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-The Project Gutenberg EBook of Supplément à la Correspondance
-Diplomatique de Bertrand de Sali, by Bertrand de Salignac de La Mothe Fénélon
-
-This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with
-almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or
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-with this eBook or online at www.gutenberg.org
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-
-Title: Supplément à la Correspondance Diplomatique de Bertrand de Salignac de La Mothe Fénélon, Tome Septième
- Ambassadeur de France en Angleterre de 1568 à 1575
-
-Author: Bertrand de Salignac de La Mothe Fénélon
-
-Release Date: March 29, 2013 [EBook #42432]
-
-Language: French
-
-Character set encoding: ISO-8859-1
-
-*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK CORRESPONDANCE DIPLOMATIQUE ***
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-
-
-Produced by Robert Connal, Hélène de Mink, and the Online
-Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This
-file was produced from images generously made available
-by the Bibliothèque nationale de France (BnF/Gallica) at
-http://gallica.bnf.fr)
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-
-Notes de transcription: Les erreurs clairement introduites par le
-typographe ont été corrigées. L'orthographe d'origine a été conservée
-et n'a pas été harmonisée.
-
-Une expression, en exposant dans l'original, et dont l'abrévation
-n'est pas évidente, a été mise entre accolades dans cette version
-électronique. Ainsi, le {c} après le chiffre romain signifie que ce
-dernier doit être multiplié par cent.
-
-
-
-
- SUPPLÉMENT
-
- A LA
-
- CORRESPONDANCE
-
- DIPLOMATIQUE
-
- DE
-
- BERTRAND DE SALIGNAC
-
- DE LA MOTHE FÉNÉLON,
-
- AMBASSADEUR DE FRANCE EN ANGLETERRE
-
- DE 1568 A 1575,
-
- Lettres adressées de la Cour à l'Ambassadeur.
-
- TOME SEPTIÈME.
-
- ANNÉES 1568-1575.
-
- PARIS ET LONDRES.
-
- 1840.
-
-
-
-
- RECUEIL
-
- DES
-
- DÉPÊCHES, RAPPORTS,
-
- INSTRUCTIONS ET MÉMOIRES
-
- Des Ambassadeurs de France
-
- _EN ANGLETERRE ET EN ÉCOSSE_
-
- PENDANT LE XVIe SIÈCLE,
-
- Conservés aux Archives du Royaume,
-
- A la Bibliothèque du Roi,
- etc., etc.,
-
- ET PUBLIÉS POUR LA PREMIÈRE FOIS
-
- _Sous la Direction_
-
- DE M. CHARLES PURTON COOPER.
-
- [Illustration]
-
- PARIS ET LONDRES.
-
- 1840.
-
-
-
-
- DÉPÊCHES, RAPPORTS,
-
- INSTRUCTIONS ET MÉMOIRES
-
- DES AMBASSADEURS DE FRANCE
-
- EN ANGLETERRE ET EN ÉCOSSE
-
- PENDANT LE XVIe SIÈCLE.
-
-
- LA MOTHE FÉNÉLON.
-
-
- Imprimé par BÉTHUNE et PLON, à Paris.
-
-
-
-
- AUX TRÈS-HONORABLES MEMBRES
-
- DU
-
- BANNATYNE CLUB
-
- D'ÉDIMBOURG.
-
- CE VOLUME LEUR EST DÉDIÉ
-
- COMME
-
- TÉMOIGNAGE DE RECONNAISSANCE ET DE HAUTE
-
- CONSIDÉRATION
-
- PAR LEUR TRÈS-OBÉISSANT SERVITEUR
-
- A. TEULET.
-
-
-Les six volumes qui précèdent sont la reproduction entière des
-registres sur lesquels BERTRAND DE SALIGNAC DE LA MOTHE FÉNÉLON
-faisait transcrire toutes ses dépêches. Sous ce rapport, cette
-publication est complète; c'est l'oeuvre de l'Ambassadeur pure et sans
-mélange. Dans le septième volume, que nous publions aujourd'hui, nous
-avons réuni tout ce que nous avons pu recueillir de lettres inédites
-adressées par la Cour de France à l'Ambassadeur, et nous y avons joint
-quelques pièces essentiellement relatives à ses négociations. Un
-critique plein d'érudition, qui a rendu compte des premiers volumes de
-cet ouvrage avec une bienveillance dont nous ne saurions trop le
-remercier[1], a pensé qu'il eût été préférable d'intercaler ces
-lettres et ces pièces à la suite de chacune des dépêches auxquelles
-elles se rapportent. Nous l'aurions fait sans hésiter si nous avions
-pu nous procurer un recueil complet des lettres de la Cour à
-l'Ambassadeur; mais nous n'avions à notre disposition qu'un certain
-nombre de ces lettres, qu'un heureux hasard nous avait fait retrouver.
-D'ailleurs, pour tenir notre engagement de ne publier que des pièces
-inédites, il aurait toujours fallu renoncer à intercaler les lettres
-de la Cour à partir du mois de décembre 1572, puisque depuis cette
-époque elles ont été imprimées, au moins en grande partie, par Le
-Laboureur à la suite des mémoires de Castelnau[2]. Nous nous sommes
-déterminés, par ce double motif, à réunir en un volume supplémentaire
-tout ce que nous avions de documents inédits relatifs à l'Ambassade de
-La Mothe Fénélon. Il sera facile, à l'aide des dates et des chiffres
-de renvoi, de rapprocher ces documents des dépêches auxquelles ils se
-rapportent, et ils serviront en même temps à compléter autant que
-possible les lacunes qui existent dans le recueil de Le Laboureur.
-
- [1] _Edinburg Review_, No CXL. _July, 1839._
-
- [2] Tome III, pag. 265-283.
-
-Il suffit de parcourir ce volume pour se pénétrer de l'intérêt et de
-l'importance des documents qu'il renferme. Quant à la confiance qui
-leur est due, nous avons déjà expliqué dans la préface insérée en
-tête du premier volume comment ces lettres se trouvent aux Archives du
-Royaume, et quelle est leur origine. Ce sont des copies faites vers la
-fin du dix-septième siècle dans la famille de l'Ambassadeur, sous la
-direction d'un abbé de Fénélon, son petit neveu, qui n'est autre,
-suivant nous, que le grand Fénélon, alors fort jeune. L'insertion de
-ces copies dans des cahiers, qui contiennent en même temps une
-transcription fidèle de toutes les dépêches de l'Ambassadeur,
-suffirait jusqu'à un certain point pour en assurer l'authenticité;
-mais ce qui ne peut laisser aucun doute à cet égard, c'est que nous
-les avons comparées soit avec le manuscrit des lettres publiées par Le
-Laboureur, soit avec tous ceux des originaux que nous avons pu
-recouvrer, et qu'elles se sont constamment trouvées d'une exactitude
-irréprochable. On sait que le manuscrit imprimé par Le Laboureur est
-conservé à la Bibliothèque du Roi[3]. Quant aux lettres originales,
-quelques-unes se sont retrouvées dans les papiers de l'Ambassadeur,
-d'autres, en assez grand nombre, sont entre les mains de M. de La
-Fontenelle de Vaudoré, conseiller à la cour royale de Poitiers, qui a
-eu l'obligeance de les mettre à notre disposition; enfin, la majeure
-partie de ces lettres et des papiers de l'Ambassade existe à la
-Bibliothèque Impériale de Saint-Pétersbourg, où M. le prince Alexandre
-Labanoff a bien voulu les consulter pour nous en transmettre une
-notice. Nous prions ces deux messieurs de recevoir ici l'expression de
-notre bien vive reconnaissance.
-
- [3] _Fonds de St-Germain_, no 769.
-
-Des diverses comparaisons que nous avons faites il est donc résulté
-pour nous la certitude complète que tous les documents renfermés dans
-ce volume sont d'une authenticité incontestable. Les hommes d'état et
-les historiens qui voudront les consulter en apprécieront
-l'importance.
-
-
-
-
-LETTRES ÉCRITES DE LA COUR
-
-A
-
-LA MOTHE FÉNÉLON.
-
-
-
-
-I
-
-LE DUC D'ANJOU A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XIVe jour de mars 1569.--
-
- Nouvelle de la victoire de Jarnac.--Mort du prince de
- Condé.--Résolution de suivre les fruits de la victoire.--Charge
- donnée à l'ambassadeur de communiquer cette nouvelle à la reine
- d'Angleterre.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, escrivant au Roy, Mon Seigneur et frère,
-comme le Prince de Condé, avec grand nombre de seigneurs,
-gentilshommes et cappitaines, tenans son parti, ont esté tués, à la
-rencontre qui feust, entre nostre armée et la leur, le jour d'hier,
-près ce lieu de Jarnac, outre la perte de plusieurs cappitaines et
-personnages d'importance qui y feurent prins prisonniers, je vous ay
-bien voulu escrire la présante pour vous mander ceste bonne nouvelle,
-et afin que vous en fassiez part à la Reyne d'Angleterre; vous priant
-luy faire bien entendre de quelle importance est la victoire que Dieu
-nous a donnée sur noz ennemis, et comme leur armée, fuyant devant la
-nostre, a esté poursuivie par nous, au galop, plus de deux grandes
-lieues, où ilz ont perdu beaucoup de gens; et comme j'espère,
-bientost, avec l'ayde de Dieu, venir à bout de ce qui est demeuré, et
-leur ester le moyen de se remettre sus.
-
-Et, entre autres choses, je vous prie luy faire bien entendre comme
-Dieu nous a tant favorisés que nous n'avons fait aucune perte, en tout
-ce combat, que d'un seul homme de marque, le sieur de Montsalles, qui
-despuis est mort de quelques coups qu'il y avoit receus, et bien peu
-de nos soldats; en sorte qu'il n'y a rien qui me puisse retarder de
-poursuivre la victoire et les aller chercher en quelle part où ils se
-soient retirez.
-
-Et, pour cest effect, je fais, dez ce jourdhuy, passer la Charente à
-toute mon advantgarde, pour marcher demain, avec tout le demeurant de
-l'armée, droit à Cognac, où l'Admiral et d'Andelot se sont sauvez;
-espérant n'obmettre aucune chose de ce qui sera nécessaire pour les
-forcer là dedans, et en avoir la raison.
-
-J'escris un mot à la dicte Dame, en créance sur vous, laquelle je vous
-prie, Monsieur de La Mothe Fénélon, visiter de ma part, pour luy faire
-entendre le discours de tout ce qui s'est passé entre nous et noz
-ennemis, suivant le mémoire que je vous en envoye; et m'advertyr, le
-plus tot que vous pourrez, comme la dicte Dame aura prise ceste
-nouvelle, et ce que vous pourrez descouvrir de ses desseings et de ce
-qu'elle voudra faire après avoir entendu...
-
- (La fin de cette lettre manque, et le mémoire envoyé à
- l'ambassadeur ne s'est pas retrouvé dans ses papiers; mais la
- pièce suivante, qui fait partie des archives de Symancas, doit y
- suppléer.)
-
- _Nota._--Cette lettre est la première en date de celles qui sont
- conservées aux archives; les lettres écrites par le roi à La
- Mothe Fénélon avant cette époque n'ont pu être retrouvées; elles
- sont énoncées dans les dépêches sous la date des 5, 15, 16 et 27
- décembre 1568; 1er, 15 et 20 janvier; 7, 8, 9, 12, 14 et 22
- février, et 7 mars 1569.
-
-
-
-
-II
-
-DISCOURS DE LA BATAILLE
-
- donnée par Monseigneur, Duc d'Anjou et de Bourbonnoys, frère du
- Roy, et lieutenant général pour Sa Majesté, par tout son
- royaume et terre de son obéissance, contre les rebelles de sa
- dicte Majesté, le XIIIe jour de mars mil V{c} soixante neuf,
- entre la ville d'Angoulesme et Jarnac, près d'une maison,
- nommée Vibrac, appartenant à la dame de Mézières[4].
-
- [4] Cette pièce est la copie qui fut envoyée au roi d'Espagne,
- Philippe II, par son ambassadeur en France, don Francès d'Alava.
-
---du XXIe jour de mars 1569.--
-
-(_Archives du royaume, fonds de Symancas, carton K. 1391. B.--liasse
-26, pièce 9._)
-
-Relation de la bataille de Jarnac, livrée le 13 mars 1569.
-
-
-Il fault premièrement sçavoir que, depuys que Monseigneur est party de
-Chinon, avecques touts les princes, seigneurs et cappitaines, qui
-l'ont, dès le commencement des troubles, accompaigné, et de toutes ses
-forces, pour venir retrouver le Prince de Condé et aultres rebelles
-subjectz de Sa Majesté, iceulx se sont toutjours retirés, petit à
-petit, dans le pays par eulx conquis, pour fuyr le combat, lequel ilz
-cognoissoyent que Mon dict Seigneur alloyt cherchant; de façon que Mon
-dict Seigneur, pour l'extresme desir qu'il avoyt de les combatre et
-joindre, estoit entré dans leur dicte conqueste, il y avoyt jà
-longtemps, quand se retrouvant à Verteuil, maison du comte de La
-Rochefoucault, distant de trois lieues de la dicte ville d'Angoulesme,
-il s'apperceust que, tant plus il métoit peine de les rencontrer pour
-les attirer au combat, que plus ilz fuyoient; et que, pour ce faire,
-ilz avoyent mis la rivière de Charente entre luy et eulx, de façon
-que Mon dict Seigneur se résolust de gaigner ung passaige sur la dicte
-Charente, affin de n'avoir, après, rien qui l'empeschast de suyvre son
-entreprise.
-
-Et, pour ce faire, feist acheminer son avantgarde, conduicte par Mr le
-Duc de Montpensier à Chasteauneuf, où elle arriva le mercredy,
-neufviesme de ce moys de mars. Dans le chasteau se retrouva ung
-escossoys, avecques cinquante ou soixante soldatz, que les ennemys y
-avoyent laissé pour la garde d'icelluy, qui se deffendirent, d'entrée,
-fort bien, et tuèrent quelques soldatz, faisans contenance de ne se
-voulloir point rendre. Touteffoys, veoyans arriver Mon dict Seigneur
-avecques la bataille et le reste de l'armée, ilz se rendirent à la
-volunté et discrétion de Mon dict Seigneur, de sorte que, le dict IXe,
-il demeura maistre du dict chasteau.
-
-Où il fut résolu de séjourner le lendemain, jeudy, affin de adviser à
-ce qui seroyt de faire, tant affin de donner ordre à faire les
-magasins nécessaires pour la suytte de l'armée, que pour faire
-besongner et reffaire le pont de la dicte rivyère, que les dictz
-ennemyz avoyent rompu. Et fut donnée ceste charge à Mr le président de
-Birague, qui s'en acquicta fort bien, ainsy que, parcy après, l'on
-pourra veoir.
-
-Le lendemain, vendredy XIe, Mon dict Seigneur, ayant nouvelles que les
-dicts ennemys estoient à Coignac, deslibéra et résolut, pour deux
-raisons, d'aller au devant du dict Coignac: l'une que se présentant
-devant la dicte ville, si les ennemys y estoient, come il se disoyt,
-il espéroyt que ilz sortiroyent, et que, ce faisant, il pourroit les
-attirer au combat; l'autre que, au pys aller, il recognoistroyt la
-dicte ville pour après l'attaquer. Pour ces causes doncques, il
-marcha jusques devant icelle ville, et commanda au comte de Brissac,
-qui avoyt avecques luy la plus grande partie de la jeunesse
-d'approcher plus près, ce qu'il feyt de telle façon qu'il donna
-jusques dedans les barrières de la dicte ville, d'où il ne sortit
-personne que ung nommé Cabryane, qui fut prins prisonnier; ayant
-cependant le dict comte de Brissac fort bien recogneu l'assiette de la
-place, comme feirent, en mesme temps, par le commandement de Mon dict
-Seigneur, les seigneurs de Thavennes et de Losses, encores que de
-dedans l'on tirast infiniz coups d'artillerye. A mesme heure, l'armée
-des ennemyz se monstra de delà la rivière au devant du dict Coignac,
-venant de Xainctes; et demeura longuement en bataille à la veue de
-nostre armée, puys commencea à marcher vers Jarnac, tousjours estant
-la rivyère entre nous et eulx. Et veoyant Monseigneur qu'il estoit jà
-tard, et que personne ne comparoissoit de nostre cousté, se retira au
-dict Chasteauneuf, où il arriva, à la nuit.
-
-Le sabmedy XIIe, Mon dict Seigneur estant tousjours au dict
-Chasteauneuf, faysant en toute dilligence, par le dict de Birague,
-racoustrer le pont, les ennemys vindrent comparoistre, avecques toutes
-leurs forces, sur une montaigne, au devant du dict pont. Nos soldatz
-les veoyans si près d'eulx, encores que le lieu où estaient les dictz
-ennemys fût fort advantageux, aucuns d'iceulx se desbendèrent pour
-attacher l'escarmouche avecques eulx; mais Mon dict Seigneur, n'estant
-le dict ponct refaict, où l'on travailloyt autant qu'il estoit
-possible, et se pouvoyt faire, aussy bien que à en faire dresser ung
-aultre sur les batteaulx, feit retenir nos dicts soldatz, attendant
-que iceulx pontz feussent achevez, comme ilz feurent sur le minuit,
-au grand contantement de Mon dict Seigneur et de toute son armée,
-veoyant par ce moyen le passaige ouvert pour aller affronter les dicts
-ennemys.
-
-Sur quoy, lors, il fut résolu que, deux heures après, les régiments
-des gens de cheval passeroient sur le pont refaict, et les Suysses et
-gens de pied sur celuy de batteaulx. La plus grand part de la
-cavallerye avoit passé, à la poincte du jour, le dimenche XIIIe; mais
-les dicts Suysses et gens de pied eurent beaucoup de peine à passer
-sur le dict pont de bateaux qui se rompit. Néantmoings, pour
-l'extresme désir que ung chacun avoyt d'estre delà l'eau, l'on ne
-layssa, après l'avoyr habillé au mieulx que l'on avoyt peu, de passer.
-Il avoyt esté ordonné par Mon dict Seigneur, dès le soir, que tous les
-bagaiges demeureroient de deçà l'eaue, sur le hault de la montaigne,
-près du dict Chasteauneuf, avecques huict cens hommes de pied et
-quatre cens chevaulx, pour couvrir le dict bagaige; ce qui servit
-grandement, parce que les ennemys pensoient que ce fust le fort de
-nostre armée.
-
-Estant doncques en ceste sorte passé nostre armée la rivyère de la
-Charente sur les dicts pontz, le dict dimenche XIIIe de ce dict moys,
-Monseigneur, veoyant qu'il seroyt ce jour pour veoir de près ses
-ennemys, voullust, suyvant sa bonne et louable coustume, commancer sa
-matinée par se recommander à Dieu, de façon qu'il receust, avecques
-les dicts princes, seigneurs et plusieurs cappitaines de son armée, le
-corps prétieux de Nostre Seigneur Jhésus Christ avecques toute
-dévotion et humilité. Puis après commanda aux seigneurs de Losses et
-de Carnavallet d'aller recognoistre l'endroict où estoit l'ennemy,
-qui comparust avecques soixante chevaulx sur le hault de la
-montaigne. Et estant arrivé, à mesme heure, vers les dicts seigneurs
-ung cappitaine provenssal, nommé Vins, de la maison de Mon dict
-Seigneur et nepveu du Sr de Cazas, qui conduysoit cinquante
-harquebusiers à cheval avecques luy, les dicts Srs de Losses et
-Carnavallet feurent d'advis qu'il donnast dans ung village, bien près
-de là, ce qu'il feit si furieusement que y trouvant une cornette de
-gens de cheval des ennemys, il la meit en tel désordre que tout ce
-qu'ilz peurent faire fût de s'en sauver une partye, et ramena le dict
-Vins cinq ou six prisonniers d'iceulx, qui assurèrent les dicts Srs de
-Losses et Carnavallet que l'Admiral et Andelot estoyent là avecques
-toutes leurs trouppes, et qu'il y avoyt apparence de bataille.
-
-Pour gaigner tousjours temps, Mon dict Seigneur avoyt faict advancer
-son avantgarde, de façon que, à mesme heure, Messeigneurs le Duc de
-Guise et de Martigues arrivèrent avecques leurs régiments, ensemble la
-suytte de la dicte avantgarde, conduicte, comme dict est, par Mon dict
-Seigneur de Montpensier. Lors, l'ennemy comparust, estant jà entre dix
-et unze heures du matin, au bas de la montaigne, du costé de Jarnac,
-en bien grand nombre. Le dict Sr comte de Brissac se desbenda de la
-dicte avantgarde, avecques vingt cinq ou trente gentilzhomes, et les
-alla attacher. Mon dict Seigneur les feit soustenir par le dict Sr de
-Martigues, faysant suyvre tousjours la dicte avantgarde, et après, la
-bataille. Le dict Sr de Brissac ayant donné en queue sur ceulx qui
-partoyent du village de Vibrac, en tailla en pièces quelques ungs.
-
-Peu après, l'ennemy commença de s'acheminer vers Jarnac, et, se
-rencontrant sur le hault d'une petite montaigne, fait teste en cest
-endroict, ayant ung ruysseau bien malaysé au devant de luy, où il
-avoyt mis huict cens ou mil harquebuziers, pour garder le passaige,
-affin d'avoir cependant moyen et loysir de rassembler de tous costez
-leurs forces et armée.
-
-Lors Mon dict Seigneur commanda au dict Sr de Losses et cappitaine
-Cossins d'aller recognoistre le dict ruysseau, pour veoir s'il seroyt
-aysé à le passer. Estant de retour, Mon dict Seigneur y envoya, par
-leur advis, mille harquebuziers pour combatre et gaigner le dict
-passaige du dict ruysseau: ce qui fut faict et gaigné à l'instant, à
-la veue de la cavalerye des ennemys, qui estoit tousjours sur le
-tertre. Et se peult dire que les dicts harquebuziers nostres feirent
-aussi bravement qu'il est possible, faysans habandonner le dict
-passaige aux ennemys; lesquelz, veoyans que toute l'armée de Sa
-Majesté marchoit droit à eulx, commencèrent à se retirer peu à peu.
-
-Lors, le dict Admiral manda soubdainement au Prince de Condé, qui
-estoyt encores à Jarnac, que il estoit attaqué de si près qu'il ne
-pouvoyt plus se retirer, veu que les gens de nostre armée venoyent
-avecques une extresme furye droict à luy, de façon qu'il estoyt forcé
-de combatre, le suppliant de s'advancer pour le secourir.
-
-Quoy veoyant, Mon dict Seigneur manda à ceulx qui conduysoient
-l'avantgarde, que, quelque chose qu'ilz trouvassent, ilz
-combattissent, estant résolu, à ceste foys, de passer sur le ventre à
-tout ce qu'il trouveroyt des dicts ennemyz, ce qui fut suyvy par ceulx
-de la dicte avantgarde; lesquelz, sans regarder aux inconvéniens qui
-pouvoyent advenir, donnèrent à toute bride sur la queue des dicts
-ennemys, où il fut tué beaucoup d'iceulx; et mesmes, à ung passaige
-que aucuns voulloyent prendre, sur une chaussée d'estang, avecques ung
-si grand désordre, que les ayans les nostres bien advancez, ilz se
-meslèrent ensemble, de sorte que plusieurs des dicts enuemys, qui
-avoyent casaques blanches, furent veuz tumber dans le dict estang pour
-la presse qu'ilz avoyent au passaige.
-
-Pendant que le dict combat se faisoyt, nostre bataille et Mon dict
-Seigneur, auprès duquel estoit toujours le dict Sr de Thavennes, comme
-l'un des plus vieulx et expérimentez cappitaines de la trouppe,
-passoyt sur la main droicte du dict estang; et pouvoyt estre, lors,
-entre midy et une heure.
-
-Au dessoubz d'icelluy estang il fut trouvé ung villaige, en ung lieu
-assez estroict, où le Prince de Condé se trouva bien accompaigné.
-Aussy y survindrent les reistres; et se rengea le comte Ringraff
-avecques la dicte avantgarde et Bassompierre à la bataille, ainsi que
-l'avoyt ordonné Mon dict Seigneur. Cependant les deux armées eurent
-quelque loysir de se préparer au combat, et fust si vivement résolu de
-la part du dict Prince qu'il vint furieusement, à toute bride, donner
-sur notre avantgarde, et de telle furye qu'il l'arresta à bon escient,
-estant soustenue du dict comte de Reingraff avecques ses trouppes, qui
-y combatist fort vaillamment. Et veoyant Mon dict Seigneur nos gens
-porter et soustenir ung si grand faix, il part avecques la cavallerye,
-qu'il avoyt près de luy, à toute bride, et chargea les dicts ennemys
-par le flanc, de telle façon qu'il les meit en désordre, et tournèrent
-bride, s'enfuyans à vau de route.
-
-Et, en ce mesme lieu, de la première charge, fust tué le dict Prince
-de Condé, le comte de Montgommery, Chastellier Portault et plusieurs
-aultres, dont on sçaura cy après les noms, estant le dict Sr de
-Losses, qui a apporté ceste nouvelle à Sa Majesté, party si à la
-haste, après le gaing de la dicte bataille, que l'on ne sçavoyt
-encores bonnement le nombre des mortz, ny de tous les prisonniers;
-combien qu'il soyt très certain que il y ayt eu bon nombre, tant de
-l'un que de l'aultre; et de ceulx qu'il asseure avoir veuz prisonniers
-sont le comte de Choysy, La Noue, de La Force, l'aisné Clermont
-d'Amboyse, Stuard escossoys, Montmédy, Soubize et Souppoix, avecques
-infinis aultres, desquelz il n'a peu retenir les noms.
-
-Il a rapporté que l'on tenoit que l'Admiral estoit fort blessé à
-l'espaule; et ne laissoyt touteffoys, par le rapport des dicts
-prisonniers, de se retirer à cinq grandes lieues de là, cependant que
-l'on chassoytles dicts ennemys; qui dura jusques à la nuict, où les
-gens de pied françoys et les Suysses se estoyent meslez, lesquelz ont
-faict ung très grand carnage.
-
-Une partie des gens de pied des dicts ennemys se retirèrent dedans
-Jarnac; ce que voyant Mon dict Seigneur il commanda au cappitaine
-Cariez, et aultres cappitaines avecques luy, s'en aller donner la
-teste baissée dans le dict Jarnac, ce qu'il feit fort courageusement,
-de façon qu'il les meit en tel désordre qu'ilz furent contrainctz de
-gaigner le pont, le passer et le rompre après eulx; qui leur vint fort
-à propoz. Et le soir, Mon dict Seigneur alla loger au dict Jarnac,
-prenant le logis du jour de devant du dict ennemy. Au dict lieu, l'a
-laissé le dict Sr de Losses, remerciant Dieu de ceste heureuse
-victoire qu'il luy avoyt donnée; et là, donna le corps du Prince de
-Condé mort à Mr le duc de Longueville, sur la requeste qu'il en feit;
-Mon dict Seigneur estant en bonne deslibération de partir, dès le
-lendemain, pour suyvre les relicques des dicts rebelles, ennemys de
-Dieu et de Sa Majesté. Et se peut dire avecques toute vérité que, en
-l'exécution de la dicte victoyre, Mon dict Seigneur a faict tous les
-actes que le plus grand et plus viel cappitaine, qui soyt aujourdhuy
-en l'Europpe, pourroit faire; qui doibt faire espérer en luy à tout le
-monde, par ung si beau et digne commancement, toutes les grandes et
-dignes partyes qui se peuvent désirer à ung grand prince.
-
-Faict à Metz le XXIe jour de mars 1569.
-
- DE NEUFVILLE.
-
-
-
-
-III
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du IIe jour d'apvril 1569.--
-
- Confiance du roi que la victoire de Jarnac empêchera la reine
- d'Angleterre de se déclarer pour les protestans de la
- Rochelle.--Offre faite aux Anglais de leur ouvrir des ports
- pour le commerce.
-
-
-Monsieur de Lamothe Fénélon, depuis vos despesches du XXIe et XXVe du
-passé[5], vous aurés entendu la nouvelle de la victoire que Dieu m'a
-donnée sur mes rebelles, et comme mon frère, le Duc d'Anjou, poursuit
-encore ceux qui se sont sauvés par la fuitte. Je m'asseure que estant
-entendu par la Royne d'Angleterre, elle sera moins disposée que jamais
-à leur prester secours d'argent et de rafraischissements; et si la
-flotte que m'avés escrit qui commenceoit à s'acheminer vers la
-Rochelle n'est fort avant, ce sera peust estre bien occasion pour la
-révoquer et luy faire rebrousser chemin.
-
- [5] Voyez XXVe et XXVIe dépêches, t. I, p. 268 et 277.
-
-Au demeurant, j'ay bien veu et bien considéré tous les poincts de vos
-susdictes dépesches et les menées que faict le cardinal de Chastillon,
-et ceux qui sont avec luy, par delà, ayant prins grand plaisir de voir
-tout ce qui s'y passe si bien desduict par le menu. Quant à la
-plaincte que le comte de Lestre vous a faict faire du tort qu'il dict
-avoir esté faict à l'un des gens de l'ambassadeur Noris, je trouve que
-vous luy avés très bien respondu: car aussi n'a ce pas esté par mon
-commandement, de mon sceu, ni sans grande occasion de soubçon que cela
-a esté faict; et ne sçai non plus que c'est de celuy qui a esté détenu
-prisonnier à Dieppe, et ne voudrois pas, pour le désir et affection
-que j'ay de nourrir et entretenir la paix et amitié qui est entre ces
-deux couronnes, qu'il feust fait aucun tort aux subjects de la dite
-Royne, ou chose qui y apportât altération, encore que ses actions
-fassent assés connoistre le peu d'envie qu'elle a de la conserver. Et
-afin qu'elle connoisse avec quelle sincérité je chemine, si les
-marchans de delà veullent quitter la route de la Rochelle et de
-Brouage, et ne plus traffiquer avec mes dicts rebelles, je les feray
-accommoder de toutes choses nécessaires qu'ils y vont quérir. Et si
-cela se fait, et que doresnavant les marchants ne se fournissent
-ailleurs que ès ports qui sont, de présent, en mon obéissance, j'auray
-tant moins de soubçon de leurs actions, car la coulleur, qu'ils ont
-d'aller à la Rochelle et de bailler les dicts rafraischissements, leur
-sera ostée.
-
-Je vous prie donc asseurer la dicte Dame Royne de ma bonne et sincère
-intention envers elle et ses subjects, et que, comme elle veut voir
-les siens traittés, selon que la paix et amytié que nous avons entre
-nous le veult, elle ne fasse chose qui m'incite à y contrevenir, ainsi
-que je n'en ay point de volonté, ne demandant qu'à vivre en paix avec
-mes voisins: priant Dieu, Monsieur de la Mothe Fénélon, vous avoyr en
-saincte garde.
-
-A Mets le IIe jour d'apvril 1569.
-
- CHARLES. Et plus bas: DE L'AUBESPINE.
-
-
-
-
-IV
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du IIIe jour d'apvril 1569.--
-
- Satisfaction du roi sur la déclaration d'Élisabeth qu'elle ne
- veut pas entrer en guerre avec la France.--Ordonnance pour la
- restitution des prises.--Plaintes contre les menées de
- l'ambassadeur d'Angleterre en France.--Maladie de la
- reine-mère.--Papiers trouvés sur le prince de Condé.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, vous renvoyant le Sr de Sabran, présent
-porteur, je vous ay bien voulu faire entendre le grand contentement
-qui me demeure de ce que, par vos lettres des VIIIe et XIIIe du
-passé[6], m'avés si particulièrement satisfaict des responces de la
-Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, sur tous les poincts dont je vous
-avois escrit par mes despesches des VIIIe, XIIe et XIVe de
-febvrier[7], ayant esté très prudamment advisé à vous, en la poursuite
-de chose où elle n'eût, par avanture, eu volonté de faire si apparente
-déclaration, de rejetter sur autres que sur elle les causes qui m'ont
-meu de la rechercher en cest endroict; comme, en effaict, je me suis
-toujours persuadé que les mauvais déportemens qui se faisoient au
-préjudice de la bonne paix et confédération d'entre nous, et mon
-royaume, procédoient plustost de quelques mauvais ministres que
-d'elle. Aussi est il tout certain que je ne me suis meu à aucun
-ressentiment que premièrement je ne fusse certain de sa volonté; se
-pouvant asseurer que quelque alliance ni fraternité qui soit entre moy
-et le Roy Catholique, mon bon frère, ni chose que me voulleust donner
-à entendre le duc d'Alve, je ne condescendray, ni permettray, que mes
-subjects facent aucune chose qui puisse altérer nostre commune amityé
-et repos d'entre nos deux royaumes. Et suis contant, puisqu'elle se
-déclare si avant de n'avoir eu aucune part au voyage, faveur et
-support que son vice admiral Me Huynter a faict et porté à mes
-ennemis, estants à la Rochelle, de croire qu'il soit ainsi, puisqu'il
-a pleu à Dieu asseoir son jugement sur le chef de mes ennemis et
-rebelles, comme vous aurez entendu par Montaffier, que je vous ay puis
-naguières dépesché; et aussi que le temps nous pourra esclaircir de ce
-doubte pour l'advenir: ne trouvant autrement nécessaire respondre sur
-tous les poincts contenus au mémoire qui vous a esté baillé en réponse
-des articles que vous présentiés, puisque ce ne sont que objections
-pour couvrir les justes causes que j'ay d'avoir pour suspectes, et me
-plaindre des actions de l'ambassadeur Norrys, estant icy près de moy,
-comme aussi pour regard des entreprinses du Hâvre et Dieppe, et
-armements faicts en Angleterre, sans apparance d'aucune guerre
-déclarée; veu que, par toutes les despesches que je vous ay faictes,
-vous pouvez avoir connu les justes occasions que j'en ay eu.
-
- [6] Voyez XXIIe et XXIIIe dép. II. 217 et 252.
-
- [7] Ces lettres manquent.
-
-Toutesfois, puisqu'elle est en si bonne volonté de vouloir entretenir
-et conserver la paix en laquelle nos deux royaumes ont vescu jusques
-icy, elle ne me trouvera de moindre affection en cest endroict, ainsi
-qu'elle pourra connoistre par l'ordonnance que j'ay faicte pour se
-publier par tous mes ports et hâvres, pour assurer la mer et la
-liberté du trafficq à tous ses subjects, avec commandement de leur
-rendre et restituer tout ce qui a esté cy devant pris, saisy et
-arresté sur eux, aussitost que j'ai veu, par l'ordonnance[8] que
-m'avez envoyée, avec vostre despesche du XVIe, qu'elle en avoit autant
-faict de son costé, vous envoyant une coppie de la mienne pour luy
-monstrer et aux seigneurs de son conseil, que vous pourrez asseurer de
-la sincérité de mon intention à l'observation de la paix et traittés;
-et que je ne faudray de faire donner à ses subjects toute seureté,
-faveur et bon traittement, qu'il me sera possible, en quelque endroict
-de mon royaume, pays et terres de mon obéissance où ils voudront
-traffiquer; de mesme qu'elle doit aussi tenir main que, pour la
-mutuelle seurcéance, faicte entre les païs du Roy Catholique et elle,
-mes subjects ne soient aucunement molestés, ny leur trafficq
-interrompu; m'estant, au pardessus, advis que la dicte Royne ne
-sçauroit avoir meilleur indice de la franchise, avec laquelle je
-desire procéder envers elle et son royaume, que de luy faire déclarer
-ouvertement les causes qui se présentent à moy et mes subjects de luy
-faire remonstrer les contreventions qui se font, à mesure que ses
-ministres m'en donnent occasion.
-
- [8] Voy. XXIVe dép. p. 266.
-
-Et pour conclure à ce propos, vous l'asseurerés, Monsieur de La Mothe
-Fénélon, qu'il ne faut qu'elle doubte aucunement que je ferme les
-oreilles à chose que son ambassadeur me veuille dire, soit pour se
-justifier des soubçons que j'ay eus à bon droit qu'il eust pratiques
-et intelligeances avec mes rebelles, ou pour autre chose concernant sa
-négociation, comme elle dict avoir esté faict au sien d'Espagne; car,
-si, par cy devant, il a toujours eu de moy bénigne et favorable
-audience et satisfaction, toutes les fois et en tout ce qu'il a
-voulleu rechercher de moy, comme il ne pourroit dire le contraire,
-s'il ne vouloit taire la vérité, il doit espérer le mesme pour
-l'advenir, de tant plus quand les effects se trouveront conformes à la
-déclaration qu'elle faict de vouloir continuer la bonne paix et amityé
-qui est entre nous et nos royaumes; laquelle, de ma part, je ne désire
-rien plus que de voir inviolablement observée.
-
-Vous n'aurés par ceste dépesche aucunes lettres de la Royne, Madame et
-Mère, d'autant qu'elle n'est encore bien renforcée de la fiebvre qui
-l'a tenue par quelques jours, comme il vous a esté par cy devant
-escrit, de laquelle, grâces à Dieu, ne luy reste plus que la débilité.
-Et n'ayant encore eu aucunes nouvelles de ce que mon frère, le Duc
-d'Anjou, aura faict des reliques de la victoire qu'il a pleu à Dieu me
-donner, dont le discours vous a esté envoyé par le dict Montaffier, je
-ne vous fairai la présente plus longue que de prier Dieu vous avoir,
-Monsieur de La Mothe Fénélon, en sa saincte et digne garde.
-
-A Mets le IIIe jour d'apvril 1569.
-
- CHARLES. DE NEUFVILLE.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, entre plusieurs papiers, que je viens
-d'apprendre avoir esté trouvés sur le Prince de Condé, et ceux qui ont
-esté tués ou pris avec luy, y a un grand mémoire du cardinal de
-Chastillon, escrit partie en chiffre, par lequel il luy donnoit bonne
-espérance, et à ceux de son party, de leur faire avoir beaucoup de
-secours et faveurs de la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, non sans
-espérance de la faire embarquer à prendre leur protection, et se
-déclarer ouvertement; ce que je ne veus croire, puisque vous m'avez si
-bien asseuré de sa bonne volonté: qui est cause que je ne vous envoye
-les dicts papiers pour luy en faire aultre instance, afin de ne luy
-imprimer que je sois en aucune deffiance d'elle ny de ses actions; le
-vous aïant néantmoins voulu faire entendre pour en faire vostre
-proffit, en ce que vous cognoistrés estre à propos pour mon service.
-Et, si vous luy en parlez, ce sera toujours en rejettant le tort sur
-la malice de ceux de mes subjects qui sont près d'elle. Et cependant
-ne sera que bon que vous continuiés d'avoir l'oeil ouvert pour
-descouvrir leurs menées et pratiques. De quoy j'espère que vous
-m'advertirez.
-
-
-
-
-V
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XVIe jour d'apvril 1569.--
-
-Envoi des papiers trouvés sur le prince de Condé.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, je vous ay, puis peu de jours, faict une
-ample despesche. Despuis, ayant advisé de vous envoyer certains
-mémoires et papiers qui peuvent beaucoup servir au bien de mes
-affaires, j'ay pensé qu'il seroit à propos de vous dépescher ce
-courrier en diligence, avec ceste cy, pour vous dire que, lorsque le
-Prince de Condé feust tué, on trouva sur luy un long mémoire envoyé à
-la Royne de Navarre par le cardinal de Chatillon, ensemble une lettre,
-par où vous verrez et sçaurés bien juger beaucoup de particulières
-négociations, tant du dict cardinal que des ministres, que mes
-rebelles ont près de la Royne d'Angleterre, et comme ils ont embarqué
-la dicte Royne, sans y penser, plus avant qu'elle ne cuydoit. Et
-d'autant que j'estime que le dict mémoire pourra servir au bien de mes
-affaires, je vous en envoye l'original, vous priant, Monsieur de La
-Mothe Fénélon, selon que les occasions se présenteront et qu'il vous
-semblera à propos, user du dict mémoire et vous en servir de façon que
-cella puisse nuire aux desseins et entreprises qu'il pourroit y avoir
-par delà, me remettant à vous, comme sçaurez très bien faire, de vous
-y conduire de telle façon que adviserez pour le bien de mon service.
-Et n'estant rien survenu depuis ma dernière dépesche digne de vous
-écrire, je prierai Dieu, etc.
-
- A Nouyon le XVIe jour d'apvril 1569.
-
- CHARLES. DE L'AUBESPINE.
-
-
-
-
-VI
-
-LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XVIIe jour d'apvril 1569.--
-
-Convalescence de la reine-mère.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, vous verrés par la lettre du Roy[9],
-Monsieur mon fils, l'occasion de ceste despesche, qui me gardera de
-vous en rien dire, sinon que, grâces à Dieu, je me porte très bien, et
-suis en bon chemin de revenir en ma première santé; de quoy j'ay
-grande occasion de le louer et remercier; ce que je suis bien asseurée
-que vous fairés encore, de vostre costé, puisque je vous tiens pour le
-plus fidelle de tous mes serviteurs. Ce que j'ay bien voulu vous
-escrire et signer de ma main pour vous en asseurer davantage; priant
-Dieu qu'il vous ait en sa saincte garde.
-
-De Nouyon le XVIIe jour d'apvril 1569.
-
- CATERINE.
-
- [9] Cette lettre manque.
-
-
-
-
-VII
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XIVe jour de may 1569.--
-
- Délai nécessaire pour prendre une résolution sur les offres
- secrètes faites à l'ambassadeur par les seigneurs catholiques
- d'Angleterre.--Succès remportés par le duc d'Anjou.--Confiance
- du roi que le duc de Deux-Ponts ne pourra pas traverser la
- France.--Mort de Mr d'Andelot.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, je voulois vous renvoïer le Sr de La
-Croix, aussitost après son arrivée par deçà, bien instruit sur tous
-les poincts principaulx de sa despesche[10]; mais d'autant que je ne
-le trouvai pas disposé de pouvoir si tost retourner par devers vous,
-pour beaucoup de raisons qu'il m'allégua, et aussi que je considéray
-qu'il estoit nécessaire de prendre une bonne et meure délibération sur
-un faict de telle importance, en lieu de sesjour, et où on eust eu
-loysir d'y penser; joint qu'il me semble n'estre pas à propos de
-commettre une affaire de telle conséquance entre les mains de personne
-qui n'eust autant de connaissance des affaires de delà comme le Sr de
-La Croix, je pensay, pour toutes ces raisons, qu'il seroit bon de
-différer jusques à tant que je visse quel train prendroient les
-affaires, de ce costé, et de Flandres, suivant lesquelles je pourrois
-vous despescher le dict Sr de La Croix pour vous faire sçavoir, plus
-au long, mon intention. Et cependant, pour vous donner plus de lumière
-de ce qui se passe par deçà, je vous dirai en quel estat sont mes
-affaires.
-
- [10] Voyez XXXIe dép. du 20 avril 1569, tom. 1, pag. 317.
-
-Vous avés sceu, Monsieur de La Mothe Fénélon, comme mon frère, le Duc
-d'Anjou, aïant battu mes ennemys par deux ou troys fois, il y est
-demeuré si bon nombre des leurs que, jusques icy, ils ont quitté la
-campagne, et se sont retirés ès petites villes qu'ilz avoient cy
-devant prises et occupées, layssans néantmoins toujours quelque nombre
-de cavaliers pour tanter s'il y auroit aucun moyen de passer la
-rivière de Loyre pour aller joindre leurs Allemands. Ce que prévoyant,
-mon dict frère a faict en sorte qu'avec son infanterie s'est attaché
-aux places, d'une bonne partie dequels il s'est déjà fait maistre; et
-avec la cavalerie s'est mis en lieu si à propos que, n'estant guières
-esloigné de la dicte infanterie, et toujours proche des passages de la
-rivière, il luy est facile, en peu de temps, secourir sa dicte
-infanterie, si elle en avoit besoing, ou bien empescher ceux qui
-voudroient passer la rivière; tellement que eux, réduits à ceste
-extrémité de ne pouvoir attenter aucune chose sur l'infanterie, qui
-est après à remettre les dictes places à mon obéissance, et ne pouvans
-aussi tenter aucun passage de la rivière, sans estre perdus et
-deffaits, je vous laisse à juger en quel estat ilz sont.
-
-Il leur reste ceste seule espérance pour dernier reffuge que le duc de
-Deux Ponts se hazardera tant que de les aller chercher jusques là où
-ils sont, à quoy il n'y a pas grande apparance qu'une armée
-d'estrangers, suivie d'une autre, aussi puissante à peu près, qui n'a
-aucunes villes à soy, sans passage de rivière, n'estant favorisée de
-qui que ce soit en mon royaume, mourant de faim, travaillés et
-incommodés si souvant, puisse faire tant de chemin sans se perdre et
-dissiper d'elle même, quand bien je n'aurois aucunes forces pour les
-combattre.
-
-Tout cela me faict espérer que leurs affaires n'yront pas si bien
-qu'ils voudroient le faire croire à un chascun, estant leur ressource
-fondée sur le secours du dict duc, lequel est véritablement avancé
-dedans mon royaume jusques près d'Autun; mais avec perte de tant de
-gens que, s'il continue à se laisser battre comme il a fait jusques
-icy, il n'yra guères loing, sans se repentir, à bon escient, de la
-folle entreprise qu'il a faicte d'entrer dedans ce royaume, et vouloir
-passer la rivière de Loyre, à laquelle on a si bien pourveu.
-
-Voylà, Monsieur de La Mothe Fénélon, comme vont mes affaires de deçà,
-que je désire que vous fassiez entendre bien au long à la Royne
-d'Angleterre, ma bonne soeur, comme chose certaine et véritable, et
-non pas ce que mes rebelles luy veulent imprimer et faire croire, qui
-ne sont que mensonges et tromperies; et que l'asseuriés toujours de la
-continuation de ma bonne amytié en son endroict, comme je luy fairai
-paraistre par effect. Aussi attends je d'elle le semblable, comme elle
-m'a toujours promis et asseuré, ce que vous sçaurez bien et sagement
-faire entendre; et la conforterez en ceste opinion, la sollicitant des
-effects convenables et nécessaires à la conservation de la dicte
-amytié, si vous voyés que ses ministres la veuillent persuader du
-contraire; priant Dieu, etc.
-
- A Reyms le XIVe jour de may 1569.
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, despuis cette despesche faicte, j'ay eu
-advis certain que Mr d'Andelot est mort, ayant été frappé à la
-deffaite que fit mon frère, le Duc d'Anjou, dernièrement sur eux, d'un
-coup d'arquebuze dont il n'est depuis sceu guérir, ce que vous fairés
-bien entendre à la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, m'asseurant que
-telles nouvelles luy apporteront plaisir.
-
-Ce XIVe jour de may 1569.
-
- CHARLES. DE L'AUBESPINE.
-
-
-
-
-VIII
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XXVIIIe jour de may 1569.--
-
- Promesses faites par le roi à Marie Stuart.--Prise de la Charité
- par le duc de Deux-Ponts.--Mesures adoptées pour l'empêcher de
- se joindre aux protestans.--Marches des ducs d'Aumale et
- d'Anjou afin d'arrêter ses progrès.--Succès remporté par
- Montluc qui a empêché les vicomtes de s'avancer.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay, en peu de jours, receu deux
-dépesches de vous, l'une du XIIe et l'autre du XVIe de ce mois[11] sur
-lesquelles en général je vous dirai que je reçois un très grand
-contentement du soigneux debvoir dont vous usez par delà pour mon
-service; mais, pour plus particulièrement vous respondre sur icelles,
-je veux bien vous advertir que j'ay donné ordre de fère, pour ma bonne
-soeur, la Royne d'Escosse, ce dont m'escrivez; dont vous luy donnerez
-advis, à ce qu'elle connoisse la recommandation en laquelle j'ay ses
-affaires. Quant à vostre seconde dépesche, ce m'est un singulier
-plaisir de ce que me tenez si particulièrement adverti des occurrances
-qui s'offrent par delà, et des menées et pratiques dont mes rebelles y
-usent, vous priant continuer à avoir toujours l'oeil ouvert pour
-descouvrir leurs actions, aussi soigneusement que vous avez faict
-jusques à ceste heure, et me tenez diligemment adverti de ce que en
-apprendrés, à ce que je ne puisse être prévenu de ce costé là, s'il
-est possible.
-
- [11] Voyez XXXVe et XXXVIe dép., tom. I, p. 372 et 385.
-
-J'ay veu les remonstrances que vous avez faites à la Royne
-d'Angleterre, ma bonne seur, que m'avez envoyé par vostre dernière
-dépesche, par où je connois d'autant plus le soing que vous employés
-par delà; ce que je vous prie continuer, et de la prudance que y avez
-usé jusques à ceste heure.
-
-Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fénélon, je veux bien vous advertir
-comme le duc de Deux Ponts a pris, despuis peu de jours, la Charité,
-chose qui est advenue par la lâcheté d'aucuns cappitaines qui estoient
-dedans; lesquels s'enfuyans desbauchèrent et emmenèrent, quant et eux,
-la plus grande partie des soldats qui y estoient: qui fut cause que
-les habitans d'icelle, se voyant ainsi abandonnés de ceux qui les
-debvoient conserver, se rendirent; ne pensant aussi que mon cousin le
-duc d'Aumale, qui laissant le dict duc devant, alla en diligence
-passer la rivière à Gien pour gaigner l'autre costé d'icelle, et par
-là secourir la dicte ville et y mettre plus de forces, comme il eust
-faict, encore que celles qui estoient dedans déjà feussent bastantes
-pour la garder; d'autant que le dict duc n'y pouvoit autrement
-grandement proffiter, n'aïant que deux petites pièces d'artillerie
-devant la dicte ville, dont il faisoit batterie. Ce que voyant, mon
-dit cousin est allé, avec mon armée, à Bourges pour estre à la teste
-de l'armée du dit duc, et lui empescher le passaige et de se joindre à
-mes rebelles; chose que je me promets à ceste cause ne luy faillir
-seulement[12], mais aussi venant mon frère le Duc d'Anjou se joindre
-avecque mon dict cousin, avec la plus grande et meilleure partie de
-l'armée qu'il avoit, ayant laissé le reste pour opposer à mes
-rebelles, s'ils vouloient se remettre en campagne et leur empescher le
-passaige. Et au demeurant [il a esté] si bien pourveu à toutes choses
-qu'ils ne pourront, quant ils voudroient, rien effectuer d'importance,
-[et j'espère] de bientost avoir la raison de son entreprinse, pour les
-grandes forces que j'auray à l'encontre de luy; qui seront renforcées
-de quatre mille hommes de pied et deux mille chevaus italiens, qui
-sont, il y a quelques jours, arrivés à Lyon, et seront en brief
-joincts à mon armée. Outre ce, que aussi les vicontes ne peuvent se
-joindre avecque le duc, comme il luy avoit esté promis, les tenants le
-sieur de Montluc tellement arrestés qu'ils ne peuvent et oseroient
-bouger du lieu où ils sont.
-
- [12] Quand même il serait seul, et à plus forte raison venant mon
- frère le duc d'Anjou se joindre avec lui.
-
-Ce que vous aurez, pour ceste heure, pour le faire entendre par delà
-sur ce que mes rebelles voudroient faire courir par delà au contraire,
-comme je vous en prie; et, au reste, vous employer le plus
-soigneusement que pourrez pour descouvrir ce que mes rebelles y
-voudroient pratiquer au préjudice de mes affaires, et que l'on
-voudroit entreprendre de faire en leur faveur, ainsi que j'en doubte
-aucunement, sur ce que le dit duc est ainsi passé et si avant entré en
-mon royaulme. Et ce j'attends, de vostre prudance et dextérité, et de
-la grande dévotion que vous portez au bien de mon service, que vous
-leur rompiés tellement leurs coups qu'ils ne puissent davantage
-obtenir chose aucune au préjudice de mes affaires; priant Dieu, etc.
-
-A Saint Maur, le XXVIIIe jour de may 1569.
-
- CHARLES. DE L'AUBESPINE.
-
-
-
-
-IX
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du IIe jour de juing 1569.--
-
- Satisfaction témoignée par le roi à l'ambassadeur.--Consentement
- donné à l'envoi de députés à Rouen pour traiter de la
- restitution des prises.--Voyage de la reine-mère à l'armée, à
- l'effet de prendre les mesures nécessaires pour arrêter le duc
- de Deux-Ponts dans sa marche.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, bientost après vous avoir faict ma
-dernière dépesche, du XXVIIIe du passé, qui vous a esté envoyée depuis
-cinq ou six jours, est arrivé le Sr de Vassal avec la vostre du XXIIIe
-du passé[13], fort ample sur toutes les choses qui se peuvent désirer
-d'entendre du lieu où vous estes; qui m'a esté d'autant plus agréable
-que j'ay bonne occasion de remarquer, en vous et en vos actions, toute
-la dextérité et diligence en un bon et fidel ministre et serviteur, ne
-pouvant que me servir infiniment à la conduite et direction de mes
-affaires, d'estre ainsy souvant et particulièrement adverti des
-humeurs et particuliers conseils de mes voisins. Si est ce que, n'y
-ayant dans vostre dépesche aucune chose qui requière une bien
-particulière réponse, je n'y entrerai plus avant que de vous prier de
-continuer ce que vous avez faict bien prudament jusques icy: qui est
-d'entretenir les seigneurs de ce conseil, que vous connoissés
-affectionnés à ma cause, en leur bonne volonté et user dextrement de
-la jalousie et deffiance, en quoy ils sont contre les autres, selon
-que vous pouvés juger qu'il viendroit à propos pour le bien de mes
-affaires, prenant soigneusement garde aux menées et pratiques de mes
-adversaires, à ce que, sinon du tout, au moins qu'ils remportent le
-moins qu'il sera possible en mon préjudice, et m'advertir souvent de
-toutes occurances.
-
- [13] Voyez XXXVIIe dép., tom. 1, pag. 396.
-
-Or, affin, Monsieur de La Mothe Fénélon, que les choses se puissent
-mieux establir à la conservation et entretènement de la paix entre ces
-deux royaumes, je trouve bon l'expédiant, que vous avés escrit à mon
-cousin le maréchal de Cossé, d'envoyer deux anglois en Normandie pour
-voir faire la délivrance des marchandises qu'ils maintiennent y avoir
-esté arrestées, et que mon dict cousin envoye deux de mes subjects,
-pour le mesme effect, en Angleterre, luy ayant dès maintenant escrit
-qu'il y satisface, au premier advis qu'il aura de vous, et qu'il donne
-tout libre accès aux dicts deux anglois pour l'exécution de ce que
-dessus; avant le partement desquels de leur pays, vous les fairés bien
-advertir qu'estans en mon pays, ils se gardent de toutes pratiques, ny
-de s'entremettre d'autre chose que du faict pour lequel ils seront
-venus, affin que, faisans le contraire, s'ils en estoient chastiés,
-cela ne fust cause de venir à nulle dispute avec ma bonne soeur, la
-Royne d'Angleterre. Laquelle pourra connoistre par là que je ne desire
-que l'entretènement des traittés de la paix d'entre nos deux royaumes.
-
-Quant à mes affaires, les choses sont encore en l'estat que je vous ay
-fait entendre par ma précédente; sinon que la Royne, Madame et Mère,
-est partie, depuis quatre ou cinq jours, pour approcher de mon armée
-et conférer avec mon frère, le Duc d'Anjou, et les cappitaines qui luy
-adcistent, des moyens qui se debvront tenir pour rompre ou chasser le
-duc de Deux Ponts: dont je ne doubte point que Dieu me fasse la grâce,
-tant pour la justice de ma cause que pour les gaillardes forces que
-j'auray ensemble, quand mes deux armées seront joinctes, et toute ma
-noblesse, et autres forces qui estoient dispersées par mon royaume,
-lesquelles je fais assembler. Et espère vous en envoyer bientost
-quelques bonnes nouvelles. Cependant je fairai fin à ceste lettre par
-prière à Dieu qu'il vous ayt, etc.
-
-A St Maur des Fossés le IIe jour de juing 1569.
-
- CHARLES. DE NEUFVILLE.
-
-
-
-
-X
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du VIIIe jour de juillet 1569.--
-
- Ordonnance pour la restitution réciproque, en un même jour, des
- prises faites tant par les Français que par les Anglais.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, desirant qu'il soit prins quelque fin et
-expédiant à la restitution des choses, qui ont été mal prises sur mes
-subjectz en Angleterre, et à celles qui ont esté mal prises aux
-Anglois de deçà, ainsy qu'il apartient à la commune amytié qui est
-entre la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, et moy, je vous faicts ce
-mot de lettre pour promètre et assurer, de ma part, à ma dicte bonne
-soeur, que je feray rendre et restituer aux Anglois tout ce qui a esté
-pris ou arrêté de leurs biens, en mon royaume, et que la réalle
-dellivrance leur en sera faicte, au mesme jour et temps que ma dicte
-soeur accordera aussy, par autre lettre signée de sa main: que ce qui
-a esté pris et arresté, en Angleterre, ou qui s'y trouvera, en
-essence, appartenir à mes subjectz, ou que mes dictz subjectz
-montreront et vériffieront sommairement leur appartenir, leur sera
-réallement restitué, trouvant bon que le terme des dictes
-restitutions se preigne au dernier jour de ce moys, ou à aultre; et
-que, au reste, nous facions mutuellement administrer bonne et prompte
-justice à nos communs subjectz des prises et pilleryes qui ont esté
-commises de costé et d'autre, selon que le contiennent les traictés;
-priant Dieu, etc.
-
-Escript à Orléans le VIIIe jour de juillet 1569.
-
- CHARLES. BRULART.
-
-
-
-
-XI
-
-LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du IXe jour de juillet 1569.--
-
- Disposition d'Élisabeth à déclarer la guerre.--Nécessité de
- surveiller ses projets, et d'en donner promptement avis sur la
- frontière.--Position des deux armées.--Levée du siège de
- Niort.--Fausseté des nouvelles répandues en
- Angleterre.--Assurance que d'Andelot et le duc de Deux-Ponts ne
- sont pas morts par le poison.--Bon état de défense de
- Périgueux, qui est menacé par les protestans.--Projets de
- mariage du roi d'Espagne et du roi avec les deux filles de
- l'empereur, et du roi de Portugal avec Madame.--Siège de la
- Charité; espoir de la prochaine reddition de la place.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, tout ce que nous pouvons recueillir de
-vos dernières dépesches[14] c'est que la Royne d'Angleterre, ma bonne
-soeur, n'oublie rien de toutz les appretz qui sont nécessaires pour
-l'acheminement d'une guerre, laquelle nous ne voyons pas s'adresser à
-aultres que à nous, estant ses affaires aux termes que vous le mandez
-pour le regard du costé de Flandres, et en telle voye d'accord que je
-tiens jà tous ces différants pour accordés; estimant bien que ce qui
-la peut retenir, jusques icy, de se déclarer ouvertement, c'est
-qu'elle veult auparavant veoyr ung peu clair à ce que auront d'heureux
-succez les affaires de nos ennemys. Quoy que ce soit, j'ay bonne
-espérance, quand elle en viendra là, qu'elle n'en raportera non plus
-d'honneur et de réputation qu'elle fist aux troubles de l'année
-soixante deux, vous priant, affin que nous ne puissions estre surpris,
-que, comme vous avez bien faict jusques icy, vous advertissiés
-ordinairement mon cousin le maréchal de Cossé, qui est pour pourveoir
-à la Normandye et la Picardye, de toutes les choses qui seront
-importantes au bien du service du Roy, Monsieur mon fils.
-
- [14] Voyez XLIe et XLIIe dép., 15 et 21 juin 1569; tom. II, pag.
- 19 et 37.
-
-Despuis le discours qui vous en fust dernièrement envoyé, de la façon
-que s'estoient passé une bien grosse escarmouche entre quelques gens
-de pied de notre armée et celle de nos ennemys, il n'est rien survenu
-de nouveau entre les dictes armées; et sont, l'une au camp de Larsac,
-qui est la nostre, et l'autre à N. Il est vray que, voyant l'Admiral
-que le comte Du Lude estoit pret de donner l'assault à Nyort, l'a
-envoyé secourir de deux mille chevaulx et quelques gens de pied, qui a
-esté cause qu'il a esté contrainct d'en laisser le siège, ce qu'il a
-faict sans aulcune perte.
-
-Comme j'étois à l'endroict de ceste despesche, la vostre du XXVIIIe du
-passé[15] nous est arrivée, par laquelle j'ay veu les beaux advis que
-l'ambassadeur Norrys faict, sellon sa coustume, courir par delà, qui
-sont sy faulx, malicieux et controuvez qu'il n'est possible de plus.
-Car de dire que le poison de feu d'Andelot se soit avéré par
-l'exécution d'un sien serviteur qui a esté tiré à quatre chevaulx,
-cella est entièrement faulx, comme aussi ce qu'il fait courir de la
-façon de la mort du duc des Deux Pontz, estant advenu à l'ung et à
-l'aultre par une grosse fiebvre; à l'occasion de beaucoup de travail
-qu'il auroit pris, mesmes le dict duc des Deux Ponts, aux continuelles
-grandes journées qu'il fust contrainct de faire pour garder d'estre
-combatu de nostre armée, avant que joindre l'Admiral. Et tant s'en
-fault que le dict duc ayt mangé avec la Royne de Navarre, que, ung
-jour auparavant qu'il fust joinct au dict Admiral, il estoit jà
-extrêmement malade.
-
- [15] Voyez XLIIIe dép., tom. II, pag. 61.
-
-Pour le regard de Périgueux, les dictz ennemys ont bien faict quelque
-contenance d'y vouloir dresser la teste; mais ils n'en sont aprochez
-de plus de dix lieues. Et quant ilz voudroient entreprendre de
-l'assiéger, à quoy l'on ne voyt point d'apparance, y ayant une sy
-puissante armée si prez d'eux, ils la trouveront pourveue d'ung sy bon
-nombre d'hommes, qu'ils n'en raporteront que la honte.
-
-Mon cousin le cardinal de Guise est icy arryvé depuys sept ou huit
-jours, de retour de son voyage d'Espaigne, et nous a raporté la
-résolution des mariages de la fille aisnée de l'Empereur avec le Roy
-Catholique, de la seconde pour le Roy, Monsieur mon fils, et du
-mariage du Roy de Portugal avec ma fille, avec toute assurence et
-confirmation de l'amityé du dict Roy Catholique, qui n'est en rien
-diminuée pour la mort de la feue Royne d'Espaigne, ma fille.
-
-Le sieur de Sansac est au siège de la Charité, que nous espérons qu'il
-aura réduict à l'obéissance du Roy, Mon dict Sieur et fils, dedans peu
-de jours; priant Dieu, etc.
-
-Escript à Orléans, le IXe jour de juillet 1569.
-
- CATERINE. BRULART.
-
-
-
-
-XII
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XVIIe jour de juillet 1569.--
-
- Levée du siège de la Charité.--Ordre donné par le roi de
- reprendre le siège et de le poursuivre avec
- vigueur.--Satisfaction des assurances d'amitié transmises au
- nom d'Élisabeth.--Contentement témoigné par le roi à
- l'ambassadeur.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, je vous fais ceste despesche en haste,
-sur l'occasion d'une que l'ambassadeur d'Angleterre faict par delà,
-par laquelle je ne faictz point de doubte qu'il ne donne advis de la
-levée du siège de la Charité; dont, afin que vous saichiez les
-particullarités des choses, ainsy qu'elles sont passées, je vous en
-envoye ung petit mémoire, outre lequel, je vous veux bien dire que,
-m'estant venues nouvelles, de ce jourdhuy, que les ennemys n'estoient
-si approchez de la rivière de Loire que les précédans adviz le
-portoient, et l'on s'en estoit donné de peur, j'ai mandé au sieur de
-Sansac qu'il retourne au dict siège pour y faire tanter tout l'esfort
-que sera possible, à ce que la ville puisse estre réduicte en mon
-obéissance. Ce que je ne faictz pas tant pour importance dont elle
-soit, ny commodité qu'en tirent mes ennemys, qui ne peut estre grande
-en ce temps, ny pour le passaige de la rivière qui est guéyable en
-plusieurs endroictz, mais pour ma réputation: car j'auray toujours
-grand regret de faillir à mes entreprises, pour lesquelles mener à
-exécution je n'oublierai rien, voïans mes subjects demeurant dans leur
-obstination accoustumée.
-
-Au demeurant, j'ay receu vostre lettre du Ve de ce moys[16] par
-laquelle j'ai veu le discours des propos que vous a tenuz la Royne
-d'Angleterre, ma bonne soeur, qui sont toutz pleins d'une honneste
-desmonstration du desir qu'elle a de conserver la paix, et vous prie
-que, à la première audiance que vous aurez d'elle, vous luy rendiez
-mes cordialles recommandations, avec ung gracieux mercîment de
-l'assurance, qu'elle vous a donnée, de l'affection qu'elle a à la
-prospérité de mes affaires, conservation de ma couronne et de la paix
-de mon royaume; en quoy elle se peut confier que je luy ay toute telle
-correspondance qu'elle sçauroit souhaister de prince de ce monde son
-meillieur allyé.
-
- [16] Voyez XLIVe dép., tom. II, pag. 70.
-
-Il est bien vray que les propos que vous ont tenuz les gens de son
-conseil semblent estre de personnes qui veullent bien donner à
-cognoistre qu'ilz ont moyen de nuire, quant ilz le vouldroient
-entreprendre, pour leur en sçavoir plus de gré quand ilz ne le feront
-poinct. A quoy vous avez saigement respondu et selon que je le puis
-desirer pour mon honneur et réputation; n'ayant aultre chose à vous
-dire par ce petit mot que je finiray en priant Dieu, etc.
-
-Escript à Orléans ce XVIIe jour de juilhet 1569.
-
- CHARLES. BRULART.
-
-
-
-
-XIII
-
-LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XVIIe jour de juillet 1569.--
-
- Nécessité de découvrir les intentions secrètes d'Élisabeth, et
- d'exercer la plus grande surveillance en Angleterre.--Ordre
- donné pour une levée de Suisses et de Français.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, vous faictes service bien fort agréable
-au Roy, Monsieur mon filz, de prendre occasion de visiter la Royne
-d'Angleterre, ma bonne soeur, le plus souvant qu'il vous est possible;
-car, encores que j'estime qu'elle soit en ses propos bien fort
-réservée, et sçache assez bien couvrir le font de ses intentions, sy
-est ce que, par ceste fréquantation, il vous sera tousjours aysé d'en
-descouvrir quelque partye, sy vous n'en pouvez sçavoir le tout; et
-pour ce, le mieux, que vous puissiez faire, c'est de continuer à la
-visiter bien souvant.
-
-Vostre dépesche du Ve me confirme tousjours, de plus en plus, en
-l'opinion, que j'ay eue cy devant, que les différants d'Angleterre et
-des Pays Bas se composeront bientost amiablement, dont vous nous
-advertirés de ce qui succèdera, ensemble des aprestz qu'ilz fairont
-par dellà; à quoy je vous prye d'avoyr l'oeil soigneusement ouvert,
-selon vostre vigilance accoustumée.
-
-Le Roy, Mon dict Sieur et filz, ne voulant rien oublier en l'exécution
-de ceste entreprinse, puysque ses subjectz demeurent en leur
-obstination accoustumée, faict faire une nouvelle levée de douze mil
-Suysses et de quarante enseignes de François, qu'il espère avoir toutz
-pretz dedans la my aoust; estant tout ce que j'ay à vous dire par ce
-mot, auquel je fairay fin en priant Dieu, etc.
-
-Escript à Orléans le XVIIe jour de juillet 1569.
-
- CATERINE. BRULART.
-
-
-
-
-XIV
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XXVIIe jour de juillet 1569.--
-
- Remercimens du roi pour les communications qu'Elisabeth lui a
- fait transmettre.--Confidence secrète du projet de mariage de
- Marie Stuart avec le duc de Norfolk.--Injonction faite à
- l'ambassadeur d'en favoriser de tout son pouvoir
- l'exécution.--Recommandation du plus grand secret.--Nouvelles
- de la guerre.--Prise de Châtelleraut et de Lusignan par les
- protestans.--Nécessité où se trouve le duc d'Anjou de se tenir
- sur la défensive.--Envoi d'un secours par le roi
- d'Espagne.--Mesures prises pour solder les troupes.--Projet des
- protestans d'attaquer Saint-Maixent ou Poitiers.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, il y a quelques jours que vostre
-dépesche de l'unzième[17] m'est arrivée, par laquelle j'ay veu que la
-prompte levée qui s'est faicte, de cinq mille hommes de pied, a esté
-pour le costé d'Irlande; et comme, encore que le remuement qui est de
-ce costé là ne soit de petite importance, néantmoins l'on le veult
-rendre à la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, le moindre que l'on
-peut, pour ne la divertir d'entendre à quelque autre entreprinse,
-comme vous jugez sagement qu'elle pourra faire, si elle en voit
-quelque commode occasion, encores que son langaige soit plein de toute
-honnesteté et courtoisie. Dont je desire néantmoins que vous la
-merciez de ma part, et luy dites que, sy elle desire, de son costé,
-qu'il ne m'advienne aucun mal de ceste guerre, je n'en desire pas
-moins pour elle du remuement que j'ay sceu estre advenu, puis
-naguières, au pays d'Irlande. Et puisqu'elle vous a dict qu'elle
-auroit certitude, dedans la sepmayne de la dacte de vostre lettre, de
-ce qui se fera de la levée que l'on dict que faict Cazimir, je
-m'asseure que n'aurés failly de la recorder de vous en dire ce qu'elle
-en sçayt.
-
- [17] Voyez XLVIe dép., tom. II, pag. 80.
-
-Au demeurant, l'on m'a adverty que la Royne d'Escosse est bien avant
-en propoz de mariage avec le duc de Norfolc, et que l'on espère que
-les choses s'en pourront mener à quelque bonne fin; ce que j'ai
-occasion de desirer beaucoup plustost qu'il se fasse, que avec le
-bastar d'Espaigne, ainsi que je sceus cy devant qu'il s'en praticquoit
-quelque chose. Et, à ceste cause, je vous prie, Monsieur de La Mothe
-Fénélon, que dextrement, comme de vous mesmes, et sans faire
-cognoistre en façon du monde que je vous en aye rien escript, vous
-fassiés tout ce qu'il vous sera possible pour faire trouver bon le
-dict mariage à la dicte Royne d'Escosse, et le favorisiez tant, par
-toutz les bons moyens que vous pourrés trouver de par dellà, qu'il se
-puisse conduire à quelque bon effect, n'oubliant à découvrir saigement
-ce qui en a jà esté miz en termes, et sy les choses sont sy advancées
-que l'on me les a faictes, dont vous ne faudrez de me donner adviz. Et
-surtout regardez à manier ce fait si secrètement que vous ne puissiez
-estre descouvert de personne, et qu'il ne vienne en cognoissance qu'il
-vous ayt esté rien mandé de deçà.
-
-Quant à l'estat de mes affaires, vous avez sceu, par ma dernière,
-comme le faict du siège de la Charité s'est passé. Despuys, mes
-ennemys, s'estant advancez, sont entrés dedans Chastèlerault, où les
-soldatz qui estoient ordonnez pour la garde des postes, en petit
-nombre, leur ouvrirent la porte; et ont assiégé Luzignam, où, après
-avoir esté quelques jours, et avoyr enduré ceulx de dedans, qui
-n'estoient que deux ou trois centz hommes, deux assaux, auxquels ilz
-ont bien tué de mes dictz ennemys six ou sept cens hommes, enfin ilz
-se sont renduz à composition. Mon armée, que commande mon frère, le
-Duc d'Anjou, s'aproche tousjours d'eulx pour leur faire teste. Il est
-vray que, ayant donné congé à la pluspart de sa gendarmerye de s'en
-aller faire ung tour en leurs maisons, il n'a pas, à beaucoup près,
-tel nombre de gens de cheval françoys qu'il avoit cy devant; qui est
-cause qu'il n'a pas, jusques icy, peu aprocher de sy prez mes dictz
-ennemys ni les tenir si serrés comme l'on eust peu faire autrement.
-
-Je vous ay mandé cy devant comme je faictz lever huict mil Suysses de
-nouveau, et cinquante enseignes françoises, affin d'estre tousjours
-plus renforcé et avoir plus de moyen de résister aux forces
-étrangères, desquelles l'on me menasse: [oultre lesquelles forces, le
-Roy d'Espaigne, mon beau frère, m'envoye quatre mil Espaignols]. Je
-suis venu à bonnes journées en ceste ville pour donner ordre aux
-provisions d'argent nécessaires pour l'entretènement des susdictes
-forces des gens de pied, Françoys et Suysses, affin que, y ayant
-pourveu, je puysse incontinent m'en retourner à Orléans. Dont n'ayant
-que faict deux journées jusques en ceste ville, il ne sera pas que
-ceulx qui essayent à descrier tousjours mes affaires de delà, le plus
-qu'ilz peuvent, ne facent, possible, semer le bruict que je m'en sois
-retiré par crainte de mes dictz ennemys; lesquels n'ont, jusques icy,
-faict aucune contenance de s'aprocher plus prez de la rivière de Loyre
-que le dict Chatèlerault. J'estime qu'ilz seront pour assiéger St
-Maizant ou Poytiers; lesquelles places sont pourvues d'ung sy bon
-nombre d'hommes que j'espère qu'il n'en adviendra aucun inconvéniant;
-estant tout ce que j'ay à vous dire et l'endroict où je prie Dieu,
-etc.
-
-Escript à St Germain des Prez, le XXVIIe jour de juillet 1569.
-
-
-Me faisant réponce sur le faict du susdict mariage, escripvez m'en par
-la lettre particulière que vous adresserez à Brulart, et non avec les
-dépesches que me fairez de l'estat auquel sont les choses par delà.
-
- CHARLES. BRULART.
-
-
-
-
-XV
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XXVIIe jour de juillet 1569.--
-
- Négociation sur la restitution des prises.--Assurances d'amitié
- pour la reine d'Angleterre.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, la dépesche, que vous a portée Sabran,
-vous aura donné moyen de satisfaire la Royne d'Angleterre, ma bonne
-soeur, sur le faict des restitutions des marchandises qui ont été
-arrestées, tant du costé d'Angleterre à mes subjectz que du costé de
-deçà aux Anglois; de sorte qu'elle n'aura point d'occasion de penser
-que vous vous soyez en cela advancé plus que mon intention. Quant aux
-quatre subjectz de ma dicte soeur qui sont arrestez à Calais, dont
-elle vous a faict plaincte, vous luy en avez fort saigement respondu.
-Toutesfois, pour estre esclayrcy de ce qui en est, j'ay escript
-présentement au sieur de Gonrdan pour sçavoir l'occasion du dict
-arrest, pour, après l'avoir sceue, en faire faire toute telle raison
-qu'il apartient à la commune amityé, qui est entre ma dicte bonne
-soeur et moy, en laquelle elle se peut assurer que je continueray
-tousjours sans rien faire de mon costé, qui la puisse aulcunement
-altérer; priant Dieu, etc.
-
-Escript à Paris le XXVIIe jour de juilhet 1569.
-
- CHARLES. BRULART.
-
-
-
-
-XVI
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XVe jour d'aoust 1569.--
-
- Remontrances qui doivent être faites à la reine d'Angleterre afin
- qu'elle arrête les secours destinés pour la
- Rochelle.--Dénégation qu'une ligue ait été formée par le roi
- avec l'empereur et le roi d'Espagne.--Desir manifeste
- d'Élisabeth de se tenir prête à profiter des troubles de
- France.--Avis de secours préparés en Allemagne pour les
- protestans.--Vive recommandation faite à l'ambassadeur de
- favoriser de tout son pouvoir le mariage de Marie Stuart avec
- le duc de Norfolk.--Envoi des lettres officielles annonçant le
- mariage du roi avec la seconde fille de l'empereur, et de
- Madame avec le roi de Portugal.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, par vos trois dernières despêches, des
-XIXe et XXVIIe du passé, et celle que j'ay receue hier du premier du
-présent[18], de l'une desquelles le Sr de Vassal a esté porteur, je
-cognois bien qu'il se continue tousjours par dellà plusieurs mauvais
-offices, mesmes pour le regard des deniers que l'on a tacitement
-permis à ceux de la Rochelle d'emprunter sur les bagues de la Royne de
-Navarre, bien que les propos de la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur,
-soient tousjours les plus honnestes qu'il est possible; lesquels elle
-ne sçauroit mieux faire cognoistre correspondre à la sincérité de son
-intention, que quand elle déniera faveur en son royaume à ceux qu'il
-luy est assés notoire m'estre rebelles. Dont je désire que vous la
-sollicitiez, de ma part, à toutes occasions, mesmes sur les dictz
-deniers, que vous avez entendu que l'on est après pour recouvrer en
-son pays, sur les bagues de la dicte Royne de Navarre, pour en ayder
-et secourir mes dictz rebelles, ce qu'elle ne peut souffrir sans bien
-avant contrevenir au traicté de payx, affin de tousjours luy faire
-bien cognoistre que je voys assez clair en ses déportemens, et que ses
-honnestes parolles ne me les peuvent tant déguyser que je ne sente
-bien en quoy elle se départ de l'office de bonne soeur et alliée
-qu'elle me doit estre, et de l'affection qu'elle vous a, tant de foys,
-dict porter au bien de mes affaires. Ce que vous regarderez de luy
-faire entendre sy dextrement, et à propos, qu'il serve à la contenir
-et garder de se laisser persuader à beaucoup de choses, ès quelles
-ceux qui n'ayment pas son repos desirent la faire résouldre: dont elle
-pourra, possible, en le faisant, recepvoir plustot désavantaige en ses
-affaires que quand elle vouldra, en observant sa foy, entretenir la
-paix qu'elle a promize et jurée avec moy; s'estant assés ordinairement
-veu que les princes qui, soubz une injuste querelle, mènent guerre
-couvertement ou appertement à leurs voysins, n'en rapportent enfin que
-perte et ruyne pour eux, leurs royaumes, pays et subjectz.
-
- [18] Voyez XLVIIe, XLVIIIe et XLIXe dép., tom. II, pag. 89, 97 et
- 129.
-
-J'ay bien considéré le mémoire ample que m'avez envoyé de l'estat des
-choses de delà, lesquelles, encore qu'elles semblent quelque peu
-préparées à remuement, si est ce qu'il n'est tel que pour cela l'on
-puisse penser qu'ilz soyent divertiz de porter mauvaise affection à
-mon royaume, et que les grands préparatifs que continue ma dicte bonne
-soeur ne soyent plustost pour entreprendre une offension que pour
-conserver son estat, si ce n'estoit que, sur l'opinion que ceux de
-delà se sont mize en la teste de la ligue qu'ils disent estre toute
-certaine entre l'Empereur, le Roy d'Espaigne et moy, ainsy que le
-secrétaire Cecille le vous a voullu prouver par ses raysons
-discoureues au dict mémoire, ma dicte bonne soeur fust en une
-perpétuelle deffiance que je la voullusse offenser. A quoy je ne voy
-point d'aparance, mais bien plustost qu'elle a l'oeil ouvert pour
-tirer des malheurs de mon royaulme quelque proffict en ses
-prétantions; trouvant bon que vous ayez eu avec les seigneurs de delà,
-et semblablement avec ma dicte bonne soeur, les propos que me mandez
-par vostre lettre du dict premier de ce moys, qui peuvent servir à
-tousjours mieux sonder les fontz de leurs intentions.
-
-Les adviz qui me viennent du costé d'Allemaigne se conforment, en
-quelque chose, à ce que le comte de Lescestre vous a dict du dict
-Cazimir. Et en conférant tout ce que j'entendz des dictz adviz, je voy
-bien qu'il y a grande apparance qu'il s'y doive faire quelque nouvel
-amas de gens de guerre; portant mesmement, ung des dictz adviz, qu'il
-a esté envoyé d'Angleterre de l'argent en Allemaigne pour l'Admiral,
-dont vous mettrez peyne de vous esclaircyr de ce qui en est.
-
-Je vous recommande l'affaire dont, par mes dernières despesches, je
-vous ay escript, auquel je vous prie vous y employer sy avant que le
-mariage que sçavez se puisse fère, y uzant de toutz les meilleurs et
-plus exprès moyens, dont vous vous sçaurez saigement adviser.
-
-Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fénélon, estant le faict de mon
-mariage avec la fille puisnée de l'Empereur, et de ma soeur avec le
-Roy de Portugal, sy advancé que j'ay envoyé pouvoir à mon ambassadeur,
-qui réside en Espaigne, pour en contracter avec ceux que le Roy
-d'Espaigne, qui a pris toute la charge de cest affaire, voudra
-députter, la Royne, Madame et Mère, et moy en avons voullu donner
-adviz à ma dicte bonne soeur par les lettres que nous luy escripvons,
-que vous luy présenterez avec nos cordialles et affectionnées
-recommandations; priant Dieu, etc.
-
-Escript à Amboise le XVe jour d'aoust 1569.
-
- CHARLES. BRULART.
-
-
-
-
-XVII
-
-LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XVe jour d'aoust 1569.--
-
- Désir de la reine-mère que la pacification soit faite en France.
-
-
-. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . choses à ce
-que ceste guerre soit abrégée le plus que l'on pourra, ainsi que nous
-espérons que Dieu nous en fera la grâce, le priant, Monsieur de La
-Mothe Fénélon, qu'il vous ayt en sa saincte et digne garde.
-
-Escript à Amboise le XVe jour d'aoust 1569.
-
- CATERINE. BRULART.
-
-
-
-
-XVIII
-
-Mr DE LA MEILLERAYE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XVIIe jour d'aoust 1569.--
-
- Plaintes contre les déprédations des Anglais.--Vive
- recommandation adressée à l'ambassadeur de communiquer sans
- retard les entreprises qui pourraient être préparées en
- Angleterre.--Nouvelles de la guerre.--Siège de Poitiers.
- --Secours introduit dans la place.--Bon espoir que la ville ne
- pourra être forcée.
-
-Monsieur, j'ay receu vostre lettre en dabte du dixiesme du présent,
-avecques celles que escrivez à Mr le mareschal de Cossé, lesquelles
-j'ay ouvertes suivant ce qu'il m'en a dict, à son partement de ce
-païs, pour y aprendre chose pour le service du Roy qui requist prompt
-remède. Et à mesme instant j'ay envoyé vostre dicte lettre par l'un
-des myens que j'ay envoyé vers Leurs Majestés, auquel j'ay donné
-charge d'en pourchasser la responce, et pareillement d'aultre vostre
-despesche, du premier jour de ce mois, qui a passé par mes mains; par
-toutes lesquelles j'ay apris le bon acheminement que vous prenez pour
-faire raison aux subjectz du Roy qui certainement ont esté jusques à
-icy fort gourmandez; et pour m'asseurer que vous vous y emploierez de
-tout vostre pouvoir, je ne vous en feray plus ample recommandation, et
-seullement vous diray que, de jour à aultre, il se commect sur les
-dictz subjectz plusieurs piratteries et déprédacions, et ne puis
-croire que, si la Royne d'Angleterre commandoit en estre faict quelque
-pugnition exemplaire, telles chozes ne cessassent en peu de temps.
-Bien est vray que nous ne nous pouvons plaindre des expédictions
-qu'elle faict donner en son conseil pour la restitution des dictz
-biens déprédés, mais l'exécution ny les effectz ne sont semblables.
-
-Et quand au regard des préparatifs qui se font par delà par la
-conduicte de l'agent du prince d'Orange et autres qui s'empeschent de
-telz dessaingz, en intention, comme il est bien à penser, de porter
-dommage aux affaires du Roy, je vous prye, à tout le moyns, sy n'avez
-moïen de les faire rompre et divertir, que soyons advertiz à temps de
-leur embarquement et des chozes qui le mériteront pour tant plus nous
-préparer de les recepvoir au cas qu'ilz nous voulsissent venir veoir;
-vous voullant bien dire sus ce propos, qu'il reste par deçà une bonne
-quantité d'hommes qui ont très bonne dévotion de les empescher
-d'entreprendre choze qui tourne au préjudice du service du Roy; et
-trouveront le tout en aultre estat que beaucoup ne le despeignent, en
-intention de tant plus les convier à exécuter ce que eux mesmes ne
-peuvent faire sans l'aide d'aultruy; et néantmoyns espère bien que
-tous ensemble y perdront leur peine.
-
-Et quand à ce qui touche l'estat des affaires de la guerre, je ne vous
-en feray long discours pour le présent, sinon vous dire que, ayans les
-ennemys assiégé Poictiers, et admené bonne quantité de monitions en
-intention d'y faire brêche, en voïant le peu d'advantage qu'ils en
-espéroient, ont changé de batterye et remplacé leurs pièces aultre
-part, qui est un tel signal que pouvez penser, joinct le grand nombre
-de gens de bien qui sont dans la dicte ville, que l'on n'en doibt
-attendre que une très bonne yssue pour le service du Roy. Et y sont
-entrez de renffort, puys quelques jours, le cappitaine Annoux, maistre
-de camp, le cappitaine Sarrioux et aultres hommes signallez,
-accompaignez de mil ou douze centz harquebuziers choisys; lesquelz en
-entrant, ont taillé en pièces le corps de garde des dictz ennemis, qui
-font grandes pertes aux saillyes qui se font journellement, de sorte
-qu'ilz n'eussent peu entreprendre choze plus à leur ruyne pendant que
-nostre armée s'est quelque peu rafreschye, et que l'on a rassemblé la
-gendarmerye, laquelle faict monstre généralle dans le vingt cinquiesme
-de ce mois. Et croïez que, le tout remys ensemble, il fauldra que les
-dictz ennemys changent de desseing; qui sera, comme je présume, très
-bon subject de refroidir ceux qui auroient envye d'entrer en ceste
-province.
-
-Et pour la fin de ma lettre, je vous puis asseurer que je seray fort
-songneux, d'icy en avant, de vous faire part des occurrences qui
-s'offriront par deçà, comme aussy je vous prye en faire le semblable
-de vostre part, estant très certain que mon Maistre aura ceste
-correspondance fort agréable; qui sera l'endroict où présentant mes
-affectionnées recommandations à vostre bonne grâce, etc.
-
-De Fontaines le Bourg, ce XVIIe jour d'aoust 1569.
-
- Vostre bien humble et plus affectionné amy,
-
- FRANÇOIS.
-
-Je vous prye, venant homme seur par deçà, me faire entendre en quel
-estat sont les affaires d'Escosse et Hirlande, et quelle obéissance y
-est rendue à la Royne d'Angleterre.
-
-
-
-
-XIX
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XXXe jour d'aoust 1569.--
-
- Nouvelles du siège de Poitiers.--Déclaration du roi qu'il ne veut
- poser les armes qu'après la soumission des
- protestans.--Résistance de Poitiers.--Résolution du roi de
- faire approcher son armée pour forcer les protestans à lever le
- siège.
-
-
-. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Poictiers ny de tenir
-un si long siège, qu'il y a qu'ilz sont, sans y avoir rien gaigné là,
-grâce à Dieu, que la perte de beaucoup d'hommes, vous voulant bien
-dire sur ce que me mandez qu'elle a fort essayé de sçavoir de vous: si
-mon intantion estoit de mestre fin à ceste guerre et aux différans de
-la religion, par armes ou autrement, que je désire, si elle tombe, cy
-après, avec vous sur semblables propos, que vous luy faictes entendre
-que le vray et principal but de la présente guerre c'est de me fère
-rendre par toutz mes subjects l'obéissance qui m'est due; d'establir
-ung bon repos en mon royaume, et de régner roy paysible sur mes
-subjectz, ainsy que ont faict mes prédécesseurs, ne voulant plus que
-les troubles et remuemens, qui ont esté cy devant suscytez sur
-l'occasion de mes jeunes ans, soient, à ceste heure, continuez, que
-Dieu, par sa grâce, m'a donné eaige et sens pour gouverner mes dictz
-subjectz.
-
-Ainsy que j'estois sur le point de vous faire la présente, la vostre
-du XVe est arrivée[19], par laquelle me mandez les sollicitations que
-continuent de faire de par delà mes dictz rebelles; à quoy je ne vous
-sçaurois dire autre chose, sinon que vous vous y oposiez tousjours, le
-plus vivement que vous pourrez. J'ay veu le beau discours qu'ils ont
-envoyé par delà auquel ilz n'ont pas manqué, comme de coustume,
-d'estendre les choses fort à leur avantage sans ..... vérité qui .....
-leurs ordinaires artifices qui ne peuvent ..... qu'il est.....
-
- [19] Voyez LIIe dép., tom. II, pag. 152.
-
-Il y a plus d'ung moys que mes dicts rebelles sont au siège de
-Poitiers, où, après avoir faict bapterie d'artillerye en plusieurs
-endroictz, consommé ung grand nombre de monitions, et tanté par
-quelquefoys s'ils pourroient entrer dedans par la force, ilz ont
-trouvé si forte résistance des gens de bien qui y sont, que, se voyant
-désespérez de l'avoir par la force, ilz se sont résoluz d'attandre que
-la nécessité des vivres contraigne ceux dedans de se randre; vous
-laissant à penser si ceste leur espérance est bien fondée, estant la
-dicte ville grandement pourveue de vivres, comme elle est, et estant
-mon armée preste à estre remise toute ensemble dedans quatre ou cinq
-jours; qui sera bien le nombre de sept à huit mille chevaux et de
-quinze ou seize mil hommes de pied, avec laquelle je suis dellibéré de
-les faire approcher de sy prez qu'ils seront contrainctz de lever le
-siège. Priant Dieu, etc.
-
-Escript au Plessis lès Tours, le XXXe jour d'aoust 1569.
-
- CHARLES. BRULART.
-
-
-
-
-XX
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du VIe jour de septembre 1569.--
-
- Satisfaction du roi de la conduite de l'ambassadeur.--Demande que
- défense soit faite aux navires anglais de se rendre à la
- Rochelle.--Offre de Bordeaux pour fournir au commerce des
- Anglais.
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, depuys la dernière despesche que je vous
-ay faicte, qui a esté du XXXe du passé, m'ont esté aportées les deux
-vostres des XXIIe et XXVIe du dict passé[20]; par la première
-desquelles vous me discourez bien amplement des honnestes propos que
-la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, a tenuz aux marchans qui sont
-allez par delà pour l'accord de la restitution des marchandises
-arrestées, et l'instance que vous luy avez faicte sur la sortye des
-ourques, qu'elle a excusée le mieulx qu'elle a peu. Toutesfois il se
-cognoit assés, par la tacite permission qu'elle a donnée de les
-emmener, que c'est toujours soubz main favoriser les entreprinses des
-rebelles; et faictes bien, voyant telles choses, de vous y opposer
-fort fermement, car cella la rendra plus retenue et réservée en ses
-actions, et à empescher qu'elle ne se laisse du tout surmonter aux
-persuasions de ceux qui luy conseillent de se remuer contre moy.
-
- [20] Voyez LIIIe et LIVe dép., tom. II, pag. 165 et 174.
-
-L'instance que vous avez faicte aussy, envers ma dicte bonne soeur,
-pour la Royne d'Ecosse, n'a esté que bien à propos, quant ce ne
-seroit que pour découvrir le fonds de l'intention qu'elle a en son
-endroict, de laquelle je me suis toujours bien doubté; et que les
-déclarations[21] qu'elle a demandées de la Royne, Madame et Mère, de
-mon frère et de moy, n'ont esté que pour remettre les choses toujours
-les plus à la longue qu'elle pourra. Et toutesfoys ce n'est peu faict
-de l'avoir pressée sy fort qu'elle ait été contraincte de vous dire,
-en descouvrant le mescontantement qu'elle a de la dicte Royne
-d'Escosse, que l'on ayt patiance jusques à quinze jours, dedans
-lesquels elle procèdera en son affaire de telle sorte que les princes
-chrétiens en auroient contantement; vous priant de l'entretenir en
-ceste bonne volonté, et de faire tant, s'il est possible, qu'elle
-réussisse à quelque bon effect.
-
- [21] Voyez la déclaration du roi, en date du 10 juillet 1569, et
- celle du duc d'Anjou, en date du 17 juillet, tom. Ier, pag. 431
- et 433.
-
-Qui est tout ce que j'ay à vous dire sur la dicte lettre, et qui me
-fera venir à celle du dict XXVIe, par laquelle me mandez la diversité
-des advis que avez euz du chemin que prenoyent les françois et
-flamans, sortys de Londres; sur lesquels vous avez eu bon subject de
-tenir aux seigneurs du conseil de par dellà le langaige dont vous leur
-avez uzé, encores que tousjours ilz parent leurs actions des plus
-belles excuses qu'il leur est possible; et ferez fort bien, survenant
-telles choses, d'en tenir tousjours advertys de bonne heure les Sr de
-Piennes et de La Meilleraye, afin qu'ils soient plus sur leurs gardes.
-
-Je desire que vous requerriez ma bonne soeur qu'elle ne souffre que
-ses subjects aillent à la Rochelle, et luy dictes que, s'ilz veuillent
-aller à Bourdeaux, ils y trouveront les danrées et marchandises qu'ils
-desirent achepter, avec autant et plus de commodité qu'ilz feroient à
-la Rochelle; et si, en ce faisant, sera entretenir le commun bon
-respect que nous nous debvons l'un à l'autre.
-
-Qui est tout ce que je vous puis escripre pour le présent et
-l'endroict où je prie Dieu, etc.
-
-Escript au Plessis lès Tours, le VIe jour de septembre 1569.
-
- CHARLES. BRULART.
-
-
-
-
-XXI
-
-LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du VIe jour de septembre 1569.--
-
- Assurance qu'il n'a été remis au roi aucune remontrance de la
- part des protestans qui font le siège de Poitiers.--Approbation
- de la conduite tenue par l'ambassadeur à l'égard de Marie
- Stuart.--Départ du duc d'Anjou pour se mettre à la tête de
- l'armée, et faire lever le siège de Poitiers.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, je suis bien aise de la bonne espérance
-que vous avez que les marchans qui sont allés par delà pour la
-restitution des marchandises arrestées, tant en Angleterre que en ce
-royaume, pourront conduire les choses à quelque bon accord; et est ce
-que nous desirons grandement, m'esbahissant fort, d'autre part, de ce
-que la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, vous a dict, sur le propos
-du siège de Poitiers, de la remonstrance que ceux, qui sont devant le
-dict Poitiers, ont envoyé présenter au Roy, Monsieur mon fils, et que
-même il ayt esté mandé par delà que l'on l'ayt envoyée par le comte de
-Retz; car c'est chose évidemment contraire à la vérité. Et n'avons
-jamais, le Roy, Mon dict Sieur et fils, ny moy, veu la dicte
-remonstrance, sur laquelle vous avez répondu fort prudemment et selon
-l'intention du Roy, Mon dict Sieur et fils, qui n'aura occasion de
-recepvoir jamais aucune remonstrance d'eulx qu'ils ne soient
-premièrement mis en estat de bons et loyaulx subjectz, en déposant les
-armes et se randant dignes, par tel moyen, d'estre receuz en sa bonne
-grâce, laquelle il ne leur refuzera jamais, quand, de leur costé, ils
-la rechercheront, selon qu'ils le doibvent faire; estant, au
-demeurant, bien resjouye de veoir, par vostre lettre du XXVIe, qu'il y
-ayt plus d'espérance à l'accommodement des affaires de la Royne
-d'Escosse qu'il n'y avoit, lors de vostre dépesche précédante du
-XXIIe; et ne sera oublyé, pour toujours les favoriser, de tenir à
-l'ambassadeur d'Angleterre le mesme langaige que vous avez faict par
-delà à ma dicte bonne soeur.
-
-Au demeurant, quant à noz nouvelles, je vous veux bien dire que, hier,
-mon filz, le Duc d'Anjou, partit pour aller trouver nostre armée, qui
-s'estoit jà acheminée devant au lieu de la Haye, distant de Poitiers,
-de douze petites lieues seulement, d'où il espère bien de s'approcher
-sy bien du dict Poitiers, dedans peu de jours, qu'il contraindra ceulx
-qui sont devant d'en lever le siège; se disant par les dernières
-nouvelles, que nous avons confirmées de diverses personnes, que
-l'Admiral estoit bien fort malade, et qu'il ne sortoit point de la
-chambre. Dedans peu de jours, nous verrons la résolution qu'ilz
-prendront, voyant nostre dicte armée les aprocher, chose qui leur
-ostera toute l'espérance qui leur restoit de prendre la dicte ville de
-Poitiers par nécessité, après avoir veu que la force n'y pouvoit rien;
-et sera bien pour confirmer le mauvais mesnage qui commanceoyt jà
-estre entre eux et leurs reystres, desquels ils ont assigné le
-payement sur la prinze du dict Poitiers; ayant, au demeurant, escript
-par toutz les endroits à ceulx de leur opinion qu'ilz regardassent à
-les aider et secourir de deniers et d'hommes dont ils ont perdu un
-grand nombre au siège du dict Poitiers. Et sur ce, etc.
-
-Escript au Plessis lès Tours, le VIe jour de septembre 1569.
-
- CATERINE. BRULART.
-
-
-
-
-XXII
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XIVe jour de septembre 1569.--
-
- Espoir que les mauvaises intentions des Anglais resteront sans
- effet.--Promesse en faveur de Marie Stuart.--Assurance donnée
- au roi qu'il ne se fait pas de levée en Allemagne.--Ordre
- d'insister toujours vivement pour Marie Stuart.--Adhésion à
- l'accord proposé pour la restitution des prises et concernant
- le commerce.--Nouvelles de la guerre.--Marche des protestans
- après la levée du siège de Poitiers.--Les deux armées en
- présence auprès de Chatelleraut.--Motifs qui ont empêché de
- livrer la bataille.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, la despesche, que m'avez faite par
-Sabran[22], m'a bien au clair représenté l'estat des affaires de par
-delà, ès quels l'on veoit toujours quelque incertitude de résolution
-et ung préparatif de personnes qui veullent avoir des moyens prêtz à
-nuyre et porter dommaige en mon royaume, s'ils peuvent, quand ils
-seront bien résolus de l'entreprendre. Toutesfois j'ay bonne espérance
-que l'on n'y prouffitera en rien, et qu'il n'y sçauroit advenir sy peu
-d'heureux succez en mes affaires que cela ne réfroidisse bien la
-volonté de mouvoir que ont beaucoup de gens de par delà.
-
- [22] Voyez LVe dép. du 1er septembre 1569, tom. II, pag. 189.
-
-Touchant les affaires de la Royne d'Escosse, il sera teneu à
-l'ambassadeur d'Angleterre ung mesmes langaige que celuy que vous avez
-tenu par delà, lequel servira, comme je pense, à les favoriser en
-quelque sorte, combien que, à la vérité, les déportementz de la Royne
-d'Angleterre, ma bonne soeur, donnent à cognoistre qu'elle en
-rejectera la conclusion le plus à la longue qu'il luy sera possible.
-
-Les advis, qui nous viennent du costé d'Allemaigne, ne parlent point
-de levées dont le bruict court par dellà, mais au contraire qu'il ne
-s'y en fait point. Bien est il vray que l'Empereur a esté en quelque
-propos de mettre sus les III mille chevaux et VI mille hommes de pied,
-qui luy ont esté accordez à la diette de Francfort, pour la
-conservation de la paix du pays, et engarder que les reystres, qui
-sont en ce royaume d'une part et d'autre, retournans, ne facent dedans
-les terres de l'Empire les mesmes pilleryes qu'ilz ont faict en
-venant; mais il s'estime plustost qu'il ne les lèvera point que
-autrement.
-
-Comme j'avois commencé à vous faire la présente, voz deux despesches
-des Ve et VIe de ce moys[23] m'ont esté aportées; par la première
-desquelles j'ay veu les nouveaux acrochementz qui sont dressez à la
-dicte Royne d'Ecosse, et comme la Royne d'Angleterre luy veult faire
-acroire qu'elle oze entreprendre sur son estat, estimant que, quand
-elle s'en sera bien faict cognoistre innocente, l'on trouvera encores
-quelque nouveauté pour tousjours reculler la conclusion de ses
-affaires. A quoy vous ne laisserez tousjours d'incister, comme vous
-avez bien faict jusques icy, et d'autant plus vifvement que l'on veoyt
-qu'ilz veulent remettre les choses en une longueur trop ennuyeuse.
-
- [23] Voyez LVIe et LVIIe dép., tom. II, pag. 218 et 227.
-
-J'ai faict veoir l'escript que ceux du conseil d'Angleterre ont
-arresté par delà pour le faict du traficq et entrecours de
-marchandises entre mes subjectz et les Anglois, lequel, à la vérité,
-ils ne debvroient aucunement restraindre pour le regard des commerces
-des Pays Bas. Toutesfois je ne suis pas d'adviz que vous faictes là
-dessus plus grande instance que celle que jà vous avez faicte par
-vostre responce sur le dict article; car aussy bien cela ne serviroit
-de rien, et faudra regarder de passer les choses le plus doucement que
-l'on pouvra.
-
-Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fénélon, depuys ma lettre du
-VIIe[24], par laquelle je vous ay adverty de la levée du siège de
-Poitiers, les ennemis se sont advancez de deçà Chatellerault assés
-prez du fort de Pille, où mon frère avait faict mettre ung nombre de
-harquebusiers pour le garder, d'autant que les ennemys voulloyent
-essayer de gaigner ce logis là; s'estant logé mon dict frère avec mon
-armée au lieu de la Selle, de sorte qu'il y a eu sy grande voisination
-entre les deux armées, l'espace de quatre ou cinq jours, que
-l'artillerye a tiré d'ung camp à l'autre. Il est vray que la rivière
-estoit entre deux, mais elle est gayable: et se sont cepandant passées
-plusieurs escarmouches ès quelles les dictz ennemys ont toujours eu du
-pire. Ils ont faict contenance jusques d'avoir grande envye de
-combattre, toutesfois ils n'ont jamais osé venir assaillir mon armée
-au lieu où elle estoit logée; laquelle, d'un autre costé, ne pouvoit,
-par la raison de la guerre, aussi habandonner ce lieu là bien
-advantaigeux, et qu'il failloit garder son advantaige, n'estant guère
-arrivé de nostre gendarmerye. Mon cousin le duc de Guyse est, de ceste
-heure, auprès de mon dict frère; lequel lui a amené ung bon renfort,
-et espère que bientost il s'ensuivra quelque bonne exécution utille
-et profitable au bien commung et universel de mon royaume. Escript le
-XIIIIe jour de septembre 1569.
-
- CHARLES. BRULART.
-
- [24] Cette lettre manque.
-
-
-
-
-XXIII
-
-LE ROY A MR DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XXe jour de septembre 1569.--
-
- Desir du roi que le mariage de Marie Stuart avec le duc de
- Norfolk s'accomplisse.--Ordre donné à l'ambassadeur
- d'encourager le duc dans sa poursuite, et de lui faire toutes
- les promesses qu'il jugera utiles.--Nécessité d'encourager les
- seigneurs catholiques à rétablir la religion, et de fomenter
- les divisions en Angleterre afin de détourner Élisabeth de
- porter secours aux protestans de France.--Vives instances qui
- doivent être renouvelées en faveur de Marie Stuart.--Résolution
- du roi de secourir le château de Dumbarton.--Conseil qu'il se
- propose d'adresser à Marie Stuart par un des secrétaires de
- cette princesse.--Nouvelles de la guerre.--Retraite de l'armée
- protestante.--Marche de l'armée catholique, qui la
- suit.--Espoir d'une prochaine bataille.--Succès remporté dans
- le Midi par Montgommery.--Réunion du maréchal de Danville et de
- Montluc pour le combattre.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, [=Chiffre=, j'ay sceu ce qui a esté
-mis en avant pour le faict du mariage de la Royne d'Escosse, ma belle
-soeur, avec le duc de Norfolc, lequel j'ay occasion de desirer qu'il
-s'effectue pour beaucoup de grands respectz et considérations, et
-mesmes pour l'affection que j'ay tousjours cognue que le dict duc de
-Norfolc a porté à l'entretènement de la paix entre ce royaume et celuy
-d'Angleterre, et aussy que je croy qu'il ne se pourroit présenter
-aucun autre party, du quel ma dicte belle soeur puisse recepvoir plus
-de bien, proffit et advantaige, pour son particullier, que de celluy
-là; et à ceste cause, je veux que vous vous employés dextrement en
-cest affaire, et le favorisiés de si bonne façon qu'il en puisse
-réuscyr quelque bon effect, et ne puissiez y estre traversé, ainsy que
-je croy que la Royne d'Angleterre l'essayera pour le soupçon qu'elle
-a conceu contre la Royne d'Escosse, qu'il ne fault doubter qui
-n'augmente, aprenant qu'il se traittera du dict mariage. Et fault
-qu'en cecy vous donniez courage au dict duc de poursuivre son
-entreprise et de n'en estre destourné pour quelque empeschement que la
-dicte Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, s'essaye d'y donner, sy elle
-le faict; car je suys tout résolu et veux que vous luy donniez cest
-asseurance de ma part, que je l'assisteray et ayderay, ensemble ceux
-de son party, tant en cest affaire que en toutes autres choses qu'ilz
-voudront entreprendre par dellà, soit en la faveur de ceux de la
-religion catholique ou pour autre cause, de toutz les moyens de gens
-et argent que Dieu m'a donné, ainsy que je le pourray commodément
-faire, me voyant en beau chemin de sortir bientost hors des affaires
-que j'ay; m'estant advis que, puisque la dicte Royne d'Angleterre ne
-crainct point, sous main, d'ayder et favoriser, comme elle a faict
-jusques icy, ceux qui me sont rebelles, il ne seroit que très utille
-d'essayer de luy remuer par dellà ung peu de mesnage, et se servir
-dextrement et à propos de la division qui est aujourdhuy entre ceux de
-son conseil.
-
-A quoy je vous prie de penser, et de ne craindre point de faire des
-promesses bien ardies pour cest effect, faisant tousjours envers
-icelle Royne d'Angleterre bien vive instance pour le faict de la
-restitution de la dicte Royne d'Escosse et de son royaume, laquelle
-vous luy remonstrerés toucher bien avant à l'honneur commung de toutz
-ceux qui, pour luy estre alliez de sy près, et avoir avec elle de sy
-estroictes confédéracions, ne pouvons, sans estre cogneus défaillir
-grandement à nostre debvoir, la laisser plus longuement en l'estat
-qu'elle est pour ce jourdhuy; pendant lequel ses subjects rebelles
-regardent à establir leurs affaires au dict pays d'Escosse, et mêmes
-sont après à se vouloir saysir de Dombertran. A quoy je veux croire de
-sa bonne affection qu'elle voudra ayder la dicte Royne d'Escosse pour
-y remédier, et luy donner moyen de pourvoir la dicte ville de vivres
-et d'hommes, ainsy qu'il est très requis, et que, de ma part, je me
-dellibère de le faire, sellon que j'y suis raisonnablement tenu et
-obligé à ce que ses dictz subjectz rebelles ne s'en puissent emparer,
-ainsy qu'ilz sont pour le pouvoir faire, n'y estant pourveu
-promptement. Car ce seroit chose trop dure et indigne de nous, pendant
-que l'on tient la dicte Royne d'Escosse en quelque espérance de la
-restituer en son dict royaume, de laisser perdre une telle forteresse
-qui luy seroit bien mal aysé de recouvrer, puis après, par faulte de
-luy donner secours. A quoy, si elle estoit en sa pleyne liberté, elle
-regarderoit d'y pourvoir elle mesme.
-
-Ce sont les choses que je vous ay voulu proposer de la déclaracion de
-mon intention; pour l'exécution de laquelle vous regarderez, sellon
-vostre dextérité et prudance accoustumée, de dresser sy bien vostre
-négociation que je soys servy en cest endroit sellon que je le desire,
-communicquant avec les susdictz le plus famillièrement qu'il vous sera
-possible, et leur faisant toutz les honnestes acceuils et trêtements
-que vous pourrez, pour les attirer à vous et les disposer à ma
-dévotion, pour servyr à remuer les affaires de la dicte Royne
-d'Angleterre; qui est le plus grand moyen que je puisse avoir, comme
-je pense, de la divertir d'entendre à favoriser mes rebelles, et ung
-service le plus notable que vous me sauriez faire par dellà.
-
-Ung des secrétaires de la dicte Royne d'Escosse doibt bientost s'en
-aller trouver sa Mestresse, par lequel je luy manderay de mes
-nouvelles, et luy feray entendre combien je desire le susdict mariage
-s'effectuer, ainsi que vous luy fairés aussi sçavoir de ma part, afin
-que d'autant plus volontiers elle y entende; vous voulant, au reste,
-bien faire souvenir de vous monstrer bien advisé à manier ceste
-négociation, et de n'y rien faire, en ce, que avec ung grand jugement
-des personnes à qui vous aurez affaire, pour vous en déscouvrir à eulx
-autant que, avec raison, vous en aurez de confidance].
-
-Despuis mon autre lettre escripte, les ennemys ont esté, quelques
-jours, vis à vis de mon armée, qui estoit campée à la Selle. Et, après
-avoir faict contenance d'avoir envye de combattre ma dicte armée,
-combien que, pour cest effect, ils n'ayent jamais ozé approcher du
-lieu, là où elle estoit campée, jaçoit qu'elle ne fust beaucoup forte
-de gens de cheval françoys, à la fin se sont retirés, de nuit, sans
-sonner tabourin ny trompette, faisant grande journée; ayant été suivys
-de ma dicte armée qui se retrouve ez quartiers de Montebelair, à une
-demye lieue près d'eux, sans ruysseau ny rivière; dont je ne puis
-espérer autre chose sinon qu'ils viennent bientôt à une bataille.
-
-Du costé de Béarn, vous avez entendu cy devant comme les sieurs de
-Terride et Ste Columbe, s'estant retirez du siège de Navarrin, ont
-esté surprins dedans la ville d'Orthays, où ils ont esté prins
-prisonniers par Montgommery avec quelque peu de leurs gens, s'estant
-sauvé le reste. Il est vray que, despuys, mon cousin le mareschal
-Dampville, qui avoit des forces en Languedoc, et le Sr de Montluc se
-sont joinctz ensemble, en espérance de rompre et deffaire le dict
-Montgommery, ce qu'ils pourront faire, estant fortz comme ils sont.
-Sur ce, etc.
-
-Au Plessis lez Tours, le XXe jour de septembre 1569.
-
- CHARLES. BRULART.
-
-
-
-
-XXIV
-
-LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XXIe jour de septembre 1569.--
-
- Assurance que le duc et le cardinal de Lorraine donnent leur
- consentement au mariage de Marie Stuart avec le duc de
- Norfolk.--Nécessité d'empêcher la reine d'Écosse d'accepter les
- propositions du duc d'Albe pour son mariage avec don Juan.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, je n'ay à vous faire responce à la
-dépesche, que nous a aportée Sabran, que sur la lettre que m'avez
-escripte de vostre main, par laquelle j'ay veu l'advancement que vous
-avez donné au mariage, dont je vous ay par mes précedantes escript;
-lequel je desire grandement s'exécuter, et que, pour ce faire, vous
-n'espargniez poinct le nom du Roy, Monsieur mon fils, et le mien, mais
-plustost donniez toute asseurance que nous ne deffaudrons en rien au
-duc de Norfolc en tout ce que nous pourrons l'ayder et favoriser pour
-y parvenir, et ferons, si besoing est, que mon fils le duc de Lorraine
-et mon cousin le cardinal de Lorraine y presteront leur consentement;
-vous voulant bien dire que, m'ayant mis, mon dict cousin le cardinal
-de Lorraine, sur ce propos de la Royne d'Escosse, il m'a dict que ung
-des secrétaires de la dicte Royne d'Escosse, venant de Flandres, lui
-avoit dict que le duc d'Alve lui avoit envoyé dix mil escuz, ce qui se
-conforme à ce que m'en avez mandé, et luy faisoit promesse, si elle
-vouloit entendre au mariage du bastard, de la secourir de vingt mil
-hommes qu'il envoyeroit en Escosse, dont y en auroit cinq mil
-espaignolz. En quoy l'on veoit bien que le dict duc d'Alve veult
-essayer de rompre les choses, qu'il a peut estre entendu estre si
-avancées, avec le dict duc de Norfolc; combien que l'on puisse bien
-s'asseurer que, quant il seroit pris au mot du secours qu'il offre
-ainsy, qu'il n'y satisferoit pas.
-
-Partant je vous prie de regarder, de vostre costé, d'achever de
-conduire à bonne fin ce qui est bien commancé pour le regard du dict
-duc de Norfolc, et qu'il n'y soit point donné de traverse. Mon dict
-cousin le cardinal de Lorraine a le dict mariage grandement agréable
-et ne desire rien plus, ainsy qu'il m'a faict entendre, que de le
-veoir effectué; vous priant, encores ung coup, de mettre, s'il est
-possible, à exécucion l'intention du Roy, Monsieur mon filz, tant en
-cest endroict que en tout le reste qu'il vous mande par la seconde
-lettre[25] faisant cognoistre vostre prudence et dextérité en ceste
-négociation. Sur ce, etc.
-
-Escript à Marmoutier le XXIe jour de septembre 1569.
-
- CATERINE. BRULART.
-
- [25] La lettre précédente, du 20 septembre.
-
-
-
-
-XXV
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XXXe jour de septembre 1569.--
-
- Satisfaction du roi des réponses d'Élisabeth aux communications
- qui lui ont été faites.--Refus de consentir à la restriction du
- commerce avec les Pays-Bas.--Recommandation en faveur de Marie
- Stuart.--Nouvelles assurances qu'il ne se fait pas de levée en
- Allemagne.--Envoi d'un secours d'hommes et d'argent à
- Dumbarton.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay receu voz deux dépesches des XIVe
-et XIXe de ce moys[26]; par la première desquelles j'ay entendu les
-propos que vous a tenuz la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, sur la
-nouvelle que je luy ay départye de mon mariage, de quoy elle fait
-démonstration de recepvoir quelque plaisir et contantement, dont je
-suis bien ayse, semblablement aussy de la promesse qu'elle vous a
-faicte que aucuns de ses subjectz ne secoureroient, en façon du monde,
-ceux de la Rochelle de pouldres, armes ny de monitions; à quoy vous
-aurez l'oeil ouvert qu'il soit satisfaict et à toutes autres choses
-convenables à nostre commune amitié, sans en laisser passer une seule
-qui y contrevienne que vous n'en faictes instance.
-
- [26] Voyez LVIIIe et LIXe dép., tom. II, pag. 229 et 237.
-
-Quant à la restriction du trafiq des Pays Bas, c'est chose à quoy, si
-elle vous en reparle, je desire que vous luy faictes entendre que je
-ne le puis honnestement consentir pour estre contre les traictez, me
-semblant que ma dicte bonne soeur n'en doibt faire aucune instance,
-estant les différants, d'entre elle et le duc d'Alve, sur le point
-d'estre accordez; et que, si elle se vouloit arrester là dessus, cela
-fairoit cognoistre qu'elle auroit plustost envye de nourrir les dictz
-différantz que de les accommoder.
-
-Pour le regard de la Royne d'Écosse, je vois bien que ma dicte bonne
-soeur continue toutjours à tenir la conclusion de ses affaires en
-longueur, mais vous la solliciterez ordinairement d'y prendre quelque
-résolution, ainsy mesmes que je le vous ai escript par celle que
-Sabran vous a portée; vous voulant bien dire qu'il y a quatre jours
-que j'ay parlé à l'ambassadeur de ma dicte soeur et luy fiz entendre
-comme il estoit bien convenable, pour la proximité d'alliance dont
-elle nous atouchoit, de l'ayder en toutz ses affaires, ce que je
-desirois qu'il le fist entendre à sa Maistresse afin que toutz deux y
-meissions ensemble la bonne main, à ce coup, à bon escient, n'ayant
-pas estimé d'encor passer plus avant. Sur quoy le dict ambassadeur m'a
-respondu que telle estoit la volunté de sa dicte Maistresse, l'ayant
-bien faict cognoistre par ce qu'elle avoit faict pour la dicte Royne
-d'Escosse, en escripvant au comte de Mora, duquel elle ne s'est
-contantée de la responce qu'il luy avoit faicte là dessus, qui est
-tout ce que j'ai eu de responce du dict ambassadeur.
-
-N'ayant autre chose à vous dire sur la dicte lestre du dict XIIIIe,
-qui me fera venir à celles du XIXe, par laquelle vous me mandez que ma
-dicte bonne soeur continue tousjours d'avoir l'esprit fort tendu à
-faire son proffict des malheurs de mon royaume, envoyant mesmes pour
-cest effect de grandz deniers en Allemaigne, où, sy elle veult remuer
-quelque chose qui soit à mon préjudice, j'estime que ce ne pourra
-estre pour ceste année, ayant une grande conformité d'adviz qu'il ne
-s'y fait aucunes levées; ne me restant, pour ceste heure, autre chose
-pour estendre la présente que je finiray en priant Dieu, etc.
-
-Escript au Plessis lès Tours, ce dernier jour de septembre 1569.
-
- CHARLES. BRULART.
-
-Il a esté pourveu, pour le regard de Dombertrand, où l'on envoye
-jusques à dix mille livres de vivres, et deux cents hommes de pied,
-harquebusiers.
-
-
-
-
-XXVI
-
-LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XXXe jour de septembre 1569.--
-
- Confiance dans la prudence de l'ambassadeur pour traiter les
- négociations secrètes dont la direction lui a été
- remise.--Bonnes dispositions de l'armée catholique à livrer
- bataille.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, nous avons bien particulièrement
-entendu, par vos deux dernières despesches, des XIIIIe et XIXe de ce
-moys, l'estat auquel sont les choses de par dellà, les propos que vous
-a tenuz la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, sur la nouvelle que le
-Roy, Monsieur mon filz, luy a donnée des mariages de luy et de ma
-fille, et aussy sur le faict de la Royne d'Escosse, contre laquelle
-elle se monstre, de jour en jour, plus offencée, ainsy mesme que le
-tesmoingne la lestre que m'avez escripte de vostre main, desirant le
-Roy, Mon dict Sieur et fils, que vous regarderez à traicter dextrement
-ce qu'il vous a mandé par celle que Sabran vous a portée[27]; dont
-vous sçaurez bien juger si l'occasion ne s'en présente pas à propos.
-
- [27] La lettre ci-dessus no XXIII, du 20 septembre 1569, pag. 53.
-
-Quant à l'estat de nos affaires, il est tel que nostre armée estant
-aujourdhuy renforcée d'ung bon nombre de chevaux françoys, que mon
-frère a attendu au séjour qu'il a fait à Chinon, il est après à suivre
-nos ennemys, qui sont au dedans de leur conqueste, pour les attirer au
-combat; dont, dedans peu de jours, il se sçaura certainement ce qui
-s'en devra espérer, estant la dicte armée aussy belle et en la plus
-grande dellibération de bien faire qu'il se peut dire; priant Dieu,
-etc.
-
-Escript au Plessis lez Tours, le dernier jour de septembre 1569.
-
- CATERINE. BRULART.
-
-
-
-
-XXVII
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du IVe jour d'octobre 1569.--
-
- Première nouvelle de la victoire remportée à
- Moncontour.--Blessure du duc de Guise.--Confiance que cette
- victoire arrêtera les projets des princes
- protestans.--Assurance que les Anglais recevront toute
- protection en France pour leur commerce.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, vous avez entendu par ma dernière en
-quel estat estoient les choses, entre mon armée et celle de mes
-ennemys, et l'espérance où j'estois que bientost mon frère, le Duc
-d'Anjou, les contraindroit de combattre; à quoy il a si bien travaillé
-que, quelque recullement qu'ils ayent faict, ils feurent hier par luy
-réduictz à telle perplexité qu'il leur a donné la bataille, laquelle
-il a gaignée avec une grande effuzion de sang de mes dictz ennemys. Je
-ne vous puis encore mander les particulliaritez pour ne m'avoir esté
-apportée ceste nouvelle que par ung courrier, que Villeroy m'a
-despesché, qui a laissé mon dict frère qui suivoit la victoire, et par
-un gentilhomme de mon cousin, le duc de Guyse, qui s'est trouvé à la
-dicte bataille, et ne demeura pas comme les autres à suivre la dicte
-victoire, à cause qu'il fallust qu'il aydast à ramener à Chinon mon
-dict cousin le duc de Guyse, qui a esté blessé d'une harquebusade
-dessus le pied, qui n'est pas grande chose. Vous fairés part de ceste
-bonne nouvelle à la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, laquelle en
-recepvra plaisir et contantement pour l'amour et affection qu'elle
-porte au bien de mes affaires.
-
-J'ay receu vostre despesche, du XXIIIe du passé[28], par laquelle j'ay
-veu ce que me mandez de quelle part a esté receue, de par delà, la
-nouvelle de la levée du siège de Poitiers, le retour de Quillegrey
-d'Allemaigne, ce que l'on dit qu'il a rapporté, dont le temps fera
-rabattre quelque chose; espérant bien que Dieu, monstrant son juste
-jugement sur mes rebelles par l'heureuse victoire qu'il m'a donnée,
-faira aussy penser toutz les autres princes à ne rien faire, par cy
-après, qui soit pour les favoriser.
-
- [28] Voyez LXe dép., tom. II, pag. 243.
-
-Au demeurant, je trouve fort bon que vous baillez toutes les lettres
-de recommandation, dont vous serez requis, aux angloix qui voudront
-venir trafficquer en ce royaume, qui y seront tousjours bien receuz et
-recueilliz; estant tout ce que j'ay à vous dire et l'endroict auquel
-je prye Dieu, etc.
-
-Escript au Plessis lez Tours, le IIIIe jour d'octobre 1569.
-
- CHARLES. BRULART.
-
-
-
-
-XXVIII
-
-LE ROY A Mr DE LA MAILLERAYE.
-
---du IVe jour d'octobre 1569.--
-
- Détails sur la bataille de Moncontour.--Ordre de faire des
- réjouissances publiques en Normandie pour célébrer la victoire.
-
-
-Monsieur de La Mailleraye, ayant pleu à Dieu tant prospérer mes
-affaires qu'il m'ait donné victoire de mes rebelles en la bataille qui
-leur fust hier donnée par mon frère, le Duc d'Anjou, je vous en ay
-incontinant voulu advertir et vous dire, quant et quant, que mes dicts
-rebelles ont bien perdu en la dicte bataille de dix à douze mil
-hommes qui sont demeurez morts dessus la place, sans que, du costé de
-mon armée, il se soit faict perte que de bien peu d'hommes, et de sy
-petit nombre qu'il est quasy incroyable, n'estant mort des gens
-signalez que le marquis de Bade, et les deux Ringraves bien peu
-blessés; mon cousin le duc de Guyse a esté aussy blessé à ung pied
-d'ung coup d'arquebuse, mais c'est peu de chose. Du costé des dictz
-rebelles, a esté tué le comte de Mansfelt, chef de leurs reystres;
-l'admiral est blessé d'un coup d'arquebouze au travers du corps, ainsy
-que La Noue, qui est prisonnier, l'a asseuré, et qu'il l'avoit laissé
-sy mal de sa blesseure qu'il ne pensoit point qu'il deust vivre
-encores une demye heure. Qui est ce que j'ay peu encores aprendre des
-particularités de la dicte bataille, que je vous ay voullu incontinant
-faire sçavoir, afin que vous communiquiez ceste bonne nouvelle en mon
-pays de Normandye, en faictes rendre grâces à Dieu et faictes faire
-les feux de joye, tirer l'artillerye et toutes autres récréables
-démonstracions qu'il est bien requis pour ung si heureux succès;
-priant Dieu, etc.
-
-Escript au Plessis lès Tours, le IIIIe jour d'octobre 1569.
-
-J'oubliois à vous dire que les dictz rebelles ont perdu douze pièces
-d'artillerye qui ont esté prinses sur la place.
-
-
-
-
-XXIX
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du VIIe jour d'octobre 1569.--
-
- Envoi de la relation de la bataille de Moncontour.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, je vous envoyé le discours contenant la
-façon que les choses sont passées, tant peu auparavant, que lorsque
-la bataille a esté donnée contre mes rebelles, en laquelle il a pleu à
-Dieu me donner une belle et heureuse victoire, affin qu'en faisant
-part à la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, vous lui discouriez,
-quant et quant, la façon que les choses y sont passées, ne luy ayant
-point despesché de gentilhomme exprès, pour lui porter ceste nouvelle,
-parce que ung chacun est empesché en ceste guerre; tant l'on desire en
-veoir bientost une bonne diffinition, espérant bien que ceste victoire
-me donnera moyen de l'abréger, Dieu aydant, auquel, etc.
-
-Au Plessis lès Tours le VIIe jour d'octobre 1569.
-
- CHARLES. BRULART.
-
- La relation annoncée dans cette lettre ne s'est pas retrouvée
- dans les papiers de l'ambassadeur. Elle a été publiée sous ce
- titre: _Discours de la bataille donnée le 3 octobre 1569,
- proche de Moncontour._ Paris, Dallier, 1569, Orléans, Gibier,
- 1569, in 8º, et Poitiers, 1621, in-12. La pièce suivante a
- précédé cette relation officielle, qui est contre-signée
- Neufville.
-
-
-
-
-XXX
-
-DISCOURS DE LA BATAILLE DE MONCONTOUR.
-
-(_Archives du royaume, fonds de Symancas, carton K. 1395. B.--liasse
-33, pièce 146._)
-
---du VIe jour d'octobre 1569.--
-
- Relation sommaire de la bataille livrée le 3 octobre 1569.
-
-
-Le vendredy, dernier de septembre, troys cornètes des reistres de
-l'admiral furent deffaictes en une escarmouche qui s'ataqua, et disoyt
-on que Mansefale y feust tué.
-
-Le mardy, quatriesme du moys d'octobre, sur les cinq heures de matin,
-arriva, au Plessis lès Tours, Mº de Chely, gentilhomme de la maison de
-Mr de Guise, lequel porta nouvelle au Roy, estant Sa Majesté encores
-au lict, que, le lundy, troisiesme du dict moys, à une heure après
-midy, Monseigneur d'Anjou, frère du Roy, partant de Chinon pour aller
-loger son armée à Mirabeau, trouva, entre Moncontour et St Jehan de
-Saune, l'armée de l'ennemy, délibérée comme luy d'aller prendre le
-dict logis de Mirabeau.
-
-Quoy voyant, le dict Seigneur d'Anjou ayant trouvé son ennemy en lieu
-commode pour le combatre, ce qu'il n'avoyt peu, de longtemps, à cause
-des rivières, et estans les uns et les aultres logés en pareilh
-advantaige dans les pleines de Giroux, entre le dict Montcontour et St
-Jehan, ny voullant le dict Seigneur d'Anjou perdre sy belle commodité,
-et mêmes voyant leur cavallerye esbranlée à la fuitte, chargea à toute
-oultrance, après avoir tiré plusieurs coups de canon dans la batalhe
-de l'ennemy, qui ne feut sans l'endomaiger beaucoup, voullant
-poursuivre l'heur de sa fortune, donna dedans les escadrons de
-l'infanterye de sy grand roydeur qu'il mit en pièces quinze mil ou
-plus, et print prisonnier l'Admiral[29].
-
- [29] Le dict Admiral ne fut poinct prisonnier comme l'on a
- entendu despuis.
-
- (_Note ajoutée sur la pièce._)
-
-De ce que dessus le dict Sr de Chaly en asseura le Roy, suyvant
-l'asseurance duquel Sa Majesté, sautant du lict, rendict grâces à Dieu
-de la victoyre qu'il luy avoyt pleu luy donner; et soubdain, après en
-avoir faict advertir la Majesté de la Royne, Madame sa soeur, et tous
-Messieurs les Princes, Sa Majesté s'en alla, accompaigné de tous les
-susdicts au couvent des bons hommes lez Plécys, où ilz feirent rendre
-grâces à Dieu et chanter le _Te Deum_ par les dicts relligieux du dict
-couvent. Après, Sa Majesté ouyst la messe, sur la fin de laquelle
-arrivèrent les chantres de sa chapelle, ausquelz il feist chanter
-encores le _Te Deum_ en musique. Et soubdainement estans sourtys de
-l'esglise, Mr le cardinal de Guise monta à cheval pour aller veoir Mr
-de Guise, son nepveu, que l'on avoit faict porter à Chinon pour le
-pencer d'une pistollade qu'il avoyt eue sur la joincture du pied,
-ainsi que en faisoyt foy une chause de soye incarnade, que le dict
-Chally apporta à Mr le cardinal, son oncle.
-
-Despuis le dict Chally arrivé, n'y eust aulcunes nouvelles de
-particullier de la dicte batalhe jusqu'à l'heure de vespres, estans
-Leurs Majestez au dict couvent des bons hommes. Et les vespres
-achevées, arriva Mr le comte de Retz, lequel confirma la victoyre
-avoir esté encores plus grande que n'avoyt dict le dict Chally; car il
-asseura Leurs Majestez y estre demeurez quinze mil hommes
-d'infanterye, de la part de l'ennemy, et unze pièces d'artillerye,
-tant cannons, collouvrines que pièces de campaigne, oultre plus troys
-mil charriotz des reistres, la pluspart désatellés; et bien encores
-huict ou neuf cens chevaulx, tant reistres que françois.
-
-Plus, a asseuré le dict Sr conte de Retz à Leurs Majestez que Harn
-Mansefale, qui avoyt esté érigé à la charge du duc de Deux Pontz, pour
-collonel des reistres, avoyt esté tué, et aussi le marquis de Bade,
-qui avoyt ung régiment de troys mil reistres pour le Roy avoyt esté
-tué; et Monsieur, frère du roy, porté par terre, mais soubdainement
-rellevé par Mr l'admiral de Villars; Mr le marquis de Mayne porté par
-terre et soubdainement rellevé des siens sans aulcung mal; le jeune
-ringrave blessé d'une arquebuzade; et plus n'a dict le dict sieur
-conte estre demeuré des chiefz, cappitaines et seigneurs signallés,
-mais qu'il avoyt laissé Mon dict Seigneur d'Anjou à deux grandz lieues
-par dellà où le grand choc avoyt esté donné, poursuyvant le reste de
-l'ennemy qui s'estoit escartté en desroutte.
-
-Plus a dict le dict sieur conte avoir entendu de La Noue, qui a esté
-encores reprins prisonnier, qu'il avoyt veu porter l'Admiral à quatre
-hommes, blessé à mort, d'une arquebuzade à travers le corps, qui a
-esté cause de radoubler la joye de Leurs dictes Majestez et à tous les
-princes et seigneurs de la cour; lesquelz, lendemain mercredy,
-cinquiesme, feyrent une fort belle procession généralle despuis St
-Germain jusqu'à St Martin de Tours, pendant laquelle le gentilhomme
-qui a donné l'advis de ce dessus se partist du dict Tours, le
-cinquiesme de ce dict moys.
-
-
-
-
-XXXI
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du premier jour de novembre 1569.--
-
- Mise en arrêt du duc de Norfolk.--Protection assurée à Marie
- Stuart.--Secret qui doit être gardé sur les communications du
- roi à cet égard.--Nouvelles de la guerre.--Prise de Lusignan et
- de Saintes.--Siège de Saint-Jean-d'Angely.--Efforts que
- l'ambassadeur doit faire pour jeter la dissension parmi les
- seigneurs d'Angleterre.--Plaintes au sujet d'un paquet volé à
- l'ambassadeur.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay esté grandement satisfaict d'avoir
-entendu si particulièrement par vos lettres des IIIe, VIIe, VIIIe et
-XIIIe du passé[30] et par le double de celles de la Royne
-d'Escosse[31], ma belle soeur, l'estat de ses affaires, et celles du
-lieu où vous estes. Et ne me sçauriés faire plus grand plaisir que de
-mettre peine d'entendre bien au long ce qui surviendra cy après, pour
-m'en donner advis, d'autant que c'est chose qui importe grandement
-pour mon service au temps où nous sommes, mesmement à ce qui touche
-les affères [du duc de Norfolc et autres qui ont esté arrestés; de
-l'yssue et succès duquel arrest je seray bien ayse d'entendre ce que
-vous en espérés et le jugement que vous en faictes.
-
-
- [30] Voyez LXIIe, LXIIIe, LXIVe et LXVe dép., tom. II, pag. 255,
- 259, 266 et 277.
-
- [31] Lettre du 25 septembre 1569, jointe à la LXIIIe dép., tom.
- II, pag. 263.
-
-J'ay aussy entendu par vos dictes lettres comme, jusqu'au jour de la
-dacte d'icelles, les propos, que vous avez mis en avant touchant le
-mariage de la Royne d'Escosse avec le duc de Norfolc, avoient esté
-tenus comme venant de vous seulement, et non de moy, ce que j'ay
-trouvé bon; et que par cy après vous favorisiés cest affaire, et tout
-ce qui touchera la dicte Royne, en tout ce qui vous sera possible,
-pour le desir que j'ay de la voyr hors de la peine où elle est, et
-qu'elle soit remise en son royaume avec l'authorité et commandement
-sur ses subjects qu'il luy appartient; mais il faut que ce soit si
-dextrement et secrettement qu'on ne puisse descouvrir ny entendre que
-cela vienne de moy, ce que je m'asseure que vous sçaurés si sagement
-conduire, selon mon intention et volonté, qu'il n'en sera rien cogneu;
-vous asseurant que je ne manquerai, à la première commodité, et
-audience que je donnerai à l'ambassadeur d'Angleterre, de luy faire
-bien entendre le desplaisir que j'ay du mauvais traictement que reçoit
-la dicte Dame, par delà, de la dicte Royne d'Angleterre et de ses
-ministres; et pareillement de la vollerie de mon pacquet, duquel je
-vous prie faire toute l'instance que vous pourrés afin de vous le
-faire rendre.]
-
-Au reste, vous entendrés par le sieur de La Croix, que je vous
-renvoye, comme les ville et chasteau de Lusignan ont esté remis et
-réduicts à mon obéissance par composition, où il a esté trouvé grand
-nombre de piques et autres armes, avec vingt quatre pièces de grosse
-artillerie, entre lesquelles y a sept ou huit canons et plusieurs
-coullouvrines; et y en a, entre autres, une pièce de celles qui ont
-esté envoyées d'Angleterre aux rebelles. La ville de Xainctes est
-aussi réduicte en mon obéissance. Et espère, dans peu de jours, loger
-avec mon armée dedans St Jean d'Angely que je tiens assiégé.
-
-Et pour ce que vous entendrés plus au long les particularités par le
-dict La Croix, me remettant sur ce qu'il vous en dira, je ferai fin à
-la présente, etc.
-
-Escript au camp devant St Jean d'Angely, le premier jour de novembre
-1569.
-
-
- [Faictes tout ce que vous pourrés sur ceste occasion qui se
- présente, du duc de Norfolc et autres qui sont prisonniers, pour
- les mettre en discention et en trouble entre eux, afin de
- brouiller leurs affaires le plus qu'il sera possible, pour, par
- ce moyen, les empescher de plus secourir.]
-
-Depuis la présente escripte, j'ay vue vos lettres[32] du XVIIIe, et
-m'avez faict grand plaisir de me mander si particulièrement tout ce
-qui est passé par delà depuis vos précédantes. Et pour ce que
-l'ambassadeur d'Angleterre n'est icy près de moy, je luy ay escript ce
-que vous verrés par le double de la lettre[33] que je vous envoye, me
-plaignant tant de ce que vostre paquet a esté vollé que du mauvais
-traittement que la Royne, sa Mestresse, et ses ministres font à la
-Royne d'Escosse, ma belle soeur, afin qu'il en escrivît par delà et
-fît entendre le malcontentement que j'en ay, dont je vous ay bien
-voullu advertir.
-
-Ce 1er jour de novembre 1569.
-
- CHARLES. FIZES.
-
- [32] Voyez LXVIe dép., tom. II, pag. 284.
-
- [33] Cette lettre manque.
-
-
-
-
-XXXII
-
-LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du premier jour de novembre 1569.--
-
- Instruction sur la conduite à tenir à l'égard de Marie
- Stuart.--Nouvelle recommandation de favoriser son mariage avec
- le duc de Norfolk, et de traiter cette négociation avec le plus
- grand secret.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, le Roy, Monsieur mon fils, et moy sommes
-grandement satisfaictz du bon debvoir et de la dilligence dont vous
-uzés à nous rendre compte, sy au long et par le menu, de l'estat des
-affaires de la Royne d'Escosse, ma belle filhe, et de celles du lieu
-où vous êtes. Sur quoy le dict Seigneur vous faict sy ample response,
-et sy au long entendre sa volonté, et de ce qu'il desire que vous
-faictes, tant pour la liberté que le bon trètement de ma dicte belle
-filhe, qu'il n'est jà besoing que je vous en dise aucune chose; mais
-je vous prie vous employer en sorte pour la dicte Dame qu'elle
-cognoisse par effect le fruict de vostre aide, et le desir que nous
-avons de la favoriser en ce qu'il nous sera possible.
-
- [Et quant au mariage d'elle et du duc de Norfolc, nous avons
- trouvé bon ce que vous en avez faict jusques icy, et que cy après
- vous favorisiez à cest affaire, en tout ce que vous pourrez; mais
- il faut que ce soit avec dextérité et sy secrètement que la Royne
- d'Angleterre et ses ministres n'en puissent rien cognoistre.]
-
-Le Sr de La Croix vous fera entendre la réduction des ville et
-chasteau de Luzignan et de Xaintes en l'obéissance du Roy, Mon dict
-Sieur et fils, et l'espérance que nous avons d'y recepvoir bientost
-Saint Jean d'Angely, qui me gardera vous en faire autre discours, ny
-la présente plus longue, etc.
-
-Escript au camp devant Saint Jean d'Angely, ce premier jour de
-novembre 1569.
-
- CATERINE. FIZES.
-
-
-
-
-XXXIII
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XIXe jour de novembre 1569.--
-
- Dispositions prises pour secourir Dumbarton.--Négociation du
- mariage de Marie Stuart avec le duc de Norfolk.--Désir du roi
- de conclure la paix.--Approbation des articles proposés pour
- régler le commerce avec l'Angleterre.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay receu les lettres que m'avez
-escriptes, du XIIIe du passé[34], par le Sr Thomas Flemy; et, suivant
-le conteneu en icelles, et ce qu'il m'a faict entendre de la nécessité
-en laquelle estoit réduit le chasteau de Dombertrand, j'ay donné tel
-ordre et pourveu de façon à le faire secourir de ce que l'on m'a dict
-y estre nécessaire, que j'espère qu'il ne sera point pris et demeurera
-en l'obéyssance de la Royne d'Escosse, ma belle soeur; et despuys, par
-la voye de la poste, celles du XXIIIIe et par le Sr de Vassal, que
-vous avez dépesché devers moy, celles du XXVIIIe du dict moys[35], et
-entendu de luy bien particulièrement ce que luy aviez donné charge me
-dire de vostre part, et principallement sur les propos qui ont esté
-tenuz entre la Royne d'Angleterre et vous, à l'audiance du vingt
-ungniesme, sur le faict de la Royne d'Escoce et du duc de Norfolc,
-ayant trouvé très bon et fort à propos les responces et répliques que
-vous luy avez faictes, et mesmement sur la résolution que desiriez
-tirer d'elle, du secours et assistance qu'elle disoit entendre faire à
-la dicte Royne, ma belle soeur, pour la remètre en son estat.
-
- [34] Voyez LXVe dép., tom. II, pag. 277.
-
- [35] Voyez LXVIIe et LXVIIIe dép., tom. II, pag. 288 et 295.
-
-Et surtout j'ay esté grandement satisfaict d'avoir entendu sy
-particulièrement, par vostre mémoire en chiffre[36], tant de l'estat
-de toutes les affaires de dellà que de celles de la Royne d'Escosse,
-et ce qui s'est passé pour le faict du mariage d'elle avec le duc de
-Norfolc, que pour le regard des discours qui ont esté tenuz entre
-l'évêque de Roz et le secrétaire Cecille touchant le mariage du dict
-duc avec la soeur de sa femme. Sur quoy il faudra, suivant ce que je
-vous ay mandé par ma dernière despesche, que vous favorisiez ce
-mariage et y teniez la main en tout ce que vous pourrez, selon ce que
-le dict évesque de Roz et vous adviserez ensemble; et de vostre part
-favoriser tousjours le party des Catholiques, et aussy, s'il est
-possible, de mettre dissention et discordes ez seigneurs de dellà, les
-uns contre les autres, affin de rompre et dyvertir les desseins de
-ceux qui, soubz main, vont aydant et favorisant mes subjectz rebelles,
-et par ce moyen leur oster l'occasion de les secourir en façon que ce
-soit, d'autant que cela estant bien conduict et manié, comme je
-m'asseure que vous sçaurez très bien faire, ne peut apporter que une
-grande commodité à mes affaires; et que le tout soit conduict sy
-dextrement et secrètement qu'il puisse réuscir selon mon intention et
-volonté, sans que l'on en cognoisse ny descouvre aucune chose.
-
- [36] Voyez le Mémoire général joint à la LXVIIIe dép., tom. II,
- pag. 299.
-
-Et quant aux propos que la dicte Royne d'Angleterre vous a tenuz:
-qu'elle desireroit que les troubles de mon royaume cessassent par ung
-bon accord, et qu'elle s'employeroit volontiers pour ayder à les
-pacifier, vous luy pourrez dire, de ma part, que je ne refuzeray point
-(comme je n'ay point faict jusques icy) de recevoir mes subjectz qui
-se vouldroient recognoistre et remectre en mon obéyssance, gardant mon
-autorité et ce qui m'appartient, comme estant Roy souverain et leur
-prince naturel: ayant trouvé bon ce que vous avez présenté à la dicte
-Dame pour le regard de la restriction du traffiq et commerce des
-Françoys de Flandres en Angleterre, et du dict pays en Flandres, ainsy
-que j'ay veu parla coppie du mémoire[37] que m'avez envoyé; ensemble
-de l'arrivée du Sr Chapin Vitel et du bon recueil qui luy a esté faict
-par icelle Dame. Sur quoy je vous prie de prendre bien et
-soigneusement garde, et m'avertir, le plus souvant que pourrez, de
-tout ce qui se passera par delà, ainsy que vous avez accoustumé de
-faire jusques icy, et comme j'ay donné charge au dict Vassal, présent
-porteur, que je vous renvoye, de vous dire de ma part avec d'autres
-particuliarités; qui me gardera, m'en remettant sur luy et sur la
-fiance que j'ay de l'affection que vous avez à mon service et au bien
-de mes affaires, que je ne vous fairay plus longue lettre, etc.
-
-Escript au camp de Tonny Boutonne le XIXe jour de novembre 1569.
-
- [37] Voyez le Mémoire joint à la LXVIIIe dép., tom. II, pag. 305.
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, ainsy que le Sr de Vassal estoit prest à
-partir, et la dépesche cloze et fermée, j'ai receu vostre paquet du
-premier jour de ce moys[38], dont je vous ay bien voullu advertir, et
-comme j'ay veu tout le contenu en voz lettres. Sur quoy vous estant
-amplement répondu par la présente, et qu'il n'y a chose par la vostre
-qu'il faille que je vous fasse autres responces, je ne vous en
-escripray autre chose sinon pour vous dire le contantement que je
-reçoys d'entendre si souvant des nouvelles de dellà, et ne me sçauriez
-faire plus grand plaisir que de m'en advertir à toutes les occasions
-qui se présenteront, vous priant aussy de tenir tousjours l'oeil à
-tout ce que vous cognoistrez concerner mon service et le bien de mes
-affaires, ainsy que je vous escriptz cy dessus.
-
-Ce XIXe jour de novembre 1569.
-
- CHARLES. FIZES.
-
- [38] Voyez LXIXe dép., tom. II, pag. 308.
-
-
-
-
-XXXIV
-
-LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du VIe jour de janvier 1570.--
-
- État de la négociation de la paix en France.
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, vous verrés par les lettres que le Roy,
-Monsieur mon fils, vous escript[39], en quel estat nous sommes, à
-présant, pour le faict de la pacification des troubles de ce royaume,
-et la responce qui a esté faicte sur ce que les députés de la Royne de
-Navarre, des Princes de Navarre, de Condé, et Admiral, ont proposé et
-demandé, qui me gardera, m'en remettant sur le contenu en icelles, de
-vous en mander aucune chose en particulier, en la présante, sinon de
-vous advertir de la réception de vostre lettre du XXIe du passé[40],
-et veu tout ce qui est par vostre despesche du dict jour, à laquelle
-il vous sera bientost fait responce.
-
- [39] Cette lettre manque.
-
- [40] Voyez LXXIXe dép., tom. II, pag. 403.
-
-Cependant je vous prie de continuer à nous advertir de toutes les
-occurances de delà, comme vous avés très bien faict jusques icy;
-priant, etc.
-
-A Angers, le VIe jour de janvier 1570.
-
- CATERINE. FIZES.
-
-
-
-
-XXXV
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
-(_Lettre ostensible._)
-
---du XIVe jour de janvier 1570.--
-
- Espérance qu'Élisabeth, instruite par la révolte du nord,
- refusera de secourir les protestans de France.--Satisfaction du
- roi de ce que cette rébellion est apaisée.--Négociation de la
- paix en France.--Dispositions prises pour continuer la guerre.
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay receu trois despesches de vous,
-assez près l'une de l'autre, des XVIIe, XXIe et XXVIIe du passé[41],
-par toutes lesquelles, ensemble les mémoires que a apportés Vassal,
-j'ay esté bien aise d'entendre, si particullièrement que me le
-discourés, comme toutes choses se passent, jour par jour, au delà; les
-changements qui s'y présentent ordinairement, et mesme d'avoir veu,
-par celle du XVIIe que, sentant maintenant la Royne d'Angleterre, ma
-bonne soeur, par elle mesme, le mal qui provient d'une rébellion de
-subjects, elle vous ait tenu un si honneste langage qu'elle a fait,
-avec démonstration de ne voulloir favoriser, en sorte du monde, mes
-subjects rebelles. A quoy je m'asseure que vous incisterés tousjours
-le plus soigneusement que vous pourrés, ainsi que vous avés faict
-jusques ici très dignement par vos sages et prudentes remonstrances,
-mesmes en la dernière instance, que vous luy avés faicte, de ne
-souffrir qu'il ne soit baillé aucuns bleds, argent ou poudres à ceux
-de la Rochelle, qui ont esté, puis naguières, envoyés en Angleterre
-pour cest effaict; qui est bien le plus digne service que vous me
-sçauriés faire pour le grand besoin que j'entends qu'ils ont de toutes
-ces choses là.
-
- [41] Voyez LXXVIIIe, LXXIXe et LXXXe dép., tom. II, pag. 392, 403
- et 410.
-
-Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fénélon, touchant les mouvements du
-North, vous entendrés, à l'arrivée du Sr de Montlouet, qui sera
-bientost par delà, les offices que j'entends que vous faictes pour ce
-regard envers ma dicte bonne soeur et aultres; à quoy je me remétray.
-
-Et vous prierai au surplus que, comme vous m'avés adverti avec grand
-soin et dilligence de toutes choses qui se sont, jusques icy,
-présentées de par delà, vous m'en donniez ordinairement advis, ayant
-esté bien aise d'entendre ce que vous me mandés, par vostre dernière
-lettre du XXVIIe, de la rupture de ceux qui s'étoient eslevés contre
-ma dicte bonne soeur. Dont je n'ay jamais espéré aultre chose, estant
-un juste jugement de Dieu, qui ne veut point que les subjects d'un
-prince s'eslèvent en armes contre luy pour quelque occasion que ce
-soit; et desire que vous alliés trouver ma dicte bonne soeur pour vous
-en conjouir avec elle, de ma part, de cest heureux succès; duquel vous
-l'asseurerés que je reçois tout plaisir et contentement, ainsi qu'il
-est convenable à nostre commune amitié; laquelle me faira tousjours
-desirer de voir son royaulme paisible et pacifique, espérant que ces
-petits mouvements, survenus en son royaulme, l'induiront de plus en
-plus à faire tous bons offices en mon endroict pour le regard des
-troubles qui sont en mon royaulme, et à ne se laisser vaincre des
-persuasions de ceux qui la peuvent solliciter de favoriser mes
-rebelles, contre la foy et promesses qu'elle a faictes, en suivant les
-traités de paix.
-
-Je suis, tous les jours, attandant l'arrivée des depputés qui doibvent
-venir de la Rochelle pour la pacification des présents troubles; et de
-ce qui en réhussira, vous en serés tousjours adverti des premiers,
-m'estant advisé de faire quelque bon séjour en ceste ville pour
-prendre résollution, tant sur ce faict que plusieurs aultres affaires.
-Cependant mon cousin, le prince Dauphin, avec les forces que je luy ay
-baillés, aprochera toujours de mes ennemis qui sont vers Montauban,
-pour n'oublier rien de ce qui sera à faire, durant que les choses
-seront en estat d'hostilité. Sur ce, etc.
-
-Escript à Angers, le XIVe jour de janvier 1570.
-
- CHARLES. BRULART.
-
-
-
-
-XXXVI
-
-LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
-(_Lettre secrète._)
-
---du XIVe jour de janvier 1570.--
-
- Injonction faite à l'ambassadeur d'assister les révoltés du nord,
- et de leur promettre des secours d'argent, si la rébellion peut
- tenir encore.
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, vos dernières despesches des XVIIe, XXIe
-et XXVIIe du passé, avec les mémoires que Vassal a aporté, sont si
-amples, et nous ont si clairement représenté l'estat des choses de par
-delà qu'il ne se peut rien desirer davantage; et le Roy, Monsieur mon
-fils, a une très grande satisfaction du bon debvoir dont vous usés en
-cest endroit, desirant, pour le mouvement du North, si les choses sont
-encore en quelque estat, que vous confortiez tousjours les chefs
-d'iceulx, le plus que vous pourrés, et leur donniés espérance de
-recevoir de luy toute l'ayde et faveur qu'il sera possible, selon que
-plus amplement vous entendrés par le Sr de Montlouet, et mesme le
-secours d'argent que l'on leur peut faire de par deçà; ayant semblé
-que, où les comtes seroient rompus et deffaictz, selon ce que m'en
-mandés par vostre dernière lettre du XXVIIe, et que ceste nouvelle
-vient d'être confirmée de deux aultres endroicts, il sera fort à
-propos que vous alliez voir ma bonne soeur, la Royne d'Angleterre, sur
-ceste occasion, et luy user du langage que vous escript le Roy, Mon
-dict Sieur et fils. Si les choses continuent aussy au mouvement
-qu'elles étoient par vos précédentes, vous ensuivrés ce que le Sr de
-Montlouet vous faira sçavoir de l'intention du Roy, mon dict Sieur et
-fils, ayant advisé de vous faire ceste despesche par la voye de la
-poste, en attendant que, sur plus grande occasion, l'on vous puisse
-despescher Vassal. Et sur ce, etc.
-
-Escript à Angers le XIVe jour de janvier 1570.
-
- CATERINE BRULART.
-
-
-
-
-XXXVII
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XXIe jour de janvier 1570.--
-
- État de la négociation de la paix.--Continuation de la guerre par
- l'Amiral et Montgommery.--Entreprise sur Bourges.--Crainte que
- les protestans ne veuillent traîner la pacification en
- longueur.--Position de l'Amiral.--Entreprise sur la Rochelle.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay entendu, par vostre lettre du IVe
-de ce moys[42], l'honneste responce que la Royne d'Angleterre, ma
-bonne soeur, vous a faicte sur les propos que vous luy aviés tenus du
-commencement et ouverture qu'il y avoit de quelque traicté de
-pacification, selon ce que je vous en ay cy devant escript; et suis
-bien aise qu'elle ait faict démonstration d'estre bien joyeuse d'une
-telle nouvelle, comme je luy suys, de mon costé, de l'appaisement des
-mouvements du North, en quoy elle a esté grandement heureuse; et
-desire que, ainsi, par la conclusion de son propos, quand au faict des
-troubles, elle donne à cognoistre qu'il ne peut y avoir aucune
-légitime cause qui puisse raisonnablement mouvoir les subjects de
-s'eslever en armes contre leur prince, elle en ait tousjours bonne
-souvenance, pour (quand elle sera sollicitée de prester secours à mes
-rebelles) se garder en cella de faire chose où sa propre conscience
-soit offensée.
-
- [42] Voyez LXXXIe dép., tom. III, pag. 1.
-
-Or, pour revenir à ceste ouverture de pacification, je vous diray que,
-despuys que La Personne parla premièrement, il y a heu plusieurs
-allées et venues de leur costé; pandant lesquelles l'Admiral et
-Montgomeri n'ont laissé (comme gens, qu'il semble n'avoir pas grand
-desir de voir ce royaulme en repos) de faire la guerre, aultant ou
-plus cruelle qu'ils ayent poinct faict auparavant, et d'exercer
-pleusieurs grandes inhumanités, en quelques petites villes qu'ils ont
-surprises ez quartiers où ilz sont; et, d'un aultre costé, ceux de la
-Charité ont aussy faict une entreprise sur ma ville de Bourges, qui a
-esté si preste à exécuter que quelques uns de ceux qui étoient de la
-dicte entreprise ont esté prins, estant jà entrés dans la dicte ville
-par l'intelligence qu'ils y avoient, les aultres tués dedans les
-fossés, jusques au nombre de cent ou six vingtz hommes.
-
-Pour tous ces mauvais déportements, je ne me suis point volleu
-démouvoir de mon premier propos, qui est de ramener mes dicts subjects
-à la bonne voye, comme faict le bon père de famille qui ne veut pas
-traicter ses enfants selon que mérite leur désobéissance, mais les
-conserver, de sorte que m'ayant, la Royne de Navarre, tantôt requis de
-luy envoyer un gentilhomme pour conduire par deçà les députés de la
-Rochelle, tantost de luy envoyer saufconduit et passeport pour
-despescher gens vers les Princes de Navarre et de Condé, je l'ay
-satisfaicte en toutes ces choses à son contentement; ayant néantmoins
-esté usé jusques ici, de leur part, d'une telle longueur à envoyer les
-dicts députés que je n'ay point encore certaines nouvelles quand est
-ce qu'ils pourront arriver. Et si, il y a bien près d'un moys que le
-Sr Du Croq est par dellà pour les conduire, faisans assez cognoistre,
-toutes ces longueurs, que les principaux d'entre eux n'ont pas grande
-vollonté d'ayder à une si bonne oeuvre que de mettre mon royaulme en
-repos, et qu'ilz n'ont mis en avant ces premiers propos, dont La
-Personne fust le porteur, que pour m'amuser, s'ils peuvent, et
-cependant voir s'ils seront pour obtenir quelque secours de la
-Germanie; où je sçay qu'ils en font faire toutes les instances du
-monde envers les princes protestants, s'étant mesmement veu, par
-lettres interceptées, que le dict Admiral a escrites aux négociateurs
-qu'il a par delà, qu'il leur mande que, pour le bruict de paix qu'ils
-puissent entendre se traicter, ils ne cessent de solliciter le dict
-secours le plus qu'ils pourront. Par où l'on peut juger sa bonne et
-droicte intention.
-
-Néantmoings je vous puis asseurer que ses forces sont en si piteux
-estat, et a si peu de moyen de se résoudre de la grande perte qu'il a
-faicte en la dernière bataille, qu'encore que, despuis la prise de St
-Jehan d'Angely, j'ay donné congé à toutes les compaignies de
-gendarmerie, et faict mettre toutes les bandes de gens de pied en
-garnison pour estre plus fresches et disposées à me faire, cy après,
-service, lorsque l'affaire le requerra, il n'ose comparoir en
-campagne, et s'esloigner du lieu où il s'est mis entre les deux
-rivières de Dordoigne et de Garonne.
-
-Voylà, Monsieur de La Mothe Fénélon, en peu de parolles, ce qui s'est
-passé despuys ceste ouverture de pacification et de la lentitude avec
-laquelle il y a esté, jusques icy, procédé par ceux de la Rochelle; ne
-voullant oublier à vous dire que, voyant, aulcuns cappitaines qui
-avoient dressé, il y avoit plus de trois mois, une entreprise sur la
-dicte ville de la Rochelle, que l'on m'avoit voulleu ainsi surprendre
-ma ville de Bourges, se délibérèrent, il y a quelques trois sepmaines,
-de se mettre en debvoir d'exécuter la dicte entreprise, laquelle
-toutesfoys n'a pas réheussi; vous ayant bien voullu représenter toutes
-ces choses affin que, sçachant à la vérité comme elles sont passées,
-vous vous puissiez opposer aux faux bruits que mes rebelles pourroient
-faire courir par dellà pour rendre odieuses mes actions et
-déportemens, ainsi que c'est leur artifice accoustumé. Et sur ce, etc.
-
-Escript à Angers, ce XXIe jour de janvier 1570.
-
- CHARLES. BRULART.
-
-
-
-
-XXXVIII
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du VIe jour de febvrier 1570.--
-
- Négociation de la paix.--Articles proposés.--Levées faites en
- Allemagne pour Élisabeth.--Assurance donnée par l'ambassadeur
- d'Angleterre qu'elles sont dirigées contre les rebelles du
- Nord.--Injonction faite à l'ambassadeur d'interpeller la reine
- pour savoir si elles ne doivent pas servir contre la
- France.--_Teneur des articles proposés._
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, par les despêches que je vous ay cy
-devant faictes, vous aurés esté adverti bien amplement de ce qui a
-esté faict et négocié, jusques ici, pour parvenir jusques à quelque
-bonne pacification des troubles estantz en mon royaulme. Et à présent
-que les députés de la Royne de Navarre, des Princes de Navarre et de
-Condé, et de l'Admiral sont venus, de leur part, devers moy, qui m'ont
-proposé et baillé par escript certains articles de ce que ceux de leur
-parti desirent que je leur accorde, après avoir bien et meurement
-considéré sur iceulx ce que je puys raisonnablement faire en leur
-faveur, pour donner un bon et heureux repos à tous mes subjects; et
-voullant user envers eux, encore qu'ils m'ayent griefvement offencé,
-plustôt de mansuétude, de bonté et de clémence que d'extrême sévérité
-et justice, je me suis résollu de leur accorder le contenu des
-articles que je vous envoyé présantement, affin que vous fassiés
-entendre, de ma part, à la Royne d'Angleterre, combien j'ay estimé le
-bon conseil et advis qu'elle m'a donné, tant par ses lettres que par
-ce que vous m'avés, par pleusieurs fois, escript de sa part, de tâcher
-de parvenir à la réconcilliation de mes dicts subjects par une bonne
-pacification.
-
-Et voullant les conserver et ne souffrir point qu'en se perdant ils
-attirent avec eux une grande ruine en toute la Chrestienté, ainsi
-qu'il ne pourroit advenir aultrement s'il n'y estoit donné quelque
-prompt remède, et n'obmettre rien du bon debvoir d'un bon prince pour
-ramener gratieusement ses subjects dévoyés au bon chemin qu'ils
-doibvent tenir, en luy rendant l'obéissance à laquelle ils sont
-naturellement obligés; espérant que, s'ils sont encore possédés de
-quelque bon zelle et ont en leurs coeurs quelque peu de reste de la
-bonté et fidélité naturelle que, de tout temps, les peuples françois
-ont heu à leurs rois, ils accepteront fort volontiers les susdictes
-conditions. Et par là la dicte Royne d'Angleterre pourra juger et
-cognoistre de quel zelle j'y procède, selon ma bonté et clémence
-accoutumée; et que, où mes dictz subjects, eslevés en armes, se
-monstreroient si desraisonnables qu'ils ne voullussent accepter ce que
-je leur fais offrir présentement, ains continuer en leurs malheureuses
-entreprises; qui donneroient clairement à cognoistre qu'ils seroient
-poussés d'une pure ambition pour usurper, s'ilz pouvoient, l'auctorité
-qui m'est deue, que je m'asseure, de la bonne et sincère amitié qui
-est entre nous, qu'elle ne leur baillera aulcune aide, secours ny
-faveur, sçachant bien comme il importe à un roy et prince souverain de
-réprimer et chastier ses subjects, quand ils prennent les armes contre
-luy, et mesme s'ils se monstrent si obstinés qu'après avoir grandement
-failli, comme ils ont, et usant envers eux de la grâce et bonté que je
-fais, ils ne se voulloient recognoistre et rendre le debvoir et
-l'obéissance qu'ils me doibvent.
-
-Je viens tout présentement d'avoir advis certain, d'Allemaigne, que la
-Royne d'Angleterre a faict faire une levée de huict mille reystres
-soubz la charge du duc Holstain et du comte de Hemdem; et, d'aultant
-que le Sr de Norrys, son ambassadeur, m'est venu trouver, despuys deux
-jours, lequel m'a dict avoir charge expresse par lettres de la Royne
-d'Angleterre, sa Maistresse, de me faire entendre en quel état
-estoient, à présent, les troubles et affaires de son royaulme, et
-comme ceux, qui s'estoient eslevés contre elle, s'estoient presque
-tous retirés vers l'Escosse, et qu'elle espéroit en avoir bientost une
-bonne issue; et, pour ceste occasion, elle avoit résollu de faire une
-levée de gens de guerre de ses subjects, tant de cheval que de pied,
-la plus grande qu'elle pourroit, pour establir ses affaires et estre
-obéie, et par ce moyen empescher que l'on ne puisse point faire, par
-cy après, aulcune aultre eslévation contre son auctorité; et qu'elle
-me prioit de ne me mettre en peyne et soubçon de ceste grande levée et
-assemblée de gens de guerre qu'elle faisoit, d'aultant que ce n'estoit
-que pour servir en son royaulme, et pour se faire obéir à ses dicts
-subjects, et non pour ayder et favoriser aulcunement ceux qui portent
-les armes contre moy, m'offrant tout ce que je debvois espérer de son
-amitié; je vous ay bien voulleu advertir de tout cella affin que vous
-luy en parliés de ma part, d'aultant que son ambassadeur ne m'a rien
-dict, ni à la Royne, Madame et Mère, de la dicte levée, et qu'elle
-vous die ouvertement, sans rien dissimuler, si c'est pour ayder et
-favoriser ceux qui portent les armes contre moy, comme on me mande
-qu'elle est faicte à ceste intention, ou si ce n'est seulement que
-pour s'en servir contre ses dicts subjects. Et faictes en sorte que
-vous en puissiés sçavoir la vérité et m'en advertir incontinent, et
-vous prendrés garde au visage et à la contenance de la dicte Dame,
-comme elle recevra ce que vous luy dirés, me remettant à vous d'y
-adjouxter ou diminuer, selon que vous cognoistrés qu'il en sera de
-besoin pour mon servisse.
-
-J'ai reçu vos lettres du XXIe du passé, avec l'instruction que vous
-pensiés bailler à La Croix[43], et ay bien veu et considéré tout ce
-que vous m'avés mandé, à quoy je vous fairay responce par la première
-dépesche, estant trez aise d'entendre si particullièrement toutes les
-nouvelles de ce qui se passe par dellà, et que vous continuiés à m'en
-tenir adverty, à toutes les occasions qui s'offriront,et le plus
-souvent que vous pourrés; priant, etc.
-
-Escript à Angers, le VIe jour de febvrier 1570.
-
- CHARLES. FIZES.
-
- [43] Voyez LXXXIVe dép., tom. III, pag. 20, et le Mémoire joint,
- pag. 27.
-
-
- ARTICLES.
-
- Le Roy ayant entendu ce qui a esté proposé de la part des députés
- de la Royne de Navarre, des Princes de Navarre et de Condé,
- seigneurs, gentilshommes et aultres, de toute qualité, qui sont
- avec eulx, les très humbles requestes, par eulx faictes à Sa
- Majesté, de leur donner la paix avecques les seuretés qui sont en
- son pouvoir, pour les faire jouir du bénéfice d'icelle, ensemble
- les soubmissions qu'ilz luy ont faictes de luy rendre obéissance
- et fidellité qu'ils lui doibvent;
-
- Sa dicte Majesté, pour la singulière affection qu'elle a tousjours
- portée à la Royne de Navarre, Princes de Navarre et de Condé, pour
- la proximité de sang dont ils luy appartiennent, le desir qu'elle
- a de la conservation de ses subjects, spéciallement de sa
- noblesse; pour monstrer à eulx et à tous les dessusdictz son
- affection et clémence paternelle et royalle envers eulx, et la
- vollonté qu'elle a de voir tous ses subjectz ensemble réduictz
- soubz son obéissance, et son royaulme en repos des troubles qui y
- sont de présent, leur a accordé pour parvenir à une bonne, sincère
- et entière pacification des dictz troubles les choses qui
- s'ensuivent:
-
- Premièrement, que la mémoire de toutes choses passées demeurera
- esteinte et supprimée, comme des choses non jamais advenues, et
- qu'il ne sera loysible ny permis, en quelque temps ni pour quelque
- occasion que ce soit, d'en faire jamais mention de procès, en
- quelque cour ni juridiction que ce soit, ni ailleurs; et à ceste
- fin sera impose sillence à ses procureurs généraux en toutes ses
- courts de parlements et leurs substituts; sera aussi deffendu à
- toutes personnes privées d'en renouveller la mémoire, ni en faire
- reprosche, sur peine d'estre punies comme infracteurs de paix et
- perturbateurs du repos public;
-
- Que touts arrêts, sentences, jugements et procédures faictes en
- quelque cour, et devant quelques juges que ce soit, durant les
- présents troubles, ou aux précédents, pour raison des choses
- passées, durant ou à cause des dicts troubles, à l'encontre des
- dessusdictz ou aulcuns d'eux, seront mis à néant, cassés et
- révoqués;
-
- Qu'ils, ni aulcuns d'eulx, ne pourront jamais estre recerchés pour
- raison des pratiques ou intelligences qu'ilz pourroient avoir
- heues avec princes, potentats, communaultés ou personnes privées,
- estrangers, ni à cause des traités ou contractz qu'ils pourraient
- avoir faictz ou passés avec eulx pour raison des choses
- concernantz les dictz troubles et dépendances d'iceulx; dont le
- Roy les a entièrement deschargé, et leur en baillera toutes
- lettres et seurettés qui seront à ceste fin nécessaires, en la
- meilleure et plus authentique forme que faire se pourra;
-
- Que, par le bénéfice de ceste paix, tous les dessusdictz seront
- remis et réintégrés en leurs honneurs et biens, pour d'iceulx
- jouir, eulx, leurs enfans, héritiers, successeurs ou ayans cause,
- paisiblement et sans aulcun empeschement.
-
- Et pour gratiffier particulièrement les dictz Princes et ceux de
- la noblesse qui avoient estatz, charges et pensions de Sa dicte
- Majesté, le Roy les remettra en leurs dictz estats, charges et
- pensions, pour en jouir aussy, comme dessus est dict.
-
- Et, quand au faict de la religion, le Roy leur permettra de
- demeurer et vivre paisiblement dedans son royaulme en entière
- liberté de leur conscience, sans estre recerchés en leurs maisons,
- ni les asteindre à faire chose, pour le regard de la dicte
- religion, contre leur vollonté. Et encores, pour plus grande
- sureté, Sa dicte Majesté leur accordera deux villes, dedans
- lesquelles ils pourront faire tout ce que bon leur semblera et
- qu'ils voudront, sans estre recerchés; et, en chacune d'icelle
- ville, le Roy aura un gentilhomme capable et idoine qui aura
- l'oeil à ce qu'il ne soit faict chose qui contrevienne à son
- auctorité, et repos de son royaulme, et qui maintienne chascun en
- paix et repos, ne voullant Sa dicte Majesté qu'il y ait, au reste
- de tout son royaulme, aulcun ministre, ni qu'il soit faict aulcun
- exercisse de religion que de la sienne.
-
- Et quant aux officiers de justice, finances et aultres inférieurs,
- attendu que, despuys la privation faicte d'iceulx par décrets et
- ordonnances de justice, suivant les édits du Roy, aultres ont esté
- pourveus en leurs places, et sont aujourdhui en l'exercisse
- d'iceulx; que l'argent qui en est provenu a esté despendu et
- employé pour soustenir les frais de la guerre; le Roy ne les peut
- aulcunement restituer, ni rétracter l'exécution de ses édictz pour
- ce regard: attendu mesmes les grandes plainctes et demandes que
- font ceux du clergé de son dict royaulme, et aultres, ses subjects
- catholiques, pour avoir réparation des dommages par eulx souffertz
- tant en leurs biens qu'en la démolition des églises et maisons de
- patrimoines, par tous les endroictz de son dict royaulme, à
- l'encontre de ceux qui ont faict les dictes démolitions et
- domages, auxquelz le Roy ne pourroit justement desnier de faire
- droit et justice à l'encontre de ceux contre lesquels ils
- voudroient prétendre, s'il falloit entrer en recognoissance de
- cause et réparation des dommages soufferts, d'une part et
- d'aultre.
-
- Voulant Sa dicte Majesté, pour l'observation des choses susdictes,
- avec toute bonne foy et sincérité leur bailler toutes les seuretés
- qui sont en son pouvoir et qu'ils luy voudront honnestement et
- raisonnablement requérir, lesquelles seuretés le Roy faira
- esmologuer et passer par ses cours de parlement et aultres qu'il
- appartiendra;
-
- Veult et entend Sa dicte Majesté que les dessusdicts
- réciproquement pour luy rendre la fidellité et obéissance qu'ils
- luy doibvent, ayent à se despartir de toute alliance,
- confédération et association qu'ils ont avec les princes,
- potentats ou communautés estrangères, hors du royaulme,
- pareillement de toutes intelligences, pratiques et associations
- qu'ils ont dedans et dehors icelluy;
-
- Qu'ils ne fairont aulcunes assemblées, contributions ni
- cueillettes de deniers, sans expresse permission du Roy déclarées
- par ses lettres patentes;
-
- Licentieront et fairont sortir hors son royaulme, dans un moys
- après la conclusion de la dicte pacification, par le chemin qui
- leur sera prescript par Sa dicte Majesté, sans foulle ni
- oppression de ses subjectz, tous estrangers estant à leur
- servisse; et conviendront avec eulx de leur paiement, à leurs
- propres coust et despens; et, à ceste fin, leur donnera le Roy
- telle permission qu'il sera besoin pour entre eulx cottiser et
- lever les sommes qui leur seront nécessaires;
-
- Laisseront aussy les armes et sépareront aussy toutes leurs
- aultres forces, tant de pied que de cheval, par mer et par terre;
-
- Se retireront chascun en leurs maisons, où bon leur semblera,
- incontinent après la conclusion de la dicte paix; par là où ils
- sçauront vivre paisiblement;
-
- Remettront entre les mains du Roy, ou de ceux qu'il commettra, les
- villes, chasteaux et places qu'ils détiennent pour le présent, ou
- en fairont sortir les forces qu'ils y ont, y délaissant
- semblablement l'artillerie et aultres munitions qui sont en
- icelles au pouvoir de ceux que y ordonnera Sa dicte Majesté;
-
- Et générallement restitueront, de bonne foy, à Sa dicte Majesté,
- ou à ceux qu'elle commettra, toutes les choses à elle appartenant,
- et qui se trouveront encores en nature, soit ez villes et places
- qu'ils tiennent et aultres lieux quelz qu'ils soyent, ou par mer
- ou par terre.
-
- Faict à Angers, le IIIe jour de febvrier 1570.
-
-
-
-
-XXXIX
-
-MÉMOIRE DU ROY (_en chiffre_).
-
---du Xe jour de febvrier 1570.--
-
- Réponse à un mémoire confidentiel envoyé par
- l'ambassadeur.--Impossibilité où se trouve le roi d'entendre
- aux propositions faites par le roi d'Espagne de se liguer
- contre l'Angleterre, tant que la guerre civile durera en
- France.--Précautions qu'il faut prendre pour savoir d'où
- viennent ces propositions.
-
-Le Roy, ayant veu l'instruction que le Sr de La Mothe Fénélon, son
-ambassadeur en Angleterre, luy a envoyé avec ses lettres du XXIe du
-moys passé[44], et bien et meurement considéré tout ce qui est contenu
-en icelles, a esté très aise d'estre adverti si particullièrement par
-son dict ambassadeur de l'estat des affaires de dellà; à quoy n'est
-point de besoin que Sa Majesté fasse responce sinon qu'il a receu et
-reçoit les advertissements qu'il luy donne ordinairement, de tout ce
-qui se faict tant en la cour de la Royne d'Angleterre que en son
-royaulme, à plaisir très agréable, et desire que son dict ambassadeur
-continue à faire le semblable et le plus souvant qu'il luy sera
-possible.
-
- [44] Voyez le Mémoire joint à la LXXXIVe dép., tom. III, pag. 27.
-
-Sa dicte Majesté a très bien considéré ce que le dict Sr de La Mothe
-Fénélon luy mande de la conférence qu'il a heue avec l'ambassadeur du
-Roy d'Espaigne, les propos qu'ils ont tenu ensemble, et ce qu'il luy a
-mis en avant de persuader Sa dicte Majesté d'escrire promptement au
-Roy Catholique pour la commune entreprise d'entre eulx deux contre
-l'Angleterre, pour la restitution de la Royne d'Escosse seulement, ce
-qu'il s'asseuroit que le Roy, son Maistre, accorderait de faire plus
-vollontiers qu'il n'en seroit requis. Et voyant Sa dicte Majesté les
-troubles qui sont encore en son royaulme, il ne peut penser à aultre
-chose que de regarder, par tous les moyens qu'il luy sera possible, de
-les appaiser, et tâcher de remettre tous ses subjects au debvoir et
-obéissance qu'ils luy doibvent, et de s'establir en toutes choses que
-luy et ses prédécesseurs Rois ont esté ci devant; et ne fault pas que
-le dict Sr de La Mothe Fénélon s'estende tant qu'il se laisse entendre
-là dessus par le dict ambassadeur, pour ce que l'on ne sçait à quelle
-intention il met telles choses en avant: par quoy le faira parler et
-entrer en propos le plus qu'il pourra, affin d'en tirer et descouvrir
-ce qui l'a meu luy faire ce langage.
-
-Faict à Angers le Xe jour de febvrier 1570.
-
- CHARLES. FIZES.
-
-
-
-
-XL
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du IIIe jour de mars 1570.--
-
- Négociation de Mr de Montlouet.--Recommandation pour que
- l'ambassadeur empêche Élisabeth de remettre aux protestans
- d'Allemagne l'argent provenant des prises.--Négociation de la
- paix.--Remerciement pour la médiation offerte par
- Élisabeth.--Affaires d'Écosse.--Offre du roi de s'établir
- médiateur entre la reine d'Angleterre et Marie Stuart.--Charge
- donnée à l'ambassadeur de faire le traité.
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay receu vos lettres du Xe du moys
-passé par le sieur de Montlouet, et entendu bien particullièrement par
-luy tout ce que vous aviés faict ensemblement, en la charge que je luy
-avois donnée, et la responce et résollution que vous aviés sur ce heue
-de la Royne d'Angleterre. Despuys j'en ay receu deux aultres des XIIIe
-et XVIIe du dict moys[45] par le présent porteur qui est à vous, par
-lesquelles vous me mandés ce que le cardinal de Chastillon a négotié
-avec la dicte Royne d'Angleterre, ce qu'il a obtenu d'elle, et la
-grande instance qu'ils font qu'elle s'ayde des deniers des prinses
-faictes sur des marchands, tant subjectz du Roy Catholique que
-d'aultres, pour les fournir en Allemaigne, en l'acquit de ses dettes,
-affin que les princes protestants s'en puissent accommoder au payement
-de leurs levées; ayant trouvé très bon ce que vous en avés dict à
-l'ambassadeur du dict Roy Catholique et l'advis que vous me donnés
-d'en escrire au duc d'Alve, comme je fais présentement au sieur de
-Ferrailz, qui est là de ma part auprès de luy. Et, en attendant que le
-dict duc d'Alve en ayt escript de par delà, je suis d'advis que vous
-taschiés, par tous les moyens que vous pourrés, soyt par les
-ambassadeurs d'Espaigne ou aultrement, d'empescher que la dicte Royne
-d'Angleterre ne prenne les dicts deniers.
-
- [45] Voyez LXXXVIIe, LXXXVIIIe et LXXXIXe dép., tom. III, pag.
- 41, 47 et 50.
-
-J'ay aussi receu, par le courrier que je vous avois despéché, vos
-lettres du XXIIe du dict moys[46], et veu, par le contenu en icelles,
-ce que vous avés faict entendre, de ma part, à la dicte Dame pour le
-faict de la pacification des troubles de mon royaulme, et la bonne et
-honneste responce qu'elle vous a faicte, avec un visage plein de
-démonstration de joye et contentement, et du grand désir qu'elle a de
-voir cella sortir à effaict, et les offres qu'elle faict de s'y
-employer, au cas qu'il y intervînt aulcune difficulté, et d'y faire,
-pour moy, tout ainsy que si c'étoit son propre faict.
-
- [46] Voyez XCe dép., tom. III, pag. 58.
-
-Sur quoy je desire que vous luy faictes entendre, de ma part, que je
-la remercie bien fort de ceste bonne et grande affection et volonté
-qu'elle a en mon endroict; et que je m'asseure que, si ceux de mes
-subjects, qui se sont eslevés en armes contre moy, ont bonne vollonté
-de m'estre par cy après fidelles, et rendre l'obéissance qu'ils me
-doibvent, qu'estants les articles que je leur ay envoyés si
-raisonnables comme ils sont, ils les accepteront. Et où il seroit de
-besoing qu'elle s'en meslât, je m'asseure tant de son amitié qu'il n'y
-a prince, ni princesse en la Chrestienté qui s'y employast de
-meilleure vollonté que j'estime qu'elle faira, ni à qui je m'en
-voulusse fier plus librement que je fairois à elle. Et où ils seroient
-si desraisonnables et plains de mauvaise intention et vollonté que ils
-ne voulleussent accepter les dictes offres, je me veux tant promettre
-d'elle que, non seullement elle leur reffusera toute ayde, faveur et
-secours, ains qu'elle se voudra, du tout, unir avec moy, comme estant
-question d'un faict qui touche à tous princes souverains, pour
-réprimer l'audace et témérité de leurs subjects rebelles; estant très
-aise de la déclaration qu'elle vous a faicte qu'elle ne faict point
-faire aulcune levée en Allemaigne, bien a oui parler de quelque levée
-à venir, et qu'elle ne sçait encores ce qui en est, et, quand elle
-l'entendra, s'il y a rien contre moy, elle le vous faira sçavoir. Et
-faudra que, l'entretenant tousjours en ceste bonne vollonté, vous ne
-laissiés pas de regarder à estre soigneusement et curieusement adverti
-tant du faict de la dicte levée que de toutes aultres choses qui
-surviendront par dellà, pour le me faire entendre.
-
-Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay veu tout ce que vous
-m'avés mandé, concernant le faict de la Royne d'Escosse et de son
-royaulme, tant par vos dictes lettres que par l'instruction que avés
-baillée au dict porteur[47]; et, suivant l'advis et conseil que vous
-me donnés, je me suis résolleu d'envoyer au dict païs, dans peu de
-jours, un gentilhomme de ma part pour favoriser le parti de la dicte
-Royne d'Escosse. Et considérant le contenu en la lettre du XXIIe du
-passé, que vous avez escript à la Royne, Madame et Mère[48], et la
-responce que le comte de Lestre vous a faicte sur ce que vous luy avés
-remonstré du peu de satisfaction qu'elle m'avoit donné à ce que je luy
-avois faict requérir par le sieur de Montlouet en faveur de la Royne
-d'Escosse, et comme, en la dernière audiance, que vous avés heu
-d'elle, elle vous a offert d'elle mesmes que, s'il me plaist mettre en
-avant un expédiant entre elles deux qui soit honneste et non
-préjudiciable à elle ni à sa couronne, ni contraire à son honneur et
-conscience, qu'elle y entendra très vollontiers, vous ayant prié par
-deux fois de me le mander, je trouve très bon que vous l'entreteniés
-en cella, et d'aviser aux moyens que l'on pourra tenir pour effectuer
-ceste bonne vollonté qu'elle a; et la priés de vous permettre d'aller
-trouver la Royne d'Escosse pour en communiquer avec elle, et à ceux
-qui sont, là, de son conseil, et en dresser les mémoires et articles
-selon et ainsy que vous aviserez pour le mieux; pour, après,
-m'advertir de tout ce que vous aurez faict et arresté ensemble. En
-quoy je desire que vous vous employés de tout vostre pouvoir, ainsi
-que j'ay donné charge au dict porteur vous dire plus amplement de ma
-part. Et sur ce, etc.
-
-Escript à Angers le IIIe jour de mars 1570.
-
- CHARLES. FIZES.
-
- [47] Voyez le Mémoire joint à la LXXXIXe dép., tom. III, pag. 54.
-
- [48] Voyez XCe dép., tom. III, pag. 61.
-
-
-
-
-XLI
-
-LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du IIIe jour de mars 1570.--
-
- Ordre de surveiller avec précaution les propositions faites par
- Stuqueley.--Desir de connaître l'opinion d'Élisabeth et du
- cardinal de Chatillon sur la paix.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay receu quatre de vos lettres des Xe,
-XIIIe, XVIIIe, XXIIe du moys passé, et entendu, tant du sieur de
-Montlouet que du présent porteur, tout ce que vous avés donné charge
-de me dire; et pour ce que, par les lettres que le Roy, Monsieur mon
-fils, vous escript présentement, vous sçaurés bien au long son
-intention sur tout ce que vous nous avés mandé, je ne vous en fairay
-icy aultre reditte, me remettant sur le contenu d'icelles. J'ay aussy
-receu la lettre que vous nous avés escript en chiffre[49], que le dict
-porteur m'a baillé, par laquelle vous me mandés l'opinion que vous
-avés des affaires de delà, voyant l'estat auquel elles sont à présent,
-et ce que le sieur Stuquelay vous est venu dire; pareillement ce que
-vous luy avés bien et sagement respondu, pour la crainte qu'il fault
-avoir qu'il feust dextrement envoyé devers vous de la part de la Royne
-d'Angleterre ou de ses ministres, pour tascher de descouvrir si l'on
-auroit quelque mauvaise vollonté contre eulx, et si vous voudriés
-entendre à l'offre qu'il vous a faicte. Par quoy il me semble, pour
-estre la dicte Dame hors du soubçon qu'elle pourroit avoir, si l'on
-permettoit qu'il vînt de deçà, qu'il sera meilleur que vous
-l'entreteniés tousjours en ceste bonne vollonté et affection qu'il a,
-de faire servisse au Roy, Mon dict Sieur et fils; et, sans luy
-descouvrir rien de vostre costé, tirer de luy tout ce que vous
-pourrés, et cognoistrés qu'il vous pourra servir. Et cependant vous ne
-laisserés pas de vous informer secrettement des moyens et
-intelligences qu'il a et peut avoir avec les seigneurs de delà; et
-m'asseure que vous sçaurés très bien juger et cognoistre quelle
-apparance il y aura à ce qu'il vous a desjà proposé, et pourra encore
-dire, pour nous en mander après vostre advis, et ce qu'il vous en
-semblera. Qui est tout ce que vous aurés de moy pour ceste heure, etc.
-
-Escript à Angers le IIIe jour de mars 1570.
-
- [49] Voyez lettre du 17 février 1570, jointe à la LXXXIXe dép.,
- tom. III, pag. 53.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, je vous prie de me mander ce que vous
-pourrés cognoistre de l'opinion que la Royne d'Angleterre a pour le
-faict de la paix de ce royaulme, et aussy le cardinal de Chastillon,
-et ce qu'ils en disent. Je vous veux bien advertir comme le sieur de
-Téligni parlant dernièrement à moy, je le voullus mettre en propos des
-troubles qui estoient lors en Angleterre; lequel me dict, sur ce que
-je trouvois raisonnable de punir et chastier tous les subjects qui
-portent les armes contre leurs princes souverains, qu'ils avoient bien
-faict, puisque leur Royne ne leur gardoit, de son costé, ce qu'elle
-debvoit; et cella vous servira pour un bon subject envers la dicte
-Dame, et pour tascher de luy oster l'opinion qu'elle a en leur
-endroict; d'aultant qu'ils se réjouissent de voir que ses subjectz
-feussent eslevés contre elle.
-
-Ce IIIe jour de mars 1570.
-
- CATERINE. FIZES.
-
-
-
-
-XLII
-
-Mr LE CARDINAL DE LORRAINE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du IIIe jour de mars 1570.--
-
- Remerciemens à l'ambassadeur.--Assurance de reconnaissance.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, ayant receu ce jourdhuy la lettre que
-vous m'avés escripte du XXIIe de ce moys, et veu par icelle, et par la
-coppie de celle qu'avés envoyée au comte de Lecestre, combien la bonne
-affection que vous portés aux affaires de la Royne, Madame ma niepce,
-est accompagnée et conduicte de bon advis et meilleur effaict, je n'ay
-pu vous en louer ni remercier assés à mon gré, prenant espérance en la
-dextérité dont vous usés en ceste négociation, qu'elle pourra prendre
-quelque heureuse fin, si vous ne vous lassés point de continuer les
-bons et grands offices que vous avés jusques ici tant heureusement
-employés à cest effaict. Dont je vous prie, d'aultant plus
-affectueusement, que j'aurois regret que ceste bonne occasion se
-passât inutille, et qu'oultre la naturelle affection que j'ay à la
-dicte Dame et à son servisse, Leurs Majestés se réjouissent
-infiniment, en recevant quelque bonne espérance, et voyant la
-promptitude et dilligence dont vous usés suyvant leur intention; et
-croyés que la dicte Dame, ma niepce, et tous nous aultres, qui avons
-cest honneur de luy appartenir, n'aurons pas seulement cognoissance de
-la grande obligation que vous aurés acquis en nous par un si digne et
-recommandable servisse, mais perpétuelle mémoire pour le recognoistre
-de toute nostre puissance selon vos mérites. Je vous prie de rechef,
-puisqu'avés conduitte ceste négotiation en si bon chemin, ne vous
-arrester et nous acroistre par l'achèvement, le plaisir que vous nous
-avés baillé de ce bon commancement, dont Leurs dictes Majestez, ayant
-veu vos lettres, ont prinse la meilleure part. Et sur ce, etc.
-
-D'Angers le IIIe jour de mars 1570.
-
-Vostre meilleur ami. Le CARDINAL DE LORRAINE.
-
-
-
-
-XLIII
-
-Mr DE MORVILLERS, ÉVESQUE D'ORLÉANS, A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du IIIe jour de mars 1570.--
-
- Conseils sur les devoirs d'un ambassadeur.--Félicitations sur la
- manière dont La Mothe Fénélon s'acquitte de sa charge.
-
-
-Monsieur, j'ay veu, despuys que vous estes en ceste charge, que vous
-avés tousjours traicté les affaires d'une façon merveilleusement
-louable, et de laquelle me semble qu'un homme réhussit tousjours à son
-honneur: c'est de ne dire ni faire chose que les princes, avec
-lesquels l'on a affaire, puissent arguer de mensonge, déguisement ou
-malice; et qu'un ambassadeur, en toutes ses actions, soit cogneu
-sincère, et procédant rondement. Il y en a toutesfois qui pensent que,
-pour estre habille homme, il fault tousjours aller masqué, laquelle
-opinion j'estime du tout erronée, et celluy qui la suit grandement
-déceu. Le temps m'a donné quelque expérience des choses; mais je n'ay
-jamais veu homme, suivant ces chemins obliques, qui n'ait embrouillé
-les affaires de son Maistre, et, luy, perdre beaucoup plus qu'acquérir
-de réputation; et au contraire ceux, qui se sont conduits prudemment,
-avec la vérité, avoir, pour le moins, rapporté de leur négociation ce
-fruict et l'honneur d'y avoir faict ce que les hommes, avec le sens et
-jugement humain, peuvent faire.
-
-Je vous diray, Monsieur, sans flaterie, que, tant plus je vois de vos
-dépesches, plus je loue le chemin que vous tenez; et espère que, le
-continuant, les affaires, que vous maniés, succèderont à bonne fin, au
-contantement du Roy, et sans offense de la princesse près de laquelle
-vous estes.
-
-Au reste, vous entendés, par la dépesche du Roy et ce que vous dira le
-présent porteur, l'intention de Leurs Majestez sur tous les poincts de
-vos précédentes. Et vous diray seullement que bien heureux seroient
-les rois et monarques de la Chrestienté, si, de bonne foy, se
-voulloient ensemble réconcillier et se conforter les uns les aultres à
-maintenir leur juste auctorité dessus leurs subjectz; lesquels on
-void, de toutes parts, ne tendre à aultre fin qu'à secouer le joug et
-se dellivrer de toute subjection. Ils autorisent souvant des mauvais
-exemples, dont ils souffrent ordinairement à leur tour.
-
-Monsieur, je me recommande humblement à vostre bonne grâce, et prie
-Dieu vous donner, en santé, longue vie.
-
-D'Angers le IIIe jour de mars 1570.
-
- Vostre bien humble ami et serviteur.
-
- DE MORVILLERS, ÉV. D'ORLÉANS.
-
-
-
-
-XLIV
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du VIIIe jour de mars 1570.--
-
- Réclamation à raison du pillage d'un navire français échoué en
- Angleterre.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, j'escriptz présentement à la Royne
-d'Angleterre la lectre, que je vous envoye, en faveur de François
-Salomon, Jehan Colombel et Jehan Chenadec, marchands et bourgeois de
-ma ville de Vannes, en Bretaigne, sur ce qu'ilz m'ont faict entendre
-qu'au mois de novembre dernier passé, ils auroient faict conduire
-jusques en Flandres le navire à eulx appartenant, nommé la _Bonne
-Advanture_, de Vannes, et icelluy faict charger de plusieurs
-marchandises, entre aultres, de diverse sorte de soyes, comme tafetas
-et satins, toilles de Hollande, plomb, estein, crain, cires, bufles,
-poudre fine et grosse, grand nombre d'érain en oeuvre, serges d'Arscot
-et aultres marchandises, revenants bien à la valleur d'environ dix
-huict mille livres. Lequel navire, ainsi chargé, ils avoient délibéré
-faire amener au dict Vannes en Bretaigne, et, ayant prins la route du
-dict païs, seroient, environ le quinzième jour de janvier dernier,
-arrivés au port de Rosco, distant du dict Vannes de XL lieues; et
-estimans, après y avoir quelque temps séjourné, avoir le vent à propos
-et commode pour faire voille, se seroient mis en mer, où le vent leur
-auroit esté si impétueux et contraire que le dict navire feut jeté en
-la coste d'Angleterre, cuydans y estre en aussy grande seuretté comme
-en mon royaulme, pour la bonne et parfaicte amitié, bienveillance et
-commune intelligence qui est entre noz royaulmes, païs et subjects.
-
-Les habitants du dict lieu de Falmeu, et aultres circonvoysins,
-subjects de la Royne d'Angleterre, se seroient jectés sur la dicte
-navire, et icelle déprédé, pillé, saccagé, remporté toutes les
-marchandises et choses qui estoient dessus, montants et revenants à la
-susdicte somme d'environ dix huict mille livres, oultre les agrès,
-appareils et munitions y estants, vallants plus de deux mille livres,
-qu'ils auroient aussy prins, remportés, et faict constituer
-prisonniers le maistre du dict navire, nommé Loys Corno, ensemble les
-mariniers qui y estoient.
-
-Par quoy, et que je me suis tousjours asseuré, comme je fais encore,
-que la dicte Royne d'Angleterre ne le voudroit aulcunement tollérer ni
-permettre, et qu'elle ne l'a jamais entendu, je vous prie, Monsieur de
-La Mothe Fénélon, après luy avoyr présenté mes dictes lettres, faire
-telle instance envers elle que le dict navire, et marchandises qui
-estoient dessus, agrès, appareils et munitions, soyent randus et
-restitués à ceux de mes dictz subjects, aux quels ils appartiennent,
-si les choses sont encores en nature; sinon la juste valleur et
-estimation d'iceulx, et les mariniers, et aultres personnes estants
-dessus, mis en plaine et entière liberté. Vous verrés les informations
-qui de ce ont esté faictes, lesquelles vous sont présentement
-envoyées, et employerés la créance, que je vous donne par ma dicte
-lettre à la Royne d'Angleterre, de tous les plus honnestes propos et
-remonstrances dont vous vous pourrés aviser; m'advertissant, à la
-première occasion, de ce que vous aurés faict et de la responce que
-vous en aurés heüe. Et sur ce, etc.
-
-Escript à Angers le VIIIe jour de mars 1570.
-
- CHARLES. FIZES.
-
-
-
-
-XLV
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XIIe jour d'apvril 1570.--
-
- Remerciemens sur les offres de médiation d'Élisabeth, que la
- pacification prochaine doit rendre inutiles.--Remontrances sur
- les armemens faits en Angleterre.--Déclaration du roi qu'il ne
- souffrira pas qu'ils soient tournés contre l'Écosse.--Demande
- qu'Élisabeth retire ses troupes de ce pays, et qu'elle rende la
- liberté à Marie Stuart.--Garantie offerte par le roi pour
- l'exécution du traité.--Ordre donné pour qu'il soit satisfait
- aux réclamations des Anglais sur la pêche des côtes.--Argent
- envoyé à Marie Stuart.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay receu voz lettres des IXe et XIXe
-du mois de mars dernier; après, j'ay eu celles que m'a aportées le Sr
-de Vassal qui sont du XXVIIe du dict moys, ensemble les mémoires et
-instructions que vous luy avés baillé[50]; et, oultre le contenu
-d'icelles, encore quelles soient bien amples, entendu tout ce qu'il
-m'a particullièrement dict et exposé de vostre part, suyvant la charge
-qu'il en avoit de vous. Despuys, j'ay aussy receu les aultres lettres
-du dernier d'icelluy mois[51], me trouvant, en tout et partout, si
-bien et si suffisamment esclairci de tout ce qui se pouvoit apprendre,
-du costé du lieu où vous êtes, qu'il n'est possible de plus; tellement
-qu'avec très juste occasion j'en demeure fort content et satisfaict.
-
- [50] Voyez XCIVe, XCVIe et XCVIIe dép., tom. III, pag. 79, 85 et
- 88.
-
- [51] Voyez XCVIIIe dép., tom. III, pag. 103.
-
-Et pour vous y faire responce, j'ay veu et remarqué, en premier lieu,
-ce que vous me faictes sçavoir du grand et singulier desir que avoit
-la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, d'intervenir et s'employer à la
-pacification des troubles de mon royaume, s'offrant d'envoyer pour
-cest effaict par deçà quelqu'un des siens, personnage de qualité
-correspondante à un tel négoce, ou bien d'en traiter par delà avec le
-cardinal de Chastillon. Sur quoy je ne la puis que grandement
-remercier de ceste sienne bonne vollonté et affection en mon endroict,
-vous priant faire de ma part cest office envers elle, avec toutes les
-plus honnestes parolles dont vous pourrez aviser, l'asseurant que, en
-semblable ou aultre occasion, je luy voudrois très vollontiers faire
-paroistre, par effaict, la correspondance de nostre bonne et commune
-amitié. Mais il ne sera point de besoin luy donner ceste peyne,
-d'aultant que ceulx de mes subjectz rebelles, qui se sont eslevés et
-prins les armes contre mon autorité, m'ont toujours faict remonstrer
-ne voulloir point entrer en capitulation avecque moy, qui suis leur
-roy et prince naturel et souverain; mais seullement avec toute
-révérence et humilité recevoir les offres que je leur fairois,
-tellement que, sur l'acceptation d'icelles que je leur ay cy devant
-envoyées, ils ont depputé quelques uns d'entre eulx pour me venir
-trouver, estantz desjà si bien acheminés qu'ils seront ici dans peu de
-jours, espérant que l'effaict de la dicte pacification sera bientost
-résollu: dont je ne faudray de vous advertir incontinent, affin que
-vous en faictes part et communication à la dicte Dame.
-
-A laquelle vous remonstrerés cependant, pour le regard de ce qui
-touche le faict de si grandes forces, et l'ordre qu'elle donne encore
-tous les jours de les augmenter, ensemble les fournir de provisions et
-munitions de guerre, que je ne puis aulcunement penser que ce soit
-seullement pour chastier, comme elle dict, les fugitifs de son royaume
-qui se sont retirés au païs de la Royne d'Escosse, mais bien estimer
-et me persuader qu'elle a aultre intention, encore qu'elle soit sa
-proche parante; ce que je ne pourrai aulcunement souffrir ni tollérer,
-ayant le coeur grand et bon comme j'ay, et qui ne voudrois
-aulcunement dégénérer aux vertueux et magnanimes actes des Rois, mes
-prédécesseurs, qui ont toujours heu ceste résollution devant les yeux:
-d'employer non seulement les forces et moyens que Dieu leur a donné en
-main, mais encore leurs propres personnes, pour rellever et soulager
-les opprimés. Par quoy il ne faut pas que la Royne d'Angleterre trouve
-estrange si, pour l'ancienne et estroite amitié, alliance et
-confédération qui a esté de tout temps observée, et, de règne en
-règne, continuée et corroborée entre mes dicts prédessesseurs Rois et
-ceux d'Escosse, aussy pour m'estre la Royne du dict païs si prosche
-parente comme elle est, estant ma belle soeur, j'embrasse et veux
-embrasser le faict de sa cause comme la mienne propre, m'asseurant
-qu'en un si bon et saint oeuvre je serai assisté de Dieu, faisant,
-comme je fairai, pour une Royne et princesse catholique, la quelle en
-ceste affliction ne sera jamais abandonnée du Roy d'Espaigne ni de
-tous les aultres princes chrestiens.
-
-Mais pour n'en venir point jusque là, et devant que les choses passent
-plus oultre, vous prierés de ma part la dicte Royne d'Angleterre de
-faire rettirer ses forces du dict païs d'Escosse sans y en renvoyer
-d'aultres, au contraire mettre la Royne du dict Escosse en liberté
-pour gouverner et commander en son dict royaulme, ainsi qu'elle doibt
-et luy appartient de faire, estant née royne et princesse souveraine
-du dict païs, ou bien en laisser faire à ceux qui, de par elle et
-soubz son autorité, seront commis et depputés au dict gouvernement,
-attandu mesme que en cessi ne luy a esté donné aulcun empeschement
-sinon par ceux qui tiennent le parti d'icelle Royne d'Angleterre; avec
-laquelle je seray toujours très aise de continuer tous les bons
-offices d'amitié qui me seront possibles, l'asseurant que la Royne
-d'Escosse gardera, de sa part, tous les traités qui ont esté cy
-devant, et seront cy après, faicts et accordés avec la Royne
-d'Angleterre et ses prédécesseurs, et qu'elle vivra avec elle, gardant
-tout le debvoir d'une bonne et syncère amitié, sans y contrevenir
-aulcunement; et que je luy en veux donner telle promesse et asseurance
-qu'elle aura occasion d'en avoir grand contentement.
-
-Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay veu par le double que
-vous m'avés envoyé de la lettre que vous ont escript ceux du conseil
-d'Angleterre, la plaincte que font les pescheurs de la Rie contre ceux
-de mes subjects, lesquels ilz prétendent contrevenir aux ordonnances
-faictes sur le faict des dictes pescheries, chose que je n'ay jamais
-entendue jusques à ceste heure. Et, à la vérité, je suis bien aise de
-le sçavoir, pour l'envie et la bonne affection que j'ay d'y pourvoir
-et remédier: et, à ceste fin, j'escriptz présentement au Sr de La
-Meilleray, mon lieutenant au gouvernement de Normandie, s'enquérir et
-informer bien soigneusement et dilligemment du faict d'icelles
-pescheries, et des contraventions aux dictes ordonnances, pour, sur
-ce, réduire et remettre les choses en l'estat qu'elles doibvent estre,
-et y demeurer en sorte qu'il n'en advienne plus aucune plainte; et
-qu'il ne faille à m'advertir incontinent de tout ce qu'il en aura
-faict et exécuté, affin que je vous le fasse entendre pour leur
-remonstrer par delà, et ez lieux et ainsi qu'il en sera de besoin,
-tellement que l'on cognoisse partout l'envie que j'ay de vivre en
-bonne et mutuelle amitié avec la dicte Royne d'Angleterre.
-
-Je vous advise, Monsieur de La Mothe Fénélon, que la somme de dix sept
-mille livres, d'une part, et cinq mille qui seront cy après envoyés
-en Angleterre, n'est à aultre fin que pour estre baillée à la Royne
-d'Escosse, ma belle soeur, et non ailleurs, pour luy ayder à subvenir
-en ses affaires, comme estant de ses deniers; par quoy vous le luy
-fairez bailler et en prendrez quittance d'elle pour vostre descharge,
-que vous m'envoyerez pour faire aparoir comme elle les aura receus
-entre ses mains; vous ayant bien voullu renvoyer le dict Sr Vassal,
-sur lequel me remettant, je prie, etc.
-
-Escript à Chasteaubriant le XIIe jour d'apvril 1570.
-
- CHARLES. FIZES.
-
-
-
-
-XLVI
-
-LE DUC D'ANJOU A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
-(_Lettre escrite de la main de Monsieur le Duc._)
-
---du XIIe jour d'apvril 1570.--
-
- Protestation faite par le duc d'Anjou qu'il n'a jamais déclaré
- avoir l'intention, aussitôt la paix conclue, de faire une
- entreprise en Angleterre pour délivrer Marie Stuart.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, vous verrés par la despesche du Roy,
-Monseigneur et frère, responcive à celles que nous avons cy devant
-receu de vous, et mesme par le Sr de Vassal qui vous est présentement
-renvoyé, le voulloir et l'intention de Sa Majesté sur toutes vos
-dictes despesches, estant le tout si bien et amplement déduict qu'il
-ne me reste à vous dire davantage là dessus. Mais, pour le regard de
-ce que vous m'escrivés, en particullier, touchant quelques propos qui
-avoient esté tenus à la Royne d'Angleterre, et dont elle se sentoit
-piquée; disant que j'avois voullu persuader quelques gentilshommes,
-venus du camp de nos ennemis, à franchement recevoir les conditions de
-la paix que l'on leur offroit, et quitter toutes aultres passions pour
-se réunir ensemblement à une mesme bonne et entière vollonté, et que,
-après, je les mènerois à une très honnorable entreprise en Angleterre,
-pour y dellivrer une Royne que l'on y détenoit prisonnière; tellement
-qu'il sembloit par là que je luy voulleusse desjà dénoncer la guerre,
-dont elle ne pensoit m'avoir aulcunement donné l'occasion: sur quoy,
-Monsieur de La Mothe Fénélon, vous luy avés fort bien et sagement
-respondu.
-
-Et fault que je vous die qu'il estoit impossible de faire en cella
-meilleur office que celluy que vous avés faict, qui est la vraye et
-pure vérité, lorsque vous luy avez faict entendre qu'une telle
-vollonté ne m'estoit point tombée dans le coeur; et quand bien il en
-auroit heu quelque chose, ce que non, toutesfois tant s'en fault que
-je l'heusse dict à ceux que je tenois et tiens encore pour ennemis,
-durant le temps qu'ils porteront les armes contre moy, que seullement
-je ne l'heusse pas voulleu descouvrir à mes amis; vous priant
-d'assurer, de ma part, la Royne d'Angleterre que je trouve aultant
-estrange ceste nouvelle comme elle est éloignée de la vérité, n'y
-ayant jamais pensé en quelque sorte que ce soit. Mais ce sont quelques
-turbulents, esprits malicieux, qui s'exercent et passent le temps à
-forger telles malheureuses inventions; la priant bien fort de n'en
-voulloir croire aulcune chose, mais au contraire que j'ay toujours heu
-devant les yeux ceste bonne et ferme intention de voir ces deux
-royaumes, de France et d'Angleterre, continuer et persévérer en leur
-commune et mutuelle amitié; et à faire, de ma part, tous les meilleurs
-offices que je pourrois pour donner tesmoignage par effaict de ma
-dicte bonne vollonté, qui ne sera jamais aultre. Sur ce, etc.
-
-Escript à Chasteaubriant, le XIIe jour d'apvril 1570.
-
- Vostre bon ami. HENRY
-
-
-
-
-XLVII
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du IVe jour de may 1570.--
-
- Détails sur la négociation de la paix qui est près d'être
- conclue.--Réponse faite aux articles par les princes de Navarre
- et de Condé.--Insistance du roi pour qu'Élisabeth retire ses
- troupes d'Écosse.--Affaires de Marie Stuart.--Résolution du roi
- de faire rendre justice sur les plaintes des Anglais.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay receu voz lettres des IXe, XIIIe et
-XVIIIe du moys passé[52], et par icelles entendu, bien et
-particulièrement, en quel estat sont toutes choses de par delà, et
-tout ce qui s'y est passé jusques à l'arrivée du présent porteur qui
-est à vous; et m'avés faict bien grand plaisir de me tenir si souvent
-et si amplement adverti des occurrences du lieu où vous estes. Je
-n'heusse pas tant demeuré à vous faire responce sans ce, que
-j'attandois le retour du Sr de Biron, et ce qui réhussiroit de la
-négotiation de la paix, par la venue des depputés que la Royne de
-Navarre et les Princes, ses fils et nepveu, ont envoyéd evers moy;
-lesquels, oultre le contenu ez articles que je leur avois cy devant
-envoyés par le dict sieur de Biron, et dont je vous ay donné adviz et
-envoyé coppie, m'ont faict, de leur part, plusieurs aultres
-particullières supplications et demandes de ce qu'ils désirent obtenir
-de moy. Et ayant mis en considération les grandes calamités, misères,
-oppressions et ruines dont mes pauvres subjects sont continuellement
-affligés, pour raison des guerres provenant des troubles qui ont esté
-cy devant et sont encore à présent en mon royaulme, et pour éviter un
-plus grand mal et donner quelque repos et soulagement à mes subjects,
-j'ay bien voulleu, puisqu'il n'y avoit aultre moyen de parvenir à une
-pacification, leur accorder ce que vous verrés par les responces que
-je leur ay faictes, dont je vous envoye un double, affin que vous
-sçachiés les causes et raisons et occasions pour lesquelles je me suis
-condescendu à leur octroyer plus que de ce que je leur avois mandé par
-le susdict Sr de Biron et le Sr de Malassise, conseiller en mon
-conseil privé; ce que vous pourrés dextrement et sagement faire
-entendre à la Royne d'Angleterre, et luy en parler avec tel propos et
-langage que vous cognoistrés qu'il en sera de besoin pour mon
-servisse. Et n'oubliés de la remercier aussy bien fort, de ma part, de
-la grande démonstration qu'elle a tousjours faicte de désirer la paix
-et repos en mon royaulme, et la bonne vollonté qu'elle a heue de s'y
-employer elle mesme, tellement qu'estant toutes choses aux termes
-qu'elles sont, et veu les grandes et raisonnables offres que je leur
-fais, j'espère qu'il ne sera poinct de besoin de luy donner ceste
-peyne; et que ceux de mes subjects, estant de la nouvelle opinion, qui
-se sont eslevés contre moy, ne s'oublieront point tant qu'ils ne
-reçoivent la grâce que je leur fais avec les conditions contenues ès
-dictes responces qui leur seront offertes de ma part. Aultrement, avec
-juste occasion, je ne pourrois penser d'eux qu'avec très mauvaise
-vollonté, et que ce seroit plustôt leur ambition qui les pousserait à
-continuer la guerre que le zelle qu'ils disent avoir à la conservation
-de leur religion. Et sur ce faict je ne puis mander aultre chose
-jusques au retour du Sr de Biron et de Malassise.
-
- [52] Voyez Ce, CIe et CIIe dép., tom. III, pag. 110, 113 et 116.
-
-Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay trouvé très bons tous
-les bons offices que vous avés faict, de ma part, envers la dicte
-Dame pour la dicte Royne d'Escosse, ma belle soeur; et m'asseure que,
-suyvant ce que je vous ay escript par mes dernières lettres, que le Sr
-de Vassal vous a aportées, vous n'aurés rien oublié de mon intention
-pour tascher et empescher, par tous les moyens que vous aurés peu, que
-les forces qu'elle voulloit envoyer en Écosse n'ayent passé oultre, ce
-que je désire que vous continués, et y faictes tout ce qu'il vous sera
-possible. Et pour le regard du secours que la dicte Royne d'Écosse
-desire estre par moy envoyé en son royaulme, j'ay donné charge au
-présent porteur de vous faire sur ce entendre ce que j'ay résollu, et
-aussy du surplus de ce qui est contenu ez instructions et mémoires que
-vous luy avés baillé.
-
-Quand à la plaincte que ceux de la Royne d'Angleterre vous ont faicte
-pour un de ses subjectz qui a perdu un navire, et dont vous m'avés
-envoyé la requeste qu'ils vous en ont présentée, j'ay commandé que
-l'on vériffie le faict et qu'il en soit faicte telle punition et
-justice qu'il appartient, qui est tout ce que je vous escripray. Et
-sur ce, etc.
-
-Escript à Chasteaubriant le IVe jour de may 1570.
-
- CHARLES. FIZES.
-
-
-
-
-XLVIII
-
-LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du IVe jour de may 1570.--
-
- Conférence entre la reine-mère et l'ambassadeur
- d'Angleterre.--Offre de l'ambassadeur de faire la proposition
- du mariage du duc d'Anjou avec Élisabeth.--Désir de la reine
- que La Mothe Fénélon appuie les projets de mariage de
- Leicester.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay receu voz lettres du IXe, XIIIe et
-XVIIIe du moys passé, auxquelles l'on a différé de vous faire
-responce, tant pour attendre le retour du Sr de Biron et des depputés
-que la Royne de Navarre et les Princes, ses fils et nepveu, ont envoyé
-devers le Roy, Monsieur mon fils, que pour vous avoir mandé, par le Sr
-de Vassal, tout ce que nous vous pouvions escrire jusques à ce que
-l'on ait veu la résollution qui seroit prise de la négotiation de la
-paix. Et pour ce que, par les lettres que le Roy, Mon dict Sieur et
-fils, vous escript et les responces qu'il leur a faictes, qu'il vous
-envoye, vous serés bien amplement instruict de tout ce qui s'est passé
-en cest affaire jusques à présent; m'en remettant là dessus, je ne
-vous en manderay aulcune chose en la présente, m'asseurant que vous en
-fairez sagement et dextrement entendre à la Royne d'Angleterre ce que
-vous verrez et cognoistrez qu'il en sera de besoin;
-
-Vous voullant bien advertir comme, à la dernière audience que je
-donnay à son ambassadeur, estant sur le propos de la Royne, sa
-Maistresse, je luy dis que le Roy, Mon dict Sieur et fils, et moy
-desirions, pour l'amitié que nous luy portons, qu'elle voullût mettre
-la Royne d'Escosse en liberté, et luy ayder et favoriser en tout ce
-qu'elle pourroit pour la remettre en son royaulme, avec l'autorité qui
-luy est deue; et aussy qu'elle prît une résolution de se marier et de
-choisir quelqu'un qui feust à sa dévotion et de qui elle peut disposer
-à sa vollonté; et par ce moyen elle demeurerait en plus grand repos en
-son royaulme, et osteroit les occasions des troubles qu'elle a heue
-naguières, et encores a; et que ceux, qui prétendent succéder après
-elle, n'auroient plus de prétexte d'y faire les remuements et menées
-qu'ils font ordinairement.
-
-Sur quoy le dict ambassadeur me fit responce que, si je parlois pour
-mon fils, le Duc d'Anjou, qu'il en escriroit vollontiers, et qu'il
-pensoit que sa Mestresse auroit bien agréable d'en ouïr parler.
-
-Et, sur ce, je luy remonstray que l'âge de mon fils estoit si inesgal
-au sien que cella ne se pourroit effectuer, et qu'elle debvoit
-regarder d'en choisir quelqu'un dans son royaulme tel que bon luy
-sembleroit: ce que je desire que vous faciés entendre au comte de
-Lestre, et comme, suivant ce que vous m'en avés cy devant escript, et
-les propos qu'il vous en avoit tenus, j'ay dict cella au dict
-ambassadeur; et que ce n'est à aultre fin que pour luy faire
-cognoistre la bonne vollonté que le Roy, Mon dict Sieur et fils, et
-moy luy portons, et que nous avons faict et fairons tous les bons
-offices que nous pourrons pour luy ayder à parvenir à ce qu'il peut
-desirer en cest endroict; nous asseurant aussy qu'il faira tousjours
-tous les bons offices qu'il pourra envers sa Mestresse pour entretenir
-la bonne amitié qui est entre nous.
-
-Quand au faict de la Royne d'Escosse, vous verrés ce que le Roy, Mon
-dict Sieur et fils, vous en escript, et entendrés, tant par sa lettre
-que par ce que nous avons dict au présent porteur, qui est à vous, sur
-ce plus amplement son intention; qui me gardera de vous faire la
-présente plus longue. Sur ce, etc.
-
-Escript à Chasteaubriant le IVe jour de may 1570.
-
- CATERINE. FIZES.
-
-
-
-
-XLIX
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XXXIe jour de may 1570.--
-
- Affaires d'Écosse.--Nouvelle déclaration du roi pour qu'il soit
- enjoint à Élisabeth de retirer ses troupes de ce pays.--Offre
- acceptée par le roi de s'établir médiateur entre Élisabeth et
- Marie Stuart.--Charge donnée à l'ambassadeur de se rendre
- auprès de la reine d'Écosse.--Instruction pour le traité qui
- pourrait être conclu.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay receu voz lettres des XXIIIe et
-XXVIIe apvril, et IIIe et VIIIe du présent moys de may[53], par
-lesquelles vous me faictes bien et particullièrement entendre tout ce
-qui s'est passé de delà; et mesmes pour les forces que la Royne
-d'Angleterre a faict acheminer en Écosse, la façon de laquelle on y a
-procédé, ayant bruslé partout où ils ont passé, et prins le chasteau
-de Humes, où ils ont mis garnison, la deffaicte de la plus grande
-partie des forces qu'avoit milord Scrup, et particullièrement la
-responce que la Royne d'Angleterre vous a faicte, luy ayant faict
-entendre ce que je vous avois escript, et donné charge de luy dire, de
-ma part, pour le faict de la Royne d'Escosse et des forces qu'elle
-faisoit passer en son royaulme, et que, pour l'ancienne allience et
-amitié qui est entre ces deux royaulmes, je ne pourrois moins faire
-que de la secourir; ayant bien notté et considéré tout ce que vous
-m'en avés mandé et ce que Sabran, présent porteur, oultre le contenu
-en voz despesches, m'en a faict entendre amplement de vostre part. Sur
-quoy je vous veux bien advertir que j'ay trouvé très bon tout ce que
-vous en avés faict, qui est conforme à mon intention et vollonté,
-ayant résollu de tenir le mesme langage à son ambassadeur, lorsqu'il
-m'en parlera.
-
- [53] Voyez CIIIe, CIVe, CVe et CVIe dép., tom. III, pag. 128,
- 130, 133 et 138.
-
-Et cependant vous pourrés voir la dicte Dame, et luy dire que les
-propos, que je luy ay faict tenir par vous, ne sont point pour rompre
-aulcunement la forme de paix et amitié que nous avons ensemble;
-qu'elle sçait bien que ce n'est pas une allience nouvelle que je fais
-avec la Royne d'Escosse et son royaulme, pour ce qu'il y a neuf cens
-ans qu'elle a esté ainsi continuée par les Rois, mes prédécesseurs, et
-ceux du dict Escosse; et que, pour mieux entretenir l'amitié qui est
-entre nous, je n'avois point voullu, suyvant la prière et requeste que
-son dict ambassadeur m'en avoit faicte, envoyer aulcunes forces en
-Escosse, sur l'asseurance qu'il m'avoit donnée que la dicte Dame n'y
-en envoyeroit point aussy. Et voyant à présent le contraire, et que la
-Royne d'Escosse et les principaux de son païs me voudroient ou
-pourroient sommer de les secourir, suyvant les traités, je ne pouvois
-moins faire, pour entretenir l'amitié d'une part et d'aultre, que de
-luy faire remonstrer ce que vous luy avés desjà dict; et que, pour les
-raisons et considérations susdictes, je la prie de rechef de ne rien
-faire ou entreprendre sur la dicte Royne d'Escosse et son royaulme, et
-d'en faire incontinent rettirer ses forces, ayant bien agréable
-l'offre, qu'elle vous a faicte, de voulloir recevoir les conditions
-que la Royne d'Escosse luy demandoit sur la commodité de ses affaires,
-ou que je luy faisois offrir pour elle.
-
-Et pour mieux et plus tot acheminer ceste négociation, vous la prierez
-de vous permettre d'aller trouver la dicte Royne d'Escosse pour luy en
-communiquer, et qu'elle puisse appeller aulcuns de son conseil, telz
-qu'elle advisera, affin qu'avec eulx elle puisse faire mettre par
-escript tout ce qui sera nécessaire pour l'entretènement d'une bonne
-paix, amitié et concorde entre elles deux; et que je vous ay donné
-charge de dire à la Royne d'Escosse que je desire que, de sa part,
-elle garde et fasse observer et entretenir inviolablement tout ce qui
-sera faict et accordé entre elles, et aussy qu'elle pardonne à tous
-ses subjects pour tout ce qu'elle pourroit prétendre avoir esté faict
-par eulx, soit en faveur de la Royne d'Angleterre, ou aultrement. Et
-pour cest effaict, Monsieur de La Mothe Fénélon, vous regarderez par
-tous les moyens dont vous pourrés aviser à conduire si bien ceste
-résolution qu'elle a prinse, qu'il s'en puisse ensuivre bientost un
-bon accord, et la Royne d'Escosse mise en liberté et en l'authorité et
-commandement qu'elle doibt avoir en son royaulme.
-
-Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fénélon, je vous envoye un extraict
-de la lettre, que le maréchal de Dampville m'a escripte par Le Béloy,
-de la deffaicte d'un grand nombre d'hommes de cheval et à pied, qu'il
-a faicte sur mes subjects rebelles, affin que vous puissiez faire
-entendre au vray à la dicte Dame, et où il sera de besoin, ce qui en
-est. Et en attendant le retour des susdicts de Biron et de Malassise,
-que j'ay envoyé devers les Princes de Navarre et de Condé, et
-l'Admiral, pour leur faire entendre ma dernière résollution sur ce
-qu'on nous faict requérir et supplier, je suis allé en Bretaigne pour
-y prendre plaisir à la chasse; et m'achemine présentement, par la
-Normandie, vous avisant que vous ne me sçauriés faire servisse plus
-agréable que de me tenir ordinairement et continuellement adverti de
-toutes les nouvelles et occurences de delà, comme vous avés très bien,
-et à mon contentement, faict jusques ici, ainsi que j'ay donné charge
-à Sabran vous dire plus particullièrement de ma part. Sur ce, etc.
-
-Escript à Mortaing, le dernier jour de may 1570.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, despuys la présente escripte, j'ay reçue
-voz lettres des XIIIe et XVIIe de ce moys[54], par lesquelles vous
-m'advertissez de ce qui s'est passé de delà, despuys voz dernières
-lettres, et de combien a servi ce que vous aviés faict entendre à la
-Royne d'Angleterre de ma part, ayant faict rettirer ses forces en la
-frontière; et sur ce que vous me mandez particullièrement de
-l'expédient que la dicte Dame veut prendre sur les affaires de la
-Royne d'Escosse, et comme elle pourra traicter seurement avec elle, de
-trois poincts; sçavoir est: du tiltre qu'elle prétend à la couronne
-d'Angleterre, d'une ligue et de la religion.
-
- [54] Voyez CVIIe et CVIIIe dép., tom. III, pag. 150 et 154.
-
-Pour le regard du tiltre et de la religion vous regarderez avec la
-dicte Royne d'Escosse et son conseil; et quand à la ligue qu'elles
-pourroient faire ensemble, il n'est pas raisonnable, comme vous
-sçavés, qu'elle soit faicte à mon préjudice; et pour oster la Royne
-d'Angleterre de tout soupçon, et luy faire mieulx cognoistre comme je
-veux vivre en bonne amytié avec elle, vous luy fairez entendre de ma
-part que je veux et desire entrer en ceste ligue avec elle et la Royne
-d'Escoce. Et, pour cest effaict, je veux et entend que vous y faictes
-pour moy, et en mon nom, tous ce que verrés et cognoistrés estre
-requis et nécessaire pour le bien de mon servisse, ainsi que j'ai
-donné charge plus particulière au dict Sabran de vous dire. Ce XXXIe
-jour de may 1570.
-
- CHARLES. FIZES.
-
-
-
-
-L
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du Xe jour de juing 1570.--
-
- Approbation de la négociation faite par l'ambassadeur concernant
- l'Écosse.--Consentement donné par le roi au rappel des forces
- qu'il envoyait dans ce pays.--Confiance qu'Élisabeth va
- procéder au traité pour la restitution de Marie
- Stuart.--_Lettre de Mr de Fizes._ Déclaration que le roi ne
- consentira pas à ce qu'il soit accordé des otages français pour
- assurer l'exécution du traité relatif à Marie Stuart, mais
- qu'il ne s'oppose pas formellement à ce qu'il soit donné des
- otages écossais.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, despuys le partement de Sabran pour s'en
-retourner devers vous, j'ay receu vos lettres du XXIIe et XXVIIe du
-passé[55], par lesquelles vous me faictes bien particullièrement
-entendre tout ce qui a esté fait et négotié par vous, tant avec la
-Royne d'Angleterre que ceux de son conseil, pour le faict de la Royne
-d'Escosse et de son royaume; les cinq poincts qu'ils ont mis en avant
-pour parvenir à quelque bon accord, et pour accomoder les différents
-qui sont entre elles; et aussy les seurettés que la dicte Royne
-d'Angleterre demande pour l'entretènement de ce qui sera traicté et
-arresté, et enfin ce qui a esté résollu suivant le mémoire qui m'en a
-esté par vous envoyé. Sur quoy j'ay bien voulleu vous advertir que
-j'ay heu fort agréable tout ce que vous avés dict et faict entendre de
-ma part à la dicte Dame, et loue grandement la sagesse, prudence et
-dextérité de laquelle vous avés usé, selon que vous avés cogneu qu'il
-en estoit de besoin, et que l'occasion se présentoit; ce qui ne
-sçauroit avoir esté faict mieulx ni plus à propos, ni dont je puisse
-avoir plus de contentement et satisfaction, ni plus conforme à mon
-intention et vollonté, ayant résollu de tenir ce mesme langage à son
-ambassadeur qui m'a faict demander audience; laquelle j'espère luy
-donner dans deux jours, que je pourray estre à Alançon.
-
- [55] Voyez CIXe et CXe dép., tom. III, pag. 157 et 161.
-
-Et pour le regard de ce que vous avés accordé avec la dicte Dame et
-ceux de son conseil, ainsi qu'il est mis par escript par le dict
-mémoire; vous luy direz que, pour luy faire cognoistre comme je veux,
-de ma part, satisfaire à tout ce que vous luy avés dict, promis et
-accordé, et mesmes pour luy donner plus grand tesmoignage de la
-vollonté que j'ay d'entretenir la bonne amitié qui est entre nous,
-que, ayant agréable tout le contenu en icelluy, j'ay incontinent
-contremandé les cappitaines, avec les forces que j'avois déjà envoyées
-en Escosse, m'asseurant aussy que, de sa part, elle faira le semblable
-pour les deux mille arquebusiers qu'elle y a envoyés, despuys qu'elle
-a faict rettirer son armée à Barwich, et les vaisseaux qu'elle a fait
-mettre en mer; et que, de bonne foy, et avec telle syncérité qu'il
-appartient, et que je doibs espérer d'une Royne et princesse telle
-comme elle est, qu'elle satisfaira à ce qui est desjà accordé, et
-parachèvera de conclurre et arrester tout ce qui reste pour remettre
-la Royne d'Escosse, ma belle soeur, en liberté et en l'auctorité et
-commandement qu'elle doibt avoir en son royaulme, et aussy pour mettre
-une bonne fin, par accord et voye amiable, à tous les différents qui
-peuvent être entre elles et leurs royaulmes, affin que, par cy après,
-il n'y puisse survenir aulcune altération ni différent.
-
-Et voyant comme vous avés fort sagement et bien conduit cest affaire
-jusques ici, je ne vous en manderay aulcune chose en particullier,
-m'en remettant et reposant de tout sur vous pour le négotier, selon
-et ainsi que vous cognoistrés estre convenable pour ma grandeur et
-réputation, et pour le bien et commodité de ceste couronne. Sur ce,
-etc.
-
-Escript à Argentan le Xe jour de juing 1570.
-
- CHARLES. FIZES.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, despuys la présente escripte, j'ay receu
-vostre lettre du premier de ce moys[56], à laquelle n'est point de
-besoin de vous faire aultre responce, y estant satisfaict par ce que
-je vous mande cy dessus, sinon que j'ay esté bien aise d'entendre ce
-qui s'est passé despuys vos dernières lettres.
-
- CHARLES. FIZES.
-
- [56] Voyez CXIe dép, tom. III, pag. 171.
-
-
-(Plus est escript dans la lettre de Mr De Fizes à Mr de La Mothe
-Fénélon).
-
-Monsieur, comme je voullois fermer ce pacquet, Leurs Majestés ont
-receu vos lettres du 1er de ce moys, que je leur ay faict voir, et
-particullièrement à la Royne ce que m'avés escript sur ce que vous
-prévoyés que la Royne d'Angleterre s'opiniastrera d'avoir des ostages
-pour l'entretènement du traitté qu'elle faira avec la Royne d'Escosse,
-nommément le filz, si elle peut, et principallement quelques uns de la
-maison de Guise ou d'Aumale. Sur quoy Sa Majesté m'a commandé vous
-escrire qu'elle n'en veut point parler au Roy, sçachant qu'il ne
-trouvera poinct bon et ne voudra, en quelque sorte que ce soit,
-bailler aulcuns otages françois. Et, pour le regard du Prince
-d'Escosse et des seigneurs escossois, qu'il ne s'en souciera pas,
-sinon en tant que vous verrés que cella luy pourra servir, et que,
-pour ce regard, luy en accorde ce que l'on advisera.
-
-Le Xe jour de juing 1570.
-
-Vostre bien humble et affectionné amy et serviteur.
-
- FIZES.
-
-
-
-
-LI
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du VIe jour de juillet 1570.--
-
- Négociation concernant Marie Stuart.--Articles sur l'exercice de
- la religion protestante et la ligue entre l'Angleterre et
- l'Écosse.--Avertissement donné aux gouverneurs des ports des
- entreprises projetées par les protestans.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ai receu vostre lettre du XXVe du
-passé[57], et par le contenu en icelle veu la façon dont vous avés
-procédé pour faire entendre à la Royne d'Angleterre mon intention, sur
-ce qu'on luy avoit voullu faire acroire de l'asprest que je faisois
-faire en Bretaigne pour envoyer des forces en Escosse, et luy oster
-l'opinion que, à la persuasion d'aulcuns de ses ministres, elle avoit
-conceu du contraire, nonobstant la promesse que j'en avois faicte à
-son ambassadeur et ce que je vous ay mandé et donné charge de luy dire
-de ma part; ayant trouvé très bon que, au lieu de luy escrire, vous
-ayez avisé d'attendre qu'elle ait moyen de vous donner audience, affin
-que vous mesmes, de vive voix, luy puissiés dire et asseurer tout le
-contraire de ce que on luy a voulleu persuader; et ce pendant ceux que
-vous m'escrivés, lesquelz sont absents de sa cour, seront de retour;
-et sur ce que vous me mandés avoir descouvert que aulcuns de son
-conseil, qui ont tousjours voulleu empescher la liberté et restitution
-de la Royne d'Escosse, voyant que leur Maistresse estoit délibérée de
-mettre une fin à cest affaire, et parachever ce qui est desjà
-commancé, ont résollu de se tenir fermes aux conditions portées par
-vostre lettre, et dont j'ay fait faire un extraict que vous trouverez
-avec la présente; sur quoy vous désirés entendre ma vollonté pour
-l'exposer quand il sera temps et qu'il en sera traité.
-
- [57] Voyez CXVIIe dép., tom. III, pag. 212.
-
-J'ai pensé que, à présent, vous aurés receu toutes les despesches que
-je vous ay ci devant faites, et mesmes les dernières par Vassal, et le
-sieur de Poigny[58], par lesquelles je vous ay satisfaict à la
-pluspart du contenu au dict mémoire, qui est que je ne voullois poinct
-bailler aulcuns otages françois, de quelque qualité qu'ils le puissent
-demander; et, pour le regard de ceux qu'ils voudront avoir du royaulme
-d'Escosse, que je m'en remectz entre elles deux et leurs ministres
-pour en accorder, ainsi que bon leur sembleroit, réservé le Prince
-d'Escosse, comme n'estant raisonnable qu'il soit mené hors son
-royaulme. Et à ceste occasion, je desire que vous faites tout ce que
-vous pourrés pour empescher qu'il ne soit poinct envoyé en Angleterre.
-
- [58] Cette dernière lettre, en date du 27 juin 1570, manque.
-
-Quand au faict de la religion protestante, pour estre establie et
-confirmée en Escosse; le serment solennel qu'ils veullent faire faire
-à la Royne du dict pays de ne se marier sans l'exprès consentement de
-la Royne d'Angleterre et de chasser les rebelles anglois qui se sont
-rettirés en son païs; la cession, qu'ils veulent qu'elle fasse à la
-Royne d'Angleterre et aux enfants qui viendront d'elle, de tout le
-droict et tiltre qu'elle prétend au dict royaulme; de déclarer, dès à
-présent, pour son successeur à celluy d'Escosse et aux droits qu'elle
-prétend à celluy d'Angleterre le Prince, son fils; je remetz cella à
-ce que vous en saurés bien meurement et sagement adviser avec la Royne
-d'Escosse et ses ministres, pour faire le traité le plus à son
-avantage qu'il sera possible, et qu'il ne me soit aulcunement
-préjudiciable.
-
-Touchant la ligue offensive et deffensive entre les deux Roynes et
-leurs royaulmes, à laquelle me sera donné lieu pour y entrer, si bon
-me semble, vous aurés veu ce que je vous en ay mandé cy devant sur
-cest article, lequel méritte d'estre bien pesé et considéré par vous,
-ensemble celuy qui est ensuivant, par lequel il est dict qu'il ne sera
-loisible d'introduire nul estranger en armes dans le païs, d'où qui
-soit, ni par quelque coulleur ou prétexte que ce puisse estre; et se
-garder, le plus que l'on pourra, de n'entrer point à faire de nouveaux
-traictés qui puissent préjudicier aux anciennes alliances que mes
-prédécesseurs et moy avons heu, de si longtemps, et qui demeurent
-encore avec ceux d'Escosse. Et suffiroit seulement d'accorder ce que
-vous verrez estre bon pour l'entretènement d'une bonne et commune
-amitié entre elles et moy; et où vous verriés que l'on voudroit faire
-et accorder chose qui me feust préjudiciable, avant de passer oultre,
-je veux et entends que vous m'en advertissiés, pour, sur ce, vous
-faire entendre mes voulloir et intention.
-
-J'ay veu aussy ce que vous me mandés des nouvelles que vous avés heues
-des forces d'Allemaigne, et ce que vous avés peu sçavoir de leur
-délibération, et pareillement de la descente que ceux de leur parti
-veullent faire par mer en aulcuns des ports et havres de Picardie,
-Normandie, Bretaigne ou Guienne, dont j'ay adverti les gouverneurs des
-provinces et ceux qui y commandent pour moy, affin de se tenir sur
-leurs gardes. Qui est tout ce que j'ay à vous escrire pour le
-présent, me remettant du surplus sur ce que je vous ay mandé par le
-dict Vassal, Sr de Poigny et celluy des vostres que vous m'avés
-dernièrement envoyé.
-
-Despuys la présente escripte, j'ay receu vostre despesche du XXIXe du
-passé[59] et veu ce que, par icelle, vous me faictes savoir. Sur quoy
-n'est besoin vous faire aultre response pour ceste heure; en attendant
-l'advis de ce que vous aurés négotié par dellà.
-
-Escript à Gaillon, le VIe jour de juillet 1570.
-
- CHARLES. FIZES.
-
- [59] Voyez CXVIIIe dép., tom. III, pag. 216.
-
-
-
-
-LII
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XXIXe jour de juillet 1570.--
-
- Mission de Mr de Poigny en Angleterre.--Mécontentement du roi de
- ce qu'il ne lui a pas été permis de passer en Écosse.--Espoir
- d'une paix prochaine.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, despuys l'arrivée par deçà de Sabran,
-qui est à vous, j'ay receu deux de vos despesches du XIVe et du XIXe
-de ce moys[60], et par le contenu d'icelles veu ce que me mandés du
-faict de vostre négotiation de delà; en quoy vous me représentés si
-bien et particullièrement tout ce qui s'est passé après l'arrivée du
-Sr de Poigny, qu'avec très juste occasion je demeure fort content et
-satisfaict de la diligence, prudence et dextérité, dont y avés uzé, ne
-me pouvant trop esbahir des variétés et mutations de ceux de delà, à
-qui vous avez à faire, et des desfiances où ils entrent ordinairement;
-n'ayant voulleu permettre que le dict Sr de Poigny passât en Escosse.
-Et encore me semble il que vous avés beaucoup faict de luy faire
-accorder qu'il allast visitter la Royne du dict Escosse, ma belle
-soeur, laquelle n'en pourra recevoir que très grand plaisir; et tout
-ce qui dépend de vostre dicte négotiation tant mieux achemine; vous
-avisant que je retiendray encores le dict Sabran jusques à ce
-qu'estant les depputés des Princes retournés devers moy, la conclusion
-et résollution de la paix soit entièrement faicte et arrestée, affin
-de vous en donner avis. Cependant je vous ay bien voulleu faire ceste
-petite dépesche par la poste, pour seullement vous advertir de la
-réception de vos dictes lettres et vous asseurer du grand contentement
-que j'ay de vos continuelles actions et déportements; vous priant de
-ne vous lasser de nous faire sçavoir de vos nouvelles à toutes
-occasions qui se présenteront. Et sur ce, etc.
-
-Escript à St Germain en Laye, le XXIXe juillet 1570.
-
- CHARLES. FIZES.
-
- [60] Voyez CXXIe et CXXIIe dép., tom. III, pag. 234 et 240.
-
-
-
-
-LIII
-
-LE ROY A MR DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du IVe jour d'aoust 1570.--
-
- Nouvelle que la paix peut être considérée comme définitivement
- conclue.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, vous avés cy devant entendu comme,
-quelque temps après le retour des Srs de Biron et de Malassise de leur
-voyage vers les Princes, où je les avois envoyés de Chasteaubriant,
-les depputés des dictz Princes sont arrivés en ce lieu pour achever
-ceste négociation de paix, de si longtemps commancée. A quoy j'ay tant
-travaillié despuys mon arryvée en ce lieu, avec la bonne assistance de
-la Royne, Madame et Mère, et de mes frères, les Ducs d'Anjou et
-d'Alençon, pour le desir que j'ay heu de remettre mon royaulme en
-repos, et faire cesser les grands et exécrables maux que nourrit et
-entretient ceste guerre, que je tiens pour ce jourdhuy les choses
-terminées en une bonne pacification, selon les articles qui en ont
-desjà esté arrestés, que je vous envoyeray par cy après; qui n'a pas
-esté sans assés longues disputes. Néanmoings j'ay voullu préférer le
-repos général de mon peuple à toutes aultres considérations
-particullières, ayant bonne vollonté de suyvre tous les plus propres
-et convenables moyens qui se pourront tanter, pour establir si bien la
-paix par tout mon dict royaulme, qu'il ne puisse plus tomber ez
-inconvéniens, desquels il a esté enveloppé despuys trois années en çà.
-Qui sera chose, comme j'estime, fort agréable à toutes les nations
-estrangères, qui ayment la conservation de mon dict royaulme, et
-mesmes à la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, à laquelle je vous
-prie faire part de ceste bonne nouvelle, pour estre celle qui, ainsi
-que je m'asseure, en recevra grande joye et plaisir; priant Dieu, etc.
-
-Escript à St Germain en Laye, le IVe jour d'aoust 1570.
-
- CHARLES. BRULART.
-
-
-
-
-LIV
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XIe jour d'aoust 1570.--
-
- Réponse aux nouvelles d'Angleterre.--Espoir que la pacification
- va rompre les projets hostiles des Anglais.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay receu vostre lettre du XXVe du
-passé[61], par laquelle vous m'avés bien au vray représenté l'estat
-auquel sont toutes choses par delà; mesmes l'espérance où est le duc
-de Norfolc de sa délivrance; les préparatifs d'armes que faict la
-Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, tant par mer que par terre, soubz
-coulleur du soubçon qu'elle a prins de l'armement que faict faire le
-duc d'Alve, pour le passage de la Royne d'Espaigne; et aussy la grande
-intelligence qui s'est découverte parmi les Catholiques d'Angleterre,
-pour faire une nouvelle sublévation dedans le royaulme; ce que je
-pense estre plus pour ceste occasion que pour entreprinse qu'ils ayent
-sur mon royaulme. Dont, s'ils a voient heu quelque mauvaise vollonté,
-j'espère qu'elle leur sera diminuée par la pacification des troubles,
-que j'ay conclue avec les depputés des Princes, qui s'ont près de moy,
-estant le meilleur conseil que j'heusse peu prendre, puisque, par ce
-qui est contenu au mémoire et instruction particullière[62] que m'avés
-envoyé, il se cognoit clairement que ceux de delà regardent à
-accommoder leurs affaires avecque les Flamans, et à nourrir la guerre
-en mon dict royaulme, le plus qu'ils pourront, pour le rendre
-entièrement ruiné. Mais, quand ils entendront la nouvelle de la dicte
-pacification, je croy qu'ils se trouveront fort esloignés de leurs
-desseins, et que, si les seigneurs du conseil de par dellà vous ont cy
-devant faict quelque plus grande confirmation et démonstration de la
-bonne amitié que me porte la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur,
-qu'ilz en fairont encores, à ceste heure, davantage, estant bien de
-tel humeur de se gouverner en semblables choses, selon qu'ils voyent
-noz affaires estre en bon train.
-
- [61] Voyez CXXIIIe dép., tom. III, pag. 246.
-
- [62] Voyez les Mémoires joints à la CXXIIIe dép., tom. III, pag.
- 250 et 254.
-
-Touchant la Royne d'Escosse, ma belle soeur, il se recognoistra, au
-retour de Poigny, de quel fruict luy aura esté son voyage par delà,
-desirant que, en tout et partout, vous favorisiés ses affaires aultant
-qu'il vous sera possible; priant Dieu, etc.
-
-Escript à St Germain en Laye, le XIe jour d'aoust 1570.
-
- CHARLES. BRULART.
-
-
-
-
-LV
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XVIe jour d'aoust 1570.--
-
- Retour de Mr de Poigny.--Avis donné au roi d'une entreprise
- projetée par les Anglais sur Calais.--Injonction faite à
- l'ambassadeur de demander à cet égard des explications à la
- reine d'Angleterre.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay receu vos lettres du VIe de ce
-moys[63] par le Sr de Poigny, et entendu de luy bien particullièrement
-tout ce qu'il a négotié avec vous envers la Royne d'Angleterre, pour
-le faict de la Royne d'Escosse; et attands, par la première dépesche,
-que vous me fairés, de sçavoir tout ce qui sera succédé, despuys son
-partement, en ceste négociation, m'asseurant bien que vous n'y
-obmettrés aulcune chose de tout ce que vous cognoistrés y debvoir
-estre faict pour le bien de mon servisse et prospérité de mes
-affaires.
-
- [63] Voyez CXXVe dép., tom. III, pag. 263.
-
-Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fénélon, je vous ay voullu
-dépescher ce courrier exprès, et vous envoyer le double de l'advis qui
-m'a esté donné de l'entreprinse que l'on veut faire sur ma ville de
-Calais, affin que vous faciés entendre, de ma part, à la Royne
-d'Angleterre, qu'ayant faict envers elle tous les bons offices
-d'amitié qu'il m'a esté possible, lesquels j'ay tousjours heu
-vollonté de continuer, mesmes à présent, que j'ay pacifié les troubles
-de mon royaulme, j'aurois grande occasion de faire le contraire, s'il
-estoit vray qu'elle y heust aulcune vollonté ou intelligence, ou
-qu'elle ait commandé à ceulx, qui ont charge de ses forces sur mer, de
-ce faire.
-
-Et, pour ceste occasion, je desire d'en estre esclerci et entendre par
-vous son intention et l'occasion pour laquelle elle a faict faire le
-dict armement, affin que, heue vostre responce là dessus, je pourvoye,
-de mon costé, à ce que j'auray à faire. A ceste cause, je vous prie
-que, incontinent que vous aurés receu la présente, vous regardiés de
-parler à elle le plus tôt que faire se pourra, et me mander ce que
-vous aurés peu cognoistre et sçavoir du contenu au dict advis. Sur ce,
-etc.
-
-Escript à Paris le XVIe jour d'aoust 1570.
-
- CHARLES. FIZES.
-
-
-
-
-LVI
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XIe jour de septembre 1570.--
-
- Rupture du traité concernant l'Écosse.--Envoi d'un courrier
- exprès pour faire connaître à l'ambassadeur les intentions du
- roi.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay receu vos lettres du XXVIe du
-passé[64], par lesquelles vous m'avés faict particullièrement responce
-à ce que je vous avois escript par le courrier que je vous avois
-dépesché, et aussi le peu d'espérance que la Royne d'Escosse a que ses
-affaires réhussissent, sellon les belles parolles et promesses que
-l'on avoit données, et le traicté qui avoit esté commencé. Sur quoy
-je me remettray à ce que j'ay donné charge à Sabran, que j'envoye
-exprès devers vous, vous dire de ma part, par lequel vous entendrés
-particullièrement mon intention; qui me gardera de vous faire plus
-longue lettre que de prier, etc.
-
-Escript à Paris le XIe jour de septembre 1570.
-
- [64] Voyez CXXXe dép., tom. III, pag. 285.
-
-
-J'ay, despuys, receu voz lettres et entendu par Vassal ce que vous luy
-avés donné charge de me dire[65]. A quoy je vous fairay responce
-aussytost que nous serons de retour à Paris.
-
- CHARLES. FIZES.
-
- [65] Voyez CXXXIe dép. du 5 septembre 1570, tom. III, pag. 289,
- et le Mémoire pag. 294.
-
-
-
-
-LVII
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---des XXIIe et XXIIIe jours de septembre 1570.--
-
- Départ de Walsingham.--Plainte que lui a faite le roi au sujet de
- l'entreprise récente du duc de Sussex en Écosse.--Déclaration
- du roi qu'il veut employer ses forces pour la délivrance de
- Marie Stuart, et pour la rétablir dans ses états.
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, s'en retournant le sieur de Walsingam
-devers la Royne d'Angleterre, sa Maistresse, je vous ay bien voullu
-advertir de la réception de vostre despesche du Ve de ce moys, mais
-parce qu'elle a esté suivie de deux aultres voz despesches[66], que
-j'ay ce jourdhuy receues, ensemblement, avant que la responce en feust
-résollue, je remettray à vous satisfaire aux trois ensemble par la
-première commodité, ayant faict responce et remercier par le dict
-sieur de Walsingam la dicte Royne de ce qu'elle m'a escript et faict
-dire par luy, de sa part, sur la pacification des troubles de mon
-royaulme, que, comme je luy ay faict entendre, je délibère faire bien
-exactement observer. Et en attandant que je vous fasse ample responce
-à toutes vos despesches, qui sera bientost, je prie Dieu, etc.
-
-A Paris, le XXIIe jour de septembre 1570.
-
- [66] Voyez CXXXIe, CXXXIIe et CXXXIIIe dép. des 5, 10 et 15
- septembre 1570, tom. III, pag. 289, 302 et 306.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, despuis ceste lettre escripte, j'ay
-donné charge au Sr de Walsingam, comme il prenoit congé de moy pour
-s'en retourner devers la Royne d'Angleterre sa Maistresse, de luy
-dire, de ma part, que je m'estois tousjours asseuré que, suivant ce
-qu'elle m'avoit si expressément promis, qu'elle ne fairoit ni
-permettroit point qu'il se fist en Escosse aulcune chose au préjudice
-de la Royne d'Escosse, ma soeur; et qu'ayant entendu que le comte de
-Sussex estoit allé de ce costé là, avec des forces, ayant, comme j'ay
-sceu par les derniers advis que j'en ay heus, desjà commancé à faire
-beaucoup de mal et de brulleries en Escosse, je m'estonnois fort de
-cella, et le trouvois merveilheusement estrange, veu l'asseurance
-qu'elle m'avoit donnée que, jusques à ce qu'il se vît ce qui pourroit
-réhussir de l'apointement qui se traittoit, il ne seroit faict aulcune
-entreprinse de ce costé là: m'ayant sur cella son ambassadeur, qui est
-ici, et le Sr de Walsingam respondu que le dict comte de Sussex
-n'estoit point advoué de la dicte Royne, leur Maistresse. Toutesfois
-estimant qu'il n'entreprend pas telles choses de luy mesmes, je leur
-ay bien faict entendre que, s'il y avoit de mes subjects qui usassent
-de tels déportements à mes voysins, je y sçaurois fort bien pourvoir,
-et en fairois faire telle exécution et justice que ce seroit exemple;
-et que, pour ceste cause, je priois la dicte Royne, leur Maistresse,
-d'y pourvoir, et me faire cognoistre qu'elle a vollonté d'entretenir
-ce qu'elle m'a si expressément promis en cella, et aussy pour la
-prompte dellivrance et liberté de ma dicte soeur, la Royne d'Escosse;
-et que, si cella se faisoit aultrement, et qu'elle ne satisfît à sa
-dicte promesse, j'avois grande occasion de m'en ressentir, comme je ne
-fauldrois pas de faire délibération de ne laisser aulcunement ma dicte
-soeur, mais au contraire de l'assister et ayder, non seullement pour
-sa personne, affin qu'elle puisse estre bientost mise en liberté, et
-aussy pour les affaires et conservation de son païs, et de n'espargner
-en cella les moyens que Dieu m'a donnés.
-
-Dont j'ay bien voullu vous avertir, affin que, de vostre part, vous
-regardiés de le faire entendre doucement à la dicte Royne
-d'Angleterre, observant bien sa contenance et ce qui se pourra en
-cella juger et estimer d'elle, lorsque luy en parlerez. Dont
-m'escrirés le plus tôt que vous pourrés ce que sur cella elle vous
-respondra; et que vous faictes aussy entendre le tout à ma dicte
-soeur, la Royne d'Escosse. Sur ce, etc.
-
-De Paris, ce XXIIIe jour de septembre 1570.
-
- CHARLES. PINART.
-
-
-
-
-LVIII
-
-LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---des XXIIe, XXIIIe et XXVIe jours de septembre 1570.--
-
- Recommandation pour la reine d'Écosse.--Assurance donnée aux
- réfugiés français en Angleterre qu'ils peuvent en toute sûreté
- rentrer en France.--Secret que doit garder l'ambassadeur au
- sujet des secours qui sont envoyés par le roi en Écosse.
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, par la lettre que le Roy, Monsieur mon
-filz, vous escript, vous verrés qu'il remet à vous satisfaire en brief
-à trois despesches que nous avons, puis naguières, receues de vous,
-dont les deux dernières n'ont encores esté leues; qui me faict aussy
-attendre à respondre à ce que par icelles vous m'escrivés. Et n'estant
-ceste despesche faicte que pour accuser la réception des vostres,
-affin que n'en demeuriés en aulcune peyne, je n'estendray ceste cy
-davantage que pour prier Dieu, etc.
-
-Escript à Paris, le XXIIe jour de septembre 1570.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, despuys ceste lettre escripte, nous
-avons ouvert et veu vos dictes despesches, auxquelles le Roy, Monsieur
-mon fils, vous faict si amplement responce qu'il n'est besoin, me
-remettant à ses dictes lettres, vous en dire davantage; comme aussy ne
-fairay je que pour vous prier d'assister, en tout ce que vous pourrés,
-ma fille, la Royne d'Escosse, et faire, s'il est possible, que, par
-les moyens que nous vous mandons, elle puisse estre bientost mise en
-liberté et ses affaires aller bien; priant Dieu, etc.
-
-Escript à Paris, le XXIIIe jour de septembre 1570.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, nous avons veu, par vostre despesche du
-XIXe de ce moys[67], que nous avons receu en fermant ceste cy, ce que
-nous mandés de l'armement des grands navires et préparatifs de vivres
-qui se font par delà, et l'occasion pour laquelle vous estimés que
-c'est: à quoy, toutesfois, il ne se fault pas trop fier. Et sera bon
-que ayés tousjours l'oeil ouvert, comme avés acoustumé, pour voir de
-quel costé l'on les voudra employer, pour nous en advertir
-continuellement.
-
- [67] Voyez CXXXIVe dép., tom. III, pag. 309.
-
-Nous avons aussy veu, par vostre lettre, le retardement du partement
-du secrettaire Cecille et de ceux qui debvoient aller avec luy pour la
-négotiation des traictés et affaires de ma fille, la Royne d'Escosse.
-
-Quand aux françois qui estoient de delà, et que nous mandés qui font
-difficulté de revenir en France pour le danger qu'ils pensent qu'il y
-auroit pour eulx, retournant à Rouen, Dieppe et Calais, et que l'on
-faict difficulté de les y recevoir, vous les pourrés bien asseurer
-qu'ils doibvent venir asseurément, et que le Roy, Monsieur mon fils, a
-pourveu qu'ils y seront doucement receus et maintenus.
-
-Et quant aux marchands qui poursuivent de delà des déprédations, vous
-aurés veu ce qu'en aura esté accordé par l'édict de pacification qui
-vous a esté envoyé, à quoy il vous fault régler; vous priant, pour la
-fin de ceste lettre, de continuer à nous advertir tousjours de ce que
-vous pourrés apprandre de l'ambarquement et passage de la Royne
-d'Espaigne et des aultres occurances. Et sur ce, etc.
-
-Escript à Paris, le XXVIe jour de septembre 1570.
-
-
-L'ambassadeur de ma fille, la Royne d'Escosse, m'a présentement dict
-que vous aviés escript à sa Maistresse, ou faict dire, que nous ne la
-pouvions aulcunement secourir des harquebusiers dont nous luy avons
-donné espérance. Sur quoy je n'ay aultre chose à vous dire si ce n'est
-qu'il fault que vous vous comportiés en cella avec la plus grande
-discrétion que vous pourrés, envers la Royne d'Angleterre; toutesfois
-sans dire chose qui nous mette à la guerre; faisant néantmoings tous
-les bons offices que vous pourrés pour assister ma dicte fille, la
-Royne d'Escosse, à sa prompte délivrance et au bien de ses affaires,
-comme le Roy, Monsieur mon fils, vous a escript.
-
-Ce XXVIe jour de septembre 1570.
-
- CATERINE. PINART.
-
-
-
-
-LIX
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XIIIe jour d'octobre 1570.--
-
- Attente de la réponse d'Élisabeth sur la déclaration du roi
- touchant l'Écosse.--Désignation de Cécil et de Me Mildmay pour
- discuter le traité concernant Marie Stuart.--Crainte que cette
- négociation ne reste sans résultat.--Recommandation faite à
- l'ambassadeur de surveiller les nouvelles d'Allemagne.--Détails
- sur le mariage du roi.--Satisfaction exprimée à l'ambassadeur à
- raison de ses services.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, despuys le partement de Vassal que je
-vous ay renvoyé ces jours icy, j'ay receu deux lettres de vous, l'une
-du XXIVe et l'aultre du XXIXe du moys passé[68]; et, avant que vous y
-faire responce, je vous diray que, à l'arrivée du dict Vassal par
-delà, vous aurés esté amplement satisfaict de tous les points portés
-par vos précédentes despesches, et si, aurés entendu de luy le desir
-que j'ay de sçavoir bien particullièrement la responce que vous aura
-faicte la Royne d'Angleterre sur ce que je luy manday par le sieur de
-Walsingam, et que je vous ay despuis escript luy dire modestement.
-Dont j'attands de vos nouvelles en grande dévotion combien que
-j'estime, suivant ce que m'escrivés par vostre dicte lettre du dernier
-du passé, que la dicte Royne monstrera tousjours avoir expressément
-deffendu le déportement du dict de Sussex, et que, pour négotier
-quelque bon traicté, elle a despéché son secrettaire Cecille avec Me
-Mildmay et le sieur de Ross pour y aller faire quelque bon
-appoinctement, mais je demeure en opinion que tout cella ne seront
-enfin que parolles. Toutesfois, il fault que vous y faites tout ce que
-vous pourrés pour y voir clair, et m'en donner continuellement advis,
-faisant à ma soeur, la Royne d'Escosse, et à ses affaires, toute
-l'assistance qu'il vous sera possible.
-
- [68] Voyez CXXXVe et CXXXVIe dép., tom. III, pag. 313 et 317.
-
-Cependant, pour responce à vos dictes deux dernières lettres, je vous
-diray que j'ay bien considéré ce que m'escrivés par celles du dict
-XXIVe du passé, de l'advis que l'on a par dellà du retardement qui
-pourra estre au passage de la Royne d'Espaigne, si elle suit ce que
-luy a esté, . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
-. . . . . . . . . ceste lettre, nous avons receu vostre despesche du
-Ve de ce moys[69], à laquelle vous verrés qu'il est aussy comme du
-tout satisfaict par ce que j'en ay escript cy dessus. Et tout ce que
-je y puis adjouster est que vous apreniés tout ce que vous pourrés du
-costé d'Allemaigne, et persévériés à nous en donner avis; voullant
-bien, au demeurant, vous dire, pour le regard de mon mariage, que
-l'archiduc d'Austriche doibt espouser Madame Elisabeth en mon nom: et
-s'en doibt faire la cérémonie à Espire par l'archevesque de Mayence;
-ayant envoyé le comte de Retz par delà pour porter les pouvoirs au
-dict archiduc et assister à la dicte cérémonie. Et, comme nous serons
-advertis quelle s'acheminera pour venir, mon frère, le Duc d'Anjou, et
-ma soeur de Lorraine s'avanceront jusques sur la frontière pour la
-recevoir avec tout l'honneur qu'il appartient, et dont il se pourra
-aviser, et de là la conduiront à Mésières, ou elle trouvera tous ceux
-de sa maison qu'elle y recevra; puis l'amèneront à Compiègne, où nous
-serons pour y consommer les nopces. Et, cella faict, nous la mèneront
-à St Denis en France pour le couronnement, puis après à Paris pour y
-faire entrée. Je sçay que vous serez bien ayse de ces agréables
-nouvelles, puisque vostre emploi vous prive d'y estre présent. Je vous
-assure que je ne me souviendrai pas moins de vous dans les occasions,
-voulant bien vous dire, en passant, que jamais ministre ne m'a servi
-plus fidèlement que vous et sans aucun reproche. J'espère que
-continurés de mesme, et je vous continuerai mes affections. A tant, je
-prierai Dieu, etc.
-
-Escrit à Escouen, le XIIIe jour d'octobre 1570.
-
- CHARLES. PINART.
-
- [69] Voyez CXXXVIIe dép., tom. III, pag. 320.
-
-
-
-
-LX
-
-L'AMBASSADEUR D'ANGLETERRE AU ROY.
-
---du XVIe jour d'octobre 1570.--
-
- Communication faite au roi des noms des commissaires désignés par
- Élisabeth pour discuter le traité relatif à Marie
- Stuart.--Remontrance sur ce que Mr de Vérac serait entré avec
- des forces dans Dumbarton.--Et sur les secours qui seraient
- préparés en Bretagne pour l'Écosse.
-
-
-Sire, suivant vostre desir, je vous envoye, par escript, la
-négotiation que la Royne, ma Maistresse, m'avoit commandé de vous
-faire entendre, suppliant très humblement Vostre Majesté de faire
-telle faveur de me donner responce à icelle, semblablement par
-escript.
-
-En premier lieu, Sire, suivant vostre desir et de la Royne, vostre
-mère, j'ay faict entendre à la Royne, ma Maistresse, combien il seroit
-bon, et à vous agréable, qu'il luy pleust donner quelque bon moyen et
-ordre touchant la Royne d'Escosse, tellement que ce peust estre avec
-son honneur et seureté.
-
-Et comme, Sire, Sa Majesté a tousjours prins en bonne part vostre
-motion et sollicitation, ainsi a elle plusieurs fois commencé de
-procéder à quelque bon accord avec la dicte Royne; mais, quand elle a
-esté sur les termes et voyes de ce faire, Sa Majesté a esté
-entièrement empeschée et retardée, tant par les propres faicts et
-actions de la dicte Royne que de ses subjects, lesquels elle a commis
-en authorité en Escosse, en ce qu'ils ont non seullement entretenu et
-maintenu ouvertement et publiquement au dict païs les rebelles à Sa
-Majesté, mais aussy leur ont aydé et assisté à faire invasion en son
-royaume; tellement que Sa Majesté n'a peu faire aultrement qu'elle a
-faict pour son honneur et seureté, qui est d'avoir deffendu son
-royaume, poursuivi les dicts rebelles et chastié ceux qui leur
-assistoient. Mais maintenant, Sire, voyant que la dicte Royne
-d'Escosse et ses subjects sont contents de se contenir de poursuivre
-leurs premières actions et mauvais desseins et usages, et consentir et
-promettre de garder et maintenir la paix avec les fidelles subjects de
-la Royne, ma Maistresse, elle a résollu d'envoyer personnages de bon
-crédit, fidélité et marque, de son conseil privé, vers la Royne
-d'Escosse, affin d'entendre l'entière résollution et intention
-d'icelle. Aussy, Sa Majesté a octroyé passeport et saufconduit pour
-tels notables personnages que la dicte Royne d'Escosse voudra envoyer
-par devers icelle, tant pour négotier pour elle et adviser de mettre
-quelque bonne fin entre elle et ses subjects, qu'aussy entre Leurs
-Majestés. Aussy, Sire, Sa Majesté vous prie d'interpréter son
-intention en la meilleure part; vous asseurant, Sire, qu'elle a bien
-sincère vollonté d'y procéder plènement et sans dellay, si la Royne
-d'Escosse monstre, de sa part, de faire le semblable.
-
-Davantage, Sire, Sa Majesté a entendu qu'un nommé Vérac, soy disant
-être à vostre service, est dernièrement arrivé à Dombertran avec
-certains soldats et munitions, donnant confort et ayde, au dict nom de
-Vostre Majesté, à tels escossois qui ont peu désir et vollonté d'avoir
-quelque bon accord en Escosse, leur donnant entendre que s'ils
-diffèrent encore quelque temps d'accorder entre eux, au dict païs
-d'Escosse, ils auront davantage d'aide et secours de la France. De
-quoy Sa Majesté ne peut et ne doit moins que informer Vostre Majesté;
-trouvant ceste chose fort estrange, Sire, veu les promesses et
-asseurances que vostre ambassadeur, résidant près d'elle, luy a
-toujours faictes du contraire. Pourquoi, Sire, Sa Majesté vous prie de
-l'en esclercir, et de cognoistre vostre vraye intention; sur laquelle
-elle se puisse asseurer.
-
-Semblablement, Sire, Sa Majesté a esté advertie qu'il se fait
-préparation, en Bretaigne, de quelques navires par un nommé de La
-Roche, pour icelluy transporter avec certain nombre de gens de guerre
-en Irlande. Et veu, Sire, que vostre dict ambassadeur l'a
-dernièrement, et par plusieurs fois et instamment asseuré, de vostre
-part, d'observer entièrement, par tous bons moyens possibles, la
-paix, l'amitié et accord entre Voz Majestez, Sa dicte Majesté a
-trouvé bon de vous advertir de ce que dessus; vous priant, Sire, de
-donner ordre que vos gouverneurs de Bretaigne ayent l'oeil que nulle
-personne attente telle chose.
-
-Voylà, Sire, le contenu de la charge que j'ay dernièrement receu de la
-Royne, ma Maistresse, vous suppliant, Sire, y avoir esgard.
-
-Sire, je supplie le Créateur de préserver, maintenir et acroistre
-Vostre Majesté, et vous donner toujours l'assistance de son esprit en
-toutes voz bonnes actions.
-
-A Paris, ce VIe (XVIe) jour d'octobre 1570.
-
-_Et plus bas est escript._ Vostre très humble et obéissant.
-
- HENRY NOIREYS.
-
-
-
-
-LXI
-
-LE ROY A L'AMBASSADEUR D'ANGLETERRE.
-
---du XVIIe jour d'octobre 1570.--
-
- Déclaration faite par le roi à l'ambassadeur d'Angleterre que
- c'est par son ordre que Mr de Vérac est passé en Écosse, et que
- des préparatifs se font en Bretagne pour secourir Marie
- Stuart.--Espoir que le traité entre la reine d'Angleterre et la
- reine d'Écosse sera bientôt conclu.
-
-Monsieur l'ambassadeur, j'ay veu par vostre lettre, escripte du jour
-de hier, la remonstrance que vous aviés à me faire de la part de la
-Royne d'Angleterre, Madame ma bonne soeur. A quoy je vous diray que je
-suis bien fort aise de la vollonté qu'elle a de prendre une si bonne
-résollution sur les affaires de la Royne d'Escosse, ma soeur, et que,
-pour cest effaict, elle envoye le secrettaire Cecille et aultres ses
-ministres; mais, pour ce que je desire que cella soit accéléré, et
-qu'il y soit mis une prompte fin, je ne puis que je ne la prie ceste
-fois, pour toutes, et sans plus de remise ou longueur, ne voullant pas
-vous nier que je n'aye ci devant envoyé le sieur Vérac, dont vous
-faictes mention par vostre lettre, avec quelques gens et munitions,
-pour secourir Dombertrand, que j'entendois, lors, que l'on voulloit
-aller assiéger, et que, pour l'ancienne alliance qui est entre ce
-royaulme et celluy d'Escosse, et particullièrement, parce que la dicte
-Royne d'Escosse, ma soeur, me touche de si près, je ne sois délibéré
-de la secourir en ceste nécessité, et de procurer sa liberté par tous
-les moyens que Dieu a mis en ma puissance; ayant véritablement, selon
-cella, donné ordre de faire quelques préparatifs en Bretaigne pour
-cest effaict, sans voulloir toutesfois rien offenser ni altérer de la
-bonne amitié et intelligence qui est entre la dicte Royne, vostre
-Maistresse, et moy; qui mettray, de ma part, tousjours peyne de la
-nourrir et confirmer par tous les bons et honnestes moyens et
-déportements dont je me pourray aviser; m'asseurant que, de sa part,
-elle voudra faire le semblable, et que, ceste fois, elle faira
-parroistre à ma dicte bonne soeur, la Royne d'Escosse, que, quand il
-n'y auroit que l'instante prière que je luy en fais, qu'en cette
-faveur le traicté, que j'espère qui se faira bientost, sera si bien
-establi que dorsenavant ce sera une mutuelle amitié entre elles et
-moy, aussi comme, de ma part, je le desire bien fort. Et estant ce que
-je puis escrire pour le présent, je prieray Dieu, Monsieur
-l'ambassadeur, vous avoir en sa garde.
-
-Escript à Escouen, le XVIIe jour d'octobre 1570.
-
- _Signé_ CHARLES; _contresigné_ PINART.
-
-_Et dessus_: à Monsieur de Noreys, ambassadeur de Madame ma bonne
-soeur, la Royne d'Angleterre.
-
-
-
-
-LXII
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XIXe jour d'octobre 1570.--
-
- Persistance du roi dans sa déclaration concernant
- l'Écosse.--Satisfaction des nouvelles diverses données par
- l'ambassadeur.--Prochaine arrivée en France de la jeune
- reine.--Mission de Mr de L'Aubespine en Angleterre.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, despuis le partement de Vassal qui vous
-a porté la résollution et satisfaction, tant de la despesche que
-m'envoyastes par luy[70], que de celles que m'avés despuys faictes,
-par l'ordinaire, jusques à son partement, j'en ay encores receu deux,
-auxquelles je vous ay satisfaict aussy par l'ordinaire despuys quatre
-jours. Mais ayant receu une lettre de l'ambassadeur de la Royne
-d'Angleterre, ma bonne soeur, et à icelluy faict responce, je vous ay
-bien voullu faire ceste cy, et vous envoyer les doubles de sa dicte
-lettre et de la responce que je luy ay faicte par escript[71], affin
-que, vous entendiés les termes où nous en sommes; et que, parlant à la
-dicte Royne d'Angleterre, comme je suis bien d'advis que vous en
-preniés l'occasion le plus souvant que vous pourrés, vous luy teniés
-tousjours modestement le langage que je vous ay ci devant escript,
-conforme à la responce que j'ay faicte à son dict ambassadeur, ainsi
-que vous verrés par le double d'icelle.
-
- [70] Voyez CXXXIe dép. du 5 septembre 1570, tom. III, pag. 289,
- et dép. suiv.
-
- [71] Voyez les deux lettres qui précèdent.
-
-J'ay, ce soir, receu vostre lettre du Xe de ce moys[72], et ay veu par
-icelle le raport que le Sr de Walsingam a faict à la dicte Royne, sa
-Maistresse, de son voyage par deçà, et que vous avés entendu que s'est
-faict au passage de la Royne d'Espagne, où j'ay prins bien grand
-plaisir: desirant, sur ce que vous m'escripvés, (qu'il n'y a pas tant
-de mauvaise vollonté entre les Espaignols et Anglois qu'ils
-n'accommodent bien le différant qui est entre eux), que vous y
-pénétriés le plus que vous pourrés, et me faictes entendre comme ils
-s'en seront accordés ou desportés, et en quelle satisfaction s'en
-retourneront les commissaires que y avoit envoyé le duc d'Alve.
-
- [72] Voyez CXXXVIIIe dép., tom. III, pag. 323.
-
-Et, pour le regard de ce que l'agent portugais, dont aussy vous
-m'escripvés, a voullu dire de Sores et de ceux de la Rochelle, j'en
-avois bien desjà sceu quelques nouvelles; mais je vous diray et
-asseureray que, par toutes les despesches que je fais à ceux de la
-dicte Rochelle, je ne leur recommande rien tant que de se contenir
-sans offancer les subjects de mes bons amis et alliés, et leur en
-fairay encores une deffence, par la première occasion, à ce qu'il ne
-s'y fasse chose dont il puisse venir plainte.
-
-Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fénélon, c'est seullement de vostre
-costé que j'ay nouvelles de l'eslection[73], dont m'escrivés, à quoy
-je ne vois pas grande apparance. Toutesfois je vous prie d'en sçavoir
-plus clairement ce qui en est, m'esbahissant que je n'en ay heu advis,
-s'il en est quelque chose, d'Italie et d'Allemaigne. Ce me fera
-plaisir que m'advertissiés souvent de tout ce que vous entendrés de
-delà, ainsi que vous avés faict cy devant, dont vous me donnerés toute
-satisfaction et contantement; n'ayant pour ceste heure aultre chose à
-vous dire, si n'est que, suivant ce que je vous ay par ma dernière
-escript, ayant heu advis certain que la Princesse Elysabeth partira le
-XXIVe de ce moys de Spire pour s'acheminer en France, mon frère, le
-Duc d'Anjou, et ma soeur de Lorraine partiront aussy, d'icy, entre six
-ou sept jours, pour aller au devant d'elle à la frontière, deux ou
-trois journées par delà Mezières, la recepvoir et accompaigner, la
-menant, (passant par le dict Mésières, où elle faira sa première
-entrée, et où elle trouvera toute sa maison), droict à Compiègne, où
-elle pourra arriver le douxiesme du moys prochain; et, le XVe, se
-faira et consommera nostre mariage, Dieu aydant.
-
-Escript à Escouen, le XIXe jour d'octobre 1570.
-
- [73] L'élection du roi des Romains. Voyez tom. III, pag. 298.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, despuis ceste lettre escripte, j'ay
-advisé d'envoyer devers vous le secrettaire de L'Aubespine, présent
-porteur, affin que, par luy, vous me puissiés amplement faire responce
-à toutes mes précédentes lettres, et à ceste cy; mesmement de ce que
-vous aura respondu la Royne d'Angleterre sur ce que je luy manday par
-le Sr de Walsingam, et que je vous ay despuis escript luy dire
-modestement, conforme à la responce que j'ay faicte par escript à son
-ambassadeur.
-
- CHARLES. PINART.
-
-
-
-
-LXIII
-
-LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XXe jour d'octobre 1570.--
-
- Mission de Mr de L'Aubespine en Angleterre.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay avisé de vous envoyer le
-secrettaire de L'Aubespine affin que, par luy, vous nous puissiés
-escrire ce que la Royne d'Angleterre vous aura respondu sur le propos
-que le Roy, Monsieur mon fils, lui a mandé par le sieur de Walsingam,
-pour le faict de la Royne d'Escosse, ma fille; et sur ce que vous luy
-en avés aussy modestement déclaré, suivant la despesche que nous vous
-en avons faicte, conforme à ce que mon dict fils a, pour cella,
-respondu par escript à l'ambassadeur de la Royne d'Angleterre.
-
-Quand vous me voudrés escrire du contenu en ceste lettre, il fault que
-ce soit de vostre main; et suffira que me mandiés, par une lettre à
-part, que c'est de l'affaire dont je vous ay escript par le dict de
-L'Aubespine, sans exprimer davantage: car je l'entendray bien.
-
-A Escouen, ce XXe jour d'octobre 1570.
-
- Vostre très affectionnée.
-
- CATERINE. PINART.
-
-
-
-
-LXIV
-
-LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
-(_Lettre escrite de la main de la Royne Mère à Mr de La Mothe Fénélon,
-pour luy estre rendue en mains propres._)
-
---du XXe jour d'octobre 1570.--
-
- Proposition du mariage d'Élisabeth avec le duc d'Anjou.--Détails
- confidentiels sur les dispositions qui pourraient être prises à
- l'effet de marier le duc d'Anjou avec l'héritière qui serait
- désignée pour la couronne d'Angleterre.--Autorisation donnée à
- l'ambassadeur de communiquer à cet égard avec
- Cécil.--Recommandation du plus profond secret.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, Mr le cardinal de Chastillon a faict
-tenir propos à mon fils, le Duc d'Anjou, d'une ouverture de mariage de
-la Royne d'Angleterre et de mon dict fils; en quoy celluy qui en a
-parlé donne telle espérance qu'il croit qu'il se faira fort aisément,
-si nous voullons. Mais, parce que nous avons pensé que ceste ouverture
-se faisoit pour l'intelligence et peut estre menée de la Royne
-d'Angleterre, et beaucoup plus en intention de se servir du temps et
-de nous, pendant que cessi se négotieroit, qu'elle fairoit conduire à
-la longue, que pour vollonté qu'elle heust de se marier, je répondis à
-celuy qui m'en parla que je ne pensois pas que la dicte Royne
-d'Angleterre se voullût mettre en la subjection d'un mari; mais que,
-s'il y avoit quelque femme ou fille à marier qui luy appartînt de si
-près qu'elle la peut faire et asseurer héritière de la couronne après
-elle, qu'il seroit beaucoup plus convenable ainsi; et que, si cella se
-pouvoit faire de ceste façon, que la dicte Royne auroit, par le moyen
-de ceste alliance, tous les contentements et grandes amitiés qu'elle
-pourroit desirer et espérer en ce monde, tant du Roy, Monsieur mon
-fils, que de mon dict fils, le Duc d'Anjou; et par conséquent de tous
-ceux de mon royaulme, et aussy des grands qui y sont alliés.
-
-Et, au second voyage de celluy qui tint ce propos de la part du dict
-sieur cardinal de Chastillon, celluy, qui m'en a parlé, m'a dict, à
-ceste occasion, que icelluy sieur cardinal avoit sceu qu'à ces
-proschains Estats, qui se debvoient tenir en Angleterre, icelle Royne
-seroit fort pressée, voire contraincte de se marier à quelque grand
-prince, et qu'il falloit nécessairement qu'elle avisât de s'en
-résoudre. Sur quoy je n'ay rien respondu. Aussy, par mesme moyen, il
-me dict que celluy, qui en a parlé à mon dict fils, avoit encores en
-cella quelque chose à me faire entendre. Je sçauray que c'est.
-
-Mais cependant je vous diray que, si l'on cognoissoit clairement que
-la dicte Royne heust franche vollonté de se bien establir avecque nous
-par le moyen du mariage de mon dict fils avec celle qu'elle voudroit
-faire héritière de sa couronne, après elle; comme j'estime que c'est
-chose qu'elle a et doibt avoir en affection pour son repos et
-contentement, à présent qu'elle se void hors d'espérance d'espouser
-l'archiduc Charles, qui se marie à sa niepce, la fille du duc de
-Bavière, je croy qu'il seroit expédiant, et j'estime que c'est chose
-que nous et elle devons desirer, pour le bien de la Chrestienté, et
-principallement de ces deux couronnes, qu'elle fist déclarer, aux
-dicts proschains Estats d'Angleterre, la plus prosche à sa couronne
-héritière après elle de sa dicte couronne et royaume; et, en ce
-faisant, faire expressément résoudre, aussy par les dicts Estats, le
-mariage de ceste héritière là avec mon fils; chose qui, je suis très
-asseurée, apporterait à la dicte Royne tous les contentements qu'elle
-sçauroit espérer, comme s'il estoit son propre fils; car il est de si
-bon naturel que, si elle luy faisoit et procuroit ce bien, il la
-serviroit et honnoreroit d'affection. Et, oultre cella, se pourroit
-icelle Royne prévaloir grandement, à l'occasion de ce mariage, en tous
-ses affaires, tant de la faveur et des moyens du Roy, Monsieur mon
-fils, que de mon fils le Duc d'Anjou, qui a heu cest honneur d'avoir,
-à son âge, conduit et commandé heureusement de si belles armées, et
-gaigné de si grandes batailles, y ayant acquis l'expérience et telle
-réputation, par toute la Chrestienté, que prince ne la sçauroit
-desirer plus grande ni meilleure qu'il l'a.
-
-Je vous ay bien voulleu faire tout ce discours, vous priant de le
-tenir si secret que nul des vostres, ni aultre, quel que soit, n'en
-sçache rien. Et fault tascher de descouvrir et voir si vous pourriés
-rien apprendre de cessi, pour m'en donner advis à toutes occasions;
-et, si vous cognoissés que l'on en puisse espérer quelque bon fruict,
-il fault que, secrettement et accortement, comme je sçay que vous
-sçavés très bien faire, que vous en parliés, comme de vous mesmes, au
-secrettaire Cecille, qui s'est allié à une maison qui a, comme j'ay
-entendu, faict tousjours concurrance à la Royne d'Escosse, ma fille,
-pour la succession de la couronne et royaulme d'Angleterre, affin
-qu'il regarde quelle femme ou fille, de ceste maison là, seroit la
-plus apte à s'y introduire; et, sur cella, entrer en propos avec luy,
-à bon escient, et luy faire amplement entendre, comme vous sçavés très
-prudemment faire, le grand bien qu'il se fairoit, à luy mesme et à sa
-maison, de moyenner et conduire cella à perfection; et que, par ce
-moyen, il honnoreroit et asseureroit du tout sa dicte maison, et si,
-demeureroit à jamais grand, maniant encores, avec beaucoup plus
-d'authorité qu'il n'a jamais faict, le royaulme et affaires
-d'Angleterre. Et, oultre cella, il se serait employé pour un prince,
-qui recognoistroit si bien le bon office qu'il faira en cella pour
-luy, qu'il n'en pourroit espérer que tout heur et félicité à luy et
-aux siens.
-
-Il y a, ce me semble, une femme de ceste maison là qui a esté
-longtemps prisonnière avec son mari et deux leurs fils[74]. J'ay ouï
-dire que le dict mari est mort en prison, il faudroit sçavoir si elle
-seroit la plus proche, et, si ainsi estoit, pour ce que, si on luy
-faisoit ce bien là, et qu'il n'y feust par mesme moyen pourveu, ses
-fils seroient héritiers de la dicte couronne d'Angleterre, il faudroit
-faire, pour remédier à cella, que les susdicts Estats la déclarassent
-héritière de la couronne d'Angleterre, et, pour certaines grandes
-occasions, les dictz enfans, descendants du mariage d'elle et de mon
-dict fils seullement, et non d'aultres mariages.
-
- [74] Voyez la réponse jointe à la CXLIIIe dép., tom. III, pag.
- 357, et la note pag. 359.
-
-Je vous ay bien voulleu commettre ce discours, sçachant bien que vous
-estes si affectionné à ceste couronne et si prudent que vous en
-sçaurés dignement user, et vous y comporter comme il fault, vous
-priant que j'aye, sur ce, de vos nouvelles, le plus souvant que vous
-pourrés, et que personne du monde ne sçache rien de ce que je vous
-escriptz, ne failhant, quand vous me manderés quelque chose, de m'en
-faire, de vostre main, une lettre à part que vous plierés fort menu.
-Et ne m'en escrivés jamais que quand vous m'envoyerez quelqu'un exprès
-pour les aultres affaires de vostre charge, ou par homme seur, qui
-vous pourra estre envoyé d'ici; et, quand vous m'en escrirés, vous
-dirés à celluy, à qui vous baillerés vos lettres, que, s'il se
-trouvoit pressé ou en danger d'estre arresté ou foullié, combien que
-nous soyons hors de ceste crainte là, puisque Dieu nous a donné la
-paix, qu'il jette ou fasse des dictes lettres en sorte qu'elles ne
-soyent point veues ni trouvées de personne; priant Dieu, Monsieur de
-La Mothe Fénélon, etc.
-
-Escript à Escouen, le XXe jour d'octobre 1570.
-
-
-
-
-LXV
-
-LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
-(_Lettre escrite de la main de la Royne Mère._)
-
---du XXe jour d'octobre 1570.--
-
- Défense expresse de faire aucune communication à Cécil des
- ouvertures de mariage.--Nouvelle recommandation du plus profond
- secret.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, despuis ma petite lettre escripte, j'ai
-parlé au personnage que je vous escriptz par icelle, qui avoit encore
-quelque chose sur ce faict là à me dire; et par ce que cella me met en
-doubte que cessi se fasse à quelque intention, qui n'est pas peut
-estre si syncère qu'ils la proposent, je vous prie et charge, sur
-vostre honneur, de n'en parler aulcunement au secrettaire Cecille, ni
-à quelque personne que ce soit, et n'en faire aulcun semblant ni
-démonstration que vous en sçachiés rien, ni que je vous en aye
-escript: car aussi l'advis que je vous en donne n'est à aultre
-intention que pour l'asseurance que vous m'estes fidelle et asseuré
-serviteur, que cella demeurera ensepveli en vous, et que vous ne
-perdrés une seulle occasion et moyen de descouvrir et pénétrer, par
-delà, à quoy tend ce faict, et qui conduit cessi auprès de la Royne
-d'Angleterre; et aussy de quelle vollonté ils y procèdent, et la dicte
-Royne aussy. Mais surtout comportés vous en cella si dextrement que
-créature qui vive ne puisse penser qu'en sçachiés rien; priant Dieu,
-Monsieur de La Mothe Fénélon, etc.
-
-D'Escouen, le XXe octobre, au soir, bien tard, 1570.
-
-Vostre meilleure amye. CATERINE.
-
-
-
-
-LXVI
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XXVIIIe jour d'octobre 1570.--
-
- Négociation concernant Marie Stuart.--Affermissement de la paix
- en France.--Communications faites au nom du roi
- d'Espagne.--Surveillance à exercer sur les négociations du duc
- d'Albe.--Discussion des articles relatifs à Marie
- Stuart.--Mission de Mr de L'Aubespine.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay receu voz deux despesches, des
-XVIe et XVIIe de ce présent moys[75], par vostre secrettaire, présent
-porteur; et ay veu par la première ce que contiennent en substance les
-articles présentés à la Royne d'Escosse, ma bonne soeur, par le
-secrettaire Cecille et Me Mildmay, députés de la part de la Royne
-d'Angleterre, leur Maistresse. J'ay aussy veu, par le mémoire et
-instruction qu'il a apporté avec icelle[76], en quelle opinion ils
-sont par delà de l'establissement et continuation de la paix que Dieu
-m'a faicte la grâce de remettre en mon royaulme; en quoy ils ne se
-trompent pas. Et vous prie les y conforter, aultant qu'il sera
-possible, les asseurant tousjours que je n'oublieray rien de ce que je
-penseray pouvoir profiter à la rendre perpétuelle, cognoissant combien
-c'est chose utille et nécessaire pour le bien de mes affaires et de
-mon dict royaulme; ayant esté fort aise d'entendre que, non seullement
-les Anglois, mais aussy tous ceux qui en avoient contraire opinion,
-croyent et voyent, par effaict, comme le dict establissement s'en
-faict si bien qu'il ne se pourroit mieux desirer.
-
- [75] Voyez CXXXIXe et CXLe dép., tom. III, pag. 327 et 330.
-
- [76] Voyez le Mémoire joint à la CXXXIXe dép., tom. III, pag.
- 331.
-
-J'ay bien considéré ce qui vous a esté dict sur ce propos par
-l'ambassadeur du Roy Catholique, Monsieur mon bon frère, et ce qu'il
-vous a discouru, en le continuant. Sur quoy, vous luy avés fort bien
-respondu et à la vérité, mesmes pour le regard des garnisons que j'ay
-renvoyées en Picardie et à Calais, ainsi qu'elles estoient auparavant
-les troubles, et aussy sur ce qu'il vous a discouru de la ligue
-d'entre le Pape, le Roy son Maistre, et les Vénitiens, contre le Turc,
-en laquelle il semble qu'il espère que l'Empereur pourra pareillement
-entrer.
-
-J'attands, comme je vous ay escript par mes précédentes despesches, ce
-qui réhussira du différend d'entre la dicte Royne d'Angleterre et le
-duc d'Alve, lequel, ainsi qu'il est porté par vostre dict mémoire,
-entretient les dictz Anglois en telle opinion de l'amitié du Roy
-Catholique, son Maistre, qu'ils s'en tiennent asseurés. Mais je ne
-puis penser à quelle fin il a envoyé recognoistre quelque commode
-descente en Escosse; et sera bon que vous ayés tousjours l'oeil ouvert
-affin que, s'il se faisoit quelque entreprinse de ce costé là, ou que
-le dict duc voullust entrer en traicté avec les dictz Escossois, que
-j'en sois incontinent adverty.
-
-Et, quand à vostre seconde dépesche, j'ay veu la coppie des articles
-que m'avés envoyés, conformes à ce que vous m'en escrivés en substance
-par vostre première lettre; et si, j'ay aussy veu la responce que vous
-avés sur ce faicte, par forme d'advis, sur chascun article à l'évesque
-de Ross. En quoy vous avés très bien desduict mon intention,
-spéciallement sur le troisième article que vous avés pris comme il se
-debvoit prendre, pour la ligue qu'ils proposent de faire entre la
-Royne d'Angleterre et ma dicte soeur la Royne d'Escosse; car, si cella
-se faisoit ainsi, ce seroit du tout au préjudice de l'alliance qui
-est, de si longtemps, entre mon royaulme et celluy d'Escosse. Et, pour
-ce, se faudra conduire en cella ainsi qu'avés bien desduict par vostre
-dicte responce.
-
-Mais vous n'avés pas assés expressément respondu au dict évesque de
-Ross sur le neufviesme article, en ce que, par icelluy, la dicte Royne
-d'Angleterre demande que la dicte Royne d'Escosse soit tenue de faire
-amener son fils en Angleterre comme ostage, devant qu'elle puisse
-estre mise en pleine liberté, vous priant luy faire bien entendre
-qu'il se garde d'accorder aulcune chose de cest article, n'y ayant
-point d'apparence en icelluy, car ils auroient tout ce qu'ils
-demandent, s'ils tenoient le dict Prince d'Escosse. Et ne fault point,
-soubz quelque coulleur que ce soit, qu'il soit mené en Angleterre,
-mais, au contraire, il fault que vous advertissiés soigneusement ceux
-du conseil et parti de la Royne d'Escosse qu'ils ne sauroient mieux
-faire que de tenir le dict Prince d'Escosse en leur païs: et leur
-remonstriés et persuadiés que, s'il en estoit hors, qu'il faudroit
-qu'ils fissent tout ce qui leur seroit possible pour le ravoir; car il
-n'y a plus de salut ni d'espérance de leur repos que par ce moyen.
-
-Et, aussy, ne semble pas raysonnable que la Royne d'Escosse quitte
-aulcune chose des tiltres et prétentions qu'elle peut avoir au
-royaulme d'Angleterre, à tout le moins fault incister sur ce poinct,
-tant que faire se pourra, comme vous fairés entendre au dict évesque
-de Ross; auquel toutesfois vous remettrés, et à ceux du conseil de la
-Royne d'Escosse, de traicter et se laisser aller en cella, aultant
-qu'ils verront estre nécessaire pour accommoder les choses et faire un
-bon accord et traicté.
-
-Quant au dousiesme article, il ne faut, pour responce à icelluy, que
-les déclarations en forme qui ont esté envoyées d'icy il y a quelque
-temps, signées et scellées, et mises ès mains de la Royne
-d'Angleterre[77], qui l'asseurent et esclaircissent assés pour ce
-regard.
-
- [77] Voyez les Déclarations des 10 et 17 juillet 1569, tom. I,
- pag. 431 et 433.
-
-Les aultres responces, que vous avés faictes au surplus, sont telles
-que j'eusse pu désirer. Et ne pense avoir autre chose à vous dire,
-sinon que ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, et ceux de son conseil
-doivent plustost demander ostages que d'en bailler pour
-l'entrètenement de ce qui sera accordé, et moins encore de laisser
-aucunes places à la Royne d'Angleterre; comme vous avés bien sceu
-respondre au dict sieur évesque de Ross.
-
-Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fénélon, vous aurés esté bien
-satisfaict par le secrettaire de L'Aubespine, que je vous ay naguères
-envoyé, sur le contenu en vos précédentes dépesches, et instruict de
-la responce, que j'ay faicte à l'ambassadeur de la dicte Royne
-d'Angleterre, sur la remonstrance qu'il m'a faicte de la part
-d'icelle. Attendant au retour du dict de L'Aubespine ce que vous aura
-dict la dicte Royne sur ce que je donnai charge au Sr de Walsingham
-luy dire, et que je vous ay escrit, despuis, luy faire doucement
-entendre; et aussy de ce qui se peut espérer de ceste négociation,
-pour laquelle je vous prie vous emploïer d'affection, et faire en
-sorte, par tous les moyens que vous pourrés trouver, qu'elle preigne
-bientost quelque bonne fin; donnant en cela toute l'assistance et
-confort qu'il vous sera possible à ma dicte soeur, la Royne d'Escosse,
-et à ceux de son conseil; et me tenés adverti, à chaque occasion, de
-ce qui se faira en la dicte négociation, afin que je vous puisse faire
-sçavoir mon intention là dessus. Sur ce, etc.
-
-Escript à l'abbaye St Germain des Prés, lès Paris, le XXVIIIe jour
-d'octobre 1570.
-
- CHARLES. PINART.
-
-
-
-
-LXVII
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du VIe jour de novembre 1570.--
-
- Satisfaction du roi au sujet de la réponse faite par Élisabeth à
- sa déclaration concernant l'Écosse.--Et de l'engagement qu'elle
- a pris de rétablir Marie Stuart.--Crainte que l'on ne veuille
- traîner cette négociation en longueur.--Raffermissement de la
- paix.--Nouvelles des fiançailles du roi célébrées à
- Spire.--Prochaine arrivée en France de la jeune reine.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, par vostre lettre du XXVe du passé[78],
-vous m'avés fort particulièrement, et à ma très grande satisfaction,
-discouru tout ce qui se passa à l'audience que vous donna la Royne
-d'Angleterre, sur la despesche que je vous fis de ce que j'avois faict
-entendre au Sr de Walsingam, et de la charge que je luy avois donnée
-de dire et déclarer sur cella à la dicte Royne, sa Maistresse, m'ayant
-été fort grand plaisir d'avoir veu que, après qu'elle vous heût avec
-si grande attention ouï parler, qu'à la fin de son discours elle vous
-ait si expressément asseuré qu'elle remettra la Royne d'Escosse,
-Madame ma bonne soeur, par la voye du traicté qui se négotie entre
-elles, le plus honnorablement qu'elle pourra, en son royaulme; et que,
-quand elle ne le pourra faire en ceste façon, qu'encore me donne elle
-parolle de la renvoyer, comment que ce soit, à ceux qui tiennent son
-parti, en son païs, et qu'elle ne la veut plus rettenir en son
-royaulme. En quoy je vous prie l'entrettenir de façon que, par
-effaict, elle me le fasse paroistre bientost; mais que ce soit avec
-toute syncérité, et que la liberté où elle promet de la mettre, ez
-mains de ceux de son parti en Escosse, en cas qu'elles ne se puissent
-si bien, comme je désire, accorder de toutes choses, que la dicte
-liberté, où elle la mettra, ne luy aporte pas un nouveau tourment et
-peyne; et que cella ne tire à la longue que le moins qu'il sera
-possible, comme, par vostre lettre du XXXe du dict moys[79], que je
-viens de recepvoir présentement, il semble que la dicte Royne y
-veuille mener la dicte négociation, puisque l'on parle de faire pour
-deux moys en Escosse suspension d'armes, qui debvoit être la première
-chose accordée, quand l'on a commencé la dicte négociation; de la
-quelle j'attends, par voz premières despêches ou au retour du
-secrétaire de L'Aubespine, que je suis bien aise qui soit arrivé de
-delà, ce qui aura esté faict, et aussy ce que en résouldra la dicte
-Royne d'Angleterre, au retour de ses depputés, sur tous les poincts
-proposés par les articles baillés par le secrétaire Cecille; sur
-lesquelz je vous ay escript, par vostre secrettaire qui s'en est
-retourné depuis dix jours, ce que je desirerois en cella pour le bien
-et repos de ces deux Roynes et de leurs royaulmes et subjects: vous
-voullant bien dire que, grâces à Dieu, mon royaulme est aussi paisible
-que je sçaurois désirer, s'establissant mon édict de pacification le
-mieux et le plus aisément qu'il est possible de souhaiter, n'en
-desplaise à celluy qui a escript les lettres de delà, qui sont toutes
-contraires à la vérité.
-
- [78] Voyez CXLIe dép., tom. III, pag. 339.
-
- [79] Voyez CXLIIe dép., tom. III, pag. 346.
-
-J'ay veu aussi le receuil escript, par voz dictes deux lettres, de
-toutes les choses qui se y dient, et, combien que souvant toutes les
-nouvelles ne soyent pas entièrement véritables, et que, comme vous
-dictes par la lettre qu'escrivés à la Royne, Madame et Mère, elles
-augmentent ou diminuent venant de loin, si vous priay je de continuer
-tousjours à nous mander tout ce que vous pourrés sçavoir: car cella,
-avec les aultres advis que nous avons d'ailleurs, nous sert
-quelquefois.
-
-Cependant je vous diray que, par la dernière despesche que j'ay heu
-d'Allemaigne, mes fiançiailles furent fort honnorablement faictes à
-Espire, le dernier dimanche du moys passé, avec la Princesse
-Élysabeth, laquelle doibt arriver, selon la supputation de ses
-journées, à Mézières, le vingtième de ce moys, où je me trouveray
-aussy, comme je vous ay cy devant escript, pour y achever mon dict
-mariage, sans y faire les grandes magnificences que j'avois délibéré,
-lesquelles, à cause que la ville est fort petite, j'ay remises, et
-veux estre faictes, avec les aultres pompes et tournois de mon entrée
-à Paris, que je fairay au premier jour de janvier prochain; aydant
-Dieu, auquel je prie vous avoir, etc.
-
-Escript à Paris, le VIe jour de novembre 1570.
-
- CHARLES. PINART.
-
-
-
-
-LXVIII
-
-LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du VIe jour de novembre 1570.--
-
- Assurance donnée à l'ambassadeur qu'il n'a rien à craindre des
- faux rapports qui peuvent être faits contre lui.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, par la lettre du Roy, Monsieur mon fils,
-vous serés si amplement satisfaict à vos deux dernières despesches,
-des XXVe et XXXe du moys passé, qu'il n'est besoin de vous en dire
-davantage, si n'est que nous sçavons très bien que vous vous estes
-toujours porté pour les affaires de ma fille, la Royne d'Escosse, avec
-la bonne et grande affection que vous sçavés que nous avons de
-l'assister et secourir, et ne nous sçauroit on rien persuader de
-vous, et n'en ayés peur, qui nous altère la bonne opinion que nous
-avons du bon debvoir que nous sçavons que vous y avés tousjours faict,
-et faictes encores, vous renvoyant pour ceste occasion les lettres
-qu'elle vous a escriptes et aussy celles que l'évesque de Glasco, son
-ambassadeur, qui est ici, escrivoit à l'évesque de Ross; lesquelles
-j'ay faict voir au Roy, Mon dict Sieur et fils, et à mon fils le Duc
-d'Anjou, qui ont bien jugé par icelles, comme aussy ay je faict,
-principallement par celle du dict ambassadeur, ce que m'avés escript
-venir de luy et non pas de vous. Mais je croy que delà l'on n'a pas,
-ceste opinion, puisque la Royne d'Angleterre vous a donné, pour la
-dicte Royne d'Escosse ma fille, la bonne espérance que vous nous
-escrivés par vos dictes deux dernières despesches, sur lesquelles il
-ne me reste plus rien à vous dire. Sur ce, etc.
-
-Escript à Paris, le VIe jour de novembre 1570.
-
- CATERINE. PINART.
-
-
-
-
-LXIX
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XXIe jour de novembre 1570.--
-
- Détails de la réception faite par le roi à l'ambassadeur
- d'Angleterre, à raison de laquelle il a porté plainte à sa
- souveraine.--Explications données à ce sujet.--Persistance du
- roi dans sa déclaration à l'égard de l'Écosse.--Injonction
- faite à l'ambassadeur de veiller à ce que le traité concernant
- Marie Stuart ne renferme rien de préjudiciable à la
- France.--Remerciemens sur les complimens d'Élisabeth à
- l'occasion du mariage du roi.--Bon accueil réservé aux
- seigneurs d'Angleterre qui seraient envoyés pour assister aux
- fêtes du mariage.--Ferme assurance que la paix est parfaitement
- rétablie en France.--Nécessité d'exercer la plus exacte
- surveillance sur les entreprises que pourraient tenter les
- Anglais.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay esté bien amplement satisfaict, au
-retour du secrettaire de L'Aubespine, tant par la lettre que vous
-m'avés escripte[80] que par ce qu'il m'a dict de bouche. En quoy je
-n'ay à vous respondre que sur ce que me mandés que la Royne
-d'Angleterre, ma bonne soeur et cousine, a estimé que l'on faisoit ici
-bien peu de cas de ses ambassadeurs, pour ce que j'ay parlé au sieur
-de Norris au millieu de la cour d'Escouen, l'ayant rencontré, au
-retour de vespres, ainsi que je m'en allois aux toiles, après l'avoir
-longuement et assés tard attendu. Mais, comme vous luy avés bien sceu
-dire, quand elle considèrera que, l'ayant ainsi inopinément rencontré,
-en voullant sortir pour monter à cheval, et voyant qu'il avoit à se
-rettirer à Paris, dont il étoit venu, pour ce qu'il n'avoit poinct
-faict demander de logis au dict Escouen, je pensois faire pour luy,
-usant comme je fis si privément, luy ayant toutesfois donné tout
-loisir de me dire tout ce qu'il voullut, sans le remettre à une autre
-fois, ni luy donner la peyne de monter à ma chambre.
-
- [80] Voyez CXLIIIe dép. du 9 novembre 1570, tom. III, pag. 350.
-
-Et, pour vous en parler franchement, je fus despuys bien aise que
-cella advînt ainsi, car, après l'avoir fort privément et bien
-amplement ouï, et faict son audience si longue qu'il voullut; après
-luy avoir faict instance des affaires de ma soeur, la Royne d'Escosse,
-je le priai de m'envoyer par escript ce qu'il m'avoit dict, affin que
-je luy fisse responce aussy par escript, et que l'on se peut mieux
-souvenir doresenavant des promesses que la Royne d'Angleterre, sa
-Maistresse, me faisoit; et qu'elle m'avoit tant de fois, et il y avoit
-si longtemps, réittérées, pour l'élargissement et liberté de ma soeur,
-la Royne d'Escosse.
-
-Il ne fallit pas, dès le lendemain, de m'escrire, et moy, à l'instant
-mesme, par un de ses gens, de luy faire la responce, dont vous avés
-heu, par le dict secrettaire de L'Aubespine, les coppies au vray,
-estant bien esbahi que la dicte Royne vous ayt dict que la dicte
-coppie, que vous luy monstrastes, ne soit pas semblable à celle que
-j'avois envoyé à son dict ambassadeur; car elle est toute pareille. Je
-suis bien d'advis que, la première audience que vous aurés, vous ne
-falliés, pour la satisfaire de tout, comme me mandés qu'elle desire,
-de luy dire que, si je n'heusse pensé faire honneur et plaisir à son
-dict ambassadeur, comme je desire faire tousjours suivant nostre bonne
-et mutuelle amitié, je ne l'heusse, quand je le rencontray en la dicte
-cour du chasteau, estant prest à monter à cheval, si famillièrement
-ouï, mais l'heusse remis à une aultre fois, sans plaindre ses peynes.
-
-Je croy aussy que ce n'est pas là l'encloueure, mais qu'il luy fasche
-sur les termes qu'elle vous réittéra, qui sont véritablement portés
-par les lettres que j'escrivis à son dict ambassadeur, comme vous avés
-veu par la dicte coppie, qui sont que:--Suivant les anciennes
-alliances, confirmées entre ceste couronne et celle d'Escosse, et puis
-la proximité et fraternité d'entre ma soeur, la Royne d'Escosse, et
-moy,--«Je la voullois secourir en ceste sienne nécessité, et procurer
-sa liberté _par tous les moyens que Dieu avait mis en ma puissance_.»
-Ce que j'ay esté bien ayse qu'elle ait considéré, et qu'elle vous ait,
-sur ce, tant incisté comme elle a faict, car je croy certainement que
-cella est cause, avec ce que je dis au Sr de Walsingam, et aussy le
-langage que vous luy tîntes à vostre précédente audience, comme je
-vous avois commandé, qu'elle vous a asseuré, comme vous m'avés
-escript, que, quand bien, par la voye du traicté qui se négotie entre
-elles, elle ne pourroit mettre ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, si
-honnorablement qu'elle vouldroit en liberté, que néantmoins elle me
-donne parolle de la renvoyer, comment que ce soit, en son païs, à ses
-subjects qui tiennent son parti.
-
-Ce que je desire bien de voir effectué, pourveu que ce soit avec toute
-syncérité, et sans qu'il y ait rien de mauvais, qui la puisse faire
-retomber ou remettre en nouvelle peyne; car, comme je vous ay escript
-plusieurs fois, et comme vous pouvés bien penser, oultre les anciennes
-alliances de nos deux couronnes, la fraternité me convie naturellement
-de faire pour ma dicte soeur, la Royne d'Escoce, tous les bons
-effaicts qu'il me sera possible. Ce que vous continuerés à luy
-remontrer, ainsi que vous avés tousjours sagement et gratieusement
-faict, comme je vous ay mandé. Mais si, vous priè je ne permettre
-aulcunement que, au traicté qui se faira, il soit rien innové au
-préjudice des alliances et confédérations anciennes d'entre mon
-royaulme et celluy d'Escosse; et au contraire je desire qu'elles
-soyent entièrement confirmées. Et affin que vous soyés plus certain
-quelles elles sont, je vous envoyeray par ma première despesche les
-doubles des traictés ou extraicts qui en font mention.
-
-Et, quand au propos que la dicte Royne vous a tenu de mon mariage,
-vous l'en remercierés fort affectueusement de ma part, à la première
-audience, du plaisir qu'elle dict avoir receu et du bonheur, félicité
-et contentement qu'elle s'asseure qui y sera, et qu'elle souhaitte, et
-aussy du desir qu'elle a heu de pouvoir de bon coeur estre à la feste;
-ce que, de ma part, je desirerois aussy bien fort, et l'estimerois à
-grand honneur et faveur, comme vous luy dirés, la remerciant de tous
-ces honnêtes propos; et l'asseurant, comme vous luy avés dict à vostre
-dernière audience, que je souhaitte et désire de la voir, à son
-contentement, aux mesmes termes en quoy vous luy avés fait entendre
-que je suis de mon dict mariage, lequel, Dieu aydant, se faira
-dimanche prochain, à Mésières; où, suivant les lettres que j'ay
-receues du comte de Fiesque, la Royne, ma femme, ne peut arriver plus
-tost que sabmedy prochain, à cause des difficultés des passages des
-rivières qui sont desbordées, et des mauvais chemins qu'elle a
-trouvés.
-
-Il faudra, aussi, dire à la dicte Royne d'Angleterre que les
-gentilshommes, qu'elle vous a dict qu'elle eust faict préparer pour
-envoyer à mon dict mariage, si elle heust creu que mes dictes nopces
-heussent esté si prochainement, y heussent esté les très bien venus,
-et de bon coeur receus, comme ils seront tousjours, venants de sa
-part, soit pour ceste occasion là, ou pour aultre qui se pourra
-présenter.
-
-Cependant, pour vous satisfaire à tout le reste de vostre lettre, et
-esclercir sur ce que m'a dict, de bouche, le dict de L'Aubespine:
-qu'il court un bruit par delà que la paix n'est pas bien establie en
-mon royaulme; et sur les aultres particularités que m'a, à ce propos,
-aussy bien au long déclaré de vostre part le dict secrettaire de
-L'Aubespine, je vous asseureray que ce sont choses du tout contraires
-à la vérité; car, grâces à Dieu, mon édict s'observe fort droictement,
-et n'espère pas qu'il y ait aulcun empeschement, ayant les mareschaux
-de France et les seigneurs, que j'ay envoyés aux provinces, comme je
-vous ay escript cy devant, desjà si bien establi cella, suivant ma
-franche vollonté et intention, que, grâces à Dieu, toutes choses y
-sont en bonne paix et repos, et y continueront tousjours, y tenant,
-comme je me délibère de faire, estroictement la main. Aussy vois je
-que tout mon peuple, de l'une et de l'aultre religion, se range et
-obéit fort vollontiers à mon dict édict, sans aulcune difficulté ni
-contrevention, quelque bruict que l'on fasse courir du contraire par
-delà. Et sera bon, pour ceste occasion, que vous ostiés, le plus que
-vous pourrés, ceste opinion à la dicte Royne et aux seigneurs qui en
-parlent ainsi, à quoy la vérité vous aydera grandement; et que vous
-continuiés à me tenir ordinairement adverti de toutes les aultres
-occurences, et de tout ce que vous pourrés apprendre de leurs
-discours, et principalement de ce qui se passera journellement pour le
-faict de la Royne d'Escoce, ma soeur, à présent que les depputés du
-païs d'Escosse sont arrivés auprès de la Royne d'Angleterre, et qu'ils
-s'y pourront eschaufer à traicter et à résoudre leurs appointements,
-s'ils en ont envie; ayant aussy l'oeil ouvert à ce que, si la dicte
-Royne d'Angleterre avoit quelque entreprinse qu'elle voullût faire
-exécuter en Escosse ou en nos frontières, que j'en sois tout
-incontinent adverti, pour y pourvoir: car je me doubte que, si elle
-avoit quelque délibération, comme nous en avons esté cy devant en
-doubte, et m'avés aussi escript plusieurs fois, que, à présent, soubz
-prétexte de ce que je dis au Sr de Walsingham, et sur ce que écrivis
-au sieur de Norris, son ambassadeur, elle pourroit prendre de là
-occasion de l'exécuter.
-
-Voylà pourquoy je vous prie mettre toutes les peynes que vous pourrés
-d'observer et considérer ses délibérations et les descouvrir le mieux
-que vous pourrés; mais que ce soit si dextrement que la dicte Royne
-d'Angleterre ni ses ministres ne cognoissent pas que nous y pensions;
-priant Dieu, etc.
-
-Escript à Tannay le Moulin en Vallaige, le XXIe jour de novembre 1570.
-
- CHARLES. PINART.
-
-
-
-
-LXX
-
-LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---des XXIe et XXIXe jours de novembre 1570.--
-
- Recommandation faite à l'ambassadeur au sujet du traité
- concernant Marie Stuart.--Assurance que le roi ne négligera
- rien pour procurer sa délivrance.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, vous nous avés si amplement escript et
-faict entendre si particullièrement toutes choses, par le secrettaire
-de L'Aubespine, que je vous asseure que le Roy, Monsieur mon fils, et
-moy en demeurons bien fort satisfaictz, vous priant de continuer, à
-présent que les depputés, d'une part et d'aultre, seront arrivés
-auprès de la Royne d'Angleterre, et vous tenir tousjours prêt à ce
-que, par le traicté que je desire et espère qui se faira pour la
-liberté de ma fille la Royne d'Escoce, il ne soit rien altéré ni
-préjudicié aux confédérations et alliances anciennes d'entre ceste
-couronne et celle d'Escosse; nous tenants aussy advertis de toutes
-aultres occurrences comme avés accoustumé. Et sur ce, etc.
-
-Escript à Tannay le Moulin en Vallaige, le XXIe jour de novembre 1570.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay faict retarder ceste despesche
-jusques à ce que j'heusse escript et faict responce, de ma main, à la
-Royne d'Escosse, Madame ma fille, à laquelle je vous prie la faire
-tenir et l'asseurer tousjours que, sans l'asseurance que nous a donnée
-la Royne d'Angleterre de sa dellivrance, que nous n'heussions pas
-failli de faire tout ce qu'il nous heust esté possible pour elle; mais
-estant la négotiation si acheminée, nous creignons que cella luy heust
-porté préjudice, et diverti la dicte Royne d'Angleterre de ceste bonne
-vollonté, que je ne pense pas qu'elle ne tienne; aultrement, comme
-j'escripts, de ma main, à ma dicte fille, la Royne d'Escosse, le Roy,
-Monsieur mon fils, aura juste occasion de se ressentir et souvenir de
-ses promesses et asseurances.
-
-De Mézières le XXIXe jour de novembre 1570.
-
- CATERINE. PINART.
-
-
-
-
-LXXI
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XXVIe jour de décembre 1570.--
-
- Vives assurances de protection pour Marie Stuart.--Surveillance
- qu'il faut exercer sur les menées du duc d'Albe à l'égard de
- l'Écosse.--Nouvelles explications données au sujet des plaintes
- de l'ambassadeur d'Angleterre en France.--Meilleure disposition
- d'Élisabeth qui doit être attribuée aux troubles du pays de
- Lancastre.--Désir du roi de connaître l'état des négociations
- relatives aux prises faites sur les Espagnols, et à l'alliance
- d'Élisabeth avec le roi d'Espagne.--Ambassade envoyée au roi
- par les princes protestans d'Allemagne.--Bon accueil préparé à
- lord Buckhurst, envoyé pour assister aux fêtes du
- mariage.--Satisfaction donnée à l'ambassadeur d'Angleterre en
- France.--_Réponse du roi_ sur les félicitations des princes
- protestans de l'Allemagne à l'occasion de son mariage avec la
- fille de l'empereur et de la paix faite en
- France.--Protestations d'amitié.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, despuys la dernière dépesche que je vous
-ay faicte, j'ay receu, quasi tout à un coup, trois dépesches de vous,
-l'une du dernier du passé, l'autre du VIIe et l'autre du XIIIe de ce
-moys[81], par lesquelles j'ay veu ce qui s'est journellement faict
-pour les affaires de la Royne d'Escosse, ma soeur. En quoy je vous
-diray que vous me faictes un très grand servisse de vous employer,
-comme vous faictes, vous priant continuer et asseurer tousjours ma
-dicte soeur, la Royne d'Escosse, et ceux qui sont de delà pour son
-servisse, que je ne sçaurois recevoir plus grand plaisir que de la
-voir en la liberté et satisfaction qu'elle desire; et que, comme je
-leur ay cy devant promis et asseuré, je fairay non seullement instance
-et poursuitte envers la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, par tous
-les moyens de prière qu'il me sera possible: voire, si tant estoit que
-ce traicté ne réheussît, je ne manqueray de luy donner tout le secours
-que mes affaires pourront permettre, selon les moyens que j'en
-pourrois avoyr, ayant toutesfois bonne espérance que, suivant ce que
-vous a si expressément asseuré ma dicte soeur, la Royne d'Angleterre,
-et que vous m'avés escript de sa part, dès le XXVe jour du moys
-dernier passé[82], quand bien il ne se pourroit faire aulcun traicté
-entre les dictes Roynes, la dicte Royne d'Angleterre mettra ma dicte
-soeur la Royne d'Escosse en liberté ès mains de ses bons subjects qui
-sont de son parti.
-
- [81] Voyez CXLVIIe, CXLVIIIe et CXLIXe dép., tom. III, pag. 382,
- 394 et 399.
-
- [82] Voyez CXLVIe dép., tom. III, pag. 376.
-
-Et c'est, en tout évènement, ce qu'il faudra procurer, observant bien
-pour vous ce que le sieur Seton, qui est allé devers le duc d'Alve,
-pourroit avoir obtenu, tant sur le secours qu'il luy requéroit de la
-part de ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, sa Maistresse, que sur les
-moyens que le dict Seton proposoit au dict duc de conduire le dict
-secours si à propos, et aux endroictz où il disoit, qu'il seroit
-ainsi bien receu des Escossois comme me mandés; et pareillement sur la
-promesse, que icelluy duc luy a faicte, de faire fournir dix mille
-escus pour secourir de rafreschissement les chasteaux de Lislebourg et
-Dombertrand, après que de tout il auroit eu responce du Roy
-d'Espaigne, son Maistre, auquel il en avoit escript; car toutes ces
-menées et poursuittes là tandent, à mon advis, à quelque aultre
-intention.
-
-Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fénélon, pour le mescontentement
-que m'escrivés que la dicte Royne d'Angleterre continue de monstrer
-avoir des propos que j'ay tenuz à son ambassadeur, et de la responce
-que par escript je luy fis dernièrement à Escouen, vous avés veu ce
-que je vous ay là dessus plusieurs fois mandé, ne pensant pas que, sur
-cella, la dicte Royne ait aulcune raison de se plaindre; et fault dire
-que son dict ambassadeur luy a faict les choses aultres qu'elles ne
-sont, ou qu'elle feinct ce mescontentement pour cercher quelque
-argument ou inquiétude nouvelle. Toutesfois, à ce que j'ay peu voir
-par vos dernières dépesches, elle commence à s'adoucir et prendre le
-tout en meilleure part qu'elle ne faisoit cy devant, dont je suis bien
-aise; estimant que ce qui la fait ainsi soudain et si souvant changer
-et prendre ces couleurs de mescontentement, procède des précipittées
-instances que m'avés escrit que aulcuns de son conseil lui faisoient
-pour la divertir de sa bonne vollonté aux affaires de la Royne
-d'Escosse, ma soeur; et que ce qui est cause qu'elle reprend à présent
-le chemin de voulloir qu'il s'en négotie quelque bon traicté, c'est la
-persévérance et assistance dont j'ay tousjours usé, et vous, de vostre
-costé, pour ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, et l'alarme que la
-dicte Royne d'Angleterre a eue du costé de Lanclastre. Dont je vous
-prie de vous informer tousjours dilligemment pour me tenir adverti du
-cours que prendra cella; car il n'est pas possible, y ayant eu telle
-esmotion que m'avés escript, que cella soit si tost adouci.
-
-Je seray aussy bien aise de sçavoir comme il ira de la négotiation,
-qui se conduict, il y a si longtemps, pour l'appréciation des prinses
-faictes en Angleterre et en Flandres, et de la négotiation qui se
-faict pour renouveller et rasseurer entièrement les alliances d'entre
-la dicte Royne d'Angleterre et mon frère, le Roy d'Espaigne; et ce qui
-adviendra de tout cella, et aussy ce que aura raporté de nouveau le
-jeune Coban; car, comme je vous ay cy devant escript, il n'y a rien
-plus certain que l'archiduc Charles espouse la fille du duc de
-Bavières, de sorte que la charge du dict jeune Coban n'a pas réheussi;
-ne voullant à ce propos oublier de vous dire que le comte Palatin, duc
-Auguste, Richard Palatin, duc de Witemberg, de Brunswic, Lantgrave de
-Hessen, et aultres princes protestants d'Allemaigne, ont envoyé devers
-moy leurs depputés, qui sont encores ici, se conjouir tant de mon
-mariage que de la paix, qui est, (comme ils ont veu, partout où ils
-ont passé, mesmement à Paris, où ils ont esté) si bien establie, que,
-grâces à Dieu, il n'est pas possible de mieux, quelque chose que l'on
-die en Angleterre; ayant receu des dicts princes les plus grandes et
-affectionnées offres et preuves d'amitié qui se peuvent dire. Aussy
-ont ils eu de moy, de la Royne, Madame et Mère, et de mes frères,
-toutes les bonnes réceptions qui se peuvent: leur faisant encores ici
-faire fort bon traictement pour trois ou quatre jours, pour après
-leur donner congé, et les renvoyer fort contants, comme ils sont
-desjà; de telle sorte que je me promets qu'il n'y en a pas un d'eulx
-qui n'employast pour moy et pour mes dicts frères tous les moyens que
-Dieu leur a donné; estant bien délibéré d'entretenir fort curieusement
-en ceste bonne vollonté iceulx princes, m'ayant si honnorablement et
-honnestement envoyé visitter et faict faire par leurz dicts depputés
-tant de grandes et courtoises offres; ce que vous verrez plus à plain
-par le mémoire exprès que je vous en envoye.
-
-A ce propos je vous diray que j'ay receu fort grand plaisir de la
-bonne vollonté, de laquelle vous me mandés que la dicte Royne
-d'Angleterre a résollu et délibéré d'envoyer de deçà le milord
-Boucaust[83], son prosche parent, et qu'il y sera au temps de mon
-entrée à Paris, avec une trouppe de gentilshommes anglois pour se
-conjouir avec moy de mon mariage, et venir visitter ma femme de la
-part de sa Maistresse. Il y sera le très bien venu, et sa trouppe
-aussy, comme aussy sera le Sr de Walsingam, quand il voudra venir.
-Cependant il sera bon que vous advertissiés les Srs de Gourdan, de
-Caillac, et de Mailly, affin que, quand vous penserés qu'ils pourront
-passer, ils leur fassent préparer des chevaux de poste, comme je leur
-escriptz par vostre secrettaire, présent porteur, qu'ils fassent,
-quand vous leur manderés.
-
- [83] Ce nom a été si étrangement défiguré dans toute la
- correspondance qu'il était assez difficile de le reconnaître: il
- s'agit de lord Buckhurst.
-
-Je ne manqueray, à la première audience, que me demandera son
-ambassadeur, de prendre bien à propos occasion de luy tenir, comme je
-suis bien résollu de faire, le mesme langage que m'avés escript par
-vostre dict secrettaire, bien que je ne luy en aye jamais tenu
-d'aultres que plains de l'amitié qui est entre la dicte Royne, sa
-Maistresse, et moy; laquelle amitié sera bien facille à entretenir,
-pourveu que, de son costé, elle ne fasse chose qui la puisse altérer:
-car, de ma part, je tascheray de la fortifier aultant qu'il me sera
-possible, comme, jusques ici, il ne se peut dire que j'aye faict chose
-esloignée de cella. Quand j'auray parlé à son dict ambassadeur je
-fairay partir ce porteur aussytost, et luy bailleray une lettre, à
-part, que je vous escriray, laquelle vous pourrés monstrer à la dicte
-Royne d'Angleterre.
-
-Cependant ce me sera bien grand plaisir d'entendre journellement, par
-la voye de l'ordinaire, l'estat des affaires de la dicte Royne
-d'Escosse, ma soeur, et comme elle se porte de sa maladie; car je
-serois fort marry qu'elle eût mal, estant bien aise du soing qu'avés
-eu d'ayder à luy faire envoyer incontinent des medecins et tout le
-secours qu'avés peu; priant Dieu, etc.
-
-Escript à Villiers, le XXVIe jour de décembre 1570.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, depuis ceste lettre escripte, j'ay parlé
-à l'ambassadeur d'Angleterre, et luy ay tenu le mesme langage que
-m'avés escript, de sorte qu'avec la juste occasion qu'il a de demeurer
-content et satisfaict de l'honneur et service que je luy ay faict,
-comme je veux tousjours faire à luy et à ceux qui viendront en sa
-place, il en escrira de si bonne façon à la Royne d'Angleterre, ma
-bonne soeur, que je m'asseure qu'elle ne sera plus en l'opinion, que
-m'avés escript qu'elle avoit, que je n'eusse fait cas de son dict
-ambassadeur.
-
- CHARLES. PINART.
-
-
-RÉPONSE DU ROY AUX AMBASSADEURS DES PRINCES DE L'EMPIRE.
-
-Le Roy, ayant, de vive voix et par escript, entendu ce que les
-ambassadeurs de Messeigneurs le Comte Pallatin et Duc de Saxe,
-Ellecteurs du St Empire, et les Ducz Richard de Bavières et Jules de
-Brunsvych, du Landtgrave Guillaume de Hessen, et aultres Princes de la
-Germanye, ont eu charge de luy exposer de leur part,
-
-Sa Majesté leur a faict responce:
-
-Qu'elle mercye, en premier lieu, de toute la sa plus grande affection,
-Mes dictz Seigneurs les Ellecteurs et Princes, de la cordiale
-démonstration qu'ilz luy font de leur singulière bienvueillance et
-amityé, ayant envoyé leurs dictz ambassadeurs pour se conjouyr et
-congratuler avec elle de la nouvelle alliance qu'elle a naguyères
-contractée avec l'Empereur, par le mariage de sa fille; laquelle
-alliance elle veut bien faire entendre, à Mes dictz Seigneurs les
-Ellecteurs et Princes, avoyr principalement desiré pour avoyr cogneu
-qu'ainsy que le dict Empereur tient le premier tiltre et degré
-d'honneur entre les Princes Chrestiens, Dieu luy a donné aussy les
-grandz sens, prudence et excellentes vertuz de magnanimité, clémence
-et bonté qui se doibvent desirer en si haulte dignité, oultre ce,
-qu'il s'est toujours monstré du tout affectionné à maintenir ung bon
-et heureulx repos en la Chrestienté. A quoy l'intention de Sa Majesté
-est de luy correspondre avec telle volonté qu'elle espère, au plaisir
-de Dieu, que leur commune alliance servira grandement pour establir
-une asseurée tranquillité par toute la République Chrestienne.
-
-Et si, davantage, elle a estimé que la bonne et parfaicte amityé
-qu'elle a par naturelle inclination avec Mes dictz Seigneurs, les
-Ellecteurs et Princes de la Germanye, et qui luy a esté comme
-héréditairement délaissée par ses père et ayeul, sera, par le moyen de
-la dicte alliance, tousjours de plus en plus confirmée et corroborée;
-qui sont les principaux poinctz qu'elle en a espéré et désiré tirer.
-
-Et, pour le regard de l'aultre poinct de congratulation, qui est de la
-paix qu'il a pleu à Dieu restablir en son royaulme, elle leur répond
-qu'elle ne doubte point que Mes dictz Seigneurs, les Ellecteurs et
-Princes, se ressentantz et resouvenantz de la grande amityé et
-bienvueillance que les Roys, de très heureuse mémoire, Henry et
-Françoys, père et ayeul de Sa dicte Majesté, ont porté aux Princes de
-l'Empire, leurs prédécesseurs, ne reçoyvent tousjours une grande joye
-et playsir de ce qu'ilz verront succéder et se promouvoir pour le
-proffict et utillité de ce royaulme, comme a esté la paciffication des
-troubles; et prend en fort bonne part les sages et prudentz recordz
-que Mes dictz Seigneurs, les Ellecteurs et Princes, luy ont faict
-faire pour l'entretènement de la dicte paciffication; car il n'y a
-rien en ce monde qu'elle ayt tant à cueur, ny à quoy plus constamment
-elle persévère que à travailler de mectre et conserver la paix, unyon
-et repos entre ses subjectz, comme le vray et seul moyen de la
-prospérité des royaulmes et estatz. Chacun aussy a peu veoir, comme
-ses subjectz n'ont poinct plus tost monstre l'envye qu'ilz avoient de
-venir à la recongnoissance de leur debvoir, qu'elle ne les ayt
-bénignement embrassez et receuz en sa bonne grâce.
-
-Au surplus, le Roy prie très affectueusement Mes dictz Seigneurs, les
-Ellecteurs et Princes, de continuer envers luy ceste bonne volonté
-qu'ilz démonstrent, et qu'ainsy, comme luy, suyvant les vestiges de
-ses ancestres et de sa naturelle inclination, les ayme et estime avec
-toute sincérité de cueur et d'affection aultant qu'il est possible,
-eulx aussy luy vueillent mutuellement correspondre, se tenantz
-asseurez qu'en tout temps et occasion ilz trouveront Sa dicte Majesté
-prompte et entièrement disposée à employer les moyens que Dieu luy a
-donnez, sans y rien espargner, pour la conservation et accroissement
-de leurs dignitez et honneurs.
-
-Faict à Villiers Costerez, le XXIIIe jour de décembre 1570.
-
- CHARLES. BRULART.
-
-
-
-
-LXXII
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---des XXIXe jour de janvier et 1er jour de febvrier 1571.--
-
- Négociation du traité concernant Marie Stuart.--Discussion des
- articles.--Menées du duc d'Albe en Écosse.--Demande de
- nouvelles sur l'entreprise tentée par les Bretons en
- Irlande.--Assurance donnée à Mr le cardinal de Chatillon que
- les bénéfices seront conservés conformément à l'édit.--Arrivée
- de Walsingham.--Remerciement du roi au sujet du présent qui lui
- a été fait par Leicester.--Regret que lord Buckhurst ne puisse
- assister aux fêtes du mariage, retardées à cause de la maladie
- de la reine.--Audience de congé donnée à Mr de Norrys.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay receu par le Sr de Sabran, présent
-porteur, vostre dépesche du XXIXe du moys passé; et, despuis son
-arrivée, celles des VIe, XIIIe et XVIIIe jours du présent[84], ayant
-esté bien aise d'avoir veu que la Royne d'Angleterre, Madame ma bonne
-soeur, soit à présent si contente de l'honneste langage que j'ay tenu
-à son ambassadeur, comme vous luy avés faict voir par l'extrait de ma
-lettre. Vous aurés encore despuis veu, par les despesches que je vous
-ay faictes, tant par l'ordinaire que par vostre secrettaire, comme son
-dict ambassadeur est le plus satisfaict qu'il est possible; et,
-encores que je vous aye, par mes précédentes et par les articles que
-je vous envoyay apostillés, amplement satisfaict aux poincts
-principaux, sur quoy vous avés particullièrement donné charge aux
-dictz porteurs de raporter responce résollue, et spéciallement par la
-dernière que vous a portée vostre dict secrettaire, je ne laisseray
-pourtant de reprendre chascun poinct succintement.
-
- [84] Voyez CLIIe, CLIIIe, CLIVe et CLVe dép., tom. III, pag. 410,
- 426, 428 et 433.
-
-Et vous diray, quand au faict de la Royne d'Escosse, ma soeur, qui est
-le principal de vos dictes dépesches; que je suis bien aise de quoy,
-(comme vous m'escrivés par la vostre dernière), ses députés commancent
-à estre ouïs, et que ceux de l'aultre party s'acheminent pour y venir,
-affin de bientost donner forme au traicté de ses affaires; sur
-lesquels, comme je vous ay souvant faict entendre, je desire que vous
-luy donniés, en mon nom, toute l'assistance qu'il vous sera possible,
-priant d'affection, de ma part, le plus courtoisement que vous
-pourrés, la dicte Royne d'Angleterre pour elle, ainsi que me mandés
-que le comte de Lestre vous a prié et conseillé; et que je m'asseure
-que vous sçaurés bien faire sellon mon intention, laquelle je vous ay
-cy devant escripte, et bien amplement faict entendre combien il
-importait à ma dicte soeur n'accorder que le Prince d'Escosse, son
-fils, feust mené en Angleterre, et que, tant s'en fault qu'elle et ses
-subjects doibvent jamais donner consentement à cella, qu'au contraire,
-s'il y estoit, elle et ses dictz subjectz auroient à regarder
-d'employer tous moyens pour l'en rettirer. En quoy il fault
-qu'accortement et sans bruict, ni que l'on cognoisse que cella vienne
-de vous, que vous fassiés, pour les raisons que je vous ay cy devant
-escrites et que vous sçaurés bien considérer et dire dextrement, que
-les depputés d'Escosse persévèrent et remonstrent que c'est chose
-qu'ils ne peuvent accorder.
-
-Quand à la ligue que la Royne d'Angleterre demande estre expressément
-faicte par le dict traicté d'entre elle et la dicte Royne d'Escosse;
-encores que vous m'escriviés par vostre dicte dépesche, du XXIXe de
-l'autre moys, qu'elle vous aye dict qu'elle n'entend par là me faire
-préjudice, ains seullement faire que ma dicte soeur, la Royne
-d'Escosse, ne luy puisse nuire à l'advenir; je vous diray aussy, pour
-ce que ce dict porteur m'a dict que vous desiriés d'en sçavoir encores
-ceste fois mon intention, que je ne veux, pour cella, que vous
-différiés de prendre garde que, en faisant le dict traicté, il ne se
-conclue chose qui contrevienne aux alliances et confédérations d'entre
-ceste couronne et celle d'Escosse; vous ayant expressément envoyé tous
-les principaux traités que j'ay fait extraire de ma cour de parlement,
-lesquels vous donneront assés de lumière et cognoissance de ce que
-vous aurés à faire pour mon servisse. Et si vous voyés qu'ils
-voullussent faire chose qui y aportast quelque altération, il fault
-que vous trouviés moyen, par quelque honneste occasion, de retarder la
-résollution qu'ils en voudroient prendre, et si ne le pouviés faire
-doucement, et que vissiés qu'ils voullussent passer oultre, protester
-d'infraction de tout ce qui pourroit estre faict contre noz dictz
-traités et alliances; et n'y intervenés plus, affin que vous ne
-prestiés aulcun consentement à chose qui me puisse nuire ou
-préjudicier, ni semblablement aux dictes alliances et traictés d'entre
-ceste couronne et celle d'Escosse, qui sont joinctes et alliées, de
-si longtemps, de tant bonne et grande amitié, faisant, au demeurant,
-tout ce qu'il vous sera possible, et en sorte que les articles et
-accords qui se passeront au dict traité soyent, le plus que faire se
-pourra, à l'advantage de ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, et au
-bien des affaires de son royaulme; ainsi que je vous ay tousjours
-escript et commandé d'y tenir la main; ayant bien considéré ce que
-m'escrivés des propos que vous a tenus le comte de Lestre, sur
-l'ouverture de la démonstration de bonne intelligence, en quoy la
-dicte Dame, Royne d'Angleterre, désire demeurer avec moy, qui semblent
-estre affin que l'on ne pense que ce qui sera faict en cest endroict
-pour ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, par icelle Royne
-d'Angleterre, ne soit pour craincte qu'elle aye de secours et
-assistance que je pourrois donner à ma dicte soeur, la Royne
-d'Escosse, et à ses bons subjects, mais seullement pour l'honneste
-respect et faveur qu'elle me veult porter. Dont je suis bien aise, et
-desire que vous continuiés à luy user tousjours du mesme honneste
-langage que je vous ay cy devant escript que vous luy debviés tenir,
-qui est de vous fonder principalement sur les anciennes alliances de
-ces deux royaulmes, et encore davantage pour la proximité en laquelle
-me touche ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, qui vous donne assés
-d'occasion de presser cest affaire, mais vous aurés à vous conduire de
-telle sorte que cella ne nous puisse mettre à la guerre, ainsi que
-j'ay donné charge à ce dict porteur vous dire de bouche.
-
-Et à ceste occasion, il sera bon d'admonester tousjours ma dicte
-soeur, la Royne d'Angleterre, de ce qu'elle a si expressément promis,
-et que vous m'avés escript: qui est que, quand bien il ne se pourroit
-rien traicter par ceste négotiation, que, en quelque sorte que ce
-soit, elle remettroit ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, en liberté
-avec ses bons subjects; dont sur cella, il lui fault faire toute
-instance: car, puisqu'elle l'a ainsi promis, elle n'en sçauroit
-prendre nulle mauvaise occasion.
-
-N'y ayant plus au reste de vos dépesches à vous respondre si n'est que
-le sieur Setton n'est poinct passé ici, que j'aye sceu. Et, pour ce,
-je vous prie ne faillir de regarder soigneusement à descouvrir s'il a
-rien faict et résollu aultre chose avec le duc d'Alve que pour le
-faict de l'emprumpt de dix mille escus que me mandés, et aussi qui est
-le gentilhomme qu'a dernièrement envoyé le dict duc d'Alve en Escosse,
-oultre les deux aultres qui y avoient esté cy devant par son
-commandement; et surtout, s'il est possible, il faut apprendre pour
-quelle occasion ces voyages si fréquents se font, car, si c'est pour
-entreprendre quelque chose de ce costé là ou en Irlande, je désire
-bien d'en estre adverti d'heure, et bien certainement. Il est vray
-qu'il n'y a pas grande apparance que le Roy d'Espaigne ni le dict duc
-d'Alve y entreprennent; toutesfois il faut, s'il est possible, que
-vous vous esclercissiés tellement en cessy que en puissiés sçavoir
-quelque chose par les gens de l'esvesque de Ross ou aultres. Et sera
-bon aussy que soubz main vous fassiés enquérir, mais par personnes que
-l'on ne puisse penser que vous leur en ayés donné charge, que sont
-devenus les Bretons que me mandés que l'on dict de dellà qui ont esté
-du dict costé d'Irlande, où ils ont relasché, et qu'ils sont devenus;
-et aussi ce que l'on en dict à la cour d'icelle Royne d'Angleterre et
-comme vont ses affaires de ce costé là;
-
-Vous voullant bien assurer, sur ce que vous a dict mon cousin le
-cardinal de Chastillon, se complaignant à vous comme s'il ne
-jouissoit point encore des bénéfices que j'ay donné ordre, ainsi que
-ses gens luy peuvent avoir dict et escript, qu'il ne luy en est, ni ne
-luy en sera pas, rettenu un seul liart de revenu, ni semblablement à
-tous les aultres bénéficier, estans de la religion. Et a l'on en cela
-si bien suivi et acheminé l'exécution de mon dict édict qu'ils n'ont,
-ce me semble, aulcune occasion de se plaindre, leur faisant si
-dilligemment, et à toutes heures qu'ils requièrent quelque chose,
-quand elle est de justice, promptement satisfaire; et ay, oultre
-cella, délibéré de tenir si roide la main, non seulement au faict des
-dicts bénéfices, mais aussy à tous les aultres poinctz de mon dict
-édict de pacification, que je suis bien asseuré que les uns ni les
-aultres n'auront aucune cause de s'en plaindre.
-
-Ce me feust plaisir d'avoir été adverti par vous de l'arrivée du Sr de
-Walsingam, quelques jours avant qu'il feust ici. Je l'ay, depuis
-quattre jours, veu avec le sieur Norris, m'ayant le dict sieur de
-Walsingam apporté lettres de ma dicte soeur, la Royne d'Angleterre, sa
-Maistresse, comme aussi fit il à la Royne, Madame ma mère; par les
-quelles ma dicte soeur révoque le dict Sr de Norris et introduit en
-son lieu le dict Sr de Walsingam, qui véritablement nous a tenu, et
-aussy à mon frère le Duc d'Anjou, à chascun particulièrement, de la
-part de la dicte Royne, sa Maistresse, infinis honnestes et agréables
-propos. Aussy n'avons nous pas, Ma dicte Dame et Mère, et moy, ni mon
-dict frère, manqué de luy répondre de mesme, l'asseurant bien qu'en
-tout ce qu'il aura à négotier et à faire pour ma dicte soeur, la Royne
-d'Angleterre, auprès de nous, qu'il sera tousjours fort cordiallement
-et vollontiers veu et ouï, de sorte que, sur cella, il a promis de se
-bien comporter en sa charge, durant laquelle il espère fortiffier,
-plustot que diminuer, la commune amitié d'entre sa Maistresse et moy.
-
-Je suis bien aise des hacquenées que vous me mandés que le comte de
-Lestre a faict enharnacher et partir devant le milord de Boucaut,
-auquel je fairay toute la bonne chère qu'il peut désirer, et me
-revancheray des hacquenées. Mais je suis bien marry qu'il ne verra
-pas, comme je pensois, les triomphes qui se feussent faict, si la
-santé de la Royne, ma femme, eust peu permettre qu'elle eust esté
-sacrée, et faict son entrée; mais estant encores malade, et ne voyant
-pas qu'elle puisse estre si tost du tout guérie et bien forte, aussy
-qu'elle est en doubte d'estre grosse, j'ay résollu que son dict sacre
-et entrée se fairont une aultre fois; et moy seullement fairay mon
-entrée, sans grande cérémonie, le premier dimanche de caresme
-prochain, Dieu aydant.
-
-Et pour ce que le dict Sr de Sabran, présent porteur, vous dira comme
-je reçois très grand contentement du bon debvoir que vous faictes à
-mon servisse, je ne vous en diray davantage, si n'est pour vous
-asseurer que, se présentant pour vostre bien et avancement quelque
-bonne occasion, je vous en grattiffieray d'aussy bon coeur que je prie
-Dieu, Monsieur de La Mothe Fénélon, qu'il vous ait en sa sainte et
-digne garde.
-
-Au chasteau de Bouloigne, le XXIXe jour de janvier 1571.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, despuis ceste lettre escripte, le sieur
-Norris, se délibérant de partir dans deux ou trois jours pour s'en
-retourner en Angleterre, est venu prendre congé de moy, m'ayant tenu
-bien fort honneste langage de ses desportements, pendant qu'il a esté
-icy. Sur quoy je n'ay pas failli de luy respondre de mesme, de sorte
-qu'il s'en va bien fort content, et ne doubte pas que, oultre la
-lettre que j'escripts par luy à la dicte Royne, sa Maistresse, pour
-respondre à celle que m'a apportée d'elle le Sr de Walsingam, il
-n'asseure bien sa dicte Maistresse de la bonne et affectionnée
-vollonté que j'ay à l'entrettènement de nostre bonne et commune
-amitié; et qu'à son retour de delà il ne fasse, cognoissant que c'est
-le bien du servisse d'elle, tout ce qu'il pourra pour l'entretenir
-aussi en pareille bonne vollonté; car il montre bien fort la desirer.
-Ainsi je luy ay faict faire un présent de vaisselle d'argent jusques
-environ douze cens escus, comme l'on a accoustumé.
-
-Au chasteau de Bouloigne, le 1er jour de febvrier 1571.
-
- CHARLES PINART.
-
-
-
-
-LXXIII
-
-LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
-(_Lettre escrite de la main de la Royne._)
-
---du IIe jour de febvrier 1571.--
-
- Déclaration confidentielle et secrète faite par Catherine de
- Médicis à l'ambassadeur que le duc d'Anjou a formellement
- annoncé qu'il ne voulait pas épouser Élisabeth.--Regret que
- cette détermination inspire à la reine-mère.--Moyens que l'on
- pourrait employer pour entamer une négociation
- nouvelle.--Proposition qui pourrait être faite pour le duc
- d'Alençon.--Recommandation du plus profond secret sur cette
- communication.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, après avoir entièrement dépesché ce
-porteur, je l'ay renvoyé quérir pour luy bailler ceste lettre,
-laquelle n'est que pour vous faire entendre ce que je n'ay voulleu
-fier ni à secrettaire, ni à personne que à moy mesme, et de ma main
-vous l'escrire; m'asseurant que vous conduirés ce faict si
-secrettement et dextrement qu'il ne nous apportera nul inconvéniant,
-comme je craindrois, si la Royne d'Angleterre pensoit estre
-desdaigniée ou méprisée, et que cella feust cause de nous mettre en
-quelque guerre ouverte, ou qu'elle nous la fist soubs main, comme elle
-a faict jusques ici.
-
-Et pour venir au poinct, c'est que mon fils m'a faict dire par le Roy
-qu'il ne la veut jamais espouser, quand bien elle le voudroit,
-d'aultant qu'il a tousjours si mal ouï parler de son honneur et en a
-veu des lettres escriptes de tous les ambassadeurs, qui y ont esté,
-qu'il penseroit estre déshonnoré et perdre toute la réputation qu'il
-pense avoir acquise.
-
-Et pensant tousjours le vaincre par raison, je vous en ay escript
-tousjours du mesme train jusques à la présente que je me suis
-délibérée de faire, affin qu'allant les choses plus avant, elle n'eust
-plus d'occasion de nous vouloir du mal, et se ressentir de ce qu'elle
-auroit esté refusée.
-
-Et vous promets que, si elle dict à bon escient de se voulloir marier,
-que j'ay grand regret de l'opinion qu'il a; et voudrois qu'il m'eust
-cousté beaucoup de sang de mon corps que je la luy eusse peu oter;
-mais je ne le puis gaigner en cessy, encores qu'il me soit obéissant.
-
-Or, Monsieur de La Mothe, vous estes sur le poinct de perdre un tel
-royaulme et grandeur pour mes enfans; dont j'ay un très grand regret.
-Voyés s'il y auroit quelque aultre moyen, comme je vous avois mandé
-aultrefois, qu'elle voulleût adopter quelqu'une de ses parantes pour
-fille, et la déclarer son héritière et que mon fils l'espousât; ou une
-chose que je trouve aussy mal aisée et plus, qu'elle voulleust mon
-fils d'Alençon, car, de luy, il le desire, et il a sèze ans passés; et
-d'aultant qu'il est petit de son âge, je fais encore plus de
-difficulté qu'elle le veuille; car, s'il estoit de grande venue comme
-sont ses frères, j'en espèrerois quelque chose, car il a
-l'entendement, le visage, et la façon assés de plus d'âge qu'il n'a;
-et n'y a à dire, quand à l'âge, que de trois ans, de son frère à luy.
-
-Je ne vous mande cessy pour espérance que j'aye, mais c'est pour faire
-voir par quel moyen nous pourrions avoir ce royaulme entre les mains
-d'un de mes enfans; veu, oultre leur grandeur, le bien et grand
-service pour le Roy et le royaume.
-
-Je vous prie de bien considérer tout ce que je vous en escriptz, et me
-mander ce que vous en semble, et ce que j'en puis espérer, et me
-l'escrire par une lettre qui ne soit baillée qu'à moy seulle, et non
-devant personne; et m'asseurant qu'avés la mesme vollonté en ce faict
-que j'ay, je ne vous en diray davantage, ni ne le vous recommanderay.
-Je finis priant Dieu, etc.
-
-De Bouloigne, près de Paris, ce segond de febvrier 1571.
-
- CATERINE.
-
-
-
-
-LXXIV
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du VIIIe jour de febvrier 1571.--
-
- Déclaration du roi que l'entreprise faite en Irlande par des
- Bretons a eu lieu sans son aveu.--Ordre donné pour en faire
- punition.--Vive recommandation en faveur de Marie
- Stuart.--Désir du roi de se rendre au voeu d'Élisabeth, en
- appuyant auprès de l'empereur le projet de la réunion des
- églises.--Déclaration faite par le roi à Walsingham concernant
- l'entreprise des Bretons en Irlande.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, par la dépesche que je vous ay faicte
-par le sieur de Sabran, je vous ay amplement respondu à voz dernières
-dépesches, si ce n'est à celle du XXIIIe de janvier, qui arriva, avant
-hier, à l'heure du départ du dict Sabran que je ne voullus rettarder
-davantage; et remis à vous y faire responce à présent[85], que je
-vous prie d'assurer la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, qu'elle ne
-doibt pas s'imaginer que je permette jamais qu'aulcun de mes subjects
-entreprenne rien en Irlande contre son service, ayant été bien
-surprins de l'advis qu'elle vous à baillé par escript, que j'ay veu,
-où elle dict que le capitaine La Roche, gouverneur de Morleys en Basse
-Bretaigne, y est allé avec quattre navires, ayant intelligence avec un
-nommé Fitz Maurice, que le mémoire porte aussy qu'il est à présent
-secrettement en Basse Bretaigne à solliciter pour avoir des forces,
-affin de les mener à ce printemps en Irlande. Ce que je ne puis
-croire, ny pareillement que le sieur de Crenay, cappitaine de Brest,
-ait prins d'Angin et une petite isle qui est, à ce qu'a déclaré le
-dict advis, assez près d'Irlande; car je vous asseure que ce sont
-choses dont je n'oïs jamais parler qu'à la réception de vostre dicte
-dépesche.
-
- [85] Voyez CLVIe dép., tom. III, pag. 443.
-
-J'ay desjà donné ordre de m'en informer certènement pour en faire
-justice exemplaire, s'il se trouve qu'il en soit quelque chose; car
-j'ay tousjours desiré, comme encore je veux de bon coeur, entrettenir
-la paix, amitié et bonne intelligence qui est entre ma dicte soeur, la
-Royne d'Angleterre, et moy; m'asseurant que, de sa part, elle est en
-pareille vollonté, comme vous me mandés, et que, suivant ce qu'elle
-vous a promis, elle tiendra bientost la promesse, et parole qu'elle
-vous a si expressément donnée pour ma dicte soeur, la Royne d'Escosse,
-qu'en cas qu'il ne se fasse rien par le traicté, qu'elle ne laissera
-pas de la mettre en toute liberté ez mains de ses bons subjects: ce
-que attendant, je n'ay pas voullu que l'ordre que j'avois donné pour
-secourir ma dicte soeur se soit avancé.
-
-Je vous recommande tousjours de donner à ses affaires toute
-l'assistance que vous pourrés, suivant les dépesches que je vous ay cy
-devant faictes, par lesquelles vous estes si amplement informé de mon
-intention qu'il n'est besoin vous la réitérer. Aussy, pour la fin de
-ceste cy, seullement je vous diray que je seray tousjours bien aise de
-m'employer à un si bon oeuvre que celluy pour lequel elle vous a prié
-de m'exhorter: qui est qu'avec la bonne intelligence que j'ay avec
-l'Empereur, mon beau père, je peusse mettre en avant quelque
-honnorable moyen d'accord et de réunion en l'Eglise, ce que je désire
-plus que chose de ce monde, et que je prie Dieu nous donner, vous
-priant l'asseurer que, l'occasion s'en présentant, c'est chose que
-j'embrasseray de toute syncère et vraye affection. Sur ce, etc.
-
-Au chasteau de Bouloigne, le VIIIe jour de febvrier 1571.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, despuys cette lettre escripte, le Sr de
-Walsingam, à présent ambassadeur de ma dicte soeur, la Royne
-d'Angleterre, nous est venu faire grande instance pour le faict de
-Irlande. Sur quoy la Royne, Madame ma mère, et moy luy avons respondu
-le mesme langage cy dessus déclaré, et asseuré que, pour ce que s'il
-s'est faict, ç'a esté sans que en ayons rien sceu, nous donnerons
-ordre d'en faire faire punition exemplaire: de quoy vous pouvés
-assurer ma dicte soeur, et luy dire que les pratiques et aultres
-choses, qui se font au préjudice et contre ce qui a esté accordé
-pendant la suspension, se font par aultres que par moy ni mes
-ministres, et sans que je l'entende.
-
- CHARLES. PINART.
-
-
-
-
-LXXV
-
-LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
-(_Lettre escripte de la main de la Royne._)
-
---du XVIIIe jour de febvrier 1571.--
-
- Consentement donné par le duc d'Anjou à son mariage avec
- Élisabeth.--Recommandation de presser vivement cette
- négociation.--Secret qui doit être gardé sur toute cette
- affaire.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, je vous ay escript une lettre de ma main
-par Sabran, et vous mandois que, voyant que mon fils ne voulloit se
-marier, que vous essayssiés de voir si la Royne d'Angleterre voudroit
-son frère d'Alançon, ou luy bailler quelqu'une de ses parantes. Or,
-despuys, j'ay tant faict que mon dict fils d'Anjou s'est condescendu à
-l'épouser, si elle le veut, ce qu'il desire, à ceste heure,
-infiniment. Ce que voyant, j'ai faict temporiser icy milord Boucaust,
-encore qu'il aye prins congé, affin qu'il vienne encore de nouveau
-parler au Roy, mon fils, et à moy; et qu'estant asseurés à présent de
-la vollonté de mon dict fils, nous luy en parlions en façon que la
-Royne, sa Maistresse, à son retour, cognoisse qu'il ne tient plus à
-nous que, si elle a envie de se marier, et espouser mon fils, la chose
-s'effectue avec son honneur et le nostre.
-
-De quoy je vous ay bien voullu advertir par ce porteur que je retins
-jusqu'à présent pour l'espérance que j'avois de gaigner à la fin mon
-fils comme j'ay faict; et le vous ay voulleu escrire de ma main pour
-estre très nécessaire, si la chose se debvoit faire, qu'elle se vît
-plus tot faicte et le mariage conclud que sceu. Et, pour ceste
-occasion icy, nous faisons tousjours entendre à tous secrettaires et
-aultres, que je n'ay jamais peu gaigner mon fils à se voulloir
-marier. Et parce que tout le monde parle, je vous prie, dorénavant,
-n'escrire plus de ce propos par lettre qui puisse venir entre aultre
-main que les miennes, et que personne ne les aye ni voye que le Roy,
-mon fils, son frère et moy; et aux aultres lettres qui seront des
-aultres nouvelles et affaires, le secrettaire les aye comme avés
-acoutumé, mais qu'il n'y aye jamais rien qui parle de ce mariage;
-lequel desirons qu'il ne traine point, mais, incontinent que le milord
-sera de retour, que vous taschiés de descouvrir ce qu'il aura dict, et
-sur cella la vollonté de la Royne d'Angleterre, et nous mandiés
-comment nous aurons à nous y conduire, affin que bientost nous en
-puissions avoir l'issue qu'en desirons; et surtout que les Catholiques
-n'en prennent umbre, mais gaignez les de façon qu'ils le desirent, et
-leur faictes cognoistre le bien et advantage que ce leur sera.
-
-J'ay entendu ce que m'aviés mandé par ce porteur qui me semble que
-c'est un bon acheminement, et que j'espère conduire le reste de façon
-que la fin en sera heureuse et comme la desirons; ce que attendant, je
-prie Dieu qu'il vous aye en sa saincte garde.
-
-De Paris ce XVIIIe jour de febvrier 1571.
-
- CATERINE.
-
-
-
-
-LXXVI
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XIXe jour de febvrier 1571.--
-
- Avertissement donné par le roi à Élisabeth d'une entreprise
- formée par les Espagnols sur l'Irlande.--Résolution du roi
- d'accorder pour l'Écosse un secours de quatre mille écus par
- mois, pendant six mois.--Déclaration que l'état des affaires en
- France ne permet pas de donner davantage, et qu'il faudra
- toujours se conduire, autant que possible, de manière à éviter
- la guerre.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay reçeu un pacquet de vous, du
-dernier jour du moys passé, qui a longuement demeuré par les postes;
-et, le jour mesmes, arriva aussi le sieur de Vassal avec vostre
-dépesche du VIe de ce moys, et aujourdhui celle du XIIe ensuivant[86]:
-par toutes lesquelles j'ay eu grande satisfaction de voir les discours
-que me faites de ce qui se passe journellement par delà. Sur quoy je
-vous diray que je seray bien aise que, continuant envers la Royne
-d'Angleterre, ma bonne soeur, le mesme langage que je vous ay escript,
-vous l'asseuriés toujours que, de ma part, je veux entrettenir
-inviolablement nostre commune et bonne amitié et intelligence, ainsi
-que j'ay asseuré le dict Sr de Walsingam, lequel la Royne, ma dicte
-mère, a adverti, il y a desjà quelques jours, de ce que nous avons
-entendu qui s'est faict tant en Espaigne que par le duc d'Alve pour
-dresser entreprinse sur le païs d'Irlande; par où elle jugera bien
-que, l'en ayant faict advertir, nous desirons par effaict sa
-conservation et continuation de nostre dicte bonne amitié, espérant
-que, de sa part, elle fera le semblable, et que, suivant ce qu'elle
-m'a si souvant, et, depuis quelque temps, si expressément promis, en
-quelque sorte que ce soit, soit qu'il se fasse quelque bon traicté
-pour ma soeur, la Royne d'Escosse, ou non, qu'elle la remectra en
-liberté ès mains de ses bons subjectz.
-
- [86] Voyez CLVIIe, CLVIIIe et CLIXe dép., tom. III, pag. 450, 457
- et 469.
-
-Et si vous cognoissés que ce ne soit que parolles, sans qu'il y ait
-espérance de quelque bon effaict, je suys résollu, suivant ce que vous
-m'avés escript par vostre dicte dernière dépesche, que je viens
-présentement de voir, de secourir par chacun moys, jusques à six moys
-durant et prochains, à commancer ce moys de mars, ma dicte soeur, la
-Royne d'Escoce, de quatre mille escus. Et pour ce, si vous voyés qu'il
-n'y ait aulcun moyen de faire que la dicte Royne d'Angleterre me
-tienne en cella promesse, il fault que doucement et sans grand bruict
-vous asseuriés l'évesque de Ross, ou celluy auquel ma dicte soeur, la
-Royne d'Escosse, a le plus de fiance par delà, que, combien que je
-sois après à me restraindre pour mesnager et rétablir mes affaires des
-dépenses que m'ont apportées ces dernières guerres, néantmoings je
-m'estendray et fairay fournir, sans qu'il y ait aulcune faulte, au
-commencement de mars, jusques à six mois durant, si tant les affaires
-de ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, durent, les dicts quatre mille
-escus par moys, à commancer en mars prochain.
-
-Et fault que vous regardiés avec le dict évesque de Ross, ou aultre à
-qui ma dicte soeur a plus de confience, à qui secrettement je les
-fairay fournir ici, affin qu'ils soyent bien employés, et sans qu'il
-soit sceu que cella vienne de nous; car je serai bien aise de
-continuer tousjours envers ma dicte soeur, la Royne d'Angleterre,
-l'instance que j'ay occasion de luy faire de la restitution et
-dellivrance de ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, sur ce qu'elle vous
-a clairement dict et donné charge de m'escrire et promettre de sa
-part, comme vous avés faict: qui est qu'elle la mettroit bientost en
-liberté. Dont cependant vous l'admonesterés tousjours honnestement, le
-plus à propos que vous pourrés de ma part, sans qu'elle puisse en
-cella trouver légitime excuse; comme aussy ne sçauroit elle, pourveu
-qu'elle, ny les siens ne sçachent rien des dicts quatre mille escus
-par moys; estant bien nécessaire, pour beaucoup de raisons, que vous
-observiés et considériés bien ce qu'elle vous dira chacune fois que
-vous lui parlerés de ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, affin que
-vous puissiés pénétrer et descouvrir ceux de ses ministres et
-conseillers de qui et pourquoy elle est entrée en tant de déffiance
-que j'ay veu par vos dictes lettres qu'elle est; luy faisant tousjours
-cognoistre que, s'il s'est faict aulcune chose qui donne occasion de
-retarder ou rompre la négociation du traicté de la restitution de ma
-dicte soeur, la Royne d'Escosse, que je croy certainement que icelle
-ma dicte soeur n'en a aulcune intelligence, et de ma part je n'en sçay
-rien, comme vous la pouvés certainement asseurer.
-
-Tout le reste de vos dictes dépesches ne requiert plus de réponse, si
-ce n'est pour vous dire qu'il sera bon, suivant ce que je vous
-escrivis en chiffre, il y a quelque temps, que vous vous comportiés,
-pour le regard de la négotiation d'entre la dicte Royne d'Angleterre
-et le duc d'Alve, et pour les autres affaires qui se pourront offrir
-entre les Espagnols et les Anglois, ainsi que je vous ay faict
-entendre; qui me garde de vous en tenir ici plus longs propos.
-
-Mais vous diray que, despuys six jours, le sieur de Seton est arrivé
-en ce lieu, avec lettres que la Royne d'Escosse, ma soeur, m'a
-escriptes et à la Royne, Madame et Mère, et aussi à mon frère, le Duc
-d'Anjou, qui sont faictes dès le moys d'octobre; et d'aultres
-particulières de l'évesque de Ross, du Ve de ce moys, par lesquelles
-ma dicte soeur et icelluy évesque me requièrent très instamment,
-oultre la créance du dict Seton, qui estoit aussy de même, de secourir
-et assister ma dicte soeur la Royne d'Escosse.
-
-Sur quoy je respondis à l'archevesque de Glasco et au dict Seton,
-comme aussi fist Ma dicte Dame et Mère, de son costé, que nous avions
-faict ce qui avoit esté possible, comme encore nous fairions toujours,
-pour la restitution de ma dicte soeur, la Royne d'Escosse; mais, parce
-que la Royne, Ma dicte Dame et Mère, jugea aux propos que luy tint le
-dict archevesque de Glasco, qu'il sembloit que nous n'eussions assés
-fait en cella; et toutesfois vous avez sceu ce que je dis au Sr de
-Walsingam, quand il s'en retourna dernièrement pour faire entendre à
-la dicte Royne d'Angleterre, et ce que despuis j'escrivis au Sr de
-Norrys, qui est tout ce que je pouvois et peut estre plus que je ne
-debvois lors, considéré l'estat de mes affaires; ce que Ma dicte Dame
-et Mère ne faillit pas de bien dire, à ce propos, au dict archevesque
-de Glasco. Dont je vous ay bien voulleu advertir, affin que, rettenant
-cella à vous, vous puissiés par dellà mieux juger ses déportements.
-Car je croy que luy, et ceux, avec lesquels il confère ordinairement,
-desireroient bien de me mettre à la guerre avec ma dicte soeur, la
-Royne d'Angleterre; ce que, pour vous dire vray, je veux évitter, avec
-occasions raisonnables, tant que je pourray, et plustot, s'il est
-possible, voir ceux qui m'y desirent, et qui ont faict tout ce qu'ils
-ont peu pour entrettenir les troubles en mon royaulme. Je ne veux pour
-cela laisser Madame ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, mais dellibère
-de l'assister, tant qu'il me sera possible, comme j'ay tousjours
-faict jusques icy, et que je fairay encores, sellon les moyens que
-j'en ay.
-
-Je remettray le surplus de ce que je vous pourrois escrire au contenu
-de vos dictes dépesches, à quand le dict de Vassal s'en retournera;
-qui sera quand j'auray veu le dict Sr de Boucaust et ceux de sa
-troupe, auxquels je fairay faire bonne chère, au devant duquel j'ay
-envoyé.
-
-Et vous diray, pour la fin de ceste cy, que celluy, que me mandés qui
-a escript de delà ce qui est contenu au mémoire enclos avec vostre
-dicte dépesche du XIIe, est mal adverti, ayant seullement receuilli ce
-que ceux qui discourent à leur fantaisie ont peu penser, ou luy
-mesmes, qui n'a pas voulleu envoyer les premières dépesches sans y
-mettre des nouvelles, en a voulleu composer; mais il sera bon que vous
-continuiés tousjours à recouvrer les doubles de celles qu'il faira cy
-après et ses mémoires pour m'en advertir, et cella sera tenu secret
-comme vous desirés; aussy le fault il ainsi pour le bien de mon
-servisse, priant Dieu, etc.
-
-Escript au chasteau de Bouloigne, le XIXe jour de febvrier 1571.
-
- CHARLES. PINART.
-
-
-
-
-LXXVII
-
-LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
-(_Lettre escrite de la main de la Royne._)
-
---du IIe jour de mars 1571.--
-
- Conférence de Catherine de Médicis avec lord Buckhurst sur la
- négociation du mariage.--État de cette négociation avec
- Cavalcanti et Téligni.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay veu vostre petite lettre, et si
-vous avez receu la dernière que je vous ay escripte, vous verrés que
-les choses sont changées, et que mon fils desire infiniment espouser
-la Royne d'Angleterre, et ne craint sinon qu'elle ne le veuille non
-plus qu'à l'accoustumée, et qu'elle fasse mine de se voulloir marier
-pour servir à ses affaires. Mais, quoiqu'il en soit, il fault essayer
-par tous moyens de la conduire à le faire, et pour luy donner occasion
-de dire librement sa vollonté, j'ay parlé au milord Boucaust, le jour
-devant qu'il partît, encore qu'il eust longtemps auparavant prins
-congé de nous en cérémonie; et, de peur qu'il feust sceu, il fist
-semblant d'aller voir les Tuilleries et moy d'y estre allée me
-promener sans dessein, où je feignis de l'entrevoir, et luy dis que
-j'eusse eu regrect qu'il s'en feust allé sans que plus au long je luy
-eusse explicqué l'amitié que le Roy, mon fils, et moy avons pour la
-Royne, sa Maistresse, veu qu'elle nous avoit faict entendre par luy
-celle qu'elle nous vouloit, et comment nous desirions, par touts
-moyens, de luy correspondre, et l'assurer que, de nostre part, nous
-travaillerons tousjours à la fortiffier davantage, quand l'occasion
-s'en présenteroit.
-
-Il me dict qu'il pensoit que je voulleusse luy dire cella pour le
-mariage d'elle et de mon fils.
-
-Je luy dis que, si nous estions asseurés qu'elle le voullût et ne se
-moquast comme des aultres, que le Roy, mon fils, et moy le désirerions
-et le voudrions avecque son honneur, mais qu'elle gardât, de son côté,
-le nostre affin qu'il ne nous en tournât une moquerie.
-
-Lors il commença à me dire qu'elle luy avoit commandé de nous dire, si
-nous entrions en ce propos, qu'elle estoit résollue de se marier, et
-hors de son royaume, et à un prince de mesme aisle; et que, n'estant
-l'honneur d'une fille de rechercher les hommes, qu'elle n'en pouvoit
-dire davantage; mais, quand elle en seroit requise, comme son honneur
-le veut, qu'elle respondroit et n'en sortiroit nulle moquerie. Et,
-après, me dict qu'il me voulloit parler, de luy mesme, qu'elle estoit
-contraincte de se marier, et asseuroit qu'elle le voulloit, que tous
-les grands le luy conseilloient, que mon fils n'estoit ni comme le roy
-de Suède, ni le frère du roy de Dannemarc, ny l'archiduc Charles, qui
-sont tous princes esloignés d'Angleterre et pauvres, eux et les leurs.
-Mais mon fils estoit voysin et appuyé d'un grand Roy; et que ce
-mariage, s'il se faisoit, seroit bien utille pour les deux parties; et
-qu'il me prioit que je luy disse ce que je voudrois sur cella mander à
-sa Maistresse.
-
-Je luy dis que je n'avois à dire aultre chose, de la part du Roy, mon
-fils, et moy, que ce que je luy avois dict: que ne se mocquant, et se
-voullant marier véritablement, que le Roy, mon fils, et moy entrerions
-en ce propos, luy gardant son honneur, et qu'elle aussy nous gardast
-le nostre; qu'estant Royne si grande, il ne la fault pas recercher
-comme une aultre princesse, sans sçavoir sa vollonté, veu mesmement
-que les aultres, qui l'ont faict, s'en sont mal trouvés: mais que la
-sçachant, nous luy garderons ce qui est deu à une fille, grande royne
-comme elle est.
-
-Il me demanda s'il en diroit aultant de la part de mon fils, je luy
-dis que non, que c'estoit de la part du Roy et de moy, et qu'il
-pouvoit bien l'asseurer, de la part de mon fils, qu'il la serviroit
-tousjours en ce qu'elle luy voudroit commander.
-
-Voilà tout ce qui s'est passé entre nous.
-
-Et, le jour auparavant, Cavalcanty m'avoit baillé le portraict de la
-dicte Dame pour le bailler à mon fils, que le milord luy avoit
-baillé. Despuys, le secrettaire du cardinal de Chastillon a eu sa
-responce, qui est que nous le remercions et le prions de voulloir
-tirer l'entière résollution de ceste Royne, si elle se veut marier ou
-non, et, après, nous venir trouver pour en conférer ensemble et
-prendre une résollution comme nous y debvons procéder, et l'avons
-faict affin qu'il s'en vienne icy.
-
-Et Téligni, qui nous a aussy pressé de luy faire responce, et avoir
-quelque chose plus particulière pour luy mander affin qu'il le puisse
-dire à icelle Royne, si elle luy demande:--«Quand je leur auray
-asseuré de le voulloir quelle seureté auriés qu'ilz le veullent.»--Je
-luy ay dict et le Roy aussy, qu'il luy mande de l'asseurer que, si
-nous sommes asseurés de sa vollonté, que lors elle cognoistra que nous
-serions bien marris de nous moquer d'une telle princesse; et y fairons
-ce que debvons pour luy conserver son honneur et réputation: car,
-cella se faisant, nous le desirons conserver comme le nostre propre.
-
-Il m'a dict:--«Mais Monsieur y est si contraire.»--Je luy ay respondu
-que non, mais qu'il y en avoit tant qui ne desiroient ce mariage que,
-s'il faisoit aultrement, ils essayeroient par tous moyens de
-l'empescher; et, en pensant qu'il ne le veut, ils se moquent de ce que
-l'on en dict.
-
-Je vous ay voulleu advertir de tout affin que, parlant à ceste Royne,
-vous suiviés le mesme propos, et que, nous advertissant par lettre
-expresse, qui ne soit baillée qu'à moy, de tout comme les choses iront
-après qu'elle aura entendu tout cessy, et nous mandiés ce qu'il vous
-semble que nous y devions faire, et comment il nous fault conduire.
-
-Cavalcanti a grand envie que toute la négotiation luy tombe entre les
-mains tout seul. Je luy en ay donné espérance, car je n'ay voulleu
-malcontenter personne, de peur que, se voyant méprisé, il eust moyen
-de nous y nuire. Vous parlerés à luy, et luy dires le contentement que
-nous avons de luy, et que, si cecy va en avant et sans longueur, nous
-ne serons pas mescognoissans.
-
-Ce porteur vous dira comment j'ay parlé au secrettaire, et les propos
-qu'il m'a tenu; et, m'en remettant sur luy, je fairay fin à la
-présente; priant Dieu, etc.
-
-De Paris ce IIe jour de mars 1571.
-
-Vostre bonne amye. CATERINE.
-
-
-
-
-LXXVIII
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du VIIe jour de mars 1571.--
-
- Négociation concernant Marie Stuart.--Présens reçus par le
- roi.--Gratifications données à ceux qui les ont
- apportés.--Remerciemens pour Élisabeth.--Assurance que le roi
- ne prêtera la main a aucune entreprise contre
- l'Angleterre.--Recommandation en faveur de la reine d'Écosse
- pour que la liberté lui soit rendue.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, despuys ma dernière dépesche, j'ay receu
-les vostres des XVIIe et XXIIIe jours du moys passé[87]: l'une,
-faisant principalement mention du faict du Prince d'Escoce; l'aultre,
-contenant les discours qui se sont tenus entre la Royne d'Angleterre,
-Madame ma bonne soeur, et vous sur ce que je vous escrivis par Sabran,
-et encores despuis en ma subséquente dépesche.
-
- [87] Voyez CLXe et CLXIe dép., tom. III, pag. 473 et 477.
-
-Par la première de vos dictes lettres, j'ay veu le bon chemin que vous
-aviés tenu pour disposer accortement les dépputés de la Royne
-d'Escosse, ma bonne soeur, à ne consentir que le dict Prince, son
-fils, feust amené en Angleterre. J'ay veu aussy ce que vous avés
-descouvert du pouvoir qu'ils ont là dessus, et comme vous jugés qu'ils
-seront pour faire peu d'empeschement et de résistence en cella. Dont,
-à ce que m'escrivés, vous estes en peyne, et desirés sçavoir quel
-aultre remède s'y pourra trouver. A quoy je ne vous puis dire aultre
-chose, sinon que vous employés tout ce que vous pourrés de prudence et
-dextérité pour les divertir de consentir à ce poinct là, ainsi que je
-vous ay bien amplement faict entendre par mes précédentes dépesches;
-lesquelles vous suivrés, tant pour ce regard que pour ce que vous
-verrés toucher à mon service, au traicté qui se faira entre les
-depputtés des dictes deux Roynes et ceux de l'autre parti.
-
-Et, par vostre aultre lettre, j'ay veu et ay esté bien ayse d'entendre
-ce que vous m'escrivés de la déclaration que la dicte Royne
-d'Angleterre vous a faicte de vouloir persévérer en nostre amitié; de
-la satisfaction, qu'elle a, de l'honneste congé que j'ay donné au
-sieur de Norrys, et du bon recueil que j'ay faict au sieur de
-Walsingam, et pareillement de l'honneur qu'elle a entendu qui a esté
-faict au milord Boucaust, auquel j'ay faict présent d'une chaisne de
-mille escus; à l'escuyer de la Royne d'Angleterre, qui m'a présenté
-les six hacquenées que sa Maistresse m'a envoyés, d'une aultre chaisne
-de quattre cens éscus; à celluy du comte de Lestre, qui m'a amenés les
-deux hacquenées qu'il m'a envoyées, d'une aultre cheisne de deux cens;
-à un gentilhomme des leurs, qui m'a présenté les dogues, je luy ay
-pareillement donné une chaisne de deux cens escus, m'asseurant qu'ils
-sont si bien édiffiés de moy et de mes subjects qu'ils en raportent
-tout contentement. Il sera bon que vous sçachiés, si vous pouvés, ce
-qu'ils en diront à la Royne, leur Maistresse, à leur arrivée par
-dellà, et aussy de ma dicte entrée.
-
-Cependant, encores que, par lettres séparées que j'escris par le dict
-milord Boucaust, je remercie la dicte Royne de ce qu'elle m'a envoyé
-une si honnorable ambassade pour se conjouir de mon heureux mariage,
-si, ne laisserés vous de la remercier encore de ma part bien à propos,
-et aussy du présent qu'elle m'a faict des dictes six hacquenées, que
-j'ay trouvées belles, bien fresches et bien enharnachées; et
-l'asseurerés que je me revancheray, quand il se présentera occasion
-que je sçauray qu'elle desirera quelque chose des commodités de deçà.
-
-J'ay, au demeurant, esté bien aise de voir, par vostre dicte dernière
-dépesche, que la dicte Royne d'Angleterre ait prins à grande
-satisfaction ce que vous luy avés dict pour le faict d'Irlande, et
-asseuré que je n'avois sceu ni entendu qu'il s'y fist aulcune
-entreprise par mes subjects, chose véritable, et que, toutes et
-quantes fois qu'il viendra à propos d'en parler, vous luy pourrés
-confirmer, trouvant que vous avés fort sagement respondu à la dicte
-Royne sur ce qu'elle vous a dict avoir entendu que mon cousin le
-cardinal de Lorraine, le Nonce de Nostre Sainct Père et l'archevesque
-de Glasco ont proposé à mon frère le duc d'Anjou; et suis bien aise
-que vous l'ayés laissée en ceste bonne opinion de moy, de la Royne,
-Madame ma mère, et de mon dict frère le Duc d'Anjou, de laquelle elle
-ne se trouvera jamais trompée; satisfaisant de sa part à ce qu'elle
-m'a promis pour la liberté de ma dicte soeur, la Royne d'Ecosse. Dont
-je vous prie la solliciter incessament; et, pour y parvenir, faire
-qu'il soit procédé au dict traicté le plus diligemment qu'il sera
-possible, pour lequel vous vous conduirés en sorte que ce soit sans
-jalousie d'aulcuns des partis, comme je suis seur que vous sçavés bien
-faire, sellon vostre prudence accoustumée. Et, n'y ayant, au reste de
-vos dictes dépesches, chose pour laquelle vous ayés besoin de
-responce, je finirai la présente; priant Dieu, etc.
-
-Escrit au fauxbourg St Honoré, le VIIe de mars 1571.
-
- CHARLES. PINART.
-
-
-
-
-LXXIX
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du Xe jour de mars 1571.--
-
- Affaires d'Écosse.--Négociation du traité concernant Marie
- Stuart.--Détermination prise par le roi de ne point envoyer de
- secours en Écosse, afin d'éviter tout prétexte de rompre la
- négociation.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, despuis la dépesche de Vassal j'ay
-advisé qu'il demeureroit ici jusques après mon entrée, que je fis en
-ma ville de Paris le VIe de ce moys; affin que, oultre le discours que
-j'ay commandé au secrettaire Pinart de dresser pour vous l'envoyer,
-comme je fais, il vous en peust parler particulièrement; et, sur son
-départ, j'ay receu vostre dépesche du premier jour de ce moys[88],
-ayant par icelle veu ce que me mandés du voyage faict par Me Prestal,
-l'un des fugitifs d'Angleterre, en Escosse, et l'occasion d'icelluy,
-qui est conforme à ce que le sieur de Fourquevaux m'escript
-d'Espaigne. Sur quoy je vous diray qu'il fault que vous fassiés
-tousjours ce que vous pourrés pour estre adverti de ce qui se voudra
-exécutter en cella, et m'en donner advis, vous comportant aux choses
-qui sont entre le Roy Catholique, le duc d'Alve et la dicte Royne
-d'Angleterre, et ses subjects, comme je vous ay ci devant escript en
-chiffre.
-
- [88] Voyez CLXIIe dép., tom. IV, pag. 1.
-
-J'ay veu aussy ce que m'avez escript du comte de Morthon, et de la
-forme qui se commence à prendre au traicté de la Royne d'Escosse,
-Madame ma bonne soeur, pour laquelle je ne manqueray, suivant ce que
-me mandés, de parler au sieur de Walsingam, de la même affection que
-je sçay que, pour le bien des affaires de ma dicte soeur, la Royne
-d'Escosse, il est à présent requis, affin que l'on puisse tousjours
-cognoistre que je l'ay assistée aultant qu'il a esté possible et qui
-se pouvoit; mais je suis bien d'advis que vous fassiés, de vostre
-part, ce que vous pourrés pour voir bientost quelque bonne résollution
-au dict traicté, et que ce soit, le plus que l'on pourra, à la
-satisfaction d'icelle ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, avant trouvé
-très bon la responce que vous avés faicte au comte de Sussex et ce que
-vous aviés faict faire par Cobron envers le dict comte de Morthon,
-estant très aise qu'ils soyent en opinion de ne consentir que le
-Prince d'Escosse soit mené en Angleterre; car aussy, pour les raisons
-que vous avés veues par la responce des articles que je vous envoyay
-appostilliés, et par mes précédentes dépesches, il n'y auroit point de
-raison qu'il se fît.
-
-Et quand à ce que vous escript le sieur de Vérac: qu'il est bien
-estonné de ce que le Sr Thomas Flamy a esté envoyé de France en
-Escosse sans lettres de moy, il ne se fault pas mettre en peyne pour
-cella, car ce qui me garda d'escrire comme il désire par sa dicte
-lettre, fust pour ce que l'abstinence et suspension d'armes estoit
-lors desjà accordée; ce que vous luy pourrés faire entendre, si en
-avés le moyen bien seur, et l'asseurés, et aussy les aultres seigneurs
-et gentilshommes et aultres qui sont du parti de ma dicte soeur, la
-Royne d'Escosse, que, si par la fin du traicté il ne se faict quelque
-chose de bon au contentement d'icelle ma dicte soeur, que je
-m'esforceray, aultant qu'il me sera possible, pour l'assister et luy
-donner, et à ses bons subjects, tout le secours qu'il me sera
-possible; mais j'ai espérance, sellon ce que vous mesmes m'escrivés,
-qu'il se faira bientost en cella quelque chose de bon. Cependant,
-affin qu'il ne se puisse dire que, de ma part, j'aye enfreint ce qui a
-esté accordé de la dicte suspension d'armes pendant le dict traicté,
-et que ma dicte soeur, la Royne d'Angleterre, ne puisse aussy prendre
-nulle occasion qu'elle ne tienne et satisfasse ce qu'elle m'a si
-expressément promis pour la dellivrance de ma dicte soeur, la Royne
-d'Escosse, je suis délibéré de ne rien entreprendre du secours dont le
-dict Vérac et le dict de Granges vous ont escript cy devant, et
-encores par ce que j'ay veu du deschiffrement de la lettre du dict
-Vérac.
-
-Et pour ce que, par le dict Vassal, présant porteur, vous entendrés
-toutes aultres choses des nouvelles de deçà, je n'estendray ceste cy
-davantage. Et sur ce, etc.
-
-Escript à Paris le Xe jour de mars 1571.
-
- CHARLES. PINART.
-
-
-
-
-LXXX
-
-LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
-(_Lettre escripte de la main de la Royne._)
-
---du IIIe jour d'apvril 1571.--
-
- Négociation du mariage.--Satisfaction de la reine au sujet de la
- réponse faite par Élisabeth.--Résolution d'envoyer Cavalcanti
- en Angleterre pour commencer le traité.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, sur le propos que je tins dernièrement à
-milord Boucaust, du mariage de la Royne d'Angleterre et de mon fils le
-Duc d'Anjou, elle nous a fait faire responce, par son ambassadeur icy
-résidant, d'en avoir receu contentement, et qu'elle trouvoit en mon
-dict fils toutes choses convenables pour l'effectuer, et que, si elle
-pensoit qu'il y heust aulcune juste occasion qui y peût porter
-empeschement, qu'elle ne voudroit que l'on en traictât, de peur de
-diminuer en quelque chose la bonne intelligence et amitié qui est
-entre nous et elle; et partant, si mon dict fils voulloit mettre entre
-les mains de son ambassadeur, ici résident, les conditions qu'il
-desire pour y parvenir, qu'elle luy en fairait responce; mais qu'elle
-trouveroit beaucoup meilleur que le Roy envoyât quelque personne de
-qualité devers elle pour négotier cest affaire.
-
-Sur quoy nous a semblé plus expédient de dépescher le Sr Cavalcanti,
-comme personne de qualité, devers elle, neutre et confident de la
-dicte Dame, et ayant bon accès et intelligence avec des principaux de
-delà, avec les lettres et mémoires dont vous trouverés les coppies cy
-encloses[89], l'ayant chargé expressément de nous rapporter les dictes
-lettres, et proposer, de bouche, le contenu ez dictz mémoires, que ne
-luy avons voullu bailler tout à propos signés, affin que, si ce négoce
-ne prenoit l'issue que nous desirons, il n'en demeure rien par escript
-devers la dicte Dame. Comme il ne faira rien que par vostre conseil,
-je vous prie de luy donner les adresses et les moyens que vous jugerés
-nécessaires.
-
- [89] Ces lettres et mémoires manquent.
-
-Il nous a aussy promis de nous apporter lettres d'elle, et responce
-aux dicts mémoires, ensemble les demandes qu'elle voudroit faire de
-son costé pour effectuer ce négoce, affin que celluy que nous y
-envoyerons du conseil du Roy, après le retour du dict Cavalcanti,
-pour, avecque vous, traicter de cest affaire, puisse estre mieux
-instruict de nos intentions et plus esclerci de celles de la dicte
-Dame. Sur quoy il sera bon que vous l'alliés trouver pour luy dire que
-le Roy, mon fils d'Anjou et moy, avons eu fort agréable la dicte
-responce que son ambassadeur nous a faicte; et desirons, en ce négoce,
-deux choses: l'une, qu'il passe fort secrettement, tant pour la
-dignité des deux costés que pour obvier aux empeschementz que
-plusieurs, tant de dedans que dehors nos royaulmes, y voudraient
-donner; l'aultre, d'en avoir prompte résollution et expédition pour ne
-demeurer longuement en suspens, et pour évitter les inconvénients que
-la longueur y pourroit apporter. Je vous recommande cest affaire. Et
-sur ce, etc.
-
-A Paris, ce IIIe jour d'apvril 1571.
-
- CATERINE.
-
-
-
-
-LXXXI
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XIe jour d'apvril 1571.--
-
- Audience accordée à Walsingham.--Etat de la négociation
- concernant Marie Stuart.--Autorisation accordée au comte de
- Morton de retourner en Écosse.--Instance du roi pour que Marie
- Stuart soit immédiatement remise en liberté.--Secours d'argent
- et de munitions envoyé par le roi à Edimbourg.--Secret qui doit
- être gardé sur cette circonstance.--Prudence dont Mr de Vérac
- doit user afin d'éviter la guerre.--Détails des mesures prises
- par le roi pour réprimer la sédition de Rouen.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, parce que, par la dernière despesche que
-je vous ay faicte, je vous ay respondu aux deux dernières que j'ay
-receu de vous du XXVIIIe du passé et Ier de ce moys[90], celle cy est
-seullement pour vous dire que, en l'audience que j'ay donné, ce jour
-mesme, au Sr de Walsingam, il m'a faict entendre que la Royne, sa
-Maistresse, luy avoit escript ce qui s'étoit passé jusques à ceste
-heure entre les depputés de la Royne d'Escosse, ma belle soeur, et le
-comte de Morthon, avec les aultres depputés qui sont avecque luy, de
-la part du gouverneur d'Escosse; et qu'il estoit venu pour me le faire
-entendre, et m'a discouru comme, à cest abouchement, il avoit été
-maintenu, par le dict comte de Morthon et les dicts députés qui sont
-de son parti, que la dicte Royne d'Escosse ne pouvoit plus avoir
-l'administration de son royaume, pour ce qu'elle en avoit esté
-déchargée avec son consentement; et que le Prince d'Escosse, son fils,
-a esté couronné Roy, et beaucoup d'aultres particularités qu'il m'a
-aussi dittes. Sur quoy les depputés de ma dicte soeur avoient maintenu
-le contraire, de sorte que de cella et des dictes particularités dont
-ils estoient en débat, mesmement pour la restitution et dellivrance de
-ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, il ne s'estoit peu rien résouldre;
-ayant sur ceste occasion le dict comte de Morthon demandé congé de
-retourner en Escosse, ce que la dicte Royne luy auroit accordé, pour
-assembler le parlement, où il se proposeroit tout ce qui est passé au
-dict abouchement, et qu'il en raporteroit une résollution; m'ayant
-davantage dict, le dict Sr de Walsingam, que la Royne, sa Maistresse,
-estoit bien marrie que cella n'alloit mieux pour la Royne d'Escosse,
-tant pour l'amour qu'elle luy porte que particullièrement pour le
-respect et amitié qu'elle a pour moy, mais qu'elle fairoit tout ce
-qu'elle pourroit, au retour du dict de Morthon.
-
- [90] Voyez CLXVIIe et CLXVIIIe dép., tom. IV, pag. 34 et 38.
-
-Sur quoy je n'ay pas failli de lui dire qu'il seroit bien plus à
-propos, si elle la voulloit, comme elle pouvoit bien, faire mettre en
-liberté et restituer dès ceste heure, et qu'elle luy en auroit
-obligation plus grande, si elle le faisoit ainsi, sans attandre que
-toutes ces choses se fissent et le retour du dict comte de Morthon,
-qui ne pouvoit estre de longtemps; et que, si elle le faisoit sans
-attandre tout cella, que j'en recevrois bien grand plaisir.
-
-Il est encores rentré en discours sur cella, me parlant des instances
-que je vous ay si souvent donné charge d'en faire, et d'en parler si
-fréquemment à la dicte Royne, sa Maistresse, comme s'il eust désiré
-que l'on n'en eust pas faict tant de poursuitte; mais pourtant je vous
-prie, quand vous verrés qu'il sera à propos, d'en faire tousjours
-honnestement instance, et d'assister les ministres de ma dicte soeur,
-la Royne d'Escosse, le mieux que vous pourrés.
-
-Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fénélon, affin que ma dicte soeur,
-la Royne d'Escosse, cognoisse tousjours par effaict combien je désire
-de l'assister, j'ay, suivant ce que m'avés escript, faict secrettement
-bailler au sieur Kergoons, frère du sieur de Granges, gouverneur de
-Lislebourg, dix mille livres en escu sol, et escus pistoles, avec dix
-milliers de poudre grosse grenée, deux milliers de fine poudre, menue
-grenée, et vingt arquebuses à croq de bronze avec leurs morèles, et
-quelques boulets; dont j'ay donné advis à Vérac par ses gens qui
-estoient icy, que j'ay renvoyés. Et l'ay bien adverti qu'il ne fault
-pas que la dicte Royne d'Angleterre, ni pas un des siens et de ceux
-qui sont à sa dévotion, en entendent rien; mais que si, d'avanture,
-l'on sçavoit que le dict frère d'icelluy de Granges eust amené quelque
-chose en ce royaulme, il fault dire que cella est des gens de ma dicte
-soeur, la Royne d'Escosse, et qu'ils l'ont recouvert des deniers de
-son douaire, et que ç'a esté sans que j'en aye, ni mes ministres, sceu
-chose aulcune. Il sera bon, s'il s'en parloit en Angleterre, que vous
-teniés ce mesme langage, affin que cella s'accorde à ce que pourra
-dire le dict Vérac.
-
-J'ay aussy envoyé de l'argent à icelluy Vérac pour son entrettènement,
-et luy ay escript qu'il advisât de tenir tousjours, de ma part, les
-plus honnestes propos qu'il pourra aux seigneurs d'Escosse, qui sont à
-présent à Lislebourg tous assemblés, à ce qu'il m'a mandé, pour voir
-ce qu'ils auront à faire pour son servisse, sellon l'affection qu'ils
-ont, comme ils disent, à ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, leur
-souverainne; si cest abouchement et assemblée en Angleterre pour sa
-restitution ne réheussit à sa satisfaction et desdicts seigneurs; mais
-il sera bon que vous teniés la bride au dict de Vérac, à ce qu'il ne
-permette pas que les susdicts seigneurs, assemblés au dict lieu de
-Lislebourg, entreprennent rien par delà qui y augmente la guerre: car,
-au lieu de bien faire aux affaires de ma dicte soeur, la Royne
-d'Escosse, cella les empireroit.
-
-Vous voullant bien cependant dire que, incontinent que j'ay sceu
-l'esmotion advenue à Rouen[91], désirant d'en faire punition
-exemplaire, comme j'espère et m'asseure qu'elle se faira, j'ay envoyé
-mon cousin le duc de Montmorency, avec un des quattre présidents de ma
-cour de parlement de ceste ville, et sèze des plus notables
-conseillers, tant de ma dicte cour que maistres des requestes, gens de
-bien et bien affectionnés au bien et repos de mon royaulme, que je
-m'asseure qui y sçauront très bien pourvoir, et que de ce qui se faira
-par eulx au dict Rouen demeurera tel exemple en mon royaulme que je
-m'asseure que la paix demeurera bien establie; car aussi en ay je,
-comme aussy la Royne, Madame et Mère, et mes frères, avec tous les
-gens de bien, parfaicte vollonté, ce que je vous prie asseurer
-tousjours à ma dicte bonne soeur la Royne d'Angleterre et à tous ceux
-qui vous en parleront; priant Dieu, etc.
-
-Escript à Paris ce XIe jour d'apvril 1571.
-
- CHARLES. PINART.
-
- [91] Voyez note, tom. IV, pag. 49.
-
-
-
-
-LXXXII
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XXIIIe jour d'apvril 1571.--
-
- Réflexions sur la tenue du parlement en Angleterre et sur les
- propositions qui y sont faites touchant la
- religion.--Négociation concernant Marie Stuart.--Crainte que la
- prise de Dumbarton, si elle se vérifie, n'entraîne la rupture
- de cette négociation.--Précautions qu'il est nécessaire de
- prendre dans le cas où Mr de Vérac serait prisonnier.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, par voz lettres des VIe et XIe jours de
-ce moys[92], que j'ay reçues despuys le départ de Sabran, j'ay veu ce
-qui a esté proposé aux deux premières assemblées, qui se sont faites
-par les Estats d'Angleterre. Sur quoy je vous diray qu'il semble que
-le faict de la religion les pourroit bien troubler au repos qu'ils ont
-eu despuis quelques années par delà, s'ilz n'y donnent bon ordre, car
-les lois si estroictes et sévères qui se font aux dicts Estats pour le
-dict faict de la religion, avec le mauvais ménage en quoy ceste Royne
-et les ministres du Roy Catholicque, et les aultres voysins
-d'Angleterre sont, ou commencent à estre, amèneront par delà quelques
-nouveaultés. En quoy je ne vous réittèreray poinct ce que je vous ay
-cy devant escript en chifre; car je sçay que vous vous y sçaurés très
-bien conduire à ceste occasion et considérer tout ce que vous debvés
-pour en user dextrement; car, encore que, grâces à Dieu, la paix soit
-si bien establie en mon royaulme que je m'asseure qu'il n'est pas
-possible à tous ceux qui y voudroient brouiller de la pouvoir rompre,
-faisant faire punition si bonne et si prompte de ce qui est advenu à
-Rouen, que je m'asseure que l'exemple y sera grand, toutesfois je
-pense que, quand l'orage, qui est passé ici, retomberoit ailleurs, ce
-seroit encores plus de moyen pour moy d'establir et asseurer davantage
-le repos en mon dict royaulme.
-
- [92] Voyez CLXIXe et CLXXe dép., tom. IV, pag. 45 et 50.
-
-J'ay aussy veu tout ce que m'avés escript pour le faict du traité
-commencé pour la restitution de ma belle soeur, la Royne d'Escosse, et
-le départ du comte de Morthon pour aller en Escosse contre le
-consentement de ma dicte belle soeur. En quoy je cognois davantage que
-la dicte Royne d'Angleterre ne demande qu'à tirer ce faict à la
-longue, et cependant se servir du temps pour establir et faire ses
-affaires; mais, puisque je croy que l'évesque de Ross est maintenant
-allé en Ecosse, où il sollicitera le retour du dict comte de Morthon,
-et que la Royne d'Angleterre a promis de rechef qu'en cas que le dict
-comte ne revînt, incontinent après le commencement du moys de may
-prochain, qu'elle abandonnera icelluy comte et les siens, et faira
-procéder au traicté; persévèrant tousjours en sa dellibération de
-faire restituer ma dicte soeur, la Royne d'Ecosse, comme elle m'a
-promis; je croy que le meilleur sera d'attendre ce temps là, où nous
-serons incontinent, et cependant, suivant ce que je vous ay escript
-par Sabran, en faire toujours honnestement et à propos instance à la
-dicte Royne d'Angleterre; et remarquant bien ce que la dicte Royne
-vous en dira quand vous luy en parlerés, pour, à chascune fois, m'en
-advertir: car, s'il estoit vray que ceux du Prince d'Ecosse eussent
-surprins Dombertrand, et prins prisonnier milord Flamy, Mr de Saint
-André, et Vérac; je croy qu'il ne fauldroit plus rien espérer du
-traicté, et que tout cella seroit rompu.
-
-Je vous ay escript par le dict Sabran ce que j'ay fait fort
-secrettement au retour du frère du lair de Granges, qui sera bientost
-en Ecosse; mais, si le dict Vérac est prisonnier, il sera bon que vous
-donniés ordre de faire advertir secrettement le sieur de Ross de ce
-qui a esté baillé, et ce que a emporté et faict amener le frère du
-dict de Granges, afin que cella soit bien employé pour le servisse de
-ma dicte soeur, la Royne d'Ecosse; et faudra que le dict de Ross, s'il
-s'en descouvroit quelque chose en Ecosse ou en Angleterre, dise que
-cella est venu et a esté envoyé par les serviteurs de ma soeur, la
-Royne d'Ecosse, du revenu de son douaire.
-
-J'en avois escript en chiffre, comme je vous ay mandé, au dict Vérac,
-mais son homme, qui luy portoit la lettre, a esté vollé auprès de
-Rouen et son pacquet perdu, à ce que j'ay entendu. Voylà pourquoy j'ay
-faict refaire la dicte dépesche que je vous envoye pour luy faire
-tenir par le plus seur moyen que vous pourrés. Et si le dict Vérac
-estoit prisonnier, renvoyés moy le dict pacquet. Cependant je vous
-diray que j'ay dict au Sr de Seton, qui s'en retourne trouver la Royne
-d'Ecosse, ma dicte soeur, et par lequel nous vous avons escript, que
-nous fairions toujours tout ce que nous pourrions pour ma dicte soeur
-et qu'il l'en asseurât hardiment, en quoy, s'il parle à vous, vous le
-fortifierés. Et sur ce, etc.
-
-Ecript à Paris, ce XXIIIe jour d'apvril 1571.
-
- CHARLES. PINART.
-
-
-
-
-LXXXIII
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du VIIe jour de may 1571.--
-
- Approbation de la nouvelle suspension d'armes conclue en
- Ecosse.--Déclaration du roi qu'il est résolu à donner toute
- assistance aux partisans de Marie Stuart au cas où Elisabeth
- fournirait des secours à ses ennemis.--Recommandation
- d'insister vivement pour la mise en liberté de Marie
- Stuart.--Promesse faite par le roi à l'archevêque de Glascow
- qu'il n'abandonnera pas la reine d'Ecosse.--Retour de Mr de
- Vérac en France.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, despuys la dépesche que je vous ay
-faicte, le XXIIIe jour du moys passé, par la voye ordinaire des
-postes, j'ay receu voz lettres des XVIe, XXIIIe et XXVIIIe jours du
-dict moys passé[93]. Sur quoy je vous diray, sans m'arrester aux
-choses sur lesquelles vous n'avez pas besoin de responce, lesquelles
-vous m'avés faict bien grand plaisir de me mander, que vous avés très
-bien fait d'avoir confirmé et continué l'abstinence d'armes en Ecosse
-jusques à ce que l'on reprène les erres du dict traicté, au retour du
-comte de Morthon; estimant que, pour ceste occasion, si la dicte
-abstinence est bien résolue et accordée, la dicte Royne d'Angleterre
-se gardera d'entreprendre aulcune chose de ce costé là, ny aussy de
-permettre qu'il y soit couvertement rien entreprins par aulcun des
-siens: ce qu'il luy fault souvent réitérer, comme je m'asseure que
-vous sçavés très bien faire et à propos, affin que, continuant entre
-elle et moy toute bonne amitié et correspondance, il ne se puisse
-faire chose par les siens, ni aussy par les miens, qui nous engendrât
-inimitié.
-
- [93] Voyez CLXXIe, CLXXIIIe et CLXXIVe dép., tom. IV, pag. 53, 69
- et 71.
-
-Mais cependant il fault que vous ne laissiés de faire tousjours
-honnestement tous les bons offices en mon nom que vous avés
-accoutumé, et que je vous ay souvant escript faire pour ma dicte
-soeur, la Royne d'Escosse; déclarant franchement à ma dicte soeur, la
-Royne d'Angleterre, que, si elle donne assistance à ceux des subjects
-de ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, qui sont contre elle, que je
-fairay de mesmes, comme la raison le veut et les si expresses
-alliances qui sont de longue main, et encores modernement
-renouvellées, entre ces deux couronnes. Et luy dictes hardiment que le
-meilleur seroit qu'elle ni moy ne nous en meslassions aulcunement, et
-qu'on laissât faire à ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, et aux
-Escossois; aultrement, que, si elle s'en mesle apertement ou
-couvertement, qu'aussi seray je, à ceste occasion, contrainct de faire
-à bon escient, comme vous luy pourrés tousjours honnestement
-remonstrer; mais que je ne commenceray pas, pour l'espérance que j'ay
-qu'elle me tiendra la promesse, qu'elle vous a cy devant faicte, qu'en
-quelque sorte que ce soit elle fairoit mettre ma dicte soeur, la Royne
-d'Escosse, en liberté, soit que ce traicté réheussît ou non.
-
-Et pour ce, vous la prierés de ma part que, si elle cognoissoit que le
-retour du dict comte de Morthon ne feust si proschain que l'on
-pourroit desirer, et que le requièrent les affaires de ma dicte soeur,
-la Royne d'Escosse, qu'elle se souvienne de la dicte promesse qu'elle
-m'a faicte, parlant à vous; ce qu'en quelque sorte que ce soit il luy
-fault tousjours réittérer, comme le sçavés très bien faire.
-
-Cependant je vous diray que l'archevesque de Glasco, ambassadeur, me
-vint hier trouver, et me fit entendre plusieurs aultres choses
-touchant les affaires de la Royne, sa Maistresse. Je luy ay promis que
-je luy fairay et à ses bons subjects, comme j'en ay tousjours fort
-bonne vollonté, la meilleure assistance qu'il me sera possible, et
-ainsi que j'ay cy devant faict; dont je m'asseure qu'il l'advertira,
-oultre ce, que je luy ay escript de ma main par le sieur de Seton,
-faisant responce aux lettres qu'elle m'escrivit par luy.
-
-Au demeurant, je vous diray que Vérac, ayant été mis en liberté par le
-comte de Lenox, il s'en est revenu, m'ayant raconté bien au long
-l'estat des affaires d'Ecosse: ce qu'il vous escript, de mesmes qu'il
-m'en a discoureu; vous priant de me donner advis de toutes occurences
-à mesure qu'elles surviendront, comme vous avés fort bien faict
-jusques icy, et dont il me demeure toute satisfaction. Sur ce, etc.
-
-Escript à Annet le VIIe jour de may 1571.
-
- CHARLES. PINART.
-
-
-
-
-LXXXIV
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XXIVe jour de may 1571.--
-
- Débats du parlement d'Angleterre.--Surveillance à exercer sur les
- menées des Anglais en Écosse.--Instances faites par le roi
- auprès de Walsingham pour la mise en liberté de Marie
- Stuart.--Détails des secours envoyés de France en
- Écosse.--Défiance contre les seigneurs écossais nouvellement
- rattachés au parti de la reine.--Craintes inspirées par
- l'entreprise des Espagnols contre l'Irlande, et le projet de
- mariage de Marie Stuart avec don Juan.--Recommandation pour le
- frère du comte de Rothe.--Désir du roi qu'il soit permis à
- l'archevêque de Glascow d'aller visiter la reine
- d'Écosse.--Affermissement de la paix en France.--Répression des
- troubles d'Orange et de Rouen.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, par la dernière despesche que je vous ay
-faict despuys l'arrivée de Sabran, par la voye de la poste, je vous ay
-satisfaict à tout le contenu de voz despesches précédentes; et à peu
-près à celle du IIe de ce moys, que m'escrivistes par Sabran, présent
-porteur, et pareillement aux deux que j'ay encores depuys reçues de
-vous: l'une, il y a quattre jours, du VIIIe de ce dict moys, et
-l'aultre ce jourdhuy, du XIIIe ensuivant[94]; et vous diray
-seullement, quant aux honnestes propos que la Royne d'Angleterre,
-Madame ma bonne soeur, vous a tenus en voz dernières audiences, que je
-suis fort aise que luy ayés ainsi particullièrement et à propos
-respondu, et faict cognoistre que je desire, en tout ce qu'il me sera
-possible, tousjours conserver nostre bonne amitié et commune
-intelligence, ayant eu bien agréable d'apprendre aussy ce qui s'est
-passé journellement au parlement qui se tient par delà, en quoy je voy
-bien qu'il y a des divisions et partis, principallement pour le faict
-de la religion, et en ce qui s'y parle du tiltre du royaume et du
-faict de la police; mais, à la fin, comme il est très bien desduict
-par vostre dicte dernière dépesche, je ne doubte point que ce que
-desire et veut la dicte Royne ne s'y fasse.
-
- [94] Voyez CLXXVe, CLXXVIIe et CLXXIXe dép., tom. IV, pag. 75, 88
- et 103.
-
-Je seray bien aise que vous continuiés à me tenir tousjours adverti de
-ce qui se passera au dict parlement, et aussy des délibérations que
-pourrés descouvrir qu'a icelle Royne pour le faict d'Escosse; car,
-comme je vous ay escript par ma dernière lettre, il fault prendre
-garde surtout qu'elle n'envoye secrettement ou évidemment des forces
-en Escosse et qu'elle n'y fasse entreprinse que je n'en sois bien
-certainement et auparavant adverti, pour y pourvoir d'heure, comme
-j'adviseray. Et sera aussy très bon que me mandiez si la suspension
-d'armes entre les Escossois n'a pas esté arrestée quand le comte de
-Morthon est retourné en Escosse, et si elle continue ou non; car il
-semble qu'elle soit interrompue pour ce que, par ce que me mandés, et
-par d'aultres nouvelles que Vérac, qui est icy, a eues d'Escosse, et
-aussy par des lettres que Cobron a escriptes à la Royne, Madame et
-Mère, il se void qu'ils se sont battus près de Lislebourg. Et si cella
-continuoit, il ne faudroit plus espérer la continuation du traitté
-commencé en Angleterre, mais il faudroit que vous fissiés souvenir à
-la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, de la promesse qu'elle m'a
-faicte, parlant à vous, qu'en quelque sorte que ce feust que se
-terminast le dict traicté, qu'elle la mettroit en liberté ez mains de
-ses bons subjectz, et luy en faire toute instance honnestement, sellon
-sa dicte promesse.
-
-Et desjà Ma dicte Dame et Mère et moy en avons, ce jourdhuy, parlé au
-Sr de Walsingam, et l'avons prié d'en escrire à la Royne, sa
-Maistresse; mais, affin que vous suiviés en cella le désir et vollonté
-de ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, je suis bien d'advis, et vous
-prie ne faillir de l'advertir de ce que je vous mande, luy faisant
-aussy entendre que j'ay donné ordre que les quattre mille escus de ce
-moys seront baillés, dans quatre ou cinq jours, au frère du comte de
-Rothes, ou à celluy que le Sr de Glasco, son ambassadeur, voudra, pour
-estre incontinent envoyés en Escosse ez mains de qui, et ainsy que le
-dict Sr de Glasco avisera, avec deux milliers de salpestre affiné,
-deux cents boulletz de grande coulevrine, deux cens de bastarde, et
-six cens de moyenne, cent corselets blancs garnis et complets, deux
-cents harquebuses à mains garnies de fourniments, deux cents morions,
-deux cens piques ferrées et cent hallebardes; et tout cella sera,
-dedans deux ou trois jours, dellivré et baillé en la charge de Jehan
-Schelsolme, escossois, contreroolleur de son artillerie, pour le faire
-incontinent mener par mer en Escosse, avec un bon et seur
-saufconduict, advertissant aussy ma dicte soeur, la Royne d'Escosse,
-que je désire bien qu'elle entende que, combien qu'elle et vous m'ayés
-mandé, de sa part, que l'on se pouvoit fier au frère du lair de
-Granges, et luy bailler tout ce que l'on voudroit, que néantmoins j'ay
-eu quelque crainte que ce que j'ay desjà envoyé par luy ne feust pas
-bien seur, ni aussy ce que je fais encore bailler, pour ce que j'ay
-peur que l'on s'ayde et serve de tout cella et de tout ce que j'y
-pourrois encores cy après envoyer contre elle mesmes; car, ayant esté
-cy devant le lair de Granges et Ledinthon et tous ces gens là mal
-affectionnés à son servisse, et s'estants remis et rangés despuys peu
-à sa dévotion, comme elle m'a mandé; je n'y voids pas trop de seureté.
-
-Voylà pourquoy je désire qu'elle m'esclercisse en cella de sa vollonté
-et intention; et affin que ce que je fais pour elle, qui est le plus
-qu'il m'est possible, veu l'estat où sont réduits mes affaires, ne
-soit pas mal employé contre elle, car je y aurois trop de regret; vous
-voullant bien dire une chose, à laquelle il faut nécessairement que
-vous regardiés de près, car cella importe grandement pour mon
-servisse: c'est que j'estime, aux propos qu'ont tenus aulcuns
-escossois à Vérac, quand il est parti d'Escosse, et sellon quelques
-advis que j'en ay eu despuys, et à ce que j'ay aussy senti aujourdhuy,
-en parlant au dict ambassadeur Walsingam, que les deux partis des
-dicts Escossois, par la mennée du dict Ledinthon et du comte de
-Morthon, qui sont bons amis, et qui ont à present grand part au dict
-païs, se pourront accorder et unir ensemble, non seullement pour
-abandonner leur Maistresse, mais aussy pour empescher que les Anglois
-et aultres ne feussent maistres de l'Escosse; et peut estre aussy pour
-n'y admettre pas vollontiers les François et ce qui seroit à ma
-dévotion. Et combien qu'il leur seroit impossible de subsister, s'ils
-n'avoient support, et que je sois très asseuré qu'ils pensent bien que
-ils ne le sçauroient avoir, ni espérer plus franchement ni fidellement
-que de moy, suivant les anciennes alliances de ces deux royaulmes, si
-fault il que vous ayés l'oeil ouvert à cella, et que vous soyés, s'il
-est possible, asseuré de leur résollution pour m'en advertir: et aussy
-si vous avés point apris quelque chose davantage que ce que m'avés
-dernièrement escript de l'entreprise que l'on tient pour certain de
-delà, que le Roy d'Espaigne faict sur l'Irlande avec l'intelligence et
-ayde du Pape.
-
-J'ay veu pareillement ce que me mandés qu'avés entendu que la comtesse
-de Northomberland et milord Dacres ont dépesché un nommé Hervé en
-Espaigne pour moyenner le mariage de la Royne d'Escosse avec dom Joan
-d'Austria, et que le duc de Norfolc y pourra prendre jallousie. Ce
-sera bien faict que vous en enquériés encores bien diligemment pour
-m'en donner advis, et que vous continuiés à me tenir adverti de tout
-ce qui se passe de delà avecque le mesme soin que vous avés tousjours
-accoustumé jusques icy, et dont j'ay tel contantement que sçauriés
-desirer.
-
-Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fénélon, je ne veux oublier de vous
-dire, avant que finir ceste lettre, que le frère du comte de Rothes
-m'a faict dire que, pour l'affection qu'il a, de longue main, à mon
-servisse, et qu'il a tousjours eue à la Royne d'Escosse, sa
-souverainne, il desire que vous le cognoissiés et qu'il puisse parler
-quelquefois avec vous, pour ce qu'il a moyen de sçavoir beaucoup de
-délibérations de la Royne d'Angleterre, voire, ce qu'elle dict à ses
-plus secrects serviteurs, dont il vous advertira journellement. Et
-pour ce que c'est chose qui ne se doibt négliger, vous fairés fort
-bien pour mon servisse de l'ouïr parler et entendre ses moyens, sans
-toutesfois vous lascher à luy d'aulcune chose d'importance, car je ne
-le cognois sinon pour l'avoir veu ceste fois avec l'archevesque de
-Glasco qui m'a dict que ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, le
-cognoissant affectionné à elle, l'a envoyé icy avec les lettres
-qu'elle nous a escriptes par luy, pour la secourir de ce qui est cy
-dessus déclaré.
-
-J'ay prié le sieur de Walsingam d'escrire à sa dicte Maistresse pour
-faire obtenir passeport au Sr de Glasco de pouvoir aller faire un
-petit voyage devers la Royne d'Escosse, ma soeur, pour luy faire
-entendre l'estat de son douaire et affaires de deçà; ce qu'il a aussy
-promis de faire, remettant au dict Sabran, présent porteur, le surplus
-de tout ce que je vous pourrois escrire, principallement pour vous
-dire comme la paix est, grâces à Dieu, bien establie en mon royaume,
-espérant qu'elle y continuera tousjours bonne. Vous en pouvés assurer
-ma dicte soeur, la Royne d'Angleterre, quand elle vous en parlera; et
-que l'exemple a esté desjà et sera encores si bien faict des émotions
-qui ont été à Oranges, et à Rouen[95], que tout le reste de mes
-subjects y prendra exemple. Sur ce, etc.
-
-Escript à Gaillon le XXIVe jour de may 1571.
-
- CHARLES. PINART.
-
- [95] Voir les notes, tom. IV, pag. 49.
-
-
-
-
-LXXXV
-
-LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
-(_Lettre escripte de la main de la Royne._)
-
---du XXIVe jour de may 1571.--
-
- Négociation du mariage.--Doute que la reine d'Angleterre soit
- franche dans ses propositions.--Sursis à la discussion de
- l'article concernant l'exercice de la religion.--Demande que
- les autres articles du contrat soient envoyés.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, vous avez veu par mon aultre lettre[96]
-comment l'ambassadeur d'Angleterre est venu parler au Roy, mon fils,
-et à moy, et qu'il ne nous a rien dict davantage que ce qu'il me dict
-à St Clou; ce qui me faict doubler que la Royne d'Angleterre ne se
-veuille servir de ce bruict, et qu'elle nous laisse là quand elle aura
-faict ses affaires. Pour ce, prenez y garde et nous advertissez de ce
-qu'il vous en semble et en pourrez sçavoir; car, encores que je vous
-aye escript par l'ambassadeur, je vous ay voulleu dépescher ce
-courrier, attandant que Sabran soit guéri, pour vous advertir de
-cessy, et que nous avons faict bonne mine à l'ambassadeur; et, suivant
-le conseil que nous avez donné de laisser indécis ce qui concerne la
-religion, pour entrer au traicté des demandes de la Royne
-d'Angleterre, nous luy avons dict que nous voyons tant de raisons de
-tous les deux côtés, de la Royne et de mon fils, que nous desirions de
-traicter tous les aultres articles, et espérions que Dieu cependant
-envoyera quelque moyen pour le faict de la religion, puisque c'est sa
-cause.
-
- [96] Cette lettre manque.
-
-Il nous a dict qu'il le trouve bon, et s'asseuroit que la Royne, sa
-Maistresse, envoyeroit bientot ses demandes et articles.
-
-Encore que Pinart aye dépesché ce courrier, il ne sçait pas ce que je
-vous mande; pour ce, ne m'en mandés rien que par homme exprès. Voilà
-tout ce que je vous diray pour ceste heure, car je vous envoyeray le
-surplus par l'aultre, et je feray fin; priant Dieu, etc.
-
-De Gallion, ce XXIVe jour de may 1571.
-
- CATERINE.
-
-
-
-
-LXXXVI
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du IVe jour de juing 1571.--
-
- Nécessité de ménager Élisabeth dans la négociation relative à
- Marie Stuart.--Nouvelles assurances de protection pour la reine
- d'Écosse.--Insistance afin qu'Élisabeth ne permette, sous aucun
- prétexte, aux seigneurs anglais de passer en armes en
- Écosse.--Résolution du roi de s'opposer à toute entreprise de
- la part de la reine d'Angleterre sur ce pays.--Réclamation en
- faveur de l'évêque de Ross.--Menées du duc d'Albe.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, vos trois dépesches des XVIIIe, XXIIIe
-et XXVIIIe jours du moys passé[97], sont arrivées quasi à un même
-instant; de toutes lesquelles je reprendray principallement la
-dernière, et vous diray que j'ay esté bien aise de voir que, sur ce
-que je vous ay escript par la mienne, du VIIIe du moys passé, vous
-ayés pris occasion d'entrer en propos avec la Royne d'Angleterre,
-Madame ma bonne soeur, ayant esté bien advisé et considéré à vous de
-luy remonstrer et toucher doulcement ce que je desirois, sans
-toutesfois y rien obmettre de ce que je vous avois par ma dicte
-dépesche chargé de luy dire, bien à propos, comme j'ay veu par vostre
-dicte lettre que vous avez faict. Et sera bon que vous continuiés d'y
-procéder par ceste douce voye, quand vous luy parlerés du faict de la
-Royne d'Escosse, Madame ma soeur, puisqu'elle s'aigrit si fort quand
-on la met là dessus. Sur quoy j'attendray ce que vous aurés conféré le
-lendemain de la datte de vostre dernière avec le comte de Lestre et
-milord de Burgley, ainsi que m'avés escript que deviez faire.
-
- [97] Voyez CLXXXe, CLXXXIe et CLXXXIIe dép., tom. IV, pag. 106,
- 110 et 113.
-
-Quand à ce que vous m'escrivés qu'avés receuilli des propos que la
-dicte Royne d'Angleterre vous a tenus et des aultres advis, que vous
-avez d'ailleurs, que les choses vont en Écosse comme il est contenu au
-mémoire que m'avés envoyé[98], ce m'a esté plaisir de l'entendre ainsi
-particullièrement. Et j'ay très grand aise que le secours, envoyé par
-le frère du lair de Granges, soit arrivé si à propos qu'il ait
-fortiffié et accru le courage à ceux du parti de ma dicte soeur, la
-Royne d'Escosse; laquelle je vous prie consoller et asseurer
-tousjours, autant qu'il vous sera possible, que je luy continueray ce
-que sçavés: et ne tiendra à cella, ny à chose que je puisse, que ses
-affaires ne prospèrent et prènent le bon chemin que je desire.
-
- [98] Ce mémoire n'est pas joint à la dépêche.
-
-Et pour le regard des gens de guerre que la dicte Royne d'Angleterre a
-donné commission à milord de Housdon de lever à Barwich, et de ce que
-vous voyés que, sans dissimulation ni aulcune couverture, le
-cappitaine du dict Barvich et beaucoup de la noblesse d'Angleterre se
-prépare pour assister le comte de Lenox; estant chose contraire à
-l'abstinence d'armes qui a esté cy devant accordée, il fault, et je
-vous prie, que vous en fassiés instance à ma dicte soeur, la Royne
-d'Angleterre et luy remonstriez, si elle voulloit couvrir ce faict par
-dire que ce sont bannis et désadvoués qui s'y rettirent, que l'on
-cognoit bien comment ilz y vont et soubs quel adveu; et la prierez de
-les révoquer, et faire de sa part observer la dicte abstinence d'armes
-comme je veux faire de mon costé.
-
-S'il se cognoist clairement que la dicte Royne veuille entreprendre
-quelque chose en Escosse, je suis délibéré de m'y opposer, tant pour
-ma réputation, sellon les anciennes alliances qui sont entre ces deux
-couronnes, que pour ne perdre pas aussy le pied que mes prédécesseurs
-et moy y avons de tout temps, que je veux tousjours affermir en
-quelque sorte que ce soit, et me servir en cela tant des moyens et
-erres que je y ay d'ancienneté que de ceux que je pourray avoir par le
-moyen de ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, et de ses bons subjects,
-auxquels je donneray tousjours et continueray, tant qu'il me sera
-possible, tout le secours que je pourray; ainsi que je vous ay escript
-par mes deux dernières dépesches. Mais, comme je vous ay mandé, je
-desire que ce soit secrètement, soubs la couverture que je vous ay
-escripte, et sans que, par là, la dicte Royne d'Angleterre puisse
-prendre occasion de se voulloir mesler de la guerre d'entre les
-subjectz du royaume d'Escosse, et en ce faisant, soubs prétexte de
-vouloir assister le petit Prince et le parti du comte de Lenox,
-s'emparer des places fortes et occuper le dict royaulme; vous
-asseurant que je suis bien marri de l'emprisonnement et assez
-rigoureuses et extraordinaires procédures qui se font contre l'évesque
-de Ross, et que l'on ait eu si peu de respect au lieu qu'il tient par
-delà, chose qui est du tout contraire au traictement que l'on doibt
-faire aux ambassadeurs. Et quelques raisons qu'ils veuillent dire
-pour colorer ce faict, ils ne peuvent cacher qu'il n'y ait de
-l'animosité et qu'ils cerchent de ruiner et traverser entièrement les
-affaires de ma dicte soeur, la Royne d'Escosse.
-
-J'escripts à la dicte Dame, Royne d'Angleterre, en faveur dudict
-esvesque de Ross, une lettre qui est à la fin de créance sur vous,
-ainsi que vous verrés par le double que je vous en envoye; suivant
-laquelle je vous prie faire toute l'honneste instance que vous pourrés
-envers la dicte Dame Royne pour le faire mettre en liberté, et luy
-faire faire un traictement plus agréable que celluy qu'il a receu
-despuis sa détention; et au surplus continuer par delà la mesme
-affection que vous avés tousjours portée, suivant ce que je vous ay
-souvent escript, aux affaires de ma dicte soeur, la Royne d'Escosse; à
-laquelle je n'escriptz point, craignant de mettre ceste Royne en plus
-grande jalousie; mais vous le luy manderés de ma part, et l'assurerés
-que je fairay tousjours pour elle et ses bons subjects et serviteurs,
-tout ce qu'il me sera possible; vous priant, pour la fin de ceste cy,
-continuer aussy la mesme dilligence, de laquelle vous avés usé cy
-devant en tout ce qui s'est présenté par delà pour mon servisse; dont
-je suis très bien satisfaict et content, prévoyant et allant tousjours
-au devant des menées et pratiques que vous jugerés tendre à offencer
-ma réputation et reculler le bien de mes affaires, ou de ma dicte
-soeur, la Royne d'Escosse. Dont, me reposant entièrement sur là bonne
-affection que je sçay que vous y avés, je ne fairay ceste cy plus
-longue que pour prier Dieu, etc.
-
-Escript à Lions, ce IVe jour de juing 1571.
-
-
-J'ay sceu que le duc d'Alve a faict dire à la Royne d'Angleterre
-qu'elle ne debvoit pas faire le mariage que sçavés, et qu'il ne
-falloit pas qu'elle attendît d'avoir Callais.
-
-Ce IVe jour de juing 1571.
-
- CHARLES. PINART.
-
-
-
-
-LXXXVII
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XIe jour de juing 1571.--
-
- Satisfaction du roi au sujet de la conférence de l'ambassadeur
- avec Leicester et Burleigh.--Négociation relative à Marie
- Stuart.--Assurance que le mariage du duc d'Anjou sera
- profitable aux partisans de la reine d'Écosse.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, la dernière dépesche que je vous ay
-faicte, par la voye de la poste, qui est du IVe de ce moys, a esté
-principallement pour respondre à la vostre du XXVIIIe du passé, de
-laquelle dépend celle que j'ay receue despuis par le courrier Nicolas,
-dattée du IIe jour de ce dict moys[99], contenant la conférance que
-vous avés eue avec le comte de Lestre et milord Burgley sur les mesmes
-propos que vous aviés, le jour précédent, tenus à la Royne
-d'Angleterre, leur Maistresse, pour les affaires de ma soeur, la Royne
-d'Escosse; ayant veu que vous avés fort bien et sagement répliqué à la
-responce qu'ils vous firent à ce que leur proposastes; dont toutesfois
-vous n'avés eu enfin aulcune satisfaction sur les chefs que leur
-baillastes par escript lors, sinon qu'il falloit attandre le retour du
-mareschal de Barwich qui a esté envoyé en Escosse; la charge duquel
-j'ay bien esté aise d'entendre si particullièrement que me l'avés
-mandé par vos dictes lettres, lesquelles me font entrer en opinion que
-ma dicte soeur et cousine, la Royne d'Angleterre, veut tanter tous
-les moyens qu'elle pourra, pour exécuter du costé d'Escosse et y faire
-ses affaires, et cependant me paistre de parolles.
-
- [99] Voyez CLXXXIIe et CLXXXIIIe dép., tom. IV. pag. 113 et 118.
-
-Voylà pourquoy il fault avoir l'oeil ouvert en cessy, et que, suivant
-mes dernières lettres, vous monstriés tousjours clairement que c'est
-chose à quoy je m'opposeray. Et cependant, en quelque sorte que ce
-soit, faictes tousjours pour ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, et
-ses bons subjects, tout ce qui vous sera possible, mesmement à ceste
-heure, et durant la détention de l'évesque de Ross, qu'elle n'a
-personne qui entende à ses affaires; car cella servira à deux
-effaicts: l'un, pour voir plus clair en ce que sçavés, touchant les
-dictes petites lettres, et advancer cella, si l'on marche de bon pied
-de delà, ainsi que nous voulions faire de deçà, si cognoissons qu'il y
-ait affection; et l'aultre, en tout évènement, aydera tousjours à ma
-dicte soeur, la Royne d'Escosse, et ses bons subjects que je ne veux
-aulcunement abandonner; car tousjours, quand l'effaict des dictes
-petites lettres réheussira, ce sera leur bien; et si aussy nous
-cognoissons qu'il y ait, au faict d'icelles petites lettres, de
-l'artifice et fiction, nous serons sur nos pieds de faire en Escosse
-tout ce que nous pourrons, suivant la maxime que j'ay prise en cella
-dès le commencement. Cependant je vous asseure que j'ay bien agréable
-la façon que vous tenés de négotier le faict des dictes petites
-lettres; en quoy je vous prie continuer d'affection et vous me fairez
-servisse; priant Dieu, etc.
-
-Escript à Lions le XIe jour de juing 1571.
-
- CHARLES. PINART.
-
-
-
-
-LXXXVIII
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XVIIIe jour de juing 1571.--
-
- Mission donnée à Mr de Larchant de passer en Angleterre.--Crainte
- des projets qu'Élisabeth peut avoir sur l'Écosse.--Ferme
- résolution du roi de défendre ce pays contre elle par tous les
- moyens qui sont en son pouvoir.--Nouvelle mission confiée à Mr
- de Vérac pour l'Écosse.--_Instruction_ remise a Mr de Larchant
- sur la négociation du mariage.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay veu par vostre dépesche, du IXe de
-ce moys[100], la façon dont la Royne d'Angleterre a usé à la clôture
-de son parlement, et les termes en quoy elle demeure, affin que, quand
-elle voudra, elle le puisse continuer et rassembler, s'il advenoit
-qu'il y heust affaires pour elle, ou pour son royaume, qui le
-requissent. Cella me faict penser que c'est à quelque bonne intention
-et espérance que, si la négotiation du mariage d'entre elle et mon
-frère réheussit à bonne fin, comme j'espère et désire qu'elle fasse,
-son dict parlement ne sera point encore tant séparé qu'il ne se puisse
-bien remettre. Voylà pourquoy, affin de voir clair en la dicte
-négotiation, nous sommes résollus d'envoyer le Sr de Larchant,
-cappitaine de la garde de mon dict frère, le Duc d'Anjou, pour porter
-à la dicte Royne la responce des lettres qu'elle nous a escriptes, ces
-jours icy, de sa main, et à vous les mémoires de ce que nous desirons
-d'estre esclercis en ce faict, avant que d'envoyer gens de plus grande
-qualité de delà; ayant avisé de vous dépescher Sabran, présent
-porteur, devant luy, affin que vous en soyés adverti, et vous faire,
-par mesme moyen, responce au reste de vostre dicte dépesche du IXe de
-ce moys. A laquelle je vous diray que la résollution, qui a esté
-prinse par icelle Royne, de renvoyer, comme me mandés qu'elle a
-promptement faict, le cappitaine Briquonel, avec deux cents
-harquebusiers, trouver le comte de Lenox à Esterlin; et puis considéré
-qu'elle entretient à ses dépens, oultre cella, les cinq cents soldats
-escossois; et davantage qu'elle faict menasser ceux du parti de la
-Royne d'Escosse de leur courre sus: tout cella me faict penser, comme
-vous l'escrivés fort bien à la Royne, Madame ma mère, que icelle Royne
-d'Angleterre veut, non seullement faire enlever le Prince d'Escosse,
-si elle peut, et le faire mener, comme vous dictes, en Angleterre,
-mais il y a encore à craindre davantage: c'est que, pandant qu'elle
-void qu'ils se sont rebrouillés en Escosse, et qu'elle nous entretient
-tousjours en espérance de faire bien pour la Royne d'Escosse, et
-durant ce propos de mariage, qu'elle tasche, par tous moyens, à se
-saisir aussi de Dombertrand et de Lislebourg, ou pour le moins y
-mettre gens à sa dévotion, pour, puis après, se rendre maistresse de
-l'Escosse.
-
- [100] Voyez CLXXXVe dép., tom. IV, pag. 135.
-
-C'est à quoy il faut que vous preniés garde soigneusement et que vous
-démonstriés tousjours clairement à icelle Royne d'Angleterre et à ses
-ministres, comme je vous ay escript par mes trois dernières dépesches,
-que, si elle entreprend quelque chose de ce costé là, je me délibère,
-suivant les anciens traictés et alliances, qui sont entre moy et les
-Escossois, de donner, de mon costé, toute l'assistance qu'il me sera
-possible à ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, et à ses bons subjects.
-Et affin que nous ne nous endormions poinct sur cella, il fault que
-vous pénétriés si souvent en la délibération de la dicte Royne
-d'Angleterre, et que vous fassiés en sorte que nous puissions sçavoir
-quelle délibération elle a du dict costé d'Escosse, et, aussy, si elle
-a sincère vollonté au dict mariage d'elle et de mon dict frère; car
-nous sommes tousjours en quelque doubte, ayant veu qu'elle a si
-souvent esté en termes de se marier avec de si grands princes, qu'elle
-veuille faire, en nostre endroict, comme elle a tousjours faict avec
-les aultres, et cependant se servir du temps, et faire ses affaires,
-non seullement à mon préjudice, mais aussy en moquerie et risée de
-nous par toute la Chrestienté.
-
-Et affin que cella n'advienne point, je fairay tousjours, du costé
-d'Escosse, comme je vous ay escript; et, pour y avoir plus
-d'intelligence, je renvoye Vérac pour y résider. J'espère qu'il y sera
-dans huit ou dix jours, avec lettres et moyens tant au duc de
-Chatellerauld, lair de Granges, Ledinthon, que aultres seigneurs
-d'Escosse, que j'estime qui me sont bien affectionnés, et à ma dicte
-soeur la Royne d'Escosse, pour tousjours les entretenir en toute bonne
-affection en mon endroict, comme je desire qu'ils soyent suivant nos
-dicts anciens traictés, soit que le dict mariage réheussisse, ou non,
-ayant commandé au dict Vérac de vous tenir adverti de tout ce qui se
-faira au dict païs d'Escosse: aussy faudra il que vous luy escriviés,
-affin que vous ayés toute bonne correspondance et intelligence
-ensemble, et que mes affaires et intentions se puissent mieux conduire
-cependant. Je desire bien fort que l'exploit et l'entreprise que vous
-m'avés mandé par vostre dicte dernière dépesche, qui se debvoit
-exécuter par les dicts bien affectionnés subjects de ma dicte soeur,
-la Royne d'Escosse, soit bien réheussie, et qu'il se fasse tousjours
-tout ce qu'il sera possible pour affoiblir le parti de ceux qui
-affectionnent, en Escosse, la dicte Royne d'Angleterre; et que vous
-fassiés aussy, par tous moyens, ce que je vous ay souvent escript en
-chiffre: car il n'y a rien qui fasse plus haster la Royne d'Angleterre
-en la dicte négociation des petites lettres, ni qui soit plus
-nécessaire pour le repos de mon royaulme et bien de mes affaires, pour
-lesquelles vous estes, au demeurant, si amplement instruict de mon
-intention, qu'il n'est besoin de vous faire plus longue lettre. Aussy
-n'estendray je ceste cy davantage que pour prier Dieu etc.
-
-Escript à Gaillon, ce XVIIIe jour de juing 1571.
-
- CHARLES. PINART.
-
-
- MÉMOIRE ET INSTRUCTION A Mr DE LA MOTHE,
- pour instruire Mr de Larchant de ce qu'il aura à faire au voïaige
- qu'il faict en Angleterre (_original_).
-
- (_Dressé par Mr De Foix._)
-
- Il est nécessaire, une des deux choses: ou respondre aux demandes
- de la Royne d'Angleterre par escript, et le mander à Mr de La
- Mothe, pour le bailler à la Royne d'Angleterre et le monstrer,
- icy, à son ambassadeur;
-
- Ou bien y envoyer un gentilhomme de qualité pour déclarer à la
- dicte Dame ceulx que le Roy à éleus pour aller traicter et
- négocier par delà sur les demandes tant d'elle que de
- Monseigneur; et conclure ce négoce.
-
- Quant au premier, il semble que, tant s'en faut qu'il feust
- profitable qu'il seroit dommaigeable; premièrement, parce que
- Monseigneur pourroit accorder quelques choses icy qui pourroient
- luy estre concédées plus avantageuses, si l'on négocioit sur les
- lieux, où l'on feroit les responces, sellon qu'on verroit
- disposés les affaires.
-
- En second lieu, est à craindre qu'il ne se trouvast quelques
- responces qui fussent pour desplaire à la Royne et à ceulx de son
- conseil, et par ce moyen apportassent empeschement ou retardement
- à ceste négociation.
-
- En troisième lieu, il est certain que la dicte Dame n'entrera en
- aucuns débatz par escript sur les dictes responces, comme il
- appert par l'inscription de ses demandes, et difficultez qu'elle
- a faictes de les bailler, cuydant qu'il appartenoit à sa
- grandeur et existimation de les aller prendre sur les lieux,
- comme aussi il se voit par ce que l'ambassadeur a dict à Leurs
- Majestez, en leur présentant les dictes demandes: qu'il n'a aucun
- pouvoir pour les deffendre et débattre. Partant ce ne seroit que
- leur donner plus de commodité et temps de s'aprester et instruire
- contre les responces du dict Seigneur.
-
- En oultre, négocier par escript et messaiges, n'est aultre chose
- qu'aporter longueur à cest affaire, et n'y a rien qui soit plus
- tost pour le rompre que donner temps et loisir aux adversaires
- d'apprester leurs machines pour l'oppugner;
-
- Oultre ce, que les conditions présentées par la dicte Dame
- semblent estre si prochaines de la raison, qu'il semble ne
- desirer aultre chose que des députez pour les clorre et arrester.
-
- Item, son ambassadeur s'est laissé entendre que la dicte Dame
- estoit mal satisfaicte de ce que, jusques icy, le Roy n'avoit
- envoyé aucun personnaige de qualité devers elle.
-
- Partant, il semble bon de luy en envoyer un présentement, à
- plusieurs fins, pour la visiter et la remercier très cordialement
- de ce qu'elle monstre, et par ses lettres, et par propos tenuz à
- l'ambassadeur, et par ses demandes et responces faictes à celles
- de Monseigneur, combien elle embrassoit de bon coeur l'offre qui
- luy avoit esté faicte de la part du Roy, et avec quelle syncérité
- d'affection elle y procédoit; de quoy leurs Majestez et
- Monseigneur la remercioient très affectionnément, et
- l'asseuroient que, avoir si franchement procédé à cest affaire
- avoit redoublé leur desir de le mettre à fin, et leur faisait
- tant plus estimer sa bonté et mérites, luy tesmoignant que le Roy
- n'avoit rien plus cher que de voir son frère avec elle entendre à
- son contentement, conservation de son estat et continuation
- d'iceluy à sa postérité, comme aussy la Royne Mère luy rendoit
- pareille affection qu'à ses propres enfans, et Monseigneur en
- augmentoit tous les jours en ardent zèle de l'obéir et servir, et
- se conformer à ses volontez; ce qui avoit esté cause que,
- incontinant, ayant esté présenté au Roy ses dictes demandes, il
- auroit dépesché devers elle pour luy déclarer ceste leur
- satisfaction et desir;
-
- Et encores pour luy faire entendre le chois et élection qu'il a
- faict de personnages, de qualité convenable au respect que le Roy
- luy rend et à la grandeur de ce négoce, pour envoyer devers elle,
- affin, par conférence avec elle et ceulx qui luy plaira députer
- de sa part, d'adjouter, corriger et réformer, des pactions et
- accords, ce qui sera juste et raysonnable, et sçavoir d'elle si
- elle aura pour agréable qu'ilz l'aillent incontinent trouver,
- tenans pour certain, Leurs dictes Majestez, qu'ayant donné si
- bons arrhes et gaiges de sa bonne intention, elle continuera à
- pourvoir à tout ce qui sera faict pour la conscience, honneur et
- grandeur de Monseigneur, et ostera par sa prudence les
- difficultez qui restent encores de poix et moment.
-
- Dira aussi qu'une des occasions, qui ont meu le Roy d'envoyer des
- députez devers elle, est parce que luy semble convenable à la
- grandeur d'elle que cest affaire se parachève près d'elle, et
- qu'il desire de le haster le plus que l'on pourra, sachant bien
- qu'il n'y a rien plus contraire à l'effectuer que la longueur des
- messagers, allans et venans, pendant laquelle les adversaires
- guaignent temps pour s'aprester à le pouvoir empescher.
-
- Et, si la dicte Dame déclare vouloir que les députez aillent
- incontinent par delà, il demandera passeport pour servir, en ce,
- plustost à la coustume, que pour en estre besoing à cause de la
- paix et bonne intelligence qui est entre le Roy et elle.
-
- Mr de La Mothe adjoutera à ce que dessus ce qu'il luy semblera
- estre plus propre pour l'acheminement de cest affaire et pour
- rendre plus claire et certaine la négotiation des députez.
-
- Le dict gentilhomme remerciera aussi, de la part du Roy et de
- Monseigneur, le garde des sceaux, le marquis de Norenton, le
- milord Sucès, de Lecestre, de Bourlé et aultres, des bons offices
- qu'ilz font par delà, selon et ainsi qu'il semblera bon au dict
- ambassadeur.
-
- Et desire Sa Majesté qu'oultre ce qu'il a mandé, par ses lettres
- du VIIe de ce mois, avoir entendu, par le comte de Lecestre, de
- la bonne intention de la dicte Dame pour laisser à Monseigneur,
- privément et en sa maison, l'exercice de sa religion, qu'il en
- parle encor au dict seigneur conte, ensemble au milort Bourlé, et
- leur remonstre l'aliénation des bonnes volontez que pourroit
- apporter, si les dictz depputez, personnaiges de telle qualité,
- s'en retournoient sans rien faire, et les prier que, s'ils
- congnoisssent qu'il peut survenir quelque empeschement pour
- rompre ceste pratique, qu'ilz luy vueillent dire clairement.
-
- Faict à Gaillon, le XVIIIe jour de juing 1571.
-
- CHARLES. PINART.
-
-
-
-
-LXXXIX
-
-LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON
-
---du IIIe jour de juillet 1571--
-
- Envoi du portrait du duc d'Anjou.--Instances pour que la
- négociation du mariage une prompte solution.--Demande du
- portrait de la reine d'Angleterre.--Promesse du portrait de la
- duchesse de Nevers.--Espoir que le duc de Montpensier
- consentira à la donner en mariage à Leicester.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, pour ce que la peinture de mon fils
-n'estoit pas du tout parachevée, quand vostre homme partit
-dernièrement, je ne vous l'ay plus tôt peu envoyer qu'à ceste heure
-par Vassal, présent porteur; encores n'a ce peu estre en une seulle
-peinture, de la main de Me Jarriet, comme j'heussé désiré. Il n'eust
-le loisir que de faire, comme vous verrés, le visage, qui est fort
-bien, et parfaictement faict, après le vray naturel; et l'aultre
-peinture, qu'il a aussy faicte, servira seullement pour la taille, qui
-est aussy la vraye semblance de mon dict fils, mais il ne s'est pas,
-en ceste peinture, amusé à faire parfaictement le visage, pour ce que
-l'aultre estoit faict et que je voullois faire partir en dilligence ce
-porteur.
-
-Je suis d'advis que vous baillez les dictes deux peintures au sieur
-comte de Lestre et faudra que vous luy fassiez aussy entendre ce que
-je vous ay mandé, et que vous accommodiez cella de telle sorte qu'il
-soit prins de bonne part, en attendant que le dict Me Jamet ait
-paraschevé la peinture qu'il faict en plus grand volume, que j'espère
-vous envoyer cy après, si nous voyons que les choses succèdent comme
-je le desire, et qu'il me semble que l'on desire aussy par delà, par
-ce que j'ay veu par voz dernières petites lettres[101], l'une du jour
-de St Jehan qui estoit dedans un de voz pacquetz, et l'aultre que m'a
-baillée ce dict porteur.
-
- [101] Voyez CLXXXVIIIe et CLXXXIXe dép., tom. IV, page 155 et
- 163.
-
-Auxquelles, pour responce, je vous diray que nous avons prins fort
-grand plaisir d'entendre, par icelles, que les choses soyent en si
-bons termes, et tant affectionnées de la part de la Royne d'Angleterre
-et du dict comte de Lestre, et aussy du comte de Sussex et de milord
-Burgley, auxquels nous sçavons infiniment bon gré des bons offices
-qu'ils font; mesmement au dict sieur comte de Lestre, qui démonstre
-bien, par ce que me mandés, la bonne volonté qu'il y a, dont il se
-peut asseurer que, les choses advenant ainsi que j'espère qu'elles
-fairont et comme nous le desirons, qu'il cognoistra par effect le bon
-gré que luy en sçavons. Mais, affin que cessy soit bientost résollu,
-il fault que, par son moyen, les articles que nous demandons et qui
-sont mentionnés en l'instruction que vous a portée le Sr de Larchant,
-nous soyent accordés, s'il est possible, avec le plus d'avantage que
-vous pourrez les estendre et moyenner, et que cella soit asseuré, sans
-le remettre à quand mon dict fils sera par delà, comme me mandés par
-vostre dicte lettre. Et par ce moyen mon dict fils en aura plus de
-contentement et d'obligation à la dicte Royne et aux gens de bien qui
-manient cest affaire; lesquelz je vous prie d'entretenir toujours en
-la bonne volonté et affection qu'ilz montrent avoir en cest affaire,
-et qu'ilz fassent en sorte que les choses n'aillent point à la longue,
-et que, pour oster le moyen à ceux qui y veullent traverser, le tout
-se puisse promptement résoudre comme il est très nécessaire, et que
-nous le desirons; vous priant de continuer à travailler tellement en
-cessy, comme desjà vous avés si bien commencé, que de brief nous y
-puissions voir une bonne et honnorable résollution.
-
-Je vous prie me faire ce plaisir que je puisse avoir bientost une
-peincture de la Royne d'Angleterre en petit volume, de la grandeur (et
-qu'elle soit bien pourtraicte), et faicte de la façon mesme de celle
-que m'avez envoyée du dict comte de Lestre, ainsi que vous dira le
-dict Vassal; car la peinture que nous en avons est du tout en plat,
-qui n'a pas si bonne grâce qu'elle aura, estant un peu tournée sur le
-costé droict.
-
-Et quand à ce que m'avez escript d'icelluy sieur comte de Lestre, je
-suis bien marrie que, par ce dict porteur, je ne luy peus envoyer la
-peincture de ma cousine la duchesse de Nevers de Montpensier, mais
-elle ne s'est poinct encore faicte peindre, à cause qu'elle a esté un
-peu malade; le peintre y travaille, et j'espère vous l'envoyer
-incontinent qu'il aura faict. Je luy ay parlé de ce que sçavés: elle
-m'a fort sagement respondu qu'elle n'avoit aultre volonté que celle de
-mon cousin le duc de Montpensier, son père, qui est en sa maison de
-Champigny. Je lui en eusse volontiers escript, mais vous cognoissés le
-personnage; qui pense que le meilleur sera que je luy en parle moy
-mesme, comme je fairay aussytost qu'il sera avecque nous, et de si
-bonne affection que j'espère que icelluy sieur comte en recevra
-satisfaction et contentement. Me remettant, pour le reste de voz
-dépesches, à ce que vous escript le Roy, Monsieur mon fils[102], et à
-ce qu'il vous mande pour responce à voz dernières dépesches, je ne
-vous fairay plus longue lettre si n'est pour vous recommander encores
-une fois d'affection la dicte négociation des petites lettres, dont
-j'espère que nous aurons bientost de bonnes nouvelles par le Sr de
-Larchant; priant Dieu, etc.
-
-Escript à Monceaulx, le IIIe jour de juillet 1571.
-
- CATERINE. PINART.
-
- [102] Cette lettre manque.
-
-
- (_Est adjousté de la main de la Royne._)
-
-Je vous prie que bientost en puissions voir ce que desirons, car la
-longueur ne porte que subject à ceux qui ne desirent la grandeur de
-mon fils, et qui ayment mieux leur maison, bien et grandeur qu'ils
-espèrent icy, qui ne font que luy dire beaucoup de choses qui ne
-peuvent apporter rien de bon à son servisse.
-
-
-
-
-XC
-
-LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du VIIIe jour de juillet 1571.--
-
- État de la négociation du mariage.--Assurance donnée par
- Walsingham que la reine d'Angleterre veut fermement épouser le
- duc d'Anjou.--Protestation de Catherine de Médicis qu'elle
- partage le même désir.--Recommandation faite à l'ambassadeur au
- sujet de cette négociation.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, ceux qui ne désirent pas le mariage
-d'entre la Royne d'Angleterre et mon dict fils, le Duc d'Anjou, ont
-fait courir le bruict par deçà que ce que la dicte Royne faisoit en ce
-négoce, n'estoit pas de bonne volonté qu'elle y eût, mais seullement
-pour se servir du temps. Cela véritablement nous a fait penser à cest
-affaire, et aller plus rettenus, et a esté cause que mon dict fils,
-pour ceste occasion, n'en a pas voullu tesmoigner, comme aussi
-n'estoit il pas raisonnable, qu'il y eût si grande affection.
-
-Dont le Sr de Walsingam, qui en a eu advis d'Angleterre, et des
-aultres bruits que ces gens là mesmes ont faict courir par toute la
-Chrestienté, pour tascher à rompre ce traicté de mariage, m'a faict
-dire que, tant s'en fault qu'il soit vray qu'icelle Royne y procède
-par dissimulation qu'au contraire elle y marche de très bon pied, et
-ses principaux ministres aussi: qui l'ont expressément escrit au dict
-Sr de Walsingam pour me le dire ou faire dire, comme il a fait par mon
-cousin le Sr de Foix; et qu'icelle Royne et tous les siens ne
-desireront jamais tant chose qu'ils font la conclusion d'icelluy
-mariage. Dont le Roy, Monsieur mon fils, et moy, et aussi mon dict
-fils, le Duc d'Anjou, sommes aises, espérant, puisqu'ainsi est, que,
-par le Sr de Larchant que nous attendons en bonne dévotion, vous nous
-envoyerés les responces des conditions que nous desirons, et les
-aultres choses que vous avés entendues par luy, si avancées qu'il s'en
-prendra bientost quelque bonne résolution, comme il est nécessaire et
-que nous desirons; ainsi que vous pourrés asseurer la dicte Royne et
-tous ceux de ses ministres qui conduisent cest affaire; et leur dire
-hardiment que nous y marchons aussi de fort bon pied, et qu'ils ne
-croyent rien de tous les bruits qui pourroient courir du contraire,
-qui ne sont que pour rompre cest affaire; lequel je vous recommande
-sellon la parfaicte confiance que nous avons en vous; à qui j'en ay
-voullu incontinant faire ceste lettre, ayant sceu que tous ces bruicts
-couroient, afin que, si l'on vous en parle de delà, vous asseuriés
-tousjours la dicte Royne et ses ministres de nostre sincère volonté et
-bonne affection. Et sur ce, etc.
-
-Escript à Monceaux, le VIIIe jour de juillet 1571.
-
-
- _Par postille à la lettre précédente._
-
-Ceste lettre vous servira d'advis pour en user discrètement, comme
-vous sçavés très bien faire; car si de delà, ils ne sçavoient encore
-tous ces faux bruits, vous vous conduirés en cela et leur parlerés
-ainsi que vous le jugerés à propos. Ce VIIIe jour de juillet 1571.
-
- CATERINE. PINART.
-
-
-
-
-XCI
-
-LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
-(_Lettre escripte de la main de la Royne._)
-
---du XXVe jour de juillet 1571.--
-
- Confidences sur la négociation du mariage.--Regret qu'éprouve
- Catherine de Médicis du refus fait par le duc d'Anjou de passer
- en Angleterre, sans avoir l'assurance de l'exercice public de
- la religion catholique.--Menaces contre les conseillers qui le
- poussent à cette détermination.--Résolution de Catherine de
- proposer le mariage d'Élisabeth avec le duc d'Alençon, s'il ne
- peut succéder avec le duc d'Anjou.--Proposition d'une ligue
- avec la reine d'Angleterre.--Recommandation de brûler la
- lettre, et de ne se fier à aucun écrit qui ne porterait pas la
- signature du roi ou de la reine-mère.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, comme j'ay une particulière confience en
-vous, je ne vous celleray poinct que l'humeur, en laquelle est mon
-fils d'Anjou, me faict bien grande peyne; il est tellement obstiné à
-ne passer en Angleterre, sans avoir une publique asseurance pour
-l'exercisse de sa religion, que le Roy ni moy n'avons peu obtenir
-qu'il se soit fié à la parolle de la Royne d'Angleterre. Nous
-soubçonnons fort que Villequier, Lignerolles, ou Sarret, possible,
-tous trois, soyent les autheurs de ces fantaisies: si nous pouvons en
-avoir aulcune asseurance, je vous asseure qu'ils s'en repentiront.
-Pour tout cela, je ne veux pas que nous nous rebuttions, car,
-possible, pourrons nous gaigner quelque chose sur son esprit, ou sur
-celluy de la dicte Royne.
-
-Si, par malheur, les choses ne peuvent pas s'accorder pour mon dict
-fils, comme je le souhaite, je suis résollue de faire tous mes efforts
-pour le faire réheussir pour mon fils d'Alençon, qui ne sera pas si
-difficile. Cependant, comme on nous propose de tascher de faire une
-ligue avec icelle Royne, pour nous l'attacher davantage, et esloigner
-le fils de l'Empereur et aultres, ne faictes jamais semblant de cessy;
-mais bruslez la présente, après l'avoir leue, et ne croyés rien que
-l'on puisse vous dire, ou escrire, que ce que vous verrés par lettres
-signées de la main du Roy ou de moy, qui ne vous dis pas cella sans
-raison; car ceux qui ne desirent pas que les choses qui sont, grâces à
-Dieu, si bien advancées et disposées, réheussissent et s'effectuent,
-sont assés artificieux pour publier ou escrire ce qu'ils penseront qui
-soit pour empescher ce bon oeuvre; priant Dieu, etc.
-
-A Fonteinebleau, ce jeudi XXVe jour de juillet 1571.
-
- CATERINE.
-
-
-
-
-XCII
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XXXIe jour de juillet 1571.--
-
- Retour de Mr de Larchant.--Réponse d'Élisabeth sur l'article
- concernant la religion.--Résolution du roi d'envoyer Mr de Foix
- en Angleterre pour discuter cet article.--Affaires
- d'Écosse.--Surveillance nécessaire à l'effet d'empêcher toute
- entreprise des Anglais sur ce pays.--Recommandation de faire en
- faveur de Mr de Vérac toutes les démarches utiles pour procurer
- sa liberté, s'il était vrai qu'il eût été fait prisonnier en
- Écosse.--Ferme assurance donnée par le roi qu'il n'abandonnera
- jamais Marie Stuart.--Recommandation faite à l'ambassadeur de
- se conduire avec assez de prudence pour éviter la
- guerre.--_Instruction remise à Mr de Foix._
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, à ce que j'ay veu par les lettres que
-m'avés escrites, du IXe de moys, touchant la négotiation, et despuys
-par celles que m'avés aussy escriptes le XIe ensuivant, que m'a
-apportées le sieur de Larchant, et entendu par ce qu'il nous a dict de
-bouche, et davantage considéré ce que me mandés et à la Royne, Madame
-et Mère, par vos dépesches des XIVe, XXe, et XXIIe de ce moys[103], il
-se trouve de grandes difficultés sur l'article de la religion. Ayant à
-ce propos mis en grande considération ce que la Royne d'Angleterre,
-Madame ma bonne soeur et cousine, dict au dict de Larchant, et encores
-depuis à vous; qui est qu'elle ne pense ne pouvoir consentir que mon
-frère ait l'exercisse de la religion par delà, et que cella pourroit
-estre cause (si elle la luy accordoit comme nous le desirons pour luy
-et les siens) de troubler son estat, ce qu'elle aymeroit mieux être
-morte que de voir; voylà pourquoi je pense qu'il estoit très
-nécessaire, premier que envoyer mes depputés de delà, qu'il y allât
-quelque personnage bien entendu et agréable pour le faict de la dicte
-négotiation. Et pour ce que je pense que Mr de Foix, mon cousin, y
-seroit fort propre, je l'ay prié d'en accepter la charge, comme il a
-faict, lui ayant faict faire une instruction bien ample et lettres de
-ce que luy et vous aurés à faire en cella; ayant avisé de vous
-renvoyer cependant ce présent porteur pour vous en advertir, et pour
-vous dire que, avant hier, après disner, nous ouismes sur cella le Sr
-de Walsingam, qui s'est tousjours monstré bien affectionné à cest
-affaire, si ce n'est quand au dict poinct de la religion, pour lequel
-véritablement il se rend difficile, et croy qu'il en pourra escrire à
-sa Maistresse selon sa passion; mais, le dict sieur de Foix arrivant,
-comme il faira bientost par delà, vous faira entendre toutes choses
-et comme vous aurés à vous y gouverner en cella.
-
- [103] Voyez CXCe, CXCIe, CXCIIe, CXCIIIe et CXCIVe dép., tom. IV,
- pag. 165, 169, 176, 180 et 188.
-
-Cependant je ne veux oublier de vous dire que je suis après à pourvoir
-et donner ordre au faict d'Escosse, ainsi que vous m'avés escript,
-dont je vous tiendray adverti incontinent par vostre aultre
-secrettaire, que j'ay rettenu pour vous le renvoyer aussytost que
-cella sera faict. Mais je vous prie, Monsieur de La Mothe Fénélon, que
-cepandant vous ayez tousjours l'oeil ouvert et preniez si bien garde
-aux actions de la Royne d'Angleterre du costé d'Escosse, qu'elle ne
-puisse rien entreprendre ni donner secours ou assistance que je ne
-sois promptement adverti de ses délibérations.
-
-Et me sera très grand plaisir que vous sçachiez au vray si le petit
-vaisseau, dernièrement parti de ce païs pour aller en Escosse, a esté
-prins par ceux du Petit Lict et aussy Vérac, affin que, si ainsi est,
-vous fassiez instance pour la dellivrance du dict Vérac, car, comme
-l'on pourra avoir veu par les dépesches que je luy ay faict bailler,
-s'il est prins, je l'envoyois par delà pour estre médiateur et tascher
-à réconcillier en paix et amitié tous les subjects de la Royne
-d'Escosse, Madame ma bonne soeur, et pour y faire, en mon nom, tous
-les bons offices qu'il pourroit entre les uns et les aultres
-indifféremment. C'est pourquoy il ne peut estre retenu, ni ne doibt
-recepvoir aulcun mauvais traictement, comme vous avés à remonstrer à
-ma dicte bonne soeur et cousine, la Royne d'Angleterre, et à escrire,
-si besoin est, aux comtes de Lenox et de Morthon, affin que
-promptement ils le délivrent, et laissent aller et venir en toute
-liberté à Lislebourg et aultres lieux qu'il voudra, pour une si bonne
-oeuvre.
-
-Cependant asseurez tousjours ma dicte bonne soeur, la Royne d'Escosse,
-que je ne l'abandonneray jamais, comme je luy ay tant de fois asseuré,
-et que, oultre la si prosche alliance d'entre elle et moy, je
-demeureray tousjours en l'affection que j'ay et doibs avoir selon les
-anciens traictés d'entre ma couronne et la sienne, nos païs et
-subjectz, ainsi que par effaict j'ay jusques icy bien monstré: en quoi
-je me délibère de persévérer et faire de bref encore ce qui me sera
-possible pour elle et ses bons subjectz, ainsi que plus amplement je
-vous manderay par vostre aultre secrettaire.
-
-Cependant vous vous comporterez pour ses affaires, et pour la
-restitution de l'évesque de Ross, envers la dicte Royne d'Angleterre,
-et aussy pour la fortification du Petit Lict, comme vous jugerez qu'il
-sera à propos en attendant que le dict Sr de Foix arrive de delà; et
-aussy, pendant qu'il y sera, afin que toutes choses passent par la
-plus douce voye qu'il sera possible et qu'il ne se puisse rien altérer
-de la bonne amitié et intelligence d'entre moy et la dicte Dame Royne
-d'Angleterre, et qu'elle ne puisse prendre nulle occasion de remettre
-à la longue l'effaict du bien et faveur qu'elle vous a promis de
-faire, pour l'amour de moy, à ma dicte soeur, la Royne d'Escosse; dont
-vous la remémorerez tousjours à propos le plus honnestement que vous
-pourrez. Et sur ce, etc.
-
-Escript à Fontainebleau, le dernier jour de juillet 1571.
-
- CHARLES. PINART.
-
-
- INSTRUCTION BAILLÉE A Mr DE FOIX.
-
- --du XXIXe jour de juillet 1571.--
-
- Le Roy, après avoir ouï le Sr de Larchant, à son retour du voyage
- que Sa Majesté lui a naguières envoyé faire devers la Royne
- d'Angleterre, et veu par sa dicte Majesté les lettres que le
- dict Sr de Larchant a raportées d'icelle Royne, ensemble la
- dépesche du Sr de La Mothe Fénélon son ambassadeur près d'elle,
- faisant mantion des honnestes propos du mariage d'entre icelle
- Royne et Monseigneur, frère du Roy;
-
- Sa Majesté, après avoir sur le tout meurement considéré et
- délibéré, a avisé, pour la grandeur et importance de cest
- affaire, que le meilleur seroit, avant que faire partir ses
- depputés, pour en aller conclurre par delà, de choisir quelque
- digne personnage de son conseil, expérimenté et entendu à tel
- honorable affaire, pour aller vers icelle Royne, affin de plus
- amplement esclaircir certains poincts, ès quels Sa Majesté desire
- bien que la dicte Royne s'exprime davantage qu'elle n'a faict par
- les articles et responses qui ont esté escriptes aux conférances
- d'entre les dictz Sr de La Mothe Fénélon et aulcuns des ministres
- et principaux conseillers d'icelle Dame Royne;
-
- Ayant, à ceste occasion, Sa Majesté choisi et fait élection du Sr
- de Foix, conseiller en son conseil privé, le cognoissant digne,
- capable, et grandement versé, non seulement aux affaires de ce
- royaulme, mais aussy cognoissant les formes de l'estat
- d'Angleterre, pour y avoir résidé et esté son ambassadeur auprès
- de ceste Royne.
-
- Luy ayant, à ceste occasion, commandé de faire tant pour son
- servisse d'entreprendre le dict voyage, sçachant bien qu'il s'en
- sçaura très bien et dignement acquitter, et, estant là,
- communiquer ceste sienne charge au Sr de La Mothe Fénélon, pour,
- après, s'estantz bien entendus et résollus, aller trouver la
- dicte Royne et luy présenter les lettres que Sa Majesté luy
- escript de sa propre main, et celles de la Royne, sa mère, et de
- Mon dict Seigneur,
-
- Aussy luy faisant entendre le grand contentement et satisfaction
- que Leurs Majestés et Mon dict Seigneur ont des honnestes propos
- contenus aux lettres qu'elle leur a escriptes de sa main par le
- dict Sr de Larchant, ayant cogneu par icelles sa bonne intention,
- affection, et grande vollonté de voir bientost, ce qui s'est si
- honnorablement commencé à négotier du dict mariage d'entre elle
- et Mon dict Seigneur, réhussir: et encores de la grande
- démonstration, qu'elle a de deçà tousjours faict faire par son
- ambassadeur, de le desirer;
-
- Luy tenant, à ceste occasion, tous les honnestes propos de
- remerciement, dont se pourra adviser le dict Sr de Foix, ainsi
- que Sa Majesté sçait qu'il sçaura très bien et dignement faire.
-
- En quoy le dict Sr de La Mothe Fénélon, aussi de sa part,
- interviendra à propos, comme le dict Sr de Foix et luy
- adviseront, pour fortiffier davantage la persuasion que faira en
- cella icelluy Sr de Foix; par laquelle il monstrera à icelle
- Royne combien Leurs Majestez et Mon dict Seigneur le desirent
- aussy, et louent la syncérité dont elle y procède, l'asseurant
- n'estre pas moindre de deçà; estimant Sa Majesté que icelle
- Royne, d'elle mesmes, entrera en propos plus avant.
-
- Et lors, le dict Sr de Foix luy proposera la difficulté, en
- laquelle Sa dicte Majesté se retrouve, spécialement pour
- l'article faisant mention de la religion; lequel est, par les
- dicts mémoires, tellement contrainct pour Mon dict Seigneur et
- pour les siens, que, s'il ne luy estoit beaucoup davantage
- augmenté, il n'en pourroit avoir satisfaction, et demeureroit en
- grand peyne de la liberté qu'il a tousjours desirée pour luy et
- les siens en l'exercisse de sa religion; estimants Leurs
- Majestez, et aussy Mon dict Seigneur, qu'icelle Royne
- considérant, comme ilz la prient bien fort de faire, que, pour
- l'intégrité de conscience où mon dict Seigneur veut tousjours
- demeurer, il ne luy seroit honnorable de se contraindre et les
- siens en sa religion, allant de delà en la bonne et syncère
- délibération, où il est, de servir d'affection à icelle Royne, à
- la continuation de l'union et concorde de ses subjects et païs,
- et ne leur donner nulle mauvaise occasion;
-
- Et, pour ceste cause, il plaise à la dicte Dame Royne de regarder
- d'accorder le faict et exercisse d'icelle religion à Mon dict
- Seigneur et aux siens, à sa satisfaction, et en faire passer
- l'article, comme le reste de ce qui sera accordé du traité, par
- le Parlement et Estats du païs; car aultrement et à grande
- difficulté se pourroit il résoudre, aussy Leurs dictes Majestez
- ne luy conseilleroient et ne seroient d'advis, en quelque sorte
- que ce soit, de passer plus oultre en ceste négociation,
- considéré ce que sur ce poinct la dicte Dame Royne a dict au dict
- Sr de Larchant et despuis au dict Sr de La Mothe Fénélon: qui est
- qu'il y auroit pour Mon dict Seigneur un extresme danger, et
- qu'elle aymeroit mieux mourir que de le voir.
-
- Voylà pourquoy chascun en demeure en peyne de deçà; car, encores
- que Mon dict Seigneur aille avec toute bonne affection, et n'y
- voullant apporter aulcune cause ou occasion de rumeur ni trouble,
- si, n'y seroit il nullement en seuretté de sa personne, comme
- icelle Dame Royne a tacitement déclaré.
-
- Et advenant qu'il y ait difficulté sur le dict point de la
- religion et libre exercisse d'icelle, qu'il ne se puisse, ainsi
- que dict est, terminer et que l'on désire absolluement que Mon
- dict Seigneur soit par delà pour le luy accorder et les siens, le
- dict Sr de Foix ne passera point oultre à tout le reste des dicts
- aultres articles, mais se despartira prudemment de la dicte
- négociation,
-
- Et asseurera la dicte Dame Royne que Leurs dictes Majestez et Mon
- dict Seigneur, cognoissant par ce qu'elle en a dict si
- franchement aux dicts Srs de Larchant et de La Mothe Fénélon, et
- puis par les honnestes depportementz que l'on a tousjours cogneu
- en elle et aux siens, procédants à cest affaire; qu'il ne sera
- jamais que le Roy ni la Royne, sa mère, n'en ayent telle
- souvenance qu'elle se peut asseurer d'eux d'une vraye et
- parfaicte amour qu'ilz lui portent, comme ils fairont tousjours
- paroistre par effaict d'aussy grande affection et bonne volonté
- qu'elle sçauroit desirer envers elle et les siens, toutes et
- quantes fois que l'occasion s'en présentera.
-
- Davantage luy dira aussy que, quand à Mon dict Seigneur, il se
- sent particullièrement tant obligé à elle de l'honneur qu'elle
- luy faict, qu'il ne sera jour de sa vie qu'il n'en ait souvenance
- pour luy faire aussy, l'occasion se présentant, de toute
- affection servisse, et aux siens toutes les honnestetés et
- courtoisies qu'il pourra, regrettant grandement que les choses ne
- se peuvent mieux accorder pour l'affection et grand amour qu'il
- porte à icelle Dame Royne, dont mal aisément se pourra il jamais
- despartir, ce qu'il la supplie très humblement croire, et le
- tenir tousjours en sa bonne grâce, et pour le plus affectionné de
- ses serviteurs.
-
- Fait à Fonteinebleau, le XXIXe jour de juillet 1571.
-
- CHARLES, CATERINE. _Au-dessous_, HENRY.
- _Et plus bas_, PINART.
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-XVIII
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-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
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---du XXVe jour d'aoust 1571.--
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- Avertissement donné au roi que les protestans de France font tous
- leurs efforts pour empêcher le mariage du duc d'Anjou, et
- qu'ils ont proposé le mariage du prince de Navarre avec
- Élisabeth ou l'une de ses parentes.--Obstacle qu'il faut mettre
- à l'exécution de ce projet.--Assurance que doit donner
- l'ambassadeur que le mariage du prince de Navarre avec la soeur
- du roi est arrêté et conclu.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, j'attendz à vous faire responce à
-toutes vos dernières dépesches, après que j'auray communiqué des
-poincts qui sont importants par icelles à aulcuns seigneurs de mon
-conseil, qui ont praticqué les traictés d'entre mes prédécesseurs Roys
-et les Escossois, et prendray sur toutes vos dictes dépesches une
-bonne résolution, dont je vous advertiray incontinent; et vous
-esclerciray entièrement sur le tout de mon intention.
-
-Cependant j'ay advisé de vous faire ceste dépesche pour vous dire que
-j'ay eu advis bien certain que, combien que le feu cardinal de
-Chatillon ayt faict l'ouverture et démonstration bien affectionnée, et
-ceux de la religion aussy, de desirer le mariage de mon frère avec la
-Royne d'Angleterre, que néantmoins c'estoit chose que le dict cardinal
-et les plus grands d'entre eulx ne voulloient pas, n'estant ce qu'ilz
-en faisoient que pour tousjours nous amuser; et que, tant s'en fault
-qu'ilz le souhaitassent à bon escient, qu'au contraire, pour empescher
-soubz main le dict mariage, et par mesme moyen celluy de ma soeur avec
-le Prince de Navarre, Mr l'Admiral a tant faict par ses menées que la
-Royne de Navarre, ma tante, et luy ont secrettement envoyé et escript
-en Angleterre pour, par le moyen des bons et certains amis qu'ils y
-ont, faire proposer, comme ilz ont faict, avec toutes les industries
-et plus belles couleurs qu'ils ont peu penser, à la dicte Royne
-d'Angleterre le mariage d'entre elle et le Prince de Navarre; et, si
-le parti du dict Prince n'estoit trouvé bien convenable et agréable à
-la dicte Royne d'Angleterre, et qu'elle persistast tousjours en
-l'opinion et résolution qu'ils sçavent (comme j'en ay eu aussy advis)
-qu'elle a, dès longtemps, de ne se marier jamais, qu'ilz luy ont par
-mesme moyen faict remonstrer et requérir que, pour seurement et bien
-establir ses affaires et les leurs aussy, elle donnât au dict Prince
-de Navarre en mariage une sienne niepce à laquelle elle pourroit,
-quand elle voudroit, faire beaucoup de bien.
-
-Dont de tout ce que dessus je vous ay bien voulleu advertir, affin
-que, s'il advient que la dicte Royne d'Angleterre ou ses ministres
-vous mettent en propos du mariage de ma dicte soeur et d'icelluy
-Prince, vous en parliez comme si le dict mariage estoit du tout
-résollu, comme aussy sera il tousjours, quand il me plerra; et fault
-que vous ayez l'oeil si ouvert, que vous puissiez descouvrir par delà
-les menées de ces gens là, et regarder d'y mettre secrettement tous
-les empeschements que vous pourrés; car, s'il est vray qu'ilz ayent ce
-dessein, je ne veux pas négliger les moyens, que Dieu m'a donnés, de
-la puissance que j'ay sur le dict Prince de Navarre, comme mon subject
-qu'il est, pour empescher que cella, qui ne pourroit qu'aporter très
-grande incommodité à mon servisse, ne se fasse.
-
-Vous debvés tenir, comme je m'asseure que sçavés très bien faire,
-cessy secret, que nul ne s'aperçoive que nous le sçachions, affin
-qu'ilz ne changent ou couvrent les menées et pratiques qu'ilz font en
-cella. J'en escris à Mr de Foix et l'advertis seullement de l'advis
-que j'en ay eu, et, me remettant à vos prudences et dilligences pour y
-pénétrer plus avant que ce que en avons sceu de deçà, je n'estendray
-ceste cy davantage que pour vous dire que, comme je mande au dict Sr
-de Foix, il fault aussi qu'il regarde ce qu'il en pourra apprendre de
-sa part, et s'en servir à propos en ce qu'il a à négocier par delà;
-vous remettant au demeurant mes aultres affaires; et priant Dieu, etc.
-
-Escript à Chenonceau, le XXVe jour d'aoust 1571.
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-
- _Par postille à la lettre précédente._
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-Monsieur de La Mothe Fénélon, il fault que vous dictes, quand on vous
-parlera du mariage de ma dicte soeur et du dict Prince de Navarre,
-qu'il est tout faict.
-
-Ce XXVe jour d'aoust 1571.
-
- CHARLES. PINART.
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-
-XCIV
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-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
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---du Xe jour de septembre 1571.--
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- Réclamation du roi en faveur de Mr de Vérac, prisonnier en
- Écosse.--Négociation pour la pacification de ce
- pays.--Approbation donnée par le roi au projet d'associer le
- prince Jacques à la couronne.--Ordre transmis à l'ambassadeur
- de conduire cette négociation auprès de Marie
- Stuart.--Protestation du roi qu'il assistera toujours la reine
- d'Écosse; mais qu'il est hors d'état de soutenir une guerre
- contre l'Angleterre.--Charge donnée à l'ambassadeur de
- solliciter vivement la liberté de l'évêque de Ross et de se
- porter, en son absence, auprès d'Élisabeth, le représentant de
- Marie Stuart.--Désir du roi d'être tenu au courant des affaires
- d'Irlande.--Confirmation de l'avis sur le projet de mariage du
- prince de Navarre avec Élisabeth ou l'une de ses
- parentes.--Confidence faite par Cavagnes à la reine-mère d'une
- conférence qu'il a eue avec Walsingham, qui a mis en avant la
- proposition d'une ligue.
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-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, en attendant l'arrivée du secrettaire du
-Sr de Foix, mon cousin, j'ay reveu toutes vos dernières dépesches qui
-sont du dernier de juillet, du Ve, IXe, XIIe et XIXe du passé[104],
-ayant avisé de vous y faire par ceste cy plus particullièrement
-responce que je n'ay faict en mes dernières. Je vous diray à présent
-que, ayant veu par deux dépesches que j'ay receues de Vérac, ces jours
-passés, qu'il n'est poinct encores en liberté, j'ay escript despuis
-bien expressément aux comtes de Lenox et de Morthon que, ayant
-cogneu, comme ilz ont, par les lettres et instructions que Vérac avoit
-de moy l'occasion de son voyage, qui estoit si bonne, je desirois
-qu'ilz le missent en liberté et luy laissassent continuer sa
-négotiation, comme j'espère qu'ils fairont, s'ilz ne l'ont faict
-desjà. J'escrivis aussy par mesme moyen à lair de Granges et au
-secrettaire Ledinthon, qui sont ensemble, comme sçavés, dedans le
-chasteau de Lislebourg, à ce qu'ilz persévérassent toujours en la
-bonne vollonté qu'ilz ont au servisse de ma soeur, leur souveraine; et
-qu'ilz se pouvoient asseurer qu'ilz auroient bientost de mes
-nouvelles, sans toutesfois leur faire aulcune expresse promesse de
-secours. Je leur ay faict tenir mes lettres par un vaisseau qui estoit
-arrivé à Dieppe, qui s'en retournoit promptement.
-
- [104] Voyez CXCVIe, CXCVIIe, CXCIXe, CCe et CCIe dép., tom. IV,
- pag. 196, 202, 210, 214 et 217.
-
-Quand à l'abstinence de guerre qui ne s'est peu encores accorder en
-Escosse, ce seroit un grand bien qu'ilz en peussent convenir bientost,
-affin de traicter des affaires de la Royne d'Escosse, mais il fault
-que ce soit en Angleterre et non pas envoyer faire ceste négotiation
-là sur les lieux, aux frontières d'Escosse: car, comme j'ay veu par
-voz dictes dépesches, et comme vous avés bien entendu par les advis en
-chiffre que ma dicte soeur, la Royne d'Escosse nous a donnés, il est
-bien croyable et certain que, si ma soeur, la Royne d'Angleterre,
-voulloit pratiquer le reste des Escossois qui tiennent le parti de la
-dicte Royne, ce luy en seroit, si la dicte négotiation se faisoit sur
-la frontière, une commodité, fort aisée.
-
-Ayant bien considéré à ce propos ce que vous m'escrivés du moyen que
-le dict comte de Morthon a de remettre le païs d'Escosse en bonne
-pais, et de l'asseurance que vous avés qu'il seroit bien aisé à
-gaigner si ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, voulloit se
-condescendre à ce que le petit Prince, son fils, demeurât
-coinjoinctement Roy avec elle, chose qui me semble n'est debvoir
-négliger et que ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, peut et doibt
-desirer, voire honnestement procurer, estant ses affaires en si pauvre
-estat qu'elles sont, et se voyant si peu de ses subjectz fidelles,
-lesquelz, s'ilz viennent à considérer qu'il n'y a pas grande espérance
-de salut de ma dicte soeur, leur souvairenne, si ce n'est par un
-traité, se pourront aisément laisser aller à la partie la plus forte;
-considéré aussy ce que vous m'escrivés qu'il semble que les Anglois
-soyent comme à l'aguet, pour voir s'il sera temps de s'investir du
-tout du dict royaulme d'Escosse. A quoy n'est que trop sollicitée la
-Royne d'Angleterre par aulcuns mesmes du dict païs, ce que, pour le
-respect de l'alliance d'entre mon royaulme et celluy de l'Ecosse, et
-pour l'honneur que ma dicte soeur a d'avoir espousé le feu Roy
-François, mon frère, je ne pourrois souffrir avec ma réputation; aussy
-y veux je pourvoir autant qu'il me sera possible, pour évitter que
-cela n'advienne, et n'oublieray point de continuer la bonne assistance
-et ayde que j'ay tousjours faict à la Royne d'Escosse et au bien de
-ses affaires et bons subjectz. Mais, veu la dicte petite part qu'elle
-a à présent de ses subjectz à sa dévotion, considéré aussy l'estat de
-mes affaires, je ne veux pas, sans y penser, et soubz coulleur du
-secours et assistance que je luy veux bien vollontiers faire, me voir
-embarquer à la guerre avec la Royne d'Angleterre.
-
-Je suis d'advis et vous prie de regarder de faire proposer
-secrettement à la Royne d'Escosse l'estat où elle est de sa personne
-et de ses affaires et subjects, sans toutesfois luy démonstrer
-aulcunement que je me veuille porter froidement en son endroict; car
-je veux tousjours faire pour elle et ses dictz bons subjectz ce qu'il
-me sera possible, toutesfois considérément et comme mes affaires le
-pourront permettre; et faictes sentir secrettement d'elle, mais que ce
-soit de telle façon qu'elle ne puisse aucunement doubter de la bonne
-vollonté que je luy porte et à la prospérité de ses affaires, si elle
-voudroit bien accorder que le dict Prince, son filz, demeurât Roy
-conjoinctement avec elle; et, si elle le consent, qui est, ce me
-semble, le moins mal qu'elle puisse à présent faire, vous pourrés
-procéder plus hardiment, Mr de Foix et vous, pour la comprendre et son
-filz avec les dictz Escossois en la bonne et droicte ligue défensive
-que j'espère qui se faira entre la Royne d'Angleterre et moy; de
-laquelle il ne se fault aulcunement descouvrir à ma dicte soeur, la
-Royne d'Escosse, ni à pas un des siens; vous priant, en luy faisant
-faire ceste ouverture, sçavoir aussy si elle trouvera bon que la
-pratique s'en fasse avec le dict comte de Morthon, et, sans perdre
-temps, donner ordre de sçavoir, sans faire semblant de rien, en quelle
-vollonté sera icelluy de Morthon d'y condescendre; à quoy pourra
-servir le mauvais mesnage où le comte de Lenox et luy sont, ainsi que
-m'escrivés. Mais, pour ce qu'il sembleroit que l'on avouast par là le
-tiltre de Roy, cy devant baillé au dict Prince d'Escosse, et la
-déposition de la dicte Royne, sa mère, il faudra se conduire en cecy
-comme vous sçaurés très bien faire, le dict Sr de Foix et vous, que
-l'on n'en puisse tirer de mauvaise conséquence au désadvantage de ma
-dicte soeur, la Royne d'Escosse.
-
-Cependant il ne sera que bon de faire ce que l'on pourra pour
-augmenter la jalousie qui est desjà commencée entre les comtes de
-Lenox et de Morthon, et memes les diviser du tout, qui pourra s'en
-prévaloir pour le bien de mon servisse et de celluy de ma dicte soeur,
-la Royne d'Escosse; et par mesme moyen, faire que ceux de la partie
-neutre, qui font quelque démonstration d'incliner et se voulloir
-joindre à ceux du party du dict Prince d'Escosse, les attirer par tous
-moyens à soustenir et embrasser la cause de leur souveraine.
-
-J'ay veu aussy ce que m'escrivés pour la restitution de l'évesque de
-Ross, et, puisque la dicte Royne d'Angleterre faict encores difficulté
-de le faire mettre en liberté, je vous prie continuer de faire encores
-pour luy tous les bons offices qu'il vous sera possible, affin qu'il
-puisse estre dellivré, suyvant la requeste que j'en ay faicte à la
-dicte Royne d'Angleterre. Et, s'il ne se peut obtenir d'elle que le
-dict évesque de Ross continue auprès d'elle sa charge d'ambassadeur de
-ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, au moins que ce soit à la charge
-qu'il se retirera d'Angleterre où bon luy semblera, sans toutesfois
-que l'instance qu'en faictes puisse altérer la dicte Royne
-d'Angleterre; estant bien d'advis que vous embrassiés et preniés
-tousjours, en mon nom, comme vous avés fort bien faict jusques icy,
-les affaires de ma dicte soeur, la Royne d'Escosse, et luy escrire, et
-elle à vous, librement, affin que vous puissiés avoir une bonne
-intelligence ensemble pour l'assister au maniement de ses dictz
-affaires. Mais, si me semble, il est nécessaire qu'elle ait quelqu'un
-qui ait la mesme charge que faisoit le dict évesque de Ross, car, si
-vous la preniés absolument, il pourroit advenir que, quelque
-dilligence que y fissiés, elle ne s'en trouverait peust estre pas
-entièrement satisfaicte, et si, cella pourroit encore apporter
-jalousie à la dicte Royne d'Angleterre, recullement à mes affaires et
-aux siens. Et moyennes aussy doucement envers icelle Royne
-d'Angleterre, qu'elle accorde et face expédier un passeport à
-l'archevesque de Glasco pour aller rendre compte à sa maistresse de
-ses affaires de deçà, mesmement pour le faict du revenu de son
-douaire, ainsy que je l'ay cy devant requise, et que je luy escris
-encores présentement.
-
-Quand aux aultres advis contenus, en voz dictes dépesches, ce m'a esté
-bien grand plaisir de les voir, et vous prie continuer à me tenir
-adverty de toutes choses qui surviendront par delà, spéciallement du
-costé d'Irlande.
-
-Au demeurant, pour venir à ce que je vous ay, ces jours passés,
-escript par la dépesche que vostre secrettaire vous a portée, vous
-avés veu par icelle l'advis que j'ay de la menée qui se faict
-secrettement pour le mariage de la Royne d'Angleterre et du Prince de
-Navarre, ou, si la dicte Royne demeuroit en opinion de ne se marier
-jamais, comme l'on dict qu'elle a résollu il y a longtemps, luy
-proposer de voulloir donner au dict Prince une sienne niepce. J'ay
-despuis eu encores confirmation des dictz advis; aussy est ce le plus
-grand honneur qu'il sçauroit recevoir, toutesfois il sera bon que vous
-mettiés tousjours peyne de sentir et descouvrir, par delà, s'ilz
-auroient eu et ont quelques desseins au contraire pour m'en advertir.
-
-Ne voullant pas, à ce propos, oublier à vous dire que, despuis trois
-jours, Cavaignes, qui est ici ordinairement à ma suitte pour les
-affaires de ceux de la religion, feust entrettenir la Royne, Madame ma
-mère, à l'yssue de son disner, luy faisant entendre qu'il avoit veu le
-Sr de Walsingam qui luy avoit discouru comme aulcuns seigneurs, qui
-sont auprès d'icelle Royne d'Angleterre, qui desiroient le mariage
-d'elle et de mon frère, le Duc d'Anjou, se voyoient en extrême peyne
-pour ce que le dict mariage tiroit à la longue; et cependant que le
-duc d'Alve avoit si bien conduict les affaires que le Roy d'Espaigne,
-son Maistre, a en Angleterre pour le faict des prinses des
-marchandises et aultres choses dont ilz estoient en débat, que la
-dicte Royne d'Angleterre et les ministres d'icelluy Roy d'Espaigne en
-estoient quasy d'accord et prestz à traicter non seulement pour ce
-faict, mais de passer beaucoup plus avant affin de remettre et
-asseurer l'amitié d'entre le Roy et icelle Royne, et par ce moyen
-altérer, s'ilz peuvent, la bonne correspondance et amitié qui est
-entre elle et moy. Et se laissa le dict Walsingam, par le discours du
-dict Cavaignes, clairement entendre que les dictz seigneurs qui me
-sont bien affectionnés auprès de la Royne d'Angleterre, et qui
-desirent qu'elle et moy continuions en la bonne amitié et affection
-que nous nous portons, et l'intelligence qu'avons ensemble, seroient
-bien d'advis et desireroient grandement, pour la fortifier et
-augmenter davantage, et pour le bien d'eux mesmes, que, ne se faisant
-poinct le mariage d'icelle Royne avec mon dict frère, il se fît une
-bonne et parfaicte ligue entre moy, la dicte Royne et le Prince
-d'Escosse, qu'ilz appellent à présent Roy, et avec la nation
-escossoise, qui seroit seullement, pour le regard des dictz Escossois,
-renouveller les traictés d'entre moy et eux, sans parler en cella de
-la Royne d'Escosse, ma soeur: qui a faict incontinent penser à ma
-dicte Dame, Mère, et à moy comme je croy que vous fairés de vostre
-part, qu'ilz voudroient bien du tout establir l'authorité du dict
-Prince et de ceux qui le gouvernent en Escosse. Et semble aussy par là
-que le dict Sr de Walsingam ait descouvert, ici, avant le parlement du
-dict Sr de Foix, l'occasion de son voyage, et que cella luy a faict
-ouvrir ce propos des conditions que sa Maistresse desire en la dicte
-ligue, en laquelle je ne voudrois pas oublier de comprendre ma dicte
-soeur, la Royne d'Escosse, s'il estoit parlé des Escossois; comme
-aussy ne seroit il pas honneste à moy d'en faire aultrement, pour les
-considérations cy devant déclarées.
-
-Ma dicte Dame et Mère donna fort paisible audiance au dict Cavaignes,
-en luy faisant ce discours, dont j'ay bien vouleu vous advertir pour
-servir en vostre négociation, affin aussy que vous regardiés de
-prendre et voir clair en cessi, y allant toutesfois rettenu et comme
-vous pouvés assés considérer qu'il est requis en cest affaire, affin
-que les choses se fassent à ma réputation et advantage le plus qu'il
-sera possible; priant Dieu, etc.
-
-Escript à Blois, le Xe jour de septembre 1571.
-
- CHARLES. P INART.
-
-
-
-
-XCV
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XXVIIe jour de septembre 1571.--
-
- Retour de Mr de Foix.--Audience accordée par le roi à
- Walsingham.--Résultat de la mission de Mr de Foix sur la
- négociation du mariage.--Désir que Burleigh soit désigné par
- Élisabeth pour passer en France.--Approbation de la déclaration
- faite par l'ambassadeur en faveur du duc de Norfolk au sujet de
- l'argent destiné pour Marie Stuart, qui forme l'un des chefs
- d'accusation contre lui.--Refus du roi d'écrire à Élisabeth en
- faveur du duc dans la crainte de lui nuire.--Nécessité de
- suivre les instructions précédemment transmises sur l'Écosse.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, mon cousin, le Sr de Foix, est arrivé
-devers moy despuis cinq ou six jours en ça, duquel j'ay bien
-particullièrement entendu comme toutes choses se sont passées, par
-delà, en la négociation que vous et luy avez eu à manier avec la
-Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, dont je demeure infiniment content
-et satisfaict de la grande dextérité avec laquelle vous vous y estes
-tous deux comportés.
-
-Sur quoy, ayant faict venir devers moy le Sr de Walsingham, sabmedy
-dernier, la première chose que je luy ay dicte, ç'a esté que je
-remerciois, de toute la plus grande affection qu'il m'estoit possible,
-ma dicte bonne soeur du bon accueil et honnorable traictement que mon
-dict cousin m'avoit asseuré avoir receu d'elle en son voyage, duquel
-je luy sçavois aultant de gré et en recevois le mesme contentement que
-s'il eust esté faict à moy mesme. Puis je suis venu à luy dire que, à
-ce que j'avois peu cognoistre, les demandes raisonnables que je
-faisois pour mon dict frère, touchant le faict de l'exercisse de sa
-religion, n'avoient esté receues de ma dicte bonne soeur ainsi que
-j'espérois, encores qu'il me semblast qu'elles estoient assés
-tolérables, veu que mon dict frère ne voulloit rechercher, en façon du
-monde, qu'il feust rien changé au royaulme d'Angleterre au faict de la
-religion qui est à présent establie, mais seulement qu'il luy feust
-permis, pour servir à sa conscience, d'avoir l'exercisse libre de sa
-dicte religion pour luy et sa famille; dont mon dict cousin auroit mis
-en avant que mon dict frère se contenteroit qu'il luy feust donné
-asseurance, par une simple lettre missive de ma dicte bonne soeur,
-que, faisant le dict exercisse, ilz ne recevroient aulcun dommage; à
-quoy voyant qu'elle estoit bien loin de condescendre, mesmes par le
-propos que milord Burgley dict à mon dict cousin que ma dicte soeur ne
-pourrait permettre que mon dict frère peût faire dire la messe au dict
-Angleterre, il me sembloit que c'estoit une occasion qu'elle voulloit
-prendre pour se despartir de la négotiation du dict mariage; et
-toutesfois, d'autant que j'avois trouvé quelque obscurité en ses
-responces, j'attandois à y assoir plus certain jugement jusques à
-l'arrivée d'icelluy de ses conseillers que mon dict cousin m'a dict
-qu'elle délibéroit envoyer par deçà, lequel je l'asseurois qu'il
-seroit le très bien venu, et entendrois fort vollontiers de luy toutes
-choses concernant ce faict, pour en demeurer davantage esclerci.
-
-Qui est le sommaire des propos que j'ay eus avec le dict Sr de
-Walsingam qu'il a faict contenance de bien recevoir, les vous ayant
-voullu aussy brièvement discourir, affin que vous teniés un mesme
-langage à ma dicte bonne soeur, et puissiés juger si ce qu'il en
-mandera par delà s'y trouvera conforme; vous voullant bien dire là
-dessus que je desire infiniment l'acheminement de celluy des dictz
-conseillers que doibt envoyer ma dicte bonne soeur, avec lequel
-j'espère traicter de toutz ces affaires fort commodément, et mesme de
-ce qui se pourra mettre en avant, non seullement pour l'assurance de
-la continuitté de nostre commune bonne amitié et intelligence, mais
-aussy pour l'accroistre et augmenter en tout ce qui sera possible. Et
-partant je vous prie, Monsieur de La Mothe Fénélon, d'avancer
-dextrement, aultant que vous pourrés, l'envoy du dict conseiller, et
-si ceste charge s'adressoit au dict milord Burgley, j'en serois
-d'aultant plus aise que je sçay qu'il est personnage duquel ma dicte
-bonne soeur a grande confience.
-
-Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fénélon, je vous ay faict une bien
-ample dépesche, du Xe de ce moys, par laquelle je pense vous avoir
-esclercy de toutz les poinctz dont vous desirés avoir lumière de moy;
-despuis laquelle j'ay receu voz deux dépesches du VIIe et XIIe de ce
-moys[105], sur lesquelles il ne m'eschet à vous dire aultre chose
-sinon, quant à celle du dict VIIe, que je trouve fort bon ce que vous
-avés dict librement à ceux du conseil de delà, touchant les deux mille
-escus que avés envoyés en Escosse à Vérac par le moyen du secrettaire
-du duc de Norfolk, ce qu'ilz n'ont occasion de trouver mauvais, quand
-ilz y auront bien pensé. Mais d'escrire à ma dicte bonne soeur en
-faveur du dict duc, pour modérer la recerche que l'on luy veut faire
-de sa vye, à cause de ce que son secrettaire a voullu moyenner l'envoy
-des dictz deux mille escus, de quoy vous pensés qu'il n'a rien sceu en
-façon du monde, c'est chose qu'il ne me semble aulcunement à propos de
-faire pour ceste heure, pour estimer que cella luy porteroit plus de
-domage que de profit; estant toutesfois résolu, si j'entendois cy
-après qu'il feust pressé et poursuivy de sa vie pour ce faict,
-d'employer tout ce que je puis avoir de faveur et crédit envers ma
-dicte bonne soeur, pour le garder de tomber en inconvénient; ne
-faisant poinct de doubte que la Royne d'Escosse, ma belle soeur, n'en
-souffre de son costé. Ce que je conjecture mesmement parce que vous a
-mandé le dict milord Burgley, que sa Maistresse ne vouloit plus
-souffrir que aulcun demeurât par delà pour la dicte Royne d'Escosse;
-et néantmoins je desire que, pour cella, vous ne laissiés à la
-requérir doucement d'accorder à l'archevesque de Glasco le passeport
-dont je vous ay escript cy devant pour aller rendre compte à sa
-Maistresse de ses affaires de deçà.
-
- [105] Voyez CCIIIe et CCIVe dép., tom. IV, pag. 224 et 229.
-
-J'ay veu ce que me mandés de l'escarmouche qui est passée en Escosse
-entre ceux de Lislebourg et du Petit Lict, ne voyant rien en toutes
-ces choses ainsi advenues, et mesmes en l'accord que les comtes
-d'Arguil, de Casseilles, d'Eglinthon et milord Boit ont faict avec le
-comte de Morthon qui ne me fasse desirer que vous suiviés ce que je
-vous ay escript par ma susdicte dépesche du Xe, pour accommoder en
-Escosse les affaires de ma dicte belle soeur. Sur lesquels je pourray
-prendre encores, cy après, plus certaine résollution, à l'arrivée de
-ce conseiller qui me viendra de la part de ma dicte bonne soeur,
-attandant lequel, quand vous tiendrés les choses en quelque estat, ce
-ne sera que bien faict, car j'espère me servir grandement de la venue
-du dict conseiller à accommoder les dictz affaires d'icelle ma belle
-soeur; priant Dieu, etc.
-
-Escript à Blois, le XXVIIe jour de septembre 1571.
-
-
-Ainsi que je voullois signer ceste lettre, j'ay receu vostre dépesche
-du XVIe de ce moys[106], par laquelle j'ay veu, ensemble par les advis
-et coppies des lettres qui estoient encloses avec la dicte dépesche,
-ce qui est advenu en l'entreprinse que ceux de Lislebourg avoient
-faicte sur Esterling, où il se trouve pour conclusion que le comte de
-Lenox a esté tué[107], vous advisant que je regarderay cy après à
-prendre une bonne résollution sur les affaires de ma dicte belle
-soeur, laquelle j'ay grand regret de voir ainsi travaillée que le
-tesmoignent les lettres qu'elle vous a escript.
-
-Ce XXVIIe jour de septembre 1571.
-
- CHARLES. B RULART.
-
- [106] Voyez CCVe dép., tom. IV, pag. 232.
-
- [107] Voir notes, tom. IV, pag. 69 et 232.
-
-
-
-
-XCVI
-
-LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XXVIIe jour de septembre 1571.--
-
- Opinion de Catherine de Médicis que le projet de marier le prince
- de Navarre en Angleterre est abandonné, et que son mariage avec
- Madame sera prochainement conclu.--Satisfaction qu'elle éprouve
- de la conduite de Coligni, et du dévouement qu'il montre pour
- le service du roi.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, je n'adjousteray aultre chose à la
-lettre que le Roy, Monsieur mon filz, vous escript, que pour vous dire
-seullement, quand à ce que m'escrivés par vostre lettre du XIIe, «que
-vous ne vous pouvès poinct apercevoir qu'il se tienne aulcun propos,
-par delà, de mariage de ma dicte bonne soeur, aultre que celluy qui
-est ouvertement en termes», je croy que la chose se trouvera ainsi;
-car, du costé dont nous avons quelque doubte, je tiens les choses tant
-avancées, pour le regard du mariage de ma fille, que, quand l'on y
-auroit pensé cy devant, cella seroit à ceste heure délaissé, vous
-voullant bien dire que, tant s'en fault qu'il y ait nouvelle
-conspiration de ceux de la Rochelle avec ceux du prince d'Orange pour
-courir sus aux subjects du Roy, Monsieur mon filz, qu'au contraire mon
-cousin l'Admiral est, ici, avec nous, qui ne desire rien plus que
-d'ayder en tout ce qu'il peust à empescher les pyrateries qui se font
-en la mer par meschantes gens qui n'ont aulcun adveu de ceux de la
-dicte Rochelle, comme aussy à s'employer en toutes aultres choses
-concernant le bien du servisse du Roy, Mon dict Sieur et filz, comme
-son fidelle subject. Sur ce, etc.
-
-Escript à Blois, le XXVIIe jour de septembre 1571.
-
- CATERINE. BRULART.
-
-
-
-
-XCVII
-
-LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XXVIIIe jour de septembre 1571.--
-
- Conférence de Catherine de Médicis avec Walsingham.--Plainte de
- Walsingham au sujet de l'argent que La Mothe Fénélon aurait
- remis au secrétaire du duc de Norfolk.--Connaissance qu'il
- donne à la reine des intrigues de Marie Stuart avec le roi
- d'Espagne.--Protestation de la reine que la Mothe Fénélon n'a
- pu donner aucune occasion de plainte.--Déclaration que le duc
- d'Anjou ne saurait consentir au mariage, si le libre exercice
- de sa religion ne lui est pas accordé.--Crainte que cette
- négociation ne soit rompue.--Désir qu'elle puisse être renouée
- pour le duc d'Alençon.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, le Sr de Walsingam m'est venu trouver
-ceste après disnée, qui a commencé son propos par me dire qu'il
-voulloit parler à moy, non comme ambassadeur, mais comme personne
-privée, et me dire que, encores qu'il sçache que l'intention du Roy,
-Monsieur mon filz, et la mienne ne soit aultre que d'entrettenir la
-bonne amitié et intelligence qui est entre sa Maistresse et ce
-royaulme, si est ce qu'il semble que, en quelque sorte, on la veuille
-altérer, s'estant trouvé, despuis quelque temps, en çà, que vous, qui
-vous estiés tousjours cy devant comporté fort dignement en vostre
-charge, et n'aviés faict que tous bons offices, avés mis entre les
-mains du secrettaire du duc de Norfolk quelque argent pour servir à
-ceux qui pourchassent mauvaises pratiques par delà contre sa
-Maistresse; disant que, parmi les papiers du dict secrettaire du dict
-duc, il s'estoit trouvé plusieurs choses de grande conséquence qui se
-traictoient entre luy et la Royne d'Escosse, ma belle fille, contre sa
-dicte Maistresse, mesmes des lettres que ma dicte belle fille
-escrivoit au dict duc, par lesquelles elle luy mandoit que, voyant
-bien que, réheussissant le faict du mariage qui se traictoit entre mon
-filz le Duc d'Anjou et sa dicte Maistresse, l'affection qu'on luy
-avoit portée du costé de deçà se pourroit refroidir grandement, et
-elle seroit quasi contrainte se mettre entre les bras du Roy
-Catholique, mon beau fils, qui la faisoit recercher pour la marier
-avec don Joan d'Austria, luy faisant aussy promesse de faire, par
-mesme moyen, le mariage de son filz avec l'une de mes petites filles;
-qui estoient offres, à quoy elle le prioit de l'excuser, si elle se
-disposoit d'entendre en la nécessité où elle se voyoit aujourdhuy
-réduicte, encores qu'elle luy eût tousjours une bonne affection, ainsy
-qu'elle le luy avoit promis.
-
-Sur quoy je luy ay respondu, quand au premier poinct, que je vous
-tenois pour un honneste gentilhomme, digne ministre de son Maistre, et
-que je ne pense avoir faict chose, de par delà, dont vous ne
-respondiés tousjours au Roy, Mon dict Sieur et filz, et de laquelle ma
-dicte bonne soeur ait occasion d'estre mescontente; mais, quand à
-l'argent dont il me parloit, qui estoit deux mille escus, comme je
-pensois, que je sçavois bien que l'ambassadeur d'Escosse avoit
-remonstré quelquefois au Roy, Mon dict Sieur et filz, que sa
-Maistresse estoit en nécessité d'argent par delà, et qu'il n'y avoit
-aultre voye d'en faire tenir que par vous, à qui nous n'avons jamais
-trouvé mauvais qu'il s'addressât pour faire tenir de l'argent pour les
-affaires de ma dicte belle fille; et quand il l'auroit faict pour le
-regard des dictz deux mille escus, et que vous auriés essayé de les
-faire tenir en Escosse par le moyen du dict secrettaire, nous ne le
-pouvons avoir désagréable, veu la bonne intelligence que, de tout
-temps, ce royaulme a avec les Escossois, et mesmes l'estroicte
-alliance que la dicte Royne d'Escosse a eu ce royaulme: qui nous a
-tousjours faict penser que ma dicte bonne soeur ne pourroit prendre
-en mauvaise part que nous l'aydassions en ces affaires, en chose
-mesmement où il ne lui pourroit estre faict aulcun préjudice; de sorte
-que, soit que vous eussiés essayé de faire tenir les dictz deux mille
-escus en Escosse par le moyen du dict secrettaire, pour les gens de ma
-dicte belle fille, ou que ce feust pour l'agent du Roy, Mon dict Sieur
-et filz, qui est par delà, dont je m'informerois mieux cy après, il me
-sembloit que ma dicte bonne soeur n'avoit poinct occasion de s'en
-fascher ni malcontenter en façon du monde.
-
-A quoy le dict Sr de Walsingam m'ayant répliqué que l'on sçavoit assés
-la vie estrange que avoit menée ma dicte belle fille, qui estoit
-odieuse à un chascun, et qu'elle ne méritoit que nous en eussions un
-si grand soin; je luy ay respondu que je sçavois bien que le plus
-souvant l'on disoit d'une pauvre princesse affligée, comme est ma
-dicte belle fille, pleusieurs choses qui ne se trouvent quelque fois
-pour la pluspart véritables; mais que le Roy, Monsieur mon fils, ne
-pouvoit, pour son honneur, qu'il ne luy aydât à accommoder ses
-affaires en son païs; qui est une office que ma dicte bonne soeur ne
-pourroit trouver mauvaise, pour estre convenable à l'alliance que
-ceste couronne a de tout temps et ancienneté avec les Escossois, et le
-lieu qu'elle a tenu en ce dict royaulme, n'ayant vollonté toutesfois
-de rien faire en cella que avec le respect de l'amitié et bonne
-intelligence que nous avons avec ma dicte, bonne soeur; à laquelle
-nous ne voudrions en rien contrevenir, mais faire toutes choses qui la
-pourroient plustot augmenter et acroistre en ce qui nous seroit
-possible.
-
-Sur quoy je vous diray que nous vous prions continuer à vous
-gouverner en ces affaires de telle façon que, maintenant que la
-négotiation du mariage de mon filz d'Anjou n'est aux termes qu'il
-estoit il y a quelque temps, ma dicte bonne soeur ne juge, par les
-instances que vous luy fairés, que nostre amitié soit en quelque sorte
-diminuée en son endroict.
-
-Oultre tout ce que dessus, le dict Sr de Walsingam m'a dict que sa
-Maistresse avoit plus de desir de se marier que jamais, mais qu'il
-sembloit que, de ce costé, l'on en feust réfroidi; bien sçavoit elle
-que le Roy, Monsieur mon filz, et moy le desirions infiniment, mais
-que mon filz, le Duc d'Anjou, n'y avoit trop de vollonté, ce qu'il me
-prioit de sçavoir de luy.
-
-A quoy je luy ay respondu que mon dict filz n'estoit pas si mal advizé
-qu'il ne recogneût bien que c'estoit le plus digne parti qui se puisse
-offrir pour sa grandeur; et que, quand ma dicte bonne soeur
-s'accomoderoit aux choses raisonnables que nous desirons d'elle, qui
-est la permission de pouvoir librement exercer sa religion avec sa
-famille, sellon que sa conscience le luy commande, que j'estimois
-qu'il ne s'y trouveroit poinct de difficulté; mais que, estant mon
-dict fils tant amateur de sa religion comme il est, ainsi que le dict
-Sr de Walsingam le pourroit assés cognoistre, quand soigneusement il
-s'en voudra enquérir, je ne pensois pas que, pour quelque grand
-avantage et grandeur que luy peust estre proposée en ce monde, il soit
-jamais pour condescendre à aulcun parti, si l'exercisse public de sa
-dicte religion ne luy demeure libre pour luy et tous les siens.
-
-Et m'ayant là dessus respondu le dict Sr de Walsingam qu'il pensoit
-que ce seroit chose fort difficile, et qui ne se pourroit faire; je
-luy ay dict que je m'estois assez enquise de la vollonté de mon dict
-filz, mais que, le cognoissant comme je fais, je sçavois bien qu'il
-avoit tant de révérence à sa religion que, pour devenir le plus grand
-monarque du monde, il ne voudroit perdre à la pouvoir exercer
-publiquement avec tous les siens en telle liberté que sa conscience le
-luy commande, et pour rien du monde se mettre en danger d'y estre
-aucunement empesché soubz quelque petite permission que luy en
-pourroit faire ma dicte bonne soeur, à laquelle je m'asseurois qu'il
-n'avoit aultre vollonté, toute sa vie, que de faire servisse, se
-sentant luy estre obligé.
-
-Vous ayant voulleu faire ce discours de tous ces propos que j'ay eu
-avec le dict Sr de Walsingam, affin que, en donnant advis à sa
-Maistresse, vous en soyés, de vostre part, informé, et en parliés ce
-mesme langage; réservant toutesfois à luy dire rien de ce dernier
-poinct, contenant la vollonté de mon dict filz, si elle ne vient à
-vous en parler la première; auquel propos vous luy pourrés dire
-davantage que, par là, elle peust cognoistre qu'il ne tient de nostre
-costé que les choses n'ayent esté conduittes à l'effaict que nous
-avons tant désiré. Et si, là dessus, pour luy faire mieux cognoistre
-combien nous avons envie de contracter alliance avec elle, et nous
-asseurer de son amitié, vous luy mettiés en avant mon filz le Duc
-d'Alançon, pour entrer en ceste place, lequel ne se randroit pas si
-scrupuleux au faict de sa dicte religion que faict mon dict filz, le
-Duc d'Anjou, j'estime que cella ne viendroit pas mal à propos.
-Toutesfois c'est chose que je remets à vostre jugement pour en faire
-selon ce que vous estimerés, voyant l'estat présent des choses s'en
-debvoir faire pour le mieux, ou bien s'il sera meilleur d'attandre à
-en faire l'ouverture au milord que doibt envoyer par deçà ma dicte
-bonne soeur.
-
-Vous adjousterés à ce que dessus que nous sommes bien marris que nous
-n'avons une aultre personne, semblable à mon dict filz d'Anjou, pour
-la luy offrir; mais qu'il n'y a pas grande différence entre luy et mon
-dict filz d'Alençon, qui l'aprosche d'aage d'un an, estant toutesfois,
-selon que je vous mande, et que vous jugerés estre pour le mieux. Et
-sur ce, etc.
-
-Escript à Blois, le XXVIIIe jour de septembre 1571.
-
- CATERINE. BRULART.
-
-
-
-
-XCVIII
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du VIIe jour d'octobre 1571.--
-
- Affaires d'Écosse.--Conférence de l'archevêque de Glascow avec
- Catherine de Médicis.--Vives sollicitations de sa part pour
- obtenir en faveur de Marie Stuart des secours d'hommes et
- d'argent.--Impossibilité où se trouve le roi d'envoyer un
- secours d'hommes.--Consentement donné à l'envoi d'un secours
- d'argent.--Instances que doit faire l'ambassadeur auprès
- d'Élisabeth pour Marie Stuart.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, vous aurés entendu par la lettre que
-vous a escript la Royne, Madame ma mère, du XXVIIIe du passé, le
-propos qu'elle et le Sr de Walsingam ont eu ensemble, mesmes touchant
-le faict de la Royne d'Escosse, ma belle soeur, que je touche
-seullement d'aultant que la présente que je vous fais ne regarde que
-ce qui concerne ma dicte belle soeur; de laquelle je vous diray que
-l'ambassadeur vint avant hier trouver ma dicte Dame et Mère, et amena
-avec luy le Sr de Flamy, luy faisant entendre, que sa Maistresse luy
-avoit mandé de s'en aller en Escosse pour essayer à regaigner ce
-qu'il y avoit perdu, et aussy pour luy faire servisse et s'employer à
-reconquérir les choses qui avoient esté usurpées par ses subjects
-rebelles; mais que, auparavant son partement, il l'avoit chargé de
-sçavoir quel secours de gens et d'argent il me plairroit de donner à
-ma dicte belle soeur, en la nécessité où ses affaires estoient à
-présent réduicts en son royaulme, lesquelz avoient plus de besoin du
-dict secours que jamais; d'aultant que, d'un costé, il semble que la
-Royne d'Angleterre veuille y envoyer gens de guerre pour favoriser ses
-dicts subjectz rebelles, et, d'aultre part, tant s'en fault que la
-mort du comte de Lenox, naguières advenue, ait apporté un meilleur
-succès en ses dicts affaires que, au contraire, les Amilthons qui, de
-son vivant et pour la hayne mortelle qu'ilz avoient contre luy,
-favorisoient le parti de ma dicte belle soeur, commencent à s'accorder
-avec les aultres qui sont demeurés après le décès du dict comte de
-Lenox; de sorte que, sans le dict secours, elle ne voyoit pas que ses
-dictz affaires ne feussene; que pour se porter fort mal.
-
-Sur quoy ma dicte Dame et Mère les a remis à sçavoir ma vollonté en
-cest endroict pour après la leur faire entendre; laquelle, je vous
-veux bien dire, sera telle que je ne me délibère, en façon du monde,
-de luy promettre d'envoyer gens de par delà, car, si je le faisois,
-cela tomberoit plus à son désadvantage que à son profit, d'aultant
-que, n'y en pouvant envoyer que bien petit nombre, à cause du traject
-de mer, c'est une chose toute asseurée que, quand je l'aurois faict,
-la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, ne manqueroit d'y en envoyer,
-de sa part, un bien plus grand nombre, comme il luy est assés aisé et
-qu'elle a grande commodité de le pouvoir faire; si bien que, au lieu
-d'esteindre ce feu de guerre, qui est de delà, ce seroit l'allumer et
-augmenter davantage, mais, quand à l'argent, estant un secours qui se
-peut mieux couvrir, je regarderay de luy en faire bailler quelque
-somme.
-
-Qui est tout ce qu'il me semble que je pourray mieux faire de ce costé
-pour ma dicte belle soeur, de laquelle je desire que vous favorisiés
-tousjours par delà les affaires aultant qu'il vous sera possible, et
-que, à ceste fin, vous dictes, de ma part, à ma dicte bonne soeur que,
-ayant entendu qu'elle estoit en quelque vollonté d'envoyer des gens de
-guerre au dict Escosse, je la veux bien prier, au nom de nostre
-commune amitié, de s'en voulloir desporter, et de ne rien faire au
-domage des affaires de ma dicte belle soeur, comme seroit l'envoy des
-dicts gens de guerre; car, si elle le faisoit, je serois contrainct et
-ne me pourrois honnestement garder d'y envoyer aussy, de mon costé,
-pour les anciennes alliances qui sont entre mon royaulme et celluy
-d'Escosse, et mesmes pour l'estroicte et particulière que a avec moy
-ma dicte belle soeur, ayant esté femme de mon frère ayné.
-
-Et, ce faisant, vous la pourriés asseurer que le plus grand desplaisir
-que je sçaurois recevoir en ce monde, ce seroit d'en venir là, car,
-tant s'en fault que je veuille entrer en chose qui puisse aulcunement
-altérer et amoindrir nostre commune bonne amitié et intelligence que,
-au contraire, je ne desire rien plus que embrasser tout ce qui la peut
-augmenter, en quoy j'espère qu'il me sera correspondu de son costé;
-vous priant de luy faire entendre ces choses le plus doucement que
-vous pourrés, affin que, sans l'aigrir, vous puissiés, s'il est
-possible, destourner la vollonté qu'elle pourroit avoir d'envoyer
-gens au dict Escosse, ou faire révoquer ceux qui, possible, se
-seroient jà acheminés, ainsi que par vostre dépesche du XXVIe du
-passé[108] vous me mandiés que l'on pensoit qu'elle le deubt faire;
-vous voulant bien dire sur icelle dépesche, que j'ay trouvé la lettre,
-que vous avés escripte au milord Burgley, fort sage, et que vous
-n'eussiés sceu mieulx faire, voyant l'aigreur et mauvaise vollonté en
-laquelle ma dicte bonne soeur estoit envers la dicte Royne d'Escosse,
-sellon ce que vous en a faict sçavoir le dict Burgley, que de ne vous
-avancer poinct davantage pour parler des choses contenues en ma
-dépesche du Xe. Toutesfois vous avez bien cogneu par les propos que ma
-dicte Dame et Mère a eus des affaires d'Escosse avec le Sr de
-Walsingam comme nous ne luy avons donné à cognoistre, en façon du
-monde, que nous tenions les dictz affaires en peu de compte, si bien
-que ma dicte bonne soeur ne pourra estre confortée de l'opinion que le
-comte de Lestre vous a dict qu'elle avoit, qu'il sembloit que vous
-fissiés en l'instance des dictz affaires plus qu'il ne vous estoit
-commandé, et penchassiés aulcunement du costé de la maison de Guise;
-n'ayant rien à vous dire davantage sinon de prier Dieu, etc.
-
-Escript à Bloys, le VIIe jour d'octobre 1571.
-
- CHARLES. BRULART.
-
- [108] Voyez CCVIIe dép., tom. IV, pag. 241.
-
-
-
-
-XCIX
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XXe jour d'octobre 1571.--
-
- Affaires d'Écosse.--Audience accordée à l'archevêque de
- Glascow.--Supplications de l'archevêque afin d'obtenir pour
- Marie Stuart le secours du roi.--Déclaration faite par le roi à
- Walsingham qu'il désire savoir quelle conduite la reine
- d'Angleterre veut tenir à l'égard de Marie Stuart.--Résolution
- du roi d'autoriser le sieur de Flemy à préparer en Bretagne ou
- Normandie une expédition pour l'Écosse.--Satisfaction du roi
- d'apprendre qu'Élisabeth a suspendu ses préparatifs contre ce
- pays pour traiter de la ligue.--Avis sur les projets des
- Espagnols contre l'Écosse.--Contentement qu'éprouve le roi de
- la conduite de l'Amiral.--Approbation de la déclaration faite
- par l'ambassadeur qu'Edimbourg est placé sous la protection du
- roi.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, despuis la dernière dépesche que je vous
-ay faicte, qui a esté du VIIe du présent, l'archevesque de Glasco a eu
-une audience de moy, avec le Sr de Leviston, qui m'a baillé des
-lettres de la Royne d'Escosse, ma belle soeur, et faict entendre bien
-amplement le misérable estat auquel elle est aujourdhuy réduitte, tant
-pour sa personne que l'on pourchasse à faire mourir, que pour ses
-affaires d'Escosse: qui est conforme à ce que m'en avés escript par
-vos dépesches du dernier du passé et VIe du présent[109], et mesmes, à
-ce que j'ay peu voir par les coppies des lettres que ma dicte belle
-soeur vous a escriptes, me requérant de nouveau de faire ouverte
-démonstration que je suis dellibéré d'entrettenir l'alliance de ceste
-couronne avec le royaulme d'Escosse, prendre elle, son fils et son
-royaulme, en ma protection, et de faire garder les promesses que la
-Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, luy a cy devant faictes de la
-mettre en liberté; à toutes lesquelles choses je leur promis lors
-d'aviser.
-
- [109] Voyez CCVIIIe et CCIXe dép., tom. IV, pag. 245 et 248.
-
-Et partant, y ayant pensé; un ou deux jours après, j'ay faict venir
-devers moy le Sr de Walsingam, lequel j'ay prié de remonstrer à sa
-Maistresse, de ma part, comme elle sçait bien que, jusques icy, je ne
-me suis poinct entremis des affaires d'Escosse que comme ami commun,
-desireux de voir ce royaulme là en bonne pacification, pour le respect
-que j'ay vouleu porter à la conservation de la bonne amitié et
-intelligence que j'ay avec elle, sans rien attanter de ce costé là
-dont elle se peût sentir offencée, l'ayant tousjours requise de faire
-traictement à ma dicte, belle soeur digne d'une Royne et souveraine
-princesse telle qu'elle est; et entendant que, au contraire de ce,
-elle use aujourdhuy envers elle de toutes les rigeurs du monde, et
-mesmes qu'elle veut envoyer gens de guerre en Escosse pour la faveur
-de ceux qui tiennent son parti contraire, je ne pouvois trouver toutes
-ces choses que bien fort indignes, et pour moy malaisées à supporter à
-cause de l'estroitte alliance et amitié que j'ay avec ma dicte belle
-soeur et le royaulme d'Escosse, laquelle ne me permettroit jamais, en
-servant à mon honneur et réputation, de la délaisser en ces besoings;
-et partant je desirerois que ma dicte bonne soeur s'en voullût
-esclaircir avec moy pour sçavoir à quoy je m'en doibs tenir et ce que
-je puis attendre de ses déportementz envers ma dicte belle soeur:
-chose que je ne fais poinct de doubte qu'il ne mande par delà; qui est
-cause que j'ay voulleu vous en donner ce mot d'advis affin que vous en
-parliés à ma dicte bonne soeur au mesme langage, en entrant en propos
-avec vous.
-
-Or, pour tout cella, m'estant bien au vray représenté le besoin du
-secours que ont ceux de Lislebourg, tant par ce que le dict Leviston
-m'en a dict, que ce que j'ay veu par voz précédentes, je n'ay voullu
-attandre à leur donner quelque ayde, ayant eu agréable que le sieur de
-Flamy passât au dict Escosse quelques deux ou trois cens soldats qu'il
-m'a dict qu'il mettroit ensemble, et ordonné luy estre baillés dix
-mille livres et des vaisseaux, navires et mariniers pour charger les
-dictz soldatz en mes ports de Bretaigne ou de Normandie, ainsi qu'il
-trouvera plus à propos, ensemble deux pièces d'artillerie de campagne
-avec des boulés, et munitions qui ne seront marquées de mes armories,
-sans que l'on donne aulcunement à cognoistre que ce soit chose dont je
-me mesle en façon du monde; qui sera un assés bon rafreschissement,
-s'il peut arriver par delà à temps, et avant qu'il ait esté faict
-aulcun effort au dict Lislebourg, sellon la délibération qui avoit
-esté prinse ainsi que me l'avés mandé; ayant bien considéré ce qui a
-esté escript curieusement par le dict Sr de Walsingam du recueil de
-mon cousin l'Admiral en ceste cour, qui est conforme à la vérité; ce
-que aussy me donnés advis du voyage que doibt faire par deçà
-Quillegrey pour passer, puis après, en Allemaigne; auquel voyage je le
-fairay observer soigneusement pour la charge qu'il aporte avec soy.
-
-Au demeurant, vous avés fort bien faict de faire demeurer le frère du
-comte de Rothes, auquel si vous pouvés faire bailler quelque mille
-livres pour son entretien, je regarderay à vous le faire rembourser.
-Au surplus, je seray bien aise d'entendre la responce qui aura esté
-faicte par ceux de Esterlin à la dépesche que fist ma dicte bonne
-soeur, au commencement de septembre, au comte de Lenox, pour induire
-ceux du dict Esterlin à la requérir de remettre en leurs mains la
-personne de ma dicte belle soeur.
-
-Vous voulant bien dire, Monsieur de La Mothe Fénélon, pour fin de la
-présente, que, ainsi que j'estois sur le poinct de la vous faire, la
-vostre du Xe du présent[110] est arrivée, par laquelle ce m'a esté
-grand plaisir de voir que les propos que vous avés tenus à ma dicte
-bonne soeur, sur ma dépesche du XXVIIIe du passé, l'ayant si fort
-contantée qu'ilz ayent interrompu l'instante conclusion des
-intelligences que l'on voulloit traicter avec elle, qu'elle a mis en
-suspens, attandant qu'elle voye si elle se pourra accorder à quelque
-bonne ligue avec moy. A quoy je vous puis asseurer que je seray
-tousjours fort disposé; et ne me pouvoit rien estre plus agréable que
-de voir qu'elle ait aultant ou plus craint que je demeurasse offencé
-de la responce qu'elle m'a faict faire, sur l'exercisse de la religion
-de mon frère, que moy de la demande qui luy a esté faicte là dessus,
-et du despart qui s'est ensuivi de ceste négotiation de mariage; ce
-que je ne puis imputer que à la dextérité de laquelle vous et le Sr de
-Foix vous y estes gouvernés.
-
- [110] Voyez CCXe dép., tom. IV, pag. 251.
-
-J'ay eu advis, d'Espaigne, par le Sr de Fourquevaux, que Jullien
-Romène estoit allé en Biscaie pour trouver l'infanterie espagnolle, et
-qu'il estime qu'il se traicte quelque entreprise de ce costé là, ou
-pour l'Irlande, ou pour secourir l'Escosse, estants les affaires de ma
-dicte belle soeur en bon succès par le moyen de la mort du feu comte
-de Lenox; mais, si le dict secours n'est fondé que là dessus, il me
-semble mal assiz, veu que la dicte mort a plustot aporté domage à ses
-affaires que avantage; mais je le vous escris affin que, là dessus,
-vous ayés l'oeil ouvert davantage à toutes occasions: qui est tout ce
-que j'ay à vous dire, si ce n'est qu'après avoir esté sept ou huict
-sepmaines de séjour à Blois, à donner ordre à pleusieurs affaires avec
-les gens de mon conseil, et résoudre pleusieurs difficultés qui se
-présentoient, pour le faict de l'édict de pacification, à la
-conférence qui en a esté faicte par mes cousins, les mareschaux de
-France, et aultres seigneurs du conseil avec mon cousin l'Admiral,
-j'ay esté prendre le plaisir de la chasse ez environs du dict Blois;
-et mon dict cousin l'Admiral, s'en est allé en sa maison de
-Chastillon, fort content et satisfaict, pour nous venir retrouver,
-mais que je sois arresté en lieu de séjour. Et sur ce, etc.
-
-Escript au Chasteau Renauld, le XXe jour d'octobre 1571.
-
-
-Comme je signois la présente, j'ay receu vostre dépesche du XVe[111],
-par laquelle j'ay veu ce que me mandés de la dépesche qui a esté
-faicte en dilligence du cappitaine Caje au mareschal de Barwich pour
-le faire aller devers ceux de Lislebourg affin de les exhorter à se
-rettenir à l'obéissance de leur jeune Roy avec ceux d'Esterlin, ou
-qu'elle envoyeroit ses forces par delà pour l'y ranger, les dépesches
-qui avoient esté desjà faictes de quelques cappiteines, et aussy le
-préparatif qui se faisoit au chasteau d'Herfort pour y remuer la Royne
-d'Escosse et bailler sa garde au Sr de Raphe Sadler; louant bien fort
-ce que, sur ces advis, vous avés remonstré aux seigneurs du conseil de
-ma dicte bonne soeur, et déclaré que j'avois prins en ma protection
-ceux du dict Lislebourg, faisant bien estat que, tant pour ce regard
-que pour la convenence qu'ilz auront trouvée à tous les propos que
-j'ay eu, par deçà, avec l'ambassadeur de ma dicte bonne soeur, les
-choses ne seront pas passées plus avant, et remettront à s'en
-résouldre après l'arrivée par deçà du milord qui viendra. Du XXe jour
-d'octobre 1571.
-
- CHARLES. BRULART.
-
- [111] Voyez CCXIe dép., tom. IV, pag. 234.
-
-
-
-
-C
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du IIe jour de novembre 1571.--
-
- Affaires d'Écosse.--Désignation du Mr Du Croc pour passer dans ce
- pays.--Précaution que l'ambassadeur doit prendre en réclamant
- contre l'arrestation du frère du comte de Rothe.--Nouvelle de
- la victoire de Lépante.--Prochain mariage du prince de Navarre
- avec Madame.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, vous aurés entendu, par la dernière
-dépesche que je vous ay faicte, du XXe du passé, la provision que j'ay
-donnée du costé d'Escosse; de quoy je ne vous rediray rien par la
-présente, mais bien que je suis fort aise d'avoir entendu, par la
-vostre du XXe du mesme moys[112], que la remonstrance que vous avés
-faicte bien à propos sur les choses que l'on disoit se préparer en
-Angleterre pour le dict Escosse, et pour la Royne, ma belle soeur, ait
-donné occasion que, despuis, l'on n'a plus parlé de la remuer au
-chasteau de Herfort, en la garde du sieur de Raphe Sadler, ni de
-haster les préparatifs de guerre contre ceux de Lislebourg; vous
-advisant que je suis conforté, par ce que m'escrivés par vostre
-lettre, en la délibération, que j'avois prinse, d'envoyer au dict
-Escosse un personnage de qualité pour essayer à réduire les choses en
-quelque bonne pacification; pour lequel effaict j'ay choisi le Sr Du
-Croc, que j'ai mandé exprès, affin de l'y dépescher, trouvant que le
-faict du duc de Norfolc a mis la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur,
-en de grands soubçons, puisqu'elle faict arrester tant de seigneurs
-contre son naturel, qui a tousjours esté enclin à manier plustot les
-choses par douceur que aultrement: ce qui pourra bien estre cause que,
-estant entièrement occupée à pourvoir à ce qui luy tousche de plus
-près, elle sera divertie de faire ce qu'elle eust bien désiré contre
-ceux du dict Lislebourg.
-
- [112] Voyez CCXIIe dép., tom. IV, pag. 258.
-
-Au surplus, je suis bien marri de l'arrest qui a esté faict du frère
-du comte de Rothes, que vous avés faict demeurer par delà pour
-maintenir la négotiation de ma dicte belle soeur, le réclamant comme
-un de mes serviteurs. Il est vray qu'avant que de le faire, je desire
-que vous vous enquériés bien soigneusement s'il ne sera poinct
-méritoirement chargé d'avoir eu intelligence avec ses subjectz, pour
-poursuivre quelque mauvaise entreprinse contre ma dicte bonne soeur,
-ainsi que je croy qu'il ne se trouvera pas: car, s'il estoit ainsi,
-l'instance que vous luy en fairiés lui fairoit peut estre penser que
-ce feust chose faicte par ma cognoissance et intelligence.
-
-Je n'adjouxteray rien aultre chose à ceste lettre, si ce n'est de vous
-dire que nous avons eu nouvelles, despuis deux ou trois jours en çà,
-de l'heureuse victoire[113] que l'armée de mer des confédérés de la
-ligue a eu sur celle du Grand Seigneur, en laquelle il a esté bien tué
-vinct mille Turqs, cinq mille prisonniers, cent quattre vingt gallères
-prises, et dellivrés de trèze à quatorze mille Chrestiens, qui
-estoient sur les dictes gallères: ce qui a esté exécuté avec peu de
-perte de l'armée chrestienne; vous priant de nous mander de quelle
-façon aura esté receue ceste nouvelle de par delà, où je pense que
-vous l'aurés sceue quasi aussytost que l'avons sceue icy.
-
- [113] La victoire de Lépante, remportée le 7 octobre 1571.
-
-Nous sommes encores en nostre petit voyage, qui pourra durer jusques à
-la fin de ce moys; auquel temps ma tante, la Royne de Navarre, pourra
-estre joincte avec nous, pour donner perfection au mariage de son fils
-avec ma soeur, avec l'ayde du Créateur; que je prie, etc.
-
-Escript à Vaujours, le IIe jour de novembre 1571.
-
- CHARLES. BRULART.
-
-
-
-
-CI
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XVe jour de novembre 1571.--
-
- Satisfaction du roi de la communication qui lui a été faite par
- l'ambassadeur au sujet de la mission de Quillegrey en
- France.--Protestation que doit faire l'ambassadeur contre toute
- entreprise sur Édimbourg, dont on a formé le
- siège.--Mécontentement du roi au sujet de la résolution prise
- par Élisabeth de retenir Marie Stuart toujours
- prisonnière.--Instances qui doivent être faites pour obtenir la
- suppression d'un libelle diffamatoire publié en Angleterre
- contre la reine d'Écosse.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, Vassal est arrivé despuis huict ou dix
-jours en çà, avec vostre lettre du XXIVe du passé[114], par laquelle
-vous me donnés advis de la dépesche qui a esté baillée au Sr de
-Quillegrey, s'en venant par deçà, pour soulager le Sr de Walsingam; et
-suis bien aise de l'asseurance qu'il vous a donnée de faire tous bons
-offices en sa commission, ayant entendu les choses desquelles vous
-estimez estre fort convenable que je feusse adverti avant l'arrivée du
-dict Quillegrey, et qu'il ait eu audience de moy; et vous advise que,
-comme je ne puis avoir que bien fort agréable le voyage de celluy des
-conseillers que la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, a ci devant
-faict entendre voulloir envoyer de par deçà, pour l'espérance que j'ay
-qu'il s'en pourra receuillir une bonne conclusion en la ligue que je
-desire faire négocier avec elle et son royaulme, je luy en feray toute
-la démonstration extérieure qu'il me sera possible.
-
- [114] Voyez CCXIIIe dép., tom. IV, pag. 263.
-
-Et estant esclerci maintenant de plusieurs choses importantes en cecy,
-je sçauray beaucoup mieux me résouldre des propos que j'auray à luy
-tenir là dessus, pour servir à mon intention, que je n'eusse faict
-sans en avoir esté adverti de vous, me persuadant que, si, de la part
-de ma dicte bonne soeur, il est procédé lentement à la conclusion de
-ceste ligue, selon que vous en avez opinion, cella donnera assés à
-cognoistre que, en me voulant repaistre de ceste espérance, elle aura
-l'esprit tendu au dessein de ses affaires du costé d'Escosse, selon
-que l'apparance y est fort grande; mesmement par ce que j'ay veu en
-vostre dépesche du dernier du dict passé[115], par laquelle vous me
-donnés advis comme, à sa suasion, ceux du Petit Lict ont assiégé
-Lislebourg, encores que je fasse bien mon compte que ce ne sera chose
-si aisée à exécuter, veu le nombre d'hommes qui est dedans, et le peu
-d'équipage d'artillerie et munitions que ont les assaillants; ne
-pouvant rien faire davantage pour le secours des dictz assiégés que ce
-que vous avés entendu cy devant avoir esté donné de moyen au sieur de
-Flamy. Bien pourrés vous, de vostre costé, remonstrer tousjours à ma
-dicte bonne soeur, sur ces effaictz et démonstrations si évidentes
-qu'elle faict de voulloir opprimer ceux du dict Lislebourg que vous
-luy avés cy devant faict entendre estre en ma protection, que, en
-cella, elle faict chose qui contrevient entièrement à nostre commune
-amitié et bonne intelligence, qu'il me sera bien malaisé de supporter;
-pour tousjours, s'il est possible, la faire aller un peu plus rettenue
-en ces choses;
-
-Encores qu'il soit assés notoire qu'elle y est grandement résollue,
-mesmes par l'extraict de la lettre qu'elle a, puis naguières, escripte
-au comte de Barwich, qui m'a esté envoyée; par laquelle il se voit
-assés clairement comme sa délibération est de ne donner jamais liberté
-à ma dicte belle soeur, ains de la rettenir tousjours en l'estat où
-elle est, de présent, faisant par là cognoistre, et par toutes aultres
-démonstrations, son aigreur plus grande à l'encontre d'elle que
-jamais; et notamment en ce qu'elle à dernièrement permis estre imprimé
-le livre que m'avés envoyé, duquel l'intitulation seulle est si
-honteuse[116] et tant au déshonneur de ma dicte belle soeur, que,
-gardant le respect et honnesteté qui doibt estre entre tous princes et
-princesses, elle ne pouvoit jamais souffrir avec raison le dict livre
-estre mis en lumière, quelque inimitié qu'elle luy porte; desirant à
-ceste occasion que vous incistiés, envers ma dicte bonne soeur, de
-faire deffendre et censurer le dict livre; car, encores qu'il ait jà
-coureu par le monde qui en aura esté imbu, croyant assés souvent
-plustot le mensonge que la vérité, pour le moins elle cognoistra, par
-la dicte instance, que je ne puis entendre que avec grand regret
-qu'elle ait souffert un si villain escript estre publié d'une
-personne, de laquelle, pour la qualité qu'elle a de princesse, sa
-prosche parante, elle debvoit avoir l'honneur plus recommandé, aussy,
-pour avoir eu mon alliance, ayant esté femme de mon frère ayné, sans
-se monstrer en cest endroict si avant vaincue de la hayne, qu'elle luy
-porte, qu'elle luy ayt faict oublier ce qui estoit de sa grandeur et
-dignité. Sur ce, etc.
-
-Escript à Duretat, le XVe jour de novembre 1571.
-
- CHARLES. BRULART.
-
- [115] Voyez CCXVe dép., tom. IV, pag. 266.
-
- [116] Voyez tom. IV, note, pag. 301.
-
-
-
-
-CII
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XXXe jour de novembre 1571.--
-
- Affaires d'Écosse.--Résolution d'Élisabeth de régler les
- différends entre les Écossais.--Nécessité d'attendre pour
- prendre une détermination.--Satisfaction du roi sur la
- disposition d'Élisabeth à former une ligue, regret qu'elle y
- mette pour condition la captivité de Marie Stuart.--Assurance
- que malgré la victoire de Lépante le roi d'Espagne ne pourra
- pas tourner ses armes contre l'Angleterre.--Nouvelles de
- Flandre.--Fuite de l'ambassadeur d'Espagne qui résidait auprès
- du roi.--Plaintes contre la conduite qu'il a tenue.--Assurance
- qu'il ne peut y avoir aucune crainte de guerre entre la France
- et l'Espagne.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, vos dépesches du Xe et XVe de ce
-moys[117], m'ont esté rendues à un jour près l'une de l'aultre, ayant
-veu, par celle du Xe les propos que vous avés tenus avec ma dicte
-bonne soeur, au commencement de vostre dernière audience, lesquelz,
-comme vous avés bien sceu estendre en tout langage convenable à
-l'opinion que je désire qu'elle ait de la continuation de ma bonne
-amitié et intelligence en son endroict, ainsi suis je bien aise
-qu'elle les ait receus avec toute démonstration de contentement,
-ayant bien notté la responce qu'elle vous a faicte sur l'instance des
-affaires d'Escosse, que vous avés bien sceu estendre pour servir à mon
-intention, se voyant assés clairement qu'elle ne se veut pas despartir
-des dictz affaires, comme de chose qu'elle estime luy appartenir de
-droict; estant ordinairement advenu par le passé, ainsi qu'elle dict,
-que, quand les Escossois ont esté les uns contre les aultres en
-division, en leur royaulme, les Rois d'Angleterre en ont décidé et
-esté les arbitres. Sur toutes lesquelles choses il ne fault rien
-précipiter, mais attandre ce que aura charge d'en négotier avec moy
-celluy des seigneurs de son conseil qu'elle envoyera devers moy, par
-lequel elle remet de s'en esclercir avec moy; qui est, comme j'estime,
-pour tousjours gaigner temps, pendant lequel, si elle faisoit quelque
-nouvelle démonstration de faveur à ceux d'Esterlin, soit pour leur
-envoyer secours de gens ou d'argent, pour leur rellever le coeur à
-cause de l'honteuse retraicte qu'ilz ont faicte de devant Lislebourg,
-je desire que, venant à vostre cognoissance, vous luy en faictes
-instance ainsi prudemment que vous avés tousjours bien sceu faire
-jusques ici, pour servir à l'empescher d'y aller aussy librement, que
-je ne fais poinct de doubte qu'elle en est incessamment sollicitée.
-
- [117] Voyez CCXVIIe et CCXVIIIe dép., tom. IV, pag. 274 et 282.
-
-Et estant tout ce que j'ay à vous respondre sur vostre dicte lettre du
-Xe, je viendray à celle du XVe, et vous dirai que j'ay trouvé fort
-sage la responce que vous avés faicte au comte de Lecestre sur les
-propos qu'il vous a tenus du desir, que ma dicte bonne soeur a, de
-continuer toute sa vie en mon amitié, sans s'en vouloir jamais
-despartir, et que vous ne fissiés aulcun doubte qu'elle ne voullût
-passer oultre, ou à l'alliance jà commencée, ou bien à une fort
-estroicte confédération avec moy, et aussy entendre à accommoder,
-pour mon respect, les affaires d'Escosse, pourveu que je ne la fasse
-presser de se despartir de la déterminée résollution qu'elle a prinse
-de ne se désemparer jamais de la personne de ma dicte belle soeur;
-d'aultant que c'est chose qu'elle ne peut faire pour sa seurté, à
-cause des grandes pratiques qui se sont jà descouvertes qu'elle
-faisoit traicter, qu'elle continuerait encores davantage, estant
-dellivrée, soit avec le Pape, le Roy d'Espaigne, ses parents ou ses
-propres subjects, dont elle ne pourroit vivre en repoz en son estat;
-comprenant par ce propos que l'on ne peut faire plus grand desplaisir
-à ma dicte bonne soeur que de luy parler de la dellivrance de ma dicte
-belle soeur; qui est cause que je ne suis pas d'advis que vous luy en
-parliés, mais bien, si elle s'eslargissoit à voulloir donner quelque
-secours à ceux du dict Esterlin selon la capitulation qu'il vous a
-esté donné advis que milord d'Housdon a faicte avec eux, vous
-continuerés là dessus vos instances accoustumées, ainsi qu'il est
-contenu cy dessus; trouvant, au reste, extrêmement à propos l'advis,
-que vous me donnés, de ne faire poinct démonstration de sçavoir
-aulcune chose de la délibération, (qui vous a esté déclarée ma dicte
-bonne soeur avoir prinse), de ne mettre jamais en liberté la Royne
-d'Escosse, ma belle soeur; mais je seray bien ayse que vous m'ouvriés
-les moyens, qui se pourront trouver sans cella, honnorables et non
-trop mal aisés pour entrer en intelligence au bien et repos des trois
-royaulmes.
-
-Vous voulant bien dire, au surplus, pour le regard de la nouvelle de
-la victoire du Turc, qu'elle est, à la vérité, belle et grande, et
-d'une perte de près de deux cens gallères, ainsi que portent les
-derniers advis, que nous en avons eu; mais non toutesfois telle que,
-pour cella, il y ait apparance que ma dicte bonne soeur doibve
-craindre que le Roy Catholique tourne ses entreprises du costé
-d'Irlande; vous voullant bien dire, au surplus, que le Sr de
-Mondoulcet, qui est mon agent en Flandres, m'a mandé qu'il avoit esté
-grand bruit, par delà, d'une entreprise qui se faisoit sur
-l'Angleterre, qui est, à mon opinion, celle dont faict mention vostre
-dépesche du XXe[118], laquelle s'est descouverte par l'accusation
-d'aulcuns des seigneurs qui sont prisonniers à la Tour. Il m'a aussy
-escript que Seton, qui s'estoit embarqué pour passer en Escosse, avoit
-esté contrainct de relascher en Flandres, à cause de ceste
-descouverte, et estoit entièrement destourné de ce voyage.
-
- [118] Voyez CCXIIe dép., tom. IV, pag. 258.
-
-Au surplus, Monsieur de La Mothe Fénélon, pour ce que l'on pourra
-parler diversement par delà du despart de l'ambassadeur d'Espaigne de
-ma ville de Paris, je vous veux bien dire que, ayant séjourné
-longuement au dict Paris, sous coulleur de l'indisposition qu'il
-disoit avoir, il a, pendant son dict séjour, employé ordinairement le
-temps à faire toutes les mauvaises pratiques qui luy a esté possible
-avec mes propres subjects, dont, se sentant coulpable, comme je pense,
-et jugeant bien que cella estoit venu à ma cognoissance, il s'en est
-allé, déguisé, en Flandres, sans avoir prins congé de moy; qui est une
-façon nouvelle, et convenable à tous les aultres mauvais offices qu'il
-a faict pendant qu'il a résidé par deçà, vous pouvant asseurer qu'il
-n'a eu juste occasion de crainte, qui l'ayt deu faire ainsi quitter,
-s'il ne la s'est donnée luy mesmes par le jugement de sa propre
-conscience; et que, pour cella, on ne doibt penser que je sois en
-aulcune mauvaise intelligence avec le Roy Catholique, mon beau frère,
-lequel ayant adverti de ses déportements, a trouvé très mauvaise la
-façon du dict ambassadeur, et s'en est grandement courroucé; qui est
-cause qu'il n'a osé aller trouver son Maistre; priant Dieu, etc.
-
-Escript à Duretat, le dernier jour de novembre 1571.
-
- CHARLES. BRULART.
-
-
-
-
-CIII
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du premier jour de décembre 1571.--
-
- Arrivée de Quillegrey en France.--Audience qui lui est accordée
- par le roi.--Explications sur la remise de l'argent envoyé par
- La Mothe Fénélon à Marie Stuart.--Détails donnés par Quillegrey
- sur la conspiration du duc de Norfolk et la correspondance de
- Marie Stuart avec le duc d'Albe.--Projets des Espagnols de
- s'emparer du prince d'Écosse et de faire une entreprise sur
- l'Angleterre.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, le Sr de Quillegrey, estant arrivé
-depuis quelques jours, je luy ay donné, ce jourdhuy, audience, en
-laquelle il a commencé à me dire, après ses lettres présentées, que ma
-dicte bonne soeur l'avoit envoyé pour résider, pendant que le Sr de
-Walsingam se fairoit guérir de sa maladie, luy ayant donné charge de
-me dire que, ayant entendu comme je remettois à faire plus certain
-jugement sur la responce qui a esté faicte par elle aux articles cy
-devant proposés par mon cousin le Sr de Foix, touchant le mariage de
-mon frère le Duc d'Anjou, de ce que j'en debvois espérer, à la venue
-de l'un des seigneurs de son conseil qu'elle me doibt envoyer, pour
-avoir trouvé quelque obscurité ès dictes responces, elle continuoit en
-sa résollution de le dépescher par deçà au plus tost que faire se
-pourra; ayant escusé le retardement de son partement sur les grands
-affaires que a eu Madame ma bonne soeur, mesmes en ce faict de
-conspirations, qui se sont, puis naguières, descouvertes contre sa
-propre personne et son estat.
-
-A quoy je luy ay respondu que, en quelque temps et heure que vînt le
-dict seigneur de son conseil, il sera tousjours le très bien venu, et
-receu de moy comme personne envoyée de la part de la princesse de ce
-monde, de qui j'estime plus l'amitié, laquelle je desire confirmer
-tousjours davantage, soit par une bonne alliance ou par une plus
-estroicte confédération, ne pouvant estre, pour nostre commune bonne
-intelligence, que bien fort marri du trouble que l'on luy a voulleu
-susciter. Puis je suis venu à luy parler de la restitution des deux
-mille escus, au mesme langage que aviés escript par vostre lettre du
-Ve de novembre[119], qui est que la moytié d'iceulx vous a esté
-envoyée par moy, et l'autre est procédée d'une partie que je vous ay
-faict addresser par l'archevesque de Glasco, pour estre le tout par
-vous envoyé à Vérac, mon agent; m'ayant là dessus respondu que ma
-dicte bonne soeur avoit, jusques ici, pensé qu'ilz eussent esté
-baillés par l'ambassadeur d'Escosse pour secourir les gens de ma belle
-soeur, mais, puisque la chose estoit ainsi que je la luy ay dicte, il
-ne manqueroit de le luy escrire, de sorte que je ne fais poinct de
-doubte que les deux mille escus ne vous soyent rendus.
-
- [119] Voyez CCXVIe dép., tom. IV, pag. 269.
-
-Après cella, il est entré à me dire qu'il estimoit que je n'avois pas
-sceu ce qui s'estoit descouvert, de particulier, des dictes
-conspirations; et a commencé à me raconter qu'il y a assés longtemps
-que, s'estant cognu que le dict de Norfolc, qui est maintenant
-prisonnier à la Tour, avoit eu quelques promesses de mariage avec ma
-dicte belle soeur, la Royne d'Escosse, et aultres mauvaises
-intelligences, il avoit esté constitué prisonnier en la dicte Tour; et
-despuis, après avoir recogneu sa faulte, et renoncé à toutes les
-dictes promesses et intelligences, elle l'avoit fait mettre en
-liberté, où, ayant demeuré pour quelque temps, il est despuis retombé
-en la même faulte; dont il a esté faict de nouveau prisonnier,
-s'estant descouvert par son accusation en plusieurs lettres, qui se
-sont trouvées, de ma dicte belle soeur, qu'elle estoit entrée en
-grande deffiance de moy, et n'espéroit plus de secours, de mon costé,
-en ses affaires; mais estimoit que j'adhérois plustost à la Royne
-d'Angleterre, ma dicte bonne soeur, si bien qu'elle avoit pris
-résollution de s'adonner du tout au Roy Catholique, mon beau frère, et
-d'entendre au mariage de don Jehan d'Austria; et par mesme moyen
-d'envoyer son fils en Espaigne, pour le marier avec l'une de mes
-niepces; parmi toutes lesquelles choses il s'est vériffié qu'il y
-avoit de grandes intelligences avec le duc d'Alve, pour surprendre
-aulcuns des ports de son royaulme.
-
-Sur quoy je luy ay dict que j'entendroys tousjours avec grand
-desplaisir qu'il se fasse aulcune chose contre son estat et son
-royaulme, le repoz duquel je desire comme celluy du mien propre; mais
-que, tenant ma dicte belle soeur prisonnière, comme elle faict, je la
-prie de ne luy faire, pour cella, aulcun pire traictement, ainsi qu'il
-est convenable à sa grandeur et magnanimité.
-
-Et sur ce propos, le dict Sr de Quillegrey s'est départi d'avec moy,
-vous ayant bien voullu faire ce petit discours, affin que vous
-sçachiés particullièrement de quelle façon s'est passée l'audience
-qu'il a eue de moy. Qui est tout ce que j'ay à adjouster à mon aultre
-lettre[120]; priant Dieu, etc.
-
-A Duretat, le premier jour de décembre 1571.
-
- CHARLES. BRULART.
-
- [120] La lettre précédente, qui est du 30 novembre.
-
-
-
-
-CIV
-
-LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du premier jour de décembre 1571.--
-
- Audience donnée à Quillegrey par Catherine de Médicis.--Prochaine
- arrivée en France d'un seigneur du conseil pour la négociation
- du mariage.--Discussion relative à Marie Stuart et aux affaires
- d'Écosse.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay aujourdhui donné audience au Sr de
-Quillegray, lequel, m'estant venu trouver, a commencé ses propos par
-me dire que la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, l'envoyant par deçà
-pour se tenir près du Roy, Monsieur mon filz, pendant le temps que le
-Sr de Walsingam se faira penser de sa maladie, elle luy a donné charge
-de me voir par mesme moyen, avec commandement de me communiquer de
-tous affaires, ainsy qu'au Roy, Mon dict Sieur et filz, d'aultant
-qu'elle sçait bien que luy et moy ne sommes qu'une mesme chose; et
-aussi pour le respect de l'amitié qu'elle me porte, me tenant au lieu
-de sa bonne mère; m'ayant faict entendre qu'il a une entière bonne
-affection de s'acquitter de la charge qui luy est commise, avec tous
-les dignes offices qui luy seront possibles, pour entrettenir la bonne
-intelligence qui est entre nous et sa Maistresse, portant une
-particullière affection à ce royaulme pour y avoir esté longuement
-nourry.
-
-A quoy je luy ay respondu que ma dicte bonne soeur avoit assés
-d'occasion de m'aimer pour sçavoir qu'il n'avoit pas tenu à moy et que
-je n'aye faict tout mon possible pour l'allier d'alliance avec la
-personne de ce monde qui m'est la plus chère, ainsi que j'en ay encore
-une bonne vollonté, et de servir de toutes choses qui seront en ma
-puissance, au dedans de ce royaulme, la bonne vollonté et amitié
-qu'elle me porte.
-
-Puis est venu à me dire que sa dicte Maistresse avoit entendu, avec
-grand plaisir, que le Roy, Mon dict Sieur et filz, ait pris en bonne
-part la responce que a aporté d'elle le Sr de Foix sur l'effaict du
-mariage, laquelle, encores qu'elle luy ayt assés déclarée et qu'il ne
-soit besoin d'en faire nulle aultre expression, si est ce que,
-d'aultant que le dict Sr de Foix luy a dict que le Roy, Mon dict Sieur
-et filz, auroit grand plaisir qu'elle envoyât devers luy quelqu'un
-pour cest effaict, elle a délibéré d'y envoyer l'un de ceux de son
-conseil, combien qu'elle ait jà donné à entendre ce qu'elle pouvoit
-faire en cest endroit, et qu'elle s'y soit mise plus avant qu'elle ne
-devoit, estant fille comme elle est; que le retardement du parlement
-du dict seigneur de son conseil estoit procédé à l'occasion des grands
-affaires qu'elle a eus, despuis quelque temps en çà, à cause des
-conspirations qui se sont descouvertes; car, ayant esté choisi une
-fois pour ceste charge, milord Coban, il s'est trouvé l'un de ceux qui
-sont fort chargés des dictes conspirations; et, despuis, ayant esté
-destiné un aultre en sa place, sa dicte Maistresse en avoit aussi eu
-quelque soubçon qui l'empeschoit de se pouvoir fier à luy; de sorte
-qu'elle a esté contraincte de se résoudre à un aultre qu'il estime
-debvoir partir bientost, et que nous aurons agréable. Toutes
-lesquelles choses je lui ay bien fort gratiffiées et asseuré que le
-dict seigneur seroit le très bien venu.
-
-Après ces propos, il s'est un peu rettiré de moy, comme s'il eust
-voulleu prendre congé, toutesfois estant demeuré un espace de temps
-ferme devant moy sans me parler, je luy ay demandé des nouvelles de la
-Royne d'Escosse, ma belle fille; sur quoy il m'a dict qu'elle estoit
-en la maison du comte de Scherosbery, bien traictée, ainsi qu'il
-appartient à son estat, mais non toutesfois en telle liberté qu'elle a
-esté cy devant, pour faire beaucoup de mauvaises entreprinses, ainsi
-qu'il s'est descouvert qu'elle voulloit faire, s'estant trouvé, par
-l'accusation du duc de Norfolc, et aulcune de ses lettres qu'elle luy
-a escriptes, comme elle estoit entrée en deffience du Roy, Mon dict
-Sieur et fils, et de moy, disant que nous adhérions plustost à ma
-dicte bonne soeur, ez choses qu'elles avoient à débattre ensemble, que
-à elle; et que partant elle estoit résollue, se voyant ainsi destituée
-de nostre costé, d'entendre au mariage de don Jehan d'Austria, et
-d'envoyer son filz en Espaigne, par le moyen d'un sieur auquel elle en
-escrivoit, affin d'en faire aussy là le mariage.
-
-Je luy ay respondu, là dessus, que j'estois bien aise que ma dicte
-bonne soeur eût, par là, occasion de cognoistre combien l'on estime
-que nous marchons syncèrement en la conservation de son amitié; et
-estimois que l'on mettoit sus beaucoup de choses à ma dicte belle
-fille que je ne pouvois quasi croire.
-
-Sur quoy il m'a répliqué que, si le Roy, Mon dict Sieur et filz,
-voulloit, toutes les mauvaises pratiques qu'elle a faictes contre sa
-Maistresse et les choses contenues cy dessus se vériffieroient en peu
-de temps, en Angleterre, avec vous, par les procès verbaux et
-originaux des lettres escriptes, qui vous seroient représentées.
-
-Après cella je luy ay dict que le Roy, Mon dict Sieur et filz,
-desireroit bien sçavoir du bon portement de ma dicte belle fille, et
-seroit en quelque bonne vollonté, pour en estre plus assuré, de
-l'envoyer visitter.
-
-Il ma dict que sa Maistresse estoit princesse de vérité, et
-l'asseuroit de son bon portement, et qu'il peut croire qu'elle ne luy
-voudrait poinct faire aulcun mauvais traictement, luy semblant que ce
-ne luy est pas beaucoup d'honneur, estant telle qu'elle est, de s'en
-soucier si fort.
-
-Après ce propos, il m'a dict qu'il avoit charge, de sa dicte
-Maistresse, de parler à moy ouvertement, et de me déclarer ce qu'elle
-a sur le coeur, qui est que, si le Roy, Mon dict Sieur et filz,
-voulloit prendre résollution avec sa Maistresse d'appaiser les
-troubles d'Escosse, et d'y establir l'obéissance du jeune Roy, sans
-parler, en façon du monde, de la dicte Royne, ma belle fille, elle
-estime que les choses se pourroient aisément accorder au commun bien
-et repos de tout le royaulme et à nostre contentement.
-
-Sur lesquelz deux derniers poincts, à sçavoir: de vériffier avec vous
-les charges de ma dicte belle fille; et le dernier, de l'accommodement
-des affaires du dict Escosse; je luy ay respondu que j'en parlerois au
-Roy, Mon dict Sieur et filz, pour luy en rendre responce à Bourgueil,
-auquel lieu je luy ay assigné une nouvelle audience. Bien luy voullois
-je dire, comme de moy mesmes, que le Roy, Mon dict Sieur et filz, ne
-pourrait jamais délaysser la dicte Royne d'Escosse; car, oultre ce,
-qu'elle est Royne d'un royaulme qui a une ancienne et estroicte
-confédération avec le sien, elle est son alliée de si près, qu'il ne
-seroit jamais trouvé bon qu'il l'abandonnât en son affliction, telle
-qu'elle l'a aujourdhuy, luy semblant appartenir à son honneur
-d'assister à tous les princes qui sont ses alliés, et ne les délaisser
-non plus qu'il ne le voudroit faire à l'endroict de sa dicte
-Maistresse, en façon du monde, quand elle viendroit à tomber en
-quelque affliction.
-
-Il m'a replicqué là dessus que le Roy, Mon dict Sieur et filz,
-n'auroit poinct occasion de rien craindre en cessi, ayant, d'un costé,
-l'amitié des princes protestants, comme elle luy est bien asseurée par
-le moyen de l'édict de pacification, et, d'un aultre costé, celle de
-l'Angleterre, me priant de rechef que je luy en parlasse.
-
-Qui est le sommaire de tout le propos que j'ay eu avec luy, désirant,
-le Roy, Mon dict Sieur et filz, avoir vostre advis sur ce qu'il a
-proposé de vériffier, en vostre présence, tout ce qui s'est dict par
-delà des menées et conspirations qui ont esté conduittes par ma dicte
-belle fille, la Royne d'Escosse; dont je vous prie le rendre certain
-par vostre première dépesche. Cependant il ne manquera de vous donner,
-cy après, advis de ce qu'il résoudra et respondra sur iceulx poinctz
-au dict Sr de Quillegray; auquel j'ay aussy parlé des deux mille escus
-au mesme langage porté en vostre dépesche du Ve du passé; et ay escusé
-ce que j'en avois cy devant respondu au dict Sr de Walsingam sur ce
-que je ne l'avois bien entendu.
-
-A quoi il m'a réplicqué qu'il sembloit que vous eussiés eu quelque
-intelligence avec les gens du dict de Norfolc. Laquelle je luy ay dict
-avoir possible esté pour l'adresse des dictz deux mille escus, mais
-qu'elle ne se trouvera poinct s'estre estendue ez choses dont l'on
-accuse le dict duc. Ce qu'il m'a confessé, me disant qu'il fauldroit
-donc rendre les dictz deux mille escus.
-
-A quoy je luy ay respondu que, estant, sa Maistresse, si bonne amie du
-Roy, Mon dict Sieur et fils, je croy qu'elle ne voudroit, pour deux
-mille éscus, faire chose qui contrevienne à la dicte amitié. Et sur
-cella il m'a dict qu'il luy en escriroit, de sorte que je ne fais
-poinct de doubte que les dicts deux mille escus ne vous soyent
-restitués. Sur ce, etc.
-
-Escript à Duretat, le 1er jour de décembre 1571.
-
- CATERINE. BRULART.
-
-
- NOTA. Ici, se trouve dans les cahiers déposés aux archives, qui
- jusques-là sont à peu près complets, une lacune de six mois
- entiers. Sauf deux lettres des 7 février et 28 mai 1572, qui se
- sont retrouvées dans les papiers de l'ambassadeur, la
- correspondance ne reprend qu'au 22 juin 1572, deux mois avant la
- Saint-Barthèlemy. Les lettres qui manquent, d'après les
- énonciations contenues dans les dépêches, sont celles des 19 et
- 24 décembre 1571; 5, 7, 9, 10, 11, 19 et 31 janvier; 11 février;
- 4, 8, 10, 20, 22 et 31 mars; 19, 20 et 22 avril; 2, 10, 27 et 28
- mai; 7, 17, 23, 25 et 27 juin; 11 et 14 juillet, et 7 août 1572.
-
-
-
-
-CV
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du VIIe jour de febvrier 1572.--
-
- Mission donnée à Mr Du Croc en Angleterre pour traiter de la
- négociation concernant Marie Stuart et l'Écosse.
-
-
-Monsieur de La Mothe, envoyant le Sr Du Croc, mon conseiller et
-maistre d'hostel ordinayre, présent porteur, par dellà, suivant ce qui
-a esté advizé entre mes depputés et les ambassadeurs de la Royne
-d'Angleterre, Madame ma bonne soeur, pour, avec le gentilhomme qui
-sera aussy député de sa part, procurer et moyenner d'ung commun
-consentement la réconcilliation et paciffication des troubles et
-divisions du royaume d'Escosse, et cependant fère accorder une
-cessation et abstinence d'armes entre ceux de l'un et l'aultre party
-du dict pays, je luy ay, par mesme moyen, donné charge de requérir et
-prier, de ma part, la dicte Royne d'Angleterre luy permettre de veoir
-et visiter la Royne d'Escosse, Madame ma soeur, suivant ce que j'ay,
-ces jours passés, escript à icelle Royne d'Angleterre, pour toute
-instance envers elle, de mettre en liberté ma dicte soeur, la Royne
-d'Escosse, et l'envoyer, icy, près de moy. En quoy je vous prie de
-vous employer, tous deux, avec une bonne et mutuelle intelligence; et,
-au demeurant, croire le dict Sr Du Croc de ce qu'il vous dira de ma
-part.
-
-Escript à Blois, le VIIe jour de febvrier 1572.
-
- CHARLES. PINART.
-
-
-
-
-CVI
-
-INSTRUCTION POUR LE FAICT DU MARIAGE.
-
---du XXVe jour d'apvril 1572.--
-
- Négociation de Mr de Montmorenci et de Foix (_Original_).
-
-
-Estant Monseigneur le duc de Montmorency, pair et maréchal de France,
-gouverneur pour le Roy et son lieutenant général à Paris et Isle de
-France, et Messieurs de Foix et de Boistaillé, conseillers en son
-conseil privé, despéchez, de la part de sa Majesté, pour aller en
-Angleterre affin d'estre présentz, et avec eulx le Sr de La Mothe
-Fénélon, ambassadeur de Sa Majesté au dict pays, pour assister au
-serment que la Royne d'Angleterre doibt faire pour l'entretènement et
-ratiffication du traicté qui a esté naguières conclud et arresté entre
-les depputez de Sa dicte Majesté et les ambassadeurs de la dicte Dame
-Royne,
-
-Sa dicte Majesté a, oultre cella, advisé, pour un plus grand bien, et
-estreindre davantage leur amitié, de donner particullièrement pouvoir
-à mon dict sieur duc de Montmorency, et aus dictz sieurs de Foix, de
-Boistaillé et de La Mothe, de fère ouverture et proposer à la dicte
-Dame Royne le mariage de Monseigneur le Duc d'Allençon, frère du Roy,
-avec elle. Sur quoy ilz auront à luy dire de la part de Sa Majesté:
-
-Qu'elle est infiniment aise, contente et satisfaicte de veoir la bonne
-et perfecte amityé, et intelligence d'entre eulx, renouvellée,
-confirmée et fortiffiée par ce dernier traicté, si bien qu'ilz se
-peuvent dire aujourdhui deux vrays et perfectz amys, voisins, alliez
-et confédérez; et, encores que Sa dicte Majesté s'asseure que, Dieu
-les ayant si bien uniz, il leur fera aussy la grâce de continuer et
-persévérer à jamais en ceste bonne amityé et voisinance.
-
-Toutesfoys considérant qu'il n'y a rien qui lye plus estroictement,
-nourrisse et entretienne davantaige la paix et amityé entre les roys
-et grandz princes que le mariage et les alliances qui se font des ungs
-avec les aultres, Sa dicte Majesté, qui n'a rien plus à coeur que de
-demeurer ferme et constante en ceste bonne, vraye et perfecte amityé,
-voisinance et intelligence, qui est entre elle et la dicte Royne
-d'Angleterre, desireroit bien, pour la rendre inviolable, y adjouster
-ce dernier lyen indissoluble de mariaige.
-
-Et considérant, Sa dicte Majesté, les moyens qu'elle pouvoit avoir de
-parvenir à ceste sienne seureté et sincère intention, ayant, à son
-très grand regret, failly à ce faire de la personne de Monseigneur le
-Duc d'Anjou, son frère, pour les difficultez et scrupulles qui y sont
-intervenuz à cause de l'exercice de relligion, elle a pensé qu'elle ne
-pouvoit mieulx renouer ceste négociation, et rentrer en ces termes de
-mariaige que par le moyen de Monseigneur le Duc d'Allençon, aussy son
-frère, estant ung subject pour mieulx pouvoir accommoder les
-conditions au contentement des deux partyes.
-
-Et, sur ce, entreront, mon dict seigneur de Montmorency et les dictz
-sieurs de Foix et de Boistaillé et de La Mothe, à proposer et fère
-ouverture de ce mariage avec la dicte Dame Royne, remectant Sa dicte
-Majesté à eulx de luy fère si bien entendre les bonnes partyes qui
-sont en Mon dict Seigneur le Duc, lesquelles ilz cognoissent et
-savent, mieux que nulz autres, estre de très grande espérance; sur
-quoy ilz s'estendront comme ilz verront qu'il sera à propos et qu'ilz
-sauront très bien et dignement fère.
-
-En faisant laquelle proposition, ilz représenteront à la dicte Dame
-Royne le grand bien qui adviendra du dict mariaige à toute la
-Chrestienté, spéciallement à ces deux royaumes, et aussy le
-contentement que cella aportera à l'une et à l'autre de Leurs
-Majestez; d'aultant que les dictz deux royaumes seront lors uniz avec
-une perfecte et sincerre intelligence, et que c'est chose que icelle
-Dame Royne doibt desirer, considéré l'estat de ses affères, avec
-plusieurs occasions qui sont et peuvent advenir journellement en
-diverses sortes; sur lesquelles Sa Majesté remect à eulx de parler et
-discourir en cella amplement, ou aller plus retenuz, ainsy qu'ilz
-verront et congnoistront qu'il sera à propos pour rendre le tout
-agréable à la dicte Royne.
-
-Et, si icelle Royne entend voluntiers ce propos, comme Sa Majesté et
-la Royne, sa mère, désirent infiniment, pour un fort grand bien,
-suivant l'advis des plus grands conseillers de ce royaulme, les dictz
-Srs de Montmorency, de Foix, de Boistaillé et de La Mothe, entreront
-franchement en ce négoce, et y vaqueront selon le pouvoir qui leur en
-a esté baillé; observant exactement la responce et contenance qui leur
-sera sur ce faicte par icelle Royne, affin que, selon ce qu'ilz
-jugeront, ilz se comportent dextrement en cest affaire, pour tirer le
-plus de lumière qu'ilz pourront de son intention et volunté, regardans
-d'acheminer cest affaire avec la dicte Dame, Royne d'Angleterre, ou
-ceux qu'il luy plaira depputer pour en traicter, conclurre et
-arrester; dont et desquelles choses, et de toutes les autres
-particullaritez qu'ilz estimeront appartenir à cest affaire, ilz
-donneront bon et continuel advis à Sa dicte Majesté qui remect à eux,
-selon leur grande suffisance et affection qu'ilz ont à son service, de
-s'estendre au demourant en cest affaire aultant qu'ilz congnoistront
-qu'il sera besoing, suivant l'intention de Sa dicte Majesté, honneur
-et réputation d'elle et de ses affères.
-
-Et, affin que les dictz seigneurs ambassadeurs se puissent ayder de
-tous les moyens qu'ilz pourront pour bien faire réussir leur
-négociation, faciliter et parvenir au dict mariaige, le Roy veult et
-leur ordonne qu'ilz trouvent les moyens que l'ung d'eulx face bien à
-propos entendre au Sr conte de Lestre le désir, que le Roy a, qu'il
-preigne alliance en quelque une des meilleures et plus grandes maisons
-de son royaulme, suivant la volunté qu'il s'est quelquefoys laissé
-entendre qu'il avoit de se marier en France, et la bonne et grande
-affection que Sa Majesté a de faire pour luy en cella, luy proposant
-le party de Mademoiselle de Bourbon, ainsy que Sa Majesté en a advisé
-avec mon dict seigneur de Montmorency, et encores despuis avec le
-dict sieur de Foix pour, après, selon qu'il se congnoistra de son
-desir, l'entretenir en ceste bonne volunté et l'asseurer tousjours
-qu'il aura en cella toute faveur et la mesme bonne asistance de Leurs
-Majestez et de Messeigneurs, frères du Roy, qu'il sçauroit desirer, et
-luy faire davantaige, selon qu'ilz congnoistront qu'il sera besoing,
-offre et assurance de biens et présents que luy fera le Roy, s'il se
-marie en France;
-
-Voulant aussy Sa dicte Majesté que les dictz seigneurs ses
-ambassadeurs facent, par tous aultres moyens courtoys et honnestes, ce
-qu'ilz pourront faire et faire faire pour gaigner et réduire à leur
-dévotion les personnes qui se sont cy devant monstrez contraires au
-mariaige de Monseigneur le Duc d'Anjou et de la dicte Royne, quand il
-s'en est parlé; et qu'ilz n'y espargnent rien, mais regardent
-d'employer, à leur faire des présentz et à ceulx qui pourront servir
-en cest affaire, comme ilz verront qu'il sera à propos, jusques à dix
-ou douze mille escuz, dont le trésorier de l'espargne trouvera moyen
-de recouvrer lettres de crédict pour les faire fournir par delà, et il
-les rendra, icy, ensemble les intérestz.
-
-Et, s'il plaist à Dieu que le dict propos de mariaige d'entre la dicte
-Royne et Mon dict Seigneur le Duc soit agréable par delà, et que l'on
-en entre en négociation, le Roy veult que mes dictz seigneurs ses
-depputez proposent les mesmes demandes et condicions qui furent
-faictes pour Mon dict Seigneur le Duc d'Anjou, et bailler par escript
-pour Mon dict Seigneur le Duc la déclaration de ses duchez, contés et
-seigneuries, qui sont de grand revenu, n'y comprenant toutesfoys la
-ville de Caen, ny le revenu d'icelle, à cause qu'elle est frontière,
-mais bien la valeur en aultre terre, que le Roy baillera à Mon dict
-Seigneur le Duc en récompense.
-
-Faict à Bloys le XXVe jour d'apvril 1572.
-
- CHARLES. PINART.
-
-
-
-
-CVII
-
-LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XXVIIIe jour de may 1572.--
-
- Nécessité de conclure sans retard le traité concernant le
- commerce.
-
-
-. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Flandres et
-d'Espaigne ce qui vient bien à propos, car cella sera cause que
-doresnavant les dicts Anglois feront tout leur trafiq à commercer en
-ce royaume. Voylà pourquoy il sera bon que, le plus tost que vous
-pourrez, l'on face une résolution de ce qui reste à accorder pour le
-faict du fondicq[121] qu'ils veullent avoir de deçà, suyvant nostre
-dernier traicté, car cella leur apportera une grande commodité et sera
-cause d'un grand proffit pour nous, et, sy vous n'en pouvez faire une
-fin avant l'arrivée des dicts sieurs de Montmorency et de Foys pour
-les empeschemens que vous a dicts le milord de Burgley qu'ils ont à
-cause de leur dict parlement, il faudra qu'en négociant les autres
-affaires dont vous avez tous trois charge, vous faciez aussy une
-résolution de cestuy cy, car, le plus tost qu'il pourra estre expédié
-et le dict commerce estably, ce sera le meilleur pour eulx et pour
-nous. Et vous fais ceste dépesche pour le Roy, Monsieur mon fils, et
-pour moy, d'aultant qu'il est allé à la chasse. Et prie Dieu, etc.
-
-Escript à Monpipeau, ce XXVIIIe jour de may 1572.
-
- CATERINE. PINART.
-
- [121] Magasin, entrepôt.
-
-
-
-
-CVIII
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---des XXIIIe et XXVe jours de juing 1572.--
-
- Affaires d'Écosse.--Négociation du mariage.--Départ des seigneurs
- anglais qui avaient été envoyés en France pour complimenter le
- roi.--Présens qui leur ont été faits.
-
-
-. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ordre pour le
-faict du dict païs d'Escosse et ez mains de qui sera randu le chasteau
-de Humes, d'aultant que j'estime que ceux du chasteau de Lislebourg ne
-le pourroient pas garder, à present, en l'estat qu'ilz sont. De le
-mettre aussy ez mains de ceux de l'aultre parti, ce seroit
-desfavoriser les dictz de Lislebourg, et estre cause de les désespérer
-et qu'ilz s'endurciroient et irriteroient davantage les uns contre les
-aultres. D'aultre part, il fault aussy que la Royne d'Angleterre vuide
-ses mains selon nostre traicté. Voylà pourquoy il est très nécessaire
-de cercher promptement quelque bon expédient, pendant qu'estes de
-delà, pour appaiser les troubles d'Escosse et accorder les subjectz
-sur le faict de l'administration des affaires du dict païs. Et
-cepandant je croy qu'il ne sera que bon que le dict chasteau de Humes
-soit mis ez mains et en la charge de quelque escossois, riche, sage et
-très bien affectionné à la paix du dict pays, qui se choisira avec
-l'advis du sieur Du Croc; à qui il sera bon que en escriviés pour nous
-en mander son opinion.
-
-Je luy en escris aussy un mot que je vous prie luy faire tenir avec
-voz lettres, quand luy escrirés; vous priant, au demeurant, de vous
-employer, avec toutes les dextérités et moyens que penserés que
-pourront servir, au mariage de la Royne d'Angleterre avec mon frère le
-Duc d'Alençon, affin que je puisse estre résollu du tout, avant que
-partiés pour venir de deçà; car il importe, pour mon servisse et pour
-le bien de mes affaires, qu'il y soit mis fin promptement sans en
-laisser tirer à la longue la négotiation, comme peut estre il
-adviendroit si vous n'y pourvoyés ainsi que je desire et veux que
-fassiés et qu'il vous sera aisé; car s'en retournans à présent d'ici
-ces seigneurs anglois si contentz qu'ilz sont, et monstrants de
-desirer bien fort que le mariage se fasse avec mon dict frère le Duc
-d'Alençon, qu'ilz ont pour ce fort agréable, je ne double pas qu'ils
-ne fassent, par lettre et en personne, quand ilz seront de retour de
-delà, à ceste occasion, tous bons offices envers leur dicte Maistresse
-et envers ses principaux ministres aussy.
-
-Ils doibvent partir ce jourdhuy, et a esté donné ordre qu'ilz seront
-accompaignés et conduicts fort honnorablement et accommodés de tout ce
-qu'il leur faudra jusques à Bouloigne, estant aussy mon cousin le duc
-de Longueville et le sieur de Piennes bien advertis pour cest effaict,
-de sorte qu'il ne leur manquera rien; et m'asseure qu'ilz se loueront
-bien fort du bon traictement qu'ilz auront eu par deçà. J'ay faict
-présent au Sr comte de Lincoln d'un fort beau buffet d'environ de la
-valleur de douze mille livres, au dict Smith d'un aultre d'environ
-mille escus, et au dict Walsingam d'un aultre d'environ deux mille
-livres, oultre les présentz qu'ilz eurent dernièrement. Je fais donner
-aussy, mais c'est sans aulcune cérémonie, au Sr de Mildemor et vice
-admiral, à chascun une cheine de six cens escus; et si, fairay servir
-le nefveu du comte de Lestre de gentilhomme de ma chambre, et sera
-tousjours bien vollontiers veu, pendant qu'il sera icy, pour l'amour
-du dict sieur comte son oncle.
-
-Estant ce que, pour ceste heure, je vous puis escrire si ce n'est pour
-vous dire qu'il sera besoin qu'advertissiés souvent les Srs Du Croc et
-Vérac de ce que vous fairés pour le costé d'Escosse, affin qu'ilz
-asseurent ceux de Lislebourg et ceux aussi de l'autre parti, et que
-chascun cognoisse pareillement que ce que je fais et desire en cella
-n'est que pour establir, s'il est possible, la paix et repos en
-Escosse; priant Dieu, etc.
-
-Escript au chasteau de Bouloigne, ce XXIIIe jour de juing 1572.
-
- CHARLES.
-
-
-J'espère renvoyer demain le Sr de L'Espinasse que le Sr Du Croc m'a
-envoyé pour les affaires d'Escosse. Sur quoy je ne puis prendre aultre
-résollution, mais le remets à ce que vous en ay escript par mes deux
-dépesches dernières et à ce que je vous en ay mandé encore par ceste
-cy; vous priant de vous y employer tous trois le plus tost et le plus
-dilligemment que vous pourrés; car, à ce que j'ay entendu et sceu
-certainement, ceux de Lislebourg sont à l'extrémité, et est à craindre
-qu'ilz se désespèrent et se mettent ez mains de quelqu'un de noz
-voysins, ce que je veux évitter, et conserver, en ce faisant,
-l'ancienne amitié que j'ay avec les Escossois, et observer aussy
-sincèrement et entièrement le dernier traicté d'entre la Royne
-d'Angleterre, ma bonne soeur et cousine, et moy, qui vous prie l'en
-asseurer, quand vous parlerés du faict du dict Humes et aviserés du
-dict faict d'Escosse.
-
-Du chasteau de Bouloigne, ce XXVe jour de juing 1572.
-
- CHARLES. PINART.
-
-
-
-
-CIX
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---des XIe et XIIIIe jours de juillet 1572.--
-
- Retour de Mrs de Montmorenci et de Foix.--Négociation du
- mariage.--Desir du duc d'Alençon de passer en
- Angleterre.--Motifs qui empêchent le roi de le lui
- permettre.--Conférence de Catherine de Médicis avec
- Walsingham.--Demande faite par les Anglais de la restitution de
- Calais, en considération du mariage, ou, à défaut, proposition
- d'un partage dans les Pays-Bas.--Affaires d'Écosse.--Nécessité
- d'insister auprès d'Élisabeth pour qu'elle abandonne les
- châteaux qu'elle occupe dans ce pays.--Espoir du roi
- qu'Élisabeth entrera en guerre avec le roi d'Espagne.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay, à ce matin, ouï avec grand plaisir
-le rapport de tout ce qui s'est passé durant le voyage qu'ont faict
-par delà les Srs de Montmorency, mon beau-frère, et de Foix, et veu,
-par vostre dépesche du Ier du moys, que je receus ce dict jour, icy,
-par l'ordinaire, et par celle que m'avés faicte par Sabran le Ve de ce
-dict mois[122], ce qu'avés faict despuys leur partement. Sur quoy je
-vous diray comme vous avés veu, par les dépesches que je vous ay cy
-devant faictes, qu'il importe, pour le bien de mes affaires et pour ma
-réputation, et de mesmes aussy pour icelle Royne d'Angleterre, Madame
-ma bonne soeur, que le mariage de mon frère, le Duc d'Alençon, avec la
-Royne d'Angleterre, Madame ma bonne soeur, se fasse bientost
-résouldre, et que ce soit ainsi que nous desirons; car elle y aura
-aultant ou plus d'avantage que nous, quand elle considèrera tous les
-poincts qui luy ont esté représentés et bien clairement desduictz en
-sa présence, comme j'ay veu par le rédigé qu'a faict le dict Sr de
-Foix de ceste négociation; voulant qu'en parlant avec elle vous
-l'asseuriés que, suivant la lettre que je luy escripts de ma main, que
-luy présenterés, je la corresponds avec toute sincérité et amitié; et
-que, de ma part, je ne desire rien tant en ce monde que de rendre
-nostre amitié parfaicte et indissoluble comme elle sera fermement, si
-le dict mariage se faict. Voilà pourquoy il fault, et je vous prie que
-le luy fassiés entendre bien expressément de ma part que l'affection
-et amitié que je luy porte, telle que je ne voudrois espargner ma
-personne mesme pour elle, s'il s'en présente occasion, sera par ce
-moyen estreinte et liée de telle sorte que jamais elle ne sçauroit
-diminuer entre nous, noz royaulmes et subjectz; mais au contraire se
-fortiffier et augmenter journellement.
-
- [122] Voyez CCLXe et CCLXIe dép., tom. V, pag. 25 et 30.
-
-Et pour ce que, par la lettre que vous escript mon frère le Duc
-d'Allençon, il vous mande qu'il entreprendroit vollontiers le voyage
-pour aller luy mesmes remercier la dicte Royne et luy offrir son
-servisse; si n'estoit la réputation, et qu'il craint aussy que ne luy
-voulussions permettre, je vous diray que c'est une chose que nous ne
-sçaurions luy accorder jamais (aussy n'est il pas raisonnable, quelque
-affection qu'il en ait), jusques à ce que tout soit d'accord; de quoy
-vous pourrés asseurer, si l'on vous en parle de delà: car, encore que
-nous soyons en bonne paix et amitié avec la Royne, et que nous l'ayons
-si expressément par nostre dernier traicté confirmée et fortifiée,
-l'on ne laisse pas tousjours de doubter et penser aux choses qui
-pourroient advenir, et que peut estre, contre son naturel, elle seroit
-conseillée de faire; et, oultre cella, si les choses ne
-réheussissoient, il y auroit occasion de moquerie. Je sçay bien que,
-si ceste permission ne dépendoit que de la vollonté de mon frère,
-qu'il ne se voudroit pas arrester à cella, et qu'il seroit bientost
-par delà; car il est si extrêmement affectionné et amoureux d'icelle
-Royne, qu'il ne se figureroit aulcune de toutes ces considérations,
-lesquelles néantmoins vous pourrés honnestement remonstrer, et faire,
-au demeurant, en cest affaire tout ce que vous verrés qu'il sera à
-propos, affin que nous y ayons, entre cy et quinze jours, que le moys
-escherra, la responce que nous en desirons et espérons, quand nous
-considérons que c'est un bien commun pour ces deux royaulmes et aussy
-utille pour la dicte Royne et pour ses subjectz que pour les nostres
-propres.
-
-Le Sr de Walsingam tesmoigne de desirer bien fort l'accomplissement de
-ce mariage; ce que la Royne, Madame et Mère, m'a encore confirmé ce
-matin, et qu'elle l'a particulièrement cogneu à quelques discours
-qu'il luy tint hier en particulier, pendant que j'estois à la chasse
-avec mon frère le Duc d'Anjou et le Roy de Navarre. Je laisse les
-aultres particularités des propos qu'ilz eurent ensemble. Le plus
-important c'est qu'il luy dict que le milord de Burgley luy avoit
-mandé, comme de luy mesmes, que, pour faciliter le dict mariage, qu'il
-falloit que l'âge feust récompencé de quelque chose qui peût couvrir
-et escuser l'inégalité qui est entre la dicte Royne, sa souveraine, et
-mon dict frère, et par ce moyen asseurer parfaitement la paix entre
-ces deux royaulmes, luy parlant de Calais qu'il eût bien desiré qu'il
-leur eust esté restitué, à condition que mon dict frère en demeureroit
-gouverneur durant sa vie, et qu'après sa mort il reviendroit aux
-enfants qu'il auroit de la dicte Royne. Sur quoy Ma dicte Dame et Mère
-asseura le dict ambassadeur qu'il ne falloit pas qu'ilz s'attendissent
-à cella, pour ce qu'ilz n'y pouvoient prétendre rien plus pour les
-raisons qu'ilz sçavent assés que la paix seroit tousjours bien gardée
-de nostre part, et que Dieu, de sa grâce, avoit séparés et bornés de
-la mer pour un grand bien ces deux royaulmes. Il luy dict sur cella
-que le dict Calais estoit anciennement de la maison de Bouloigne, et
-qu'il estoit venu de la Royne, Madame et Mère, laquelle respondit que,
-pour ceste occasion, ilz y pourroient encores moins prétendre. Aussy
-sur cella il respondit qu'il voyoit bien que nous ne le leur
-rebaillerons pas, mais qu'il y avoit bien moyen de faire aisément
-quelque aultre chose, au lieu du dict Calais, qui seroit bien à
-propos: c'est que la Royne d'Angleterre peût avoir Flexingues en ses
-mains et protection, et que, combien que l'on eût faict de deçà une
-publication qui avoit apporté quelque desfaveur aux Gueux de Flandres,
-et à ceux qui sont allés de ce royaulme avec eux, et que cella eût
-aussy aulcunement faict rettenir ceux d'Angleterre, que néantmoings il
-falloit regarder de faire quelque partage et prendre, chascun de son
-costé, des Païs Bas en sa protection. Sur quoy Ma dicte Dame et Mère
-luy respondit que c'estoit un affaire dont elle ne pouvoit luy parler
-à cause de mon absance, mais qu'elle desiroit le bien et contentement
-de la dicte Royne, sa Maistresse, et qu'elle s'asseuroit que j'avois
-les mesmes souhaits.
-
-Je me remets sur vous de cest affaire du mariage, lequel nous avons
-tant en affection que nous n'avons jamais desiré chose tant que ceste
-cy, puisque les termes et propos en sont si avant et si fort publiés.
-Car, enfin, si les choses ne succédoient bien, il ne peut qu'il n'y
-aille de nostre honneur et réputation comme vous sçavés très bien
-considérer.
-
-Quand aux affaires d'Escosse, je suis bien aise de la résolution qui
-a esté prise que ma dicte soeur, la Royne d'Angleterre, et vous,
-escrirés par un gentilhomme exprès affin que la suspension d'armes
-soit establie au dict païs pour deux moys, pendant lesquels l'on faira
-en sorte que la paix y sera aussy faicte et les divisions et guerres,
-qui y sont, appaisées; mais il est besoing que vous fassiés souvenir
-la dicte Royne de la restitution de Humes, et de ce qu'elle tient
-encore du dict royaulme d'Escosse, affin qu'elle le rende suivant la
-bonne intention de nostre traicté, et que, de sa part, elle se
-comporte, pour le faict du dict païs d'Escosse, sincèrement, comme
-j'ay tousjours faict, despuys que mes depputés commencèrent à traicter
-avec les ambassadeurs, et que je fais encores, et veux faire sellon ma
-foy et promesse; ne voullant aulcunement assister un parti plus que
-l'aultre, mais seullement tascher, tant qu'il sera possible, à les
-accorder, affin que le dict royaulme d'Escosse, au lieu qu'il se
-destruict, soit conservé, et que la paix y soit bien establie.
-J'escripts un mot de lettre, suivant cella, à Mr Du Croq; laquelle
-vous luy fairés tenir; priant Dieu, etc.
-
-Escript à Paris, le XIe jour de juillet 1572.
-
-Je vous envoye le pouvoir pour recevoir la ratiffication de nostre
-traicté, ensemble les actes dont je vous envoye les formes telles que
-je les ay baillées par deçà.
-
- CHARLES.
-
-
-Monsieur de La Mothe, despuys ceste dépesche faicte, j'ay receu la
-lettre que m'avés escripte par Jaques le courrier, et j'ay veu celle
-que je receus de vous par Sabran, présent porteur, que j'ay advisé de
-vous envoyer en la plus grande dilligence qui sera possible, affin que
-vous puissiés vous servir des lettres que nous escrivons de noz mains,
-et faire en cest affaire tout ce qu'il sera possible: car, s'il ne
-succédoit comme nous desirons, il ne peut estre qu'il n'y aille de
-nostre réputation, ayant esté les choses si avant que chascun a creu
-qu'elles feussent faictes et résollues. Et quant aux nouvelles que me
-mandés qui sont venues de Flexingues, je seray bien aise, à vous dire
-vray, que la Royne d'Angleterre s'embarque avec les Gueux bien avant,
-et qu'elle se déclare, par ce moyen, ouvertement contre le Roy
-d'Espaigne, pour les raisons que vous entendrés de Sabran, qui vous
-dira aussy les préparatifs qui se font pour le mariage de ma soeur et
-de mon frère, le Roy de Navarre, qui sera consommé dans quinze ou dix
-huict jours, comme vous pourrés dire à la dicte Royne d'Angleterre. Je
-vous fairay responce à ce que vous m'avés mandé sur les lettres que ma
-soeur, la Royne d'Escosse, vous a escriptes, et vous les renvoyeray
-aussytost que Dardoy sera arrivé icy.
-
-De Paris, ce XIVe jour de juillet 1572.
-
- CHARLES. PINART.
-
-
-
-
-CX
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XXe jour de juillet 1572.--
-
- Mission de Mr de La Mole en Angleterre sur la négociation du
- mariage.--Vives recommandations pour le succès de cette
- affaire.--Desir du roi de connaître les projets des Anglais sur
- la Flandre.--Affaires d'Écosse.--Mécontentement du roi contre
- le sieur de Flemy.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, afin de n'oublier rien qui puisse ayder
-pour avoir bonne responce de la Royne d'Angleterre sur le mariage de
-mon frère, le Duc d'Allençon, nous avons trouvé à propos d'envoyer
-vers la dicte Dame le Sr de La Moosle, présent porteur, avec les
-lettres que nous escrivons de noz mains à ma dicte bonne soeur et au
-comte de Lestre et milord de Burgley, que nous vous envoyons ouvertes
-affin que les voyés, puis les fermerés bien. Vous assisterés le dict
-La Moosle, en les présentant à la dicte Dame, à laquelle il tiendra
-tel propos que vous adviserés et penserés qu'il conviendra, selon les
-termes où seront toutes choses pour le faict du dict mariage. Mon dict
-frère, oultre la lettre qu'il vous escript, qui se pourra bien
-monstrer, si vous voulez, escript aussy au dict comte de Lestre et
-milord de Burgley, à chascun une lettre de sa main, qui vous sont
-aussy envoyées ouvertes, affin que vous voyés le contenu d'icelles,
-pour, après, les fermer et les leur bailler vous mesme, ainsi qu'avés
-accoustumé.
-
-Je vous recommande cest affaire singulièrement, et vous prie, sur tous
-les servisses que desirés de me faire, y employer tout ce que vous
-pourrés de vostre prudence et dextérité pour le conduire à l'heureuse
-perfection que je desire, comme aussy font singulièrement la Royne,
-Madame et Mère, et mon dict frère d'Alençon, qui ne vous en sçauront
-pas moins de gré que moy, qui vous prie encore instruire si bien le
-dict La Moosle comme il aura à se comporter par delà, que son voyage
-serve en l'affaire de mon dict frère d'Alençon; car aussy l'a il
-choisi comme un de ses plus confidents et de ceux qu'il ayme le plus,
-comme vous sçavès, affin que la dicte Royne luy en sçache plus de gré
-et qu'elle puisse cognoistre que, pour l'affection grande qu'il a à
-elle, ne pouvant avoir ce bien de passer de delà, il y envoye un de
-ses serviteurs qu'il ayme le plus, et en qui il se fie beaucoup, et
-s'asseure qu'il luy faira service par delà, selon le conseil et advis
-et ainsi que luy sçaurés bien faire entendre qu'il aura à faire
-envers la dicte Royne et les aultres personnes à qui il pourra parler.
-
-Je vous prie m'escrire, le plus souvent que vous pourrés, des
-nouvelles que vous aurés du costé de Flandres; et aussy comment se
-comporte la dicte Royne d'Angleterre envers ceux de ses subjectz qui
-vont servir les Gueux, et s'il y en va grand nombre; qui les soldoye,
-et soubz qui ilz marchent?
-
-J'ay veu le deschiffrement de la lettre que vous a escript Vérac, et
-aussy le postscript de celle du Sr Du Croc; mais, pour l'espérance que
-j'ay que bientost la suspension d'armes sera establie en Escosse, et
-que ce sera un moyen d'y faire la paix, je ne vous diray aultre chose
-sur cella.
-
-Je trouve fort estrange que le Sr de Flamy, qui avoit receu icy vingt
-et quattre mille livres, il y a six ou huict moys, pour porter à ceux
-qui sont à Lislebourg, n'y est arrivé que depuis peu de temps, et
-encore ne leur a il baillé que trois mille escus. Il a grand tort: et
-me fera plaisir que en advertissiés, si pouvés, secrettement et sans
-qu'il soit sceu, la Royne d'Escosse, ma soeur; et luy donniés advis
-aussy de ce que je vous escripts de la confience qu'elle doibt avoir,
-affin que la Royne d'Angleterre n'ait poinct de nouvelle occasion de
-s'irriter contre elle; car il me semble, par ce que nous a rapporté
-mon cousin le duc de Montmorency, qu'elle est bien adoucie et qu'elle
-luy faira doresnavant meilleur traictement qu'elle n'a eu despuys
-quelque temps. Puisque Dieu a permis qu'elle soit prisonnière et ainsy
-réduicte avec la Royne d'Angleterre et aussy avec ses subjects
-escossois, je lui conseilleray tousjours de se comporter doucement; et
-cependant je feray tousjours, comme je veux aussy que faictes de ma
-part, envers icelle Royne d'Angleterre, mais que ce soit doucement et
-bien à propos, sans l'aigrir ny luy donner nouveau soubçon, tout ce
-que vous pourrés pour elle, espérant que la paix sera bientost
-establie en son royaulme parmi ses subjectz, et que Dieu luy faira la
-grâce que icelle Royne d'Angleterre, voyant sa constance, s'adoucira
-et faira pour elle mieux que nous n'avions pensé jusques icy. Je vous
-prie d'escrire souvent au Sr du Croc et à Vérac, et me mander, chasque
-fois que vous m'escrirés, en quel estat ils seront; priant Dieu, etc.
-
-Escript à Paris, le XXe jour de juillet 1572.
-
- CHARLES. PINART.
-
-
-
-
-CXI
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du IXe jour d'aoust 1572.--
-
- Négociation du mariage.--Réponse d'Élisabeth sur la mission de
- MMrs de Montmorenci et de Foix.--Explications données par
- Walsingham.--Desir du roi que la négociation soit continuée,
- alors même qu'il resterait peu d'espoir de la voir
- réussir.--Recommandation pour que le traité concernant le
- commerce s'achève.--Instances de Marie Stuart afin qu'il soit
- permis à quelqu'un de sa maison en France de se rendre auprès
- d'elle.--Nouvelles assurances de la protection du roi en sa
- faveur.--Affaires d'Écosse.--Nouvelles de Flandre.--Intention
- du roi que l'ambassadeur pousse Élisabeth à déclarer la guerre
- au roi d'Espagne.--Prochain mariage du roi de Navarre avec
- Madame.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay eu fort agréable la façon de
-laquelle vous vous estes comporté despuis le partement du duc de
-Montmorency, mon beau frère, et du Sr de Foix, mon cousin, en la
-négociation du traicté du mariage de la Royne d'Angleterre, ma bonne
-soeur et cousine, avec mon frère, le Duc d'Alençon, ayant eu grand
-plaisir de voir par voz lettres les honnestes et véritables
-persuasions que, sur cella, vous avés, comme je vous avois escript,
-faictes de ma part, et de la Royne, Madame et Mère, et aussy de mon
-dict frère d'Alençon, à la dicte Royne, ainsi que j'ay veu par vos
-dépesches des XXe, XXIIe et XXIXe du moys passé[123] que j'ay receues,
-les deux premières par l'ordinaire, et l'autre par Vassal, présent
-porteur; lequel, oultre ce que par voz dictes lettres nous escrivés
-bien particulièrement, a fait encore verballement entendre à la Royne,
-Madame et Mère, ce que luy aviés donné charge nous dire, et qu'il a
-apris en cest affaire, négociant avec le milord de Burgley, toutes les
-foys que l'avés envoyé vers luy pour cest effaict; ayant trouvé le
-tout fort conforme à ce que le Sr de Walsingam déclara, hier au matin,
-au dict duc de Montmorency, mon beau frère, luy baillant une honneste
-lettre de sa Maistresse, faisant mention de la responce que nous
-attendons d'elle sur le propos du dict mariage; dont aussy le dict
-ambassadeur en manda aultant au dict Sr de Foix par son secrettaire,
-leur monstrant les lettres que icelle Royne, encore qu'elle n'ait
-acoustumé d'escrire à ses ambassadeurs, luy en avoit néantmoins voullu
-escrire elle mesme sa délibération, à cause de l'importance de
-l'affaire; ayant le dict ambassadeur présentement, en l'audience que
-nous lui avons donnée, faict entendre à la Royne, Madame et Mère, vers
-laquelle il est allé premièrement, pour ce que je disnois, faire
-entendre la responce que nous faisoit sa Maistresse au dict propos de
-mariage; et nous l'a déclaré en mesmes termes qu'il avoit dict au dict
-duc de Montmorency et mandé au dict Sr de Foix, conformément à ce qui
-lui étoit prescript par la première lettre qu'il avoit receue de sa
-Maistresse; qui est du XXIIe de juillet, laquelle contient, comme il
-nous a dict, que:
-
-«Pour la grande inesgalité de l'âge d'entre elle et mon dict frère
-d'Alençon, il n'estoit possible que les choses se peussent faire et
-réheussir comme elle eût bien desiré pour son contentement et le
-nostre; mais qu'elle nous prioit que, ne se pouvant faire, pour ceste
-légitime occasion, cella ne feust cause de diminuer aulcunement nostre
-amitié ni altérer nostre dernier traicté, et que, de sa part, elle y
-persévèreroit et continueroit de tout son pouvoir sans y rien
-espargner.»
-
- [123] Voyez CCLXIVe, CCLXVe et CCLXVIe dép., tom. V, pag. 57, 62
- et 65.
-
-Et, poursuivant son propos, nous a dit que, par l'aultre lettre que
-luy a escripte la dicte Royne, sa Maistresse, despuis l'audience
-qu'elle vous avoit donnée, en laquelle luy présentastes et fistes voir
-les lettres que, de si bonne affection, je luy avois escriptes de ma
-main, et aussy la Royne, Madame et Mère, et pareillement mon dict
-frère d'Alençon, de l'extrême desir qu'il avoit de luy faire servisse
-et méritter ses bonnes grâces, elle luy mandoit qu'elle eût bien
-desiré de voir mon dict frère d'Alençon, et que luy l'eût veue aussy;
-car, en telles choses, cella serviroit beaucoup.
-
-Sur quoy, suivant la résolution que nous en avons à ce propos prise, à
-ce matin, avec aulcungs seigneurs de mon conseil, qui ont toujours eu
-communication de cest affaire, la Royne, Madame et Mère, qui luy a
-premièrement donné audience, a, sur ce, respondu au dict ambassadeur,
-comme aussy ay je despuis, que, si nous sçavions et que luy cogneût
-que la dicte entreveue servît à nous donner le contentement que nous
-avions espéré et que nous desirons encore en cest affaire, que nous
-voudrions très vollontiers que mon dict frère allât plus tot
-aujourdhui que demain en Angleterre; mais aussy que, si la dicte Royne
-avoit changé la vollonté qu'elle et ses ministres vous ont dicte, il y
-a assés longtemps, qu'elle avoit de se marier, ou qu'elle n'eût
-agréable mon dict frère, que véritablement, se faisant en vain la
-dicte entreveue, que cella seroit cause certainement que nous aurions
-lors beaucoup plus grande occasion de mécontentement que nous n'avons
-à présent de la responce qu'elle nous a faicte, et peut estre que
-cella seroit cause de diminuer bien fort et altérer, possible,
-entièrement nostre amitié, laquelle, au contraire, nous espérions, le
-dict mariage se faisant, estre à jamais parfaicte et indissoluble par
-le moyen d'icelluy, comme, de vray aussy, seroit elle, s'il se
-faisoit, et en recevrions, elle et nous, noz royaulmes et communs
-subjectz, un extrême bien; et considéré l'estat auquel elle se peut
-retrouver en ses affaires et entre ses subjectz, j'estime qu'elle en
-auroit encore plus de commodité et de bien que nous.
-
-Le dict ambassadeur, après y avoir un peu pensé, a supplié la Royne,
-Madame et Mère, que, sur cella, il luy pleût qu'il luy parlât en
-serviteur et non pas comme ambassadeur, car il n'avoit, pour ce faict,
-aultre charge que ce qu'il avoit dict. Il la supplioit que nous
-voullussions encore faire conduire cest affaire doucement, sans le
-rompre si soudain, et que, tousjours bien à propos, l'on en parlât
-sellon les occasions qui se présenteront, mesmes qu'il estimoit qu'il
-ne seroit que bon que j'escrivisse ou fisse dire par vous à la dicte
-Royne, et que la Royne, Madame et Mère, luy escrivît aussy plus
-affectionnément comme il luy est permis, estant mère, le grand desir
-et espérance que nous avons tousjours eue, despuis qu'elle vous avoit
-faict déclarer qu'elle estoit résollue de se marier en maison royalle,
-qu'elle espouseroit mon dict frère d'Alençon; et que, considéré encore
-le grand bien que cella apporteroit à ces deux royaulmes et à elle
-principallement, ses subjectz et païs, nous ne pouvons, la voullant
-parfaictement aymer, comme nous y sommes du tout disposés, si cella se
-faisoit, que nous ne le desirions encore infiniment.
-
-Le dict ambassadeur monstrant d'estre très marri que nous n'en avions
-eu ceste fois aussy bonne responce que nous attendions, a faict croire
-à la Royne, Madame et Mère, et à moy aussy, qu'il y a fort grande
-affection que le dict mariage se fasse comme nous avons tousjours
-pensé de luy, pour ce que c'est le bien de sa Maistresse et
-particullièrement de ses païs et subjectz; mais aussy avons nous
-soubçonné, à l'instant, une chose où il y a quelque apparence,
-considéré ce que l'on vous a conseillé de delà, comme vous m'avés
-escrit: qui est de ne rompre pas du tout ceste négociation; et sommes
-entrés en quelque opinion, voyant la contenance du dict ambassadeur,
-et considérant l'humeur et coeur de sa Maistresse, qu'elle nous
-pouvoit bien avoir faict faire ceste responce pour se revancher de
-celle qui luy feust faicte pour mon frère le Duc d'Anjou, affin que
-cella luy servît de quelque réparation, et que nous n'eussions, en
-ceste négotiation, rien plus qu'elle, estimant que, si l'on revenoit,
-d'ici à quelques jours, à remettre en avant, doucement et de bonne
-façon, le propos du dict mariage d'elle et de mon dict frère
-d'Alençon, qu'avec l'ayde de Dieu, qui est le directeur de telles
-oeuvres, elle y entendra, et qu'avec les grandes occasions qu'elle a
-de se marier et les persuasions et les dextérités dont vous saurés
-bien user en cest affaire, nous y verrons bientost quelque bonne
-espérance.
-
-Il fault que vous travaillés à cella tant que vous pourrés; car,
-encore que cella ne se fît, combien que nous en ayons bonne espérance,
-sellon nostre grand et extrême desir, si fault il nécessairement que
-cessi nous serve, pour quelque temps, à entrettenir nostre amitié et
-establir mes affaires. Et pour ceste cause, vous aviserés, Monsieur de
-La Mothe Fénélon, à vous conduire en cella de façon qu'encore que vous
-vissiés qu'il n'y eût aulcune espérance au dict mariage, d'en mener
-tousjours le propos honnestement, et en parler à la dicte Royne, et à
-ses ministres, de bonne façon, monstrant que nous y avons tousjours
-espérance et toute affection d'entretenir, de nostre part, envers
-elle, sincèrement nostre bonne amitié, et la fortiffier du tout par le
-moyen du dict mariage.
-
-Je ne luy en escris poinct pour ceste heure, ni aussy la Royne; Madame
-et Mère, comme estoit d'advis icelluy ambassadeur, et n'y a que mon
-dict frère, le Duc d'Alançon, duquel je vous envoye la lettre ouverte,
-que vous fermerés après l'avoir leue, pour la présenter et faire voir
-à la dicte Royne; et aussy, si vous voyés qu'il soit à propos, luy
-monstrerés celle qu'il vous escript affin que ce vous soit une
-nouvelle occasion de commencer à renouer et entretenir ceste
-négociation, pour laquelle nous verrons ce que La Mosle nous
-rapportera. Mais, quoy que ce soit, et en quelque estat que puisse
-estre, à son partement, cest affaire, il fault, et je vous prie ne
-faillir, quand bien il seroit du tout rompu, et que verriés qu'il n'y
-auroit nulle espérance, de trouver moyen d'en entrettenir toujours
-doucement le propos, d'ici à quelque temps; car cella ne peut que
-bien servir à establir mes affaires et aussy pour ma réputation.
-
-Il est aussy bien besoin que vous acheviés le faict et establissement
-du commerce sellon l'intention de nostre traicté; duquel j'ay receu la
-ratification que m'avés envoyée, faicte par la dicte Royne
-d'Angleterre en bonne forme, mais il est besoing que la dicte Royne
-envoye au Sr Walsingam un pouvoir pareil à celluy que je vous ay
-dernièrement envoyé pour le faict de la dicte ratiffication; car
-icelluy Sr de Walsingam n'en a poinct qui soit exprès pour cest
-effaict, à ce qu'il dict.
-
-Cepandant je vous diray que, pendant que nous avons faict cette
-dernière saillie pour aller à la chasse, j'ay faict bailler à
-l'ambassadeur de la Royne d'Escosse, ma soeur, les deux longues
-lettres qu'elle vous avoit escriptes, ensemble tout ce que Derdoy a
-raporté, et que luy avoit baillé la dicte Royne; et si, luy a dict, de
-vive voix, le dict Derdoy, tout ce qu'elle m'a mandé, et que j'avois
-donné charge au dict duc de Montmorency luy dire de ma part, de sorte
-que le dict ambassadeur est bien capable de toutes les intentions de
-ma dicte soeur; laquelle desire, à ce que nous a dict le dict
-ambassadeur, qu'il pleût à la Royne d'Angleterre luy permettre que son
-thrésorier ou un aultre de ses gens, tel que l'on voudra choisir, soit
-gentilhomme ou aultre, eût saufconduict pour aller d'ici à elle,
-instruict de toutz les affaires des biens qu'elle a de deçà à cause de
-son douaire, affin de les luy faire entendre et luy en rendre compte,
-et sçavoir aussy, sur plusieurs choses qui en dépendent, son intention
-et vollonté. Je vous prie, Monsieur de La Mothe Fénélon, luy en parler
-à la première audience que vous aurés, si vous voyés qu'il soit à
-propos, et que cella ne puisse préjudicier au traictement de ma dicte
-soeur, la Royne d'Escosse, ny aussy nuire au propos de mon dict frère
-le Duc d'Alençon; car, comme vous sçavés, j'ay tousjours faict et veux
-faire pour elle ce que honnestement il me sera possible et avec telle
-discrétion que mes assistances luy servent à son bon traictement et à
-sa conservation.
-
-Et, quand aux affaires d'Escosse, j'ay veu par la pénultiesme dépesche
-que m'avés envoyée du Sr Du Croc comme ils se sont battus du costé du
-Nort, et que le frère du duc de Hontelly a surpris ceux que le parti
-du Petit Lict avoit laissés en garnison du costé de Hambletons, qui a
-esté cause, avec les dilligences et persuasions que le dict Du Croq
-m'escript par la dernière dépesche avoir tousjours faictes de ma part,
-et le Sr de Drury avecque luy de la part de la Royne d'Angleterre,
-qu'ilz sont en termes de faire une suspension d'armes pour deux moys,
-pendant laquelle ilz accordent tous d'assembler les Estatz au païs, et
-faire une bonne paix. A ce que j'ay entendu, et comme le dict Du Croc
-mesme m'escript, ceux de Lislebourg ne sont pas en si grande nécessité
-que l'on disoit, et ont encores bien bon moyen de résister, si la paix
-ne se faict entre eulx; pour laquelle j'escris encore présentement au
-dict Du Croc et aussy à Vérac qu'il fault qu'ilz travaillent tant
-qu'ilz pourront; car c'est la chose qui est la plus nécessaire au dict
-pays, et que je desire aultant que si c'estoit pour mes propres
-subjectz.
-
-Vous aurés, à mon advis, bien entendu la défaicte du Sr de Genlis[124]
-et de quelques françois, mes subjectz de la nouvelle religion, qui
-s'estoient mis avec lui, et passés, sans mon adveu, en Flandres, ces
-jours icy; mais la deffaicte n'estoit pas si grande que l'on l'aura
-publiée par delà. Je vous en ay bien voullu dire ce petit mot.
-
- [124] Voyez la note tom. V, pag. 44.
-
-L'on croit que la guerre se faira bien fort en Flandres, mais ce ne
-sera pas de mon costé, si ce n'est que les Espagnolz assaillent les
-premiers mon royaulme. Il seroit bien bon pour mes affaires que la
-Royne d'Angleterre, qui a tant de moyens, s'y mist de piedz et de
-mains, et qu'elle pratiquât en Zélande et ez villes qui sont, de ce
-costé là, tant ses voysines. Si cella estoit, le prince d'Orange, qui
-marche droit vers Monts avec son armée, quand il aura en passant pris
-quelque argent et artilleries des villes maritimes, seroit bien plus
-asseuré et fort qu'il ne sera; car il n'aura de mes subjectz de la
-nouvelle religion que ceux qui pourront s'eschaper à cachette. Il sera
-très bon que vous continuiés accortement à eschaufer, tant que vous
-pourrés, ceste Royne à se déclarer ouvertement, s'il est possible,
-contre le Roy d'Espagne: car cella faira qu'elle desirera davantage et
-tiendra plus chère la conservation de mon amitié, et que plus aisément
-elle consentira aussy au propos du mariage d'elle et de mon dict frère
-d'Alençon, qui n'oubliera jamais, ny moy aussy, la peyne que y avés
-prinse et prendrés encore.
-
-Les fiançailles de ma soeur avec mon frère, le Roy de Navarre, se
-fairont, avec l'ayde de Dieu, mècredy prochain, et les nopces lundy.
-Le surplus des nouvelles vous l'entendrés par Vassal présent porteur;
-priant Dieu, etc.
-
-Escript à Paris, le IXe jour d'aoust 1572.
-
- CHARLES. PINART.
-
-
-
-
-CXII
-
-LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du Xe jour d'aoust 1572.--
-
- Négociation du mariage.--Espoir qu'elle pourra être conduite à
- bonne fin.--Assurance d'une vive reconnaissance pour les soins
- donnés par l'ambassadeur à cette affaire.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, ainsi que Vassal, présent porteur,
-estoit prest à monter à cheval pour s'en retourner, la despesche que
-nous aviez faict, de Brichil, le IIIe de ce moys[125], est arrivée,
-laquelle j'ay aussytost veue, ayant eu plaisir de voir le contenu en
-icelle, qui me donne encore quelque espérance. En quoy je suis bien
-asseurée que vous ne perdrés une seule occasion de tout ce qui se
-peult faire en cella, pour nous faire avoir, s'il est possible, du
-fruict et contantement que nous en desirons de si grande affection,
-que vous pouvez, estant assuré que, si ce mariage se faict, vous nous
-aurés donné le plus grand contantement que puissions, pour ceste
-heure, desirer et espérer; et dont vous aurés telle rémunération que
-jamais gentilhomme ne l'a receu meilleure ni de meilleur coeur que
-nous la vous fairons. Et quand encores les choses ne succèderont si
-bien que nous vouldrons, sachant bien que vous vous y estes employé de
-la plus grande affection que se peult, nous ne laisserons de
-recognoistre vos bons services d'aussi bon coeur que je prie Dieu,
-etc.
-
-Escript à Paris, le dimanche, Xe jour d'aoust 1572.
-
- CATERINE. PINART.
-
- [125] Voyez CCLXVIIe dép., tom. V, pag. 76.
-
-
-
-
-CXIII
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XXIe jour d'aoust 1572.--
-
- Négociation du mariage.--Espoir de l'heureux succès de la mission
- de Mr de La Mole.--Desir du roi que Leicester soit chargé de
- passer en France.--Protestation de reconnaissance envers
- Leicester.--Affaires d'Écosse.--Célébration du mariage du roi
- de Navarre avec Madame.--Nouvelles de Marie Stuart.--Charge
- donnée à l'ambassadeur de continuer toujours à solliciter pour
- elle.--Assurance que le roi ne s'opposera point aux projets
- d'Élisabeth sur Flessingue.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, je receus hier seulement, à l'arrivée du
-Sr de L'Espinasse, venant d'Escosse, vos deux despesches des VIIe et
-XIe de ce moys[126], et, ayant très grand plaisir d'avoir veu si
-amplement et particulièrement par icelles, ce qui s'est passé aux deux
-audiences que la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur et cousine, vous a
-donnée sur l'occasion du voyage du Sr de La Mole; ce que j'espère,
-comme vous, servira bien à induire tousjours ceste princesse à
-entendre plus volontiers au mariage d'elle et de mon frère, le Duc
-d'Alençon, voyant qu'elle est recherchée de si bonne affection par mon
-dict frère, et que nous tous y avons aussi si bonne volonté pour
-rendre nostre amitié parfaicte et indissoluble; ainsi que vous aurez
-veu par la despesche que vous avons faite par Vassal, et que le Sr de
-Walsingam, son ambassadeur, aura, de sa part, escript à la dicte
-Royne, sur la responce qu'elle nous a, (au bout du moys qu'elle avoit
-prins de terme) faict faire par mon beau frère, le duc de Montmorency,
-et le dict ambassadeur.
-
- [126] Voyez CCLXVIIIe et CCLXIXe dép., tom. V, pag. 79 et 83.
-
-J'estime que le dict Vassal et le courrier, que icelluy ambassadeur
-despescha sur ceste mesme occasion, seront arrivés bientost après
-vostre dicte despesche de l'unziesme à Quilingourt, et qu'estans
-auprès d'icelle Royne les comtes de Lestre, de Sussex et de Lincoln,
-et aussi milord trésorier, il se sera faict quelque bonne résolution
-sur ce que icelluy ambassadeur aura escript que la Royne, Madame et
-Mère, et moy luy respondismes du peu d'apparance qu'il y a que mon
-dict frère d'Alençon doibve aller de dellà, que premièrement il n'y
-ayt asseurance du dict mariage. Ce a esté cependant très bien faict à
-vous d'avoyr si dextrement bien introduict le dict de La Molle envers
-la dicte Royne et ceulx de sa court; et n'eust esté possible de se
-pouvoir mieux, à mon gré, comporter envers elle, sur l'occasion du
-voyage d'icelluy La Molle, que vous avez faict, comme j'ay veu par vos
-lettres. J'en espère quelque bon fruict, atandant en bonne dévotion
-son retour.
-
-Et cependant je prens fort bonne estime de ce que le dict comte de
-Lestre persévère tousjours de vouloir venir par deçà se conjoyr de la
-part de la dicte Royne, sa Mestresse, avec moy de la naissance de
-l'enffant que j'espère que Dieu me donnera bientost, et que icelle
-Royne vous ayt dict qu'elle le y envoira si c'est un fils, en quoy je
-desire, soit que ce soit fils ou fille, qu'il vienne; car, par cella
-congnoistra on s'il desire sincèrement le dict mariage, et aussi si la
-dicte Royne y est résolue, pour ce que, si ainsi est, elle voudra,
-comme j'estime, pour l'honnorer, luy faire faire le dict voyage, et
-luy l'entreprendra plus volontiers, pour avoir cest honneur de nous
-déclarer la volonté et les condicions que la dicte Royne desirera au
-dict mariage, et pour, par mesme moyen, captiver la bonne grâce et
-amitié de mon dict frère d'Alençon, lesquelles ne luy manqueront
-poinct, ny toutes les bonnes volontés qu'il pourroit desirer et
-attandre de luy. Dont vous le pouvez asseurer que je veux estre et me
-constitue la vraye caultion de mon dict frère, et que je desire
-infyniement de le voir de deçà affin de le marier aussy et luy faire
-cognoistre, par un bon et grand effect, que je ne veux demeurer ingrat
-envers luy des bons offices qu'il a faicts, et que je me suis
-tousjours promis et si certainement assuré qu'il faira en cest affaire
-envers icelle Royne.
-
-La Royne, ma femme, est en son huictiesme moys, et espère que, dedans
-peu de jours, nous yrons à Fontainebleau où elle faira ses couches; et
-seroit bien à propos, pendant que serons là, si le dict mariage a à
-réussir, comme nous le desirons tous, que la dicte Royne s'en
-déclarast apertement affin que nous en peussions bientost voir la
-conclusion et résolution au voyage du dict comte de Lestre, que je
-desirerois qui partist au plus tard, dedans six ou sept semaines, pour
-venir icy; et bientost après, se fairoit non seulement l'entreveue
-dont son dict ambassadeur nous a parlé de sa part, et elle à vous,
-mais la consummation du dict mariage.
-
-Je vous ay tant de foys, par ci devant, escript les vifves et
-apparentes raisons qui luy doibvent, et à ses ministres, estre
-représentées du bien et commodité qu'elle recevra, s'il se faict, et
-vous m'en avez aussi, de vostre part, si souvent escrit, que je me
-remetz à vous pour en sçavoir user selon les occasions et ainsi qu'il
-sera à propos.
-
-Je suis bien fort aise de la suspension d'armes accordée en Escosse,
-ainsi que m'avez escript, et que j'ay aussi entendu par le Sr de
-L'Espinasse, lequel je fairay renvoyer incontinant que j'auray prins
-résolution sur sa despesche avec ceulx de mon conseil, que
-j'assembleray dedans un jour ou deux, après que les tournoys des
-nopces de ma soeur et du Roy de Navarre seront parachevez.
-
-Il ne sera que bien à propos, si voyez bientost ma dicte soeur, la
-Royne d'Angleterre, de luy dire comme le dict mariage se feist fort
-sollempnellement, lundy dernier, en ceste ville, en la grande église
-Nostre Dame, et les festins et cérémonies, comme il est de tout temps
-accoustumé, au palais et au Louvre; et qu'encores solempnisons nous,
-tous ces jours icy, les dictes nopces en tournois et allégresses, dont
-touts mes subjectz indifféremment se resjouissent, ainsi que je pense
-bien que son dict ambassadeur luy aura escript.
-
-Je suis bien aise du retour de vostre secrétaire qu'aviez envoyé vers
-ma soeur, la Royne d'Escosse, et d'avoir veu par vostre lettre qu'elle
-se porte bien. Il sera bon que tousjours, quand verrez qu'il sera à
-propos, vous contynuyez tous bons offices pour elle, de ma part,
-envers la dicte Royne d'Angleterre et ses ministres.
-
-Et, quant à ce que m'escrivez que l'on dict par dellà, que le Sr de
-Strossi avoit escript à ceux de Flexingues, encores que chascun aura
-bien cogneu despuis le contrayre, si suis je bien d'advis que, s'il
-vient à propos, quant parlerez à la dicte Royne, que l'asseurerez, ou
-ses ministres, que je ne la veux ni voudrais aulcunement empescher en
-ses desseins, et que, si elle y en a quelcung de ce costé là, qu'elle
-n'y sera aulcunement traversée de moy ni de mes subjectz, et ne
-faillyr de luy en donner toute assurance de ma part; priant Dieu, etc.
-
-Escript à Paris, ce XXIe jour d'aoust 1572.
-
-
-_Par postille à la lettre précédente._
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, j'escriptz un mot de lettre au Sr Du
-Crocq, lequel je vous prie de luy envoyer par la première commodité.
-Ce XXIe d'aoust 1572.
-
- CHARLES. PINART.
-
-
-
-
-CXIV
-
-LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XXIe jour d'aoust 1572.--
-
- Négociation du mariage.--Proposition d'une entrevue sur
- mer.--Affaires d'Écosse.--Recommandation pour Marie Stuart.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, considérant voz deux despesches des VIIe
-et XIe de ce moys, je suis encore en quelque bonne espérance du propos
-du mariage de la Royne d'Angleterre et de mon fils d'Alençon; en quoy
-je suis très asseurée que vous n'obmettrez rien de tout ce qui se
-peult, pour en voir la bonne et heureuse fin que desirons; aussi ne
-vous en fairay je pas longue lettre, me remettant à ce que vous en
-escript le Roy, Monsieur mon filz. Et seullement vous diray que, s'il
-y avoit quelque chose de bien commancé et asseuré au dict mariage, il
-seroit bien fort aizé à faire que la dicte Royne d'Angleterre, mon
-filz d'Alençon et moy, nous verrions avec seuretté, pour elle et pour
-nous, en un beau jour, bien calme, entre Boullongne et Calais et
-Douvres, ainsi que l'on pourroit aizément disposer toutes choses,
-comme nous en avons devisé amplement, mon cousin le duc de Montmorency
-et moy, car je n'ay pas moindre vollonté de la voir qu'elle moy, et
-que si elle estoit ma propre fille, ainsi que vous ferez entendre à
-ses ministres doulcement, et à elle aussi, si voyez que bon soit, et
-qu'il se puisse espérer quelque bon succès du dict propos de mariage.
-
-Cependant nous regarderons, ces jours icy, au faict d'Escosse, pour
-renvoyer incontinent le Sr de L'Espinasse, afin qu'ilz n'ayent pas
-seulement la suspension d'armes mais aussi une bonne paix entre eux,
-vous recommandant tousjours ma fille, la Royne d'Escosse, et priant de
-continuer, de ma part, quand il sera à propos, envers la dicte Royne
-d'Angleterre et ses ministres, les bons offices qu'avez accoustumé
-faire pour elle; priant Dieu, etc.
-
-Escript à Paris, le XXIe jour d'aoust 1572.
-
- CATERINE. PINART.
-
-
-
-
-CXV
-
-LE DUC D'ALENÇON A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XXIe jour d'aoust 1572.--
-
- Remerciemens des soins donnés par l'ambassadeur à la négociation
- du mariage.--Attente du retour de Mr de La Mole.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, je voy par voz dépesches comme vous
-estes sy affectionné, en l'affaire qui me concerne, que vous pouvés
-croire et estre asseuré que jamais je ne l'oublieray, vous priant
-continuer, affin que je puisse recevoir le bien et contantement que
-j'attandz de ceste négociation. Nous espérons que le Sr de la Molle
-sera bientost de retour, l'attandant en grande dévotion, pour
-l'extrême desir que j'ay qu'il nous raporte quelque bonne résolution
-sur l'occasion de son voyage, et que tant de peynes qu'en prennés
-succèdent bien pour me rendre fort contant; car il faut que je vous
-confesse, Monsieur de La Mothe Fénélon, qu'ayant ouy parler des vertus
-de la Royne d'Angleterre et des partyes qui sont en elle, que
-j'estime toutes perfections, je ne vois pas que je me puisse jamays
-despartir de l'affection que je luy porte, comme vous aura peu dire le
-Sr de La Molle; priant Dieu, etc.
-
-De Paris, le XXIe jour d'aoust 1572.
-
- Vostre bien bon amy. FRANÇOYS.
-
-
-
-
-CXVI
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XXIIe jour d'aoust 1572.--
-
- Blessure faite à l'Amiral.--Assurance qu'il sera rendu
- justice.--Mesures prises pour l'observation de l'édit de
- pacification.--Les Guises signalés comme les auteurs de
- l'attentat.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, ainsi que mon cousin, le Sr de
-Chastillon, Admiral de France, sortoit présentement du Louvre, pour
-aller disner en son logis, il luy a esté tiré, par la fenestre d'une
-maison, où loge le Sr de Villemeur, qui estoit précepteur de mon
-cousin, le duc de Guyse, un coup de harquebuse, duquel il a esté fort
-bien blessé à la main droicte et au bras gauche; dont je suis
-infinyement marry, ayant aussytost faict faire tout ce qui se peut
-pour prendre (comme j'espère qu'on faira) celluy qui a donné le coup,
-et sçavoir d'où cella procède, afin d'en faire faire promptement telle
-et si grande justice que ce soit exemple par tout mon royaume; ayant
-aussi escript, par toutz les endroicts de mon dict royaume, aux
-gouverneurs des provinces et des principalles villes combien je trouve
-mauvais ce malheureux acte, et la résolution où je suis d'en faire
-faire justice très exemplaire, deffandant très expressément que,
-soubz ce prétexte, ni aultre que ce soit, nul de mes subjectz s'en
-esmeuve; mais au contraire que chascun ayt à garder et observer
-inviolablement, plus que jamais, mon édict de paciffication.
-
-Et pour ce que je ne doubte pas que incontinant les nouvelles n'en
-soient par delà, je vous ay bien vouleu avec ceste dépesche, qui
-estoit preste à partir, advertir, affin que vous faciez entendre de ma
-part à ma soeur, la Royne d'Angleterre, ce que je vous en escriptz, et
-la dellibération où je suis d'en faire faire si grande justice que
-chascun y prendra exemple en mon dict royaume, et de faire, au
-demeurant, garder entièrement et inviolablement mon dict édict de
-paciffication; priant Dieu, etc.
-
-Escript à Paris, le XXIIe jour d'aoust 1572.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, je ne veux oublier de vous dire que ce
-méchant acte procède de l'inimitié d'entre sa maison et ceux de Guyze;
-et sauray bien donner ordre qu'ils ne mesleront rien de mes subjectz
-en leurs querelles: car je veux que mon édict de paciffication soit de
-point en point observé.
-
- CHARLES. PINART.
-
-
-
-
-CXVII
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XXIVe jour d'aoust 1572.--
-
- Première nouvelle de la Saint-Barthèlemy.--Soulèvement de la
- maison de Guyse contre la maison de Chatillon.--Meurtre de
- l'amiral Coligni et de ses adhérens.--Efforts du roi pour
- apaiser la sédition.--Mesures qu'il a dû prendre afin de se
- préserver lui-même.--Le roi de Navarre et le prince de Condé
- gardés auprès du roi.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, vous aurez entendu ce que je escrivis
-avant hyer de la blesseure de mon cousin l'Admiral, et comme, après ce
-faire tout ce qui m'estoit possible pour la vérification du faict et
-en faire faire si grande et prompte justice qu'il en feust exemple par
-tout mon royaume, à quoy il ne s'est rien oublié; despuis il est
-advenu que ceux de la maison de Guyse et les autres sieurs et
-gentilhommes qui leur adhèrent, qui n'ont petite part en ceste ville,
-comme chascun sçait, ayant sceu certainement que les amis de mon dict
-cousin l'Admiral vouloient poursuivre, et exécuter sur eux vengeance
-de ceste blesseure, parce qu'ils les soubçonnoient d'en estre la
-cause, se sont esmeus ceste nuit passée, si bien qu'entre les uns et
-les autres il s'est passé une grande et lamantable sédition, ayant
-esté forcé le corps de garde qui avoit esté ordonné à l'entour de la
-maison du dict sieur Admiral, luy tué avec quelques autres
-gentilshommes, comme il en a esté aussi massacré d'autres en plusieurs
-endroicts de la ville: ce qui s'est meu avec une telle furie qu'il n'a
-esté possible d'y apporter le remède tel que l'on eût peu désirer,
-ayant eu assez à faire à employer mes gardes et autres forces pour me
-tenir en seureté dans mon chasteau du Louvre, ayant donné cependant
-ordre partout d'appaiser la dicte sédition, qui s'est extrêmement
-eschauffée par toute ceste ville. Ce qui est advenu par la querelle
-particullière qui est, de longtemps, entre ces deux maisons.
-
-De laquelle ayant tousjours préveu qu'il adviendroit quelque mauvais
-effaict, j'avois cy devant faict tout ce qui m'avoit esté possible
-pour l'appaiser, ainsi que chascun sçait; n'y ayant en cella rien de
-la rupture de mon édict de pacification, lequel je veux au contraire
-entretenir plus exactement que jamais, ainsi que je le fais sçavoir
-par tous les endroictz de mon royaume, et que je vous prie aussi
-faire entendre par delà à ma soeur, la Royne d'Angleterre, et aux
-autres qu'il sera besoin, afin que l'on n'entre en aucune opinion de
-la rupture du dict édict, ni que j'y aye aucune volonté; mais que
-chascun cognoisse que j'ay grand desplaisir de ce qui est ainsi mal
-advenu, et que c'est bien la chose que je déteste le plus.
-
-J'ay près de moy mon frère, le Roy de Navarre, et mon cousin, le
-Prince de Condé, pour avoir mesme fortune que moy.
-
-Sur ce, je prierai Dieu, Monsieur de La Mothe Fénélon, vous avoir en
-sa saincte et digne garde.
-
-Escript à Paris, le XXIVe jour d'aoust 1572.
-
- CHARLES. PINART.
-
-
-Je vous prie de faire tenir, au plus tost, au Sr Du Croq la lettre que
-je luy escris.
-
-
-
-
-CXVIII
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XXVe jour d'aoust 1572.--
-
- Continuation de la sédition.--Découverte d'une conspiration
- tramée par les protestans contre le roi, ses frères et la
- reine-mère.--Recommandation faite à l'ambassadeur de garder le
- silence sur ces évènemens jusqu'à nouvelles
- informations.--Attente de plus grands éclaircissemens.--Ordre
- donné de retenir les dépêches envoyées pour Mr Du Croc en
- Écosse.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, je vous feis hyer une despesche de
-l'émotion qui advint, dès le matin, qui continua hyer, et qui
-véritablement, à mon très grand regret, n'est encore apaysée; mais,
-pour ce que l'on a commencé à descouvrir la conspiration que ceux de
-la religion prétandue réformée avoient faicte contre moy mesmes, ma
-mère et mes frères, vous ne parlerez poinct des particullaritez de la
-dicte émotion et de l'occasion, jusques à ce que vous ayez plus
-amplement et certainement de mes nouvelles; car j'espère, dedans
-aujourdhuy au soir ou demain matin, avoir esclaircy le tout; et vous
-en manderay aussitost la vérité, ayant advisé vous despescher ce
-courrier en toute dilligence, priant Dieu, Monsieur de La Mothe
-Fénélon, vous avoir en sa saincte garde.
-
-Escript à Paris, le lundy, XXVe jour d'aoust 1572.
-
-
-N'envoyez pas au Sr Du Croc les dernières lettres que je luy
-escripvois de la dicte émotion, et que je vous mandois luy faire tenir
-pour ce que je luy en fairai demain, comme à vous, une bien ample.
-
- CHARLES. PINART.
-
-
-
-
-CXIX
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XXVIe jour d'aoust 1572.--
-
- Affaires d'Écosse.--Instances que doit faire l'ambassadeur auprès
- d'Élisabeth au sujet de l'occupation d'Édimbourg.--Explication
- du traité concernant la suspension d'armes.--Charge donnée à Mr
- de L'Espinasse de passer en Écosse.--Pension payée par le roi
- au lair de Grange pour retenir le château d'Édimbourg.--Secret
- qu'il faut garder sur cette circonstance.--Nécessité où se
- trouve le roi de conserver la paix avec l'Angleterre.--Envoi
- d'un mémoire justificatif de la Saint-Barthèlemy.--Espoir que
- la négociation du mariage pourra se continuer.
-
-
-Monsieur de La Mothe, renvoyant le Sr de L'Espinasse, présent porteur,
-en Escosse, j'ay advisé de vous adresser sa despesche toute ouverte,
-afin que voyés le contenu en icelle, et que puissiés faire envers la
-Royne d'Angleterre, ma bonne soeur et cousine, qu'elle mande et fasse
-faire, de sa part, comme j'escriptz au Sr Du Croc faire, de la mienne,
-envers mon cousin le comte de Mar, et aultres seigneurs tenant son
-parti en Escosse, pour faire incontinent sortir de la ville de
-Lislebourg les soldats qui y sont, suivant l'abstinence et suspension
-d'armes, laquelle j'escriptz aussi au dict Du Croc et Vérac faire,
-s'il est possible, prolonger encore pour deux moys, afin qu'ilz ayent
-plus de moyen et de temps de traitter quelque bonne et ferme paix au
-dict païs d'Escosse, sellon la charge que je en ay donnée et le
-pouvoir que je en ay envoyé.
-
-Je luy escriptz aussi, comme verrés par mes dictes lettres,
-l'interprétation qu'il fault qu'il se fasse de ces mots: _que chascun
-rentrera en leurs maisons_. De quoy il fault pareillement que ma dicte
-soeur, la Royne d'Angleterre, escrive bien expressément au Sr de
-Drury, et qu'elle luy envoye un bon pouvoir pour tout ce que dessus,
-et pour résouldre, avec le dict Sr Du Croq, suivant ce qui a esté
-accordé par les Escossois, les difficultés qui se pourront mouvoir, en
-traittant de la paix d'entre eux, vous priant de renvoyer incontinant
-le Sr de L'Espinasse en Escosse, afin qu'il soit bientost par delà.
-
-J'envoye par luy la somme de trois mille livres, pour ayder à payer
-les soldats que ceux du bon parti ont licentiés, et, oultre cela,
-j'envoye au Sr de Granges, capitaine du chasteau de Lislebourg, mille
-livres pour le prochain mois de l'entretènement que j'ay promis luy
-bailler secrettement, par forme d'entretènement, par chascun moys,
-afin que tousjours il tienne et garde bien le dict chasteau à la
-dévotion de ma soeur la Royne d'Escosse, et de moy pareillement; car
-je ne veux rien perdre de l'accès et bonne intelligence que mes
-prédécesseurs et moy avons accoustumé d'avoir au dict païs d'Escosse,
-en laquelle ce moyen aydera bien à me maintenir; mais il faut tenir
-secret l'entretènement que je donne au dict de Granges, et prendre
-seuretté de luy, signée de sa main et scellée du scel de ses armes, de
-la promesse qu'il m'en faira, comme j'escriptz au dict Sr Du Croq. Et
-se fault bien garder que l'on le sçache, car il seroit à craindre que
-le comte de Mar et ceux de son party se despartissent, du tout, de ma
-confédération, et aussi que la dicte Royne d'Angleterre prînt
-occasion, par cela, d'altérer le traicté qu'elle et moi avons faict
-dernièrement, lequel je désire bien fort entretenir, et plustost
-fortiffier et augmenter nostre amitié que la diminuer. A quoy je vous
-prie tendre toujours tant que vous pourrés.
-
-Je vous envoye un mémoire[127] à la vérité comme les choses sont
-passées en ceste dernière émotion, affin que, sellon icelluy, vous le
-fassiés entendre à ma dicte soeur, la Royne d'Angleterre, à ses
-principaux ministres et à ceux que verrés qu'il sera à propos, me
-donnant advis de ce que l'on en dira par delà et des autres
-occurrences comme avés accoustumé.
-
- [127] Voyez ci-après, CXXI, pag. 330.
-
-J'attends toujours le retour du Sr de La Molle, desirant bien fort
-qu'il nous apporte quelques bonnes nouvelles du propos du mariage de
-la Royne et de mon frère d'Allençon, ce que je vous recommande
-tousjours d'affection; et prie Dieu, etc.
-
-Escript à Paris, ce XXVIe jour d'aoust 1572.
-
- CHARLES. PINART.
-
-
-
-
-CXX
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XXVIIe jour d'aoust 1572.--
-
- Retard apporté au départ de Mr de L'Espinasse.--Annonce de
- l'envoi du mémoire justificatif de la Saint-Barthèlemy par un
- courrier exprès.--Desir du roi de connaître quels sont les
- protestans français qui se sont réfugiés en Angleterre, et si
- Montgommery est du nombre.--Nécessité d'avertir promptement le
- roi de tout ce qui se passera entre Élisabeth et le roi
- d'Espagne.--Prompt départ de Mr de L'Espinasse.--Protection
- accordée pendant les troubles à Walsingham.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, je pensois que le Sr de L'Espinasse deût
-partir dès ce soir, pour aller, en toute diligence, comme je luy avois
-expressément commandé, passer vers vous en Angleterre, et, de là,
-s'acheminer en Escosse, avec la responce et résolution de la dépesche,
-pour laquelle il estoit venu icy[128]; et, par mesme moyen, pour vous
-porter le mémoire, au vray, comme toutes choses sont passées en ces
-émotions advenues, vendredy dernier, afin que, suivant ce que je vous
-ay dernièrement escript, vous puissiés en parler selon les termes
-portés par icelluy; lequel, pour ce que je voy que le dict de
-L'Espinasse n'ait pu si tost partir, et que peut estre il ne fairoit
-pas assés de diligence, j'ay advisé de vous l'envoyer, avec ce petit
-mot de lettre, par ce courrier exprès, qui faira toute diligence, vous
-priant d'user du dict mémoire de telle sorte, envers ma dicte soeur,
-la Royne d'Angleterre, que ce qui est advenu de deçà ne soit point
-cause d'altérer nostre bonne amitié; mais, au contraire, que le propos
-de mariage d'elle et de mon frère, le Duc d'Allençon, se puisse
-heureusement effectuer, attendant tousjours en bonne dévotion le
-retour de La Mole; vous priant aussy de vous enquérir doucement quels
-de mes subjects de la religion se sont retirés en Angleterre, et
-principalement Montgomery; car je doubte qu'il s'y soit saulvé pour ce
-que ceux qui estoient allés après luy ne l'ont peu attraper.
-
- [128] Voyez CCLXXe dép. du 13 août 1572, tom. V, pag. 89.
-
-Vous me ferés aussi fort grand service de me tenir continuellement
-adverti des occurrances de delà, et comme la dicte Royne se comportera
-du costé de Flexingues et avec le Roy d'Espagne, et ses ministres, et
-aussi avec les Escossois, et pareillement avec les princes de la
-Germanie protestans. Et cependant je prie Dieu, etc.
-
-Escript à Paris, le XXVIIe jour d'aoust 1572.
-
-
-Despuis ceste lettre escripte, le dict de L'Espinasse est venu en ce
-Louvre, ayant asseuré qu'il partiroit incontinent, voylà pourquoy j'ay
-différé de vous envoyer ceste cy par homme exprès, mais la luy fairai
-bailler. Le Sr de Walsingham a esté soigneusement conservé, pendant ce
-trouble, en son logis, et le fairai tousjours, luy et les siens,
-assyster, comme le requiert la vraye amitié d'entre ma soeur, la Royne
-d'Angleterre, et moy.
-
- CHARLES. PINART.
-
-
-
-
-CXXI
-
-INSTRUCTION A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
- Mémoire justificatif de la Saint Barthèlemy.
-
-
-Le Roy a, du vingt deuxiesme de ce mois, donné advis au Sr de La Mothe
-Fénélon, son conseiller et ambassadeur en Angleterre, de la blesseure
-qui advint, le jour mesme, au feu Sr de Chastillon, admiral de France,
-affin de le faire entendre à la Royne d'Angleterre, et, quant et
-quant, le regrès que Sa Majesté y avoit, bien délibérée de faire fère
-toute la poursuite qu'il seroit possible pour la vérification du
-maléfice, ainsi qu'il y avoit jà bien esté commancé, et continué
-jusques au jour de devant hier, avec toute la diligence qui se peult
-user en affère que Sa Majesté a bien fort à cueur;
-
-Ayants esté députés, pour instruire le procès de ceulx qui se
-trouveroient coulpables du dict maléfice, aucuns des principaulx
-conseillers de son conseil privé et maistres des requestes de son
-hostel, mesmement le maistre des requestes, Cavaignes, qui a tousjours
-esté le principal conducteur des affaires de ceulx de la nouvelle
-religion, affin qu'il feût mieulx cogneu, parmy eulx, le bon pied,
-dont Sa Majesté faisoit procéder en ce faict.
-
-Dont, encores que le dict sieur Admiral, et tous les seigneurs et
-gentilshommes de la dicte nouvelle religion, ses adhérans, qui
-estoient près de luy, eussent occasion d'estre contens, et du bon
-ordre que Sa Majesté avoit donné pour le tenir en seureté dedans sa
-maison, et empescher que les malveillans et le peuple de Paris, pour
-beaucoup de respects particulliers, assez cognus à ung chascun, mal
-affectez envers luy, ne luy fissent aucune offance, ce néantmoins, il
-s'est descouvert que luy et les autres seigneurs gentilshommes de la
-dicte nouvelle religion, qui estoient en assés bon nombre en ceste
-ville, avoient faict une entreprinse et conspiration, pour, (sans
-attandre l'effect de la justice, que Sa Majesté s'estoit mis en tout
-debvoir de leur faire fère et administrer, et en laissant ceulx,
-qu'ilz soubçonnoient en estre autheurs), s'attaquer à Sa dicte
-Majesté, la Royne sa Mère, et Mes Seigneurs ses frères, qu'ils
-vouloient mettre à mort et exécuter sur eulx; ce à quoy ilz avoient,
-d'autres fois, failly, ainsi mesmes que aucuns de ceulx de la dicte
-nouvelle religion l'ont déclaré, meuz de bon zèle et fidélité envers
-Sa dicte Majesté, l'avoient dict et déclaré, pour avoir ouy le conseil
-qui en avoit esté pris entre le dict Admiral, Telligny, La
-Rochefoucault et Cavaignes; et d'autres, avant que mourir, ont
-confessé qu'ils recepvoient une juste pugnition de leur mauvaise
-conspiration, en ce qu'ils avoient heu volonté de faire à l'endroict
-de Leurs dictes Majestés.
-
-De quoy advertye, Sa dicte Majesté, et voyant que ces advis se
-conformoient grandement aux menasses que Thelligny n'avoit point esté
-honteux de fère: qu'ils prandroient les armes, si, dedans deux jours,
-il n'estoit faict justice de la dicte blesseure; pour se guarantir du
-danger qui luy estoit tout certain, à la Royne, sa Mère, et à mes
-seigneurs ses frères, elle a esté contraincte de lascher la main à
-Messieurs de la mayson de Guyse, qui, le XXIIIIe de ce mois d'aoust,
-avec quelque petit nombre de soldats, ont tué le dict Admiral et
-quelques autres gentilshommes de sa faction; s'estant l'esmotion
-grandement acreue parmy le peuple, pour estre jà imbu de la susdicte
-conspiration, et luy bien fort irrité d'avoir veu Sa dicte Majesté
-contraincte avec la Royne, sa Mère, et Mes Seigneurs ses frères, de se
-resserrer dedans son chasteau du Louvre avec leurs guardes, et de
-tenir les portes fermées pour s'asseurer contre la force et violence
-que l'on leur vouloit faire; et pour laquelle exécuter aucuns
-gentilshommes de la faction du dict Admiral, mesmes Pilles et Mouny,
-ses principaulx factieux, avoient passé la nuict dedans le dict
-chasteau, cachés en des chambres pour ayder à ceulx qui debvoient
-venir de dehors en plus grand nombre et forcer les portes du dict
-chasteau et exécuter leur entreprinse: ce qui fut descouvert de grand
-matin, et les dicts gentilshommes déchassés du dict chasteau.
-
-De toutes lesquelles choses le peuple aigri, a exercé grande viollence
-sur ceulx de la nouvelle religion; dont tous les chefs, qui se
-trouvoient au dict Paris, ont esté tués.
-
-Ce qui est advenu au grand regrès de Sa dicte Majesté, et toutesfois
-pour l'occasion qu'ils en ont donnée eulx mesmes les premiers; de quoy
-Sa dicte Majesté a bien voullu donner advis au dict Sr de La Mothe,
-affin de faire entendre à la Royne d'Angleterre comme les choses sont
-passées; dont ne luy veult rien déguiser. Et, en ce faisant, le dict
-Sr de La Mothe asseurera, de la part de Sa Majesté, à la dicte Royne
-qu'en ce qui est ainsi advenu, il n'est point question du faict de la
-religion ni de la rupture de l'édict de pacification; mais que la
-chose est procédée de la malheureuse conspiration qu'ils avoient
-faicte contre Sa dicte Majesté, cogneue par tant de certains indices
-que l'on ne la pouvoit ignorer et tarder à y pourvoir, sans le certain
-péril de leurs personnes, ayant esté tant plus mal aisé à supporter la
-dicte conspiration, que Sa Majesté leur avoit tousjours faict tous les
-favorables traictemens dont elle eût sceu user à l'endroict de ses
-plus fidelles subjects, et gratifié le dict feu sieur Admiral des
-grands biens, et faict, despuis l'édit de pacification, comme
-plusieurs autres gentilshommes de la nouvelle religion qui ont esté
-receus aux honneurs et dignités qui ont vacqué, ainsi que les autres
-bons et loyaux subjects catholicques.
-
-
-
-
-CXXII
-
-LE DUC D'ANJOU A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du IIIe jour de septembre 1572.--
-
- Assurance que la tranquillité est rétablie.--Demande que
- Cavaignes soit livré à la France, s'il s'est réfugié en
- Angleterre.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, le Roy, Mon Seigneur et frère, vous
-escript bien amplement[129] l'estat paysible auquel est à présent, et
-despuis troys ou quatre jours, ceste ville et les autres de son
-royaulme, ensemble le propos que nous eusmes hyer avec le Sr de
-Walsingham, ambassadeur de la Royne d'Angleterre, Madame ma bonne
-soeur et cousine, sur ces évènementz; qui me gardera vous en faire
-aucune redicte par ceste lettre, laquelle sera seulement pour vous
-prier de prendre soigneusement garde sy Cavaignes, qui se trouve
-chargé de la conspiration faicte contre le Roy, mon dict frère, et son
-estat, est par dellà, où l'on dict qu'il s'est sauvé et retiré, et
-faire toute l'instance que vous sera possible, envers la dicte Dame
-Royne, pour le faire arrester et vous permettre de le renvoyer par
-deçà soubz bonne et seure garde. Et vous fairés bien grand et agréable
-service au Roy, Mon dict Seigneur et frère, priant Dieu, etc.
-
-Escript à Paris, le IIIe jour de septembre 1572.
-
- Vostre bon amy. HENRY.
-
- [129] Cette lettre manque.
-
-
-
-
-CXXIII
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du VIIe jour de septembre 1572.--
-
- Retour de Mr de la Mole.--Satisfaction qu'éprouve le roi du
- résultat de sa mission.--Adhésion donnée à l'entrevue demandée
- par Élisabeth pourvu qu'elle ait lieu sur mer.--Affaires
- d'Écosse.--Desir que la suspension d'armes soit continuée, et
- qu'il soit procédé à un traité définitif.--Cessation des
- troubles dans les provinces.--Mesures prises pour assurer la
- tranquillité.--Arrestation de Cavagnes.--Fuite de Montgommery à
- Jersey ou Guernesey.--Injonction faite à l'ambassadeur de
- demander à Élisabeth l'autorisation de l'arrêter dans ces
- îles.--Attente d'une réponse au sujet des dépêches sur la
- blessure et la mort de Coligni.--Desir du roi de connaître la
- conduite que tiendra Élisabeth avec le prince d'Orange et ceux
- de Flessingue.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, hyer, à l'arrivée du Sr de La Molle,
-j'ay fort particullièrement, et à mon gré, bien entendu, tant par
-vostre dépesche[130] que par ce qu'il nous a discouru amplement de
-bouche, comme toutes choses se sont passées en son voyage devers la
-Royne d'Angleterre, ma bonne seur et cousine, ayant, vous et luy, veu
-en la dicte Royne toutes les bonnes et grandes démonstrations d'amitié
-envers moy et les miens qui se peuvent desirer; dont je suis
-infiniment ayse, la correspondant, en cella, de ma part, comme aussy
-font la Royne, Madame et Mère, et mes frères, sincèrement, autant
-qu'il se peut dire, et encore plus mon frère d'Allençon, qui, ayant
-ouy parler le dict La Molle, a beaucoup augmenté l'espérance qu'il
-avoit du bon succès du mariage d'icelle Royne et de luy. Et ayant veu
-et bien considéré, avec la Royne, Madame et Mère, et mes dicts frères,
-vostre lettre, et l'escript qui vous a esté baillé par les
-conseillers de la dicte Dame, que nous a rapporté le dict La Molle,
-enfin nous avons résolu, (pour voir clair, gaigner le temps en cest
-affaire, et l'effectuer bientost, s'il plait à Dieu qu'il réussisse),
-de vous donner charge, comme je fais, de regarder les moyens qu'il y
-aura que l'entrevue, que desire la dicte Royne, se fasse en un beau
-jour, sur la mer, entre Boullongne et Douvres, que nous desirerions
-bien estre vers le XXe du moys proschain, où Madame et Mère, et elle,
-et mon frère d'Alençon, se verront, ainsi que Ma dicte Dame et Mère
-vous a escript par nostre dépesche du XXIe du passé.
-
- [130] Voyez CCLXXIe dép. du 28 août 1572. tom. V, pag. 91.
-
-Si la dicte Royne le veult ainsi, il sera bien aisé d'aviser, d'entre
-cy et là, aux surettés et l'ordre qu'il y faudra donner d'une part et
-d'autre, dont mon beau frère, le duc de Montmorency, escrira de delà
-pour en adviser. J'espère qu'à la dicte entrevue se faira la
-conclusion du dict mariage; car, à ce que nous a dict le dict La
-Molle, il y a veu la dicte Royne fort disposée, et ses conseillers
-aussy; dont je me resjouis bien fort, et en prens fort bonne estime
-par toutes les particularités du discours de vostre lettre,
-m'asseurant que le Sr de Walsingham, que je sçay certainement qui y a
-faict tous bons offices pour le service de ma soeur et cousine, sa
-Maistresse, et pour nostre particullier aussi, persévèrera, tant qu'il
-pourra, au bien de cest affaire, vous priant l'excuser envers ma dicte
-bonne soeur, sa Maistresse, et luy dire, de ma part, que ce qu'il y a
-eu de faulte d'intelligence aux termes qu'il me tint et à la Royne,
-Madame et Mère, en la responce qu'il nous fit au bout du mois, est
-venue de nous et non de luy; à qui, pour ceste cause, je la supplie
-n'en sçavoir nul mauvais gré, car il s'est tousjours porté et
-démonstré fort desireux et bien affectionné à entretenir et fortifier
-la bonne amitié d'entre elle et nous, qui l'asseurons, comme luy
-pourrés aussi dire de nostre part, qu'elle trouvera tousjours en nous
-toute la droicte et bonne correspondance de parfaicte amitié qu'elle
-pourroit desirer.
-
-J'ay veu le deschiffrement de ce que ma soeur, la Royne d'Escosse, a
-escript au Sr Du Croq, ce qu'il vous en a mandé, elles deux lettres
-qu'elle vous a aussi à ce propos escriptes. Sur quoy je suis d'advis
-que le dict Sr Du Croq fasse en sorte, ainsi que je luy ay mandé par
-L'Espinasse: que la dicte ville de Lislebourg soit restituée et
-laissée libre, comme il a esté accordé par le traicté de la suspension
-d'armes; que la dicte suspension continue encore pour deux mois, s'il
-est possible; et qu'il fasse, au demeurant, honestement tout ce qu'il
-pourra, ainsi que je luy ay tousjours commandé faire, et que je sçai
-aussi qu'il a faict, pour l'adventage de ma dicte soeur, la Royne
-d'Escosse, et ses bons subjects; observant entièrement les traittés
-que mes prédécesseurs et moy avons, de si longtemps, avecque les
-Escossois, et pareillement celluy que j'ay dernièrement faict avec la
-dicte Royne d'Angleterre; car je suis résolu de le garder, sans y rien
-enfreindre en quelque sorte que ce soit. Et faut que vous et luy
-advisiés par delà de bien suivre en toutes choses l'intention du dict
-traitté, afin de continuer tousjours la bonne paix et amitié d'entre
-elle et moy, que je veus entièrement conserver; estimant que, quand je
-continueray en cela avec elle, que j'auray plus de moyen d'ayder à ma
-dicte soeur, la Royne d'Escosse, qui le doit, ce me semble, considérer
-et ainsi desirer, et s'asseurer aussi que je fairai tousjours pour
-elle, comme j'ay faict, tout ce qu'il me sera possible; ce que luy
-fairés entendre, de ma part, quand en aurés le moyen.
-
-Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fénélon, grâces à Dieu, l'esmotion
-advenue, comme je vous ay escript, en plusieurs villes et endroicts de
-mon royaulme, à cause de la mort et conspiration du feu Admiral et ses
-adhérans, est maintenant appaisée, espérant que tous mes subjects,
-vivans en paix les uns avec les aultres, se conformeront à ma volonté,
-sellon la publication que j'en ay faict faire par tout mon royaume, et
-que mes gouverneurs et mes lieutenans généraulx, qui sont par les
-provinces, donneront bon ordre, comme je leur ay donné tout pouvoir
-d'asseurer de ma bonne et droicte volonté ceux qui pourroient estre en
-crainte, et qui ne sont de la malheureuse conspiration dont je vous ay
-escript.
-
-Le maistre des requestes, Cavaignes, que je vous avois mandé qui
-estoit passé en Angleterre a esté pris despuis deux jours, et mis ès
-mains de justice; mais j'ay sceu certainement que le comte de
-Montgomery, qui est un des principaux participans à icelle
-conspiration, est passé ès isles de Grènesay et Gersay, où il a, à ce
-que j'ay sceu, délibéré de demeurer, comme il fit quelque temps durant
-les troubles, expressément pour avoir et tirer tousjours la commodité
-des maisons qu'il a le long de la coste de Normandie et Bretaigne, qui
-sont bien près des dictes isles, où je l'eusse envoyé prendre, comme
-il m'estoit fort aysé et que j'en ay bien le moyen, pour estre les
-dictes isles fort près de moy; mais, ne voullant en façon que ce soit
-donner aucune occasion à la dicte Royne, ma bonne soeur et cousine, de
-penser que je veuille rien faire faire ny entreprendre sur ses
-possessions sans sa permission, j'ay différé et retenu ceux qui l'y
-eussent aisément esté prendre, jusques à ce que luy en ayés parlé, et
-requis, comme vous fairés de ma part, me permettre d'y pouvoir
-envoyer, sans qu'il soit faict tort à nul de ses subjects, ny que cela
-altère aucune chose de nostre bonne amitié.
-
-J'attends, à toutes heures, de vos nouvelles sur les dépesches que je
-vous ay faictes despuis la blessure et mort du dict Admiral, desirant
-aussi que vous fassiés secrètement voir comme ceux de mes subjectz,
-qui sont de la religion prétendue refformée, passans de là, sont
-recuillis et receus, et leurs déportemens et les noms des principaux
-et plus apparans qui y sont, et pourront encore aller.
-
-Je seray aussi bien ayse et desire bien fort que me mandiés comme se
-comportera maintenant la dicte Royne d'Angleterre envers le prince
-d'Orange et ceux de Flexingues, et combien il y peut avoir de ses
-subjects, et si elle persévèrera à y en envoyer, et comme elle s'y
-comportera. Au demeurant, m'asseurant aussi que vous n'oublierés de
-m'advertir des autres occurances, je ferai fin à ceste cy et prierai
-Dieu, etc.
-
-Escript à Paris, le VIIe jour de septembre 1572.
-
- CHARLES. PINART.
-
-
-
-
-CXXIV
-
-LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du VIIe jour de septembre 1572.--
-
- Négociation du mariage.--Motifs qui doivent engager à accepter
- l'entrevue sur mer.--Satisfaction témoignée par Catherine de
- Médicis du dévouement de Walsingham.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, le Roy, Monsieur mon filz, et moy avons
-résolu que vous proposerés à la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur et
-cousine, que nous ferons volontiers l'entrevue qu'elle desire, comme
-aussy faiz je, pour avoir ce bien que j'ay souvant desiré de la voir,
-et mon filz d'Alençon encores plus qu'elle ny moy, tant il est
-parfaictement son serviteur; mais il faut que l'entrevue se face sur
-la mer, comme je vous ay, ces jours passés, escrit, et qu'elle vienne
-à Douvres, et mon dict filz d'Alençon et moy yrons à Boullongne ou à
-Callais, par un beau jour, nous acheminer en mer, et sy ce n'est assés
-d'un jour nous nous pourrons encores revoir. J'espère en Dieu que, sy
-nous nous voyons (estant toutz les articles accordez) comme me mandez
-qu'ils sont pour mon dict filz, le Duc d'Allençon, ainsy qu'ils
-estoient pour mon filz le Duc d'Anjou, excepté celluy de la relligion,
-à quoy vous préparerés, entre cy et là, quelque bon et honneste et
-salutaire expédiant, que nous ne nous départirons poinct que nous ne
-facions le dict mariage, pour lequel je vous prye travailler d'aussy
-grande affection qu'avés tousjours faict, afin que nous en ayons la
-bonne yssue que nous desirons. Et croyés que jamais services ne
-feurent sy bien recognuz envers bon serviteur (comme vous estes)
-qu'ils seront en vostre endroict, non seullement par le Roy et par
-moy, mais aussy par mon dict filz d'Alençon, lequel je vous
-recommande.
-
-Vous priant, au demeurant, suivant ce que le Roy, Mon dict Sieur et
-filz, vous a escrit, requérir de nostre part la dicte Royne de ne
-sçavoir aucun mauvais gré au Sr de Walsingam, son ambassadeur, des
-termes qu'il nous a dict dernièrement, nous faisant la responce, au
-bout du moys, dont elle luy aura donné charge, car ce feust nous
-mesmes qui interprétasmes le tout, ainsy qu'il nous fut escrit. Je
-vous asseure qu'il est bien affectionné (à ce que j'ay cogneu) à
-entretenir la bonne paix et amytié d'entre elle et nous, qui l'aymons
-pour ceste occasion, et aussy pour les bons offices que nous avons
-sceu qu'il a faicts pour la négociation du dict mariage; en quoy,
-encores que ceste émotion soit advenue icy, j'estime qu'il
-persévèrera, car il a veu comme nous avons eu très grand soing de le
-conserver et toutz les siens, comme ilz ont esté, et n'y a eu que en
-la perquizion de Bricquemault qu'il s'esmeut un peu, mais cella feust
-soudain passé, et envoya faire l'excuse comme vous a escrit mon dict
-filz. Je vous prye nous escrire le plus tost que pourrez des
-occurrances de dellà, priant Dieu, etc.
-
-Escrit à Paris, le VIIe jour de septembre 1572.
-
- CATERINE. PINART.
-
-
-
-
-CXXV
-
- CONJOUISSANCE DE Mr LE CARDINAL DE LORRAINE, au nom du Roy,
- faicte au Pape, le VIIe jour de septembre 1572, sur la mort de
- l'Admiral et de ses complices.
-
-D. O. M.
-
- BEATISSIMO PATRI GREGORIO XIII, PONTIFICI MAXIMO, SACRO
- ILLUSTRISSIMORUM CARDINALIUM COLLEGIO, S. P. Q. R.
-
-
-Carolus IX, Christianissimus Francorum Rex, zelo zelatus pro Domino
-Deo exercituum, repentè, velut angelo percussore divinitùs immisso,
-sublatis unâ occidione propè universis regni sui hereticis
-perduellibusque, tanti beneficii immemor nunquam futurus, consiliorum
-ad eam rem datorum, auxiliorum missorum, duodecennalium precum,
-supplicationum, votorum, lacrimarum, suspiriorumque ad Dominum
-Omnipotentem Maximum,
-
-Suorum et Christianorum omnium planè stupendos affectus, omninò
-incredibiles exitus, modis omnibus redundantem divino munere
-satietatem, ipse nunc solidissimorum gaudiorum aflluentissimus
-gratulatus,
-
-Tantam felicitatem, quæ, Beatissimi Patris Gregorii XIII pontificatûs
-initio, non multò post ejus admirabillem et divinam electionem,
-evenerit, unà cum orientalis expeditionis constantissimâ et
-promptissimâ continuatione, ecclesiasticarum rerum instauratione,
-marcescentis religionis vigorem et florem certò protendere auguratur.
-
-Pro isto tanto beneficio, conjunctis vobiscum hodiè ardentissimis
-votis, absens corpore, presens animo, hìc, in æde Sancti Ludovici, avi
-sui, Deo Omnipotenti Maximo gratias agit quàm maximas, utque spes
-hujusmodi ne fallat, ejus bonitatem supplex deprecatur.
-
-Carolus tituli Sancti Apollinaris S. R. E. Cardinalis de Lotharingiâ
-hoc omnibus significatum et testificatum esse voluit; anno Domini M.
-C. LXXII, II Id. septembris.
-
-
-(Litteris romanis aureis majusculis descriptum, festâ fronde velatum,
-ac lemniscatum, et supra limen ædis Sancti Ludovici Romæ affixum, anno
-et die prædictis).
-
-
-
-
-CXXVI
-
-LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du VIIIe jour de septembre 1572.--
-
- Papiers trouvés chez l'Amiral.--Conseil qu'il donnait au roi de
- se tenir en garde contre le roi d'Espagne et la reine
- d'Angleterre.--Communication de ces papiers à
- Walsingham.--Protestation de Catherine de Médicis contre les
- avis donnés par l'Amiral.--Assurance qu'elle veut, ainsi que le
- roi, demeurer en constante amitié avec Élisabeth.--Inquiétude
- sur la manière dont elle aura accueilli la nouvelle de la
- Saint-Barthélemy.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, il s'est trouvé, entre les papiers du
-feu Admiral, une longue lettre qu'il escrivoit au Roy, Monsieur mon
-fils, laquelle il avoit commencée, dès quand il alla à la Rochelle, et
-continuée tousjours jusques à la mort; il y avoit une autre lettre
-avec, qu'il escrivoit à Telligny, par laquelle il le chargeoit
-expressément qu'après sa mort il présentât et fît voir au Roy la dicte
-lettre, par où il traitte et discourt plusieurs choses, luy faisant
-des remonstrances; et, entre autres particullarités, luy veut
-persuader que les plus grands ennemis qu'il ayt sont et seront
-tousjours le Roy d'Espaigne et la Royne d'Angleterre, quelque
-démonstration qu'ilz fassent du contraire, les apellant anciens
-ennemis de ceste couronne; et conseille le Roy, Mon dict Sieur et
-fils, de ne cesser jamais tant qu'il les ayt ruynés tous deux: ce que
-je veux faire voir au Sr de Walsingham, escript de la main du dict feu
-Admiral, afin qu'il cognoisse comme il n'estoit pas si affectionné à
-l'endroit de la dicte Royne qu'il disoit, ny tant desireus de nous
-entretenir en amitié avec elle; qui jugera bien sur cela que ce
-n'estoit que fiction du dict Admiral et un très dangereus et malin
-esprit qui ne pouvoit faire sinon mal, l'ayant bien monstré en la
-malheureuse conspiration qu'il avoit faicte contre son Roy et nous
-tous, qui luy avons tousjours faict tant d'honneur et de bien;
-
-Vous ayant bien voullu escrire ce que dessus, afin que, si voyés qu'il
-soit à propos, vous en puissiés parler, et le faire entendre à la
-dicte Royne d'Angleterre; et l'asseurer que nous fairons tousjours
-envers elle le contraire du très malein conseil du dict Admiral; car
-nous sommes résolus de continuer à jamais, aultant qu'il nous sera
-possible, de nostre part, la vraye et parfaicte amitié d'entre elle et
-nous: et tant s'en fault que la veuillons diminuer ny changer, qu'au
-contraire, nous desirons la fortiffier, comme peut bien croire la
-dicte Royne; desirant et recherchant de si bon coeur et si fort son
-alliance, comme nous faisons; et en quoy, suivant ceste dépesche, je
-vous prie de persévérer tousjours, afin qu'en ayons la bonne issue que
-nous desirons, et que nous faict espérer vostre dernière dépesche, et
-ce que de La Mosle nous a dict de bousche;
-
-Vous priant, au demeurant, nous escrire en quelle part aura pris la
-Royne d'Angleterre ce que luy aurés dict de la conspiration du dict
-Admiral et de ses adhérans, estant très nécessaire que vous
-entreteniés tousjours si bien ceste princesse que nous puissions
-demeurer avec elle en bonne paix, et que, du costé d'Escosse, nous y
-ayons la bonne part et intelligence que nous avons de tout temps
-acoustumé; car il nous importe grandement. Et m'asseurant que vous y
-continuerés vos soings et que vous n'y oublierés rien, je prierai
-Dieu, etc.
-
-Escript à Paris, le VIIIe jour de septembre 1572.
-
- CATERINE. PINART.
-
-
-
-
-CXXVII
-
-LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XIe jour de septembre 1572.--
-
- Conférence de Catherine de Médicis avec Walsingham sur la
- négociation du mariage.--Espoir qu'elle pourra être menée à
- bonne fin.--Proposition de l'entrevue dans l'île de Jersey ou
- de Guernesey.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, vous estes sy amplement adverty par les
-lettres du Roy, Monsieur mon filz, des propos que nous ayons euz avec
-le Sr de Walsingam, ambassadeur de la Royne d'Angleterre, ma bonne
-soeur et cousine, que, m'en remettant au contenu de la dicte
-lettre[131], que je vous prie suivre suivant l'intention de Mon dict
-Sieur et filz, je vous diray que j'ay plus d'espérance, à présent, que
-le mariage d'entre la dicte Royne et mon filz d'Alençon se faira, que
-je n'eus onques; et ne puis croire que icelle Royne ne se résoulde,
-après qu'elle aura été esclarcye de la conspiration de l'Admiral et
-qu'elle aura bien entendu nostre bonne intention envers elle, et, en
-ce faisant, asseurer ses affaires et subjectz, comme elle peut
-aisément faire par le moyen du dict mariage. Aussy je vous prie
-continuer à faire toujours ce qu'il vous sera possible affin que nous
-y verrions clair le plus tost que vous pourrez: estant bien dellibérée
-de m'acheminer, et mener mon dict fils d'Alençon avec moy, pour faire
-l'entreveue, quand la dicte Royne vouldra. J'estime que, suivant ce
-que vous escrit Mon dict Sieur et filz, qu'il soit bien à propos de la
-faire ez isles de Jerzay et de Grenezay qui sont de ses possessions et
-assés près de la coste de Normandye et d'Angleterre, aussy pour sa
-commodité et la nostre; et sy les seuretés qu'elle peut desirer, et
-celles aussy, qui seroit besoing que y ayons, se y pourront bien
-accommoder, pour une part et pour l'autre, sans aucun doubte de péril
-ou danger. Sy elle trouve bon que ce soit ès dictes isles, il ne sera
-que bon de sentir de la dicte Royne et ses ministres quand elle voudra
-que ce soit, que je desirerois bien estre vers le XXe du moys
-prochain, et ce que l'on préparera, d'une part et d'autre, pour sa
-seureté et la nostre. Et j'ay veu aussy ce que me mandés du mèdecin
-Penna, encores que le visage de mon dict filz d'Alençon soit fort
-amandé et qu'il amande touts les jours, sy, suis je bien d'advis que
-le dict mèdecin y use des remèdes qu'il m'a faict voir par escript
-qu'il y faira; car il me semble que ce soit choses qui ne peuvent
-nuyre: estant ce que, pour ceste heure, j'ay à vous dire, priant Dieu,
-etc.
-
-Escript à Paris, le XIe jour de septembre 1572.
-
- [131] Cette lettre manque; mais la suivante, des 12 et 13
- septembre, numéro CXXX, pag. 355, reproduit en partie ce qu'elle
- devait renfermer.
-
-
-Le dict mèdecin aisséra sa pratique sur un paige; et, l'esté, il usera
-de ses remèdes en mon dict filz.
-
- CATERINE. PINART.
-
-
-
-
-CXXVIII
-
-LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---des XIIe et XIIIe jours de septembre 1572.--
-
- Détails de l'audience accordée par Catherine de Médicis à
- Walsingham.--Desir manifesté par la reine de voir continuer la
- négociation du mariage.--Crainte témoignée par Walsingham que
- les exécutions faites en France contre les protestans ne
- rendent désormais cette union impossible.--Protestation de
- Catherine que ces exécutions ne doivent en rien altérer
- l'amitié avec l'Angleterre.--Remontrances de Walsingham en
- faveur des protestans.--Assurance donnée par la reine que toute
- protection sera accordée à ceux qui ne conspireront pas;--Que
- la tranquillité est entièrement rétablie;--Et que la différence
- des religions n'a jamais été un obstacle aux mariages des
- princes.--Recommandation faite à l'ambassadeur de surveiller
- les intrigues des protestans de France en Angleterre, et de
- savoir quel a été le motif de la mission donnée au vice-amiral
- d'Angleterre pour la Rochelle.--Communication faite à
- Walsingham des papiers trouvés chez l'Amiral.--Nouvelle demande
- pour que Montgommery soit livré.--Autorisation qui lui serait
- accordée de vendre ses biens, s'il promettait de ne plus
- rentrer en France.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, à l'occasion du propos que le Sr de
-Walsingam, ambassadeur de ma soeur et cousine, la Royne d'Angleterre,
-avoit teneu à Mauvissière, comme vous verrés par ma lettre d'hyer,
-j'ay présentement donné audiance au dict ambassadeur et luy ay faict
-entendre que le Roy, Monsieur mon filz, et mes filz les Ducs d'Anjou
-et d'Allençon, et moy desirons, autant que nous fismes jamais, et
-d'aussi grande affection qui se pourroit dire, le mariage de la dicte
-Royne, sa Mestresse, et de mon filz d'Alençon; que nous procédions en
-cella sincèrement et droictement, et que nous n'eussions pas accordé
-de faire l'entreveue, si nous n'y avions une parfaicte volonté; et que
-ce qui estoit advenu, de la mort de l'Admiral et des autres, ses
-adhérans, ne nous avoit rien faict changer en cella.
-
-Sur quoy le dict ambassadeur, reprenant à peu près les mesmes propos
-qu'il me tint, avant hyer, comme vous verrés par nostre dépesche de ce
-jour là, il m'a dict, en protestant qu'il ne me parleroit point en
-ambassadeur, pour ce qu'il n'avoit point encores eu lettres de sa
-Mestresse, mais seulement de quelques particuliers d'Angleterre,
-depuis les nouvelles de la mort du dict Admiral; mais, comme de luy
-mesmes, et pour la bonne affection qu'il portoit à l'entretènement de
-l'amitié d'entre nous et sa dicte Mestresse, il me vouloit bien dire
-que sa Mestresse avoit faict ce dernier traicté avec nous, pour ce
-qu'elle voïoit que nous entretenions sincèrement l'édict de
-paciffication et permettions en ce royaulme l'exercice de la religion
-de sa dicte Maistresse et des princes protestans de la Germanye, et
-démonstrions porter si bonne volonté à ceux de nos subjects qui
-estoient de la dicte religyon; mais que, voïant ce qui estoit au
-contraire adveneu, il estimoit que sa Mestresse seroit en grand
-doubte, et que l'on penseroit que cecy eust esté exécuté sellon la
-dellibération du consile de Trente, et ce qui feut dict à Bayonne[132]
-pour l'extirpation des dicts de la religion.
-
- [132] Voyez note tom. I, pag. 229.
-
-Sur quoy, parlant franchement comme j'ay tousjours accoustumé, je luy
-ay déclaré que nous avions faict le dict traicté avec la Royne
-d'Angleterre, sa Mestresse, pour la bonne affection que nous portions
-à elle et à sa couronne, et non avec aucun particulier de ses
-subjects; aussi que, de mesme, nous avions estimé que sa dicte
-Mestresse eust traicté avec nous et nostre couronne, qui est une chose
-stable et permanante, et non avec le dict Admiral ny autres noz
-subjects, et que la mort d'icelluy Admiral ne pouvoit rien altérer en
-nostre dict traicté; lequel nous voulions, de nostre part, entièrement
-garder, et parfaictement observer l'amytié d'entre nous et la dicte
-Royne, sa Mestresse, et toutz les dicts princes; et que, quand nous
-aurions faict mourir toutz ceux de nos subjectz que nous penserions
-qui nous voudroient mal faire et attanter à nostre personne et estat,
-que nul ne s'en debvoit altérer, ny pour cella s'en départir de nostre
-amytié, non plus que nous ne nous estions mis en peyne, quand la dicte
-Royne avoit faict exécutter ceux qui l'avoient voulleu troubler et
-attanter à elle, et que ne nous altérions jamais de voir qu'elle feist
-en son royaulme (comme il luy estoit permis faire) faire exécution,
-quand il y en auroit qui la voudroient troubler comme ceux cy nous
-avoient faict et voulloient encore faire; et, quand ce seroit contre
-touts les Catholiques, que nous ne nous en empescherions, ny
-altèrerions aucunement l'amitié d'entre elle et nous.
-
-M'ayant, sur cela, le dict ambassadeur parlé de la deffance faicte à
-ceux de la religion de faire assemblées, me disant que cella importoit
-à l'édit de paciffication, et qu'il sembloit que n'eussions pas
-dellibéré de l'entretenir; sur quoy je luy ay dict qu'il ne se meist
-poinct en peyne d'en vouloir sçavoir sy avant; et que le Roy, Monsieur
-mon filz, dellibéroit d'entretenir le dict édict, et qu'il fairoit en
-cella ce qu'il cognoistroit estre à propos pour le bien de son
-service.
-
-Mais icelluy ambassadeur, ne se tenant assés satisfaict de ce que luy
-en avoys déclaré, m'a de rechef encores remis sur ce propos, et dict
-que sa Maistresse n'avoit voulleu rennouveller les traictés qu'elle
-avoit avec le Roy Catholique, pour ce qu'il se manifestoit comme chef
-des Catholiques, qui alloient contre ceux de sa religion; et que une
-des occasions, pour lesquelles elle avoit traicté avec nous, ce avoit
-esté à cause de la bonne démonstration que nous faisions aux dicts de
-la religion et à l'entretènement du dict édict; mais qu'il sembloit
-que nous le voulleussions rompre à présent, et qu'il en préjugeoit
-beaucoup de maulx et la guerre bien grande en ce royaulme.
-
-Qui a esté cause que je luy ay parlé plus ouvertement du dict édict et
-faict entendre que le Roy, Mon dict Sieur et filz, ayant bien cogneu
-par expériance, et veu clèrement par les papiers du dict Admiral,
-après sa mort, que, par le moyen des presches et assemblées que les
-dictz de la religion faisoient, ils establissoient un segond Roy en
-son royaulme, et faisoient beaucoup de mauvaises entreprinses et
-dellibérations contre luy et son estat, le tenant en subjection; que,
-pour ceste cause, il avoit résolu de ne leur plus permettre les dicts
-presches et assemblées; que toutesfoys il ne voulloit pas que l'on
-contraignît, comme aussy ne fait on, aucun en sa religion, mais que
-chascun vive en repos soubz son obéissance comme, grâce à Dieu, l'on
-voit que touts ses subjectz s'y disposent, estant desjà un grand
-nombre retournez en notre religion catholique, et toutes les villes en
-grand repos; ayant ceux de la Rochelle escrit, comme vous verrés par
-la dépesche de Mon dict Sieur et filz, qu'ilz sont touts pretz de se
-conformer à sa volonté, attandans son commandement. Mr de Biron, qui
-en est gouverneur, y est allé pour cest effect.
-
-Et ayant, pour la fin, dict au dict ambassadeur qu'il se pouvoit
-asseurer que, de nostre costé, nous ne diminurions rien de la bonne et
-parfaicte amytié que nous portons à sa dicte Maistresse; sur quoy il
-m'a dict qu'il continuera à y faire toutz les bons offices qu'il
-pourra, et qu'il croit certainement qu'il ne fut jamais sy nécessaire
-que le dict mariage se feist, ny qu'il y eust plus d'aparance qu'il se
-doibt faire qu'à présent, affin de ralier et fortiffier tous les
-princes les uns avec les autres; et m'a demandé commant se pourroit
-faire le dict mariage et continuer l'amytié entre les princes, si
-l'exercice de la religion n'estoit permis.
-
-A quoy je luy ay respondu que les feuz Roys Françoys, mon beau père,
-et le Roy Henry d'Angleterre, père de la Royne sa Mestresse, encores
-qu'ilz feussent différandz de la religion ne laissoient, pour cela, de
-s'aymer infiniement; et que, de ce temps là, l'on brusloit beaucoup de
-gens pour la religion en France, et que le dict Roy, Henry
-d'Angleterre, ny les autres princes de la Germanye protestans,
-ausquels nous avions, dès lors, aussy amytié, ne s'en altéroient
-point; que despuis, le Roy Henry, Mon Seigneur, avoit voulleu donner
-ma fille, qui feut depuis Royne d'Espaigne au petit Roy Edouart,
-encores qu'ils feussent différandz de religion; et que les amytiés ne
-layssent, pour la religion, d'estre bien bonnes et parfaictes; ayant
-remis le dict ambassadeur, le plus que j'ay peu, de ces considérations
-raisonnables, dont je vous ay bien vouleu advertir: car je m'asseure
-qu'il escrira à la Royne, sa Mestresse, de tous les propos que avons
-euz, par où j'ay cogneu qu'il nous voudroit bien, s'il estoit
-possible, par ses discours aucunement inthimider affin de gaigner
-quelque chose pour l'exercice à ceux de sa religion.
-
-Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fénélon, le Roy, Monsieur mon fils,
-a eu advis que aucuns de ses subjectz, huguenots dyépois, arment et
-préparent quelques vaisseaux à la coste d'Angleterre pour courre sur
-ceste mer et faire des larcins; que la dicte Royne d'Angleterre,
-ayant sceu les nouvelles de la mort du dict Admiral, a envoyé soudain
-le visadmiral d'Angleterre à la Rochelle pour y recognoistre et voir
-quel il y faict. Il faut que vous pénétriés en cella si avant que nous
-en puissions descouvrir sa volonté, et vous ne ferez pas petit service
-au Roy, Mon dict Sieur et filz; priant Dieu, etc.
-
-Escript à Paris, le XIIe septembre 1572.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, j'oubliois à vous dire que j'ay faict
-voir au dict ambassadeur ce que le dict feu Admiral escrivoit au Roy
-en ceste lettre qu'il chargeoit feu Telligny de monstrer, après sa
-mort, à Mon dict Sieur et filz, par où il parloit ainsy mal que Mon
-dict Sieur et filz vous escrit de la Royne d'Angleterre. Dont le dict
-ambassadeur qui a bien cogneu la lettre du dict feu Admiral, car je
-croy qu'il en avoit eu souvant, a esté fort esbahy.
-
-J'oubliois aussy à vous mander que, quand il m'a parlé de la desfaicte
-que icelle Royne, sa Maistresse, avoit faicte de renouveller les
-traictés et amityés avec le Roy d'Espaigne, et qu'elle nous avoit
-plustost vouleu vouer ses amytiés et moyens que au dict Roy
-d'Espaigne, qu'elle en avoit eu l'occasion beaucoup plus grande en
-nostre endroict qu'au sien pour ce qu'il avoit tousjours fomenté et
-assisté ceux de ses proditeurs qui avoient voulleu entreprendre contre
-elle; et nous, au contraire, comme elle sçait très bien, nous avons
-faict tout ce que nous avons peu, comme encores ferons nous tousjours,
-pour la préserver et l'assister en tout ce qu'il nous sera possible,
-ainsy que nous espérons qu'elle fera, de sa part, en nostre endroict;
-et que, pour les choses qui sont advenues, et que nous avons, à
-nostre très grand regret, esté contraincts de permettre, elle ne
-diminuera rien de nostre amytié.
-
-Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fénélon, vous aurés veu, par la
-dernière dépesche que l'on vous a faicte, comme nous desirons que vous
-requissiez la dicte Royne de nous fère seurement envoyer le comte de
-Montgommery[133]; et, ayant sçu, depuis hyer, qu'il desiroit avoir
-permission de vendre les biens qu'il a en France pour n'y plus
-revenir, et se retirer du tout en Angleterre, Mon dict Sieur filz et
-moy en sommes bien contans. Par quoy, s'il est par dellà, entendés de
-luy s'il est en ceste volonté pour nous en donner advis, et l'on luy
-baillera la dicte permission telle et sy seure qu'il la vouldra,
-pourveu aussy qu'il promette et jure de ne faire aucune menée ni
-pratique qui importe ou soit contre le service de Mon dict Sieur et
-filz.
-
- [133] Voyez la lettre du 7 septembre 1572, no CXXIII, p. 335.
-
-Je desire que vous informiez bien expressément de l'occasion du voïage
-que faict le dict visadmiral d'Angleterre du costé de la Rochelle, et,
-sy cognoissés qu'il y ait occasion de penser que ce soit contre
-l'intention du traicté avec la dicte Royne et amytié que nous avons
-dernièrement renouvellée, et que voyés qu'il y ayt quelque subject de
-luy en faire remonstrance, advisés de la faire comme de vous mesmes,
-et m'advertissés, incontinant, pour vous en mander mon intention; et,
-sy le dict visadmiral est de retour, il ne sera point mal à propos que
-luy en parliés, aussy de vous mesmes; car il a desmontré, estant
-dernièrement avec le comte de Lincoln en ce royaulme, estre fort
-affectionné et desireux de l'amytié d'entre les Françoys et Anglois:
-aussy, le voyant si bien affectionné, luy feist on un présent, comme
-l'on vous a escrit, d'une chesne de six cens escus, ce me semble.
-
-Du XIIIe jour de septembre 1572.
-
- CATERINE. PINART.
-
-
-
-
-CXXIX
-
-LE ROY A LA ROYNE D'ANGLETERRE.
-
---du XXIe jour de septembre 1572--
-
- Nécessité où s'est trouvé le roi de permettre l'exécution de la
- Saint-Barthèlemy.--Créance remise à l'ambassadeur pour donner à
- Élisabeth toutes les explications nécessaires.
-
-
-Très haute, très excellente et très puissante Princesse, nostre très
-chère et très amée bonne soeur et cousine, le Sr de Walsingham, vostre
-conseiller et ambassadeur résidant par deçà, nous a présenté les
-lettres que nous avez escrites, le XIIe de ce moys, et, avec ceste
-occasion, nous a faict entendre ce qu'il vous sembloit de l'esmotion
-naguières adveneue en ceste nostre ville de Paris; laquelle s'est
-faicte, et avons esté contrainct y lascher la main à nostre très grand
-regret, pour éviter le danger éminent de la conspiration faicte en
-nostre personne et estat, ainsy que la vérité vous en a esté déclarée
-par le Sr de La Mothe Fénélon, nostre conseiller et ambassadeur
-résidant près de vous; ayant encores fort bien satisfaict vostre dict
-ambassadeur sur ce qu'il nous en a dict, ce jourdhuy, comme nous nous
-asseurons qu'il vous en advertira avec les mesmes parolles que luy
-avons dictes, qui vous seront aussy déclarées par le Sr de La Mothe
-Fénélon; auquel nous en escrivons[134], vous priant, de bien bon
-coeur, le croire de ce qu'il en faira entendre de nostre part, et
-pareillement, sur le retour en Angleterre du dict Sr de Walsingham,
-comme vous feriés nous mesmes; qui prions Dieu, très haute, très
-excellante et très puissante Princesse, nostre très chère et très amée
-bonne soeur et cousine, vous avoir en sa saincte et digne garde.
-
-Escrit à Paris, le XXIe jour de septembre 1572.
-
-Vostre bon frère et cousin.
-
- CHARLES. PINART.
-
- [134] Voyez la lettre suivante.
-
-
-
-
-CXXX
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XXIIe jour de septembre 1572.--
-
- Satisfaction du roi au sujet de l'audience dans laquelle
- l'ambassadeur a rendu compte à Élisabeth de la
- Saint-Barthèlemy.--Protestation du roi qu'il veut rester en
- paix avec l'Angleterre, et continuer la négociation du
- mariage.--Explication sur la nécessité où s'est trouvé le roi
- de souffrir les massacres de la Saint-Barthèlemy.--Assurance
- que les Anglais trouveront toute protection en France pour leur
- commerce.--Affaires d'Écosse.--Négociation du
- mariage.--Nécessité d'empêcher la réconciliation d'Élisabeth
- avec le roi d'Espagne.--Audience accordée à Walsingham par le
- roi et la reine-mère.--Nouvelles explications des causes de la
- Saint-Barthèlemy.--Résolution du roi de faire punir les auteurs
- des massacres de Rouen.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, il n'eust esté possible de pouvoir mieux
-à mon gré, ny plus véritablement, parler à la Royne d'Angleterre, ma
-bonne soeur et cousine, et aux seigneurs de son conseil de ce qui est
-adveneu dernièrement, à cause de la damnable conspiration du feu
-Admiral et de ses adhérans, que vous avés faict, comme j'ay veu par
-vostre fort ample et dernière dépesche du XIIIIe de ce moys[135],
-espérant que, sellon ce que je vous ay depuis escrit, des premier,
-IIe, IIIe et VIIe de ce dict moys[136], vous aurés encore en audiance
-de ma dicte bonne soeur et cousine; et que, continuant, par elle, en
-la bonne disposition où vous l'aviés laissée, ainsy que j'ay veu par
-vostre dicte dernière dépesche, elle aura esté beaucoup confortée en
-la vérité des choses comme elles sont passées, tant par ce que la
-Royne, Madame ma mère, et moy en avions amplement dict et déclairé,
-ces jours icy, en deux audiances à son ambassadeur, qui n'aura pas
-failly de luy escrire, que encores par vous selon le contenu en nos
-dictes dépesches; et comme je ne desire rien tant en ce monde que
-continuer en la parfaicte et sincère amytié d'entre elle et moy et nos
-commungs subjects, comme j'espère, de sa part, qu'elle voudra bien
-faire; car aussy n'a elle aucune occasion de s'en désister pour
-infinyes raisons que vous aurés veues par nos dictes lettres, qui ont
-esté dictes par ma dicte Dame et Mère et moy au dict ambassadeur,
-desquelles je ne doubte pas qu'il n'aye bien amplement escript à sa
-Maistresse comme il a accoustumé et que c'est son debvoir. Mais, le
-voyant sy affectionné en sa religion, je craincts aussy un peu, à
-présent, plus que je ne soulois, qu'il y aura meslé de la passion
-extrême où nous l'avons trouvé au commancement des dictes deux
-audiences à cause de la mort de l'Admiral et des autres, avec
-lesquels, possible, il conféroit souvant, et qu'il aura peult estre
-changé la façon qu'il avoit accoustumé d'escrire à sa Maistresse pour
-entretenir et fortiffier nostre bonne amytié et conduire le faict du
-mariage d'elle et de mon frère, le Duc d'Alençon. Toutesfoys j'estime
-qu'aïant bien considéré la vérité des choses, ainsy qu'elles luy ont
-esté sy sincèrement déclarées et représantées, qu'il retournera
-tousjours en cella à sa première bonne inclination; car aussy, ainsy
-qu'il nous a dict, son advis est que sa dicte Maistresse se doibt
-maintenant plustost lier et fortiffier d'amytié avec nous
-qu'auparavant que cecy advînt par les raisons emplement portées par
-nos dictes dernières dépesches, auxquelles je m'en remettray, en
-attendant que j'aye parlé au dict ambassadeur, qui nous feist hyer
-dire qu'il avoit eu lettres de sa dicte Mestresse, sur lesquelles il
-demanderoit bientost audience.
-
- [135] Voyez CCLXXIVe dép., tom. V, pag. 120.
-
- [136] Les lettres des 1er, 2 et 3 septembre manquent.
-
-Ceste cy sera premièrement pour vous dire que vous asseurerés, de ma
-part, la dicte Royne que, quelque chose qu'elle vous ayt dict, il ne
-faut pas, s'il luy plaist, qu'elle croye que personne de ce monde ayt
-jamais tant de pouvoir envers moy que de me faire en rien diminuer et
-desmouvoir de la vraye amytié que je luy porte, et que je la prye
-d'estre tousjours aussy ferme envers moy et les miens que je veux
-estre et demeurer à jamais en son endroict; que, quand aux deux
-poinctz qu'elle vous a dict qu'elle desiroit, pour l'amitié qu'elle me
-porte, que je feisse: le premier, sur ce qu'elle desire que
-j'esclaircisse de mesmes elle, les princes et potentats de la
-Chrestienté, de ce faict, affin qu'ils demeurent bien édiffiés que ce
-n'a esté nullement de mon costé que la foy et promesse envers mes
-subjects de la dicte relligion a commancé à se rompre, mais que ce a
-esté de leur part; et que, pour l'autre poinct, je maintienne par
-effaict, à ceux de la dicte religion qui n'ont esté de la dicte
-conspiration, mon édict dernier de paciffication:
-
-Sur quoy vous aurés à luy dire que, par cela, je cognois l'amitié
-qu'elle me porte, qu'aussy se peult elle réciprocquement asseurer de
-la mienne, et qu'aux choses que je verray qui luy importeront, je luy
-donneray, en semblable, le mesme advis et conseil en ma conscience
-que je voudrois prendre pour moy; qui ay, dès lors mesme que les
-choses adveinrent, faict entendre aux princes et potentats, mes amys,
-alliés et confédérés, à la vérité comme toutes choses sont passées en
-cecy, de sorte que j'estime que touts en demeurent bien édiffiés;
-ainsy que je m'asseure qu'elle faict de sa part.
-
-Et quand à l'aultre poinct, concernant l'entretènement de mon dict
-dernier édict, voyant que beaucoup de mes subjects d'icelle religion,
-qui n'estoient de la dicte conspiration, se départoient d'eux mesmes
-fort volontairement de faire les presches et assemblées que je leur
-avois permises, pour ce qu'ils ont veu certainement que, soubz
-coulleur d'icelles, les mauvais d'entre eux y ont faict les menées et
-praticques de ceste malheureuse conspiration résolue, et sy preste
-d'exécuter que je n'ay eu loisir de les en faire punir par justice
-comme j'eusse bien voulleu, mais permettre de faire sur eux ce qu'ils
-vouloient faire sur moy, sy je ne les eusse prévenus, j'ay faict
-différer les dicts presches et assemblées jusques à ce que autrement
-en soit par moy ordonné, et que je verray comme toutes choses se
-passeront; laissant néantmoins chascun vivre en sa liberté, doucement
-en sa maison; qui est ce qui m'a semblé debvoir faire pour le meilleur
-ordre que j'eusse peu donner pour retenir et arrester le peuple
-catholique, tant animé contre les dicts de la religion prétandue
-refformée, de leur courre sus.
-
-Et quand aux deux poincts dont ceux de son conseil vous ont aussy
-requis qu'ils feussent esclarcys: l'un, de la seureté que leurs
-marchands pourroient trouver à Bourdeaux, allans pour les vins; et
-l'autre, de ce qu'ils ont à penser de l'armée du Sr Strosse; vous les
-asseurerés, quand au premier, que, incontinant que je veis ces
-dernières esmotions, je feis publier par touts les ports et hâvres, et
-autres endroicts de mon royaulme, où besoing estoit, la déclaration et
-deffence que je vous envoye. Et encores que je suis très asseuré que
-nul marchant estranger ne sera travaillé ny empesché en mon dict
-royaulme, mais, suivant la dicte publiquation, reçu en toute seureté
-et liberté, toutesfoys j'ay encores envoyé réitérer les dictes
-deffenses et faict spécialle mention des marchands angloys qui
-viendront à ceste flotte pour les vins, tant à Bourdeaux que ailleurs,
-de sorte que vous pouvés hardiment asseurer les dicts seigneurs du
-conseil d'icelle Royne que ceux de leur nation peuvent aussy librement
-et seurement commercer en mon royaulme que mes propres subjects;
-
-Et que, quand à l'armée du Sr Strosse, que j'ay licencié touts les
-gens de guerre qui y estoient, ne restant que mes gallères que je ne
-puis renvoyer en ceste saison du costé de Marseille, comme je fairois,
-sy le temps n'y estoit contraire, asseurant à ce propos ma dicte bonne
-soeur et cousine, la Royne d'Angleterre, et les dicts seigneurs de son
-conseil, que, tout ainsy que je tiens pour certain que ce qu'elle arme
-maintenant par mer et par terre n'est pour entreprendre contre moy,
-qu'aussy peult elle croire, sur mon honneur, que sy peu que j'ay de
-forces ensemble ne sont que pour garnir mes frontières, voyant mes
-voisins armés; et au demeurant que j'ay tant de bonne affection à
-l'entretènement de mon dernier traicté que, sy elle a affaire d'aucune
-chose que je puisse, elle en sera, sellon l'intention d'icelluy, de
-très bon coeur et promptement secourue, comme aussy en espéray je et
-me promets le semblable d'elle, que je ne faudrois pas de requérir,
-s'il se présentoit occasion où j'en eusse affaire; et que, si besoin
-est, je confirmeray encores par escript et serment, icy, ès mains de
-son ambassadeur, et elle réciproquement ès vostres, de dellà; mais je
-ne voy pas qu'il soit nécessaire, car il n'a rien esté, en façon que
-ce soit, altéré ny innové en nostre dict traicté.
-
-Il fault pour l'accomplissement d'icelluy achever de disposer le faict
-du commerce et la paix d'Escosse, en quoy je vous prie de ramentevoir
-ma dicte bonne soeur et cousine, la Royne d'Angleterre, et ceux de ses
-ministres à qui elle a commis le faict du dict commerce, affin qu'il
-soit du tout résolu et arresté, estant très aise que ce que me mandés
-qu'elle et les dicts de son conseil ont accordé, d'incister fermement
-en Escosse, se face promptement et sans feinte, à ce que la ville de
-Lislebourg soit rendue et remise en l'estat qu'elle estoit, comme
-aussy le faut il, autrement la dicte Royne et moy y serions
-interressés pour nostre réputation; et aussy que l'interprétation de
-l'article porté par la suspension d'armes: que «_chascun rentrera en
-sa maison_» s'entende des biens tant ecclésiastiques que temporels; et
-que la dicte suspension sera encores continuée pour deux moys. C'est
-un moyen pour composer avec assés de loysir les affaires d'Escosse;
-mais il faut bien expressément, suivant ce que je vous en ay cy devant
-escrit et aussy au Sr Du Croq, que vous preniés garde touts deux que
-ceste négociation d'Escosse se face rondement, et que l'on marche de
-pied droict, de la part d'icelle Royne et du party des comtes de Mar
-et de Morton, advertissant le capitaine Granges de se garder de
-surprise au chasteau de Lislebourg, leur estant allé Quillegrey au
-dict pays d'Escosse pour négocier. Il est à doubter que le Sr de
-Drury s'est retiré en sa charge de la frontière de Warvic pour
-assembler des forces de ce costé là, aussy bien qu'ailleurs, puisque
-sa Mestresse arme, et vouldra prendre coulleur que c'est pour se tenir
-sur ses gardes aussy de ce costé là. Il sera besoing d'y avoir l'oeil
-bien ouvert, car, tout ainsy que je procède rondement avec elle,
-sellon nostre traicté, pour mettre l'Escosse en paix et repos,
-n'assistant poinct plus un party que l'autre, je ne vouldrois
-permettre que ceux du bon party feussent interressés, et qu'il se
-feist quelque surprise et désadvantage sur eux, comme l'on a faict de
-la dicte ville de Lislebourg; car, en ce faisant, je perdrois du tout
-les alliances que mes prédécesseurs et moy avons, de sy longtemps, de
-ce costé là; ce que je vous prie dire franchement à la Royne et à ceux
-de son conseil, afin que, de leur part, ils y facent procéder aussy
-sincèrement comme je faiz du mien, et que, avant tout oeuvre, la dicte
-ville de Lislebourg soit rendue et les articles de la dicte suspension
-entretenus.
-
-J'ay veu aussy ce que me mandés des propos qu'aviés eus, à vostre
-dernière audiance, du dict mariage d'icelle Royne et de mon frère
-d'Alençon; en quoy j'estime que, pour ce qui est adveneu, elle ne s'en
-doibt nullement départir, mais, au contraire, comme je vous ay escrit
-que nous a dict son ambassadeur, elle a plus d'occasion de le faire
-qu'elle n'avoit auparavant pour les raisons que je vous ay mandées
-amplement. Nous attandons la résolution qu'elle prendra sur les
-ouvertures que luy aurés faictes de l'entreveue, pour laquelle la
-Royne, Madame et Mère, sera tousjours preste, ainsy qu'elle vous a
-escript. Mais s'aprochant bientost l'arrière sayson, que les vents
-sont grandz, et la mer mal aisée, il sera besoing que bientost elle
-s'en résolve, sy jà elle ne l'a faict, afin que la dicte entreveue se
-face dans le vingtiesme du moys d'octobre prochain que le temps ne
-sera poinct encore mauvais. Voullant aussy que, par mesme moyen et à
-ceste occasion, vous la priés, de ma part, de ne changer la
-délibération qu'elle avoit prinse d'envoyer par deçà, après
-l'accouschement de la Royne, ma femme, le comte de Lecestre ou le
-milord grand trésorier; car elle se peut asseurer qu'il n'y veint de
-longtemps, de quelque part que ce soit, seigneur qui de meilleur coeur
-et de plus grande affection feust receu que l'un d'eux sera, s'il luy
-plaist de l'y envoyer, la priant d'oster toutes opinions de doubte et
-de danger de leurs personnes; mais, au contraire, l'asseurer qu'ils
-seront fort volontiers veus de touts mes subjects, et que toutes
-bonnes réceptions et caresses, qu'ilz se peuvent penser, leur seront
-faictes, premièrement pour l'honneur d'elle, et puis pour la
-considération de leurs qualités et de leurs personnes que je desire
-grandement voir, et dont j'ay aussy grande et bonne estime que de nuls
-autres que je saiche auprès de prince ou princesse de la Chrestienté;
-m'asseurant que, sy l'un des deux y venoit, il y auroit toujours
-meilleure et plus grande espérance au mariage pour ce que, suivant ce
-que m'avés cy devant escrit, (en quoy je voy grande apparence), la
-dicte Royne se fiant du tout en eux comme elle faict, et les envoyant,
-l'un ou l'autre, ce seroit autant pour la conclusion du dict mariage
-que pour nulle autre chose.
-
-Je fairay prendre garde à ce que la dicte Royne faira négocier en
-Flandres sur la persuasion que luy a faicte Guaras; mais je desire
-bien fort, comme je vous ay cy devant escrit en chiffre, que vous
-empeschiés, le plus que vous pourrés, la réconcilliation et accord de
-ce costé là, et, au contraire, que fassiés ce que pourrés pour
-l'acheminer et advancer en l'entreprise et dellibération qu'elle avoit
-du costé de Flexingues: à quoy, à vous dire vray, je l'eusse foumentée
-sans la descouverte de la malheureuse conspiration du dict feu
-Admiral.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, despuis ceste lettre escrite, le dict Sr
-de Walsingam, ambassadeur de ma dicte bonne soeur et cousine, la Royne
-d'Angleterre, a faict ce matin demander audience, que luy avons donnée
-ceste après disnée. Il est premièrement allé devers Ma dicte Dame et
-Mère, luy aïant faict entendre, comme à moy, que la dicte Royne, sa
-Mestresse, luy avoit fait responce sur ce qu'il luy avoit escrit, et
-que vous luy aviés, de ma part, dict par dellà, pour la conspiration
-de l'Admiral et mort de luy et de ses adhérans; ce que véritablement
-elle avoit trouvé merveilleusement estrange, du commancement, mais
-qu'aïant veu ce que luy avions faict entendre de la dicte
-conspiration, que, incontinent après, elle s'estoit remise, disant
-toutesfois qu'il eust esté trouvé plus à propos que j'en eusse faict
-faire la punition exemplaire par justice que de la façon qu'elle a
-esté exécutée; et a dict davantaige à Ma dicte Dame et Mère que sa
-dicte Maistresse s'esbahissoit encores plus comment Ma dicte Dame et
-Mère spéciallement avoit permis que la dicte exécution s'en feust
-faicte ainsy, et que, cognoissant que les troubles ne sont pas encores
-bien appaisés de deçà, et luy n'y estre pas, à son advis, bien en
-seureté, pour ce que le peuple ne se peut garder de mesdire à ses
-gens, et aussy qu'il a en Angleterre aucuns particulliers affaires
-pour le service de sa dicte Maistresse, qu'elle luy avoit, pour ces
-raisons, mandé prendre congé de nous et se retirer pour quelque temps
-par dellà, laissant icy son secrétaire pour recevoir nos commandementz
-jusques à ce que toutes choses fussent mieux appaisées par deçà. Et,
-parlant à moy, il m'en a, peu après, autant dict, et m'a baillé une
-lettre de ma dicte bonne soeur et cousine, sa Maistresse, contenant
-cella mesmes.
-
-Sur quoy, Ma dicte Dame et Mère et moy luy avons particullièrement
-respondu: quant au premier poinct, que véritablement nous pensions que
-sa Maistresse se seroit, au commencement, bien esbahye de la mort du
-dict Admiral, mais aussy qu'aïant sceu comme cella estoit passé, et
-comme luy et ses adhérans s'estoient tant oubliés que, qui ne les eût
-bien soudain prévenus, ilz estoient tous prests de faire sur nous la
-mesme exécution qui a esté faicte sur eulx, que je m'asseurois que la
-dicte Royne et tous ceux qui en ouyront parler ne pouvoient qu'ils
-n'approuvassent ce que j'ay à mon très grand regret permis, et que
-j'eusse très volontiers et fort desiré pouvoir faire faire par
-justice, n'eust esté que le temps estoit si bref que je n'en avois pas
-eu le loisir, ayant esté contrainct, avec grande occasion, de prendre
-ceste résolution; voyant que Pardaillant, qui estoit l'un de leurs
-premiers et principaulx cappitaines des plus favorisés, et qui estoit
-ordinairement près du dict Admiral, estoit venu dès le matin avec
-quarante hommes, pensant surprendre la porte de la court des cuisines
-de ce chasteau, comme il eust faict, n'eust esté que nous estions
-desjà levés sur l'advertissement que j'avois eu de ceste malheureuse
-conspiration, en laquelle par cella je feus davantaige confirmé; ayant
-un extrême regret de veoir qu'ils se feussent tant oubliés, considéré
-les faveurs et honneurs que je leur avois tousjours faicts, et
-qu'encore je leur avois sy volontiers permis avoir et porter des
-armes, et faict bailler logis à leur commodité, ainsy qu'ilz avoient
-voulleu, pensant qu'ils les demandassent pour leur seureté; ayant
-aussy à ce propos respondu au dict ambassadeur qu'il n'y avoit pas
-grande apparance de pouvoir faire faire le procès à un homme qui avoit
-trente mil hommes de pied et quatre mil chevaux tousjours prests en ce
-royaulme à son commandement, et qui debvoit estre le IIIe de ce moys à
-Meleun, ayant desjà aussy vingt enseignes toutes prestes en
-Champaigne;
-
-Et quand au congé que icelluy ambassadeur nous demandoit, et que la
-Royne, sa Maistresse, nous escrivoit luy accorder, que, s'il s'en
-alloit sans que sa dicte Maistresse envoyât un autre ambassadeur de
-qualité en son lieu, que soudain je vous révocquerois aussy; mais que
-je ne croyois certainement qu'il ne se pouvoit faire, de sa part,
-chose qui feust plus mal à propos pour ce que chascun penseroit qu'il
-y eust altération en nostre traicté, bonne amitié et intelligence, et
-qu'après cella il ne falloit pas penser que noz subjectz et ceux qui
-avoient à aller et venir en noz royaulmes et pays ne feussent, d'une
-part et d'autre, en crainte, et pour ce, qu'il y pensast: car, au
-contraire, il nous sembloit qu'il falloit achever de résouldre le
-faict de l'entrecours et commerce d'entre noz subjectz suivant nostre
-traicté, et, au demeurant, que, s'il pouvoit faire monstrer et
-vériffier, par deux tesmoingz seullement, que nul de mes subjectz eût
-médit au moindre des siens, qu'il en verroit, à une heure de là, faire
-justice exemplaire devant la porte de son logis.
-
-Sur quoy il nous a dict, principallement à Ma dicte Dame et Mère,
-qu'il advertiroit de tout ce dessus la dicte Royne sa Maistresse, et
-que, selon la responce qu'il en auroit d'elle, il nous la feroit
-entendre et se disposeroit; ayant cependant, affin de le gratiffier,
-commandé que l'on luy baille, comme l'on fera, quelque plus grand
-logis que celluy où il s'est retiré en la ville.
-
-Au surplus, Monsieur de la Mothe Fénélon, ayant sceu que le menu
-peuple de ma ville de Rouen qui avoit esté, suivant ce que j'avois
-dilligemment escrit, fort bien conteneu et gardé de ne courre sus à
-ceulx de la dicte religion, feit mècredy dernier une entreprinse
-secrette, lorsque l'on ne s'en doubtoit aucunement, sur les dicts de
-la religion qu'ils allèrent chercher tant dedans les prysons que en
-leurs maisons, et en tuèrent, à mon très grand regret et desplaisir,
-aucuns, dont je suis infiniement marry, j'ay, à l'instant, escrit au
-Sr de Carronges, mon lieutenant général, et à ma court du parlement du
-dict Rouen, (qui firent tout ce qui leur feust possible pour empescher
-ceste esmotion), d'en faire faire si bonne et prompte justice qu'elle
-serve d'exemple en la dicte ville et en toutes les autres de mon
-royaulme, comme je m'asseure qu'ilz fairont; mais pour ce, que je
-crains que cella divertisse les marchandz engloix de continuer d'aller
-et venir au dict Rouen pour le commerce, j'ay faict faire aussi
-spéciallement mention des dicts Englois. Je y ay encores de rechef
-envoyé faire republier la déclaration de la liberté du commerce, et
-faict faire aussy spéciallement mention des dicts Engloys, de sorte
-que je m'asseure qu'ilz y seront autant ou plus respectés et en aussi
-grande suretté et liberté que mes propres subjects catholiques; et ne
-doibvent aucunement les dict Engloys ny aultres étrangers en entrer en
-double. Ce que je vous prie trouver moyen de faire, le plus tost que
-pourrés, entendre à ma dicte bonne soeur et cousine, la Royne
-d'Angleterre; la remettant, sy elle s'en faschoit, le plus que
-pourrés, et l'asseurerés que je ne seray point à mon aize que la
-justice n'en soit bien faicte exemplairement, comme il faut croire
-qu'elle sera sur ceulx qui ont machiné la dicte entreprinse, laquelle
-est très meschante et malheureuse, et comme telle, et estant contre
-mon intention, aussy ne demeurera elle pas impunye, ainsy que vous
-entendrés cy après; priant Dieu, etc.
-
-Escrit à Paris, le XXIIe jour de septembre 1572.
-
-
-Je vous envoye la responce que je fais à la lettre de la dicte Royne,
-laquelle luy présenterez. Vous verrés ce qu'elle contient par le
-double que je vous envoye, qui est quasy de créance, principallement
-sur la requeste que m'a faicte le Sr de Walsingam de luy donner congé,
-dont vous emploirés vostre dicte exécution sur le contenu cy dessus
-qui est ce que avons dict sur cella au dict Walsingam.
-
- CHARLES. PINART.
-
-
-
-
-CXXXI
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du IVe jour d'octobre 1572.--
-
- Conférence avec Walsingham.--Nouvelle déclaration du roi sur la
- Saint-Barthèlemy.--Nouvelles protestations d'amitié pour
- Élisabeth.--Assurance que l'armée de Strozzy est
- rompue.--Regret manifesté par le roi à raison de l'arrestation
- faite de vaisseaux anglais.--Sollicitations de Walsingham en
- faveur du vidame de Chartres.--Vives recommandations en faveur
- de Marie Stuart.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay veu par vostre ample dépesche du
-XXIXe du passé[137], comme les accidens qui sont advenus à Lyon et
-Rouen, et ce que l'on a dict, contre vérité, avoir esté faict à mon
-chancellier, semblablement aussy quelques prises qui ont esté faictes
-à Bourdeaux d'aucuns des vaisseaux des marchans anglois, a grandement
-aigry les gens du conseil de la Royne d'Angleterre et faict incliner
-les humeurs d'aucuns à dissuader ouvertement d'entendre à une
-confédération avec moy. A quoy vous avés sceu et sy bien et prudemment
-répliquer, ensemble à tous les autres propos que vous a tenus la Royne
-d'Angleterre, ma bonne soeur, qu'il ne s'y pouvoit estre rien dict de
-mieux pour la modérer et remètre un peu de la mauvaise impression
-qu'elle a prise de mes actions; s'estant terminé ce que vous avés
-négocié avec elle en la responce qui vous a esté baillée par escrit
-par les gens de son conseil.
-
- [137] Voyez CCLXXVIe dép., tom. V, pag. 138.
-
-Sur laquelle je vous diray que le Sr de Walsingham me fit dire, avant
-hyer, qu'il avoit heu responce de ma dicte bonne soeur sur les trois
-poinctz qu'il luy avoit faict entendre, et qu'il desiroit, à cause que
-son indisposition ne pouvoit pas porter qu'il me vînt trouver, que je
-depputasse quelcung pour aller devers luy. Et, y ayant envoyé le Sr de
-Mauvissière et le secrétaire Brulard, il leur fist un tout samblable
-récist que celluy qui est contenu en l'escript que m'avés envoyé, afin
-de le me fère entandre et luy randre ma responce; ce que j'ay faict,
-ayant esté telle: que, quand au procès concernant la vériffication de
-la conspiration du feu Admiral, il s'instruit touts les jours, et
-pance l'on que, dedans quelque temps, il sera parfaict; mais la seule
-parolle et asseurance que j'ay donnée à la Royne, ma dicte bonne
-soeur, d'avoir esté justement mu de faire faire ce qui a esté exécuté
-à l'endroict du dict feu Admiral et de ses complisses, luy doit
-suffire et satisfaire à son jugemant; autant que tout autre preuve qui
-se pourroit exiber juridiquement faicte, n'y ayant personne au monde
-qui soit meilleur et plus certain juge que moy du bon traictement ou
-de la punission que je dois faire à mes propres subjectz, pour estre
-plus certainement informé que nul autre, comme celluy à qui il touche
-de plus près, de la vérité de leurs déportemens, ainsy que j'ay esté
-assés de ceux du dict feu Admiral, qui m'a faict cognoistre qu'il
-estoit très digne de mort pour les maleureux dessains, qu'il avoit en
-l'entendement, à la subversion de mon estat.
-
-Et pour le regard du second point, concernant la continuation de
-nostre amitié, je prenois au plus grand plaisir, que j'eusse sçu
-recepvoir, d'entandre l'asseurance que ma dicte bonne soeur m'en
-donnoit de nouveau, et de se montrer, en ce regard, autant
-affectionnée à mon endroict que je montrois au sien: qui me confirme
-de plus en plus en la bonne espérance, que j'ay ci devant eue, qu'il
-ne surviendra aucune ocasion qui puisse porter altération à nostre
-dicte amitié; car je suis délibéré de luy faire cognoistre, plus que
-jamais, que je luy suis vray et sincère amy, par tous les meilleurs et
-plus amiables déportemens que je pourray, ainsy que mes effaitz, vrais
-juges de mon intention, en randront bon et certain témoniage; m'estant
-advis que, pour en faire naître entre nous une plus ferme confidence,
-il n'y avoit point de meilleur moyen que d'effectuer le mariage de mon
-frère, le Duc d'Alançon, dont il a esté ci devant parlé à ma dicte
-bonne soeur, lequel la Royne, Madame et Mère, et moy avons tant
-desiré et desirons, comme chose que nous cognoissons estre pour le
-commung contentement de ma dicte bonne soeur et de nous, et l'évidante
-utillité des subjectz de noz deux royaumes, qu'elle s'est résoleue de
-venir volontiers à l'entreveue dont il a esté ci devant parlé.
-
-Il est bien vray que vous vous estiés un peu élargy en cella de dire
-que ma dicte Dame et Mère pourroit passer jusques à Douvres, ou pour
-l'affection que vous avés cogneu qu'elle y avoit, ou pour n'avoir pas
-du tout bien pris ce qui vous en a esté escript: qui est qu'elle
-pourroit aller à Boulogne ou à Calais, et ma dicte bonne soeur, d'un
-autre cousté, venir à Douvres, pour, de là, se résouldre ensamble du
-lieu qui se trouveroit propre et commode pour effectuer la dicte
-entreveue.
-
-Et, quand à la jalousie que ma dicte bonne soeur montre concevoir de
-l'armée du Sr Strossy, encore qu'elle n'ait jamais esté mize sus pour
-faire aucune offance à ses subjectz, ny à pas un de mes amis et aliés,
-sy est ce qu'il s'y peust dire qu'elle est aujourdhui tellement
-rompeue et défaicte par licenciement des gens de guerre, dont elle
-estoit composée, qu'elle n'a aucune occasion d'en entrer en deffiance;
-estans seulement demeurées mes gallaires en Brouaige pour ne pouvoir,
-en ceste sayson, passer à Marseilles, ainsy que je le vous ay mandé
-par mon autre dépesche. De quoy je prie ma dicte bonne soeur de
-demeurer en repos et d'en prendre l'asseurance telle que je la luy
-donnois présentement, ayant de nouveau vouleu escripre par tous les
-portz et hâvres de mon royaulme, oultre la dernière proclamation qui y
-a esté faicte, que l'on laisse en toute liberté traffiquer les
-marchands estrangiers et mesmes les Anglois, qui ne doivent point
-différer de venir à leurs trafficz acoustumés; car je croy qu'il n'y a
-pas ung de mes subjectz qui soit si hardy de les y empêcher, veu ce
-qu'ilz ont assés cogneu combien j'ay cela à coeur. Et ay esté marry de
-ses vaisseaux qui feurent dernièrement arrestés en Brouaige, que le
-baron de La Garde m'a escript et asseuré avoir esté randus et
-restitués suivant le très exprès commandement que luy en ay faict.
-
-Le Sr de Walsingham m'a davantage faict entandre par le Sr de
-Mauvissière et le secrétaire Brulart, comme le vidame de Chartres, qui
-s'est retiré en Angleterre, a déclairé à ma dicte soeur qu'il avoit
-esté contraint d'aviser le fère, sur l'advertissement qui luy feust
-donné, estant demeuré en sa maison de la Ferté, après sauvegarde que
-je luy avois faict dépescher, que le Sr de Saint Léger, avec quelques
-gentilshommes et gens de pied, l'estoit allé chercher pour le prandre;
-l'ayant bien vouleu recepvoir, ma dicte bonne soeur, sur ce qu'il luy
-a faict cognoistre que je le tenois pour bon et fidel serviteur et
-innocent de la conspiration du feu Admiral, ainsi qu'il en faict
-apparoir par lettres que je luy en ay escriptes; me priant ma dicte
-bonne soeur en ceste considération, et pour satisfaire au dict vidame,
-que j'aye agréable qu'il demeure en son royaume pour esviter là toute
-occasion de suspition mauvaize que l'on pourroit avoir contre luy en
-mon royaume, et que, pandant son absence, je le tienne pour bon et
-fidel subject, et luy laisse la jouissance de ses biens, et luy faire
-expédier toutes lettres pour ce nécessaires.
-
-A quoy je luy ay faict faire responce que le dict vidame n'a eu aucune
-occasion de se retirer sur volunté que l'on eust de luy mal faire;
-car, puisque je luy avois faict bailler ma sauvegarde, ce n'avoit
-poinct esté à autre intantion que pour le conserver, ce que je desire
-encores de faire; mais, ne pouvant estre son absence hors de mon
-royaume et retraicte au dict pays, que mal interprêté, et faire penser
-que je ferois mal traicter mes subjects d'Angleterre, je desire qu'il
-revienne de deçà avec asseurance que je luy feray faire tout bon
-traictement. Estant tout ce que j'ay faict respondre au dict Sr de
-Walsingham, qui le fera sçavoir par dellà à ma dicte bonne soeur; vous
-en ayant, à ceste occazion, vouleu advertir bien particullièrement,
-que vous vous trouviés conforme à ce que vous en dirés à icelle ma
-dicte bonne soeur. Et sur ce, etc.
-
-Escript à Paris, le IVe jour d'octobre 1572.
-
- CHARLES. BRULART.
-
-
-Monsieur de La Mothe, l'ambassadeur de la Royne d'Escosse me vint hier
-trouver, et me pria d'envoyer ung gentilhomme exprès vers la Royne
-d'Angleterre, ma bonne soeur, pour la prier, de ma part, d'avoir ses
-affaires pour recommandé, et de ne souffrir qu'il luy soit faict aucun
-nouveau mauvais traictement pour ce qu'il crainct que, à ce parlement,
-il ne soit traicté de quelque chose à son préjudice: ce que je luy ay
-respondu me sembler n'estre à propos de faire en ceste saison, et que
-cella serviroit, possible, plustot à aigrir ma dicte bonne soeur
-contre la dicte Royne d'Escosse.
-
-
-
-
-CXXXII
-
-LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du IVe jour d'octobre 1572.--
-
- Danger qu'il y aurait pour Catherine de Médicis d'accepter une
- entrevue en Angleterre.
-
-
-Monsieur de La Mothe, nous avons aujourdhuy receu vostre dépesche du
-XXIXe du passé, et quelques jours auparavant, j'avois eu celle du
-XVIIIe[138], à laquelle il n'eschet aucune responce, n'estant que
-responsive à mes précédantes dépesches; et aussi d'autant que, par ma
-dernière, vous avés esté à plein satisfaict sur les poincts desquels
-vous désirés estre esclaircy par celle qui vous est faicte
-présentement, il ne vous sera poinct respondu au contenu de la vostre,
-du dict XXIXe, d'autant qu'elle vous est faicte un peu en haste, afin
-de vous envoyer promptement le saufconduict qu'il est besoin estre
-bientost par delà. Ce qui me gardera d'estandre ceste cy plus avant,
-sinon de vous dire, en passant, qu'il semble, par la responce que vous
-a faicte la Royne d'Angleterre touschant nostre entrevue, que nous en
-sommes assés esloignés; car, de passer à Douvres, je pense qu'il n'y a
-guière de personnes qui me le conseillassent au temps où nous sommes,
-et parmi le regret, que monstre porter en son coeur ma dicte bonne
-soeur, des choses qui sont advenues le XXIVe du mois d'aoust passé,
-qui est tout ce que je vous dirai en ce lieu, que je prierai Dieu,
-etc.
-
-Escript à Paris, le IVe jour d'octobre 1572.
-
- CATERINE. BRULART.
-
- [138] Voyez CCLXXVe et CCLXXVIe dép., tom, V, pag. 133 et 138.
-
-
-
-
-CXXXIII
-
-LE DUC D'ALENÇON A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
-(_Escripte de la main de Monseigneur le Duc._)
-
---du VIIIe jour d'octobre 1572.--
-
- Protestation de dévouement à la reine d'Angleterre.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, vous ne sçauriés faire chose qui me soit
-plus agréable que de faire tousjours cognoistre à la Royne
-d'Angleterre l'entière amitié et sincère affection que je luy porte;
-car, comme elle est si parfaicte en son endroict qu'elle peut dire
-avoir maintenant beaucoup plus de puissance sur moy et en pouvoir
-mieux disposer que moy mesmes, qui me suis desdié à la servir et luy
-en obéir de tout mon coeur, aussy desirè je bien qu'elle en cognoisse
-et s'en persuade quelque chose. Et me sera tousjours grand
-contantement, bien qu'il soit mal aisé de luy fère par les parolles
-une assés vive expression et telle qu'elle soit pour correspondre à ma
-vraye affection de penser qu'elle en croye, pour le moingz, une
-partie, et demeure persuadée qu'il n'y aura jamais prince en la
-Chrestienté, qui soit plus à son commandement, et duquel elle puisse
-si librement disposer qu'elle faira tousjours de moy; qui prie Dieu,
-etc.
-
-Escript à Paris, le VIIIe jour d'octobre 1572.
-
-Vostre bon amy.
-
- FRANÇOIS.
-
-
-
-
-CXXXIV
-
-LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XXIIIe jour d'octobre 1572.--
-
- Conférence avec Walsingham.--Desir de Catherine de Médicis que
- l'entrevue ait lieu à Jersey; et que Leicester soit envoyé en
- France.--Son desir de savoir si Élisabeth consentirait à être
- marraine de l'enfant du roi.--Motifs qui doivent dispenser le
- roi de jurer de nouveau le traité d'alliance.--Assurance donnée
- aux marchands anglais qu'ils peuvent continuer à faire le
- commerce en France.
-
-
-Monsieur de La Mothe, attandant que l'on vous face responce à trois ou
-quatre dépesches que nous avons receues de vous, et dont la dernière
-est du XVIIIe de ce moys[139], qui m'a esté apportée présentement, je
-vous ay bien vouleu advertir de la réception d'icelles, et comme
-l'ambassadeur d'Angleterre vint hier parler à moy sur trois poinctz,
-qui avoient esté par vous proposés à la Royne, sa Mestresse:
-
- [139] Voyez CCLXXVIIe, CCLXXVIIIe, CCLXXIXe et CCLXXXe dép. des
- 2, 7, 13 et 18 octobre 1572, tom. V, pag. 152, 160, 164 et 173.
-
-Le premier, c'est l'entrevue en l'isle de Gersay ou de Grènezay, au
-XXe de ce mois, m'alléguant les mesmes raisons et difficultés,
-contenues tant en vostre lettre qu'en la responce que ceux du conseil
-vous ont baillé par escript de sa part.
-
-Sur quoy je luy respondis que ce que j'en avois ainsy advizé estoit,
-pensant que ce fust le plus comode, d'autant que l'on m'avoit dict que
-l'entreveue ne se pouvoit faire sur la mer, et qu'il estoit meilleur
-de la faire en terre ferme, et qu'il me sembloit que je ne pouvois
-choisir lieu plus à propos que celluy là, estant les dictes isles à
-elle, comme elles sont; et, pour le reguard du jour, que ce que j'en
-avois mandé, estoit pensant que la Royne, ma fille, se deust acoucher
-plus tost qu'elle n'a faict, et, cepandant qu'elle eust esté en ses
-couches, je desirois de faire ce voyage, et la dicte entreveue.
-
-Le second est d'envoyer icy le conte de Lecestre ou milord grand
-trésorier pour visitter la Royne, ma dicte fille, en ses couches;
-qu'il pensoit que ce avoit esté faict en intantion de tenir à batesme
-pour elle l'enfant que Dieu donnera au Roy, Monsieur mon filz, et
-qu'elle, n'estant point de nostre religion, n'y pouvoit assister.
-
-Je luy dis, sur ce, que l'on n'avoit point pensé encores de fère
-élection des compères ou commères, jusques à ce que la Royne, ma dicte
-fille, sera acouchée; ains seulement pour le desir que nous avions
-qu'elle, envoyant sur ce prétexte quelcun des grands devers nous, nous
-puissions conférer avec telle confiance avec luy comme si c'estoit
-avec sa personne propre, et qu'elle se peust asseurer que cella ne
-tand à aultre fin que pour l'entretènement de nostre amitié, et luy
-faire entendre nous mesmes particullièrement plusieurs choses pour
-cest effect; et que le Roy Édouard, qui estoit de mesme religion
-qu'elle, avoit bien tenu sur les fonds mon filz le Duc d'Anjou.
-
-Là dessus je desire que, soubs main et plus dextrement que vous
-pourrés, et sans en parler de la part du Roy, Monsieur mon filz, ny de
-la mienne, vous sçachiés son intention, si, la priant d'estre commère,
-elle ne le vouldra pas accepter, et m'en advertir incontinant que vous
-en aurés peu sçavoir sa volonté.
-
-Le troisième, de renouveller le traicté qui a esté dernièrement faict
-entre nous par nouveau sèrement, voyant les choses qui s'estoient
-passées despuis en ce royaume, ce que nous luy avons accordé, selon
-qu'il seroit advizé debvoir estre faict; mais ayant veu despuis, par
-leur responce, comme elle dict qu'il n'y a pas occasion de ce faire de
-sa part, il n'en y a poinct aussy de celle du Roy, Mon dict Sieur et
-filz, d'autant qu'il n'a esté rien faict contre elle et ses subjectz,
-et ne luy a esté donné aucune occasion de penser que nous veuillions
-aucunement enfraindre nostre traicté, et la promesse et sèrement que
-nous avons faict; et si le Roy a esté contrainct de chastier ses
-subjectz rebelles, et qui avoient conspiré contre sa personne et son
-estat, cella ne luy touche aucunement. Et, pour ce qu'ilz disent que,
-voyant les meurtres qui ont esté faictz en plusieurs villes de ce
-royaume par les Catholiques contre les Huguenotz, ils ne se peuvent
-asseurer de l'intantion et volonté du Roy qu'ilz n'en voyent quelque
-punission et justice et ses édictz mieux observés, elle cognoistra
-bientost que ce qui est advenu ès autres lieux que en ceste ville, a
-esté entièrement contre la volonté du Roy, Mon dict Sieur et filz,
-lequel a délibéré d'en faire faire telle pugnition et y establir
-bientost ung si bon ordre que ung chascun cognoistra quelle a esté en
-cest endroit son intantion.
-
-Le dict ambassadeur m'a parlé aussy du peu de seureté que les marchans
-anglois avoient, à présent, pour leur commerce, tant à la Rochelle que
-ez autres portz et hâvres de ce royaume.
-
-A quoy je l'ay asseuré qu'il y sera pourveu dedans peu de jours de
-telle façon qu'elle aura occasion d'en demeurer contante et
-satisfaicte, dont vous serés bientost adverty pour le leur faire
-entandre; aussy que nous avions sceu qu'elle avoit retiré en ses portz
-et hâvres un pirate françois, qui commectoit plusieurs pirateries et
-larcins, que je le priois le mander à la Royne, Sa Mestresse, qu'elle
-le chassast et ne permist plus qu'il y feust, afin que, tant de leur
-cousté que du nostre, ilz ne feussent plus receus ny favorisés en noz
-portz et hâvres; priant le Créateur, etc.
-
-Escript à Paris, le XXIIIe jour d'octobre 1572.
-
- CATERINE. FIZES.
-
-
-
-
-CXXXV
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XXVIIe jour d'octobre 1572.--
-
- Naissance de la fille du roi.--Offre faite à Élisabeth d'en être
- la marraine.
-
-
-Monsieur de La Mothe, ayant pleu à Dieu me faire père d'une fille, je
-vous ay aussytost faict dépescher ce porteur, pour vous prier de
-sentir dextrement si la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, prandra à
-plaisir que je l'envoye prier de la tenir sur les sainctz fondz de
-batesme; et incontinant vous ne faillirés de me ranvoyer ce dict
-porteur et m'en résouldre. Et n'estant ce mot à autre fin, je prierai
-Dieu, etc.
-
-Escript à Paris, le XXVIIe jour d'octobre 1572.
-
- CHARLES. FIZES.
-
-
-
-
-CXXXVI
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du IIIe jour de novembre 1572.--
-
- Mécontentement qu'éprouve le roi de la résistance à laquelle se
- préparent les habitans de la Rochelle.--Déclaration que les
- massacres faits dans les provinces ont eu lieu sans l'ordre du
- roi, et que la punition des coupables sera
- poursuivie.--Remontrances contre les armemens que les
- protestans pourraient tenter en Angleterre.--Protestations
- d'amitié, et déclaration que l'armée de Strozzi est réunie pour
- marcher contre la Rochelle.--Assurance que le légat du pape
- n'est envoyé en France qu'au sujet de la ligue contre le
- Turc.--Desir du roi que sa fille soit tenue sur les fonts de
- baptême par Élisabeth, et que Leicester soit chargé de passer
- en France à cette occasion.--Communication à la reine
- d'Angleterre du jugement rendu contre l'Amiral et ses
- complices.--Satisfaction donnée sur toutes les plaintes des
- Anglais.--Protestation particulière du roi que les massacres de
- Rouen ont été exécutés sans son ordre.--Assurance donnée aux
- protestans réfugiés en Angleterre qu'ils peuvent rentrer en
- France.--Affaires d'Écosse.--Impossibilité où se trouve le roi
- d'accorder à l'ambassadeur son rappel.--_Déclaration du roi_
- concernant ceux de la religion en Normandie.
-
-
-Monsieur de La Mothe, despuis l'ample dépesche que je vous fis le VIIe
-du mois passé[140], j'ay receu les lettres des IIe, VIIe, XIIIe et
-XVIIIe du dict moys, à aucuns poinctz desquelles je vous ay faict
-responce, et par ceste cy je vous satisferay à ce qui reste, et aussy
-à vostre dépesche du XXIIe du dict mois[141], que je receus avant hier
-de vostre secrétère; et vous diray que, comme je congnois fort bien de
-quelle importance m'est la ville de la Rochelle, j'ay faict essayer,
-par tous les moyens les plus doux que j'ay peu, et faict tenter, par
-personnes que j'ay pansé que mes subjectz de la dicte ville auroient
-plus agréables et en qui ils auroient plus de créance et assurance de
-ma bonne volonté, pour essayer de m'y faire obéyr et randre
-l'obéyssance qui m'est deue par voye amiable, dont j'ay esté quelques
-jours en assés bonne espérance; mais il samble maintenant que l'on les
-en dissuade et qu'ilz n'y soient pas si bien disposés que j'espérois,
-dont il me déplaist bien fort: car les ay faict asseurer de tout ce
-qu'il m'a esté possible de leur pouvoir accorder, comme encores je
-fais. Et ay quelque opinion que ce qui les a divertis de la bonne
-volonté où ilz monstroient, il y a quelques jours, d'estre, est que
-l'on leur promect assistance et ayde, de quoy il me déplaist bien
-fort; car si, par la voye amiable, ils ne se réduisent à me randre
-l'obéissance qu'ilz me doibvent, je seray contrainct, à mon très grand
-regret, d'y pourvoir par aultre moyen, délibérant pour ceste occasion
-d'envoyer mon frère, le Duc d'Anjou, de ce costé là, pour leur faire
-faire toutes les persuasions qu'il sera possible, et leur bailler et
-faire toutes les plus grandes seuretés qui se pourront.
-
- [140] Cette lettre manque.
-
- [141] Voyez CCLXXVIIe, CCLXXVIIIe, CCLXXIXe, CCLXXXe et CCLXXXIe
- dép., tom. V, pag. 152, 160, 164, 173 et 180.
-
-Cepandant vous faictes fort bien (aux exagérations qui se font par
-delà, comme j'ay veu par vostre lettre, des choses qui sont icy
-advenues et du grand nombre des personnes que les ministres, qui s'en
-sont fuis en Angleterre ont dict avoir esté tués, tant en l'esmotion
-de ceste ville de Paris que despuis), de persister tousjours à dire
-que ces choses sont advenues contre ma volonté et à mon très grand
-regrect, comme aussy la vérité est telle; et mesmes que ce qui a esté
-exécuté, depuis quelques jours en ça, à Roan et aultres villes, ce a
-esté par meschantes personnes qui ne demandent qu'à piller et qui
-n'ont espargné non plus les biens des Catholiques que ceux des
-aultres, s'ils ont peu mectre la main dessus. Dont je fais poursuivre
-la pugnition exemplaire avec toute la dilligence qui se peut, comme
-en chose qui me déplaist infiniment et dont j'ay bien fort à cueur de
-faire justice.
-
-J'ay bien considéré ce que me mandés de Sores et aultres cappitaynes
-de marine, mes subjectz, qui sont passés de dellà. Je vous prie de
-faire toute l'instance qu'il vous sera possible envers ma bonne soeur,
-la Royne d'Angleterre, à ce qu'ilz n'obtiennent aucune permission
-d'exercer choses semblables qu'ilz ont faictes aux derniers troubles;
-car ce seroit autoriser et donner lieu aux pirateries qui, sans cela,
-s'exercent aujourdhui assés grandes entre l'Angleterre et les costes
-de mes païs de Normandie et Bretaigne, dont il m'est venu plusieurs
-plainctes par les marchands du dict païs de Normandye. A quoy le dict
-Sr de La Meilleraye m'a escript vous avoir envoyé les mémoires pour en
-faire remonstrance à ma dicte bonne soeur; ce que je vous prie de
-faire soigneuzement; luy faisant bien entandre que, comme, de mon
-costé, j'ay porté et porte, ung infiny respect à toutes choses qui
-touchent la conservation de nostre commune amitié, elle veuille aussy,
-de sa part, en faire de mesme, et ne croire aysément gens passionnés
-comme sont les dicts ministres, que me mandés qui sont fuis d'icy à sa
-court: lesquelz, ou leurs semblables, elle vous a aultresfoys confessé
-estre cause de toutes les discentions qui se nourrissent entre les
-peuples, ny aussy les autres impostures qui luy sont proposées pour la
-retirer de mon amitié; estimant que la remise qui vous fut faicte,
-comme j'ay veu par vostre dépesche du dict VIIe du passé, de vous
-donner audience, n'a pas esté du tout fondée sur l'indisposition de ma
-dicte bonne soeur, mais pour avoir plus de temps et de loisir à vous
-faire faire les responces que ceux de son conseil vous ont despuis
-baillées; et voir cepandant ce qui luy seroit mis en avant par les
-depputés du duc d'Alve, et aussy mes déportemens sur la grande doubte
-que me mandés qu'elle a des vaisseaux et gens de guerre qu'a le Sr de
-Strossi.
-
-Sur quoy je vous prie l'asseurer tousjours de ma parfaicte amitié en
-son endroict, et de la sincère affection, que j'ay, de garder et
-observer inviollablement nostre dernier traicté, et que ce qui a esté
-cause que j'ay faict rassembler les forces du dict Strossi, que
-j'avois, pour certain, entièrement licentiées, a esté pour ce que je
-voy que les dictz de la Rochelle, au lieu de l'espérance que j'avois
-qu'ilz seroient si saiges que de se conformer à ma volonté et accepter
-les résonnables offres et conditions que je leur ay envoyées, je veoy
-ce soudain changement en eulx; aussy que j'ay certainement sceu et veu
-par des lettres interceptées que le conte de Montgommery et aultres de
-mes subjectz, qui sont en Angleterre, les asseurent qu'ilz auront
-secrètement tout le secours qu'ilz voudront de la dicte Royne
-d'Angleterre et toute l'assistance qui leur sera nécessaire, sans que,
-pour cella, elle se déclaire à la guerre contre moy. Qui vous prie,
-pour ceste raison, le luy faire entandre et l'asseurer que, comme je
-suis parfaictement résolu d'entretenir la vraye amitié d'entre elle et
-moy, et la secourir, quand elle en aura besoing, contre qui que ce
-soit où elle pourroit avoir affaire de forces, et feût ce pour cause
-de religion; et qu'ayant veu ce que m'avés si souvant escript qu'elle
-vous a partant de fois dict, et que m'a encores asseuré de sa part son
-ambassadeur despuis la dernière esmotion advenue en ceste ville, je ne
-puis penser ny ne veux croire cella d'elle, mais au contraire la
-persévérance de nostre dicte bonne et perfaicte amytié, laquelle j'ay
-tousjours extrême desir et espérance de voir augmenter et randre
-indissoluble entre elle et moy et les miens; vous priant le luy dire
-bien expressément et l'en asseurer; et luy présentant les lettres que
-je vous envoye, sur la créance desquelles vous l'asseurerés aussy que
-le légat du Pape, que Sa Saincteté envoye vers moy, qui doit estre
-bientost par deçà, estoit parti de Rome avant le jour de ces esmotions
-adveneues en ceste ville, et qu'il vient, à ce que j'ay sceu, pour me
-persuader de la part de Sa Saincteté (voyant, par elle, que le Turc
-faict ung grandissime préparatif pour l'année prochaine) d'entrer en
-la ligue, ce que suis délibéré et entièrement résolu de ne pas faire,
-pour ce que mes affaires ne le peuvent maintenant permettre.
-
-Et sera aussy bon et bien à propos que l'asseuriés expressément qu'il
-ne vient pour nulle aultre occasion, luy faisant par mesme moyen
-entandre l'acouchement de ma femme, et comme Dieu m'a donné une belle
-fille, dont vous vous réjouirés de ma part avec elle, et luy dirés la
-charge que je vous ay donnée de ce faire, desirant bien fort que,
-suivant ce que je vous ay, ces jours icy, escript, vous sentiés
-accortement d'elle ou de ses ministres, mais monstrant que ce soit
-comme de vous mesmes, et sans qu'elle ny eux cognoissent que je vous
-en aye escript, si elle auroit agréable que je l'envoyasse prier
-d'envoyer tenir ma dicte fille sur les sainctz fonds de bastême par le
-Sr conte de Lecestre; car je pense que cella, ainsy que j'ay aussy veu
-par une de voz lettres, seroit bien à propos et ung vray moyen, comme
-m'escripvés, de renouveller la vraye et entière amitié d'entre elle et
-moy et noz subjectz; car je m'asseure que, y envoyant pour elle le
-dict Sr conte de Lecestre, ce ne seroit pas sans qu'elle luy donnast
-aussy bien expresse charge de la négociation ez laquelle nous
-desirons, il y a desjà si longtemps, veoyr quelque heureuse fin, ny
-aussy sans que le dict Sr conte de Lecestre s'en retournât fort
-contant, et qu'il ne se prînt avant son partement par mesme moyen
-quelque bonne résolution en la dicte négociation de mariage.
-
-Et encores que je ne sois tenu randre aulcun compte à qui que ce soit
-de mes actions, toutesfois, pour faire veoir clèrement à la dicte
-Royne la malheureuse délibération du feu Admiral et de ses adhérans,
-je vous envoye le jugement qui a esté donné contre eux, par lequel
-elle verra clèrement comme ma court de parlement a jugé, avec toute
-intégrité, ainsy qu'elle a accoustumé, les dictz conspirateurs; en
-laquelle conspiration, comme il s'est deuement vériffié, ilz avoient
-délibéré (qui ne les eût bien soudain prévenus) de venir exécuter
-jusques en mes chasteaux ceux qu'ilz avoient en inimitié, et
-n'esparnier aussy mes frères et la Royne, ma mère, voire s'adresser à
-moy mesme, ou, pour le moingz, me retenir en leur puissance et
-miséricorde. Et ne sçay qu'ilz eussent faict s'ilz se feussent veus
-plus avant; car ilz avoient desjà adverty en toutes leurs esglizes de
-prandre les armes, dont les plus près debvoient estre icy dedans deux
-ou trois jours après.
-
-Sur quoy je remets à vous de vous estendre ou restreindre selon
-l'occasion, et ainsy que verrés qu'il sera à propos, vous conformant à
-ce que je vous en ay cy devant escript; l'asseurant aussy, par mesme
-moyen, que, suivant ce que j'estime que son ambassadeur luy aura faict
-entendre, j'ay faict faire incontinant entièrement à sa satisfaction
-les expéditions sur les trois articles que m'a présanté son
-ambassadeur, ainsy que verrés par les apostilles escriptz sur les
-marges d'iceux, desquels et des dictes expéditions je vous envoye
-aussy les doubles, voulant que la priez de ma part, et ceulx de son
-conseil, de faire samblable bonne expédition et justice à mes pauvres
-subjectz, qui se pleignent journellement à moy et à mon conseil des
-déprédations qui se font sur eux par les subjectz d'icelle Royne;
-estant bien ayze que les marchans anglois soient partis pour la flotte
-des vins, m'asseurant qu'ilz ne recevront aucun desplaisir, mais, au
-contraire, seront receus et recueillis aussy humainement et seurement
-en tous les endroictz de mon royaume qu'ilz sçauroient desirer.
-
-Ne voullant, au demourant, oublier de vous respondre aux propos que
-vous ont tenus ces trois seigneurs du conseil de la dicte Royne; je
-vous diray, sur ce qu'ilz dient que j'ay commandé, comme aucungz les
-ont asseuré, faire l'exécution de ce qui est adveneu à Rouen, que
-c'est une imposture bien grande; car, tant s'en fault, qu'au contraire
-j'escrivis, par plusieurs fois, fort expressément au Sr de Carrouges
-de garder, par tous moyens, qu'il n'advînct au dict Rouen aulcune
-esmeute, et, Dieu m'en est tesmoing, combien j'ay de regret que les
-personnes qui n'avoient intelligence des mauvaises conspirations des
-chefz de la dicte relligion ayent souffert et pâty, m'asseurant que
-vous ouïerés bientost parler de la justice exemplaire qui en sera
-bientost faicte au dict Rouen.
-
-Quant aux nouvelles de Rome, se sont aussy impostures, à quoy l'on ne
-doit prandre guarde, mais, au contraire, penser, comme chacun sçait,
-que je ne donne charge de mes affaires au dict Rome qu'à mon
-ambassadeur.
-
-Quand à ceux de mes subjectz qui se sont retirés de delà, vous avés
-très bien faict, comme j'ay veu par une de vos dictes dépesches,
-d'avoir remonstré à la dicte Royne que je ne puis que cella ne me
-déplaise, attandu qu'ilz ont plus de seureté par toutes les provinces
-et villes de mon royaulme qu'ilz n'ont en Angleterre, veu les doubtes
-où est icelle Royne d'eulx ou des estrangers qui sont en son dict
-royaume; et puisqu'elle en faict faire descriptions, c'est signe
-qu'elle mesme n'en a pas grande asseurance. J'ay faict une ordonnance
-qui sera bientost publiée, par laquelle ilz verront ma bonne
-intention, et comme je ne veux ny n'entans qu'il leur soit faict aucun
-tort ny desplaisir ez leurs personnes et biens, ce que encore vous
-pourrés dire à ceux de mes dictz subjectz qui parleront à vous, afin
-de les faire revenir, comme je desire qu'ilz fassent, dedans ung mois
-après la publication d'icelle.
-
-Et quand à ce que vous a dict le Sr de Coulombières, je m'esbahis bien
-comme il s'en est allé, veu que j'estois si contant de luy et de sa
-réduction et contamplation, de laquelle je luy fis envoyer une
-sauvegarde bien ample; mais j'ay entandu que c'est le conte de
-Mongommery et ceux qui se sont retirés ez isles de Jerzay et Grènezay
-qui l'avoient envoyé devers la Royne d'Angleterre, de laquelle il en a
-raporté résolution de les assister, avec plusieurs dépesches et
-lettres qu'elle a escriptes et envoyées par le dict Coulombières, dont
-il sera bon que vous vous enquériés secrètement pour m'en donner
-advis; et des autres menées qui se font à mon préjudice par ceux de
-mes dictz subjectz qui sont par delà, à quoy je m'asseure que vous
-fairés tout ce qu'il vous sera possible pour y pénétrer bien avant et
-aussy de la volonté que la dicte Royne a devers eux. Et advenant que
-le dict Coulombières retournât où vous estes, ou que luy puissiés
-escripre, asseurés le que, s'il veut retourner en sa maison, et se
-conformer à ma volonté tant bonne et saincte, il y sera receu et
-pareillement ceulx de mes aultres subjectz qui auront ceste bonne
-volonté, se pouvans tous asseurer de vivre à repos et sans estre
-aucunement inquiétés ni molestés, en mon royaulme, et ne fault point
-qu'ilz en ayent aucune fraïeur; car, sur mon honneur, et en vérité, il
-ne leur sera faict aucun tort ni desplaisir.
-
-J'attans icy bientost les sieurs Du Crocq et de Vérac pour entandre
-d'eulx les particullarités des affaires d'Escosse; mais cepandant,
-pour ce que Quillegrey, qui y est encores demeuré, tâchera, comme j'ay
-sceu qu'il commance, de faire tout ce qu'il pourra contre ceux du bon
-party pour maintenir et advantager le conte de Mar et ceux de son
-party, et diminuer, par ce moyen, tousjours le plus qu'il pourra,
-l'auctorité de ma belle soeur, la Royne d'Escosse, il est besoing que
-quelquefois vous escripviés en Escosse aux seigneurs qui y sont bien
-affectionnés au bon party, et au lair de Granges et à Ledinton, et les
-conduisiés à ce que verrés qu'ils auront à faire pour le bien de mon
-service, seureté de Lislebourg et autres places qu'ilz tiennent, et
-aultres choses concernans le bien et les advantages de ma dicte belle
-soeur, laquelle il sera bon que vous recommandiés tousjours doucement
-à icelle Royne et à ceux de ses ministres qui luy sont le moingz
-rigoureux; mais j'entans, si voyés que le trouviés à propos, et que
-cella ne puisse nuire à mes affaires et aux siens.
-
-J'ay veu aussy ce que m'escripvés pour vostre congé, que véritablement
-je serois, comme il est résonnable, bien contant de vous donner pour
-venir donner ordre à voz affaires; mais, considérant le temps et
-l'estat des miens en vostre charge, je ne le vous puis accorder sans
-les incommoder et préjudicier beaucoup. Voilà pourquoy je vous prie
-demeurer encore pour quelque temps par delà et jusques à ce que nous
-voyons quelz chemins prandront la négociation du mariage, le faict du
-commerce et les affaires qui naissent à présent, qui ne sont pas de
-petite importance, ausquelz ung autre seroit bien nouveau; aussy que
-la dicte Royne d'Angleterre, si je vous révoquois, pourroit penser que
-ce feust pour quelque aultre occasion qui peut estre l'altèreroit;
-priant Dieu, etc.
-
-Escript à Paris, le IIIe jour de novembre 1572.
-
- CHARLES. PINART.
-
-
- INSTRUCTION mandée par le Roy aux gouverneurs de Normandie de ce
- qu'ils auront à faire vers ceulx de la nouvelle religion.
-
- --du IIIe jour de novembre 1572.--
-
- Le Roy, ayant congneu que la déclaration qu'il a faicte sur les
- occasions qui se sont puis naguières présentées en ceste ville de
- Paris, les mémoires et instructions de sa volonté qu'il a
- envoyées de toutes partz aux gouverneurs de ses provinces et
- lieutenans généraux en icelles, et lettres particullières qu'il
- leur a escriptes et à ses courtz de parlements et aultres
- ministres et officiers de justice, n'ont peu, jusques icy,
- empescher les cours des meurtres, pilleries et saccagements qui
- se sont faictz en la plupart des villes de ce royaulme, au grand
- desplaisir de Sa Majesté:
-
- Advise, pour le plus singulier remède, envoyer tous les dictz
- gouverneurs en chascung de leurs dictz gouvernementz, asseuré
- que, attendu leur qualité et le pouvoir qu'ils ont de Sa Majesté,
- ilz sçauront bien faire suyvre et observer son intention, de
- laquelle, pour en estre plus amplement esclarcie, Sa dicte
- Majesté a faict dépescher ses lettres patentes qui leur seront
- baillées, lesquelles il entend qu'ils facent exactement observer;
- oultre le contenu desquelles, monseigneur le duc de Bouillon,
- gouverneur et lieutenant général de Sa dicte Majesté au pays et
- duché de Normandye, et en son absence, Mr de Carrouges, l'ung des
- lieutenantz de Sa dicte Majesté au dict gouvernement, fera venir
- devers luy les gentilzhommes de la nouvelle opinion résidans en
- son gouvernement et charge;
-
- Leur dira que le vouloir et intention du Roy est de les
- conserver, eux, leurs femmes, enfans et famille, les maintenir en
- la possession et jouissance de leurs biens, pourveu que, de leur
- part, ilz vivent paisiblement, rendans à Sa Majesté l'obéissance
- et fidélité qu'ilz luy doivent, ce que faisant, le Roy aussy les
- gardera qu'ilz ne soient, par voye de justice ny autrement,
- inquiétez ny molestez en leurs personnes ni biens, pour raison
- des choses faictes et passées durant les troubles, devant l'édict
- de paciffication au moys d'aoust 1570.
-
- Après, les admonestera amiablement de ne persévérer plus
- longuement en l'erreur des nouvelles oppinions, et de revenir à
- la religion catholique, se réconciliant à l'Eglise apostolique et
- romaine, en la doctrine et obéissance de laquelle le Roy et ses
- prédécesseurs et leurs subjectz ont tousjours sainctement vescu,
- et ce roïaulme s'est heureusement conduict et maintenu, leur
- remonstrant les malheurs et calamitez qu'on a veuz en ce dict
- royaulme, depuis que ces nouvelles oppinions sont entrez aux
- espritz des hommes; de combien de maulx elles ont esté causes;
- qu'elles ont desmys ceux qui en ont esté imbuz du droict chemin
- qu'avoient tenu leurs ancestres; elles les ont faict séparer
- premièrement de l'Église et, en après, de leurs plus proches
- parens; se sont aussy esloygnez du service de leur Roy, voire de
- l'obéissance et fidellité qu'ilz luy doibvent, comme l'on a veu
- depuis ce règne;
-
- Que, jaçoit que les autheurs et chefz de ceste part ayent voulu
- couvrir leurs actions du tiltre de la religion ou de conscience,
- toutesfois les oeuvres et effectz ont assez monstré que le nom de
- religion n'estoit qu'ung masque pour couvrir toutes les
- machinations et désobéissances, et, soubz ce prétexte, assembler,
- suborner et gaigner gens, les abstraindre, et par serment faire
- jurer en la cause, soubz ce tiltre de religion, et par telle voye
- les distraire de la naturelle affection qu'ilz doibvent à leur
- Roy, conséquamment de son obéissance, estant assez notoire que,
- quelque commandement qu'ayt peu faire le Roy à ceux de la
- nouvelle oppinion ilz ne luy ont obéy, depuis son règne, synon
- aultant qu'il playsoit à leurs chefz; au contraire, quand leurs
- dictz chefz ont commencé prendre les armes, s'eslever, s'emparer
- des villes, brusler les églises, piller et saccager, bref, de
- troubler tout le royaulme, le remplir de feu et sang, ceulx qui
- s'estoient ainsy desvouez de les suivre oublyoient toute loyauté,
- tout devoir de bons subjectz, pour obéyr et exécuter leurs
- commandementz;
-
- Lesquelles choses sy les dictz gentilzhomes veulent bien
- considérer, ilz jugeront facilement combien seroit leur condition
- malheureuse et misérable, s'ilz persévéroient plus longuement en
- leur erreur; car ilz peuvent bien d'eulx mesmes estimer que le
- Roy, enseigné par l'expérience de tant de dangers dont il a pleu
- à Dieu préserver luy et son estat, ayant esprouvé les malheurs et
- calamitez que ce royaulme a souffertes et les entreprinses des
- chefz de ceste cause, leurs adhérans et complices, ne se servira
- jamais volontiers, ny ne se fiera d'un gentilhomme, son subject,
- qui tiendra oppinion en la religion aultre que la catholique; en
- laquelle ainsy le Roy, suivant ses prédécesseurs, veut vivre et
- mourir.
-
- Il vent aussy pour oster toutes défiances entre ses subjectz,
- pour estaindre la source de discorde et séditions, que tous ceux
- principalement des gentilzhommes, desquels il se sert en lieux
- plus honnorables, qui desireront estre de luy recongneuz pour
- bons et loïaulx subjectz, qui vouldront avoir sa bonne grâce et
- estre de luy employez ès charges de son service, selon leurs
- degrez et qualitez, facent profession et vivent, dorsenavant, en
- mesme religion que la sienne;
-
- Ayant esprouvé que jamais les discordes et guerres civiles ne
- cesseront en ung estat, où il y aura diversité de religion; et
- qu'il est impossible à ung roy maintenir en ung mesme royaulme
- ceste répugnance de religion, qu'il ne perde la bienveillance et
- obéissance de ses subjectz;
-
- Voire que ceux qui seront de religion répugnante à la sienne ne
- desirent en leur coeur que changement de roy et estat.
-
- Par les raisons susdictes et autres, les dictz Srs de Buillon ou
- Carrouges pourront amener, et à mesme fin s'efforceront à
- persuader à la noblesse, et aultres personnes qualiffiez de la
- dicte nouvelle oppinion, de retourner d'eux mesmes et de leur
- franche volonté à la religion catholique, et de abjurer la
- nouvelle, sans attandre plus exprès éedictz et commandementz du
- Roy: car, en quelque sorte que ce soit, le dict Seigneur est
- résollu faire vivre ses subjectz en sa religion, et ne permettre
- jamais ny tollérer, quelque chose qui puisse advenir, qu'il y ayt
- aultre forme ny exercice de religion en son royaulme que de la
- catholique.
-
- Le dict Sr duc de Buillon ou le dict Sr de Carrouges communiquera
- aux gens de la court du parlement du dict pays la déclaration de
- Sa dicte Majesté, affin qu'ilz entendent quelle est son intention
- et la bonne fin à laquelle elle tend, au bien, repos et réunion
- de ses subjectz, pour par le dict Sr duc de Buillon ou le dict
- Sr de Carrouges et la dicte court de parlement, à laquelle Sa
- Majesté envoyera bientost semblable déclaration, estre procédé de
- mesme pied et commune intelligence et correspondance à l'effect
- que dessus, à ce que le fruict, repos et utillité en puisse
- réussir tel que Sa Majesté desire, non seulement pour ce qui la
- peult regarder, mais pour l'universel de son royaulme.
-
- Les baillifz et séneschaux, qui ne sont de la qualité requise,
- passeront procuration pour résigner dedans ung moys leurs offices
- à gentilzhommes capables, de la qualité portée par l'éedict sur
- ce faict, qui les pourront tenir et exercer; et à faulte de ce
- faire, Sa Majesté les desclare, dès maintenant comme lors, privés
- de leurs offices, et affin qu'ilz n'aient occasion de couleur de
- remise et excuse, elle entend et leur permet qu'ilz puissent
- résigner leurs dictz estatz, sans pour ce païer aulcune finance.
- Tous baillifz et séneschaux résideront en leurs bailliages et
- séneschaussées sur peyne de privation, et où ilz ne pourront ce
- faire pour autres empeschemens, seront tenus de résigner; ce que
- Sa dicte Majesté entend pareillement qu'ilz puissent faire sans
- payer finance.
-
- Tous archevesques et évesques résideront sur leurs bénéfices, et
- ceux qui, par vieillesse ou aultre indisposition de personnes, ne
- pourront prescher et annoncer la parolle de Dieu, et eulx mesmes
- édiffier leur peuple, et faire leurs autres fonctions appartenans
- à leur charge et dignité, seront tenus de prendre et choisir ung
- coadjuteur pour les soullager et s'emploïer au debvoir de leur
- charge, auquel coadjuteur ilz assigneront pension honneste et
- raisonnable, telle qu'elle sera advisé selon les fruictz et
- revenu du dict bénéfice. Les curez résideront pareillement sur
- leurs bénéfices ou seront admonestez de les résigner à aultres,
- qui résideront par personnes, et feront le debvoir de leur
- charge. Les archevesques et évesques s'informeront de ceulx qui
- tiendront les abbayes, prieurez, cures et autres bénéfices, qui
- sont en leurs diocèses, de quelle qualité ilz sont, et le debvoir
- qu'ilz rendent en l'administration de leurs bénéfices, dont ilz
- feront procès verbal qu'ilz métront ès mains des gouverneurs qui
- les envoyeront, puis après, à Sa Majesté, pour y pourvoir ainsy
- qu'elle verra estre besoing; feront résider actuellement les
- curez ès lieux de leurs cures, ou commettront en icelles d'autres
- personnes capables selon les dispositions canoniques.
-
- Fait à Paris, le IIIe jour de novembre 1572.
-
- CHARLES. PINART.
-
-
-
-
-CXXXVII
-
-LE ROY A LA ROYNE D'ANGLETERRE.
-
---du IIIe jour de novembre 1572.--
-
- Lettre de créance donnée à l'ambassadeur.--Déclaration du roi
- qu'il veut continuer l'alliance avec Élisabeth.--_Articles_
- présentés par l'ambassadeur pour cette négociation, et réponses
- de la reine d'Angleterre.
-
-
-Très haulte, très excellante et très puissante Princesse, nostre très
-chère et très amée bonne soeur et cousine, encores que vous ayes peu
-cognoistre par les effectz et par les déclarations que nous avons
-faictes à vostre ambassadeur, dont il vous aura adverty, l'affection
-grande, que nous avons, de continuer et persévérer en la vraye et
-parfaicte amityé qui est entre nous deux, nos royaumes, païs, terres
-et subjectz, selon le dernier traité faict entre nos commis depputés
-et ambassadeurs; toutesfois desirans tousjours vous confirmer et
-fortiffier en ceste assurance, et afin que, de vostre part, vous
-veuillés aussi nous correspondre en cella, comme nous n'en doubtons
-aucunement, veu le tesmoignage qui nous en ont, despuis peu de jours,
-esté randus par vostre ambassadeur, nous avons donné charge au Sr de
-La Mothe Fénélon, chevalier de nostre ordre et nostre conseiller et
-ambassadeur résidant par dellà, vous faire, en cest endroict, entendre
-aucunes choses de nostre part dont nous vous prions le croire, et luy
-adjouster foy, en cest endroict, comme à nous mesmes; qui prions Dieu,
-très haulte, etc.
-
-Escript à Paris, le IIIe jour de novembre 1572.
-
- Vostre bon frère et cousin.
-
- CHARLES. PINART.
-
-
- NOTA. Deux lettres de créance furent écrites, le même jour, dans
- les mêmes termes, par la royne-mère et par le duc d'Anjou.
-
-
- ARTICLES PRÉSENTÉS A LA ROYNE D'ANGLETERRE
- par Mr de La Mothe Fénélon, et responses faictes, au nom de la
- Royne, par milord de Burgley.
-
- --du XVIIe jour de novembre 1572.--
-
- Par une dépesche du Roy, du troysiesme de ce moys, au Sr de La
- Mothe Fénélon, son ambassadeur, il luy a mandé présenter une
- sienne lettre à la Royne d'Angleterre, sa bonne soeur, et une
- autre de la Royne, sa mère, et encores une aultre de Monseigneur,
- frère de Sa Majesté, lesquelles estantz en créance sur le dict
- ambassadeur, il a expliqué sa dicte créance à Sa Majesté et aux
- seigneurs de son conseil aux articles qui s'ensuyvent:
-
- _Art._ 1er. Le premier est comme le Roy, sur les couches de la
- Royne Très Chrestienne, sa femme, qui sont premières et ont esté
- heureuses et sans aucun danger, et sur la naissance d'une petite
- princesse leur fille qu'il a pleu à Dieu leur donner, il a bien
- voulu faire une espécialle conjouyssance avec la Royne
- d'Angleterre, sa bonne soeur, comme avec celle d'entre tous les
- princes et princesses de la Chrestienté qu'il s'asseure que reçoit
- plus de plaisir d'entendre ses prospérités, et qu'il la prie de
- vouloir desjà mectre ceste sienne petite parante au roolle de ses
- meilleures alliées, et des plus certaynes confédérées, comme sont
- tous les aultres de ceste couronne.
-
- _Réponse._--Au premier, Sa Majesté a respondu à Monsieur
- l'Ambassadeur.
-
- _Art._ 2. Qu'il la prie de croire qu'il persévère et persévèrera
- très constamment en la résolution qu'il a prinse, d'entretenir à
- jamays la vraye et parfaicte amitié qu'il luy a jurée, et
- observera droictement tous les poinctz du traicté qui est entre
- eulx, et la secourra, quand elle en aura besoing, contre qui ce
- soit au monde, et fut ce pour cause de religion; et qu'il se
- resjouyt infiniment de ce que par les responces qu'elle a faictes,
- icy, au dict Sr de La Mothe, et par celles qu'elle luy a faictes
- faire à luy mesmes, par delà, par le Sr de Walsingham, depuis
- l'évènement des choses de Paris, elle luy a renouvellé, et luy a
- confirmé la semblable persévérance de sa part vers luy, ce qui luy
- entretient bien vifve, et à la Royne, sa mère, l'espérance de
- l'aultre bon propos de Monseigneur le Duc, son frère, et leur
- augmente, de plus en plus, à tous eulx, l'extrême desir qu'ilz ont
- de le veoir bientost effectuer; dont, touchant ces deux poinctz,
- il requiert que, quant à celuy de la confédération, il plaise à la
- Royne, sa bonne soeur, d'accomplir ce qui reste des deux articles
- du commerce et de la paix d'Escosse, affin qu'on ne puisse, cy
- après, arguer le traicté d'invalidité comme n'ayant sorty à
- effect; et, quant à l'alliance, qu'elle luy vueille fère et à la
- Royne, sa mère, entendre la plus ample déclaration de sa volonté,
- ainsy qu'ilz l'ont attendues, et attendent, depuis plusieurs jours
- en ça, avec très grande dévotion, et la souhaitent de tout leur
- cueur estre bonne.
-
- _Réponse._--Sa Majesté desire en toutes sortes entretenir et
- parfaire le tretté, et faire dresser une estape de merchandises en
- quelque lieu en France; mais qu'en ayant parlé et faict parler par
- les seigneurs de son conseil à leurs merchans, ilz les ont trouvés
- le plus estrangiez et plus esmerveillez du monde de ce que, après
- tant de massacres et murtres faictz en France, Sa dicte Majesté et
- ses dicts conseillers leur parlent de dresser estape et traffiquer
- par dellà; disans que, puysque le Roy n'a tenu à ses propres
- subjectz ce qu'il leur avoit promiz par l'éedict de paciffication,
- à plus forte rayson ne s'y doibvent ilz, qui sont estrangiers, et
- ne veulent s'y fyer jusques à tant qu'ilz verront que les choses
- soient mieux paciffiées en France, et qu'il y ait meilleur
- ordre;--Touchant la paix d'Escoce, que Sa Majesté pense que la
- paix feust desjà conclue sans la mort du régent, mais qu'elle a
- entendu, par lettres de Me Quillegrey, que toutz ceulx de la
- noblesse du dict pays se doibvent assembler, au quinziesme de ce
- mois, pour pourvoir, tant sur la forme du gouvernement du pays que
- sur la paix, et, par aultres lettres de ceulx du party du Roy,
- que, si la paix ne se conclud, que cella vient de France, y ayans
- ceulx du chasteau de Lislebourg des ministres, et mesmes le
- cappitaine d'icelluy, son frère, et aultres, desquelz ilz ont eu
- advertissement de ne rien accorder et qu'ilz auront tout secours
- de France.
-
- _Art._ 3. Que cependant le Roy, pour ne laisser la dicte Dame, sa
- bonne soeur, incertayne touchant l'oppinion qu'elle pourroit avoir
- de luy, sur ce qui est advenu contre le feu Admiral et les siens,
- encores qu'elle et tous les autres princes du monde s'en deussent
- rapporter à la simple parolle de luy, qui en doibt le seul compte
- à Dieu et non à aultre, si a il voulu donner à elle ceste
- espécialle satisfaction que de luy envoyer les jugementz et arrêtz
- que sa court de parlement de Paris a donnez contre le dict Admiral
- et deux de ses complices, sur les preuves, vériffication et
- confession du faict, selon que la dicte court ne juge jamays
- aultrement; et qu'il s'est trouvé que la conspiration avoit esté
- véritablement faicte (s'ilz n'eussent esté bientost prévenuz),
- d'aller exécuter jusques dans le logis du Roy ceulx qu'ilz
- réputoient leurs ennemys, et n'espargner la personne de la Royne,
- sa mère, ny celle de Messieurs ses frères, voire s'adresser à luy
- mesmes, ou pour le moins le retenir en leur puissance, et se
- rendre si fortz près de luy qu'il n'eust peu dire sinon qu'il
- estoit à leur mercy et discrétion; en quoy s'ilz en fussent allez
- jusques là, il ne sçayt s'ilz n'eussent passé plus avant, car ilz
- avoient desjà mandé à tous ceux de leur religion de prendre
- incontinent les armes, et à ceux qui estoient les plus prestz de
- se rendre, le IIIe jour, dans Paris; dont il remect bien au bon
- jugement de la Royne, sa bonne soeur, de considérer à quelle
- extrémité alloient les choses, et si Dieu n'a pas usé d'une
- singulière grâce et d'une espécialle protection vers luy de
- l'avoir délivré et les siens, et son estat, d'ung si éminent
- péril; et que Dieu luy est tesmoing que nul, soubz le ciel, se
- fust plus opposé que luy à la ruyne de l'Admiral et de ceux qui
- ont souffert avec luy, s'il n'eust esté meu contre eulx de
- l'extrême nécessité de ce dangier.
-
- _Réponse._--Sur le 3e, Sa Majesté en remet le tout au Roy.
-
- _Art._ 4. Qu'il veult bien donner compte à la Royne, sa bonne
- soeur, comme le Pappe envoye le cardinal Ursin, légat devers luy,
- lequel estoit party de Romme avant la blessure et la mort du feu
- Admiral, et que tout ce qu'il a peu entendre de sa commission est
- qu'il le vient prier et presser d'entrer en la ligue contre le
- Turc, entendant le merveilleux et extrême appareil de guerre que
- le dict Turc faict pour furieusement assaillir, ceste année
- prochayne, par mer et par terre, la Chrestienté, de quoy le Roy a
- bien voulu faire entendre à la dicte Dame le grand regret qu'il y
- a, et quelle est son intention et délibération là dessus.
-
- _Réponse._--Au 4e, que Sa Majesté trouve bonne la négociation du
- dict cardinal Ursin sur la ligue contre le Turc; mais qu'elle
- verra bien s'il y négociera aultre chose ou contre elle ou contre
- ses affères, et y pourvoyrra.
-
- _Art._ 5. Que touchant l'armée du dict Sr Strossy, qu'il est très
- certain qu'en septembre dernier il l'avoit cassée, veoyant qu'il
- n'apparoissoit, d'aucun endroict de son royaulme, qu'il y deust
- avoir mouvement, et, grâces à Dieu, les choses ne monstrent qu'il
- y en doibve encores avoir beaucoup; néantmoins, de tant que ceux
- de la Rochelle monstrent de se vouloir opiniastrer, cela et non
- aultre occasion l'a contrainct de la fère rassembler et mectre sus
- de rechef, afin que, s'ilz ne se ravisent, il mecte ordre, commant
- que ce soit, que l'auctorité luy en demeure; ayant dellibéré d'y
- envoyer Monsieur d'Anjou, son frère, pour les admonester de leur
- debvoir, avec les plus honnestes conditions et les meilleures et
- plus grandes seuretez qui se pourront adviser; et, si ces gracieux
- moyens n'ont lieu, lesquelz, desjà une fois, ilz avoient monstré
- de les vouloir accepter et encores en font quelque semblant, il y
- employera, à la fin, la force. A quoy il aura ung extrême regrect
- qu'il en faille venir à tant: néantmoins il a délibéré ne cesser
- qu'il n'en soit venu à bout.
-
- _Réponse._--Que Sa Majesté desire infinyement qu'iceulx de la
- Rochelle rendent toute l'obéyssance qu'ilz doibvent au Roy, et
- qu'elle mettra peyne de les y exorter, et vouldroit bien avoir
- quelque asseurance pour leur donner de soy mesmes, et mesmes à
- ceulx là qui se sont adressez à elle, qui disent qu'ilz ne se
- peuvent aulcunement fier au Roy, veu mesmes que, ayant esté publié
- en France plusieurs éedictz pour fère retourner ceulx de la
- religion en leurs maysons, pour y vivre paysiblement, despuys les
- massacres advenuz à Paris, ceulx qui s'y sont fiez et s'en sont
- retournez en leurs dictes maysons y ont esté tuez.
-
- _Art._ 6. Qu'il estime que la difficulté qu'ilz font procède plus
- de la persuasion d'aultruy et de l'espérance qui leur est donnée
- de ne debvoir estre habandonnez, que de volonté qu'ilz ayent de se
- rebeller, car il a sceu et a veu, par aulcunes lectres qui ont
- esté naguières interceptées, comme le comte de Montgommery et
- aulcuns aultres françoys, qui sont par deçà, leur mandent et les
- asseurent bien fort qu'ilz auront, soubz main, tout le secours
- qu'ilz voudront de la Royne d'Angleterre, et toute l'assistance
- qui leur sera nécessaire de son royaulme, sans que; pour cela,
- elle se déclare à la guerre contre luy. Ce qu'il n'a creu en façon
- du monde, ains a jugé incontinant que cela procédoit de la passion
- de ceux qui escripvoient les lectres, et plustost s'asseure il de
- tirer toute ayde et faveur d'elle en ce qu'il aura besoing; ny
- pareillement n'a creu que ce soit par sa commission que aucuns
- capitaynes de mer, françoys, ayent, ainsy qu'on luy a dict, équipé
- en guerre quelques vaisseaux par deçà, et se soient associez avec
- d'aultres capitaynes de mer, angloix, pour conduire ceste
- praticque, et pour empescher la navigation, comme desjà ilz la
- troublent beaucoup ez costes de Normandie et Bretaigne, ainsy que
- plusieurs plainctes luy en viennent tous les jours.
-
- Sur quoy il suplie la Royne, sa bonne soeur, et la conjure, au nom
- de la parfaicte et loyalle amitié que, devant Dieu et les hommes,
- ilz se sont sainctement et fort solemnellement jurée l'un à
- l'autre, que, comme il a eu, et a, et ne veult cesser d'avoir,
- durant tout son règne, ung singulier respect à tout ce qui pourra
- en quelque sorte concerner Sa Majesté et tous les poinctz de leur
- mutuelle ligue et le repos de son royaulme, qu'il luy plaise, de
- son costé, avoir le mesmes esgard vers luy; et que, sans
- s'arrester aux persuasions des gens passionnez, ny aux inventions
- controuvées pour luy engendrer des scrupules et deffiances dans le
- cueur, elle veuille persévérer ez bons termes de la vraye et
- inthime amitié qui est commancée entre eux, comme, de sa part, il
- y demeurera immuable à jamais, et qu'elle vueille passer oultre à
- l'aultre unyon qui s'en fera indissoluble par ceste plus estroicte
- alliance, laquelle luy et la Royne, sa mère, et tous ceux de leur
- couronne persistent de desirer plus instamment que jamays, et y
- ont plus d'affection qu'à chose qui soit aujourdhuy au monde.
-
- _Réponse._--Sur le 6e, qu'ayant le comte de Montgommery escript à
- Sa Majesté, dez le commancement, bien au long, son infortune et
- callamité, et prié de permettre qu'il vînt devers elle, Sa dicte
- Majesté le luy auroit reffuzé, et qu'estant cejourduy venu le dict
- comte en ceste dicte ville, il ne sçayt pourquoy ni à quelles
- fins;--Et pour le regard de ces capitaynes françoys, qui ont
- équipé en guerre quelques vaysseaulx par deçà, que Sa Majesté n'en
- a rien sceu, et que icelluy milord de Bourgley prie Monsieur
- l'Ambassadeur de luy nommer tant les dicts capitaines que les
- portz et hâvres où ilz se sont équipez, pour en fère fère telle
- poursuyte et punition contre les gardiens et aultres qui auroient
- baillé faveur ou permission de ce fère que le dict Sieur
- Ambassadeur en sera contant.--En ce qui concerne l'aultre unyon,
- que Sa Majesté entend du mariage, qu'elle a naguières receu
- lettres, et le dict Sr Bourgley aussi, de Mr de Walsingam, par
- lesquelles il mande que, en une audience qu'il a eu de la Royne
- Mère, parlant de ce faict, et expressément de l'entreveue, il a
- trouvé la dicte Dame si réfroydie sur ce point qu'il luy semble le
- faict estre à n'en plus parler.
-
- _Art._ 7. Qu'il est très marry qu'on ayt rapporté aux seigneurs du
- conseil d'Angleterre qu'il ayt commandé faire ny le massacre de
- Rouan ny les aultres qui ont suivy depuis ez aultres lieux; car
- c'est la plus grande imposture et la plus faulce calomnye qui ayt
- esté jamais mise sus à nul prince, ayant au contraire, par
- plusieurs foys, escript à ses lieutenantz et gouverneurs et
- nommément au Sr de Carouges à Rouan, qu'ilz eussent à prendre très
- soigneusement garde que ces désordres n'advînsent; lesquelz l'on
- craignoit assez, veu l'insolence d'aucunes meschantes personnes
- qui avoient le cueur au sang et au pillage, et qui n'ont espargné
- les biens des Catholicques non plus que des Huguenotz; et que
- Dieu, devant lequel il chemyne, luy est tesmoing qu'il a ung
- mortel regret que pas ung de ceulx qui n'avoient intelligence avec
- les chefz de la conspiration ayent souffert, et que bientost l'on
- onyra parler de la punition exemplaire qui sera faicte à Rouan et
- aultres lieux contre les autheurs de ces violances.
-
- _Réponse._--Sur le 7e que Sa Majesté s'en remect au Roy.
-
- _Art._ 8. Que, au regard de ce que Mr le cardinal de Lorrayne a
- faict inscripre à Romme sur la porte de l'hostel Sainct
- Louys[142], ce n'est chose où l'on doibve avoir esgard, car l'on
- sçayt assez que ce n'est ny du sceu ny du commandement du Roy, qui
- n'a accoustumé de négocier ses affaires au dict lieu que par son
- ambassadeur.
-
- [142] Voyez le texte de cette pièce, ci-dessus, page 341.
-
- _Réponse._--Sur le 8e, que Sa Majesté trouve ceste responce fort
- froyde, toutesfoys qu'elle la reçoit, puisqu'elle vient du Roy; et
- qu'elle ne peult croyre qu'estant le dict Sr cardinal de Lorrayne
- le premier éclésiastique, premier du conseil du Roy, et premier de
- la noblesse de France, qu'il ayt tant présumé de soy que d'ozer
- rien faire publier à Rome sans le sceu et commandement du Roy.
-
- _Art._ 9. Et quant aux françoys qui ont passé en ce royaulme,
- lesquelz monstrent s'y estre retirez pour cause de leur religion,
- qu'il desire qu'ilz s'en retournent paisibles en leurs maisons, et
- qu'ilz y seront bien traictez, et que, sur son honneur et sur la
- foy et vérité qu'il doibt à Dieu, il ne le leur sera faict aucun
- tort ny desplaisir.
-
- _Réponse._--Sur le 9e, que Sa Majesté desire infinyement qu'ilz
- s'en retournent en leurs maysons et qu'ilz rendent toute
- obéyssance au Roy; mais que, de les y contraindre, elle s'en
- sentiroit grandement chargée en sa conscience, si ilz y avoient
- mal, et en penseroit estre cause; mais qu'elle gardera bien que
- eulx ny aultres, quelz qui soyent, ny attempteront ny pratiqueront
- rien contre le Roy et son honneur, ny de faict ny de parolle.
-
- _Art._ 10. Qu'il a faict expédier au Sr de Walsingham les lectres
- patentes et provisions qu'il luy a demandées pour l'accommodement
- des affaires des Angloix en son royaulme, et qu'il prie la Royne
- d'Angleterre, sa bonne soeur, de croire qu'en nulle part de la
- terre habitable, ses marchandz et subjectz ne trouveront de plus
- seur accez, plus de faveur, plus de bon recueil, plus de bon et
- libre commerce, plus de bonne expédition de justice et tout bon
- traictement qu'ilz feront en la France et en tous les endroictz
- d'icelle; et qu'il a plaisir que la flotte pour les vins soit
- allée à Bourdeaux, y ayant mandé de la bien et favorablement
- recueillir; et il suplie aussi la dicte Dame, sa bonne soeur, de
- commander une semblable bonne expédition de justice à ses subjectz
- par deçà; car il en reçoit tous les jours beaucoup de plainctes.
-
- _Réponse._--Sur le 10e, que Sa Majesté n'a encores rien entendu de
- ses merchandz, qui sont allez à Bourdeaux, comme ilz ont esté
- traictez, et qu'estans de retour, sellon ce qu'ilz rapporteront à
- Sa Majesté du trettement qu'ilz y auront receu, elle randra
- responce au dict Sieur Ambassadeur.
-
-
-
-
-CXXXVIII
-
-LE ROY A LA ROYNE D'ANGLETERRE.
-
---du XIXe jour de novembre 1572.--
-
- Remerciemens à raison de l'acceptation qu'a faite Élisabeth du
- titre de marraine.
-
-
-Très haulte, etc., nous avons tousjours tant estimé de la bonne
-affection que vous nous portés et au bien de noz affaires, que vous ne
-recepvrés jamais que plaisir de ce qui nous pourra apporter
-contantement; mais encores en avons nous tant plus de témoiniage par
-la démonstration de l'aize que vous avés faicte sur la nouvelle que
-vous avés eue que Dieu nous a donné une fille, ainsi que nous avons
-sceu par les dernières lettres que nous a escriptes le Sr de La Mothe
-Fénélon, nostre ambassadeur par dellà, qui nous faict croire que vous
-feriés tenir en vostre nom, avec l'Impératrice, sur les sainctz fondz
-de batesme nostre dicte fille, et en donnerés la charge à personne
-convenable; dont nous vous prions tant et si affectueusement que fère
-pouvons, ne desirans rien davantage que la continuation et
-fortiffication de nostre mutuelle amityé; à quoy nous adjousterons, de
-nostre part, tout ce que nous penserons y pouvoir servir, ainsi que
-vous dira plus particullièrement le Sr de Mauvissière, chevallier de
-nostre ordre, que nous envoyons exprès par dellà, lequel nous vous
-prions croire de ce qu'il vous en dira de nostre part comme feriez à
-nous mesmes; priant Dieu, très haulte, etc.
-
-Escript à Paris, le XIXe jour de novembre 1572.
-
-Vostre bon frère et cousin.
-
- CHARLES. PINART.
-
-
-
-
-CXXXIX
-
-LA JEUNE ROYNE A LA ROYNE D'ANGLETERRE.
-
---du XIXe jour de novembre 1572.--
-
- Prière à la reine d'Angleterre pour qu'elle consente à tenir
- l'enfant du roi sur les fontz de baptême.
-
-
-Très haulte, etc., le Roy, nostre très honnoré Seigneur et espoux,
-envoyant le dict Sr de Mauvissière, chevallier de son ordre, présent
-porteur, par delà, pour vous prier, de sa part, d'estre contante de
-faire tenir en vostre nom, sur les sainctz fonds de batesme, la belle
-petite fille qu'il a pleu à Dieu nous donner, nous avons bien voulleu
-par luy mesmes vous faire pareille requeste, de nostre costé, avec
-ceste asseurance que vous l'aurés bien agréable. Nous vous prions donc
-que vous veuillés estre l'une des marraines de nostre dicte fille, et
-envoyer de deçà personne convenable pour cest effect. En ce faisant,
-nous recepvrons ceste faveur à grand et singullier plaisir pour nous
-en revancher en toutes les occasions qui s'en pourront jamais
-présenter, oultre que ce sera pour, de plus en plus, fortiffier ceste
-vraye et parfaicte amitié qui est de présent, et espérons en Dieu que
-continuera à tousjours, entre ceste couronne et la vostre, comme vous
-entendrés plus avant du dict Sr de Mauvissière, sur lequel nous en
-remettant, nous prierons Dieu, très haulte, etc., vous avoir en sa
-très saincte et très digne garde.
-
-Escript à Paris le XIXe jour de novembre 1572.
-
-
-
-
-CXL
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du IIIe jour de décembre 1572.--
-
- Prochaine arrivée du seigneur envoyé d'Allemagne par l'empereur
- et l'impératrice pour le baptême.--Desir du roi qu'Élisabeth
- envoie promptement le seigneur qui doit la
- représenter.--Arrivée du légat du pape; protestation du roi que
- la reine d'Angleterre n'a rien à craindre de la négociation
- dont il est chargé.--Délibération au sujet de l'Écosse.--Envoi
- fait à l'ambassadeur d'un livre pour être distribué
- secrètement.
-
-
-Monsieur de La Mothe, en attendant que je vous renvoye Sabran,
-j'accuseray la réception de voz deux dépesches, des IXe et XVe du mois
-passé[143], et vous diray par ceste cy qu'ayant ci devant envoyé
-devers l'Empereur, Monsieur mon beau père, et l'Impératrice, Madame ma
-belle mère, pour les advertir de la grâce qu'il a pleu à Dieu me faire
-de me donner une belle fille, et pour prier ma dicte belle mère de la
-tenir sur les sainctz fondz de baptesme, j'ay eu nouvelles qu'ilz ont
-dépesché et envoyé par deçà le Sr de Caen, grant escuyer du dict Sieur
-Empereur, pour faire cest office en son nom; lequel est party et
-s'achemine pour estre bientost icy; qui me faict desirer et prier que
-vous faciés en sorte que la Royne d'Angleterre, Madame ma bonne soeur
-et cousine, envoye aussy, pour ce mesme effect, bientost par deçà,
-celluy qu'elle advisera pour y arriver ainsi et en mesmes temps que le
-dict grand escuyer, affin que le baptesme de ma dicte fille se face,
-comme je desire, incontinent après la prochaine feste des Roys;
-auquel jour j'ay aussy escript à mon oncle, Monsieur de Savoye, se
-trouver pour estre le compère.
-
- [143] Voyez CCLXXXIVe et CCLXXXVe dép., tom. V, pag. 196 et 200.
-
-Je vous diray, au demeurant, que le léguat de Nostre Sainct Père le
-Pape est, despuis huict ou neuf jours, arrivé en ceste ville. Il me
-vint hier veoir, l'ayant honnorablement receu, estant le respect que
-mérite la personne de celluy de la part de qui il est envoyé. Je
-m'asseure que son arrivée pourra bien apporter quelque nouveau doubte
-à ma bonne soeur et cousine, la Royne d'Angleterre, pour les discours
-et faulx bruictz que font courrir ceux qui desirent altérer nostre
-amityé; mais je vous prie l'asseurer, et ses ministres, que je suis si
-fermement résolu à persévérer en l'amityé d'entre elle et moy, et
-entrettenir entièrement nostre dernier traicté, qu'elle se peut
-asseurer que, de mon costé, il ne sera jamais faict chose qui y puisse
-rien diminuer ni innover.
-
-Je feray bientost une résolution sur les affaires d'Escosse et vous
-renvoyeray incontinant le dict Sabran; priant Dieu, etc.
-
-Escript à Paris, le IIIe jour de décembre 1572.
-
- CHARLES.
-
-
-Monsieur de La Mothe, je vous envoyé une douzaine de livres d'une
-espistre faicte par Carpentier, que je desire qui soit secrètement
-publiée et faicte courir de main en main, sans que l'on saiche que
-cella vienne de vous ny de moy; mais que l'on dye et croye qu'elle a
-esté imprimée en Allemaigne. Je vous y en envoyerai, d'icy à quelque
-temps, qui seront en françois, dont il faudra que faciés de mesme.
-
- CHARLES. PINART.
-
-
- NOTA.--A partir de cette époque, la correspondance du roi avec la
- Mothe Fénélon se trouve imprimée dans les _Additions aux Mémoires
- de Castelnau_, tom. III, pag. 263 à 283. Nous ne donnerons, ici,
- que les lettres inédites. On peut consulter, dans le recueil
- précité, les lettres du roi des 9, 10, 19, 22 et 23 décembre
- 1572, et une lettre du duc d'Anjou, en date du 19 décembre,
- pièces nos I à VIII.
-
-
-
-
-CXLI
-
-LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du Xe jour de décembre 1572.--
-
- Espoir que le baptême sera l'occasion d'un renouvellement
- d'alliance.--Desir de Catherine de Médicis pour que
- l'ambassadeur fasse tous ses efforts afin de ramener à la
- soumission les protestans réfugiés en Angleterre.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, j'espère, comme vous, que, s'il y a
-espérance que la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur et cousine, doibve
-demeurer en amitié avec nous, qu'il se verra aisément en l'occasion
-qui se présente d'envoyer par deçà pour le baptesme de ma petite
-fille, que je prie Dieu qui soit ocazion de renouer, à bon essiant, le
-propos du mariage d'elle et de mon filz le Duc, qui en est infiniment
-servitteur affectionné, et est devenu grant et fort, de sorte qu'il
-est tout homme et ne dispariroit plus, comme elle craignoit, auprès
-d'elle; car il est fort changé depuis qu'elle disoit que l'on l'eust
-prins pour son filz. Je vous prie, Monsieur de La Mothe, adviser, par
-ous les bonst moyens que pourrés, remettre si bien ce propos que nous
-y puissions voir clair bientost, car, si elle veult espérer d'avoir
-des enfans, il est temps de se résouldre à se marier.
-
-Nostre baptesme ne se peust faire qu'ung peu après les Roys, d'autant
-que Monsieur de Savoye, qui y viendra en personne, ne sauroit estre
-guières devant ce temps là par deçà, et cepandant, si vous pouviés
-remettre le dict propos de mariage, et que celluy qui viendra par
-deçà pour cest effect eust quelque charge pour en négocier avecque
-nous, ce seroit ung grand bien et ung grand heur que deux si bonnes
-oeuvres se peussent faire ensamble. Je vous asseure que nous ne
-faudrions pas de vous envoyer moyen de fère force présentz et grâces à
-ceulx qui nous y aideront, si nous cognoissons que l'on y marche de
-bon pied et franchement.
-
-Je vous prie de fère, aussy dextrement que avés acoustumé, ce que vous
-est commandé envers ceulx des subjectz du Roy, Monsieur mon filz, qui
-sont par deçà, qu'ilz reçoivent les honnestes et raisonnables
-conditions qui leur sont offertes, et que s'asseurent, sur nostre
-honneur, qu'il ne leur sera faict mal ny déplaisir ez personnes ny
-biens, et aussy que la dicte Royne n'assiste ceux de la Rochelle. Vers
-les susdictz l'on uze tousjours de tous les honnestes et gracieux
-moyens dont l'on se peust asseurer pour les atirer à se recognoistre
-et à accepter les asseurances qu'il est possible de desirer de leurs
-vies et biens et repos, à jamais, se conformant à la volonté du Roy,
-Mon Seigneur et filz.
-
-Escript à Paris, le Xe jour de décembre 1572.
-
- CATERINE PINART.
-
-
-
-
-CXLII
-
-LE DUC D'ALENÇON A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
-(_Lettre escripte de la main de Monseigneur le Duc._)
-
---du Xe jour de décembre 1572.--
-
- Vive assurance de reconnaissance envers
- l'ambassadeur.--Protestation de dévouement envers la reine
- d'Angleterre.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, je n'auray jamais tant de bien que
-celluy, que j'attendz tous les jours, d'avoir cest heur que je puisse
-sçavoir que la Royne d'Angleterre m'ait en sa bonne grâce, et qu'elle
-pregne en bonne part l'afection et délibération que j'ay de luy faire
-toute ma vie service. Vous pouvés beaucoup en cella; car j'ay esté
-asseuré qu'elle et ses principaux ministres, vous aymans et estimans
-comme ilz ont occasion, pour avoir esté ung sy honneste et agréable
-ministre du Roy, Mon Seigneur et frère, auprès d'elle, feront beaucoup
-pour vous, si vous voulés soigneusement, comme je vous en prie, à
-toutes occasions asseurer ceste princesse de ma grande et perfectement
-vraye affectionnée bonne volonté envers elle, et la supplier de me
-départir ses bonnes grâces et me recepvoir en icelles, comme son bon
-et loyal serviteur, et à ce propos, luy baiser les mains de ma part,
-toutes et quantes foys qu'en verrés l'occasion; et je prieray Dieu,
-etc.
-
-Escript à Paris, le Xe jour de décembre 1572.
-
- Votre bien bon amy. FRANÇOIS.
-
-
- NOTA. Les lettres suivantes, datées de 1573, étaient inédites.
- Elles complètent la correspondance publiée par Le Laboureur, dans
- les _Additions aux Mémoires de Castelnau_. Voyez ce que nous
- avons déjà dit à ce sujet dans les prolégomènes, tom. 1, pag.
- XLI, et dans l'avis qui précède ce volume.
-
- Voici la liste des lettres datées de 1573, et imprimées par Le
- Laboureur, tom III, pag 283 à 372, nos VIII à LXXXII.
-
- _Lettres du roi_ des 23 janvier; 5, 7, 13, 23 février; 1er, 4,
- 17, 19, 21, 26, 29 mars; 21, 24, 25, 29 avril; 18, 24, 25 mai;
- 23, 29 juin; 1er, 6, 15, 20 juillet; 5 août; 15 octobre; 4, 11,
- 24, novembre; 2, 5, --, 14 et 29 décembre 1573.
-
- _Lettres de la reine-mère_ des 23 janvier; 5, 7, 13, 23 février;
- 30 mars; 21, 29 avril; 23 juin; 15 juillet; 28 novembre; 22 et 29
- décembre 1575.
-
- _Lettres du roi de Pologne_ des 18, 20 juillet; 23 septembre
- et -- _novembre_ 1573.
-
- _Lettres du duc d'Alençon_ des -- _avril_; -- _septembre_; 4
- novembre; 22 et 29 décembre 1573.
-
-
-
-
-CXLIII
-
-LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
-(_Post-scriptum inédit._)
-
---du XXIIIe jour de janvier 1573.--
-
- Vive assurance d'amitié de Catherine de Médicis à l'égard
- d'Élisabeth.
-
- (_Adjousté de la main de la Royne._)
-
-
-Je vous prie faire mes recommandations à la bonne grâce de la Royne
-d'Angleterre, et luy dire que je ne croyrai jamais que, pour avoir le
-Roy, mon filz, mis sa vie et son royaulme en seuretté, qu'elle ne nous
-ayme et ne nous soit la bonne soeur et asseurée amie que nous luy
-voullons estre, et que je la prie que, à ce coup, nous cognoissions,
-par sa résolution sur le propos de mon fils le Duc, sa bonne volonté.
-
- CATERINE.
-
-
-
-
-CXLIV
-
-LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XXIIe jour de febvrier 1573[144].--
-
- Instances pour que l'ambassadeur empêche Élisabeth de déclarer la
- guerre.--Recommandation pour les affaires d'Écosse.
-
-
-Monsieur de La Mothe, le Roy, Monsieur mon filz, vous esclarsit si
-amplement de son intention qu'il n'est besoin vous en faire redire.
-Aussy ne sera ceste ci que pour vous prier presser le plus que vous
-pourés le faict du mariage, et toutesfois si à propos que nous y
-puissions voir clair le plus tost qu'il sera possible; et au
-demeurant, entretenir si bien la Royne d'Angleterre que, si elle
-estoit persuadée, et qu'elle eust quelque mauvaise volonté de nous
-faire entretenir à la guerre, qu'elle puisse changer sa délibération,
-et se résouldre à nous aymer comme nous l'aymons, de nostre part, de
-tout bon cueur, et qu'elle et nous observions et entretenions nostre
-dernier traicté entièrement. Je vous recommande aussy les affaires
-d'Escosse, à quoy il est nécessaire qu'ayés soigneusement l'oeil, et
-nous sera plaisir que nous donniés incontinent advis de l'estat où s'y
-retrouvent toutes choses; priant Dieu, etc.
-
-Escript à Paris, le XXIIe jour de febvrier 1573.
-
- CATERINE. PINART.
-
- [144] Le Laboureur n'a donné, sous cette date, que le
- post-scriptum de cette lettre.
-
-
-
-
-CXLV
-
-LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du Ier jour de mars 1573.--
-
- Desir du roi de conserver la paix avec Élisabeth et les princes
- protestans d'Allemagne.--Nécessité de découvrir leurs projets
- afin de se tenir prêt à la guerre, si elle devenait nécessaire.
-
-
-Monsieur de La Mothe, voz deux dernières dépesches des XIIIe et XVIe
-du mois passé[145], nous mettent en peyne pour ce que, par l'une, nous
-ne sçaurions desirer plus d'honnestes parolles de la continuation de
-l'amitié d'entre la Royne d'Angleterre et le Roy, Monsieur mon filz,
-et, par l'aultre, qui est la dernière, vous nous représantés beaucoup
-de choses qui nous font craindre le contraire; avecque les autres
-advis que nous avons d'ailleurs.
-
- [145] Voyez CCCe et CCCIe dép., tom. V, pag. 253 et 258.
-
-Voilà pourquoy Mon dict Sieur et filz vous faict entandre le desir
-qu'il a d'en estre esclairsi; et, de ma part, je vous prie mettre
-peyne de voir clair, et nous en advertir incontinent; car, si la dicte
-Royne se vouloit déclairer, ou que, sans y mettre son nom, elle y
-employât ses subjectz, vaysseaulx et moyens, soubs prétexte de noz
-subjectz mal affectionnés, il seroit très nécessayre que pourveussions
-d'heure à l'armement de quelques vaysseaulx, oultre ce qui est du
-costé de la Rochelle, pour l'expugnation de laquelle il ne se pert une
-seule minute d'heure de temps, comme vous escript bien amplement Mon
-dict Sieur et filz, qui me gardera de vous en faire redite. Mais, vous
-priant, pour la fin, que vous regardiés surtout le moyen qu'il y a de
-mettre quelque bonne fin en la négociation du propos de mariage; car,
-continuant, il n'y a chose que nous desirions plus, ni qui soit tant
-nécessaire pour le bien des affaires de la dicte Royne et de ses
-principaulx ministres, que cella, ny aussy, à vous dire vray, qui nous
-confirme plus d'amitié avec les princes de la Germanye comme nous
-desirons, délibérant Mon dict Sieur et filz de faire aussy envers eux,
-pour establir une vraye et parfaicte amitié, ce qu'il pourra, affin de
-leur oster l'oppinion mesmes qu'avoit icelle Royne que ayons faict
-ligue pour leur coure sus; chose à quoy je ne consentiray jamois,
-desirant l'amitié des princes et princesses, noz voisins et voysines,
-plus que nul aultre chose. Mais aussy, après que nous avons faict tout
-ce qui se peut pour ceste occazion, si nous recognoissions que l'on
-contemnast nostre dicte amitié, je ne serois pas d'advis de nous
-soucier guières de ceux qui n'en feroient poinct de cas.
-
-Pénétrés le plus avant que vous pourrés ez occazions des voyages que
-se font fère si fréquentement, de l'ung à l'aultre, la dicte Royne et
-les dictz princes, et nous en donnés advis et aussy des aultres
-occazions; priant Dieu, etc.
-
-Escript à Saint Léger, le premier jour de mars 1573.
-
- CATERINE. PINART.
-
-
-
-
-CXLVI
-
-LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XIVe jour de mars 1573.--
-
- Affaires d'Écosse.--Nécessité de protéger Édimbourg.--Inquiétudes
- sur le silence de Mr de Vérac.--Recommandation de la
- négociation du mariage.
-
-
-Monsieur de La Mothe, je vous prie, suivant ce que le Roy, Monsieur
-mon filz, vous escript[146], regarder de faire tout ce que pourrés
-pour conforter ceux qui sont dedans le chasteau de Lislebourg, car il
-est bien à craindre que le comte de Morton les force, s'ilz n'ont esté
-secoureus de ce que le frère du lair de Granges a receu pour leur
-porter, dont je vous prie nous escripre au vray des nouvelles; et
-pareillement de l'arivée de Vérac, auquel vous ne devés faire
-difficulté d'escripre que nous sommes bien esbahis d'estre si
-longtemps sans avoir de ses nouvelles et que nous en sommes en peyne.
-J'estime que la Royne d'Angleterre ne vous refuzera pas ung passeport
-pour envoyer quelqu'ung qui ayt entendement devers les Anglois. Vous
-manderés, de bouche, ce que verrés qui sera à propos, et luy vous en
-mandera aussy, de sa part; ou bien, si voyés qu'il n'y eût poinct de
-danger, vous vous escriprés l'ung à l'aultre en chiffre. Il est très
-nécessaire d'avoir l'oeil de ce costé là, suivant ce que vous mesmes
-escripvés. Voylà pourquoy je vous prie de rechef y fère tout ce qu'il
-vous sera possible, et nous escripre, le plus tost et le plus souvant
-que vous pourrés, les responces que vous avés eues sur les lettres que
-vous avons escriptes par Vérac pour le faict du mariage, pour lequel
-je vous prie uzer de tous les moyens qu'il vous sera possible affin
-que en ayons l'heureuze fin que desirons, car toutz les aultres
-affaires ne sauroient que bien aller si cestuy là réussist; priant
-Dieu, etc.
-
-Escript à Paris, le XIIIIe jour de mars 1573.
-
- CATERINE. PINART.
-
- [146] Voyez Castelnau, tom. III, pag. 309.
-
-
-
-
-CXLVII
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XXIIIe jour d'apvril 1573.--
-
- Audience accordée au docteur Dale, nouvel ambassadeur.--Audience
- de congé donnée à Walsingham.--Nouvelles de l'expédition de
- Montgommery.--Plaintes contre les secours qui lui ont été
- fournis en Angleterre.--Surveillance qu'il importe d'exercer
- sur les projets des protestans.--Desir du roi que Mr de Vérac
- ou Sabran puissent passer en Écosse.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, le Sr Valentin Dale, nouveau ambassadeur
-de la Royne d'Angleterre, me vint trouver avant hier, après disner, et
-la Royne, Madame et Mère, aussy, avec lettres de croyance qu'il nous
-présenta de la part de la dicte Dame Royne, et visitta aussy la Royne,
-ma femme. Son propos ne fut que de la bonne et syncère affection que
-icelle Dame, sa Maistresse, porte à l'entrettènement de nostre
-mutuelle amitié, selon nostre dernier traicté. Sur quoy je n'oubliay à
-luy déclarer bien expressément combien j'y avois de bonne et droicte
-intention. Par mesme moyen, le Sr de Walsingam qui y estoit aussy,
-print congé de moy, et, en ce faisant, me dict qu'il avoit une
-vollonté très parfaicte de faire tous bons offices non seullement pour
-voir continuer l'amitié d'entre icelle Dame Royne et moy, mais aussy
-pour l'augmenter aultant qu'il sera possible; et me promit qu'il
-tiendra la main, de tout son pouvoir, à ce que les propos du mariage
-d'elle et de mon frère, le Duc d'Alençon, puissent réheussir à
-l'heureuse fin que nous desirons; voyant le dict Sr de Walsingam,
-comme il nous a déclaré, qu'il n'y a point de meilleur et plus certain
-moyen pour estreindre l'amitié et l'union entre ces deux couronnes et
-rendre noz amitiés parfaictes et indissolubles, que le dict mariage.
-
-Ce que nous luy avons bien confirmé pour estre cella très véritable,
-et, sur ce, faict fort expresse démonstration de la droicte intention
-que nous y avons, affin qu'il en asseure la dicte Dame Royne, sa
-Maistresse, quand il sera par delà, comme, de luy mesmes, il s'y est
-offert; disant à ma dicte Dame et Mère qu'il espère bientôt revenir
-avec une bonne occasion, en ce royaulme, de nous faire un bon
-servisse: qui s'entend pour le faict du dict mariage et entretènement
-de nostre dict dernier traicté.
-
-Nous avons baillé au dict Sr de Walsingam la responce que nous faisons
-aux lettres que nous avons receues d'elle, desquelles je vous envoye
-les doubles, enclos avec la présente. Le dict Sr de Walsingam s'en
-retourne fort content et bien affectionné, comme il démonstre, à
-faire, quand il sera par delà, tous bons offices. Aussy en a il toutes
-les occasions qu'il est possible; car il a receu, pendant sa
-résidence, toutes les honnestes faveurs qu'il pouvoit desirer par
-deçà, et, à son partement, il luy a esté faict présent d'une fort
-belle chaine de mil escus, oultre les deux présents qu'il a eus à la
-conclusion et fermement de nostre dict traicté.
-
-Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fénélon, je vous diray comme le
-comte de Montgomery arriva près de la Rochelle dès dimanche dernier,
-sur les quatre heures du soir, où il pareust avec environ cinquante
-vaisseaux, et mouilla l'ancre à la portée du canon de mon armée
-navalle et de la terre, du costé du dict lieu de la Rochelle, pour
-essayer de secourir la ville; mais, à ce que m'escript mon frère, le
-Duc d'Anjou, j'espère qu'il n'en rapportera que la honte; mes gallères
-et vaysseaulx estant fort bien pourveus d'hommes, et de tout ce qui
-leur est nécessaire, et attiltrés à la faveur de deux forts, que mon
-frère a faict édiffier aux deux costés de l'embouscheure du hâvre de
-la dicte Rochelle; de sorte que je ne redoubte pas beaucoup le dict
-Montgomery. Mais l'occasion, pour laquelle j'ay advisé vous faire
-incontinent ceste dépesche, est pour ce que je sçay entièrement que Me
-Hacquins et pleusieurs anglois sont avecque luy, ayants la Prime Rose
-et plusieurs aultres vaisseaulx appartenants, ou qui ont appartenu à
-la Royne d'Angleterre; et davantage que tous les dictz vaysseaulx ont
-arboré et portent les croix rouges droictes, comme ont accoutumé les
-gens de guerre de la dicte Royne d'Angleterre, chose dont je croy bien
-qu'elle désavouera le dict de Montgomery, et les anglois qui sont
-avecque lui. Toutesfois cela luy touche grandement, et ne puis que je
-n'en demeure fort mal édiffié, comme estant cella directement contre
-nostre dernier traicté, la foy et promesse que nous nous sommes jurée,
-et expressément promise l'un à l'aultre, et qu'elle et ses ministres
-vous ont, ces jours icy, si souvent encores réittérée.
-
-Voilà pourquoy je vous prie aller incontinent trouver la dicte Royne
-et le luy faire entendre, taschant, aultant qu'il vous sera possible,
-à vous esclercir sur ce avec elle, et apprendre le plus que vous
-pourrés de ses délibérations pour m'en donner incontinent advis par ce
-porteur; et pour ce que, tout ainsy que l'on vous a par delà tousjours
-asseuré que icelle Royne ne se mesloit poinct des entreprinses du
-dict Montgomery, mais au contraire qu'elle avoit, suivant la bonne
-amitié d'entre elle et moy, faict tout ce qu'elle a peu pour luy
-traverser et nuire, ayant empesché ses subjects de se mettre avec luy
-pour me venir faire la guerre, le dict Walsingam m'en a, de mesme,
-tousjours ainsy parlé et à la Royne Ma dicte Dame et Mère, et fort
-affirmativement asseuré.
-
-Au surplus, encore qu'il ait prins congé de moy, et que je luy aye
-faict faire le présent de mille escus, ainsi que je vous ay escript,
-je luy ay escript, et au docteur Dale son successeur, la lettre de
-laquelle je vous envoye le double, espérant qu'il sera icy demain, et
-que je parleray à luy de tout cessy, affin qu'il le puisse faire
-entendre, de ma part, à icelle Royne, sa Mestresse; dont cepandant je
-vous ay bien vouleu advertir par ce porteur exprès, affin que, s'il en
-escrivoit quelque chose par delà qu'il pensât que je le voulleusse
-rettenir, que vous, asseuriés bien qu'il est en toute liberté, et que,
-aussytost que j'auray parlé à luy de cest affaire, il pourra, quand il
-voudra, s'acheminer en Angleterre, sans qu'il luy soit faict aulcun
-tort ny desplaisir, ni donné davantage de retardement.
-
-J'ay veu l'ordre qu'avés donné pour faire advertir mon frère, le Duc
-d'Anjou, des délibérations du comte de Montgomery; mais ce n'est pas
-assés que cella. Je desire et vous prie de n'espagner deux ni trois
-cens escus, pour envoyer gens aux ports et hâvres, où s'assemblent les
-vaisseaux qui doivent aller avec le dict Montgomery, et en y ayés
-plusieurs qui ne sçachent rien les uns des autres, comme je vous ay cy
-devant escript; affin que soyez mieux et plus seurement adverty et que
-me puissiés donner advis de tout. Il en faudra aussy envoyer au lieu
-où s'arment les dictz grands vaisseaux d'icelle Royne, et seroit bon
-que en eussiés pareillement du costé de Varwich pour voir quel
-équipage il s'y faict pour l'entreprise d'Escosse; où je desire bien
-que Vérac s'achemine pour le bien de mon servisse, ou, si la dicte
-Royne ne veut qu'il y aille, d'en estre résolleu pour y en envoyer
-quelque aultre. Et cependant je desirerois que y fissiés passer Sabran
-bien instruict de vous et du dict Vérac, affin qu'il y fist le mieux
-qu'il pourroit pour le bien de mon servisse, sellon les dépesches que
-nous vous avons cy devant faictes et la charge qu'avons donnée au dict
-Vérac; priant Dieu, etc.
-
-Escript à Fontainebleau, le XXIIIe jour d'apvril 1573.
-
-
-Il est très nécessaire que vous fassiés toute la plus grande
-dilligence que pourrés pour envoyer Vérac ou Sabran en Escosse, car il
-importe grandement, pour le bien de mon service, que je y aye
-quelqu'un, affin d'entrettenir tousjours ceux qui me sont bien
-affectionnés de la bonne vollonté qu'ilz ont aux affaires qui me
-concernent, et à tout ce qui dépend des traictés et alliances d'entre
-les Escossois mes prédécesseurs et moy.
-
- CHARLES. PINART.
-
-
-
-
-CXLVIII
-
-LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XXVe jour de may 1573.--
-
- Nouvelle de l'élection du duc d'Anjou comme roi de Pologne.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, nous avons présentement eu advis que mon
-filz, le Duc d'Anjou, a esté esleu Roy de Poloigne, les Ve et VIe de
-ce moys, par la commune voix et voeux par escript de trois parts, dont
-les quatre font le tout, de tous les évesques, palatins et noblesse
-du dict royaulme, de sorte qu'il ne restoit plus que les voeux à
-publier, comme il se debvoit faire dedans trois jours après. Et, ainsi
-que l'on nous escript, il n'y a poinct de difficulté que la dicte
-élection ne soit publiée et résolue, dont je vous ay bien voullu
-advertir en dilligence, affin que, si cella peut servir, comme je ne
-doubte pas qu'il ne fasse, à l'affaire de mon fils le Duc, et pour
-nous faire avoir la bonne responce de la Royne d'Angleterre que nous
-espérons pour le faict du mariage, vous usiés de ces bonnes nouvelles
-envers la dicte Royne et ses principaux ministres, comme vous verrés
-qu'il sera à propos, pour leur représenter la grandeur et moyen qu'ont
-ceux de ceste maison de la maintenir et assister, vous estendant sur
-ce subject, comme je m'asseure que sçaurés très bien faire, ainsi que
-verrés qu'il sera à propos: et de tout je vous prie nous escripre le
-plus tôt que vous pourrés de bonnes nouvelles que nous attandons aussy
-de ce costé là en bonne dévotion; priant Dieu, etc.
-
-Escript à Fontainebleau, le dimanche, XXVe jour de may 1573.
-
- CATERINE. PINART.
-
-
-
-
-CXLIX
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XXIXe jour de may 1573.--
-
- Négociation du mariage.--Espoir de la prochaine réduction de la
- Rochelle.--Affaires d'Écosse.--Méfiance du roi contre sir
- Arthus Chambernon.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, il n'est pas possible de desirer propos
-plus honnestes que ceux que la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur et
-cousine, vous a tenus en la dernière audience qu'elle vous a donnée,
-comme j'ay veu par vostre dépesche du XXIIIe de ce moys[147], sur le
-faict de l'entrevue de mon frère le Duc d'Alençon et d'elle.
-Toutesfois elle a différé d'acorder la dicte entrevue que premièrement
-elle ne feust satisfaicte et esclercie des deux doubtes où elle est,
-comme particulièrement vous avés entendu en la dicte audience, et que
-vous m'avez bien amplement discouru par vostre dicte dépesche, ainsi
-que nous avons veu aussi par les lettres qu'elle en a escriptes à
-ceste fin à la Royne, Madame et Mère; laquelle luy faict si claire
-responce, et a, oultre cella, si expressément faict entendre à son
-ambassadeur, en l'audience qu'elle luy a donnée, ceste après dînée,
-nostre droicte intention, comme vous verrés par le double que je vous
-envoye de la lettre de ma dicte Dame et Mère, que j'estime que, si
-icelle Royne a aussy bonne vollonté à la dicte entreveue et au dict
-mariage que nous avons tous, qu'il n'y aura plus de difficulté qui
-empesche qu'elle ne se fasse, et que, s'il plaict à Dieu qu'ilz se
-soient agréables l'un à l'aultre, comme je le desire, que bientost
-après nous ne voïons une heureuse fin de ceste négociation par la
-résollution du dict mariage; pour lequel vous la pouvés tousjours
-fermement asseurer que nous procédons avec toute syncérité, et sans
-que la poursuitte qu'en faisons soit à aultre intention (et Dieu en
-est le tesmoing), que pour fortiffier et rendre parfaicte l'amitié
-d'entre elle et nous et nos communs subjectz, et qu'elle se puisse si
-bien establir par le moyen du dict mariage, comme aussy n'y a il rien
-qui y soit plus propre qu'elle demeure perdurable, nette et entière,
-et que les deffiences, qui naissent entre elle et moy depuis quelque
-temps, puissent estre du tout déracinées et amorties, ayant advisé de
-vous renvoyer Vassal expressément en la meilleure dilligence qu'il
-pourra; d'aultant que son dict ambassadeur a asseuré Ma dicte Dame et
-Mère que, pour estre bien certain que icelle Royne, sa Maistresse,
-aura ces nouvelles bien agréables, il les luy escript dès aujourdhuy
-par courrier exprès. Et il sera bien à propos qu'incontinent après
-vous luy présentiés la lettre de Ma dicte Dame et Mère pour, par mesme
-moyen, résouldre les seurretés du voyage et passage de mon dict frère,
-que je desire que vous obteniés les meilleures que pourrés, et que
-vous m'en advertissiés incontinant, affin que, quand nous en serons
-d'accord, vous en rettiriés les expéditions;
-
-Espérant cepandant que la Rochelle se réduira bientost en mon
-obéissance, car estant les Suisses arrivés dans mon armée et ceux de
-dedans la dicte ville se trouvans en très grande nécessité et hors
-d'espérance de secours, j'estime que bientost ils seront forcés, s'ilz
-ne sont si sages que d'accepter les raisonnables conditions qui leur
-sont offertes pour évitter leur ruine et la désolation qui se peut
-attandre d'un assault, que mon frère, le Roy esleu de Pouloigne, faira
-donner le plus tard qu'il pourra, suivant mon intention, pour le desir
-qu'il a, comme aussy ay je de ma part, de les conserver; et estant
-pour ceste occasion bien d'advis, suivant ce que nous avés escript par
-le dict Vassal que, si le cappitaine Franchotti a de si bons et grands
-moyens qu'il vous a dict, et accès parmi ceux de la religion, pour
-composer les troubles, qu'il vienne, le plus tost qu'il pourra,
-suivant le passeport que je vous ay dernièrement envoyé pour luy, et
-il se peut assurer que je luy donneray toute favorable audience et
-telle qu'il la peut desirer. Et encores, s'il veut, pour le plus
-court, s'acheminer par mer, comme il me semble que sera bien à propos,
-droict en ma dicte armée, et s'adresser à mon dict frère, auquel j'en
-ay escript présentement, je m'asseure qu'il luy donnera aussy toute
-favorable audience, et les moyens d'exécuter sa bonne vollonté, car il
-a tout pouvoir général et particullier de moy pour cest effaict.
-
- [147] Voyez CCCXVIIIe dép., tom. V, pag. 330.
-
-J'ay veu ce que me mandés pour le faict d'Escosse, et comme, à la fin,
-la dicte Royne a laissé passer Vérac et Sabran, mais je n'ay pas
-opinion qu'il leur soit permis, ny à l'un ni à l'aultre, d'entrer en
-Escosse; car il se voit bien clairement que icelle Royne a faict tout
-ce qu'elle a peu, despuis quelques moys, pour nous amuser et esblouir
-les yeux, affin que cepandant elle peût faire ses affaires en Escosse,
-ce que je m'asseure vous aurés bien cogneu; et suivant ce que je vous
-ay si souvant escript et comme vous me mandés avoir faict, vous aurés
-si bien et si souvent adverti ceux du chasteau de Lislebourg, qu'ilz
-auront courage; et quelque batterie que l'on fasse, ilz tiendront pour
-le moins jusques en septembre, ainsi que j'ay entendu d'aulcuns de
-deçà qui sçavent leurs intentions. Voilà pourquoy je desire que vous
-me mandiés en quel estat ilz se trouvent à présent, s'il vous est
-possible de le sçavoir, comme j'estime qu'il vous a et sera tousjours
-aisé, et si vous n'aurés pas moyen de leur faire tenir ce que je vous
-ay ces jours icy escript, car, encores que je sçache bien que les
-Escossois soient fort légers et que aulcuns de ceux, qui sont dans le
-dict chasteau, soient soubçonnés d'estre de ceste condition, si
-m'asseurai je principallement au lair de Granges, que je croy,
-l'ayant tousjours si bien traicté comme j'ay faict et veux faire,
-qu'il ne permettra poinct que les anciennes alliances que mes
-prédécesseurs et moy avons en Escosse, et les moyens que j'ay
-accoustumé d'y avoir aussy, soient diminués comme sans doubte ilz
-seroient, si le dict comte de Morthon, qui ne faict rien qu'en faveur
-et pour la Royne d'Angletere, s'impatronisoit du dict chasteau de
-Lislebourg. Et, pour ceste cause, en les confortant tousjours
-secrettement, et en l'affection qu'ilz ont jusques icy déclarée me
-porter pour le bien de leur patrie et de leur souveraine, il fault
-aussy que vous continuiés à faire instance, envers la dicte Royne
-d'Angleterre et ceux de son conseil, à ce que, suivant nostre dernier
-traicté, il ne se poursuive ni fasse aulcune chose qu'avec le
-consentement des Srs de Vérac ou Sabran, s'ilz y peuvent passer.
-Autrement j'auray juste occasion de m'en sentir.
-
-Quand aux onze premiers articles de l'instruction que vous avez baillé
-à Vassal, je desire que vous ayés tousjours l'oeil aux poinctz
-contenus par iceulx, et que journellement vous me teniés adverti de ce
-qui se faira et tramera en cella, y donnant par vous, soubz main,
-comme sçaurés très bien faire, toutes les traverses que vous pourrés,
-affin que, surtout, le Prince d'Escosse ne puisse estre transporté
-comme il est déclaré par les dictz articles que l'on propose.
-
-J'ay veu aussy ce que vous a dict le Sr Chambernon, visadmiral
-d'Angleterre. Tout ce qu'il vous a faict entendre n'est qu'artifice:
-voylà pourquoy il n'y eschet aulcune responce, si ce n'est que, quand
-les effectz suivront ses parolles, je les auray bien agréables, et
-cependant je vous diray que, comme vous verrés par un extraict que je
-vous envoye, aulcuns des anglois qui estoient avec Montgomery, son
-beau frère, ont esté bien battus, ayans perdu quattre des meilleurs
-vaisseaux qu'ilz eussent, et esté contrainctz de quitter et abandonner
-l'isle de Belle Isle. J'espère que, si le dict Montgomery se peut
-rencontrer et descouvrir en mer, qu'il sera par les miens, qui sont
-allés après, battu et traicté comme il mérite.
-
-J'ay pareillement veu ce que me mandés des recherches et impositions
-excessives qui se font et que l'on a mis sur les marchandises qui
-arrivent à Calais. C'est chose que j'ay remise à ceux de mon conseil
-pour y adviser. Quand la résolution en sera prinse, je vous en
-advertiray; priant Dieu, etc.
-
-Escript à Fonteinebleau, le XXIXe jour de may 1573.
-
- CHARLES. PINART.
-
-
-
-
-CL
-
-LA ROYNE MÈRE A LA ROYNE D'ANGLETERRE.
-
---du XXIXe jour de may 1573.--
-
- Consentement donné à l'entrevue sous les conditions proposées par
- Élisabeth.--Déclaration que le duc d'Alençon pourra se rendre
- en Angleterre aussitôt après la réduction de la
- Rochelle.--Communication de l'élection du roi de
- Pologne.--_Réponse des seigneurs du conseil d'Angleterre_ sur
- la négociation du mariage et la proposition de l'entrevue.
-
-
-Madame ma bonne soeur, le Roy, Monsieur mon filz, et moy avons veu,
-par l'honneste lettre que m'avés dernièrement escripte, faisant
-responce à la mienne précédente, comme vous estes en quelque doubte
-sur la difficulté que nous fismes, quand, en ce lieu, j'ay parlé avec
-le Sr de Walsingam de l'entrevue de vous et de mon fils, le Duc
-d'Alençon; en quoy nous demeurasmes, comme vous dites par vostre dicte
-lettre, lors, en quelque considération, et non sans cause, pour les
-raisons qu'avés entendues et déclarées par vostre dicte lettre mesme,
-qui estoient qu'il ne seroit pas honnorable, mais comme sçavés bien
-considérer, à grande desfaveur et à quelque occasion de risée, parmi
-ceux qui ne desirent et au contraire veullent traverser le dict
-mariage, si, après que mon dict filz vous aura faict voir et offrir
-son servisse, de si bonne et grande affection, comme je sçay qu'il se
-délibère faire, pour avoir cest heur de mériter voz bonnes grâces et
-vous espouser, il falloit qu'il s'en revînt sans avoir l'honneur et la
-faveur que j'espère, avec l'ayde de Dieu, qu'il aura de vous en cella.
-Nous creignions aussy lors, qu'après le dict voyage, si le dict
-mariage ne se feisoit, qu'il n'en demeurât quelque regret, que cella
-feust cause de diminuer l'amitié d'entre vous et nous, qui ne desirons
-rien plus que de l'accroistre, et procédons syncèrement pour la rendre
-perdurable. Mais despuis, le Roy, Mon dict Seigneur et filz, et moy,
-voyant que mon dict filz d'Alençon ne s'arrestoit aulcunement sur la
-dicte difficulté, au contraire prenoit ce qui en pourra advenir sur
-luy, et persévéroit tousjours de vous voulloir aller luy mesme baiser
-les mains; dont je luy en sçay fort bon gré, de faire son debvoir de
-vous honnorer en vostre royaulme, et présenter son service, sans
-crainte que le voyage luy retourne à aulcune desfaveur, quand bien le
-dict propos de mariage ne réheussira, selon son grand desir et le
-nostre, nous nous sommes, le Roy, Mon dict Seigneur et fils, et moy
-fort vollontiers et de bon cueur consentis à la dicte entreveue, et y
-persistons encore, comme l'avés entendu, et que je vous escrivis
-dernièrement; vous priant croire, et vous asseurer en vérité, que
-nulle aultre occasion que ce que dessus ne nous fit former, du
-commencement, la dicte difficulté, et que c'est ce qui nous y a
-despuis faict donner consentement, après avoyr considéré la bonne
-affection et intention de mon dict filz d'Alençon et les raisons que
-vous avés quelquefois dictes au Sr de La Mothe Fénélon, comme il nous
-a escript, lesquelles le dict Sr de Walsingam n'oublia pas de nous
-bien représenter comme elles sont en mesmes parolles desduictes par
-vostre dicte lettre, et lesquelles nous trouvons fort raisonnables;
-vous confessant qu'en telles affaires la présence et l'oeil des deux
-personnes, à qui le faict touche comme à vous deux, est très
-nécessaire pour leur satisfaction, premier que de se bien résoudre à
-s'espouser. Aussy, pour ces considérations, le Roy, Mon dict Seigneur
-et filz, et moy avons trouvé bon et consenti, comme encores consentons
-de bon cueur, droictement et sincèrement, sans aulcun scrupulle, la
-dicte entreveue, et vous asseurons et déclarons que, quand bien mon
-dict filz s'en reviendra de deçà sans que le dict mariage s'effectue,
-que cella ne sera aulcunement cause de diminuer nostre amitié; au
-contraire ayant veu, mon dict filz le Duc, et sceu la bonne vollonté
-et affection qu'il a en vostre endroict, et veu aussy par expériance
-comme nous procédons de nostre part en cessy droictement, en toute
-rondeur et sincérité, le dict voyage sera cause d'augmenter plustot
-nostre amitié que de la diminuer, ainsi que j'ay dict, ceste après
-disnée, à vostre ambassadeur pour le vous faire entendre, et que nous
-l'escrivons aussy au dict Sr de La Mothe Fénélon, affin qu'il rettire
-de vous et de ceux de vostre conseil les seurretés nécessaires pour le
-voyage et passage de mon dict fils d'Alençon, auquel j'ay envoyé les
-lettres que luy escrivés et l'ay adverti de ceste résollution, dont je
-sçay certainement qu'il sera très aise; et se disposera bientost de
-vous aller trouver, incontinent après que la Rochelle sera réduicte
-en l'obéissance du Roy, Mon dict Seigneur et fils, m'asseurant bien
-que vous croyés que, s'il partoit plus tost du camp, il ne luy seroit
-pas honnorable pour sa réputation, pour le servisse qu'il doibt au
-Roy, son frère, ainsi que vous vous estes vous mesme laissée entendre,
-il y a quelque temps, au dict Sr de La Mothe Fénélon. Qui sera cause
-que je ne vous fairay, quand à ce faict là, qui est aussy déclaré par
-vostre lettre, aulcune aultre scrupulle, si n'est vous prier de croire
-et vous asseurer, que, quand et quand, après avoir receu les dictes
-seuretés, telles qu'elles se peuvent honnestement bailler, il partira
-pour vous aller trouver avec aultant de desir et d'affection de vous
-servir et honnorer que prince qui soit en la Chrestienté; priant Dieu
-cependant que le souhait que je fais à ce propos, qui est de voir
-bientost que le dict mariage réheussisse à son honneur et gloire, au
-bien de ces deux royaulmes, et au contentement de tous deux et de nous
-tous, comme vous entendrés aussy plus amplement du dict Sr de La Mothe
-Fénélon, selon la charge et commandement qu'il en a du Roy, Mon dict
-Seigneur et filz. Et à tant je prie Dieu, Madame ma bonne soeur, vous
-avoir en sa saincte et digne garde.
-
-Escript à Fonteinebleau, le XXIXe jour de may 1573.
-
-
-Madame ma bonne soeur, je n'ay voulleu faillir de vous advertir de la
-grâce qu'il a pleu à Dieu de faire à mon filz de l'avoir faict eslire
-Roy de Pouloigne, m'asseurant que serés bien aise de toutes les
-augmentations de ceste couronne, car ce sera tousjours augmentation de
-nostre amitié avecque vous; et, si Dieu favorise aultant mon filz le
-Duc en vostre endroict, comme il a le Rov de Pouloigne vers les
-Poulognois, je m'estimerois la plus heureuse princesse qui feust
-jamais née de me pouvoir dire mère de la plus grande Royne et plus
-valleureuse que l'on puisse voir; ce que je le supplie me faire la
-grâce et Vous, Madame ma bonne soeur, vous asseurer que jamais prince
-ni princesse ne marcheront oncques avec plus de franchise que faict le
-Roy mon filz et moy en vostre endroict.
-
- Vostre bonne soeur et cousine.
-
- CATERINE.
-
-
- DISCOURS DES SEIGNEURS DU CONSEIL D'ANGLETERRE
-
- à Mr de La Mothe Fénélon.
-
- --du IIe jour de juing 1573.--
-
- Il sera dict à l'Ambassadeur de France par quelques uns du
- conseil de Sa Majesté ce qui s'en suyt:
-
- La Majesté de la Royne a communicqué avec tous les seigneurs de
- son conseil le contenu des lettres dernièrement envoyées, de la
- part de la Royne Mère, et aussy vostre dernière négociation avec
- Sa Majesté, au nom du Roy, de la Royne Mère et Monseigneur le Duc
- d'Alençon, touchant le voyage du dict Duc en ce royaulme, pour
- poursuivre son honnorable intention, et requérir Sa Majesté en
- mariage, après que la Rochelle aura esté recouvrée à l'obéissance
- du Roy.
-
- Et d'aultant que le contenu des lettres susdictes et de la
- négociation vostre vous est le mieulx cogneu, n'en sera besoin en
- faire aulcune reditte, ains seullement vous faire entendre ce que
- les seigneurs du conseil de Sa Majesté ont advisé estre
- convenable d'estre considéré en cest affaire, premier que Sa
- Majesté faira délivrer telles asseurances pour la veneue du dict
- Duc, qu'il seroit requiz, au cas qu'il debvroit venir; dont Sa
- Majesté estant informée par son dict conseil, a donné
- commandement à trois ou quattre de nous de vous en faire le
- rapport: ne se doubtant poinct que ne trouviez raisonnable que Sa
- Majesté en ceste matière, ait demandé l'advis de son conseil,
- comme il appert que le Roy a usé de la mesme considération de sa
- part.
-
- Donques il vous plairra entendre que l'on loue bien et estime
- digne d'estre prins en fort bonne part que le Roy, la Royne Mère
- et le Duc mesme sy affectueusement poursuivent ce propos de
- mariage avec la Royne; et n'y a chose, que traictons, plus
- souhaittée, que Sa Majesté, par la direction de Dieu, se pût
- marier avec quelque prince tel qu'estimons Monseigneur le Duc
- estre quand à son sang, et encores pour aultant que, si les
- aultres choses y requises peussent convenir, sommes d'opinion que
- le mariage pourroit estre occasion d'acroissement de l'amitié
- entre les princes, leurs couronnes et peuple. Et comme y a des
- choses qui avancent beaucoup ce mariage et le facent apparoistre
- expédiant pour Sa Majesté, nommément la grandeur de la maison
- dont est issu le Duc, l'amitié du Roy et de la couronne de
- France, qui se debvroit acquérir par ceste alliance, et les
- bonnes parties du dict Duc, ses vertus renommées, sa courtoisie,
- son esprit, et singulièrement le fervent amour qu'il semble
- porter à Sa Majesté, aussy a il beaucoup de choses, qui ont
- quelque apparence de raison, pour empescher le dict mariage, dont
- aulcunes sont de plus grande conséquence que les aultres, et les
- aultres sont plus proprement à considérer et y penser à Sa
- Majesté, pour l'esgard de son particullier même, qu'à nous qui
- sommes ses conseillers; le debvoir desquels, néantmoins, est
- d'avoyr esgard aussy bien à l'estat du royaulme comme à sa
- personne.
-
- Et quand aux empeschementz qui concernent Sa Majesté
- particulièrement, pour l'esgard de sa personne et du contentement
- réciproque, nous n'y avons que faire, ni de la diversité de son
- âge, ni d'aultres choses appartenantes à sa personne; et les
- laissons à Sa Majesté qui desjà a pesé l'inconvénient de son âge,
- et toutesfois, pour la nécessité qu'elle voit que le royaulme a
- qu'elle se mariât, s'est passé de ce point de difficulté. Au
- reste, touchant sa personne, il ne se pourra déterminer sinon par
- une entreveue.
-
- Mais, quand aulx choses qui debvront estre considérées par nous
- comme conseillers d'estat, tant pour l'expédiant du dict mariage,
- lequel desirons estre vuide de toutes difficultés, que pour sa
- venue, le temps estant, comme il est, et comme l'on a proposé,
- c'est à dire, après que la Rochelle aura esté recouverte, ne
- pouvons que directement juger, les choses demeurans ez termes
- qu'elles sont pour le présent, ce temps cy estre plus propre pour
- le Duc de venir sans qu'aulcunes choses en France feussent
- altérées en mieulx; et ainsi cuidons que vous mesmes, Monsieur
- l'Ambassadeur, et tous aultres indifférans en jugerés, après
- qu'aurés considéré les choses comme nous les avons considérées.
-
- Il est bien cogneu qu'estant le premier propos de mariage faict
- pour Monseigneur le Duc d'Anjou, n'avoit empeschement si grand
- comme la différance de sa religion d'avec celle de la Royne. Vray
- est qu'il y avoit quelque scrupulle touchant son âge, mais que la
- difficulté, à cause de la religion, avoit esté grande, il est
- bien prouvé; car, pour avoyr refusé de se conformer à la
- religion, Sa Majesté continuant son zèle et voulloir qu'il s'y
- déclarât conforme, le traicté print fin, comme vous sçavés fort
- bien.
-
- Despuis ce temps là, comment les choses ont esté altérées en
- France par les massacres perpétrés à Paris et aultres endroictz
- du royaulme, pour augmenter encores la difficulté à cause de la
- religion, il n'est que trop apparent, et à le raconter trop
- lamentable? car qu'ont ils faict, tout l'an passé, en France,
- sinon meurtrir et persécuter toutes sortes de peuple qui
- favorisent la religion approvée en Angleterre? et bien que cecy
- ne nous appartient proprement à nous y mesler, n'ayant à
- révocquer les actes du Roy en dispute, si est ce que le Roy,
- offrant Monseigneur le Duc, son frère, pour devenir le mary de
- nostre Royne, et, quand et quand, nostre chef et gouverneur,
- auquel ne voyons aultre marque de son intention au faict de la
- religion, ains qu'il seconde son frère, le Duc d'Anjou, en armes,
- et persécute tous ceux qui favorisent la mesme religion qu'a la
- Royne;
-
- Et puisque le Roy mesme et tout son conseil y persévèrent si
- obstinément qu'ilz mettent en péril les vies de leurs meilleurs
- subjectz et serviteurs pour respandre le sang d'une grande partie
- du peuple de mesme royaulme, sans se souvenir qu'ilz
- affoiblissent et diminuent la force de ce royaulme, laquelle
- consiste en la multitude des subjectz, qu'est ce qu'on doibt
- espérer de la venue du Duc en ce royaulme, en ce temps cy
- principallement, venant de la victoire et l'effusion du sang à la
- Rochelle de ceux qui, pour le regard de leur religion, sont bons
- amis de la Majesté de la Royne et de ce royaulme; et combien que
- l'on se peût, avec quelque probabilité, persuader que, quand à la
- personne du dict Duc, rien ne seroit ni attenté contre Sa
- Majesté, ni son estât, toutesfois il ne se peut faire, le Roy
- continuant la guerre contre ses naturelz subjectz, seullement
- pour s'avoir mis en deffence et n'avoir voulleu abandonner leur
- religion, dont les édictz et ordonnances du royaulme leur ont
- permis et garanti la profession et exercisse, que les estatz et
- peuple de ce royaulme ne se mescontentent fort de la venue du
- Duc, considéré le temps, jusques à ce que le Roy fasse modérer ou
- bien cesser ceste persécution en France.
-
- Par ainsy n'a rien plus à desirer pour l'avancement de ce mariage
- et de la venue du dict Duc que si luy mesmes voulloit désister
- d'estre acteur en ceste guerre et déclarer une vollonté de se
- conformer à la religion de Sa Majesté, ou que Dieu en fasse la
- grâce au Roy qu'il puisse recouvrer l'obéissance de ses subjectz
- sans guerre et effusion de sang, en leur laissant l'exercisse de
- leur religion suivant ses édictz précédents, ses sermens et
- promesses, affin qu'ilz luy rendent obéissance comme à leur
- souverain.
-
- En quoy, s'il plaist au Roy, estimons qu'il n'y a prince en la
- Chrestienté qui puisse plus avancer ceste bonne oeuvre que la
- Majesté de la Royne, à quoy aussy nous, qui sommes ses
- conseillers, y donnerons fort vollontiers nostre advis et
- prendrons la peyne à le parfaire, à l'honneur du Roy et bien de
- son royaulme, ce qu'estant effectué alors, la difficulté que, de
- présent, nous trouvons empescher la venue du Duc, seroit vuidée,
- et si, par après, il arrivoit, ce seroit avec plus de grâce et
- faveur, là où, pour le présent, il ne le pourroit faire, sans
- attandre asseurément un général mescontentement du royaulme, et
- conséquemment un mauvais et final empeschement de l'intention du
- mariage.
-
- Ce que laissons considérer à vous, Monsieur l'Ambassadeur, et
- remettons au meilleur advis du Roy et de la Royne Mère.
-
-
-
-
-CLI
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XXIIIIe jour de juillet 1573.--
-
- Ferme volonté du roi de faire observer la paix qui vient d'être
- conclue avec les habitans de la Rochelle.--Préparatifs pour le
- départ du roi de Pologne.--Satisfaction du roi de l'offre faite
- par Élisabeth de protéger le voyage par mer.--Plaintes contre
- des prises faites par les Anglais.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay receu vostre lettre du XIIe de ce
-moys[148], par laquelle j'ay veu les honnestes propos que vous avés
-eus avec la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur et cousine, et les
-responses de bonne espérance qu'elle vous a faites pour l'entreveue
-d'elle et de mon frère, le Duc d'Alençon, dont néantmoins elle veut
-avoir l'advis de milord thrésorier, qu'elle a envoyé quérir pour
-ceste occasion; ce qui viendra fort à propos, puisque le Sr d'Orsey
-estoit arrivé au mesme instant, et Sabran aussy qui vous apporte, sur
-l'occasion de son voyage et de toutes les aultres particullarités
-concernant mes affaires et servisse, une si ample et claire
-résollution de mon intention, que m'en remettant à ce que aurés
-entendu de luy, je n'estendray ceste cy que pour vous dire que vous
-avés bien faict d'avoir asseuré la dicte Royne et ses principaux
-ministres de la ferme délibération où je suis de faire observer et
-garder inviolablement les articles de la paix qui a esté faite devant
-la Rochelle; où l'intention d'iceulx est desjà bien commencée à
-exécuter: et se peut on asseurer que je les fairay de ma part
-entièrement entretenir, non seullement de ce costé là, mais aussy par
-tout le reste de mon royaulme. Et pour ceste occasion j'ay faict
-cesser en Guienne, Languedoc et Daufiné, toutes choses d'hostilité,
-ayant mandé que l'on rettire mes forces d'autour de Montauban et
-Nismes, et que l'on cesse le gast que j'avois escript que l'on fît
-autour des villes que mes subjectz de la nouvelle opinion occupoient,
-affin que, de leur part, ilz fissent selon qu'il est porté par les
-articles de la paix et édict qui a esté dressé sur iceulx. Je n'en ay
-poinct encores sceu de nouvelles, mais j'ay bonne espérance que mon
-dict édict s'exécuttera et observera partout.
-
- [148] Voyez CCCXXIXe dép., tom. V, pag. 370.
-
-Je fais acheminer mes six mille Suisses, prenant le chemin de la
-Guienne et par le bout du Languedoc, droict du costé du Lyonnois, pour
-les licentier, si toutes choses s'establissent comme j'espère, suyvant
-icelluy dernier édict de la paix; estant ma droicte et sincère
-intention de la garder entièrement et de ne permettre qu'il soit
-contrevenu, en quelle façon que ce soit, comme vous pourrés asseurer
-ceux de mes subjectz qui sont par delà, et qu'ilz reviennent
-hardiment, qu'ilz jouiront du bénéfice d'icelluy édict, sans aulcun
-doubte ni difficulté.
-
-J'espère que mes frères, le Roy de Pouloigne, le Duc d'Alençon et le
-Roy de Navarre, seront bientost de retour par deçà, estants, dès avant
-hier, arrivés à Blois. Et les ambassadeurs de Pouloigne et le Sr de
-Valence sont à mon advis, à présant, tous arrivés à Metz. Incontinent
-que mon dict frère, le Roy de Pouloigne, sera arrivé, nous les fairons
-venir; et cependant il ne se pert poinct de temps pour les préparatifs
-nécessaires pour son partement, et je regarderay, après avoir
-communiqué avec mon dict frère, le Roy de Pouloigne, pour les affaires
-d'Escosse, ce qui se debvra faire de ce costé là, et me résoudray
-avecque luy et avec mon dict frère d'Alençon du personnage que je y
-devray envoyer. Cependant ayés tousjours l'oeil de ce costé là, le
-mieux que vous pourrés, et y faictes ce qui vous sera possible pour le
-bien de mon servisse.
-
-L'ambassadeur de la Royne d'Angleterre a parlé à la Royne, Madame et
-Mère, et à moy, nous ayant faict entendre que sa Maistresse luy avoit
-commandé s'aller conjouir avecque le Roy de Pouloigne, mon frère, de
-son heureuse élection, dont elle est infiniment aise; et nous a
-proposé et offert toutes les honnestes assistances qui se peuvent
-desirer de la part de la Royne, sa Maistresse, pour le passage de mon
-dict frère, nous déclarant que, s'il s'y trouvoit difficulté par
-l'Allemaigne, qu'il estoit fort aisé par la mer et par les costes, en
-quoy elle ne voulloit rien espargner pour honnorer le passage de mon
-dict frère; et qu'estant la bonne intelligence entre les trois
-royaulmes, comme, de sa part, elle la desiroit, ce seroit un grand
-bien pour noz subjectz, et à nous mesmes une fort grande commodité
-pour noz affaires. Car il estoit si aisé et commode d'aller d'un
-royaulme à l'aultre qu'il ne se pouvoit trouver jamais un plus court
-et meilleur chemin, et que le commerce de nos dictz trois royaulmes en
-sera beaucoup plus grand; dont j'ay monstré au dict ambassadeur
-d'estre fort aise, comme, à vous dire vray, serois je, si ses
-déportements se trouvent semblables.
-
-Il s'est aussy fort resjoui avecque nous de la paix, nous asseurant
-que sa Maistresse et tous ses ministres en estoient fort aises. Je
-l'ay bien asseuré que nous la voulons inviolablement observer, comme
-aussy est ce, et, je l'ay cy devant dict, ma droicte et vraye
-intention; et luy ay, à ce propos, parlé des pyrateries qui se font
-sur mes subjectz par les Anglois, et ceux qui se rettirent en son
-royaulme, n'ayant la Royne, ma dicte mère, pas failly de luy dire ce
-qu'elle vit du cappitaine Poil en sa présance, arrivant à Dieppe, qui
-pilla un grand vaisseau chargé de marchandises d'un de mes subjectz,
-ainsi que vous verrés par le mémoire que je vous en envoye; et que,
-n'eût esté l'espérance, que nous avons, que la dicte Royne, sa
-Maistresse, nous en faira faire la justice et restitution, elle eût
-permis à six vaysseaux, qui estoient armés et les soldatz dessus,
-prests à faire voile, d'aller recouvrer ce que le dict Poil print et
-mena sur l'heure mesme en Angleterre; où je vous prie ne faillir de
-faire toute instance de cella et des aultres déprédations, sellon le
-mémoire que je vous en envoye. Cependant je prieray Dieu, etc.
-
-Escript à St Germain en Laye, le XXIVe de juillet 1573.
-
- CHARLES. PINART.
-
-
-
-
-CLII
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XXXIe jour de juillet 1573.--
-
- Audience accordée à l'ambassadeur d'Angleterre.--Négociation
- relative à l'entrevue.
-
-
-Monsieur de la Mothe Fénélon, j'ay receu voz dépesches du XIIe et XXe
-du présent[149], et, avec la dernière, veu les lettres que la Royne
-d'Angleterre, ma bonne soeur, a escriptes à la Royne, Madame ma Mère,
-et à mon frère, le Duc d'Alençon, auxquelles je me délibère de vous
-faire, dans deux ou trois jours, bien particullière responce; et,
-attandant, je vous diray comme l'ambassadeur de ma dicte bonne soeur
-parla avant hier à la Royne, Ma dicte Dame et Mère, ainsi qu'il a
-faict cejourdhuy à moy, nous ayant dict que la Royne, sa Mestresse, se
-debvoit rendre à Douvres, le premier jour de septembre proschain, où
-elle séjourneroit sept jours durant, pendant lesquelz, s'il plaizoit à
-mon dict frère de l'aller voir, il le pourroit faire. Toutesfois elle
-desiroit bien que l'on sceût que ce n'estoit poinct à sa réquisition
-que mon dict frère iroit, mais plustost à la nostre; que si, pour
-ceste veue, l'effaict du mariage ne s'ensuivoit, elle ne voudroit pas
-que cella feût cause d'apporter changement en l'amitié qui est entière
-entre elle et nous, et que, partant, la chose méritoit bien d'estre
-meurement considérée, avant que de l'entreprendre.
-
- [149] Voyez CCCXXIXe et CCCXXXe dép., tom. V, pag. 370 et 374.
-
-Là dessus, Ma dicte Dame et Mère lui a respondu que ce que nous
-desirions le plus, c'est de conserver et estreindre tousjours
-davantage l'amitié que nous avons avec elle; mais que ma dicte soeur
-sçavoit bien si elle avoit vollonté de se marier ou non; si elle
-estoit du tout hors d'opinion d'espouser mon dict frère, qu'il luy
-sembloit que cette veue ne serviroit de rien, et n'estoit pas grand
-besoin d'y venir; si aussy elle avoit vollonté de se marier, qu'elle
-ne pouvoit pas prendre un prince en la Chrestienté qui feût mieux
-appuyé que mon dict frère, qui est frère de deux puissants Roys.
-
-Là dessus, il répliqua qu'elle avoit vollonté de se marier, mais que,
-pour beaucoup de considérations particullières, aulcuns la
-dissuadoient de ce mariage avec mon dict frère.
-
-La conclusion du propos feut enfin que ma dicte Dame et Mère remit à
-me faire entendre ces choses; lesquelles m'ayant dict de mesmes en
-l'audience que luy ay donnée aujourdhuy, après disner, je luy ay
-respondu que j'en aviserois avec les gens de mon conseil, et fairois
-sçavoir à vous, mon ambassadeur, ma résollution là dessus pour la luy
-dire.
-
-Sur quoy nous nous sommes despartis, ayant voulleu vous donner advis
-incontinent de ce que dessus, affin que vous sçachiés ce qui est passé
-en l'audience du dict ambassadeur. Jugés s'il en aura escript
-conformément à sa Maistresse; priant Dieu, etc.
-
-Escript au chasteau de Boulogne, le dernier jour de juillet 1573.
-
- CHARLES. BRULART.
-
-
-
-
-CLIII
-
-Le ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON
-
---du XVIIIe jour d'aoust 1573--
-
- Résolution du roi d'envoyer un député en Angleterre pour la
- négociation du mariage.--Maladie du duc d'Alençon.--Méfiance
- d'Élisabeth.--Prise de Harlem en Hollande, et du château
- d'Édimbourg en Écosse.--Voyage des ambassadeurs de
- Pologne.--Désignation du maréchal de Retz pour passer en
- Angleterre.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, oultre ce qui est contenu en mon aultre
-lettre, je vous diray que j'ay pensé, si la Royne d'Angleterre, ma
-bonne soeur, est résollue de venir à Douvres au premier jour de
-septembre, ainsi que vous me l'avés mandé et que son ambassadeur me
-l'a dict par deçà, je suis résollu de dépescher devers elle, au mesme
-temps qu'elle s'y pourra trouver, quelque gentilhomme pour la
-visitter, s'approschant ainsi près de ma frontière; lequel sera bien
-esclercy de la résollution que j'auray prinse sur le faict de
-l'entreveue, et aultres particularités qui seront requises, pour
-tousjours entrettenir une bonne et sincère amitié avec ma dicte bonne
-soeur; qui est ce que je desire plus que toute aultre chose de ce
-monde: dont je vous prie de l'asseurer en toutes les occasions qu'il
-viendra à propos, estant infiniment marri que la maladie intervenue à
-mon frère, le Duc d'Alençon, de laquelle il ne peut estre en estat de
-sortir hors de son logis de quinze jours, encores qu'il soit en bon
-chemin de recouvrer sa santé, nous ait empesché de nous résoudre et de
-conduire si tost à bon effect ceste entreveue que nous le desirions,
-ce que vous pourrés témoigner à ma dicte bonne soeur.
-
-Au surplus, Monsieur de La Mothe Fénélon, je vous diray que j'ay
-receu voz dépesches des XXVIe et dernier du passé, Ve et IXe du
-présent[150]; sur lesquelles je vous diray que, pour le regard des
-soubçons et deffiences, ès quelles, sans aulcune occasion, l'on a
-voulleu mettre la dicte Royne d'Angleterre, tant sur le voyage que a
-faict en Normandie la Royne, Madame et Mère, que aussy sur les
-préparatifs de l'armement des vaisseaux que j'avais advisé de faire
-faire pour porter les quatre mille Gascons en Pouloigne, que l'on
-commançoit dire estre destinés à aultre effaict; tout cella sera passé
-et assoupi, à ceste heure, qu'ilz verront les dictz préparatifz
-entièrement cessés.
-
- [150] Voyez CCCXXXIe, CCCXXXIIe, CCCXXXIIIe et CCCXXXIVe dép.,
- tom. V, pag. 380, 383, 385 et 387.
-
-J'ay veu ce que me mandés de la réputation qu'a donné par delà aux
-affaires du Roy Catholique la prinse d'Harlen, et ce qui vous a esté
-rapporté de l'occasion pour laquelle est advenue si soudainement la
-prise du chasteau de Lislebourg, et comme il est bien requis que
-j'envoye quelque personnage d'authorité en Escosse pour y résider; à
-quoy je regarderay à pourvoir cy après.
-
-Cependant je vous diray que je loue bien fort la responce que vous
-avés faicte à ma dicte bonne soeur, sur ce qu'elle vous a dict, à
-propos du saufconduict que luy avés demandé, que mon cousin le
-cardinal de Lorraine ayant eu la puissance de rompre le mariage de mon
-frère, le Roy de Poulogne, avec elle, (qu'elle sçavoit bien que la
-Royne, Madame et Mère, et luy desiroient), il pourroit bien, en chose
-de moindre conséquence, et pour la faveur de la Royne d'Escosse, sa
-niepce, faire destourner les forces, qui estoient destinées pour aller
-en Poulogne, en quelque autre lieu.
-
-Tous les ambassadeurs de Poulogne ont esté fort bien receus et
-recueillis partout, en Allemagne, despuis leur partement de Leppsic,
-mesmement à Francfort, et au païs de mon cousin le comte Palatin, et
-arriveront en ceste ville mardy ou mècredy proschain; où je vous
-asseure que j'ay bonne vollonté de leur faire faire bonne chère: ne
-voulant obmettre de vous dire, en passant, que j'ay nouvelles de
-Poulogne, du XVIe de juillet dernier, comme toutes choses y sont en
-bon estat et pacifique, n'y estant survenu aulcune nouveauté, tant du
-dedans du royaulme que des voysins, au contraire de ce qui s'en est
-dict par delà, que vous debvés tenir pour chose controuvée; priant
-Dieu, etc.
-
-Escript à Paris, le XVIIIe jour d'aoust 1573.
-
-
-Comme je voullois signer ceste lettre, je me suis résollu d'envoyer en
-Angleterre mon cousin le maréchal de Retz, pour faire l'office dont
-est faict mention au commencement de ceste lettre, au moyen de quoy je
-vous prie que vous me fassiés incontinent sçavoir le lieu où il pourra
-trouver ma bonne soeur. Ceux de Rouen me viennent de faire encores
-plainte des pyratteries qui sont ordinairement faictes par les
-Anglois: qui est cause que je vous prie d'en faire, envers ma dicte
-bonne soeur, toute l'instance qui sera possible.
-
- CHARLES. BRULART.
-
-
-
-
-CLIV
-
-LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XXIIe jour d'aoust 1573.--
-
- Arrivée des ambassadeurs de Pologne à Paris.--Réception qui leur
- est faite.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, ceste cy sera pour vous advertir comme
-les ambassadeurs polonois, qui sont douze, suivis de deux cents
-gentilshommes, arrivèrent mècredi dernier en ceste ville, en assés bon
-équipage, au devant desquelz feust envoyé la maison du Roy de
-Poulogne, mon filz, et tous les princes et principaux seigneurs qui se
-trouvèrent en ceste cour, pour les conduire jusques en leurs maisons.
-Le lendemain, qui feust le jeudy, ilz désirèrent que l'on les laissât
-reposer en leurs maisons, pour, le jour d'après, qui estoit vendredy,
-venir salluer le Roy, Monsieur mon filz, la Royne ma belle fille, et
-moy; ainsi qu'il a esté faict en meilleur ordre et équipage qu'il a
-esté possible, ayant fait l'évesque de Posnanie, qui est le principal
-de la dicte ambassade, une fort belle harangue sur l'occasion de leur
-venue. Cejourdhuy ilz ont faict le semblable à l'endroict de mon filz,
-le Roy de Poulogne, et receu la plus grande joye du monde de le voir,
-comme il a faict, de sa part, de se voir salué d'une si belle
-compaignie, qui se peut dire, au jugement de ceux qui l'ont veue, la
-plus honnorable et mieux en ordre que aultre qui se soit jamais
-trouvée en ce royaulme; ne se sentant rien que de toute courtoisie, et
-monstrant beaucoup la grandeur du royaulme dont ilz sont venus et
-qu'ilz apportent à mon dict filz; vous laissant juger quelle joye j'en
-puis recevoir en mon coeur.
-
-Il s'est trouvé à dire deux ambassadeurs en ceste dicte compagnie, à
-sçavoir: l'un qui estoit beaucoup demeuré à partir après les aultres,
-qui, ayant esté arresté en Slésie, auprès de la frontière de Pologne,
-a mieux aymé s'en retourner au païs, après avoir esté mis en liberté,
-pour ce qu'il cognoissoit bien qu'il arriveroit fort tard de par deçà,
-que de poursuivre son chemin; l'aultre s'est mis par mer avec le Sr de
-Lanssac, qui n'est encores arrivé. Dans peu de jours, nous espérons
-accomplir toutes choses qui dépendront du faict de la dicte élection,
-et sera faict si bon et honnorable traictement aux susdictz
-ambassadeurs et à toute leur suitte, ainsi qu'il s'y est bien commencé
-despuis leur arrivée en ce royaulme, qu'ilz en raporteront tout
-contentement: n'ayant aultre chose à vous dire par ce petit mot que je
-finiray, priant Dieu, etc.
-
-Escript à Paris, le XXIIe jour d'aoust 1573.
-
- CATERINE. BRULART.
-
-
-
-
-CLV
-
-LE ROY DE POULOGNE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du premier jour de septembre 1573.--
-
- Explications données par le roi de Pologne sur une plainte de
- l'ambassadeur d'Angleterre.--Protestation de dévouement pour
- Élisabeth.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay sceu que l'ambassadeur de la Royne
-d'Angleterre, qui est icy résident, a esté visitter les ambassadeurs
-polonois, despuis quelques jours en çà, comme en ayant charge de la
-part de sa Maistresse; leur ayant faict entendre qu'elle ne desiroit
-rien plus que de conserver et entrettenir la bonne amitié et
-intelligence qui estoit entre le royaulme de Poulogne et l'Angleterre,
-encores que moy, qui estois esleu Roy de Poulogne, n'eusse pas faict
-grand compte d'une lettre qu'il m'avoit présentée, il y a quelque
-temps, de la part de la dicte Dame, par laquelle elle se conjouissoit
-avecque moy de mon heureuse élection. Lequel a eu grand tort de faire
-ainsi entendre aux dictz ambassadeurs; car je vous puis dire que,
-quand je receus de luy la dicte lettre, ce feust avec tout l'honneur
-et honneste respect que je sçaurois jamais faire à lettre venant de la
-part d'une princesse, de laquelle je fais si grand compte et estime
-que je fais d'elle. Il est bien vray que je ne luy en baillay pas si
-tost la responce que j'en avois vollonté, à cause que, en mesmes
-temps, ou peu après, qu'il me l'eût présentée, je feus contrainct,
-pour prévenir une maladie qui me menassoit, de prendre quelque
-purgation et apozèmes, qui me tindrent trois jours empeschés de
-pouvoir vacquer à aulcuns affaires; qui feust cause que je ne signay
-si tost la dicte lettre, qui demeura un jour, après avoir esté signée,
-sans estre baillée au dict sieur ambassadeur, à cause que l'on ne le
-peut pas trouver chez luy à propos; estant toute l'occasion de sa
-plaincte, laquelle je vous laisse à juger si elle est bien fondée ou
-non. Et, si vous apercevés qu'il en ayt escript quelque chose à sa
-dicte Maistresse, je vous prie luy en faire entendre la vérité telle
-qu'elle est escripte cy dessus; priant Dieu, etc.
-
-Escript à Paris, ce Ier jour de septembre 1573.
-
-Vostre bon ami.
-
- HENRY.
-
-
-
-
-CLVI
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XIe jour de septembre 1573.--
-
- Satisfaction de l'accueil promis au maréchal de Retz en
- Angleterre.--Serment prêté par le roi de Pologne.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay receu voz dépesches du XXVe et
-dernier du passé, et IVe du présent[151], par lesquelles, à ce que
-j'ay peu comprendre, la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur, a esté
-bien fort aise de la résolution que j'ay prinse d'envoyer par delà mon
-cousin le mareschal de Retz, que vous avés sagement faict de luy
-conforter estre pour l'estime que je fais d'elle et de son amitié, et
-l'honnorer en toutes choses aultant qu'il m'est possible; me
-promettant bien que j'ay aultant d'occasion d'attendre et espérer un
-bon fruict du voyage de mon dict cousin, en ce que je desire, que
-d'aulcun aultre ministre que j'eusse sceu envoyer par delà; et que, à
-son retour, toutes choses me seront bien amplement esclercies de
-l'intention de ma dicte bonne soeur; envers laquelle et les gens de
-son conseil vous m'avés faict servisse fort agréable de faire une bien
-vive instance des pilleries et déprédations qui se font ordinairement
-sur mes subjectz, et vous prie ne vous en lasser en sorte du monde,
-mais y incister si obstinément qu'il y soit par elle mis un bon ordre,
-ainsi qu'il est très requis pour le bien commun de nos deux royaulmes.
-
- [151] Voyez CCCXXXVIIe, CCCXXXVIIIe et CCCXXXIXe dép, tom. V,
- pag. 396, 398 et 401.
-
-Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fénélon, je vous veux bien dire
-comme, après avoir esté négotié, par quelques jours, avec les
-ambassadeurs de Poulogne par mon frère leur Roy, enfin toutes choses
-concernant ce faict ont esté unaniment conclues et accordées avec tout
-le plus grand contantement d'un chascun que l'on eût sceu desirer, de
-sorte que, hier, feurent faictz les sermentz solennelz par moy et mon
-frère, le Roy esleu de Poulogne, des choses conclues et ratifiées et
-confirmées, en la grande esglise de Nostre Dame, après que la messe y
-eût esté chantée; où assistèrent tous les ambassadeurs de Poulogne et
-les ambassadeurs des princes estrangers: sçavoir; le nonce,
-l'ambassadeur d'Espaigne, celluy d'Escosse et de Venise, mes cousins
-les cardinaux de Bourbon, de Lorraine, de Guise et d'Est, avec tous
-les princes et seigneurs qui sont près de moy; et se passa ceste
-cérémonie avec le plus grand contentement et allégresse d'un chascun
-qu'il se puisse dire. Dimanche, se faira la présentation du décret au
-palais, qui est le principal acte de ce qui concerne le faict du dict
-royaume de Poulogne; qui est tout ce que je vous puis dire, en priant
-Dieu, etc.
-
-Le XIe jour de septembre 1573.
-
- CHARLES. BRULART.
-
-
-
-
-CLVII
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---des XVe et XVIIe jours de septembre 1573.--
-
- Présentation faite au roi de Pologne du décret contenant son
- élection.--Fêtes données aux ambassadeurs polonais.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, craignant que mon cousin le mareschal de
-Retz soit parti pour retourner de deçà, lorsque la lettre que je luy
-escripts présentement luy sera rendue, j'ay bien voullu vous faire
-ceste cy de pareille substance; et vous dire que, dimanche dernier,
-XIIIe de ce moys, toutes choses ayant esté, ces jours passés,
-accordées et résollues avec les ambassadeurs polonois, qui sont icy
-pour le faict de l'élection du Roy de Poulogne, Monsieur mon frère,
-iceulx ambassadeurs nous vindrent trouver sur les trois heures après
-midy, dedans la grande salle de mon palais, en ceste ville, où nous
-estions assemblés avec ordre et cérémonie. Là, ilz nous déclarèrent
-publiquement, fort révéremment et honnorablement, la dicte élection,
-et en présentèrent le décret, très autentiquement faict en l'assemblée
-de leurs Estatz, à mon dict frère; lequel, après la lecture d'icelluy,
-accepta la dicte élection, le tout avec tant de belles et grandes
-cérémonies qu'il ne feust jamais faict acte en mon royaulme, ni peut
-estre en la Chrestienté, plus célèbre. Et le lendemain, qui feust
-hier, se fit l'entrée de mon dict frère en ceste ville, au meilleur
-ordre et avec telle magnificence qu'il ne seroit possible de voir rien
-de plus beau; et se fit, le soir, le festin royal en la dicte salle de
-mon palais, ainsi que de coustume, comme vous entendrés plus
-particullièrement par un discours que je vous envoyeray de ce qui a
-esté observé ez dictes cérémonies. Cependant vous le fairés entendre
-avec occasion à la Royne d'Angleterre, si mon dict cousin le maréchal
-de Retz estoit en chemin pour s'en venir, et vous en réjouirés avec
-elle de nos parts; estants asseurés qu'elle participe au contentement
-que nous en recevons pour la parfaicte amitié d'entre elle et nous; et
-luy dirés, par mesme moyen, que le plus grand desir, que nous ayons
-maintenant, est de voir réheussir à l'heureuse fin la négotiation pour
-laquelle mon dict cousin est allé par delà, affin que la dicte Royne
-puisse, avec plus d'occasion et comme soeur, participer davantage avec
-nous au contentement et honneur que ce nous est de la dicte élection
-de Poulogne et des prospérités qu'il plaict à Dieu nous donner,
-adjoustant à cella les plus honnestes parolles que vous pourrés.
-M'asseurant que vous n'y oublierés rien, je ne vous en diray
-davantage, priant Dieu, etc.
-
-Escript à Paris, le XVe jour de septembre 1573.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, ceste dépesche feut partie, dès avant
-hier au matin, mais j'ay différé jusques à cejourdhuy pour ce que,
-avant hier au soir, la Royne, Madame et Mère, fist son festin en son
-palais, où les seigneurs polonois feurent si honnorablement traictés,
-et y receurent tant de plaisir qu'ilz disent bien n'avoir jamais rien
-veu de plus beau ni de si bien ordonné, demeurants très contents de
-l'honneur qu'ilz reçoivent par deçà.
-
-A Paris, le XVIIe jour de septembre 1573.
-
- CHARLES. PINART.
-
-
-
-
-CLVIII
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XXIIe jour de septembre 1573.--
-
- Retour du maréchal de Retz.--Satisfaction au sujet de la réponse
- qu'il a rapportée sur la négociation du mariage.--Remerciemens
- du roi pour les bons offices de Leicester et de Burleigh.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, il ne seroit possible d'avoir plus de
-contentement que celluy que j'ay eu au retour de mon cousin le
-mareschal de Retz, ayant entendu par luy les honnestes démonstrations
-de parfaicte amitié de la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur et
-cousine, envers moy et tout ce qui me touche, et aussy la bonne
-vollonté en laquelle il l'a laissée, et les principaux seigneurs de
-son conseil, de prendre bientost, à présent que son parlement sera
-assemblé, une bonne résollution sur le faict de la négotiation pour
-laquelle mondict cousin le mareschal de Retz estoit allé par delà,
-affin de vous en envoyer advertir par quelque honnorable seigneur ou
-gentilhomme des siens, comme icelle Royne a promis: ce que nous
-attandons avec très grand desir. Et cependant ayant le dict mareschal
-de Retz receu une lettre d'icelle Royne et une aultre du Sr de Smyt,
-par lesquelles il est prié d'escrire de quelle façon nous aurons prins
-la response qu'il nous a rapportée d'elle, qui est en la meilleure
-part qu'il est possible, comme aussy il leur mande, asseurant, comme
-nous avons veu par sa lettre, qu'il ne seroit possible d' estre plus
-contents que nous sommes, comme il est vray, pour l'espérance que nous
-avons de voir bientost qu'elle aura prins une bonne et heureuse
-résollution du mariage d'elle et de mon frère, le Duc d'Alençon, qui
-se porte à présent très bien; estant, Dieu mercy, entièrement guéry et
-aultant affectionné serviteur qui se peut desirer, ayant toute bonne
-vollonté de continuer à honnorer et servir d'affection, toute sa vie,
-icelle Royne, s'il plaict à Dieu, comme nous l'en prions tous, que les
-propos commencés puissent réheussir à une heureuse fin pour un grand
-bien à la Chrestienté, principallement à noz trois royaulmes et
-alliés, ainsi que la Royne, Madame et Mère, et moy, et aussy le Roy de
-Poulogne, Monsieur mon frère, et pareillement mon dict frère le Duc
-luy escrivons, de nos mains, par un des gens du Sr Smith qu'il a
-envoyé devers mon dict cousin le mareschal de Retz, lequel vous
-escript aussy de sa part bien amplement pour vous rendre capable du
-contenu en ses lettres à ce que vous puissiés, avec plus
-d'intelligence, continuer à faire, selon cella et le contenu cy
-dessus, tout ce qu'il vous sera possible pour persuader tousjours à
-icelle Royne et à ses dicts principaux ministres, avec tant de bonnes
-et grandes raisons que luy scaurés bien représenter, pour se résoudre
-au dict mariage: car aussy sera ce, s'il se faict, un bien indicible,
-profitable et honnorable pour elle et pour nous, aussy pour noz
-royaulmes, et beaucoup plus, à présent que ce grand royaulme de
-Poulogne y est adjoinct, et qui le seroit aussy à elle. Vous estes si
-capable de mes droictes intentions, non seulement en cest affaire,
-mais en toutes les aultres choses qui concernent mes affaires et
-service par delà, qu'il n'est jà besoin vous en escrire pour ceste
-heure davantage; aussy n'estendray je ceste cy que pour vous prier
-m'advertir souvent de l'estat de cest affaire et de toutes aultres
-occurrences; priant Dieu, etc.
-
-Escript à Paris, le XXIIe jour de septembre 1573.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, je ne veux oublier vous dire que, par ce
-que j'ay entendu de mon dict cousin le comte de Retz, nous avons bien
-occasion de nous louer des seigneurs du conseil de la dicte Dame
-Royne, pour les bons offices qu'ilz ont faict par delà, pendant que
-mon dict cousin y a esté, l'assistantz d'affection, ainsi qu'il m'a
-asseuré, en cest affaire; principallement Mr le comte de Lecestre et
-le milord grand thrésorier, lesquels je vous prie remercier de ma
-part, de celle de la Royne, Madame et Mère, et de mon dict frère
-d'Alençon, les asseurant, principallement le dict Sr comte de Lestre,
-que j'ay un extrême desir de m'en revancher en son endroict, et aussy
-du dict milord grand thrésorier, par si bons effaictz que je m'asseure
-qu'ilz demeureront très contentz et se loueront grandement de moy,
-aussy de ma dicte Dame et Mère et de mon dict frère d'Alençon.
-
- CHARLES. PINART.
-
-
-
-
-CLIX
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XXVIe jour de septembre 1573.--
-
- Négociation du mariage.--Regret témoigné par le roi de ce que
- Quillegrey a été désigné pour passer en France.--Nécessité où
- se trouve le roi de laisser encore La Mothe Fénélon en
- Angleterre.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, nous achevasmes hier une despesche que
-la Royne, Madame et Mère, le Roy de Poulogne, Monsieur mon frère, mon
-frère le Duc d'Alençon et moy faisons à la Royne d'Angleterre et à
-vous, laquelle estoit preste à partir, quand Vassal est arrivé avec la
-vostre bien ample du XXe de ce moys[152]; par où j'ay veu fort
-particullièrement comme mon cousin le comte de Retz s'est dignement
-comporté de delà, et acquité de sa légation, et aussy les grandes
-correspondances et démonstrations de bonne amitié envers nous que la
-Royne d'Angleterre, ma bonne soeur et cousine, et tous les siens ont
-monstré, et faict cognoistre vous porter, et comme ilz ont eu très
-agréable que telle et si importante légation ait esté par nous
-commise. J'ay aussy veu ce qui s'est passé de delà, despuis le despart
-du dict comte, et comme icelle Royne a résollue d'envoyer de deçà
-Quillegrey. Sur quoy, après avoir considéré les mauvais offices que
-vous sçavés qu'il a faictz, j'ay advisé de vous escrire encores ceste
-cy pour vous respondre seullement à ce que vous discourés du dict
-Quillegrey et vous prier de faire dextrement, comme je m'asseure que
-vous sçavés bien faire, en sorte, s'il est possible, que ce soit
-quelque aultre que icelluy Quillegrey qui vienne par deçà pour
-l'effaict que mon dict cousin le comte de Retz résollut avec la dicte
-Royne, et qu'il luy escript présentement fort sagement, ainsi que nous
-avons avisé. Mais, si icelle Royne demeure résollue fermement au dict
-Quillegrey, après avoyr veu la lettre d'icelluy sieur comte, ne
-monstrés pas davantage que nous en eussions desiré un aultre, affin
-que, s'il venoit de par deçà, il n'ait aulcune occasion que de bien
-faire et rapporter, à son retour, la vérité de ce qu'il verra pour
-effacer les impostures que l'on a dittes, de delà, de mon dict frère
-d'Alençon; lequel, au contraire de ce qu'on a publié, est beaucoup
-amandé de ceste maladie dernière qui l'a purgé, luy ayant osté
-beaucoup de rougeurs que la petite vérolle luy avoit laissées au
-visage; estant maintenant, avec la barbe qui luy vient fort, beaucoup
-plus agréable qu'ilz n'ont dict de delà. Il a bien creû, et tant s'en
-fault qu'il soit bossu, comme l'on a dict à la dicte Royne, qu'au
-contraire il est aussy droict et gaillard prince et d'aussy belle
-taille qu'il y en ait en la Chrestienté. Et pour ce que, par nostre
-dicte dépesche d'hier, que vous rendra ce porteur, il vous sera
-entièrement satisfaict au reste de la vostre qu'a apportée le dict
-Vassal, me remettant aussy à ce que vous a escript encores mon dict
-cousin le mareschal de Retz, je n'estendray ceste cy que pour prier
-Dieu, etc.
-
-Escript à Paris, ce XXVIe jour de septembre 1573.
-
- [152] Voyez CCCXLe, dép., tom. V, pag. 403.
-
-
-_Par postille à la lettre précédente._
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, nous avons ouï tout ce que nous a dict
-le dict Sr comte de Retz pour obtenir vostre congé, et veu aussy ce
-que m'en escrivés; mais il n'y a encores occasion de pouvoir vous
-l'accorder, jusques à ce que ceste négociation ait prins fin. C'est
-pourquoy je vous prie prendre résollution de demeurer de dellà jusques
-à ce que cella soit faict ou failly, continuant à y faire tout ce que
-pourrés pour y voir clair, et vous asseure que vos servisses, que nous
-avons très agréables, seront, à vostre retour par deçà, fort
-vollontiers et de bon coeur recognus envers vous et les vostres, aux
-premières occasions qui se présenteront. Ne croyés pas que je ne
-cognoisse bien la peyne que vous avés prinse et que vous prenés
-chasque jour. Je sçay le grand soin que vous avés prins pour conserver
-la vie à la Royne d'Escosse, et le travail que vous avés eu pour
-rettenir tous les orages qui menassoient, de vostre costé, mon
-royaulme, pendant les désordres qui y ont esté, et comme vous vous
-estes dignement acquitté en l'un et en l'aultre. Il fault que je vous
-prie que vous ayés patience pour voir quelle fin prendra ce traicté de
-mariage; car, à vous dire vray, si je vous ay rettenu longtemps de
-delà, c'est parce que je ne trouvois personne qui feût capable de m'y
-servir si bien que vous faisiés, pour le mettre en vostre place. Je
-suis encores dans la mesme peyne pour le faict de mon dict frère
-d'Alençon; je vous prie donc de ne vous impatienter pas.
-
- CHARLES. PINART.
-
-
-
-
-CLX
-
-LE ROY DE POULOGNE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XIe jour de novembre 1573.--
-
- Protestation d'amitié.--Recommandation faite par le roi de
- Pologne à l'ambassadeur de veiller à ses intérêts auprès
- d'Élisabeth.--Assurance donnée par le roi de son attachement à
- la reine d'Angleterre.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, vous sçavés comme il a pleu à Dieu, de
-sa divine grâce et bonté, que, entre pleusieurs princes chrestiens,
-j'ay esté esleu Roy de Poulogne. Aussy recevant cest heur et honneur
-de sa main, je luy en rends grâces et louanges comme à celluy à qui
-elles sont deues; et bien que le contantement que j'en ay, et la
-grandeur et dignité que j'en espère, soyent les plus grands que je
-puisse avoir, si est ce que la longue et douce nourriture que j'ay
-prinse du Roy, Mon Sieur et frère, qui m'a tant estimé et honnoré que
-de me communiquer et se reposer sur moy et ma fidélité de toutz ses
-plus grands et importants affaires, et davantage de me faire son
-lieutenant général en ce dict royaulme et terres de son obéissance, le
-singullier amour et affection qu'il a pleu aussi à la Royne, Madame et
-Mère, me tesmoigner, dès mes jeunes ans, et la bonne institution que
-j'ay receue d'elle me laissent beaucoup de regret de la séparation que
-je fais maintenant d'avec eulx, partant présentement pour m'acheminer
-en mon royaulme de Poulogne.
-
-Le regret est commun à tous de porter avec desplaisir l'absance de
-ceulx auxquelz ilz ont tant d'obligation, et qu'ilz ont tant aymés et
-honnorés comme j'ay faict, et fais, le Roy, Mon dict Sieur et frère,
-et la Royne, Ma dicte Dame et Mère, encore est il suivy d'un aultre
-qui est que, laissant pleusieurs bons et affectionnés serviteurs du
-Roy, Mon dict Sieur et frère, qui m'ont, en considération de ma
-qualité de son frère et lieutenant général, porté beaucoup de respect
-et recognoissance, accompaignée d'une singullière bonne vollonté, en
-tout ce que je leur ay commandé pour le servisse de ceste couronne; et
-en quoy je ne veux céler que je n'aye esté de toute affection si bien
-obéy d'eux, comme aussi l'ay je bien particullièrement tesmoigné,
-toutes et quantes fois que les occasions se sont présentées, que j'ay
-aussy regret qu'il faille que le peu de temps, que j'ay à séjourner
-icy, me prive du grand desir que j'avois de les voir, auparavant que
-m'en aller. Et pour ce, que vous estes au nombre de ceux là, et qu'il
-ne me reste aultre moyen de me satisfaire en cest endroit que par
-lettre, j'ay bien voullu vous faire ceste cy pour vous rendre certain
-tesmoignage de l'amitié que je vous ay tousjours portée, comme à
-personnage d'honneur et de vertu que vous estes; vous priant, comme
-vous m'avés cy devant porté bonne et vraye affection, que vous me la
-réserviés encores, quand je seray hors de ce royaulme, et, au
-demeurant, continuer tousjours, en tout ce qui concerne le service du
-Roy, Mon dict Sieur et frère, ainsi et avec tel soin qu'avés
-accoustumé, et selon la parfaicte-fiance qu'il a en vous: qui vous
-asseurerés d'avoir aussy tousjours en moy un vray et bon amy, quelque
-part que je sois, bien prest à m'employer, en tout ce qui s'offrira,
-pour vostre bien et contentement, d'aussy bonne vollonté que je vous
-prye aussy que, pendant que serés encores en vostre légation, vous
-ayés en recommandation les choses qui me concerneront et les affaires
-de mon dict royaulme, et d'asseurer, de ma part, la Royne
-d'Angleterre, ma bonne soeur et cousine, qu'en toute syncérité et
-affection je luy suis et seray tousjours bon frère et cousin, et
-parfaict ami, et qu'en toutes occasions je le luy fairay de bon coeur
-paroistre, la priant que, de sa part, elle en veuille faire de mesme
-en mon endroict.
-
-J'espère, incontinent après que je seray arrivé en mon dict royaulme,
-lui escrire par homme exprès pour confirmer les confédérations d'entre
-mes prédécesseurs, Roys de Poulogne, elle et les siens, et les
-estreindre encore aultant qu'il sera possible; desirant aussy, de
-toute affection, que le voyage du Sr Randolphe, qui doibt bientost
-arriver par deçà, puisse réheussir à l'heureuse fin que je desire,
-tant pour le contentement que je sçay que ce seroit au Roy, Mon dict
-Sieur et frère, et à la Royne, Ma dicte Dame et Mère, et aussy à mon
-frère, Monsieur le Duc d'Alençon, duquel je desire la grandeur aultant
-que de moy mesme; qui prie Dieu, Monsieur de La Mothe Fénélon, vous
-avoir en sa saincte et digne garde.
-
-Escript à Vitry le François, le XIe jour de novembre 1573.
-
-
-Monsieur de la Mothe Fénélon, je vous prie suivre, pour le contenu en
-ceste lettre, ce que le Roy, Monsieur mon frère, vous escript par le
-post script de la sienne.
-
- Vostre bon amy. HENRY.
-
-
- _Post-scriptum inédit de la lettre du roi._
-
- Monsieur de La Mothe Fénélon, il ne sera pas besoin que vous
- parliez à la dicte Royne, de la part du Roy de Poulogne, Monsieur
- mon frère, pour tout ce qui touche mon frère d'Alençon, pour les
- raisons que pouvés bien penser; mais ce sera bien faict de luy
- faire entendre les aultres choses que vous escript mon dict frère
- le Roy de Poulogne.
-
- Escript à Vitry le François, le XIe jour de novembre 1573.
-
- CHARLES. PINART.
-
-
-
-
-CLXI
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XXIXe jour de décembre 1573.--
-
-(_Post-scriptum inédit._)
-
- Dénonciation faite au roi par le vidame de Chartres d'une
- conspiration contre sa personne.
-
-
-Le sieur vidame de Chartres monstrant bien l'affection qu'il me porte,
-comme un bon et vray naturel subject et serviteur doibt aussy à son
-Roy et Maistre, m'a faict advertir, par le cappitaine Masin Delbène,
-présent porteur, qu'il y a une si malheureuse conspiration qui se
-machine contre moy et la Royne, Madame et Mère, qu'il ne se peut fier
-ni commettre cella par lettres ni à personne qui ne luy soit fort
-fidelle, desirant, pour ceste occasion, que j'envoye vers luy
-quelqu'un à qui il se puisse déclarer pour nous le faire entendre.
-J'ay advisé de commettre ceste charge au dict cappitaine Masin, en qui
-il se fie fort, et qui m'est bien affectionné; n'estant néantmoins pas
-d'advis que monstriez, ni à l'un ni à l'autre, que je vous en aye rien
-mandé; mais ce sera bien faict que m'en escripviez en chiffre, si en
-entendés quelque chose par icelluy cappitaine, qui reviendra
-incontinent, comme je luy ay commandé.
-
-
- NOTA.--Voir, pour l'année 1574, les _Additions aux Mémoires de
- Castelnau_, tom. III, pag. 372 à 444, nos LXXXII à CXLVII.
-
- _Lettres du roi, Charles IX_, des 18, 20 janvier; 4, 18 février;
- 4, 14, 23 mars; 20, 23 et 30 mai 1574.
-
- _Lettres du roi, Henri III_, des 15 juin; 1er, 8, 31 octobre; 10,
- 20 novembre; et 5 décembre 1574.
-
- _Lettres de la reine-mère_ des 18 janvier; 5, 18 février; 23, 31
- mai; 3, 11, 13, 14, 18, 20, 22, 30 juin; 5, 16, 23, 28 juillet;
- 5, 25, 31 août; 27 septembre; 1er, 8 octobre; 10 et 20 novembre
- 1574.
-
- _Lettres du duc d'Alençon_ des -- janvier; 5 et 18 février 1574.
-
-
-
-
-CLXII
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du VIIe jour de mars 1574.--
-
- Retard apporté au voyage du roi en Picardie.--Déclaration du roi
- qu'il ne peut donner aucun secours aux Écossais.--Espoir
- qu'Élisabeth ne parviendra pas à réaliser ses projets sur
- l'Écosse.--Audience accordée à l'ambassadeur
- d'Angleterre.--Avis que la reine d'Angleterre est vivement
- pressée de déclarer la guerre.--Efforts que l'ambassadeur doit
- faire pour l'en empêcher.--Négociation avec les protestans.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, encore que j'aye bonne espérance,
-suivant ce que je vous ay escript il n'y a que trois jours, que, quand
-ceux de mes subjectz qui se sont eslevés auront clairement veu et
-entendu, suivant ce que je leur ay faict dire et envoyé asseurer, que
-les bruictz qui ont coureu soient faux, ilz s'en retourneront en leurs
-maisons jouir du repoz que je desire voir en mon royaulme, si n'est il
-pas possible que je puisse estre à la frontière de Picardie, au temps
-que je vous ay escript: car, quand bien tout seroit desjà appaisé, je
-veux premièrement voir, avant que je parte de ces quartiers, le tout
-bien rassis et rapaisé. Voylà pourquoy je vous prie qu'en faisant
-entendre à la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur et cousine, comme je
-suis après à appaiser tout cessy, ainsi que j'espère faire bientost,
-vous puissiés prolonger le temps que je vous avois escript que je
-serois devers ma frontière pour faire l'entreveue, si, suivant ce que
-je vous en ay sur ce mandé, icelle Royne se délibéroit de s'approscher
-aussy de la sienne.
-
-Cepandant je vous diray, quand à ce que m'escrivés touchant les propos
-que vous a tenus l'oncle du comte d'Arguil[153], que mes affaires ne
-peuvent permettre de faire ce que je desirerois bien pour ceux qui me
-sont affectionnés en Escosse. Toutesfois asseurés les franchement que
-je ne diminueray jamais rien de l'amitié que je leur porte, et ne les
-abandonneray poinct. Je ne doubte pas que icelle Royne d'Angleterre
-n'ayt tousjours le desir, et, quand et quand, espérance de réduire ce
-royaulme là comme s'il estoit sien: mais elle y a desjà tant de fois
-failli que je croy qu'elle n'en peut que bien peu espérer. Toutesfois
-il sera bon, et vous prie, pour ceste occasion, d'entretenir
-tousjours, le plus que vous pourrés, les dictz escossois qui me sont
-affectionnés, affin de me servir de ce pays là comme j'ay cy devant
-faict, si tant est que icelle Royne d'Angleterre se déclarât contre
-moy. A quoy, combien qu'elle ne fasse aulcune démonstration, je sçay
-qu'elle a esté fort sollicitée sur l'occasion de ces troubles, que je
-ne doubte pas, s'ilz continuent, qu'elle ne les fomente, pour le
-moins, ainsi qu'elle a faict durant les aultres.
-
- [153] Voyez la CCCLXVe dép. du 15 février 1574, tom. VI, pag. 32.
-
-Je donnay, avant hier, audience à son ambassadeur, qui trouva mes
-frères le Duc d'Alençon et le Roy de Navarre rians et s'esjouans avec
-moy, selon la vraye et parfaicte amitié et bonne intelligence qui est
-entre nous, telle qu'elle se peut desirer entre frères; dont la Royne,
-Madame et Mère, qui estoit aussy auprès de moy, qui estois au lict,
-vit bien que le dict ambassadeur se soufrit, car il pensoit, à mon
-advis, que, selon les faulx bruictz que les malitieux, qui ne
-demandent que la division, font courir, nous feussions en mauvaise
-intelligence, mais il vit bien le contraire. Aussy vous priè je dire
-que j'espère si bien conduire mes dictz frères, le Duc d'Alançon et le
-Roy de Navarre, qu'ilz n'auront jamais, comme de ceste heure, aultre
-vollonté que la mienne; combien qu'à vous dire vray, mais cella
-demeurera en vous, il y ait eu de grandes menées, et l'on a faict ce
-que l'on a peu pour les diviser d'avec moy, qui loue Dieu de
-l'assistance qu'il m'a donnée pour y remédier comme j'ay faict, si
-bien que je m'asseure que tout sera bientost appaisé en ce royaulme,
-et qu'en quelque sorte que ce soit mes dictz frères n'ont ni n'auront
-aultre intention et vollonté que la mienne, comme vous le pourrés
-tousjours bien fermement asseurer de dellà; estant aultant nécessaire,
-qu'il feust jamais, que preniez garde à ce qui se faira de delà, car
-j'ay sceu pour certain que la dicte Royne a esté très instamment
-poursuivie pour se déclarer contre moy; et que, sur ce, les principaux
-de son conseil avec lesquelz elle en a communicqué se sont trouvés
-partis, estant le milord thrésorier le plus ferme opinant, à ce qu'on
-m'a dict, (toutesfois je ne le tiens pas pour bien certain), à me
-faire la guerre ouverte, sur ces eslévations qui sont maintenant par
-deçà.
-
-J'ay sceu davantage que l'ambassadeur, qui est icy, faict cejourdhuy
-partir son secrettaire pour presser sa Maistresse et les ministres à
-cella, leur persuadant qu'ilz n'auront jamais si belle occasion et
-moyen de faire quelque chose par deçà pour y remettre le pied et y
-ravoir un Calais. Mais il ne fault pas faire semblant de rien, et au
-contraire continuer tousjours à entrettenir la dicte Royne et ses
-ministres de la vraye amitié que je luy porte, et de celle que
-j'espère réciproquement d'elle; ayant l'oeil ouvert et faisant
-dextrement tout ce qu'il vous sera possible pour entendre ses
-délibérations et m'en advertir.
-
-Je n'ay poinct encore responce de ceux de mes dictz subjectz, qui se
-sont eslevés, sur ce que le Sr de Torcy leur a raporté de ma vollonté;
-mais j'en attands bientost, et desire bien fort qu'ilz soyent si
-sages que chascun se rettire en sa maison, et vive en repos sellon les
-lettres patentes qu'ilz m'avoient demandées, et que je leur envoye,
-dont vous avés eu le double par ma dernière dépesche; priant Dieu,
-etc.
-
-Escript au fauxbourg St Honoré, lez Paris, le VIIe jour de mars 1574.
-
- CHARLES. PINART.
-
-
-
-
-CLXIII
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XVIIe jour d'apvril 1574.--
-
- Nouveaux évènemens survenus en France.--Remontrances que
- l'ambassadeur doit faire contre les secours donnés par
- l'Angleterre à Montgommery.--Nécessité de surseoir à la
- négociation du mariage.--Détails sur la conspiration de La Mole
- et de Coconas.--Déclarations du duc d'Alençon et du roi de
- Navarre.--Fuite du prince de Condé.--Dispositions prises contre
- La Noue, qui occupe la Rochelle.--Abandon du siège de Valognes
- par Montgommery.--Assurance que toutes les autres provinces
- sont tranquilles.--Levées de troupes faites par le roi en
- Allemagne et en Suisse.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, par vos dépesches du XXVIIIe du passé,
-IIe et VIe du présent[154], j'ay veu comme la Royne d'Angleterre, ma
-bonne soeur, ayant entendu les nouveaux accidentz survenus de deçà, a
-faict contenance d'en recevoir grand desplaisir, et mesmes de ce
-qu'elle avoit ouï dire qu'il y avoit quelque chose de meslé de mon
-frère le Duc d'Alençon; ce que je reconnois d'une très bonne vollonté
-qu'elle me porte et au bien de mes affaires, comme aussy les propoz
-qu'elle vous a tenus de Montgomery, ne pouvant en cella user de plus
-belles démonstrations de son amitié, lesquelles je seray bien aise de
-voir suivies de semblables effaictz; ayant à vous dire, en passant,
-touchant icelluy Montgomery, que, entre aultres déclarations que a
-faictes le comte Coconas, prisonnier, grandement coupable de la
-malheureuse entreprise qui a esté descouverte, il a dict que le dict
-Mongomery s'asseuroit bien d'estre secoureu du costé d'Angleterre: ce
-que je desire que vous faisiés entendre à ma dicte bonne soeur, et luy
-remonstriés que, encore que ce soit chose que je ne veuille pas croire
-qu'elle voullût souffrir, pour ne pouvoir estre rien plus contraire à
-noz communs traictés et à l'amitié qu'elle veut par toutes parolles
-faire connoistre me porter, si est ce que j'ay bien voullu l'en faire
-advertir par vous, et la requérir d'y pourvoir, par tous les meilleurs
-moyens qu'il sera possible, qu'il ne soit presté aulcun secours au
-dict Mongomery ni à aultres de sa faction, soit ouvertement, ou
-clandestinement.
-
- [154] Voyez CCCLXXIIe, CCCLXXIIIe et CCCLXXIVe dép. tom. VI, pag.
- 64, 68 et 73.
-
-Vous pouvés bien juger comme ces choses interrompent le dessein que
-j'avois prins de m'en aller du costé de la Picardie pour facilliter
-l'effaict de l'entreveue de mon dict frère le Duc; lequel il fault
-laisser aux termes qu'il est, sans plus en parler, que l'on ne voye
-quelque changement en mieux de mes affaires, sans toutesfois monstrer
-que je sois réfroidy du desir que j'ay de m'estreindre avec ma dicte
-bonne soeur d'un plus estroit lien d'amitié; vous priant que, pour le
-plus grand servisse que me sauriés faire, vous ayés, à ceste heure,
-l'oeil bien ouvert à tout ce qui se faira et proposera du costé
-d'Angleterre. Comme je suis asseuré de vostre affection et
-intelligence, je ne vous en exhorte pas davantage.
-
-J'ay veu ce que vous me mandés du desir que le comte d'Arguil a
-d'estre faict chevallier de mon ordre, ce que je luy ay fort
-volontairement accordé, et vous envoye la dépesche que je pense ne
-pouvoir mieux addresser qu'à vous mesmes pour le luy bailler.
-
-Au surplus, Monsieur de La Mothe Fénélon, vous aurés entendu par ma
-dernière[155], comme ceste malheureuse entreprinse, semblable à celle
-que l'on voulloit dernièrement tanter à Saint Germain en Laye, avoit
-esté descouverte, qui feust cause que, m'ayant esté confirmée par
-plusieurs divers advis, je fis renforcer mes gardes et entrer dedans
-l'enclos de ce chasteau un corps de garde de Suisses. Il avoit dès
-lors esté prins quelques prisonniers, coupables de la dicte
-entreprinse, et despuis il en a esté encore prins d'aultres, entre
-lesquels sont La Molle et le comte Coconas, qui sont entre les mains
-des gens de ma cour de parlement, pour leur estre faict leur procès,
-s'estantz desjà, par les interrogations que l'on leur a peu faire, et
-leurs confessions vollontaires, vériffié comme ilz ont voulleu
-suborner mes frères, le Duc d'Alençon et Roy de Navarre, et les
-enlever hors d'auprès de moy pour leur faire entreprendre quelque
-chose au préjudice de mon authorité et du repos de mon estat; pour
-lequel effort ilz avoient disposé des chevaux en certains endroictz et
-prins un lieu où ilz se debvoient rendre; ayant bien à louer Dieu de
-ce que, par sa grâce, leur mauvais dessein n'a esté exécuté. Mes dicts
-deux frères, ayantz recogneu la maligne intention de ceux qui les ont
-voulleu ainsi malheureusement séduire, m'ont déclaré tout ce que
-dessus, espérant bien que, par la confession des procès qui seront
-faits à ceux qui se trouvent aujourdhuy prisonniers, il se pourra
-descouvrir quelque chose davantage de ce à quoy tendoit le but de
-ceste malheureuse entreprise; dont je ne manqueray de vous donner
-advis affin que vous en puissiés parler au lieu où vous estes.
-
- [155] Cette lettre manque.
-
-Cependant je ne veux oublier à vous dire que mon cousin, le Prince de
-Condé, ayant eu quelque frayeur, pour luy avoir esté donné à entendre
-que je tenois prisonniers mes dictz frères, est sorty d'effroy de la
-ville d'Amiens, et s'est rettiré du costé des Ardennes, ainsy que je
-l'ay entendu. Mais j'espère que, comme son parlement a esté fondé sur
-un faux donné à entendre, quand il sçaura la vérité des choses, comme
-j'ay donné ordre de la luy faire sçavoir, il s'en retournera au dict
-Amiens pour continuer à pourvoir aux affaires de son gouvernement,
-selon la charge que je luy en ay donnée et que luy avois envoyée
-expressément.
-
-Je viens d'avoir nouvelles de mon cousin, le duc Montpensier, comme il
-a, avec le Sr de La Vauguion, suivi de si près les troupes de La Noue,
-qui avoient envie de se joindre à Langoran, qu'il les a contrainct de
-prendre aultre chemin et de tirer du costé de la Rochelle, estant mon
-dict cousin en délibération de les combattre avec bonne intention de
-les deffaire, comme il est bien plus fort qu'elles ne sont. Quand au
-dict La Noue, estant malade d'une fiebvre double tierce, il s'estoit
-rettiré à la Rochelle, où je croy que mon cousin le sieur Strossy et
-le secrettaire Pinart, qui estoient après à le joindre, pourront
-négotier avec luy du faict de leur charge.
-
-Du costé de la Normandie, j'ay eu aujourdhui advis que le Sr de
-Matignon a fait lever le siège devant Valongnes à Montgomery, qui
-s'est rettiré du costé de Vire, où il le poursuivoit pour le combattre
-avec une bonne troupe de forces, luy ayant desjà faict changer d'un
-logis ou deux.
-
-J'espère quelque bon effaict de ces deux costés, n'ayant rien qui
-bouge, grâces à Dieu, ez aultres provinces par deçà, où les choses
-sont en fort paisible estat; priant Dieu, etc.
-
-Escript au chasteau de Vincennes, le XVIIe jour d'apvril 1574.
-
-
-Je ne veux oublier de vous dire que, despuis ces nouveaux accidentz
-survenus, je me suis résollu de mettre en wartguelt jusques à cinq
-mille chevaux reytres, et de demander une levée de six mille Suisses,
-pour estre fort et donner la loy à ceux de mes dicts subjectz qui me
-seront désobéissantz.
-
- CHARLES. BRULART.
-
-
-
-
-CLXIV
-
-LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XXVe jour d'apvril 1574.--
-
- Audience accordée à l'ambassadeur d'Angleterre pendant la maladie
- du roi.--Intercession d'Élisabeth en faveur de La
- Mole.--Déclaration faite par Catherine de Médicis des motifs
- qui ne permettront pas d'user de clémence envers lui, s'il est
- condamné.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, l'ambassadeur de la Royne d'Angleterre,
-Madame ma bonne soeur, m'est venu aujourdhui trouver, et a commencé à
-me dire que sa Maistresse avoit esté grandement resjouie, quand elle
-avoit entendu, par sa dépesche, que le Roy, Monsieur mon filz, et moy
-continuons toute bonne amitié envers elle, et que les choses que l'on
-disoit de mon filz le Duc, sur l'occasion de ce qui est cy devant
-advenu, ne se trouvoient telles que on en avoit faict courir le
-bruict, qui estoit bien le plus grand desplaisir qu'elle pouvoit
-recevoir; car, comme l'amitié singullière, qu'elle luy avoit tousjours
-cy devant portée, estoit principallement fondée sur celle qu'elle
-avoit avecque le Roy, Mon dict Sieur et filz, et moy, aussy quand il
-seroit mal avec nous, elle n'en pourroit que grandement diminuer. Ce
-que je luy ay conforté et remercié de ce que, en cella, elle randoit
-un bien ample tesmoignage de la syncérité de son affection,
-l'asseurant, comme la vérité est, que nostre amitié vers elle est
-telle et aussy syncère qu'elle ait esté cy devant, et que nous avons
-tout desir de l'estreindre tousjours de plus en plus; et que, Dieu
-mercy, il estoit en aussy bonne intelligence avec nous que nous le
-sçaurions souhaitter pour nostre contentement, et que sa vollonté et
-la nostre n'estoit qu'une mesme chose.
-
-Puis il m'a dict qu'il avoit à parler au Roy, Mon dict Sieur et filz,
-quelque chose de la part de sa Maistresse, mais, à cause de son
-indisposition, il ne le voulloit empescher, m'ayant déclaré que
-c'estoit de La Molle, lequel ayant veu et estimé pour gentilhomme fort
-honneste, elle a quelque occasion de penser qu'il ne luy seroit poinct
-tombé au coeur de faire une meschanceté; toutesfois qu'elle ne sçavoit
-pas de quoy il peût estre chargé, mais que, s'il y avoit chose qui ne
-feust de si grand grief et offence qu'elle peût estre remise, qu'elle
-prieroit vollontiers pour luy. En quoy elle estoit incitée d'aultant
-plus qu'elle avoit tousjours recogneu la bénignité et clémence de mon
-dict filz si grande envers ses subjectz, qu'il avoit tousjours fort
-vollontiers pardonné, mesmement à ceux qui, par plusieurs fois, ont
-prins et porté les armes, les ayant, après cella, aultant
-favorablement traictés que pourroit faire le plus clément prince du
-monde, comme encores il se voyoit aujourdhuy qu'il leur faict de si
-belles et raisonnables offres que, quand ilz ne les voudront accepter,
-ilz mériteront d'en estre blasmés de tout le monde, et que tous les
-princes, qui font profession de leur religion, leur seroient
-contraires.
-
-Là dessus, je luy ay respondu que j'estois bien aise qu'il fît ce
-jugement avec la vérité, mais, quand à ce qui touche le pardon qu'a
-faict le Roy, Mon dict Sieur et filz, à ses subjectz, quand ilz se
-sont cy devant eslevés en armes, ç'a esté lorsqu'ilz ont faict
-cognoistre que ce qu'ilz en faisoient n'estoit que pour le faict de
-leur religion, et estre en cella contentés de ce qui serviroit à la
-satisfaction de leur conscience, et que, leur y ayant esté pourveu,
-ilz luy ont randu l'obéyssance telle que debvoient de bons subjectz:
-mais, pour le regard du dict La Molle, il y avoit bien d'aultres
-considérations; car estant une personne qui a esté nourrie près de
-nous, et se peut dire de nostre pain, luy ayant, Mon dict Sieur et
-filz, faict de l'honneur et de la faveur, non pas comme à un subject
-et serviteur, mais aultant quasi qu'il eut sceu faire à un qui luy eut
-esté compaignon, la faulte, qu'il pouvoit avoir faicte, estoit
-beaucoup plus grande en son endroict que de toutes aultres personnes;
-qu'il sçavoit bien que, quand semblables accidentz estoient advenus en
-Angleterre, la Royne, sa Maistresse, n'avoit pas pardonné à ses
-propres parentz, et avoit laissé traicter telle chose par la justice,
-ainsi qu'il estoit raisonnable, et comme l'on faict présentement,
-estant le dict La Molle et ceux qui sont accusés comme luy entre les
-mains des premiers juges de ce royaulme, qui sont les gens de la cour
-de parlement de Paris; par lesquelz tout homme accusé en ce dict
-royaulme desire estre plustost jugé que par nulz aultres, par la
-grande et singullière intégrité qui est recogneue en eux.
-
-A quoy il n'a peu contredire, mais a plustot approuvé ce que je luy en
-déclarois, me disant si on ne peut sçavoir encores de quoy le dict La
-Molle est convaincu?
-
-A quoy je luy ay respondu qu'il ne se sçavoit poinct; mais que cest
-affaire estoit traicté avec toute la syncérité qui se peut dire, et
-que, après avoir esté le procès faict, nous en fairions part à sa
-dicte Maistresse pour luy faire cognoistre le fonds de la vérité des
-choses, que nous ne voudrions demeurer célé à personne qui nous touche
-d'amitié si intime.
-
-C'est, en somme, le contenu des propos qui se sont passés entre nous,
-desquelz je vous ay bien voullu donner advis, affin que, si la Royne,
-ma dicte bonne soeur, vous en parle, par delà, ou vous dict ce qu'elle
-en aura sceu de son dict ambassadeur, vous en puissiés estre d'aultant
-plus asseuré par ce que présentement je vous en mande, et vous y
-conformer.
-
-Au surplus, Monsieur de La Mothe Fénélon, attendant qu'il vous soit
-faict responce sur la dépesche que nous a porté le Sr de Vassal[156],
-je vous prieray d'user tousjours envers ma dicte bonne soeur de toutes
-les démonstrations de nostre bonne amitié qu'il sera possible, comme
-aussy ne nous est elle aulcunement diminuée par ces nouveaux
-accidentz, mais plustost accreue; priant Dieu, etc.
-
-Escript au chasteau de Vincennes, le XXVe jour d'apvril 1574.
-
- CATERINE. BRULART.
-
- [156] Voyez CCCLXXVe dép., tom. VI, pag. 77.
-
-
-
-
-CLXV
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du IIe jour de may 1574.--
-
- Protestation du roi qu'il n'a pas l'intention de s'allier avec le
- roi d'Espagne.--Son desir de voir réussir le mariage du duc
- d'Alençon.--Offre de faire prochainement
- l'entrevue.--Recommandation de surveiller les menées des
- protestans français en Angleterre.--Promesse qu'il sera fait
- droit aux réclamations de sir Arthus Chambernon.--Situation
- désespérée de Montgommery en Normandie.--Assurance que le roi
- est en meilleure santé.--Condamnation et exécution de La Mole
- et de Coconas.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, comme vostre secrettaire estoit
-dernièrement sur le poinct de partir et avoit desjà sa dépesche,
-Vassal arriva avec la vostre, du XVe du passé, despuys laquelle j'ay
-receu celle du XIXe[157]; et pour vous y respondre, je vous diray que
-j'ay bien considéré le mémoire dont vous avés chargé le dict Vassal,
-contenant plusieurs advis qui monstrent bien que celluy qui vous les a
-donnés a une singullière affection à la conservation de moy et de mon
-estat; dont je sçauray bien faire mon profict, Dieu aydant; mais,
-quand à ce qui touche les persuasions que l'on se veut donner par
-delà, que j'ay une privée intelligence et communiquation de conseilz
-avec le Roy Catholique, et ce que l'un des conseillers de ma bonne
-soeur vous a voulleu faire croire, c'est chose de la créance de
-laquelle j'estime qu'ilz sont grandement esloignés, et que l'on vous
-en a parlé pour vous faire ouvrir et déclarer là dessus, mes actions
-faisans assés cognoistre à ceux qui en voudront juger sainement que je
-ne suis poinct plus affectionné ez choses qui touchent le dict Roy
-Catholique que en ce qui concerne ma bonne soeur, l'amitié de la
-quelle j'ay recerché et recerche de confirmer perpétuellement par tous
-les meilleurs moyenz qu'il m'est possible.
-
- [157] Voyez CCCLXXVe et CCCLXXVIe dép., tom. VI, pag 77 et 80. Le
- mémoire qui était joint à la première de ces dépêches n'a pas été
- transcrit sur les registres de l'ambassadeur.
-
-En quoy il se peut dire que je n'y ay rien oublié de ce que je y ay
-peu advancer de mon costé, et que, si, du costé de delà, la
-disposition y eut esté aussy ouverte et sincère, il en feût desjà
-sorti un bon effaict au commun bien et utilité de noz deux royaulmes;
-et bien que ces derniers accidentz survenus soient telz qu'ilz ont
-interrompu le dessein et délibération que j'avois pris de m'aproscher
-de la Picardie, pour facilliter l'entreveue de mon frère le Duc
-d'Alençon, ainsy que je vous l'ay cy devant escript, si est ce qu'ilz
-n'ont en rien diminué la bonne vollonté que j'ay tousjours eue
-d'establir, par le moyen de son mariage, une indissoluble amitié entre
-noz deux royaulmes. Auquel desir je continue persévèremment, comme je
-feray jusques à ce que je voye que, du costé de delà, il ne s'en
-pourra plus rien espérer, n'ayant jamais donné à cognoistre au docteur
-Dale, qui est icy ambassadeur résident, qu'il y eût aulcun
-réfroidissement, de mon costé, en ce regard.
-
-Bien ay je peu monstrer que ceste entreveue de mon frère, le duc
-d'Alençon, ne se pouvoit pas faire à ceste heure, et jusques à ce que
-les choses soyent un peu mieux remises qu'elles ne sont encores, et
-mesmes qu'il semble, par le propos qu'il m'a tenu de la part de sa
-Maistresse, que, si elle cognoissoit une mauvaise intelligence de mon
-dict frère envers moy et la Royne, Madame et Mère, cella diminueroit
-beaucoup la bonne amitié qu'elle luy portoit, fondée principallement
-sur la bonne affection qu'elle a à l'endroit de Ma dicte Dame et Mère
-et de moy. De quoy il a esté requis qu'elle feust premièrement
-asseurée, sellon qu'il a esté faict par les propos que l'on a eus
-avec son dict ambassadeur, et ce que vous avés eu charge de luy en
-exposer par delà; vous voullant bien dire que j'ay tant de desir de
-voir le faict de ce mariage conduict à une bonne et heureuse fin, que,
-si ma dicte bonne soeur vous veut asseurer qu'après avoir veu mon dict
-frère, elle l'espousera, sans qu'il se mette plus en avant aulcune
-difficulté, incontinent que l'estat des affaires de mon royaulme aura
-esté un peu remis, ce que j'espère dans peu de temps, je m'aproscheray
-de la dicte frontière de Picardie pour effectuer ceste entreveue, et
-luy fairay bien cognoistre que je ne suis aulcunement réfroidy du dict
-mariage; mais qu'il m'en demeure le mesme desir que je y ay eu cy
-devant, lequel m'est pleustost accreu que diminué.
-
-J'ay veu ce que me mandés des excuses et prétextes que le comte de
-Montgomery a faict entendre, par delà, l'avoir induict à se venir
-employer au secours de ceux qui se sont eslevés en armes, lesquels
-sont aussy faulsement controuvés que toutes les aultres mauvaises
-inventions de telles personnes, pour donner coulleur à leurs
-meschantes entreprises. Or, en cella, et aux réquisitions qu'il faict
-d'avoir quelques secours, soit de gens ou de navires, et aussy aux
-sollicitations que le ministre Vilden, Robineau et le ministre de La
-Noue, nommé Textor, font par delà, c'est à vous à y avoir l'oeil
-soigneusement ouvert, et faire de bien vives instances envers la Royne
-d'Angleterre à ce qu'elle ne souffre, selon ce qui appartient à nostre
-commune amitié et aux derniers traictés que nous avons faict, qu'ilz
-soyent ouïs aux choses qu'ilz pourront réquérir pour fomenter le
-trouble de mon dict royaulme et le secours de ceux qui se sont
-eslevés, et d'empescher qu'ilz n'obtiennent rien d'elle ni de ses
-subjectz, directement ou indirectement, qui est le meilleur servisse
-que me sçauriés faire pour le présent.
-
-J'ay veu la coppie que m'avés envoyée du mémoire que vous a présenté
-le sir Arthus Chambernon, sur lequel ce que je vous peux dire c'est
-que le comte, de Montgomery faict assés cognoistre, par tous ses
-déportementz, qu'il n'a aultre vollonté que de poursuivre la ruine de
-mon royaulme, en tout ce qu'il pourra; dont il ne méritte de recevoir
-de moy aulcun bon traictement en ses biens, comme cy devant je luy
-avois offert, s'il se feust contenu doucement: à quoy je ne suis pas
-délibéré d'entrer. Mais, pour le regard de ce qui touche l'intérest du
-filz du dict Chambernon, et la jouissance qu'il demande pour luy du
-dot de sa femme, fille du dict comte, sur les biens qu'il a en ce
-royaulme, montant douze mille livres, je luy en fairay tousjours faire
-bonne justice en faveur de ma dicte bonne soeur; mais je desire que
-vous empeschiés dextrement que, soubz umbre de cella, il n'entreprenne
-un voyage de par deçà, de peur que ce ne feust pour aultre mauvaise
-intention. En quoy vous luy pourrés remonstrer qu'il n'est poinct de
-besoin qu'il s'y achemine pour telle occasion, mais qu'il suffira
-qu'il fasse présenter sa requeste par l'ambassadeur, qui est icy
-résident, sur laquelle il aura toute la favorable responce qu'il sera
-possible.
-
-Au surplus, Monsieur de La Mothe Fénélon, je vous diray comme s'estant
-le dict comte de Montgomery réduict dedans Sainct Lô, (la tenant à
-ceste heure assiégée), enfin pour ne s'y trouver trop seurement, j'ay
-sceu que, avec vingt et cinq ou trante chevaux, il s'est hazardé de
-sortir pour s'aller mettre dans Carentan. J'ay envoyé bonne quantité
-de canons, poudres et munitions de ma ville de Paris au Sr de Matignon
-pour assiéger ces deux places là, oultre ce qu'il en a desjà de mon
-païs de Normandie, de sorte que j'espère que, dans peu de temps, il
-les aura remises en mon obéissance, n'estant encore en bon estat de
-fortification.
-
-Ne me restant rien à vous dire, Monsieur de La Mothe Fénélon, si ce
-n'est que je ne fais poinct de doubte que l'on ne parle diversement,
-au lieu où vous estes, de l'estat de ma disposition, mesmement à cause
-des mèdecins de Paris, que j'ay faict venir pour me voir; et affin que
-vous n'en soyés en peyne, et en sçachiés la vérité, je vous asseure
-que m'ayant faict tirer du sang, je me sens grandement soulagé, et me
-trouve sans aulcune doulleur, avec espérance que, dans peu de jours,
-je seray entièrement guéri, et pourray me lever, Dieu aydant.
-
-Et finirois en cest endroict ceste lettre, n'estoit qu'il faut que je
-vous die encores comme La Molle et le comte Coconas feurent hier jugés
-à avoir la teste tranchée, et le jugement exécuté, ayantz esté
-convaincus d'avoir attenté contre mon estat; et ont recogneu, avant
-que de souffrir le dernier supplice, que, méritoirement et à juste
-occasion, ilz avoient esté condemnés à mort, et que leur fin serviroit
-de grand exemple à toutes personnes qui auroient au coeur telles
-mauvaises entreprinses, que celles qu'ilz ont tentées; se pouvant dire
-qu'il a esté usé, à la confession et jugement de leur procez, de toute
-la plus grande sincérité, et les choses pesées avec le plus grand
-respect qui se puisse observer, et que, s'il se feût peu trouver
-quelque excuse pour eux, elle eût esté employée; mais ilz se sont
-trouvés si coulpables que eulx mesmes se sont condemnés et confessés
-dignes de mort beaucoup plus cruelle que celle qu'ilz ont soufferte;
-priant Dieu, etc.
-
-Escript au boys de Vincennes, le IIe jour de may 1574.
-
-
-J'ay faict garder ceste dépesche jusques aujourdhuy que je vous puis
-asseurer ma santé m'estre tousjours de plus en plus confirmée, et me
-trouver si bien, à ceste heure, que j'espère sortir dans peu de jours.
-
- CHARLES. BRULART.
-
-
-
-
-CLXVI
-
-LE DUC D'ALENÇON A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON
-
---du Ier jour de juing 1574.--
-
- Reconnaissance de la régence de Marie de Médicis par le duc
- d'Alençon, après la mort du roi Charles IX.--_Même déclaration_
- faite par le roi de Navarre.--_Acte de reconnaissance_, par le
- parlement de Paris et les princes du sang, des pouvoirs
- conférés à la reine-mère.
-
-
-Monsieur de La Mothe, je ne saurois assés vous exprimer l'extrême
-regrect, qui me demeure, de la perte, que j'ay faicte, du Roy Mon
-Seigneur et frère, qu'il a pleu à Dieu appeller à sa part. Toutesfois,
-me conformant à sa saincte vollonté, et considérant que c'est chose
-commune à tous hommes, je me forceray de surmonter ceste dolleur le
-plus vertueusement qu'il me sera possible, et vous diray que la
-dernière vollunté du Roy, Mon dict Seigneur et frère, a esté que la
-Royne, Madame et Mère, régist et gouvernast les affaires de ce
-royaume, en attendant le retour du Roy de Poullogne, Mon Seigneur et
-frère, ce qu'elle a accepté, meue de l'affection qu'elle porte au bien
-d'icelluy royaume. En quoy, sellon le naturel debvoir que j'ay envers
-la Royne, Madame et Mère, je m'esforceray de luy randre tout service
-et obéissance, vous priant, de vostre part, vous conformer en cella en
-ce qui est de vostre charge, et y randre la mesme dilligence et
-fidellité que vous avés faict le passé, comme nous avons toute fiance
-en vous; priant Dieu, etc.
-
-Escript au bois de Vincennes, le premier jour de juing 1574.
-
- Vostre bon amy. FRANÇOYS.
-
-
- LE ROY DE NAVARRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
- --du Ier jour de juing 1574.--
-
- Monsieur de La Mothe Fénélon, vous verrés par la lettre que la
- Royne vous escript[158], comme il a pleu à Dieu disposer du feu
- Roy Mon Seigneur, perte qui, est si notable à ce royaume qu'il ne
- peult qu'il n'en demeure ung regret infini à tous ceux qui en
- sont serviteurs affectionnés. Mais il nous demeure une bien
- grande consolation de ceste affliction, qui est que Sa Majesté,
- sentant sa fin, pour tesmoigner le singulier desir qu'elle a
- tousjours eu au repos de ses subjectz, a ordonné, par sa dernière
- vollunté, que l'administration et régence des affaires demeurent
- à la dicte Dame, attandant l'arrivée du Roy de Poullogne. Ce
- qu'elle sçaura très bien faire par sa prudance et la longue
- expériance qu'elle en a, et aussy pour la dévotion grande qu'elle
- a à ceste couronne. En quoy je l'assisteray et recognoistray,
- sellon qu'elle en est très digne par ses vertus, comme et
- semblablement fairont touts les principaux et bien affectionnés
- ministres de ceste couronne; vous priant, de
-vostre costé, faire en cecy ce qui est de vostre charge, et y
-randre le bon debvoir que l'on sçait que vous avés faict ci devant,
-ainsi que la dicte Dame s'en assure; priant Dieu, etc.
-
-Escript au bois de Vincennes, le premier jour de juing 1574.
-
- Vostre bon amy. HENRY.
-
- [158] Voyez la lettre de Catherine de Médicis, en date du 31 mai
- 1574, _Additions aux Mémoires de Castelnau_, no CXI, tom. III,
- pag. 405.
-
-
- ACTE DE RECONNAISSANCE,
-
- Par le parlement et les princes du sang, des pouvoirs conférés à
- la reine-mère.
-
- --du dernier jour de may 1574.--
-
-Le lundy, dernier jour de may, mil cinq cens soixante quatorze, la
-Royne, Mère du Roy, estant au chasteau de Vincennes, accompagnée de
-Monseigneur le Duc d'Allençon, son filz, frère du Roy, du Roy de
-Navarre et de Monseigneur le Cardinal de Bourbon:
-
-Les six présidents en la Cour de Parlement de Paris, assistés
-d'aulcuns présidens des enquestes, d'un grand nombre de conseillers,
-de l'un des advocatz et du procureur général en la dicte court, se
-sont présentés à la dicte Dame, et à icelle remonstré que la dicte
-court de Parlement, ayant entendu le trespas du feu Roy Charles
-dernier, son fils, naguières décédé, et considérant que le Roy Henry,
-son frère, à présent Roy de France et de Poulogne, ne peut si tost
-entreprendre l'administration des affaires de ce dict royaulme;
-
-Icelle Court, pour s'acquiter de ce qu'elle doibt et veult rendre à
-son Roy et Souverain Seigneur, se seroit légitimement assemblée au
-palais de Sa Majesté, à Paris, lieu de sa séance ordinaire, où,
-estant, après luy estre apareu de la dernière vollunté du feu Roy
-Charles, par ses lettres patantes, peubliées en icelle Court, elle les
-a depputté devers la dicte Dame, avec charge expresse de la supplier
-et requérir de voulloir, en l'absance du dict Seigneur Roy, et
-attandant son retour, accepter la charge et administration des
-affaires de ce dict royaulme, pour les conduire et diriger par sa
-vertu, et comme elle a tousjours prudamant faict, durant la minorité
-du dict feu Roy Charles, au grand contantement de tous ses peuples et
-subjectz, luy offrant, à ceste fin, toute obéissance et
-recognoissance, en choses qu'il luy plairra ordonner pour le service
-de leur Roy et Souverain, comme à sa propre personne.
-
-A quoy sont intervenus Mon dict Seigneur, frère du Roy, les dictz
-Seigneurs, Roy de Navarre et Cardinal de Bourbon, assistés de
-Monseigneur le chancellier de France et de plusieurs seigneurs du
-conseil privé, qui toutz unanimement ont faict pareille requeste à la
-dicte Dame, et offert de la servir, obéir et recognoistre en toutes
-choses;
-
-Suivant laquelle requeste et instance, la dicte Dame, meue de
-l'affection maternelle qu'elle a envers le dict Seigneur Roy, son
-filz, et au bien de ce dict royaume, accepte la dicte charge.
-
-Faict en présence de nous, conseillers et secrettaires du dict
-Seigneur Roy, au jour dessus dict.
-
- FIZES. BRULART. PINART.
-
-
-
-
-CLXVII
-
-LA ROYNE RÉGENTE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du Ve jour de juing 1574.--
-
- Conjuration formée en France par les Anglais attachés à
- l'ambassade.--Offres faites au duc d'Alençon au nom
- d'Élisabeth.--Charge donnée à l'ambassadeur de les porter à sa
- connaissance.--Déclaration de Catherine de Médicis qu'elle va
- faire arrêter les coupables.--Résolution de suspendre
- l'exécution de cette mesure.
-
-
-Monsieur de La Mothe, je vous fis, avant hier, une bien ample responce
-à vostre dernière dépesche, et par mesme moyen vous manday comme ceste
-entreprinse et menée de la Royne d'Angleterre, se sont trouvées par
-elle faillies, sans vous déclarer autrement comme je le sçavois; mais
-despuis, j'ay pansé qu'il ne peult estre que bien à propos, pour le
-service du Roy, Monsieur mon filz, que vous saichiés que c'est: dont
-vous ne parlerés à personne qu'à la dicte Dame Royne mesme, car je
-croy certainement qu'elle est si sincère en la foy qu'elle a jurée et
-promise par le dernier traicté, et qu'elle s'asseure tant de nostre
-bonne vollunté et affection en son endroict, qu'elle ne sçait rien des
-mauvais offres et pratiques que ses ambassadeurs, qui sont par deçà,
-ont voulleu faire envers mon filz le Duc d'Allençon; auquel il a esté
-offert, au nom de la dicte Dame, de luy fournir comptant cinquante
-mille escuz, luy fère soudoyer deux mille reistres, vingt mille
-lansquenetz, sans d'autres françois, et tous les préparatifs et
-vaisseaux de guerre qui sont, comme ilz l'ont assuré, tous pretz à
-faire voille, en Angleterre, pour s'en servir, s'il eust voulleu
-croire le mauvais conseil et les persuasions que luy ont faict faire
-les dictz ambassadeurs, ainsi que mon dict filz mesme m'a déclairé,
-m'asseurant, comme je vous ay escript par ma dicte dernière dépesche,
-qu'il aymeroit mieux mourir que de tumber en telle faulte. Et aussi
-m'assuray je bien que la dicte Dame Royne est trop saige et princesse
-si vertueuse qu'elle ne vouldroit pas avoir commandé à ses dictz
-ambassadeurs telles choses; mais que ce sont de mauvais ministres
-qu'elle a, qui font ces maulvais offres, d'eux mesmes.
-
-Vous luy dirés que je vous ay commandé de luy en donner compte et la
-prier, de ma part, ne trouver maulvaiz si je faictz arrester
-prisonniers ceux qui suivent et sont avec ses dictz ambassadeurs,
-faisant les menées auprès d'eux envers mon dict filz le Duc
-d'Allençon, et en divers autres lieux et en aulcunes maisons de ceste
-ville, comme je sçay, aussy certeinemant tout ce qu'ilz y ont faict,
-et ceux mesmes qui méritent pugnition. Toutesfois, pour le respect de
-la dicte Dame et de ses dictz ambassadeurs, il n'en sera faict aulcun
-tort ni déplaisir, mais les ferrai seullement mettre prisonniers pour
-vériffier le présent cas pour ceulx dont je suis advertye; ayant, dès
-hier, faict prandre Bonacourcy, qui est ung de ceux par qui ilz
-faisoient porter ces belles offres à mon dict filz, comme aussy je say
-certainement que le cappitayne Jaccob a faict bien souvant, despuis
-quelque temps; priant Dieu, etc.
-
-Escript à Paris, le Ve jour de juing 1574.
-
-
-Monsieur de La Mothe, despuis ceste lettre escripte, j'ay pensé qu'il
-vault mieux que je diffaire de faire prandre le dict cappitaine Jaccob
-et autres qui se sont meslés des dictes menées, fréquentant avec les
-dictz ambassadeurs d'Angleterre. Et pour ce, je vous prie que personne
-ne sçaiche le contenu en ceste lettre que vous, à qui je remectz de
-dire à la dicte Royne ce que verrés qui sera à propos de tout ce que
-dessus, et vous comporterés avec elle et ses ministres, par dellà, de
-façon que nous puissions faire continuer avec elle, et elle avec nous,
-la bonne et parfaicte amityé que nous nous sommes jurée et promise par
-nostre dernier traicté, et que je m'asseure que le Roy, Monsieur mon
-filz, continuera et entretiendra de sa part, mais qu'il soit arrivé;
-ainsi que je vous ay escript par ma dicte dernière dépesche.
-
- CATERINE. PINART.
-
-
-
-
-CLXVIII
-
-LA ROYNE RÉGENTE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du VIIIe jour de septembre 1574.--
-
- Audience accordée à l'ambassadeur d'Angleterre.--Comparution
- devant Catherine de Médicis du secrétaire contre lequel elle a
- porté plainte.--Excuses qu'il présente.--Déclaration de
- l'ambassadeur qu'Élisabeth enverra prochainement en France une
- députation pour féliciter le roi sur son avènement.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, en attandant que le Roy, Monsieur mon
-filz, qui arriva seullement avant hier en ceste ville, vous puisse
-faire ample responce à la dépesche que vous nous avés faicte par
-Vassal[159], et mander son intention sur toutes les aultres choses qui
-sont à résouldre pour le faict de vostre charge et d'Escosse, dont il
-se résouldra dans trois ou quattre jours, je vous diray que, hier
-après disner, l'ambassadeur de la Royne d'Angleterre, ma bonne soeur
-et cousine, m'ayant faict demander audience, amena en icelle le
-secrettaire que je vous ay escript qui a faict de si bons offices par
-deçà, comme je fis aussy entendre à la dicte Dame Royne par la lettre
-que je luy escrivis dernièrement de ma main, et de laquelle le dict
-secrettaire m'a rapporté responce, escripte de la main d'icelle Royne,
-dont je vous envoye le double, affin que vous voyez de quelle façon
-elle a pris ce que je luy ay mandé du dict secrettaire; qui voulloit
-s'excuser des choses passées comme s'il n'eut sceu que c'estoit, et
-qu'il ne s'en feust poinct meslé.
-
- [159] Voyez CCCCIe dép. du 24 août 1574, tom. VI, pag. 214.
-
-Sur quoy luy demandant s'il s'en voulloit justiffier, et qu'il y avoit
-icy des gens, par devers lesquelz l'on le mettroit, qui esclerciroient
-bientost ce faict, selon ce que la dicte Royne m'escrivoit que ce
-seroit bien faict de le faire chastier, s'il avoit faict ceste faulte;
-ce qui l'a bien estonné, estant assés empesché à me respondre sur
-cella: car, voyant qu'il voulloit monstrer de n'estre poinct
-coulpable, je luy ay réittéré, par deux ou trois fois, ce propos,
-auquel le dict ambassadeur s'est entremis, et a dict qu'il valloit
-mieux que les choses passées s'oubliassent.
-
-Et est entré en aultre propos: que icelle Royne, sa Maistresse,
-envoyeroit bientost par deçà un seigneur de qualité pour se
-condoulloir avec le Roy, Monsieur mon filz, de la mort du feu Roy,
-que Dieu absolve, et par mesme moyen le visiter à son advènement;
-asseurant, le dict ambassadeur, que sa dicte. Maistresse a tout bon
-desir de continuer en bonne et vraye amitié et intelligence avec Mon
-dict Sieur et filz, si elle cognoit qu'il en veuille aussy
-réciproquement user en son endroict, de mesme comme faisoit le Roy mon
-dict filz, dont je l'ay bien asseuré que oui, et qu'il l'entendra de
-luy mesmes à sa première audience; priant Dieu, etc.
-
-Escript à Lion, le VIIIe jour de septembre 1574.
-
- CATERINE. PINART.
-
-
-
-
-CLXIX
-
-LE ROY (HENRI III) A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XXIIIe jour de novembre 1574.--
-
- Voyage du roi, Henri III jusqu'à Avignon.--Accident arrivé au
- passage du pont Saint-Esprit.--Desir du roi de rétablir la paix
- dans son royaume.--Protestation d'amitié envers la reine
- d'Angleterre.--Assurance que le roi veut maintenir le traité
- conclu par son frère.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, vous aurés veu, par ma dernière
-dépesche, la résollution que j'avois prise de m'en venir en ceste
-ville, où je me suis acheminé suivant cella, estant arrivé dès mècredy
-dernier; et s'est mon voyage bien porté, grâces à Dieu, sinon qu'il
-est advenu que l'un des batteaux, où estoient aulcuns des officiers de
-la Royne de Navarre, ma soeur, heurta, passant soubz une des arches du
-pont Sainct Esprit, par la mauvaise conduitte du marinier qui en avoit
-la charge, la pile de la dicte arche, et s'ouvrit; de sorte que une
-partie des dictz officiers se noyèrent et mesme le premier maistre
-d'hostel de ma dicte soeur, Alfonce de Gondy, et une partie des
-meubles qui estoient sur le dict batteau se sont perdus, l'aultre
-partie, tant des hommes que des meubles, a esté sauvé.
-
-L'occasion principalle de mon dict voyage par deçà est pour regarder
-et essayer, comme j'ay tousjours faict, despuis mon retour en ce
-royaulme, d'attirer ceux de mes subjectz, qui se sont eslevés en
-armes, à ce qui est de leur debvoir, sans voulloir négliger en cella
-aulcune chose que je penseray y pouvoir profitter, avec ma réputation,
-pour l'establissement du repos de ce dict royaulme; car, quand je ne
-verrois et ne sçaurois qu'il est temps de le faire, mon intention est,
-quelque chose que l'on veuille faire croire par delà, d'y pourvoir
-plustot par la voye douce que celle de la force, bien que les moyens
-de la dernière ne me soyent si courts que l'on faict publier en
-Angleterre. Il ne tiendra donc qu'à mes dictz subjectz eslevés qu'ilz
-ne jouissent bientost du repos qu'ilz doibvent desirer et pourchasser,
-et selon ce, qu'ilz se monstreront raisonnables en leurs demandes et à
-recevoir les conditions que je leur veux donner, l'on jugera de leurs
-coeurs et affection à la tranquillité publique de ce royaulme: en
-quoy, lorsque je y verray quelque avancement, vous en serés adverti.
-
-Cependant, Monsieur de La Mothe Fénélon, entrettenés tousjours la
-dicte Royne et ses dictz ministres en ce que je vous ay escript
-despuis mon retour, qui est que je ne desire rien tant que de
-continuer en vraye et parfaicte amitié avec icelle Royne, et que, si
-elle est bien disposée en cella, qu'aussy suis je, et d'entrettenir
-entièrement, de ma part, le dict traicté comme il fault donques
-qu'elle fasse de la sienne, sans assister, ou faire assister, en
-quelque façon que ce soit, mes subjectz eslevés; me délibérant d'estre
-envers elle, pour tout ce que je luy promettray, si sincère qu'elle
-aura toute occasion de s'en louer. Aussy désirè je bien qu'elle en
-face de mesme, et que ceux de mes subjectz qui me font la guerre, sans
-se voulloir remettre et retourner à leur debvoir envers moy, ne
-trouvent faveur et assistance envers elle et ses principaux ministres,
-à mon préjudice; ce que j'estime que n'adviendra plus, quand elle
-entendra la droicte vollonté dont je veux procéder envers elle et ses
-subjectz, que je desire estre aussy réciproque d'elle envers moy et
-les miens, comme vous l'en pourrés tousjours bien asseurer, attandant
-que ceux que j'envoyeray de bref par delà y puissent arriver.
-
-Je fais responce aux lettres que le Sr de l'Anguillier m'a escrites,
-et luy envoye un passeport, comme il le demande, que vous luy fairés
-seurement tenir; priant Dieu, etc.
-
-Escript à Avignon le XXIIIe jour de novembre 1574.
-
- HENRY. PINART.
-
-
- NOTA.--Pour l'année 1575, il ne s'est trouvé dans les papiers de.
- l'ambassadeur qu'une seule lettre inédite du roi en date du 24
- mars, et Le Laboureur n'en a publié lui-même qu'un très-petit
- nombre.
-
- Voir les _Additions aux Mémoires de Castelnau_, tom. III, p. 444
- à 466, nos CXLVII à CLI, et nos II à XVIII des _nouvelles
- additions_:
-
- _Lettres du roi_ des 3 mars; 2, 4, 21 mai; 3, 21 juin; 7, 29
- juillet, et 7 août 1575.
-
- _Lettres de la reine-mère_ des 4 mai et 29 juillet 1575.
-
-
-
-
-CLXX
-
-LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
---du XXIVe jour de mars 1575.--
-
- Satisfaction du roi au sujet de la communication de son mariage à
- la reine d'Angleterre.--Assurance qu'il continuera toujours à
- maintenir l'amitié avec elle.--Satisfaction de la conduite
- tenue par Élisabeth a l'égard de Marie Stuart.--Espoir que la
- mission de Mr de La Châtre aura un bon résultat.--Prochaine
- arrivée des députés envoyés par le prince de Condé.
-
-
-Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay receu voz trois dépesches des VIIe,
-XIe et XIVe[160], sur lesquelles ce que j'ay à vous dire c'est que je
-demeure très satisfaict de ce que vous avez sceu bien déduire à la
-Royne d'Angleterre, ma bonne soeur; touschant le faict de mon mariage,
-qui n'apportera aulcune nouveaulté en la commune bonne amitié et
-intelligence que je veux avoir, qui demeurera tousjours ferme de mon
-costé, sans la souffrir altérer en quelque sorte que ce soit. Et ne se
-peut rien adjouster sur ce subject à ce que vous avés sceu déduire
-sagement, que je laisseray pour vous déclarer qu'il y a grande
-apparance que, si cest armement de ma dicte bonne soeur se continue,
-que ce sera à quelque aultre fin que du secours du Roy Catholique, mon
-frère, veu que le grand commandeur luy a faict dire qu'il n'avoit
-point de charge de l'accepter, sinon pour le secours du Païs Bas
-contre le prince d'Orange; à quoy ma dicte bonne soeur ne s'est point
-délibérée.
-
- [160] Voyez CCCCXXXVIIe, CCCCXXXVIIIe et CCCCXXXIXe dép., tom VI,
- pag. 390, 395 et 398.
-
-Je suis, au surplus, bien aise que, après avoir faict difficulté sur
-l'acceptation des petitz présentz que luy a envoyé la Royne d'Escosse,
-ma belle soeur, enfin elle les ait receus amiablement, ayant suivi en
-cella son royal naturel, qui ne peut estre corrompu par les malignes
-persuasions de ceux qui, par tous moyens, essayent de l'exciter contre
-ceste princesse prisonnière.
-
-Je m'asseure que le Sr de La Chastre sera, à ceste heure, arrivé par
-delà, et, que sa charge aura grandement aydé à disposer bien toutes
-choses entre nous, ainsi que je le desire.
-
-Au demeurant, je vous diray comme je suis attandant les députés de mon
-cousin, le Prince de Condé, qui arriveront, comme j'espère, dans le
-XXVIe ou XXVIIe de ce mois. Et sur ce, je prie Dieu, Monsieur de La
-Mothe Fénélon, qu'il vous ait en sa saincte et digne garde.
-
-Escript à Paris, le XXIVe jour de mars 1575.
-
- HENRY. BRULART.
-
-
-
-
-FIN DU SEPTIÈME ET DERNIER VOLUME.
-
-
-
-
-TABLE
-
-DES
-
-LETTRES ET PIÈCES CONTENUES DANS LE SEPTIÈME VOLUME.
-
-
-ANNÉE 1569.
-
- Pages
- _Avis_ préliminaire. I
-
- 1 _Lettre_ du duc d'Anjou à La Mothe Fénélon--14 mars 1
-
- 2 _Relation_ de la bataille de Jarnac 3
-
- 3 _Lettre_ du roi à La Mothe Fénélon--2 avril 11
-
- 4 -- du roi--3 avril 13
-
- 5 -- du roi--16 avril 17
-
- 6 -- de la reine-mère--17 avril 18
-
- 7 -- du roi--14 mai 19
-
- 8 -- du roi--28 mai 22
-
- 9 -- du roi--2 juin 25
-
- 10 -- du roi--8 juillet 27
-
- 11 -- de la reine-mère--9 juill. 28
-
- 12 -- du roi--17 juillet 31
-
- 13 -- de la reine-mère--17 juill. 32
-
- 14 -- du roi, 27 juillet 34
-
- 15 -- du roi--27 juillet 37
-
- 16 -- du roi--15 août 38
-
- 17 -- de la reine-mère--13 août 41
-
- 18 -- de Mr de La Meilleraie--17 août 41
-
- 19 _Lettre_ du roi--30 août 44
-
- 20 -- du roi--6 septembre 46
-
- 21 -- de la reine-mère--6 septembre 48
-
- 22 -- du roi--14 sept. 50
-
- 23 -- du roi--20 sept. 53
-
- 24 -- de la reine-mère--21 sept. 57
-
- 25 -- du roi--30 sept. 58
-
- 26 -- de la reine-mère--30 sept. 61
-
- 27 -- du roi--4 octobre 62
-
- 28 -- du roi à Mr de La Meilleraie--4 oct. 63
-
- 29 -- du roi à La Mothe Fénélon--7 oct. 64
-
- 30 _Relation sommaire_ de la bataille de Moncontour 65
-
- 31 _Lettre_ du roi à La Mothe Fénélon--1er novembre 68
-
- 32 -- de la reine-mère--1er nov 71
-
- 33 -- du roi--19 nov 72
-
-
-ANNÉE 1570.
-
- 34 _Lettre_ de la reine-mère à La Mothe Fénélon--6 janv. 75
-
- 35 -- du roi (_lettre ostensible_)--14 janvier 76
-
- 36 -- de la reine-mère (_lettre secrète_)--14 janvier 78
-
- 37 -- du roi--21 janvier 79
-
- 38 -- du roi--6 février 82
-
- -- _Articles_ proposés pour la pacification 86
-
- 39 _Mémoire_ confidentiel du roi--10 février 89
-
- 40 _Lettre_ du roi à La Mothe-Fénélon--3 mars 90
-
- 41 -- de la reine-mère--3 mars 94
-
- 42 _Lettre_ du cardinal de Lorraine--3 mars. 96
-
- 43 -- de Mr de Morvilliers--3 mars. 97
-
- 44 -- du roi--8 mars. 98
-
- 45 -- du roi--12 avril. 101
-
- 46 -- du duc d'Anjou--12 av. 105
-
- 47 -- du roi--4 mai. 107
-
- 48 -- de la reine-mère--4 mai. 109
-
- 49 -- du roi--31 mai. 112
-
- 50 -- du roi--10 juin. 116
-
- -- de Mr de Fizes--10 juin. 118
-
- 51 -- du roi--6 juillet. 119
-
- 52 -- du roi--29 juillet. 122
-
- 53 -- du roi--4 août. 123
-
- 54 -- du roi--11 août. 124
-
- 55 -- du roi--16 août. 126
-
- 56 -- du roi--11 septembre. 127
-
- 57 -- du roi--22 et 23 sept. 128
-
- 58 -- de la reine-mère--22, 23 et 26 sept. 131
-
- 59 -- du roi--13 octobre. 133
-
- 60 _Lettre_ de l'ambassadeur d'Angleterre au roi--16 octobre. 135
-
- 61 -- du roi à l'ambassadeur d'Angleterre--17 oct. 138
-
- 62 -- du roi à La Mothe Fénélon--19 octobre. 140
-
- 63 -- de la reine-mère 20 octobre. 142
-
- 64 -- de la reine-mère (_lettre secrète_)--20 octobre. 143
-
- 65 -- de la reine-mère (_lettre secrète_)-20 octobre. 147
-
- 66 -- du roi--28 octobre. 148
-
- 67 -- du roi--6 novembre. 153
-
- 68 -- de la reine-mère--6 nov. 155
-
- 69 -- du roi--21 novembre. 156
-
- 70 -- de la reine-mère--21 et 29 novembre. 162
-
- 71 -- du roi--26 décembre. 163
-
- -- _Réponse_ du roi aux ambassadeurs des princes de l'empire. 169
-
-
-ANNÉE 1571.
-
- 72 _Lettre_ du roi à la Mothe Fénélon--29 janv. et 1er
- février. 171
-
- 73 -- de la reine-mère--2 fév. 178
-
- 74 -- du roi--7 février 180
-
- 75 -- de la reine-mère--17 fév. 183
-
- 76 -- du roi--19 février. 185
-
- 77 -- de la reine-mère--2 mars. (_lettre secrète_) 189
-
- 78 -- du roi--7 mars. 193
-
- 79 -- du roi--10 mars. 196
-
- 80 -- de la reine-mère--3 avril (_lettre secrète_). 199
-
- 81 -- du roi--11 avril. 201
-
- 82 -- du roi--23 avril. 205
-
- 83 -- du roi--7 mai. 208
-
- 84 -- du roi--24 mai. 210
-
- 85 -- de la reine-mère--24 mai (_lettre secrète_). 216
-
- 86 -- du roi--4 juin. 217
-
- 87 -- du roi--11 juin. 221
-
- 88 -- du roi--18 juin. 223
-
- -- _Instruction_ à La Mothe Fénélon. 226
-
- 89. _Lettre_ de la reine-mère--3 juillet. 229
-
- 90 -- de la reine-mère--8 juillet. 232
-
- 91 -- de la reine-mère--25 juillet (_lettre secrète_). 234
-
- 92 -- du roi--31 juillet. 235
-
- -- _Instruction_ remise à M. de Foix. 238
-
- 93 _Lettre_ du roi à La Mothe Fénélon--25 août. 241
-
- 94 -- du roi--10 septembre. 244
-
- 95 -- du roi--27 septembre. 251
-
- 96 -- de la reine-mère--27 septembre. 256
-
- 97 -- de la reine-mère--28 septembre. 257
-
- 98 -- du roi--7 octobre. 262
-
- 99 -- du roi--20 octobre. 266
-
- 100 -- du roi--2 novembre. 271
-
- 101 -- du roi--15 novembre. 273
-
- 102 -- du roi--30 novembre. 276
-
- 103 -- du roi--1er décembre. 280
-
- 104 -- de la reine-mère--1er décembre 283
-
-
-ANNÉE 1572.
-
- 105 _Lettre_ du roi à La Mothe Fénélon--7 février. 288
-
- 106 _Instruction_ donnée à MMrs de Montmorenci et de
- Foix pour la négociation du mariage. 289
-
- 107 _Lettre_ de la reine-mère à La Mothe Fénélon--18 mai. 294
-
- 108 -- du roi--23 et 25 juin. 295
-
- 109 -- du roi--11 et 14 juillet. 298
-
- 110 -- du roi--20 juillet. 303
-
- 111 -- du roi--9 août. 306
-
- 112 -- de la reine-mère--10 août. 315
-
- 113 -- du roi--21 août. 316
-
- 114 -- de la reine-mère--21 août. 320
-
- 115 -- du duc d'Alençon--21 août. 321
-
- 116 -- du roi--22 août. 322
-
- 117 -- du roi--24 août. 323
-
- 118 -- du roi--25 août. 325
-
- 119 -- du roi--26 août. 326
-
- 120 -- du roi--27 août. 329
-
- 121 _Mémoire_ justificatif de la Saint-Barthèlemy. 330
-
- 122 _Lettre_ du duc d'Anjou à la Mothe Fénélon--3 sept. 334
-
- 123 -- du roi--7 septembre. 335
-
- 124 -- de la reine-mère 7 septembre. 339
-
- 125 _Conjouissance_ du cardinal de Lorraine sur la
- Saint-Barthèlemy 341
-
- 126 _Lettre_ de la reine-mère à la Mothe Fénélon--8 septembre. 343
-
- 127 -- de la reine-mère--11 septembre. 345
-
- 128 -- de la reine-mère--12 et 13 septembre. 347
-
- 129 -- du roi--21 septembre. 354
-
- 130 -- du roi--22 septembre. 355
-
- 131 -- du roi--4 octobre. 367
-
- 132 -- de la reine mère--4 oct. 373
-
- 133 -- du duc d'Alençon--8 octobre. 374
-
- 134 -- de la reine-mère--23 octobre. 375
-
- 135 -- du roi--27 octobre. 378
-
- 136 -- du roi--3 novembre. 379
-
- -- _Instruction_ donnée aux gouverneurs de Normandie. 388
-
- 137 Lettre du roi à La Mothe Fénélon--3 novembre. 392
-
- -- _Articles_ présentés à Élisabeth, et ses réponses. 393
-
- 138 _Lettre_ du roi à la reine d'Angleterre--19 nov. 399
-
- 139 -- de la jeune reine à la reine d'Angleterre--19 novembre. 400
-
- 140 -- du roi à La Mothe-Fénélon--3 décembre. 401
-
- 141 -- de la reine-mère--10 décembre. 403
-
- 142 -- du duc d'Alençon--10 décembre. 404
-
-
-ANNÉE 1573.
-
- 143 _Lettre_ de la reine-mère à La Mothe Fénélon--23 janvier. 406
-
- 144 -- de la reine-mère--22 février. 406
-
- 145 -- de la reine-mère--1er mars. 407
-
- 146 -- de la reine-mère--14 mars. 409
-
- 147 _Lettre_ du roi--23 avril. 410
-
- 148 -- de la reine-mère--25 mai. 414
-
- 149 -- du roi--29 mai. 415
-
- 150 -- de la reine-mère à la reine d'Angleterre--29 mai. 420
-
- -- _Discours_ des seigneurs d'Angleterre à La Mothe Fénélon. 424
-
- 151 _Lettre_ du roi à La Mothe Fénélon--24 juillet. 427
-
- 152 -- du roi--31 juillet. 431
-
- 153 -- du roi--18 août. 433
-
- 154 -- de la reine-mère--22 août. 436
-
- 155 -- du roi de Pologne--1er septembre. 437
-
- 156 _Lettre_ du roi--11 septemb. 439
-
- 157 -- du roi--15 et 17 sept. 440
-
- 158 -- du roi--22 septembre. 442
-
- 159 -- du roi--26 septembre. 445
-
- 160 -- du roi de Pologne--7 novembre. 448
-
- 161 -- du roi--29 décembre. 451
-
-
-ANNÉE 1574.
-
- 162 _Lettre_ du roi à La Mothe Fénélon--7 mars. 452
-
- 163 -- du roi--17 avril. 455
-
- 164 -- de la reine-mère--25 avril. 459
-
- 165 -- du roi--2 mai. 463
-
- 166 -- du duc d'Alençon--1er juin. 468
-
- -- du roi de Navarre--1er juin. 469
-
- -- _Déclaration_ du parlement sur la régence de Catherine de
- Médicis. 470
-
- 167 _Lettre_ de la reine-mère à La Mothe Fénélon--5 juin. 471
-
- 168 -- de la reine-mère--8 sept. 473
-
- 169 -- du roi, Henri III--23 novembre. 475
-
-
-ANNÉE 1575.
-
- 170 _Lettre_ du roi à La Mothe-Fénélon--24 mars. 478
-
-
-FIN DE LA TABLE DU SEPTIÈME ET DERNIER VOLUME.
-
-
-
-
-TABLE GÉNÉRALE
-
-DES
-
-MATIÈRES CONTENUES DANS LES SEPT VOLUMES
-
-DE LA
-
-CORRESPONDANCE DIPLOMATIQUE.
-
-DE BERTRAND DE SALIGNAC DE LA MOTHE FÉNÉLON.
-
-
-(Les chiffres romains indiquent le volume et les chiffres arabes la
-page.)
-
-
-A.
-
- ABERDEEN, chef-lieu du comté d'Aberdeen en Écosse. _Abredin_,
- III, 335.--IV, 313, 405.--V, 253, 259.--VI, 204, 211.
-
- ACCOUCHEMENT de la Reine de France, V, 195.--VII, 362, 383, _v._
- Baptême de la fille du roi.
-
- ACCUSATION d'empoisonnement, au sujet de la mort de d'Andelot, II,
- 8.--Du cardinal de Chatillon, IV, 40.
-
- ACCUSATION contre le duc de Norfolk et Marie Stuart, IV, 244.
-
- ACERBO VELUTELLY, _v._ Velutelly.
-
- ACHELLAY (le Capitaine), I, 214.
-
- _Ackins_, _v._ Hawkins.
-
- AÇORES (les), dans l'océan Atlantique, I, 272.
-
- _Acres_, _v._ Dacre.
-
- ACTE secret qui peut se rapporter à la St-Barthèlemy, III, 361.
-
- ADAM, I, 51.
-
- ADIEUX du Roi et du Roi de Pologne, V, 458.
-
- _Adrects_ (des), _v._ Des Adrets.
-
- ADRIAN (le Capitaine Pierre), I, 214.
-
- ADVANTURERS, _Avanturers_, _Advanturiers_, marchands Anglais, ceux
- qui armaient en course, I, 227, 241.--VI, 450.
-
- AIGUES-MORTES, dans le Bas-Languedoc, _Aygues-Mortes_, V, 395.
- --VI, 288.
-
- ALASCO (gentilhomme de la maison d'), en Pologne, VI, 254.
-
- ALAVA (Don Francès d'), ambassadeur d'Espagne en France, I, 56,
- 127, 177, 289.--III, 31, 245, 247, 252, 255, 256, 430.--IV,
- 239, 240, 316, 322, 335, 354, 364.--VII, 89. Son départ furtif
- de Paris, 279.
-
- ALBA (Don Frédéric d'), V, 44.
-
- ALBE (Ferdinand Alvarez de Tolède duc d'). Gouverneur général
- des Pays-Bas, pour Philippe II. _Alva_, _Alve_. I, 20, 21, 26,
- 43, 65, 77, 90, 93, 95, 97, 107, 110, 111, 113-115, 115, 117,
- 119, 121-123, 126, 127, 128, 136, 150, 157, 158, 160, 163, 169,
- 177, 194, 195, 203, 205, 210, 219, 221, 227, 230, 232, 256, 260,
- 261, 268, 271, 272, 274, 275, 289, 294, 299, 300, 313, 320, 324,
- 325, 329, 330-332, 335, 336, 349, 350, 368, 374, 398, 400, 409,
- 419.--II, 15, 22, 38, 46, 47, 49, 52, 55, 77, 86, 107, 112, 113,
- 154, 167, 193, 195, 202, 215-217, 221, 222, 232, 235, 237, 253,
- 278, 297, 310. Reproches contre lui 315, 338, 342, 352-356, 365,
- 370-372, 379, 381, 382, 387, 388. Ses armements 389, 399-401,
- 405, 419. 423, 424.--III, 11, 13, 16, 23, 25, 27, 28. Ses
- Projets 29, 30-32, 35, 36, 48, 49, 57, 64, 75, 77, 85, 96. Avis
- donné par lui 98, 108, 127, 128, 150, 174, 180, 183, 185, 208,
- 224, 225. Sa Déclaration 233, 239, 245, 247, 249, 250, 252,
- 254-256, 259, 261, 262, 265, 267, 270, 285, 288, 295, 297, 300,
- 302, 303, 306, 310, 318, 325, 332-335, 347-348, 363, 369,
- 373-375, 379, 393, 394, 398, 401, 406, 407, 418, 423, 424, 427,
- 429, 430, 437, 446, 447, 452, 453, 459, 463, 466, 470, 475, 476.
- --IV, 1, 39, 40, 48, 74, 92, 105, 108, 117, 119, 136, 141, 145,
- 148, 149, 154, 160-162, 199, 202, 229, 231, 247, 261, 268, 270,
- 281, 285, 290, 302, 308, 313, 318, 323, 333, 336, 338, 342, 350,
- 352, 360, 364, 386, 388-391, 394, 397, 401, 409, 410. Ses
- Projets sur l'Écosse 414, 415. 427, 438, 442, 454, 455.--V, 4,
- 60, 64, 78, 108, 121, 132, 161, 169, 182, 196, 201. Ses Succès
- contre les Gueux 223, 227, 238, 243, 259, 292, 307, 362. Sa
- Négociation 396, 425, 446, 455, 456, 460.--VI, 15, 17, 218. Son
- départ des Pays-Bas, il est remplacé par Requesens, grand
- commandeur de Castille.--VII, 14, 57-59, 91, 125, 141, 150, 164,
- 175, 185, 187, 196, 220, 250, 282, 382.
-
- ALBE (duchesse d'), III, 127.
-
- ALBORNOZ, secrétaire du duc d'Albe, III, 48.
-
- ALCANDÈLE (don Martin d'), général Espagnol, VI, 328.
-
- ALDERMANS de Londres.--_Aldremans._II, 253.--III, 270.
-
- ALEN (F.), secrétaire, II, 327.
-
- ALENÇON (François, duc d'). _Alançon_, _Allençon_, le 4e des fils
- de Henri II et de Catherine de Médicis, a pris le nom de duc
- d'Alençon et d'Anjou, après l'élection de Henri, son frère, au
- trône de Pologne, III, 434.--IV, projet de son mariage avec
- Élisabeth _voy._ mariage (négociation du), 12, 13. Proposition
- officielle du mariage, 355-357, 369-371, 392.--Négociation du
- mariage, 395, 406, 438, 448, 461.--V, 20, 245, va à l'armée de
- la Rochelle, demande à porter les couleurs d'Élisabeth, 285.
- --Son desir de passer en Angleterre, 324.--VI, 66, 70, complot
- de St-Germain; son arrestation, 85, 91, 98, 104, 107-109, 114,
- 116, 132-134, 148, 149, 151-153, 155, 159, 161, 194, 225, 333,
- 335, 344, 345.--VII, 117, 123, 179, 235, 261, 262, 289-293, 295,
- 296, 298, 299, 303, 304, 306, 307, 308, 310, 311, 313, 314,
- 316-318, 320, 321, 322, 328, 329, 335 336, 340, 345-347, 356,
- 361, 369, 374, 393, 403, 404, 410, 415, 416, 420-422, 424-427,
- 429, 430, 432, 433, 443-447, 450, 455-457, 459, 464, 468-470,
- 472.
-
- ALEXANDRE-LE-GRAND, II, 171.
-
- ALEXANDRIN (le cardinal), IV, 179, 384, 396.
-
- ALEZ (le Comte d'), I, 414.
-
- ALGER (le Roi d'), _Argel_; Ledey d'Alger (Aluch-Aly) s'empare de
- Tunis, III, 85.
-
- ALLEMAGNE.--Affaires générales, I. 14, 43, 86.--II, 147, 314,
- 387.--III, 16, 35, 86, 94, 208, 215, 231, 248, 297, 322, 348,
- 398, 431, 445, 453.--IV, 153.--VI, 125, 327.
-
- ALLEMAGNE (les princes d'), _v._ Princes protestants.
-
- ALLEMAGNE (villes protestantes d'), _v._ villes protestantes.
-
- ALLIANCE de l'Angleterre et de l'Espagne, rompue par la saisie des
- galions espagnols faite par Élisabeth et suivie de représailles
- dans les Pays-Bas et dans toutes les possessions Espagnoles, I,
- 43, _v._ Saisie des galions d'Espagne.--VI. Proposition faite
- à Élisabeth de renouer l'alliance d'Espagne, après la
- Saint-Barthèlemy, 162. Efforts des Anglais pour former de
- nouveau cette alliance, 260.
-
- ALLIANCE de la France et de l'Angleterre, _v._ Traité d'alliance.
-
- ALLIER (l') rivière de France, III, 205.
-
- _Alliguet_, III, 195.
-
- ALLOT (Jean), I, 174.
-
- ALLUYE (Robertet, Sr d'), II, 48.
-
- _Allyé_ (l'), _v._ Allier.
-
- ALMERIA, dans le royaume de Grenade, _Almerin_, I, 73.
-
- ALSACE, _Alsatie_. I, 86
-
- _Alva et Alve_ (le duc d'), _v._ Albe (duc d').
-
- AMAN OU AMAND (le capitaine), I, 76, 214.
-
- AMBASSADE des Etats de Pologne au roi, pour offrir la couronne au
- duc d'Anjou élu roi de Pologne, VII, 429, 435, 436, 440, 441.
-
- AMBASSADE des princes protestants d'Allemagne au roi, à l'occasion
- de son mariage avec la princesse Elisabeth, fille de l'empereur
- Maximilien II, et de la pacification de France, III, 434.--VI,
- 225.--VII, 166.
-
- AMBASSADEUR. Lettre de M. de Morvilliers, évêque d'Orléans, sur
- les devoirs d'un ambassadeur, VII, 97.
-
- AMBASSADEUR (l') d'Angleterre en France, _v._ Norris, Walsingham,
- Dale.
-
- AMBASSADEUR (l') d'Angleterre en Espagne, II, 113, 114.
-
- AMBASSADEUR (l') d'Espagne en Angleterre, _v._ Espès (don Gueran
- d').
-
- AMBASSADEUR (l') d'Espagne en France, _v._ Alava (don Francès d').
-
- AMBASSADEUR (l') de France à Rome, III, 254.
-
- AMBASSADEUR (l') de Portugal à Londres, I, 67, 73.
-
- AMBASSADEUR (l') de Venise en France, VII, 440.
-
- AMBAZAC (le camp d'), I, 435.
-
- AMBLETEUSE, en Picardie. _Ambleteuille_, II, 68.
-
- AMBOISE. _Amboyse_, IV, 343.--V, l'entreprise d'Amboise, 404.
- --VII, 41.
-
- _Amelthon_, _Amelton_, _Amilthon_, _v._ Hamilton.
-
- AMIENS. _Amyens_, III, 80, 89.--VII, 458.
-
- AMIRAL (l'). _v._ Coligni.
-
- AMIRAL d'Angleterre (l'), _v._ Lincoln (comte de).
-
- AMOUR (Sr d'), sa mission en Angleterre, après la bataille de
- Moncontour, II, 293, 296, audience 308, 311, 314. Son retour,
- 317, 320, 321, 328.
-
- ANDALOUSIE. _Andelouzie_, III, 401, 427.
-
- ANDELOT (François de Chatillon, dit d') _Andellot_, _Dandellot_,
- frère de l'amiral Coligni, I, 137, 140, 229, 367.--II, sa mort,
- 8, 9, bruits d'empoisonnement sur sa mort, 16, 17, 68.--VII, 27,
- détails sur sa mort, 21, 29.
-
- ANET (château d') près de Dreux. _Annet_, VII, 210.
-
- ANGERS, capitale de l'Anjou. _Angiers_, III, 115. VII, 76, 78, 79,
- 82, 86, 88, 90, 93, 95, 97, 98, 100.
-
- _Angin_, _Ingin_, fort sur la côte d'Irlande, III, 450, VII, 181.
-
- ANGOULÊME, capitale de l'Angoumois. _Angolesme_, _Angoulesme_, I,
- 138, 147. VII, 3.
-
- ANGOUMOIS (l'), province de France, _Angoulemoys_, VI, 5.
-
- _Angoux_ (le comte d'), _v._ Angus.
-
- _Anguien_ (le duc d'), _v._ Enghien.
-
- ANGUS (Umfraville, comte d') _Angoux_, neveu du comte de Morton,
- V, 224.--VI, 481.
-
- ANJOU (Henri Duc d'), le troisième des fils de Henri II et de
- Catherine de Médicis, devenu dans la suite _Henri_ Ier roi de
- Pologne et _Henri_ III roi de France. _v._ Henri.
-
- ANNE D'AUTRICHE, reine d'Espagne, fille aînée de l'empereur
- Maximilien II, 4e femme de Philippe II.--III, 109, 125,
- 126.--III, 181, 208, 225, 245, 249, 250, 262, 268, 278, 297,
- 302, 303, 306, 309, 310, 313, 319, 322. Passage de la reine
- d'Espagne sur mer, 324, 331, 232, 347, 348, 356, 564, 370, 371,
- 378, 383, 386, 395, 424.--IV, 352.--VII, 125, 132, 134, 141.
-
- ANNE DE BRETAGNE (la Reine), duchesse de Bretagne, femme de Louis
- XII, VI, 323.
-
- _Annet_ (château d'), _v._ Anet.
-
- ANNOUX (le Capitaine), mestre de camp, VII, 43.
-
- ANTECHRIST (l'). II, 186.
-
- ANTHON (Me). _Anton_, I, 163, 339.
-
- ANTHONEDA, agent d'Espagne en Angleterre, III, 46.
-
- _Anthonne_, _Antona_, _v._ Hampton.
-
- _Anton_ (Me). _v._ Anthon.
-
- _Antoncourt._ v. Hampton-court.
-
- ANVERS, _Envers_, I, 43, 63, 76, 90, 93-97, 107, 112, 158, 168,
- 201, 234, 275, 299, 409.--II, 38, 63, 113, 114, 154, 340.--III,
- 12, 51, 108, 112, 259, 334, 348, 398, 404, 430, 452.--IV, 162,
- 291, 313, 325, 326.--V, 60, 292, 295, 460.--VI, 126, 211, 352,
- 450, 504.--_Banque_ d'Anvers, III, 256.--_Rivière_ d'Anvers, V,
- 292.
-
- ANZE (le sr d'), ambassadeur du roi en Danemark; IV, 147.
-
- APOLLON, l'oracle _Apollo_, IV, 407.
-
- AQUILA (l'évêque d'). VI, 221.
-
- ARBROATH (l'Abbaye d'), en Écosse, _Arbret_. V, 309.
-
- ARCHIDUCS, _v._ Charles et Ferdinand.
-
- ARDENNES, forêt sur la Meuse, VII, 458.
-
- _Ardoy_ (d'), _v._ Dardoy.
-
- _Argel_ (le roi d'), _v._ Alger.
-
- ARGENT d'Espagne, _v._ Saisie.
-
- ARGENTAN, dans la Basse-Nornandie, VII, 118.
-
- ARGYLL, en Écosse, IV, 289.
-
- ARGYLL (Comte d'), neveu du duc de Chatelleraut. _Argil_,
- _Arguil_, _Arguile_, I, 12, 40, 49, 58, 161, 232, 301, 328, 370.
- --II, 115, 242, 401.--III, 11, 74, 98, 117, 172, 193, 398, 403.
- --IV, 1, 228, 230, 237, 443.--V, 211, 309,411.--VI, 5, 76.--VII,
- 255.--Ses _enfants_, V, 211.
-
- ARGYLL (le nouveau Comte d'), fils du précédent, VI, 32, 33, 76,
- 214, 247, 430, 456, 457.--Son _oncle_, VI, 32, 67.--VII, 452.
-
- ARGYLL (la Comtesse d'), veuve du Comte de Mar, VI, 76, 430.
-
- ARIANISME, III, 312.
-
- _Arlem_, _v._ Harlem.
-
- ARMEMENTS en Angleterre, I, 98.--III, 258, 269. Sortie de la
- flotte. 306.--IV, 74, 400.--V, 136, 153. Suspension 226. Reprise
- 242, 387.--VI. Suspension 43. Reprise 75, 82, 95, 121, 124, 144,
- 178. Suspension 183. Reprise 360, 377, 413, 489, 494.
-
- ARMEMENTS faits à St-Malo, VI, 412.
-
- _Armestrang_, _Hermestran_. III, 8.--VI, 5.
-
- _Arondel_ (le Comte d'), _v._ Arundel.
-
- ARONDELLE (l'), navire, II, 368.
-
- ARRAN (le Comte d'), _v._ Chatellerault (le duc de).
-
- ARRAN (le jeune comte d'), fils aîné du duc de Chatellerault,
- d'_Haran_, I, 49.--IV, 267. Lord _Claude_ ou _Glaude_, son
- second fils, gendre de lord de Seton, I, 40.--IV, 267.--V, 364,
- 374.--VI, 381.
-
- ARSCHOT, dans les Pays-Bas.--_Arscot._ VII, 99.
-
- _Artelpoul_, _Arthelpoul_, _Arthepoul_, _v._ Hartlepool.
-
- ARTICLES proposés pour la pacification de France, VII, 86.
-
- ARTOIS. _Artoys_, I, 100.--VI, 483.
-
- ARTUS MAURICE, VI, 378.
-
- ARUNDEL (le Pays d'), dans le comté de Sussex. _Arondel_, I, 325.
-
- ARUNDEL (Henri Comte d'), beau-frère du Duc de Norfolk, I, 79,
- 115, 258.--II, 51-44, 120, 123, 130, 219. Son arrestation 257,
- 259, 271, 272, 278, 284, 285, 299, 301, 303. Mis en liberté 379,
- 386, 420, 425.--III, 29, 70, 74. Arrêté de nouveau 81, 97, 102.
- Mis en liberté 104. Rentre en faveur, 106, 123, 124, 173, 187,
- 189, 193, 227.--IV, 83, 244. Encore arrêté, 248.--V, 224, 377.
-
- _Arvich_, _v._ Harwich.
-
- ASCO (le Duc d'), d'_Ascot_, VI, 352.
-
- ASQUIN (Alexandre), beau-frère de lord de Hume, V, 309, 397, 450.
- --VI, 254, 342.
-
- ASSAS (le Sr d'), VI, 502.
-
- ASSIER (Jacques de Crussol, seigneur d'), I, 137, 138.
-
- ASSOLEVILLE (le Sr d'), _d'Assonville_, envoyé par le Duc d'Albe à
- Londres, après la saisie des gallions d'Espagne en Angleterre,
- et des marchandises anglaises dans les Pays-Bas, I, 150, 153,
- 156. Son arrestation, 158, 159, 169, 176, 194, 195, 210, 222,
- 230, 231. Son départ, 256, 299, 322, 324, 350.--III, 31.
-
- _Assores_ (île de _Los_), _v._ Açores (les).
-
- ASSURANCES particulières de paix et d'amitié données par Élisabeth
- à l'égard de la France, I, 60, 281, 306.--VI, 71, 472.
-
- _Astafort_, gentilhomme anglais, VI, 253.
-
- _Athfield_, _v._ Hatfield.
-
- ATHOL (le Comte d'), _Atel_, _Athel_, _Athole_, _Atil_, I, 49,
- 301, 328, 370.--II, 242, 401.--III, 74, 98, 118, 193, 403.--IV,
- 1.--VI, 278, 298.
-
- _Athon_ (Me), _v._ Hatton.
-
- ATTENTE d'évènements importants, I, 375.
-
- AUBETERRE, ville du Poitou, I, 138, 147.
-
- AUBIGNY (le Baron d') _de Bourgogne_, Envoyé par le commandeur de
- Castille en Angleterre, VI, 11, 15, 17, 18, 31.
-
- AUDIENCES accordées à l'Ambassadeur.--I, 1, 27, 35, 60, 65, 124,
- 184, 217, 253, 277, 302, 309, 314, 354, 357.--II, 1, 21, 70, 83,
- 86, 90, 133, 146, 165, 170, 230, 234, 289. Audience après la
- bataille de Moncontour, 308, 313, 393.--III, 1, 37, 41, 58, 88,
- 133, 163, 198, 216, 234, 240, 264, 276, 290, 339, 350, 355, 380,
- 383, 411, 433, 444, 477.--IV, 30, 34, 53, 58, 75, 113, 142, 181,
- 217, 251, 275, 302, 328, 343, 353, 383, 392. Audience donnée en
- conseil, 428, 448, 450.--V, 19, 30, 47, 65, 79, 84, 92. Première
- audience après la Saint-Barthèlemy, 122, 139, 184, 191, 204,
- 214, 218, 222, 229, 230, 233, 234, 247, 263, 273, 275, 281, 282,
- 290, 297, 303, 314, 315, 321, 330, 338, 348, 356, 365, 366, 370,
- 376, 388, 389, 398, 414, 419, 446, 457, 465, 472.--VI, 1, 16,
- 20, 25, 52, 68, 84, 94, 97, 103, 113, 120, 131, 150, 157, 189,
- 190, 228, 229, 270, 305, 306, 320, 329, 345, 366, 379, 383, 390,
- 409, 419, 431, 437, 445, 447, 451, 465, 500.--Audience de
- congé, 503.--Refus d'audience, II, 279, 287.--VI, 140.
-
- AUGSBOURG, en Bavière, I, 87.--II, 245. _Confession_ d'Augsbourg,
- I, 167.--III, 195.
-
- AUGUSTE (Confession et _Confusion_ d'). Confession d'Augsbourg, I.
- 167.--III, 195.
-
- AUGUSTE (le Duc) de Saxe, _v._ Saxe.
-
- _Aulnis_ (l'), _v._ Aunis.
-
- AUMALE (la maison d'), _Aumalle_, VII, 118.
-
- AUMALE (Claude, Duc d'), I, victoire remportée par le Duc d'Aumale
- en Champagne, 35, 41, 85, 124, 149, 257, 305, 363, 389, 415.
- --II, 21, 22, 67, 158, 354.--VII, 23.
-
- AUNIS (l'), province de France, VI, 5.
-
- AUTREMONT (la Comtesse d'), III. 432.
-
- AUTRICHE (l'), _Austriche_, III. Soulèvement en Autriche, 143,
- 418.--VI, 188.
-
- AUTRICHE (la maison d'), II, 120.--III, 208, 249, 366, 384.--IV,
- 178, 221.
-
- AUTUN, en Bourgogne, VII, 21.
-
- _Auvyc_, _v._ Hawick.
-
- AUZANCE près d'Aubusson, I, 142.
-
- _Avanturers_ marchands anglais, V. Advanturers.
-
- AVIGNON, V, siège d'Avignon, 462.--VI, voyage du roi, 320, 357,
- 390.--VII, 477.
-
- AVIS divers donnés par l'Ambassadeur, III, 122.--VI, 5, 269, 288,
- 294, 319, 372.
-
- _Avrin_, _v._ Havering.
-
- AYDE (l'), navire, II, 368.
-
- AYGREMONT (d'), frère du Comte de Sussex, II, 367.
-
- AYGUEMONT (le jeune Comte d'), V, 4.
-
- _Aygues Mortes_, _v._ Aigues Mortes.
-
- _Aymontz_, _v._ Eyemouth.
-
- _Aynaut_, _v._ Hainaut.
-
-
-B.
-
- BACH, pourvoyeur de la marine d'Angleterre, III, 73.
-
- BACON (le chevalier Nicolas), _Lord Keeper_, (Lord Chancelier),
- beau-frère de Cecil, I, 175.--II, 5. 285, 311.--III,--145, 187,
- 250, 346, 362, 429.--IV, 3, 80, 92, 372.--V, 42, 77, 131, 281,
- 424, 436.--VI, 170, 171.--VII, 228.
-
- BADE (le Marquis de), _Baden_, I, 415.--II, 21.--VII, mort à
- Moncontour, 64, 67.
-
- _Baffour_, _v._ Balfour.
-
- BAGUES de la reine de Navarre, _v._ Joyaux.
-
- BAILLI de Flandre (le), IV, 285.
-
- BAKER (Thomas) de Brighthampton, II, 35.
-
- _Balchenech_ (le Lair de), III, 140, peut-être le lair de
- Blacklaw.
-
- BALE (Suisse), _Basle_, VI, 368.--Députés de Bâle en Angleterre,
- 420, 421. Leurs instances, 422, 425, 428, 449, 456, 461, 482.
-
- BALFOUR (Jammes), III, 117.--VI, 5.
-
- _Bandolliers_, I, 328.
-
- BAPTÊME de la fille du Roi, Mission de Castelnau de Mauvissière à
- ce sujet, V, 214.--Acceptation par Élisabeth du titre de
- marraine, 218.--VII, 376, 383, 400, 401, 403. _v._
- Marie-Elisabeth.
-
- BAQUER, marchand anglais, I, 316.
-
- BARACHE (le capitaine) ou _Barrache_. VI, 168, 237.
-
- BARBARIN, gentilhomme Florentin, II, 423, 424.
-
- BARBARIE (la), _Barbarye_, VI, 72, 489.
-
- BARBEROUSSE II (Khair Eddyn), Dey d'Alger, II, 6.
-
- BARBESIEUX, en Saintonge, _Barbezieulx_, I, 147.--VI, 359.
-
- BARDE (Jehan), marchand, I, 339.
-
- BARNABÉ, _Bernabey_, III, 10, 156.--IV, 200, 340, 359.
-
- BARNARD CASTLE, dans le comté de Durham, _Castelbar_,
- _Castelbarne_, II, 400. Pris par les révoltés du Nord, 409, 411,
- 419.
-
- BARRACHE (le capitaine), _v._ Barache.
-
- BARWICK, _v._ Berwick.
-
- BARWICK ou mieux BERWICK (le maréchal de), _v._ Drury.
-
- BASIN (Jehan), I, 366.
-
- BASING, _Bazin_, ville du comté de Southampton, II, 196.
-
- BASQUE (pays), I, 173.
-
- BASSOMPIERRE, VII, 9.
-
- BASTIAN (le capitaine), provençal, VI, 243.
-
- BATARD DE BOURBON (le), _v._ Bourbon (Bâtard de).
-
- BATARD DE BRIDERODE (le), _v._ Briderode (Bâtard de).
-
- BATARD D'ESMONT (le), _v._ Desmond (le bâtard de).
-
- BATARD D'ESPAGNE (le), _v._ Juan (don).
-
- BATARDE D'ÉCOSSE (la), _v._ Écosse (la bâtarde d').
-
- BATHE (le capitaine), VI, 492, 493.
-
- _Baudouel_ (le Comte de), _v._ Bothwell.
-
- BAVIÈRE (Albert III, Duc de), III, 228.--VII, 145, 166, 169.
-
- BAVIÈRE, (Anne, Duchesse de), fille de l'Empereur Ferdinand, III,
- 425.
-
- BAVIÈRE (Marie, fille du Duc de), III, son mariage avec l'archiduc
- Charles d'Autriche, 401, 416, 425, 468.--VII, 145, 166.
-
- BAYONNE (voyage de), I, 229.--VII, 348.
-
- BÉARN, III, 432.--VII, 56.--_Bains_ de Béarn, IV, 246.
-
- BEAUCAIRE, _Beaucayre_, dans le Bas Languedoc, VII, 288.
-
- BEAUFORT (mademoiselle de) fille de la comtesse de Montgommery,VI,
- 59.
-
- BEAUMARIS, ville du pays de Galles, _Beaumares_, I, 241.
-
- BEAUVAIS (Mr de), _Beauvoys_, VI, 410.
-
- BEAUVAIS LA NOCLE (le Sr de), III, 181.--VI, 416.
-
- BEDFORT (le Comte de), _Befort_, _Belfort_, _Betfort_, _Bethford_,
- _Bethfort_, I, 82, 170, 405.--II, 128, 223, 285, 367, 379.--III,
- 88, 124, 246, 258, 269, 292, 303, 390, 462.--IV, 233, 372.--V,
- 131, 377.--VI, 121, 478, 479.--La _Comtesse_ sa femme, V,
- 45.--Son _fils_, VI, 478, 479.
-
- _Befort_ (Comte de), _v._ Bedfort.
-
- BEINS, ville des Pays-Bas, I, 21.
-
- _Belfort_ (Comte de), _v._ Bedfort.
-
- _Belisle_, _v._ Belle-Isle.
-
- BELLE-ISLE, en mer sur la côte de Bretagne, I, 11.--II, 235.
- --Prise de Belle-Isle par Montgommery, V, 326, 360.--VII, 420.
- --Le _Capitaine_ de Belle-Isle, V, 209.--Son _fils_, V, 209.
-
- BELLEGARDE (Mr de), VI, 347.
-
- BELLIÈVRE (Pomponne de), _Bellyèvre_, VI, 437.
-
- BENYSSON (François), II, 19.
-
- BER (le Capitaine), V, 326, 384.
-
- BERGUES, port de Flandre, III, 288, 334.
-
- _Bernabey_, _v._ Barnabé.
-
- BERNARDIN (Don), _v._ Mendoce.
-
- BERNARDYÈRE (le Capitaine), V, 384.
-
- BERTY, secrétaire d'État dans les Pays-Bas, I, 418.
-
- BERWICK, sur les frontières d'Écosse, _Barruich_, _Baruich_,
- _Barvic_, _Barvich_, _Barvyc_, _Barwic_, _Barwych_, _Barwyc_. I,
- 160.--II, 279.--III, 44, 55, 68, 110, 113, 131, 139, 140, 151,
- 153, 168, 190, 191, 193, 202, 206, 223, 236, 237, 474.--IV, 104,
- 118, 122, 177, 193, 244, 259, 268, 296, 310, 335.--V, 60, 176,
- 254, 261, 267, 274, 291, 292, 315, 335, 363.--VI, 227, 238, 362,
- 415, 478, 490.--VII, 117, 218. Le _gouverneur_ de Berwick, III,
- 14.
-
- BÉZIERS, dans le Bas-Languedoc. _Bésiers_, V, 393.
-
- BESSONS (le Sr de), VI 292, 482.
-
- _Betfort_ (Comte de), _v._ Bedfort.
-
- _Bethon_, _v._ Seyton.
-
- BIRAGUE (le Président de), IV, 417.--VII, 4, 5.
-
- BIRON (Armand de Gontaut, Baron de), III, 115, 160, 164.--IV,
- 246.--V, 154, 182.--VII, 107, 108, 110, 114, 123, 350.
-
- BISCAYE, province maritime d'Espagne, _Biscaie_, III, 324, 401.
- --V, 243.--VI, 178, 328.--VII, 269.
-
- _Blacmet_, _v._ Blackness.
-
- BLACKMORE, dans le comté d'Hereford, II, 417.
-
- BLACKNESS (le château de), dans le Linlithgow, en Écosse,
- _Blacmet_, _Blacnes_. V, 259, 311, 313, 329.
-
- _Blacnes_, _v._ Blackness.
-
- BLANC, en Berri, II, 21.
-
- BLAVET, ville de Bretagne, _Blevet_, II, 402.
-
- BLAYE, ville de Guyenne, I, 44, 93, 147, 298.--VI, 50.
-
- BLESSURE du Roi, IV, 141, 142, 187.--V, 234.
-
- _Blevet_, _v._ Blavet.
-
- BLOCUS CONTINENTAL (proposition d'un), pour forcer l'Angleterre à
- retourner à la religion catholique, I, 70, 72.
-
- BLOIS, _Bloys_, VI, 417.--VII, 251, 255, 256, 262, 265, 270, 289,
- 294, 429.
-
- BOBINEAU, _v._ Robineau.
-
- _Bocaust_ (lord), _v._ Buckhurst.
-
- _Bodouel_ (Comte de), _v._ Bothwell.
-
- BOG (Sandy), I, 380.
-
- BOHÊME (la), _Bohesme_, III, 349.-- Le _Roi_ de Bohême, III, 298.
- -- Les _Princes_ de Bohême, III, 453.
-
- _Boid_ (lord), _v._ Boyd.
-
- _Boillon_ (Mr de), _v._ Bouillon.
-
- BOISTAILLÉ (Mr de), conseiller du Roi en son conseil privé, VII,
- 289, 290, 291.
-
- _Boit_ (lord), _v._ Boy.
-
- BOK (Alexandre), I, 381.
-
- _Bolloigne_, _v._ Boulogne.
-
- _Bolon_, _v._ Bolton.
-
- BOLTON, château dans le comté d'Yorck, _Bolon_, _Borthon_,
- _Boulon_, I, 195, 206.--II, 214.
-
- BONACORSY (le Sr), _Bonacoursy_. VI, 148.--VII, 472.
-
- BONOT (lord), _Bonet_, III, 363.
-
- BONHOMME (Jean), I, 416, 417.
-
- BONNE AVENTURE de Vannes (la), navire, VII, 99.
-
- BONNIVET (M. de), II, 244.
-
- BONS-HOMMES lès-Plessis (couvent des), au Plessis-lès-Tours. _Lez
- Plécys_, VII, 66.
-
- _Boolton_, _v._ Bolton.
-
- BOOS (le capitaine), _v._ Bos.
-
- BORDEAUX en Guienne, _Bordeaulx_, _Bourdeaux_, _Bourdeaulx_, I,
- Flotte des vins, 32, 55, 77, 93, 101, 131, 164. Arrestation des
- Anglais, 192-194, 198, 243, 250, 356.--II, 35, 64, 153, 235,
- 247, 253, 267, 280, 330, 381, 395, 396, 400, 402.--V, 130, 133.
- 139, 148, 150, 170, 180. Départ de la flotte d'Angleterre pour
- Bordeaux, 198, 237, 313, 454, 455.--VI, 7, 13, 30, 281, 490.
- --VII, 47, 358, 359, 368, 398, 399.
-
- BORDEL, agent du prince de Condé, i, 350.
-
- BORNIQUEL (le Vicomte de), l'un des quatre Vicomtes, I, 172, _v._
- Vicomtes (les).
-
- _Borthon_, _v._ Bolton.
-
- BORTHWICK (de), écuyer de Marie Stuart, _Borthick_, _Borthuic_,
- _Borthuik_, _Bortic_, _Bortyc_, _Bourtic_. I, 283, 286, 313,
- 338, 380.--II, 26, 56, 76, 94, 115, 136, 193, 264, 438.
-
- BOS (le capitaine), ou _Boos_. I, 54, 55, 214.
-
- BOS (sir Georges), II, 367.
-
- BOSSU (le Comte de), arme en Flandre, IV, 89.
-
- BOSTON, ville du comté d'York. _Boeston_, bains de Boston, V, 393.
-
- BOTHWELL (le Comte de), _Baudouel_, _Bodouel_, _Boudoel_,
- _Boudonel_, I, 20, 161, 343.--II, 58, 205.--III, 98.--IV, ses
- tentatives en Danemark, 8, 147. Sollicitations au nom de Marie
- Stuart, pour qu'il ne soit pas mis en liberté, 152.--V, 266.
-
- _Boucard_, _Boucart_, _v._ Buckhurst.
-
- _Boucaust_ (lord), _Boucaut_, _v._ Buckhurst.
-
- BOUCHARD (le Sr), réfugié en Angleterre après la Saint-Barthèlemy,
- V, 155.
-
- BOUCLER (Richard), I, 242.
-
- _Boucost_ (lord de), _v._ Buckhurst.
-
- _Boudoel_, _Boudouel_, (le Comte de), _v._ Bothwel.
-
- BOUFFON de Catherine de Médicis, VI, 331.
-
- BOUILLÉ (Mr de), _Bouyllé_, _Boyllé_, II, 195, 206, 286.--VI, 412,
- 477.
-
- BOUILLON (Henri Robert de La Mark duc de), _Boillon_, _Buillon_,
- sa mort, VI, 354.--VII, 388, 390, 391.
-
- BOULOGNE-SUR-MER, en Picardie, _Bolloigne_, _Boullongue_,
- _Bouloigne_, _Boulonge_, I, 100, 275, 336.--III, 478.--V, 189.
- --VI, 106, 112, 116, 149, 157, 281, 325, 340, 505.--VII, 296,
- 320, 336, 340, 370.
-
- BOULOGNE (château de) près Paris, VII, 177, 178, 180, 182, 189,
- 297, 432.
-
- _Boulon_, _v._ Bolton.
-
- BOURBON (Charles, cardinal de), VII, 440, 470, 471.
-
- BOURBON (Louis de), _v._ Condé (Louis, prince de).
-
- BOURBON (Mademoiselle de), VII, 292.
-
- BOURBON (le bâtard de), VI, 230.
-
- _Bourdeaulx_, _Bourdeaux_, _v._ Bordeaux.
-
- BOURDEUILLE (le Sr de), II, 437.
-
- BOURDIN (Mr de), I, 426, 428, 431.
-
- BOURG en Bresse, I, 138.
-
- BOURG (le Conseiller), beau-frère de Cavagnes, II, 156, 175.
-
- BOURGES en Berri, I, 21.--II, 9, 21.--III, 115.--VII, 23, 80, 82.
-
- _Bourgley_ (lord de), _v._ Burleigh.
-
- BOURGUEIL, ville d'Anjou.--VII, 286.
-
- BOURGOGNE, _Bourgoigne_, I, 97, 305.--VI, 137, 414.
-
- BOURGOGNE (la maison de), I, 108, 113, 120, 127, 224, 231.--II,
- 52, 53, 353.--III, 31, 256, 422, 441, 463.--IV, 199, 302, 339,
- 341, 361.--V, 139, 151, 161, 200, 425.--VI, 162, 179, 186, 198,
- 199, 224, 226, 251, 303, 361, 378.
-
- BOURGUIGNONS, I, 97.--IV, 414.
-
- _Bourlé_ (lord de), _v._ Burleigh.
-
- BOURRY (le jeune), réfugié en Angleterre après la
- Saint-Barthèlemy.--V, 155.
-
- BOURSE (la) de Londres.--III, 443, 450, 451.
-
- _Bourtic_, _v._ Borthwick.
-
- BOUVILLE (le Sr), réfugié en Angleterre après la Saint-Barthèlemy.
- --V, 155.
-
- _Bouyllé_, (Mr de), _v._ Bouillé.
-
- BOY (le Sr de), de Bretagne, V, 384.
-
- BOY (Sir Henry), II, 400, 419.
-
- BOYCHAMP (le Capitaine), _v._ Boysseau.
-
- BOYD (lord), _Boid_, _Boit_, _Boyd_, _Boyt_, I, 82, 285.--II, 59.
- --III, 132.--IV, 230, 237.--VII, 255.
-
- _Boyllé_ (Mr de), _v._ Bouillé.
-
- BOYSSEAU (le Capitaine), V, 412.
-
- BOYSSOT (le Sr), gouverneur de Flessingues, VI, 169, 178.--Sa
- _femme_, VI, 169.
-
- _Boyt_ (lord), _v._ Boyd.
-
- BRABANT (le), VI, 483.
-
- _Brada_, _v._ Bréda.
-
- BRANDEBOURG (le Marquis de), électeur, III, 208, 298.--IV, 249.
-
- BRÉDA, en Brabant, _Brada_, ancienne baronnie, III, 127.
-
- BREFS du Pape, I, 262.--III, 29.
-
- BRÈME, l'une des villes hanséatiques d'Allemagne, III, 472.
-
- BREST, en Bretagne, II, 35, 153.--VI, 13.--VII, 181.--Le Capitaine
- de Brest, _v._ Crenay (Sr de).
-
- BRETAGNE, _Bretaigne_, I, 11, 137, 233, 282, 316, 334, 399.--II,
- 35, 195, 203, 273, 326, 340, 350.--III, 9, 19, 46, 66, 70, 73,
- 76, 169, 200. Expédition préparée en Bretagne, 206, 209, 210,
- 212, 216, 218, 226, 236, 252, 266, 272, 292, 386, 387, 402, 445.
- --IV, 12, 90, 96, 203, 207, 401, 421.--V, Massacres de Bretagne,
- 180, 209, 252, 261, 269, 274, 395, 426.--VI, 44, 134, 137, 196,
- 205, 375, 415, 422, 481.--VII, 99, 114, 119, 121, 137-139, 268,
- 338, 381, 396.
-
- BRETAGNE (Basse), III, 450.--VII, 181.
-
- BRETONS, menaces des Anglais contre les Bretons, I, 26, 77, 87,
- 130, 151, 187, 192.--Ordonnance contre eux, 233.--II, Plaintes
- contre eux, 408.--III, 65, 402, 406, 459.--VI, 417.--VII, 175.
-
- BRIANT MAC O'NEILL, Écossais, VI, 353.
-
- BRICKHILL, dans le comté de Buckingham, _Brichil_, V, 76.--VII,
- 315.
-
- _Briquemault_, _v._ Bricquemaut.
-
- BRIDERODE (le bastard de), II, 175, 191, 239, 251, 316, 322, 329,
- 388, 404.--III, 17, 52.--IV, 74.
-
- BRIGHTHAMPTON, dans le comté d'Oxfort, II, 35.
-
- BRILLE (la), ville des Provinces-Unies dans l'île de Voorn, IV,
- 427, 438.--V, 293, 392.
-
- BRICQUEMAUT, _Bricquemault_, _Briquemau_, _Briquemault_. Arrêté
- après la St-Barthèlemy, V, 134, 159.--Sa condamnation, 204,
- 205.--Son exécution, 206.--VII, 341.
-
- BRIQUONEL (le Capitaine), IV, 137, 138, 154, 158, 289.--VII, 224.
-
- BRISSAC (Timoléon de Cossé comte de), I, 84, 140, 148, 362, 389,
- 414.--VII, 5, 7.
-
- BRISTOL, dans le comté de Glocester, _Bristo_, III, 50.--VI, 167,
- 204, 212.
-
- _Broage_, _v._ Brouage.
-
- _Bronsouy_, _Bronsouyc_, _Bronzouyc_ (le Duc Hery de), _v._
- Brunswick (le duc Eric de).
-
- BROUAGE. _Broage_, port de Saintonge, I, 201, 215, 226, 271, 361.
- --II, 175.--VI, 13, 140, 237, 240, 281, 282, 283, 328, 353, 359,
- 362.--VII, 12, 370, 371.
-
- BROVNE (Humfroy), I, 174.
-
- BRUGES, dans les Pays-Bas, I, 98.--III, 108.--V, 60.--VI, 76, 211,
- 263, 459.
-
- BRULART (Nicolas), seigneur de Sillery, I, 433.--II, 292.--V,
- 185.--VII, 28, 30, 32, 33, 37, 38, 41, 46, 48, 52, 57, 58, 60,
- 62, 65, 78, 79, 82, 124, 126, 255, 256, 262, 265, 271, 273, 276,
- 280, 283, 288, 368, 371-373, 432, 435, 437, 440, 459, 462, 468,
- 471, 479.
-
- BRUNSWICK (Éric dit _le Jeune_, duc de), _Bronsouy_, _Bronzouyc_,
- _Brunsvych_, _Brunswic_.--III, 36, 57, 143, 199, 228, 249.
- --VII, 166, 169.
-
- BRUNSWICK (Jules de), VII, 169.
-
- BRUXELLES (le fiscal de), envoyé en Angleterre après l'expulsion
- de l'Ambassadeur d'Espagne, VI, 418, 443, 474, 497.
-
- _Buchard_ (lord). _v._ Buckhurst.
-
- BUCKHURST (lord), _Bocaust_, _Boucard_, _Boucart_, _Boucaust_,
- _Boucaut_, _Boucost_, _Buchard_, sa mission eu France, III, 402,
- 403.--Ses instructions, 407, 408, 409, 442, 449, 452, 458, 461,
- 468, 469, 478.--IV, 30, 31, 34, 35, 36, 38, 39, 41, 42, 43, 53,
- 64, 97, 190, 215, 217, 235, 282-284, 287, 288, 370.--V, 10, 14,
- 39.--VII, 167, 177, 183, 189, 190, 194, 195, 199.
-
- _Buillon_ (duc de), _v._ Bouillon.
-
- BULLE du Pape, I, 146, 152, 229.--_Bulle dorée_, III, 298.
- --_Bulle_ sur l'élection à l'Empire, III, 231.
-
- BULLE d'excommunication contre Élisabeth, III, 173, 175, 177, 194,
- 196, 199, 225, 250, 254, 255, 256, 273, 295, 393.--V, 220, 221.
-
- BUSSEROLLES, camp de l'Amiral, II, 158.
-
- _Burglay_, _Burgley_ (lord de), _v._ Burleigh.
-
- _Burlay_, _Burley_ (lord de), _v._ Burleigh.
-
- BURLEIGH (Sir William Cecil, lord de), grand-trésorier
- d'Angleterre, _Bourgley_, _Bourlé_, _Burglay_, _Burgley_,
- _Burlay_, _Burley_, I, 46. Proposition d'une coalition contre
- lui, 69, 70, 72, 74, 82, 114, 115, 120, 150, 154, 156, 169, 175,
- 204, 207, 210, 211, 233.--Conjuration contre lui, 235, 236, 237,
- 259.--Détails du plan de la conjuration, 260, 267, 274, 279,
- 287, 311, 361, 384, 405, 418.--II, 2, 12, 25, 50-55, 66, 86,
- 106, 108, 113, 114, 115, 119, 125, 126, 127, 130, 132, 148. 172,
- 177, 219, 223, 272, 278, 285, 301, 303, 304, 311, 343, 367, 381,
- 404.--III, 19, 21, 25, 46, 48, 87, 89, 97, 99, 100-102, 123,
- 124, 141, 142, 170, 173, 187, 188, 194, 203, 212, 217, 227, 235,
- 241, 245, 250, 253, 255, 275, 283, 301, 305, 307, 310, 311, 314,
- 319, 320-322, 324, 327, 335, 358, 359, 361, 362, 372, 375, 390,
- 400-402, 416, 422, 429, 440, 443, 462, 469, 476, 481.--IV, 3,
- 12, 44, 45. Nommé lord de Burleigh, 57-59, 65-68, 78, 81, 82,
- 86, 87, 89, 93, 98, 100-104, 108, 109, 111, 116-118, 127-130,
- 132-134, 141, 144, 150, 156, 158, 159, 163, 171, 174, 187, 190,
- 191, 197, 204, 213, 228, 230-233, 241, 242, 248, 253, 256, 258,
- 272, 273, 282, 284, 287, 288, 292, 307, 309, 312, 314, 315, 322,
- 331, 333, 341, 352-354, 357, 369, 370, 372, 379, 395, 396, 399,
- 400, 404, 407, 410, 411, 415, 417, 419, 420, 423, 424, 427, 433,
- 435, 437, 439, 442, 445, 446, 448, 453, 458, 462, 463, 465,
- 467.--V, 13, 16, 20-22, 26, 38, 39, 43, 45. Nommé
- grand-trésorier, 59, 61-63, 72-75, 78, 82, 84, 88, 93, 128, 147,
- 161, 165, 166, 170, 172, 194, 195, 208, 230, 234, 239, 243, 244,
- 251. Négociation secrète, 254, 255, 260, 267, 284, 286, 291,
- 292, 302, 303, 307, 308, 328, 335, 343, 351-354, 377.
- Conférence, 380-382, 394, 407, 422, 423, 428, 432, 438, 449,
- 469, 470.--VI, 8, 14, 15, 17, 35, 37, 41, 42, 64, 66, 161, 166,
- 171, 181, 199, 208, 220, 248, 249, 444. Conférence, 461.--VII,
- 40, 73, 132, 134, 138, 146, 148, 149, 154, 218, 221, 228, 230,
- 252, 254, 265, 294--00, 304, 307, 362, 397, 444, 445, 454.--Son
- _fils aîné_, II, 384.--Sa _fille_ mariée au comte d'Oxford, IV,
- 315.
-
- BUTSEL, officier de la marine anglaise, I, 351.
-
-
-C.
-
- CABRAN, marchand Écossais, II, 28.
-
- CABRYANE (le Sr), pris à Jarnac, VII, 5.
-
- _Cadinguem_ (de), pris dans le château d'Edimbourg, V, 392, 411.
-
- CADIX en Andalousie, III, 426.
-
- CAEN dans la basse Normandie, I, 11.--VI, 302.--VII, 293.
- --_Château_ de Caen, II, 274.
-
- _Caen_ (Sr de), grand écuyer de l'empereur Maximilien II, envoyé
- en France à l'occasion du baptême de la fille du Roi, VII, 401.
-
- CAILLAC (Mr de), gouverneur de Boulogne, _Cailliac_, _Calliac_, I,
- 100.--II, 80.--V, 7.--VI, 51, 112, 250, 252.--VII, 167.
-
- _Calliac_ (Mr de), _v._ Caillac.
-
- CAJE (le capitaine), lieutenant de Berwich, IV, 172, 176, 255,
- 289, 334, 337, 339.--VII, 270.
-
- CALAIS en Picardie, _Callais_, _Callays_, I, 46. Desir des Anglais
- de recouvrer cette ville, 91, 92, 98. Entreprise sur Calais, 99,
- 100, 101, 167, 211, 257, 275, 320, 341.--II, 10, 20, 33, 49,
- 87. Saisie faite à Calais sur les Anglais, 96, 105, 199, 260,
- 333, 353.--III, 46, 52. Avis d'une entreprise sur Calais, 285,
- 286, 293, 294, 300, 304, 311, 312, 333, 416, 421, 478.--IV,
- 130, 148, 150, 173, 225, 455.--V, 208.--VI, 13. Avis d'une
- entreprise, 51, 63, 76, 149. Projet des Anglais sur Calais, 156,
- 157, 281, 325, 340, 505.--VII, 37, 126, 132, 149, 221, 300,
- 301, 320, 340, 370, 420, 454.
-
- CALNAR ou CALVART, ministre protestant, agent du prince d'Orange,
- VI, 86, 328.
-
- _Cambelle_ (Robert), _v._ Campbell.
-
- CAMBRAY en Flandre, I, 120.
-
- CAMBRIDGE, comté d'Angleterre, _Cambrich_. Soulèvement dans le
- comté de Cambridge, V, 424.
-
- CAMPBELL, (Robert), _Cambelle_, I, 174.
-
- CANNOT (Jehan), imprimeur à Londres, I, 112.
-
- CANTERBURY dans le comté de Kent, _Canturbery_, _Conthurbery_,
- _Conturbery_, I, 287.--III, 398, 455.--V, 14, 401, 402.
-
- CAPITAINES anglais de réputation qui se mettent en mer, I, 214.
-
- _Carcade_, frère du capitaine Grange, _v._ Kirkaldy.
-
- CARCASSONNE, dans le Bas-Languedoc, I, 173.
-
- CARDINAUX (les), oncles de Marie Stuart, II, 257. _v._ Guise et
- Lorraine (cardinaux de).
-
- CARENTAN en Basse-Normandie, _Carantan_, VI, 74. Est pris par
- Montgommery, 77, 112, 120, 126, 144, 148, 168.--VII, 466.
-
- CARHO (sir Jehan), _Caro_, V, 199. 226.
-
- CARHO (Pierre), _Caro_, IV, 37, 273.
-
- CARIEZ (le capitaine), VII, 10.
-
- _Carleil_, _Carley_, _v._ Carlisle.
-
- CARLISLE dans le comté de Cumberland, _Carleil_, _Carley_, I, 284.
- --II, 348.--III, 139.
-
- CARLOS (l'archiduc), _Don Carlos_, fils de Philippe II et de Marie
- de Portugal. Projet de son mariage avec la princesse de
- Portugal, I, 67.--Proposé par la Reine d'Espagne pour épouser
- Marie Stuart, II, 214.
-
- CARNAVALLET (le Sr de), _Carnevallet_, IV, 93.--VII, 6, 7.
-
- _Caro_, _v._ Carho.
-
- CARPENTIER, auteur d'une épître, VII, 402.
-
- CAROUGES (M. de), lieutenant-général pour le Roi en Normandie,
- _Caronges_, _Carronges_, _Carrouges_, VII, 366, 385, 388, 390,
- 391, 397.
-
- CARSES (M. de), VI, 339.
-
- CARTELS proposés pour les affaires d'Écosse, I, 89, par lord
- Lindsey à lord Harris, 102.--Par Alexandre Stuart au lair de
- Grange, IV, 172, 237.
-
- CASAL de Montferrat en Italie, VI, 229.
-
- CASHEL (le fils du doyen de), IV, 340.
-
- CASIMIR (le Duc) Jean Casimir, fils de Frédéric, comte Palatin,
- _Cazimir_, I, 15.--II, 17, 84, 85, 90, 94, 95, 109, 110, 149,
- 196, 197, 198, 228, 239, 274, 315, 329, 333. Ses préparatifs
- pour conduire une armée en France au secours des protestants,
- 371, 388, 404.--III, 7, 11, 16, 18, 35, 40, 45, 46, 57, 64,
- 182, 195, 199. Son mariage avec une princesse d'Allemagne, 208,
- 211, 215, 220, 221.--V, 347.--VII, 35, 40.
-
- CASSILS (le Comte de), _Casseillis_, _Cassellis_, _Casselis_,
- _Cassels_, _Casselz_, I, 300, 302.--VI, 212, 230, 237, 443.
- --VII, 255.--Son _frère_, I, 302.
-
- CASTARES (le Sr de), l'un des officiers de Marie Stuart, II, 438.
-
- _Castelbar_, _Castelbarne_, _v._ Barnard-Castle.
-
- CASTELNAU de MAUVISSIÈRE (de), _v._ Mauvissière.
-
- CASTILLE (grand commandeur de), _v._ Requesens.
-
- CASTILLE (cour de), III, 126.
-
- CATHAY (le), _v._ Cattay.
-
- CATHERINE (madame), soeur de Jeanne Gray, III, 359 et _note_.
- --IV, 154, 240.
-
- CATHERINE DE BOURBON, princesse de Navarre, soeur de Henri IV, II,
- 391.--III, 301.--IV, 91.--VI, 230.
-
- CATHOLIQUES (les) d'Angleterre, I, 78. Divisions dans le conseil,
- 166, 327, 328. Les Catholiques se retirent du conseil, 330.
- Propositions qu'ils font au Roi, 331.--II, 219. Joie des
- Catholiques d'Angleterre au sujet de la victoire de Moncontour,
- 296. Mesures rigoureuses prises contre eux, 299, 339. Leur desir
- de se retirer en France, 339. Révolte des Catholiques du nord,
- 342, 350, _v._ Révolte du nord.--III, 18. Seigneurs catholiques
- arrêtés, 46, 76. Projets des Seigneurs catholiques, 98. Mesures
- de rigueur prises contre les Catholiques, 196.
-
- CATTAY (le), province de la Chine, VI, 400.
-
- CAUBERON (le capitaine), III, 347.--IV, 3, 455.--V, 374, 384,
- 402, 411, 413, 418.--VII, 197, 212.
-
- CAUMONT (le Vicomte de), l'un des quatre Vicomtes, I, 172, _v._
- Vicomtes (les).
-
- CAUSSENS (le capitaine), _Causeings_, _Cossins_, V, tué devant la
- Rochelle, 316.--VII, 8.
-
- CAVAGNES (le Conseiller), _Cavagnies_, _Cavaigne_, _Cavaignes_, I,
- 12, 15, 37, 39, 45, 47, 63, 75, 168, 202, 205, 211, 226, 268,
- 290, 295, 340, 374, 408.--II, 63, 93, 94, 156, 167, 175, 273.
- --III, 332.--V, 134. Arrêté et mis en jugement après la
- Saint-Barthèlemy, 204. Son exécution à laquelle assistent le Roi
- et Catherine de Médicis, 205 et _note_, 206.--VII, 249, 250,
- 251, 331, 332, 334, 338.
-
- CAVALCANTI (Guydo), Italien au service du duc d'Albe._Cavalcanty_,
- I, 418.--III, 370, 416, 417, 442, 468.--IV, 45, 58, 61, 62,
- 64, 65, 67, 68, 78, 79, 80, 84, 86, 87, 96, 100, 123, 128, 133,
- 164, 165, 170, 171, 190, 196, 314, 447, 461.--VI, 65.--VII,
- 191, 192, 199, 200.--_Eschiata Cavalcanti_, son frère, II, 50,
- 52-54.
-
- CAVELLIER, marchand de Rouen, II, 324, 327, 344.
-
- CAZAS (Sr de), VII, 7.
-
- CAZIMIR (duc de), _v._ Casimir.
-
- CECIL (sir William), _Cecile_, _Cecill_, _Cecille_, _v._ Burleigh
- (lord).
-
- CÈNE (la) faite par les protestants, VI, 340.
-
- CÉSAR (Jules), empereur, I, 52.
-
- CESSION faite par Marie Stuart de ses droits à la couronne
- d'Angleterre. Reproches qui lui sont adressés à cet égard par
- Élisabeth qui en fait contre elle un chef d'accusation, I, 229,
- 412, 419, 422. Éclaircissements historiques, 423. Cessions
- faites à Henri II, 425, 427, 429. Déclaration du Roi, 431, du
- Duc d'Anjou, 433.--II, 17, 48, 56, 59, 65, 114, 155, 168.
- Satisfaction d'Élisabeth au sujet des déclarations relatives à
- la cession des droits de Marie Stuart au trône d'Angleterre,
- 178, 204, 209, 219.--VI, 244, 338.--VII, 47, 151.
-
- CESSION _des îles de Deçà_; cession faite par le Pape au Roi
- d'Espagne, de l'Angleterre, de l'Écosse et de l'Irlande sous la
- condition de les ramener à la religion catholique, VI, 338.
-
- CEVANY (Sr), agent du banquier Acerbo Velutelly, VI, 425.
-
- CHABANOIS, ville dans l'Angoumois, prise par les protestants, II,
- 162.
-
- _Chalangier_ (sir Thomas), I, 325.
-
- CHALONS-SUR-SAÔNE en Bourgogne, _Chalon_.--V, 461, 468.
-
- CHALY (Sr de), _Chally_, _Chély_, VII, 65-67.
-
- _Chamavoye_.--Procès de Chamavoye, intéressant le vidame de
- Chartres, VI, 210.
-
- CHAMBELLAN (le lord), _Chamberlan_, _Chambrelan_, le grand
- chambellan d'Angleterre, I, 288, 405.--II, 85, 130, 132, 260,
- 278.--III, 240, 462, 467.--IV, 3, 206, 372, 400.--V, Est
- chargé du sceau privé et remplacé dans la charge de grand
- chambellan par le comte de Sussex, 59.--La _fille aînée_ de
- lord Chamberland, mariée à lord Dudley, IV, 319.
-
- _Chamberland_ (le lord), _v._ Chambellan.
-
- CHAMBERNON (sir Arthus), _Chambernan_, _Chambernant_,
- _Chambrenant_ vice-amiral de Cornwall (Cornouailles) ou de
- l'Ouest, en Angleterre, beau-frère de Montgommery, I, 214.--II,
- 94, 250, 275, 322.--IV, 297.--V, 343, 364.--VI, 13, 122, 127,
- 169, 180, 424.--VII, 419, 466.
-
- CHAMBERNON (sir Henri), amiral d'Angleterre, fils du précédent,
- II, 93. Part comme volontaire pour la Rochelle, 143.--IV, 298.
- --VI, 169.--VII, 466.
-
- CHAMBERS (le Capitaine), _Chambre_, I, 214.
-
- CHAMBRE DES COMMUNES d'Angleterre, _Basse chambre_, IV, 50, 89,
- _v._ Parlement d'Angleterre.
-
- CHAMBRE (la) de Londres, II, 13.--III, 17, 48.
-
- _Chambrenant_ (sir Artus et sir Henri), _v._ Chambernon.
-
- CHAMBRES (Sr David), V, 42.
-
- CHAMPAGNE, province de France, _Champaigne_, VI, 181.--VII, 365.
-
- CHAMPAGNE (le grand commandeur de), VI, 181, 226.
-
- CHAMPIGNI en Touraine, _Champigny_, _Champiny_, ville et château
- appartenant au duc de Montpensier, I, 147, 148.--VII, 231.
-
- CHANCELIER (Mr le), le chancelier de France, _v._ L'Hospital.
-
- CHANCELIER (le) d'Angleterre, _v._ Bacon.
-
- CHANCELIER (le) de Navarre, VI, 226.
-
- _Change Real_, Bourse de Londres, III, 451.
-
- CHANGEMENT dans la politique d'Élisabeth après la St-Barthèlemy,
- VI, 110, 160, 303.
-
- CHANTONAY (Mr de), _Chantoné_, _Chantonnay_, _Chantonné_,
- ambassadeur du Roi d'Espagne à Vienne auprès de l'Empereur
- Maximilien II.--I, 66, 67.--II, 196, 315, 387.--III, 312.
-
- CHAPIN VITEL (Ciapino), Marquis de Cestona, _v._ Vitelli.
-
- CHARENTE (la rivière de), en France, _Charante_, I, 131, 164.
- --VII, 3, 4, 6.
-
- CHARITÉ (la), dans le Nivernais, II. Prise de la Charité par le
- Duc de Deux-Ponts, 9, 10, 21, 101, 133, 134, 158, 333.--III,
- 115, 204.--VII, Détails sur la prise de la Charité, 23, 30, 31,
- 35, 80.
-
- CHARLES (l'archiduc), fils de Ferdinand Ier, Empereur d'Allemagne
- et frère de Maximilien II. III, 300, 322.--Projet de le marier
- à Élisabeth, 348.--Son mariage avec la fille du Duc de Bavière,
- sa nièce, 401, 424, 425, 461, 466.--IV, 12, 64, 65, 98, 225.
- --VII, 145, 146, 191.
-
- CHARLES-QUINT, Empereur d'Allemagne et Roi d'Espagne, fils aîné de
- Philippe, archiduc d'Autriche, I, 96, 335.--II, 6.--IV, 373.
- --V, 276.--VI, 223.
-
- CHARNY (Comte de), VI, 330, 334.
-
- CHARO, l'un des officiers commandant en Irlande pour Élisabeth,
- II, 240.
-
- CHARTRES, dans le pays Chartrain, II, 183.--Le vidame de
- Chartres, _v._ Vidame (le).
-
- CHARY, fils aîné de lord Houston, II, 389.
-
- CHAT (le Capitaine), VI, 234, 340, 443.
-
- CHATEAUBRIANT, en Bretagne. _Chasteaubriant_, VII, 105, 106, 111,
- 123.
-
- CHATEAUDUN, dans l'Orléanais, _Chasteaudun_, V, 326.
-
- CHATEAUNEUF, en Angoumois, _Chasteauneuf_, I, 147.--VII, 4-6.
-
- CHATEAUNEUF (Mr de), _Chasteauneuf_. Sa mission en Angleterre, au
- sujet du mariage du Duc d'Alençon avec Élisabeth, V, 281, 282.
- --Sa négociation, 284, 285, 324.
-
- CHATEAUNEUF (Mlle de), _Chasteauneuf_.--Projet de la marier à
- Leicester, V, 111.
-
- CHATEAU-RENAUD, en Touraine, _Chasteau-Renauld_, VII, 270.
-
- CHATEAU-THIERRI, en Champagne, _Chasteau-Thierry_, I, 85.
-
- CHATEAUX (les Deux), pris en Écosse par les Anglais, _v._ Hume et
- Fostcastle.
-
- CHATELIER-PORTAUT, l'un des chefs des protestants de France,
- _Chastelier-Portault_, _Chatellier-Pourtault_, I, 11, 17, 37,
- 44, 54, 55, 76, 94, 99, 164, 178, 189.--Tué à Jarnac, 304.
- --VI, 175.--VII, 10.
-
- CHATELLERAULT, en Poitou, _Chastèlerault_, _Chastellerault_, I,
- 21, 139.--VII, 35, 36, 52.
-
- CHATELLERAULT (le comte d'Arran, duc de), ancien régent d'Écosse,
- _Chastellerault_, _Chatèlerault_, _Chatellerauld_, I, 12, 79,
- 155, 161, 195.--Arrêté par ordre d'Élisabeth, 209, 300-302,
- 312, 328, 344, 348, 369, 376, 378, 379, 382.--III, 45, 52, 74,
- 75, 98, 131, 140, 152, 158, 160, 168, 169, 170, 172, 174, 175,
- 193, 207, 223, 248, 267, 271, 346.--IV, 1, 172, 237, 243, 279,
- 378, 457.--V, 203, 308, 309.--VI, 247.--Sa mort, 281, 424.
- --VII, 225.--Ses _enfants_, III, 158.--V, 309.--Ses _deux
- fils_, _v._ Arran (comte d').
-
- CHATILLON, résidence de l'amiral Coligni, _Chastillon_, VII, 270.
-
- CHATILLON (la maison de), I, 55, 62.--VII, 323.
-
- CHATILLON (Gaspard de), amiral de France, _v._ Coligni.
-
- CHATILLON (François de), frère de l'amiral Coligni, _v._ Andelot
- (d').
-
- CHATILLON (Odet, Cardinal de), frère de l'amiral Coligni, envoyé
- en Angleterre par les protestants de France pour résider auprès
- d'Élisabeth, I, 12, 16, 37, 49, 75, 97, 159.--205, 220, 230.
- 235, 268, 269, 290, 292, 323, 340, 402, 403, 407.--Mémoire sur
- l'état des affaires des protestants en France, 414, 419.--II,
- 15, 49, 78, 96, 98, 108, 140, 146, 157, 158, 199, 206, 207, 398.
- --III, 17, 47, 63, 86, 92, 99, 100, 141, 163, 182, 196, 249.
- --Ses bonnes dispositions pour la paix, 256, 268, 280, 295.
- --Message de la part du Card. de Chatillon à l'ambassadeur, 308,
- 309, 311.--Sa conférence avec l'Ambassadeur, 314, 322, 325,
- 331, 332, 398, 414, 418, 422, 432, 433, 439, 440, 447, 449, 455,
- 464, 467, 470.--IV, 12, 23, 24.--Sa mort, 34.--Détails, 40,
- 42, 48, 64, 91, 96, 225.--VII, 12, 16, 17, 91, 95, 102, 143,
- 144, 173, 192, 242.
-
- CHAUVIGNY, en Poitou, _Chavinhy_, _Chaviny_, I, 147, 148.
-
- CHEF DE BOYS, rade sur la côte de la Rochelle, VI, 362.
-
- _Cheffel_, _Cheffil_, _Chiffil_, _v._ Sheffield.
-
- _Chelona_ (le Marquis de), _Chetona_, _v._ Vitelli (Ciapino).
-
- _Chely_ (Sr de), _v._ Chaly.
-
- CHENADEC (Jehan) de Vannes, VII, 99.
-
- CHENONCEAU en Touraine, VII, 243.
-
- CHERBOURG, port de Normandie, _Cherbourc_, VI, 157, 228, 281, 325,
- 340.
-
- _Cheirosbery_ (le Comte de), _Cherosbery_, _Cherusbery_, _v._
- Shrewsbury.
-
- CHESOIN est chargé par le roi de conduire des munitions et de
- porter de l'argent en Écosse aux partisans de Marie Stuart, il
- tombe au pouvoir du comte de Lennox, IV, 203, 206, 211, 227.
-
- CHESHOLM, _Chesolme_, contrôleur des munitions du château
- d'Édimbourg, IV, 73.
-
- CHESTRE (le Capitaine), VI, 51.
-
- _Chetona_ (le Marquis de), _Chetona_, _v._ Vitelli (Ciapino).
-
- CHENEY (lord), _Cheyne_, V, 14.
-
- _Cheyneys_, maison du Comte de Bedford, III, 258.
-
- CHIC (Lady), dame d'honneur d'Élisabeth, est forcée de se retirer
- de la cour par suite d'une aventure galante, I, 390.
-
- CHICHESTER (l'évêque de), _Chichestre_, II, 65.
-
- CHIENS de sang donnés en présent au roi par des seigneurs anglais,
- II, 274.--III, 325, _v._ Dogues, Lévriers.
-
- _Chin_, maison d'habitation du Cardinal de Chatillon en
- Angleterre, I, 414.--II, 140.
-
- CHINE, _v._ Cattay (le).
-
- CHINON en Touraine, I, 145, 173.--VII, 3, 61, 62, 66, 67.
-
- CHIPRE, île de la Méditerranée, III, 349.
-
- CHIVERNY (Philippe Hurault, Comte de), chancelier du duc d'Anjou,
- IV, 93, 165, 168, 170.--VI, 423, 437, 470.
-
- CHRISTOPHE (le duc), _Christofle_, fils de Frédéric, Comte Palatin
- et frère du Duc Casimir, V, 347.
-
- CHOISY (le Comte de), _Choysy_, VII, 10.
-
- CHURQUE (le Capitaine Marie), I, 214.
-
- CIAPINO Vitelli, _v._ Vitelli (Ciapino).
-
- CICÉRON (Marcus Tullius Cicero), «l'orateur romain» dont
- l'éloquence n'aurait pu justifier la Saint-Barthèlemy, V, 150.
-
- CLAIN (le), rivière du Poitou, I, 143.
-
- _Clames_, (lord), _v._ Glammis.
-
- _Clarmes_ (les deux frères de).--Écossais tenant le parti de
- Marie Stuart, IV, 140.
-
- CLAUDE (la reine).--Claude de France, fille de Louis XII et
- d'Anne de Bretagne, mariée à François Ier, ayeule de Charles IX,
- VI, 323.
-
- CLAUDE (lord), _Glaude_, fils du duc de Chatellerault, V, 364,
- 374.--VI, 381, _v._ Arran (d').
-
- CLAUSSE, notaire et secrétaire de la couronne de France sous Henri
- II.--I, 426, 428, 431.
-
- CLERMONT D'AMBOISE (l'aîné).--VII, 10.
-
- CLERMONT Tallard (le jeune), tué devant la Rochelle, V, 316.
-
- CLINTON (l'amiral), _Clynton_, _v._ Lincoln (Comte de).
-
- _Coban_ (lord), _v._ Cobham.
-
- _Coberon_ (le Capitaine), _v._ Cobron.
-
- COBERT (Jean), secrétaire de l'évêque de Ross, III, 66.
-
- COBHAM (lord), _Coban_, _Cobhan_, I, 257.--II, 255, 256, 260,
- 273, 382, 412.--III, 28, 300.--IV, son arrestation, 261.--VI,
- 56, 403, 406.--VII, 284.--L'un de ses frères, IV, 261.
-
- COBHAM (lady), femme de lord Cobham, II, 2.--III, 468.--IV, 261.
-
- COBHAM (sir Henry), fils de lord Cobham, III, 278, 285, 288, 297.
- --Sa mission dans les Pays-Bas et en Allemagne auprès de
- l'Empereur pour renouer la proposition du mariage d'Élisabeth
- avec l'Archiduc Charles, 302, 310, 322, 348, 358, 398.--Son
- retour, 400, 401, 405, 407, 424, 425, 431, 466-468.--IV, 28,
- 37, 39, 48, 57, 71, 74, 113.--Sa mission en Espagne, 134, 141,
- 154, 163.--Son retour, 178, 215, 217, 224.--V, 76.--VI, 224,
- 444, 459.--Désigné comme Ambassadeur pour passer en Espagne,
- 474, 481, 490.--VII, 166.
-
- COBHAM (le Capitaine Thomas), _Cobhan_, VI, 496.
-
- COBRON (le Capitaine), _Coberon_, _Comberon_, III, 347.--IV, 3.
- --VII, 197, 212.
-
- COCONAS (Annibal, Comte de), _Conconnas?_.--Affaire de Coconas et
- de La Mole, VI, 104, 105, 107, III.--Exécuté, 113, 115, 117,
- 121.--Détails sur l'affaire de Coconas et de La Mole, 133, 134,
- 136.--VII, 456, 457, 467.
-
- COGNAC en Angoumois, _Coignac_, I, 138, 147.--VII, 2, 4, 5.
-
- _Colbronc_, _v._ Colnbrook.
-
- COLCHESTER, dans le comté d'Essex, III, 65.
-
- COLIGNI (Gaspard de Chatillon de), Amiral de France, I, 137, 139,
- 140, 142, 144, 148, 152, 165, 233, 304, 309, 351, 362, 368.
- --II, 8, 16, 64, 68, 70, 74, 91, 93, 110, 156, 157, 158, 159,
- 162, 209, 222, 314, 318, 329, 333, 341, 351, 354, 388, 393, 426.
- --III, 7, 18, 86, 99, 156, 195, 196, 204, 208, 209, 215, 257,
- 273, 294, 295, 315, 331, 361.--IV, 240.--Accueil fait à
- Coligni par le Roi, 245, 276, 311, 319, 328, 336, 461.--V, Sa
- mort, 116, 119, 123, 124, 126, 127, 137.--Correspondance de
- Coligni trouvée après sa mort et communiquée à l'Ambassadeur
- d'Angleterre, 140, 142, 143, 144, 145, 149, 150, 167, 183, 186,
- 188, 204, 206.--VII, 2, 7, 8, 10, 29, 30, 40, 49, 64, 65, 66,
- 68, 75, 80, 81, 83, 114, 242, 256, 268, 270.--Blessure de
- l'Amiral, 322, 323, 324, 330, 331, 332, 333, 338, 339, 343, 344,
- 345, 347, 348, 350, 352, 355, 356, 363, 364, 368, 369, 371, 384,
- 394, 395.
-
- _Colloigne_, _v._ Cologne.
-
- _Collonna_ (Marc-Antoine), _v._ Colonna.
-
- COLNBROOK, dans le comté de Buckingham. _Colbronc_, _Coulbronc_,
- II, 287, 293, 310.
-
- COLOGNE en Allemagne, _Colloigne_, V, 347.--VI, 126.
-
- COLOGNE (l'évêque de), électeur de l'empire, III, 215, 272, 298.
-
- COLOMBEL (Jehan) de Vannes, VII, 98.
-
- COLOMBIÈRES (sieur de), _Coulombières_, V, 170, 171.--VII, 386.
-
- COLONNA (Marc-Antoine) dit le _jeune_, _Marc-Anthonio Collonna_,
- III, 453.
-
- COLNEREL ou COLVEREL, marchand Anglais, I, 100, 353, 366, 368.
-
- COMBAT naval entre les Anglais et les Espagnols, sans déclaration
- de guerre, après les saisies réciproquement faites en
- Angleterre, dans les Pays-Bas et en Espagne, I, 296.
-
- COMBAT sur les frontières d'Écosse entre les Anglais et les
- Écossais, III, 67.--VI, 478.
-
- COMBAT de la Roche-Abeille en France, II, 82, _v._ Roche-Abeille
- (la).
-
- COMBAT de Sainte-Gemme près Luçon, en France, III, 252.
-
- _Comberlan_ (comte de), _v._ Cumberland.
-
- _Comberon_ (le capitaine), _v._ Cobron.
-
- COMMANDEUR de CASTILLE (le grand), _v._ Requesens.
-
- COMMANDEUR de CHAMPAGNE (le grand), VI, 181, 226.
-
- COMMERCE de la France et de l'Angleterre, II, 298. 305.
- --Sollicitations des catholiques Anglais pour que l'exclusion du
- commerce soit prononcée en France contre l'Angleterre, III, 75,
- 76, _v._ Blocus continental.--Utilité d'un traité de commerce
- avec l'Angleterre, IV, 326, _v._ Traité d'alliance et de
- commerce.--Interruption du commerce après la Saint-Barthèlemy,
- V, 119.
-
- COMMÈRES pour le baptême de la fille du Roi, VII, 376, _v._
- Marraines.
-
- _Commerlan_ (comte de), _v._ Cumberland.
-
- COMMUNE d'ÉDIMBOURG, _Edinburgh_. Soulèvement appuyé par le prévôt
- et la commune d'Édimbourg, contre le comte de Morton, VI, 464.
-
- COMMUNICATION faite à Élisabeth de la part du duc d'Anjou, VI,
- 387.
-
- COMMUNION du duc d'Anjou et des principaux Capitaines de son armée
- le matin de la bataille de Jarnac, VII, 6.
-
- COMPÈRES pour le baptême de la fille du Roi, VII, 376.
-
- COMPIÈGNE dans l'Ile-de-France, III, 353.--VII, 135, 142.
-
- COMPLOTS contre le Roi, VI, 130, 270, 341, 343, 344.--Complot de
- Saint-Germain, VI, 104.--VII, 451, 457, _v._ Coconas et La
- Molle.
-
- COMPTON (lord), _Comthom_, V, 14.
-
- CONCILE _de Constance_, VI, 303.--_Concile de Trente_, I, 229.
- --II, 398.--VI, 266.--VII, 348.--_Concile_ en général, VI,
- 218.
-
- CONDAMNATION prononcée à Londres contre un livre sur la religion,
- I, 204.
-
- CONDÉ (Louis, prince de), I, 11, 15, 21, 23, 28, 37, 38, 42, 44,
- 46-48, 55, 58, 61, 73, 75, 84, 85, 88, 91, 95, 99, 101, 106,
- 124, 125, 130, 131, 137, 138, 148, 151-153, 155, 164, 165, 168,
- 169, 170, 178, 181, 187, 197, 198, 269, 271, 290, 293, 303. Tué
- à Jarnac, 304, 305, 306, 308, 322, 323, 350, 351, 362, 363, 367,
- 386, 403, 407.--II, 182, 183.--VI, 265.--VII, 1, 3, 8, 9. Sa
- mort, 10, 11, 16, 17.
-
- CONDÉ (la princesse de), femme du précédent, I, 402.--II, 334,
- 391.--IV, 127.--V, 146.--Ses petits enfans, II, 334, 391.
-
- CONDÉ (Henri dit le jeune prince de), fils des précédens, II, 180,
- 222, 426.--III, 58, 115, 125, 160, 163, 181, 182, 183, 195,
- 204, 208, 210, 215, 226, 315, 331, 340, 341, 361.--VI, 66, Sa
- fuite de France, 81, 105, 112, 140, 168, 175, 181, 184, 206,
- 265, 268, 298, 312, 340, 356, 357, 366, 368, 376, 378, 414, 426,
- 449, 456, 457, 461, 462, 469, 471, 475. Se dispose à entrer en
- France à la tête d'une armée, 496, 503, 504.--VII, 75, 81, 83,
- 86, 107, 110, 114, 123, 125, 325, 458, 479.
-
- CONFÉRENCE d'YORK (la), ouverte pour décider du sort de
- Marie-Stuart, est transférée à Londres, I, 18.
-
- CONFÉRENCES de l'ambassadeur avec _Burleigh_; V, 73, 165, 234,
- 302.--VI, 35, 181.--Avec le _Cardinal de Chatillon_, III, 314.
- --Avec _Leicester_, V, 38, 73,165, 302.--VI, 181.--Avec le
- _Comte de Lincoln_, V, 57.--Avec _Smith_, V, 234.--Avec le
- _Comte de Sussex_, V, 165, 234.--Avec _Walsingham_, VI, 35,
- 181.--Avec le garde des sceaux (_le lord Keeper_), V, 436.
- --Avec le _Conseil_ d'Angleterre, I, 355.--VI, 309. Avec des
- seigneurs d'Angleterre, VI, 290.--Avec l'agent d'Espagne, VI,
- 418.--Avec l'agent de la Rochelle, VI, 18, 46.--Avec les
- députés de Flandres, VI, 45.
-
- _Confession d'Auguste_, Confession d'Ausbourg, III, 195.
-
- CONFIDENCES d'Élisabeth à l'ambassadeur sur les rapports faits par
- lord de North, à son retour de France, VI, 335.
-
- _Confusion d'Auguste_, confession d'Ausbourg, I, 167.
-
- _Confusion de Genève_, confession de Genève, I, 167.
-
- CONJOUISSANCE du cardinal de Lorraine sur la Saint-Barthèlemy,
- affichée en lettres d'or sur les portes de l'église Saint-Louis
- à Rome, VII, 385, 397.
-
- CONJURATIONS des Catholiques d'Angleterre, I, 258, _v._ Révolte du
- Nord.
-
- CONJURATIONS contre le Roi, _v._ Complot.
-
- CONNÉTABLE (le), _v._ Montmorenci (le connétable de).
-
- CONQUET (le), ville maritime de la Basse-Bretagne, _Conquest_, I,
- 129, 165, 186.
-
- CONSEIL D'ANGLETERRE. Discussion dans le conseil, I, 154. Division
- dans le conseil, 166. Conférences de l'ambassadeur avec les
- seigneurs du conseil, 355. Délibération, 373.--Demande du
- conseil afin que la France ne serve pas d'intermédiaire pour le
- commerce des Pays-Bas, II, 220. Déclaration du conseil sur le
- commerce, 223. Réponse de l'ambassadeur; Protestation contre
- toute restriction de commerce, 225.--Division dans le conseil
- entre Cécil et Leicester, III, 101. Résolutions du conseil, 122.
- Débats, 138. Résolutions du conseil d'éviter la guerre avec la
- France, 168. Communication faite au conseil par l'ambassadeur
- des motifs de la Saint-Barthèlemy, V, 128.--Délibération du
- conseil, VI, 90. Déclaration du conseil, 170. Séance du conseil,
- 171. Conférences de l'ambassadeur avec le conseil, 309.
- Délibération du conseil, 436.
-
- CONSEILLER-FISCAL (le), de Bruxelles.--Envoyé en Angleterre par
- le Duc d'Albe, après l'expulsion de l'ambassadeur d'Espagne, VI,
- 423, 426, 429.
-
- CONSISTOIRE des Protestans, IV, 146.--VI, 338.
-
- CONSPIRATION pour le renversement de Cécil, et le rétablissement
- de la religion catholique en Angleterre, I, 233, 258.
-
- CONSPIRATION contre le Roi, _v._ Complot.
-
- CONSTANCE (Concile de), _v._ Concile.
-
- CONSTANTINOPLE, VI, 305.
-
- CONSULTATION des avocats anglais contre Marie Stuart, pour établir
- qu'elle pouvait être jugée en Angleterre, I, 51.
-
- _Conthurbery_, _v._ Canterbury.
-
- CONTREDIETTE annoncée pour être opposée à la diette de l'Empire,
- III, 215.
-
- CONTROLEUR (le) de la marine en Angleterre, I, 215.
-
- _Conturbery_, _v._ Canterbury.
-
- CONVENTION de Glasgow. Accord entre le Duc de Châtellerault et le
- Comte de Murray, I, 300.
-
- CONVENTION entre la France et l'Angleterre sur la restitution des
- prises, et le commerce, II, 323.
-
- _Conventery_, _Conventry_, _v._ Coventry.
-
- CONVERSION des réaux saisis sur les Espagnols, en monnaie
- anglaise, II, 338.
-
- _Corc_, _v._ Cork.
-
- CORDOUE, en Andalousie, _Courdova_, III, 126.
-
- CORK, en Irlande, _Corc_, II, 81.-- V, 212.--VI, 48.
-
- _Cormuaille_ (Maître), _v._ Cornwall (Jean).
-
- _Cornailhe_, _Cornaille_, _v._ Cornwall.
-
- CORNO (Louis), maître du navire la Bonne-Aventure de Vannes, VII,
- 100.
-
- CORNWALL (pays de), ou Cornouaille, Comté d'Angleterre,
- _Cornailhe_, _Cornaille_, _Cornoailhe_, _Cornoaille_, I, 25,
- 115, 402.--II, 550.--VI, 121.
-
- CORNWALL (maître Jean), ancien conseiller de la Reine Marie,
- _Cornuaille_, _Cornouaille_, III, 197, 227.
-
- CORTEN (le Capitaine), _Cortene_, I, 120, 257, 351.
-
- COSSÉ (Artus, maréchal de), Gouverneur de Rouen, frère du maréchal
- de Brissac, beau-père de Mr de Méru, I, 50, 239, 255, 261, 264,
- 271, 280, 282, 288, 289, 293, 297, 312, 340, 341, 361.--II, 18,
- 39, 66, 80, 86, 138, 141, 149, 224.--III, 199, 204, 205.--VI,
- 110.--Arrêté à l'occasion du complot de St-Germain, 111, 113,
- 115, 122, 133, 138, 181, 192, 234, 248, 313, 315.--VII, 26, 29,
- 42.
-
- _Cossins_ (le Capitaine), _v._ Caussens.
-
- COULAIN (le Capitaine), IV, 154.
-
- _Couconnas_ (Comte de), _v._ Coconas.
-
- _Coulbronc_, _v._ Colnbrook.
-
- _Couloigne_, _v._ Cologne.
-
- _Coulombières_ (le Sr de), _v._ Colombières.
-
- _Courdova_, _v._ Cordoue.
-
- COURTEVILLE (le Secrétaire), III, 335.
-
- COUSIN, ministre protestant réfugié en Angleterre, I, 38.
-
- COVENTRY, dans le comté de Warwick, _Conventery_, _Conventry_, II,
- 369, 377.--IV, 135, 183.--V, 89.
-
- CRACOVIE, en Pologne, _Cracovia_, VI, 188, 222.
-
- CRAINTES pour Calais, I, 91.--Crainte à Londres d'entreprises de
- la part des Français, et des Espagnols, I, 398.--Craintes
- inspirées par diverses flottes qui sont en mer, II, 251.
- --Craintes de l'ambassadeur pour le Duc de Norfolk, et Marie
- Stuart, II, 261.--Craintes inspirées par la mission de Ciapino
- Vitelli, II, 267.--Crainte que Marie Stuart ne soit livrée au
- Comte de Murray, II, 320.--Craintes des Anglais, III, 13.
- --Crainte des Anglais qu'une ligue ait été formée par le Roi,
- pour l'anéantissement de leur religion, VI, 244.
-
- CRAFFORT, ou mieux _Crawfort_, de la garde écossaise du Roi, V,
- 411.
-
- _Cranfurd_ (lord), _v._ Crawford.
-
- CRAWFORD (lord), _Cranfurd_, I, 379.
-
- CRENAY (Sr de), Capitaine de Brest, III, 450.--VII, 181.
-
- CREUSE (la), rivière de France, II, 69.
-
- CRÈVECOEUR (Mr de), l'un des commandants pour le Roi en Picardie,
- VI, 252.
-
- CROFT (sir Jacques), contrôleur d'Angleterre, III, 21.
-
- CROISIC, port de Bretagne, _Croisy_, _Croysie_, I, 77, 87.--II,
- 286.
-
- CULTE CATHOLIQUE, objets du culte catholique, images et ornements
- d'église brûlés publiquement à Londres, I, 374.
-
- CUMBERLAND (Comte de), _Comberlan_, _Commerlan_, II, 348, 385.
-
- CUNYNGHAM, _Cuniguem_, _Cuninguen_, envoyé en mission en
- Angleterre par le Comte de Lennox, IV, 137, 313, 362.
-
- CUST, l'un des membres du conseil de la Reine d'Angleterre, I,
- 175.
-
-
-D.
-
- DACRE (lord) du Nord, _Dacres_, II, 348, 368, 386.--III, 66.
- --Défaite de lord Dacre, 67, 68, 74, 76, 77, 84, 266, 391.
- --IV, 92, 272, 335.--VII, 214.
-
- _Dail_, _Dailh_, (le Docteur), _v._ Dale.
-
- DALE (Valentin dit le Docteur). Ambassadeur d'Angleterre en France
- a succédé à Walsingham, _Dail_, _Daith_, _Dayl_, _Dayle_, V,
- 226, 317, 361, 444.--VI, 57, 66, 79, 97, 101, 102, 144, 147,
- 246, 248, 355, 381, 455, 475.--VII, 410, 429, 433, 453, 454,
- 459, 464.
-
- DALKEITH, près d'Édimbourg, _Dathquier_, _Datquier_, IV, 121, 139.
- --V, 411.--VI, 265.
-
- DAMVILLE (Henri de Montmorenci, maréchal de), _Dampville_,
- _Danville_, _d'Envylle_, frère du Duc de Montmorenci et de Mr de
- Méru.--I, 50.--II, 314.--III, 199, 205.--VI, 68, 105, 111,
- 138, 192, 238.--Se déclare pour les protestants avec son armée
- de Languedoc, 288, 293, 296, 297, 308, 314, 315, 339, 355, 363,
- 366, 368, 370, 394, 417.--Faux bruit de sa mort, 455, 456.
- --VII, 56, 114.
-
- _Dandellot_ (Sr), _v._ Andelot (Sr d').
-
- DANEMARC (royaume de), _Dannemarc_, _Dannemarq_, _Dennemark_, III,
- 98.--IV, 147.
-
- DANEMARC (le roi de), _v._ Frédéric II.
-
- DANTZICK, ville hanséatique d'Allemagne, _Dantzic_, VI, 51.
-
- _Darby_, _v._ Derby.
-
- DARDOY, secrétaire de Marie Stuart, _Derdoy_, V, 27, 54.--VII,
- 303, 312.
-
- DARTMOUTH, dans le comté de Devon, _Dertemue_, _Derthemmue_, I,
- 25.--IV, 364.
-
- _Dasque_, ville d'Allemagne, peut-être Dantzick, II, 93.
-
- _Dathquier_, _Datquier_, _v._ Dalkeith.
-
- _Daufin_, _Daulfin_ (le prince), _v._ Dauphin.
-
- _Daufiné_, _Daulfiné_, _v._ Dauphiné.
-
- _Daulphinoys_ (les), _v._ Dauphinois.
-
- _Dauncher_ «en Cornoialle et Dauncher», en Cornouaille et
- Devonshire, _v._ Devonshire.
-
- DAUPHIN (Mr le prince), _Daufin_, le duc de Montpensier, Dauphin
- d'Auvergne, _v._ Montpensier.
-
- DAUPHINOIS (les), _Daulphinoys_, les habitants du Dauphiné, I,
- 415.
-
- DAUPHINÉ, province de France, _Daulfiné_, _Daufiné_, I, 138.--V,
- 449.--VI, 50, 81, 258, 340, 361, 475.--VII, 428.
-
- DAVID, marchand de la Rochelle, V, 202.
-
- DAVIDSON (Me) envoyé en Écosse avec Quillegrew pour résider auprès
- du Comte de Morton, VI, 451.
-
- DAY (Jehan), marchand anglais arrêté prisonnier à Bordeaux, I,
- 356.
-
- _Dayl_ (le Docteur), _Dayle_, _v._ Dale.
-
- DEBITIS (lord) d'Irlande, Grand-Trésorier de l'Irlande, II, 240,
- --IV, 199, 425.
-
- DÉBORA, _Dethbora_, prophétesse juive qui a gouverné le peuple
- hébreu, comparaison entre cette prophétesse et la reine
- d'Angleterre, I, 52.
-
- DÉCLARATION du conseil d'Angleterre donnée à Fernan Castel
- touchant le commerce avec la France, II, 223.
-
- DÉCLARATION de Burleigh et de Leicester concernant le maintien de
- l'Alliance avec la France, VI, 276.
-
- DÉCLARATION d'Élisabeth à l'égard de la France, I, 55.
- --Déclaration de paix et d'amitié, I, 242.--Déclaration sur la
- restitution des prises, II, 138.
-
- DÉCLARATIONS du Roi et du Duc d'Anjou sur la cession que Marie
- Stuart aurait faite de ses droits à la couronne d'Angleterre, I,
- 431, 433.--VII, 151.--_Déclaration_ du Roi sur la restitution
- des prises, II, 103.--_Déclarations_ du Roi concernant
- l'Écosse, III, 142, 145, 148, 376.--IV, 114.--V, 322.
-
- DÉFIANCES d'Élisabeth contre le Roi, VI, 266.
-
- DEJORATUS, roi de Galatie, _Dejotarius_, allusion à sa défense
- devant César, I, 52.
-
- DÉMOSTHÈNE, _Démosthènes_, «l'orateur grec,» dont l'éloquence
- n'aurait pu justifier la Saint-Barthèlemy, V, 150.
-
- _Dennemark_, _Dennemarq_, _v._ Danemarc.
-
- DENT (Jeban), marchand anglais, I, 174.
-
- DÉPÊCHE de l'Ambassadeur enlevée de vive force après l'arrestation
- du Duc de Norfolk, II, 249.--Détails sur l'enlèvement de cette
- Dépêche, 255.--Protestation de la Reine et des seigneurs du
- conseil à ce sujet, 260.--Commission donnée par Élisabeth au
- sujet de la Dépêche enlevée, 277.--Restitution de cette
- Dépêche, 380.--Serment prêté par Élisabeth à ce sujet, 380.
- --Note mise sur l'enveloppe du paquet rendu, 382.
-
- DERBY (le Bailli de), _Darby_, proposé par Marie Stuart pour
- servir à sa correspondance, II, 264.
-
- DERBY (le Comte de), _Darby_, _Dherby_, I, 259.--II, 348, 368.
- 385.--III, 197, 331.--Prévenu de conspiration, 390.--IV, Sa
- fuite, 261.--V, Sa mort, 224.--_Le fils aîné_ du Comte de
- Derby qui a succédé à son titre de Comte, IV, 183, 244.--Devenu
- Comte de Derby est envoyé dans son comté pour y faire des
- levées, VI, 144.--Les deux _seconds fils_ du Comte de Derby
- prévenus de conspiration. _v._ Stanley.
-
- _Derdoy_, secrétaire de Marie Stuart, _v._ Dardoy.
-
- _Dertemue_, _Derthemue_, _v._ Dartmouth.
-
- DES ADRETS (François de Beaumont, baron), _Des Adrectz_, I, 389,
- 415.
-
- DÉSASTRE éprouvé par sir John Hawkins à la Vera-Cruz, I, 182.--Sa
- flotte détruite par les Espagnols, 183.
-
- DES CHAMPS (le Sr), réfugié en Angleterre après la
- Saint-Barthèlemy, V, 426.
-
- DESMOND (le Comté de) en Irlande, _d'Esmont_, II, 81.--IV, 199.
-
- DESMOND (le Comte de), _d'Esmont_, l'un des chefs des révoltés
- d'Irlande, II, 111.--III, 405, 445. 450.--IV, 199.--Le vrai
- Comte de Desmond, VI, 6, 12, 48, 146, 246.--Il est fait
- prisonnier, 253, 353, 378, 443.--_Sir Jean_, son frère, II,
- 111.--IV, 199.--_James Desmond_, son fils, dit _Fitz Maurice_,
- _v._ Fitz Maurice.
-
- DESMOND (le bâtard de), qui pendant la révolte d'Irlande usurpa le
- titre de Comte de Desmont, VI, 6.--Sa _femme_, VI, 6.
-
- DES TROYSPIERRES, gentilhomme normand, VI, 319.
-
- _Dethbora_, _v._ Débora.
-
- DEUX-PONTS (Volfang Guillaume de Bavière, Duc de), I, 43, 45, 58,
- 63, 75, 100, 106.--Marche du Duc de Deux-Ponts sur la France,
- 149, 172, 185, 202, 305, 326, 340, 362.--Son entrée en France,
- qu'il parvient à traverser, 367, 370, 387, 389, 409, 415, 416,
- 417, 419, 421.--II, Ses succès, 9, 10, 17, 20, 21, 23, 42, 43.
- --Sa jonction avec l'amiral Coligni, 64, 68.--Sa mort, 69, 70,
- 71, 72, 84, 90, 99, 148, 158, 159, 179, 315, 354, 387.--III,
- 273.--VII, 20, 21, 23, 26, 29.--Sa mort, 50, 67.--Le jeune
- Duc de Deux-Ponts son _fils_, III, 272, 273.--Ses _neveux_, II,
- 149.
-
- DEVET (le Sr), l'un des secrétaires du docteur Dale, Ambassadeur
- d'Angleterre en France, VI, 248.
-
- DEVONSHIRE, province d'Angleterre, _Dauncher_, VI, 121.
-
- DIABLE (le), V, 101, 256.
-
- DIEPPE en Normandie, _Dièpe_, I, 101, 196, 219, 228, 238, 246,
- 253, 257, 274, 359.--II, 244.--III, 81, 311, 326.--IV, 291.
- --V, 112, 385.--VI, 13, 93, 157, 281, 325, 340.--VII, 14, 132,
- 245, 430.
-
- DIETTES de l'Empire, II, 245.--III, 109, 208.--Diette de Spire,
- 272, 298, 231.--Diette de Francfort, VII, 51. _v._
- Contrediette.
-
- DIFFÉRENDS entre l'Angleterre et les Pays-Bas, II, 50, _v._
- Négociation des Pays-Bas.
-
- DIJON en Bourgogne, _Disjon_, I, 363.
-
- DISCOURS envoyés de la Rochelle sur les opérations militaires des
- protestants en France, I, 137, 172.--II, 158, 179.
-
- _Disjon_, _v._ Dijon.
-
- DIVISIONS en Angleterre, I, 204, 329, 384.--III, 53.
-
- _Divoy_ (Mr), _v._ Yvoy (Mr d').
-
- DOGUES de race donnés en présent au Roi, VII, 194.
-
- _Dombarre_, _v._ Dunbar.
-
- DOLOVYN, agent du prince d'Orange en Angleterre, _Doulovyn_, II,
- 49, 62, 140, 148, 152, 153, 316, 322, 329, 388, 404.
-
- _Dombertran_, _v._ Dunbarton.
-
- _Domfermelin_, _Donfermelin_ (l'abbé de), _v._ Dunfermline.
-
- _Domquerque_, v. Dunkerque.
-
- DONATION faite par Marie Stuart au profit de Henri II et ses
- successeurs du royaume d'Écosse et de ses droits au trône
- d'Angleterre, I, 425.--Autre donation des revenus du royaume
- d'Écosse, seulement, jusqu'à parfait remboursement des sommes
- dues à la France, 427.--Renonciation à tous actes qui
- pourraient emporter révocation des dispositions qui précèdent,
- 429.--Déclaration de Charles IX qu'aucune cession n'a eu lieu,
- 431.--Même déclaration du Duc d'Anjou, 433.
-
- _Donbertan_, _Donbertran_, _v._ Dunbarton.
-
- _Donquel_, _v._ Dunkeld.
-
- DORDOGNE (la), fleuve de France, _Dordoigne_, I, 137.--VII, 82.
-
- DORDRECH en Hollande, _Dordrec_, V, 78.
-
- DORIA (Jean-André), III, 434.
-
- DOUAIRE de Marie Stuart, II, 422.
-
- DOUGLAS (Archibald), est arrêté sur l'ordre du Comte de Mar, dont
- il était l'ami, comme ayant des intelligences dans le château
- d'Édimbourg, avec les partisans de Marie Stuart, IV, 455.
-
- DOUGLAS (George), _Duglas_, le plus jeune des frères du seigneur
- de Lochleven, celui qui avait procuré l'évasion de Marie Stuart,
- II, 65.--Obtient l'autorisation de voir Marie Stuart, 76.
- --Recommandation de Marie Stuart au Roi en sa faveur, 78, 79.
- --Opinion de l'ambassadeur qu'Élisabeth n'a accordé à George
- Douglas la permission de voir Marie Stuart, que pour
- compromettre sa réputation, 123.--III, 287.--IV, 112, 239,
- 327.
-
- DOUGLAS (James), frère bâtard du comte de Morton. La garde du
- château d'Édimbourg lui est donnée après la capitulation, V,
- 374.
-
- DOUGLAS (William), jeune enfant qui avait favorisé l'évasion de
- Marie Stuart du château de Lochleven, en aidant sir George
- Douglas dans son entreprise, I.--Il est arrêté en Angleterre.
- Réclamation de l'ambassadeur en sa faveur, 133, 134.
-
- _Doulovyn_, _v._ Dolovyn.
-
- DOUVRES, _Dover_, _Douvre_, dans le comté de Kent, I, 64, 256,
- 353.--IV, 247.--V, 147, 152, 178, 189, 193, 394, 396, 401.
- --VI, 55, 56, 60-62.--VII, 320, 336, 340, 370, 431, 433.
-
- _Dover_, _v._ Douvres.
-
- _Dronlanric_ (le lair de), _v._ Drumlanrig.
-
- _Droucastel_, VI, 342.
-
- DRUMLANRIG (le lair de), _Dronlanric_, IV, 172.
-
- _Drunquhassil_ (lord), Écossais du parti du régent, III, 107.
-
- DRURY (le Capitaine), maréchal de Berwick, I, 159.--II, 279.
- --III, 55, 160, 174, 175, 193.--IV, 122, 123, 137, 140, 144,
- 158, 159, 176, 255, 289, 302, 303, 311, 315, 320, 360, 362, 378,
- 393, 395, 400, 401, 442, 443.--V, 2, 130, 183, 392.--VII, 221,
- 270, 275, 313, 327.
-
- DUBLIN, en Irlande, V, 212.
-
- DU CROC (Mr), _Du Croq_, envoyé par le Roi en Écosse, IV, 289,
- 337, 374, 378.--Son arrivée à Londres, 392, 393, 394.--Sa
- négociation auprès d'Élisabeth, 397-400, 402-405, 408, 414,
- 422, 424, 425, 428-430, 433.--Rupture et reprise de sa
- négociation, 434-436.--Son arrivée en Écosse, 440, 442-455,
- 457, 460, 461, 464.--V, 1, 2, 7, 22, 42, 60, 64, 114, 156, 176,
- 181, 182, 183.--VII, 81, 271, 288, 289, 295, 297, 302, 305,
- 306, 313, 320, 325, 326, 327, 328, 337, 360, 387.--Son
- _beau-fils_, V, L'Espinasse (de).
-
- DUDLEY (lord), _Dudeley_, parent de Leicester, est compromis dans
- la conspiration de Stanley, IV, 205.--Il épouse la fille aînée
- de lord Chambellan, 319.
-
- DU DOIT (le Sr), agent des protestants de France en Angleterre
- pendant la guerre civile, _Du Doict_ I, 196, 202, 204, 211, 228,
- 230, 235, 268, 290, 293, 313, 327, 337, 340, 374, 408.--II, 94,
- 98, 99, 140, 152, 167, 222.
-
- _Duglas_, _v._ Douglas.
-
- DU LUA, ou _Du Rua_, ou _Lelua_. Agent des protestants de France
- en Angleterre, VI, 112, 240, 288.
-
- DU LUDE (Guy d'Aillon, Comte), II, 160, 161.--VII, 29.
-
- _Dumbarton_, _Dumbertran_, _v._ Dunbarton.
-
- DUMONT (Christophe, dit le Docteur), agent d'Élisabeth en
- Allemagne, I, 87.--II, 5, 245.--IV, 153.
-
- DUNBAR, au pays d'Haddington, _Dombarre_, III, 119, 270.
-
- DUNBARTON, en Écosse, _Dombertrand_, _Dombertran_, _Donbertan_,
- _Donbertran_, _Dumbertran_, I, 58, 118, 370, 377, 378.
- --Nécessite de secourir le château de Dunbarton, 384, 391.--II,
- 76.--Demande de secours pour le château, 193, 195, 205, 206,
- 210, 222, 233, 242, 243, 281, 282, 291, 307, 313, 349, 390, 422,
- 430.--III, 22, 41, 50, 52, 54, 74, 114, 130, 137, 175, 200,
- 202, 237, 266, 271, 347, 364, 373, 421.--IV, Prise de Dumbarton
- par les Écossais du parti du régent, 52, 57, 69, 70, 72, 77, 91,
- 114, 121, 138.--V, 397.--VI, 342.--VII, 55, 60, 72, 137, 139,
- 165, 206, 224.
-
- DUNFERMLINE (l'abbé de), _Domfermelin_, _Donfermelin_, envoyé en
- Angleterre par le Comte de Lennox, II, 304, 312, 320, 362, 389,
- 431.--III, 107, 111, 114, 118, 131, 132, 157, 159, 171, 363,
- 372, 388, 392, 397, 399, 421.--IV, 310.
-
- DUNKELD, dans le pays de Perth, en Écosse, _Donquel_, III, 130.
-
- DUNKERQUE, dans la Flandre française, _Domquerque_, I, 296.
-
- DUN-LE-ROI, en Berri, II, 9.--III, 205.
-
- DU PERREY (Pierre), marchand de Bordeaux, I, 242.
-
- DUPIN (Poutrin dit), agent des protestants de France, III, 440,
- 455.--IV, 40, 134.--VI, 210.
-
- DUPLESSIS (le Sr), _Le Plessis_, réfugié en Angleterre après la
- St-Barthèlemy, V, 212, 239, 250, 263, 281.
-
- _Duram_, _Duran_, _v._ Durham.
-
- DURANT (l'huissier), réfugié en Angleterre après la St-Barthèlemy,
- V, 155.
-
- DU REFUGE (le Sr), beau-fils du Comte de Montgommery, V, 426, 429.
-
- _Durem_, _Duren_, _Durhem_, _v._ Durham.
-
- DURET, bourgeois de la Rochelle, V, 175.
-
- DURETAL, en Anjou, _Duretat_, VII, 276, 280, 283, 288.
-
- DURHAM, capitale du comté, _Duram_, _Duran_, _Durem_, _Duren_,
- _Durhem_, II, 348, 362, 372, 411, 426.--III, 21, 113, 128.
-
- _Du Rua_, _v._ Du Lua.
-
- DUVERGER (Mr), président de Tours; sa mission auprès de Marie
- Stuart, V, 364, 392, 394.--VI, 279.
-
- DU VIJAN (Mr), II, 222.
-
- _Dyvoye_ (Mr), _v._ Yvoy (d').
-
-
-E.
-
- ÉCLUSE (l') en Hollande, l'_Escluse_, V, 60.--VI, 76.
-
- ÉCOSSAIS arrêtés en Angleterre, I, 79.--III, 22, 367.--Les
- Ecossais chassés d'Angleterre, IV, 265. Sauvages Ecossais, 340,
- 399, _v._ Sauvages.--V, 425, Massacre des Ecossais auxiliaires
- en Suède et Danemarck, 462, _v._ Ecosse.
-
- ÉCOSSE (Royaume d'), _Escoce_, _Escosse_. La guerre renouvelée en
- Ecosse, I, 25, 40, 45, 58, 80, 82, 101, 155, 161. Accord
- consenti par Elisabeth touchant l'Ecosse, 188, 232, 290, 295,
- 300, 328, 338, 342, 356, 369, 370, 376, 403, 425, 427, 429.
- --II, 56, 65, 76, 110, 196, 204, 242, 275, 279, 401.--III, 24,
- 28, 34, 39, 40, 42. Préparatifs contre l'Ecosse, 44, 45, 49, 52,
- 54, 55, 56, 64, 66, 67, 70, 71, 73, 74, 75, 76, 79, 81, 83, 97,
- 98, 102, 105. Projet des Anglais contre l'Ecosse, 107, 108, 110,
- 111, 113, 116, 117, 118, 119, 120, 121, 123. Prise d'armes des
- Anglais contre l'Ecosse, 128. Etat des partis en Ecosse, 130,
- 135, 136. _Invasion_ des Anglais, 137, 139, 140. Déclaration du
- Roi touchant l'Ecosse, 142, 145, 146. Mémoire sur la déclaration
- du Roi, 148, 149. Nouvelle de l'invasion, 150, 151, 152.
- Hésitation d'Elisabeth à poursuivre son entreprise contre
- l'Ecosse, 154, 156-163, 166, 167. Traité concernant l'Ecosse,
- 169, 170-172, 174-176, 179, 183. Discussion sur le traité, 185,
- 186, 188, 189, 190, 191, 193, 200, 202, 203, 212, 214. 217-220.
- Négociation touchant l'Ecosse, 222-226, 228-231, 235-237, 241,
- 242, 248, 250, 252, 256, 259, 261-266, 270-272, 274, 275, 283,
- 292, 293. _Deuxième_ invasion des Anglais en Ecosse, 294, 296,
- 303. _Troisième_ invasion des Anglais en Ecosse, 304, 305.
- Explications données sur la dernière invasion, 307, 308, 309,
- 311, 314, 318, 319, 321, 325, 328, 329, 330, 334, 335, 336. De
- l'Alliance d'Ecosse, 337, 338, 342, 343, 346, 347, 354, 361,
- 363, 366, 367, 368, 369, 373, 374, 375. Déclaration du Roi
- concernant l'Ecosse, 376, 385, 391, 392, 395, 396, 398, 400,
- 410, 421, 428, 429, 430, 432, 444, 452, 457, 461, 465, 466, 471,
- 473, 474, 475, 476.--IV, 1. Négociation du traité, 5, 7, 8, 14,
- 15, 16, 18, 19, 20, 21, 26, 27, 34, Sursis à la négociation, 39,
- 56, 65, 72, 73, 77, 83, 90, 91, 104, 105, 107, 108, 111, 113.
- Déclaration du Roi concernant l'Ecosse, 114, 115-117. Conférence
- sur les affaires d'Ecosse, 118, 120, 122, 125, 128, 138. Succès
- des partisans de Marie Stuart, 144, 146-148, 151-155. Combat en
- Ecosse, 158-160, 163, 172, 176-178, 183-185, 193, 195-198,
- 202-205. Etat des partis en Ecosse, 211, 215, 216, 226-233.
- Nécessité d'envoyer des secours de France en Ecosse, 235-239,
- 243, 244, 247, 249-257, 260, 262, 263, 265, 267, 268, 272, 275,
- 278-280, 282, 285-287, 289, 291, 292, 296, 297, 299, 305.
- Négociations sur les affaires d'Ecosse, 306-310, 313, 314, 317,
- 318, 320-322, 324-327, 330-335, 337, 343, 344, 359, 360, 362,
- 367, 369, 374, 378, 383, 393, 395, 400-404, 408, 409, 413, 414,
- 418, 420-422, 426, 429-431, 433, 436. Mr Du Croc envoyé en
- Ecosse par le Roi, 440, 442, 451, 455, 457, 460, 461.--V, 1, 2,
- 12, 16, 22, 27, 38, 42, 49, 50, 60, 82, 89, 114, 118, 130, 132,
- 136, 153, 156, 171,176. Retour de Mrs Du Croc et de Vérac
- venant d'Ecosse, 181. Effet produit en Ecosse par la nouvelle de
- la Saint-Barthèlemy, 183, 199, 203, 204, 206, 209, 211, 224,
- 227, 231, 243, 244, 252, 254, 259, 261, 266, 267, 269. Accord
- conclu en Ecosse pour la reconnaissance de Jacques VI, 272-274,
- 283, 284, 287, 290-292, 295, 296, 302, 304-306, 308-312. Secours
- envoyés de France en Ecosse, 315, 317. Déclaration du Roi
- touchant l'Ecosse, 322-324, 329-332, 335, 339, 340, 343, 344,
- 347-350, 355, 356, 358, 364, 373-375, 378, 383, 388, 390.
- Exécutions en Ecosse, 392, 394, 397, 402, 413, 429, 441, 449,
- 451, 452, 456, 461.--VI, 5, 32, 48, 50, 63, 75, 76. 122, 126,
- 142, 143, 165, 166, 169, 185, 204, 227, 228, 242, 244-246, 249,
- 261, 265, 274, 276, 278, 285, 287, 293, 298, 328, 338, 341, 342.
- Projets des Anglais sur l'Ecosse, 364, 375, 376, 380, 396, 397,
- 400, 402, 404, 415, 424, 427, 431, 440, 443, 451, 459, 464, 472,
- 474. Combat sur les frontières d'Ecosse, 478, 480, 494, 495.
- Incursions des Anglais en Ecosse, 497, 502.--VII, 55, 58, 72,
- 84, 92, 102, 103, 112, 113, 116, 117, 119-122, 129, 136, 137,
- 139, 150, 153, 154, 158, 159, 161, 162, 165, 172-175, 196, 197,
- 201-203, 206, 208-214, 218, 219, 221, 222, 224-226, 237, 242,
- 245, 246, 250, 251, 254, 255, 258, 259, 263-269, 271, 274,
- 277-279, 286, 289, 295, 297, 301, 302, 305, 313, 316, 318, 321,
- 326, 327, 329, 330, 337, 344, 360, 361, 387, 394, 402, 407, 414,
- 418, 419, 429, 434, 453, 474.
-
- ÉCOSSE (la Reine d'), _v._ Marie Stuart.
-
- ÉCOSSE (le feu Roi d'), _v._ Henri Stuart, lord de Darnley.
-
- ÉCOSSE (le petit prince ou le petit Roi d'), _v._ Jacques VI.
-
- ÉCOSSE (la bâtarde d'), répudiée par le comte d'Argyll, V, 411.
-
- ÉCOUEN, près Paris, _Escouen_, VII, 135, 139, 142, 143, 147, 148,
- 157, 165.
-
- ÉCUS au soleil, III, 27.
-
- EDIMBOURG (Edinburgh), _Edemborgh_, _Edembourg_, _Edinbourg_ et
- _Lillebourg_, nom sous lequel les Français désignaient alors
- cette ville, I, 41, assemblée d'Édimbourg, 369.--II, 401.
- --III, 74, 83, 98, 117, 131, 152, 153, 167, 172, 174, 188, 190,
- 191, 193, 223, 237, 248, 336, 421, 429.--IV, 47, 57, 72, 90,
- 91. Combat près d'Edimbourg, III, 119, 121, 138, 139, 144, 152,
- 154, 158, 161, 172, 183-185, 195, 216, 227, 230-232, 237, 244,
- 248, 249, 255, 256, 259, 260. Siège d'Edimbourg, 267, 268. Levée
- du siège, 272-274, 283, 285, 289, 296, 300, 302, 305, 306, 310,
- 313, 320, 323, 324, 331, 335. Combat dans Edimbourg, 337, 344,
- 345, 360, 401, 405, 408, 420, 421, 425, 429, 431, 442-455, 457.
- --V, 1, 2, 7, 8, 22, 83, 130, 156, 209, 227, 344, 362, 364, 411,
- 413, 450.--VI, 204, 211, 430, 464, 472, 481.--VII, 165, 203,
- 204, 212, 224, 237, 245, 255, 267, 268, 270, 272, 274, 275, 277,
- 295, 297, 305, 313, 327, 337, 360, 361, 387. Le _Château
- d'Edimbourg_, dernier refuge des partisans de Marie Stuart, I,
- 41.--II, 401.--III, 75, 137, 172, 237, 364, 373, 465.--IV,
- 74, 137, 172, 185, 206, 324, 335, 443.--V, 37, 132, 231, 238,
- 244, 253, 261, 262, 266, 272, 273, 274, 283, 290, 291, 292, 305,
- 308, 310, 311, 312, 322, 327, 329, 331, 337. Prise du château
- d'Edimbourg, 344, 347, 349, 350, 364, 374, 375, 378, 384. 391,
- 392.--VI, 204.--VII, 409, 418, 419, 434.--Le _capitaine_ du
- château, _v._ Grange (lord de).
-
- ÉDIT de Chartres, III, 181.
-
- ÉDIT de pacification, I, 229.
-
- ÉDIT contre les protestans, I, 28, 146.
-
- ÉDOUARD VI, roi d'Angleterre, fils de Henri VIII et de Jeanne
- Seymour, frère consanguin d'Élisabeth, I, 247.--IV, 130.--V,
- 276.--VI, 239.--VII, 331, Avait été parrain du duc d'Anjou,
- depuis Henri III, 376.
-
- EDWART (lord), _v._ Somerset (lord Edouard de).
-
- EGLINTHON (le Comte d'), IV, 212, 230, 237.--VII, 255.
-
- ÉLECTEURS (les), à l'Empire, III, 322, _v._ Diettes.--Les _trois
- électeurs_ protestants. Auguste, duc de Saxe, Frédéric III,
- comte palatin, et Joachim II, margrave de Brandebourg, III, 208,
- 215, 228, 231.
-
- ÉLECTION du duc d'Anjou, comme roi de Pologne, V, 341, 344, _v._
- Pologne et Henri, roi de Pologne.
-
- ÉLIE (le prophète), _Hélie_, allusion à un passage de l'écriture
- sainte, II, 92.
-
- ÉLISABETH D'AUTRICHE, reine de France, deuxième fille de
- l'empereur Maximilien II, femme de Charles IX. (_La princesse
- Élisabeth_, la _seconde fille de l'Empereur_, la _jeune Reine_.)
- Projet de marier la princesse Élisabeth avec Sébastien, roi de
- Portugal, I, 68.--Projet de la marier avec le Roi, II, 116.
- Négociation relative à ce mariage, _v._ Mariage du Roi.--III,
- 109, 123, 126, 301, 332, Fiançailles faites à Spire, 348, 349,
- 353, 383. Célébration du mariage, 400.--Accouchement de la
- Reine, V, 195, _v. Accouchement_ de la Reine et _Baptême_ de
- sa fille, Marie Élisabeth de France.--VII, 134, 141, 155, 169,
- 196.
-
- ÉLISABETH DE FRANCE, reine d'Espagne, fille de Henri II, et de
- Catherine de Médicis, 3e femme de Philippe II.--La _feue reine
- d'Espagne_, I, sa mort, 7, 8. Discussion relativement aux
- obsèques qui devaient lui être faites à Londres, 57, 64.--II,
- 214.--III, 464.--IV, 131.--V, 105, 288.--VII, 30, 351.
-
- ELPHINSTONE (Nicolas), _Elphingston_, _Elphiston_, III, 15, 22,
- 107.
-
- ELY, dans le comté de Cambridge, IV, 216.
-
- EMBDEN, en Westphalie, _Emdhem_, _Endem_, _Hemdem_, _Hendem_,
- _Henden_, I, 166, 327.--II, 49, 62, 239, 404.--III, 16, 45.
- --VI, 213, 237.
-
- EMBDEN (le Comte d'), _Endein_, _Hemdem_, III, 61.--VII, 84.
-
- _Embourg_, _v._ Hambourg.
-
- _Emdhem_, _v._ Embden.
-
- ÉMOTION causée à Londres par le départ du Duc de Norfolk, II, 255.
-
- EMPRUNT pour les protestants de la Rochelle, II, 141.
-
- ENCHANTEMENTS, ensorcellements employés par le Comte de Bothwell
- contre Marie Stuart, I, 20.
-
- _Endein_ (le Comte d'), _v._ Embden (le Comte d').
-
- _Endem_, _v._ Embden.
-
- ENGHIEN (le Duc d'), _d'Anguien_, I, 229.
-
- ENLÈVEMENT d'une dépêche de l'ambassadeur, _v._ Dépêche.
-
- ÉNICH (Me), V, 39.
-
- _Enoly_ (le Prince d'), _v._ Evoli (le prince d').
-
- ENTRÉE du Roi à Paris après son mariage avec la princesse
- Élisabeth, fille de l'empereur Maximilien II, VII, 196.
-
- ENTREVUE demandée sur la proposition de mariage entre Élisabeth et
- le Duc d'Alençon.--Consentement d'Élisabeth à l'entrevue à
- Douvres, V, 147.--Consentement d'Élisabeth à une entrevue
- secrète avec le Duc d'Alençon, VI, 22.--Négociation sur cette
- entrevue, 25.--Consentement du Roi, 53.--Réponse d'Élisabeth,
- 57.
-
- _Envers_, _v._ Anvers.
-
- _Envylle_ (le maréchal d'), _v._ Damville (le maréchal de).
-
- _Erfort_ (les Enfants de), _v._ Hereford.
-
- ERNEST (le prince), second fils de l'empereur Maximilien II, III,
- 426.--Proposition de le marier avec Élisabeth, V, 446.--VI,
- 223.
-
- ERSKINE (lord), Comte de Mar, _v._ Mar (Comte de).
-
- ERSKINE (Alexandre), le _frère_ du Comte de Mar, V, 224.
-
- _Escalebourg_, _v._ Scarborough.
-
- ESCARS (Mr d'), l'un des chefs de l'armée royale, I, 137.--Sa
- maison, II, 159.
-
- ESCHIATA CAVALCANTI, _v._ Cavalcanti (Eschiata).
-
- _Escluse_ (l'), _v._ Écluse (l').
-
- _Escouen_, _v._ Ecouen.
-
- _Escrup_ (lord), _v._ Scroop.
-
- ESGUERDES, en Flandre, II, 391.
-
- _Esmond_ (le Comte d'), _v._ Desmond (le Comte de).
-
- ESPAGNE (Royaume d'). Saisie par les Anglais du trésor d'Espagne,
- qui entraîne la rupture de l'alliance avec l'Angleterre, I, 59,
- 63, _v._ Saisie et Espès (don Gueran d'), ambassadeur d'Espagne
- en Angleterre.--Espagnols arrêtés prisonniers en Angleterre,
- 114.--Affaires générales d'Espagne, 213.--Meilleur traitement
- fait aux Espagnols, II, 14, 77, 196.--Prochaine arrivée des
- députés d'Espagne, 245.--Vues île l'Espagne sur Élisabeth et
- Marie Stuart, 351.--Efforts des Espagnols pour renouer les
- négociations, 399.--Négociation de l'Espagne, 407.--Intrigues
- de l'Espagne (Mémoire de l'ambassadeur), III, 254.--Projet de
- l'Espagne contre l'Angleterre, 299.--Négociation, 310.
- --Intrigues de l'Espagne, 331, 426.--Négociation, IV, 14.
- --Projets de l'Espagne, 107, 141, 338.--Rupture de la
- négociation avec l'Espagne, 352.--Efforts des partisans de
- l'Espagne pour renouer l'alliance avec l'Angleterre après la
- St-Barthèlemy, V, 161.--Intrigues des Espagnols, 174, 196.
- --Négociation, 200.--Projet des Espagnols de s'emparer du
- prince d'Écosse, VI, 149, 327.--Conférence de l'ambassadeur
- avec l'agent du Roi d'Espagne en Angleterre, 418.
-
- ESPAGNE (la Reine d'), troisième femme de Philippe II, _v._
- Élisabeth de France.
-
- ESPAGNE (la Reine d'), quatrième femme de Philippe II, _v._ Anne
- d'Autriche.
-
- ESPAGNE (les Filles d'), _v._ Infantes (les) d'Espagne.
-
- ESPÉE (George), agent du Duc d'Albe en Angleterre, II, 202.
-
- ESPÈS (don Gueran d'), ambassadeur du Roi d'Espagne en Angleterre,
- I, 13, 48, 55, 56.--Proposition secrète faite par l'ambassadeur
- d'Espagne, 66.--Proposition faite par l'ambassadeur d'Espagne
- d'une ligue contre Cécil, et d'un blocus continental contre le
- commerce d'Angleterre, 69.--Il est accusé d'avoir répandu des
- libelles contre Élisabeth. Il est arrêté prisonnier, 114.--Sa
- réponse à la proclamation d'Élisabeth, 119.--Plaintes
- d'Élisabeth contre lui, 125, 126, 139, 194, 210, 211, 230, 234,
- 255, 280, 299, 325, 332, 339, 349, 373, 374, 384, 388, 400, 411,
- 413, 418.--II, 9, 28, 56, 62, 64, 76.--L'ambassadeur est
- délivré des gardes qui lui avaient été donnés, 86, 87, 94, 110,
- 112, 127, 135, 141, 142, 149, 155, 173, 177, 196, 202, 214, 217,
- 222, 235, 240, 241, 251, 264, 272, 278, 286, 289, 290, 293, 297,
- 310, 314, 319, 332, 337, 342, 343, 352, 353, 387, 399, 421-423.
- --III, 13, 16, 26, 27, 29, 31, 36, 40, 48, 51, 57, 75, 98, 99,
- 109, 114, 150, 153, 183, 254, 255, 256, 268, 270, 279, 288, 300,
- 305, 306, 310, 312, 332, 333, 347, 363, 364, 370, 374, 375, 378,
- 393, 401, 405, 430, 442, 452, 453, 459, 464, 466, 472.--IV, 2,
- 16, 17, 23, 27, 28, 39, 74, 89, 136, 141, 145, 154, 161, 162,
- 178, 210, 228, 259, 268, 269, 280, 281, 285, 286, 307, 310.
- --Ordre lui est donné de quitter l'Angleterre, 314, 317, 318,
- 325, 336, 338, 342, 352.--Départ de l'ambassadeur d'Espagne,
- qui est expulsé de l'Angleterre, 360, 361, 364, 385, 388.
-
- _Espinola_, _Espinolla_, _v._ Spinola.
-
- _Espire_, _Espyre_, _v._ Spire.
-
- ESSEX (le Comte d'), _Exex_, V, 15, 18, 347.--Son expédition en
- Irlande, 383, 385, 387, 393, 454.--VI, 6, 11, 36, 48, 128, 353,
- 401, 412, 490.
-
- _Est_ (le cardinal d'), _v._ Este (le cardinal d').
-
- ESTAMPES (Anne de Pisseleu, Duchesse d'), maîtresse de François
- Ier, III, 439.
-
- ESTE (Louis, cardinal d'), _Est_, légat du pape en France, VII,
- 383, 403, 440.
-
- _Esterlin_, _Esterling_, _v._ Stirling.
-
- _Estory_ (le docteur), _v._ Storey.
-
- ESTON, dans le comté d'York, V, 76.
-
- _Estrabourg_, _v._ Strasbourg.
-
- ESTRANGE (maître), chargé d'une mission en Allemagne, V, 438, 446.
-
- ESTRÉE (Mr d'), envoyé par le Duc d'Alençon auprès de Henri III en
- Pologne, à l'occasion de son avènement au trône, VI, 148.
-
- _Estrelin_, _v._ Stirling.
-
- _Estrocy_, (Mr d'), _Estrossy_, _v._ Strozzi.
-
- _Estuard_, _v._ Stuart.
-
- _Estuqueley_ (le Capitaine), _Estuquelay_, _v._ Stukeley.
-
- ÉTATS D'ANGLETERRE, VII, 144, 145, 146, _v._ Parlement.
-
- ÉTATS D'ÉCOSSE, II, 204, 350.--III, 52, 75, 80, 98, 105, 117,
- 139, 472.--IV, 15, 34, 36, 116, 119, 152, 216, 243, 250, 429.
- --V, 114, 305, 308, 309, 340, 355, 411.--VI, 430.--VII, 313.
-
- ÉTATS DE L'EMPIRE, _v._ Diettes.
-
- ÉTATS DE FLANDRE, VI, 17.
-
- ÉTATS DE FRANCE, ils sont réclamés par les protestants, VI, 367,
- 370.
-
- ÉTATS DE POLOGNE, V, 345, 356.--VII, 441.
-
- ÉTATS DE PORTUGAL, I, 73.
-
- ÈVE, I, 51.
-
- ÉVOLI (le Prince d'), III, 127.--IV, 179.
-
- _Exain_, _v._ Hexham.
-
- EXCLUSION de commerce prononcée par le Roi de Portugal contre les
- Anglais, II, 38.
-
- EXÉCUTIONS en Angleterre, III, 21.--Exécutions en Norfolk, III,
- 273.--Exécutions de France, _v._ Saint-Barthèlemy.--Efforts du
- Roi pour arrêter les exécutions, 134.--Exécution de Flandre
- contre les protestants, V, 150.--Exécutions en Écosse, V, 392.
-
- EXETER, dans le comté de Devon. _Excester_, V, 223.
-
- _Exex_ (le Comte d'), _v._ Essex (le Comte d').
-
- EXILLES, dans le Briançonnais, passage des Alpes, _Eysselles_, I,
- 415.
-
- EYPÉDITIONS MARITIMES, I, 44, 54.--Apprêts d'une expédition
- maritime, II, 61.--Expéditions maritimes qui se préparent de
- tous cotés, 174.--Plaintes de l'ambassadeur à ce sujet, 175,
- _v._ Armements.
-
- _Eychester_, dans le comté de Durham, peut-être Chester Street,
- II, 378.
-
- EYEMOUTH, ville du pays de Berwich, en Écosse, _Aymontz_, III,
- 118.
-
- _Eysselles_, passage des Alpes, _v._ Exilles.
-
-
-F.
-
- _Fabique_, «de Plimouth à Fabique,» I, 120, peut-être Falmouth.
-
- _Fadrique_ (don), fils aîné du Duc d'Albe, _v._ Tolède (don
- Frédéric de).
-
- FAIRNYHERST (le lair de), _Farmihirst_,
-
- _Farneyrst_, _Farnihyrst_, _Fernihnost_, _Fernyrst_, III, 11, 22,
- 140.--IV, 140, 267.
-
- FALMOUTH, dans le comté de Cornwall, _Falammue_, _Falamue_,
- _Fallamue_, _Falmeu_, _Falmue_, I, 25, 44.--V, 310, 312.--VII,
- 99.
-
- _Fanic_, ville du comté de Roxburgh en Écosse, _v._ Hawick.
-
- _Farlin_ (château de) en Norfolk, III, 227.
-
- _Farnihirst_ (le lair de), _Farneyrst_, _Farnihyrst_, _v._
- Fairnyherst.
-
- _Fascastel_, _Fastcastel_, _v._ Fostcastle.
-
- FAUSSE MONNAIE (fabrique de), établie en Angleterre comme moyen de
- secourir les protestants de France, VI, 241, 245.
-
- FAUSTER (sir Jean), chargé d'un commandement dans le Nord, II,
- 427.--III, 137, 139, 140.--IV, 107.--V, 388.
-
- FÉCAMP en Normandie, _Fescamp_, V, 316, 318.--VI, 205.
-
- FELTON (Jean) est poursuivi pour avoir affiché à Londres la bulle
- d'excommunication fulminée contre Élisabeth, III, 254, 255. Son
- exécution, 273.
-
- FERDINAND (l'archiduc), frère de l'Empereur Maximilien II.
- --Proposition de son mariage avec Élisabeth, II, 120.--III 228,
- 297, 358. Son mariage avec la fille du Duc de Bavière, 416, 418,
- 467.--IV, 22, 23, 167.--VII, 134.
-
- FÉRIA (le Duc de), _Férie_, I, 299, 324.--La _Duchesse_ de Féria,
- nièce de lord Sidney, IV, 96, 115, 119, 122.
-
- FÉRIA (le Comte de), frère du Duc, I, 73, 324.--VI, 221.--La
- _Comtesse_ de Féria, I, 64.
-
- _Fernand Castel_, _Fernan Castel_, dans les environs de Londres,
- II, 163.--VI, 242.
-
- FERRALS (Sr de), _Ferrailz_, député par le Roi dans les Pays-Bas,
- VII, 91.
-
- FERRARE (Madame de), VI, 248.
-
- FERRE, ancien secrétaire de sir Thomas Chalangier, lorsqu'il était
- ambassadeur en Espagne.--Il est mis à la Tour, I, 325.
-
- _Fernihnost_ (le lair de), _v._ Fairnyherst (le lair de).
-
- _Fernyrsth_ (le lair de), _v._ Fairnyherst (le lair de).
-
- FERTÉ (la), _La Fretté_, résidence du Vidame de Chartres,
- probablement la Ferté-au-Vidame dans le Perche, près de
- Verneuil, III, 316.--VII, 371.
-
- _Fescamp_, _v._ Fécamp.
-
- FESTIN du maire de Londres, I, 269.--V, 436.
-
- FÊTE MILITAIRE donnée à Londres, IV, 445.
-
- FEUGRÉ, ministre protestant, VI, 362.
-
- FIANÇAILLES du Roi et de la Princesse Élisabeth d'Autriche, III,
- 312. Elles sont célébrées à Spire, 383, 407.
-
- FIANÇAILLES du Roi d'Espagne et de la Princesse Anne d'Autriche,
- III, 354.
-
- FIANÇAILLES de _Madame_ (la Princesse Marguerite de France) et du
- Roi de Navarre, VII, 314.
-
- FICHER (Olivier), marchand anglais, I, 174.
-
- FIESQUE (le Comte de), III, 408.--VII, 160.
-
- FIESQUE (Thomas de), chargé par le Duc d'Albe de négociations en
- Angleterre, II, 114.--III, 17, 35, 46, 48, 56, 75, 81, 85, 96,
- 370, 394, 408, 452.--IV, 108, 112, 117, 148, 149, 162, 179,
- 231, 247, 268, 270, 281, 285, 290, 292, 296, 300, 302, 307, 310,
- 325. Ses remontrances, 388, 399, 410.
-
- FIG-WILLIAM, lieutenant d'Élisabeth en Irlande, _v._ Fitz-William.
-
- FIG-WILLIAM, bourgeois de Londres chargé d'une mission en Flandre
- pour la restitution des prises, _Finguillem_, _Fyguillem_, III,
- 261, 262, 267, 268, 285, 296, 370.
-
- FINAL (marquisat de), en Italie, IV, 146.
-
- _Finguillien_, président d'Irlande, _v._ Fig-William.
-
- _Finguillien_, bourgeois de Londres, _v._ Fig-William.
-
- FITZ-MAURICE (Jame Desmond dit) fils du Comte de Desmond, III,
- 445, 450.--IV, 70, 179, 199, 216, 290, 340, 385. Se réfugie en
- France, VI, 6. Résolution du Roi à son égard, 456, 466, 467,
- 468, 470, 473, 482, 493.--Son _fils_, VI, 6.
-
- FITZ-WILLIAM ou _Fig-William_, lieutenant d'Élisabeth en Irlande,
- président de l'Irlande, _Finguillen_, _Fuiguillien_, IV, 359.
- --VI, 412, 443.
-
- FIZES (Mr de), ministre, conseiller d'État en France, I, 309.
- --VII, 70, 72, 75, 76, 86, 90, 93, 95, 100, 105, 111, 115, 118,
- 119, 122, 123, 127, 128, 378, 471.
-
- _Flamy_ (lord de), _v._ Flemyng.
-
- _Flamy_ (Thomas), _v._ Flemyng (Thomas).
-
- FLANDRE (la). Commerce de l'Angleterre avec la Flandre, I, 32, 37.
- --II, 22. Nouvelles de Flandre, IV, 37, 70.--V, 392, 425.--VI,
- 17, 75. _V._ Albe (Duc d') et Pays-Bas.
-
- FLEET (le), prison de Londres, _Flit_, II, 371.
-
- FLEMY (une Dame), peut-être _Flemyng_, III, 344.
-
- FLEMYNG (lord de), commandant le château de Dunbarton pour Marie
- Stuart, _Flamy_, _Flemy_, I, 377.--II, 76.--III, 74, 347.
- --IV, Prise de Dunbarton, 53. Il parvient à s'échapper, 57, 259,
- 260, 277, 289, 314. Expédition pour l'Écosse préparée par lord
- Flemyng en France, 330, 331, 332, 334, 335, 337, 367, 368, 398.
- Il est jeté par la tempête en Angleterre, il s'évade, mais ses
- papiers sont saisis, 401, 409, 421, 422, 455.--V, 8.--VII,
- 206, 262, 268, 274, 305.
-
- FLEMYNG (sir Thomas), _Flamy_, _Flemy_, II, 179, 242. Lettre de
- créance pour le Sr Thomas Flemyng, envoyé par Marie Stuart en
- France, 282, 283, 313, 435, 437.--VII, 72, 197.
-
- FLESSINGUES en Zélande, _Fleximgues_, _Flexingues_, _Fleysingues_.
- Soulèvement des habitants de Flessingues contre la domination
- espagnole (_guerre des Gueux_), III, 429.--IV, 438, 455, 461,
- 464, 465.--V, 4, 11, 28, 37, 43, 44, 60, 64, 78, 88, 108, 136,
- 153, 154, 175, 182, 197, 199, 201, 202, 209, 211, 234, 237, 242,
- 243, 355, 456.--VI, 43, 51, 63, 178, 280, 353, 450. Menaces de
- guerre de la part des Anglais contre Flessingues, 459.--VII,
- 303, 319, 330, 339, 363, _v._ Gueux (guerre des).--Le
- _gouverneur_ de Flessingues, VI, 203. _v._ Serras.
-
- _Fleysinglies_, _v._ Flessingues.
-
- _Flit_ (le), prison de Londres, _v._ Fleet.
-
- FLORENCE, (le Duc de), _Florance_, Cosme Ier de Médicis, I, 261.
-
- FLORIDE (la), dans l'Amérique du nord, I, 179.
-
- FOGAS (le Sr), Portugais, VI, 343.
-
- FOIX (Paul de), _De Foys_, archevêque de Toulouse, IV, 86, 87, 94,
- 98, 165, 168, 170, 210, 211, 214. Sa mission en Angleterre pour
- négocier le mariage du Duc d'Anjou et d'Élisabeth, 215, 216.
- Audience donnée à Mr de Foix, et détails de sa négociation, 217,
- 219, 222. Son départ de Londres, 223, 225-227, 229, 231, 233,
- 234, 237, 240, 242, 245, 246, 251, 252, 264, 286, 311, 349, 354,
- 446, 469. Sa négociation avec Mr de Montmorency, pour le mariage
- du Duc d'Anjou, V, 7, 9-12, 14-19, 23-25, 27-31, 35-39, 42-44,
- 47, 53, 57, 61, 63, 66, 86, 92, 94, 103, 403.--VII, 226, 233,
- 236, 238, 239, 240, 241, 243, 244, 247, 250, 251, 269, 280, 284,
- 289, 290, 291, 292, 293, 294, 298, 306, 307.
-
- _Fonges_ (le Sr de), député du Roi d'Espagne à la conférence de
- Londres, II, 311. Peut-être Forges.
-
- FONTAINEBLEAU, en Gatinais, _Fonteinebleau_, _Fontenebleau_, V,
- 297.--VII, 235, 238, 241, 318, 414, 415, 420, 423.
-
- FONTAINE-LE-BOURG, en Normandie, près Rouen, _Fontaines-le-Bourg_,
- VII, 44.
-
- FONTENAY-L'ABATTU, dans la Saintonge, _Frontenay-Labattu_, II,
- 162.
-
- FONTENAI-LE-COMTE, en Poitou, _Fontenay_, _Fontenoy_, I, 138, 147.
- --Est pris par les troupes royales, qui violent la capitulation,
- VI, 302, 303.
-
- FORBICHER (le capitaine), VI, 496.
-
- FORBONS (lord), IV, 313.
-
- FORBOUCHE (le capitaine), I, 54, 55, 90, 214.
-
- FORGES (Sr de), conseiller d'État de Flandre, _fonges_, II, 311.
- --VI, 4.
-
- FORQUEVAULX (Mr de), _v._ Fourquevaux.
-
- FORTIGNY (Paulo), II, 54.
-
- FORTIVY (le Sr), III, 301.
-
- FOSTCASTLE, dans le comté de Berwick, en Écosse, _Fascastel_,
- _Fastcastel_, III, 193, 202, 203, 207, 218, 219, 223, 236, 329.
- --IV, 383.--V, 430, 441.--VI, 34.
-
- FOURQUEVAUX (Raimond de Béccarie de Pavie, Baron de), ambassadeur
- du Roi en Espagne, _de Forquevaulx_, I, 115, 256.--III, 124,
- 125.--VII, 196, 269.
-
- FOYAR (Robert), marchand anglais, I, 174.
-
- FRANCÈS (don), _v._ Alava (don Francès d').
-
- FRANCFORT-SUR-LE-MEIN, l'une des villes hanséatiques d'Allemagne,
- _Franquefort_, I, 87, 409.--II, 4, 239.--V, 274.--VI, 63,
- 126, 440.--VII, 435.
-
- FRANCHE-COMTÉ (la), province de France, I, 86.--II, 22.--III,
- 86.
-
- FRANCHOT (le capitaine) ou _Franchotti_, agent secret au service
- de France, I, 107, 170.--IV, 83.--VII, 417.
-
- FRANÇOIS Ier, Roi de France, marié à la princesse Claude, fille de
- Louis XII, I, 335, 427.--III, 369.--IV, 373.--V, 105, 276,
- 357.--VI, 323, 333, 338.--VII, 170, 351.
-
- FRANÇOIS II, Roi de France, fils de Henri II et de Catherine de
- Médicis, III, 242.--VI, 305, 323.--VII, 246.
-
- _Franquefort_, _v._ Francfort.
-
- FRÉDÉRIC II, Roi de Danemarck, beau-frère du prince d'Orange I,
- 155, 166, 313, 326, 364.--III, 453, 463.--IV, 8, 147.--V,
- 409, 462.--Le _prince de Danemarck_, son frère, IV, 64. Proposé
- pour être le mari d'Élisabeth, VII, 191.
-
- FRÉDÉRIC DE SAXE (le Duc), _v._ Saxe (Frédéric, Duc de).
-
- FRÉGOSE (Galéas), III, 250.
-
- _Fretté_ (la), _v._ Ferté (la).
-
- FRISE, (la), province des Pays-Bas, _Frize_, II, 239, 316, 329.
- --III, 453.
-
- _Frocmarthon_, _v._ Throkmorton.
-
- _Frontenay, Labattu_, _v._ Fontenay-L'Abattu.
-
- FUGUEREL, ministre protestant réfugié en Angleterre après la
- Saint-Barthèlemy, V, 155.
-
- _Fuiguillen_, président d'Irlande, _v._ Fig-William.
-
- _Fuiguillem_, bourgeois de Londres, _v._ Fig-William.
-
- FUITE du Prince de Condé après l'arrestation de Coconas et La
- Mole, VI, 81.
-
- FUMER (le conseiller), V, 462.--Sa _veuve_, V, 462.
-
-
-G.
-
- GADAIGNE (l'abbé), VI, 149.
-
- _Gadenart_ ou mieux _Gudevart_, ville d'Écosse près de Kelso, III,
- 139, 140, doit être _Jedburgh_ qui est nommée _Jedowart_ au tome
- Ier, page 421, _v._ Jedburgh.
-
- GAILLAC en Languedoc, I, 173.
-
- GAILLON en Normandie, _Galion_, _Gallion_, IV, 123.--VII, 122,
- 215, 217, 226, 228.
-
- _Galeace Fregose_, _v._ Fregose (Galeas).
-
- _Galion_, _Gallion_, _v._ Gaillon.
-
- GALLIONS (les) de Portugal, III, 326.
-
- GALLES (Wales), le pays de Galles en Angleterre, I, 242, 327.
- --II, 337, 367.--III, 27.--IV, 244.--V, 235.
-
- GALLOWAY, province d'Écosse, _Gallovaye_, III, 329.
-
- _Galoa_ (l'évêque de), l'évêque de Galloway, en Écosse, III, 398.
-
- GAMACHES (le Sr de), I, 306, 314.
-
- GANTOIS exécuté comme coupable d'un attentat contre le Prince
- d'Orange, III, 208.
-
- GARDE DES SCEAUX d'Angleterre, _v._ Bacon.
-
- GARDELLE (le Sr de), II, 415.
-
- GARDIEN (le) des cinq ports d'Angleterre (Douvres, Hastings, Rye,
- Sandwich et Winchelsea, VI, 489.)
-
- GARNIER (Pierre), Provençal, VI, 355.
-
- GARONNE (la), fleuve de France, I, 137.--II, 341, 393.--VII, 82.
-
- GARTLY (le Sr de), Écossais du parti de Marie Stuart, _Garteley_,
- III, 76, 81.
-
- GASCEVILLE (le Sr de), agent du Prince d'Orange en Angleterre, V,
- 202.
-
- GASCOGNE (la), province de France, _Gascoigne_, I, 137, 138.
- --III, 203.--V, 313.--VI, 103, 135, 148, 181.
-
- GASCONS (les), VII, 434.
-
- _Gelibert_ (le capitaine), _v._ Gilbert.
-
- _Gelingan_, arsenal de Londres, II, 38.
-
- GÊNES en Italie, _Gennes_, III, 126, 432, 453.--V, 436.
-
- GENÈVE, III, 183.--VI, 268.
-
- GÈNEVOIS (les), I, 122.--III, 12, 56.--IV, 48, 221, 342, 457.
-
- GENLIS (Mr de), _Genliz_, I, 149.--Sa déroute près de Mons, V,
- 425, 426.--VII, 313.
-
- GENTILSHOMMES anglais pendus en France après avoir été pris les
- armes à la main pendant la guerre civile, I, 38, 48.
-
- GERALDY (le cavalier), envoyé du Roi de Portugal en Angleterre,
- IV, 361.--V, 174.
-
- GÉRARD (le secrétaire), l'un des secrétaires du Roi, IV, 93.
-
- GERARD (sir Thomas), arrêté comme complice de Stanley, III, 401,
- 422.--Est mis en liberté, V, 313.
-
- _Gerzé_, _v._ Jersey.
-
- GERMAIN-EN-LAYE (St.-), dans l'Île-de-France, VI, 12, 50. Complot
- de Saint-Germain (affaire de Coconas et de La Mole), 86, 98,
- 104.--VII, 123, 124, 126, 430, 457.
-
- GERMAIN-DES-PRÉS (St-), l'abbaye Saint-Germain-des-Prés-lès-Paris,
- VII, 37, 152.
-
- GERMAIN DE TOURS (l'église St.-), VII, 68.
-
- GERMANIE (la), l'Allemagne, III, 434.--VII, 81, 330, 348, 351,
- 408. _v._ Allemagne.
-
- _Germue_, _v._ Yarmouth.
-
- _Gersay_, _Gersé_, _Gerzé_, _v._ Jersey.
-
- GIEN, dans l'Orléanais, sur la Loire, VII, 23.
-
- GILBERT (le capitaine Humfroy), _Gelibert_, _Gilibert_, _Honfray
- Gillebert_, capitaine anglais commandant le corps d'armée envoyé
- à Flessingues, pendant la guerre contre les Gueux, V, 43, 78,
- 199.
-
- _Gilibert_ (le capitaine), _v._ Gilbert.
-
- _Gillebert_ (Honfray), _v._ Gilbert.
-
- GIRON (le capitaine) de Dieppe, _Girons_, fait des armements en
- Angleterre, V, 154.--VI, 93.
-
- GIROUX (les plaines de), dans le Mirebalais, où se livra la
- bataille de Moncontour, VII, 66.
-
- GLAMMIS (le Comte, lord et lair de), créé chancelier d'Écosse par
- le Comte de Morton, régent, _Clames_, _Glames_, _Glannes_, III,
- 363, 400, 437.--V, 450, 461.--VI, 32.
-
- _Glancarve_, _Glanquerne_ (le Comte de), _v._ Glencairn.
-
- GLASGOW dans le comté de Lanark, en Écosse, _Glasco_, I, 300.
- --III, 117, 172, 174, 175.
-
- GLASGOW (l'archevêque de), ambassadeur de Marie Stuart en France,
- Mr de _Glasco_, de _Glasgo_, de _Glazco_, I, 287.--II, 178,
- 435.--III, 66, 179, 364, 369, 479.--IV, 6, 114, 144, 212, 227,
- 235, 256, 259, 270, 273, 277, 300, 301, 314, 367.--VI, 204,
- 245, 265, 274, 376.--VII, 132, 156, 188, 195, 209, 212, 215,
- 249, 254, 258, 266, 281, 372, 440.
-
- _Glaude_ (lord), _v._ Arran (d').
-
- GLENCAIRN (le Comte de), _Glancarve_, _Glanquerne_, _Glencarme_,
- _Glencarve_, I, 301.--III, 107, 152, 159.
-
- GLOUCESTER (la rivière de), _Rivière de Golchestre_, VI, 129.
-
- _Goaras_, _v._ Guaras.
-
- GOMORRHE (ceux de). Les habitants de Gomorrhe qui par leurs crimes
- attirèrent sur eux la vengeance céleste, I, 51.
-
- GONDI (Alphonse de), _Alphonce de Gondy_, maître d'hôtel de la
- reine de Navarre. Sa mort, VII, 475.
-
- GONDI (Hiéronime de), _Geronyme Gondy_, VI, 39, 43.
-
- GONDI (Jean-Baptiste de), _Jehan-Baptiste Gondy_, VI, 9.
-
- GORDAN (Mr de), _Gorden_, _v._ Gourdan.
-
- GORDON (Adam de), chef écossais du parti de Marie Stuart,
- _Gourdon_, IV, 313.--V, 364, 374. Il est blessé, 418.--VI, 50.
-
- _Gouaras_, _v._ Guaras.
-
- GOURDAN (Mr de), gouverneur de Calais, _Gordan_, _Gorden_, I, 91,
- 100, 168.--II, 2, 80, 260, 333.--III, 286, 300, 304.--VI, 51,
- 252, 475.--VII, 37, 167.
-
- GOURDON (Adam), _v._ Gordon.
-
- GRAMONT (Mr de), I, 173.
-
- GRAND-SEIGNEUR (le), Selim II, VII, 272. _v._ Turcs.
-
- GRANDVELLE (le cardinal de), _v._ Granvelle.
-
- GRANGE (Kirkaldy, lord de), gouverneur du château d'Édimbourg pour
- Marie Stuart, _Granges_, II, 279.--III, 117, 118, 131, 156,
- 172, 237, 336, 429, 465.--IV, 47, 172, 195, 237, 279, 300, 335,
- 443.--V, 2, 37, 90, 253, 274, 308, 311, 312, 329. Est détenu
- prisonnier après la capitulation du château d'Édimbourg, 364,
- 374. Il est exécuté, 392, 397.--VII, 198, 203, 206, 207, 213,
- 218, 225, 245, 327, 328, 360, 387, 418.--Son _frère_, _v._
- Kirkaldy.
-
- GRANVELLE (Antoine, cardinal de), Le cardinal de _Grandvelle_,
- III, 371.
-
- GRANVILLE, dans la Basse-Normandie et non en Bretagne, mais sur la
- frontière, III, 65.
-
- GRASSAN (Thomas), facteur ou banquier d'Élisabeth, _Grassan_,
- _Grassein_ ou _Grassen_, I, 75, 194, 274, 326.--II, 141, 150,
- 197, 228, 238, 371, 385, 407.--III. 48, 56, 73, 86, 443.--VI,
- 126, 504.
-
- GRAVELINES, dans les Pays-Bas, _Gravellines_, II, 267, 275.--IV,
- 364.
-
- GRAVESEND dans le comté de Kent, _Gravesines_, IV, 336, 467.--V,
- 14.--VI, 56, 406.
-
- GRAY, _v._ Catherine.
-
- GRAYS (Gilles), II, 8, 143.
-
- GREENWICH près de Londres, _Grenuich_, I, 373.
-
- GRÉGOIRE XIII (Hugues Buoncompagno), élu Pape le 13 mai 1572, V,
- 116, 119, 121, 167, 192, 220, 247, 275, 316.--VI, 93, 160, 218,
- 240, 241, 259, 267, 276, 338.--VII, 341, 383, 395.
-
- GRENADE, province d'Espagne. Guerre de Grenade ou des Maures, I,
- 205. _v._ Maures.
-
- _Grenezey_, _Grenesey_, _Grenezé_, _v._ Guernsey.
-
- GRENIER (Pierre) de Marseille, VI, 362.
-
- GRÈVE. Exécution faite en Grève de Briquemaut et Cavagnes à
- laquelle assista le Roi, V, 205.
-
- GREY (lord), IV, 28, 52, 70, 216.--V, 14.
-
- GRINVIL (Me). Armements de Me _Grinvil_ en Angleterre sous le
- prétexte de faire un voyage de découvertes, VI, 127, 128.
-
- GRONINGUE, dans les Pays-Bas, _Groninguem_, III, 427.
-
- GUARAS (Antonio, ou Antoine de), marchand espagnol, agent de
- Philippe II en Angleterre, _Goaras_, _Gouaras_, _Guoras_, I,
- 374.--II, 114. Est chargé de suivre les négociations d'Espagne
- après l'expulsion de l'ambassadeur d'Espès, V, 4, 55, 64, 78,
- 117, 121, 161, 162, 174, 175, 197, 259, 292, 362, 397.--VI, 18,
- 163, 169, 213, 358, 427.--VII, 362.
-
- GUELDRE (le pays de), province des Pays-Bas, _Gueldres_, V, 79.
-
- GUERET (Me), frère du Comte de Killdare, VI, 37.
-
- GUERNSEY, île anglaise sur la côte de Normandie, _Grenesay_,
- _Grenesey_, _Grenezay_, _Grenezey_, _Guernesey_, I, 374.--II,
- 25.--III, 47.--V, 147, 152, 172, 178, 274, 281, 360, 470.
- --VI, 120, 143.--VII, 338, 345, 375, 368.-- Le _gouverneur_ de
- Guernsey, _v._ Leyton.
-
- GUERRE toujours imminente entre l'Angleterre et la France pendant
- tout le temps de la résidence de l'ambassadeur auprès
- d'Élisabeth. Proposition de guerre contre la France discutée
- dans le conseil d'Angleterre, I, 46. La guerre n'est pas
- déclarée ouvertement, 47.--II, 27. Menaces de guerre, 74.
- Nécessité de se préparer en France à la guerre contre
- l'Angleterre, 136. Grands préparatifs de guerre qui peuvent être
- tournés contre la France, III, 52, 72, 79, 110, 115, 247. _v._
- Armements.--Crainte d'une entreprise secrète contre la France,
- V, 251.--Menace d'une guerre générale, VI, 337.
-
- GUERRES CIVILES DE FRANCE. _Première guerre de la Rochelle._
- Combat de Jazeneuil, I, 25. Détails sur les troubles de France,
- 27. Succès remportés en France, 35. Effet produit à Londres par
- les succès de France, 41. Succès de France, 84, 124. Récit fait
- par les Protestants de leurs opérations militaires, 137, 147,
- 172, 180, 185, 257. Victoire de Jarnac, 288. Entrée du Duc de
- Deux-Ponts en France, 367. État des Protestants en France, 414.
- Marche du Duc de Deux-Ponts à travers la France, II, 10. Combat
- de la Roche-Abeille, 82, 156. Relation des opérations militaires
- des Protestants, 158. Levée du siège de Poitiers, 244. Victoire
- de Moncontour, 286, 426. Négociation de la paix, III, 6, 18, 63,
- 114. Nécessité de faire la paix en France, 121, 204. Combat de
- Sainte-Gemme, 232, 256. Paix de France, 272.--_Deuxième guerre
- de la Rochelle._ Reprise d'armes après la Saint-Barthèlemy, V,
- 198, 207, 239. Plaintes au sujet d'un traité qu'Élisabeth aurait
- fait avec les Protestants de la Rochelle, 255. Expédition de
- Montgommery, 273, 307, 310, 321. Prise de Belle-Isle, 326, 347.
- Déclaration faite par Burleigh de la nécessité où se trouverait
- l'Angleterre de prendre parti pour les Protestants si la paix
- n'était pas rétablie en France, 353. Assaut donné à la Rochelle,
- 362, 363. Paix conclue avec la Rochelle, 370.--_Continuation de
- la guerre civile dans les provinces du Midi._ Progrès des
- Protestants en Languedoc, V, 462. Entreprise contre la Rochelle.
- 475.--_Troisième guerre de la Rochelle._ Nouvelle reprise
- d'armes générale en France, VI, 49. Descente de Montgommery en
- Normandie, 69. Prise de Carentan, 77. Motifs donnés par
- Montgommery pour se justifier, 80. Fuite du prince de Condé, 81.
- Arrestation du Duc d'Alençon et du Roi de Navarre, 83.
- Arrestation de MM. de Montmorenci et de Cossé, 109. Expédition
- du Capitaine Montdurant, 126. Montgommery fait prisonnier, 142.
- Succès de Montdurant, 143, 147. Prise de Saint-Lô, 167.
- Exécution de Montgommery, _ibid_. Nouvelles de la Rochelle, 237.
- Succès remportés par les Protestants, 288, 292. Négociation de
- la paix, 297.--Prise de Fontenay, 302. Négociation, 354, 357,
- 416, 475, 496.--VII, _Ubique_.
-
- GUEUX (les). Soulèvement et guerre des Gueux dans les Pays-Bas,
- III, 127.--Prise d'armes des Gueux, 437.--Leurs succès, prise
- de Valenciennes, V, 3, 4, 8, 153, 456.--VII, 301, 305. _V._
- Flessingues.
-
- GUIENNE (la), province de France, _Guyenne_, I, 35, 41, 276, 288,
- 293, 314.--II, 21, 64, 71, 94, 95, 109, 273, 294, 393.--III,
- 209, 216.--V, 202, 246, 252, 261, 426.--VI, 5, 10, 13, 43, 46,
- 125, 196, 283, 348, 417.--VII, 121, 428.
-
- _Guildas_ (le Comte de), _v._ Killdare.
-
- GUILLAUME (le Duc Jean) de Saxe, _v._ Saxe.
-
- GUILLEDINS, chevaux donnés en présent au Roi par les Anglais, II,
- 413.
-
- _Guillegrey_, _v._ Killegrew.
-
- GUISE (la maison de), _Guyse_, _Guyze_, I, 56, 62.--V, 167.--VI,
- 393. VII, 118, 265, 323, 324.
-
- GUISE (Mad. de), Antoinette de Bourbon, veuve de Claude de
- Lorraine, Duc d'Aumale, premier Duc de Guise; mère de Marie de
- Lorraine, reine d'Écosse, «et grand-mère de Marie-Stuart,» II,
- 257.
-
- GUISE (François de Lorraine, Duc de), fils aîné de Claude de
- Lorraine, _Feu Mr de Guise_ II, 182.
-
- GUISE (Charles de), cardinal de Lorraine, frère du précédent, _v._
- Lorraine (le cardinal de).
-
- GUISE (Louis Ier de Lorraine, cardinal de), frère des précédents,
- VII, 30, 67, 440.
-
- GUISE (le marquis de), René de Lorraine, marquis d'Elbeuf, frère
- des précédents, II, 267.
-
- GUISE (le chevalier de), François, de Lorraine, chevalier de
- Malte, grand prieur de France et général des galères, frère des
- précédents, V, 269.
-
- GUISE (Henri de Lorraine, Duc de), le Balafré, fils aîné de
- François, Duc de Guise, I, 140, 148, 149, 412, 427.--II, 267.
- --III, 301.--IV, 328, 336. V, 266, 269, 313.--VI, 330, 331,
- 333, 382, 388.--VII, 7, 52. Blessé à Moncontour, 62, 64, 65,
- 67, 322.
-
- GUISE (MM. de), IV, 461.--V, 235, 256.--VI, 392.--VII, 332.
-
- _Guoras_, _v._ Guaras.
-
- _Guydo Cavalcanty_, _v._ Cavalcanti.
-
- _Guyenne_ (la), _v._ Guienne.
-
- GUYTERI (le Sr de), envoyé par les Protestants auprès du Roi, VI,
- 68.
-
-
-H.
-
- HACMAN (le capitaine), V, 244.
-
- _Hacquens_, _v._ Hawkins.
-
- HAINAUT (le), province des Pays-Bas, _Aynaut_, VI, 483.
-
- HALLEY, valet de chambre de Marie Stuart, VI, 122.
-
- _Hambletons_ dans le nord de l'Écosse, VII, 313, peut-être
- _Cambelton_.
-
- HAMBOURG, ville hanséatique d'Allemagne, _Hanbourg_, _Hembourc_,
- _Hembourg_, _Embourg_, I, 201, 202, 227, 270, 272, 300, 313,
- 326, 339. Départ de la flotte pour Hambourg, 355, 368, 373, 387,
- 408, 409, 418, 419.--II, 4, 8, 25, 61, 93, 109, 142, 143, 148.
- Commerce avec Hambourg, 153, 175, 176, 191, 196, 223, 228.
- Arrivée de la flotte Anglaise à Hambourg, 239, 358.--III, 16,
- 51, 86, 109, 112, 132, 141, 155, 194, 209, 249, 296, 297, 323,
- 361, 453, 463, 472.--IV, 49, 153, 309, 455.--V, 43, 199, 274,
- 281, 347.--VI, 126, 213, 237, 253, 260, 316, 415, 449, 456,
- 491.
-
- HAMILTON (les), _Amelton_, _Amelthon_, _Amilthon_, I, 58, 118,
- 161, 232.--III, 39, 107, 117, 171.--IV, 111, 243.--V, 452.
- --Un _Hamilton_, VI, 169.--Une _fille_ des Hamilton, VI, 481.
-
- HAMILTON (Jean), II, 215, 216. Mission de sir John Hamilton auprès
- du duc d'Albe, 351, 353, 356.--III, 335, 374.
-
- HAMILTON (Jacques), meurtrier du Comte de Murray, III, 39.
-
- HAMPTON dans le comté de Middlesex, _Antona_, _Anthonne_,
- _Hamptonne_, I, 76, 121.--II, 137.
-
- HAMPTON-COURT, palais d'Élisabeth dans le comté de Middlesex,
- _Antoncourt_, _Hantoncourt_. Convocation faite à Hampton-Court,
- I, 11. Assemblée d'Hampton-Court, 16, 18, 20, 27.
-
- _Hanbourg_, _v._ Hambourg.
-
- HANS OLSAMER (le capitaine), d'Augsbourg, III, 405.
-
- HAQUENÉES, chevaux donnés en présent, III, 325, 436.--IV, 35.
- --VI, 199.--VII, 194.
-
- _Haquens_, _v._ Hawkins.
-
- _Haran_ (le Comte d'), _v._ Arran (d').
-
- HARCOURT, serviteur de M. Norris, ambassadeur d'Angleterre en
- France, III, 226.
-
- HARDINGS (Jehan), marchand, I, 174.
-
- _Harifort_ (le Vicomte de), _v._ Hereford.
-
- HARLEM en Hollande, _Arlem_, _Harlen_. Prise de Harlem par les
- Gueux, V, 386, 392.--VII, 434.
-
- HARRIS (lord), _Harriz_, _Heris_, _Heriz_, _Herries_, _Herriz_,
- _Herrys_, _Herys_, _Heyreies_. Député de Marie Stuart auprès
- d'Élisabeth, I, 13, 40, 82. Cartel adressé par lord Lindsey à
- lord Harris, 102, 161, 195, 206, 300-302, 345, 346, 356, 369,
- 376, 379.--II, 401.--III, 45, 128, 152, 307, 363, 403.--IV,
- 455.
-
- HARTLEPOOL dans le comté de Durham, _Artelpoul_, _Arthelpoul_,
- _Arthepoul_, _Hartepool_, _Hartepoul_, II, 400, 402, 411, 418,
- 427.--III, 21.
-
- HARWICH dans le comté de Norfolk, _Arvich_, _Haruich_, _Harvich_,
- I, 25, 373.--II, 12, 175.--IV, 438.--V, 154.
-
- HASTINGS (sir Jehan), V, 226.
-
- HATFIELD près Londres, _Atfeild_, _Hatfeild_, IV, 217.--VI, 442.
-
- _Hatil_ (le Comte d'), _v._ Athol.
-
- HATTON (Me), vice-chambellan d'Angleterre, _Athon_, _Haton_, I,
- 199.--IV, 89.--V, 60.
-
- HAUFORT (Guillaume), marchand anglais, I, 174.
-
- _Haulstoc_, _v._ Olstoc.
-
- _Havart_, _v._ Howart.
-
- HAVERING, château d'Élisabeth dans le comté d'Essex, _Avrin_, V,
- 59.--VI, 141, 144.
-
- HAVRE-DE-GRACE (le) en Normandie. Entreprise faite sur le Hâvre
- par les Anglais, I, 91, 106, 196, 219, 228, 238, 246, 255, 359.
- --II, 11.--IV, 454.--V, 208, 269.--VI, 13, 157, 196, 202,
- 205, 281, 282, 284, 318, 319, 325, 340.--VII, 14.
-
- HAYE (la) près Poitiers, VII, 49.
-
- HAWICK, dans le comté de Northumberland, _Auvyc_, III, 230.
-
- HAWICK dans le comté de Roxburgh en Ecosse, _Fanic_, III, 140.
-
- HAWKINS (sir John), _Ackins_, _Hacquens_, _Hacquins_, _Haquens_,
- I, 179. Destruction de ses vaisseaux par les Espagnols à la
- Véra-Cruz, I, 179, 182, 272, 275, 351, 352.--II, 250, 275, 330.
- --III, 132, 270, 285, 296, 303.--IV, 339.--V, 248, 249, 317.
- --VI, 13, 496.--VII, 412.
-
- HAWKINS (Guillaume), _Ackins_, I, 350.
-
- HÈDREVILLE (le Sr de), réfugié en Angleterre après la
- Saint-Barthèlemy, V, 155.
-
- _Heldelberc_, _Heldelberg_, _v._ Heidelberg.
-
- HEIDELBERG dans le Bas-Palatinat, _Heldelberc_, _Heldelberg_, II,
- 274.--III, 36, 182, 195. Assemblée de Heidelberg, 231, 249,
- 312, 348, 349.
-
- _Hélie_, _v._ Élie.
-
- HEMART (sir Henry), frère du Duc de Norfolk, III, 27.
-
- _Hembourc_, _Hembourg_, _v._ Hambourg.
-
- _Hemden_, _v._ Embden.
-
- HENRI VIII, Roi d'Angleterre, fils de Henri VII, I, 96, 335.--II,
- 57, 117.--III, 189, 190.--IV, 373.--V, 276, 455.--VI, 96.
- Plainte d'Élisabeth à raison d'un outrage qui aurait été fait
- par Catherine de Médicis à la mémoire de Henri VIII, 331, 333,
- 336, 348, 350, 385, 388, 389.--VII, 351.
-
- HENRI II, Roi de France, fils de François Ier et de Claude de
- France, I, 261, 425, 427, 429.--II, 117.--V, 105, 276, 352,
- 357.--VI, 323, 355.--VII, 170, 351.
-
- HENRI III, Roi de France, le troisième des fils de Henri II, et de
- Catherine de Médicis, d'abord _Duc d'Anjou_ et _Monsieur_, puis
- _Roi de Pologne_ et enfin _Roi de France_.--1º _Henri, Duc
- d'Anjou_ ou _Monsieur_, I, 21. Victoire de Jazeneuil, 25.
- Victoires, 35, 42, 61, 84, 85, 124, 139, 141, 143, 148, 172,
- 173, 181, 185, 237, 257. Victoire de Jarnac, 288, 293, 304, 308,
- 309, 314, 315, 319, 327, 329, 337, 339, 356, 362, 389, 412, 419,
- 422, 431, 433.--II, 17, 21, 41, 48, 56, 59, 65, 71-74, 88, 114,
- 116-118, 146, 158, 160, 204, 209, 224, 229, 257. Victoire de
- Moncontour, 281, 286, 287, 292, 294, 296, 309, 314, 316, 318,
- 342, 354, 382.--III, 9, 18, 26, 28, 46, 124, 239, 256, 293.
- Reproche qui lui est fait par Élisabeth d'avoir tenu divers
- propos contre elle, 301, 312, 323, 332, 353. Proposition du
- mariage du Duc d'Anjou avec Élisabeth, 357, 358, 383.
- Négociation du mariage, 414, 415, _v._ Mariage (négociation du),
- 418, 419, 420, 432, 434, 436, 438, 439, 440, 441, 447, 448, 449,
- 454, 456, 459-462, 464-469, 479, 480.--IV, 9-13. Proposition du
- mariage du Duc d'Anjou avec Marie Stuart, 20, 23, 25, 42, 60,
- 61, 65, 75, 76, 79, 125-126, 129-131, 209, 245, 311, 320, 323,
- 330, 345. Communication secrète faite à Élisabeth au nom du Duc
- d'Anjou, 346. Rupture de la négociation du mariage du Duc
- d'Anjou, 354.--V, 29, 244, 245, 266, 269, 284, 294. Élection du
- Duc d'Anjou au trône de Pologne, 284.--2º _Henri, Roi de
- Pologne_, V, 313, 314, 316, 318, 321, 323, 341, 342, 344-346,
- 356, 358, 359-362. Blessure du roi de Pologne devant la
- Rochelle, 363, 365-368, 389, 390, 406, 408, 409, 410, 415, 416,
- 423, 438, 442, 447-449, 458, 465, 464, 472.--VI, 30, 37, 69,
- 71, 88, 94. Mort de Charles IX; le Roi de Pologne est proclamé
- Roi de France, régence de Catherine de Médicis, 138.--3º
- _Henri_ III, Roi de France, VI, 140, 148, 152, 155, 156.
- Félicitations de l'ambassadeur au Roi sur son départ de Pologne,
- 187. Arrivée du Roi à Lyon après avoir traversé l'Italie, 250.
- --VII, _Supplém. Duc d'Anjou_, 1, 2, 11, 16, 20, 21, 23, 24, 26,
- 36, 47, 49, 52, 57, 62, 63, 66, 67, 105, 111, 123, 135, 142-147,
- 156, 176, 183, 187, 192, 195, 200, 223, 229, 232, 233, 234, 241,
- 249, 258, 260-262, 280, 290, 293, 300, 310, 334, 340, 347, 376,
- 380, 395, 412, 413, 414, 426, 434. _Roi de Pologne_, 414, 417,
- 423, 429, 436, 437, 440, 441, 445, 448, 449, 450, 468. _Roi de
- France_, 470.
-
- HENRI DE BOURBON, fils d'Antoine de Bourbon et de Jeanne de
- Navarre, d'abord _Prince de Navarre_, puis _Roi de Navarre_ et
- dans la suite _Henri IV, Roi de France_, I, 137, 138, 228, 304,
- 362, 367, 386, 407.--III, 58, 115, 125, 160, 163, 181-183, 195,
- 204, 208, 210, 215, 226, 301, 315, 331, 340, 341. Proposition du
- mariage du Prince de Navarre avec Élisabeth, 359, 361.--IV,
- 74. 177, 180, 225, 239-241. Proposition de son mariage avec
- Madame, 245, 246, 426, 461.--_Roi de Navarre_ après la mort de
- Jeanne, reine de Navarre, sa mère, V, 65, 116, 146--VI, 66, 70,
- 83. Son arrestation lors du complot de Saint-Germain, 83, _v._
- Coconas et La Mole, 91, 104, 108, 133, 134, 148, 149, 151, 152,
- 153, 155, 225, 333, 382.--VII, _Supplément_, _Prince de
- Navarre_, 75, 81, 83, 86, 107, 110, 114, 123, 125, 242, 243,
- 249. _Roi de Navarre_, 300, 303, 314, 318, 325, 429, 453, 457,
- 469, 470, 471.
-
- HENRI STUART, lord de Darnley, fils au Comte de Lennox, Roi
- d'Écosse par son mariage avec Marie Stuart. «Le feu Roi
- d'Écosse», I, 18, 89, 102, 161, 343.--II, 7, 58, 123, 205, 242,
- 279, 313.--III, 171, 329.--IV, 243.--VI, 5.
-
- HENRIQUEZ (don Louys), _Henriques_, I, 22.
-
- HÉRAULT envoyé par le Roi pour défendre au Duc de Deux-Ponts
- l'entrée de son royaume, I, 305.--Sommations faites par des
- héraults, II, 347, 360.
-
- HEREFORD (le château de), dans le comté de Hereford, _Herfort_,
- IV, 255, 259, 338--VII, 270.
-
- HEREFORD (le Comte de), _Herfort_, _Hertford_. Défense lui est
- faite de se rendre au parlement, IV, 46. Est mis en entière
- liberté, 154.-- V, 28.
-
- HEREFORD (les enfants de), Henri et Édouard de Hereford, de la
- maison de Somerset, pupilles de lord Burleigh, prétendants a la
- succession d'Angleterre; ils étaient issus du mariage du Comte
- de Hereford et de Catherine, soeur puînée de Jeanne Gray,
- _Erfort_, _Harifort_, II, 122, 123.--III, 100-102, 123, 124,
- 358, 359.--IV, 86, 241, 426.--Le _vicomte de Hereford_, l'un
- des enfants, II, 246, 252, 254.--III, 87.
-
- _Hermestran_, _v._ Armestrang.
-
- HERVÉ, envoyé en Espagne par la Comtesse de Northumberland et lord
- Dacre pour négocier le mariage de Marie Stuart avec don Juan,
- IV, 92.--VII, 214.
-
- HERVÉ, agent de Me Grassan à Anvers, VI, 304.
-
- _Heris_, _Heriz_ (lord), _v._ Harris.
-
- _Herries_ (lord), _Herriz_, _Herrys_, _v._ Harris.
-
- _Herys_ (lord), _v._ Harris.
-
- HESSE (le maréchal de), _Hes_, III, 143.
-
- HESSE (Guillaume IV, landgrave de), dit le Sage, _Lantgrave de
- Hessen_, VII, 166, 169.
-
- HEXHAM, dans le comté de Northumberland, _Exain_, II, 427.
-
- _Heyreies_ (lord), _v._ Harris.
-
- _Hiermuth_, _v._ Yarmouth.
-
- HIBERNIE (l'), _v._ Irlande.
-
- _Hiorc_, _v._ York.
-
- _Hirlande_, _v._ Irlande.
-
- HOBSON (Guillaume), marchand anglais, I, 174.
-
- HOLLANDAIS brûlés vifs à Londres pour crime d'hérésie, VI, 490.
-
- HOLLANDE (la), _Holande_, _Olande_, _Ollande_, I, 272, 313, 326,
- 329.--II, 99, 154, 251, 310, 329, 388.--III, 247, 257, 325.
- --IV, 74, 91.--V, 37, 78, 153, 175, 202, 209, 225, 243, 263,
- 281, 290, 293, 347, 355, 362, 374, 396, 410, 418, 425, 428, 453.
- --VII, 6, 51, 63, 76, 93, 111, 166, 168, 203, 237, 240, 264,
- 280, 282, 316, 358, 359, 362, 380, 415, 450, 483, 497.
- --_Toiles_ de Hollande, VII, 99.
-
- HOLSTEIN (le Duc de), Le _Duc de Holstain_, _Olstein_, III, 57,
- 61.-- IV, 167.--VII, 84.
-
- _Holstoc_, _v._ Olstoc.
-
- HONGRIE (la maison de), I, 73.
-
- _Hongrie_ (le Roi de), _v._ Rodolphe.
-
- HONORÉ (le faubourg Saint-), _Lez Paris_, VII, 196, 455.
-
- _Hontelay_ (le Comte de), _Hontele_, _Honteley_, _Hontelletz_,
- _Hontelly_, _v._ Huntley.
-
- _Humteley_ (le Comte de), _v._ Huntley.
-
- _Hontingthon_ (le Comte de), _Hontington_, _Hontinthon_,
- _Hontinton_, _Hontiton_, _v._ Huntingdon.
-
- _Hormond_ (le Comte d'), _v._ Ormond.
-
- HORREUR inspirée à Londres par l'exécution de la Saint-Barthélemy,
- V, 128.
-
- _Horsy_ (le capitaine), _v._ Orsay.
-
- _Houl_ (le port de), _v._ Hull.
-
- HOUSTON (le lord, Comté de), gouverneur de Warwick, _Housdon_,
- _Husdon_, _Ousdon_, I, 232, 376, 381.--II, 279, 348, 367, 377,
- 384.--III, 66, 67, 68, 76, 402.--IV, 118, 122, 268, 272, 279,
- 285, 289, 292, 296, 303, 306, 310, 318, 323, 324, 344, 363, 454.
- --VI, 227, 480.--VII, 218, 278.--Le _fils_ de lord Houston,
- III, 74.--Le _jeune Houston_, IV, 143, 183.--VI, 406. L'_un
- des fils_ de lord Houston est tué en Irlande, VI, 11.
-
- _Houtincthon_ (le Comte de), _Houtinthon_, _v._ Huntingdon.
-
- HOWART (lord Thomas), oncle du Duc de Norfolk, _Havart_, IV, 359.
-
- HOWART (lord Charles), fils de milord Chambellan, _Havar_,
- _Havard_, _Havart_, I, 1, 82.--II, 303.--III, 285, 303, 306,
- 309, 324, 331, 356, 443.--IV, 89, 215, 217.--VI, 111.
-
- HUBANDE (Sir Jean), «fort intime de Leicester», IV, 162.
-
- _Huinter_, _v._ Winter.
-
- HULL (le port de), dans le comté de Chester, _Houl_, II, 390.
- --IV, 335.
-
- HUME (le château de), dans le comté de Berwick en Écosse, _Humes_,
- III, 140. Est pris par les Anglais, 142, 151, 152, 193, 202,
- 203, 207, 218, 219, 223, 236, 329.--IV, 140, 325, 383.--V, 12,
- 16, 430, 441.--VI, 54.--VII, 112, 295, 297, 302.
-
- HUME (lord de), _Humes_, II, 279, 419.--III, 11, 118, 140.--IV,
- 91, 140, 154, 158, 159, 172, 237.--Fait prisonnier dans le
- château d'Édimbourg, V, 308, 374, 392, 397, 402, 411, 430.--VI,
- 33.--Son _fils bâtard_, IV, 154.
-
- HUNTINGDON (le Comte de), président du nord, beau-frère de
- Leicester, _Hontingthon_, _Hontington_, _Hontinthon_,
- _Hontinton_, _Hontiton_, _Houtincthon_, _Hontinthon_,
- _Huintenton_, _Hungtinton_, _Huntincton_, _Huntingthon_,
- _Huntington_, _Huntinthon_, _Huntinton_, _Untington_, I, 13, 79.
- --II, 122, 123, 236, 252, 254, 263, 265, 282, 300, 305, 336,
- 338, 369, 406.--III, 12, 24, 25, 67, 87, 390.--IV, 321, 426,
- 467.--V, 385.--VI, 238, 497. Sa _soeur_ mariée au fils du
- Comte de Worcester, IV, 319, 321.
-
- HUNTLEY (le Comte de), _Hontelay_, _Hontele_, _Honteley_,
- _Hontelletz_, _Hontelly_, _Hontely_, _Huinteley_, _Huntelay_,
- _Hunthely_, _Hunteley_, _Huntely_, _Onteley_, I, 40, 49, 301,
- 370, 378. Lettre du Comte de Huntley à Marie Stuart, 379.--II,
- 115, 242, 401.--III, 74, 98, 172, 193, 248, 375.--IV, 91, 172,
- 237, 243, 279.--V, 60, 156, 211, 212, 308, 309, 397, 413, 441,
- 461.--VI, 5, 166, 204, 211, 254, 424.--Son _frère_, III, 98.
- --V, 156.--VII, 313.--_Les Huntley_, I, 232.
-
- _Husdon_ (lord), _v._ Houston.
-
- _Huynter_, _v._ Winter.
-
-
-I.
-
- ÎLE-DIEU (l'), sur la côte du Poitou, _Isle-Dieu_, V, 311.
-
- IMPÉRATRICE (l') d'Allemagne, _v._ Marie.
-
- INDES (les), flottes des Indes, I, 272, 351.--II, 330, 389.
- --III, 257, 285, 296, 326.--IV, 17, 29.
-
- INDICTES, le rôle des indictes, «de ceux qui doivent être menés en
- jugement,» IV, 364.
-
- INFANTES (les) d'Espagne, I, 67.--IV, 221.--VI, 364.--VII, 258.
-
- _Ingin_ (le fort d'), _v._ Angin.
-
- INQUIÉTUDE des Anglais à l'occasion du passage du Roi en Italie,
- VI, 258.
-
- INQUISITION (l'), engagement que l'on suppose avoir été pris par
- le Roi d'établir l'Inquisition en France, VI, 267.
-
- INSTANCES de l'ambassadeur pour obtenir son rappel, V, 179.--VI,
- 352.
-
- INSULTES faites à l'ambassadeur en Angleterre après la
- Saint-Barthèlemy, V, 137.
-
- INTERRUPTION des négociations et du commerce entre l'Angleterre et
- la France après la Saint-Barthèlemy, V, 116.
-
- INVASIONS des Anglais en Écosse, VI, 294, 304, 497. _v._ Écosse.
-
- _Irlandais_ (les sauvages), _v._ Sauvages.
-
- IRLANDE (l'), _Hirlande_, _Yrlande_, apparence de troubles en
- Irlande, I, 45, 86. Troubles, 195, 270, 327, 331, 352.--II, 8,
- 45, 75, 81, 94, 110, 111, 142, 146, 147. Troubles en Irlande,
- 173, 199, 201, 240, 275, 279.--III, 35. Succès des révoltés,
- 87, 96, 183, 258, 309, 405, 426. Mouvement en Irlande, 427, 444.
- Avis sur les affaires d'Irlande, 450. Concession de l'Irlande
- faite par le pape au roi d'Espagne, 458, 459, 466, 470, 471,
- 476, 479, 481.--VI, 2, 8, 28, 29, 30, 32, 37, 39, 47, 52, 70,
- 74, 89. Nouveaux troubles, 162, 179, 199, 215, 216, 239, 268,
- 281, 290, 318, 339. Soulèvement de l'Irlande, 340. Pacification.
- 359, 384, 385. Reprise d'armes et défaite des Irlandais, 399,
- 435, 454, 455.--V, 209, 212, 347, 363. Expédition du comte
- d'Essex en Irlande, 383, 388, 393, 397, 454, 470.--VI, 6, 10,
- 11, 32, 36, 37, 43, 48, 75, 96, 125, 128, 129, 136, 144, 146,
- 246. Pacification, 253, 278, 353, 377, 378, 401, 402, 412, 414,
- 418, 422, 429, 441, 443, 466, 477, 491-493.--VII, 34, 137, 175,
- 181, 182, 185, 195, 214, 249, 269, 279.--Le _président_
- d'Irlande, _v._ Fitz William.
-
- IRRITATION des Anglais après la Saint-Barthèlemy, V, 113, 121.
-
- _Islebourg_ (l'), et château de l'Islebourg, _v._ Lillebourg
- (Édimbourg).
-
- ISLES DE NEVERS (Marie de Clèves, Marquise d'), IV, 127.
-
- ITALIE, I, 110, 295.--IV, 2.--VI, Voyage du roi Henri III en
- Italie à son retour de Pologne, 206, 226, 228, 252, 240, 246,
- 251, 259, 267, 271, 281, 307, 323, 338.--VII, 141.
-
- ITALIENS (les), I, 71, 331.--II, 67, 71, 74, 90, 160.--VI, 44,
- 475.
-
- _Ivoye_ (Mr d'), _v._ Yvoy (d').
-
- IWAN WASILEJEVITCH, Duc de Moscovie, envoie un ambassadeur en
- Angleterre, II, 192. _v._ Moscovie.
-
-
-J.
-
- JACCOB (le capitaine), VII, 473.
-
- JACOMO, Italien, VI, 230.
-
- JAMETS, dans le Barrois, _Jamays_, place appartenant au Duc de
- Bouillon, VI, 354.
-
- JAMET (Me), peintre de la cour de France, VII, 229.
-
- JANETON (le capitaine), VI, 312.
-
- JACQUES V, roi d'Écosse, III, 369.
-
- JACQUES VI, roi d'Écosse, dans la suite Jacques Ier, Roi
- d'Angleterre, fils de Henri Darnley et de Marie Stuart. _Le
- prince d'Écosse, le petit roy d'Escoce_. Desir des Anglais qu'il
- leur soit livré, I, 12, 25, 101, 161, 162, 232, 300, 328, 342,
- 348.--II, 59, 154, 205, 211, 214, 216.--III, 46, 56, 75, 83,
- 97, 98, 107, 114, 117, 119, 131, 159, 160, 171, 179, 195, 200,
- 214, 237, 248, 271, 308, 328, 330, 335, 363, 364, 366, 367, 368,
- 372, 403, 473, 474.--IV, 3, 4, 7, 15, 19, 27, 33, 36, 51, 72,
- 80, 91, 107, 137, 138, 140, 144, 147, 178, 194, 199, 204, 212,
- 221, 241, 250, 260, 275, 278, 279, 308, 310, 313, 318, 326, 360,
- 362, 374, 378, 394, 402, 414, 426, 429, 443.--V, 203, 209,
- 211, 224, 227, 238. Efforts des Anglais pour s'emparer du prince
- d'Écosse, 243, 253, 261. Accord en Écosse pour la reconnaissance
- de Jacques VI, 273, 283, 290, 291, 308, 309, 310, 337, 344, 347,
- 349, 355, 397, 449. Maladie grave du prince d'Écosse, 450, 451,
- 461.--VI, 149, 161, 166, 204, 227, 238, 242, 244, 245, 247,
- 249, 254, 261, 265, 267, 274, 278, 279, 287, 341, 342, 364, 430,
- 478, 495, 501.--VII, 118, 120, 121, 150, 151, 172, 193, 197,
- 201, 206, 219, 224, 246, 247, 248, 250. Proposition de le marier
- à une fille d'Espagne, 258, 270, 285, 419.
-
- JARNAC (la bataille de) en Angoumois, I, 228, 290, 314, 315, 327,
- 329, 362.--VII, 1, 3, 5, 7, 8, 10.
-
- JARRETIÈRE (ordre de la), donné à M. de Montmorenci, IV, 436.--V,
- 20.--Le Roi élu chevalier, VI, 421, 432.
-
- JAZENEUIL (combat de), en Anjou, _Jasseneuil_, I, 25, 141, 142.
-
- JEAN FRÉDÉRIC DE SAXE, _v._ Saxe.
-
- JEAN GUILLAUME DE SAXE, _v._ Saxe.
-
- JEANNE D'ALBRET, reine de Navarre, fille de Henri d'Albret, I, 28,
- 137, 154, 168, 228, 304, 367, 368, 386, 387, 397.--II, 64, 69,
- 72, 94, 98, 110, 141, 150, 177, 180, 191, 200, 222, 228, 231,
- 239, 334, 358, 371, 391.--III, 19, 23, 37, 57, 58, 63, 125,
- 163, 181, 268, 273, 331, 432.--IV, 225, 246, 336.--VI, 151,
- 225.--VII, 17, 30, 38, 39, 75, 81, 83, 86, 107, 110, 242, 273.
-
- JEDBURGH dans le comté de Roxburgh en Écosse, _Gadenart_ ou mieux
- _Gadevart_, _Jedowart_, I, 421.--III, 139, 140.
-
- _Jedowart_, _v._ Jedburgh.
-
- JEHAN de Compiègne, tailleur de Marie Stuart, VI, 420.
-
- _Jemmes_ (lord), I, 118.
-
- JERSEY, île anglaise sur les côtes de Normandie, _Gergé_,
- _Gersay_, _Gersé_, _Gersey_, _Gerzé_, _Gerzei_, _Gerzey_,
- _Jersay_, I, 374.--II, 25, 281.--V, 135, 145, 147, 152, 155,
- 172, 178, 193, 360. Montgommery à Jersey, 469, 470.--VI, 29,
- 51, 59, 62, 69, 72, 73, 74, 78, 80, 86, 120, 143.--VII, 338,
- 345, 375, 386.--Le _capitaine_ de Jersey, _v._ Pollet (le
- capitaine.)
-
- JEUDI-SAINT (le), III, 104.
-
- JOLY (le capitaine Clément), III, 285.
-
- JOHNES (le capitaine), _Jones_, _Jonnes_, I, 201, 214.
-
- JOUARRE (Mme de), Charlotte de Montpensier, fille de Louis II de
- Bourbon, abbesse de Jouarre avant d'avoir embrassé le
- calvinisme; son mariage avec le Prince d'Orange, VI, 450.
-
- JOUGGE (Richard), imprimeur à Londres, I, 112.
-
- JOYAUX de la Reine de Navarre donnés pour faire un emprunt afin de
- continuer la guerre civile en France, II, 94, 98, 110, 141, 150,
- 200. État et évaluation des joyaux envoyés de la Rochelle, 222,
- 228, 231, 239, 358, 371.--III, 23, 57.--VII, 38, 39.
-
- JOYEUSE (Guillaume, Vicomte de), I, 138, 143-145.
-
- JOYS, ministre protestant, VI, 305.
-
- _Jocondalles_, monnaie d'Allemagne, I, 58, 86.
-
- JUAN D'AUTRICHE (don), fils naturel de Charles-Quint, _Don Jehan_,
- _Joan_, _Johan d'Austria_, _le bâtard d'Espagne_, I, 26.--Est
- proposé pour époux à Marie Stuart, II, 214, 216, 217, 423.
- --III, 334, 453, 475.--IV, 74, 92, 228.--V, 199.--VI, 137.
- Proposé pour époux à Élisabeth, 223, 361.--VII, 35, 57, 214,
- 258, 282, 285.
-
- JUGE (le) de l'amiraulté, I, 263, 264.
-
- JUMELLES (le Sr de), II, 17, 24, 152, 227, 239, 245.
-
- JUNIUS (le docteur), _Junyus_, envoyé du Comte Palatin, I, 63, 75,
- 100.
-
- JUSTICE (le terme de la), III, 34, 322.--V, 124.
-
- JUSTIFICATION de l'Amiral par Élisabeth, V, 142.
-
-
-K.
-
- KELLE (le capitaine), I, 214.
-
- KELLESEY (le lair de), _Quelseit_, _Quelsey_, VI, 76, 247.
-
- KELSO dans le comté de Roxburgh en Écosse, _Quelso_, III, 140.
-
- KENT (le comté de), levées faites dans le comté, II, 412.
-
- _Kergoons_ (le Sr), _v._ Kirkaldy.
-
- KERKEM (le capitaine), I, 120, 351.
-
- KILLDARE (le Comte de), l'un des chefs des Irlandais, _Guildas_,
- _Killdar_, _Queldrar_, _Quilday_, _Quilhdar_, _Quildar_, II,
- 201.--IV, 290, 340, 384.--VI, 37. Est fait prisonnier en
- Irlande et conduit à Londres avec sa famille, 441, 443, 493.
- --Sa _femme_, VI; 441.--Ses _enfants_, VI, 441.
-
- KILLEGREW (Henri), beau-frère de Cecil, _Killegrey_, _Quilegrey_,
- _Quillegray_, _Quillegreu_, _Quillegrey_, I, 155, 167, 202, 321,
- 349, 350, 355, 368, 387, 408, 409, 418.--Sa mission en
- Allemagne, II, 4, 5, 13, 24, 109, 147, 149, 197. Son retour
- d'Allemagne, 245, 246, 274, 329, 335, 357, 386, 396, 405.--III,
- 57, 401.--IV, 105, 153, 179, 227, 232. Sa mission en France
- pour suppléer Walsingham, 247, 249, 253, 261. Son départ, 263,
- 264, 266, 287, 314, 316, 319, 322, 326, 336, 357, 370, 376, 381,
- 396. Son retour, 404, 406, 430, 433, 434, 439.--V, 115-118,
- 121, 130, 132, 156, 181, 183, 203, 211, 239, 243, 290, 329, 347,
- 373, 374, 402, 406, 410, 413, 422, 433, 452, 456, 461.--VI, 8,
- 122, 126, 142, 145, 166, 169, 204, 211, 227, 242, 244-247, 249,
- 292, 298, 328, 380, 396, 400, 402, 415, 430, 440, 443, 451, 459,
- 464, 472, 475, 478, 481, 490, 497.--VII, 63, 268, 273, 280,
- 282, 283, 287, 360, 387, 394, 445, 446.--Sa _femme_, V, 452.
- --Le _jeune Killegrew_, son fils, VI, 148, 163, 164, 165, 217.
-
- KILWIMING (l'abbé de), _Kilwelming_, I, 300.
-
- KINGSTON dans le comté de Surrey, _Quinston_, II, 293.
-
- KINTYRE dans le comté d'Argyll en Écosse, _Quinter_, III, 329.
-
- KIRKALDY, lord de Grange, _v._ Grange (lord de).
-
- KIRKALDY (le capitaine William), frère du lord de Grange,
- _Carcade_, _Kergoons_, IV, 22, 111, 117, 300, 314, 337.--V,
- 253, 259, 266. Fait prisonnier dans le château d'Édimbourg, 272,
- 278, 291. Il est exécuté avec son frère, 392, 397.--VII, 203,
- 206, 207, 213, 218, 409.
-
- KNOLL (sir Henri), _Quainols_, _Quenelles_, _Quenolles_, II, 128,
- 285.--III, 311.--IV, 31--V, 100.--VI, 236.
-
- KNOLLIS (le chevalier François), _Knolis_, I, 206, 207, 208, 267,
- 284.
-
- KYLINDIN (l'abbé de), I, 82.
-
-
-L.
-
- LA BROSSE (le capitaine de), II, 161.--VI, 168, 220.
-
- LA CHATRE (Mr de), l'aîné, _de La Chastre_ I, 389, 414.
-
- LA CHATRE (Mr de). Sa mission en Angleterre pour renouveler le
- traité d'alliance, VI, 395. Méfiance d'Élisabeth contre lui 398,
- 399, 400, 403. Son arrivée en Angleterre, 405. Sa négociation,
- 407, 409. Détails de sa négociation, 410, 411, 412, 413, 419,
- 423, 430-432, 434.--VII, 479.
-
- LA CHASSETIÈRE (Mr de), III, 181.
-
- LACHEMAYE, émissaire des protestants, VI, 298.
-
- LACHEROY (le Sr) de Rouen, VI, 494.
-
- LA CROIX (le Sr de) l'un des secrétaires de l'ambassadeur, I, 96,
- 196.--Sa mort, VII, 19.
-
- LA FORCE (François de Caumont, Duc de), VII, 10.
-
- LA FOREST (Bochetel de), ambassadeur de France en Angleterre,
- prédécesseur de La Mothe Fénélon, I, 1, 2, 4, 6, 7, 9, 10, 11,
- 14, 17, 35, 363.
-
- LAFOSSE (le capitaine), V, 384.
-
- LAFOULOYNE, émissaire de Montgommery, VI, 126.
-
- LA GARDE (Antoine Escalin des Aimars, baron de), IV, 409.--V,
- 237, 240, 281.--VII, 371.
-
- LAGO (le capitaine), VI, 302.
-
- LAMARQUE (le comte de), IV, 438.
-
- LAMBETH dans le comté de Surrey, _Lambet_, II, 133.
-
- LA MAILLERAIE (François de), lieutenant du Roi en Normandie, _de
- La Mailleraye_, _La Meilleraye_, _La Muilleraye_, II, 220, 322,
- 333.--III, 39.--V, 181, 182.--VI, 126, 202, 231, 257.--VII,
- 41-44, 47, 63, 381.
-
- LA MEAULCE (le capitaine), V, 426.
-
- LA MOLE (Mr de), gentilhomme du Duc d'Alençon, _La Molle_, _La
- Moolle_, _La Moosle_. Sa mission en Angleterre pour la
- négociation du mariage du Duc d'Alençon avec Élisabeth, V, 76,
- 77, 78, 79, 82. Sa négociation, 84, 86, 87, 88, 89, 91. Détails
- circonstanciés de sa négociation, 92-108, 110, 112, 113, 117,
- 137, 140, 141, 152, 276.--VI. Son arrestation au sujet du
- complot de Saint-Germain, 104, 107, 108, 111. Il est exécuté,
- 113, 114, 115, 117, 121, 122. Détails sur l'affaire de Coconas
- et La Mole, 133, 134, 136.--VII, 304, 311, 316, 317, 321, 322,
- 328, 330, 335, 336, 344, 457, 460-462. Son exécution, 467.
-
- LA MOYSSONNYÈRE (le jeune), gentilhomme normand, dit le _capitaine
- Montdurant_, V, 426.--VI, 96, 113. Son expédition partie des
- côtes d'Angleterre, 119, 120, 126. Ses succès, 143, 147.
-
- LANCASTRE (Lancaster), comté d'Angleterre, _Lanclastre_,
- _Leuclastre_. Mouvement au pays de Lancastre, III, 313.
- Soulèvement, 330, 368, 389, 390, 391, 401, 422.--Projet des
- catholiques dans le pays de Lancastre, 389.--IV, 381.--VII,
- 166.
-
- LANCEREAU (le capitaine), II, 162.
-
- LANDGRAVE DE HESSE (le), _Lansgrave de Esse_, _d'Essen_, _de
- Hetz_, 11, 5, 274.--III, 195.--IV, 249.--V, 276.
-
- LANDRECIES dans le Hainault, _Landrecy_, la guerre de Landrecies,
- I, 96.
-
- LANE (le Sr), IV, 311, 312.
-
- LANGOIRAN, en Guienne, VII, 458.
-
- LANGUEDOC (le), province de France, I, 85, 138.--III, 115, 199,
- 204. Guerre civile continuée en Languedoc, V, 393, 425, 449.
- Progrès des protestants en Languedoc, 462.--VI, 12, 25, 47, 50,
- 68, 88, 105, 148, 181, 258, 268, 283, 340, 346, 348, 355, 357,
- 363, 366, 369, 382, 394, 461.--VII, 56, 428.
-
- LANGUILLIER (Mr de), _L'Anguillier_, V, 259, 293, 326, 375, 426,
- 453.--VI, 59, 343.--VII, 477.
-
- LA NOUE (François de), II, 161.--III, 115.--V, 240, 307, 367.
- --VI, 66, 68. Négociation faite par La Noue pour obtenir des
- secours d'Angleterre, 81, 92, 93, 148, 149, 236, 318, 355, 358.
- --VII, 10, 64, 68, 458, 465.
-
- LANSAC (le jeune de), _Laussac_, V, 409.--VI, 148.--VII, 437.
-
- LANSQUENETS, troupes allemandes, I, 86.--II, 404.--VI, 241.
- --VII, 472.
-
- LA PERSONNE (le Sr) chargé par le Roi de la négociation de la paix
- avec les protestants, III, 2, 7.--VII, 80, 81.
-
- LAPLANCHE (le capitaine), II, 162.
-
- LAPORTE (le capitaine), VI, 234, 315, 340, 443.
-
- LARCHANT (Mr de), capitaine de la garde du Duc d'Anjou. Sa
- mission en Angleterre pour négocier le mariage du Duc d'Anjou
- avec Élisabeth, I, 164-166, 168-170, 176, 181, 182, 190, 195,
- 196, 201, 202, 211, 354.--VII, 223, 226, 230, 233, 236, 238,
- 239, 241.
-
- LAREDO, port de mer en Biscaie, III, 371.
-
- LARIVIÈRE (le capitaine), II, 69.
-
- LAROCHE (le Sr de), capitaine de Granville et gouverneur de
- Morlay, III, 65, 203. Son expédition en Irlande, 444, 450, 470.
- --IV, 385.--VI, 468.--VII, 157, 181.
-
- LA ROCHEFOUCAULT (le Comte de), I, 229.--II, 8, 68, 159.--III,
- 204.--VII, 3, 332.
-
- LAROQUE (le capitaine), VI, 168.
-
- LARSAC (camp de), VII, 29.
-
- LATIMER (lord), _Lathemor_, II, 384.
-
- LATOUR (le Sr de), secrétaire des États de Flandres, II, 311.
-
- L'AUBESPINÉ (Mr de), _Laubespine_, II, 18.--III, 350, 355, 361,
- 365, 367, 410.--IV, 311.--VII, 18, 22, 24, 142, 143, 152, 154,
- 157, 158, 160.
-
- LAUDONNIÈRE (René de), _Lodonyère_, I, 179.
-
- LAUNAY (le Sr de), de Bretagne, II, 152.
-
- LAVAL (Mr de), VI, 265, 426.
-
- LAVAL (feue Mme de), I, 101.
-
- LAVALETTE (Bernard de), _de Lavalète_, _de Lavallète_, IV, 336.
- --VI, 105.
-
- LA VAUGUYON (Mr de), _La Vauguion_, VI, 105.--VII, 458.
-
- LAVERGNE, secrétaire de l'ambassadeur, I, 167.--Son départ pour
- se justifier en France, 215.--II, 435, 437.
-
- LAY (Sir Henry), IV, 89.
-
- LEBELLOY, _Lebéloy_, au service du maréchal de Damville, VII, 114.
-
- LECTOURE, dans l'Armagnac, _Leytoure_, IV, 336.
-
- _Ledingthon_ (le comte de), _v._ Liddington.
-
- LÉGAT (le) du Pape, VII, 383, 402, _v._ Este (le cardinal d') et
- Orsini.
-
- LEGRAS (le Sr), avocat réfugié en Angleterre après la
- Saint-Barthèlemy, V, 155.
-
- LEGUENS (le Sr), III, 46.
-
- LEICESTER, _Lechester_, capitale du comté, III, 385.
-
- LEICESTER (Robert Dudley, Comte de), _Lecester_, _Lecestre_,
- _Lescestre_, _Lester_, _Lestre_, _Leycester_, _Leyster_, I, 47,
- 49, 50, 72, 74, 82, 120, 175, 193, 196, 207, 235, 236, 259, 260,
- 267, 272, 274. Conversation de l'ambassadeur avec Leicester,
- 293, 294-296, 297, 355, 405.--II, 51, 54, 109, 120, 121. Ses
- familiarités avec Élisabeth, 122, 123, 124. Remontrances de
- Leicester à Élisabeth en faveur de Marie Stuart, 130, 203, 219,
- 223, 230, 250, 272, 274, 278, 285, 301, 305, 311, 343, 356, 363,
- 367, 369, 412.--III, 9, 16, 21, 24, 25, 48, 54, 61, 77, 79,
- 99-102, 123, 124, 142, 172, 183, 187, 188, 189, 191, 193, 194,
- 197, 213, 227, 245, 304, 308, 324, 364, 375, 378, 379, 381, 382,
- 399, 401, 402, 405, 408, 409, 413, 416, 417, 420, 422, 429, 433,
- 436, 447, 449, 461, 465, 469.--IV, 3, 8, 9, 22, 41, 42, 57, 59,
- 61, 65-68, 78, 81, 82, 85, 87, 93, 96, 98, 100, 116-118, 127,
- 129, 130, 132-134, 144, 148, 155, 156, 162, 171, 174, 181, 187,
- 190, 192, 197, 200, 201, 204-206, 208, 210. Communication faite
- par Leicester, 213, 248, 252, 270, 273, 276, 282, 287, 292, 307,
- 309, 311, 312, 320, 322, 330. Conférence avec Leicester, 331,
- 354, 357, 371, 372, 376, 379, 407, 410, 411, 419, 420, 422, 426,
- 432, 433, 437, 439, 446, 448, 452, 453, 460, 461, 467.--V, 13,
- 17, 20, 21, 24, 28, 30. Conférence, 38-40, 45, 46, 59, 60, 61.
- Conférence, 73, 74, 77, 82, 84, 88, 89, 91, 96, 100, 111, 127,
- 128, 147, 151, 162. Conférence, 165, 172, 194, 195, 208. Reprise
- des communications privées de l'ambassadeur avec Leicester
- après la Saint-Barthèlemy, 228, 230, 260, 281. Conférence, 302,
- 344, 346, 351, 352, 366, 377. Mécontentement de Leicester contre
- la France, 378, 422, 423, 424, 426, 427, 432. Conférence, 441,
- 449, 470.--VI, 4, 8, 9, 14, 15, 28. Conférence, 39, 40, 41, 50,
- 66, 91, 102. Mécontentement de Leicester, 164, 165, 166, 170.
- Conférence, 181, 184. Communication avec l'ambassadeur, 185,
- 194, 199, 209, 217, 220, 221, 223, 245, 284. Conférence, 285,
- 287. Conférence, 288. Conférence, 373, 381, 421, 445, 449, 453,
- 454, 468, 472, 473, 479, 483, 484.--VII, 12, 40, 96, 111, 172,
- 174, 177, 194, 218, 221, 228, 229, 230, 231, 265, 277, 292, 304,
- 317, 318, 362, 376, 383, 384, 444.--Le _Frère_ de Leicester,
- VI, 221.--Le _Neveu_ de Leicester, VII, 296.
-
- LEIPSICK en Saxe, _Leppsic_, VII, 435.
-
- LEITH, ville en Écosse sur le Forth, à une lieue d'Édimbourg dont
- elle forme le port, _Petit Liet_, _Petit Lith_, III, 429.--IV,
- 121, 137. Prise de Leith, 154, 155, 158, 172, 177, 185, 194,
- 211, 237, 267, 272, 296, 310, 320, 333, 408, 442, 443, 455.--V,
- 89, 91.--VII, 237, 238, 255, 274, 315.
-
- LELUA (le Sr), _v._ Du Lua.
-
- _Lenclastre_, _v._ Lancastre.
-
- _Lendsay_, _v._ Lindsey.
-
- LENNOX (le Comte de), régent d'Écosse après la mort du Comte de
- Murray, _Lenos_, _Lenoz_, I, 18.--II, 313, 320.--III, 46, 65,
- 74, 79, 97, 107, 111, 114, 131, 132, 153, 193, 223, 237, 253,
- 266. Il est créé régent, 270, 283, 287, 296, 305, 308, 329, 336,
- 346, 363, 372, 385, 392, 400, 428, 437, 444, 452, 457, 465, 471.
- --IV, 26, 57, 69, 70, 77, 90, 91, 107, 111, 113, 118, 119-122,
- 137-141, 147, 152, 172, 177, 184, 185, 193, 194, 197, 206, 211,
- 215, 230. Sa mort, 231, 232, 235-238, 243, 249, 250.--VII, 210,
- 218, 219, 224, 237, 244, 247, 255, 263, 268, 269.
-
- LENNOX (la Comtesse de), femme du précédent, I, 18.--II, 214.
- --III, 107, 253, 457, 471.--IV, 34, 72, 80, 81, 138, 221.--V,
- 337.-- VI, 249, 254, 261. Mécontentement d'Élisabeth contre la
- Comtesse de Lennox à raison du mariage de son fils, 293, 298,
- 300, 311, 319. Mise en arrêt de la Comtesse de Lennox, 328.
-
- LENNOX (le jeune Comte de), fils des précédents, frère de Henri
- Stuart de Darnley, roi d'Écosse et oncle de Jacques VI, IV, 426.
- --V, 452--Son mariage avec la fille de la Comtesse de
- Shrewsbury, VI, 293, 299, 311, 328.--Sa _femme_, VI, 328.
-
- LE NOBLE (le contrôleur), réfugié en Angleterre après la
- Saint-Barthèlemy, V, 155,--et sa _femme_, V, 155.
-
- LÉPANTE (la victoire de), IV, 280, 281, 285, 290.--VII, 272, 278.
-
- _Le Plessis_, _v._ Duplessis.
-
- LEQUEULX, secrétaire de l'Amiral, I, 154, 233.
-
- _Lerpour_ en Galles, I, 241.
-
- _Lesley_, _v._ Leslie.
-
- LESLIE (Jean), évêque de Ross, _v._ Ross (l'évêque de).
-
- LESLIE (Guillaume), _Lesley_, parent de l'évêque de Ross, III,
- 438.
-
- LESLIE (le Sr de), _Lesley_, frère du Comte de Rothes, IV,
- 264-266.
-
- L'ESPINASSE (Mr de), gendre de Mr Du Croc, V, 7, 42, 89, 90, 120,
- 122, 130, 176.--VII, 297, 316, 318, 321, 326, 327-330, 357.
-
- _Lestre_ (le Comte de), _v._ Leicester.
-
- LETTRE de l'Amiral Coligni, II, 157.
-
- LETTRE des seigneurs anglais approuvant le projet de mariage de
- Marie Stuart et du Duc de Norfolk, II, 315.
-
- LETTRES d'Élisabeth à Marie Stuart, I, 344.--II, 59.
-
- LETTRES de Marie Stuart, I, 206, 283, 286, 346, 348, 376, 378,
- 380, 381, 382, 390, 421, 422.--II, 254, 263, 433, 435, 437.
- --III, 66, 67.
-
- LETTRES DE MARQUE, I, 26, 87.--VI, 180, 450.
-
- LEVANT (le pays du), III, 406.--IV, 323.--V, 199.--VI, 396.
-
- _Levisthon_ (lord de), _v._ Lewiston.
-
- _Levisthon_ (James), _v._ Lewiston.
-
- LÉVRIERS donnés à D. Bernardin de Mendoce en Angleterre, VI, 199.
-
- LEYTON (le capitaine), gouverneur de Guernsey, _Leython_, IV, 108,
- 156.--V, 470.--VI. Envoyé en mission en France, 99-102, 106,
- 118. Ses instructions, 121, 125, 131, 132, 135, 147, 164. Son
- retour en Angleterre, 167, 181, 217.
-
- _Leytoure_, _v._ Lectoure.
-
- LEWISTON (lord de), _Levinston_, _Leviston_, III, 179, 220, 223,
- 224, 230, 235, 237, 242, 265, 267, 271, 296, 311, 344, 398.
- --IV, 259, 260, 277.--V, 292, 296.--VII, 266, 267.--Sa
- _femme_, V, 309.
-
- LEWISTON (James), _Levisthon_, de la garde écossaise du Roi, V,
- 429.
-
- L'HOSPITAL (Michel de), chancelier de France, I, 173, 415.--V,
- 139.
-
- LIBELLE contre Marie Stuart, IV, 301.--VII, 275. _Libelles_, V,
- 424.
-
- LIBRAIRES (les) de Londres, VI, 470.
-
- LIDDINGTON (le Comte de), _Ledingthon_, _Ledington_, _Ledinthon_,
- _Ledinton_, _Lethington_, I, 57.--II, 65. Son arrestation comme
- complice du meurtre de Darnley, 242, 279, 313, 320.--III, 45.
- Est mis en liberté, 52, 75, 117, 118, 147, 172, 175, 200.--IV,
- 1, 152, 185, 195, 235, 237, 279.--V, 2, 253, 274, 291, 308. Sa
- mort, 355.--VII, 213, 225, 245, 387.--Son _frère_, III, 310,
- 429.
-
- LIÈGE dans les Pays-Bas. Les _bains_ de Liège, IV, 141, 162.
-
- LIEUTENANT CRIMINEL (le) de Rouen, réfugié en Angleterre après la
- Saint-Barthèlemy, V, 155.
-
- LIGNEROLLES (le Sr de), IV, 93.--VII, 234.
-
- LIGUE proposée par le Comte de Murray, I, 101.--_Ligue_ des
- protestants, I, 166, 202, 230.--_Projet d'une ligue_ entre les
- princes protestants, II, 245.--_Ligue_ contre les protestants,
- IV, 146.--VI, 259.--_Proposition d'une ligue_ entre l'Espagne
- et la France contre l'Angleterre, III, 29.--_Crainte_ en
- Angleterre d'une ligue générale, III, 258.--_Ligue du bien
- public_ en France, VI, 340.--_Ligue_ d'Italie, IV, 308.
- --_Ligue_ contre les Turcs, III, 333, 349, 453, 472, _v._ Turcs.
-
- _Lillebourg_, _Lislebourg_, nom que les Français donnaient à
- Édimbourg, _v._ Édimbourg.
-
- LIMOGES, capitale du Limousin, II, 158.
-
- LIMOGES (Mr de), I, 265.--IV, 311.--VI, 423.
-
- LIMONS (le capitaine), VI, 168, 237.
-
- LIMREILH (Mr de), VI, 339.
-
- LINCOLN (lord Clinton, Comte de), amiral d'Angleterre, I, 82, 175,
- 266, 267, 295, 296, 311, 405.--II, 11, 38, 247, 368, 401, 419,
- 420, 427.--III, 22, 105, 222, 251, 262.--IV, 89, 282, 361,
- 372, 400, 433, 437, 440, 444. Est créé Comte de Lincoln, 452,
- 458, 459, 463, 464. Conférence avec l'Ambassadeur, 466-468.--V,
- 1, 7, 19, 23, 35, 36, 38, 40, 41, 44, 47, 51, 55. Conférence,
- 57, 82, 93, 100, 162, 243, 260, 271, 433.--VI, 4, 34, 111, 179,
- 378, 489.--VII, 296, 317, 353.--Sa _femme_, III, 468.--Son
- _fils_, V, 243.
-
- LINCOLN (l'évêque catholique de), VI, 343.
-
- LINCOLNSHIRE (le), le Comté de Lincoln, _Linconscher_,
- _Linconsther_, II, 368.--III, 105.
-
- LINDSEY (lord de), prévôt d'Édimbourg, _Lendsay_, _Lendsey_,
- _Lendzey_, _Lentzay_, I, 102.--II, 390.--III, 45, 74, 107.
- --IV, 230, 237.--VI, 464.
-
- LINGUENS (le Sr), réfugié en Angleterre après la Saint-Barthèlemy,
- V, 155.--Et la _dame Linguens_, sa femme, V, 155.
-
- LINLITHGOW, en Écosse, _Litcho_, _Lithquo_, III, 39.--IV, 91.
-
- _Lion_, _v._ Lyon.
-
- LIONS, en Normandie, VII, 220, 222.
-
- LISBONNE, II, 38.
-
- _Lisdidale_ dans le nord d'Angleterre, II, 427.
-
- LITH (Jean), facteur de Me Grassan, VI, 126.
-
- _Litcho_, _Lithquo_, _v._ Linlithgow.
-
- LIVRON en Dauphiné, VI, 347, 367, 372, 376.
-
- LIVRES publiés à Londres contre la religion protestante, I, 204.
-
- LIZY (Mr de), II, 227, 231, 239, 245, 274, 314, 358, 371.--III,
- 36, 182, 204.
-
- LOCH-LEVEN en Écosse, _Lochleven_, _Lochlevin_, _Lochlevyn_,
- _Loclevin_, _Lothlvin_, I, 342.--II, 79.--III, 15, 22, 112,
- 114.--IV, 443.--V, 374.
-
- LOCH-LEVEN (lord de), beau-frère du Comte de Murray, III, 34.
-
- _Lodonyère_, _v._ Laudonnière.
-
- _Loduin_, _Lodun_, _v._ Loudun.
-
- LOIRE (la), fleuve de France, _Loyre_, I, 21, 137, 172.--II, 9,
- 10, 71.--III, 204.--VII, 20, 21, 31, 36.
-
- _Lois mareschalles_ (les), lois martiales, III, 177.
-
- LOMBRES (le Sr de), _de Lumbres_, II, 394, 396, 404, 414.--III,
- 7, 11, 13, 32, 120, 132, 141, 256, 257, 465.--IV, 74, 91.--V,
- 347.
-
- LONDRES (la chambre de), IV, 457.
-
- LONDRES (l'évêque de), III, 43, 87.--V, 254, 271.
-
- LONDRES (le maire de), I, 234.--Le _maire_ et les _échevins_ de
- Londres, III, 402. _V._ Festin du maire.
-
- LONGUEVILLE (Léonor d'Orléans, Duc de), VII, 11, 296.
-
- LOPEZ (le capitaine) de la Sierra, _Lope_, I, 120-122.
-
- LORE (Mademoiselle de), IV, 40.
-
- LORGES (le jeune de), fils aîné de _Montgommery_, V, 354, 429.
- --VI, 51, 301, 355,--Sa _femme_, VI, 92, 302, 355.--Le _fils
- puîné_ de Montgommery, V, 470.--VI, 355, _v._ Montgommery.
-
- LORRAINE (la), province de France, _Lorrayne_, I, 35. Voyage du
- Roi en Lorraine, 184, 248.
-
- LORRAINE (la maison de), VI, 392, 393.
-
- LORRAINE (Charles III, Duc de), I, 362.--II, 194, 257.--III,
- 101, 312, 434.--VII, 57.
-
- LORRAINE (Claude de France, Duchesse de), fille de Henri II,
- mariée à Charles, Duc de Lorraine, II, 194.--III, 101, 353.
- --IV, 143.--VII, 135, 142.
-
- LORRAINE (Charles de Guise, cardinal de), frère de François de
- Lorraine, Duc de Guise, I, 23, 103, 173, 363, 399, 415, 427.
- --II, 74, 90, 125, 178, 181, 184, 194, 208, 264, 433.--III, 25,
- 101, 124, 188, 236, 254, 301, 332, 361, 442, 475, 479, 480.
- --IV, 25, 33, 195, 213, 385.--V, 167, 250, 272, 275, 389.--Sa
- mort, VI, 355, 356, 392.--VII, 57, 58, 96, 195. Sa
- conjouissance sur la Saint-Barthèlemy, 341, 342, 398, 434, 440.
-
- LOSSE (Mr de), _Losses_, I, 137, 288, 293.--VII, 5-8, 10.
-
- _Lothlvin_, _v._ Loch-Leven.
-
- LOTINI, Italien, émissaire d'Élisabeth en Irlande, III, 423.
-
- LOUDUN en Poitou, _Loduin_, _Lodun_, I, 144, 147, 148, 172.
-
- LOUIS XII, Roi de France, _Loys_, VI, 323.
-
- LOUVAIN, dans les Pays-Bas, _Louvein_, _Lovein_, II, 13.--IV, 90,
- 454.--V, 424, 428.--L'_Université_ de Louvain, I, 204.
-
- LOUVRE (le château du) à Paris, VII, 319, 322, 324, 330, 332.
-
- _Lovein_, _v._ Louvain.
-
- LUCQUOIS (les), habitants de la principauté de Lucques en Italie,
- _Lucois_, IV, 457.
-
- LUDOVIC (le Comte), _v._ Nassau.
-
- _Lumbres_ (le Sr de), _v._ Lombres (le Sr de).
-
- LUMEY (le Comte de), émissaire du Prince d'Orange, IV, 228, 268,
- 427.
-
- LUMLEY (lord de), _Lomelay_, _Lomeley_, _Lomellé_, _Lomelley_,
- _Lommeley_, gendre du Comte d'Arundel, I, 258.--Est mis en
- arrêt, II, 257, 259, 268, 271, 273, 278, 285, 299, 301, 303,
- 331, 351, 359.--III, 29, 74, 81, 97, 102, 123, 227, 391.--IV,
- 83, 248.--Il est mis en liberté, V, 313.--_Lady Lumley_ sa
- femme, fille du Comte d'Arundel, II, 336.
-
- LUNDI AORÉ (le), le lundi saint, IV, 70.
-
- LUNEBOURG (le Duc de), II, 196.
-
- LUSIGNAN en Poitou, _Lusignam_, _Luzignan_, _Luzinan_, _Luzinhan_,
- I, 84, 142, 148.--II, 162.--VI, 288, 348, 353, 359. Prise de
- Lusignan, 372, 375.--VII, 35, 69, 71.
-
- LUSITANIE (la), _v._ Portugal.
-
- LUXE (le Sr de), I, 173.
-
- LUXEMBOURG (le), province des Pays-Bas, III, 36.
-
- LYON, capitale du Lyonnais, _Lion_, III, 361.--Massacres de Lyon,
- (Saint-Barthèlemy), V, 138, 139, 146.--VI, 225, 228, 231, 232,
- 233, 236, 238. Arrivée du Roi à Lyon à son retour de Pologne,
- 250, 256, 258, 262, 266, 267, 314, 329.--VII, 24. Massacres de
- Lyon, 368, 475.
-
- LYONNAIS (le), province de France, II, 21.--VII, 428.
-
-
-M.
-
- MACEY (le Sr), banquier, VI, 425.
-
- MACHIAVEL (Nicolas). Sentence du _Prince_ citée par Élisabeth, IV,
- 145.
-
- MAC O'NEILL (Briant), _v._ Briant Mac O'Neill.
-
- MAC O'NEILL (James) d'Écosse. _Mac O'Nel_, _Maconel_, II,
- 111.--IV, 340.--Porte secours aux révoltés d'Irlande, VI, 12,
- 253.
-
- MADAME, _v._ Marguerite de France.--La _petite Madame_, _v._ Marie
- Élisabeth de France.
-
- MADARIAGA (Pédro de), marchand espagnol établi à Londres, I, 120.
-
- MADEN (le capitaine), IV, 410.
-
- MADÈRE (la), la flotte de Madère, III, 326.
-
- MAGIE, reproche fait au Comte de Bothwell d'avoir employé la magie
- contre Marie Stuart, I, 20.
-
- MAHOMÉTANS (les), V, 139.
-
- MAILLY (Mr de), VII, 167.
-
- MALASSISE, (Mr de Mesmes, seigneur de), _Malassize_, I, 173.
- --Négociateur avec M. de Biron, de la paix dite _Boiteuse et
- Malassise_, III, 164.--VII, 108, 114, 123.
-
- MALINES dans les Pays-Bas, _Malignes_, IV, 454.
-
- MALRAS (le Sr de), I, 97.
-
- MAN (l'île de), dans la mer d'Irlande, IV, 262.
-
- _Mandossa_ (don Bernardin de), _v._ Mendoce.
-
- MANN, ambassadeur d'Angleterre auprès de Philippe II, en 1568, I,
- 97, 254.
-
- MANSFELD (Wolrad, Comte de), lieutenant du duc de Deux-Ponts,
- _Mansfelt_, _Mensfelt_. Prend le commandement de l'armée
- allemande après la mort du duc, II, 69, 70, 156, 387.--Il est
- tué à la bataille de Moncontour, VII, 64.
-
- MANSFELD (le jeune Comte de), frère du précédent. Sa mission en
- Allemagne, II, 395, 396, 404, 407, 413.--III, 7, 11, 13, 16, 40,
- 45, 57, 205, 405.
-
- MANSFELD (Henri de), colonel des Reitres, _Harn Mansefald_, VII,
- 67.
-
- MANSFELD, l'un des chefs des Reitres, _Mansefale_, est tué la
- veille de la bataille de Moncontour, VII, 65.
-
- MANSFELD (Pierre Ernest, Comte de), commandant le secours envoyé
- par le duc d'Albe à Charles IX, II, 69.
-
- MAR (lord Erskine, Comte de), régent d'Écosse en 1571, après la
- mort du Comte de Lennox, II, 390.--III, 74, 98, 107, 131, 152,
- 159, 237, 329.--IV, 27, 211. Il est nommé régent, 232, 236,
- 238, 243, 244, 267, 310, 313, 324, 378, 455.--V, 136, 156, 176,
- 181. Sa mort, 199, 203, 224.--VII, 326, 328, 360, 387.--La
- _Comtesse de Mar_, V, 224, 309.--VI, 481.--La _fille_ de la
- Comtesse de Mar est mariée au Comte d'Angus, VI, 481. Le _frère_
- du Comte de Mar, _v._ Erskine (Alexandre).
-
- MAR (le jeune Comte de), fils aîné du précédent «le fils ainé du
- Comte de Mar», II, 390.
-
- MARANS, dans le pays d'Aunis, _Maran_, III, 115.
-
- MARCHÉ pour livrer le Comte de Northumberland à Élisabeth, III,
- 112.
-
- MARCHES D'OUEST (les). Invasion de lord Scroop en Écosse par les
- Marches d'Ouest, III, 140.
-
- MARCONVILLE (le Sr de), envoyé par les révoltés du Nord auprès du
- Duc d'Albe, II, 424.
-
- MARDI-GRAS (le), V, 251.
-
- _Mareschal_ (le Comte), lord écossais du parti du Comte de Morton,
- III, 74.
-
- MARGUERITE DE FRANCE (_Madame_, puis _la jeune Reine de Navarre_),
- fille de Henri II, et de Catherine de Médicis, mariée au Roi de
- Navarre, depuis Henri IV. Projet de son mariage avec Sébastien,
- Roi de Portugal, I, 68.--II, 190, 230, 309.--III, 126, 301.--IV,
- 143, 240, 245, 461.--V, 65, 80, 116. Mariée au Roi de Navarre,
- 235, 458.--VII, 40, 66, 242-244, 303, 314, 475.
-
- MARIAGE du Roi avec Élisabeth d'Autriche, II, 73, 190, 230.--III,
- 350.--VI, 381. Communication officielle du mariage du Roi à
- Élisabeth, 390.--VII, 30, 40, 61.
-
- MARIAGE (projets de). Divers projets de mariages d'Élisabeth, II,
- 115, 116, 119, 355.--III, 77, 125. Avec l'_Archiduc Charles
- d'Autriche_, 348, 356.--Avec le _Prince Ernest d'Autriche_, VI,
- 223. Avec don _Juan d'Autriche_, _ibid._--Avec le _frère_ du Roi
- de Danemark, VII, 191.--Avec _Henri, Prince de Navarre_, III,
- 359.--IV, 225, 239-241, 245, 246, 461.--VII, 249.
-
- MARIAGE (projet de) d'Élisabeth avec le Duc d'Anjou. Proposition
- du mariage, III, 357, 358, 415, 416, 466. Négociation du
- mariage, 8, 10. Renonciation du Duc d'Anjou au mariage, 11, 22,
- 41. Proposition officielle, 59. Discussion du contrat, 61, 78,
- 92, 123. Articles du contrat, 129, 148, 155, 163, 173, 180, 186,
- 189, 195, 200, 208, 210, 224, 239. Rupture de la négociation,
- 257.--Explication sur la négociation du mariage, V, 29.--VII,
- 143, 183, 190, 199.
-
- MARIAGE (projet de) d'Élisabeth avec le Duc d'Alençon. Proposition
- du mariage, V, 19. Détails particuliers sur la négociation du
- mariage, 22. Négociation du mariage, 44, 54, 61, 63. Difficulté
- de renouer cette négociation après la Saint-Barthèlemy, 137,
- 149, 158, 163, 171, 177, 220. Réponse d'Élisabeth, sur la
- négociation, 286, 289, 297, 350, 394, 458, 465, 474.--VI, 1, 7,
- 14. Consentement d'Élisabeth à une entrevue secrète, 22, 25, 29,
- 37, 53, 57, 78, 117. Proposition de reprendre la négociation,
- 472, 483. Communication confidentielle, 484, 488, 499. Réponse
- d'Élisabeth, 502. État de la négociation, 505.--VII, 179, 183.
-
- MARIAGE (projet de) de Marie Stuart avec le _Duc de Norfolk_, II,
- 126. _Lettre secrète._ Détails sur le projet de mariage du Duc
- de Norfolk avec Marie Stuart. Sollicitations du Duc auprès de
- l'Ambassadeur. Propositions du Duc, 194. _Lettre secrète._
- Débats élevés entre Élisabeth et le Duc de Norfolk au sujet de
- son mariage projeté avec Marie Stuart, 236, 247. Mécontentement
- témoigné par Élisabeth à Marie Stuart au sujet de son projet de
- mariage avec le Duc de Norfolk, 251. Prudence de l'Ambassadeur
- dans la négociation de ce mariage, 262. Affaires du Duc de
- Norfolk et de Marie Stuart, 268, 300, 302, 421.--III, 24, 42,
- 44, 78.--VII, 35, 53-57, 69, 71, 73.
-
- MARIAGE (projet de) de Marie Stuart avec _don Juan_, II, 423, 475.
- --IV, 90.--VII, 214.--Avec _Monsieur_, IV, 20, 25.--V, 266.--VI,
- 338 (alors Henri III).
-
- MARIE (la Vierge), VI, 234.
-
- MARIE Ire, Reine d'Angleterre, fille de Henri VIII et de Catherine
- d'Aragon, «la feue Reine Marie», III, 324, 440.--IV, 59, 67,
- 130, 156, 240.--V, 106.--VI, 11, 221, 348.
-
- MARIE D'AUTRICHE, Impératrice d'Allemagne, fille de Charles-Quint,
- femme de Maximilien II, l'_Imperatrix_, III, 349.--Est l'une des
- marraines de la fille du Roi, V, 215, 219, 235.--VII, 399, 401.
-
- MARIE ÉLISABETH DE FRANCE, la petite _Madame_, fille de Charles IX
- et d'Élisabeth d'Autriche, V, 195, 215, 235, 263, 264.--VII,
- 383, 401-403.
-
- MARIE STUART, Reine d'Écosse, fille de Jacques V et de Marie de
- Lorraine, prisonnière en Angleterre, I. Assemblée convoquée à
- Hamptoncourt, pour statuer sur son sort, 11. Conférence d'York,
- 12. Efforts pour la conduire dans l'intérieur de l'Angleterre,
- 12, 13, 15. Assemblée d'Hamptoncourt, 16, 17. Prétention de
- juridiction sur elle, 18. Lettres qui lui sont reprochées, 19.
- Suspectes de faux, _ibid_. Danger de Marie Stuart, 23. Avocat
- qu'il faut envoyer de Paris, _ibid_, 25-33, 36, 38. Remontrances
- en sa faveur, 50, 51. Consultation contre elle, 57, 65, 78, 79.
- Proposition faite à Élisabeth par les députés de Marie, 80.
- Réponse, 82, 87, 88, 92, 102. Procédure: elle est remise au
- comte de Shrewsbury, 103, 116, 118, 132, 161, 162, 169, 171,
- 179. Conduite à Tutbury, 187-189, 195, 203-206. Accusation au
- sujet de la cession de ses droits à la couronne d'Angleterre,
- 229. (_voy._ Cession.) 235, 237, 238, 241, 283, 286, 290, 295,
- 297, 301, 306, 312, 313, 328, 331, 332, 334, 335, 338, 342-344,
- 346, 348, 356, 369, 372. Recommandation en sa faveur, 375, 376,
- 378-382, 384, 388, 390, 399. Sa maladie, 403, 410, 411, 412,
- 419, 421, 422, 425, 427, 429, 431, 433.--II, 6, 17. Promesse
- d'Élisabeth en faveur de Marie Stuart, 28, 48. _Mémoire_ du fait
- de la Reine d'Écosse, 56. Ses droits à la couronne d'Angleterre,
- 57. Conditions de l'accord proposé pour le rétablissement de
- Marie Stuart, en Écosse, 58, 59, 65, 76, 78, 94, 105, 114, 115,
- 118, 122-125. Projet de mariage de Marie Stuart avec le Duc de
- Norfolk, 126. (_voy._ Mariage) 127, 128, 136, 143, 149, 154,
- 168, 169, 172-177, 179. État de ses affaires, 192-194, 199.
- Mémoire, 204. Réclamation de l'Ambassadeur, 209. Réponse
- d'Élisabeth, 211-213. _Avis secret_; instances faites auprès de
- Marie Stuart par l'Espagne, pour qu'elle se remette entièrement
- à la discrétion de Philippe II, 214-217, 219, 220. Nécessité de
- lui porter secours. 221, 233, 234, 236, 242. Mesures rigoureuses
- prises contre elle, 246-248, 251. Instance de Marie Stuart, pour
- que l'Ambassadeur s'oppose à ce qu'elle soit livrée au Comte de
- Huntingdon et au Vicomte de Hereford, 254, 256, 257, 261, 262.
- Supplications de Marie Stuart, pour que la France ne l'abandonne
- pas, 263, 268-272, 275, 278-282, 285-287, 289-291, 299-301,
- 303-307, 311-313, 319, 320, 331, 333, 338. Instances de Marie
- Stuart auprès d'Élisabeth, 343, 346, 349, 351-353, 355. État de
- ses affaires, 356, 357, 362-364, 369, 370. Elle est conduite à
- Coventry, 377, 381, 383, 386, 387. Projet d'Élisabeth de livrer
- Marie Stuart au Comte de Murray, 389, 390, 399, 400, 406, 408,
- 413. État de ses affaires, 414, 417, 420-422. Proposition de son
- mariage avec don Juan, 423, (_voy._ Mariage). Instance de Marie
- Stuart, pour obtenir son rétablissement en Écosse, ou la
- permission de passer en France, même en payant rançon, 428, 433,
- 435, 437.--III, 5, 6, 8, 12, 13, 15, 22, 23. Proposition de son
- mariage avec Leicester. 24. Propositions qui lui sont faites,
- _ibid._, 27-30, 34, 38, 42, 43, 45, 46, 49, 52, 53, 56, 62, 65,
- 66, 70, 72, 74, 75. Projet pour le rétablissement de Marie
- Stuart en Écosse et de la religion catholique en Angleterre,
- 76-78, 80, 81, 83, 87, 93, 95-97, 100-102, 103, 104, 106-108,
- 111, 114, 116, 118-120, 123-125, 131-136, 138-140, 142, 144-149,
- 154-156. Proposition d'un accord, touchant Marie Stuart et
- l'Écosse, 157, 159-162, 166-173, 176, 178. Conditions de sa
- restitution, 179, 180, 184, 185, 187, 189, 191-195, 197, 199,
- 200-203, 206-208, 213. Conditions du traité, 214, 219, 222, 224,
- 225, 227. _Mémoire._ Articles du traité, 228-230, 233-237, 240,
- 241, 248, 252-255, 259. Visite de Mr de Poigny à Marie Stuart,
- 263-267, 269, 271, 275, 277, 278, 282, 287, 292, 293, 296.
- _Mémoire secret._ Dévouement du Duc de Norfolk à Marie Stuart,
- 299, 300, 301, 305, 307, 308, 310, 311, 314, 319, 320. Cecil
- envoyé vers Marie Stuart, 321, 323, 324. Conditions qui lui sont
- proposées, 328-331, 335-338, 341-345. Négociation, 346, 350-352,
- 354, 357, 359-366, 368, 369, 371-374, 376-381, 385, 387.
- Opinions émises dans le conseil contre elle, 388-392, 394, 395.
- Sa maladie, 397, 398. Négociation, 399, 400, 403, 404, 409, 411,
- 412, 414, 421, 422, 428, 437, 441-444, 452, 457, 463, 465, 466,
- 471, 474, 475, 479, 480.--IV, 1. Négociation, 2-6, 14-16, 18-21,
- 25-27, 29, 33, 36, 37, 39, 47, 51, 52, 55-57, 69, 71, 72, 76,
- 77, 80-84, 90, 92, 104, 107, 108, 111-119, 121. Irritation
- d'Élisabeth, 122. Succès des partisans de Marie Stuart en
- Écosse, 139, 141, 145-147, 152, 154, 158-162, 172, 175, 177,
- 182-185, 194, 195, 197. Nouveau complot reproché à Marie Stuart,
- 198, 200, 203-205, 212, 213, 215, 221, 228, 229. Danger de Marie
- Stuart, 230, 233-239, 241-244, 246, 247, 250, 253-257, 259,
- 262-264, 270, 271, 274, 275, 278. Résolution d'Élisabeth de
- retenir Marie Stuart toute sa vie prisonnière, 283, 285, 287,
- 289, 292, 299. Libelle contre Marie Stuart, 301, 303, 305, 306,
- 308, 309, 311, 318, 320, 321, 323, 325-327, 330-332, 335, 338,
- 344, 350, 359, 363, 374, 375, 378, 379, 381, 384, 386, 387, 391.
- Lettre de Marie Stuart au Duc d'Albe, 393-395. Irritation
- d'Élisabeth, 397, 398, 401-405, 408, 413, 417, 423, 426, 429,
- 431, 438, 443, 451, 457. Danger de Marie Stuart, 460,
- 464-466.--V, 3-6. Détails, 8. Résolution prise contre Marie
- Stuart, 10, 11, 27, 37. Résolution, 42, 54, 64, 83, 114, 121.
- Danger de Marie Stuart, 133. Reproche fait à Marie Stuart, 157,
- 176, 183, 190, 199, 203, 210-212, 227, 235, 237, 247, 250, 266,
- 273, 290, 302, 308, 311, 319, 337, 364, 374, 379, 389, 390.
- Mission près de Marie Stuart, 392. Ses sollicitations, 394-396,
- 402, 411, 427, 442, 450, 452. Irritation d'Élisabeth, 470,
- 471.--VI, 34. Dénonciation contre Marie Stuart, 44, 64, 76, 122,
- 126, 142. Intelligence de Marie Stuart et du Roi d'Espagne, 168,
- 169, 204, 244, 245, 247, 251, 257, 263, 265, 271, 274, 276,
- 278, 279, 288. Danger de Marie Stuart, 289, 311, 312, 319, 328.
- 338, 341, 349, 355. État de ses affaires, 356, 361. Saisie de
- lettres, 362, 375, 376, 381, 391, 397, 398, 400, 404, 414, 419.
- 420. Danger de Marie Stuart, 427. Poursuites an sujet de Marie
- Stuart, 429, 440, 464, 475, 490. Mission donnée à l'Ambassadeur
- de se rendre auprès de Marie Stuart et en Écosse, et refus
- d'Élisabeth, 495. Craintes pour Marie Stuart, 497, 501, 502,
- 505, 506.--VII, 22, 35, 46, 47, 49, 51, 53, 54, 55, 57, 59-61,
- 68-73, 89, 92, 93, 96, 102-105, 109-117, 119, 120, 122, 126,
- 127, 129-134, 136-139, 142, 146, 150-159, 161-166, 168, 172-175,
- 181, 186-188, 193, 195, 197, 198, 201-203, 204, 206, 207, 209,
- 212-215, 218-222, 224, 225, 237, 238, 245, 247, 248, 250, 251,
- 254, 257, 258, 262, 263, 266, 270, 271, 275, 278, 282, 285-287,
- 289, 303, 305, 312, 313, 319, 321, 327, 337, 372, 387, 434, 447,
- 478.
-
- MARMOUTIERS en Touraine, _Marmoutier_, VII, 58.
-
- MARRAINE. Consentement d'Élisabeth à être marraine de la fille du
- Roi, V, 195. Son acceptation officielle, 218.--VII, 378, 399,
- _v._ Marie d'Autriche.
-
- MARSEILLE en Provence, I, 76.--III, 126.--VII, 359, 370.
-
- MARSO (Me), gouverneur des marchands à Londres, II, 412.
-
- MARSSHAL (Jean), marchand anglais, I, 174.
-
- MARTIGUES (Sébastien de Luxembourg, Vicomte de), I, 137, 140, 362,
- 389.--II, 68, 193, 206, 286.--VII, 7.
-
- MARTINENGUE (le Comte de), 417.
-
- MARTINEZ (le Sr de), agent de Mr de Laval à Londres, VI, 426.
-
- MARTINEZ (Pedro), marchand espagnol établi à Londres, I, 120.
-
- MASIN DELBÈNE (le capitaine), _Mazin_, VI, 7.--VII, 451.
-
- MATIGNON (Jacques de), VI, 72, 105, 112, 126, 144, 168, 302.--VII,
- 458, 467.
-
- MAURES (les) d'Espagne, _Mores_, I, 205.--II, 107.--Révolte des
- Mores, III, 124, 126, 144, 174, 183, 184, 226. Convention faite
- avec eux, 259, 333, 360, 375, 406, 426, 430.--IV, 8.--V, 139.
-
- MAUREVERT (Louviers de), _Mourevert_, VI, 475.
-
- MAURICE (Arthus), VI, 378.
-
- MAUVISSIÈRE (Michel Castelnau de), successeur de La Mothe Fénélon,
- I, 245.--IV, 343.--V, 7, 186. Sa mission en Angleterre à
- l'occasion du baptême de la fille du Roi, 213, 214, 215, 216,
- 217, 218, 221. Son audience de congé, 222, 236.--VI, 408, 437.
- Désigné comme successeur de La Mothe Fénélon, 479, 492, 496,
- 497. Son audience de présentation, 498, 499, 500, 506.--VII,
- 347, 368, 371, 399, 400.
-
- MAXWEL (lord de), _Maxouel_, IV, 455.
-
- MAYENCE (l'archevêque de), _Mayance_, III, 353.--VII, 135.
-
- MAINE (le Marquis du), _Mayne_, Blessé à Moncontour, V,
- 313.--Blessé à l'assaut de la Rochelle, VII, 67.
-
- _Mayne_ (le Marquis de), _v._ Maine (le Marquis du).
-
- MAYSONFLEUR (le capitaine), V, 263, 294, 392, 428.
-
- _Mazin_ (le capitaine), _v._ Masin.
-
- MEAUX en Brie, _Meaulx_, journée de Meaux, I, 27, 196.--V, 214.
-
- MEDINA CELI (le Duc de), _Medina Celly_, _Coeli_, III, 347, 371,
- 375, 426, 453.--IV, 74, 318, 402, 420, 454.--V, 43, 60, 117,
- 425.
-
- _Melain_, (le capitaine), _v._ Melvin.
-
- _Meldebourg_, _v._ Middelbourg.
-
- MELENDES (Pero), amiral Espagnol, IV, 17.--VI, 213.
-
- _Melin_ (Robert), _v._ Melvin.
-
- MELUN dans l'Île-de-France, _Meleun_, V, 359.--VII, 365.
-
- MELVIN (le capitaine), _Melain_. Il fait une sortie du château
- d'Édimbourg, IV, 139. Sa mort, 152.
-
- MELVIN (Robert), _Melin_, _Melvyn_, III, 118.--IV, 279.--Pris dans
- le château d'Édimbourg, V, 392, 397. Il est mis en liberté
- 451.--Son _frère_, agent du comte Palatin, VI, 249.
-
- MÉMOIRES GÉNÉRAUX de l'Ambassadeur, I, 73, 96, 164, 225, 320, 384,
- 403.--II, 42, 104, 196, 299.--III, 54, 72, 93, 122, 144, 181,
- 225, 250, 294, 331, 360, 389, 421, 462.--IV, 14, 61, 306, 408,
- 450.--V, 230, 234, 239, 255, 263, 275, 282, 284, 303, 315, 366,
- 376, 378, 389.--VI, 92, 160, 181, 185, 217, 229, 306, 312, 337.
-
- MÉMOIRES SECRETS de l'Ambassadeur, I, 104, 169, 233, 258,
- 329.--II, 269, 351, 356, 417, 421.--III, 27, 76, 95, 125, 148,
- 185, 228, 254, 299, 466.
-
- MENDOCE (don Bernardin de), envoyé par Philippe II en Angleterre
- après la Saint-Barthèlemy, _Mandossa_, _Mendossa_, VI, 184, 195.
- Son audience, 197, 199. Détails de sa négociation, 217, 219,
- 222, 223, 253, 418.
-
- MENDOCE (Jean), _Mendossa_, retenu prisonnier en Irlande, I, 352.
-
- _Mensfelt_, (le Comte de), _v._ Mansfeld.
-
- MERLEY, l'un des chefs des révoltés du Nord, VI, 95.
-
- MÉRU (Charles de Montmorenci, seigneur de), 3e fils du connétable,
- frère du Duc de Montmorenci et du maréchal de Damville. Se
- réfugie en Angleterre après l'arrestation de son frère, VI, 229,
- 233, 235, 237, 242. Négociation de Mr de Méru, 248, 269, 292,
- 301, 305, 308, 310, 312, 314, 339, 340, 355, 357, 362, 378, 380,
- 414, 422, 425, 442, 443, 448. Son départ pour l'Allemagne, 456,
- 461, 469, 470, 471, 482, 491.--Ses deux _frères_, VI, 414, _v._
- Montmorenci (le Duc de) et Damville (le maréchal de).
-
- MÉSINTELLIGENCES à la cour de France, VI, 65.
-
- MESLAY SUR LOIRE, ville prise par les protestants, _Mesle_, I,
- 147.
-
- MÉZIÈRES en Champagne, _Mésières_, III, 353, 383.--VII, 135, 142,
- 155, 160, 163.
-
- MÉZIÈRES (la dame de), VII, 3.
-
- MESSEN (madame), V, 354.
-
- METZ en Lorraine, _Mets_. Voyage de Metz, V, 447, 459.--VII, 16,
- 429.--Les _soldats_ de Metz, I, 43.
-
- MEXICO, nom sous lequel se trouve désigné le port de la Vera Cruz
- au Mexique. Désastre de la flotte de sir John Hawkins, I, 179,
- 182, 272.
-
- MEYNIER, ministre protestant réfugié en Angleterre, I, 38.
-
- MICHEL (le capitaine) de Cornwal, _Cornaith_, I, 214.
-
- MICHELS (les armateurs) de Plymouth, _Plemmue_. Des lettres de
- marque leur sont données, I, 26. Elles leur sont retirées, 55,
- 87.
-
- MIDDELBOURG, dans les Pays-Bas, _Meldelbourg_, _Mildelbourg_, V,
- 456.--VI, 31. Est pris sur les Espagnols par les Gueux, 48, 76.
-
- MIDDLESMOOR (Me), _Mildemor_, _Milmor_, I, 232, 281.--IV, 440.--V,
- 38, 39, 41, 44, 52, 59.--VII, 296.
-
- MIGEAN (le Sr), réfugié en Angleterre après la Saint-Barthèlemy,
- V, 155.--Et son _fils_, V, 155.
-
- MIGNON (le), navire, I, 183.
-
- MILAN (l'état ou duché de), VI, 241, 338.
-
- _Mildelbourg_, _v._ Middelbourg.
-
- _Mildemor_, _Milmor_, _v._ Middlesmoor.
-
- MILDMAY (le chevalier Walter), _Mildmay_, _Milme_, _Milmey_, I,
- 170, 175, 267.--II, 285.--III, 305, 307, 311, 314, 319, 320,
- 327, 335, 361, 429.--IV, 3, 109, 372.--VII, 134, 149.
-
- MILLAR (Jehan), marchand anglais, I, 174.
-
- _Milmay_, _Milme_, _v._ Mildmay.
-
- _Mioncens_ (de), _v._ Miossens.
-
- MIOSSENS (Henri d'Albret, Baron de), _de Mioncens_. Envoyé par le
- Roi de Navarre auprès du Roi de Pologne après la mort de Charles
- IX, VI, 148.
-
- _Mirabeau_, _v._ Mirebeau.
-
- MIRAMBEAU (le Baron de), _Miranbeau_, VI, 358, 482.
-
- MIREBALAIS (le), dans le Haut-Poitou, _Myrebalays_, _Myrebalais_,
- I, 139, 142.
-
- MIREBEAU en Poitou, _Mirabeau_, VII, 66.
-
- MISERY (le Sr de), envoyé par le Roi auprès des protestants, VI,
- 482.
-
- MOLIENS (le Sr de), V, 292, 296.--VI, 122.
-
- _Monbrun_ (le capitaine), _v._ Montbrun.
-
- MONCEAUX ou MOUCEAUX près Paris, _Monceaulx_, VII, 232, 233.
-
- MONCONTOUR (victoire de), remportée par le Duc d'Anjou, sur
- l'Amiral Coligni, le 3 octobre 1569, II, 281, 286, 287, 291,
- 292. Effet produit à Londres par cette victoire, 294, 296, 298,
- 309, 311, 312, 314, 337, 354, 359, 386, 388.--VII, 62-64.
- Relation sommaire de la bataille, 65, 66.
-
- MONDOUCET (Mr de), agent du Roi en Flandre, _Mondocet_,
- _Mondoulcet_, IV, 316, 322.--VII, 279.
-
- MONDURANT (le capitaine), ou _Montdurant_, nom de guerre de La
- Moyssonnyère, _v._ La Moyssonnyère.
-
- _Monluc_, _v._ Montluc.
-
- MONPIPEAU près Paris, VII, 294.
-
- MONS dans les Pays-Bas, _Monts_, _Montz_, V, 44, 78, 153, 161,
- 162, 182.--VII, 314.
-
- MONSALÈS (Mr de), _Monsaleys_, I, 141, VII, 2.
-
- MONSIEUR, _v._ Henri, Duc d'Anjou.
-
- MONT (le docteur), _v._ Dumont.
-
- MONTAFIÉ (le Sr de), envoyé de France à Élisabeth après la
- bataille de Jarnac, _Montaffier_, I, 300. Son audience, 302,
- 303, 305-308, 312.
-
- MONTAIGU (le lord Vicomte de), beau-frère de lord Dacre,
- _Montégu_, I, 198.--II, 348, 379, 382, 385, 423, 424.--III, 227,
- 391.--VI, 18, 32.
-
- MONTAUBAN, dans le Haut-Languedoc, _Montaulban_, _Monthaulban_, I,
- 147--II, 162, 393.--III, 182.--V, 367.--VI, 283.--VII, 78, 428.
-
- MONTBRUN (le capitaine), _Monbrun_, VI, 288, 362, 475.
-
- MONTCLAR (le Vicomte de), l'un des quatre vicomtes, I, 172, _v._
- Vicomtes (les).
-
- _Montégu_ (lord de), _v._ Montaigu.
-
- MONTGOMMERY (Gabriel de Lorges, Comte de), _Mongommery_,
- _Montgomeri_, _Montgomery_, _Montgommory_, I, 148, 362.--II, 8,
- 162, 322, 333.--IV, 293, 296. Montgommery à Londres, 298, 299,
- 311, 318. Sa négociation, 319.--V, 135, 136, 145, 155, 175.
- Réfugié à Jersey après la Saint-Barthèlemy, 135, 136. Refus
- d'Élisabeth de livrer Montgommery, 155, 202, 207, 209, 240, 242,
- 250. Ses armements et ses projets, 260, 262. Ses préparatifs de
- guerre, 263, 265. Efforts de l'Ambassadeur pour empêcher
- l'exécution de ses projets, 268, 269, 270, 271. Expédition de
- Montgommery, 273, 274, 278, 279, 280, 282, 284, 286. Négociation
- au sujet de Montgommery, 289, 293, 294, 304-307, 309. Départ de
- son expédition, 310, 312, 313, 314, 317, 319. Sa retraite de
- devant la Rochelle, 321, 322, 323, 324, 326, 330, 331, 332, 338,
- 339, 340, 343, 344, 347, 354, 355, 361, 364, 372, 375, 384, 393.
- Soupçon contre Montgommery, 402, 412, 428, 429, 462. Sa
- soumission, 466, 467. Il se rend à Jersey, 469.--VI, 18, 51, 59.
- Craintes qu'il inspire à l'Ambassadeur, 62. Soupçons contre lui,
- 67. Sa descente en France, 69, 71, 72. Protestation d'Élisabeth
- au sujet de la nouvelle expédition de Montgommery, 73. Prise de
- Carentan par Montgommery, 77, 78, 79. Motifs justificatifs de sa
- prise d'armes, 80, 86, 89, 92, 93, 96, 103, 105, 108, 112, 120,
- 123, 125, 126. Il est fait prisonnier, 142, 148, 161. Son
- exécution, 167, 169, 175, 181, 187, 192, 252, 328.--VII, 10, 56,
- 57, 80, 330, 338, 353, 382, 386, 396, 397, 411, 412, 415, 419,
- 420, 455, 456, 459, 465, 466.--Ses _fils_, V, 470.--VI, 51, 92,
- 355, _v._ Lorges (de).--Le _frère_ du Comte de Montgommery, tué
- de guet-apens, VI, 77.--Son _beau-frère_, V, 175, 393, 428.--Ses
- _enfants_ et _petits enfants_, V, 384. 462.--VI, 89.--Ses
- _filles_, V, 462.--L'une de ses _filles_, veuve, V, 470.--Sa
- _fille_ mariée à sir Arthus Chambernon, IV, 298.--V, 136.--VI,
- 123.--VII, 466.--Son _beau-fils_, V, 319.
-
- MONTGOMMERY (la Comtesse de), femme du précédent, II, 281.--V,
- 340, 344, 384.--VI, 29, 51, 59, 74, 75, 89, 92, 120, 301.--La
- famille de la Comtesse de Montgommery, VI, 301.
-
- MONTGOMMERY, capitaine écossais, V, 453, 455.
-
- _Monthaulban_, _v._ Montauban.
-
- MONT-LEROY (le Sr de), VI, 101.
-
- MONTLOUET (Mr de). Sa mission en Angleterre pour les affaires
- d'Écosse, III, 33, 34, 37-43, 45, 47, 49, 54, 62, 87.--VII,
- 77-79, 90, 93, 94.
-
- MONTLUC (Blaise de Lasseran-Massencome, seigneur de), maréchal de
- France, _Monluc_, I, 137, 356.--VI, 348.--VII, 24, 56.
-
- MONTLUC (le jeune capitaine), l'un des fils du précédent, est
- arrêté en Angleterre en revenant de Pologne, V, 154.
-
- MONTMÉDY (le Sr de) est fait prisonnier à Jarnac, VII, 10.
-
- MONTMORENCI (la maison de), _Montmorency_, VI, 313, 314, 339. Les
- _trois frères_ de Montmorenci, VI, 417, _v._ Montmorenci (le Duc
- de), Damville (le Maréchal de) et Méru (Mr de).
-
- MONTMORENCI (Anne de), Connétable de France, II, 182, 183.--VI,
- 313.--Madame _la Connétable_ sa femme, VI, 233.
-
- MONTMORENCI (François, duc de), Maréchal de France, fils aîné du
- Connétable, I, 415.--IV, 94, 134, 165, 168, 170, 174, 175, 211,
- 214, 311, 366, 368, 432, 433. Ordre de la Jarretière donné à Mr
- de Montmorenci, 436, 437, 438, 444, 446, 449, 450, 453, 459,
- 462-464, 466, 469.--Sa mission en Angleterre avec Mr de Fois à
- l'occasion du traité d'alliance et du projet de mariage
- d'Élisabeth avec le Duc d'Anjou, V, 7, 9-19, 23-31, 35-39,
- 42-44, 46-48, 50, 53, 57, 61-63, 66, 69, 72, 86, 92-94, 103,
- 151, 403.--VI, 66, 109. Il est arrêté à l'occasion du complot de
- Saint-Germain, 110, 111, 113, 115, 122, 133, 138, 181, 234, 238,
- 269, 315.--VII, 204, 289-294, 298, 305-307, 312, 316, 320, 336.
-
- MONTMORENCI (Henri de), Maréchal de Damville, _v._ Damville.
-
- MONTMORENCI (Charles de), seigneur de Méru, _v._ Méru.
-
- MONTMORYN (Mr de); _Montmorin_, I, 66, 67.
-
- MONTPELLIER en Languedoc, _Montpélier_, VI, 288.
-
- MONTPENSIER (Louis de Bourbon, 2e du nom, Duc de), Prince Dauphin
- d'Auvergne, I, 137, 148, 293, 431.--III, 402.--V, 111.--VI, 105,
- 148, 288, 340, 348, 353, 372.--VII, 4, 7, 78, 231, 458.
-
- MONTPENSIER (madame de Nevers de), IV, 127, 207.--VII, 231.
-
- MONTPENSIER (Charlotte de), ancienne abbesse de Jouarre, Princesse
- d'Orange par son mariage avec le Prince d'Orange, _voy._ Jouarre
- (Mme de).
-
- MONTPENSIER (mademoiselle de), fille du Duc de Montpensier, V, 40,
- 111.
-
- _Montrebelay_, _Montrubelay_, près Saumur, en Anjou, I, 146, 147,
- peut-être Montrevault.
-
- MONTREUIL-SUR-MER en Picardie, III, 478.
-
- MONTROSE dans le comté de Forfar, en Écosse, _Montroz_, III, 335.
-
- MONTSALLES (Mr de), _v._ Monsalès.
-
- _Mora_ (le Comte de), _v._ Murray (le Comte de).
-
- _Morconnel_ (le sir de), seigneur anglais compromis dans la
- révolte du Nord, II, 348.
-
- MORES (les), _v._ Maures.
-
- MORES (le capitaine Thomas), I, 214.
-
- MORETTE (le Comte de), _Morète_, I, 362.
-
- MORGUEN (le capitaine), IV, 410.--V, 281, 309.--VI, 472, 493.
-
- MORICE (le capitaine), I, 214.
-
- MORLEY (lord de), beau-fils du Comte de Derby, _Morlay_, _Morle_,
- II, 348.--III, 196, 199.
-
- MORLAIX en Bretagne, _Morleys_, VII, 181.
-
- MORT du Roi Charles IX. Nouvelle de la mort du Roi, VI, 138, 139.
- Communication officielle faite à Élisabeth, 150, 151.--VII, 468.
-
- MORTAIN dans la basse Normandie, _Mortaing_, VII, 115.
-
- MORTON (le Comte de), régent d'Écosse en 1572, après la mort du
- Comte de Mar, _Morthon_, _Mourton_, I, 57, 301.--II, 204, 279,
- 390.--III, 45, 46, 52, 74, 83, 98, 107, 118, 152, 156, 159, 167,
- 170, 172, 175, 200, 237, 367, 400, 437, 465, 471, 479, 481.--IV,
- 2, 3, 5, 14-16, 18, 19-21, 26, 33, 34, 36, 37, 39, 47, 51, 52,
- 56, 90, 115, 121, 122, 138, 139, 140, 154, 172, 177, 185, 194,
- 195, 198, 199, 206, 211, 212, 215, 228, 230, 237, 267, 310, 313,
- 425.--V, 156, 211. Il est déclaré régent d'Écosse, 224, 227,
- 231, 238, 243, 244, 253, 259, 261, 291, 292, 305, 306, 308, 309,
- 311, 312, 315, 324, 327, 329, 331, 357, 344, 348-350, 355, 362,
- 364, 374, 375, 378, 383-385, 387, 391, 392, 397, 402. Ses excès,
- 410, 411, 413, 418, 430, 441, 450, 451, 456.--VI, 5, 32, 33, 64,
- 76, 122, 126, 142, 166, 185, 204, 211, 227, 247, 265, 274, 279,
- 287, 293, 342, 376, 381, 404, 415, 424, 427, 430, 440, 441, 451,
- 459, 464, 472, 481, 497.--VII, 197, 201, 202, 206, 208, 209,
- 211, 213, 237, 245, 246, 247, 255, 360, 409, 419.--La _femme_ du
- Comte de Morton, sa mort, VI, 247.
-
- MORVILLIERS (Mr de), évêque d'Orléans, _Morvillier_, I, 265.--IV,
- 311.--Sa lettre à La Mothe Fénélon sur les devoirs d'un
- ambassadeur, VII, 97.
-
- MOSCOVIE, _Moscouvie_, _Moscouvye_. Arrivée à Londres d'un
- ambassadeur du Duc de Moscovie, II, 192. Ambassadeur
- d'Angleterre en Moscovie, 260.--L'ambassadeur de Moscovie, III,
- 375.--V, 342, 364, 427.
-
- MOSELLE (la), rivière de France, _Mozelle_, I, 185.
-
- MOULINS (le Sr), plaintes de Marie Stuart contre lui, II, 437.
-
- _Mourevert_, _v._ Maurevert.
-
- MOUCEAUX, _v._ Monceaux.
-
- MOUVEMENTS dans les comtés de Suffolk et de Norfolk, II, 135.
-
- MOUY (le Sr de), _Mouny_, I, 415.--Le _jeune_ Mouy, II, 152.--VII,
- 332.--La _fille_ de madame de Mouy, III, 39.
-
- _Moissonnyère_, _v._ La Moyssonnyère.
-
- MUER (le capitaine), gentilhomme écossais, II, 281.
-
- MUNSTER, en Westphalie, III, 249.--L'_évêque_ de Münster, III,
- 249.
-
- MURRAY (le Comte de), bâtard d'Écosse, fils naturel de Jacques V
- et de Marguerite Erskine, frère consanguin de Marie Stuart,
- régent d'Écosse, _le Comte de Mora_, I, 12, 41, 49, 50, 57, 58,
- 79-82, 101, 102, 155. Secours fournis au Comte de Murray par
- Élisabeth, 161, 180, 188, 195, 232, 300, 312, 328, 342, 344,
- 348, 349, 356, 369, 376, 378, 379, 381-383.--II, 28, 58, 65, 76,
- 115, 123, 136, 143, 149, 154, 155, 168, 179, 204, 205, 206,
- 209, 210, 212, 217, 233, 242, 275, 279, 302, 304, 312, 313, 320,
- 349, 362, 365, 389, 390, 399, 401, 427, 435.--III, 4, 8, 15, 22,
- 30, 31, 34. Sa mort, 39, 40, 43-45, 52, 54, 55, 57, 74, 79, 107,
- 116, 117, 171, 180, 265, 329, 392.--IV, 243.--VII, 60.
-
- _Murus_ (Jacobus), ministre d'Élisabeth, chargé de la saisie des
- gallions d'Espagne, I, 349, 351.
-
- _Myrebalais_, _Myrebalois_, _v._ Mirebalais.
-
-
-N.
-
- NANCY en Lorraine, V, 461, 463, 464, 473.
-
- NANTES en Bretagne, VI, 49, 362.
-
- NAPLES, I, 295.--VI, 477, 481.
-
- NARBONNE en Languedoc, VI, 111, 288.
-
- NARVA, ville de Russie dans le golfe de Finlande, _Narves_, II,
- 192.
-
- NASSAU (le pays de), duché en Allemagne, _Nausau_, III, 348.
-
- NASSAU (le Prince d'Orange de), _v._ Orange (le Prince d').
-
- NASSAU (le Comte Ludovic ou Louis de), frère du Prince d'Orange,
- _Nasseau_, _Nausau_, _Naussau_, I, 43.--II, 99.--III, 464.
- --IV, 48, 91.--V, 259, 272, 274, 290, 425.--VI, 93.
-
- NASSAU (Maurice de), le fils du Prince d'Orange, VI, 359.
-
- NAVARREINS en Béarn, _Navarrin_, II, 244.--VI, 56.
-
- NAU, serviteur de Marie Stuart, VI, 311.
-
- _Naussau_ (le Comte Ludovic de), _v._ Nassau.
-
- NAVARRE (la), IV, 374.
-
- NAVARRE (la Reine de), _v._ Jeanne.
-
- NAVARRE (le Prince et le Roi de), _v._ Henri.
-
- NAVARRE (la jeune Reine de), _v._ Marguerite.
-
- NAVARRE (Catherine de Bourbon, Princesse de), soeur du Roi de
- Navarre, depuis Henri IV, II, 391.--III, 301.--IV, 91.--VI,
- 230.
-
- NEMOURS (Jacques de Savoie, Duc de), I, 305.--II, 21, 71.
-
- NESLE, (l'abbaye de), en France, VI, 123, 124.
-
- _Neufcastel_, _Neufcasthel_, _Neufchastel_, _v._ Newcastle.
-
- NEUFVILLE (Nicolas de), seigneur de Villeroy, ministre secrétaire
- d'état de Charles IX, VI, 105, 148.--VII, 11, 16, 27, 65.
-
- NEVERS (Mr de), V, 313.
-
- NEVERS (Mad. de), de Montpensier, _v._ Montpensier.
-
- NEVERS (Mlle d'Île de), _v._ Isles de Nevers.
-
- NEWCASTLE dans le Northumberland, _Neufcastel_, _Neufcasthel_,
- _Neufchastel_, II, 28, 378, 417.--III, 128.--IV, 335.
-
- NEWPORT dans l'île de Wight.--Les _habitants_ de Newport, I, 351.
-
- NAINES de Catherine de Médicis, VI, 335.
-
- NICOSIE dans l'île de Chypre, _Nicocye_, III, 406.
-
- NIMÈGUE, dans les Pays-Bas, _Nimegen_, _Nimeguen_, III, 208, 285.
-
- NIORT en Poitou, _Nyort_, I, 138, 147.--II, 161, 162.--VII, 29.
-
- NISMES en Languedoc, _Nymes_, VI, 283, 356.--VII, 428.
-
- NOCES (les) du Roi, III, 381. _v._ Mariage du Roi.
-
- NOCES GALLIQUES (les), dont il faut se défier en Angleterre, V,
- 192.
-
- NOERGUERME (Mr de), envoyé du Duc d'Albe en Angleterre, III, 374.
-
- NONCE (le) du Pape, II, 351.--III, 255, 479.--IV, 25.--VII,
- 195, 440.--Les _Nonces_, III, 361.
-
- _Nonchic_ ou _Noncich_, maison du Comte d'Arundel, I, 115.--III,
- 81.
-
- _Norampthon_, _v._ Northampton.
-
- NORD (Révolte du) en Angleterre, _v._ Révolte du Nord.
-
- _Noremberg_, _v._ Nuremberg.
-
- _Norempton_, _Norenton_ (le Marquis de), _v._ Northampton.
-
- NORFOLK (le comté de), _Norfolc_, I, 325, 398.--II, 142, 185,
- 199, 252, 272, 360.--III, 27, 28, 227, 246, 250.--IV, 350.
-
- NORFOLK (Thomas Howard, quatrième Duc de), I, 11. Ses projets, 17.
- Projet de son mariage avec Marie Stuart, 18, (_voy._ Mariage),
- 34, 79, 82, 175, 235. Ses menaces contre Cecil, 258, 267, 385,
- 405, 412.--II, 51, 53, 85, 96, 120, 123, 126, 127, 130, 132,
- 194, 196, 199, 216, 217, 219, 223, 236. Irritation d'Élisabeth
- contre lui, 247, 251, 252, 255, 256. Son départ subit de la
- cour, 257, 259. Son retour, 260-263, 268. Détails sur le départ
- du Duc de Norfolk, 269. Son arrestation, 270-272. Il est mis à
- la Tour, 278, 279. Procédure criminelle contre lui, 284.
- Commissaires nommés pour le juger, 285, 289, 299-301. Détails
- circonstanciés de tout ce qui a rapport à l'affaire du Duc de
- Norfolk, 300. Chefs d'accusation contre lui, 302, 303, 304, 313,
- 331, 336, 347, 353, 355. Irritation d'Élisabeth, 356, 362-364,
- 369, 381, 386. Interrogatoire du Duc de Norfolk, 406, 408, 412,
- 414. Instance faite auprès du Duc de Norfolk pour qu'il renonce
- à épouser Marie Stuart, 420, 421, 425.--III, 14, 21, 24, 27,
- 29, 42, 44, 45, 68, 74, 76, 77, 78, 97, 102, 103, 104, 106, 123,
- 173. Chefs d'accusation contre lui, 180, 184, 193, 197, 224,
- 227, 239. Délibération, 246, 250, 252, 253, 258, 260, 264. Il
- est mis en liberté, 299, 390, 391, 422, 452, 456.--IV, 46, 82,
- 83, 92. Nouvelle accusation contre le Duc de Norfolk à raison de
- l'argent envoyé pour Marie Stuart, 138, 154, 205, 227. Le Duc de
- Norfolk est mis à la Tour, 228. Procédure, 229, 233-235, 244,
- 246, 248, 261, 262, 264-266, 288. Irritation de Leicester contre
- le Duc de Norfolk, 292, 294. Accusation de lèze-majesté contre
- le Duc de Norfolk, 295, 297, 319, 321. Il est mis en jugement,
- 325-327, 335, 338, 340. Sa condamnation, 346. Détails sur la
- condamnation du Duc de Norfolk, 350. Déclaration du Duc de
- Norfolk lors de sa condamnation, 351, 352, 358. Sollicitations
- en sa faveur, 359, 364, 380, 381, 386, 391, 410, 423, 425, 427,
- 457.--Exécution du Duc de Norfolk, V, 6. Détails, 8, 10, 24.
- --VI, 361.--VII, 35, 53, 57, 58, 68-73, 125, 214, 254, 257,
- 272, 282, 285, 287, 288.--Sa _mère_, IV, 359.--Son _fils_,
- _v._ Surrey.
-
- _Norhampton_ (le Marquis de), _v._ Northampton.
-
- NORMANDIE (la), I, 11. Crainte d'une entreprise sur la Normandie,
- 190, 211, 220, 238, 244, 246, 276, 282, 320, 331, 334, 393.
- --II, 33, 64, 110, 141, 153, 198, 244, 273, 350.--III, 209,
- 210, 216, 226, 257, 295.--IV, 207.--V, 155, 252, 261, 269,
- 274, 385, 387, 426.--VI, 7, 44, 50. Expédition de Montgommery,
- 69, 73, 77, 80, 86, 105, 120, 125, 134, 135, 137, 181, 187, 196,
- 202, 203, 206, 281-283, 311, 340, 364, 481.--VII, 26, 29, 64,
- 100-104, 114, 121, 268, 338, 345, 381, 388, 396, 434, 458, 467.
-
- NORMANDIE (la Basse-), II, 274.
-
- NORMANDS (les), I, 77, 151.--V, 202.
-
- _Norpont_, forteresse dans le nord de l'Angleterre, II, 378.
-
- NORRIS (le chevalier Henri de), ambassadeur d'Angleterre en
- France, _Noreys_, _Noris_, _Norreys_, _Norrys_, _Norryss_,
- _Norryz_, I, 86, 105, 127, 128, 171, 238, 239, 252, 272, 274,
- 319, 324, 362.--II, 8, 16, 66, 67, 69, 101, 137, 171, 178, 206,
- 220, 234, 287, 291, 312, 320, 335, 341.--III, 13, 34, 61, 70,
- 75, 80, 82, 89, 100, 103, 226, 240, 245, 252, 255, 256, 262,
- 272, 275, 280, 290, 301, 311, 319, 320, 355, 364, 372, 373, 376,
- 378, 379, 408, 431, 432.--Il est remplacé par Walsingham, IV,
- 9.--VII, 12, 14, 29, 84, 110, 135-139, 152, 157, 161, 167, 168,
- 176, 177, 188, 194.--Sa _femme_, I, 245, 273.--III, 33, 311.
- --Son _fils aîné_, I, 216.--II, 82, 83.--III, 9, 35.
-
- NORTH (lord de). Sa mission en France, VI, 236, 250, 252.
- Conférence de l'ambassadeur avec lord de North, 255, 258, 262.
- Ses instructions, 263, 264, 273, 278, 284, 285, 286, 292, 294.
- Son arrivée en France, 295, 297, 306, 309, 311. Son retour, 312,
- 316, 321. Emportement d'Élisabeth sur les rapports qui lui sont
- faits par lord de North, 322, 324, 325-327, 329. Rapports de
- lord de North, 330-333. Demande d'explication, 334-337, 339,
- 341, 342, 349, 350, 353, 374, 377. Explications, 378, 382, 383,
- 385-388.
-
- NORTHAMPTON, capitale du comté, _Norampthon_, V, 91.
-
- NORTHAMPTON (le Marquis de), _Norampton_, _Norampthon_,
- _Norhampton_, _Norempton_, _Norenton_, I, 82, 236, 405.--II,
- 285, 311.--III, 135, 172, 191, 429, 462.--IV, 3, 80, 94.
- --VII, 228.
-
- NORTHUMBERLAND (le Comte de), _Northombelland_, _Northomberland_,
- I, 259.--Prise d'armes par le Comte de Northumberland, II, 347.
- Il se rend maître de Durham, 348, 362. Il est déclaré rebelle,
- 370, 372, 375, 378. Dégradation de ses armoiries, 379, 398, 401,
- 402, 411, 417, 419, 421-427.--III, 4, 6, 8, 11. Il est fait
- prisonnier par les Écossais, 15, 22, 27, 30, 34, 35, 38, 39, 45,
- 54, 77, 98, 112, 114, 118, 123, 146, 149, 176, 329.--IV, 324,
- 363. Il est livré aux Anglais, 454.--V, 60. Son exécution, 118,
- 211.
-
- NORTHUMBERLAND (la Comtesse de), femme du précédent, III, 8, 310,
- 476.--IV, 2, 92, 453.--VI, 209.--VII, 214.
-
- NORTON (le sir de), _Northon_, prend part à la révolte du Nord,
- II, 348, 411.--Exécution des trois frères de Norton, III, 173.
-
- NOTIFICATION faite par Élisabeth que ses ports sont fermés, II,
- 260.
-
- NOTRE-DAME DE PARIS, III, 290.--V, 409.--VII, 319, 440.
-
- NOTTINGHAM, capitale du comté. _Nutingame_, II, 254.
-
- NOYERS en Bourgogne, I, 137.
-
- NOYON, dans l'Île-de-France, _Nouyon_, VII, 18, 19.
-
- NUREMBERG en Bavière, _Norunberg_, III, 51.--V, 347.
-
- _Nutingame_, _v._ Nottingham.
-
- _Nymes_, _v._ Nismes.
-
- _Nyort_, _v._ Niort.
-
-
-O.
-
- OBEY (Mad.), veuve d'un ambassadeur d'Angleterre, en France, II,
- 304.
-
- OCCIDENT (commerce avec l'), II, 225.
-
- _Ocester_ (le Comte d'), _Ocestre_, _v._ Worcester.
-
- _Ochester_ (le Comte d'), _Ochestre_, _v._ Worcester.
-
- _Oesmestre_, _Oexmestre_, _v._ Westminster.
-
- _Oestoc_, _v._ Woodstock.
-
- OFFLEY (Hugues), marchand anglais, I, 138, 174.
-
- OGILVIE (lord), _Ogilby_, I, 379.
-
- OLAIN (le Sr de), l'un des amiraux du Prince d'Orange, III, 17,
- 23, 52.
-
- _Olande_, _v._ Hollande.
-
- OLONNE, en Poitou, _Oulonne_, III, 115.
-
- OLSAMER (le capitaine Hans), _v._ Hans Olsamer.
-
- _Olstein_ (le Duc d'), _v._ Holstein.
-
- OLSTOC (Christophe), contrôleur de la marine en Angleterre,
- _Haulstoc_, _Holstoc_, I, 160, 201, 270.
-
- OLIVE (Jehan), marchand, Vicomte de la cité de Londres, I, 174.
-
- O'NEILL (la famille des), l'une des premières familles d'Irlande,
- «les principaux _O'Nels_ d'Irlande,» VI, 96.
-
- O'NEILL, «le grand chef _Onniel_, dernier décédé,» (1568), I, 45.
-
- O'NEILL, le principal chef des révoltés d'Irlande, _Onniel_, I,
- 45, 86, 195--II, 111.
-
- O'NEILL (_Tornoleur_), _L'O'Nel Tornoleur_, neveu de «l'autre
- grand _O'Nel_, qui a eu la tête tranchée en Angleterre,» se met
- à la tête des Irlandais révoltés, IV, 340.
-
- O'NEILL (Mac), _v._ Mac O'Neill.
-
- _Onteley_ (le Comte d'), _v._ Huntley.
-
- ORAN, ville de Barbarie, sur les côtes d'Afrique, VI, 328.
-
- ORANGE, capitale de la principauté d'Orange en France, _Oranges_.
- Émeute dans cette ville contre les protestants, IV, 49.--VII,
- 215.
-
- ORANGE (Guillaume de Nassau Dillembourg, Prince d'), _d'Orange_,
- I, 20, 21, 45, 58, 60, 61, 65, 75, 77, 85, 86, 100, 106, 124,
- 149, 155, 172. Il est repoussé hors de France, sa retraite, 180,
- 185, 195, 202, 271, 280, 310, 340, 415.--II, 49, 50, 62, 166,
- 167, 175, 176, 191, 200, 221, 235, 239, 251, 316, 354, 396, 404.
- --III, 7, 11, 16, 17, 23, 25, 32, 36, 45, 51, 52, 57, 64, 86,
- 109, 120, 127, 132, 141, 156, 182, 194, 208, 210, 216, 250, 259,
- 348, 445, 463.--IV, 17, 70, 105, 141, 228, 247, 268, 390, 391.
- Prises faites par la flotte du Prince d'Orange, 427, 464, 465.
- --V, 4, 43, 78, 79, 89, 153, 161. Retraite du Prince d'Orange,
- 198, 199, 202, 209, 211, 223, 226, 234, 243, 262, 293, 312.
- Communication faite par le Prince d'Orange, 348, 384, 392, 410.
- Secours qui lui est envoyé, 413, 425, 428, 452, 453.
- Sollicitations du Prince d'Orange, 455. Ses succès, (guerre des
- Gueux), 456.--Ses succès, VI, 31, 45, 48, 63, 81, 93, 110, 112,
- 126, 129, 130, 149, 167, 169, 197, 219, 237, 240, 280, 288, 328,
- 339, 359, 396, 443, 450. Marié à madame de Jouarre (Charlotte de
- Montpensier), 459, 483, 497.--VII, 42, 256, 314, 339, 478.
- --Son _fils_, _v._ Nassau (Maurice de).
-
- ORCADES (les), îles au nord de l'Écosse, IV, 8.
-
- ORDONNANCE d'Élisabeth contre les pirates, I, 175, 266.--II, 163.
-
- ORDRE de Saint-George, V, 15.
-
- ORESTE, I, 52.
-
- _Oriane_, nom sous lequel Élisabeth se trouvait désignée dans des
- pamphlets, I, 126.
-
- ORIENT, commerce avec l'Orient, II, 223.
-
- ORLÉANS, capitale de l'Orléanais, II, 9, 21, 72.--III, 115.
- Massacres d'Orléans, V, 138, 146.--VII, 28, 30, 32, 33, 36.
-
- ORMOND (le Comte d'), _Hormont_, _Ormont_, I, 1, 45, 195, 390.
- --II, 111, 142, 201, 279.--III, 427.--IV, 290, 340, 359, 384.
- --VI, 6.--Ses deux _frères_, II, 240, 275.--Son _frère_, I,
- 86.--Son _jeune frère_, II, 81, 111.
-
- ORNÉ (le Sr), Anglais, VI, 220.
-
- ORSAY (le capitaine), gouverneur de l'île de Wight, _Horsy_,
- _Orsey_, _Oursay_, I, 121.--II, 75, 238.--IV, 16, 17, 156.
- --Sa mission en France, V, 352, 353, 355, 356, 357, 359, 360,
- 362, 365, 366-371, 373. Son retour, 375, 376, 378, 384.--VII,
- 428.
-
- ORSINI (le cardinal), _Ursin_, sa légation en France, V, 205, 206,
- 210, 232.--VII, 395.
-
- ORTHEZ en Béarn, _Orthays_, VII, 56.
-
- _Ostradam_, en Hollande, V, 78, peut-être Amsterdam.
-
- _Ostrante_, _v._ Otrante.
-
- OSTRELINS (les), marchands qui faisaient le commerce des villes
- Hanséatiques, I, 313.--Les trafics d'_Ostrelan_, III, 463.
-
- _Othelant_, _Otlan_, _Otlant_, peut-être Otham dans le comté de
- Kent, II, 144.--III, 217.--IV, 206.
-
- OTRANTE, dans le royaume de Naples, _Ostrante_, III, 127.
-
- _Ouestmenster_, _Ouestmester_, _v._ Westminster.
-
- OULFAN D'ARNAC (le capitaine), III, 39, 40.
-
- _Oulonne_, _v._ Olonne.
-
- OURS (l'), navire, VI, 123, 172.
-
- _Oursay_ (le capitaine), _v._ Orsay.
-
- _Ousdon_ (lord d'), _v._ Houston.
-
- _Ouyc_ (l'île d'), _v._ Wight (l'île de).
-
- _Ouynter_ (Me), _v._ Winter.
-
- OXFORD, capitale du Comté, _Oxfort_, II, 15.--III, 273.--V, 122.
-
- OXFORD (le Comte d'), neveu du Duc de Norfolk et gendre de
- Burleigh, I, 198, 269.--III, 443.--IV, 88, 156, 186, 312, 315.
- Il épouse la fille de Burleigh, 319. Nommé grand chambellan
- d'Angleterre, 423, 467.--VI, 177, 204, 209, 360.
-
- _Oynfild_, _v._ Wingfield.
-
-
-P.
-
- PAGET (lord), IV, 319.
-
- PAIRS DE FRANCE (les), VI, 315.
-
- PAIX conclue en France à la suite des guerres civiles, III, 272,
- 273, 275.--V, 370, _v._ Guerres civiles de France.
-
- PALATIN (le Comte), Frédéric III, Duc de Bavière et Simmeren,
- Comte palatin du Rhin et électeur, I, 45, 58, 100, 180, 202,
- 340.--II, 274, 314, 329, 358.--III, 16, 23, 32, 36, 86, 174,
- 182, 195, 208, 215, 228, 231, 245, 249, 272, 298, 312, 322, 326,
- 405.--IV, 249, 311.--V, 40, 199, 258, 267, 271, 274, 275, 281,
- 354.--VI, 59, 93, 149, 167, 238, 240, 249, 280, 316, 328.
- --VII, 166, 169.--Le _Duc Casimir_, son second fils, _v._
- Casimir.--Le _Comte Christophe_, son troisième fils, proposé
- pour mari à Élisabeth, IV, 311.
-
- PALATIN (le Duc Jean George), III, 231, 348, 349.
-
- PALATIN (le Duc Richard), VII, 166, 169.
-
- PALATINAT (le), III, 231.
-
- PALGRAVES (les), Pfaltzgraves, nom donné en Allemagne aux Comtes
- palatins du Rhin, II, 5.
-
- PALISSADE (la), en Irlande, I, 195.--V, 212.--VI, 443.
-
- PAMPROUX, en Poitou, _Panpre_, «à la rencontre du Panpre,» I, 148.
-
- PAPE (le), _v._ Paul IV, Pie V et Grégoire XIII.
-
- PAQUES (les Fêtes de), I, 327.--III, 104.--V, 283.--VI, 403.
-
- PARAIT (Me), est désigné pour passer avec un commandement en
- Irlande, VI, 6.
-
- PARDAILLAN (le Sr du Puench de), I, 373, 385, 386, 397, 407.--II,
- 157.
-
- PARDAILLAN (le Jeune de), _Pardaillant_, réfugié en Angleterre
- après la Saint-Barthèlemy, V, 202, 212, 213, 227, 239, 250, 263,
- 272, 281, 307.--VII, 364.
-
- PARIS; excès commis à Paris, I, 245.--Séditions, IV, 327, 328,
- 336.--Sédition, V, 113, _v._ Saint-Barthèlemy.--Sédition, VI,
- 475.--Lettres écrites par Charles IX et Catherine de Médicis,
- qui sont datées de Paris, VII, 38, 127, 128, 130, 131, 132, 138,
- 155, 156, 184, 192, 198, 200, 204, 207, 302, 303, 306, 314, 315,
- 319, 321, 322, 323, 325, 326, 328, 330, 334, 339, 341, 344, 346,
- 352, 355, 367, 372, 373, 378, 388, 391, 392, 400, 401, 404, 405,
- 407, 410, 435, 437, 438, 442, 444, 446, 473, 479.--Le
- _Parlement_ de Paris, _v._ Parlement.
-
- PARIS, ministre protestant réfugié en Angleterre après la
- Saint-Barthèlemy, V, 155.
-
- PARLEMENT D'ANGLETERRE (le), convocation du Parlement en 1571,
- III, 481.--Ouverture du Parlement, IV, 45.--Débats, 50, 57,
- 71, 78, 89, 105, 106, 111. Clôture du Parlement, 136.
- Convocation du Parlement en 1572, 425. Ouverture, 456, 460, 464.
- Proposition du Parlement, V, 5, 10. Clôture du Parlement, 42.
- --VII, 205, 240.
-
- PARLEMENT D'ÉCOSSE, _v._ États d'Écosse.
-
- PARLEMENT DE PARIS (le), III, 280, 361.--V, 204.--VI, 104, 470.
- --VII, 204, 394, 462. Déclaration du Parlement portant
- reconnaissance de la régence de Catherine de Médicis, après la
- mort de Charles IX, 470.
-
- PARLEMENT DE ROUEN (le), II, 322.--VI, 364, 365, 405.--VII, 366.
-
- PARKER (Me), _Parquer_, est enlevé dans un port des Pays-Bas avec
- le docteur Storey, III, 288.
-
- PARTENAY, en Poitou, I, 147.--II, 161.
-
- PASSAGES (les), d'Angleterre, fermés, II, 258.
-
- PATRIC (Richard), marchand de Londres, _Patrik_, I, 174.--II, 19,
- 138.
-
- PAUL IV (Jean-Pierre Caraffe), élu pape le 23 mai 1555, mort le 18
- août 1559. Offre faite en son nom par le Roi d'Espagne à
- Leicester de la main d'Élisabeth et de la couronne d'Angleterre,
- VI, 221.
-
- PAULARD (sir Jehan), parent de l'amiral Chambernon, I, 47.
-
- PAULIN (le Vicomte de), l'un des quatre Vicomtes, I, 172, _v._
- Vicomtes (les).
-
- PAYS-BAS (les), I, 12, 21. Rupture entre l'Angleterre et
- l'Espagne, 45, 50, 77, 95, 100, 113, 119, 194, 202. Charles IX
- refuse sa médiation pour les affaires des Pays-Bas, 210, 234,
- 251, 338, 400, 418.--II, 94, 110, 113, 135, 177, 199, 202, 220,
- 240, 267, 276, 346, 364, 407.--III, 16, 17, 35, 47, 48, 95, 96,
- 108, 129, 141, 156, 177, 184, 224. Pardon général publié par le
- duc d'Albe dans les Pays-Bas, 259, 261, 318, 322, 325, 369, 375,
- 392, 398, 401, 404. Mouvements dans les Pays-Bas qui ont été
- suivis de la guerre des Gueux, 427, 437, 447, 476.--IV, 27, 37,
- 47, 48, 52, 57, 70, 78, 91, 105, 112, 117, 154, 179. Accord sur
- les prises, 199, 201. Traité avec l'Angleterre, 231, 247, 268,
- 270, 289, 290, 310, 312, 323, 333, 339, 341, 360, 364, 386-388,
- 399, 409, 415, 423, 440, 441, 457.--V, 43, 60, 78, 88, 182,
- 201, 209, 227, 238, 259, 292, 362, 428.--VI, 45, 211, 213, 359,
- 362, 415, 416.
-
- PÊCHES des côtes, III, 81.
-
- PELAN (le capitaine), V, 60-64, 78, 88.
-
- PELETAN (le capitaine), II, 153.
-
- PEMBROKE (Guillaume), grand maître d'Angleterre, _Pembroc_,
- _Pembrok_, _Pembrot_, _Pembroth_, _Pembrot_, I, 47, 259, 267.
- --II, 54, 123, 257. Il est arrêté, 259, 271, 273, 278, 284, 285,
- 299, 301, 303, 332. Il est mis en liberté, 337, 363, 379, 386.
- Faveur est rendue au Comte de Pembroke, 412, 420, 425.--III,
- 28, 29. Sa mort, 88, 97.--Ses _enfants_, III, 29.
-
- PEMBROKE (le jeune Comte de), fils aîné du précédent, IV, 466.
- --V, 10, 14.--VI, 221, 229.
-
- PEN (Thomas), marchand anglais arrêté prisonnier à Bordeaux, I,
- 356.
-
- _Penleparc_, près de Londres, III, 275.
-
- PENNA (le médecin), possesseur d'un secret pour effacer les traces
- de la petite-vérole, VII, 346.
-
- PERCY (sir Henry), frère du Comte de Northumberland, II, 348, 384.
-
- PÉRIGORD (le), province de France, _Périgort_, I, 21.--VI, 353.
-
- PÉRIGUEUX, capitale du Périgord, _Périgueulx_, II, 69.--VII, 30.
-
- PERLAN (le Sr de), garde du Roi dans la compagnie de Cossé, I, 50.
-
- PÉRONNE en Picardie, III, 333.--VI, 49.
-
- PERSONS (Thomas), marchand anglais, I, 174.
-
- _Peselay_ (l'abbaye de), en Écosse, V, 309.
-
- PESTE (la) à Londres, I, 373.--III, 273.--IV, 459, 463.
-
- _Petit Lict_, _Petit Lith_, _v._ Leith.
-
- PHÉNOMÈNE MARITIME à Londres, VI, 289.--Phénomène atmosphérique,
- VI, 298.
-
- PHILIPPE Ier, Roi d'Espagne, fils de l'Empereur Maximilien Ier et
- de Marie de Bourgogne, _Le feu Roi Philippe_, IV, 130, 156, 240.
-
- PHÉNIX (le), navire, II, 368, 387.
-
- PICARDIE (la), province de France, _Picardye_, I, 100, 220. Voyage
- du Roi en Picardie, 229, 238, 244, 276, 282, 320, 331, 334.
- --II, 85, 109, 110, 153, 198, 228, 244, 273.--III, 46, 216,
- 226, 257, 295, 333.--IV, 300.--V, 449, 454.--VI, 13, 55, 60,
- 65, 81, 105, 196, 252, 281, 282, 283, 340.--VII, 29, 121, 149,
- 452, 456, 464, 465.
-
- PICKERING (George), _Pigrin_, _Piqgrin_, _Piquelin_, I, 324.
- --Désigné par Élisabeth pour passer en Espagne, II, 311.--V,
- 60.
-
- PIE V (Michel Ghisseri), élu Pape le 7 janvier 1566, mort le 1er
- mai 1572, I, 152. Les gens du Pape, 331, 332-334, 412, 432-435.
- --II, 47, 74, 90, 107, 124.--III, 4, 99, 194, 199, 225, 228,
- 231, 250, 254, 256, 298, 322, 326, 333, 334, 360, 361, 390, 413,
- 453, 458, 459, 466.--IV, 46, 74, 89, 119, 160, 174, 175, 209,
- 239, 283, 350, 418.--VII, 149, 195, 214, 278.
-
- PIÉMONT (le), _Piedmont_, IV, 146.
-
- PIENNES (Mr de), II, 80.--V, 7.--VII, 47, 296.
-
- _Pigrin_ (Me), _v._ Pickering.
-
- PILE (le capitaine), _Pilles_, I, 367, 386.--VII, 332.
-
- PILLES (le fort de), près Chatellerault, VII, 52.
-
- PILORI (le); chapelain protestant condamné au pilori, VI, 44.
-
- PINART (Mr), Seigneur de Cramailles, Baron de Valois, ministre
- secrétaire du Roi, _Pinard_, IV, 142.--V, 99, 109, 458.--VI,
- 105, 164, 182.--VII, 130, 133, 135, 139, 142, 143, 152, 153,
- 156, 162, 163, 168, 171, 178, 182, 189, 196, 198, 204, 207, 210,
- 215, 217, 221, 222, 226, 228, 232, 234, 238, 241, 244, 251, 289,
- 294, 297, 303, 306, 314, 315, 320, 321, 323, 325, 326, 328, 330,
- 339, 341, 344, 346, 354, 355, 367, 374, 388, 391, 392, 400, 402,
- 404, 407, 408, 410, 414, 415, 420, 430, 442, 445, 447, 450, 455,
- 458, 471, 473, 475, 477.
-
- _Piquelin_ (le Sr), _v._ Pickering.
-
- PIRATES, I, 90, 191, 226. Mesures prises contre eux, 263, 265.
- Publication contre eux, 364. Répression de la piraterie, 397.
- --V, 247.--VI, 204, _v._ Prises.
-
- PLAINTES contre les Anglais, attachés à l'ambassade en France, VI,
- 199, _v._ Wilx.
-
- _Plemmue_, _Plemue_, _v._ Plymouth.
-
- PLESSIS-LEZ-TOURS, en Touraine, VII, 46, 48, 50, 57, 60, 62, 64,
- 65.
-
- PLUMBETH (Thomas), est exécuté à la suite de la révolte du nord,
- III, 21.
-
- PLYMOUTH, dans le comté de Devon, _Plemmue_, _Plemue_, _Plimuth_,
- I, 11, 37, 43, 54, 120, 121, 271, 351.--II, 250.
-
- POIL (le capitaine), VII, 430.
-
- POITIERS, capitale du Poitou, _Poictiers_, _Poytiers_, I, 138,
- 141, 148.--II, 156, 161, 162, 170, 198, 220, 234. Levée, du
- siège de Poitiers, 244, 249, 266.--VI, 359.--VII, 36, 43, 44,
- 45, 48, 49, 50, 52, 63.--Le _lieutenant_ de Poitiers, VI, 358,
- 359.
-
- POITOU (le), province de France, _Poictou_, V, 202.--VI, 5, 49,
- 59, 66, 68, 92, 93, 105, 135, 181, 240, 297, 298, 348.
-
- POIGNY (Mr de), III, 221. Sa mission en Angleterre, 230, 234, 235,
- 240-244, 248, 252, 256, 263, 264, 269, 271.--VII, 120, 122,
- 126.
-
- POL (Henri), marchand d'Anvers, V, 274.
-
- POLLET (le capitaine), gouverneur de Jersey, V, 155.--VI, 74.
-
- POLOGNE (la), _Pouloigne_, V, 154, 257, 284, 341, 387, 390, 392,
- 408, 409, 414-418, 459.--VI, 57, 69, 188, 215, 229, 307, 323.
- --VII, 434, 435, 437, 440, 441, 444.
-
- POLOGNE (le Roi de), _v._ Henri.
-
- POLOGNE (la Princesse de), V, 342.
-
- POMFRET, dans le comté d'York, _Ponfreit_, _Pontfroid_, II, 377,
- 378, 383.--VI, 245.
-
- POMPADOUR (le Vicomte de), I, 414.
-
- PONS en Saintonge, I, 138, 141, 147.
-
- PONT-SAINT-ESPRIT en Languedoc, VII, 475.
-
- _Pontfreit_, _Pontfroid_, _v._ Pomfret.
-
- PONTIVY (Mr de), V, 162.
-
- PORTAL (le Sr), I, 173.
-
- PORTAUT (Chatelier), _v._ Chatelier Portaut.
-
- PORTRAIT du Duc d'Anjou, IV, 186, 206.--VII, 229.
-
- PORTSMOUTH, dans le comté de Southampton. _Porsemmue_, _Porsmue_,
- _Portsemmue_, _Portsemue_, II, 25.--V, 153, 162.--VI, 63, 163.
-
- PORTUGAIS (les), I, 32.--II, 38, 47.--VI, 128, 180, 450.
-
- PORTUGAL, I, 67, 68, 351.--Exclusion du commerce des Anglais en
- Portugal, II, 38, 224, 340, 404.--III, 425, 424, 427.--IV,
- 342, 361.--V, 174.--VI, 458, 489.--L'_agent_ du Portugal,
- III, 126, 326.
-
- PORTUGAL (le Roi de), _v._ Sébastien.
-
- PORTUGAL (les deux douairières de), mère et aïeule du Roi: Jeanne
- d'Autriche sa mère, III, 126.--Élisabeth de Portugal, aïeule de
- Sébastien, I, 68, 75.--III, 126.
-
- PORTUGAL (Henri, dit le cardinal de), I, 68.
-
- PORTUGAL (la Princesse de), I, 67.--II, 117.--III, 347, 371,
- 415.--IV, 61, 213.
-
- POSNANIE (l'évêque de), VII, 436.
-
- POUTRIN dit Dupin, _v._ Dupin.
-
- POYET (le capitaine), V, 234, 263, 281, 428.
-
- PRAGUE, capitale de la Bohême, III, 431.
-
- PRÉSOMPTIFS (HÉRITIERS) du trône d'Angleterre, II, 122.
-
- PRÉSIDENT (le) des comptes de Bretagne, III, 268, 272.
-
- PRESTAL (Me), agent du Duc d'Albe, I, 325.--III, 476.--IV, 1, 2.
- --VII, 196.
-
- PRÉVOSTÉ (la) de Paris, III, 181.
-
- PRIMEROSE (la), navire, V, 317, 319.--VII, 412.
-
- PRINCE (le), navire, II, 316.--VI, 123, 172.
-
- PRINCES (les) protestants d'Allemagne, I, 45, 92, 100, 106, 137,
- 147, 155, 170, 172, 230, 297, 363, 370, 400, 404, 411.--II, 5,
- 10, 17, 99, 108, 347, 358, 413.--III, 36, 56, 57, 109, 125,
- 148, 149, 160, 249, 257, 272, 280, 281, 431, 464.--IV, 225,
- 249.--V, 175, 447, 448.--VI, 3, 57, 219, 225, 232, 243, 249,
- 253, 257, 258, 264, 265, 317, 374, 449.--VII, 166, 330, 348,
- 351, 408.
-
- PRISES faites respectivement en mer et négociation sur leurs
- restitutions, I, 76, 212, 226, 233, 255, 289, 296, 310, 320,
- 324.--Proposition d'un traité sur les prises, II, 18, 62, 66,
- 165, 325, 333.--VI, 123, 196.
-
- PRIVÉ SCEL, garde du sceau privé, charge donnée au lord
- chambellan, V, 59.
-
- PRIVÉ SCEL (lettres du), VI, 414.
-
- PROCESSION faite en réjouissance de la victoire de Moncontour,
- VII, 68.
-
- PROCLAMATION d'Élisabeth portant interdiction de commerce avec
- l'Espagne et saisie générale sur les Espagnols en Angleterre, I,
- 107. _Réponse_ de l'ambassadeur d'Espagne, 119.--_Proclamation_
- d'Élisabeth ordonnant des apprêts de guerre, I, 199.
- --_Proclamation_ de l'ambassadeur d'Espagne, I, 211.
- --_Proclamation_ en Flandre pour défendre le commerce avec les
- Anglais, I, 325.--_Proclamation_ du Comte de Murray pour
- déclarer Marie Stuart complice du meurtre de Darnley, I, 342.
- --_Proclamation_ d'Élisabeth contre les pirates, I, 304.
- --_Proclamation_ d'Élisabeth pour justifier l'entrée de ses
- troupes en Écosse, III, 128.
-
- PROPOS tenus par le Duc d'Anjou contre Élisabeth, III, 124.
- --_Propos_ contre Élisabeth, rapportés par lord de North à son
- retour de France, VI, 321.
-
- PROPOSITIONS faites à l'ambassadeur par Cecil et Leicester, III,
- 98.--_Propositions_ faites à Marie Stuart par le Comte de
- Huntingdon, III, 25.
-
- PROTESTANTS d'Angleterre; leurs desseins contre la France, I, 20.
- --Leurs menées contre Marie Stuart, II, 219. Élisabeth
- s'abandonne à leur conduite; leurs desseins politiques, 356.
- --III, 18.
-
- PROTESTANTS de France, _v._ Guerres civiles et Rochelle (la).
-
- PROTESTATION de dévouement envers la France faite par la noblesse
- d'Angleterre, IV, 222.
-
- PROVENÇAUX (les), I, 415.
-
- PROVENCE (la), province de France, V, 426.--VI, 340.
-
- PUENCH (le Sr Du), _v._ Pardaillan.
-
- PUIGUILLEN (Mr de), partisan de Marie Stuart, IV, 300.
-
- PURITAINS (les), Mesures prises contre eux en Angleterre, V, 435,
- 456, 462. Plaintes contre eux, 470.--VI, 279.
-
- PUYGAILLARD (le capitaine), III, 203.
-
- PUYVIAULT (le capitaine), II, 161.
-
-
-Q.
-
- _Quainols_ (sir), _v._ Knoll.
-
- QUAYNELLES (Mad. de), I. Sa mort, 124.
-
- _Quarantan_, VI, 77, 112, _v._ Carentan.
-
- _Queint_ (le), _v._ Kent.
-
- _Queldrar_ (le Comte de), _v._ Killdare.
-
- QUELOUIN (l'abbé de), tué dans une rencontre en Écosse, IV, 154,
- 159.
-
- _Quelso_, _v._ Kelso.
-
- _Quelseit_, _Quelsey_, _v._ Kellesey.
-
- QUENEGUET (le faubourg de); Canongate, à Édimbourg, IV, 152.
-
- _Quildar_, _Quilhdar_ (le Comte de), _v._ Killdare.
-
- _Quilday_ (le Comte de), _v._ Killdare.
-
- _Quilengourt_, _Quilincourt_, _Quilingourt_, maison de Leicester,
- II, 285, 369.--III, 16, 193.--IV, 135, 248.--V, 59, 77, 82,
- 85, 86, 88, 89, 91, 99, 117, 427.--VI, 375. 381, 445, 473, 479,
- 481, 485.--VII, 317.
-
- _Quillegrey_, _Quillegreu_, _v._ Killegrew.
-
- _Quinter_, _v._ Kintyre.
-
- _Quiper_ (le lord). Le lord Keeper, chancelier, _v._ Bacon.
-
-
-R.
-
- RALLAY (Mlle de), VI, 34.
-
- RALPH SADLER, _v._ Sadler (Ralph).
-
- _Ramequin_, _v._ Requesens.
-
- RANDOLPH, ancien ambassadeur d'Angleterre en Moscovie, _Randol_,
- _Randolf_, _Randolphe_, II, 260.--III, 39, 40, 55, 64, 70, 73,
- 83, 97, 106, 118, 266, 366.--IV, 378, 400, 401, 442, 443.--V,
- 422, 423, 424. Sa mission en France, 427. Conférence, 430, 431,
- 433, 435, 439, 440, 442, 443, 444, 445. Détails sur sa mission,
- 449, 451, 454, 457, 459, 460, 461, 463, 464, 465, 466. Son
- retour, 468, 469, 472, 473.--VI, 1, 22, 23, 26, 28, 39, 40,
- 126, 130, 380.--VII, 450.
-
- READING, dans le comté de Berks, _Redin_, _Redinc_, _Redine_, V,
- 134, 138, 153, 186.--VI, 184.
-
- RÉFUGIÉS FRANÇAIS. Leurs réclamations, V, 239. Leurs
- sollicitations, 426. Leurs bonnes dispositions, VI, 210. Les
- _Réfugiés de Rouen_, VI, 405.
-
- RÉGENCE de Catherine de Médicis après la mort de Charles IX,
- pendant l'absence de Henri III, VI, 140-258.--VII, 468, 469,
- 470, 471.
-
- RÉGENTS D'ÉCOSSE, _v._ Murray, (le Comte de), Lennox (le Comte
- de), Mar (le Comte de), et Morton (le Comte de).
-
- REIMS en Champagne, _Reins_, _Reyms_, I, 149.--VI, 243, 258, 369,
- 372.
-
- REITRES (les), cavalerie allemande au service de France, I, 15,
- 85, 86, 185.--II, 27, 71, 139, 161, 162, 198, 315, 404.--III,
- 182, 195, 205, 272, 290, 405.--V, 79, 274, 281.--VI, 105, 140,
- 233, 241, 462, 496, 504.--VII, 9, 459, 472.
-
- REMONTRANCES de l'ambassadeur, I, 237, 358. Sur le commerce, 391.
- Réponse, 394.--II. Sur le commerce, 29. Réponse, 32. Sur le
- commerce, la restitution des prises et la conduite tenue à
- l'égard de Marie Stuart, II, 305.--_Remontrance_ des
- protestants de France au Roi, II, 171, 191.
-
- RENNES (Mr de), I, 30.
-
- REPRÉSAILLES (menaces de), VI, 166. Déclaration faite à ce sujet
- par le conseil, 172. Réponse de l'ambassadeur en conseil, 173.
-
- REQUESENS (Don Louis de Zuniga et de), grand commandeur de
- Castille, successeur du Duc d'Albe dans le gouvernement des
- Pays-Bas, _Ramequin_, III, 454.--V. Son arrivée dans les
- Pays-Bas, 392, 460.--VI, 11, 17, 31, 184, 203, 206, 217, 219,
- 284, 287, 352, 359, 375, 396, 400, 443, 450, 459, 493.
-
- RETZ (Albert de Gondi, Comte de), maréchal de France, II, 171.
- --III. Sa mission à Spire pour les fiançailles du Roi, 352, 408.
- --V, 360, 361. Sa mission en Angleterre, après la
- Saint-Barthèlemy, 398-401. Sa négociation, 403, 406, 408-412,
- 416, 417-422, 431, 437, 439, 442-444, 449, 459, 464.--VI, 148,
- 340, 347 348, 436.--VII, 48, 67, 135, 435, 439-447.
-
- RÉVOLTE DU NORD (la) en Angleterre. Mouvements dans le Nord, I,
- 327.--II, 299, 301, 336, 339. Prise d'armes, 342. Seigneurs que
- l'on croit d'intelligence avec les révoltés du Nord, 348.
- Démonstrations qu'il est nécessaire de faire en France pour
- encourager le soulèvement des Catholiques en Angleterre, 349.
- Confiance des révoltés dans les secours du Roi, 351. Leurs
- projets; leurs négociations avec l'Espagne, 352. Causes du
- soulèvement, 356. Demandes faites au Roi par les révoltés, 366.
- Proclamation d'Élisabeth contre les révoltés, 372. Proclamation
- de ceux du Nord; cause pour laquelle ils ont pris les armes,
- 375, 377, 383. Succès des révoltés, 384. Mesures prises par
- Élisabeth, 385. Motifs qui ont fait prendre les armes dans le
- Nord, 386, 396. Siège de Barnard-Castle et prise de Hartlepool
- par les révoltés du Nord, 400, 405-413, 417-421, 424, 426. Prise
- de Barnard-Castle par les révoltés, 409, 411, 416. Historique
- des affaires du Nord depuis la prise d'armes, 417, 420. Demande
- d'un secours d'argent faite au Roi par les Comtes de
- Northumberland et de Westmorland, 421. Détails secrets de leurs
- négociations avec l'Espagne, 422. Proclamation de ceux du Nord,
- 424, 426, 427.--III, 4, 5. Déroute des révoltés du Nord, fuite
- des Comtes de Northumberland et de Westmorland, 7, 11, 14, 15,
- 18, 20. Exécutions dans le Nord, 21, 27, 34. Exécutions dans le
- Nord, 35, 38, 43, 44, 54, 72, 94. Mémoire sur les troubles du
- Nord, 95, 97, 102, 146, 176, 192, 330, 393.--IV, 71, 119, 205.
- --VII, 77, 78, 80.
-
- _Reyms_, _v._ Reims
-
- RHÉ (l'île de) sur la côte du pays d'Aunis, V, 294.
-
- RHINGRAVE (le Comte); Jean-Philippe, Comte de Salm, tué en 1569, à
- la bataille de Moncontour, où il commandait les Reitres pour le
- service du Roi; II, 69.--VII, 59.--Le _jeune_ Rhingrave;
- Frédéric, frère du précédent, VII, 67.--Les _deux_ Rhingraves,
- VII, 64.
-
- RIBAULT (Jehan), I, 179.
-
- RICH (lord), VI, 6.
-
- RICHARDSON (le capitaine), _Richarson_, I, 214.
-
- RICHELIEU (le capitaine), II, 162.
-
- RICHMOND dans le comté de Surrey, _Richemont_, II, 96, 135.--IV,
- 245.--VI, 167.
-
- RIDOLFY (Roberto), agent du pape en Angleterre, _Ridolfi_,
- _Ridolphi_, _Ridolphy_, I, 115. Sa conspiration, 258, 261, 263,
- 324.--II, 53, 54, 113, 202. Il est arrêté, 283. Il est mis en
- liberté, 350.--III, 46, 364, 370, 466.--IV, 119, 122, 123,
- 145. Conspiration de Ridolfy et sa fuite d'Angleterre, 160, 198,
- 233, 244, 323, 350, 381, 386.
-
- _Rie_ (la), _v._ Rye.
-
- RIETH (le capitaine), II, 348.
-
- RIEZ, en Provence, VI, 348.
-
- RIPON dans le comté d'Yorck, II, 427.
-
- _Roan_, _v._ Rouen.
-
- ROANNE, dans le Forez, _Roane_, III, 204.
-
- ROBINEAU ou BOBINEAU, agent des protestants de la Rochelle, en
- Angleterre, V, 175, 413, 429, 453.--VI, 9, 18, 46, 81, 298,
- 318.--VII, 465.
-
- ROBINS DE DOUVRES, arrêté à Dunkerque par ordre de d'Espès, I,
- 315.
-
- ROBUNB (le capitaine), I, 214.
-
- ROC, capitaine italien, III, 86.
-
- ROCHE-ABEILLE (combat de la) en Limousin, II, 82.
-
- ROCHELLE (la), capitale de l'Aunis, place d'armes principale des
- protestants. Efforts de l'Ambassadeur pendant tout le temps de
- sa négociation pour empêcher les Anglais d'envoyer des secours à
- la Rochelle. _Première guerre de la Rochelle_, I, 10, 24, 33,
- 44, 63, 75, 85, 90, 93, 99, 130, 131, 137, 147, 151, 153, 164,
- 168, 178, 181, 186, 193, 196, 201, 204, 205, 212, 214, 219, 220,
- 226, 228, 233, 237, 243-250, 251, 255, 260, 261. Départ d'une
- flotte pour la Rochelle, 270-272, 277-279, 281, 288, 291, 292,
- 294, 296, 297, 298, 302, 305, 309, 313, 314, 320, 323, 325, 326,
- 327. Sortie de la flotte pour la Rochelle, 336, 339, 353-356,
- 358-361. Instructions pour la flotte, 366, 370, 375, 392, 394,
- 395, 397, 402, 403, 407.--II, 14, 20, 21, 23, 24, 27, 31, 32,
- 35, 36, 39, 48, 50, 61-64, 68, 70, 75. Retour de la flotte, 80,
- 82, 92-94, 98, 99, 110, 129, 131, 140, 143, 145-147, 151,
- 155-158, 161, 167, 170, 174-176. Remontrance de ceux de la
- Rochelle au Roi, 179, 191, 199, 201, 232, 235, 244, 250, 255,
- 267, 273-275, 280, 281, 283-287, 300, 305, 314, 316, 318, 319.
- Secours préparés secrètement, 321, 329, 330, 333, 335, 341, 344,
- 350, 357, 358, 388, 391, 395, 396, 400, 403, 406, 413.--III, 2,
- 6, 10, 17-20, 23, 32, 36, 37, 40, 45, 47, 51, 52, 57, 58, 60,
- 61, 63, 72, 74, 83, 85, 90-92, 100, 114, 115, 120, 121, 124,
- 141, 149, 156, 175, 181, 182, 204, 210, 216, 221, 224, 225, 257,
- 268. Paix conclue en France, 272, 275, 279, 281, 311, 315, 316,
- 325, 341, 441, 461, 465.--IV, 48, 74, 91, 105, 179, 238, 319.
- --V, 154, 162, 169, 175, 182. Reprise d'armes après la
- St-Barthèlemy, 198. _Deuxième guerre de la Rochelle_, 202, 205,
- 207, 209, 223, 226, 231, 234, 235, 237, 239-242, 244, 245, 246,
- 248, 249, 252, 254. Plaintes au sujet d'un traité qu'Élisabeth
- aurait fait avec les protestants de la Rochelle, 255, 256,
- 259-263, 265, 266, 270, 271, 274, 278-281, 284, 290, 293-295,
- 304, 307, 313-319, 321, 324-326. Siège de la Rochelle, 333,
- 335, 338-342, 347, 350, 353, 355, 356, 358, 360, 361. Assaut
- donné à la Rochelle, 362, 367. Paix conclue avec la Rochelle,
- 371, 372, 393-395, 402, 404, 410, 412-414, 429, 437, 442, 453,
- 462. Entreprise tentée contre la Rochelle, 475.--Nouvelle
- reprise d'armes, _troisième guerre de la Rochelle_, VI, 4, 5, 7,
- 9, 10, 12, 18, 21, 25, 43, 46, 47, 50, 81. Exécutions faites par
- les Rochelois, 88, 92, 101, 105, 110, 129, 144, 149, 168, 212,
- 219, 227, 237, 239, 240, 283, 292, 297, 298, 302, 303, 312, 316,
- 317, 328, 353, 355, 358, 362, 374, 412, 415, 417, 422, 449, 457,
- 458, 461, 472, 477, 482, 493.--VII, 11, 12, 14, 38, 47, 59, 77,
- 78, 81, 82, 141, 256, 343, 353, 377, 379, 382, 395, 396, 404,
- 408, 411, 412, 417, 423, 426, 428, 458.--Le _Maire_ de la
- Rochelle, I, 226.,--L'_agent_ de la Rochelle, _v._ Robineau.
-
- ROCHES, ministre protestant réfugié en Angleterre, I, 38.
-
- ROCHESTER, dans le Comté de Kent, Rochestre, I, 158.--II, 15, 25,
- 148, 277.--V, 14, 30.--VI, 489.
-
- RODOLPHE (le Prince), Roi de Hongrie, fils aîné de l'Empereur
- Maximilien II. _Prince Rodolphe_, III, 468.--IV, 42, 221.
- --_Roi de Hongrie_, V, 295.--Son mariage avec la fille du Duc
- de Saxe, VI, 416, _v._ Roi des Romains.
-
- ROGER, valet de chambre du Roi, VI, 292.
-
- ROGER (le Docteur), envoyé en mission par Élisabeth à Flessingues
- et auprès du Prince d'Orange, VI, 459. Son retour, 497.
-
- ROGERS, jeune Anglais attaché à l'ambassade de Mr Norris. Plaintes
- contre son arrestation à Paris, I, 245.
-
- ROHAN (le jeune Vicomte de), II, 274, 281.
-
- ROI DES ROMAINS (le), desir de l'Empereur de conférer ce titre au
- Prince Rodolphe, son fils, ou à son frère l'Archiduc Ferdinand;
- obstacles que rencontrent ces projets, III, 208, 215, 216, 249,
- 298, 322, 326.--VI, 426.--VII, 141.
-
- ROLLET, secrétaire de Marie Stuart, _Rolle_, II, 56, 76, 216.
- --III, 66.
-
- ROMANA (Jullien de la), général espagnol, _Juslien Romène_, VII,
- 269.
-
- _Rosco_ (le port de), sur la côte de Flandre, VII, 99.
-
- ROSE ROUGE (la), ajoutée par le Comte de Mansfeld à ses armes avec
- le phénix comme marque de dévouement à Élisabeth, II, 387.
-
- ROSS (Jean Leslie, évêque de), ambassadeur de Marie Stuart auprès
- d'Élisabeth, _l'évêque de Ros_, _Rosse_, _Roz_, I, 13, 39, 40,
- 65. Proposition faite par l'évêque de Ross, 80. Réponse
- d'Élisabeth, 82, 87, 89, 92, 102, 161, 195, 206, 208, 237, 284,
- 285, 347. Mission de l'évêque de Ross, 369, 373, 376, 377,
- 380-384, 388, 412, 413, 421, 422.--II, 6, 56, 65, 154, 169,
- 178, 179, 194, 205, 214, 217, 233, 242, 252, 254, 263, 264,
- 281-285, 290, 300, 301, 303, 304, 313, 320, 343. Audience qui
- lui est accordée, 381, 389, 391, 429-435, 437.--III, 12, 22,
- 27, 30, 31, 34, 38. Il est mis en arrêt, 43, 46, 62, 66, 74, 87,
- 94, 104, 111, 114, 142, 145-147, 149, 150, 157-160. Quelque
- liberté lui est rendue, 163, 170, 172. Audience lui est
- accordée, 176, 178. Il est mis en entière liberté, 179, 191,
- 192, 196, 199, 201, 212-215, 219, 223, 224, 228, 245, 248, 253,
- 271, 283, 293, 305, 314, 319, 327, 335, 337, 346, 360, 363,
- 365-367, 388, 392, 397, 400, 403, 421, 422, 428, 438, 442, 444,
- 465, 466, 475, 479.--IV, 3, 6, 7, 16, 21, 26, 27, 33, 37, 56,
- 82, 90, 91, 104, 108. Nouvelle arrestation de l'évêque de Ross,
- 111, 112, 119, 121, 123, 138, 144. Accusation portée contre
- lui, 151, 159, 160, 161, 172, 178, 185, 197, 198, 205, 216, 235,
- 263. Il est mis à la Tour, 265, 266, 284, 289, 292, 293. Danger
- que court l'évêque de Ross, 295, 297, 311, 324, 325, 351, 363,
- 364, 379, 381.--V, 60, 374, 378, 392, 451. Il est mis en
- liberté, sous la condition qu'il quittera l'Angleterre, 471.
- --VI, 265, 376.--VII, 73, 134, 150, 151, 156, 175, 186, 188,
- 207, 219, 220, 222, 238, 248.
-
- ROSTAING (Mr de), _Rostein_, IV, 343.
-
- _Rotheland_ (le Comte de), _v._ Rutland.
-
- ROTHES (le Comte de), V, 308, 310, 311, 329.--VII, 212, 214, 268.
- --Son _frère_, IV, 263.--VII, 214, 268, 272.
-
- ROUEN, en Normandie, _Roan_, _Roen_, saisie faite à Rouen sur les
- Anglais, I, 150, 156, 162, 163, 165, 169. Réclamations des
- marchands anglais, 174, 186, 187, 189, 192, 194, 198, 203, 212,
- 219, 234, 239, 248, 257, 261, 264, 280, 289, 298, 299.--II, 18,
- 35, 86, 96, 102, 103, 149, 165, 170, 220, 224, 244, 322, 333,
- 337.--Main levée de la saisie, III, 19, 311, 354, 373, 402,
- 467.--Émeute faite à Rouen contre les protestants, IV, 49, 54,
- 75, 290, 291, 326, 378.--V, 112. Massacres des protestants
- (St-Barthèlemy), 138, 139, 146, 155. Massacres 161, 163, 167,
- 168, 180, 182, 187, 188, 191, 239, 251, 304.--VI, 25, 196.
- Arrêt fait à Rouen sur les Anglais, 202, 311. Réclamations pour
- les réfugiés de Rouen en Angleterre, 364.--VII, 132. Émeute,
- 204, 205. Émeute, 215. Massacres, 366, 380, 385, 397, 435.
-
- ROUVRAY, _Rouvrey_, envoyé par les protestants français avec
- Valfenière, en Allemagne et en Angleterre, I, 313, 326, 327,
- 337, 374, 408.--III, 47.
-
- ROVERO (Julian), capitaine espagnol, I, 22.
-
- _Rua_, VI, 280, _v._ Du Lua.
-
- RUSSELIN (Horace), banquier en France, VI, 9.
-
- RUSSIE, _v._ Moscovie.
-
- RUTHEAU (Guillaume), marchand anglais, VI, 172.
-
- RUTHVEN (lord), Ruthunen, Ruven, III, 107.--V, 397.
-
- RUTLAND (le Comte de), _Rotheland_, est chargé d'accompagner lord
- Buckhurst en France, III, 404, 408.--IV, 124, 131, 133.--V,
- 18.
-
- _Ruven_ (lord de), _v._ Ruthven.
-
- RYE, dans le Comté de Sussex, _La Rie_, _La Rye_, I, 168, 271,
- 353.--III, 312.--V, 104, 112.--VI, 51.
-
-
-S.
-
- SABRAN (le Sr de), l'un des secrétaires de l'ambassadeur, I, 223.
- Arrestation du Sr de Sabran à son retour de France, II, 259.
- --IV, 387.--VII, 414, 418, 419.
-
- SACRE du Roi Henri III, VI, 381.
-
- SADLER (le chevalier Ralph), l'un des membres du conseil
- d'Angleterre, _Raff Sadelle_, _Sadeller_, I, 82, 175, 267.--II,
- 285, 377, 384.--III, 55, 73.--IV, 109, 255, 259, 321, 335,
- 338, 363, 391, 442.--VII, 270.
-
- SADLER (Robert), marchand de Londres, I, 174.
-
- SAID (Gaspard), l'un des officiers d'Élisabeth, I, 350.
-
- SAINT-ANDRÉ, _v._ Saint-Andrew's.
-
- SAINT-ANDRÉ (Jacques d'Albon, maréchal de), II, 182.
-
- SAINT-ANDRÉ (Hamilton, archevêque de), frère du Duc de
- Chatellerault. Il est fait prisonnier dans le château de
- Dunbarton, IV, 53. Supplice de l'archevêque de Saint-André, 69,
- 72. Vengeance tirée de sa mort, 213.--VII, 206.
-
- SAINT-ANDREW'S, dans le comté de Fife en Écosse, _Saint-André_,
- IV, 47, 230.--V, 329.--Le _château_ de Saint-André, V, 231.
-
- _Saint-Auban_, petite ville dans les environs de Londres, III,
- 270, 296.
-
- SAINT-BARTHÈLEMY (journée de la), première nouvelle de la
- Saint-Barthèlemy, V, 112. Irritation des Anglais, 113. Ignorance
- complète de l'ambassadeur sur les explications qu'il doit
- donner, 114. Premiers détails, 116. Interruption des
- négociations, _ibid_. Demande de nouvelles instructions, 117.
- Suspension du commerce, 119. Vive irritation des Anglais contre
- la France, 121. Première audience après la Saint-Barthèlemy,
- 122. Motifs qui doivent justifier la conduite du Roi, _ibid_.
- Communication faite au conseil d'Angleterre de ces motifs, 128.
- Horreur inspirée à Londres par cette exécution, _ibid_. Nombre
- des victimes, 155. Effet produit en Écosse par la nouvelle de la
- Saint-Barthèlemy, 183, 437, 442, 469.--VII, 323, 324, 325, 326,
- 328, 330. Mémoire justificatif, _ibid_. 331, 332, 333, 338.
- Conjouissance du cardinal de Lorraine, 341, 342, 354, 363, 364,
- 406, 426.--_Massacres_ à Lyon, V, 138, 146.--VII, 368.--A
- Orléans, V, 138.--A Rouen, V, 138, 161.--VII, 366.--En
- Bretagne, V, 180.
-
- SAINT-CLOUD, près Paris, VII, 216.
-
- SAINT-DENIS, près Paris, _Saint-Deniz_, III, 353.--IV, 54.--VII,
- 135.--_Bataille_ de Saint-Denis, II, 183.
-
- _Saint-Fale_, _v._ Saint-Phalle.
-
- SAINT-JAMMES à Londres, IV, 447.
-
- SAINT-JEAN (Mr de), frère du Comte de Montgommery, V, 242.--VI,
- 77.
-
- _Saint-Jehan_ (lord), Écossais, demande à se retirer en France,
- VI, 204. Il offre ses services au Roi, 404, 424.
-
- SAINT-JEAN-D'ANGELY, en Saintonge, I, 138, 147.--II, 393. Est
- pris par les catholiques, 426.--III, 2.--VI, 359.--VII,
- 70-72, 81.
-
- SAINT-JEAN-ROCH (l'abbaye de), près Toulouse, II, 162.
-
- SAINT-JEHAN-DE-SAUNE, près Moncontour, VII, 66.
-
- _Saint-Jehan-Sthon_, _v._ Saint-Johnstown.
-
- SAINT-JEAN-D'ULLOA, île sur les côtes du Mexique, I, 182.
-
- SAINT-JOHNSTOWN, dans le comté de Dumfries, en Écosse,
- _Saint-Jehan Sthon_, II, 149. Assemblée de Saint-Johnstown, 154,
- 204.
-
- SAINT-LÉGER, VIvillage de France, VII, 408.
-
- SAINT-LÉGER (Mr de), _Saint-Légier_, V, 176.--VII, 371.
-
- SAINT-LÔ, en Normandie, VI, 112. 148. Prise de Saint-Lô, 167.
- --VII, 466.
-
- SAINT-LOUIS (l'Église), à Rome, VII, 342, 398.
-
- SAINT-MAIXENT, en Poitou, _Maixant_, _Maizant_, _Messant_, I, 138.
- --II, 161.--VII, 36.
-
- SAINT-MALO, en Bretagne, _Saint-Mallo_, III, 292-294.--IV, 398,
- 409.--VI, 13. Armements faits à Saint-Malo, 412, 457. Prises
- faites sur les Anglais par ceux de Saint-Malo, 458, 459, 468.
- Demande de réparation pour les prises de Saint-Malo, 476, 477,
- 481, 494.
-
- SAINT-MARTIN (le capitaine), I, 399.--II, 8.--II est tué dans un
- combat naval, VI, 143.
-
- SAINT-MARTIN (l'église), de Tours, VII, 68.
-
- SAINT-MAUR-DES-FOSSÉS, près Paris, I, 415.--VII, 24, 27.
-
- SAINT-OUAN (le Sr de), de Jersey, VI, 67.
-
- SAINT-PHALLE (Mr de), _Saint-Fale_, se prépare à passer à la
- Rochelle, II, 152.
-
- SAINT-QUENTIN en Picardie, _Saint-Quintin_, III, 333.--VI, 221.
-
- SAINT-SIXTE (le cardinal), neveu du Pape Grégoire XIII, VI, 240.
-
- SAINT-SULPICE (Mr de), _Saint-Suplice_, VI, 25, 47, 105, 148.
-
- SAINT-SIMON (Mr de), _Saint-Symon_, I, 407.--II, 94, 98.
-
- SAINT-YRIEIX LA PERCHE, en Limousin, _St-Yriès_, II, 160.
-
- SAINTE-COLOMBE (Mr de), _Sainte-Columbe_, est fait prisonnier par
- Montgommery, VII, 56.
-
- SAINTES, capitale de la Saintonge, _Xainctes_, _Zainctes_, I, 138,
- 147.--VI, 359.--VII, 5, 70. Prise de Saintes par les
- catholiques, 71.
-
- SAINTONGE, province de France, I, 389, 414.--VI, 5.
-
- SAISIE des galions d'Espagne, abordés en Angleterre, I, 43, 76.
- Négociation au sujet de cette saisie, qui a duré pendant tout le
- temps de l'ambassade de La Mothe Fénélon, 89. Saisie générale
- sur les Anglais dans les Pays-Bas, 94. Représailles des Anglais,
- 95, 96, 104. Proclamation faite en Angleterre, 107, 113. Saisie
- des biens des Espagnols en Angleterre, 114, 119, 210. Saisie
- générale faite dans toute l'Espagne sur les Anglais, 299, 320.
- Négociation, 400, 418.--II, 50, 94, 202. Députés envoyés à
- Élisabeth par Philippe II pour traiter de leurs différends, 240,
- 310, 338.--Négociation, III, 17, 47, 48, 56, 75, 95, 96, 224,
- 259, 261, 318, 437, 447.--IV, 105, 154, 179, 199, 201. Traité
- entre l'Angleterre et l'Espagne, 231, 249, 273, 290. Rupture de
- la négociation, 441.--V, 201, 238, _v._ Albe (le Duc d'),
- Espagne et Pays-Bas.
-
- SALAMANDRE (la), navire, VI, 93.
-
- _Saldon_, près de Brickhill dans le comté de Buckingham, V, 76.
-
- SALIGNAC (Pons de), abbé de Nesle, frère de La Mothe Fénélon, tué
- dans Sarlat, VI, 123.
-
- SALIGNAC (MM. de), les neveux de La Mothe Fénélon, VI, 502.
-
- SALISBURY, dans le comté de Wilts, _Salsbury_, VI, 229.
-
- SALOMON (François), de Vannes, VII, 98.
-
- SALUCES (principauté de), en Italie, _Salusses_, IV, 146.
-
- _Sameur_, _v._ Saumur.
-
- SANSAC (le Sr de), I, 140.--VII, 30, 31.
-
- SANZAY, VIllage en Poitou, près de Jazeneuil, _Sansey_, I, 140.
-
- SANCERRE dans le Berry, _Sanserre_, _Sanxerre_, III, 182.--V,
- 447.
-
- SANVICTOR (Baptiste), officier espagnol, _Sanvictores_, I, 351.
- --V, 174.
-
- SAÔNE (la), rivière de France, _Sône_, I, 363.
-
- SARCÈDE, l'un des secrétaires du Roi, _Sarced_, IV, 95.
-
- SARDINY (Scipion), banquier, VI, 372, 425.
-
- SAREPTA, ville de Phénicie, la _Veuve de Sarepta_, allusion à un
- passage de l'Écriture sainte, II, 92.
-
- SARLABOS (le capitaine), V, 269.
-
- SARLAT, dans le Périgord, VI, 123.
-
- SARRES (Mr de), chancelier du Duc d'Anjou, _Sarret_, I, 435.
- --VII, 234.
-
- SARRIOUX (le capitaine), VII, 43.
-
- SATAN, V, 101, 256.
-
- SAUVEUR (le), navire, VI, 481.
-
- SAUMUR, en Anjou, _Sameur_, I, 144, 148.
-
- SAUVAGES ÉCOSSAIS (les), IV, 340.--V, 383.
-
- SAUVAGES IRLANDAIS (les), III, 35, 87, 405.--IV, 39, 359, 399.
- --V, 209, 212, 347.
-
- SAVOIE (le duché de), IV, 374.
-
- SAVOIE (Emmanuel Philibert, Duc de) «Mr de Savoye,» III, 432.
- --VI, 258, 288, 293, 338. Proposé pour époux à Élisabeth, 342.
- --VII, 402, 403.
-
- SAXE (le duché de), II, 197.--III, 36.
-
- SAXE (Jean Frédéric, dit le Magnanime, Duc de), V, 276.
-
- SAXE (Auguste, dit le Pieux, Duc de), I, 363.--II, 5, 196, 197,
- 234, 274, 315.--III, 36, 195, 211, 215, 231, 249, 298, 398,
- 405, 431,
-
- 453, 464.--V, 258, 274.--VI, 167, 240, 416.--VII, 166, 169.
- --L'une de ses _filles_, proposée pour être la femme du Prince
- Rodolphe, VI, 416.
-
- SAXE (Jean Frédéric II, Duc de), III, 208, 431.
-
- SAXE-WEIMARS ET ALTEMBOURG (Jean Guillaume, Duc de), III, 195,
- 199, 208, 348, 349, 431.
-
- SCARBOROUGH, dans le comté d'York, _Escalbourg_, II, 378.
-
- _Schebin_, sur la Loire près Saumur, I, 149; peut-être St-Aubin.
-
- SCHWARZENBERG (le Duc de), beau-frère du Prince d'Orange, _le Duc
- de Sualsambourg_, _Sualsemberg_, _Sualsembourg_, III, 453, 463,
- 472.--VI, 418.
-
- SCHELSOME (Jehan), VII, 213, _v._ Chesholm.
-
- SCROF (sir Jammes), _Serofz_, désigné pour passer en Espagne, IV,
- 101.--V, 100.
-
- SCROOP (lord), beau-frère du Duc de Norfolk, _Escrup_, _Scrop_,
- _Scrup_, I, 206.--II, 285, 348.--III, 68, 137, 139, 140.--IV,
- 303.--VI, 427.--VII, 112.
-
- _Scrup_ (lord), _v._ Scroop.
-
- SCYTHES (les), I, 350.
-
- SÉBASTIEN, Roi de Portugal, fils de l'Infant Jean et de Jeanne
- d'Autriche. Projet de son mariage avec Élisabeth d'Autriche, I,
- 68, 73.--II, 38.--III, 126, 301.--VI, 128.--Projet de son
- mariage avec Madame, VII, 30.
-
- SEDAN, en Champagne, VI, 105, 354.
-
- SÉJOUR d'Élisabeth dans la maison de Leicester, VI, 478.
-
- SELLE (la), près Chatellerault, VII, 52, 56.
-
- SEMPLE (lord), III, 107.
-
- SENS (le cardinal de), I, 426, 428, 431.
-
- SERMENT prêté par Élisabeth pour le traité d'alliance avec la
- France, V, 16.
-
- _Serofz_ (sir Jacques), _v._ Scrof.
-
- SERRAS (le capitaine), gouverneur de Flessingues, V, 108.
-
- SERVE, tapissier de Marie Stuart, III, 363.
-
- SERVICE RELIGIEUX célébré à Londres en mémoire de Charles IX, VI,
- 206.
-
- _Sethon_ (lord), _v._ Seyton.
-
- _Setemborne_, _v._ Sittingbourn.
-
- _Seton_, _Setton_ (lord), _v._ Seyton.
-
- _Seurey_ (le Comte de), _v._ Surrey.
-
- SÉVILLE, en Andalousie, I, 90.
-
- SEYTON (lord), _Bethon_, _Sethon_, _Seton_, _Setton_, _Seython_,
- I, 40, 49.--II, 26.--III, 132, 179, 309, 334, 335, 363. Sa
- mission auprès du Duc d'Albe pour Marie Stuart, 373, 374, 375.
- Sa négociation dans les Pays-Bas, 429, 476.--IV, 272, 335, 401,
- 404. Saisie de ses papiers qui compromettent Marie Stuart, 408,
- 409, 414, 422, 443.--V, 244.--VI, 381, 404.--VII, 164, 175,
- 187, 188, 207, 210. 279.--Son _fils ainé_, VI, 381, 404.
-
- SHEFFIELD, dans le comté d'York, maison du Comte de Shrewsbury, où
- fut conduite Marie Stuart, _Cheffel_, _Cheffil_, _Chiffil_, I,
- 180.--III, 397, 400.
-
- SHREWSBURY (le Comte de), _Cheirosbery_, _Cherosbery_, I, 79. Est
- commis à la garde de Marie Stuart, 103, 104, 171, 180, 195, 207,
- 259, 345, 346, 347.--II, 128, 251, 254, 264, 265, 271, 282,
- 300, 305, 338, 365, 368, 377, 406.--III, 12, 23, 87, 111, 457.
- --IV, 91, 104, 183, 205, 244, 262, 321, 335, 338, 351, 359, 363,
- 379.--V, 121, 364, 393.--VI, 34, 44, 76, 77, 169, 245, 300,
- 311, 319, 357, 427-429.--VII, 285.--Son _père_, I, 104.--Ses
- _jeunes enfants_, VI, 169.
-
- SHREWSBURY (la Comtesse de), femme du précédent I, 180.--VI, 245,
- 293, 300, 311.--Sa _fille_ mariée au jeune Comte de Lennox sans
- l'agrément d'Élisabeth, VI, 293, 299.
-
- SIDNEY (lord), gouverneur ou vice-roi d'Irlande, Debitis
- d'Irlande; oncle de la Duchesse de Féria,
-
- _Sidenay_, _Sidene_, _Sideney_, I, 45.--II, 75, 81, 111, 142,
- 275.--III, 35, 87, 471.--IV, 8, 29, 39, 52, 70, 89, 96, 101,
- 117, 141, 162, 216, 268.--V, 41.--VI, 18, 32, 144.--Lady
- Sidney, sa _femme_, V, 41, 46.
-
- SIDNEY (sir Henry), VI, 490.
-
- SIDNEY (sir Philippe), neveu et héritier de Leicester, VI, 449.
-
- SIGOIGNES (Mr de), gouverneur de Dieppe, II, 81, 220.--V, 181.
- --VI, 93, 126, 144, 168.
-
- SILÉSIE (la), province d'Allemagne, _Slésie_, VII, 437.
-
- _Sion_, près Londres, V, 469, peut-être Sutton.
-
- SITTINGBOURN dans le comté de Kent, _Setemborne_, V, 14, 30.
-
- _Slésie_, _v._ Silésie.
-
- SMITH (le chevalier Thomas), _Smyt_, IV, 233, 282, 288, 292, 299,
- 302, 304. Sa mission en France pour y conclure le mariage
- d'Élisabeth avec le Duc d'Anjou, ou un traité d'alliance, 305.
- Mémoire général concernant cette mission, 306, 307, 308, 311,
- 312, 323, 324, 325, 326, 329, 330, 333, 334, 335, 337, 343, 344,
- 349, 351, 352, 355, 357, 358, 362, 365, 366, 368, 369, 370, 371,
- 372, 376, 377, 379, 381, 382, 383, 385, 394, 395, 396, 424, 374.
- --V, 21, 27, 39, 40, 41, 43, 44, 52, 59. Il est nommé
- secrétaire, 60, 82, 100, 118. Conférence avec l'ambassadeur,
- 234, 260, 335, 344, 352, 422, 454, 455, 470.--VI, 28, 171, 172.
- --VII, 296, 443.
-
- SOEURS DU ROI (les), IV, 143. Claude de France mariée au Duc de
- Lorraine, et Marguerite de France, Duchesse de Valentinois,
- mariée dans la suite à Henri, Roi de Navarre, plus tard Henri
- IV.
-
- SOGNOY (sir Jehan), est arrêté comme agent du Duc d'Albe, I, 325.
-
- SOMER (Jehan), _Sommer_, clerc du conseil d'Angleterre, I, 222,
- 242, 263, 264.--III, 206, 207, 217.
-
- SOMERSET (le comté de). Levées faites dans ce comté, II, 412.
-
- SOMERSET (la maison de), _Sommerset_, II, 123.--V, 225.
-
- SOMERSET (lord Edward de), _de Sommerset_, VI, 177, 204.
-
- SOMERSET-PLACE, à Londres, IV, 460, 467.--V, 15.
-
- SOMMATION faite, au nom du Roi, à Élisabeth de déclarer si elle
- veut la paix ou la guerre, I, 217. Hésitation du conseil, 223.
- Déclaration du conseil que la paix sera maintenue, 243, 247.
-
- SOMMERSET, _v._ Somerset.
-
- _Sompthampton_, _v._ Southampton.
-
- _Sône_ (la), _v._ Saône (la).
-
- SORES (le capitaine), amiral de la flotte des Protestants, I, 17,
- 54.--II, 174, 176, 191, 316, 322. Commission obtenue contre
- lui, 340, 388.--III, 10, 16, 17, 84, 257. Prises faites par le
- capitaine Sores, 326.--V, 154, 176, 223.--VII, 141.--Son
- _neveu_, V, 223.--Sa _famille_, V, 176.
-
- SOUBISE (Mr de), _Soubize_, est pris à Jarnac, VII, 10.
-
- SOUPPOIX (le Sr de), est pris à Jarnac, VII, 10.
-
- SOUTHAMPTON, capitale du comté, I, 111.
-
- SOUTHAMPTON (le Comte de), _lord Somtampton_, _Soubtanton_,
- _Soutanthon_, _Southanton_, _Surampton_, _Surtampton_,
- _Surthampton_, _Suthampton_, I, 198.--II, 230, 282, 348, 385.
- --III, 196, 197, 213.--V, 313.
-
- SPEAKER (sir George), le président du conseil d'Angleterre.
- Remontrance de l'ambassadeur d'Espagne, présentée au noble
- _Georges Speake_, I, 352.
-
- SPINOLA, envoyé par le Duc d'Albe en Angleterre, _Espinola_,
- _Espinolla_, III, 35, 46, 48, 56, 301, 370.--IV, 117, 163.
-
- SPINOLA (Benedicto), marchand. Ses plaintes contre la saisie,
- faite à Rouen, de ses marchandises, V, 191.
-
- SPIRE, en Allemagne, _Espire_,
-
- _Espyre_. Diète de Spire, III, 109, 208, 215, 231, 249, 278, 288,
- 312, 348, 383, 387, 407, 424, 431.--VII, 135, 142, 155.
-
- STAFFORD (lord), _Staffort_, V, 14.
-
- STANDEN (le Sr), Anglais réfugié en France, II, 371.
-
- STANLEY (sir Thomas et sir Edouard), les deux seconds fils du
- Comte de Derby, _Stanlay_; ils sont arrêtés comme prévenus de
- conspiration, III, 390, 452, 458.--IV, 261, 262, 381.--V, 224.
- Ils sont mis en liberté, 313.--Sir _Thomas Stanley_, 2e fils du
- Comte de Derby, III, 390, 401, 422.--IV, 198, 205.--V, 313.
- --Sir _Edouard Stanley_, 3e fils du Comte de Derby, III, 401,
- 422.--V, 313.
-
- STARKIE (Thomas), marchand anglais, I, 174.
-
- _Stertan_ (les villes maritimes du), les villes Hanséatiques
- d'Allemagne, I, 166.
-
- _Sthon_, _v._ Stone.
-
- STIRLING, capitale du comté en Écosse, _Esterlin_, _Esterling_,
- _Estrelin_, I, 12.--Assemblée de Stirling, II, 242, 279.--III,
- 98, 237, 364, 421, 429.--IV, 70, 121, 137. 138, 140, 144, 230.
- Entreprise faite sur Stirling, par les partisans de Marie
- Stuart, pour venger la mort de l'archevêque de Saint-André, 231,
- 232, 237, 239. Assemblée de Stirling, 243, 244, 247, 249, 250,
- 253, 255, 272, 273, 283, 285, 296, 345, 359, 362, 363, 429, 430.
- --V, 60.--VI, 261, 430.--VII, 224, 255, 268, 270, 277, 278.
-
- STONE, dans le comté de Kent, _Sthon_, V, 79, 83.
-
- STONEY, dans le comté de Buckingham, _Eston_, V, 76. Et non pas
- _Eston_, dans le comté d'York.
-
- STOREY (le docteur), _Estory_, est enlevé par des émissaires
- d'Élisabeth, dans le port de Bergues en Flandre, III, 288.--Son
- exécution, IV, 136.
-
- STRASBOURG en Alsace, _Estrabourg_, IV, 153.--V, 274.--VI, 450.
-
- STROZZI (Philippe de), l'un des généraux de Charles IX, _Estrocy_,
- _Estrossy_, _Strocy_, _Strosse_, _Strossy_, I, 148, 389, 414.
- --Il est fait prisonnier par les Protestants, II. 160.--III,
- 73.--Son expédition dans les Pays-Bas, V, 89, 130, 133, 139,
- 148, 150, 153, 198, 205, 313.--VI, 66, 68, 105.--VII, 319,
- 359, 370, 382, 395, 458.
-
- STUART (les), V, 452.
-
- STUART (Marie), _v._ Marie Stuart.
-
- STUART (Henri), de Darnley, _v._ Henri Stuart.
-
- STUART, Écossais, combattant avec les Protestants de France,
- _Estuard_; il est tué à Jarnac, I, 304.--VII, 10.
-
- STUART (sir Alexandre), cartel envoyé par sir Alexandre Stuart «en
- soutien du Comte de Lennox», au lord de Grange, IV, 172. Tué
- lors de l'entreprise de Stirling, 237.
-
- STUART (sir Guillaume), envoyé par le Comte de Lennox en
- Angleterre, III, 305, 308, 400.
-
- STUKELEY (le capitaine), l'un des chefs des Irlandais, réfugié en
- Espagne, _Estuqueley_, _Estuquelay_, _Stuquelay_, _Stuqueley_,
- II, 81, 111.--III. Proposition secrète faite par lui, 53, 423,
- 458.--IV, 28, 37, 39, 70, 74, 89, 239, 390.--VI, 6, 136, 146.
- --VII, 94.
-
- STURMIUS, agent d'Élisabeth en Allemagne, VI, 450.
-
- _Sualsambourg_ (le Comte de), _Sualsemberg_, _Sualsembourg_, _v._
- Schwarzenberg.
-
- SUBSIDE accordé en Angleterre, IV, 78.
-
- _Sucès_ (lord), _v._ Sussex.
-
- SUÈDE (la), V, 462.
-
- SUÈDE (Jean III, Roi de), I, 166, 364.--II, 122.--III, 453.
- --IV, 64, 167.--V, 364, 374, 410, 462.--VII, 191.
-
- _Suavenguem_ (le Sr), _Suenegheme_, _Sueneguem_, _Sueneguen_,
- _Suereguem_, _Suevenguem_, _v._ Swevegem.
-
- _Suesex_, _v._ Sussex.
-
- SUFFOLK (le Comté de), _Suffoc_, II, 135, 142, 199, 272.--III,
- 28, 246.--IV, 401, 405.
-
- SUFFOLK (la Duchesse de), _Suffoc_, II, 214.--VI, 245, 279, 293,
- 300.--Son _fils_, VI, 293.
-
- _Suffort_ (le lair de), près de Kelso en Écosse, III, 140.
-
- SUISSES (les), I, 85, 167.--II, 146, 245.--IV, 418.--V, 210,
- 240.--VI, 19, 44, 105.--VII, 6, 10, 33, 36, 417, 428, 457,
- 459. _v._ Bâle.
-
- SUMTHE (Richard), marchand anglais, I, 174.
-
- _Surampthon_ (le Comte de), _Surampton_, _v._ Southampton.
-
- _Sureth_ (le Comte de), _v._ Surrey.
-
- SURREY (le Comte de), fils aîné du Duc de Norfolk, _Seurey_,
- _Sureth_, petit fils du Comte d'Arundel, III, 173, marié à la
- nièce de lord Dacre, 391.--IV, 351.
-
- _Surthampton_ (le Comte de), _Suthampton_, _v._ Southampton.
-
- _Suscivye_, port de mer en Bretagne, III, 203.
-
- SUSSEX (le comté de), II, 379.--111--III, 246, 422.
-
- SUSSEX (le Comte de), grand chambellan d'Angleterre, _Sucès_,
- _Suesex_, _Suxes_, I, 82.--II, 120, 123, 285, 348, 357, 372,
- 374, 377, 379, 384, 385, 401, 417, 419, 420, 427.--III, 21, 55,
- 73, 83, 86, 97, 104, 107, 108, 110, 113, 128, 132, 137, 139,
- 140, 142, 145, 151, 152, 159, 160, 168, 170, 174, 175, 186, 193,
- 200, 202, 222, 223, 230, 242, 265, 266, 267, 270, 283, 293, 294,
- 296, 304, 305, 307, 308, 311, 319, 321, 342, 366, 400, 421, 424,
- 425, 429, 462, 466.--IV, 3, 77, 80, 89, 104, 109, 116, 150,
- 197, 341, 400, 410, 435, 437.--V, 15, 17. Est nommé grand
- chambellan, 59, 65, 73, 74, 82, 84, 100, 160, 161, 165, 208,
- 234, 260, 335, 352, 377, 422.--VI, 4, 17, 21, 28, 145, 302,
- 468, 472.--VII, 129, 134, 197, 228, 230, 317.--Son _frère_,
- III, 431.
-
- _Suxès_ (le Comte de), _v._ Sussex.
-
- _Sydenay_ (lord), _Sydeney_, _Sydney_, _v._ Sidney (lord).
-
- SYLVA (don Loys de), désigné pour être envoyé en Angleterre, VI,
- 443.
-
- SWEVEGEM (le Sr), conseiller d'état de Flandre, député par le Duc
- d'Albe en Angleterre, _Suavenguem_, _Sueneyheme_, _Sueneguem_,
- _Sueneguen_, _Sueveguem_, _Suevenguem_, III, 477.--IV, 179,
- 270, 315, 325, 352, 353, 360, 389, 399, 425, 427, 438, 440, 441.
- --VI, 4, 95, 163, 268-284, 285, 287.
-
-
-T.
-
- TAFIN (le Sr), agent du Duc d'Albe, II, 404.
-
- TAILLEBOURG en Saintonge, I, 138, 147.
-
- TALMONT en Saintonge, _Tallemont_, I, 138, 147.
-
- TANLAY en Champagne, I, 137.
-
- TANNAY-LE-MOULIN en Champagne, VII, 162.
-
- _Tarride_ (Mr de), _v._ Terride.
-
- TAVANNES (Gaspard de Saulx de), maréchal de France, _de Tavanes_,
- _Thavanes_, _Thavennes_, I, 140, 389, 414.--VII, 5, 9.
-
- TE DEUM chanté à la cour après la victoire de Moncontour, VII, 66.
-
- TELLIGNY (Mr de), _de Téligné_, _Théligny_, II, 161, 183.--III,
- 181.--IV, 64.--VII, 95, 192, 332, 343. «Feu M. de Telligny,»
- 352.
-
- _Tempost_ (lord), seigneur protestant du nord, II, 384.
-
- TERMES, (Mr de), _v._ Thermes.
-
- TERRE-NEUVE, grande île de l'Amérique septentrionale, à l'E. du
- golfe St-Laurent, _les Terres-Neufves_, flotte française
- revenant de Terre-Neuve, II, 131.
-
- TERRIDE (Antoine de), _Tarride_, I, 137.--II, 244.--VII, 56.
-
- TEXTOR, ministre protestant envoyé en Angleterre, par La Noue; sa
- négociation, VI, 81, 92, 93, 130, 237, 239, 240.--VII, 465.
-
- _Thavanes_ (Mr de), _Thavennes_, _v._ Tavannes.
-
- THERMES (Mr de), _Termes_, I, 100.
-
- THIESTE, I, 52.
-
- _Thitbery_, _v._ Tutbury.
-
- THOUARS en Poitou, I, 146, 147.
-
- _Thoulouse_, _v._ Toulouse.
-
- THROKMORTON, _Frocmorthon_, _Trocmorthon_, _Trocmorton_,
- _Trokmorthon_, I, 129, 170, 242, 282.--II, 197, 245. Il est mis
- en arrêt, 285.--III, 21.--IV, 225.--Son _neveu_, I, 86.
-
- _Thurin_, _v._ Turin.
-
- _Titbery_, _v._ Tutbury.
-
- _Tocester_, _v._ Towcester.
-
- TOLÈDE (don Frédéric de), fils aîné du Duc d'Albe, III, 127.
-
- TONNAY-BOUTONNE en Saintonge, _Tonny-Boutonne_, VII, 74.
-
- TORCY (Mr de), VI, 66, 68, 77.--VII, 454.
-
- TOSCANE (grand duché de), I, 261.
-
- TOULOUSE, capitale du Languedoc, _Thoulouse_, II, 162, 341.--III,
- 115, 361.
-
- TOURNOIS en Angleterre, III, 443.--IV, 88.
-
- TOURS, capitale de la Touraine, VII, 68.--Le _Président_ de
- Tours, _v._ Duverger.
-
- TOWCESTER, dans le comté de Northampton, _Tocester_, V, 76.
-
- TRAITÉ entre l'Angleterre et l'Espagne, V, 307.--VI, 235, _v._
- Pays-Bas, Saisie.
-
- TRAITÉ conclu par l'Ambassadeur, concernant l'Écosse, III, 169.
- Maintien du traité, 175. _Mémoire_, discussion sur le traité
- d'Écosse, 185.
-
- TRAITÉ conclu en Écosse, pour la reconnaissance de Jacques VI,
- comme Roi d'Écosse, V, 273.
-
- TRAITÉ proposé au Roi par les seigneurs catholiques d'Angleterre,
- I, 330. Avis de l'Ambassadeur sur cette proposition, 333.
-
- TRAITÉ D'ALLIANCE entre l'Angleterre et la France.--Négociation
- d'un traité d'alliance entre la France et l'Angleterre, IV, 286.
- Discussion du traité d'alliance, 372, 377, 413, 416. Conclusion
- du traité d'alliance, 444. Réjouissances à Londres, à l'occasion
- de l'alliance avec la France, 445.--Renouvellement de la ligue
- entre la France et l'Angleterre, VI, 407.
-
- TRANSILVANIE (la), principauté d'Allemagne, III, 349, 472.--IV,
- 8.
-
- TRASSAN, gentilhomme anglais, est arrêté à son retour de Louvain,
- II, 12.
-
- TRENTE (le concile de), _Trante_, _v._ Concile.
-
- TRÉSOR D'ESPAGNE. Arrivée à Plymouth des galions espagnols, I, 43.
- Saisie du trésor, 59, _v._ Saisie.
-
- _Trésorier_ (milord), _v._ Burleigh.
-
- TRÉSORIER (le), de l'épargne en France. Plaintes de l'ambassadeur
- contre le refus qu'il fait de lui payer son traitement, VI, 372,
- 412, 425.
-
- TRÉPORT (le), en Normandie, _Tresport_, II, 199.
-
- _Trocmorthon_, _Trocmorton_, _Trokmorthon_, _v._ Throkmorton.
-
- TROUBLES de France, _v._ Guerres civiles de France.
-
- TROUBLES d'Angleterre et d'Irlande, _v._ Irlande, Norfolk, Suffolk
- et Révolte du nord.
-
- TUILERIES (les), palais du Roi à Paris, V, 415.--VI, 149.--VII,
- 190.
-
- TUNIS, capitale du royaume de Tunis, sur les côtes de Barbarie,
- _Tunes_, _Tuniz_, III, 85.--VI, 213.
-
- TUNIS (le Roi de), Muley Hascen, «_le Roi de Tunes_», II, 6.
-
- TURCS (les), ligue contre eux, I, 350.--III, 85, 333, 334, 349,
- 360, 426, 453.--IV, 2, 8, 32, 228, 280, 281, 285, 290, 384.
- --V, 206, 232, 256, 316, 318, 342.--VI, 94, 213, 264, 307, 338,
- 396, 399, 427.--VII, 149, 272, 278, 383, 395.
-
- TURENNE (Mr de), neveu du maréchal de Damville, _Mr de Turène_,
- VI, 66, 68, 339, 414, 417.
-
- TURIN en Italie, _Thurin_, III, 432.--VI, 314, 368.
-
- TUTBURY dans le comté de Stafford, château dans lequel Marie
- Stuart fui retenue prisonnière, _Thitbery_, _Titbery_,
- _Tutebery_, _Tutbery_, _Tytbery_, I, 13, 79, 104, 179, 195, 285.
- --II, 234, 263, 265, 271, 282, 377, 383, 433.--III, 12, 23.
-
- TYMBIE (Jehan), marchand anglais, I, 174.
-
- _Tytbery_, _v._ Tutbury.
-
-
-U.
-
- _Untington_ (le Comte de), _v._ Huntingdon.
-
- _Ursin_ (le cardinal), _v._ Orsini.
-
- UTRECHT, dans les Provinces-Unies, _Utrec_, V, 78.
-
- UZÈS (le Duc d'), d'_Uzez_, VI, 348, 382.
-
-
-V.
-
- VALENCE (Mr de), VII, 429.
-
- VALENCIENNES, dans les Pays-Bas, _Vallenciennes_, III, 348.--V.
- Prise de Valenciennes par les Gueux, 4.
-
- VALENTIN (un), I, 126. Voir la _note_.
-
- VALENTINOIS (Diane de Poitiers, Duchesse de), Madame de
- _Vallantinois_, maîtresse de Henri II, III, 439.
-
- VALFENIÈRE, envoyé en Angleterre avec Rouvray par les protestants
- de France, _Valfenyère_, I, 313, 326, 327, 337, 374, 408.--VI,
- 328.
-
- _Vallantinois_ (Mme de), _v._ Valentinois.
-
- VALOGNE en Normandie, _Valoignes_, _Valongnes_, VI, 77, 92, 112.
- --VII, 458.
-
- _Valsingam_ (Mr de), _Vualsingam_, _Vualsingan_, _v._ Walsingham.
-
- VANNES, en Bretagne, VII, 99.
-
- VARGAS (le docteur), envoyé en Angleterre par le Duc d'Albe,
- _Vargaz_, II, 237, 241, 246.
-
- _Varvic_, _Varvich_, _v._ Warvick.
-
- VASSAL, l'un des secrétaires de l'Ambassadeur, I, 88.--VI, 223,
- 502.
-
- VAUDÉMONT (la maison de), VI, 393.
-
- VAUDÉMONT (Nicolas, Comte de), VI, 390.
-
- VAUDÉMONT (la Princesse Louise de), Reine de France, la fille
- aînée de M. de Vaudémont, mariée à Henri III, VI, 390.
-
- VAUJOURS, en Anjou, VII, 273.
-
- _Vayrac_ (Mr de), _v._ Vérac.
-
- VAYVODE (le), Jean Sigismond Zapolski, Prince de Transylvanie,
- III, 143, 349.
-
- VELUTELLY (Acerbo), banquier de Londres, IV, 410.--V, 148.--VI,
- 372, 425.
-
- VENDÔME (la maison de), _Vendosme_, IV, 225.
-
- VENISE, en Italie, IV, 342.--VI, 206.--La _Seigneurie_ de
- Venise, VI, 229.--Les _Seigneurs Magnifiques_ de la Seigneurie
- de Venise, III, 37.
-
- VÉNITIENS (les), III, 19, 333, 334, 349, 360, 430, 453.--V, 316,
- 318.--VII, 149.
-
- VENTADOUR (Mr de), VI, 339.
-
- VERACRUZ (la), port du Mexique, I, 182.
-
- VÉRAC (Mr de), envoyé par le Roi en Écosse, _Vayrac_, _Veyrac_. Sa
- mission, III, 319, 336.--IV, 39. Il est fait prisonnier dans le
- château de Dunbarton, 53, 70, 73, 104. Sa rentrée en France,
- 113. Renvoyé de nouveau en Écosse, il est fait prisonnier en
- abordant à Leith, 185, 193, 197, 212. Sa mise en liberté, 215,
- 227, 228, 230, 236, 237, 259, 270, 273, 274, 275, 299, 309, 310,
- 338, 345, 363.--V, 2, 82, 176. Son arrivée en Angleterre avec
- M. Du Croc, 181, 238, 253, 254, 259, 272, 278, 291, 292, 296,
- 304, 305, 306, 308, 323, 324, 332. Son prochain départ pour
- retourner en Écosse, 335, 340, 345. Audience de congé accordée à
- M. de Vérac, 348-350.--VII, 137, 139, 197, 198, 203, 206, 207,
- 210, 212, 213, 225, 237, 244, 245, 254, 281, 297, 305, 306, 315,
- 327, 387, 409, 414, 418, 419.
-
- VERTEUIL, maison du comte de La Rochefoucault, VII, 3.
-
- _Vesmerland_ (le Comte de), _v._ Westmorland.
-
- VÉZELAY L'ABBAYE, en Bourgogne, I, 415.
-
- VICE-ROI (le) du Mexique envoyé d'Espagne, I, 182.
-
- VICOMTES (les quatre), les Vicomtes de Borniquel, de Caumont, de
- Montclar et de Paulin, tenant le parti des protestants dans le
- midi, I, 172, 293, 362, 367, 386.--II, 21, 68, 162, 314, 333,
- 341, 393.--V, 202.
-
- VIBRAC, VIllage près de Jarnac, VII, 3, 7.
-
- VIDAME DE CHARTRES (Jean de Ferrières, seigneur de Maligny),
- envoyé par les protestants en Angleterre, I, 154, 355, 380, 407.
- --II, 49, 78, 96, 98, 140.--III, 312, 316, 326, 358, 359, 418,
- 466.--IV, 12.--V, 162, 169, 176, 190, 212, 213, 226, 239, 240,
- 250, 263, 272, 281, 375, 402, 453.--VI, 59, 93, 168, 210, 235,
- 249, 253, 268, 280, 288, 316.--VII, 371, 451.
-
- _Vildelmor_ (le chevalier Walter), chancelier de l'échiquier, I,
- 82, _v._ Mildmay (le chevalier Walter).
-
- VIENNE (la), rivière de France, I, 145.--II, 158, 159.
-
- VIEURNE (le Sr), réfugié en Angleterre après la Saint-Barthèlemy,
- V, 155.--Et sa _femme_, V, 155.
-
- VILDEN, ministre protestant réfugié en Angleterre, VII, 465.
-
- VILLÈNE (le capitaine), du Boulonnais, II, 316.
-
- VILLARS (Honorat de Savoie, Comte puis marquis de), grand amiral
- de France, successeur de Coligni, VII, 67.
-
- VILLECLER (Mr de), IV, 93.
-
- VILLEMEUR (le Sr de), précepteur du Duc de Guise, VII, 322.
-
- VILLEQUIER (le Sr de), l'un des gentilshommes du Duc d'Anjou, VII,
- 234.
-
- VILLEROY (Nicolas de Neufville, seigneur de), VI, 105, 148.--VII,
- 62, _v._ Neufville.
-
- VILLERS COTERÊTS, dans le Valais, _Villiers Costerez_, VII, 168,
- 171.
-
- VILLES PROTESTANTES (les), d'Allemagne I, 297.
-
- VILLIERS, ministre protestant réfugié en Angleterre après la
- Saint-Barthèlemy, V, 155.--VI, 81, 167, 219, 248, 301.
-
- _Villiers_, _v._ Villers-Coterêts.
-
- VILLY (le Sr de), V, 375.
-
- VIMONT (le Sr de), marchand de Rouen, _Vymont_, II, 324, 327, 333.
-
- VINCENNES, près Paris, VI, 83. Complot de Vincennes, 98, 104, _v._
- Coconas et La Mole.--VII, 457-459, 462, 468-470.
-
- VINS (le capitaine), Provençal, neveu du Sr de Cazas, VII, 7.
-
- VIRÉ, en Normandie, VII, 459.
-
- VITELLI (Ciapino), Marquis de Cestona, général espagnol, envoyé
- par le Duc d'Albe en Angleterre, _Chapin Vitel_, _Vitelly_, _le
- Marquis de Chelona_, _de Chetona_. Sa mission, II, 50, 237, 241,
- 246, 260, 267, 286. Son arrivée en Angleterre, 293, 297, 298,
- 310, 311, 314, 315, 318, 320, 332, 337. Soupçons des Anglais
- contre Ciapino Vitelli, 342, 353, 365, 368, 370, 379, 389, 399,
- 405, 407. Son départ prochain, 409. Son audience de congé, 412,
- 414, 419. Avis donné par Ciapino Vitelli au Duc d'Albe, de
- déclarer la guerre à Élisabeth, 422, 423.--III, 9, 12, 31, 46,
- 64, 335.--V, 44.
-
- _Vitemberg_ (le Duc de), _v._ Wurtemberg.
-
- VITRI-LE-FRANÇAIS, en Champagne, _Vitry_, V, 459, 464.--VI, 49.
- --VII, 450.
-
- VOLONTAIRES (formation d'un corps de), en Angleterre, pour la
- Rochelle, II, 89.
-
- VOYAGE du Roi en Italie, VI, 206.--_Voyage_ de la reine-mère
- au-devant du Roi, VI, 225.
-
- VOYSIN (le Sr de), de Normandie, I, 292, 297, 326, 340, 386.--V,
- 375.
-
- _Vualsingam_ (Mr de), _v._ Walsingham.
-
- _Vuandeberg_ (le Comte de), _v._ Wandeberg.
-
- _Vuarcop_ (Me), _v._ Warcop.
-
- _Vuartguelt_, VI, 105.
-
- _Vuarvic_ (le Comte de), _v._ Warvick.
-
- _Vuarvycsther_, _v._ Warvickshire.
-
- _Vuayt_ (Henri), _v._ Wayt.
-
- _Vuesmerlan_ (le Duc de), _v._ Westmorland.
-
- _Vuilson_ (le docteur), _v._ Wilson.
-
- _Vuinchester_ (le Marquis de), _v._ Winchester.
-
- _Vuindesor_ (lord de), _v._ Windsor.
-
- _Vuingfeilld_, _v._ Wingfield.
-
- _Vuodderby_, _v._ Woodbury.
-
- _Vuodstok_, _v._ Woodstock.
-
- _Vuynbenc_ (Me), _v._ Wynbenc.
-
- _Vuynch_, _v._ Wynck.
-
- _Vuyndezor_, _v._ Windsor.
-
-
-W.
-
- WAKER (Thomas), marchand anglais, II, 19.
-
- WALES (le pays de), _v._ Galles.
-
- WALFRIN (le Baron de), _Vualfrind_, III, 467, 468.
-
- WALONS (les), troupes Allemandes, I, 398.--IV, 438, 461.--V, 78,
- 223.
-
- WALSINGHAM (le chevalier François), _Valsingan_, _Vualsingam_,
- _Vualsingan_, _Vualsinguam_, _Vualsinguan_. Mission de
- Walsingham en France, pendant l'ambassade de Mr Norris, III,
- 274, 275, 277, 278, 280. Instructions, 281, 282, 283, 287, 292,
- 296, 302. Son retour en Angleterre, 320, 321, 323, 332, 336,
- 338, 340, 341, 342, 362, 364, 372, 379, 380, 408, 431, 432. Sa
- négociation et son ambassade en France où il succède à Mr
- Norris, 469.--Avis donné par Walsingham, IV, 20, 41, 45, 56,
- 60, 61, 64, 68, 87, 123, 128, 131, 132, 133, 164, 172, 176, 180,
- 187, 195, 196, 201, 202, 207, 208, 210, 213, 215, 228, 229, 231,
- 233, 243, 247, 249, 253, 258, 263, 270, 271, 273, 278, 287, 300,
- 310, 327, 370, 376, 419.--V, 46, 63, 67, 69, 85, 86 87, 99,
- 108, 116, 117, 120, 122, 124, 128, 132, 133, 134, 135, 136, 137,
- 140, 141, 142, 146, 149, 151, 158, 159, 163, 177, 178, 179, 185,
- 199, 200, 210, 224, 226, 241, 242, 264, 277, 283, 297, 298, 302,
- 304, 305, 306, 312, 314, 317, 319. Le docteur Dale lui est donné
- pour successeur. Son retour en Angleterre, où il est nommé
- conseiller privé, 327, 330, 334, 336, 435, 470.--VI, 4, 25, 28.
- Conférence avec l'Ambassadeur, 35, 36, 37, 38, 81, 164.
- Conférence, 181, 182, 196, 199, 209, 220, 223, 287, 290.
- Conférence de l'Ambassadeur avec Walsingham, 294, 302.
- Communication de l'Ambassadeur avec Walsingham, 316, 317, 354,
- 337, 358, 372, 380, 436, 452, 468, 482, 494.--VII, 129, 134,
- 140, 142, 152, 153, 158, 161, 167, 176, 178, 182, 183, 188, 194,
- 197, 201, 202, 212, 213, 215, 216, 233, 236, 249, 250, 252, 253,
- 257, 259-262, 265, 267, 268, 271, 273, 280, 283, 287, 296, 300,
- 307, 309, 310, 312, 316, 330, 334, 336, 340, 341, 343, 345, 347,
- 348, 349, 350, 352, 354, 355, 363, 365, 367, 368, 371, 372, 393,
- 397, 398, 410, 411, 413, 420, 422.--Sa _femme_, III, 380.
-
- WANDEBERG (le Comte de), beau-frère du Prince d'Orange,
- _Vuandeberc_, III, 463.
-
- WARCOP (Me), _Vuarcop_, VI, 29, 143, 172, 349, 374.
-
- _Ware_, dans le Comté de Roxburgh, en Écosse, III, 139.
-
- WARVICK, capitale du comté, _Varvic_, _Varvich_, _Vuarvich_,
- _Wuarvich_, _Warvic_, _Warwic_, _Warwic_, I, 328.--II, 548.--III,
- 74.--V, 92, 239, 387.--VII, 361, 414.
-
- WARWICK (le Comte de), frère de Leicester, _Vuarvic_, _Vuarvich_,
- II, 368, 378, 385, 401, 412, 419, 420, 427.--III, 21.--V, 84.
-
- WARVICKSHIRE, comté d'Angleterre, _Vuarvicsther_, II, 368.
-
- WAYT (Henry), marchand anglais, _Vuayt_, I, 174.
-
- WELGAN (le Duc de), _Vuelgan_. Levées de Reitres faites par le
- Duc, en Allemagne, I, 86. Wolfang, Duc de Deux-Ponts.
-
- WESTMINSTER, à Londres, _Oesmestre_, _Ouestmester_, _OExmestre_,
- I, 18.--IV, 346, 424.--V, 15.
-
- WESTMORLAND (le Comte de), _Vesmerland_, _Vuesmerlan_,
- _Vuesmerland_. Sa prise d'armes dans le nord avec le Comte de
- Northumberland, II, 348. Il est déclaré rebelle, 370, 372, 375,
- 378, 398, 401, 402, 411, 417, 419, 421, 422, 424, 425, 427.--Sa
- fuite en Écosse, d'où il parvient à se rendre dans les Pays-Bas,
- III, 4, 11, 22, 27, 30, 34, 35, 45, 54, 55, 77, 96, 98, 140,
- 146, 149, 310, 432.--IV, 2.--VI, 95, 209, 493, _v._ Révolte du
- nord.
-
- WESTMORLAND (la Comtesse de), femme du précédent, III, 96.
-
- _Wicht_ (l'île de), _v._ Wight.
-
- WIGHT (l'île de), sur les côtes méridionales d'Angleterre, l'île
- d'_Ouic_, d'_Ouyc_, de _Wicth_, _With_, I, 111, 121.--II, 25,
- 45, 64, 75, 96, 137, 238, 368.--III, 270.--IV, 17.--V, 143,
- 153, 162, 198, 283, 343.
-
- WILSON (Me), premier maître des requêtes d'Élisabeth, IV, 288.
- --V, 114, 116.--VI, 263, 277, 284, 302, 339, 352, 359, 395,
- 399.
-
- WILX (Thomas), secrétaire du docteur Dale, ambassadeur en France.
- Vives plaintes de Catherine de Médicis contre la conduite de ce
- secrétaire, VI, 212, 239, 425, 426, 450, 456.
-
- WINCHESTER (le Marquis de), grand trésorier d'Angleterre,
- _Vuinchester_, IV, 410.
-
- WINDSOR, dans le comté de Berks, _Vuyndezor_, _Windesor_,
- _Windesore_, _Vindezor_, _Winsor_, I, 243.--II, 137, 259, 278.
- --Les _archives_ de Windsor, VI, 96.
-
- WINDSOR (lord de), _Windesor_, V, 10, 14.--VI, 206.
-
- WINGFIELD, dans le comté de Derby, _Winkfild_, _Vuingfeild_,
- château dans lequel fut conduite Marie Stuart, I, 380, 381.
- --II, 255.
-
- WINGFIELD, émissaire d'Élisabeth, en Allemagne, _Oynfild_, III,
- 272.
-
- WINTER, vice-amiral d'Angleterre, _Ouynter_, _Oynter_, _Huinter_,
- _Huynter_, I, 17, 25, 33, 37, 41. Départ de la flotte marchande
- pour La Rochelle sous sa conduite, 44, 54, 55, 75, 90, 93, 99.
- Son retour, 117, 120, 129, 130, 131, 151, 153, 154, 160.
- Explications données par Me Winter sur son voyage à La Rochelle,
- 164, 165, 168, 186, 214, 237, 243, 244, 270, 279, 297, 338, 339,
- 351, 355, 408.--II, 8, 13, 15, 25, 38, 40.--IV, 361.--VII, 14.
-
- WINTER (le jeune Guillaume), capitaine de navire, I, 120, 351.
-
- _With_ (l'île de), _v._ Wight.
-
- _Witemberg_ (le Duc de), _v._ Wurtemberg.
-
- WJONS (le capitaine), I, 214.
-
- WOD (Jehan), I, 344.
-
- WOODBURY dans le comté de Devon, _Vuodderby_, III, 22.
-
- _Wodstok_, _v._ Woodstock.
-
- WOODSTOCK dans le comté d'Oxford, _Oestoc_, _Vuodstok_, _Wodstok_,
- V, 122.--VI, 496, 498, 501.
-
- WORCESTER (le Comte de), «de la famille de _Somerset_ dont il
- porte le surnom,» _Ocestre_, _Ochester_, _Ochestre_,
- _Vourchester_, _Worcester_, IV, 83, 84, 467.--V, 14, 15. Il est
- désigné pour passer en France afin d'assister, au nom
- d'Élisabeth, au baptême de la fille du Roi, 225, 228, 229, 252,
- 235. Son départ, 238. Sa négociation en France, 241, 244, 247,
- 248, 251, 257, 262, 264, 268, 269. Son retour, 270, 275, 277,
- 284, 285, 298.--Son _fils_ épouse la soeur du Comte de
- Huntingdon, IV, 319, 321.
-
- WURTE (le capitaine), I, 214.
-
- WURTEMBERG (le Duc de), _Witemberg_, III, 195, 298.--VII, 166.
-
- WYNBENC (Me), l'un des clercs du conseil d'Angleterre, _Vuynbenc_,
- IV, 158.
-
- _Wynck_, château près de Londres, _Vuynch_, III, 289.
-
- WYNTER, _v._ Winter.
-
-
-X.
-
- X....., III, 53, (Stukeley), _v._ Stukeley.
-
- _Xainctes_, _v._ Saintes.
-
- _Xainctonge_, _v._ Saintonge.
-
-
-Y.
-
- YARMOUTH, dans le comté de Norfolk, _Germue_, _Hiermuth_, I, 325,
- 349, 351.--III, 28.
-
- YORK, capitale du comté, _Hiorc_, _Yorc_. Conférence d'York pour
- statuer sur le sort de Marie Stuart, I, 12, 17. La conférence
- est évoquée à Hamptoncourt, 18, 80, 81.--II, 348, 366, 367,
- 372, 377, 384, 411, 417.--III, 110, 128, 223.--IV, 19.--V,
- 118.--VI, 55.
-
- _Yrlande_, _v._ Irlande.
-
- YVOY (Mr d'), _Divoy_, _d'Ivoy_, I, 149, 173.
-
-
-Z.
-
- ZABRAS, barques, I, 110.
-
- _Zainctes_, _v._ Saintes.
-
- ZÉLANDE (la), l'une des Provinces-Unies, I, 272, 289, 300, 313,
- 326, 329, 419.--II, 15, 99, 154, 251, 388, 401, 405.--III,
- 247.--IV, 336.--V, 43, 60, 199.--VI, 48, 280, 359, 362, 497.
- --VII, 314.
-
-
-FIN DE LA TABLE GÉNÉRALE DES MATIÈRES CONTENUES DANS LES SEPT VOLUMES.
-
-
-
-
-CORRESPONDANCE DIPLOMATIQUE DE BERTRAND DE SALIGNAC DE LA MOTHE
-FÉNÉLON.
-
-
-DÉDICACES.
-
-
- 1er volume, à lord Holland.
-
- 2e -- au marquis de Lansdowne.
-
- 3e -- au comte d'Aberdeen.
-
- 4e -- à sir Robert Peel.
-
- 5e -- à S. E. Mr Guizot.
-
- 6e -- à M. Henri Hallam.
-
- 7e -- aux membres du Bannatyne club d'Édimbourg.
-
-
-
-
-
-End of the Project Gutenberg EBook of Supplément à la Correspondan
-e Diplomatique de Bertrand de , by Bertrand de Salignac de La Mothe Fénélon
-
-*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK CORRESPONDANCE DIPLOMATIQUE ***
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-Section 2. Information about the Mission of Project Gutenberg-tm
-
-Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
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-including obsolete, old, middle-aged and new computers. It exists
-because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
-people in all walks of life.
-
-Volunteers and financial support to provide volunteers with the
-assistance they need are critical to reaching Project Gutenberg-tm's
-goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
-remain freely available for generations to come. In 2001, the Project
-Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
-and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
-To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
-and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
-and the Foundation information page at www.gutenberg.org
-
-
-Section 3. Information about the Project Gutenberg Literary Archive
-Foundation
-
-The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
-501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
-state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
-Revenue Service. The Foundation's EIN or federal tax identification
-number is 64-6221541. Contributions to the Project Gutenberg
-Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
-permitted by U.S. federal laws and your state's laws.
-
-The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
-Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
-throughout numerous locations. Its business office is located at 809
-North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887. Email
-contact links and up to date contact information can be found at the
-Foundation's web site and official page at www.gutenberg.org/contact
-
-For additional contact information:
- Dr. Gregory B. Newby
- Chief Executive and Director
- gbnewby@pglaf.org
-
-Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg
-Literary Archive Foundation
-
-Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
-spread public support and donations to carry out its mission of
-increasing the number of public domain and licensed works that can be
-freely distributed in machine readable form accessible by the widest
-array of equipment including outdated equipment. Many small donations
-($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
-status with the IRS.
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-The Foundation is committed to complying with the laws regulating
-charities and charitable donations in all 50 states of the United
-States. Compliance requirements are not uniform and it takes a
-considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
-with these requirements. We do not solicit donations in locations
-where we have not received written confirmation of compliance. To
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-have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition
-against accepting unsolicited donations from donors in such states who
-approach us with offers to donate.
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-International donations are gratefully accepted, but we cannot make
-any statements concerning tax treatment of donations received from
-outside the United States. U.S. laws alone swamp our small staff.
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-Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
-methods and addresses. Donations are accepted in a number of other
-ways including checks, online payments and credit card donations.
-To donate, please visit: www.gutenberg.org/donate
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-Section 5. General Information About Project Gutenberg-tm electronic
-works.
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-Professor Michael S. Hart was the originator of the Project Gutenberg-tm
-concept of a library of electronic works that could be freely shared
-with anyone. For forty years, he produced and distributed Project
-Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.
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-Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
-editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S.
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