y faire, en mon nom, tous -les bons offices qu'il pourroit entre les uns et les aultres -indifféremment. C'est pourquoy il ne peut estre retenu, ni ne doibt -recepvoir aulcun mauvais traictement, comme vous avés à remonstrer à -ma dicte bonne soeur et cousine, la Royne d'Angleterre, et à escrire, -si besoin est, aux comtes de Lenox et de Morthon, affin que -promptement ils le délivrent, et laissent aller et venir en toute -liberté à Lislebourg et aultres lieux qu'il voudra, pour une si bonne -oeuvre. - -Cependant asseurez tousjours ma dicte bonne soeur, la Royne d'Escosse, -que je ne l'abandonneray jamais, comme je luy ay tant de fois asseuré, -et que, oultre la si prosche alliance d'entre elle et moy, je -demeureray tousjours en l'affection que j'ay et doibs avoir selon les -anciens traictés d'entre ma couronne et la sienne, nos païs et -subjectz, ainsi que par effaict j'ay jusques icy bien monstré: en quoi -je me délibère de persévérer et faire de bref encore ce qui me sera -possible pour elle et ses bons subjectz, ainsi que plus amplement je -vous manderay par vostre aultre secrettaire. - -Cependant vous vous comporterez pour ses affaires, et pour la -restitution de l'évesque de Ross, envers la dicte Royne d'Angleterre, -et aussy pour la fortification du Petit Lict, comme vous jugerez qu'il -sera à propos en attendant que le dict Sr de Foix arrive de delà; et -aussy, pendant qu'il y sera, afin que toutes choses passent par la -plus douce voye qu'il sera possible et qu'il ne se puisse rien altérer -de la bonne amitié et intelligence d'entre moy et la dicte Dame Royne -d'Angleterre, et qu'elle ne puisse prendre nulle occasion de remettre -à la longue l'effaict du bien et faveur qu'elle vous a promis de -faire, pour l'amour de moy, à ma dicte soeur, la Royne d'Escosse; dont -vous la remémorerez tousjours à propos le plus honnestement que vous -pourrez. Et sur ce, etc. - -Escript à Fontainebleau, le dernier jour de juillet 1571. - - CHARLES. PINART. - - - INSTRUCTION BAILLÉE A Mr DE FOIX. - - --du XXIXe jour de juillet 1571.-- - - Le Roy, après avoir ouï le Sr de Larchant, à son retour du voyage - que Sa Majesté lui a naguières envoyé faire devers la Royne - d'Angleterre, et veu par sa dicte Majesté les lettres que le - dict Sr de Larchant a raportées d'icelle Royne, ensemble la - dépesche du Sr de La Mothe Fénélon son ambassadeur près d'elle, - faisant mantion des honnestes propos du mariage d'entre icelle - Royne et Monseigneur, frère du Roy; - - Sa Majesté, après avoir sur le tout meurement considéré et - délibéré, a avisé, pour la grandeur et importance de cest - affaire, que le meilleur seroit, avant que faire partir ses - depputés, pour en aller conclurre par delà, de choisir quelque - digne personnage de son conseil, expérimenté et entendu à tel - honorable affaire, pour aller vers icelle Royne, affin de plus - amplement esclaircir certains poincts, ès quels Sa Majesté desire - bien que la dicte Royne s'exprime davantage qu'elle n'a faict par - les articles et responses qui ont esté escriptes aux conférances - d'entre les dictz Sr de La Mothe Fénélon et aulcuns des ministres - et principaux conseillers d'icelle Dame Royne; - - Ayant, à ceste occasion, Sa Majesté choisi et fait élection du Sr - de Foix, conseiller en son conseil privé, le cognoissant digne, - capable, et grandement versé, non seulement aux affaires de ce - royaulme, mais aussy cognoissant les formes de l'estat - d'Angleterre, pour y avoir résidé et esté son ambassadeur auprès - de ceste Royne. - - Luy ayant, à ceste occasion, commandé de faire tant pour son - servisse d'entreprendre le dict voyage, sçachant bien qu'il s'en - sçaura très bien et dignement acquitter, et, estant là, - communiquer ceste sienne charge au Sr de La Mothe Fénélon, pour, - après, s'estantz bien entendus et résollus, aller trouver la - dicte Royne et luy présenter les lettres que Sa Majesté luy - escript de sa propre main, et celles de la Royne, sa mère, et de - Mon dict Seigneur, - - Aussy luy faisant entendre le grand contentement et satisfaction - que Leurs Majestés et Mon dict Seigneur ont des honnestes propos - contenus aux lettres qu'elle leur a escriptes de sa main par le - dict Sr de Larchant, ayant cogneu par icelles sa bonne intention, - affection, et grande vollonté de voir bientost, ce qui s'est si - honnorablement commencé à négotier du dict mariage d'entre elle - et Mon dict Seigneur, réhussir: et encores de la grande - démonstration, qu'elle a de deçà tousjours faict faire par son - ambassadeur, de le desirer; - - Luy tenant, à ceste occasion, tous les honnestes propos de - remerciement, dont se pourra adviser le dict Sr de Foix, ainsi - que Sa Majesté sçait qu'il sçaura très bien et dignement faire. - - En quoy le dict Sr de La Mothe Fénélon, aussi de sa part, - interviendra à propos, comme le dict Sr de Foix et luy - adviseront, pour fortiffier davantage la persuasion que faira en - cella icelluy Sr de Foix; par laquelle il monstrera à icelle - Royne combien Leurs Majestez et Mon dict Seigneur le desirent - aussy, et louent la syncérité dont elle y procède, l'asseurant - n'estre pas moindre de deçà; estimant Sa Majesté que icelle - Royne, d'elle mesmes, entrera en propos plus avant. - - Et lors, le dict Sr de Foix luy proposera la difficulté, en - laquelle Sa dicte Majesté se retrouve, spécialement pour - l'article faisant mention de la religion; lequel est, par les - dicts mémoires, tellement contrainct pour Mon dict Seigneur et - pour les siens, que, s'il ne luy estoit beaucoup davantage - augmenté, il n'en pourroit avoir satisfaction, et demeureroit en - grand peyne de la liberté qu'il a tousjours desirée pour luy et - les siens en l'exercisse de sa religion; estimants Leurs - Majestez, et aussy Mon dict Seigneur, qu'icelle Royne - considérant, comme ilz la prient bien fort de faire, que, pour - l'intégrité de conscience où mon dict Seigneur veut tousjours - demeurer, il ne luy seroit honnorable de se contraindre et les - siens en sa religion, allant de delà en la bonne et syncère - délibération, où il est, de servir d'affection à icelle Royne, à - la continuation de l'union et concorde de ses subjects et païs, - et ne leur donner nulle mauvaise occasion; - - Et, pour ceste cause, il plaise à la dicte Dame Royne de regarder - d'accorder le faict et exercisse d'icelle religion à Mon dict - Seigneur et aux siens, à sa satisfaction, et en faire passer - l'article, comme le reste de ce qui sera accordé du traité, par - le Parlement et Estats du païs; car aultrement et à grande - difficulté se pourroit il résoudre, aussy Leurs dictes Majestez - ne luy conseilleroient et ne seroient d'advis, en quelque sorte - que ce soit, de passer plus oultre en ceste négociation, - considéré ce que sur ce poinct la dicte Dame Royne a dict au dict - Sr de Larchant et despuis au dict Sr de La Mothe Fénélon: qui est - qu'il y auroit pour Mon dict Seigneur un extresme danger, et - qu'elle aymeroit mieux mourir que de le voir. - - Voylà pourquoy chascun en demeure en peyne de deçà; car, encores - que Mon dict Seigneur aille avec toute bonne affection, et n'y - voullant apporter aulcune cause ou occasion de rumeur ni trouble, - si, n'y seroit il nullement en seuretté de sa personne, comme - icelle Dame Royne a tacitement déclaré. - - Et advenant qu'il y ait difficulté sur le dict point de la - religion et libre exercisse d'icelle, qu'il ne se puisse, ainsi - que dict est, terminer et que l'on désire absolluement que Mon - dict Seigneur soit par delà pour le luy accorder et les siens, le - dict Sr de Foix ne passera point oultre à tout le reste des dicts - aultres articles, mais se despartira prudemment de la dicte - négociation, - - Et asseurera la dicte Dame Royne que Leurs dictes Majestez et Mon - dict Seigneur, cognoissant par ce qu'elle en a dict si - franchement aux dicts Srs de Larchant et de La Mothe Fénélon, et - puis par les honnestes depportementz que l'on a tousjours cogneu - en elle et aux siens, procédants à cest affaire; qu'il ne sera - jamais que le Roy ni la Royne, sa mère, n'en ayent telle - souvenance qu'elle se peut asseurer d'eux d'une vraye et - parfaicte amour qu'ilz lui portent, comme ils fairont tousjours - paroistre par effaict d'aussy grande affection et bonne volonté - qu'elle sçauroit desirer envers elle et les siens, toutes et - quantes fois que l'occasion s'en présentera. - - Davantage luy dira aussy que, quand à Mon dict Seigneur, il se - sent particullièrement tant obligé à elle de l'honneur qu'elle - luy faict, qu'il ne sera jour de sa vie qu'il n'en ait souvenance - pour luy faire aussy, l'occasion se présentant, de toute - affection servisse, et aux siens toutes les honnestetés et - courtoisies qu'il pourra, regrettant grandement que les choses ne - se peuvent mieux accorder pour l'affection et grand amour qu'il - porte à icelle Dame Royne, dont mal aisément se pourra il jamais - despartir, ce qu'il la supplie très humblement croire, et le - tenir tousjours en sa bonne grâce, et pour le plus affectionné de - ses serviteurs. - - Fait à Fonteinebleau, le XXIXe jour de juillet 1571. - - CHARLES, CATERINE. _Au-dessous_, HENRY. - _Et plus bas_, PINART. - - - - -XVIII - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XXVe jour d'aoust 1571.-- - - Avertissement donné au roi que les protestans de France font tous - leurs efforts pour empêcher le mariage du duc d'Anjou, et - qu'ils ont proposé le mariage du prince de Navarre avec - Élisabeth ou l'une de ses parentes.--Obstacle qu'il faut mettre - à l'exécution de ce projet.--Assurance que doit donner - l'ambassadeur que le mariage du prince de Navarre avec la soeur - du roi est arrêté et conclu. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, j'attendz à vous faire responce à -toutes vos dernières dépesches, après que j'auray communiqué des -poincts qui sont importants par icelles à aulcuns seigneurs de mon -conseil, qui ont praticqué les traictés d'entre mes prédécesseurs Roys -et les Escossois, et prendray sur toutes vos dictes dépesches une -bonne résolution, dont je vous advertiray incontinent; et vous -esclerciray entièrement sur le tout de mon intention. - -Cependant j'ay advisé de vous faire ceste dépesche pour vous dire que -j'ay eu advis bien certain que, combien que le feu cardinal de -Chatillon ayt faict l'ouverture et démonstration bien affectionnée, et -ceux de la religion aussy, de desirer le mariage de mon frère avec la -Royne d'Angleterre, que néantmoins c'estoit chose que le dict cardinal -et les plus grands d'entre eulx ne voulloient pas, n'estant ce qu'ilz -en faisoient que pour tousjours nous amuser; et que, tant s'en fault -qu'ilz le souhaitassent à bon escient, qu'au contraire, pour empescher -soubz main le dict mariage, et par mesme moyen celluy de ma soeur avec -le Prince de Navarre, Mr l'Admiral a tant faict par ses menées que la -Royne de Navarre, ma tante, et luy ont secrettement envoyé et escript -en Angleterre pour, par le moyen des bons et certains amis qu'ils y -ont, faire proposer, comme ilz ont faict, avec toutes les industries -et plus belles couleurs qu'ils ont peu penser, à la dicte Royne -d'Angleterre le mariage d'entre elle et le Prince de Navarre; et, si -le parti du dict Prince n'estoit trouvé bien convenable et agréable à -la dicte Royne d'Angleterre, et qu'elle persistast tousjours en -l'opinion et résolution qu'ils sçavent (comme j'en ay eu aussy advis) -qu'elle a, dès longtemps, de ne se marier jamais, qu'ilz luy ont par -mesme moyen faict remonstrer et requérir que, pour seurement et bien -establir ses affaires et les leurs aussy, elle donnât au dict Prince -de Navarre en mariage une sienne niepce à laquelle elle pourroit, -quand elle voudroit, faire beaucoup de bien. - -Dont de tout ce que dessus je vous ay bien voulleu advertir, affin -que, s'il advient que la dicte Royne d'Angleterre ou ses ministres -vous mettent en propos du mariage de ma dicte soeur et d'icelluy -Prince, vous en parliez comme si le dict mariage estoit du tout -résollu, comme aussy sera il tousjours, quand il me plerra; et fault -que vous ayez l'oeil si ouvert, que vous puissiez descouvrir par delà -les menées de ces gens là, et regarder d'y mettre secrettement tous -les empeschements que vous pourrés; car, s'il est vray qu'ilz ayent ce -dessein, je ne veux pas négliger les moyens, que Dieu m'a donnés, de -la puissance que j'ay sur le dict Prince de Navarre, comme mon subject -qu'il est, pour empescher que cella, qui ne pourroit qu'aporter très -grande incommodité à mon servisse, ne se fasse. - -Vous debvés tenir, comme je m'asseure que sçavés très bien faire, -cessy secret, que nul ne s'aperçoive que nous le sçachions, affin -qu'ilz ne changent ou couvrent les menées et pratiques qu'ilz font en -cella. J'en escris à Mr de Foix et l'advertis seullement de l'advis -que j'en ay eu, et, me remettant à vos prudences et dilligences pour y -pénétrer plus avant que ce que en avons sceu de deçà, je n'estendray -ceste cy davantage que pour vous dire que, comme je mande au dict Sr -de Foix, il fault aussi qu'il regarde ce qu'il en pourra apprendre de -sa part, et s'en servir à propos en ce qu'il a à négocier par delà; -vous remettant au demeurant mes aultres affaires; et priant Dieu, etc. - -Escript à Chenonceau, le XXVe jour d'aoust 1571. - - - _Par postille à la lettre précédente._ - -Monsieur de La Mothe Fénélon, il fault que vous dictes, quand on vous -parlera du mariage de ma dicte soeur et du dict Prince de Navarre, -qu'il est tout faict. - -Ce XXVe jour d'aoust 1571. - - CHARLES. PINART. - - - - -XCIV - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du Xe jour de septembre 1571.-- - - Réclamation du roi en faveur de Mr de Vérac, prisonnier en - Écosse.--Négociation pour la pacification de ce - pays.--Approbation donnée par le roi au projet d'associer le - prince Jacques à la couronne.--Ordre transmis à l'ambassadeur - de conduire cette négociation auprès de Marie - Stuart.--Protestation du roi qu'il assistera toujours la reine - d'Écosse; mais qu'il est hors d'état de soutenir une guerre - contre l'Angleterre.--Charge donnée à l'ambassadeur de - solliciter vivement la liberté de l'évêque de Ross et de se - porter, en son absence, auprès d'Élisabeth, le représentant de - Marie Stuart.--Désir du roi d'être tenu au courant des affaires - d'Irlande.--Confirmation de l'avis sur le projet de mariage du - prince de Navarre avec Élisabeth ou l'une de ses - parentes.--Confidence faite par Cavagnes à la reine-mère d'une - conférence qu'il a eue avec Walsingham, qui a mis en avant la - proposition d'une ligue. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, en attendant l'arrivée du secrettaire du -Sr de Foix, mon cousin, j'ay reveu toutes vos dernières dépesches qui -sont du dernier de juillet, du Ve, IXe, XIIe et XIXe du passé[104], -ayant avisé de vous y faire par ceste cy plus particullièrement -responce que je n'ay faict en mes dernières. Je vous diray à présent -que, ayant veu par deux dépesches que j'ay receues de Vérac, ces jours -passés, qu'il n'est poinct encores en liberté, j'ay escript despuis -bien expressément aux comtes de Lenox et de Morthon que, ayant -cogneu, comme ilz ont, par les lettres et instructions que Vérac avoit -de moy l'occasion de son voyage, qui estoit si bonne, je desirois -qu'ilz le missent en liberté et luy laissassent continuer sa -négotiation, comme j'espère qu'ils fairont, s'ilz ne l'ont faict -desjà. J'escrivis aussy par mesme moyen à lair de Granges et au -secrettaire Ledinthon, qui sont ensemble, comme sçavés, dedans le -chasteau de Lislebourg, à ce qu'ilz persévérassent toujours en la -bonne vollonté qu'ilz ont au servisse de ma soeur, leur souveraine; et -qu'ilz se pouvoient asseurer qu'ilz auroient bientost de mes -nouvelles, sans toutesfois leur faire aulcune expresse promesse de -secours. Je leur ay faict tenir mes lettres par un vaisseau qui estoit -arrivé à Dieppe, qui s'en retournoit promptement. - - [104] Voyez CXCVIe, CXCVIIe, CXCIXe, CCe et CCIe dép., tom. IV, - pag. 196, 202, 210, 214 et 217. - -Quand à l'abstinence de guerre qui ne s'est peu encores accorder en -Escosse, ce seroit un grand bien qu'ilz en peussent convenir bientost, -affin de traicter des affaires de la Royne d'Escosse, mais il fault -que ce soit en Angleterre et non pas envoyer faire ceste négotiation -là sur les lieux, aux frontières d'Escosse: car, comme j'ay veu par -voz dictes dépesches, et comme vous avés bien entendu par les advis en -chiffre que ma dicte soeur, la Royne d'Escosse nous a donnés, il est -bien croyable et certain que, si ma soeur, la Royne d'Angleterre, -voulloit pratiquer le reste des Escossois qui tiennent le parti de la -dicte Royne, ce luy en seroit, si la dicte négotiation se faisoit sur -la frontière, une commodité, fort aisée. - -Ayant bien considéré à ce propos ce que vous m'escrivés du moyen que -le dict comte de Morthon a de remettre le païs d'Escosse en bonne -pais, et de l'asseurance que vous avés qu'il seroit bien aisé à -gaigner si ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, voulloit se -condescendre à ce que le petit Prince, son fils, demeurât -coinjoinctement Roy avec elle, chose qui me semble n'est debvoir -négliger et que ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, peut et doibt -desirer, voire honnestement procurer, estant ses affaires en si pauvre -estat qu'elles sont, et se voyant si peu de ses subjectz fidelles, -lesquelz, s'ilz viennent à considérer qu'il n'y a pas grande espérance -de salut de ma dicte soeur, leur souvairenne, si ce n'est par un -traité, se pourront aisément laisser aller à la partie la plus forte; -considéré aussy ce que vous m'escrivés qu'il semble que les Anglois -soyent comme à l'aguet, pour voir s'il sera temps de s'investir du -tout du dict royaulme d'Escosse. A quoy n'est que trop sollicitée la -Royne d'Angleterre par aulcuns mesmes du dict païs, ce que, pour le -respect de l'alliance d'entre mon royaulme et celluy de l'Ecosse, et -pour l'honneur que ma dicte soeur a d'avoir espousé le feu Roy -François, mon frère, je ne pourrois souffrir avec ma réputation; aussy -y veux je pourvoir autant qu'il me sera possible, pour évitter que -cela n'advienne, et n'oublieray point de continuer la bonne assistance -et ayde que j'ay tousjours faict à la Royne d'Escosse et au bien de -ses affaires et bons subjectz. Mais, veu la dicte petite part qu'elle -a à présent de ses subjectz à sa dévotion, considéré aussy l'estat de -mes affaires, je ne veux pas, sans y penser, et soubz coulleur du -secours et assistance que je luy veux bien vollontiers faire, me voir -embarquer à la guerre avec la Royne d'Angleterre. - -Je suis d'advis et vous prie de regarder de faire proposer -secrettement à la Royne d'Escosse l'estat où elle est de sa personne -et de ses affaires et subjects, sans toutesfois luy démonstrer -aulcunement que je me veuille porter froidement en son endroict; car -je veux tousjours faire pour elle et ses dictz bons subjectz ce qu'il -me sera possible, toutesfois considérément et comme mes affaires le -pourront permettre; et faictes sentir secrettement d'elle, mais que ce -soit de telle façon qu'elle ne puisse aucunement doubter de la bonne -vollonté que je luy porte et à la prospérité de ses affaires, si elle -voudroit bien accorder que le dict Prince, son filz, demeurât Roy -conjoinctement avec elle; et, si elle le consent, qui est, ce me -semble, le moins mal qu'elle puisse à présent faire, vous pourrés -procéder plus hardiment, Mr de Foix et vous, pour la comprendre et son -filz avec les dictz Escossois en la bonne et droicte ligue défensive -que j'espère qui se faira entre la Royne d'Angleterre et moy; de -laquelle il ne se fault aulcunement descouvrir à ma dicte soeur, la -Royne d'Escosse, ni à pas un des siens; vous priant, en luy faisant -faire ceste ouverture, sçavoir aussy si elle trouvera bon que la -pratique s'en fasse avec le dict comte de Morthon, et, sans perdre -temps, donner ordre de sçavoir, sans faire semblant de rien, en quelle -vollonté sera icelluy de Morthon d'y condescendre; à quoy pourra -servir le mauvais mesnage où le comte de Lenox et luy sont, ainsi que -m'escrivés. Mais, pour ce qu'il sembleroit que l'on avouast par là le -tiltre de Roy, cy devant baillé au dict Prince d'Escosse, et la -déposition de la dicte Royne, sa mère, il faudra se conduire en cecy -comme vous sçaurés très bien faire, le dict Sr de Foix et vous, que -l'on n'en puisse tirer de mauvaise conséquence au désadvantage de ma -dicte soeur, la Royne d'Escosse. - -Cependant il ne sera que bon de faire ce que l'on pourra pour -augmenter la jalousie qui est desjà commencée entre les comtes de -Lenox et de Morthon, et memes les diviser du tout, qui pourra s'en -prévaloir pour le bien de mon servisse et de celluy de ma dicte soeur, -la Royne d'Escosse; et par mesme moyen, faire que ceux de la partie -neutre, qui font quelque démonstration d'incliner et se voulloir -joindre à ceux du party du dict Prince d'Escosse, les attirer par tous -moyens à soustenir et embrasser la cause de leur souveraine. - -J'ay veu aussy ce que m'escrivés pour la restitution de l'évesque de -Ross, et, puisque la dicte Royne d'Angleterre faict encores difficulté -de le faire mettre en liberté, je vous prie continuer de faire encores -pour luy tous les bons offices qu'il vous sera possible, affin qu'il -puisse estre dellivré, suyvant la requeste que j'en ay faicte à la -dicte Royne d'Angleterre. Et, s'il ne se peut obtenir d'elle que le -dict évesque de Ross continue auprès d'elle sa charge d'ambassadeur de -ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, au moins que ce soit à la charge -qu'il se retirera d'Angleterre où bon luy semblera, sans toutesfois -que l'instance qu'en faictes puisse altérer la dicte Royne -d'Angleterre; estant bien d'advis que vous embrassiés et preniés -tousjours, en mon nom, comme vous avés fort bien faict jusques icy, -les affaires de ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, et luy escrire, et -elle à vous, librement, affin que vous puissiés avoir une bonne -intelligence ensemble pour l'assister au maniement de ses dictz -affaires. Mais, si me semble, il est nécessaire qu'elle ait quelqu'un -qui ait la mesme charge que faisoit le dict évesque de Ross, car, si -vous la preniés absolument, il pourroit advenir que, quelque -dilligence que y fissiés, elle ne s'en trouverait peust estre pas -entièrement satisfaicte, et si, cella pourroit encore apporter -jalousie à la dicte Royne d'Angleterre, recullement à mes affaires et -aux siens. Et moyennes aussy doucement envers icelle Royne -d'Angleterre, qu'elle accorde et face expédier un passeport à -l'archevesque de Glasco pour aller rendre compte à sa maistresse de -ses affaires de deçà, mesmement pour le faict du revenu de son -douaire, ainsy que je l'ay cy devant requise, et que je luy escris -encores présentement. - -Quand aux aultres advis contenus, en voz dictes dépesches, ce m'a esté -bien grand plaisir de les voir, et vous prie continuer à me tenir -adverty de toutes choses qui surviendront par delà, spéciallement du -costé d'Irlande. - -Au demeurant, pour venir à ce que je vous ay, ces jours passés, -escript par la dépesche que vostre secrettaire vous a portée, vous -avés veu par icelle l'advis que j'ay de la menée qui se faict -secrettement pour le mariage de la Royne d'Angleterre et du Prince de -Navarre, ou, si la dicte Royne demeuroit en opinion de ne se marier -jamais, comme l'on dict qu'elle a résollu il y a longtemps, luy -proposer de voulloir donner au dict Prince une sienne niepce. J'ay -despuis eu encores confirmation des dictz advis; aussy est ce le plus -grand honneur qu'il sçauroit recevoir, toutesfois il sera bon que vous -mettiés tousjours peyne de sentir et descouvrir, par delà, s'ilz -auroient eu et ont quelques desseins au contraire pour m'en advertir. - -Ne voullant pas, à ce propos, oublier à vous dire que, despuis trois -jours, Cavaignes, qui est ici ordinairement à ma suitte pour les -affaires de ceux de la religion, feust entrettenir la Royne, Madame ma -mère, à l'yssue de son disner, luy faisant entendre qu'il avoit veu le -Sr de Walsingam qui luy avoit discouru comme aulcuns seigneurs, qui -sont auprès d'icelle Royne d'Angleterre, qui desiroient le mariage -d'elle et de mon frère, le Duc d'Anjou, se voyoient en extrême peyne -pour ce que le dict mariage tiroit à la longue; et cependant que le -duc d'Alve avoit si bien conduict les affaires que le Roy d'Espaigne, -son Maistre, a en Angleterre pour le faict des prinses des -marchandises et aultres choses dont ilz estoient en débat, que la -dicte Royne d'Angleterre et les ministres d'icelluy Roy d'Espaigne en -estoient quasy d'accord et prestz à traicter non seulement pour ce -faict, mais de passer beaucoup plus avant affin de remettre et -asseurer l'amitié d'entre le Roy et icelle Royne, et par ce moyen -altérer, s'ilz peuvent, la bonne correspondance et amitié qui est -entre elle et moy. Et se laissa le dict Walsingam, par le discours du -dict Cavaignes, clairement entendre que les dictz seigneurs qui me -sont bien affectionnés auprès de la Royne d'Angleterre, et qui -desirent qu'elle et moy continuions en la bonne amitié et affection -que nous nous portons, et l'intelligence qu'avons ensemble, seroient -bien d'advis et desireroient grandement, pour la fortifier et -augmenter davantage, et pour le bien d'eux mesmes, que, ne se faisant -poinct le mariage d'icelle Royne avec mon dict frère, il se fît une -bonne et parfaicte ligue entre moy, la dicte Royne et le Prince -d'Escosse, qu'ilz appellent à présent Roy, et avec la nation -escossoise, qui seroit seullement, pour le regard des dictz Escossois, -renouveller les traictés d'entre moy et eux, sans parler en cella de -la Royne d'Escosse, ma soeur: qui a faict incontinent penser à ma -dicte Dame, Mère, et à moy comme je croy que vous fairés de vostre -part, qu'ilz voudroient bien du tout establir l'authorité du dict -Prince et de ceux qui le gouvernent en Escosse. Et semble aussy par là -que le dict Sr de Walsingam ait descouvert, ici, avant le parlement du -dict Sr de Foix, l'occasion de son voyage, et que cella luy a faict -ouvrir ce propos des conditions que sa Maistresse desire en la dicte -ligue, en laquelle je ne voudrois pas oublier de comprendre ma dicte -soeur, la Royne d'Escosse, s'il estoit parlé des Escossois; comme -aussy ne seroit il pas honneste à moy d'en faire aultrement, pour les -considérations cy devant déclarées. - -Ma dicte Dame et Mère donna fort paisible audiance au dict Cavaignes, -en luy faisant ce discours, dont j'ay bien vouleu vous advertir pour -servir en vostre négociation, affin aussy que vous regardiés de -prendre et voir clair en cessi, y allant toutesfois rettenu et comme -vous pouvés assés considérer qu'il est requis en cest affaire, affin -que les choses se fassent à ma réputation et advantage le plus qu'il -sera possible; priant Dieu, etc. - -Escript à Blois, le Xe jour de septembre 1571. - - CHARLES. P INART. - - - - -XCV - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XXVIIe jour de septembre 1571.-- - - Retour de Mr de Foix.--Audience accordée par le roi à - Walsingham.--Résultat de la mission de Mr de Foix sur la - négociation du mariage.--Désir que Burleigh soit désigné par - Élisabeth pour passer en France.--Approbation de la déclaration - faite par l'ambassadeur en faveur du duc de Norfolk au sujet de - l'argent destiné pour Marie Stuart, qui forme l'un des chefs - d'accusation contre lui.--Refus du roi d'écrire à Élisabeth en - faveur du duc dans la crainte de lui nuire.--Nécessité de - suivre les instructions précédemment transmises sur l'Écosse. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, mon cousin, le Sr de Foix, est arrivé -devers moy despuis cinq ou six jours en ça, duquel j'ay bien -particullièrement entendu comme toutes choses se sont passées, par -delà, en la négociation que vous et luy avez eu à manier avec la -Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, dont je demeure infiniment content -et satisfaict de la grande dextérité avec laquelle vous vous y estes -tous deux comportés. - -Sur quoy, ayant faict venir devers moy le Sr de Walsingham, sabmedy -dernier, la première chose que je luy ay dicte, ç'a esté que je -remerciois, de toute la plus grande affection qu'il m'estoit possible, -ma dicte bonne soeur du bon accueil et honnorable traictement que mon -dict cousin m'avoit asseuré avoir receu d'elle en son voyage, duquel -je luy sçavois aultant de gré et en recevois le mesme contentement que -s'il eust esté faict à moy mesme. Puis je suis venu à luy dire que, à -ce que j'avois peu cognoistre, les demandes raisonnables que je -faisois pour mon dict frère, touchant le faict de l'exercisse de sa -religion, n'avoient esté receues de ma dicte bonne soeur ainsi que -j'espérois, encores qu'il me semblast qu'elles estoient assés -tolérables, veu que mon dict frère ne voulloit rechercher, en façon du -monde, qu'il feust rien changé au royaulme d'Angleterre au faict de la -religion qui est à présent establie, mais seulement qu'il luy feust -permis, pour servir à sa conscience, d'avoir l'exercisse libre de sa -dicte religion pour luy et sa famille; dont mon dict cousin auroit mis -en avant que mon dict frère se contenteroit qu'il luy feust donné -asseurance, par une simple lettre missive de ma dicte bonne soeur, -que, faisant le dict exercisse, ilz ne recevroient aulcun dommage; à -quoy voyant qu'elle estoit bien loin de condescendre, mesmes par le -propos que milord Burgley dict à mon dict cousin que ma dicte soeur ne -pourrait permettre que mon dict frère peût faire dire la messe au dict -Angleterre, il me sembloit que c'estoit une occasion qu'elle voulloit -prendre pour se despartir de la négotiation du dict mariage; et -toutesfois, d'autant que j'avois trouvé quelque obscurité en ses -responces, j'attandois à y assoir plus certain jugement jusques à -l'arrivée d'icelluy de ses conseillers que mon dict cousin m'a dict -qu'elle délibéroit envoyer par deçà, lequel je l'asseurois qu'il -seroit le très bien venu, et entendrois fort vollontiers de luy toutes -choses concernant ce faict, pour en demeurer davantage esclerci. - -Qui est le sommaire des propos que j'ay eus avec le dict Sr de -Walsingam qu'il a faict contenance de bien recevoir, les vous ayant -voullu aussy brièvement discourir, affin que vous teniés un mesme -langage à ma dicte bonne soeur, et puissiés juger si ce qu'il en -mandera par delà s'y trouvera conforme; vous voullant bien dire là -dessus que je desire infiniment l'acheminement de celluy des dictz -conseillers que doibt envoyer ma dicte bonne soeur, avec lequel -j'espère traicter de toutz ces affaires fort commodément, et mesme de -ce qui se pourra mettre en avant, non seullement pour l'assurance de -la continuitté de nostre commune bonne amitié et intelligence, mais -aussy pour l'accroistre et augmenter en tout ce qui sera possible. Et -partant je vous prie, Monsieur de La Mothe Fénélon, d'avancer -dextrement, aultant que vous pourrés, l'envoy du dict conseiller, et -si ceste charge s'adressoit au dict milord Burgley, j'en serois -d'aultant plus aise que je sçay qu'il est personnage duquel ma dicte -bonne soeur a grande confience. - -Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fénélon, je vous ay faict une bien -ample dépesche, du Xe de ce moys, par laquelle je pense vous avoir -esclercy de toutz les poinctz dont vous desirés avoir lumière de moy; -despuis laquelle j'ay receu voz deux dépesches du VIIe et XIIe de ce -moys[105], sur lesquelles il ne m'eschet à vous dire aultre chose -sinon, quant à celle du dict VIIe, que je trouve fort bon ce que vous -avés dict librement à ceux du conseil de delà, touchant les deux mille -escus que avés envoyés en Escosse à Vérac par le moyen du secrettaire -du duc de Norfolk, ce qu'ilz n'ont occasion de trouver mauvais, quand -ilz y auront bien pensé. Mais d'escrire à ma dicte bonne soeur en -faveur du dict duc, pour modérer la recerche que l'on luy veut faire -de sa vye, à cause de ce que son secrettaire a voullu moyenner l'envoy -des dictz deux mille escus, de quoy vous pensés qu'il n'a rien sceu en -façon du monde, c'est chose qu'il ne me semble aulcunement à propos de -faire pour ceste heure, pour estimer que cella luy porteroit plus de -domage que de profit; estant toutesfois résolu, si j'entendois cy -après qu'il feust pressé et poursuivy de sa vie pour ce faict, -d'employer tout ce que je puis avoir de faveur et crédit envers ma -dicte bonne soeur, pour le garder de tomber en inconvénient; ne -faisant poinct de doubte que la Royne d'Escosse, ma belle soeur, n'en -souffre de son costé. Ce que je conjecture mesmement parce que vous a -mandé le dict milord Burgley, que sa Maistresse ne vouloit plus -souffrir que aulcun demeurât par delà pour la dicte Royne d'Escosse; -et néantmoins je desire que, pour cella, vous ne laissiés à la -requérir doucement d'accorder à l'archevesque de Glasco le passeport -dont je vous ay escript cy devant pour aller rendre compte à sa -Maistresse de ses affaires de deçà. - - [105] Voyez CCIIIe et CCIVe dép., tom. IV, pag. 224 et 229. - -J'ay veu ce que me mandés de l'escarmouche qui est passée en Escosse -entre ceux de Lislebourg et du Petit Lict, ne voyant rien en toutes -ces choses ainsi advenues, et mesmes en l'accord que les comtes -d'Arguil, de Casseilles, d'Eglinthon et milord Boit ont faict avec le -comte de Morthon qui ne me fasse desirer que vous suiviés ce que je -vous ay escript par ma susdicte dépesche du Xe, pour accommoder en -Escosse les affaires de ma dicte belle soeur. Sur lesquels je pourray -prendre encores, cy après, plus certaine résollution, à l'arrivée de -ce conseiller qui me viendra de la part de ma dicte bonne soeur, -attandant lequel, quand vous tiendrés les choses en quelque estat, ce -ne sera que bien faict, car j'espère me servir grandement de la venue -du dict conseiller à accommoder les dictz affaires d'icelle ma belle -soeur; priant Dieu, etc. - -Escript à Blois, le XXVIIe jour de septembre 1571. - - -Ainsi que je voullois signer ceste lettre, j'ay receu vostre dépesche -du XVIe de ce moys[106], par laquelle j'ay veu, ensemble par les advis -et coppies des lettres qui estoient encloses avec la dicte dépesche, -ce qui est advenu en l'entreprinse que ceux de Lislebourg avoient -faicte sur Esterling, où il se trouve pour conclusion que le comte de -Lenox a esté tué[107], vous advisant que je regarderay cy après à -prendre une bonne résollution sur les affaires de ma dicte belle -soeur, laquelle j'ay grand regret de voir ainsi travaillée que le -tesmoignent les lettres qu'elle vous a escript. - -Ce XXVIIe jour de septembre 1571. - - CHARLES. B RULART. - - [106] Voyez CCVe dép., tom. IV, pag. 232. - - [107] Voir notes, tom. IV, pag. 69 et 232. - - - - -XCVI - -LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XXVIIe jour de septembre 1571.-- - - Opinion de Catherine de Médicis que le projet de marier le prince - de Navarre en Angleterre est abandonné, et que son mariage avec - Madame sera prochainement conclu.--Satisfaction qu'elle éprouve - de la conduite de Coligni, et du dévouement qu'il montre pour - le service du roi. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, je n'adjousteray aultre chose à la -lettre que le Roy, Monsieur mon filz, vous escript, que pour vous dire -seullement, quand à ce que m'escrivés par vostre lettre du XIIe, «que -vous ne vous pouvès poinct apercevoir qu'il se tienne aulcun propos, -par delà, de mariage de ma dicte bonne soeur, aultre que celluy qui -est ouvertement en termes», je croy que la chose se trouvera ainsi; -car, du costé dont nous avons quelque doubte, je tiens les choses tant -avancées, pour le regard du mariage de ma fille, que, quand l'on y -auroit pensé cy devant, cella seroit à ceste heure délaissé, vous -voullant bien dire que, tant s'en fault qu'il y ait nouvelle -conspiration de ceux de la Rochelle avec ceux du prince d'Orange pour -courir sus aux subjects du Roy, Monsieur mon filz, qu'au contraire mon -cousin l'Admiral est, ici, avec nous, qui ne desire rien plus que -d'ayder en tout ce qu'il peust à empescher les pyrateries qui se font -en la mer par meschantes gens qui n'ont aulcun adveu de ceux de la -dicte Rochelle, comme aussy à s'employer en toutes aultres choses -concernant le bien du servisse du Roy, Mon dict Sieur et filz, comme -son fidelle subject. Sur ce, etc. - -Escript à Blois, le XXVIIe jour de septembre 1571. - - CATERINE. BRULART. - - - - -XCVII - -LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XXVIIIe jour de septembre 1571.-- - - Conférence de Catherine de Médicis avec Walsingham.--Plainte de - Walsingham au sujet de l'argent que La Mothe Fénélon aurait - remis au secrétaire du duc de Norfolk.--Connaissance qu'il - donne à la reine des intrigues de Marie Stuart avec le roi - d'Espagne.--Protestation de la reine que la Mothe Fénélon n'a - pu donner aucune occasion de plainte.--Déclaration que le duc - d'Anjou ne saurait consentir au mariage, si le libre exercice - de sa religion ne lui est pas accordé.--Crainte que cette - négociation ne soit rompue.--Désir qu'elle puisse être renouée - pour le duc d'Alençon. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, le Sr de Walsingam m'est venu trouver -ceste après disnée, qui a commencé son propos par me dire qu'il -voulloit parler à moy, non comme ambassadeur, mais comme personne -privée, et me dire que, encores qu'il sçache que l'intention du Roy, -Monsieur mon filz, et la mienne ne soit aultre que d'entrettenir la -bonne amitié et intelligence qui est entre sa Maistresse et ce -royaulme, si est ce qu'il semble que, en quelque sorte, on la veuille -altérer, s'estant trouvé, despuis quelque temps, en çà, que vous, qui -vous estiés tousjours cy devant comporté fort dignement en vostre -charge, et n'aviés faict que tous bons offices, avés mis entre les -mains du secrettaire du duc de Norfolk quelque argent pour servir à -ceux qui pourchassent mauvaises pratiques par delà contre sa -Maistresse; disant que, parmi les papiers du dict secrettaire du dict -duc, il s'estoit trouvé plusieurs choses de grande conséquence qui se -traictoient entre luy et la Royne d'Escosse, ma belle fille, contre sa -dicte Maistresse, mesmes des lettres que ma dicte belle fille -escrivoit au dict duc, par lesquelles elle luy mandoit que, voyant -bien que, réheussissant le faict du mariage qui se traictoit entre mon -filz le Duc d'Anjou et sa dicte Maistresse, l'affection qu'on luy -avoit portée du costé de deçà se pourroit refroidir grandement, et -elle seroit quasi contrainte se mettre entre les bras du Roy -Catholique, mon beau fils, qui la faisoit recercher pour la marier -avec don Joan d'Austria, luy faisant aussy promesse de faire, par -mesme moyen, le mariage de son filz avec l'une de mes petites filles; -qui estoient offres, à quoy elle le prioit de l'excuser, si elle se -disposoit d'entendre en la nécessité où elle se voyoit aujourdhuy -réduicte, encores qu'elle luy eût tousjours une bonne affection, ainsy -qu'elle le luy avoit promis. - -Sur quoy je luy ay respondu, quand au premier poinct, que je vous -tenois pour un honneste gentilhomme, digne ministre de son Maistre, et -que je ne pense avoir faict chose, de par delà, dont vous ne -respondiés tousjours au Roy, Mon dict Sieur et filz, et de laquelle ma -dicte bonne soeur ait occasion d'estre mescontente; mais, quand à -l'argent dont il me parloit, qui estoit deux mille escus, comme je -pensois, que je sçavois bien que l'ambassadeur d'Escosse avoit -remonstré quelquefois au Roy, Mon dict Sieur et filz, que sa -Maistresse estoit en nécessité d'argent par delà, et qu'il n'y avoit -aultre voye d'en faire tenir que par vous, à qui nous n'avons jamais -trouvé mauvais qu'il s'addressât pour faire tenir de l'argent pour les -affaires de ma dicte belle fille; et quand il l'auroit faict pour le -regard des dictz deux mille escus, et que vous auriés essayé de les -faire tenir en Escosse par le moyen du dict secrettaire, nous ne le -pouvons avoir désagréable, veu la bonne intelligence que, de tout -temps, ce royaulme a avec les Escossois, et mesmes l'estroicte -alliance que la dicte Royne d'Escosse a eu ce royaulme: qui nous a -tousjours faict penser que ma dicte bonne soeur ne pourroit prendre -en mauvaise part que nous l'aydassions en ces affaires, en chose -mesmement où il ne lui pourroit estre faict aulcun préjudice; de sorte -que, soit que vous eussiés essayé de faire tenir les dictz deux mille -escus en Escosse par le moyen du dict secrettaire, pour les gens de ma -dicte belle fille, ou que ce feust pour l'agent du Roy, Mon dict Sieur -et filz, qui est par delà, dont je m'informerois mieux cy après, il me -sembloit que ma dicte bonne soeur n'avoit poinct occasion de s'en -fascher ni malcontenter en façon du monde. - -A quoy le dict Sr de Walsingam m'ayant répliqué que l'on sçavoit assés -la vie estrange que avoit menée ma dicte belle fille, qui estoit -odieuse à un chascun, et qu'elle ne méritoit que nous en eussions un -si grand soin; je luy ay respondu que je sçavois bien que le plus -souvant l'on disoit d'une pauvre princesse affligée, comme est ma -dicte belle fille, pleusieurs choses qui ne se trouvent quelque fois -pour la pluspart véritables; mais que le Roy, Monsieur mon fils, ne -pouvoit, pour son honneur, qu'il ne luy aydât à accommoder ses -affaires en son païs; qui est une office que ma dicte bonne soeur ne -pourroit trouver mauvaise, pour estre convenable à l'alliance que -ceste couronne a de tout temps et ancienneté avec les Escossois, et le -lieu qu'elle a tenu en ce dict royaulme, n'ayant vollonté toutesfois -de rien faire en cella que avec le respect de l'amitié et bonne -intelligence que nous avons avec ma dicte, bonne soeur; à laquelle -nous ne voudrions en rien contrevenir, mais faire toutes choses qui la -pourroient plustot augmenter et acroistre en ce qui nous seroit -possible. - -Sur quoy je vous diray que nous vous prions continuer à vous -gouverner en ces affaires de telle façon que, maintenant que la -négotiation du mariage de mon filz d'Anjou n'est aux termes qu'il -estoit il y a quelque temps, ma dicte bonne soeur ne juge, par les -instances que vous luy fairés, que nostre amitié soit en quelque sorte -diminuée en son endroict. - -Oultre tout ce que dessus, le dict Sr de Walsingam m'a dict que sa -Maistresse avoit plus de desir de se marier que jamais, mais qu'il -sembloit que, de ce costé, l'on en feust réfroidi; bien sçavoit elle -que le Roy, Monsieur mon filz, et moy le desirions infiniment, mais -que mon filz, le Duc d'Anjou, n'y avoit trop de vollonté, ce qu'il me -prioit de sçavoir de luy. - -A quoy je luy ay respondu que mon dict filz n'estoit pas si mal advizé -qu'il ne recogneût bien que c'estoit le plus digne parti qui se puisse -offrir pour sa grandeur; et que, quand ma dicte bonne soeur -s'accomoderoit aux choses raisonnables que nous desirons d'elle, qui -est la permission de pouvoir librement exercer sa religion avec sa -famille, sellon que sa conscience le luy commande, que j'estimois -qu'il ne s'y trouveroit poinct de difficulté; mais que, estant mon -dict fils tant amateur de sa religion comme il est, ainsi que le dict -Sr de Walsingam le pourroit assés cognoistre, quand soigneusement il -s'en voudra enquérir, je ne pensois pas que, pour quelque grand -avantage et grandeur que luy peust estre proposée en ce monde, il soit -jamais pour condescendre à aulcun parti, si l'exercisse public de sa -dicte religion ne luy demeure libre pour luy et tous les siens. - -Et m'ayant là dessus respondu le dict Sr de Walsingam qu'il pensoit -que ce seroit chose fort difficile, et qui ne se pourroit faire; je -luy ay dict que je m'estois assez enquise de la vollonté de mon dict -filz, mais que, le cognoissant comme je fais, je sçavois bien qu'il -avoit tant de révérence à sa religion que, pour devenir le plus grand -monarque du monde, il ne voudroit perdre à la pouvoir exercer -publiquement avec tous les siens en telle liberté que sa conscience le -luy commande, et pour rien du monde se mettre en danger d'y estre -aucunement empesché soubz quelque petite permission que luy en -pourroit faire ma dicte bonne soeur, à laquelle je m'asseurois qu'il -n'avoit aultre vollonté, toute sa vie, que de faire servisse, se -sentant luy estre obligé. - -Vous ayant voulleu faire ce discours de tous ces propos que j'ay eu -avec le dict Sr de Walsingam, affin que, en donnant advis à sa -Maistresse, vous en soyés, de vostre part, informé, et en parliés ce -mesme langage; réservant toutesfois à luy dire rien de ce dernier -poinct, contenant la vollonté de mon dict filz, si elle ne vient à -vous en parler la première; auquel propos vous luy pourrés dire -davantage que, par là, elle peust cognoistre qu'il ne tient de nostre -costé que les choses n'ayent esté conduittes à l'effaict que nous -avons tant désiré. Et si, là dessus, pour luy faire mieux cognoistre -combien nous avons envie de contracter alliance avec elle, et nous -asseurer de son amitié, vous luy mettiés en avant mon filz le Duc -d'Alançon, pour entrer en ceste place, lequel ne se randroit pas si -scrupuleux au faict de sa dicte religion que faict mon dict filz, le -Duc d'Anjou, j'estime que cella ne viendroit pas mal à propos. -Toutesfois c'est chose que je remets à vostre jugement pour en faire -selon ce que vous estimerés, voyant l'estat présent des choses s'en -debvoir faire pour le mieux, ou bien s'il sera meilleur d'attandre à -en faire l'ouverture au milord que doibt envoyer par deçà ma dicte -bonne soeur. - -Vous adjousterés à ce que dessus que nous sommes bien marris que nous -n'avons une aultre personne, semblable à mon dict filz d'Anjou, pour -la luy offrir; mais qu'il n'y a pas grande différence entre luy et mon -dict filz d'Alençon, qui l'aprosche d'aage d'un an, estant toutesfois, -selon que je vous mande, et que vous jugerés estre pour le mieux. Et -sur ce, etc. - -Escript à Blois, le XXVIIIe jour de septembre 1571. - - CATERINE. BRULART. - - - - -XCVIII - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du VIIe jour d'octobre 1571.-- - - Affaires d'Écosse.--Conférence de l'archevêque de Glascow avec - Catherine de Médicis.--Vives sollicitations de sa part pour - obtenir en faveur de Marie Stuart des secours d'hommes et - d'argent.--Impossibilité où se trouve le roi d'envoyer un - secours d'hommes.--Consentement donné à l'envoi d'un secours - d'argent.--Instances que doit faire l'ambassadeur auprès - d'Élisabeth pour Marie Stuart. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, vous aurés entendu par la lettre que -vous a escript la Royne, Madame ma mère, du XXVIIIe du passé, le -propos qu'elle et le Sr de Walsingam ont eu ensemble, mesmes touchant -le faict de la Royne d'Escosse, ma belle soeur, que je touche -seullement d'aultant que la présente que je vous fais ne regarde que -ce qui concerne ma dicte belle soeur; de laquelle je vous diray que -l'ambassadeur vint avant hier trouver ma dicte Dame et Mère, et amena -avec luy le Sr de Flamy, luy faisant entendre, que sa Maistresse luy -avoit mandé de s'en aller en Escosse pour essayer à regaigner ce -qu'il y avoit perdu, et aussy pour luy faire servisse et s'employer à -reconquérir les choses qui avoient esté usurpées par ses subjects -rebelles; mais que, auparavant son partement, il l'avoit chargé de -sçavoir quel secours de gens et d'argent il me plairroit de donner à -ma dicte belle soeur, en la nécessité où ses affaires estoient à -présent réduicts en son royaulme, lesquelz avoient plus de besoin du -dict secours que jamais; d'aultant que, d'un costé, il semble que la -Royne d'Angleterre veuille y envoyer gens de guerre pour favoriser ses -dicts subjectz rebelles, et, d'aultre part, tant s'en fault que la -mort du comte de Lenox, naguières advenue, ait apporté un meilleur -succès en ses dicts affaires que, au contraire, les Amilthons qui, de -son vivant et pour la hayne mortelle qu'ilz avoient contre luy, -favorisoient le parti de ma dicte belle soeur, commencent à s'accorder -avec les aultres qui sont demeurés après le décès du dict comte de -Lenox; de sorte que, sans le dict secours, elle ne voyoit pas que ses -dictz affaires ne feussene; que pour se porter fort mal. - -Sur quoy ma dicte Dame et Mère les a remis à sçavoir ma vollonté en -cest endroict pour après la leur faire entendre; laquelle, je vous -veux bien dire, sera telle que je ne me délibère, en façon du monde, -de luy promettre d'envoyer gens de par delà, car, si je le faisois, -cela tomberoit plus à son désadvantage que à son profit, d'aultant -que, n'y en pouvant envoyer que bien petit nombre, à cause du traject -de mer, c'est une chose toute asseurée que, quand je l'aurois faict, -la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, ne manqueroit d'y en envoyer, -de sa part, un bien plus grand nombre, comme il luy est assés aisé et -qu'elle a grande commodité de le pouvoir faire; si bien que, au lieu -d'esteindre ce feu de guerre, qui est de delà, ce seroit l'allumer et -augmenter davantage, mais, quand à l'argent, estant un secours qui se -peut mieux couvrir, je regarderay de luy en faire bailler quelque -somme. - -Qui est tout ce qu'il me semble que je pourray mieux faire de ce costé -pour ma dicte belle soeur, de laquelle je desire que vous favorisiés -tousjours par delà les affaires aultant qu'il vous sera possible, et -que, à ceste fin, vous dictes, de ma part, à ma dicte bonne soeur que, -ayant entendu qu'elle estoit en quelque vollonté d'envoyer des gens de -guerre au dict Escosse, je la veux bien prier, au nom de nostre -commune amitié, de s'en voulloir desporter, et de ne rien faire au -domage des affaires de ma dicte belle soeur, comme seroit l'envoy des -dicts gens de guerre; car, si elle le faisoit, je serois contrainct et -ne me pourrois honnestement garder d'y envoyer aussy, de mon costé, -pour les anciennes alliances qui sont entre mon royaulme et celluy -d'Escosse, et mesmes pour l'estroicte et particulière que a avec moy -ma dicte belle soeur, ayant esté femme de mon frère ayné. - -Et, ce faisant, vous la pourriés asseurer que le plus grand desplaisir -que je sçaurois recevoir en ce monde, ce seroit d'en venir là, car, -tant s'en fault que je veuille entrer en chose qui puisse aulcunement -altérer et amoindrir nostre commune bonne amitié et intelligence que, -au contraire, je ne desire rien plus que embrasser tout ce qui la peut -augmenter, en quoy j'espère qu'il me sera correspondu de son costé; -vous priant de luy faire entendre ces choses le plus doucement que -vous pourrés, affin que, sans l'aigrir, vous puissiés, s'il est -possible, destourner la vollonté qu'elle pourroit avoir d'envoyer -gens au dict Escosse, ou faire révoquer ceux qui, possible, se -seroient jà acheminés, ainsi que par vostre dépesche du XXVIe du -passé[108] vous me mandiés que l'on pensoit qu'elle le deubt faire; -vous voulant bien dire sur icelle dépesche, que j'ay trouvé la lettre, -que vous avés escripte au milord Burgley, fort sage, et que vous -n'eussiés sceu mieulx faire, voyant l'aigreur et mauvaise vollonté en -laquelle ma dicte bonne soeur estoit envers la dicte Royne d'Escosse, -sellon ce que vous en a faict sçavoir le dict Burgley, que de ne vous -avancer poinct davantage pour parler des choses contenues en ma -dépesche du Xe. Toutesfois vous avez bien cogneu par les propos que ma -dicte Dame et Mère a eus des affaires d'Escosse avec le Sr de -Walsingam comme nous ne luy avons donné à cognoistre, en façon du -monde, que nous tenions les dictz affaires en peu de compte, si bien -que ma dicte bonne soeur ne pourra estre confortée de l'opinion que le -comte de Lestre vous a dict qu'elle avoit, qu'il sembloit que vous -fissiés en l'instance des dictz affaires plus qu'il ne vous estoit -commandé, et penchassiés aulcunement du costé de la maison de Guise; -n'ayant rien à vous dire davantage sinon de prier Dieu, etc. - -Escript à Bloys, le VIIe jour d'octobre 1571. - - CHARLES. BRULART. - - [108] Voyez CCVIIe dép., tom. IV, pag. 241. - - - - -XCIX - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XXe jour d'octobre 1571.-- - - Affaires d'Écosse.--Audience accordée à l'archevêque de - Glascow.--Supplications de l'archevêque afin d'obtenir pour - Marie Stuart le secours du roi.--Déclaration faite par le roi à - Walsingham qu'il désire savoir quelle conduite la reine - d'Angleterre veut tenir à l'égard de Marie Stuart.--Résolution - du roi d'autoriser le sieur de Flemy à préparer en Bretagne ou - Normandie une expédition pour l'Écosse.--Satisfaction du roi - d'apprendre qu'Élisabeth a suspendu ses préparatifs contre ce - pays pour traiter de la ligue.--Avis sur les projets des - Espagnols contre l'Écosse.--Contentement qu'éprouve le roi de - la conduite de l'Amiral.--Approbation de la déclaration faite - par l'ambassadeur qu'Edimbourg est placé sous la protection du - roi. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, despuis la dernière dépesche que je vous -ay faicte, qui a esté du VIIe du présent, l'archevesque de Glasco a eu -une audience de moy, avec le Sr de Leviston, qui m'a baillé des -lettres de la Royne d'Escosse, ma belle soeur, et faict entendre bien -amplement le misérable estat auquel elle est aujourdhuy réduitte, tant -pour sa personne que l'on pourchasse à faire mourir, que pour ses -affaires d'Escosse: qui est conforme à ce que m'en avés escript par -vos dépesches du dernier du passé et VIe du présent[109], et mesmes, à -ce que j'ay peu voir par les coppies des lettres que ma dicte belle -soeur vous a escriptes, me requérant de nouveau de faire ouverte -démonstration que je suis dellibéré d'entrettenir l'alliance de ceste -couronne avec le royaulme d'Escosse, prendre elle, son fils et son -royaulme, en ma protection, et de faire garder les promesses que la -Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, luy a cy devant faictes de la -mettre en liberté; à toutes lesquelles choses je leur promis lors -d'aviser. - - [109] Voyez CCVIIIe et CCIXe dép., tom. IV, pag. 245 et 248. - -Et partant, y ayant pensé; un ou deux jours après, j'ay faict venir -devers moy le Sr de Walsingam, lequel j'ay prié de remonstrer à sa -Maistresse, de ma part, comme elle sçait bien que, jusques icy, je ne -me suis poinct entremis des affaires d'Escosse que comme ami commun, -desireux de voir ce royaulme là en bonne pacification, pour le respect -que j'ay vouleu porter à la conservation de la bonne amitié et -intelligence que j'ay avec elle, sans rien attanter de ce costé là -dont elle se peût sentir offencée, l'ayant tousjours requise de faire -traictement à ma dicte, belle soeur digne d'une Royne et souveraine -princesse telle qu'elle est; et entendant que, au contraire de ce, -elle use aujourdhuy envers elle de toutes les rigeurs du monde, et -mesmes qu'elle veut envoyer gens de guerre en Escosse pour la faveur -de ceux qui tiennent son parti contraire, je ne pouvois trouver toutes -ces choses que bien fort indignes, et pour moy malaisées à supporter à -cause de l'estroitte alliance et amitié que j'ay avec ma dicte belle -soeur et le royaulme d'Escosse, laquelle ne me permettroit jamais, en -servant à mon honneur et réputation, de la délaisser en ces besoings; -et partant je desirerois que ma dicte bonne soeur s'en voullût -esclaircir avec moy pour sçavoir à quoy je m'en doibs tenir et ce que -je puis attendre de ses déportementz envers ma dicte belle soeur: -chose que je ne fais poinct de doubte qu'il ne mande par delà; qui est -cause que j'ay voulleu vous en donner ce mot d'advis affin que vous en -parliés à ma dicte bonne soeur au mesme langage, en entrant en propos -avec vous. - -Or, pour tout cella, m'estant bien au vray représenté le besoin du -secours que ont ceux de Lislebourg, tant par ce que le dict Leviston -m'en a dict, que ce que j'ay veu par voz précédentes, je n'ay voullu -attandre à leur donner quelque ayde, ayant eu agréable que le sieur de -Flamy passât au dict Escosse quelques deux ou trois cens soldats qu'il -m'a dict qu'il mettroit ensemble, et ordonné luy estre baillés dix -mille livres et des vaisseaux, navires et mariniers pour charger les -dictz soldatz en mes ports de Bretaigne ou de Normandie, ainsi qu'il -trouvera plus à propos, ensemble deux pièces d'artillerie de campagne -avec des boulés, et munitions qui ne seront marquées de mes armories, -sans que l'on donne aulcunement à cognoistre que ce soit chose dont je -me mesle en façon du monde; qui sera un assés bon rafreschissement, -s'il peut arriver par delà à temps, et avant qu'il ait esté faict -aulcun effort au dict Lislebourg, sellon la délibération qui avoit -esté prinse ainsi que me l'avés mandé; ayant bien considéré ce qui a -esté escript curieusement par le dict Sr de Walsingam du recueil de -mon cousin l'Admiral en ceste cour, qui est conforme à la vérité; ce -que aussy me donnés advis du voyage que doibt faire par deçà -Quillegrey pour passer, puis après, en Allemaigne; auquel voyage je le -fairay observer soigneusement pour la charge qu'il aporte avec soy. - -Au demeurant, vous avés fort bien faict de faire demeurer le frère du -comte de Rothes, auquel si vous pouvés faire bailler quelque mille -livres pour son entretien, je regarderay à vous le faire rembourser. -Au surplus, je seray bien aise d'entendre la responce qui aura esté -faicte par ceux de Esterlin à la dépesche que fist ma dicte bonne -soeur, au commencement de septembre, au comte de Lenox, pour induire -ceux du dict Esterlin à la requérir de remettre en leurs mains la -personne de ma dicte belle soeur. - -Vous voulant bien dire, Monsieur de La Mothe Fénélon, pour fin de la -présente, que, ainsi que j'estois sur le poinct de la vous faire, la -vostre du Xe du présent[110] est arrivée, par laquelle ce m'a esté -grand plaisir de voir que les propos que vous avés tenus à ma dicte -bonne soeur, sur ma dépesche du XXVIIIe du passé, l'ayant si fort -contantée qu'ilz ayent interrompu l'instante conclusion des -intelligences que l'on voulloit traicter avec elle, qu'elle a mis en -suspens, attandant qu'elle voye si elle se pourra accorder à quelque -bonne ligue avec moy. A quoy je vous puis asseurer que je seray -tousjours fort disposé; et ne me pouvoit rien estre plus agréable que -de voir qu'elle ait aultant ou plus craint que je demeurasse offencé -de la responce qu'elle m'a faict faire, sur l'exercisse de la religion -de mon frère, que moy de la demande qui luy a esté faicte là dessus, -et du despart qui s'est ensuivi de ceste négotiation de mariage; ce -que je ne puis imputer que à la dextérité de laquelle vous et le Sr de -Foix vous y estes gouvernés. - - [110] Voyez CCXe dép., tom. IV, pag. 251. - -J'ay eu advis, d'Espaigne, par le Sr de Fourquevaux, que Jullien -Romène estoit allé en Biscaie pour trouver l'infanterie espagnolle, et -qu'il estime qu'il se traicte quelque entreprise de ce costé là, ou -pour l'Irlande, ou pour secourir l'Escosse, estants les affaires de ma -dicte belle soeur en bon succès par le moyen de la mort du feu comte -de Lenox; mais, si le dict secours n'est fondé que là dessus, il me -semble mal assiz, veu que la dicte mort a plustot aporté domage à ses -affaires que avantage; mais je le vous escris affin que, là dessus, -vous ayés l'oeil ouvert davantage à toutes occasions: qui est tout ce -que j'ay à vous dire, si ce n'est qu'après avoir esté sept ou huict -sepmaines de séjour à Blois, à donner ordre à pleusieurs affaires avec -les gens de mon conseil, et résoudre pleusieurs difficultés qui se -présentoient, pour le faict de l'édict de pacification, à la -conférence qui en a esté faicte par mes cousins, les mareschaux de -France, et aultres seigneurs du conseil avec mon cousin l'Admiral, -j'ay esté prendre le plaisir de la chasse ez environs du dict Blois; -et mon dict cousin l'Admiral, s'en est allé en sa maison de -Chastillon, fort content et satisfaict, pour nous venir retrouver, -mais que je sois arresté en lieu de séjour. Et sur ce, etc. - -Escript au Chasteau Renauld, le XXe jour d'octobre 1571. - - -Comme je signois la présente, j'ay receu vostre dépesche du XVe[111], -par laquelle j'ay veu ce que me mandés de la dépesche qui a esté -faicte en dilligence du cappitaine Caje au mareschal de Barwich pour -le faire aller devers ceux de Lislebourg affin de les exhorter à se -rettenir à l'obéissance de leur jeune Roy avec ceux d'Esterlin, ou -qu'elle envoyeroit ses forces par delà pour l'y ranger, les dépesches -qui avoient esté desjà faictes de quelques cappiteines, et aussy le -préparatif qui se faisoit au chasteau d'Herfort pour y remuer la Royne -d'Escosse et bailler sa garde au Sr de Raphe Sadler; louant bien fort -ce que, sur ces advis, vous avés remonstré aux seigneurs du conseil de -ma dicte bonne soeur, et déclaré que j'avois prins en ma protection -ceux du dict Lislebourg, faisant bien estat que, tant pour ce regard -que pour la convenence qu'ilz auront trouvée à tous les propos que -j'ay eu, par deçà, avec l'ambassadeur de ma dicte bonne soeur, les -choses ne seront pas passées plus avant, et remettront à s'en -résouldre après l'arrivée par deçà du milord qui viendra. Du XXe jour -d'octobre 1571. - - CHARLES. BRULART. - - [111] Voyez CCXIe dép., tom. IV, pag. 234. - - - - -C - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du IIe jour de novembre 1571.-- - - Affaires d'Écosse.--Désignation du Mr Du Croc pour passer dans ce - pays.--Précaution que l'ambassadeur doit prendre en réclamant - contre l'arrestation du frère du comte de Rothe.--Nouvelle de - la victoire de Lépante.--Prochain mariage du prince de Navarre - avec Madame. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, vous aurés entendu, par la dernière -dépesche que je vous ay faicte, du XXe du passé, la provision que j'ay -donnée du costé d'Escosse; de quoy je ne vous rediray rien par la -présente, mais bien que je suis fort aise d'avoir entendu, par la -vostre du XXe du mesme moys[112], que la remonstrance que vous avés -faicte bien à propos sur les choses que l'on disoit se préparer en -Angleterre pour le dict Escosse, et pour la Royne, ma belle soeur, ait -donné occasion que, despuis, l'on n'a plus parlé de la remuer au -chasteau de Herfort, en la garde du sieur de Raphe Sadler, ni de -haster les préparatifs de guerre contre ceux de Lislebourg; vous -advisant que je suis conforté, par ce que m'escrivés par vostre -lettre, en la délibération, que j'avois prinse, d'envoyer au dict -Escosse un personnage de qualité pour essayer à réduire les choses en -quelque bonne pacification; pour lequel effaict j'ay choisi le Sr Du -Croc, que j'ai mandé exprès, affin de l'y dépescher, trouvant que le -faict du duc de Norfolc a mis la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, -en de grands soubçons, puisqu'elle faict arrester tant de seigneurs -contre son naturel, qui a tousjours esté enclin à manier plustot les -choses par douceur que aultrement: ce qui pourra bien estre cause que, -estant entièrement occupée à pourvoir à ce qui luy tousche de plus -près, elle sera divertie de faire ce qu'elle eust bien désiré contre -ceux du dict Lislebourg. - - [112] Voyez CCXIIe dép., tom. IV, pag. 258. - -Au surplus, je suis bien marri de l'arrest qui a esté faict du frère -du comte de Rothes, que vous avés faict demeurer par delà pour -maintenir la négotiation de ma dicte belle soeur, le réclamant comme -un de mes serviteurs. Il est vray qu'avant que de le faire, je desire -que vous vous enquériés bien soigneusement s'il ne sera poinct -méritoirement chargé d'avoir eu intelligence avec ses subjectz, pour -poursuivre quelque mauvaise entreprinse contre ma dicte bonne soeur, -ainsi que je croy qu'il ne se trouvera pas: car, s'il estoit ainsi, -l'instance que vous luy en fairiés lui fairoit peut estre penser que -ce feust chose faicte par ma cognoissance et intelligence. - -Je n'adjouxteray rien aultre chose à ceste lettre, si ce n'est de vous -dire que nous avons eu nouvelles, despuis deux ou trois jours en çà, -de l'heureuse victoire[113] que l'armée de mer des confédérés de la -ligue a eu sur celle du Grand Seigneur, en laquelle il a esté bien tué -vinct mille Turqs, cinq mille prisonniers, cent quattre vingt gallères -prises, et dellivrés de trèze à quatorze mille Chrestiens, qui -estoient sur les dictes gallères: ce qui a esté exécuté avec peu de -perte de l'armée chrestienne; vous priant de nous mander de quelle -façon aura esté receue ceste nouvelle de par delà, où je pense que -vous l'aurés sceue quasi aussytost que l'avons sceue icy. - - [113] La victoire de Lépante, remportée le 7 octobre 1571. - -Nous sommes encores en nostre petit voyage, qui pourra durer jusques à -la fin de ce moys; auquel temps ma tante, la Royne de Navarre, pourra -estre joincte avec nous, pour donner perfection au mariage de son fils -avec ma soeur, avec l'ayde du Créateur; que je prie, etc. - -Escript à Vaujours, le IIe jour de novembre 1571. - - CHARLES. BRULART. - - - - -CI - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XVe jour de novembre 1571.-- - - Satisfaction du roi de la communication qui lui a été faite par - l'ambassadeur au sujet de la mission de Quillegrey en - France.--Protestation que doit faire l'ambassadeur contre toute - entreprise sur Édimbourg, dont on a formé le - siège.--Mécontentement du roi au sujet de la résolution prise - par Élisabeth de retenir Marie Stuart toujours - prisonnière.--Instances qui doivent être faites pour obtenir la - suppression d'un libelle diffamatoire publié en Angleterre - contre la reine d'Écosse. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, Vassal est arrivé despuis huict ou dix -jours en çà, avec vostre lettre du XXIVe du passé[114], par laquelle -vous me donnés advis de la dépesche qui a esté baillée au Sr de -Quillegrey, s'en venant par deçà, pour soulager le Sr de Walsingam; et -suis bien aise de l'asseurance qu'il vous a donnée de faire tous bons -offices en sa commission, ayant entendu les choses desquelles vous -estimez estre fort convenable que je feusse adverti avant l'arrivée du -dict Quillegrey, et qu'il ait eu audience de moy; et vous advise que, -comme je ne puis avoir que bien fort agréable le voyage de celluy des -conseillers que la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, a ci devant -faict entendre voulloir envoyer de par deçà, pour l'espérance que j'ay -qu'il s'en pourra receuillir une bonne conclusion en la ligue que je -desire faire négocier avec elle et son royaulme, je luy en feray toute -la démonstration extérieure qu'il me sera possible. - - [114] Voyez CCXIIIe dép., tom. IV, pag. 263. - -Et estant esclerci maintenant de plusieurs choses importantes en cecy, -je sçauray beaucoup mieux me résouldre des propos que j'auray à luy -tenir là dessus, pour servir à mon intention, que je n'eusse faict -sans en avoir esté adverti de vous, me persuadant que, si, de la part -de ma dicte bonne soeur, il est procédé lentement à la conclusion de -ceste ligue, selon que vous en avez opinion, cella donnera assés à -cognoistre que, en me voulant repaistre de ceste espérance, elle aura -l'esprit tendu au dessein de ses affaires du costé d'Escosse, selon -que l'apparance y est fort grande; mesmement par ce que j'ay veu en -vostre dépesche du dernier du dict passé[115], par laquelle vous me -donnés advis comme, à sa suasion, ceux du Petit Lict ont assiégé -Lislebourg, encores que je fasse bien mon compte que ce ne sera chose -si aisée à exécuter, veu le nombre d'hommes qui est dedans, et le peu -d'équipage d'artillerie et munitions que ont les assaillants; ne -pouvant rien faire davantage pour le secours des dictz assiégés que ce -que vous avés entendu cy devant avoir esté donné de moyen au sieur de -Flamy. Bien pourrés vous, de vostre costé, remonstrer tousjours à ma -dicte bonne soeur, sur ces effaictz et démonstrations si évidentes -qu'elle faict de voulloir opprimer ceux du dict Lislebourg que vous -luy avés cy devant faict entendre estre en ma protection, que, en -cella, elle faict chose qui contrevient entièrement à nostre commune -amitié et bonne intelligence, qu'il me sera bien malaisé de supporter; -pour tousjours, s'il est possible, la faire aller un peu plus rettenue -en ces choses; - -Encores qu'il soit assés notoire qu'elle y est grandement résollue, -mesmes par l'extraict de la lettre qu'elle a, puis naguières, escripte -au comte de Barwich, qui m'a esté envoyée; par laquelle il se voit -assés clairement comme sa délibération est de ne donner jamais liberté -à ma dicte belle soeur, ains de la rettenir tousjours en l'estat où -elle est, de présent, faisant par là cognoistre, et par toutes aultres -démonstrations, son aigreur plus grande à l'encontre d'elle que -jamais; et notamment en ce qu'elle à dernièrement permis estre imprimé -le livre que m'avés envoyé, duquel l'intitulation seulle est si -honteuse[116] et tant au déshonneur de ma dicte belle soeur, que, -gardant le respect et honnesteté qui doibt estre entre tous princes et -princesses, elle ne pouvoit jamais souffrir avec raison le dict livre -estre mis en lumière, quelque inimitié qu'elle luy porte; desirant à -ceste occasion que vous incistiés, envers ma dicte bonne soeur, de -faire deffendre et censurer le dict livre; car, encores qu'il ait jà -coureu par le monde qui en aura esté imbu, croyant assés souvent -plustot le mensonge que la vérité, pour le moins elle cognoistra, par -la dicte instance, que je ne puis entendre que avec grand regret -qu'elle ait souffert un si villain escript estre publié d'une -personne, de laquelle, pour la qualité qu'elle a de princesse, sa -prosche parante, elle debvoit avoir l'honneur plus recommandé, aussy, -pour avoir eu mon alliance, ayant esté femme de mon frère ayné, sans -se monstrer en cest endroict si avant vaincue de la hayne, qu'elle luy -porte, qu'elle luy ayt faict oublier ce qui estoit de sa grandeur et -dignité. Sur ce, etc. - -Escript à Duretat, le XVe jour de novembre 1571. - - CHARLES. BRULART. - - [115] Voyez CCXVe dép., tom. IV, pag. 266. - - [116] Voyez tom. IV, note, pag. 301. - - - - -CII - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XXXe jour de novembre 1571.-- - - Affaires d'Écosse.--Résolution d'Élisabeth de régler les - différends entre les Écossais.--Nécessité d'attendre pour - prendre une détermination.--Satisfaction du roi sur la - disposition d'Élisabeth à former une ligue, regret qu'elle y - mette pour condition la captivité de Marie Stuart.--Assurance - que malgré la victoire de Lépante le roi d'Espagne ne pourra - pas tourner ses armes contre l'Angleterre.--Nouvelles de - Flandre.--Fuite de l'ambassadeur d'Espagne qui résidait auprès - du roi.--Plaintes contre la conduite qu'il a tenue.--Assurance - qu'il ne peut y avoir aucune crainte de guerre entre la France - et l'Espagne. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, vos dépesches du Xe et XVe de ce -moys[117], m'ont esté rendues à un jour près l'une de l'aultre, ayant -veu, par celle du Xe les propos que vous avés tenus avec ma dicte -bonne soeur, au commencement de vostre dernière audience, lesquelz, -comme vous avés bien sceu estendre en tout langage convenable à -l'opinion que je désire qu'elle ait de la continuation de ma bonne -amitié et intelligence en son endroict, ainsi suis je bien aise -qu'elle les ait receus avec toute démonstration de contentement, -ayant bien notté la responce qu'elle vous a faicte sur l'instance des -affaires d'Escosse, que vous avés bien sceu estendre pour servir à mon -intention, se voyant assés clairement qu'elle ne se veut pas despartir -des dictz affaires, comme de chose qu'elle estime luy appartenir de -droict; estant ordinairement advenu par le passé, ainsi qu'elle dict, -que, quand les Escossois ont esté les uns contre les aultres en -division, en leur royaulme, les Rois d'Angleterre en ont décidé et -esté les arbitres. Sur toutes lesquelles choses il ne fault rien -précipiter, mais attandre ce que aura charge d'en négotier avec moy -celluy des seigneurs de son conseil qu'elle envoyera devers moy, par -lequel elle remet de s'en esclercir avec moy; qui est, comme j'estime, -pour tousjours gaigner temps, pendant lequel, si elle faisoit quelque -nouvelle démonstration de faveur à ceux d'Esterlin, soit pour leur -envoyer secours de gens ou d'argent, pour leur rellever le coeur à -cause de l'honteuse retraicte qu'ilz ont faicte de devant Lislebourg, -je desire que, venant à vostre cognoissance, vous luy en faictes -instance ainsi prudemment que vous avés tousjours bien sceu faire -jusques ici, pour servir à l'empescher d'y aller aussy librement, que -je ne fais poinct de doubte qu'elle en est incessamment sollicitée. - - [117] Voyez CCXVIIe et CCXVIIIe dép., tom. IV, pag. 274 et 282. - -Et estant tout ce que j'ay à vous respondre sur vostre dicte lettre du -Xe, je viendray à celle du XVe, et vous dirai que j'ay trouvé fort -sage la responce que vous avés faicte au comte de Lecestre sur les -propos qu'il vous a tenus du desir, que ma dicte bonne soeur a, de -continuer toute sa vie en mon amitié, sans s'en vouloir jamais -despartir, et que vous ne fissiés aulcun doubte qu'elle ne voullût -passer oultre, ou à l'alliance jà commencée, ou bien à une fort -estroicte confédération avec moy, et aussy entendre à accommoder, -pour mon respect, les affaires d'Escosse, pourveu que je ne la fasse -presser de se despartir de la déterminée résollution qu'elle a prinse -de ne se désemparer jamais de la personne de ma dicte belle soeur; -d'aultant que c'est chose qu'elle ne peut faire pour sa seurté, à -cause des grandes pratiques qui se sont jà descouvertes qu'elle -faisoit traicter, qu'elle continuerait encores davantage, estant -dellivrée, soit avec le Pape, le Roy d'Espaigne, ses parents ou ses -propres subjects, dont elle ne pourroit vivre en repoz en son estat; -comprenant par ce propos que l'on ne peut faire plus grand desplaisir -à ma dicte bonne soeur que de luy parler de la dellivrance de ma dicte -belle soeur; qui est cause que je ne suis pas d'advis que vous luy en -parliés, mais bien, si elle s'eslargissoit à voulloir donner quelque -secours à ceux du dict Esterlin selon la capitulation qu'il vous a -esté donné advis que milord d'Housdon a faicte avec eux, vous -continuerés là dessus vos instances accoustumées, ainsi qu'il est -contenu cy dessus; trouvant, au reste, extrêmement à propos l'advis, -que vous me donnés, de ne faire poinct démonstration de sçavoir -aulcune chose de la délibération, (qui vous a esté déclarée ma dicte -bonne soeur avoir prinse), de ne mettre jamais en liberté la Royne -d'Escosse, ma belle soeur; mais je seray bien ayse que vous m'ouvriés -les moyens, qui se pourront trouver sans cella, honnorables et non -trop mal aisés pour entrer en intelligence au bien et repos des trois -royaulmes. - -Vous voulant bien dire, au surplus, pour le regard de la nouvelle de -la victoire du Turc, qu'elle est, à la vérité, belle et grande, et -d'une perte de près de deux cens gallères, ainsi que portent les -derniers advis, que nous en avons eu; mais non toutesfois telle que, -pour cella, il y ait apparance que ma dicte bonne soeur doibve -craindre que le Roy Catholique tourne ses entreprises du costé -d'Irlande; vous voullant bien dire, au surplus, que le Sr de -Mondoulcet, qui est mon agent en Flandres, m'a mandé qu'il avoit esté -grand bruit, par delà, d'une entreprise qui se faisoit sur -l'Angleterre, qui est, à mon opinion, celle dont faict mention vostre -dépesche du XXe[118], laquelle s'est descouverte par l'accusation -d'aulcuns des seigneurs qui sont prisonniers à la Tour. Il m'a aussy -escript que Seton, qui s'estoit embarqué pour passer en Escosse, avoit -esté contrainct de relascher en Flandres, à cause de ceste -descouverte, et estoit entièrement destourné de ce voyage. - - [118] Voyez CCXIIe dép., tom. IV, pag. 258. - -Au surplus, Monsieur de La Mothe Fénélon, pour ce que l'on pourra -parler diversement par delà du despart de l'ambassadeur d'Espaigne de -ma ville de Paris, je vous veux bien dire que, ayant séjourné -longuement au dict Paris, sous coulleur de l'indisposition qu'il -disoit avoir, il a, pendant son dict séjour, employé ordinairement le -temps à faire toutes les mauvaises pratiques qui luy a esté possible -avec mes propres subjects, dont, se sentant coulpable, comme je pense, -et jugeant bien que cella estoit venu à ma cognoissance, il s'en est -allé, déguisé, en Flandres, sans avoir prins congé de moy; qui est une -façon nouvelle, et convenable à tous les aultres mauvais offices qu'il -a faict pendant qu'il a résidé par deçà, vous pouvant asseurer qu'il -n'a eu juste occasion de crainte, qui l'ayt deu faire ainsi quitter, -s'il ne la s'est donnée luy mesmes par le jugement de sa propre -conscience; et que, pour cella, on ne doibt penser que je sois en -aulcune mauvaise intelligence avec le Roy Catholique, mon beau frère, -lequel ayant adverti de ses déportements, a trouvé très mauvaise la -façon du dict ambassadeur, et s'en est grandement courroucé; qui est -cause qu'il n'a osé aller trouver son Maistre; priant Dieu, etc. - -Escript à Duretat, le dernier jour de novembre 1571. - - CHARLES. BRULART. - - - - -CIII - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du premier jour de décembre 1571.-- - - Arrivée de Quillegrey en France.--Audience qui lui est accordée - par le roi.--Explications sur la remise de l'argent envoyé par - La Mothe Fénélon à Marie Stuart.--Détails donnés par Quillegrey - sur la conspiration du duc de Norfolk et la correspondance de - Marie Stuart avec le duc d'Albe.--Projets des Espagnols de - s'emparer du prince d'Écosse et de faire une entreprise sur - l'Angleterre. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, le Sr de Quillegrey, estant arrivé -depuis quelques jours, je luy ay donné, ce jourdhuy, audience, en -laquelle il a commencé à me dire, après ses lettres présentées, que ma -dicte bonne soeur l'avoit envoyé pour résider, pendant que le Sr de -Walsingam se fairoit guérir de sa maladie, luy ayant donné charge de -me dire que, ayant entendu comme je remettois à faire plus certain -jugement sur la responce qui a esté faicte par elle aux articles cy -devant proposés par mon cousin le Sr de Foix, touchant le mariage de -mon frère le Duc d'Anjou, de ce que j'en debvois espérer, à la venue -de l'un des seigneurs de son conseil qu'elle me doibt envoyer, pour -avoir trouvé quelque obscurité ès dictes responces, elle continuoit en -sa résollution de le dépescher par deçà au plus tost que faire se -pourra; ayant escusé le retardement de son partement sur les grands -affaires que a eu Madame ma bonne soeur, mesmes en ce faict de -conspirations, qui se sont, puis naguières, descouvertes contre sa -propre personne et son estat. - -A quoy je luy ay respondu que, en quelque temps et heure que vînt le -dict seigneur de son conseil, il sera tousjours le très bien venu, et -receu de moy comme personne envoyée de la part de la princesse de ce -monde, de qui j'estime plus l'amitié, laquelle je desire confirmer -tousjours davantage, soit par une bonne alliance ou par une plus -estroicte confédération, ne pouvant estre, pour nostre commune bonne -intelligence, que bien fort marri du trouble que l'on luy a voulleu -susciter. Puis je suis venu à luy parler de la restitution des deux -mille escus, au mesme langage que aviés escript par vostre lettre du -Ve de novembre[119], qui est que la moytié d'iceulx vous a esté -envoyée par moy, et l'autre est procédée d'une partie que je vous ay -faict addresser par l'archevesque de Glasco, pour estre le tout par -vous envoyé à Vérac, mon agent; m'ayant là dessus respondu que ma -dicte bonne soeur avoit, jusques ici, pensé qu'ilz eussent esté -baillés par l'ambassadeur d'Escosse pour secourir les gens de ma belle -soeur, mais, puisque la chose estoit ainsi que je la luy ay dicte, il -ne manqueroit de le luy escrire, de sorte que je ne fais poinct de -doubte que les deux mille escus ne vous soyent rendus. - - [119] Voyez CCXVIe dép., tom. IV, pag. 269. - -Après cella, il est entré à me dire qu'il estimoit que je n'avois pas -sceu ce qui s'estoit descouvert, de particulier, des dictes -conspirations; et a commencé à me raconter qu'il y a assés longtemps -que, s'estant cognu que le dict de Norfolc, qui est maintenant -prisonnier à la Tour, avoit eu quelques promesses de mariage avec ma -dicte belle soeur, la Royne d'Escosse, et aultres mauvaises -intelligences, il avoit esté constitué prisonnier en la dicte Tour; et -despuis, après avoir recogneu sa faulte, et renoncé à toutes les -dictes promesses et intelligences, elle l'avoit fait mettre en -liberté, où, ayant demeuré pour quelque temps, il est despuis retombé -en la même faulte; dont il a esté faict de nouveau prisonnier, -s'estant descouvert par son accusation en plusieurs lettres, qui se -sont trouvées, de ma dicte belle soeur, qu'elle estoit entrée en -grande deffiance de moy, et n'espéroit plus de secours, de mon costé, -en ses affaires; mais estimoit que j'adhérois plustost à la Royne -d'Angleterre, ma dicte bonne soeur, si bien qu'elle avoit pris -résollution de s'adonner du tout au Roy Catholique, mon beau frère, et -d'entendre au mariage de don Jehan d'Austria; et par mesme moyen -d'envoyer son fils en Espaigne, pour le marier avec l'une de mes -niepces; parmi toutes lesquelles choses il s'est vériffié qu'il y -avoit de grandes intelligences avec le duc d'Alve, pour surprendre -aulcuns des ports de son royaulme. - -Sur quoy je luy ay dict que j'entendroys tousjours avec grand -desplaisir qu'il se fasse aulcune chose contre son estat et son -royaulme, le repoz duquel je desire comme celluy du mien propre; mais -que, tenant ma dicte belle soeur prisonnière, comme elle faict, je la -prie de ne luy faire, pour cella, aulcun pire traictement, ainsi qu'il -est convenable à sa grandeur et magnanimité. - -Et sur ce propos, le dict Sr de Quillegrey s'est départi d'avec moy, -vous ayant bien voullu faire ce petit discours, affin que vous -sçachiés particullièrement de quelle façon s'est passée l'audience -qu'il a eue de moy. Qui est tout ce que j'ay à adjouster à mon aultre -lettre[120]; priant Dieu, etc. - -A Duretat, le premier jour de décembre 1571. - - CHARLES. BRULART. - - [120] La lettre précédente, qui est du 30 novembre. - - - - -CIV - -LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du premier jour de décembre 1571.-- - - Audience donnée à Quillegrey par Catherine de Médicis.--Prochaine - arrivée en France d'un seigneur du conseil pour la négociation - du mariage.--Discussion relative à Marie Stuart et aux affaires - d'Écosse. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay aujourdhui donné audience au Sr de -Quillegray, lequel, m'estant venu trouver, a commencé ses propos par -me dire que la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, l'envoyant par deçà -pour se tenir près du Roy, Monsieur mon filz, pendant le temps que le -Sr de Walsingam se faira penser de sa maladie, elle luy a donné charge -de me voir par mesme moyen, avec commandement de me communiquer de -tous affaires, ainsy qu'au Roy, Mon dict Sieur et filz, d'aultant -qu'elle sçait bien que luy et moy ne sommes qu'une mesme chose; et -aussi pour le respect de l'amitié qu'elle me porte, me tenant au lieu -de sa bonne mère; m'ayant faict entendre qu'il a une entière bonne -affection de s'acquitter de la charge qui luy est commise, avec tous -les dignes offices qui luy seront possibles, pour entrettenir la bonne -intelligence qui est entre nous et sa Maistresse, portant une -particullière affection à ce royaulme pour y avoir esté longuement -nourry. - -A quoy je luy ay respondu que ma dicte bonne soeur avoit assés -d'occasion de m'aimer pour sçavoir qu'il n'avoit pas tenu à moy et que -je n'aye faict tout mon possible pour l'allier d'alliance avec la -personne de ce monde qui m'est la plus chère, ainsi que j'en ay encore -une bonne vollonté, et de servir de toutes choses qui seront en ma -puissance, au dedans de ce royaulme, la bonne vollonté et amitié -qu'elle me porte. - -Puis est venu à me dire que sa dicte Maistresse avoit entendu, avec -grand plaisir, que le Roy, Mon dict Sieur et filz, ait pris en bonne -part la responce que a aporté d'elle le Sr de Foix sur l'effaict du -mariage, laquelle, encores qu'elle luy ayt assés déclarée et qu'il ne -soit besoin d'en faire nulle aultre expression, si est ce que, -d'aultant que le dict Sr de Foix luy a dict que le Roy, Mon dict Sieur -et filz, auroit grand plaisir qu'elle envoyât devers luy quelqu'un -pour cest effaict, elle a délibéré d'y envoyer l'un de ceux de son -conseil, combien qu'elle ait jà donné à entendre ce qu'elle pouvoit -faire en cest endroit, et qu'elle s'y soit mise plus avant qu'elle ne -devoit, estant fille comme elle est; que le retardement du parlement -du dict seigneur de son conseil estoit procédé à l'occasion des grands -affaires qu'elle a eus, despuis quelque temps en çà, à cause des -conspirations qui se sont descouvertes; car, ayant esté choisi une -fois pour ceste charge, milord Coban, il s'est trouvé l'un de ceux qui -sont fort chargés des dictes conspirations; et, despuis, ayant esté -destiné un aultre en sa place, sa dicte Maistresse en avoit aussi eu -quelque soubçon qui l'empeschoit de se pouvoir fier à luy; de sorte -qu'elle a esté contraincte de se résoudre à un aultre qu'il estime -debvoir partir bientost, et que nous aurons agréable. Toutes -lesquelles choses je lui ay bien fort gratiffiées et asseuré que le -dict seigneur seroit le très bien venu. - -Après ces propos, il s'est un peu rettiré de moy, comme s'il eust -voulleu prendre congé, toutesfois estant demeuré un espace de temps -ferme devant moy sans me parler, je luy ay demandé des nouvelles de la -Royne d'Escosse, ma belle fille; sur quoy il m'a dict qu'elle estoit -en la maison du comte de Scherosbery, bien traictée, ainsi qu'il -appartient à son estat, mais non toutesfois en telle liberté qu'elle a -esté cy devant, pour faire beaucoup de mauvaises entreprinses, ainsi -qu'il s'est descouvert qu'elle voulloit faire, s'estant trouvé, par -l'accusation du duc de Norfolc, et aulcune de ses lettres qu'elle luy -a escriptes, comme elle estoit entrée en deffience du Roy, Mon dict -Sieur et fils, et de moy, disant que nous adhérions plustost à ma -dicte bonne soeur, ez choses qu'elles avoient à débattre ensemble, que -à elle; et que partant elle estoit résollue, se voyant ainsi destituée -de nostre costé, d'entendre au mariage de don Jehan d'Austria, et -d'envoyer son filz en Espaigne, par le moyen d'un sieur auquel elle en -escrivoit, affin d'en faire aussy là le mariage. - -Je luy ay respondu, là dessus, que j'estois bien aise que ma dicte -bonne soeur eût, par là, occasion de cognoistre combien l'on estime -que nous marchons syncèrement en la conservation de son amitié; et -estimois que l'on mettoit sus beaucoup de choses à ma dicte belle -fille que je ne pouvois quasi croire. - -Sur quoy il m'a répliqué que, si le Roy, Mon dict Sieur et filz, -voulloit, toutes les mauvaises pratiques qu'elle a faictes contre sa -Maistresse et les choses contenues cy dessus se vériffieroient en peu -de temps, en Angleterre, avec vous, par les procès verbaux et -originaux des lettres escriptes, qui vous seroient représentées. - -Après cella je luy ay dict que le Roy, Mon dict Sieur et filz, -desireroit bien sçavoir du bon portement de ma dicte belle fille, et -seroit en quelque bonne vollonté, pour en estre plus assuré, de -l'envoyer visitter. - -Il ma dict que sa Maistresse estoit princesse de vérité, et -l'asseuroit de son bon portement, et qu'il peut croire qu'elle ne luy -voudrait poinct faire aulcun mauvais traictement, luy semblant que ce -ne luy est pas beaucoup d'honneur, estant telle qu'elle est, de s'en -soucier si fort. - -Après ce propos, il m'a dict qu'il avoit charge, de sa dicte -Maistresse, de parler à moy ouvertement, et de me déclarer ce qu'elle -a sur le coeur, qui est que, si le Roy, Mon dict Sieur et filz, -voulloit prendre résollution avec sa Maistresse d'appaiser les -troubles d'Escosse, et d'y establir l'obéissance du jeune Roy, sans -parler, en façon du monde, de la dicte Royne, ma belle fille, elle -estime que les choses se pourroient aisément accorder au commun bien -et repos de tout le royaulme et à nostre contentement. - -Sur lesquelz deux derniers poincts, à sçavoir: de vériffier avec vous -les charges de ma dicte belle fille; et le dernier, de l'accommodement -des affaires du dict Escosse; je luy ay respondu que j'en parlerois au -Roy, Mon dict Sieur et filz, pour luy en rendre responce à Bourgueil, -auquel lieu je luy ay assigné une nouvelle audience. Bien luy voullois -je dire, comme de moy mesmes, que le Roy, Mon dict Sieur et filz, ne -pourrait jamais délaysser la dicte Royne d'Escosse; car, oultre ce, -qu'elle est Royne d'un royaulme qui a une ancienne et estroicte -confédération avec le sien, elle est son alliée de si près, qu'il ne -seroit jamais trouvé bon qu'il l'abandonnât en son affliction, telle -qu'elle l'a aujourdhuy, luy semblant appartenir à son honneur -d'assister à tous les princes qui sont ses alliés, et ne les délaisser -non plus qu'il ne le voudroit faire à l'endroict de sa dicte -Maistresse, en façon du monde, quand elle viendroit à tomber en -quelque affliction. - -Il m'a replicqué là dessus que le Roy, Mon dict Sieur et filz, -n'auroit poinct occasion de rien craindre en cessi, ayant, d'un costé, -l'amitié des princes protestants, comme elle luy est bien asseurée par -le moyen de l'édict de pacification, et, d'un aultre costé, celle de -l'Angleterre, me priant de rechef que je luy en parlasse. - -Qui est le sommaire de tout le propos que j'ay eu avec luy, désirant, -le Roy, Mon dict Sieur et filz, avoir vostre advis sur ce qu'il a -proposé de vériffier, en vostre présence, tout ce qui s'est dict par -delà des menées et conspirations qui ont esté conduittes par ma dicte -belle fille, la Royne d'Escosse; dont je vous prie le rendre certain -par vostre première dépesche. Cependant il ne manquera de vous donner, -cy après, advis de ce qu'il résoudra et respondra sur iceulx poinctz -au dict Sr de Quillegray; auquel j'ay aussy parlé des deux mille escus -au mesme langage porté en vostre dépesche du Ve du passé; et ay escusé -ce que j'en avois cy devant respondu au dict Sr de Walsingam sur ce -que je ne l'avois bien entendu. - -A quoi il m'a réplicqué qu'il sembloit que vous eussiés eu quelque -intelligence avec les gens du dict de Norfolc. Laquelle je luy ay dict -avoir possible esté pour l'adresse des dictz deux mille escus, mais -qu'elle ne se trouvera poinct s'estre estendue ez choses dont l'on -accuse le dict duc. Ce qu'il m'a confessé, me disant qu'il fauldroit -donc rendre les dictz deux mille escus. - -A quoy je luy ay respondu que, estant, sa Maistresse, si bonne amie du -Roy, Mon dict Sieur et fils, je croy qu'elle ne voudroit, pour deux -mille éscus, faire chose qui contrevienne à la dicte amitié. Et sur -cella il m'a dict qu'il luy en escriroit, de sorte que je ne fais -poinct de doubte que les dicts deux mille escus ne vous soyent -restitués. Sur ce, etc. - -Escript à Duretat, le 1er jour de décembre 1571. - - CATERINE. BRULART. - - - NOTA. Ici, se trouve dans les cahiers déposés aux archives, qui - jusques-là sont à peu près complets, une lacune de six mois - entiers. Sauf deux lettres des 7 février et 28 mai 1572, qui se - sont retrouvées dans les papiers de l'ambassadeur, la - correspondance ne reprend qu'au 22 juin 1572, deux mois avant la - Saint-Barthèlemy. Les lettres qui manquent, d'après les - énonciations contenues dans les dépêches, sont celles des 19 et - 24 décembre 1571; 5, 7, 9, 10, 11, 19 et 31 janvier; 11 février; - 4, 8, 10, 20, 22 et 31 mars; 19, 20 et 22 avril; 2, 10, 27 et 28 - mai; 7, 17, 23, 25 et 27 juin; 11 et 14 juillet, et 7 août 1572. - - - - -CV - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du VIIe jour de febvrier 1572.-- - - Mission donnée à Mr Du Croc en Angleterre pour traiter de la - négociation concernant Marie Stuart et l'Écosse. - - -Monsieur de La Mothe, envoyant le Sr Du Croc, mon conseiller et -maistre d'hostel ordinayre, présent porteur, par dellà, suivant ce qui -a esté advizé entre mes depputés et les ambassadeurs de la Royne -d'Angleterre, Madame ma bonne soeur, pour, avec le gentilhomme qui -sera aussy député de sa part, procurer et moyenner d'ung commun -consentement la réconcilliation et paciffication des troubles et -divisions du royaume d'Escosse, et cependant fère accorder une -cessation et abstinence d'armes entre ceux de l'un et l'aultre party -du dict pays, je luy ay, par mesme moyen, donné charge de requérir et -prier, de ma part, la dicte Royne d'Angleterre luy permettre de veoir -et visiter la Royne d'Escosse, Madame ma soeur, suivant ce que j'ay, -ces jours passés, escript à icelle Royne d'Angleterre, pour toute -instance envers elle, de mettre en liberté ma dicte soeur, la Royne -d'Escosse, et l'envoyer, icy, près de moy. En quoy je vous prie de -vous employer, tous deux, avec une bonne et mutuelle intelligence; et, -au demeurant, croire le dict Sr Du Croc de ce qu'il vous dira de ma -part. - -Escript à Blois, le VIIe jour de febvrier 1572. - - CHARLES. PINART. - - - - -CVI - -INSTRUCTION POUR LE FAICT DU MARIAGE. - ---du XXVe jour d'apvril 1572.-- - - Négociation de Mr de Montmorenci et de Foix (_Original_). - - -Estant Monseigneur le duc de Montmorency, pair et maréchal de France, -gouverneur pour le Roy et son lieutenant général à Paris et Isle de -France, et Messieurs de Foix et de Boistaillé, conseillers en son -conseil privé, despéchez, de la part de sa Majesté, pour aller en -Angleterre affin d'estre présentz, et avec eulx le Sr de La Mothe -Fénélon, ambassadeur de Sa Majesté au dict pays, pour assister au -serment que la Royne d'Angleterre doibt faire pour l'entretènement et -ratiffication du traicté qui a esté naguières conclud et arresté entre -les depputez de Sa dicte Majesté et les ambassadeurs de la dicte Dame -Royne, - -Sa dicte Majesté a, oultre cella, advisé, pour un plus grand bien, et -estreindre davantage leur amitié, de donner particullièrement pouvoir -à mon dict sieur duc de Montmorency, et aus dictz sieurs de Foix, de -Boistaillé et de La Mothe, de fère ouverture et proposer à la dicte -Dame Royne le mariage de Monseigneur le Duc d'Allençon, frère du Roy, -avec elle. Sur quoy ilz auront à luy dire de la part de Sa Majesté: - -Qu'elle est infiniment aise, contente et satisfaicte de veoir la bonne -et perfecte amityé, et intelligence d'entre eulx, renouvellée, -confirmée et fortiffiée par ce dernier traicté, si bien qu'ilz se -peuvent dire aujourdhui deux vrays et perfectz amys, voisins, alliez -et confédérez; et, encores que Sa dicte Majesté s'asseure que, Dieu -les ayant si bien uniz, il leur fera aussy la grâce de continuer et -persévérer à jamais en ceste bonne amityé et voisinance. - -Toutesfoys considérant qu'il n'y a rien qui lye plus estroictement, -nourrisse et entretienne davantaige la paix et amityé entre les roys -et grandz princes que le mariage et les alliances qui se font des ungs -avec les aultres, Sa dicte Majesté, qui n'a rien plus à coeur que de -demeurer ferme et constante en ceste bonne, vraye et perfecte amityé, -voisinance et intelligence, qui est entre elle et la dicte Royne -d'Angleterre, desireroit bien, pour la rendre inviolable, y adjouster -ce dernier lyen indissoluble de mariaige. - -Et considérant, Sa dicte Majesté, les moyens qu'elle pouvoit avoir de -parvenir à ceste sienne seureté et sincère intention, ayant, à son -très grand regret, failly à ce faire de la personne de Monseigneur le -Duc d'Anjou, son frère, pour les difficultez et scrupulles qui y sont -intervenuz à cause de l'exercice de relligion, elle a pensé qu'elle ne -pouvoit mieulx renouer ceste négociation, et rentrer en ces termes de -mariaige que par le moyen de Monseigneur le Duc d'Allençon, aussy son -frère, estant ung subject pour mieulx pouvoir accommoder les -conditions au contentement des deux partyes. - -Et, sur ce, entreront, mon dict seigneur de Montmorency et les dictz -sieurs de Foix et de Boistaillé et de La Mothe, à proposer et fère -ouverture de ce mariage avec la dicte Dame Royne, remectant Sa dicte -Majesté à eulx de luy fère si bien entendre les bonnes partyes qui -sont en Mon dict Seigneur le Duc, lesquelles ilz cognoissent et -savent, mieux que nulz autres, estre de très grande espérance; sur -quoy ilz s'estendront comme ilz verront qu'il sera à propos et qu'ilz -sauront très bien et dignement fère. - -En faisant laquelle proposition, ilz représenteront à la dicte Dame -Royne le grand bien qui adviendra du dict mariaige à toute la -Chrestienté, spéciallement à ces deux royaumes, et aussy le -contentement que cella aportera à l'une et à l'autre de Leurs -Majestez; d'aultant que les dictz deux royaumes seront lors uniz avec -une perfecte et sincerre intelligence, et que c'est chose que icelle -Dame Royne doibt desirer, considéré l'estat de ses affères, avec -plusieurs occasions qui sont et peuvent advenir journellement en -diverses sortes; sur lesquelles Sa Majesté remect à eulx de parler et -discourir en cella amplement, ou aller plus retenuz, ainsy qu'ilz -verront et congnoistront qu'il sera à propos pour rendre le tout -agréable à la dicte Royne. - -Et, si icelle Royne entend voluntiers ce propos, comme Sa Majesté et -la Royne, sa mère, désirent infiniment, pour un fort grand bien, -suivant l'advis des plus grands conseillers de ce royaulme, les dictz -Srs de Montmorency, de Foix, de Boistaillé et de La Mothe, entreront -franchement en ce négoce, et y vaqueront selon le pouvoir qui leur en -a esté baillé; observant exactement la responce et contenance qui leur -sera sur ce faicte par icelle Royne, affin que, selon ce qu'ilz -jugeront, ilz se comportent dextrement en cest affaire, pour tirer le -plus de lumière qu'ilz pourront de son intention et volunté, regardans -d'acheminer cest affaire avec la dicte Dame, Royne d'Angleterre, ou -ceux qu'il luy plaira depputer pour en traicter, conclurre et -arrester; dont et desquelles choses, et de toutes les autres -particullaritez qu'ilz estimeront appartenir à cest affaire, ilz -donneront bon et continuel advis à Sa dicte Majesté qui remect à eux, -selon leur grande suffisance et affection qu'ilz ont à son service, de -s'estendre au demourant en cest affaire aultant qu'ilz congnoistront -qu'il sera besoing, suivant l'intention de Sa dicte Majesté, honneur -et réputation d'elle et de ses affères. - -Et, affin que les dictz seigneurs ambassadeurs se puissent ayder de -tous les moyens qu'ilz pourront pour bien faire réussir leur -négociation, faciliter et parvenir au dict mariaige, le Roy veult et -leur ordonne qu'ilz trouvent les moyens que l'ung d'eulx face bien à -propos entendre au Sr conte de Lestre le désir, que le Roy a, qu'il -preigne alliance en quelque une des meilleures et plus grandes maisons -de son royaulme, suivant la volunté qu'il s'est quelquefoys laissé -entendre qu'il avoit de se marier en France, et la bonne et grande -affection que Sa Majesté a de faire pour luy en cella, luy proposant -le party de Mademoiselle de Bourbon, ainsy que Sa Majesté en a advisé -avec mon dict seigneur de Montmorency, et encores despuis avec le -dict sieur de Foix pour, après, selon qu'il se congnoistra de son -desir, l'entretenir en ceste bonne volunté et l'asseurer tousjours -qu'il aura en cella toute faveur et la mesme bonne asistance de Leurs -Majestez et de Messeigneurs, frères du Roy, qu'il sçauroit desirer, et -luy faire davantaige, selon qu'ilz congnoistront qu'il sera besoing, -offre et assurance de biens et présents que luy fera le Roy, s'il se -marie en France; - -Voulant aussy Sa dicte Majesté que les dictz seigneurs ses -ambassadeurs facent, par tous aultres moyens courtoys et honnestes, ce -qu'ilz pourront faire et faire faire pour gaigner et réduire à leur -dévotion les personnes qui se sont cy devant monstrez contraires au -mariaige de Monseigneur le Duc d'Anjou et de la dicte Royne, quand il -s'en est parlé; et qu'ilz n'y espargnent rien, mais regardent -d'employer, à leur faire des présentz et à ceulx qui pourront servir -en cest affaire, comme ilz verront qu'il sera à propos, jusques à dix -ou douze mille escuz, dont le trésorier de l'espargne trouvera moyen -de recouvrer lettres de crédict pour les faire fournir par delà, et il -les rendra, icy, ensemble les intérestz. - -Et, s'il plaist à Dieu que le dict propos de mariaige d'entre la dicte -Royne et Mon dict Seigneur le Duc soit agréable par delà, et que l'on -en entre en négociation, le Roy veult que mes dictz seigneurs ses -depputez proposent les mesmes demandes et condicions qui furent -faictes pour Mon dict Seigneur le Duc d'Anjou, et bailler par escript -pour Mon dict Seigneur le Duc la déclaration de ses duchez, contés et -seigneuries, qui sont de grand revenu, n'y comprenant toutesfoys la -ville de Caen, ny le revenu d'icelle, à cause qu'elle est frontière, -mais bien la valeur en aultre terre, que le Roy baillera à Mon dict -Seigneur le Duc en récompense. - -Faict à Bloys le XXVe jour d'apvril 1572. - - CHARLES. PINART. - - - - -CVII - -LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XXVIIIe jour de may 1572.-- - - Nécessité de conclure sans retard le traité concernant le - commerce. - - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Flandres et -d'Espaigne ce qui vient bien à propos, car cella sera cause que -doresnavant les dicts Anglois feront tout leur trafiq à commercer en -ce royaume. Voylà pourquoy il sera bon que, le plus tost que vous -pourrez, l'on face une résolution de ce qui reste à accorder pour le -faict du fondicq[121] qu'ils veullent avoir de deçà, suyvant nostre -dernier traicté, car cella leur apportera une grande commodité et sera -cause d'un grand proffit pour nous, et, sy vous n'en pouvez faire une -fin avant l'arrivée des dicts sieurs de Montmorency et de Foys pour -les empeschemens que vous a dicts le milord de Burgley qu'ils ont à -cause de leur dict parlement, il faudra qu'en négociant les autres -affaires dont vous avez tous trois charge, vous faciez aussy une -résolution de cestuy cy, car, le plus tost qu'il pourra estre expédié -et le dict commerce estably, ce sera le meilleur pour eulx et pour -nous. Et vous fais ceste dépesche pour le Roy, Monsieur mon fils, et -pour moy, d'aultant qu'il est allé à la chasse. Et prie Dieu, etc. - -Escript à Monpipeau, ce XXVIIIe jour de may 1572. - - CATERINE. PINART. - - [121] Magasin, entrepôt. - - - - -CVIII - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---des XXIIIe et XXVe jours de juing 1572.-- - - Affaires d'Écosse.--Négociation du mariage.--Départ des seigneurs - anglais qui avaient été envoyés en France pour complimenter le - roi.--Présens qui leur ont été faits. - - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ordre pour le -faict du dict païs d'Escosse et ez mains de qui sera randu le chasteau -de Humes, d'aultant que j'estime que ceux du chasteau de Lislebourg ne -le pourroient pas garder, à present, en l'estat qu'ilz sont. De le -mettre aussy ez mains de ceux de l'aultre parti, ce seroit -desfavoriser les dictz de Lislebourg, et estre cause de les désespérer -et qu'ilz s'endurciroient et irriteroient davantage les uns contre les -aultres. D'aultre part, il fault aussy que la Royne d'Angleterre vuide -ses mains selon nostre traicté. Voylà pourquoy il est très nécessaire -de cercher promptement quelque bon expédient, pendant qu'estes de -delà, pour appaiser les troubles d'Escosse et accorder les subjectz -sur le faict de l'administration des affaires du dict païs. Et -cepandant je croy qu'il ne sera que bon que le dict chasteau de Humes -soit mis ez mains et en la charge de quelque escossois, riche, sage et -très bien affectionné à la paix du dict pays, qui se choisira avec -l'advis du sieur Du Croc; à qui il sera bon que en escriviés pour nous -en mander son opinion. - -Je luy en escris aussy un mot que je vous prie luy faire tenir avec -voz lettres, quand luy escrirés; vous priant, au demeurant, de vous -employer, avec toutes les dextérités et moyens que penserés que -pourront servir, au mariage de la Royne d'Angleterre avec mon frère le -Duc d'Alençon, affin que je puisse estre résollu du tout, avant que -partiés pour venir de deçà; car il importe, pour mon servisse et pour -le bien de mes affaires, qu'il y soit mis fin promptement sans en -laisser tirer à la longue la négotiation, comme peut estre il -adviendroit si vous n'y pourvoyés ainsi que je desire et veux que -fassiés et qu'il vous sera aisé; car s'en retournans à présent d'ici -ces seigneurs anglois si contentz qu'ilz sont, et monstrants de -desirer bien fort que le mariage se fasse avec mon dict frère le Duc -d'Alençon, qu'ilz ont pour ce fort agréable, je ne double pas qu'ils -ne fassent, par lettre et en personne, quand ilz seront de retour de -delà, à ceste occasion, tous bons offices envers leur dicte Maistresse -et envers ses principaux ministres aussy. - -Ils doibvent partir ce jourdhuy, et a esté donné ordre qu'ilz seront -accompaignés et conduicts fort honnorablement et accommodés de tout ce -qu'il leur faudra jusques à Bouloigne, estant aussy mon cousin le duc -de Longueville et le sieur de Piennes bien advertis pour cest effaict, -de sorte qu'il ne leur manquera rien; et m'asseure qu'ilz se loueront -bien fort du bon traictement qu'ilz auront eu par deçà. J'ay faict -présent au Sr comte de Lincoln d'un fort beau buffet d'environ de la -valleur de douze mille livres, au dict Smith d'un aultre d'environ -mille escus, et au dict Walsingam d'un aultre d'environ deux mille -livres, oultre les présentz qu'ilz eurent dernièrement. Je fais donner -aussy, mais c'est sans aulcune cérémonie, au Sr de Mildemor et vice -admiral, à chascun une cheine de six cens escus; et si, fairay servir -le nefveu du comte de Lestre de gentilhomme de ma chambre, et sera -tousjours bien vollontiers veu, pendant qu'il sera icy, pour l'amour -du dict sieur comte son oncle. - -Estant ce que, pour ceste heure, je vous puis escrire si ce n'est pour -vous dire qu'il sera besoin qu'advertissiés souvent les Srs Du Croc et -Vérac de ce que vous fairés pour le costé d'Escosse, affin qu'ilz -asseurent ceux de Lislebourg et ceux aussi de l'autre parti, et que -chascun cognoisse pareillement que ce que je fais et desire en cella -n'est que pour establir, s'il est possible, la paix et repos en -Escosse; priant Dieu, etc. - -Escript au chasteau de Bouloigne, ce XXIIIe jour de juing 1572. - - CHARLES. - - -J'espère renvoyer demain le Sr de L'Espinasse que le Sr Du Croc m'a -envoyé pour les affaires d'Escosse. Sur quoy je ne puis prendre aultre -résollution, mais le remets à ce que vous en ay escript par mes deux -dépesches dernières et à ce que je vous en ay mandé encore par ceste -cy; vous priant de vous y employer tous trois le plus tost et le plus -dilligemment que vous pourrés; car, à ce que j'ay entendu et sceu -certainement, ceux de Lislebourg sont à l'extrémité, et est à craindre -qu'ilz se désespèrent et se mettent ez mains de quelqu'un de noz -voysins, ce que je veux évitter, et conserver, en ce faisant, -l'ancienne amitié que j'ay avec les Escossois, et observer aussy -sincèrement et entièrement le dernier traicté d'entre la Royne -d'Angleterre, ma bonne soeur et cousine, et moy, qui vous prie l'en -asseurer, quand vous parlerés du faict du dict Humes et aviserés du -dict faict d'Escosse. - -Du chasteau de Bouloigne, ce XXVe jour de juing 1572. - - CHARLES. PINART. - - - - -CIX - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---des XIe et XIIIIe jours de juillet 1572.-- - - Retour de Mrs de Montmorenci et de Foix.--Négociation du - mariage.--Desir du duc d'Alençon de passer en - Angleterre.--Motifs qui empêchent le roi de le lui - permettre.--Conférence de Catherine de Médicis avec - Walsingham.--Demande faite par les Anglais de la restitution de - Calais, en considération du mariage, ou, à défaut, proposition - d'un partage dans les Pays-Bas.--Affaires d'Écosse.--Nécessité - d'insister auprès d'Élisabeth pour qu'elle abandonne les - châteaux qu'elle occupe dans ce pays.--Espoir du roi - qu'Élisabeth entrera en guerre avec le roi d'Espagne. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay, à ce matin, ouï avec grand plaisir -le rapport de tout ce qui s'est passé durant le voyage qu'ont faict -par delà les Srs de Montmorency, mon beau-frère, et de Foix, et veu, -par vostre dépesche du Ier du moys, que je receus ce dict jour, icy, -par l'ordinaire, et par celle que m'avés faicte par Sabran le Ve de ce -dict mois[122], ce qu'avés faict despuys leur partement. Sur quoy je -vous diray comme vous avés veu, par les dépesches que je vous ay cy -devant faictes, qu'il importe, pour le bien de mes affaires et pour ma -réputation, et de mesmes aussy pour icelle Royne d'Angleterre, Madame -ma bonne soeur, que le mariage de mon frère, le Duc d'Alençon, avec la -Royne d'Angleterre, Madame ma bonne soeur, se fasse bientost -résouldre, et que ce soit ainsi que nous desirons; car elle y aura -aultant ou plus d'avantage que nous, quand elle considèrera tous les -poincts qui luy ont esté représentés et bien clairement desduictz en -sa présence, comme j'ay veu par le rédigé qu'a faict le dict Sr de -Foix de ceste négociation; voulant qu'en parlant avec elle vous -l'asseuriés que, suivant la lettre que je luy escripts de ma main, que -luy présenterés, je la corresponds avec toute sincérité et amitié; et -que, de ma part, je ne desire rien tant en ce monde que de rendre -nostre amitié parfaicte et indissoluble comme elle sera fermement, si -le dict mariage se faict. Voilà pourquoy il fault, et je vous prie que -le luy fassiés entendre bien expressément de ma part que l'affection -et amitié que je luy porte, telle que je ne voudrois espargner ma -personne mesme pour elle, s'il s'en présente occasion, sera par ce -moyen estreinte et liée de telle sorte que jamais elle ne sçauroit -diminuer entre nous, noz royaulmes et subjectz; mais au contraire se -fortiffier et augmenter journellement. - - [122] Voyez CCLXe et CCLXIe dép., tom. V, pag. 25 et 30. - -Et pour ce que, par la lettre que vous escript mon frère le Duc -d'Allençon, il vous mande qu'il entreprendroit vollontiers le voyage -pour aller luy mesmes remercier la dicte Royne et luy offrir son -servisse; si n'estoit la réputation, et qu'il craint aussy que ne luy -voulussions permettre, je vous diray que c'est une chose que nous ne -sçaurions luy accorder jamais (aussy n'est il pas raisonnable, quelque -affection qu'il en ait), jusques à ce que tout soit d'accord; de quoy -vous pourrés asseurer, si l'on vous en parle de delà: car, encore que -nous soyons en bonne paix et amitié avec la Royne, et que nous l'ayons -si expressément par nostre dernier traicté confirmée et fortifiée, -l'on ne laisse pas tousjours de doubter et penser aux choses qui -pourroient advenir, et que peut estre, contre son naturel, elle seroit -conseillée de faire; et, oultre cella, si les choses ne -réheussissoient, il y auroit occasion de moquerie. Je sçay bien que, -si ceste permission ne dépendoit que de la vollonté de mon frère, -qu'il ne se voudroit pas arrester à cella, et qu'il seroit bientost -par delà; car il est si extrêmement affectionné et amoureux d'icelle -Royne, qu'il ne se figureroit aulcune de toutes ces considérations, -lesquelles néantmoins vous pourrés honnestement remonstrer, et faire, -au demeurant, en cest affaire tout ce que vous verrés qu'il sera à -propos, affin que nous y ayons, entre cy et quinze jours, que le moys -escherra, la responce que nous en desirons et espérons, quand nous -considérons que c'est un bien commun pour ces deux royaulmes et aussy -utille pour la dicte Royne et pour ses subjectz que pour les nostres -propres. - -Le Sr de Walsingam tesmoigne de desirer bien fort l'accomplissement de -ce mariage; ce que la Royne, Madame et Mère, m'a encore confirmé ce -matin, et qu'elle l'a particulièrement cogneu à quelques discours -qu'il luy tint hier en particulier, pendant que j'estois à la chasse -avec mon frère le Duc d'Anjou et le Roy de Navarre. Je laisse les -aultres particularités des propos qu'ilz eurent ensemble. Le plus -important c'est qu'il luy dict que le milord de Burgley luy avoit -mandé, comme de luy mesmes, que, pour faciliter le dict mariage, qu'il -falloit que l'âge feust récompencé de quelque chose qui peût couvrir -et escuser l'inégalité qui est entre la dicte Royne, sa souveraine, et -mon dict frère, et par ce moyen asseurer parfaitement la paix entre -ces deux royaulmes, luy parlant de Calais qu'il eût bien desiré qu'il -leur eust esté restitué, à condition que mon dict frère en demeureroit -gouverneur durant sa vie, et qu'après sa mort il reviendroit aux -enfants qu'il auroit de la dicte Royne. Sur quoy Ma dicte Dame et Mère -asseura le dict ambassadeur qu'il ne falloit pas qu'ilz s'attendissent -à cella, pour ce qu'ilz n'y pouvoient prétendre rien plus pour les -raisons qu'ilz sçavent assés que la paix seroit tousjours bien gardée -de nostre part, et que Dieu, de sa grâce, avoit séparés et bornés de -la mer pour un grand bien ces deux royaulmes. Il luy dict sur cella -que le dict Calais estoit anciennement de la maison de Bouloigne, et -qu'il estoit venu de la Royne, Madame et Mère, laquelle respondit que, -pour ceste occasion, ilz y pourroient encores moins prétendre. Aussy -sur cella il respondit qu'il voyoit bien que nous ne le leur -rebaillerons pas, mais qu'il y avoit bien moyen de faire aisément -quelque aultre chose, au lieu du dict Calais, qui seroit bien à -propos: c'est que la Royne d'Angleterre peût avoir Flexingues en ses -mains et protection, et que, combien que l'on eût faict de deçà une -publication qui avoit apporté quelque desfaveur aux Gueux de Flandres, -et à ceux qui sont allés de ce royaulme avec eux, et que cella eût -aussy aulcunement faict rettenir ceux d'Angleterre, que néantmoings il -falloit regarder de faire quelque partage et prendre, chascun de son -costé, des Païs Bas en sa protection. Sur quoy Ma dicte Dame et Mère -luy respondit que c'estoit un affaire dont elle ne pouvoit luy parler -à cause de mon absance, mais qu'elle desiroit le bien et contentement -de la dicte Royne, sa Maistresse, et qu'elle s'asseuroit que j'avois -les mesmes souhaits. - -Je me remets sur vous de cest affaire du mariage, lequel nous avons -tant en affection que nous n'avons jamais desiré chose tant que ceste -cy, puisque les termes et propos en sont si avant et si fort publiés. -Car, enfin, si les choses ne succédoient bien, il ne peut qu'il n'y -aille de nostre honneur et réputation comme vous sçavés très bien -considérer. - -Quand aux affaires d'Escosse, je suis bien aise de la résolution qui -a esté prise que ma dicte soeur, la Royne d'Angleterre, et vous, -escrirés par un gentilhomme exprès affin que la suspension d'armes -soit establie au dict païs pour deux moys, pendant lesquels l'on faira -en sorte que la paix y sera aussy faicte et les divisions et guerres, -qui y sont, appaisées; mais il est besoing que vous fassiés souvenir -la dicte Royne de la restitution de Humes, et de ce qu'elle tient -encore du dict royaulme d'Escosse, affin qu'elle le rende suivant la -bonne intention de nostre traicté, et que, de sa part, elle se -comporte, pour le faict du dict païs d'Escosse, sincèrement, comme -j'ay tousjours faict, despuys que mes depputés commencèrent à traicter -avec les ambassadeurs, et que je fais encores, et veux faire sellon ma -foy et promesse; ne voullant aulcunement assister un parti plus que -l'aultre, mais seullement tascher, tant qu'il sera possible, à les -accorder, affin que le dict royaulme d'Escosse, au lieu qu'il se -destruict, soit conservé, et que la paix y soit bien establie. -J'escripts un mot de lettre, suivant cella, à Mr Du Croq; laquelle -vous luy fairés tenir; priant Dieu, etc. - -Escript à Paris, le XIe jour de juillet 1572. - -Je vous envoye le pouvoir pour recevoir la ratiffication de nostre -traicté, ensemble les actes dont je vous envoye les formes telles que -je les ay baillées par deçà. - - CHARLES. - - -Monsieur de La Mothe, despuys ceste dépesche faicte, j'ay receu la -lettre que m'avés escripte par Jaques le courrier, et j'ay veu celle -que je receus de vous par Sabran, présent porteur, que j'ay advisé de -vous envoyer en la plus grande dilligence qui sera possible, affin que -vous puissiés vous servir des lettres que nous escrivons de noz mains, -et faire en cest affaire tout ce qu'il sera possible: car, s'il ne -succédoit comme nous desirons, il ne peut estre qu'il n'y aille de -nostre réputation, ayant esté les choses si avant que chascun a creu -qu'elles feussent faictes et résollues. Et quant aux nouvelles que me -mandés qui sont venues de Flexingues, je seray bien aise, à vous dire -vray, que la Royne d'Angleterre s'embarque avec les Gueux bien avant, -et qu'elle se déclare, par ce moyen, ouvertement contre le Roy -d'Espaigne, pour les raisons que vous entendrés de Sabran, qui vous -dira aussy les préparatifs qui se font pour le mariage de ma soeur et -de mon frère, le Roy de Navarre, qui sera consommé dans quinze ou dix -huict jours, comme vous pourrés dire à la dicte Royne d'Angleterre. Je -vous fairay responce à ce que vous m'avés mandé sur les lettres que ma -soeur, la Royne d'Escosse, vous a escriptes, et vous les renvoyeray -aussytost que Dardoy sera arrivé icy. - -De Paris, ce XIVe jour de juillet 1572. - - CHARLES. PINART. - - - - -CX - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XXe jour de juillet 1572.-- - - Mission de Mr de La Mole en Angleterre sur la négociation du - mariage.--Vives recommandations pour le succès de cette - affaire.--Desir du roi de connaître les projets des Anglais sur - la Flandre.--Affaires d'Écosse.--Mécontentement du roi contre - le sieur de Flemy. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, afin de n'oublier rien qui puisse ayder -pour avoir bonne responce de la Royne d'Angleterre sur le mariage de -mon frère, le Duc d'Allençon, nous avons trouvé à propos d'envoyer -vers la dicte Dame le Sr de La Moosle, présent porteur, avec les -lettres que nous escrivons de noz mains à ma dicte bonne soeur et au -comte de Lestre et milord de Burgley, que nous vous envoyons ouvertes -affin que les voyés, puis les fermerés bien. Vous assisterés le dict -La Moosle, en les présentant à la dicte Dame, à laquelle il tiendra -tel propos que vous adviserés et penserés qu'il conviendra, selon les -termes où seront toutes choses pour le faict du dict mariage. Mon dict -frère, oultre la lettre qu'il vous escript, qui se pourra bien -monstrer, si vous voulez, escript aussy au dict comte de Lestre et -milord de Burgley, à chascun une lettre de sa main, qui vous sont -aussy envoyées ouvertes, affin que vous voyés le contenu d'icelles, -pour, après, les fermer et les leur bailler vous mesme, ainsi qu'avés -accoustumé. - -Je vous recommande cest affaire singulièrement, et vous prie, sur tous -les servisses que desirés de me faire, y employer tout ce que vous -pourrés de vostre prudence et dextérité pour le conduire à l'heureuse -perfection que je desire, comme aussy font singulièrement la Royne, -Madame et Mère, et mon dict frère d'Alençon, qui ne vous en sçauront -pas moins de gré que moy, qui vous prie encore instruire si bien le -dict La Moosle comme il aura à se comporter par delà, que son voyage -serve en l'affaire de mon dict frère d'Alençon; car aussy l'a il -choisi comme un de ses plus confidents et de ceux qu'il ayme le plus, -comme vous sçavès, affin que la dicte Royne luy en sçache plus de gré -et qu'elle puisse cognoistre que, pour l'affection grande qu'il a à -elle, ne pouvant avoir ce bien de passer de delà, il y envoye un de -ses serviteurs qu'il ayme le plus, et en qui il se fie beaucoup, et -s'asseure qu'il luy faira service par delà, selon le conseil et advis -et ainsi que luy sçaurés bien faire entendre qu'il aura à faire -envers la dicte Royne et les aultres personnes à qui il pourra parler. - -Je vous prie m'escrire, le plus souvent que vous pourrés, des -nouvelles que vous aurés du costé de Flandres; et aussy comment se -comporte la dicte Royne d'Angleterre envers ceux de ses subjectz qui -vont servir les Gueux, et s'il y en va grand nombre; qui les soldoye, -et soubz qui ilz marchent? - -J'ay veu le deschiffrement de la lettre que vous a escript Vérac, et -aussy le postscript de celle du Sr Du Croc; mais, pour l'espérance que -j'ay que bientost la suspension d'armes sera establie en Escosse, et -que ce sera un moyen d'y faire la paix, je ne vous diray aultre chose -sur cella. - -Je trouve fort estrange que le Sr de Flamy, qui avoit receu icy vingt -et quattre mille livres, il y a six ou huict moys, pour porter à ceux -qui sont à Lislebourg, n'y est arrivé que depuis peu de temps, et -encore ne leur a il baillé que trois mille escus. Il a grand tort: et -me fera plaisir que en advertissiés, si pouvés, secrettement et sans -qu'il soit sceu, la Royne d'Escosse, ma soeur; et luy donniés advis -aussy de ce que je vous escripts de la confience qu'elle doibt avoir, -affin que la Royne d'Angleterre n'ait poinct de nouvelle occasion de -s'irriter contre elle; car il me semble, par ce que nous a rapporté -mon cousin le duc de Montmorency, qu'elle est bien adoucie et qu'elle -luy faira doresnavant meilleur traictement qu'elle n'a eu despuys -quelque temps. Puisque Dieu a permis qu'elle soit prisonnière et ainsy -réduicte avec la Royne d'Angleterre et aussy avec ses subjects -escossois, je lui conseilleray tousjours de se comporter doucement; et -cependant je feray tousjours, comme je veux aussy que faictes de ma -part, envers icelle Royne d'Angleterre, mais que ce soit doucement et -bien à propos, sans l'aigrir ny luy donner nouveau soubçon, tout ce -que vous pourrés pour elle, espérant que la paix sera bientost -establie en son royaulme parmi ses subjectz, et que Dieu luy faira la -grâce que icelle Royne d'Angleterre, voyant sa constance, s'adoucira -et faira pour elle mieux que nous n'avions pensé jusques icy. Je vous -prie d'escrire souvent au Sr du Croc et à Vérac, et me mander, chasque -fois que vous m'escrirés, en quel estat ils seront; priant Dieu, etc. - -Escript à Paris, le XXe jour de juillet 1572. - - CHARLES. PINART. - - - - -CXI - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du IXe jour d'aoust 1572.-- - - Négociation du mariage.--Réponse d'Élisabeth sur la mission de - MMrs de Montmorenci et de Foix.--Explications données par - Walsingham.--Desir du roi que la négociation soit continuée, - alors même qu'il resterait peu d'espoir de la voir - réussir.--Recommandation pour que le traité concernant le - commerce s'achève.--Instances de Marie Stuart afin qu'il soit - permis à quelqu'un de sa maison en France de se rendre auprès - d'elle.--Nouvelles assurances de la protection du roi en sa - faveur.--Affaires d'Écosse.--Nouvelles de Flandre.--Intention - du roi que l'ambassadeur pousse Élisabeth à déclarer la guerre - au roi d'Espagne.--Prochain mariage du roi de Navarre avec - Madame. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay eu fort agréable la façon de -laquelle vous vous estes comporté despuis le partement du duc de -Montmorency, mon beau frère, et du Sr de Foix, mon cousin, en la -négociation du traicté du mariage de la Royne d'Angleterre, ma bonne -soeur et cousine, avec mon frère, le Duc d'Alençon, ayant eu grand -plaisir de voir par voz lettres les honnestes et véritables -persuasions que, sur cella, vous avés, comme je vous avois escript, -faictes de ma part, et de la Royne, Madame et Mère, et aussy de mon -dict frère d'Alençon, à la dicte Royne, ainsi que j'ay veu par vos -dépesches des XXe, XXIIe et XXIXe du moys passé[123] que j'ay receues, -les deux premières par l'ordinaire, et l'autre par Vassal, présent -porteur; lequel, oultre ce que par voz dictes lettres nous escrivés -bien particulièrement, a fait encore verballement entendre à la Royne, -Madame et Mère, ce que luy aviés donné charge nous dire, et qu'il a -apris en cest affaire, négociant avec le milord de Burgley, toutes les -foys que l'avés envoyé vers luy pour cest effaict; ayant trouvé le -tout fort conforme à ce que le Sr de Walsingam déclara, hier au matin, -au dict duc de Montmorency, mon beau frère, luy baillant une honneste -lettre de sa Maistresse, faisant mention de la responce que nous -attendons d'elle sur le propos du dict mariage; dont aussy le dict -ambassadeur en manda aultant au dict Sr de Foix par son secrettaire, -leur monstrant les lettres que icelle Royne, encore qu'elle n'ait -acoustumé d'escrire à ses ambassadeurs, luy en avoit néantmoins voullu -escrire elle mesme sa délibération, à cause de l'importance de -l'affaire; ayant le dict ambassadeur présentement, en l'audience que -nous lui avons donnée, faict entendre à la Royne, Madame et Mère, vers -laquelle il est allé premièrement, pour ce que je disnois, faire -entendre la responce que nous faisoit sa Maistresse au dict propos de -mariage; et nous l'a déclaré en mesmes termes qu'il avoit dict au dict -duc de Montmorency et mandé au dict Sr de Foix, conformément à ce qui -lui étoit prescript par la première lettre qu'il avoit receue de sa -Maistresse; qui est du XXIIe de juillet, laquelle contient, comme il -nous a dict, que: - -«Pour la grande inesgalité de l'âge d'entre elle et mon dict frère -d'Alençon, il n'estoit possible que les choses se peussent faire et -réheussir comme elle eût bien desiré pour son contentement et le -nostre; mais qu'elle nous prioit que, ne se pouvant faire, pour ceste -légitime occasion, cella ne feust cause de diminuer aulcunement nostre -amitié ni altérer nostre dernier traicté, et que, de sa part, elle y -persévèreroit et continueroit de tout son pouvoir sans y rien -espargner.» - - [123] Voyez CCLXIVe, CCLXVe et CCLXVIe dép., tom. V, pag. 57, 62 - et 65. - -Et, poursuivant son propos, nous a dit que, par l'aultre lettre que -luy a escripte la dicte Royne, sa Maistresse, despuis l'audience -qu'elle vous avoit donnée, en laquelle luy présentastes et fistes voir -les lettres que, de si bonne affection, je luy avois escriptes de ma -main, et aussy la Royne, Madame et Mère, et pareillement mon dict -frère d'Alençon, de l'extrême desir qu'il avoit de luy faire servisse -et méritter ses bonnes grâces, elle luy mandoit qu'elle eût bien -desiré de voir mon dict frère d'Alençon, et que luy l'eût veue aussy; -car, en telles choses, cella serviroit beaucoup. - -Sur quoy, suivant la résolution que nous en avons à ce propos prise, à -ce matin, avec aulcungs seigneurs de mon conseil, qui ont toujours eu -communication de cest affaire, la Royne, Madame et Mère, qui luy a -premièrement donné audience, a, sur ce, respondu au dict ambassadeur, -comme aussy ay je despuis, que, si nous sçavions et que luy cogneût -que la dicte entreveue servît à nous donner le contentement que nous -avions espéré et que nous desirons encore en cest affaire, que nous -voudrions très vollontiers que mon dict frère allât plus tot -aujourdhui que demain en Angleterre; mais aussy que, si la dicte Royne -avoit changé la vollonté qu'elle et ses ministres vous ont dicte, il y -a assés longtemps, qu'elle avoit de se marier, ou qu'elle n'eût -agréable mon dict frère, que véritablement, se faisant en vain la -dicte entreveue, que cella seroit cause certainement que nous aurions -lors beaucoup plus grande occasion de mécontentement que nous n'avons -à présent de la responce qu'elle nous a faicte, et peut estre que -cella seroit cause de diminuer bien fort et altérer, possible, -entièrement nostre amitié, laquelle, au contraire, nous espérions, le -dict mariage se faisant, estre à jamais parfaicte et indissoluble par -le moyen d'icelluy, comme, de vray aussy, seroit elle, s'il se -faisoit, et en recevrions, elle et nous, noz royaulmes et communs -subjectz, un extrême bien; et considéré l'estat auquel elle se peut -retrouver en ses affaires et entre ses subjectz, j'estime qu'elle en -auroit encore plus de commodité et de bien que nous. - -Le dict ambassadeur, après y avoir un peu pensé, a supplié la Royne, -Madame et Mère, que, sur cella, il luy pleût qu'il luy parlât en -serviteur et non pas comme ambassadeur, car il n'avoit, pour ce faict, -aultre charge que ce qu'il avoit dict. Il la supplioit que nous -voullussions encore faire conduire cest affaire doucement, sans le -rompre si soudain, et que, tousjours bien à propos, l'on en parlât -sellon les occasions qui se présenteront, mesmes qu'il estimoit qu'il -ne seroit que bon que j'escrivisse ou fisse dire par vous à la dicte -Royne, et que la Royne, Madame et Mère, luy escrivît aussy plus -affectionnément comme il luy est permis, estant mère, le grand desir -et espérance que nous avons tousjours eue, despuis qu'elle vous avoit -faict déclarer qu'elle estoit résollue de se marier en maison royalle, -qu'elle espouseroit mon dict frère d'Alençon; et que, considéré encore -le grand bien que cella apporteroit à ces deux royaulmes et à elle -principallement, ses subjectz et païs, nous ne pouvons, la voullant -parfaictement aymer, comme nous y sommes du tout disposés, si cella se -faisoit, que nous ne le desirions encore infiniment. - -Le dict ambassadeur monstrant d'estre très marri que nous n'en avions -eu ceste fois aussy bonne responce que nous attendions, a faict croire -à la Royne, Madame et Mère, et à moy aussy, qu'il y a fort grande -affection que le dict mariage se fasse comme nous avons tousjours -pensé de luy, pour ce que c'est le bien de sa Maistresse et -particullièrement de ses païs et subjectz; mais aussy avons nous -soubçonné, à l'instant, une chose où il y a quelque apparence, -considéré ce que l'on vous a conseillé de delà, comme vous m'avés -escrit: qui est de ne rompre pas du tout ceste négociation; et sommes -entrés en quelque opinion, voyant la contenance du dict ambassadeur, -et considérant l'humeur et coeur de sa Maistresse, qu'elle nous -pouvoit bien avoir faict faire ceste responce pour se revancher de -celle qui luy feust faicte pour mon frère le Duc d'Anjou, affin que -cella luy servît de quelque réparation, et que nous n'eussions, en -ceste négotiation, rien plus qu'elle, estimant que, si l'on revenoit, -d'ici à quelques jours, à remettre en avant, doucement et de bonne -façon, le propos du dict mariage d'elle et de mon dict frère -d'Alençon, qu'avec l'ayde de Dieu, qui est le directeur de telles -oeuvres, elle y entendra, et qu'avec les grandes occasions qu'elle a -de se marier et les persuasions et les dextérités dont vous saurés -bien user en cest affaire, nous y verrons bientost quelque bonne -espérance. - -Il fault que vous travaillés à cella tant que vous pourrés; car, -encore que cella ne se fît, combien que nous en ayons bonne espérance, -sellon nostre grand et extrême desir, si fault il nécessairement que -cessi nous serve, pour quelque temps, à entrettenir nostre amitié et -establir mes affaires. Et pour ceste cause, vous aviserés, Monsieur de -La Mothe Fénélon, à vous conduire en cella de façon qu'encore que vous -vissiés qu'il n'y eût aulcune espérance au dict mariage, d'en mener -tousjours le propos honnestement, et en parler à la dicte Royne, et à -ses ministres, de bonne façon, monstrant que nous y avons tousjours -espérance et toute affection d'entretenir, de nostre part, envers -elle, sincèrement nostre bonne amitié, et la fortiffier du tout par le -moyen du dict mariage. - -Je ne luy en escris poinct pour ceste heure, ni aussy la Royne; Madame -et Mère, comme estoit d'advis icelluy ambassadeur, et n'y a que mon -dict frère, le Duc d'Alançon, duquel je vous envoye la lettre ouverte, -que vous fermerés après l'avoir leue, pour la présenter et faire voir -à la dicte Royne; et aussy, si vous voyés qu'il soit à propos, luy -monstrerés celle qu'il vous escript affin que ce vous soit une -nouvelle occasion de commencer à renouer et entretenir ceste -négociation, pour laquelle nous verrons ce que La Mosle nous -rapportera. Mais, quoy que ce soit, et en quelque estat que puisse -estre, à son partement, cest affaire, il fault, et je vous prie ne -faillir, quand bien il seroit du tout rompu, et que verriés qu'il n'y -auroit nulle espérance, de trouver moyen d'en entrettenir toujours -doucement le propos, d'ici à quelque temps; car cella ne peut que -bien servir à establir mes affaires et aussy pour ma réputation. - -Il est aussy bien besoin que vous acheviés le faict et establissement -du commerce sellon l'intention de nostre traicté; duquel j'ay receu la -ratification que m'avés envoyée, faicte par la dicte Royne -d'Angleterre en bonne forme, mais il est besoing que la dicte Royne -envoye au Sr Walsingam un pouvoir pareil à celluy que je vous ay -dernièrement envoyé pour le faict de la dicte ratiffication; car -icelluy Sr de Walsingam n'en a poinct qui soit exprès pour cest -effaict, à ce qu'il dict. - -Cepandant je vous diray que, pendant que nous avons faict cette -dernière saillie pour aller à la chasse, j'ay faict bailler à -l'ambassadeur de la Royne d'Escosse, ma soeur, les deux longues -lettres qu'elle vous avoit escriptes, ensemble tout ce que Derdoy a -raporté, et que luy avoit baillé la dicte Royne; et si, luy a dict, de -vive voix, le dict Derdoy, tout ce qu'elle m'a mandé, et que j'avois -donné charge au dict duc de Montmorency luy dire de ma part, de sorte -que le dict ambassadeur est bien capable de toutes les intentions de -ma dicte soeur; laquelle desire, à ce que nous a dict le dict -ambassadeur, qu'il pleût à la Royne d'Angleterre luy permettre que son -thrésorier ou un aultre de ses gens, tel que l'on voudra choisir, soit -gentilhomme ou aultre, eût saufconduict pour aller d'ici à elle, -instruict de toutz les affaires des biens qu'elle a de deçà à cause de -son douaire, affin de les luy faire entendre et luy en rendre compte, -et sçavoir aussy, sur plusieurs choses qui en dépendent, son intention -et vollonté. Je vous prie, Monsieur de La Mothe Fénélon, luy en parler -à la première audience que vous aurés, si vous voyés qu'il soit à -propos, et que cella ne puisse préjudicier au traictement de ma dicte -soeur, la Royne d'Escosse, ny aussy nuire au propos de mon dict frère -le Duc d'Alençon; car, comme vous sçavés, j'ay tousjours faict et veux -faire pour elle ce que honnestement il me sera possible et avec telle -discrétion que mes assistances luy servent à son bon traictement et à -sa conservation. - -Et, quand aux affaires d'Escosse, j'ay veu par la pénultiesme dépesche -que m'avés envoyée du Sr Du Croc comme ils se sont battus du costé du -Nort, et que le frère du duc de Hontelly a surpris ceux que le parti -du Petit Lict avoit laissés en garnison du costé de Hambletons, qui a -esté cause, avec les dilligences et persuasions que le dict Du Croq -m'escript par la dernière dépesche avoir tousjours faictes de ma part, -et le Sr de Drury avecque luy de la part de la Royne d'Angleterre, -qu'ilz sont en termes de faire une suspension d'armes pour deux moys, -pendant laquelle ilz accordent tous d'assembler les Estatz au païs, et -faire une bonne paix. A ce que j'ay entendu, et comme le dict Du Croc -mesme m'escript, ceux de Lislebourg ne sont pas en si grande nécessité -que l'on disoit, et ont encores bien bon moyen de résister, si la paix -ne se faict entre eulx; pour laquelle j'escris encore présentement au -dict Du Croc et aussy à Vérac qu'il fault qu'ilz travaillent tant -qu'ilz pourront; car c'est la chose qui est la plus nécessaire au dict -pays, et que je desire aultant que si c'estoit pour mes propres -subjectz. - -Vous aurés, à mon advis, bien entendu la défaicte du Sr de Genlis[124] -et de quelques françois, mes subjectz de la nouvelle religion, qui -s'estoient mis avec lui, et passés, sans mon adveu, en Flandres, ces -jours icy; mais la deffaicte n'estoit pas si grande que l'on l'aura -publiée par delà. Je vous en ay bien voullu dire ce petit mot. - - [124] Voyez la note tom. V, pag. 44. - -L'on croit que la guerre se faira bien fort en Flandres, mais ce ne -sera pas de mon costé, si ce n'est que les Espagnolz assaillent les -premiers mon royaulme. Il seroit bien bon pour mes affaires que la -Royne d'Angleterre, qui a tant de moyens, s'y mist de piedz et de -mains, et qu'elle pratiquât en Zélande et ez villes qui sont, de ce -costé là, tant ses voysines. Si cella estoit, le prince d'Orange, qui -marche droit vers Monts avec son armée, quand il aura en passant pris -quelque argent et artilleries des villes maritimes, seroit bien plus -asseuré et fort qu'il ne sera; car il n'aura de mes subjectz de la -nouvelle religion que ceux qui pourront s'eschaper à cachette. Il sera -très bon que vous continuiés accortement à eschaufer, tant que vous -pourrés, ceste Royne à se déclarer ouvertement, s'il est possible, -contre le Roy d'Espagne: car cella faira qu'elle desirera davantage et -tiendra plus chère la conservation de mon amitié, et que plus aisément -elle consentira aussy au propos du mariage d'elle et de mon dict frère -d'Alençon, qui n'oubliera jamais, ny moy aussy, la peyne que y avés -prinse et prendrés encore. - -Les fiançailles de ma soeur avec mon frère, le Roy de Navarre, se -fairont, avec l'ayde de Dieu, mècredy prochain, et les nopces lundy. -Le surplus des nouvelles vous l'entendrés par Vassal présent porteur; -priant Dieu, etc. - -Escript à Paris, le IXe jour d'aoust 1572. - - CHARLES. PINART. - - - - -CXII - -LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du Xe jour d'aoust 1572.-- - - Négociation du mariage.--Espoir qu'elle pourra être conduite à - bonne fin.--Assurance d'une vive reconnaissance pour les soins - donnés par l'ambassadeur à cette affaire. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, ainsi que Vassal, présent porteur, -estoit prest à monter à cheval pour s'en retourner, la despesche que -nous aviez faict, de Brichil, le IIIe de ce moys[125], est arrivée, -laquelle j'ay aussytost veue, ayant eu plaisir de voir le contenu en -icelle, qui me donne encore quelque espérance. En quoy je suis bien -asseurée que vous ne perdrés une seule occasion de tout ce qui se -peult faire en cella, pour nous faire avoir, s'il est possible, du -fruict et contantement que nous en desirons de si grande affection, -que vous pouvez, estant assuré que, si ce mariage se faict, vous nous -aurés donné le plus grand contantement que puissions, pour ceste -heure, desirer et espérer; et dont vous aurés telle rémunération que -jamais gentilhomme ne l'a receu meilleure ni de meilleur coeur que -nous la vous fairons. Et quand encores les choses ne succèderont si -bien que nous vouldrons, sachant bien que vous vous y estes employé de -la plus grande affection que se peult, nous ne laisserons de -recognoistre vos bons services d'aussi bon coeur que je prie Dieu, -etc. - -Escript à Paris, le dimanche, Xe jour d'aoust 1572. - - CATERINE. PINART. - - [125] Voyez CCLXVIIe dép., tom. V, pag. 76. - - - - -CXIII - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XXIe jour d'aoust 1572.-- - - Négociation du mariage.--Espoir de l'heureux succès de la mission - de Mr de La Mole.--Desir du roi que Leicester soit chargé de - passer en France.--Protestation de reconnaissance envers - Leicester.--Affaires d'Écosse.--Célébration du mariage du roi - de Navarre avec Madame.--Nouvelles de Marie Stuart.--Charge - donnée à l'ambassadeur de continuer toujours à solliciter pour - elle.--Assurance que le roi ne s'opposera point aux projets - d'Élisabeth sur Flessingue. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, je receus hier seulement, à l'arrivée du -Sr de L'Espinasse, venant d'Escosse, vos deux despesches des VIIe et -XIe de ce moys[126], et, ayant très grand plaisir d'avoir veu si -amplement et particulièrement par icelles, ce qui s'est passé aux deux -audiences que la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur et cousine, vous a -donnée sur l'occasion du voyage du Sr de La Mole; ce que j'espère, -comme vous, servira bien à induire tousjours ceste princesse à -entendre plus volontiers au mariage d'elle et de mon frère, le Duc -d'Alençon, voyant qu'elle est recherchée de si bonne affection par mon -dict frère, et que nous tous y avons aussi si bonne volonté pour -rendre nostre amitié parfaicte et indissoluble; ainsi que vous aurez -veu par la despesche que vous avons faite par Vassal, et que le Sr de -Walsingam, son ambassadeur, aura, de sa part, escript à la dicte -Royne, sur la responce qu'elle nous a, (au bout du moys qu'elle avoit -prins de terme) faict faire par mon beau frère, le duc de Montmorency, -et le dict ambassadeur. - - [126] Voyez CCLXVIIIe et CCLXIXe dép., tom. V, pag. 79 et 83. - -J'estime que le dict Vassal et le courrier, que icelluy ambassadeur -despescha sur ceste mesme occasion, seront arrivés bientost après -vostre dicte despesche de l'unziesme à Quilingourt, et qu'estans -auprès d'icelle Royne les comtes de Lestre, de Sussex et de Lincoln, -et aussi milord trésorier, il se sera faict quelque bonne résolution -sur ce que icelluy ambassadeur aura escript que la Royne, Madame et -Mère, et moy luy respondismes du peu d'apparance qu'il y a que mon -dict frère d'Alençon doibve aller de dellà, que premièrement il n'y -ayt asseurance du dict mariage. Ce a esté cependant très bien faict à -vous d'avoyr si dextrement bien introduict le dict de La Molle envers -la dicte Royne et ceulx de sa court; et n'eust esté possible de se -pouvoir mieux, à mon gré, comporter envers elle, sur l'occasion du -voyage d'icelluy La Molle, que vous avez faict, comme j'ay veu par vos -lettres. J'en espère quelque bon fruict, atandant en bonne dévotion -son retour. - -Et cependant je prens fort bonne estime de ce que le dict comte de -Lestre persévère tousjours de vouloir venir par deçà se conjoyr de la -part de la dicte Royne, sa Mestresse, avec moy de la naissance de -l'enffant que j'espère que Dieu me donnera bientost, et que icelle -Royne vous ayt dict qu'elle le y envoira si c'est un fils, en quoy je -desire, soit que ce soit fils ou fille, qu'il vienne; car, par cella -congnoistra on s'il desire sincèrement le dict mariage, et aussi si la -dicte Royne y est résolue, pour ce que, si ainsi est, elle voudra, -comme j'estime, pour l'honnorer, luy faire faire le dict voyage, et -luy l'entreprendra plus volontiers, pour avoir cest honneur de nous -déclarer la volonté et les condicions que la dicte Royne desirera au -dict mariage, et pour, par mesme moyen, captiver la bonne grâce et -amitié de mon dict frère d'Alençon, lesquelles ne luy manqueront -poinct, ny toutes les bonnes volontés qu'il pourroit desirer et -attandre de luy. Dont vous le pouvez asseurer que je veux estre et me -constitue la vraye caultion de mon dict frère, et que je desire -infyniement de le voir de deçà affin de le marier aussy et luy faire -cognoistre, par un bon et grand effect, que je ne veux demeurer ingrat -envers luy des bons offices qu'il a faicts, et que je me suis -tousjours promis et si certainement assuré qu'il faira en cest affaire -envers icelle Royne. - -La Royne, ma femme, est en son huictiesme moys, et espère que, dedans -peu de jours, nous yrons à Fontainebleau où elle faira ses couches; et -seroit bien à propos, pendant que serons là, si le dict mariage a à -réussir, comme nous le desirons tous, que la dicte Royne s'en -déclarast apertement affin que nous en peussions bientost voir la -conclusion et résolution au voyage du dict comte de Lestre, que je -desirerois qui partist au plus tard, dedans six ou sept semaines, pour -venir icy; et bientost après, se fairoit non seulement l'entreveue -dont son dict ambassadeur nous a parlé de sa part, et elle à vous, -mais la consummation du dict mariage. - -Je vous ay tant de foys, par ci devant, escript les vifves et -apparentes raisons qui luy doibvent, et à ses ministres, estre -représentées du bien et commodité qu'elle recevra, s'il se faict, et -vous m'en avez aussi, de vostre part, si souvent escrit, que je me -remetz à vous pour en sçavoir user selon les occasions et ainsi qu'il -sera à propos. - -Je suis bien fort aise de la suspension d'armes accordée en Escosse, -ainsi que m'avez escript, et que j'ay aussi entendu par le Sr de -L'Espinasse, lequel je fairay renvoyer incontinant que j'auray prins -résolution sur sa despesche avec ceulx de mon conseil, que -j'assembleray dedans un jour ou deux, après que les tournoys des -nopces de ma soeur et du Roy de Navarre seront parachevez. - -Il ne sera que bien à propos, si voyez bientost ma dicte soeur, la -Royne d'Angleterre, de luy dire comme le dict mariage se feist fort -sollempnellement, lundy dernier, en ceste ville, en la grande église -Nostre Dame, et les festins et cérémonies, comme il est de tout temps -accoustumé, au palais et au Louvre; et qu'encores solempnisons nous, -tous ces jours icy, les dictes nopces en tournois et allégresses, dont -touts mes subjectz indifféremment se resjouissent, ainsi que je pense -bien que son dict ambassadeur luy aura escript. - -Je suis bien aise du retour de vostre secrétaire qu'aviez envoyé vers -ma soeur, la Royne d'Escosse, et d'avoir veu par vostre lettre qu'elle -se porte bien. Il sera bon que tousjours, quand verrez qu'il sera à -propos, vous contynuyez tous bons offices pour elle, de ma part, -envers la dicte Royne d'Angleterre et ses ministres. - -Et, quant à ce que m'escrivez que l'on dict par dellà, que le Sr de -Strossi avoit escript à ceux de Flexingues, encores que chascun aura -bien cogneu despuis le contrayre, si suis je bien d'advis que, s'il -vient à propos, quant parlerez à la dicte Royne, que l'asseurerez, ou -ses ministres, que je ne la veux ni voudrais aulcunement empescher en -ses desseins, et que, si elle y en a quelcung de ce costé là, qu'elle -n'y sera aulcunement traversée de moy ni de mes subjectz, et ne -faillyr de luy en donner toute assurance de ma part; priant Dieu, etc. - -Escript à Paris, ce XXIe jour d'aoust 1572. - - -_Par postille à la lettre précédente._ - -Monsieur de La Mothe Fénélon, j'escriptz un mot de lettre au Sr Du -Crocq, lequel je vous prie de luy envoyer par la première commodité. -Ce XXIe d'aoust 1572. - - CHARLES. PINART. - - - - -CXIV - -LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XXIe jour d'aoust 1572.-- - - Négociation du mariage.--Proposition d'une entrevue sur - mer.--Affaires d'Écosse.--Recommandation pour Marie Stuart. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, considérant voz deux despesches des VIIe -et XIe de ce moys, je suis encore en quelque bonne espérance du propos -du mariage de la Royne d'Angleterre et de mon fils d'Alençon; en quoy -je suis très asseurée que vous n'obmettrez rien de tout ce qui se -peult, pour en voir la bonne et heureuse fin que desirons; aussi ne -vous en fairay je pas longue lettre, me remettant à ce que vous en -escript le Roy, Monsieur mon filz. Et seullement vous diray que, s'il -y avoit quelque chose de bien commancé et asseuré au dict mariage, il -seroit bien fort aizé à faire que la dicte Royne d'Angleterre, mon -filz d'Alençon et moy, nous verrions avec seuretté, pour elle et pour -nous, en un beau jour, bien calme, entre Boullongne et Calais et -Douvres, ainsi que l'on pourroit aizément disposer toutes choses, -comme nous en avons devisé amplement, mon cousin le duc de Montmorency -et moy, car je n'ay pas moindre vollonté de la voir qu'elle moy, et -que si elle estoit ma propre fille, ainsi que vous ferez entendre à -ses ministres doulcement, et à elle aussi, si voyez que bon soit, et -qu'il se puisse espérer quelque bon succès du dict propos de mariage. - -Cependant nous regarderons, ces jours icy, au faict d'Escosse, pour -renvoyer incontinent le Sr de L'Espinasse, afin qu'ilz n'ayent pas -seulement la suspension d'armes mais aussi une bonne paix entre eux, -vous recommandant tousjours ma fille, la Royne d'Escosse, et priant de -continuer, de ma part, quand il sera à propos, envers la dicte Royne -d'Angleterre et ses ministres, les bons offices qu'avez accoustumé -faire pour elle; priant Dieu, etc. - -Escript à Paris, le XXIe jour d'aoust 1572. - - CATERINE. PINART. - - - - -CXV - -LE DUC D'ALENÇON A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XXIe jour d'aoust 1572.-- - - Remerciemens des soins donnés par l'ambassadeur à la négociation - du mariage.--Attente du retour de Mr de La Mole. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, je voy par voz dépesches comme vous -estes sy affectionné, en l'affaire qui me concerne, que vous pouvés -croire et estre asseuré que jamais je ne l'oublieray, vous priant -continuer, affin que je puisse recevoir le bien et contantement que -j'attandz de ceste négociation. Nous espérons que le Sr de la Molle -sera bientost de retour, l'attandant en grande dévotion, pour -l'extrême desir que j'ay qu'il nous raporte quelque bonne résolution -sur l'occasion de son voyage, et que tant de peynes qu'en prennés -succèdent bien pour me rendre fort contant; car il faut que je vous -confesse, Monsieur de La Mothe Fénélon, qu'ayant ouy parler des vertus -de la Royne d'Angleterre et des partyes qui sont en elle, que -j'estime toutes perfections, je ne vois pas que je me puisse jamays -despartir de l'affection que je luy porte, comme vous aura peu dire le -Sr de La Molle; priant Dieu, etc. - -De Paris, le XXIe jour d'aoust 1572. - - Vostre bien bon amy. FRANÇOYS. - - - - -CXVI - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XXIIe jour d'aoust 1572.-- - - Blessure faite à l'Amiral.--Assurance qu'il sera rendu - justice.--Mesures prises pour l'observation de l'édit de - pacification.--Les Guises signalés comme les auteurs de - l'attentat. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, ainsi que mon cousin, le Sr de -Chastillon, Admiral de France, sortoit présentement du Louvre, pour -aller disner en son logis, il luy a esté tiré, par la fenestre d'une -maison, où loge le Sr de Villemeur, qui estoit précepteur de mon -cousin, le duc de Guyse, un coup de harquebuse, duquel il a esté fort -bien blessé à la main droicte et au bras gauche; dont je suis -infinyement marry, ayant aussytost faict faire tout ce qui se peut -pour prendre (comme j'espère qu'on faira) celluy qui a donné le coup, -et sçavoir d'où cella procède, afin d'en faire faire promptement telle -et si grande justice que ce soit exemple par tout mon royaume; ayant -aussi escript, par toutz les endroicts de mon dict royaume, aux -gouverneurs des provinces et des principalles villes combien je trouve -mauvais ce malheureux acte, et la résolution où je suis d'en faire -faire justice très exemplaire, deffandant très expressément que, -soubz ce prétexte, ni aultre que ce soit, nul de mes subjectz s'en -esmeuve; mais au contraire que chascun ayt à garder et observer -inviolablement, plus que jamais, mon édict de paciffication. - -Et pour ce que je ne doubte pas que incontinant les nouvelles n'en -soient par delà, je vous ay bien vouleu avec ceste dépesche, qui -estoit preste à partir, advertir, affin que vous faciez entendre de ma -part à ma soeur, la Royne d'Angleterre, ce que je vous en escriptz, et -la dellibération où je suis d'en faire faire si grande justice que -chascun y prendra exemple en mon dict royaume, et de faire, au -demeurant, garder entièrement et inviolablement mon dict édict de -paciffication; priant Dieu, etc. - -Escript à Paris, le XXIIe jour d'aoust 1572. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, je ne veux oublier de vous dire que ce -méchant acte procède de l'inimitié d'entre sa maison et ceux de Guyze; -et sauray bien donner ordre qu'ils ne mesleront rien de mes subjectz -en leurs querelles: car je veux que mon édict de paciffication soit de -point en point observé. - - CHARLES. PINART. - - - - -CXVII - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XXIVe jour d'aoust 1572.-- - - Première nouvelle de la Saint-Barthèlemy.--Soulèvement de la - maison de Guyse contre la maison de Chatillon.--Meurtre de - l'amiral Coligni et de ses adhérens.--Efforts du roi pour - apaiser la sédition.--Mesures qu'il a dû prendre afin de se - préserver lui-même.--Le roi de Navarre et le prince de Condé - gardés auprès du roi. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, vous aurez entendu ce que je escrivis -avant hyer de la blesseure de mon cousin l'Admiral, et comme, après ce -faire tout ce qui m'estoit possible pour la vérification du faict et -en faire faire si grande et prompte justice qu'il en feust exemple par -tout mon royaume, à quoy il ne s'est rien oublié; despuis il est -advenu que ceux de la maison de Guyse et les autres sieurs et -gentilhommes qui leur adhèrent, qui n'ont petite part en ceste ville, -comme chascun sçait, ayant sceu certainement que les amis de mon dict -cousin l'Admiral vouloient poursuivre, et exécuter sur eux vengeance -de ceste blesseure, parce qu'ils les soubçonnoient d'en estre la -cause, se sont esmeus ceste nuit passée, si bien qu'entre les uns et -les autres il s'est passé une grande et lamantable sédition, ayant -esté forcé le corps de garde qui avoit esté ordonné à l'entour de la -maison du dict sieur Admiral, luy tué avec quelques autres -gentilshommes, comme il en a esté aussi massacré d'autres en plusieurs -endroicts de la ville: ce qui s'est meu avec une telle furie qu'il n'a -esté possible d'y apporter le remède tel que l'on eût peu désirer, -ayant eu assez à faire à employer mes gardes et autres forces pour me -tenir en seureté dans mon chasteau du Louvre, ayant donné cependant -ordre partout d'appaiser la dicte sédition, qui s'est extrêmement -eschauffée par toute ceste ville. Ce qui est advenu par la querelle -particullière qui est, de longtemps, entre ces deux maisons. - -De laquelle ayant tousjours préveu qu'il adviendroit quelque mauvais -effaict, j'avois cy devant faict tout ce qui m'avoit esté possible -pour l'appaiser, ainsi que chascun sçait; n'y ayant en cella rien de -la rupture de mon édict de pacification, lequel je veux au contraire -entretenir plus exactement que jamais, ainsi que je le fais sçavoir -par tous les endroictz de mon royaume, et que je vous prie aussi -faire entendre par delà à ma soeur, la Royne d'Angleterre, et aux -autres qu'il sera besoin, afin que l'on n'entre en aucune opinion de -la rupture du dict édict, ni que j'y aye aucune volonté; mais que -chascun cognoisse que j'ay grand desplaisir de ce qui est ainsi mal -advenu, et que c'est bien la chose que je déteste le plus. - -J'ay près de moy mon frère, le Roy de Navarre, et mon cousin, le -Prince de Condé, pour avoir mesme fortune que moy. - -Sur ce, je prierai Dieu, Monsieur de La Mothe Fénélon, vous avoir en -sa saincte et digne garde. - -Escript à Paris, le XXIVe jour d'aoust 1572. - - CHARLES. PINART. - - -Je vous prie de faire tenir, au plus tost, au Sr Du Croq la lettre que -je luy escris. - - - - -CXVIII - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XXVe jour d'aoust 1572.-- - - Continuation de la sédition.--Découverte d'une conspiration - tramée par les protestans contre le roi, ses frères et la - reine-mère.--Recommandation faite à l'ambassadeur de garder le - silence sur ces évènemens jusqu'à nouvelles - informations.--Attente de plus grands éclaircissemens.--Ordre - donné de retenir les dépêches envoyées pour Mr Du Croc en - Écosse. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, je vous feis hyer une despesche de -l'émotion qui advint, dès le matin, qui continua hyer, et qui -véritablement, à mon très grand regret, n'est encore apaysée; mais, -pour ce que l'on a commencé à descouvrir la conspiration que ceux de -la religion prétandue réformée avoient faicte contre moy mesmes, ma -mère et mes frères, vous ne parlerez poinct des particullaritez de la -dicte émotion et de l'occasion, jusques à ce que vous ayez plus -amplement et certainement de mes nouvelles; car j'espère, dedans -aujourdhuy au soir ou demain matin, avoir esclaircy le tout; et vous -en manderay aussitost la vérité, ayant advisé vous despescher ce -courrier en toute dilligence, priant Dieu, Monsieur de La Mothe -Fénélon, vous avoir en sa saincte garde. - -Escript à Paris, le lundy, XXVe jour d'aoust 1572. - - -N'envoyez pas au Sr Du Croc les dernières lettres que je luy -escripvois de la dicte émotion, et que je vous mandois luy faire tenir -pour ce que je luy en fairai demain, comme à vous, une bien ample. - - CHARLES. PINART. - - - - -CXIX - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XXVIe jour d'aoust 1572.-- - - Affaires d'Écosse.--Instances que doit faire l'ambassadeur auprès - d'Élisabeth au sujet de l'occupation d'Édimbourg.--Explication - du traité concernant la suspension d'armes.--Charge donnée à Mr - de L'Espinasse de passer en Écosse.--Pension payée par le roi - au lair de Grange pour retenir le château d'Édimbourg.--Secret - qu'il faut garder sur cette circonstance.--Nécessité où se - trouve le roi de conserver la paix avec l'Angleterre.--Envoi - d'un mémoire justificatif de la Saint-Barthèlemy.--Espoir que - la négociation du mariage pourra se continuer. - - -Monsieur de La Mothe, renvoyant le Sr de L'Espinasse, présent porteur, -en Escosse, j'ay advisé de vous adresser sa despesche toute ouverte, -afin que voyés le contenu en icelle, et que puissiés faire envers la -Royne d'Angleterre, ma bonne soeur et cousine, qu'elle mande et fasse -faire, de sa part, comme j'escriptz au Sr Du Croc faire, de la mienne, -envers mon cousin le comte de Mar, et aultres seigneurs tenant son -parti en Escosse, pour faire incontinent sortir de la ville de -Lislebourg les soldats qui y sont, suivant l'abstinence et suspension -d'armes, laquelle j'escriptz aussi au dict Du Croc et Vérac faire, -s'il est possible, prolonger encore pour deux moys, afin qu'ilz ayent -plus de moyen et de temps de traitter quelque bonne et ferme paix au -dict païs d'Escosse, sellon la charge que je en ay donnée et le -pouvoir que je en ay envoyé. - -Je luy escriptz aussi, comme verrés par mes dictes lettres, -l'interprétation qu'il fault qu'il se fasse de ces mots: _que chascun -rentrera en leurs maisons_. De quoy il fault pareillement que ma dicte -soeur, la Royne d'Angleterre, escrive bien expressément au Sr de -Drury, et qu'elle luy envoye un bon pouvoir pour tout ce que dessus, -et pour résouldre, avec le dict Sr Du Croq, suivant ce qui a esté -accordé par les Escossois, les difficultés qui se pourront mouvoir, en -traittant de la paix d'entre eux, vous priant de renvoyer incontinant -le Sr de L'Espinasse en Escosse, afin qu'il soit bientost par delà. - -J'envoye par luy la somme de trois mille livres, pour ayder à payer -les soldats que ceux du bon parti ont licentiés, et, oultre cela, -j'envoye au Sr de Granges, capitaine du chasteau de Lislebourg, mille -livres pour le prochain mois de l'entretènement que j'ay promis luy -bailler secrettement, par forme d'entretènement, par chascun moys, -afin que tousjours il tienne et garde bien le dict chasteau à la -dévotion de ma soeur la Royne d'Escosse, et de moy pareillement; car -je ne veux rien perdre de l'accès et bonne intelligence que mes -prédécesseurs et moy avons accoustumé d'avoir au dict païs d'Escosse, -en laquelle ce moyen aydera bien à me maintenir; mais il faut tenir -secret l'entretènement que je donne au dict de Granges, et prendre -seuretté de luy, signée de sa main et scellée du scel de ses armes, de -la promesse qu'il m'en faira, comme j'escriptz au dict Sr Du Croq. Et -se fault bien garder que l'on le sçache, car il seroit à craindre que -le comte de Mar et ceux de son party se despartissent, du tout, de ma -confédération, et aussi que la dicte Royne d'Angleterre prînt -occasion, par cela, d'altérer le traicté qu'elle et moi avons faict -dernièrement, lequel je désire bien fort entretenir, et plustost -fortiffier et augmenter nostre amitié que la diminuer. A quoy je vous -prie tendre toujours tant que vous pourrés. - -Je vous envoye un mémoire[127] à la vérité comme les choses sont -passées en ceste dernière émotion, affin que, sellon icelluy, vous le -fassiés entendre à ma dicte soeur, la Royne d'Angleterre, à ses -principaux ministres et à ceux que verrés qu'il sera à propos, me -donnant advis de ce que l'on en dira par delà et des autres -occurrences comme avés accoustumé. - - [127] Voyez ci-après, CXXI, pag. 330. - -J'attends toujours le retour du Sr de La Molle, desirant bien fort -qu'il nous apporte quelques bonnes nouvelles du propos du mariage de -la Royne et de mon frère d'Allençon, ce que je vous recommande -tousjours d'affection; et prie Dieu, etc. - -Escript à Paris, ce XXVIe jour d'aoust 1572. - - CHARLES. PINART. - - - - -CXX - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XXVIIe jour d'aoust 1572.-- - - Retard apporté au départ de Mr de L'Espinasse.--Annonce de - l'envoi du mémoire justificatif de la Saint-Barthèlemy par un - courrier exprès.--Desir du roi de connaître quels sont les - protestans français qui se sont réfugiés en Angleterre, et si - Montgommery est du nombre.--Nécessité d'avertir promptement le - roi de tout ce qui se passera entre Élisabeth et le roi - d'Espagne.--Prompt départ de Mr de L'Espinasse.--Protection - accordée pendant les troubles à Walsingham. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, je pensois que le Sr de L'Espinasse deût -partir dès ce soir, pour aller, en toute diligence, comme je luy avois -expressément commandé, passer vers vous en Angleterre, et, de là, -s'acheminer en Escosse, avec la responce et résolution de la dépesche, -pour laquelle il estoit venu icy[128]; et, par mesme moyen, pour vous -porter le mémoire, au vray, comme toutes choses sont passées en ces -émotions advenues, vendredy dernier, afin que, suivant ce que je vous -ay dernièrement escript, vous puissiés en parler selon les termes -portés par icelluy; lequel, pour ce que je voy que le dict de -L'Espinasse n'ait pu si tost partir, et que peut estre il ne fairoit -pas assés de diligence, j'ay advisé de vous l'envoyer, avec ce petit -mot de lettre, par ce courrier exprès, qui faira toute diligence, vous -priant d'user du dict mémoire de telle sorte, envers ma dicte soeur, -la Royne d'Angleterre, que ce qui est advenu de deçà ne soit point -cause d'altérer nostre bonne amitié; mais, au contraire, que le propos -de mariage d'elle et de mon frère, le Duc d'Allençon, se puisse -heureusement effectuer, attendant tousjours en bonne dévotion le -retour de La Mole; vous priant aussy de vous enquérir doucement quels -de mes subjects de la religion se sont retirés en Angleterre, et -principalement Montgomery; car je doubte qu'il s'y soit saulvé pour ce -que ceux qui estoient allés après luy ne l'ont peu attraper. - - [128] Voyez CCLXXe dép. du 13 août 1572, tom. V, pag. 89. - -Vous me ferés aussi fort grand service de me tenir continuellement -adverti des occurrances de delà, et comme la dicte Royne se comportera -du costé de Flexingues et avec le Roy d'Espagne, et ses ministres, et -aussi avec les Escossois, et pareillement avec les princes de la -Germanie protestans. Et cependant je prie Dieu, etc. - -Escript à Paris, le XXVIIe jour d'aoust 1572. - - -Despuis ceste lettre escripte, le dict de L'Espinasse est venu en ce -Louvre, ayant asseuré qu'il partiroit incontinent, voylà pourquoy j'ay -différé de vous envoyer ceste cy par homme exprès, mais la luy fairai -bailler. Le Sr de Walsingham a esté soigneusement conservé, pendant ce -trouble, en son logis, et le fairai tousjours, luy et les siens, -assyster, comme le requiert la vraye amitié d'entre ma soeur, la Royne -d'Angleterre, et moy. - - CHARLES. PINART. - - - - -CXXI - -INSTRUCTION A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - - Mémoire justificatif de la Saint Barthèlemy. - - -Le Roy a, du vingt deuxiesme de ce mois, donné advis au Sr de La Mothe -Fénélon, son conseiller et ambassadeur en Angleterre, de la blesseure -qui advint, le jour mesme, au feu Sr de Chastillon, admiral de France, -affin de le faire entendre à la Royne d'Angleterre, et, quant et -quant, le regrès que Sa Majesté y avoit, bien délibérée de faire fère -toute la poursuite qu'il seroit possible pour la vérification du -maléfice, ainsi qu'il y avoit jà bien esté commancé, et continué -jusques au jour de devant hier, avec toute la diligence qui se peult -user en affère que Sa Majesté a bien fort à cueur; - -Ayants esté députés, pour instruire le procès de ceulx qui se -trouveroient coulpables du dict maléfice, aucuns des principaulx -conseillers de son conseil privé et maistres des requestes de son -hostel, mesmement le maistre des requestes, Cavaignes, qui a tousjours -esté le principal conducteur des affaires de ceulx de la nouvelle -religion, affin qu'il feût mieulx cogneu, parmy eulx, le bon pied, -dont Sa Majesté faisoit procéder en ce faict. - -Dont, encores que le dict sieur Admiral, et tous les seigneurs et -gentilshommes de la dicte nouvelle religion, ses adhérans, qui -estoient près de luy, eussent occasion d'estre contens, et du bon -ordre que Sa Majesté avoit donné pour le tenir en seureté dedans sa -maison, et empescher que les malveillans et le peuple de Paris, pour -beaucoup de respects particulliers, assez cognus à ung chascun, mal -affectez envers luy, ne luy fissent aucune offance, ce néantmoins, il -s'est descouvert que luy et les autres seigneurs gentilshommes de la -dicte nouvelle religion, qui estoient en assés bon nombre en ceste -ville, avoient faict une entreprinse et conspiration, pour, (sans -attandre l'effect de la justice, que Sa Majesté s'estoit mis en tout -debvoir de leur faire fère et administrer, et en laissant ceulx, -qu'ilz soubçonnoient en estre autheurs), s'attaquer à Sa dicte -Majesté, la Royne sa Mère, et Mes Seigneurs ses frères, qu'ils -vouloient mettre à mort et exécuter sur eulx; ce à quoy ilz avoient, -d'autres fois, failly, ainsi mesmes que aucuns de ceulx de la dicte -nouvelle religion l'ont déclaré, meuz de bon zèle et fidélité envers -Sa dicte Majesté, l'avoient dict et déclaré, pour avoir ouy le conseil -qui en avoit esté pris entre le dict Admiral, Telligny, La -Rochefoucault et Cavaignes; et d'autres, avant que mourir, ont -confessé qu'ils recepvoient une juste pugnition de leur mauvaise -conspiration, en ce qu'ils avoient heu volonté de faire à l'endroict -de Leurs dictes Majestés. - -De quoy advertye, Sa dicte Majesté, et voyant que ces advis se -conformoient grandement aux menasses que Thelligny n'avoit point esté -honteux de fère: qu'ils prandroient les armes, si, dedans deux jours, -il n'estoit faict justice de la dicte blesseure; pour se guarantir du -danger qui luy estoit tout certain, à la Royne, sa Mère, et à mes -seigneurs ses frères, elle a esté contraincte de lascher la main à -Messieurs de la mayson de Guyse, qui, le XXIIIIe de ce mois d'aoust, -avec quelque petit nombre de soldats, ont tué le dict Admiral et -quelques autres gentilshommes de sa faction; s'estant l'esmotion -grandement acreue parmy le peuple, pour estre jà imbu de la susdicte -conspiration, et luy bien fort irrité d'avoir veu Sa dicte Majesté -contraincte avec la Royne, sa Mère, et Mes Seigneurs ses frères, de se -resserrer dedans son chasteau du Louvre avec leurs guardes, et de -tenir les portes fermées pour s'asseurer contre la force et violence -que l'on leur vouloit faire; et pour laquelle exécuter aucuns -gentilshommes de la faction du dict Admiral, mesmes Pilles et Mouny, -ses principaulx factieux, avoient passé la nuict dedans le dict -chasteau, cachés en des chambres pour ayder à ceulx qui debvoient -venir de dehors en plus grand nombre et forcer les portes du dict -chasteau et exécuter leur entreprinse: ce qui fut descouvert de grand -matin, et les dicts gentilshommes déchassés du dict chasteau. - -De toutes lesquelles choses le peuple aigri, a exercé grande viollence -sur ceulx de la nouvelle religion; dont tous les chefs, qui se -trouvoient au dict Paris, ont esté tués. - -Ce qui est advenu au grand regrès de Sa dicte Majesté, et toutesfois -pour l'occasion qu'ils en ont donnée eulx mesmes les premiers; de quoy -Sa dicte Majesté a bien voullu donner advis au dict Sr de La Mothe, -affin de faire entendre à la Royne d'Angleterre comme les choses sont -passées; dont ne luy veult rien déguiser. Et, en ce faisant, le dict -Sr de La Mothe asseurera, de la part de Sa Majesté, à la dicte Royne -qu'en ce qui est ainsi advenu, il n'est point question du faict de la -religion ni de la rupture de l'édict de pacification; mais que la -chose est procédée de la malheureuse conspiration qu'ils avoient -faicte contre Sa dicte Majesté, cogneue par tant de certains indices -que l'on ne la pouvoit ignorer et tarder à y pourvoir, sans le certain -péril de leurs personnes, ayant esté tant plus mal aisé à supporter la -dicte conspiration, que Sa Majesté leur avoit tousjours faict tous les -favorables traictemens dont elle eût sceu user à l'endroict de ses -plus fidelles subjects, et gratifié le dict feu sieur Admiral des -grands biens, et faict, despuis l'édit de pacification, comme -plusieurs autres gentilshommes de la nouvelle religion qui ont esté -receus aux honneurs et dignités qui ont vacqué, ainsi que les autres -bons et loyaux subjects catholicques. - - - - -CXXII - -LE DUC D'ANJOU A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du IIIe jour de septembre 1572.-- - - Assurance que la tranquillité est rétablie.--Demande que - Cavaignes soit livré à la France, s'il s'est réfugié en - Angleterre. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, le Roy, Mon Seigneur et frère, vous -escript bien amplement[129] l'estat paysible auquel est à présent, et -despuis troys ou quatre jours, ceste ville et les autres de son -royaulme, ensemble le propos que nous eusmes hyer avec le Sr de -Walsingham, ambassadeur de la Royne d'Angleterre, Madame ma bonne -soeur et cousine, sur ces évènementz; qui me gardera vous en faire -aucune redicte par ceste lettre, laquelle sera seulement pour vous -prier de prendre soigneusement garde sy Cavaignes, qui se trouve -chargé de la conspiration faicte contre le Roy, mon dict frère, et son -estat, est par dellà, où l'on dict qu'il s'est sauvé et retiré, et -faire toute l'instance que vous sera possible, envers la dicte Dame -Royne, pour le faire arrester et vous permettre de le renvoyer par -deçà soubz bonne et seure garde. Et vous fairés bien grand et agréable -service au Roy, Mon dict Seigneur et frère, priant Dieu, etc. - -Escript à Paris, le IIIe jour de septembre 1572. - - Vostre bon amy. HENRY. - - [129] Cette lettre manque. - - - - -CXXIII - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du VIIe jour de septembre 1572.-- - - Retour de Mr de la Mole.--Satisfaction qu'éprouve le roi du - résultat de sa mission.--Adhésion donnée à l'entrevue demandée - par Élisabeth pourvu qu'elle ait lieu sur mer.--Affaires - d'Écosse.--Desir que la suspension d'armes soit continuée, et - qu'il soit procédé à un traité définitif.--Cessation des - troubles dans les provinces.--Mesures prises pour assurer la - tranquillité.--Arrestation de Cavagnes.--Fuite de Montgommery à - Jersey ou Guernesey.--Injonction faite à l'ambassadeur de - demander à Élisabeth l'autorisation de l'arrêter dans ces - îles.--Attente d'une réponse au sujet des dépêches sur la - blessure et la mort de Coligni.--Desir du roi de connaître la - conduite que tiendra Élisabeth avec le prince d'Orange et ceux - de Flessingue. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, hyer, à l'arrivée du Sr de La Molle, -j'ay fort particullièrement, et à mon gré, bien entendu, tant par -vostre dépesche[130] que par ce qu'il nous a discouru amplement de -bouche, comme toutes choses se sont passées en son voyage devers la -Royne d'Angleterre, ma bonne seur et cousine, ayant, vous et luy, veu -en la dicte Royne toutes les bonnes et grandes démonstrations d'amitié -envers moy et les miens qui se peuvent desirer; dont je suis -infiniment ayse, la correspondant, en cella, de ma part, comme aussy -font la Royne, Madame et Mère, et mes frères, sincèrement, autant -qu'il se peut dire, et encore plus mon frère d'Allençon, qui, ayant -ouy parler le dict La Molle, a beaucoup augmenté l'espérance qu'il -avoit du bon succès du mariage d'icelle Royne et de luy. Et ayant veu -et bien considéré, avec la Royne, Madame et Mère, et mes dicts frères, -vostre lettre, et l'escript qui vous a esté baillé par les -conseillers de la dicte Dame, que nous a rapporté le dict La Molle, -enfin nous avons résolu, (pour voir clair, gaigner le temps en cest -affaire, et l'effectuer bientost, s'il plait à Dieu qu'il réussisse), -de vous donner charge, comme je fais, de regarder les moyens qu'il y -aura que l'entrevue, que desire la dicte Royne, se fasse en un beau -jour, sur la mer, entre Boullongne et Douvres, que nous desirerions -bien estre vers le XXe du moys proschain, où Madame et Mère, et elle, -et mon frère d'Alençon, se verront, ainsi que Ma dicte Dame et Mère -vous a escript par nostre dépesche du XXIe du passé. - - [130] Voyez CCLXXIe dép. du 28 août 1572. tom. V, pag. 91. - -Si la dicte Royne le veult ainsi, il sera bien aisé d'aviser, d'entre -cy et là, aux surettés et l'ordre qu'il y faudra donner d'une part et -d'autre, dont mon beau frère, le duc de Montmorency, escrira de delà -pour en adviser. J'espère qu'à la dicte entrevue se faira la -conclusion du dict mariage; car, à ce que nous a dict le dict La -Molle, il y a veu la dicte Royne fort disposée, et ses conseillers -aussy; dont je me resjouis bien fort, et en prens fort bonne estime -par toutes les particularités du discours de vostre lettre, -m'asseurant que le Sr de Walsingham, que je sçay certainement qui y a -faict tous bons offices pour le service de ma soeur et cousine, sa -Maistresse, et pour nostre particullier aussi, persévèrera, tant qu'il -pourra, au bien de cest affaire, vous priant l'excuser envers ma dicte -bonne soeur, sa Maistresse, et luy dire, de ma part, que ce qu'il y a -eu de faulte d'intelligence aux termes qu'il me tint et à la Royne, -Madame et Mère, en la responce qu'il nous fit au bout du mois, est -venue de nous et non de luy; à qui, pour ceste cause, je la supplie -n'en sçavoir nul mauvais gré, car il s'est tousjours porté et -démonstré fort desireux et bien affectionné à entretenir et fortifier -la bonne amitié d'entre elle et nous, qui l'asseurons, comme luy -pourrés aussi dire de nostre part, qu'elle trouvera tousjours en nous -toute la droicte et bonne correspondance de parfaicte amitié qu'elle -pourroit desirer. - -J'ay veu le deschiffrement de ce que ma soeur, la Royne d'Escosse, a -escript au Sr Du Croq, ce qu'il vous en a mandé, elles deux lettres -qu'elle vous a aussi à ce propos escriptes. Sur quoy je suis d'advis -que le dict Sr Du Croq fasse en sorte, ainsi que je luy ay mandé par -L'Espinasse: que la dicte ville de Lislebourg soit restituée et -laissée libre, comme il a esté accordé par le traicté de la suspension -d'armes; que la dicte suspension continue encore pour deux mois, s'il -est possible; et qu'il fasse, au demeurant, honestement tout ce qu'il -pourra, ainsi que je luy ay tousjours commandé faire, et que je sçai -aussi qu'il a faict, pour l'adventage de ma dicte soeur, la Royne -d'Escosse, et ses bons subjects; observant entièrement les traittés -que mes prédécesseurs et moy avons, de si longtemps, avecque les -Escossois, et pareillement celluy que j'ay dernièrement faict avec la -dicte Royne d'Angleterre; car je suis résolu de le garder, sans y rien -enfreindre en quelque sorte que ce soit. Et faut que vous et luy -advisiés par delà de bien suivre en toutes choses l'intention du dict -traitté, afin de continuer tousjours la bonne paix et amitié d'entre -elle et moy, que je veus entièrement conserver; estimant que, quand je -continueray en cela avec elle, que j'auray plus de moyen d'ayder à ma -dicte soeur, la Royne d'Escosse, qui le doit, ce me semble, considérer -et ainsi desirer, et s'asseurer aussi que je fairai tousjours pour -elle, comme j'ay faict, tout ce qu'il me sera possible; ce que luy -fairés entendre, de ma part, quand en aurés le moyen. - -Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fénélon, grâces à Dieu, l'esmotion -advenue, comme je vous ay escript, en plusieurs villes et endroicts de -mon royaulme, à cause de la mort et conspiration du feu Admiral et ses -adhérans, est maintenant appaisée, espérant que tous mes subjects, -vivans en paix les uns avec les aultres, se conformeront à ma volonté, -sellon la publication que j'en ay faict faire par tout mon royaume, et -que mes gouverneurs et mes lieutenans généraulx, qui sont par les -provinces, donneront bon ordre, comme je leur ay donné tout pouvoir -d'asseurer de ma bonne et droicte volonté ceux qui pourroient estre en -crainte, et qui ne sont de la malheureuse conspiration dont je vous ay -escript. - -Le maistre des requestes, Cavaignes, que je vous avois mandé qui -estoit passé en Angleterre a esté pris despuis deux jours, et mis ès -mains de justice; mais j'ay sceu certainement que le comte de -Montgomery, qui est un des principaux participans à icelle -conspiration, est passé ès isles de Grènesay et Gersay, où il a, à ce -que j'ay sceu, délibéré de demeurer, comme il fit quelque temps durant -les troubles, expressément pour avoir et tirer tousjours la commodité -des maisons qu'il a le long de la coste de Normandie et Bretaigne, qui -sont bien près des dictes isles, où je l'eusse envoyé prendre, comme -il m'estoit fort aysé et que j'en ay bien le moyen, pour estre les -dictes isles fort près de moy; mais, ne voullant en façon que ce soit -donner aucune occasion à la dicte Royne, ma bonne soeur et cousine, de -penser que je veuille rien faire faire ny entreprendre sur ses -possessions sans sa permission, j'ay différé et retenu ceux qui l'y -eussent aisément esté prendre, jusques à ce que luy en ayés parlé, et -requis, comme vous fairés de ma part, me permettre d'y pouvoir -envoyer, sans qu'il soit faict tort à nul de ses subjects, ny que cela -altère aucune chose de nostre bonne amitié. - -J'attends, à toutes heures, de vos nouvelles sur les dépesches que je -vous ay faictes despuis la blessure et mort du dict Admiral, desirant -aussi que vous fassiés secrètement voir comme ceux de mes subjectz, -qui sont de la religion prétendue refformée, passans de là, sont -recuillis et receus, et leurs déportemens et les noms des principaux -et plus apparans qui y sont, et pourront encore aller. - -Je seray aussi bien ayse et desire bien fort que me mandiés comme se -comportera maintenant la dicte Royne d'Angleterre envers le prince -d'Orange et ceux de Flexingues, et combien il y peut avoir de ses -subjects, et si elle persévèrera à y en envoyer, et comme elle s'y -comportera. Au demeurant, m'asseurant aussi que vous n'oublierés de -m'advertir des autres occurances, je ferai fin à ceste cy et prierai -Dieu, etc. - -Escript à Paris, le VIIe jour de septembre 1572. - - CHARLES. PINART. - - - - -CXXIV - -LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du VIIe jour de septembre 1572.-- - - Négociation du mariage.--Motifs qui doivent engager à accepter - l'entrevue sur mer.--Satisfaction témoignée par Catherine de - Médicis du dévouement de Walsingham. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, le Roy, Monsieur mon filz, et moy avons -résolu que vous proposerés à la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur et -cousine, que nous ferons volontiers l'entrevue qu'elle desire, comme -aussy faiz je, pour avoir ce bien que j'ay souvant desiré de la voir, -et mon filz d'Alençon encores plus qu'elle ny moy, tant il est -parfaictement son serviteur; mais il faut que l'entrevue se face sur -la mer, comme je vous ay, ces jours passés, escrit, et qu'elle vienne -à Douvres, et mon dict filz d'Alençon et moy yrons à Boullongne ou à -Callais, par un beau jour, nous acheminer en mer, et sy ce n'est assés -d'un jour nous nous pourrons encores revoir. J'espère en Dieu que, sy -nous nous voyons (estant toutz les articles accordez) comme me mandez -qu'ils sont pour mon dict filz, le Duc d'Allençon, ainsy qu'ils -estoient pour mon filz le Duc d'Anjou, excepté celluy de la relligion, -à quoy vous préparerés, entre cy et là, quelque bon et honneste et -salutaire expédiant, que nous ne nous départirons poinct que nous ne -facions le dict mariage, pour lequel je vous prye travailler d'aussy -grande affection qu'avés tousjours faict, afin que nous en ayons la -bonne yssue que nous desirons. Et croyés que jamais services ne -feurent sy bien recognuz envers bon serviteur (comme vous estes) -qu'ils seront en vostre endroict, non seullement par le Roy et par -moy, mais aussy par mon dict filz d'Alençon, lequel je vous -recommande. - -Vous priant, au demeurant, suivant ce que le Roy, Mon dict Sieur et -filz, vous a escrit, requérir de nostre part la dicte Royne de ne -sçavoir aucun mauvais gré au Sr de Walsingam, son ambassadeur, des -termes qu'il nous a dict dernièrement, nous faisant la responce, au -bout du moys, dont elle luy aura donné charge, car ce feust nous -mesmes qui interprétasmes le tout, ainsy qu'il nous fut escrit. Je -vous asseure qu'il est bien affectionné (à ce que j'ay cogneu) à -entretenir la bonne paix et amytié d'entre elle et nous, qui l'aymons -pour ceste occasion, et aussy pour les bons offices que nous avons -sceu qu'il a faicts pour la négociation du dict mariage; en quoy, -encores que ceste émotion soit advenue icy, j'estime qu'il -persévèrera, car il a veu comme nous avons eu très grand soing de le -conserver et toutz les siens, comme ilz ont esté, et n'y a eu que en -la perquizion de Bricquemault qu'il s'esmeut un peu, mais cella feust -soudain passé, et envoya faire l'excuse comme vous a escrit mon dict -filz. Je vous prye nous escrire le plus tost que pourrez des -occurrances de dellà, priant Dieu, etc. - -Escrit à Paris, le VIIe jour de septembre 1572. - - CATERINE. PINART. - - - - -CXXV - - CONJOUISSANCE DE Mr LE CARDINAL DE LORRAINE, au nom du Roy, - faicte au Pape, le VIIe jour de septembre 1572, sur la mort de - l'Admiral et de ses complices. - -D. O. M. - - BEATISSIMO PATRI GREGORIO XIII, PONTIFICI MAXIMO, SACRO - ILLUSTRISSIMORUM CARDINALIUM COLLEGIO, S. P. Q. R. - - -Carolus IX, Christianissimus Francorum Rex, zelo zelatus pro Domino -Deo exercituum, repentè, velut angelo percussore divinitùs immisso, -sublatis unâ occidione propè universis regni sui hereticis -perduellibusque, tanti beneficii immemor nunquam futurus, consiliorum -ad eam rem datorum, auxiliorum missorum, duodecennalium precum, -supplicationum, votorum, lacrimarum, suspiriorumque ad Dominum -Omnipotentem Maximum, - -Suorum et Christianorum omnium planè stupendos affectus, omninò -incredibiles exitus, modis omnibus redundantem divino munere -satietatem, ipse nunc solidissimorum gaudiorum aflluentissimus -gratulatus, - -Tantam felicitatem, quæ, Beatissimi Patris Gregorii XIII pontificatûs -initio, non multò post ejus admirabillem et divinam electionem, -evenerit, unà cum orientalis expeditionis constantissimâ et -promptissimâ continuatione, ecclesiasticarum rerum instauratione, -marcescentis religionis vigorem et florem certò protendere auguratur. - -Pro isto tanto beneficio, conjunctis vobiscum hodiè ardentissimis -votis, absens corpore, presens animo, hìc, in æde Sancti Ludovici, avi -sui, Deo Omnipotenti Maximo gratias agit quàm maximas, utque spes -hujusmodi ne fallat, ejus bonitatem supplex deprecatur. - -Carolus tituli Sancti Apollinaris S. R. E. Cardinalis de Lotharingiâ -hoc omnibus significatum et testificatum esse voluit; anno Domini M. -C. LXXII, II Id. septembris. - - -(Litteris romanis aureis majusculis descriptum, festâ fronde velatum, -ac lemniscatum, et supra limen ædis Sancti Ludovici Romæ affixum, anno -et die prædictis). - - - - -CXXVI - -LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du VIIIe jour de septembre 1572.-- - - Papiers trouvés chez l'Amiral.--Conseil qu'il donnait au roi de - se tenir en garde contre le roi d'Espagne et la reine - d'Angleterre.--Communication de ces papiers à - Walsingham.--Protestation de Catherine de Médicis contre les - avis donnés par l'Amiral.--Assurance qu'elle veut, ainsi que le - roi, demeurer en constante amitié avec Élisabeth.--Inquiétude - sur la manière dont elle aura accueilli la nouvelle de la - Saint-Barthélemy. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, il s'est trouvé, entre les papiers du -feu Admiral, une longue lettre qu'il escrivoit au Roy, Monsieur mon -fils, laquelle il avoit commencée, dès quand il alla à la Rochelle, et -continuée tousjours jusques à la mort; il y avoit une autre lettre -avec, qu'il escrivoit à Telligny, par laquelle il le chargeoit -expressément qu'après sa mort il présentât et fît voir au Roy la dicte -lettre, par où il traitte et discourt plusieurs choses, luy faisant -des remonstrances; et, entre autres particullarités, luy veut -persuader que les plus grands ennemis qu'il ayt sont et seront -tousjours le Roy d'Espaigne et la Royne d'Angleterre, quelque -démonstration qu'ilz fassent du contraire, les apellant anciens -ennemis de ceste couronne; et conseille le Roy, Mon dict Sieur et -fils, de ne cesser jamais tant qu'il les ayt ruynés tous deux: ce que -je veux faire voir au Sr de Walsingham, escript de la main du dict feu -Admiral, afin qu'il cognoisse comme il n'estoit pas si affectionné à -l'endroit de la dicte Royne qu'il disoit, ny tant desireus de nous -entretenir en amitié avec elle; qui jugera bien sur cela que ce -n'estoit que fiction du dict Admiral et un très dangereus et malin -esprit qui ne pouvoit faire sinon mal, l'ayant bien monstré en la -malheureuse conspiration qu'il avoit faicte contre son Roy et nous -tous, qui luy avons tousjours faict tant d'honneur et de bien; - -Vous ayant bien voullu escrire ce que dessus, afin que, si voyés qu'il -soit à propos, vous en puissiés parler, et le faire entendre à la -dicte Royne d'Angleterre; et l'asseurer que nous fairons tousjours -envers elle le contraire du très malein conseil du dict Admiral; car -nous sommes résolus de continuer à jamais, aultant qu'il nous sera -possible, de nostre part, la vraye et parfaicte amitié d'entre elle et -nous: et tant s'en fault que la veuillons diminuer ny changer, qu'au -contraire, nous desirons la fortiffier, comme peut bien croire la -dicte Royne; desirant et recherchant de si bon coeur et si fort son -alliance, comme nous faisons; et en quoy, suivant ceste dépesche, je -vous prie de persévérer tousjours, afin qu'en ayons la bonne issue que -nous desirons, et que nous faict espérer vostre dernière dépesche, et -ce que de La Mosle nous a dict de bousche; - -Vous priant, au demeurant, nous escrire en quelle part aura pris la -Royne d'Angleterre ce que luy aurés dict de la conspiration du dict -Admiral et de ses adhérans, estant très nécessaire que vous -entreteniés tousjours si bien ceste princesse que nous puissions -demeurer avec elle en bonne paix, et que, du costé d'Escosse, nous y -ayons la bonne part et intelligence que nous avons de tout temps -acoustumé; car il nous importe grandement. Et m'asseurant que vous y -continuerés vos soings et que vous n'y oublierés rien, je prierai -Dieu, etc. - -Escript à Paris, le VIIIe jour de septembre 1572. - - CATERINE. PINART. - - - - -CXXVII - -LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XIe jour de septembre 1572.-- - - Conférence de Catherine de Médicis avec Walsingham sur la - négociation du mariage.--Espoir qu'elle pourra être menée à - bonne fin.--Proposition de l'entrevue dans l'île de Jersey ou - de Guernesey. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, vous estes sy amplement adverty par les -lettres du Roy, Monsieur mon filz, des propos que nous ayons euz avec -le Sr de Walsingam, ambassadeur de la Royne d'Angleterre, ma bonne -soeur et cousine, que, m'en remettant au contenu de la dicte -lettre[131], que je vous prie suivre suivant l'intention de Mon dict -Sieur et filz, je vous diray que j'ay plus d'espérance, à présent, que -le mariage d'entre la dicte Royne et mon filz d'Alençon se faira, que -je n'eus onques; et ne puis croire que icelle Royne ne se résoulde, -après qu'elle aura été esclarcye de la conspiration de l'Admiral et -qu'elle aura bien entendu nostre bonne intention envers elle, et, en -ce faisant, asseurer ses affaires et subjectz, comme elle peut -aisément faire par le moyen du dict mariage. Aussy je vous prie -continuer à faire toujours ce qu'il vous sera possible affin que nous -y verrions clair le plus tost que vous pourrez: estant bien dellibérée -de m'acheminer, et mener mon dict fils d'Alençon avec moy, pour faire -l'entreveue, quand la dicte Royne vouldra. J'estime que, suivant ce -que vous escrit Mon dict Sieur et filz, qu'il soit bien à propos de la -faire ez isles de Jerzay et de Grenezay qui sont de ses possessions et -assés près de la coste de Normandye et d'Angleterre, aussy pour sa -commodité et la nostre; et sy les seuretés qu'elle peut desirer, et -celles aussy, qui seroit besoing que y ayons, se y pourront bien -accommoder, pour une part et pour l'autre, sans aucun doubte de péril -ou danger. Sy elle trouve bon que ce soit ès dictes isles, il ne sera -que bon de sentir de la dicte Royne et ses ministres quand elle voudra -que ce soit, que je desirerois bien estre vers le XXe du moys -prochain, et ce que l'on préparera, d'une part et d'autre, pour sa -seureté et la nostre. Et j'ay veu aussy ce que me mandés du mèdecin -Penna, encores que le visage de mon dict filz d'Alençon soit fort -amandé et qu'il amande touts les jours, sy, suis je bien d'advis que -le dict mèdecin y use des remèdes qu'il m'a faict voir par escript -qu'il y faira; car il me semble que ce soit choses qui ne peuvent -nuyre: estant ce que, pour ceste heure, j'ay à vous dire, priant Dieu, -etc. - -Escript à Paris, le XIe jour de septembre 1572. - - [131] Cette lettre manque; mais la suivante, des 12 et 13 - septembre, numéro CXXX, pag. 355, reproduit en partie ce qu'elle - devait renfermer. - - -Le dict mèdecin aisséra sa pratique sur un paige; et, l'esté, il usera -de ses remèdes en mon dict filz. - - CATERINE. PINART. - - - - -CXXVIII - -LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---des XIIe et XIIIe jours de septembre 1572.-- - - Détails de l'audience accordée par Catherine de Médicis à - Walsingham.--Desir manifesté par la reine de voir continuer la - négociation du mariage.--Crainte témoignée par Walsingham que - les exécutions faites en France contre les protestans ne - rendent désormais cette union impossible.--Protestation de - Catherine que ces exécutions ne doivent en rien altérer - l'amitié avec l'Angleterre.--Remontrances de Walsingham en - faveur des protestans.--Assurance donnée par la reine que toute - protection sera accordée à ceux qui ne conspireront pas;--Que - la tranquillité est entièrement rétablie;--Et que la différence - des religions n'a jamais été un obstacle aux mariages des - princes.--Recommandation faite à l'ambassadeur de surveiller - les intrigues des protestans de France en Angleterre, et de - savoir quel a été le motif de la mission donnée au vice-amiral - d'Angleterre pour la Rochelle.--Communication faite à - Walsingham des papiers trouvés chez l'Amiral.--Nouvelle demande - pour que Montgommery soit livré.--Autorisation qui lui serait - accordée de vendre ses biens, s'il promettait de ne plus - rentrer en France. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, à l'occasion du propos que le Sr de -Walsingam, ambassadeur de ma soeur et cousine, la Royne d'Angleterre, -avoit teneu à Mauvissière, comme vous verrés par ma lettre d'hyer, -j'ay présentement donné audiance au dict ambassadeur et luy ay faict -entendre que le Roy, Monsieur mon filz, et mes filz les Ducs d'Anjou -et d'Allençon, et moy desirons, autant que nous fismes jamais, et -d'aussi grande affection qui se pourroit dire, le mariage de la dicte -Royne, sa Mestresse, et de mon filz d'Alençon; que nous procédions en -cella sincèrement et droictement, et que nous n'eussions pas accordé -de faire l'entreveue, si nous n'y avions une parfaicte volonté; et que -ce qui estoit advenu, de la mort de l'Admiral et des autres, ses -adhérans, ne nous avoit rien faict changer en cella. - -Sur quoy le dict ambassadeur, reprenant à peu près les mesmes propos -qu'il me tint, avant hyer, comme vous verrés par nostre dépesche de ce -jour là, il m'a dict, en protestant qu'il ne me parleroit point en -ambassadeur, pour ce qu'il n'avoit point encores eu lettres de sa -Mestresse, mais seulement de quelques particuliers d'Angleterre, -depuis les nouvelles de la mort du dict Admiral; mais, comme de luy -mesmes, et pour la bonne affection qu'il portoit à l'entretènement de -l'amitié d'entre nous et sa dicte Mestresse, il me vouloit bien dire -que sa Mestresse avoit faict ce dernier traicté avec nous, pour ce -qu'elle voïoit que nous entretenions sincèrement l'édict de -paciffication et permettions en ce royaulme l'exercice de la religion -de sa dicte Maistresse et des princes protestans de la Germanye, et -démonstrions porter si bonne volonté à ceux de nos subjects qui -estoient de la dicte religyon; mais que, voïant ce qui estoit au -contraire adveneu, il estimoit que sa Mestresse seroit en grand -doubte, et que l'on penseroit que cecy eust esté exécuté sellon la -dellibération du consile de Trente, et ce qui feut dict à Bayonne[132] -pour l'extirpation des dicts de la religion. - - [132] Voyez note tom. I, pag. 229. - -Sur quoy, parlant franchement comme j'ay tousjours accoustumé, je luy -ay déclaré que nous avions faict le dict traicté avec la Royne -d'Angleterre, sa Mestresse, pour la bonne affection que nous portions -à elle et à sa couronne, et non avec aucun particulier de ses -subjects; aussi que, de mesme, nous avions estimé que sa dicte -Mestresse eust traicté avec nous et nostre couronne, qui est une chose -stable et permanante, et non avec le dict Admiral ny autres noz -subjects, et que la mort d'icelluy Admiral ne pouvoit rien altérer en -nostre dict traicté; lequel nous voulions, de nostre part, entièrement -garder, et parfaictement observer l'amytié d'entre nous et la dicte -Royne, sa Mestresse, et toutz les dicts princes; et que, quand nous -aurions faict mourir toutz ceux de nos subjectz que nous penserions -qui nous voudroient mal faire et attanter à nostre personne et estat, -que nul ne s'en debvoit altérer, ny pour cella s'en départir de nostre -amytié, non plus que nous ne nous estions mis en peyne, quand la dicte -Royne avoit faict exécutter ceux qui l'avoient voulleu troubler et -attanter à elle, et que ne nous altérions jamais de voir qu'elle feist -en son royaulme (comme il luy estoit permis faire) faire exécution, -quand il y en auroit qui la voudroient troubler comme ceux cy nous -avoient faict et voulloient encore faire; et, quand ce seroit contre -touts les Catholiques, que nous ne nous en empescherions, ny -altèrerions aucunement l'amitié d'entre elle et nous. - -M'ayant, sur cela, le dict ambassadeur parlé de la deffance faicte à -ceux de la religion de faire assemblées, me disant que cella importoit -à l'édit de paciffication, et qu'il sembloit que n'eussions pas -dellibéré de l'entretenir; sur quoy je luy ay dict qu'il ne se meist -poinct en peyne d'en vouloir sçavoir sy avant; et que le Roy, Monsieur -mon filz, dellibéroit d'entretenir le dict édict, et qu'il fairoit en -cella ce qu'il cognoistroit estre à propos pour le bien de son -service. - -Mais icelluy ambassadeur, ne se tenant assés satisfaict de ce que luy -en avoys déclaré, m'a de rechef encores remis sur ce propos, et dict -que sa Maistresse n'avoit voulleu rennouveller les traictés qu'elle -avoit avec le Roy Catholique, pour ce qu'il se manifestoit comme chef -des Catholiques, qui alloient contre ceux de sa religion; et que une -des occasions, pour lesquelles elle avoit traicté avec nous, ce avoit -esté à cause de la bonne démonstration que nous faisions aux dicts de -la religion et à l'entretènement du dict édict; mais qu'il sembloit -que nous le voulleussions rompre à présent, et qu'il en préjugeoit -beaucoup de maulx et la guerre bien grande en ce royaulme. - -Qui a esté cause que je luy ay parlé plus ouvertement du dict édict et -faict entendre que le Roy, Mon dict Sieur et filz, ayant bien cogneu -par expériance, et veu clèrement par les papiers du dict Admiral, -après sa mort, que, par le moyen des presches et assemblées que les -dictz de la religion faisoient, ils establissoient un segond Roy en -son royaulme, et faisoient beaucoup de mauvaises entreprinses et -dellibérations contre luy et son estat, le tenant en subjection; que, -pour ceste cause, il avoit résolu de ne leur plus permettre les dicts -presches et assemblées; que toutesfoys il ne voulloit pas que l'on -contraignît, comme aussy ne fait on, aucun en sa religion, mais que -chascun vive en repos soubz son obéissance comme, grâce à Dieu, l'on -voit que touts ses subjectz s'y disposent, estant desjà un grand -nombre retournez en notre religion catholique, et toutes les villes en -grand repos; ayant ceux de la Rochelle escrit, comme vous verrés par -la dépesche de Mon dict Sieur et filz, qu'ilz sont touts pretz de se -conformer à sa volonté, attandans son commandement. Mr de Biron, qui -en est gouverneur, y est allé pour cest effect. - -Et ayant, pour la fin, dict au dict ambassadeur qu'il se pouvoit -asseurer que, de nostre costé, nous ne diminurions rien de la bonne et -parfaicte amytié que nous portons à sa dicte Maistresse; sur quoy il -m'a dict qu'il continuera à y faire toutz les bons offices qu'il -pourra, et qu'il croit certainement qu'il ne fut jamais sy nécessaire -que le dict mariage se feist, ny qu'il y eust plus d'aparance qu'il se -doibt faire qu'à présent, affin de ralier et fortiffier tous les -princes les uns avec les autres; et m'a demandé commant se pourroit -faire le dict mariage et continuer l'amytié entre les princes, si -l'exercice de la religion n'estoit permis. - -A quoy je luy ay respondu que les feuz Roys Françoys, mon beau père, -et le Roy Henry d'Angleterre, père de la Royne sa Mestresse, encores -qu'ilz feussent différandz de la religion ne laissoient, pour cela, de -s'aymer infiniement; et que, de ce temps là, l'on brusloit beaucoup de -gens pour la religion en France, et que le dict Roy, Henry -d'Angleterre, ny les autres princes de la Germanye protestans, -ausquels nous avions, dès lors, aussy amytié, ne s'en altéroient -point; que despuis, le Roy Henry, Mon Seigneur, avoit voulleu donner -ma fille, qui feut depuis Royne d'Espaigne au petit Roy Edouart, -encores qu'ils feussent différandz de religion; et que les amytiés ne -layssent, pour la religion, d'estre bien bonnes et parfaictes; ayant -remis le dict ambassadeur, le plus que j'ay peu, de ces considérations -raisonnables, dont je vous ay bien vouleu advertir: car je m'asseure -qu'il escrira à la Royne, sa Mestresse, de tous les propos que avons -euz, par où j'ay cogneu qu'il nous voudroit bien, s'il estoit -possible, par ses discours aucunement inthimider affin de gaigner -quelque chose pour l'exercice à ceux de sa religion. - -Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fénélon, le Roy, Monsieur mon fils, -a eu advis que aucuns de ses subjectz, huguenots dyépois, arment et -préparent quelques vaisseaux à la coste d'Angleterre pour courre sur -ceste mer et faire des larcins; que la dicte Royne d'Angleterre, -ayant sceu les nouvelles de la mort du dict Admiral, a envoyé soudain -le visadmiral d'Angleterre à la Rochelle pour y recognoistre et voir -quel il y faict. Il faut que vous pénétriés en cella si avant que nous -en puissions descouvrir sa volonté, et vous ne ferez pas petit service -au Roy, Mon dict Sieur et filz; priant Dieu, etc. - -Escript à Paris, le XIIe septembre 1572. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, j'oubliois à vous dire que j'ay faict -voir au dict ambassadeur ce que le dict feu Admiral escrivoit au Roy -en ceste lettre qu'il chargeoit feu Telligny de monstrer, après sa -mort, à Mon dict Sieur et filz, par où il parloit ainsy mal que Mon -dict Sieur et filz vous escrit de la Royne d'Angleterre. Dont le dict -ambassadeur qui a bien cogneu la lettre du dict feu Admiral, car je -croy qu'il en avoit eu souvant, a esté fort esbahy. - -J'oubliois aussy à vous mander que, quand il m'a parlé de la desfaicte -que icelle Royne, sa Maistresse, avoit faicte de renouveller les -traictés et amityés avec le Roy d'Espaigne, et qu'elle nous avoit -plustost vouleu vouer ses amytiés et moyens que au dict Roy -d'Espaigne, qu'elle en avoit eu l'occasion beaucoup plus grande en -nostre endroict qu'au sien pour ce qu'il avoit tousjours fomenté et -assisté ceux de ses proditeurs qui avoient voulleu entreprendre contre -elle; et nous, au contraire, comme elle sçait très bien, nous avons -faict tout ce que nous avons peu, comme encores ferons nous tousjours, -pour la préserver et l'assister en tout ce qu'il nous sera possible, -ainsy que nous espérons qu'elle fera, de sa part, en nostre endroict; -et que, pour les choses qui sont advenues, et que nous avons, à -nostre très grand regret, esté contraincts de permettre, elle ne -diminuera rien de nostre amytié. - -Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fénélon, vous aurés veu, par la -dernière dépesche que l'on vous a faicte, comme nous desirons que vous -requissiez la dicte Royne de nous fère seurement envoyer le comte de -Montgommery[133]; et, ayant sçu, depuis hyer, qu'il desiroit avoir -permission de vendre les biens qu'il a en France pour n'y plus -revenir, et se retirer du tout en Angleterre, Mon dict Sieur filz et -moy en sommes bien contans. Par quoy, s'il est par dellà, entendés de -luy s'il est en ceste volonté pour nous en donner advis, et l'on luy -baillera la dicte permission telle et sy seure qu'il la vouldra, -pourveu aussy qu'il promette et jure de ne faire aucune menée ni -pratique qui importe ou soit contre le service de Mon dict Sieur et -filz. - - [133] Voyez la lettre du 7 septembre 1572, no CXXIII, p. 335. - -Je desire que vous informiez bien expressément de l'occasion du voïage -que faict le dict visadmiral d'Angleterre du costé de la Rochelle, et, -sy cognoissés qu'il y ait occasion de penser que ce soit contre -l'intention du traicté avec la dicte Royne et amytié que nous avons -dernièrement renouvellée, et que voyés qu'il y ayt quelque subject de -luy en faire remonstrance, advisés de la faire comme de vous mesmes, -et m'advertissés, incontinant, pour vous en mander mon intention; et, -sy le dict visadmiral est de retour, il ne sera point mal à propos que -luy en parliés, aussy de vous mesmes; car il a desmontré, estant -dernièrement avec le comte de Lincoln en ce royaulme, estre fort -affectionné et desireux de l'amytié d'entre les Françoys et Anglois: -aussy, le voyant si bien affectionné, luy feist on un présent, comme -l'on vous a escrit, d'une chesne de six cens escus, ce me semble. - -Du XIIIe jour de septembre 1572. - - CATERINE. PINART. - - - - -CXXIX - -LE ROY A LA ROYNE D'ANGLETERRE. - ---du XXIe jour de septembre 1572-- - - Nécessité où s'est trouvé le roi de permettre l'exécution de la - Saint-Barthèlemy.--Créance remise à l'ambassadeur pour donner à - Élisabeth toutes les explications nécessaires. - - -Très haute, très excellente et très puissante Princesse, nostre très -chère et très amée bonne soeur et cousine, le Sr de Walsingham, vostre -conseiller et ambassadeur résidant par deçà, nous a présenté les -lettres que nous avez escrites, le XIIe de ce moys, et, avec ceste -occasion, nous a faict entendre ce qu'il vous sembloit de l'esmotion -naguières adveneue en ceste nostre ville de Paris; laquelle s'est -faicte, et avons esté contrainct y lascher la main à nostre très grand -regret, pour éviter le danger éminent de la conspiration faicte en -nostre personne et estat, ainsy que la vérité vous en a esté déclarée -par le Sr de La Mothe Fénélon, nostre conseiller et ambassadeur -résidant près de vous; ayant encores fort bien satisfaict vostre dict -ambassadeur sur ce qu'il nous en a dict, ce jourdhuy, comme nous nous -asseurons qu'il vous en advertira avec les mesmes parolles que luy -avons dictes, qui vous seront aussy déclarées par le Sr de La Mothe -Fénélon; auquel nous en escrivons[134], vous priant, de bien bon -coeur, le croire de ce qu'il en faira entendre de nostre part, et -pareillement, sur le retour en Angleterre du dict Sr de Walsingham, -comme vous feriés nous mesmes; qui prions Dieu, très haute, très -excellante et très puissante Princesse, nostre très chère et très amée -bonne soeur et cousine, vous avoir en sa saincte et digne garde. - -Escrit à Paris, le XXIe jour de septembre 1572. - -Vostre bon frère et cousin. - - CHARLES. PINART. - - [134] Voyez la lettre suivante. - - - - -CXXX - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XXIIe jour de septembre 1572.-- - - Satisfaction du roi au sujet de l'audience dans laquelle - l'ambassadeur a rendu compte à Élisabeth de la - Saint-Barthèlemy.--Protestation du roi qu'il veut rester en - paix avec l'Angleterre, et continuer la négociation du - mariage.--Explication sur la nécessité où s'est trouvé le roi - de souffrir les massacres de la Saint-Barthèlemy.--Assurance - que les Anglais trouveront toute protection en France pour leur - commerce.--Affaires d'Écosse.--Négociation du - mariage.--Nécessité d'empêcher la réconciliation d'Élisabeth - avec le roi d'Espagne.--Audience accordée à Walsingham par le - roi et la reine-mère.--Nouvelles explications des causes de la - Saint-Barthèlemy.--Résolution du roi de faire punir les auteurs - des massacres de Rouen. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, il n'eust esté possible de pouvoir mieux -à mon gré, ny plus véritablement, parler à la Royne d'Angleterre, ma -bonne soeur et cousine, et aux seigneurs de son conseil de ce qui est -adveneu dernièrement, à cause de la damnable conspiration du feu -Admiral et de ses adhérans, que vous avés faict, comme j'ay veu par -vostre fort ample et dernière dépesche du XIIIIe de ce moys[135], -espérant que, sellon ce que je vous ay depuis escrit, des premier, -IIe, IIIe et VIIe de ce dict moys[136], vous aurés encore en audiance -de ma dicte bonne soeur et cousine; et que, continuant, par elle, en -la bonne disposition où vous l'aviés laissée, ainsy que j'ay veu par -vostre dicte dernière dépesche, elle aura esté beaucoup confortée en -la vérité des choses comme elles sont passées, tant par ce que la -Royne, Madame ma mère, et moy en avions amplement dict et déclairé, -ces jours icy, en deux audiances à son ambassadeur, qui n'aura pas -failly de luy escrire, que encores par vous selon le contenu en nos -dictes dépesches; et comme je ne desire rien tant en ce monde que -continuer en la parfaicte et sincère amytié d'entre elle et moy et nos -commungs subjects, comme j'espère, de sa part, qu'elle voudra bien -faire; car aussy n'a elle aucune occasion de s'en désister pour -infinyes raisons que vous aurés veues par nos dictes lettres, qui ont -esté dictes par ma dicte Dame et Mère et moy au dict ambassadeur, -desquelles je ne doubte pas qu'il n'aye bien amplement escript à sa -Maistresse comme il a accoustumé et que c'est son debvoir. Mais, le -voyant sy affectionné en sa religion, je craincts aussy un peu, à -présent, plus que je ne soulois, qu'il y aura meslé de la passion -extrême où nous l'avons trouvé au commancement des dictes deux -audiences à cause de la mort de l'Admiral et des autres, avec -lesquels, possible, il conféroit souvant, et qu'il aura peult estre -changé la façon qu'il avoit accoustumé d'escrire à sa Maistresse pour -entretenir et fortiffier nostre bonne amytié et conduire le faict du -mariage d'elle et de mon frère, le Duc d'Alençon. Toutesfoys j'estime -qu'aïant bien considéré la vérité des choses, ainsy qu'elles luy ont -esté sy sincèrement déclarées et représantées, qu'il retournera -tousjours en cella à sa première bonne inclination; car aussy, ainsy -qu'il nous a dict, son advis est que sa dicte Maistresse se doibt -maintenant plustost lier et fortiffier d'amytié avec nous -qu'auparavant que cecy advînt par les raisons emplement portées par -nos dictes dernières dépesches, auxquelles je m'en remettray, en -attendant que j'aye parlé au dict ambassadeur, qui nous feist hyer -dire qu'il avoit eu lettres de sa dicte Mestresse, sur lesquelles il -demanderoit bientost audience. - - [135] Voyez CCLXXIVe dép., tom. V, pag. 120. - - [136] Les lettres des 1er, 2 et 3 septembre manquent. - -Ceste cy sera premièrement pour vous dire que vous asseurerés, de ma -part, la dicte Royne que, quelque chose qu'elle vous ayt dict, il ne -faut pas, s'il luy plaist, qu'elle croye que personne de ce monde ayt -jamais tant de pouvoir envers moy que de me faire en rien diminuer et -desmouvoir de la vraye amytié que je luy porte, et que je la prye -d'estre tousjours aussy ferme envers moy et les miens que je veux -estre et demeurer à jamais en son endroict; que, quand aux deux -poinctz qu'elle vous a dict qu'elle desiroit, pour l'amitié qu'elle me -porte, que je feisse: le premier, sur ce qu'elle desire que -j'esclaircisse de mesmes elle, les princes et potentats de la -Chrestienté, de ce faict, affin qu'ils demeurent bien édiffiés que ce -n'a esté nullement de mon costé que la foy et promesse envers mes -subjects de la dicte relligion a commancé à se rompre, mais que ce a -esté de leur part; et que, pour l'autre poinct, je maintienne par -effaict, à ceux de la dicte religion qui n'ont esté de la dicte -conspiration, mon édict dernier de paciffication: - -Sur quoy vous aurés à luy dire que, par cela, je cognois l'amitié -qu'elle me porte, qu'aussy se peult elle réciprocquement asseurer de -la mienne, et qu'aux choses que je verray qui luy importeront, je luy -donneray, en semblable, le mesme advis et conseil en ma conscience -que je voudrois prendre pour moy; qui ay, dès lors mesme que les -choses adveinrent, faict entendre aux princes et potentats, mes amys, -alliés et confédérés, à la vérité comme toutes choses sont passées en -cecy, de sorte que j'estime que touts en demeurent bien édiffiés; -ainsy que je m'asseure qu'elle faict de sa part. - -Et quand à l'aultre poinct, concernant l'entretènement de mon dict -dernier édict, voyant que beaucoup de mes subjects d'icelle religion, -qui n'estoient de la dicte conspiration, se départoient d'eux mesmes -fort volontairement de faire les presches et assemblées que je leur -avois permises, pour ce qu'ils ont veu certainement que, soubz -coulleur d'icelles, les mauvais d'entre eux y ont faict les menées et -praticques de ceste malheureuse conspiration résolue, et sy preste -d'exécuter que je n'ay eu loisir de les en faire punir par justice -comme j'eusse bien voulleu, mais permettre de faire sur eux ce qu'ils -vouloient faire sur moy, sy je ne les eusse prévenus, j'ay faict -différer les dicts presches et assemblées jusques à ce que autrement -en soit par moy ordonné, et que je verray comme toutes choses se -passeront; laissant néantmoins chascun vivre en sa liberté, doucement -en sa maison; qui est ce qui m'a semblé debvoir faire pour le meilleur -ordre que j'eusse peu donner pour retenir et arrester le peuple -catholique, tant animé contre les dicts de la religion prétandue -refformée, de leur courre sus. - -Et quand aux deux poincts dont ceux de son conseil vous ont aussy -requis qu'ils feussent esclarcys: l'un, de la seureté que leurs -marchands pourroient trouver à Bourdeaux, allans pour les vins; et -l'autre, de ce qu'ils ont à penser de l'armée du Sr Strosse; vous les -asseurerés, quand au premier, que, incontinant que je veis ces -dernières esmotions, je feis publier par touts les ports et hâvres, et -autres endroicts de mon royaulme, où besoing estoit, la déclaration et -deffence que je vous envoye. Et encores que je suis très asseuré que -nul marchant estranger ne sera travaillé ny empesché en mon dict -royaulme, mais, suivant la dicte publiquation, reçu en toute seureté -et liberté, toutesfoys j'ay encores envoyé réitérer les dictes -deffenses et faict spécialle mention des marchands angloys qui -viendront à ceste flotte pour les vins, tant à Bourdeaux que ailleurs, -de sorte que vous pouvés hardiment asseurer les dicts seigneurs du -conseil d'icelle Royne que ceux de leur nation peuvent aussy librement -et seurement commercer en mon royaulme que mes propres subjects; - -Et que, quand à l'armée du Sr Strosse, que j'ay licencié touts les -gens de guerre qui y estoient, ne restant que mes gallères que je ne -puis renvoyer en ceste saison du costé de Marseille, comme je fairois, -sy le temps n'y estoit contraire, asseurant à ce propos ma dicte bonne -soeur et cousine, la Royne d'Angleterre, et les dicts seigneurs de son -conseil, que, tout ainsy que je tiens pour certain que ce qu'elle arme -maintenant par mer et par terre n'est pour entreprendre contre moy, -qu'aussy peult elle croire, sur mon honneur, que sy peu que j'ay de -forces ensemble ne sont que pour garnir mes frontières, voyant mes -voisins armés; et au demeurant que j'ay tant de bonne affection à -l'entretènement de mon dernier traicté que, sy elle a affaire d'aucune -chose que je puisse, elle en sera, sellon l'intention d'icelluy, de -très bon coeur et promptement secourue, comme aussy en espéray je et -me promets le semblable d'elle, que je ne faudrois pas de requérir, -s'il se présentoit occasion où j'en eusse affaire; et que, si besoin -est, je confirmeray encores par escript et serment, icy, ès mains de -son ambassadeur, et elle réciproquement ès vostres, de dellà; mais je -ne voy pas qu'il soit nécessaire, car il n'a rien esté, en façon que -ce soit, altéré ny innové en nostre dict traicté. - -Il fault pour l'accomplissement d'icelluy achever de disposer le faict -du commerce et la paix d'Escosse, en quoy je vous prie de ramentevoir -ma dicte bonne soeur et cousine, la Royne d'Angleterre, et ceux de ses -ministres à qui elle a commis le faict du dict commerce, affin qu'il -soit du tout résolu et arresté, estant très aise que ce que me mandés -qu'elle et les dicts de son conseil ont accordé, d'incister fermement -en Escosse, se face promptement et sans feinte, à ce que la ville de -Lislebourg soit rendue et remise en l'estat qu'elle estoit, comme -aussy le faut il, autrement la dicte Royne et moy y serions -interressés pour nostre réputation; et aussy que l'interprétation de -l'article porté par la suspension d'armes: que «_chascun rentrera en -sa maison_» s'entende des biens tant ecclésiastiques que temporels; et -que la dicte suspension sera encores continuée pour deux moys. C'est -un moyen pour composer avec assés de loysir les affaires d'Escosse; -mais il faut bien expressément, suivant ce que je vous en ay cy devant -escrit et aussy au Sr Du Croq, que vous preniés garde touts deux que -ceste négociation d'Escosse se face rondement, et que l'on marche de -pied droict, de la part d'icelle Royne et du party des comtes de Mar -et de Morton, advertissant le capitaine Granges de se garder de -surprise au chasteau de Lislebourg, leur estant allé Quillegrey au -dict pays d'Escosse pour négocier. Il est à doubter que le Sr de -Drury s'est retiré en sa charge de la frontière de Warvic pour -assembler des forces de ce costé là, aussy bien qu'ailleurs, puisque -sa Mestresse arme, et vouldra prendre coulleur que c'est pour se tenir -sur ses gardes aussy de ce costé là. Il sera besoing d'y avoir l'oeil -bien ouvert, car, tout ainsy que je procède rondement avec elle, -sellon nostre traicté, pour mettre l'Escosse en paix et repos, -n'assistant poinct plus un party que l'autre, je ne vouldrois -permettre que ceux du bon party feussent interressés, et qu'il se -feist quelque surprise et désadvantage sur eux, comme l'on a faict de -la dicte ville de Lislebourg; car, en ce faisant, je perdrois du tout -les alliances que mes prédécesseurs et moy avons, de sy longtemps, de -ce costé là; ce que je vous prie dire franchement à la Royne et à ceux -de son conseil, afin que, de leur part, ils y facent procéder aussy -sincèrement comme je faiz du mien, et que, avant tout oeuvre, la dicte -ville de Lislebourg soit rendue et les articles de la dicte suspension -entretenus. - -J'ay veu aussy ce que me mandés des propos qu'aviés eus, à vostre -dernière audiance, du dict mariage d'icelle Royne et de mon frère -d'Alençon; en quoy j'estime que, pour ce qui est adveneu, elle ne s'en -doibt nullement départir, mais, au contraire, comme je vous ay escrit -que nous a dict son ambassadeur, elle a plus d'occasion de le faire -qu'elle n'avoit auparavant pour les raisons que je vous ay mandées -amplement. Nous attandons la résolution qu'elle prendra sur les -ouvertures que luy aurés faictes de l'entreveue, pour laquelle la -Royne, Madame et Mère, sera tousjours preste, ainsy qu'elle vous a -escript. Mais s'aprochant bientost l'arrière sayson, que les vents -sont grandz, et la mer mal aisée, il sera besoing que bientost elle -s'en résolve, sy jà elle ne l'a faict, afin que la dicte entreveue se -face dans le vingtiesme du moys d'octobre prochain que le temps ne -sera poinct encore mauvais. Voullant aussy que, par mesme moyen et à -ceste occasion, vous la priés, de ma part, de ne changer la -délibération qu'elle avoit prinse d'envoyer par deçà, après -l'accouschement de la Royne, ma femme, le comte de Lecestre ou le -milord grand trésorier; car elle se peut asseurer qu'il n'y veint de -longtemps, de quelque part que ce soit, seigneur qui de meilleur coeur -et de plus grande affection feust receu que l'un d'eux sera, s'il luy -plaist de l'y envoyer, la priant d'oster toutes opinions de doubte et -de danger de leurs personnes; mais, au contraire, l'asseurer qu'ils -seront fort volontiers veus de touts mes subjects, et que toutes -bonnes réceptions et caresses, qu'ilz se peuvent penser, leur seront -faictes, premièrement pour l'honneur d'elle, et puis pour la -considération de leurs qualités et de leurs personnes que je desire -grandement voir, et dont j'ay aussy grande et bonne estime que de nuls -autres que je saiche auprès de prince ou princesse de la Chrestienté; -m'asseurant que, sy l'un des deux y venoit, il y auroit toujours -meilleure et plus grande espérance au mariage pour ce que, suivant ce -que m'avés cy devant escrit, (en quoy je voy grande apparence), la -dicte Royne se fiant du tout en eux comme elle faict, et les envoyant, -l'un ou l'autre, ce seroit autant pour la conclusion du dict mariage -que pour nulle autre chose. - -Je fairay prendre garde à ce que la dicte Royne faira négocier en -Flandres sur la persuasion que luy a faicte Guaras; mais je desire -bien fort, comme je vous ay cy devant escrit en chiffre, que vous -empeschiés, le plus que vous pourrés, la réconcilliation et accord de -ce costé là, et, au contraire, que fassiés ce que pourrés pour -l'acheminer et advancer en l'entreprise et dellibération qu'elle avoit -du costé de Flexingues: à quoy, à vous dire vray, je l'eusse foumentée -sans la descouverte de la malheureuse conspiration du dict feu -Admiral. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, despuis ceste lettre escrite, le dict Sr -de Walsingam, ambassadeur de ma dicte bonne soeur et cousine, la Royne -d'Angleterre, a faict ce matin demander audience, que luy avons donnée -ceste après disnée. Il est premièrement allé devers Ma dicte Dame et -Mère, luy aïant faict entendre, comme à moy, que la dicte Royne, sa -Mestresse, luy avoit fait responce sur ce qu'il luy avoit escrit, et -que vous luy aviés, de ma part, dict par dellà, pour la conspiration -de l'Admiral et mort de luy et de ses adhérans; ce que véritablement -elle avoit trouvé merveilleusement estrange, du commancement, mais -qu'aïant veu ce que luy avions faict entendre de la dicte -conspiration, que, incontinent après, elle s'estoit remise, disant -toutesfois qu'il eust esté trouvé plus à propos que j'en eusse faict -faire la punition exemplaire par justice que de la façon qu'elle a -esté exécutée; et a dict davantaige à Ma dicte Dame et Mère que sa -dicte Maistresse s'esbahissoit encores plus comment Ma dicte Dame et -Mère spéciallement avoit permis que la dicte exécution s'en feust -faicte ainsy, et que, cognoissant que les troubles ne sont pas encores -bien appaisés de deçà, et luy n'y estre pas, à son advis, bien en -seureté, pour ce que le peuple ne se peut garder de mesdire à ses -gens, et aussy qu'il a en Angleterre aucuns particulliers affaires -pour le service de sa dicte Maistresse, qu'elle luy avoit, pour ces -raisons, mandé prendre congé de nous et se retirer pour quelque temps -par dellà, laissant icy son secrétaire pour recevoir nos commandementz -jusques à ce que toutes choses fussent mieux appaisées par deçà. Et, -parlant à moy, il m'en a, peu après, autant dict, et m'a baillé une -lettre de ma dicte bonne soeur et cousine, sa Maistresse, contenant -cella mesmes. - -Sur quoy, Ma dicte Dame et Mère et moy luy avons particullièrement -respondu: quant au premier poinct, que véritablement nous pensions que -sa Maistresse se seroit, au commencement, bien esbahye de la mort du -dict Admiral, mais aussy qu'aïant sceu comme cella estoit passé, et -comme luy et ses adhérans s'estoient tant oubliés que, qui ne les eût -bien soudain prévenus, ilz estoient tous prests de faire sur nous la -mesme exécution qui a esté faicte sur eulx, que je m'asseurois que la -dicte Royne et tous ceux qui en ouyront parler ne pouvoient qu'ils -n'approuvassent ce que j'ay à mon très grand regret permis, et que -j'eusse très volontiers et fort desiré pouvoir faire faire par -justice, n'eust esté que le temps estoit si bref que je n'en avois pas -eu le loisir, ayant esté contrainct, avec grande occasion, de prendre -ceste résolution; voyant que Pardaillant, qui estoit l'un de leurs -premiers et principaulx cappitaines des plus favorisés, et qui estoit -ordinairement près du dict Admiral, estoit venu dès le matin avec -quarante hommes, pensant surprendre la porte de la court des cuisines -de ce chasteau, comme il eust faict, n'eust esté que nous estions -desjà levés sur l'advertissement que j'avois eu de ceste malheureuse -conspiration, en laquelle par cella je feus davantaige confirmé; ayant -un extrême regret de veoir qu'ils se feussent tant oubliés, considéré -les faveurs et honneurs que je leur avois tousjours faicts, et -qu'encore je leur avois sy volontiers permis avoir et porter des -armes, et faict bailler logis à leur commodité, ainsy qu'ilz avoient -voulleu, pensant qu'ils les demandassent pour leur seureté; ayant -aussy à ce propos respondu au dict ambassadeur qu'il n'y avoit pas -grande apparance de pouvoir faire faire le procès à un homme qui avoit -trente mil hommes de pied et quatre mil chevaux tousjours prests en ce -royaulme à son commandement, et qui debvoit estre le IIIe de ce moys à -Meleun, ayant desjà aussy vingt enseignes toutes prestes en -Champaigne; - -Et quand au congé que icelluy ambassadeur nous demandoit, et que la -Royne, sa Maistresse, nous escrivoit luy accorder, que, s'il s'en -alloit sans que sa dicte Maistresse envoyât un autre ambassadeur de -qualité en son lieu, que soudain je vous révocquerois aussy; mais que -je ne croyois certainement qu'il ne se pouvoit faire, de sa part, -chose qui feust plus mal à propos pour ce que chascun penseroit qu'il -y eust altération en nostre traicté, bonne amitié et intelligence, et -qu'après cella il ne falloit pas penser que noz subjectz et ceux qui -avoient à aller et venir en noz royaulmes et pays ne feussent, d'une -part et d'autre, en crainte, et pour ce, qu'il y pensast: car, au -contraire, il nous sembloit qu'il falloit achever de résouldre le -faict de l'entrecours et commerce d'entre noz subjectz suivant nostre -traicté, et, au demeurant, que, s'il pouvoit faire monstrer et -vériffier, par deux tesmoingz seullement, que nul de mes subjectz eût -médit au moindre des siens, qu'il en verroit, à une heure de là, faire -justice exemplaire devant la porte de son logis. - -Sur quoy il nous a dict, principallement à Ma dicte Dame et Mère, -qu'il advertiroit de tout ce dessus la dicte Royne sa Maistresse, et -que, selon la responce qu'il en auroit d'elle, il nous la feroit -entendre et se disposeroit; ayant cependant, affin de le gratiffier, -commandé que l'on luy baille, comme l'on fera, quelque plus grand -logis que celluy où il s'est retiré en la ville. - -Au surplus, Monsieur de la Mothe Fénélon, ayant sceu que le menu -peuple de ma ville de Rouen qui avoit esté, suivant ce que j'avois -dilligemment escrit, fort bien conteneu et gardé de ne courre sus à -ceulx de la dicte religion, feit mècredy dernier une entreprinse -secrette, lorsque l'on ne s'en doubtoit aucunement, sur les dicts de -la religion qu'ils allèrent chercher tant dedans les prysons que en -leurs maisons, et en tuèrent, à mon très grand regret et desplaisir, -aucuns, dont je suis infiniement marry, j'ay, à l'instant, escrit au -Sr de Carronges, mon lieutenant général, et à ma court du parlement du -dict Rouen, (qui firent tout ce qui leur feust possible pour empescher -ceste esmotion), d'en faire faire si bonne et prompte justice qu'elle -serve d'exemple en la dicte ville et en toutes les autres de mon -royaulme, comme je m'asseure qu'ilz fairont; mais pour ce, que je -crains que cella divertisse les marchandz engloix de continuer d'aller -et venir au dict Rouen pour le commerce, j'ay faict faire aussi -spéciallement mention des dicts Englois. Je y ay encores de rechef -envoyé faire republier la déclaration de la liberté du commerce, et -faict faire aussy spéciallement mention des dicts Engloys, de sorte -que je m'asseure qu'ilz y seront autant ou plus respectés et en aussi -grande suretté et liberté que mes propres subjects catholiques; et ne -doibvent aucunement les dict Engloys ny aultres étrangers en entrer en -double. Ce que je vous prie trouver moyen de faire, le plus tost que -pourrés, entendre à ma dicte bonne soeur et cousine, la Royne -d'Angleterre; la remettant, sy elle s'en faschoit, le plus que -pourrés, et l'asseurerés que je ne seray point à mon aize que la -justice n'en soit bien faicte exemplairement, comme il faut croire -qu'elle sera sur ceulx qui ont machiné la dicte entreprinse, laquelle -est très meschante et malheureuse, et comme telle, et estant contre -mon intention, aussy ne demeurera elle pas impunye, ainsy que vous -entendrés cy après; priant Dieu, etc. - -Escrit à Paris, le XXIIe jour de septembre 1572. - - -Je vous envoye la responce que je fais à la lettre de la dicte Royne, -laquelle luy présenterez. Vous verrés ce qu'elle contient par le -double que je vous envoye, qui est quasy de créance, principallement -sur la requeste que m'a faicte le Sr de Walsingam de luy donner congé, -dont vous emploirés vostre dicte exécution sur le contenu cy dessus -qui est ce que avons dict sur cella au dict Walsingam. - - CHARLES. PINART. - - - - -CXXXI - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du IVe jour d'octobre 1572.-- - - Conférence avec Walsingham.--Nouvelle déclaration du roi sur la - Saint-Barthèlemy.--Nouvelles protestations d'amitié pour - Élisabeth.--Assurance que l'armée de Strozzy est - rompue.--Regret manifesté par le roi à raison de l'arrestation - faite de vaisseaux anglais.--Sollicitations de Walsingham en - faveur du vidame de Chartres.--Vives recommandations en faveur - de Marie Stuart. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay veu par vostre ample dépesche du -XXIXe du passé[137], comme les accidens qui sont advenus à Lyon et -Rouen, et ce que l'on a dict, contre vérité, avoir esté faict à mon -chancellier, semblablement aussy quelques prises qui ont esté faictes -à Bourdeaux d'aucuns des vaisseaux des marchans anglois, a grandement -aigry les gens du conseil de la Royne d'Angleterre et faict incliner -les humeurs d'aucuns à dissuader ouvertement d'entendre à une -confédération avec moy. A quoy vous avés sceu et sy bien et prudemment -répliquer, ensemble à tous les autres propos que vous a tenus la Royne -d'Angleterre, ma bonne soeur, qu'il ne s'y pouvoit estre rien dict de -mieux pour la modérer et remètre un peu de la mauvaise impression -qu'elle a prise de mes actions; s'estant terminé ce que vous avés -négocié avec elle en la responce qui vous a esté baillée par escrit -par les gens de son conseil. - - [137] Voyez CCLXXVIe dép., tom. V, pag. 138. - -Sur laquelle je vous diray que le Sr de Walsingham me fit dire, avant -hyer, qu'il avoit heu responce de ma dicte bonne soeur sur les trois -poinctz qu'il luy avoit faict entendre, et qu'il desiroit, à cause que -son indisposition ne pouvoit pas porter qu'il me vînt trouver, que je -depputasse quelcung pour aller devers luy. Et, y ayant envoyé le Sr de -Mauvissière et le secrétaire Brulard, il leur fist un tout samblable -récist que celluy qui est contenu en l'escript que m'avés envoyé, afin -de le me fère entandre et luy randre ma responce; ce que j'ay faict, -ayant esté telle: que, quand au procès concernant la vériffication de -la conspiration du feu Admiral, il s'instruit touts les jours, et -pance l'on que, dedans quelque temps, il sera parfaict; mais la seule -parolle et asseurance que j'ay donnée à la Royne, ma dicte bonne -soeur, d'avoir esté justement mu de faire faire ce qui a esté exécuté -à l'endroict du dict feu Admiral et de ses complisses, luy doit -suffire et satisfaire à son jugemant; autant que tout autre preuve qui -se pourroit exiber juridiquement faicte, n'y ayant personne au monde -qui soit meilleur et plus certain juge que moy du bon traictement ou -de la punission que je dois faire à mes propres subjectz, pour estre -plus certainement informé que nul autre, comme celluy à qui il touche -de plus près, de la vérité de leurs déportemens, ainsy que j'ay esté -assés de ceux du dict feu Admiral, qui m'a faict cognoistre qu'il -estoit très digne de mort pour les maleureux dessains, qu'il avoit en -l'entendement, à la subversion de mon estat. - -Et pour le regard du second point, concernant la continuation de -nostre amitié, je prenois au plus grand plaisir, que j'eusse sçu -recepvoir, d'entandre l'asseurance que ma dicte bonne soeur m'en -donnoit de nouveau, et de se montrer, en ce regard, autant -affectionnée à mon endroict que je montrois au sien: qui me confirme -de plus en plus en la bonne espérance, que j'ay ci devant eue, qu'il -ne surviendra aucune ocasion qui puisse porter altération à nostre -dicte amitié; car je suis délibéré de luy faire cognoistre, plus que -jamais, que je luy suis vray et sincère amy, par tous les meilleurs et -plus amiables déportemens que je pourray, ainsy que mes effaitz, vrais -juges de mon intention, en randront bon et certain témoniage; m'estant -advis que, pour en faire naître entre nous une plus ferme confidence, -il n'y avoit point de meilleur moyen que d'effectuer le mariage de mon -frère, le Duc d'Alançon, dont il a esté ci devant parlé à ma dicte -bonne soeur, lequel la Royne, Madame et Mère, et moy avons tant -desiré et desirons, comme chose que nous cognoissons estre pour le -commung contentement de ma dicte bonne soeur et de nous, et l'évidante -utillité des subjectz de noz deux royaumes, qu'elle s'est résoleue de -venir volontiers à l'entreveue dont il a esté ci devant parlé. - -Il est bien vray que vous vous estiés un peu élargy en cella de dire -que ma dicte Dame et Mère pourroit passer jusques à Douvres, ou pour -l'affection que vous avés cogneu qu'elle y avoit, ou pour n'avoir pas -du tout bien pris ce qui vous en a esté escript: qui est qu'elle -pourroit aller à Boulogne ou à Calais, et ma dicte bonne soeur, d'un -autre cousté, venir à Douvres, pour, de là, se résouldre ensamble du -lieu qui se trouveroit propre et commode pour effectuer la dicte -entreveue. - -Et, quand à la jalousie que ma dicte bonne soeur montre concevoir de -l'armée du Sr Strossy, encore qu'elle n'ait jamais esté mize sus pour -faire aucune offance à ses subjectz, ny à pas un de mes amis et aliés, -sy est ce qu'il s'y peust dire qu'elle est aujourdhui tellement -rompeue et défaicte par licenciement des gens de guerre, dont elle -estoit composée, qu'elle n'a aucune occasion d'en entrer en deffiance; -estans seulement demeurées mes gallaires en Brouaige pour ne pouvoir, -en ceste sayson, passer à Marseilles, ainsy que je le vous ay mandé -par mon autre dépesche. De quoy je prie ma dicte bonne soeur de -demeurer en repos et d'en prendre l'asseurance telle que je la luy -donnois présentement, ayant de nouveau vouleu escripre par tous les -portz et hâvres de mon royaulme, oultre la dernière proclamation qui y -a esté faicte, que l'on laisse en toute liberté traffiquer les -marchands estrangiers et mesmes les Anglois, qui ne doivent point -différer de venir à leurs trafficz acoustumés; car je croy qu'il n'y a -pas ung de mes subjectz qui soit si hardy de les y empêcher, veu ce -qu'ilz ont assés cogneu combien j'ay cela à coeur. Et ay esté marry de -ses vaisseaux qui feurent dernièrement arrestés en Brouaige, que le -baron de La Garde m'a escript et asseuré avoir esté randus et -restitués suivant le très exprès commandement que luy en ay faict. - -Le Sr de Walsingham m'a davantage faict entandre par le Sr de -Mauvissière et le secrétaire Brulart, comme le vidame de Chartres, qui -s'est retiré en Angleterre, a déclairé à ma dicte soeur qu'il avoit -esté contraint d'aviser le fère, sur l'advertissement qui luy feust -donné, estant demeuré en sa maison de la Ferté, après sauvegarde que -je luy avois faict dépescher, que le Sr de Saint Léger, avec quelques -gentilshommes et gens de pied, l'estoit allé chercher pour le prandre; -l'ayant bien vouleu recepvoir, ma dicte bonne soeur, sur ce qu'il luy -a faict cognoistre que je le tenois pour bon et fidel serviteur et -innocent de la conspiration du feu Admiral, ainsi qu'il en faict -apparoir par lettres que je luy en ay escriptes; me priant ma dicte -bonne soeur en ceste considération, et pour satisfaire au dict vidame, -que j'aye agréable qu'il demeure en son royaume pour esviter là toute -occasion de suspition mauvaize que l'on pourroit avoir contre luy en -mon royaume, et que, pandant son absence, je le tienne pour bon et -fidel subject, et luy laisse la jouissance de ses biens, et luy faire -expédier toutes lettres pour ce nécessaires. - -A quoy je luy ay faict faire responce que le dict vidame n'a eu aucune -occasion de se retirer sur volunté que l'on eust de luy mal faire; -car, puisque je luy avois faict bailler ma sauvegarde, ce n'avoit -poinct esté à autre intantion que pour le conserver, ce que je desire -encores de faire; mais, ne pouvant estre son absence hors de mon -royaume et retraicte au dict pays, que mal interprêté, et faire penser -que je ferois mal traicter mes subjects d'Angleterre, je desire qu'il -revienne de deçà avec asseurance que je luy feray faire tout bon -traictement. Estant tout ce que j'ay faict respondre au dict Sr de -Walsingham, qui le fera sçavoir par dellà à ma dicte bonne soeur; vous -en ayant, à ceste occazion, vouleu advertir bien particullièrement, -que vous vous trouviés conforme à ce que vous en dirés à icelle ma -dicte bonne soeur. Et sur ce, etc. - -Escript à Paris, le IVe jour d'octobre 1572. - - CHARLES. BRULART. - - -Monsieur de La Mothe, l'ambassadeur de la Royne d'Escosse me vint hier -trouver, et me pria d'envoyer ung gentilhomme exprès vers la Royne -d'Angleterre, ma bonne soeur, pour la prier, de ma part, d'avoir ses -affaires pour recommandé, et de ne souffrir qu'il luy soit faict aucun -nouveau mauvais traictement pour ce qu'il crainct que, à ce parlement, -il ne soit traicté de quelque chose à son préjudice: ce que je luy ay -respondu me sembler n'estre à propos de faire en ceste saison, et que -cella serviroit, possible, plustot à aigrir ma dicte bonne soeur -contre la dicte Royne d'Escosse. - - - - -CXXXII - -LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du IVe jour d'octobre 1572.-- - - Danger qu'il y aurait pour Catherine de Médicis d'accepter une - entrevue en Angleterre. - - -Monsieur de La Mothe, nous avons aujourdhuy receu vostre dépesche du -XXIXe du passé, et quelques jours auparavant, j'avois eu celle du -XVIIIe[138], à laquelle il n'eschet aucune responce, n'estant que -responsive à mes précédantes dépesches; et aussi d'autant que, par ma -dernière, vous avés esté à plein satisfaict sur les poincts desquels -vous désirés estre esclaircy par celle qui vous est faicte -présentement, il ne vous sera poinct respondu au contenu de la vostre, -du dict XXIXe, d'autant qu'elle vous est faicte un peu en haste, afin -de vous envoyer promptement le saufconduict qu'il est besoin estre -bientost par delà. Ce qui me gardera d'estandre ceste cy plus avant, -sinon de vous dire, en passant, qu'il semble, par la responce que vous -a faicte la Royne d'Angleterre touschant nostre entrevue, que nous en -sommes assés esloignés; car, de passer à Douvres, je pense qu'il n'y a -guière de personnes qui me le conseillassent au temps où nous sommes, -et parmi le regret, que monstre porter en son coeur ma dicte bonne -soeur, des choses qui sont advenues le XXIVe du mois d'aoust passé, -qui est tout ce que je vous dirai en ce lieu, que je prierai Dieu, -etc. - -Escript à Paris, le IVe jour d'octobre 1572. - - CATERINE. BRULART. - - [138] Voyez CCLXXVe et CCLXXVIe dép., tom, V, pag. 133 et 138. - - - - -CXXXIII - -LE DUC D'ALENÇON A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - -(_Escripte de la main de Monseigneur le Duc._) - ---du VIIIe jour d'octobre 1572.-- - - Protestation de dévouement à la reine d'Angleterre. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, vous ne sçauriés faire chose qui me soit -plus agréable que de faire tousjours cognoistre à la Royne -d'Angleterre l'entière amitié et sincère affection que je luy porte; -car, comme elle est si parfaicte en son endroict qu'elle peut dire -avoir maintenant beaucoup plus de puissance sur moy et en pouvoir -mieux disposer que moy mesmes, qui me suis desdié à la servir et luy -en obéir de tout mon coeur, aussy desirè je bien qu'elle en cognoisse -et s'en persuade quelque chose. Et me sera tousjours grand -contantement, bien qu'il soit mal aisé de luy fère par les parolles -une assés vive expression et telle qu'elle soit pour correspondre à ma -vraye affection de penser qu'elle en croye, pour le moingz, une -partie, et demeure persuadée qu'il n'y aura jamais prince en la -Chrestienté, qui soit plus à son commandement, et duquel elle puisse -si librement disposer qu'elle faira tousjours de moy; qui prie Dieu, -etc. - -Escript à Paris, le VIIIe jour d'octobre 1572. - -Vostre bon amy. - - FRANÇOIS. - - - - -CXXXIV - -LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XXIIIe jour d'octobre 1572.-- - - Conférence avec Walsingham.--Desir de Catherine de Médicis que - l'entrevue ait lieu à Jersey; et que Leicester soit envoyé en - France.--Son desir de savoir si Élisabeth consentirait à être - marraine de l'enfant du roi.--Motifs qui doivent dispenser le - roi de jurer de nouveau le traité d'alliance.--Assurance donnée - aux marchands anglais qu'ils peuvent continuer à faire le - commerce en France. - - -Monsieur de La Mothe, attandant que l'on vous face responce à trois ou -quatre dépesches que nous avons receues de vous, et dont la dernière -est du XVIIIe de ce moys[139], qui m'a esté apportée présentement, je -vous ay bien vouleu advertir de la réception d'icelles, et comme -l'ambassadeur d'Angleterre vint hier parler à moy sur trois poinctz, -qui avoient esté par vous proposés à la Royne, sa Mestresse: - - [139] Voyez CCLXXVIIe, CCLXXVIIIe, CCLXXIXe et CCLXXXe dép. des - 2, 7, 13 et 18 octobre 1572, tom. V, pag. 152, 160, 164 et 173. - -Le premier, c'est l'entrevue en l'isle de Gersay ou de Grènezay, au -XXe de ce mois, m'alléguant les mesmes raisons et difficultés, -contenues tant en vostre lettre qu'en la responce que ceux du conseil -vous ont baillé par escript de sa part. - -Sur quoy je luy respondis que ce que j'en avois ainsy advizé estoit, -pensant que ce fust le plus comode, d'autant que l'on m'avoit dict que -l'entreveue ne se pouvoit faire sur la mer, et qu'il estoit meilleur -de la faire en terre ferme, et qu'il me sembloit que je ne pouvois -choisir lieu plus à propos que celluy là, estant les dictes isles à -elle, comme elles sont; et, pour le reguard du jour, que ce que j'en -avois mandé, estoit pensant que la Royne, ma fille, se deust acoucher -plus tost qu'elle n'a faict, et, cepandant qu'elle eust esté en ses -couches, je desirois de faire ce voyage, et la dicte entreveue. - -Le second est d'envoyer icy le conte de Lecestre ou milord grand -trésorier pour visitter la Royne, ma dicte fille, en ses couches; -qu'il pensoit que ce avoit esté faict en intantion de tenir à batesme -pour elle l'enfant que Dieu donnera au Roy, Monsieur mon filz, et -qu'elle, n'estant point de nostre religion, n'y pouvoit assister. - -Je luy dis, sur ce, que l'on n'avoit point pensé encores de fère -élection des compères ou commères, jusques à ce que la Royne, ma dicte -fille, sera acouchée; ains seulement pour le desir que nous avions -qu'elle, envoyant sur ce prétexte quelcun des grands devers nous, nous -puissions conférer avec telle confiance avec luy comme si c'estoit -avec sa personne propre, et qu'elle se peust asseurer que cella ne -tand à aultre fin que pour l'entretènement de nostre amitié, et luy -faire entendre nous mesmes particullièrement plusieurs choses pour -cest effect; et que le Roy Édouard, qui estoit de mesme religion -qu'elle, avoit bien tenu sur les fonds mon filz le Duc d'Anjou. - -Là dessus je desire que, soubs main et plus dextrement que vous -pourrés, et sans en parler de la part du Roy, Monsieur mon filz, ny de -la mienne, vous sçachiés son intention, si, la priant d'estre commère, -elle ne le vouldra pas accepter, et m'en advertir incontinant que vous -en aurés peu sçavoir sa volonté. - -Le troisième, de renouveller le traicté qui a esté dernièrement faict -entre nous par nouveau sèrement, voyant les choses qui s'estoient -passées despuis en ce royaume, ce que nous luy avons accordé, selon -qu'il seroit advizé debvoir estre faict; mais ayant veu despuis, par -leur responce, comme elle dict qu'il n'y a pas occasion de ce faire de -sa part, il n'en y a poinct aussy de celle du Roy, Mon dict Sieur et -filz, d'autant qu'il n'a esté rien faict contre elle et ses subjectz, -et ne luy a esté donné aucune occasion de penser que nous veuillions -aucunement enfraindre nostre traicté, et la promesse et sèrement que -nous avons faict; et si le Roy a esté contrainct de chastier ses -subjectz rebelles, et qui avoient conspiré contre sa personne et son -estat, cella ne luy touche aucunement. Et, pour ce qu'ilz disent que, -voyant les meurtres qui ont esté faictz en plusieurs villes de ce -royaume par les Catholiques contre les Huguenotz, ils ne se peuvent -asseurer de l'intantion et volonté du Roy qu'ilz n'en voyent quelque -punission et justice et ses édictz mieux observés, elle cognoistra -bientost que ce qui est advenu ès autres lieux que en ceste ville, a -esté entièrement contre la volonté du Roy, Mon dict Sieur et filz, -lequel a délibéré d'en faire faire telle pugnition et y establir -bientost ung si bon ordre que ung chascun cognoistra quelle a esté en -cest endroit son intantion. - -Le dict ambassadeur m'a parlé aussy du peu de seureté que les marchans -anglois avoient, à présent, pour leur commerce, tant à la Rochelle que -ez autres portz et hâvres de ce royaume. - -A quoy je l'ay asseuré qu'il y sera pourveu dedans peu de jours de -telle façon qu'elle aura occasion d'en demeurer contante et -satisfaicte, dont vous serés bientost adverty pour le leur faire -entandre; aussy que nous avions sceu qu'elle avoit retiré en ses portz -et hâvres un pirate françois, qui commectoit plusieurs pirateries et -larcins, que je le priois le mander à la Royne, Sa Mestresse, qu'elle -le chassast et ne permist plus qu'il y feust, afin que, tant de leur -cousté que du nostre, ilz ne feussent plus receus ny favorisés en noz -portz et hâvres; priant le Créateur, etc. - -Escript à Paris, le XXIIIe jour d'octobre 1572. - - CATERINE. FIZES. - - - - -CXXXV - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XXVIIe jour d'octobre 1572.-- - - Naissance de la fille du roi.--Offre faite à Élisabeth d'en être - la marraine. - - -Monsieur de La Mothe, ayant pleu à Dieu me faire père d'une fille, je -vous ay aussytost faict dépescher ce porteur, pour vous prier de -sentir dextrement si la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, prandra à -plaisir que je l'envoye prier de la tenir sur les sainctz fondz de -batesme; et incontinant vous ne faillirés de me ranvoyer ce dict -porteur et m'en résouldre. Et n'estant ce mot à autre fin, je prierai -Dieu, etc. - -Escript à Paris, le XXVIIe jour d'octobre 1572. - - CHARLES. FIZES. - - - - -CXXXVI - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du IIIe jour de novembre 1572.-- - - Mécontentement qu'éprouve le roi de la résistance à laquelle se - préparent les habitans de la Rochelle.--Déclaration que les - massacres faits dans les provinces ont eu lieu sans l'ordre du - roi, et que la punition des coupables sera - poursuivie.--Remontrances contre les armemens que les - protestans pourraient tenter en Angleterre.--Protestations - d'amitié, et déclaration que l'armée de Strozzi est réunie pour - marcher contre la Rochelle.--Assurance que le légat du pape - n'est envoyé en France qu'au sujet de la ligue contre le - Turc.--Desir du roi que sa fille soit tenue sur les fonts de - baptême par Élisabeth, et que Leicester soit chargé de passer - en France à cette occasion.--Communication à la reine - d'Angleterre du jugement rendu contre l'Amiral et ses - complices.--Satisfaction donnée sur toutes les plaintes des - Anglais.--Protestation particulière du roi que les massacres de - Rouen ont été exécutés sans son ordre.--Assurance donnée aux - protestans réfugiés en Angleterre qu'ils peuvent rentrer en - France.--Affaires d'Écosse.--Impossibilité où se trouve le roi - d'accorder à l'ambassadeur son rappel.--_Déclaration du roi_ - concernant ceux de la religion en Normandie. - - -Monsieur de La Mothe, despuis l'ample dépesche que je vous fis le VIIe -du mois passé[140], j'ay receu les lettres des IIe, VIIe, XIIIe et -XVIIIe du dict moys, à aucuns poinctz desquelles je vous ay faict -responce, et par ceste cy je vous satisferay à ce qui reste, et aussy -à vostre dépesche du XXIIe du dict mois[141], que je receus avant hier -de vostre secrétère; et vous diray que, comme je congnois fort bien de -quelle importance m'est la ville de la Rochelle, j'ay faict essayer, -par tous les moyens les plus doux que j'ay peu, et faict tenter, par -personnes que j'ay pansé que mes subjectz de la dicte ville auroient -plus agréables et en qui ils auroient plus de créance et assurance de -ma bonne volonté, pour essayer de m'y faire obéyr et randre -l'obéyssance qui m'est deue par voye amiable, dont j'ay esté quelques -jours en assés bonne espérance; mais il samble maintenant que l'on les -en dissuade et qu'ilz n'y soient pas si bien disposés que j'espérois, -dont il me déplaist bien fort: car les ay faict asseurer de tout ce -qu'il m'a esté possible de leur pouvoir accorder, comme encores je -fais. Et ay quelque opinion que ce qui les a divertis de la bonne -volonté où ilz monstroient, il y a quelques jours, d'estre, est que -l'on leur promect assistance et ayde, de quoy il me déplaist bien -fort; car si, par la voye amiable, ils ne se réduisent à me randre -l'obéissance qu'ilz me doibvent, je seray contrainct, à mon très grand -regret, d'y pourvoir par aultre moyen, délibérant pour ceste occasion -d'envoyer mon frère, le Duc d'Anjou, de ce costé là, pour leur faire -faire toutes les persuasions qu'il sera possible, et leur bailler et -faire toutes les plus grandes seuretés qui se pourront. - - [140] Cette lettre manque. - - [141] Voyez CCLXXVIIe, CCLXXVIIIe, CCLXXIXe, CCLXXXe et CCLXXXIe - dép., tom. V, pag. 152, 160, 164, 173 et 180. - -Cepandant vous faictes fort bien (aux exagérations qui se font par -delà, comme j'ay veu par vostre lettre, des choses qui sont icy -advenues et du grand nombre des personnes que les ministres, qui s'en -sont fuis en Angleterre ont dict avoir esté tués, tant en l'esmotion -de ceste ville de Paris que despuis), de persister tousjours à dire -que ces choses sont advenues contre ma volonté et à mon très grand -regrect, comme aussy la vérité est telle; et mesmes que ce qui a esté -exécuté, depuis quelques jours en ça, à Roan et aultres villes, ce a -esté par meschantes personnes qui ne demandent qu'à piller et qui -n'ont espargné non plus les biens des Catholiques que ceux des -aultres, s'ils ont peu mectre la main dessus. Dont je fais poursuivre -la pugnition exemplaire avec toute la dilligence qui se peut, comme -en chose qui me déplaist infiniment et dont j'ay bien fort à cueur de -faire justice. - -J'ay bien considéré ce que me mandés de Sores et aultres cappitaynes -de marine, mes subjectz, qui sont passés de dellà. Je vous prie de -faire toute l'instance qu'il vous sera possible envers ma bonne soeur, -la Royne d'Angleterre, à ce qu'ilz n'obtiennent aucune permission -d'exercer choses semblables qu'ilz ont faictes aux derniers troubles; -car ce seroit autoriser et donner lieu aux pirateries qui, sans cela, -s'exercent aujourdhui assés grandes entre l'Angleterre et les costes -de mes païs de Normandie et Bretaigne, dont il m'est venu plusieurs -plainctes par les marchands du dict païs de Normandye. A quoy le dict -Sr de La Meilleraye m'a escript vous avoir envoyé les mémoires pour en -faire remonstrance à ma dicte bonne soeur; ce que je vous prie de -faire soigneuzement; luy faisant bien entandre que, comme, de mon -costé, j'ay porté et porte, ung infiny respect à toutes choses qui -touchent la conservation de nostre commune amitié, elle veuille aussy, -de sa part, en faire de mesme, et ne croire aysément gens passionnés -comme sont les dicts ministres, que me mandés qui sont fuis d'icy à sa -court: lesquelz, ou leurs semblables, elle vous a aultresfoys confessé -estre cause de toutes les discentions qui se nourrissent entre les -peuples, ny aussy les autres impostures qui luy sont proposées pour la -retirer de mon amitié; estimant que la remise qui vous fut faicte, -comme j'ay veu par vostre dépesche du dict VIIe du passé, de vous -donner audience, n'a pas esté du tout fondée sur l'indisposition de ma -dicte bonne soeur, mais pour avoir plus de temps et de loisir à vous -faire faire les responces que ceux de son conseil vous ont despuis -baillées; et voir cepandant ce qui luy seroit mis en avant par les -depputés du duc d'Alve, et aussy mes déportemens sur la grande doubte -que me mandés qu'elle a des vaisseaux et gens de guerre qu'a le Sr de -Strossi. - -Sur quoy je vous prie l'asseurer tousjours de ma parfaicte amitié en -son endroict, et de la sincère affection, que j'ay, de garder et -observer inviollablement nostre dernier traicté, et que ce qui a esté -cause que j'ay faict rassembler les forces du dict Strossi, que -j'avois, pour certain, entièrement licentiées, a esté pour ce que je -voy que les dictz de la Rochelle, au lieu de l'espérance que j'avois -qu'ilz seroient si saiges que de se conformer à ma volonté et accepter -les résonnables offres et conditions que je leur ay envoyées, je veoy -ce soudain changement en eulx; aussy que j'ay certainement sceu et veu -par des lettres interceptées que le conte de Montgommery et aultres de -mes subjectz, qui sont en Angleterre, les asseurent qu'ilz auront -secrètement tout le secours qu'ilz voudront de la dicte Royne -d'Angleterre et toute l'assistance qui leur sera nécessaire, sans que, -pour cella, elle se déclaire à la guerre contre moy. Qui vous prie, -pour ceste raison, le luy faire entandre et l'asseurer que, comme je -suis parfaictement résolu d'entretenir la vraye amitié d'entre elle et -moy, et la secourir, quand elle en aura besoing, contre qui que ce -soit où elle pourroit avoir affaire de forces, et feût ce pour cause -de religion; et qu'ayant veu ce que m'avés si souvant escript qu'elle -vous a partant de fois dict, et que m'a encores asseuré de sa part son -ambassadeur despuis la dernière esmotion advenue en ceste ville, je ne -puis penser ny ne veux croire cella d'elle, mais au contraire la -persévérance de nostre dicte bonne et perfaicte amytié, laquelle j'ay -tousjours extrême desir et espérance de voir augmenter et randre -indissoluble entre elle et moy et les miens; vous priant le luy dire -bien expressément et l'en asseurer; et luy présentant les lettres que -je vous envoye, sur la créance desquelles vous l'asseurerés aussy que -le légat du Pape, que Sa Saincteté envoye vers moy, qui doit estre -bientost par deçà, estoit parti de Rome avant le jour de ces esmotions -adveneues en ceste ville, et qu'il vient, à ce que j'ay sceu, pour me -persuader de la part de Sa Saincteté (voyant, par elle, que le Turc -faict ung grandissime préparatif pour l'année prochaine) d'entrer en -la ligue, ce que suis délibéré et entièrement résolu de ne pas faire, -pour ce que mes affaires ne le peuvent maintenant permettre. - -Et sera aussy bon et bien à propos que l'asseuriés expressément qu'il -ne vient pour nulle aultre occasion, luy faisant par mesme moyen -entandre l'acouchement de ma femme, et comme Dieu m'a donné une belle -fille, dont vous vous réjouirés de ma part avec elle, et luy dirés la -charge que je vous ay donnée de ce faire, desirant bien fort que, -suivant ce que je vous ay, ces jours icy, escript, vous sentiés -accortement d'elle ou de ses ministres, mais monstrant que ce soit -comme de vous mesmes, et sans qu'elle ny eux cognoissent que je vous -en aye escript, si elle auroit agréable que je l'envoyasse prier -d'envoyer tenir ma dicte fille sur les sainctz fonds de bastême par le -Sr conte de Lecestre; car je pense que cella, ainsy que j'ay aussy veu -par une de voz lettres, seroit bien à propos et ung vray moyen, comme -m'escripvés, de renouveller la vraye et entière amitié d'entre elle et -moy et noz subjectz; car je m'asseure que, y envoyant pour elle le -dict Sr conte de Lecestre, ce ne seroit pas sans qu'elle luy donnast -aussy bien expresse charge de la négociation ez laquelle nous -desirons, il y a desjà si longtemps, veoyr quelque heureuse fin, ny -aussy sans que le dict Sr conte de Lecestre s'en retournât fort -contant, et qu'il ne se prînt avant son partement par mesme moyen -quelque bonne résolution en la dicte négociation de mariage. - -Et encores que je ne sois tenu randre aulcun compte à qui que ce soit -de mes actions, toutesfois, pour faire veoir clèrement à la dicte -Royne la malheureuse délibération du feu Admiral et de ses adhérans, -je vous envoye le jugement qui a esté donné contre eux, par lequel -elle verra clèrement comme ma court de parlement a jugé, avec toute -intégrité, ainsy qu'elle a accoustumé, les dictz conspirateurs; en -laquelle conspiration, comme il s'est deuement vériffié, ilz avoient -délibéré (qui ne les eût bien soudain prévenus) de venir exécuter -jusques en mes chasteaux ceux qu'ilz avoient en inimitié, et -n'esparnier aussy mes frères et la Royne, ma mère, voire s'adresser à -moy mesme, ou, pour le moingz, me retenir en leur puissance et -miséricorde. Et ne sçay qu'ilz eussent faict s'ilz se feussent veus -plus avant; car ilz avoient desjà adverty en toutes leurs esglizes de -prandre les armes, dont les plus près debvoient estre icy dedans deux -ou trois jours après. - -Sur quoy je remets à vous de vous estendre ou restreindre selon -l'occasion, et ainsy que verrés qu'il sera à propos, vous conformant à -ce que je vous en ay cy devant escript; l'asseurant aussy, par mesme -moyen, que, suivant ce que j'estime que son ambassadeur luy aura faict -entendre, j'ay faict faire incontinant entièrement à sa satisfaction -les expéditions sur les trois articles que m'a présanté son -ambassadeur, ainsy que verrés par les apostilles escriptz sur les -marges d'iceux, desquels et des dictes expéditions je vous envoye -aussy les doubles, voulant que la priez de ma part, et ceulx de son -conseil, de faire samblable bonne expédition et justice à mes pauvres -subjectz, qui se pleignent journellement à moy et à mon conseil des -déprédations qui se font sur eux par les subjectz d'icelle Royne; -estant bien ayze que les marchans anglois soient partis pour la flotte -des vins, m'asseurant qu'ilz ne recevront aucun desplaisir, mais, au -contraire, seront receus et recueillis aussy humainement et seurement -en tous les endroictz de mon royaume qu'ilz sçauroient desirer. - -Ne voullant, au demourant, oublier de vous respondre aux propos que -vous ont tenus ces trois seigneurs du conseil de la dicte Royne; je -vous diray, sur ce qu'ilz dient que j'ay commandé, comme aucungz les -ont asseuré, faire l'exécution de ce qui est adveneu à Rouen, que -c'est une imposture bien grande; car, tant s'en fault, qu'au contraire -j'escrivis, par plusieurs fois, fort expressément au Sr de Carrouges -de garder, par tous moyens, qu'il n'advînct au dict Rouen aulcune -esmeute, et, Dieu m'en est tesmoing, combien j'ay de regret que les -personnes qui n'avoient intelligence des mauvaises conspirations des -chefz de la dicte relligion ayent souffert et pâty, m'asseurant que -vous ouïerés bientost parler de la justice exemplaire qui en sera -bientost faicte au dict Rouen. - -Quant aux nouvelles de Rome, se sont aussy impostures, à quoy l'on ne -doit prandre guarde, mais, au contraire, penser, comme chacun sçait, -que je ne donne charge de mes affaires au dict Rome qu'à mon -ambassadeur. - -Quand à ceux de mes subjectz qui se sont retirés de delà, vous avés -très bien faict, comme j'ay veu par une de vos dictes dépesches, -d'avoir remonstré à la dicte Royne que je ne puis que cella ne me -déplaise, attandu qu'ilz ont plus de seureté par toutes les provinces -et villes de mon royaulme qu'ilz n'ont en Angleterre, veu les doubtes -où est icelle Royne d'eulx ou des estrangers qui sont en son dict -royaume; et puisqu'elle en faict faire descriptions, c'est signe -qu'elle mesme n'en a pas grande asseurance. J'ay faict une ordonnance -qui sera bientost publiée, par laquelle ilz verront ma bonne -intention, et comme je ne veux ny n'entans qu'il leur soit faict aucun -tort ny desplaisir ez leurs personnes et biens, ce que encore vous -pourrés dire à ceux de mes dictz subjectz qui parleront à vous, afin -de les faire revenir, comme je desire qu'ilz fassent, dedans ung mois -après la publication d'icelle. - -Et quand à ce que vous a dict le Sr de Coulombières, je m'esbahis bien -comme il s'en est allé, veu que j'estois si contant de luy et de sa -réduction et contamplation, de laquelle je luy fis envoyer une -sauvegarde bien ample; mais j'ay entandu que c'est le conte de -Mongommery et ceux qui se sont retirés ez isles de Jerzay et Grènezay -qui l'avoient envoyé devers la Royne d'Angleterre, de laquelle il en a -raporté résolution de les assister, avec plusieurs dépesches et -lettres qu'elle a escriptes et envoyées par le dict Coulombières, dont -il sera bon que vous vous enquériés secrètement pour m'en donner -advis; et des autres menées qui se font à mon préjudice par ceux de -mes dictz subjectz qui sont par delà, à quoy je m'asseure que vous -fairés tout ce qu'il vous sera possible pour y pénétrer bien avant et -aussy de la volonté que la dicte Royne a devers eux. Et advenant que -le dict Coulombières retournât où vous estes, ou que luy puissiés -escripre, asseurés le que, s'il veut retourner en sa maison, et se -conformer à ma volonté tant bonne et saincte, il y sera receu et -pareillement ceulx de mes aultres subjectz qui auront ceste bonne -volonté, se pouvans tous asseurer de vivre à repos et sans estre -aucunement inquiétés ni molestés, en mon royaulme, et ne fault point -qu'ilz en ayent aucune fraïeur; car, sur mon honneur, et en vérité, il -ne leur sera faict aucun tort ni desplaisir. - -J'attans icy bientost les sieurs Du Crocq et de Vérac pour entandre -d'eulx les particullarités des affaires d'Escosse; mais cepandant, -pour ce que Quillegrey, qui y est encores demeuré, tâchera, comme j'ay -sceu qu'il commance, de faire tout ce qu'il pourra contre ceux du bon -party pour maintenir et advantager le conte de Mar et ceux de son -party, et diminuer, par ce moyen, tousjours le plus qu'il pourra, -l'auctorité de ma belle soeur, la Royne d'Escosse, il est besoing que -quelquefois vous escripviés en Escosse aux seigneurs qui y sont bien -affectionnés au bon party, et au lair de Granges et à Ledinton, et les -conduisiés à ce que verrés qu'ils auront à faire pour le bien de mon -service, seureté de Lislebourg et autres places qu'ilz tiennent, et -aultres choses concernans le bien et les advantages de ma dicte belle -soeur, laquelle il sera bon que vous recommandiés tousjours doucement -à icelle Royne et à ceux de ses ministres qui luy sont le moingz -rigoureux; mais j'entans, si voyés que le trouviés à propos, et que -cella ne puisse nuire à mes affaires et aux siens. - -J'ay veu aussy ce que m'escripvés pour vostre congé, que véritablement -je serois, comme il est résonnable, bien contant de vous donner pour -venir donner ordre à voz affaires; mais, considérant le temps et -l'estat des miens en vostre charge, je ne le vous puis accorder sans -les incommoder et préjudicier beaucoup. Voilà pourquoy je vous prie -demeurer encore pour quelque temps par delà et jusques à ce que nous -voyons quelz chemins prandront la négociation du mariage, le faict du -commerce et les affaires qui naissent à présent, qui ne sont pas de -petite importance, ausquelz ung autre seroit bien nouveau; aussy que -la dicte Royne d'Angleterre, si je vous révoquois, pourroit penser que -ce feust pour quelque aultre occasion qui peut estre l'altèreroit; -priant Dieu, etc. - -Escript à Paris, le IIIe jour de novembre 1572. - - CHARLES. PINART. - - - INSTRUCTION mandée par le Roy aux gouverneurs de Normandie de ce - qu'ils auront à faire vers ceulx de la nouvelle religion. - - --du IIIe jour de novembre 1572.-- - - Le Roy, ayant congneu que la déclaration qu'il a faicte sur les - occasions qui se sont puis naguières présentées en ceste ville de - Paris, les mémoires et instructions de sa volonté qu'il a - envoyées de toutes partz aux gouverneurs de ses provinces et - lieutenans généraux en icelles, et lettres particullières qu'il - leur a escriptes et à ses courtz de parlements et aultres - ministres et officiers de justice, n'ont peu, jusques icy, - empescher les cours des meurtres, pilleries et saccagements qui - se sont faictz en la plupart des villes de ce royaulme, au grand - desplaisir de Sa Majesté: - - Advise, pour le plus singulier remède, envoyer tous les dictz - gouverneurs en chascung de leurs dictz gouvernementz, asseuré - que, attendu leur qualité et le pouvoir qu'ils ont de Sa Majesté, - ilz sçauront bien faire suyvre et observer son intention, de - laquelle, pour en estre plus amplement esclarcie, Sa dicte - Majesté a faict dépescher ses lettres patentes qui leur seront - baillées, lesquelles il entend qu'ils facent exactement observer; - oultre le contenu desquelles, monseigneur le duc de Bouillon, - gouverneur et lieutenant général de Sa dicte Majesté au pays et - duché de Normandye, et en son absence, Mr de Carrouges, l'ung des - lieutenantz de Sa dicte Majesté au dict gouvernement, fera venir - devers luy les gentilzhommes de la nouvelle opinion résidans en - son gouvernement et charge; - - Leur dira que le vouloir et intention du Roy est de les - conserver, eux, leurs femmes, enfans et famille, les maintenir en - la possession et jouissance de leurs biens, pourveu que, de leur - part, ilz vivent paisiblement, rendans à Sa Majesté l'obéissance - et fidélité qu'ilz luy doivent, ce que faisant, le Roy aussy les - gardera qu'ilz ne soient, par voye de justice ny autrement, - inquiétez ny molestez en leurs personnes ni biens, pour raison - des choses faictes et passées durant les troubles, devant l'édict - de paciffication au moys d'aoust 1570. - - Après, les admonestera amiablement de ne persévérer plus - longuement en l'erreur des nouvelles oppinions, et de revenir à - la religion catholique, se réconciliant à l'Eglise apostolique et - romaine, en la doctrine et obéissance de laquelle le Roy et ses - prédécesseurs et leurs subjectz ont tousjours sainctement vescu, - et ce roïaulme s'est heureusement conduict et maintenu, leur - remonstrant les malheurs et calamitez qu'on a veuz en ce dict - royaulme, depuis que ces nouvelles oppinions sont entrez aux - espritz des hommes; de combien de maulx elles ont esté causes; - qu'elles ont desmys ceux qui en ont esté imbuz du droict chemin - qu'avoient tenu leurs ancestres; elles les ont faict séparer - premièrement de l'Église et, en après, de leurs plus proches - parens; se sont aussy esloygnez du service de leur Roy, voire de - l'obéissance et fidellité qu'ilz luy doibvent, comme l'on a veu - depuis ce règne; - - Que, jaçoit que les autheurs et chefz de ceste part ayent voulu - couvrir leurs actions du tiltre de la religion ou de conscience, - toutesfois les oeuvres et effectz ont assez monstré que le nom de - religion n'estoit qu'ung masque pour couvrir toutes les - machinations et désobéissances, et, soubz ce prétexte, assembler, - suborner et gaigner gens, les abstraindre, et par serment faire - jurer en la cause, soubz ce tiltre de religion, et par telle voye - les distraire de la naturelle affection qu'ilz doibvent à leur - Roy, conséquamment de son obéissance, estant assez notoire que, - quelque commandement qu'ayt peu faire le Roy à ceux de la - nouvelle oppinion ilz ne luy ont obéy, depuis son règne, synon - aultant qu'il playsoit à leurs chefz; au contraire, quand leurs - dictz chefz ont commencé prendre les armes, s'eslever, s'emparer - des villes, brusler les églises, piller et saccager, bref, de - troubler tout le royaulme, le remplir de feu et sang, ceulx qui - s'estoient ainsy desvouez de les suivre oublyoient toute loyauté, - tout devoir de bons subjectz, pour obéyr et exécuter leurs - commandementz; - - Lesquelles choses sy les dictz gentilzhomes veulent bien - considérer, ilz jugeront facilement combien seroit leur condition - malheureuse et misérable, s'ilz persévéroient plus longuement en - leur erreur; car ilz peuvent bien d'eulx mesmes estimer que le - Roy, enseigné par l'expérience de tant de dangers dont il a pleu - à Dieu préserver luy et son estat, ayant esprouvé les malheurs et - calamitez que ce royaulme a souffertes et les entreprinses des - chefz de ceste cause, leurs adhérans et complices, ne se servira - jamais volontiers, ny ne se fiera d'un gentilhomme, son subject, - qui tiendra oppinion en la religion aultre que la catholique; en - laquelle ainsy le Roy, suivant ses prédécesseurs, veut vivre et - mourir. - - Il vent aussy pour oster toutes défiances entre ses subjectz, - pour estaindre la source de discorde et séditions, que tous ceux - principalement des gentilzhommes, desquels il se sert en lieux - plus honnorables, qui desireront estre de luy recongneuz pour - bons et loïaulx subjectz, qui vouldront avoir sa bonne grâce et - estre de luy employez ès charges de son service, selon leurs - degrez et qualitez, facent profession et vivent, dorsenavant, en - mesme religion que la sienne; - - Ayant esprouvé que jamais les discordes et guerres civiles ne - cesseront en ung estat, où il y aura diversité de religion; et - qu'il est impossible à ung roy maintenir en ung mesme royaulme - ceste répugnance de religion, qu'il ne perde la bienveillance et - obéissance de ses subjectz; - - Voire que ceux qui seront de religion répugnante à la sienne ne - desirent en leur coeur que changement de roy et estat. - - Par les raisons susdictes et autres, les dictz Srs de Buillon ou - Carrouges pourront amener, et à mesme fin s'efforceront à - persuader à la noblesse, et aultres personnes qualiffiez de la - dicte nouvelle oppinion, de retourner d'eux mesmes et de leur - franche volonté à la religion catholique, et de abjurer la - nouvelle, sans attandre plus exprès éedictz et commandementz du - Roy: car, en quelque sorte que ce soit, le dict Seigneur est - résollu faire vivre ses subjectz en sa religion, et ne permettre - jamais ny tollérer, quelque chose qui puisse advenir, qu'il y ayt - aultre forme ny exercice de religion en son royaulme que de la - catholique. - - Le dict Sr duc de Buillon ou le dict Sr de Carrouges communiquera - aux gens de la court du parlement du dict pays la déclaration de - Sa dicte Majesté, affin qu'ilz entendent quelle est son intention - et la bonne fin à laquelle elle tend, au bien, repos et réunion - de ses subjectz, pour par le dict Sr duc de Buillon ou le dict - Sr de Carrouges et la dicte court de parlement, à laquelle Sa - Majesté envoyera bientost semblable déclaration, estre procédé de - mesme pied et commune intelligence et correspondance à l'effect - que dessus, à ce que le fruict, repos et utillité en puisse - réussir tel que Sa Majesté desire, non seulement pour ce qui la - peult regarder, mais pour l'universel de son royaulme. - - Les baillifz et séneschaux, qui ne sont de la qualité requise, - passeront procuration pour résigner dedans ung moys leurs offices - à gentilzhommes capables, de la qualité portée par l'éedict sur - ce faict, qui les pourront tenir et exercer; et à faulte de ce - faire, Sa Majesté les desclare, dès maintenant comme lors, privés - de leurs offices, et affin qu'ilz n'aient occasion de couleur de - remise et excuse, elle entend et leur permet qu'ilz puissent - résigner leurs dictz estatz, sans pour ce païer aulcune finance. - Tous baillifz et séneschaux résideront en leurs bailliages et - séneschaussées sur peyne de privation, et où ilz ne pourront ce - faire pour autres empeschemens, seront tenus de résigner; ce que - Sa dicte Majesté entend pareillement qu'ilz puissent faire sans - payer finance. - - Tous archevesques et évesques résideront sur leurs bénéfices, et - ceux qui, par vieillesse ou aultre indisposition de personnes, ne - pourront prescher et annoncer la parolle de Dieu, et eulx mesmes - édiffier leur peuple, et faire leurs autres fonctions appartenans - à leur charge et dignité, seront tenus de prendre et choisir ung - coadjuteur pour les soullager et s'emploïer au debvoir de leur - charge, auquel coadjuteur ilz assigneront pension honneste et - raisonnable, telle qu'elle sera advisé selon les fruictz et - revenu du dict bénéfice. Les curez résideront pareillement sur - leurs bénéfices ou seront admonestez de les résigner à aultres, - qui résideront par personnes, et feront le debvoir de leur - charge. Les archevesques et évesques s'informeront de ceulx qui - tiendront les abbayes, prieurez, cures et autres bénéfices, qui - sont en leurs diocèses, de quelle qualité ilz sont, et le debvoir - qu'ilz rendent en l'administration de leurs bénéfices, dont ilz - feront procès verbal qu'ilz métront ès mains des gouverneurs qui - les envoyeront, puis après, à Sa Majesté, pour y pourvoir ainsy - qu'elle verra estre besoing; feront résider actuellement les - curez ès lieux de leurs cures, ou commettront en icelles d'autres - personnes capables selon les dispositions canoniques. - - Fait à Paris, le IIIe jour de novembre 1572. - - CHARLES. PINART. - - - - -CXXXVII - -LE ROY A LA ROYNE D'ANGLETERRE. - ---du IIIe jour de novembre 1572.-- - - Lettre de créance donnée à l'ambassadeur.--Déclaration du roi - qu'il veut continuer l'alliance avec Élisabeth.--_Articles_ - présentés par l'ambassadeur pour cette négociation, et réponses - de la reine d'Angleterre. - - -Très haulte, très excellante et très puissante Princesse, nostre très -chère et très amée bonne soeur et cousine, encores que vous ayes peu -cognoistre par les effectz et par les déclarations que nous avons -faictes à vostre ambassadeur, dont il vous aura adverty, l'affection -grande, que nous avons, de continuer et persévérer en la vraye et -parfaicte amityé qui est entre nous deux, nos royaumes, païs, terres -et subjectz, selon le dernier traité faict entre nos commis depputés -et ambassadeurs; toutesfois desirans tousjours vous confirmer et -fortiffier en ceste assurance, et afin que, de vostre part, vous -veuillés aussi nous correspondre en cella, comme nous n'en doubtons -aucunement, veu le tesmoignage qui nous en ont, despuis peu de jours, -esté randus par vostre ambassadeur, nous avons donné charge au Sr de -La Mothe Fénélon, chevalier de nostre ordre et nostre conseiller et -ambassadeur résidant par dellà, vous faire, en cest endroict, entendre -aucunes choses de nostre part dont nous vous prions le croire, et luy -adjouster foy, en cest endroict, comme à nous mesmes; qui prions Dieu, -très haulte, etc. - -Escript à Paris, le IIIe jour de novembre 1572. - - Vostre bon frère et cousin. - - CHARLES. PINART. - - - NOTA. Deux lettres de créance furent écrites, le même jour, dans - les mêmes termes, par la royne-mère et par le duc d'Anjou. - - - ARTICLES PRÉSENTÉS A LA ROYNE D'ANGLETERRE - par Mr de La Mothe Fénélon, et responses faictes, au nom de la - Royne, par milord de Burgley. - - --du XVIIe jour de novembre 1572.-- - - Par une dépesche du Roy, du troysiesme de ce moys, au Sr de La - Mothe Fénélon, son ambassadeur, il luy a mandé présenter une - sienne lettre à la Royne d'Angleterre, sa bonne soeur, et une - autre de la Royne, sa mère, et encores une aultre de Monseigneur, - frère de Sa Majesté, lesquelles estantz en créance sur le dict - ambassadeur, il a expliqué sa dicte créance à Sa Majesté et aux - seigneurs de son conseil aux articles qui s'ensuyvent: - - _Art._ 1er. Le premier est comme le Roy, sur les couches de la - Royne Très Chrestienne, sa femme, qui sont premières et ont esté - heureuses et sans aucun danger, et sur la naissance d'une petite - princesse leur fille qu'il a pleu à Dieu leur donner, il a bien - voulu faire une espécialle conjouyssance avec la Royne - d'Angleterre, sa bonne soeur, comme avec celle d'entre tous les - princes et princesses de la Chrestienté qu'il s'asseure que reçoit - plus de plaisir d'entendre ses prospérités, et qu'il la prie de - vouloir desjà mectre ceste sienne petite parante au roolle de ses - meilleures alliées, et des plus certaynes confédérées, comme sont - tous les aultres de ceste couronne. - - _Réponse._--Au premier, Sa Majesté a respondu à Monsieur - l'Ambassadeur. - - _Art._ 2. Qu'il la prie de croire qu'il persévère et persévèrera - très constamment en la résolution qu'il a prinse, d'entretenir à - jamays la vraye et parfaicte amitié qu'il luy a jurée, et - observera droictement tous les poinctz du traicté qui est entre - eulx, et la secourra, quand elle en aura besoing, contre qui ce - soit au monde, et fut ce pour cause de religion; et qu'il se - resjouyt infiniment de ce que par les responces qu'elle a faictes, - icy, au dict Sr de La Mothe, et par celles qu'elle luy a faictes - faire à luy mesmes, par delà, par le Sr de Walsingham, depuis - l'évènement des choses de Paris, elle luy a renouvellé, et luy a - confirmé la semblable persévérance de sa part vers luy, ce qui luy - entretient bien vifve, et à la Royne, sa mère, l'espérance de - l'aultre bon propos de Monseigneur le Duc, son frère, et leur - augmente, de plus en plus, à tous eulx, l'extrême desir qu'ilz ont - de le veoir bientost effectuer; dont, touchant ces deux poinctz, - il requiert que, quant à celuy de la confédération, il plaise à la - Royne, sa bonne soeur, d'accomplir ce qui reste des deux articles - du commerce et de la paix d'Escosse, affin qu'on ne puisse, cy - après, arguer le traicté d'invalidité comme n'ayant sorty à - effect; et, quant à l'alliance, qu'elle luy vueille fère et à la - Royne, sa mère, entendre la plus ample déclaration de sa volonté, - ainsy qu'ilz l'ont attendues, et attendent, depuis plusieurs jours - en ça, avec très grande dévotion, et la souhaitent de tout leur - cueur estre bonne. - - _Réponse._--Sa Majesté desire en toutes sortes entretenir et - parfaire le tretté, et faire dresser une estape de merchandises en - quelque lieu en France; mais qu'en ayant parlé et faict parler par - les seigneurs de son conseil à leurs merchans, ilz les ont trouvés - le plus estrangiez et plus esmerveillez du monde de ce que, après - tant de massacres et murtres faictz en France, Sa dicte Majesté et - ses dicts conseillers leur parlent de dresser estape et traffiquer - par dellà; disans que, puysque le Roy n'a tenu à ses propres - subjectz ce qu'il leur avoit promiz par l'éedict de paciffication, - à plus forte rayson ne s'y doibvent ilz, qui sont estrangiers, et - ne veulent s'y fyer jusques à tant qu'ilz verront que les choses - soient mieux paciffiées en France, et qu'il y ait meilleur - ordre;--Touchant la paix d'Escoce, que Sa Majesté pense que la - paix feust desjà conclue sans la mort du régent, mais qu'elle a - entendu, par lettres de Me Quillegrey, que toutz ceulx de la - noblesse du dict pays se doibvent assembler, au quinziesme de ce - mois, pour pourvoir, tant sur la forme du gouvernement du pays que - sur la paix, et, par aultres lettres de ceulx du party du Roy, - que, si la paix ne se conclud, que cella vient de France, y ayans - ceulx du chasteau de Lislebourg des ministres, et mesmes le - cappitaine d'icelluy, son frère, et aultres, desquelz ilz ont eu - advertissement de ne rien accorder et qu'ilz auront tout secours - de France. - - _Art._ 3. Que cependant le Roy, pour ne laisser la dicte Dame, sa - bonne soeur, incertayne touchant l'oppinion qu'elle pourroit avoir - de luy, sur ce qui est advenu contre le feu Admiral et les siens, - encores qu'elle et tous les autres princes du monde s'en deussent - rapporter à la simple parolle de luy, qui en doibt le seul compte - à Dieu et non à aultre, si a il voulu donner à elle ceste - espécialle satisfaction que de luy envoyer les jugementz et arrêtz - que sa court de parlement de Paris a donnez contre le dict Admiral - et deux de ses complices, sur les preuves, vériffication et - confession du faict, selon que la dicte court ne juge jamays - aultrement; et qu'il s'est trouvé que la conspiration avoit esté - véritablement faicte (s'ilz n'eussent esté bientost prévenuz), - d'aller exécuter jusques dans le logis du Roy ceulx qu'ilz - réputoient leurs ennemys, et n'espargner la personne de la Royne, - sa mère, ny celle de Messieurs ses frères, voire s'adresser à luy - mesmes, ou pour le moins le retenir en leur puissance, et se - rendre si fortz près de luy qu'il n'eust peu dire sinon qu'il - estoit à leur mercy et discrétion; en quoy s'ilz en fussent allez - jusques là, il ne sçayt s'ilz n'eussent passé plus avant, car ilz - avoient desjà mandé à tous ceux de leur religion de prendre - incontinent les armes, et à ceux qui estoient les plus prestz de - se rendre, le IIIe jour, dans Paris; dont il remect bien au bon - jugement de la Royne, sa bonne soeur, de considérer à quelle - extrémité alloient les choses, et si Dieu n'a pas usé d'une - singulière grâce et d'une espécialle protection vers luy de - l'avoir délivré et les siens, et son estat, d'ung si éminent - péril; et que Dieu luy est tesmoing que nul, soubz le ciel, se - fust plus opposé que luy à la ruyne de l'Admiral et de ceux qui - ont souffert avec luy, s'il n'eust esté meu contre eulx de - l'extrême nécessité de ce dangier. - - _Réponse._--Sur le 3e, Sa Majesté en remet le tout au Roy. - - _Art._ 4. Qu'il veult bien donner compte à la Royne, sa bonne - soeur, comme le Pappe envoye le cardinal Ursin, légat devers luy, - lequel estoit party de Romme avant la blessure et la mort du feu - Admiral, et que tout ce qu'il a peu entendre de sa commission est - qu'il le vient prier et presser d'entrer en la ligue contre le - Turc, entendant le merveilleux et extrême appareil de guerre que - le dict Turc faict pour furieusement assaillir, ceste année - prochayne, par mer et par terre, la Chrestienté, de quoy le Roy a - bien voulu faire entendre à la dicte Dame le grand regret qu'il y - a, et quelle est son intention et délibération là dessus. - - _Réponse._--Au 4e, que Sa Majesté trouve bonne la négociation du - dict cardinal Ursin sur la ligue contre le Turc; mais qu'elle - verra bien s'il y négociera aultre chose ou contre elle ou contre - ses affères, et y pourvoyrra. - - _Art._ 5. Que touchant l'armée du dict Sr Strossy, qu'il est très - certain qu'en septembre dernier il l'avoit cassée, veoyant qu'il - n'apparoissoit, d'aucun endroict de son royaulme, qu'il y deust - avoir mouvement, et, grâces à Dieu, les choses ne monstrent qu'il - y en doibve encores avoir beaucoup; néantmoins, de tant que ceux - de la Rochelle monstrent de se vouloir opiniastrer, cela et non - aultre occasion l'a contrainct de la fère rassembler et mectre sus - de rechef, afin que, s'ilz ne se ravisent, il mecte ordre, commant - que ce soit, que l'auctorité luy en demeure; ayant dellibéré d'y - envoyer Monsieur d'Anjou, son frère, pour les admonester de leur - debvoir, avec les plus honnestes conditions et les meilleures et - plus grandes seuretez qui se pourront adviser; et, si ces gracieux - moyens n'ont lieu, lesquelz, desjà une fois, ilz avoient monstré - de les vouloir accepter et encores en font quelque semblant, il y - employera, à la fin, la force. A quoy il aura ung extrême regrect - qu'il en faille venir à tant: néantmoins il a délibéré ne cesser - qu'il n'en soit venu à bout. - - _Réponse._--Que Sa Majesté desire infinyement qu'iceulx de la - Rochelle rendent toute l'obéyssance qu'ilz doibvent au Roy, et - qu'elle mettra peyne de les y exorter, et vouldroit bien avoir - quelque asseurance pour leur donner de soy mesmes, et mesmes à - ceulx là qui se sont adressez à elle, qui disent qu'ilz ne se - peuvent aulcunement fier au Roy, veu mesmes que, ayant esté publié - en France plusieurs éedictz pour fère retourner ceulx de la - religion en leurs maysons, pour y vivre paysiblement, despuys les - massacres advenuz à Paris, ceulx qui s'y sont fiez et s'en sont - retournez en leurs dictes maysons y ont esté tuez. - - _Art._ 6. Qu'il estime que la difficulté qu'ilz font procède plus - de la persuasion d'aultruy et de l'espérance qui leur est donnée - de ne debvoir estre habandonnez, que de volonté qu'ilz ayent de se - rebeller, car il a sceu et a veu, par aulcunes lectres qui ont - esté naguières interceptées, comme le comte de Montgommery et - aulcuns aultres françoys, qui sont par deçà, leur mandent et les - asseurent bien fort qu'ilz auront, soubz main, tout le secours - qu'ilz voudront de la Royne d'Angleterre, et toute l'assistance - qui leur sera nécessaire de son royaulme, sans que; pour cela, - elle se déclare à la guerre contre luy. Ce qu'il n'a creu en façon - du monde, ains a jugé incontinant que cela procédoit de la passion - de ceux qui escripvoient les lectres, et plustost s'asseure il de - tirer toute ayde et faveur d'elle en ce qu'il aura besoing; ny - pareillement n'a creu que ce soit par sa commission que aucuns - capitaynes de mer, françoys, ayent, ainsy qu'on luy a dict, équipé - en guerre quelques vaisseaux par deçà, et se soient associez avec - d'aultres capitaynes de mer, angloix, pour conduire ceste - praticque, et pour empescher la navigation, comme desjà ilz la - troublent beaucoup ez costes de Normandie et Bretaigne, ainsy que - plusieurs plainctes luy en viennent tous les jours. - - Sur quoy il suplie la Royne, sa bonne soeur, et la conjure, au nom - de la parfaicte et loyalle amitié que, devant Dieu et les hommes, - ilz se sont sainctement et fort solemnellement jurée l'un à - l'autre, que, comme il a eu, et a, et ne veult cesser d'avoir, - durant tout son règne, ung singulier respect à tout ce qui pourra - en quelque sorte concerner Sa Majesté et tous les poinctz de leur - mutuelle ligue et le repos de son royaulme, qu'il luy plaise, de - son costé, avoir le mesmes esgard vers luy; et que, sans - s'arrester aux persuasions des gens passionnez, ny aux inventions - controuvées pour luy engendrer des scrupules et deffiances dans le - cueur, elle veuille persévérer ez bons termes de la vraye et - inthime amitié qui est commancée entre eux, comme, de sa part, il - y demeurera immuable à jamais, et qu'elle vueille passer oultre à - l'aultre unyon qui s'en fera indissoluble par ceste plus estroicte - alliance, laquelle luy et la Royne, sa mère, et tous ceux de leur - couronne persistent de desirer plus instamment que jamays, et y - ont plus d'affection qu'à chose qui soit aujourdhuy au monde. - - _Réponse._--Sur le 6e, qu'ayant le comte de Montgommery escript à - Sa Majesté, dez le commancement, bien au long, son infortune et - callamité, et prié de permettre qu'il vînt devers elle, Sa dicte - Majesté le luy auroit reffuzé, et qu'estant cejourduy venu le dict - comte en ceste dicte ville, il ne sçayt pourquoy ni à quelles - fins;--Et pour le regard de ces capitaynes françoys, qui ont - équipé en guerre quelques vaysseaulx par deçà, que Sa Majesté n'en - a rien sceu, et que icelluy milord de Bourgley prie Monsieur - l'Ambassadeur de luy nommer tant les dicts capitaines que les - portz et hâvres où ilz se sont équipez, pour en fère fère telle - poursuyte et punition contre les gardiens et aultres qui auroient - baillé faveur ou permission de ce fère que le dict Sieur - Ambassadeur en sera contant.--En ce qui concerne l'aultre unyon, - que Sa Majesté entend du mariage, qu'elle a naguières receu - lettres, et le dict Sr Bourgley aussi, de Mr de Walsingam, par - lesquelles il mande que, en une audience qu'il a eu de la Royne - Mère, parlant de ce faict, et expressément de l'entreveue, il a - trouvé la dicte Dame si réfroydie sur ce point qu'il luy semble le - faict estre à n'en plus parler. - - _Art._ 7. Qu'il est très marry qu'on ayt rapporté aux seigneurs du - conseil d'Angleterre qu'il ayt commandé faire ny le massacre de - Rouan ny les aultres qui ont suivy depuis ez aultres lieux; car - c'est la plus grande imposture et la plus faulce calomnye qui ayt - esté jamais mise sus à nul prince, ayant au contraire, par - plusieurs foys, escript à ses lieutenantz et gouverneurs et - nommément au Sr de Carouges à Rouan, qu'ilz eussent à prendre très - soigneusement garde que ces désordres n'advînsent; lesquelz l'on - craignoit assez, veu l'insolence d'aucunes meschantes personnes - qui avoient le cueur au sang et au pillage, et qui n'ont espargné - les biens des Catholicques non plus que des Huguenotz; et que - Dieu, devant lequel il chemyne, luy est tesmoing qu'il a ung - mortel regret que pas ung de ceulx qui n'avoient intelligence avec - les chefz de la conspiration ayent souffert, et que bientost l'on - onyra parler de la punition exemplaire qui sera faicte à Rouan et - aultres lieux contre les autheurs de ces violances. - - _Réponse._--Sur le 7e que Sa Majesté s'en remect au Roy. - - _Art._ 8. Que, au regard de ce que Mr le cardinal de Lorrayne a - faict inscripre à Romme sur la porte de l'hostel Sainct - Louys[142], ce n'est chose où l'on doibve avoir esgard, car l'on - sçayt assez que ce n'est ny du sceu ny du commandement du Roy, qui - n'a accoustumé de négocier ses affaires au dict lieu que par son - ambassadeur. - - [142] Voyez le texte de cette pièce, ci-dessus, page 341. - - _Réponse._--Sur le 8e, que Sa Majesté trouve ceste responce fort - froyde, toutesfoys qu'elle la reçoit, puisqu'elle vient du Roy; et - qu'elle ne peult croyre qu'estant le dict Sr cardinal de Lorrayne - le premier éclésiastique, premier du conseil du Roy, et premier de - la noblesse de France, qu'il ayt tant présumé de soy que d'ozer - rien faire publier à Rome sans le sceu et commandement du Roy. - - _Art._ 9. Et quant aux françoys qui ont passé en ce royaulme, - lesquelz monstrent s'y estre retirez pour cause de leur religion, - qu'il desire qu'ilz s'en retournent paisibles en leurs maisons, et - qu'ilz y seront bien traictez, et que, sur son honneur et sur la - foy et vérité qu'il doibt à Dieu, il ne le leur sera faict aucun - tort ny desplaisir. - - _Réponse._--Sur le 9e, que Sa Majesté desire infinyement qu'ilz - s'en retournent en leurs maysons et qu'ilz rendent toute - obéyssance au Roy; mais que, de les y contraindre, elle s'en - sentiroit grandement chargée en sa conscience, si ilz y avoient - mal, et en penseroit estre cause; mais qu'elle gardera bien que - eulx ny aultres, quelz qui soyent, ny attempteront ny pratiqueront - rien contre le Roy et son honneur, ny de faict ny de parolle. - - _Art._ 10. Qu'il a faict expédier au Sr de Walsingham les lectres - patentes et provisions qu'il luy a demandées pour l'accommodement - des affaires des Angloix en son royaulme, et qu'il prie la Royne - d'Angleterre, sa bonne soeur, de croire qu'en nulle part de la - terre habitable, ses marchandz et subjectz ne trouveront de plus - seur accez, plus de faveur, plus de bon recueil, plus de bon et - libre commerce, plus de bonne expédition de justice et tout bon - traictement qu'ilz feront en la France et en tous les endroictz - d'icelle; et qu'il a plaisir que la flotte pour les vins soit - allée à Bourdeaux, y ayant mandé de la bien et favorablement - recueillir; et il suplie aussi la dicte Dame, sa bonne soeur, de - commander une semblable bonne expédition de justice à ses subjectz - par deçà; car il en reçoit tous les jours beaucoup de plainctes. - - _Réponse._--Sur le 10e, que Sa Majesté n'a encores rien entendu de - ses merchandz, qui sont allez à Bourdeaux, comme ilz ont esté - traictez, et qu'estans de retour, sellon ce qu'ilz rapporteront à - Sa Majesté du trettement qu'ilz y auront receu, elle randra - responce au dict Sieur Ambassadeur. - - - - -CXXXVIII - -LE ROY A LA ROYNE D'ANGLETERRE. - ---du XIXe jour de novembre 1572.-- - - Remerciemens à raison de l'acceptation qu'a faite Élisabeth du - titre de marraine. - - -Très haulte, etc., nous avons tousjours tant estimé de la bonne -affection que vous nous portés et au bien de noz affaires, que vous ne -recepvrés jamais que plaisir de ce qui nous pourra apporter -contantement; mais encores en avons nous tant plus de témoiniage par -la démonstration de l'aize que vous avés faicte sur la nouvelle que -vous avés eue que Dieu nous a donné une fille, ainsi que nous avons -sceu par les dernières lettres que nous a escriptes le Sr de La Mothe -Fénélon, nostre ambassadeur par dellà, qui nous faict croire que vous -feriés tenir en vostre nom, avec l'Impératrice, sur les sainctz fondz -de batesme nostre dicte fille, et en donnerés la charge à personne -convenable; dont nous vous prions tant et si affectueusement que fère -pouvons, ne desirans rien davantage que la continuation et -fortiffication de nostre mutuelle amityé; à quoy nous adjousterons, de -nostre part, tout ce que nous penserons y pouvoir servir, ainsi que -vous dira plus particullièrement le Sr de Mauvissière, chevallier de -nostre ordre, que nous envoyons exprès par dellà, lequel nous vous -prions croire de ce qu'il vous en dira de nostre part comme feriez à -nous mesmes; priant Dieu, très haulte, etc. - -Escript à Paris, le XIXe jour de novembre 1572. - -Vostre bon frère et cousin. - - CHARLES. PINART. - - - - -CXXXIX - -LA JEUNE ROYNE A LA ROYNE D'ANGLETERRE. - ---du XIXe jour de novembre 1572.-- - - Prière à la reine d'Angleterre pour qu'elle consente à tenir - l'enfant du roi sur les fontz de baptême. - - -Très haulte, etc., le Roy, nostre très honnoré Seigneur et espoux, -envoyant le dict Sr de Mauvissière, chevallier de son ordre, présent -porteur, par delà, pour vous prier, de sa part, d'estre contante de -faire tenir en vostre nom, sur les sainctz fonds de batesme, la belle -petite fille qu'il a pleu à Dieu nous donner, nous avons bien voulleu -par luy mesmes vous faire pareille requeste, de nostre costé, avec -ceste asseurance que vous l'aurés bien agréable. Nous vous prions donc -que vous veuillés estre l'une des marraines de nostre dicte fille, et -envoyer de deçà personne convenable pour cest effect. En ce faisant, -nous recepvrons ceste faveur à grand et singullier plaisir pour nous -en revancher en toutes les occasions qui s'en pourront jamais -présenter, oultre que ce sera pour, de plus en plus, fortiffier ceste -vraye et parfaicte amitié qui est de présent, et espérons en Dieu que -continuera à tousjours, entre ceste couronne et la vostre, comme vous -entendrés plus avant du dict Sr de Mauvissière, sur lequel nous en -remettant, nous prierons Dieu, très haulte, etc., vous avoir en sa -très saincte et très digne garde. - -Escript à Paris le XIXe jour de novembre 1572. - - - - -CXL - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du IIIe jour de décembre 1572.-- - - Prochaine arrivée du seigneur envoyé d'Allemagne par l'empereur - et l'impératrice pour le baptême.--Desir du roi qu'Élisabeth - envoie promptement le seigneur qui doit la - représenter.--Arrivée du légat du pape; protestation du roi que - la reine d'Angleterre n'a rien à craindre de la négociation - dont il est chargé.--Délibération au sujet de l'Écosse.--Envoi - fait à l'ambassadeur d'un livre pour être distribué - secrètement. - - -Monsieur de La Mothe, en attendant que je vous renvoye Sabran, -j'accuseray la réception de voz deux dépesches, des IXe et XVe du mois -passé[143], et vous diray par ceste cy qu'ayant ci devant envoyé -devers l'Empereur, Monsieur mon beau père, et l'Impératrice, Madame ma -belle mère, pour les advertir de la grâce qu'il a pleu à Dieu me faire -de me donner une belle fille, et pour prier ma dicte belle mère de la -tenir sur les sainctz fondz de baptesme, j'ay eu nouvelles qu'ilz ont -dépesché et envoyé par deçà le Sr de Caen, grant escuyer du dict Sieur -Empereur, pour faire cest office en son nom; lequel est party et -s'achemine pour estre bientost icy; qui me faict desirer et prier que -vous faciés en sorte que la Royne d'Angleterre, Madame ma bonne soeur -et cousine, envoye aussy, pour ce mesme effect, bientost par deçà, -celluy qu'elle advisera pour y arriver ainsi et en mesmes temps que le -dict grand escuyer, affin que le baptesme de ma dicte fille se face, -comme je desire, incontinent après la prochaine feste des Roys; -auquel jour j'ay aussy escript à mon oncle, Monsieur de Savoye, se -trouver pour estre le compère. - - [143] Voyez CCLXXXIVe et CCLXXXVe dép., tom. V, pag. 196 et 200. - -Je vous diray, au demeurant, que le léguat de Nostre Sainct Père le -Pape est, despuis huict ou neuf jours, arrivé en ceste ville. Il me -vint hier veoir, l'ayant honnorablement receu, estant le respect que -mérite la personne de celluy de la part de qui il est envoyé. Je -m'asseure que son arrivée pourra bien apporter quelque nouveau doubte -à ma bonne soeur et cousine, la Royne d'Angleterre, pour les discours -et faulx bruictz que font courrir ceux qui desirent altérer nostre -amityé; mais je vous prie l'asseurer, et ses ministres, que je suis si -fermement résolu à persévérer en l'amityé d'entre elle et moy, et -entrettenir entièrement nostre dernier traicté, qu'elle se peut -asseurer que, de mon costé, il ne sera jamais faict chose qui y puisse -rien diminuer ni innover. - -Je feray bientost une résolution sur les affaires d'Escosse et vous -renvoyeray incontinant le dict Sabran; priant Dieu, etc. - -Escript à Paris, le IIIe jour de décembre 1572. - - CHARLES. - - -Monsieur de La Mothe, je vous envoyé une douzaine de livres d'une -espistre faicte par Carpentier, que je desire qui soit secrètement -publiée et faicte courir de main en main, sans que l'on saiche que -cella vienne de vous ny de moy; mais que l'on dye et croye qu'elle a -esté imprimée en Allemaigne. Je vous y en envoyerai, d'icy à quelque -temps, qui seront en françois, dont il faudra que faciés de mesme. - - CHARLES. PINART. - - - NOTA.--A partir de cette époque, la correspondance du roi avec la - Mothe Fénélon se trouve imprimée dans les _Additions aux Mémoires - de Castelnau_, tom. III, pag. 263 à 283. Nous ne donnerons, ici, - que les lettres inédites. On peut consulter, dans le recueil - précité, les lettres du roi des 9, 10, 19, 22 et 23 décembre - 1572, et une lettre du duc d'Anjou, en date du 19 décembre, - pièces nos I à VIII. - - - - -CXLI - -LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du Xe jour de décembre 1572.-- - - Espoir que le baptême sera l'occasion d'un renouvellement - d'alliance.--Desir de Catherine de Médicis pour que - l'ambassadeur fasse tous ses efforts afin de ramener à la - soumission les protestans réfugiés en Angleterre. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, j'espère, comme vous, que, s'il y a -espérance que la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur et cousine, doibve -demeurer en amitié avec nous, qu'il se verra aisément en l'occasion -qui se présente d'envoyer par deçà pour le baptesme de ma petite -fille, que je prie Dieu qui soit ocazion de renouer, à bon essiant, le -propos du mariage d'elle et de mon filz le Duc, qui en est infiniment -servitteur affectionné, et est devenu grant et fort, de sorte qu'il -est tout homme et ne dispariroit plus, comme elle craignoit, auprès -d'elle; car il est fort changé depuis qu'elle disoit que l'on l'eust -prins pour son filz. Je vous prie, Monsieur de La Mothe, adviser, par -ous les bonst moyens que pourrés, remettre si bien ce propos que nous -y puissions voir clair bientost, car, si elle veult espérer d'avoir -des enfans, il est temps de se résouldre à se marier. - -Nostre baptesme ne se peust faire qu'ung peu après les Roys, d'autant -que Monsieur de Savoye, qui y viendra en personne, ne sauroit estre -guières devant ce temps là par deçà, et cepandant, si vous pouviés -remettre le dict propos de mariage, et que celluy qui viendra par -deçà pour cest effect eust quelque charge pour en négocier avecque -nous, ce seroit ung grand bien et ung grand heur que deux si bonnes -oeuvres se peussent faire ensamble. Je vous asseure que nous ne -faudrions pas de vous envoyer moyen de fère force présentz et grâces à -ceulx qui nous y aideront, si nous cognoissons que l'on y marche de -bon pied et franchement. - -Je vous prie de fère, aussy dextrement que avés acoustumé, ce que vous -est commandé envers ceulx des subjectz du Roy, Monsieur mon filz, qui -sont par deçà, qu'ilz reçoivent les honnestes et raisonnables -conditions qui leur sont offertes, et que s'asseurent, sur nostre -honneur, qu'il ne leur sera faict mal ny déplaisir ez personnes ny -biens, et aussy que la dicte Royne n'assiste ceux de la Rochelle. Vers -les susdictz l'on uze tousjours de tous les honnestes et gracieux -moyens dont l'on se peust asseurer pour les atirer à se recognoistre -et à accepter les asseurances qu'il est possible de desirer de leurs -vies et biens et repos, à jamais, se conformant à la volonté du Roy, -Mon Seigneur et filz. - -Escript à Paris, le Xe jour de décembre 1572. - - CATERINE PINART. - - - - -CXLII - -LE DUC D'ALENÇON A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - -(_Lettre escripte de la main de Monseigneur le Duc._) - ---du Xe jour de décembre 1572.-- - - Vive assurance de reconnaissance envers - l'ambassadeur.--Protestation de dévouement envers la reine - d'Angleterre. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, je n'auray jamais tant de bien que -celluy, que j'attendz tous les jours, d'avoir cest heur que je puisse -sçavoir que la Royne d'Angleterre m'ait en sa bonne grâce, et qu'elle -pregne en bonne part l'afection et délibération que j'ay de luy faire -toute ma vie service. Vous pouvés beaucoup en cella; car j'ay esté -asseuré qu'elle et ses principaux ministres, vous aymans et estimans -comme ilz ont occasion, pour avoir esté ung sy honneste et agréable -ministre du Roy, Mon Seigneur et frère, auprès d'elle, feront beaucoup -pour vous, si vous voulés soigneusement, comme je vous en prie, à -toutes occasions asseurer ceste princesse de ma grande et perfectement -vraye affectionnée bonne volonté envers elle, et la supplier de me -départir ses bonnes grâces et me recepvoir en icelles, comme son bon -et loyal serviteur, et à ce propos, luy baiser les mains de ma part, -toutes et quantes foys qu'en verrés l'occasion; et je prieray Dieu, -etc. - -Escript à Paris, le Xe jour de décembre 1572. - - Votre bien bon amy. FRANÇOIS. - - - NOTA. Les lettres suivantes, datées de 1573, étaient inédites. - Elles complètent la correspondance publiée par Le Laboureur, dans - les _Additions aux Mémoires de Castelnau_. Voyez ce que nous - avons déjà dit à ce sujet dans les prolégomènes, tom. 1, pag. - XLI, et dans l'avis qui précède ce volume. - - Voici la liste des lettres datées de 1573, et imprimées par Le - Laboureur, tom III, pag 283 à 372, nos VIII à LXXXII. - - _Lettres du roi_ des 23 janvier; 5, 7, 13, 23 février; 1er, 4, - 17, 19, 21, 26, 29 mars; 21, 24, 25, 29 avril; 18, 24, 25 mai; - 23, 29 juin; 1er, 6, 15, 20 juillet; 5 août; 15 octobre; 4, 11, - 24, novembre; 2, 5, --, 14 et 29 décembre 1573. - - _Lettres de la reine-mère_ des 23 janvier; 5, 7, 13, 23 février; - 30 mars; 21, 29 avril; 23 juin; 15 juillet; 28 novembre; 22 et 29 - décembre 1575. - - _Lettres du roi de Pologne_ des 18, 20 juillet; 23 septembre - et -- _novembre_ 1573. - - _Lettres du duc d'Alençon_ des -- _avril_; -- _septembre_; 4 - novembre; 22 et 29 décembre 1573. - - - - -CXLIII - -LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - -(_Post-scriptum inédit._) - ---du XXIIIe jour de janvier 1573.-- - - Vive assurance d'amitié de Catherine de Médicis à l'égard - d'Élisabeth. - - (_Adjousté de la main de la Royne._) - - -Je vous prie faire mes recommandations à la bonne grâce de la Royne -d'Angleterre, et luy dire que je ne croyrai jamais que, pour avoir le -Roy, mon filz, mis sa vie et son royaulme en seuretté, qu'elle ne nous -ayme et ne nous soit la bonne soeur et asseurée amie que nous luy -voullons estre, et que je la prie que, à ce coup, nous cognoissions, -par sa résolution sur le propos de mon fils le Duc, sa bonne volonté. - - CATERINE. - - - - -CXLIV - -LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XXIIe jour de febvrier 1573[144].-- - - Instances pour que l'ambassadeur empêche Élisabeth de déclarer la - guerre.--Recommandation pour les affaires d'Écosse. - - -Monsieur de La Mothe, le Roy, Monsieur mon filz, vous esclarsit si -amplement de son intention qu'il n'est besoin vous en faire redire. -Aussy ne sera ceste ci que pour vous prier presser le plus que vous -pourés le faict du mariage, et toutesfois si à propos que nous y -puissions voir clair le plus tost qu'il sera possible; et au -demeurant, entretenir si bien la Royne d'Angleterre que, si elle -estoit persuadée, et qu'elle eust quelque mauvaise volonté de nous -faire entretenir à la guerre, qu'elle puisse changer sa délibération, -et se résouldre à nous aymer comme nous l'aymons, de nostre part, de -tout bon cueur, et qu'elle et nous observions et entretenions nostre -dernier traicté entièrement. Je vous recommande aussy les affaires -d'Escosse, à quoy il est nécessaire qu'ayés soigneusement l'oeil, et -nous sera plaisir que nous donniés incontinent advis de l'estat où s'y -retrouvent toutes choses; priant Dieu, etc. - -Escript à Paris, le XXIIe jour de febvrier 1573. - - CATERINE. PINART. - - [144] Le Laboureur n'a donné, sous cette date, que le - post-scriptum de cette lettre. - - - - -CXLV - -LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du Ier jour de mars 1573.-- - - Desir du roi de conserver la paix avec Élisabeth et les princes - protestans d'Allemagne.--Nécessité de découvrir leurs projets - afin de se tenir prêt à la guerre, si elle devenait nécessaire. - - -Monsieur de La Mothe, voz deux dernières dépesches des XIIIe et XVIe -du mois passé[145], nous mettent en peyne pour ce que, par l'une, nous -ne sçaurions desirer plus d'honnestes parolles de la continuation de -l'amitié d'entre la Royne d'Angleterre et le Roy, Monsieur mon filz, -et, par l'aultre, qui est la dernière, vous nous représantés beaucoup -de choses qui nous font craindre le contraire; avecque les autres -advis que nous avons d'ailleurs. - - [145] Voyez CCCe et CCCIe dép., tom. V, pag. 253 et 258. - -Voilà pourquoy Mon dict Sieur et filz vous faict entandre le desir -qu'il a d'en estre esclairsi; et, de ma part, je vous prie mettre -peyne de voir clair, et nous en advertir incontinent; car, si la dicte -Royne se vouloit déclairer, ou que, sans y mettre son nom, elle y -employât ses subjectz, vaysseaulx et moyens, soubs prétexte de noz -subjectz mal affectionnés, il seroit très nécessayre que pourveussions -d'heure à l'armement de quelques vaysseaulx, oultre ce qui est du -costé de la Rochelle, pour l'expugnation de laquelle il ne se pert une -seule minute d'heure de temps, comme vous escript bien amplement Mon -dict Sieur et filz, qui me gardera de vous en faire redite. Mais, vous -priant, pour la fin, que vous regardiés surtout le moyen qu'il y a de -mettre quelque bonne fin en la négociation du propos de mariage; car, -continuant, il n'y a chose que nous desirions plus, ni qui soit tant -nécessaire pour le bien des affaires de la dicte Royne et de ses -principaulx ministres, que cella, ny aussy, à vous dire vray, qui nous -confirme plus d'amitié avec les princes de la Germanye comme nous -desirons, délibérant Mon dict Sieur et filz de faire aussy envers eux, -pour establir une vraye et parfaicte amitié, ce qu'il pourra, affin de -leur oster l'oppinion mesmes qu'avoit icelle Royne que ayons faict -ligue pour leur coure sus; chose à quoy je ne consentiray jamois, -desirant l'amitié des princes et princesses, noz voisins et voysines, -plus que nul aultre chose. Mais aussy, après que nous avons faict tout -ce qui se peut pour ceste occazion, si nous recognoissions que l'on -contemnast nostre dicte amitié, je ne serois pas d'advis de nous -soucier guières de ceux qui n'en feroient poinct de cas. - -Pénétrés le plus avant que vous pourrés ez occazions des voyages que -se font fère si fréquentement, de l'ung à l'aultre, la dicte Royne et -les dictz princes, et nous en donnés advis et aussy des aultres -occazions; priant Dieu, etc. - -Escript à Saint Léger, le premier jour de mars 1573. - - CATERINE. PINART. - - - - -CXLVI - -LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XIVe jour de mars 1573.-- - - Affaires d'Écosse.--Nécessité de protéger Édimbourg.--Inquiétudes - sur le silence de Mr de Vérac.--Recommandation de la - négociation du mariage. - - -Monsieur de La Mothe, je vous prie, suivant ce que le Roy, Monsieur -mon filz, vous escript[146], regarder de faire tout ce que pourrés -pour conforter ceux qui sont dedans le chasteau de Lislebourg, car il -est bien à craindre que le comte de Morton les force, s'ilz n'ont esté -secoureus de ce que le frère du lair de Granges a receu pour leur -porter, dont je vous prie nous escripre au vray des nouvelles; et -pareillement de l'arivée de Vérac, auquel vous ne devés faire -difficulté d'escripre que nous sommes bien esbahis d'estre si -longtemps sans avoir de ses nouvelles et que nous en sommes en peyne. -J'estime que la Royne d'Angleterre ne vous refuzera pas ung passeport -pour envoyer quelqu'ung qui ayt entendement devers les Anglois. Vous -manderés, de bouche, ce que verrés qui sera à propos, et luy vous en -mandera aussy, de sa part; ou bien, si voyés qu'il n'y eût poinct de -danger, vous vous escriprés l'ung à l'aultre en chiffre. Il est très -nécessaire d'avoir l'oeil de ce costé là, suivant ce que vous mesmes -escripvés. Voylà pourquoy je vous prie de rechef y fère tout ce qu'il -vous sera possible, et nous escripre, le plus tost et le plus souvant -que vous pourrés, les responces que vous avés eues sur les lettres que -vous avons escriptes par Vérac pour le faict du mariage, pour lequel -je vous prie uzer de tous les moyens qu'il vous sera possible affin -que en ayons l'heureuze fin que desirons, car toutz les aultres -affaires ne sauroient que bien aller si cestuy là réussist; priant -Dieu, etc. - -Escript à Paris, le XIIIIe jour de mars 1573. - - CATERINE. PINART. - - [146] Voyez Castelnau, tom. III, pag. 309. - - - - -CXLVII - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XXIIIe jour d'apvril 1573.-- - - Audience accordée au docteur Dale, nouvel ambassadeur.--Audience - de congé donnée à Walsingham.--Nouvelles de l'expédition de - Montgommery.--Plaintes contre les secours qui lui ont été - fournis en Angleterre.--Surveillance qu'il importe d'exercer - sur les projets des protestans.--Desir du roi que Mr de Vérac - ou Sabran puissent passer en Écosse. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, le Sr Valentin Dale, nouveau ambassadeur -de la Royne d'Angleterre, me vint trouver avant hier, après disner, et -la Royne, Madame et Mère, aussy, avec lettres de croyance qu'il nous -présenta de la part de la dicte Dame Royne, et visitta aussy la Royne, -ma femme. Son propos ne fut que de la bonne et syncère affection que -icelle Dame, sa Maistresse, porte à l'entrettènement de nostre -mutuelle amitié, selon nostre dernier traicté. Sur quoy je n'oubliay à -luy déclarer bien expressément combien j'y avois de bonne et droicte -intention. Par mesme moyen, le Sr de Walsingam qui y estoit aussy, -print congé de moy, et, en ce faisant, me dict qu'il avoit une -vollonté très parfaicte de faire tous bons offices non seullement pour -voir continuer l'amitié d'entre icelle Dame Royne et moy, mais aussy -pour l'augmenter aultant qu'il sera possible; et me promit qu'il -tiendra la main, de tout son pouvoir, à ce que les propos du mariage -d'elle et de mon frère, le Duc d'Alençon, puissent réheussir à -l'heureuse fin que nous desirons; voyant le dict Sr de Walsingam, -comme il nous a déclaré, qu'il n'y a point de meilleur et plus certain -moyen pour estreindre l'amitié et l'union entre ces deux couronnes et -rendre noz amitiés parfaictes et indissolubles, que le dict mariage. - -Ce que nous luy avons bien confirmé pour estre cella très véritable, -et, sur ce, faict fort expresse démonstration de la droicte intention -que nous y avons, affin qu'il en asseure la dicte Dame Royne, sa -Maistresse, quand il sera par delà, comme, de luy mesmes, il s'y est -offert; disant à ma dicte Dame et Mère qu'il espère bientôt revenir -avec une bonne occasion, en ce royaulme, de nous faire un bon -servisse: qui s'entend pour le faict du dict mariage et entretènement -de nostre dict dernier traicté. - -Nous avons baillé au dict Sr de Walsingam la responce que nous faisons -aux lettres que nous avons receues d'elle, desquelles je vous envoye -les doubles, enclos avec la présente. Le dict Sr de Walsingam s'en -retourne fort content et bien affectionné, comme il démonstre, à -faire, quand il sera par delà, tous bons offices. Aussy en a il toutes -les occasions qu'il est possible; car il a receu, pendant sa -résidence, toutes les honnestes faveurs qu'il pouvoit desirer par -deçà, et, à son partement, il luy a esté faict présent d'une fort -belle chaine de mil escus, oultre les deux présents qu'il a eus à la -conclusion et fermement de nostre dict traicté. - -Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fénélon, je vous diray comme le -comte de Montgomery arriva près de la Rochelle dès dimanche dernier, -sur les quatre heures du soir, où il pareust avec environ cinquante -vaisseaux, et mouilla l'ancre à la portée du canon de mon armée -navalle et de la terre, du costé du dict lieu de la Rochelle, pour -essayer de secourir la ville; mais, à ce que m'escript mon frère, le -Duc d'Anjou, j'espère qu'il n'en rapportera que la honte; mes gallères -et vaysseaulx estant fort bien pourveus d'hommes, et de tout ce qui -leur est nécessaire, et attiltrés à la faveur de deux forts, que mon -frère a faict édiffier aux deux costés de l'embouscheure du hâvre de -la dicte Rochelle; de sorte que je ne redoubte pas beaucoup le dict -Montgomery. Mais l'occasion, pour laquelle j'ay advisé vous faire -incontinent ceste dépesche, est pour ce que je sçay entièrement que Me -Hacquins et pleusieurs anglois sont avecque luy, ayants la Prime Rose -et plusieurs aultres vaisseaulx appartenants, ou qui ont appartenu à -la Royne d'Angleterre; et davantage que tous les dictz vaysseaulx ont -arboré et portent les croix rouges droictes, comme ont accoutumé les -gens de guerre de la dicte Royne d'Angleterre, chose dont je croy bien -qu'elle désavouera le dict de Montgomery, et les anglois qui sont -avecque lui. Toutesfois cela luy touche grandement, et ne puis que je -n'en demeure fort mal édiffié, comme estant cella directement contre -nostre dernier traicté, la foy et promesse que nous nous sommes jurée, -et expressément promise l'un à l'aultre, et qu'elle et ses ministres -vous ont, ces jours icy, si souvent encores réittérée. - -Voilà pourquoy je vous prie aller incontinent trouver la dicte Royne -et le luy faire entendre, taschant, aultant qu'il vous sera possible, -à vous esclercir sur ce avec elle, et apprendre le plus que vous -pourrés de ses délibérations pour m'en donner incontinent advis par ce -porteur; et pour ce que, tout ainsy que l'on vous a par delà tousjours -asseuré que icelle Royne ne se mesloit poinct des entreprinses du -dict Montgomery, mais au contraire qu'elle avoit, suivant la bonne -amitié d'entre elle et moy, faict tout ce qu'elle a peu pour luy -traverser et nuire, ayant empesché ses subjects de se mettre avec luy -pour me venir faire la guerre, le dict Walsingam m'en a, de mesme, -tousjours ainsy parlé et à la Royne Ma dicte Dame et Mère, et fort -affirmativement asseuré. - -Au surplus, encore qu'il ait prins congé de moy, et que je luy aye -faict faire le présent de mille escus, ainsi que je vous ay escript, -je luy ay escript, et au docteur Dale son successeur, la lettre de -laquelle je vous envoye le double, espérant qu'il sera icy demain, et -que je parleray à luy de tout cessy, affin qu'il le puisse faire -entendre, de ma part, à icelle Royne, sa Mestresse; dont cepandant je -vous ay bien vouleu advertir par ce porteur exprès, affin que, s'il en -escrivoit quelque chose par delà qu'il pensât que je le voulleusse -rettenir, que vous, asseuriés bien qu'il est en toute liberté, et que, -aussytost que j'auray parlé à luy de cest affaire, il pourra, quand il -voudra, s'acheminer en Angleterre, sans qu'il luy soit faict aulcun -tort ny desplaisir, ni donné davantage de retardement. - -J'ay veu l'ordre qu'avés donné pour faire advertir mon frère, le Duc -d'Anjou, des délibérations du comte de Montgomery; mais ce n'est pas -assés que cella. Je desire et vous prie de n'espagner deux ni trois -cens escus, pour envoyer gens aux ports et hâvres, où s'assemblent les -vaisseaux qui doivent aller avec le dict Montgomery, et en y ayés -plusieurs qui ne sçachent rien les uns des autres, comme je vous ay cy -devant escript; affin que soyez mieux et plus seurement adverty et que -me puissiés donner advis de tout. Il en faudra aussy envoyer au lieu -où s'arment les dictz grands vaisseaux d'icelle Royne, et seroit bon -que en eussiés pareillement du costé de Varwich pour voir quel -équipage il s'y faict pour l'entreprise d'Escosse; où je desire bien -que Vérac s'achemine pour le bien de mon servisse, ou, si la dicte -Royne ne veut qu'il y aille, d'en estre résolleu pour y en envoyer -quelque aultre. Et cependant je desirerois que y fissiés passer Sabran -bien instruict de vous et du dict Vérac, affin qu'il y fist le mieux -qu'il pourroit pour le bien de mon servisse, sellon les dépesches que -nous vous avons cy devant faictes et la charge qu'avons donnée au dict -Vérac; priant Dieu, etc. - -Escript à Fontainebleau, le XXIIIe jour d'apvril 1573. - - -Il est très nécessaire que vous fassiés toute la plus grande -dilligence que pourrés pour envoyer Vérac ou Sabran en Escosse, car il -importe grandement, pour le bien de mon service, que je y aye -quelqu'un, affin d'entrettenir tousjours ceux qui me sont bien -affectionnés de la bonne vollonté qu'ilz ont aux affaires qui me -concernent, et à tout ce qui dépend des traictés et alliances d'entre -les Escossois mes prédécesseurs et moy. - - CHARLES. PINART. - - - - -CXLVIII - -LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XXVe jour de may 1573.-- - - Nouvelle de l'élection du duc d'Anjou comme roi de Pologne. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, nous avons présentement eu advis que mon -filz, le Duc d'Anjou, a esté esleu Roy de Poloigne, les Ve et VIe de -ce moys, par la commune voix et voeux par escript de trois parts, dont -les quatre font le tout, de tous les évesques, palatins et noblesse -du dict royaulme, de sorte qu'il ne restoit plus que les voeux à -publier, comme il se debvoit faire dedans trois jours après. Et, ainsi -que l'on nous escript, il n'y a poinct de difficulté que la dicte -élection ne soit publiée et résolue, dont je vous ay bien voullu -advertir en dilligence, affin que, si cella peut servir, comme je ne -doubte pas qu'il ne fasse, à l'affaire de mon fils le Duc, et pour -nous faire avoir la bonne responce de la Royne d'Angleterre que nous -espérons pour le faict du mariage, vous usiés de ces bonnes nouvelles -envers la dicte Royne et ses principaux ministres, comme vous verrés -qu'il sera à propos, pour leur représenter la grandeur et moyen qu'ont -ceux de ceste maison de la maintenir et assister, vous estendant sur -ce subject, comme je m'asseure que sçaurés très bien faire, ainsi que -verrés qu'il sera à propos: et de tout je vous prie nous escripre le -plus tôt que vous pourrés de bonnes nouvelles que nous attandons aussy -de ce costé là en bonne dévotion; priant Dieu, etc. - -Escript à Fontainebleau, le dimanche, XXVe jour de may 1573. - - CATERINE. PINART. - - - - -CXLIX - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XXIXe jour de may 1573.-- - - Négociation du mariage.--Espoir de la prochaine réduction de la - Rochelle.--Affaires d'Écosse.--Méfiance du roi contre sir - Arthus Chambernon. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, il n'est pas possible de desirer propos -plus honnestes que ceux que la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur et -cousine, vous a tenus en la dernière audience qu'elle vous a donnée, -comme j'ay veu par vostre dépesche du XXIIIe de ce moys[147], sur le -faict de l'entrevue de mon frère le Duc d'Alençon et d'elle. -Toutesfois elle a différé d'acorder la dicte entrevue que premièrement -elle ne feust satisfaicte et esclercie des deux doubtes où elle est, -comme particulièrement vous avés entendu en la dicte audience, et que -vous m'avez bien amplement discouru par vostre dicte dépesche, ainsi -que nous avons veu aussi par les lettres qu'elle en a escriptes à -ceste fin à la Royne, Madame et Mère; laquelle luy faict si claire -responce, et a, oultre cella, si expressément faict entendre à son -ambassadeur, en l'audience qu'elle luy a donnée, ceste après dînée, -nostre droicte intention, comme vous verrés par le double que je vous -envoye de la lettre de ma dicte Dame et Mère, que j'estime que, si -icelle Royne a aussy bonne vollonté à la dicte entreveue et au dict -mariage que nous avons tous, qu'il n'y aura plus de difficulté qui -empesche qu'elle ne se fasse, et que, s'il plaict à Dieu qu'ilz se -soient agréables l'un à l'aultre, comme je le desire, que bientost -après nous ne voïons une heureuse fin de ceste négociation par la -résollution du dict mariage; pour lequel vous la pouvés tousjours -fermement asseurer que nous procédons avec toute syncérité, et sans -que la poursuitte qu'en faisons soit à aultre intention (et Dieu en -est le tesmoing), que pour fortiffier et rendre parfaicte l'amitié -d'entre elle et nous et nos communs subjectz, et qu'elle se puisse si -bien establir par le moyen du dict mariage, comme aussy n'y a il rien -qui y soit plus propre qu'elle demeure perdurable, nette et entière, -et que les deffiences, qui naissent entre elle et moy depuis quelque -temps, puissent estre du tout déracinées et amorties, ayant advisé de -vous renvoyer Vassal expressément en la meilleure dilligence qu'il -pourra; d'aultant que son dict ambassadeur a asseuré Ma dicte Dame et -Mère que, pour estre bien certain que icelle Royne, sa Maistresse, -aura ces nouvelles bien agréables, il les luy escript dès aujourdhuy -par courrier exprès. Et il sera bien à propos qu'incontinent après -vous luy présentiés la lettre de Ma dicte Dame et Mère pour, par mesme -moyen, résouldre les seurretés du voyage et passage de mon dict frère, -que je desire que vous obteniés les meilleures que pourrés, et que -vous m'en advertissiés incontinant, affin que, quand nous en serons -d'accord, vous en rettiriés les expéditions; - -Espérant cepandant que la Rochelle se réduira bientost en mon -obéissance, car estant les Suisses arrivés dans mon armée et ceux de -dedans la dicte ville se trouvans en très grande nécessité et hors -d'espérance de secours, j'estime que bientost ils seront forcés, s'ilz -ne sont si sages que d'accepter les raisonnables conditions qui leur -sont offertes pour évitter leur ruine et la désolation qui se peut -attandre d'un assault, que mon frère, le Roy esleu de Pouloigne, faira -donner le plus tard qu'il pourra, suivant mon intention, pour le desir -qu'il a, comme aussy ay je de ma part, de les conserver; et estant -pour ceste occasion bien d'advis, suivant ce que nous avés escript par -le dict Vassal que, si le cappitaine Franchotti a de si bons et grands -moyens qu'il vous a dict, et accès parmi ceux de la religion, pour -composer les troubles, qu'il vienne, le plus tost qu'il pourra, -suivant le passeport que je vous ay dernièrement envoyé pour luy, et -il se peut assurer que je luy donneray toute favorable audience et -telle qu'il la peut desirer. Et encores, s'il veut, pour le plus -court, s'acheminer par mer, comme il me semble que sera bien à propos, -droict en ma dicte armée, et s'adresser à mon dict frère, auquel j'en -ay escript présentement, je m'asseure qu'il luy donnera aussy toute -favorable audience, et les moyens d'exécuter sa bonne vollonté, car il -a tout pouvoir général et particullier de moy pour cest effaict. - - [147] Voyez CCCXVIIIe dép., tom. V, pag. 330. - -J'ay veu ce que me mandés pour le faict d'Escosse, et comme, à la fin, -la dicte Royne a laissé passer Vérac et Sabran, mais je n'ay pas -opinion qu'il leur soit permis, ny à l'un ni à l'aultre, d'entrer en -Escosse; car il se voit bien clairement que icelle Royne a faict tout -ce qu'elle a peu, despuis quelques moys, pour nous amuser et esblouir -les yeux, affin que cepandant elle peût faire ses affaires en Escosse, -ce que je m'asseure vous aurés bien cogneu; et suivant ce que je vous -ay si souvant escript et comme vous me mandés avoir faict, vous aurés -si bien et si souvent adverti ceux du chasteau de Lislebourg, qu'ilz -auront courage; et quelque batterie que l'on fasse, ilz tiendront pour -le moins jusques en septembre, ainsi que j'ay entendu d'aulcuns de -deçà qui sçavent leurs intentions. Voilà pourquoy je desire que vous -me mandiés en quel estat ilz se trouvent à présent, s'il vous est -possible de le sçavoir, comme j'estime qu'il vous a et sera tousjours -aisé, et si vous n'aurés pas moyen de leur faire tenir ce que je vous -ay ces jours icy escript, car, encores que je sçache bien que les -Escossois soient fort légers et que aulcuns de ceux, qui sont dans le -dict chasteau, soient soubçonnés d'estre de ceste condition, si -m'asseurai je principallement au lair de Granges, que je croy, -l'ayant tousjours si bien traicté comme j'ay faict et veux faire, -qu'il ne permettra poinct que les anciennes alliances que mes -prédécesseurs et moy avons en Escosse, et les moyens que j'ay -accoustumé d'y avoir aussy, soient diminués comme sans doubte ilz -seroient, si le dict comte de Morthon, qui ne faict rien qu'en faveur -et pour la Royne d'Angletere, s'impatronisoit du dict chasteau de -Lislebourg. Et, pour ceste cause, en les confortant tousjours -secrettement, et en l'affection qu'ilz ont jusques icy déclarée me -porter pour le bien de leur patrie et de leur souveraine, il fault -aussy que vous continuiés à faire instance, envers la dicte Royne -d'Angleterre et ceux de son conseil, à ce que, suivant nostre dernier -traicté, il ne se poursuive ni fasse aulcune chose qu'avec le -consentement des Srs de Vérac ou Sabran, s'ilz y peuvent passer. -Autrement j'auray juste occasion de m'en sentir. - -Quand aux onze premiers articles de l'instruction que vous avez baillé -à Vassal, je desire que vous ayés tousjours l'oeil aux poinctz -contenus par iceulx, et que journellement vous me teniés adverti de ce -qui se faira et tramera en cella, y donnant par vous, soubz main, -comme sçaurés très bien faire, toutes les traverses que vous pourrés, -affin que, surtout, le Prince d'Escosse ne puisse estre transporté -comme il est déclaré par les dictz articles que l'on propose. - -J'ay veu aussy ce que vous a dict le Sr Chambernon, visadmiral -d'Angleterre. Tout ce qu'il vous a faict entendre n'est qu'artifice: -voylà pourquoy il n'y eschet aulcune responce, si ce n'est que, quand -les effectz suivront ses parolles, je les auray bien agréables, et -cependant je vous diray que, comme vous verrés par un extraict que je -vous envoye, aulcuns des anglois qui estoient avec Montgomery, son -beau frère, ont esté bien battus, ayans perdu quattre des meilleurs -vaisseaux qu'ilz eussent, et esté contrainctz de quitter et abandonner -l'isle de Belle Isle. J'espère que, si le dict Montgomery se peut -rencontrer et descouvrir en mer, qu'il sera par les miens, qui sont -allés après, battu et traicté comme il mérite. - -J'ay pareillement veu ce que me mandés des recherches et impositions -excessives qui se font et que l'on a mis sur les marchandises qui -arrivent à Calais. C'est chose que j'ay remise à ceux de mon conseil -pour y adviser. Quand la résolution en sera prinse, je vous en -advertiray; priant Dieu, etc. - -Escript à Fonteinebleau, le XXIXe jour de may 1573. - - CHARLES. PINART. - - - - -CL - -LA ROYNE MÈRE A LA ROYNE D'ANGLETERRE. - ---du XXIXe jour de may 1573.-- - - Consentement donné à l'entrevue sous les conditions proposées par - Élisabeth.--Déclaration que le duc d'Alençon pourra se rendre - en Angleterre aussitôt après la réduction de la - Rochelle.--Communication de l'élection du roi de - Pologne.--_Réponse des seigneurs du conseil d'Angleterre_ sur - la négociation du mariage et la proposition de l'entrevue. - - -Madame ma bonne soeur, le Roy, Monsieur mon filz, et moy avons veu, -par l'honneste lettre que m'avés dernièrement escripte, faisant -responce à la mienne précédente, comme vous estes en quelque doubte -sur la difficulté que nous fismes, quand, en ce lieu, j'ay parlé avec -le Sr de Walsingam de l'entrevue de vous et de mon fils, le Duc -d'Alençon; en quoy nous demeurasmes, comme vous dites par vostre dicte -lettre, lors, en quelque considération, et non sans cause, pour les -raisons qu'avés entendues et déclarées par vostre dicte lettre mesme, -qui estoient qu'il ne seroit pas honnorable, mais comme sçavés bien -considérer, à grande desfaveur et à quelque occasion de risée, parmi -ceux qui ne desirent et au contraire veullent traverser le dict -mariage, si, après que mon dict filz vous aura faict voir et offrir -son servisse, de si bonne et grande affection, comme je sçay qu'il se -délibère faire, pour avoir cest heur de mériter voz bonnes grâces et -vous espouser, il falloit qu'il s'en revînt sans avoir l'honneur et la -faveur que j'espère, avec l'ayde de Dieu, qu'il aura de vous en cella. -Nous creignions aussy lors, qu'après le dict voyage, si le dict -mariage ne se feisoit, qu'il n'en demeurât quelque regret, que cella -feust cause de diminuer l'amitié d'entre vous et nous, qui ne desirons -rien plus que de l'accroistre, et procédons syncèrement pour la rendre -perdurable. Mais despuis, le Roy, Mon dict Seigneur et filz, et moy, -voyant que mon dict filz d'Alençon ne s'arrestoit aulcunement sur la -dicte difficulté, au contraire prenoit ce qui en pourra advenir sur -luy, et persévéroit tousjours de vous voulloir aller luy mesme baiser -les mains; dont je luy en sçay fort bon gré, de faire son debvoir de -vous honnorer en vostre royaulme, et présenter son service, sans -crainte que le voyage luy retourne à aulcune desfaveur, quand bien le -dict propos de mariage ne réheussira, selon son grand desir et le -nostre, nous nous sommes, le Roy, Mon dict Seigneur et fils, et moy -fort vollontiers et de bon cueur consentis à la dicte entreveue, et y -persistons encore, comme l'avés entendu, et que je vous escrivis -dernièrement; vous priant croire, et vous asseurer en vérité, que -nulle aultre occasion que ce que dessus ne nous fit former, du -commencement, la dicte difficulté, et que c'est ce qui nous y a -despuis faict donner consentement, après avoyr considéré la bonne -affection et intention de mon dict filz d'Alençon et les raisons que -vous avés quelquefois dictes au Sr de La Mothe Fénélon, comme il nous -a escript, lesquelles le dict Sr de Walsingam n'oublia pas de nous -bien représenter comme elles sont en mesmes parolles desduictes par -vostre dicte lettre, et lesquelles nous trouvons fort raisonnables; -vous confessant qu'en telles affaires la présence et l'oeil des deux -personnes, à qui le faict touche comme à vous deux, est très -nécessaire pour leur satisfaction, premier que de se bien résoudre à -s'espouser. Aussy, pour ces considérations, le Roy, Mon dict Seigneur -et filz, et moy avons trouvé bon et consenti, comme encores consentons -de bon cueur, droictement et sincèrement, sans aulcun scrupulle, la -dicte entreveue, et vous asseurons et déclarons que, quand bien mon -dict filz s'en reviendra de deçà sans que le dict mariage s'effectue, -que cella ne sera aulcunement cause de diminuer nostre amitié; au -contraire ayant veu, mon dict filz le Duc, et sceu la bonne vollonté -et affection qu'il a en vostre endroict, et veu aussy par expériance -comme nous procédons de nostre part en cessy droictement, en toute -rondeur et sincérité, le dict voyage sera cause d'augmenter plustot -nostre amitié que de la diminuer, ainsi que j'ay dict, ceste après -disnée, à vostre ambassadeur pour le vous faire entendre, et que nous -l'escrivons aussy au dict Sr de La Mothe Fénélon, affin qu'il rettire -de vous et de ceux de vostre conseil les seurretés nécessaires pour le -voyage et passage de mon dict fils d'Alençon, auquel j'ay envoyé les -lettres que luy escrivés et l'ay adverti de ceste résollution, dont je -sçay certainement qu'il sera très aise; et se disposera bientost de -vous aller trouver, incontinent après que la Rochelle sera réduicte -en l'obéissance du Roy, Mon dict Seigneur et fils, m'asseurant bien -que vous croyés que, s'il partoit plus tost du camp, il ne luy seroit -pas honnorable pour sa réputation, pour le servisse qu'il doibt au -Roy, son frère, ainsi que vous vous estes vous mesme laissée entendre, -il y a quelque temps, au dict Sr de La Mothe Fénélon. Qui sera cause -que je ne vous fairay, quand à ce faict là, qui est aussy déclaré par -vostre lettre, aulcune aultre scrupulle, si n'est vous prier de croire -et vous asseurer, que, quand et quand, après avoir receu les dictes -seuretés, telles qu'elles se peuvent honnestement bailler, il partira -pour vous aller trouver avec aultant de desir et d'affection de vous -servir et honnorer que prince qui soit en la Chrestienté; priant Dieu -cependant que le souhait que je fais à ce propos, qui est de voir -bientost que le dict mariage réheussisse à son honneur et gloire, au -bien de ces deux royaulmes, et au contentement de tous deux et de nous -tous, comme vous entendrés aussy plus amplement du dict Sr de La Mothe -Fénélon, selon la charge et commandement qu'il en a du Roy, Mon dict -Seigneur et filz. Et à tant je prie Dieu, Madame ma bonne soeur, vous -avoir en sa saincte et digne garde. - -Escript à Fonteinebleau, le XXIXe jour de may 1573. - - -Madame ma bonne soeur, je n'ay voulleu faillir de vous advertir de la -grâce qu'il a pleu à Dieu de faire à mon filz de l'avoir faict eslire -Roy de Pouloigne, m'asseurant que serés bien aise de toutes les -augmentations de ceste couronne, car ce sera tousjours augmentation de -nostre amitié avecque vous; et, si Dieu favorise aultant mon filz le -Duc en vostre endroict, comme il a le Rov de Pouloigne vers les -Poulognois, je m'estimerois la plus heureuse princesse qui feust -jamais née de me pouvoir dire mère de la plus grande Royne et plus -valleureuse que l'on puisse voir; ce que je le supplie me faire la -grâce et Vous, Madame ma bonne soeur, vous asseurer que jamais prince -ni princesse ne marcheront oncques avec plus de franchise que faict le -Roy mon filz et moy en vostre endroict. - - Vostre bonne soeur et cousine. - - CATERINE. - - - DISCOURS DES SEIGNEURS DU CONSEIL D'ANGLETERRE - - à Mr de La Mothe Fénélon. - - --du IIe jour de juing 1573.-- - - Il sera dict à l'Ambassadeur de France par quelques uns du - conseil de Sa Majesté ce qui s'en suyt: - - La Majesté de la Royne a communicqué avec tous les seigneurs de - son conseil le contenu des lettres dernièrement envoyées, de la - part de la Royne Mère, et aussy vostre dernière négociation avec - Sa Majesté, au nom du Roy, de la Royne Mère et Monseigneur le Duc - d'Alençon, touchant le voyage du dict Duc en ce royaulme, pour - poursuivre son honnorable intention, et requérir Sa Majesté en - mariage, après que la Rochelle aura esté recouvrée à l'obéissance - du Roy. - - Et d'aultant que le contenu des lettres susdictes et de la - négociation vostre vous est le mieulx cogneu, n'en sera besoin en - faire aulcune reditte, ains seullement vous faire entendre ce que - les seigneurs du conseil de Sa Majesté ont advisé estre - convenable d'estre considéré en cest affaire, premier que Sa - Majesté faira délivrer telles asseurances pour la veneue du dict - Duc, qu'il seroit requiz, au cas qu'il debvroit venir; dont Sa - Majesté estant informée par son dict conseil, a donné - commandement à trois ou quattre de nous de vous en faire le - rapport: ne se doubtant poinct que ne trouviez raisonnable que Sa - Majesté en ceste matière, ait demandé l'advis de son conseil, - comme il appert que le Roy a usé de la mesme considération de sa - part. - - Donques il vous plairra entendre que l'on loue bien et estime - digne d'estre prins en fort bonne part que le Roy, la Royne Mère - et le Duc mesme sy affectueusement poursuivent ce propos de - mariage avec la Royne; et n'y a chose, que traictons, plus - souhaittée, que Sa Majesté, par la direction de Dieu, se pût - marier avec quelque prince tel qu'estimons Monseigneur le Duc - estre quand à son sang, et encores pour aultant que, si les - aultres choses y requises peussent convenir, sommes d'opinion que - le mariage pourroit estre occasion d'acroissement de l'amitié - entre les princes, leurs couronnes et peuple. Et comme y a des - choses qui avancent beaucoup ce mariage et le facent apparoistre - expédiant pour Sa Majesté, nommément la grandeur de la maison - dont est issu le Duc, l'amitié du Roy et de la couronne de - France, qui se debvroit acquérir par ceste alliance, et les - bonnes parties du dict Duc, ses vertus renommées, sa courtoisie, - son esprit, et singulièrement le fervent amour qu'il semble - porter à Sa Majesté, aussy a il beaucoup de choses, qui ont - quelque apparence de raison, pour empescher le dict mariage, dont - aulcunes sont de plus grande conséquence que les aultres, et les - aultres sont plus proprement à considérer et y penser à Sa - Majesté, pour l'esgard de son particullier même, qu'à nous qui - sommes ses conseillers; le debvoir desquels, néantmoins, est - d'avoyr esgard aussy bien à l'estat du royaulme comme à sa - personne. - - Et quand aux empeschementz qui concernent Sa Majesté - particulièrement, pour l'esgard de sa personne et du contentement - réciproque, nous n'y avons que faire, ni de la diversité de son - âge, ni d'aultres choses appartenantes à sa personne; et les - laissons à Sa Majesté qui desjà a pesé l'inconvénient de son âge, - et toutesfois, pour la nécessité qu'elle voit que le royaulme a - qu'elle se mariât, s'est passé de ce point de difficulté. Au - reste, touchant sa personne, il ne se pourra déterminer sinon par - une entreveue. - - Mais, quand aulx choses qui debvront estre considérées par nous - comme conseillers d'estat, tant pour l'expédiant du dict mariage, - lequel desirons estre vuide de toutes difficultés, que pour sa - venue, le temps estant, comme il est, et comme l'on a proposé, - c'est à dire, après que la Rochelle aura esté recouverte, ne - pouvons que directement juger, les choses demeurans ez termes - qu'elles sont pour le présent, ce temps cy estre plus propre pour - le Duc de venir sans qu'aulcunes choses en France feussent - altérées en mieulx; et ainsi cuidons que vous mesmes, Monsieur - l'Ambassadeur, et tous aultres indifférans en jugerés, après - qu'aurés considéré les choses comme nous les avons considérées. - - Il est bien cogneu qu'estant le premier propos de mariage faict - pour Monseigneur le Duc d'Anjou, n'avoit empeschement si grand - comme la différance de sa religion d'avec celle de la Royne. Vray - est qu'il y avoit quelque scrupulle touchant son âge, mais que la - difficulté, à cause de la religion, avoit esté grande, il est - bien prouvé; car, pour avoyr refusé de se conformer à la - religion, Sa Majesté continuant son zèle et voulloir qu'il s'y - déclarât conforme, le traicté print fin, comme vous sçavés fort - bien. - - Despuis ce temps là, comment les choses ont esté altérées en - France par les massacres perpétrés à Paris et aultres endroictz - du royaulme, pour augmenter encores la difficulté à cause de la - religion, il n'est que trop apparent, et à le raconter trop - lamentable? car qu'ont ils faict, tout l'an passé, en France, - sinon meurtrir et persécuter toutes sortes de peuple qui - favorisent la religion approvée en Angleterre? et bien que cecy - ne nous appartient proprement à nous y mesler, n'ayant à - révocquer les actes du Roy en dispute, si est ce que le Roy, - offrant Monseigneur le Duc, son frère, pour devenir le mary de - nostre Royne, et, quand et quand, nostre chef et gouverneur, - auquel ne voyons aultre marque de son intention au faict de la - religion, ains qu'il seconde son frère, le Duc d'Anjou, en armes, - et persécute tous ceux qui favorisent la mesme religion qu'a la - Royne; - - Et puisque le Roy mesme et tout son conseil y persévèrent si - obstinément qu'ilz mettent en péril les vies de leurs meilleurs - subjectz et serviteurs pour respandre le sang d'une grande partie - du peuple de mesme royaulme, sans se souvenir qu'ilz - affoiblissent et diminuent la force de ce royaulme, laquelle - consiste en la multitude des subjectz, qu'est ce qu'on doibt - espérer de la venue du Duc en ce royaulme, en ce temps cy - principallement, venant de la victoire et l'effusion du sang à la - Rochelle de ceux qui, pour le regard de leur religion, sont bons - amis de la Majesté de la Royne et de ce royaulme; et combien que - l'on se peût, avec quelque probabilité, persuader que, quand à la - personne du dict Duc, rien ne seroit ni attenté contre Sa - Majesté, ni son estât, toutesfois il ne se peut faire, le Roy - continuant la guerre contre ses naturelz subjectz, seullement - pour s'avoir mis en deffence et n'avoir voulleu abandonner leur - religion, dont les édictz et ordonnances du royaulme leur ont - permis et garanti la profession et exercisse, que les estatz et - peuple de ce royaulme ne se mescontentent fort de la venue du - Duc, considéré le temps, jusques à ce que le Roy fasse modérer ou - bien cesser ceste persécution en France. - - Par ainsy n'a rien plus à desirer pour l'avancement de ce mariage - et de la venue du dict Duc que si luy mesmes voulloit désister - d'estre acteur en ceste guerre et déclarer une vollonté de se - conformer à la religion de Sa Majesté, ou que Dieu en fasse la - grâce au Roy qu'il puisse recouvrer l'obéissance de ses subjectz - sans guerre et effusion de sang, en leur laissant l'exercisse de - leur religion suivant ses édictz précédents, ses sermens et - promesses, affin qu'ilz luy rendent obéissance comme à leur - souverain. - - En quoy, s'il plaist au Roy, estimons qu'il n'y a prince en la - Chrestienté qui puisse plus avancer ceste bonne oeuvre que la - Majesté de la Royne, à quoy aussy nous, qui sommes ses - conseillers, y donnerons fort vollontiers nostre advis et - prendrons la peyne à le parfaire, à l'honneur du Roy et bien de - son royaulme, ce qu'estant effectué alors, la difficulté que, de - présent, nous trouvons empescher la venue du Duc, seroit vuidée, - et si, par après, il arrivoit, ce seroit avec plus de grâce et - faveur, là où, pour le présent, il ne le pourroit faire, sans - attandre asseurément un général mescontentement du royaulme, et - conséquemment un mauvais et final empeschement de l'intention du - mariage. - - Ce que laissons considérer à vous, Monsieur l'Ambassadeur, et - remettons au meilleur advis du Roy et de la Royne Mère. - - - - -CLI - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XXIIIIe jour de juillet 1573.-- - - Ferme volonté du roi de faire observer la paix qui vient d'être - conclue avec les habitans de la Rochelle.--Préparatifs pour le - départ du roi de Pologne.--Satisfaction du roi de l'offre faite - par Élisabeth de protéger le voyage par mer.--Plaintes contre - des prises faites par les Anglais. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay receu vostre lettre du XIIe de ce -moys[148], par laquelle j'ay veu les honnestes propos que vous avés -eus avec la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur et cousine, et les -responses de bonne espérance qu'elle vous a faites pour l'entreveue -d'elle et de mon frère, le Duc d'Alençon, dont néantmoins elle veut -avoir l'advis de milord thrésorier, qu'elle a envoyé quérir pour -ceste occasion; ce qui viendra fort à propos, puisque le Sr d'Orsey -estoit arrivé au mesme instant, et Sabran aussy qui vous apporte, sur -l'occasion de son voyage et de toutes les aultres particullarités -concernant mes affaires et servisse, une si ample et claire -résollution de mon intention, que m'en remettant à ce que aurés -entendu de luy, je n'estendray ceste cy que pour vous dire que vous -avés bien faict d'avoir asseuré la dicte Royne et ses principaux -ministres de la ferme délibération où je suis de faire observer et -garder inviolablement les articles de la paix qui a esté faite devant -la Rochelle; où l'intention d'iceulx est desjà bien commencée à -exécuter: et se peut on asseurer que je les fairay de ma part -entièrement entretenir, non seullement de ce costé là, mais aussy par -tout le reste de mon royaulme. Et pour ceste occasion j'ay faict -cesser en Guienne, Languedoc et Daufiné, toutes choses d'hostilité, -ayant mandé que l'on rettire mes forces d'autour de Montauban et -Nismes, et que l'on cesse le gast que j'avois escript que l'on fît -autour des villes que mes subjectz de la nouvelle opinion occupoient, -affin que, de leur part, ilz fissent selon qu'il est porté par les -articles de la paix et édict qui a esté dressé sur iceulx. Je n'en ay -poinct encores sceu de nouvelles, mais j'ay bonne espérance que mon -dict édict s'exécuttera et observera partout. - - [148] Voyez CCCXXIXe dép., tom. V, pag. 370. - -Je fais acheminer mes six mille Suisses, prenant le chemin de la -Guienne et par le bout du Languedoc, droict du costé du Lyonnois, pour -les licentier, si toutes choses s'establissent comme j'espère, suyvant -icelluy dernier édict de la paix; estant ma droicte et sincère -intention de la garder entièrement et de ne permettre qu'il soit -contrevenu, en quelle façon que ce soit, comme vous pourrés asseurer -ceux de mes subjectz qui sont par delà, et qu'ilz reviennent -hardiment, qu'ilz jouiront du bénéfice d'icelluy édict, sans aulcun -doubte ni difficulté. - -J'espère que mes frères, le Roy de Pouloigne, le Duc d'Alençon et le -Roy de Navarre, seront bientost de retour par deçà, estants, dès avant -hier, arrivés à Blois. Et les ambassadeurs de Pouloigne et le Sr de -Valence sont à mon advis, à présant, tous arrivés à Metz. Incontinent -que mon dict frère, le Roy de Pouloigne, sera arrivé, nous les fairons -venir; et cependant il ne se pert poinct de temps pour les préparatifs -nécessaires pour son partement, et je regarderay, après avoir -communiqué avec mon dict frère, le Roy de Pouloigne, pour les affaires -d'Escosse, ce qui se debvra faire de ce costé là, et me résoudray -avecque luy et avec mon dict frère d'Alençon du personnage que je y -devray envoyer. Cependant ayés tousjours l'oeil de ce costé là, le -mieux que vous pourrés, et y faictes ce qui vous sera possible pour le -bien de mon servisse. - -L'ambassadeur de la Royne d'Angleterre a parlé à la Royne, Madame et -Mère, et à moy, nous ayant faict entendre que sa Maistresse luy avoit -commandé s'aller conjouir avecque le Roy de Pouloigne, mon frère, de -son heureuse élection, dont elle est infiniment aise; et nous a -proposé et offert toutes les honnestes assistances qui se peuvent -desirer de la part de la Royne, sa Maistresse, pour le passage de mon -dict frère, nous déclarant que, s'il s'y trouvoit difficulté par -l'Allemaigne, qu'il estoit fort aisé par la mer et par les costes, en -quoy elle ne voulloit rien espargner pour honnorer le passage de mon -dict frère; et qu'estant la bonne intelligence entre les trois -royaulmes, comme, de sa part, elle la desiroit, ce seroit un grand -bien pour noz subjectz, et à nous mesmes une fort grande commodité -pour noz affaires. Car il estoit si aisé et commode d'aller d'un -royaulme à l'aultre qu'il ne se pouvoit trouver jamais un plus court -et meilleur chemin, et que le commerce de nos dictz trois royaulmes en -sera beaucoup plus grand; dont j'ay monstré au dict ambassadeur -d'estre fort aise, comme, à vous dire vray, serois je, si ses -déportements se trouvent semblables. - -Il s'est aussy fort resjoui avecque nous de la paix, nous asseurant -que sa Maistresse et tous ses ministres en estoient fort aises. Je -l'ay bien asseuré que nous la voulons inviolablement observer, comme -aussy est ce, et, je l'ay cy devant dict, ma droicte et vraye -intention; et luy ay, à ce propos, parlé des pyrateries qui se font -sur mes subjectz par les Anglois, et ceux qui se rettirent en son -royaulme, n'ayant la Royne, ma dicte mère, pas failly de luy dire ce -qu'elle vit du cappitaine Poil en sa présance, arrivant à Dieppe, qui -pilla un grand vaisseau chargé de marchandises d'un de mes subjectz, -ainsi que vous verrés par le mémoire que je vous en envoye; et que, -n'eût esté l'espérance, que nous avons, que la dicte Royne, sa -Maistresse, nous en faira faire la justice et restitution, elle eût -permis à six vaysseaux, qui estoient armés et les soldatz dessus, -prests à faire voile, d'aller recouvrer ce que le dict Poil print et -mena sur l'heure mesme en Angleterre; où je vous prie ne faillir de -faire toute instance de cella et des aultres déprédations, sellon le -mémoire que je vous en envoye. Cependant je prieray Dieu, etc. - -Escript à St Germain en Laye, le XXIVe de juillet 1573. - - CHARLES. PINART. - - - - -CLII - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XXXIe jour de juillet 1573.-- - - Audience accordée à l'ambassadeur d'Angleterre.--Négociation - relative à l'entrevue. - - -Monsieur de la Mothe Fénélon, j'ay receu voz dépesches du XIIe et XXe -du présent[149], et, avec la dernière, veu les lettres que la Royne -d'Angleterre, ma bonne soeur, a escriptes à la Royne, Madame ma Mère, -et à mon frère, le Duc d'Alençon, auxquelles je me délibère de vous -faire, dans deux ou trois jours, bien particullière responce; et, -attandant, je vous diray comme l'ambassadeur de ma dicte bonne soeur -parla avant hier à la Royne, Ma dicte Dame et Mère, ainsi qu'il a -faict cejourdhuy à moy, nous ayant dict que la Royne, sa Mestresse, se -debvoit rendre à Douvres, le premier jour de septembre proschain, où -elle séjourneroit sept jours durant, pendant lesquelz, s'il plaizoit à -mon dict frère de l'aller voir, il le pourroit faire. Toutesfois elle -desiroit bien que l'on sceût que ce n'estoit poinct à sa réquisition -que mon dict frère iroit, mais plustost à la nostre; que si, pour -ceste veue, l'effaict du mariage ne s'ensuivoit, elle ne voudroit pas -que cella feût cause d'apporter changement en l'amitié qui est entière -entre elle et nous, et que, partant, la chose méritoit bien d'estre -meurement considérée, avant que de l'entreprendre. - - [149] Voyez CCCXXIXe et CCCXXXe dép., tom. V, pag. 370 et 374. - -Là dessus, Ma dicte Dame et Mère lui a respondu que ce que nous -desirions le plus, c'est de conserver et estreindre tousjours -davantage l'amitié que nous avons avec elle; mais que ma dicte soeur -sçavoit bien si elle avoit vollonté de se marier ou non; si elle -estoit du tout hors d'opinion d'espouser mon dict frère, qu'il luy -sembloit que cette veue ne serviroit de rien, et n'estoit pas grand -besoin d'y venir; si aussy elle avoit vollonté de se marier, qu'elle -ne pouvoit pas prendre un prince en la Chrestienté qui feût mieux -appuyé que mon dict frère, qui est frère de deux puissants Roys. - -Là dessus, il répliqua qu'elle avoit vollonté de se marier, mais que, -pour beaucoup de considérations particullières, aulcuns la -dissuadoient de ce mariage avec mon dict frère. - -La conclusion du propos feut enfin que ma dicte Dame et Mère remit à -me faire entendre ces choses; lesquelles m'ayant dict de mesmes en -l'audience que luy ay donnée aujourdhuy, après disner, je luy ay -respondu que j'en aviserois avec les gens de mon conseil, et fairois -sçavoir à vous, mon ambassadeur, ma résollution là dessus pour la luy -dire. - -Sur quoy nous nous sommes despartis, ayant voulleu vous donner advis -incontinent de ce que dessus, affin que vous sçachiés ce qui est passé -en l'audience du dict ambassadeur. Jugés s'il en aura escript -conformément à sa Maistresse; priant Dieu, etc. - -Escript au chasteau de Boulogne, le dernier jour de juillet 1573. - - CHARLES. BRULART. - - - - -CLIII - -Le ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON - ---du XVIIIe jour d'aoust 1573-- - - Résolution du roi d'envoyer un député en Angleterre pour la - négociation du mariage.--Maladie du duc d'Alençon.--Méfiance - d'Élisabeth.--Prise de Harlem en Hollande, et du château - d'Édimbourg en Écosse.--Voyage des ambassadeurs de - Pologne.--Désignation du maréchal de Retz pour passer en - Angleterre. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, oultre ce qui est contenu en mon aultre -lettre, je vous diray que j'ay pensé, si la Royne d'Angleterre, ma -bonne soeur, est résollue de venir à Douvres au premier jour de -septembre, ainsi que vous me l'avés mandé et que son ambassadeur me -l'a dict par deçà, je suis résollu de dépescher devers elle, au mesme -temps qu'elle s'y pourra trouver, quelque gentilhomme pour la -visitter, s'approschant ainsi près de ma frontière; lequel sera bien -esclercy de la résollution que j'auray prinse sur le faict de -l'entreveue, et aultres particularités qui seront requises, pour -tousjours entrettenir une bonne et sincère amitié avec ma dicte bonne -soeur; qui est ce que je desire plus que toute aultre chose de ce -monde: dont je vous prie de l'asseurer en toutes les occasions qu'il -viendra à propos, estant infiniment marri que la maladie intervenue à -mon frère, le Duc d'Alençon, de laquelle il ne peut estre en estat de -sortir hors de son logis de quinze jours, encores qu'il soit en bon -chemin de recouvrer sa santé, nous ait empesché de nous résoudre et de -conduire si tost à bon effect ceste entreveue que nous le desirions, -ce que vous pourrés témoigner à ma dicte bonne soeur. - -Au surplus, Monsieur de La Mothe Fénélon, je vous diray que j'ay -receu voz dépesches des XXVIe et dernier du passé, Ve et IXe du -présent[150]; sur lesquelles je vous diray que, pour le regard des -soubçons et deffiences, ès quelles, sans aulcune occasion, l'on a -voulleu mettre la dicte Royne d'Angleterre, tant sur le voyage que a -faict en Normandie la Royne, Madame et Mère, que aussy sur les -préparatifs de l'armement des vaisseaux que j'avais advisé de faire -faire pour porter les quatre mille Gascons en Pouloigne, que l'on -commançoit dire estre destinés à aultre effaict; tout cella sera passé -et assoupi, à ceste heure, qu'ilz verront les dictz préparatifz -entièrement cessés. - - [150] Voyez CCCXXXIe, CCCXXXIIe, CCCXXXIIIe et CCCXXXIVe dép., - tom. V, pag. 380, 383, 385 et 387. - -J'ay veu ce que me mandés de la réputation qu'a donné par delà aux -affaires du Roy Catholique la prinse d'Harlen, et ce qui vous a esté -rapporté de l'occasion pour laquelle est advenue si soudainement la -prise du chasteau de Lislebourg, et comme il est bien requis que -j'envoye quelque personnage d'authorité en Escosse pour y résider; à -quoy je regarderay à pourvoir cy après. - -Cependant je vous diray que je loue bien fort la responce que vous -avés faicte à ma dicte bonne soeur, sur ce qu'elle vous a dict, à -propos du saufconduict que luy avés demandé, que mon cousin le -cardinal de Lorraine ayant eu la puissance de rompre le mariage de mon -frère, le Roy de Poulogne, avec elle, (qu'elle sçavoit bien que la -Royne, Madame et Mère, et luy desiroient), il pourroit bien, en chose -de moindre conséquence, et pour la faveur de la Royne d'Escosse, sa -niepce, faire destourner les forces, qui estoient destinées pour aller -en Poulogne, en quelque autre lieu. - -Tous les ambassadeurs de Poulogne ont esté fort bien receus et -recueillis partout, en Allemagne, despuis leur partement de Leppsic, -mesmement à Francfort, et au païs de mon cousin le comte Palatin, et -arriveront en ceste ville mardy ou mècredy proschain; où je vous -asseure que j'ay bonne vollonté de leur faire faire bonne chère: ne -voulant obmettre de vous dire, en passant, que j'ay nouvelles de -Poulogne, du XVIe de juillet dernier, comme toutes choses y sont en -bon estat et pacifique, n'y estant survenu aulcune nouveauté, tant du -dedans du royaulme que des voysins, au contraire de ce qui s'en est -dict par delà, que vous debvés tenir pour chose controuvée; priant -Dieu, etc. - -Escript à Paris, le XVIIIe jour d'aoust 1573. - - -Comme je voullois signer ceste lettre, je me suis résollu d'envoyer en -Angleterre mon cousin le maréchal de Retz, pour faire l'office dont -est faict mention au commencement de ceste lettre, au moyen de quoy je -vous prie que vous me fassiés incontinent sçavoir le lieu où il pourra -trouver ma bonne soeur. Ceux de Rouen me viennent de faire encores -plainte des pyratteries qui sont ordinairement faictes par les -Anglois: qui est cause que je vous prie d'en faire, envers ma dicte -bonne soeur, toute l'instance qui sera possible. - - CHARLES. BRULART. - - - - -CLIV - -LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XXIIe jour d'aoust 1573.-- - - Arrivée des ambassadeurs de Pologne à Paris.--Réception qui leur - est faite. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, ceste cy sera pour vous advertir comme -les ambassadeurs polonois, qui sont douze, suivis de deux cents -gentilshommes, arrivèrent mècredi dernier en ceste ville, en assés bon -équipage, au devant desquelz feust envoyé la maison du Roy de -Poulogne, mon filz, et tous les princes et principaux seigneurs qui se -trouvèrent en ceste cour, pour les conduire jusques en leurs maisons. -Le lendemain, qui feust le jeudy, ilz désirèrent que l'on les laissât -reposer en leurs maisons, pour, le jour d'après, qui estoit vendredy, -venir salluer le Roy, Monsieur mon filz, la Royne ma belle fille, et -moy; ainsi qu'il a esté faict en meilleur ordre et équipage qu'il a -esté possible, ayant fait l'évesque de Posnanie, qui est le principal -de la dicte ambassade, une fort belle harangue sur l'occasion de leur -venue. Cejourdhuy ilz ont faict le semblable à l'endroict de mon filz, -le Roy de Poulogne, et receu la plus grande joye du monde de le voir, -comme il a faict, de sa part, de se voir salué d'une si belle -compaignie, qui se peut dire, au jugement de ceux qui l'ont veue, la -plus honnorable et mieux en ordre que aultre qui se soit jamais -trouvée en ce royaulme; ne se sentant rien que de toute courtoisie, et -monstrant beaucoup la grandeur du royaulme dont ilz sont venus et -qu'ilz apportent à mon dict filz; vous laissant juger quelle joye j'en -puis recevoir en mon coeur. - -Il s'est trouvé à dire deux ambassadeurs en ceste dicte compagnie, à -sçavoir: l'un qui estoit beaucoup demeuré à partir après les aultres, -qui, ayant esté arresté en Slésie, auprès de la frontière de Pologne, -a mieux aymé s'en retourner au païs, après avoir esté mis en liberté, -pour ce qu'il cognoissoit bien qu'il arriveroit fort tard de par deçà, -que de poursuivre son chemin; l'aultre s'est mis par mer avec le Sr de -Lanssac, qui n'est encores arrivé. Dans peu de jours, nous espérons -accomplir toutes choses qui dépendront du faict de la dicte élection, -et sera faict si bon et honnorable traictement aux susdictz -ambassadeurs et à toute leur suitte, ainsi qu'il s'y est bien commencé -despuis leur arrivée en ce royaulme, qu'ilz en raporteront tout -contentement: n'ayant aultre chose à vous dire par ce petit mot que je -finiray, priant Dieu, etc. - -Escript à Paris, le XXIIe jour d'aoust 1573. - - CATERINE. BRULART. - - - - -CLV - -LE ROY DE POULOGNE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du premier jour de septembre 1573.-- - - Explications données par le roi de Pologne sur une plainte de - l'ambassadeur d'Angleterre.--Protestation de dévouement pour - Élisabeth. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay sceu que l'ambassadeur de la Royne -d'Angleterre, qui est icy résident, a esté visitter les ambassadeurs -polonois, despuis quelques jours en çà, comme en ayant charge de la -part de sa Maistresse; leur ayant faict entendre qu'elle ne desiroit -rien plus que de conserver et entrettenir la bonne amitié et -intelligence qui estoit entre le royaulme de Poulogne et l'Angleterre, -encores que moy, qui estois esleu Roy de Poulogne, n'eusse pas faict -grand compte d'une lettre qu'il m'avoit présentée, il y a quelque -temps, de la part de la dicte Dame, par laquelle elle se conjouissoit -avecque moy de mon heureuse élection. Lequel a eu grand tort de faire -ainsi entendre aux dictz ambassadeurs; car je vous puis dire que, -quand je receus de luy la dicte lettre, ce feust avec tout l'honneur -et honneste respect que je sçaurois jamais faire à lettre venant de la -part d'une princesse, de laquelle je fais si grand compte et estime -que je fais d'elle. Il est bien vray que je ne luy en baillay pas si -tost la responce que j'en avois vollonté, à cause que, en mesmes -temps, ou peu après, qu'il me l'eût présentée, je feus contrainct, -pour prévenir une maladie qui me menassoit, de prendre quelque -purgation et apozèmes, qui me tindrent trois jours empeschés de -pouvoir vacquer à aulcuns affaires; qui feust cause que je ne signay -si tost la dicte lettre, qui demeura un jour, après avoir esté signée, -sans estre baillée au dict sieur ambassadeur, à cause que l'on ne le -peut pas trouver chez luy à propos; estant toute l'occasion de sa -plaincte, laquelle je vous laisse à juger si elle est bien fondée ou -non. Et, si vous apercevés qu'il en ayt escript quelque chose à sa -dicte Maistresse, je vous prie luy en faire entendre la vérité telle -qu'elle est escripte cy dessus; priant Dieu, etc. - -Escript à Paris, ce Ier jour de septembre 1573. - -Vostre bon ami. - - HENRY. - - - - -CLVI - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XIe jour de septembre 1573.-- - - Satisfaction de l'accueil promis au maréchal de Retz en - Angleterre.--Serment prêté par le roi de Pologne. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay receu voz dépesches du XXVe et -dernier du passé, et IVe du présent[151], par lesquelles, à ce que -j'ay peu comprendre, la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, a esté -bien fort aise de la résolution que j'ay prinse d'envoyer par delà mon -cousin le mareschal de Retz, que vous avés sagement faict de luy -conforter estre pour l'estime que je fais d'elle et de son amitié, et -l'honnorer en toutes choses aultant qu'il m'est possible; me -promettant bien que j'ay aultant d'occasion d'attendre et espérer un -bon fruict du voyage de mon dict cousin, en ce que je desire, que -d'aulcun aultre ministre que j'eusse sceu envoyer par delà; et que, à -son retour, toutes choses me seront bien amplement esclercies de -l'intention de ma dicte bonne soeur; envers laquelle et les gens de -son conseil vous m'avés faict servisse fort agréable de faire une bien -vive instance des pilleries et déprédations qui se font ordinairement -sur mes subjectz, et vous prie ne vous en lasser en sorte du monde, -mais y incister si obstinément qu'il y soit par elle mis un bon ordre, -ainsi qu'il est très requis pour le bien commun de nos deux royaulmes. - - [151] Voyez CCCXXXVIIe, CCCXXXVIIIe et CCCXXXIXe dép, tom. V, - pag. 396, 398 et 401. - -Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fénélon, je vous veux bien dire -comme, après avoir esté négotié, par quelques jours, avec les -ambassadeurs de Poulogne par mon frère leur Roy, enfin toutes choses -concernant ce faict ont esté unaniment conclues et accordées avec tout -le plus grand contantement d'un chascun que l'on eût sceu desirer, de -sorte que, hier, feurent faictz les sermentz solennelz par moy et mon -frère, le Roy esleu de Poulogne, des choses conclues et ratifiées et -confirmées, en la grande esglise de Nostre Dame, après que la messe y -eût esté chantée; où assistèrent tous les ambassadeurs de Poulogne et -les ambassadeurs des princes estrangers: sçavoir; le nonce, -l'ambassadeur d'Espaigne, celluy d'Escosse et de Venise, mes cousins -les cardinaux de Bourbon, de Lorraine, de Guise et d'Est, avec tous -les princes et seigneurs qui sont près de moy; et se passa ceste -cérémonie avec le plus grand contentement et allégresse d'un chascun -qu'il se puisse dire. Dimanche, se faira la présentation du décret au -palais, qui est le principal acte de ce qui concerne le faict du dict -royaume de Poulogne; qui est tout ce que je vous puis dire, en priant -Dieu, etc. - -Le XIe jour de septembre 1573. - - CHARLES. BRULART. - - - - -CLVII - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---des XVe et XVIIe jours de septembre 1573.-- - - Présentation faite au roi de Pologne du décret contenant son - élection.--Fêtes données aux ambassadeurs polonais. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, craignant que mon cousin le mareschal de -Retz soit parti pour retourner de deçà, lorsque la lettre que je luy -escripts présentement luy sera rendue, j'ay bien voullu vous faire -ceste cy de pareille substance; et vous dire que, dimanche dernier, -XIIIe de ce moys, toutes choses ayant esté, ces jours passés, -accordées et résollues avec les ambassadeurs polonois, qui sont icy -pour le faict de l'élection du Roy de Poulogne, Monsieur mon frère, -iceulx ambassadeurs nous vindrent trouver sur les trois heures après -midy, dedans la grande salle de mon palais, en ceste ville, où nous -estions assemblés avec ordre et cérémonie. Là, ilz nous déclarèrent -publiquement, fort révéremment et honnorablement, la dicte élection, -et en présentèrent le décret, très autentiquement faict en l'assemblée -de leurs Estatz, à mon dict frère; lequel, après la lecture d'icelluy, -accepta la dicte élection, le tout avec tant de belles et grandes -cérémonies qu'il ne feust jamais faict acte en mon royaulme, ni peut -estre en la Chrestienté, plus célèbre. Et le lendemain, qui feust -hier, se fit l'entrée de mon dict frère en ceste ville, au meilleur -ordre et avec telle magnificence qu'il ne seroit possible de voir rien -de plus beau; et se fit, le soir, le festin royal en la dicte salle de -mon palais, ainsi que de coustume, comme vous entendrés plus -particullièrement par un discours que je vous envoyeray de ce qui a -esté observé ez dictes cérémonies. Cependant vous le fairés entendre -avec occasion à la Royne d'Angleterre, si mon dict cousin le maréchal -de Retz estoit en chemin pour s'en venir, et vous en réjouirés avec -elle de nos parts; estants asseurés qu'elle participe au contentement -que nous en recevons pour la parfaicte amitié d'entre elle et nous; et -luy dirés, par mesme moyen, que le plus grand desir, que nous ayons -maintenant, est de voir réheussir à l'heureuse fin la négotiation pour -laquelle mon dict cousin est allé par delà, affin que la dicte Royne -puisse, avec plus d'occasion et comme soeur, participer davantage avec -nous au contentement et honneur que ce nous est de la dicte élection -de Poulogne et des prospérités qu'il plaict à Dieu nous donner, -adjoustant à cella les plus honnestes parolles que vous pourrés. -M'asseurant que vous n'y oublierés rien, je ne vous en diray -davantage, priant Dieu, etc. - -Escript à Paris, le XVe jour de septembre 1573. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, ceste dépesche feut partie, dès avant -hier au matin, mais j'ay différé jusques à cejourdhuy pour ce que, -avant hier au soir, la Royne, Madame et Mère, fist son festin en son -palais, où les seigneurs polonois feurent si honnorablement traictés, -et y receurent tant de plaisir qu'ilz disent bien n'avoir jamais rien -veu de plus beau ni de si bien ordonné, demeurants très contents de -l'honneur qu'ilz reçoivent par deçà. - -A Paris, le XVIIe jour de septembre 1573. - - CHARLES. PINART. - - - - -CLVIII - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XXIIe jour de septembre 1573.-- - - Retour du maréchal de Retz.--Satisfaction au sujet de la réponse - qu'il a rapportée sur la négociation du mariage.--Remerciemens - du roi pour les bons offices de Leicester et de Burleigh. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, il ne seroit possible d'avoir plus de -contentement que celluy que j'ay eu au retour de mon cousin le -mareschal de Retz, ayant entendu par luy les honnestes démonstrations -de parfaicte amitié de la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur et -cousine, envers moy et tout ce qui me touche, et aussy la bonne -vollonté en laquelle il l'a laissée, et les principaux seigneurs de -son conseil, de prendre bientost, à présent que son parlement sera -assemblé, une bonne résollution sur le faict de la négotiation pour -laquelle mondict cousin le mareschal de Retz estoit allé par delà, -affin de vous en envoyer advertir par quelque honnorable seigneur ou -gentilhomme des siens, comme icelle Royne a promis: ce que nous -attandons avec très grand desir. Et cependant ayant le dict mareschal -de Retz receu une lettre d'icelle Royne et une aultre du Sr de Smyt, -par lesquelles il est prié d'escrire de quelle façon nous aurons prins -la response qu'il nous a rapportée d'elle, qui est en la meilleure -part qu'il est possible, comme aussy il leur mande, asseurant, comme -nous avons veu par sa lettre, qu'il ne seroit possible d' estre plus -contents que nous sommes, comme il est vray, pour l'espérance que nous -avons de voir bientost qu'elle aura prins une bonne et heureuse -résollution du mariage d'elle et de mon frère, le Duc d'Alençon, qui -se porte à présent très bien; estant, Dieu mercy, entièrement guéry et -aultant affectionné serviteur qui se peut desirer, ayant toute bonne -vollonté de continuer à honnorer et servir d'affection, toute sa vie, -icelle Royne, s'il plaict à Dieu, comme nous l'en prions tous, que les -propos commencés puissent réheussir à une heureuse fin pour un grand -bien à la Chrestienté, principallement à noz trois royaulmes et -alliés, ainsi que la Royne, Madame et Mère, et moy, et aussy le Roy de -Poulogne, Monsieur mon frère, et pareillement mon dict frère le Duc -luy escrivons, de nos mains, par un des gens du Sr Smith qu'il a -envoyé devers mon dict cousin le mareschal de Retz, lequel vous -escript aussy de sa part bien amplement pour vous rendre capable du -contenu en ses lettres à ce que vous puissiés, avec plus -d'intelligence, continuer à faire, selon cella et le contenu cy -dessus, tout ce qu'il vous sera possible pour persuader tousjours à -icelle Royne et à ses dicts principaux ministres, avec tant de bonnes -et grandes raisons que luy scaurés bien représenter, pour se résoudre -au dict mariage: car aussy sera ce, s'il se faict, un bien indicible, -profitable et honnorable pour elle et pour nous, aussy pour noz -royaulmes, et beaucoup plus, à présent que ce grand royaulme de -Poulogne y est adjoinct, et qui le seroit aussy à elle. Vous estes si -capable de mes droictes intentions, non seulement en cest affaire, -mais en toutes les aultres choses qui concernent mes affaires et -service par delà, qu'il n'est jà besoin vous en escrire pour ceste -heure davantage; aussy n'estendray je ceste cy que pour vous prier -m'advertir souvent de l'estat de cest affaire et de toutes aultres -occurrences; priant Dieu, etc. - -Escript à Paris, le XXIIe jour de septembre 1573. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, je ne veux oublier vous dire que, par ce -que j'ay entendu de mon dict cousin le comte de Retz, nous avons bien -occasion de nous louer des seigneurs du conseil de la dicte Dame -Royne, pour les bons offices qu'ilz ont faict par delà, pendant que -mon dict cousin y a esté, l'assistantz d'affection, ainsi qu'il m'a -asseuré, en cest affaire; principallement Mr le comte de Lecestre et -le milord grand thrésorier, lesquels je vous prie remercier de ma -part, de celle de la Royne, Madame et Mère, et de mon dict frère -d'Alençon, les asseurant, principallement le dict Sr comte de Lestre, -que j'ay un extrême desir de m'en revancher en son endroict, et aussy -du dict milord grand thrésorier, par si bons effaictz que je m'asseure -qu'ilz demeureront très contentz et se loueront grandement de moy, -aussy de ma dicte Dame et Mère et de mon dict frère d'Alençon. - - CHARLES. PINART. - - - - -CLIX - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XXVIe jour de septembre 1573.-- - - Négociation du mariage.--Regret témoigné par le roi de ce que - Quillegrey a été désigné pour passer en France.--Nécessité où - se trouve le roi de laisser encore La Mothe Fénélon en - Angleterre. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, nous achevasmes hier une despesche que -la Royne, Madame et Mère, le Roy de Poulogne, Monsieur mon frère, mon -frère le Duc d'Alençon et moy faisons à la Royne d'Angleterre et à -vous, laquelle estoit preste à partir, quand Vassal est arrivé avec la -vostre bien ample du XXe de ce moys[152]; par où j'ay veu fort -particullièrement comme mon cousin le comte de Retz s'est dignement -comporté de delà, et acquité de sa légation, et aussy les grandes -correspondances et démonstrations de bonne amitié envers nous que la -Royne d'Angleterre, ma bonne soeur et cousine, et tous les siens ont -monstré, et faict cognoistre vous porter, et comme ilz ont eu très -agréable que telle et si importante légation ait esté par nous -commise. J'ay aussy veu ce qui s'est passé de delà, despuis le despart -du dict comte, et comme icelle Royne a résollue d'envoyer de deçà -Quillegrey. Sur quoy, après avoir considéré les mauvais offices que -vous sçavés qu'il a faictz, j'ay advisé de vous escrire encores ceste -cy pour vous respondre seullement à ce que vous discourés du dict -Quillegrey et vous prier de faire dextrement, comme je m'asseure que -vous sçavés bien faire, en sorte, s'il est possible, que ce soit -quelque aultre que icelluy Quillegrey qui vienne par deçà pour -l'effaict que mon dict cousin le comte de Retz résollut avec la dicte -Royne, et qu'il luy escript présentement fort sagement, ainsi que nous -avons avisé. Mais, si icelle Royne demeure résollue fermement au dict -Quillegrey, après avoyr veu la lettre d'icelluy sieur comte, ne -monstrés pas davantage que nous en eussions desiré un aultre, affin -que, s'il venoit de par deçà, il n'ait aulcune occasion que de bien -faire et rapporter, à son retour, la vérité de ce qu'il verra pour -effacer les impostures que l'on a dittes, de delà, de mon dict frère -d'Alençon; lequel, au contraire de ce qu'on a publié, est beaucoup -amandé de ceste maladie dernière qui l'a purgé, luy ayant osté -beaucoup de rougeurs que la petite vérolle luy avoit laissées au -visage; estant maintenant, avec la barbe qui luy vient fort, beaucoup -plus agréable qu'ilz n'ont dict de delà. Il a bien creû, et tant s'en -fault qu'il soit bossu, comme l'on a dict à la dicte Royne, qu'au -contraire il est aussy droict et gaillard prince et d'aussy belle -taille qu'il y en ait en la Chrestienté. Et pour ce que, par nostre -dicte dépesche d'hier, que vous rendra ce porteur, il vous sera -entièrement satisfaict au reste de la vostre qu'a apportée le dict -Vassal, me remettant aussy à ce que vous a escript encores mon dict -cousin le mareschal de Retz, je n'estendray ceste cy que pour prier -Dieu, etc. - -Escript à Paris, ce XXVIe jour de septembre 1573. - - [152] Voyez CCCXLe, dép., tom. V, pag. 403. - - -_Par postille à la lettre précédente._ - -Monsieur de La Mothe Fénélon, nous avons ouï tout ce que nous a dict -le dict Sr comte de Retz pour obtenir vostre congé, et veu aussy ce -que m'en escrivés; mais il n'y a encores occasion de pouvoir vous -l'accorder, jusques à ce que ceste négociation ait prins fin. C'est -pourquoy je vous prie prendre résollution de demeurer de dellà jusques -à ce que cella soit faict ou failly, continuant à y faire tout ce que -pourrés pour y voir clair, et vous asseure que vos servisses, que nous -avons très agréables, seront, à vostre retour par deçà, fort -vollontiers et de bon coeur recognus envers vous et les vostres, aux -premières occasions qui se présenteront. Ne croyés pas que je ne -cognoisse bien la peyne que vous avés prinse et que vous prenés -chasque jour. Je sçay le grand soin que vous avés prins pour conserver -la vie à la Royne d'Escosse, et le travail que vous avés eu pour -rettenir tous les orages qui menassoient, de vostre costé, mon -royaulme, pendant les désordres qui y ont esté, et comme vous vous -estes dignement acquitté en l'un et en l'aultre. Il fault que je vous -prie que vous ayés patience pour voir quelle fin prendra ce traicté de -mariage; car, à vous dire vray, si je vous ay rettenu longtemps de -delà, c'est parce que je ne trouvois personne qui feût capable de m'y -servir si bien que vous faisiés, pour le mettre en vostre place. Je -suis encores dans la mesme peyne pour le faict de mon dict frère -d'Alençon; je vous prie donc de ne vous impatienter pas. - - CHARLES. PINART. - - - - -CLX - -LE ROY DE POULOGNE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XIe jour de novembre 1573.-- - - Protestation d'amitié.--Recommandation faite par le roi de - Pologne à l'ambassadeur de veiller à ses intérêts auprès - d'Élisabeth.--Assurance donnée par le roi de son attachement à - la reine d'Angleterre. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, vous sçavés comme il a pleu à Dieu, de -sa divine grâce et bonté, que, entre pleusieurs princes chrestiens, -j'ay esté esleu Roy de Poulogne. Aussy recevant cest heur et honneur -de sa main, je luy en rends grâces et louanges comme à celluy à qui -elles sont deues; et bien que le contantement que j'en ay, et la -grandeur et dignité que j'en espère, soyent les plus grands que je -puisse avoir, si est ce que la longue et douce nourriture que j'ay -prinse du Roy, Mon Sieur et frère, qui m'a tant estimé et honnoré que -de me communiquer et se reposer sur moy et ma fidélité de toutz ses -plus grands et importants affaires, et davantage de me faire son -lieutenant général en ce dict royaulme et terres de son obéissance, le -singullier amour et affection qu'il a pleu aussi à la Royne, Madame et -Mère, me tesmoigner, dès mes jeunes ans, et la bonne institution que -j'ay receue d'elle me laissent beaucoup de regret de la séparation que -je fais maintenant d'avec eulx, partant présentement pour m'acheminer -en mon royaulme de Poulogne. - -Le regret est commun à tous de porter avec desplaisir l'absance de -ceulx auxquelz ilz ont tant d'obligation, et qu'ilz ont tant aymés et -honnorés comme j'ay faict, et fais, le Roy, Mon dict Sieur et frère, -et la Royne, Ma dicte Dame et Mère, encore est il suivy d'un aultre -qui est que, laissant pleusieurs bons et affectionnés serviteurs du -Roy, Mon dict Sieur et frère, qui m'ont, en considération de ma -qualité de son frère et lieutenant général, porté beaucoup de respect -et recognoissance, accompaignée d'une singullière bonne vollonté, en -tout ce que je leur ay commandé pour le servisse de ceste couronne; et -en quoy je ne veux céler que je n'aye esté de toute affection si bien -obéy d'eux, comme aussi l'ay je bien particullièrement tesmoigné, -toutes et quantes fois que les occasions se sont présentées, que j'ay -aussy regret qu'il faille que le peu de temps, que j'ay à séjourner -icy, me prive du grand desir que j'avois de les voir, auparavant que -m'en aller. Et pour ce, que vous estes au nombre de ceux là, et qu'il -ne me reste aultre moyen de me satisfaire en cest endroit que par -lettre, j'ay bien voullu vous faire ceste cy pour vous rendre certain -tesmoignage de l'amitié que je vous ay tousjours portée, comme à -personnage d'honneur et de vertu que vous estes; vous priant, comme -vous m'avés cy devant porté bonne et vraye affection, que vous me la -réserviés encores, quand je seray hors de ce royaulme, et, au -demeurant, continuer tousjours, en tout ce qui concerne le service du -Roy, Mon dict Sieur et frère, ainsi et avec tel soin qu'avés -accoustumé, et selon la parfaicte-fiance qu'il a en vous: qui vous -asseurerés d'avoir aussy tousjours en moy un vray et bon amy, quelque -part que je sois, bien prest à m'employer, en tout ce qui s'offrira, -pour vostre bien et contentement, d'aussy bonne vollonté que je vous -prye aussy que, pendant que serés encores en vostre légation, vous -ayés en recommandation les choses qui me concerneront et les affaires -de mon dict royaulme, et d'asseurer, de ma part, la Royne -d'Angleterre, ma bonne soeur et cousine, qu'en toute syncérité et -affection je luy suis et seray tousjours bon frère et cousin, et -parfaict ami, et qu'en toutes occasions je le luy fairay de bon coeur -paroistre, la priant que, de sa part, elle en veuille faire de mesme -en mon endroict. - -J'espère, incontinent après que je seray arrivé en mon dict royaulme, -lui escrire par homme exprès pour confirmer les confédérations d'entre -mes prédécesseurs, Roys de Poulogne, elle et les siens, et les -estreindre encore aultant qu'il sera possible; desirant aussy, de -toute affection, que le voyage du Sr Randolphe, qui doibt bientost -arriver par deçà, puisse réheussir à l'heureuse fin que je desire, -tant pour le contentement que je sçay que ce seroit au Roy, Mon dict -Sieur et frère, et à la Royne, Ma dicte Dame et Mère, et aussy à mon -frère, Monsieur le Duc d'Alençon, duquel je desire la grandeur aultant -que de moy mesme; qui prie Dieu, Monsieur de La Mothe Fénélon, vous -avoir en sa saincte et digne garde. - -Escript à Vitry le François, le XIe jour de novembre 1573. - - -Monsieur de la Mothe Fénélon, je vous prie suivre, pour le contenu en -ceste lettre, ce que le Roy, Monsieur mon frère, vous escript par le -post script de la sienne. - - Vostre bon amy. HENRY. - - - _Post-scriptum inédit de la lettre du roi._ - - Monsieur de La Mothe Fénélon, il ne sera pas besoin que vous - parliez à la dicte Royne, de la part du Roy de Poulogne, Monsieur - mon frère, pour tout ce qui touche mon frère d'Alençon, pour les - raisons que pouvés bien penser; mais ce sera bien faict de luy - faire entendre les aultres choses que vous escript mon dict frère - le Roy de Poulogne. - - Escript à Vitry le François, le XIe jour de novembre 1573. - - CHARLES. PINART. - - - - -CLXI - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XXIXe jour de décembre 1573.-- - -(_Post-scriptum inédit._) - - Dénonciation faite au roi par le vidame de Chartres d'une - conspiration contre sa personne. - - -Le sieur vidame de Chartres monstrant bien l'affection qu'il me porte, -comme un bon et vray naturel subject et serviteur doibt aussy à son -Roy et Maistre, m'a faict advertir, par le cappitaine Masin Delbène, -présent porteur, qu'il y a une si malheureuse conspiration qui se -machine contre moy et la Royne, Madame et Mère, qu'il ne se peut fier -ni commettre cella par lettres ni à personne qui ne luy soit fort -fidelle, desirant, pour ceste occasion, que j'envoye vers luy -quelqu'un à qui il se puisse déclarer pour nous le faire entendre. -J'ay advisé de commettre ceste charge au dict cappitaine Masin, en qui -il se fie fort, et qui m'est bien affectionné; n'estant néantmoins pas -d'advis que monstriez, ni à l'un ni à l'autre, que je vous en aye rien -mandé; mais ce sera bien faict que m'en escripviez en chiffre, si en -entendés quelque chose par icelluy cappitaine, qui reviendra -incontinent, comme je luy ay commandé. - - - NOTA.--Voir, pour l'année 1574, les _Additions aux Mémoires de - Castelnau_, tom. III, pag. 372 à 444, nos LXXXII à CXLVII. - - _Lettres du roi, Charles IX_, des 18, 20 janvier; 4, 18 février; - 4, 14, 23 mars; 20, 23 et 30 mai 1574. - - _Lettres du roi, Henri III_, des 15 juin; 1er, 8, 31 octobre; 10, - 20 novembre; et 5 décembre 1574. - - _Lettres de la reine-mère_ des 18 janvier; 5, 18 février; 23, 31 - mai; 3, 11, 13, 14, 18, 20, 22, 30 juin; 5, 16, 23, 28 juillet; - 5, 25, 31 août; 27 septembre; 1er, 8 octobre; 10 et 20 novembre - 1574. - - _Lettres du duc d'Alençon_ des -- janvier; 5 et 18 février 1574. - - - - -CLXII - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du VIIe jour de mars 1574.-- - - Retard apporté au voyage du roi en Picardie.--Déclaration du roi - qu'il ne peut donner aucun secours aux Écossais.--Espoir - qu'Élisabeth ne parviendra pas à réaliser ses projets sur - l'Écosse.--Audience accordée à l'ambassadeur - d'Angleterre.--Avis que la reine d'Angleterre est vivement - pressée de déclarer la guerre.--Efforts que l'ambassadeur doit - faire pour l'en empêcher.--Négociation avec les protestans. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, encore que j'aye bonne espérance, -suivant ce que je vous ay escript il n'y a que trois jours, que, quand -ceux de mes subjectz qui se sont eslevés auront clairement veu et -entendu, suivant ce que je leur ay faict dire et envoyé asseurer, que -les bruictz qui ont coureu soient faux, ilz s'en retourneront en leurs -maisons jouir du repoz que je desire voir en mon royaulme, si n'est il -pas possible que je puisse estre à la frontière de Picardie, au temps -que je vous ay escript: car, quand bien tout seroit desjà appaisé, je -veux premièrement voir, avant que je parte de ces quartiers, le tout -bien rassis et rapaisé. Voylà pourquoy je vous prie qu'en faisant -entendre à la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur et cousine, comme je -suis après à appaiser tout cessy, ainsi que j'espère faire bientost, -vous puissiés prolonger le temps que je vous avois escript que je -serois devers ma frontière pour faire l'entreveue, si, suivant ce que -je vous en ay sur ce mandé, icelle Royne se délibéroit de s'approscher -aussy de la sienne. - -Cepandant je vous diray, quand à ce que m'escrivés touchant les propos -que vous a tenus l'oncle du comte d'Arguil[153], que mes affaires ne -peuvent permettre de faire ce que je desirerois bien pour ceux qui me -sont affectionnés en Escosse. Toutesfois asseurés les franchement que -je ne diminueray jamais rien de l'amitié que je leur porte, et ne les -abandonneray poinct. Je ne doubte pas que icelle Royne d'Angleterre -n'ayt tousjours le desir, et, quand et quand, espérance de réduire ce -royaulme là comme s'il estoit sien: mais elle y a desjà tant de fois -failli que je croy qu'elle n'en peut que bien peu espérer. Toutesfois -il sera bon, et vous prie, pour ceste occasion, d'entretenir -tousjours, le plus que vous pourrés, les dictz escossois qui me sont -affectionnés, affin de me servir de ce pays là comme j'ay cy devant -faict, si tant est que icelle Royne d'Angleterre se déclarât contre -moy. A quoy, combien qu'elle ne fasse aulcune démonstration, je sçay -qu'elle a esté fort sollicitée sur l'occasion de ces troubles, que je -ne doubte pas, s'ilz continuent, qu'elle ne les fomente, pour le -moins, ainsi qu'elle a faict durant les aultres. - - [153] Voyez la CCCLXVe dép. du 15 février 1574, tom. VI, pag. 32. - -Je donnay, avant hier, audience à son ambassadeur, qui trouva mes -frères le Duc d'Alençon et le Roy de Navarre rians et s'esjouans avec -moy, selon la vraye et parfaicte amitié et bonne intelligence qui est -entre nous, telle qu'elle se peut desirer entre frères; dont la Royne, -Madame et Mère, qui estoit aussy auprès de moy, qui estois au lict, -vit bien que le dict ambassadeur se soufrit, car il pensoit, à mon -advis, que, selon les faulx bruictz que les malitieux, qui ne -demandent que la division, font courir, nous feussions en mauvaise -intelligence, mais il vit bien le contraire. Aussy vous priè je dire -que j'espère si bien conduire mes dictz frères, le Duc d'Alançon et le -Roy de Navarre, qu'ilz n'auront jamais, comme de ceste heure, aultre -vollonté que la mienne; combien qu'à vous dire vray, mais cella -demeurera en vous, il y ait eu de grandes menées, et l'on a faict ce -que l'on a peu pour les diviser d'avec moy, qui loue Dieu de -l'assistance qu'il m'a donnée pour y remédier comme j'ay faict, si -bien que je m'asseure que tout sera bientost appaisé en ce royaulme, -et qu'en quelque sorte que ce soit mes dictz frères n'ont ni n'auront -aultre intention et vollonté que la mienne, comme vous le pourrés -tousjours bien fermement asseurer de dellà; estant aultant nécessaire, -qu'il feust jamais, que preniez garde à ce qui se faira de delà, car -j'ay sceu pour certain que la dicte Royne a esté très instamment -poursuivie pour se déclarer contre moy; et que, sur ce, les principaux -de son conseil avec lesquelz elle en a communicqué se sont trouvés -partis, estant le milord thrésorier le plus ferme opinant, à ce qu'on -m'a dict, (toutesfois je ne le tiens pas pour bien certain), à me -faire la guerre ouverte, sur ces eslévations qui sont maintenant par -deçà. - -J'ay sceu davantage que l'ambassadeur, qui est icy, faict cejourdhuy -partir son secrettaire pour presser sa Maistresse et les ministres à -cella, leur persuadant qu'ilz n'auront jamais si belle occasion et -moyen de faire quelque chose par deçà pour y remettre le pied et y -ravoir un Calais. Mais il ne fault pas faire semblant de rien, et au -contraire continuer tousjours à entrettenir la dicte Royne et ses -ministres de la vraye amitié que je luy porte, et de celle que -j'espère réciproquement d'elle; ayant l'oeil ouvert et faisant -dextrement tout ce qu'il vous sera possible pour entendre ses -délibérations et m'en advertir. - -Je n'ay poinct encore responce de ceux de mes dictz subjectz, qui se -sont eslevés, sur ce que le Sr de Torcy leur a raporté de ma vollonté; -mais j'en attands bientost, et desire bien fort qu'ilz soyent si -sages que chascun se rettire en sa maison, et vive en repos sellon les -lettres patentes qu'ilz m'avoient demandées, et que je leur envoye, -dont vous avés eu le double par ma dernière dépesche; priant Dieu, -etc. - -Escript au fauxbourg St Honoré, lez Paris, le VIIe jour de mars 1574. - - CHARLES. PINART. - - - - -CLXIII - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XVIIe jour d'apvril 1574.-- - - Nouveaux évènemens survenus en France.--Remontrances que - l'ambassadeur doit faire contre les secours donnés par - l'Angleterre à Montgommery.--Nécessité de surseoir à la - négociation du mariage.--Détails sur la conspiration de La Mole - et de Coconas.--Déclarations du duc d'Alençon et du roi de - Navarre.--Fuite du prince de Condé.--Dispositions prises contre - La Noue, qui occupe la Rochelle.--Abandon du siège de Valognes - par Montgommery.--Assurance que toutes les autres provinces - sont tranquilles.--Levées de troupes faites par le roi en - Allemagne et en Suisse. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, par vos dépesches du XXVIIIe du passé, -IIe et VIe du présent[154], j'ay veu comme la Royne d'Angleterre, ma -bonne soeur, ayant entendu les nouveaux accidentz survenus de deçà, a -faict contenance d'en recevoir grand desplaisir, et mesmes de ce -qu'elle avoit ouï dire qu'il y avoit quelque chose de meslé de mon -frère le Duc d'Alençon; ce que je reconnois d'une très bonne vollonté -qu'elle me porte et au bien de mes affaires, comme aussy les propoz -qu'elle vous a tenus de Montgomery, ne pouvant en cella user de plus -belles démonstrations de son amitié, lesquelles je seray bien aise de -voir suivies de semblables effaictz; ayant à vous dire, en passant, -touchant icelluy Montgomery, que, entre aultres déclarations que a -faictes le comte Coconas, prisonnier, grandement coupable de la -malheureuse entreprise qui a esté descouverte, il a dict que le dict -Mongomery s'asseuroit bien d'estre secoureu du costé d'Angleterre: ce -que je desire que vous faisiés entendre à ma dicte bonne soeur, et luy -remonstriés que, encore que ce soit chose que je ne veuille pas croire -qu'elle voullût souffrir, pour ne pouvoir estre rien plus contraire à -noz communs traictés et à l'amitié qu'elle veut par toutes parolles -faire connoistre me porter, si est ce que j'ay bien voullu l'en faire -advertir par vous, et la requérir d'y pourvoir, par tous les meilleurs -moyens qu'il sera possible, qu'il ne soit presté aulcun secours au -dict Mongomery ni à aultres de sa faction, soit ouvertement, ou -clandestinement. - - [154] Voyez CCCLXXIIe, CCCLXXIIIe et CCCLXXIVe dép. tom. VI, pag. - 64, 68 et 73. - -Vous pouvés bien juger comme ces choses interrompent le dessein que -j'avois prins de m'en aller du costé de la Picardie pour facilliter -l'effaict de l'entreveue de mon dict frère le Duc; lequel il fault -laisser aux termes qu'il est, sans plus en parler, que l'on ne voye -quelque changement en mieux de mes affaires, sans toutesfois monstrer -que je sois réfroidy du desir que j'ay de m'estreindre avec ma dicte -bonne soeur d'un plus estroit lien d'amitié; vous priant que, pour le -plus grand servisse que me sauriés faire, vous ayés, à ceste heure, -l'oeil bien ouvert à tout ce qui se faira et proposera du costé -d'Angleterre. Comme je suis asseuré de vostre affection et -intelligence, je ne vous en exhorte pas davantage. - -J'ay veu ce que vous me mandés du desir que le comte d'Arguil a -d'estre faict chevallier de mon ordre, ce que je luy ay fort -volontairement accordé, et vous envoye la dépesche que je pense ne -pouvoir mieux addresser qu'à vous mesmes pour le luy bailler. - -Au surplus, Monsieur de La Mothe Fénélon, vous aurés entendu par ma -dernière[155], comme ceste malheureuse entreprinse, semblable à celle -que l'on voulloit dernièrement tanter à Saint Germain en Laye, avoit -esté descouverte, qui feust cause que, m'ayant esté confirmée par -plusieurs divers advis, je fis renforcer mes gardes et entrer dedans -l'enclos de ce chasteau un corps de garde de Suisses. Il avoit dès -lors esté prins quelques prisonniers, coupables de la dicte -entreprinse, et despuis il en a esté encore prins d'aultres, entre -lesquels sont La Molle et le comte Coconas, qui sont entre les mains -des gens de ma cour de parlement, pour leur estre faict leur procès, -s'estantz desjà, par les interrogations que l'on leur a peu faire, et -leurs confessions vollontaires, vériffié comme ilz ont voulleu -suborner mes frères, le Duc d'Alençon et Roy de Navarre, et les -enlever hors d'auprès de moy pour leur faire entreprendre quelque -chose au préjudice de mon authorité et du repos de mon estat; pour -lequel effort ilz avoient disposé des chevaux en certains endroictz et -prins un lieu où ilz se debvoient rendre; ayant bien à louer Dieu de -ce que, par sa grâce, leur mauvais dessein n'a esté exécuté. Mes dicts -deux frères, ayantz recogneu la maligne intention de ceux qui les ont -voulleu ainsi malheureusement séduire, m'ont déclaré tout ce que -dessus, espérant bien que, par la confession des procès qui seront -faits à ceux qui se trouvent aujourdhuy prisonniers, il se pourra -descouvrir quelque chose davantage de ce à quoy tendoit le but de -ceste malheureuse entreprise; dont je ne manqueray de vous donner -advis affin que vous en puissiés parler au lieu où vous estes. - - [155] Cette lettre manque. - -Cependant je ne veux oublier à vous dire que mon cousin, le Prince de -Condé, ayant eu quelque frayeur, pour luy avoir esté donné à entendre -que je tenois prisonniers mes dictz frères, est sorty d'effroy de la -ville d'Amiens, et s'est rettiré du costé des Ardennes, ainsy que je -l'ay entendu. Mais j'espère que, comme son parlement a esté fondé sur -un faux donné à entendre, quand il sçaura la vérité des choses, comme -j'ay donné ordre de la luy faire sçavoir, il s'en retournera au dict -Amiens pour continuer à pourvoir aux affaires de son gouvernement, -selon la charge que je luy en ay donnée et que luy avois envoyée -expressément. - -Je viens d'avoir nouvelles de mon cousin, le duc Montpensier, comme il -a, avec le Sr de La Vauguion, suivi de si près les troupes de La Noue, -qui avoient envie de se joindre à Langoran, qu'il les a contrainct de -prendre aultre chemin et de tirer du costé de la Rochelle, estant mon -dict cousin en délibération de les combattre avec bonne intention de -les deffaire, comme il est bien plus fort qu'elles ne sont. Quand au -dict La Noue, estant malade d'une fiebvre double tierce, il s'estoit -rettiré à la Rochelle, où je croy que mon cousin le sieur Strossy et -le secrettaire Pinart, qui estoient après à le joindre, pourront -négotier avec luy du faict de leur charge. - -Du costé de la Normandie, j'ay eu aujourdhui advis que le Sr de -Matignon a fait lever le siège devant Valongnes à Montgomery, qui -s'est rettiré du costé de Vire, où il le poursuivoit pour le combattre -avec une bonne troupe de forces, luy ayant desjà faict changer d'un -logis ou deux. - -J'espère quelque bon effaict de ces deux costés, n'ayant rien qui -bouge, grâces à Dieu, ez aultres provinces par deçà, où les choses -sont en fort paisible estat; priant Dieu, etc. - -Escript au chasteau de Vincennes, le XVIIe jour d'apvril 1574. - - -Je ne veux oublier de vous dire que, despuis ces nouveaux accidentz -survenus, je me suis résollu de mettre en wartguelt jusques à cinq -mille chevaux reytres, et de demander une levée de six mille Suisses, -pour estre fort et donner la loy à ceux de mes dicts subjectz qui me -seront désobéissantz. - - CHARLES. BRULART. - - - - -CLXIV - -LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XXVe jour d'apvril 1574.-- - - Audience accordée à l'ambassadeur d'Angleterre pendant la maladie - du roi.--Intercession d'Élisabeth en faveur de La - Mole.--Déclaration faite par Catherine de Médicis des motifs - qui ne permettront pas d'user de clémence envers lui, s'il est - condamné. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, l'ambassadeur de la Royne d'Angleterre, -Madame ma bonne soeur, m'est venu aujourdhui trouver, et a commencé à -me dire que sa Maistresse avoit esté grandement resjouie, quand elle -avoit entendu, par sa dépesche, que le Roy, Monsieur mon filz, et moy -continuons toute bonne amitié envers elle, et que les choses que l'on -disoit de mon filz le Duc, sur l'occasion de ce qui est cy devant -advenu, ne se trouvoient telles que on en avoit faict courir le -bruict, qui estoit bien le plus grand desplaisir qu'elle pouvoit -recevoir; car, comme l'amitié singullière, qu'elle luy avoit tousjours -cy devant portée, estoit principallement fondée sur celle qu'elle -avoit avecque le Roy, Mon dict Sieur et filz, et moy, aussy quand il -seroit mal avec nous, elle n'en pourroit que grandement diminuer. Ce -que je luy ay conforté et remercié de ce que, en cella, elle randoit -un bien ample tesmoignage de la syncérité de son affection, -l'asseurant, comme la vérité est, que nostre amitié vers elle est -telle et aussy syncère qu'elle ait esté cy devant, et que nous avons -tout desir de l'estreindre tousjours de plus en plus; et que, Dieu -mercy, il estoit en aussy bonne intelligence avec nous que nous le -sçaurions souhaitter pour nostre contentement, et que sa vollonté et -la nostre n'estoit qu'une mesme chose. - -Puis il m'a dict qu'il avoit à parler au Roy, Mon dict Sieur et filz, -quelque chose de la part de sa Maistresse, mais, à cause de son -indisposition, il ne le voulloit empescher, m'ayant déclaré que -c'estoit de La Molle, lequel ayant veu et estimé pour gentilhomme fort -honneste, elle a quelque occasion de penser qu'il ne luy seroit poinct -tombé au coeur de faire une meschanceté; toutesfois qu'elle ne sçavoit -pas de quoy il peût estre chargé, mais que, s'il y avoit chose qui ne -feust de si grand grief et offence qu'elle peût estre remise, qu'elle -prieroit vollontiers pour luy. En quoy elle estoit incitée d'aultant -plus qu'elle avoit tousjours recogneu la bénignité et clémence de mon -dict filz si grande envers ses subjectz, qu'il avoit tousjours fort -vollontiers pardonné, mesmement à ceux qui, par plusieurs fois, ont -prins et porté les armes, les ayant, après cella, aultant -favorablement traictés que pourroit faire le plus clément prince du -monde, comme encores il se voyoit aujourdhuy qu'il leur faict de si -belles et raisonnables offres que, quand ilz ne les voudront accepter, -ilz mériteront d'en estre blasmés de tout le monde, et que tous les -princes, qui font profession de leur religion, leur seroient -contraires. - -Là dessus, je luy ay respondu que j'estois bien aise qu'il fît ce -jugement avec la vérité, mais, quand à ce qui touche le pardon qu'a -faict le Roy, Mon dict Sieur et filz, à ses subjectz, quand ilz se -sont cy devant eslevés en armes, ç'a esté lorsqu'ilz ont faict -cognoistre que ce qu'ilz en faisoient n'estoit que pour le faict de -leur religion, et estre en cella contentés de ce qui serviroit à la -satisfaction de leur conscience, et que, leur y ayant esté pourveu, -ilz luy ont randu l'obéyssance telle que debvoient de bons subjectz: -mais, pour le regard du dict La Molle, il y avoit bien d'aultres -considérations; car estant une personne qui a esté nourrie près de -nous, et se peut dire de nostre pain, luy ayant, Mon dict Sieur et -filz, faict de l'honneur et de la faveur, non pas comme à un subject -et serviteur, mais aultant quasi qu'il eut sceu faire à un qui luy eut -esté compaignon, la faulte, qu'il pouvoit avoir faicte, estoit -beaucoup plus grande en son endroict que de toutes aultres personnes; -qu'il sçavoit bien que, quand semblables accidentz estoient advenus en -Angleterre, la Royne, sa Maistresse, n'avoit pas pardonné à ses -propres parentz, et avoit laissé traicter telle chose par la justice, -ainsi qu'il estoit raisonnable, et comme l'on faict présentement, -estant le dict La Molle et ceux qui sont accusés comme luy entre les -mains des premiers juges de ce royaulme, qui sont les gens de la cour -de parlement de Paris; par lesquelz tout homme accusé en ce dict -royaulme desire estre plustost jugé que par nulz aultres, par la -grande et singullière intégrité qui est recogneue en eux. - -A quoy il n'a peu contredire, mais a plustot approuvé ce que je luy en -déclarois, me disant si on ne peut sçavoir encores de quoy le dict La -Molle est convaincu? - -A quoy je luy ay respondu qu'il ne se sçavoit poinct; mais que cest -affaire estoit traicté avec toute la syncérité qui se peut dire, et -que, après avoir esté le procès faict, nous en fairions part à sa -dicte Maistresse pour luy faire cognoistre le fonds de la vérité des -choses, que nous ne voudrions demeurer célé à personne qui nous touche -d'amitié si intime. - -C'est, en somme, le contenu des propos qui se sont passés entre nous, -desquelz je vous ay bien voullu donner advis, affin que, si la Royne, -ma dicte bonne soeur, vous en parle, par delà, ou vous dict ce qu'elle -en aura sceu de son dict ambassadeur, vous en puissiés estre d'aultant -plus asseuré par ce que présentement je vous en mande, et vous y -conformer. - -Au surplus, Monsieur de La Mothe Fénélon, attendant qu'il vous soit -faict responce sur la dépesche que nous a porté le Sr de Vassal[156], -je vous prieray d'user tousjours envers ma dicte bonne soeur de toutes -les démonstrations de nostre bonne amitié qu'il sera possible, comme -aussy ne nous est elle aulcunement diminuée par ces nouveaux -accidentz, mais plustost accreue; priant Dieu, etc. - -Escript au chasteau de Vincennes, le XXVe jour d'apvril 1574. - - CATERINE. BRULART. - - [156] Voyez CCCLXXVe dép., tom. VI, pag. 77. - - - - -CLXV - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du IIe jour de may 1574.-- - - Protestation du roi qu'il n'a pas l'intention de s'allier avec le - roi d'Espagne.--Son desir de voir réussir le mariage du duc - d'Alençon.--Offre de faire prochainement - l'entrevue.--Recommandation de surveiller les menées des - protestans français en Angleterre.--Promesse qu'il sera fait - droit aux réclamations de sir Arthus Chambernon.--Situation - désespérée de Montgommery en Normandie.--Assurance que le roi - est en meilleure santé.--Condamnation et exécution de La Mole - et de Coconas. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, comme vostre secrettaire estoit -dernièrement sur le poinct de partir et avoit desjà sa dépesche, -Vassal arriva avec la vostre, du XVe du passé, despuys laquelle j'ay -receu celle du XIXe[157]; et pour vous y respondre, je vous diray que -j'ay bien considéré le mémoire dont vous avés chargé le dict Vassal, -contenant plusieurs advis qui monstrent bien que celluy qui vous les a -donnés a une singullière affection à la conservation de moy et de mon -estat; dont je sçauray bien faire mon profict, Dieu aydant; mais, -quand à ce qui touche les persuasions que l'on se veut donner par -delà, que j'ay une privée intelligence et communiquation de conseilz -avec le Roy Catholique, et ce que l'un des conseillers de ma bonne -soeur vous a voulleu faire croire, c'est chose de la créance de -laquelle j'estime qu'ilz sont grandement esloignés, et que l'on vous -en a parlé pour vous faire ouvrir et déclarer là dessus, mes actions -faisans assés cognoistre à ceux qui en voudront juger sainement que je -ne suis poinct plus affectionné ez choses qui touchent le dict Roy -Catholique que en ce qui concerne ma bonne soeur, l'amitié de la -quelle j'ay recerché et recerche de confirmer perpétuellement par tous -les meilleurs moyenz qu'il m'est possible. - - [157] Voyez CCCLXXVe et CCCLXXVIe dép., tom. VI, pag 77 et 80. Le - mémoire qui était joint à la première de ces dépêches n'a pas été - transcrit sur les registres de l'ambassadeur. - -En quoy il se peut dire que je n'y ay rien oublié de ce que je y ay -peu advancer de mon costé, et que, si, du costé de delà, la -disposition y eut esté aussy ouverte et sincère, il en feût desjà -sorti un bon effaict au commun bien et utilité de noz deux royaulmes; -et bien que ces derniers accidentz survenus soient telz qu'ilz ont -interrompu le dessein et délibération que j'avois pris de m'aproscher -de la Picardie, pour facilliter l'entreveue de mon frère le Duc -d'Alençon, ainsy que je vous l'ay cy devant escript, si est ce qu'ilz -n'ont en rien diminué la bonne vollonté que j'ay tousjours eue -d'establir, par le moyen de son mariage, une indissoluble amitié entre -noz deux royaulmes. Auquel desir je continue persévèremment, comme je -feray jusques à ce que je voye que, du costé de delà, il ne s'en -pourra plus rien espérer, n'ayant jamais donné à cognoistre au docteur -Dale, qui est icy ambassadeur résident, qu'il y eût aulcun -réfroidissement, de mon costé, en ce regard. - -Bien ay je peu monstrer que ceste entreveue de mon frère, le duc -d'Alençon, ne se pouvoit pas faire à ceste heure, et jusques à ce que -les choses soyent un peu mieux remises qu'elles ne sont encores, et -mesmes qu'il semble, par le propos qu'il m'a tenu de la part de sa -Maistresse, que, si elle cognoissoit une mauvaise intelligence de mon -dict frère envers moy et la Royne, Madame et Mère, cella diminueroit -beaucoup la bonne amitié qu'elle luy portoit, fondée principallement -sur la bonne affection qu'elle a à l'endroit de Ma dicte Dame et Mère -et de moy. De quoy il a esté requis qu'elle feust premièrement -asseurée, sellon qu'il a esté faict par les propos que l'on a eus -avec son dict ambassadeur, et ce que vous avés eu charge de luy en -exposer par delà; vous voullant bien dire que j'ay tant de desir de -voir le faict de ce mariage conduict à une bonne et heureuse fin, que, -si ma dicte bonne soeur vous veut asseurer qu'après avoir veu mon dict -frère, elle l'espousera, sans qu'il se mette plus en avant aulcune -difficulté, incontinent que l'estat des affaires de mon royaulme aura -esté un peu remis, ce que j'espère dans peu de temps, je m'aproscheray -de la dicte frontière de Picardie pour effectuer ceste entreveue, et -luy fairay bien cognoistre que je ne suis aulcunement réfroidy du dict -mariage; mais qu'il m'en demeure le mesme desir que je y ay eu cy -devant, lequel m'est pleustost accreu que diminué. - -J'ay veu ce que me mandés des excuses et prétextes que le comte de -Montgomery a faict entendre, par delà, l'avoir induict à se venir -employer au secours de ceux qui se sont eslevés en armes, lesquels -sont aussy faulsement controuvés que toutes les aultres mauvaises -inventions de telles personnes, pour donner coulleur à leurs -meschantes entreprises. Or, en cella, et aux réquisitions qu'il faict -d'avoir quelques secours, soit de gens ou de navires, et aussy aux -sollicitations que le ministre Vilden, Robineau et le ministre de La -Noue, nommé Textor, font par delà, c'est à vous à y avoir l'oeil -soigneusement ouvert, et faire de bien vives instances envers la Royne -d'Angleterre à ce qu'elle ne souffre, selon ce qui appartient à nostre -commune amitié et aux derniers traictés que nous avons faict, qu'ilz -soyent ouïs aux choses qu'ilz pourront réquérir pour fomenter le -trouble de mon dict royaulme et le secours de ceux qui se sont -eslevés, et d'empescher qu'ilz n'obtiennent rien d'elle ni de ses -subjectz, directement ou indirectement, qui est le meilleur servisse -que me sçauriés faire pour le présent. - -J'ay veu la coppie que m'avés envoyée du mémoire que vous a présenté -le sir Arthus Chambernon, sur lequel ce que je vous peux dire c'est -que le comte, de Montgomery faict assés cognoistre, par tous ses -déportementz, qu'il n'a aultre vollonté que de poursuivre la ruine de -mon royaulme, en tout ce qu'il pourra; dont il ne méritte de recevoir -de moy aulcun bon traictement en ses biens, comme cy devant je luy -avois offert, s'il se feust contenu doucement: à quoy je ne suis pas -délibéré d'entrer. Mais, pour le regard de ce qui touche l'intérest du -filz du dict Chambernon, et la jouissance qu'il demande pour luy du -dot de sa femme, fille du dict comte, sur les biens qu'il a en ce -royaulme, montant douze mille livres, je luy en fairay tousjours faire -bonne justice en faveur de ma dicte bonne soeur; mais je desire que -vous empeschiés dextrement que, soubz umbre de cella, il n'entreprenne -un voyage de par deçà, de peur que ce ne feust pour aultre mauvaise -intention. En quoy vous luy pourrés remonstrer qu'il n'est poinct de -besoin qu'il s'y achemine pour telle occasion, mais qu'il suffira -qu'il fasse présenter sa requeste par l'ambassadeur, qui est icy -résident, sur laquelle il aura toute la favorable responce qu'il sera -possible. - -Au surplus, Monsieur de La Mothe Fénélon, je vous diray comme s'estant -le dict comte de Montgomery réduict dedans Sainct Lô, (la tenant à -ceste heure assiégée), enfin pour ne s'y trouver trop seurement, j'ay -sceu que, avec vingt et cinq ou trante chevaux, il s'est hazardé de -sortir pour s'aller mettre dans Carentan. J'ay envoyé bonne quantité -de canons, poudres et munitions de ma ville de Paris au Sr de Matignon -pour assiéger ces deux places là, oultre ce qu'il en a desjà de mon -païs de Normandie, de sorte que j'espère que, dans peu de temps, il -les aura remises en mon obéissance, n'estant encore en bon estat de -fortification. - -Ne me restant rien à vous dire, Monsieur de La Mothe Fénélon, si ce -n'est que je ne fais poinct de doubte que l'on ne parle diversement, -au lieu où vous estes, de l'estat de ma disposition, mesmement à cause -des mèdecins de Paris, que j'ay faict venir pour me voir; et affin que -vous n'en soyés en peyne, et en sçachiés la vérité, je vous asseure -que m'ayant faict tirer du sang, je me sens grandement soulagé, et me -trouve sans aulcune doulleur, avec espérance que, dans peu de jours, -je seray entièrement guéri, et pourray me lever, Dieu aydant. - -Et finirois en cest endroict ceste lettre, n'estoit qu'il faut que je -vous die encores comme La Molle et le comte Coconas feurent hier jugés -à avoir la teste tranchée, et le jugement exécuté, ayantz esté -convaincus d'avoir attenté contre mon estat; et ont recogneu, avant -que de souffrir le dernier supplice, que, méritoirement et à juste -occasion, ilz avoient esté condemnés à mort, et que leur fin serviroit -de grand exemple à toutes personnes qui auroient au coeur telles -mauvaises entreprinses, que celles qu'ilz ont tentées; se pouvant dire -qu'il a esté usé, à la confession et jugement de leur procez, de toute -la plus grande sincérité, et les choses pesées avec le plus grand -respect qui se puisse observer, et que, s'il se feût peu trouver -quelque excuse pour eux, elle eût esté employée; mais ilz se sont -trouvés si coulpables que eulx mesmes se sont condemnés et confessés -dignes de mort beaucoup plus cruelle que celle qu'ilz ont soufferte; -priant Dieu, etc. - -Escript au boys de Vincennes, le IIe jour de may 1574. - - -J'ay faict garder ceste dépesche jusques aujourdhuy que je vous puis -asseurer ma santé m'estre tousjours de plus en plus confirmée, et me -trouver si bien, à ceste heure, que j'espère sortir dans peu de jours. - - CHARLES. BRULART. - - - - -CLXVI - -LE DUC D'ALENÇON A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON - ---du Ier jour de juing 1574.-- - - Reconnaissance de la régence de Marie de Médicis par le duc - d'Alençon, après la mort du roi Charles IX.--_Même déclaration_ - faite par le roi de Navarre.--_Acte de reconnaissance_, par le - parlement de Paris et les princes du sang, des pouvoirs - conférés à la reine-mère. - - -Monsieur de La Mothe, je ne saurois assés vous exprimer l'extrême -regrect, qui me demeure, de la perte, que j'ay faicte, du Roy Mon -Seigneur et frère, qu'il a pleu à Dieu appeller à sa part. Toutesfois, -me conformant à sa saincte vollonté, et considérant que c'est chose -commune à tous hommes, je me forceray de surmonter ceste dolleur le -plus vertueusement qu'il me sera possible, et vous diray que la -dernière vollunté du Roy, Mon dict Seigneur et frère, a esté que la -Royne, Madame et Mère, régist et gouvernast les affaires de ce -royaume, en attendant le retour du Roy de Poullogne, Mon Seigneur et -frère, ce qu'elle a accepté, meue de l'affection qu'elle porte au bien -d'icelluy royaume. En quoy, sellon le naturel debvoir que j'ay envers -la Royne, Madame et Mère, je m'esforceray de luy randre tout service -et obéissance, vous priant, de vostre part, vous conformer en cella en -ce qui est de vostre charge, et y randre la mesme dilligence et -fidellité que vous avés faict le passé, comme nous avons toute fiance -en vous; priant Dieu, etc. - -Escript au bois de Vincennes, le premier jour de juing 1574. - - Vostre bon amy. FRANÇOYS. - - - LE ROY DE NAVARRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - - --du Ier jour de juing 1574.-- - - Monsieur de La Mothe Fénélon, vous verrés par la lettre que la - Royne vous escript[158], comme il a pleu à Dieu disposer du feu - Roy Mon Seigneur, perte qui, est si notable à ce royaume qu'il ne - peult qu'il n'en demeure ung regret infini à tous ceux qui en - sont serviteurs affectionnés. Mais il nous demeure une bien - grande consolation de ceste affliction, qui est que Sa Majesté, - sentant sa fin, pour tesmoigner le singulier desir qu'elle a - tousjours eu au repos de ses subjectz, a ordonné, par sa dernière - vollunté, que l'administration et régence des affaires demeurent - à la dicte Dame, attandant l'arrivée du Roy de Poullogne. Ce - qu'elle sçaura très bien faire par sa prudance et la longue - expériance qu'elle en a, et aussy pour la dévotion grande qu'elle - a à ceste couronne. En quoy je l'assisteray et recognoistray, - sellon qu'elle en est très digne par ses vertus, comme et - semblablement fairont touts les principaux et bien affectionnés - ministres de ceste couronne; vous priant, de -vostre costé, faire en cecy ce qui est de vostre charge, et y -randre le bon debvoir que l'on sçait que vous avés faict ci devant, -ainsi que la dicte Dame s'en assure; priant Dieu, etc. - -Escript au bois de Vincennes, le premier jour de juing 1574. - - Vostre bon amy. HENRY. - - [158] Voyez la lettre de Catherine de Médicis, en date du 31 mai - 1574, _Additions aux Mémoires de Castelnau_, no CXI, tom. III, - pag. 405. - - - ACTE DE RECONNAISSANCE, - - Par le parlement et les princes du sang, des pouvoirs conférés à - la reine-mère. - - --du dernier jour de may 1574.-- - -Le lundy, dernier jour de may, mil cinq cens soixante quatorze, la -Royne, Mère du Roy, estant au chasteau de Vincennes, accompagnée de -Monseigneur le Duc d'Allençon, son filz, frère du Roy, du Roy de -Navarre et de Monseigneur le Cardinal de Bourbon: - -Les six présidents en la Cour de Parlement de Paris, assistés -d'aulcuns présidens des enquestes, d'un grand nombre de conseillers, -de l'un des advocatz et du procureur général en la dicte court, se -sont présentés à la dicte Dame, et à icelle remonstré que la dicte -court de Parlement, ayant entendu le trespas du feu Roy Charles -dernier, son fils, naguières décédé, et considérant que le Roy Henry, -son frère, à présent Roy de France et de Poulogne, ne peut si tost -entreprendre l'administration des affaires de ce dict royaulme; - -Icelle Court, pour s'acquiter de ce qu'elle doibt et veult rendre à -son Roy et Souverain Seigneur, se seroit légitimement assemblée au -palais de Sa Majesté, à Paris, lieu de sa séance ordinaire, où, -estant, après luy estre apareu de la dernière vollunté du feu Roy -Charles, par ses lettres patantes, peubliées en icelle Court, elle les -a depputté devers la dicte Dame, avec charge expresse de la supplier -et requérir de voulloir, en l'absance du dict Seigneur Roy, et -attandant son retour, accepter la charge et administration des -affaires de ce dict royaulme, pour les conduire et diriger par sa -vertu, et comme elle a tousjours prudamant faict, durant la minorité -du dict feu Roy Charles, au grand contantement de tous ses peuples et -subjectz, luy offrant, à ceste fin, toute obéissance et -recognoissance, en choses qu'il luy plairra ordonner pour le service -de leur Roy et Souverain, comme à sa propre personne. - -A quoy sont intervenus Mon dict Seigneur, frère du Roy, les dictz -Seigneurs, Roy de Navarre et Cardinal de Bourbon, assistés de -Monseigneur le chancellier de France et de plusieurs seigneurs du -conseil privé, qui toutz unanimement ont faict pareille requeste à la -dicte Dame, et offert de la servir, obéir et recognoistre en toutes -choses; - -Suivant laquelle requeste et instance, la dicte Dame, meue de -l'affection maternelle qu'elle a envers le dict Seigneur Roy, son -filz, et au bien de ce dict royaume, accepte la dicte charge. - -Faict en présence de nous, conseillers et secrettaires du dict -Seigneur Roy, au jour dessus dict. - - FIZES. BRULART. PINART. - - - - -CLXVII - -LA ROYNE RÉGENTE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du Ve jour de juing 1574.-- - - Conjuration formée en France par les Anglais attachés à - l'ambassade.--Offres faites au duc d'Alençon au nom - d'Élisabeth.--Charge donnée à l'ambassadeur de les porter à sa - connaissance.--Déclaration de Catherine de Médicis qu'elle va - faire arrêter les coupables.--Résolution de suspendre - l'exécution de cette mesure. - - -Monsieur de La Mothe, je vous fis, avant hier, une bien ample responce -à vostre dernière dépesche, et par mesme moyen vous manday comme ceste -entreprinse et menée de la Royne d'Angleterre, se sont trouvées par -elle faillies, sans vous déclarer autrement comme je le sçavois; mais -despuis, j'ay pansé qu'il ne peult estre que bien à propos, pour le -service du Roy, Monsieur mon filz, que vous saichiés que c'est: dont -vous ne parlerés à personne qu'à la dicte Dame Royne mesme, car je -croy certainement qu'elle est si sincère en la foy qu'elle a jurée et -promise par le dernier traicté, et qu'elle s'asseure tant de nostre -bonne vollunté et affection en son endroict, qu'elle ne sçait rien des -mauvais offres et pratiques que ses ambassadeurs, qui sont par deçà, -ont voulleu faire envers mon filz le Duc d'Allençon; auquel il a esté -offert, au nom de la dicte Dame, de luy fournir comptant cinquante -mille escuz, luy fère soudoyer deux mille reistres, vingt mille -lansquenetz, sans d'autres françois, et tous les préparatifs et -vaisseaux de guerre qui sont, comme ilz l'ont assuré, tous pretz à -faire voille, en Angleterre, pour s'en servir, s'il eust voulleu -croire le mauvais conseil et les persuasions que luy ont faict faire -les dictz ambassadeurs, ainsi que mon dict filz mesme m'a déclairé, -m'asseurant, comme je vous ay escript par ma dicte dernière dépesche, -qu'il aymeroit mieux mourir que de tumber en telle faulte. Et aussi -m'assuray je bien que la dicte Dame Royne est trop saige et princesse -si vertueuse qu'elle ne vouldroit pas avoir commandé à ses dictz -ambassadeurs telles choses; mais que ce sont de mauvais ministres -qu'elle a, qui font ces maulvais offres, d'eux mesmes. - -Vous luy dirés que je vous ay commandé de luy en donner compte et la -prier, de ma part, ne trouver maulvaiz si je faictz arrester -prisonniers ceux qui suivent et sont avec ses dictz ambassadeurs, -faisant les menées auprès d'eux envers mon dict filz le Duc -d'Allençon, et en divers autres lieux et en aulcunes maisons de ceste -ville, comme je sçay, aussy certeinemant tout ce qu'ilz y ont faict, -et ceux mesmes qui méritent pugnition. Toutesfois, pour le respect de -la dicte Dame et de ses dictz ambassadeurs, il n'en sera faict aulcun -tort ni déplaisir, mais les ferrai seullement mettre prisonniers pour -vériffier le présent cas pour ceulx dont je suis advertye; ayant, dès -hier, faict prandre Bonacourcy, qui est ung de ceux par qui ilz -faisoient porter ces belles offres à mon dict filz, comme aussy je say -certainement que le cappitayne Jaccob a faict bien souvant, despuis -quelque temps; priant Dieu, etc. - -Escript à Paris, le Ve jour de juing 1574. - - -Monsieur de La Mothe, despuis ceste lettre escripte, j'ay pensé qu'il -vault mieux que je diffaire de faire prandre le dict cappitaine Jaccob -et autres qui se sont meslés des dictes menées, fréquentant avec les -dictz ambassadeurs d'Angleterre. Et pour ce, je vous prie que personne -ne sçaiche le contenu en ceste lettre que vous, à qui je remectz de -dire à la dicte Royne ce que verrés qui sera à propos de tout ce que -dessus, et vous comporterés avec elle et ses ministres, par dellà, de -façon que nous puissions faire continuer avec elle, et elle avec nous, -la bonne et parfaicte amityé que nous nous sommes jurée et promise par -nostre dernier traicté, et que je m'asseure que le Roy, Monsieur mon -filz, continuera et entretiendra de sa part, mais qu'il soit arrivé; -ainsi que je vous ay escript par ma dicte dernière dépesche. - - CATERINE. PINART. - - - - -CLXVIII - -LA ROYNE RÉGENTE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du VIIIe jour de septembre 1574.-- - - Audience accordée à l'ambassadeur d'Angleterre.--Comparution - devant Catherine de Médicis du secrétaire contre lequel elle a - porté plainte.--Excuses qu'il présente.--Déclaration de - l'ambassadeur qu'Élisabeth enverra prochainement en France une - députation pour féliciter le roi sur son avènement. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, en attandant que le Roy, Monsieur mon -filz, qui arriva seullement avant hier en ceste ville, vous puisse -faire ample responce à la dépesche que vous nous avés faicte par -Vassal[159], et mander son intention sur toutes les aultres choses qui -sont à résouldre pour le faict de vostre charge et d'Escosse, dont il -se résouldra dans trois ou quattre jours, je vous diray que, hier -après disner, l'ambassadeur de la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur -et cousine, m'ayant faict demander audience, amena en icelle le -secrettaire que je vous ay escript qui a faict de si bons offices par -deçà, comme je fis aussy entendre à la dicte Dame Royne par la lettre -que je luy escrivis dernièrement de ma main, et de laquelle le dict -secrettaire m'a rapporté responce, escripte de la main d'icelle Royne, -dont je vous envoye le double, affin que vous voyez de quelle façon -elle a pris ce que je luy ay mandé du dict secrettaire; qui voulloit -s'excuser des choses passées comme s'il n'eut sceu que c'estoit, et -qu'il ne s'en feust poinct meslé. - - [159] Voyez CCCCIe dép. du 24 août 1574, tom. VI, pag. 214. - -Sur quoy luy demandant s'il s'en voulloit justiffier, et qu'il y avoit -icy des gens, par devers lesquelz l'on le mettroit, qui esclerciroient -bientost ce faict, selon ce que la dicte Royne m'escrivoit que ce -seroit bien faict de le faire chastier, s'il avoit faict ceste faulte; -ce qui l'a bien estonné, estant assés empesché à me respondre sur -cella: car, voyant qu'il voulloit monstrer de n'estre poinct -coulpable, je luy ay réittéré, par deux ou trois fois, ce propos, -auquel le dict ambassadeur s'est entremis, et a dict qu'il valloit -mieux que les choses passées s'oubliassent. - -Et est entré en aultre propos: que icelle Royne, sa Maistresse, -envoyeroit bientost par deçà un seigneur de qualité pour se -condoulloir avec le Roy, Monsieur mon filz, de la mort du feu Roy, -que Dieu absolve, et par mesme moyen le visiter à son advènement; -asseurant, le dict ambassadeur, que sa dicte. Maistresse a tout bon -desir de continuer en bonne et vraye amitié et intelligence avec Mon -dict Sieur et filz, si elle cognoit qu'il en veuille aussy -réciproquement user en son endroict, de mesme comme faisoit le Roy mon -dict filz, dont je l'ay bien asseuré que oui, et qu'il l'entendra de -luy mesmes à sa première audience; priant Dieu, etc. - -Escript à Lion, le VIIIe jour de septembre 1574. - - CATERINE. PINART. - - - - -CLXIX - -LE ROY (HENRI III) A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XXIIIe jour de novembre 1574.-- - - Voyage du roi, Henri III jusqu'à Avignon.--Accident arrivé au - passage du pont Saint-Esprit.--Desir du roi de rétablir la paix - dans son royaume.--Protestation d'amitié envers la reine - d'Angleterre.--Assurance que le roi veut maintenir le traité - conclu par son frère. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, vous aurés veu, par ma dernière -dépesche, la résollution que j'avois prise de m'en venir en ceste -ville, où je me suis acheminé suivant cella, estant arrivé dès mècredy -dernier; et s'est mon voyage bien porté, grâces à Dieu, sinon qu'il -est advenu que l'un des batteaux, où estoient aulcuns des officiers de -la Royne de Navarre, ma soeur, heurta, passant soubz une des arches du -pont Sainct Esprit, par la mauvaise conduitte du marinier qui en avoit -la charge, la pile de la dicte arche, et s'ouvrit; de sorte que une -partie des dictz officiers se noyèrent et mesme le premier maistre -d'hostel de ma dicte soeur, Alfonce de Gondy, et une partie des -meubles qui estoient sur le dict batteau se sont perdus, l'aultre -partie, tant des hommes que des meubles, a esté sauvé. - -L'occasion principalle de mon dict voyage par deçà est pour regarder -et essayer, comme j'ay tousjours faict, despuis mon retour en ce -royaulme, d'attirer ceux de mes subjectz, qui se sont eslevés en -armes, à ce qui est de leur debvoir, sans voulloir négliger en cella -aulcune chose que je penseray y pouvoir profitter, avec ma réputation, -pour l'establissement du repos de ce dict royaulme; car, quand je ne -verrois et ne sçaurois qu'il est temps de le faire, mon intention est, -quelque chose que l'on veuille faire croire par delà, d'y pourvoir -plustot par la voye douce que celle de la force, bien que les moyens -de la dernière ne me soyent si courts que l'on faict publier en -Angleterre. Il ne tiendra donc qu'à mes dictz subjectz eslevés qu'ilz -ne jouissent bientost du repos qu'ilz doibvent desirer et pourchasser, -et selon ce, qu'ilz se monstreront raisonnables en leurs demandes et à -recevoir les conditions que je leur veux donner, l'on jugera de leurs -coeurs et affection à la tranquillité publique de ce royaulme: en -quoy, lorsque je y verray quelque avancement, vous en serés adverti. - -Cependant, Monsieur de La Mothe Fénélon, entrettenés tousjours la -dicte Royne et ses dictz ministres en ce que je vous ay escript -despuis mon retour, qui est que je ne desire rien tant que de -continuer en vraye et parfaicte amitié avec icelle Royne, et que, si -elle est bien disposée en cella, qu'aussy suis je, et d'entrettenir -entièrement, de ma part, le dict traicté comme il fault donques -qu'elle fasse de la sienne, sans assister, ou faire assister, en -quelque façon que ce soit, mes subjectz eslevés; me délibérant d'estre -envers elle, pour tout ce que je luy promettray, si sincère qu'elle -aura toute occasion de s'en louer. Aussy désirè je bien qu'elle en -face de mesme, et que ceux de mes subjectz qui me font la guerre, sans -se voulloir remettre et retourner à leur debvoir envers moy, ne -trouvent faveur et assistance envers elle et ses principaux ministres, -à mon préjudice; ce que j'estime que n'adviendra plus, quand elle -entendra la droicte vollonté dont je veux procéder envers elle et ses -subjectz, que je desire estre aussy réciproque d'elle envers moy et -les miens, comme vous l'en pourrés tousjours bien asseurer, attandant -que ceux que j'envoyeray de bref par delà y puissent arriver. - -Je fais responce aux lettres que le Sr de l'Anguillier m'a escrites, -et luy envoye un passeport, comme il le demande, que vous luy fairés -seurement tenir; priant Dieu, etc. - -Escript à Avignon le XXIIIe jour de novembre 1574. - - HENRY. PINART. - - - NOTA.--Pour l'année 1575, il ne s'est trouvé dans les papiers de. - l'ambassadeur qu'une seule lettre inédite du roi en date du 24 - mars, et Le Laboureur n'en a publié lui-même qu'un très-petit - nombre. - - Voir les _Additions aux Mémoires de Castelnau_, tom. III, p. 444 - à 466, nos CXLVII à CLI, et nos II à XVIII des _nouvelles - additions_: - - _Lettres du roi_ des 3 mars; 2, 4, 21 mai; 3, 21 juin; 7, 29 - juillet, et 7 août 1575. - - _Lettres de la reine-mère_ des 4 mai et 29 juillet 1575. - - - - -CLXX - -LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON. - ---du XXIVe jour de mars 1575.-- - - Satisfaction du roi au sujet de la communication de son mariage à - la reine d'Angleterre.--Assurance qu'il continuera toujours à - maintenir l'amitié avec elle.--Satisfaction de la conduite - tenue par Élisabeth a l'égard de Marie Stuart.--Espoir que la - mission de Mr de La Châtre aura un bon résultat.--Prochaine - arrivée des députés envoyés par le prince de Condé. - - -Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay receu voz trois dépesches des VIIe, -XIe et XIVe[160], sur lesquelles ce que j'ay à vous dire c'est que je -demeure très satisfaict de ce que vous avez sceu bien déduire à la -Royne d'Angleterre, ma bonne soeur; touschant le faict de mon mariage, -qui n'apportera aulcune nouveaulté en la commune bonne amitié et -intelligence que je veux avoir, qui demeurera tousjours ferme de mon -costé, sans la souffrir altérer en quelque sorte que ce soit. Et ne se -peut rien adjouster sur ce subject à ce que vous avés sceu déduire -sagement, que je laisseray pour vous déclarer qu'il y a grande -apparance que, si cest armement de ma dicte bonne soeur se continue, -que ce sera à quelque aultre fin que du secours du Roy Catholique, mon -frère, veu que le grand commandeur luy a faict dire qu'il n'avoit -point de charge de l'accepter, sinon pour le secours du Païs Bas -contre le prince d'Orange; à quoy ma dicte bonne soeur ne s'est point -délibérée. - - [160] Voyez CCCCXXXVIIe, CCCCXXXVIIIe et CCCCXXXIXe dép., tom VI, - pag. 390, 395 et 398. - -Je suis, au surplus, bien aise que, après avoir faict difficulté sur -l'acceptation des petitz présentz que luy a envoyé la Royne d'Escosse, -ma belle soeur, enfin elle les ait receus amiablement, ayant suivi en -cella son royal naturel, qui ne peut estre corrompu par les malignes -persuasions de ceux qui, par tous moyens, essayent de l'exciter contre -ceste princesse prisonnière. - -Je m'asseure que le Sr de La Chastre sera, à ceste heure, arrivé par -delà, et, que sa charge aura grandement aydé à disposer bien toutes -choses entre nous, ainsi que je le desire. - -Au demeurant, je vous diray comme je suis attandant les députés de mon -cousin, le Prince de Condé, qui arriveront, comme j'espère, dans le -XXVIe ou XXVIIe de ce mois. Et sur ce, je prie Dieu, Monsieur de La -Mothe Fénélon, qu'il vous ait en sa saincte et digne garde. - -Escript à Paris, le XXIVe jour de mars 1575. - - HENRY. BRULART. - - - - -FIN DU SEPTIÈME ET DERNIER VOLUME. - - - - -TABLE - -DES - -LETTRES ET PIÈCES CONTENUES DANS LE SEPTIÈME VOLUME. - - -ANNÉE 1569. - - Pages - _Avis_ préliminaire. I - - 1 _Lettre_ du duc d'Anjou à La Mothe Fénélon--14 mars 1 - - 2 _Relation_ de la bataille de Jarnac 3 - - 3 _Lettre_ du roi à La Mothe Fénélon--2 avril 11 - - 4 -- du roi--3 avril 13 - - 5 -- du roi--16 avril 17 - - 6 -- de la reine-mère--17 avril 18 - - 7 -- du roi--14 mai 19 - - 8 -- du roi--28 mai 22 - - 9 -- du roi--2 juin 25 - - 10 -- du roi--8 juillet 27 - - 11 -- de la reine-mère--9 juill. 28 - - 12 -- du roi--17 juillet 31 - - 13 -- de la reine-mère--17 juill. 32 - - 14 -- du roi, 27 juillet 34 - - 15 -- du roi--27 juillet 37 - - 16 -- du roi--15 août 38 - - 17 -- de la reine-mère--13 août 41 - - 18 -- de Mr de La Meilleraie--17 août 41 - - 19 _Lettre_ du roi--30 août 44 - - 20 -- du roi--6 septembre 46 - - 21 -- de la reine-mère--6 septembre 48 - - 22 -- du roi--14 sept. 50 - - 23 -- du roi--20 sept. 53 - - 24 -- de la reine-mère--21 sept. 57 - - 25 -- du roi--30 sept. 58 - - 26 -- de la reine-mère--30 sept. 61 - - 27 -- du roi--4 octobre 62 - - 28 -- du roi à Mr de La Meilleraie--4 oct. 63 - - 29 -- du roi à La Mothe Fénélon--7 oct. 64 - - 30 _Relation sommaire_ de la bataille de Moncontour 65 - - 31 _Lettre_ du roi à La Mothe Fénélon--1er novembre 68 - - 32 -- de la reine-mère--1er nov 71 - - 33 -- du roi--19 nov 72 - - -ANNÉE 1570. - - 34 _Lettre_ de la reine-mère à La Mothe Fénélon--6 janv. 75 - - 35 -- du roi (_lettre ostensible_)--14 janvier 76 - - 36 -- de la reine-mère (_lettre secrète_)--14 janvier 78 - - 37 -- du roi--21 janvier 79 - - 38 -- du roi--6 février 82 - - -- _Articles_ proposés pour la pacification 86 - - 39 _Mémoire_ confidentiel du roi--10 février 89 - - 40 _Lettre_ du roi à La Mothe-Fénélon--3 mars 90 - - 41 -- de la reine-mère--3 mars 94 - - 42 _Lettre_ du cardinal de Lorraine--3 mars. 96 - - 43 -- de Mr de Morvilliers--3 mars. 97 - - 44 -- du roi--8 mars. 98 - - 45 -- du roi--12 avril. 101 - - 46 -- du duc d'Anjou--12 av. 105 - - 47 -- du roi--4 mai. 107 - - 48 -- de la reine-mère--4 mai. 109 - - 49 -- du roi--31 mai. 112 - - 50 -- du roi--10 juin. 116 - - -- de Mr de Fizes--10 juin. 118 - - 51 -- du roi--6 juillet. 119 - - 52 -- du roi--29 juillet. 122 - - 53 -- du roi--4 août. 123 - - 54 -- du roi--11 août. 124 - - 55 -- du roi--16 août. 126 - - 56 -- du roi--11 septembre. 127 - - 57 -- du roi--22 et 23 sept. 128 - - 58 -- de la reine-mère--22, 23 et 26 sept. 131 - - 59 -- du roi--13 octobre. 133 - - 60 _Lettre_ de l'ambassadeur d'Angleterre au roi--16 octobre. 135 - - 61 -- du roi à l'ambassadeur d'Angleterre--17 oct. 138 - - 62 -- du roi à La Mothe Fénélon--19 octobre. 140 - - 63 -- de la reine-mère 20 octobre. 142 - - 64 -- de la reine-mère (_lettre secrète_)--20 octobre. 143 - - 65 -- de la reine-mère (_lettre secrète_)-20 octobre. 147 - - 66 -- du roi--28 octobre. 148 - - 67 -- du roi--6 novembre. 153 - - 68 -- de la reine-mère--6 nov. 155 - - 69 -- du roi--21 novembre. 156 - - 70 -- de la reine-mère--21 et 29 novembre. 162 - - 71 -- du roi--26 décembre. 163 - - -- _Réponse_ du roi aux ambassadeurs des princes de l'empire. 169 - - -ANNÉE 1571. - - 72 _Lettre_ du roi à la Mothe Fénélon--29 janv. et 1er - février. 171 - - 73 -- de la reine-mère--2 fév. 178 - - 74 -- du roi--7 février 180 - - 75 -- de la reine-mère--17 fév. 183 - - 76 -- du roi--19 février. 185 - - 77 -- de la reine-mère--2 mars. (_lettre secrète_) 189 - - 78 -- du roi--7 mars. 193 - - 79 -- du roi--10 mars. 196 - - 80 -- de la reine-mère--3 avril (_lettre secrète_). 199 - - 81 -- du roi--11 avril. 201 - - 82 -- du roi--23 avril. 205 - - 83 -- du roi--7 mai. 208 - - 84 -- du roi--24 mai. 210 - - 85 -- de la reine-mère--24 mai (_lettre secrète_). 216 - - 86 -- du roi--4 juin. 217 - - 87 -- du roi--11 juin. 221 - - 88 -- du roi--18 juin. 223 - - -- _Instruction_ à La Mothe Fénélon. 226 - - 89. _Lettre_ de la reine-mère--3 juillet. 229 - - 90 -- de la reine-mère--8 juillet. 232 - - 91 -- de la reine-mère--25 juillet (_lettre secrète_). 234 - - 92 -- du roi--31 juillet. 235 - - -- _Instruction_ remise à M. de Foix. 238 - - 93 _Lettre_ du roi à La Mothe Fénélon--25 août. 241 - - 94 -- du roi--10 septembre. 244 - - 95 -- du roi--27 septembre. 251 - - 96 -- de la reine-mère--27 septembre. 256 - - 97 -- de la reine-mère--28 septembre. 257 - - 98 -- du roi--7 octobre. 262 - - 99 -- du roi--20 octobre. 266 - - 100 -- du roi--2 novembre. 271 - - 101 -- du roi--15 novembre. 273 - - 102 -- du roi--30 novembre. 276 - - 103 -- du roi--1er décembre. 280 - - 104 -- de la reine-mère--1er décembre 283 - - -ANNÉE 1572. - - 105 _Lettre_ du roi à La Mothe Fénélon--7 février. 288 - - 106 _Instruction_ donnée à MMrs de Montmorenci et de - Foix pour la négociation du mariage. 289 - - 107 _Lettre_ de la reine-mère à La Mothe Fénélon--18 mai. 294 - - 108 -- du roi--23 et 25 juin. 295 - - 109 -- du roi--11 et 14 juillet. 298 - - 110 -- du roi--20 juillet. 303 - - 111 -- du roi--9 août. 306 - - 112 -- de la reine-mère--10 août. 315 - - 113 -- du roi--21 août. 316 - - 114 -- de la reine-mère--21 août. 320 - - 115 -- du duc d'Alençon--21 août. 321 - - 116 -- du roi--22 août. 322 - - 117 -- du roi--24 août. 323 - - 118 -- du roi--25 août. 325 - - 119 -- du roi--26 août. 326 - - 120 -- du roi--27 août. 329 - - 121 _Mémoire_ justificatif de la Saint-Barthèlemy. 330 - - 122 _Lettre_ du duc d'Anjou à la Mothe Fénélon--3 sept. 334 - - 123 -- du roi--7 septembre. 335 - - 124 -- de la reine-mère 7 septembre. 339 - - 125 _Conjouissance_ du cardinal de Lorraine sur la - Saint-Barthèlemy 341 - - 126 _Lettre_ de la reine-mère à la Mothe Fénélon--8 septembre. 343 - - 127 -- de la reine-mère--11 septembre. 345 - - 128 -- de la reine-mère--12 et 13 septembre. 347 - - 129 -- du roi--21 septembre. 354 - - 130 -- du roi--22 septembre. 355 - - 131 -- du roi--4 octobre. 367 - - 132 -- de la reine mère--4 oct. 373 - - 133 -- du duc d'Alençon--8 octobre. 374 - - 134 -- de la reine-mère--23 octobre. 375 - - 135 -- du roi--27 octobre. 378 - - 136 -- du roi--3 novembre. 379 - - -- _Instruction_ donnée aux gouverneurs de Normandie. 388 - - 137 Lettre du roi à La Mothe Fénélon--3 novembre. 392 - - -- _Articles_ présentés à Élisabeth, et ses réponses. 393 - - 138 _Lettre_ du roi à la reine d'Angleterre--19 nov. 399 - - 139 -- de la jeune reine à la reine d'Angleterre--19 novembre. 400 - - 140 -- du roi à La Mothe-Fénélon--3 décembre. 401 - - 141 -- de la reine-mère--10 décembre. 403 - - 142 -- du duc d'Alençon--10 décembre. 404 - - -ANNÉE 1573. - - 143 _Lettre_ de la reine-mère à La Mothe Fénélon--23 janvier. 406 - - 144 -- de la reine-mère--22 février. 406 - - 145 -- de la reine-mère--1er mars. 407 - - 146 -- de la reine-mère--14 mars. 409 - - 147 _Lettre_ du roi--23 avril. 410 - - 148 -- de la reine-mère--25 mai. 414 - - 149 -- du roi--29 mai. 415 - - 150 -- de la reine-mère à la reine d'Angleterre--29 mai. 420 - - -- _Discours_ des seigneurs d'Angleterre à La Mothe Fénélon. 424 - - 151 _Lettre_ du roi à La Mothe Fénélon--24 juillet. 427 - - 152 -- du roi--31 juillet. 431 - - 153 -- du roi--18 août. 433 - - 154 -- de la reine-mère--22 août. 436 - - 155 -- du roi de Pologne--1er septembre. 437 - - 156 _Lettre_ du roi--11 septemb. 439 - - 157 -- du roi--15 et 17 sept. 440 - - 158 -- du roi--22 septembre. 442 - - 159 -- du roi--26 septembre. 445 - - 160 -- du roi de Pologne--7 novembre. 448 - - 161 -- du roi--29 décembre. 451 - - -ANNÉE 1574. - - 162 _Lettre_ du roi à La Mothe Fénélon--7 mars. 452 - - 163 -- du roi--17 avril. 455 - - 164 -- de la reine-mère--25 avril. 459 - - 165 -- du roi--2 mai. 463 - - 166 -- du duc d'Alençon--1er juin. 468 - - -- du roi de Navarre--1er juin. 469 - - -- _Déclaration_ du parlement sur la régence de Catherine de - Médicis. 470 - - 167 _Lettre_ de la reine-mère à La Mothe Fénélon--5 juin. 471 - - 168 -- de la reine-mère--8 sept. 473 - - 169 -- du roi, Henri III--23 novembre. 475 - - -ANNÉE 1575. - - 170 _Lettre_ du roi à La Mothe-Fénélon--24 mars. 478 - - -FIN DE LA TABLE DU SEPTIÈME ET DERNIER VOLUME. - - - - -TABLE GÉNÉRALE - -DES - -MATIÈRES CONTENUES DANS LES SEPT VOLUMES - -DE LA - -CORRESPONDANCE DIPLOMATIQUE. - -DE BERTRAND DE SALIGNAC DE LA MOTHE FÉNÉLON. - - -(Les chiffres romains indiquent le volume et les chiffres arabes la -page.) - - -A. - - ABERDEEN, chef-lieu du comté d'Aberdeen en Écosse. _Abredin_, - III, 335.--IV, 313, 405.--V, 253, 259.--VI, 204, 211. - - ACCOUCHEMENT de la Reine de France, V, 195.--VII, 362, 383, _v._ - Baptême de la fille du roi. - - ACCUSATION d'empoisonnement, au sujet de la mort de d'Andelot, II, - 8.--Du cardinal de Chatillon, IV, 40. - - ACCUSATION contre le duc de Norfolk et Marie Stuart, IV, 244. - - ACERBO VELUTELLY, _v._ Velutelly. - - ACHELLAY (le Capitaine), I, 214. - - _Ackins_, _v._ Hawkins. - - AÇORES (les), dans l'océan Atlantique, I, 272. - - _Acres_, _v._ Dacre. - - ACTE secret qui peut se rapporter à la St-Barthèlemy, III, 361. - - ADAM, I, 51. - - ADIEUX du Roi et du Roi de Pologne, V, 458. - - _Adrects_ (des), _v._ Des Adrets. - - ADRIAN (le Capitaine Pierre), I, 214. - - ADVANTURERS, _Avanturers_, _Advanturiers_, marchands Anglais, ceux - qui armaient en course, I, 227, 241.--VI, 450. - - AIGUES-MORTES, dans le Bas-Languedoc, _Aygues-Mortes_, V, 395. - --VI, 288. - - ALASCO (gentilhomme de la maison d'), en Pologne, VI, 254. - - ALAVA (Don Francès d'), ambassadeur d'Espagne en France, I, 56, - 127, 177, 289.--III, 31, 245, 247, 252, 255, 256, 430.--IV, - 239, 240, 316, 322, 335, 354, 364.--VII, 89. Son départ furtif - de Paris, 279. - - ALBA (Don Frédéric d'), V, 44. - - ALBE (Ferdinand Alvarez de Tolède duc d'). Gouverneur général - des Pays-Bas, pour Philippe II. _Alva_, _Alve_. I, 20, 21, 26, - 43, 65, 77, 90, 93, 95, 97, 107, 110, 111, 113-115, 115, 117, - 119, 121-123, 126, 127, 128, 136, 150, 157, 158, 160, 163, 169, - 177, 194, 195, 203, 205, 210, 219, 221, 227, 230, 232, 256, 260, - 261, 268, 271, 272, 274, 275, 289, 294, 299, 300, 313, 320, 324, - 325, 329, 330-332, 335, 336, 349, 350, 368, 374, 398, 400, 409, - 419.--II, 15, 22, 38, 46, 47, 49, 52, 55, 77, 86, 107, 112, 113, - 154, 167, 193, 195, 202, 215-217, 221, 222, 232, 235, 237, 253, - 278, 297, 310. Reproches contre lui 315, 338, 342, 352-356, 365, - 370-372, 379, 381, 382, 387, 388. Ses armements 389, 399-401, - 405, 419. 423, 424.--III, 11, 13, 16, 23, 25, 27, 28. Ses - Projets 29, 30-32, 35, 36, 48, 49, 57, 64, 75, 77, 85, 96. Avis - donné par lui 98, 108, 127, 128, 150, 174, 180, 183, 185, 208, - 224, 225. Sa Déclaration 233, 239, 245, 247, 249, 250, 252, - 254-256, 259, 261, 262, 265, 267, 270, 285, 288, 295, 297, 300, - 302, 303, 306, 310, 318, 325, 332-335, 347-348, 363, 369, - 373-375, 379, 393, 394, 398, 401, 406, 407, 418, 423, 424, 427, - 429, 430, 437, 446, 447, 452, 453, 459, 463, 466, 470, 475, 476. - --IV, 1, 39, 40, 48, 74, 92, 105, 108, 117, 119, 136, 141, 145, - 148, 149, 154, 160-162, 199, 202, 229, 231, 247, 261, 268, 270, - 281, 285, 290, 302, 308, 313, 318, 323, 333, 336, 338, 342, 350, - 352, 360, 364, 386, 388-391, 394, 397, 401, 409, 410. Ses - Projets sur l'Écosse 414, 415. 427, 438, 442, 454, 455.--V, 4, - 60, 64, 78, 108, 121, 132, 161, 169, 182, 196, 201. Ses Succès - contre les Gueux 223, 227, 238, 243, 259, 292, 307, 362. Sa - Négociation 396, 425, 446, 455, 456, 460.--VI, 15, 17, 218. Son - départ des Pays-Bas, il est remplacé par Requesens, grand - commandeur de Castille.--VII, 14, 57-59, 91, 125, 141, 150, 164, - 175, 185, 187, 196, 220, 250, 282, 382. - - ALBE (duchesse d'), III, 127. - - ALBORNOZ, secrétaire du duc d'Albe, III, 48. - - ALCANDÈLE (don Martin d'), général Espagnol, VI, 328. - - ALDERMANS de Londres.--_Aldremans._II, 253.--III, 270. - - ALEN (F.), secrétaire, II, 327. - - ALENÇON (François, duc d'). _Alançon_, _Allençon_, le 4e des fils - de Henri II et de Catherine de Médicis, a pris le nom de duc - d'Alençon et d'Anjou, après l'élection de Henri, son frère, au - trône de Pologne, III, 434.--IV, projet de son mariage avec - Élisabeth _voy._ mariage (négociation du), 12, 13. Proposition - officielle du mariage, 355-357, 369-371, 392.--Négociation du - mariage, 395, 406, 438, 448, 461.--V, 20, 245, va à l'armée de - la Rochelle, demande à porter les couleurs d'Élisabeth, 285. - --Son desir de passer en Angleterre, 324.--VI, 66, 70, complot - de St-Germain; son arrestation, 85, 91, 98, 104, 107-109, 114, - 116, 132-134, 148, 149, 151-153, 155, 159, 161, 194, 225, 333, - 335, 344, 345.--VII, 117, 123, 179, 235, 261, 262, 289-293, 295, - 296, 298, 299, 303, 304, 306, 307, 308, 310, 311, 313, 314, - 316-318, 320, 321, 322, 328, 329, 335 336, 340, 345-347, 356, - 361, 369, 374, 393, 403, 404, 410, 415, 416, 420-422, 424-427, - 429, 430, 432, 433, 443-447, 450, 455-457, 459, 464, 468-470, - 472. - - ALEXANDRE-LE-GRAND, II, 171. - - ALEXANDRIN (le cardinal), IV, 179, 384, 396. - - ALEZ (le Comte d'), I, 414. - - ALGER (le Roi d'), _Argel_; Ledey d'Alger (Aluch-Aly) s'empare de - Tunis, III, 85. - - ALLEMAGNE.--Affaires générales, I. 14, 43, 86.--II, 147, 314, - 387.--III, 16, 35, 86, 94, 208, 215, 231, 248, 297, 322, 348, - 398, 431, 445, 453.--IV, 153.--VI, 125, 327. - - ALLEMAGNE (les princes d'), _v._ Princes protestants. - - ALLEMAGNE (villes protestantes d'), _v._ villes protestantes. - - ALLIANCE de l'Angleterre et de l'Espagne, rompue par la saisie des - galions espagnols faite par Élisabeth et suivie de représailles - dans les Pays-Bas et dans toutes les possessions Espagnoles, I, - 43, _v._ Saisie des galions d'Espagne.--VI. Proposition faite - à Élisabeth de renouer l'alliance d'Espagne, après la - Saint-Barthèlemy, 162. Efforts des Anglais pour former de - nouveau cette alliance, 260. - - ALLIANCE de la France et de l'Angleterre, _v._ Traité d'alliance. - - ALLIER (l') rivière de France, III, 205. - - _Alliguet_, III, 195. - - ALLOT (Jean), I, 174. - - ALLUYE (Robertet, Sr d'), II, 48. - - _Allyé_ (l'), _v._ Allier. - - ALMERIA, dans le royaume de Grenade, _Almerin_, I, 73. - - ALSACE, _Alsatie_. I, 86 - - _Alva et Alve_ (le duc d'), _v._ Albe (duc d'). - - AMAN OU AMAND (le capitaine), I, 76, 214. - - AMBASSADE des Etats de Pologne au roi, pour offrir la couronne au - duc d'Anjou élu roi de Pologne, VII, 429, 435, 436, 440, 441. - - AMBASSADE des princes protestants d'Allemagne au roi, à l'occasion - de son mariage avec la princesse Elisabeth, fille de l'empereur - Maximilien II, et de la pacification de France, III, 434.--VI, - 225.--VII, 166. - - AMBASSADEUR. Lettre de M. de Morvilliers, évêque d'Orléans, sur - les devoirs d'un ambassadeur, VII, 97. - - AMBASSADEUR (l') d'Angleterre en France, _v._ Norris, Walsingham, - Dale. - - AMBASSADEUR (l') d'Angleterre en Espagne, II, 113, 114. - - AMBASSADEUR (l') d'Espagne en Angleterre, _v._ Espès (don Gueran - d'). - - AMBASSADEUR (l') d'Espagne en France, _v._ Alava (don Francès d'). - - AMBASSADEUR (l') de France à Rome, III, 254. - - AMBASSADEUR (l') de Portugal à Londres, I, 67, 73. - - AMBASSADEUR (l') de Venise en France, VII, 440. - - AMBAZAC (le camp d'), I, 435. - - AMBLETEUSE, en Picardie. _Ambleteuille_, II, 68. - - AMBOISE. _Amboyse_, IV, 343.--V, l'entreprise d'Amboise, 404. - --VII, 41. - - _Amelthon_, _Amelton_, _Amilthon_, _v._ Hamilton. - - AMIENS. _Amyens_, III, 80, 89.--VII, 458. - - AMIRAL (l'). _v._ Coligni. - - AMIRAL d'Angleterre (l'), _v._ Lincoln (comte de). - - AMOUR (Sr d'), sa mission en Angleterre, après la bataille de - Moncontour, II, 293, 296, audience 308, 311, 314. Son retour, - 317, 320, 321, 328. - - ANDALOUSIE. _Andelouzie_, III, 401, 427. - - ANDELOT (François de Chatillon, dit d') _Andellot_, _Dandellot_, - frère de l'amiral Coligni, I, 137, 140, 229, 367.--II, sa mort, - 8, 9, bruits d'empoisonnement sur sa mort, 16, 17, 68.--VII, 27, - détails sur sa mort, 21, 29. - - ANET (château d') près de Dreux. _Annet_, VII, 210. - - ANGERS, capitale de l'Anjou. _Angiers_, III, 115. VII, 76, 78, 79, - 82, 86, 88, 90, 93, 95, 97, 98, 100. - - _Angin_, _Ingin_, fort sur la côte d'Irlande, III, 450, VII, 181. - - ANGOULÊME, capitale de l'Angoumois. _Angolesme_, _Angoulesme_, I, - 138, 147. VII, 3. - - ANGOUMOIS (l'), province de France, _Angoulemoys_, VI, 5. - - _Angoux_ (le comte d'), _v._ Angus. - - _Anguien_ (le duc d'), _v._ Enghien. - - ANGUS (Umfraville, comte d') _Angoux_, neveu du comte de Morton, - V, 224.--VI, 481. - - ANJOU (Henri Duc d'), le troisième des fils de Henri II et de - Catherine de Médicis, devenu dans la suite _Henri_ Ier roi de - Pologne et _Henri_ III roi de France. _v._ Henri. - - ANNE D'AUTRICHE, reine d'Espagne, fille aînée de l'empereur - Maximilien II, 4e femme de Philippe II.--III, 109, 125, - 126.--III, 181, 208, 225, 245, 249, 250, 262, 268, 278, 297, - 302, 303, 306, 309, 310, 313, 319, 322. Passage de la reine - d'Espagne sur mer, 324, 331, 232, 347, 348, 356, 564, 370, 371, - 378, 383, 386, 395, 424.--IV, 352.--VII, 125, 132, 134, 141. - - ANNE DE BRETAGNE (la Reine), duchesse de Bretagne, femme de Louis - XII, VI, 323. - - _Annet_ (château d'), _v._ Anet. - - ANNOUX (le Capitaine), mestre de camp, VII, 43. - - ANTECHRIST (l'). II, 186. - - ANTHON (Me). _Anton_, I, 163, 339. - - ANTHONEDA, agent d'Espagne en Angleterre, III, 46. - - _Anthonne_, _Antona_, _v._ Hampton. - - _Anton_ (Me). _v._ Anthon. - - _Antoncourt._ v. Hampton-court. - - ANVERS, _Envers_, I, 43, 63, 76, 90, 93-97, 107, 112, 158, 168, - 201, 234, 275, 299, 409.--II, 38, 63, 113, 114, 154, 340.--III, - 12, 51, 108, 112, 259, 334, 348, 398, 404, 430, 452.--IV, 162, - 291, 313, 325, 326.--V, 60, 292, 295, 460.--VI, 126, 211, 352, - 450, 504.--_Banque_ d'Anvers, III, 256.--_Rivière_ d'Anvers, V, - 292. - - ANZE (le sr d'), ambassadeur du roi en Danemark; IV, 147. - - APOLLON, l'oracle _Apollo_, IV, 407. - - AQUILA (l'évêque d'). VI, 221. - - ARBROATH (l'Abbaye d'), en Écosse, _Arbret_. V, 309. - - ARCHIDUCS, _v._ Charles et Ferdinand. - - ARDENNES, forêt sur la Meuse, VII, 458. - - _Ardoy_ (d'), _v._ Dardoy. - - _Argel_ (le roi d'), _v._ Alger. - - ARGENT d'Espagne, _v._ Saisie. - - ARGENTAN, dans la Basse-Nornandie, VII, 118. - - ARGYLL, en Écosse, IV, 289. - - ARGYLL (Comte d'), neveu du duc de Chatelleraut. _Argil_, - _Arguil_, _Arguile_, I, 12, 40, 49, 58, 161, 232, 301, 328, 370. - --II, 115, 242, 401.--III, 11, 74, 98, 117, 172, 193, 398, 403. - --IV, 1, 228, 230, 237, 443.--V, 211, 309,411.--VI, 5, 76.--VII, - 255.--Ses _enfants_, V, 211. - - ARGYLL (le nouveau Comte d'), fils du précédent, VI, 32, 33, 76, - 214, 247, 430, 456, 457.--Son _oncle_, VI, 32, 67.--VII, 452. - - ARGYLL (la Comtesse d'), veuve du Comte de Mar, VI, 76, 430. - - ARIANISME, III, 312. - - _Arlem_, _v._ Harlem. - - ARMEMENTS en Angleterre, I, 98.--III, 258, 269. Sortie de la - flotte. 306.--IV, 74, 400.--V, 136, 153. Suspension 226. Reprise - 242, 387.--VI. Suspension 43. Reprise 75, 82, 95, 121, 124, 144, - 178. Suspension 183. Reprise 360, 377, 413, 489, 494. - - ARMEMENTS faits à St-Malo, VI, 412. - - _Armestrang_, _Hermestran_. III, 8.--VI, 5. - - _Arondel_ (le Comte d'), _v._ Arundel. - - ARONDELLE (l'), navire, II, 368. - - ARRAN (le Comte d'), _v._ Chatellerault (le duc de). - - ARRAN (le jeune comte d'), fils aîné du duc de Chatellerault, - d'_Haran_, I, 49.--IV, 267. Lord _Claude_ ou _Glaude_, son - second fils, gendre de lord de Seton, I, 40.--IV, 267.--V, 364, - 374.--VI, 381. - - ARSCHOT, dans les Pays-Bas.--_Arscot._ VII, 99. - - _Artelpoul_, _Arthelpoul_, _Arthepoul_, _v._ Hartlepool. - - ARTICLES proposés pour la pacification de France, VII, 86. - - ARTOIS. _Artoys_, I, 100.--VI, 483. - - ARTUS MAURICE, VI, 378. - - ARUNDEL (le Pays d'), dans le comté de Sussex. _Arondel_, I, 325. - - ARUNDEL (Henri Comte d'), beau-frère du Duc de Norfolk, I, 79, - 115, 258.--II, 51-44, 120, 123, 130, 219. Son arrestation 257, - 259, 271, 272, 278, 284, 285, 299, 301, 303. Mis en liberté 379, - 386, 420, 425.--III, 29, 70, 74. Arrêté de nouveau 81, 97, 102. - Mis en liberté 104. Rentre en faveur, 106, 123, 124, 173, 187, - 189, 193, 227.--IV, 83, 244. Encore arrêté, 248.--V, 224, 377. - - _Arvich_, _v._ Harwich. - - ASCO (le Duc d'), d'_Ascot_, VI, 352. - - ASQUIN (Alexandre), beau-frère de lord de Hume, V, 309, 397, 450. - --VI, 254, 342. - - ASSAS (le Sr d'), VI, 502. - - ASSIER (Jacques de Crussol, seigneur d'), I, 137, 138. - - ASSOLEVILLE (le Sr d'), _d'Assonville_, envoyé par le Duc d'Albe à - Londres, après la saisie des gallions d'Espagne en Angleterre, - et des marchandises anglaises dans les Pays-Bas, I, 150, 153, - 156. Son arrestation, 158, 159, 169, 176, 194, 195, 210, 222, - 230, 231. Son départ, 256, 299, 322, 324, 350.--III, 31. - - _Assores_ (île de _Los_), _v._ Açores (les). - - ASSURANCES particulières de paix et d'amitié données par Élisabeth - à l'égard de la France, I, 60, 281, 306.--VI, 71, 472. - - _Astafort_, gentilhomme anglais, VI, 253. - - _Athfield_, _v._ Hatfield. - - ATHOL (le Comte d'), _Atel_, _Athel_, _Athole_, _Atil_, I, 49, - 301, 328, 370.--II, 242, 401.--III, 74, 98, 118, 193, 403.--IV, - 1.--VI, 278, 298. - - _Athon_ (Me), _v._ Hatton. - - ATTENTE d'évènements importants, I, 375. - - AUBETERRE, ville du Poitou, I, 138, 147. - - AUBIGNY (le Baron d') _de Bourgogne_, Envoyé par le commandeur de - Castille en Angleterre, VI, 11, 15, 17, 18, 31. - - AUDIENCES accordées à l'Ambassadeur.--I, 1, 27, 35, 60, 65, 124, - 184, 217, 253, 277, 302, 309, 314, 354, 357.--II, 1, 21, 70, 83, - 86, 90, 133, 146, 165, 170, 230, 234, 289. Audience après la - bataille de Moncontour, 308, 313, 393.--III, 1, 37, 41, 58, 88, - 133, 163, 198, 216, 234, 240, 264, 276, 290, 339, 350, 355, 380, - 383, 411, 433, 444, 477.--IV, 30, 34, 53, 58, 75, 113, 142, 181, - 217, 251, 275, 302, 328, 343, 353, 383, 392. Audience donnée en - conseil, 428, 448, 450.--V, 19, 30, 47, 65, 79, 84, 92. Première - audience après la Saint-Barthèlemy, 122, 139, 184, 191, 204, - 214, 218, 222, 229, 230, 233, 234, 247, 263, 273, 275, 281, 282, - 290, 297, 303, 314, 315, 321, 330, 338, 348, 356, 365, 366, 370, - 376, 388, 389, 398, 414, 419, 446, 457, 465, 472.--VI, 1, 16, - 20, 25, 52, 68, 84, 94, 97, 103, 113, 120, 131, 150, 157, 189, - 190, 228, 229, 270, 305, 306, 320, 329, 345, 366, 379, 383, 390, - 409, 419, 431, 437, 445, 447, 451, 465, 500.--Audience de - congé, 503.--Refus d'audience, II, 279, 287.--VI, 140. - - AUGSBOURG, en Bavière, I, 87.--II, 245. _Confession_ d'Augsbourg, - I, 167.--III, 195. - - AUGUSTE (Confession et _Confusion_ d'). Confession d'Augsbourg, I. - 167.--III, 195. - - AUGUSTE (le Duc) de Saxe, _v._ Saxe. - - _Aulnis_ (l'), _v._ Aunis. - - AUMALE (la maison d'), _Aumalle_, VII, 118. - - AUMALE (Claude, Duc d'), I, victoire remportée par le Duc d'Aumale - en Champagne, 35, 41, 85, 124, 149, 257, 305, 363, 389, 415. - --II, 21, 22, 67, 158, 354.--VII, 23. - - AUNIS (l'), province de France, VI, 5. - - AUTREMONT (la Comtesse d'), III. 432. - - AUTRICHE (l'), _Austriche_, III. Soulèvement en Autriche, 143, - 418.--VI, 188. - - AUTRICHE (la maison d'), II, 120.--III, 208, 249, 366, 384.--IV, - 178, 221. - - AUTUN, en Bourgogne, VII, 21. - - _Auvyc_, _v._ Hawick. - - AUZANCE près d'Aubusson, I, 142. - - _Avanturers_ marchands anglais, V. Advanturers. - - AVIGNON, V, siège d'Avignon, 462.--VI, voyage du roi, 320, 357, - 390.--VII, 477. - - AVIS divers donnés par l'Ambassadeur, III, 122.--VI, 5, 269, 288, - 294, 319, 372. - - _Avrin_, _v._ Havering. - - AYDE (l'), navire, II, 368. - - AYGREMONT (d'), frère du Comte de Sussex, II, 367. - - AYGUEMONT (le jeune Comte d'), V, 4. - - _Aygues Mortes_, _v._ Aigues Mortes. - - _Aymontz_, _v._ Eyemouth. - - _Aynaut_, _v._ Hainaut. - - -B. - - BACH, pourvoyeur de la marine d'Angleterre, III, 73. - - BACON (le chevalier Nicolas), _Lord Keeper_, (Lord Chancelier), - beau-frère de Cecil, I, 175.--II, 5. 285, 311.--III,--145, 187, - 250, 346, 362, 429.--IV, 3, 80, 92, 372.--V, 42, 77, 131, 281, - 424, 436.--VI, 170, 171.--VII, 228. - - BADE (le Marquis de), _Baden_, I, 415.--II, 21.--VII, mort à - Moncontour, 64, 67. - - _Baffour_, _v._ Balfour. - - BAGUES de la reine de Navarre, _v._ Joyaux. - - BAILLI de Flandre (le), IV, 285. - - BAKER (Thomas) de Brighthampton, II, 35. - - _Balchenech_ (le Lair de), III, 140, peut-être le lair de - Blacklaw. - - BALE (Suisse), _Basle_, VI, 368.--Députés de Bâle en Angleterre, - 420, 421. Leurs instances, 422, 425, 428, 449, 456, 461, 482. - - BALFOUR (Jammes), III, 117.--VI, 5. - - _Bandolliers_, I, 328. - - BAPTÊME de la fille du Roi, Mission de Castelnau de Mauvissière à - ce sujet, V, 214.--Acceptation par Élisabeth du titre de - marraine, 218.--VII, 376, 383, 400, 401, 403. _v._ - Marie-Elisabeth. - - BAQUER, marchand anglais, I, 316. - - BARACHE (le capitaine) ou _Barrache_. VI, 168, 237. - - BARBARIN, gentilhomme Florentin, II, 423, 424. - - BARBARIE (la), _Barbarye_, VI, 72, 489. - - BARBEROUSSE II (Khair Eddyn), Dey d'Alger, II, 6. - - BARBESIEUX, en Saintonge, _Barbezieulx_, I, 147.--VI, 359. - - BARDE (Jehan), marchand, I, 339. - - BARNABÉ, _Bernabey_, III, 10, 156.--IV, 200, 340, 359. - - BARNARD CASTLE, dans le comté de Durham, _Castelbar_, - _Castelbarne_, II, 400. Pris par les révoltés du Nord, 409, 411, - 419. - - BARRACHE (le capitaine), _v._ Barache. - - BARWICK, _v._ Berwick. - - BARWICK ou mieux BERWICK (le maréchal de), _v._ Drury. - - BASIN (Jehan), I, 366. - - BASING, _Bazin_, ville du comté de Southampton, II, 196. - - BASQUE (pays), I, 173. - - BASSOMPIERRE, VII, 9. - - BASTIAN (le capitaine), provençal, VI, 243. - - BATARD DE BOURBON (le), _v._ Bourbon (Bâtard de). - - BATARD DE BRIDERODE (le), _v._ Briderode (Bâtard de). - - BATARD D'ESMONT (le), _v._ Desmond (le bâtard de). - - BATARD D'ESPAGNE (le), _v._ Juan (don). - - BATARDE D'ÉCOSSE (la), _v._ Écosse (la bâtarde d'). - - BATHE (le capitaine), VI, 492, 493. - - _Baudouel_ (le Comte de), _v._ Bothwell. - - BAVIÈRE (Albert III, Duc de), III, 228.--VII, 145, 166, 169. - - BAVIÈRE, (Anne, Duchesse de), fille de l'Empereur Ferdinand, III, - 425. - - BAVIÈRE (Marie, fille du Duc de), III, son mariage avec l'archiduc - Charles d'Autriche, 401, 416, 425, 468.--VII, 145, 166. - - BAYONNE (voyage de), I, 229.--VII, 348. - - BÉARN, III, 432.--VII, 56.--_Bains_ de Béarn, IV, 246. - - BEAUCAIRE, _Beaucayre_, dans le Bas Languedoc, VII, 288. - - BEAUFORT (mademoiselle de) fille de la comtesse de Montgommery,VI, - 59. - - BEAUMARIS, ville du pays de Galles, _Beaumares_, I, 241. - - BEAUVAIS (Mr de), _Beauvoys_, VI, 410. - - BEAUVAIS LA NOCLE (le Sr de), III, 181.--VI, 416. - - BEDFORT (le Comte de), _Befort_, _Belfort_, _Betfort_, _Bethford_, - _Bethfort_, I, 82, 170, 405.--II, 128, 223, 285, 367, 379.--III, - 88, 124, 246, 258, 269, 292, 303, 390, 462.--IV, 233, 372.--V, - 131, 377.--VI, 121, 478, 479.--La _Comtesse_ sa femme, V, - 45.--Son _fils_, VI, 478, 479. - - _Befort_ (Comte de), _v._ Bedfort. - - BEINS, ville des Pays-Bas, I, 21. - - _Belfort_ (Comte de), _v._ Bedfort. - - _Belisle_, _v._ Belle-Isle. - - BELLE-ISLE, en mer sur la côte de Bretagne, I, 11.--II, 235. - --Prise de Belle-Isle par Montgommery, V, 326, 360.--VII, 420. - --Le _Capitaine_ de Belle-Isle, V, 209.--Son _fils_, V, 209. - - BELLEGARDE (Mr de), VI, 347. - - BELLIÈVRE (Pomponne de), _Bellyèvre_, VI, 437. - - BENYSSON (François), II, 19. - - BER (le Capitaine), V, 326, 384. - - BERGUES, port de Flandre, III, 288, 334. - - _Bernabey_, _v._ Barnabé. - - BERNARDIN (Don), _v._ Mendoce. - - BERNARDYÈRE (le Capitaine), V, 384. - - BERTY, secrétaire d'État dans les Pays-Bas, I, 418. - - BERWICK, sur les frontières d'Écosse, _Barruich_, _Baruich_, - _Barvic_, _Barvich_, _Barvyc_, _Barwic_, _Barwych_, _Barwyc_. I, - 160.--II, 279.--III, 44, 55, 68, 110, 113, 131, 139, 140, 151, - 153, 168, 190, 191, 193, 202, 206, 223, 236, 237, 474.--IV, 104, - 118, 122, 177, 193, 244, 259, 268, 296, 310, 335.--V, 60, 176, - 254, 261, 267, 274, 291, 292, 315, 335, 363.--VI, 227, 238, 362, - 415, 478, 490.--VII, 117, 218. Le _gouverneur_ de Berwick, III, - 14. - - BÉZIERS, dans le Bas-Languedoc. _Bésiers_, V, 393. - - BESSONS (le Sr de), VI 292, 482. - - _Betfort_ (Comte de), _v._ Bedfort. - - _Bethon_, _v._ Seyton. - - BIRAGUE (le Président de), IV, 417.--VII, 4, 5. - - BIRON (Armand de Gontaut, Baron de), III, 115, 160, 164.--IV, - 246.--V, 154, 182.--VII, 107, 108, 110, 114, 123, 350. - - BISCAYE, province maritime d'Espagne, _Biscaie_, III, 324, 401. - --V, 243.--VI, 178, 328.--VII, 269. - - _Blacmet_, _v._ Blackness. - - BLACKMORE, dans le comté d'Hereford, II, 417. - - BLACKNESS (le château de), dans le Linlithgow, en Écosse, - _Blacmet_, _Blacnes_. V, 259, 311, 313, 329. - - _Blacnes_, _v._ Blackness. - - BLANC, en Berri, II, 21. - - BLAVET, ville de Bretagne, _Blevet_, II, 402. - - BLAYE, ville de Guyenne, I, 44, 93, 147, 298.--VI, 50. - - BLESSURE du Roi, IV, 141, 142, 187.--V, 234. - - _Blevet_, _v._ Blavet. - - BLOCUS CONTINENTAL (proposition d'un), pour forcer l'Angleterre à - retourner à la religion catholique, I, 70, 72. - - BLOIS, _Bloys_, VI, 417.--VII, 251, 255, 256, 262, 265, 270, 289, - 294, 429. - - BOBINEAU, _v._ Robineau. - - _Bocaust_ (lord), _v._ Buckhurst. - - _Bodouel_ (Comte de), _v._ Bothwell. - - BOG (Sandy), I, 380. - - BOHÊME (la), _Bohesme_, III, 349.-- Le _Roi_ de Bohême, III, 298. - -- Les _Princes_ de Bohême, III, 453. - - _Boid_ (lord), _v._ Boyd. - - _Boillon_ (Mr de), _v._ Bouillon. - - BOISTAILLÉ (Mr de), conseiller du Roi en son conseil privé, VII, - 289, 290, 291. - - _Boit_ (lord), _v._ Boy. - - BOK (Alexandre), I, 381. - - _Bolloigne_, _v._ Boulogne. - - _Bolon_, _v._ Bolton. - - BOLTON, château dans le comté d'Yorck, _Bolon_, _Borthon_, - _Boulon_, I, 195, 206.--II, 214. - - BONACORSY (le Sr), _Bonacoursy_. VI, 148.--VII, 472. - - BONOT (lord), _Bonet_, III, 363. - - BONHOMME (Jean), I, 416, 417. - - BONNE AVENTURE de Vannes (la), navire, VII, 99. - - BONNIVET (M. de), II, 244. - - BONS-HOMMES lès-Plessis (couvent des), au Plessis-lès-Tours. _Lez - Plécys_, VII, 66. - - _Boolton_, _v._ Bolton. - - BOOS (le capitaine), _v._ Bos. - - BORDEAUX en Guienne, _Bordeaulx_, _Bourdeaux_, _Bourdeaulx_, I, - Flotte des vins, 32, 55, 77, 93, 101, 131, 164. Arrestation des - Anglais, 192-194, 198, 243, 250, 356.--II, 35, 64, 153, 235, - 247, 253, 267, 280, 330, 381, 395, 396, 400, 402.--V, 130, 133. - 139, 148, 150, 170, 180. Départ de la flotte d'Angleterre pour - Bordeaux, 198, 237, 313, 454, 455.--VI, 7, 13, 30, 281, 490. - --VII, 47, 358, 359, 368, 398, 399. - - BORDEL, agent du prince de Condé, i, 350. - - BORNIQUEL (le Vicomte de), l'un des quatre Vicomtes, I, 172, _v._ - Vicomtes (les). - - _Borthon_, _v._ Bolton. - - BORTHWICK (de), écuyer de Marie Stuart, _Borthick_, _Borthuic_, - _Borthuik_, _Bortic_, _Bortyc_, _Bourtic_. I, 283, 286, 313, - 338, 380.--II, 26, 56, 76, 94, 115, 136, 193, 264, 438. - - BOS (le capitaine), ou _Boos_. I, 54, 55, 214. - - BOS (sir Georges), II, 367. - - BOSSU (le Comte de), arme en Flandre, IV, 89. - - BOSTON, ville du comté d'York. _Boeston_, bains de Boston, V, 393. - - BOTHWELL (le Comte de), _Baudouel_, _Bodouel_, _Boudoel_, - _Boudonel_, I, 20, 161, 343.--II, 58, 205.--III, 98.--IV, ses - tentatives en Danemark, 8, 147. Sollicitations au nom de Marie - Stuart, pour qu'il ne soit pas mis en liberté, 152.--V, 266. - - _Boucard_, _Boucart_, _v._ Buckhurst. - - _Boucaust_ (lord), _Boucaut_, _v._ Buckhurst. - - BOUCHARD (le Sr), réfugié en Angleterre après la Saint-Barthèlemy, - V, 155. - - BOUCLER (Richard), I, 242. - - _Boucost_ (lord de), _v._ Buckhurst. - - _Boudoel_, _Boudouel_, (le Comte de), _v._ Bothwel. - - BOUFFON de Catherine de Médicis, VI, 331. - - BOUILLÉ (Mr de), _Bouyllé_, _Boyllé_, II, 195, 206, 286.--VI, 412, - 477. - - BOUILLON (Henri Robert de La Mark duc de), _Boillon_, _Buillon_, - sa mort, VI, 354.--VII, 388, 390, 391. - - BOULOGNE-SUR-MER, en Picardie, _Bolloigne_, _Boullongue_, - _Bouloigne_, _Boulonge_, I, 100, 275, 336.--III, 478.--V, 189. - --VI, 106, 112, 116, 149, 157, 281, 325, 340, 505.--VII, 296, - 320, 336, 340, 370. - - BOULOGNE (château de) près Paris, VII, 177, 178, 180, 182, 189, - 297, 432. - - _Boulon_, _v._ Bolton. - - BOURBON (Charles, cardinal de), VII, 440, 470, 471. - - BOURBON (Louis de), _v._ Condé (Louis, prince de). - - BOURBON (Mademoiselle de), VII, 292. - - BOURBON (le bâtard de), VI, 230. - - _Bourdeaulx_, _Bourdeaux_, _v._ Bordeaux. - - BOURDEUILLE (le Sr de), II, 437. - - BOURDIN (Mr de), I, 426, 428, 431. - - BOURG en Bresse, I, 138. - - BOURG (le Conseiller), beau-frère de Cavagnes, II, 156, 175. - - BOURGES en Berri, I, 21.--II, 9, 21.--III, 115.--VII, 23, 80, 82. - - _Bourgley_ (lord de), _v._ Burleigh. - - BOURGUEIL, ville d'Anjou.--VII, 286. - - BOURGOGNE, _Bourgoigne_, I, 97, 305.--VI, 137, 414. - - BOURGOGNE (la maison de), I, 108, 113, 120, 127, 224, 231.--II, - 52, 53, 353.--III, 31, 256, 422, 441, 463.--IV, 199, 302, 339, - 341, 361.--V, 139, 151, 161, 200, 425.--VI, 162, 179, 186, 198, - 199, 224, 226, 251, 303, 361, 378. - - BOURGUIGNONS, I, 97.--IV, 414. - - _Bourlé_ (lord de), _v._ Burleigh. - - BOURRY (le jeune), réfugié en Angleterre après la - Saint-Barthèlemy.--V, 155. - - BOURSE (la) de Londres.--III, 443, 450, 451. - - _Bourtic_, _v._ Borthwick. - - BOUVILLE (le Sr), réfugié en Angleterre après la Saint-Barthèlemy. - --V, 155. - - _Bouyllé_, (Mr de), _v._ Bouillé. - - BOY (le Sr de), de Bretagne, V, 384. - - BOY (Sir Henry), II, 400, 419. - - BOYCHAMP (le Capitaine), _v._ Boysseau. - - BOYD (lord), _Boid_, _Boit_, _Boyd_, _Boyt_, I, 82, 285.--II, 59. - --III, 132.--IV, 230, 237.--VII, 255. - - _Boyllé_ (Mr de), _v._ Bouillé. - - BOYSSEAU (le Capitaine), V, 412. - - BOYSSOT (le Sr), gouverneur de Flessingues, VI, 169, 178.--Sa - _femme_, VI, 169. - - _Boyt_ (lord), _v._ Boyd. - - BRABANT (le), VI, 483. - - _Brada_, _v._ Bréda. - - BRANDEBOURG (le Marquis de), électeur, III, 208, 298.--IV, 249. - - BRÉDA, en Brabant, _Brada_, ancienne baronnie, III, 127. - - BREFS du Pape, I, 262.--III, 29. - - BRÈME, l'une des villes hanséatiques d'Allemagne, III, 472. - - BREST, en Bretagne, II, 35, 153.--VI, 13.--VII, 181.--Le Capitaine - de Brest, _v._ Crenay (Sr de). - - BRETAGNE, _Bretaigne_, I, 11, 137, 233, 282, 316, 334, 399.--II, - 35, 195, 203, 273, 326, 340, 350.--III, 9, 19, 46, 66, 70, 73, - 76, 169, 200. Expédition préparée en Bretagne, 206, 209, 210, - 212, 216, 218, 226, 236, 252, 266, 272, 292, 386, 387, 402, 445. - --IV, 12, 90, 96, 203, 207, 401, 421.--V, Massacres de Bretagne, - 180, 209, 252, 261, 269, 274, 395, 426.--VI, 44, 134, 137, 196, - 205, 375, 415, 422, 481.--VII, 99, 114, 119, 121, 137-139, 268, - 338, 381, 396. - - BRETAGNE (Basse), III, 450.--VII, 181. - - BRETONS, menaces des Anglais contre les Bretons, I, 26, 77, 87, - 130, 151, 187, 192.--Ordonnance contre eux, 233.--II, Plaintes - contre eux, 408.--III, 65, 402, 406, 459.--VI, 417.--VII, 175. - - BRIANT MAC O'NEILL, Écossais, VI, 353. - - BRICKHILL, dans le comté de Buckingham, _Brichil_, V, 76.--VII, - 315. - - _Briquemault_, _v._ Bricquemaut. - - BRIDERODE (le bastard de), II, 175, 191, 239, 251, 316, 322, 329, - 388, 404.--III, 17, 52.--IV, 74. - - BRIGHTHAMPTON, dans le comté d'Oxfort, II, 35. - - BRILLE (la), ville des Provinces-Unies dans l'île de Voorn, IV, - 427, 438.--V, 293, 392. - - BRICQUEMAUT, _Bricquemault_, _Briquemau_, _Briquemault_. Arrêté - après la St-Barthèlemy, V, 134, 159.--Sa condamnation, 204, - 205.--Son exécution, 206.--VII, 341. - - BRIQUONEL (le Capitaine), IV, 137, 138, 154, 158, 289.--VII, 224. - - BRISSAC (Timoléon de Cossé comte de), I, 84, 140, 148, 362, 389, - 414.--VII, 5, 7. - - BRISTOL, dans le comté de Glocester, _Bristo_, III, 50.--VI, 167, - 204, 212. - - _Broage_, _v._ Brouage. - - _Bronsouy_, _Bronsouyc_, _Bronzouyc_ (le Duc Hery de), _v._ - Brunswick (le duc Eric de). - - BROUAGE. _Broage_, port de Saintonge, I, 201, 215, 226, 271, 361. - --II, 175.--VI, 13, 140, 237, 240, 281, 282, 283, 328, 353, 359, - 362.--VII, 12, 370, 371. - - BROVNE (Humfroy), I, 174. - - BRUGES, dans les Pays-Bas, I, 98.--III, 108.--V, 60.--VI, 76, 211, - 263, 459. - - BRULART (Nicolas), seigneur de Sillery, I, 433.--II, 292.--V, - 185.--VII, 28, 30, 32, 33, 37, 38, 41, 46, 48, 52, 57, 58, 60, - 62, 65, 78, 79, 82, 124, 126, 255, 256, 262, 265, 271, 273, 276, - 280, 283, 288, 368, 371-373, 432, 435, 437, 440, 459, 462, 468, - 471, 479. - - BRUNSWICK (Éric dit _le Jeune_, duc de), _Bronsouy_, _Bronzouyc_, - _Brunsvych_, _Brunswic_.--III, 36, 57, 143, 199, 228, 249. - --VII, 166, 169. - - BRUNSWICK (Jules de), VII, 169. - - BRUXELLES (le fiscal de), envoyé en Angleterre après l'expulsion - de l'Ambassadeur d'Espagne, VI, 418, 443, 474, 497. - - _Buchard_ (lord). _v._ Buckhurst. - - BUCKHURST (lord), _Bocaust_, _Boucard_, _Boucart_, _Boucaust_, - _Boucaut_, _Boucost_, _Buchard_, sa mission eu France, III, 402, - 403.--Ses instructions, 407, 408, 409, 442, 449, 452, 458, 461, - 468, 469, 478.--IV, 30, 31, 34, 35, 36, 38, 39, 41, 42, 43, 53, - 64, 97, 190, 215, 217, 235, 282-284, 287, 288, 370.--V, 10, 14, - 39.--VII, 167, 177, 183, 189, 190, 194, 195, 199. - - _Buillon_ (duc de), _v._ Bouillon. - - BULLE du Pape, I, 146, 152, 229.--_Bulle dorée_, III, 298. - --_Bulle_ sur l'élection à l'Empire, III, 231. - - BULLE d'excommunication contre Élisabeth, III, 173, 175, 177, 194, - 196, 199, 225, 250, 254, 255, 256, 273, 295, 393.--V, 220, 221. - - BUSSEROLLES, camp de l'Amiral, II, 158. - - _Burglay_, _Burgley_ (lord de), _v._ Burleigh. - - _Burlay_, _Burley_ (lord de), _v._ Burleigh. - - BURLEIGH (Sir William Cecil, lord de), grand-trésorier - d'Angleterre, _Bourgley_, _Bourlé_, _Burglay_, _Burgley_, - _Burlay_, _Burley_, I, 46. Proposition d'une coalition contre - lui, 69, 70, 72, 74, 82, 114, 115, 120, 150, 154, 156, 169, 175, - 204, 207, 210, 211, 233.--Conjuration contre lui, 235, 236, 237, - 259.--Détails du plan de la conjuration, 260, 267, 274, 279, - 287, 311, 361, 384, 405, 418.--II, 2, 12, 25, 50-55, 66, 86, - 106, 108, 113, 114, 115, 119, 125, 126, 127, 130, 132, 148. 172, - 177, 219, 223, 272, 278, 285, 301, 303, 304, 311, 343, 367, 381, - 404.--III, 19, 21, 25, 46, 48, 87, 89, 97, 99, 100-102, 123, - 124, 141, 142, 170, 173, 187, 188, 194, 203, 212, 217, 227, 235, - 241, 245, 250, 253, 255, 275, 283, 301, 305, 307, 310, 311, 314, - 319, 320-322, 324, 327, 335, 358, 359, 361, 362, 372, 375, 390, - 400-402, 416, 422, 429, 440, 443, 462, 469, 476, 481.--IV, 3, - 12, 44, 45. Nommé lord de Burleigh, 57-59, 65-68, 78, 81, 82, - 86, 87, 89, 93, 98, 100-104, 108, 109, 111, 116-118, 127-130, - 132-134, 141, 144, 150, 156, 158, 159, 163, 171, 174, 187, 190, - 191, 197, 204, 213, 228, 230-233, 241, 242, 248, 253, 256, 258, - 272, 273, 282, 284, 287, 288, 292, 307, 309, 312, 314, 315, 322, - 331, 333, 341, 352-354, 357, 369, 370, 372, 379, 395, 396, 399, - 400, 404, 407, 410, 411, 415, 417, 419, 420, 423, 424, 427, 433, - 435, 437, 439, 442, 445, 446, 448, 453, 458, 462, 463, 465, - 467.--V, 13, 16, 20-22, 26, 38, 39, 43, 45. Nommé - grand-trésorier, 59, 61-63, 72-75, 78, 82, 84, 88, 93, 128, 147, - 161, 165, 166, 170, 172, 194, 195, 208, 230, 234, 239, 243, 244, - 251. Négociation secrète, 254, 255, 260, 267, 284, 286, 291, - 292, 302, 303, 307, 308, 328, 335, 343, 351-354, 377. - Conférence, 380-382, 394, 407, 422, 423, 428, 432, 438, 449, - 469, 470.--VI, 8, 14, 15, 17, 35, 37, 41, 42, 64, 66, 161, 166, - 171, 181, 199, 208, 220, 248, 249, 444. Conférence, 461.--VII, - 40, 73, 132, 134, 138, 146, 148, 149, 154, 218, 221, 228, 230, - 252, 254, 265, 294--00, 304, 307, 362, 397, 444, 445, 454.--Son - _fils aîné_, II, 384.--Sa _fille_ mariée au comte d'Oxford, IV, - 315. - - BUTSEL, officier de la marine anglaise, I, 351. - - -C. - - CABRAN, marchand Écossais, II, 28. - - CABRYANE (le Sr), pris à Jarnac, VII, 5. - - _Cadinguem_ (de), pris dans le château d'Edimbourg, V, 392, 411. - - CADIX en Andalousie, III, 426. - - CAEN dans la basse Normandie, I, 11.--VI, 302.--VII, 293. - --_Château_ de Caen, II, 274. - - _Caen_ (Sr de), grand écuyer de l'empereur Maximilien II, envoyé - en France à l'occasion du baptême de la fille du Roi, VII, 401. - - CAILLAC (Mr de), gouverneur de Boulogne, _Cailliac_, _Calliac_, I, - 100.--II, 80.--V, 7.--VI, 51, 112, 250, 252.--VII, 167. - - _Calliac_ (Mr de), _v._ Caillac. - - CAJE (le capitaine), lieutenant de Berwich, IV, 172, 176, 255, - 289, 334, 337, 339.--VII, 270. - - CALAIS en Picardie, _Callais_, _Callays_, I, 46. Desir des Anglais - de recouvrer cette ville, 91, 92, 98. Entreprise sur Calais, 99, - 100, 101, 167, 211, 257, 275, 320, 341.--II, 10, 20, 33, 49, - 87. Saisie faite à Calais sur les Anglais, 96, 105, 199, 260, - 333, 353.--III, 46, 52. Avis d'une entreprise sur Calais, 285, - 286, 293, 294, 300, 304, 311, 312, 333, 416, 421, 478.--IV, - 130, 148, 150, 173, 225, 455.--V, 208.--VI, 13. Avis d'une - entreprise, 51, 63, 76, 149. Projet des Anglais sur Calais, 156, - 157, 281, 325, 340, 505.--VII, 37, 126, 132, 149, 221, 300, - 301, 320, 340, 370, 420, 454. - - CALNAR ou CALVART, ministre protestant, agent du prince d'Orange, - VI, 86, 328. - - _Cambelle_ (Robert), _v._ Campbell. - - CAMBRAY en Flandre, I, 120. - - CAMBRIDGE, comté d'Angleterre, _Cambrich_. Soulèvement dans le - comté de Cambridge, V, 424. - - CAMPBELL, (Robert), _Cambelle_, I, 174. - - CANNOT (Jehan), imprimeur à Londres, I, 112. - - CANTERBURY dans le comté de Kent, _Canturbery_, _Conthurbery_, - _Conturbery_, I, 287.--III, 398, 455.--V, 14, 401, 402. - - CAPITAINES anglais de réputation qui se mettent en mer, I, 214. - - _Carcade_, frère du capitaine Grange, _v._ Kirkaldy. - - CARCASSONNE, dans le Bas-Languedoc, I, 173. - - CARDINAUX (les), oncles de Marie Stuart, II, 257. _v._ Guise et - Lorraine (cardinaux de). - - CARENTAN en Basse-Normandie, _Carantan_, VI, 74. Est pris par - Montgommery, 77, 112, 120, 126, 144, 148, 168.--VII, 466. - - CARHO (sir Jehan), _Caro_, V, 199. 226. - - CARHO (Pierre), _Caro_, IV, 37, 273. - - CARIEZ (le capitaine), VII, 10. - - _Carleil_, _Carley_, _v._ Carlisle. - - CARLISLE dans le comté de Cumberland, _Carleil_, _Carley_, I, 284. - --II, 348.--III, 139. - - CARLOS (l'archiduc), _Don Carlos_, fils de Philippe II et de Marie - de Portugal. Projet de son mariage avec la princesse de - Portugal, I, 67.--Proposé par la Reine d'Espagne pour épouser - Marie Stuart, II, 214. - - CARNAVALLET (le Sr de), _Carnevallet_, IV, 93.--VII, 6, 7. - - _Caro_, _v._ Carho. - - CARPENTIER, auteur d'une épître, VII, 402. - - CAROUGES (M. de), lieutenant-général pour le Roi en Normandie, - _Caronges_, _Carronges_, _Carrouges_, VII, 366, 385, 388, 390, - 391, 397. - - CARSES (M. de), VI, 339. - - CARTELS proposés pour les affaires d'Écosse, I, 89, par lord - Lindsey à lord Harris, 102.--Par Alexandre Stuart au lair de - Grange, IV, 172, 237. - - CASAL de Montferrat en Italie, VI, 229. - - CASHEL (le fils du doyen de), IV, 340. - - CASIMIR (le Duc) Jean Casimir, fils de Frédéric, comte Palatin, - _Cazimir_, I, 15.--II, 17, 84, 85, 90, 94, 95, 109, 110, 149, - 196, 197, 198, 228, 239, 274, 315, 329, 333. Ses préparatifs - pour conduire une armée en France au secours des protestants, - 371, 388, 404.--III, 7, 11, 16, 18, 35, 40, 45, 46, 57, 64, - 182, 195, 199. Son mariage avec une princesse d'Allemagne, 208, - 211, 215, 220, 221.--V, 347.--VII, 35, 40. - - CASSILS (le Comte de), _Casseillis_, _Cassellis_, _Casselis_, - _Cassels_, _Casselz_, I, 300, 302.--VI, 212, 230, 237, 443. - --VII, 255.--Son _frère_, I, 302. - - CASTARES (le Sr de), l'un des officiers de Marie Stuart, II, 438. - - _Castelbar_, _Castelbarne_, _v._ Barnard-Castle. - - CASTELNAU de MAUVISSIÈRE (de), _v._ Mauvissière. - - CASTILLE (grand commandeur de), _v._ Requesens. - - CASTILLE (cour de), III, 126. - - CATHAY (le), _v._ Cattay. - - CATHERINE (madame), soeur de Jeanne Gray, III, 359 et _note_. - --IV, 154, 240. - - CATHERINE DE BOURBON, princesse de Navarre, soeur de Henri IV, II, - 391.--III, 301.--IV, 91.--VI, 230. - - CATHOLIQUES (les) d'Angleterre, I, 78. Divisions dans le conseil, - 166, 327, 328. Les Catholiques se retirent du conseil, 330. - Propositions qu'ils font au Roi, 331.--II, 219. Joie des - Catholiques d'Angleterre au sujet de la victoire de Moncontour, - 296. Mesures rigoureuses prises contre eux, 299, 339. Leur desir - de se retirer en France, 339. Révolte des Catholiques du nord, - 342, 350, _v._ Révolte du nord.--III, 18. Seigneurs catholiques - arrêtés, 46, 76. Projets des Seigneurs catholiques, 98. Mesures - de rigueur prises contre les Catholiques, 196. - - CATTAY (le), province de la Chine, VI, 400. - - CAUBERON (le capitaine), III, 347.--IV, 3, 455.--V, 374, 384, - 402, 411, 413, 418.--VII, 197, 212. - - CAUMONT (le Vicomte de), l'un des quatre Vicomtes, I, 172, _v._ - Vicomtes (les). - - CAUSSENS (le capitaine), _Causeings_, _Cossins_, V, tué devant la - Rochelle, 316.--VII, 8. - - CAVAGNES (le Conseiller), _Cavagnies_, _Cavaigne_, _Cavaignes_, I, - 12, 15, 37, 39, 45, 47, 63, 75, 168, 202, 205, 211, 226, 268, - 290, 295, 340, 374, 408.--II, 63, 93, 94, 156, 167, 175, 273. - --III, 332.--V, 134. Arrêté et mis en jugement après la - Saint-Barthèlemy, 204. Son exécution à laquelle assistent le Roi - et Catherine de Médicis, 205 et _note_, 206.--VII, 249, 250, - 251, 331, 332, 334, 338. - - CAVALCANTI (Guydo), Italien au service du duc d'Albe._Cavalcanty_, - I, 418.--III, 370, 416, 417, 442, 468.--IV, 45, 58, 61, 62, - 64, 65, 67, 68, 78, 79, 80, 84, 86, 87, 96, 100, 123, 128, 133, - 164, 165, 170, 171, 190, 196, 314, 447, 461.--VI, 65.--VII, - 191, 192, 199, 200.--_Eschiata Cavalcanti_, son frère, II, 50, - 52-54. - - CAVELLIER, marchand de Rouen, II, 324, 327, 344. - - CAZAS (Sr de), VII, 7. - - CAZIMIR (duc de), _v._ Casimir. - - CECIL (sir William), _Cecile_, _Cecill_, _Cecille_, _v._ Burleigh - (lord). - - CÈNE (la) faite par les protestants, VI, 340. - - CÉSAR (Jules), empereur, I, 52. - - CESSION faite par Marie Stuart de ses droits à la couronne - d'Angleterre. Reproches qui lui sont adressés à cet égard par - Élisabeth qui en fait contre elle un chef d'accusation, I, 229, - 412, 419, 422. Éclaircissements historiques, 423. Cessions - faites à Henri II, 425, 427, 429. Déclaration du Roi, 431, du - Duc d'Anjou, 433.--II, 17, 48, 56, 59, 65, 114, 155, 168. - Satisfaction d'Élisabeth au sujet des déclarations relatives à - la cession des droits de Marie Stuart au trône d'Angleterre, - 178, 204, 209, 219.--VI, 244, 338.--VII, 47, 151. - - CESSION _des îles de Deçà_; cession faite par le Pape au Roi - d'Espagne, de l'Angleterre, de l'Écosse et de l'Irlande sous la - condition de les ramener à la religion catholique, VI, 338. - - CEVANY (Sr), agent du banquier Acerbo Velutelly, VI, 425. - - CHABANOIS, ville dans l'Angoumois, prise par les protestants, II, - 162. - - _Chalangier_ (sir Thomas), I, 325. - - CHALONS-SUR-SAÔNE en Bourgogne, _Chalon_.--V, 461, 468. - - CHALY (Sr de), _Chally_, _Chély_, VII, 65-67. - - _Chamavoye_.--Procès de Chamavoye, intéressant le vidame de - Chartres, VI, 210. - - CHAMBELLAN (le lord), _Chamberlan_, _Chambrelan_, le grand - chambellan d'Angleterre, I, 288, 405.--II, 85, 130, 132, 260, - 278.--III, 240, 462, 467.--IV, 3, 206, 372, 400.--V, Est - chargé du sceau privé et remplacé dans la charge de grand - chambellan par le comte de Sussex, 59.--La _fille aînée_ de - lord Chamberland, mariée à lord Dudley, IV, 319. - - _Chamberland_ (le lord), _v._ Chambellan. - - CHAMBERNON (sir Arthus), _Chambernan_, _Chambernant_, - _Chambrenant_ vice-amiral de Cornwall (Cornouailles) ou de - l'Ouest, en Angleterre, beau-frère de Montgommery, I, 214.--II, - 94, 250, 275, 322.--IV, 297.--V, 343, 364.--VI, 13, 122, 127, - 169, 180, 424.--VII, 419, 466. - - CHAMBERNON (sir Henri), amiral d'Angleterre, fils du précédent, - II, 93. Part comme volontaire pour la Rochelle, 143.--IV, 298. - --VI, 169.--VII, 466. - - CHAMBERS (le Capitaine), _Chambre_, I, 214. - - CHAMBRE DES COMMUNES d'Angleterre, _Basse chambre_, IV, 50, 89, - _v._ Parlement d'Angleterre. - - CHAMBRE (la) de Londres, II, 13.--III, 17, 48. - - _Chambrenant_ (sir Artus et sir Henri), _v._ Chambernon. - - CHAMBRES (Sr David), V, 42. - - CHAMPAGNE, province de France, _Champaigne_, VI, 181.--VII, 365. - - CHAMPAGNE (le grand commandeur de), VI, 181, 226. - - CHAMPIGNI en Touraine, _Champigny_, _Champiny_, ville et château - appartenant au duc de Montpensier, I, 147, 148.--VII, 231. - - CHANCELIER (Mr le), le chancelier de France, _v._ L'Hospital. - - CHANCELIER (le) d'Angleterre, _v._ Bacon. - - CHANCELIER (le) de Navarre, VI, 226. - - _Change Real_, Bourse de Londres, III, 451. - - CHANGEMENT dans la politique d'Élisabeth après la St-Barthèlemy, - VI, 110, 160, 303. - - CHANTONAY (Mr de), _Chantoné_, _Chantonnay_, _Chantonné_, - ambassadeur du Roi d'Espagne à Vienne auprès de l'Empereur - Maximilien II.--I, 66, 67.--II, 196, 315, 387.--III, 312. - - CHAPIN VITEL (Ciapino), Marquis de Cestona, _v._ Vitelli. - - CHARENTE (la rivière de), en France, _Charante_, I, 131, 164. - --VII, 3, 4, 6. - - CHARITÉ (la), dans le Nivernais, II. Prise de la Charité par le - Duc de Deux-Ponts, 9, 10, 21, 101, 133, 134, 158, 333.--III, - 115, 204.--VII, Détails sur la prise de la Charité, 23, 30, 31, - 35, 80. - - CHARLES (l'archiduc), fils de Ferdinand Ier, Empereur d'Allemagne - et frère de Maximilien II. III, 300, 322.--Projet de le marier - à Élisabeth, 348.--Son mariage avec la fille du Duc de Bavière, - sa nièce, 401, 424, 425, 461, 466.--IV, 12, 64, 65, 98, 225. - --VII, 145, 146, 191. - - CHARLES-QUINT, Empereur d'Allemagne et Roi d'Espagne, fils aîné de - Philippe, archiduc d'Autriche, I, 96, 335.--II, 6.--IV, 373. - --V, 276.--VI, 223. - - CHARNY (Comte de), VI, 330, 334. - - CHARO, l'un des officiers commandant en Irlande pour Élisabeth, - II, 240. - - CHARTRES, dans le pays Chartrain, II, 183.--Le vidame de - Chartres, _v._ Vidame (le). - - CHARY, fils aîné de lord Houston, II, 389. - - CHAT (le Capitaine), VI, 234, 340, 443. - - CHATEAUBRIANT, en Bretagne. _Chasteaubriant_, VII, 105, 106, 111, - 123. - - CHATEAUDUN, dans l'Orléanais, _Chasteaudun_, V, 326. - - CHATEAUNEUF, en Angoumois, _Chasteauneuf_, I, 147.--VII, 4-6. - - CHATEAUNEUF (Mr de), _Chasteauneuf_. Sa mission en Angleterre, au - sujet du mariage du Duc d'Alençon avec Élisabeth, V, 281, 282. - --Sa négociation, 284, 285, 324. - - CHATEAUNEUF (Mlle de), _Chasteauneuf_.--Projet de la marier à - Leicester, V, 111. - - CHATEAU-RENAUD, en Touraine, _Chasteau-Renauld_, VII, 270. - - CHATEAU-THIERRI, en Champagne, _Chasteau-Thierry_, I, 85. - - CHATEAUX (les Deux), pris en Écosse par les Anglais, _v._ Hume et - Fostcastle. - - CHATELIER-PORTAUT, l'un des chefs des protestants de France, - _Chastelier-Portault_, _Chatellier-Pourtault_, I, 11, 17, 37, - 44, 54, 55, 76, 94, 99, 164, 178, 189.--Tué à Jarnac, 304. - --VI, 175.--VII, 10. - - CHATELLERAULT, en Poitou, _Chastèlerault_, _Chastellerault_, I, - 21, 139.--VII, 35, 36, 52. - - CHATELLERAULT (le comte d'Arran, duc de), ancien régent d'Écosse, - _Chastellerault_, _Chatèlerault_, _Chatellerauld_, I, 12, 79, - 155, 161, 195.--Arrêté par ordre d'Élisabeth, 209, 300-302, - 312, 328, 344, 348, 369, 376, 378, 379, 382.--III, 45, 52, 74, - 75, 98, 131, 140, 152, 158, 160, 168, 169, 170, 172, 174, 175, - 193, 207, 223, 248, 267, 271, 346.--IV, 1, 172, 237, 243, 279, - 378, 457.--V, 203, 308, 309.--VI, 247.--Sa mort, 281, 424. - --VII, 225.--Ses _enfants_, III, 158.--V, 309.--Ses _deux - fils_, _v._ Arran (comte d'). - - CHATILLON, résidence de l'amiral Coligni, _Chastillon_, VII, 270. - - CHATILLON (la maison de), I, 55, 62.--VII, 323. - - CHATILLON (Gaspard de), amiral de France, _v._ Coligni. - - CHATILLON (François de), frère de l'amiral Coligni, _v._ Andelot - (d'). - - CHATILLON (Odet, Cardinal de), frère de l'amiral Coligni, envoyé - en Angleterre par les protestants de France pour résider auprès - d'Élisabeth, I, 12, 16, 37, 49, 75, 97, 159.--205, 220, 230. - 235, 268, 269, 290, 292, 323, 340, 402, 403, 407.--Mémoire sur - l'état des affaires des protestants en France, 414, 419.--II, - 15, 49, 78, 96, 98, 108, 140, 146, 157, 158, 199, 206, 207, 398. - --III, 17, 47, 63, 86, 92, 99, 100, 141, 163, 182, 196, 249. - --Ses bonnes dispositions pour la paix, 256, 268, 280, 295. - --Message de la part du Card. de Chatillon à l'ambassadeur, 308, - 309, 311.--Sa conférence avec l'Ambassadeur, 314, 322, 325, - 331, 332, 398, 414, 418, 422, 432, 433, 439, 440, 447, 449, 455, - 464, 467, 470.--IV, 12, 23, 24.--Sa mort, 34.--Détails, 40, - 42, 48, 64, 91, 96, 225.--VII, 12, 16, 17, 91, 95, 102, 143, - 144, 173, 192, 242. - - CHAUVIGNY, en Poitou, _Chavinhy_, _Chaviny_, I, 147, 148. - - CHEF DE BOYS, rade sur la côte de la Rochelle, VI, 362. - - _Cheffel_, _Cheffil_, _Chiffil_, _v._ Sheffield. - - _Chelona_ (le Marquis de), _Chetona_, _v._ Vitelli (Ciapino). - - _Chely_ (Sr de), _v._ Chaly. - - CHENADEC (Jehan) de Vannes, VII, 99. - - CHENONCEAU en Touraine, VII, 243. - - CHERBOURG, port de Normandie, _Cherbourc_, VI, 157, 228, 281, 325, - 340. - - _Cheirosbery_ (le Comte de), _Cherosbery_, _Cherusbery_, _v._ - Shrewsbury. - - CHESOIN est chargé par le roi de conduire des munitions et de - porter de l'argent en Écosse aux partisans de Marie Stuart, il - tombe au pouvoir du comte de Lennox, IV, 203, 206, 211, 227. - - CHESHOLM, _Chesolme_, contrôleur des munitions du château - d'Édimbourg, IV, 73. - - CHESTRE (le Capitaine), VI, 51. - - _Chetona_ (le Marquis de), _Chetona_, _v._ Vitelli (Ciapino). - - CHENEY (lord), _Cheyne_, V, 14. - - _Cheyneys_, maison du Comte de Bedford, III, 258. - - CHIC (Lady), dame d'honneur d'Élisabeth, est forcée de se retirer - de la cour par suite d'une aventure galante, I, 390. - - CHICHESTER (l'évêque de), _Chichestre_, II, 65. - - CHIENS de sang donnés en présent au roi par des seigneurs anglais, - II, 274.--III, 325, _v._ Dogues, Lévriers. - - _Chin_, maison d'habitation du Cardinal de Chatillon en - Angleterre, I, 414.--II, 140. - - CHINE, _v._ Cattay (le). - - CHINON en Touraine, I, 145, 173.--VII, 3, 61, 62, 66, 67. - - CHIPRE, île de la Méditerranée, III, 349. - - CHIVERNY (Philippe Hurault, Comte de), chancelier du duc d'Anjou, - IV, 93, 165, 168, 170.--VI, 423, 437, 470. - - CHRISTOPHE (le duc), _Christofle_, fils de Frédéric, Comte Palatin - et frère du Duc Casimir, V, 347. - - CHOISY (le Comte de), _Choysy_, VII, 10. - - CHURQUE (le Capitaine Marie), I, 214. - - CIAPINO Vitelli, _v._ Vitelli (Ciapino). - - CICÉRON (Marcus Tullius Cicero), «l'orateur romain» dont - l'éloquence n'aurait pu justifier la Saint-Barthèlemy, V, 150. - - CLAIN (le), rivière du Poitou, I, 143. - - _Clames_, (lord), _v._ Glammis. - - _Clarmes_ (les deux frères de).--Écossais tenant le parti de - Marie Stuart, IV, 140. - - CLAUDE (la reine).--Claude de France, fille de Louis XII et - d'Anne de Bretagne, mariée à François Ier, ayeule de Charles IX, - VI, 323. - - CLAUDE (lord), _Glaude_, fils du duc de Chatellerault, V, 364, - 374.--VI, 381, _v._ Arran (d'). - - CLAUSSE, notaire et secrétaire de la couronne de France sous Henri - II.--I, 426, 428, 431. - - CLERMONT D'AMBOISE (l'aîné).--VII, 10. - - CLERMONT Tallard (le jeune), tué devant la Rochelle, V, 316. - - CLINTON (l'amiral), _Clynton_, _v._ Lincoln (Comte de). - - _Coban_ (lord), _v._ Cobham. - - _Coberon_ (le Capitaine), _v._ Cobron. - - COBERT (Jean), secrétaire de l'évêque de Ross, III, 66. - - COBHAM (lord), _Coban_, _Cobhan_, I, 257.--II, 255, 256, 260, - 273, 382, 412.--III, 28, 300.--IV, son arrestation, 261.--VI, - 56, 403, 406.--VII, 284.--L'un de ses frères, IV, 261. - - COBHAM (lady), femme de lord Cobham, II, 2.--III, 468.--IV, 261. - - COBHAM (sir Henry), fils de lord Cobham, III, 278, 285, 288, 297. - --Sa mission dans les Pays-Bas et en Allemagne auprès de - l'Empereur pour renouer la proposition du mariage d'Élisabeth - avec l'Archiduc Charles, 302, 310, 322, 348, 358, 398.--Son - retour, 400, 401, 405, 407, 424, 425, 431, 466-468.--IV, 28, - 37, 39, 48, 57, 71, 74, 113.--Sa mission en Espagne, 134, 141, - 154, 163.--Son retour, 178, 215, 217, 224.--V, 76.--VI, 224, - 444, 459.--Désigné comme Ambassadeur pour passer en Espagne, - 474, 481, 490.--VII, 166. - - COBHAM (le Capitaine Thomas), _Cobhan_, VI, 496. - - COBRON (le Capitaine), _Coberon_, _Comberon_, III, 347.--IV, 3. - --VII, 197, 212. - - COCONAS (Annibal, Comte de), _Conconnas?_.--Affaire de Coconas et - de La Mole, VI, 104, 105, 107, III.--Exécuté, 113, 115, 117, - 121.--Détails sur l'affaire de Coconas et de La Mole, 133, 134, - 136.--VII, 456, 457, 467. - - COGNAC en Angoumois, _Coignac_, I, 138, 147.--VII, 2, 4, 5. - - _Colbronc_, _v._ Colnbrook. - - COLCHESTER, dans le comté d'Essex, III, 65. - - COLIGNI (Gaspard de Chatillon de), Amiral de France, I, 137, 139, - 140, 142, 144, 148, 152, 165, 233, 304, 309, 351, 362, 368. - --II, 8, 16, 64, 68, 70, 74, 91, 93, 110, 156, 157, 158, 159, - 162, 209, 222, 314, 318, 329, 333, 341, 351, 354, 388, 393, 426. - --III, 7, 18, 86, 99, 156, 195, 196, 204, 208, 209, 215, 257, - 273, 294, 295, 315, 331, 361.--IV, 240.--Accueil fait à - Coligni par le Roi, 245, 276, 311, 319, 328, 336, 461.--V, Sa - mort, 116, 119, 123, 124, 126, 127, 137.--Correspondance de - Coligni trouvée après sa mort et communiquée à l'Ambassadeur - d'Angleterre, 140, 142, 143, 144, 145, 149, 150, 167, 183, 186, - 188, 204, 206.--VII, 2, 7, 8, 10, 29, 30, 40, 49, 64, 65, 66, - 68, 75, 80, 81, 83, 114, 242, 256, 268, 270.--Blessure de - l'Amiral, 322, 323, 324, 330, 331, 332, 333, 338, 339, 343, 344, - 345, 347, 348, 350, 352, 355, 356, 363, 364, 368, 369, 371, 384, - 394, 395. - - _Colloigne_, _v._ Cologne. - - _Collonna_ (Marc-Antoine), _v._ Colonna. - - COLNBROOK, dans le comté de Buckingham. _Colbronc_, _Coulbronc_, - II, 287, 293, 310. - - COLOGNE en Allemagne, _Colloigne_, V, 347.--VI, 126. - - COLOGNE (l'évêque de), électeur de l'empire, III, 215, 272, 298. - - COLOMBEL (Jehan) de Vannes, VII, 98. - - COLOMBIÈRES (sieur de), _Coulombières_, V, 170, 171.--VII, 386. - - COLONNA (Marc-Antoine) dit le _jeune_, _Marc-Anthonio Collonna_, - III, 453. - - COLNEREL ou COLVEREL, marchand Anglais, I, 100, 353, 366, 368. - - COMBAT naval entre les Anglais et les Espagnols, sans déclaration - de guerre, après les saisies réciproquement faites en - Angleterre, dans les Pays-Bas et en Espagne, I, 296. - - COMBAT sur les frontières d'Écosse entre les Anglais et les - Écossais, III, 67.--VI, 478. - - COMBAT de la Roche-Abeille en France, II, 82, _v._ Roche-Abeille - (la). - - COMBAT de Sainte-Gemme près Luçon, en France, III, 252. - - _Comberlan_ (comte de), _v._ Cumberland. - - _Comberon_ (le capitaine), _v._ Cobron. - - COMMANDEUR de CASTILLE (le grand), _v._ Requesens. - - COMMANDEUR de CHAMPAGNE (le grand), VI, 181, 226. - - COMMERCE de la France et de l'Angleterre, II, 298. 305. - --Sollicitations des catholiques Anglais pour que l'exclusion du - commerce soit prononcée en France contre l'Angleterre, III, 75, - 76, _v._ Blocus continental.--Utilité d'un traité de commerce - avec l'Angleterre, IV, 326, _v._ Traité d'alliance et de - commerce.--Interruption du commerce après la Saint-Barthèlemy, - V, 119. - - COMMÈRES pour le baptême de la fille du Roi, VII, 376, _v._ - Marraines. - - _Commerlan_ (comte de), _v._ Cumberland. - - COMMUNE d'ÉDIMBOURG, _Edinburgh_. Soulèvement appuyé par le prévôt - et la commune d'Édimbourg, contre le comte de Morton, VI, 464. - - COMMUNICATION faite à Élisabeth de la part du duc d'Anjou, VI, - 387. - - COMMUNION du duc d'Anjou et des principaux Capitaines de son armée - le matin de la bataille de Jarnac, VII, 6. - - COMPÈRES pour le baptême de la fille du Roi, VII, 376. - - COMPIÈGNE dans l'Ile-de-France, III, 353.--VII, 135, 142. - - COMPLOTS contre le Roi, VI, 130, 270, 341, 343, 344.--Complot de - Saint-Germain, VI, 104.--VII, 451, 457, _v._ Coconas et La - Molle. - - COMPTON (lord), _Comthom_, V, 14. - - CONCILE _de Constance_, VI, 303.--_Concile de Trente_, I, 229. - --II, 398.--VI, 266.--VII, 348.--_Concile_ en général, VI, - 218. - - CONDAMNATION prononcée à Londres contre un livre sur la religion, - I, 204. - - CONDÉ (Louis, prince de), I, 11, 15, 21, 23, 28, 37, 38, 42, 44, - 46-48, 55, 58, 61, 73, 75, 84, 85, 88, 91, 95, 99, 101, 106, - 124, 125, 130, 131, 137, 138, 148, 151-153, 155, 164, 165, 168, - 169, 170, 178, 181, 187, 197, 198, 269, 271, 290, 293, 303. Tué - à Jarnac, 304, 305, 306, 308, 322, 323, 350, 351, 362, 363, 367, - 386, 403, 407.--II, 182, 183.--VI, 265.--VII, 1, 3, 8, 9. Sa - mort, 10, 11, 16, 17. - - CONDÉ (la princesse de), femme du précédent, I, 402.--II, 334, - 391.--IV, 127.--V, 146.--Ses petits enfans, II, 334, 391. - - CONDÉ (Henri dit le jeune prince de), fils des précédens, II, 180, - 222, 426.--III, 58, 115, 125, 160, 163, 181, 182, 183, 195, - 204, 208, 210, 215, 226, 315, 331, 340, 341, 361.--VI, 66, Sa - fuite de France, 81, 105, 112, 140, 168, 175, 181, 184, 206, - 265, 268, 298, 312, 340, 356, 357, 366, 368, 376, 378, 414, 426, - 449, 456, 457, 461, 462, 469, 471, 475. Se dispose à entrer en - France à la tête d'une armée, 496, 503, 504.--VII, 75, 81, 83, - 86, 107, 110, 114, 123, 125, 325, 458, 479. - - CONFÉRENCE d'YORK (la), ouverte pour décider du sort de - Marie-Stuart, est transférée à Londres, I, 18. - - CONFÉRENCES de l'ambassadeur avec _Burleigh_; V, 73, 165, 234, - 302.--VI, 35, 181.--Avec le _Cardinal de Chatillon_, III, 314. - --Avec _Leicester_, V, 38, 73,165, 302.--VI, 181.--Avec le - _Comte de Lincoln_, V, 57.--Avec _Smith_, V, 234.--Avec le - _Comte de Sussex_, V, 165, 234.--Avec _Walsingham_, VI, 35, - 181.--Avec le garde des sceaux (_le lord Keeper_), V, 436. - --Avec le _Conseil_ d'Angleterre, I, 355.--VI, 309. Avec des - seigneurs d'Angleterre, VI, 290.--Avec l'agent d'Espagne, VI, - 418.--Avec l'agent de la Rochelle, VI, 18, 46.--Avec les - députés de Flandres, VI, 45. - - _Confession d'Auguste_, Confession d'Ausbourg, III, 195. - - CONFIDENCES d'Élisabeth à l'ambassadeur sur les rapports faits par - lord de North, à son retour de France, VI, 335. - - _Confusion d'Auguste_, confession d'Ausbourg, I, 167. - - _Confusion de Genève_, confession de Genève, I, 167. - - CONJOUISSANCE du cardinal de Lorraine sur la Saint-Barthèlemy, - affichée en lettres d'or sur les portes de l'église Saint-Louis - à Rome, VII, 385, 397. - - CONJURATIONS des Catholiques d'Angleterre, I, 258, _v._ Révolte du - Nord. - - CONJURATIONS contre le Roi, _v._ Complot. - - CONNÉTABLE (le), _v._ Montmorenci (le connétable de). - - CONQUET (le), ville maritime de la Basse-Bretagne, _Conquest_, I, - 129, 165, 186. - - CONSEIL D'ANGLETERRE. Discussion dans le conseil, I, 154. Division - dans le conseil, 166. Conférences de l'ambassadeur avec les - seigneurs du conseil, 355. Délibération, 373.--Demande du - conseil afin que la France ne serve pas d'intermédiaire pour le - commerce des Pays-Bas, II, 220. Déclaration du conseil sur le - commerce, 223. Réponse de l'ambassadeur; Protestation contre - toute restriction de commerce, 225.--Division dans le conseil - entre Cécil et Leicester, III, 101. Résolutions du conseil, 122. - Débats, 138. Résolutions du conseil d'éviter la guerre avec la - France, 168. Communication faite au conseil par l'ambassadeur - des motifs de la Saint-Barthèlemy, V, 128.--Délibération du - conseil, VI, 90. Déclaration du conseil, 170. Séance du conseil, - 171. Conférences de l'ambassadeur avec le conseil, 309. - Délibération du conseil, 436. - - CONSEILLER-FISCAL (le), de Bruxelles.--Envoyé en Angleterre par - le Duc d'Albe, après l'expulsion de l'ambassadeur d'Espagne, VI, - 423, 426, 429. - - CONSISTOIRE des Protestans, IV, 146.--VI, 338. - - CONSPIRATION pour le renversement de Cécil, et le rétablissement - de la religion catholique en Angleterre, I, 233, 258. - - CONSPIRATION contre le Roi, _v._ Complot. - - CONSTANCE (Concile de), _v._ Concile. - - CONSTANTINOPLE, VI, 305. - - CONSULTATION des avocats anglais contre Marie Stuart, pour établir - qu'elle pouvait être jugée en Angleterre, I, 51. - - _Conthurbery_, _v._ Canterbury. - - CONTREDIETTE annoncée pour être opposée à la diette de l'Empire, - III, 215. - - CONTROLEUR (le) de la marine en Angleterre, I, 215. - - _Conturbery_, _v._ Canterbury. - - CONVENTION de Glasgow. Accord entre le Duc de Châtellerault et le - Comte de Murray, I, 300. - - CONVENTION entre la France et l'Angleterre sur la restitution des - prises, et le commerce, II, 323. - - _Conventery_, _Conventry_, _v._ Coventry. - - CONVERSION des réaux saisis sur les Espagnols, en monnaie - anglaise, II, 338. - - _Corc_, _v._ Cork. - - CORDOUE, en Andalousie, _Courdova_, III, 126. - - CORK, en Irlande, _Corc_, II, 81.-- V, 212.--VI, 48. - - _Cormuaille_ (Maître), _v._ Cornwall (Jean). - - _Cornailhe_, _Cornaille_, _v._ Cornwall. - - CORNO (Louis), maître du navire la Bonne-Aventure de Vannes, VII, - 100. - - CORNWALL (pays de), ou Cornouaille, Comté d'Angleterre, - _Cornailhe_, _Cornaille_, _Cornoailhe_, _Cornoaille_, I, 25, - 115, 402.--II, 550.--VI, 121. - - CORNWALL (maître Jean), ancien conseiller de la Reine Marie, - _Cornuaille_, _Cornouaille_, III, 197, 227. - - CORTEN (le Capitaine), _Cortene_, I, 120, 257, 351. - - COSSÉ (Artus, maréchal de), Gouverneur de Rouen, frère du maréchal - de Brissac, beau-père de Mr de Méru, I, 50, 239, 255, 261, 264, - 271, 280, 282, 288, 289, 293, 297, 312, 340, 341, 361.--II, 18, - 39, 66, 80, 86, 138, 141, 149, 224.--III, 199, 204, 205.--VI, - 110.--Arrêté à l'occasion du complot de St-Germain, 111, 113, - 115, 122, 133, 138, 181, 192, 234, 248, 313, 315.--VII, 26, 29, - 42. - - _Cossins_ (le Capitaine), _v._ Caussens. - - COULAIN (le Capitaine), IV, 154. - - _Couconnas_ (Comte de), _v._ Coconas. - - _Coulbronc_, _v._ Colnbrook. - - _Couloigne_, _v._ Cologne. - - _Coulombières_ (le Sr de), _v._ Colombières. - - _Courdova_, _v._ Cordoue. - - COURTEVILLE (le Secrétaire), III, 335. - - COUSIN, ministre protestant réfugié en Angleterre, I, 38. - - COVENTRY, dans le comté de Warwick, _Conventery_, _Conventry_, II, - 369, 377.--IV, 135, 183.--V, 89. - - CRACOVIE, en Pologne, _Cracovia_, VI, 188, 222. - - CRAINTES pour Calais, I, 91.--Crainte à Londres d'entreprises de - la part des Français, et des Espagnols, I, 398.--Craintes - inspirées par diverses flottes qui sont en mer, II, 251. - --Craintes de l'ambassadeur pour le Duc de Norfolk, et Marie - Stuart, II, 261.--Craintes inspirées par la mission de Ciapino - Vitelli, II, 267.--Crainte que Marie Stuart ne soit livrée au - Comte de Murray, II, 320.--Craintes des Anglais, III, 13. - --Crainte des Anglais qu'une ligue ait été formée par le Roi, - pour l'anéantissement de leur religion, VI, 244. - - CRAFFORT, ou mieux _Crawfort_, de la garde écossaise du Roi, V, - 411. - - _Cranfurd_ (lord), _v._ Crawford. - - CRAWFORD (lord), _Cranfurd_, I, 379. - - CRENAY (Sr de), Capitaine de Brest, III, 450.--VII, 181. - - CREUSE (la), rivière de France, II, 69. - - CRÈVECOEUR (Mr de), l'un des commandants pour le Roi en Picardie, - VI, 252. - - CROFT (sir Jacques), contrôleur d'Angleterre, III, 21. - - CROISIC, port de Bretagne, _Croisy_, _Croysie_, I, 77, 87.--II, - 286. - - CULTE CATHOLIQUE, objets du culte catholique, images et ornements - d'église brûlés publiquement à Londres, I, 374. - - CUMBERLAND (Comte de), _Comberlan_, _Commerlan_, II, 348, 385. - - CUNYNGHAM, _Cuniguem_, _Cuninguen_, envoyé en mission en - Angleterre par le Comte de Lennox, IV, 137, 313, 362. - - CUST, l'un des membres du conseil de la Reine d'Angleterre, I, - 175. - - -D. - - DACRE (lord) du Nord, _Dacres_, II, 348, 368, 386.--III, 66. - --Défaite de lord Dacre, 67, 68, 74, 76, 77, 84, 266, 391. - --IV, 92, 272, 335.--VII, 214. - - _Dail_, _Dailh_, (le Docteur), _v._ Dale. - - DALE (Valentin dit le Docteur). Ambassadeur d'Angleterre en France - a succédé à Walsingham, _Dail_, _Daith_, _Dayl_, _Dayle_, V, - 226, 317, 361, 444.--VI, 57, 66, 79, 97, 101, 102, 144, 147, - 246, 248, 355, 381, 455, 475.--VII, 410, 429, 433, 453, 454, - 459, 464. - - DALKEITH, près d'Édimbourg, _Dathquier_, _Datquier_, IV, 121, 139. - --V, 411.--VI, 265. - - DAMVILLE (Henri de Montmorenci, maréchal de), _Dampville_, - _Danville_, _d'Envylle_, frère du Duc de Montmorenci et de Mr de - Méru.--I, 50.--II, 314.--III, 199, 205.--VI, 68, 105, 111, - 138, 192, 238.--Se déclare pour les protestants avec son armée - de Languedoc, 288, 293, 296, 297, 308, 314, 315, 339, 355, 363, - 366, 368, 370, 394, 417.--Faux bruit de sa mort, 455, 456. - --VII, 56, 114. - - _Dandellot_ (Sr), _v._ Andelot (Sr d'). - - DANEMARC (royaume de), _Dannemarc_, _Dannemarq_, _Dennemark_, III, - 98.--IV, 147. - - DANEMARC (le roi de), _v._ Frédéric II. - - DANTZICK, ville hanséatique d'Allemagne, _Dantzic_, VI, 51. - - _Darby_, _v._ Derby. - - DARDOY, secrétaire de Marie Stuart, _Derdoy_, V, 27, 54.--VII, - 303, 312. - - DARTMOUTH, dans le comté de Devon, _Dertemue_, _Derthemmue_, I, - 25.--IV, 364. - - _Dasque_, ville d'Allemagne, peut-être Dantzick, II, 93. - - _Dathquier_, _Datquier_, _v._ Dalkeith. - - _Daufin_, _Daulfin_ (le prince), _v._ Dauphin. - - _Daufiné_, _Daulfiné_, _v._ Dauphiné. - - _Daulphinoys_ (les), _v._ Dauphinois. - - _Dauncher_ «en Cornoialle et Dauncher», en Cornouaille et - Devonshire, _v._ Devonshire. - - DAUPHIN (Mr le prince), _Daufin_, le duc de Montpensier, Dauphin - d'Auvergne, _v._ Montpensier. - - DAUPHINOIS (les), _Daulphinoys_, les habitants du Dauphiné, I, - 415. - - DAUPHINÉ, province de France, _Daulfiné_, _Daufiné_, I, 138.--V, - 449.--VI, 50, 81, 258, 340, 361, 475.--VII, 428. - - DAVID, marchand de la Rochelle, V, 202. - - DAVIDSON (Me) envoyé en Écosse avec Quillegrew pour résider auprès - du Comte de Morton, VI, 451. - - DAY (Jehan), marchand anglais arrêté prisonnier à Bordeaux, I, - 356. - - _Dayl_ (le Docteur), _Dayle_, _v._ Dale. - - DEBITIS (lord) d'Irlande, Grand-Trésorier de l'Irlande, II, 240, - --IV, 199, 425. - - DÉBORA, _Dethbora_, prophétesse juive qui a gouverné le peuple - hébreu, comparaison entre cette prophétesse et la reine - d'Angleterre, I, 52. - - DÉCLARATION du conseil d'Angleterre donnée à Fernan Castel - touchant le commerce avec la France, II, 223. - - DÉCLARATION de Burleigh et de Leicester concernant le maintien de - l'Alliance avec la France, VI, 276. - - DÉCLARATION d'Élisabeth à l'égard de la France, I, 55. - --Déclaration de paix et d'amitié, I, 242.--Déclaration sur la - restitution des prises, II, 138. - - DÉCLARATIONS du Roi et du Duc d'Anjou sur la cession que Marie - Stuart aurait faite de ses droits à la couronne d'Angleterre, I, - 431, 433.--VII, 151.--_Déclaration_ du Roi sur la restitution - des prises, II, 103.--_Déclarations_ du Roi concernant - l'Écosse, III, 142, 145, 148, 376.--IV, 114.--V, 322. - - DÉFIANCES d'Élisabeth contre le Roi, VI, 266. - - DEJORATUS, roi de Galatie, _Dejotarius_, allusion à sa défense - devant César, I, 52. - - DÉMOSTHÈNE, _Démosthènes_, «l'orateur grec,» dont l'éloquence - n'aurait pu justifier la Saint-Barthèlemy, V, 150. - - _Dennemark_, _Dennemarq_, _v._ Danemarc. - - DENT (Jeban), marchand anglais, I, 174. - - DÉPÊCHE de l'Ambassadeur enlevée de vive force après l'arrestation - du Duc de Norfolk, II, 249.--Détails sur l'enlèvement de cette - Dépêche, 255.--Protestation de la Reine et des seigneurs du - conseil à ce sujet, 260.--Commission donnée par Élisabeth au - sujet de la Dépêche enlevée, 277.--Restitution de cette - Dépêche, 380.--Serment prêté par Élisabeth à ce sujet, 380. - --Note mise sur l'enveloppe du paquet rendu, 382. - - DERBY (le Bailli de), _Darby_, proposé par Marie Stuart pour - servir à sa correspondance, II, 264. - - DERBY (le Comte de), _Darby_, _Dherby_, I, 259.--II, 348, 368. - 385.--III, 197, 331.--Prévenu de conspiration, 390.--IV, Sa - fuite, 261.--V, Sa mort, 224.--_Le fils aîné_ du Comte de - Derby qui a succédé à son titre de Comte, IV, 183, 244.--Devenu - Comte de Derby est envoyé dans son comté pour y faire des - levées, VI, 144.--Les deux _seconds fils_ du Comte de Derby - prévenus de conspiration. _v._ Stanley. - - _Derdoy_, secrétaire de Marie Stuart, _v._ Dardoy. - - _Dertemue_, _Derthemue_, _v._ Dartmouth. - - DES ADRETS (François de Beaumont, baron), _Des Adrectz_, I, 389, - 415. - - DÉSASTRE éprouvé par sir John Hawkins à la Vera-Cruz, I, 182.--Sa - flotte détruite par les Espagnols, 183. - - DES CHAMPS (le Sr), réfugié en Angleterre après la - Saint-Barthèlemy, V, 426. - - DESMOND (le Comté de) en Irlande, _d'Esmont_, II, 81.--IV, 199. - - DESMOND (le Comte de), _d'Esmont_, l'un des chefs des révoltés - d'Irlande, II, 111.--III, 405, 445. 450.--IV, 199.--Le vrai - Comte de Desmond, VI, 6, 12, 48, 146, 246.--Il est fait - prisonnier, 253, 353, 378, 443.--_Sir Jean_, son frère, II, - 111.--IV, 199.--_James Desmond_, son fils, dit _Fitz Maurice_, - _v._ Fitz Maurice. - - DESMOND (le bâtard de), qui pendant la révolte d'Irlande usurpa le - titre de Comte de Desmont, VI, 6.--Sa _femme_, VI, 6. - - DES TROYSPIERRES, gentilhomme normand, VI, 319. - - _Dethbora_, _v._ Débora. - - DEUX-PONTS (Volfang Guillaume de Bavière, Duc de), I, 43, 45, 58, - 63, 75, 100, 106.--Marche du Duc de Deux-Ponts sur la France, - 149, 172, 185, 202, 305, 326, 340, 362.--Son entrée en France, - qu'il parvient à traverser, 367, 370, 387, 389, 409, 415, 416, - 417, 419, 421.--II, Ses succès, 9, 10, 17, 20, 21, 23, 42, 43. - --Sa jonction avec l'amiral Coligni, 64, 68.--Sa mort, 69, 70, - 71, 72, 84, 90, 99, 148, 158, 159, 179, 315, 354, 387.--III, - 273.--VII, 20, 21, 23, 26, 29.--Sa mort, 50, 67.--Le jeune - Duc de Deux-Ponts son _fils_, III, 272, 273.--Ses _neveux_, II, - 149. - - DEVET (le Sr), l'un des secrétaires du docteur Dale, Ambassadeur - d'Angleterre en France, VI, 248. - - DEVONSHIRE, province d'Angleterre, _Dauncher_, VI, 121. - - DIABLE (le), V, 101, 256. - - DIEPPE en Normandie, _Dièpe_, I, 101, 196, 219, 228, 238, 246, - 253, 257, 274, 359.--II, 244.--III, 81, 311, 326.--IV, 291. - --V, 112, 385.--VI, 13, 93, 157, 281, 325, 340.--VII, 14, 132, - 245, 430. - - DIETTES de l'Empire, II, 245.--III, 109, 208.--Diette de Spire, - 272, 298, 231.--Diette de Francfort, VII, 51. _v._ - Contrediette. - - DIFFÉRENDS entre l'Angleterre et les Pays-Bas, II, 50, _v._ - Négociation des Pays-Bas. - - DIJON en Bourgogne, _Disjon_, I, 363. - - DISCOURS envoyés de la Rochelle sur les opérations militaires des - protestants en France, I, 137, 172.--II, 158, 179. - - _Disjon_, _v._ Dijon. - - DIVISIONS en Angleterre, I, 204, 329, 384.--III, 53. - - _Divoy_ (Mr), _v._ Yvoy (Mr d'). - - DOGUES de race donnés en présent au Roi, VII, 194. - - _Dombarre_, _v._ Dunbar. - - DOLOVYN, agent du prince d'Orange en Angleterre, _Doulovyn_, II, - 49, 62, 140, 148, 152, 153, 316, 322, 329, 388, 404. - - _Dombertran_, _v._ Dunbarton. - - _Domfermelin_, _Donfermelin_ (l'abbé de), _v._ Dunfermline. - - _Domquerque_, v. Dunkerque. - - DONATION faite par Marie Stuart au profit de Henri II et ses - successeurs du royaume d'Écosse et de ses droits au trône - d'Angleterre, I, 425.--Autre donation des revenus du royaume - d'Écosse, seulement, jusqu'à parfait remboursement des sommes - dues à la France, 427.--Renonciation à tous actes qui - pourraient emporter révocation des dispositions qui précèdent, - 429.--Déclaration de Charles IX qu'aucune cession n'a eu lieu, - 431.--Même déclaration du Duc d'Anjou, 433. - - _Donbertan_, _Donbertran_, _v._ Dunbarton. - - _Donquel_, _v._ Dunkeld. - - DORDOGNE (la), fleuve de France, _Dordoigne_, I, 137.--VII, 82. - - DORDRECH en Hollande, _Dordrec_, V, 78. - - DORIA (Jean-André), III, 434. - - DOUAIRE de Marie Stuart, II, 422. - - DOUGLAS (Archibald), est arrêté sur l'ordre du Comte de Mar, dont - il était l'ami, comme ayant des intelligences dans le château - d'Édimbourg, avec les partisans de Marie Stuart, IV, 455. - - DOUGLAS (George), _Duglas_, le plus jeune des frères du seigneur - de Lochleven, celui qui avait procuré l'évasion de Marie Stuart, - II, 65.--Obtient l'autorisation de voir Marie Stuart, 76. - --Recommandation de Marie Stuart au Roi en sa faveur, 78, 79. - --Opinion de l'ambassadeur qu'Élisabeth n'a accordé à George - Douglas la permission de voir Marie Stuart, que pour - compromettre sa réputation, 123.--III, 287.--IV, 112, 239, - 327. - - DOUGLAS (James), frère bâtard du comte de Morton. La garde du - château d'Édimbourg lui est donnée après la capitulation, V, - 374. - - DOUGLAS (William), jeune enfant qui avait favorisé l'évasion de - Marie Stuart du château de Lochleven, en aidant sir George - Douglas dans son entreprise, I.--Il est arrêté en Angleterre. - Réclamation de l'ambassadeur en sa faveur, 133, 134. - - _Doulovyn_, _v._ Dolovyn. - - DOUVRES, _Dover_, _Douvre_, dans le comté de Kent, I, 64, 256, - 353.--IV, 247.--V, 147, 152, 178, 189, 193, 394, 396, 401. - --VI, 55, 56, 60-62.--VII, 320, 336, 340, 370, 431, 433. - - _Dover_, _v._ Douvres. - - _Dronlanric_ (le lair de), _v._ Drumlanrig. - - _Droucastel_, VI, 342. - - DRUMLANRIG (le lair de), _Dronlanric_, IV, 172. - - _Drunquhassil_ (lord), Écossais du parti du régent, III, 107. - - DRURY (le Capitaine), maréchal de Berwick, I, 159.--II, 279. - --III, 55, 160, 174, 175, 193.--IV, 122, 123, 137, 140, 144, - 158, 159, 176, 255, 289, 302, 303, 311, 315, 320, 360, 362, 378, - 393, 395, 400, 401, 442, 443.--V, 2, 130, 183, 392.--VII, 221, - 270, 275, 313, 327. - - DUBLIN, en Irlande, V, 212. - - DU CROC (Mr), _Du Croq_, envoyé par le Roi en Écosse, IV, 289, - 337, 374, 378.--Son arrivée à Londres, 392, 393, 394.--Sa - négociation auprès d'Élisabeth, 397-400, 402-405, 408, 414, - 422, 424, 425, 428-430, 433.--Rupture et reprise de sa - négociation, 434-436.--Son arrivée en Écosse, 440, 442-455, - 457, 460, 461, 464.--V, 1, 2, 7, 22, 42, 60, 64, 114, 156, 176, - 181, 182, 183.--VII, 81, 271, 288, 289, 295, 297, 302, 305, - 306, 313, 320, 325, 326, 327, 328, 337, 360, 387.--Son - _beau-fils_, V, L'Espinasse (de). - - DUDLEY (lord), _Dudeley_, parent de Leicester, est compromis dans - la conspiration de Stanley, IV, 205.--Il épouse la fille aînée - de lord Chambellan, 319. - - DU DOIT (le Sr), agent des protestants de France en Angleterre - pendant la guerre civile, _Du Doict_ I, 196, 202, 204, 211, 228, - 230, 235, 268, 290, 293, 313, 327, 337, 340, 374, 408.--II, 94, - 98, 99, 140, 152, 167, 222. - - _Duglas_, _v._ Douglas. - - DU LUA, ou _Du Rua_, ou _Lelua_. Agent des protestants de France - en Angleterre, VI, 112, 240, 288. - - DU LUDE (Guy d'Aillon, Comte), II, 160, 161.--VII, 29. - - _Dumbarton_, _Dumbertran_, _v._ Dunbarton. - - DUMONT (Christophe, dit le Docteur), agent d'Élisabeth en - Allemagne, I, 87.--II, 5, 245.--IV, 153. - - DUNBAR, au pays d'Haddington, _Dombarre_, III, 119, 270. - - DUNBARTON, en Écosse, _Dombertrand_, _Dombertran_, _Donbertan_, - _Donbertran_, _Dumbertran_, I, 58, 118, 370, 377, 378. - --Nécessite de secourir le château de Dunbarton, 384, 391.--II, - 76.--Demande de secours pour le château, 193, 195, 205, 206, - 210, 222, 233, 242, 243, 281, 282, 291, 307, 313, 349, 390, 422, - 430.--III, 22, 41, 50, 52, 54, 74, 114, 130, 137, 175, 200, - 202, 237, 266, 271, 347, 364, 373, 421.--IV, Prise de Dumbarton - par les Écossais du parti du régent, 52, 57, 69, 70, 72, 77, 91, - 114, 121, 138.--V, 397.--VI, 342.--VII, 55, 60, 72, 137, 139, - 165, 206, 224. - - DUNFERMLINE (l'abbé de), _Domfermelin_, _Donfermelin_, envoyé en - Angleterre par le Comte de Lennox, II, 304, 312, 320, 362, 389, - 431.--III, 107, 111, 114, 118, 131, 132, 157, 159, 171, 363, - 372, 388, 392, 397, 399, 421.--IV, 310. - - DUNKELD, dans le pays de Perth, en Écosse, _Donquel_, III, 130. - - DUNKERQUE, dans la Flandre française, _Domquerque_, I, 296. - - DUN-LE-ROI, en Berri, II, 9.--III, 205. - - DU PERREY (Pierre), marchand de Bordeaux, I, 242. - - DUPIN (Poutrin dit), agent des protestants de France, III, 440, - 455.--IV, 40, 134.--VI, 210. - - DUPLESSIS (le Sr), _Le Plessis_, réfugié en Angleterre après la - St-Barthèlemy, V, 212, 239, 250, 263, 281. - - _Duram_, _Duran_, _v._ Durham. - - DURANT (l'huissier), réfugié en Angleterre après la St-Barthèlemy, - V, 155. - - DU REFUGE (le Sr), beau-fils du Comte de Montgommery, V, 426, 429. - - _Durem_, _Duren_, _Durhem_, _v._ Durham. - - DURET, bourgeois de la Rochelle, V, 175. - - DURETAL, en Anjou, _Duretat_, VII, 276, 280, 283, 288. - - DURHAM, capitale du comté, _Duram_, _Duran_, _Durem_, _Duren_, - _Durhem_, II, 348, 362, 372, 411, 426.--III, 21, 113, 128. - - _Du Rua_, _v._ Du Lua. - - DUVERGER (Mr), président de Tours; sa mission auprès de Marie - Stuart, V, 364, 392, 394.--VI, 279. - - DU VIJAN (Mr), II, 222. - - _Dyvoye_ (Mr), _v._ Yvoy (d'). - - -E. - - ÉCLUSE (l') en Hollande, l'_Escluse_, V, 60.--VI, 76. - - ÉCOSSAIS arrêtés en Angleterre, I, 79.--III, 22, 367.--Les - Ecossais chassés d'Angleterre, IV, 265. Sauvages Ecossais, 340, - 399, _v._ Sauvages.--V, 425, Massacre des Ecossais auxiliaires - en Suède et Danemarck, 462, _v._ Ecosse. - - ÉCOSSE (Royaume d'), _Escoce_, _Escosse_. La guerre renouvelée en - Ecosse, I, 25, 40, 45, 58, 80, 82, 101, 155, 161. Accord - consenti par Elisabeth touchant l'Ecosse, 188, 232, 290, 295, - 300, 328, 338, 342, 356, 369, 370, 376, 403, 425, 427, 429. - --II, 56, 65, 76, 110, 196, 204, 242, 275, 279, 401.--III, 24, - 28, 34, 39, 40, 42. Préparatifs contre l'Ecosse, 44, 45, 49, 52, - 54, 55, 56, 64, 66, 67, 70, 71, 73, 74, 75, 76, 79, 81, 83, 97, - 98, 102, 105. Projet des Anglais contre l'Ecosse, 107, 108, 110, - 111, 113, 116, 117, 118, 119, 120, 121, 123. Prise d'armes des - Anglais contre l'Ecosse, 128. Etat des partis en Ecosse, 130, - 135, 136. _Invasion_ des Anglais, 137, 139, 140. Déclaration du - Roi touchant l'Ecosse, 142, 145, 146. Mémoire sur la déclaration - du Roi, 148, 149. Nouvelle de l'invasion, 150, 151, 152. - Hésitation d'Elisabeth à poursuivre son entreprise contre - l'Ecosse, 154, 156-163, 166, 167. Traité concernant l'Ecosse, - 169, 170-172, 174-176, 179, 183. Discussion sur le traité, 185, - 186, 188, 189, 190, 191, 193, 200, 202, 203, 212, 214. 217-220. - Négociation touchant l'Ecosse, 222-226, 228-231, 235-237, 241, - 242, 248, 250, 252, 256, 259, 261-266, 270-272, 274, 275, 283, - 292, 293. _Deuxième_ invasion des Anglais en Ecosse, 294, 296, - 303. _Troisième_ invasion des Anglais en Ecosse, 304, 305. - Explications données sur la dernière invasion, 307, 308, 309, - 311, 314, 318, 319, 321, 325, 328, 329, 330, 334, 335, 336. De - l'Alliance d'Ecosse, 337, 338, 342, 343, 346, 347, 354, 361, - 363, 366, 367, 368, 369, 373, 374, 375. Déclaration du Roi - concernant l'Ecosse, 376, 385, 391, 392, 395, 396, 398, 400, - 410, 421, 428, 429, 430, 432, 444, 452, 457, 461, 465, 466, 471, - 473, 474, 475, 476.--IV, 1. Négociation du traité, 5, 7, 8, 14, - 15, 16, 18, 19, 20, 21, 26, 27, 34, Sursis à la négociation, 39, - 56, 65, 72, 73, 77, 83, 90, 91, 104, 105, 107, 108, 111, 113. - Déclaration du Roi concernant l'Ecosse, 114, 115-117. Conférence - sur les affaires d'Ecosse, 118, 120, 122, 125, 128, 138. Succès - des partisans de Marie Stuart, 144, 146-148, 151-155. Combat en - Ecosse, 158-160, 163, 172, 176-178, 183-185, 193, 195-198, - 202-205. Etat des partis en Ecosse, 211, 215, 216, 226-233. - Nécessité d'envoyer des secours de France en Ecosse, 235-239, - 243, 244, 247, 249-257, 260, 262, 263, 265, 267, 268, 272, 275, - 278-280, 282, 285-287, 289, 291, 292, 296, 297, 299, 305. - Négociations sur les affaires d'Ecosse, 306-310, 313, 314, 317, - 318, 320-322, 324-327, 330-335, 337, 343, 344, 359, 360, 362, - 367, 369, 374, 378, 383, 393, 395, 400-404, 408, 409, 413, 414, - 418, 420-422, 426, 429-431, 433, 436. Mr Du Croc envoyé en - Ecosse par le Roi, 440, 442, 451, 455, 457, 460, 461.--V, 1, 2, - 12, 16, 22, 27, 38, 42, 49, 50, 60, 82, 89, 114, 118, 130, 132, - 136, 153, 156, 171,176. Retour de Mrs Du Croc et de Vérac - venant d'Ecosse, 181. Effet produit en Ecosse par la nouvelle de - la Saint-Barthèlemy, 183, 199, 203, 204, 206, 209, 211, 224, - 227, 231, 243, 244, 252, 254, 259, 261, 266, 267, 269. Accord - conclu en Ecosse pour la reconnaissance de Jacques VI, 272-274, - 283, 284, 287, 290-292, 295, 296, 302, 304-306, 308-312. Secours - envoyés de France en Ecosse, 315, 317. Déclaration du Roi - touchant l'Ecosse, 322-324, 329-332, 335, 339, 340, 343, 344, - 347-350, 355, 356, 358, 364, 373-375, 378, 383, 388, 390. - Exécutions en Ecosse, 392, 394, 397, 402, 413, 429, 441, 449, - 451, 452, 456, 461.--VI, 5, 32, 48, 50, 63, 75, 76. 122, 126, - 142, 143, 165, 166, 169, 185, 204, 227, 228, 242, 244-246, 249, - 261, 265, 274, 276, 278, 285, 287, 293, 298, 328, 338, 341, 342. - Projets des Anglais sur l'Ecosse, 364, 375, 376, 380, 396, 397, - 400, 402, 404, 415, 424, 427, 431, 440, 443, 451, 459, 464, 472, - 474. Combat sur les frontières d'Ecosse, 478, 480, 494, 495. - Incursions des Anglais en Ecosse, 497, 502.--VII, 55, 58, 72, - 84, 92, 102, 103, 112, 113, 116, 117, 119-122, 129, 136, 137, - 139, 150, 153, 154, 158, 159, 161, 162, 165, 172-175, 196, 197, - 201-203, 206, 208-214, 218, 219, 221, 222, 224-226, 237, 242, - 245, 246, 250, 251, 254, 255, 258, 259, 263-269, 271, 274, - 277-279, 286, 289, 295, 297, 301, 302, 305, 313, 316, 318, 321, - 326, 327, 329, 330, 337, 344, 360, 361, 387, 394, 402, 407, 414, - 418, 419, 429, 434, 453, 474. - - ÉCOSSE (la Reine d'), _v._ Marie Stuart. - - ÉCOSSE (le feu Roi d'), _v._ Henri Stuart, lord de Darnley. - - ÉCOSSE (le petit prince ou le petit Roi d'), _v._ Jacques VI. - - ÉCOSSE (la bâtarde d'), répudiée par le comte d'Argyll, V, 411. - - ÉCOUEN, près Paris, _Escouen_, VII, 135, 139, 142, 143, 147, 148, - 157, 165. - - ÉCUS au soleil, III, 27. - - EDIMBOURG (Edinburgh), _Edemborgh_, _Edembourg_, _Edinbourg_ et - _Lillebourg_, nom sous lequel les Français désignaient alors - cette ville, I, 41, assemblée d'Édimbourg, 369.--II, 401. - --III, 74, 83, 98, 117, 131, 152, 153, 167, 172, 174, 188, 190, - 191, 193, 223, 237, 248, 336, 421, 429.--IV, 47, 57, 72, 90, - 91. Combat près d'Edimbourg, III, 119, 121, 138, 139, 144, 152, - 154, 158, 161, 172, 183-185, 195, 216, 227, 230-232, 237, 244, - 248, 249, 255, 256, 259, 260. Siège d'Edimbourg, 267, 268. Levée - du siège, 272-274, 283, 285, 289, 296, 300, 302, 305, 306, 310, - 313, 320, 323, 324, 331, 335. Combat dans Edimbourg, 337, 344, - 345, 360, 401, 405, 408, 420, 421, 425, 429, 431, 442-455, 457. - --V, 1, 2, 7, 8, 22, 83, 130, 156, 209, 227, 344, 362, 364, 411, - 413, 450.--VI, 204, 211, 430, 464, 472, 481.--VII, 165, 203, - 204, 212, 224, 237, 245, 255, 267, 268, 270, 272, 274, 275, 277, - 295, 297, 305, 313, 327, 337, 360, 361, 387. Le _Château - d'Edimbourg_, dernier refuge des partisans de Marie Stuart, I, - 41.--II, 401.--III, 75, 137, 172, 237, 364, 373, 465.--IV, - 74, 137, 172, 185, 206, 324, 335, 443.--V, 37, 132, 231, 238, - 244, 253, 261, 262, 266, 272, 273, 274, 283, 290, 291, 292, 305, - 308, 310, 311, 312, 322, 327, 329, 331, 337. Prise du château - d'Edimbourg, 344, 347, 349, 350, 364, 374, 375, 378, 384. 391, - 392.--VI, 204.--VII, 409, 418, 419, 434.--Le _capitaine_ du - château, _v._ Grange (lord de). - - ÉDIT de Chartres, III, 181. - - ÉDIT de pacification, I, 229. - - ÉDIT contre les protestans, I, 28, 146. - - ÉDOUARD VI, roi d'Angleterre, fils de Henri VIII et de Jeanne - Seymour, frère consanguin d'Élisabeth, I, 247.--IV, 130.--V, - 276.--VI, 239.--VII, 331, Avait été parrain du duc d'Anjou, - depuis Henri III, 376. - - EDWART (lord), _v._ Somerset (lord Edouard de). - - EGLINTHON (le Comte d'), IV, 212, 230, 237.--VII, 255. - - ÉLECTEURS (les), à l'Empire, III, 322, _v._ Diettes.--Les _trois - électeurs_ protestants. Auguste, duc de Saxe, Frédéric III, - comte palatin, et Joachim II, margrave de Brandebourg, III, 208, - 215, 228, 231. - - ÉLECTION du duc d'Anjou, comme roi de Pologne, V, 341, 344, _v._ - Pologne et Henri, roi de Pologne. - - ÉLIE (le prophète), _Hélie_, allusion à un passage de l'écriture - sainte, II, 92. - - ÉLISABETH D'AUTRICHE, reine de France, deuxième fille de - l'empereur Maximilien II, femme de Charles IX. (_La princesse - Élisabeth_, la _seconde fille de l'Empereur_, la _jeune Reine_.) - Projet de marier la princesse Élisabeth avec Sébastien, roi de - Portugal, I, 68.--Projet de la marier avec le Roi, II, 116. - Négociation relative à ce mariage, _v._ Mariage du Roi.--III, - 109, 123, 126, 301, 332, Fiançailles faites à Spire, 348, 349, - 353, 383. Célébration du mariage, 400.--Accouchement de la - Reine, V, 195, _v. Accouchement_ de la Reine et _Baptême_ de - sa fille, Marie Élisabeth de France.--VII, 134, 141, 155, 169, - 196. - - ÉLISABETH DE FRANCE, reine d'Espagne, fille de Henri II, et de - Catherine de Médicis, 3e femme de Philippe II.--La _feue reine - d'Espagne_, I, sa mort, 7, 8. Discussion relativement aux - obsèques qui devaient lui être faites à Londres, 57, 64.--II, - 214.--III, 464.--IV, 131.--V, 105, 288.--VII, 30, 351. - - ELPHINSTONE (Nicolas), _Elphingston_, _Elphiston_, III, 15, 22, - 107. - - ELY, dans le comté de Cambridge, IV, 216. - - EMBDEN, en Westphalie, _Emdhem_, _Endem_, _Hemdem_, _Hendem_, - _Henden_, I, 166, 327.--II, 49, 62, 239, 404.--III, 16, 45. - --VI, 213, 237. - - EMBDEN (le Comte d'), _Endein_, _Hemdem_, III, 61.--VII, 84. - - _Embourg_, _v._ Hambourg. - - _Emdhem_, _v._ Embden. - - ÉMOTION causée à Londres par le départ du Duc de Norfolk, II, 255. - - EMPRUNT pour les protestants de la Rochelle, II, 141. - - ENCHANTEMENTS, ensorcellements employés par le Comte de Bothwell - contre Marie Stuart, I, 20. - - _Endein_ (le Comte d'), _v._ Embden (le Comte d'). - - _Endem_, _v._ Embden. - - ENGHIEN (le Duc d'), _d'Anguien_, I, 229. - - ENLÈVEMENT d'une dépêche de l'ambassadeur, _v._ Dépêche. - - ÉNICH (Me), V, 39. - - _Enoly_ (le Prince d'), _v._ Evoli (le prince d'). - - ENTRÉE du Roi à Paris après son mariage avec la princesse - Élisabeth, fille de l'empereur Maximilien II, VII, 196. - - ENTREVUE demandée sur la proposition de mariage entre Élisabeth et - le Duc d'Alençon.--Consentement d'Élisabeth à l'entrevue à - Douvres, V, 147.--Consentement d'Élisabeth à une entrevue - secrète avec le Duc d'Alençon, VI, 22.--Négociation sur cette - entrevue, 25.--Consentement du Roi, 53.--Réponse d'Élisabeth, - 57. - - _Envers_, _v._ Anvers. - - _Envylle_ (le maréchal d'), _v._ Damville (le maréchal de). - - _Erfort_ (les Enfants de), _v._ Hereford. - - ERNEST (le prince), second fils de l'empereur Maximilien II, III, - 426.--Proposition de le marier avec Élisabeth, V, 446.--VI, - 223. - - ERSKINE (lord), Comte de Mar, _v._ Mar (Comte de). - - ERSKINE (Alexandre), le _frère_ du Comte de Mar, V, 224. - - _Escalebourg_, _v._ Scarborough. - - ESCARS (Mr d'), l'un des chefs de l'armée royale, I, 137.--Sa - maison, II, 159. - - ESCHIATA CAVALCANTI, _v._ Cavalcanti (Eschiata). - - _Escluse_ (l'), _v._ Écluse (l'). - - _Escouen_, _v._ Ecouen. - - _Escrup_ (lord), _v._ Scroop. - - ESGUERDES, en Flandre, II, 391. - - _Esmond_ (le Comte d'), _v._ Desmond (le Comte de). - - ESPAGNE (Royaume d'). Saisie par les Anglais du trésor d'Espagne, - qui entraîne la rupture de l'alliance avec l'Angleterre, I, 59, - 63, _v._ Saisie et Espès (don Gueran d'), ambassadeur d'Espagne - en Angleterre.--Espagnols arrêtés prisonniers en Angleterre, - 114.--Affaires générales d'Espagne, 213.--Meilleur traitement - fait aux Espagnols, II, 14, 77, 196.--Prochaine arrivée des - députés d'Espagne, 245.--Vues île l'Espagne sur Élisabeth et - Marie Stuart, 351.--Efforts des Espagnols pour renouer les - négociations, 399.--Négociation de l'Espagne, 407.--Intrigues - de l'Espagne (Mémoire de l'ambassadeur), III, 254.--Projet de - l'Espagne contre l'Angleterre, 299.--Négociation, 310. - --Intrigues de l'Espagne, 331, 426.--Négociation, IV, 14. - --Projets de l'Espagne, 107, 141, 338.--Rupture de la - négociation avec l'Espagne, 352.--Efforts des partisans de - l'Espagne pour renouer l'alliance avec l'Angleterre après la - St-Barthèlemy, V, 161.--Intrigues des Espagnols, 174, 196. - --Négociation, 200.--Projet des Espagnols de s'emparer du - prince d'Écosse, VI, 149, 327.--Conférence de l'ambassadeur - avec l'agent du Roi d'Espagne en Angleterre, 418. - - ESPAGNE (la Reine d'), troisième femme de Philippe II, _v._ - Élisabeth de France. - - ESPAGNE (la Reine d'), quatrième femme de Philippe II, _v._ Anne - d'Autriche. - - ESPAGNE (les Filles d'), _v._ Infantes (les) d'Espagne. - - ESPÉE (George), agent du Duc d'Albe en Angleterre, II, 202. - - ESPÈS (don Gueran d'), ambassadeur du Roi d'Espagne en Angleterre, - I, 13, 48, 55, 56.--Proposition secrète faite par l'ambassadeur - d'Espagne, 66.--Proposition faite par l'ambassadeur d'Espagne - d'une ligue contre Cécil, et d'un blocus continental contre le - commerce d'Angleterre, 69.--Il est accusé d'avoir répandu des - libelles contre Élisabeth. Il est arrêté prisonnier, 114.--Sa - réponse à la proclamation d'Élisabeth, 119.--Plaintes - d'Élisabeth contre lui, 125, 126, 139, 194, 210, 211, 230, 234, - 255, 280, 299, 325, 332, 339, 349, 373, 374, 384, 388, 400, 411, - 413, 418.--II, 9, 28, 56, 62, 64, 76.--L'ambassadeur est - délivré des gardes qui lui avaient été donnés, 86, 87, 94, 110, - 112, 127, 135, 141, 142, 149, 155, 173, 177, 196, 202, 214, 217, - 222, 235, 240, 241, 251, 264, 272, 278, 286, 289, 290, 293, 297, - 310, 314, 319, 332, 337, 342, 343, 352, 353, 387, 399, 421-423. - --III, 13, 16, 26, 27, 29, 31, 36, 40, 48, 51, 57, 75, 98, 99, - 109, 114, 150, 153, 183, 254, 255, 256, 268, 270, 279, 288, 300, - 305, 306, 310, 312, 332, 333, 347, 363, 364, 370, 374, 375, 378, - 393, 401, 405, 430, 442, 452, 453, 459, 464, 466, 472.--IV, 2, - 16, 17, 23, 27, 28, 39, 74, 89, 136, 141, 145, 154, 161, 162, - 178, 210, 228, 259, 268, 269, 280, 281, 285, 286, 307, 310. - --Ordre lui est donné de quitter l'Angleterre, 314, 317, 318, - 325, 336, 338, 342, 352.--Départ de l'ambassadeur d'Espagne, - qui est expulsé de l'Angleterre, 360, 361, 364, 385, 388. - - _Espinola_, _Espinolla_, _v._ Spinola. - - _Espire_, _Espyre_, _v._ Spire. - - ESSEX (le Comte d'), _Exex_, V, 15, 18, 347.--Son expédition en - Irlande, 383, 385, 387, 393, 454.--VI, 6, 11, 36, 48, 128, 353, - 401, 412, 490. - - _Est_ (le cardinal d'), _v._ Este (le cardinal d'). - - ESTAMPES (Anne de Pisseleu, Duchesse d'), maîtresse de François - Ier, III, 439. - - ESTE (Louis, cardinal d'), _Est_, légat du pape en France, VII, - 383, 403, 440. - - _Esterlin_, _Esterling_, _v._ Stirling. - - _Estory_ (le docteur), _v._ Storey. - - ESTON, dans le comté d'York, V, 76. - - _Estrabourg_, _v._ Strasbourg. - - ESTRANGE (maître), chargé d'une mission en Allemagne, V, 438, 446. - - ESTRÉE (Mr d'), envoyé par le Duc d'Alençon auprès de Henri III en - Pologne, à l'occasion de son avènement au trône, VI, 148. - - _Estrelin_, _v._ Stirling. - - _Estrocy_, (Mr d'), _Estrossy_, _v._ Strozzi. - - _Estuard_, _v._ Stuart. - - _Estuqueley_ (le Capitaine), _Estuquelay_, _v._ Stukeley. - - ÉTATS D'ANGLETERRE, VII, 144, 145, 146, _v._ Parlement. - - ÉTATS D'ÉCOSSE, II, 204, 350.--III, 52, 75, 80, 98, 105, 117, - 139, 472.--IV, 15, 34, 36, 116, 119, 152, 216, 243, 250, 429. - --V, 114, 305, 308, 309, 340, 355, 411.--VI, 430.--VII, 313. - - ÉTATS DE L'EMPIRE, _v._ Diettes. - - ÉTATS DE FLANDRE, VI, 17. - - ÉTATS DE FRANCE, ils sont réclamés par les protestants, VI, 367, - 370. - - ÉTATS DE POLOGNE, V, 345, 356.--VII, 441. - - ÉTATS DE PORTUGAL, I, 73. - - ÈVE, I, 51. - - ÉVOLI (le Prince d'), III, 127.--IV, 179. - - _Exain_, _v._ Hexham. - - EXCLUSION de commerce prononcée par le Roi de Portugal contre les - Anglais, II, 38. - - EXÉCUTIONS en Angleterre, III, 21.--Exécutions en Norfolk, III, - 273.--Exécutions de France, _v._ Saint-Barthèlemy.--Efforts du - Roi pour arrêter les exécutions, 134.--Exécution de Flandre - contre les protestants, V, 150.--Exécutions en Écosse, V, 392. - - EXETER, dans le comté de Devon. _Excester_, V, 223. - - _Exex_ (le Comte d'), _v._ Essex (le Comte d'). - - EXILLES, dans le Briançonnais, passage des Alpes, _Eysselles_, I, - 415. - - EYPÉDITIONS MARITIMES, I, 44, 54.--Apprêts d'une expédition - maritime, II, 61.--Expéditions maritimes qui se préparent de - tous cotés, 174.--Plaintes de l'ambassadeur à ce sujet, 175, - _v._ Armements. - - _Eychester_, dans le comté de Durham, peut-être Chester Street, - II, 378. - - EYEMOUTH, ville du pays de Berwich, en Écosse, _Aymontz_, III, - 118. - - _Eysselles_, passage des Alpes, _v._ Exilles. - - -F. - - _Fabique_, «de Plimouth à Fabique,» I, 120, peut-être Falmouth. - - _Fadrique_ (don), fils aîné du Duc d'Albe, _v._ Tolède (don - Frédéric de). - - FAIRNYHERST (le lair de), _Farmihirst_, - - _Farneyrst_, _Farnihyrst_, _Fernihnost_, _Fernyrst_, III, 11, 22, - 140.--IV, 140, 267. - - FALMOUTH, dans le comté de Cornwall, _Falammue_, _Falamue_, - _Fallamue_, _Falmeu_, _Falmue_, I, 25, 44.--V, 310, 312.--VII, - 99. - - _Fanic_, ville du comté de Roxburgh en Écosse, _v._ Hawick. - - _Farlin_ (château de) en Norfolk, III, 227. - - _Farnihirst_ (le lair de), _Farneyrst_, _Farnihyrst_, _v._ - Fairnyherst. - - _Fascastel_, _Fastcastel_, _v._ Fostcastle. - - FAUSSE MONNAIE (fabrique de), établie en Angleterre comme moyen de - secourir les protestants de France, VI, 241, 245. - - FAUSTER (sir Jean), chargé d'un commandement dans le Nord, II, - 427.--III, 137, 139, 140.--IV, 107.--V, 388. - - FÉCAMP en Normandie, _Fescamp_, V, 316, 318.--VI, 205. - - FELTON (Jean) est poursuivi pour avoir affiché à Londres la bulle - d'excommunication fulminée contre Élisabeth, III, 254, 255. Son - exécution, 273. - - FERDINAND (l'archiduc), frère de l'Empereur Maximilien II. - --Proposition de son mariage avec Élisabeth, II, 120.--III 228, - 297, 358. Son mariage avec la fille du Duc de Bavière, 416, 418, - 467.--IV, 22, 23, 167.--VII, 134. - - FÉRIA (le Duc de), _Férie_, I, 299, 324.--La _Duchesse_ de Féria, - nièce de lord Sidney, IV, 96, 115, 119, 122. - - FÉRIA (le Comte de), frère du Duc, I, 73, 324.--VI, 221.--La - _Comtesse_ de Féria, I, 64. - - _Fernand Castel_, _Fernan Castel_, dans les environs de Londres, - II, 163.--VI, 242. - - FERRALS (Sr de), _Ferrailz_, député par le Roi dans les Pays-Bas, - VII, 91. - - FERRARE (Madame de), VI, 248. - - FERRE, ancien secrétaire de sir Thomas Chalangier, lorsqu'il était - ambassadeur en Espagne.--Il est mis à la Tour, I, 325. - - _Fernihnost_ (le lair de), _v._ Fairnyherst (le lair de). - - _Fernyrsth_ (le lair de), _v._ Fairnyherst (le lair de). - - FERTÉ (la), _La Fretté_, résidence du Vidame de Chartres, - probablement la Ferté-au-Vidame dans le Perche, près de - Verneuil, III, 316.--VII, 371. - - _Fescamp_, _v._ Fécamp. - - FESTIN du maire de Londres, I, 269.--V, 436. - - FÊTE MILITAIRE donnée à Londres, IV, 445. - - FEUGRÉ, ministre protestant, VI, 362. - - FIANÇAILLES du Roi et de la Princesse Élisabeth d'Autriche, III, - 312. Elles sont célébrées à Spire, 383, 407. - - FIANÇAILLES du Roi d'Espagne et de la Princesse Anne d'Autriche, - III, 354. - - FIANÇAILLES de _Madame_ (la Princesse Marguerite de France) et du - Roi de Navarre, VII, 314. - - FICHER (Olivier), marchand anglais, I, 174. - - FIESQUE (le Comte de), III, 408.--VII, 160. - - FIESQUE (Thomas de), chargé par le Duc d'Albe de négociations en - Angleterre, II, 114.--III, 17, 35, 46, 48, 56, 75, 81, 85, 96, - 370, 394, 408, 452.--IV, 108, 112, 117, 148, 149, 162, 179, - 231, 247, 268, 270, 281, 285, 290, 292, 296, 300, 302, 307, 310, - 325. Ses remontrances, 388, 399, 410. - - FIG-WILLIAM, lieutenant d'Élisabeth en Irlande, _v._ Fitz-William. - - FIG-WILLIAM, bourgeois de Londres chargé d'une mission en Flandre - pour la restitution des prises, _Finguillem_, _Fyguillem_, III, - 261, 262, 267, 268, 285, 296, 370. - - FINAL (marquisat de), en Italie, IV, 146. - - _Finguillien_, président d'Irlande, _v._ Fig-William. - - _Finguillien_, bourgeois de Londres, _v._ Fig-William. - - FITZ-MAURICE (Jame Desmond dit) fils du Comte de Desmond, III, - 445, 450.--IV, 70, 179, 199, 216, 290, 340, 385. Se réfugie en - France, VI, 6. Résolution du Roi à son égard, 456, 466, 467, - 468, 470, 473, 482, 493.--Son _fils_, VI, 6. - - FITZ-WILLIAM ou _Fig-William_, lieutenant d'Élisabeth en Irlande, - président de l'Irlande, _Finguillen_, _Fuiguillien_, IV, 359. - --VI, 412, 443. - - FIZES (Mr de), ministre, conseiller d'État en France, I, 309. - --VII, 70, 72, 75, 76, 86, 90, 93, 95, 100, 105, 111, 115, 118, - 119, 122, 123, 127, 128, 378, 471. - - _Flamy_ (lord de), _v._ Flemyng. - - _Flamy_ (Thomas), _v._ Flemyng (Thomas). - - FLANDRE (la). Commerce de l'Angleterre avec la Flandre, I, 32, 37. - --II, 22. Nouvelles de Flandre, IV, 37, 70.--V, 392, 425.--VI, - 17, 75. _V._ Albe (Duc d') et Pays-Bas. - - FLEET (le), prison de Londres, _Flit_, II, 371. - - FLEMY (une Dame), peut-être _Flemyng_, III, 344. - - FLEMYNG (lord de), commandant le château de Dunbarton pour Marie - Stuart, _Flamy_, _Flemy_, I, 377.--II, 76.--III, 74, 347. - --IV, Prise de Dunbarton, 53. Il parvient à s'échapper, 57, 259, - 260, 277, 289, 314. Expédition pour l'Écosse préparée par lord - Flemyng en France, 330, 331, 332, 334, 335, 337, 367, 368, 398. - Il est jeté par la tempête en Angleterre, il s'évade, mais ses - papiers sont saisis, 401, 409, 421, 422, 455.--V, 8.--VII, - 206, 262, 268, 274, 305. - - FLEMYNG (sir Thomas), _Flamy_, _Flemy_, II, 179, 242. Lettre de - créance pour le Sr Thomas Flemyng, envoyé par Marie Stuart en - France, 282, 283, 313, 435, 437.--VII, 72, 197. - - FLESSINGUES en Zélande, _Fleximgues_, _Flexingues_, _Fleysingues_. - Soulèvement des habitants de Flessingues contre la domination - espagnole (_guerre des Gueux_), III, 429.--IV, 438, 455, 461, - 464, 465.--V, 4, 11, 28, 37, 43, 44, 60, 64, 78, 88, 108, 136, - 153, 154, 175, 182, 197, 199, 201, 202, 209, 211, 234, 237, 242, - 243, 355, 456.--VI, 43, 51, 63, 178, 280, 353, 450. Menaces de - guerre de la part des Anglais contre Flessingues, 459.--VII, - 303, 319, 330, 339, 363, _v._ Gueux (guerre des).--Le - _gouverneur_ de Flessingues, VI, 203. _v._ Serras. - - _Fleysinglies_, _v._ Flessingues. - - _Flit_ (le), prison de Londres, _v._ Fleet. - - FLORENCE, (le Duc de), _Florance_, Cosme Ier de Médicis, I, 261. - - FLORIDE (la), dans l'Amérique du nord, I, 179. - - FOGAS (le Sr), Portugais, VI, 343. - - FOIX (Paul de), _De Foys_, archevêque de Toulouse, IV, 86, 87, 94, - 98, 165, 168, 170, 210, 211, 214. Sa mission en Angleterre pour - négocier le mariage du Duc d'Anjou et d'Élisabeth, 215, 216. - Audience donnée à Mr de Foix, et détails de sa négociation, 217, - 219, 222. Son départ de Londres, 223, 225-227, 229, 231, 233, - 234, 237, 240, 242, 245, 246, 251, 252, 264, 286, 311, 349, 354, - 446, 469. Sa négociation avec Mr de Montmorency, pour le mariage - du Duc d'Anjou, V, 7, 9-12, 14-19, 23-25, 27-31, 35-39, 42-44, - 47, 53, 57, 61, 63, 66, 86, 92, 94, 103, 403.--VII, 226, 233, - 236, 238, 239, 240, 241, 243, 244, 247, 250, 251, 269, 280, 284, - 289, 290, 291, 292, 293, 294, 298, 306, 307. - - _Fonges_ (le Sr de), député du Roi d'Espagne à la conférence de - Londres, II, 311. Peut-être Forges. - - FONTAINEBLEAU, en Gatinais, _Fonteinebleau_, _Fontenebleau_, V, - 297.--VII, 235, 238, 241, 318, 414, 415, 420, 423. - - FONTAINE-LE-BOURG, en Normandie, près Rouen, _Fontaines-le-Bourg_, - VII, 44. - - FONTENAY-L'ABATTU, dans la Saintonge, _Frontenay-Labattu_, II, - 162. - - FONTENAI-LE-COMTE, en Poitou, _Fontenay_, _Fontenoy_, I, 138, 147. - --Est pris par les troupes royales, qui violent la capitulation, - VI, 302, 303. - - FORBICHER (le capitaine), VI, 496. - - FORBONS (lord), IV, 313. - - FORBOUCHE (le capitaine), I, 54, 55, 90, 214. - - FORGES (Sr de), conseiller d'État de Flandre, _fonges_, II, 311. - --VI, 4. - - FORQUEVAULX (Mr de), _v._ Fourquevaux. - - FORTIGNY (Paulo), II, 54. - - FORTIVY (le Sr), III, 301. - - FOSTCASTLE, dans le comté de Berwick, en Écosse, _Fascastel_, - _Fastcastel_, III, 193, 202, 203, 207, 218, 219, 223, 236, 329. - --IV, 383.--V, 430, 441.--VI, 34. - - FOURQUEVAUX (Raimond de Béccarie de Pavie, Baron de), ambassadeur - du Roi en Espagne, _de Forquevaulx_, I, 115, 256.--III, 124, - 125.--VII, 196, 269. - - FOYAR (Robert), marchand anglais, I, 174. - - FRANCÈS (don), _v._ Alava (don Francès d'). - - FRANCFORT-SUR-LE-MEIN, l'une des villes hanséatiques d'Allemagne, - _Franquefort_, I, 87, 409.--II, 4, 239.--V, 274.--VI, 63, - 126, 440.--VII, 435. - - FRANCHE-COMTÉ (la), province de France, I, 86.--II, 22.--III, - 86. - - FRANCHOT (le capitaine) ou _Franchotti_, agent secret au service - de France, I, 107, 170.--IV, 83.--VII, 417. - - FRANÇOIS Ier, Roi de France, marié à la princesse Claude, fille de - Louis XII, I, 335, 427.--III, 369.--IV, 373.--V, 105, 276, - 357.--VI, 323, 333, 338.--VII, 170, 351. - - FRANÇOIS II, Roi de France, fils de Henri II et de Catherine de - Médicis, III, 242.--VI, 305, 323.--VII, 246. - - _Franquefort_, _v._ Francfort. - - FRÉDÉRIC II, Roi de Danemarck, beau-frère du prince d'Orange I, - 155, 166, 313, 326, 364.--III, 453, 463.--IV, 8, 147.--V, - 409, 462.--Le _prince de Danemarck_, son frère, IV, 64. Proposé - pour être le mari d'Élisabeth, VII, 191. - - FRÉDÉRIC DE SAXE (le Duc), _v._ Saxe (Frédéric, Duc de). - - FRÉGOSE (Galéas), III, 250. - - _Fretté_ (la), _v._ Ferté (la). - - FRISE, (la), province des Pays-Bas, _Frize_, II, 239, 316, 329. - --III, 453. - - _Frocmarthon_, _v._ Throkmorton. - - _Frontenay, Labattu_, _v._ Fontenay-L'Abattu. - - FUGUEREL, ministre protestant réfugié en Angleterre après la - Saint-Barthèlemy, V, 155. - - _Fuiguillen_, président d'Irlande, _v._ Fig-William. - - _Fuiguillem_, bourgeois de Londres, _v._ Fig-William. - - FUITE du Prince de Condé après l'arrestation de Coconas et La - Mole, VI, 81. - - FUMER (le conseiller), V, 462.--Sa _veuve_, V, 462. - - -G. - - GADAIGNE (l'abbé), VI, 149. - - _Gadenart_ ou mieux _Gudevart_, ville d'Écosse près de Kelso, III, - 139, 140, doit être _Jedburgh_ qui est nommée _Jedowart_ au tome - Ier, page 421, _v._ Jedburgh. - - GAILLAC en Languedoc, I, 173. - - GAILLON en Normandie, _Galion_, _Gallion_, IV, 123.--VII, 122, - 215, 217, 226, 228. - - _Galeace Fregose_, _v._ Fregose (Galeas). - - _Galion_, _Gallion_, _v._ Gaillon. - - GALLIONS (les) de Portugal, III, 326. - - GALLES (Wales), le pays de Galles en Angleterre, I, 242, 327. - --II, 337, 367.--III, 27.--IV, 244.--V, 235. - - GALLOWAY, province d'Écosse, _Gallovaye_, III, 329. - - _Galoa_ (l'évêque de), l'évêque de Galloway, en Écosse, III, 398. - - GAMACHES (le Sr de), I, 306, 314. - - GANTOIS exécuté comme coupable d'un attentat contre le Prince - d'Orange, III, 208. - - GARDE DES SCEAUX d'Angleterre, _v._ Bacon. - - GARDELLE (le Sr de), II, 415. - - GARDIEN (le) des cinq ports d'Angleterre (Douvres, Hastings, Rye, - Sandwich et Winchelsea, VI, 489.) - - GARNIER (Pierre), Provençal, VI, 355. - - GARONNE (la), fleuve de France, I, 137.--II, 341, 393.--VII, 82. - - GARTLY (le Sr de), Écossais du parti de Marie Stuart, _Garteley_, - III, 76, 81. - - GASCEVILLE (le Sr de), agent du Prince d'Orange en Angleterre, V, - 202. - - GASCOGNE (la), province de France, _Gascoigne_, I, 137, 138. - --III, 203.--V, 313.--VI, 103, 135, 148, 181. - - GASCONS (les), VII, 434. - - _Gelibert_ (le capitaine), _v._ Gilbert. - - _Gelingan_, arsenal de Londres, II, 38. - - GÊNES en Italie, _Gennes_, III, 126, 432, 453.--V, 436. - - GENÈVE, III, 183.--VI, 268. - - GÈNEVOIS (les), I, 122.--III, 12, 56.--IV, 48, 221, 342, 457. - - GENLIS (Mr de), _Genliz_, I, 149.--Sa déroute près de Mons, V, - 425, 426.--VII, 313. - - GENTILSHOMMES anglais pendus en France après avoir été pris les - armes à la main pendant la guerre civile, I, 38, 48. - - GERALDY (le cavalier), envoyé du Roi de Portugal en Angleterre, - IV, 361.--V, 174. - - GÉRARD (le secrétaire), l'un des secrétaires du Roi, IV, 93. - - GERARD (sir Thomas), arrêté comme complice de Stanley, III, 401, - 422.--Est mis en liberté, V, 313. - - _Gerzé_, _v._ Jersey. - - GERMAIN-EN-LAYE (St.-), dans l'Île-de-France, VI, 12, 50. Complot - de Saint-Germain (affaire de Coconas et de La Mole), 86, 98, - 104.--VII, 123, 124, 126, 430, 457. - - GERMAIN-DES-PRÉS (St-), l'abbaye Saint-Germain-des-Prés-lès-Paris, - VII, 37, 152. - - GERMAIN DE TOURS (l'église St.-), VII, 68. - - GERMANIE (la), l'Allemagne, III, 434.--VII, 81, 330, 348, 351, - 408. _v._ Allemagne. - - _Germue_, _v._ Yarmouth. - - _Gersay_, _Gersé_, _Gerzé_, _v._ Jersey. - - GIEN, dans l'Orléanais, sur la Loire, VII, 23. - - GILBERT (le capitaine Humfroy), _Gelibert_, _Gilibert_, _Honfray - Gillebert_, capitaine anglais commandant le corps d'armée envoyé - à Flessingues, pendant la guerre contre les Gueux, V, 43, 78, - 199. - - _Gilibert_ (le capitaine), _v._ Gilbert. - - _Gillebert_ (Honfray), _v._ Gilbert. - - GIRON (le capitaine) de Dieppe, _Girons_, fait des armements en - Angleterre, V, 154.--VI, 93. - - GIROUX (les plaines de), dans le Mirebalais, où se livra la - bataille de Moncontour, VII, 66. - - GLAMMIS (le Comte, lord et lair de), créé chancelier d'Écosse par - le Comte de Morton, régent, _Clames_, _Glames_, _Glannes_, III, - 363, 400, 437.--V, 450, 461.--VI, 32. - - _Glancarve_, _Glanquerne_ (le Comte de), _v._ Glencairn. - - GLASGOW dans le comté de Lanark, en Écosse, _Glasco_, I, 300. - --III, 117, 172, 174, 175. - - GLASGOW (l'archevêque de), ambassadeur de Marie Stuart en France, - Mr de _Glasco_, de _Glasgo_, de _Glazco_, I, 287.--II, 178, - 435.--III, 66, 179, 364, 369, 479.--IV, 6, 114, 144, 212, 227, - 235, 256, 259, 270, 273, 277, 300, 301, 314, 367.--VI, 204, - 245, 265, 274, 376.--VII, 132, 156, 188, 195, 209, 212, 215, - 249, 254, 258, 266, 281, 372, 440. - - _Glaude_ (lord), _v._ Arran (d'). - - GLENCAIRN (le Comte de), _Glancarve_, _Glanquerne_, _Glencarme_, - _Glencarve_, I, 301.--III, 107, 152, 159. - - GLOUCESTER (la rivière de), _Rivière de Golchestre_, VI, 129. - - _Goaras_, _v._ Guaras. - - GOMORRHE (ceux de). Les habitants de Gomorrhe qui par leurs crimes - attirèrent sur eux la vengeance céleste, I, 51. - - GONDI (Alphonse de), _Alphonce de Gondy_, maître d'hôtel de la - reine de Navarre. Sa mort, VII, 475. - - GONDI (Hiéronime de), _Geronyme Gondy_, VI, 39, 43. - - GONDI (Jean-Baptiste de), _Jehan-Baptiste Gondy_, VI, 9. - - GORDAN (Mr de), _Gorden_, _v._ Gourdan. - - GORDON (Adam de), chef écossais du parti de Marie Stuart, - _Gourdon_, IV, 313.--V, 364, 374. Il est blessé, 418.--VI, 50. - - _Gouaras_, _v._ Guaras. - - GOURDAN (Mr de), gouverneur de Calais, _Gordan_, _Gorden_, I, 91, - 100, 168.--II, 2, 80, 260, 333.--III, 286, 300, 304.--VI, 51, - 252, 475.--VII, 37, 167. - - GOURDON (Adam), _v._ Gordon. - - GRAMONT (Mr de), I, 173. - - GRAND-SEIGNEUR (le), Selim II, VII, 272. _v._ Turcs. - - GRANDVELLE (le cardinal de), _v._ Granvelle. - - GRANGE (Kirkaldy, lord de), gouverneur du château d'Édimbourg pour - Marie Stuart, _Granges_, II, 279.--III, 117, 118, 131, 156, - 172, 237, 336, 429, 465.--IV, 47, 172, 195, 237, 279, 300, 335, - 443.--V, 2, 37, 90, 253, 274, 308, 311, 312, 329. Est détenu - prisonnier après la capitulation du château d'Édimbourg, 364, - 374. Il est exécuté, 392, 397.--VII, 198, 203, 206, 207, 213, - 218, 225, 245, 327, 328, 360, 387, 418.--Son _frère_, _v._ - Kirkaldy. - - GRANVELLE (Antoine, cardinal de), Le cardinal de _Grandvelle_, - III, 371. - - GRANVILLE, dans la Basse-Normandie et non en Bretagne, mais sur la - frontière, III, 65. - - GRASSAN (Thomas), facteur ou banquier d'Élisabeth, _Grassan_, - _Grassein_ ou _Grassen_, I, 75, 194, 274, 326.--II, 141, 150, - 197, 228, 238, 371, 385, 407.--III. 48, 56, 73, 86, 443.--VI, - 126, 504. - - GRAVELINES, dans les Pays-Bas, _Gravellines_, II, 267, 275.--IV, - 364. - - GRAVESEND dans le comté de Kent, _Gravesines_, IV, 336, 467.--V, - 14.--VI, 56, 406. - - GRAY, _v._ Catherine. - - GRAYS (Gilles), II, 8, 143. - - GREENWICH près de Londres, _Grenuich_, I, 373. - - GRÉGOIRE XIII (Hugues Buoncompagno), élu Pape le 13 mai 1572, V, - 116, 119, 121, 167, 192, 220, 247, 275, 316.--VI, 93, 160, 218, - 240, 241, 259, 267, 276, 338.--VII, 341, 383, 395. - - GRENADE, province d'Espagne. Guerre de Grenade ou des Maures, I, - 205. _v._ Maures. - - _Grenezey_, _Grenesey_, _Grenezé_, _v._ Guernsey. - - GRENIER (Pierre) de Marseille, VI, 362. - - GRÈVE. Exécution faite en Grève de Briquemaut et Cavagnes à - laquelle assista le Roi, V, 205. - - GREY (lord), IV, 28, 52, 70, 216.--V, 14. - - GRINVIL (Me). Armements de Me _Grinvil_ en Angleterre sous le - prétexte de faire un voyage de découvertes, VI, 127, 128. - - GRONINGUE, dans les Pays-Bas, _Groninguem_, III, 427. - - GUARAS (Antonio, ou Antoine de), marchand espagnol, agent de - Philippe II en Angleterre, _Goaras_, _Gouaras_, _Guoras_, I, - 374.--II, 114. Est chargé de suivre les négociations d'Espagne - après l'expulsion de l'ambassadeur d'Espès, V, 4, 55, 64, 78, - 117, 121, 161, 162, 174, 175, 197, 259, 292, 362, 397.--VI, 18, - 163, 169, 213, 358, 427.--VII, 362. - - GUELDRE (le pays de), province des Pays-Bas, _Gueldres_, V, 79. - - GUERET (Me), frère du Comte de Killdare, VI, 37. - - GUERNSEY, île anglaise sur la côte de Normandie, _Grenesay_, - _Grenesey_, _Grenezay_, _Grenezey_, _Guernesey_, I, 374.--II, - 25.--III, 47.--V, 147, 152, 172, 178, 274, 281, 360, 470. - --VI, 120, 143.--VII, 338, 345, 375, 368.-- Le _gouverneur_ de - Guernsey, _v._ Leyton. - - GUERRE toujours imminente entre l'Angleterre et la France pendant - tout le temps de la résidence de l'ambassadeur auprès - d'Élisabeth. Proposition de guerre contre la France discutée - dans le conseil d'Angleterre, I, 46. La guerre n'est pas - déclarée ouvertement, 47.--II, 27. Menaces de guerre, 74. - Nécessité de se préparer en France à la guerre contre - l'Angleterre, 136. Grands préparatifs de guerre qui peuvent être - tournés contre la France, III, 52, 72, 79, 110, 115, 247. _v._ - Armements.--Crainte d'une entreprise secrète contre la France, - V, 251.--Menace d'une guerre générale, VI, 337. - - GUERRES CIVILES DE FRANCE. _Première guerre de la Rochelle._ - Combat de Jazeneuil, I, 25. Détails sur les troubles de France, - 27. Succès remportés en France, 35. Effet produit à Londres par - les succès de France, 41. Succès de France, 84, 124. Récit fait - par les Protestants de leurs opérations militaires, 137, 147, - 172, 180, 185, 257. Victoire de Jarnac, 288. Entrée du Duc de - Deux-Ponts en France, 367. État des Protestants en France, 414. - Marche du Duc de Deux-Ponts à travers la France, II, 10. Combat - de la Roche-Abeille, 82, 156. Relation des opérations militaires - des Protestants, 158. Levée du siège de Poitiers, 244. Victoire - de Moncontour, 286, 426. Négociation de la paix, III, 6, 18, 63, - 114. Nécessité de faire la paix en France, 121, 204. Combat de - Sainte-Gemme, 232, 256. Paix de France, 272.--_Deuxième guerre - de la Rochelle._ Reprise d'armes après la Saint-Barthèlemy, V, - 198, 207, 239. Plaintes au sujet d'un traité qu'Élisabeth aurait - fait avec les Protestants de la Rochelle, 255. Expédition de - Montgommery, 273, 307, 310, 321. Prise de Belle-Isle, 326, 347. - Déclaration faite par Burleigh de la nécessité où se trouverait - l'Angleterre de prendre parti pour les Protestants si la paix - n'était pas rétablie en France, 353. Assaut donné à la Rochelle, - 362, 363. Paix conclue avec la Rochelle, 370.--_Continuation de - la guerre civile dans les provinces du Midi._ Progrès des - Protestants en Languedoc, V, 462. Entreprise contre la Rochelle. - 475.--_Troisième guerre de la Rochelle._ Nouvelle reprise - d'armes générale en France, VI, 49. Descente de Montgommery en - Normandie, 69. Prise de Carentan, 77. Motifs donnés par - Montgommery pour se justifier, 80. Fuite du prince de Condé, 81. - Arrestation du Duc d'Alençon et du Roi de Navarre, 83. - Arrestation de MM. de Montmorenci et de Cossé, 109. Expédition - du Capitaine Montdurant, 126. Montgommery fait prisonnier, 142. - Succès de Montdurant, 143, 147. Prise de Saint-Lô, 167. - Exécution de Montgommery, _ibid_. Nouvelles de la Rochelle, 237. - Succès remportés par les Protestants, 288, 292. Négociation de - la paix, 297.--Prise de Fontenay, 302. Négociation, 354, 357, - 416, 475, 496.--VII, _Ubique_. - - GUEUX (les). Soulèvement et guerre des Gueux dans les Pays-Bas, - III, 127.--Prise d'armes des Gueux, 437.--Leurs succès, prise - de Valenciennes, V, 3, 4, 8, 153, 456.--VII, 301, 305. _V._ - Flessingues. - - GUIENNE (la), province de France, _Guyenne_, I, 35, 41, 276, 288, - 293, 314.--II, 21, 64, 71, 94, 95, 109, 273, 294, 393.--III, - 209, 216.--V, 202, 246, 252, 261, 426.--VI, 5, 10, 13, 43, 46, - 125, 196, 283, 348, 417.--VII, 121, 428. - - _Guildas_ (le Comte de), _v._ Killdare. - - GUILLAUME (le Duc Jean) de Saxe, _v._ Saxe. - - GUILLEDINS, chevaux donnés en présent au Roi par les Anglais, II, - 413. - - _Guillegrey_, _v._ Killegrew. - - GUISE (la maison de), _Guyse_, _Guyze_, I, 56, 62.--V, 167.--VI, - 393. VII, 118, 265, 323, 324. - - GUISE (Mad. de), Antoinette de Bourbon, veuve de Claude de - Lorraine, Duc d'Aumale, premier Duc de Guise; mère de Marie de - Lorraine, reine d'Écosse, «et grand-mère de Marie-Stuart,» II, - 257. - - GUISE (François de Lorraine, Duc de), fils aîné de Claude de - Lorraine, _Feu Mr de Guise_ II, 182. - - GUISE (Charles de), cardinal de Lorraine, frère du précédent, _v._ - Lorraine (le cardinal de). - - GUISE (Louis Ier de Lorraine, cardinal de), frère des précédents, - VII, 30, 67, 440. - - GUISE (le marquis de), René de Lorraine, marquis d'Elbeuf, frère - des précédents, II, 267. - - GUISE (le chevalier de), François, de Lorraine, chevalier de - Malte, grand prieur de France et général des galères, frère des - précédents, V, 269. - - GUISE (Henri de Lorraine, Duc de), le Balafré, fils aîné de - François, Duc de Guise, I, 140, 148, 149, 412, 427.--II, 267. - --III, 301.--IV, 328, 336. V, 266, 269, 313.--VI, 330, 331, - 333, 382, 388.--VII, 7, 52. Blessé à Moncontour, 62, 64, 65, - 67, 322. - - GUISE (MM. de), IV, 461.--V, 235, 256.--VI, 392.--VII, 332. - - _Guoras_, _v._ Guaras. - - _Guydo Cavalcanty_, _v._ Cavalcanti. - - _Guyenne_ (la), _v._ Guienne. - - GUYTERI (le Sr de), envoyé par les Protestants auprès du Roi, VI, - 68. - - -H. - - HACMAN (le capitaine), V, 244. - - _Hacquens_, _v._ Hawkins. - - HAINAUT (le), province des Pays-Bas, _Aynaut_, VI, 483. - - HALLEY, valet de chambre de Marie Stuart, VI, 122. - - _Hambletons_ dans le nord de l'Écosse, VII, 313, peut-être - _Cambelton_. - - HAMBOURG, ville hanséatique d'Allemagne, _Hanbourg_, _Hembourc_, - _Hembourg_, _Embourg_, I, 201, 202, 227, 270, 272, 300, 313, - 326, 339. Départ de la flotte pour Hambourg, 355, 368, 373, 387, - 408, 409, 418, 419.--II, 4, 8, 25, 61, 93, 109, 142, 143, 148. - Commerce avec Hambourg, 153, 175, 176, 191, 196, 223, 228. - Arrivée de la flotte Anglaise à Hambourg, 239, 358.--III, 16, - 51, 86, 109, 112, 132, 141, 155, 194, 209, 249, 296, 297, 323, - 361, 453, 463, 472.--IV, 49, 153, 309, 455.--V, 43, 199, 274, - 281, 347.--VI, 126, 213, 237, 253, 260, 316, 415, 449, 456, - 491. - - HAMILTON (les), _Amelton_, _Amelthon_, _Amilthon_, I, 58, 118, - 161, 232.--III, 39, 107, 117, 171.--IV, 111, 243.--V, 452. - --Un _Hamilton_, VI, 169.--Une _fille_ des Hamilton, VI, 481. - - HAMILTON (Jean), II, 215, 216. Mission de sir John Hamilton auprès - du duc d'Albe, 351, 353, 356.--III, 335, 374. - - HAMILTON (Jacques), meurtrier du Comte de Murray, III, 39. - - HAMPTON dans le comté de Middlesex, _Antona_, _Anthonne_, - _Hamptonne_, I, 76, 121.--II, 137. - - HAMPTON-COURT, palais d'Élisabeth dans le comté de Middlesex, - _Antoncourt_, _Hantoncourt_. Convocation faite à Hampton-Court, - I, 11. Assemblée d'Hampton-Court, 16, 18, 20, 27. - - _Hanbourg_, _v._ Hambourg. - - HANS OLSAMER (le capitaine), d'Augsbourg, III, 405. - - HAQUENÉES, chevaux donnés en présent, III, 325, 436.--IV, 35. - --VI, 199.--VII, 194. - - _Haquens_, _v._ Hawkins. - - _Haran_ (le Comte d'), _v._ Arran (d'). - - HARCOURT, serviteur de M. Norris, ambassadeur d'Angleterre en - France, III, 226. - - HARDINGS (Jehan), marchand, I, 174. - - _Harifort_ (le Vicomte de), _v._ Hereford. - - HARLEM en Hollande, _Arlem_, _Harlen_. Prise de Harlem par les - Gueux, V, 386, 392.--VII, 434. - - HARRIS (lord), _Harriz_, _Heris_, _Heriz_, _Herries_, _Herriz_, - _Herrys_, _Herys_, _Heyreies_. Député de Marie Stuart auprès - d'Élisabeth, I, 13, 40, 82. Cartel adressé par lord Lindsey à - lord Harris, 102, 161, 195, 206, 300-302, 345, 346, 356, 369, - 376, 379.--II, 401.--III, 45, 128, 152, 307, 363, 403.--IV, - 455. - - HARTLEPOOL dans le comté de Durham, _Artelpoul_, _Arthelpoul_, - _Arthepoul_, _Hartepool_, _Hartepoul_, II, 400, 402, 411, 418, - 427.--III, 21. - - HARWICH dans le comté de Norfolk, _Arvich_, _Haruich_, _Harvich_, - I, 25, 373.--II, 12, 175.--IV, 438.--V, 154. - - HASTINGS (sir Jehan), V, 226. - - HATFIELD près Londres, _Atfeild_, _Hatfeild_, IV, 217.--VI, 442. - - _Hatil_ (le Comte d'), _v._ Athol. - - HATTON (Me), vice-chambellan d'Angleterre, _Athon_, _Haton_, I, - 199.--IV, 89.--V, 60. - - HAUFORT (Guillaume), marchand anglais, I, 174. - - _Haulstoc_, _v._ Olstoc. - - _Havart_, _v._ Howart. - - HAVERING, château d'Élisabeth dans le comté d'Essex, _Avrin_, V, - 59.--VI, 141, 144. - - HAVRE-DE-GRACE (le) en Normandie. Entreprise faite sur le Hâvre - par les Anglais, I, 91, 106, 196, 219, 228, 238, 246, 255, 359. - --II, 11.--IV, 454.--V, 208, 269.--VI, 13, 157, 196, 202, - 205, 281, 282, 284, 318, 319, 325, 340.--VII, 14. - - HAYE (la) près Poitiers, VII, 49. - - HAWICK, dans le comté de Northumberland, _Auvyc_, III, 230. - - HAWICK dans le comté de Roxburgh en Ecosse, _Fanic_, III, 140. - - HAWKINS (sir John), _Ackins_, _Hacquens_, _Hacquins_, _Haquens_, - I, 179. Destruction de ses vaisseaux par les Espagnols à la - Véra-Cruz, I, 179, 182, 272, 275, 351, 352.--II, 250, 275, 330. - --III, 132, 270, 285, 296, 303.--IV, 339.--V, 248, 249, 317. - --VI, 13, 496.--VII, 412. - - HAWKINS (Guillaume), _Ackins_, I, 350. - - HÈDREVILLE (le Sr de), réfugié en Angleterre après la - Saint-Barthèlemy, V, 155. - - _Heldelberc_, _Heldelberg_, _v._ Heidelberg. - - HEIDELBERG dans le Bas-Palatinat, _Heldelberc_, _Heldelberg_, II, - 274.--III, 36, 182, 195. Assemblée de Heidelberg, 231, 249, - 312, 348, 349. - - _Hélie_, _v._ Élie. - - HEMART (sir Henry), frère du Duc de Norfolk, III, 27. - - _Hembourc_, _Hembourg_, _v._ Hambourg. - - _Hemden_, _v._ Embden. - - HENRI VIII, Roi d'Angleterre, fils de Henri VII, I, 96, 335.--II, - 57, 117.--III, 189, 190.--IV, 373.--V, 276, 455.--VI, 96. - Plainte d'Élisabeth à raison d'un outrage qui aurait été fait - par Catherine de Médicis à la mémoire de Henri VIII, 331, 333, - 336, 348, 350, 385, 388, 389.--VII, 351. - - HENRI II, Roi de France, fils de François Ier et de Claude de - France, I, 261, 425, 427, 429.--II, 117.--V, 105, 276, 352, - 357.--VI, 323, 355.--VII, 170, 351. - - HENRI III, Roi de France, le troisième des fils de Henri II, et de - Catherine de Médicis, d'abord _Duc d'Anjou_ et _Monsieur_, puis - _Roi de Pologne_ et enfin _Roi de France_.--1º _Henri, Duc - d'Anjou_ ou _Monsieur_, I, 21. Victoire de Jazeneuil, 25. - Victoires, 35, 42, 61, 84, 85, 124, 139, 141, 143, 148, 172, - 173, 181, 185, 237, 257. Victoire de Jarnac, 288, 293, 304, 308, - 309, 314, 315, 319, 327, 329, 337, 339, 356, 362, 389, 412, 419, - 422, 431, 433.--II, 17, 21, 41, 48, 56, 59, 65, 71-74, 88, 114, - 116-118, 146, 158, 160, 204, 209, 224, 229, 257. Victoire de - Moncontour, 281, 286, 287, 292, 294, 296, 309, 314, 316, 318, - 342, 354, 382.--III, 9, 18, 26, 28, 46, 124, 239, 256, 293. - Reproche qui lui est fait par Élisabeth d'avoir tenu divers - propos contre elle, 301, 312, 323, 332, 353. Proposition du - mariage du Duc d'Anjou avec Élisabeth, 357, 358, 383. - Négociation du mariage, 414, 415, _v._ Mariage (négociation du), - 418, 419, 420, 432, 434, 436, 438, 439, 440, 441, 447, 448, 449, - 454, 456, 459-462, 464-469, 479, 480.--IV, 9-13. Proposition du - mariage du Duc d'Anjou avec Marie Stuart, 20, 23, 25, 42, 60, - 61, 65, 75, 76, 79, 125-126, 129-131, 209, 245, 311, 320, 323, - 330, 345. Communication secrète faite à Élisabeth au nom du Duc - d'Anjou, 346. Rupture de la négociation du mariage du Duc - d'Anjou, 354.--V, 29, 244, 245, 266, 269, 284, 294. Élection du - Duc d'Anjou au trône de Pologne, 284.--2º _Henri, Roi de - Pologne_, V, 313, 314, 316, 318, 321, 323, 341, 342, 344-346, - 356, 358, 359-362. Blessure du roi de Pologne devant la - Rochelle, 363, 365-368, 389, 390, 406, 408, 409, 410, 415, 416, - 423, 438, 442, 447-449, 458, 465, 464, 472.--VI, 30, 37, 69, - 71, 88, 94. Mort de Charles IX; le Roi de Pologne est proclamé - Roi de France, régence de Catherine de Médicis, 138.--3º - _Henri_ III, Roi de France, VI, 140, 148, 152, 155, 156. - Félicitations de l'ambassadeur au Roi sur son départ de Pologne, - 187. Arrivée du Roi à Lyon après avoir traversé l'Italie, 250. - --VII, _Supplém. Duc d'Anjou_, 1, 2, 11, 16, 20, 21, 23, 24, 26, - 36, 47, 49, 52, 57, 62, 63, 66, 67, 105, 111, 123, 135, 142-147, - 156, 176, 183, 187, 192, 195, 200, 223, 229, 232, 233, 234, 241, - 249, 258, 260-262, 280, 290, 293, 300, 310, 334, 340, 347, 376, - 380, 395, 412, 413, 414, 426, 434. _Roi de Pologne_, 414, 417, - 423, 429, 436, 437, 440, 441, 445, 448, 449, 450, 468. _Roi de - France_, 470. - - HENRI DE BOURBON, fils d'Antoine de Bourbon et de Jeanne de - Navarre, d'abord _Prince de Navarre_, puis _Roi de Navarre_ et - dans la suite _Henri IV, Roi de France_, I, 137, 138, 228, 304, - 362, 367, 386, 407.--III, 58, 115, 125, 160, 163, 181-183, 195, - 204, 208, 210, 215, 226, 301, 315, 331, 340, 341. Proposition du - mariage du Prince de Navarre avec Élisabeth, 359, 361.--IV, - 74. 177, 180, 225, 239-241. Proposition de son mariage avec - Madame, 245, 246, 426, 461.--_Roi de Navarre_ après la mort de - Jeanne, reine de Navarre, sa mère, V, 65, 116, 146--VI, 66, 70, - 83. Son arrestation lors du complot de Saint-Germain, 83, _v._ - Coconas et La Mole, 91, 104, 108, 133, 134, 148, 149, 151, 152, - 153, 155, 225, 333, 382.--VII, _Supplément_, _Prince de - Navarre_, 75, 81, 83, 86, 107, 110, 114, 123, 125, 242, 243, - 249. _Roi de Navarre_, 300, 303, 314, 318, 325, 429, 453, 457, - 469, 470, 471. - - HENRI STUART, lord de Darnley, fils au Comte de Lennox, Roi - d'Écosse par son mariage avec Marie Stuart. «Le feu Roi - d'Écosse», I, 18, 89, 102, 161, 343.--II, 7, 58, 123, 205, 242, - 279, 313.--III, 171, 329.--IV, 243.--VI, 5. - - HENRIQUEZ (don Louys), _Henriques_, I, 22. - - HÉRAULT envoyé par le Roi pour défendre au Duc de Deux-Ponts - l'entrée de son royaume, I, 305.--Sommations faites par des - héraults, II, 347, 360. - - HEREFORD (le château de), dans le comté de Hereford, _Herfort_, - IV, 255, 259, 338--VII, 270. - - HEREFORD (le Comte de), _Herfort_, _Hertford_. Défense lui est - faite de se rendre au parlement, IV, 46. Est mis en entière - liberté, 154.-- V, 28. - - HEREFORD (les enfants de), Henri et Édouard de Hereford, de la - maison de Somerset, pupilles de lord Burleigh, prétendants a la - succession d'Angleterre; ils étaient issus du mariage du Comte - de Hereford et de Catherine, soeur puînée de Jeanne Gray, - _Erfort_, _Harifort_, II, 122, 123.--III, 100-102, 123, 124, - 358, 359.--IV, 86, 241, 426.--Le _vicomte de Hereford_, l'un - des enfants, II, 246, 252, 254.--III, 87. - - _Hermestran_, _v._ Armestrang. - - HERVÉ, envoyé en Espagne par la Comtesse de Northumberland et lord - Dacre pour négocier le mariage de Marie Stuart avec don Juan, - IV, 92.--VII, 214. - - HERVÉ, agent de Me Grassan à Anvers, VI, 304. - - _Heris_, _Heriz_ (lord), _v._ Harris. - - _Herries_ (lord), _Herriz_, _Herrys_, _v._ Harris. - - _Herys_ (lord), _v._ Harris. - - HESSE (le maréchal de), _Hes_, III, 143. - - HESSE (Guillaume IV, landgrave de), dit le Sage, _Lantgrave de - Hessen_, VII, 166, 169. - - HEXHAM, dans le comté de Northumberland, _Exain_, II, 427. - - _Heyreies_ (lord), _v._ Harris. - - _Hiermuth_, _v._ Yarmouth. - - HIBERNIE (l'), _v._ Irlande. - - _Hiorc_, _v._ York. - - _Hirlande_, _v._ Irlande. - - HOBSON (Guillaume), marchand anglais, I, 174. - - HOLLANDAIS brûlés vifs à Londres pour crime d'hérésie, VI, 490. - - HOLLANDE (la), _Holande_, _Olande_, _Ollande_, I, 272, 313, 326, - 329.--II, 99, 154, 251, 310, 329, 388.--III, 247, 257, 325. - --IV, 74, 91.--V, 37, 78, 153, 175, 202, 209, 225, 243, 263, - 281, 290, 293, 347, 355, 362, 374, 396, 410, 418, 425, 428, 453. - --VII, 6, 51, 63, 76, 93, 111, 166, 168, 203, 237, 240, 264, - 280, 282, 316, 358, 359, 362, 380, 415, 450, 483, 497. - --_Toiles_ de Hollande, VII, 99. - - HOLSTEIN (le Duc de), Le _Duc de Holstain_, _Olstein_, III, 57, - 61.-- IV, 167.--VII, 84. - - _Holstoc_, _v._ Olstoc. - - HONGRIE (la maison de), I, 73. - - _Hongrie_ (le Roi de), _v._ Rodolphe. - - HONORÉ (le faubourg Saint-), _Lez Paris_, VII, 196, 455. - - _Hontelay_ (le Comte de), _Hontele_, _Honteley_, _Hontelletz_, - _Hontelly_, _v._ Huntley. - - _Humteley_ (le Comte de), _v._ Huntley. - - _Hontingthon_ (le Comte de), _Hontington_, _Hontinthon_, - _Hontinton_, _Hontiton_, _v._ Huntingdon. - - _Hormond_ (le Comte d'), _v._ Ormond. - - HORREUR inspirée à Londres par l'exécution de la Saint-Barthélemy, - V, 128. - - _Horsy_ (le capitaine), _v._ Orsay. - - _Houl_ (le port de), _v._ Hull. - - HOUSTON (le lord, Comté de), gouverneur de Warwick, _Housdon_, - _Husdon_, _Ousdon_, I, 232, 376, 381.--II, 279, 348, 367, 377, - 384.--III, 66, 67, 68, 76, 402.--IV, 118, 122, 268, 272, 279, - 285, 289, 292, 296, 303, 306, 310, 318, 323, 324, 344, 363, 454. - --VI, 227, 480.--VII, 218, 278.--Le _fils_ de lord Houston, - III, 74.--Le _jeune Houston_, IV, 143, 183.--VI, 406. L'_un - des fils_ de lord Houston est tué en Irlande, VI, 11. - - _Houtincthon_ (le Comte de), _Houtinthon_, _v._ Huntingdon. - - HOWART (lord Thomas), oncle du Duc de Norfolk, _Havart_, IV, 359. - - HOWART (lord Charles), fils de milord Chambellan, _Havar_, - _Havard_, _Havart_, I, 1, 82.--II, 303.--III, 285, 303, 306, - 309, 324, 331, 356, 443.--IV, 89, 215, 217.--VI, 111. - - HUBANDE (Sir Jean), «fort intime de Leicester», IV, 162. - - _Huinter_, _v._ Winter. - - HULL (le port de), dans le comté de Chester, _Houl_, II, 390. - --IV, 335. - - HUME (le château de), dans le comté de Berwick en Écosse, _Humes_, - III, 140. Est pris par les Anglais, 142, 151, 152, 193, 202, - 203, 207, 218, 219, 223, 236, 329.--IV, 140, 325, 383.--V, 12, - 16, 430, 441.--VI, 54.--VII, 112, 295, 297, 302. - - HUME (lord de), _Humes_, II, 279, 419.--III, 11, 118, 140.--IV, - 91, 140, 154, 158, 159, 172, 237.--Fait prisonnier dans le - château d'Édimbourg, V, 308, 374, 392, 397, 402, 411, 430.--VI, - 33.--Son _fils bâtard_, IV, 154. - - HUNTINGDON (le Comte de), président du nord, beau-frère de - Leicester, _Hontingthon_, _Hontington_, _Hontinthon_, - _Hontinton_, _Hontiton_, _Houtincthon_, _Hontinthon_, - _Huintenton_, _Hungtinton_, _Huntincton_, _Huntingthon_, - _Huntington_, _Huntinthon_, _Huntinton_, _Untington_, I, 13, 79. - --II, 122, 123, 236, 252, 254, 263, 265, 282, 300, 305, 336, - 338, 369, 406.--III, 12, 24, 25, 67, 87, 390.--IV, 321, 426, - 467.--V, 385.--VI, 238, 497. Sa _soeur_ mariée au fils du - Comte de Worcester, IV, 319, 321. - - HUNTLEY (le Comte de), _Hontelay_, _Hontele_, _Honteley_, - _Hontelletz_, _Hontelly_, _Hontely_, _Huinteley_, _Huntelay_, - _Hunthely_, _Hunteley_, _Huntely_, _Onteley_, I, 40, 49, 301, - 370, 378. Lettre du Comte de Huntley à Marie Stuart, 379.--II, - 115, 242, 401.--III, 74, 98, 172, 193, 248, 375.--IV, 91, 172, - 237, 243, 279.--V, 60, 156, 211, 212, 308, 309, 397, 413, 441, - 461.--VI, 5, 166, 204, 211, 254, 424.--Son _frère_, III, 98. - --V, 156.--VII, 313.--_Les Huntley_, I, 232. - - _Husdon_ (lord), _v._ Houston. - - _Huynter_, _v._ Winter. - - -I. - - ÎLE-DIEU (l'), sur la côte du Poitou, _Isle-Dieu_, V, 311. - - IMPÉRATRICE (l') d'Allemagne, _v._ Marie. - - INDES (les), flottes des Indes, I, 272, 351.--II, 330, 389. - --III, 257, 285, 296, 326.--IV, 17, 29. - - INDICTES, le rôle des indictes, «de ceux qui doivent être menés en - jugement,» IV, 364. - - INFANTES (les) d'Espagne, I, 67.--IV, 221.--VI, 364.--VII, 258. - - _Ingin_ (le fort d'), _v._ Angin. - - INQUIÉTUDE des Anglais à l'occasion du passage du Roi en Italie, - VI, 258. - - INQUISITION (l'), engagement que l'on suppose avoir été pris par - le Roi d'établir l'Inquisition en France, VI, 267. - - INSTANCES de l'ambassadeur pour obtenir son rappel, V, 179.--VI, - 352. - - INSULTES faites à l'ambassadeur en Angleterre après la - Saint-Barthèlemy, V, 137. - - INTERRUPTION des négociations et du commerce entre l'Angleterre et - la France après la Saint-Barthèlemy, V, 116. - - INVASIONS des Anglais en Écosse, VI, 294, 304, 497. _v._ Écosse. - - _Irlandais_ (les sauvages), _v._ Sauvages. - - IRLANDE (l'), _Hirlande_, _Yrlande_, apparence de troubles en - Irlande, I, 45, 86. Troubles, 195, 270, 327, 331, 352.--II, 8, - 45, 75, 81, 94, 110, 111, 142, 146, 147. Troubles en Irlande, - 173, 199, 201, 240, 275, 279.--III, 35. Succès des révoltés, - 87, 96, 183, 258, 309, 405, 426. Mouvement en Irlande, 427, 444. - Avis sur les affaires d'Irlande, 450. Concession de l'Irlande - faite par le pape au roi d'Espagne, 458, 459, 466, 470, 471, - 476, 479, 481.--VI, 2, 8, 28, 29, 30, 32, 37, 39, 47, 52, 70, - 74, 89. Nouveaux troubles, 162, 179, 199, 215, 216, 239, 268, - 281, 290, 318, 339. Soulèvement de l'Irlande, 340. Pacification. - 359, 384, 385. Reprise d'armes et défaite des Irlandais, 399, - 435, 454, 455.--V, 209, 212, 347, 363. Expédition du comte - d'Essex en Irlande, 383, 388, 393, 397, 454, 470.--VI, 6, 10, - 11, 32, 36, 37, 43, 48, 75, 96, 125, 128, 129, 136, 144, 146, - 246. Pacification, 253, 278, 353, 377, 378, 401, 402, 412, 414, - 418, 422, 429, 441, 443, 466, 477, 491-493.--VII, 34, 137, 175, - 181, 182, 185, 195, 214, 249, 269, 279.--Le _président_ - d'Irlande, _v._ Fitz William. - - IRRITATION des Anglais après la Saint-Barthèlemy, V, 113, 121. - - _Islebourg_ (l'), et château de l'Islebourg, _v._ Lillebourg - (Édimbourg). - - ISLES DE NEVERS (Marie de Clèves, Marquise d'), IV, 127. - - ITALIE, I, 110, 295.--IV, 2.--VI, Voyage du roi Henri III en - Italie à son retour de Pologne, 206, 226, 228, 252, 240, 246, - 251, 259, 267, 271, 281, 307, 323, 338.--VII, 141. - - ITALIENS (les), I, 71, 331.--II, 67, 71, 74, 90, 160.--VI, 44, - 475. - - _Ivoye_ (Mr d'), _v._ Yvoy (d'). - - IWAN WASILEJEVITCH, Duc de Moscovie, envoie un ambassadeur en - Angleterre, II, 192. _v._ Moscovie. - - -J. - - JACCOB (le capitaine), VII, 473. - - JACOMO, Italien, VI, 230. - - JAMETS, dans le Barrois, _Jamays_, place appartenant au Duc de - Bouillon, VI, 354. - - JAMET (Me), peintre de la cour de France, VII, 229. - - JANETON (le capitaine), VI, 312. - - JACQUES V, roi d'Écosse, III, 369. - - JACQUES VI, roi d'Écosse, dans la suite Jacques Ier, Roi - d'Angleterre, fils de Henri Darnley et de Marie Stuart. _Le - prince d'Écosse, le petit roy d'Escoce_. Desir des Anglais qu'il - leur soit livré, I, 12, 25, 101, 161, 162, 232, 300, 328, 342, - 348.--II, 59, 154, 205, 211, 214, 216.--III, 46, 56, 75, 83, - 97, 98, 107, 114, 117, 119, 131, 159, 160, 171, 179, 195, 200, - 214, 237, 248, 271, 308, 328, 330, 335, 363, 364, 366, 367, 368, - 372, 403, 473, 474.--IV, 3, 4, 7, 15, 19, 27, 33, 36, 51, 72, - 80, 91, 107, 137, 138, 140, 144, 147, 178, 194, 199, 204, 212, - 221, 241, 250, 260, 275, 278, 279, 308, 310, 313, 318, 326, 360, - 362, 374, 378, 394, 402, 414, 426, 429, 443.--V, 203, 209, - 211, 224, 227, 238. Efforts des Anglais pour s'emparer du prince - d'Écosse, 243, 253, 261. Accord en Écosse pour la reconnaissance - de Jacques VI, 273, 283, 290, 291, 308, 309, 310, 337, 344, 347, - 349, 355, 397, 449. Maladie grave du prince d'Écosse, 450, 451, - 461.--VI, 149, 161, 166, 204, 227, 238, 242, 244, 245, 247, - 249, 254, 261, 265, 267, 274, 278, 279, 287, 341, 342, 364, 430, - 478, 495, 501.--VII, 118, 120, 121, 150, 151, 172, 193, 197, - 201, 206, 219, 224, 246, 247, 248, 250. Proposition de le marier - à une fille d'Espagne, 258, 270, 285, 419. - - JARNAC (la bataille de) en Angoumois, I, 228, 290, 314, 315, 327, - 329, 362.--VII, 1, 3, 5, 7, 8, 10. - - JARRETIÈRE (ordre de la), donné à M. de Montmorenci, IV, 436.--V, - 20.--Le Roi élu chevalier, VI, 421, 432. - - JAZENEUIL (combat de), en Anjou, _Jasseneuil_, I, 25, 141, 142. - - JEAN FRÉDÉRIC DE SAXE, _v._ Saxe. - - JEAN GUILLAUME DE SAXE, _v._ Saxe. - - JEANNE D'ALBRET, reine de Navarre, fille de Henri d'Albret, I, 28, - 137, 154, 168, 228, 304, 367, 368, 386, 387, 397.--II, 64, 69, - 72, 94, 98, 110, 141, 150, 177, 180, 191, 200, 222, 228, 231, - 239, 334, 358, 371, 391.--III, 19, 23, 37, 57, 58, 63, 125, - 163, 181, 268, 273, 331, 432.--IV, 225, 246, 336.--VI, 151, - 225.--VII, 17, 30, 38, 39, 75, 81, 83, 86, 107, 110, 242, 273. - - JEDBURGH dans le comté de Roxburgh en Écosse, _Gadenart_ ou mieux - _Gadevart_, _Jedowart_, I, 421.--III, 139, 140. - - _Jedowart_, _v._ Jedburgh. - - JEHAN de Compiègne, tailleur de Marie Stuart, VI, 420. - - _Jemmes_ (lord), I, 118. - - JERSEY, île anglaise sur les côtes de Normandie, _Gergé_, - _Gersay_, _Gersé_, _Gersey_, _Gerzé_, _Gerzei_, _Gerzey_, - _Jersay_, I, 374.--II, 25, 281.--V, 135, 145, 147, 152, 155, - 172, 178, 193, 360. Montgommery à Jersey, 469, 470.--VI, 29, - 51, 59, 62, 69, 72, 73, 74, 78, 80, 86, 120, 143.--VII, 338, - 345, 375, 386.--Le _capitaine_ de Jersey, _v._ Pollet (le - capitaine.) - - JEUDI-SAINT (le), III, 104. - - JOLY (le capitaine Clément), III, 285. - - JOHNES (le capitaine), _Jones_, _Jonnes_, I, 201, 214. - - JOUARRE (Mme de), Charlotte de Montpensier, fille de Louis II de - Bourbon, abbesse de Jouarre avant d'avoir embrassé le - calvinisme; son mariage avec le Prince d'Orange, VI, 450. - - JOUGGE (Richard), imprimeur à Londres, I, 112. - - JOYAUX de la Reine de Navarre donnés pour faire un emprunt afin de - continuer la guerre civile en France, II, 94, 98, 110, 141, 150, - 200. État et évaluation des joyaux envoyés de la Rochelle, 222, - 228, 231, 239, 358, 371.--III, 23, 57.--VII, 38, 39. - - JOYEUSE (Guillaume, Vicomte de), I, 138, 143-145. - - JOYS, ministre protestant, VI, 305. - - _Jocondalles_, monnaie d'Allemagne, I, 58, 86. - - JUAN D'AUTRICHE (don), fils naturel de Charles-Quint, _Don Jehan_, - _Joan_, _Johan d'Austria_, _le bâtard d'Espagne_, I, 26.--Est - proposé pour époux à Marie Stuart, II, 214, 216, 217, 423. - --III, 334, 453, 475.--IV, 74, 92, 228.--V, 199.--VI, 137. - Proposé pour époux à Élisabeth, 223, 361.--VII, 35, 57, 214, - 258, 282, 285. - - JUGE (le) de l'amiraulté, I, 263, 264. - - JUMELLES (le Sr de), II, 17, 24, 152, 227, 239, 245. - - JUNIUS (le docteur), _Junyus_, envoyé du Comte Palatin, I, 63, 75, - 100. - - JUSTICE (le terme de la), III, 34, 322.--V, 124. - - JUSTIFICATION de l'Amiral par Élisabeth, V, 142. - - -K. - - KELLE (le capitaine), I, 214. - - KELLESEY (le lair de), _Quelseit_, _Quelsey_, VI, 76, 247. - - KELSO dans le comté de Roxburgh en Écosse, _Quelso_, III, 140. - - KENT (le comté de), levées faites dans le comté, II, 412. - - _Kergoons_ (le Sr), _v._ Kirkaldy. - - KERKEM (le capitaine), I, 120, 351. - - KILLDARE (le Comte de), l'un des chefs des Irlandais, _Guildas_, - _Killdar_, _Queldrar_, _Quilday_, _Quilhdar_, _Quildar_, II, - 201.--IV, 290, 340, 384.--VI, 37. Est fait prisonnier en - Irlande et conduit à Londres avec sa famille, 441, 443, 493. - --Sa _femme_, VI; 441.--Ses _enfants_, VI, 441. - - KILLEGREW (Henri), beau-frère de Cecil, _Killegrey_, _Quilegrey_, - _Quillegray_, _Quillegreu_, _Quillegrey_, I, 155, 167, 202, 321, - 349, 350, 355, 368, 387, 408, 409, 418.--Sa mission en - Allemagne, II, 4, 5, 13, 24, 109, 147, 149, 197. Son retour - d'Allemagne, 245, 246, 274, 329, 335, 357, 386, 396, 405.--III, - 57, 401.--IV, 105, 153, 179, 227, 232. Sa mission en France - pour suppléer Walsingham, 247, 249, 253, 261. Son départ, 263, - 264, 266, 287, 314, 316, 319, 322, 326, 336, 357, 370, 376, 381, - 396. Son retour, 404, 406, 430, 433, 434, 439.--V, 115-118, - 121, 130, 132, 156, 181, 183, 203, 211, 239, 243, 290, 329, 347, - 373, 374, 402, 406, 410, 413, 422, 433, 452, 456, 461.--VI, 8, - 122, 126, 142, 145, 166, 169, 204, 211, 227, 242, 244-247, 249, - 292, 298, 328, 380, 396, 400, 402, 415, 430, 440, 443, 451, 459, - 464, 472, 475, 478, 481, 490, 497.--VII, 63, 268, 273, 280, - 282, 283, 287, 360, 387, 394, 445, 446.--Sa _femme_, V, 452. - --Le _jeune Killegrew_, son fils, VI, 148, 163, 164, 165, 217. - - KILWIMING (l'abbé de), _Kilwelming_, I, 300. - - KINGSTON dans le comté de Surrey, _Quinston_, II, 293. - - KINTYRE dans le comté d'Argyll en Écosse, _Quinter_, III, 329. - - KIRKALDY, lord de Grange, _v._ Grange (lord de). - - KIRKALDY (le capitaine William), frère du lord de Grange, - _Carcade_, _Kergoons_, IV, 22, 111, 117, 300, 314, 337.--V, - 253, 259, 266. Fait prisonnier dans le château d'Édimbourg, 272, - 278, 291. Il est exécuté avec son frère, 392, 397.--VII, 203, - 206, 207, 213, 218, 409. - - KNOLL (sir Henri), _Quainols_, _Quenelles_, _Quenolles_, II, 128, - 285.--III, 311.--IV, 31--V, 100.--VI, 236. - - KNOLLIS (le chevalier François), _Knolis_, I, 206, 207, 208, 267, - 284. - - KYLINDIN (l'abbé de), I, 82. - - -L. - - LA BROSSE (le capitaine de), II, 161.--VI, 168, 220. - - LA CHATRE (Mr de), l'aîné, _de La Chastre_ I, 389, 414. - - LA CHATRE (Mr de). Sa mission en Angleterre pour renouveler le - traité d'alliance, VI, 395. Méfiance d'Élisabeth contre lui 398, - 399, 400, 403. Son arrivée en Angleterre, 405. Sa négociation, - 407, 409. Détails de sa négociation, 410, 411, 412, 413, 419, - 423, 430-432, 434.--VII, 479. - - LA CHASSETIÈRE (Mr de), III, 181. - - LACHEMAYE, émissaire des protestants, VI, 298. - - LACHEROY (le Sr) de Rouen, VI, 494. - - LA CROIX (le Sr de) l'un des secrétaires de l'ambassadeur, I, 96, - 196.--Sa mort, VII, 19. - - LA FORCE (François de Caumont, Duc de), VII, 10. - - LA FOREST (Bochetel de), ambassadeur de France en Angleterre, - prédécesseur de La Mothe Fénélon, I, 1, 2, 4, 6, 7, 9, 10, 11, - 14, 17, 35, 363. - - LAFOSSE (le capitaine), V, 384. - - LAFOULOYNE, émissaire de Montgommery, VI, 126. - - LA GARDE (Antoine Escalin des Aimars, baron de), IV, 409.--V, - 237, 240, 281.--VII, 371. - - LAGO (le capitaine), VI, 302. - - LAMARQUE (le comte de), IV, 438. - - LAMBETH dans le comté de Surrey, _Lambet_, II, 133. - - LA MAILLERAIE (François de), lieutenant du Roi en Normandie, _de - La Mailleraye_, _La Meilleraye_, _La Muilleraye_, II, 220, 322, - 333.--III, 39.--V, 181, 182.--VI, 126, 202, 231, 257.--VII, - 41-44, 47, 63, 381. - - LA MEAULCE (le capitaine), V, 426. - - LA MOLE (Mr de), gentilhomme du Duc d'Alençon, _La Molle_, _La - Moolle_, _La Moosle_. Sa mission en Angleterre pour la - négociation du mariage du Duc d'Alençon avec Élisabeth, V, 76, - 77, 78, 79, 82. Sa négociation, 84, 86, 87, 88, 89, 91. Détails - circonstanciés de sa négociation, 92-108, 110, 112, 113, 117, - 137, 140, 141, 152, 276.--VI. Son arrestation au sujet du - complot de Saint-Germain, 104, 107, 108, 111. Il est exécuté, - 113, 114, 115, 117, 121, 122. Détails sur l'affaire de Coconas - et La Mole, 133, 134, 136.--VII, 304, 311, 316, 317, 321, 322, - 328, 330, 335, 336, 344, 457, 460-462. Son exécution, 467. - - LA MOYSSONNYÈRE (le jeune), gentilhomme normand, dit le _capitaine - Montdurant_, V, 426.--VI, 96, 113. Son expédition partie des - côtes d'Angleterre, 119, 120, 126. Ses succès, 143, 147. - - LANCASTRE (Lancaster), comté d'Angleterre, _Lanclastre_, - _Leuclastre_. Mouvement au pays de Lancastre, III, 313. - Soulèvement, 330, 368, 389, 390, 391, 401, 422.--Projet des - catholiques dans le pays de Lancastre, 389.--IV, 381.--VII, - 166. - - LANCEREAU (le capitaine), II, 162. - - LANDGRAVE DE HESSE (le), _Lansgrave de Esse_, _d'Essen_, _de - Hetz_, 11, 5, 274.--III, 195.--IV, 249.--V, 276. - - LANDRECIES dans le Hainault, _Landrecy_, la guerre de Landrecies, - I, 96. - - LANE (le Sr), IV, 311, 312. - - LANGOIRAN, en Guienne, VII, 458. - - LANGUEDOC (le), province de France, I, 85, 138.--III, 115, 199, - 204. Guerre civile continuée en Languedoc, V, 393, 425, 449. - Progrès des protestants en Languedoc, 462.--VI, 12, 25, 47, 50, - 68, 88, 105, 148, 181, 258, 268, 283, 340, 346, 348, 355, 357, - 363, 366, 369, 382, 394, 461.--VII, 56, 428. - - LANGUILLIER (Mr de), _L'Anguillier_, V, 259, 293, 326, 375, 426, - 453.--VI, 59, 343.--VII, 477. - - LA NOUE (François de), II, 161.--III, 115.--V, 240, 307, 367. - --VI, 66, 68. Négociation faite par La Noue pour obtenir des - secours d'Angleterre, 81, 92, 93, 148, 149, 236, 318, 355, 358. - --VII, 10, 64, 68, 458, 465. - - LANSAC (le jeune de), _Laussac_, V, 409.--VI, 148.--VII, 437. - - LANSQUENETS, troupes allemandes, I, 86.--II, 404.--VI, 241. - --VII, 472. - - LA PERSONNE (le Sr) chargé par le Roi de la négociation de la paix - avec les protestants, III, 2, 7.--VII, 80, 81. - - LAPLANCHE (le capitaine), II, 162. - - LAPORTE (le capitaine), VI, 234, 315, 340, 443. - - LARCHANT (Mr de), capitaine de la garde du Duc d'Anjou. Sa - mission en Angleterre pour négocier le mariage du Duc d'Anjou - avec Élisabeth, I, 164-166, 168-170, 176, 181, 182, 190, 195, - 196, 201, 202, 211, 354.--VII, 223, 226, 230, 233, 236, 238, - 239, 241. - - LAREDO, port de mer en Biscaie, III, 371. - - LARIVIÈRE (le capitaine), II, 69. - - LAROCHE (le Sr de), capitaine de Granville et gouverneur de - Morlay, III, 65, 203. Son expédition en Irlande, 444, 450, 470. - --IV, 385.--VI, 468.--VII, 157, 181. - - LA ROCHEFOUCAULT (le Comte de), I, 229.--II, 8, 68, 159.--III, - 204.--VII, 3, 332. - - LAROQUE (le capitaine), VI, 168. - - LARSAC (camp de), VII, 29. - - LATIMER (lord), _Lathemor_, II, 384. - - LATOUR (le Sr de), secrétaire des États de Flandres, II, 311. - - L'AUBESPINÉ (Mr de), _Laubespine_, II, 18.--III, 350, 355, 361, - 365, 367, 410.--IV, 311.--VII, 18, 22, 24, 142, 143, 152, 154, - 157, 158, 160. - - LAUDONNIÈRE (René de), _Lodonyère_, I, 179. - - LAUNAY (le Sr de), de Bretagne, II, 152. - - LAVAL (Mr de), VI, 265, 426. - - LAVAL (feue Mme de), I, 101. - - LAVALETTE (Bernard de), _de Lavalète_, _de Lavallète_, IV, 336. - --VI, 105. - - LA VAUGUYON (Mr de), _La Vauguion_, VI, 105.--VII, 458. - - LAVERGNE, secrétaire de l'ambassadeur, I, 167.--Son départ pour - se justifier en France, 215.--II, 435, 437. - - LAY (Sir Henry), IV, 89. - - LEBELLOY, _Lebéloy_, au service du maréchal de Damville, VII, 114. - - LECTOURE, dans l'Armagnac, _Leytoure_, IV, 336. - - _Ledingthon_ (le comte de), _v._ Liddington. - - LÉGAT (le) du Pape, VII, 383, 402, _v._ Este (le cardinal d') et - Orsini. - - LEGRAS (le Sr), avocat réfugié en Angleterre après la - Saint-Barthèlemy, V, 155. - - LEGUENS (le Sr), III, 46. - - LEICESTER, _Lechester_, capitale du comté, III, 385. - - LEICESTER (Robert Dudley, Comte de), _Lecester_, _Lecestre_, - _Lescestre_, _Lester_, _Lestre_, _Leycester_, _Leyster_, I, 47, - 49, 50, 72, 74, 82, 120, 175, 193, 196, 207, 235, 236, 259, 260, - 267, 272, 274. Conversation de l'ambassadeur avec Leicester, - 293, 294-296, 297, 355, 405.--II, 51, 54, 109, 120, 121. Ses - familiarités avec Élisabeth, 122, 123, 124. Remontrances de - Leicester à Élisabeth en faveur de Marie Stuart, 130, 203, 219, - 223, 230, 250, 272, 274, 278, 285, 301, 305, 311, 343, 356, 363, - 367, 369, 412.--III, 9, 16, 21, 24, 25, 48, 54, 61, 77, 79, - 99-102, 123, 124, 142, 172, 183, 187, 188, 189, 191, 193, 194, - 197, 213, 227, 245, 304, 308, 324, 364, 375, 378, 379, 381, 382, - 399, 401, 402, 405, 408, 409, 413, 416, 417, 420, 422, 429, 433, - 436, 447, 449, 461, 465, 469.--IV, 3, 8, 9, 22, 41, 42, 57, 59, - 61, 65-68, 78, 81, 82, 85, 87, 93, 96, 98, 100, 116-118, 127, - 129, 130, 132-134, 144, 148, 155, 156, 162, 171, 174, 181, 187, - 190, 192, 197, 200, 201, 204-206, 208, 210. Communication faite - par Leicester, 213, 248, 252, 270, 273, 276, 282, 287, 292, 307, - 309, 311, 312, 320, 322, 330. Conférence avec Leicester, 331, - 354, 357, 371, 372, 376, 379, 407, 410, 411, 419, 420, 422, 426, - 432, 433, 437, 439, 446, 448, 452, 453, 460, 461, 467.--V, 13, - 17, 20, 21, 24, 28, 30. Conférence, 38-40, 45, 46, 59, 60, 61. - Conférence, 73, 74, 77, 82, 84, 88, 89, 91, 96, 100, 111, 127, - 128, 147, 151, 162. Conférence, 165, 172, 194, 195, 208. Reprise - des communications privées de l'ambassadeur avec Leicester - après la Saint-Barthèlemy, 228, 230, 260, 281. Conférence, 302, - 344, 346, 351, 352, 366, 377. Mécontentement de Leicester contre - la France, 378, 422, 423, 424, 426, 427, 432. Conférence, 441, - 449, 470.--VI, 4, 8, 9, 14, 15, 28. Conférence, 39, 40, 41, 50, - 66, 91, 102. Mécontentement de Leicester, 164, 165, 166, 170. - Conférence, 181, 184. Communication avec l'ambassadeur, 185, - 194, 199, 209, 217, 220, 221, 223, 245, 284. Conférence, 285, - 287. Conférence, 288. Conférence, 373, 381, 421, 445, 449, 453, - 454, 468, 472, 473, 479, 483, 484.--VII, 12, 40, 96, 111, 172, - 174, 177, 194, 218, 221, 228, 229, 230, 231, 265, 277, 292, 304, - 317, 318, 362, 376, 383, 384, 444.--Le _Frère_ de Leicester, - VI, 221.--Le _Neveu_ de Leicester, VII, 296. - - LEIPSICK en Saxe, _Leppsic_, VII, 435. - - LEITH, ville en Écosse sur le Forth, à une lieue d'Édimbourg dont - elle forme le port, _Petit Liet_, _Petit Lith_, III, 429.--IV, - 121, 137. Prise de Leith, 154, 155, 158, 172, 177, 185, 194, - 211, 237, 267, 272, 296, 310, 320, 333, 408, 442, 443, 455.--V, - 89, 91.--VII, 237, 238, 255, 274, 315. - - LELUA (le Sr), _v._ Du Lua. - - _Lenclastre_, _v._ Lancastre. - - _Lendsay_, _v._ Lindsey. - - LENNOX (le Comte de), régent d'Écosse après la mort du Comte de - Murray, _Lenos_, _Lenoz_, I, 18.--II, 313, 320.--III, 46, 65, - 74, 79, 97, 107, 111, 114, 131, 132, 153, 193, 223, 237, 253, - 266. Il est créé régent, 270, 283, 287, 296, 305, 308, 329, 336, - 346, 363, 372, 385, 392, 400, 428, 437, 444, 452, 457, 465, 471. - --IV, 26, 57, 69, 70, 77, 90, 91, 107, 111, 113, 118, 119-122, - 137-141, 147, 152, 172, 177, 184, 185, 193, 194, 197, 206, 211, - 215, 230. Sa mort, 231, 232, 235-238, 243, 249, 250.--VII, 210, - 218, 219, 224, 237, 244, 247, 255, 263, 268, 269. - - LENNOX (la Comtesse de), femme du précédent, I, 18.--II, 214. - --III, 107, 253, 457, 471.--IV, 34, 72, 80, 81, 138, 221.--V, - 337.-- VI, 249, 254, 261. Mécontentement d'Élisabeth contre la - Comtesse de Lennox à raison du mariage de son fils, 293, 298, - 300, 311, 319. Mise en arrêt de la Comtesse de Lennox, 328. - - LENNOX (le jeune Comte de), fils des précédents, frère de Henri - Stuart de Darnley, roi d'Écosse et oncle de Jacques VI, IV, 426. - --V, 452--Son mariage avec la fille de la Comtesse de - Shrewsbury, VI, 293, 299, 311, 328.--Sa _femme_, VI, 328. - - LE NOBLE (le contrôleur), réfugié en Angleterre après la - Saint-Barthèlemy, V, 155,--et sa _femme_, V, 155. - - LÉPANTE (la victoire de), IV, 280, 281, 285, 290.--VII, 272, 278. - - _Le Plessis_, _v._ Duplessis. - - LEQUEULX, secrétaire de l'Amiral, I, 154, 233. - - _Lerpour_ en Galles, I, 241. - - _Lesley_, _v._ Leslie. - - LESLIE (Jean), évêque de Ross, _v._ Ross (l'évêque de). - - LESLIE (Guillaume), _Lesley_, parent de l'évêque de Ross, III, - 438. - - LESLIE (le Sr de), _Lesley_, frère du Comte de Rothes, IV, - 264-266. - - L'ESPINASSE (Mr de), gendre de Mr Du Croc, V, 7, 42, 89, 90, 120, - 122, 130, 176.--VII, 297, 316, 318, 321, 326, 327-330, 357. - - _Lestre_ (le Comte de), _v._ Leicester. - - LETTRE de l'Amiral Coligni, II, 157. - - LETTRE des seigneurs anglais approuvant le projet de mariage de - Marie Stuart et du Duc de Norfolk, II, 315. - - LETTRES d'Élisabeth à Marie Stuart, I, 344.--II, 59. - - LETTRES de Marie Stuart, I, 206, 283, 286, 346, 348, 376, 378, - 380, 381, 382, 390, 421, 422.--II, 254, 263, 433, 435, 437. - --III, 66, 67. - - LETTRES DE MARQUE, I, 26, 87.--VI, 180, 450. - - LEVANT (le pays du), III, 406.--IV, 323.--V, 199.--VI, 396. - - _Levisthon_ (lord de), _v._ Lewiston. - - _Levisthon_ (James), _v._ Lewiston. - - LÉVRIERS donnés à D. Bernardin de Mendoce en Angleterre, VI, 199. - - LEYTON (le capitaine), gouverneur de Guernsey, _Leython_, IV, 108, - 156.--V, 470.--VI. Envoyé en mission en France, 99-102, 106, - 118. Ses instructions, 121, 125, 131, 132, 135, 147, 164. Son - retour en Angleterre, 167, 181, 217. - - _Leytoure_, _v._ Lectoure. - - LEWISTON (lord de), _Levinston_, _Leviston_, III, 179, 220, 223, - 224, 230, 235, 237, 242, 265, 267, 271, 296, 311, 344, 398. - --IV, 259, 260, 277.--V, 292, 296.--VII, 266, 267.--Sa - _femme_, V, 309. - - LEWISTON (James), _Levisthon_, de la garde écossaise du Roi, V, - 429. - - L'HOSPITAL (Michel de), chancelier de France, I, 173, 415.--V, - 139. - - LIBELLE contre Marie Stuart, IV, 301.--VII, 275. _Libelles_, V, - 424. - - LIBRAIRES (les) de Londres, VI, 470. - - LIDDINGTON (le Comte de), _Ledingthon_, _Ledington_, _Ledinthon_, - _Ledinton_, _Lethington_, I, 57.--II, 65. Son arrestation comme - complice du meurtre de Darnley, 242, 279, 313, 320.--III, 45. - Est mis en liberté, 52, 75, 117, 118, 147, 172, 175, 200.--IV, - 1, 152, 185, 195, 235, 237, 279.--V, 2, 253, 274, 291, 308. Sa - mort, 355.--VII, 213, 225, 245, 387.--Son _frère_, III, 310, - 429. - - LIÈGE dans les Pays-Bas. Les _bains_ de Liège, IV, 141, 162. - - LIEUTENANT CRIMINEL (le) de Rouen, réfugié en Angleterre après la - Saint-Barthèlemy, V, 155. - - LIGNEROLLES (le Sr de), IV, 93.--VII, 234. - - LIGUE proposée par le Comte de Murray, I, 101.--_Ligue_ des - protestants, I, 166, 202, 230.--_Projet d'une ligue_ entre les - princes protestants, II, 245.--_Ligue_ contre les protestants, - IV, 146.--VI, 259.--_Proposition d'une ligue_ entre l'Espagne - et la France contre l'Angleterre, III, 29.--_Crainte_ en - Angleterre d'une ligue générale, III, 258.--_Ligue du bien - public_ en France, VI, 340.--_Ligue_ d'Italie, IV, 308. - --_Ligue_ contre les Turcs, III, 333, 349, 453, 472, _v._ Turcs. - - _Lillebourg_, _Lislebourg_, nom que les Français donnaient à - Édimbourg, _v._ Édimbourg. - - LIMOGES, capitale du Limousin, II, 158. - - LIMOGES (Mr de), I, 265.--IV, 311.--VI, 423. - - LIMONS (le capitaine), VI, 168, 237. - - LIMREILH (Mr de), VI, 339. - - LINCOLN (lord Clinton, Comte de), amiral d'Angleterre, I, 82, 175, - 266, 267, 295, 296, 311, 405.--II, 11, 38, 247, 368, 401, 419, - 420, 427.--III, 22, 105, 222, 251, 262.--IV, 89, 282, 361, - 372, 400, 433, 437, 440, 444. Est créé Comte de Lincoln, 452, - 458, 459, 463, 464. Conférence avec l'Ambassadeur, 466-468.--V, - 1, 7, 19, 23, 35, 36, 38, 40, 41, 44, 47, 51, 55. Conférence, - 57, 82, 93, 100, 162, 243, 260, 271, 433.--VI, 4, 34, 111, 179, - 378, 489.--VII, 296, 317, 353.--Sa _femme_, III, 468.--Son - _fils_, V, 243. - - LINCOLN (l'évêque catholique de), VI, 343. - - LINCOLNSHIRE (le), le Comté de Lincoln, _Linconscher_, - _Linconsther_, II, 368.--III, 105. - - LINDSEY (lord de), prévôt d'Édimbourg, _Lendsay_, _Lendsey_, - _Lendzey_, _Lentzay_, I, 102.--II, 390.--III, 45, 74, 107. - --IV, 230, 237.--VI, 464. - - LINGUENS (le Sr), réfugié en Angleterre après la Saint-Barthèlemy, - V, 155.--Et la _dame Linguens_, sa femme, V, 155. - - LINLITHGOW, en Écosse, _Litcho_, _Lithquo_, III, 39.--IV, 91. - - _Lion_, _v._ Lyon. - - LIONS, en Normandie, VII, 220, 222. - - LISBONNE, II, 38. - - _Lisdidale_ dans le nord d'Angleterre, II, 427. - - LITH (Jean), facteur de Me Grassan, VI, 126. - - _Litcho_, _Lithquo_, _v._ Linlithgow. - - LIVRON en Dauphiné, VI, 347, 367, 372, 376. - - LIVRES publiés à Londres contre la religion protestante, I, 204. - - LIZY (Mr de), II, 227, 231, 239, 245, 274, 314, 358, 371.--III, - 36, 182, 204. - - LOCH-LEVEN en Écosse, _Lochleven_, _Lochlevin_, _Lochlevyn_, - _Loclevin_, _Lothlvin_, I, 342.--II, 79.--III, 15, 22, 112, - 114.--IV, 443.--V, 374. - - LOCH-LEVEN (lord de), beau-frère du Comte de Murray, III, 34. - - _Lodonyère_, _v._ Laudonnière. - - _Loduin_, _Lodun_, _v._ Loudun. - - LOIRE (la), fleuve de France, _Loyre_, I, 21, 137, 172.--II, 9, - 10, 71.--III, 204.--VII, 20, 21, 31, 36. - - _Lois mareschalles_ (les), lois martiales, III, 177. - - LOMBRES (le Sr de), _de Lumbres_, II, 394, 396, 404, 414.--III, - 7, 11, 13, 32, 120, 132, 141, 256, 257, 465.--IV, 74, 91.--V, - 347. - - LONDRES (la chambre de), IV, 457. - - LONDRES (l'évêque de), III, 43, 87.--V, 254, 271. - - LONDRES (le maire de), I, 234.--Le _maire_ et les _échevins_ de - Londres, III, 402. _V._ Festin du maire. - - LONGUEVILLE (Léonor d'Orléans, Duc de), VII, 11, 296. - - LOPEZ (le capitaine) de la Sierra, _Lope_, I, 120-122. - - LORE (Mademoiselle de), IV, 40. - - LORGES (le jeune de), fils aîné de _Montgommery_, V, 354, 429. - --VI, 51, 301, 355,--Sa _femme_, VI, 92, 302, 355.--Le _fils - puîné_ de Montgommery, V, 470.--VI, 355, _v._ Montgommery. - - LORRAINE (la), province de France, _Lorrayne_, I, 35. Voyage du - Roi en Lorraine, 184, 248. - - LORRAINE (la maison de), VI, 392, 393. - - LORRAINE (Charles III, Duc de), I, 362.--II, 194, 257.--III, - 101, 312, 434.--VII, 57. - - LORRAINE (Claude de France, Duchesse de), fille de Henri II, - mariée à Charles, Duc de Lorraine, II, 194.--III, 101, 353. - --IV, 143.--VII, 135, 142. - - LORRAINE (Charles de Guise, cardinal de), frère de François de - Lorraine, Duc de Guise, I, 23, 103, 173, 363, 399, 415, 427. - --II, 74, 90, 125, 178, 181, 184, 194, 208, 264, 433.--III, 25, - 101, 124, 188, 236, 254, 301, 332, 361, 442, 475, 479, 480. - --IV, 25, 33, 195, 213, 385.--V, 167, 250, 272, 275, 389.--Sa - mort, VI, 355, 356, 392.--VII, 57, 58, 96, 195. Sa - conjouissance sur la Saint-Barthèlemy, 341, 342, 398, 434, 440. - - LOSSE (Mr de), _Losses_, I, 137, 288, 293.--VII, 5-8, 10. - - _Lothlvin_, _v._ Loch-Leven. - - LOTINI, Italien, émissaire d'Élisabeth en Irlande, III, 423. - - LOUDUN en Poitou, _Loduin_, _Lodun_, I, 144, 147, 148, 172. - - LOUIS XII, Roi de France, _Loys_, VI, 323. - - LOUVAIN, dans les Pays-Bas, _Louvein_, _Lovein_, II, 13.--IV, 90, - 454.--V, 424, 428.--L'_Université_ de Louvain, I, 204. - - LOUVRE (le château du) à Paris, VII, 319, 322, 324, 330, 332. - - _Lovein_, _v._ Louvain. - - LUCQUOIS (les), habitants de la principauté de Lucques en Italie, - _Lucois_, IV, 457. - - LUDOVIC (le Comte), _v._ Nassau. - - _Lumbres_ (le Sr de), _v._ Lombres (le Sr de). - - LUMEY (le Comte de), émissaire du Prince d'Orange, IV, 228, 268, - 427. - - LUMLEY (lord de), _Lomelay_, _Lomeley_, _Lomellé_, _Lomelley_, - _Lommeley_, gendre du Comte d'Arundel, I, 258.--Est mis en - arrêt, II, 257, 259, 268, 271, 273, 278, 285, 299, 301, 303, - 331, 351, 359.--III, 29, 74, 81, 97, 102, 123, 227, 391.--IV, - 83, 248.--Il est mis en liberté, V, 313.--_Lady Lumley_ sa - femme, fille du Comte d'Arundel, II, 336. - - LUNDI AORÉ (le), le lundi saint, IV, 70. - - LUNEBOURG (le Duc de), II, 196. - - LUSIGNAN en Poitou, _Lusignam_, _Luzignan_, _Luzinan_, _Luzinhan_, - I, 84, 142, 148.--II, 162.--VI, 288, 348, 353, 359. Prise de - Lusignan, 372, 375.--VII, 35, 69, 71. - - LUSITANIE (la), _v._ Portugal. - - LUXE (le Sr de), I, 173. - - LUXEMBOURG (le), province des Pays-Bas, III, 36. - - LYON, capitale du Lyonnais, _Lion_, III, 361.--Massacres de Lyon, - (Saint-Barthèlemy), V, 138, 139, 146.--VI, 225, 228, 231, 232, - 233, 236, 238. Arrivée du Roi à Lyon à son retour de Pologne, - 250, 256, 258, 262, 266, 267, 314, 329.--VII, 24. Massacres de - Lyon, 368, 475. - - LYONNAIS (le), province de France, II, 21.--VII, 428. - - -M. - - MACEY (le Sr), banquier, VI, 425. - - MACHIAVEL (Nicolas). Sentence du _Prince_ citée par Élisabeth, IV, - 145. - - MAC O'NEILL (Briant), _v._ Briant Mac O'Neill. - - MAC O'NEILL (James) d'Écosse. _Mac O'Nel_, _Maconel_, II, - 111.--IV, 340.--Porte secours aux révoltés d'Irlande, VI, 12, - 253. - - MADAME, _v._ Marguerite de France.--La _petite Madame_, _v._ Marie - Élisabeth de France. - - MADARIAGA (Pédro de), marchand espagnol établi à Londres, I, 120. - - MADEN (le capitaine), IV, 410. - - MADÈRE (la), la flotte de Madère, III, 326. - - MAGIE, reproche fait au Comte de Bothwell d'avoir employé la magie - contre Marie Stuart, I, 20. - - MAHOMÉTANS (les), V, 139. - - MAILLY (Mr de), VII, 167. - - MALASSISE, (Mr de Mesmes, seigneur de), _Malassize_, I, 173. - --Négociateur avec M. de Biron, de la paix dite _Boiteuse et - Malassise_, III, 164.--VII, 108, 114, 123. - - MALINES dans les Pays-Bas, _Malignes_, IV, 454. - - MALRAS (le Sr de), I, 97. - - MAN (l'île de), dans la mer d'Irlande, IV, 262. - - _Mandossa_ (don Bernardin de), _v._ Mendoce. - - MANN, ambassadeur d'Angleterre auprès de Philippe II, en 1568, I, - 97, 254. - - MANSFELD (Wolrad, Comte de), lieutenant du duc de Deux-Ponts, - _Mansfelt_, _Mensfelt_. Prend le commandement de l'armée - allemande après la mort du duc, II, 69, 70, 156, 387.--Il est - tué à la bataille de Moncontour, VII, 64. - - MANSFELD (le jeune Comte de), frère du précédent. Sa mission en - Allemagne, II, 395, 396, 404, 407, 413.--III, 7, 11, 13, 16, 40, - 45, 57, 205, 405. - - MANSFELD (Henri de), colonel des Reitres, _Harn Mansefald_, VII, - 67. - - MANSFELD, l'un des chefs des Reitres, _Mansefale_, est tué la - veille de la bataille de Moncontour, VII, 65. - - MANSFELD (Pierre Ernest, Comte de), commandant le secours envoyé - par le duc d'Albe à Charles IX, II, 69. - - MAR (lord Erskine, Comte de), régent d'Écosse en 1571, après la - mort du Comte de Lennox, II, 390.--III, 74, 98, 107, 131, 152, - 159, 237, 329.--IV, 27, 211. Il est nommé régent, 232, 236, - 238, 243, 244, 267, 310, 313, 324, 378, 455.--V, 136, 156, 176, - 181. Sa mort, 199, 203, 224.--VII, 326, 328, 360, 387.--La - _Comtesse de Mar_, V, 224, 309.--VI, 481.--La _fille_ de la - Comtesse de Mar est mariée au Comte d'Angus, VI, 481. Le _frère_ - du Comte de Mar, _v._ Erskine (Alexandre). - - MAR (le jeune Comte de), fils aîné du précédent «le fils ainé du - Comte de Mar», II, 390. - - MARANS, dans le pays d'Aunis, _Maran_, III, 115. - - MARCHÉ pour livrer le Comte de Northumberland à Élisabeth, III, - 112. - - MARCHES D'OUEST (les). Invasion de lord Scroop en Écosse par les - Marches d'Ouest, III, 140. - - MARCONVILLE (le Sr de), envoyé par les révoltés du Nord auprès du - Duc d'Albe, II, 424. - - MARDI-GRAS (le), V, 251. - - _Mareschal_ (le Comte), lord écossais du parti du Comte de Morton, - III, 74. - - MARGUERITE DE FRANCE (_Madame_, puis _la jeune Reine de Navarre_), - fille de Henri II, et de Catherine de Médicis, mariée au Roi de - Navarre, depuis Henri IV. Projet de son mariage avec Sébastien, - Roi de Portugal, I, 68.--II, 190, 230, 309.--III, 126, 301.--IV, - 143, 240, 245, 461.--V, 65, 80, 116. Mariée au Roi de Navarre, - 235, 458.--VII, 40, 66, 242-244, 303, 314, 475. - - MARIAGE du Roi avec Élisabeth d'Autriche, II, 73, 190, 230.--III, - 350.--VI, 381. Communication officielle du mariage du Roi à - Élisabeth, 390.--VII, 30, 40, 61. - - MARIAGE (projets de). Divers projets de mariages d'Élisabeth, II, - 115, 116, 119, 355.--III, 77, 125. Avec l'_Archiduc Charles - d'Autriche_, 348, 356.--Avec le _Prince Ernest d'Autriche_, VI, - 223. Avec don _Juan d'Autriche_, _ibid._--Avec le _frère_ du Roi - de Danemark, VII, 191.--Avec _Henri, Prince de Navarre_, III, - 359.--IV, 225, 239-241, 245, 246, 461.--VII, 249. - - MARIAGE (projet de) d'Élisabeth avec le Duc d'Anjou. Proposition - du mariage, III, 357, 358, 415, 416, 466. Négociation du - mariage, 8, 10. Renonciation du Duc d'Anjou au mariage, 11, 22, - 41. Proposition officielle, 59. Discussion du contrat, 61, 78, - 92, 123. Articles du contrat, 129, 148, 155, 163, 173, 180, 186, - 189, 195, 200, 208, 210, 224, 239. Rupture de la négociation, - 257.--Explication sur la négociation du mariage, V, 29.--VII, - 143, 183, 190, 199. - - MARIAGE (projet de) d'Élisabeth avec le Duc d'Alençon. Proposition - du mariage, V, 19. Détails particuliers sur la négociation du - mariage, 22. Négociation du mariage, 44, 54, 61, 63. Difficulté - de renouer cette négociation après la Saint-Barthèlemy, 137, - 149, 158, 163, 171, 177, 220. Réponse d'Élisabeth, sur la - négociation, 286, 289, 297, 350, 394, 458, 465, 474.--VI, 1, 7, - 14. Consentement d'Élisabeth à une entrevue secrète, 22, 25, 29, - 37, 53, 57, 78, 117. Proposition de reprendre la négociation, - 472, 483. Communication confidentielle, 484, 488, 499. Réponse - d'Élisabeth, 502. État de la négociation, 505.--VII, 179, 183. - - MARIAGE (projet de) de Marie Stuart avec le _Duc de Norfolk_, II, - 126. _Lettre secrète._ Détails sur le projet de mariage du Duc - de Norfolk avec Marie Stuart. Sollicitations du Duc auprès de - l'Ambassadeur. Propositions du Duc, 194. _Lettre secrète._ - Débats élevés entre Élisabeth et le Duc de Norfolk au sujet de - son mariage projeté avec Marie Stuart, 236, 247. Mécontentement - témoigné par Élisabeth à Marie Stuart au sujet de son projet de - mariage avec le Duc de Norfolk, 251. Prudence de l'Ambassadeur - dans la négociation de ce mariage, 262. Affaires du Duc de - Norfolk et de Marie Stuart, 268, 300, 302, 421.--III, 24, 42, - 44, 78.--VII, 35, 53-57, 69, 71, 73. - - MARIAGE (projet de) de Marie Stuart avec _don Juan_, II, 423, 475. - --IV, 90.--VII, 214.--Avec _Monsieur_, IV, 20, 25.--V, 266.--VI, - 338 (alors Henri III). - - MARIE (la Vierge), VI, 234. - - MARIE Ire, Reine d'Angleterre, fille de Henri VIII et de Catherine - d'Aragon, «la feue Reine Marie», III, 324, 440.--IV, 59, 67, - 130, 156, 240.--V, 106.--VI, 11, 221, 348. - - MARIE D'AUTRICHE, Impératrice d'Allemagne, fille de Charles-Quint, - femme de Maximilien II, l'_Imperatrix_, III, 349.--Est l'une des - marraines de la fille du Roi, V, 215, 219, 235.--VII, 399, 401. - - MARIE ÉLISABETH DE FRANCE, la petite _Madame_, fille de Charles IX - et d'Élisabeth d'Autriche, V, 195, 215, 235, 263, 264.--VII, - 383, 401-403. - - MARIE STUART, Reine d'Écosse, fille de Jacques V et de Marie de - Lorraine, prisonnière en Angleterre, I. Assemblée convoquée à - Hamptoncourt, pour statuer sur son sort, 11. Conférence d'York, - 12. Efforts pour la conduire dans l'intérieur de l'Angleterre, - 12, 13, 15. Assemblée d'Hamptoncourt, 16, 17. Prétention de - juridiction sur elle, 18. Lettres qui lui sont reprochées, 19. - Suspectes de faux, _ibid_. Danger de Marie Stuart, 23. Avocat - qu'il faut envoyer de Paris, _ibid_, 25-33, 36, 38. Remontrances - en sa faveur, 50, 51. Consultation contre elle, 57, 65, 78, 79. - Proposition faite à Élisabeth par les députés de Marie, 80. - Réponse, 82, 87, 88, 92, 102. Procédure: elle est remise au - comte de Shrewsbury, 103, 116, 118, 132, 161, 162, 169, 171, - 179. Conduite à Tutbury, 187-189, 195, 203-206. Accusation au - sujet de la cession de ses droits à la couronne d'Angleterre, - 229. (_voy._ Cession.) 235, 237, 238, 241, 283, 286, 290, 295, - 297, 301, 306, 312, 313, 328, 331, 332, 334, 335, 338, 342-344, - 346, 348, 356, 369, 372. Recommandation en sa faveur, 375, 376, - 378-382, 384, 388, 390, 399. Sa maladie, 403, 410, 411, 412, - 419, 421, 422, 425, 427, 429, 431, 433.--II, 6, 17. Promesse - d'Élisabeth en faveur de Marie Stuart, 28, 48. _Mémoire_ du fait - de la Reine d'Écosse, 56. Ses droits à la couronne d'Angleterre, - 57. Conditions de l'accord proposé pour le rétablissement de - Marie Stuart, en Écosse, 58, 59, 65, 76, 78, 94, 105, 114, 115, - 118, 122-125. Projet de mariage de Marie Stuart avec le Duc de - Norfolk, 126. (_voy._ Mariage) 127, 128, 136, 143, 149, 154, - 168, 169, 172-177, 179. État de ses affaires, 192-194, 199. - Mémoire, 204. Réclamation de l'Ambassadeur, 209. Réponse - d'Élisabeth, 211-213. _Avis secret_; instances faites auprès de - Marie Stuart par l'Espagne, pour qu'elle se remette entièrement - à la discrétion de Philippe II, 214-217, 219, 220. Nécessité de - lui porter secours. 221, 233, 234, 236, 242. Mesures rigoureuses - prises contre elle, 246-248, 251. Instance de Marie Stuart, pour - que l'Ambassadeur s'oppose à ce qu'elle soit livrée au Comte de - Huntingdon et au Vicomte de Hereford, 254, 256, 257, 261, 262. - Supplications de Marie Stuart, pour que la France ne l'abandonne - pas, 263, 268-272, 275, 278-282, 285-287, 289-291, 299-301, - 303-307, 311-313, 319, 320, 331, 333, 338. Instances de Marie - Stuart auprès d'Élisabeth, 343, 346, 349, 351-353, 355. État de - ses affaires, 356, 357, 362-364, 369, 370. Elle est conduite à - Coventry, 377, 381, 383, 386, 387. Projet d'Élisabeth de livrer - Marie Stuart au Comte de Murray, 389, 390, 399, 400, 406, 408, - 413. État de ses affaires, 414, 417, 420-422. Proposition de son - mariage avec don Juan, 423, (_voy._ Mariage). Instance de Marie - Stuart, pour obtenir son rétablissement en Écosse, ou la - permission de passer en France, même en payant rançon, 428, 433, - 435, 437.--III, 5, 6, 8, 12, 13, 15, 22, 23. Proposition de son - mariage avec Leicester. 24. Propositions qui lui sont faites, - _ibid._, 27-30, 34, 38, 42, 43, 45, 46, 49, 52, 53, 56, 62, 65, - 66, 70, 72, 74, 75. Projet pour le rétablissement de Marie - Stuart en Écosse et de la religion catholique en Angleterre, - 76-78, 80, 81, 83, 87, 93, 95-97, 100-102, 103, 104, 106-108, - 111, 114, 116, 118-120, 123-125, 131-136, 138-140, 142, 144-149, - 154-156. Proposition d'un accord, touchant Marie Stuart et - l'Écosse, 157, 159-162, 166-173, 176, 178. Conditions de sa - restitution, 179, 180, 184, 185, 187, 189, 191-195, 197, 199, - 200-203, 206-208, 213. Conditions du traité, 214, 219, 222, 224, - 225, 227. _Mémoire._ Articles du traité, 228-230, 233-237, 240, - 241, 248, 252-255, 259. Visite de Mr de Poigny à Marie Stuart, - 263-267, 269, 271, 275, 277, 278, 282, 287, 292, 293, 296. - _Mémoire secret._ Dévouement du Duc de Norfolk à Marie Stuart, - 299, 300, 301, 305, 307, 308, 310, 311, 314, 319, 320. Cecil - envoyé vers Marie Stuart, 321, 323, 324. Conditions qui lui sont - proposées, 328-331, 335-338, 341-345. Négociation, 346, 350-352, - 354, 357, 359-366, 368, 369, 371-374, 376-381, 385, 387. - Opinions émises dans le conseil contre elle, 388-392, 394, 395. - Sa maladie, 397, 398. Négociation, 399, 400, 403, 404, 409, 411, - 412, 414, 421, 422, 428, 437, 441-444, 452, 457, 463, 465, 466, - 471, 474, 475, 479, 480.--IV, 1. Négociation, 2-6, 14-16, 18-21, - 25-27, 29, 33, 36, 37, 39, 47, 51, 52, 55-57, 69, 71, 72, 76, - 77, 80-84, 90, 92, 104, 107, 108, 111-119, 121. Irritation - d'Élisabeth, 122. Succès des partisans de Marie Stuart en - Écosse, 139, 141, 145-147, 152, 154, 158-162, 172, 175, 177, - 182-185, 194, 195, 197. Nouveau complot reproché à Marie Stuart, - 198, 200, 203-205, 212, 213, 215, 221, 228, 229. Danger de Marie - Stuart, 230, 233-239, 241-244, 246, 247, 250, 253-257, 259, - 262-264, 270, 271, 274, 275, 278. Résolution d'Élisabeth de - retenir Marie Stuart toute sa vie prisonnière, 283, 285, 287, - 289, 292, 299. Libelle contre Marie Stuart, 301, 303, 305, 306, - 308, 309, 311, 318, 320, 321, 323, 325-327, 330-332, 335, 338, - 344, 350, 359, 363, 374, 375, 378, 379, 381, 384, 386, 387, 391. - Lettre de Marie Stuart au Duc d'Albe, 393-395. Irritation - d'Élisabeth, 397, 398, 401-405, 408, 413, 417, 423, 426, 429, - 431, 438, 443, 451, 457. Danger de Marie Stuart, 460, - 464-466.--V, 3-6. Détails, 8. Résolution prise contre Marie - Stuart, 10, 11, 27, 37. Résolution, 42, 54, 64, 83, 114, 121. - Danger de Marie Stuart, 133. Reproche fait à Marie Stuart, 157, - 176, 183, 190, 199, 203, 210-212, 227, 235, 237, 247, 250, 266, - 273, 290, 302, 308, 311, 319, 337, 364, 374, 379, 389, 390. - Mission près de Marie Stuart, 392. Ses sollicitations, 394-396, - 402, 411, 427, 442, 450, 452. Irritation d'Élisabeth, 470, - 471.--VI, 34. Dénonciation contre Marie Stuart, 44, 64, 76, 122, - 126, 142. Intelligence de Marie Stuart et du Roi d'Espagne, 168, - 169, 204, 244, 245, 247, 251, 257, 263, 265, 271, 274, 276, - 278, 279, 288. Danger de Marie Stuart, 289, 311, 312, 319, 328. - 338, 341, 349, 355. État de ses affaires, 356, 361. Saisie de - lettres, 362, 375, 376, 381, 391, 397, 398, 400, 404, 414, 419. - 420. Danger de Marie Stuart, 427. Poursuites an sujet de Marie - Stuart, 429, 440, 464, 475, 490. Mission donnée à l'Ambassadeur - de se rendre auprès de Marie Stuart et en Écosse, et refus - d'Élisabeth, 495. Craintes pour Marie Stuart, 497, 501, 502, - 505, 506.--VII, 22, 35, 46, 47, 49, 51, 53, 54, 55, 57, 59-61, - 68-73, 89, 92, 93, 96, 102-105, 109-117, 119, 120, 122, 126, - 127, 129-134, 136-139, 142, 146, 150-159, 161-166, 168, 172-175, - 181, 186-188, 193, 195, 197, 198, 201-203, 204, 206, 207, 209, - 212-215, 218-222, 224, 225, 237, 238, 245, 247, 248, 250, 251, - 254, 257, 258, 262, 263, 266, 270, 271, 275, 278, 282, 285-287, - 289, 303, 305, 312, 313, 319, 321, 327, 337, 372, 387, 434, 447, - 478. - - MARMOUTIERS en Touraine, _Marmoutier_, VII, 58. - - MARRAINE. Consentement d'Élisabeth à être marraine de la fille du - Roi, V, 195. Son acceptation officielle, 218.--VII, 378, 399, - _v._ Marie d'Autriche. - - MARSEILLE en Provence, I, 76.--III, 126.--VII, 359, 370. - - MARSO (Me), gouverneur des marchands à Londres, II, 412. - - MARSSHAL (Jean), marchand anglais, I, 174. - - MARTIGUES (Sébastien de Luxembourg, Vicomte de), I, 137, 140, 362, - 389.--II, 68, 193, 206, 286.--VII, 7. - - MARTINENGUE (le Comte de), 417. - - MARTINEZ (le Sr de), agent de Mr de Laval à Londres, VI, 426. - - MARTINEZ (Pedro), marchand espagnol établi à Londres, I, 120. - - MASIN DELBÈNE (le capitaine), _Mazin_, VI, 7.--VII, 451. - - MATIGNON (Jacques de), VI, 72, 105, 112, 126, 144, 168, 302.--VII, - 458, 467. - - MAURES (les) d'Espagne, _Mores_, I, 205.--II, 107.--Révolte des - Mores, III, 124, 126, 144, 174, 183, 184, 226. Convention faite - avec eux, 259, 333, 360, 375, 406, 426, 430.--IV, 8.--V, 139. - - MAUREVERT (Louviers de), _Mourevert_, VI, 475. - - MAURICE (Arthus), VI, 378. - - MAUVISSIÈRE (Michel Castelnau de), successeur de La Mothe Fénélon, - I, 245.--IV, 343.--V, 7, 186. Sa mission en Angleterre à - l'occasion du baptême de la fille du Roi, 213, 214, 215, 216, - 217, 218, 221. Son audience de congé, 222, 236.--VI, 408, 437. - Désigné comme successeur de La Mothe Fénélon, 479, 492, 496, - 497. Son audience de présentation, 498, 499, 500, 506.--VII, - 347, 368, 371, 399, 400. - - MAXWEL (lord de), _Maxouel_, IV, 455. - - MAYENCE (l'archevêque de), _Mayance_, III, 353.--VII, 135. - - MAINE (le Marquis du), _Mayne_, Blessé à Moncontour, V, - 313.--Blessé à l'assaut de la Rochelle, VII, 67. - - _Mayne_ (le Marquis de), _v._ Maine (le Marquis du). - - MAYSONFLEUR (le capitaine), V, 263, 294, 392, 428. - - _Mazin_ (le capitaine), _v._ Masin. - - MEAUX en Brie, _Meaulx_, journée de Meaux, I, 27, 196.--V, 214. - - MEDINA CELI (le Duc de), _Medina Celly_, _Coeli_, III, 347, 371, - 375, 426, 453.--IV, 74, 318, 402, 420, 454.--V, 43, 60, 117, - 425. - - _Melain_, (le capitaine), _v._ Melvin. - - _Meldebourg_, _v._ Middelbourg. - - MELENDES (Pero), amiral Espagnol, IV, 17.--VI, 213. - - _Melin_ (Robert), _v._ Melvin. - - MELUN dans l'Île-de-France, _Meleun_, V, 359.--VII, 365. - - MELVIN (le capitaine), _Melain_. Il fait une sortie du château - d'Édimbourg, IV, 139. Sa mort, 152. - - MELVIN (Robert), _Melin_, _Melvyn_, III, 118.--IV, 279.--Pris dans - le château d'Édimbourg, V, 392, 397. Il est mis en liberté - 451.--Son _frère_, agent du comte Palatin, VI, 249. - - MÉMOIRES GÉNÉRAUX de l'Ambassadeur, I, 73, 96, 164, 225, 320, 384, - 403.--II, 42, 104, 196, 299.--III, 54, 72, 93, 122, 144, 181, - 225, 250, 294, 331, 360, 389, 421, 462.--IV, 14, 61, 306, 408, - 450.--V, 230, 234, 239, 255, 263, 275, 282, 284, 303, 315, 366, - 376, 378, 389.--VI, 92, 160, 181, 185, 217, 229, 306, 312, 337. - - MÉMOIRES SECRETS de l'Ambassadeur, I, 104, 169, 233, 258, - 329.--II, 269, 351, 356, 417, 421.--III, 27, 76, 95, 125, 148, - 185, 228, 254, 299, 466. - - MENDOCE (don Bernardin de), envoyé par Philippe II en Angleterre - après la Saint-Barthèlemy, _Mandossa_, _Mendossa_, VI, 184, 195. - Son audience, 197, 199. Détails de sa négociation, 217, 219, - 222, 223, 253, 418. - - MENDOCE (Jean), _Mendossa_, retenu prisonnier en Irlande, I, 352. - - _Mensfelt_, (le Comte de), _v._ Mansfeld. - - MERLEY, l'un des chefs des révoltés du Nord, VI, 95. - - MÉRU (Charles de Montmorenci, seigneur de), 3e fils du connétable, - frère du Duc de Montmorenci et du maréchal de Damville. Se - réfugie en Angleterre après l'arrestation de son frère, VI, 229, - 233, 235, 237, 242. Négociation de Mr de Méru, 248, 269, 292, - 301, 305, 308, 310, 312, 314, 339, 340, 355, 357, 362, 378, 380, - 414, 422, 425, 442, 443, 448. Son départ pour l'Allemagne, 456, - 461, 469, 470, 471, 482, 491.--Ses deux _frères_, VI, 414, _v._ - Montmorenci (le Duc de) et Damville (le maréchal de). - - MÉSINTELLIGENCES à la cour de France, VI, 65. - - MESLAY SUR LOIRE, ville prise par les protestants, _Mesle_, I, - 147. - - MÉZIÈRES en Champagne, _Mésières_, III, 353, 383.--VII, 135, 142, - 155, 160, 163. - - MÉZIÈRES (la dame de), VII, 3. - - MESSEN (madame), V, 354. - - METZ en Lorraine, _Mets_. Voyage de Metz, V, 447, 459.--VII, 16, - 429.--Les _soldats_ de Metz, I, 43. - - MEXICO, nom sous lequel se trouve désigné le port de la Vera Cruz - au Mexique. Désastre de la flotte de sir John Hawkins, I, 179, - 182, 272. - - MEYNIER, ministre protestant réfugié en Angleterre, I, 38. - - MICHEL (le capitaine) de Cornwal, _Cornaith_, I, 214. - - MICHELS (les armateurs) de Plymouth, _Plemmue_. Des lettres de - marque leur sont données, I, 26. Elles leur sont retirées, 55, - 87. - - MIDDELBOURG, dans les Pays-Bas, _Meldelbourg_, _Mildelbourg_, V, - 456.--VI, 31. Est pris sur les Espagnols par les Gueux, 48, 76. - - MIDDLESMOOR (Me), _Mildemor_, _Milmor_, I, 232, 281.--IV, 440.--V, - 38, 39, 41, 44, 52, 59.--VII, 296. - - MIGEAN (le Sr), réfugié en Angleterre après la Saint-Barthèlemy, - V, 155.--Et son _fils_, V, 155. - - MIGNON (le), navire, I, 183. - - MILAN (l'état ou duché de), VI, 241, 338. - - _Mildelbourg_, _v._ Middelbourg. - - _Mildemor_, _Milmor_, _v._ Middlesmoor. - - MILDMAY (le chevalier Walter), _Mildmay_, _Milme_, _Milmey_, I, - 170, 175, 267.--II, 285.--III, 305, 307, 311, 314, 319, 320, - 327, 335, 361, 429.--IV, 3, 109, 372.--VII, 134, 149. - - MILLAR (Jehan), marchand anglais, I, 174. - - _Milmay_, _Milme_, _v._ Mildmay. - - _Mioncens_ (de), _v._ Miossens. - - MIOSSENS (Henri d'Albret, Baron de), _de Mioncens_. Envoyé par le - Roi de Navarre auprès du Roi de Pologne après la mort de Charles - IX, VI, 148. - - _Mirabeau_, _v._ Mirebeau. - - MIRAMBEAU (le Baron de), _Miranbeau_, VI, 358, 482. - - MIREBALAIS (le), dans le Haut-Poitou, _Myrebalays_, _Myrebalais_, - I, 139, 142. - - MIREBEAU en Poitou, _Mirabeau_, VII, 66. - - MISERY (le Sr de), envoyé par le Roi auprès des protestants, VI, - 482. - - MOLIENS (le Sr de), V, 292, 296.--VI, 122. - - _Monbrun_ (le capitaine), _v._ Montbrun. - - MONCEAUX ou MOUCEAUX près Paris, _Monceaulx_, VII, 232, 233. - - MONCONTOUR (victoire de), remportée par le Duc d'Anjou, sur - l'Amiral Coligni, le 3 octobre 1569, II, 281, 286, 287, 291, - 292. Effet produit à Londres par cette victoire, 294, 296, 298, - 309, 311, 312, 314, 337, 354, 359, 386, 388.--VII, 62-64. - Relation sommaire de la bataille, 65, 66. - - MONDOUCET (Mr de), agent du Roi en Flandre, _Mondocet_, - _Mondoulcet_, IV, 316, 322.--VII, 279. - - MONDURANT (le capitaine), ou _Montdurant_, nom de guerre de La - Moyssonnyère, _v._ La Moyssonnyère. - - _Monluc_, _v._ Montluc. - - MONPIPEAU près Paris, VII, 294. - - MONS dans les Pays-Bas, _Monts_, _Montz_, V, 44, 78, 153, 161, - 162, 182.--VII, 314. - - MONSALÈS (Mr de), _Monsaleys_, I, 141, VII, 2. - - MONSIEUR, _v._ Henri, Duc d'Anjou. - - MONT (le docteur), _v._ Dumont. - - MONTAFIÉ (le Sr de), envoyé de France à Élisabeth après la - bataille de Jarnac, _Montaffier_, I, 300. Son audience, 302, - 303, 305-308, 312. - - MONTAIGU (le lord Vicomte de), beau-frère de lord Dacre, - _Montégu_, I, 198.--II, 348, 379, 382, 385, 423, 424.--III, 227, - 391.--VI, 18, 32. - - MONTAUBAN, dans le Haut-Languedoc, _Montaulban_, _Monthaulban_, I, - 147--II, 162, 393.--III, 182.--V, 367.--VI, 283.--VII, 78, 428. - - MONTBRUN (le capitaine), _Monbrun_, VI, 288, 362, 475. - - MONTCLAR (le Vicomte de), l'un des quatre vicomtes, I, 172, _v._ - Vicomtes (les). - - _Montégu_ (lord de), _v._ Montaigu. - - MONTGOMMERY (Gabriel de Lorges, Comte de), _Mongommery_, - _Montgomeri_, _Montgomery_, _Montgommory_, I, 148, 362.--II, 8, - 162, 322, 333.--IV, 293, 296. Montgommery à Londres, 298, 299, - 311, 318. Sa négociation, 319.--V, 135, 136, 145, 155, 175. - Réfugié à Jersey après la Saint-Barthèlemy, 135, 136. Refus - d'Élisabeth de livrer Montgommery, 155, 202, 207, 209, 240, 242, - 250. Ses armements et ses projets, 260, 262. Ses préparatifs de - guerre, 263, 265. Efforts de l'Ambassadeur pour empêcher - l'exécution de ses projets, 268, 269, 270, 271. Expédition de - Montgommery, 273, 274, 278, 279, 280, 282, 284, 286. Négociation - au sujet de Montgommery, 289, 293, 294, 304-307, 309. Départ de - son expédition, 310, 312, 313, 314, 317, 319. Sa retraite de - devant la Rochelle, 321, 322, 323, 324, 326, 330, 331, 332, 338, - 339, 340, 343, 344, 347, 354, 355, 361, 364, 372, 375, 384, 393. - Soupçon contre Montgommery, 402, 412, 428, 429, 462. Sa - soumission, 466, 467. Il se rend à Jersey, 469.--VI, 18, 51, 59. - Craintes qu'il inspire à l'Ambassadeur, 62. Soupçons contre lui, - 67. Sa descente en France, 69, 71, 72. Protestation d'Élisabeth - au sujet de la nouvelle expédition de Montgommery, 73. Prise de - Carentan par Montgommery, 77, 78, 79. Motifs justificatifs de sa - prise d'armes, 80, 86, 89, 92, 93, 96, 103, 105, 108, 112, 120, - 123, 125, 126. Il est fait prisonnier, 142, 148, 161. Son - exécution, 167, 169, 175, 181, 187, 192, 252, 328.--VII, 10, 56, - 57, 80, 330, 338, 353, 382, 386, 396, 397, 411, 412, 415, 419, - 420, 455, 456, 459, 465, 466.--Ses _fils_, V, 470.--VI, 51, 92, - 355, _v._ Lorges (de).--Le _frère_ du Comte de Montgommery, tué - de guet-apens, VI, 77.--Son _beau-frère_, V, 175, 393, 428.--Ses - _enfants_ et _petits enfants_, V, 384. 462.--VI, 89.--Ses - _filles_, V, 462.--L'une de ses _filles_, veuve, V, 470.--Sa - _fille_ mariée à sir Arthus Chambernon, IV, 298.--V, 136.--VI, - 123.--VII, 466.--Son _beau-fils_, V, 319. - - MONTGOMMERY (la Comtesse de), femme du précédent, II, 281.--V, - 340, 344, 384.--VI, 29, 51, 59, 74, 75, 89, 92, 120, 301.--La - famille de la Comtesse de Montgommery, VI, 301. - - MONTGOMMERY, capitaine écossais, V, 453, 455. - - _Monthaulban_, _v._ Montauban. - - MONT-LEROY (le Sr de), VI, 101. - - MONTLOUET (Mr de). Sa mission en Angleterre pour les affaires - d'Écosse, III, 33, 34, 37-43, 45, 47, 49, 54, 62, 87.--VII, - 77-79, 90, 93, 94. - - MONTLUC (Blaise de Lasseran-Massencome, seigneur de), maréchal de - France, _Monluc_, I, 137, 356.--VI, 348.--VII, 24, 56. - - MONTLUC (le jeune capitaine), l'un des fils du précédent, est - arrêté en Angleterre en revenant de Pologne, V, 154. - - MONTMÉDY (le Sr de) est fait prisonnier à Jarnac, VII, 10. - - MONTMORENCI (la maison de), _Montmorency_, VI, 313, 314, 339. Les - _trois frères_ de Montmorenci, VI, 417, _v._ Montmorenci (le Duc - de), Damville (le Maréchal de) et Méru (Mr de). - - MONTMORENCI (Anne de), Connétable de France, II, 182, 183.--VI, - 313.--Madame _la Connétable_ sa femme, VI, 233. - - MONTMORENCI (François, duc de), Maréchal de France, fils aîné du - Connétable, I, 415.--IV, 94, 134, 165, 168, 170, 174, 175, 211, - 214, 311, 366, 368, 432, 433. Ordre de la Jarretière donné à Mr - de Montmorenci, 436, 437, 438, 444, 446, 449, 450, 453, 459, - 462-464, 466, 469.--Sa mission en Angleterre avec Mr de Fois à - l'occasion du traité d'alliance et du projet de mariage - d'Élisabeth avec le Duc d'Anjou, V, 7, 9-19, 23-31, 35-39, - 42-44, 46-48, 50, 53, 57, 61-63, 66, 69, 72, 86, 92-94, 103, - 151, 403.--VI, 66, 109. Il est arrêté à l'occasion du complot de - Saint-Germain, 110, 111, 113, 115, 122, 133, 138, 181, 234, 238, - 269, 315.--VII, 204, 289-294, 298, 305-307, 312, 316, 320, 336. - - MONTMORENCI (Henri de), Maréchal de Damville, _v._ Damville. - - MONTMORENCI (Charles de), seigneur de Méru, _v._ Méru. - - MONTMORYN (Mr de); _Montmorin_, I, 66, 67. - - MONTPELLIER en Languedoc, _Montpélier_, VI, 288. - - MONTPENSIER (Louis de Bourbon, 2e du nom, Duc de), Prince Dauphin - d'Auvergne, I, 137, 148, 293, 431.--III, 402.--V, 111.--VI, 105, - 148, 288, 340, 348, 353, 372.--VII, 4, 7, 78, 231, 458. - - MONTPENSIER (madame de Nevers de), IV, 127, 207.--VII, 231. - - MONTPENSIER (Charlotte de), ancienne abbesse de Jouarre, Princesse - d'Orange par son mariage avec le Prince d'Orange, _voy._ Jouarre - (Mme de). - - MONTPENSIER (mademoiselle de), fille du Duc de Montpensier, V, 40, - 111. - - _Montrebelay_, _Montrubelay_, près Saumur, en Anjou, I, 146, 147, - peut-être Montrevault. - - MONTREUIL-SUR-MER en Picardie, III, 478. - - MONTROSE dans le comté de Forfar, en Écosse, _Montroz_, III, 335. - - MONTSALLES (Mr de), _v._ Monsalès. - - _Mora_ (le Comte de), _v._ Murray (le Comte de). - - _Morconnel_ (le sir de), seigneur anglais compromis dans la - révolte du Nord, II, 348. - - MORES (les), _v._ Maures. - - MORES (le capitaine Thomas), I, 214. - - MORETTE (le Comte de), _Morète_, I, 362. - - MORGUEN (le capitaine), IV, 410.--V, 281, 309.--VI, 472, 493. - - MORICE (le capitaine), I, 214. - - MORLEY (lord de), beau-fils du Comte de Derby, _Morlay_, _Morle_, - II, 348.--III, 196, 199. - - MORLAIX en Bretagne, _Morleys_, VII, 181. - - MORT du Roi Charles IX. Nouvelle de la mort du Roi, VI, 138, 139. - Communication officielle faite à Élisabeth, 150, 151.--VII, 468. - - MORTAIN dans la basse Normandie, _Mortaing_, VII, 115. - - MORTON (le Comte de), régent d'Écosse en 1572, après la mort du - Comte de Mar, _Morthon_, _Mourton_, I, 57, 301.--II, 204, 279, - 390.--III, 45, 46, 52, 74, 83, 98, 107, 118, 152, 156, 159, 167, - 170, 172, 175, 200, 237, 367, 400, 437, 465, 471, 479, 481.--IV, - 2, 3, 5, 14-16, 18, 19-21, 26, 33, 34, 36, 37, 39, 47, 51, 52, - 56, 90, 115, 121, 122, 138, 139, 140, 154, 172, 177, 185, 194, - 195, 198, 199, 206, 211, 212, 215, 228, 230, 237, 267, 310, 313, - 425.--V, 156, 211. Il est déclaré régent d'Écosse, 224, 227, - 231, 238, 243, 244, 253, 259, 261, 291, 292, 305, 306, 308, 309, - 311, 312, 315, 324, 327, 329, 331, 357, 344, 348-350, 355, 362, - 364, 374, 375, 378, 383-385, 387, 391, 392, 397, 402. Ses excès, - 410, 411, 413, 418, 430, 441, 450, 451, 456.--VI, 5, 32, 33, 64, - 76, 122, 126, 142, 166, 185, 204, 211, 227, 247, 265, 274, 279, - 287, 293, 342, 376, 381, 404, 415, 424, 427, 430, 440, 441, 451, - 459, 464, 472, 481, 497.--VII, 197, 201, 202, 206, 208, 209, - 211, 213, 237, 245, 246, 247, 255, 360, 409, 419.--La _femme_ du - Comte de Morton, sa mort, VI, 247. - - MORVILLIERS (Mr de), évêque d'Orléans, _Morvillier_, I, 265.--IV, - 311.--Sa lettre à La Mothe Fénélon sur les devoirs d'un - ambassadeur, VII, 97. - - MOSCOVIE, _Moscouvie_, _Moscouvye_. Arrivée à Londres d'un - ambassadeur du Duc de Moscovie, II, 192. Ambassadeur - d'Angleterre en Moscovie, 260.--L'ambassadeur de Moscovie, III, - 375.--V, 342, 364, 427. - - MOSELLE (la), rivière de France, _Mozelle_, I, 185. - - MOULINS (le Sr), plaintes de Marie Stuart contre lui, II, 437. - - _Mourevert_, _v._ Maurevert. - - MOUCEAUX, _v._ Monceaux. - - MOUVEMENTS dans les comtés de Suffolk et de Norfolk, II, 135. - - MOUY (le Sr de), _Mouny_, I, 415.--Le _jeune_ Mouy, II, 152.--VII, - 332.--La _fille_ de madame de Mouy, III, 39. - - _Moissonnyère_, _v._ La Moyssonnyère. - - MUER (le capitaine), gentilhomme écossais, II, 281. - - MUNSTER, en Westphalie, III, 249.--L'_évêque_ de Münster, III, - 249. - - MURRAY (le Comte de), bâtard d'Écosse, fils naturel de Jacques V - et de Marguerite Erskine, frère consanguin de Marie Stuart, - régent d'Écosse, _le Comte de Mora_, I, 12, 41, 49, 50, 57, 58, - 79-82, 101, 102, 155. Secours fournis au Comte de Murray par - Élisabeth, 161, 180, 188, 195, 232, 300, 312, 328, 342, 344, - 348, 349, 356, 369, 376, 378, 379, 381-383.--II, 28, 58, 65, 76, - 115, 123, 136, 143, 149, 154, 155, 168, 179, 204, 205, 206, - 209, 210, 212, 217, 233, 242, 275, 279, 302, 304, 312, 313, 320, - 349, 362, 365, 389, 390, 399, 401, 427, 435.--III, 4, 8, 15, 22, - 30, 31, 34. Sa mort, 39, 40, 43-45, 52, 54, 55, 57, 74, 79, 107, - 116, 117, 171, 180, 265, 329, 392.--IV, 243.--VII, 60. - - _Murus_ (Jacobus), ministre d'Élisabeth, chargé de la saisie des - gallions d'Espagne, I, 349, 351. - - _Myrebalais_, _Myrebalois_, _v._ Mirebalais. - - -N. - - NANCY en Lorraine, V, 461, 463, 464, 473. - - NANTES en Bretagne, VI, 49, 362. - - NAPLES, I, 295.--VI, 477, 481. - - NARBONNE en Languedoc, VI, 111, 288. - - NARVA, ville de Russie dans le golfe de Finlande, _Narves_, II, - 192. - - NASSAU (le pays de), duché en Allemagne, _Nausau_, III, 348. - - NASSAU (le Prince d'Orange de), _v._ Orange (le Prince d'). - - NASSAU (le Comte Ludovic ou Louis de), frère du Prince d'Orange, - _Nasseau_, _Nausau_, _Naussau_, I, 43.--II, 99.--III, 464. - --IV, 48, 91.--V, 259, 272, 274, 290, 425.--VI, 93. - - NASSAU (Maurice de), le fils du Prince d'Orange, VI, 359. - - NAVARREINS en Béarn, _Navarrin_, II, 244.--VI, 56. - - NAU, serviteur de Marie Stuart, VI, 311. - - _Naussau_ (le Comte Ludovic de), _v._ Nassau. - - NAVARRE (la), IV, 374. - - NAVARRE (la Reine de), _v._ Jeanne. - - NAVARRE (le Prince et le Roi de), _v._ Henri. - - NAVARRE (la jeune Reine de), _v._ Marguerite. - - NAVARRE (Catherine de Bourbon, Princesse de), soeur du Roi de - Navarre, depuis Henri IV, II, 391.--III, 301.--IV, 91.--VI, - 230. - - NEMOURS (Jacques de Savoie, Duc de), I, 305.--II, 21, 71. - - NESLE, (l'abbaye de), en France, VI, 123, 124. - - _Neufcastel_, _Neufcasthel_, _Neufchastel_, _v._ Newcastle. - - NEUFVILLE (Nicolas de), seigneur de Villeroy, ministre secrétaire - d'état de Charles IX, VI, 105, 148.--VII, 11, 16, 27, 65. - - NEVERS (Mr de), V, 313. - - NEVERS (Mad. de), de Montpensier, _v._ Montpensier. - - NEVERS (Mlle d'Île de), _v._ Isles de Nevers. - - NEWCASTLE dans le Northumberland, _Neufcastel_, _Neufcasthel_, - _Neufchastel_, II, 28, 378, 417.--III, 128.--IV, 335. - - NEWPORT dans l'île de Wight.--Les _habitants_ de Newport, I, 351. - - NAINES de Catherine de Médicis, VI, 335. - - NICOSIE dans l'île de Chypre, _Nicocye_, III, 406. - - NIMÈGUE, dans les Pays-Bas, _Nimegen_, _Nimeguen_, III, 208, 285. - - NIORT en Poitou, _Nyort_, I, 138, 147.--II, 161, 162.--VII, 29. - - NISMES en Languedoc, _Nymes_, VI, 283, 356.--VII, 428. - - NOCES (les) du Roi, III, 381. _v._ Mariage du Roi. - - NOCES GALLIQUES (les), dont il faut se défier en Angleterre, V, - 192. - - NOERGUERME (Mr de), envoyé du Duc d'Albe en Angleterre, III, 374. - - NONCE (le) du Pape, II, 351.--III, 255, 479.--IV, 25.--VII, - 195, 440.--Les _Nonces_, III, 361. - - _Nonchic_ ou _Noncich_, maison du Comte d'Arundel, I, 115.--III, - 81. - - _Norampthon_, _v._ Northampton. - - NORD (Révolte du) en Angleterre, _v._ Révolte du Nord. - - _Noremberg_, _v._ Nuremberg. - - _Norempton_, _Norenton_ (le Marquis de), _v._ Northampton. - - NORFOLK (le comté de), _Norfolc_, I, 325, 398.--II, 142, 185, - 199, 252, 272, 360.--III, 27, 28, 227, 246, 250.--IV, 350. - - NORFOLK (Thomas Howard, quatrième Duc de), I, 11. Ses projets, 17. - Projet de son mariage avec Marie Stuart, 18, (_voy._ Mariage), - 34, 79, 82, 175, 235. Ses menaces contre Cecil, 258, 267, 385, - 405, 412.--II, 51, 53, 85, 96, 120, 123, 126, 127, 130, 132, - 194, 196, 199, 216, 217, 219, 223, 236. Irritation d'Élisabeth - contre lui, 247, 251, 252, 255, 256. Son départ subit de la - cour, 257, 259. Son retour, 260-263, 268. Détails sur le départ - du Duc de Norfolk, 269. Son arrestation, 270-272. Il est mis à - la Tour, 278, 279. Procédure criminelle contre lui, 284. - Commissaires nommés pour le juger, 285, 289, 299-301. Détails - circonstanciés de tout ce qui a rapport à l'affaire du Duc de - Norfolk, 300. Chefs d'accusation contre lui, 302, 303, 304, 313, - 331, 336, 347, 353, 355. Irritation d'Élisabeth, 356, 362-364, - 369, 381, 386. Interrogatoire du Duc de Norfolk, 406, 408, 412, - 414. Instance faite auprès du Duc de Norfolk pour qu'il renonce - à épouser Marie Stuart, 420, 421, 425.--III, 14, 21, 24, 27, - 29, 42, 44, 45, 68, 74, 76, 77, 78, 97, 102, 103, 104, 106, 123, - 173. Chefs d'accusation contre lui, 180, 184, 193, 197, 224, - 227, 239. Délibération, 246, 250, 252, 253, 258, 260, 264. Il - est mis en liberté, 299, 390, 391, 422, 452, 456.--IV, 46, 82, - 83, 92. Nouvelle accusation contre le Duc de Norfolk à raison de - l'argent envoyé pour Marie Stuart, 138, 154, 205, 227. Le Duc de - Norfolk est mis à la Tour, 228. Procédure, 229, 233-235, 244, - 246, 248, 261, 262, 264-266, 288. Irritation de Leicester contre - le Duc de Norfolk, 292, 294. Accusation de lèze-majesté contre - le Duc de Norfolk, 295, 297, 319, 321. Il est mis en jugement, - 325-327, 335, 338, 340. Sa condamnation, 346. Détails sur la - condamnation du Duc de Norfolk, 350. Déclaration du Duc de - Norfolk lors de sa condamnation, 351, 352, 358. Sollicitations - en sa faveur, 359, 364, 380, 381, 386, 391, 410, 423, 425, 427, - 457.--Exécution du Duc de Norfolk, V, 6. Détails, 8, 10, 24. - --VI, 361.--VII, 35, 53, 57, 58, 68-73, 125, 214, 254, 257, - 272, 282, 285, 287, 288.--Sa _mère_, IV, 359.--Son _fils_, - _v._ Surrey. - - _Norhampton_ (le Marquis de), _v._ Northampton. - - NORMANDIE (la), I, 11. Crainte d'une entreprise sur la Normandie, - 190, 211, 220, 238, 244, 246, 276, 282, 320, 331, 334, 393. - --II, 33, 64, 110, 141, 153, 198, 244, 273, 350.--III, 209, - 210, 216, 226, 257, 295.--IV, 207.--V, 155, 252, 261, 269, - 274, 385, 387, 426.--VI, 7, 44, 50. Expédition de Montgommery, - 69, 73, 77, 80, 86, 105, 120, 125, 134, 135, 137, 181, 187, 196, - 202, 203, 206, 281-283, 311, 340, 364, 481.--VII, 26, 29, 64, - 100-104, 114, 121, 268, 338, 345, 381, 388, 396, 434, 458, 467. - - NORMANDIE (la Basse-), II, 274. - - NORMANDS (les), I, 77, 151.--V, 202. - - _Norpont_, forteresse dans le nord de l'Angleterre, II, 378. - - NORRIS (le chevalier Henri de), ambassadeur d'Angleterre en - France, _Noreys_, _Noris_, _Norreys_, _Norrys_, _Norryss_, - _Norryz_, I, 86, 105, 127, 128, 171, 238, 239, 252, 272, 274, - 319, 324, 362.--II, 8, 16, 66, 67, 69, 101, 137, 171, 178, 206, - 220, 234, 287, 291, 312, 320, 335, 341.--III, 13, 34, 61, 70, - 75, 80, 82, 89, 100, 103, 226, 240, 245, 252, 255, 256, 262, - 272, 275, 280, 290, 301, 311, 319, 320, 355, 364, 372, 373, 376, - 378, 379, 408, 431, 432.--Il est remplacé par Walsingham, IV, - 9.--VII, 12, 14, 29, 84, 110, 135-139, 152, 157, 161, 167, 168, - 176, 177, 188, 194.--Sa _femme_, I, 245, 273.--III, 33, 311. - --Son _fils aîné_, I, 216.--II, 82, 83.--III, 9, 35. - - NORTH (lord de). Sa mission en France, VI, 236, 250, 252. - Conférence de l'ambassadeur avec lord de North, 255, 258, 262. - Ses instructions, 263, 264, 273, 278, 284, 285, 286, 292, 294. - Son arrivée en France, 295, 297, 306, 309, 311. Son retour, 312, - 316, 321. Emportement d'Élisabeth sur les rapports qui lui sont - faits par lord de North, 322, 324, 325-327, 329. Rapports de - lord de North, 330-333. Demande d'explication, 334-337, 339, - 341, 342, 349, 350, 353, 374, 377. Explications, 378, 382, 383, - 385-388. - - NORTHAMPTON, capitale du comté, _Norampthon_, V, 91. - - NORTHAMPTON (le Marquis de), _Norampton_, _Norampthon_, - _Norhampton_, _Norempton_, _Norenton_, I, 82, 236, 405.--II, - 285, 311.--III, 135, 172, 191, 429, 462.--IV, 3, 80, 94. - --VII, 228. - - NORTHUMBERLAND (le Comte de), _Northombelland_, _Northomberland_, - I, 259.--Prise d'armes par le Comte de Northumberland, II, 347. - Il se rend maître de Durham, 348, 362. Il est déclaré rebelle, - 370, 372, 375, 378. Dégradation de ses armoiries, 379, 398, 401, - 402, 411, 417, 419, 421-427.--III, 4, 6, 8, 11. Il est fait - prisonnier par les Écossais, 15, 22, 27, 30, 34, 35, 38, 39, 45, - 54, 77, 98, 112, 114, 118, 123, 146, 149, 176, 329.--IV, 324, - 363. Il est livré aux Anglais, 454.--V, 60. Son exécution, 118, - 211. - - NORTHUMBERLAND (la Comtesse de), femme du précédent, III, 8, 310, - 476.--IV, 2, 92, 453.--VI, 209.--VII, 214. - - NORTON (le sir de), _Northon_, prend part à la révolte du Nord, - II, 348, 411.--Exécution des trois frères de Norton, III, 173. - - NOTIFICATION faite par Élisabeth que ses ports sont fermés, II, - 260. - - NOTRE-DAME DE PARIS, III, 290.--V, 409.--VII, 319, 440. - - NOTTINGHAM, capitale du comté. _Nutingame_, II, 254. - - NOYERS en Bourgogne, I, 137. - - NOYON, dans l'Île-de-France, _Nouyon_, VII, 18, 19. - - NUREMBERG en Bavière, _Norunberg_, III, 51.--V, 347. - - _Nutingame_, _v._ Nottingham. - - _Nymes_, _v._ Nismes. - - _Nyort_, _v._ Niort. - - -O. - - OBEY (Mad.), veuve d'un ambassadeur d'Angleterre, en France, II, - 304. - - OCCIDENT (commerce avec l'), II, 225. - - _Ocester_ (le Comte d'), _Ocestre_, _v._ Worcester. - - _Ochester_ (le Comte d'), _Ochestre_, _v._ Worcester. - - _Oesmestre_, _Oexmestre_, _v._ Westminster. - - _Oestoc_, _v._ Woodstock. - - OFFLEY (Hugues), marchand anglais, I, 138, 174. - - OGILVIE (lord), _Ogilby_, I, 379. - - OLAIN (le Sr de), l'un des amiraux du Prince d'Orange, III, 17, - 23, 52. - - _Olande_, _v._ Hollande. - - OLONNE, en Poitou, _Oulonne_, III, 115. - - OLSAMER (le capitaine Hans), _v._ Hans Olsamer. - - _Olstein_ (le Duc d'), _v._ Holstein. - - OLSTOC (Christophe), contrôleur de la marine en Angleterre, - _Haulstoc_, _Holstoc_, I, 160, 201, 270. - - OLIVE (Jehan), marchand, Vicomte de la cité de Londres, I, 174. - - O'NEILL (la famille des), l'une des premières familles d'Irlande, - «les principaux _O'Nels_ d'Irlande,» VI, 96. - - O'NEILL, «le grand chef _Onniel_, dernier décédé,» (1568), I, 45. - - O'NEILL, le principal chef des révoltés d'Irlande, _Onniel_, I, - 45, 86, 195--II, 111. - - O'NEILL (_Tornoleur_), _L'O'Nel Tornoleur_, neveu de «l'autre - grand _O'Nel_, qui a eu la tête tranchée en Angleterre,» se met - à la tête des Irlandais révoltés, IV, 340. - - O'NEILL (Mac), _v._ Mac O'Neill. - - _Onteley_ (le Comte d'), _v._ Huntley. - - ORAN, ville de Barbarie, sur les côtes d'Afrique, VI, 328. - - ORANGE, capitale de la principauté d'Orange en France, _Oranges_. - Émeute dans cette ville contre les protestants, IV, 49.--VII, - 215. - - ORANGE (Guillaume de Nassau Dillembourg, Prince d'), _d'Orange_, - I, 20, 21, 45, 58, 60, 61, 65, 75, 77, 85, 86, 100, 106, 124, - 149, 155, 172. Il est repoussé hors de France, sa retraite, 180, - 185, 195, 202, 271, 280, 310, 340, 415.--II, 49, 50, 62, 166, - 167, 175, 176, 191, 200, 221, 235, 239, 251, 316, 354, 396, 404. - --III, 7, 11, 16, 17, 23, 25, 32, 36, 45, 51, 52, 57, 64, 86, - 109, 120, 127, 132, 141, 156, 182, 194, 208, 210, 216, 250, 259, - 348, 445, 463.--IV, 17, 70, 105, 141, 228, 247, 268, 390, 391. - Prises faites par la flotte du Prince d'Orange, 427, 464, 465. - --V, 4, 43, 78, 79, 89, 153, 161. Retraite du Prince d'Orange, - 198, 199, 202, 209, 211, 223, 226, 234, 243, 262, 293, 312. - Communication faite par le Prince d'Orange, 348, 384, 392, 410. - Secours qui lui est envoyé, 413, 425, 428, 452, 453. - Sollicitations du Prince d'Orange, 455. Ses succès, (guerre des - Gueux), 456.--Ses succès, VI, 31, 45, 48, 63, 81, 93, 110, 112, - 126, 129, 130, 149, 167, 169, 197, 219, 237, 240, 280, 288, 328, - 339, 359, 396, 443, 450. Marié à madame de Jouarre (Charlotte de - Montpensier), 459, 483, 497.--VII, 42, 256, 314, 339, 478. - --Son _fils_, _v._ Nassau (Maurice de). - - ORCADES (les), îles au nord de l'Écosse, IV, 8. - - ORDONNANCE d'Élisabeth contre les pirates, I, 175, 266.--II, 163. - - ORDRE de Saint-George, V, 15. - - ORESTE, I, 52. - - _Oriane_, nom sous lequel Élisabeth se trouvait désignée dans des - pamphlets, I, 126. - - ORIENT, commerce avec l'Orient, II, 223. - - ORLÉANS, capitale de l'Orléanais, II, 9, 21, 72.--III, 115. - Massacres d'Orléans, V, 138, 146.--VII, 28, 30, 32, 33, 36. - - ORMOND (le Comte d'), _Hormont_, _Ormont_, I, 1, 45, 195, 390. - --II, 111, 142, 201, 279.--III, 427.--IV, 290, 340, 359, 384. - --VI, 6.--Ses deux _frères_, II, 240, 275.--Son _frère_, I, - 86.--Son _jeune frère_, II, 81, 111. - - ORNÉ (le Sr), Anglais, VI, 220. - - ORSAY (le capitaine), gouverneur de l'île de Wight, _Horsy_, - _Orsey_, _Oursay_, I, 121.--II, 75, 238.--IV, 16, 17, 156. - --Sa mission en France, V, 352, 353, 355, 356, 357, 359, 360, - 362, 365, 366-371, 373. Son retour, 375, 376, 378, 384.--VII, - 428. - - ORSINI (le cardinal), _Ursin_, sa légation en France, V, 205, 206, - 210, 232.--VII, 395. - - ORTHEZ en Béarn, _Orthays_, VII, 56. - - _Ostradam_, en Hollande, V, 78, peut-être Amsterdam. - - _Ostrante_, _v._ Otrante. - - OSTRELINS (les), marchands qui faisaient le commerce des villes - Hanséatiques, I, 313.--Les trafics d'_Ostrelan_, III, 463. - - _Othelant_, _Otlan_, _Otlant_, peut-être Otham dans le comté de - Kent, II, 144.--III, 217.--IV, 206. - - OTRANTE, dans le royaume de Naples, _Ostrante_, III, 127. - - _Ouestmenster_, _Ouestmester_, _v._ Westminster. - - OULFAN D'ARNAC (le capitaine), III, 39, 40. - - _Oulonne_, _v._ Olonne. - - OURS (l'), navire, VI, 123, 172. - - _Oursay_ (le capitaine), _v._ Orsay. - - _Ousdon_ (lord d'), _v._ Houston. - - _Ouyc_ (l'île d'), _v._ Wight (l'île de). - - _Ouynter_ (Me), _v._ Winter. - - OXFORD, capitale du Comté, _Oxfort_, II, 15.--III, 273.--V, 122. - - OXFORD (le Comte d'), neveu du Duc de Norfolk et gendre de - Burleigh, I, 198, 269.--III, 443.--IV, 88, 156, 186, 312, 315. - Il épouse la fille de Burleigh, 319. Nommé grand chambellan - d'Angleterre, 423, 467.--VI, 177, 204, 209, 360. - - _Oynfild_, _v._ Wingfield. - - -P. - - PAGET (lord), IV, 319. - - PAIRS DE FRANCE (les), VI, 315. - - PAIX conclue en France à la suite des guerres civiles, III, 272, - 273, 275.--V, 370, _v._ Guerres civiles de France. - - PALATIN (le Comte), Frédéric III, Duc de Bavière et Simmeren, - Comte palatin du Rhin et électeur, I, 45, 58, 100, 180, 202, - 340.--II, 274, 314, 329, 358.--III, 16, 23, 32, 36, 86, 174, - 182, 195, 208, 215, 228, 231, 245, 249, 272, 298, 312, 322, 326, - 405.--IV, 249, 311.--V, 40, 199, 258, 267, 271, 274, 275, 281, - 354.--VI, 59, 93, 149, 167, 238, 240, 249, 280, 316, 328. - --VII, 166, 169.--Le _Duc Casimir_, son second fils, _v._ - Casimir.--Le _Comte Christophe_, son troisième fils, proposé - pour mari à Élisabeth, IV, 311. - - PALATIN (le Duc Jean George), III, 231, 348, 349. - - PALATIN (le Duc Richard), VII, 166, 169. - - PALATINAT (le), III, 231. - - PALGRAVES (les), Pfaltzgraves, nom donné en Allemagne aux Comtes - palatins du Rhin, II, 5. - - PALISSADE (la), en Irlande, I, 195.--V, 212.--VI, 443. - - PAMPROUX, en Poitou, _Panpre_, «à la rencontre du Panpre,» I, 148. - - PAPE (le), _v._ Paul IV, Pie V et Grégoire XIII. - - PAQUES (les Fêtes de), I, 327.--III, 104.--V, 283.--VI, 403. - - PARAIT (Me), est désigné pour passer avec un commandement en - Irlande, VI, 6. - - PARDAILLAN (le Sr du Puench de), I, 373, 385, 386, 397, 407.--II, - 157. - - PARDAILLAN (le Jeune de), _Pardaillant_, réfugié en Angleterre - après la Saint-Barthèlemy, V, 202, 212, 213, 227, 239, 250, 263, - 272, 281, 307.--VII, 364. - - PARIS; excès commis à Paris, I, 245.--Séditions, IV, 327, 328, - 336.--Sédition, V, 113, _v._ Saint-Barthèlemy.--Sédition, VI, - 475.--Lettres écrites par Charles IX et Catherine de Médicis, - qui sont datées de Paris, VII, 38, 127, 128, 130, 131, 132, 138, - 155, 156, 184, 192, 198, 200, 204, 207, 302, 303, 306, 314, 315, - 319, 321, 322, 323, 325, 326, 328, 330, 334, 339, 341, 344, 346, - 352, 355, 367, 372, 373, 378, 388, 391, 392, 400, 401, 404, 405, - 407, 410, 435, 437, 438, 442, 444, 446, 473, 479.--Le - _Parlement_ de Paris, _v._ Parlement. - - PARIS, ministre protestant réfugié en Angleterre après la - Saint-Barthèlemy, V, 155. - - PARLEMENT D'ANGLETERRE (le), convocation du Parlement en 1571, - III, 481.--Ouverture du Parlement, IV, 45.--Débats, 50, 57, - 71, 78, 89, 105, 106, 111. Clôture du Parlement, 136. - Convocation du Parlement en 1572, 425. Ouverture, 456, 460, 464. - Proposition du Parlement, V, 5, 10. Clôture du Parlement, 42. - --VII, 205, 240. - - PARLEMENT D'ÉCOSSE, _v._ États d'Écosse. - - PARLEMENT DE PARIS (le), III, 280, 361.--V, 204.--VI, 104, 470. - --VII, 204, 394, 462. Déclaration du Parlement portant - reconnaissance de la régence de Catherine de Médicis, après la - mort de Charles IX, 470. - - PARLEMENT DE ROUEN (le), II, 322.--VI, 364, 365, 405.--VII, 366. - - PARKER (Me), _Parquer_, est enlevé dans un port des Pays-Bas avec - le docteur Storey, III, 288. - - PARTENAY, en Poitou, I, 147.--II, 161. - - PASSAGES (les), d'Angleterre, fermés, II, 258. - - PATRIC (Richard), marchand de Londres, _Patrik_, I, 174.--II, 19, - 138. - - PAUL IV (Jean-Pierre Caraffe), élu pape le 23 mai 1555, mort le 18 - août 1559. Offre faite en son nom par le Roi d'Espagne à - Leicester de la main d'Élisabeth et de la couronne d'Angleterre, - VI, 221. - - PAULARD (sir Jehan), parent de l'amiral Chambernon, I, 47. - - PAULIN (le Vicomte de), l'un des quatre Vicomtes, I, 172, _v._ - Vicomtes (les). - - PAYS-BAS (les), I, 12, 21. Rupture entre l'Angleterre et - l'Espagne, 45, 50, 77, 95, 100, 113, 119, 194, 202. Charles IX - refuse sa médiation pour les affaires des Pays-Bas, 210, 234, - 251, 338, 400, 418.--II, 94, 110, 113, 135, 177, 199, 202, 220, - 240, 267, 276, 346, 364, 407.--III, 16, 17, 35, 47, 48, 95, 96, - 108, 129, 141, 156, 177, 184, 224. Pardon général publié par le - duc d'Albe dans les Pays-Bas, 259, 261, 318, 322, 325, 369, 375, - 392, 398, 401, 404. Mouvements dans les Pays-Bas qui ont été - suivis de la guerre des Gueux, 427, 437, 447, 476.--IV, 27, 37, - 47, 48, 52, 57, 70, 78, 91, 105, 112, 117, 154, 179. Accord sur - les prises, 199, 201. Traité avec l'Angleterre, 231, 247, 268, - 270, 289, 290, 310, 312, 323, 333, 339, 341, 360, 364, 386-388, - 399, 409, 415, 423, 440, 441, 457.--V, 43, 60, 78, 88, 182, - 201, 209, 227, 238, 259, 292, 362, 428.--VI, 45, 211, 213, 359, - 362, 415, 416. - - PÊCHES des côtes, III, 81. - - PELAN (le capitaine), V, 60-64, 78, 88. - - PELETAN (le capitaine), II, 153. - - PEMBROKE (Guillaume), grand maître d'Angleterre, _Pembroc_, - _Pembrok_, _Pembrot_, _Pembroth_, _Pembrot_, I, 47, 259, 267. - --II, 54, 123, 257. Il est arrêté, 259, 271, 273, 278, 284, 285, - 299, 301, 303, 332. Il est mis en liberté, 337, 363, 379, 386. - Faveur est rendue au Comte de Pembroke, 412, 420, 425.--III, - 28, 29. Sa mort, 88, 97.--Ses _enfants_, III, 29. - - PEMBROKE (le jeune Comte de), fils aîné du précédent, IV, 466. - --V, 10, 14.--VI, 221, 229. - - PEN (Thomas), marchand anglais arrêté prisonnier à Bordeaux, I, - 356. - - _Penleparc_, près de Londres, III, 275. - - PENNA (le médecin), possesseur d'un secret pour effacer les traces - de la petite-vérole, VII, 346. - - PERCY (sir Henry), frère du Comte de Northumberland, II, 348, 384. - - PÉRIGORD (le), province de France, _Périgort_, I, 21.--VI, 353. - - PÉRIGUEUX, capitale du Périgord, _Périgueulx_, II, 69.--VII, 30. - - PERLAN (le Sr de), garde du Roi dans la compagnie de Cossé, I, 50. - - PÉRONNE en Picardie, III, 333.--VI, 49. - - PERSONS (Thomas), marchand anglais, I, 174. - - _Peselay_ (l'abbaye de), en Écosse, V, 309. - - PESTE (la) à Londres, I, 373.--III, 273.--IV, 459, 463. - - _Petit Lict_, _Petit Lith_, _v._ Leith. - - PHÉNOMÈNE MARITIME à Londres, VI, 289.--Phénomène atmosphérique, - VI, 298. - - PHILIPPE Ier, Roi d'Espagne, fils de l'Empereur Maximilien Ier et - de Marie de Bourgogne, _Le feu Roi Philippe_, IV, 130, 156, 240. - - PHÉNIX (le), navire, II, 368, 387. - - PICARDIE (la), province de France, _Picardye_, I, 100, 220. Voyage - du Roi en Picardie, 229, 238, 244, 276, 282, 320, 331, 334. - --II, 85, 109, 110, 153, 198, 228, 244, 273.--III, 46, 216, - 226, 257, 295, 333.--IV, 300.--V, 449, 454.--VI, 13, 55, 60, - 65, 81, 105, 196, 252, 281, 282, 283, 340.--VII, 29, 121, 149, - 452, 456, 464, 465. - - PICKERING (George), _Pigrin_, _Piqgrin_, _Piquelin_, I, 324. - --Désigné par Élisabeth pour passer en Espagne, II, 311.--V, - 60. - - PIE V (Michel Ghisseri), élu Pape le 7 janvier 1566, mort le 1er - mai 1572, I, 152. Les gens du Pape, 331, 332-334, 412, 432-435. - --II, 47, 74, 90, 107, 124.--III, 4, 99, 194, 199, 225, 228, - 231, 250, 254, 256, 298, 322, 326, 333, 334, 360, 361, 390, 413, - 453, 458, 459, 466.--IV, 46, 74, 89, 119, 160, 174, 175, 209, - 239, 283, 350, 418.--VII, 149, 195, 214, 278. - - PIÉMONT (le), _Piedmont_, IV, 146. - - PIENNES (Mr de), II, 80.--V, 7.--VII, 47, 296. - - _Pigrin_ (Me), _v._ Pickering. - - PILE (le capitaine), _Pilles_, I, 367, 386.--VII, 332. - - PILLES (le fort de), près Chatellerault, VII, 52. - - PILORI (le); chapelain protestant condamné au pilori, VI, 44. - - PINART (Mr), Seigneur de Cramailles, Baron de Valois, ministre - secrétaire du Roi, _Pinard_, IV, 142.--V, 99, 109, 458.--VI, - 105, 164, 182.--VII, 130, 133, 135, 139, 142, 143, 152, 153, - 156, 162, 163, 168, 171, 178, 182, 189, 196, 198, 204, 207, 210, - 215, 217, 221, 222, 226, 228, 232, 234, 238, 241, 244, 251, 289, - 294, 297, 303, 306, 314, 315, 320, 321, 323, 325, 326, 328, 330, - 339, 341, 344, 346, 354, 355, 367, 374, 388, 391, 392, 400, 402, - 404, 407, 408, 410, 414, 415, 420, 430, 442, 445, 447, 450, 455, - 458, 471, 473, 475, 477. - - _Piquelin_ (le Sr), _v._ Pickering. - - PIRATES, I, 90, 191, 226. Mesures prises contre eux, 263, 265. - Publication contre eux, 364. Répression de la piraterie, 397. - --V, 247.--VI, 204, _v._ Prises. - - PLAINTES contre les Anglais, attachés à l'ambassade en France, VI, - 199, _v._ Wilx. - - _Plemmue_, _Plemue_, _v._ Plymouth. - - PLESSIS-LEZ-TOURS, en Touraine, VII, 46, 48, 50, 57, 60, 62, 64, - 65. - - PLUMBETH (Thomas), est exécuté à la suite de la révolte du nord, - III, 21. - - PLYMOUTH, dans le comté de Devon, _Plemmue_, _Plemue_, _Plimuth_, - I, 11, 37, 43, 54, 120, 121, 271, 351.--II, 250. - - POIL (le capitaine), VII, 430. - - POITIERS, capitale du Poitou, _Poictiers_, _Poytiers_, I, 138, - 141, 148.--II, 156, 161, 162, 170, 198, 220, 234. Levée, du - siège de Poitiers, 244, 249, 266.--VI, 359.--VII, 36, 43, 44, - 45, 48, 49, 50, 52, 63.--Le _lieutenant_ de Poitiers, VI, 358, - 359. - - POITOU (le), province de France, _Poictou_, V, 202.--VI, 5, 49, - 59, 66, 68, 92, 93, 105, 135, 181, 240, 297, 298, 348. - - POIGNY (Mr de), III, 221. Sa mission en Angleterre, 230, 234, 235, - 240-244, 248, 252, 256, 263, 264, 269, 271.--VII, 120, 122, - 126. - - POL (Henri), marchand d'Anvers, V, 274. - - POLLET (le capitaine), gouverneur de Jersey, V, 155.--VI, 74. - - POLOGNE (la), _Pouloigne_, V, 154, 257, 284, 341, 387, 390, 392, - 408, 409, 414-418, 459.--VI, 57, 69, 188, 215, 229, 307, 323. - --VII, 434, 435, 437, 440, 441, 444. - - POLOGNE (le Roi de), _v._ Henri. - - POLOGNE (la Princesse de), V, 342. - - POMFRET, dans le comté d'York, _Ponfreit_, _Pontfroid_, II, 377, - 378, 383.--VI, 245. - - POMPADOUR (le Vicomte de), I, 414. - - PONS en Saintonge, I, 138, 141, 147. - - PONT-SAINT-ESPRIT en Languedoc, VII, 475. - - _Pontfreit_, _Pontfroid_, _v._ Pomfret. - - PONTIVY (Mr de), V, 162. - - PORTAL (le Sr), I, 173. - - PORTAUT (Chatelier), _v._ Chatelier Portaut. - - PORTRAIT du Duc d'Anjou, IV, 186, 206.--VII, 229. - - PORTSMOUTH, dans le comté de Southampton. _Porsemmue_, _Porsmue_, - _Portsemmue_, _Portsemue_, II, 25.--V, 153, 162.--VI, 63, 163. - - PORTUGAIS (les), I, 32.--II, 38, 47.--VI, 128, 180, 450. - - PORTUGAL, I, 67, 68, 351.--Exclusion du commerce des Anglais en - Portugal, II, 38, 224, 340, 404.--III, 425, 424, 427.--IV, - 342, 361.--V, 174.--VI, 458, 489.--L'_agent_ du Portugal, - III, 126, 326. - - PORTUGAL (le Roi de), _v._ Sébastien. - - PORTUGAL (les deux douairières de), mère et aïeule du Roi: Jeanne - d'Autriche sa mère, III, 126.--Élisabeth de Portugal, aïeule de - Sébastien, I, 68, 75.--III, 126. - - PORTUGAL (Henri, dit le cardinal de), I, 68. - - PORTUGAL (la Princesse de), I, 67.--II, 117.--III, 347, 371, - 415.--IV, 61, 213. - - POSNANIE (l'évêque de), VII, 436. - - POUTRIN dit Dupin, _v._ Dupin. - - POYET (le capitaine), V, 234, 263, 281, 428. - - PRAGUE, capitale de la Bohême, III, 431. - - PRÉSOMPTIFS (HÉRITIERS) du trône d'Angleterre, II, 122. - - PRÉSIDENT (le) des comptes de Bretagne, III, 268, 272. - - PRESTAL (Me), agent du Duc d'Albe, I, 325.--III, 476.--IV, 1, 2. - --VII, 196. - - PRÉVOSTÉ (la) de Paris, III, 181. - - PRIMEROSE (la), navire, V, 317, 319.--VII, 412. - - PRINCE (le), navire, II, 316.--VI, 123, 172. - - PRINCES (les) protestants d'Allemagne, I, 45, 92, 100, 106, 137, - 147, 155, 170, 172, 230, 297, 363, 370, 400, 404, 411.--II, 5, - 10, 17, 99, 108, 347, 358, 413.--III, 36, 56, 57, 109, 125, - 148, 149, 160, 249, 257, 272, 280, 281, 431, 464.--IV, 225, - 249.--V, 175, 447, 448.--VI, 3, 57, 219, 225, 232, 243, 249, - 253, 257, 258, 264, 265, 317, 374, 449.--VII, 166, 330, 348, - 351, 408. - - PRISES faites respectivement en mer et négociation sur leurs - restitutions, I, 76, 212, 226, 233, 255, 289, 296, 310, 320, - 324.--Proposition d'un traité sur les prises, II, 18, 62, 66, - 165, 325, 333.--VI, 123, 196. - - PRIVÉ SCEL, garde du sceau privé, charge donnée au lord - chambellan, V, 59. - - PRIVÉ SCEL (lettres du), VI, 414. - - PROCESSION faite en réjouissance de la victoire de Moncontour, - VII, 68. - - PROCLAMATION d'Élisabeth portant interdiction de commerce avec - l'Espagne et saisie générale sur les Espagnols en Angleterre, I, - 107. _Réponse_ de l'ambassadeur d'Espagne, 119.--_Proclamation_ - d'Élisabeth ordonnant des apprêts de guerre, I, 199. - --_Proclamation_ de l'ambassadeur d'Espagne, I, 211. - --_Proclamation_ en Flandre pour défendre le commerce avec les - Anglais, I, 325.--_Proclamation_ du Comte de Murray pour - déclarer Marie Stuart complice du meurtre de Darnley, I, 342. - --_Proclamation_ d'Élisabeth contre les pirates, I, 304. - --_Proclamation_ d'Élisabeth pour justifier l'entrée de ses - troupes en Écosse, III, 128. - - PROPOS tenus par le Duc d'Anjou contre Élisabeth, III, 124. - --_Propos_ contre Élisabeth, rapportés par lord de North à son - retour de France, VI, 321. - - PROPOSITIONS faites à l'ambassadeur par Cecil et Leicester, III, - 98.--_Propositions_ faites à Marie Stuart par le Comte de - Huntingdon, III, 25. - - PROTESTANTS d'Angleterre; leurs desseins contre la France, I, 20. - --Leurs menées contre Marie Stuart, II, 219. Élisabeth - s'abandonne à leur conduite; leurs desseins politiques, 356. - --III, 18. - - PROTESTANTS de France, _v._ Guerres civiles et Rochelle (la). - - PROTESTATION de dévouement envers la France faite par la noblesse - d'Angleterre, IV, 222. - - PROVENÇAUX (les), I, 415. - - PROVENCE (la), province de France, V, 426.--VI, 340. - - PUENCH (le Sr Du), _v._ Pardaillan. - - PUIGUILLEN (Mr de), partisan de Marie Stuart, IV, 300. - - PURITAINS (les), Mesures prises contre eux en Angleterre, V, 435, - 456, 462. Plaintes contre eux, 470.--VI, 279. - - PUYGAILLARD (le capitaine), III, 203. - - PUYVIAULT (le capitaine), II, 161. - - -Q. - - _Quainols_ (sir), _v._ Knoll. - - QUAYNELLES (Mad. de), I. Sa mort, 124. - - _Quarantan_, VI, 77, 112, _v._ Carentan. - - _Queint_ (le), _v._ Kent. - - _Queldrar_ (le Comte de), _v._ Killdare. - - QUELOUIN (l'abbé de), tué dans une rencontre en Écosse, IV, 154, - 159. - - _Quelso_, _v._ Kelso. - - _Quelseit_, _Quelsey_, _v._ Kellesey. - - QUENEGUET (le faubourg de); Canongate, à Édimbourg, IV, 152. - - _Quildar_, _Quilhdar_ (le Comte de), _v._ Killdare. - - _Quilday_ (le Comte de), _v._ Killdare. - - _Quilengourt_, _Quilincourt_, _Quilingourt_, maison de Leicester, - II, 285, 369.--III, 16, 193.--IV, 135, 248.--V, 59, 77, 82, - 85, 86, 88, 89, 91, 99, 117, 427.--VI, 375. 381, 445, 473, 479, - 481, 485.--VII, 317. - - _Quillegrey_, _Quillegreu_, _v._ Killegrew. - - _Quinter_, _v._ Kintyre. - - _Quiper_ (le lord). Le lord Keeper, chancelier, _v._ Bacon. - - -R. - - RALLAY (Mlle de), VI, 34. - - RALPH SADLER, _v._ Sadler (Ralph). - - _Ramequin_, _v._ Requesens. - - RANDOLPH, ancien ambassadeur d'Angleterre en Moscovie, _Randol_, - _Randolf_, _Randolphe_, II, 260.--III, 39, 40, 55, 64, 70, 73, - 83, 97, 106, 118, 266, 366.--IV, 378, 400, 401, 442, 443.--V, - 422, 423, 424. Sa mission en France, 427. Conférence, 430, 431, - 433, 435, 439, 440, 442, 443, 444, 445. Détails sur sa mission, - 449, 451, 454, 457, 459, 460, 461, 463, 464, 465, 466. Son - retour, 468, 469, 472, 473.--VI, 1, 22, 23, 26, 28, 39, 40, - 126, 130, 380.--VII, 450. - - READING, dans le comté de Berks, _Redin_, _Redinc_, _Redine_, V, - 134, 138, 153, 186.--VI, 184. - - RÉFUGIÉS FRANÇAIS. Leurs réclamations, V, 239. Leurs - sollicitations, 426. Leurs bonnes dispositions, VI, 210. Les - _Réfugiés de Rouen_, VI, 405. - - RÉGENCE de Catherine de Médicis après la mort de Charles IX, - pendant l'absence de Henri III, VI, 140-258.--VII, 468, 469, - 470, 471. - - RÉGENTS D'ÉCOSSE, _v._ Murray, (le Comte de), Lennox (le Comte - de), Mar (le Comte de), et Morton (le Comte de). - - REIMS en Champagne, _Reins_, _Reyms_, I, 149.--VI, 243, 258, 369, - 372. - - REITRES (les), cavalerie allemande au service de France, I, 15, - 85, 86, 185.--II, 27, 71, 139, 161, 162, 198, 315, 404.--III, - 182, 195, 205, 272, 290, 405.--V, 79, 274, 281.--VI, 105, 140, - 233, 241, 462, 496, 504.--VII, 9, 459, 472. - - REMONTRANCES de l'ambassadeur, I, 237, 358. Sur le commerce, 391. - Réponse, 394.--II. Sur le commerce, 29. Réponse, 32. Sur le - commerce, la restitution des prises et la conduite tenue à - l'égard de Marie Stuart, II, 305.--_Remontrance_ des - protestants de France au Roi, II, 171, 191. - - RENNES (Mr de), I, 30. - - REPRÉSAILLES (menaces de), VI, 166. Déclaration faite à ce sujet - par le conseil, 172. Réponse de l'ambassadeur en conseil, 173. - - REQUESENS (Don Louis de Zuniga et de), grand commandeur de - Castille, successeur du Duc d'Albe dans le gouvernement des - Pays-Bas, _Ramequin_, III, 454.--V. Son arrivée dans les - Pays-Bas, 392, 460.--VI, 11, 17, 31, 184, 203, 206, 217, 219, - 284, 287, 352, 359, 375, 396, 400, 443, 450, 459, 493. - - RETZ (Albert de Gondi, Comte de), maréchal de France, II, 171. - --III. Sa mission à Spire pour les fiançailles du Roi, 352, 408. - --V, 360, 361. Sa mission en Angleterre, après la - Saint-Barthèlemy, 398-401. Sa négociation, 403, 406, 408-412, - 416, 417-422, 431, 437, 439, 442-444, 449, 459, 464.--VI, 148, - 340, 347 348, 436.--VII, 48, 67, 135, 435, 439-447. - - RÉVOLTE DU NORD (la) en Angleterre. Mouvements dans le Nord, I, - 327.--II, 299, 301, 336, 339. Prise d'armes, 342. Seigneurs que - l'on croit d'intelligence avec les révoltés du Nord, 348. - Démonstrations qu'il est nécessaire de faire en France pour - encourager le soulèvement des Catholiques en Angleterre, 349. - Confiance des révoltés dans les secours du Roi, 351. Leurs - projets; leurs négociations avec l'Espagne, 352. Causes du - soulèvement, 356. Demandes faites au Roi par les révoltés, 366. - Proclamation d'Élisabeth contre les révoltés, 372. Proclamation - de ceux du Nord; cause pour laquelle ils ont pris les armes, - 375, 377, 383. Succès des révoltés, 384. Mesures prises par - Élisabeth, 385. Motifs qui ont fait prendre les armes dans le - Nord, 386, 396. Siège de Barnard-Castle et prise de Hartlepool - par les révoltés du Nord, 400, 405-413, 417-421, 424, 426. Prise - de Barnard-Castle par les révoltés, 409, 411, 416. Historique - des affaires du Nord depuis la prise d'armes, 417, 420. Demande - d'un secours d'argent faite au Roi par les Comtes de - Northumberland et de Westmorland, 421. Détails secrets de leurs - négociations avec l'Espagne, 422. Proclamation de ceux du Nord, - 424, 426, 427.--III, 4, 5. Déroute des révoltés du Nord, fuite - des Comtes de Northumberland et de Westmorland, 7, 11, 14, 15, - 18, 20. Exécutions dans le Nord, 21, 27, 34. Exécutions dans le - Nord, 35, 38, 43, 44, 54, 72, 94. Mémoire sur les troubles du - Nord, 95, 97, 102, 146, 176, 192, 330, 393.--IV, 71, 119, 205. - --VII, 77, 78, 80. - - _Reyms_, _v._ Reims - - RHÉ (l'île de) sur la côte du pays d'Aunis, V, 294. - - RHINGRAVE (le Comte); Jean-Philippe, Comte de Salm, tué en 1569, à - la bataille de Moncontour, où il commandait les Reitres pour le - service du Roi; II, 69.--VII, 59.--Le _jeune_ Rhingrave; - Frédéric, frère du précédent, VII, 67.--Les _deux_ Rhingraves, - VII, 64. - - RIBAULT (Jehan), I, 179. - - RICH (lord), VI, 6. - - RICHARDSON (le capitaine), _Richarson_, I, 214. - - RICHELIEU (le capitaine), II, 162. - - RICHMOND dans le comté de Surrey, _Richemont_, II, 96, 135.--IV, - 245.--VI, 167. - - RIDOLFY (Roberto), agent du pape en Angleterre, _Ridolfi_, - _Ridolphi_, _Ridolphy_, I, 115. Sa conspiration, 258, 261, 263, - 324.--II, 53, 54, 113, 202. Il est arrêté, 283. Il est mis en - liberté, 350.--III, 46, 364, 370, 466.--IV, 119, 122, 123, - 145. Conspiration de Ridolfy et sa fuite d'Angleterre, 160, 198, - 233, 244, 323, 350, 381, 386. - - _Rie_ (la), _v._ Rye. - - RIETH (le capitaine), II, 348. - - RIEZ, en Provence, VI, 348. - - RIPON dans le comté d'Yorck, II, 427. - - _Roan_, _v._ Rouen. - - ROANNE, dans le Forez, _Roane_, III, 204. - - ROBINEAU ou BOBINEAU, agent des protestants de la Rochelle, en - Angleterre, V, 175, 413, 429, 453.--VI, 9, 18, 46, 81, 298, - 318.--VII, 465. - - ROBINS DE DOUVRES, arrêté à Dunkerque par ordre de d'Espès, I, - 315. - - ROBUNB (le capitaine), I, 214. - - ROC, capitaine italien, III, 86. - - ROCHE-ABEILLE (combat de la) en Limousin, II, 82. - - ROCHELLE (la), capitale de l'Aunis, place d'armes principale des - protestants. Efforts de l'Ambassadeur pendant tout le temps de - sa négociation pour empêcher les Anglais d'envoyer des secours à - la Rochelle. _Première guerre de la Rochelle_, I, 10, 24, 33, - 44, 63, 75, 85, 90, 93, 99, 130, 131, 137, 147, 151, 153, 164, - 168, 178, 181, 186, 193, 196, 201, 204, 205, 212, 214, 219, 220, - 226, 228, 233, 237, 243-250, 251, 255, 260, 261. Départ d'une - flotte pour la Rochelle, 270-272, 277-279, 281, 288, 291, 292, - 294, 296, 297, 298, 302, 305, 309, 313, 314, 320, 323, 325, 326, - 327. Sortie de la flotte pour la Rochelle, 336, 339, 353-356, - 358-361. Instructions pour la flotte, 366, 370, 375, 392, 394, - 395, 397, 402, 403, 407.--II, 14, 20, 21, 23, 24, 27, 31, 32, - 35, 36, 39, 48, 50, 61-64, 68, 70, 75. Retour de la flotte, 80, - 82, 92-94, 98, 99, 110, 129, 131, 140, 143, 145-147, 151, - 155-158, 161, 167, 170, 174-176. Remontrance de ceux de la - Rochelle au Roi, 179, 191, 199, 201, 232, 235, 244, 250, 255, - 267, 273-275, 280, 281, 283-287, 300, 305, 314, 316, 318, 319. - Secours préparés secrètement, 321, 329, 330, 333, 335, 341, 344, - 350, 357, 358, 388, 391, 395, 396, 400, 403, 406, 413.--III, 2, - 6, 10, 17-20, 23, 32, 36, 37, 40, 45, 47, 51, 52, 57, 58, 60, - 61, 63, 72, 74, 83, 85, 90-92, 100, 114, 115, 120, 121, 124, - 141, 149, 156, 175, 181, 182, 204, 210, 216, 221, 224, 225, 257, - 268. Paix conclue en France, 272, 275, 279, 281, 311, 315, 316, - 325, 341, 441, 461, 465.--IV, 48, 74, 91, 105, 179, 238, 319. - --V, 154, 162, 169, 175, 182. Reprise d'armes après la - St-Barthèlemy, 198. _Deuxième guerre de la Rochelle_, 202, 205, - 207, 209, 223, 226, 231, 234, 235, 237, 239-242, 244, 245, 246, - 248, 249, 252, 254. Plaintes au sujet d'un traité qu'Élisabeth - aurait fait avec les protestants de la Rochelle, 255, 256, - 259-263, 265, 266, 270, 271, 274, 278-281, 284, 290, 293-295, - 304, 307, 313-319, 321, 324-326. Siège de la Rochelle, 333, - 335, 338-342, 347, 350, 353, 355, 356, 358, 360, 361. Assaut - donné à la Rochelle, 362, 367. Paix conclue avec la Rochelle, - 371, 372, 393-395, 402, 404, 410, 412-414, 429, 437, 442, 453, - 462. Entreprise tentée contre la Rochelle, 475.--Nouvelle - reprise d'armes, _troisième guerre de la Rochelle_, VI, 4, 5, 7, - 9, 10, 12, 18, 21, 25, 43, 46, 47, 50, 81. Exécutions faites par - les Rochelois, 88, 92, 101, 105, 110, 129, 144, 149, 168, 212, - 219, 227, 237, 239, 240, 283, 292, 297, 298, 302, 303, 312, 316, - 317, 328, 353, 355, 358, 362, 374, 412, 415, 417, 422, 449, 457, - 458, 461, 472, 477, 482, 493.--VII, 11, 12, 14, 38, 47, 59, 77, - 78, 81, 82, 141, 256, 343, 353, 377, 379, 382, 395, 396, 404, - 408, 411, 412, 417, 423, 426, 428, 458.--Le _Maire_ de la - Rochelle, I, 226.,--L'_agent_ de la Rochelle, _v._ Robineau. - - ROCHES, ministre protestant réfugié en Angleterre, I, 38. - - ROCHESTER, dans le Comté de Kent, Rochestre, I, 158.--II, 15, 25, - 148, 277.--V, 14, 30.--VI, 489. - - RODOLPHE (le Prince), Roi de Hongrie, fils aîné de l'Empereur - Maximilien II. _Prince Rodolphe_, III, 468.--IV, 42, 221. - --_Roi de Hongrie_, V, 295.--Son mariage avec la fille du Duc - de Saxe, VI, 416, _v._ Roi des Romains. - - ROGER, valet de chambre du Roi, VI, 292. - - ROGER (le Docteur), envoyé en mission par Élisabeth à Flessingues - et auprès du Prince d'Orange, VI, 459. Son retour, 497. - - ROGERS, jeune Anglais attaché à l'ambassade de Mr Norris. Plaintes - contre son arrestation à Paris, I, 245. - - ROHAN (le jeune Vicomte de), II, 274, 281. - - ROI DES ROMAINS (le), desir de l'Empereur de conférer ce titre au - Prince Rodolphe, son fils, ou à son frère l'Archiduc Ferdinand; - obstacles que rencontrent ces projets, III, 208, 215, 216, 249, - 298, 322, 326.--VI, 426.--VII, 141. - - ROLLET, secrétaire de Marie Stuart, _Rolle_, II, 56, 76, 216. - --III, 66. - - ROMANA (Jullien de la), général espagnol, _Juslien Romène_, VII, - 269. - - _Rosco_ (le port de), sur la côte de Flandre, VII, 99. - - ROSE ROUGE (la), ajoutée par le Comte de Mansfeld à ses armes avec - le phénix comme marque de dévouement à Élisabeth, II, 387. - - ROSS (Jean Leslie, évêque de), ambassadeur de Marie Stuart auprès - d'Élisabeth, _l'évêque de Ros_, _Rosse_, _Roz_, I, 13, 39, 40, - 65. Proposition faite par l'évêque de Ross, 80. Réponse - d'Élisabeth, 82, 87, 89, 92, 102, 161, 195, 206, 208, 237, 284, - 285, 347. Mission de l'évêque de Ross, 369, 373, 376, 377, - 380-384, 388, 412, 413, 421, 422.--II, 6, 56, 65, 154, 169, - 178, 179, 194, 205, 214, 217, 233, 242, 252, 254, 263, 264, - 281-285, 290, 300, 301, 303, 304, 313, 320, 343. Audience qui - lui est accordée, 381, 389, 391, 429-435, 437.--III, 12, 22, - 27, 30, 31, 34, 38. Il est mis en arrêt, 43, 46, 62, 66, 74, 87, - 94, 104, 111, 114, 142, 145-147, 149, 150, 157-160. Quelque - liberté lui est rendue, 163, 170, 172. Audience lui est - accordée, 176, 178. Il est mis en entière liberté, 179, 191, - 192, 196, 199, 201, 212-215, 219, 223, 224, 228, 245, 248, 253, - 271, 283, 293, 305, 314, 319, 327, 335, 337, 346, 360, 363, - 365-367, 388, 392, 397, 400, 403, 421, 422, 428, 438, 442, 444, - 465, 466, 475, 479.--IV, 3, 6, 7, 16, 21, 26, 27, 33, 37, 56, - 82, 90, 91, 104, 108. Nouvelle arrestation de l'évêque de Ross, - 111, 112, 119, 121, 123, 138, 144. Accusation portée contre - lui, 151, 159, 160, 161, 172, 178, 185, 197, 198, 205, 216, 235, - 263. Il est mis à la Tour, 265, 266, 284, 289, 292, 293. Danger - que court l'évêque de Ross, 295, 297, 311, 324, 325, 351, 363, - 364, 379, 381.--V, 60, 374, 378, 392, 451. Il est mis en - liberté, sous la condition qu'il quittera l'Angleterre, 471. - --VI, 265, 376.--VII, 73, 134, 150, 151, 156, 175, 186, 188, - 207, 219, 220, 222, 238, 248. - - ROSTAING (Mr de), _Rostein_, IV, 343. - - _Rotheland_ (le Comte de), _v._ Rutland. - - ROTHES (le Comte de), V, 308, 310, 311, 329.--VII, 212, 214, 268. - --Son _frère_, IV, 263.--VII, 214, 268, 272. - - ROUEN, en Normandie, _Roan_, _Roen_, saisie faite à Rouen sur les - Anglais, I, 150, 156, 162, 163, 165, 169. Réclamations des - marchands anglais, 174, 186, 187, 189, 192, 194, 198, 203, 212, - 219, 234, 239, 248, 257, 261, 264, 280, 289, 298, 299.--II, 18, - 35, 86, 96, 102, 103, 149, 165, 170, 220, 224, 244, 322, 333, - 337.--Main levée de la saisie, III, 19, 311, 354, 373, 402, - 467.--Émeute faite à Rouen contre les protestants, IV, 49, 54, - 75, 290, 291, 326, 378.--V, 112. Massacres des protestants - (St-Barthèlemy), 138, 139, 146, 155. Massacres 161, 163, 167, - 168, 180, 182, 187, 188, 191, 239, 251, 304.--VI, 25, 196. - Arrêt fait à Rouen sur les Anglais, 202, 311. Réclamations pour - les réfugiés de Rouen en Angleterre, 364.--VII, 132. Émeute, - 204, 205. Émeute, 215. Massacres, 366, 380, 385, 397, 435. - - ROUVRAY, _Rouvrey_, envoyé par les protestants français avec - Valfenière, en Allemagne et en Angleterre, I, 313, 326, 327, - 337, 374, 408.--III, 47. - - ROVERO (Julian), capitaine espagnol, I, 22. - - _Rua_, VI, 280, _v._ Du Lua. - - RUSSELIN (Horace), banquier en France, VI, 9. - - RUSSIE, _v._ Moscovie. - - RUTHEAU (Guillaume), marchand anglais, VI, 172. - - RUTHVEN (lord), Ruthunen, Ruven, III, 107.--V, 397. - - RUTLAND (le Comte de), _Rotheland_, est chargé d'accompagner lord - Buckhurst en France, III, 404, 408.--IV, 124, 131, 133.--V, - 18. - - _Ruven_ (lord de), _v._ Ruthven. - - RYE, dans le Comté de Sussex, _La Rie_, _La Rye_, I, 168, 271, - 353.--III, 312.--V, 104, 112.--VI, 51. - - -S. - - SABRAN (le Sr de), l'un des secrétaires de l'ambassadeur, I, 223. - Arrestation du Sr de Sabran à son retour de France, II, 259. - --IV, 387.--VII, 414, 418, 419. - - SACRE du Roi Henri III, VI, 381. - - SADLER (le chevalier Ralph), l'un des membres du conseil - d'Angleterre, _Raff Sadelle_, _Sadeller_, I, 82, 175, 267.--II, - 285, 377, 384.--III, 55, 73.--IV, 109, 255, 259, 321, 335, - 338, 363, 391, 442.--VII, 270. - - SADLER (Robert), marchand de Londres, I, 174. - - SAID (Gaspard), l'un des officiers d'Élisabeth, I, 350. - - SAINT-ANDRÉ, _v._ Saint-Andrew's. - - SAINT-ANDRÉ (Jacques d'Albon, maréchal de), II, 182. - - SAINT-ANDRÉ (Hamilton, archevêque de), frère du Duc de - Chatellerault. Il est fait prisonnier dans le château de - Dunbarton, IV, 53. Supplice de l'archevêque de Saint-André, 69, - 72. Vengeance tirée de sa mort, 213.--VII, 206. - - SAINT-ANDREW'S, dans le comté de Fife en Écosse, _Saint-André_, - IV, 47, 230.--V, 329.--Le _château_ de Saint-André, V, 231. - - _Saint-Auban_, petite ville dans les environs de Londres, III, - 270, 296. - - SAINT-BARTHÈLEMY (journée de la), première nouvelle de la - Saint-Barthèlemy, V, 112. Irritation des Anglais, 113. Ignorance - complète de l'ambassadeur sur les explications qu'il doit - donner, 114. Premiers détails, 116. Interruption des - négociations, _ibid_. Demande de nouvelles instructions, 117. - Suspension du commerce, 119. Vive irritation des Anglais contre - la France, 121. Première audience après la Saint-Barthèlemy, - 122. Motifs qui doivent justifier la conduite du Roi, _ibid_. - Communication faite au conseil d'Angleterre de ces motifs, 128. - Horreur inspirée à Londres par cette exécution, _ibid_. Nombre - des victimes, 155. Effet produit en Écosse par la nouvelle de la - Saint-Barthèlemy, 183, 437, 442, 469.--VII, 323, 324, 325, 326, - 328, 330. Mémoire justificatif, _ibid_. 331, 332, 333, 338. - Conjouissance du cardinal de Lorraine, 341, 342, 354, 363, 364, - 406, 426.--_Massacres_ à Lyon, V, 138, 146.--VII, 368.--A - Orléans, V, 138.--A Rouen, V, 138, 161.--VII, 366.--En - Bretagne, V, 180. - - SAINT-CLOUD, près Paris, VII, 216. - - SAINT-DENIS, près Paris, _Saint-Deniz_, III, 353.--IV, 54.--VII, - 135.--_Bataille_ de Saint-Denis, II, 183. - - _Saint-Fale_, _v._ Saint-Phalle. - - SAINT-JAMMES à Londres, IV, 447. - - SAINT-JEAN (Mr de), frère du Comte de Montgommery, V, 242.--VI, - 77. - - _Saint-Jehan_ (lord), Écossais, demande à se retirer en France, - VI, 204. Il offre ses services au Roi, 404, 424. - - SAINT-JEAN-D'ANGELY, en Saintonge, I, 138, 147.--II, 393. Est - pris par les catholiques, 426.--III, 2.--VI, 359.--VII, - 70-72, 81. - - SAINT-JEAN-ROCH (l'abbaye de), près Toulouse, II, 162. - - SAINT-JEHAN-DE-SAUNE, près Moncontour, VII, 66. - - _Saint-Jehan-Sthon_, _v._ Saint-Johnstown. - - SAINT-JEAN-D'ULLOA, île sur les côtes du Mexique, I, 182. - - SAINT-JOHNSTOWN, dans le comté de Dumfries, en Écosse, - _Saint-Jehan Sthon_, II, 149. Assemblée de Saint-Johnstown, 154, - 204. - - SAINT-LÉGER, VIvillage de France, VII, 408. - - SAINT-LÉGER (Mr de), _Saint-Légier_, V, 176.--VII, 371. - - SAINT-LÔ, en Normandie, VI, 112. 148. Prise de Saint-Lô, 167. - --VII, 466. - - SAINT-LOUIS (l'Église), à Rome, VII, 342, 398. - - SAINT-MAIXENT, en Poitou, _Maixant_, _Maizant_, _Messant_, I, 138. - --II, 161.--VII, 36. - - SAINT-MALO, en Bretagne, _Saint-Mallo_, III, 292-294.--IV, 398, - 409.--VI, 13. Armements faits à Saint-Malo, 412, 457. Prises - faites sur les Anglais par ceux de Saint-Malo, 458, 459, 468. - Demande de réparation pour les prises de Saint-Malo, 476, 477, - 481, 494. - - SAINT-MARTIN (le capitaine), I, 399.--II, 8.--II est tué dans un - combat naval, VI, 143. - - SAINT-MARTIN (l'église), de Tours, VII, 68. - - SAINT-MAUR-DES-FOSSÉS, près Paris, I, 415.--VII, 24, 27. - - SAINT-OUAN (le Sr de), de Jersey, VI, 67. - - SAINT-PHALLE (Mr de), _Saint-Fale_, se prépare à passer à la - Rochelle, II, 152. - - SAINT-QUENTIN en Picardie, _Saint-Quintin_, III, 333.--VI, 221. - - SAINT-SIXTE (le cardinal), neveu du Pape Grégoire XIII, VI, 240. - - SAINT-SULPICE (Mr de), _Saint-Suplice_, VI, 25, 47, 105, 148. - - SAINT-SIMON (Mr de), _Saint-Symon_, I, 407.--II, 94, 98. - - SAINT-YRIEIX LA PERCHE, en Limousin, _St-Yriès_, II, 160. - - SAINTE-COLOMBE (Mr de), _Sainte-Columbe_, est fait prisonnier par - Montgommery, VII, 56. - - SAINTES, capitale de la Saintonge, _Xainctes_, _Zainctes_, I, 138, - 147.--VI, 359.--VII, 5, 70. Prise de Saintes par les - catholiques, 71. - - SAINTONGE, province de France, I, 389, 414.--VI, 5. - - SAISIE des galions d'Espagne, abordés en Angleterre, I, 43, 76. - Négociation au sujet de cette saisie, qui a duré pendant tout le - temps de l'ambassade de La Mothe Fénélon, 89. Saisie générale - sur les Anglais dans les Pays-Bas, 94. Représailles des Anglais, - 95, 96, 104. Proclamation faite en Angleterre, 107, 113. Saisie - des biens des Espagnols en Angleterre, 114, 119, 210. Saisie - générale faite dans toute l'Espagne sur les Anglais, 299, 320. - Négociation, 400, 418.--II, 50, 94, 202. Députés envoyés à - Élisabeth par Philippe II pour traiter de leurs différends, 240, - 310, 338.--Négociation, III, 17, 47, 48, 56, 75, 95, 96, 224, - 259, 261, 318, 437, 447.--IV, 105, 154, 179, 199, 201. Traité - entre l'Angleterre et l'Espagne, 231, 249, 273, 290. Rupture de - la négociation, 441.--V, 201, 238, _v._ Albe (le Duc d'), - Espagne et Pays-Bas. - - SALAMANDRE (la), navire, VI, 93. - - _Saldon_, près de Brickhill dans le comté de Buckingham, V, 76. - - SALIGNAC (Pons de), abbé de Nesle, frère de La Mothe Fénélon, tué - dans Sarlat, VI, 123. - - SALIGNAC (MM. de), les neveux de La Mothe Fénélon, VI, 502. - - SALISBURY, dans le comté de Wilts, _Salsbury_, VI, 229. - - SALOMON (François), de Vannes, VII, 98. - - SALUCES (principauté de), en Italie, _Salusses_, IV, 146. - - _Sameur_, _v._ Saumur. - - SANSAC (le Sr de), I, 140.--VII, 30, 31. - - SANZAY, VIllage en Poitou, près de Jazeneuil, _Sansey_, I, 140. - - SANCERRE dans le Berry, _Sanserre_, _Sanxerre_, III, 182.--V, - 447. - - SANVICTOR (Baptiste), officier espagnol, _Sanvictores_, I, 351. - --V, 174. - - SAÔNE (la), rivière de France, _Sône_, I, 363. - - SARCÈDE, l'un des secrétaires du Roi, _Sarced_, IV, 95. - - SARDINY (Scipion), banquier, VI, 372, 425. - - SAREPTA, ville de Phénicie, la _Veuve de Sarepta_, allusion à un - passage de l'Écriture sainte, II, 92. - - SARLABOS (le capitaine), V, 269. - - SARLAT, dans le Périgord, VI, 123. - - SARRES (Mr de), chancelier du Duc d'Anjou, _Sarret_, I, 435. - --VII, 234. - - SARRIOUX (le capitaine), VII, 43. - - SATAN, V, 101, 256. - - SAUVEUR (le), navire, VI, 481. - - SAUMUR, en Anjou, _Sameur_, I, 144, 148. - - SAUVAGES ÉCOSSAIS (les), IV, 340.--V, 383. - - SAUVAGES IRLANDAIS (les), III, 35, 87, 405.--IV, 39, 359, 399. - --V, 209, 212, 347. - - SAVOIE (le duché de), IV, 374. - - SAVOIE (Emmanuel Philibert, Duc de) «Mr de Savoye,» III, 432. - --VI, 258, 288, 293, 338. Proposé pour époux à Élisabeth, 342. - --VII, 402, 403. - - SAXE (le duché de), II, 197.--III, 36. - - SAXE (Jean Frédéric, dit le Magnanime, Duc de), V, 276. - - SAXE (Auguste, dit le Pieux, Duc de), I, 363.--II, 5, 196, 197, - 234, 274, 315.--III, 36, 195, 211, 215, 231, 249, 298, 398, - 405, 431, - - 453, 464.--V, 258, 274.--VI, 167, 240, 416.--VII, 166, 169. - --L'une de ses _filles_, proposée pour être la femme du Prince - Rodolphe, VI, 416. - - SAXE (Jean Frédéric II, Duc de), III, 208, 431. - - SAXE-WEIMARS ET ALTEMBOURG (Jean Guillaume, Duc de), III, 195, - 199, 208, 348, 349, 431. - - SCARBOROUGH, dans le comté d'York, _Escalbourg_, II, 378. - - _Schebin_, sur la Loire près Saumur, I, 149; peut-être St-Aubin. - - SCHWARZENBERG (le Duc de), beau-frère du Prince d'Orange, _le Duc - de Sualsambourg_, _Sualsemberg_, _Sualsembourg_, III, 453, 463, - 472.--VI, 418. - - SCHELSOME (Jehan), VII, 213, _v._ Chesholm. - - SCROF (sir Jammes), _Serofz_, désigné pour passer en Espagne, IV, - 101.--V, 100. - - SCROOP (lord), beau-frère du Duc de Norfolk, _Escrup_, _Scrop_, - _Scrup_, I, 206.--II, 285, 348.--III, 68, 137, 139, 140.--IV, - 303.--VI, 427.--VII, 112. - - _Scrup_ (lord), _v._ Scroop. - - SCYTHES (les), I, 350. - - SÉBASTIEN, Roi de Portugal, fils de l'Infant Jean et de Jeanne - d'Autriche. Projet de son mariage avec Élisabeth d'Autriche, I, - 68, 73.--II, 38.--III, 126, 301.--VI, 128.--Projet de son - mariage avec Madame, VII, 30. - - SEDAN, en Champagne, VI, 105, 354. - - SÉJOUR d'Élisabeth dans la maison de Leicester, VI, 478. - - SELLE (la), près Chatellerault, VII, 52, 56. - - SEMPLE (lord), III, 107. - - SENS (le cardinal de), I, 426, 428, 431. - - SERMENT prêté par Élisabeth pour le traité d'alliance avec la - France, V, 16. - - _Serofz_ (sir Jacques), _v._ Scrof. - - SERRAS (le capitaine), gouverneur de Flessingues, V, 108. - - SERVE, tapissier de Marie Stuart, III, 363. - - SERVICE RELIGIEUX célébré à Londres en mémoire de Charles IX, VI, - 206. - - _Sethon_ (lord), _v._ Seyton. - - _Setemborne_, _v._ Sittingbourn. - - _Seton_, _Setton_ (lord), _v._ Seyton. - - _Seurey_ (le Comte de), _v._ Surrey. - - SÉVILLE, en Andalousie, I, 90. - - SEYTON (lord), _Bethon_, _Sethon_, _Seton_, _Setton_, _Seython_, - I, 40, 49.--II, 26.--III, 132, 179, 309, 334, 335, 363. Sa - mission auprès du Duc d'Albe pour Marie Stuart, 373, 374, 375. - Sa négociation dans les Pays-Bas, 429, 476.--IV, 272, 335, 401, - 404. Saisie de ses papiers qui compromettent Marie Stuart, 408, - 409, 414, 422, 443.--V, 244.--VI, 381, 404.--VII, 164, 175, - 187, 188, 207, 210. 279.--Son _fils ainé_, VI, 381, 404. - - SHEFFIELD, dans le comté d'York, maison du Comte de Shrewsbury, où - fut conduite Marie Stuart, _Cheffel_, _Cheffil_, _Chiffil_, I, - 180.--III, 397, 400. - - SHREWSBURY (le Comte de), _Cheirosbery_, _Cherosbery_, I, 79. Est - commis à la garde de Marie Stuart, 103, 104, 171, 180, 195, 207, - 259, 345, 346, 347.--II, 128, 251, 254, 264, 265, 271, 282, - 300, 305, 338, 365, 368, 377, 406.--III, 12, 23, 87, 111, 457. - --IV, 91, 104, 183, 205, 244, 262, 321, 335, 338, 351, 359, 363, - 379.--V, 121, 364, 393.--VI, 34, 44, 76, 77, 169, 245, 300, - 311, 319, 357, 427-429.--VII, 285.--Son _père_, I, 104.--Ses - _jeunes enfants_, VI, 169. - - SHREWSBURY (la Comtesse de), femme du précédent I, 180.--VI, 245, - 293, 300, 311.--Sa _fille_ mariée au jeune Comte de Lennox sans - l'agrément d'Élisabeth, VI, 293, 299. - - SIDNEY (lord), gouverneur ou vice-roi d'Irlande, Debitis - d'Irlande; oncle de la Duchesse de Féria, - - _Sidenay_, _Sidene_, _Sideney_, I, 45.--II, 75, 81, 111, 142, - 275.--III, 35, 87, 471.--IV, 8, 29, 39, 52, 70, 89, 96, 101, - 117, 141, 162, 216, 268.--V, 41.--VI, 18, 32, 144.--Lady - Sidney, sa _femme_, V, 41, 46. - - SIDNEY (sir Henry), VI, 490. - - SIDNEY (sir Philippe), neveu et héritier de Leicester, VI, 449. - - SIGOIGNES (Mr de), gouverneur de Dieppe, II, 81, 220.--V, 181. - --VI, 93, 126, 144, 168. - - SILÉSIE (la), province d'Allemagne, _Slésie_, VII, 437. - - _Sion_, près Londres, V, 469, peut-être Sutton. - - SITTINGBOURN dans le comté de Kent, _Setemborne_, V, 14, 30. - - _Slésie_, _v._ Silésie. - - SMITH (le chevalier Thomas), _Smyt_, IV, 233, 282, 288, 292, 299, - 302, 304. Sa mission en France pour y conclure le mariage - d'Élisabeth avec le Duc d'Anjou, ou un traité d'alliance, 305. - Mémoire général concernant cette mission, 306, 307, 308, 311, - 312, 323, 324, 325, 326, 329, 330, 333, 334, 335, 337, 343, 344, - 349, 351, 352, 355, 357, 358, 362, 365, 366, 368, 369, 370, 371, - 372, 376, 377, 379, 381, 382, 383, 385, 394, 395, 396, 424, 374. - --V, 21, 27, 39, 40, 41, 43, 44, 52, 59. Il est nommé - secrétaire, 60, 82, 100, 118. Conférence avec l'ambassadeur, - 234, 260, 335, 344, 352, 422, 454, 455, 470.--VI, 28, 171, 172. - --VII, 296, 443. - - SOEURS DU ROI (les), IV, 143. Claude de France mariée au Duc de - Lorraine, et Marguerite de France, Duchesse de Valentinois, - mariée dans la suite à Henri, Roi de Navarre, plus tard Henri - IV. - - SOGNOY (sir Jehan), est arrêté comme agent du Duc d'Albe, I, 325. - - SOMER (Jehan), _Sommer_, clerc du conseil d'Angleterre, I, 222, - 242, 263, 264.--III, 206, 207, 217. - - SOMERSET (le comté de). Levées faites dans ce comté, II, 412. - - SOMERSET (la maison de), _Sommerset_, II, 123.--V, 225. - - SOMERSET (lord Edward de), _de Sommerset_, VI, 177, 204. - - SOMERSET-PLACE, à Londres, IV, 460, 467.--V, 15. - - SOMMATION faite, au nom du Roi, à Élisabeth de déclarer si elle - veut la paix ou la guerre, I, 217. Hésitation du conseil, 223. - Déclaration du conseil que la paix sera maintenue, 243, 247. - - SOMMERSET, _v._ Somerset. - - _Sompthampton_, _v._ Southampton. - - _Sône_ (la), _v._ Saône (la). - - SORES (le capitaine), amiral de la flotte des Protestants, I, 17, - 54.--II, 174, 176, 191, 316, 322. Commission obtenue contre - lui, 340, 388.--III, 10, 16, 17, 84, 257. Prises faites par le - capitaine Sores, 326.--V, 154, 176, 223.--VII, 141.--Son - _neveu_, V, 223.--Sa _famille_, V, 176. - - SOUBISE (Mr de), _Soubize_, est pris à Jarnac, VII, 10. - - SOUPPOIX (le Sr de), est pris à Jarnac, VII, 10. - - SOUTHAMPTON, capitale du comté, I, 111. - - SOUTHAMPTON (le Comte de), _lord Somtampton_, _Soubtanton_, - _Soutanthon_, _Southanton_, _Surampton_, _Surtampton_, - _Surthampton_, _Suthampton_, I, 198.--II, 230, 282, 348, 385. - --III, 196, 197, 213.--V, 313. - - SPEAKER (sir George), le président du conseil d'Angleterre. - Remontrance de l'ambassadeur d'Espagne, présentée au noble - _Georges Speake_, I, 352. - - SPINOLA, envoyé par le Duc d'Albe en Angleterre, _Espinola_, - _Espinolla_, III, 35, 46, 48, 56, 301, 370.--IV, 117, 163. - - SPINOLA (Benedicto), marchand. Ses plaintes contre la saisie, - faite à Rouen, de ses marchandises, V, 191. - - SPIRE, en Allemagne, _Espire_, - - _Espyre_. Diète de Spire, III, 109, 208, 215, 231, 249, 278, 288, - 312, 348, 383, 387, 407, 424, 431.--VII, 135, 142, 155. - - STAFFORD (lord), _Staffort_, V, 14. - - STANDEN (le Sr), Anglais réfugié en France, II, 371. - - STANLEY (sir Thomas et sir Edouard), les deux seconds fils du - Comte de Derby, _Stanlay_; ils sont arrêtés comme prévenus de - conspiration, III, 390, 452, 458.--IV, 261, 262, 381.--V, 224. - Ils sont mis en liberté, 313.--Sir _Thomas Stanley_, 2e fils du - Comte de Derby, III, 390, 401, 422.--IV, 198, 205.--V, 313. - --Sir _Edouard Stanley_, 3e fils du Comte de Derby, III, 401, - 422.--V, 313. - - STARKIE (Thomas), marchand anglais, I, 174. - - _Stertan_ (les villes maritimes du), les villes Hanséatiques - d'Allemagne, I, 166. - - _Sthon_, _v._ Stone. - - STIRLING, capitale du comté en Écosse, _Esterlin_, _Esterling_, - _Estrelin_, I, 12.--Assemblée de Stirling, II, 242, 279.--III, - 98, 237, 364, 421, 429.--IV, 70, 121, 137. 138, 140, 144, 230. - Entreprise faite sur Stirling, par les partisans de Marie - Stuart, pour venger la mort de l'archevêque de Saint-André, 231, - 232, 237, 239. Assemblée de Stirling, 243, 244, 247, 249, 250, - 253, 255, 272, 273, 283, 285, 296, 345, 359, 362, 363, 429, 430. - --V, 60.--VI, 261, 430.--VII, 224, 255, 268, 270, 277, 278. - - STONE, dans le comté de Kent, _Sthon_, V, 79, 83. - - STONEY, dans le comté de Buckingham, _Eston_, V, 76. Et non pas - _Eston_, dans le comté d'York. - - STOREY (le docteur), _Estory_, est enlevé par des émissaires - d'Élisabeth, dans le port de Bergues en Flandre, III, 288.--Son - exécution, IV, 136. - - STRASBOURG en Alsace, _Estrabourg_, IV, 153.--V, 274.--VI, 450. - - STROZZI (Philippe de), l'un des généraux de Charles IX, _Estrocy_, - _Estrossy_, _Strocy_, _Strosse_, _Strossy_, I, 148, 389, 414. - --Il est fait prisonnier par les Protestants, II. 160.--III, - 73.--Son expédition dans les Pays-Bas, V, 89, 130, 133, 139, - 148, 150, 153, 198, 205, 313.--VI, 66, 68, 105.--VII, 319, - 359, 370, 382, 395, 458. - - STUART (les), V, 452. - - STUART (Marie), _v._ Marie Stuart. - - STUART (Henri), de Darnley, _v._ Henri Stuart. - - STUART, Écossais, combattant avec les Protestants de France, - _Estuard_; il est tué à Jarnac, I, 304.--VII, 10. - - STUART (sir Alexandre), cartel envoyé par sir Alexandre Stuart «en - soutien du Comte de Lennox», au lord de Grange, IV, 172. Tué - lors de l'entreprise de Stirling, 237. - - STUART (sir Guillaume), envoyé par le Comte de Lennox en - Angleterre, III, 305, 308, 400. - - STUKELEY (le capitaine), l'un des chefs des Irlandais, réfugié en - Espagne, _Estuqueley_, _Estuquelay_, _Stuquelay_, _Stuqueley_, - II, 81, 111.--III. Proposition secrète faite par lui, 53, 423, - 458.--IV, 28, 37, 39, 70, 74, 89, 239, 390.--VI, 6, 136, 146. - --VII, 94. - - STURMIUS, agent d'Élisabeth en Allemagne, VI, 450. - - _Sualsambourg_ (le Comte de), _Sualsemberg_, _Sualsembourg_, _v._ - Schwarzenberg. - - SUBSIDE accordé en Angleterre, IV, 78. - - _Sucès_ (lord), _v._ Sussex. - - SUÈDE (la), V, 462. - - SUÈDE (Jean III, Roi de), I, 166, 364.--II, 122.--III, 453. - --IV, 64, 167.--V, 364, 374, 410, 462.--VII, 191. - - _Suavenguem_ (le Sr), _Suenegheme_, _Sueneguem_, _Sueneguen_, - _Suereguem_, _Suevenguem_, _v._ Swevegem. - - _Suesex_, _v._ Sussex. - - SUFFOLK (le Comté de), _Suffoc_, II, 135, 142, 199, 272.--III, - 28, 246.--IV, 401, 405. - - SUFFOLK (la Duchesse de), _Suffoc_, II, 214.--VI, 245, 279, 293, - 300.--Son _fils_, VI, 293. - - _Suffort_ (le lair de), près de Kelso en Écosse, III, 140. - - SUISSES (les), I, 85, 167.--II, 146, 245.--IV, 418.--V, 210, - 240.--VI, 19, 44, 105.--VII, 6, 10, 33, 36, 417, 428, 457, - 459. _v._ Bâle. - - SUMTHE (Richard), marchand anglais, I, 174. - - _Surampthon_ (le Comte de), _Surampton_, _v._ Southampton. - - _Sureth_ (le Comte de), _v._ Surrey. - - SURREY (le Comte de), fils aîné du Duc de Norfolk, _Seurey_, - _Sureth_, petit fils du Comte d'Arundel, III, 173, marié à la - nièce de lord Dacre, 391.--IV, 351. - - _Surthampton_ (le Comte de), _Suthampton_, _v._ Southampton. - - _Suscivye_, port de mer en Bretagne, III, 203. - - SUSSEX (le comté de), II, 379.--111--III, 246, 422. - - SUSSEX (le Comte de), grand chambellan d'Angleterre, _Sucès_, - _Suesex_, _Suxes_, I, 82.--II, 120, 123, 285, 348, 357, 372, - 374, 377, 379, 384, 385, 401, 417, 419, 420, 427.--III, 21, 55, - 73, 83, 86, 97, 104, 107, 108, 110, 113, 128, 132, 137, 139, - 140, 142, 145, 151, 152, 159, 160, 168, 170, 174, 175, 186, 193, - 200, 202, 222, 223, 230, 242, 265, 266, 267, 270, 283, 293, 294, - 296, 304, 305, 307, 308, 311, 319, 321, 342, 366, 400, 421, 424, - 425, 429, 462, 466.--IV, 3, 77, 80, 89, 104, 109, 116, 150, - 197, 341, 400, 410, 435, 437.--V, 15, 17. Est nommé grand - chambellan, 59, 65, 73, 74, 82, 84, 100, 160, 161, 165, 208, - 234, 260, 335, 352, 377, 422.--VI, 4, 17, 21, 28, 145, 302, - 468, 472.--VII, 129, 134, 197, 228, 230, 317.--Son _frère_, - III, 431. - - _Suxès_ (le Comte de), _v._ Sussex. - - _Sydenay_ (lord), _Sydeney_, _Sydney_, _v._ Sidney (lord). - - SYLVA (don Loys de), désigné pour être envoyé en Angleterre, VI, - 443. - - SWEVEGEM (le Sr), conseiller d'état de Flandre, député par le Duc - d'Albe en Angleterre, _Suavenguem_, _Sueneyheme_, _Sueneguem_, - _Sueneguen_, _Sueveguem_, _Suevenguem_, III, 477.--IV, 179, - 270, 315, 325, 352, 353, 360, 389, 399, 425, 427, 438, 440, 441. - --VI, 4, 95, 163, 268-284, 285, 287. - - -T. - - TAFIN (le Sr), agent du Duc d'Albe, II, 404. - - TAILLEBOURG en Saintonge, I, 138, 147. - - TALMONT en Saintonge, _Tallemont_, I, 138, 147. - - TANLAY en Champagne, I, 137. - - TANNAY-LE-MOULIN en Champagne, VII, 162. - - _Tarride_ (Mr de), _v._ Terride. - - TAVANNES (Gaspard de Saulx de), maréchal de France, _de Tavanes_, - _Thavanes_, _Thavennes_, I, 140, 389, 414.--VII, 5, 9. - - TE DEUM chanté à la cour après la victoire de Moncontour, VII, 66. - - TELLIGNY (Mr de), _de Téligné_, _Théligny_, II, 161, 183.--III, - 181.--IV, 64.--VII, 95, 192, 332, 343. «Feu M. de Telligny,» - 352. - - _Tempost_ (lord), seigneur protestant du nord, II, 384. - - TERMES, (Mr de), _v._ Thermes. - - TERRE-NEUVE, grande île de l'Amérique septentrionale, à l'E. du - golfe St-Laurent, _les Terres-Neufves_, flotte française - revenant de Terre-Neuve, II, 131. - - TERRIDE (Antoine de), _Tarride_, I, 137.--II, 244.--VII, 56. - - TEXTOR, ministre protestant envoyé en Angleterre, par La Noue; sa - négociation, VI, 81, 92, 93, 130, 237, 239, 240.--VII, 465. - - _Thavanes_ (Mr de), _Thavennes_, _v._ Tavannes. - - THERMES (Mr de), _Termes_, I, 100. - - THIESTE, I, 52. - - _Thitbery_, _v._ Tutbury. - - THOUARS en Poitou, I, 146, 147. - - _Thoulouse_, _v._ Toulouse. - - THROKMORTON, _Frocmorthon_, _Trocmorthon_, _Trocmorton_, - _Trokmorthon_, I, 129, 170, 242, 282.--II, 197, 245. Il est mis - en arrêt, 285.--III, 21.--IV, 225.--Son _neveu_, I, 86. - - _Thurin_, _v._ Turin. - - _Titbery_, _v._ Tutbury. - - _Tocester_, _v._ Towcester. - - TOLÈDE (don Frédéric de), fils aîné du Duc d'Albe, III, 127. - - TONNAY-BOUTONNE en Saintonge, _Tonny-Boutonne_, VII, 74. - - TORCY (Mr de), VI, 66, 68, 77.--VII, 454. - - TOSCANE (grand duché de), I, 261. - - TOULOUSE, capitale du Languedoc, _Thoulouse_, II, 162, 341.--III, - 115, 361. - - TOURNOIS en Angleterre, III, 443.--IV, 88. - - TOURS, capitale de la Touraine, VII, 68.--Le _Président_ de - Tours, _v._ Duverger. - - TOWCESTER, dans le comté de Northampton, _Tocester_, V, 76. - - TRAITÉ entre l'Angleterre et l'Espagne, V, 307.--VI, 235, _v._ - Pays-Bas, Saisie. - - TRAITÉ conclu par l'Ambassadeur, concernant l'Écosse, III, 169. - Maintien du traité, 175. _Mémoire_, discussion sur le traité - d'Écosse, 185. - - TRAITÉ conclu en Écosse, pour la reconnaissance de Jacques VI, - comme Roi d'Écosse, V, 273. - - TRAITÉ proposé au Roi par les seigneurs catholiques d'Angleterre, - I, 330. Avis de l'Ambassadeur sur cette proposition, 333. - - TRAITÉ D'ALLIANCE entre l'Angleterre et la France.--Négociation - d'un traité d'alliance entre la France et l'Angleterre, IV, 286. - Discussion du traité d'alliance, 372, 377, 413, 416. Conclusion - du traité d'alliance, 444. Réjouissances à Londres, à l'occasion - de l'alliance avec la France, 445.--Renouvellement de la ligue - entre la France et l'Angleterre, VI, 407. - - TRANSILVANIE (la), principauté d'Allemagne, III, 349, 472.--IV, - 8. - - TRASSAN, gentilhomme anglais, est arrêté à son retour de Louvain, - II, 12. - - TRENTE (le concile de), _Trante_, _v._ Concile. - - TRÉSOR D'ESPAGNE. Arrivée à Plymouth des galions espagnols, I, 43. - Saisie du trésor, 59, _v._ Saisie. - - _Trésorier_ (milord), _v._ Burleigh. - - TRÉSORIER (le), de l'épargne en France. Plaintes de l'ambassadeur - contre le refus qu'il fait de lui payer son traitement, VI, 372, - 412, 425. - - TRÉPORT (le), en Normandie, _Tresport_, II, 199. - - _Trocmorthon_, _Trocmorton_, _Trokmorthon_, _v._ Throkmorton. - - TROUBLES de France, _v._ Guerres civiles de France. - - TROUBLES d'Angleterre et d'Irlande, _v._ Irlande, Norfolk, Suffolk - et Révolte du nord. - - TUILERIES (les), palais du Roi à Paris, V, 415.--VI, 149.--VII, - 190. - - TUNIS, capitale du royaume de Tunis, sur les côtes de Barbarie, - _Tunes_, _Tuniz_, III, 85.--VI, 213. - - TUNIS (le Roi de), Muley Hascen, «_le Roi de Tunes_», II, 6. - - TURCS (les), ligue contre eux, I, 350.--III, 85, 333, 334, 349, - 360, 426, 453.--IV, 2, 8, 32, 228, 280, 281, 285, 290, 384. - --V, 206, 232, 256, 316, 318, 342.--VI, 94, 213, 264, 307, 338, - 396, 399, 427.--VII, 149, 272, 278, 383, 395. - - TURENNE (Mr de), neveu du maréchal de Damville, _Mr de Turène_, - VI, 66, 68, 339, 414, 417. - - TURIN en Italie, _Thurin_, III, 432.--VI, 314, 368. - - TUTBURY dans le comté de Stafford, château dans lequel Marie - Stuart fui retenue prisonnière, _Thitbery_, _Titbery_, - _Tutebery_, _Tutbery_, _Tytbery_, I, 13, 79, 104, 179, 195, 285. - --II, 234, 263, 265, 271, 282, 377, 383, 433.--III, 12, 23. - - TYMBIE (Jehan), marchand anglais, I, 174. - - _Tytbery_, _v._ Tutbury. - - -U. - - _Untington_ (le Comte de), _v._ Huntingdon. - - _Ursin_ (le cardinal), _v._ Orsini. - - UTRECHT, dans les Provinces-Unies, _Utrec_, V, 78. - - UZÈS (le Duc d'), d'_Uzez_, VI, 348, 382. - - -V. - - VALENCE (Mr de), VII, 429. - - VALENCIENNES, dans les Pays-Bas, _Vallenciennes_, III, 348.--V. - Prise de Valenciennes par les Gueux, 4. - - VALENTIN (un), I, 126. Voir la _note_. - - VALENTINOIS (Diane de Poitiers, Duchesse de), Madame de - _Vallantinois_, maîtresse de Henri II, III, 439. - - VALFENIÈRE, envoyé en Angleterre avec Rouvray par les protestants - de France, _Valfenyère_, I, 313, 326, 327, 337, 374, 408.--VI, - 328. - - _Vallantinois_ (Mme de), _v._ Valentinois. - - VALOGNE en Normandie, _Valoignes_, _Valongnes_, VI, 77, 92, 112. - --VII, 458. - - _Valsingam_ (Mr de), _Vualsingam_, _Vualsingan_, _v._ Walsingham. - - VANNES, en Bretagne, VII, 99. - - VARGAS (le docteur), envoyé en Angleterre par le Duc d'Albe, - _Vargaz_, II, 237, 241, 246. - - _Varvic_, _Varvich_, _v._ Warvick. - - VASSAL, l'un des secrétaires de l'Ambassadeur, I, 88.--VI, 223, - 502. - - VAUDÉMONT (la maison de), VI, 393. - - VAUDÉMONT (Nicolas, Comte de), VI, 390. - - VAUDÉMONT (la Princesse Louise de), Reine de France, la fille - aînée de M. de Vaudémont, mariée à Henri III, VI, 390. - - VAUJOURS, en Anjou, VII, 273. - - _Vayrac_ (Mr de), _v._ Vérac. - - VAYVODE (le), Jean Sigismond Zapolski, Prince de Transylvanie, - III, 143, 349. - - VELUTELLY (Acerbo), banquier de Londres, IV, 410.--V, 148.--VI, - 372, 425. - - VENDÔME (la maison de), _Vendosme_, IV, 225. - - VENISE, en Italie, IV, 342.--VI, 206.--La _Seigneurie_ de - Venise, VI, 229.--Les _Seigneurs Magnifiques_ de la Seigneurie - de Venise, III, 37. - - VÉNITIENS (les), III, 19, 333, 334, 349, 360, 430, 453.--V, 316, - 318.--VII, 149. - - VENTADOUR (Mr de), VI, 339. - - VERACRUZ (la), port du Mexique, I, 182. - - VÉRAC (Mr de), envoyé par le Roi en Écosse, _Vayrac_, _Veyrac_. Sa - mission, III, 319, 336.--IV, 39. Il est fait prisonnier dans le - château de Dunbarton, 53, 70, 73, 104. Sa rentrée en France, - 113. Renvoyé de nouveau en Écosse, il est fait prisonnier en - abordant à Leith, 185, 193, 197, 212. Sa mise en liberté, 215, - 227, 228, 230, 236, 237, 259, 270, 273, 274, 275, 299, 309, 310, - 338, 345, 363.--V, 2, 82, 176. Son arrivée en Angleterre avec - M. Du Croc, 181, 238, 253, 254, 259, 272, 278, 291, 292, 296, - 304, 305, 306, 308, 323, 324, 332. Son prochain départ pour - retourner en Écosse, 335, 340, 345. Audience de congé accordée à - M. de Vérac, 348-350.--VII, 137, 139, 197, 198, 203, 206, 207, - 210, 212, 213, 225, 237, 244, 245, 254, 281, 297, 305, 306, 315, - 327, 387, 409, 414, 418, 419. - - VERTEUIL, maison du comte de La Rochefoucault, VII, 3. - - _Vesmerland_ (le Comte de), _v._ Westmorland. - - VÉZELAY L'ABBAYE, en Bourgogne, I, 415. - - VICE-ROI (le) du Mexique envoyé d'Espagne, I, 182. - - VICOMTES (les quatre), les Vicomtes de Borniquel, de Caumont, de - Montclar et de Paulin, tenant le parti des protestants dans le - midi, I, 172, 293, 362, 367, 386.--II, 21, 68, 162, 314, 333, - 341, 393.--V, 202. - - VIBRAC, VIllage près de Jarnac, VII, 3, 7. - - VIDAME DE CHARTRES (Jean de Ferrières, seigneur de Maligny), - envoyé par les protestants en Angleterre, I, 154, 355, 380, 407. - --II, 49, 78, 96, 98, 140.--III, 312, 316, 326, 358, 359, 418, - 466.--IV, 12.--V, 162, 169, 176, 190, 212, 213, 226, 239, 240, - 250, 263, 272, 281, 375, 402, 453.--VI, 59, 93, 168, 210, 235, - 249, 253, 268, 280, 288, 316.--VII, 371, 451. - - _Vildelmor_ (le chevalier Walter), chancelier de l'échiquier, I, - 82, _v._ Mildmay (le chevalier Walter). - - VIENNE (la), rivière de France, I, 145.--II, 158, 159. - - VIEURNE (le Sr), réfugié en Angleterre après la Saint-Barthèlemy, - V, 155.--Et sa _femme_, V, 155. - - VILDEN, ministre protestant réfugié en Angleterre, VII, 465. - - VILLÈNE (le capitaine), du Boulonnais, II, 316. - - VILLARS (Honorat de Savoie, Comte puis marquis de), grand amiral - de France, successeur de Coligni, VII, 67. - - VILLECLER (Mr de), IV, 93. - - VILLEMEUR (le Sr de), précepteur du Duc de Guise, VII, 322. - - VILLEQUIER (le Sr de), l'un des gentilshommes du Duc d'Anjou, VII, - 234. - - VILLEROY (Nicolas de Neufville, seigneur de), VI, 105, 148.--VII, - 62, _v._ Neufville. - - VILLERS COTERÊTS, dans le Valais, _Villiers Costerez_, VII, 168, - 171. - - VILLES PROTESTANTES (les), d'Allemagne I, 297. - - VILLIERS, ministre protestant réfugié en Angleterre après la - Saint-Barthèlemy, V, 155.--VI, 81, 167, 219, 248, 301. - - _Villiers_, _v._ Villers-Coterêts. - - VILLY (le Sr de), V, 375. - - VIMONT (le Sr de), marchand de Rouen, _Vymont_, II, 324, 327, 333. - - VINCENNES, près Paris, VI, 83. Complot de Vincennes, 98, 104, _v._ - Coconas et La Mole.--VII, 457-459, 462, 468-470. - - VINS (le capitaine), Provençal, neveu du Sr de Cazas, VII, 7. - - VIRÉ, en Normandie, VII, 459. - - VITELLI (Ciapino), Marquis de Cestona, général espagnol, envoyé - par le Duc d'Albe en Angleterre, _Chapin Vitel_, _Vitelly_, _le - Marquis de Chelona_, _de Chetona_. Sa mission, II, 50, 237, 241, - 246, 260, 267, 286. Son arrivée en Angleterre, 293, 297, 298, - 310, 311, 314, 315, 318, 320, 332, 337. Soupçons des Anglais - contre Ciapino Vitelli, 342, 353, 365, 368, 370, 379, 389, 399, - 405, 407. Son départ prochain, 409. Son audience de congé, 412, - 414, 419. Avis donné par Ciapino Vitelli au Duc d'Albe, de - déclarer la guerre à Élisabeth, 422, 423.--III, 9, 12, 31, 46, - 64, 335.--V, 44. - - _Vitemberg_ (le Duc de), _v._ Wurtemberg. - - VITRI-LE-FRANÇAIS, en Champagne, _Vitry_, V, 459, 464.--VI, 49. - --VII, 450. - - VOLONTAIRES (formation d'un corps de), en Angleterre, pour la - Rochelle, II, 89. - - VOYAGE du Roi en Italie, VI, 206.--_Voyage_ de la reine-mère - au-devant du Roi, VI, 225. - - VOYSIN (le Sr de), de Normandie, I, 292, 297, 326, 340, 386.--V, - 375. - - _Vualsingam_ (Mr de), _v._ Walsingham. - - _Vuandeberg_ (le Comte de), _v._ Wandeberg. - - _Vuarcop_ (Me), _v._ Warcop. - - _Vuartguelt_, VI, 105. - - _Vuarvic_ (le Comte de), _v._ Warvick. - - _Vuarvycsther_, _v._ Warvickshire. - - _Vuayt_ (Henri), _v._ Wayt. - - _Vuesmerlan_ (le Duc de), _v._ Westmorland. - - _Vuilson_ (le docteur), _v._ Wilson. - - _Vuinchester_ (le Marquis de), _v._ Winchester. - - _Vuindesor_ (lord de), _v._ Windsor. - - _Vuingfeilld_, _v._ Wingfield. - - _Vuodderby_, _v._ Woodbury. - - _Vuodstok_, _v._ Woodstock. - - _Vuynbenc_ (Me), _v._ Wynbenc. - - _Vuynch_, _v._ Wynck. - - _Vuyndezor_, _v._ Windsor. - - -W. - - WAKER (Thomas), marchand anglais, II, 19. - - WALES (le pays de), _v._ Galles. - - WALFRIN (le Baron de), _Vualfrind_, III, 467, 468. - - WALONS (les), troupes Allemandes, I, 398.--IV, 438, 461.--V, 78, - 223. - - WALSINGHAM (le chevalier François), _Valsingan_, _Vualsingam_, - _Vualsingan_, _Vualsinguam_, _Vualsinguan_. Mission de - Walsingham en France, pendant l'ambassade de Mr Norris, III, - 274, 275, 277, 278, 280. Instructions, 281, 282, 283, 287, 292, - 296, 302. Son retour en Angleterre, 320, 321, 323, 332, 336, - 338, 340, 341, 342, 362, 364, 372, 379, 380, 408, 431, 432. Sa - négociation et son ambassade en France où il succède à Mr - Norris, 469.--Avis donné par Walsingham, IV, 20, 41, 45, 56, - 60, 61, 64, 68, 87, 123, 128, 131, 132, 133, 164, 172, 176, 180, - 187, 195, 196, 201, 202, 207, 208, 210, 213, 215, 228, 229, 231, - 233, 243, 247, 249, 253, 258, 263, 270, 271, 273, 278, 287, 300, - 310, 327, 370, 376, 419.--V, 46, 63, 67, 69, 85, 86 87, 99, - 108, 116, 117, 120, 122, 124, 128, 132, 133, 134, 135, 136, 137, - 140, 141, 142, 146, 149, 151, 158, 159, 163, 177, 178, 179, 185, - 199, 200, 210, 224, 226, 241, 242, 264, 277, 283, 297, 298, 302, - 304, 305, 306, 312, 314, 317, 319. Le docteur Dale lui est donné - pour successeur. Son retour en Angleterre, où il est nommé - conseiller privé, 327, 330, 334, 336, 435, 470.--VI, 4, 25, 28. - Conférence avec l'Ambassadeur, 35, 36, 37, 38, 81, 164. - Conférence, 181, 182, 196, 199, 209, 220, 223, 287, 290. - Conférence de l'Ambassadeur avec Walsingham, 294, 302. - Communication de l'Ambassadeur avec Walsingham, 316, 317, 354, - 337, 358, 372, 380, 436, 452, 468, 482, 494.--VII, 129, 134, - 140, 142, 152, 153, 158, 161, 167, 176, 178, 182, 183, 188, 194, - 197, 201, 202, 212, 213, 215, 216, 233, 236, 249, 250, 252, 253, - 257, 259-262, 265, 267, 268, 271, 273, 280, 283, 287, 296, 300, - 307, 309, 310, 312, 316, 330, 334, 336, 340, 341, 343, 345, 347, - 348, 349, 350, 352, 354, 355, 363, 365, 367, 368, 371, 372, 393, - 397, 398, 410, 411, 413, 420, 422.--Sa _femme_, III, 380. - - WANDEBERG (le Comte de), beau-frère du Prince d'Orange, - _Vuandeberc_, III, 463. - - WARCOP (Me), _Vuarcop_, VI, 29, 143, 172, 349, 374. - - _Ware_, dans le Comté de Roxburgh, en Écosse, III, 139. - - WARVICK, capitale du comté, _Varvic_, _Varvich_, _Vuarvich_, - _Wuarvich_, _Warvic_, _Warwic_, _Warwic_, I, 328.--II, 548.--III, - 74.--V, 92, 239, 387.--VII, 361, 414. - - WARWICK (le Comte de), frère de Leicester, _Vuarvic_, _Vuarvich_, - II, 368, 378, 385, 401, 412, 419, 420, 427.--III, 21.--V, 84. - - WARVICKSHIRE, comté d'Angleterre, _Vuarvicsther_, II, 368. - - WAYT (Henry), marchand anglais, _Vuayt_, I, 174. - - WELGAN (le Duc de), _Vuelgan_. Levées de Reitres faites par le - Duc, en Allemagne, I, 86. Wolfang, Duc de Deux-Ponts. - - WESTMINSTER, à Londres, _Oesmestre_, _Ouestmester_, _OExmestre_, - I, 18.--IV, 346, 424.--V, 15. - - WESTMORLAND (le Comte de), _Vesmerland_, _Vuesmerlan_, - _Vuesmerland_. Sa prise d'armes dans le nord avec le Comte de - Northumberland, II, 348. Il est déclaré rebelle, 370, 372, 375, - 378, 398, 401, 402, 411, 417, 419, 421, 422, 424, 425, 427.--Sa - fuite en Écosse, d'où il parvient à se rendre dans les Pays-Bas, - III, 4, 11, 22, 27, 30, 34, 35, 45, 54, 55, 77, 96, 98, 140, - 146, 149, 310, 432.--IV, 2.--VI, 95, 209, 493, _v._ Révolte du - nord. - - WESTMORLAND (la Comtesse de), femme du précédent, III, 96. - - _Wicht_ (l'île de), _v._ Wight. - - WIGHT (l'île de), sur les côtes méridionales d'Angleterre, l'île - d'_Ouic_, d'_Ouyc_, de _Wicth_, _With_, I, 111, 121.--II, 25, - 45, 64, 75, 96, 137, 238, 368.--III, 270.--IV, 17.--V, 143, - 153, 162, 198, 283, 343. - - WILSON (Me), premier maître des requêtes d'Élisabeth, IV, 288. - --V, 114, 116.--VI, 263, 277, 284, 302, 339, 352, 359, 395, - 399. - - WILX (Thomas), secrétaire du docteur Dale, ambassadeur en France. - Vives plaintes de Catherine de Médicis contre la conduite de ce - secrétaire, VI, 212, 239, 425, 426, 450, 456. - - WINCHESTER (le Marquis de), grand trésorier d'Angleterre, - _Vuinchester_, IV, 410. - - WINDSOR, dans le comté de Berks, _Vuyndezor_, _Windesor_, - _Windesore_, _Vindezor_, _Winsor_, I, 243.--II, 137, 259, 278. - --Les _archives_ de Windsor, VI, 96. - - WINDSOR (lord de), _Windesor_, V, 10, 14.--VI, 206. - - WINGFIELD, dans le comté de Derby, _Winkfild_, _Vuingfeild_, - château dans lequel fut conduite Marie Stuart, I, 380, 381. - --II, 255. - - WINGFIELD, émissaire d'Élisabeth, en Allemagne, _Oynfild_, III, - 272. - - WINTER, vice-amiral d'Angleterre, _Ouynter_, _Oynter_, _Huinter_, - _Huynter_, I, 17, 25, 33, 37, 41. Départ de la flotte marchande - pour La Rochelle sous sa conduite, 44, 54, 55, 75, 90, 93, 99. - Son retour, 117, 120, 129, 130, 131, 151, 153, 154, 160. - Explications données par Me Winter sur son voyage à La Rochelle, - 164, 165, 168, 186, 214, 237, 243, 244, 270, 279, 297, 338, 339, - 351, 355, 408.--II, 8, 13, 15, 25, 38, 40.--IV, 361.--VII, 14. - - WINTER (le jeune Guillaume), capitaine de navire, I, 120, 351. - - _With_ (l'île de), _v._ Wight. - - _Witemberg_ (le Duc de), _v._ Wurtemberg. - - WJONS (le capitaine), I, 214. - - WOD (Jehan), I, 344. - - WOODBURY dans le comté de Devon, _Vuodderby_, III, 22. - - _Wodstok_, _v._ Woodstock. - - WOODSTOCK dans le comté d'Oxford, _Oestoc_, _Vuodstok_, _Wodstok_, - V, 122.--VI, 496, 498, 501. - - WORCESTER (le Comte de), «de la famille de _Somerset_ dont il - porte le surnom,» _Ocestre_, _Ochester_, _Ochestre_, - _Vourchester_, _Worcester_, IV, 83, 84, 467.--V, 14, 15. Il est - désigné pour passer en France afin d'assister, au nom - d'Élisabeth, au baptême de la fille du Roi, 225, 228, 229, 252, - 235. Son départ, 238. Sa négociation en France, 241, 244, 247, - 248, 251, 257, 262, 264, 268, 269. Son retour, 270, 275, 277, - 284, 285, 298.--Son _fils_ épouse la soeur du Comte de - Huntingdon, IV, 319, 321. - - WURTE (le capitaine), I, 214. - - WURTEMBERG (le Duc de), _Witemberg_, III, 195, 298.--VII, 166. - - WYNBENC (Me), l'un des clercs du conseil d'Angleterre, _Vuynbenc_, - IV, 158. - - _Wynck_, château près de Londres, _Vuynch_, III, 289. - - WYNTER, _v._ Winter. - - -X. - - X....., III, 53, (Stukeley), _v._ Stukeley. - - _Xainctes_, _v._ Saintes. - - _Xainctonge_, _v._ Saintonge. - - -Y. - - YARMOUTH, dans le comté de Norfolk, _Germue_, _Hiermuth_, I, 325, - 349, 351.--III, 28. - - YORK, capitale du comté, _Hiorc_, _Yorc_. Conférence d'York pour - statuer sur le sort de Marie Stuart, I, 12, 17. La conférence - est évoquée à Hamptoncourt, 18, 80, 81.--II, 348, 366, 367, - 372, 377, 384, 411, 417.--III, 110, 128, 223.--IV, 19.--V, - 118.--VI, 55. - - _Yrlande_, _v._ Irlande. - - YVOY (Mr d'), _Divoy_, _d'Ivoy_, I, 149, 173. - - -Z. - - ZABRAS, barques, I, 110. - - _Zainctes_, _v._ Saintes. - - ZÉLANDE (la), l'une des Provinces-Unies, I, 272, 289, 300, 313, - 326, 329, 419.--II, 15, 99, 154, 251, 388, 401, 405.--III, - 247.--IV, 336.--V, 43, 60, 199.--VI, 48, 280, 359, 362, 497. - --VII, 314. - - -FIN DE LA TABLE GÉNÉRALE DES MATIÈRES CONTENUES DANS LES SEPT VOLUMES. - - - - -CORRESPONDANCE DIPLOMATIQUE DE BERTRAND DE SALIGNAC DE LA MOTHE -FÉNÉLON. - - -DÉDICACES. - - - 1er volume, à lord Holland. - - 2e -- au marquis de Lansdowne. - - 3e -- au comte d'Aberdeen. - - 4e -- à sir Robert Peel. - - 5e -- à S. E. Mr Guizot. - - 6e -- à M. Henri Hallam. - - 7e -- aux membres du Bannatyne club d'Édimbourg. - - - - - -End of the Project Gutenberg EBook of Supplément à la Correspondan -e Diplomatique de Bertrand de , by Bertrand de Salignac de La Mothe Fénélon - -*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK CORRESPONDANCE DIPLOMATIQUE *** - -***** This file should be named 42432-8.txt or 42432-8.zip ***** -This and all associated files of various formats will be found in: - http://www.gutenberg.org/4/2/4/3/42432/ - -Produced by Robert Connal, Hélène de Mink, and the Online -Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This -file was produced from images generously made available -by the Bibliothèque nationale de France (BnF/Gallica) at -http://gallica.bnf.fr) - - -Updated editions will replace the previous one--the old editions -will be renamed. - -Creating the works from public domain print editions means that no -one owns a United States copyright in these works, so the Foundation -(and you!) can copy and distribute it in the United States without -permission and without paying copyright royalties. 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Information about the Project Gutenberg Literary Archive -Foundation - -The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit -501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the -state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal -Revenue Service. The Foundation's EIN or federal tax identification -number is 64-6221541. Contributions to the Project Gutenberg -Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent -permitted by U.S. federal laws and your state's laws. - -The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S. -Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered -throughout numerous locations. Its business office is located at 809 -North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887. Email -contact links and up to date contact information can be found at the -Foundation's web site and official page at www.gutenberg.org/contact - -For additional contact information: - Dr. Gregory B. Newby - Chief Executive and Director - gbnewby@pglaf.org - -Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg -Literary Archive Foundation - -Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide -spread public support and donations to carry out its mission of -increasing the number of public domain and licensed works that can be -freely distributed in machine readable form accessible by the widest -array of equipment including outdated equipment. Many small donations -($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt -status with the IRS. - -The Foundation is committed to complying with the laws regulating -charities and charitable donations in all 50 states of the United -States. Compliance requirements are not uniform and it takes a -considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up -with these requirements. We do not solicit donations in locations -where we have not received written confirmation of compliance. 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Hart was the originator of the Project Gutenberg-tm -concept of a library of electronic works that could be freely shared -with anyone. For forty years, he produced and distributed Project -Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support. - -Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed -editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S. -unless a copyright notice is included. Thus, we do not necessarily -keep eBooks in compliance with any particular paper edition. - -Most people start at our Web site which has the main PG search facility: - - www.gutenberg.org - -This Web site includes information about Project Gutenberg-tm, -including how to make donations to the Project Gutenberg Literary -Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to -subscribe to our email newsletter to hear about new eBooks. - |
