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If you are not located in the United States, you'll have -to check the laws of the country where you are located before using this ebook. - - - -Title: Les protestants à Nimes au temps de l'édit de Nantes - -Author: Jacques Boulenger - -Release Date: May 23, 2016 [EBook #52140] - -Language: French - -Character set encoding: UTF-8 - -*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK LES PROTESTANTS NIMES *** - - - - -Produced by Giovanni Fini, Clarity and the Online -Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This -file was produced from images generously made available -by The Internet Archive/Canadian Libraries) - - - - - - - - NOTES SUR LA TRANSCRIPTION: - -—Les erreurs clairement introduites par le typographe ont été -corrigées. - -—On a conservé l’orthographie de l’original, incluant ses variantes. - -—Les lettres écrites au-dessus ont étées representées ainsi: a^b et - a^{bc}. - - - - - LES - - PROTESTANTS A NÎMES - - AU TEMPS DE - - L’ÉDIT DE NANTES - - - - - MACON, PROTAT FRÈRES, IMPRIMEURS - - - - - JACQUES BOULENGER - - LES - - PROTESTANTS A NÎMES - - AU TEMPS DE - - L’ÉDIT DE NANTES - - - - -[Illustration: LOGO] - - - - - LIBRAIRIE FISCHBACHER - - (_Société anonyme_) - - 33, RUE DE SEINE, 33 - - PARIS - - 1903 - - - - - A FERNAND VANDÉREM - - - - -INTRODUCTION - - Organisation générale du parti protestant. Les assemblées politiques. - Les assemblées ecclésiastiques. Celles-ci maintiennent l’unité du - parti. Importance du consistoire. - - Plan de ce mémoire. - - Sources. - - -On a déjà étudié la situation sociale des protestants avant et -après l’édit de Nantes. M. Paul de Felice publie un ouvrage dans -lequel il nous renseigne sur leur culte, la vie de leurs pasteurs, -le fonctionnement de leurs assemblées et leur pédagogie[1]. Mais -l’inconvénient de ce livre est de s’étendre sur un plan trop vaste. -L’évolution du parti protestant n’y est pas nettement marquée, faute de -précision, et le mot «autrefois» remplace trop souvent la date exacte -que l’on souhaiterait. - -En outre, comment se comportait le gouvernement communal dans les -villes huguenotes? Quels étaient les rapports des réformés avec les -catholiques? Est-il juste de dire que les protestants formaient un État -dans l’État? On pourra élucider ces questions lorsqu’un certain nombre -de monographies auront fait bien connaître l’organisation du parti -réformé dans les différentes provinces de France. C’est dans l’espoir -de contribuer à ce résultat que l’on s’est proposé d’étudier ici la -situation sociale et religieuse des calvinistes dans le colloque de -Nîmes. - - -_Organisation générale du parti._—En 1594, les protestants, réunis -à Sainte-Foy, réorganisaient leur parti comme il l’était avant -l’avènement de Henri IV. Le règlement politique qu’ils adoptèrent les -mettait peut-être à part du reste des Français, mais on n’avait pas -alors ce patriotisme dont la dernière forme apparut sous la Révolution, -et le reste des Français voulait massacrer, brûler ou pour le moins -convertir les protestants. En outre, depuis l’avènement de Henri IV, -cinq années s’étaient écoulées sans que les huguenots pussent rien -obtenir de leur ancien chef que des promesses, d’ailleurs vagues[2]. -Ils commençaient à se détromper sur son compte: tant qu’il fut roi -de Navarre et héritier présomptif, il réclama avec eux la liberté du -culte[3]; mais, devenu roi de France, il lui parut que les idées -conservatrices étaient les bonnes et les protestants des rebelles; il -voulait «vivre en réalité, jouir enfin, et se reposer[4]». Aussi ne se -soucia-t-il plus de brouiller ses affaires avec le pape et de s’aliéner -la majorité catholique de ses sujets. Les huguenots s’en aperçurent et -crurent bon de se réorganiser: c’est alors qu’ils adoptèrent le fameux -règlement de Sainte-Foy qui fut revisé à Saumur (1595) et à Loudun -(1596). - -Ils se divisaient en neuf provinces dont chacune avait: 1^o un conseil -provincial permanent de cinq ou sept membres; 2^o une assemblée -composée de trois députés par colloque qui se tenait une fois l’an. -En outre une assemblée générale, composée de deux députés pour chaque -province, plus un pour La Rochelle, devait s’occuper des affaires -générales du parti[5]. - -A côté de ces assemblées politiques, ils conservaient leur ancien -système d’assemblées ecclésiastiques. La France était divisée -en _Provinces_ qui se composaient d’un certain nombre d’églises -_dressées_[6], gouvernées chacune par une assemblée élue nommée -_Consistoire_ et desservie par un ou plusieurs pasteurs. Dans chaque -province, les églises se groupaient en _Colloques_; et, dans chacun -de ces colloques, une assemblée, composée des députés de toutes les -églises et nommée pareillement _Colloque_, jugeait en premier appel les -causes déjà examinées par les consistoires et réglait les différends -des églises entre elles. On pouvait appeler des décisions du colloque -au _Synode provincial_ formé des députés de tous les consistoires de -la province. Et enfin, en dernier ressort, on recourait au _Synode -national_ composé par les députés des synodes provinciaux de France. - -Toutes ces assemblées ecclésiastiques devaient faire appliquer la -_Discipline_, et les assemblées politiques avaient à diriger la -conduite politique du parti. Il semble au premier abord que celles-ci -soient plus intéressantes que les premières. Mais, au point de vue un -peu spécial de cette étude, cela n’est pas exact. - -Je souhaiterais, en effet, de montrer l’état intime du parti. Comment -vivaient les huguenots d’une ville comme Nîmes, par exemple? Quels -étaient leurs rapports avec les autorités, à une époque où la loi -ne fixait pas nettement leurs droits ni leurs devoirs? Comment se -comportaient-ils à l’égard des catholiques? - -Nous verrons que les protestants s’étaient organisés en république: -dans chaque petite localité il y avait un consistoire qui gouvernait -les habitants et, par suite, la ville quand les huguenots y étaient -en majorité et pouvaient y élire des consuls de leur religion. Le -laboureur de Saint-Gilles[7] ou de Calvisson[8] entendait peut-être -parler des grandes négociations engagées par l’assemblée générale avec -le roi en vue d’obtenir un édit qui réglerait sa situation, mais il -s’intéressait davantage à l’élection de son consistoire, à la maladie -de son pasteur, ou au moyen de ne pas payer sa «quotisation pour -l’entretenement de l’église[9]». - -Et il faudrait précisément savoir si le laboureur respecte le -consistoire et paye sa taxe. Car s’il n’est pas attaché à ce -consistoire, s’il ne craint pas son autorité, toutes les autres -assemblées qui reposent sur celle-là vont se trouver «en l’air», -séparées de la nation, impopulaires, et s’il ne paye pas, le parti va -se trouver privé d’argent et de vie. - -C’est le consistoire, avec les assemblées ecclésiastiques placées -au-dessus de lui, qui forme, si je peux dire, le cadre du parti. La -décadence ou l’accroissement de son influence sera le signe de la -puissance ou de la faiblesse des protestants. Si le «fidèle» respecte -la Discipline rigoureuse, qui soumet ses moindres actes au contrôle -du consistoire, les assemblées politiques pourront alors faire -leurs conditions au roi, certaines d’avoir derrière elles un peuple -enrégimenté et tout prêt à les soutenir. Elles simplifient l’existence -du parti en obtenant pour lui des conditions meilleures, mais les -consistoires assurent sa vie. - -Remarquons maintenant que leur pouvoir sur les fidèles pourrait donner -aux consistoires une importance funeste à l’unité du parti, si les -colloques et les synodes n’étaient pas là pour leur rappeler qu’ils -ne sont que des membres du grand corps protestant, et les mettre en -communication les uns avec les autres. Leur initiative, en effet, -n’est pas nulle, mais toujours soumise au contrôle des assemblées -supérieures, et aucune de leurs décisions n’a de valeur absolue, -puisqu’on peut toujours en faire appel au colloque, puis au synode. - -Cette parfaite subordination des assemblées les unes aux autres -donne aux protestants une cohésion, une unité qui font la force de -leur parti, à condition que le contact de la minorité dirigeante des -assemblées avec la foule des fidèles soit maintenu, c’est-à-dire que -l’autorité du consistoire sur le peuple soit absolue. - - -_Plan._—Les deux premiers chapitres seront consacrés à étudier les -ministres et le fonctionnement du consistoire. M. Paul de Felice a -déjà traité cette question, d’une manière générale, dans ses deux -volumes sur les _Pasteurs_ et les _Assemblées_ ecclésiastiques, aussi -me contenterai-je de rapporter des détails nouveaux et propres à faire -connaître l’état intérieur du parti à Nîmes. - -Pour exister, pasteurs et assemblées ont besoin d’argent. Il faut en -obtenir des fidèles: le consistoire lève des impôts (_Chapitre III_). -S’il devient impopulaire, s’il n’est pas respecté, si son influence -sur les fidèles diminue, ceux-ci commenceront par ne pas payer leurs -taxes, et les assemblées ne pourront plus avoir lieu, les pasteurs ne -pourront plus vivre: ce sera la fin du parti[10]. - -Mais au contraire, le consistoire possède une autorité dont nous -n’avons pas idée (_Chapitre IV_). Il fait respecter et applique -rigoureusement la Discipline, recueil de décisions des synodes qui -lui donne le droit de contrôler tous les actes de la vie de ses -administrés. Un homme, par exemple, rapporte-t-il que M. X. a juré -dans sa boutique, le consistoire informe aussitôt[11]. On voit quelle -puissance peut lui donner une telle inquisition. - -Cette autorité ne le met cependant pas en lutte avec les pouvoirs -politiques. Les consuls et les magistrats protestants qui gouvernent la -ville de Nîmes subissent son influence directe, et même prennent ses -ordres. Ainsi le consistoire possède une autorité politique effective à -côté de son autorité morale (_Chapitre V_). - -Voici donc les protestants parfaitement organisés et disciplinés. -Au-dessus des fidèles et les gouvernant, le consistoire, dont -l’autorité et l’influence familières sont considérables, et qui se -trouve rigoureusement subordonné au colloque et au synode. Maintenant -quels sont les rapports de cette petite société protestante, ainsi -constituée, avec les catholiques? Elle les opprime, car elle est -la plus forte, de même que les catholiques le sont presque partout -ailleurs. L’exercice du culte romain est autant que possible empêché; -les papistes eux-mêmes sont écartés des emplois publics et soumis -à toute une série de mesures vexatoires que prend contre eux la -municipalité de Nîmes (_Chapitre VI_). Mais ils ne renoncent pas à la -lutte et, entre prêtres et pasteurs, se livre une guerre de sermons, de -pamphlets, d’influences, dont le but est de provoquer des conversions -(_Chapitre VII_). - -Il ressort de tout cela que les huguenots de Nîmes, à qui leur nombre -assurait la prépondérance, vivaient tranquillement en république, sous -leurs consuls et leurs magistrats dirigés eux-mêmes par le consistoire. -Ils ne souhaitaient nullement qu’un nouvel édit vînt changer quelque -chose à leur état. Aussi, lorsqu’il fut question de l’édit de Nantes, -bien loin de seconder les négociations de l’assemblée générale, ils -montrèrent une mauvaise volonté que celle-ci, plus tard, leur reprocha. -Leurs intérêts, en effet, se trouvaient opposés à ceux des réformés -de presque tout le reste de la France: à Nîmes et dans son colloque, -c’étaient les catholiques qui souhaitaient l’édit de Nantes pour -replacer leur religion au premier rang, tandis que les protestants -s’efforçaient d’en empêcher les effets, comme l’exigeait l’intérêt -particulier de leur petit État. - - -_Sources._—J’ai tiré la plus grande partie de ce mémoire des registres -de délibérations du consistoire de Nîmes, conservés aux archives de -ce consistoire[12], où j’ai pu travailler en 1899 et 1900 grâce à -l’obligeance de M. le pasteur Fabre. Ces registres renferment tous les -renseignements sur la vie privée des protestants. - -Les actes des synodes provinciaux de 1596 à 1609 se trouvent aussi dans -ces mêmes archives[13]: il en existe une copie faite par M. le pasteur -Auzière à la Bibliothèque de la Société de l’histoire du protestantisme -français. Cette copie est préparée pour l’impression et il est dommage -qu’elle ne soit pas publiée. J’en ai collationné sur le registre -original une certaine partie dont on trouvera des extraits dans les -pièces justificatives. Je n’y ai point relevé d’erreurs, ce qui n’a -rien d’étonnant puisque M. Auzière, pour en avoir copié plusieurs -registres in-folio, possédait mieux que personne cette difficile -écriture. - -Enfin, le consistoire de Nîmes renfermait une pleine armoire de -documents non classés, que j’ai dépouillés, et où j’ai vu beaucoup de -pièces concernant le duc de Rohan, mais fort peu intéressant mon sujet. - -Aux archives départementales du Gard, j’ai trouvé plusieurs cahiers de -remontrances des catholiques ou des protestants sur l’application de -l’édit de Nantes; j’ai parcouru aussi un certain nombre de registres -de notaires[14] qui m’ont fourni de bons renseignements sur l’état des -personnes. - -Les archives communales de Nîmes renferment un registre des -délibérations consulaires qui va de 1599 à 1604. Le précédent est -malheureusement perdu. - -Celles d’Aigues-Mortes se trouvaient en 1899 dans de fort belles -armoires, mais dans un grand désordre. - -Dans la série TT des Archives nationales, j’ai eu sous les yeux tout -ce qui intéressait le colloque de Nîmes, et les actes des États de -Languedoc (H^1 748^{10} 1109). - -A la Bibliothèque nationale, j’ai dépouillé notamment les lettres du -duc de Ventadour (franç. 3225, 3337, 3550, 3562, 3575, 3586, 3589) et -du connétable Henri de Montmorency (franç. 3549, 3550, 3559, 3561, -3570, 16061), les actes des assemblées (Brienne 208, 209, 219, 221; -franç. 15814, 15815, 15816), et un certain nombre d’autres manuscrits, -notamment, les franç. 20870, Dupuy 62, 63, etc. - -Enfin, la Bibliothèque de la Société de l’histoire du protestantisme -m’a fourni la copie Auzière dont j’ai parlé; des inventaires manuscrits -d’archives protestantes, communales ou particulières, de Bas-Languedoc, -faits par M. Teissier; et des analyses des dires par écrit avec pièces -et notes à l’appui de Peiremales, l’un des commissaires députés par -Louis XIV pour exécuter l’édit de Nantes, qui ont pour auteur le même -M. Teissier. L’original s’en trouve aux archives de la Cour d’appel de -Nîmes (9^e division, n^o 50): je n’en ai tiré que peu de choses[15]. - - - - -LES PROTESTANTS A NÎMES - - - - -I - -LES PASTEURS - - Leurs fonctions. - - Leur entretien: Contrats d’engagement. Gages en espèces. Gages - en nature. Avantages matériels. Pauvreté. Pension de retraite. - «Assistance» des veuves et des orphelins. - - Petit nombre des pasteurs. Difficulté d’acquérir un pasteur - «perpétuel». Dissensions entre les églises à ce sujet. - - Les «proposants». Contrats d’engagement. Leurs études. Leurs - prérogatives. Leur entretien. Exemples: Jean Terond, Mardochée Suffren. - - Conclusion: De l’influence des pasteurs. - - -Chaque église du colloque de Nîmes[16] avait à sa tête un consistoire -et un ou plusieurs pasteurs. Il est nécessaire de bien connaître les -pouvoirs et les droits de cette assemblée et de ces ministres pour se -rendre compte de l’influence qu’ils pouvaient exercer sur le peuple. - -Étudions en premier lieu les pasteurs. - -Tout d’abord, qu’avaient-ils à faire? Je ne m’étendrai pas longtemps -sur ce point, car les obligations du ministère sont réglées par la -Discipline[17] et, étant officielles, elles se trouvent les mêmes dans -le colloque de Nîmes qu’ailleurs. En outre, M. P. de Felice les a -étudiées[18]. - -Les ministres avaient comme fonction principale la prédication. -Ils devaient exposer un livre entier de la Bible, et non, comme -aujourd’hui, en développer un passage[19]. - -Encore fallait-il qu’ils fussent fort circonspects et qu’ils se -gardassent d’alléguer des passages d’Origène «et autre faulx -docteurs», car ils prêchaient devant un public averti, et les fidèles -ne manquaient pas de se plaindre au consistoire si le pasteur avait -à leur avis erré sur des points de doctrine[20]. C’est ainsi qu’un -marchand, le sieur Péladan, reprochait au ministre Venturin d’avoir dit -en chaire «que le feu d’enfer estoyt ung feu qui consume tout, ung feu -consumant[21]». Ce fait témoigne de la forte instruction théologique -que le peuple avait alors; il nous aide à comprendre comment les -controverses scolastiques, insupportables pour nous, auxquelles se -livraient en public pasteurs et prêtres, pouvaient déterminer des -conversions[22]. - -A Nîmes il y avait un service religieux complet tous les jours[23], -c’est-à-dire prêche et prières publiques. Le dimanche, en 1600, on -prêchait à 5 heures et à 8 heures du matin; puis les «après-dynées», -on faisait encore deux prêches: l’un au petit-temple et l’autre -à l’audience présidiale[24], ce qui scandalisait fort les -catholiques[25]. Et trois pasteurs seulement se partageaient tous ces -sermons[26]. - -Outre ces prédications, les ministres devaient faire le catéchisme aux -enfants et aux grandes personnes[27], et ne pas négliger les visites -aux pauvres. En 1601, on les voit se partager la ville de Nîmes «pour -la vizitation des mallades et autres charges[28]»; ils devaient -inspecter aussi, en compagnie d’anciens, les pauvres de l’hôpital et -des prisons[29]. - -Telles sont en quelques mots les obligations des ministres de Nîmes. -Si l’on songe qu’ils pouvaient avoir, en dehors de leurs prêches, leurs -catéchismes, leurs visites, à répondre aux pamphlets et aux défis -des controversistes catholiques[30], on trouvera comme nous qu’ils -gagnaient bien la pension que l’église leur allouait. - - * * * * * - -Leurs occupations ne leur permettaient pas d’exercer des fonctions -profanes. La Discipline leur interdit même la médecine et la -jurisprudence[31]. Leur entretien était donc à la charge de leur -«troupeau». - -Le synode provincial de Sauve en 1597 engage les églises à donner -aux pasteurs une somme suffisant à leur entretien et à celui de leur -famille et propre à leur assurer «la liberté et le repos d’esprit» -qui leur sont nécessaires pour vaquer à leur charge[32]. Ces gages -fixes étaient de beaucoup la partie la plus importante de leur revenu. -Il n’y avait pas en effet de casuel: «Les actes pastoraux sont tous -gratuits[33]». D’autre part, on ne peut pas compter parmi les revenus -des pasteurs les sommes que le roi leur avait promises en 1592 et -1594, car, depuis 1596 au moins, ils n’en touchaient plus rien. Henri -IV renouvela ces promesses au moment de l’édit de Nantes, mais les -ministres n’en virent guère davantage l’exécution: c’est ce que je -montrerai plus loin[34]. - -Ils ne pouvaient donc compter que sur ce que leur église leur -promettait. Or, aucune règle n’existait pour forcer celle-ci à leur -donner une somme d’argent fixée. - -Les traitements étaient, en effet, proportionnés non à la place, mais -à la personne, et l’on payait le pasteur suivant son importance et -sa célébrité. En conséquence, on faisait marché avec lui avant de le -prendre: en 1600, par exemple, l’église de Nîmes offre à Gigord 400 -écus pour les deux charges de pasteur et de lecteur en théologie à son -académie[35]. Les synodes reconnaissaient la valeur de ces sortes de -traités[36], mais ils ne les encourageaient pas et souhaitaient qu’ils -se réduisissent à de simples promesses enregistrées dans le livre du -consistoire[37]. - -Ces contrats pouvaient présenter des clauses assez variables. Ainsi, -le ministre Ricaud ne reçoit par an que 324 ou 347 l. environ de -Saint-Jean de Gardonnenc[38], mais Jérémie Ferrier en touche 690 -à Alais[39].—L’église d’Anduze donne 500 l. à chacun de ses deux -ministres, Alphonse et Baille, qui ne se trouvent pas assez payés[40]; -le colloque et le synode sont de leur avis et condamnent Anduze à -donner 600 l. à Baille, qui en a besoin «à cause de la grandeur -de sa famille[41]».—Gasques touche 600 l. du Vigan, plus 50 l. -d’Avèze[42].—Plus tard, en 1610, cette même ville du Vigan n’offrira à -Daniel Venturin que 450 l. par an, payables par quartiers, plus 60 l. -des habitants de Molières et 30 de ceux d’Avèze; elle lui abandonnera -en plus sa part des deniers du roi, et, s’il ne croit pas Molières -et Avèze solvables, elle prendra les 90 l. à sa charge en se faisant -annexer ces deux églises, quitte à exiger d’elles son remboursement. -En revanche, Venturin fera les voyages aux synodes et colloques à ses -frais, et il devra donner quatre cènes par an à ceux de Molières[43]. -Ces conditions lui parurent suffisantes, car il les accepta[44].—M. -Fillon fait quittance, les 20 et 21 février 1597, aux habitants -d’Aimargues de 700 l. qu’ils lui ont avancées sur ses gages de 1596 et -1597[45]. Or, en février ils ne lui ont sans doute payé que le premier -quartier de ses gages de l’année, il est donc probable qu’il a au moins -525 l. par an.—Brunier, d’Uzès, touche 200 écus, soit 600 l. chaque -année[46].—Falguerolles reçoit à Nîmes 600 l. de traitement[47], -et cette église fait offrir 1200 l. à Gigord, qu’elle lui payera «à -quartiers avancés», et dont il aura 600 comme ministre et 600 comme -lecteur en théologie[48]. - -Il ne faudrait pourtant pas croire que les ministres qui enseignaient -la théologie dans l’académie de Nîmes[49] fussent bien payés. Ainsi, -Moynier et Falguerolles (ou plutôt ses hoirs[50]) recevaient, en -1600, 150 l. chacun à titre de gratification, pour avoir, «au grand -avancement des escoliers», professé «despuis huict ans ou environ[51]». -Puis l’année suivante, Moynier touche encore 200 l.[52]. Et c’est là -tout son salaire. Aussi conçoit-on qu’il se plaigne au synode[53]. - -Quelquefois, on payait une partie des gages en nature. Voici, par -exemple, une pièce que sire Cappon, en bon «receveur des deniers du -ministère[54]», joignit à ses comptes. C’est une quittance de Moynier -datée du 15 mars 1595, où il reconnaît avoir reçu six «saumées» de blé -valant 54 l., plus des marchandises pour 17 l. 8 sols et 8 deniers que -led. Cappon lui a «forni de sa boutique», le tout en déduction de son -«assistance[55]». Ainsi le pasteur et le receveur trouvaient là leur -compte. - -On ne pouvait naturellement, sauf conventions spéciales dont je n’ai -pas relevé d’exemple, forcer les pasteurs à accepter leurs gages -en nature. Ils touchaient de 5 à 600 l. par an, en moyenne, ce qui -correspond approximativement à un traitement de 3.000 à 3.600 fr. -d’aujourd’hui[56]. En outre, leurs églises leur accordaient certains -avantages. Par exemple, à Nîmes, ils sont logés, ou du moins ils -touchent pour ce de l’argent: en 1578, Claude de Falguerolles n’a que -30 l.[57]; cette somme est loin de suffire à son fils Jean[58], qui -déclare en juin 1597 «qu’il n’a moyen de se loger à cinquante livres». -Le consistoire projette en conséquence de louer la maison de M. Chabaut -où l’on pourra mettre ensemble deux ministres[59]. - -Les frais de voyage aux colloques et aux synodes leur sont -remboursés[60], à moins de conventions spéciales[61] que les synodes -désapprouvent[62]. De même, quand on les envoie en mission, on paye -leur déplacement, leurs dépenses[63], et s’ils vont assister une église -qui manque momentanément de pasteur, ils sont nourris, logés, défrayés -de tout[64]. Très souvent, on stipule dans les conditions d’engagement -que l’église payera non seulement le voyage de son nouveau ministre et -de sa famille, mais encore le déménagement de ses meubles et de ses -livres. Ainsi, le «changement de la famille et mesnage» de M. Ferrier -coûte 58 l. 15 sols aux Nîmois[65], ce qui est cher, puisque pour faire -venir de Genève le mobilier de M. Fillon, leur nouveau pasteur, ceux -d’Aimargues n’ont que 60 l. à débourser[66]. - -On reconnaît encore aux ministres certains droits plus ou moins -considérables. Voici, par exemple, M. Moynier qui requiert son -consistoire de lui délivrer le «carteyron [de] pleumes» et la rame de -papier qu’il est d’usage de donner chaque année à chacun des pasteurs, -qui ont à faire «une infinité de dépêches[67]». C’est une économie de 2 -l. 5 sols[68]. De plus, ce même Moynier loge en pension, au prix de 9 -l. par mois[69], des écoliers qui, il est vrai, battent sa bonne[70], -vont tous les soirs à la danse et dérobent à M. Blisson des poules -qu’ils mangent ensuite chez Jean Pons[71]. - - * * * * * - -Ainsi les gages des pasteurs n’étaient pas considérables. Pourtant -ils leur auraient permis de vivre en conservant cette «liberté et -repos d’esprit» que le synode provincial de Sauve[72] leur croit -nécessaires, s’ils les avaient régulièrement touchés. Mais, comme nous -le verrons dans le chapitre IV, les églises étaient souvent «ingrates» -et il est bien rare qu’elles aient payé leurs ministres sans retard -et intégralement. Aussi, ceux qui, comme M. Baille, d’Anduze, se -trouvaient à la tête d’une nombreuse famille[73] et qui ne possédaient -pas de fortune personnelle, devaient avoir de la peine à vivre. C’est -le cas de M. Brunier; il est chargé de trois enfants de son premier lit -dont l’aîné a treize ans, et d’un enfant du premier lit de sa seconde -femme, encore enceinte, et il touche 300 l. de gages[74]. En 1599, -on voit le consistoire de Nîmes faire l’aumône de 5 l. à la fille du -pasteur Tempeste[75]. - -D’ailleurs les synodes recommandent sans cesse aux églises d’assister -les ministres malades ou très âgés[76], leurs veuves et leurs -orphelins[77]. Il était d’usage de payer aux veuves et aux hoirs la -valeur d’une année de gages ou à peu près: c’est ce qu’on appelait -l’«année de viduité[78]»; et si l’église paraissait s’y refuser, le -colloque et le synode l’ordonnaient au besoin[79]. Enfin, on dressait -à la fin du synode provincial un «despartement» pour les veuves de la -province, c’est-à-dire qu’on taxait chaque colloque suivant sa richesse -et ses moyens. Chaque femme assistée obtenait alors la somme minime de -20 ou 25 l. environ[80]. - -On voit que la profession de pasteur n’était point lucrative: elle -comportait beaucoup de travail et peu d’argent. Je montrerai[81] que -les consistoires avaient grand mal à obtenir de leurs administrés -qu’ils déliassent les cordons de leurs bourses et que les ministres -se trouvaient le plus souvent privés de la pension qu’ils auraient -dû toucher. Ceci nous explique pourquoi l’on prenait soin de n’en -créer qu’un nombre restreint et de s’assurer auparavant, «par tous -les colloques», s’il n’y avait «aucun pasteur à pourvoir ayant les -qualités requises», et si nul ministre «capable de sa charge» n’en -pouvait «recevoir dommage[82]». - - * * * * * - -Ce petit nombre des pasteurs était la cause de bien des débats entre -les églises de la province. Il pouvait arriver, en effet, que l’une -d’elles se trouvât dépourvue de ses ministres pour cause de maladie, -de mort, d’envoi en mission etc. Dans ce cas, quand l’absence du -pasteur était momentanée, l’église priait ses voisines de l’«assister», -c’est-à-dire de lui prêter les leurs à tour de rôle pendant un temps -plus ou moins long. Toutes les dépenses de ceux-ci étaient alors à sa -charge. Elle payait leur voyage: Jérémie Ferrier, venu d’Alais prêcher -à Nîmes, est remboursé de 30 sols que lui avait coûtés la location d’un -cheval et d’«ung homme pour l’accompagner[83]». Elle les nourrissait: -pour cinq repas de M. Massouverain, l’église de Nîmes paye 40 sous[84], -et 15 écus à sire Audiffret «pour les alimens qu’il a fournys à M. -Gigord» pendant les trois mois que celui-ci a prêché à Nîmes[85]. -Enfin elle les logeait gratis; ainsi le pasteur Moynier réclame au -consistoire de cette même ville qu’on lui rembourse «la despense -faicte par M. Janny, menistre de Vauvert..... en sa maison[86]». - -Si l’absence de son ministre se prolongeait, l’église s’adressait au -colloque[87] ou au synode[88], qui lui prêtait pour un temps déterminé -un des ministres «en distribution», c’est-à-dire libres d’engagement -immédiat envers une autre église. - -Mais les difficultés commençaient quand l’absence du pasteur devenait -définitive et qu’il fallait au consistoire en trouver un nouveau. -C’était une tâche difficile. On s’adressait au synode qui n’avait -pas toujours sous la main un ministre «en liberté», et propre à être -«distribué». Si la localité dépourvue était importante, ou encore -exposée à l’influence des catholiques, le synode lui attribuait parfois -le pasteur d’une autre église. De là des réclamations sans fin. Tantôt -c’est Massillargues qui requiert le synode de lui donner définitivement -M. Maurice qu’on lui avait naguère prêté; mais les églises associées -de Nages, Solorgues, Boissière, Saint-Denis et Langlade le réclament -comme «estant leur pasteur naturel et perpétuel», et l’obtiennent[89]. -Tantôt c’est l’église de Brenoux qui veut que Terond lui soit accordé -alors que le colloque de Nîmes le demande[90]. Les actes des synodes -de Bas-Languedoc sont remplis de pareilles contestations. - -D’ailleurs, encore fallait-il que le pasteur plût à son troupeau. Les -fidèles, par amour-propre, souhaitaient que ce fût un homme notoire qui -leur fît le prêche et le catéchisme. Aussi le consistoire négociait-il -de préférence avec les ministres d’un talent connu. On le voit écrire -même à l’étranger à ceux qu’il désire acquérir[91]. En tout cas, il -est défendu «de se pourvoir d’aucun pasteur, ny dedans, ny dehors la -province ou royaulme» sans avoir pris «avis» du colloque et, autant que -possible, du synode[92]. - -Ces négociations avec des étrangers étaient lentes: on y recourait -cependant. Mais l’église préférait s’adresser à des pasteurs de sa -province. Aussi les plus célèbres se voyaient-ils disputés avec -acharnement. Souvent les contestations tournaient à l’aigre; des -rivalités se créaient d’une ville à l’autre et se prolongeaient de -colloque en synode jusqu’à durer pendant des années. - -Aucune, je pense, ne fut plus longue et plus ardente que celle qui -divisa les deux villes de Nîmes et d’Alais. La première prétendait -conserver le pasteur Jérémie Ferrier, qui lui avait été prêté pour -quelques jours, en remplacement d’un de ses ministres. Ce Ferrier -était, à ce qu’il semble, d’une grande éloquence, et les Nîmois -s’étaient véritablement enthousiasmés de lui. Pour le garder, ils -alléguaient surtout que leur église était «beaucoup plus importante» -que celle d’Alais. Bien entendu cette raison exaspérait les habitants -d’Alais. Le pauvre Ferrier leur paraissait coupable de tout; ils -l’injuriaient, le calomniaient et souhaitaient «que le diable lui -rompît les jambes», mais ils s’obstinaient à ne pas le céder. Ce ne -fut qu’au prix des plus grandes peines que le synode sépara en 1601 le -pasteur Ferrier d’un «troupeau» si attaché[93]. - -Afin de s’éviter de tels ennuis, le consistoire de Nîmes prenait soin, -parfois, de retenir de longue main ses futurs ministres: il pensionnait -pendant ses études un écolier en théologie, aspirant au ministère, un -«proposant» comme on disait[94], moyennant que celui-ci promît, en -retour, de servir l’église lorsqu’il serait consacré. - -Les mœurs de ces étudiants en théologie étaient soumises à une -surveillance sévère[95]. Ils travaillaient soit à l’académie de -Nîmes[96], soit à l’étranger, à Genève ou Heidelberg par exemple[97], -ou encore près d’un pasteur du colloque[98], ce qui était moins -dispendieux. Ils avaient une position quasi officielle dans la -hiérarchie réformée et jouissaient d’une certaine considération. -Ainsi, en 1596, le consistoire de Nîmes déclare qu’il «sera advisé» -si les proposants «capables, suffisans et approchans du ministère.. -s’asserront au consistoire... comme ils requièrent[99]». Deux ans -plus tard, on le voit décider que deux d’entre eux, choisis par leurs -confrères et le pasteur Moynier, assisteront aux séances, mais «sans -pouvoir opiner[100]». Et une semaine après, c’est Jehan Blachière et -Jehan Ginac qui sont admis à cet honneur, après avoir juré, «la main -levée à Dieu», de tenir secret ce qu’ils entendront[101]. Au temple, -les proposants ont un banc spécial, immédiatement derrière celui des -pasteurs[102], qui n’a pas coûté moins de 5 l.[103]. Enfin, ils ont le -droit de lire en chaire chacun à son tour[104], et c’est une punition -que d’en priver l’un d’eux[105]. - -Pendant qu’ils étudient pour être admis au «ministère de la parole -de Dieu», les écoliers en théologie ne gagnent pas d’argent. Or, le -plus souvent fils de pasteurs, ils ne sont pas riches, car, ainsi -que le remarque M. de Felice, il n’y a eu, au XVI^e siècle, que -quelques ministres aisés et appartenant à de hautes familles, alors -qu’il s’en trouve bien plus au XVII^e siècle[106]. Aussi voit-on le -synode national de Montpellier (1598) se préoccuper de l’entretien des -proposants: il ordonne que les diacres devront apporter au colloque -ou au synode un compte des deniers des pauvres, afin qu’on puisse -vérifier si la cinquième partie de la recette a été réservée pour les -écoliers, et faciliter ainsi l’exécution du chapitre IV, article 4, de -la Discipline[107]. Cette ordonnance fut soumise l’année suivante au -synode provincial de Saint-Germain de Calberte qui la fit exécuter et -décida que les proposants ainsi entretenus demeureraient dorénavant -à la disposition du synode[108]. Mais cette levée du cinquième -ne fournissait pas une grosse somme, et le colloque de Nîmes qui -pensionne, en 1601, deux écoliers, emploie à cela «beaucoup plus que -dud. quint[109]». Ce ne fut pas non plus, après l’édit de Nantes, la -promesse que fit le roi de 45.000 écus, dont les églises ne touchèrent -jamais rien[110], qui fournit des fonds suffisants à cet usage. Grâce à -des impositions volontaires, et à l’aide apportée par la municipalité -nîmoise, qui levait sur tous les habitants une certaine somme destinée -spécialement aux proposants[111], le colloque ou même le consistoire -parvenaient tant bien que mal à entretenir aux études des écoliers qui -s’engageaient souvent, en retour, à les servir comme pasteurs. - -C’est ce que fit Jean Terond, par exemple. Au mois de décembre 1592, en -consistoire extraordinaire, le pasteur Jean de Falguerolles représenta -qu’il était opportun de «recouvrer» un quatrième ministre à cause de -la vieillesse de Chambrun: il avait, disait-il, cherché lui-même parmi -les proposants, et aucun ne lui avait paru mieux «conditionné des mœurs -et probités requises à son eage et profession» que le fils du pasteur -Terond, de Meirueys, qui avait accepté en principe de se vouer à servir -plus tard l’église; il proposait en conséquence de l’envoyer à Genève -aux frais du consistoire. Mais celui-ci ne voulut pas s’engager à la -légère et décida qu’on ferait d’abord «proposer» son pasteur futur -devant «une douzaine d’hommes doctes et estudieux[112]». Cette épreuve -fut subie par le jeune homme avec succès, car en mars 1593 on décida -en principe le chiffre de sa pension[113], et enfin, le 12 mai, on lui -fit signer un traité d’engagement. Il promettait de se consacrer au -service de l’église quand il en serait digne. A cette condition, il -toucherait 60 l. tournois pour son voyage, et 200 l. tournois chaque -année[114]. - -Le contrat signé, Jean Terond ne s’empressa pas de partir[115]. C’est -qu’il ne pouvait obtenir sa pension: en janvier 1595, il n’avait pu -toucher que la moitié de ce qui lui était dû[116]. Sans doute, il ne se -souciait guère de s’en aller au loin mourir de faim. Cependant il dut -se décider: le consistoire l’avait menacé de lui couper les vivres s’il -ne partait pas[117]. Il arriva à Genève avant le 8 mars[118], puis de -là il s’en fut à Heidelberg[119] où, sans doute, il se plut, puisqu’au -bout de quatre ans il fallut lui écrire de revenir[120] pour se faire -consacrer[121]. A peine de retour, il fut distribué, «sans préjudice -des droicts» que l’église de Nîmes avait sur lui[122] aux églises de -Boubaux, Brenoux, La Melouze et Laval[123]. - -Tous les écoliers proposants n’étaient pas entièrement entretenus par -une église et en vertu d’un contrat comme Jean Terond. Voici, par -exemple, Mardochée, fils du pasteur Barnabé Suffren[124], à qui son -père n’avait pas dû laisser un héritage bien considérable puisque le -consistoire devait lui donner 25 l. pour qu’il pût se faire faire des -habits[125]. Il eut la chance d’être distingué par M^{me} d’Aubais -qui s’engagea à lui servir une pension de 30 écus par an[126]. Cela, -joint à quelque argent qu’il eut encore de l’église, lui permit de -partir pour Genève[127]. Le consistoire, qui avait pris soin de faire -constater au colloque les droits qu’il s’acquérait sur Mardochée en -l’entretenant[128], ne l’abandonna pas tout-à-fait une fois qu’il fut -arrivé là-bas. Mardochée mourait seulement à peu près de faim[129]. -Cependant, comme il écrivait lettres sur lettres, on lui envoyait de -temps en temps quelque argent: par exemple, «33 l. et 10 escus en or», -en une fois, par un marchand gènevois du nom d’Arnaud Jolly[130]. -D’ailleurs, en juillet, Mardochée dut revenir sur l’ordre de -l’église[131]. Ce ne fut pas sans chagrin. Les leçons que lui donnait -un certain M. Tufan par ordre du colloque lui laissaient regretter -celles qu’il avait pu avoir à Genève; si bien qu’ayant réuni toutes ses -ressources, il repartit pour la Suisse, malgré le consistoire, afin d’y -étudier à ses frais[132]. Quelques mois plus tard, il implorait 10 écus -du colloque «pour employer en habitz», et si le consistoire décidait -d’«intercéder» pour lui, c’était à cause «de la bonne espérance» qu’on -avait de ses études[133] et de la nécessité où se trouvaient sa mère et -ses sœurs[134]. - -Nous avons vu par le cas de Jean Terond qu’il ne suffisait pas toujours -à une église d’avoir entretenu un proposant, grâce à des sacrifices -pécuniaires relativement assez considérables[135], pour être assurée -de l’avoir plus tard comme pasteur. Le synode allait en effet au plus -pressé et fournissait d’abord de ministres les églises tout à fait -dépourvues. Ainsi, en 1600, malgré les Nîmois qui réclamaient Terond, -celui-ci fut encore prêté pour un an à l’église de Saint-Martin de -Boubaux[136]. Néanmoins, sans approuver les contrats d’engagement -dans le genre de celui que Terond avait signé[137], les synodes -admettaient généralement qu’une église s’acquérait des droits sur un -pasteur lorsqu’elle l’avait autrefois «entretenu aux études[138]». Ce -qui était bien interdit aux consistoires, c’était de donner des gages -moins élevés à ceux de leurs ministres qu’ils avaient pensionnés comme -écoliers[139]. - -Si je me suis arrêté à étudier en détail les salaires qui pouvaient -être alloués à un pasteur et à un proposant dans le colloque de Nîmes, -c’est qu’ils nous fournissent un indice sûr de la popularité des -ministres et par conséquent de leur influence. - -Or, en ce qui concerne les proposants, le consistoire avait la plus -grande peine à les entretenir et n’arrivait pas à leur donner ce qu’il -leur avait promis. Il en était de même pour les pasteurs. Les gages -qui leur étaient dus ne leur étaient pas versés. Nous verrons que le -consistoire ne pouvait obtenir des fidèles les sommes auxquelles il les -taxait pour l’entretien du ministère. Un Nîmois déclara qu’«il yroit -plus tost baptizer son enfant à la messe que bailher rien à MM. les -ministres[140]». - -Pourtant, il ne faudrait pas croire que l’élément pastoral était en -général dédaigné et n’avait pas d’influence. Seulement cette influence -n’avait pas de caractère spécial. Le ministre n’a que l’autorité d’un -membre du consistoire, peut-être plus respecté que les autres. La -pureté de sa vie et son savoir lui valent une grande influence sur les -fidèles, mais c’est la même que pourrait avoir un ancien placé dans les -mêmes conditions. - -Ce n’est plus l’influence du prêtre. Le principe du libre examen, -en effet, donne à chacun le droit de se former son opinion sur le -pasteur, de le récuser même. On peut venir en consistoire le reprendre -sur sa doctrine[141]. Certains se livrent à des «enquêtes secrètes» -sur «la doctrine et mœurs des pasteurs[142]». Il se forme en dehors -du consistoire des «scindicatz pour diffamer les pasteurs, diminuer -leur salaire, les chasser ou en requérir d’aultres» qui envoient -des députations aux colloques et aux synodes[143]. Les conseils -de villes ont le droit de nommer des députés pour se plaindre des -ministres, et de les «envoyer aux assemblées ecclésiastiques, sans -les consistoires[144]». Enfin, le consistoire peut censurer lui-même -son ministre, ainsi que le fit celui de Gignac à M. Rossel qui ne -voulait pas lui obéir, et ordonner «l’abaissement des cheveux de sa -femme[145]», s’il ne préfère le faire juger par le colloque[146]. -Chacun dans le troupeau se donne donc le droit de juger et d’apprécier -les actes du pasteur de même que ceux d’un simple laïc. - -Il résulte de cela que les ministres ne peuvent avoir sur les fidèles -une influence d’un caractère spécial. La leur ne se distingue pas de -celle du consistoire. Ils ont plus d’autorité qu’un ancien, mais une -autorité du même genre. Et c’est pourquoi leur action sur le peuple ne -peut être étudiée séparément de celle du consistoire avec laquelle elle -se confond. - - - - -II - -COMPOSITION ET FONCTIONNEMENT DU CONSISTOIRE - - Composition: Fonctions du «diacre» et de l’«ancien». Nombre des - membres du consistoire. Leur élection. Leur classe sociale. - Oppositions. Entrée en charge. Division du travail. Employés. - - Fonctionnement: Séances ordinaires. Leurs dates. Leur présidence. - «Quorum» obligatoire. Séances de censure. «Consistoires - extraordinaires». Ce qu’on entend par «actes consistoriaux». - - -Un consistoire se compose de _diacres_ et d’_anciens_. Ces noms -différents impliquaient à l’origine des fonctions distinctes. M. P. de -Felice a montré que les diacres furent caractérisés tout d’abord par -des devoirs pastoraux[147]. D’après un document attribué au réformateur -Viret[148], leur charge «consiste à la réception, distribution et -administration des biens dediez aux povres et autres destituez à -l’usage de l’église, comme à la nourriture des ministres et autres -affaires ordinaires ou survenants[149]». Leur office est bien distinct -de celui des anciens qui ont à «veiller sur les vices et scandales -universellement de ceux qui sont du corps de l’église[150]». La -Discipline précise d’une façon analogue les fonctions diaconales. -«L’office des diacres (dit-elle) est de recueillir et distribuer par -l’avis du consistoire les deniers des pauvres, des prisonniers et des -malades, les visiter et en avoir soin[151].» - -Cependant, à Nîmes, à la fin du XVI^e siècle, je ne trouve aucune -distinction entre les fonctions de diacre et d’ancien. Tout d’abord, -les diacres n’ont pas la direction des finances de l’église: en effet, -les receveurs des deniers des pauvres et des deniers de l’église -sont, au contraire, choisis parmi les anciens[152]; de plus, un -synode provincial déclare responsables de l’entretien du pasteur les -diacres et les anciens indistinctement[153], et cette décision est -acceptée théoriquement par l’église de Nîmes[154]. Les diacres n’ont -pas davantage le devoir particulier de s’occuper des pauvres, car le -16 janvier 1602, le consistoire charge chaque «ancien» d’apporter le -rôle de ses pauvres[155], et l’hôpital est visité par «ung ministre -accompagné d’aulcungz du concistoyre[156]», non pas spécialement de -diacres.—Quant aux fonctions pastorales dont nous parle Viret, elles -semblent passer aux proposants: la lecture en chaire est faite par des -écoliers[157].—En outre, je ne trouve dans le registre aucune mention -des diacres-catéchistes dont parle M. de Felice[158] (et à propos -desquels il signale d’ailleurs que leurs fonctions tendent à passer -aux proposants[159]), ni aucune trace de charges spéciales données -aux diacres pendant la Cène[160].—Enfin, ceux-ci sont députés aux -colloques et synodes au même titre que les anciens[161]. - -On peut conclure de tout cela que la distinction primitive entre les -deux charges de diacre et d’ancien est, à cette époque, complètement -abolie dans l’église de Nîmes. - -Le nombre des membres d’un consistoire change suivant les lieux et -même suivant les époques. Ainsi, à Nîmes, en 1596, il y a quatorze -anciens[162], mais les années suivantes, on en trouve quinze[163]; -à Codognan, il n’y a que six anciens[164], de même à Junas[165]; à -La Salle, leur nombre oscille entre onze et quatorze, suivant les -années[166]. La proportion des diacres et des anciens est variable -également dans le consistoire. A Codognan, ils ne sont pas distingués -et les membres sont tous compris sous la dénomination d’«anciens[167]». -A Junas, il se trouve un seul diacre pour cinq «surveillans[168]». A -Nîmes, il y a régulièrement un diacre pour deux anciens[169]. - -Les élections se font à divers moments de l’année. A Codognan, les -membres nouveaux entrent en charge en juillet, en août, en octobre, -en novembre ou en décembre indifféremment, et ceci dans un intervalle -de treize ans[170]. A Montdardier, comme à Nîmes, c’est à la fin et -au commencement de l’année que se fait l’élection[171]. Le 5 janvier -1601, le consistoire de Nîmes décide qu’il est temps de changer les -anciens «suyvant la coustume»; on commence par exhorter «tous ceulx du -concistoire estans présens de demeurer pour l’année prochaine»; ceux -qui refusent donnent leurs raisons, et on les remplace à la majorité -des voix; les autres sont «continués» dans leur charge[172]. Il est -donc non seulement licite, mais encore recommandé aux anciens de -rester en charge pendant plusieurs sessions. Et pourtant, l’on en voit -assez rarement qui persistent plus de deux ou trois ans dans leur -emploi. Voici, il est vrai, à Codognan, «le sieur Valete» qui reste au -consistoire pendant quatorze années consécutives[173]. Mais de pareils -cas sont rares et il est à croire que les fidèles ne tenaient pas, en -général, à conserver une charge qui ne laissait pas de nuire à leurs -occupations.—A chaque nouvelle session, quelques-uns des anciens -«vieux» étaient «continués[174]» dans le but de mettre les «nouveaux» -au courant des affaires. C’est du moins cette raison qu’alléguait le -consistoire de La Salle pour, deux fois l’an, se renouveler par moitié -seulement[175]. - -A Nîmes, la durée du mandat était de douze mois[176]. C’était les -membres sortants qui choisissaient les nouveaux à la majorité -des voix[177]. A l’origine, le peuple avait élu les anciens -par acclamations[178]. Puis, suivant une marche naturelle aux -institutions, l’élection était tombée aux mains d’une oligarchie: le -consistoire lui-même. Le très vague article du synode de Nîmes (1601), -recommandant aux consistoires d’user «de prudence en la nomination des -anciens, pour empescher l’ambition qui sourdroit en l’église», s’ils ne -procédaient «avec la discrétion qui y est requise[179]», ne diminuait -pas beaucoup leur liberté. - -Les anciens étaient choisis dans toutes les classes de la société. -Chacun pouvait être élu à la condition de jouir d’une honorabilité -parfaite. J’ai recherché, d’après le livre de M. Puech, qui nous -donne une étude de l’état des personnes à Nîmes à la fin du XVI^e -siècle[180], quelles étaient les professions des membres du consistoire -pendant les années 1596 à 1602. Il en est un certain nombre dont -je n’ai pu retrouver le rang social, c’est qu’ils ont passé dans -l’histoire sans laisser de traces. Mais quelque imparfait qu’il soit, -le tableau suivant peut servir à montrer que toutes les classes de la -société nîmoise concouraient à former le consistoire[181]. - - -QUALITÉ DES MEMBRES DU CONSISTOIRE DE NÎMES DE 1596 A 1602[182]. - - {Daniel Arnaud, sgr. de la Cassagne - 2 nobles { (p. 60); Pierre de Vestric, sgr. de - {Favier (p. 107). - - {Le commis Jacques d’Agulhonet - { (p. 121); Claude Blisson (p. 122); - { Jacques Bonhomme (p. 125); - { Bosquier (p. 125); Guillaume de - { Calvière, sgr. de Saint-Cézaire de - 12 avocats { Gauzignan (p. 125[183]); Jacques - { Deyron (p. 61); Anthoine Davin - { (p. 127); Falcon (pp. 60, 128[184]); - { Pierre Lansard (pp. 60, 130); - { Maltrait (p. 130); Mazaudier - { (p. 131); Pierre Unal (p. 134). - - { Guidon Cheyron (p. 147); Pierre - { Dumas (ib.); Antoine Duprix (ib.); - 7 bourgeois { Jean Gaissac (p. 148); Vidal Martin - { (ib.); Laurens Salveton (p. 60); - { Antoine du Vieulx (p. 147). - - { Jean Bourges (p. 152); Jean ou Philippe - { Cappon (ib.[185]); sire Claude de - 6 marchands[186] { Combes (ib.); Jacques ou Antoine - { Crozet (pp. 147, 152); Daniel - { Manuel (p. 152); Jean Surian (ib.). - Aucun médecin - - Aucun chirurgien - - 1 apothicaire David Guiraud (p. 167). - - { Claude Pujol (p. 194); Vidal de Salhens - 2 praticiens {(ib.). - - { Jean Boschier (p. 194); Bauzile Fontfroide - 2 greffiers {(ib.). - - { Dostaly (p. 194); Anthoine Sabatier - 2 notaires {(ib.). - - { Louis Baudouin (p. 282); Jehan - 3 «gens des arts et { André, dit Radel (p. 257); Veyras - métiers» { le vieux (p. 263). - - 1 ancien capitaine { - de compagnies { Balthezart Fournier (p. 117). - franches { - - 1 laboureur Jean Gril (p. 305). - - {Jehan Bourguet (p. 315-316); Georges - 2 jardiniers {Grégoire (p. 316). - - Aucun berger - -Si incomplet que soit le tableau précédent, il permet de constater que -les membres du consistoire sont surtout pris dans la seconde _échelle_, -parmi les avocats, les bourgeois et les marchands. Les nobles et les -magistrats dédaignaient peut-être la charge d’ancien, bien qu’à Nîmes -la noblesse fût presque entière de _robe_, peu nombreuse et assez -récente. Quant aux gens de la troisième et de la quatrième échelle, -on les élit rarement, mais du moins ils sont éligibles. Toutes les -classes de la société, et surtout la classe moyenne et aisée, sont donc -représentées. - -La Discipline et M. P. de Felice nous apprennent qu’une fois nommés, -nobles et bourgeois devaient encore accepter et jurer de remplir leur -charge[187]. Puis, on soumettait leur nomination au peuple en publiant -leurs noms trois, deux ou même un seul dimanche après le prêche[188], -afin que les opposants pussent soumettre leurs raisons. Ceux-ci étaient -d’ailleurs fort rares et très mal reçus[189]. - -Après ces formalités, les anciens n’avaient plus qu’à entrer en -charge. A Nîmes, pour la première séance de l’année (qui avait lieu -un jour quelconque de la semaine[190]), le consistoire «vieux» et le -«nouveau» se réunissaient[191]. On lisait les «articles de l’ordre en -l’église[192]», c’est-à-dire la Discipline: en 1596, le synode national -de Saumur ordonne qu’on observe «mieux qu’il ne l’a été jusqu’à -présent» l’article «qui recommande la lecture de la Discipline dans -les consistoires[193]», ce qui laisse à supposer qu’on ne l’appliquait -pas toujours[194]. On continuait ensuite par la lecture des «articles -de l’ordre... du présent consistoire[195]», c’est-à-dire, peut-être, -le règlement qui doit se trouver dans le registre de l’année 1566, -transcrit de la main de Théodore de Bèze, comme le dit M. Borrel[196]. -Les anciens «nouveaux» devaient déclarer s’y soumettre et alors ils -étaient définitivement reçus[197]. On déléguait quelques membres -des deux consistoires «pour clorre les comptes[198]». Souvent, on -désignait les receveurs des deniers des pauvres et du ministère[199]. -On expédiait les affaires courantes comme aux séances ordinaires[200]. -Finalement, les membres sortants étaient «remerciez et mis en -liberté[201]». - -Je n’ai trouvé aucune mention de la réception publique et cérémonieuse -dont M. de Felice dit qu’elle était nécessaire[202]. Les «interrogats» -paraissent avoir été faits en consistoire et s’être réduits à une -simple promesse d’observer la discipline de l’église. Quant à la -lecture du règlement particulier du consistoire, il me semble que c’est -là une coutume assez spéciale aux Nîmois. - -La division du travail entre les anciens était bien définie. La cité -avait été partagée, en 1566, en neuf surveillances ou quartiers, -ne correspondant pas aux quartiers traditionnels. Plus tard, sans -doute à cause de l’accroissement de la population, on en fit un de -plus[203]. Or, chaque ancien était affecté spécialement à l’une de -ces parties de la ville et chaque diacre avait à s’occuper de deux -d’entre elles[204]. Ils étaient chargés de «surveiller» leurs quartiers -et devaient rapporter au consistoire tous les faits graves qui s’y -passaient. De même, les pasteurs se partageaient «la vizitation des -mallades et autres charges[205]». - -Outre ces fonctions tenant essentiellement à leur qualité, les anciens -et diacres pouvaient être chargés de missions spéciales. Tels étaient -le receveur des deniers du ministère et le receveur des deniers des -pauvres qui géraient les finances consistoriales[206]. - -Enfin, il y avait encore des employés généralement salariés, dont, -suivant les églises, variaient le nombre et la qualité. - -L’avertisseur était le Maître Jacques du consistoire: il remplissait -les fonctions les plus diverses. Benoist nous dit qu’il avait «à -donner avis au ministre que l’heure est sonnée, ou aux membres du -consistoire du lieu et du jour de l’assemblée, ou de porter de divers -côtés les ordres de la compagnie[207]». Ailleurs, on lit qu’il devait -«appeler et adjourner au consistoire les délinquants», et encore -«exercer autres mandements du consistoire[208]». C’étaient là, en -effet, ses principales fonctions, celles dont il tirait son nom. A -Nîmes, l’avertisseur, «Maistre Guilhaumes Guiraud[209]», est une sorte -de personnage que l’on paye assez cher. Il convoque les pasteurs et -les anciens[210] et prévient les fidèles qu’ils aient à comparaître -en consistoire pour y répondre de leurs fautes contre la Discipline, -quand toutefois on ne délègue pas spécialement à cet effet un ou -plusieurs anciens[211]. Il inscrit sur un long registre les noms des -coupables avec, en regard, la faute dont on les accuse; et ce registre -passe d’avertisseur en avertisseur[212]. Il remplit des missions de -confiance: on le charge, par exemple, de vendre les meubles jadis -prêtés à une pauvre folle, nommée Jeanne la Simple, qui vient de -mourir[213], ou de recouvrer certaines sommes dues par l’église de -Milhaud[214]. Enfin, il fait la police du temple[215]. Dans de plus -petites villes, où l’avertisseur est moins occupé, il cumule encore -d’autres métiers. Ainsi, au Vigan, il est à la fois «advertisseur -du consistoire, sonneur de cloches pour le presche et les prières -publiques, et tient le temple net[216]». - -Pour ses gages, Maître Guillaume Guiraud reçoit 72 l. par an[217]. De -plus, le consistoire s’est engagé à lui laisser prélever des droits -sur divers de ses revenus. Il touche, par exemple, une certaine somme -sur les «legatz pies» faits à l’église[218], et un écu pour son -«droit de leveure de l’argent deub par la ville pour l’entretenement -des escolliers proposans[219]». Enfin, il est à croire qu’il sait -se créer par ailleurs d’autres sources de revenu, car on voit le -consistoire lui défendre de louer plus d’un sol le drap mortuaire -pour les enterrements[220], et lui enjoindre de le bailler gratis aux -pauvres[221]. - -Pour rédiger les délibérations de l’assemblée, il y a un greffier. -A Nîmes, c’est un des notaires de la ville, et il change tous les -ans[222]. A Montdardier[223], c’est le maître d’école[224]. A La -Salle[225], un des anciens remplit les fonctions de secrétaire[226]. -Il est en tout cas défendu aux greffiers de prendre aucun argent pour -les extraits d’actes du consistoire que des particuliers peuvent leur -demander; s’ils sont pauvres, l’église doit avoir soin «de pourvoir à -iceux[227]». - -Le maître d’école dépend du consistoire et il faut qu’il ait été -approuvé par lui[228], qu’il serve ou non de greffier. Le «magister» du -Vigan touche 100 l. que lui paye la ville[229]. - -Quant au chantre, il reçoit à Nîmes 2 écus[230]. Il doit entonner et -diriger le chant des psaumes, car il n’y a pas d’orgue[231]; et ce -n’est peut-être pas une sinécure. - - * * * * * - -Le règlement de 1566, dont j’ai parlé, porte qu’à Nîmes les séances -consistoriales devaient se tenir chaque mercredi à midi[232]. Parfois, -néanmoins, il se passait un assez long intervalle sans qu’il y en -eût[233]. Inversement, on se réunissait en cas de besoin, plusieurs -fois dans la semaine, le mercredi et le vendredi ou un autre jour[234]. -L’assemblée avait lieu dans le temple[235], «à l’yssue du presche[236]». - -Qui présidait? La Discipline veut que ce soit un pasteur, et, dans les -églises où il s’en trouve plusieurs, pour ne pas créer de compétitions -et de jalousies, elle ordonne sagement qu’ils présideront tour à -tour[237]. Ce dernier point n’était pas observé rigoureusement: à -Nîmes, tantôt chaque séance a comme «modérateur» un ministre différent, -mais sans que le tour de chacun revienne à des intervalles réguliers, -tantôt le même ministre préside sans interruption un certain nombre de -fois[238]. Je n’ai d’ailleurs relevé aucune contestation à ce sujet. - -Pour que les décisions prises soient valables, il faut que les -deux tiers des membres soient présents à l’assemblée[239]. On doit -y arriver «à midy précézément», à temps «pour mettre le genoul en -terre et fere la prière», sous peine d’une amende de 5 sols[240]. Le -pasteur présidant prononce la prière[241]. Puis, on règle les affaires -courantes: censures, «réceptions à la paix de l’église», abjurations, -finances du consistoire, et «charges» diverses données aux anciens. - -Outre ces séances ordinaires, le règlement adopté par l’église en -1566 porte que, la veille de Noël, de Pâques et de la Pentecôte, le -consistoire se réunit pour censurer impartialement, s’il y a lieu, -la conduite de tous ses membres, y compris les pasteurs et les -employés, et pour désigner les anciens qui donneront la coupe, les -diacres qui tiendront les bassins aux portes, et celui qui recevra les -«méreaux[242]». Ces séances «de censure» ont lieu en 1560 et 1561: -on en trouve des traces dans le registre[243]. Mais à l’époque qui -nous occupe on n’en rencontre plus aucune mention. Il est difficile -de dire si c’est qu’elles ont disparu ou qu’on néglige simplement -de les inscrire: M. de Felice constate d’ailleurs que, d’une façon -générale, il est très rare qu’elles soient relatées dans les livres des -consistoires[244]. - -Le règlement de 1566 porte encore que, pour procéder à l’élection -des pasteurs, on doit envoyer une députation aux magistrats et aux -consuls, afin de les réunir en «assemblée mixte des trois corps» -avec les deux consistoires «vieux» et «nouveau[245]». Au temps de -l’édit de Nantes, on convoque aussi ces assemblées, ou «consistoires -extraordinaires[246]», pour décider l’imposition des deniers du -ministère[247]. Le consistoire ne trouve sans doute pas inutile de -s’adjoindre les notables de la ville pour sanctionner une décision -aussi désagréable aux habitants que celle-là[248]. D’ailleurs, il -réunit des assemblées mixtes au sujet du «logement des pouvres[249]», -du collège et «rectorat d’icelluy[250]», et de tous les événements -importants. - -D’autres personnes que les consuls, les magistrats et les anciens -vieux et nouveaux y prennent part: des «docteurs et advocatz[251]» -généralement, mais aussi des «bourgeois et marchans[252]». Le nombre -des assistants varie beaucoup. L’assemblée la plus nombreuse que -j’aie trouvé comprend le juge criminel Daniel de Calvière, quatre -conseillers, le lieutenant particulier de viguier, le lieutenant de -juge ordinaire, les quatre consuls, deux ministres, huit avocats, -dont quelques-uns membres du consistoire, un noble, et six bourgeois, -anciens ou non[253]. Elle se tient au temple, comme presque tous les -consistoires extraordinaires[254]; j’en note un, cependant, qui a lieu -«en la maison de M. le Juge Criminel[255]». C’est ce magistrat qui -préside toujours quand il est présent[256]; en son absence, c’est l’un -des pasteurs[257]. - -Les délibérations des assemblées mixtes ne devaient pas être inscrites -dans le livre du consistoire, ou tout au moins n’avaient pas la valeur -officielle d’«actes consistoriaux». C’est ce que montre un intéressant -jugement du synode provincial de Nîmes par députés, en 1599, rendu -au sujet d’un incident grave survenu entre le célèbre jurisconsulte -Julius Pacius de Beriga et un professeur de logique du collège de -Nîmes, Robert de Vismes[258]. Pacius avait fait extraire du registre -du consistoire, avec le consentement des anciens, puis imprimer -et publier, le procès-verbal d’une assemblée mixte tenue en avril -1598. Cette affaire fut portée au synode qui censura «griefvement» -le consistoire de Nîmes «d’avoir faict coucher» dans son livre «la -conclusion d’une assemblée mixte[259]», et envoya même deux ministres -inscrire en marge du procès-verbal en question la note suivante: -«Déclairons ce présent acte... estre d’une assemblée mixte et non -consistoriale, et pourtant n’en pouvoir estre despêché aucun extraict -portant tiltre des actes consistoriaulx[260]». Ainsi s’établit bien -nettement la différence entre les assemblées régulières, faites -suivant la Discipline, et ces assemblées mixtes qui sont parfaitement -autorisées, mais non reconnues officiellement. A Nîmes, on continue -d’ailleurs, après l’incident soulevé par Pacius, à inscrire dans le -registre les procès-verbaux d’assemblées mixtes[261], comme on l’a -toujours fait, mais, sans doute, on ne leur donne plus la valeur -d’actes consistoriaux. - -Le «Livre» du consistoire devait, selon la Discipline, conserver la -mémoire des fautes qui, «étant conjointes avec rebellion, auroient -esté censurées de la suspension de la Cène ou excommunication»; et -les autres devaient théoriquement en être effacées[262]. En outre, on -y inscrivait les «décharges» des receveurs des deniers lorsque leurs -comptes avaient été arrêtés[263], les «accords» faits par l’église -avec les pasteurs[264], etc. C’était donc un témoin officiel pour -l’église, comme les registres de baptêmes et de décès. On pouvait en -certains cas délivrer copie d’actes consistoriaux[265] pour servir de -témoignages, d’attestations. Ceci explique pourquoi le synode prov. -de Nîmes tenait à maintenir bien nette la différence entre un acte -consistorial, procès-verbal d’une séance tenue selon les prescriptions -de la Discipline, et une simple relation authentique d’assemblée mixte. - - * * * * * - -Il était utile d’exposer en détail la composition et le fonctionnement -du consistoire, car il faut bien connaître cette assemblée, pour -saisir comment elle remplit les deux fonctions si importantes qui lui -reviennent et qu’elle partagea à l’origine entre ses diacres et ses -anciens: 1^o obtenir des subsides, 2^o diriger la vie «de ceux qui sont -du corps de l’église[266]». - -C’est par le consistoire, en effet, que le protestantisme officiel -communique avec la foule des fidèles. Les Nîmois entendent bien parler -du synode, mais cette assemblée est pour eux solennelle et lointaine, -au lieu qu’ils voient, qu’ils connaissent leurs anciens. Or, la -popularité des consistoires est nécessaire à la force du parti: si leur -influence périclite, les assemblées supérieures vont se trouver «en -l’air», si je puis dire. Je montrerai plus loin qu’à Nîmes, il n’en est -rien, et que le pouvoir du consistoire sur les fidèles fait de ceux-ci -des soldats disciplinés, et tout prêts à suivre les instructions que -les chefs du parti leur donneront. - - - - -III - -LES FINANCES DU CONSISTOIRE - - Les comptes du «receveur des deniers de l’église» et du «receveur des - deniers des pauvres». - - Deniers des pauvres: Recettes. Qui on assiste. Secours en nature. - Tableau des secours délivrés par le consistoire de Nîmes entre janvier - et mars 1596. Visites de charité. Surveillance de l’hôpital des - pauvres. - - Deniers de l’église: Dépenses. Recettes: les imposés; la levée des - rôles. Églises «ingrates». Pension payée à l’église par la ville. - - -Il reste maintenant à étudier les finances du consistoire de Nîmes et à -montrer quels étaient ses revenus. Il lui en fallait d’importants pour -subvenir aux dépenses qui lui étaient imposées: entretien des pasteurs -et des proposants, gages de l’avertisseur et des autres fonctionnaires, -aumônes, pensions aux nouveaux convertis, enfin dépenses des synodes et -colloques, car chaque église doit solder les frais de ses députations -aux assemblées ecclésiastiques. En matière de finances, comme en tout -le reste, ce sont les consistoires qui forment la base de l’édifice -protestant: sans leur argent, pas d’assemblées, et toute la hiérarchie -du parti se trouve désagrégée. - - * * * * * - -A Nîmes, le budget de l’église se divise en deux parts distinctes: les -«deniers de l’église» et les «deniers des pauvres». - -Chacune a son «receveur», son banquier, choisi chaque année parmi -les membres du consistoire, le plus souvent un ancien[267]. Une -délibération du 31 janvier 1601 montre que le receveur des deniers du -ministère touchait à cette époque des gages de 100 l.; mais c’est le -seul renseignement que j’aie trouvé sur ce point[268]. - -Les receveurs ne devaient délivrer aucune somme que sur la présentation -de «mandements», tirés sur eux par les anciens[269]. Et à l’expiration -de leur charge, chaque année, il fallait qu’ils rendissent compte de -leur gestion devant une commission nommée par le consistoire[270]. - -Le «receveur des deniers de l’église» à Nîmes présentait: 1^o les -pièces justificatives de ses comptes, comprenant, d’une part, les -mandements tirés sur lui, et d’autre part, les quittances de ses -payements, avec leur bordereau[271]; 2^o le «livre des quitances -des paiements de nos pasteurs.....», comprenant les quittances des -pasteurs, proposants et autres salariés du consistoire, qui était -en quelque sorte la mise au net des pièces précédentes, dont il ne -comprenait pas le détail[272]; 3^o un registre contenant les noms des -imposés pour l’entretien des ministres, avec le chiffre de leurs taxes, -et une liasse renfermant toutes les pièces relatives au recouvrement de -ces impositions[273]. - -Le receveur des deniers des pauvres avait des comptes moins compliqués: -il ne présentait que les mandements tirés sur lui et les quittances de -ses paiements avec leur bordereau[274]. La commission déléguée par le -consistoire vérifiait tous ces comptes et en donnait aux deux receveurs -une «décharge» qu’elle inscrivait sur un autre registre spécial[275], -et qu’on mentionnait souvent dans le livre du consistoire[276]. Puis -les comptes étaient renfermés dans un coffre et formaient les archives -de l’église[277]. - - * * * * * - -J’ai dit que les deniers des pauvres étaient tout à fait distincts -des deniers de l’église. Il arrive, en effet, qu’on fasse procès aux -«povres de l’église[278]», dont les revenus provenaient soit de legs -testamentaires, soit de quêtes faites par les diacres. - -Les legs étaient assez fréquents et variaient beaucoup; je n’en ai -pas trouvé, néanmoins, de considérables: en 1598, un conseiller au -présidial, Antoine de Malmont, lègue 20 l., et le baile de Saint-Jean -de Valeriscle 25 l. aux pauvres de Nîmes[279]. En revanche, il y en a -un grand nombre de peu d’importance: voici, par exemple, à Congeniès, -un laboureur qui laisse 30 sols[280]; l’hôte du logis des Arènes à -Nîmes, Armand Gaubin, ne destine aux indigents que 10 sols[281], et, -même, un certain Jacques Malafosse, de Congeniès, ne leur en donne pas -plus de 5[282]. Ce ne sont pas d’ailleurs ces «légatz pies» qui forment -la plus grosse part du revenu des pauvres, et heureusement, car ils -ne doivent pas être fort exactement payés, s’il arrive fréquemment, -comme en 1597, que les magistrats se permettent d’en disposer[283]. Au -reste, une partie des legs est consacrée à l’entretien des pasteurs, -et ainsi les pauvres n’ont pas le bénéfice de toute la charité des -testateurs[284]. - -Les quêtes faites par les anciens et les diacres formaient leur -principale ressource. Il n’y a que fort peu de renseignements sur -ce point. On faisait la quête au temple dans un «bassin[285]». En -outre, on plaçait des troncs «aux» boutiques des marchands, et on les -visitait, ce semble, au commencement de chaque année[286]. Enfin, -tous les ans, on réunissait les objets perdus dans le temple et non -réclamés, on les vendait, et l’on en versait le produit au bassin: en -1596, on retire ainsi 2 l. 14 sols, et en 1601, 2 l. 16 sols[287]. - -Ces quêtes étaient les vraies ressources des pauvres. Elles devaient -fournir parfois des sommes importantes. Le synode national de -Montauban, en 1594, décide que, lorsqu’il se trouvera une somme -notable des deniers des pauvres «que l’urgente nécessité n’obligera -pas d’emploier pour leur subvention, les diacres, par l’avis du -consistoire, pourront en faire quelque prêt à des gens solvables pour -faire valoir cet argent à la plus grande utilité des pauvres...., à la -charge qu’on le puisse retirer promptement en cas de nécessité[288]». -C’était là une permission assez dangereuse, mais ces spéculations -paraissaient si séduisantes que, le synode national de Saumur les -ayant interdites en 1596[289], celui de Montpellier les autorisa de -nouveau en 1598[290]. Il est peu probable que le consistoire de Nîmes -ait pu user de la permission à l’époque qui nous occupe, car il avait -grand mal à entretenir ses très nombreux indigents[291] et, l’«urgente -nécessité» ne devait pas lui permettre d’amasser un capital pour le -placer. - -Il secourait non seulement les pauvres de la ville, mais encore ceux -des autres provinces. Ainsi, en 1597, l’église de Grenoble ayant fait -parvenir aux Nîmois une lettre réclamant secours, le consistoire décide -que «tout ce qui sera levé au bassin» lui sera envoyé, et que l’on -communiquera la lettre aux autres églises du colloque[292]. On faisait -également l’aumône aux pauvres étrangers à la cité qui se présentaient -avec des attestations de leur église d’origine. Cette coutume, nommée -la «passade[293]», prêtait à de nombreux abus. - -Des vagabonds exploitaient les églises en exhibant de fausses lettres -de leurs prétendus consistoires. C’est en vain que, pour y remédier, -le synode national de Montpellier (1598) décide que l’on ne devra -accorder aucune attestation avant d’avoir examiné en consistoire -si les raisons données par l’intéressé pour partir au loin sont -plausibles; que ses «âge, poil, stature» devront être spécifiés; et -que les ministres auxquels il s’adressera en chemin devront garder ou -détruire l’attestation qu’il présentera et lui en donner une autre, -s’il y a lieu, «pour la prochaine église[294]». L’abus subsiste, et le -consistoire de Nîmes se voit forcé d’ordonner que, dorénavant, les -pasteurs comme les anciens ne pourront délivrer à ceux qui «demandent -la passade.... aucungz bilhetz de 5 solz.... qui n’aye esté délibéré -au consistoire, ou à l’yssue du presche, et signé par quatre pour le -moingz[295]». - -Il ne leur enlevait point, ce semble, le droit de distribuer des -«bilhetz» de moins de 5 sols, payables par le receveur des deniers des -pauvres. Celui-ci, comme nous l’avons vu, conservait précieusement -tous ces mandements comme pièces justificatives de ses dépenses. Ils -pouvaient monter à des sommes variables. Par exemple, du 1^{er} janvier -au 27 mai 1601, sire Dalbiac, à Nîmes, a reçu des billets pour 52 l. -19 sols[296], ce qui donne environ une moyenne de 125 l. d’aumônes par -an. Cela ne me paraît pas très considérable, si l’on songe que chaque -pasteur reçoit 600 l. de traitement annuel[297]. - -D’ailleurs, ces sommes, pour minimes qu’elles soient, semblent -distribuées avec équité. Marque d’une tolérance rare à cette époque, -on fait la charité même à des catholiques, et sans leur demander la -plus petite abjuration en retour. «Jane Varlède, _papiste_, sera -assistée de 10 souls pour une fois, atandu sa pouvretté[298]», décide -le consistoire. «La femme de Pierre Michel...., estant en extrême -pouvreté..., _bien que soit papiste_, luy sera assisté de 10 sols sans -conséquance[299].» - -Les nouveaux convertis sont entretenus pendant un certain temps, quand -ils sont incapables de gagner leur vie, comme il arrive aux défroqués. -On paye leur apprentissage: Pierre, fustier, réclame au consistoire la -dépense «que le novisse moyne a faict à sa maison à raison de 5 sols -chascung jour[300]». Si l’église ne peut placer son converti, elle -écrit à ses voisines et le leur adresse[301]. Le synode provincial -et le colloque en prennent «soing» et cherchent «si quelque église -le voudra entretenir[302]». D’ailleurs, ils se trouvent souvent mal -de leur bonté. Le colloque de Nîmes, par exemple, se voit réclamer -400 l. par M^{re} Mathieu Guilien, apothicaire, «qu’un jadis moine, -nommé François Hon», mis en apprentissage chez lui pour trois ans par -le colloque, «auroit dérobé[303]». Ailleurs, c’est un ancien moine -de Tournon, nommé Denys Enard, que le consistoire de Nîmes envoie -comme apprenti chez M^{re} Noguier, chirurgien, au prix de 8 l. par -mois: «lequel apprenti s’en seroit allé sans luy rien dire» au bout -de onze jours, en emportant «deux couvre chefz de valleur de 24 solz -tous deux»; il faut donc payer les 24 sols et 3 l. pour les onze -jours d’apprentissage, plus 4 l. 10 sols pour deux chemises que le -consistoire avait fait acheter «pour bailher au susd. Denys Enard[304]». - -Car il remettait souvent les secours en nature. Je vois, en effet, -qu’il fait délivrer pour 20 l. de «cadis à la vefve de Parant pour lui -fere une robbe[305]»; qu’il assiste d’une «eymine de bled», valant -15 sols, Jean S^t-Huict, serrurier[306], etc. En tout cas, pour le -principe, lorsqu’il donne une somme d’argent, il spécifie presque -toujours l’emploi qu’en doit faire l’assisté: si Estienne Audiballe -reçoit un écu, c’est «pour achepter une robbe à la fripperye[307]». - -Certains pauvres étaient en quelque sorte abonnés et touchaient une -certaine somme chaque semaine, tandis que d’autres étaient secourus une -fois pour toutes. Parmi les premiers se trouvaient les malades, dont -le consistoire prenait grand soin. Une pauvre femme, Claude Deleuse, -étant tombée «malade à l’extrémité», il décide que l’ancien du quartier -devra avertir ses parents tout d’abord, mais «en cas de nécessité luy -adressera avec son diacre[308]». Souvent, il ordonne que certains -pauvres recevront une somme remise à la discrétion «du diacre et -surveillant de leur cartier[309]». Le tableau suivant renferme les noms -des indigents assistés entre janvier et mars 1596, avec la mention de -ce qu’on leur a donné[310]. - - NOMS SOMMES - - «La femme demeurant au derrière de la maison {10 sols par semaine - de M de Chasteauneuf» {durant sa maladie. - V^{ve} de M^{re} Parant et ses enfants 10 s. par semaine. - Médecin demeurant chez M. Saint-Estienne {somme remise au jugement - {de son ancien. - Bernardine Maure 4 l. 10 s. 6 d. - Anne Pagese 10 s. - Leonarde 1½ teston. - Guiraud 1 escu - Canonge 15 s. - Sezarde et Arnassane {somme remise au jugement - {de leur ancien. - Astruc 15 s. - Janon 7 s. 6 d. - Maurin et sa femme 10 s. - Astruc (de nouveau) 15 s. - De Montloy 15 s. - Veuve Augier 40 s. - Bourcas 2 escus - Bunye 10 francs. - Vallonne 10 s. - Jean Astruc, dit Barbut (de nouveau) 1 chemise - Les parents de done Boutarde 20 s. - La femme et ses 4 enfants demeurant à la {somme remise à la - maison de Bollanges, ensemble un nommé {discrétion de leur - Vidal {diacre. - «Loyse Arsegnelle» 2 escus. - Marguerite Cloche 10 s. - Saurette Saujette {10 s. par semaine - {durant sa maladie. - Saurette Saujette (de nouveau) 24 s. - «Loyse Segnelle» (de nouveau) 6 l. - Jean Astruc (de nouveau) 30 s. - Cathelin Bonhomme 15 l. - Claude de Cussy «pauvre passant» 1 escu. - Honnorade Rousse 5 s. - Gaspard, cardeur {somme remise à la - {discrétion du diacre. - -Le consistoire avait donc, en l’espace de trois mois, fourni à 26 -personnes différentes des secours variant entre 10 l. et 5 sols. Il est -juste de constater que ce tableau ne comprend que les aumônes énumérées -dans le livre du consistoire, et que les anciens et les pasteurs -avaient le droit de distribuer des bons pour des sommes peu importantes. - -Ce qu’il faut retenir, c’est le soin avec lequel l’église s’occupe -des indigents. Il ne se passe pas une séance sans qu’un des anciens -propose une infortune à soulager, et sans que le consistoire fasse -la charité suivant ses moyens, assez faibles à la vérité. En janvier -1602, il décide de reprendre une ancienne coutume qui lui semble -propre à ranimer le zèle des dames de la ville: elle consiste à -faire visiter les pauvres chaque semaine, par des «damoiselles et -autres honnorables personnes[311]». Il fait donc dresser un rôle des -demoiselles «honnorables», et, tous les mercredis, il désigne deux -d’entre elles à cet effet. Ce sont les plus hautes dames de la ville: -M^{me} d’Aubais et M^{me} de Rochemore[312], M^{lle} la Criminelle et -M^{lle} la lieutenante de Rozel[313], M^{lles} de la Rouvière[314], -de la Croix[315], etc. Elles sont chargées, notamment, d’aller voir -les pensionnaires de l’hôpital. Le consistoire semble avoir toujours -exercé une surveillance efficace sur cet hôpital. En 1597, il rappelle -sévèrement à l’avocat des pauvres que c’est son devoir de s’en -occuper[316]. Il prie les consuls de veiller à ce que «les serviteurs -et servantes de l’hospital traictent bien les povres[317]». Il leur -recommande encore d’y recevoir une malheureuse «femme boiteuse[318]». -Enfin, il s’assemble avec les consuls et les magistrats pour pourvoir -au logement des indigents[319]. - -Voilà comment on employait les deniers des pauvres. Ce n’était pas une -grosse somme, et l’on en retenait encore un cinquième pour l’entretien -des proposants[320]. Mais tout au moins les aumônes étaient distribuées -équitablement. - - * * * * * - -La part la plus importante des revenus du consistoire était comprise -sous la dénomination: «deniers de l’église» ou encore «deniers du -ministère», parce qu’elle était surtout destinée aux pasteurs. - -Le «receveur des deniers de l’église» avait bien des dépenses à -couvrir: d’abord, les frais qu’entraînaient les longues négociations -auxquelles il fallait se livrer pour obtenir un pasteur «perpétuel», -quand l’église s’en trouvait dépourvue; puis les gages des pasteurs -en exercice; en leur absence l’entretien des ministres «prêtés», et -après leur mort, la pension de leurs veuves[321]; enfin, il payait -l’avertisseur, les employés du consistoire[322] et les députations aux -colloques et aux synodes. - -Celles-ci devaient être, autant que possible, nombreuses, «afin de -resserrer l’union des églises». Un synode national recommande aux -localités qui ont plusieurs pasteurs d’en envoyer «alternativement... -le plus grand nombre qu’elles pourront[323]». Mais de telles -délégations coûtaient cher, et d’autant plus cher qu’elles étaient -composées d’un plus grand nombre de personnes. Certaines églises -n’étaient pas assez riches pour les supporter; aussi elles -s’entendaient pour choisir le même représentant au synode national et -s’unissaient pour payer son entretien[324]. - -Lorsqu’il s’agissait seulement d’un synode provincial, les frais de -voyage et de séjour des députés étaient moins élevés. C’est pourquoi -Nîmes y envoyait assez souvent, outre ses représentants réguliers, des -députations extraordinaires[325]. - -La note présentée par Isaac Roux, ancien d’Aimargues, délégué par -son église au synode de Saint-Germain de Calberte, peut nous donner -une idée de ce que devaient dépenser les députés de Nîmes: «Pour la -disnée à Calvisson», on lui doit 1 l. 6 sols; «pour avoir refferré la -cavale à Canes», 2 sols; «pour la souppée et couchée à Enduse», 1 l. -6 sols; «pour avoir fait raccoutrer la celle de la cavale,» 5 sols; -pour la ferrure «du petit bidet,» 1 sol 6 deniers; «pour une guide de -Saint-Étienne jusques à Saint-Jan», 1 sol; «item 1 sol en pain [_sic_] -pour la cavalle[326]», etc. On rembourse aux députés le prix de la -location de leurs chevaux, et, pour aller au colloque de Montpellier, -un cheval loué par le pasteur, avec sa selle et sa bride, se paye 30 -sols[327]. - -Généralement les délégations aux synodes coûtent plus cher que les -délégations aux colloques, car le voyage qu’ont à faire les envoyés -est plus long. Ainsi la députation de l’église de Nîmes au synode de -Sauve (1597) lui revient à 39 l. 12 s. tournois[328]; au lieu que le -consistoire ne débourse que 4 écus, soit 12 l., pour les frais du -pasteur Chambrun et de l’ancien De Vieulx au colloque d’Aiguesmortes en -novembre 1598[329], et un seul écu pour les dépenses de Falguerolles -à celui de Vauvert, au mois d’août de la même année[330].—Jusqu’en -1599, la ville où se tenait le synode était très favorisée puisque -ses députés n’avaient pas à se déplacer; mais à cette date on décida -qu’elle aurait à «loger les pasteurs et anciens [des autres localités], -avec les montures, en maison bourgeoise» et à ses dépens[331]. Malgré -cette mesure, les frais de délégation paraissaient encore trop lourds -aux petites églises réunies sous un seul pasteur: contrairement à la -Discipline, elles n’envoyaient qu’un ancien avec leur ministre pour -les représenter[332] et payaient chacune leur part des frais[333]. - -Outre les députations aux assemblées, on prenait encore sur les deniers -du ministère l’achat des objets servant au culte, l’entretien du -temple[334] et de la bibliothèque. - -L’église de Nîmes n’avait pas attendu les encouragements des synodes -nationaux de Saumur (1596), ou de Jargeau (1601) pour «dresser» une -bibliothèque propre à servir à ses ministres et à ses proposants[335]. -En janvier 1596, elle ne s’occupait plus déjà que de la «parachever» -et achetait pour 7 écus les livres qu’un libraire avait apportés à -Nîmes[336]; peu après, le pasteur Falguerolles et l’avocat Chalas -découvraient dans «la bibliothèque de feu M. de Saint-Cézary... -deux volumes de _Concilles_ et la _Response et examen du concile -de Trante_, faictz par Rennitus», et les achetaient 3 écus pour le -consistoire[337]. Les livres étaient alors chez Chalas[338], et il y -en avait un nombre suffisant pour que leur catalogue fût considéré -comme un travail nécessaire et assez important[339]. D’ailleurs, on ne -cessait d’en acheter de nouveaux. Ainsi, le 8 janvier 1597, on paye «3 -l. 8 sols tournois pour huit livres de M. de Falguerolles[340]». Chalas -partant en voyage, on le charge d’en rapporter quelques-uns[341]. On -presse, en 1597, la rédaction de l’«inventaire et contrerollage» de la -bibliothèque[342], que le nouveau consistoire de 1599 fait vérifier -en entrant en charge[343]. En octobre de cette même année, le synode -ayant arrêté que «les ministres seroyent tenuz tenir en leurs cheres -une bible de la nouvelle version», le consistoire se décide à vendre -celle qui lui sert actuellement. «Et au mesme instant, au consistoire, -a este enchérie, et, après plusieurs enchères, délivrée à M. Rostang du -Vieux pour le prix de 3 escus sol[344]». Puis, on achète une superbe -bible «de la nouvelle version..., dorée, lavée, réglée», que l’on paye -4 écus et demi[345]. En 1601, la «_Bibliotheca patrum_ par Marguarites -de la Bigne, impression de Paris de l’an 1589, en 9 tomes» est acquise -moyennant 18 écus, et sa reliure en «vert carton», plus le port, -revient à 5 écus 30 sols[346]. Enfin, il faut ajouter à cela qu’en 1600 -on avait fait faire un «cabinet» pour les livres[347]. - -Il est fort probable que les petites églises du colloque de Nîmes ne -devaient pas avoir de bibliothèques faute d’argent, puisque une ville -comme Montpellier, siège d’une académie, se voyait, en 1598, exhortée -par le synode à se faire «une collection de livres en théologie[348]». -Quoi qu’il en soit, ce ne fut pas, comme le dit M. de Felice[349], le -synode nat. de La Rochelle, en 1607, qui encouragea le premier les -églises à se créer des bibliothèques, et Nîmes en possédait une fort -importante bien longtemps auparavant. - - * * * * * - -Les deniers du ministère devaient subvenir à toutes les dépenses que je -viens d’énumérer; voyons d’où ils provenaient. - -Le roi promit aux églises, en 1598, de leur donner 45 000 écus. -Cette promesse ne fut pas tenue[350], si bien que le consistoire -de Nîmes dut continuer à pourvoir à l’entretien des ministres par -des impositions sur les habitants. A l’époque qui nous occupe, on -décidait officiellement que ceux de la Religion seuls en auraient la -charge[351]; mais, vu les difficultés de toutes sortes qu’on avait à -recouvrer une subvention si nécessaire, on n’hésitait pas, en pratique, -à taxer les catholiques, et ce après comme avant l’édit de Nantes[352]. - -Chaque année, le consistoire extraordinaire, avec le concours des -magistrats et des consuls[353], décidait quelle somme on prélèverait: -tantôt 500 écus comme en 1596[354], tantôt 800 comme en 1601[355]. Il -déléguait ensuite quelques membres des consistoires vieux et nouveau, -un des magistrats, un ou deux consuls, pour en faire la répartition -sur les habitants[356]. Cette répartition, inscrite sur un livre long -nommé «la tariffe[357]», était alors présentée au magistrat pour qu’il -en autorisât l’exaction[358]. Une fois le «livre signé», on chargeait -de lever l’imposition celui qui faisait «meilheure condition», après -avoir pris l’avis des consuls: ainsi, en 1600, l’ancien Salveton ayant -accepté «d’en fere l’exaction pour 100 l. tournois», on décide «que le -bail de lever led. libvre sera passé aud. sire Salveton[359]». Mais -on ne donnait pas toujours la levée à forfait et le consistoire la -confiait souvent à des agents qu’il surveillait lui-même. Le 9 décembre -1598, en effet, nous le voyons décider que «les diacres et anciens... -poursuyvront ceulx quy sont commis à la levée des rolles[360]»; et une -autre fois, il ordonne qu’elle se fera «par survelliances et ysles... -par les nommés à cest effect..., suivant les rolles[361]». - -La levée a lieu d’ailleurs très malaisément et les petites églises -comme les grandes ne mettent aucun enthousiasme à entretenir leurs -pasteurs. A Nîmes, les uns se plaignent d’être trop imposés et ne -veulent pas payer intégralement leur taxe; les autres «ne veullent -payer rien du tout[362]» et il y réussissent: on décide de les -«adjouster» aux rôles de l’année suivante[363], mais c’est toujours un -an de gagné, et pourquoi céderaient-ils davantage plus tard? Un nommé -Jehan de Vidalle déclare «qu’il yroit plus tost baptizer son enfant à -la messe que bailher rien à MM. les ministres[364]», et il est probable -que l’«exhortation pour l’entretenement des pasteurs» que Chambrun -fait en chaire après le prêche ne doit pas être sur lui d’un effet -puissant[365]. - -Aussi, la levée est-elle loin de rendre ce qu’elle devrait et les -pasteurs ne peuvent-ils obtenir leurs gages. En mars 1598, il est dû à -Falguerolles, «oultre les arreyrages de l’année passée... ung cartier -de la présante[366]». En mai, le consistoire est forcé d’emprunter -300 l., remboursables dans trois mois et au taux de 12%, desquelles -Chambrun prend 100 l., Falguerolles 200 et Moynier rien[367]. Cela -ne remplit pas la bourse du ministère: en septembre, il ne s’y trouve -encore «pas d’argent, mesmes pour les pasteurs servans[368]». On -atteint ainsi l’époque[369] de la levée de l’imposition, que l’on -décide le 21 octobre. Naturellement, elle ne se fait pas mieux que -d’habitude; en décembre, on décide de «poursuyvre» ceux qui en sont -chargés[370], car, sans doute, on la veut terminée pour la fin de -l’année. Les pasteurs sont tellement pressés qu’à peine quelque argent -se trouve-t-il entre les mains du receveur qu’ils demandent qu’on leur -délivre à chacun 12 écus[371]. D’ailleurs, c’est la coutume de leur -distribuer à mesure ce qui rentre[372], car il est impossible de réunir -une somme suffisante pour les payer en une fois. - -Cependant, en 1599, le consistoire semble vouloir se libérer à l’égard -des ministres. Il charge le sieur de Saint-Cézary de prévenir le -conseil de ville de la difficulté que présentent la levée des rôles -et l’entretien du ministère; il ordonne de poursuivre rigoureusement -«ceulx quy doibvent d’argent des bénéfices pour le payement» des -pasteurs[373]; le receveur déposera le compte de ce que les ministres -ont reçu sur leur assistance[374]; enfin, ceux qui refuseront de -payer seront traînés devant le juge criminel[375]. Malgré tout, en -juillet, il reste dû encore tellement d’argent aux pasteurs que l’un -d’eux, Falguerolles, prévient le consistoire qu’il s’en plaindra au -colloque[376]. Quelques mois plus tard, il mourait[377] sans avoir -jamais pu toucher les 200 écus qui lui étaient dus[378]. - -Ainsi la ville de Nîmes ne pouvait arriver à fournir les sommes -nécessaires à «l’entretien de l’église». S’il en était ainsi dans -la plus riche et la plus puissante ville du colloque, on imagine ce -qui se passait dans les autres. Les assemblées sont remplies par les -querelles d’argent des pasteurs et des consistoires. D’ailleurs, que -pouvait-on sur les fidèles? La Discipline autorisait les colloques et -les synodes à procéder par des censures ecclésiastiques contre les -églises coupables d’«ingratitude» envers leurs ministres et à aller -même jusqu’à les priver du culte. Cette peine grave, la seule efficace, -on peut le dire, pouvait bien être prononcée contre des églises de peu -d’importance[379], mais comment l’appliquer à des villes comme Nîmes, -exposée aux influences catholiques et où les fidèles se trouvaient -livrés aux «séductions» des prêtres et des jésuites? Nous verrons que -les pasteurs combattaient ces influences à grand’peine. Ceux d’Alais, -réclamant au synode leur ministre Ferrier qui leur avait été emprunté -pour quelque temps, se plaignent que «plusieurs de la Religion, se -voyantz sans preche, seroient alez au sermon de Rhodes, jésuite[380]». -On juge de ce qui se serait passé dans les mêmes conditions à Nîmes, -où le consistoire se trouve forcé de sévir à chaque instant contre des -fidèles et même contre des proposants[381], qui ont été «ouyr» le P. -Coton. - -Aussi ne songeait-on pas à appliquer de peines aussi radicales, ni même -à appliquer aucune peine. En voici la preuve. Un synode de 1594 avait -ordonné que les diacres et anciens ne pourraient quitter leurs charges -avant d’avoir «satisffait à l’entretainement des ministres[382]». -Conformément à cette décision, on voit, en janvier 1597, le consistoire -de Nîmes s’engager à ne pas se séparer avant d’avoir soldé «ce que -restera des gaiges deubz à MM. les pasteurs[383]». Cependant, le 9 -décembre, il décide de procéder à la nomination des anciens pour -l’année suivante. Les pasteurs en appellent «d’aultant qu’ilz ne sont -payés de leurs gaiges[384]»; mais le consistoire nouveau n’en remplace -pas moins tranquillement le «vieux», et le règlement reste inappliqué. - -La municipalité payait une pension à l’église, destinée notamment -à l’entretien des proposants. C’était, d’ailleurs, assez peu de -chose et insuffisant à sortir le consistoire de peine: en 1598, -la pension se monte à 86 l. 15 sols[385]. Elle était levée par un -exacteur des tailles[386] et portait sur tous les habitants, même les -catholiques[387]. De plus, le gouvernement communal aidait les anciens -à poursuivre le payement des impositions faites pour le ministère[388]. -Son intervention fut autorisée par l’édit de Nantes qui donna le droit -aux consistoires de citer en justice les huguenots se refusant à payer -leur taxe[389]. - -L’église de Nîmes se résolut à employer ce moyen en février 1599[390]. -Il ne paraît pas qu’elle en ait obtenu des résultats excellents, -si l’on on juge par les plaintes et les menaces de Falguerolles en -juillet 1599[391] et de Moynier en mai 1600[392], qui contraignirent le -consistoire à faire des emprunts onéreux pour fournir quelque argent à -ses ministres[393]. C’était encore un moyen inefficace. Les pasteurs -durent se résigner à n’être pas payés. - - - - -IV - -L’AUTORITÉ DU CONSISTOIRE SUR LES FIDÈLES - - Lutte du consistoire contre l’influence catholique. «Superstitions». - La tradition catholique. - - Les «vices» qu’il combat: La «paillardise». Adultère et divorce. - Enquêtes de mœurs. La «coquetterie». Les censurés mécontents. - - Son intervention dans les querelles de ménage. Les bancs du temple. - Réconciliations. - - Plaisirs permis. Spectacles et jeux défendus. Le repos du dimanche. - Fêtes de corporations. La danse interdite. Les «charivaris». - - Dénonciations. Police consistoriale. - - Citations à comparaître; retards à s’y rendre. Enquêtes. Peines - décrétées; leur application. Les nobles et les notables. Entente des - consistoires pour la police. - - -Tout consistoire devait faire respecter par les fidèles la Discipline -ecclésiastique. Il faut entendre par là l’ensemble des règles suivant -lesquelles se gouvernait l’église réformée. Ce règlement, élaboré -peu à peu par les synodes nationaux, n’a reçu sa forme définitive -qu’au XVII^e siècle[394]. Il régit le fonctionnement des assemblées -ecclésiastiques, les cérémonies du culte, et donne aux fidèles des -règles précises de conduite. Or, le consistoire de Nîmes, chargé -de faire appliquer la Discipline, a, par cela même, le devoir de -surveiller étroitement la vie de ses subordonnés. Il cite à comparaître -devant lui ceux qu’il estime avoir enfreint le règlement; il les juge, -puis les condamne, s’il y a lieu. On voit quelle autorité peut lui -donner cette juridiction sur la doctrine et les mœurs de chacun. Ses -décisions sont sanctionnées par celles des colloques et des synodes -qu’il contribue à former et qui agissent dans le même sens et dans le -même esprit que lui. Ainsi se forme l’unité de la morale et de l’esprit -protestants. - - * * * * * - -Les articles de la Discipline promulgués avant 1598 semblent avoir -comme but principal de combattre l’influence catholique et d’empêcher -que les fidèles retombent dans «l’idolâtrie». L’on craint que le -peuple ne soit emporté par son amour des cérémonies et par l’habitude -des fêtes traditionnelles de l’église romaine. Aussi la Discipline -lutte-t-elle de toutes ses forces et non sans peine contre les -«superstitions». - -Au sujet des enterrements, par exemple, le consistoire et les -synodes doivent intervenir continuellement. En 1597, on démontre en -chaire qu’il faut se garder de «ses seremonies et superstitions quy -commensent de glisser parmy nous comme en l’esglise romaine..., comme -de fere marcher des hommes vestus de drap au-devant du corps et -d’user de tant de fassons au convoy de l’enterrement[395]». Il est -encore défendu de faire porter un «flambeau ardent[396]», ou, «au -grand escandalle de plusieurs», d’employer des pleureuses[397], de -faire «donner l’advertissement de la sépulture» par des veuves vêtues -de noir[398], de faire «porter les corps des femmes et des filles -décédées» par d’autres femmes «ayants chapeaux de fleurs, bouquets et -autres choses[399]», et même de vêtir en aucune façon ceux qu’on mène -au tombeau[400]. Enfin, il est absolument interdit d’enterrer personne -dans les temples[401]. - -Alors que les pasteurs eux-mêmes ont tendance à prêcher les «jours -chomables de la papauté» de préférence aux jours ordinaires[402], et -que le recteur du collège de Nîmes, Pacius, donne congé aux écoliers -«le jour de Caramantran[403]», comment s’étonner que l’on ait à -censurer des bourgeois «quy font le Roy boit» et les «bolangers qui -font des gasteaux avec la febve[404]»? Il est très difficile de -forcer les fidèles à rompre avec les habitudes anciennes. L’évêque -Valernod[405] fait-il son entrée à Nîmes? M. Bournet sort de la -ville pour le voir, «Messieurs le lieutenant et trézorier Albenas» -vont assister aux cérémonies[406], enfin, chose plus grave, il faut -réprimander les consuls, car ils ont fait tirer des arquebusades en -son honneur et ordonné à deux capitaines de l’escorter avec leurs -soldats[407]. - -La tradition triomphe souvent de la réforme. L’on a parfois à censurer -des parents qui aiment mieux envoyer leurs enfants aux Jésuites que les -mettre au collège[408], ou les confier à «l’école du maître papiste» -qu’à celle du protestant[409]. Les fidèles vont entendre les sermons -du P. Coton[410]. Pour combattre ces tendances, le consistoire va -presque jusqu’à leur interdire la fréquentation des catholiques. L’un -des consuls est appelé pour avoir accompagné l’évêque et un prêtre qui -allaient dire la messe à Beauvoisin[411]. Un maçon qui contribue à -bâtir une église est mis au rang des «fauteurs de l’idolâtrie[412]». -On doit empêcher les «pères faisans profession de la Religion» de -poursuivre «les jeunes hommes papistes qui ont rendu leurs filles -enceintes pour les leur faire espouser..., crainte d’un plus grand -mal[413]». Enfin, on décide que «les enfants qui auront accompagné -les funérailles de leurs pères en la papauté seront censurés selon la -prudence des consistoires[414].» Ce féroce règlement donne une idée -nette de la haine qui séparait les papistes et les huguenots. - -La Discipline ne se contente pas d’éloigner les fidèles des -«superstitions», elle s’efforce de les défendre contre les vices et le -consistoire les maintient vigoureusement dans le droit chemin. Pour -cela, il lui faut surveiller la vie la plus intime de ses administrés, -et il s’en acquitte soigneusement. - -Ainsi la «paillardise» est une faute grave, et dont la Discipline -se méfie fort: elle interdit aux fiancés d’habiter ensemble[415] -et de demeurer «longtemps à espouser», c’est-à-dire plus de six -semaines[416]. La veuve de Chatillon, «ensaincte soubz promesse du -cappitaine Blausac» qui «à présent ne la veult prendre», ne doit pas -trouver qu’elle a tort[417].—L’adultère commis par la femme, quand -il est «avéré, convaincu et puny par arrest de la cour», permet à -l’époux de se remarier. C’est ce que répond un synode de 1603, à M. -Jean Malessague en le renvoyant au roi qui, seul, pourra lui donner la -dispense nécessaire, «d’aultant que les lois du royaulme prohibent telz -mariages[418]».—Au reste, on ne se montre pas tendre pour les femmes -suspectes d’inconduite. Le consistoire s’informe soigneusement de leurs -mœurs[419], puis il les fait chasser de la ville ou mettre en prison -par les consuls[420]. Une malheureuse, nommée Martine, ayant eu un -enfant de Daniel Gansy, praticien, le consistoire décide qu’il la fera -punir par la justice et expulser, et que le père sera «examyné... de -prandre l’enfant[421]». - -Il suffit que deux habitants soient dénoncés par les voisins comme -«conversant» ensemble pour que le consistoire les appelle, s’empresse -d’informer et leur interdise de se voir cependant[422]. Mais de telles -enquêtes ne sont pas aisées. Le sieur de La Farelle, qu’on a trouvé -«couché seul à seul avec une nommée Broquière, de nuit, à heure -indue», déclare au consistoire que c’est «sans avoir abuzé d’elle»: -on le censure à tout hasard[423]. Le capitaine Gras, surpris dans -des conditions analogues, allègue pour sa défense que sa chandelle -était encore allumée[424]. Et que répondre à M^{me} Martine qui, -«accusée d’avoir couché avec Anthoine Martin, son serviteur», prétend -qu’elle y fut contrainte pendant sept nuits «à cause de la malladie -d’icelluy... mais [que] sa fille mesme, celle quy est promise avec -led. Martin, estoit couchée au millieu d’eulx deux[425]». D’ailleurs, -le plus souvent, les inculpés, pressés de questions, finissent par -avouer ou par se trahir dans leurs réponses, comme le fit, par exemple, -Marguerite Brueisse, servante à Antoine Bonnet[426]. - -Le consistoire ne peut supporter la coquetterie. Il ne faut pas -que les femmes se parfument les cheveux, sous peine de privation -de la cène[427]. Les «guignevalets» sont interdits par un synode -national[428]. C’est risquer de se faire admonester devant tout le -monde par le pasteur que de venir au prêche avec de la «poudre sur la -teste», ou une robe à «cachebastards[429]». Les diacres et les anciens -sont invités à noter «les plus excessives» quant à leurs vertugadins -«pour après le leur remonstrer[430]». Celles qui sortent décolletées, -on peut aller jusqu’à les suspendre de la cène, si elles ne veulent -pas «fermer leurs poitrines[431]». Et que la femme d’un pasteur ne -s’avise pas de porter les «poilz relevés et les cornes», ou l’on -invitera sévèrement son mari à «fere son debvoir» pour empêcher un tel -scandale[432]. - -D’ailleurs, ceux que le consistoire a censurés pour coquetterie ne -se soumettent pas toujours paisiblement. Un écolier, André Guiran, -se plaint de ce que le pasteur Falguerolles l’ait interpellé du -haut de la chaire parce qu’il portait «de grandz poilz retroussés» -et «escandalleux» pour les «vrays chrétiens»: le consistoire, pris -comme arbitre, ordonne que le jeune homme sera sommé «de couper ses -cheveulx[433]».—M. Rossel, ministre de Gignac, réclame au synode -contre une ordonnance de son colloque, décrétant «l’abaissement des -cheveux de sa femme»: cela ne lui réussit pas, car il reçoit une -censure grave pour avoir poursuivi un tel appel[434].—Finalement, la -Discipline fut vaincue par la mode, et le synode de Jargeau (1601) -dut ordonner qu’on ôterait du texte de l’art. 26 les mots «poinçons, -houppes et vertugadins[435]». - -Puisqu’il règle les questions de vêtements, le consistoire peut bien -s’occuper des querelles de ménage. Contre la volonté de son mari, -M^{lle} Baboys persiste à garder chez elle une certaine nourrice; -aussitôt, le consistoire intervient pour lui ordonner de la congédier -et d’en prendre une autre avant une semaine[436].—Un autre jour, il -défend fort sagement à sire Lhermite de se disputer avec sa belle-mère -ou de battre sa femme[437].—Il censure encore la femme de M^{re} -Antoine, boulanger, qui a dit à la nourrice de M. de Saint-Téodorite -qu’elle «estoit de gros saings[438]».—Ou bien il cite à comparaître -done Yssoire et la femme du cardeur Jean Combes qui se sont battues «en -plaine rue publicque[439]». - -Mais c’est au sujet des bancs du temple que naissent le plus de -disputes et que le consistoire a le plus souvent à intervenir. Il faut -savoir qu’on réservait des bancs aux pasteurs et aux anciens, mais -aussi aux magistrats, aux consuls[440] aux proposants[441], aux régents -du collège[442] et à certaines personnes notables[443]. Cette coutume -ne se retrouve ailleurs qu’à Nîmes[444], mais ce qui paraît particulier -à cette ville, c’est que tout le monde peut y acquérir le droit d’avoir -un banc à soi au temple, moyennant une certaine somme[445]. Pourtant, -on ne peut choisir le rang où l’on sera placé: c’est le consistoire qui -fait ranger les sièges à son gré, sans que les magistrats aient rien à -dire[446]. Les bancs sont mobiles et non fichés en terre[447], mais on -y fait mettre des «escripteaux» composés par le greffier et portant le -nom de ceux qui ont acquis le droit de s’y asseoir exclusivement[448]. - -Ces places réservées étaient l’occasion de querelles continuelles -parce qu’elles faisaient naître des conflits de préséance. Voici, -par exemple, deux bourgeoises et leurs filles qui se disputent parce -que l’une, M^{lle} Saint-Estienne, a traîné son banc devant celui -de M^{lle} d’Ariffon. Celle-ci, aidée de sa fille, l’injurie de son -mieux, «appellant sond. mary faussaire et elle qu’elle estoit une -simple». Mais M^{lle} d’Ariffon, confrontée avec son adversaire devant -le consistoire, nie ces propos et déclare, au contraire, «elles ny -leurs fillies ne l’avoir injuriée, les ayant lad. Saint-Estienne -intéressé leur honneur, les ayant appellées querelleuses et que, sy -elle parloit, feroit baisser la teste à sa fillie; requérant qu’elle -aye à déclairer la cause pourquoi feroit baisser la teste à sad. fillie -parce que cela desroge à son honneur et de sad. fillie...; d’ailleurs -que luy a reproché qu’un bourreau avoit couppé la teste à son mary». -Le consistoire fait vérifier la place du banc en question et conclut -que «les deux fillies seront appellées tout présantement pour estre -toutes ensamblement sensurées, afin de les mettre en paix, amitié et -réconciliation[449]».—Un autre jour, c’est le précepteur des enfants -de sire Barthélemy Syméon et la femme de M. Fontfroide qui brisent le -banc de M^{lle} Passelar[450].—Ou encore, le ministre Falguerolles -se permet de faire asseoir des femmes sur le banc des écoliers et dit -à l’un d’eux, M. Rally, que les femmes méritent mieux d’être en cette -place que lui, et que s’il ne lui ouvre la porte, «il la rompra[451]». - -Le consistoire avait fort à faire pour apaiser toutes ces -querelles. C’était, en effet, une de ses fonctions importantes que -de «réconcilier» ceux qui s’étaient disputés. Tantôt il faisait -comparaître les inculpés et leur ordonnait tout simplement de se -raccommoder[452], tantôt il déléguait quelques-uns de ses membres -pour apaiser le différend[453]. Quand les intéressés ne pouvaient -ou ne voulaient se mettre d’accord, il les censurait tous deux -«griefvement[454]». Ces réconciliations publiques étaient fort en -usage. Le colloque et le synode s’en occupent comme le consistoire. -C’est ainsi qu’un synode provincial de Nîmes contient la délibération -suivante: - - «Ouys M. Ferrier et M. de la Martinole [pasteur et ancien d’Alais] - est ordonné qu’ils seront réconciliez: led. sieur de la Martinole - déclairant tenir M. Ferrier pour fidèle ministre de l’église de - Dieu et digne de sa charge, et led. M. Ferrier tenir led. sieur de - la Martinole pour ancien de l’église digne de sa charge et homme - d’honneur, oublians toutes paroles fâcheuses qu’ilz peuvent avoir heu. - Ce qu’estant faict en présence de toute l’assemblée se sont donnez la - main de réconciliation[455].» - -Un autre devoir du consistoire était d’empêcher les fidèles de s’amuser -à des jeux défendus. A la vérité, les plaisirs permis par la Discipline -étaient surtout d’ordre moral. Le réformé pouvait lire la Bible à son -aise, assister à tous les prêches et méditer sur les vices du papisme. -Il pouvait aussi prendre des billets aux loteries organisées pour -soulager les ministres, les créanciers et les marchands, mais non -à celles qui n’avaient pour but que de donner une émotion frivole, -comme les «roues de Fortune[456]». Il ne devait pas perdre son temps -à regarder les bateleurs et les acrobates, les faiseurs de tours de -passe-passe et de goblets, ou les montreurs de marionnettes[457]. -Il ne pouvait jouer au billard, car ce jeu «apporte beaucoup de -desbauches[458]», ni aux «quilles[459]», et encore moins aux -cartes[460]. Peut-être la paume et le jeu de ballon sont-ils autorisés -à Nîmes, mais en tout cas on recourt aux magistrats pour les empêcher -le dimanche, qui est le jour où l’on _doit_ se reposer[461]. - -Ce repos du dimanche, on le fait observer fort sévèrement. En 1611, un -synode formulera les «légitimes usages» auxquels il faut l’employer: -l’ouïe de la parole de Dieu, l’administration des sacrements et autres -exercices de piété[462]». Cependant, les notaires «qui reçoyvent des -contracts», ceux qui trafiquent et ceux qui voyagent le dimanche -sont poursuivis suivant la Discipline, «et jusques à privation de -la Cène»[463].—Un pauvre homme, nommé Pierre Tel, se fait censurer -«griefvement» pour «avoir estandu une cadène de cadis led. jour, -craignant que se gastast[464]».—L’hôtelier «du Sauvage» est appelé -parce qu’il a servi «à boire et manger aux allans et venans» pendant -le prêche du dimanche[465].—Enfin, le consistoire prie les consuls de -faire fermer les boutiques[466]. Et sans doute ceux-ci s’en chargent -volontiers puisqu’on les voit ordonner plus tard, de leur propre -mouvement, qu’avant le prêche du dimanche matin on n’ouvrira qu’une -des portes de la ville avec son guichet, et que, pendant la journée, -les autres seront seulement entre-bâillées, afin qu’on ne puisse faire -entrer aucun bétail et aucune charrette[467]. - -Le synode provincial de Montpellier (1596) autorise les fidèles à -prendre part à toutes les fêtes des corporations, mais il faut qu’elles -ne comprennent aucune danse, qu’elles ne se fassent à l’occasion -d’aucune fête de saint et que «l’exercice de la religion ne soit -intéressé[468]». Les Nîmois se passaient difficilement de danser et -le consistoire avait fort à faire pour les en empêcher. Il faut dire -que les danses étaient alors fort licencieuses, et notamment celle du -bouquet[469]. Cependant, le synode avait beau ordonner que l’article de -la Discipline les concernant serait lu en chaire[470], on n’arrivait -pas à le faire rigoureusement observer. La fiancée du juge criminel -aime tant la danse qu’elle se fait appeler au consistoire pour avoir -«ballé» aux épousailles de M^{re} Bon[471]: qu’y a-t-il d’étonnant à -ce qu’on danse et qu’on se masque à son propre mariage[472]?—Quant -à M^{me} de Favier, elle a le même vice, et il faut l’appeler aussi, -puisqu’elle «andure» qu’on danse en sa maison[473]. - -On chassait impitoyablement ceux qui facilitaient de telles -«débauches». Le 26 mai 1599, le consistoire prie les consuls de faire -sortir de la ville «celluy qui apprend à danser[474]». Plus tard, il -est averti qu’un «baladin» a «enrollé plusieurs, mesme de la Religion, -et attand les violons pour dresser le bal ordinaire». Il envoie -immédiatement demander aux magistrats d’«empêcher telz escandalles et -excèz qu’en peuvent arriver[475]». Le jeudi saint de l’année 1605, -M^{re} Lansard, consul, trouve le ménétrier Jacques Foëton, «tenant -l’archet encore estendu sur les cordes, et les doigts allongez de la -gauche, pour les frapper à leurs touches et à leurs espaces mesurés», -seul dans le «lieu de dissolution et de désordre» où il donnait à -danser, «la honte et la crainte ayant faict esvanouïr les assistants». -Aussitôt le consul, saisi d’indignation, lui arrache le violon et -le met en pièces, ce qui lui vaut de passer en justice et de payer -une amende de 18 l.[476]. Enfin, à Aimargues, on fait, en 1602, des -remontrances à une demoiselle qui avait logé un «maistre danseur[477]». - -Non seulement la danse, mais aussi la musique semble éminemment -corruptrice. Le jour de leur «reveue et bravade», les basochiens -veulent faire jouer des violons, des hautbois et autres -instruments[478], mais le consistoire de Nîmes ne peut supporter l’idée -d’une telle débauche et il supplie chaque année les magistrats de «fere -cesser» les instruments[479]. - -Il a horreur aussi des «charivaris» qui sont fort en honneur à Nîmes. -Sire Farel prend soin, au moment d’épouser M^{lle} Fazandier, de prier -Jean Jaudin et le capitaine Billanges «d’adviser qu’on ne luy fist -charbarie[480]». Mais pour cela il lui faut payer[481].—Bagard, lui, -n’échappe pas à cet inconvénient: Rouvière jeune, Pansiet, Pierre de -Montelz, Cottelier se font censurer et suspendre de la cène pour -avoir pris part à son «charbary», et spécialement Rouvière qui «est un -farceur et bouffonneur ordinaire»; un autre encore est censuré pour y -avoir assisté, d’autant qu’il remplissait les respectables fonctions -de sergent-major dans la garde communale; quant à Jehan Fornier, -il prétend avoir été appelé par la femme de Bagard pour empêcher -le vacarme, mais comme il trouve l’histoire si drôle qu’il ne peut -s’empêcher de rire en la racontant, on le déclare «colpable», et il se -fait suspendre de la prochaine cène comme les autres[482]. - -Toutes ces mesures sont sévères. Un pasteur a dit: «Calvin était parti -du principe que l’homme ne peut rien donner au plaisir sans risquer -d’oublier son créateur, et la conséquence immédiate de ce principe -était l’obligation de déclarer incessamment la guerre à tous les -instincts naturels du cœur humain[483]». C’est pourquoi «la Réforme -n’a pas été vraiment populaire en France», comme l’écrit M. le pasteur -Paul de Felice[484]. La nécessité de faire observer de tels règlements -forçait le consistoire à s’ingérer dans la vie privée d’une façon que -l’on serait loin de supporter aujourd’hui. Cela avait l’inconvénient -de favoriser la naissance et le développement des petites calomnies et -des «racontards». On était forcé de recourir aux serviteurs[485] et -aux voisines[486] pour enquêter sur la vie et les mœurs des fidèles -suspects, et l’on encourageait, en somme, la délation. Ainsi, M^{re} -Symon Mariaige, chirurgien, vient rapporter au consistoire «que ce -jourd’huy matin, il estoit en la boutique de M^{re} Noguier, y seroit -venu Jehan Dumas, praticien, quy auroit renyé le nom de Dieu plusieurs -foys[487]». - -Mais, d’autre part, l’intervention des «surveillants» et des diacres -dans la vie privée des habitants avait alors son avantage: elle -remplaçait heureusement, en bien des cas, notre police. Par exemple, -en 1599, le consistoire empêche des parents de maltraiter leur enfant -martyr et de le faire, pendant l’hiver, «demeurer de nuict et de jour -presque tout nud, et morent de faim», à ce point que les voisines -apitoyées lui donnaient «souvent de pain et autres chozes[488]». - - * * * * * - -Il résulte de ce qui précède que les habitants se trouvaient -étroitement soumis à la surveillance de leur consistoire: leurs -fréquentations, leurs mœurs, leurs querelles, leurs plaisirs, il -examinait tout. Mais reste à montrer quels étaient ses moyens de -sanction et à prouver que les fidèles lui obéissaient. - -Ceux qui se trouvent accusés de fautes graves, c’est-à-dire ayant -causé du «scandale», sont cités à comparaître par l’avertisseur ou -les anciens[489]. A la vérité, ils ne se pressent pas toujours de se -rendre à la convocation. M^{lle} la lieutenante de Favier, appelée en -consistoire parce qu’elle a envoyé ses enfants faire leurs études chez -les Jésuites, en Avignon, répond qu’elle aimerait mieux aller cent fois -à la messe qu’une seule au consistoire[490]. Quelques jours plus tard, -elle promet pourtant au pasteur Ferrier de retirer ses enfants[491]. -Mais elle n’en fait rien, et le 3 mai, on la rappelle de nouveau[492]: -elle ne vient pas[493]. On recommence le 16 mai, le 23 mai[494], le 30 -mai[495], le 6 juin[496], le 22 août[497], le 29 août[498], et l’on ne -se résigne que le 31 août à la priver de la cène[499]. On continue à la -citer le 5 septembre[500], le 19 septembre[501], le 26 septembre[502], -le 18 octobre[503], en mentionnant à chaque séance qu’on la convoque -pour la dernière fois. Enfin, le 24 octobre 1601, on se résout à la -suspendre publiquement des sacrements[504]. Elle se décide alors à -faire dire au consistoire que, si elle n’est pas venue, c’est qu’elle -était indisposée; et aussitôt l’on surseoit de huit jours à la -publication[505]. Trois jours après, on envoie savoir pourquoi elle -n’a pas comparu: elle répond qu’elle est à nouveau souffrante[506]. Le -7 novembre, elle n’est pas encore venue au consistoire[507], et c’est -seulement le 14 qu’elle consent à s’y rendre[508]. Elle a donc résisté -pendant sept mois, sans que l’on se décide à l’excommunier. - -Les fidèles étaient rarement aussi obstinés, mais souvent plus violents -que M^{lle} de Favier. Les nobles n’aimaient pas à comparaître devant -une assemblée de marchands[509]. M. de la Farelle, averti qu’il allait -être suspendu publiquement de la cène s’il ne voulait se rendre au -consistoire, renvoie brusquement les anciens chargés de l’en prévenir -«avec parolles facheuses», et leur déclare «qu’il estimoit autant -leurd. procédure comme ung brain d’asne[510]»; un autre jour il se met -fort en colère et fait dire aux membres du consistoire qu’il ne les -«crainct ny vifz ni mortz[511]». D’aucuns se contentaient de refuser -purement et simplement de répondre à la convocation[512]. Bref, soit -peur, soit dédain, quelques personnes refusaient de comparaître. - -Le consistoire se montrait pourtant assez accommodant sur le jour à -fixer pour la citation. Ainsi un prévenu, appelé un vendredi pour le -mercredi suivant, avertit qu’«il s’en va la prochaine sepmaine hors la -ville», et les anciens consentent à s’assembler dès le lendemain pour -l’entendre[513]. - -Très souvent, les accusés avouaient la faute qui leur était -reprochée; mais il fallait quelquefois faire enquête, les presser -de questions et se livrer, en somme, à de vraies «instructions» -judiciaires pour connaître la vérité[514]. Si l’on établissait la -culpabilité de l’accusé, on le condamnait à la censure ordinaire, -à la censure «griefve», à la suspension temporaire de la cène, ou -à l’excommunication, suivant la gravité de sa faute. Les censures -s’infligeaient dans le consistoire ou, publiquement, au temple. Enfin, -on exigeait du coupable l’aveu public de son péché, soit devant -les anciens réunis, soit au prêche devant tout le monde, et ces -«restitutions» étaient fort redoutées[515]. - -Mais, en somme, les fidèles refusaient très rarement de se soumettre -à leur condamnation. Dans ce cas, on allait jusqu’à les «retrancher» -de la Religion en les excommuniant; ou, s’ils avaient commis un crime -qui pût passer pour un délit selon le droit, on les poursuivait en -justice[516]. On préférait d’ailleurs se soustraire par la ruse à son -châtiment: nous voyons que, très souvent, ceux qui ont été privés de -la cène réussissent à communier malgré la surveillance des anciens, en -se procurant le «méreau[517]» par surprise[518]. Mais, à moins d’être -bien décidé à apostasier, comme Guillaume de Reboul[519], on finissait -toujours par se soumettre. - -Il est certain, d’ailleurs, que le consistoire hésitait plus à frapper -les grands et les notables que les petits. L’extrême patience qu’on -le voit montrer à l’égard de M^{lle} la lieutenante de Favier[520] -en est la preuve. Après avoir refusé pendant sept mois de venir au -consistoire, elle comparaît enfin: on se contente de la censurer -«vivement»[521]. Elle n’obéit pas davantage: alors, on prie son -beau-fils, conseiller à la cour de Castres, d’agir près d’elle[522], -on décide d’essayer de faire venir ses enfants à son insu[523]; on -lui donne à elle-même encore un mois de délai[524]; bref, on emploie -tous les moyens pour n’avoir pas à la «retrancher» de l’église. On ne -saurait reprocher au consistoire cette manière d’agir. La défection -des personnages en vue faisait assez grand tort au parti pour qu’on -renonçât à les excommunier, sauf en cas de force majeure[525]. Mais -lorsque la faute avait été «scandaleuse» le consistoire ne gardait -plus de ménagements: non seulement il citait et punissait ses propres -membres, aussi bien dans des séances dites «de censures» que dans -ses séances ordinaires[526], mais encore les consuls[527], les -magistrats[528] et, comme je l’ai dit, les nobles. - -Enfin, il faut ajouter que les églises s’entendaient entre elles -pour organiser une police des mœurs. Celle de Nîmes écrit aux -anciens de Montpellier et au pasteur de Vezenobre «pour s’informer -du fait contre le sieur de Saint-Cézary» accusé de «converser avec -sa chambrière[529]». Un autre jour, elle reçoit une lettre «mandée -par M. Rudavel» lui signalant certaines personnes reconnues coupables -par le consistoire de Saint-Ambroix; elle lui répond pour réclamer le -détail des charges «contre iceux», et, cependant, décide qu’ils «sont -suspandus des saintz sacrements et baptêmes, jusques estre purgés -devant le consistoire de Saint-Ambroix de ce que leur est imposé sus à -cause d’avoir palliardé[530]». - - * * * * * - -Tels sont les moyens que le consistoire de Nîmes avait à sa disposition -pour appliquer un règlement intransigeant et tracassier, dont tout -plaisir était hardiment banni. Il y réussissait, grâce au respect que -l’on avait pour son autorité. Les réformés soumis à des devoirs précis, -systématiques et presque inhumains, surveillés par la police des -consistoires de la région jusque dans leur vie la plus intime[531], se -trouvaient par là même disciplinés et unis. - -Nous allons voir dans le chapitre suivant que les consuls et les -magistrats, subordonnés comme les autres, en tant qu’hommes privés, à -la Discipline, se trouvaient naturellement amenés à mettre toute leur -autorité politique au service de leur consistoire. - - - - -V - -INFLUENCE DES ASSEMBLÉES SUR LE GOUVERNEMENT MUNICIPAL - - 1. Consuls. Les anciens au conseil de ville. Les consuls et - conseillers aux consistoires extraordinaires. Influence réciproque. La - police faite par le consistoire. Pension payée par la ville à l’église. - - 2. Magistrats. Moins soumis que les consuls. Leur ingérence dans - les affaires ecclésiastiques. Mesures de résistance. Ils assistent - aux consistoires extraordinaires. Ils exécutent des décisions - consistoriales. Juridiction du consistoire. Protestation des - magistrats (1562). - - Conclusion. La théocratie nîmoise. Influence personnelle des pasteurs - et anciens. - - -A priori, le consistoire de Nîmes semble devoir exercer une influence -politique puisque la ville est gouvernée par des consuls et des -magistrats _protestants_. Ceux-ci sont parmi ses administrés: ils ont -donc à répondre de leurs actes devant sa juridiction. De plus, comme -tout bon réformé doit travailler à la grandeur de son église, ils sont -sujets à réprimandes lorsqu’ils gouvernent ou jugent d’une façon non -profitable aux intérêts de la Religion. - -Mais il faut montrer dans quelle mesure s’exercent ces influences -ecclésiastiques. - -Les consuls de Nîmes, élus chaque année, avaient dans leurs -attributions d’ordonner la police de la ville, de régler ses finances -et de préserver les intérêts communs. Ils étaient assistés par un -conseil de ville renouvelé aussi tous les ans, et qui pouvait se -renforcer «extraordinairement» de notables. Consuls et conseillers -étaient toujours protestants, parce que les réformés étaient en très -grande majorité dans la cité[532]. - -Or, il faut remarquer tout d’abord que le consistoire et le conseil -de ville sont en communication constante. Des anciens et des pasteurs -sont très souvent députés par l’assemblée ecclésiastique pour soumettre -au conseil les difficultés qui peuvent survenir à propos des affaires -de l’église (comme, par exemple, la levée des impositions, pour -l’entretien des ministres[533]). D’autre part, les consuls assistent -toujours aux consistoires extraordinaires[534]. On peut donc supposer -qu’il y a entente entre les conseils ecclésiastique et politique de la -ville. - -Dans certaines localités moins importantes, cette entente est évidente. -A Aimargues[535] et à La Salle[536], on trouve, en effet, que des -habitants cumulent les fonctions de consul et d’ancien. Au Vigan, -l’avertisseur, sonneur de cloches, homme de peine du consistoire, est -en même temps «valet des consuls[537]». - -Mais à Nîmes, nous avons seulement établi jusqu’à présent, qu’il -était _possible_ que le gouvernement communal fût influencé par le -consistoire: les actes vont nous prouver que cette influence existe -en réalité. Ils nous montrent le consistoire s’adressant aux consuls -directement pour faire exécuter ses décisions, qui passent pour des -mesures de police sévères, mais nécessaires. Le 10 juillet 1596, il -«charge le cappitaine Privat de parler aux consuls de fere fermer les -boutiques le jour de dimenche[538]».—Un autre jour, il leur recommande -de chasser de la ville une femme nommée Martine parce qu’elle a eu un -enfant illégitime[539];—ou encore «un nommé Savin et sa femme... -ensemble un cotturier que le sire Duprix [ancien] indiquera, demurant -chez done Molière et de Porreau[540]». On pourrait trouver des -quantités d’exemples analogues. Les encouragements du consistoire -sont d’ailleurs inutiles lorsqu’il s’agit de faire respecter le repos -dominical, et le conseil de ville donne alors des ordres de son propre -mouvement[541]. Il faut éviter le «scandale» que les catholiques -provoqueraient en ne se reposant pas comme les huguenots. Cette -intransigeance calviniste est aussi spontanée que l’intransigeance -catholique qui dictait l’art. 20 de l’édit de Nantes[542]. - -Ces exemples et ceux que je vais encore citer montrent que le -consistoire et le conseil collaborent tous deux à la police municipale. -Le premier s’en occupe au nom de la morale, le second au nom de la -sûreté de la ville, et tous deux de façon à sauvegarder les intérêts -de la Religion. M. Bosquier ayant eu ses vitres cassées à coups de -pierres «la nuit du dimanche de la reveue des cardeurs», s’adresse au -consistoire, plutôt qu’au conseil de ville, pour en avoir réparation, -et obtient qu’on députe deux anciens pour prier les consuls de -«réprimer et velher sur les ribleurs de nuict[543]». D’ailleurs, les -anciens, dont c’est le devoir de se renseigner sur la vie privée des -habitants, sont fort utiles aux consuls pour la police de la ville. -En 1597, le consul Duprix propose au consistoire que l’«on craint, à -cause de la cherté des vivres, quelque nécessité en l’arrière-saison, à -cause de quoy Messieurs les consuls désireroient... que les survellians -s’employent à faire led. rolle» des habitants. On décide de leur donner -«les surveillans pour les y aider» et que «lesd. survellians avec les -députez de la maison de ville remarqueront les gens sans adveu pour les -faire vuider de la ville[544]». - -Les finances ne sont pas, comme la police, indivises entre le -consistoire et le conseil. A la vérité, la ville aide l’église -de son argent en lui servant une pension annuelle[545] et de son -autorité en faisant établir elle-même les rôles d’impositions pour -les ministres[546]; mais le consistoire règle seul et sans contrôle -l’administration de ses propres finances[547]. C’est la ville qui -supporte tous les frais causés par les députations aux assemblées -politiques du parti réformé, si bien que le consistoire ne paye que les -dépenses des délégués aux colloques et aux synodes. Ainsi, le conseil -de ville décide de solder non seulement la dépense des trois députes -de Nîmes à l’assemblée de Castres du «vingtiesme» janvier 1600, mais -encore celle du pasteur Moynier, député par le colloque[548]. - -En somme, le consistoire et le conseil s’influencent réciproquement. -Dans les petites villes comme Aimargues et La Salle où l’on voit -certains habitants cumuler les fonctions de consul et d’ancien[549], -cela ne fait pas de doute. A Nîmes, si l’on songe que le consistoire -communique à chaque instant avec le conseil de ville, qu’il fait même -exécuter ses décisions disciplinaires de morale par la force dont ce -conseil dispose, qu’il l’aide de son côté à faire la police de la -ville, qu’il reçoit de lui une aide pécuniaire, on est bien tenté de -dire que le consistoire et le conseil gouvernent de concert, sinon -officiellement, du moins dans la pratique. - -Remarquons maintenant que les consuls sont soumis personnellement, -ainsi que les autres fidèles, à l’action du consistoire et que leur -vie n’est en rien soustraite à son examen[550]. Pour gouverner -impartialement, il s’agirait donc pour eux de subir son influence en -leur privé et de s’en dégager entièrement dans leur conduite politique. -C’est là une mesure assez difficile à garder; aussi ne l’est-elle pas, -et le consistoire n’hésite-t-il pas à contrôler l’administration des -consuls afin de la maintenir sûrement dans les tendances protestantes: -cette délibération, à la suite de laquelle un des pasteurs est chargé -de faire des remontrances aux consuls » «sur la procédure qu’ilz -firent le jour appellé La Feste-Dieu en faveur de ceux de la religion -romaine», en est une preuve[551]. D’ailleurs, les consuls ne s’exposent -pas souvent à de pareilles remontrances: inspirés par la Discipline, -nous les voyons, avec leur conseil, se préoccuper d’eux-mêmes du zèle -religieux et de la vie privée de leurs administrés[552]. - -Il ne serait peut-être pas exagéré de conclure de tout cela que le -gouvernement de Nîmes est une pure théocratie. Assurément l’assemblée -ecclésiastique n’a pas en théorie d’autorité politique. Pourtant il -semble bien qu’elle influence si fortement le conseil qu’elle le -soumette entièrement à son contrôle. - - * * * * * - -Cependant les consuls et leur conseil n’étaient pas seuls maîtres de -la ville. Il y avait aussi le corps des magistrats, très important, -d’esprit assez différent, et dont l’influence sur la politique -communale était considérable. A la vérité, les magistrats réformés -dépendaient également du consistoire, puisqu’ils faisaient partie du -troupeau des fidèles. Mais en pratique, ils étaient moins soumis que -les consuls et les conseillers. - -Ils se trouvaient, en effet, plus près du roi dont ils étaient les -agents directs et dont ils représentaient le gouvernement auprès des -Nîmois, tandis que les consuls étaient les représentants de la ville -par rapport au gouvernement central. En outre, ils avaient l’avantage -d’être inamovibles et sans doute plus persistants dans leurs desseins -que les consuls qui changeaient chaque année. Cette stabilité, qui -leur permettait de former une caste supérieure, devait assurément leur -donner un certain dédain pour les assemblées ecclésiastiques où la -classe moyenne dominait[553]. - -Aussi, la haute idée qu’ils ont de leur dignité les pousse à -entreprendre sur la liberté des assemblées. Ils cherchent à établir -leur droit d’assister aux colloques et synodes malgré la décision -du synode national de Saumur (1596) portant qu’ils n’y peuvent être -présents que s’ils y sont convoqués spécialement[554]. Ainsi, au -synode provincial tenu à Nîmes en 1601, on prie les magistrats de -cette ville de quitter la salle pendant qu’on jugera le différend qui -sépare Nîmes et Alais, «d’aultant que leur présence pourroit captiver -les advis»; mais ils répondent que, s’ils sont là, c’est «non pour -empêcher les voix, mais pour faire ce qu’est de l’exécution de leurs -charges, ce qu’on ne pouvoit trouver mauvais; et, ayans esté priez par -plusieurs fois, auroient insisté». On dut attendre leur sortie, qu’ils -firent avant la fin de la séance, pour rendre le jugement[555]. Cette -tendance à s’ingérer directement dans les affaires ecclésiastiques se -manifeste de même à Nîmes lorsque le juge criminel et l’avocat du roi -se permettent de disposer de «certains legatz pies» appartenant aux -pauvres du consistoire[556]. - -Mais les synodes prennent des mesures contre l’influence des -magistrats. Ainsi quand un homme condamné par la justice a nié -constamment, il peut être réconcilié avec l’église «après qu’on aura -déclaré au peuple en sa présence qu’on le remet au jugement de Dieu -et à celui de sa conscience[557]».—Un synode provincial prend une -décision pour ordonner à un juge d’abandonner l’instruction qu’il avait -commencée contre un homme qui avait «pormené son mulet au cimetière à -l’entour du temple», et de laisser au consistoire «la cognoissance de -ce faict[558]».—Enfin, le consistoire de Nîmes a soin de «veriffier -les jugemens fettes contre Bedon Berrier et Astruc du rapt fait par -iceux d’une fillie au mas de Viollande[559]». Toutes ces mesures -ont pour but de sauvegarder le droit de justice que les assemblées -ecclésiastiques possèdent sur les fidèles, et de le maintenir nettement -séparé des procédures faites par le magistrat, même réformé. - -Le consistoire de Nîmes, tout en résistant de son mieux à l’influence -des magistrats, cherche cependant à se les concilier et ne manque pas -de leur demander leur avis afin d’obtenir leur appui. Il les convoque -avec les consuls à ses séances extraordinaires qui ont lieu, nous -l’avons vu[560], à propos de tous les événements importants de l’église. - -En retour, il exerce sur eux une influence directe. Il les occupe, -comme les consuls, à exécuter ses décisions au sujet de la police de la -ville: il fait dire par le pasteur Chambrun aux consuls et à l’avocat -du Roy de «pourvoir aux désordres et riblerye de nuit quy se commettent -ordinairement par les jeunes hommes[561]»;—il prie «aulcungs des -principaulx magistratz» de chasser de la ville une fille publique qui -débauche un nommé Dugras[562], et d’expulser les «auboys et viollons» -retenus par les basochiens pour leur «reveue et bravade[563]»;—enfin, -il requiert le juge criminel et les consuls d’empêcher qu’on joue au -ballon[564]. Il a ainsi sa propre justice que sanctionne la justice du -roi, grâce aux magistrats. - -Son devoir est de surveiller la vie des fidèles et de les punir au -besoin, c’est-à-dire d’exercer sur eux une juridiction. Si sa sentence -n’est pas observée, on peut recourir aux magistrats: «En cas que led. -Noguier et ses parentz et aliez ne tiennent lad. réconciliation, _est -permis_ aud. sieur de la Faye poursuivre... par devant la justice», dit -un synode[565]. - -Cette juridiction de fait qu’exerçait le consistoire[566] est si peu -niable que les magistrats trouvèrent, à un certain moment, qu’elle -empiétait singulièrement sur leurs prérogatives. Dès l’année 1562, -alors pourtant que le calvinisme n’était encore, à Nîmes, qu’à ses -débuts, et que le consistoire se trouvait par conséquent moins -puissant, les magistrats se virent forcés de faire solennellement à -celui-ci «prohibitions et inhibitions» de «prendre court, juridiction, -cognoissance, autorité ou puissance aulcune sur les subjetz du Roy, -pour raison des différentz, controverses et procez criminelz que soyent -que lesd. subjectz ayent ou puyssent avoir ensemble... et soyt soubz -prétexte de réconcilier hayne que pourroit estre entre eulx[567]». -Vers 1596, la Réforme étant devenue souveraine à Nîmes, on est fondé -à croire, ce semble, que la juridiction consistoriale n’avait pu que -s’étendre. En tout cas, la surveillance des anciens s’exerçait sur la -justice du roi, et il n’y a qu’à s’en féliciter si c’était toujours -pour protéger les pauvres[568] et les malheureux, comme ce Mazel que -le juge criminel avait peut-être oublié en prison et qui y mourait -certainement de faim[569]. - - * * * * * - -Il me paraît résulter de ce chapitre qu’il faut considérer les -consuls, les magistrats et le consistoire comme les trois branches -du gouvernement communal des villes protestantes. Ils s’influencent -réciproquement; pourtant, le consistoire domine les consuls et -les magistrats. La raison en est claire: c’est qu’il représente -essentiellement la Discipline à laquelle se soumettent tous ceux qui -sont de la Religion. Or, les magistrats et les consuls sont avant tout -des fidèles. La différence entre leurs devoirs d’hommes privés et de -fonctionnaires est trop subtile pour avoir été maintenue au XVI^e -siècle. Réformés, ils travaillèrent selon leurs pouvoirs à la grandeur -de la Réforme: c’est-à-dire qu’ils firent observer ses règlements. -Voilà pourquoi le consistoire, dont c’était proprement la fonction, les -dirigea. - -J’ai, je crois, prouvé son influence visible sur le gouvernement -communal qui lui prête la force armée pour faire respecter ses règles -de morale. Il faut tenir compte aussi de l’action occulte, non -officielle, qu’il exerce forcément, par suite de la considération que -l’on a pour ses membres. Un synode recommande aux pasteurs «d’estre -grandement circonspects à la recommandation qu’ils fairont... des -parties plaidantes[570]». Et il n’a pas tort, si l’on en juge par cette -délibération du consistoire de Nîmes: «Sont chargés M. de Chambrun et -M. de Castelnou pour parler à M. le Cremynel pour raison de certain -procès intenté par Jonny, greffier _catholicque_, pour certaines -disputes, ayant obtenu prinse de corps contre le cappitaine Ferriol», -et lui «remonstrer... _fere justice_ aud. Ferriol[571]». Ceci laisse -à penser que les catholiques nîmois ne devaient pas gagner souvent -leurs procès contre des réformés devant les magistrats protestants. -D’ailleurs, ils le leur rendaient bien: la nécessité où l’on fut de -créer des chambres mi-partie en est la preuve. - -Il n’en est pas moins certain que la ville huguenote de Nîmes -possédait, par ses consuls et ses magistrats soumis à l’influence -du consistoire et des assemblées supérieures, un gouvernement qui -aurait obéi aux ordres du parti, plutôt qu’à ceux du roi. Elle se -trouvait presque détachée du pouvoir royal: c’était une sorte de petite -république théocratique à l’image de Genève. - -Constatons, d’ailleurs, qu’au milieu de l’anarchie générale du royaume, -mainte ville catholique se trouvait dans une indépendance égale: ainsi -Mende, où commandait Fosseuse[572]. Pourtant, ce qui rendait moins -grave le cas de Mende, par exemple, que celui de Nîmes, c’était son -isolement: à cette époque la Ligue agonisait. Nîmes, au contraire, -formait avec les autres centres huguenots une association, une -alliance, absolument nécessaire pour sauvegarder sa religion dont on -voulait injustement la priver, mais dangereuse pour l’État. Et cette -association était très forte parce qu’elle était homogène, disciplinée, -et soumise en toutes ses parties à un seul et même règlement, -qui plaçait les opinions et toutes les actions de chaque réformé -sous le contrôle du synode national, par le moyen des assemblées -intermédiaires. - - - - -VI - -RAPPORTS AVEC LES CATHOLIQUES - - Méfiance réciproque des papistes et des huguenots. - - Un «parti» catholique dans le colloque. Son impopularité. Relâchement - des mœurs du clergé. - - Le calvinisme religion d’État. Entraves à l’exercice du culte romain. - Les catholiques exclus du gouvernement. Mesures vexatoires prises - contre eux. Les rentiers des bénéfices dépouillés ou taxés pour - l’entretien des pasteurs. Arrêts du Parlement et de la cour des Aides - contre cet état de choses. - - -Il faut d’abord bien marquer que les profondes divisions qui avaient -séparé les protestants et les catholiques ne s’étaient pas effacées -avec la paix. Nous allons voir que l’édit de Follembray, s’il avait mis -fin aux guerres civiles, n’avait pas rapproché les deux partis. L’édit -de Nantes ne le fit pas davantage. En 1602, les protestants sortaient -en armes de Nîmes et brûlaient les moissons des catholiques[573]. En -1614, ils maltraitaient un curé qui avait été porter les sacrements -à une mourante[574]. Les exemples pourraient ainsi se multiplier. A -plus forte raison, avant la publication de l’édit de Nantes, les deux -partis restaient sur le qui vive. Au mois de mai 1600, le bruit court -à Nîmes que les catholiques préparent une conspiration. Aussitôt, -le consistoire délibère[575], et porte le fait à la connaissance du -conseil de ville, qui ordonne des patrouilles de jour et de nuit, prend -toutes les mesures nécessaires et fait avertir chacun des habitants -réformés d’avoir l’œil et l’oreille au guet[576]. C’est beaucoup -d’effroi pour rien. Peu après, le consistoire de Saint-Gilles prévient -en grand secret celui de Nîmes que «despuys quelques jours en ça, les -chanoines de Saint-Gilles tiennent la porte de leur église fermée à -clef, [et] ont faict bastir plusieurs portes en forme de forteresse». -Et les pasteurs d’avertir aussitôt les consuls, les magistrats et le -colloque de ce grave événement[577]. Naturellement, c’était une fausse -alerte. - -Ces faits prouvent que la méfiance la plus absolue règne entre -huguenots et papistes. Pour un rien, ils prendraient les armes. Il -faut bien remarquer que les villes du colloque de Nîmes sont nettement -divisées en deux partis, l’un fort, l’autre faible. Les protestants -disposent du gouvernement et exercent le pouvoir à leur gré, tandis que -les catholiques ont leurs intérêts spéciaux qui les opposent à eux. -Il est nécessaire à ces derniers, moins nombreux, de s’organiser pour -résister aux huguenots, fortement centralisés grâce à leurs assemblées -qui ont action sur les consciences par l’intermédiaire des consistoires -et sur les personnes par les consuls et les magistrats. Les catholiques -se trouvent à Nîmes dans une situation correspondante à celle que les -réformés occupent dans le reste de la France. La majorité qui les -entoure de toutes parts augmente leur cohésion et les amène à former -une petite ville dans la grande, de même que les protestants forment un -État dans l’État. - -Il existe donc un _parti catholique_ de même qu’un parti _protestant_. -Dans une délibération du conseil de ville de Nîmes, on rapporta que -les papistes s’étaient réunis, avaient nommé un chef et que ceux du -clergé avaient levé de l’argent «soubs le prétexte de l’employer à -l’entretenement des ministres que se révolteront[578]». Ceci prouve -au moins qu’il y avait entente entre les catholiques de la ville et -qu’il leur était possible de conspirer. L’édit de Nantes dut favoriser -leur accord et leur permettre de s’associer ouvertement. En effet -comme, lors de son exécution, les protestants avaient nommé à Nîmes une -commission spécialement chargée de faire les demandes aux commissaires -et de rédiger les cahiers de remontrances[579], il est à croire que les -catholiques, qui élisaient aussi des députations[580] et présentaient -des cahiers[581], devaient avoir agi pareillement. - -Ainsi, après l’édit de Follembray, les deux partis restent en présence; -seulement, ils ne combattent plus les armes à la main: c’est une lutte -d’influences politiques et morales qu’ils se livrent. Les catholiques -sont impopulaires. Pour conserver leurs droits, ils sont forcés de -recourir au parlement de Toulouse, et ne se maintiennent que par son -autorité: c’est le cas du chapitre de Saint-Gilles, par exemple, qui -est en procès contre les habitants de son village[582]. - -D’ailleurs, un grand relâchement s’était introduit dans les mœurs -du clergé pendant les guerres civiles. Des prieurs et des curés -délaissaient le service divin sans se donner «aulcune peyne que -de jouir de leurs bénéfices, sans faire aulcune résidance», et, -lorsque l’évêque voulait les contraindre à remplir leur devoir, ils -en appelaient au parlement[583]. Les «chanoynes, prieurs, curés -et chappelains» se refusaient à aider l’évêque de leurs revenus, -lorsqu’il se décidait à faire reconstruire les églises ruinées[584]. -Il était nécessaire de rappeler aux chanoines de Saint-Gilles qu’ils -ne devaient «conférer aucunement de jour ny de nuit avec femme de -mauvaise renommée», ou aller au cabaret et y jouer «à jeux deshonnestes -et deffendus»; il fallait les exhorter à psalmodier «distinctement» à -l’église, à «sçavoir chanter tout ce qu’il est besoin sçavoir», à ne -parler avec leurs voisins pendant les services que «bien rarement», -et à ne pas sortir de l’église avant la fin du service; enfin, à se -procurer des bonnets carrés, à se faire couper les cheveux et tondre -leur «corone» au moins six fois l’an. Ce règlement comprend encore -des recommandations touchant la manière dont il convient de suivre -la messe qui prouvent la singulière ignorance des religieux auxquels -il s’adressait[585]. Il se produisit, après l’édit de Nantes, une -véritable renaissance catholique lorsque le chapitre et l’évêque de -Nîmes eurent le moyen de réagir contre ce relâchement des mœurs du -clergé. Mais les chanoines de Saint-Gilles, qu’il fallait rappeler -eux-mêmes à l’observance des coutumes catholiques, n’auraient guère pu -avoir d’influence sur les habitants protestants de leur ville. - -La religion réformée avait gagné en développement tout ce que perdait -la catholique; à Nîmes, elle était passée au rang de religion d’État, -ce qui revient à dire qu’elle opprimait «la romaine». Ne le lui -reprochons pas, c’était dans les mœurs du temps et les catholiques -rendaient bien aux réformés ce qu’ils avaient à en souffrir dans -quelques villes. Quoi qu’il en soit, au colloque de Nîmes les huguenots -empêchaient à peu près le culte romain. Ainsi, le service divin était -complètement interdit à Calvisson, Galargues et Sommières[586]. A -Nîmes, les églises se trouvaient détruites ou entre les mains des -protestants[587], qui s’en servaient comme de citadelles[588]; -il était défendu de célébrer la messe publiquement, de faire des -processions, de dresser des autels et de tapisser les maisons les jours -des fêtes de l’Église[589]; les enterrements à la mode romaine étaient -généralement interrompus à coups de pierres et d’immondices, et les -prêtres portant dehors le Saint-Sacrement s’exposaient à en recevoir -autant[590]. Enfin, les jours de fêtes chômées, les consuls avaient -coutume de faire clore les portes de la ville afin d’empêcher les -habitants des environs de venir entendre la messe[591]. - -Outre qu’on les empêchait de célébrer leur culte librement, les -catholiques se trouvaient, à Nîmes, privés de leurs droits politiques. -Ils étaient absolument exclus de la garde bourgeoise ainsi que leurs -serviteurs, et cependant on levait sur eux des impositions pour son -entretien[592]. De même, ils ne pouvaient être admis au consulat, au -conseil de ville, ni aux autres charges publiques. Cette question des -consulats créa des difficultés sans nombre lors de l’exécution de -l’édit de Nantes: catholiques et réformés envoyèrent députation sur -députation aux commissaires, au connétable, au roi, aux assemblées, aux -seigneurs influents de la cour. Les premiers eurent d’abord gain de -cause, puis ce furent les huguenots qui l’emportèrent, quoi qu’on en -ait dit[593]. - -Ce n’était pas seulement par point d’honneur que les catholiques -voulaient être admis au consulat et au conseil de ville: en effet, les -consuls et le conseil, composés exclusivement de réformés, prenaient à -chaque instant contre eux des mesures vexatoires. Ainsi, ils avaient -grand soin de choisir les maisons des ecclésiastiques pour le logement -des gens de guerre, malgré les ordonnances du roi[594]. Pour entrer -à Nîmes, il fallait déclarer aux gardiens des portes quelle religion -on professait, et les catholiques étrangers se voyaient souvent -repoussés[595]. En outre, les consuls avaient l’administration des -finances dont, comme nous l’avons vu[596], une certaine partie était -consacrée au paiement des assemblées, à l’entretien des proposants et -des ministres, ou encore à faire venir «M. Pacius..... mandé quérir -de Genève» et à racheter «l’estat de viguier affin de fere tumber les -estatz entre [les] mains de ceulx de lad. Religion[597]». C’est pour -empêcher les protestants de consacrer les revenus de la ville aux -intérêts de la Religion que les catholiques exigèrent d’être admis aux -consulats. Il ne leur était point agréable de payer les frais d’un -culte qu’ils détestaient. - -Les rentiers des bénéfices étaient particulièrement molestés: -on trouva, en effet, mille manières ingénieuses de les faire -contribuer aux charges publiques ou à l’accroissement des revenus -seigneuriaux[598]. La plus radicale fut de leur enlever leurs -bénéfices. Voici un des moyens employés: «les consulz, collecteurs de -tailles» et même de simples particuliers faisaient, «soubz colleur -du payement des taille, décretter» les bénéfices dont les titulaires -avaient été forcés de s’enfuir, par suite de la démolition de leurs -«eiglizes et maisons presbytéralles», et jouissaient ainsi du revenu, -«n’estant ce qu’il reste.... suffizant» pour permettre aux titulaires -de résider sur les lieux[599]. D’autres fois, des «gentilshommes, -cappitaines et autres particuliers» avaient «impétrez» par des hommes -de paille les bénéfices dont un petit nombre seulement étaient, -«par la malice du siècle...., demeurés en leur entier»; ils se les -étaient appropriés et les avaient joints à leurs propres biens[600]. -Certaines personnes faisaient «trafic de vendre et achepter bénéfices, -conséquemment le don du Saint-Esprit, jusques à les bailler en dot..... -à leurs filles», et forçaient «aulcuns pouvres ecclésiastiques les -leur bailer[601]». Tous ces usurpateurs des bénéfices n’étaient -naturellement pas disposés à rendre ce qu’ils se trouvaient bien -d’avoir pris. Retirés dans leurs maisons plus ou moins fortifiées, -ils recevaient si mal et à tel renfort de bâtons les sergents qui -venaient leur signifier les actes de justice, qu’il n’y avait plus -aucun huissier pour s’y risquer et que même, en certains lieux, on -ne trouvait plus personne pour se charger de la recette des décimes -auxquels les bénéfices étaient taxés. - -Quant aux «pouvres bénéficiers» restés en possession de leurs biens, -il y avait aussi différents moyens d’en tirer de l’argent. Des -gentilshommes et même des «juges et officiers» royaux, partisans des -réformés, les empêchaient «de pouvoir jouir de leurs dixmes ..... et de -les pouvoir bailler par arrentement aux laboureurs et paroissiens du -lieu»: en effet, ils menaçaient et intimidaient les «serviteurs desd. -ecclésiastiques, les laboureurs et merchans» qui les voulaient prendre, -souvent même ils les rossaient, ou les faisaient «manger et ruyner par -des gendarmes», si bien que les pauvres gens étaient «constraintz de -composer avec eulx et leur bailler telle quantité de bled» qu’il leur -plaisait. «Conséquemment», ajoute l’auteur du cahier de plaintes dont -je tire ces renseignements, lesd. seigneurs «constraignent le pouvre -peuple de payer les dixmes deux ou trois foys pour une..... sans que le -pouvre peuple s’en oze plaindre, et, par ce moyen, l’ecclésiastique est -privé de pouvoir vivre, faire le service divin et de payer les décymes -et charges[602]». - -Comme je l’ai dit[603], les consuls de Nîmes ne s’étaient pas privés -d’imposer les rentiers des bénéfices au même titre que les autres -habitants pour l’entretien des ministres et «autres usages». Cette -coutume était d’ailleurs adoptée généralement, si l’on en croit -le syndic du clergé Berthier, en Languedoc, Guyenne et Dauphiné, -c’est-à-dire dans les pays où les huguenots étaient maîtres[604]. -Ceux-ci n’avaient pas pu obtenir que les ministres fussent exemptés -des tailles, puisqu’ils le demandent encore en 1611[605]. D’autre -part, ils n’avaient jamais reçu la subvention de 45.000 écus que le -roi leur avait promise pour l’entretien de leurs pasteurs[606]. C’est -pourquoi ils n’hésitèrent pas à taxer les bénéficiers suivant leurs -besoins. A Nîmes, ils faisaient des emprunts forcés sur les rentiers -des bénéfices. D’après un document catholique, ceux qui résistaient -se voyaient empêchés, par force au besoin, de toucher leurs dîmes, on -leur fermait les portes de la ville lors de la levée des blés, leurs -aires étaient fossoyées, leurs gerbes brûlées la nuit, leurs serviteurs -battus, blessés, tués[607]. Ces persécutions sont, sans aucun doute, -exagérées par le papiste qui les raconte, mais il faut qu’elles aient -un fonds de vérité, puisqu’elles sont rapportées aux commissaires de -l’édit de Nantes qui pouvaient les faire vérifier. - -Le Parlement de Toulouse et la cour des Aides rendirent quelques -arrêts pour interdire aux huguenots d’imposer les ecclésiastiques. -Il y en a de 1596[608], de 1598[609], de 1601[610], de 1602[611]. En -outre, des comptes présentés à la cour de Montpellier prouvent que les -religionnaires d’Aigues-Mortes jouissaient encore en 1622 des revenus -du chapitre de cette ville[612], ce qui montre que l’édit de Nantes ne -put empêcher dans le colloque de Nîmes la coutume illégale de taxer et -dépouiller les ecclésiastiques. - -En résumé, on peut dire que les catholiques et les protestants se -trouvaient aussi nettement séparés qu’au temps des guerres civiles. -Les huguenots, plus forts, opprimaient à Nîmes les papistes en les -empêchant d’exercer librement leur culte et en les forçant à payer -des impositions dont une bonne part servait à solder les frais de la -Religion. Les catholiques, d’autre part, étaient dans l’impossibilité -de se défendre, puisque, se trouvant en minorité, ils ne pouvaient -pénétrer dans le conseil de ville. C’était le contraire exactement de -ce qui se passait dans le reste de la France. Aussi, à Nîmes, l’édit de -Nantes ne pouvait qu’être favorable aux catholiques et défavorable aux -réformés. C’est pourquoi ceux-ci l’accueillirent fort mal[613]. - - - - -VII - -RAPPORTS AVEC LES CATHOLIQUES - -(_Suite_) - - Les deux partis luttent d’influence morale. - - Propagande par les écrits. Les synodes la régularisent. Commission - pour l’examen des ouvrages. Les imprimeurs responsables. Pasteurs - désignés pour répondre aux pamphlets. Pasteurs poursuivis en justice. - - Propagande par la parole. 1. Controverses. Permission du magistrat. - Exemple: controverse entre Daniel Chamier et le P. Coton (1600). - Influence des controverses sur la foi et les conversions. 2. - Prédications. Succès du P. Coton. Influence des jésuites. - - Conversions. Les moines ou prêtres convertis aidés pécuniairement. - Règlement calviniste pour les conversions. Nouveaux catholiques - persécutés. - - -Les guerres civiles étaient enfin terminées. Nicolas Froumenteau, -dans un livre ambitieusement intitulé: _Le secret des finances de la -France descouvert et réparti en trois livres_ (Paris, 1581, in-8), nous -a laissé un triste dénombrement des maisons abattues, des villages -incendiés, des habitants tués. «Pour le seul diocèse de Nîmes, on -ne compte pas moins de 1.300 maisons brûlées, 11.782 victimes des -discordes civiles», dit Ménard[614]. Cela explique la réaction qui se -produisit ensuite. J’ai montré qu’à l’époque qui nous occupe, les -esprits n’étaient pas calmés: à la moindre alerte on s’armait[615]. -Mais on ne se battait pas. Les bourgeois étaient dégoûtés de -l’héroïsme; ils retournaient à leur commerce, à leur famille. La -lutte était devenue pacifique: pasteurs et jésuites se combattaient -par des pamphlets; ou bien ils se défiaient à de grandes controverses -théologiques qui avaient lieu en public, devant des juges, à la manière -scolastique, et à la suite desquelles chacun des deux champions -proclamait invariablement sa victoire; ou bien encore ils rivalisaient -d’éloquence, le prêtre en son sermon, le pasteur en son prêche; enfin -ils se disputaient les enfants, pour les élever selon ce que l’un et -l’autre parti croyait les idées saines, et les jésuites obtenaient -assez souvent que les parents huguenots leur confiassent l’éducation de -leurs fils. Bref, le but que poursuivait chaque parti dans cette guerre -pacifique était de provoquer des conversions à sa propre religion, et -c’est, en somme, une lutte d’influences morales que je vais avoir à -exposer. - - * * * * * - -Les pamphlets correspondaient à notre journalisme actuel, aussi -passionnants pour les lecteurs de ce temps-là que peuvent le paraître -nos feuilles politiques. - -Les synodes de Bas-Languedoc organisèrent de bonne heure la -propagande par les écrits; ils tâchèrent de donner une unité à cet -amas de pamphlets par lequel les huguenots répondaient à l’amas -des pamphlets jésuites, en forçant les ministres à soumettre leurs -ouvrages à une commission nommée par eux. En 1601, on décide que, -_suivant la Discipline_, aucun livre ne sera imprimé avant que MM. -les pasteurs Gigord, de Montpellier, Moynier, de Nîmes, Gasques, du -Vigan, Baille, d’Anduze, et La Faye, de Saint-Germain, «n’ayent jugé -de la nécessité d’iceluy, et quand et quand, veu led. livre _despuis -l’épistre liminaire jusqu’à la fin_, et donné leur approbation au pied -d’un exemplaire à la main signé par eux[616]». C’était régulariser -un usage que l’on observait déjà depuis longtemps[617]. Le synode -national de Montpellier aurait voulu même que les libraires protestants -n’éditassent aucun livre sans l’avoir auparavant communiqué aux -ministres de leurs églises[618]. Je ne crois pas que cette prescription -ait été jamais exécutée. Mais il est certain que les éditeurs étaient -considérés comme responsables des ouvrages contraires à la religion -qu’ils publiaient[619]. - -C’était donc pour les pasteurs une fonction régulière que de -répondre aux Jésuites. Le synode chargeait nominalement un et, -souvent, plusieurs d’entre eux de répliquer à tel ou tel pamphlet -catholique[620]. Dans ce cas, il les faisait indemniser des frais de -l’impression, tantôt par le colloque[621], tantôt par le consistoire. -Par exemple, la réponse du pasteur Jean de Falguerolles à la _Salmonée_ -de Reboul, tirée à 600 exemplaires, coûtera «4 l. la feuille» à -l’église de Nîmes[622]. - -Les catholiques s’efforçaient d’empêcher autant que possible la -publication des ouvrages protestants. En 1601, en effet, on voit -les réformés demander au roi de faire défense à tous ses officiers -et magistrats d’informer «à occasion des livres par eulx composés, -imprimés ou vendus en faict de relligion, et discipline, ou police -ecclésiastique[623]». D’ailleurs, les synodes s’efforcent toujours -de protéger ceux de leurs membres qui sont poursuivis «pour avoir -respondu aux Jésuites». Ils payent les frais de leur procès[624]. -Cette solidarité des protestants leur fera reconnaître hautement et -imprudemment, en 1602, les fameuses thèses de Ferrier où il soutenait -que le pape est l’Antechrist[625]; on lui remboursera ses frais -d’impression[626] et on enverra un député en cour spécialement pour -solliciter sa grâce auprès du roi[627]. - - * * * * * - -Quelquefois les pasteurs étaient provoqués par les jésuites à de -grandes discussions à la manière scolastique que l’on faisait en public -et devant des juges, qui d’ailleurs ne s’accordaient jamais sur le -résultat. - -Comme ces controverses, lorsqu’elles avaient lieu solennellement, -à la suite de défis, risquaient de «passionner» les auditeurs[628] -et de provoquer des émeutes, il fallait généralement demander à la -justice la permission pour les deux adversaires de «disputer». C’est -ce que fit le consistoire de Nîmes en mai 1599. Le pasteur Ferrier, -d’Alais, avait été provoqué par le P. Coton, si l’on en croit les -documents protestants[629]; ou Coton l’avait été par Ferrier d’après -le P. Prat[630]. En 1601 seulement, un synode détermina les conditions -auxquelles les pasteurs pourraient relever de semblables défis et -rendit, par conséquent, les controverses plus rares[631]. Mais l’église -de Nîmes ne fit que se conformer à un usage fréquent lorsqu’elle -répondit, en 1599, au défi du P. Coton. - -Elle fit venir Ferrier à ses frais[632], et adressa au sénéchal une -requête demandant l’autorisation nécessaire pour que la conférence -projetée pût avoir lieu. La cour refusa la permission. Mais le -consistoire qui, sans doute, désirait vivement une défaite du P. -Coton, afin de combattre l’engouement dont les fidèles commençaient -à se prendre pour ses prédications[633], tenait fort à ce que la -rencontre eût lieu. Il décida[634] d’envoyer au sénéchal une seconde -requête aux fins d’obtenir la permission nécessaire. En faveur de leur -demande (où ils disaient que Ferrier avait été provoqué), les réformés -alléguaient que l’autorisation avait été refusée par un conseil composé -uniquement de catholiques: or, les édits ordonnaient que de pareils -jugements ne pourraient être rendus que par des juges catholiques et -des juges protestants en nombre égal. «Il y avait dans ces allégations -deux erreurs volontaires», dit à ce propos le P. Prat[635], «d’abord -la provocation était venue non de la part du P. Coton, mais du côté -des ministres, ils le savaient bien; ensuite, la défense portait, -entre autres signatures, celle de Calvière, juge criminel, et dévoué, -comme sa famille, aux idées nouvelles; elle n’avait donc pas été -faite par _les seuls_ magistrats catholiques. D’ailleurs, c’était le -consistoire lui-même qui, par les avocats Cheyron et Charles[636], ses -députés, s’était adressé avec les représentants du P. Coton à la cour -du sénéchal pour en obtenir l’autorisation. Il en avait donc reconnu -l’autorité; pourquoi la récusait-il ensuite?» Comme on voit, le P. -Prat n’a pas lu la requête présentée par les huguenots; d’ailleurs, il -se base uniquement sur l’_Apologétique_ du P. Coton: son récit s’en -ressent. Mais ne confondons pas son livre de propagande avec un ouvrage -historique. Pour en revenir à Ferrier et à Coton, leur dispute ne fut -pas autorisée[637]. Les Nîmois se vantèrent que «l’audace de Coton, -jésuite, [avait été] réprimée»[638], et nul doute que les catholiques -n’aient agi pareillement de leur côté. - -Toutes les controverses n’étaient pas interdites par les autorités -comme le fut celle-là. Certaines, au contraire, se passaient en -présence de magistrats chargés d’en proclamer les résultats: il -en fut ainsi de la grande dispute de l’infatigable P. Coton et de -Daniel Chamier, ministre de Montélimar, en septembre et octobre 1600. -Elle est assez bien connue aujourd’hui, grâce aux _Actes_ publiés -en 1601 par chacun des deux adversaires, que M. Read et le P. Prat -ont analysés[639], et dont pourtant M. le pasteur Arnaud ignore une -partie[640]. Ces Actes donnent chacun une version un peu différente. -On peut les compléter par deux copies conformes prises à la mairie de -Nîmes et conservées au consistoire sous la cote B, 1. La première est -ainsi intitulée: «15 décembre 1600. Actes faits par M. Annibal d’Aymin, -chanoine de Nismes, au nom du P. Coton, jésuite, au sieur Chalas, -comme procureur fondé du ministre Chamier, avec les réponses dud. -Chalas pour led. Chamier, touchant l’exhibition des actes originaux de -la conférence publique entre lesd. P. Coton et ministre Chamier, et -collationnement des copies desd. actes.» La seconde commence par ces -mots: «22 janvier 1601. Acte de réquisitions fait par Maistre Annibal -d’Aymin, chanoine de Nismes, au nom du P. Coton, Jésuite, pour faire -recevoir par ceux du consistoire de Nismes la réponse par écrit dud. P. -Coton aux objections du ministre Chamier, proposées tant verbalement -que par écrit dans une conférence publique.» - -Une étude approfondie de la conférence de septembre et octobre 1600 -ne saurait rentrer dans le cadre de ce chapitre. J’en rapporterai -seulement ce qui peut avoir un intérêt général et montrer comment se -passaient ordinairement les controverses de ce genre. - -Chamier arriva à Nîmes exprès pour la conférence. Elle eut lieu «au -logis du Roy, nommé la Thrésorerie», nous dit Chamier[641]. Ses -«modérateurs» furent le cardinal de Sourdis «en habit violet, comme -archevêque, hormis qu’il avoit le bonnet rouge», l’évêque de Nîmes -Valernod, Daniel de Calvière, juge criminel, de Rozel, lieutenant -principal. Comme simples assistants étaient deux conseillers au -Parlement de Toulouse, les magistrats des deux religions, les -principaux et plus anciens avocats et «un grand nombre d’autres -notables et bons habitants[642]». Les deux adversaires ayant nommé -leurs secrétaires, Chamier demanda à l’assemblée la permission de -faire sa prière selon la coutume réformée, tandis que Coton ferait la -sienne suivant le rite romain. Mais les catholiques se récrièrent et il -fut décidé que chacun ferait son oraison à part soi. Puis la dispute -commença. Les secrétaires, au commencement, résumaient ce que l’un -et l’autre champion disait; mais comme beaucoup de choses risquaient -ainsi de leur échapper, car ceux qui écrivent «ne peuvent de leurs -mains suivre la langue d’un qui discourt», Coton proposa à Chamier -de dicter ce qu’ils voulaient chacun «ou proposer ou respondre». Ce -qui fut accepté[643]. Cependant, le jésuite était trop éloquent pour -renoncer à discourir, aussi les deux adversaires développaient-ils -de vive voix leurs arguments avant d’en dicter la substance à leurs -secrétaires[644]. La conférence durait ainsi depuis six jours sans -résultat, lorsqu’arriva à Nîmes le président de la chambre mi-partie -de Castres, Fresne-Canaye. Le mardi 3 octobre, Coton et Chamier furent -étonnés de ne trouver personne à la Trésorerie en arrivant. Bientôt, -on vint leur dire que M. de Fresne-Canaye les mandait chez lui. Ils -s’y rendirent et, aussitôt, le président leur fit une allocution où -il leur disait que le roi n’aimait pas les disputes; que, pourtant, -s’ils s’étaient «contenus dans les termes de la matière pour laquelle» -ils s’étaient assemblés[645], on aurait pu les souffrir, mais qu’ils -s’étaient «jetés en des lieux communs de la doctrine desbattue dès si -longtemps», si bien que «les assistans se passionnoient»; bref, la -conférence était interrompue[646]. On décida d’en publier les actes. -Mais les exemplaires des deux secrétaires ne purent être collationnés, -car Chamier refusait de céder son original, craignant, disait-il, -qu’on le falsifiât[647]. Chacun imprima donc les actes de son côté. -Coton commença: son ouvrage parut sous le nom de Demezat avant celui -de Chamier; il n’y déclarait pas moins que sa publication venait en -réponse «à M. Chamier, ayant esté si osé que de publier lesd. Actes -pleins d’absurdités, dépravations, faussetés». Je laisse à penser si -le pasteur releva la mauvaise foi de son adversaire[648]. - -Telle est en résumé l’histoire de cette célèbre controverse. Elle -avait fait grand bruit. Mais toutes n’en causaient pas autant. On n’a -pas conservé la relation de la «dispute» qui eut lieu entre Moynier, -de Nîmes, et le P. Coton en 1600. On sait seulement que le lieutenant -principal de Rozel y avait présidé et qu’il avait ordonné qu’on n’en -publierait aucune relation; il eut du mal, au reste, à faire observer -sa décision: le consistoire voulut bien ne rien imprimer, mais ce fut à -la condition que le P. Coton se soumettrait à la même loi[649]. Moynier -avait, dès le 5 avril, composé la relation «des disputtes qu’il auroict -heu contre Couton[650]». - -Les controverses étaient assez fréquentes dans tout le colloque de -Nîmes. Nous voyons, par exemple, en 1596, que «le moyne qui est en lad. -ville [d’Aimargues] demanda de conférer» avec M. Nissolle, pasteur, -«et, estans assemblés, M. Nicolas [de Nîmes, beau-frère du pamphlétaire -Reboul] soustint tousjours led. moyne, et après l’alla accompagner -et fist bruit par tout led. lieu que led. sieur Nissolle avoit perdu -sa cause[651]». Un autre jour, on décide à Nîmes d’organiser une -conférence entre M. Maurice, ministre de Nages, et le jésuite Poursan, -ce «que plusieurs de ceste ville requièrent grandement[652]». - -Car il semble, en effet, que ces controverses aient vraiment été de -quelque poids dans la conscience des fidèles. A cette époque, les -huguenots étaient très instruits dans la théologie, le peuple se -passionnait pour des points de dogme, et le souci que l’on voit aux -autorités de mettre une limite au nombre de ces conférences en est la -preuve. - -Les controverses durent même déterminer des conversions à l’une ou -l’autre religion. La femme de M. le receveur Bon, «révoltée», prie le -consistoire d’organiser une conférence entre le pasteur Moynier et le -P. Coton «aux fins de voir sy la femne dud. Bon est en erreur». Mais -le consistoire ne croit pas devoir lui accorder ce qu’elle demande: -Moynier, avec un diacre et un ancien, se contentera de se rendre chez -elle pour la «forthiffier..... sur les poins dont elle est en doute, -et suyvant les réquisitions de lad. damoyselle[653]». - -On a remarqué que c’était presque toujours contre les jésuites que les -pasteurs avaient à lutter et spécialement contre le P. Coton. Ce Père, -confesseur futur de Henri IV, devait avoir une éloquence remarquable: -la peine que le consistoire avait à empêcher les fidèles de se rendre -à ses sermons en témoigne[654], et ses adversaires eux-mêmes la -reconnaissent[655]. L’extrême douceur de ses manières et la politesse -de son esprit lui valurent de grands succès partout où il alla. Il fut -le «premier de sa profession, dit-on, qui eût tant honoré Calvin que de -l’appeler Monsieur»; jusqu’alors on ne le nommait jamais autrement que -_le Démon incarné_[656]. Coton ne se fixa pas «à Nîmes dès 1596 comme -controversiste» ainsi que le dit M. Germain[657]: il habitait Avignon -et le quittait souvent, il est vrai, mais toujours momentanément, -pour soutenir de sa parole et de sa science le parti catholique[658]. -Aussi était-il fort connu et déjà, en 1600, très influent. A cette -époque, il s’offre au chapitre de Saint-Gilles pour demander au roi, -avec l’évêque Valernod, la réunion de ses bénéfices et la réédification -de son église[659]. Le chapitre cathédral de Nîmes décide que, pour -l’engager à venir prêcher, son syndic «lui fera fere un beau manteau de -bon drap[660]». - -C’est que ses sermons avaient grand succès. Le consistoire de Nîmes -ne parvient pas à empêcher les fidèles d’aller les entendre. A chaque -séance, il lui faut appeler ceux qui «vont ouyr Couton[661]». Les -écoliers en théologie eux-mêmes, bien que se destinant au ministère, -s’y laissaient entraîner[662]. Beaucoup de personnes font comme eux. -Las de réprimander tout le monde pour le même motif, le consistoire -fait publier en chaire que ceux qui vont au sermon seront suspendus -des sacrements[663]. Quelques jours plus tard, le succès de Coton est -tel qu’on décide d’en saisir le synode provincial[664], lequel fait -un article spécial contre ceux qui «vont ouïr les prescheurs de la -papauté[665]»; et cet article est publié en chaire «les deux sènes du -jour de Pasques[666]». - -On voit que les pasteurs avaient fort à faire pour combattre les -jésuites et le P. Coton. Et ils n’avaient pas seulement à défendre les -parents, mais encore les enfants. Il arrivait, en effet, que certains -réformés envoyaient leur fille aux «nonnains»[667] et leur fils aux -Jésuites. J’ai parlé de l’obstination que la femme du lieutenant Favier -mit à ne pas retirer ses enfants aux Jésuites d’Avignon. Menaces du -consistoire, prières, rien n’y fit[668]. Elle exposa un jour pourquoi -elle ne voulait pas y consentir. La délibération est intéressante; on -lui demande pourquoi elle ne rappelle pas ses enfants: «A respondu -que c’est à cause que le collège de ceste ville [de Nîmes] n’est si -bien réglé qu’il seroit requis, et elle a desir de les advancer comme -elle en est obligée. Et, par l’expérience, despuis que ses enfantz -sont en Avignon, ilz sont plus retenus, avec plus d’instruction qu’ilz -n’avoient lhors qu’ilz estoient en ceste ville. Et c’est pourquoy elle -est résolue de les fere estudier. Et si on a tant de désir qu’elle -les tire de là, a requis de luy indiquer quelque lieu hors de ceste -ville pour les y fere estudier.—Luy a esté indiqué les collèges de -Genève, Montpelier et Montauban.—A respondu qu’elle n’a poinct ouy -parler du collège de Montauban et qu’elle s’en informera, et, si elle -est asseurée que ses enfantz y facent profit, elle y advisera.» On la -censure et on la menace de la suspendre publiquement des sacrements, ce -à quoi elle répond: «qu’elle n’est poinct de deux cens et que c’est le -pis qu’on luy a peu faire, et de la publier qu’on ne peult parce qu’on -n’a pas publié personne de plusieurs que ont norri leurs enfantz aux -Jésuites[669]». Ainsi, un certain nombre de fidèles confiaient leurs -enfants à la Compagnie de Jésus, qui en devait préparer singulièrement -les conversions. - -On comprend que les raides huguenots aient détesté leurs adversaires -dont la propagande souple et obstinée leur faisait tant de mal. -Ils auraient bien voulu que l’ordonnance du Parlement concernant -l’expulsion de la Compagnie fût exécuté[670]. Mais le Parlement de -Toulouse était favorable aux Jésuites: pour répondre à l’arrêt du -18 août 1598, défendant aux Français d’envoyer leurs enfants aux -collèges des Jésuites, même à l’étranger, il en rendit un autre, le 23 -septembre de la même année, qui interdisait, dans toute l’étendue de sa -juridiction, d’inquiéter les prêtres et les écoliers de la Compagnie -de Jésus[671]. Ceux-ci conservèrent donc leurs collèges[672], et j’ai -montré que leur instruction était appréciée de certains huguenots -même. On trouve partout la preuve de leur influence. Les précautions -disciplinaires que prennent les assemblées contre l’introduction -des «superstitions» catholiques en témoignent[673]. Le chapitre de -Saint-Gilles envoie exprès son syndic à Avignon chercher un prédicateur -jésuite[674]. Ceux de l’église de Nîmes réclament au synode un pasteur -dont ils ont grand besoin «pour estres assaliz des Jésuites les plus -doctes et disertz que les papistes puissent recouvrer[675]». Les -protestants de la province demandent continuellement que la Compagnie -de Jésus soit expulsée tout au moins des villes qui leur appartiennent. -Ainsi lorsque le lieutenant-général Anne de Ventadour[676] vient -à Montpellier, «le consistoire de Montpellier est chargé de faire -représenter à M. de Ventadour le danger qu’il y a» à introduire les -Jésuites «en ceste province[677]». En 1600, en 1601, les réformés -prient le roi de leur défendre l’entrée des villes de sûreté et -d’interdire leurs collèges «nouvellement établis[678]». C’est montrer -une véritable terreur de l’influence jésuitique. - -Mais les huguenots avaient aussi leur propagande bien organisée. J’ai -dit ailleurs[679] qu’ils s’occupaient des convertis, les soutenaient -de leurs deniers, leur faisaient apprendre un métier: cela permettait -aux prêtres et aux moines d’adopter la confession de foi des églises -réformées sans risquer de mourir de faim. Certains devenaient pasteurs, -comme cet ancien cordelier, nommé Tolosani, qui, le 15 décembre 1596, -«proposa à Castres, et alla être ministre à Vabres[680]». - -Le synode nat. de Saumur (1596) décide qu’on enregistrera le nom -des convertis et qu’on leur fera, si possible, signer leur acte de -conversion[681]; on doit spécifier en termes exprès le renoncement à la -messe dans leur réception[682]. Ce règlement paraît avoir été observé -dans le colloque de Nîmes: je trouve, par exemple, dans le registre du -consistoire d’Aimargues, la mention suivante: «Le 12^e d’aoust 1601, -Jean Nivolat, d’Aymargues, s’est présenté au consistoire pour estre -receu en l’église, et, après avoir renié la messe et toute idolâtrie -pour vivre au pur service de Dieu, a esté exhorté de se présenter -le Dimanche suyvant pour estre receu devant toute l’église[683]». -C’est sous cette forme généralement que sont enregistrés les actes de -conversion. - -Ceux qui abandonnaient la religion réformée pour le papisme devaient -être fort mal vus et peut-être même persécutés par les huguenots, -comme les convertis à la Réforme l’étaient par les catholiques. -L’édit de Nantes ne changea rien à cela: ainsi, en 1602, Honorat -Majol, maître écrivain de Nîmes, fut séparé de certains prêtres et -chanoines qu’il accompagnait et empêché de rentrer dans la ville par -le capitaine Volpellière, commandant la garde d’une des portes, parce -qu’il avait abjuré le calvinisme depuis une semaine[684]. On peut dire -qu’aucun des deux partis n’aimait les «apostats», surtout quand leur -conversion s’était faite avec éclat, comme celle du moine Burdeus à la -Réforme[685] ou celle de Guillaume de Reboul au papisme[686]. - - - - -CONCLUSION - - -Lorsqu’arriva la nouvelle que le roi avait enfin signé l’édit de -Nantes, que l’on attendait depuis si longtemps et que l’assemblée -générale de Chatellerault avait eu tant de peine à conquérir, il ne -sembla pas que les huguenots en ressentissent une grande joie: c’est -que le parti était loin d’obtenir ce qu’il avait demandé[687]. Le -synode national de Montpellier qui, composé de députés venus de tous -les coins de la France, reflète sans doute l’état d’esprit général des -réformés, parle de l’édit en ces termes: «MM. Charnier et Brunier... -nous aiant fait entendre que, faute d’une bonne union et intelligence, -nous n’avions pas obtenu tout ce qui nous étoit nécessaire pour la -liberté de nôtre religion, le jugement de nos causes et la sûreté de -nos vies, le sinode, aiant connu ce défaut, a protesté de vouloir -étroitement et mieux que ci-devant observer l’union jurée et signée à -Mantes...» Il exhorte ensuite les gouverneurs du parti «à faire leur -possible afin que l’édit du roi ne soit pas exécuté dans aucun lieu de -l’étendue de leur gouvernement, qu’il n’ait été exécuté auparavant dans -les lieux qui ne suivent pas la religion réformée[688].» - -En Bas-Languedoc, l’édit fut accueilli avec la plus grande froideur. -Le synode provincial de Montpellier se contente de le mentionner: «M. -Brunier rend la lettre de l’assemblée générale de Chatellerault qui -a obtenu de S. M. un édit en faveur des églises du royaume. Il est -remercié de sa négociation[689].» - -Déjà, durant les interminables pourparlers de l’assemblée de -Chatellerault, le Bas-Languedoc ne s’était rien moins que passionné -pour la conquête de l’édit. Bien plus, des bruits alarmants avaient -couru et s’étaient même répandus au point d’inquiéter l’assemblée. En -effet, «adjoustant plus de foy aux advis donnez tantost de la part de -quelques particuliers que, estans à la cour, y voulloient faire leurs -affaires aux despens du général, tantost de ceux-mesmes qui sont tous -ouvertement et par leur profession contraires au bien et advancement -des esglizes[690]», le Bas-Languedoc avait fini par croire ou par faire -semblant de croire que l’assemblée générale trahissait les intérêts -du parti[691]. Les choses en vinrent même à ce point que celle-ci -s’inquiéta et jugea nécessaire d’envoyer au plus vite le sieur de -Saint-Germain pour expliquer la cause de ses longueurs, renforcer le -zèle de la province et la raffermir dans l’union «tant nécessaire» des -églises[692]. - -La façon dont leur député fut reçu attesta l’impopularité des -négociateurs de Chatellerault: non seulement le conseil des églises -refusa de convoquer l’assemblée générale de la province pour -l’écouter[693], mais encore on l’empêcha d’assister à la séance du -conseil, «et les particuliers mesmes s’estrangèrent de luy sans luy -rendre les debvoirs ausquelz l’honnesteté civille doibt porter un -chascun[694].» Plus tard, l’assemblée de Chatellerault ne manqua pas -de se plaindre aigrement de cette «province sy considérable et qui -par le passé avoyt sy heureusement servy en cette cause[695]»; elle -attribua l’insuccès[696] de ses négociations à ce que le roi et la -cour s’étaient aperçus que l’union des réformés «dont l’apprehension -les avoit esmeus, n’estoit pas telle qu’on ne peust y faire brèche», -et elle prétendit même qu’à partir de ce moment, «on» avait «non -[seulement] reffuzé ce qui n’estoit point accordé encores, mais aussy -remis en dispute plusieurs choses qui avoyent esté accordées et... -retranché des articles qui ne sont pas de peu d’importance[697]». - -C’était peut-être exagérer l’importance du Bas-Languedoc, mais il se -peut cependant que le roi ait connu et exploité contre l’assemblée le -mécontentement de cette puissante province. - -Or, ce mécontentement vient confirmer les conclusions que je tire de -cette étude. Pourquoi les huguenots du Bas-Languedoc, et de Nîmes par -conséquent, loin de participer à l’anxiété avec laquelle les réformés -du reste de la France attendent du roi un édit, se désintéressent-ils -des négociations laborieuses de l’assemblée, et même laissent-ils -entrevoir leur mauvaise volonté? - -C’est qu’en réalité, ils n’ont pas grande envie que le roi s’occupe de -leurs affaires. Une loi applicable à tous les réformés du royaume ne -pourra que restreindre les libertés particulières des Nîmois. Ceux-ci -vivent tranquillement, en effet, sous leur consistoire (chap. I-III). -Le consistoire gouverne, car il dirige officiellement la morale et -contrôle entièrement la vie des fidèles (chap. IV), et son influence -sur les consuls et les magistrats double son autorité morale de -l’autorité matérielle et politique (chap. V). Comment les protestants -de ce petit État bien organisé souhaiteraient-ils qu’une loi vînt -bouleverser leur situation et surtout changer leurs rapports avec les -catholiques, qu’ils dominent et dont en fait ils réduisent à leur -gré les libertés (chap. VI-VII)? Chez eux, contrairement à ce qui se -passera dans le reste de la France, l’édit de Nantes sera à l’opposé -des intérêts huguenots et en faveur des papistes. En effet, la religion -catholique se trouve à peu près interdite: l’édit va la rétablir au -premier rang et reléguer l’exercice du culte réformé dans certaines -localités déterminées. Les protestants jouissent des rentes des -bénéfices, imposent les catholiques et leur interdisent les plaisirs -que défend la Discipline: l’édit de Nantes changera tout cela. Dans -ces conditions, on ne pourra s’étonner de voir, lors de l’exécution -de l’édit, les catholiques en réclamer la stricte application et les -réformés s’efforcer de l’empêcher[698]. - -En somme, nous avons voulu montrer qu’il existait, dans les dernières -années du XVI^e siècle, à Nîmes, une sorte de république calviniste à -l’image de Genève, autonome en fait, et possédant son gouvernement, ses -finances et ses intérêts particuliers, opposés à ceux des catholiques -et même, peut-être, des réformés de presque tout le reste de la France. -C’était un minuscule État dans l’État. - - - - -APPENDICES - - -A.—_Les «deniers du roi pour l’entretien des pasteurs»._ - -En 1589, Henri III «avait promis, par l’accord conclu entre lui et le -roi de Navarre à Plessis-lez-Tours, de fournir lui-même une partie -des gages des pasteurs de la Guyenne, du Languedoc et du Dauphiné. -Henri IV prit le même engagement aussitôt après son avènement. Plus -tard (1592) il en étendit le bénéfice à toute la France[699]». Il -confirma cette mesure en 1593, malgré l’opposition de son conseil. -«Mais par le mauvais vouloir des trésoriers généraux, elle fut -d’abord de nul effet... Alors, sur les remontrances de l’assemblée -de Mantes (15 janvier 1594), Henri IV décida qu’un fonds serait fait -en Espagne, et serait, sous le nom de Madame Catherine, distribué -aux Églises. En 1594, le synode national de Montauban détermina le -mode à suivre pour le répartir et pour en déterminer l’emploi... -Mais l’allocation promise en 1594 ne fut pas payée exactement. En -conséquence, les protestants de plusieurs provinces posèrent à -l’assemblée de Loudun (1596) la question suivante: «Est-il permis de -se saisir des dîmes ecclésiastiques?» Au lieu de répondre, celle-ci -pressa le roi de satisfaire, par un bon édit, aux réclamations de ses -anciens coreligionnaires. Henri IV déclara verbalement qu’il leur -ferait remettre chaque année 25.000 écus, mais refusa de spécifier, -par un acte public ou secret, la destination de cette allocation; -seulement, à la requête des assemblées de Saumur et de Chatellerault, -il porta la somme promise de 25.000 à 45.000[700]». Il en donna un -brevet le 3 avril 1598[701], par lequel il déclarait accorder aux -protestants 45.000 écus «pour employer à certains affaires secrets qui -les concernent que Sa Majesté ne veut estre spécifiez ni déclarez», -payables par quartiers, «sans qu’il en puisse estre retranché ni reculé -aucune chose pour les non-valeurs ou autrement». - -L’assemblée de Chatellerault, retraçant ses négociations au synode -de Montpellier, l’avertit que, par déférence, elle lui laisse «le -deppartement et distribution desd. deniers», en l’engageant à les -faire de suite, et à nommer en chaque province «un personnage fidelle -et responsable pour recepvoir et distribuer la part et portion desd. -deniers qui escherra, selon et en la forme qu’il sera advisé par -les sinodes provinciaux[702]». En conséquence, le synode fit la -distribution; il accorda au Bas-Languedoc, pour 116 églises[703], 6.105 -l. 15 sols 9 deniers, plus 611 l. 6 sols 8 deniers pour le collège de -Nîmes et 500 l. pour celui de Montpellier[704]. Puis, pour l’année 1598 -spécialement, attendu «que le roy ne donne payement que pour trois -quartiers, à cause que le brevet n’est accordé que du premier avril», -il refit un état qui portait la part du Bas-Languedoc à 4.578 l. 28 -sols 4 deniers et celle du collège de Nîmes à 458 l. 20 sols[705]. En -outre, il décida qu’on devait pensionner, sur l’allocation accordée par -le roi, les pasteurs qui, par vieillesse ou indisposition, ne pouvaient -exercer leurs charges, ainsi que les écoliers proposants, les veuves et -orphelins de ministres[706]. Afin d’établir un contrôle, les provinces -étaient tenues d’envoyer au prochain synode national leurs comptes des -deniers avec les reçus des pasteurs, proposants, veuves et orphelins. -De même, les universités devaient lui faire savoir comment elles -avaient employé leur subvention. Enfin, chaque province avait à nommer -un receveur de ses propres deniers[707]. - -Mais, en attendant, il fallait recouvrer les sommes promises. Le roi, -par son brevet du 3 avril 1598, avait assigné les 45.000 écus sur les -«premiers et plus clairs deniers» des recettes générales de Rouen, -Paris, Caen, Orléans, Tours, Poitiers, Limoges et Bordeaux[708]. -L’assemblée de Chatellerault chargea ses députés en cour d’en obtenir -des assignations «bonnes et certaines[709]». Malgré ces précautions, -la somme fut loin d’être exactement payée. En effet, au lieu de 66.301 -écus 30 sols que l’on devait toucher pour les trois derniers quartiers -de l’année 1598, à savoir 33.750 écus pour les pasteurs et 32.551 écus -pour la solde des garnisons des places de sûreté[710], le sieur Palot, -receveur des églises, n’avait encore reçu que 32.829 écus 50 sols 6 -deniers, en juin 1600[711]. Ainsi donc, dès la première année, les -protestants se voyaient frustrés d’environ la moitié de ce qui leur -avait été promis. A la vérité, ils avaient bien des rescriptions pour -le reste de la somme, mais elles valaient si peu, qu’en 1600 ils durent -renoncer officiellement à l’espoir de toucher entièrement ce qui leur -était dû[712]. D’ailleurs, sur les deniers de l’année 1599, ils eurent -moins encore. En juin 1600, ils n’avaient pu obtenir en tout que 42.020 -écus, au lieu de 45.000 écus pour les églises, plus 66.372 écus 17 sols -pour les garnisons, soit en tout 111.372 écus 17 sols pour lesquels ils -avaient eu des rescriptions[713]. L’assemblée de Saumur se plaignit au -roi; le roi promit qu’à l’avenir «ceux de lad. religion auront occasion -d’en estre contens», et il continua de ne pas payer[714]. - -La part de chaque pasteur se trouvait ainsi réduite à peu de chose, -car, non seulement, comme on l’a vu, le roi ne payait pas à beaucoup -près ce qu’il promettait, mais encore la plus grosse part des sommes -obtenues à grand’peine était prudemment consacrée à la solde des -garnisons[715]. En outre, sur la part même des ministres, on prélevait -encore une certaine somme pour l’entretien des collèges de Nîmes et de -Montpellier[716] et la fondation d’académies de théologie[717]. Les -protestants attachaient en effet une grande importance à ce que leurs -«universités» devinssent florissantes. Leurs synodes en encourageaient -le développement[718]. On décidait de les payer sur les deniers du -roi avant toutes les églises[719]. On tâchait de ne pas prélever sur -leur part les frais extraordinaires[720], que l’on couvrait au moyen -des deniers du ministère. En 1601, les deux collèges de Montpellier -et de Nîmes recevaient 1.000 écus, alors que tous les pasteurs de -Bas-Languedoc n’avaient à se partager que 3.201 écus 3 sols[721]. -Enfin, les consistoires veillaient soigneusement à ce que les réformés -n’envoyassent pas leurs enfants faire leurs études ailleurs que dans -les universités de la Religion[722]. - -Outre les sommes consacrées à l’entretien des collèges et des -académies, les «deniers du ministère» avaient à supporter certaines -dépenses extraordinaires comme celles des députations à la cour et aux -assemblées[723], et ces dépenses pouvaient monter à de très grosses -sommes. Ainsi, en 1601, on se trouvait avoir à prendre sur l’argent -destiné aux ministres de Bas-Languedoc, 1.314 écus 45 sols 6 deniers, -ce qui réduisait la part de chacun d’eux de près de moitié[724]. - -Ce qui restait pour l’entretien des pasteurs n’était donc que peu de -chose, et il fallait encore en distribuer une part aux infirmes, aux -proposants, aux veuves et aux orphelins, suivant l’ordonnance du synode -national de Montpellier[725]. En février 1600, l’assemblée de Castres -prétend que la part du Bas-Languedoc sur les deniers des pasteurs a été -plus faible encore que celle des autres provinces[726], mais il est à -croire que chaque province devait penser de même, en voyant le peu que -lui rapportaient les promesses du roi. - -Quoi qu’il en soit, si l’église de Nîmes comptait bien, à l’origine, -toucher sa subvention, il ne paraît pas qu’elle en ait eu grand’chose. -Le 2 décembre 1598, le consistoire décide d’envoyer un porteur jusqu’à -Montauban pour réclamer de l’argent à M. de Viçoze, «recepveur des -deniers destinés par le Roy pour le payement de Messieurs les -pasteurs[727]». Il n’avait donc probablement rien reçu encore. - -Il est, au reste, très difficile de connaître exactement les sommes que -les églises touchèrent. Ainsi, le synode provincial d’Uzès, en mars -1600, déclare que «de l’argent desdié aux professeurs en théologie aux -académies de Montpeillier et Nismes, 200 escus seront deslivrés... à -M. Gigord... et 50 escus à M. Moinier et aultant aux hoirs de M. de -Falguerolles, en recognoissance des lecteures [en théologie] par eulx -faictes[728]». Peut-être le synode a-t-il entre les mains quelque -argent et ne donne-t-il pas là qu’une simple promesse, car Moynier, -réclamant en 1602 d’être payé de ses leçons de théologie, avoue avoir -reçu autrefois 50 écus[729]. Mais en tout cas, le synode ne doit pas -avoir la somme entière, et même, il semble bien qu’il ne possède que -ces 300 écus: car s’il pouvait disposer de quelque argent en surplus, -il le distribuerait aux académies et le consistoire de Nîmes ne se -plaindrait pas, au mois d’août, de ne pas avoir touché les 600 écus -qui lui avaient été octroyés par le synode national pour «dresser une -académie en théologie[730]». - -Donc, voilà tout ce qu’avait pu obtenir en 1600 le Bas-Languedoc -sur les deniers des académies qui lui revenaient: 300 écus environ. -Pourtant, comme nous l’avons vu, on faisait passer le payement de -ces académies avant celui des pasteurs. Ceci laisse à penser que les -ministres n’eurent rien ou à peu près. Je ne trouve aucun texte avant -1602 qui permette de croire qu’ils touchèrent quelque argent sur les -deniers du roi. Aussi comprend-on que, par compensation, les églises -aient imposé les rentiers des bénéfices quand elles le pouvaient, et au -moins pour payer les tailles dont elles n’avaient pu obtenir que le roi -déchargeât les pasteurs. - - -B.—_Les pasteurs de Nîmes_ - -Comme nous l’avons vu[731], rien n’était plus difficile pour une -église que d’acquérir un pasteur «perpétuel» lorsqu’elle s’en trouvait -dépourvue. A cette époque, chaque fidèle pouvait venir au consistoire -reprendre le ministre sur des points de doctrine[732]; certains -enquêtaient secrètement sur ses mœurs; d’autres se syndiquaient, -en dehors du consistoire, pour obtenir son renvoi; le conseil de -ville se plaignait de lui aux assemblées ecclésiastiques; enfin, le -consistoire pouvait le censurer[733]. Chacun avait le droit de juger -dans sa conscience les actes de son ministre et de se faire sur lui une -opinion personnelle, ce qui était bien selon l’esprit de libre examen. -Un pasteur «ne peut être imposé à un troupeau contre le gré de la -majorité[734].» Il faut donc qu’il plaise à tous. Aussi recherche-t-on -celui qui a fait ses preuves et s’est rendu célèbre par son éloquence, -par sa science ou par sa piété. Les églises se livrent ainsi, pour -obtenir certains ministres, à des contestations et à des luttes qui se -prolongent de colloque en synode et peuvent durer des années. C’est, -en effet, une grande déception d’amour-propre pour l’une d’entre -elles que de voir le synode lui enlever son pasteur pour le donner à -quelque autre, et c’est pour cette raison que les protestants d’Alais -préféraient conserver un ministre qu’ils détestaient que de le livrer -aux Nîmois. - -Ceux-ci se trouvaient en décembre 1599 dans une gêne extrême. Jean -de Falguerolles venait de mourir dans sa 39^e année[735]; le vieux -Chambrun ne prêchait plus depuis le mois de juin[736] et Moynier -restait seul pour une église qui aurait occupé largement quatre -ministres. Déjà en mai 1596, l’église s’était trouvée dénuée de -pasteurs, car Chambrun avait obtenu un congé «pour aller aux bains», -Moynier se purgeait, et Falguerolles était assez malade pour ne pas -pouvoir prêcher[737], mais non trop pour faire la cour à une riche -héritière[738]. On avait alors écrit à MM. Couet, de Bâle, et Goulard, -de Genève, pour les engager au service de l’église, mais sans pouvoir -s’arranger avec eux[739]. - -Depuis, le consistoire avait continué, assez mollement, il est vrai, -à chercher un quatrième pasteur. En mai 1599, il faisait déclarer -au synode que l’église réservait son «droict sur M^r Terond pour -l’avoir entretenu aux estudes[740]», et réclamait le ministre Baille, -d’Anduze[741]. En septembre 1599, on paraissait sur le point d’engager -M. Caille, et le consistoire faisait annoncer au prêche qu’on allait -probablement l’avoir[742]. Néanmoins, deux mois plus tard, on rompait -catégoriquement avec lui. Et si on lui écrivait une lettre de -congé qu’on lui renouvela malgré ses réclamations[743] et celles de -Chambrun[744], ce n’était pas à cause de ses «loungs délays» et de ses -lettres «du tout incertaines», mais parce qu’il y avait «espérance de -recouvrer M. Ferrier[745]». - -Ce Ferrier était un homme de talent. Il avait «assez de courage, -l’esprit vif, l’imagination enflammée, une grande facilité à parler, -un ton de voix impérieux, une véhémence dans l’action et le discours -qui entraînait les auditeurs et qui ne leur laissait pas la liberté -de lui contredire». De plus, «il pleuroit à volonté» et «il avoit -tellement charmé le peuple, qu’il le menoit comme il vouloit[746]». -Cette dernière assertion est certainement exacte. Il suffit de lire ce -qui va suivre pour voir quelle popularité il s’était acquise auprès -des Nîmois. C’était un homme d’une grande éloquence, quoi qu’en dise -Tallemant des Réaux, et quoi qu’en pensent les auteurs de la _France -protestante_[747]. Sinon, comment qualifier un orateur doué de toutes -ses qualités[748]? - -A peine fut-il à Nîmes que cette église résolut de le conserver. Le 11 -décembre, elle le prie de rester[749]. Il s’en retourne néanmoins. Le -22 décembre, on fait demander à l’église d’Alais de le céder à temps -ou à perpétuité[750]: elle refuse. Le 5 janvier, on envoie à Ferrier -trois députés et non, comme à Cailhe, une simple lettre, pour l’engager -au service de l’église[751] et, sans doute, il se laisse tenter par -leurs offres, car il vient à Nîmes. Aussitôt, le consistoire décide -qu’il y restera[752]. Mais ce n’était pas l’affaire de ceux d’Alais: -ils réclament la réunion extraordinaire du colloque qui a lieu le 13 -janvier[753]. - -Ce colloque ne trancha pas la question, car Ferrier, le 19 janvier, -déclare au consistoire de Nîmes que «d’estre detenu en la présente -ville, il ne peult que ne soit prouveu par ung sinode ou colloque, -mesmes qu’il se doibt acheminer à l’asemblée de Castres». Mais le -consistoire affecte de le considérer désormais comme son pasteur -légitime. Il décide que M. Ferrier est arrêté pour toute cette semaine, -mais que lundi prochain il pourra se rendre à Alais, attendu que cette -église «se trouve depourvue[754]». Ce prêt aux habitants d’Alais d’un -ministre qui, en somme, leur appartenait, dut les exaspérer. - -On s’en aperçut en mars 1600, au synode d’Uzès. Sur la proposition -de Moynier[755], les Nîmois y avaient envoyé une députation -extraordinaire qui commença par réclamer qu’on lui cédât M. Ferrier, -grâce à qui l’église avait «recongnu lesd. apostazies estre arrestées, -les fidèles afermis, et l’audace de Coton, jésuite, réprimée;» on -n’aurait, disait-elle, qu’à pourvoir l’église d’Alais, «beaucoup moins -importante», d’un autre pasteur. Mais ceux d’Alais répondirent par des -reproches contre Ferrier qui les avait quittés sans leur permission ni -celle du colloque, «d’où seroit survenu que plusieurs de la religion se -voyantz sans prêche seroient allés au sermon de Rhodes, jésuite», et -contre le consistoire de Nîmes qui avait «voulu pratiquer M. Ferrier -et l’aliéner d’eulx.» Le synode trouva moyen de mécontenter les deux -églises par son jugement. Il confirma Ferrier à Alais, mais décida -qu’elle le prêterait immédiatement à Nîmes pour trois mois, si bien que -l’une et l’autre en appelèrent au synode national[756]. - -Néanmoins, la délibération du synode fut suivie par provision, et, -sur la requête de Moynier, le consistoire de Nîmes écrivit à Ferrier -d’arriver «le plus promptement que faire se pourra[757]». Il vint, mais -il ne devait pas se considérer comme détaché de son église d’Alais, -car, le 5 avril, il annonce que le pasteur Baille, d’Anduze, qui lui -avait promis de venir faire la cène à Alais, n’y étant pas allé, -lui-même est forcé de s’y rendre. Pourtant, il resta[758]. - -Le consistoire de Nîmes se trouvait alors très embarrassé. Il lui -fallait absolument un ministre, ce qu’il cherchait en vain depuis -1596. Or, il n’avait pas d’argent. Moynier le menaçait de quitter la -ville pour aller chercher à Marvéjols les sommes nécessaires «pour le -mariage de sa fillie» si on ne lui payait ses gages[759]. Cependant, -Chambrun était si inutile qu’on lui accordait peu après un congé d’un -mois pour aller baptiser un de ses petits-fils[760]. Le consistoire -dut faire un emprunt[761]. Et il redoubla d’efforts pour sortir des -embarras continuels où le mettait le manque de pasteurs. Le 10 mai, -il envoie à Ferrier un ancien «pour luy offrir tous moyens possibles, -et s’il veult venir changer d’ert en ceste ville[762]». Même, il -fait une tentative infructueuse auprès du célèbre Daniel Chamier, de -Montélimar, pour obtenir son ministère[763]. Mais rien ne réussit, -Ferrier ni Chamier n’acceptent. Aussi, Moynier qui, malgré l’assistance -que lui apportaient temporairement les pasteurs du colloque, devait -être surchargé de travail[764], semble prêt à tout abandonner. Il ne -peut toucher ses gages; il a été forcé de faire des dettes pour 3 ou -400 l., et ses créanciers le poursuivent. En conséquence, il réclame -ce qui lui est dû et, en même temps, un congé pour aller se reposer -dans le Gévaudan. Le consistoire ne peut que le supplier de rester, lui -promettre qu’on le payera sur les premiers deniers liquides et déclarer -aux créanciers qu’il endosse les dettes de Moynier[765]. - -Dans ces conditions, on paraît renoncer tout à fait à Ferrier et -l’on négocie avec le pasteur Gigord. Le 23 août, le consistoire fait -offrir à ce dernier un contrat d’engagement[766]. Mais l’affaire -ne se terminant pas, Moynier part sans congé le 13 septembre pour -le Gévaudan[767]. Enfin la réponse de Gigord arrive vers le 8 -novembre[768]: il se contente de charger le diacre Cheyron et l’avocat -Chalas de ses intérêts. L’affaire, traînée en longueur, n’aboutit pas. - -Ainsi, à la fin de 1600, l’église de Nîmes, chef de colloque, la plus -riche et la plus importante de la province avec celle de Montpellier, -n’avait pas pu trouver de pasteur depuis si longtemps qu’elle en -cherchait un. C’est qu’elle se montrait difficile. En mai 1599, elle -s’était contentée de réserver ses droits sur Terond sans le réclamer, -sans doute parce qu’il venait d’être consacré et n’était pas encore -connu[769]. Un peu plus tard, elle abandonnait Cailhe pour l’espoir -d’obtenir Ferrier[770]. Puis, lorsque la mort de Falguerolles la -force d’acquérir coûte que coûte un ministre, c’est le célèbre Daniel -Chamier[771], c’est Gigord[772], dont la science était si connue que -le synode le dispensait, en 1603, de l’examen imposé aux pasteurs pour -professer en théologie[773], qu’elle s’efforce d’engager. Mais, il n’y -avait pas à ce moment de pasteurs libres dans le colloque ni dans la -province, et il est à croire que si Ferrier, séparé d’Alais, et mis -en distribution au synode le 9 mars 1601[774], lui fut enfin donné -comme ministre «en jussion[775]», ce fut uniquement parce qu’il était -impossible de le laisser à son église légitime. - -Ceux d’Alais, en effet, tout en se refusant à le laisser partir, -l’avaient pris en haine. Il se plaignait au synode d’avoir été traité -«d’apostat» plusieurs fois par un ancien, et de «caqueteur». On l’avait -accusé de se préparer «pour se rendre Jésuite» et de vouloir se «faire -trop riche en appovrissant le commun». Alors qu’il partait d’Alais -pour «venir vers M^{rs} les Commissaires», les fidèles «le suivirent -avec foule et avec tesmoins et noteres pour luy faire quelques actes de -justice», et en voyant qu’il s’en allait, son troupeau criait «après -luy que le diable luy rompît les jambes quand jamais il retourneroit -dans lad. ville». Il se plaignait d’avoir été diffamé, calomnié, -presque emprisonné à deux reprises. Ce à quoi l’ancien d’Alais, après -lui avoir donné divers démentis[776], répondit que l’église «aimoit et -honoroit son ministère». Le synode mit Ferrier et l’église d’Alais en -distribution[777]; et il fit bien. Puis, il donna le pasteur à l’église -de Nîmes[778] malgré l’appel d’Alais à qui il était dur de voir sa -rivale triompher[779]. - - -C.—_L’édit de Nantes._ - -L’édit de Nantes a été trop étudié pour que l’on recommence ici à -épiloguer sur ses causes et ses résultats généraux par rapport aux -protestants et aux destinées de la France. Il ressort nettement du bel -ouvrage de M. Anquez[780], M. Fagniez nous parle de la «magnanimité -de son cœur» qui le conduisit à «devancer» l’opinion[781]; M. Weiss -ajoute qu’il avait «compris» que la France devait être la «mère -commune de tous les Français[782]». Il est à croire que son cœur et -son intelligence furent fort aidés en ceci par la nécessité et par -la force des choses. M. Hanotaux[783], après Michelet[784], nous a -fort bien montré ce qu’il en était de la bonté et du génie d’Henri -IV. Les huguenots eux-mêmes s’en aperçurent. «Lors de l’assemblée de -Nantes, disent-ils, que ceux de la Ligue n’avoyent point encores parlé -de traicter avec S. M. dont les affaires sembloyent par conséquent -réduictz en assez mauvais estat, on ne fist point de difficulté de dire -qu’on trouvoit les demandes justes, seullement qu’il falloit patienter -et en attendre l’establissement de Sad. Majesté qui luy donneroit moyen -de nous faire tous jouyr de ce qui nous estoit deu. Mais, depuis, tant -plus il a pleu a Dieu de faire prospérer les affaires de Sad. Majesté, -plus on a non seulement faict naistre d’impossibilitez, mais aussi -faict demonstration de trouver de l’injustice esd. demandes»; et ils -ajoutent que lorsque «on» eut vu que leur intention était «seullement -de finir par une bonne paix», non seulement on refusa ce qui n’était -pas encore accordé, mais encore on retrancha des articles importants et -l’on remit en discussion des choses déjà convenues[785]. - -Les réformés durent en effet profiter des embarras du roi pendant la -guerre d’Espagne et l’intimider par leurs menaces de révolte pour lui -arracher à grand’peine le fameux édit de Nantes dont on fait honneur -à sa tolérance et qu’il n’aurait peut-être jamais osé leur accorder -sans cela[786]. «Alors que ce prince [Henri IV] était occuppé au -siège de La Fère et sous prétexte de la sûreté de leur religion, ils -[les huguenots] lui présentèrent une requête dans la situation la -plus fâcheuse de ses affaires», dit de Thou[787]. C’est grâce à ces -procédés, grâce à leur énergie que les réformés parvinrent à obtenir -l’édit de Nantes. Nous allons voir que ce ne fut pas sans peine. - -Aussitôt monté sur le trône, Henri IV commence en effet par ne pas -observer rigoureusement la trêve qu’il avait signée lui-même avec -Henri III, en 1589[788]. Puis au bout de deux ans (1591), il se -décide à renouveler l’édit de 1577[789]. Un an plus tard encore, il -consent à révoquer officiellement les ordonnances de 1585 et 1588 qui -mettaient les réformés hors la loi et il leur accorde quelques discrets -articles de tolérance[790]. Et c’est tout. Les protestants sentent si -bien qu’ils n’auront pas plus s’ils ne l’exigent pas et s’ils ne se -rendent pas redoutables, qu’ils réorganisent entièrement leur parti à -l’assemblée de Sainte-Foy[791]. - -Nous sommes au début de l’année 1595, le roi n’a même pas encore réussi -à faire enregistrer son édit de 1591[792] par lequel il renouvelait -le traité de Poitiers: pourrait-il penser à accorder aux huguenots -un édit réglant équitablement leurs droits et leurs devoirs? Même en -1597, quelques mois avant la signature de l’édit de Nantes, il est -bien loin de songer qu’il soit possible d’accorder aux protestants -des conditions nouvelles et plus libérales. Sully le trouve un jour -«rêveur et chagrin» parce qu’«il avoit receu des nouvelles comme l’on -sollicitoit fort et ferme ceux de la religion de s’assembler pour luy -envoyer des députez demander un certain édict que les plus mutins et -séditieux d’entre eux avoient compilé à la solicitation de gens affidez -à MM. de Boüillon, la Trimoüille, du Plessis et autres, _lequel il -seroit hors de sa puissance de pouvoir jamais faire vérifier aux cours -souveraines_[793]». Voici donc ce que pensait alors Henri IV sur la -possibilité de rendre une ordonnance en faveur des huguenots. Pourtant, -quelques mois après il signait l’édit de Nantes: c’est qu’il y avait -été amené de force par les menaces des huguenots. - -Le 17 janvier 1595, la guerre avec l’Espagne avait éclaté. L’assemblée -des églises réunie à Saumur le 22 février, envoya aussitôt au roi deux -députés chargés de lui demander un édit. A ce moment, Henri IV remit à -plus tard de répondre en raison de ses grands embarras[794]. L’année -suivante, la guerre dure toujours; Henri IV n’a rien fait. L’assemblée -de Loudun lui envoie dire, au moment où il assiège péniblement La -Fère, qu’elle ne se séparera pas avant d’avoir obtenu un édit[795]. Le -roi est si loin d’y songer, qu’il répond par un ordre de dissolution. -L’assemblée refuse d’obéir[796], engage secrètement les seigneurs -huguenots de l’armée à prévenir le roi qu’ils l’abandonneront plutôt -que de renoncer à leur culte, décide que la messe ne sera plus -célébrée dans aucune place protestante tant que l’édit ne sera pas -rendu, que les catholiques seront expulsés des villes réformées si -les protestants le sont des catholiques, etc.[797]. En somme, elle -se révolte ouvertement. Alors le roi, craignant peut-être la guerre -civile[798], cède: c’est le premier pas. Il envoie deux délégués, de -Vic et Calignon, qui présentent à l’assemblée ses explications[799]. - -Mais il est encore loin de songer à accorder aux huguenots l’édit de -tolérance qu’ils demandent[800]. Il va chercher à les amuser par des -négociations. Seulement, les réformés qui connaissent ses embarras -tiennent bon et restent menaçants. Ils déclarent les propositions -royales «totalement éloignées des choses nécessaires aux églises» -et leur assemblée, transportée à Chatellerault, présente à Henri un -véritable ultimatum, en avertissant le délégué royal Schomberg «qu’elle -n’attendrait pas au delà du 10 août». Schomberg se résigne alors à -faire à l’assemblée des propositions qu’elle accepte et il en informe -le roi en le suppliant de les ratifier. Mais Henri IV, qui, peut-être, -croit encore à l’amour des réformés pour sa personne, désavoue -Schomberg[801]. Aussi bien, la paix avec l’Espagne approche. On peut -croire que si le roi n’a pas cédé alors que ses affaires étaient si -mal en point, il va céder encore beaucoup moins maintenant. Pourtant, -il accorde l’édit de Nantes qui est définitivement signé en avril -1598[802]. - -Les témoignages des contemporains nous expliquent la raison de cette -conduite contradictoire. En réalité, ses difficultés avec l’Espagne -terminées, le roi se rendit compte que s’il persistait à refuser aux -protestants ce qu’ils demandaient, ceux-ci allaient abandonner les -menaces pour employer décidément la force, et que la guerre civile -allait éclater. Les histoires et les mémoires nous renseignent bien -sur ce point. Ainsi, Henri IV lui-même, faisant opiner son conseil -sur l’édit, dit entre autres choses dans son discours, suivant -L’Estoille[803], qu’il était las de la guerre, que les huguenots -étaient difficiles à battre et «qu’il s’asseuroit que trois ou -quatre batailles ne les desferoient point.... A quoi chacun baissa -la teste.» Sully rapporte que les réformés étaient prêts «à prendre -ouvertement les armes[804]». P. Cayet dit: «Le bruict courut que ceux -de la relligion n’eussent pas laissé de faire la guerre au roi....». -D’Aubigné nous raconte que quelques-uns étaient d’avis que l’on surprît -Tours[805]. Ceux-là «prétendaient que leur requête datée d’une si -bonne ville serait merveilleusement efficace pour persuader le roi -et son conseil[806]». Bouillon et La Trémoïlle y auraient sans aucun -doute contribué avec les troupes qu’ils avaient levées dans le Midi -aux frais du roi et qu’ils refusaient de mener à Henri IV, malgré les -supplications de De Thou[807]. D’autre part, on sait que les réformés -avaient envoyé des députés au prince d’Orange et à la reine Élisabeth -pour les prier de leur prêter leur concours[808]. Toutes ces raisons -firent qu’Henri IV se résigna à signer l’édit. - -Mais on sent que ce fut de mauvaise grâce et la main forcée. En effet, -à peine les réformés se furent-ils séparés que l’édit fut soumis à des -changements de nature à restreindre les avantages qui leur étaient -accordés. Voici l’une des plus perfides de ces modifications. - -Par le XXXIV^e «article secret de l’édit de Nantes[809]», le roi avait -permis de «tenir consistoires, colloques et synodes provinciaux et -nationaux». Puis, il se repentit de cette liberté qu’il laissait aux -protestants et fit ajouter à la fin de l’article ces simples mots: -«par la permission de S. M.[810].» C’était fort habile, car sans -rien supprimer, cela annulait l’article: c’était dire, en effet, que -le roi permettait aux protestants de lui demander l’autorisation de -tenir leurs assemblées ecclésiastiques. Et s’il la refusait, lui -ou ses officiers, leur culte se trouvait interdit. Heureusement, -l’assemblée de Chatellerault ne laissa point passer cette formule -sans protester[811]. Sur sa demande, le roi ne put refuser un «brevet -particulier», par lequel les réformés obtenaient le droit de se réunir -sans la permission royale et nonobstant le contenu dudit article[812]. -Mais tout cela était assez compliqué, il ne pouvait manquer de -s’ensuivre des difficultés, et c’est ce qui arriva: au XVII^e siècle, -on se basa précisément sur le XXXIV^e article secret pour supprimer -successivement les synodes nationaux, puis les provinciaux et les -colloques[813]. - -L’assemblée de Chatellerault ne parvint pas à faire annuler toutes -les modifications ainsi faites au texte primitif[814]. Et en somme, -le principal mérite de l’édit de Nantes fut d’être, tant bien que -mal, exécuté. Mais de cela même il ne faut pas savoir tant de gré -à Henri IV. Il ne fit, après tout, qu’ordonner des «commissaires -exécuteurs», suivant la coutume[815]. Par bonheur, ce fut dans un temps -où la France, lasse de la guerre, goûtait la paix. La Ligue était -morte d’épuisement et d’anarchie; les villes s’étaient apaisées; les -protestants s’étaient séparés. Personne ne s’opposa à cet édit qui, -pourtant mécontentait papistes et huguenots. L’heureuse fortune de -Henri IV fut de se trouver le Roi à une époque où chacun n’aspirait -plus qu’à se reposer. - - - - -PIÈCES JUSTIFICATIVES - - - - -I - -_1596-1602.—Liste des membres du consistoire de Nîmes._ - - -ANNÉE 1596[816]. - - _Quartiers._ _Anciens._ _Diacres._ - - Maison de ville. M^{re} Anthoine Sabatier. } - } M. Mazaudier. - Temple. Sire Anthoine Duprix. } - - Marché. M. Fontfroide, continué. } - } M. du Molin. - Arènes. M. Jean Boschier. } - - Collège. Sire Jean Tourrel. } - } M. de Chateauneuf. - La Ferrage. Capitaine Balthezard Fournier. } - - Chapitre. Capitaine Privat. } - } M. Bosquier. - Corcomayres. Sire Vidal Martin. } - - Bourgade. Sire Georges Grégoire. M. Faucon. - -«Messieurs les pasteurs continués, c’est: M. Chambrun, M. Moynier, et -de Felguerolles.» - -«Recepveur des deniers du ministère, M. Fontfroide, continué; pour les -deniers des pouvres, M. Anthoine Sabatier, notere.» - -M^{re} Guilhaumes [Guiraud] advertisseur, continué.» - - -ANNÉE 1597[817]. - - _Quartiers._ _Anciens._ _Diacres._ - - Maison de ville. Guidon Cheyron. } - }M. Bonhomme. - Temple. M. le commis d’Agulhonet. } - - Marché. Sire Tournier. } - }M. du Molin, continué. - Arènes. M^{re} Boschier, continué. } - - Collège. Sire Robert de Méjanes. }M. de la Cassagne. - La Ferrage. Capitaine Veyras. } - - Chapitre. Capitaine Jhanin, viguier de } - Bellegarde. }M. Bosquier, continué. - Corcomayres. Sire Vidal Martin, continué. } - - Bourgade. Arnaud Drulhon. }M. de Langlade. - Madeleine. Sire Bourguet. } - -Mêmes pasteurs. - -«Recepveur des deniers du ministère, l.d. sire Jhanin; recepveur des -deniers des pouvres, le sire Guidon Cheyron.» - -«M^{re} Pierre Rossel, notere, le fils, continué pour greffier.» - -Même avertisseur. - - -ANNÉE 1598[818]. - - _Quartiers._ _Anciens._ _Diacres._ - - Maison de ville. Sire Guidon Chevron, continué } M. Maltret. - Temple. Guilhaumes Vallat. } - - Marché. Sire Daniel Manuel. } M. Veyras le - Arènes. M. le commis d’Agulhonet. } Vieux. - - Collège. Sire de Méjanes, continué. } M. de la - La Ferrage. M. Claude Poujol. } Cassagne, - } continué. - - Chapitre. Sire Rostang du Vieux. } M. Bosquier, - Corcomayres. Sire Gril. } continué. - - Bourgade. Anthoine Michel, dit Molezan. } - Madeleine et autres } } M. de Langlade, continué. - fauxbourgs. } Paul Granier. } - -Receveur des deniers du ministère, Claude Poujol; receveur des deniers -des pauvres, Daniel Manuel. - -Greffier, M^{re} Folchier. - -Même avertisseur. - - -ANNÉE 1599[819]. - - _Quartiers._ _Anciens._ _Diacres._ - - Maison de ville. «Sire Jehan André pour et au } Bosquier le - lieu d’Adan Farel.» } Vieux. - Temple. Sire Guilhaume Vallat, continué.} - - Marché. Sire Daniel Manuel, continué. } - Arènes. Sire Pierre Dumas «pour le } «M. Unal pour M. - comis Agulhonet». } Veyras.» - - Collège. Sire Daniel Laurens «pour } - Torrel». } «M. Lansard pour - La Ferrage. Sire Jacques Sigallon «pour } M. de la - sire Poujol». } Cassagne». - - Chapitre. Sire Rostang du Vieux, continué.} «M. de S^t-Cezary - Corcomayres. Sire Gril, continué. } au lieu de M. - } Bosquier.» - - Bourgade. Sire Anthoine Guiraudon } - «pour Anthoine Molezan.» } «M. Cheyron pour - Madeleine et } Sire Paul Granier, continué. }M. de Langlade.» - fauxbourgs bas.} } - -Même greffier. Même avertisseur. - -Receveur des deniers du ministère, Daniel Laurens; receveur des deniers -des pauvres, Jean Radel[820]. - - -ANNÉE 1600[821]. - - _Quartiers._ _Anciens._ _Diacres._ - - Maison de ville. Sire Radel, continué. } «Diacre en ses - Temple. Maître Dostaly «au lieu de sire } deux} - Vallat». } surveillances: - } M^{re} Bousquier - } le vieulx.» - - _Quartiers._ _Anciens._ _Diacres_ - - Marché. Sire Surian «au lieu de sire } «M. Anthoine - Manuel». } Davin pour - Arènes. Sire Crouzet «au lieu de sire } M. Unal.» - Dumas». } - - Collège. Sire Daniel Laurens, continué. } «Diacre en ses - La Ferrage. Sire Anthoine du Vieulx «au } deux ysles, M. - lieu du sire Sigallon». } Blisson pour M. - } Lansard.» - - Chapitre. Sire Salveton «au lieu de sire } «M. de - Rostand du Vieulx». } Castelnou - Corcomayres. Sire Jacques Blanc «au lieu de } «pour M. de - sire Gril». } Calvières.» - - Bourgade. Sire Jehan Baudouin «au lieu } - du sire Guiraudon». } «M Cheyron, - Madeleine et autres } Sire Isaac Paris «au lieu du } continué.» - fauxbourgs. } sire Granier». } -Greffier, M^{re} Michel Ursy, notaire royal, au lieu de «M^r Fauchier». -Même avertisseur. - - -ANNÉE 1602[822]. - - _Quartiers._ _Anciens._ _Diacres._ - - Maison de ville. Sire Claude Combes. } M. - Temple. M^{re} Vidal de Salhens, continué.} Jacques - } Dairon. - - Marché. Sire David Guiraud. } M. - Arènes. Sire Jehan Rolland. } Gaissac, - } continué. - - Chapitre. M^{re} Arnaud Guérin, continué. } M. - Collège. Sire David Nysmes. } Maltrait. - - Corcomayres. Sire Bourges, continué. } M. Daniel - La Ferrage. M^{re} Louis Baudouin. } Arnaud, - } sieur de - } la - } Cassagne. - - Bourgade. Claude Foucard. } - Madeleine, S^t-Antoine } } M. de - et autres } Jehan Bourguet. } Méjanes. - fauxbourgs. } } - - Greffier, M^{re} Pierre Nogarede. - Receveur des deniers du ministère, Sire Claude Combes. - Receveur des deniers des pauvres, Sire David Guiraud[823]. - - - - -II - - _1562, 26 octobre.—Défense faite par le présidial de Nîmes au - consistoire d’empiéter sur la justice du roi_[824]. - - -La prière faicte, et avoir conféré ensemble de plusieurs afferes par -longtemps, - -Le seigneur Président[825] a remis les articles de prohibition -suyvants, en deux pièces papier, escriptz, par luy signées, au long -leuz par le seigneur de Clozone à la réquisition dud. sieur President, -faisant lad. prohibition et inhibitions comme ausdictz articles est -contenu, requérant luy estre faict responce, estantz de teneur: - -Sur la requeste présentée par le procureur du Roy en la présente -seneschaussée et siege presidial, tendant à la conservation et -entretenement de l’autorité du Roy et de sa justice, et pour obvier à -l’entreprinse que pourroit estre faicte au contrere par les ministres -de la religion refformée et autres qui suyvent icelle, suyvant l’advis -du conseil du siege presidial ou lad. requeste a esté rapportée, avons -inhibé et deffendu, inhibons et deffendons, à peine de mil livres -tournois et des autres que de droict pourroient estre encorues, ausd. -ministres, leurs consistoires, et à toutz autres qu’il appartiendra, de -prendre court, juridiction, cognoissance, autorité ou puissance aulcune -sur les subjetz du Roy, pour raison des differentz, controverses et -procès criminels que soyent que lesd. subjectz ayent ou puissent avoir -ensemble, soyt pour matières civiles ou criminelles, excès, injures -ou oultrages en consistoire ny aultrement, et soit soubz prétexte de -réconcilier hayne que pourroit estre entre eulx, et ce à occasion -desd. differentz et procès, leurs causes, déppendances et envergences. -Et, toutes foys, n’entendons empescher lesd. ministres et aultres -qui ont charge en lad. églize quant à ce et encores toutz autres qui -pour le debvoir de crestiens sont a ce tenus, qu’ilz ne fassent leurs -charges, uzans crestiennement et hors de concistoires ou assemblées -d’exortations, prières, admonitions, reprehensions et aultres toutes -voyes deuez, selon, toutes foys, la parolle de Dieu et doctrine -ecclesiastique a icelle reglée, pour leur fere depposer et delaisser -lesd. haynes, maulvaises affections et rancunes qu’ilz pourroient -avoir conceues a occasion desd. procès, causes d’iceulx et leurs -deppendances, et pour les réconcilier a paix, concorde et amytié. Aussi -n’entendons empescher lesd. ministres et consistoires esd. exortations, -reprehensions et en la correction des escandales, des faultes atroces -ou publicques, comme la cognoissance et correction leur en peult -appartenir par la doctrinne ecclesiastique reglée par la parolle de -Dieu et par ses Escriptures sainctes, sans sortir hors les bornes -d’icelles, ny interrompre l’ordre y ordonné, en y uzant pareillement -des censures ecclesiastiques, excommunications et aultre autorité -appartenant à l’églize, suyvant lad. parolle. Pareillement inhibons et -deffendons sur mesmes peines ausd. ministres et toutz aultres qu’il -appartiendra fere pour estre observées par les subjetz du Roy, loix -statutz ou ordonnances politiques pour estre chose appartenant à la -seule Majesté du Roy; fere aussi restitutions, traditions, reglementz -ou loix pour servir à l’exercisse de lad. religion et constraindre -lesd. subjectz du Roy a observation d’icelles que soyent contre lad. -parolle ou dont on puisse sortir superstition, prophanation des -choses instituées de Dieu ou aultrement, scrupule ou scandale au -danger des consciences des fidelles. Davantage, sur mesmes peines, -inhibons et deffendons à toutz ministres de se ingerer au ministère -de la predication de la parolle de Dieu en ceste séneschaussée, que -premièrement il n’aye presté entre les mains des officiers du Roy -en lad. seneschaussée le serment requis. Et aussi qu’ilz ne fassent -synodes ny consistoires sans exprès congé, ou en presence de l’ung -desd. officiers pour la conservation de l’autorité du Roy et de ses -magistratz. Et le tout par provision et jusques autrement en soyt -ordonné. [Signé] Calvière, président. - -Lesquelz articles d’inhibitions leuz et entendus par toutz ceulx du -consistoire et aultres y estantz de la partie des ministres de la -presente ville auroyt esté offert d’y obeyr. Et despuis, en l’absance -dud. sieur Président, demandant y estre faict responce, ayant heu sur -ce advis, auroyt esté arresté par le consistoire pour lad. responce que -l’on n’a onques pensé contrevenir aux articles et inhibitions propozés, -comme n’y veulent aussy contrevenir cy après, n’estant besoing pour ce -regard lesd. inhibitions y contenues leur estre faictes, lesquelles -néant-moingz prennent à la bonne part, attendu que l’intention de la -court n’est aultre que de se vouloir tenir et fere tenir les subjectz -du Roy soubz l’obéissance d’icelluy, comme se seroient aussi tousjours -tenus et veulent fere. - - -III - - _1596, avril-août.—Enquête faite par le consistoire de Nîmes au sujet - de Suzanne Cregude, Paul Rivière, dit La Canquille, et Gasais, accusés - du crime de «paillardise»._ - -«Suzanne Cregude, femme de Estienne Girardin, venue en consistoire, -accusée d’avoir conversé charnellement avec certains jeunes hommes de -la présante ville ses jours passés, heure de neuf de nuict, exortée -de dire vérité et quy la força, ladite Nina a dit qu’à son advis et -jugement, a environ quinze jours, c’estoient Jan Gasays et Pol Rivière -de la présante ville, qui vindrent en la maison de Gourdouse, lesquels -y firent collation, et après, deux hommes qui ressemblent jeunes la -vindrent chercher en sa maison et la menèrent par force à la boucherie -de la présante ville près la bouticque dudit Gasays, qui estoit environ -l’heure de neuf de nuit, où illec la volleurent presser de son honneur. -Non toutesfois quy le fissent; et, voyant ce, la renvoyèrent, et -elle s’en retourna en sad. maison..... Lad. Cregude sera exortée ne -continuer en lad. adultère[826].» - - * * * * * - -«Suzanne Cregude, venue..... en consistoire à cause d’avoir conversé -charnellement, heure de nuict, avec Jacques Gasais et Pol Rivière, ce -qu’elle a confessé, et avoir esté par iceux forcée et induicte à ce -fere dans la maison et bouticque dud. Gasais...., confesse aussy estre -mariée, mais son mary a demeuré absent de ceste province puis trois -ans, s’estant, ainsin qu’elle a entandu, en Prouvance.....[827]» - - * * * * * - -«Pol [Rivière, dit] la Canquille, venu en consistoire, ...... a -dit estre inossant de l’accusation fette par lad. Cregude et ne la -cognoistre aulcunement, bien est vray avoir esté dans la maison où elle -demeure pour fere collation avec led. Gasais, mais il ne luy parla -point.....[828]» - - * * * * * - -«Suzanne Cregude, venue en consistoire, après avoir promis et juré de -dire vérité, a esté là mesme accarrée à Pol Rivière que parelhement a -promis et juré de dire vérité. A esté demandé ausd. Rivière et Cregude -s’ils se cognoissent l’un l’autre. Ladicte Cregude a dict cognoistre -led. Rivière, et led. Rivière a dit ne la cognoistre, moings de -l’avoir jamais veue. Interroguée lad. Cregude....... a respondu que -led. Rouvière, accompagné dud. Gasais, la vindrent trouver en la maison -qu’elle fait sa demeure, qu’estoit environ l’heure de dix de nuict, -et la menèrent et conduirent dans la bouticque et maison d’icelluy -Gasais....., et pense bien que led. Rivière lors abusa d’elle avec led. -Gasais, non toutesfois qu’elle veullie assurer dud. Rivière parce qu’il -estoit nuict, et pense qu’il s’en alla. - -Led. Rivière a acordé que véritablement il acompagna led. Gasais -conduisant lad. Cregude (qu’il recognoist), icelluy Gasais marchant -devant et luy après, et lad. Cregude au millieu, et, après qu’ilz -l’eurent conduicte dans la maison dud. Gasais, il y entra avec eulx, -et, après avoir fait collation, il en sortist et les laissa tous deux -seulz dans icelle, comme il en feust prié par led. Gasais...... - -Interroguée lad. Cregude..... a respondu la vérité estre telle: que ce -feust sullement led. Gasais quy la cognust et abusa d’elle, et pense -estre ensaincte de l’œuvre d’icelluy, et non dud. Rivière, qu’elle n’a -jamais accusé. - -Led. Rivière, sur ce oüy, ..... a percisté comme dessus........ Bien -est vray que....., il fust prié par led. Gasais sortir et s’en aller -(ce qu’il fist), et, environ deux heures après qu’il ce fust assis et -sommellié sur un tablier de lad. place, il retourna en lad. maison où -il treuva que led. Gasais avoit congédié lad. Cregude[829].» - - * * * * * - -«Jacques Gasais et Suzanne Cregude, femme à Estienne Girardin, venus et -appellés en consistoire..... - -Interrogé, led. Gasais..... a respondu que, sur le commensement dud. -mois d’apvril dernier, se promenant avec Pol Rivière La Canquille..... -et passans près le pont de la Gau....., qu’estoit environ l’heure -de unze de nuict, ilz rencontrèrent lad. Cregude présante, qu’ilz -prindrent et admenèrent en sa maison..... où, comme furent entrés dans -icelle, ledict Rivière..... abusa premièrement de lad. Cregude et, ce -fait, après avoir fait collation tous ensamble led. Rivière sortist de -lad. boutique dans laquelle laissa tout seul il quy respond et lad. -Cregude, que parelhement.... abusa d’icelle, et, après, feust par eux -congédiée, ne sachant led. Gasais où elle passa. Bien dit que led. -Rouvière l’alla accompaigner. - -Interrogué..... a respondu ne l’avoir jamais cogneue que ceste seulle -fois..... où lors lad. Cregude leur auroit librement confessé que un -nommé Sargent Yssac, dans la maison duquel elle demeuroit, en avoit -plusieurs fois abusé d’elle pandant que la femme d’icelluy estoit -mallade. - -Interroguée, lad. Cregude la cause de sa variation, ayant accusé du -commensement led. Rivière avoir abusé d’elle avec led. Gasais, et -maintenant le descharge......, et pourquoy aussy n’auroit-elle confessé -led. Sargent Ysac......., a dict et respondu qu’elle, du commensement, -avoit confessé la vérité......, et, lorsque led. La Canquille lui -fust accaré, l’ayant volleu descharger pour crainte qu’elle avoit -d’icelluy......, niant avoir jamais confessé led. Sargent Ysac avoir -abusé d’elle.......[830]» - - * * * * * - -«Pol Rivière, dit La Canquille, et Cregude, venus en consistoire......, -ont persévéré [chacun dans ses dires]....... Led. Rivière soutient lad. -Cregude este une putain publicque[831]» - - * * * * * - -[Pol La Canquille et Gasais appelés tous les deux persistent dans leurs -dires. Voici le jugement:] - -«Conclud..... de l’adultère fait et comis par led. Gasais d’avec lad. -Suzanne Cregude en la maison dud. Gasais, suivant la confession par -eulx fette....., et que lesd. Gasais et Rivière sont coustumiers ribler -les rues de nuict, se masquer et jouer meries et farces, qu’ilz et -lad. Cregude seront vivement sensurés, leurs noms et surnoms publiés -en chaire, dimenche prochain, et, oultre ce, suspendus de la prochaine -cène, et, venans à repantance et contrition de cœur, recognoissans leur -mesfaict, se présanteront après pour y estre receus......[832]» - - * * * * * - -«Jacques Gasais et Pol Rivière remonstrent à vous, Messieurs les -pasteurs et anciens de l’esglise refformée de Nymes, que la suivante -deslibération prinse contre eulx a esté donnée le corps du consistoire -non complet, comme est requis par la dissipline, d’allieurs que lad. -deslibération contre eulx donnée est trop rigoreuse, en ce que par -icelle est pourté qu’ilz seront nommés publiquement en chère, bien que -la circonstance du fait ne le mérite poinct...... Considéré que lad. -résollution les pourroit esmouvoir à quelque autre recours sy laditte -résollution n’est modérée, ce qu’ilz vous requièrent très humblement, -veu leur jeunesse, qu’ilz promettent....... doresnavant quicter et -renoncer à toute mauvaise action et intantion. Déclairent qu’ilz -offrent fere réparation à lad. esglise et dans le consistoire d’icelle -et non autrement......[833]» - -[Mais, la précédente délibération étant confirmée, Rivière et Gasais en -appellent au colloque.] - - * * * * * - -«Gasais et Rivière ce sont présantés au présant consistoire pour estre -receus aux sainctz sacrementz à la prochaine cène, offrans fere toute -réparation...... moyenant qu’elle ne soit publicquement, ores leur -soit esté ainsin ordonné par le dernier collocque tenu en la ville de -Montpellier, par laquelle la sentence du présant consistoire a esté -confirmée. Conclud qu’ilz demeureront suspandus des saintz sacremens -jusques à ce qu’il aparoisse de leur repantance, et alors feront -réparation publicque un jour de dimenche à huict heures. A quoy ont -consenti et promis ce fere[834]». - - - - -IV - - _1598, janvier.—Mémoires donnez au sieur de Sainct-Germain s’en - allant vers les esglises du Bas-Languedoc de la part de l’assemblée - généralle de Chastellerault_[835]. - - -Led. sieur remonstrera ausd. esglizes que Messieurs de l’assemblée -généralle, croyans que les longueurs de leur négociation leurs sont -ennuyeuses et voullans rendre manifeste, autant qu’il sera possible, -la seurté de leurs intentions, estre les divers bruictz qu’ilz sçavent -estre artificieusement semez par les provinces préjudiciable au bien -des affaires généralles des esglizes de ce royaume, autant qu’ilz -peuvent en rompre, ou, pour le moings, affoiblir l’union sy nécessaire -à leur conservation, l’ont pour cet effect depputé affin de leur faire -le récit au long et véritable des choses qui se sont passées en toute -cette négociation, par lequel, pouvans congnoistre la vraye forme de -ces longueurs et en outre le vray estat auquel se trouvent maintenant -les affaires, non seullement elles ayent de quoy repprimer ces bruits, -mais puissent aussy donner leurs bons et meurs advis, ausquels elles se -doibvent asseurer que lad. assemblée se confirmera aultant qu’il sera -possible. - -[Ici se place un long rapport des négociations de l’assemblée, dont le -détail se trouve dans le même ms.] - -Telle est la suitte, et par cette suytte l’estat des affaires, -lesquelles lesd. esglises du Bas-Languedoc sont priées de bien -et diligemment considérer pour en donner leurs bons advis et y -recongnoistre la vraye cause des longueurs esquelles cette négociation -a esté entretenue, contre l’opposition de Messieurs de l’assemblée, -ausquelz Dieu a faict la grâce d’estre monstrez sy affectionnez au bien -public, qu’ilz ont mieux aymé dévorer une infinité d’incommoditez que -les toucher en leur particulier, et tous les ennuys que leur viennent -nécessaires de sy estranges proceddures, et non pas de précipiter leur -résolution avant le temps, voyans bien qu’il n’en pouvoit advenir que -beaucoup de mal pour tout le royaume, auquel fauldroit peu d’effort, -après tant de rudes secousses, pour le pousser en la dernière ruyne, et -pour les esglises du deshonneur pour estre blasmées d’affectionner les -ou du desadvantage en acceptant des conditions insuffisantes à remédier -à leurs remèdes. - -A ces causes seront lesd. esglises au Bas-Languedoc instamment priées -au nom de Dieu, et en tant qu’elles ont chère leur conservation et de -tout le corps dont Dieu les a faictes, de se porter toutes entières à -cette tant nécessaire union, prenant garde de ne donner aucune occasion -de penser qu’elle sont tant peu distraictes d’avec les autres, comme -l’ont voulu croire ceux qui de ses apparences prennent occasion de -dillayer à donner remède aux maux publicqs; pour cest effect prendre -une entière créance en la seureté desd. sieurs depputez de l’assemblée, -lesquelz, par une sy longue patience incroyable à eux mesmes, pensent -avoir assez suffizamment tesmoigné le désir qu’ilz ont de voir toutes -choses paisibles en l’Estat, et particulièrement asseurer à ceux qui -leur font cest honneur de se fier en eux de leur conservation, que -s’ilz eussent esté aultrement disposez, comme ilz sçavent qu’on les -a voullu calompnier, il ne leur estoit jà besoing de sy longtemps -attendre, et avec tant d’incommodité pour leur particulier, veu les -mesures de l’estat qui ne donnent que trop de moyens de se mettre en -combustion pour peu qu’on y ayt de l’affection. - -Leur sera aussy représenté que c’est avec un très grand regret que -lesd. sieurs depputez ont, dès le commencement, entendu les semences -de division que y a en lad. province entre les particulliers, et plus -encores de ce qu’en un sy long temps on n’ayt peu trouver le moyen -de les assouppir, et que c’est une des causes que les a poulsez à -depputer led. sieur de Saint-Germain pour se transporter sur les -lieux et voir sy, le consel de la province n’y ayant peu remédier, -l’autorité de l’assemblée généralle y pourra point davantaige, comme -il est à espérer sy lesd. esglises du Languedoc se résolvent de donner -par leur consentement force et vigueur aux advis qui leur apportera. -Déclarera donc qu’on trouve une très dangereuse ouverture en la -désobeyssance que le cappitaine Gaultier rend au sieur de Bertichères, -à qui appartient le gouvernement d’Aiguesmortes, dont le fort de Pecais -est une deppendance comme l’assemblée l’a recongnu par les provisions -auparavant données par Sa Majesté tant au sieur de Legues qu’aud. sieur -de Bertichères et par les actes du consel et des assamblées de la -province; pourtant trouve raisonnable que led. Gaultier soit exhorté -vivement de recongnoistre son debvoir, et resouldre à ne deppendre -plus de ceux qui veullent se servir de luy pour commencer par les -esglizes à affoiblir toutes les autres; que sy les remonstrances y sont -inutilles et que led. Gaultier soit sy oppiniastre et, par douleur, on -ne puisse rien gaigner sur luy, sont exhortées lesd. esglises, a qui -le faut toucher premièrement et de plus près, adviser à tenir moyens -propres pour l’y contraindre, et sy besoing est leur seront par led. -s^r de Saint-Germain faictes les ouvertures telles que entendues en -l’assemblée, estant de toute importance de ne laisser aucune occasion -de croire qu’il soit au pouvoir du premier qui vouldra l’entreprendre -de frustrer les esglizes des choses qui leur sont sy nécessaires, ce -qui doibt tant plus estre trouvé mauvais que ce faict particulier -pourroit tourner en exemple pour faire que plusieurs fissent leur -accord à part du reste des esglises; lequel moyen de contrainte il -exposera, s’il void que l’inclination de la province y soit et qu’elle -fust portée et disposée à cela et non aultrement. - -Leur sera aussy représenté l’importance du faict d’Aubenas et combien -est non seullement mal séante, mais aussy dommageable au public la -dispute sy crimineuse entre les s^{rs} de Chambault et Pilotz, veu -qu’on est ce pendant en danger de perdre du tout lad. place pour le -général des esglises, et par conséquent pour les particuliers, qui -vouldront ne se deppartir point de l’union qu’il est sans doubte que -ce différent donne à ceux qui se roidissent à la rayer du roolle des -suretez, et courage à oppiniastrer leur injuste vollonté et espérance -d’en venir à bout. - -Pourtant il est trouvé nécessaire d’apporter en un tel faict et -dilligence et prudence, mesmes d’exhorter led. s^r de Chambault à -voulloir cedder ses intérêts à nos nécessitez publicques et ne donner -aucun empeschement en ce que la place soit seurement gardée pendant -la disputte principalle, et de ne donner occasion par une impatience -trop grande au sieur Pilotz de jouer à la désespérance et se précipiter -en des conselz qui seront et dommageables au général et malaisez à -repparer, ou finallement peu honnorables aud. sieur de Chambauld, qui -l’y auroit poussé pour ne voulloir rien relascher de ses prétentions. -Cependant, led. sieur de Saint-Germain est chargé de se transporter -sur les lieux s’il y est besoing, et prier le consel de Languedoc de -le faire accompaigner de tel ou telz qu’ilz trouveront à propos pour, -ayant ouy lesd. sieurs de Chambault et Pilotz, faire des ouvertures -d’accord entre eux deux par l’advis dud. Consel. L’église sera exhorté -de pourvoyr aussy aux moyens de payement de la garnison nécessaire pour -conserver la place au party des esglises. - -Et pour ce que c’est un grand préjudice à la négociation commencée -qu’il soit pourveu à la garde et gouvernement des places qui sont pour -la seureté des esglises ainsi que par leur nomination, l’assemblée, -ayant entendu que le sieur Rolles, papiste, a esté pourveu du -gouvernement de Sommières, savoir de l’estat de sergent-major, à -Montpellier, et Corbière de la compaignie du feu sieur de Leques, led. -sieur de Saint-Germain remonstrera que l’avis de Messieurs les depputez -est que toutes telles provisions ne soyent point receues, comme avec -grand contentement ilz ont entendu qu’elles ont esté reffuzées, et -les priera de voulloir recongnoistre de là combien il leur importe de -faire voire à tout le monde qu’elles veullent deppendre de l’union -généralle, affin qu’elles ne se rendent mesprisables et par conséquent -donner aultant d’empeschement à ce que les choses qui se traictent icy -n’y puissent leur estre profitable, quand il plaira à Dieu que cette -négociation se termine, selon le désir des gens de bien, à sa gloire, -à la consolation et assurance de tous ceux qui désirent la servir et -liberté de conscience. - -Finallement, par ce qu’il importe que l’assemblée soit entretenue -et continuée pour achever ce qui restera de nécessaire, et qu’il -est impossible que ceux qui y ont desja donné deux années demeurent -plus longtemps esloignez de leurs affaires, oultre plusieurs autres -considérations qui rendent nécessaire la substitution des depputez pour -renouveller lad. assemblée, sont priées lesd. esglizes du Bas Languedoc -de nommer un personnage suffizant et assigné, au lieu des sieurs baron -de Fons et Brunier leurs depputez et seront asseurez qu’on a desja -pourveu à l’entretenement de celluy qu’elles envoyront comme aussy de -tous les autres, sans que les provisions en soyent grevées. - -Faict et arresté en l’assemblée généralle des esglizes refformées de -France tenant à Chastellerault, le XXIIII^e...... 1598, et signé par -ordonnance d’icelle par moy depputé et secrétaire en icelle. Signé -Rochelle. - - - - -V - - - _1598, 11 avril.—Accord en consistoire de Julius Pacius et de Vismes, - recteur et régent du collège de Nîmes_[836]. - -Du sabmedy, 11^e apvril 1598, jour extraordinaire, le consistoire -assemblé après avoir invoqué le nom de Dieu. M. le juge criminel, MM. -le gardeseau, et d’Agulhonnet; M. Rozel, premier consul, M. Dumolin, -cappitaines Veyras et Boschier. Led. sieur juge conduisant l’action. - -S’est présanté M. de Vismes, lequel auroit dict que M. Pacieux auroit -esté à bon droict offancé de la délaction et propos tenuz par led. de -Vismes tant en consistoire que alheurs contre l’honneur et réputation -dud. sieur Pacieux, le priant le pardonner et ne fere aulcune poursuyte -en justice contre luy pour raison de ce dessus, déclairant aussy qu’il -le tient pour homme de bien et d’honneur, l’ayant tousjours cognu -de bonne vye et conversation, et de saincte et orthodoxe doctrine, -conforme à la confession des esglizes refformées de France, et que -telz propos ne debvoyent et de doibvent estre proférés ny mis en -advant contre led. sire Pacieux, le priant derechef se contenter de la -présante déclaration, que auroit faicte au consistoire le premier du -présant moys d’apvril, soit rayée, et autres escripts bifés et rompus. -Ce que a esté faict en présance des sus nommés. [Signés:] Robert de -Vismes. Calvière. De Chambrun. J. Pacius. Paien? Dagulhonet. Rozel, -consul. Maltret. Molin. Janotade (?) - - * * * * * - -[_En marge_:] - -M. Esaye Baille, ministre de l’églize d’Anduze, et Isaac Bolet, -ministre de l’églize de Vergèse, suivant la charge à nous donnée par -le synode provincial tenu ce jour d’huy en la présante ville déclairons -ce présent acte, ensemble le suivant ausquels M. le Juge Criminel a -présidé estre d’une assamblée mixte et non consistoriale, et pourtant -n’en pouvoir estre despêché aucun extraict portant tiltre des actes -consistoriaulx. Faict à Nismes ce 7 aoust 1599 par nous soubzsignés. -Baille. Bolet. - - * * * * * - -Et par lad. assamblée a esté deslibéré que la déclaration faicte par -led. M. de Vismes aud. s^r Patieux, pour raison du mariage de sa -belle-sœur, seroit registrée. La teneur de laquelle s’ensuit: «Je -soubzsigné recognois, déclaire, et confesse avoir, de mon propre -mouvemant et libre volonté, demandé et faict demander, à mon nom en -mariaige damoiselle Camille, filhe de M. Laurens Venturin, bourgeois -de Genève, en quoy et en la promesse de mariaige despuys ensuyvye -entre nous je n’ay esté nullement constrainct, mais ay le tout faict -par bone et meure deslibération, ay tousiours tenu comme je tiens -encores à présant lad. damoiselle Camilhe pour très honneste et très -vertuze et sans reproche, et que j’ay dict ou escript à Genève à M. de -Bèze et aux père et mère d’icelle damoiselle ou autres parsonnes ou -autre part quy puisse estre entandu contre la susdicte, recognoissant, -déclairant, et confessant et aulcunemant tant soit peu au préjudice -de lad. damoiselle et de son honneur, je l’ay rétracté comme mal et -imprudemant escript et contre vérité et tant qu’il peult aulcunement -fere ou estre entandu contre lad. damoiselle et contre son honneur, -priant la mesme damoiselle et ses pere et mere, et autres siens parens -de le me pardonner, l’imputant plus tost à inavertance et imprudance -qu’à malice. Laquelle recognoissance, déclaration, confession, et -demande j’ay faict en présance des soubzsignés magistratz, pasteurs, -et autres parsonnes d’honneur, lesquelles soubzsigneront avec moy la -présante escripteure en tesmoignage de vérité. Faict à Nismes au 25^e -mars 1598. Robert de Vismes ay faict la susdicte déclaration. Calvière. -Des Vignolles présant d’Agulhonnet. Moynier, ministre dudict Nismes. -Rozel, I^{er} consul. [_Au bas de la page_:] «J’ay reçeu l’original du -susdict extraict, l’ay rendu à M. Paccius qui me l’avoit ballié. J. -Moynier.» - - - - -VI - - _Extrait des instructions du pasteur Daniel Chamier, député par - l’assemblée de Chatellerault au synode national de Montpellier_[837]. - - -Mais il est advenu au grand regret desd. sieurs depputez que plusieurs -particuliers, quelques esglizes, et mesmes des provinces entières ont -faict démonstration de n’approuver pas beaucoup lesd. procceddures, -reffuzans de se joindre en icelles, les unes en se contantans -simplement de s’en tenir loing et en regarder l’issue, les autres en -les blasmant et s’y opposant trop ouvertement, en quoy les ungs et les -aultres sont de tant plus à condemner qu’il n’ont daigné communicquer -leur advis à lad. assemblée, pour la rendre cappable des raisonz qu’ilz -pensoyent avoir, ou se laisser eux mesmes instruire pour ramener par ce -moyen les choses à un mutuel contentement. - -Que ceux avec lesquelz on a eu affaire, gens qui tiennent la relligion -pour hérésie, et par conséquent en désirent l’abolition et la ruyne -de ceux qui en font profession, ont sceu très bien faire leur profit -de ces semences de division, selon qu’ilz ont tousjours accoustumé -de mesurer la condition des esglizes non pas à l’équité et justice, -laquelle ilz ne peuvent ou veullent comprendre, mais l’estat des -affaires, pour monstrer et cacher leur mauvaise vollonté sellon qu’ilz -le[s] voyent ou fortes ou foibles pour empescher leurs desseins; comme -de faict, lors de l’assanblée de Mantes, que ceux de la Ligue n’avoyent -point encores parlé de traicter avec Sa Majesté, dont les affaires -sembloyent par conséquent réduictz en assez mauvais estat, on ne -fist point de difficulté de dire qu’on trouvoit les demandes justes, -seullement qu’il falloit patienter et en attendre l’establissement de -sad. Majesté qui luy donneroit moyen de nous faire tous jouyr de ce -qui nous estoit deu. Mais depuis, tant plus il a pleu à Dieu de faire -prospérer les affaires de sad. Majesté, plus on a non seullement faict -naistre d’impossibilitez, mais aussy faict demonstration de trouver de -l’injustice èsd. demandes. - -Surtout quand à l’infidellité ou imprudence d’aucuns qui se disoyent -estre membres de tout ce corps, on a descouvert l’intention desd. -esglizes et par conséquent de l’assemblée généralle n’estre point de se -prévaloir des confusions de l’édict, moings encores de les augmenter -par les résolutions viollentes, ains seullement de finir par une bonne -paix, qu’on a aussy veu que cette union dont l’apprehension les avoit -esmeus n’estoit pas telle qu’on ne peust y faire brêche, on a [non] -seullement reffuzé ce qui n’estoit point accordé encores, mais aussy -remis en dispute plusieurs choses qui avoyent esté accordées, et en a -on retranché des articles qui ne sont pas de peu d’importance. - -Qu’entre ceux qui se sont le plus mal portez en lad. union, lad. -assemblée ne peult, à son très grand regret, qu’elle ne se plaigne -nommément de la province du Bas Languedoc, laquelle, adjoustant plus -de foy aux adviz donnez tantost de la part de quelques particuliers -que, estans à la cour, y voulloyent faire leurs affaires aux despens -du général, tantost de ceux mesmes qui sont tous, ouvertement et par -leur profession, contraires au bien et advancement des esglizes, que -non pas aux déclarations et protestations qui luy ont à diverses fois -esté faictes de par l’assemblée en corps et par les depputez mesme que -lad. province avoit en icelle, s’est persuadée et a voullu persuader -aux aultres qu’il ne tenoit qu’à ceux qui estoyent en lad. assemblée -que la paix ne fust à pièce faicte et que leurs intentions estoyent de -rejecter le royaume ès misérables confusions de la guerre civille, -jusques à ce laisser marquer le jour assigné pour la prise des armes. - -Ausquelz oppositions elle s’est laissée transporter sy avant que, comme -l’angoice en laquelle se trouvoit lad. assemblée pour veoyr une telle -province, sy considérable, et qui par le passé avoit sy heureusement -servy en cette cause, prendre un chemin sy préjudiciable non seullement -à tout le corps, mais aussy à son particulier, eust faict prendre -résolution d’y depescher le sieur de Saint-Germain, personnage des -plus qualiffiez et pour sa maison et pour sa suffizance, affin de -reschercher les remèdes aux confusions qu’estoyent dans icelles d’un -commun advis avec le consel qui y estoit estably et obligé à cela -par son debvoir, on le traicta sy indignement, au grand mesprix de -lad. assemblée généralle, qu’on ne luy voullust permettre d’assister -au consel; on ne voullust poinct aussy convocquer l’assemblée de -la province suivant la charge qu’il avoit de la requérir, et les -particuliers mesmes s’estrangèrent de luy, sans luy rendre les debvoirs -ausquelz l’honnesteté civille doibt porter un chascun, en quoy on se -plainct particullièrement des rudesses de Messieurs les Consulz et -Cappitaines de la ville de Montpellier. - -Que les choses survenues en la ville d’Aiguesmortes donné[e] de long -temps pour seureté, estant importante, laquelle on a par ce moyen mise -au grand hazard, ne peuvent qu’elles ne soyent trouvées très estranges -et par lesd. sieurs depputez en l’assemblée généralle, et par tous ceux -qui peuvent voire clair aux affaires, car ce ne peult estre sans un -très grand scandal qu’on ayt veu ceux qui faisoyent profession d’une -mesme religion s’acharner les ungs contre les autres, et ne pouvoir -ordonner qu’un contentement à ceux qui ne désirent pas mieux, après -s’estre veu eux mesmes trop foibles pour achever la ruyne des esglises, -que de les voire se déchirer elles mesmes. Que, l’union généralle ne -pouvant consister qu’en l’ayde et support mutuelle que se donneroyent -les particuliers les ungs aux autres, il est aysé à voire quelle -préjudice ont faict à leur conscience et debvoir ceux qui, après avoir -signé et juré lad. union, ont entreprins telz excès sans l’advis et -consentement des esglizes dont on avoit promis de voulloir deppendre. - - - - -VII - - _1600, mars.—Extrait d’un «rolle des pasteurs servantz actuellement - ez eglises du Bas Languedoc», dressé au synode provincial d’Uzès_[838]. - - -COLLOQUE DE NISMES - - Nismes, MM. Chambrun, Moinier, M. Ferrier et Suffren. - Galargues, Claveroles. - Aubais, de Marisy. - Clarensac, Tufan le père. - Aimargues, Fillon. - Calvisson, Renvoy. - Nages, Terond[839]. - Vergèses, Bolet. - Vauverd, Jannin. - Massilhargues, Justamond[840]. - Aiguesmortes, Bansillon. - Sommières, Chauve. - Saint-Giles, Sufren. - Bernis, Vuatelier. - Uchau, Venturin. - Saint-Laurent, Tufan le fils. - Vilevielle, Rufy. - - - - -VIII - - _1600, 23 août.—Conditions proposées au pasteur Gigord par l’église - de Nîmes afin de l’obtenir comme ministre_[841]. - - -Sur le traicté que l’esglise est avec M. Gigord de l’avoir pour -pasteur et lecteur en théologie en ceste ville, a esté exibé par M. -Cheyron les articles de la convention et pactes entre les parties, -et, iceulx leuz en l’assemblée et les voix recullies, a esté conclud, -suyvant la precedente desliberation du 10^e de ce moys, que M. Cheyron -s’acheminera a Montpellier pour traiter avec led. sieur Gigord et fere -ouverture des moyens pour le recouvrer. Et chargé de le raporter au -concistoyre sur les articles, desquels la teneur s’ensuyt: - -Premierement, on esté presentées et accordées au sieur Gigord les -professions tant du menistère que de téologie. - -Item a esté accordé aud. sieur pour les dicteux [_sic_] professions la -somme de quatre cens escus chesque an. - -Item a esté accordé aussy que la susd. somme de quatre cens escus sera -payée et deslivrée aud. sieur à quartiers avancés et chesque année. - -Item a esté aussy accordé et se chargent lesd. sieurs susnommés de -payer à M. Gigord lad. somme de quatre cens escus, encores que lesd. -sieurs susnommés ne jouyssent de six cens escus, lesquels, suyvant le -don du roy, fait aux ministres et menistère des esglizes réformées de -France, de la somme de cinquante mille escus et par distribution faicte -au synode national, ont esté ottroyés à l’église de Nismes pour y -dresser une académie en théologie. - -Item a esté accordé qu’il sera dressé ung auditoyre propre et -convenable pour la profession de théologie. - -Item se chargent lesd. sieurs du consistoyre de feire changer les -meubles dud. sieur Gigord à leurs despens. - - - - -IX - - _1601, 28 fév.—Confrontation en consistoire d’Anthoine Bonnet et de - Marguerite Brueisse, accusés de «paillardise»_[842]. - - -Enquise lad. Brueisse par l’organe dud. M^{re} Bonnet de dire la vérité -selon Dieu et sa conscience: sy jamais il l’a subornée et induict à -mal, ains, au contraire, s’il ne luy a faict plusieurs admonitions -d’estre sage et n’estre point esgarée comme elle estoit. - -Laquelle a dict que, selon Dieu et sa conscience, elle disoit la vérité -d’avoyr esté cogneue charnellement et randue ensaincte par led. sieur -Bonnet. - -Enquise par led. Bonnet en quel lieu il l’avoyt cogneue la première -fois et particulariser par le menu les artifices dont il uza..... - -A dict que ce feust au mois d’avril, après son retour de Castres, ung -jour qu’elle metoit du fumier à la murtie du jardin dud. Bonnet, de son -commandement elle monta au grenier du devant, et illec led. Bonnet la -tumba sur ung monceau de segle où par force il la cogneust, luy metant -ung mochoir à la bouche pour l’empêcher de crier, et lhors il luy donna -trois escutz en doutzains, et luy faisoit de grandes promesses. - -A requis led. Bonnet qu’elle déclaire s’il l’a jamais cogneue en autre -part. - -A dict qu’il l’a cogneue aud. jardin, à sa crote des Arènes, et à -Rodilhan, non alheurs. - -Led. Bonnet luy a remonstré n’estre vraysemblable qu’il la peult -forcer sur ung molon de segle, attandu que cela est glissant. - -A dict que ce feust tout joignant lad. segle. - -A requis aussi led. Bonnet qu’elle die la vérité, s’il l’a jamais -cogneue dans sa maison. - -A dict que non. - -Luy a remonstré que la commodité eust esté plus propre en sa maison -qu’alheurs, mesmes durant huict ou neuf jours que sa femme demeura -à Uzès allant visiter sa filhe, et que led. Bonnet et lad. Brueisse -couchoient en mesme chambre ung lit proche de l’autre. - -A dict qu’il n’avoit loisir de l’ataquer à la maison car sa filhe y -estoit; d’alheurs sa femme n’est poinct allée à Uzès despuis ce temps -là. - -Enquise par icelluy Bonnet de dire la vérité, s’il ne luy a paié ses -gages....., et si oultre cela il luy a donné autre chose pour l’induire -à mal. - -A accordé avoir esté paié de ses gages, et oultre ce avoir receu de luy -trois escutz dix solz comme elle a dict cy dessus, et encores une autre -fois quatre escutz en or qu’il luy donna après avoir esté recogneue -ensaincte, et lhors qu’il la fist aller à Saint-Gilles chez ung oncle -de lad. Brueysse, et les luy bailha dans sa maison. - -Led. Bonnet luy a dict qu’elle sçait bien la conversation et -familiarité qu’elle avoit avec... [_sic_] cordonier, lequel luy donna -ung aneau, et que c’est de ses euvres qu’elle a faict l’enfent, comme -elle a déclairé en sa première responce, à laquelle elle persévèreroit -si elle n’estoit constraincte par son frère. - -A nyé la conversation et d’avoyr receu l’aneau et persévère que -l’enfent est dud. Bonnet. Dict aussi que led. Bonnet sçait bien que par -promesse ou menasse l’avoit induicte à donner l’enfent aud., contre -la vérité et sa conscience, l’ayant à ces fins faicte aller chez son -beau-filz. - -. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - -Led. Bonnet a requis que lad. Brueisse dise la vérité: où elle feust -cogneue la première fois et combien il a de tenps. - -Lad. Brueisse a dict ainsi: «Voulés qu’iou vous ou digue? fouguet à -Roudilhan, a ung an per lou mens.» - -Led. Bonnet a dict que par les contrariétés de lad. Brueisse, la -companie peult juger en quelle conscience elle parle. Aussi est elle -une putain, ainsi que sera attesté par le tesmoignage de M^e Passebois, -de Seynes, Percet, et Chalas le jeune qu’il requiert estre ouys.... - -Ce faict, après que led. Bonnet a desnyé avoir jamais cogneu -charnellement lad. Brueisse, non pas mesmes l’avoyr baisée à la bouche, -sont sortis du concistoire. - -Et délibération prinse, Conclud que mecredy prochain, convoqué l’antien -concistoire, sera procédé au jugement de cest affere, et sera signifié -par M^r Gueissac aud. Bonnet de porter ses pièces justificatives si bon -luy semble. - - - - - BIBLIOGRAPHIE - - - ANQUEZ (Léonce).—_Histoire des assemblées politiques des réformés de - France_ (Paris, 1859, in-8). - - ARNAUD (E.).—_Documents protestants inédits du XVI^e siècle; synode - général de Poitiers, 1557; synodes provinciaux de Lyon, Die, Peyraud, - Montélimar et Nîmes en 1561 et 1562; assemblée des états du Dauphiné - en 1563; etc._ (Paris, 1872, in-8). - - ARNAUD (E.).—_Notice sur les controverses religieuses en Dauphiné - pendant la période de l’édit de Nantes_ (Grenoble, 1872, in-8). - - AUBAIS (M^{is} d’) et MÉNARD (Léon).—_Pièces fugitives pour servir - à l’histoire de France_ (1546-1653) (Paris, 1759, 2 tomes en 3 vol. - in-4). - - AYMON.—_Tous les synodes nationaux des églises réformées de - France..._ (La Haye, 1710, 2 vol. in-4). - - BENOIST (Élie).—_Histoire de l’édit de Nantes_ (Delft, 1693, 5 vol. - in-4). - - BORREL.—_Histoire de l’église réformée de Nîmes_, 2^e éd. 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(Saumur, 1657, in-4). - - _Discours envoyé à Mgr l’illustrissime cardinal de Sourdis..., - contenant succinctement et au vray le narré de la conférence commencée - à Nismes dans la maison du Roy...... entre le R. P. Coton... et M. - Chamier..._ (Avignon, 1600, in-8). - - DUPLESSIS-MORNAY (M^{me}).—_Mémoires_, éd. par M^{me} de Witt, née - Guizot (Paris, 1849, 2 vol. in-8; _Soc. de l’hist. de France_). - - _Émotion arrivée en la ville de Nîmes en Languedoc le 15^e de juillet - de l’an 1613, envoyée par les sieurs consuls dud. Nîmes aux sieurs - députés généraux des églises réformées de France résidents près Leurs - Majestés, avec l’excommunication de M. 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Coton_ (Paris, 1875-1878, 5 vol. in-8). - - _Procès (Le) de la ville de Nismes, fait et formé tant sur les - mémoires envoyés par l’assemblée des trois villes de Montpellier, - Nismes et Usez aux députés généraux de leurs Églises que sur toutes - les séditions advenues aud. Nismes depuis le quinzième juillet - jusqu’au mois de novembre 1613..._ (Chantely, 1613, in-8). - - PUECH (Le D^r Albert).—_Un évêque de Nîmes au commencement du XVII^e - siècle: Pierre de Valernod_ (1561-1625) (Nîmes, 1887, in-8). - - PUECH (Le D^r Albert).—_Un Nîmois oublié: le pamphlétaire Guillaume - de Reboul_ (1564-1611) (Nîmes, 1889, in-8). - - PUECH (Le D^r Albert).—_Une ville au temps jadis ou Nîmes à la fin - du XVI^e siècle, d’après le compois de 1592 et des documents inédits_ - (Nîmes, 1884, in-8). - - READ (Charles).—_Daniel Chamier; journal de son voyage à la cour - d’Henri IV, en 1607_ (Paris, 1858, in-8). - - READ (Charles).—_Henri IV et le ministre Daniel Chamier, d’après un - journal inédit du voyage de ce dernier à la cour en 1607..._ (Paris, - 1854, in-8). - - REVILLOUT (Charles).—_Le jurisconsulte Julius Pacius de Beriga avant - son établissement à Montpellier_ (1550-1602) (Montpellier, 1882, 30 - pp. gr. in-4). - - ROVERIUS.—_De vita P. Petri Cotoni libri tres..._ (Lyon, 1660, in-8). - - SOUBEIRAN (N.).—_Essai historique; l’église réformée de Saint-Laurent - d’Aigouze_ (Nîmes, 1888, 40 pp. in-8). - - SULLY.—_Oeconomies royales_ (_Coll. Michaud et Poujoulat_, 2^e série, - t. II-III). - - THOU (J.-A. de).—_Historiarum sui temporis libri CXXXVIII_, trad. - franç. par Desfontaines, Lebeau, Le Mascrier, Adam et Leduc (Paris, - 1734, 16 vol. in-4). - - _Troisième (Le) centenaire de l’édit de Nantes en Amérique et en - France_ (Paris, 1899, in-8). - - VAISSETE et DEVIC (D.-D.).—_Histoire générale de Languedoc_, nouv. - éd. (Toulouse, 1872-1892, 15 vol. in-4). - - WEISS (N.).—_Difficultés et obstacles que rencontra l’édit de - Nantes_; voy. _Troisième centenaire de l’édit de Nantes_. - - - - - TABLE DES NOMS CITÉS - -(Les noms des personnes sont en petites capitales, les noms des lieux -en italiques.) - - - AGULHONET, pp. 63 notes, 65 n. 3, 115 n. 4, 191, 192, 193, 207, 208. - - AGULHONET (Jacques d’), p. 33. - - _Aigues-Mortes_, pp. 130, 137 n. 2, 204, 211, 212. - - AIGUILLIONET. Voy. AGULHONET. - - _Aimargues_, pp. 6, 10, 65, 95, 107, 110, 145, 153, 212. - - _Alais_, pp. 6, 13, 15, 16, 75, 91, 112, 138, 171, 173 n. 6, 174-80. - - ALBENAS (D’), pp. 63 n. 8, 82, 84 n. 5, 103 n. 2. - - ALPHONSE, pasteur, pp. 6, 24 n. 3. - - ANDRÉ (Jehan), dit Radel, pp. 34, 55 n. 5, 193 et n. 2. - - _Anduze_, pp. 5 n. 3, 6, 11, 19 n. 4, 24 n. 3, 65, 135, 172, 176, 207. - - ANTOINE, p. 87. - - ARIFFON, p. 89. - - ARNASSANE, p. 61. - - ARNAUD (Daniel), seigneur de la Cassagne, pp. 33, 192, 193, 194. - - ARSEGNELLE (Loyse), p. 62. - - ASTRUC (Jean), dit Barbut, pp. 61, 62, 113. - - _Aubais_, pp. 8 n. 3, 67 n. 8, 212. - - AUBAIS (M^{me} d’), pp. 22, 63. - - _Aubenas_, p. 205. - - AUDIBALLE (Estienne), p. 60. - - AUDIFFRET, p. 13. - - AUGIER, p. 61. - - _Aujargues_, p. 67 n. 1, 74 n. 5. - - _Aumessas_, p. 173 n. 6. - - _Avèze_, p. 6. - - _Avignon_, pp. 98, 147, 149, 151. - - AYMIN (Annibal d’), p. 142. - - - BABOYS, p. 87. - - BAGARD, p. 95-6. - - BAILLE (Esaye), pasteur, pp. 6, 11, 135, 172, 176, 207, 208. - - _Bâle_, pp. 15 n. 2, 172. - - BANSILLON, pasteur, pp. 67 n. 1, 74 n. 5, 137 n. 2, 212. - - BARONIUS (Le cardinal), p. 154 n. 2. - - BARRIÈRE, p. 96 n. 4. - - BAUDOUIN (Jehan), p. 194. - - BAUDOUIN (Louis), pp. 34, 194. - - _Beauvoisin_, pp. 83, 110 n. 3. - - _Bernis_, p. 212. - - BERRIER (Bedon), p. 113. - - BERTHIER, syndic du clergé, p. 129. - - BERTICHÈRES (Le sieur de), p. 204. - - BERTRAND, pasteur, pp. 12 n. 2, 135 n. 2. - - BESSONNET (M^{lle} de), p. 100 n. 2. - - BÈZE (Théodore de), pp. 36, 208. - - BILLANGES (Le capitaine), p. 95. - - BLACHIÈRE (Jehan), proposant, p. 18. - - BLANC (Jacques), p. 194. - - BLAUSAC (Le capitaine), p. 84. - - BLISSON (Claude), pp. 10, 33, 65 n. 3, 194. - - _Boissière_, p. 14. - - BOLET (Isaac), pasteur, pp. 207, 208, 212. - - BOLLANGES, p. 61. - - BON, pp. 94, 146. - - BONHOMME (Cathelin), p. 62. - - BONHOMME (Jacques), pp. 33, 191. - - BONNAIL, p. 90 n. 5. - - BONNET (Antoine), pp. 86, 214-16. - - BOSCHIER (Jean), pp. 34, 85 n. 2, 116 n. 1, 191. - - BOSCHIER (Le capitaine), p. 207. - - BOSQUIER, pp. 33, 108, 191, 192, 193. - - BOSQUIER LE VIEUX, p. 193. - - _Boubaux_, pp. 22, 24. - - BOURCAS, p. 61. - - BOURGES, p. 194. - - BOURGES (Jean), p. 34. - - BOURGUET, pp. 34, 192, 194. - - BOURNET, p. 82. - - BOUTARDE, p. 61. - - _Brenoux_, pp. 14, 22. - - BROQUIÈRE, p. 85. - - BRUEISSE (Marguerite), pp. 86, 214-16. - - BRUGUIER (Marcelin), notaire, p. 54 n. 6. - - BRUNIER, pasteur, pp. 7, 11, 155, 156, 206. - - BUNYE, p. 61. - - BURDEUS, p. 154. - - - CAILLE, pasteur, pp. 135 n. 4, 172, 178. - - CALIGNON, p. 185. - - CALVIÈRE (Daniel de), pp. 45, 55 n. 2, 63 n. 8, 90 n. 5, 92 n. 4, 96 - n. 4, 114, 115 n. 4, 117, 140, 143, 194, 197, 207, 208. - - CALVIÈRE (M^{lle} de), pp. 63, 94. - - CALVIÈRE (Guillaume de). Voy. SAINT-CÉZAIRE DE GAUZIGNAN, (Guillaume - de Calvière, sgr. de). - - CALVIN, pp. 96, 147. - - _Calvisson_, pp. 65, 124, 212. - - CAMILHE, p. 208. - - CANONGE, p. 61. - - CAPPON (Jean ou Philippe), pp. 8, 34, 53 n. 1. - - CASTELNOU, pp. 117, 194. - - _Castres_, pp. 102, 138 n. 1, 152, 214. - - CHABAUT, p. 9. - - CHALAS, avocat, pp. 45 n. 1, 65 n. 3, 68, 140, 142, 178, 216. - - CHAMBAULD, p. 205. - - CHAMBRUN (Pineton de), pasteur, pp. 9 n. 3, 20, 38 n. 2, 66, 72, - 77 n. 5, 106 n. 2, 114, 117, 135 n. 2, 171, 173, 175 n. 2, - 177, 191, 207, 212. - - CHAMBRUN (M{^lle} de), p. 12 n. 1. - - CHAMIER (Daniel), pasteur, pp. 130 n. 1, 141-5, 146 n. 1, 155, 177, - 179 et n. 2, 209. - - CHASTEAUNEUF (Le sieur de), pp. 61, 191. - - CHATILLON, p. 84. - - CHAUVE, pasteur, p. 212. - - CHEYRON (Guidon), pp. 31 n. 1, 33, 52 n. 3, 71 n. 3, 106 n. 2, - 139 n. 1, 140, 178, 191, 192, 193, 194, 213. - - _Clarensac_, p. 212. - - CLAVEROLES, pasteur, p. 212. - - CLOCHE (Marguerite), p. 62. - - CLOZONE (Le sieur de), p. 195. - - _Codognan_, pp. 29, 30, 31. - - COMBES (Claude de), pp. 34, 194, 195. - - COMBES (Jean), p. 88. - - _Congeniès_, pp. 8 n. 3, 54, 55, 67 n. 2. - - CORBIÈRE, p. 206. - - CORNIARET (Jean), p. 54 n. 4. - - CORTOIS (Étienne), p. 123 n. 3. - - COTON (Le P. Pierre), jésuite, pp. 75, 83, 138-49, 175. - - COTTELIER, p. 95. - - COTTON, p. 107 n. 1. - - COUET, pasteur, pp. 15 n. 2, 172. - - CREGUDE (Suzanne), pp. 197-201. - - CROZET (Jacques ou Antoine), pp. 34, 194. - - CUSSY (Claude de), p. 62. - - - DAGULHONET. Voy. AGULHONET. - - DAIRON. Voy. DEYRON. - - DALBIAC, pp. 53 n. 4, 58. - - DARBOUSES, p. 55 n. 2. - - DAVIN (Anthoine), pp. 33, 45 n. 1, 194. - - DELEUSE (Claude), p. 60. - - DEMEZAT (Le P.), pp. 141 n. 1, 144. - - DES MARTINS, p. 145 n. 1. - - DESSAC (Jehan de), proposant, p. 10 n. 5. - - DES VIGNOLLES, p. 208. - - DEYRON (Jacques), pp. 33, 194. - - DOSTALY, pp. 34, 193. - - DRULHON (Arnaud), p. 192. - - DUGRAS, p. 114. - - DUMAS (Pierre), pp. 33, 193, 194. - - DUMAS (Jehan), p. 97. - - DUMOLIN, pp. 52 n. 4, 63 n. 5, 191, 207. - - DU PLESSIS-MORNAY (M^{me}) pp. 87 n. 2, 183 n. 1. - - DUPRIX (Antoine), pp. 33, 108, 109, 191. - - DUTOUR (Suzanne), p. 172 n. 2. - - DU VIEULX, p. 66. - - DU VIEULX (Antoine), pp. 33, 194. - - DU VIEULX (Rostang), pp. 68, 192, 193, 194. - - - ENARD (Denys), pp. 59, 60. - - - FALCON, FAUCON, p. 33, 191. - - FALGUEROLLES (Claude de), pasteur, p. 9. - - FALGUEROLLES (Jean de), pasteur, pp. 7, 8 n. 3, 9 n. 2 et 4, 12 n. 1, - 17 n. 2, 20, 45 n. 6, 59 n. 2, 66, 68, 72, 74, 77, 86-7, 90, - 102 n. 7, 135 n. 2, 136, 146 n. 1, 169, 171, 172 notes, 191. - - FAREL (Adam), pp. 52 n. 4, 84 n. 5, 95, 193. - - FAUCHIER, p. 194. - - FAVIER (Pierre de Vestric, sgr. de), pp. 8, 33. - - FAVIER (M^{me} de), pp. 94, 98-9, 102, 149-50. - - FAZANDIER, p. 95. - - FÉLIX, proposant, p. 17 n. 3. - - FERRIER (Jérémie), pasteur, pp. 6, 10, 13, 15, 16, 38 n. 2, 75, 91, - 98, 137, 138-40, 167 n. 2, 173-80, 212. - - FERRIOL (Le capitaine), p. 117. - - FILLON, pasteur, pp. 6, 10, 212. - - FOËTON (Jacques), p. 94. - - FOLCHIER, p. 192. - - _Follembray_ (Édit de), p. 119. - - FONS (Baron de), p. 206. - - FONTFROIDE (Bauzile), pp. 34, 52 n. 1 et 4, 65, 90, 191. - - FOSSEUSE, p. 117. - - FOUCARD (Claude), p. 194. - - FOURNIER (Balthezart), pp. 34, 52 n. 4, 191. - - FOURNIER (Jehan), p. 96. - - FRANÇOIS (Charles), p. 59 n. 3. - - FRESNE-CANAYE (Le président de), pp. 138, 144. - - - GAISSAC (Jehan), pp. 33, 194. - - _Galargues_, pp. 124, 212. - - GANSY (Daniel), p. 85. - - GANTELME, proposant, p. 16 n. 2. - - GASAIS, pp. 197-201. - - GASPARD, p. 62. - - GASQUES (Christofle de Barjac de), pasteur, pp. 6, 9 n. 7, 135. - - GAUBIN (Arnaud), p. 54. - - GAULTIER (Le capitaine), p. 204. - - _Genève_, pp. 17, 20, 21, 22, 23, 72, 117, 126, 136 n. 2, 149, 172, - 208. - - _Gignac_, pp. 26, 87. - - GIGORD (Jean), pasteur, pp. 5, 7, 13, 17 n. 2, 135, 167 n. 2, 169, 178 - et n. 4, 179, 213. - - GINAC (Jehan), proposant, p. 18. - - GIRARDIN (Estienne), pp. 197, 199. - - GONSETTE, p. 85 n. 2. - - GOULARD, pasteur, pp. 15, 172. - - GOURDOUSE, p. 198. - - GRANIER (Paul), pp. 193, 194. - - GRAS (Le capitaine), p. 85. - - GRÉGOIRE (Georges), p. 34, 191. - - _Grenoble_, p. 57 - - GRIL (Jean), pp. 34, 47 n. 4, 76 n. 2, 192, 193, 194. - - GUEISSAC, p. 216. - - GUEYSSAC (M^{lle} de), p. 101 n. 4. - - GUÉRIN (Arnaud), p. 194. - - GUILIEN (Mathieu), p. 59. - - GUIRAN (André), proposant, p. 86. - - GUIRAUD, p. 61. - - GUIRAUD (David), pp. 34, 194, 195. - - GUIRAUD (Guillaume), pp. 39, 40, 191. - - GUIRAUDON (Anthoine), pp. 193-194. - - _Guyenne_, p. 129. - - - _Heidelberg_, pp. 17, 20. - - HENRI IV, pp. VIII-IX, 4, 147, 181-9. - - HON (François), p. 59. - - HURET (Grégoire), p. 151 n. 4. - - - JANIN, pp. 52 n. 3 et 4, 54 n. 2, 212. - - JANNY (Claude), pasteur, p. 14. - - JANON, p. 61. - - JANOTADE, p. 207. - - JAQUY (Sébastien), p. 135 n. 4. - - JAUDIN (Jean), p. 95. - - JHANIN (Le capitaine), p. 192. - - JOLLY (Arnaud), p. 23. - - JONNY, p. 117. - - JULIEN, pasteur, p. 135 n. 4. - - _Junas_, pp. 8 n. 3, 29, 30, 67 n. 2. - - JUSTAMOND, p. 212 et n. 3. - - - LA CASSAGNE. Voy. ARNAUD (Daniel), seigneur de la Cassagne. - - LA CROIX (M^{lle} de), p. 63. - - LA FARELLE, pp. 85, 92 n. 4, 99. - - LA FAYE, pasteur, pp. 101 n. 2, 115, 135. - - LA MARTINOLE, p. 91. - - _La Melouze_, p. 22. - - _Langlade_, p. 14. - - LANGLADE, pp. 192, 193. - - LANSARD (Pierre), pp. 33, 94, 193, 194. - - _La Rochelle_, p. IX. - - LA ROUVIÈRE (M^{lle} de), p. 63. - - _La Salle_, pp. 29, 31, 35 n. 2 et 3, 41, 107, 110. - - LAURANT, pasteur, p. 11 n. 5. - - LAURENS (Daniel), pp. 106 n. 2, 193, 194. - - _Laval_, p. 22. - - LEBLANC (Jacques), p. 119 n. 2. - - LEONARDE, p. 61. - - _Léran_ (Château de), p. 151 n. 4. - - LESDIGUIÈRES (Le duc de), p. 147 n. 4. - - _Le Vigan_, pp. 6, 39, 41, 107, 135, 136 n. 2. - - LHERMITTE, p. 87. - - LOMBARD, p. 45 n. 1. - - LOMBARD (Jean), p. 85 n. 2. - - LUC (Françoise de), p. 82 n. 1. - - _Lyon_, p. 146 n. 1. - - - MAJOL (Honorat), p. 153. - - MALAFOSSE (Jacques), pp. 54-5. - - MALESSAGUE (Jean), p. 84. - - MALMONT (Antoine de), p. 54. - - MALTRAIT, pp. 33, 100 n. 2, 192, 194, 207. - - _Mantes_, pp. 155, 209. - - MANUEL (Daniel), pp. 34, 106 n. 2, 192, 193, 194. - - MARIAIGE (Simon), p. 97. - - MARISY, MARITY (Roland Mengin de), pasteur, p. 8, 180 n. 4, 212. - - MARTIN, p. 45 n. 1. - - MARTIN (Anthoine), p. 85. - - MARTIN (Vidal), pp. 33, 52 n. 4, 191, 192. - - MARTINE, p. 85. - - _Marvéjols_, pp. 77 n. 4, 177. - - _Massillargues_, pp. 14, 42 n. 4, 212. - - MASSOUVERAIN, pasteur, pp. 13, 212 n. 2. - - MAURE (Bernardine), p. 61. - - MAURICE (Paul), pasteur, pp. 14, 145 n. 6. - - MAURIÉ (Antoine), p. 107 n. 2. - - MAURIN, p. 61. - - MAZAUDIER, pp. 33, 45 n. 1, 53 n. 4, 191. - - MAZEL, p. 116. - - _Meirueys_, p. 20. - - MÉJANES (Robert de), pp. 192, 194. - - _Mende_, p. 117-8. - - MICHEL (Anthoine), dit Molezan, pp. 192, 193. - - MICHEL (La femme de Pierre), p. 58. - - _Milhaud_, p. 39. - - MOLEZAN. Voy. MICHEL (Antoine), dit Molezan. - - _Molières_, pp. 6, 108. - - MOLIN, p. 207. - - _Montauban_, pp. 87 n. 2, 149-50, 168. - - _Montdardier_, pp. 30, 35 n. 2 et 3, 40. - - _Montélimar_, pp. 141, 177. - - MONTELZ (Pierre de), p. 95. - - MONTLOY, p. 61. - - MONTMORENCY-DAMVILLE (Henri de), pp. XVIII, 82 n. 1, 151 n. 4. - - MONTMORENCY (Marguerite de), p. 151 n. 4. - - _Montpellier_, pp. 9 n. 7, 19 n. 4, 59 n. 3, 69, 103, 135, 136 n. 2, - 149, 151, 163, 166, 167 n. 2, 169, 178, 201, 206, 209, 211, 213. - - MOYNIER (Jean), pasteur, pp. 7, 8, 10, 13, 17 n. 2, 18, 35 n. 1, 38 - n. 2, 72, 77, 106 n. 2, 110, 116 n. 1, 135, 145, 146, 169, - 175-8, 191, 209, 212. - - MYRMAN, proposant, p. 148 n. 5. - - - _Nages_, pp. 14, 146, 212. - - _Nantes_ (Edit de), pp. XV, 4, 19, 74 n. 1, 76-77, 108, 119-20, 131, - 153, 155-9, 160-70, 180-9. - - NICOLAS, p. 145. - - _Nîmes._ Voy. _Table des matières_. - - _Nîmes_ (Académie de), pp. 7, 17 n. 2, 81, 163, 166, 167 n. 2, 169, - 173 n. 6. - - _Nîmes_ (Colloque de). Voy. _Table des matières_. - - _Nîmes_ (Consistoire de). Voy. _Table des matières_. - - _Nîmes_ (Hôpital de), p. 63 et n. 8. - - NISSOLE, pasteur, p. 145. - - NIVOLAT (Jean), p. 153. - - NOGAREDE (Pierre), p. 195. - - NOGUIER, pp. 59, 97, 101, 115. - - NYSMES (David), p. 194. - - - _Orange_, p. 135 n. 4. - - - PACIUS (Julius), pp. 46, 47, 81, 88 n. 6, 89 n. 2, 126, 148 n. 5, 207, - 208, 209. - - PAGESE (Anne), p. 61. - - PALOT, receveur des églises, pp. 162 n. 2, 164, 165 notes, 166 n. 1, - 167 n. 3. - - PANSIET, p. 95. - - PARANT (La veuve de), pp. 60, 61. - - PASQUIER, pasteur, p. 5 n. 3. - - PASSELAR, p. 90. - - PATIEUX. Voy. PACIUS (Julius). - - _Pecais_ (Fort de), p. 204. - - PÉLADAN, p. 2. - - PERCET, p. 216. - - PILOTZ, p. 205. - - PONS (Jean), p. 10. - - PORREAU, p. 108. - - PORSAN, POURSAN (Le P. Antoine), jésuite, pp. 136 n. 2, 146 et n. 1. - - POUJOL (Claude). Voy. PUJOL (Claude). - - PRIVAT (Le capitaine), pp. 107, 191. - - PUJOL (Claude), pp. 34, 192, 193. - - - RADEL. Voy. ANDRÉ (Jehan) dit Radel. - - RALLY, proposant, p. 90. - - REBOUL (Guillaume de), pp. 29 n. 4, 101, 135 n. 2, 136, 145, 154. - - RENVOY, pasteur, p. 212. - - REYNE (Catherine), p. 97. - - RHODES (Le P.), jésuite, pp. 75, 176. - - RICAUD, pasteur, p. 5 et n. 5. - - RICHELIEU (Le cardinal de), p. 173 n. 6. - - RIQUETTE (Marie), p. 97 n. 1. - - RIVIÈRE (Paul), pp. 197-201. - - ROCHEMORE (M^{me} de), p. 63. - - _Rodilhan_, pp. 214-16. - - ROLLAND (Jehan), p. 194. - - ROLLES, p. 205. - - ROSSEL, pasteur, pp. 26, 87. - - ROSSEL (Pierre), pp. 40 n. 7, 192. - - ROUSSE (Honnorade), p. 62. - - ROUVIÈRE, p. 95-6, 199. - - ROUX (Isaac), p. 65. - - ROZEL, p. 45 n. 1. - - ROZEL (Le lieutenant de), pp. 143, 145, 207, 209. - - ROZEL (M^{lle} de), p. 63. - - RUDAVEL, pasteur, p. 103. - - RUFY, p. 212. - - - SABATIER (Anthoine), p. 34, 52 n. 1, 191. - - SAINT-CÉZAIRE DE GAUZIGNAN (Guillaume de Calvière, sgr. de), pp. 33, - 68, 73, 103, 106 n. 2, 193. - - SAINT-CÉZARY (De). Voy. Saint-Cézaire de Gauzignan (Guillaume de - Calvière) sgr. de. - - _Saint-Denis_, p. 14. - - SAINT-ESTIENNE, p. 61, 89. - - SAINT-GERMAIN (Le sieur de), pp. 156-7, 202, 204, 205, 206, 211. - - _Saint-Germain de Calberte_, p. 135. - - _Saint-Gilles_, p. 120, 122-3, 148, 151, 212, 215. - - SAINT-HUICT (Jean), p. 60. - - _Saint-Jean de Gardonnenc_, p. 5 et n. 5. - - _Saint-Jean de Valeriscle_, p. 54. - - _Saint-Laurent_, p. 212. - - _Saint-Martin de Boubaux._ Voy. _Boubaux_. - - SAINT-TÉODORITE, p. 88. - - SAINT-VERAN, p. 65 n. 3. - - SALHENS (Vidal de), pp. 34, 194. - - SALVAY, pasteur, p. 146 n. 1. - - SALVETON (Laurens), pp. 33, 71, 194. - - SAROUILLE, p. 107 n. 1. - - SAUJETTE (Saurette), p. 62. - - _Sauve_, pp. 5 n. 4, 6 n. 2, 19 n. 4, 41 n. 6. - - SAVIN, p. 108. - - SCHOMBERG, pp. 185-6. - - SERRES (Olivier de), p. 135 n. 4. - - SEYNES, p. 216. - - SEZARDE, p. 61. - - SIGALON (Jacques), pp. 55 n. 5, 193, 194. - - SIXMARD, p. 84 n. 2. - - _Solorgues_, p. 14. - - _Sommières_, pp. 12, 124, 205, 212. - - SOURDIS (Le cardinal de) p. 142. - - SUFFREN (Barnabé), pasteur, p. 22. - - SUFFREN (Mardochée), pasteur, pp. 1, 18 n. 1, 22-23, 212. - - SURIAN (Jean), pp. 34, 194. - - SYMÉON (Barthélemy), p. 90. - - - TAUSAN (Denis), p. 96 n. 4. - - TEL (Pierre), p. 91. - - TEMPESTE, pasteur, p. 11. - - TEROND, pasteur, père du suivant, p. 20. - - TEROND, THEROND (Jean), pasteur, pp. 14, 17 n. 3, 20-22, 23, 24, 172, - 176 n. 1, 178, 212 et n. 2. - - TOLOSANI, pasteur, p. 154. - - _Toulouse_ (Parlement de), pp. 37 n. 3, 122, 130, 150. - - TOURNIER, p. 191. - - _Tournon_, p. 150 n. 4. - - TOURREL, pp. 107 n. 2, 191. - - TUFAN, pasteur, pp. 18 n. 1, 23, 212. - - - _Uchau_, p. 212. - - UNAL (Pierre), pp. 33, 193, 194. - - URSY (Michel), p. 194. - - _Uzès_, pp. 7, 9 n. 7, 19 n. 4, 136 n. 2, 212, 215. - - - _Vabres_, p. 152. - - VABRESSE (Jehanne), p. 97 n. 1. - - VALERNOD (Jean de), p. 82 n. 1. - - VALERNOD (Pierre de), évêque de Nîmes, pp. 82, 103 n. 1, 143, 148. - - VALETE, p. 31. - - VALLAT (Guillaume), pp. 192, 193. - - VALLONNE, p. 61. - - VARLÈDE (Jehanne), p. 58. - - _Vauvert_, pp. 14, 212. - - VENTADOUR (Le duc de), pp. XVIII, 6 n. 6, 151 et n. 4, 167 n. 3. - - VENTURIN (Camille), p. 46 n. 1. - - VENTURIN (Daniel), pasteur, pp. 2, 6, 212. - - VENTURIN (Laurens), p. 208. - - _Vergèse_, pp. 207-212. - - VERQUIÈRE, p. 53 n. 4. - - VESTRIC. Voy. FAVIER (Pierre de Vestric, sgr. de). - - VEYRAS (Le capitaine), pp. 34, 52 n. 4, 192, 193, 207. - - _Vezenobre_, p. 103. - - VIC (Méry de), p. 185 et n. 4. - - VIÇOZE (Le sieur de), p. 168. - - VIDAL, p. 61. - - VIDALLE (Jehan de), p. 72. - - VIEULX. Voy. DU VIEULX. - - _Villevieille_, pp. 67 n. 1, 74 n. 5, 212. - - _Viollande_, p. 113. - - VIRET, pp. 27, 28. - - VISMES (Robert de), pp. 46, 207, 208. - - VOLPELLIÈRE (Le capitaine), p. 153. - - - WATELIER, p. 212. - - - YSAC, p. 200. - - YSSOIRE, p. 88. - - - - - TABLE DES MATIÈRES - - - INTRODUCTION - - Pages - - Organisation générale du parti protestant. Les assemblées - politiques.—Les assemblées ecclésiastiques.—Celles-ci - maintiennent l’unité du parti.—Importance du consistoire vii - - Plan xiii - - Sources xvi - - - I.—LES PASTEURS - - Leurs fonctions 1 - - Leur entretien. Contrats d’engagement.—Gages en espèces.—Gages - en nature.—Avantages matériels.—Pauvreté.—Pension de - retraite.—«Assistance» de leurs veuves et orphelins 4 - - Petit nombre des pasteurs.—Difficulté d’acquérir un pasteur - «perpétuel».—Négociations.—Dissensions entre les églises à ce - sujet 13 - - «Proposants» ou écoliers en théologie. Contrats - d’engagement.—Études.—Prérogatives.—Entretien.—Jean Terond et - Mardochée Suffren 16 - - - II.—COMPOSITION ET FONCTIONNEMENT DU CONSISTOIRE - - Composition. Fonctions du «diacre» et de l’«ancien».—Membres - du consistoire.—Leurs élections.—Leur classe - sociale.—Oppositions.—Entrée en charge.—Division du - travail.—Employés 27 - - Fonctionnement. Séances ordinaires.—Leurs dates.—Leur - présidence.—«Quorum» obligatoire.—Séances de - censure.—Consistoires extraordinaires.—Ce qu’on entend par - «actes consistoriaux» 41 - - - III.—LES FINANCES DU CONSISTOIRE - - Comptes du «receveur des deniers de l’église» et du «receveur - des deniers des pauvres» 51 - - Deniers des pauvres. Recettes.—Qui on assiste.—Secours en - nature.—Tableau des secours délivrés par le consistoire - de Nîmes entre janvier et mars 1596.—Visites de - charité.—Surveillance de l’hôpital des pauvres 54 - - Deniers de l’église. Dépenses.—Recettes: les imposés; la levée - des rôles.—Églises «ingrates».—Pension payée par la ville 64 - - - IV.—L’AUTORITÉ DU CONSISTOIRE SUR LES FIDÈLES - - Lutte du consistoire contre l’influence catholique. - «Superstitions».—La tradition catholique 79 - - Les «vices» qu’il combat. La «paillardise.»—Adultère et - divorce.—Enquêtes de mœurs.—La «coquetterie».—Les censurés - mécontents 83 - - Son intervention dans les querelles de ménage.—Les bancs du - temple.—Réconciliations 87 - - Plaisirs permis. Spectacles et jeux défendus.—Le repos du - dimanche.—Fêtes de corporations.—La danse interdite.—Les - «charivaris» 91 - - Dénonciations.—Police consistoriale 96 - - Citations à comparaître; retards à s’y rendre.—Enquêtes.—Peines - décrétées; leur application. Les nobles et les - notables.—Entente des consistoires pour la police 97 - - - V.—INFLUENCE DES ASSEMBLÉES SUR LE GOUVERNEMENT MUNICIPAL - - Consuls. Les anciens au conseil de ville.—Les consuls et - les conseillers aux consistoires extraordinaires.—Influence - réciproque.—La police faite par le consistoire.—Pension payée à - l’église par la ville 105 - - Magistrats. Moins soumis que les consuls.—Leur ingérence dans - les affaires ecclésiastiques.—Mesures de résistance.—Ils - assistent aux consistoires extraordinaires.—Ils exécutent les - décisions consistoriales.—Juridiction du consistoire 111 - - Conclusion. La théocratie nîmoise.—Protestation des magistrats - contre le développement de la juridiction du consistoire - (1562).—Influence personnelle des pasteurs et des anciens 116 - - - VI.—RAPPORTS AVEC LES CATHOLIQUES - - Méfiance réciproque des papistes et des huguenots 119 - - Un «parti» catholique dans le colloque.—Son - impopularité.—Relâchement des mœurs du clergé 121 - - Le calvinisme religion d’État.—Entraves à l’exercice du culte - romain.—Les catholiques exclus du gouvernement.—Mesures - vexatoires prises contre eux.—Les rentiers des bénéfices - dépouillés ou taxés pour l’entretien des pasteurs.—Arrêts du - Parlement et de la cour des Aides contre cet état de choses 124 - - - VII.—RAPPORTS AVEC LES CATHOLIQUES (_Suite_). - - Lutte d’influence morale entre les deux partis 133 - - Propagande par les écrits. Les synodes la - régularisent.—Commission pour l’examen des ouvrages.—Les - imprimeurs responsables.—Pasteurs désignés pour répondre aux - pamphlets.—Pasteurs poursuivis en justice 134 - - Propagande par la parole. 1. Controverses. Permission du - magistrat.—Exemple: controverse entre Daniel Chamier et le - P. Coton (1600).—Influence des controverses sur la foi et les - conversions.—2. Prédications. Succès du P. Coton.—Influence des - jésuites 137 - - Conversions. Les prêtres convertis aidés pécuniairement. - Règlement calviniste pour les conversions.—Nouveaux catholiques - persécutés 152 - - - CONCLUSION - - Les réformés du Bas-Languedoc accueillent froidement l’édit de - Nantes.—Pendant les négociations de l’assemblée générale avec - le roi, ils affectent de se croire trahis 155 - - Raisons de cette mauvaise volonté. Ils ne souhaitent pas - qu’un édit vienne changer quoi que ce soit à leur état.—Ce - ne pourrait être qu’au profit des catholiques.—Leur petite - république de fait s’en verrait atteinte 158 - - - APPENDICE A - - _Les deniers du roi pour l’entretien des pasteurs_ 161 - - - APPENDICE B - - _Les pasteurs de Nîmes_ 170 - - - APPENDICE C - - _L’édit de Nantes_ 180 - - - PIÈCES JUSTIFICATIVES - - N^o 1.—Liste des membres du consistoire de Nîmes (1596-1602) 191 - - N^o 2.—Défense faite par le présidial de Nîmes au consistoire - d’empiéter sur la justice du roi (26 octobre 1562) 195 - - N^o 3.—Enquête faite par le consistoire de Nîmes au sujet de - Suzanne Cregude, Paul Rivière, dit La Canquille, et Gasais, - accusés du crime de «paillardise» (avril-août 1596) 197 - - N^o 4.—«Mémoires donnez au sieur de Saint-Germain s’en allant - vers les esglises du Bas-Languedoc de la part de l’assemblée - généralle de Chastellerault» (janvier 1598) 202 - - N^o 5.—Accord en consistoire de Julius Pacius de Beriga et de - Vismes, l’un régent, l’autre recteur du collège de Nîmes (11 - avril 1598) 207 - - N^o 6.—Extrait des instructions du pasteur Daniel Chamier, - député par l’assemblée de Chatellerault au synode national de - Montpellier 209 - - N^o 7.—Extrait d’un «rolle des pasteurs servantz actuellement - ez eglises du Bas-Languedoc» dressé au synode provincial d’Uzès - (mars 1600) 212 - - N^o 8.—Conditions proposées au pasteur Gigord par l’église de - Nîmes afin de l’obtenir comme ministre (23 août 1600) 213 - - N^o 9.—Confrontation au consistoire d’Anthoine Bonnet et de - Marguerite Brueisse, accusés de «paillardise» (28 février 1601) 214 - - BIBLIOGRAPHIE 217 - - TABLE DES NOMS CITÉS 223 - - - MACON, PROTAT FRÈRES, IMPRIMEURS - - - - -FOOTNOTES: - -[1] _Les protestants d’autrefois_, v. ci-dessous la _Bibliographie_. - -[2] Anquez, _Hist. des Assemblées politiques_, pp. 68 et suiv., 93 et -suiv. - -[3] Il adressa aux États de Blois un mémoire où il établissait que la -France ne serait complètement pacifiée que le jour où catholiques et -protestants posséderaient les mêmes immunités (Anquez, _op. cit._, p. -85). - -[4] Michelet, _Hist. de France_, t. X, p. 191. - -[5] Anquez, _op. cit._, pp. 62-67. - -[6] «Ce que le synode [de Montpellier, en mai 1598] appelle dresser ou -former une église ne veut pas dire établir un exercice dans un lieu où -il n’eût jamais, ou y recevoir un ministre par imposition des mains, -où y nommer un consistoire dont il n’y eût pas une ombre auparavant. -Mais c’est y rendre perpétuel et ordinaire ce qui ne s’y étoit fait que -provisionellemment et par intervalles; y donner en propre un ministre -qui n’y avoit servi que par occasion ou par emprunt; y assujettir les -anciens à une discipline réglée; y ranger les familles par quartiers -sous la direction de l’ancien qui en devoit prendre soin; déclarer -à quelle classe ou colloque l’église appartiendroit et lui donner -rang entre celles de la province: choses qui avoient accoutumé de se -régler de vive voix et d’être mises en pratique sans autre loy que -la conformité de l’usage reçu dans les églises du même synode. C’est -porquoy on écrivoit fort rarement des actes de ces établissemens.» (E. -Benoist, _Hist. de l’éd. de Nantes_, t. I, p. 258). - -[7] Arr. Nîmes, chef-lieu de canton. - -[8] Arr. Nîmes, canton Sommières. - -[9] Chaque ministre était à la charge de l’église qu’il desservait; v. -ci-dessous, chap. I et III. - -[10] Les sommes que le roi leur avait promises ne leur furent pas -payées; voy. l’appendice A sur les _Deniers du roi_. - -[11] Voy. ci-dessous, p. 97. - -[12] Sous la cote B, 90; j’ai vu le tome VI et surtout le t. VII qui va -de 1595 à 1602. - -[13] Sous la cote A, 10: «Livre des actes des synodes provinciaux -despuis aoust 1596 jusques en l’année 1609.» Le registre comprend -le synode de Montpellier (21 août 1596), de Sauve (7 mai 1597), de -Montpellier (20 mai 1598), de Saint-Germain de Calberte (12 mai 1598), -de Nîmes, par députés (5 août 1599), d’Uzès (15 mars 1600), de Nîmes (7 -mai 1601), d’Alais (17 avril 1602), d’Uzès (15 avril 1603), etc. - -[14] M. Puech (_Une ville au temps jadis ou Nîmes à la fin du XVI^e -siècle_) a dépouillé entièrement tous les registres de notaires. -Malheureusement, les notes de son livre sont trop rares et trop peu -précises. - -[15] Je désigne par les initiales _B. P. F._ la Bibliothèque de la -Société de l’histoire du Protestantisme français, par les initiales _B. -N._ la Bibliothèque nationale, par les mots _Arch. du consist._ les -archives du consistoire de Nîmes. - -[16] Il est impossible d’exposer la situation matérielle et d’étudier -l’influence des pasteurs de Nîmes, sans parler en même temps des autres -pasteurs du colloque. L’histoire de l’église de Nîmes est intimement -liée à celle des églises qui dépendaient d’elle. Pour savoir, par -exemple, si les salaires de ses ministres étaient élevés relativement, -ou faibles, il faut bien qu’on les compare avec ceux qui étaient -alloués aux pasteurs des autres églises. C’est pourquoi, dans le cours -des chapitres suivants, nous rapprocherons l’église de Nîmes de ses -voisines toutes les fois que cela devra nous permettre d’apprécier plus -exactement son état d’esprit, ses ressources, etc. - -[17] _Discipline_, chap. I, art. 12 et suiv. - -[18] _Protestants d’autrefois_, 2^e série, chap. II, pp. 30 et suiv. - -[19] P. de Felice, _op. cit._, 2^e série, p. 33. - -[20] C’est le droit strict des fidèles de «venir se plaindre contre -leurs pasteurs aux consistoires» (Cf. syn. prov. de Nîmes, séance du 13 -mars 1600; B. P. F., copie Auzière). - -[21] Délib. du consist. de Nîmes du 8 mars 1600 (Arch. du consist., B, -90, t. VII, f^o 332). - -[22] V. pour ces controverses, ci-dessous, chap. VII. - -[23] P. de Felice, _op. cit._, 1^{re} série, p. 96. - -[24] Délib. du consist. du 19 mai 1600 (_loc. cit._, f^o 350). - -[25] Ils s’en plaignent aux commissaires exécuteurs de l’édit de -Nantes, sur leurs cahiers de remontrances, art. 19 (Arch. du Gard, -G, 446). Le choix de la cour présidiale remontait sans doute à 1597 -(Délib. du consist. des 23 octobre 1596 et 29 octobre 1597; _loc. -cit._, f^{os} 133 et 197). - -[26] Voy. l’appendice B sur les _Pasteurs de Nîmes_. - -[27] P. de Felice, _Protestants d’autrefois_, 2^e série, pp. 39-42. - -[28] Délib. du consist. du 21 mars 1601 (f^o 401). - -[29] Délib. du 8 novembre 1600 (f^o 371). - -[30] V. ci-dessous, chap. VII. - -[31] _Discipline_, chap. I, art. 37.—V. à ce sujet P. de Felice, -_Protestants d’autrefois_, 2^e série, chap. II, qui reproduit et -commente la Discipline. - -[32] B. P. F., copie Auzière. - -[33] P. de Felice, _op. cit._, 2^e série, p. 230.—Ainsi au syn. prov. -d’Uzès, séance du 18 mars 1600, un pasteur est accusé d’avoir pris 6 -écus pour bénir des mariages hors son église (B. P. F., copie Auzière). - -[34] V. l’appendice sur les _Deniers du roi_. - -[35] V. _Pièce_ n^o 8. - -[36] Le syn. prov. de Nîmes, séance du 9 mars 1601, condamne l’église -d’Anduze à payer à son ancien ministre, le sieur Pasquier, «50 l. pour -sa fille, suivant l’accord dès longtemps faict entre lad. église et -led. sieur Pasquier, selon lequel lad. église a donné semblable somme à -chacun des autres enfants dud. sieur» (B. P. F., copie Auzière). - -[37] Syn. prov. de Sauve, 1597 (_Ibid._). - -[38] «Contrat d’obligation passé par les consuls dud. lieu..... de la -somme de 595 livres au proffict dud. Ricaud pour ses gages de ministre -despuis le mois de julhet 1596 jusques au mois d’avril aud. an 1598» -(Ordonnance des commissaires exécuteurs de l’édit de Nantes, portant -continuation de l’exercice de la R. P. R. à Saint-Jean de Gardonnenc -(1662); B. N., ms. franc. 15832, f^{os} 41 v^o-42 r^o). - -[39] Cf. syn. prov. de Nîmes, séance du 11 mars 1601 (Arch. du consist. -de Nîmes, A, 10, f^o 63). - -[40] Syn. prov. de Sauve (1597); (B. P. F., copie Auzière). - -[41] Syn. prov. d’Uzès, séance du 24 avril 1603 (_Ibid._). - -[42] Arch. comm. du Vigan, BB, 2.—Le Vigan, Gard, chef-lieu -c^{on}.—Avèze, arr. et c^{on} Le Vigan.—Noble Christofle de Barjac de -Gasques fut pasteur du Vigan de 1563 à 1569 et de 1570 à 1609 (d’ap. M. -F. Teissier dans le _Bull. de la Soc. du Protestantisme_, t. XLVIII - -1899), p. 652. - -[43] Arch. comm. du Vigan, GG, 2.—Molières, Gard, arr. et c^{on} Le -Vigan. - -[44] En 1611, il est ministre du Vigan et député au duc de Ventadour -(_Ibid._, FF, 6). - -[45] Ordonnance des commissaires exécuteurs de l’édit de Nantes (1662) -(B. N., ms. franç. 15832, f^o 5 v^o).—Aimargues, Gard, arr. Nîmes, -c^{on} Vauvert. - -[46] «L’église d’Uzès..... le satisfera de la somme de 100 escus -deus pour sa pension ordinaire pendant les six mois» (Syn. prov. de -Montpellier en 1596; B. P. F., copie Auzière). - -[47] C’est ce que touchent ses hoirs pour l’«année de viduité» (Délib. -du consist. de Nîmes du 19 janvier 1600; arch. du consist., B, 90, t. -VII, f^o 321). - -[48] _Pièce_ n^o 8. - -[49] V. sur cette académie, ci-dessous, pp. 17, note 2. - -[50] Il était mort en novembre ou décembre 1599 (Cf. l’_Appendice_ B.) - -[51] Syn. prov. d’Uzès (1600); (B. P. F., copie Auzière). - -[52] Délib. du consist. de Nîmes du 5 février 1602 (_loc. cit._, f^o -465). - -[53] Syn. prov. d’Alais, séance du 27 avril 1602 (B. P. F., copie -Auzière). - -[54] V. sur les fonctions du receveur des deniers du ministère, -ci-dessous, chap. III. - -[55] Ces comptes sont parmi les arch. non classées du consist. de -Nîmes. On y trouve également la reconnaissance suivante: «Mémoire que -j’ai receu une saumée de bled, pour 9 livres, de M. le lieutenant de -Favier pour mon assistance. [Signé] Falguerolles.»—Cf. une quittance -par laquelle Marisy reconnaît avoir reçu de ses églises d’Aubais, -Congeniès [et Junas] 60 l. sur ses gages, soit «10 l. en argent et 60 -l. en blé» (1604, 15 août). Arch. nat., TT, 242^2. - -[56] Si l’on admet avec M. le vicomte d’Avenel (_Hist. économique de la -propriété_..., t. I, p. 137) qu’il faut multiplier par 6 environ. - -[57] P. de Felice, _Protestants d’autrefois_, 2^e série, p. 238. - -[58] Claude de Falguerolles, pasteur de Nîmes, eut pour fils Jean qui -lui succéda à Nîmes en 1591 et mourut en 1599 (Puech, _Guillaume de -Reboul_, pp. 81-84). - -[59] Délib. du consist. de Nîmes du 11 juin 1597 (Arch. du consist., B, -90, t. VII, f^o 183).—Une délib. du 5 janvier 1599 (f^o 257) montre -que le troisième pasteur, Chambrun, était logé également. - -[60] Falguerolles reçoit un écu pour ses frais au colloque de Vauvert -(Délib. du consist. de Nîmes du 2 octobre 1598, f^o 239).—Le syn. -prov. de Saint-Germain de Calberte, séance du 12 mai 1599, décide -que les villes où se tiendront les synodes logeront dorénavant «les -pasteurs et anciens avec les montures en maison bourgeoise» (B. P. F., -copie Auzière). - -[61] V. ci-dessus les conditions offertes au pasteur Daniel Venturin -par l’église du Vigan. - -[62] Frossard, _Recueil de règlements_, art. 76. - -[63] De Gasques, député en cour par Nîmes, Montpellier et Uzès, au -sujet de l’édit de Nantes, reçoit 400 écus d’or sol (Délib. consulaire -de Nîmes du 9 février 1601; arch. comm., LL, 15, f^o 164 r^o). - -[64] Cf. ci-dessous, p. 13. - -[65] Délib. du consist. de Nîmes du 28 mars 1601 (_loc. cit._, f^o 402). - -[66] Arch. comm. d’Aimargues, E, Supp. 688—Aimargues, Gard, c^{on} -Vauvert. - -[67] Délib. du 25 mars 1598 (f^o 217). - -[68] Délib. du 24 mars 1599 (f^o 275). - -[69] «M. Moynier..... entretiendra en sa maison...... Jehan de Dessac, -escollier en théologie, au fur de trois escutz le mois.....» (Délib. du -25 juillet 1601, f^o 423). - -[70] Délib. du 16 février 1600 (f^o 329). - -[71] Délib. du 9 février 1600 (f^o 327). - -[72] Cf. ci-dessus, p. 4. - -[73] Cf. ci-dessus, p. 6. - -[74] Valant à peu près 1.800 fr. d’aujourd’hui. Cf. p. 8, note 5.—V. -un état des pasteurs du diocèse d’Uzès en 1575 dressé à l’assemblée de -Nîmes. Les autres ministres sont pauvres également (Arch. du Gard, C, -1209). - -[75] Délib. du 27 octobre 1599 (f^o 307). - -[76] Le consist. de Nîmes décide de proposer au colloque «d’entretenir -M. Laurant....., ayant esté pasteur» (Délib. du 2 juillet 1597, f^o -185).—V. la _Discipline_, chap. I, art. 48. - -[77] Syn. nat. de Montpellier (1598) dans Aymon, _Syn. nat._, t. I, -p. 216.—Syn. nat. de Gergeau (1601), _ibid._, p. 245.—_Discipline_, -chap. I, art. 44. - -[78] Le 19 janvier 1600, le consist. de Nîmes vote le don de 200 -écus, soit une année des gages de Falguerolles, à la «mère gran» de -ses enfants (f^o 321).—Le 28 octobre 1601, il accorde à M^{lle} de -Chambrun les gages de son mari pendant son année de deuil et décide -d’entretenir son fils qui étudie en théologie (f^o 437). - -[79] Le syn. prov. de Saint-Germain de Calberte, séance du 14 mai «au -matin» 1599, confirme la sentence du colloque de Nîmes ordonnant à ceux -de Sommières de payer «dans deux ans et par quartiers aux hoirs dud. M. -Bertrand 200 escus pour l’année de viduité» (B. P. F., copie Auzière). - -[80] «Despartement des vefves», fait au syn. prov. d’Uzès en 1603 -(Arch. du consist. de Nîmes, A, 10, f^o 99 r^o). - -[81] V. chap. III. - -[82] Règlement donné en 1607 (Frossard, _Recueil de règlements_, n^o -6). Ces précautions étaient en usage longtemps avant ce règlement, -si l’on en juge par le petit nombre de proposants qui sont reçus aux -synodes. - -[83] Délib. du consist. de Nîmes du 23 février 1600 (Arch. du consist., -B, 90, t. VII, f^o 329). - -[84] Délib. du 25 octobre 1600 (f^o 370). - -[85] Délib. du 27 juin 1601 (f^o 421). - -[86] Délib. du 22 mars 1600 (f^o 336).—Cf. aussi une délib. du 19 -octobre 1600 (f^o 369). - -[87] V. notamment une délib. du 15 novembre 1600 (f^o 372). - -[88] V. à la B. P. F. les actes des syn. prov. de Bas-Languedoc, -1596-1609 (Copie Auzière, _passim_). - -[89] Syn. prov. de Nîmes, séance du 10 mars 1601 (B. P. F., copie -Auzière).—Massillargues, Gard, arr. Alais, c^{on} Anduze.—Nages, -Solorgues, Boissière, Saint-Denis et Langlade, Gard, arr. Nîmes, c^{on} -Sommières. - -[90] Syn. prov. d’Uzès, séance du 19 mars 1600 (B. P. F., copie -Auzière).—Brenoux, Lozère, arr. et c^{on} Mende. - -[91] Ainsi l’église de Nîmes écrit à Goulard, à Genève, et à Couet, à -Bâle, pour leur faire des propositions d’engagement (Délib. du 12 juin -1596; _loc. cit._, f^{os} 95-96). - -[92] Décision du syn. prov. d’Alais, séance du 27 avril 1602 (B. P. F., -copie Auzière). - -[93] J’ai rapporté la curieuse histoire de cette contestation dans -l’appendice B sur les _Pasteurs de Nîmes_. - -[94] Les deux mots «escollier en théologie» et «proposant» sont -synonymes. Le syn. prov. de Saint-Germain de Calberte, séance du 12 mai -1599, décide que le cinquième des deniers des pauvres sera réservé à -l’entretien des «_proposants_» (B. P. F., copie Auzière). Or, celui de -Nîmes, séance du 8 mai 1601, contient une délib. intitulée «Du quint -des deniers des povres ordonnez pour les _escoliers en théologie_» -(_Ibid._). En outre, le 26 avril 1600, le consist. de Nîmes décide que -les «_escoliers proposans_» liront en chaire chacun à son tour (f^o -345).—Et le 31 août 1601, il prive un «_escholier en théologie_» nommé -Gantelme de faire la lecture en chaire (f^o 429). - -[95] Avant même de les inscrire à la «matricule» des proposants de -l’académie, le consistoire de Nîmes fait enquête sur leur vie et leurs -mœurs (V. ses délib. des 12 décembre 1601 et 23 janvier 1602, f^{os} -447 et 457).—Lorsqu’ils passent leur premier examen au colloque, ils -sont l’objet d’une nouvelle et très sévère enquête (Frossard, _Recueil -de règlements_, art. 2).—Enfin, lors de leur examen au synode, -celui-ci doit s’assurer par tous les moyens possibles que leurs mœurs -sont irréprochables (Frossard, _Recueil de règlements_, art. 7). - -[96] M. Corbière (_Académie protestante de Montpellier_, dans _Mém. -de l’Académie des sciences et lettres de Montpellier_, t. VIII, 3^e -fasc., années 1888-89, p. 431) dit qu’une partie des deniers du roi fut -destinée par le synode de Montpellier (1598) à fonder l’Académie de -Nîmes.—Ceci est corroboré par Aymon, _Syn. nat._, t. I, p. 225.—Dans -la «Distribution des 45.000 escus... faite au synode de Montpellier» -le «collège de Nîmes» reçoit 611 escus, 6 sols, 8 deniers (B. N., -ms. franç. 15815, f^o 75 r^o,—et ms. Brienne 208, f^o 473 r^o). On -verra que l’on fut loin de toucher les sommes promises par le roi (cf. -plus loin, appendice A sur les _Deniers du roi_).—Le 12 mai 1599, le -syn. prov. de Saint-Germain de Calberte exhorte les pasteurs Moynier, -Gigord et Falguerolles à «continuer les lecteures en théologie» (B. -P. F., copie Auzière).—Le synode prov. d’Uzès (1600) gratifie Gigord -de 200 deniers et Moynier et Falguerolles de 50 chacun «d’aultant que -despuis huict ans ou environ lesd. sieurs se sont heureusement employés -en la lecteure de la théologie jusqu’à présent, au grand avancement -des escoliers dont plusieurs ont esté promeus au sacré ministère» -(_Ibid._).—On eut de la peine à faire prospérer l’académie; en 1601, -elle n’a pas de professeurs en théologie (cf. ci-dessous) et il n’y a -que huit étudiants à la matricule des proposants (D’après A. Borrel, -dans _Bulletin de la Soc. de l’hist. du Protestantisme français_, t. -III, p. 46). - -[97] Le consist. de Nîmes entretient, en septembre 1599, un certain -Félix, écolier en théologie, qui étudie à Genève (Délib. du 22 -septembre 1599, f^o 303).—Il entretient Jean Terond qui étudie à -Heidelberg, en 1595, etc. (f^{os} 17, 183, etc.). - -[98] Mardochée Suffren, proposant, demeure avec le pasteur Tufan qui -lui fait «des leçons» (Délib. du consist. de Nîmes du 11 novembre 1596, -f^o 138). - -[99] Délib. du consist. de Nîmes du 18 décembre 1596 (f^o 144).—La -_Discipline_ laissait «à la prudence du consistoire» d’appeler ou non -des proposants à ses séances (chap. V, art. 6). - -[100] Délib. du 21 octobre 1598 (f^o 244). - -[101] Délib. du 28 octobre 1598 (f^o 245). - -[102] Délib. du 25 décembre 1596 (f^o 146). - -[103] Délib. du 7 février 1597 (f^o 163). - -[104] Délib. du 26 avril 1600 (f^o 345). - -[105] Délib. du 31 août 1601 (f^o 429).—Sur la première partie du -service du dimanche, à laquelle préside le lecteur, cf. P. de Felice, -_Protestants d’autrefois_, 1^{re} série, pp. 99 et suiv. - -[106] _Protestants d’autrefois_, 2^e série, p. 209. - -[107] Aymon, _Syn. nat._, t. I, p. 216.—Cette ordonnance fut -corroborée par le syn. nat. de Jargeau, 1601 (_loc. cit._, t. I, p. -237). - -[108] Séance du 12 mai 1599 (B. P. F., copie Auzière). - -[109] Syn. prov. de Nîmes, séance du 8 mars 1601 (_Ibid._). Le colloque -de Montpellier entretient aussi deux écoliers; quant à ceux d’Uzès, -Anduze et Sauve, ils ne peuvent «faire aucun quint... d’aultant qu’on -n’exige assez pour fornir aux nécessitez ordinaires de leurs povres et -cotitez de l’entretenement des povres vefves». - -[110] Cf. l’appendice A sur les _Deniers du roi_. - -[111] «L’argent deub par la ville pour l’entretenement des escolliers -proposans...» (Délib. du consist. de Nîmes du 12 juin 1596, _loc. cit._ -f^o 96). - -[112] Délib. du 3 déc. 1592 (Arch. du consist., B, 90, t. VI, f^o 127). - -[113] Délib. du 17 mars 1593 (_Ibid._, f^o 155). - -[114] «Accord faict avec M^{re} Jean Theron led. mecredy, 12 may 1593» -(_Ibid._, f^o 174). - -[115] Délib. des 28 juillet 1593, 7 avril, 20 juillet 1594, 18 janvier -1595 (_Ibid._, f^{os} 209, 284, 319). - -[116] Savoir 196 l. 15 sols tournois, depuis le 12 mai 1593; on lui -devait encore 133 l. 6 s. 4 d. tournois (Délib. du 25 janv. 1595, -_Ibid._, f^o 320). - -[117] _Ibid._ - -[118] Délib. du 8 mars (_Ibid._, f^o 334). - -[119] Délib. des 15 décembre 1595, 11 juin 1597 (Arch. du consist., B, -90, t. VII, f^{os} 17, 183). - -[120] Délib. du 26 septembre 1598 (_Ibid._, f^o 242). - -[121] Le 27 janv. 1599, le consistoire charge les pasteurs de «parler -à M. Therond, pasteur, des jours qu’il voudroit prêcher» (_Ibid._, f^o -262). - -[122] Syn. prov. de Saint-Germain de Calberte, séance du «14^e may au -matin» 1599 (B. P. F., copie Auzière). - -[123] Même synode, séance du 14^e may.—Brenoux, Lozère, arr. et -c^{on} Mende.—Saint-Martin de Boubaux, Lozère, arr. Florac, c^{on} -Saint-Germain de Calberte.—La Melouze et Laval, Gard, arr. Alais, -c^{on} La Grand’Combe. - -[124] Délib. du consist. de Nîmes du 15 avril 1592 (Arch. du consist., -B, 90, t. VII, f^o 59). - -[125] Délib. du 21 septembre 1594 (_Ibid._, f^o 298). - -[126] V. les délib. des 15 et 24 mars 1595 (f^{os} 336 et 340). - -[127] Le 12 mai 1595, le consist. lui donne 100 l. et fait écrire à -M^{me} d’Aubais de lui bailler, «s’il luy plait», ce qu’elle lui avait -«cy devant offert», afin qu’il puisse «aller advanser ses estudes à -Genève». (f^{os} 357-8). - -[128] Cf. délib. du 26 juillet 1595 (f^o 379). - -[129] Il écrit au consistoire qu’il va être forcé de revenir car il n’a -pas du tout d’argent (Délib. du 10 janvier 1596, f^o 27). - -[130] Délib. du 29 novembre 1595 (f^o 13).—Le 31 janvier 1596, on lui -mande 10 écus (f^o 30), le 12 juin, 12 écus (f^o 95). - -[131] Le 2 juillet, il est de retour; on l’accuse de vouloir s’en -retourner à Genève (f^o 102). - -[132] Le consist. lui remontre que le colloque avait ordonné qu’«il -demeureroit avec M. Tufan qui luy feroit des leçons». Mais il ne put -même attendre le colloque prochain, car «il avoit compagnie», et plus -tard «il ne pourroit... passer» (Délib. du 12 novembre 1596, f^o 138). - -[133] Délib. du 8 janvier 1597 (f^o 153).—Cette somme lui fut envoyée -(Délib. du 29 janvier 1597, f^o 160). - -[134] Délib. du 9 avril 1597 (f^o 175). - -[135] V. ci-dessous, chap. III, la difficulté qu’elles avaient à payer -les pasteurs. - -[136] Syn. prov. d’Uzès, séance du 19 mars 1600 (B.P.F., copie Auzière). - -[137] Ainsi, le syn. prov. de Sauve (1597) déclare que le contrat -d’engagement passé par M. Alphonse avec l’église d’Anduze est nul et -contraire à la discipline, pour n’avoir été approuvé par une assemblée -ecclésiastique, et il exhorte les pasteurs à ne faire aucune formalité -semblable, mais à enregistrer seulement leur promesse au livre du -consistoire (B. P. F., copie Auzière.—V. aussi Frossard, _Recueil de -règlements_, art. 20). - -[138] Le syn. nat. de Jargeau (1601) cassa l’ordonnance du syn. prov. -d’Uzès citée note 2. (Aymon, _Syn. nat._, t. I, p. 242).—D’ailleurs -le syn. d’Uzès avait reconnu formellement les droits des Nîmois sur la -personne de Terond. - -[139] Cf. une ordonnance du syn. nat. de Montpellier (1598) dans Aymon, -_Syn. nat._, t. I, p. 223. - -[140] Délib. du consist. du 23 décembre 1598 (_loc. cit._, f^o 254). - -[141] V. ci dessus, p. 2. - -[142] Syn. prov. d’Uzès, séance du 21 avril 1603 (B. P. F., copie -Auzière). - -[143] Syn. prov. de Nîmes, séance du 13 mars 1601 (B. P. F., copie -Auzière). - -[144] Syn. prov. de Saint-Germain de Calberte, séance du 12 mai 1599 -(_Ibid._) - -[145] Rossel en appela au syn. prov. de Montpellier (1596) qui le -censura «griefvement... d’avoir appelé de l’abaissement des cheveux de -sa femme» (_Ibid._) - -[146] Syn. nat. de Jargeau (1601) dans Aymon, _Syn. nat._, t. I, p. -238.—Cf. P. de Felice, _Protestants d’autrefois_, 3^e série, pp. 281-2. - -[147] _Protestants d’autrefois_, 3^e série, pp. 7-9. - -[148] Viret naquit en 1511 et mourut avant le 22 avril 1571 (_France -protestante_, 1^{re} édition). Le document dont il s’agit est intitulé -_La forme de dresser un consistoire_; il a été publié par E. Arnaud -(_Documents protestants inédits_) qui l’attribue à Viret (pp. 88-89). - -[149] Arnaud, _op. cit._, p. 75. - -[150] Arnaud, _op. cit._, p. 72. - -[151] _Discipline_, chap. III, art. 5. - -[152] En 1596, 1597, 1598, 1599, 1601, 1602; je ne connais pas les -receveurs de l’année 1600 (_Pièce_ n^o 1). - -[153] Frossard, _Recueil de règlements_, art. 48. - -[154] V. délib. des 10 décembre 1597 et 9 décembre 1598 (Arch. du -consist., B, 90, t. VII, f^{os} 200 et 250). - -[155] _Ibid._, f^o 455. - -[156] Délib. du consist. du 8 novembre 1600 (_Ibid._, f^o 371). - -[157] Cf. ci-dessus, p. 18. - -[158] _Protestants d’autrefois_, 3^e série, p. 7. - -[159] _Op. cit._, p. 9. - -[160] Guillaume de Reboul, décrivant la cérémonie de la Cène, dit que -le pain est distribué par le ministre et les verres par «deux _anciens -ou diacres_» (_Salmonées_, citées par Puech, _Le pamphlétaire Guillaume -de Reboul_, p. 68). - -[161] Ainsi le consistoire de Nîmes députe, le 29 mai 1596, au colloque -un pasteur et un diacre (_loc. cit._, f^o 30).—Etc. - -[162] _Pièce_ n^o 1. - -[163] _Ibid._ - -[164] «Livre du consist. de Codognan» (Arch. nat., TT, 241^{12}, f^o 1). - -[165] Extrait des actes du consistoire de Junas (Arch. nat., TT, -242^2).—M. P. de Felice, _Protestants d’autrefois_, 3^e série, p. 27, -dit n’avoir trouvé aucun consistoire composé de moins de huit membres. - -[166] Arch. comm. de La Salle non classées; registre des baptêmes -et mariages, 1561-1609, f^{os} 103 et suiv. (Inventaire ms. par M. -Teissier, à la B. P. F.). - -[167] V. ci-dessus, p. 29, note 8. - -[168] V. ci-dessus, p. 29, note 9. - -[169] V. _Pièce_ n^o 1. - -[170] Entre 1598 et 1611.—Livre du consist. de Codognan (Arch. nat., -TT, 241^{12}, f^o 1). - -[171] Abrégé du consist. de Montdardier (arch. particulières), copie -par M. Teissier à la B. P. F. - -[172] Arch. du consist., B, 90, t. VII, f^o 445. - -[173] De 1591 à 1601 («Livre du consist. de Codognan», Arch. nat., -TT, 241^2, f^o 1).—A Nîmes, sire Guidon Cheyron conserve le titre -d’ancien deux années de suite, puis devient diacre et est réélu comme -tel pendant trois ans; il demeure donc cinq ans dans le consistoire -(_Pièce_ n^o 1). - -[174] A Nîmes, 2 des diacres et 2 des anciens de 1596 sont continués -en 1597; en 1598, on retrouve 3 diacres et 2 anciens de l’année -précédente, etc. (_Pièce_ n^o 1). - -[175] Arch. comm. non classées de La Salle, invent. ms. par M. Teissier -à la B. P. F.: registre du consist. à la date du 21 mai 1581.—La -Salle, Gard, chef-lieu de c^{on}, arr. Le Vigan. - -[176] Le consist. est renouvelé tous les ans (_Pièce_ n^o 1). - -[177] V. délib. du consist. du 5 décembre 1601 (_loc. cit._, f^o 445). - -[178] P. de Felice, _Protestants d’autrefois_, 3^e série, p. 12. - -[179] Frossard, _Recueil de règlements_, art. 47. - -[180] _Une ville au temps jadis ou Nîmes à la fin du XVI^e siècle._ - -[181] On sait que Nîmes était divisée en quatre _échelles_ dont chacune -élisait un consul: la 1^{re} comprenait les nobles et les magistrats; -la 2^e les avocats, bourgeois, marchands payant plus de 100 l. d’impôts -et les docteurs en médecine; la 3^e les apothicaires, chirurgiens, -marchands payant moins de 100 l. d’impôts, praticiens, greffiers, -notaires, gens des arts et métiers; la 4^e les laboureurs, les -jardiniers, les bergers et aussi les anciens capitaines de compagnies -franches qui, après les guerres, étaient restés à Nîmes (Puech, _Une -ville au temps jadis_). - -[182] Les chiffres précédés de p. entre parenthèses renvoient -aux pages de Puech, _Une ville au temps jadis_, d’où je tire ces -renseignements.—Les noms des anciens me sont fournis par le registre -du consist. de Nîmes (_Pièce_ n^o 1). - -[183] Ce doit être ce personnage qui est mentionné sous le nom de -«Saint-Cézary» dans la liste des anciens de 1599 (_Pièce_ n^o 1). - -[184] La liste des anciens de 1596 le nomme Faucon (_Pièce_ n^o 1). - -[185] La liste des anciens de 1601 mentionne un Cappon, sans nom de -baptême (_Pièce_ n^o 1). Or, il n’y a que deux Cappon, tous deux -marchands. - -[186] Je n’ai pu faire la distinction entre les marchands de la 2^e et -de la 3^e échelle, n’ayant pas le chiffre de leurs impôts. - -[187] _Discipline_, chap. III, art. 1, citée par P. de Felice, -_Protestants d’autrefois_, 3^e série p. 19.—Le 19 décembre 1599, -pasteur Moynier représente au consist. de Nîmes qu’un des diacres élus -«a refusé et porté appel de sa nomination»; on décide de passer outre -et de publier les nominations néanmoins (Arch. du consist., B, 90, t. -VII, f^o 314). - -[188] A Montdardier, on les publie trois dimanches (Abrégé du registre -de ce consist. appartenant à M. Falguière dont une copie par M. -Teissier se trouve à la B. P. F.).—A La Salle, on les publie deux -fois (Arch. comm. non classées, invent. ms. par M. Teissier à la B. P. -F.; registre du consist., année 1574, f^o 103) ou une seulement: «Tous -lesquels estans publiez le 30 décembre, ont esté receuz le 17 janvier -1577» (_Ibid._, année 1577). - -[189] Je n’ai trouvé mention dans le registre du consist. de Nîmes -d’aucune opposition.—V. les registres des consist. de La Salle (année -1593) et de Montdardier cités. - -[190] En 1599, elle a lieu le _mardi_ 5 janvier (Arch. du consist., -B, 90, t. VII, f^o 258). En 1601, le _samedi_ 6 janvier (_Ibid._, f^o -384). En 1602, le _mercredi_ 2 janvier (f^o 451). - -[191] V. une délib. du 2 janvier 1602 (f^o 451). - -[192] Délib. du 6 janvier 1601 (f^o 384).—«Sera cet article escript -aux articles généraux pour estre leu chascun an comme les autres» (f^o -346). - -[193] Aymon, _Syn. nat._, t. I, p. 197. - -[194] Je ne trouve dans les délib. des années 1596 à 1602 du consist. -de Nîmes que la mention citée précédemment de lecture «des articles de -l’ordre de l’église». Mais ce n’est pas une raison pour qu’on ne l’ait -pas faite les autres années. - -[195] Délib. du 6 janvier 1601 (_loc. cit._, f^o 384). - -[196] _Hist. de l’église réformée de Nîmes_, 2^e éd., p. 58.—M. Borrel -en donne l’analyse (_op. cit._, pp. 57-62). - -[197] Délib. du 5 janvier 1599 (_loc. cit._, f^o 258). - -[198] On le fait du moins en 1599 (Délib. du 5 janvier, f^o 257).—En -1597, on ne prend cette mesure que le 12 février (Délib. à cette date, -f^{os} 164-5). - -[199] V. par exemple délib. du 2 janvier 1602 (f^o 452).—Sur ces deux -charges, v. ci-dessous, chap. III. - -[200] Délib. du 5 janvier 1599 (f^o 257). On s’y occupe d’un arrêt du -parlement de Toulouse, de ceux «qui font le roy boit», etc..... - -[201] Délib. du 2 janvier 1602 (f^o 451).—Délib. du 6 janvier 1601 -(f^o 384). - -[202] _Protestants d’autrefois_, 3^e série, p. 25. - -[203] Borrel, _Hist. de l’église réformée de Nîmes_, p. 57.—V. sur les -quartiers et les faubourgs de Nîmes le 1^{er} chapitre de l’intéressant -ouvrage du D^r Puech, _Une ville au temps jadis_, pp. 13 à 22. - -[204] _Pièce_ n^o 1. - -[205] «A esté arresté...., que led. sieur Ferrier..... aura le quartier -du Marché, des Arènes, et Fauxbourgs, M. de Chambrun le Temple, la -Maison de ville et la Ferrage, M. Moynier le Collège, le Chapître et -Corcomayres» (Délib. du consist. du 21 mars 1601, f^o 401). - -[206] V. ci-dessous, chap. III. - -[207] _Hist. de l’édit de Nantes_, t. III, p. 357. - -[208] _La forme de dresser un consistoire_, dans Arnaud, _Documents -inédits_, p. 74. - -[209] Il est ainsi nommé dans les comptes des deniers du ministère pour -l’année 1594 (Arch. non classées du consist. de Nîmes). - -[210] «Du 9^e d’aoust 1598, le consistoire assemblé après le presche du -soir, la convocation faicte par l’advertisseur» (Arch. du consist., B, -90, t. VII, f^o 237). - -[211] Délib. des 29 mai 1599 (_Ibid._, f^o 285), 15 mars 1600 (f^o -333), 24 octobre 1601 (f^o 436), etc. - -[212] V. au consist. de Nîmes, sous la cote C 1, le «livre des -advertisseurs». - -[213] Délib. du 19 août 1598 (f^o 238). - -[214] Délib. du 11 septembre 1596 (f^o 126).—Milhaud, Gard, arr. et -c^{on} Nîmes. - -[215] Délib. du 30 mai 1601 (f^o 414), etc.—Pour ce qui concerne les -bancs dans le temple, v. ci-dessous, au chap. IV. - -[216] Arch. comm. du Vigan, BB, 3. - -[217] Le 27 janvier 1599, le consist. lui délivre 2 écus pour ses gages -d’un mois (f^o 262); le 7 juillet 1599, il reçoit 12 écus sol pour ses -gages de six mois (f^o 294); le 2 décembre 1598, 36 fr. pour le même -laps de temps (f^o 249). - -[218] Délib. du 5 «may» (lisez _juin_) 1596 (f^o 94). - -[219] Délib. du 12 «may» (lisez _juin_) 1596 (f^o 95). - -[220] Délib. du 29 août 1601 (f^o 428). - -[221] Délib. du 27 février 1602. - -[222] _Pièce_ n^o 1.—Le 29 février 1596, le greffier Rossel propose -au consist. de faire comparaître certaines personnes pour savoir qui -a dansé aux épousailles du juge criminel (f^o 40). Il fait donc acte -d’ancien, pourtant il ne l’est pas, puisqu’il n’est pas inscrit sur les -listes. - -[223] Montdardier, Gard, c^{on} du Vigan; colloque de Sauve. - -[224] Registre du consist. de Montdardier (Bibl. particulière) analysé -par M. Teissier (B. P. F.). - -[225] La Salle, Gard, arr. du Vigan, chef-lieu c^{on}; colloque -d’Anduze. - -[226] Invent. ms. des arch. non classées de La Salle, par M. Teissier -(B. P. F.). - -[227] Frossard, _Recueil de règlements_, art. 64. - -[228] Frossard, _op. cit._, art. 45. - -[229] Arch. comm. du Vigan, BB, 2.—Le Vigan est dans le colloque de -Sauve. V. un «Rolle des pasteurs servantz actuellement» dressé au syn. -prov. d’Uzès en 1600 (Arch. du consist. de Nîmes, A, 10, f^o 70).—On -trouvera un grand nombre de contrats intéressants, concernant les -maîtres d’écoles, dans les registres des notaires de Nîmes (Arch. du -Gard, série E).—Cf. Nicolet, _L’école primaire protestante jusqu’en -1789_, passim. - -[230] Délib. du consist. du 22 juin 1597 (_loc. cit._, f^o 185). - -[231] P. de Felice, _Protestants d’autrefois_, 1^{re} série, p. 37. - -[232] Borrel, _Hist. de l’église réformée de Nîmes_, p. 58. - -[233] Il n’y a aucune séance entre le 20 septembre et le 12 octobre -1600 (f^{os} 367 et 368). - -[234] Il y a, par exemple, séance le mercredi 29 mai, le vendredi -31 mai et le mercredi 5 juin 1596 (f^{os} 86, 89, 94)—Séances «du -sabmedy» 15 janvier 1600 (f^o 320); «du jeudy 3^e février 1600» (f^o -324); «du lundy 19^e aoust 1596» (f^o 117). - -[235] V. délib. des 3 septembre 1599, 15 janvier 1600, 3 février 1600, -etc. (f^{os} 300, 320, 324).—Il en est de même à Massillargues: -«Extraict des actes du consistoire tenu dans le temple de Massillargues -ès années» 1596, 1597 et 1598, trouve-t-on dans une ordonnance des -commissaires de 1662 (B. N., ms. franç. 15832, f^o 53). - -[236] «Du lundy 19^e aoust 1596, à l’yssue du presche» (Délib. du -consist. à cette date, f^o 117).—«Renvoyé à demain yssue du presche», -délib. du «vendredi» 3 septembre 1599 (f^o 300).—«Sabmedy 23^e jour -du moys de octobre 1599, yssue du presche, le consistoire assemblé...» -(f^o 306). Etc. - -[237] _Discipline_, chap. V, art. 1, et chap. I, art. 17. - -[238] V. le registre du consist. (Arch. du consist., B, 90, t. VII). - -[239] Délib. du 9 janvier 1602 (_Ibid._, f^o 453). - -[240] Délib. du 3 mai 1601 (f^o 411). - -[241] V. notamment délib. du 3 septembre 1599 (f^o 300). - -[242] D’après Borrel, _Hist. de l’église réformée de Nîmes_, p. -62.—Sur les méreaux, v. ci-dessous, au chap. IV. - -[243] B. N., ms. franç. 8666, cité par P. de Felice, _Protestants -d’autrefois_, 3^e série, p. 34. - -[244] _Op. cit._, p. 35. - -[245] Borrel, _Hist. de l’église réformée de Nîmes_, p. 61. - -[246] «...En consistoyre y assemblé extraordinairement» (Délib. du 5 -mars 1600, f^o 331). Etc. - -[247] V. délib. du 16 octobre 1596 (f^o 131); du 18 octobre 1596 (f^o -132); du 13 janvier 1599 (f^o 259); etc. - -[248] Voyez ci-dessous, au chap. III, combien difficilement se faisait -la levée des rôles d’imposition. - -[249] Délib. du 11 décembre 1596 (f^o 144). - -[250] Délib. du 18 octobre 1596 (f^o 132). - -[251] Ainsi, le 11 novembre 1599, le consist. extraordinaire se compose -de 2 magistrats, 2 consuls, 5 avocats, et sans doute les anciens et -pasteurs qu’on ne mentionne pas (f^o 309.)—«...On fera assamblée -demain judy à midy, par MM. les magistratz, consulz, advocatz et -consistoire vieux et nouveau...» (Délib. du 4 juin 1597, f^o 182). - -[252] «Du vendredy 25^{esme} jour du moys de décembre, le consistoire -vieulx et nouveau assemblé par devant MM. de Calvière, juge criminel, -Des Martins, conseiller, de Rozel, Martin et Lombard, consulz de la -ville de Nismes, MM. Challas, A. Davin, Mazaudier et plusieurs autres -bourgeois et marchans» (f^o 255). - -[253] A la date du dimanche 5 mars 1600 (f^o 331). Elle nomme une -députation extraordinaire au syn. prov. d’Uzès «pour requérir... de -pasteur». - -[254] Par exemple, celui que je cite note 1. «La compagnie que sera -convoquée et assamblée au présant temple sur l’imposition» des deniers -du ministère (Délib. du 16 octobre 1596, f^o 131). V. encore à la date -du 10 mai 1601 (f^o 411). - -[255] Le 8 avril 1601 (f^o 404). - -[256] V. par exemple, consist. extraordinaire du 11 avril 1598 (f^o -220). - -[257] Par exemple, le consist. extraordinaire du 11 novembre 1599, -auquel assistent, pourtant, le lieutenant particulier, le garde-sceaux -conseiller, 2 consuls, etc., est présidé par le ministre Falguerolles -(f^o 309). - -[258] Julius Pacius de Beriga, né le 3 avril 1550 à Vicence, fut -principal du collège et recteur de l’Académie de Nîmes, et mourut à -Valence en 1635.—Voy. Berriat Saint-Prix, _Notice sur Julius Pacius -a Beriga_.—Ch. Revillout, _Le jurisconsulte Julius Pacius de Beriga -avant son établissement à Montpellier_ (_1550-1602_), à compléter par -le compte rendu détaillé de M. Tamizey de Laroque dans la _Revue des -Questions historiques_, octobre 1883.—Ménard, _Hist. de Nîmes_, t. -V, p. 291 et suiv., et surtout Preuves, p. 215 et suiv.—Voy. aussi -la _Revue des Pyrénées et de la France méridionale_, année 1890, p. -324, et H. Omont, _Les mss. de Pacius_ dans _Annales du Midi_, t. III, -1891, p. 1 et suiv.—Le consist. et les arch. de Nîmes fourniraient -encore un grand nombre de renseignements inédits.—Vismes, pour éviter -de remplir une promesse de mariage avec Camille Venturin, de Genève, -belle-sœur de Pacius, avait couvert de calomnies le jurisconsulte et sa -parente. Puis, Pacius l’ayant poursuivi en justice, il avait reconnu -en consistoire extraordinaire ses calomnies, et le jurisconsulte avait -publié les actes de ce consistoire. D’où l’intervention du synode (V. -syn. prov. extraordinaire de Nîmes, séance du 6 août 1599, B. P. F., -copie Auzière, et _Pièce_ n^o 5). - -[259] Syn. prov. de Nîmes cité. - -[260] _Pièce_ n^o 5. - -[261] Par exemple, dès le 1^{er} septembre 1599, on réunit un consist. -extraordinaire dont on couche au registre la délibération (f^o 300). - -[262] _Discipline_, chap. V, art. 28.—Cette seconde partie de -l’article n’était que très rarement exécutée; on voit pourtant quelques -délibérations biffées. - -[263] Par exemple, le 19 décembre 1599, le consist. de Nîmes «donne -décharge» à Jehan Gril, receveur des deniers du ministère en 1598 (f^o -322). - -[264] Le syn. prov. de Sauve (1597) engage les églises à ne pas faire -de contrats formels avec les pasteurs, mais à «enregistrer seulement -leur promesse au livre du consistoire» (B. P. F., copie Auzière). - -[265] Le fait est reconnu par la Discipline du Bas-Languedoc dont un -article, donné au syn. d’Alais en 1575, recommande aux greffiers de ne -prendre «point d’argent des extraicts qu’ils dépêcheront des actes du -consistoire» (Frossard, _Recueil de règlements_, art. 64). - -[266] _La forme de dresser un consistoire_, dans Arnaud, _Documents -protestants inédits_, p. 75. - -[267] En 1596, le receveur des deniers de l’église est M. Fontfroide, -ancien, et le receveur des deniers des pauvres est M^{re} Antoine -Sabatier, ancien. En 1597, 1598, 1599, 1601, 1602, ce sont, de même, -des anciens (_Pièce_ n^o 1). - -[268] Arch. du consist., B, 90, t. VII, f^o 392. - -[269] «Sera depesché mandement au sire Cheyron, recepveur des deniers -des pouvres, de la somme de 56 soulz tournois» (Délib. du consist. du -9 juillet 1597; _ibid._, f^o 186).—«Sera despéché mandement au sire -Janin, recepveur, de 11 livres, 7 souls, 8 deniers» (Délib. du 16 -juillet 1597, f^o 187). - -[270] «M. Dumolin, le sire Fournier, Martin et Janin et Veyras» sont -députés «pour ouyr, clore et arrester les comptes» de sire Farel, -receveur des deniers des pauvres, et de M. Fontfroide, receveur des -deniers du ministère, «à ces fins que, doresnavant, les recepveurs ne -recepvront aulcune chose sans conterollage et fere receu dans un livre -à ce désingné.» C’est le «livre des quitances». (Délib. du 12 février -1597, f^{os} 164-5).—V. aussi délib. des 22 avril 1598, 5 janvier -1599, etc. (F^{os} 222, 257, etc.). - -[271] V. dans les arch. non classées du consist. de Nîmes les comptes -de sire Cappon (1594) et les comptes suivants. - -[272] Ce registre, qui ne contient rien pour les années 1596 à 1602 -incluse, commence à 1580 et s’arrête à 1647 (Arch. du consist., H, 61). - -[273] Il se trouve plusieurs de ces registres dans les arch. non -classées du consist. - -[274] Arch. non classées du consist. «Par M. de Mazaudier et Verquière -les bilhetz des pouvres estant entre les mains de sire Dalbiac, -recepveur des deniers des pouvres, seront vériffiés et le compte -d’iceux arresté» (Délib. du 21 mars 1601; arch. du consist., B, 90, t. -VII, f^o 401). - -[275] Arch. du consist., H, 55. - -[276] V. notamment délib. du consist. du 2 juin 1599 (_loc. cit._, -f^{os} 286-7). - -[277] «Les recepveurs ne recepvront aulcune chose sans.... fere -receu dans un livre.... _que demeurera dans le coffre_» (_Ibid._, -f^{os} 164-5).—Sire Janin, receveur, «a remis _devers les archifz -de l’esglize_ le compte faict de son administration et les pièces -justificatives» (f^{os} 286-87). - -[278] Délib. du 5 janvier 1599 (f^o 257). - -[279] 21 février et 30 octobre 1598 (Arch. du Gard, E, 629); notariat -de Jean Corniaret. - -[280] 7 décembre 1597 (Arch. nat., TT, 242^2).—Congeniès, Gard, arr. -Nîmes, c^{on} Sommières. - -[281] 21 novembre 1598 (Arch. du Gard, E, 563); notariat de Marcelin -Bruguier. - -[282] 14 octobre 1597 (Arch. nat., TT, 242^2). - -[283] «M. Darbouses, greffier commissionnel, appellé en consistoire -pour remettre à la bourse des pouvres de la présante esglise certains -légatz pies qu’il a entre ses mains....., ce qu’il a confessé, mais -qu’il a baillié lui mesmes argent au geolier et autres, du mandement du -sieur juge criminel et de M. l’advocat du roy» (Délib. du consist. du -19 mars 1597, f^o 172).—Le syn. prov. de Montpellier (1581) ordonne -que «ceux qui ne payent les légats faicts aux povres» doivent être -«appelés au consistoire et poursuivis comme sacrilèges par autres voyes -du magistrat» (Frossard, _Recueil de règlements_, art. 51). - -[284] P. de Felice, _Protestants d’autrefois_, 3^e série, p. 128. - -[285] «Tout ce qui sera levé au bassin.....» (Délib. du consist. du 24 -septembre 1597, f^o 194).—M. P. de Felice, _Protestants d’autrefois_, -3^e série, p. 126, dit que la collecte se faisait ordinairement à la -porte du temple dans des «bourses, boîtes, bassins, plats, coupes ou -tasses». - -[286] Voici les deux délib. du consistoire que j’ai recueillies à ce -sujet: «Par sire Radel et sire Sigalon, antien, seront retirés les -deniers des boîtes pour les povres qui sont aux botiques des merchans» -(3 janvier 1599, f^o 259).—«Pour l’argent des boytes des pauvres que -sont aux botiques des marchands de l’année dernière......» (12 janvier -1600, f^o 319). - -[287] «Inquand des choses trouvées au temple et non demandées, et -l’argent mis au bassin» (En tête des délib. du consist. de l’année -1596, f^o 26).—«Inventaire des choses perdues au temple et non -demandées» (Délib. du 24 février 1601, f^o 394). - -[288] Aymon, _Synodes nat._, t. I, p. 180. - -[289] Aymon, t. I, p. 200. - -[290] Aymon, t. I, p. 232. - -[291] V. ci-dessous la décision que dut prendre le consist. de Nîmes -relative aux «billets» délivrés par les anciens. - -[292] Délib. du 24 septembre 1597, par exemple (_loc. cit._, f^o 194). - -[293] Délib. du 1^{er} août 1601 (f^o 424). - -[294] Aymon, _Syn. nat._, t. I, p. 216. - -[295] Délib. du 1^{er} août 1601 (f^o 424). - -[296] Délib. du 30 mai 1601 (f^o 415). - -[297] V. ci-dessus, p. 8. - -[298] Délib. du 8 mai 1596 (f^o 53). - -[299] Délib. du 23 octobre 1596 (f^o 133). - -[300] Délib. du 10 mars 1599 (f^o 270). - -[301] V. délib. du 4 juin 1597 (f^o 182).—«Le sieur de Falgueroles -adressera aux esglises circonvoysines le capuchin converty pour avoir -assistance pour le fere mettre de mestier» (Délib. du 11 juin 1597, f^o -183). - -[302] Cf.: «De Charles François, de Neufvile en Dauphiné, cy-devant -curé, estant à présent à Montpellier faisant profession de la vraye -religion» (Art. du synode prov. de Sauve (1597), B. P. F., copie -Auzière). - -[303] Syn. prov. de Montpellier, séance du 10 juin 1605 (_Ibid._). - -[304] Délib. des 18 et 21 octobre 1598 (_loc. cit._, f^{os} 243 et 244). - -[305] Délib. du 15 octobre 1597 (f^o 195). - -[306] Délib. du 18 décembre 1596 (f^o 144). - -[307] Délib. du 19 mars 1597 (f^o 172). - -[308] Délib. du 15 janvier 1597 (f^o 157). - -[309] Délib. du 13 février 1596 (f^o 33). - -[310] Arch. du consist., B, 90, t. VII (registre des délibérations), -f^{os} 26-41. - -[311] Délib. du 25 janvier 1602 (_Ibid._, f^o 460). - -[312] Délib. du 30 janvier 1602 (f^o 463). - -[313] Délib. du 13 février 1602 (f^o 471). - -[314] Délib. du 20 février 1602 (f^o 475). - -[315] Délib. du 27 février 1602 (f^o 478). - -[316] «Chargé M. Dumolin... de parler à M. l’advocat des pouvres pour -luy remonstrer son debvoir quand au logement des pouvres, en y ayant -plusieurs quy ne sont que titullaires et non aulcun pouvre» (Délib. du -29 janvier 1597, f^o 160). - -[317] Délib. du 16 juin 1599 (f^o 291). - -[318] Délib. du 2 juillet 1596 (f^o 102). - -[319] «Demain sera pourveu sur le logement des pouvres...»; on -convoquera le juge criminel, l’avocat du roi, et l’avocat des pauvres -à la maison de ville, «ensamble les survellians avec leurs pouvres -et rolles chascun de sa survelliance» (Délib. du 11 décembre 1596, -f^o 144).—«M. le lieutenant Albenas et M. Agulhonet, advocat des -pauvres... ont propozé... que, pour la grande et extrême charté des -vivres, il est expédiant de les lotger dès à présant. Conclud que on -avertira Messieurs les consuls pour en prendre rézolution à demain» -(Délib. du 23 octobre 1599, f^o 133).—V. au sujet de l’hôpital de -Nîmes, Puech, _Une ville au temps jadis_, pp. 562 et suiv. - -[320] Voy. ci-dessus, p. 19. - -[321] Voy. ci-dessus, p. 12. - -[322] Voy. ci-dessus, p. 38 et suiv. - -[323] Aymon, _Syn. nat._, t. I, p. 198. - -[324] P. de Felice, _Protestants d’autrefois_, 3^e série, p. 80. - -[325] Par exemple, elle députe au syn. prov. d’Uzès (1600): «MM. -d’Aiguillionet, consellier, de Sainct-Veran, Fontfroide, consul, -Blisson, avocat, diacre, et Chalas» (Arch. du consist. de Nîmes, A, 10, -f^o 45, v^o). Ces députations extraordinaires devaient être défrayées, -en partie tout au moins, par la municipalité, de même que celles -envoyées aux assemblées politiques (V. ci-dessous, chap. V ) - -[326] Arch. comm. d’Aimargues, GG, 59. - -[327] Délib. du 11 septembre 1596 (_loc. cit._, f^o 125). - -[328] Délib. du 14 mai 1597 (f^o 178). - -[329] Délib. du 18 novembre 1598 (f^o 247). - -[330] Délib. du 2 septembre 1598 (f^o 239). - -[331] Syn. prov. de Saint-Germain de Calberte, séance du 12 mai 1599 -(B. P. F., copie Auzière). - -[332] V. la note suivante.—Aujargues et Villevieille (Gard, arr. -Nîmes, c^{on} Sommières; colloque de Nîmes) associées sous le pasteur -Bansillon de 1597 à 1598, envoient au colloque de Nîmes (13 novembre -1597 un ancien chacune; au colloque de Galargues (5 février 1598) un -seul ancien, habitant d’Aujargues - Extraits des actes des colloques de -1594 à 1598, concernant Aujargues; Arch. nat., TT, 232^{18}).—Cette -coutume de ne députer qu’un seul ancien, par groupe d’églises -associées, fut sanctionnée au syn. prov. de Barre en 1618 (Frossard, -_Recueil de règlements_, art. 72). - -[333] Les députés des consist. de Junas, Congeniès et Aubais (Gard, -arr. Nîmes, c^{on} Sommières; colloque de Nîmes) étant «assemblés -ensemble le 2 avril 1595», à Junas, leur ministre leur remontre «le -peu d’ordre qu’il y a» en ce qui concerne la députation aux assemblées -ecclésiastiques; ils décident que «fondz sera fait en chasque esglize», -sur lequel on prendra l’argent nécessaire aux députations, «chacune -pour son tiers». On voit dans la suite que le plus souvent un seul -ancien d’une des trois églises accompagne le pasteur (Extr. des actes -du consistoire de Junas allant de 1592 à 1599; Arch. nat., TT, 242^2). - -[334] Ainsi on donne mandement de 100 s. «sur les deniers du ministère -pour paier au menuzier le reste de sa faction du banc mis au temple» -(Délib. du 8 janvier 1598, _loc. cit._, f^o 154).—Etc. - -[335] Syn. nat. de Saumur (1596) dans Aymon, _Syn. nat._, t. I, p. -203.—Syn. nat de Jargeau (1601), _Ibid._, p. 237. - -[336] Délib. du consist. de Nîmes du 10 janvier 1596 (f^o 26). - -[337] Délib. du 31 janvier 1596 (f^o 30). - -[338] Délib. du 14 février 1596 (f^o 32). - -[339] Délib. du 19 août 1596 (f^o 118). - -[340] Délib. à cette date (f^o 153). - -[341] Délib. du 9 avril 1597 (f^o 174). - -[342] _Id._ - -[343] Délib. du 31 décembre 1598 (f^o 255). - -[344] Délib. du 6 octobre 1599 (f^o 304). - -[345] Délib. du 13 octobre 1599 (f^o 305). - -[346] Délib. des 24 octobre, 28 novembre et 26 décembre 1601 (f^{os} -436, 443 et 450). - -[347] Délib. du 26 janvier 1600 (f^o 323). - -[348] Syn. prov. de Montpellier, séance du 27 mars 1598 (B.P.F., copie -Auzière). - -[349] _Protestants d’autrefois_, 3^e série, p. 60, note 3. - -[350] V. l’appendice sur les _Deniers du roi_. - -[351] Le consist. de Nîmes décide, le 18 octobre 1596, que «la somme -résollue» sera départie «sus chacun de la Religion» (_loc. cit._, f^o -132).—De même, le 8 avril 1601 (f^o 404). - -[352] Requête du chapitre de Nîmes au parlement de Toulouse pour qu’il -interdise aux protestants de lever aucune somme sur les rentiers des -dîmes pour l’entretien des ministres; juin 1601 (Arch. du Gard, G, -177).—Pour plus de détails, v. ci-dessous, chap. VI. - -[353] V. l’assemblée du 18 octobre 1596 «convocquée sur la contribution -pour l’entretenement du ministère» (Arch. du consist., B, 90, t. VII, -f^o 132); et celle du 11 novembre 1599 (f^o 313). V. aussi délib. du -conseil de ville du 19 décembre 1599 (Arch. comm. de Nîmes, LL, 15, f^o -90). - -[354] Délib. du consist. extraordinaire du 18 octobre 1596, citée. - -[355] «Oultre 700 l. que se pourront retirer des restes desd. deux -livres [d’imposition des années précédentes] et 1.300 l. qu’on pourra -retirer d’alheurs [peut-être en imposant les rentiers des bénéfices] -sera nécessaire, pour subvenir tant au paiement des arreyrages deubz -esd. pasteurs que pour leur assistance de la présente année 1601 et -fraix extraordinaires de l’églize, d’imposer la somme de 800 escutz -sans y comprendre les leveures et fraix des livres» (Délib. du 8 avril -1601, Arch. du consist., B, 90, t. VII, f^o 404). - -[356] Délib. du consist. de Nîmes du 18 octobre 1596 (_Ibid._, f^o 132). - -[357] D’après le règlement donné à l’église en 1596; Borrel, _Histoire -de l’église réformée de Nîmes_, p. 62. - -[358] Chargés Cheyron diacre et Salveton ancien de «fere signer le -livre sur le payement des pasteurs» (Délib. du consist. extraordinaire -du 19 janvier 1600, f^o 321).—Le 3 février 1600, on voit que le rôle -de l’imposition pour les pasteurs a été signé par le garde-sceaux (f^o -325). - -[359] Délib. du 3 février 1600 (f^o 325). - -[360] F^o 250. - -[361] Le 8 janvier 1597 (f^o 154). - -[362] Délib. du consist. du 15 janvier 1597 (f^o 157).—Délib. des 18 -et 25 novembre 1597 (f^{os} 247 et 248). - -[363] Délib. du 21 octobre 1598 (f^o 244). - -[364] Délib. du 23 décembre 1598 (f^o 254). - -[365] Délib. du 13 janvier 1599 (f^o 259). - -[366] Il réclame en conséquence que l’église «se charge de payer et -acquitter l’obligé qu’il fera» de 50 écus, qu’il a empruntés «aux -apportz» pour envoyer son frère étudier en théologie à Genève (Délib. -du 20 mars 1598, f^o 216). - -[367] Délib. des 15, 20 et 27 mai 1598 (f^{os} 227, 228 et 229). - -[368] Délib. du 16 septembre 1598 (f^o 242). - -[369] Délib. du 21 octobre 1598 (f^o 244). - -[370] Délib. du 9 décembre 1598 (f^o 250). - -[371] Délib. du 16 décembre 1598 (f^o 252). - -[372] V. délib. des 19 février 1597 et 20 janvier 1599 (f^{os} 167 et -261). - -[373] Délib. du 20 janvier 1599 (f^o 260). - -[374] Délib. du 20 janvier 1599 (f^o 261). - -[375] Délib. du 24 février 1599 (f^o 267).—C’était grâce à l’édit de -Nantes que de pareilles poursuites étaient possibles en vertu de l’art. -43 secret (Anquez, _Assemblées politiques_, p. 494). - -[376] Délib. du 28 juillet 1599 (f^o 295). - -[377] V. l’appendice sur les _Pasteurs de Nîmes_. - -[378] Sa mère réclame au consistoire 200 écus qui restent dus sur les -gages de son fils (Délib. du 13 juin 1601, f^o 418). - -[379] Ainsi Aujargues et Villevieille sont privées de leur ministre -Bansillon par le colloque du 16 août 1598, pour ne l’avoir pas payé -et jusqu’à ce qu’elles l’aient payé. (Dires par écrit devant les -commissaires exécuteurs de l’édit de Nantes en 1664; Arch. nat., TT, -232^{18}). - -[380] Syn. prov. d’Uzès, séance du 17 mars 1600 (Arch. du consist. de -Nîmes, A, 10, f^o 45 v^o). - -[381] V. ci-dessous, chap. VI. - -[382] Frossard, _Recueil de règlements_, art. 48. - -[383] Délib. de 10 décembre 1597 (_loc. cit._, f^o 200). - -[384] Délib. du 9 décembre 1598 (f^o 250). - -[385] Le consist. fait mandement de 3 l. à son avertisseur «pour les -poursuittes par luy fettes et droit de leveure de l’argent deub par la -ville pour l’entretenement des escolliers proposans». (Délib. du 12 -juin 1596, f^o 95).—V. ci-dessus, p. 20. - -[386] Jean Gril, «ancien et recepveur des deniers du menistère» en -1598, se présente au consist. le 26 janvier 1600 et expose qu’«il a -faict recepte en ses comptes de la somme de 86 l. 15 solz pour la -pention annuelle que la présente ville faict à l’église et pour lad. -année 1598..., l’ayant payée comme exacteur des talhes et au nom des -consulz». On lui en donne décharge «pour luy servir d’acquit... envers -MM. les consulz» (f^o 322). - -[387] V. le cahier de plaintes des catholiques de Nîmes, présenté aux -commissaires de l’édit de Nantes, répondu le 22 février 1601; art. 9^e -(Arch. du Gard, G, 446). - -[388] Le 19 décembre 1599, les consuls proposent au conseil de -ville que le consistoire le prie de s’occuper _officiellement_ de -confectionner les rôles et de faire la levée des impositions destinées -au payement des pasteurs; le conseil décide de prendre auparavant -l’avis des magistrats (Arch. comm. de Nîmes, LL, 15, f^o 90).—Le 25 -novembre 1601, il députe des gens «califfiés» pour dresser «l’estat de -lad. imposition par cappitation sur ceulx de la religion refformée tant -seulement» (_Ibid._, f^o 229 v^o).—Cette décision est confirmée en -conseil extraordinaire le 3 décembre 1601 (_Ibid._, f^o 236 r^o). - -[389] L’art. 43 secret permet aux réformés de «s’assembler devant -le juge royal et, par son authorité, égaler et lever sur eux telles -sommes de deniers qu’il sera arbitré estre nécessaire, pour estre -employez pour les frais de leurs synodes et entretenement de ceux qui -ont charge pour l’exercice de leurd. religion..., _et seront les taxes -et impositions desd. deniers exécutoires_, nonobstant oppositions ou -appellations quelconques» (Anquez, _Assemblées politiques_, p. 494.) - -[390] Délib. du 24 février 1599 (Arch. du consist., B, 90, t. VII, f^o -267). Le 13 janvier 1599, le consistoire avait décidé de faire une -«assemblée pour pourvoir à l’exécution de l’imposition des deniers -_ordonnés par le Roy_ pour l’entretenement de MM. les pasteurs» (f^o -259). - -[391] Il menace de se plaindre au colloque si on ne lui pave pas ce qui -lui est dû (Délib. du 28 juillet 1599, f^o 295). - -[392] Il prévient le consistoire que si on ne lui solde ses gages, -il va s’en aller à Marvéjols «quérir d’argent pour le mariage de sa -fillie» (Délib. du 10 mai 1600, f^o 347). - -[393] Le 24 mai 1600, il décide d’emprunter 600 l. pour payer les -arrérages de Chambrun et de Moynier (f^o 350).—Le 17 janvier 1601, -«attandu les arreyrages deubz aux pasteurs et leur nécessité, et qu’il -est notoire qu’il n’y a _aulcung argent_ ez mains du recepveur», il -conclut à l’emprunt de 300 l. payables à six mois (f^o 389). - -[394] Ch.-L. Frossard, _Étude historique et bibliographique sur la -Discipline des Eglises réformées_.—Outre la Discipline générale, œuvre -des synodes nationaux et codifiée en 1666 par d’Huisseau, il existe des -recueils de décisions de synodes provinciaux. V. pour le Bas-Languedoc -un _Recueil de règlements extr. des actes des synodes provinciaux_... -publ. par le pasteur Ch.-L. Frossard. - -[395] Délib. du consist. de Nîmes, du 16 septembre 1597 (Arch. du -consist., B, 90, t. VII, f^o 193). - -[396] Délib. du 16 octobre 1596 (_Ibid._, f^o 131). - -[397] Délib. du 18 décembre 1601 (f^o 448). - -[398] Frossard, _Recueil de règlements_, art. 124. - -[399] Frossard, art. 123. - -[400] Frossard, art. 124. - -[401] Frossard, art. 110. - -[402] «Conclud qu’on ne changera point l’ordre des prédications -en ceste province, et qu’on ne preschera point les dicts jours -[chomables], si ce ne sont jours ordinaires de prédication de la dicte -église» (Frossard, art. 156). - -[403] Délib. du consist. de Nîmes, du 24 février 1599 (_loc. cit._, f^o -267). - -[404] Délib. du 5 janvier 1599 (f^o 257). - -[405] Pierre de Valernod, né le 25 mai 1551, de Jean de Valernod et de -Françoise de Luc, chanoine de Die, archidiacre de Carcassonne, chanoine -puis précenteur à Nîmes, fut nommé évêque de Nîmes le 4 septembre 1594, -par le roi, grâce au crédit de son frère Jean de Valernod, secrétaire -du connétable de Montmorency (V. sur Jean de Valernod: Ménard, _Hist. -de Nîmes_, t. V, p. 294.—D’Aubais et Ménard, _Pièces fugitives_, t. -III, p. 23). Un arrêt du Grand Conseil, du 8 juin 1595, permit à Pierre -de Valernod de prendre possession civile de son évêché; la cérémonie -eut lieu le 4 septembre suivant; mais il ne reçut ses bulles qu’en 1598 -et fut sacré à Avignon le 24 février 1598 (Ménard, _loc. cit._, et -_Histoire des évêques de Nîmes_, t. I.)—Puech, _Un évêque de Nîmes au -commencement du XVII^e siècle; Pierre de Valernod_.—Germain, _Hist. -de l’église de Nîmes_, t. II, p. 190.—Goiffon, _Catal. analytique des -évêques de Nîmes_, dans _Bull. du Comité de l’art chrétien du dioc. de -Nîmes_, t. I, pp. 304 et 333.—_Exhortation de l’évêque de Nîmes Pierre -de Valernod à ses diocésains, lors de l’abjuration de Henri IV (1595)_ -(Bibl. de Nîmes, n^{os} 212-217, VI, 9). La _Gallia Christiana_, t. VI, -p. 549, dit que Valernod fut nommé à l’évêché d’Uzès. Cette erreur est -relevée par Ménard (_loc. cit._). - -[406] Délib. du consist. de Nîmes, du 18 mars 1598 (Arch. du consist., -B, 90, t. VII, f^o 214). - -[407] Délib. des 18, 20 et 25 mars 1598 (_Ibid._, f^{os} 214 et 217). - -[408] V. notamment une délib. du 14 novembre 1601 (f^o 439). - -[409] Arch. comm. d’Aimargues, GG, 55. - -[410] Délib. du consist. des 3 février 1600, 16 février 1600, etc. -(_loc. cit._, f^{os} 325, 327, etc.). - -[411] Délib. du 26 juin 1596 (f^o 101).—V. encore une délib. du 7 août -1596, relative au juge criminel qui reçoit des prêtres dans sa maison -(f^o 114). - -[412] Synode prov. de Saint-Germain de Calberte, séance du 14^e may «au -matin» (B. P. F., copie Auzière).—Frossard, _op. cit._, art. 151. - -[413] Frossard, art. 139. - -[414] Frossard, art. 125. - -[415] Frossard, art. 148. - -[416] Frossard, art. 145.—Ce n’est pourtant qu’au bout d’un an que le -consist. de Nîmes envoie «parler à Sixmard et à sa fiancée de ce qu’ils -ne s’espousent» (_loc. cit._, f^o 36). - -[417] Délib. du consist. de Nîmes, du 16 février 1600 (f^o 328). - -[418] Syn. prov. d’Uzès, séance du 17 avril 1603 (B. P. F., copie -Auzière). - -[419] «Chargé sire Farel... de s’informer de la vye de certaine femme -qui demeure près M. le lieutenant d’Albenas» (Délib. du 10 juin 1598, -f^o 230). - -[420] Délib. des 6 octobre 1599 (f^o 304) et 26 décembre 1601 (f^o 450). - -[421] Délib. du 9 septembre 1598 (f^o 241). - -[422] Le consist. décide d’appeler Jean Lombard, cardeur, accusé -d’inconduite «par la voix et famé publicque» (Délib. du 28 février -1596; f^o 38).—«Chargé M^{re} Boschier de inthimer au livraire logeant -chez done Gonsette de desloger et vuider de sa maison, pour ce qu’_on -préthand_ qu’ilz couchent en une mesme chambre» (Délib. du 13 mars -1596, f^o 46).—V. une autre délib. du même jour (_Ibid._). - -[423] Délib. des 28 avril et 28 mai 1599 (f^{os} 278 et 285). - -[424] Délib. du 12 décembre 1596 (f^o 137). - -[425] Délib. du 17 avril 1596 (f^o 58). - -[426] _Pièce_ n^o 9. - -[427] Frossard, _Recueil de règlements_, art. 159. - -[428] Syn. nat. de La Rochelle (1581) dans Aymon, _Syn. nat._, t. I, p. -152. - -[429] Délib. du consist. de Nîmes du 17 juillet 1596 (_loc. cit._, f^o -108). - -[430] Délib. du 31 mai 1600 (f^o 352). - -[431] Frossard, art. 159.—Délib. du consist. du 3 octobre 1601 (f^o -433). - -[432] Délib. du 25 novembre 1598 (f^o 248). - -[433] Délib. du 7 avril 1599 (f^o 274). - -[434] Syn. prov. de Montpellier (1596) (B. P. F., copie Auzière, f^o -7).—M^{me} Duplessis-Mornay se vit priver de la cène à Montauban pour -avoir persisté à soutenir ses cheveux avec des «fils d’arichal» (V. ses -_Mémoires_, t. II, pp. 269 et suiv.). - -[435] Aymon, _Syn. nat._, t. I, p. 240. - -[436] Délib. du 5 mai 1599 (f^o 279). - -[437] Délib. du 13 mars 1596 (f^o 46). - -[438] Délib. du 10 avril 1599 (f^o 227). - -[439] Délib. du 10 janvier 1596 (f^o 27). - -[440] Délib. du 25 décembre 1596 (f^o 146). - -[441] Leur banc était immédiatement derrière celui des pasteurs (Délib. -du 25 décembre 1596, f^o 146); il était fermé par une porte (Délib. du -21 avril 1599, f^o 278); et il avait coûté 5 l. (Délib. du 7 février -1597, f^o 163). - -[442] Délib. du 1^{er} avril 1598 (f^o 219). - -[443] Ainsi, Pacius en demande un pour lui et pour sa femme, qu’on lui -fait choisir (Délib. du 1^{er} octobre 1597, f^o 194). - -[444] V. P. de Felice, _Protestants d’autrefois_, 1^{re} série, pp. 39 -et suiv. - -[445] Le règlement adopté par le consistoire en 1566 porte que le prix -de location des bancs dans le temple sera versé dans la bourse des -pauvres (Borrel, _Hist. de l’égl. réformée de Nîmes_, p. 58). - -[446] Frossard, art. 111.—V. délib. du consist. du 28 février 1596 -(f^o 37). - -[447] Délib. du 17 janvier 1596, ordonnant que certains bancs «que sont -fichés» seront arrachés et la place «rendue libre comme auparadvant» -(f^o 27). - -[448] Du moins, il y en a sur le banc de Pacius (Délib. du 8 octobre -1597, f^o 194). - -[449] Délib. du 28 février 1596 (f^o 37). - -[450] Délib. du 24 juin 1598 (f^o 232). - -[451] Délib. du 21 avril 1599 (f^o 278). - -[452] C’est ce qu’il fait, par exemple, pour Mesdemoiselles d’Ariffon, -de Saint-Estienne et leurs filles, comme je l’ai dit.—V. aussi la -réconciliation qu’il fit de Julius Pacius avec Robert de Vismes -(_Pièce_ n^o 5). - -[453] Le 27 juin 1601, il délègue deux pasteurs et un ancien pour -«accorder le juge criminel et le lieutenant de Bonnail qui avoient -différend» (f^o 420). - -[454] Ainsi fait-il à Falguerolles et à Rally, l’écolier; le premier -accepte sa censure, le second en appelle au colloque (Délib. du 19 mai -1599, f^o 281). - -[455] Syn. prov. de Nîmes, séance du 12 mars 1601 (Arch. du consist. de -Nîmes, A, 10, f^o 64 r^o). - -[456] Syn. nat. de Montpellier (1598) dans Aymon, t. I, p. 219. - -[457] Syn. nat. de Montpellier (1598), _loc. cit._ - -[458] Frossard, art. 166.—Syn. prov. de Saint-Germain de Calberte, -séance du 12 mai 1599 (B. P. F., copie Auzière). - -[459] Frossard, art. 168. - -[460] Frossard, art. 165.—Je pourrais m’étendre davantage sur tous les -jeux défendus d’après le règlement de la Discipline. Mais il n’est pas -particulier au colloque de Nîmes, et l’on ne sait dans quelle mesure il -était appliqué. - -[461] «Sera appelé le paumier du jeu de M. de la Farelle pour s’estre -trouvé en faute d’avoir tenu des joueurs dimanche dernier en son jeu» -(Délib. du 24 janvier 1596; arch. du consist., B, 90, t. VII, f^o -31).—«Pour le fait du jeu de balon qui se continue... mesme durant -l’heure des prêches le dimanche», on parlera «à Messieurs le juge -criminel et consulz affin qu’ilz y remédient» (Délib. du 26 novembre -1597, f^o 199).—V. sur les jeux alors en usage à Nîmes, Puech, _Une -ville au temps jadis_, pp. 436-446. - -[462] Frossard, art. 115. - -[463] Frossard, art. 114. - -[464] Délib. du 23 décembre 1598 (f^o 254). - -[465] Délib. du 24 janvier 1596 (f^o 31). - -[466] Délib. du 10 juillet 1596 (f^o 105). - -[467] Délib. du conseil de ville de Nîmes, du 10 janvier 1600 (Arch. -comm., LL, 15, f^o 97 v^o). - -[468] Frossard, art. 167. - -[469] Puech, _Une ville au temps jadis_, pp. 450-452. - -[470] Syn. prov. d’Uzès, séance du 18 mars 1600 (B. P. F., copie -Auzière).—L’ordonnance du syn. fut observée à Nîmes: le 22 mars 1600, -le consist. décide de la publier en chaire «les deux sènes du jour de -Pasques» (f^o 335). - -[471] Délib. du 21 février 1596 (f^o 35). - -[472] Délib. du 29 février 1596 (f^o 40).—Les «masques» étaient -interdits comme les danses: en 1583, des jeunes gens nîmois avaient -imaginé un «costume» original: ils avaient peint leurs corps nus -(Délib. des 23 mars et 6 avril 1583; arch. du consist., B, 90, t. IV, -f^{os} 2 et 5). - -[473] Délib. du 16 février 1600 (Arch. du consist., B, 90, t. VII, f^o -327). - -[474] Délib. du 26 mai 1599 (_Ibid._, f^o 283). - -[475] Délib. du 2 janvier 1602 (_Ibid._, f^o 452). - -[476] Dardier, _La discipline dans l’ancienne égl. réf. de Nîmes_, dans -_Étrennes chrétiennes_, pp. 72-74.—Quelques traits de cette étude ont -été reproduits par l’auteur dans le _Bulletin de l’Académie de Nîmes_, -année 1881. - -[477] Arch. comm. d’Aimargues, GG, 54. - -[478] Délib. du 12 mai 1599 (_loc. cit._, f^o 280). - -[479] V. la délib. précédente et celle du 10 mai 1600 (f^o 347). - -[480] Délib. du 13 mars 1596 (f^o 44). - -[481] Délib. du 6 mars 1596 (f^o 42). - -[482] Délib. du 20 mars 1596 (f^o 47). - -[483] Ch. Dardier, _La Discipline dans l’ancienne égl. réf. de Nîmes_ -dans _Étrennes chrétiennes_, p. 68. - -[484] P. de Felice, _Protestants d’autrefois_, 3^e série, p. 186. - -[485] «Jean Moynier, serviteur de M. le Juge Criminel, mandé venir au -consistoire pour savoir quy a dancé... aux nopces... de M. le Juge -Criminel, lequel a dict que, pour en savoir nouvelles du tout, la femme -de M^{re} Denis Tausan, Barrière et sa femme», etc. (Délib. du 29 -février 1596, f^o 40). - -[486] «Sont esté mandé venir Marie Riquette..., Jehanne Vabresse et -Catherine Reyne...; lesd. femmes ont dict...» (Délib. du 14 juillet -1599, f^o 294). - -[487] Délib. du 9 avril 1599 (f^o 275). - -[488] Délib. du 14 juillet 1599 (f^o 294). - -[489] P. de Felice, _Protestants d’autrefois_, 3^e série, p. 52. - -[490] Délib. du 11 avril 1601 (_loc. cit._, f^o 405). - -[491] Délib. du 18 avril 1601 (f^o 408). - -[492] F^o 411. - -[493] F^o 412. - -[494] F^o 413. - -[495] F^o 415. - -[496] F^o 416. - -[497] F^o 427. - -[498] F^o 427. - -[499] F^o 428. - -[500] F^o 430. - -[501] F^o 431. - -[502] F^o 432. - -[503] F^o 434. - -[504] F^o 435. - -[505] F^o 437, délib. du 27 octobre. - -[506] F^o 437, délib. du 30 octobre. - -[507] F^o 439. - -[508] F^o 439. - -[509] Sur la qualité des membres du consistoire, voy. ci-dessus, p. 33. - -[510] Délib. du 19 juin 1596 (f^o 98). - -[511] Délib. du 19 août 1596 (f^o 117). - -[512] «M. Maltrait, venu au consistoire..., ayant esté appellé par -l’advertisseur, se seroit rendu reffuzant» (Délib. du 29 mai 1599, f^o -285).—M^{lle} de Bessonnet, appelée deux fois par l’avertisseur, «lui -a dict qu’elle ne voloit point venir et que ne viendroit point» (Délib. -du 24 octobre 1601, f^o 436). - -[513] «A esté renvoyé à demain» (Délib. du 3 septembre 1599, f^o 300). - -[514] V. _Pièces_ n^{os} 3 et 9. - -[515] Requête de Rivière et Gasais au consist. _Pièce_ n^o 3. - -[516] Le syn. prov. d’Alais permet au pasteur de la Faye de citer -en justice un certain Noguier qui avait écrit contre lui un libelle -diffamatoire si celui-ci, ses parents et ses alliés ne «tiennent lad. -réconciliation» (Séance du 20 avril 1602; B. P. F., copie Auzière). - -[517] M. Delorme dit qu’on l’employait à Nîmes dès 1561 (_Bull. de -la Soc. du Protestantisme_, XXXVII (1888), p. 317). Il semble plutôt -que c’étaient des _billets_ en papier qui en faisaient l’office (P. -de Felice, _Protestants d’autrefois_, 3^e série, p. 128). Sur les -méreaux, on peut voir encore: Gélin, _Le méreau dans les églises -réformées de France_, dans _Mémoires de la Soc. de statistique des -Deux-Sèvres_, année 1892, et Ch. L. Frossard dans _Bull. de la Soc. du -Protestantisme_, XXXI (1872), pp. 236 sq. - -[518] Le consist. de Nîmes décide, le 24 mai 1600, de faire comparaître -M^{lle} de Gueyssac «voir que luy a baillé la marque» qui lui a permis -de communier malgré sa suspension (Arch. du consist., B, 90, t. VII, -f^o 350). V. encore (f^{os} 248, 345) séances du 9 septembre 1598 et du -3 mai 1600. - -[519] V. A. Puech, _Un Nîmois oublié, le pamphlétaire Guillaume de -Reboul_. - -[520] Voy. ci-dessus, pp. 98-99. - -[521] Délib. du 14 novembre 1601 (f^o 439). - -[522] Délib. du 2 janvier 1602 (f^o 452). - -[523] Délib. du 9 janvier 1602 (f^o 453). - -[524] Délib. du 16 janvier 1602 (f^o 454). - -[525] De même, il aurait fallu qu’une forte sanction parût bien -nécessaire pour que l’on condamnât une église aussi importante que -Nîmes, par exemple, à la privation du culte (Voy. ci-dessus, pp. 74-75). - -[526] «Le sire Tourrel, surveillant,... luy sera représenté s’il ne -fait estat de joueur, pour après en informer le consistoire» (Délib. -du 17 janvier 1596, f^o 28).—Le 1^{er} août 1598, le ministre -Falguerolles est griefvement censuré» (f^o 236). - -[527] Un des consuls est appelé pour avoir fait route avec l’évêque -Valernod (Délib. du 26 juin 1596, f^o 101). - -[528] «M. le lieutenant Albenas sera appellé par le diacre et le -survelhant de son quartier» (Délib. du 4 mars 1598, f^o 218).—Il -empêche l’avocat du roi «de n’usurper le cimetière plus qu’il ne fault -pour son sépulcre» (Délib. du 5 novembre 1597, f^o 197). - -[529] Délib. du 29 février 1596 (f^o 40). - -[530] Délib. du 21 février 1596 (f^o 35). - -[531] Voy. notamment, dans ce chapitre, les enquêtes du consistoire -sur la paillardise, la coquetterie, la danse et la musique et son -intervention dans les querelles de ménage. Cet ordre de choses «nous -choquerait infiniment plus qu’il ne choquait nos devanciers» (P. de -Felice, _Protestants d’autrefois_, 3^e série, p. 181). Je n’ai pas lu, -en effet, dans le registre du consistoire, qu’aucun fidèle se soit -jamais plaint de la surveillance consistoriale. - -[532] V. les actes du conseil de ville (Arch. comm. de Nîmes, LL, 15, -passim.). - -[533] M. de Saint-Cézary est chargé de «proposer en maison de ville -par devant Messieurs les consulz et leur conseil pour la levée des -rolles et payement de Messieurs les ministres pour leurs gages, le -premier jour que seront assemblés» (Délib. du consist. du 20 janvier -1599, Arch. du consist., B, 90, t. VII, f^o 260).—«Charge Messieurs -Chambrun, Moynier, Cheyron, et sire Manuel, et M^{re} Laurens au -conseil mandé par Messieurs les consulz le jour de demain en la maison -de ville, pour raison de certaines affaires concernant l’esglize» -(Délib. du même jour, _ibid._).—On trouve parmi les assistants au -conseil de ville du 21 janvier: le pasteur Chambrun et les anciens -Saint-Cézary et Manuel (Arch. comm. de Nîmes, LL, 15, f^{os} 5 v^o, 6 -r^o).—«Le premier conseil ordinaire que se tiendra en la maison de -ville, l’on y représantera le faict de la cloche de Vergèses» (Délib. -du consist. du 13 août 1597, _loc. cit._, f^o 189).—Etc. - -[534] «A l’issue du prêche, demain, l’on assemblera avec le -consistoire» quelques magistrats, les «consulz» et les «principals -advocats» (Délib. du consist. du 12 mai 1596, f^o 95).—Etc.... - -[535] En 1602, «le sire Cotton, consul», est chargé par le consistoire -de «remonstrer à damoiselle Sarouille...» (Arch. comm. d’Aimargues, GG, -54). - -[536] On trouve parmi les membres du consist., en 1579: «Sire Anthoine -Maurié de Rovirac, qui est aussi consul»; des consuls sont encore élus -anciens en 1593, 1598, 1600, 1601, 1603, etc... (Reg. des baptêmes et -mariages de La Salle, comprenant les listes des membres du consist.; -inventaire analytique de M. Teissier, B. P. F.). - -[537] Arch. comm. du Vigan, BB, 3. - -[538] Arch. du consist, B, 90, t. VII, f^o 105. - -[539] Délib. du 9 septembre 1598 (_Ibid._, f^o 241).—V. encore une -délib. analogue du 6 octobre 1599 (f^o 304). - -[540] Délib. du 21 février 1596 (f^o 34). - -[541] V. ci-dessus, p. 93. - -[542] «Seront aussi tenus de garder et observer les festes indictes -en l’Église catholique, apostolique et romaine, et ne pourront, ès -jours d’icelles, besongner, vendre, ny estaller à boutiques ouvertes» -(Anquez, _Assemblées politiques_, p. 463). - -[543] Délib. du consist. du 29 mai 1596 (f^o 86). - -[544] Délib. du 15 janvier 1597 (f^o 156). - -[545] V. ci-dessus, p. 76. - -[546] V. ci-dessus, p. 76, note 4. - -[547] V. le chap. III. - -[548] Délib. du 10 janvier 1600 (Arch. comm., LL, 15, f^o 98 r^o). - -[549] V. p. 107. - -[550] Ainsi un des consuls est appelé au consistoire «pour avoir -accompagné l’évesque de la présante ville et prestre pour aller dire la -messe à Beauvoisin» (Délib. du 26 juin 1596, _loc. cit._, f^o 100). - -[551] Délib. du 27 mai 1598 (f^o 229). - -[552] V. ci-dessus, p. 93. - -[553] Certains prétendaient être assis et couverts pendant que le -consistoire les censurait. Le syn. prov. d’Uzès, séance du 19 mars -1600, n’osa donner un règlement qui aurait pu provoquer de graves -révoltes sans doute, car il permit aux consistoires d’en ordonner -librement suivant qu’ils le jugeraient bon (B. P. F., copie Auzière). - -[554] Aymon, _Syn. nat._, t. I, p. 202.—Cet article fut renouvelé par -le syn. prov. du Vigan (1609); v. Frossard, _Rec. de règlements_, n^o -80. - -[555] Syn. prov. de Nîmes, séance du 9 mars 1601 (B. P. F., copie -Auzière). - -[556] Voy. p. 55, note 2. - -[557] Syn. nat. de Montpellier (1598), dans Aymon, _Syn. nat._, t. I, -p. 218.—Cet article est le développement d’un règlement donné au syn. -prov. de Montpellier en 1598 (V. Frossard, n^o 61). - -[558] Syn. prov. de Nîmes, séance du 13 mars 1601 (B. P. F., copie -Auzière). - -[559] Délib. du 19 juin 1596 (_loc. cit._, f^o 99). - -[560] Ci-dessus, pp. 44 et suiv. - -[561] Délib. du 18 septembre 1596 (f^o 127). - -[562] Délib. du 5 mars 1597 (f^o 169). - -[563] Délib. du 12 mai 1599 (f^o 280). - -[564] Délib. du 26 novembre 1597 (f^o 199). - -[565] Syn. prov. d’Alais, séance du 20 avril 1602 (B. P. F., copie -Auzière). - -[566] Voy. le chap. IV et la 1^{re} partie de celui-ci. - -[567] _Pièce_ n^o 2. - -[568] «Demain sera pourveu sur le logement des pouvres à l’heure de -midy»; on priera le juge criminel, l’avocat du roi et celui des pauvres -d’assister à la séance (Délib. du 11 décembre 1596, f^o 144). - -[569] «M. Moynier et M. Boschier sont chargés de parler à M. le juge -criminel de ne plus longuement tenir Mazel aux prisons, ou, sy ainsin -est, qu’il luy balhe alhimens pour sa norriture, atandu sa pouvreté et -disette» (Délib. du 17 juillet 1596, f^o 110). - -[570] Frossard, _Recueil de règlements_, art. 24. - -[571] Délib. du 19 avril 1600 (_loc. cit._, f^o 344). - -[572] Voy. Dom Vaissète, _Hist. du Languedoc_, t. V, _passim_. - -[573] 1602, 13 août. Lettre du roi aux consuls de Nîmes (B. N., ms. -franç. 3564, f^o 65). - -[574] 1614, 27 mai. Plainte d’un prêtre servant en l’église de Nîmes -par devant Jacques Leblanc, «juge roial de Nymes» (Arch. du Gard, G, -446). - -[575] Le 19 avril 1600 (Arch. du consist., B, 90, t. VII, f^o 344). - -[576] Délib. du conseil de ville des 19 et 27 avril 1600 (Arch. -communales, LL, 15, f^{os} 108 et 109). - -[577] Délib. du consist. de Nîmes du 3 mai 1600 (Arch. du consist., -B, 90, t. VII, f^o 346).—Saint-Gilles, Gard, arr. Nîmes; colloque de -Nîmes. - -[578] Délib. du 19 avril 1600 (Arch. comm., LL, 15, f^o 108). - -[579] Délib. du conseil de ville du 11 novembre 1600 (_Ibid._, f^{os} -151 v^o-152 r^o); etc. - -[580] Ils envoient au roi une députation de 10 ou 12 personnes pour -réclamer leur admission aux consulats; il faut bien, pour nommer cette -députation, qu’ils se soient assemblés (Délib. du conseil de ville du -26 décembre 1600, f^o 158). - -[581] V. par exemple, aux Arch. du Gard, G, 446, leur cahier présenté -aux commissaires et répondu le 22 février 1601. Je ne tiens compte -que des faits précis allégués dans ces cahiers, tant des catholiques -que des protestants, et je néglige totalement tout ce qui n’est pas -justifié par des faits. - -[582] V. les délib. des 6 novembre, 31 décembre 1599, etc. (Arch. du -Gard, G, 1118, f^{os} 10 r^o, 16 r^o, etc.).—Des procès de ce genre -étaient très fréquents, même dans des régions toutes catholiques, du -XVI^e au XVIII^e siècle. - -[583] Cahier des états de Pézenas, «présentés au roy le 12 aoust 1596», -art. XVII^e (Arch. du Gard, C, 925, f^o 6). - -[584] Cahier des états de Pézenas cité, art. XIX^e (f^o 7 r^o). - -[585] Voici ces recommandations: «Durant le saint sacrifice de la -messe, que chacun demeure debout despuis le commencement d’iceluy -jusques que le célébrant monte à l’autel, comme aussy à toutes les -oraisons qu’il dict et preffaces; demeurer à genoux un peu avant la -consécration du corps et du sang précieux de Nostre Seigneur jusques -que le prebstre dict ces mots: _Omnis honor et gloria_. Là, aiant -un peu incliné le chef, se mettre droit pour la préface du _Pater_ -jusques à _Domine non sum dignus_, où faut estre de genoux et y -demeurer jusques à la communion, puis se lever aux oraisons, et prendre -la bénédiction à genoux. Pour les autres heures,... demeurer debout -lorsqu’on les commence jusques à _Alleluia_ ou _Laus tibi_, à chacun -_Gloria Patri_ jusques à _Amen_, aux capitules, derniers vers de chacun -hymne, aux commémorations à cause des oraisons, et, quand on lit à -matines l’Évangile, jusques à _Et reliqua_». Ce règlement commence -ainsi: «M. Maistre Estienne Cortois, archidiacre second en l’église -collégiale de Saint-Gilles, vicaire de M. l’abbé dud. lieu, exorte -Mess^{rs} du chapitre... vouloir fere ce qui est contenu aux articles -soubscrits.» Il est intercalé entre deux délibérations dud. chapitre, -l’une du 3 novembre 1600, et l’autre du 3 avril 1601 (Arch. du Gard, G, -1118, f^o 35). - -[586] Cahier des catholiques de Nîmes présenté aux commissaires -exécuteurs de l’édit de Nantes, répondu le 22 février 1601; art. 2^e -(Arch. du Gard, G, 446). - -[587] Même cahier, art. 3^e et 5^e. - -[588] V. même cahier, art. 5^e.—Cahier présenté au roi par les -réformés du Bas-Languedoc, répondu le 17 avril 1601, art. X et XI -(Arch. du Gard, G, 446). Cahier des états de Pézenas présenté au roi le -12 août 1596, art XVI (Arch. du Gard, C, 925, f^{os} 5 v^o-6 r^o). - -[589] Cahier des catholiques de Nîmes, cité p. 122, note 2: art. 6^e. - -[590] Même cahier, art. 7^e. - -[591] Même cahier, art. 11^e. - -[592] Même cahier, art. 29^e et 30^e. - -[593] Germain, _Hist. de l’Église de Nîmes_, t. II, p. 194.—V. même -cahier, art. 22^e, 23^e, 24^e, 25^e, 26^e.—Cahier des réformés de -Bas-Languedoc au roi, répondu le 17 avril 1601, art. I (Arch. du Gard, -G, 446).—Etc. - -[594] Cahier des états de Pézenas, présenté au roi le 12 août 1596, -art. XXX (Arch. du Gard, C, 925, f^o 7). - -[595] Cahier des catholiques de Nîmes, présenté aux commissaires de -l’édit de Nantes, répondu le 22 février 1601, art. 9^e (Arch. du Gard, -G, 446). - -[596] V. ci-dessus, p. 20 et chap. V. - -[597] Cahier des catholiques de Nîmes, cité p. 122, note 2, art. -31^e.—V. ci-dessus, p. 46, note 1. - -[598] Il n’y a pas de raisons pour accuser les huguenots d’avoir -plus contribué que les catholiques à dépouiller les rentiers -ecclésiastiques; mais il n’y en a pas moins. A la faveur des troubles, -s’était levée une foule d’aventuriers, tant huguenots que papistes, qui -ne songeaient qu’à s’enrichir. Je mentionne les faits qui suivent pour -donner une idée du désarroi régnant en général dans le parti catholique. - -[599] Cahier présenté au roi par «les états du Languedoc», répondu le -7 septembre 1595; art. IV (Arch. du Gard, C, 925). V. aussi le cahier -des états de Pézenas, présenté au roi le 12 août 1596, art. X (Arch. du -Gard, C, 925, f^o 3 v^o). - -[600] Cahier des «états de Languedoc» cité, art. V.—Voy. aussi cahier -des états de Pézenas, cité p. 126, note 2; art. XI. - -[601] Même cahier des états de Pézenas (f^o 4 v^o-5 r^o). - -[602] Même cahier, art. XV (f^o 5). - -[603] V. ci-dessus, pp. 70 et 127. - -[604] Palma Cayet, _Chronologie septennaire_, éd. Buchon, t. XVI, pp. -209-210. - -[605] «Cahier de ceulx de la Religion Prétendue réformée, assemblés -à Saumur 1611», art. IX, avec le sommaire suivant en marge: -«De l’exemption des tailles pour les ministres comme pour les -ecclésiastiques» (B. N., ms. Brienne, 222). - -[606] V. ci-dessous l’appendice _A_ sur les _Deniers du roi_. - -[607] Cahier de remontrances des catholiques de Nîmes aux commissaires, -répondu le 22 février 1601, art. 13^e (Arch. du Gard, G, 446). - -[608] Arrêt du Parlement de Toulouse interdisant aux consuls, syndics -et autres de saisir les fruits décimaux «soubs prétexte de la norriture -desd. pouvres» (Arch. du Gard, G, 437). - -[609] Arrêts de la cour des Aides contre les consuls de Nîmes exemptant -des tailles les Carmes de lad. ville (_Ibid._, H, 297). - -[610] Requête du chapitre de Nîmes au Parlement de Toulouse pour qu’il -interdise aux protestants de lever aucune imposition sur les rentiers -des dîmes pour l’entretien des ministres (_Ibid._, G, 177). - -[611] Arrêt de la cour des Aides exemptant de tous les impôts l’église, -le couvent et l’enclos des Carmes de Nîmes (_Ibid._, H, 296). - -[612] _Ibid._, G, 1105. - -[613] Voy. la _Conclusion_. - -[614] _Hist. de Nismes_, t. V, p. 148. - -[615] V. ci-dessus, p. 120. - -[616] Syn. prov. de Nîmes, séance du 9 mars 1601 (B. P. F., copie -Auzière). - -[617] Le syn. prov. de Montpellier, séance du 23 août 1596, décide -que Falguerolles continuera de répondre à l’_Apostat_ de Reboul «avec -l’advis et assistance de MM. de Chambrun et Moinier, aussy ministres -de Nîmes», et communiquera sa réponse aux pasteurs Bertrand et Gigord -(B. P. F., copie Auzière).—Moynier est censuré par le colloque de -Nîmes pour n’avoir montré son livre au ministre Baille que «après qu’il -s’imprimoit» (Syn. prov. de Nîmes (1601), _loc. cit._).—Souvent c’est -le colloque (ou au moins trois ou quatre de ses pasteurs) qui est -chargé de revoir l’ouvrage (Frossard, _Recueil de règlements_, n^o 67). - -[618] Aymon, _Syn. nat._, t. I, p. 219. - -[619] Ainsi, Sébastien Jaquy, imprimeur nîmois, «examiné sur le livre -qu’il a imprimé intitulé: _Très humble supplication à Monsieur le -conte Maurice par la suivante d’Orange_, a respondu que c’est M. -Julien, ministre dud. Orange, et le consul de lad. ville qui l’ont prié -l’imprimer et luy ont délivré 10 escus 2 livres pour le pris, et, de -lad. impression, il auroyt délivré cent exemplaires auxd. sieurs, et -n’auroyent en son pouvoir que deux siens, en ayant donné à quelques -particuliers seulement troys. Et... a dict et préthandue avoyr remis -entre les mains desd. sieurs la coppie sur laquelle il a faict lad. -impression, ayant déclairé avoyr cogneu qu’une partie de la coppie et -jugé escripte de la main de M. de Serres.....» (Délib. du consist. -de Nîmes du 1^{er} juillet 1598; arch. du consist., B, 90, t. VII, -f^o 233).—Plus tard, le 29 novembre 1600, il est _accusé_ dans led. -consistoire d’avoir édité un pamphlet intitulé: _La teste du ministre -Caille_ (_Ibid._, f^o 374). V. sur l’imprimeur Sébastien Jaquy, Puech, -_Une ville au temps jadis_, p. 363. - -[620] Cf. ci-dessus, p. 135, note 2. - -[621] Le syn. prov. de Saint-Germain de Calberte (1599) décide que -Falguerolles pourra envoyer à Genève sa réponse au jésuite Porsan -pourvu que, revue par les pasteurs de cette ville, elle y soit -imprimée, ou bien simplement la montrer aux pasteurs de Nîmes, d’Uzès -et du Vigan et l’éditer à Nîmes ou à Montpellier; le tout aux frais de -son colloque (B. P. F., copie Auzière). - -[622] V. délib. du consist., 25 septembre 1596 (Arch. du consist., B. -90, t. VII, f^o 128).—Sur Reboul, v. Puech, _Guillaume de Reboul_. - -[623] Cahier de remontrances des réformés de Bas-Languedoc, présenté au -roi, répondu le 17 avril 1601; art. XVI^e (Arch. du Gard, G, 446). - -[624] Le syn. prov. de Nîmes, séance du 12 mars 1601, «conclud que..... -les frais qui seront faicts par lesd. pasteurs [pour leurs procès] -seront mis sur le général» (B. P. F., copie Auzière).—Celui d’Alais -(séance du 21 avril 1602) rembourse au ministre d’Aigues-Mortes, -Bansillon, «ses fraiz faictz à la poursuite du procez qu’il a heu à -raison de son livre contre le Jésuite» (_Ibid._). - -[625] V. le syn. prov. d’Alais, séances des 19 et 21 avril 1602 -(_Ibid._).—Ch. Read, _Henri IV et le ministre Daniel Chamier_ (1854), -pp. 23 et suiv.—Syn. nat. de Gap, dans Aymon, _Syn. nat._, t. -I.—Sully, _Oeconomies_, pp. 516 et suiv.—Etc. - -[626] Syn. prov. d’Uzès, séance du 24 avril 1603 (B. P. F., copie -Auzière). - -[627] Même syn., séance du 21 avril 1603 (_Ibid._). - -[628] C’est le motif qu’invoque le président de la chambre de l’édit -de Castres, de Fresne-Canaye, pour interdire la continuation de la -controverse entre le ministre Chamier et le jésuite Coton, dont je -parle ci-après (Ch. Read, _Daniel Chamier_, pp. 338-9). - -[629] Requête des protestants au sénéchal pour lui remontrer que, -Ferrier ayant été provoqué par Coton, son conseil aurait refusé -l’autorisation nécessaire pour qu’ils pussent se livrer à leur -controverse, malgré les précédents; or, son conseil n’était alors -composé que de catholiques, ce qui est contraire aux édits qui -ordonnent qu’en pareil cas, il doit se composer du même nombre de -juges protestants et catholiques; que le sénéchal accorde donc lad. -permission, ou ils en appelleront à la chambre de l’édit (Ménard, -_Hist. de Nîmes_, t. V, _Preuves_, 222).—Une copie conforme de cette -requête se trouve aux Arch. du consist. de Nîmes, sous la cote B, 1. - -[630] _Recherches sur la Compagnie de Jésus_, t. I, p. 444. Ce livre, -publié en 1875-78, est soit un pamphlet, soit une œuvre d’édification, -comme on voudra. En tout cas, il n’a pas le minimum d’impartialité -nécessaire pour qu’on puisse le qualifier d’historique. - -[631] Le syn. nat. de Jargeau (1601) décide que les ministres «ne -seront point agresseurs.... Ils n’entreront jamais en dispute réglée -que par des écrits respectifs, donnés et signés de part et d’autre. -Et pour ce qui est des disputes publiques, ils n’y entreront que par -l’avis de leur consistoire et celui de quelque nombre de pasteurs qui, -pour cet effet, seront choisis par les coloques et synodes provinciaux. -Ils n’entreront point aussi en aucune dispute ou conférence générale -sans l’avis de toutes les églises assemblées au synode national, -sous peine aux ministres qui y entreront autrement d’être déclarés -apostats et traités comme violateurs des loix fondamentales de nos -églises» (Aymon, _Syn. nat_., t. I, pp. 237-8).—V. aussi G. de Felice, -_Syn. nat._, pp. 232-3.—Cet art. du syn. de Jargeau passa dans la -_Discipline_ (chap. VI, art. 4). - -[632] Le 10 novembre 1599, le consistoire fait mandement à sire Cheyron -de 3 écus 13 sols qu’avait coûtés l’entretien de Ferrier durant son -séjour «pour la conférence avec le P. Couton», et de 4 l. «pour le -voyage des chevaulx» (Arch. du consist., B, 90, t. VII, f^o 309). - -[633] V. ci-dessous, p. 148. - -[634] Le 23 mai 1599 (f^o 306). - -[635] _Recherches sur la Compagnie de Jésus_, t. I, p. 444. - -[636] Lisez _Chalas_. - -[637] Ferrier dit au synode prov. d’Uzès, séance du 17 mars 1600, que -la dispute avec Coton «ne luy aurait été permise par le Magistrat» -(Arch. du consist. de Nîmes, A, 10, f^{os} 45 v^o-46). C’est donc à -tort que M. Germain, _Hist. de l’égl. de Nîmes_, p. 193, écrit qu’elle -eut lieu. - -[638] C’est ce que dit le consist. au même synode, même séance. - -[639] Après la conférence, le P. Coton publia ou fit publier: 1^o -«_Discours envoyé à Mgr. l’illustrissime cardinal de Sourdis, -archevesque de Bourdeaux et primat d’Aquitaine, contenant succinctement -et au vray le narré de la conférence commencée à Nismes, dans la -Maison du Roy, le 26 septembre et finie par ordonnance de la Cour le -3 d’octobre 1600, entre le R. P. Coton, de la Compagnie de Jésus, et -M. Chamier, ministre_.—En Avignon, de l’imprimerie Jacques Bramereau, -1600, in-8 de 175 pp. (d’après le P. Prat, _Recherches sur la compagnie -de Jésus_, t. I, p. 612). 2^o _Actes de la conférence tenue à Nismes -entre le R. P. Pierre Coton, de la Compagnie de Jésus, et M. Chamier, -ministre, commencée le 26 septembre 1600 et interrompue le 3 octobre -dudict an, sur certains passages citez par ledict Pierre Coton en son -livre de la Messe, et impugnez de faux par ledict Chamier_.....—A -Lyon, par Estienne Tantillon, MDCI, in-8 de 296 pp. sans les -préliminaires. Cet ouvrage est à la bibl. de Grenoble (d’après Ch. -Read, _Daniel Chamier_, pp. 450 et suiv.).—De son côté, Daniel Chamier -publia postérieurement aux deux ouvrages précédents: _Les actes de -la Conférence tenue à Nismes entre Daniel Chamier, ministre du Saint -Évangile, pasteur de l’église de Montélimar, et Pierre Coton, jésuite, -prédicateur aud. Nismes, publiez maintenant par led. Chamier, pour -faire voir les faussetés de ceux que Coton a fait imprimer à Lyon -par Estienne Tantillon sous le nom de P. Demezat_.—Genève, Gabriel -Cartier, 1601, in-8 de 256 pp. (Ch. Read, _op. cit._, p. 229). - -[640] E. Arnaud, _Notice sur les controverses religieuses en Dauphiné_ -(1872), pp. 15-16, ignore la seconde publication du P. Coton. - -[641] Dans ses _Actes de la conférence_, cités par Ch. Read, _Daniel -Chamier_, p. 234, d’où je tire également ce qui suit. - -[642] Le P. Prat, _Recherches sur la Compagnie de Jésus_, t. I, pp. -543 et suiv., donne une analyse des arguments théologiques des deux -adversaires; mais Coton a trop continuellement raison pour qu’on ne -suspecte pas l’impartialité du P. Prat sur ce point comme sur les -autres. - -[643] D. Chamier, _Les actes de la conférence_, cité par Ch. Read, -_Daniel Chamier_, p. 235. - -[644] Id., _Ibid._, pp. 236-237. - -[645] C’est-à-dire la preuve par Chamier que les passages allégués par -Coton pour établir la légitimité de la messe étaient faux ou controuvés -(V. p. 141, note 1). - -[646] D. Chamier, cité par Read, _op. cit._, pp. 238-9. - -[647] V. les deux copies conformes d’actes de réquisitions faits par -M^{re} Annibal d’Aymin, chanoine de Nîmes, et procureur du P. Coton, -des 15 décembre 1600 et 22 janvier 1601 citées (Arch. du consist. de -Nîmes, B, 1).—Ch. Read, _op. cit._, pp. 239 et suiv. - -[648] Ch. Read, _op. cit._, p. 230. - -[649] Délib. du 19 avril 1600 (_loc. cit._, f^o 344). - -[650] Le 5 avril 1600, il prévient le consist. qu’il a «dressé» ses -disputes avec Coton et lui demande s’il «trouve bon qu’il les parachève -et en communique» (f^o 339). - -[651] Délib. du 29 mai 1596 (f^o 85). - -[652] Délib. des 8 et 15 juillet 1598 (f^{os} 234-5).—Antoine Poursan -ou Porsan occupait une assez importante place dans la Compagnie de -Jésus. Un arrêt du Parlement lui avait enlevé la direction du collège -de Lyon que le prévôt des marchands et les échevins lui avaient -confiée sur l’assurance qu’il leur avait donnée d’avoir quitté la -Société de Jésus (De Thou, _Hist. sui temporis_, trad. 1734, t. -XIII, pp. 159-161).—Il est l’auteur des _Advertissements d’Antoine -Poursan contre Falguerolles et contre Salvay_, d’après D. Chamier: -_Confusion des disputes papistes_, cité par Ch. Read, _Daniel Chamier_, -p. 226.—Falguerolle répondit à ces _Advertissements_ (Délib. du -syn. prov. de Saint-Germain de Calberte (1599) intitulée: «De la -responce faicte par M. de Falgueroles à Porsan, prêcheur jésuite»; B. -P. F., copie Auzière).—Enfin, Chamier lui-même répondit aussi par -ses _Considérations sur les Advertissements de A. Porsan par Daniel -Chamier, Dauphinois_ (s. l., Pierre de la Rovière, 1600, in-8 de 266 -pp.). - -[653] Délib. du consist. du 29 mars 1600 (_loc. cit._, f^o 337). - -[654] V. ci-après, p. 148. - -[655] D. Chamier, _Actes de la conférence_, cité par Ch. Read, _D. -Chamier_, pp. 235-6. - -[656] V. Ch. Read (_Henri IV et le ministre D. Chamier_, pp. 39-40 et -pass., et _Daniel Chamier_, p. 35, note 1, p. 49, note 1, et pass.) qui -donne une série de jugements contemporains.—Le P. Prat, _Recherches -sur la Compagnie de Jésus_, t. I, p. 240 et pass., nous donne son -itinéraire alors qu’il se trouvait dans le Midi et un récit de ses -controverses religieuses en se basant sur l’_Apologétique par Pierre -Coton, Forésien, de la Compagnie de Jésus_....—Sur la conversion -de la fille de Lesdiguières qu’il opéra, v. E. Benoist, _Hist. de -l’éd. de Nantes_, t. I, p. 260.—Sur les Questions Cotoniennes, v., -notamment, un art. de Ch. Read dans le _Bull. de la Soc. de l’Hist. du -protestantisme franç._, t. XXXIX (1890), pp. 210 et suiv. - -[657] _Hist. de l’égl. de Nîmes_, p. 193. - -[658] P. Prat, t. I, pp. 240-605. - -[659] Délib. du chapitre de Saint-Gilles du 13 novembre 1600 (Arch. du -Gard, G, 1118, f^o 28 r^o). - -[660] En janvier 1600 (Arch. du Gard, G, 1336, d’après l’_Inventaire_). - -[661] V. délib. des 3 février, 16 février, 23 février, 8 mars, 15 mars -1600 (f^{os} 325, 327, 329, 333, 334). - -[662] «M. Pacius sera pryé..... de ne permettre que aulcung escolier -n’aille ouyr ni communiquer avec led. Coton» (Délib. du consist. du -3 février 1600, f^o 325).—Le 23 février 1600, Myrman, écolier, est -appelé pour y avoir été (f^o 329). - -[663] Délib. du 8 mars 1600 (f^o 333). - -[664] Délib. du 15 mars 1600 (f^o 334). - -[665] Frossard, _Rec. de règlements_, art. 154. - -[666] Délib. du consistoire du 22 mars 1600 (f^o 335). - -[667] C’est le cas de «M^{lle} la conterollesse de Baudan» dont la -fille est «en Arles, chez les nonnains» (Délib. du 29 novembre 1600, -f^o 374). - -[668] V. ci-dessus, pp. 98-99 et 102. - -[669] Délib. du 14 novembre 1601 (f^o 439). - -[670] V. à ce sujet Perrens, _L’Église et l’État en France sous Henri -IV_, t. I, p. 181. - -[671] Crétineau-Joly, _Histoire de la Compagnie de Jésus_, t. III, p. -26. - -[672] Ils n’avaient lors de leur expulsion que deux collèges en -Languedoc, à Toulouse et à Tournon, d’après Lafaille, _Annales de -Toulouse_, t. II, p. 517. - -[673] V. ci-dessus, pp. 80 et suiv. - -[674] Délibération du chapitre de Saint-Gilles du 6 septembre 1599 -(Arch. du Gard, G, 1118, f^o 5 r^o). - -[675] Syn. prov. de Nîmes, séance du 13 mars 1601 (Arch. du consist. de -Nîmes, A, 10, f^o 66 v^o). - -[676] Anne de Levis, duc de Ventadour, pair de France, chevalier des -ordres du roi, lieutenant-général du Languedoc, était le deuxième -fils de Gilbert III de Lévis et de Catherine de Montmorency (Moreri, -_Dictionnaire_, VI, pp. 280 et suiv.). Il épousa, le 28 juin 1593, -Marguerite de Montmorency, fille de Henri de Montmorency-Damville -(son contrat de mariage se trouve au château de Léran - fonds -Lévis-Ventadour, A, I, n^{os} 57¹ et ²). Ses armoiries sont dans -l’_Hist. chronologique_ du P. Anselme, éd. Potier de Courcy, t. IV, -p. 1.—M. A. Tardieu a fait reproduire une gravure de Grégoire Huret -représentant Marguerite de Montmorency, dans le _Bulletin de la Soc. -scientifique, historique et archéologique de la Corrèze_ (Brives, 1889, -pp. 119-124), et un portrait à l’encre de Chine d’Anne de Ventadour, -tiré du fonds Clairambault de la B. N., dans le même _Bulletin_ -(Brives, 1891, pp. 21-22). Ventadour mourut âgé de 53 ans. Sa mort est -rapportée dans les Mémoires mss. du chanoine de Banne, cités par M. -Mazon dans une _Notice sur le Cheylard_ que l’on ne trouve pas à la B. -N.—Ses lettres à Montmorency intéressant l’administration du Languedoc -sont à la B. N. (V. ci-dessus l’introduction). Les arch. du château de -Léran, récemment classées par M. J. Poux, contiennent quelques contrats -sans importance le concernant. - -[677] Syn. prov. de Saint-Germain de Calberte, séance du 12 mai 1599 -(B. P. F., copie Auzière). - -[678] «Cahier présenté au roy par ceux de la R. P. R. de Languedoc, -répondu à Lyon, le 13 d’aoust 1600»; art. 4^e (B. N., Brienne, 209, -f^{os} 216 v^o-217 r^o).—«Cahier présenté au roy par ceux de la R. -P. R. du Bas-Languedoc, répondu à Paris le 17^e avril 1601»; art. 6^e -(Arch. du Gard, G, 446). - -[679] V. ci-dessus, p. 59. - -[680] Faurin, _Journal_, à la date du 15 décembre 1596 (Ménard et -d’Aubais, _Pièces fugitives_, t. III, p. 140). - -[681] Aymon, _Syn. nat._, t. I, p. 200. - -[682] Aymon, _op. cit._, t. I, p. 202. - -[683] Arch. comm. d’Aimargues, GG, 54. - -[684] Sa plainte et l’instruction à laquelle elle donna lieu sont de -juillet 1602 (Arch. du Gard, G, 446). - -[685] Lafaille, _Annales de Toulouse_, t. II, p. 545. - -[686] Voy. D^r A. Puech, _Le pamphlétaire Guillaume de Reboul_. On -pourrait ajouter à cette brochure quelques renseignements inédits -tirés des arch. du consistoire.—D’après M. Puech, Reboul serait né -en 1564 ou 1565; il abjura le calvinisme en 1596, composa contre les -ministres des pamphlets qui eurent du succès, fut protégé par le -cardinal Baronius, et mourut pendu, le 25 septembre 1611, à Rome, pour -un libelle qu’il avait écrit soit contre le pape, soit contre le roi -d’Angleterre.—V. sur Reboul, outre l’ouvrage de Puech cité, Roverius, -_De vita P. Petri Cotoni libri tres_, lib. I, cap. 70; _France -protestante_, 1^{re} éd., à son nom; Borrel, _Hist. de l’égl. réf. -de Nîmes_, p. 114.—La bibliographie de ses ouvrages dans la _France -protestante_, et plus complète dans Puech, _op. cit._, p. 93 ss. - -[687] Voy. l’Appendice C sur _l’édit de Nantes_. - -[688] Aymon, _Syn. nationaux_, t. I, p. 223. - -[689] Séance du 22 mai 1598 (B. P. F., copie Auzière). - -[690] Instructions données par l’assemblée de Chatellerault à Chamier, -son député au syn. national (B. N., ms. franç. 15814, f^o 131 v^o. -_Pièce_ n^o 6). Ces instructions sont très intéressantes. - -[691] V. les instructions de l’assemblée à Chamier citées, et aussi -celles qu’elle donna au sieur de Saint-Germain envoyé en Bas-Languedoc -(B. N., ms. franç. 15814, f^o 106 v^o-107 r^o. _Pièce_ n^o 4). - -[692] Instructions du sieur de Saint-Germain citées (_Pièce_ n^o 4). - -[693] «Extrait des actes du conseil de Bas-Languedoc» (B. N., ms. -franç. 15814, f^o 121 v^o). - -[694] Instructions de Chamier citées (_Pièce_ n^o 6). - -[695] Id. - -[696] Car elle considérait bien l’édit comme un insuccès, v. _pièce_ -n^o 6. - -[697] _Pièce_ n^o 6. - -[698] Voy. les cahiers de remontrances des catholiques et des réformés -cités au chap. VI. - -[699] Les protestants de Languedoc s’empressèrent de distribuer sur le -papier la «bénéficence royale». On peut voir dans les dires par écrit -avec pièces et notes à l’appui de Peiremales, commissaire protestant -député pour l’exécution de l’édit de Nantes en la province de Languedoc -et Pays de Foix par Louis XIV: «Extrait de la bénéficence accordée -par le roy Henry IV aux églises et en l’année 1591»; «Estat de la -bénéficence faite par le roy Henry IV aux ministres en l’année 1592»; -«Acte ou patente de la bénéficence du roy Henry le Grand en faveur des -églises» (1592), etc. (Arch. de la Cour d’appel de Nîmes, 9^e division, -n^o 502, dont, à la B. P. F., copie par M. Ferd. Teissier). - -[700] Les passages cités sont d’Anquez, _Assemblées politiques_, pp. -109-110. - -[701] B. N., Brienne 208, f^o 479.—Le brevet est publié dans Anquez, -_Assemblées politiques_, p. 497, avec la date du 13 avril par -erreur.—P. de Felice, _Protestants d’autrefois_, 3^e série, p. 149, -note 2, se basant sur le ms. franç. 20965 de la B. N., le date du 3 -avril.—C’est par erreur que G. de Felice, _Hist. des syn. nat._, -pp. 126-8, d’après Aymon, _Syn. nat._, t. I, p. 225, parle de 43.000 -écus. Le brevet du 3 avril 1598 mentionne 45.000 écus, de même que les -comptes du receveur Palot (B. N., ms. franç. 15816, f^o 35 v^o). - -[702] Instructions de l’assemblée de Chatellerault au pasteur Chamier, -député par elle au synode de Montpellier (_Pièce_ n^o 6). - -[703] Ce qui ne veut pas dire 116 pasteurs. Jusqu’au syn. nat. de -Jargeau (1601) deux églises desservies par un seul pasteur comptaient -pour deux dans la répartition des deniers, au lieu qu’une église -desservie par plusieurs pasteurs comptait pour une. Le synode ordonna -que le département se ferait, désormais, non par églises, mais par -pasteurs (Aymon, _Syn. nat._, t. I, p. 252). - -[704] «Distribution des 45 mil escus octroyés par le Roi.., faite au -synode de Montpellier» (B. N., ms. franç. 15815, f^o 75 r^o; et ms. -Brienne 208, f^o 473 r^o). - -[705] B. N., Brienne 208, f^o 475. - -[706] Aymon, t. I, pp. 226 et 227. - -[707] Aymon, t. I, p. 227. - -[708] Brevet du 3 avril 1598 cité. - -[709] _Pièce_ n^o 6. - -[710] Le 30 avril 1598, le roi avait signé un brevet qualifié -d’«articles secrets», par lequel il promettait aux réformés 180.000 -écus par an pour entretenir les garnisons de leurs places de sûreté, -«sans y comprendre celle de la province de Dauphiné» qui seraient -entretenues «d’ailleurs». Ce brevet est publié dans Anquez, pp. 498 et -suiv. - -[711] Clôture des comptes du sieur Palot, «conseiller et secrétaire -du Roy, et commis à faire la recepte et distribution des deniers que -Sa Majesté a accordés à ceux de la religion réformée de ce royaume», -faite à l’assemblée de Saumur le 20 juin 1600 (B. N., ms. franç. 15816, -f^{os} 30 et suiv.). - -[712] «Pour laquelle somme de 31.599 écus 9 sols 2 deniers, il [Palot] -a par devers luy des rescriptions jusques à la concurrance d’icelle -somme, dont le recouvrement est encore à faire, à cause des difficultés -et impossibilités qui s’y présentent, et lesquelles led. sieur -Palot a fait voir en lad. assemblée si grandes, qu’après les avoir -examinées....., se trouve qu’il ne peut estre fait estat que de la -somme de 18.443 escus, et que le surplus, montant à la somme de 13.156 -escus 9 sols 2 deniers, tombent en faute de fonds et non valoirs qui -est autant à dire que perte» (Comptes du sieur Palot, _ibid._, f^o 31 -r^o). - -[713] Comptes du sieur Palot, _ibid._, f^o 35 v^o.—En juin 1600, Palot -n’avait encore rien pu toucher des deniers de l’année 1600, car il -n’avait pu retirer les rescriptions qu’au mois de mai (_Ibid._, f^o 36 -r^o). - -[714] Cahier des plaintes de l’assemblée de Saumur, répondu par le roi -en janvier 1601 (B. N., ms. Brienne 209, f^{os} 238 v^o-239 r^o). - -[715] Ainsi, pour l’année 1599, Palot ayant touché 42.020 écus, paye -37.000 écus aux garnisons et seulement 5.020 écus aux églises et -académies (Clôture de ses comptes à l’assemblée de Chatellerault; B. -N., ms. franç. 15816, f^o 35 v^o). - -[716] Le synode de Montpellier, en 1598, accordait au collège de Nîmes -611 l. 6 sols 8 deniers et à celui de Montpellier 500 l. («Distribution -de 45.000 escus octroyés par le Roy», B. N., ms. franç. 15815, f^o 75 -r^o, et Brienne 208, f^o 473 r^o). - -[717] _Pièce_ n^o 6. - -[718] Le synode national de Saumur (1596) engage les provinces à -établir chacune un collège et deux académies de théologie pour le moins -(Aymon, _Syn. nat._, t. I, p. 197). - -[719] Synode national de Jargeau en 1601 (Aymon t. I, p. 252). - -[720] «Pour faire face aux despenses des voyages ordonnés vers -le roy... on ne touchera pas à l’argent affecté au payement des -universités» (Actes de l’assemblée provinciale de Castres, analysés par -M. de France dans le _Bull. de la Soc. de l’hist. du protestantisme_, -t, XXXI, p. 307). - -[721] Syn. prov. de Nîmes, séance du 10 mars 1601 (B. P. F., copie -Auzière). - -[722] V. ci-dessus, p. 17, note 2.—Malgré tout, on eut de la peine -à faire prospérer les académies de théologie en Bas-Languedoc. En -1601, il n’y a que 8 écoliers inscrits à la matricule des proposants -de l’académie nîmoise (Borrel dans _Bull. de la Soc. de l’hist. du -protestantisme fr._, t. III, p. 46). Au syn. prov. de Nîmes en 1601, -on propose de distribuer aux pasteurs la part réservée aux académies -de Nîmes et de Montpellier, attendu «qu’il n’y a point de professeurs -en théologie ny aucun exercice, et ce, jusqu’à ce que les professeurs -servent actuellement». Mais le synode n’y consent point et décide -que les églises de Nîmes et Montpellier devront s’être pourvues de -professeurs pour leurs académies avant le prochain synode. Il ajoute -qu’«aucuns de ceste compagnie qui peuvent estre propres pour lire en -théologie» seront examinés «par deux textes du Vieulx Testament et -du Nouveau à rendre d’un jour à l’aultre, comme aussy respondre aux -thèses» (Séance du 10 mars, B. P. F., copie Auzière). En 1603, Gigord -et Ferrier se présentent pour passer cet examen; le syn. prov. d’Uzès -les en dispense vu leur notoriété et les «reçoit et authorize pour -docteurs et professeurs en théologie, M. Gigord pour l’Académie de -Montpellier et M. Ferrier pour l’Académie de Nismes» (Séance du 23 -avril). - -[723] L’assemblée de Castres, en avril 1599, décide que «pour faire -face aux despenses des voyages vers le Roy, l’assemblée de Chatelleraut -et M. de Ventadour», on prendra de l’argent des deniers du ministère -(Actes publ. par de France dans le _Bull. de la Soc. de l’hist. -du protestantisme_, t. XXXI, p. 307).—Cf. aussi le syn. prov. de -Saint-Germain de Calberte, séance du 14 mai «au matin» (B. P. F., copie -Auzière), et une délib. du synode d’Uzès (séance du 24 avril 1603) -pour réfréner «le grand abus, tant de M. Palot à bailler l’argent à -quiconque luy en demande que des villes et assemblées politiques qui -font leur députation à ces fraiz-là» (B. P. F., copie Auzière). - -[724] «Tarife des colloques» de 1600 ou 1601. Elle se trouve, en effet, -entre un rôle de 1600 et un autre de 1601, dans le «Livre des actes des -synodes provinciaux» (Arch. du consist. de Nîmes, A, 10, f^o 71 r^o). - -[725] En 1598 (Aymon, _Syn. nat._, t. I, pp. 226 et 227). - -[726] Cahiers de remontrances de l’assemblée de Castres, faits le -1^{er} février 1600 et répondus par le roi le 7 mai; art. 9^e (B. N., -ms. Brienne 209, f^o 129 v^o). - -[727] Arch. du consist. de Nîmes, B. 90, t. VII, f^o 249. - -[728] Séance de mars 1600 (B. P. F., copie Auzière). - -[729] Syn. prov. d’Alais, séance du 27 avril 1602 (_Ibid._). - -[730] _Pièce_ n^o 8. - -[731] V. ci-dessus, pp. 14 et suiv. - -[732] V. ci-dessus, p. 2. - -[733] V. ci-dessus, pp. 25-26. - -[734] P. de Felice, _Protestants d’autrefois_, 2^e série, p. 12. - -[735] V., sur les pasteurs Jean de Falguerolles, Jean Moynier et -Pineton de Chambrun, Puech, _Le pamphlétaire Guillaume de Reboul_, pp. -81 sq., et la _France protestante_. Puech dit que Jean de Falguerolles -était mort en octobre 1599, sans doute à Cologne, âgé de 39 ans (p. -84). Mais il préside encore le consistoire le 11 novembre 1599 (Arch. -du consist., B, 90, t. VII, f^o 312). - -[736] «M. Moynier et M. Falgayrolles se régleront pour les -prédications... affin que M. Chambrun n’en soyt plus en peyne» (Délib. -du consist. du 16 juin 1599, _loc. cit._, f^o 291). Il avait pourtant -conservé assez de vigueur pour contracter un troisième mariage dont lui -naquit un fils (Puech, _op. cit._, p. 91). - -[737] «Sur la lettre mandée par M. de Falguerolles.... à cause sa -malladie et indisposition qui empêche l’exercice de sa charge» (Délib. -du consist. du 31 mai 1596, _loc. cit._, f^o 93). - -[738] Elle se nommait Suzanne Dutour. Falguerolles était agréé par -la mère, mais refusé par les oncles et le tuteur qui protégeaient -d’autres prétendants. L’affaire alla en justice (Arch. du Gard, E, -207, f^o 47, cité par Puech, p. 83. Arch. du Gard, E, 629). Tout finit -par s’arranger en décembre 1596, et Falguerolles épousa Suzanne Dutour -(_Ibid._, E, 313, f^o 1089). - -[739] Cf. aux arch. du consist. de Nîmes, B, 90, t. VII, f^{os} 95 et -96, deux délib. du 12 juin 1596.—En octobre 1596, on continue encore -de négocier avec Goulard (_Ibid._, f^o 131, délib. du 16 octobre, et -f^o 132, délib. du 18 octobre). Mais on ne put s’arranger, car on ne -les voit plus mentionnés. - -[740] V. sur ce Jean Terond, ci-dessus, pp. 20 et suiv. - -[741] Syn. prov. de Saint-Germain de Calberte, séance «du 14^e may au -matin» 1599 (B. P. F., copie Auzière). - -[742] Délib. du 1^{er} septembre 1599 (f^o 300). L’église avait, en -effet pensionné Jean Terond alors qu’il étudiait comme proposant. - -[743] Délib. du 11 décembre 1599 (f^o 312). - -[744] Délib. du 15 décembre 1599 (f^o 313). - -[745] Délib. du 11 novembre 1599 (f^o 309). - -[746] _France protestante_, 2^e éd., t. VI, p. 492, d’après E. Benoist, -_Hist. de l’édit de Nantes_, et Tallemant des Réaux, _Historiettes_. - -[747] _Loc. cit._ - -[748] L’abjuration de Jérémie Ferrier lui a fait du tort dans l’esprit -de ses historiens.—Il naquit vers 1570, fut ministre à Aumessas, -puis, quelques mois plus tard, à Alais (1596), enfin à Nîmes. Il était -fort savant, car il fut reçu sans examen comme lecteur en théologie -à l’acad. de Nîmes (v. ci-dessus, p. 167, note 2). Il fut déclaré -indigne du ministère pour désobéissance aux colloques et synodes. Il -obtint du roi la place d’assesseur criminel, puis de conseiller au -présidial de Nîmes (1613); il fut alors excommunié (14 juillet 1613), -ce qui provoqua à Nimes une émeute où il faillit perdre la vie (15 et -16 juillet). Enfin, il revint à Paris, se convertit au catholicisme, -obtint la faveur de Richelieu, fut nommé conseiller d’État et privé -en 1626, et mourut le 26 septembre de la même année.—V. sa vie et -une bibliographie de ses ouvrages dans la _France protestante_ (_loc. -cit._). On trouve de nombreux renseignements sur sa vie dans les -actes des syn. prov. de Bas-Languedoc (B. N., ms. franc. 8669, f^o -196, et Arch. du consist. de Nîmes, A, 10, pass.).—L’émeute qui eut -lieu à Nîmes en 1613 est rapportée dans _Émotion arrivée en la ville -de Nîmes en Languedoc le 15^e de juillet de l’an 1613_ (B. N., impr. -Ld^{176}53).—V. encore à ce sujet: _Considérations d’état sur les -mémoires envoyés par les consuls de Nismes_.... (B. N., impr. Lb^{36} -187); et _Le procès de la ville de Nismes_... (B. N., impr. Lb^{36} -190).—V. sur les négociations qui eurent lieu afin d’obtenir de -Louis XIII l’abolition de ses ordres pour la répression de l’émeute -de 1613, aux Arch. comm. de Nîmes: DD, 1, deuxième partie; et DD, -4.—Ferrier fut mis sur la liste des apostats au syn. nat. de Tonneins -(Aymon, _Syn. nat._, t. II, p. 49).—V. sur sa fortune. Arch. nat., -TT, 450.—Sur ses enfants, v. les registres de baptêmes et de décès de -l’église réformée de Nîmes aux Arch. comm. de cette ville, UU, 94; UU, -118. - -[749] Arch. du consist. de Nîmes, B, 90, t. VII, f^o 312. Délib. du 11 -décembre 1599. - -[750] _Ibid._, f^o 314. Délib. du 22 décembre 1599. - -[751] _Ibid._, f^o 318. Délib. du 5 janvier 1600. - -[752] _Ibid._, f^o 319. Délib. du 12 janvier. On décide que «M. Ferrier -demeurera icy.» - -[753] _Ibid._, f^o 319. Délib. du 12 janvier 1600. «A esté propozé par -M. Chambrun que le colloque s’assemblera extraordinairement demain à -Allès pour raison de M. Ferrier que ceulx d’Allès préthendent encores -avoir en leur églize.» - -[754] _Ibid._, f^o 321. Délib. du 19 janvier 1600. - -[755] _Ibid._, f^o 331. Délib. du 5 mars 1600. - -[756] Syn. prov. d’Uzès. Séance du «vendredy 17 mars» 1600 (Arch. du -consist., A, 10, f^{os} 45 v^o sq.). A ce synode, le 19 mars, l’église -de Nîmes rappelle ses droits sur le pasteur Terond pour l’avoir -pensionné comme proposant. Mais elle ne le réclame pas, ce qui montre -bien que c’est Ferrier qu’on voulait (B. P. F., copie Auzière). - -[757] Délib. du 22 mars 1600 (f^o 335). «M. Moynier a remonstré qu’il -seroit besoing escripre de surcharge à M. Ferrier de s’en venir le -plus promptement que faire se pourra.... et qu’il n’a moien survenir à -l’entier menistère de lad. esglize.» - -[758] Délib. du 5 avril 1600 (f^o 339).—Il semble que M. Baille ait -été à ce moment fort mal disposé à l’égard de Ferrier. En effet, au -syn. de Nîmes, séance du 9 mars 1601, «après disner», Ferrier se plaint -qu’on l’ait calomnié dans la maison de Baille, de qui l’ancien d’Alais -invoque le témoignage contre Ferrier (_loc. cit._, f^{os} 59 v^o sq.). - -[759] Délib. du 10 mai 1600 (f^o 347). - -[760] Délib. du 24 mai 1600 (f^o 351). - -[761] Délib. du 24 mai 1600 (f^o 350). - -[762] Délib. du 10 mai 1600 (f^o 347). - -[763] Délib. du 24 mai 1600 (f^o 350). - -[764] Il se plaint, le 22 mars, au consist. de ne pouvoir «survenir à -l’entier menistère de lad. esglize» (f^o 335). - -[765] Délib. du 19 juillet 1600 (f^o 356). - -[766] Délib. du 23 août 1600 (f^o 361). - -[767] Délib. du 13 septembre 1600 (f^o 366). - -[768] Délib. du 8 novembre 1600 (f^o 371). On annonce qu’il est arrivé -une lettre de M. Gigord, et l’on décide de convoquer une assemblée -extraordinaire, le 11, pour en entendre la lecture. Cette délib. du 11 -ne s’est pas conservée. - -[769] V. p. 172. - -[770] Cf. pp. 172-3. - -[771] Il faut voir sur Daniel Chamier les deux ouvrages de Ch. Read, -_Henri IV et le ministre Daniel Chamier_ et _Daniel Chamier, journal de -son voyage à la cour en 1607_. - -[772] Sur le pasteur Gigord, voir, outre la _France protestante_: -Corbière, _Académie protestante de Montpellier_ dans _Mémoires de -l’Académie des sciences et lettres de Montpellier, Lettres_, VIII -(1888-9), p. 429 et suiv. - -[773] V. le syn. prov. de Nîmes, séance du 10 mars 1601; celui d’Alais, -séance du 20 avril 1603; et celui d’Uzès, séance du 23 avril 1603 (B. -P. F., copie Auzière). - -[774] Syn. prov. de Nîmes, séance du 9 mars «après disner» (Arch. du -consist. de Nîmes, A, 10, f^o 61 v^o). - -[775] Même syn., séance du 13 mars «après disner» (f^o 66 v^o). - -[776] V., outre la délib. du syn. prov. de Nîmes citée ci-dessus, celle -du 11 mars 1601 (Arch. du consist. de Nîmes, A, 10, f^{os} 63 et suiv.). - -[777] Syn. prov. de Nîmes, séance du 9 mars 1601 «après disner» -(_Ibid._, f^{os} 59 v^o et suiv.). - -[778] Même syn. - -[779] L’église d’Alais obtint le pasteur «de Marity» au syn. prov. -d’Uzès, séance du 21 avril 1603 «après disner» (f^o 94 r^o). - -[780] _Hist. des assemblées politiques des réformés de France_ -(1573-1622). On regrette que M. Anquez n’ait pas corroboré cette étude -impartiale et consciencieuse par des notes plus abondantes et précises. - -[781] _Le P. Joseph et Richelieu_ dans _Revue hist._, t. XLVIII (1890), -p. 472. - -[782] _Difficultés et obstacles que rencontra l’édit de Nantes_ dans -_Troisième centenaire de l’édit de Nantes_, p. 120. - -[783] Cf. _Études historiques sur le XVI^e et le XVII^e s._ - -[784] _Histoire de France_, t. X; v. notamment pp. 190 sq. - -[785] Instruction de l’assemblée de Chatellerault à Chamier, son député -au syn. nat. (_Pièce_ n^o 6). - -[786] Il semble qu’il ne croyait pas pouvoir rendre un tel édit sans -provoquer une véritable révolution parmi les catholiques. V. le passage -de Sully cité ci-dessous.—Plus tard, Henri IV cite comme une chose -remarquable de sa part d’avoir accordé aux huguenots des conditions -plus libérales que celles qu’ils avaient obtenues de ses prédécesseurs: -«Le roy ayant de sa grâce specialle accordé aux supplians un second -baillage pour l’exercice de leur relligion, outre ce qui estoit porté -par les précédans édits...... les supplians n’ont aucun sujet de se -plaindre, puisque ces exceptions ne diminuent en effet la gratification -de S. M. qui leur a permis, en ce faisant, _plus qu’ils n’ont jamais -obtenu des Roys ses prédécesseurs_» (Réponse aux cahiers de l’assemblée -de Chatellerault, août 1599; B. N., ms. Brienne, 209, f^o 151). - -[787] _Mémoires_, p. 666. - -[788] Duplessis-Mornay, cité par Anquez, _Assemblées politiques_, p. 93. - -[789] Anquez, _op. cit._, pp. 52 et 93. - -[790] Anquez, p. 94. - -[791] Le règlement qu’ils se donnèrent est assez nettement résumé dans -Anquez, p. 62 et suiv. - -[792] L’édit ne fut enregistré qu’en février 1595 par le Parlement de -Paris (Cf. Anquez, pp. 55-56 et 69). - -[793] Sully, _Œconomies royales_, t. II, p. 252, col. 1.—V. aussi -_Ibid._, les _Remarques_, t. II, pp. 42-47. Sully est en général -suspect. Mais les faits qu’il avance ici sont vraisemblables; voy. -ci-dessous, les hésitations du roi à cette époque. - -[794] Benoist, _Hist. de l’édit de Nantes_, t. I, p. 154. - -[795] Benoist, _op. cit._, t. I, pp. 167-68. - -[796] Anquez, p. 69. - -[797] Anquez, p. 97. - -[798] Sur l’état d’esprit des protestants à partir de ce moment, v. -plus loin, p. 187. - -[799] Ils lui expliquèrent que si le roi avait ordonné sa dissolution, -c’est parce qu’il avait été blessé qu’elle lui eût fait «des demandes -contraires au respect qu’elle lui devait». Mais le roi «lui permettait -maintenant de subsister» (Anquez, p. 70). - -[800] Bien longtemps après, de Vic déclare sur son ordre que les -demandes de l’assemblée sont «injustes» (Anquez, p. 71). - -[801] Toutes ces négociations sont exposées dans Anquez, pp. 71-75. - -[802] On sait qu’on entend par les mots d’_édit de Nantes_: 1^o l’édit -même, daté du 13 avril; 2^o 56 articles _secrets_ du 30 avril; 3^o -un brevet du 3 avril accordant aux protestants une subvention (V. -l’appendice sur les _deniers du roi_); 4^o 24 articles _secrets_ du -30 avril. L’édit du 13 avril et les 56 articles secrets du 30 furent -vérifiés au Parlement le 25 février 1599, mais avec des modifications -de texte contre lesquelles protesta l’assemblée de Chatellerault (V. p -188).—On avait dressé deux expéditions de l’édit, l’une pour le roi, -l’autre pour les églises. Ce dernier exemplaire qui était conservé à -La Rochelle a disparu. Nous n’avons plus aujourd’hui que l’exemplaire -dressé pour le roi qui est aux Arch. nat. sous la cote J 943, n^o 2 (N. -Weiss et A. Bernus dans le _Bulletin de la Soc. du protestantisme_, -XLVII (1898), p. 305). On trouvera l’édit dans Anquez, pp. 456 et suiv. -Cette édition donne, outre le texte primitif, les modifications qu’on -y avait apportées lorsqu’il fut vérifié au Parlement. Elle attribue à -tort au brevet du 3 avril la date du 13 avril.—On pourra voir à la B. -N., dans le ms. Brienne 209, différents mémoires «sur les difficultés -qui se trouvent en l’édit», tous de l’année 1598. - -[803] _Journal_ à la date du 31 décembre 1598, t. VII, pp. 159-160. - -[804] _Œconomies._ - -[805] «Quelques-uns furent d’avis de se loger à Tours.... mais le -plus de voix et les plus saines réduisirent les autres à la patience» -(_Histoire universelle_, Amsterdam, 1626, t. II, fol. 624). - -[806] Poirson, _Hist. de Henri IV_, t. I, p. 364. - -[807] _Mémoires_, passim. - -[808] Anquez, pp. 76-78. - -[809] Anquez, p. 491. - -[810] V. les cahiers de l’Assemblée de Chatellerault, art. 7^e, dans -Anquez, p. 190. - -[811] Id. - -[812] Voy. Réponses aux cahiers précédents (Anquez, p. 191).—Le brevet -fut donné en août 1599. M. P. de Felice (_Protestants d’autrefois_, 3^e -série, p. 252) le reproduit d’après le ms. de la B. N., franç. 20965, -f^o 68, qui le date du 23 août 1599. Le ms. de la B. N., Brienne 209, -f^o 161 r^o, le date du 21 août 1599. - -[813] V. dans _Troisième centenaire de l’édit de Nantes_, l’art. de M. -Paul de Felice, pp. 40-41. - -[814] L’édit sous sa dernière forme constitue ce que M. Anquez appelle -le «second édit de Nantes» (pp. 188 sq.). - -[815] V. leurs instructions dont une copie se trouve à la B. N., ms. -Brienne 209, f^{os} 131 r^o-136 r^o. - -[816] Arch. du consist., B, 90, t. VII, f^o 25. - -[817] Arch. du consist., B, 90, t. VII, f^o 159. - -[818] Arch. du consist., B, 90, t. VII, f^o 203. - -[819] Arch. du consist., B, 90, t. VII, f^o 258. - -[820] C’est-à-dire Jean André, dit Radel: voy. ci-dessous la liste de -l’année 1600, et Puech, _Une ville au temps jadis_, p. 257. - -[821] Arch. du consist., B, 90, t. VII, f^o 317. - -[822] Arch. du consist., B, 90, t. VII, f^o 445. - -[823] Les deux receveurs sont nommés le 2 janvier 1602 (_Ibid._, f^o -452). - -[824] Délib. du consist. de Nîmes, du «lundi 26^e octobre» 1562 (B. N., -ms. franc. 8666, f^{os} 169-170). - -[825] C’est le ministre Mauger. - -[826] Délib. du consist. de Nîmes du 17 avril 1596 (Arch. du consist. -de Nîmes, B, 90, t. VII, f^o 58). - -[827] Délib. du 15 mai 1596 (_Ibid._, f^o 74). - -[828] Délib. du 22 mai 1596 (_Ibid._, f^o 78). - -[829] Délib. du 22 mai 1596 (_Ibid._, f^o 80). - -[830] Délib. du 31 mai 1596 (_Ibid._, f^o 89). - -[831] Délib. du 19 juin 1596 (_Ibid._, f^o 99). - -[832] Délib. du 10 juillet 1596 (_Ibid._, f^o 105). - -[833] Délib. du 17 juillet 1596 (_Ibid._, f^o 109). - -[834] Délib. du 30 août 1596 (_Ibid._, f^o 122). - -[835] B. N., ms. franç. 15814, f^{os} 106 v^o-117 v^o. - -[836] Arch. du consist., B, 90, t. VII, f^{os} 220 sq.; délib. du 11 -avril 1598. - -[837] B. N., ms. franç. 15814, f^{os} 130 v^o-132 v^o.—Il existe une -autre copie de ces instructions à la Bibl. Mazarine, ms. J 1504 F, -in-f^o. - -[838] Arch. du consist., A, 10, f^o 70 r^o. «Livre des actes des -synodes provinciaux....», 1596-1609. - -[839] On a biffé _Massouverain_ et écrit à côté _Terond_. - -[840] On a biffé _Maurice_ et écrit à côté _Justamond_. - -[841] Arch. du consist., B, 90, t. VII, f^o 361; délib. du 23 août 1600. - -[842] Arch. du consist., B, 90, t. VII, f^o 395 sq.; délib. du 28 -février 1601. - - - - - - - -End of the Project Gutenberg EBook of Les protestants à Nimes au temps d - l'édit de Nantes, by Jacques Boulenger - -*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK LES PROTESTANTS NIMES *** - -***** This file should be named 52140-0.txt or 52140-0.zip ***** -This and all associated files of various formats will be found in: - http://www.gutenberg.org/5/2/1/4/52140/ - -Produced by Giovanni Fini, Clarity and the Online -Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This -file was produced from images generously made available -by The Internet Archive/Canadian Libraries) - - -Updated editions will replace the previous one--the old editions will -be renamed. - -Creating the works from print editions not protected by U.S. copyright -law means that no one owns a United States copyright in these works, -so the Foundation (and you!) can copy and distribute it in the United -States without permission and without paying copyright -royalties. 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