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-The Project Gutenberg EBook of Les protestants à Nimes au temps de
-l'édit de Nantes, by Jacques Boulenger
-
-This eBook is for the use of anyone anywhere in the United States and most
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-Title: Les protestants à Nimes au temps de l'édit de Nantes
-
-Author: Jacques Boulenger
-
-Release Date: May 23, 2016 [EBook #52140]
-
-Language: French
-
-Character set encoding: UTF-8
-
-*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK LES PROTESTANTS NIMES ***
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-
-Produced by Giovanni Fini, Clarity and the Online
-Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This
-file was produced from images generously made available
-by The Internet Archive/Canadian Libraries)
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- NOTES SUR LA TRANSCRIPTION:
-
-—Les erreurs clairement introduites par le typographe ont été
-corrigées.
-
-—On a conservé l’orthographie de l’original, incluant ses variantes.
-
-—Les lettres écrites au-dessus ont étées representées ainsi: a^b et
- a^{bc}.
-
-
-
-
- LES
-
- PROTESTANTS A NÎMES
-
- AU TEMPS DE
-
- L’ÉDIT DE NANTES
-
-
-
-
- MACON, PROTAT FRÈRES, IMPRIMEURS
-
-
-
-
- JACQUES BOULENGER
-
- LES
-
- PROTESTANTS A NÎMES
-
- AU TEMPS DE
-
- L’ÉDIT DE NANTES
-
-
-
-
-[Illustration: LOGO]
-
-
-
-
- LIBRAIRIE FISCHBACHER
-
- (_Société anonyme_)
-
- 33, RUE DE SEINE, 33
-
- PARIS
-
- 1903
-
-
-
-
- A FERNAND VANDÉREM
-
-
-
-
-INTRODUCTION
-
- Organisation générale du parti protestant. Les assemblées politiques.
- Les assemblées ecclésiastiques. Celles-ci maintiennent l’unité du
- parti. Importance du consistoire.
-
- Plan de ce mémoire.
-
- Sources.
-
-
-On a déjà étudié la situation sociale des protestants avant et
-après l’édit de Nantes. M. Paul de Felice publie un ouvrage dans
-lequel il nous renseigne sur leur culte, la vie de leurs pasteurs,
-le fonctionnement de leurs assemblées et leur pédagogie[1]. Mais
-l’inconvénient de ce livre est de s’étendre sur un plan trop vaste.
-L’évolution du parti protestant n’y est pas nettement marquée, faute de
-précision, et le mot «autrefois» remplace trop souvent la date exacte
-que l’on souhaiterait.
-
-En outre, comment se comportait le gouvernement communal dans les
-villes huguenotes? Quels étaient les rapports des réformés avec les
-catholiques? Est-il juste de dire que les protestants formaient un État
-dans l’État? On pourra élucider ces questions lorsqu’un certain nombre
-de monographies auront fait bien connaître l’organisation du parti
-réformé dans les différentes provinces de France. C’est dans l’espoir
-de contribuer à ce résultat que l’on s’est proposé d’étudier ici la
-situation sociale et religieuse des calvinistes dans le colloque de
-Nîmes.
-
-
-_Organisation générale du parti._—En 1594, les protestants, réunis
-à Sainte-Foy, réorganisaient leur parti comme il l’était avant
-l’avènement de Henri IV. Le règlement politique qu’ils adoptèrent les
-mettait peut-être à part du reste des Français, mais on n’avait pas
-alors ce patriotisme dont la dernière forme apparut sous la Révolution,
-et le reste des Français voulait massacrer, brûler ou pour le moins
-convertir les protestants. En outre, depuis l’avènement de Henri IV,
-cinq années s’étaient écoulées sans que les huguenots pussent rien
-obtenir de leur ancien chef que des promesses, d’ailleurs vagues[2].
-Ils commençaient à se détromper sur son compte: tant qu’il fut roi
-de Navarre et héritier présomptif, il réclama avec eux la liberté du
-culte[3]; mais, devenu roi de France, il lui parut que les idées
-conservatrices étaient les bonnes et les protestants des rebelles; il
-voulait «vivre en réalité, jouir enfin, et se reposer[4]». Aussi ne se
-soucia-t-il plus de brouiller ses affaires avec le pape et de s’aliéner
-la majorité catholique de ses sujets. Les huguenots s’en aperçurent et
-crurent bon de se réorganiser: c’est alors qu’ils adoptèrent le fameux
-règlement de Sainte-Foy qui fut revisé à Saumur (1595) et à Loudun
-(1596).
-
-Ils se divisaient en neuf provinces dont chacune avait: 1^o un conseil
-provincial permanent de cinq ou sept membres; 2^o une assemblée
-composée de trois députés par colloque qui se tenait une fois l’an.
-En outre une assemblée générale, composée de deux députés pour chaque
-province, plus un pour La Rochelle, devait s’occuper des affaires
-générales du parti[5].
-
-A côté de ces assemblées politiques, ils conservaient leur ancien
-système d’assemblées ecclésiastiques. La France était divisée
-en _Provinces_ qui se composaient d’un certain nombre d’églises
-_dressées_[6], gouvernées chacune par une assemblée élue nommée
-_Consistoire_ et desservie par un ou plusieurs pasteurs. Dans chaque
-province, les églises se groupaient en _Colloques_; et, dans chacun
-de ces colloques, une assemblée, composée des députés de toutes les
-églises et nommée pareillement _Colloque_, jugeait en premier appel les
-causes déjà examinées par les consistoires et réglait les différends
-des églises entre elles. On pouvait appeler des décisions du colloque
-au _Synode provincial_ formé des députés de tous les consistoires de
-la province. Et enfin, en dernier ressort, on recourait au _Synode
-national_ composé par les députés des synodes provinciaux de France.
-
-Toutes ces assemblées ecclésiastiques devaient faire appliquer la
-_Discipline_, et les assemblées politiques avaient à diriger la
-conduite politique du parti. Il semble au premier abord que celles-ci
-soient plus intéressantes que les premières. Mais, au point de vue un
-peu spécial de cette étude, cela n’est pas exact.
-
-Je souhaiterais, en effet, de montrer l’état intime du parti. Comment
-vivaient les huguenots d’une ville comme Nîmes, par exemple? Quels
-étaient leurs rapports avec les autorités, à une époque où la loi
-ne fixait pas nettement leurs droits ni leurs devoirs? Comment se
-comportaient-ils à l’égard des catholiques?
-
-Nous verrons que les protestants s’étaient organisés en république:
-dans chaque petite localité il y avait un consistoire qui gouvernait
-les habitants et, par suite, la ville quand les huguenots y étaient
-en majorité et pouvaient y élire des consuls de leur religion. Le
-laboureur de Saint-Gilles[7] ou de Calvisson[8] entendait peut-être
-parler des grandes négociations engagées par l’assemblée générale avec
-le roi en vue d’obtenir un édit qui réglerait sa situation, mais il
-s’intéressait davantage à l’élection de son consistoire, à la maladie
-de son pasteur, ou au moyen de ne pas payer sa «quotisation pour
-l’entretenement de l’église[9]».
-
-Et il faudrait précisément savoir si le laboureur respecte le
-consistoire et paye sa taxe. Car s’il n’est pas attaché à ce
-consistoire, s’il ne craint pas son autorité, toutes les autres
-assemblées qui reposent sur celle-là vont se trouver «en l’air»,
-séparées de la nation, impopulaires, et s’il ne paye pas, le parti va
-se trouver privé d’argent et de vie.
-
-C’est le consistoire, avec les assemblées ecclésiastiques placées
-au-dessus de lui, qui forme, si je peux dire, le cadre du parti. La
-décadence ou l’accroissement de son influence sera le signe de la
-puissance ou de la faiblesse des protestants. Si le «fidèle» respecte
-la Discipline rigoureuse, qui soumet ses moindres actes au contrôle
-du consistoire, les assemblées politiques pourront alors faire
-leurs conditions au roi, certaines d’avoir derrière elles un peuple
-enrégimenté et tout prêt à les soutenir. Elles simplifient l’existence
-du parti en obtenant pour lui des conditions meilleures, mais les
-consistoires assurent sa vie.
-
-Remarquons maintenant que leur pouvoir sur les fidèles pourrait donner
-aux consistoires une importance funeste à l’unité du parti, si les
-colloques et les synodes n’étaient pas là pour leur rappeler qu’ils
-ne sont que des membres du grand corps protestant, et les mettre en
-communication les uns avec les autres. Leur initiative, en effet,
-n’est pas nulle, mais toujours soumise au contrôle des assemblées
-supérieures, et aucune de leurs décisions n’a de valeur absolue,
-puisqu’on peut toujours en faire appel au colloque, puis au synode.
-
-Cette parfaite subordination des assemblées les unes aux autres
-donne aux protestants une cohésion, une unité qui font la force de
-leur parti, à condition que le contact de la minorité dirigeante des
-assemblées avec la foule des fidèles soit maintenu, c’est-à-dire que
-l’autorité du consistoire sur le peuple soit absolue.
-
-
-_Plan._—Les deux premiers chapitres seront consacrés à étudier les
-ministres et le fonctionnement du consistoire. M. Paul de Felice a
-déjà traité cette question, d’une manière générale, dans ses deux
-volumes sur les _Pasteurs_ et les _Assemblées_ ecclésiastiques, aussi
-me contenterai-je de rapporter des détails nouveaux et propres à faire
-connaître l’état intérieur du parti à Nîmes.
-
-Pour exister, pasteurs et assemblées ont besoin d’argent. Il faut en
-obtenir des fidèles: le consistoire lève des impôts (_Chapitre III_).
-S’il devient impopulaire, s’il n’est pas respecté, si son influence
-sur les fidèles diminue, ceux-ci commenceront par ne pas payer leurs
-taxes, et les assemblées ne pourront plus avoir lieu, les pasteurs ne
-pourront plus vivre: ce sera la fin du parti[10].
-
-Mais au contraire, le consistoire possède une autorité dont nous
-n’avons pas idée (_Chapitre IV_). Il fait respecter et applique
-rigoureusement la Discipline, recueil de décisions des synodes qui
-lui donne le droit de contrôler tous les actes de la vie de ses
-administrés. Un homme, par exemple, rapporte-t-il que M. X. a juré
-dans sa boutique, le consistoire informe aussitôt[11]. On voit quelle
-puissance peut lui donner une telle inquisition.
-
-Cette autorité ne le met cependant pas en lutte avec les pouvoirs
-politiques. Les consuls et les magistrats protestants qui gouvernent la
-ville de Nîmes subissent son influence directe, et même prennent ses
-ordres. Ainsi le consistoire possède une autorité politique effective à
-côté de son autorité morale (_Chapitre V_).
-
-Voici donc les protestants parfaitement organisés et disciplinés.
-Au-dessus des fidèles et les gouvernant, le consistoire, dont
-l’autorité et l’influence familières sont considérables, et qui se
-trouve rigoureusement subordonné au colloque et au synode. Maintenant
-quels sont les rapports de cette petite société protestante, ainsi
-constituée, avec les catholiques? Elle les opprime, car elle est
-la plus forte, de même que les catholiques le sont presque partout
-ailleurs. L’exercice du culte romain est autant que possible empêché;
-les papistes eux-mêmes sont écartés des emplois publics et soumis
-à toute une série de mesures vexatoires que prend contre eux la
-municipalité de Nîmes (_Chapitre VI_). Mais ils ne renoncent pas à la
-lutte et, entre prêtres et pasteurs, se livre une guerre de sermons, de
-pamphlets, d’influences, dont le but est de provoquer des conversions
-(_Chapitre VII_).
-
-Il ressort de tout cela que les huguenots de Nîmes, à qui leur nombre
-assurait la prépondérance, vivaient tranquillement en république, sous
-leurs consuls et leurs magistrats dirigés eux-mêmes par le consistoire.
-Ils ne souhaitaient nullement qu’un nouvel édit vînt changer quelque
-chose à leur état. Aussi, lorsqu’il fut question de l’édit de Nantes,
-bien loin de seconder les négociations de l’assemblée générale, ils
-montrèrent une mauvaise volonté que celle-ci, plus tard, leur reprocha.
-Leurs intérêts, en effet, se trouvaient opposés à ceux des réformés
-de presque tout le reste de la France: à Nîmes et dans son colloque,
-c’étaient les catholiques qui souhaitaient l’édit de Nantes pour
-replacer leur religion au premier rang, tandis que les protestants
-s’efforçaient d’en empêcher les effets, comme l’exigeait l’intérêt
-particulier de leur petit État.
-
-
-_Sources._—J’ai tiré la plus grande partie de ce mémoire des registres
-de délibérations du consistoire de Nîmes, conservés aux archives de
-ce consistoire[12], où j’ai pu travailler en 1899 et 1900 grâce à
-l’obligeance de M. le pasteur Fabre. Ces registres renferment tous les
-renseignements sur la vie privée des protestants.
-
-Les actes des synodes provinciaux de 1596 à 1609 se trouvent aussi dans
-ces mêmes archives[13]: il en existe une copie faite par M. le pasteur
-Auzière à la Bibliothèque de la Société de l’histoire du protestantisme
-français. Cette copie est préparée pour l’impression et il est dommage
-qu’elle ne soit pas publiée. J’en ai collationné sur le registre
-original une certaine partie dont on trouvera des extraits dans les
-pièces justificatives. Je n’y ai point relevé d’erreurs, ce qui n’a
-rien d’étonnant puisque M. Auzière, pour en avoir copié plusieurs
-registres in-folio, possédait mieux que personne cette difficile
-écriture.
-
-Enfin, le consistoire de Nîmes renfermait une pleine armoire de
-documents non classés, que j’ai dépouillés, et où j’ai vu beaucoup de
-pièces concernant le duc de Rohan, mais fort peu intéressant mon sujet.
-
-Aux archives départementales du Gard, j’ai trouvé plusieurs cahiers de
-remontrances des catholiques ou des protestants sur l’application de
-l’édit de Nantes; j’ai parcouru aussi un certain nombre de registres
-de notaires[14] qui m’ont fourni de bons renseignements sur l’état des
-personnes.
-
-Les archives communales de Nîmes renferment un registre des
-délibérations consulaires qui va de 1599 à 1604. Le précédent est
-malheureusement perdu.
-
-Celles d’Aigues-Mortes se trouvaient en 1899 dans de fort belles
-armoires, mais dans un grand désordre.
-
-Dans la série TT des Archives nationales, j’ai eu sous les yeux tout
-ce qui intéressait le colloque de Nîmes, et les actes des États de
-Languedoc (H^1 748^{10} 1109).
-
-A la Bibliothèque nationale, j’ai dépouillé notamment les lettres du
-duc de Ventadour (franç. 3225, 3337, 3550, 3562, 3575, 3586, 3589) et
-du connétable Henri de Montmorency (franç. 3549, 3550, 3559, 3561,
-3570, 16061), les actes des assemblées (Brienne 208, 209, 219, 221;
-franç. 15814, 15815, 15816), et un certain nombre d’autres manuscrits,
-notamment, les franç. 20870, Dupuy 62, 63, etc.
-
-Enfin, la Bibliothèque de la Société de l’histoire du protestantisme
-m’a fourni la copie Auzière dont j’ai parlé; des inventaires manuscrits
-d’archives protestantes, communales ou particulières, de Bas-Languedoc,
-faits par M. Teissier; et des analyses des dires par écrit avec pièces
-et notes à l’appui de Peiremales, l’un des commissaires députés par
-Louis XIV pour exécuter l’édit de Nantes, qui ont pour auteur le même
-M. Teissier. L’original s’en trouve aux archives de la Cour d’appel de
-Nîmes (9^e division, n^o 50): je n’en ai tiré que peu de choses[15].
-
-
-
-
-LES PROTESTANTS A NÎMES
-
-
-
-
-I
-
-LES PASTEURS
-
- Leurs fonctions.
-
- Leur entretien: Contrats d’engagement. Gages en espèces. Gages
- en nature. Avantages matériels. Pauvreté. Pension de retraite.
- «Assistance» des veuves et des orphelins.
-
- Petit nombre des pasteurs. Difficulté d’acquérir un pasteur
- «perpétuel». Dissensions entre les églises à ce sujet.
-
- Les «proposants». Contrats d’engagement. Leurs études. Leurs
- prérogatives. Leur entretien. Exemples: Jean Terond, Mardochée Suffren.
-
- Conclusion: De l’influence des pasteurs.
-
-
-Chaque église du colloque de Nîmes[16] avait à sa tête un consistoire
-et un ou plusieurs pasteurs. Il est nécessaire de bien connaître les
-pouvoirs et les droits de cette assemblée et de ces ministres pour se
-rendre compte de l’influence qu’ils pouvaient exercer sur le peuple.
-
-Étudions en premier lieu les pasteurs.
-
-Tout d’abord, qu’avaient-ils à faire? Je ne m’étendrai pas longtemps
-sur ce point, car les obligations du ministère sont réglées par la
-Discipline[17] et, étant officielles, elles se trouvent les mêmes dans
-le colloque de Nîmes qu’ailleurs. En outre, M. P. de Felice les a
-étudiées[18].
-
-Les ministres avaient comme fonction principale la prédication.
-Ils devaient exposer un livre entier de la Bible, et non, comme
-aujourd’hui, en développer un passage[19].
-
-Encore fallait-il qu’ils fussent fort circonspects et qu’ils se
-gardassent d’alléguer des passages d’Origène «et autre faulx
-docteurs», car ils prêchaient devant un public averti, et les fidèles
-ne manquaient pas de se plaindre au consistoire si le pasteur avait
-à leur avis erré sur des points de doctrine[20]. C’est ainsi qu’un
-marchand, le sieur Péladan, reprochait au ministre Venturin d’avoir dit
-en chaire «que le feu d’enfer estoyt ung feu qui consume tout, ung feu
-consumant[21]». Ce fait témoigne de la forte instruction théologique
-que le peuple avait alors; il nous aide à comprendre comment les
-controverses scolastiques, insupportables pour nous, auxquelles se
-livraient en public pasteurs et prêtres, pouvaient déterminer des
-conversions[22].
-
-A Nîmes il y avait un service religieux complet tous les jours[23],
-c’est-à-dire prêche et prières publiques. Le dimanche, en 1600, on
-prêchait à 5 heures et à 8 heures du matin; puis les «après-dynées»,
-on faisait encore deux prêches: l’un au petit-temple et l’autre
-à l’audience présidiale[24], ce qui scandalisait fort les
-catholiques[25]. Et trois pasteurs seulement se partageaient tous ces
-sermons[26].
-
-Outre ces prédications, les ministres devaient faire le catéchisme aux
-enfants et aux grandes personnes[27], et ne pas négliger les visites
-aux pauvres. En 1601, on les voit se partager la ville de Nîmes «pour
-la vizitation des mallades et autres charges[28]»; ils devaient
-inspecter aussi, en compagnie d’anciens, les pauvres de l’hôpital et
-des prisons[29].
-
-Telles sont en quelques mots les obligations des ministres de Nîmes.
-Si l’on songe qu’ils pouvaient avoir, en dehors de leurs prêches, leurs
-catéchismes, leurs visites, à répondre aux pamphlets et aux défis
-des controversistes catholiques[30], on trouvera comme nous qu’ils
-gagnaient bien la pension que l’église leur allouait.
-
- * * * * *
-
-Leurs occupations ne leur permettaient pas d’exercer des fonctions
-profanes. La Discipline leur interdit même la médecine et la
-jurisprudence[31]. Leur entretien était donc à la charge de leur
-«troupeau».
-
-Le synode provincial de Sauve en 1597 engage les églises à donner
-aux pasteurs une somme suffisant à leur entretien et à celui de leur
-famille et propre à leur assurer «la liberté et le repos d’esprit»
-qui leur sont nécessaires pour vaquer à leur charge[32]. Ces gages
-fixes étaient de beaucoup la partie la plus importante de leur revenu.
-Il n’y avait pas en effet de casuel: «Les actes pastoraux sont tous
-gratuits[33]». D’autre part, on ne peut pas compter parmi les revenus
-des pasteurs les sommes que le roi leur avait promises en 1592 et
-1594, car, depuis 1596 au moins, ils n’en touchaient plus rien. Henri
-IV renouvela ces promesses au moment de l’édit de Nantes, mais les
-ministres n’en virent guère davantage l’exécution: c’est ce que je
-montrerai plus loin[34].
-
-Ils ne pouvaient donc compter que sur ce que leur église leur
-promettait. Or, aucune règle n’existait pour forcer celle-ci à leur
-donner une somme d’argent fixée.
-
-Les traitements étaient, en effet, proportionnés non à la place, mais
-à la personne, et l’on payait le pasteur suivant son importance et
-sa célébrité. En conséquence, on faisait marché avec lui avant de le
-prendre: en 1600, par exemple, l’église de Nîmes offre à Gigord 400
-écus pour les deux charges de pasteur et de lecteur en théologie à son
-académie[35]. Les synodes reconnaissaient la valeur de ces sortes de
-traités[36], mais ils ne les encourageaient pas et souhaitaient qu’ils
-se réduisissent à de simples promesses enregistrées dans le livre du
-consistoire[37].
-
-Ces contrats pouvaient présenter des clauses assez variables. Ainsi,
-le ministre Ricaud ne reçoit par an que 324 ou 347 l. environ de
-Saint-Jean de Gardonnenc[38], mais Jérémie Ferrier en touche 690
-à Alais[39].—L’église d’Anduze donne 500 l. à chacun de ses deux
-ministres, Alphonse et Baille, qui ne se trouvent pas assez payés[40];
-le colloque et le synode sont de leur avis et condamnent Anduze à
-donner 600 l. à Baille, qui en a besoin «à cause de la grandeur
-de sa famille[41]».—Gasques touche 600 l. du Vigan, plus 50 l.
-d’Avèze[42].—Plus tard, en 1610, cette même ville du Vigan n’offrira à
-Daniel Venturin que 450 l. par an, payables par quartiers, plus 60 l.
-des habitants de Molières et 30 de ceux d’Avèze; elle lui abandonnera
-en plus sa part des deniers du roi, et, s’il ne croit pas Molières
-et Avèze solvables, elle prendra les 90 l. à sa charge en se faisant
-annexer ces deux églises, quitte à exiger d’elles son remboursement.
-En revanche, Venturin fera les voyages aux synodes et colloques à ses
-frais, et il devra donner quatre cènes par an à ceux de Molières[43].
-Ces conditions lui parurent suffisantes, car il les accepta[44].—M.
-Fillon fait quittance, les 20 et 21 février 1597, aux habitants
-d’Aimargues de 700 l. qu’ils lui ont avancées sur ses gages de 1596 et
-1597[45]. Or, en février ils ne lui ont sans doute payé que le premier
-quartier de ses gages de l’année, il est donc probable qu’il a au moins
-525 l. par an.—Brunier, d’Uzès, touche 200 écus, soit 600 l. chaque
-année[46].—Falguerolles reçoit à Nîmes 600 l. de traitement[47],
-et cette église fait offrir 1200 l. à Gigord, qu’elle lui payera «à
-quartiers avancés», et dont il aura 600 comme ministre et 600 comme
-lecteur en théologie[48].
-
-Il ne faudrait pourtant pas croire que les ministres qui enseignaient
-la théologie dans l’académie de Nîmes[49] fussent bien payés. Ainsi,
-Moynier et Falguerolles (ou plutôt ses hoirs[50]) recevaient, en
-1600, 150 l. chacun à titre de gratification, pour avoir, «au grand
-avancement des escoliers», professé «despuis huict ans ou environ[51]».
-Puis l’année suivante, Moynier touche encore 200 l.[52]. Et c’est là
-tout son salaire. Aussi conçoit-on qu’il se plaigne au synode[53].
-
-Quelquefois, on payait une partie des gages en nature. Voici, par
-exemple, une pièce que sire Cappon, en bon «receveur des deniers du
-ministère[54]», joignit à ses comptes. C’est une quittance de Moynier
-datée du 15 mars 1595, où il reconnaît avoir reçu six «saumées» de blé
-valant 54 l., plus des marchandises pour 17 l. 8 sols et 8 deniers que
-led. Cappon lui a «forni de sa boutique», le tout en déduction de son
-«assistance[55]». Ainsi le pasteur et le receveur trouvaient là leur
-compte.
-
-On ne pouvait naturellement, sauf conventions spéciales dont je n’ai
-pas relevé d’exemple, forcer les pasteurs à accepter leurs gages
-en nature. Ils touchaient de 5 à 600 l. par an, en moyenne, ce qui
-correspond approximativement à un traitement de 3.000 à 3.600 fr.
-d’aujourd’hui[56]. En outre, leurs églises leur accordaient certains
-avantages. Par exemple, à Nîmes, ils sont logés, ou du moins ils
-touchent pour ce de l’argent: en 1578, Claude de Falguerolles n’a que
-30 l.[57]; cette somme est loin de suffire à son fils Jean[58], qui
-déclare en juin 1597 «qu’il n’a moyen de se loger à cinquante livres».
-Le consistoire projette en conséquence de louer la maison de M. Chabaut
-où l’on pourra mettre ensemble deux ministres[59].
-
-Les frais de voyage aux colloques et aux synodes leur sont
-remboursés[60], à moins de conventions spéciales[61] que les synodes
-désapprouvent[62]. De même, quand on les envoie en mission, on paye
-leur déplacement, leurs dépenses[63], et s’ils vont assister une église
-qui manque momentanément de pasteur, ils sont nourris, logés, défrayés
-de tout[64]. Très souvent, on stipule dans les conditions d’engagement
-que l’église payera non seulement le voyage de son nouveau ministre et
-de sa famille, mais encore le déménagement de ses meubles et de ses
-livres. Ainsi, le «changement de la famille et mesnage» de M. Ferrier
-coûte 58 l. 15 sols aux Nîmois[65], ce qui est cher, puisque pour faire
-venir de Genève le mobilier de M. Fillon, leur nouveau pasteur, ceux
-d’Aimargues n’ont que 60 l. à débourser[66].
-
-On reconnaît encore aux ministres certains droits plus ou moins
-considérables. Voici, par exemple, M. Moynier qui requiert son
-consistoire de lui délivrer le «carteyron [de] pleumes» et la rame de
-papier qu’il est d’usage de donner chaque année à chacun des pasteurs,
-qui ont à faire «une infinité de dépêches[67]». C’est une économie de 2
-l. 5 sols[68]. De plus, ce même Moynier loge en pension, au prix de 9
-l. par mois[69], des écoliers qui, il est vrai, battent sa bonne[70],
-vont tous les soirs à la danse et dérobent à M. Blisson des poules
-qu’ils mangent ensuite chez Jean Pons[71].
-
- * * * * *
-
-Ainsi les gages des pasteurs n’étaient pas considérables. Pourtant
-ils leur auraient permis de vivre en conservant cette «liberté et
-repos d’esprit» que le synode provincial de Sauve[72] leur croit
-nécessaires, s’ils les avaient régulièrement touchés. Mais, comme nous
-le verrons dans le chapitre IV, les églises étaient souvent «ingrates»
-et il est bien rare qu’elles aient payé leurs ministres sans retard
-et intégralement. Aussi, ceux qui, comme M. Baille, d’Anduze, se
-trouvaient à la tête d’une nombreuse famille[73] et qui ne possédaient
-pas de fortune personnelle, devaient avoir de la peine à vivre. C’est
-le cas de M. Brunier; il est chargé de trois enfants de son premier lit
-dont l’aîné a treize ans, et d’un enfant du premier lit de sa seconde
-femme, encore enceinte, et il touche 300 l. de gages[74]. En 1599,
-on voit le consistoire de Nîmes faire l’aumône de 5 l. à la fille du
-pasteur Tempeste[75].
-
-D’ailleurs les synodes recommandent sans cesse aux églises d’assister
-les ministres malades ou très âgés[76], leurs veuves et leurs
-orphelins[77]. Il était d’usage de payer aux veuves et aux hoirs la
-valeur d’une année de gages ou à peu près: c’est ce qu’on appelait
-l’«année de viduité[78]»; et si l’église paraissait s’y refuser, le
-colloque et le synode l’ordonnaient au besoin[79]. Enfin, on dressait
-à la fin du synode provincial un «despartement» pour les veuves de la
-province, c’est-à-dire qu’on taxait chaque colloque suivant sa richesse
-et ses moyens. Chaque femme assistée obtenait alors la somme minime de
-20 ou 25 l. environ[80].
-
-On voit que la profession de pasteur n’était point lucrative: elle
-comportait beaucoup de travail et peu d’argent. Je montrerai[81] que
-les consistoires avaient grand mal à obtenir de leurs administrés
-qu’ils déliassent les cordons de leurs bourses et que les ministres
-se trouvaient le plus souvent privés de la pension qu’ils auraient
-dû toucher. Ceci nous explique pourquoi l’on prenait soin de n’en
-créer qu’un nombre restreint et de s’assurer auparavant, «par tous
-les colloques», s’il n’y avait «aucun pasteur à pourvoir ayant les
-qualités requises», et si nul ministre «capable de sa charge» n’en
-pouvait «recevoir dommage[82]».
-
- * * * * *
-
-Ce petit nombre des pasteurs était la cause de bien des débats entre
-les églises de la province. Il pouvait arriver, en effet, que l’une
-d’elles se trouvât dépourvue de ses ministres pour cause de maladie,
-de mort, d’envoi en mission etc. Dans ce cas, quand l’absence du
-pasteur était momentanée, l’église priait ses voisines de l’«assister»,
-c’est-à-dire de lui prêter les leurs à tour de rôle pendant un temps
-plus ou moins long. Toutes les dépenses de ceux-ci étaient alors à sa
-charge. Elle payait leur voyage: Jérémie Ferrier, venu d’Alais prêcher
-à Nîmes, est remboursé de 30 sols que lui avait coûtés la location d’un
-cheval et d’«ung homme pour l’accompagner[83]». Elle les nourrissait:
-pour cinq repas de M. Massouverain, l’église de Nîmes paye 40 sous[84],
-et 15 écus à sire Audiffret «pour les alimens qu’il a fournys à M.
-Gigord» pendant les trois mois que celui-ci a prêché à Nîmes[85].
-Enfin elle les logeait gratis; ainsi le pasteur Moynier réclame au
-consistoire de cette même ville qu’on lui rembourse «la despense
-faicte par M. Janny, menistre de Vauvert..... en sa maison[86]».
-
-Si l’absence de son ministre se prolongeait, l’église s’adressait au
-colloque[87] ou au synode[88], qui lui prêtait pour un temps déterminé
-un des ministres «en distribution», c’est-à-dire libres d’engagement
-immédiat envers une autre église.
-
-Mais les difficultés commençaient quand l’absence du pasteur devenait
-définitive et qu’il fallait au consistoire en trouver un nouveau.
-C’était une tâche difficile. On s’adressait au synode qui n’avait
-pas toujours sous la main un ministre «en liberté», et propre à être
-«distribué». Si la localité dépourvue était importante, ou encore
-exposée à l’influence des catholiques, le synode lui attribuait parfois
-le pasteur d’une autre église. De là des réclamations sans fin. Tantôt
-c’est Massillargues qui requiert le synode de lui donner définitivement
-M. Maurice qu’on lui avait naguère prêté; mais les églises associées
-de Nages, Solorgues, Boissière, Saint-Denis et Langlade le réclament
-comme «estant leur pasteur naturel et perpétuel», et l’obtiennent[89].
-Tantôt c’est l’église de Brenoux qui veut que Terond lui soit accordé
-alors que le colloque de Nîmes le demande[90]. Les actes des synodes
-de Bas-Languedoc sont remplis de pareilles contestations.
-
-D’ailleurs, encore fallait-il que le pasteur plût à son troupeau. Les
-fidèles, par amour-propre, souhaitaient que ce fût un homme notoire qui
-leur fît le prêche et le catéchisme. Aussi le consistoire négociait-il
-de préférence avec les ministres d’un talent connu. On le voit écrire
-même à l’étranger à ceux qu’il désire acquérir[91]. En tout cas, il
-est défendu «de se pourvoir d’aucun pasteur, ny dedans, ny dehors la
-province ou royaulme» sans avoir pris «avis» du colloque et, autant que
-possible, du synode[92].
-
-Ces négociations avec des étrangers étaient lentes: on y recourait
-cependant. Mais l’église préférait s’adresser à des pasteurs de sa
-province. Aussi les plus célèbres se voyaient-ils disputés avec
-acharnement. Souvent les contestations tournaient à l’aigre; des
-rivalités se créaient d’une ville à l’autre et se prolongeaient de
-colloque en synode jusqu’à durer pendant des années.
-
-Aucune, je pense, ne fut plus longue et plus ardente que celle qui
-divisa les deux villes de Nîmes et d’Alais. La première prétendait
-conserver le pasteur Jérémie Ferrier, qui lui avait été prêté pour
-quelques jours, en remplacement d’un de ses ministres. Ce Ferrier
-était, à ce qu’il semble, d’une grande éloquence, et les Nîmois
-s’étaient véritablement enthousiasmés de lui. Pour le garder, ils
-alléguaient surtout que leur église était «beaucoup plus importante»
-que celle d’Alais. Bien entendu cette raison exaspérait les habitants
-d’Alais. Le pauvre Ferrier leur paraissait coupable de tout; ils
-l’injuriaient, le calomniaient et souhaitaient «que le diable lui
-rompît les jambes», mais ils s’obstinaient à ne pas le céder. Ce ne
-fut qu’au prix des plus grandes peines que le synode sépara en 1601 le
-pasteur Ferrier d’un «troupeau» si attaché[93].
-
-Afin de s’éviter de tels ennuis, le consistoire de Nîmes prenait soin,
-parfois, de retenir de longue main ses futurs ministres: il pensionnait
-pendant ses études un écolier en théologie, aspirant au ministère, un
-«proposant» comme on disait[94], moyennant que celui-ci promît, en
-retour, de servir l’église lorsqu’il serait consacré.
-
-Les mœurs de ces étudiants en théologie étaient soumises à une
-surveillance sévère[95]. Ils travaillaient soit à l’académie de
-Nîmes[96], soit à l’étranger, à Genève ou Heidelberg par exemple[97],
-ou encore près d’un pasteur du colloque[98], ce qui était moins
-dispendieux. Ils avaient une position quasi officielle dans la
-hiérarchie réformée et jouissaient d’une certaine considération.
-Ainsi, en 1596, le consistoire de Nîmes déclare qu’il «sera advisé»
-si les proposants «capables, suffisans et approchans du ministère..
-s’asserront au consistoire... comme ils requièrent[99]». Deux ans
-plus tard, on le voit décider que deux d’entre eux, choisis par leurs
-confrères et le pasteur Moynier, assisteront aux séances, mais «sans
-pouvoir opiner[100]». Et une semaine après, c’est Jehan Blachière et
-Jehan Ginac qui sont admis à cet honneur, après avoir juré, «la main
-levée à Dieu», de tenir secret ce qu’ils entendront[101]. Au temple,
-les proposants ont un banc spécial, immédiatement derrière celui des
-pasteurs[102], qui n’a pas coûté moins de 5 l.[103]. Enfin, ils ont le
-droit de lire en chaire chacun à son tour[104], et c’est une punition
-que d’en priver l’un d’eux[105].
-
-Pendant qu’ils étudient pour être admis au «ministère de la parole
-de Dieu», les écoliers en théologie ne gagnent pas d’argent. Or, le
-plus souvent fils de pasteurs, ils ne sont pas riches, car, ainsi
-que le remarque M. de Felice, il n’y a eu, au XVI^e siècle, que
-quelques ministres aisés et appartenant à de hautes familles, alors
-qu’il s’en trouve bien plus au XVII^e siècle[106]. Aussi voit-on le
-synode national de Montpellier (1598) se préoccuper de l’entretien des
-proposants: il ordonne que les diacres devront apporter au colloque
-ou au synode un compte des deniers des pauvres, afin qu’on puisse
-vérifier si la cinquième partie de la recette a été réservée pour les
-écoliers, et faciliter ainsi l’exécution du chapitre IV, article 4, de
-la Discipline[107]. Cette ordonnance fut soumise l’année suivante au
-synode provincial de Saint-Germain de Calberte qui la fit exécuter et
-décida que les proposants ainsi entretenus demeureraient dorénavant
-à la disposition du synode[108]. Mais cette levée du cinquième
-ne fournissait pas une grosse somme, et le colloque de Nîmes qui
-pensionne, en 1601, deux écoliers, emploie à cela «beaucoup plus que
-dud. quint[109]». Ce ne fut pas non plus, après l’édit de Nantes, la
-promesse que fit le roi de 45.000 écus, dont les églises ne touchèrent
-jamais rien[110], qui fournit des fonds suffisants à cet usage. Grâce à
-des impositions volontaires, et à l’aide apportée par la municipalité
-nîmoise, qui levait sur tous les habitants une certaine somme destinée
-spécialement aux proposants[111], le colloque ou même le consistoire
-parvenaient tant bien que mal à entretenir aux études des écoliers qui
-s’engageaient souvent, en retour, à les servir comme pasteurs.
-
-C’est ce que fit Jean Terond, par exemple. Au mois de décembre 1592, en
-consistoire extraordinaire, le pasteur Jean de Falguerolles représenta
-qu’il était opportun de «recouvrer» un quatrième ministre à cause de
-la vieillesse de Chambrun: il avait, disait-il, cherché lui-même parmi
-les proposants, et aucun ne lui avait paru mieux «conditionné des mœurs
-et probités requises à son eage et profession» que le fils du pasteur
-Terond, de Meirueys, qui avait accepté en principe de se vouer à servir
-plus tard l’église; il proposait en conséquence de l’envoyer à Genève
-aux frais du consistoire. Mais celui-ci ne voulut pas s’engager à la
-légère et décida qu’on ferait d’abord «proposer» son pasteur futur
-devant «une douzaine d’hommes doctes et estudieux[112]». Cette épreuve
-fut subie par le jeune homme avec succès, car en mars 1593 on décida
-en principe le chiffre de sa pension[113], et enfin, le 12 mai, on lui
-fit signer un traité d’engagement. Il promettait de se consacrer au
-service de l’église quand il en serait digne. A cette condition, il
-toucherait 60 l. tournois pour son voyage, et 200 l. tournois chaque
-année[114].
-
-Le contrat signé, Jean Terond ne s’empressa pas de partir[115]. C’est
-qu’il ne pouvait obtenir sa pension: en janvier 1595, il n’avait pu
-toucher que la moitié de ce qui lui était dû[116]. Sans doute, il ne se
-souciait guère de s’en aller au loin mourir de faim. Cependant il dut
-se décider: le consistoire l’avait menacé de lui couper les vivres s’il
-ne partait pas[117]. Il arriva à Genève avant le 8 mars[118], puis de
-là il s’en fut à Heidelberg[119] où, sans doute, il se plut, puisqu’au
-bout de quatre ans il fallut lui écrire de revenir[120] pour se faire
-consacrer[121]. A peine de retour, il fut distribué, «sans préjudice
-des droicts» que l’église de Nîmes avait sur lui[122] aux églises de
-Boubaux, Brenoux, La Melouze et Laval[123].
-
-Tous les écoliers proposants n’étaient pas entièrement entretenus par
-une église et en vertu d’un contrat comme Jean Terond. Voici, par
-exemple, Mardochée, fils du pasteur Barnabé Suffren[124], à qui son
-père n’avait pas dû laisser un héritage bien considérable puisque le
-consistoire devait lui donner 25 l. pour qu’il pût se faire faire des
-habits[125]. Il eut la chance d’être distingué par M^{me} d’Aubais
-qui s’engagea à lui servir une pension de 30 écus par an[126]. Cela,
-joint à quelque argent qu’il eut encore de l’église, lui permit de
-partir pour Genève[127]. Le consistoire, qui avait pris soin de faire
-constater au colloque les droits qu’il s’acquérait sur Mardochée en
-l’entretenant[128], ne l’abandonna pas tout-à-fait une fois qu’il fut
-arrivé là-bas. Mardochée mourait seulement à peu près de faim[129].
-Cependant, comme il écrivait lettres sur lettres, on lui envoyait de
-temps en temps quelque argent: par exemple, «33 l. et 10 escus en or»,
-en une fois, par un marchand gènevois du nom d’Arnaud Jolly[130].
-D’ailleurs, en juillet, Mardochée dut revenir sur l’ordre de
-l’église[131]. Ce ne fut pas sans chagrin. Les leçons que lui donnait
-un certain M. Tufan par ordre du colloque lui laissaient regretter
-celles qu’il avait pu avoir à Genève; si bien qu’ayant réuni toutes ses
-ressources, il repartit pour la Suisse, malgré le consistoire, afin d’y
-étudier à ses frais[132]. Quelques mois plus tard, il implorait 10 écus
-du colloque «pour employer en habitz», et si le consistoire décidait
-d’«intercéder» pour lui, c’était à cause «de la bonne espérance» qu’on
-avait de ses études[133] et de la nécessité où se trouvaient sa mère et
-ses sœurs[134].
-
-Nous avons vu par le cas de Jean Terond qu’il ne suffisait pas toujours
-à une église d’avoir entretenu un proposant, grâce à des sacrifices
-pécuniaires relativement assez considérables[135], pour être assurée
-de l’avoir plus tard comme pasteur. Le synode allait en effet au plus
-pressé et fournissait d’abord de ministres les églises tout à fait
-dépourvues. Ainsi, en 1600, malgré les Nîmois qui réclamaient Terond,
-celui-ci fut encore prêté pour un an à l’église de Saint-Martin de
-Boubaux[136]. Néanmoins, sans approuver les contrats d’engagement
-dans le genre de celui que Terond avait signé[137], les synodes
-admettaient généralement qu’une église s’acquérait des droits sur un
-pasteur lorsqu’elle l’avait autrefois «entretenu aux études[138]». Ce
-qui était bien interdit aux consistoires, c’était de donner des gages
-moins élevés à ceux de leurs ministres qu’ils avaient pensionnés comme
-écoliers[139].
-
-Si je me suis arrêté à étudier en détail les salaires qui pouvaient
-être alloués à un pasteur et à un proposant dans le colloque de Nîmes,
-c’est qu’ils nous fournissent un indice sûr de la popularité des
-ministres et par conséquent de leur influence.
-
-Or, en ce qui concerne les proposants, le consistoire avait la plus
-grande peine à les entretenir et n’arrivait pas à leur donner ce qu’il
-leur avait promis. Il en était de même pour les pasteurs. Les gages
-qui leur étaient dus ne leur étaient pas versés. Nous verrons que le
-consistoire ne pouvait obtenir des fidèles les sommes auxquelles il les
-taxait pour l’entretien du ministère. Un Nîmois déclara qu’«il yroit
-plus tost baptizer son enfant à la messe que bailher rien à MM. les
-ministres[140]».
-
-Pourtant, il ne faudrait pas croire que l’élément pastoral était en
-général dédaigné et n’avait pas d’influence. Seulement cette influence
-n’avait pas de caractère spécial. Le ministre n’a que l’autorité d’un
-membre du consistoire, peut-être plus respecté que les autres. La
-pureté de sa vie et son savoir lui valent une grande influence sur les
-fidèles, mais c’est la même que pourrait avoir un ancien placé dans les
-mêmes conditions.
-
-Ce n’est plus l’influence du prêtre. Le principe du libre examen,
-en effet, donne à chacun le droit de se former son opinion sur le
-pasteur, de le récuser même. On peut venir en consistoire le reprendre
-sur sa doctrine[141]. Certains se livrent à des «enquêtes secrètes»
-sur «la doctrine et mœurs des pasteurs[142]». Il se forme en dehors
-du consistoire des «scindicatz pour diffamer les pasteurs, diminuer
-leur salaire, les chasser ou en requérir d’aultres» qui envoient
-des députations aux colloques et aux synodes[143]. Les conseils
-de villes ont le droit de nommer des députés pour se plaindre des
-ministres, et de les «envoyer aux assemblées ecclésiastiques, sans
-les consistoires[144]». Enfin, le consistoire peut censurer lui-même
-son ministre, ainsi que le fit celui de Gignac à M. Rossel qui ne
-voulait pas lui obéir, et ordonner «l’abaissement des cheveux de sa
-femme[145]», s’il ne préfère le faire juger par le colloque[146].
-Chacun dans le troupeau se donne donc le droit de juger et d’apprécier
-les actes du pasteur de même que ceux d’un simple laïc.
-
-Il résulte de cela que les ministres ne peuvent avoir sur les fidèles
-une influence d’un caractère spécial. La leur ne se distingue pas de
-celle du consistoire. Ils ont plus d’autorité qu’un ancien, mais une
-autorité du même genre. Et c’est pourquoi leur action sur le peuple ne
-peut être étudiée séparément de celle du consistoire avec laquelle elle
-se confond.
-
-
-
-
-II
-
-COMPOSITION ET FONCTIONNEMENT DU CONSISTOIRE
-
- Composition: Fonctions du «diacre» et de l’«ancien». Nombre des
- membres du consistoire. Leur élection. Leur classe sociale.
- Oppositions. Entrée en charge. Division du travail. Employés.
-
- Fonctionnement: Séances ordinaires. Leurs dates. Leur présidence.
- «Quorum» obligatoire. Séances de censure. «Consistoires
- extraordinaires». Ce qu’on entend par «actes consistoriaux».
-
-
-Un consistoire se compose de _diacres_ et d’_anciens_. Ces noms
-différents impliquaient à l’origine des fonctions distinctes. M. P. de
-Felice a montré que les diacres furent caractérisés tout d’abord par
-des devoirs pastoraux[147]. D’après un document attribué au réformateur
-Viret[148], leur charge «consiste à la réception, distribution et
-administration des biens dediez aux povres et autres destituez à
-l’usage de l’église, comme à la nourriture des ministres et autres
-affaires ordinaires ou survenants[149]». Leur office est bien distinct
-de celui des anciens qui ont à «veiller sur les vices et scandales
-universellement de ceux qui sont du corps de l’église[150]». La
-Discipline précise d’une façon analogue les fonctions diaconales.
-«L’office des diacres (dit-elle) est de recueillir et distribuer par
-l’avis du consistoire les deniers des pauvres, des prisonniers et des
-malades, les visiter et en avoir soin[151].»
-
-Cependant, à Nîmes, à la fin du XVI^e siècle, je ne trouve aucune
-distinction entre les fonctions de diacre et d’ancien. Tout d’abord,
-les diacres n’ont pas la direction des finances de l’église: en effet,
-les receveurs des deniers des pauvres et des deniers de l’église
-sont, au contraire, choisis parmi les anciens[152]; de plus, un
-synode provincial déclare responsables de l’entretien du pasteur les
-diacres et les anciens indistinctement[153], et cette décision est
-acceptée théoriquement par l’église de Nîmes[154]. Les diacres n’ont
-pas davantage le devoir particulier de s’occuper des pauvres, car le
-16 janvier 1602, le consistoire charge chaque «ancien» d’apporter le
-rôle de ses pauvres[155], et l’hôpital est visité par «ung ministre
-accompagné d’aulcungz du concistoyre[156]», non pas spécialement de
-diacres.—Quant aux fonctions pastorales dont nous parle Viret, elles
-semblent passer aux proposants: la lecture en chaire est faite par des
-écoliers[157].—En outre, je ne trouve dans le registre aucune mention
-des diacres-catéchistes dont parle M. de Felice[158] (et à propos
-desquels il signale d’ailleurs que leurs fonctions tendent à passer
-aux proposants[159]), ni aucune trace de charges spéciales données
-aux diacres pendant la Cène[160].—Enfin, ceux-ci sont députés aux
-colloques et synodes au même titre que les anciens[161].
-
-On peut conclure de tout cela que la distinction primitive entre les
-deux charges de diacre et d’ancien est, à cette époque, complètement
-abolie dans l’église de Nîmes.
-
-Le nombre des membres d’un consistoire change suivant les lieux et
-même suivant les époques. Ainsi, à Nîmes, en 1596, il y a quatorze
-anciens[162], mais les années suivantes, on en trouve quinze[163];
-à Codognan, il n’y a que six anciens[164], de même à Junas[165]; à
-La Salle, leur nombre oscille entre onze et quatorze, suivant les
-années[166]. La proportion des diacres et des anciens est variable
-également dans le consistoire. A Codognan, ils ne sont pas distingués
-et les membres sont tous compris sous la dénomination d’«anciens[167]».
-A Junas, il se trouve un seul diacre pour cinq «surveillans[168]». A
-Nîmes, il y a régulièrement un diacre pour deux anciens[169].
-
-Les élections se font à divers moments de l’année. A Codognan, les
-membres nouveaux entrent en charge en juillet, en août, en octobre,
-en novembre ou en décembre indifféremment, et ceci dans un intervalle
-de treize ans[170]. A Montdardier, comme à Nîmes, c’est à la fin et
-au commencement de l’année que se fait l’élection[171]. Le 5 janvier
-1601, le consistoire de Nîmes décide qu’il est temps de changer les
-anciens «suyvant la coustume»; on commence par exhorter «tous ceulx du
-concistoire estans présens de demeurer pour l’année prochaine»; ceux
-qui refusent donnent leurs raisons, et on les remplace à la majorité
-des voix; les autres sont «continués» dans leur charge[172]. Il est
-donc non seulement licite, mais encore recommandé aux anciens de
-rester en charge pendant plusieurs sessions. Et pourtant, l’on en voit
-assez rarement qui persistent plus de deux ou trois ans dans leur
-emploi. Voici, il est vrai, à Codognan, «le sieur Valete» qui reste au
-consistoire pendant quatorze années consécutives[173]. Mais de pareils
-cas sont rares et il est à croire que les fidèles ne tenaient pas, en
-général, à conserver une charge qui ne laissait pas de nuire à leurs
-occupations.—A chaque nouvelle session, quelques-uns des anciens
-«vieux» étaient «continués[174]» dans le but de mettre les «nouveaux»
-au courant des affaires. C’est du moins cette raison qu’alléguait le
-consistoire de La Salle pour, deux fois l’an, se renouveler par moitié
-seulement[175].
-
-A Nîmes, la durée du mandat était de douze mois[176]. C’était les
-membres sortants qui choisissaient les nouveaux à la majorité
-des voix[177]. A l’origine, le peuple avait élu les anciens
-par acclamations[178]. Puis, suivant une marche naturelle aux
-institutions, l’élection était tombée aux mains d’une oligarchie: le
-consistoire lui-même. Le très vague article du synode de Nîmes (1601),
-recommandant aux consistoires d’user «de prudence en la nomination des
-anciens, pour empescher l’ambition qui sourdroit en l’église», s’ils ne
-procédaient «avec la discrétion qui y est requise[179]», ne diminuait
-pas beaucoup leur liberté.
-
-Les anciens étaient choisis dans toutes les classes de la société.
-Chacun pouvait être élu à la condition de jouir d’une honorabilité
-parfaite. J’ai recherché, d’après le livre de M. Puech, qui nous
-donne une étude de l’état des personnes à Nîmes à la fin du XVI^e
-siècle[180], quelles étaient les professions des membres du consistoire
-pendant les années 1596 à 1602. Il en est un certain nombre dont
-je n’ai pu retrouver le rang social, c’est qu’ils ont passé dans
-l’histoire sans laisser de traces. Mais quelque imparfait qu’il soit,
-le tableau suivant peut servir à montrer que toutes les classes de la
-société nîmoise concouraient à former le consistoire[181].
-
-
-QUALITÉ DES MEMBRES DU CONSISTOIRE DE NÎMES DE 1596 A 1602[182].
-
- {Daniel Arnaud, sgr. de la Cassagne
- 2 nobles { (p. 60); Pierre de Vestric, sgr. de
- {Favier (p. 107).
-
- {Le commis Jacques d’Agulhonet
- { (p. 121); Claude Blisson (p. 122);
- { Jacques Bonhomme (p. 125);
- { Bosquier (p. 125); Guillaume de
- { Calvière, sgr. de Saint-Cézaire de
- 12 avocats { Gauzignan (p. 125[183]); Jacques
- { Deyron (p. 61); Anthoine Davin
- { (p. 127); Falcon (pp. 60, 128[184]);
- { Pierre Lansard (pp. 60, 130);
- { Maltrait (p. 130); Mazaudier
- { (p. 131); Pierre Unal (p. 134).
-
- { Guidon Cheyron (p. 147); Pierre
- { Dumas (ib.); Antoine Duprix (ib.);
- 7 bourgeois { Jean Gaissac (p. 148); Vidal Martin
- { (ib.); Laurens Salveton (p. 60);
- { Antoine du Vieulx (p. 147).
-
- { Jean Bourges (p. 152); Jean ou Philippe
- { Cappon (ib.[185]); sire Claude de
- 6 marchands[186] { Combes (ib.); Jacques ou Antoine
- { Crozet (pp. 147, 152); Daniel
- { Manuel (p. 152); Jean Surian (ib.).
- Aucun médecin
-
- Aucun chirurgien
-
- 1 apothicaire David Guiraud (p. 167).
-
- { Claude Pujol (p. 194); Vidal de Salhens
- 2 praticiens {(ib.).
-
- { Jean Boschier (p. 194); Bauzile Fontfroide
- 2 greffiers {(ib.).
-
- { Dostaly (p. 194); Anthoine Sabatier
- 2 notaires {(ib.).
-
- { Louis Baudouin (p. 282); Jehan
- 3 «gens des arts et { André, dit Radel (p. 257); Veyras
- métiers» { le vieux (p. 263).
-
- 1 ancien capitaine {
- de compagnies { Balthezart Fournier (p. 117).
- franches {
-
- 1 laboureur Jean Gril (p. 305).
-
- {Jehan Bourguet (p. 315-316); Georges
- 2 jardiniers {Grégoire (p. 316).
-
- Aucun berger
-
-Si incomplet que soit le tableau précédent, il permet de constater que
-les membres du consistoire sont surtout pris dans la seconde _échelle_,
-parmi les avocats, les bourgeois et les marchands. Les nobles et les
-magistrats dédaignaient peut-être la charge d’ancien, bien qu’à Nîmes
-la noblesse fût presque entière de _robe_, peu nombreuse et assez
-récente. Quant aux gens de la troisième et de la quatrième échelle,
-on les élit rarement, mais du moins ils sont éligibles. Toutes les
-classes de la société, et surtout la classe moyenne et aisée, sont donc
-représentées.
-
-La Discipline et M. P. de Felice nous apprennent qu’une fois nommés,
-nobles et bourgeois devaient encore accepter et jurer de remplir leur
-charge[187]. Puis, on soumettait leur nomination au peuple en publiant
-leurs noms trois, deux ou même un seul dimanche après le prêche[188],
-afin que les opposants pussent soumettre leurs raisons. Ceux-ci étaient
-d’ailleurs fort rares et très mal reçus[189].
-
-Après ces formalités, les anciens n’avaient plus qu’à entrer en
-charge. A Nîmes, pour la première séance de l’année (qui avait lieu
-un jour quelconque de la semaine[190]), le consistoire «vieux» et le
-«nouveau» se réunissaient[191]. On lisait les «articles de l’ordre en
-l’église[192]», c’est-à-dire la Discipline: en 1596, le synode national
-de Saumur ordonne qu’on observe «mieux qu’il ne l’a été jusqu’à
-présent» l’article «qui recommande la lecture de la Discipline dans
-les consistoires[193]», ce qui laisse à supposer qu’on ne l’appliquait
-pas toujours[194]. On continuait ensuite par la lecture des «articles
-de l’ordre... du présent consistoire[195]», c’est-à-dire, peut-être,
-le règlement qui doit se trouver dans le registre de l’année 1566,
-transcrit de la main de Théodore de Bèze, comme le dit M. Borrel[196].
-Les anciens «nouveaux» devaient déclarer s’y soumettre et alors ils
-étaient définitivement reçus[197]. On déléguait quelques membres
-des deux consistoires «pour clorre les comptes[198]». Souvent, on
-désignait les receveurs des deniers des pauvres et du ministère[199].
-On expédiait les affaires courantes comme aux séances ordinaires[200].
-Finalement, les membres sortants étaient «remerciez et mis en
-liberté[201]».
-
-Je n’ai trouvé aucune mention de la réception publique et cérémonieuse
-dont M. de Felice dit qu’elle était nécessaire[202]. Les «interrogats»
-paraissent avoir été faits en consistoire et s’être réduits à une
-simple promesse d’observer la discipline de l’église. Quant à la
-lecture du règlement particulier du consistoire, il me semble que c’est
-là une coutume assez spéciale aux Nîmois.
-
-La division du travail entre les anciens était bien définie. La cité
-avait été partagée, en 1566, en neuf surveillances ou quartiers,
-ne correspondant pas aux quartiers traditionnels. Plus tard, sans
-doute à cause de l’accroissement de la population, on en fit un de
-plus[203]. Or, chaque ancien était affecté spécialement à l’une de
-ces parties de la ville et chaque diacre avait à s’occuper de deux
-d’entre elles[204]. Ils étaient chargés de «surveiller» leurs quartiers
-et devaient rapporter au consistoire tous les faits graves qui s’y
-passaient. De même, les pasteurs se partageaient «la vizitation des
-mallades et autres charges[205]».
-
-Outre ces fonctions tenant essentiellement à leur qualité, les anciens
-et diacres pouvaient être chargés de missions spéciales. Tels étaient
-le receveur des deniers du ministère et le receveur des deniers des
-pauvres qui géraient les finances consistoriales[206].
-
-Enfin, il y avait encore des employés généralement salariés, dont,
-suivant les églises, variaient le nombre et la qualité.
-
-L’avertisseur était le Maître Jacques du consistoire: il remplissait
-les fonctions les plus diverses. Benoist nous dit qu’il avait «à
-donner avis au ministre que l’heure est sonnée, ou aux membres du
-consistoire du lieu et du jour de l’assemblée, ou de porter de divers
-côtés les ordres de la compagnie[207]». Ailleurs, on lit qu’il devait
-«appeler et adjourner au consistoire les délinquants», et encore
-«exercer autres mandements du consistoire[208]». C’étaient là, en
-effet, ses principales fonctions, celles dont il tirait son nom. A
-Nîmes, l’avertisseur, «Maistre Guilhaumes Guiraud[209]», est une sorte
-de personnage que l’on paye assez cher. Il convoque les pasteurs et
-les anciens[210] et prévient les fidèles qu’ils aient à comparaître
-en consistoire pour y répondre de leurs fautes contre la Discipline,
-quand toutefois on ne délègue pas spécialement à cet effet un ou
-plusieurs anciens[211]. Il inscrit sur un long registre les noms des
-coupables avec, en regard, la faute dont on les accuse; et ce registre
-passe d’avertisseur en avertisseur[212]. Il remplit des missions de
-confiance: on le charge, par exemple, de vendre les meubles jadis
-prêtés à une pauvre folle, nommée Jeanne la Simple, qui vient de
-mourir[213], ou de recouvrer certaines sommes dues par l’église de
-Milhaud[214]. Enfin, il fait la police du temple[215]. Dans de plus
-petites villes, où l’avertisseur est moins occupé, il cumule encore
-d’autres métiers. Ainsi, au Vigan, il est à la fois «advertisseur
-du consistoire, sonneur de cloches pour le presche et les prières
-publiques, et tient le temple net[216]».
-
-Pour ses gages, Maître Guillaume Guiraud reçoit 72 l. par an[217]. De
-plus, le consistoire s’est engagé à lui laisser prélever des droits
-sur divers de ses revenus. Il touche, par exemple, une certaine somme
-sur les «legatz pies» faits à l’église[218], et un écu pour son
-«droit de leveure de l’argent deub par la ville pour l’entretenement
-des escolliers proposans[219]». Enfin, il est à croire qu’il sait
-se créer par ailleurs d’autres sources de revenu, car on voit le
-consistoire lui défendre de louer plus d’un sol le drap mortuaire
-pour les enterrements[220], et lui enjoindre de le bailler gratis aux
-pauvres[221].
-
-Pour rédiger les délibérations de l’assemblée, il y a un greffier.
-A Nîmes, c’est un des notaires de la ville, et il change tous les
-ans[222]. A Montdardier[223], c’est le maître d’école[224]. A La
-Salle[225], un des anciens remplit les fonctions de secrétaire[226].
-Il est en tout cas défendu aux greffiers de prendre aucun argent pour
-les extraits d’actes du consistoire que des particuliers peuvent leur
-demander; s’ils sont pauvres, l’église doit avoir soin «de pourvoir à
-iceux[227]».
-
-Le maître d’école dépend du consistoire et il faut qu’il ait été
-approuvé par lui[228], qu’il serve ou non de greffier. Le «magister» du
-Vigan touche 100 l. que lui paye la ville[229].
-
-Quant au chantre, il reçoit à Nîmes 2 écus[230]. Il doit entonner et
-diriger le chant des psaumes, car il n’y a pas d’orgue[231]; et ce
-n’est peut-être pas une sinécure.
-
- * * * * *
-
-Le règlement de 1566, dont j’ai parlé, porte qu’à Nîmes les séances
-consistoriales devaient se tenir chaque mercredi à midi[232]. Parfois,
-néanmoins, il se passait un assez long intervalle sans qu’il y en
-eût[233]. Inversement, on se réunissait en cas de besoin, plusieurs
-fois dans la semaine, le mercredi et le vendredi ou un autre jour[234].
-L’assemblée avait lieu dans le temple[235], «à l’yssue du presche[236]».
-
-Qui présidait? La Discipline veut que ce soit un pasteur, et, dans les
-églises où il s’en trouve plusieurs, pour ne pas créer de compétitions
-et de jalousies, elle ordonne sagement qu’ils présideront tour à
-tour[237]. Ce dernier point n’était pas observé rigoureusement: à
-Nîmes, tantôt chaque séance a comme «modérateur» un ministre différent,
-mais sans que le tour de chacun revienne à des intervalles réguliers,
-tantôt le même ministre préside sans interruption un certain nombre de
-fois[238]. Je n’ai d’ailleurs relevé aucune contestation à ce sujet.
-
-Pour que les décisions prises soient valables, il faut que les
-deux tiers des membres soient présents à l’assemblée[239]. On doit
-y arriver «à midy précézément», à temps «pour mettre le genoul en
-terre et fere la prière», sous peine d’une amende de 5 sols[240]. Le
-pasteur présidant prononce la prière[241]. Puis, on règle les affaires
-courantes: censures, «réceptions à la paix de l’église», abjurations,
-finances du consistoire, et «charges» diverses données aux anciens.
-
-Outre ces séances ordinaires, le règlement adopté par l’église en
-1566 porte que, la veille de Noël, de Pâques et de la Pentecôte, le
-consistoire se réunit pour censurer impartialement, s’il y a lieu,
-la conduite de tous ses membres, y compris les pasteurs et les
-employés, et pour désigner les anciens qui donneront la coupe, les
-diacres qui tiendront les bassins aux portes, et celui qui recevra les
-«méreaux[242]». Ces séances «de censure» ont lieu en 1560 et 1561:
-on en trouve des traces dans le registre[243]. Mais à l’époque qui
-nous occupe on n’en rencontre plus aucune mention. Il est difficile
-de dire si c’est qu’elles ont disparu ou qu’on néglige simplement
-de les inscrire: M. de Felice constate d’ailleurs que, d’une façon
-générale, il est très rare qu’elles soient relatées dans les livres des
-consistoires[244].
-
-Le règlement de 1566 porte encore que, pour procéder à l’élection
-des pasteurs, on doit envoyer une députation aux magistrats et aux
-consuls, afin de les réunir en «assemblée mixte des trois corps»
-avec les deux consistoires «vieux» et «nouveau[245]». Au temps de
-l’édit de Nantes, on convoque aussi ces assemblées, ou «consistoires
-extraordinaires[246]», pour décider l’imposition des deniers du
-ministère[247]. Le consistoire ne trouve sans doute pas inutile de
-s’adjoindre les notables de la ville pour sanctionner une décision
-aussi désagréable aux habitants que celle-là[248]. D’ailleurs, il
-réunit des assemblées mixtes au sujet du «logement des pouvres[249]»,
-du collège et «rectorat d’icelluy[250]», et de tous les événements
-importants.
-
-D’autres personnes que les consuls, les magistrats et les anciens
-vieux et nouveaux y prennent part: des «docteurs et advocatz[251]»
-généralement, mais aussi des «bourgeois et marchans[252]». Le nombre
-des assistants varie beaucoup. L’assemblée la plus nombreuse que
-j’aie trouvé comprend le juge criminel Daniel de Calvière, quatre
-conseillers, le lieutenant particulier de viguier, le lieutenant de
-juge ordinaire, les quatre consuls, deux ministres, huit avocats,
-dont quelques-uns membres du consistoire, un noble, et six bourgeois,
-anciens ou non[253]. Elle se tient au temple, comme presque tous les
-consistoires extraordinaires[254]; j’en note un, cependant, qui a lieu
-«en la maison de M. le Juge Criminel[255]». C’est ce magistrat qui
-préside toujours quand il est présent[256]; en son absence, c’est l’un
-des pasteurs[257].
-
-Les délibérations des assemblées mixtes ne devaient pas être inscrites
-dans le livre du consistoire, ou tout au moins n’avaient pas la valeur
-officielle d’«actes consistoriaux». C’est ce que montre un intéressant
-jugement du synode provincial de Nîmes par députés, en 1599, rendu
-au sujet d’un incident grave survenu entre le célèbre jurisconsulte
-Julius Pacius de Beriga et un professeur de logique du collège de
-Nîmes, Robert de Vismes[258]. Pacius avait fait extraire du registre
-du consistoire, avec le consentement des anciens, puis imprimer
-et publier, le procès-verbal d’une assemblée mixte tenue en avril
-1598. Cette affaire fut portée au synode qui censura «griefvement»
-le consistoire de Nîmes «d’avoir faict coucher» dans son livre «la
-conclusion d’une assemblée mixte[259]», et envoya même deux ministres
-inscrire en marge du procès-verbal en question la note suivante:
-«Déclairons ce présent acte... estre d’une assemblée mixte et non
-consistoriale, et pourtant n’en pouvoir estre despêché aucun extraict
-portant tiltre des actes consistoriaulx[260]». Ainsi s’établit bien
-nettement la différence entre les assemblées régulières, faites
-suivant la Discipline, et ces assemblées mixtes qui sont parfaitement
-autorisées, mais non reconnues officiellement. A Nîmes, on continue
-d’ailleurs, après l’incident soulevé par Pacius, à inscrire dans le
-registre les procès-verbaux d’assemblées mixtes[261], comme on l’a
-toujours fait, mais, sans doute, on ne leur donne plus la valeur
-d’actes consistoriaux.
-
-Le «Livre» du consistoire devait, selon la Discipline, conserver la
-mémoire des fautes qui, «étant conjointes avec rebellion, auroient
-esté censurées de la suspension de la Cène ou excommunication»; et
-les autres devaient théoriquement en être effacées[262]. En outre, on
-y inscrivait les «décharges» des receveurs des deniers lorsque leurs
-comptes avaient été arrêtés[263], les «accords» faits par l’église
-avec les pasteurs[264], etc. C’était donc un témoin officiel pour
-l’église, comme les registres de baptêmes et de décès. On pouvait en
-certains cas délivrer copie d’actes consistoriaux[265] pour servir de
-témoignages, d’attestations. Ceci explique pourquoi le synode prov.
-de Nîmes tenait à maintenir bien nette la différence entre un acte
-consistorial, procès-verbal d’une séance tenue selon les prescriptions
-de la Discipline, et une simple relation authentique d’assemblée mixte.
-
- * * * * *
-
-Il était utile d’exposer en détail la composition et le fonctionnement
-du consistoire, car il faut bien connaître cette assemblée, pour
-saisir comment elle remplit les deux fonctions si importantes qui lui
-reviennent et qu’elle partagea à l’origine entre ses diacres et ses
-anciens: 1^o obtenir des subsides, 2^o diriger la vie «de ceux qui sont
-du corps de l’église[266]».
-
-C’est par le consistoire, en effet, que le protestantisme officiel
-communique avec la foule des fidèles. Les Nîmois entendent bien parler
-du synode, mais cette assemblée est pour eux solennelle et lointaine,
-au lieu qu’ils voient, qu’ils connaissent leurs anciens. Or, la
-popularité des consistoires est nécessaire à la force du parti: si leur
-influence périclite, les assemblées supérieures vont se trouver «en
-l’air», si je puis dire. Je montrerai plus loin qu’à Nîmes, il n’en est
-rien, et que le pouvoir du consistoire sur les fidèles fait de ceux-ci
-des soldats disciplinés, et tout prêts à suivre les instructions que
-les chefs du parti leur donneront.
-
-
-
-
-III
-
-LES FINANCES DU CONSISTOIRE
-
- Les comptes du «receveur des deniers de l’église» et du «receveur des
- deniers des pauvres».
-
- Deniers des pauvres: Recettes. Qui on assiste. Secours en nature.
- Tableau des secours délivrés par le consistoire de Nîmes entre janvier
- et mars 1596. Visites de charité. Surveillance de l’hôpital des
- pauvres.
-
- Deniers de l’église: Dépenses. Recettes: les imposés; la levée des
- rôles. Églises «ingrates». Pension payée à l’église par la ville.
-
-
-Il reste maintenant à étudier les finances du consistoire de Nîmes et à
-montrer quels étaient ses revenus. Il lui en fallait d’importants pour
-subvenir aux dépenses qui lui étaient imposées: entretien des pasteurs
-et des proposants, gages de l’avertisseur et des autres fonctionnaires,
-aumônes, pensions aux nouveaux convertis, enfin dépenses des synodes et
-colloques, car chaque église doit solder les frais de ses députations
-aux assemblées ecclésiastiques. En matière de finances, comme en tout
-le reste, ce sont les consistoires qui forment la base de l’édifice
-protestant: sans leur argent, pas d’assemblées, et toute la hiérarchie
-du parti se trouve désagrégée.
-
- * * * * *
-
-A Nîmes, le budget de l’église se divise en deux parts distinctes: les
-«deniers de l’église» et les «deniers des pauvres».
-
-Chacune a son «receveur», son banquier, choisi chaque année parmi
-les membres du consistoire, le plus souvent un ancien[267]. Une
-délibération du 31 janvier 1601 montre que le receveur des deniers du
-ministère touchait à cette époque des gages de 100 l.; mais c’est le
-seul renseignement que j’aie trouvé sur ce point[268].
-
-Les receveurs ne devaient délivrer aucune somme que sur la présentation
-de «mandements», tirés sur eux par les anciens[269]. Et à l’expiration
-de leur charge, chaque année, il fallait qu’ils rendissent compte de
-leur gestion devant une commission nommée par le consistoire[270].
-
-Le «receveur des deniers de l’église» à Nîmes présentait: 1^o les
-pièces justificatives de ses comptes, comprenant, d’une part, les
-mandements tirés sur lui, et d’autre part, les quittances de ses
-payements, avec leur bordereau[271]; 2^o le «livre des quitances
-des paiements de nos pasteurs.....», comprenant les quittances des
-pasteurs, proposants et autres salariés du consistoire, qui était
-en quelque sorte la mise au net des pièces précédentes, dont il ne
-comprenait pas le détail[272]; 3^o un registre contenant les noms des
-imposés pour l’entretien des ministres, avec le chiffre de leurs taxes,
-et une liasse renfermant toutes les pièces relatives au recouvrement de
-ces impositions[273].
-
-Le receveur des deniers des pauvres avait des comptes moins compliqués:
-il ne présentait que les mandements tirés sur lui et les quittances de
-ses paiements avec leur bordereau[274]. La commission déléguée par le
-consistoire vérifiait tous ces comptes et en donnait aux deux receveurs
-une «décharge» qu’elle inscrivait sur un autre registre spécial[275],
-et qu’on mentionnait souvent dans le livre du consistoire[276]. Puis
-les comptes étaient renfermés dans un coffre et formaient les archives
-de l’église[277].
-
- * * * * *
-
-J’ai dit que les deniers des pauvres étaient tout à fait distincts
-des deniers de l’église. Il arrive, en effet, qu’on fasse procès aux
-«povres de l’église[278]», dont les revenus provenaient soit de legs
-testamentaires, soit de quêtes faites par les diacres.
-
-Les legs étaient assez fréquents et variaient beaucoup; je n’en ai
-pas trouvé, néanmoins, de considérables: en 1598, un conseiller au
-présidial, Antoine de Malmont, lègue 20 l., et le baile de Saint-Jean
-de Valeriscle 25 l. aux pauvres de Nîmes[279]. En revanche, il y en a
-un grand nombre de peu d’importance: voici, par exemple, à Congeniès,
-un laboureur qui laisse 30 sols[280]; l’hôte du logis des Arènes à
-Nîmes, Armand Gaubin, ne destine aux indigents que 10 sols[281], et,
-même, un certain Jacques Malafosse, de Congeniès, ne leur en donne pas
-plus de 5[282]. Ce ne sont pas d’ailleurs ces «légatz pies» qui forment
-la plus grosse part du revenu des pauvres, et heureusement, car ils
-ne doivent pas être fort exactement payés, s’il arrive fréquemment,
-comme en 1597, que les magistrats se permettent d’en disposer[283]. Au
-reste, une partie des legs est consacrée à l’entretien des pasteurs,
-et ainsi les pauvres n’ont pas le bénéfice de toute la charité des
-testateurs[284].
-
-Les quêtes faites par les anciens et les diacres formaient leur
-principale ressource. Il n’y a que fort peu de renseignements sur
-ce point. On faisait la quête au temple dans un «bassin[285]». En
-outre, on plaçait des troncs «aux» boutiques des marchands, et on les
-visitait, ce semble, au commencement de chaque année[286]. Enfin,
-tous les ans, on réunissait les objets perdus dans le temple et non
-réclamés, on les vendait, et l’on en versait le produit au bassin: en
-1596, on retire ainsi 2 l. 14 sols, et en 1601, 2 l. 16 sols[287].
-
-Ces quêtes étaient les vraies ressources des pauvres. Elles devaient
-fournir parfois des sommes importantes. Le synode national de
-Montauban, en 1594, décide que, lorsqu’il se trouvera une somme
-notable des deniers des pauvres «que l’urgente nécessité n’obligera
-pas d’emploier pour leur subvention, les diacres, par l’avis du
-consistoire, pourront en faire quelque prêt à des gens solvables pour
-faire valoir cet argent à la plus grande utilité des pauvres...., à la
-charge qu’on le puisse retirer promptement en cas de nécessité[288]».
-C’était là une permission assez dangereuse, mais ces spéculations
-paraissaient si séduisantes que, le synode national de Saumur les
-ayant interdites en 1596[289], celui de Montpellier les autorisa de
-nouveau en 1598[290]. Il est peu probable que le consistoire de Nîmes
-ait pu user de la permission à l’époque qui nous occupe, car il avait
-grand mal à entretenir ses très nombreux indigents[291] et, l’«urgente
-nécessité» ne devait pas lui permettre d’amasser un capital pour le
-placer.
-
-Il secourait non seulement les pauvres de la ville, mais encore ceux
-des autres provinces. Ainsi, en 1597, l’église de Grenoble ayant fait
-parvenir aux Nîmois une lettre réclamant secours, le consistoire décide
-que «tout ce qui sera levé au bassin» lui sera envoyé, et que l’on
-communiquera la lettre aux autres églises du colloque[292]. On faisait
-également l’aumône aux pauvres étrangers à la cité qui se présentaient
-avec des attestations de leur église d’origine. Cette coutume, nommée
-la «passade[293]», prêtait à de nombreux abus.
-
-Des vagabonds exploitaient les églises en exhibant de fausses lettres
-de leurs prétendus consistoires. C’est en vain que, pour y remédier,
-le synode national de Montpellier (1598) décide que l’on ne devra
-accorder aucune attestation avant d’avoir examiné en consistoire
-si les raisons données par l’intéressé pour partir au loin sont
-plausibles; que ses «âge, poil, stature» devront être spécifiés; et
-que les ministres auxquels il s’adressera en chemin devront garder ou
-détruire l’attestation qu’il présentera et lui en donner une autre,
-s’il y a lieu, «pour la prochaine église[294]». L’abus subsiste, et le
-consistoire de Nîmes se voit forcé d’ordonner que, dorénavant, les
-pasteurs comme les anciens ne pourront délivrer à ceux qui «demandent
-la passade.... aucungz bilhetz de 5 solz.... qui n’aye esté délibéré
-au consistoire, ou à l’yssue du presche, et signé par quatre pour le
-moingz[295]».
-
-Il ne leur enlevait point, ce semble, le droit de distribuer des
-«bilhetz» de moins de 5 sols, payables par le receveur des deniers des
-pauvres. Celui-ci, comme nous l’avons vu, conservait précieusement
-tous ces mandements comme pièces justificatives de ses dépenses. Ils
-pouvaient monter à des sommes variables. Par exemple, du 1^{er} janvier
-au 27 mai 1601, sire Dalbiac, à Nîmes, a reçu des billets pour 52 l.
-19 sols[296], ce qui donne environ une moyenne de 125 l. d’aumônes par
-an. Cela ne me paraît pas très considérable, si l’on songe que chaque
-pasteur reçoit 600 l. de traitement annuel[297].
-
-D’ailleurs, ces sommes, pour minimes qu’elles soient, semblent
-distribuées avec équité. Marque d’une tolérance rare à cette époque,
-on fait la charité même à des catholiques, et sans leur demander la
-plus petite abjuration en retour. «Jane Varlède, _papiste_, sera
-assistée de 10 souls pour une fois, atandu sa pouvretté[298]», décide
-le consistoire. «La femme de Pierre Michel...., estant en extrême
-pouvreté..., _bien que soit papiste_, luy sera assisté de 10 sols sans
-conséquance[299].»
-
-Les nouveaux convertis sont entretenus pendant un certain temps, quand
-ils sont incapables de gagner leur vie, comme il arrive aux défroqués.
-On paye leur apprentissage: Pierre, fustier, réclame au consistoire la
-dépense «que le novisse moyne a faict à sa maison à raison de 5 sols
-chascung jour[300]». Si l’église ne peut placer son converti, elle
-écrit à ses voisines et le leur adresse[301]. Le synode provincial
-et le colloque en prennent «soing» et cherchent «si quelque église
-le voudra entretenir[302]». D’ailleurs, ils se trouvent souvent mal
-de leur bonté. Le colloque de Nîmes, par exemple, se voit réclamer
-400 l. par M^{re} Mathieu Guilien, apothicaire, «qu’un jadis moine,
-nommé François Hon», mis en apprentissage chez lui pour trois ans par
-le colloque, «auroit dérobé[303]». Ailleurs, c’est un ancien moine
-de Tournon, nommé Denys Enard, que le consistoire de Nîmes envoie
-comme apprenti chez M^{re} Noguier, chirurgien, au prix de 8 l. par
-mois: «lequel apprenti s’en seroit allé sans luy rien dire» au bout
-de onze jours, en emportant «deux couvre chefz de valleur de 24 solz
-tous deux»; il faut donc payer les 24 sols et 3 l. pour les onze
-jours d’apprentissage, plus 4 l. 10 sols pour deux chemises que le
-consistoire avait fait acheter «pour bailher au susd. Denys Enard[304]».
-
-Car il remettait souvent les secours en nature. Je vois, en effet,
-qu’il fait délivrer pour 20 l. de «cadis à la vefve de Parant pour lui
-fere une robbe[305]»; qu’il assiste d’une «eymine de bled», valant
-15 sols, Jean S^t-Huict, serrurier[306], etc. En tout cas, pour le
-principe, lorsqu’il donne une somme d’argent, il spécifie presque
-toujours l’emploi qu’en doit faire l’assisté: si Estienne Audiballe
-reçoit un écu, c’est «pour achepter une robbe à la fripperye[307]».
-
-Certains pauvres étaient en quelque sorte abonnés et touchaient une
-certaine somme chaque semaine, tandis que d’autres étaient secourus une
-fois pour toutes. Parmi les premiers se trouvaient les malades, dont
-le consistoire prenait grand soin. Une pauvre femme, Claude Deleuse,
-étant tombée «malade à l’extrémité», il décide que l’ancien du quartier
-devra avertir ses parents tout d’abord, mais «en cas de nécessité luy
-adressera avec son diacre[308]». Souvent, il ordonne que certains
-pauvres recevront une somme remise à la discrétion «du diacre et
-surveillant de leur cartier[309]». Le tableau suivant renferme les noms
-des indigents assistés entre janvier et mars 1596, avec la mention de
-ce qu’on leur a donné[310].
-
- NOMS SOMMES
-
- «La femme demeurant au derrière de la maison {10 sols par semaine
- de M de Chasteauneuf» {durant sa maladie.
- V^{ve} de M^{re} Parant et ses enfants 10 s. par semaine.
- Médecin demeurant chez M. Saint-Estienne {somme remise au jugement
- {de son ancien.
- Bernardine Maure 4 l. 10 s. 6 d.
- Anne Pagese 10 s.
- Leonarde 1½ teston.
- Guiraud 1 escu
- Canonge 15 s.
- Sezarde et Arnassane {somme remise au jugement
- {de leur ancien.
- Astruc 15 s.
- Janon 7 s. 6 d.
- Maurin et sa femme 10 s.
- Astruc (de nouveau) 15 s.
- De Montloy 15 s.
- Veuve Augier 40 s.
- Bourcas 2 escus
- Bunye 10 francs.
- Vallonne 10 s.
- Jean Astruc, dit Barbut (de nouveau) 1 chemise
- Les parents de done Boutarde 20 s.
- La femme et ses 4 enfants demeurant à la {somme remise à la
- maison de Bollanges, ensemble un nommé {discrétion de leur
- Vidal {diacre.
- «Loyse Arsegnelle» 2 escus.
- Marguerite Cloche 10 s.
- Saurette Saujette {10 s. par semaine
- {durant sa maladie.
- Saurette Saujette (de nouveau) 24 s.
- «Loyse Segnelle» (de nouveau) 6 l.
- Jean Astruc (de nouveau) 30 s.
- Cathelin Bonhomme 15 l.
- Claude de Cussy «pauvre passant» 1 escu.
- Honnorade Rousse 5 s.
- Gaspard, cardeur {somme remise à la
- {discrétion du diacre.
-
-Le consistoire avait donc, en l’espace de trois mois, fourni à 26
-personnes différentes des secours variant entre 10 l. et 5 sols. Il est
-juste de constater que ce tableau ne comprend que les aumônes énumérées
-dans le livre du consistoire, et que les anciens et les pasteurs
-avaient le droit de distribuer des bons pour des sommes peu importantes.
-
-Ce qu’il faut retenir, c’est le soin avec lequel l’église s’occupe
-des indigents. Il ne se passe pas une séance sans qu’un des anciens
-propose une infortune à soulager, et sans que le consistoire fasse
-la charité suivant ses moyens, assez faibles à la vérité. En janvier
-1602, il décide de reprendre une ancienne coutume qui lui semble
-propre à ranimer le zèle des dames de la ville: elle consiste à
-faire visiter les pauvres chaque semaine, par des «damoiselles et
-autres honnorables personnes[311]». Il fait donc dresser un rôle des
-demoiselles «honnorables», et, tous les mercredis, il désigne deux
-d’entre elles à cet effet. Ce sont les plus hautes dames de la ville:
-M^{me} d’Aubais et M^{me} de Rochemore[312], M^{lle} la Criminelle et
-M^{lle} la lieutenante de Rozel[313], M^{lles} de la Rouvière[314],
-de la Croix[315], etc. Elles sont chargées, notamment, d’aller voir
-les pensionnaires de l’hôpital. Le consistoire semble avoir toujours
-exercé une surveillance efficace sur cet hôpital. En 1597, il rappelle
-sévèrement à l’avocat des pauvres que c’est son devoir de s’en
-occuper[316]. Il prie les consuls de veiller à ce que «les serviteurs
-et servantes de l’hospital traictent bien les povres[317]». Il leur
-recommande encore d’y recevoir une malheureuse «femme boiteuse[318]».
-Enfin, il s’assemble avec les consuls et les magistrats pour pourvoir
-au logement des indigents[319].
-
-Voilà comment on employait les deniers des pauvres. Ce n’était pas une
-grosse somme, et l’on en retenait encore un cinquième pour l’entretien
-des proposants[320]. Mais tout au moins les aumônes étaient distribuées
-équitablement.
-
- * * * * *
-
-La part la plus importante des revenus du consistoire était comprise
-sous la dénomination: «deniers de l’église» ou encore «deniers du
-ministère», parce qu’elle était surtout destinée aux pasteurs.
-
-Le «receveur des deniers de l’église» avait bien des dépenses à
-couvrir: d’abord, les frais qu’entraînaient les longues négociations
-auxquelles il fallait se livrer pour obtenir un pasteur «perpétuel»,
-quand l’église s’en trouvait dépourvue; puis les gages des pasteurs
-en exercice; en leur absence l’entretien des ministres «prêtés», et
-après leur mort, la pension de leurs veuves[321]; enfin, il payait
-l’avertisseur, les employés du consistoire[322] et les députations aux
-colloques et aux synodes.
-
-Celles-ci devaient être, autant que possible, nombreuses, «afin de
-resserrer l’union des églises». Un synode national recommande aux
-localités qui ont plusieurs pasteurs d’en envoyer «alternativement...
-le plus grand nombre qu’elles pourront[323]». Mais de telles
-délégations coûtaient cher, et d’autant plus cher qu’elles étaient
-composées d’un plus grand nombre de personnes. Certaines églises
-n’étaient pas assez riches pour les supporter; aussi elles
-s’entendaient pour choisir le même représentant au synode national et
-s’unissaient pour payer son entretien[324].
-
-Lorsqu’il s’agissait seulement d’un synode provincial, les frais de
-voyage et de séjour des députés étaient moins élevés. C’est pourquoi
-Nîmes y envoyait assez souvent, outre ses représentants réguliers, des
-députations extraordinaires[325].
-
-La note présentée par Isaac Roux, ancien d’Aimargues, délégué par
-son église au synode de Saint-Germain de Calberte, peut nous donner
-une idée de ce que devaient dépenser les députés de Nîmes: «Pour la
-disnée à Calvisson», on lui doit 1 l. 6 sols; «pour avoir refferré la
-cavale à Canes», 2 sols; «pour la souppée et couchée à Enduse», 1 l.
-6 sols; «pour avoir fait raccoutrer la celle de la cavale,» 5 sols;
-pour la ferrure «du petit bidet,» 1 sol 6 deniers; «pour une guide de
-Saint-Étienne jusques à Saint-Jan», 1 sol; «item 1 sol en pain [_sic_]
-pour la cavalle[326]», etc. On rembourse aux députés le prix de la
-location de leurs chevaux, et, pour aller au colloque de Montpellier,
-un cheval loué par le pasteur, avec sa selle et sa bride, se paye 30
-sols[327].
-
-Généralement les délégations aux synodes coûtent plus cher que les
-délégations aux colloques, car le voyage qu’ont à faire les envoyés
-est plus long. Ainsi la députation de l’église de Nîmes au synode de
-Sauve (1597) lui revient à 39 l. 12 s. tournois[328]; au lieu que le
-consistoire ne débourse que 4 écus, soit 12 l., pour les frais du
-pasteur Chambrun et de l’ancien De Vieulx au colloque d’Aiguesmortes en
-novembre 1598[329], et un seul écu pour les dépenses de Falguerolles
-à celui de Vauvert, au mois d’août de la même année[330].—Jusqu’en
-1599, la ville où se tenait le synode était très favorisée puisque
-ses députés n’avaient pas à se déplacer; mais à cette date on décida
-qu’elle aurait à «loger les pasteurs et anciens [des autres localités],
-avec les montures, en maison bourgeoise» et à ses dépens[331]. Malgré
-cette mesure, les frais de délégation paraissaient encore trop lourds
-aux petites églises réunies sous un seul pasteur: contrairement à la
-Discipline, elles n’envoyaient qu’un ancien avec leur ministre pour
-les représenter[332] et payaient chacune leur part des frais[333].
-
-Outre les députations aux assemblées, on prenait encore sur les deniers
-du ministère l’achat des objets servant au culte, l’entretien du
-temple[334] et de la bibliothèque.
-
-L’église de Nîmes n’avait pas attendu les encouragements des synodes
-nationaux de Saumur (1596), ou de Jargeau (1601) pour «dresser» une
-bibliothèque propre à servir à ses ministres et à ses proposants[335].
-En janvier 1596, elle ne s’occupait plus déjà que de la «parachever»
-et achetait pour 7 écus les livres qu’un libraire avait apportés à
-Nîmes[336]; peu après, le pasteur Falguerolles et l’avocat Chalas
-découvraient dans «la bibliothèque de feu M. de Saint-Cézary...
-deux volumes de _Concilles_ et la _Response et examen du concile
-de Trante_, faictz par Rennitus», et les achetaient 3 écus pour le
-consistoire[337]. Les livres étaient alors chez Chalas[338], et il y
-en avait un nombre suffisant pour que leur catalogue fût considéré
-comme un travail nécessaire et assez important[339]. D’ailleurs, on ne
-cessait d’en acheter de nouveaux. Ainsi, le 8 janvier 1597, on paye «3
-l. 8 sols tournois pour huit livres de M. de Falguerolles[340]». Chalas
-partant en voyage, on le charge d’en rapporter quelques-uns[341]. On
-presse, en 1597, la rédaction de l’«inventaire et contrerollage» de la
-bibliothèque[342], que le nouveau consistoire de 1599 fait vérifier
-en entrant en charge[343]. En octobre de cette même année, le synode
-ayant arrêté que «les ministres seroyent tenuz tenir en leurs cheres
-une bible de la nouvelle version», le consistoire se décide à vendre
-celle qui lui sert actuellement. «Et au mesme instant, au consistoire,
-a este enchérie, et, après plusieurs enchères, délivrée à M. Rostang du
-Vieux pour le prix de 3 escus sol[344]». Puis, on achète une superbe
-bible «de la nouvelle version..., dorée, lavée, réglée», que l’on paye
-4 écus et demi[345]. En 1601, la «_Bibliotheca patrum_ par Marguarites
-de la Bigne, impression de Paris de l’an 1589, en 9 tomes» est acquise
-moyennant 18 écus, et sa reliure en «vert carton», plus le port,
-revient à 5 écus 30 sols[346]. Enfin, il faut ajouter à cela qu’en 1600
-on avait fait faire un «cabinet» pour les livres[347].
-
-Il est fort probable que les petites églises du colloque de Nîmes ne
-devaient pas avoir de bibliothèques faute d’argent, puisque une ville
-comme Montpellier, siège d’une académie, se voyait, en 1598, exhortée
-par le synode à se faire «une collection de livres en théologie[348]».
-Quoi qu’il en soit, ce ne fut pas, comme le dit M. de Felice[349], le
-synode nat. de La Rochelle, en 1607, qui encouragea le premier les
-églises à se créer des bibliothèques, et Nîmes en possédait une fort
-importante bien longtemps auparavant.
-
- * * * * *
-
-Les deniers du ministère devaient subvenir à toutes les dépenses que je
-viens d’énumérer; voyons d’où ils provenaient.
-
-Le roi promit aux églises, en 1598, de leur donner 45 000 écus.
-Cette promesse ne fut pas tenue[350], si bien que le consistoire
-de Nîmes dut continuer à pourvoir à l’entretien des ministres par
-des impositions sur les habitants. A l’époque qui nous occupe, on
-décidait officiellement que ceux de la Religion seuls en auraient la
-charge[351]; mais, vu les difficultés de toutes sortes qu’on avait à
-recouvrer une subvention si nécessaire, on n’hésitait pas, en pratique,
-à taxer les catholiques, et ce après comme avant l’édit de Nantes[352].
-
-Chaque année, le consistoire extraordinaire, avec le concours des
-magistrats et des consuls[353], décidait quelle somme on prélèverait:
-tantôt 500 écus comme en 1596[354], tantôt 800 comme en 1601[355]. Il
-déléguait ensuite quelques membres des consistoires vieux et nouveau,
-un des magistrats, un ou deux consuls, pour en faire la répartition
-sur les habitants[356]. Cette répartition, inscrite sur un livre long
-nommé «la tariffe[357]», était alors présentée au magistrat pour qu’il
-en autorisât l’exaction[358]. Une fois le «livre signé», on chargeait
-de lever l’imposition celui qui faisait «meilheure condition», après
-avoir pris l’avis des consuls: ainsi, en 1600, l’ancien Salveton ayant
-accepté «d’en fere l’exaction pour 100 l. tournois», on décide «que le
-bail de lever led. libvre sera passé aud. sire Salveton[359]». Mais
-on ne donnait pas toujours la levée à forfait et le consistoire la
-confiait souvent à des agents qu’il surveillait lui-même. Le 9 décembre
-1598, en effet, nous le voyons décider que «les diacres et anciens...
-poursuyvront ceulx quy sont commis à la levée des rolles[360]»; et une
-autre fois, il ordonne qu’elle se fera «par survelliances et ysles...
-par les nommés à cest effect..., suivant les rolles[361]».
-
-La levée a lieu d’ailleurs très malaisément et les petites églises
-comme les grandes ne mettent aucun enthousiasme à entretenir leurs
-pasteurs. A Nîmes, les uns se plaignent d’être trop imposés et ne
-veulent pas payer intégralement leur taxe; les autres «ne veullent
-payer rien du tout[362]» et il y réussissent: on décide de les
-«adjouster» aux rôles de l’année suivante[363], mais c’est toujours un
-an de gagné, et pourquoi céderaient-ils davantage plus tard? Un nommé
-Jehan de Vidalle déclare «qu’il yroit plus tost baptizer son enfant à
-la messe que bailher rien à MM. les ministres[364]», et il est probable
-que l’«exhortation pour l’entretenement des pasteurs» que Chambrun
-fait en chaire après le prêche ne doit pas être sur lui d’un effet
-puissant[365].
-
-Aussi, la levée est-elle loin de rendre ce qu’elle devrait et les
-pasteurs ne peuvent-ils obtenir leurs gages. En mars 1598, il est dû à
-Falguerolles, «oultre les arreyrages de l’année passée... ung cartier
-de la présante[366]». En mai, le consistoire est forcé d’emprunter
-300 l., remboursables dans trois mois et au taux de 12%, desquelles
-Chambrun prend 100 l., Falguerolles 200 et Moynier rien[367]. Cela
-ne remplit pas la bourse du ministère: en septembre, il ne s’y trouve
-encore «pas d’argent, mesmes pour les pasteurs servans[368]». On
-atteint ainsi l’époque[369] de la levée de l’imposition, que l’on
-décide le 21 octobre. Naturellement, elle ne se fait pas mieux que
-d’habitude; en décembre, on décide de «poursuyvre» ceux qui en sont
-chargés[370], car, sans doute, on la veut terminée pour la fin de
-l’année. Les pasteurs sont tellement pressés qu’à peine quelque argent
-se trouve-t-il entre les mains du receveur qu’ils demandent qu’on leur
-délivre à chacun 12 écus[371]. D’ailleurs, c’est la coutume de leur
-distribuer à mesure ce qui rentre[372], car il est impossible de réunir
-une somme suffisante pour les payer en une fois.
-
-Cependant, en 1599, le consistoire semble vouloir se libérer à l’égard
-des ministres. Il charge le sieur de Saint-Cézary de prévenir le
-conseil de ville de la difficulté que présentent la levée des rôles
-et l’entretien du ministère; il ordonne de poursuivre rigoureusement
-«ceulx quy doibvent d’argent des bénéfices pour le payement» des
-pasteurs[373]; le receveur déposera le compte de ce que les ministres
-ont reçu sur leur assistance[374]; enfin, ceux qui refuseront de
-payer seront traînés devant le juge criminel[375]. Malgré tout, en
-juillet, il reste dû encore tellement d’argent aux pasteurs que l’un
-d’eux, Falguerolles, prévient le consistoire qu’il s’en plaindra au
-colloque[376]. Quelques mois plus tard, il mourait[377] sans avoir
-jamais pu toucher les 200 écus qui lui étaient dus[378].
-
-Ainsi la ville de Nîmes ne pouvait arriver à fournir les sommes
-nécessaires à «l’entretien de l’église». S’il en était ainsi dans
-la plus riche et la plus puissante ville du colloque, on imagine ce
-qui se passait dans les autres. Les assemblées sont remplies par les
-querelles d’argent des pasteurs et des consistoires. D’ailleurs, que
-pouvait-on sur les fidèles? La Discipline autorisait les colloques et
-les synodes à procéder par des censures ecclésiastiques contre les
-églises coupables d’«ingratitude» envers leurs ministres et à aller
-même jusqu’à les priver du culte. Cette peine grave, la seule efficace,
-on peut le dire, pouvait bien être prononcée contre des églises de peu
-d’importance[379], mais comment l’appliquer à des villes comme Nîmes,
-exposée aux influences catholiques et où les fidèles se trouvaient
-livrés aux «séductions» des prêtres et des jésuites? Nous verrons que
-les pasteurs combattaient ces influences à grand’peine. Ceux d’Alais,
-réclamant au synode leur ministre Ferrier qui leur avait été emprunté
-pour quelque temps, se plaignent que «plusieurs de la Religion, se
-voyantz sans preche, seroient alez au sermon de Rhodes, jésuite[380]».
-On juge de ce qui se serait passé dans les mêmes conditions à Nîmes,
-où le consistoire se trouve forcé de sévir à chaque instant contre des
-fidèles et même contre des proposants[381], qui ont été «ouyr» le P.
-Coton.
-
-Aussi ne songeait-on pas à appliquer de peines aussi radicales, ni même
-à appliquer aucune peine. En voici la preuve. Un synode de 1594 avait
-ordonné que les diacres et anciens ne pourraient quitter leurs charges
-avant d’avoir «satisffait à l’entretainement des ministres[382]».
-Conformément à cette décision, on voit, en janvier 1597, le consistoire
-de Nîmes s’engager à ne pas se séparer avant d’avoir soldé «ce que
-restera des gaiges deubz à MM. les pasteurs[383]». Cependant, le 9
-décembre, il décide de procéder à la nomination des anciens pour
-l’année suivante. Les pasteurs en appellent «d’aultant qu’ilz ne sont
-payés de leurs gaiges[384]»; mais le consistoire nouveau n’en remplace
-pas moins tranquillement le «vieux», et le règlement reste inappliqué.
-
-La municipalité payait une pension à l’église, destinée notamment
-à l’entretien des proposants. C’était, d’ailleurs, assez peu de
-chose et insuffisant à sortir le consistoire de peine: en 1598,
-la pension se monte à 86 l. 15 sols[385]. Elle était levée par un
-exacteur des tailles[386] et portait sur tous les habitants, même les
-catholiques[387]. De plus, le gouvernement communal aidait les anciens
-à poursuivre le payement des impositions faites pour le ministère[388].
-Son intervention fut autorisée par l’édit de Nantes qui donna le droit
-aux consistoires de citer en justice les huguenots se refusant à payer
-leur taxe[389].
-
-L’église de Nîmes se résolut à employer ce moyen en février 1599[390].
-Il ne paraît pas qu’elle en ait obtenu des résultats excellents,
-si l’on on juge par les plaintes et les menaces de Falguerolles en
-juillet 1599[391] et de Moynier en mai 1600[392], qui contraignirent le
-consistoire à faire des emprunts onéreux pour fournir quelque argent à
-ses ministres[393]. C’était encore un moyen inefficace. Les pasteurs
-durent se résigner à n’être pas payés.
-
-
-
-
-IV
-
-L’AUTORITÉ DU CONSISTOIRE SUR LES FIDÈLES
-
- Lutte du consistoire contre l’influence catholique. «Superstitions».
- La tradition catholique.
-
- Les «vices» qu’il combat: La «paillardise». Adultère et divorce.
- Enquêtes de mœurs. La «coquetterie». Les censurés mécontents.
-
- Son intervention dans les querelles de ménage. Les bancs du temple.
- Réconciliations.
-
- Plaisirs permis. Spectacles et jeux défendus. Le repos du dimanche.
- Fêtes de corporations. La danse interdite. Les «charivaris».
-
- Dénonciations. Police consistoriale.
-
- Citations à comparaître; retards à s’y rendre. Enquêtes. Peines
- décrétées; leur application. Les nobles et les notables. Entente des
- consistoires pour la police.
-
-
-Tout consistoire devait faire respecter par les fidèles la Discipline
-ecclésiastique. Il faut entendre par là l’ensemble des règles suivant
-lesquelles se gouvernait l’église réformée. Ce règlement, élaboré
-peu à peu par les synodes nationaux, n’a reçu sa forme définitive
-qu’au XVII^e siècle[394]. Il régit le fonctionnement des assemblées
-ecclésiastiques, les cérémonies du culte, et donne aux fidèles des
-règles précises de conduite. Or, le consistoire de Nîmes, chargé
-de faire appliquer la Discipline, a, par cela même, le devoir de
-surveiller étroitement la vie de ses subordonnés. Il cite à comparaître
-devant lui ceux qu’il estime avoir enfreint le règlement; il les juge,
-puis les condamne, s’il y a lieu. On voit quelle autorité peut lui
-donner cette juridiction sur la doctrine et les mœurs de chacun. Ses
-décisions sont sanctionnées par celles des colloques et des synodes
-qu’il contribue à former et qui agissent dans le même sens et dans le
-même esprit que lui. Ainsi se forme l’unité de la morale et de l’esprit
-protestants.
-
- * * * * *
-
-Les articles de la Discipline promulgués avant 1598 semblent avoir
-comme but principal de combattre l’influence catholique et d’empêcher
-que les fidèles retombent dans «l’idolâtrie». L’on craint que le
-peuple ne soit emporté par son amour des cérémonies et par l’habitude
-des fêtes traditionnelles de l’église romaine. Aussi la Discipline
-lutte-t-elle de toutes ses forces et non sans peine contre les
-«superstitions».
-
-Au sujet des enterrements, par exemple, le consistoire et les
-synodes doivent intervenir continuellement. En 1597, on démontre en
-chaire qu’il faut se garder de «ses seremonies et superstitions quy
-commensent de glisser parmy nous comme en l’esglise romaine..., comme
-de fere marcher des hommes vestus de drap au-devant du corps et
-d’user de tant de fassons au convoy de l’enterrement[395]». Il est
-encore défendu de faire porter un «flambeau ardent[396]», ou, «au
-grand escandalle de plusieurs», d’employer des pleureuses[397], de
-faire «donner l’advertissement de la sépulture» par des veuves vêtues
-de noir[398], de faire «porter les corps des femmes et des filles
-décédées» par d’autres femmes «ayants chapeaux de fleurs, bouquets et
-autres choses[399]», et même de vêtir en aucune façon ceux qu’on mène
-au tombeau[400]. Enfin, il est absolument interdit d’enterrer personne
-dans les temples[401].
-
-Alors que les pasteurs eux-mêmes ont tendance à prêcher les «jours
-chomables de la papauté» de préférence aux jours ordinaires[402], et
-que le recteur du collège de Nîmes, Pacius, donne congé aux écoliers
-«le jour de Caramantran[403]», comment s’étonner que l’on ait à
-censurer des bourgeois «quy font le Roy boit» et les «bolangers qui
-font des gasteaux avec la febve[404]»? Il est très difficile de
-forcer les fidèles à rompre avec les habitudes anciennes. L’évêque
-Valernod[405] fait-il son entrée à Nîmes? M. Bournet sort de la
-ville pour le voir, «Messieurs le lieutenant et trézorier Albenas»
-vont assister aux cérémonies[406], enfin, chose plus grave, il faut
-réprimander les consuls, car ils ont fait tirer des arquebusades en
-son honneur et ordonné à deux capitaines de l’escorter avec leurs
-soldats[407].
-
-La tradition triomphe souvent de la réforme. L’on a parfois à censurer
-des parents qui aiment mieux envoyer leurs enfants aux Jésuites que les
-mettre au collège[408], ou les confier à «l’école du maître papiste»
-qu’à celle du protestant[409]. Les fidèles vont entendre les sermons
-du P. Coton[410]. Pour combattre ces tendances, le consistoire va
-presque jusqu’à leur interdire la fréquentation des catholiques. L’un
-des consuls est appelé pour avoir accompagné l’évêque et un prêtre qui
-allaient dire la messe à Beauvoisin[411]. Un maçon qui contribue à
-bâtir une église est mis au rang des «fauteurs de l’idolâtrie[412]».
-On doit empêcher les «pères faisans profession de la Religion» de
-poursuivre «les jeunes hommes papistes qui ont rendu leurs filles
-enceintes pour les leur faire espouser..., crainte d’un plus grand
-mal[413]». Enfin, on décide que «les enfants qui auront accompagné
-les funérailles de leurs pères en la papauté seront censurés selon la
-prudence des consistoires[414].» Ce féroce règlement donne une idée
-nette de la haine qui séparait les papistes et les huguenots.
-
-La Discipline ne se contente pas d’éloigner les fidèles des
-«superstitions», elle s’efforce de les défendre contre les vices et le
-consistoire les maintient vigoureusement dans le droit chemin. Pour
-cela, il lui faut surveiller la vie la plus intime de ses administrés,
-et il s’en acquitte soigneusement.
-
-Ainsi la «paillardise» est une faute grave, et dont la Discipline
-se méfie fort: elle interdit aux fiancés d’habiter ensemble[415]
-et de demeurer «longtemps à espouser», c’est-à-dire plus de six
-semaines[416]. La veuve de Chatillon, «ensaincte soubz promesse du
-cappitaine Blausac» qui «à présent ne la veult prendre», ne doit pas
-trouver qu’elle a tort[417].—L’adultère commis par la femme, quand
-il est «avéré, convaincu et puny par arrest de la cour», permet à
-l’époux de se remarier. C’est ce que répond un synode de 1603, à M.
-Jean Malessague en le renvoyant au roi qui, seul, pourra lui donner la
-dispense nécessaire, «d’aultant que les lois du royaulme prohibent telz
-mariages[418]».—Au reste, on ne se montre pas tendre pour les femmes
-suspectes d’inconduite. Le consistoire s’informe soigneusement de leurs
-mœurs[419], puis il les fait chasser de la ville ou mettre en prison
-par les consuls[420]. Une malheureuse, nommée Martine, ayant eu un
-enfant de Daniel Gansy, praticien, le consistoire décide qu’il la fera
-punir par la justice et expulser, et que le père sera «examyné... de
-prandre l’enfant[421]».
-
-Il suffit que deux habitants soient dénoncés par les voisins comme
-«conversant» ensemble pour que le consistoire les appelle, s’empresse
-d’informer et leur interdise de se voir cependant[422]. Mais de telles
-enquêtes ne sont pas aisées. Le sieur de La Farelle, qu’on a trouvé
-«couché seul à seul avec une nommée Broquière, de nuit, à heure
-indue», déclare au consistoire que c’est «sans avoir abuzé d’elle»:
-on le censure à tout hasard[423]. Le capitaine Gras, surpris dans
-des conditions analogues, allègue pour sa défense que sa chandelle
-était encore allumée[424]. Et que répondre à M^{me} Martine qui,
-«accusée d’avoir couché avec Anthoine Martin, son serviteur», prétend
-qu’elle y fut contrainte pendant sept nuits «à cause de la malladie
-d’icelluy... mais [que] sa fille mesme, celle quy est promise avec
-led. Martin, estoit couchée au millieu d’eulx deux[425]». D’ailleurs,
-le plus souvent, les inculpés, pressés de questions, finissent par
-avouer ou par se trahir dans leurs réponses, comme le fit, par exemple,
-Marguerite Brueisse, servante à Antoine Bonnet[426].
-
-Le consistoire ne peut supporter la coquetterie. Il ne faut pas
-que les femmes se parfument les cheveux, sous peine de privation
-de la cène[427]. Les «guignevalets» sont interdits par un synode
-national[428]. C’est risquer de se faire admonester devant tout le
-monde par le pasteur que de venir au prêche avec de la «poudre sur la
-teste», ou une robe à «cachebastards[429]». Les diacres et les anciens
-sont invités à noter «les plus excessives» quant à leurs vertugadins
-«pour après le leur remonstrer[430]». Celles qui sortent décolletées,
-on peut aller jusqu’à les suspendre de la cène, si elles ne veulent
-pas «fermer leurs poitrines[431]». Et que la femme d’un pasteur ne
-s’avise pas de porter les «poilz relevés et les cornes», ou l’on
-invitera sévèrement son mari à «fere son debvoir» pour empêcher un tel
-scandale[432].
-
-D’ailleurs, ceux que le consistoire a censurés pour coquetterie ne
-se soumettent pas toujours paisiblement. Un écolier, André Guiran,
-se plaint de ce que le pasteur Falguerolles l’ait interpellé du
-haut de la chaire parce qu’il portait «de grandz poilz retroussés»
-et «escandalleux» pour les «vrays chrétiens»: le consistoire, pris
-comme arbitre, ordonne que le jeune homme sera sommé «de couper ses
-cheveulx[433]».—M. Rossel, ministre de Gignac, réclame au synode
-contre une ordonnance de son colloque, décrétant «l’abaissement des
-cheveux de sa femme»: cela ne lui réussit pas, car il reçoit une
-censure grave pour avoir poursuivi un tel appel[434].—Finalement, la
-Discipline fut vaincue par la mode, et le synode de Jargeau (1601)
-dut ordonner qu’on ôterait du texte de l’art. 26 les mots «poinçons,
-houppes et vertugadins[435]».
-
-Puisqu’il règle les questions de vêtements, le consistoire peut bien
-s’occuper des querelles de ménage. Contre la volonté de son mari,
-M^{lle} Baboys persiste à garder chez elle une certaine nourrice;
-aussitôt, le consistoire intervient pour lui ordonner de la congédier
-et d’en prendre une autre avant une semaine[436].—Un autre jour, il
-défend fort sagement à sire Lhermite de se disputer avec sa belle-mère
-ou de battre sa femme[437].—Il censure encore la femme de M^{re}
-Antoine, boulanger, qui a dit à la nourrice de M. de Saint-Téodorite
-qu’elle «estoit de gros saings[438]».—Ou bien il cite à comparaître
-done Yssoire et la femme du cardeur Jean Combes qui se sont battues «en
-plaine rue publicque[439]».
-
-Mais c’est au sujet des bancs du temple que naissent le plus de
-disputes et que le consistoire a le plus souvent à intervenir. Il faut
-savoir qu’on réservait des bancs aux pasteurs et aux anciens, mais
-aussi aux magistrats, aux consuls[440] aux proposants[441], aux régents
-du collège[442] et à certaines personnes notables[443]. Cette coutume
-ne se retrouve ailleurs qu’à Nîmes[444], mais ce qui paraît particulier
-à cette ville, c’est que tout le monde peut y acquérir le droit d’avoir
-un banc à soi au temple, moyennant une certaine somme[445]. Pourtant,
-on ne peut choisir le rang où l’on sera placé: c’est le consistoire qui
-fait ranger les sièges à son gré, sans que les magistrats aient rien à
-dire[446]. Les bancs sont mobiles et non fichés en terre[447], mais on
-y fait mettre des «escripteaux» composés par le greffier et portant le
-nom de ceux qui ont acquis le droit de s’y asseoir exclusivement[448].
-
-Ces places réservées étaient l’occasion de querelles continuelles
-parce qu’elles faisaient naître des conflits de préséance. Voici,
-par exemple, deux bourgeoises et leurs filles qui se disputent parce
-que l’une, M^{lle} Saint-Estienne, a traîné son banc devant celui
-de M^{lle} d’Ariffon. Celle-ci, aidée de sa fille, l’injurie de son
-mieux, «appellant sond. mary faussaire et elle qu’elle estoit une
-simple». Mais M^{lle} d’Ariffon, confrontée avec son adversaire devant
-le consistoire, nie ces propos et déclare, au contraire, «elles ny
-leurs fillies ne l’avoir injuriée, les ayant lad. Saint-Estienne
-intéressé leur honneur, les ayant appellées querelleuses et que, sy
-elle parloit, feroit baisser la teste à sa fillie; requérant qu’elle
-aye à déclairer la cause pourquoi feroit baisser la teste à sad. fillie
-parce que cela desroge à son honneur et de sad. fillie...; d’ailleurs
-que luy a reproché qu’un bourreau avoit couppé la teste à son mary».
-Le consistoire fait vérifier la place du banc en question et conclut
-que «les deux fillies seront appellées tout présantement pour estre
-toutes ensamblement sensurées, afin de les mettre en paix, amitié et
-réconciliation[449]».—Un autre jour, c’est le précepteur des enfants
-de sire Barthélemy Syméon et la femme de M. Fontfroide qui brisent le
-banc de M^{lle} Passelar[450].—Ou encore, le ministre Falguerolles
-se permet de faire asseoir des femmes sur le banc des écoliers et dit
-à l’un d’eux, M. Rally, que les femmes méritent mieux d’être en cette
-place que lui, et que s’il ne lui ouvre la porte, «il la rompra[451]».
-
-Le consistoire avait fort à faire pour apaiser toutes ces
-querelles. C’était, en effet, une de ses fonctions importantes que
-de «réconcilier» ceux qui s’étaient disputés. Tantôt il faisait
-comparaître les inculpés et leur ordonnait tout simplement de se
-raccommoder[452], tantôt il déléguait quelques-uns de ses membres
-pour apaiser le différend[453]. Quand les intéressés ne pouvaient
-ou ne voulaient se mettre d’accord, il les censurait tous deux
-«griefvement[454]». Ces réconciliations publiques étaient fort en
-usage. Le colloque et le synode s’en occupent comme le consistoire.
-C’est ainsi qu’un synode provincial de Nîmes contient la délibération
-suivante:
-
- «Ouys M. Ferrier et M. de la Martinole [pasteur et ancien d’Alais]
- est ordonné qu’ils seront réconciliez: led. sieur de la Martinole
- déclairant tenir M. Ferrier pour fidèle ministre de l’église de
- Dieu et digne de sa charge, et led. M. Ferrier tenir led. sieur de
- la Martinole pour ancien de l’église digne de sa charge et homme
- d’honneur, oublians toutes paroles fâcheuses qu’ilz peuvent avoir heu.
- Ce qu’estant faict en présence de toute l’assemblée se sont donnez la
- main de réconciliation[455].»
-
-Un autre devoir du consistoire était d’empêcher les fidèles de s’amuser
-à des jeux défendus. A la vérité, les plaisirs permis par la Discipline
-étaient surtout d’ordre moral. Le réformé pouvait lire la Bible à son
-aise, assister à tous les prêches et méditer sur les vices du papisme.
-Il pouvait aussi prendre des billets aux loteries organisées pour
-soulager les ministres, les créanciers et les marchands, mais non
-à celles qui n’avaient pour but que de donner une émotion frivole,
-comme les «roues de Fortune[456]». Il ne devait pas perdre son temps
-à regarder les bateleurs et les acrobates, les faiseurs de tours de
-passe-passe et de goblets, ou les montreurs de marionnettes[457].
-Il ne pouvait jouer au billard, car ce jeu «apporte beaucoup de
-desbauches[458]», ni aux «quilles[459]», et encore moins aux
-cartes[460]. Peut-être la paume et le jeu de ballon sont-ils autorisés
-à Nîmes, mais en tout cas on recourt aux magistrats pour les empêcher
-le dimanche, qui est le jour où l’on _doit_ se reposer[461].
-
-Ce repos du dimanche, on le fait observer fort sévèrement. En 1611, un
-synode formulera les «légitimes usages» auxquels il faut l’employer:
-l’ouïe de la parole de Dieu, l’administration des sacrements et autres
-exercices de piété[462]». Cependant, les notaires «qui reçoyvent des
-contracts», ceux qui trafiquent et ceux qui voyagent le dimanche
-sont poursuivis suivant la Discipline, «et jusques à privation de
-la Cène»[463].—Un pauvre homme, nommé Pierre Tel, se fait censurer
-«griefvement» pour «avoir estandu une cadène de cadis led. jour,
-craignant que se gastast[464]».—L’hôtelier «du Sauvage» est appelé
-parce qu’il a servi «à boire et manger aux allans et venans» pendant
-le prêche du dimanche[465].—Enfin, le consistoire prie les consuls de
-faire fermer les boutiques[466]. Et sans doute ceux-ci s’en chargent
-volontiers puisqu’on les voit ordonner plus tard, de leur propre
-mouvement, qu’avant le prêche du dimanche matin on n’ouvrira qu’une
-des portes de la ville avec son guichet, et que, pendant la journée,
-les autres seront seulement entre-bâillées, afin qu’on ne puisse faire
-entrer aucun bétail et aucune charrette[467].
-
-Le synode provincial de Montpellier (1596) autorise les fidèles à
-prendre part à toutes les fêtes des corporations, mais il faut qu’elles
-ne comprennent aucune danse, qu’elles ne se fassent à l’occasion
-d’aucune fête de saint et que «l’exercice de la religion ne soit
-intéressé[468]». Les Nîmois se passaient difficilement de danser et
-le consistoire avait fort à faire pour les en empêcher. Il faut dire
-que les danses étaient alors fort licencieuses, et notamment celle du
-bouquet[469]. Cependant, le synode avait beau ordonner que l’article de
-la Discipline les concernant serait lu en chaire[470], on n’arrivait
-pas à le faire rigoureusement observer. La fiancée du juge criminel
-aime tant la danse qu’elle se fait appeler au consistoire pour avoir
-«ballé» aux épousailles de M^{re} Bon[471]: qu’y a-t-il d’étonnant à
-ce qu’on danse et qu’on se masque à son propre mariage[472]?—Quant
-à M^{me} de Favier, elle a le même vice, et il faut l’appeler aussi,
-puisqu’elle «andure» qu’on danse en sa maison[473].
-
-On chassait impitoyablement ceux qui facilitaient de telles
-«débauches». Le 26 mai 1599, le consistoire prie les consuls de faire
-sortir de la ville «celluy qui apprend à danser[474]». Plus tard, il
-est averti qu’un «baladin» a «enrollé plusieurs, mesme de la Religion,
-et attand les violons pour dresser le bal ordinaire». Il envoie
-immédiatement demander aux magistrats d’«empêcher telz escandalles et
-excèz qu’en peuvent arriver[475]». Le jeudi saint de l’année 1605,
-M^{re} Lansard, consul, trouve le ménétrier Jacques Foëton, «tenant
-l’archet encore estendu sur les cordes, et les doigts allongez de la
-gauche, pour les frapper à leurs touches et à leurs espaces mesurés»,
-seul dans le «lieu de dissolution et de désordre» où il donnait à
-danser, «la honte et la crainte ayant faict esvanouïr les assistants».
-Aussitôt le consul, saisi d’indignation, lui arrache le violon et
-le met en pièces, ce qui lui vaut de passer en justice et de payer
-une amende de 18 l.[476]. Enfin, à Aimargues, on fait, en 1602, des
-remontrances à une demoiselle qui avait logé un «maistre danseur[477]».
-
-Non seulement la danse, mais aussi la musique semble éminemment
-corruptrice. Le jour de leur «reveue et bravade», les basochiens
-veulent faire jouer des violons, des hautbois et autres
-instruments[478], mais le consistoire de Nîmes ne peut supporter l’idée
-d’une telle débauche et il supplie chaque année les magistrats de «fere
-cesser» les instruments[479].
-
-Il a horreur aussi des «charivaris» qui sont fort en honneur à Nîmes.
-Sire Farel prend soin, au moment d’épouser M^{lle} Fazandier, de prier
-Jean Jaudin et le capitaine Billanges «d’adviser qu’on ne luy fist
-charbarie[480]». Mais pour cela il lui faut payer[481].—Bagard, lui,
-n’échappe pas à cet inconvénient: Rouvière jeune, Pansiet, Pierre de
-Montelz, Cottelier se font censurer et suspendre de la cène pour
-avoir pris part à son «charbary», et spécialement Rouvière qui «est un
-farceur et bouffonneur ordinaire»; un autre encore est censuré pour y
-avoir assisté, d’autant qu’il remplissait les respectables fonctions
-de sergent-major dans la garde communale; quant à Jehan Fornier,
-il prétend avoir été appelé par la femme de Bagard pour empêcher
-le vacarme, mais comme il trouve l’histoire si drôle qu’il ne peut
-s’empêcher de rire en la racontant, on le déclare «colpable», et il se
-fait suspendre de la prochaine cène comme les autres[482].
-
-Toutes ces mesures sont sévères. Un pasteur a dit: «Calvin était parti
-du principe que l’homme ne peut rien donner au plaisir sans risquer
-d’oublier son créateur, et la conséquence immédiate de ce principe
-était l’obligation de déclarer incessamment la guerre à tous les
-instincts naturels du cœur humain[483]». C’est pourquoi «la Réforme
-n’a pas été vraiment populaire en France», comme l’écrit M. le pasteur
-Paul de Felice[484]. La nécessité de faire observer de tels règlements
-forçait le consistoire à s’ingérer dans la vie privée d’une façon que
-l’on serait loin de supporter aujourd’hui. Cela avait l’inconvénient
-de favoriser la naissance et le développement des petites calomnies et
-des «racontards». On était forcé de recourir aux serviteurs[485] et
-aux voisines[486] pour enquêter sur la vie et les mœurs des fidèles
-suspects, et l’on encourageait, en somme, la délation. Ainsi, M^{re}
-Symon Mariaige, chirurgien, vient rapporter au consistoire «que ce
-jourd’huy matin, il estoit en la boutique de M^{re} Noguier, y seroit
-venu Jehan Dumas, praticien, quy auroit renyé le nom de Dieu plusieurs
-foys[487]».
-
-Mais, d’autre part, l’intervention des «surveillants» et des diacres
-dans la vie privée des habitants avait alors son avantage: elle
-remplaçait heureusement, en bien des cas, notre police. Par exemple,
-en 1599, le consistoire empêche des parents de maltraiter leur enfant
-martyr et de le faire, pendant l’hiver, «demeurer de nuict et de jour
-presque tout nud, et morent de faim», à ce point que les voisines
-apitoyées lui donnaient «souvent de pain et autres chozes[488]».
-
- * * * * *
-
-Il résulte de ce qui précède que les habitants se trouvaient
-étroitement soumis à la surveillance de leur consistoire: leurs
-fréquentations, leurs mœurs, leurs querelles, leurs plaisirs, il
-examinait tout. Mais reste à montrer quels étaient ses moyens de
-sanction et à prouver que les fidèles lui obéissaient.
-
-Ceux qui se trouvent accusés de fautes graves, c’est-à-dire ayant
-causé du «scandale», sont cités à comparaître par l’avertisseur ou
-les anciens[489]. A la vérité, ils ne se pressent pas toujours de se
-rendre à la convocation. M^{lle} la lieutenante de Favier, appelée en
-consistoire parce qu’elle a envoyé ses enfants faire leurs études chez
-les Jésuites, en Avignon, répond qu’elle aimerait mieux aller cent fois
-à la messe qu’une seule au consistoire[490]. Quelques jours plus tard,
-elle promet pourtant au pasteur Ferrier de retirer ses enfants[491].
-Mais elle n’en fait rien, et le 3 mai, on la rappelle de nouveau[492]:
-elle ne vient pas[493]. On recommence le 16 mai, le 23 mai[494], le 30
-mai[495], le 6 juin[496], le 22 août[497], le 29 août[498], et l’on ne
-se résigne que le 31 août à la priver de la cène[499]. On continue à la
-citer le 5 septembre[500], le 19 septembre[501], le 26 septembre[502],
-le 18 octobre[503], en mentionnant à chaque séance qu’on la convoque
-pour la dernière fois. Enfin, le 24 octobre 1601, on se résout à la
-suspendre publiquement des sacrements[504]. Elle se décide alors à
-faire dire au consistoire que, si elle n’est pas venue, c’est qu’elle
-était indisposée; et aussitôt l’on surseoit de huit jours à la
-publication[505]. Trois jours après, on envoie savoir pourquoi elle
-n’a pas comparu: elle répond qu’elle est à nouveau souffrante[506]. Le
-7 novembre, elle n’est pas encore venue au consistoire[507], et c’est
-seulement le 14 qu’elle consent à s’y rendre[508]. Elle a donc résisté
-pendant sept mois, sans que l’on se décide à l’excommunier.
-
-Les fidèles étaient rarement aussi obstinés, mais souvent plus violents
-que M^{lle} de Favier. Les nobles n’aimaient pas à comparaître devant
-une assemblée de marchands[509]. M. de la Farelle, averti qu’il allait
-être suspendu publiquement de la cène s’il ne voulait se rendre au
-consistoire, renvoie brusquement les anciens chargés de l’en prévenir
-«avec parolles facheuses», et leur déclare «qu’il estimoit autant
-leurd. procédure comme ung brain d’asne[510]»; un autre jour il se met
-fort en colère et fait dire aux membres du consistoire qu’il ne les
-«crainct ny vifz ni mortz[511]». D’aucuns se contentaient de refuser
-purement et simplement de répondre à la convocation[512]. Bref, soit
-peur, soit dédain, quelques personnes refusaient de comparaître.
-
-Le consistoire se montrait pourtant assez accommodant sur le jour à
-fixer pour la citation. Ainsi un prévenu, appelé un vendredi pour le
-mercredi suivant, avertit qu’«il s’en va la prochaine sepmaine hors la
-ville», et les anciens consentent à s’assembler dès le lendemain pour
-l’entendre[513].
-
-Très souvent, les accusés avouaient la faute qui leur était
-reprochée; mais il fallait quelquefois faire enquête, les presser
-de questions et se livrer, en somme, à de vraies «instructions»
-judiciaires pour connaître la vérité[514]. Si l’on établissait la
-culpabilité de l’accusé, on le condamnait à la censure ordinaire,
-à la censure «griefve», à la suspension temporaire de la cène, ou
-à l’excommunication, suivant la gravité de sa faute. Les censures
-s’infligeaient dans le consistoire ou, publiquement, au temple. Enfin,
-on exigeait du coupable l’aveu public de son péché, soit devant
-les anciens réunis, soit au prêche devant tout le monde, et ces
-«restitutions» étaient fort redoutées[515].
-
-Mais, en somme, les fidèles refusaient très rarement de se soumettre
-à leur condamnation. Dans ce cas, on allait jusqu’à les «retrancher»
-de la Religion en les excommuniant; ou, s’ils avaient commis un crime
-qui pût passer pour un délit selon le droit, on les poursuivait en
-justice[516]. On préférait d’ailleurs se soustraire par la ruse à son
-châtiment: nous voyons que, très souvent, ceux qui ont été privés de
-la cène réussissent à communier malgré la surveillance des anciens, en
-se procurant le «méreau[517]» par surprise[518]. Mais, à moins d’être
-bien décidé à apostasier, comme Guillaume de Reboul[519], on finissait
-toujours par se soumettre.
-
-Il est certain, d’ailleurs, que le consistoire hésitait plus à frapper
-les grands et les notables que les petits. L’extrême patience qu’on
-le voit montrer à l’égard de M^{lle} la lieutenante de Favier[520]
-en est la preuve. Après avoir refusé pendant sept mois de venir au
-consistoire, elle comparaît enfin: on se contente de la censurer
-«vivement»[521]. Elle n’obéit pas davantage: alors, on prie son
-beau-fils, conseiller à la cour de Castres, d’agir près d’elle[522],
-on décide d’essayer de faire venir ses enfants à son insu[523]; on
-lui donne à elle-même encore un mois de délai[524]; bref, on emploie
-tous les moyens pour n’avoir pas à la «retrancher» de l’église. On ne
-saurait reprocher au consistoire cette manière d’agir. La défection
-des personnages en vue faisait assez grand tort au parti pour qu’on
-renonçât à les excommunier, sauf en cas de force majeure[525]. Mais
-lorsque la faute avait été «scandaleuse» le consistoire ne gardait
-plus de ménagements: non seulement il citait et punissait ses propres
-membres, aussi bien dans des séances dites «de censures» que dans
-ses séances ordinaires[526], mais encore les consuls[527], les
-magistrats[528] et, comme je l’ai dit, les nobles.
-
-Enfin, il faut ajouter que les églises s’entendaient entre elles
-pour organiser une police des mœurs. Celle de Nîmes écrit aux
-anciens de Montpellier et au pasteur de Vezenobre «pour s’informer
-du fait contre le sieur de Saint-Cézary» accusé de «converser avec
-sa chambrière[529]». Un autre jour, elle reçoit une lettre «mandée
-par M. Rudavel» lui signalant certaines personnes reconnues coupables
-par le consistoire de Saint-Ambroix; elle lui répond pour réclamer le
-détail des charges «contre iceux», et, cependant, décide qu’ils «sont
-suspandus des saintz sacrements et baptêmes, jusques estre purgés
-devant le consistoire de Saint-Ambroix de ce que leur est imposé sus à
-cause d’avoir palliardé[530]».
-
- * * * * *
-
-Tels sont les moyens que le consistoire de Nîmes avait à sa disposition
-pour appliquer un règlement intransigeant et tracassier, dont tout
-plaisir était hardiment banni. Il y réussissait, grâce au respect que
-l’on avait pour son autorité. Les réformés soumis à des devoirs précis,
-systématiques et presque inhumains, surveillés par la police des
-consistoires de la région jusque dans leur vie la plus intime[531], se
-trouvaient par là même disciplinés et unis.
-
-Nous allons voir dans le chapitre suivant que les consuls et les
-magistrats, subordonnés comme les autres, en tant qu’hommes privés, à
-la Discipline, se trouvaient naturellement amenés à mettre toute leur
-autorité politique au service de leur consistoire.
-
-
-
-
-V
-
-INFLUENCE DES ASSEMBLÉES SUR LE GOUVERNEMENT MUNICIPAL
-
- 1. Consuls. Les anciens au conseil de ville. Les consuls et
- conseillers aux consistoires extraordinaires. Influence réciproque. La
- police faite par le consistoire. Pension payée par la ville à l’église.
-
- 2. Magistrats. Moins soumis que les consuls. Leur ingérence dans
- les affaires ecclésiastiques. Mesures de résistance. Ils assistent
- aux consistoires extraordinaires. Ils exécutent des décisions
- consistoriales. Juridiction du consistoire. Protestation des
- magistrats (1562).
-
- Conclusion. La théocratie nîmoise. Influence personnelle des pasteurs
- et anciens.
-
-
-A priori, le consistoire de Nîmes semble devoir exercer une influence
-politique puisque la ville est gouvernée par des consuls et des
-magistrats _protestants_. Ceux-ci sont parmi ses administrés: ils ont
-donc à répondre de leurs actes devant sa juridiction. De plus, comme
-tout bon réformé doit travailler à la grandeur de son église, ils sont
-sujets à réprimandes lorsqu’ils gouvernent ou jugent d’une façon non
-profitable aux intérêts de la Religion.
-
-Mais il faut montrer dans quelle mesure s’exercent ces influences
-ecclésiastiques.
-
-Les consuls de Nîmes, élus chaque année, avaient dans leurs
-attributions d’ordonner la police de la ville, de régler ses finances
-et de préserver les intérêts communs. Ils étaient assistés par un
-conseil de ville renouvelé aussi tous les ans, et qui pouvait se
-renforcer «extraordinairement» de notables. Consuls et conseillers
-étaient toujours protestants, parce que les réformés étaient en très
-grande majorité dans la cité[532].
-
-Or, il faut remarquer tout d’abord que le consistoire et le conseil
-de ville sont en communication constante. Des anciens et des pasteurs
-sont très souvent députés par l’assemblée ecclésiastique pour soumettre
-au conseil les difficultés qui peuvent survenir à propos des affaires
-de l’église (comme, par exemple, la levée des impositions, pour
-l’entretien des ministres[533]). D’autre part, les consuls assistent
-toujours aux consistoires extraordinaires[534]. On peut donc supposer
-qu’il y a entente entre les conseils ecclésiastique et politique de la
-ville.
-
-Dans certaines localités moins importantes, cette entente est évidente.
-A Aimargues[535] et à La Salle[536], on trouve, en effet, que des
-habitants cumulent les fonctions de consul et d’ancien. Au Vigan,
-l’avertisseur, sonneur de cloches, homme de peine du consistoire, est
-en même temps «valet des consuls[537]».
-
-Mais à Nîmes, nous avons seulement établi jusqu’à présent, qu’il
-était _possible_ que le gouvernement communal fût influencé par le
-consistoire: les actes vont nous prouver que cette influence existe
-en réalité. Ils nous montrent le consistoire s’adressant aux consuls
-directement pour faire exécuter ses décisions, qui passent pour des
-mesures de police sévères, mais nécessaires. Le 10 juillet 1596, il
-«charge le cappitaine Privat de parler aux consuls de fere fermer les
-boutiques le jour de dimenche[538]».—Un autre jour, il leur recommande
-de chasser de la ville une femme nommée Martine parce qu’elle a eu un
-enfant illégitime[539];—ou encore «un nommé Savin et sa femme...
-ensemble un cotturier que le sire Duprix [ancien] indiquera, demurant
-chez done Molière et de Porreau[540]». On pourrait trouver des
-quantités d’exemples analogues. Les encouragements du consistoire
-sont d’ailleurs inutiles lorsqu’il s’agit de faire respecter le repos
-dominical, et le conseil de ville donne alors des ordres de son propre
-mouvement[541]. Il faut éviter le «scandale» que les catholiques
-provoqueraient en ne se reposant pas comme les huguenots. Cette
-intransigeance calviniste est aussi spontanée que l’intransigeance
-catholique qui dictait l’art. 20 de l’édit de Nantes[542].
-
-Ces exemples et ceux que je vais encore citer montrent que le
-consistoire et le conseil collaborent tous deux à la police municipale.
-Le premier s’en occupe au nom de la morale, le second au nom de la
-sûreté de la ville, et tous deux de façon à sauvegarder les intérêts
-de la Religion. M. Bosquier ayant eu ses vitres cassées à coups de
-pierres «la nuit du dimanche de la reveue des cardeurs», s’adresse au
-consistoire, plutôt qu’au conseil de ville, pour en avoir réparation,
-et obtient qu’on députe deux anciens pour prier les consuls de
-«réprimer et velher sur les ribleurs de nuict[543]». D’ailleurs, les
-anciens, dont c’est le devoir de se renseigner sur la vie privée des
-habitants, sont fort utiles aux consuls pour la police de la ville.
-En 1597, le consul Duprix propose au consistoire que l’«on craint, à
-cause de la cherté des vivres, quelque nécessité en l’arrière-saison, à
-cause de quoy Messieurs les consuls désireroient... que les survellians
-s’employent à faire led. rolle» des habitants. On décide de leur donner
-«les surveillans pour les y aider» et que «lesd. survellians avec les
-députez de la maison de ville remarqueront les gens sans adveu pour les
-faire vuider de la ville[544]».
-
-Les finances ne sont pas, comme la police, indivises entre le
-consistoire et le conseil. A la vérité, la ville aide l’église
-de son argent en lui servant une pension annuelle[545] et de son
-autorité en faisant établir elle-même les rôles d’impositions pour
-les ministres[546]; mais le consistoire règle seul et sans contrôle
-l’administration de ses propres finances[547]. C’est la ville qui
-supporte tous les frais causés par les députations aux assemblées
-politiques du parti réformé, si bien que le consistoire ne paye que les
-dépenses des délégués aux colloques et aux synodes. Ainsi, le conseil
-de ville décide de solder non seulement la dépense des trois députes
-de Nîmes à l’assemblée de Castres du «vingtiesme» janvier 1600, mais
-encore celle du pasteur Moynier, député par le colloque[548].
-
-En somme, le consistoire et le conseil s’influencent réciproquement.
-Dans les petites villes comme Aimargues et La Salle où l’on voit
-certains habitants cumuler les fonctions de consul et d’ancien[549],
-cela ne fait pas de doute. A Nîmes, si l’on songe que le consistoire
-communique à chaque instant avec le conseil de ville, qu’il fait même
-exécuter ses décisions disciplinaires de morale par la force dont ce
-conseil dispose, qu’il l’aide de son côté à faire la police de la
-ville, qu’il reçoit de lui une aide pécuniaire, on est bien tenté de
-dire que le consistoire et le conseil gouvernent de concert, sinon
-officiellement, du moins dans la pratique.
-
-Remarquons maintenant que les consuls sont soumis personnellement,
-ainsi que les autres fidèles, à l’action du consistoire et que leur
-vie n’est en rien soustraite à son examen[550]. Pour gouverner
-impartialement, il s’agirait donc pour eux de subir son influence en
-leur privé et de s’en dégager entièrement dans leur conduite politique.
-C’est là une mesure assez difficile à garder; aussi ne l’est-elle pas,
-et le consistoire n’hésite-t-il pas à contrôler l’administration des
-consuls afin de la maintenir sûrement dans les tendances protestantes:
-cette délibération, à la suite de laquelle un des pasteurs est chargé
-de faire des remontrances aux consuls » «sur la procédure qu’ilz
-firent le jour appellé La Feste-Dieu en faveur de ceux de la religion
-romaine», en est une preuve[551]. D’ailleurs, les consuls ne s’exposent
-pas souvent à de pareilles remontrances: inspirés par la Discipline,
-nous les voyons, avec leur conseil, se préoccuper d’eux-mêmes du zèle
-religieux et de la vie privée de leurs administrés[552].
-
-Il ne serait peut-être pas exagéré de conclure de tout cela que le
-gouvernement de Nîmes est une pure théocratie. Assurément l’assemblée
-ecclésiastique n’a pas en théorie d’autorité politique. Pourtant il
-semble bien qu’elle influence si fortement le conseil qu’elle le
-soumette entièrement à son contrôle.
-
- * * * * *
-
-Cependant les consuls et leur conseil n’étaient pas seuls maîtres de
-la ville. Il y avait aussi le corps des magistrats, très important,
-d’esprit assez différent, et dont l’influence sur la politique
-communale était considérable. A la vérité, les magistrats réformés
-dépendaient également du consistoire, puisqu’ils faisaient partie du
-troupeau des fidèles. Mais en pratique, ils étaient moins soumis que
-les consuls et les conseillers.
-
-Ils se trouvaient, en effet, plus près du roi dont ils étaient les
-agents directs et dont ils représentaient le gouvernement auprès des
-Nîmois, tandis que les consuls étaient les représentants de la ville
-par rapport au gouvernement central. En outre, ils avaient l’avantage
-d’être inamovibles et sans doute plus persistants dans leurs desseins
-que les consuls qui changeaient chaque année. Cette stabilité, qui
-leur permettait de former une caste supérieure, devait assurément leur
-donner un certain dédain pour les assemblées ecclésiastiques où la
-classe moyenne dominait[553].
-
-Aussi, la haute idée qu’ils ont de leur dignité les pousse à
-entreprendre sur la liberté des assemblées. Ils cherchent à établir
-leur droit d’assister aux colloques et synodes malgré la décision
-du synode national de Saumur (1596) portant qu’ils n’y peuvent être
-présents que s’ils y sont convoqués spécialement[554]. Ainsi, au
-synode provincial tenu à Nîmes en 1601, on prie les magistrats de
-cette ville de quitter la salle pendant qu’on jugera le différend qui
-sépare Nîmes et Alais, «d’aultant que leur présence pourroit captiver
-les advis»; mais ils répondent que, s’ils sont là, c’est «non pour
-empêcher les voix, mais pour faire ce qu’est de l’exécution de leurs
-charges, ce qu’on ne pouvoit trouver mauvais; et, ayans esté priez par
-plusieurs fois, auroient insisté». On dut attendre leur sortie, qu’ils
-firent avant la fin de la séance, pour rendre le jugement[555]. Cette
-tendance à s’ingérer directement dans les affaires ecclésiastiques se
-manifeste de même à Nîmes lorsque le juge criminel et l’avocat du roi
-se permettent de disposer de «certains legatz pies» appartenant aux
-pauvres du consistoire[556].
-
-Mais les synodes prennent des mesures contre l’influence des
-magistrats. Ainsi quand un homme condamné par la justice a nié
-constamment, il peut être réconcilié avec l’église «après qu’on aura
-déclaré au peuple en sa présence qu’on le remet au jugement de Dieu
-et à celui de sa conscience[557]».—Un synode provincial prend une
-décision pour ordonner à un juge d’abandonner l’instruction qu’il avait
-commencée contre un homme qui avait «pormené son mulet au cimetière à
-l’entour du temple», et de laisser au consistoire «la cognoissance de
-ce faict[558]».—Enfin, le consistoire de Nîmes a soin de «veriffier
-les jugemens fettes contre Bedon Berrier et Astruc du rapt fait par
-iceux d’une fillie au mas de Viollande[559]». Toutes ces mesures
-ont pour but de sauvegarder le droit de justice que les assemblées
-ecclésiastiques possèdent sur les fidèles, et de le maintenir nettement
-séparé des procédures faites par le magistrat, même réformé.
-
-Le consistoire de Nîmes, tout en résistant de son mieux à l’influence
-des magistrats, cherche cependant à se les concilier et ne manque pas
-de leur demander leur avis afin d’obtenir leur appui. Il les convoque
-avec les consuls à ses séances extraordinaires qui ont lieu, nous
-l’avons vu[560], à propos de tous les événements importants de l’église.
-
-En retour, il exerce sur eux une influence directe. Il les occupe,
-comme les consuls, à exécuter ses décisions au sujet de la police de la
-ville: il fait dire par le pasteur Chambrun aux consuls et à l’avocat
-du Roy de «pourvoir aux désordres et riblerye de nuit quy se commettent
-ordinairement par les jeunes hommes[561]»;—il prie «aulcungs des
-principaulx magistratz» de chasser de la ville une fille publique qui
-débauche un nommé Dugras[562], et d’expulser les «auboys et viollons»
-retenus par les basochiens pour leur «reveue et bravade[563]»;—enfin,
-il requiert le juge criminel et les consuls d’empêcher qu’on joue au
-ballon[564]. Il a ainsi sa propre justice que sanctionne la justice du
-roi, grâce aux magistrats.
-
-Son devoir est de surveiller la vie des fidèles et de les punir au
-besoin, c’est-à-dire d’exercer sur eux une juridiction. Si sa sentence
-n’est pas observée, on peut recourir aux magistrats: «En cas que led.
-Noguier et ses parentz et aliez ne tiennent lad. réconciliation, _est
-permis_ aud. sieur de la Faye poursuivre... par devant la justice», dit
-un synode[565].
-
-Cette juridiction de fait qu’exerçait le consistoire[566] est si peu
-niable que les magistrats trouvèrent, à un certain moment, qu’elle
-empiétait singulièrement sur leurs prérogatives. Dès l’année 1562,
-alors pourtant que le calvinisme n’était encore, à Nîmes, qu’à ses
-débuts, et que le consistoire se trouvait par conséquent moins
-puissant, les magistrats se virent forcés de faire solennellement à
-celui-ci «prohibitions et inhibitions» de «prendre court, juridiction,
-cognoissance, autorité ou puissance aulcune sur les subjetz du Roy,
-pour raison des différentz, controverses et procez criminelz que soyent
-que lesd. subjectz ayent ou puyssent avoir ensemble... et soyt soubz
-prétexte de réconcilier hayne que pourroit estre entre eulx[567]».
-Vers 1596, la Réforme étant devenue souveraine à Nîmes, on est fondé
-à croire, ce semble, que la juridiction consistoriale n’avait pu que
-s’étendre. En tout cas, la surveillance des anciens s’exerçait sur la
-justice du roi, et il n’y a qu’à s’en féliciter si c’était toujours
-pour protéger les pauvres[568] et les malheureux, comme ce Mazel que
-le juge criminel avait peut-être oublié en prison et qui y mourait
-certainement de faim[569].
-
- * * * * *
-
-Il me paraît résulter de ce chapitre qu’il faut considérer les
-consuls, les magistrats et le consistoire comme les trois branches
-du gouvernement communal des villes protestantes. Ils s’influencent
-réciproquement; pourtant, le consistoire domine les consuls et
-les magistrats. La raison en est claire: c’est qu’il représente
-essentiellement la Discipline à laquelle se soumettent tous ceux qui
-sont de la Religion. Or, les magistrats et les consuls sont avant tout
-des fidèles. La différence entre leurs devoirs d’hommes privés et de
-fonctionnaires est trop subtile pour avoir été maintenue au XVI^e
-siècle. Réformés, ils travaillèrent selon leurs pouvoirs à la grandeur
-de la Réforme: c’est-à-dire qu’ils firent observer ses règlements.
-Voilà pourquoi le consistoire, dont c’était proprement la fonction, les
-dirigea.
-
-J’ai, je crois, prouvé son influence visible sur le gouvernement
-communal qui lui prête la force armée pour faire respecter ses règles
-de morale. Il faut tenir compte aussi de l’action occulte, non
-officielle, qu’il exerce forcément, par suite de la considération que
-l’on a pour ses membres. Un synode recommande aux pasteurs «d’estre
-grandement circonspects à la recommandation qu’ils fairont... des
-parties plaidantes[570]». Et il n’a pas tort, si l’on en juge par cette
-délibération du consistoire de Nîmes: «Sont chargés M. de Chambrun et
-M. de Castelnou pour parler à M. le Cremynel pour raison de certain
-procès intenté par Jonny, greffier _catholicque_, pour certaines
-disputes, ayant obtenu prinse de corps contre le cappitaine Ferriol»,
-et lui «remonstrer... _fere justice_ aud. Ferriol[571]». Ceci laisse
-à penser que les catholiques nîmois ne devaient pas gagner souvent
-leurs procès contre des réformés devant les magistrats protestants.
-D’ailleurs, ils le leur rendaient bien: la nécessité où l’on fut de
-créer des chambres mi-partie en est la preuve.
-
-Il n’en est pas moins certain que la ville huguenote de Nîmes
-possédait, par ses consuls et ses magistrats soumis à l’influence
-du consistoire et des assemblées supérieures, un gouvernement qui
-aurait obéi aux ordres du parti, plutôt qu’à ceux du roi. Elle se
-trouvait presque détachée du pouvoir royal: c’était une sorte de petite
-république théocratique à l’image de Genève.
-
-Constatons, d’ailleurs, qu’au milieu de l’anarchie générale du royaume,
-mainte ville catholique se trouvait dans une indépendance égale: ainsi
-Mende, où commandait Fosseuse[572]. Pourtant, ce qui rendait moins
-grave le cas de Mende, par exemple, que celui de Nîmes, c’était son
-isolement: à cette époque la Ligue agonisait. Nîmes, au contraire,
-formait avec les autres centres huguenots une association, une
-alliance, absolument nécessaire pour sauvegarder sa religion dont on
-voulait injustement la priver, mais dangereuse pour l’État. Et cette
-association était très forte parce qu’elle était homogène, disciplinée,
-et soumise en toutes ses parties à un seul et même règlement,
-qui plaçait les opinions et toutes les actions de chaque réformé
-sous le contrôle du synode national, par le moyen des assemblées
-intermédiaires.
-
-
-
-
-VI
-
-RAPPORTS AVEC LES CATHOLIQUES
-
- Méfiance réciproque des papistes et des huguenots.
-
- Un «parti» catholique dans le colloque. Son impopularité. Relâchement
- des mœurs du clergé.
-
- Le calvinisme religion d’État. Entraves à l’exercice du culte romain.
- Les catholiques exclus du gouvernement. Mesures vexatoires prises
- contre eux. Les rentiers des bénéfices dépouillés ou taxés pour
- l’entretien des pasteurs. Arrêts du Parlement et de la cour des Aides
- contre cet état de choses.
-
-
-Il faut d’abord bien marquer que les profondes divisions qui avaient
-séparé les protestants et les catholiques ne s’étaient pas effacées
-avec la paix. Nous allons voir que l’édit de Follembray, s’il avait mis
-fin aux guerres civiles, n’avait pas rapproché les deux partis. L’édit
-de Nantes ne le fit pas davantage. En 1602, les protestants sortaient
-en armes de Nîmes et brûlaient les moissons des catholiques[573]. En
-1614, ils maltraitaient un curé qui avait été porter les sacrements
-à une mourante[574]. Les exemples pourraient ainsi se multiplier. A
-plus forte raison, avant la publication de l’édit de Nantes, les deux
-partis restaient sur le qui vive. Au mois de mai 1600, le bruit court
-à Nîmes que les catholiques préparent une conspiration. Aussitôt,
-le consistoire délibère[575], et porte le fait à la connaissance du
-conseil de ville, qui ordonne des patrouilles de jour et de nuit, prend
-toutes les mesures nécessaires et fait avertir chacun des habitants
-réformés d’avoir l’œil et l’oreille au guet[576]. C’est beaucoup
-d’effroi pour rien. Peu après, le consistoire de Saint-Gilles prévient
-en grand secret celui de Nîmes que «despuys quelques jours en ça, les
-chanoines de Saint-Gilles tiennent la porte de leur église fermée à
-clef, [et] ont faict bastir plusieurs portes en forme de forteresse».
-Et les pasteurs d’avertir aussitôt les consuls, les magistrats et le
-colloque de ce grave événement[577]. Naturellement, c’était une fausse
-alerte.
-
-Ces faits prouvent que la méfiance la plus absolue règne entre
-huguenots et papistes. Pour un rien, ils prendraient les armes. Il
-faut bien remarquer que les villes du colloque de Nîmes sont nettement
-divisées en deux partis, l’un fort, l’autre faible. Les protestants
-disposent du gouvernement et exercent le pouvoir à leur gré, tandis que
-les catholiques ont leurs intérêts spéciaux qui les opposent à eux.
-Il est nécessaire à ces derniers, moins nombreux, de s’organiser pour
-résister aux huguenots, fortement centralisés grâce à leurs assemblées
-qui ont action sur les consciences par l’intermédiaire des consistoires
-et sur les personnes par les consuls et les magistrats. Les catholiques
-se trouvent à Nîmes dans une situation correspondante à celle que les
-réformés occupent dans le reste de la France. La majorité qui les
-entoure de toutes parts augmente leur cohésion et les amène à former
-une petite ville dans la grande, de même que les protestants forment un
-État dans l’État.
-
-Il existe donc un _parti catholique_ de même qu’un parti _protestant_.
-Dans une délibération du conseil de ville de Nîmes, on rapporta que
-les papistes s’étaient réunis, avaient nommé un chef et que ceux du
-clergé avaient levé de l’argent «soubs le prétexte de l’employer à
-l’entretenement des ministres que se révolteront[578]». Ceci prouve
-au moins qu’il y avait entente entre les catholiques de la ville et
-qu’il leur était possible de conspirer. L’édit de Nantes dut favoriser
-leur accord et leur permettre de s’associer ouvertement. En effet
-comme, lors de son exécution, les protestants avaient nommé à Nîmes une
-commission spécialement chargée de faire les demandes aux commissaires
-et de rédiger les cahiers de remontrances[579], il est à croire que les
-catholiques, qui élisaient aussi des députations[580] et présentaient
-des cahiers[581], devaient avoir agi pareillement.
-
-Ainsi, après l’édit de Follembray, les deux partis restent en présence;
-seulement, ils ne combattent plus les armes à la main: c’est une lutte
-d’influences politiques et morales qu’ils se livrent. Les catholiques
-sont impopulaires. Pour conserver leurs droits, ils sont forcés de
-recourir au parlement de Toulouse, et ne se maintiennent que par son
-autorité: c’est le cas du chapitre de Saint-Gilles, par exemple, qui
-est en procès contre les habitants de son village[582].
-
-D’ailleurs, un grand relâchement s’était introduit dans les mœurs
-du clergé pendant les guerres civiles. Des prieurs et des curés
-délaissaient le service divin sans se donner «aulcune peyne que
-de jouir de leurs bénéfices, sans faire aulcune résidance», et,
-lorsque l’évêque voulait les contraindre à remplir leur devoir, ils
-en appelaient au parlement[583]. Les «chanoynes, prieurs, curés
-et chappelains» se refusaient à aider l’évêque de leurs revenus,
-lorsqu’il se décidait à faire reconstruire les églises ruinées[584].
-Il était nécessaire de rappeler aux chanoines de Saint-Gilles qu’ils
-ne devaient «conférer aucunement de jour ny de nuit avec femme de
-mauvaise renommée», ou aller au cabaret et y jouer «à jeux deshonnestes
-et deffendus»; il fallait les exhorter à psalmodier «distinctement» à
-l’église, à «sçavoir chanter tout ce qu’il est besoin sçavoir», à ne
-parler avec leurs voisins pendant les services que «bien rarement»,
-et à ne pas sortir de l’église avant la fin du service; enfin, à se
-procurer des bonnets carrés, à se faire couper les cheveux et tondre
-leur «corone» au moins six fois l’an. Ce règlement comprend encore
-des recommandations touchant la manière dont il convient de suivre
-la messe qui prouvent la singulière ignorance des religieux auxquels
-il s’adressait[585]. Il se produisit, après l’édit de Nantes, une
-véritable renaissance catholique lorsque le chapitre et l’évêque de
-Nîmes eurent le moyen de réagir contre ce relâchement des mœurs du
-clergé. Mais les chanoines de Saint-Gilles, qu’il fallait rappeler
-eux-mêmes à l’observance des coutumes catholiques, n’auraient guère pu
-avoir d’influence sur les habitants protestants de leur ville.
-
-La religion réformée avait gagné en développement tout ce que perdait
-la catholique; à Nîmes, elle était passée au rang de religion d’État,
-ce qui revient à dire qu’elle opprimait «la romaine». Ne le lui
-reprochons pas, c’était dans les mœurs du temps et les catholiques
-rendaient bien aux réformés ce qu’ils avaient à en souffrir dans
-quelques villes. Quoi qu’il en soit, au colloque de Nîmes les huguenots
-empêchaient à peu près le culte romain. Ainsi, le service divin était
-complètement interdit à Calvisson, Galargues et Sommières[586]. A
-Nîmes, les églises se trouvaient détruites ou entre les mains des
-protestants[587], qui s’en servaient comme de citadelles[588];
-il était défendu de célébrer la messe publiquement, de faire des
-processions, de dresser des autels et de tapisser les maisons les jours
-des fêtes de l’Église[589]; les enterrements à la mode romaine étaient
-généralement interrompus à coups de pierres et d’immondices, et les
-prêtres portant dehors le Saint-Sacrement s’exposaient à en recevoir
-autant[590]. Enfin, les jours de fêtes chômées, les consuls avaient
-coutume de faire clore les portes de la ville afin d’empêcher les
-habitants des environs de venir entendre la messe[591].
-
-Outre qu’on les empêchait de célébrer leur culte librement, les
-catholiques se trouvaient, à Nîmes, privés de leurs droits politiques.
-Ils étaient absolument exclus de la garde bourgeoise ainsi que leurs
-serviteurs, et cependant on levait sur eux des impositions pour son
-entretien[592]. De même, ils ne pouvaient être admis au consulat, au
-conseil de ville, ni aux autres charges publiques. Cette question des
-consulats créa des difficultés sans nombre lors de l’exécution de
-l’édit de Nantes: catholiques et réformés envoyèrent députation sur
-députation aux commissaires, au connétable, au roi, aux assemblées, aux
-seigneurs influents de la cour. Les premiers eurent d’abord gain de
-cause, puis ce furent les huguenots qui l’emportèrent, quoi qu’on en
-ait dit[593].
-
-Ce n’était pas seulement par point d’honneur que les catholiques
-voulaient être admis au consulat et au conseil de ville: en effet, les
-consuls et le conseil, composés exclusivement de réformés, prenaient à
-chaque instant contre eux des mesures vexatoires. Ainsi, ils avaient
-grand soin de choisir les maisons des ecclésiastiques pour le logement
-des gens de guerre, malgré les ordonnances du roi[594]. Pour entrer
-à Nîmes, il fallait déclarer aux gardiens des portes quelle religion
-on professait, et les catholiques étrangers se voyaient souvent
-repoussés[595]. En outre, les consuls avaient l’administration des
-finances dont, comme nous l’avons vu[596], une certaine partie était
-consacrée au paiement des assemblées, à l’entretien des proposants et
-des ministres, ou encore à faire venir «M. Pacius..... mandé quérir
-de Genève» et à racheter «l’estat de viguier affin de fere tumber les
-estatz entre [les] mains de ceulx de lad. Religion[597]». C’est pour
-empêcher les protestants de consacrer les revenus de la ville aux
-intérêts de la Religion que les catholiques exigèrent d’être admis aux
-consulats. Il ne leur était point agréable de payer les frais d’un
-culte qu’ils détestaient.
-
-Les rentiers des bénéfices étaient particulièrement molestés:
-on trouva, en effet, mille manières ingénieuses de les faire
-contribuer aux charges publiques ou à l’accroissement des revenus
-seigneuriaux[598]. La plus radicale fut de leur enlever leurs
-bénéfices. Voici un des moyens employés: «les consulz, collecteurs de
-tailles» et même de simples particuliers faisaient, «soubz colleur
-du payement des taille, décretter» les bénéfices dont les titulaires
-avaient été forcés de s’enfuir, par suite de la démolition de leurs
-«eiglizes et maisons presbytéralles», et jouissaient ainsi du revenu,
-«n’estant ce qu’il reste.... suffizant» pour permettre aux titulaires
-de résider sur les lieux[599]. D’autres fois, des «gentilshommes,
-cappitaines et autres particuliers» avaient «impétrez» par des hommes
-de paille les bénéfices dont un petit nombre seulement étaient,
-«par la malice du siècle...., demeurés en leur entier»; ils se les
-étaient appropriés et les avaient joints à leurs propres biens[600].
-Certaines personnes faisaient «trafic de vendre et achepter bénéfices,
-conséquemment le don du Saint-Esprit, jusques à les bailler en dot.....
-à leurs filles», et forçaient «aulcuns pouvres ecclésiastiques les
-leur bailer[601]». Tous ces usurpateurs des bénéfices n’étaient
-naturellement pas disposés à rendre ce qu’ils se trouvaient bien
-d’avoir pris. Retirés dans leurs maisons plus ou moins fortifiées,
-ils recevaient si mal et à tel renfort de bâtons les sergents qui
-venaient leur signifier les actes de justice, qu’il n’y avait plus
-aucun huissier pour s’y risquer et que même, en certains lieux, on
-ne trouvait plus personne pour se charger de la recette des décimes
-auxquels les bénéfices étaient taxés.
-
-Quant aux «pouvres bénéficiers» restés en possession de leurs biens,
-il y avait aussi différents moyens d’en tirer de l’argent. Des
-gentilshommes et même des «juges et officiers» royaux, partisans des
-réformés, les empêchaient «de pouvoir jouir de leurs dixmes ..... et de
-les pouvoir bailler par arrentement aux laboureurs et paroissiens du
-lieu»: en effet, ils menaçaient et intimidaient les «serviteurs desd.
-ecclésiastiques, les laboureurs et merchans» qui les voulaient prendre,
-souvent même ils les rossaient, ou les faisaient «manger et ruyner par
-des gendarmes», si bien que les pauvres gens étaient «constraintz de
-composer avec eulx et leur bailler telle quantité de bled» qu’il leur
-plaisait. «Conséquemment», ajoute l’auteur du cahier de plaintes dont
-je tire ces renseignements, lesd. seigneurs «constraignent le pouvre
-peuple de payer les dixmes deux ou trois foys pour une..... sans que le
-pouvre peuple s’en oze plaindre, et, par ce moyen, l’ecclésiastique est
-privé de pouvoir vivre, faire le service divin et de payer les décymes
-et charges[602]».
-
-Comme je l’ai dit[603], les consuls de Nîmes ne s’étaient pas privés
-d’imposer les rentiers des bénéfices au même titre que les autres
-habitants pour l’entretien des ministres et «autres usages». Cette
-coutume était d’ailleurs adoptée généralement, si l’on en croit
-le syndic du clergé Berthier, en Languedoc, Guyenne et Dauphiné,
-c’est-à-dire dans les pays où les huguenots étaient maîtres[604].
-Ceux-ci n’avaient pas pu obtenir que les ministres fussent exemptés
-des tailles, puisqu’ils le demandent encore en 1611[605]. D’autre
-part, ils n’avaient jamais reçu la subvention de 45.000 écus que le
-roi leur avait promise pour l’entretien de leurs pasteurs[606]. C’est
-pourquoi ils n’hésitèrent pas à taxer les bénéficiers suivant leurs
-besoins. A Nîmes, ils faisaient des emprunts forcés sur les rentiers
-des bénéfices. D’après un document catholique, ceux qui résistaient
-se voyaient empêchés, par force au besoin, de toucher leurs dîmes, on
-leur fermait les portes de la ville lors de la levée des blés, leurs
-aires étaient fossoyées, leurs gerbes brûlées la nuit, leurs serviteurs
-battus, blessés, tués[607]. Ces persécutions sont, sans aucun doute,
-exagérées par le papiste qui les raconte, mais il faut qu’elles aient
-un fonds de vérité, puisqu’elles sont rapportées aux commissaires de
-l’édit de Nantes qui pouvaient les faire vérifier.
-
-Le Parlement de Toulouse et la cour des Aides rendirent quelques
-arrêts pour interdire aux huguenots d’imposer les ecclésiastiques.
-Il y en a de 1596[608], de 1598[609], de 1601[610], de 1602[611]. En
-outre, des comptes présentés à la cour de Montpellier prouvent que les
-religionnaires d’Aigues-Mortes jouissaient encore en 1622 des revenus
-du chapitre de cette ville[612], ce qui montre que l’édit de Nantes ne
-put empêcher dans le colloque de Nîmes la coutume illégale de taxer et
-dépouiller les ecclésiastiques.
-
-En résumé, on peut dire que les catholiques et les protestants se
-trouvaient aussi nettement séparés qu’au temps des guerres civiles.
-Les huguenots, plus forts, opprimaient à Nîmes les papistes en les
-empêchant d’exercer librement leur culte et en les forçant à payer
-des impositions dont une bonne part servait à solder les frais de la
-Religion. Les catholiques, d’autre part, étaient dans l’impossibilité
-de se défendre, puisque, se trouvant en minorité, ils ne pouvaient
-pénétrer dans le conseil de ville. C’était le contraire exactement de
-ce qui se passait dans le reste de la France. Aussi, à Nîmes, l’édit de
-Nantes ne pouvait qu’être favorable aux catholiques et défavorable aux
-réformés. C’est pourquoi ceux-ci l’accueillirent fort mal[613].
-
-
-
-
-VII
-
-RAPPORTS AVEC LES CATHOLIQUES
-
-(_Suite_)
-
- Les deux partis luttent d’influence morale.
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- Propagande par les écrits. Les synodes la régularisent. Commission
- pour l’examen des ouvrages. Les imprimeurs responsables. Pasteurs
- désignés pour répondre aux pamphlets. Pasteurs poursuivis en justice.
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- Propagande par la parole. 1. Controverses. Permission du magistrat.
- Exemple: controverse entre Daniel Chamier et le P. Coton (1600).
- Influence des controverses sur la foi et les conversions. 2.
- Prédications. Succès du P. Coton. Influence des jésuites.
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- Conversions. Les moines ou prêtres convertis aidés pécuniairement.
- Règlement calviniste pour les conversions. Nouveaux catholiques
- persécutés.
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-Les guerres civiles étaient enfin terminées. Nicolas Froumenteau,
-dans un livre ambitieusement intitulé: _Le secret des finances de la
-France descouvert et réparti en trois livres_ (Paris, 1581, in-8), nous
-a laissé un triste dénombrement des maisons abattues, des villages
-incendiés, des habitants tués. «Pour le seul diocèse de Nîmes, on
-ne compte pas moins de 1.300 maisons brûlées, 11.782 victimes des
-discordes civiles», dit Ménard[614]. Cela explique la réaction qui se
-produisit ensuite. J’ai montré qu’à l’époque qui nous occupe, les
-esprits n’étaient pas calmés: à la moindre alerte on s’armait[615].
-Mais on ne se battait pas. Les bourgeois étaient dégoûtés de
-l’héroïsme; ils retournaient à leur commerce, à leur famille. La
-lutte était devenue pacifique: pasteurs et jésuites se combattaient
-par des pamphlets; ou bien ils se défiaient à de grandes controverses
-théologiques qui avaient lieu en public, devant des juges, à la manière
-scolastique, et à la suite desquelles chacun des deux champions
-proclamait invariablement sa victoire; ou bien encore ils rivalisaient
-d’éloquence, le prêtre en son sermon, le pasteur en son prêche; enfin
-ils se disputaient les enfants, pour les élever selon ce que l’un et
-l’autre parti croyait les idées saines, et les jésuites obtenaient
-assez souvent que les parents huguenots leur confiassent l’éducation de
-leurs fils. Bref, le but que poursuivait chaque parti dans cette guerre
-pacifique était de provoquer des conversions à sa propre religion, et
-c’est, en somme, une lutte d’influences morales que je vais avoir à
-exposer.
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-Les pamphlets correspondaient à notre journalisme actuel, aussi
-passionnants pour les lecteurs de ce temps-là que peuvent le paraître
-nos feuilles politiques.
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-Les synodes de Bas-Languedoc organisèrent de bonne heure la
-propagande par les écrits; ils tâchèrent de donner une unité à cet
-amas de pamphlets par lequel les huguenots répondaient à l’amas
-des pamphlets jésuites, en forçant les ministres à soumettre leurs
-ouvrages à une commission nommée par eux. En 1601, on décide que,
-_suivant la Discipline_, aucun livre ne sera imprimé avant que MM.
-les pasteurs Gigord, de Montpellier, Moynier, de Nîmes, Gasques, du
-Vigan, Baille, d’Anduze, et La Faye, de Saint-Germain, «n’ayent jugé
-de la nécessité d’iceluy, et quand et quand, veu led. livre _despuis
-l’épistre liminaire jusqu’à la fin_, et donné leur approbation au pied
-d’un exemplaire à la main signé par eux[616]». C’était régulariser
-un usage que l’on observait déjà depuis longtemps[617]. Le synode
-national de Montpellier aurait voulu même que les libraires protestants
-n’éditassent aucun livre sans l’avoir auparavant communiqué aux
-ministres de leurs églises[618]. Je ne crois pas que cette prescription
-ait été jamais exécutée. Mais il est certain que les éditeurs étaient
-considérés comme responsables des ouvrages contraires à la religion
-qu’ils publiaient[619].
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-C’était donc pour les pasteurs une fonction régulière que de
-répondre aux Jésuites. Le synode chargeait nominalement un et,
-souvent, plusieurs d’entre eux de répliquer à tel ou tel pamphlet
-catholique[620]. Dans ce cas, il les faisait indemniser des frais de
-l’impression, tantôt par le colloque[621], tantôt par le consistoire.
-Par exemple, la réponse du pasteur Jean de Falguerolles à la _Salmonée_
-de Reboul, tirée à 600 exemplaires, coûtera «4 l. la feuille» à
-l’église de Nîmes[622].
-
-Les catholiques s’efforçaient d’empêcher autant que possible la
-publication des ouvrages protestants. En 1601, en effet, on voit
-les réformés demander au roi de faire défense à tous ses officiers
-et magistrats d’informer «à occasion des livres par eulx composés,
-imprimés ou vendus en faict de relligion, et discipline, ou police
-ecclésiastique[623]». D’ailleurs, les synodes s’efforcent toujours
-de protéger ceux de leurs membres qui sont poursuivis «pour avoir
-respondu aux Jésuites». Ils payent les frais de leur procès[624].
-Cette solidarité des protestants leur fera reconnaître hautement et
-imprudemment, en 1602, les fameuses thèses de Ferrier où il soutenait
-que le pape est l’Antechrist[625]; on lui remboursera ses frais
-d’impression[626] et on enverra un député en cour spécialement pour
-solliciter sa grâce auprès du roi[627].
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- * * * * *
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-Quelquefois les pasteurs étaient provoqués par les jésuites à de
-grandes discussions à la manière scolastique que l’on faisait en public
-et devant des juges, qui d’ailleurs ne s’accordaient jamais sur le
-résultat.
-
-Comme ces controverses, lorsqu’elles avaient lieu solennellement,
-à la suite de défis, risquaient de «passionner» les auditeurs[628]
-et de provoquer des émeutes, il fallait généralement demander à la
-justice la permission pour les deux adversaires de «disputer». C’est
-ce que fit le consistoire de Nîmes en mai 1599. Le pasteur Ferrier,
-d’Alais, avait été provoqué par le P. Coton, si l’on en croit les
-documents protestants[629]; ou Coton l’avait été par Ferrier d’après
-le P. Prat[630]. En 1601 seulement, un synode détermina les conditions
-auxquelles les pasteurs pourraient relever de semblables défis et
-rendit, par conséquent, les controverses plus rares[631]. Mais l’église
-de Nîmes ne fit que se conformer à un usage fréquent lorsqu’elle
-répondit, en 1599, au défi du P. Coton.
-
-Elle fit venir Ferrier à ses frais[632], et adressa au sénéchal une
-requête demandant l’autorisation nécessaire pour que la conférence
-projetée pût avoir lieu. La cour refusa la permission. Mais le
-consistoire qui, sans doute, désirait vivement une défaite du P.
-Coton, afin de combattre l’engouement dont les fidèles commençaient
-à se prendre pour ses prédications[633], tenait fort à ce que la
-rencontre eût lieu. Il décida[634] d’envoyer au sénéchal une seconde
-requête aux fins d’obtenir la permission nécessaire. En faveur de leur
-demande (où ils disaient que Ferrier avait été provoqué), les réformés
-alléguaient que l’autorisation avait été refusée par un conseil composé
-uniquement de catholiques: or, les édits ordonnaient que de pareils
-jugements ne pourraient être rendus que par des juges catholiques et
-des juges protestants en nombre égal. «Il y avait dans ces allégations
-deux erreurs volontaires», dit à ce propos le P. Prat[635], «d’abord
-la provocation était venue non de la part du P. Coton, mais du côté
-des ministres, ils le savaient bien; ensuite, la défense portait,
-entre autres signatures, celle de Calvière, juge criminel, et dévoué,
-comme sa famille, aux idées nouvelles; elle n’avait donc pas été
-faite par _les seuls_ magistrats catholiques. D’ailleurs, c’était le
-consistoire lui-même qui, par les avocats Cheyron et Charles[636], ses
-députés, s’était adressé avec les représentants du P. Coton à la cour
-du sénéchal pour en obtenir l’autorisation. Il en avait donc reconnu
-l’autorité; pourquoi la récusait-il ensuite?» Comme on voit, le P.
-Prat n’a pas lu la requête présentée par les huguenots; d’ailleurs, il
-se base uniquement sur l’_Apologétique_ du P. Coton: son récit s’en
-ressent. Mais ne confondons pas son livre de propagande avec un ouvrage
-historique. Pour en revenir à Ferrier et à Coton, leur dispute ne fut
-pas autorisée[637]. Les Nîmois se vantèrent que «l’audace de Coton,
-jésuite, [avait été] réprimée»[638], et nul doute que les catholiques
-n’aient agi pareillement de leur côté.
-
-Toutes les controverses n’étaient pas interdites par les autorités
-comme le fut celle-là. Certaines, au contraire, se passaient en
-présence de magistrats chargés d’en proclamer les résultats: il
-en fut ainsi de la grande dispute de l’infatigable P. Coton et de
-Daniel Chamier, ministre de Montélimar, en septembre et octobre 1600.
-Elle est assez bien connue aujourd’hui, grâce aux _Actes_ publiés
-en 1601 par chacun des deux adversaires, que M. Read et le P. Prat
-ont analysés[639], et dont pourtant M. le pasteur Arnaud ignore une
-partie[640]. Ces Actes donnent chacun une version un peu différente.
-On peut les compléter par deux copies conformes prises à la mairie de
-Nîmes et conservées au consistoire sous la cote B, 1. La première est
-ainsi intitulée: «15 décembre 1600. Actes faits par M. Annibal d’Aymin,
-chanoine de Nismes, au nom du P. Coton, jésuite, au sieur Chalas,
-comme procureur fondé du ministre Chamier, avec les réponses dud.
-Chalas pour led. Chamier, touchant l’exhibition des actes originaux de
-la conférence publique entre lesd. P. Coton et ministre Chamier, et
-collationnement des copies desd. actes.» La seconde commence par ces
-mots: «22 janvier 1601. Acte de réquisitions fait par Maistre Annibal
-d’Aymin, chanoine de Nismes, au nom du P. Coton, Jésuite, pour faire
-recevoir par ceux du consistoire de Nismes la réponse par écrit dud. P.
-Coton aux objections du ministre Chamier, proposées tant verbalement
-que par écrit dans une conférence publique.»
-
-Une étude approfondie de la conférence de septembre et octobre 1600
-ne saurait rentrer dans le cadre de ce chapitre. J’en rapporterai
-seulement ce qui peut avoir un intérêt général et montrer comment se
-passaient ordinairement les controverses de ce genre.
-
-Chamier arriva à Nîmes exprès pour la conférence. Elle eut lieu «au
-logis du Roy, nommé la Thrésorerie», nous dit Chamier[641]. Ses
-«modérateurs» furent le cardinal de Sourdis «en habit violet, comme
-archevêque, hormis qu’il avoit le bonnet rouge», l’évêque de Nîmes
-Valernod, Daniel de Calvière, juge criminel, de Rozel, lieutenant
-principal. Comme simples assistants étaient deux conseillers au
-Parlement de Toulouse, les magistrats des deux religions, les
-principaux et plus anciens avocats et «un grand nombre d’autres
-notables et bons habitants[642]». Les deux adversaires ayant nommé
-leurs secrétaires, Chamier demanda à l’assemblée la permission de
-faire sa prière selon la coutume réformée, tandis que Coton ferait la
-sienne suivant le rite romain. Mais les catholiques se récrièrent et il
-fut décidé que chacun ferait son oraison à part soi. Puis la dispute
-commença. Les secrétaires, au commencement, résumaient ce que l’un
-et l’autre champion disait; mais comme beaucoup de choses risquaient
-ainsi de leur échapper, car ceux qui écrivent «ne peuvent de leurs
-mains suivre la langue d’un qui discourt», Coton proposa à Chamier
-de dicter ce qu’ils voulaient chacun «ou proposer ou respondre». Ce
-qui fut accepté[643]. Cependant, le jésuite était trop éloquent pour
-renoncer à discourir, aussi les deux adversaires développaient-ils
-de vive voix leurs arguments avant d’en dicter la substance à leurs
-secrétaires[644]. La conférence durait ainsi depuis six jours sans
-résultat, lorsqu’arriva à Nîmes le président de la chambre mi-partie
-de Castres, Fresne-Canaye. Le mardi 3 octobre, Coton et Chamier furent
-étonnés de ne trouver personne à la Trésorerie en arrivant. Bientôt,
-on vint leur dire que M. de Fresne-Canaye les mandait chez lui. Ils
-s’y rendirent et, aussitôt, le président leur fit une allocution où
-il leur disait que le roi n’aimait pas les disputes; que, pourtant,
-s’ils s’étaient «contenus dans les termes de la matière pour laquelle»
-ils s’étaient assemblés[645], on aurait pu les souffrir, mais qu’ils
-s’étaient «jetés en des lieux communs de la doctrine desbattue dès si
-longtemps», si bien que «les assistans se passionnoient»; bref, la
-conférence était interrompue[646]. On décida d’en publier les actes.
-Mais les exemplaires des deux secrétaires ne purent être collationnés,
-car Chamier refusait de céder son original, craignant, disait-il,
-qu’on le falsifiât[647]. Chacun imprima donc les actes de son côté.
-Coton commença: son ouvrage parut sous le nom de Demezat avant celui
-de Chamier; il n’y déclarait pas moins que sa publication venait en
-réponse «à M. Chamier, ayant esté si osé que de publier lesd. Actes
-pleins d’absurdités, dépravations, faussetés». Je laisse à penser si
-le pasteur releva la mauvaise foi de son adversaire[648].
-
-Telle est en résumé l’histoire de cette célèbre controverse. Elle
-avait fait grand bruit. Mais toutes n’en causaient pas autant. On n’a
-pas conservé la relation de la «dispute» qui eut lieu entre Moynier,
-de Nîmes, et le P. Coton en 1600. On sait seulement que le lieutenant
-principal de Rozel y avait présidé et qu’il avait ordonné qu’on n’en
-publierait aucune relation; il eut du mal, au reste, à faire observer
-sa décision: le consistoire voulut bien ne rien imprimer, mais ce fut à
-la condition que le P. Coton se soumettrait à la même loi[649]. Moynier
-avait, dès le 5 avril, composé la relation «des disputtes qu’il auroict
-heu contre Couton[650]».
-
-Les controverses étaient assez fréquentes dans tout le colloque de
-Nîmes. Nous voyons, par exemple, en 1596, que «le moyne qui est en lad.
-ville [d’Aimargues] demanda de conférer» avec M. Nissolle, pasteur,
-«et, estans assemblés, M. Nicolas [de Nîmes, beau-frère du pamphlétaire
-Reboul] soustint tousjours led. moyne, et après l’alla accompagner
-et fist bruit par tout led. lieu que led. sieur Nissolle avoit perdu
-sa cause[651]». Un autre jour, on décide à Nîmes d’organiser une
-conférence entre M. Maurice, ministre de Nages, et le jésuite Poursan,
-ce «que plusieurs de ceste ville requièrent grandement[652]».
-
-Car il semble, en effet, que ces controverses aient vraiment été de
-quelque poids dans la conscience des fidèles. A cette époque, les
-huguenots étaient très instruits dans la théologie, le peuple se
-passionnait pour des points de dogme, et le souci que l’on voit aux
-autorités de mettre une limite au nombre de ces conférences en est la
-preuve.
-
-Les controverses durent même déterminer des conversions à l’une ou
-l’autre religion. La femme de M. le receveur Bon, «révoltée», prie le
-consistoire d’organiser une conférence entre le pasteur Moynier et le
-P. Coton «aux fins de voir sy la femne dud. Bon est en erreur». Mais
-le consistoire ne croit pas devoir lui accorder ce qu’elle demande:
-Moynier, avec un diacre et un ancien, se contentera de se rendre chez
-elle pour la «forthiffier..... sur les poins dont elle est en doute,
-et suyvant les réquisitions de lad. damoyselle[653]».
-
-On a remarqué que c’était presque toujours contre les jésuites que les
-pasteurs avaient à lutter et spécialement contre le P. Coton. Ce Père,
-confesseur futur de Henri IV, devait avoir une éloquence remarquable:
-la peine que le consistoire avait à empêcher les fidèles de se rendre
-à ses sermons en témoigne[654], et ses adversaires eux-mêmes la
-reconnaissent[655]. L’extrême douceur de ses manières et la politesse
-de son esprit lui valurent de grands succès partout où il alla. Il fut
-le «premier de sa profession, dit-on, qui eût tant honoré Calvin que de
-l’appeler Monsieur»; jusqu’alors on ne le nommait jamais autrement que
-_le Démon incarné_[656]. Coton ne se fixa pas «à Nîmes dès 1596 comme
-controversiste» ainsi que le dit M. Germain[657]: il habitait Avignon
-et le quittait souvent, il est vrai, mais toujours momentanément,
-pour soutenir de sa parole et de sa science le parti catholique[658].
-Aussi était-il fort connu et déjà, en 1600, très influent. A cette
-époque, il s’offre au chapitre de Saint-Gilles pour demander au roi,
-avec l’évêque Valernod, la réunion de ses bénéfices et la réédification
-de son église[659]. Le chapitre cathédral de Nîmes décide que, pour
-l’engager à venir prêcher, son syndic «lui fera fere un beau manteau de
-bon drap[660]».
-
-C’est que ses sermons avaient grand succès. Le consistoire de Nîmes
-ne parvient pas à empêcher les fidèles d’aller les entendre. A chaque
-séance, il lui faut appeler ceux qui «vont ouyr Couton[661]». Les
-écoliers en théologie eux-mêmes, bien que se destinant au ministère,
-s’y laissaient entraîner[662]. Beaucoup de personnes font comme eux.
-Las de réprimander tout le monde pour le même motif, le consistoire
-fait publier en chaire que ceux qui vont au sermon seront suspendus
-des sacrements[663]. Quelques jours plus tard, le succès de Coton est
-tel qu’on décide d’en saisir le synode provincial[664], lequel fait
-un article spécial contre ceux qui «vont ouïr les prescheurs de la
-papauté[665]»; et cet article est publié en chaire «les deux sènes du
-jour de Pasques[666]».
-
-On voit que les pasteurs avaient fort à faire pour combattre les
-jésuites et le P. Coton. Et ils n’avaient pas seulement à défendre les
-parents, mais encore les enfants. Il arrivait, en effet, que certains
-réformés envoyaient leur fille aux «nonnains»[667] et leur fils aux
-Jésuites. J’ai parlé de l’obstination que la femme du lieutenant Favier
-mit à ne pas retirer ses enfants aux Jésuites d’Avignon. Menaces du
-consistoire, prières, rien n’y fit[668]. Elle exposa un jour pourquoi
-elle ne voulait pas y consentir. La délibération est intéressante; on
-lui demande pourquoi elle ne rappelle pas ses enfants: «A respondu
-que c’est à cause que le collège de ceste ville [de Nîmes] n’est si
-bien réglé qu’il seroit requis, et elle a desir de les advancer comme
-elle en est obligée. Et, par l’expérience, despuis que ses enfantz
-sont en Avignon, ilz sont plus retenus, avec plus d’instruction qu’ilz
-n’avoient lhors qu’ilz estoient en ceste ville. Et c’est pourquoy elle
-est résolue de les fere estudier. Et si on a tant de désir qu’elle
-les tire de là, a requis de luy indiquer quelque lieu hors de ceste
-ville pour les y fere estudier.—Luy a esté indiqué les collèges de
-Genève, Montpelier et Montauban.—A respondu qu’elle n’a poinct ouy
-parler du collège de Montauban et qu’elle s’en informera, et, si elle
-est asseurée que ses enfantz y facent profit, elle y advisera.» On la
-censure et on la menace de la suspendre publiquement des sacrements, ce
-à quoi elle répond: «qu’elle n’est poinct de deux cens et que c’est le
-pis qu’on luy a peu faire, et de la publier qu’on ne peult parce qu’on
-n’a pas publié personne de plusieurs que ont norri leurs enfantz aux
-Jésuites[669]». Ainsi, un certain nombre de fidèles confiaient leurs
-enfants à la Compagnie de Jésus, qui en devait préparer singulièrement
-les conversions.
-
-On comprend que les raides huguenots aient détesté leurs adversaires
-dont la propagande souple et obstinée leur faisait tant de mal.
-Ils auraient bien voulu que l’ordonnance du Parlement concernant
-l’expulsion de la Compagnie fût exécuté[670]. Mais le Parlement de
-Toulouse était favorable aux Jésuites: pour répondre à l’arrêt du
-18 août 1598, défendant aux Français d’envoyer leurs enfants aux
-collèges des Jésuites, même à l’étranger, il en rendit un autre, le 23
-septembre de la même année, qui interdisait, dans toute l’étendue de sa
-juridiction, d’inquiéter les prêtres et les écoliers de la Compagnie
-de Jésus[671]. Ceux-ci conservèrent donc leurs collèges[672], et j’ai
-montré que leur instruction était appréciée de certains huguenots
-même. On trouve partout la preuve de leur influence. Les précautions
-disciplinaires que prennent les assemblées contre l’introduction
-des «superstitions» catholiques en témoignent[673]. Le chapitre de
-Saint-Gilles envoie exprès son syndic à Avignon chercher un prédicateur
-jésuite[674]. Ceux de l’église de Nîmes réclament au synode un pasteur
-dont ils ont grand besoin «pour estres assaliz des Jésuites les plus
-doctes et disertz que les papistes puissent recouvrer[675]». Les
-protestants de la province demandent continuellement que la Compagnie
-de Jésus soit expulsée tout au moins des villes qui leur appartiennent.
-Ainsi lorsque le lieutenant-général Anne de Ventadour[676] vient
-à Montpellier, «le consistoire de Montpellier est chargé de faire
-représenter à M. de Ventadour le danger qu’il y a» à introduire les
-Jésuites «en ceste province[677]». En 1600, en 1601, les réformés
-prient le roi de leur défendre l’entrée des villes de sûreté et
-d’interdire leurs collèges «nouvellement établis[678]». C’est montrer
-une véritable terreur de l’influence jésuitique.
-
-Mais les huguenots avaient aussi leur propagande bien organisée. J’ai
-dit ailleurs[679] qu’ils s’occupaient des convertis, les soutenaient
-de leurs deniers, leur faisaient apprendre un métier: cela permettait
-aux prêtres et aux moines d’adopter la confession de foi des églises
-réformées sans risquer de mourir de faim. Certains devenaient pasteurs,
-comme cet ancien cordelier, nommé Tolosani, qui, le 15 décembre 1596,
-«proposa à Castres, et alla être ministre à Vabres[680]».
-
-Le synode nat. de Saumur (1596) décide qu’on enregistrera le nom
-des convertis et qu’on leur fera, si possible, signer leur acte de
-conversion[681]; on doit spécifier en termes exprès le renoncement à la
-messe dans leur réception[682]. Ce règlement paraît avoir été observé
-dans le colloque de Nîmes: je trouve, par exemple, dans le registre du
-consistoire d’Aimargues, la mention suivante: «Le 12^e d’aoust 1601,
-Jean Nivolat, d’Aymargues, s’est présenté au consistoire pour estre
-receu en l’église, et, après avoir renié la messe et toute idolâtrie
-pour vivre au pur service de Dieu, a esté exhorté de se présenter
-le Dimanche suyvant pour estre receu devant toute l’église[683]».
-C’est sous cette forme généralement que sont enregistrés les actes de
-conversion.
-
-Ceux qui abandonnaient la religion réformée pour le papisme devaient
-être fort mal vus et peut-être même persécutés par les huguenots,
-comme les convertis à la Réforme l’étaient par les catholiques.
-L’édit de Nantes ne changea rien à cela: ainsi, en 1602, Honorat
-Majol, maître écrivain de Nîmes, fut séparé de certains prêtres et
-chanoines qu’il accompagnait et empêché de rentrer dans la ville par
-le capitaine Volpellière, commandant la garde d’une des portes, parce
-qu’il avait abjuré le calvinisme depuis une semaine[684]. On peut dire
-qu’aucun des deux partis n’aimait les «apostats», surtout quand leur
-conversion s’était faite avec éclat, comme celle du moine Burdeus à la
-Réforme[685] ou celle de Guillaume de Reboul au papisme[686].
-
-
-
-
-CONCLUSION
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-
-Lorsqu’arriva la nouvelle que le roi avait enfin signé l’édit de
-Nantes, que l’on attendait depuis si longtemps et que l’assemblée
-générale de Chatellerault avait eu tant de peine à conquérir, il ne
-sembla pas que les huguenots en ressentissent une grande joie: c’est
-que le parti était loin d’obtenir ce qu’il avait demandé[687]. Le
-synode national de Montpellier qui, composé de députés venus de tous
-les coins de la France, reflète sans doute l’état d’esprit général des
-réformés, parle de l’édit en ces termes: «MM. Charnier et Brunier...
-nous aiant fait entendre que, faute d’une bonne union et intelligence,
-nous n’avions pas obtenu tout ce qui nous étoit nécessaire pour la
-liberté de nôtre religion, le jugement de nos causes et la sûreté de
-nos vies, le sinode, aiant connu ce défaut, a protesté de vouloir
-étroitement et mieux que ci-devant observer l’union jurée et signée à
-Mantes...» Il exhorte ensuite les gouverneurs du parti «à faire leur
-possible afin que l’édit du roi ne soit pas exécuté dans aucun lieu de
-l’étendue de leur gouvernement, qu’il n’ait été exécuté auparavant dans
-les lieux qui ne suivent pas la religion réformée[688].»
-
-En Bas-Languedoc, l’édit fut accueilli avec la plus grande froideur.
-Le synode provincial de Montpellier se contente de le mentionner: «M.
-Brunier rend la lettre de l’assemblée générale de Chatellerault qui
-a obtenu de S. M. un édit en faveur des églises du royaume. Il est
-remercié de sa négociation[689].»
-
-Déjà, durant les interminables pourparlers de l’assemblée de
-Chatellerault, le Bas-Languedoc ne s’était rien moins que passionné
-pour la conquête de l’édit. Bien plus, des bruits alarmants avaient
-couru et s’étaient même répandus au point d’inquiéter l’assemblée. En
-effet, «adjoustant plus de foy aux advis donnez tantost de la part de
-quelques particuliers que, estans à la cour, y voulloient faire leurs
-affaires aux despens du général, tantost de ceux-mesmes qui sont tous
-ouvertement et par leur profession contraires au bien et advancement
-des esglizes[690]», le Bas-Languedoc avait fini par croire ou par faire
-semblant de croire que l’assemblée générale trahissait les intérêts
-du parti[691]. Les choses en vinrent même à ce point que celle-ci
-s’inquiéta et jugea nécessaire d’envoyer au plus vite le sieur de
-Saint-Germain pour expliquer la cause de ses longueurs, renforcer le
-zèle de la province et la raffermir dans l’union «tant nécessaire» des
-églises[692].
-
-La façon dont leur député fut reçu attesta l’impopularité des
-négociateurs de Chatellerault: non seulement le conseil des églises
-refusa de convoquer l’assemblée générale de la province pour
-l’écouter[693], mais encore on l’empêcha d’assister à la séance du
-conseil, «et les particuliers mesmes s’estrangèrent de luy sans luy
-rendre les debvoirs ausquelz l’honnesteté civille doibt porter un
-chascun[694].» Plus tard, l’assemblée de Chatellerault ne manqua pas
-de se plaindre aigrement de cette «province sy considérable et qui
-par le passé avoyt sy heureusement servy en cette cause[695]»; elle
-attribua l’insuccès[696] de ses négociations à ce que le roi et la
-cour s’étaient aperçus que l’union des réformés «dont l’apprehension
-les avoit esmeus, n’estoit pas telle qu’on ne peust y faire brèche»,
-et elle prétendit même qu’à partir de ce moment, «on» avait «non
-[seulement] reffuzé ce qui n’estoit point accordé encores, mais aussy
-remis en dispute plusieurs choses qui avoyent esté accordées et...
-retranché des articles qui ne sont pas de peu d’importance[697]».
-
-C’était peut-être exagérer l’importance du Bas-Languedoc, mais il se
-peut cependant que le roi ait connu et exploité contre l’assemblée le
-mécontentement de cette puissante province.
-
-Or, ce mécontentement vient confirmer les conclusions que je tire de
-cette étude. Pourquoi les huguenots du Bas-Languedoc, et de Nîmes par
-conséquent, loin de participer à l’anxiété avec laquelle les réformés
-du reste de la France attendent du roi un édit, se désintéressent-ils
-des négociations laborieuses de l’assemblée, et même laissent-ils
-entrevoir leur mauvaise volonté?
-
-C’est qu’en réalité, ils n’ont pas grande envie que le roi s’occupe de
-leurs affaires. Une loi applicable à tous les réformés du royaume ne
-pourra que restreindre les libertés particulières des Nîmois. Ceux-ci
-vivent tranquillement, en effet, sous leur consistoire (chap. I-III).
-Le consistoire gouverne, car il dirige officiellement la morale et
-contrôle entièrement la vie des fidèles (chap. IV), et son influence
-sur les consuls et les magistrats double son autorité morale de
-l’autorité matérielle et politique (chap. V). Comment les protestants
-de ce petit État bien organisé souhaiteraient-ils qu’une loi vînt
-bouleverser leur situation et surtout changer leurs rapports avec les
-catholiques, qu’ils dominent et dont en fait ils réduisent à leur
-gré les libertés (chap. VI-VII)? Chez eux, contrairement à ce qui se
-passera dans le reste de la France, l’édit de Nantes sera à l’opposé
-des intérêts huguenots et en faveur des papistes. En effet, la religion
-catholique se trouve à peu près interdite: l’édit va la rétablir au
-premier rang et reléguer l’exercice du culte réformé dans certaines
-localités déterminées. Les protestants jouissent des rentes des
-bénéfices, imposent les catholiques et leur interdisent les plaisirs
-que défend la Discipline: l’édit de Nantes changera tout cela. Dans
-ces conditions, on ne pourra s’étonner de voir, lors de l’exécution
-de l’édit, les catholiques en réclamer la stricte application et les
-réformés s’efforcer de l’empêcher[698].
-
-En somme, nous avons voulu montrer qu’il existait, dans les dernières
-années du XVI^e siècle, à Nîmes, une sorte de république calviniste à
-l’image de Genève, autonome en fait, et possédant son gouvernement, ses
-finances et ses intérêts particuliers, opposés à ceux des catholiques
-et même, peut-être, des réformés de presque tout le reste de la France.
-C’était un minuscule État dans l’État.
-
-
-
-
-APPENDICES
-
-
-A.—_Les «deniers du roi pour l’entretien des pasteurs»._
-
-En 1589, Henri III «avait promis, par l’accord conclu entre lui et le
-roi de Navarre à Plessis-lez-Tours, de fournir lui-même une partie
-des gages des pasteurs de la Guyenne, du Languedoc et du Dauphiné.
-Henri IV prit le même engagement aussitôt après son avènement. Plus
-tard (1592) il en étendit le bénéfice à toute la France[699]». Il
-confirma cette mesure en 1593, malgré l’opposition de son conseil.
-«Mais par le mauvais vouloir des trésoriers généraux, elle fut
-d’abord de nul effet... Alors, sur les remontrances de l’assemblée
-de Mantes (15 janvier 1594), Henri IV décida qu’un fonds serait fait
-en Espagne, et serait, sous le nom de Madame Catherine, distribué
-aux Églises. En 1594, le synode national de Montauban détermina le
-mode à suivre pour le répartir et pour en déterminer l’emploi...
-Mais l’allocation promise en 1594 ne fut pas payée exactement. En
-conséquence, les protestants de plusieurs provinces posèrent à
-l’assemblée de Loudun (1596) la question suivante: «Est-il permis de
-se saisir des dîmes ecclésiastiques?» Au lieu de répondre, celle-ci
-pressa le roi de satisfaire, par un bon édit, aux réclamations de ses
-anciens coreligionnaires. Henri IV déclara verbalement qu’il leur
-ferait remettre chaque année 25.000 écus, mais refusa de spécifier,
-par un acte public ou secret, la destination de cette allocation;
-seulement, à la requête des assemblées de Saumur et de Chatellerault,
-il porta la somme promise de 25.000 à 45.000[700]». Il en donna un
-brevet le 3 avril 1598[701], par lequel il déclarait accorder aux
-protestants 45.000 écus «pour employer à certains affaires secrets qui
-les concernent que Sa Majesté ne veut estre spécifiez ni déclarez»,
-payables par quartiers, «sans qu’il en puisse estre retranché ni reculé
-aucune chose pour les non-valeurs ou autrement».
-
-L’assemblée de Chatellerault, retraçant ses négociations au synode
-de Montpellier, l’avertit que, par déférence, elle lui laisse «le
-deppartement et distribution desd. deniers», en l’engageant à les
-faire de suite, et à nommer en chaque province «un personnage fidelle
-et responsable pour recepvoir et distribuer la part et portion desd.
-deniers qui escherra, selon et en la forme qu’il sera advisé par
-les sinodes provinciaux[702]». En conséquence, le synode fit la
-distribution; il accorda au Bas-Languedoc, pour 116 églises[703], 6.105
-l. 15 sols 9 deniers, plus 611 l. 6 sols 8 deniers pour le collège de
-Nîmes et 500 l. pour celui de Montpellier[704]. Puis, pour l’année 1598
-spécialement, attendu «que le roy ne donne payement que pour trois
-quartiers, à cause que le brevet n’est accordé que du premier avril»,
-il refit un état qui portait la part du Bas-Languedoc à 4.578 l. 28
-sols 4 deniers et celle du collège de Nîmes à 458 l. 20 sols[705]. En
-outre, il décida qu’on devait pensionner, sur l’allocation accordée par
-le roi, les pasteurs qui, par vieillesse ou indisposition, ne pouvaient
-exercer leurs charges, ainsi que les écoliers proposants, les veuves et
-orphelins de ministres[706]. Afin d’établir un contrôle, les provinces
-étaient tenues d’envoyer au prochain synode national leurs comptes des
-deniers avec les reçus des pasteurs, proposants, veuves et orphelins.
-De même, les universités devaient lui faire savoir comment elles
-avaient employé leur subvention. Enfin, chaque province avait à nommer
-un receveur de ses propres deniers[707].
-
-Mais, en attendant, il fallait recouvrer les sommes promises. Le roi,
-par son brevet du 3 avril 1598, avait assigné les 45.000 écus sur les
-«premiers et plus clairs deniers» des recettes générales de Rouen,
-Paris, Caen, Orléans, Tours, Poitiers, Limoges et Bordeaux[708].
-L’assemblée de Chatellerault chargea ses députés en cour d’en obtenir
-des assignations «bonnes et certaines[709]». Malgré ces précautions,
-la somme fut loin d’être exactement payée. En effet, au lieu de 66.301
-écus 30 sols que l’on devait toucher pour les trois derniers quartiers
-de l’année 1598, à savoir 33.750 écus pour les pasteurs et 32.551 écus
-pour la solde des garnisons des places de sûreté[710], le sieur Palot,
-receveur des églises, n’avait encore reçu que 32.829 écus 50 sols 6
-deniers, en juin 1600[711]. Ainsi donc, dès la première année, les
-protestants se voyaient frustrés d’environ la moitié de ce qui leur
-avait été promis. A la vérité, ils avaient bien des rescriptions pour
-le reste de la somme, mais elles valaient si peu, qu’en 1600 ils durent
-renoncer officiellement à l’espoir de toucher entièrement ce qui leur
-était dû[712]. D’ailleurs, sur les deniers de l’année 1599, ils eurent
-moins encore. En juin 1600, ils n’avaient pu obtenir en tout que 42.020
-écus, au lieu de 45.000 écus pour les églises, plus 66.372 écus 17 sols
-pour les garnisons, soit en tout 111.372 écus 17 sols pour lesquels ils
-avaient eu des rescriptions[713]. L’assemblée de Saumur se plaignit au
-roi; le roi promit qu’à l’avenir «ceux de lad. religion auront occasion
-d’en estre contens», et il continua de ne pas payer[714].
-
-La part de chaque pasteur se trouvait ainsi réduite à peu de chose,
-car, non seulement, comme on l’a vu, le roi ne payait pas à beaucoup
-près ce qu’il promettait, mais encore la plus grosse part des sommes
-obtenues à grand’peine était prudemment consacrée à la solde des
-garnisons[715]. En outre, sur la part même des ministres, on prélevait
-encore une certaine somme pour l’entretien des collèges de Nîmes et de
-Montpellier[716] et la fondation d’académies de théologie[717]. Les
-protestants attachaient en effet une grande importance à ce que leurs
-«universités» devinssent florissantes. Leurs synodes en encourageaient
-le développement[718]. On décidait de les payer sur les deniers du
-roi avant toutes les églises[719]. On tâchait de ne pas prélever sur
-leur part les frais extraordinaires[720], que l’on couvrait au moyen
-des deniers du ministère. En 1601, les deux collèges de Montpellier
-et de Nîmes recevaient 1.000 écus, alors que tous les pasteurs de
-Bas-Languedoc n’avaient à se partager que 3.201 écus 3 sols[721].
-Enfin, les consistoires veillaient soigneusement à ce que les réformés
-n’envoyassent pas leurs enfants faire leurs études ailleurs que dans
-les universités de la Religion[722].
-
-Outre les sommes consacrées à l’entretien des collèges et des
-académies, les «deniers du ministère» avaient à supporter certaines
-dépenses extraordinaires comme celles des députations à la cour et aux
-assemblées[723], et ces dépenses pouvaient monter à de très grosses
-sommes. Ainsi, en 1601, on se trouvait avoir à prendre sur l’argent
-destiné aux ministres de Bas-Languedoc, 1.314 écus 45 sols 6 deniers,
-ce qui réduisait la part de chacun d’eux de près de moitié[724].
-
-Ce qui restait pour l’entretien des pasteurs n’était donc que peu de
-chose, et il fallait encore en distribuer une part aux infirmes, aux
-proposants, aux veuves et aux orphelins, suivant l’ordonnance du synode
-national de Montpellier[725]. En février 1600, l’assemblée de Castres
-prétend que la part du Bas-Languedoc sur les deniers des pasteurs a été
-plus faible encore que celle des autres provinces[726], mais il est à
-croire que chaque province devait penser de même, en voyant le peu que
-lui rapportaient les promesses du roi.
-
-Quoi qu’il en soit, si l’église de Nîmes comptait bien, à l’origine,
-toucher sa subvention, il ne paraît pas qu’elle en ait eu grand’chose.
-Le 2 décembre 1598, le consistoire décide d’envoyer un porteur jusqu’à
-Montauban pour réclamer de l’argent à M. de Viçoze, «recepveur des
-deniers destinés par le Roy pour le payement de Messieurs les
-pasteurs[727]». Il n’avait donc probablement rien reçu encore.
-
-Il est, au reste, très difficile de connaître exactement les sommes que
-les églises touchèrent. Ainsi, le synode provincial d’Uzès, en mars
-1600, déclare que «de l’argent desdié aux professeurs en théologie aux
-académies de Montpeillier et Nismes, 200 escus seront deslivrés... à
-M. Gigord... et 50 escus à M. Moinier et aultant aux hoirs de M. de
-Falguerolles, en recognoissance des lecteures [en théologie] par eulx
-faictes[728]». Peut-être le synode a-t-il entre les mains quelque
-argent et ne donne-t-il pas là qu’une simple promesse, car Moynier,
-réclamant en 1602 d’être payé de ses leçons de théologie, avoue avoir
-reçu autrefois 50 écus[729]. Mais en tout cas, le synode ne doit pas
-avoir la somme entière, et même, il semble bien qu’il ne possède que
-ces 300 écus: car s’il pouvait disposer de quelque argent en surplus,
-il le distribuerait aux académies et le consistoire de Nîmes ne se
-plaindrait pas, au mois d’août, de ne pas avoir touché les 600 écus
-qui lui avaient été octroyés par le synode national pour «dresser une
-académie en théologie[730]».
-
-Donc, voilà tout ce qu’avait pu obtenir en 1600 le Bas-Languedoc
-sur les deniers des académies qui lui revenaient: 300 écus environ.
-Pourtant, comme nous l’avons vu, on faisait passer le payement de
-ces académies avant celui des pasteurs. Ceci laisse à penser que les
-ministres n’eurent rien ou à peu près. Je ne trouve aucun texte avant
-1602 qui permette de croire qu’ils touchèrent quelque argent sur les
-deniers du roi. Aussi comprend-on que, par compensation, les églises
-aient imposé les rentiers des bénéfices quand elles le pouvaient, et au
-moins pour payer les tailles dont elles n’avaient pu obtenir que le roi
-déchargeât les pasteurs.
-
-
-B.—_Les pasteurs de Nîmes_
-
-Comme nous l’avons vu[731], rien n’était plus difficile pour une
-église que d’acquérir un pasteur «perpétuel» lorsqu’elle s’en trouvait
-dépourvue. A cette époque, chaque fidèle pouvait venir au consistoire
-reprendre le ministre sur des points de doctrine[732]; certains
-enquêtaient secrètement sur ses mœurs; d’autres se syndiquaient,
-en dehors du consistoire, pour obtenir son renvoi; le conseil de
-ville se plaignait de lui aux assemblées ecclésiastiques; enfin, le
-consistoire pouvait le censurer[733]. Chacun avait le droit de juger
-dans sa conscience les actes de son ministre et de se faire sur lui une
-opinion personnelle, ce qui était bien selon l’esprit de libre examen.
-Un pasteur «ne peut être imposé à un troupeau contre le gré de la
-majorité[734].» Il faut donc qu’il plaise à tous. Aussi recherche-t-on
-celui qui a fait ses preuves et s’est rendu célèbre par son éloquence,
-par sa science ou par sa piété. Les églises se livrent ainsi, pour
-obtenir certains ministres, à des contestations et à des luttes qui se
-prolongent de colloque en synode et peuvent durer des années. C’est,
-en effet, une grande déception d’amour-propre pour l’une d’entre
-elles que de voir le synode lui enlever son pasteur pour le donner à
-quelque autre, et c’est pour cette raison que les protestants d’Alais
-préféraient conserver un ministre qu’ils détestaient que de le livrer
-aux Nîmois.
-
-Ceux-ci se trouvaient en décembre 1599 dans une gêne extrême. Jean
-de Falguerolles venait de mourir dans sa 39^e année[735]; le vieux
-Chambrun ne prêchait plus depuis le mois de juin[736] et Moynier
-restait seul pour une église qui aurait occupé largement quatre
-ministres. Déjà en mai 1596, l’église s’était trouvée dénuée de
-pasteurs, car Chambrun avait obtenu un congé «pour aller aux bains»,
-Moynier se purgeait, et Falguerolles était assez malade pour ne pas
-pouvoir prêcher[737], mais non trop pour faire la cour à une riche
-héritière[738]. On avait alors écrit à MM. Couet, de Bâle, et Goulard,
-de Genève, pour les engager au service de l’église, mais sans pouvoir
-s’arranger avec eux[739].
-
-Depuis, le consistoire avait continué, assez mollement, il est vrai,
-à chercher un quatrième pasteur. En mai 1599, il faisait déclarer
-au synode que l’église réservait son «droict sur M^r Terond pour
-l’avoir entretenu aux estudes[740]», et réclamait le ministre Baille,
-d’Anduze[741]. En septembre 1599, on paraissait sur le point d’engager
-M. Caille, et le consistoire faisait annoncer au prêche qu’on allait
-probablement l’avoir[742]. Néanmoins, deux mois plus tard, on rompait
-catégoriquement avec lui. Et si on lui écrivait une lettre de
-congé qu’on lui renouvela malgré ses réclamations[743] et celles de
-Chambrun[744], ce n’était pas à cause de ses «loungs délays» et de ses
-lettres «du tout incertaines», mais parce qu’il y avait «espérance de
-recouvrer M. Ferrier[745]».
-
-Ce Ferrier était un homme de talent. Il avait «assez de courage,
-l’esprit vif, l’imagination enflammée, une grande facilité à parler,
-un ton de voix impérieux, une véhémence dans l’action et le discours
-qui entraînait les auditeurs et qui ne leur laissait pas la liberté
-de lui contredire». De plus, «il pleuroit à volonté» et «il avoit
-tellement charmé le peuple, qu’il le menoit comme il vouloit[746]».
-Cette dernière assertion est certainement exacte. Il suffit de lire ce
-qui va suivre pour voir quelle popularité il s’était acquise auprès
-des Nîmois. C’était un homme d’une grande éloquence, quoi qu’en dise
-Tallemant des Réaux, et quoi qu’en pensent les auteurs de la _France
-protestante_[747]. Sinon, comment qualifier un orateur doué de toutes
-ses qualités[748]?
-
-A peine fut-il à Nîmes que cette église résolut de le conserver. Le 11
-décembre, elle le prie de rester[749]. Il s’en retourne néanmoins. Le
-22 décembre, on fait demander à l’église d’Alais de le céder à temps
-ou à perpétuité[750]: elle refuse. Le 5 janvier, on envoie à Ferrier
-trois députés et non, comme à Cailhe, une simple lettre, pour l’engager
-au service de l’église[751] et, sans doute, il se laisse tenter par
-leurs offres, car il vient à Nîmes. Aussitôt, le consistoire décide
-qu’il y restera[752]. Mais ce n’était pas l’affaire de ceux d’Alais:
-ils réclament la réunion extraordinaire du colloque qui a lieu le 13
-janvier[753].
-
-Ce colloque ne trancha pas la question, car Ferrier, le 19 janvier,
-déclare au consistoire de Nîmes que «d’estre detenu en la présente
-ville, il ne peult que ne soit prouveu par ung sinode ou colloque,
-mesmes qu’il se doibt acheminer à l’asemblée de Castres». Mais le
-consistoire affecte de le considérer désormais comme son pasteur
-légitime. Il décide que M. Ferrier est arrêté pour toute cette semaine,
-mais que lundi prochain il pourra se rendre à Alais, attendu que cette
-église «se trouve depourvue[754]». Ce prêt aux habitants d’Alais d’un
-ministre qui, en somme, leur appartenait, dut les exaspérer.
-
-On s’en aperçut en mars 1600, au synode d’Uzès. Sur la proposition
-de Moynier[755], les Nîmois y avaient envoyé une députation
-extraordinaire qui commença par réclamer qu’on lui cédât M. Ferrier,
-grâce à qui l’église avait «recongnu lesd. apostazies estre arrestées,
-les fidèles afermis, et l’audace de Coton, jésuite, réprimée;» on
-n’aurait, disait-elle, qu’à pourvoir l’église d’Alais, «beaucoup moins
-importante», d’un autre pasteur. Mais ceux d’Alais répondirent par des
-reproches contre Ferrier qui les avait quittés sans leur permission ni
-celle du colloque, «d’où seroit survenu que plusieurs de la religion se
-voyantz sans prêche seroient allés au sermon de Rhodes, jésuite», et
-contre le consistoire de Nîmes qui avait «voulu pratiquer M. Ferrier
-et l’aliéner d’eulx.» Le synode trouva moyen de mécontenter les deux
-églises par son jugement. Il confirma Ferrier à Alais, mais décida
-qu’elle le prêterait immédiatement à Nîmes pour trois mois, si bien que
-l’une et l’autre en appelèrent au synode national[756].
-
-Néanmoins, la délibération du synode fut suivie par provision, et,
-sur la requête de Moynier, le consistoire de Nîmes écrivit à Ferrier
-d’arriver «le plus promptement que faire se pourra[757]». Il vint, mais
-il ne devait pas se considérer comme détaché de son église d’Alais,
-car, le 5 avril, il annonce que le pasteur Baille, d’Anduze, qui lui
-avait promis de venir faire la cène à Alais, n’y étant pas allé,
-lui-même est forcé de s’y rendre. Pourtant, il resta[758].
-
-Le consistoire de Nîmes se trouvait alors très embarrassé. Il lui
-fallait absolument un ministre, ce qu’il cherchait en vain depuis
-1596. Or, il n’avait pas d’argent. Moynier le menaçait de quitter la
-ville pour aller chercher à Marvéjols les sommes nécessaires «pour le
-mariage de sa fillie» si on ne lui payait ses gages[759]. Cependant,
-Chambrun était si inutile qu’on lui accordait peu après un congé d’un
-mois pour aller baptiser un de ses petits-fils[760]. Le consistoire
-dut faire un emprunt[761]. Et il redoubla d’efforts pour sortir des
-embarras continuels où le mettait le manque de pasteurs. Le 10 mai,
-il envoie à Ferrier un ancien «pour luy offrir tous moyens possibles,
-et s’il veult venir changer d’ert en ceste ville[762]». Même, il
-fait une tentative infructueuse auprès du célèbre Daniel Chamier, de
-Montélimar, pour obtenir son ministère[763]. Mais rien ne réussit,
-Ferrier ni Chamier n’acceptent. Aussi, Moynier qui, malgré l’assistance
-que lui apportaient temporairement les pasteurs du colloque, devait
-être surchargé de travail[764], semble prêt à tout abandonner. Il ne
-peut toucher ses gages; il a été forcé de faire des dettes pour 3 ou
-400 l., et ses créanciers le poursuivent. En conséquence, il réclame
-ce qui lui est dû et, en même temps, un congé pour aller se reposer
-dans le Gévaudan. Le consistoire ne peut que le supplier de rester, lui
-promettre qu’on le payera sur les premiers deniers liquides et déclarer
-aux créanciers qu’il endosse les dettes de Moynier[765].
-
-Dans ces conditions, on paraît renoncer tout à fait à Ferrier et
-l’on négocie avec le pasteur Gigord. Le 23 août, le consistoire fait
-offrir à ce dernier un contrat d’engagement[766]. Mais l’affaire
-ne se terminant pas, Moynier part sans congé le 13 septembre pour
-le Gévaudan[767]. Enfin la réponse de Gigord arrive vers le 8
-novembre[768]: il se contente de charger le diacre Cheyron et l’avocat
-Chalas de ses intérêts. L’affaire, traînée en longueur, n’aboutit pas.
-
-Ainsi, à la fin de 1600, l’église de Nîmes, chef de colloque, la plus
-riche et la plus importante de la province avec celle de Montpellier,
-n’avait pas pu trouver de pasteur depuis si longtemps qu’elle en
-cherchait un. C’est qu’elle se montrait difficile. En mai 1599, elle
-s’était contentée de réserver ses droits sur Terond sans le réclamer,
-sans doute parce qu’il venait d’être consacré et n’était pas encore
-connu[769]. Un peu plus tard, elle abandonnait Cailhe pour l’espoir
-d’obtenir Ferrier[770]. Puis, lorsque la mort de Falguerolles la
-force d’acquérir coûte que coûte un ministre, c’est le célèbre Daniel
-Chamier[771], c’est Gigord[772], dont la science était si connue que
-le synode le dispensait, en 1603, de l’examen imposé aux pasteurs pour
-professer en théologie[773], qu’elle s’efforce d’engager. Mais, il n’y
-avait pas à ce moment de pasteurs libres dans le colloque ni dans la
-province, et il est à croire que si Ferrier, séparé d’Alais, et mis
-en distribution au synode le 9 mars 1601[774], lui fut enfin donné
-comme ministre «en jussion[775]», ce fut uniquement parce qu’il était
-impossible de le laisser à son église légitime.
-
-Ceux d’Alais, en effet, tout en se refusant à le laisser partir,
-l’avaient pris en haine. Il se plaignait au synode d’avoir été traité
-«d’apostat» plusieurs fois par un ancien, et de «caqueteur». On l’avait
-accusé de se préparer «pour se rendre Jésuite» et de vouloir se «faire
-trop riche en appovrissant le commun». Alors qu’il partait d’Alais
-pour «venir vers M^{rs} les Commissaires», les fidèles «le suivirent
-avec foule et avec tesmoins et noteres pour luy faire quelques actes de
-justice», et en voyant qu’il s’en allait, son troupeau criait «après
-luy que le diable luy rompît les jambes quand jamais il retourneroit
-dans lad. ville». Il se plaignait d’avoir été diffamé, calomnié,
-presque emprisonné à deux reprises. Ce à quoi l’ancien d’Alais, après
-lui avoir donné divers démentis[776], répondit que l’église «aimoit et
-honoroit son ministère». Le synode mit Ferrier et l’église d’Alais en
-distribution[777]; et il fit bien. Puis, il donna le pasteur à l’église
-de Nîmes[778] malgré l’appel d’Alais à qui il était dur de voir sa
-rivale triompher[779].
-
-
-C.—_L’édit de Nantes._
-
-L’édit de Nantes a été trop étudié pour que l’on recommence ici à
-épiloguer sur ses causes et ses résultats généraux par rapport aux
-protestants et aux destinées de la France. Il ressort nettement du bel
-ouvrage de M. Anquez[780], M. Fagniez nous parle de la «magnanimité
-de son cœur» qui le conduisit à «devancer» l’opinion[781]; M. Weiss
-ajoute qu’il avait «compris» que la France devait être la «mère
-commune de tous les Français[782]». Il est à croire que son cœur et
-son intelligence furent fort aidés en ceci par la nécessité et par
-la force des choses. M. Hanotaux[783], après Michelet[784], nous a
-fort bien montré ce qu’il en était de la bonté et du génie d’Henri
-IV. Les huguenots eux-mêmes s’en aperçurent. «Lors de l’assemblée de
-Nantes, disent-ils, que ceux de la Ligue n’avoyent point encores parlé
-de traicter avec S. M. dont les affaires sembloyent par conséquent
-réduictz en assez mauvais estat, on ne fist point de difficulté de dire
-qu’on trouvoit les demandes justes, seullement qu’il falloit patienter
-et en attendre l’establissement de Sad. Majesté qui luy donneroit moyen
-de nous faire tous jouyr de ce qui nous estoit deu. Mais, depuis, tant
-plus il a pleu a Dieu de faire prospérer les affaires de Sad. Majesté,
-plus on a non seulement faict naistre d’impossibilitez, mais aussi
-faict demonstration de trouver de l’injustice esd. demandes»; et ils
-ajoutent que lorsque «on» eut vu que leur intention était «seullement
-de finir par une bonne paix», non seulement on refusa ce qui n’était
-pas encore accordé, mais encore on retrancha des articles importants et
-l’on remit en discussion des choses déjà convenues[785].
-
-Les réformés durent en effet profiter des embarras du roi pendant la
-guerre d’Espagne et l’intimider par leurs menaces de révolte pour lui
-arracher à grand’peine le fameux édit de Nantes dont on fait honneur
-à sa tolérance et qu’il n’aurait peut-être jamais osé leur accorder
-sans cela[786]. «Alors que ce prince [Henri IV] était occuppé au
-siège de La Fère et sous prétexte de la sûreté de leur religion, ils
-[les huguenots] lui présentèrent une requête dans la situation la
-plus fâcheuse de ses affaires», dit de Thou[787]. C’est grâce à ces
-procédés, grâce à leur énergie que les réformés parvinrent à obtenir
-l’édit de Nantes. Nous allons voir que ce ne fut pas sans peine.
-
-Aussitôt monté sur le trône, Henri IV commence en effet par ne pas
-observer rigoureusement la trêve qu’il avait signée lui-même avec
-Henri III, en 1589[788]. Puis au bout de deux ans (1591), il se
-décide à renouveler l’édit de 1577[789]. Un an plus tard encore, il
-consent à révoquer officiellement les ordonnances de 1585 et 1588 qui
-mettaient les réformés hors la loi et il leur accorde quelques discrets
-articles de tolérance[790]. Et c’est tout. Les protestants sentent si
-bien qu’ils n’auront pas plus s’ils ne l’exigent pas et s’ils ne se
-rendent pas redoutables, qu’ils réorganisent entièrement leur parti à
-l’assemblée de Sainte-Foy[791].
-
-Nous sommes au début de l’année 1595, le roi n’a même pas encore réussi
-à faire enregistrer son édit de 1591[792] par lequel il renouvelait
-le traité de Poitiers: pourrait-il penser à accorder aux huguenots
-un édit réglant équitablement leurs droits et leurs devoirs? Même en
-1597, quelques mois avant la signature de l’édit de Nantes, il est
-bien loin de songer qu’il soit possible d’accorder aux protestants
-des conditions nouvelles et plus libérales. Sully le trouve un jour
-«rêveur et chagrin» parce qu’«il avoit receu des nouvelles comme l’on
-sollicitoit fort et ferme ceux de la religion de s’assembler pour luy
-envoyer des députez demander un certain édict que les plus mutins et
-séditieux d’entre eux avoient compilé à la solicitation de gens affidez
-à MM. de Boüillon, la Trimoüille, du Plessis et autres, _lequel il
-seroit hors de sa puissance de pouvoir jamais faire vérifier aux cours
-souveraines_[793]». Voici donc ce que pensait alors Henri IV sur la
-possibilité de rendre une ordonnance en faveur des huguenots. Pourtant,
-quelques mois après il signait l’édit de Nantes: c’est qu’il y avait
-été amené de force par les menaces des huguenots.
-
-Le 17 janvier 1595, la guerre avec l’Espagne avait éclaté. L’assemblée
-des églises réunie à Saumur le 22 février, envoya aussitôt au roi deux
-députés chargés de lui demander un édit. A ce moment, Henri IV remit à
-plus tard de répondre en raison de ses grands embarras[794]. L’année
-suivante, la guerre dure toujours; Henri IV n’a rien fait. L’assemblée
-de Loudun lui envoie dire, au moment où il assiège péniblement La
-Fère, qu’elle ne se séparera pas avant d’avoir obtenu un édit[795]. Le
-roi est si loin d’y songer, qu’il répond par un ordre de dissolution.
-L’assemblée refuse d’obéir[796], engage secrètement les seigneurs
-huguenots de l’armée à prévenir le roi qu’ils l’abandonneront plutôt
-que de renoncer à leur culte, décide que la messe ne sera plus
-célébrée dans aucune place protestante tant que l’édit ne sera pas
-rendu, que les catholiques seront expulsés des villes réformées si
-les protestants le sont des catholiques, etc.[797]. En somme, elle
-se révolte ouvertement. Alors le roi, craignant peut-être la guerre
-civile[798], cède: c’est le premier pas. Il envoie deux délégués, de
-Vic et Calignon, qui présentent à l’assemblée ses explications[799].
-
-Mais il est encore loin de songer à accorder aux huguenots l’édit de
-tolérance qu’ils demandent[800]. Il va chercher à les amuser par des
-négociations. Seulement, les réformés qui connaissent ses embarras
-tiennent bon et restent menaçants. Ils déclarent les propositions
-royales «totalement éloignées des choses nécessaires aux églises»
-et leur assemblée, transportée à Chatellerault, présente à Henri un
-véritable ultimatum, en avertissant le délégué royal Schomberg «qu’elle
-n’attendrait pas au delà du 10 août». Schomberg se résigne alors à
-faire à l’assemblée des propositions qu’elle accepte et il en informe
-le roi en le suppliant de les ratifier. Mais Henri IV, qui, peut-être,
-croit encore à l’amour des réformés pour sa personne, désavoue
-Schomberg[801]. Aussi bien, la paix avec l’Espagne approche. On peut
-croire que si le roi n’a pas cédé alors que ses affaires étaient si
-mal en point, il va céder encore beaucoup moins maintenant. Pourtant,
-il accorde l’édit de Nantes qui est définitivement signé en avril
-1598[802].
-
-Les témoignages des contemporains nous expliquent la raison de cette
-conduite contradictoire. En réalité, ses difficultés avec l’Espagne
-terminées, le roi se rendit compte que s’il persistait à refuser aux
-protestants ce qu’ils demandaient, ceux-ci allaient abandonner les
-menaces pour employer décidément la force, et que la guerre civile
-allait éclater. Les histoires et les mémoires nous renseignent bien
-sur ce point. Ainsi, Henri IV lui-même, faisant opiner son conseil
-sur l’édit, dit entre autres choses dans son discours, suivant
-L’Estoille[803], qu’il était las de la guerre, que les huguenots
-étaient difficiles à battre et «qu’il s’asseuroit que trois ou
-quatre batailles ne les desferoient point.... A quoi chacun baissa
-la teste.» Sully rapporte que les réformés étaient prêts «à prendre
-ouvertement les armes[804]». P. Cayet dit: «Le bruict courut que ceux
-de la relligion n’eussent pas laissé de faire la guerre au roi....».
-D’Aubigné nous raconte que quelques-uns étaient d’avis que l’on surprît
-Tours[805]. Ceux-là «prétendaient que leur requête datée d’une si
-bonne ville serait merveilleusement efficace pour persuader le roi
-et son conseil[806]». Bouillon et La Trémoïlle y auraient sans aucun
-doute contribué avec les troupes qu’ils avaient levées dans le Midi
-aux frais du roi et qu’ils refusaient de mener à Henri IV, malgré les
-supplications de De Thou[807]. D’autre part, on sait que les réformés
-avaient envoyé des députés au prince d’Orange et à la reine Élisabeth
-pour les prier de leur prêter leur concours[808]. Toutes ces raisons
-firent qu’Henri IV se résigna à signer l’édit.
-
-Mais on sent que ce fut de mauvaise grâce et la main forcée. En effet,
-à peine les réformés se furent-ils séparés que l’édit fut soumis à des
-changements de nature à restreindre les avantages qui leur étaient
-accordés. Voici l’une des plus perfides de ces modifications.
-
-Par le XXXIV^e «article secret de l’édit de Nantes[809]», le roi avait
-permis de «tenir consistoires, colloques et synodes provinciaux et
-nationaux». Puis, il se repentit de cette liberté qu’il laissait aux
-protestants et fit ajouter à la fin de l’article ces simples mots:
-«par la permission de S. M.[810].» C’était fort habile, car sans
-rien supprimer, cela annulait l’article: c’était dire, en effet, que
-le roi permettait aux protestants de lui demander l’autorisation de
-tenir leurs assemblées ecclésiastiques. Et s’il la refusait, lui
-ou ses officiers, leur culte se trouvait interdit. Heureusement,
-l’assemblée de Chatellerault ne laissa point passer cette formule
-sans protester[811]. Sur sa demande, le roi ne put refuser un «brevet
-particulier», par lequel les réformés obtenaient le droit de se réunir
-sans la permission royale et nonobstant le contenu dudit article[812].
-Mais tout cela était assez compliqué, il ne pouvait manquer de
-s’ensuivre des difficultés, et c’est ce qui arriva: au XVII^e siècle,
-on se basa précisément sur le XXXIV^e article secret pour supprimer
-successivement les synodes nationaux, puis les provinciaux et les
-colloques[813].
-
-L’assemblée de Chatellerault ne parvint pas à faire annuler toutes
-les modifications ainsi faites au texte primitif[814]. Et en somme,
-le principal mérite de l’édit de Nantes fut d’être, tant bien que
-mal, exécuté. Mais de cela même il ne faut pas savoir tant de gré
-à Henri IV. Il ne fit, après tout, qu’ordonner des «commissaires
-exécuteurs», suivant la coutume[815]. Par bonheur, ce fut dans un temps
-où la France, lasse de la guerre, goûtait la paix. La Ligue était
-morte d’épuisement et d’anarchie; les villes s’étaient apaisées; les
-protestants s’étaient séparés. Personne ne s’opposa à cet édit qui,
-pourtant mécontentait papistes et huguenots. L’heureuse fortune de
-Henri IV fut de se trouver le Roi à une époque où chacun n’aspirait
-plus qu’à se reposer.
-
-
-
-
-PIÈCES JUSTIFICATIVES
-
-
-
-
-I
-
-_1596-1602.—Liste des membres du consistoire de Nîmes._
-
-
-ANNÉE 1596[816].
-
- _Quartiers._ _Anciens._ _Diacres._
-
- Maison de ville. M^{re} Anthoine Sabatier. }
- } M. Mazaudier.
- Temple. Sire Anthoine Duprix. }
-
- Marché. M. Fontfroide, continué. }
- } M. du Molin.
- Arènes. M. Jean Boschier. }
-
- Collège. Sire Jean Tourrel. }
- } M. de Chateauneuf.
- La Ferrage. Capitaine Balthezard Fournier. }
-
- Chapitre. Capitaine Privat. }
- } M. Bosquier.
- Corcomayres. Sire Vidal Martin. }
-
- Bourgade. Sire Georges Grégoire. M. Faucon.
-
-«Messieurs les pasteurs continués, c’est: M. Chambrun, M. Moynier, et
-de Felguerolles.»
-
-«Recepveur des deniers du ministère, M. Fontfroide, continué; pour les
-deniers des pouvres, M. Anthoine Sabatier, notere.»
-
-M^{re} Guilhaumes [Guiraud] advertisseur, continué.»
-
-
-ANNÉE 1597[817].
-
- _Quartiers._ _Anciens._ _Diacres._
-
- Maison de ville. Guidon Cheyron. }
- }M. Bonhomme.
- Temple. M. le commis d’Agulhonet. }
-
- Marché. Sire Tournier. }
- }M. du Molin, continué.
- Arènes. M^{re} Boschier, continué. }
-
- Collège. Sire Robert de Méjanes. }M. de la Cassagne.
- La Ferrage. Capitaine Veyras. }
-
- Chapitre. Capitaine Jhanin, viguier de }
- Bellegarde. }M. Bosquier, continué.
- Corcomayres. Sire Vidal Martin, continué. }
-
- Bourgade. Arnaud Drulhon. }M. de Langlade.
- Madeleine. Sire Bourguet. }
-
-Mêmes pasteurs.
-
-«Recepveur des deniers du ministère, l.d. sire Jhanin; recepveur des
-deniers des pouvres, le sire Guidon Cheyron.»
-
-«M^{re} Pierre Rossel, notere, le fils, continué pour greffier.»
-
-Même avertisseur.
-
-
-ANNÉE 1598[818].
-
- _Quartiers._ _Anciens._ _Diacres._
-
- Maison de ville. Sire Guidon Chevron, continué } M. Maltret.
- Temple. Guilhaumes Vallat. }
-
- Marché. Sire Daniel Manuel. } M. Veyras le
- Arènes. M. le commis d’Agulhonet. } Vieux.
-
- Collège. Sire de Méjanes, continué. } M. de la
- La Ferrage. M. Claude Poujol. } Cassagne,
- } continué.
-
- Chapitre. Sire Rostang du Vieux. } M. Bosquier,
- Corcomayres. Sire Gril. } continué.
-
- Bourgade. Anthoine Michel, dit Molezan. }
- Madeleine et autres } } M. de Langlade, continué.
- fauxbourgs. } Paul Granier. }
-
-Receveur des deniers du ministère, Claude Poujol; receveur des deniers
-des pauvres, Daniel Manuel.
-
-Greffier, M^{re} Folchier.
-
-Même avertisseur.
-
-
-ANNÉE 1599[819].
-
- _Quartiers._ _Anciens._ _Diacres._
-
- Maison de ville. «Sire Jehan André pour et au } Bosquier le
- lieu d’Adan Farel.» } Vieux.
- Temple. Sire Guilhaume Vallat, continué.}
-
- Marché. Sire Daniel Manuel, continué. }
- Arènes. Sire Pierre Dumas «pour le } «M. Unal pour M.
- comis Agulhonet». } Veyras.»
-
- Collège. Sire Daniel Laurens «pour }
- Torrel». } «M. Lansard pour
- La Ferrage. Sire Jacques Sigallon «pour } M. de la
- sire Poujol». } Cassagne».
-
- Chapitre. Sire Rostang du Vieux, continué.} «M. de S^t-Cezary
- Corcomayres. Sire Gril, continué. } au lieu de M.
- } Bosquier.»
-
- Bourgade. Sire Anthoine Guiraudon }
- «pour Anthoine Molezan.» } «M. Cheyron pour
- Madeleine et } Sire Paul Granier, continué. }M. de Langlade.»
- fauxbourgs bas.} }
-
-Même greffier. Même avertisseur.
-
-Receveur des deniers du ministère, Daniel Laurens; receveur des deniers
-des pauvres, Jean Radel[820].
-
-
-ANNÉE 1600[821].
-
- _Quartiers._ _Anciens._ _Diacres._
-
- Maison de ville. Sire Radel, continué. } «Diacre en ses
- Temple. Maître Dostaly «au lieu de sire } deux}
- Vallat». } surveillances:
- } M^{re} Bousquier
- } le vieulx.»
-
- _Quartiers._ _Anciens._ _Diacres_
-
- Marché. Sire Surian «au lieu de sire } «M. Anthoine
- Manuel». } Davin pour
- Arènes. Sire Crouzet «au lieu de sire } M. Unal.»
- Dumas». }
-
- Collège. Sire Daniel Laurens, continué. } «Diacre en ses
- La Ferrage. Sire Anthoine du Vieulx «au } deux ysles, M.
- lieu du sire Sigallon». } Blisson pour M.
- } Lansard.»
-
- Chapitre. Sire Salveton «au lieu de sire } «M. de
- Rostand du Vieulx». } Castelnou
- Corcomayres. Sire Jacques Blanc «au lieu de } «pour M. de
- sire Gril». } Calvières.»
-
- Bourgade. Sire Jehan Baudouin «au lieu }
- du sire Guiraudon». } «M Cheyron,
- Madeleine et autres } Sire Isaac Paris «au lieu du } continué.»
- fauxbourgs. } sire Granier». }
-Greffier, M^{re} Michel Ursy, notaire royal, au lieu de «M^r Fauchier».
-Même avertisseur.
-
-
-ANNÉE 1602[822].
-
- _Quartiers._ _Anciens._ _Diacres._
-
- Maison de ville. Sire Claude Combes. } M.
- Temple. M^{re} Vidal de Salhens, continué.} Jacques
- } Dairon.
-
- Marché. Sire David Guiraud. } M.
- Arènes. Sire Jehan Rolland. } Gaissac,
- } continué.
-
- Chapitre. M^{re} Arnaud Guérin, continué. } M.
- Collège. Sire David Nysmes. } Maltrait.
-
- Corcomayres. Sire Bourges, continué. } M. Daniel
- La Ferrage. M^{re} Louis Baudouin. } Arnaud,
- } sieur de
- } la
- } Cassagne.
-
- Bourgade. Claude Foucard. }
- Madeleine, S^t-Antoine } } M. de
- et autres } Jehan Bourguet. } Méjanes.
- fauxbourgs. } }
-
- Greffier, M^{re} Pierre Nogarede.
- Receveur des deniers du ministère, Sire Claude Combes.
- Receveur des deniers des pauvres, Sire David Guiraud[823].
-
-
-
-
-II
-
- _1562, 26 octobre.—Défense faite par le présidial de Nîmes au
- consistoire d’empiéter sur la justice du roi_[824].
-
-
-La prière faicte, et avoir conféré ensemble de plusieurs afferes par
-longtemps,
-
-Le seigneur Président[825] a remis les articles de prohibition
-suyvants, en deux pièces papier, escriptz, par luy signées, au long
-leuz par le seigneur de Clozone à la réquisition dud. sieur President,
-faisant lad. prohibition et inhibitions comme ausdictz articles est
-contenu, requérant luy estre faict responce, estantz de teneur:
-
-Sur la requeste présentée par le procureur du Roy en la présente
-seneschaussée et siege presidial, tendant à la conservation et
-entretenement de l’autorité du Roy et de sa justice, et pour obvier à
-l’entreprinse que pourroit estre faicte au contrere par les ministres
-de la religion refformée et autres qui suyvent icelle, suyvant l’advis
-du conseil du siege presidial ou lad. requeste a esté rapportée, avons
-inhibé et deffendu, inhibons et deffendons, à peine de mil livres
-tournois et des autres que de droict pourroient estre encorues, ausd.
-ministres, leurs consistoires, et à toutz autres qu’il appartiendra, de
-prendre court, juridiction, cognoissance, autorité ou puissance aulcune
-sur les subjetz du Roy, pour raison des differentz, controverses et
-procès criminels que soyent que lesd. subjectz ayent ou puissent avoir
-ensemble, soyt pour matières civiles ou criminelles, excès, injures
-ou oultrages en consistoire ny aultrement, et soit soubz prétexte de
-réconcilier hayne que pourroit estre entre eulx, et ce à occasion
-desd. differentz et procès, leurs causes, déppendances et envergences.
-Et, toutes foys, n’entendons empescher lesd. ministres et aultres
-qui ont charge en lad. églize quant à ce et encores toutz autres qui
-pour le debvoir de crestiens sont a ce tenus, qu’ilz ne fassent leurs
-charges, uzans crestiennement et hors de concistoires ou assemblées
-d’exortations, prières, admonitions, reprehensions et aultres toutes
-voyes deuez, selon, toutes foys, la parolle de Dieu et doctrine
-ecclesiastique a icelle reglée, pour leur fere depposer et delaisser
-lesd. haynes, maulvaises affections et rancunes qu’ilz pourroient
-avoir conceues a occasion desd. procès, causes d’iceulx et leurs
-deppendances, et pour les réconcilier a paix, concorde et amytié. Aussi
-n’entendons empescher lesd. ministres et consistoires esd. exortations,
-reprehensions et en la correction des escandales, des faultes atroces
-ou publicques, comme la cognoissance et correction leur en peult
-appartenir par la doctrinne ecclesiastique reglée par la parolle de
-Dieu et par ses Escriptures sainctes, sans sortir hors les bornes
-d’icelles, ny interrompre l’ordre y ordonné, en y uzant pareillement
-des censures ecclesiastiques, excommunications et aultre autorité
-appartenant à l’églize, suyvant lad. parolle. Pareillement inhibons et
-deffendons sur mesmes peines ausd. ministres et toutz aultres qu’il
-appartiendra fere pour estre observées par les subjetz du Roy, loix
-statutz ou ordonnances politiques pour estre chose appartenant à la
-seule Majesté du Roy; fere aussi restitutions, traditions, reglementz
-ou loix pour servir à l’exercisse de lad. religion et constraindre
-lesd. subjectz du Roy a observation d’icelles que soyent contre lad.
-parolle ou dont on puisse sortir superstition, prophanation des
-choses instituées de Dieu ou aultrement, scrupule ou scandale au
-danger des consciences des fidelles. Davantage, sur mesmes peines,
-inhibons et deffendons à toutz ministres de se ingerer au ministère
-de la predication de la parolle de Dieu en ceste séneschaussée, que
-premièrement il n’aye presté entre les mains des officiers du Roy
-en lad. seneschaussée le serment requis. Et aussi qu’ilz ne fassent
-synodes ny consistoires sans exprès congé, ou en presence de l’ung
-desd. officiers pour la conservation de l’autorité du Roy et de ses
-magistratz. Et le tout par provision et jusques autrement en soyt
-ordonné. [Signé] Calvière, président.
-
-Lesquelz articles d’inhibitions leuz et entendus par toutz ceulx du
-consistoire et aultres y estantz de la partie des ministres de la
-presente ville auroyt esté offert d’y obeyr. Et despuis, en l’absance
-dud. sieur Président, demandant y estre faict responce, ayant heu sur
-ce advis, auroyt esté arresté par le consistoire pour lad. responce que
-l’on n’a onques pensé contrevenir aux articles et inhibitions propozés,
-comme n’y veulent aussy contrevenir cy après, n’estant besoing pour ce
-regard lesd. inhibitions y contenues leur estre faictes, lesquelles
-néant-moingz prennent à la bonne part, attendu que l’intention de la
-court n’est aultre que de se vouloir tenir et fere tenir les subjectz
-du Roy soubz l’obéissance d’icelluy, comme se seroient aussi tousjours
-tenus et veulent fere.
-
-
-III
-
- _1596, avril-août.—Enquête faite par le consistoire de Nîmes au sujet
- de Suzanne Cregude, Paul Rivière, dit La Canquille, et Gasais, accusés
- du crime de «paillardise»._
-
-«Suzanne Cregude, femme de Estienne Girardin, venue en consistoire,
-accusée d’avoir conversé charnellement avec certains jeunes hommes de
-la présante ville ses jours passés, heure de neuf de nuict, exortée
-de dire vérité et quy la força, ladite Nina a dit qu’à son advis et
-jugement, a environ quinze jours, c’estoient Jan Gasays et Pol Rivière
-de la présante ville, qui vindrent en la maison de Gourdouse, lesquels
-y firent collation, et après, deux hommes qui ressemblent jeunes la
-vindrent chercher en sa maison et la menèrent par force à la boucherie
-de la présante ville près la bouticque dudit Gasays, qui estoit environ
-l’heure de neuf de nuit, où illec la volleurent presser de son honneur.
-Non toutesfois quy le fissent; et, voyant ce, la renvoyèrent, et
-elle s’en retourna en sad. maison..... Lad. Cregude sera exortée ne
-continuer en lad. adultère[826].»
-
- * * * * *
-
-«Suzanne Cregude, venue..... en consistoire à cause d’avoir conversé
-charnellement, heure de nuict, avec Jacques Gasais et Pol Rivière, ce
-qu’elle a confessé, et avoir esté par iceux forcée et induicte à ce
-fere dans la maison et bouticque dud. Gasais...., confesse aussy estre
-mariée, mais son mary a demeuré absent de ceste province puis trois
-ans, s’estant, ainsin qu’elle a entandu, en Prouvance.....[827]»
-
- * * * * *
-
-«Pol [Rivière, dit] la Canquille, venu en consistoire, ...... a
-dit estre inossant de l’accusation fette par lad. Cregude et ne la
-cognoistre aulcunement, bien est vray avoir esté dans la maison où elle
-demeure pour fere collation avec led. Gasais, mais il ne luy parla
-point.....[828]»
-
- * * * * *
-
-«Suzanne Cregude, venue en consistoire, après avoir promis et juré de
-dire vérité, a esté là mesme accarrée à Pol Rivière que parelhement a
-promis et juré de dire vérité. A esté demandé ausd. Rivière et Cregude
-s’ils se cognoissent l’un l’autre. Ladicte Cregude a dict cognoistre
-led. Rivière, et led. Rivière a dit ne la cognoistre, moings de
-l’avoir jamais veue. Interroguée lad. Cregude....... a respondu que
-led. Rouvière, accompagné dud. Gasais, la vindrent trouver en la maison
-qu’elle fait sa demeure, qu’estoit environ l’heure de dix de nuict,
-et la menèrent et conduirent dans la bouticque et maison d’icelluy
-Gasais....., et pense bien que led. Rivière lors abusa d’elle avec led.
-Gasais, non toutesfois qu’elle veullie assurer dud. Rivière parce qu’il
-estoit nuict, et pense qu’il s’en alla.
-
-Led. Rivière a acordé que véritablement il acompagna led. Gasais
-conduisant lad. Cregude (qu’il recognoist), icelluy Gasais marchant
-devant et luy après, et lad. Cregude au millieu, et, après qu’ilz
-l’eurent conduicte dans la maison dud. Gasais, il y entra avec eulx,
-et, après avoir fait collation, il en sortist et les laissa tous deux
-seulz dans icelle, comme il en feust prié par led. Gasais......
-
-Interroguée lad. Cregude..... a respondu la vérité estre telle: que ce
-feust sullement led. Gasais quy la cognust et abusa d’elle, et pense
-estre ensaincte de l’œuvre d’icelluy, et non dud. Rivière, qu’elle n’a
-jamais accusé.
-
-Led. Rivière, sur ce oüy, ..... a percisté comme dessus........ Bien
-est vray que....., il fust prié par led. Gasais sortir et s’en aller
-(ce qu’il fist), et, environ deux heures après qu’il ce fust assis et
-sommellié sur un tablier de lad. place, il retourna en lad. maison où
-il treuva que led. Gasais avoit congédié lad. Cregude[829].»
-
- * * * * *
-
-«Jacques Gasais et Suzanne Cregude, femme à Estienne Girardin, venus et
-appellés en consistoire.....
-
-Interrogé, led. Gasais..... a respondu que, sur le commensement dud.
-mois d’apvril dernier, se promenant avec Pol Rivière La Canquille.....
-et passans près le pont de la Gau....., qu’estoit environ l’heure
-de unze de nuict, ilz rencontrèrent lad. Cregude présante, qu’ilz
-prindrent et admenèrent en sa maison..... où, comme furent entrés dans
-icelle, ledict Rivière..... abusa premièrement de lad. Cregude et, ce
-fait, après avoir fait collation tous ensamble led. Rivière sortist de
-lad. boutique dans laquelle laissa tout seul il quy respond et lad.
-Cregude, que parelhement.... abusa d’icelle, et, après, feust par eux
-congédiée, ne sachant led. Gasais où elle passa. Bien dit que led.
-Rouvière l’alla accompaigner.
-
-Interrogué..... a respondu ne l’avoir jamais cogneue que ceste seulle
-fois..... où lors lad. Cregude leur auroit librement confessé que un
-nommé Sargent Yssac, dans la maison duquel elle demeuroit, en avoit
-plusieurs fois abusé d’elle pandant que la femme d’icelluy estoit
-mallade.
-
-Interroguée, lad. Cregude la cause de sa variation, ayant accusé du
-commensement led. Rivière avoir abusé d’elle avec led. Gasais, et
-maintenant le descharge......, et pourquoy aussy n’auroit-elle confessé
-led. Sargent Ysac......., a dict et respondu qu’elle, du commensement,
-avoit confessé la vérité......, et, lorsque led. La Canquille lui
-fust accaré, l’ayant volleu descharger pour crainte qu’elle avoit
-d’icelluy......, niant avoir jamais confessé led. Sargent Ysac avoir
-abusé d’elle.......[830]»
-
- * * * * *
-
-«Pol Rivière, dit La Canquille, et Cregude, venus en consistoire......,
-ont persévéré [chacun dans ses dires]....... Led. Rivière soutient lad.
-Cregude este une putain publicque[831]»
-
- * * * * *
-
-[Pol La Canquille et Gasais appelés tous les deux persistent dans leurs
-dires. Voici le jugement:]
-
-«Conclud..... de l’adultère fait et comis par led. Gasais d’avec lad.
-Suzanne Cregude en la maison dud. Gasais, suivant la confession par
-eulx fette....., et que lesd. Gasais et Rivière sont coustumiers ribler
-les rues de nuict, se masquer et jouer meries et farces, qu’ilz et
-lad. Cregude seront vivement sensurés, leurs noms et surnoms publiés
-en chaire, dimenche prochain, et, oultre ce, suspendus de la prochaine
-cène, et, venans à repantance et contrition de cœur, recognoissans leur
-mesfaict, se présanteront après pour y estre receus......[832]»
-
- * * * * *
-
-«Jacques Gasais et Pol Rivière remonstrent à vous, Messieurs les
-pasteurs et anciens de l’esglise refformée de Nymes, que la suivante
-deslibération prinse contre eulx a esté donnée le corps du consistoire
-non complet, comme est requis par la dissipline, d’allieurs que lad.
-deslibération contre eulx donnée est trop rigoreuse, en ce que par
-icelle est pourté qu’ilz seront nommés publiquement en chère, bien que
-la circonstance du fait ne le mérite poinct...... Considéré que lad.
-résollution les pourroit esmouvoir à quelque autre recours sy laditte
-résollution n’est modérée, ce qu’ilz vous requièrent très humblement,
-veu leur jeunesse, qu’ilz promettent....... doresnavant quicter et
-renoncer à toute mauvaise action et intantion. Déclairent qu’ilz
-offrent fere réparation à lad. esglise et dans le consistoire d’icelle
-et non autrement......[833]»
-
-[Mais, la précédente délibération étant confirmée, Rivière et Gasais en
-appellent au colloque.]
-
- * * * * *
-
-«Gasais et Rivière ce sont présantés au présant consistoire pour estre
-receus aux sainctz sacrementz à la prochaine cène, offrans fere toute
-réparation...... moyenant qu’elle ne soit publicquement, ores leur
-soit esté ainsin ordonné par le dernier collocque tenu en la ville de
-Montpellier, par laquelle la sentence du présant consistoire a esté
-confirmée. Conclud qu’ilz demeureront suspandus des saintz sacremens
-jusques à ce qu’il aparoisse de leur repantance, et alors feront
-réparation publicque un jour de dimenche à huict heures. A quoy ont
-consenti et promis ce fere[834]».
-
-
-
-
-IV
-
- _1598, janvier.—Mémoires donnez au sieur de Sainct-Germain s’en
- allant vers les esglises du Bas-Languedoc de la part de l’assemblée
- généralle de Chastellerault_[835].
-
-
-Led. sieur remonstrera ausd. esglizes que Messieurs de l’assemblée
-généralle, croyans que les longueurs de leur négociation leurs sont
-ennuyeuses et voullans rendre manifeste, autant qu’il sera possible,
-la seurté de leurs intentions, estre les divers bruictz qu’ilz sçavent
-estre artificieusement semez par les provinces préjudiciable au bien
-des affaires généralles des esglizes de ce royaume, autant qu’ilz
-peuvent en rompre, ou, pour le moings, affoiblir l’union sy nécessaire
-à leur conservation, l’ont pour cet effect depputé affin de leur faire
-le récit au long et véritable des choses qui se sont passées en toute
-cette négociation, par lequel, pouvans congnoistre la vraye forme de
-ces longueurs et en outre le vray estat auquel se trouvent maintenant
-les affaires, non seullement elles ayent de quoy repprimer ces bruits,
-mais puissent aussy donner leurs bons et meurs advis, ausquels elles se
-doibvent asseurer que lad. assemblée se confirmera aultant qu’il sera
-possible.
-
-[Ici se place un long rapport des négociations de l’assemblée, dont le
-détail se trouve dans le même ms.]
-
-Telle est la suitte, et par cette suytte l’estat des affaires,
-lesquelles lesd. esglises du Bas-Languedoc sont priées de bien
-et diligemment considérer pour en donner leurs bons advis et y
-recongnoistre la vraye cause des longueurs esquelles cette négociation
-a esté entretenue, contre l’opposition de Messieurs de l’assemblée,
-ausquelz Dieu a faict la grâce d’estre monstrez sy affectionnez au bien
-public, qu’ilz ont mieux aymé dévorer une infinité d’incommoditez que
-les toucher en leur particulier, et tous les ennuys que leur viennent
-nécessaires de sy estranges proceddures, et non pas de précipiter leur
-résolution avant le temps, voyans bien qu’il n’en pouvoit advenir que
-beaucoup de mal pour tout le royaume, auquel fauldroit peu d’effort,
-après tant de rudes secousses, pour le pousser en la dernière ruyne, et
-pour les esglises du deshonneur pour estre blasmées d’affectionner les
-ou du desadvantage en acceptant des conditions insuffisantes à remédier
-à leurs remèdes.
-
-A ces causes seront lesd. esglises au Bas-Languedoc instamment priées
-au nom de Dieu, et en tant qu’elles ont chère leur conservation et de
-tout le corps dont Dieu les a faictes, de se porter toutes entières à
-cette tant nécessaire union, prenant garde de ne donner aucune occasion
-de penser qu’elle sont tant peu distraictes d’avec les autres, comme
-l’ont voulu croire ceux qui de ses apparences prennent occasion de
-dillayer à donner remède aux maux publicqs; pour cest effect prendre
-une entière créance en la seureté desd. sieurs depputez de l’assemblée,
-lesquelz, par une sy longue patience incroyable à eux mesmes, pensent
-avoir assez suffizamment tesmoigné le désir qu’ilz ont de voir toutes
-choses paisibles en l’Estat, et particulièrement asseurer à ceux qui
-leur font cest honneur de se fier en eux de leur conservation, que
-s’ilz eussent esté aultrement disposez, comme ilz sçavent qu’on les
-a voullu calompnier, il ne leur estoit jà besoing de sy longtemps
-attendre, et avec tant d’incommodité pour leur particulier, veu les
-mesures de l’estat qui ne donnent que trop de moyens de se mettre en
-combustion pour peu qu’on y ayt de l’affection.
-
-Leur sera aussy représenté que c’est avec un très grand regret que
-lesd. sieurs depputez ont, dès le commencement, entendu les semences
-de division que y a en lad. province entre les particulliers, et plus
-encores de ce qu’en un sy long temps on n’ayt peu trouver le moyen
-de les assouppir, et que c’est une des causes que les a poulsez à
-depputer led. sieur de Saint-Germain pour se transporter sur les
-lieux et voir sy, le consel de la province n’y ayant peu remédier,
-l’autorité de l’assemblée généralle y pourra point davantaige, comme
-il est à espérer sy lesd. esglises du Languedoc se résolvent de donner
-par leur consentement force et vigueur aux advis qui leur apportera.
-Déclarera donc qu’on trouve une très dangereuse ouverture en la
-désobeyssance que le cappitaine Gaultier rend au sieur de Bertichères,
-à qui appartient le gouvernement d’Aiguesmortes, dont le fort de Pecais
-est une deppendance comme l’assemblée l’a recongnu par les provisions
-auparavant données par Sa Majesté tant au sieur de Legues qu’aud. sieur
-de Bertichères et par les actes du consel et des assamblées de la
-province; pourtant trouve raisonnable que led. Gaultier soit exhorté
-vivement de recongnoistre son debvoir, et resouldre à ne deppendre
-plus de ceux qui veullent se servir de luy pour commencer par les
-esglizes à affoiblir toutes les autres; que sy les remonstrances y sont
-inutilles et que led. Gaultier soit sy oppiniastre et, par douleur, on
-ne puisse rien gaigner sur luy, sont exhortées lesd. esglises, a qui
-le faut toucher premièrement et de plus près, adviser à tenir moyens
-propres pour l’y contraindre, et sy besoing est leur seront par led.
-s^r de Saint-Germain faictes les ouvertures telles que entendues en
-l’assemblée, estant de toute importance de ne laisser aucune occasion
-de croire qu’il soit au pouvoir du premier qui vouldra l’entreprendre
-de frustrer les esglizes des choses qui leur sont sy nécessaires, ce
-qui doibt tant plus estre trouvé mauvais que ce faict particulier
-pourroit tourner en exemple pour faire que plusieurs fissent leur
-accord à part du reste des esglises; lequel moyen de contrainte il
-exposera, s’il void que l’inclination de la province y soit et qu’elle
-fust portée et disposée à cela et non aultrement.
-
-Leur sera aussy représenté l’importance du faict d’Aubenas et combien
-est non seullement mal séante, mais aussy dommageable au public la
-dispute sy crimineuse entre les s^{rs} de Chambault et Pilotz, veu
-qu’on est ce pendant en danger de perdre du tout lad. place pour le
-général des esglises, et par conséquent pour les particuliers, qui
-vouldront ne se deppartir point de l’union qu’il est sans doubte que
-ce différent donne à ceux qui se roidissent à la rayer du roolle des
-suretez, et courage à oppiniastrer leur injuste vollonté et espérance
-d’en venir à bout.
-
-Pourtant il est trouvé nécessaire d’apporter en un tel faict et
-dilligence et prudence, mesmes d’exhorter led. s^r de Chambault à
-voulloir cedder ses intérêts à nos nécessitez publicques et ne donner
-aucun empeschement en ce que la place soit seurement gardée pendant
-la disputte principalle, et de ne donner occasion par une impatience
-trop grande au sieur Pilotz de jouer à la désespérance et se précipiter
-en des conselz qui seront et dommageables au général et malaisez à
-repparer, ou finallement peu honnorables aud. sieur de Chambauld, qui
-l’y auroit poussé pour ne voulloir rien relascher de ses prétentions.
-Cependant, led. sieur de Saint-Germain est chargé de se transporter
-sur les lieux s’il y est besoing, et prier le consel de Languedoc de
-le faire accompaigner de tel ou telz qu’ilz trouveront à propos pour,
-ayant ouy lesd. sieurs de Chambault et Pilotz, faire des ouvertures
-d’accord entre eux deux par l’advis dud. Consel. L’église sera exhorté
-de pourvoyr aussy aux moyens de payement de la garnison nécessaire pour
-conserver la place au party des esglises.
-
-Et pour ce que c’est un grand préjudice à la négociation commencée
-qu’il soit pourveu à la garde et gouvernement des places qui sont pour
-la seureté des esglises ainsi que par leur nomination, l’assemblée,
-ayant entendu que le sieur Rolles, papiste, a esté pourveu du
-gouvernement de Sommières, savoir de l’estat de sergent-major, à
-Montpellier, et Corbière de la compaignie du feu sieur de Leques, led.
-sieur de Saint-Germain remonstrera que l’avis de Messieurs les depputez
-est que toutes telles provisions ne soyent point receues, comme avec
-grand contentement ilz ont entendu qu’elles ont esté reffuzées, et
-les priera de voulloir recongnoistre de là combien il leur importe de
-faire voire à tout le monde qu’elles veullent deppendre de l’union
-généralle, affin qu’elles ne se rendent mesprisables et par conséquent
-donner aultant d’empeschement à ce que les choses qui se traictent icy
-n’y puissent leur estre profitable, quand il plaira à Dieu que cette
-négociation se termine, selon le désir des gens de bien, à sa gloire,
-à la consolation et assurance de tous ceux qui désirent la servir et
-liberté de conscience.
-
-Finallement, par ce qu’il importe que l’assemblée soit entretenue
-et continuée pour achever ce qui restera de nécessaire, et qu’il
-est impossible que ceux qui y ont desja donné deux années demeurent
-plus longtemps esloignez de leurs affaires, oultre plusieurs autres
-considérations qui rendent nécessaire la substitution des depputez pour
-renouveller lad. assemblée, sont priées lesd. esglizes du Bas Languedoc
-de nommer un personnage suffizant et assigné, au lieu des sieurs baron
-de Fons et Brunier leurs depputez et seront asseurez qu’on a desja
-pourveu à l’entretenement de celluy qu’elles envoyront comme aussy de
-tous les autres, sans que les provisions en soyent grevées.
-
-Faict et arresté en l’assemblée généralle des esglizes refformées de
-France tenant à Chastellerault, le XXIIII^e...... 1598, et signé par
-ordonnance d’icelle par moy depputé et secrétaire en icelle. Signé
-Rochelle.
-
-
-
-
-V
-
-
- _1598, 11 avril.—Accord en consistoire de Julius Pacius et de Vismes,
- recteur et régent du collège de Nîmes_[836].
-
-Du sabmedy, 11^e apvril 1598, jour extraordinaire, le consistoire
-assemblé après avoir invoqué le nom de Dieu. M. le juge criminel, MM.
-le gardeseau, et d’Agulhonnet; M. Rozel, premier consul, M. Dumolin,
-cappitaines Veyras et Boschier. Led. sieur juge conduisant l’action.
-
-S’est présanté M. de Vismes, lequel auroit dict que M. Pacieux auroit
-esté à bon droict offancé de la délaction et propos tenuz par led. de
-Vismes tant en consistoire que alheurs contre l’honneur et réputation
-dud. sieur Pacieux, le priant le pardonner et ne fere aulcune poursuyte
-en justice contre luy pour raison de ce dessus, déclairant aussy qu’il
-le tient pour homme de bien et d’honneur, l’ayant tousjours cognu
-de bonne vye et conversation, et de saincte et orthodoxe doctrine,
-conforme à la confession des esglizes refformées de France, et que
-telz propos ne debvoyent et de doibvent estre proférés ny mis en
-advant contre led. sire Pacieux, le priant derechef se contenter de la
-présante déclaration, que auroit faicte au consistoire le premier du
-présant moys d’apvril, soit rayée, et autres escripts bifés et rompus.
-Ce que a esté faict en présance des sus nommés. [Signés:] Robert de
-Vismes. Calvière. De Chambrun. J. Pacius. Paien? Dagulhonet. Rozel,
-consul. Maltret. Molin. Janotade (?)
-
- * * * * *
-
-[_En marge_:]
-
-M. Esaye Baille, ministre de l’églize d’Anduze, et Isaac Bolet,
-ministre de l’églize de Vergèse, suivant la charge à nous donnée par
-le synode provincial tenu ce jour d’huy en la présante ville déclairons
-ce présent acte, ensemble le suivant ausquels M. le Juge Criminel a
-présidé estre d’une assamblée mixte et non consistoriale, et pourtant
-n’en pouvoir estre despêché aucun extraict portant tiltre des actes
-consistoriaulx. Faict à Nismes ce 7 aoust 1599 par nous soubzsignés.
-Baille. Bolet.
-
- * * * * *
-
-Et par lad. assamblée a esté deslibéré que la déclaration faicte par
-led. M. de Vismes aud. s^r Patieux, pour raison du mariage de sa
-belle-sœur, seroit registrée. La teneur de laquelle s’ensuit: «Je
-soubzsigné recognois, déclaire, et confesse avoir, de mon propre
-mouvemant et libre volonté, demandé et faict demander, à mon nom en
-mariaige damoiselle Camille, filhe de M. Laurens Venturin, bourgeois
-de Genève, en quoy et en la promesse de mariaige despuys ensuyvye
-entre nous je n’ay esté nullement constrainct, mais ay le tout faict
-par bone et meure deslibération, ay tousiours tenu comme je tiens
-encores à présant lad. damoiselle Camilhe pour très honneste et très
-vertuze et sans reproche, et que j’ay dict ou escript à Genève à M. de
-Bèze et aux père et mère d’icelle damoiselle ou autres parsonnes ou
-autre part quy puisse estre entandu contre la susdicte, recognoissant,
-déclairant, et confessant et aulcunemant tant soit peu au préjudice
-de lad. damoiselle et de son honneur, je l’ay rétracté comme mal et
-imprudemant escript et contre vérité et tant qu’il peult aulcunement
-fere ou estre entandu contre lad. damoiselle et contre son honneur,
-priant la mesme damoiselle et ses pere et mere, et autres siens parens
-de le me pardonner, l’imputant plus tost à inavertance et imprudance
-qu’à malice. Laquelle recognoissance, déclaration, confession, et
-demande j’ay faict en présance des soubzsignés magistratz, pasteurs,
-et autres parsonnes d’honneur, lesquelles soubzsigneront avec moy la
-présante escripteure en tesmoignage de vérité. Faict à Nismes au 25^e
-mars 1598. Robert de Vismes ay faict la susdicte déclaration. Calvière.
-Des Vignolles présant d’Agulhonnet. Moynier, ministre dudict Nismes.
-Rozel, I^{er} consul. [_Au bas de la page_:] «J’ay reçeu l’original du
-susdict extraict, l’ay rendu à M. Paccius qui me l’avoit ballié. J.
-Moynier.»
-
-
-
-
-VI
-
- _Extrait des instructions du pasteur Daniel Chamier, député par
- l’assemblée de Chatellerault au synode national de Montpellier_[837].
-
-
-Mais il est advenu au grand regret desd. sieurs depputez que plusieurs
-particuliers, quelques esglizes, et mesmes des provinces entières ont
-faict démonstration de n’approuver pas beaucoup lesd. procceddures,
-reffuzans de se joindre en icelles, les unes en se contantans
-simplement de s’en tenir loing et en regarder l’issue, les autres en
-les blasmant et s’y opposant trop ouvertement, en quoy les ungs et les
-aultres sont de tant plus à condemner qu’il n’ont daigné communicquer
-leur advis à lad. assemblée, pour la rendre cappable des raisonz qu’ilz
-pensoyent avoir, ou se laisser eux mesmes instruire pour ramener par ce
-moyen les choses à un mutuel contentement.
-
-Que ceux avec lesquelz on a eu affaire, gens qui tiennent la relligion
-pour hérésie, et par conséquent en désirent l’abolition et la ruyne
-de ceux qui en font profession, ont sceu très bien faire leur profit
-de ces semences de division, selon qu’ilz ont tousjours accoustumé
-de mesurer la condition des esglizes non pas à l’équité et justice,
-laquelle ilz ne peuvent ou veullent comprendre, mais l’estat des
-affaires, pour monstrer et cacher leur mauvaise vollonté sellon qu’ilz
-le[s] voyent ou fortes ou foibles pour empescher leurs desseins; comme
-de faict, lors de l’assanblée de Mantes, que ceux de la Ligue n’avoyent
-point encores parlé de traicter avec Sa Majesté, dont les affaires
-sembloyent par conséquent réduictz en assez mauvais estat, on ne
-fist point de difficulté de dire qu’on trouvoit les demandes justes,
-seullement qu’il falloit patienter et en attendre l’establissement de
-sad. Majesté qui luy donneroit moyen de nous faire tous jouyr de ce
-qui nous estoit deu. Mais depuis, tant plus il a pleu à Dieu de faire
-prospérer les affaires de sad. Majesté, plus on a non seullement faict
-naistre d’impossibilitez, mais aussy faict demonstration de trouver de
-l’injustice èsd. demandes.
-
-Surtout quand à l’infidellité ou imprudence d’aucuns qui se disoyent
-estre membres de tout ce corps, on a descouvert l’intention desd.
-esglizes et par conséquent de l’assemblée généralle n’estre point de se
-prévaloir des confusions de l’édict, moings encores de les augmenter
-par les résolutions viollentes, ains seullement de finir par une bonne
-paix, qu’on a aussy veu que cette union dont l’apprehension les avoit
-esmeus n’estoit pas telle qu’on ne peust y faire brêche, on a [non]
-seullement reffuzé ce qui n’estoit point accordé encores, mais aussy
-remis en dispute plusieurs choses qui avoyent esté accordées, et en a
-on retranché des articles qui ne sont pas de peu d’importance.
-
-Qu’entre ceux qui se sont le plus mal portez en lad. union, lad.
-assemblée ne peult, à son très grand regret, qu’elle ne se plaigne
-nommément de la province du Bas Languedoc, laquelle, adjoustant plus
-de foy aux adviz donnez tantost de la part de quelques particuliers
-que, estans à la cour, y voulloyent faire leurs affaires aux despens
-du général, tantost de ceux mesmes qui sont tous, ouvertement et par
-leur profession, contraires au bien et advancement des esglizes, que
-non pas aux déclarations et protestations qui luy ont à diverses fois
-esté faictes de par l’assemblée en corps et par les depputez mesme que
-lad. province avoit en icelle, s’est persuadée et a voullu persuader
-aux aultres qu’il ne tenoit qu’à ceux qui estoyent en lad. assemblée
-que la paix ne fust à pièce faicte et que leurs intentions estoyent de
-rejecter le royaume ès misérables confusions de la guerre civille,
-jusques à ce laisser marquer le jour assigné pour la prise des armes.
-
-Ausquelz oppositions elle s’est laissée transporter sy avant que, comme
-l’angoice en laquelle se trouvoit lad. assemblée pour veoyr une telle
-province, sy considérable, et qui par le passé avoit sy heureusement
-servy en cette cause, prendre un chemin sy préjudiciable non seullement
-à tout le corps, mais aussy à son particulier, eust faict prendre
-résolution d’y depescher le sieur de Saint-Germain, personnage des
-plus qualiffiez et pour sa maison et pour sa suffizance, affin de
-reschercher les remèdes aux confusions qu’estoyent dans icelles d’un
-commun advis avec le consel qui y estoit estably et obligé à cela
-par son debvoir, on le traicta sy indignement, au grand mesprix de
-lad. assemblée généralle, qu’on ne luy voullust permettre d’assister
-au consel; on ne voullust poinct aussy convocquer l’assemblée de
-la province suivant la charge qu’il avoit de la requérir, et les
-particuliers mesmes s’estrangèrent de luy, sans luy rendre les debvoirs
-ausquelz l’honnesteté civille doibt porter un chascun, en quoy on se
-plainct particullièrement des rudesses de Messieurs les Consulz et
-Cappitaines de la ville de Montpellier.
-
-Que les choses survenues en la ville d’Aiguesmortes donné[e] de long
-temps pour seureté, estant importante, laquelle on a par ce moyen mise
-au grand hazard, ne peuvent qu’elles ne soyent trouvées très estranges
-et par lesd. sieurs depputez en l’assemblée généralle, et par tous ceux
-qui peuvent voire clair aux affaires, car ce ne peult estre sans un
-très grand scandal qu’on ayt veu ceux qui faisoyent profession d’une
-mesme religion s’acharner les ungs contre les autres, et ne pouvoir
-ordonner qu’un contentement à ceux qui ne désirent pas mieux, après
-s’estre veu eux mesmes trop foibles pour achever la ruyne des esglises,
-que de les voire se déchirer elles mesmes. Que, l’union généralle ne
-pouvant consister qu’en l’ayde et support mutuelle que se donneroyent
-les particuliers les ungs aux autres, il est aysé à voire quelle
-préjudice ont faict à leur conscience et debvoir ceux qui, après avoir
-signé et juré lad. union, ont entreprins telz excès sans l’advis et
-consentement des esglizes dont on avoit promis de voulloir deppendre.
-
-
-
-
-VII
-
- _1600, mars.—Extrait d’un «rolle des pasteurs servantz actuellement
- ez eglises du Bas Languedoc», dressé au synode provincial d’Uzès_[838].
-
-
-COLLOQUE DE NISMES
-
- Nismes, MM. Chambrun, Moinier, M. Ferrier et Suffren.
- Galargues, Claveroles.
- Aubais, de Marisy.
- Clarensac, Tufan le père.
- Aimargues, Fillon.
- Calvisson, Renvoy.
- Nages, Terond[839].
- Vergèses, Bolet.
- Vauverd, Jannin.
- Massilhargues, Justamond[840].
- Aiguesmortes, Bansillon.
- Sommières, Chauve.
- Saint-Giles, Sufren.
- Bernis, Vuatelier.
- Uchau, Venturin.
- Saint-Laurent, Tufan le fils.
- Vilevielle, Rufy.
-
-
-
-
-VIII
-
- _1600, 23 août.—Conditions proposées au pasteur Gigord par l’église
- de Nîmes afin de l’obtenir comme ministre_[841].
-
-
-Sur le traicté que l’esglise est avec M. Gigord de l’avoir pour
-pasteur et lecteur en théologie en ceste ville, a esté exibé par M.
-Cheyron les articles de la convention et pactes entre les parties,
-et, iceulx leuz en l’assemblée et les voix recullies, a esté conclud,
-suyvant la precedente desliberation du 10^e de ce moys, que M. Cheyron
-s’acheminera a Montpellier pour traiter avec led. sieur Gigord et fere
-ouverture des moyens pour le recouvrer. Et chargé de le raporter au
-concistoyre sur les articles, desquels la teneur s’ensuyt:
-
-Premierement, on esté presentées et accordées au sieur Gigord les
-professions tant du menistère que de téologie.
-
-Item a esté accordé aud. sieur pour les dicteux [_sic_] professions la
-somme de quatre cens escus chesque an.
-
-Item a esté accordé aussy que la susd. somme de quatre cens escus sera
-payée et deslivrée aud. sieur à quartiers avancés et chesque année.
-
-Item a esté aussy accordé et se chargent lesd. sieurs susnommés de
-payer à M. Gigord lad. somme de quatre cens escus, encores que lesd.
-sieurs susnommés ne jouyssent de six cens escus, lesquels, suyvant le
-don du roy, fait aux ministres et menistère des esglizes réformées de
-France, de la somme de cinquante mille escus et par distribution faicte
-au synode national, ont esté ottroyés à l’église de Nismes pour y
-dresser une académie en théologie.
-
-Item a esté accordé qu’il sera dressé ung auditoyre propre et
-convenable pour la profession de théologie.
-
-Item se chargent lesd. sieurs du consistoyre de feire changer les
-meubles dud. sieur Gigord à leurs despens.
-
-
-
-
-IX
-
- _1601, 28 fév.—Confrontation en consistoire d’Anthoine Bonnet et de
- Marguerite Brueisse, accusés de «paillardise»_[842].
-
-
-Enquise lad. Brueisse par l’organe dud. M^{re} Bonnet de dire la vérité
-selon Dieu et sa conscience: sy jamais il l’a subornée et induict à
-mal, ains, au contraire, s’il ne luy a faict plusieurs admonitions
-d’estre sage et n’estre point esgarée comme elle estoit.
-
-Laquelle a dict que, selon Dieu et sa conscience, elle disoit la vérité
-d’avoyr esté cogneue charnellement et randue ensaincte par led. sieur
-Bonnet.
-
-Enquise par led. Bonnet en quel lieu il l’avoyt cogneue la première
-fois et particulariser par le menu les artifices dont il uza.....
-
-A dict que ce feust au mois d’avril, après son retour de Castres, ung
-jour qu’elle metoit du fumier à la murtie du jardin dud. Bonnet, de son
-commandement elle monta au grenier du devant, et illec led. Bonnet la
-tumba sur ung monceau de segle où par force il la cogneust, luy metant
-ung mochoir à la bouche pour l’empêcher de crier, et lhors il luy donna
-trois escutz en doutzains, et luy faisoit de grandes promesses.
-
-A requis led. Bonnet qu’elle déclaire s’il l’a jamais cogneue en autre
-part.
-
-A dict qu’il l’a cogneue aud. jardin, à sa crote des Arènes, et à
-Rodilhan, non alheurs.
-
-Led. Bonnet luy a remonstré n’estre vraysemblable qu’il la peult
-forcer sur ung molon de segle, attandu que cela est glissant.
-
-A dict que ce feust tout joignant lad. segle.
-
-A requis aussi led. Bonnet qu’elle die la vérité, s’il l’a jamais
-cogneue dans sa maison.
-
-A dict que non.
-
-Luy a remonstré que la commodité eust esté plus propre en sa maison
-qu’alheurs, mesmes durant huict ou neuf jours que sa femme demeura
-à Uzès allant visiter sa filhe, et que led. Bonnet et lad. Brueisse
-couchoient en mesme chambre ung lit proche de l’autre.
-
-A dict qu’il n’avoit loisir de l’ataquer à la maison car sa filhe y
-estoit; d’alheurs sa femme n’est poinct allée à Uzès despuis ce temps
-là.
-
-Enquise par icelluy Bonnet de dire la vérité, s’il ne luy a paié ses
-gages....., et si oultre cela il luy a donné autre chose pour l’induire
-à mal.
-
-A accordé avoir esté paié de ses gages, et oultre ce avoir receu de luy
-trois escutz dix solz comme elle a dict cy dessus, et encores une autre
-fois quatre escutz en or qu’il luy donna après avoir esté recogneue
-ensaincte, et lhors qu’il la fist aller à Saint-Gilles chez ung oncle
-de lad. Brueysse, et les luy bailha dans sa maison.
-
-Led. Bonnet luy a dict qu’elle sçait bien la conversation et
-familiarité qu’elle avoit avec... [_sic_] cordonier, lequel luy donna
-ung aneau, et que c’est de ses euvres qu’elle a faict l’enfent, comme
-elle a déclairé en sa première responce, à laquelle elle persévèreroit
-si elle n’estoit constraincte par son frère.
-
-A nyé la conversation et d’avoyr receu l’aneau et persévère que
-l’enfent est dud. Bonnet. Dict aussi que led. Bonnet sçait bien que par
-promesse ou menasse l’avoit induicte à donner l’enfent aud., contre
-la vérité et sa conscience, l’ayant à ces fins faicte aller chez son
-beau-filz.
-
-. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
-
-Led. Bonnet a requis que lad. Brueisse dise la vérité: où elle feust
-cogneue la première fois et combien il a de tenps.
-
-Lad. Brueisse a dict ainsi: «Voulés qu’iou vous ou digue? fouguet à
-Roudilhan, a ung an per lou mens.»
-
-Led. Bonnet a dict que par les contrariétés de lad. Brueisse, la
-companie peult juger en quelle conscience elle parle. Aussi est elle
-une putain, ainsi que sera attesté par le tesmoignage de M^e Passebois,
-de Seynes, Percet, et Chalas le jeune qu’il requiert estre ouys....
-
-Ce faict, après que led. Bonnet a desnyé avoir jamais cogneu
-charnellement lad. Brueisse, non pas mesmes l’avoyr baisée à la bouche,
-sont sortis du concistoire.
-
-Et délibération prinse, Conclud que mecredy prochain, convoqué l’antien
-concistoire, sera procédé au jugement de cest affere, et sera signifié
-par M^r Gueissac aud. Bonnet de porter ses pièces justificatives si bon
-luy semble.
-
-
-
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- de l’an 1613, envoyée par les sieurs consuls dud. Nîmes aux sieurs
- députés généraux des églises réformées de France résidents près Leurs
- Majestés, avec l’excommunication de M. Jérémie Ferrier telle qu’elle
- a été prononcée en l’église de Nîmes le dimanche 14 de juillet 1613_
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- mémoires envoyés par l’assemblée des trois villes de Montpellier,
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-
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- journal inédit du voyage de ce dernier à la cour en 1607..._ (Paris,
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- SULLY.—_Oeconomies royales_ (_Coll. Michaud et Poujoulat_, 2^e série,
- t. II-III).
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- THOU (J.-A. de).—_Historiarum sui temporis libri CXXXVIII_, trad.
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- Nantes_; voy. _Troisième centenaire de l’édit de Nantes_.
-
-
-
-
- TABLE DES NOMS CITÉS
-
-(Les noms des personnes sont en petites capitales, les noms des lieux
-en italiques.)
-
-
- AGULHONET, pp. 63 notes, 65 n. 3, 115 n. 4, 191, 192, 193, 207, 208.
-
- AGULHONET (Jacques d’), p. 33.
-
- _Aigues-Mortes_, pp. 130, 137 n. 2, 204, 211, 212.
-
- AIGUILLIONET. Voy. AGULHONET.
-
- _Aimargues_, pp. 6, 10, 65, 95, 107, 110, 145, 153, 212.
-
- _Alais_, pp. 6, 13, 15, 16, 75, 91, 112, 138, 171, 173 n. 6, 174-80.
-
- ALBENAS (D’), pp. 63 n. 8, 82, 84 n. 5, 103 n. 2.
-
- ALPHONSE, pasteur, pp. 6, 24 n. 3.
-
- ANDRÉ (Jehan), dit Radel, pp. 34, 55 n. 5, 193 et n. 2.
-
- _Anduze_, pp. 5 n. 3, 6, 11, 19 n. 4, 24 n. 3, 65, 135, 172, 176, 207.
-
- ANTOINE, p. 87.
-
- ARIFFON, p. 89.
-
- ARNASSANE, p. 61.
-
- ARNAUD (Daniel), seigneur de la Cassagne, pp. 33, 192, 193, 194.
-
- ARSEGNELLE (Loyse), p. 62.
-
- ASTRUC (Jean), dit Barbut, pp. 61, 62, 113.
-
- _Aubais_, pp. 8 n. 3, 67 n. 8, 212.
-
- AUBAIS (M^{me} d’), pp. 22, 63.
-
- _Aubenas_, p. 205.
-
- AUDIBALLE (Estienne), p. 60.
-
- AUDIFFRET, p. 13.
-
- AUGIER, p. 61.
-
- _Aujargues_, p. 67 n. 1, 74 n. 5.
-
- _Aumessas_, p. 173 n. 6.
-
- _Avèze_, p. 6.
-
- _Avignon_, pp. 98, 147, 149, 151.
-
- AYMIN (Annibal d’), p. 142.
-
-
- BABOYS, p. 87.
-
- BAGARD, p. 95-6.
-
- BAILLE (Esaye), pasteur, pp. 6, 11, 135, 172, 176, 207, 208.
-
- _Bâle_, pp. 15 n. 2, 172.
-
- BANSILLON, pasteur, pp. 67 n. 1, 74 n. 5, 137 n. 2, 212.
-
- BARONIUS (Le cardinal), p. 154 n. 2.
-
- BARRIÈRE, p. 96 n. 4.
-
- BAUDOUIN (Jehan), p. 194.
-
- BAUDOUIN (Louis), pp. 34, 194.
-
- _Beauvoisin_, pp. 83, 110 n. 3.
-
- _Bernis_, p. 212.
-
- BERRIER (Bedon), p. 113.
-
- BERTHIER, syndic du clergé, p. 129.
-
- BERTICHÈRES (Le sieur de), p. 204.
-
- BERTRAND, pasteur, pp. 12 n. 2, 135 n. 2.
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- BESSONNET (M^{lle} de), p. 100 n. 2.
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- BLACHIÈRE (Jehan), proposant, p. 18.
-
- BLANC (Jacques), p. 194.
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- BLISSON (Claude), pp. 10, 33, 65 n. 3, 194.
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- BURDEUS, p. 154.
-
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- CAILLE, pasteur, pp. 135 n. 4, 172, 178.
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- CALIGNON, p. 185.
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- CALVIÈRE (Guillaume de). Voy. SAINT-CÉZAIRE DE GAUZIGNAN, (Guillaume
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- FALGUEROLLES (Jean de), pasteur, pp. 7, 8 n. 3, 9 n. 2 et 4, 12 n. 1,
- 17 n. 2, 20, 45 n. 6, 59 n. 2, 66, 68, 72, 74, 77, 86-7, 90,
- 102 n. 7, 135 n. 2, 136, 146 n. 1, 169, 171, 172 notes, 191.
-
- FAREL (Adam), pp. 52 n. 4, 84 n. 5, 95, 193.
-
- FAUCHIER, p. 194.
-
- FAVIER (Pierre de Vestric, sgr. de), pp. 8, 33.
-
- FAVIER (M^{me} de), pp. 94, 98-9, 102, 149-50.
-
- FAZANDIER, p. 95.
-
- FÉLIX, proposant, p. 17 n. 3.
-
- FERRIER (Jérémie), pasteur, pp. 6, 10, 13, 15, 16, 38 n. 2, 75, 91,
- 98, 137, 138-40, 167 n. 2, 173-80, 212.
-
- FERRIOL (Le capitaine), p. 117.
-
- FILLON, pasteur, pp. 6, 10, 212.
-
- FOËTON (Jacques), p. 94.
-
- FOLCHIER, p. 192.
-
- _Follembray_ (Édit de), p. 119.
-
- FONS (Baron de), p. 206.
-
- FONTFROIDE (Bauzile), pp. 34, 52 n. 1 et 4, 65, 90, 191.
-
- FOSSEUSE, p. 117.
-
- FOUCARD (Claude), p. 194.
-
- FOURNIER (Balthezart), pp. 34, 52 n. 4, 191.
-
- FOURNIER (Jehan), p. 96.
-
- FRANÇOIS (Charles), p. 59 n. 3.
-
- FRESNE-CANAYE (Le président de), pp. 138, 144.
-
-
- GAISSAC (Jehan), pp. 33, 194.
-
- _Galargues_, pp. 124, 212.
-
- GANSY (Daniel), p. 85.
-
- GANTELME, proposant, p. 16 n. 2.
-
- GASAIS, pp. 197-201.
-
- GASPARD, p. 62.
-
- GASQUES (Christofle de Barjac de), pasteur, pp. 6, 9 n. 7, 135.
-
- GAUBIN (Arnaud), p. 54.
-
- GAULTIER (Le capitaine), p. 204.
-
- _Genève_, pp. 17, 20, 21, 22, 23, 72, 117, 126, 136 n. 2, 149, 172,
- 208.
-
- _Gignac_, pp. 26, 87.
-
- GIGORD (Jean), pasteur, pp. 5, 7, 13, 17 n. 2, 135, 167 n. 2, 169, 178
- et n. 4, 179, 213.
-
- GINAC (Jehan), proposant, p. 18.
-
- GIRARDIN (Estienne), pp. 197, 199.
-
- GONSETTE, p. 85 n. 2.
-
- GOULARD, pasteur, pp. 15, 172.
-
- GOURDOUSE, p. 198.
-
- GRANIER (Paul), pp. 193, 194.
-
- GRAS (Le capitaine), p. 85.
-
- GRÉGOIRE (Georges), p. 34, 191.
-
- _Grenoble_, p. 57
-
- GRIL (Jean), pp. 34, 47 n. 4, 76 n. 2, 192, 193, 194.
-
- GUEISSAC, p. 216.
-
- GUEYSSAC (M^{lle} de), p. 101 n. 4.
-
- GUÉRIN (Arnaud), p. 194.
-
- GUILIEN (Mathieu), p. 59.
-
- GUIRAN (André), proposant, p. 86.
-
- GUIRAUD, p. 61.
-
- GUIRAUD (David), pp. 34, 194, 195.
-
- GUIRAUD (Guillaume), pp. 39, 40, 191.
-
- GUIRAUDON (Anthoine), pp. 193-194.
-
- _Guyenne_, p. 129.
-
-
- _Heidelberg_, pp. 17, 20.
-
- HENRI IV, pp. VIII-IX, 4, 147, 181-9.
-
- HON (François), p. 59.
-
- HURET (Grégoire), p. 151 n. 4.
-
-
- JANIN, pp. 52 n. 3 et 4, 54 n. 2, 212.
-
- JANNY (Claude), pasteur, p. 14.
-
- JANON, p. 61.
-
- JANOTADE, p. 207.
-
- JAQUY (Sébastien), p. 135 n. 4.
-
- JAUDIN (Jean), p. 95.
-
- JHANIN (Le capitaine), p. 192.
-
- JOLLY (Arnaud), p. 23.
-
- JONNY, p. 117.
-
- JULIEN, pasteur, p. 135 n. 4.
-
- _Junas_, pp. 8 n. 3, 29, 30, 67 n. 2.
-
- JUSTAMOND, p. 212 et n. 3.
-
-
- LA CASSAGNE. Voy. ARNAUD (Daniel), seigneur de la Cassagne.
-
- LA CROIX (M^{lle} de), p. 63.
-
- LA FARELLE, pp. 85, 92 n. 4, 99.
-
- LA FAYE, pasteur, pp. 101 n. 2, 115, 135.
-
- LA MARTINOLE, p. 91.
-
- _La Melouze_, p. 22.
-
- _Langlade_, p. 14.
-
- LANGLADE, pp. 192, 193.
-
- LANSARD (Pierre), pp. 33, 94, 193, 194.
-
- _La Rochelle_, p. IX.
-
- LA ROUVIÈRE (M^{lle} de), p. 63.
-
- _La Salle_, pp. 29, 31, 35 n. 2 et 3, 41, 107, 110.
-
- LAURANT, pasteur, p. 11 n. 5.
-
- LAURENS (Daniel), pp. 106 n. 2, 193, 194.
-
- _Laval_, p. 22.
-
- LEBLANC (Jacques), p. 119 n. 2.
-
- LEONARDE, p. 61.
-
- _Léran_ (Château de), p. 151 n. 4.
-
- LESDIGUIÈRES (Le duc de), p. 147 n. 4.
-
- _Le Vigan_, pp. 6, 39, 41, 107, 135, 136 n. 2.
-
- LHERMITTE, p. 87.
-
- LOMBARD, p. 45 n. 1.
-
- LOMBARD (Jean), p. 85 n. 2.
-
- LUC (Françoise de), p. 82 n. 1.
-
- _Lyon_, p. 146 n. 1.
-
-
- MAJOL (Honorat), p. 153.
-
- MALAFOSSE (Jacques), pp. 54-5.
-
- MALESSAGUE (Jean), p. 84.
-
- MALMONT (Antoine de), p. 54.
-
- MALTRAIT, pp. 33, 100 n. 2, 192, 194, 207.
-
- _Mantes_, pp. 155, 209.
-
- MANUEL (Daniel), pp. 34, 106 n. 2, 192, 193, 194.
-
- MARIAIGE (Simon), p. 97.
-
- MARISY, MARITY (Roland Mengin de), pasteur, p. 8, 180 n. 4, 212.
-
- MARTIN, p. 45 n. 1.
-
- MARTIN (Anthoine), p. 85.
-
- MARTIN (Vidal), pp. 33, 52 n. 4, 191, 192.
-
- MARTINE, p. 85.
-
- _Marvéjols_, pp. 77 n. 4, 177.
-
- _Massillargues_, pp. 14, 42 n. 4, 212.
-
- MASSOUVERAIN, pasteur, pp. 13, 212 n. 2.
-
- MAURE (Bernardine), p. 61.
-
- MAURICE (Paul), pasteur, pp. 14, 145 n. 6.
-
- MAURIÉ (Antoine), p. 107 n. 2.
-
- MAURIN, p. 61.
-
- MAZAUDIER, pp. 33, 45 n. 1, 53 n. 4, 191.
-
- MAZEL, p. 116.
-
- _Meirueys_, p. 20.
-
- MÉJANES (Robert de), pp. 192, 194.
-
- _Mende_, p. 117-8.
-
- MICHEL (Anthoine), dit Molezan, pp. 192, 193.
-
- MICHEL (La femme de Pierre), p. 58.
-
- _Milhaud_, p. 39.
-
- MOLEZAN. Voy. MICHEL (Antoine), dit Molezan.
-
- _Molières_, pp. 6, 108.
-
- MOLIN, p. 207.
-
- _Montauban_, pp. 87 n. 2, 149-50, 168.
-
- _Montdardier_, pp. 30, 35 n. 2 et 3, 40.
-
- _Montélimar_, pp. 141, 177.
-
- MONTELZ (Pierre de), p. 95.
-
- MONTLOY, p. 61.
-
- MONTMORENCY-DAMVILLE (Henri de), pp. XVIII, 82 n. 1, 151 n. 4.
-
- MONTMORENCY (Marguerite de), p. 151 n. 4.
-
- _Montpellier_, pp. 9 n. 7, 19 n. 4, 59 n. 3, 69, 103, 135, 136 n. 2,
- 149, 151, 163, 166, 167 n. 2, 169, 178, 201, 206, 209, 211, 213.
-
- MOYNIER (Jean), pasteur, pp. 7, 8, 10, 13, 17 n. 2, 18, 35 n. 1, 38
- n. 2, 72, 77, 106 n. 2, 110, 116 n. 1, 135, 145, 146, 169,
- 175-8, 191, 209, 212.
-
- MYRMAN, proposant, p. 148 n. 5.
-
-
- _Nages_, pp. 14, 146, 212.
-
- _Nantes_ (Edit de), pp. XV, 4, 19, 74 n. 1, 76-77, 108, 119-20, 131,
- 153, 155-9, 160-70, 180-9.
-
- NICOLAS, p. 145.
-
- _Nîmes._ Voy. _Table des matières_.
-
- _Nîmes_ (Académie de), pp. 7, 17 n. 2, 81, 163, 166, 167 n. 2, 169,
- 173 n. 6.
-
- _Nîmes_ (Colloque de). Voy. _Table des matières_.
-
- _Nîmes_ (Consistoire de). Voy. _Table des matières_.
-
- _Nîmes_ (Hôpital de), p. 63 et n. 8.
-
- NISSOLE, pasteur, p. 145.
-
- NIVOLAT (Jean), p. 153.
-
- NOGAREDE (Pierre), p. 195.
-
- NOGUIER, pp. 59, 97, 101, 115.
-
- NYSMES (David), p. 194.
-
-
- _Orange_, p. 135 n. 4.
-
-
- PACIUS (Julius), pp. 46, 47, 81, 88 n. 6, 89 n. 2, 126, 148 n. 5, 207,
- 208, 209.
-
- PAGESE (Anne), p. 61.
-
- PALOT, receveur des églises, pp. 162 n. 2, 164, 165 notes, 166 n. 1,
- 167 n. 3.
-
- PANSIET, p. 95.
-
- PARANT (La veuve de), pp. 60, 61.
-
- PASQUIER, pasteur, p. 5 n. 3.
-
- PASSELAR, p. 90.
-
- PATIEUX. Voy. PACIUS (Julius).
-
- _Pecais_ (Fort de), p. 204.
-
- PÉLADAN, p. 2.
-
- PERCET, p. 216.
-
- PILOTZ, p. 205.
-
- PONS (Jean), p. 10.
-
- PORREAU, p. 108.
-
- PORSAN, POURSAN (Le P. Antoine), jésuite, pp. 136 n. 2, 146 et n. 1.
-
- POUJOL (Claude). Voy. PUJOL (Claude).
-
- PRIVAT (Le capitaine), pp. 107, 191.
-
- PUJOL (Claude), pp. 34, 192, 193.
-
-
- RADEL. Voy. ANDRÉ (Jehan) dit Radel.
-
- RALLY, proposant, p. 90.
-
- REBOUL (Guillaume de), pp. 29 n. 4, 101, 135 n. 2, 136, 145, 154.
-
- RENVOY, pasteur, p. 212.
-
- REYNE (Catherine), p. 97.
-
- RHODES (Le P.), jésuite, pp. 75, 176.
-
- RICAUD, pasteur, p. 5 et n. 5.
-
- RICHELIEU (Le cardinal de), p. 173 n. 6.
-
- RIQUETTE (Marie), p. 97 n. 1.
-
- RIVIÈRE (Paul), pp. 197-201.
-
- ROCHEMORE (M^{me} de), p. 63.
-
- _Rodilhan_, pp. 214-16.
-
- ROLLAND (Jehan), p. 194.
-
- ROLLES, p. 205.
-
- ROSSEL, pasteur, pp. 26, 87.
-
- ROSSEL (Pierre), pp. 40 n. 7, 192.
-
- ROUSSE (Honnorade), p. 62.
-
- ROUVIÈRE, p. 95-6, 199.
-
- ROUX (Isaac), p. 65.
-
- ROZEL, p. 45 n. 1.
-
- ROZEL (Le lieutenant de), pp. 143, 145, 207, 209.
-
- ROZEL (M^{lle} de), p. 63.
-
- RUDAVEL, pasteur, p. 103.
-
- RUFY, p. 212.
-
-
- SABATIER (Anthoine), p. 34, 52 n. 1, 191.
-
- SAINT-CÉZAIRE DE GAUZIGNAN (Guillaume de Calvière, sgr. de), pp. 33,
- 68, 73, 103, 106 n. 2, 193.
-
- SAINT-CÉZARY (De). Voy. Saint-Cézaire de Gauzignan (Guillaume de
- Calvière) sgr. de.
-
- _Saint-Denis_, p. 14.
-
- SAINT-ESTIENNE, p. 61, 89.
-
- SAINT-GERMAIN (Le sieur de), pp. 156-7, 202, 204, 205, 206, 211.
-
- _Saint-Germain de Calberte_, p. 135.
-
- _Saint-Gilles_, p. 120, 122-3, 148, 151, 212, 215.
-
- SAINT-HUICT (Jean), p. 60.
-
- _Saint-Jean de Gardonnenc_, p. 5 et n. 5.
-
- _Saint-Jean de Valeriscle_, p. 54.
-
- _Saint-Laurent_, p. 212.
-
- _Saint-Martin de Boubaux._ Voy. _Boubaux_.
-
- SAINT-TÉODORITE, p. 88.
-
- SAINT-VERAN, p. 65 n. 3.
-
- SALHENS (Vidal de), pp. 34, 194.
-
- SALVAY, pasteur, p. 146 n. 1.
-
- SALVETON (Laurens), pp. 33, 71, 194.
-
- SAROUILLE, p. 107 n. 1.
-
- SAUJETTE (Saurette), p. 62.
-
- _Sauve_, pp. 5 n. 4, 6 n. 2, 19 n. 4, 41 n. 6.
-
- SAVIN, p. 108.
-
- SCHOMBERG, pp. 185-6.
-
- SERRES (Olivier de), p. 135 n. 4.
-
- SEYNES, p. 216.
-
- SEZARDE, p. 61.
-
- SIGALON (Jacques), pp. 55 n. 5, 193, 194.
-
- SIXMARD, p. 84 n. 2.
-
- _Solorgues_, p. 14.
-
- _Sommières_, pp. 12, 124, 205, 212.
-
- SOURDIS (Le cardinal de) p. 142.
-
- SUFFREN (Barnabé), pasteur, p. 22.
-
- SUFFREN (Mardochée), pasteur, pp. 1, 18 n. 1, 22-23, 212.
-
- SURIAN (Jean), pp. 34, 194.
-
- SYMÉON (Barthélemy), p. 90.
-
-
- TAUSAN (Denis), p. 96 n. 4.
-
- TEL (Pierre), p. 91.
-
- TEMPESTE, pasteur, p. 11.
-
- TEROND, pasteur, père du suivant, p. 20.
-
- TEROND, THEROND (Jean), pasteur, pp. 14, 17 n. 3, 20-22, 23, 24, 172,
- 176 n. 1, 178, 212 et n. 2.
-
- TOLOSANI, pasteur, p. 154.
-
- _Toulouse_ (Parlement de), pp. 37 n. 3, 122, 130, 150.
-
- TOURNIER, p. 191.
-
- _Tournon_, p. 150 n. 4.
-
- TOURREL, pp. 107 n. 2, 191.
-
- TUFAN, pasteur, pp. 18 n. 1, 23, 212.
-
-
- _Uchau_, p. 212.
-
- UNAL (Pierre), pp. 33, 193, 194.
-
- URSY (Michel), p. 194.
-
- _Uzès_, pp. 7, 9 n. 7, 19 n. 4, 136 n. 2, 212, 215.
-
-
- _Vabres_, p. 152.
-
- VABRESSE (Jehanne), p. 97 n. 1.
-
- VALERNOD (Jean de), p. 82 n. 1.
-
- VALERNOD (Pierre de), évêque de Nîmes, pp. 82, 103 n. 1, 143, 148.
-
- VALETE, p. 31.
-
- VALLAT (Guillaume), pp. 192, 193.
-
- VALLONNE, p. 61.
-
- VARLÈDE (Jehanne), p. 58.
-
- _Vauvert_, pp. 14, 212.
-
- VENTADOUR (Le duc de), pp. XVIII, 6 n. 6, 151 et n. 4, 167 n. 3.
-
- VENTURIN (Camille), p. 46 n. 1.
-
- VENTURIN (Daniel), pasteur, pp. 2, 6, 212.
-
- VENTURIN (Laurens), p. 208.
-
- _Vergèse_, pp. 207-212.
-
- VERQUIÈRE, p. 53 n. 4.
-
- VESTRIC. Voy. FAVIER (Pierre de Vestric, sgr. de).
-
- VEYRAS (Le capitaine), pp. 34, 52 n. 4, 192, 193, 207.
-
- _Vezenobre_, p. 103.
-
- VIC (Méry de), p. 185 et n. 4.
-
- VIÇOZE (Le sieur de), p. 168.
-
- VIDAL, p. 61.
-
- VIDALLE (Jehan de), p. 72.
-
- VIEULX. Voy. DU VIEULX.
-
- _Villevieille_, pp. 67 n. 1, 74 n. 5, 212.
-
- _Viollande_, p. 113.
-
- VIRET, pp. 27, 28.
-
- VISMES (Robert de), pp. 46, 207, 208.
-
- VOLPELLIÈRE (Le capitaine), p. 153.
-
-
- WATELIER, p. 212.
-
-
- YSAC, p. 200.
-
- YSSOIRE, p. 88.
-
-
-
-
- TABLE DES MATIÈRES
-
-
- INTRODUCTION
-
- Pages
-
- Organisation générale du parti protestant. Les assemblées
- politiques.—Les assemblées ecclésiastiques.—Celles-ci
- maintiennent l’unité du parti.—Importance du consistoire vii
-
- Plan xiii
-
- Sources xvi
-
-
- I.—LES PASTEURS
-
- Leurs fonctions 1
-
- Leur entretien. Contrats d’engagement.—Gages en espèces.—Gages
- en nature.—Avantages matériels.—Pauvreté.—Pension de
- retraite.—«Assistance» de leurs veuves et orphelins 4
-
- Petit nombre des pasteurs.—Difficulté d’acquérir un pasteur
- «perpétuel».—Négociations.—Dissensions entre les églises à ce
- sujet 13
-
- «Proposants» ou écoliers en théologie. Contrats
- d’engagement.—Études.—Prérogatives.—Entretien.—Jean Terond et
- Mardochée Suffren 16
-
-
- II.—COMPOSITION ET FONCTIONNEMENT DU CONSISTOIRE
-
- Composition. Fonctions du «diacre» et de l’«ancien».—Membres
- du consistoire.—Leurs élections.—Leur classe
- sociale.—Oppositions.—Entrée en charge.—Division du
- travail.—Employés 27
-
- Fonctionnement. Séances ordinaires.—Leurs dates.—Leur
- présidence.—«Quorum» obligatoire.—Séances de
- censure.—Consistoires extraordinaires.—Ce qu’on entend par
- «actes consistoriaux» 41
-
-
- III.—LES FINANCES DU CONSISTOIRE
-
- Comptes du «receveur des deniers de l’église» et du «receveur
- des deniers des pauvres» 51
-
- Deniers des pauvres. Recettes.—Qui on assiste.—Secours en
- nature.—Tableau des secours délivrés par le consistoire
- de Nîmes entre janvier et mars 1596.—Visites de
- charité.—Surveillance de l’hôpital des pauvres 54
-
- Deniers de l’église. Dépenses.—Recettes: les imposés; la levée
- des rôles.—Églises «ingrates».—Pension payée par la ville 64
-
-
- IV.—L’AUTORITÉ DU CONSISTOIRE SUR LES FIDÈLES
-
- Lutte du consistoire contre l’influence catholique.
- «Superstitions».—La tradition catholique 79
-
- Les «vices» qu’il combat. La «paillardise.»—Adultère et
- divorce.—Enquêtes de mœurs.—La «coquetterie».—Les censurés
- mécontents 83
-
- Son intervention dans les querelles de ménage.—Les bancs du
- temple.—Réconciliations 87
-
- Plaisirs permis. Spectacles et jeux défendus.—Le repos du
- dimanche.—Fêtes de corporations.—La danse interdite.—Les
- «charivaris» 91
-
- Dénonciations.—Police consistoriale 96
-
- Citations à comparaître; retards à s’y rendre.—Enquêtes.—Peines
- décrétées; leur application. Les nobles et les
- notables.—Entente des consistoires pour la police 97
-
-
- V.—INFLUENCE DES ASSEMBLÉES SUR LE GOUVERNEMENT MUNICIPAL
-
- Consuls. Les anciens au conseil de ville.—Les consuls et
- les conseillers aux consistoires extraordinaires.—Influence
- réciproque.—La police faite par le consistoire.—Pension payée à
- l’église par la ville 105
-
- Magistrats. Moins soumis que les consuls.—Leur ingérence dans
- les affaires ecclésiastiques.—Mesures de résistance.—Ils
- assistent aux consistoires extraordinaires.—Ils exécutent les
- décisions consistoriales.—Juridiction du consistoire 111
-
- Conclusion. La théocratie nîmoise.—Protestation des magistrats
- contre le développement de la juridiction du consistoire
- (1562).—Influence personnelle des pasteurs et des anciens 116
-
-
- VI.—RAPPORTS AVEC LES CATHOLIQUES
-
- Méfiance réciproque des papistes et des huguenots 119
-
- Un «parti» catholique dans le colloque.—Son
- impopularité.—Relâchement des mœurs du clergé 121
-
- Le calvinisme religion d’État.—Entraves à l’exercice du culte
- romain.—Les catholiques exclus du gouvernement.—Mesures
- vexatoires prises contre eux.—Les rentiers des bénéfices
- dépouillés ou taxés pour l’entretien des pasteurs.—Arrêts du
- Parlement et de la cour des Aides contre cet état de choses 124
-
-
- VII.—RAPPORTS AVEC LES CATHOLIQUES (_Suite_).
-
- Lutte d’influence morale entre les deux partis 133
-
- Propagande par les écrits. Les synodes la
- régularisent.—Commission pour l’examen des ouvrages.—Les
- imprimeurs responsables.—Pasteurs désignés pour répondre aux
- pamphlets.—Pasteurs poursuivis en justice 134
-
- Propagande par la parole. 1. Controverses. Permission du
- magistrat.—Exemple: controverse entre Daniel Chamier et le
- P. Coton (1600).—Influence des controverses sur la foi et les
- conversions.—2. Prédications. Succès du P. Coton.—Influence des
- jésuites 137
-
- Conversions. Les prêtres convertis aidés pécuniairement.
- Règlement calviniste pour les conversions.—Nouveaux catholiques
- persécutés 152
-
-
- CONCLUSION
-
- Les réformés du Bas-Languedoc accueillent froidement l’édit de
- Nantes.—Pendant les négociations de l’assemblée générale avec
- le roi, ils affectent de se croire trahis 155
-
- Raisons de cette mauvaise volonté. Ils ne souhaitent pas
- qu’un édit vienne changer quoi que ce soit à leur état.—Ce
- ne pourrait être qu’au profit des catholiques.—Leur petite
- république de fait s’en verrait atteinte 158
-
-
- APPENDICE A
-
- _Les deniers du roi pour l’entretien des pasteurs_ 161
-
-
- APPENDICE B
-
- _Les pasteurs de Nîmes_ 170
-
-
- APPENDICE C
-
- _L’édit de Nantes_ 180
-
-
- PIÈCES JUSTIFICATIVES
-
- N^o 1.—Liste des membres du consistoire de Nîmes (1596-1602) 191
-
- N^o 2.—Défense faite par le présidial de Nîmes au consistoire
- d’empiéter sur la justice du roi (26 octobre 1562) 195
-
- N^o 3.—Enquête faite par le consistoire de Nîmes au sujet de
- Suzanne Cregude, Paul Rivière, dit La Canquille, et Gasais,
- accusés du crime de «paillardise» (avril-août 1596) 197
-
- N^o 4.—«Mémoires donnez au sieur de Saint-Germain s’en allant
- vers les esglises du Bas-Languedoc de la part de l’assemblée
- généralle de Chastellerault» (janvier 1598) 202
-
- N^o 5.—Accord en consistoire de Julius Pacius de Beriga et de
- Vismes, l’un régent, l’autre recteur du collège de Nîmes (11
- avril 1598) 207
-
- N^o 6.—Extrait des instructions du pasteur Daniel Chamier,
- député par l’assemblée de Chatellerault au synode national de
- Montpellier 209
-
- N^o 7.—Extrait d’un «rolle des pasteurs servantz actuellement
- ez eglises du Bas-Languedoc» dressé au synode provincial d’Uzès
- (mars 1600) 212
-
- N^o 8.—Conditions proposées au pasteur Gigord par l’église de
- Nîmes afin de l’obtenir comme ministre (23 août 1600) 213
-
- N^o 9.—Confrontation au consistoire d’Anthoine Bonnet et de
- Marguerite Brueisse, accusés de «paillardise» (28 février 1601) 214
-
- BIBLIOGRAPHIE 217
-
- TABLE DES NOMS CITÉS 223
-
-
- MACON, PROTAT FRÈRES, IMPRIMEURS
-
-
-
-
-FOOTNOTES:
-
-[1] _Les protestants d’autrefois_, v. ci-dessous la _Bibliographie_.
-
-[2] Anquez, _Hist. des Assemblées politiques_, pp. 68 et suiv., 93 et
-suiv.
-
-[3] Il adressa aux États de Blois un mémoire où il établissait que la
-France ne serait complètement pacifiée que le jour où catholiques et
-protestants posséderaient les mêmes immunités (Anquez, _op. cit._, p.
-85).
-
-[4] Michelet, _Hist. de France_, t. X, p. 191.
-
-[5] Anquez, _op. cit._, pp. 62-67.
-
-[6] «Ce que le synode [de Montpellier, en mai 1598] appelle dresser ou
-former une église ne veut pas dire établir un exercice dans un lieu où
-il n’eût jamais, ou y recevoir un ministre par imposition des mains,
-où y nommer un consistoire dont il n’y eût pas une ombre auparavant.
-Mais c’est y rendre perpétuel et ordinaire ce qui ne s’y étoit fait que
-provisionellemment et par intervalles; y donner en propre un ministre
-qui n’y avoit servi que par occasion ou par emprunt; y assujettir les
-anciens à une discipline réglée; y ranger les familles par quartiers
-sous la direction de l’ancien qui en devoit prendre soin; déclarer
-à quelle classe ou colloque l’église appartiendroit et lui donner
-rang entre celles de la province: choses qui avoient accoutumé de se
-régler de vive voix et d’être mises en pratique sans autre loy que
-la conformité de l’usage reçu dans les églises du même synode. C’est
-porquoy on écrivoit fort rarement des actes de ces établissemens.» (E.
-Benoist, _Hist. de l’éd. de Nantes_, t. I, p. 258).
-
-[7] Arr. Nîmes, chef-lieu de canton.
-
-[8] Arr. Nîmes, canton Sommières.
-
-[9] Chaque ministre était à la charge de l’église qu’il desservait; v.
-ci-dessous, chap. I et III.
-
-[10] Les sommes que le roi leur avait promises ne leur furent pas
-payées; voy. l’appendice A sur les _Deniers du roi_.
-
-[11] Voy. ci-dessous, p. 97.
-
-[12] Sous la cote B, 90; j’ai vu le tome VI et surtout le t. VII qui va
-de 1595 à 1602.
-
-[13] Sous la cote A, 10: «Livre des actes des synodes provinciaux
-despuis aoust 1596 jusques en l’année 1609.» Le registre comprend
-le synode de Montpellier (21 août 1596), de Sauve (7 mai 1597), de
-Montpellier (20 mai 1598), de Saint-Germain de Calberte (12 mai 1598),
-de Nîmes, par députés (5 août 1599), d’Uzès (15 mars 1600), de Nîmes (7
-mai 1601), d’Alais (17 avril 1602), d’Uzès (15 avril 1603), etc.
-
-[14] M. Puech (_Une ville au temps jadis ou Nîmes à la fin du XVI^e
-siècle_) a dépouillé entièrement tous les registres de notaires.
-Malheureusement, les notes de son livre sont trop rares et trop peu
-précises.
-
-[15] Je désigne par les initiales _B. P. F._ la Bibliothèque de la
-Société de l’histoire du Protestantisme français, par les initiales _B.
-N._ la Bibliothèque nationale, par les mots _Arch. du consist._ les
-archives du consistoire de Nîmes.
-
-[16] Il est impossible d’exposer la situation matérielle et d’étudier
-l’influence des pasteurs de Nîmes, sans parler en même temps des autres
-pasteurs du colloque. L’histoire de l’église de Nîmes est intimement
-liée à celle des églises qui dépendaient d’elle. Pour savoir, par
-exemple, si les salaires de ses ministres étaient élevés relativement,
-ou faibles, il faut bien qu’on les compare avec ceux qui étaient
-alloués aux pasteurs des autres églises. C’est pourquoi, dans le cours
-des chapitres suivants, nous rapprocherons l’église de Nîmes de ses
-voisines toutes les fois que cela devra nous permettre d’apprécier plus
-exactement son état d’esprit, ses ressources, etc.
-
-[17] _Discipline_, chap. I, art. 12 et suiv.
-
-[18] _Protestants d’autrefois_, 2^e série, chap. II, pp. 30 et suiv.
-
-[19] P. de Felice, _op. cit._, 2^e série, p. 33.
-
-[20] C’est le droit strict des fidèles de «venir se plaindre contre
-leurs pasteurs aux consistoires» (Cf. syn. prov. de Nîmes, séance du 13
-mars 1600; B. P. F., copie Auzière).
-
-[21] Délib. du consist. de Nîmes du 8 mars 1600 (Arch. du consist., B,
-90, t. VII, f^o 332).
-
-[22] V. pour ces controverses, ci-dessous, chap. VII.
-
-[23] P. de Felice, _op. cit._, 1^{re} série, p. 96.
-
-[24] Délib. du consist. du 19 mai 1600 (_loc. cit._, f^o 350).
-
-[25] Ils s’en plaignent aux commissaires exécuteurs de l’édit de
-Nantes, sur leurs cahiers de remontrances, art. 19 (Arch. du Gard,
-G, 446). Le choix de la cour présidiale remontait sans doute à 1597
-(Délib. du consist. des 23 octobre 1596 et 29 octobre 1597; _loc.
-cit._, f^{os} 133 et 197).
-
-[26] Voy. l’appendice B sur les _Pasteurs de Nîmes_.
-
-[27] P. de Felice, _Protestants d’autrefois_, 2^e série, pp. 39-42.
-
-[28] Délib. du consist. du 21 mars 1601 (f^o 401).
-
-[29] Délib. du 8 novembre 1600 (f^o 371).
-
-[30] V. ci-dessous, chap. VII.
-
-[31] _Discipline_, chap. I, art. 37.—V. à ce sujet P. de Felice,
-_Protestants d’autrefois_, 2^e série, chap. II, qui reproduit et
-commente la Discipline.
-
-[32] B. P. F., copie Auzière.
-
-[33] P. de Felice, _op. cit._, 2^e série, p. 230.—Ainsi au syn. prov.
-d’Uzès, séance du 18 mars 1600, un pasteur est accusé d’avoir pris 6
-écus pour bénir des mariages hors son église (B. P. F., copie Auzière).
-
-[34] V. l’appendice sur les _Deniers du roi_.
-
-[35] V. _Pièce_ n^o 8.
-
-[36] Le syn. prov. de Nîmes, séance du 9 mars 1601, condamne l’église
-d’Anduze à payer à son ancien ministre, le sieur Pasquier, «50 l. pour
-sa fille, suivant l’accord dès longtemps faict entre lad. église et
-led. sieur Pasquier, selon lequel lad. église a donné semblable somme à
-chacun des autres enfants dud. sieur» (B. P. F., copie Auzière).
-
-[37] Syn. prov. de Sauve, 1597 (_Ibid._).
-
-[38] «Contrat d’obligation passé par les consuls dud. lieu..... de la
-somme de 595 livres au proffict dud. Ricaud pour ses gages de ministre
-despuis le mois de julhet 1596 jusques au mois d’avril aud. an 1598»
-(Ordonnance des commissaires exécuteurs de l’édit de Nantes, portant
-continuation de l’exercice de la R. P. R. à Saint-Jean de Gardonnenc
-(1662); B. N., ms. franc. 15832, f^{os} 41 v^o-42 r^o).
-
-[39] Cf. syn. prov. de Nîmes, séance du 11 mars 1601 (Arch. du consist.
-de Nîmes, A, 10, f^o 63).
-
-[40] Syn. prov. de Sauve (1597); (B. P. F., copie Auzière).
-
-[41] Syn. prov. d’Uzès, séance du 24 avril 1603 (_Ibid._).
-
-[42] Arch. comm. du Vigan, BB, 2.—Le Vigan, Gard, chef-lieu
-c^{on}.—Avèze, arr. et c^{on} Le Vigan.—Noble Christofle de Barjac de
-Gasques fut pasteur du Vigan de 1563 à 1569 et de 1570 à 1609 (d’ap. M.
-F. Teissier dans le _Bull. de la Soc. du Protestantisme_, t. XLVIII -
-1899), p. 652.
-
-[43] Arch. comm. du Vigan, GG, 2.—Molières, Gard, arr. et c^{on} Le
-Vigan.
-
-[44] En 1611, il est ministre du Vigan et député au duc de Ventadour
-(_Ibid._, FF, 6).
-
-[45] Ordonnance des commissaires exécuteurs de l’édit de Nantes (1662)
-(B. N., ms. franç. 15832, f^o 5 v^o).—Aimargues, Gard, arr. Nîmes,
-c^{on} Vauvert.
-
-[46] «L’église d’Uzès..... le satisfera de la somme de 100 escus
-deus pour sa pension ordinaire pendant les six mois» (Syn. prov. de
-Montpellier en 1596; B. P. F., copie Auzière).
-
-[47] C’est ce que touchent ses hoirs pour l’«année de viduité» (Délib.
-du consist. de Nîmes du 19 janvier 1600; arch. du consist., B, 90, t.
-VII, f^o 321).
-
-[48] _Pièce_ n^o 8.
-
-[49] V. sur cette académie, ci-dessous, pp. 17, note 2.
-
-[50] Il était mort en novembre ou décembre 1599 (Cf. l’_Appendice_ B.)
-
-[51] Syn. prov. d’Uzès (1600); (B. P. F., copie Auzière).
-
-[52] Délib. du consist. de Nîmes du 5 février 1602 (_loc. cit._, f^o
-465).
-
-[53] Syn. prov. d’Alais, séance du 27 avril 1602 (B. P. F., copie
-Auzière).
-
-[54] V. sur les fonctions du receveur des deniers du ministère,
-ci-dessous, chap. III.
-
-[55] Ces comptes sont parmi les arch. non classées du consist. de
-Nîmes. On y trouve également la reconnaissance suivante: «Mémoire que
-j’ai receu une saumée de bled, pour 9 livres, de M. le lieutenant de
-Favier pour mon assistance. [Signé] Falguerolles.»—Cf. une quittance
-par laquelle Marisy reconnaît avoir reçu de ses églises d’Aubais,
-Congeniès [et Junas] 60 l. sur ses gages, soit «10 l. en argent et 60
-l. en blé» (1604, 15 août). Arch. nat., TT, 242^2.
-
-[56] Si l’on admet avec M. le vicomte d’Avenel (_Hist. économique de la
-propriété_..., t. I, p. 137) qu’il faut multiplier par 6 environ.
-
-[57] P. de Felice, _Protestants d’autrefois_, 2^e série, p. 238.
-
-[58] Claude de Falguerolles, pasteur de Nîmes, eut pour fils Jean qui
-lui succéda à Nîmes en 1591 et mourut en 1599 (Puech, _Guillaume de
-Reboul_, pp. 81-84).
-
-[59] Délib. du consist. de Nîmes du 11 juin 1597 (Arch. du consist., B,
-90, t. VII, f^o 183).—Une délib. du 5 janvier 1599 (f^o 257) montre
-que le troisième pasteur, Chambrun, était logé également.
-
-[60] Falguerolles reçoit un écu pour ses frais au colloque de Vauvert
-(Délib. du consist. de Nîmes du 2 octobre 1598, f^o 239).—Le syn.
-prov. de Saint-Germain de Calberte, séance du 12 mai 1599, décide
-que les villes où se tiendront les synodes logeront dorénavant «les
-pasteurs et anciens avec les montures en maison bourgeoise» (B. P. F.,
-copie Auzière).
-
-[61] V. ci-dessus les conditions offertes au pasteur Daniel Venturin
-par l’église du Vigan.
-
-[62] Frossard, _Recueil de règlements_, art. 76.
-
-[63] De Gasques, député en cour par Nîmes, Montpellier et Uzès, au
-sujet de l’édit de Nantes, reçoit 400 écus d’or sol (Délib. consulaire
-de Nîmes du 9 février 1601; arch. comm., LL, 15, f^o 164 r^o).
-
-[64] Cf. ci-dessous, p. 13.
-
-[65] Délib. du consist. de Nîmes du 28 mars 1601 (_loc. cit._, f^o 402).
-
-[66] Arch. comm. d’Aimargues, E, Supp. 688—Aimargues, Gard, c^{on}
-Vauvert.
-
-[67] Délib. du 25 mars 1598 (f^o 217).
-
-[68] Délib. du 24 mars 1599 (f^o 275).
-
-[69] «M. Moynier..... entretiendra en sa maison...... Jehan de Dessac,
-escollier en théologie, au fur de trois escutz le mois.....» (Délib. du
-25 juillet 1601, f^o 423).
-
-[70] Délib. du 16 février 1600 (f^o 329).
-
-[71] Délib. du 9 février 1600 (f^o 327).
-
-[72] Cf. ci-dessus, p. 4.
-
-[73] Cf. ci-dessus, p. 6.
-
-[74] Valant à peu près 1.800 fr. d’aujourd’hui. Cf. p. 8, note 5.—V.
-un état des pasteurs du diocèse d’Uzès en 1575 dressé à l’assemblée de
-Nîmes. Les autres ministres sont pauvres également (Arch. du Gard, C,
-1209).
-
-[75] Délib. du 27 octobre 1599 (f^o 307).
-
-[76] Le consist. de Nîmes décide de proposer au colloque «d’entretenir
-M. Laurant....., ayant esté pasteur» (Délib. du 2 juillet 1597, f^o
-185).—V. la _Discipline_, chap. I, art. 48.
-
-[77] Syn. nat. de Montpellier (1598) dans Aymon, _Syn. nat._, t. I,
-p. 216.—Syn. nat. de Gergeau (1601), _ibid._, p. 245.—_Discipline_,
-chap. I, art. 44.
-
-[78] Le 19 janvier 1600, le consist. de Nîmes vote le don de 200
-écus, soit une année des gages de Falguerolles, à la «mère gran» de
-ses enfants (f^o 321).—Le 28 octobre 1601, il accorde à M^{lle} de
-Chambrun les gages de son mari pendant son année de deuil et décide
-d’entretenir son fils qui étudie en théologie (f^o 437).
-
-[79] Le syn. prov. de Saint-Germain de Calberte, séance du 14 mai «au
-matin» 1599, confirme la sentence du colloque de Nîmes ordonnant à ceux
-de Sommières de payer «dans deux ans et par quartiers aux hoirs dud. M.
-Bertrand 200 escus pour l’année de viduité» (B. P. F., copie Auzière).
-
-[80] «Despartement des vefves», fait au syn. prov. d’Uzès en 1603
-(Arch. du consist. de Nîmes, A, 10, f^o 99 r^o).
-
-[81] V. chap. III.
-
-[82] Règlement donné en 1607 (Frossard, _Recueil de règlements_, n^o
-6). Ces précautions étaient en usage longtemps avant ce règlement,
-si l’on en juge par le petit nombre de proposants qui sont reçus aux
-synodes.
-
-[83] Délib. du consist. de Nîmes du 23 février 1600 (Arch. du consist.,
-B, 90, t. VII, f^o 329).
-
-[84] Délib. du 25 octobre 1600 (f^o 370).
-
-[85] Délib. du 27 juin 1601 (f^o 421).
-
-[86] Délib. du 22 mars 1600 (f^o 336).—Cf. aussi une délib. du 19
-octobre 1600 (f^o 369).
-
-[87] V. notamment une délib. du 15 novembre 1600 (f^o 372).
-
-[88] V. à la B. P. F. les actes des syn. prov. de Bas-Languedoc,
-1596-1609 (Copie Auzière, _passim_).
-
-[89] Syn. prov. de Nîmes, séance du 10 mars 1601 (B. P. F., copie
-Auzière).—Massillargues, Gard, arr. Alais, c^{on} Anduze.—Nages,
-Solorgues, Boissière, Saint-Denis et Langlade, Gard, arr. Nîmes, c^{on}
-Sommières.
-
-[90] Syn. prov. d’Uzès, séance du 19 mars 1600 (B. P. F., copie
-Auzière).—Brenoux, Lozère, arr. et c^{on} Mende.
-
-[91] Ainsi l’église de Nîmes écrit à Goulard, à Genève, et à Couet, à
-Bâle, pour leur faire des propositions d’engagement (Délib. du 12 juin
-1596; _loc. cit._, f^{os} 95-96).
-
-[92] Décision du syn. prov. d’Alais, séance du 27 avril 1602 (B. P. F.,
-copie Auzière).
-
-[93] J’ai rapporté la curieuse histoire de cette contestation dans
-l’appendice B sur les _Pasteurs de Nîmes_.
-
-[94] Les deux mots «escollier en théologie» et «proposant» sont
-synonymes. Le syn. prov. de Saint-Germain de Calberte, séance du 12 mai
-1599, décide que le cinquième des deniers des pauvres sera réservé à
-l’entretien des «_proposants_» (B. P. F., copie Auzière). Or, celui de
-Nîmes, séance du 8 mai 1601, contient une délib. intitulée «Du quint
-des deniers des povres ordonnez pour les _escoliers en théologie_»
-(_Ibid._). En outre, le 26 avril 1600, le consist. de Nîmes décide que
-les «_escoliers proposans_» liront en chaire chacun à son tour (f^o
-345).—Et le 31 août 1601, il prive un «_escholier en théologie_» nommé
-Gantelme de faire la lecture en chaire (f^o 429).
-
-[95] Avant même de les inscrire à la «matricule» des proposants de
-l’académie, le consistoire de Nîmes fait enquête sur leur vie et leurs
-mœurs (V. ses délib. des 12 décembre 1601 et 23 janvier 1602, f^{os}
-447 et 457).—Lorsqu’ils passent leur premier examen au colloque, ils
-sont l’objet d’une nouvelle et très sévère enquête (Frossard, _Recueil
-de règlements_, art. 2).—Enfin, lors de leur examen au synode,
-celui-ci doit s’assurer par tous les moyens possibles que leurs mœurs
-sont irréprochables (Frossard, _Recueil de règlements_, art. 7).
-
-[96] M. Corbière (_Académie protestante de Montpellier_, dans _Mém.
-de l’Académie des sciences et lettres de Montpellier_, t. VIII, 3^e
-fasc., années 1888-89, p. 431) dit qu’une partie des deniers du roi fut
-destinée par le synode de Montpellier (1598) à fonder l’Académie de
-Nîmes.—Ceci est corroboré par Aymon, _Syn. nat._, t. I, p. 225.—Dans
-la «Distribution des 45.000 escus... faite au synode de Montpellier»
-le «collège de Nîmes» reçoit 611 escus, 6 sols, 8 deniers (B. N.,
-ms. franç. 15815, f^o 75 r^o,—et ms. Brienne 208, f^o 473 r^o). On
-verra que l’on fut loin de toucher les sommes promises par le roi (cf.
-plus loin, appendice A sur les _Deniers du roi_).—Le 12 mai 1599, le
-syn. prov. de Saint-Germain de Calberte exhorte les pasteurs Moynier,
-Gigord et Falguerolles à «continuer les lecteures en théologie» (B.
-P. F., copie Auzière).—Le synode prov. d’Uzès (1600) gratifie Gigord
-de 200 deniers et Moynier et Falguerolles de 50 chacun «d’aultant que
-despuis huict ans ou environ lesd. sieurs se sont heureusement employés
-en la lecteure de la théologie jusqu’à présent, au grand avancement
-des escoliers dont plusieurs ont esté promeus au sacré ministère»
-(_Ibid._).—On eut de la peine à faire prospérer l’académie; en 1601,
-elle n’a pas de professeurs en théologie (cf. ci-dessous) et il n’y a
-que huit étudiants à la matricule des proposants (D’après A. Borrel,
-dans _Bulletin de la Soc. de l’hist. du Protestantisme français_, t.
-III, p. 46).
-
-[97] Le consist. de Nîmes entretient, en septembre 1599, un certain
-Félix, écolier en théologie, qui étudie à Genève (Délib. du 22
-septembre 1599, f^o 303).—Il entretient Jean Terond qui étudie à
-Heidelberg, en 1595, etc. (f^{os} 17, 183, etc.).
-
-[98] Mardochée Suffren, proposant, demeure avec le pasteur Tufan qui
-lui fait «des leçons» (Délib. du consist. de Nîmes du 11 novembre 1596,
-f^o 138).
-
-[99] Délib. du consist. de Nîmes du 18 décembre 1596 (f^o 144).—La
-_Discipline_ laissait «à la prudence du consistoire» d’appeler ou non
-des proposants à ses séances (chap. V, art. 6).
-
-[100] Délib. du 21 octobre 1598 (f^o 244).
-
-[101] Délib. du 28 octobre 1598 (f^o 245).
-
-[102] Délib. du 25 décembre 1596 (f^o 146).
-
-[103] Délib. du 7 février 1597 (f^o 163).
-
-[104] Délib. du 26 avril 1600 (f^o 345).
-
-[105] Délib. du 31 août 1601 (f^o 429).—Sur la première partie du
-service du dimanche, à laquelle préside le lecteur, cf. P. de Felice,
-_Protestants d’autrefois_, 1^{re} série, pp. 99 et suiv.
-
-[106] _Protestants d’autrefois_, 2^e série, p. 209.
-
-[107] Aymon, _Syn. nat._, t. I, p. 216.—Cette ordonnance fut
-corroborée par le syn. nat. de Jargeau, 1601 (_loc. cit._, t. I, p.
-237).
-
-[108] Séance du 12 mai 1599 (B. P. F., copie Auzière).
-
-[109] Syn. prov. de Nîmes, séance du 8 mars 1601 (_Ibid._). Le colloque
-de Montpellier entretient aussi deux écoliers; quant à ceux d’Uzès,
-Anduze et Sauve, ils ne peuvent «faire aucun quint... d’aultant qu’on
-n’exige assez pour fornir aux nécessitez ordinaires de leurs povres et
-cotitez de l’entretenement des povres vefves».
-
-[110] Cf. l’appendice A sur les _Deniers du roi_.
-
-[111] «L’argent deub par la ville pour l’entretenement des escolliers
-proposans...» (Délib. du consist. de Nîmes du 12 juin 1596, _loc. cit._
-f^o 96).
-
-[112] Délib. du 3 déc. 1592 (Arch. du consist., B, 90, t. VI, f^o 127).
-
-[113] Délib. du 17 mars 1593 (_Ibid._, f^o 155).
-
-[114] «Accord faict avec M^{re} Jean Theron led. mecredy, 12 may 1593»
-(_Ibid._, f^o 174).
-
-[115] Délib. des 28 juillet 1593, 7 avril, 20 juillet 1594, 18 janvier
-1595 (_Ibid._, f^{os} 209, 284, 319).
-
-[116] Savoir 196 l. 15 sols tournois, depuis le 12 mai 1593; on lui
-devait encore 133 l. 6 s. 4 d. tournois (Délib. du 25 janv. 1595,
-_Ibid._, f^o 320).
-
-[117] _Ibid._
-
-[118] Délib. du 8 mars (_Ibid._, f^o 334).
-
-[119] Délib. des 15 décembre 1595, 11 juin 1597 (Arch. du consist., B,
-90, t. VII, f^{os} 17, 183).
-
-[120] Délib. du 26 septembre 1598 (_Ibid._, f^o 242).
-
-[121] Le 27 janv. 1599, le consistoire charge les pasteurs de «parler
-à M. Therond, pasteur, des jours qu’il voudroit prêcher» (_Ibid._, f^o
-262).
-
-[122] Syn. prov. de Saint-Germain de Calberte, séance du «14^e may au
-matin» 1599 (B. P. F., copie Auzière).
-
-[123] Même synode, séance du 14^e may.—Brenoux, Lozère, arr. et
-c^{on} Mende.—Saint-Martin de Boubaux, Lozère, arr. Florac, c^{on}
-Saint-Germain de Calberte.—La Melouze et Laval, Gard, arr. Alais,
-c^{on} La Grand’Combe.
-
-[124] Délib. du consist. de Nîmes du 15 avril 1592 (Arch. du consist.,
-B, 90, t. VII, f^o 59).
-
-[125] Délib. du 21 septembre 1594 (_Ibid._, f^o 298).
-
-[126] V. les délib. des 15 et 24 mars 1595 (f^{os} 336 et 340).
-
-[127] Le 12 mai 1595, le consist. lui donne 100 l. et fait écrire à
-M^{me} d’Aubais de lui bailler, «s’il luy plait», ce qu’elle lui avait
-«cy devant offert», afin qu’il puisse «aller advanser ses estudes à
-Genève». (f^{os} 357-8).
-
-[128] Cf. délib. du 26 juillet 1595 (f^o 379).
-
-[129] Il écrit au consistoire qu’il va être forcé de revenir car il n’a
-pas du tout d’argent (Délib. du 10 janvier 1596, f^o 27).
-
-[130] Délib. du 29 novembre 1595 (f^o 13).—Le 31 janvier 1596, on lui
-mande 10 écus (f^o 30), le 12 juin, 12 écus (f^o 95).
-
-[131] Le 2 juillet, il est de retour; on l’accuse de vouloir s’en
-retourner à Genève (f^o 102).
-
-[132] Le consist. lui remontre que le colloque avait ordonné qu’«il
-demeureroit avec M. Tufan qui luy feroit des leçons». Mais il ne put
-même attendre le colloque prochain, car «il avoit compagnie», et plus
-tard «il ne pourroit... passer» (Délib. du 12 novembre 1596, f^o 138).
-
-[133] Délib. du 8 janvier 1597 (f^o 153).—Cette somme lui fut envoyée
-(Délib. du 29 janvier 1597, f^o 160).
-
-[134] Délib. du 9 avril 1597 (f^o 175).
-
-[135] V. ci-dessous, chap. III, la difficulté qu’elles avaient à payer
-les pasteurs.
-
-[136] Syn. prov. d’Uzès, séance du 19 mars 1600 (B.P.F., copie Auzière).
-
-[137] Ainsi, le syn. prov. de Sauve (1597) déclare que le contrat
-d’engagement passé par M. Alphonse avec l’église d’Anduze est nul et
-contraire à la discipline, pour n’avoir été approuvé par une assemblée
-ecclésiastique, et il exhorte les pasteurs à ne faire aucune formalité
-semblable, mais à enregistrer seulement leur promesse au livre du
-consistoire (B. P. F., copie Auzière.—V. aussi Frossard, _Recueil de
-règlements_, art. 20).
-
-[138] Le syn. nat. de Jargeau (1601) cassa l’ordonnance du syn. prov.
-d’Uzès citée note 2. (Aymon, _Syn. nat._, t. I, p. 242).—D’ailleurs
-le syn. d’Uzès avait reconnu formellement les droits des Nîmois sur la
-personne de Terond.
-
-[139] Cf. une ordonnance du syn. nat. de Montpellier (1598) dans Aymon,
-_Syn. nat._, t. I, p. 223.
-
-[140] Délib. du consist. du 23 décembre 1598 (_loc. cit._, f^o 254).
-
-[141] V. ci dessus, p. 2.
-
-[142] Syn. prov. d’Uzès, séance du 21 avril 1603 (B. P. F., copie
-Auzière).
-
-[143] Syn. prov. de Nîmes, séance du 13 mars 1601 (B. P. F., copie
-Auzière).
-
-[144] Syn. prov. de Saint-Germain de Calberte, séance du 12 mai 1599
-(_Ibid._)
-
-[145] Rossel en appela au syn. prov. de Montpellier (1596) qui le
-censura «griefvement... d’avoir appelé de l’abaissement des cheveux de
-sa femme» (_Ibid._)
-
-[146] Syn. nat. de Jargeau (1601) dans Aymon, _Syn. nat._, t. I, p.
-238.—Cf. P. de Felice, _Protestants d’autrefois_, 3^e série, pp. 281-2.
-
-[147] _Protestants d’autrefois_, 3^e série, pp. 7-9.
-
-[148] Viret naquit en 1511 et mourut avant le 22 avril 1571 (_France
-protestante_, 1^{re} édition). Le document dont il s’agit est intitulé
-_La forme de dresser un consistoire_; il a été publié par E. Arnaud
-(_Documents protestants inédits_) qui l’attribue à Viret (pp. 88-89).
-
-[149] Arnaud, _op. cit._, p. 75.
-
-[150] Arnaud, _op. cit._, p. 72.
-
-[151] _Discipline_, chap. III, art. 5.
-
-[152] En 1596, 1597, 1598, 1599, 1601, 1602; je ne connais pas les
-receveurs de l’année 1600 (_Pièce_ n^o 1).
-
-[153] Frossard, _Recueil de règlements_, art. 48.
-
-[154] V. délib. des 10 décembre 1597 et 9 décembre 1598 (Arch. du
-consist., B, 90, t. VII, f^{os} 200 et 250).
-
-[155] _Ibid._, f^o 455.
-
-[156] Délib. du consist. du 8 novembre 1600 (_Ibid._, f^o 371).
-
-[157] Cf. ci-dessus, p. 18.
-
-[158] _Protestants d’autrefois_, 3^e série, p. 7.
-
-[159] _Op. cit._, p. 9.
-
-[160] Guillaume de Reboul, décrivant la cérémonie de la Cène, dit que
-le pain est distribué par le ministre et les verres par «deux _anciens
-ou diacres_» (_Salmonées_, citées par Puech, _Le pamphlétaire Guillaume
-de Reboul_, p. 68).
-
-[161] Ainsi le consistoire de Nîmes députe, le 29 mai 1596, au colloque
-un pasteur et un diacre (_loc. cit._, f^o 30).—Etc.
-
-[162] _Pièce_ n^o 1.
-
-[163] _Ibid._
-
-[164] «Livre du consist. de Codognan» (Arch. nat., TT, 241^{12}, f^o 1).
-
-[165] Extrait des actes du consistoire de Junas (Arch. nat., TT,
-242^2).—M. P. de Felice, _Protestants d’autrefois_, 3^e série, p. 27,
-dit n’avoir trouvé aucun consistoire composé de moins de huit membres.
-
-[166] Arch. comm. de La Salle non classées; registre des baptêmes
-et mariages, 1561-1609, f^{os} 103 et suiv. (Inventaire ms. par M.
-Teissier, à la B. P. F.).
-
-[167] V. ci-dessus, p. 29, note 8.
-
-[168] V. ci-dessus, p. 29, note 9.
-
-[169] V. _Pièce_ n^o 1.
-
-[170] Entre 1598 et 1611.—Livre du consist. de Codognan (Arch. nat.,
-TT, 241^{12}, f^o 1).
-
-[171] Abrégé du consist. de Montdardier (arch. particulières), copie
-par M. Teissier à la B. P. F.
-
-[172] Arch. du consist., B, 90, t. VII, f^o 445.
-
-[173] De 1591 à 1601 («Livre du consist. de Codognan», Arch. nat.,
-TT, 241^2, f^o 1).—A Nîmes, sire Guidon Cheyron conserve le titre
-d’ancien deux années de suite, puis devient diacre et est réélu comme
-tel pendant trois ans; il demeure donc cinq ans dans le consistoire
-(_Pièce_ n^o 1).
-
-[174] A Nîmes, 2 des diacres et 2 des anciens de 1596 sont continués
-en 1597; en 1598, on retrouve 3 diacres et 2 anciens de l’année
-précédente, etc. (_Pièce_ n^o 1).
-
-[175] Arch. comm. non classées de La Salle, invent. ms. par M. Teissier
-à la B. P. F.: registre du consist. à la date du 21 mai 1581.—La
-Salle, Gard, chef-lieu de c^{on}, arr. Le Vigan.
-
-[176] Le consist. est renouvelé tous les ans (_Pièce_ n^o 1).
-
-[177] V. délib. du consist. du 5 décembre 1601 (_loc. cit._, f^o 445).
-
-[178] P. de Felice, _Protestants d’autrefois_, 3^e série, p. 12.
-
-[179] Frossard, _Recueil de règlements_, art. 47.
-
-[180] _Une ville au temps jadis ou Nîmes à la fin du XVI^e siècle._
-
-[181] On sait que Nîmes était divisée en quatre _échelles_ dont chacune
-élisait un consul: la 1^{re} comprenait les nobles et les magistrats;
-la 2^e les avocats, bourgeois, marchands payant plus de 100 l. d’impôts
-et les docteurs en médecine; la 3^e les apothicaires, chirurgiens,
-marchands payant moins de 100 l. d’impôts, praticiens, greffiers,
-notaires, gens des arts et métiers; la 4^e les laboureurs, les
-jardiniers, les bergers et aussi les anciens capitaines de compagnies
-franches qui, après les guerres, étaient restés à Nîmes (Puech, _Une
-ville au temps jadis_).
-
-[182] Les chiffres précédés de p. entre parenthèses renvoient
-aux pages de Puech, _Une ville au temps jadis_, d’où je tire ces
-renseignements.—Les noms des anciens me sont fournis par le registre
-du consist. de Nîmes (_Pièce_ n^o 1).
-
-[183] Ce doit être ce personnage qui est mentionné sous le nom de
-«Saint-Cézary» dans la liste des anciens de 1599 (_Pièce_ n^o 1).
-
-[184] La liste des anciens de 1596 le nomme Faucon (_Pièce_ n^o 1).
-
-[185] La liste des anciens de 1601 mentionne un Cappon, sans nom de
-baptême (_Pièce_ n^o 1). Or, il n’y a que deux Cappon, tous deux
-marchands.
-
-[186] Je n’ai pu faire la distinction entre les marchands de la 2^e et
-de la 3^e échelle, n’ayant pas le chiffre de leurs impôts.
-
-[187] _Discipline_, chap. III, art. 1, citée par P. de Felice,
-_Protestants d’autrefois_, 3^e série p. 19.—Le 19 décembre 1599,
-pasteur Moynier représente au consist. de Nîmes qu’un des diacres élus
-«a refusé et porté appel de sa nomination»; on décide de passer outre
-et de publier les nominations néanmoins (Arch. du consist., B, 90, t.
-VII, f^o 314).
-
-[188] A Montdardier, on les publie trois dimanches (Abrégé du registre
-de ce consist. appartenant à M. Falguière dont une copie par M.
-Teissier se trouve à la B. P. F.).—A La Salle, on les publie deux
-fois (Arch. comm. non classées, invent. ms. par M. Teissier à la B. P.
-F.; registre du consist., année 1574, f^o 103) ou une seulement: «Tous
-lesquels estans publiez le 30 décembre, ont esté receuz le 17 janvier
-1577» (_Ibid._, année 1577).
-
-[189] Je n’ai trouvé mention dans le registre du consist. de Nîmes
-d’aucune opposition.—V. les registres des consist. de La Salle (année
-1593) et de Montdardier cités.
-
-[190] En 1599, elle a lieu le _mardi_ 5 janvier (Arch. du consist.,
-B, 90, t. VII, f^o 258). En 1601, le _samedi_ 6 janvier (_Ibid._, f^o
-384). En 1602, le _mercredi_ 2 janvier (f^o 451).
-
-[191] V. une délib. du 2 janvier 1602 (f^o 451).
-
-[192] Délib. du 6 janvier 1601 (f^o 384).—«Sera cet article escript
-aux articles généraux pour estre leu chascun an comme les autres» (f^o
-346).
-
-[193] Aymon, _Syn. nat._, t. I, p. 197.
-
-[194] Je ne trouve dans les délib. des années 1596 à 1602 du consist.
-de Nîmes que la mention citée précédemment de lecture «des articles de
-l’ordre de l’église». Mais ce n’est pas une raison pour qu’on ne l’ait
-pas faite les autres années.
-
-[195] Délib. du 6 janvier 1601 (_loc. cit._, f^o 384).
-
-[196] _Hist. de l’église réformée de Nîmes_, 2^e éd., p. 58.—M. Borrel
-en donne l’analyse (_op. cit._, pp. 57-62).
-
-[197] Délib. du 5 janvier 1599 (_loc. cit._, f^o 258).
-
-[198] On le fait du moins en 1599 (Délib. du 5 janvier, f^o 257).—En
-1597, on ne prend cette mesure que le 12 février (Délib. à cette date,
-f^{os} 164-5).
-
-[199] V. par exemple délib. du 2 janvier 1602 (f^o 452).—Sur ces deux
-charges, v. ci-dessous, chap. III.
-
-[200] Délib. du 5 janvier 1599 (f^o 257). On s’y occupe d’un arrêt du
-parlement de Toulouse, de ceux «qui font le roy boit», etc.....
-
-[201] Délib. du 2 janvier 1602 (f^o 451).—Délib. du 6 janvier 1601
-(f^o 384).
-
-[202] _Protestants d’autrefois_, 3^e série, p. 25.
-
-[203] Borrel, _Hist. de l’église réformée de Nîmes_, p. 57.—V. sur les
-quartiers et les faubourgs de Nîmes le 1^{er} chapitre de l’intéressant
-ouvrage du D^r Puech, _Une ville au temps jadis_, pp. 13 à 22.
-
-[204] _Pièce_ n^o 1.
-
-[205] «A esté arresté...., que led. sieur Ferrier..... aura le quartier
-du Marché, des Arènes, et Fauxbourgs, M. de Chambrun le Temple, la
-Maison de ville et la Ferrage, M. Moynier le Collège, le Chapître et
-Corcomayres» (Délib. du consist. du 21 mars 1601, f^o 401).
-
-[206] V. ci-dessous, chap. III.
-
-[207] _Hist. de l’édit de Nantes_, t. III, p. 357.
-
-[208] _La forme de dresser un consistoire_, dans Arnaud, _Documents
-inédits_, p. 74.
-
-[209] Il est ainsi nommé dans les comptes des deniers du ministère pour
-l’année 1594 (Arch. non classées du consist. de Nîmes).
-
-[210] «Du 9^e d’aoust 1598, le consistoire assemblé après le presche du
-soir, la convocation faicte par l’advertisseur» (Arch. du consist., B,
-90, t. VII, f^o 237).
-
-[211] Délib. des 29 mai 1599 (_Ibid._, f^o 285), 15 mars 1600 (f^o
-333), 24 octobre 1601 (f^o 436), etc.
-
-[212] V. au consist. de Nîmes, sous la cote C 1, le «livre des
-advertisseurs».
-
-[213] Délib. du 19 août 1598 (f^o 238).
-
-[214] Délib. du 11 septembre 1596 (f^o 126).—Milhaud, Gard, arr. et
-c^{on} Nîmes.
-
-[215] Délib. du 30 mai 1601 (f^o 414), etc.—Pour ce qui concerne les
-bancs dans le temple, v. ci-dessous, au chap. IV.
-
-[216] Arch. comm. du Vigan, BB, 3.
-
-[217] Le 27 janvier 1599, le consist. lui délivre 2 écus pour ses gages
-d’un mois (f^o 262); le 7 juillet 1599, il reçoit 12 écus sol pour ses
-gages de six mois (f^o 294); le 2 décembre 1598, 36 fr. pour le même
-laps de temps (f^o 249).
-
-[218] Délib. du 5 «may» (lisez _juin_) 1596 (f^o 94).
-
-[219] Délib. du 12 «may» (lisez _juin_) 1596 (f^o 95).
-
-[220] Délib. du 29 août 1601 (f^o 428).
-
-[221] Délib. du 27 février 1602.
-
-[222] _Pièce_ n^o 1.—Le 29 février 1596, le greffier Rossel propose
-au consist. de faire comparaître certaines personnes pour savoir qui
-a dansé aux épousailles du juge criminel (f^o 40). Il fait donc acte
-d’ancien, pourtant il ne l’est pas, puisqu’il n’est pas inscrit sur les
-listes.
-
-[223] Montdardier, Gard, c^{on} du Vigan; colloque de Sauve.
-
-[224] Registre du consist. de Montdardier (Bibl. particulière) analysé
-par M. Teissier (B. P. F.).
-
-[225] La Salle, Gard, arr. du Vigan, chef-lieu c^{on}; colloque
-d’Anduze.
-
-[226] Invent. ms. des arch. non classées de La Salle, par M. Teissier
-(B. P. F.).
-
-[227] Frossard, _Recueil de règlements_, art. 64.
-
-[228] Frossard, _op. cit._, art. 45.
-
-[229] Arch. comm. du Vigan, BB, 2.—Le Vigan est dans le colloque de
-Sauve. V. un «Rolle des pasteurs servantz actuellement» dressé au syn.
-prov. d’Uzès en 1600 (Arch. du consist. de Nîmes, A, 10, f^o 70).—On
-trouvera un grand nombre de contrats intéressants, concernant les
-maîtres d’écoles, dans les registres des notaires de Nîmes (Arch. du
-Gard, série E).—Cf. Nicolet, _L’école primaire protestante jusqu’en
-1789_, passim.
-
-[230] Délib. du consist. du 22 juin 1597 (_loc. cit._, f^o 185).
-
-[231] P. de Felice, _Protestants d’autrefois_, 1^{re} série, p. 37.
-
-[232] Borrel, _Hist. de l’église réformée de Nîmes_, p. 58.
-
-[233] Il n’y a aucune séance entre le 20 septembre et le 12 octobre
-1600 (f^{os} 367 et 368).
-
-[234] Il y a, par exemple, séance le mercredi 29 mai, le vendredi
-31 mai et le mercredi 5 juin 1596 (f^{os} 86, 89, 94)—Séances «du
-sabmedy» 15 janvier 1600 (f^o 320); «du jeudy 3^e février 1600» (f^o
-324); «du lundy 19^e aoust 1596» (f^o 117).
-
-[235] V. délib. des 3 septembre 1599, 15 janvier 1600, 3 février 1600,
-etc. (f^{os} 300, 320, 324).—Il en est de même à Massillargues:
-«Extraict des actes du consistoire tenu dans le temple de Massillargues
-ès années» 1596, 1597 et 1598, trouve-t-on dans une ordonnance des
-commissaires de 1662 (B. N., ms. franç. 15832, f^o 53).
-
-[236] «Du lundy 19^e aoust 1596, à l’yssue du presche» (Délib. du
-consist. à cette date, f^o 117).—«Renvoyé à demain yssue du presche»,
-délib. du «vendredi» 3 septembre 1599 (f^o 300).—«Sabmedy 23^e jour
-du moys de octobre 1599, yssue du presche, le consistoire assemblé...»
-(f^o 306). Etc.
-
-[237] _Discipline_, chap. V, art. 1, et chap. I, art. 17.
-
-[238] V. le registre du consist. (Arch. du consist., B, 90, t. VII).
-
-[239] Délib. du 9 janvier 1602 (_Ibid._, f^o 453).
-
-[240] Délib. du 3 mai 1601 (f^o 411).
-
-[241] V. notamment délib. du 3 septembre 1599 (f^o 300).
-
-[242] D’après Borrel, _Hist. de l’église réformée de Nîmes_, p.
-62.—Sur les méreaux, v. ci-dessous, au chap. IV.
-
-[243] B. N., ms. franç. 8666, cité par P. de Felice, _Protestants
-d’autrefois_, 3^e série, p. 34.
-
-[244] _Op. cit._, p. 35.
-
-[245] Borrel, _Hist. de l’église réformée de Nîmes_, p. 61.
-
-[246] «...En consistoyre y assemblé extraordinairement» (Délib. du 5
-mars 1600, f^o 331). Etc.
-
-[247] V. délib. du 16 octobre 1596 (f^o 131); du 18 octobre 1596 (f^o
-132); du 13 janvier 1599 (f^o 259); etc.
-
-[248] Voyez ci-dessous, au chap. III, combien difficilement se faisait
-la levée des rôles d’imposition.
-
-[249] Délib. du 11 décembre 1596 (f^o 144).
-
-[250] Délib. du 18 octobre 1596 (f^o 132).
-
-[251] Ainsi, le 11 novembre 1599, le consist. extraordinaire se compose
-de 2 magistrats, 2 consuls, 5 avocats, et sans doute les anciens et
-pasteurs qu’on ne mentionne pas (f^o 309.)—«...On fera assamblée
-demain judy à midy, par MM. les magistratz, consulz, advocatz et
-consistoire vieux et nouveau...» (Délib. du 4 juin 1597, f^o 182).
-
-[252] «Du vendredy 25^{esme} jour du moys de décembre, le consistoire
-vieulx et nouveau assemblé par devant MM. de Calvière, juge criminel,
-Des Martins, conseiller, de Rozel, Martin et Lombard, consulz de la
-ville de Nismes, MM. Challas, A. Davin, Mazaudier et plusieurs autres
-bourgeois et marchans» (f^o 255).
-
-[253] A la date du dimanche 5 mars 1600 (f^o 331). Elle nomme une
-députation extraordinaire au syn. prov. d’Uzès «pour requérir... de
-pasteur».
-
-[254] Par exemple, celui que je cite note 1. «La compagnie que sera
-convoquée et assamblée au présant temple sur l’imposition» des deniers
-du ministère (Délib. du 16 octobre 1596, f^o 131). V. encore à la date
-du 10 mai 1601 (f^o 411).
-
-[255] Le 8 avril 1601 (f^o 404).
-
-[256] V. par exemple, consist. extraordinaire du 11 avril 1598 (f^o
-220).
-
-[257] Par exemple, le consist. extraordinaire du 11 novembre 1599,
-auquel assistent, pourtant, le lieutenant particulier, le garde-sceaux
-conseiller, 2 consuls, etc., est présidé par le ministre Falguerolles
-(f^o 309).
-
-[258] Julius Pacius de Beriga, né le 3 avril 1550 à Vicence, fut
-principal du collège et recteur de l’Académie de Nîmes, et mourut à
-Valence en 1635.—Voy. Berriat Saint-Prix, _Notice sur Julius Pacius
-a Beriga_.—Ch. Revillout, _Le jurisconsulte Julius Pacius de Beriga
-avant son établissement à Montpellier_ (_1550-1602_), à compléter par
-le compte rendu détaillé de M. Tamizey de Laroque dans la _Revue des
-Questions historiques_, octobre 1883.—Ménard, _Hist. de Nîmes_, t.
-V, p. 291 et suiv., et surtout Preuves, p. 215 et suiv.—Voy. aussi
-la _Revue des Pyrénées et de la France méridionale_, année 1890, p.
-324, et H. Omont, _Les mss. de Pacius_ dans _Annales du Midi_, t. III,
-1891, p. 1 et suiv.—Le consist. et les arch. de Nîmes fourniraient
-encore un grand nombre de renseignements inédits.—Vismes, pour éviter
-de remplir une promesse de mariage avec Camille Venturin, de Genève,
-belle-sœur de Pacius, avait couvert de calomnies le jurisconsulte et sa
-parente. Puis, Pacius l’ayant poursuivi en justice, il avait reconnu
-en consistoire extraordinaire ses calomnies, et le jurisconsulte avait
-publié les actes de ce consistoire. D’où l’intervention du synode (V.
-syn. prov. extraordinaire de Nîmes, séance du 6 août 1599, B. P. F.,
-copie Auzière, et _Pièce_ n^o 5).
-
-[259] Syn. prov. de Nîmes cité.
-
-[260] _Pièce_ n^o 5.
-
-[261] Par exemple, dès le 1^{er} septembre 1599, on réunit un consist.
-extraordinaire dont on couche au registre la délibération (f^o 300).
-
-[262] _Discipline_, chap. V, art. 28.—Cette seconde partie de
-l’article n’était que très rarement exécutée; on voit pourtant quelques
-délibérations biffées.
-
-[263] Par exemple, le 19 décembre 1599, le consist. de Nîmes «donne
-décharge» à Jehan Gril, receveur des deniers du ministère en 1598 (f^o
-322).
-
-[264] Le syn. prov. de Sauve (1597) engage les églises à ne pas faire
-de contrats formels avec les pasteurs, mais à «enregistrer seulement
-leur promesse au livre du consistoire» (B. P. F., copie Auzière).
-
-[265] Le fait est reconnu par la Discipline du Bas-Languedoc dont un
-article, donné au syn. d’Alais en 1575, recommande aux greffiers de ne
-prendre «point d’argent des extraicts qu’ils dépêcheront des actes du
-consistoire» (Frossard, _Recueil de règlements_, art. 64).
-
-[266] _La forme de dresser un consistoire_, dans Arnaud, _Documents
-protestants inédits_, p. 75.
-
-[267] En 1596, le receveur des deniers de l’église est M. Fontfroide,
-ancien, et le receveur des deniers des pauvres est M^{re} Antoine
-Sabatier, ancien. En 1597, 1598, 1599, 1601, 1602, ce sont, de même,
-des anciens (_Pièce_ n^o 1).
-
-[268] Arch. du consist., B, 90, t. VII, f^o 392.
-
-[269] «Sera depesché mandement au sire Cheyron, recepveur des deniers
-des pouvres, de la somme de 56 soulz tournois» (Délib. du consist. du
-9 juillet 1597; _ibid._, f^o 186).—«Sera despéché mandement au sire
-Janin, recepveur, de 11 livres, 7 souls, 8 deniers» (Délib. du 16
-juillet 1597, f^o 187).
-
-[270] «M. Dumolin, le sire Fournier, Martin et Janin et Veyras» sont
-députés «pour ouyr, clore et arrester les comptes» de sire Farel,
-receveur des deniers des pauvres, et de M. Fontfroide, receveur des
-deniers du ministère, «à ces fins que, doresnavant, les recepveurs ne
-recepvront aulcune chose sans conterollage et fere receu dans un livre
-à ce désingné.» C’est le «livre des quitances». (Délib. du 12 février
-1597, f^{os} 164-5).—V. aussi délib. des 22 avril 1598, 5 janvier
-1599, etc. (F^{os} 222, 257, etc.).
-
-[271] V. dans les arch. non classées du consist. de Nîmes les comptes
-de sire Cappon (1594) et les comptes suivants.
-
-[272] Ce registre, qui ne contient rien pour les années 1596 à 1602
-incluse, commence à 1580 et s’arrête à 1647 (Arch. du consist., H, 61).
-
-[273] Il se trouve plusieurs de ces registres dans les arch. non
-classées du consist.
-
-[274] Arch. non classées du consist. «Par M. de Mazaudier et Verquière
-les bilhetz des pouvres estant entre les mains de sire Dalbiac,
-recepveur des deniers des pouvres, seront vériffiés et le compte
-d’iceux arresté» (Délib. du 21 mars 1601; arch. du consist., B, 90, t.
-VII, f^o 401).
-
-[275] Arch. du consist., H, 55.
-
-[276] V. notamment délib. du consist. du 2 juin 1599 (_loc. cit._,
-f^{os} 286-7).
-
-[277] «Les recepveurs ne recepvront aulcune chose sans.... fere
-receu dans un livre.... _que demeurera dans le coffre_» (_Ibid._,
-f^{os} 164-5).—Sire Janin, receveur, «a remis _devers les archifz
-de l’esglize_ le compte faict de son administration et les pièces
-justificatives» (f^{os} 286-87).
-
-[278] Délib. du 5 janvier 1599 (f^o 257).
-
-[279] 21 février et 30 octobre 1598 (Arch. du Gard, E, 629); notariat
-de Jean Corniaret.
-
-[280] 7 décembre 1597 (Arch. nat., TT, 242^2).—Congeniès, Gard, arr.
-Nîmes, c^{on} Sommières.
-
-[281] 21 novembre 1598 (Arch. du Gard, E, 563); notariat de Marcelin
-Bruguier.
-
-[282] 14 octobre 1597 (Arch. nat., TT, 242^2).
-
-[283] «M. Darbouses, greffier commissionnel, appellé en consistoire
-pour remettre à la bourse des pouvres de la présante esglise certains
-légatz pies qu’il a entre ses mains....., ce qu’il a confessé, mais
-qu’il a baillié lui mesmes argent au geolier et autres, du mandement du
-sieur juge criminel et de M. l’advocat du roy» (Délib. du consist. du
-19 mars 1597, f^o 172).—Le syn. prov. de Montpellier (1581) ordonne
-que «ceux qui ne payent les légats faicts aux povres» doivent être
-«appelés au consistoire et poursuivis comme sacrilèges par autres voyes
-du magistrat» (Frossard, _Recueil de règlements_, art. 51).
-
-[284] P. de Felice, _Protestants d’autrefois_, 3^e série, p. 128.
-
-[285] «Tout ce qui sera levé au bassin.....» (Délib. du consist. du 24
-septembre 1597, f^o 194).—M. P. de Felice, _Protestants d’autrefois_,
-3^e série, p. 126, dit que la collecte se faisait ordinairement à la
-porte du temple dans des «bourses, boîtes, bassins, plats, coupes ou
-tasses».
-
-[286] Voici les deux délib. du consistoire que j’ai recueillies à ce
-sujet: «Par sire Radel et sire Sigalon, antien, seront retirés les
-deniers des boîtes pour les povres qui sont aux botiques des merchans»
-(3 janvier 1599, f^o 259).—«Pour l’argent des boytes des pauvres que
-sont aux botiques des marchands de l’année dernière......» (12 janvier
-1600, f^o 319).
-
-[287] «Inquand des choses trouvées au temple et non demandées, et
-l’argent mis au bassin» (En tête des délib. du consist. de l’année
-1596, f^o 26).—«Inventaire des choses perdues au temple et non
-demandées» (Délib. du 24 février 1601, f^o 394).
-
-[288] Aymon, _Synodes nat._, t. I, p. 180.
-
-[289] Aymon, t. I, p. 200.
-
-[290] Aymon, t. I, p. 232.
-
-[291] V. ci-dessous la décision que dut prendre le consist. de Nîmes
-relative aux «billets» délivrés par les anciens.
-
-[292] Délib. du 24 septembre 1597, par exemple (_loc. cit._, f^o 194).
-
-[293] Délib. du 1^{er} août 1601 (f^o 424).
-
-[294] Aymon, _Syn. nat._, t. I, p. 216.
-
-[295] Délib. du 1^{er} août 1601 (f^o 424).
-
-[296] Délib. du 30 mai 1601 (f^o 415).
-
-[297] V. ci-dessus, p. 8.
-
-[298] Délib. du 8 mai 1596 (f^o 53).
-
-[299] Délib. du 23 octobre 1596 (f^o 133).
-
-[300] Délib. du 10 mars 1599 (f^o 270).
-
-[301] V. délib. du 4 juin 1597 (f^o 182).—«Le sieur de Falgueroles
-adressera aux esglises circonvoysines le capuchin converty pour avoir
-assistance pour le fere mettre de mestier» (Délib. du 11 juin 1597, f^o
-183).
-
-[302] Cf.: «De Charles François, de Neufvile en Dauphiné, cy-devant
-curé, estant à présent à Montpellier faisant profession de la vraye
-religion» (Art. du synode prov. de Sauve (1597), B. P. F., copie
-Auzière).
-
-[303] Syn. prov. de Montpellier, séance du 10 juin 1605 (_Ibid._).
-
-[304] Délib. des 18 et 21 octobre 1598 (_loc. cit._, f^{os} 243 et 244).
-
-[305] Délib. du 15 octobre 1597 (f^o 195).
-
-[306] Délib. du 18 décembre 1596 (f^o 144).
-
-[307] Délib. du 19 mars 1597 (f^o 172).
-
-[308] Délib. du 15 janvier 1597 (f^o 157).
-
-[309] Délib. du 13 février 1596 (f^o 33).
-
-[310] Arch. du consist., B, 90, t. VII (registre des délibérations),
-f^{os} 26-41.
-
-[311] Délib. du 25 janvier 1602 (_Ibid._, f^o 460).
-
-[312] Délib. du 30 janvier 1602 (f^o 463).
-
-[313] Délib. du 13 février 1602 (f^o 471).
-
-[314] Délib. du 20 février 1602 (f^o 475).
-
-[315] Délib. du 27 février 1602 (f^o 478).
-
-[316] «Chargé M. Dumolin... de parler à M. l’advocat des pouvres pour
-luy remonstrer son debvoir quand au logement des pouvres, en y ayant
-plusieurs quy ne sont que titullaires et non aulcun pouvre» (Délib. du
-29 janvier 1597, f^o 160).
-
-[317] Délib. du 16 juin 1599 (f^o 291).
-
-[318] Délib. du 2 juillet 1596 (f^o 102).
-
-[319] «Demain sera pourveu sur le logement des pouvres...»; on
-convoquera le juge criminel, l’avocat du roi, et l’avocat des pauvres
-à la maison de ville, «ensamble les survellians avec leurs pouvres
-et rolles chascun de sa survelliance» (Délib. du 11 décembre 1596,
-f^o 144).—«M. le lieutenant Albenas et M. Agulhonet, advocat des
-pauvres... ont propozé... que, pour la grande et extrême charté des
-vivres, il est expédiant de les lotger dès à présant. Conclud que on
-avertira Messieurs les consuls pour en prendre rézolution à demain»
-(Délib. du 23 octobre 1599, f^o 133).—V. au sujet de l’hôpital de
-Nîmes, Puech, _Une ville au temps jadis_, pp. 562 et suiv.
-
-[320] Voy. ci-dessus, p. 19.
-
-[321] Voy. ci-dessus, p. 12.
-
-[322] Voy. ci-dessus, p. 38 et suiv.
-
-[323] Aymon, _Syn. nat._, t. I, p. 198.
-
-[324] P. de Felice, _Protestants d’autrefois_, 3^e série, p. 80.
-
-[325] Par exemple, elle députe au syn. prov. d’Uzès (1600): «MM.
-d’Aiguillionet, consellier, de Sainct-Veran, Fontfroide, consul,
-Blisson, avocat, diacre, et Chalas» (Arch. du consist. de Nîmes, A, 10,
-f^o 45, v^o). Ces députations extraordinaires devaient être défrayées,
-en partie tout au moins, par la municipalité, de même que celles
-envoyées aux assemblées politiques (V. ci-dessous, chap. V )
-
-[326] Arch. comm. d’Aimargues, GG, 59.
-
-[327] Délib. du 11 septembre 1596 (_loc. cit._, f^o 125).
-
-[328] Délib. du 14 mai 1597 (f^o 178).
-
-[329] Délib. du 18 novembre 1598 (f^o 247).
-
-[330] Délib. du 2 septembre 1598 (f^o 239).
-
-[331] Syn. prov. de Saint-Germain de Calberte, séance du 12 mai 1599
-(B. P. F., copie Auzière).
-
-[332] V. la note suivante.—Aujargues et Villevieille (Gard, arr.
-Nîmes, c^{on} Sommières; colloque de Nîmes) associées sous le pasteur
-Bansillon de 1597 à 1598, envoient au colloque de Nîmes (13 novembre
-1597 un ancien chacune; au colloque de Galargues (5 février 1598) un
-seul ancien, habitant d’Aujargues - Extraits des actes des colloques de
-1594 à 1598, concernant Aujargues; Arch. nat., TT, 232^{18}).—Cette
-coutume de ne députer qu’un seul ancien, par groupe d’églises
-associées, fut sanctionnée au syn. prov. de Barre en 1618 (Frossard,
-_Recueil de règlements_, art. 72).
-
-[333] Les députés des consist. de Junas, Congeniès et Aubais (Gard,
-arr. Nîmes, c^{on} Sommières; colloque de Nîmes) étant «assemblés
-ensemble le 2 avril 1595», à Junas, leur ministre leur remontre «le
-peu d’ordre qu’il y a» en ce qui concerne la députation aux assemblées
-ecclésiastiques; ils décident que «fondz sera fait en chasque esglize»,
-sur lequel on prendra l’argent nécessaire aux députations, «chacune
-pour son tiers». On voit dans la suite que le plus souvent un seul
-ancien d’une des trois églises accompagne le pasteur (Extr. des actes
-du consistoire de Junas allant de 1592 à 1599; Arch. nat., TT, 242^2).
-
-[334] Ainsi on donne mandement de 100 s. «sur les deniers du ministère
-pour paier au menuzier le reste de sa faction du banc mis au temple»
-(Délib. du 8 janvier 1598, _loc. cit._, f^o 154).—Etc.
-
-[335] Syn. nat. de Saumur (1596) dans Aymon, _Syn. nat._, t. I, p.
-203.—Syn. nat de Jargeau (1601), _Ibid._, p. 237.
-
-[336] Délib. du consist. de Nîmes du 10 janvier 1596 (f^o 26).
-
-[337] Délib. du 31 janvier 1596 (f^o 30).
-
-[338] Délib. du 14 février 1596 (f^o 32).
-
-[339] Délib. du 19 août 1596 (f^o 118).
-
-[340] Délib. à cette date (f^o 153).
-
-[341] Délib. du 9 avril 1597 (f^o 174).
-
-[342] _Id._
-
-[343] Délib. du 31 décembre 1598 (f^o 255).
-
-[344] Délib. du 6 octobre 1599 (f^o 304).
-
-[345] Délib. du 13 octobre 1599 (f^o 305).
-
-[346] Délib. des 24 octobre, 28 novembre et 26 décembre 1601 (f^{os}
-436, 443 et 450).
-
-[347] Délib. du 26 janvier 1600 (f^o 323).
-
-[348] Syn. prov. de Montpellier, séance du 27 mars 1598 (B.P.F., copie
-Auzière).
-
-[349] _Protestants d’autrefois_, 3^e série, p. 60, note 3.
-
-[350] V. l’appendice sur les _Deniers du roi_.
-
-[351] Le consist. de Nîmes décide, le 18 octobre 1596, que «la somme
-résollue» sera départie «sus chacun de la Religion» (_loc. cit._, f^o
-132).—De même, le 8 avril 1601 (f^o 404).
-
-[352] Requête du chapitre de Nîmes au parlement de Toulouse pour qu’il
-interdise aux protestants de lever aucune somme sur les rentiers des
-dîmes pour l’entretien des ministres; juin 1601 (Arch. du Gard, G,
-177).—Pour plus de détails, v. ci-dessous, chap. VI.
-
-[353] V. l’assemblée du 18 octobre 1596 «convocquée sur la contribution
-pour l’entretenement du ministère» (Arch. du consist., B, 90, t. VII,
-f^o 132); et celle du 11 novembre 1599 (f^o 313). V. aussi délib. du
-conseil de ville du 19 décembre 1599 (Arch. comm. de Nîmes, LL, 15, f^o
-90).
-
-[354] Délib. du consist. extraordinaire du 18 octobre 1596, citée.
-
-[355] «Oultre 700 l. que se pourront retirer des restes desd. deux
-livres [d’imposition des années précédentes] et 1.300 l. qu’on pourra
-retirer d’alheurs [peut-être en imposant les rentiers des bénéfices]
-sera nécessaire, pour subvenir tant au paiement des arreyrages deubz
-esd. pasteurs que pour leur assistance de la présente année 1601 et
-fraix extraordinaires de l’églize, d’imposer la somme de 800 escutz
-sans y comprendre les leveures et fraix des livres» (Délib. du 8 avril
-1601, Arch. du consist., B, 90, t. VII, f^o 404).
-
-[356] Délib. du consist. de Nîmes du 18 octobre 1596 (_Ibid._, f^o 132).
-
-[357] D’après le règlement donné à l’église en 1596; Borrel, _Histoire
-de l’église réformée de Nîmes_, p. 62.
-
-[358] Chargés Cheyron diacre et Salveton ancien de «fere signer le
-livre sur le payement des pasteurs» (Délib. du consist. extraordinaire
-du 19 janvier 1600, f^o 321).—Le 3 février 1600, on voit que le rôle
-de l’imposition pour les pasteurs a été signé par le garde-sceaux (f^o
-325).
-
-[359] Délib. du 3 février 1600 (f^o 325).
-
-[360] F^o 250.
-
-[361] Le 8 janvier 1597 (f^o 154).
-
-[362] Délib. du consist. du 15 janvier 1597 (f^o 157).—Délib. des 18
-et 25 novembre 1597 (f^{os} 247 et 248).
-
-[363] Délib. du 21 octobre 1598 (f^o 244).
-
-[364] Délib. du 23 décembre 1598 (f^o 254).
-
-[365] Délib. du 13 janvier 1599 (f^o 259).
-
-[366] Il réclame en conséquence que l’église «se charge de payer et
-acquitter l’obligé qu’il fera» de 50 écus, qu’il a empruntés «aux
-apportz» pour envoyer son frère étudier en théologie à Genève (Délib.
-du 20 mars 1598, f^o 216).
-
-[367] Délib. des 15, 20 et 27 mai 1598 (f^{os} 227, 228 et 229).
-
-[368] Délib. du 16 septembre 1598 (f^o 242).
-
-[369] Délib. du 21 octobre 1598 (f^o 244).
-
-[370] Délib. du 9 décembre 1598 (f^o 250).
-
-[371] Délib. du 16 décembre 1598 (f^o 252).
-
-[372] V. délib. des 19 février 1597 et 20 janvier 1599 (f^{os} 167 et
-261).
-
-[373] Délib. du 20 janvier 1599 (f^o 260).
-
-[374] Délib. du 20 janvier 1599 (f^o 261).
-
-[375] Délib. du 24 février 1599 (f^o 267).—C’était grâce à l’édit de
-Nantes que de pareilles poursuites étaient possibles en vertu de l’art.
-43 secret (Anquez, _Assemblées politiques_, p. 494).
-
-[376] Délib. du 28 juillet 1599 (f^o 295).
-
-[377] V. l’appendice sur les _Pasteurs de Nîmes_.
-
-[378] Sa mère réclame au consistoire 200 écus qui restent dus sur les
-gages de son fils (Délib. du 13 juin 1601, f^o 418).
-
-[379] Ainsi Aujargues et Villevieille sont privées de leur ministre
-Bansillon par le colloque du 16 août 1598, pour ne l’avoir pas payé
-et jusqu’à ce qu’elles l’aient payé. (Dires par écrit devant les
-commissaires exécuteurs de l’édit de Nantes en 1664; Arch. nat., TT,
-232^{18}).
-
-[380] Syn. prov. d’Uzès, séance du 17 mars 1600 (Arch. du consist. de
-Nîmes, A, 10, f^o 45 v^o).
-
-[381] V. ci-dessous, chap. VI.
-
-[382] Frossard, _Recueil de règlements_, art. 48.
-
-[383] Délib. de 10 décembre 1597 (_loc. cit._, f^o 200).
-
-[384] Délib. du 9 décembre 1598 (f^o 250).
-
-[385] Le consist. fait mandement de 3 l. à son avertisseur «pour les
-poursuittes par luy fettes et droit de leveure de l’argent deub par la
-ville pour l’entretenement des escolliers proposans». (Délib. du 12
-juin 1596, f^o 95).—V. ci-dessus, p. 20.
-
-[386] Jean Gril, «ancien et recepveur des deniers du menistère» en
-1598, se présente au consist. le 26 janvier 1600 et expose qu’«il a
-faict recepte en ses comptes de la somme de 86 l. 15 solz pour la
-pention annuelle que la présente ville faict à l’église et pour lad.
-année 1598..., l’ayant payée comme exacteur des talhes et au nom des
-consulz». On lui en donne décharge «pour luy servir d’acquit... envers
-MM. les consulz» (f^o 322).
-
-[387] V. le cahier de plaintes des catholiques de Nîmes, présenté aux
-commissaires de l’édit de Nantes, répondu le 22 février 1601; art. 9^e
-(Arch. du Gard, G, 446).
-
-[388] Le 19 décembre 1599, les consuls proposent au conseil de
-ville que le consistoire le prie de s’occuper _officiellement_ de
-confectionner les rôles et de faire la levée des impositions destinées
-au payement des pasteurs; le conseil décide de prendre auparavant
-l’avis des magistrats (Arch. comm. de Nîmes, LL, 15, f^o 90).—Le 25
-novembre 1601, il députe des gens «califfiés» pour dresser «l’estat de
-lad. imposition par cappitation sur ceulx de la religion refformée tant
-seulement» (_Ibid._, f^o 229 v^o).—Cette décision est confirmée en
-conseil extraordinaire le 3 décembre 1601 (_Ibid._, f^o 236 r^o).
-
-[389] L’art. 43 secret permet aux réformés de «s’assembler devant
-le juge royal et, par son authorité, égaler et lever sur eux telles
-sommes de deniers qu’il sera arbitré estre nécessaire, pour estre
-employez pour les frais de leurs synodes et entretenement de ceux qui
-ont charge pour l’exercice de leurd. religion..., _et seront les taxes
-et impositions desd. deniers exécutoires_, nonobstant oppositions ou
-appellations quelconques» (Anquez, _Assemblées politiques_, p. 494.)
-
-[390] Délib. du 24 février 1599 (Arch. du consist., B, 90, t. VII, f^o
-267). Le 13 janvier 1599, le consistoire avait décidé de faire une
-«assemblée pour pourvoir à l’exécution de l’imposition des deniers
-_ordonnés par le Roy_ pour l’entretenement de MM. les pasteurs» (f^o
-259).
-
-[391] Il menace de se plaindre au colloque si on ne lui pave pas ce qui
-lui est dû (Délib. du 28 juillet 1599, f^o 295).
-
-[392] Il prévient le consistoire que si on ne lui solde ses gages,
-il va s’en aller à Marvéjols «quérir d’argent pour le mariage de sa
-fillie» (Délib. du 10 mai 1600, f^o 347).
-
-[393] Le 24 mai 1600, il décide d’emprunter 600 l. pour payer les
-arrérages de Chambrun et de Moynier (f^o 350).—Le 17 janvier 1601,
-«attandu les arreyrages deubz aux pasteurs et leur nécessité, et qu’il
-est notoire qu’il n’y a _aulcung argent_ ez mains du recepveur», il
-conclut à l’emprunt de 300 l. payables à six mois (f^o 389).
-
-[394] Ch.-L. Frossard, _Étude historique et bibliographique sur la
-Discipline des Eglises réformées_.—Outre la Discipline générale, œuvre
-des synodes nationaux et codifiée en 1666 par d’Huisseau, il existe des
-recueils de décisions de synodes provinciaux. V. pour le Bas-Languedoc
-un _Recueil de règlements extr. des actes des synodes provinciaux_...
-publ. par le pasteur Ch.-L. Frossard.
-
-[395] Délib. du consist. de Nîmes, du 16 septembre 1597 (Arch. du
-consist., B, 90, t. VII, f^o 193).
-
-[396] Délib. du 16 octobre 1596 (_Ibid._, f^o 131).
-
-[397] Délib. du 18 décembre 1601 (f^o 448).
-
-[398] Frossard, _Recueil de règlements_, art. 124.
-
-[399] Frossard, art. 123.
-
-[400] Frossard, art. 124.
-
-[401] Frossard, art. 110.
-
-[402] «Conclud qu’on ne changera point l’ordre des prédications
-en ceste province, et qu’on ne preschera point les dicts jours
-[chomables], si ce ne sont jours ordinaires de prédication de la dicte
-église» (Frossard, art. 156).
-
-[403] Délib. du consist. de Nîmes, du 24 février 1599 (_loc. cit._, f^o
-267).
-
-[404] Délib. du 5 janvier 1599 (f^o 257).
-
-[405] Pierre de Valernod, né le 25 mai 1551, de Jean de Valernod et de
-Françoise de Luc, chanoine de Die, archidiacre de Carcassonne, chanoine
-puis précenteur à Nîmes, fut nommé évêque de Nîmes le 4 septembre 1594,
-par le roi, grâce au crédit de son frère Jean de Valernod, secrétaire
-du connétable de Montmorency (V. sur Jean de Valernod: Ménard, _Hist.
-de Nîmes_, t. V, p. 294.—D’Aubais et Ménard, _Pièces fugitives_, t.
-III, p. 23). Un arrêt du Grand Conseil, du 8 juin 1595, permit à Pierre
-de Valernod de prendre possession civile de son évêché; la cérémonie
-eut lieu le 4 septembre suivant; mais il ne reçut ses bulles qu’en 1598
-et fut sacré à Avignon le 24 février 1598 (Ménard, _loc. cit._, et
-_Histoire des évêques de Nîmes_, t. I.)—Puech, _Un évêque de Nîmes au
-commencement du XVII^e siècle; Pierre de Valernod_.—Germain, _Hist.
-de l’église de Nîmes_, t. II, p. 190.—Goiffon, _Catal. analytique des
-évêques de Nîmes_, dans _Bull. du Comité de l’art chrétien du dioc. de
-Nîmes_, t. I, pp. 304 et 333.—_Exhortation de l’évêque de Nîmes Pierre
-de Valernod à ses diocésains, lors de l’abjuration de Henri IV (1595)_
-(Bibl. de Nîmes, n^{os} 212-217, VI, 9). La _Gallia Christiana_, t. VI,
-p. 549, dit que Valernod fut nommé à l’évêché d’Uzès. Cette erreur est
-relevée par Ménard (_loc. cit._).
-
-[406] Délib. du consist. de Nîmes, du 18 mars 1598 (Arch. du consist.,
-B, 90, t. VII, f^o 214).
-
-[407] Délib. des 18, 20 et 25 mars 1598 (_Ibid._, f^{os} 214 et 217).
-
-[408] V. notamment une délib. du 14 novembre 1601 (f^o 439).
-
-[409] Arch. comm. d’Aimargues, GG, 55.
-
-[410] Délib. du consist. des 3 février 1600, 16 février 1600, etc.
-(_loc. cit._, f^{os} 325, 327, etc.).
-
-[411] Délib. du 26 juin 1596 (f^o 101).—V. encore une délib. du 7 août
-1596, relative au juge criminel qui reçoit des prêtres dans sa maison
-(f^o 114).
-
-[412] Synode prov. de Saint-Germain de Calberte, séance du 14^e may «au
-matin» (B. P. F., copie Auzière).—Frossard, _op. cit._, art. 151.
-
-[413] Frossard, art. 139.
-
-[414] Frossard, art. 125.
-
-[415] Frossard, art. 148.
-
-[416] Frossard, art. 145.—Ce n’est pourtant qu’au bout d’un an que le
-consist. de Nîmes envoie «parler à Sixmard et à sa fiancée de ce qu’ils
-ne s’espousent» (_loc. cit._, f^o 36).
-
-[417] Délib. du consist. de Nîmes, du 16 février 1600 (f^o 328).
-
-[418] Syn. prov. d’Uzès, séance du 17 avril 1603 (B. P. F., copie
-Auzière).
-
-[419] «Chargé sire Farel... de s’informer de la vye de certaine femme
-qui demeure près M. le lieutenant d’Albenas» (Délib. du 10 juin 1598,
-f^o 230).
-
-[420] Délib. des 6 octobre 1599 (f^o 304) et 26 décembre 1601 (f^o 450).
-
-[421] Délib. du 9 septembre 1598 (f^o 241).
-
-[422] Le consist. décide d’appeler Jean Lombard, cardeur, accusé
-d’inconduite «par la voix et famé publicque» (Délib. du 28 février
-1596; f^o 38).—«Chargé M^{re} Boschier de inthimer au livraire logeant
-chez done Gonsette de desloger et vuider de sa maison, pour ce qu’_on
-préthand_ qu’ilz couchent en une mesme chambre» (Délib. du 13 mars
-1596, f^o 46).—V. une autre délib. du même jour (_Ibid._).
-
-[423] Délib. des 28 avril et 28 mai 1599 (f^{os} 278 et 285).
-
-[424] Délib. du 12 décembre 1596 (f^o 137).
-
-[425] Délib. du 17 avril 1596 (f^o 58).
-
-[426] _Pièce_ n^o 9.
-
-[427] Frossard, _Recueil de règlements_, art. 159.
-
-[428] Syn. nat. de La Rochelle (1581) dans Aymon, _Syn. nat._, t. I, p.
-152.
-
-[429] Délib. du consist. de Nîmes du 17 juillet 1596 (_loc. cit._, f^o
-108).
-
-[430] Délib. du 31 mai 1600 (f^o 352).
-
-[431] Frossard, art. 159.—Délib. du consist. du 3 octobre 1601 (f^o
-433).
-
-[432] Délib. du 25 novembre 1598 (f^o 248).
-
-[433] Délib. du 7 avril 1599 (f^o 274).
-
-[434] Syn. prov. de Montpellier (1596) (B. P. F., copie Auzière, f^o
-7).—M^{me} Duplessis-Mornay se vit priver de la cène à Montauban pour
-avoir persisté à soutenir ses cheveux avec des «fils d’arichal» (V. ses
-_Mémoires_, t. II, pp. 269 et suiv.).
-
-[435] Aymon, _Syn. nat._, t. I, p. 240.
-
-[436] Délib. du 5 mai 1599 (f^o 279).
-
-[437] Délib. du 13 mars 1596 (f^o 46).
-
-[438] Délib. du 10 avril 1599 (f^o 227).
-
-[439] Délib. du 10 janvier 1596 (f^o 27).
-
-[440] Délib. du 25 décembre 1596 (f^o 146).
-
-[441] Leur banc était immédiatement derrière celui des pasteurs (Délib.
-du 25 décembre 1596, f^o 146); il était fermé par une porte (Délib. du
-21 avril 1599, f^o 278); et il avait coûté 5 l. (Délib. du 7 février
-1597, f^o 163).
-
-[442] Délib. du 1^{er} avril 1598 (f^o 219).
-
-[443] Ainsi, Pacius en demande un pour lui et pour sa femme, qu’on lui
-fait choisir (Délib. du 1^{er} octobre 1597, f^o 194).
-
-[444] V. P. de Felice, _Protestants d’autrefois_, 1^{re} série, pp. 39
-et suiv.
-
-[445] Le règlement adopté par le consistoire en 1566 porte que le prix
-de location des bancs dans le temple sera versé dans la bourse des
-pauvres (Borrel, _Hist. de l’égl. réformée de Nîmes_, p. 58).
-
-[446] Frossard, art. 111.—V. délib. du consist. du 28 février 1596
-(f^o 37).
-
-[447] Délib. du 17 janvier 1596, ordonnant que certains bancs «que sont
-fichés» seront arrachés et la place «rendue libre comme auparadvant»
-(f^o 27).
-
-[448] Du moins, il y en a sur le banc de Pacius (Délib. du 8 octobre
-1597, f^o 194).
-
-[449] Délib. du 28 février 1596 (f^o 37).
-
-[450] Délib. du 24 juin 1598 (f^o 232).
-
-[451] Délib. du 21 avril 1599 (f^o 278).
-
-[452] C’est ce qu’il fait, par exemple, pour Mesdemoiselles d’Ariffon,
-de Saint-Estienne et leurs filles, comme je l’ai dit.—V. aussi la
-réconciliation qu’il fit de Julius Pacius avec Robert de Vismes
-(_Pièce_ n^o 5).
-
-[453] Le 27 juin 1601, il délègue deux pasteurs et un ancien pour
-«accorder le juge criminel et le lieutenant de Bonnail qui avoient
-différend» (f^o 420).
-
-[454] Ainsi fait-il à Falguerolles et à Rally, l’écolier; le premier
-accepte sa censure, le second en appelle au colloque (Délib. du 19 mai
-1599, f^o 281).
-
-[455] Syn. prov. de Nîmes, séance du 12 mars 1601 (Arch. du consist. de
-Nîmes, A, 10, f^o 64 r^o).
-
-[456] Syn. nat. de Montpellier (1598) dans Aymon, t. I, p. 219.
-
-[457] Syn. nat. de Montpellier (1598), _loc. cit._
-
-[458] Frossard, art. 166.—Syn. prov. de Saint-Germain de Calberte,
-séance du 12 mai 1599 (B. P. F., copie Auzière).
-
-[459] Frossard, art. 168.
-
-[460] Frossard, art. 165.—Je pourrais m’étendre davantage sur tous les
-jeux défendus d’après le règlement de la Discipline. Mais il n’est pas
-particulier au colloque de Nîmes, et l’on ne sait dans quelle mesure il
-était appliqué.
-
-[461] «Sera appelé le paumier du jeu de M. de la Farelle pour s’estre
-trouvé en faute d’avoir tenu des joueurs dimanche dernier en son jeu»
-(Délib. du 24 janvier 1596; arch. du consist., B, 90, t. VII, f^o
-31).—«Pour le fait du jeu de balon qui se continue... mesme durant
-l’heure des prêches le dimanche», on parlera «à Messieurs le juge
-criminel et consulz affin qu’ilz y remédient» (Délib. du 26 novembre
-1597, f^o 199).—V. sur les jeux alors en usage à Nîmes, Puech, _Une
-ville au temps jadis_, pp. 436-446.
-
-[462] Frossard, art. 115.
-
-[463] Frossard, art. 114.
-
-[464] Délib. du 23 décembre 1598 (f^o 254).
-
-[465] Délib. du 24 janvier 1596 (f^o 31).
-
-[466] Délib. du 10 juillet 1596 (f^o 105).
-
-[467] Délib. du conseil de ville de Nîmes, du 10 janvier 1600 (Arch.
-comm., LL, 15, f^o 97 v^o).
-
-[468] Frossard, art. 167.
-
-[469] Puech, _Une ville au temps jadis_, pp. 450-452.
-
-[470] Syn. prov. d’Uzès, séance du 18 mars 1600 (B. P. F., copie
-Auzière).—L’ordonnance du syn. fut observée à Nîmes: le 22 mars 1600,
-le consist. décide de la publier en chaire «les deux sènes du jour de
-Pasques» (f^o 335).
-
-[471] Délib. du 21 février 1596 (f^o 35).
-
-[472] Délib. du 29 février 1596 (f^o 40).—Les «masques» étaient
-interdits comme les danses: en 1583, des jeunes gens nîmois avaient
-imaginé un «costume» original: ils avaient peint leurs corps nus
-(Délib. des 23 mars et 6 avril 1583; arch. du consist., B, 90, t. IV,
-f^{os} 2 et 5).
-
-[473] Délib. du 16 février 1600 (Arch. du consist., B, 90, t. VII, f^o
-327).
-
-[474] Délib. du 26 mai 1599 (_Ibid._, f^o 283).
-
-[475] Délib. du 2 janvier 1602 (_Ibid._, f^o 452).
-
-[476] Dardier, _La discipline dans l’ancienne égl. réf. de Nîmes_, dans
-_Étrennes chrétiennes_, pp. 72-74.—Quelques traits de cette étude ont
-été reproduits par l’auteur dans le _Bulletin de l’Académie de Nîmes_,
-année 1881.
-
-[477] Arch. comm. d’Aimargues, GG, 54.
-
-[478] Délib. du 12 mai 1599 (_loc. cit._, f^o 280).
-
-[479] V. la délib. précédente et celle du 10 mai 1600 (f^o 347).
-
-[480] Délib. du 13 mars 1596 (f^o 44).
-
-[481] Délib. du 6 mars 1596 (f^o 42).
-
-[482] Délib. du 20 mars 1596 (f^o 47).
-
-[483] Ch. Dardier, _La Discipline dans l’ancienne égl. réf. de Nîmes_
-dans _Étrennes chrétiennes_, p. 68.
-
-[484] P. de Felice, _Protestants d’autrefois_, 3^e série, p. 186.
-
-[485] «Jean Moynier, serviteur de M. le Juge Criminel, mandé venir au
-consistoire pour savoir quy a dancé... aux nopces... de M. le Juge
-Criminel, lequel a dict que, pour en savoir nouvelles du tout, la femme
-de M^{re} Denis Tausan, Barrière et sa femme», etc. (Délib. du 29
-février 1596, f^o 40).
-
-[486] «Sont esté mandé venir Marie Riquette..., Jehanne Vabresse et
-Catherine Reyne...; lesd. femmes ont dict...» (Délib. du 14 juillet
-1599, f^o 294).
-
-[487] Délib. du 9 avril 1599 (f^o 275).
-
-[488] Délib. du 14 juillet 1599 (f^o 294).
-
-[489] P. de Felice, _Protestants d’autrefois_, 3^e série, p. 52.
-
-[490] Délib. du 11 avril 1601 (_loc. cit._, f^o 405).
-
-[491] Délib. du 18 avril 1601 (f^o 408).
-
-[492] F^o 411.
-
-[493] F^o 412.
-
-[494] F^o 413.
-
-[495] F^o 415.
-
-[496] F^o 416.
-
-[497] F^o 427.
-
-[498] F^o 427.
-
-[499] F^o 428.
-
-[500] F^o 430.
-
-[501] F^o 431.
-
-[502] F^o 432.
-
-[503] F^o 434.
-
-[504] F^o 435.
-
-[505] F^o 437, délib. du 27 octobre.
-
-[506] F^o 437, délib. du 30 octobre.
-
-[507] F^o 439.
-
-[508] F^o 439.
-
-[509] Sur la qualité des membres du consistoire, voy. ci-dessus, p. 33.
-
-[510] Délib. du 19 juin 1596 (f^o 98).
-
-[511] Délib. du 19 août 1596 (f^o 117).
-
-[512] «M. Maltrait, venu au consistoire..., ayant esté appellé par
-l’advertisseur, se seroit rendu reffuzant» (Délib. du 29 mai 1599, f^o
-285).—M^{lle} de Bessonnet, appelée deux fois par l’avertisseur, «lui
-a dict qu’elle ne voloit point venir et que ne viendroit point» (Délib.
-du 24 octobre 1601, f^o 436).
-
-[513] «A esté renvoyé à demain» (Délib. du 3 septembre 1599, f^o 300).
-
-[514] V. _Pièces_ n^{os} 3 et 9.
-
-[515] Requête de Rivière et Gasais au consist. _Pièce_ n^o 3.
-
-[516] Le syn. prov. d’Alais permet au pasteur de la Faye de citer
-en justice un certain Noguier qui avait écrit contre lui un libelle
-diffamatoire si celui-ci, ses parents et ses alliés ne «tiennent lad.
-réconciliation» (Séance du 20 avril 1602; B. P. F., copie Auzière).
-
-[517] M. Delorme dit qu’on l’employait à Nîmes dès 1561 (_Bull. de
-la Soc. du Protestantisme_, XXXVII (1888), p. 317). Il semble plutôt
-que c’étaient des _billets_ en papier qui en faisaient l’office (P.
-de Felice, _Protestants d’autrefois_, 3^e série, p. 128). Sur les
-méreaux, on peut voir encore: Gélin, _Le méreau dans les églises
-réformées de France_, dans _Mémoires de la Soc. de statistique des
-Deux-Sèvres_, année 1892, et Ch. L. Frossard dans _Bull. de la Soc. du
-Protestantisme_, XXXI (1872), pp. 236 sq.
-
-[518] Le consist. de Nîmes décide, le 24 mai 1600, de faire comparaître
-M^{lle} de Gueyssac «voir que luy a baillé la marque» qui lui a permis
-de communier malgré sa suspension (Arch. du consist., B, 90, t. VII,
-f^o 350). V. encore (f^{os} 248, 345) séances du 9 septembre 1598 et du
-3 mai 1600.
-
-[519] V. A. Puech, _Un Nîmois oublié, le pamphlétaire Guillaume de
-Reboul_.
-
-[520] Voy. ci-dessus, pp. 98-99.
-
-[521] Délib. du 14 novembre 1601 (f^o 439).
-
-[522] Délib. du 2 janvier 1602 (f^o 452).
-
-[523] Délib. du 9 janvier 1602 (f^o 453).
-
-[524] Délib. du 16 janvier 1602 (f^o 454).
-
-[525] De même, il aurait fallu qu’une forte sanction parût bien
-nécessaire pour que l’on condamnât une église aussi importante que
-Nîmes, par exemple, à la privation du culte (Voy. ci-dessus, pp. 74-75).
-
-[526] «Le sire Tourrel, surveillant,... luy sera représenté s’il ne
-fait estat de joueur, pour après en informer le consistoire» (Délib.
-du 17 janvier 1596, f^o 28).—Le 1^{er} août 1598, le ministre
-Falguerolles est griefvement censuré» (f^o 236).
-
-[527] Un des consuls est appelé pour avoir fait route avec l’évêque
-Valernod (Délib. du 26 juin 1596, f^o 101).
-
-[528] «M. le lieutenant Albenas sera appellé par le diacre et le
-survelhant de son quartier» (Délib. du 4 mars 1598, f^o 218).—Il
-empêche l’avocat du roi «de n’usurper le cimetière plus qu’il ne fault
-pour son sépulcre» (Délib. du 5 novembre 1597, f^o 197).
-
-[529] Délib. du 29 février 1596 (f^o 40).
-
-[530] Délib. du 21 février 1596 (f^o 35).
-
-[531] Voy. notamment, dans ce chapitre, les enquêtes du consistoire
-sur la paillardise, la coquetterie, la danse et la musique et son
-intervention dans les querelles de ménage. Cet ordre de choses «nous
-choquerait infiniment plus qu’il ne choquait nos devanciers» (P. de
-Felice, _Protestants d’autrefois_, 3^e série, p. 181). Je n’ai pas lu,
-en effet, dans le registre du consistoire, qu’aucun fidèle se soit
-jamais plaint de la surveillance consistoriale.
-
-[532] V. les actes du conseil de ville (Arch. comm. de Nîmes, LL, 15,
-passim.).
-
-[533] M. de Saint-Cézary est chargé de «proposer en maison de ville
-par devant Messieurs les consulz et leur conseil pour la levée des
-rolles et payement de Messieurs les ministres pour leurs gages, le
-premier jour que seront assemblés» (Délib. du consist. du 20 janvier
-1599, Arch. du consist., B, 90, t. VII, f^o 260).—«Charge Messieurs
-Chambrun, Moynier, Cheyron, et sire Manuel, et M^{re} Laurens au
-conseil mandé par Messieurs les consulz le jour de demain en la maison
-de ville, pour raison de certaines affaires concernant l’esglize»
-(Délib. du même jour, _ibid._).—On trouve parmi les assistants au
-conseil de ville du 21 janvier: le pasteur Chambrun et les anciens
-Saint-Cézary et Manuel (Arch. comm. de Nîmes, LL, 15, f^{os} 5 v^o, 6
-r^o).—«Le premier conseil ordinaire que se tiendra en la maison de
-ville, l’on y représantera le faict de la cloche de Vergèses» (Délib.
-du consist. du 13 août 1597, _loc. cit._, f^o 189).—Etc.
-
-[534] «A l’issue du prêche, demain, l’on assemblera avec le
-consistoire» quelques magistrats, les «consulz» et les «principals
-advocats» (Délib. du consist. du 12 mai 1596, f^o 95).—Etc....
-
-[535] En 1602, «le sire Cotton, consul», est chargé par le consistoire
-de «remonstrer à damoiselle Sarouille...» (Arch. comm. d’Aimargues, GG,
-54).
-
-[536] On trouve parmi les membres du consist., en 1579: «Sire Anthoine
-Maurié de Rovirac, qui est aussi consul»; des consuls sont encore élus
-anciens en 1593, 1598, 1600, 1601, 1603, etc... (Reg. des baptêmes et
-mariages de La Salle, comprenant les listes des membres du consist.;
-inventaire analytique de M. Teissier, B. P. F.).
-
-[537] Arch. comm. du Vigan, BB, 3.
-
-[538] Arch. du consist, B, 90, t. VII, f^o 105.
-
-[539] Délib. du 9 septembre 1598 (_Ibid._, f^o 241).—V. encore une
-délib. analogue du 6 octobre 1599 (f^o 304).
-
-[540] Délib. du 21 février 1596 (f^o 34).
-
-[541] V. ci-dessus, p. 93.
-
-[542] «Seront aussi tenus de garder et observer les festes indictes
-en l’Église catholique, apostolique et romaine, et ne pourront, ès
-jours d’icelles, besongner, vendre, ny estaller à boutiques ouvertes»
-(Anquez, _Assemblées politiques_, p. 463).
-
-[543] Délib. du consist. du 29 mai 1596 (f^o 86).
-
-[544] Délib. du 15 janvier 1597 (f^o 156).
-
-[545] V. ci-dessus, p. 76.
-
-[546] V. ci-dessus, p. 76, note 4.
-
-[547] V. le chap. III.
-
-[548] Délib. du 10 janvier 1600 (Arch. comm., LL, 15, f^o 98 r^o).
-
-[549] V. p. 107.
-
-[550] Ainsi un des consuls est appelé au consistoire «pour avoir
-accompagné l’évesque de la présante ville et prestre pour aller dire la
-messe à Beauvoisin» (Délib. du 26 juin 1596, _loc. cit._, f^o 100).
-
-[551] Délib. du 27 mai 1598 (f^o 229).
-
-[552] V. ci-dessus, p. 93.
-
-[553] Certains prétendaient être assis et couverts pendant que le
-consistoire les censurait. Le syn. prov. d’Uzès, séance du 19 mars
-1600, n’osa donner un règlement qui aurait pu provoquer de graves
-révoltes sans doute, car il permit aux consistoires d’en ordonner
-librement suivant qu’ils le jugeraient bon (B. P. F., copie Auzière).
-
-[554] Aymon, _Syn. nat._, t. I, p. 202.—Cet article fut renouvelé par
-le syn. prov. du Vigan (1609); v. Frossard, _Rec. de règlements_, n^o
-80.
-
-[555] Syn. prov. de Nîmes, séance du 9 mars 1601 (B. P. F., copie
-Auzière).
-
-[556] Voy. p. 55, note 2.
-
-[557] Syn. nat. de Montpellier (1598), dans Aymon, _Syn. nat._, t. I,
-p. 218.—Cet article est le développement d’un règlement donné au syn.
-prov. de Montpellier en 1598 (V. Frossard, n^o 61).
-
-[558] Syn. prov. de Nîmes, séance du 13 mars 1601 (B. P. F., copie
-Auzière).
-
-[559] Délib. du 19 juin 1596 (_loc. cit._, f^o 99).
-
-[560] Ci-dessus, pp. 44 et suiv.
-
-[561] Délib. du 18 septembre 1596 (f^o 127).
-
-[562] Délib. du 5 mars 1597 (f^o 169).
-
-[563] Délib. du 12 mai 1599 (f^o 280).
-
-[564] Délib. du 26 novembre 1597 (f^o 199).
-
-[565] Syn. prov. d’Alais, séance du 20 avril 1602 (B. P. F., copie
-Auzière).
-
-[566] Voy. le chap. IV et la 1^{re} partie de celui-ci.
-
-[567] _Pièce_ n^o 2.
-
-[568] «Demain sera pourveu sur le logement des pouvres à l’heure de
-midy»; on priera le juge criminel, l’avocat du roi et celui des pauvres
-d’assister à la séance (Délib. du 11 décembre 1596, f^o 144).
-
-[569] «M. Moynier et M. Boschier sont chargés de parler à M. le juge
-criminel de ne plus longuement tenir Mazel aux prisons, ou, sy ainsin
-est, qu’il luy balhe alhimens pour sa norriture, atandu sa pouvreté et
-disette» (Délib. du 17 juillet 1596, f^o 110).
-
-[570] Frossard, _Recueil de règlements_, art. 24.
-
-[571] Délib. du 19 avril 1600 (_loc. cit._, f^o 344).
-
-[572] Voy. Dom Vaissète, _Hist. du Languedoc_, t. V, _passim_.
-
-[573] 1602, 13 août. Lettre du roi aux consuls de Nîmes (B. N., ms.
-franç. 3564, f^o 65).
-
-[574] 1614, 27 mai. Plainte d’un prêtre servant en l’église de Nîmes
-par devant Jacques Leblanc, «juge roial de Nymes» (Arch. du Gard, G,
-446).
-
-[575] Le 19 avril 1600 (Arch. du consist., B, 90, t. VII, f^o 344).
-
-[576] Délib. du conseil de ville des 19 et 27 avril 1600 (Arch.
-communales, LL, 15, f^{os} 108 et 109).
-
-[577] Délib. du consist. de Nîmes du 3 mai 1600 (Arch. du consist.,
-B, 90, t. VII, f^o 346).—Saint-Gilles, Gard, arr. Nîmes; colloque de
-Nîmes.
-
-[578] Délib. du 19 avril 1600 (Arch. comm., LL, 15, f^o 108).
-
-[579] Délib. du conseil de ville du 11 novembre 1600 (_Ibid._, f^{os}
-151 v^o-152 r^o); etc.
-
-[580] Ils envoient au roi une députation de 10 ou 12 personnes pour
-réclamer leur admission aux consulats; il faut bien, pour nommer cette
-députation, qu’ils se soient assemblés (Délib. du conseil de ville du
-26 décembre 1600, f^o 158).
-
-[581] V. par exemple, aux Arch. du Gard, G, 446, leur cahier présenté
-aux commissaires et répondu le 22 février 1601. Je ne tiens compte
-que des faits précis allégués dans ces cahiers, tant des catholiques
-que des protestants, et je néglige totalement tout ce qui n’est pas
-justifié par des faits.
-
-[582] V. les délib. des 6 novembre, 31 décembre 1599, etc. (Arch. du
-Gard, G, 1118, f^{os} 10 r^o, 16 r^o, etc.).—Des procès de ce genre
-étaient très fréquents, même dans des régions toutes catholiques, du
-XVI^e au XVIII^e siècle.
-
-[583] Cahier des états de Pézenas, «présentés au roy le 12 aoust 1596»,
-art. XVII^e (Arch. du Gard, C, 925, f^o 6).
-
-[584] Cahier des états de Pézenas cité, art. XIX^e (f^o 7 r^o).
-
-[585] Voici ces recommandations: «Durant le saint sacrifice de la
-messe, que chacun demeure debout despuis le commencement d’iceluy
-jusques que le célébrant monte à l’autel, comme aussy à toutes les
-oraisons qu’il dict et preffaces; demeurer à genoux un peu avant la
-consécration du corps et du sang précieux de Nostre Seigneur jusques
-que le prebstre dict ces mots: _Omnis honor et gloria_. Là, aiant
-un peu incliné le chef, se mettre droit pour la préface du _Pater_
-jusques à _Domine non sum dignus_, où faut estre de genoux et y
-demeurer jusques à la communion, puis se lever aux oraisons, et prendre
-la bénédiction à genoux. Pour les autres heures,... demeurer debout
-lorsqu’on les commence jusques à _Alleluia_ ou _Laus tibi_, à chacun
-_Gloria Patri_ jusques à _Amen_, aux capitules, derniers vers de chacun
-hymne, aux commémorations à cause des oraisons, et, quand on lit à
-matines l’Évangile, jusques à _Et reliqua_». Ce règlement commence
-ainsi: «M. Maistre Estienne Cortois, archidiacre second en l’église
-collégiale de Saint-Gilles, vicaire de M. l’abbé dud. lieu, exorte
-Mess^{rs} du chapitre... vouloir fere ce qui est contenu aux articles
-soubscrits.» Il est intercalé entre deux délibérations dud. chapitre,
-l’une du 3 novembre 1600, et l’autre du 3 avril 1601 (Arch. du Gard, G,
-1118, f^o 35).
-
-[586] Cahier des catholiques de Nîmes présenté aux commissaires
-exécuteurs de l’édit de Nantes, répondu le 22 février 1601; art. 2^e
-(Arch. du Gard, G, 446).
-
-[587] Même cahier, art. 3^e et 5^e.
-
-[588] V. même cahier, art. 5^e.—Cahier présenté au roi par les
-réformés du Bas-Languedoc, répondu le 17 avril 1601, art. X et XI
-(Arch. du Gard, G, 446). Cahier des états de Pézenas présenté au roi le
-12 août 1596, art XVI (Arch. du Gard, C, 925, f^{os} 5 v^o-6 r^o).
-
-[589] Cahier des catholiques de Nîmes, cité p. 122, note 2: art. 6^e.
-
-[590] Même cahier, art. 7^e.
-
-[591] Même cahier, art. 11^e.
-
-[592] Même cahier, art. 29^e et 30^e.
-
-[593] Germain, _Hist. de l’Église de Nîmes_, t. II, p. 194.—V. même
-cahier, art. 22^e, 23^e, 24^e, 25^e, 26^e.—Cahier des réformés de
-Bas-Languedoc au roi, répondu le 17 avril 1601, art. I (Arch. du Gard,
-G, 446).—Etc.
-
-[594] Cahier des états de Pézenas, présenté au roi le 12 août 1596,
-art. XXX (Arch. du Gard, C, 925, f^o 7).
-
-[595] Cahier des catholiques de Nîmes, présenté aux commissaires de
-l’édit de Nantes, répondu le 22 février 1601, art. 9^e (Arch. du Gard,
-G, 446).
-
-[596] V. ci-dessus, p. 20 et chap. V.
-
-[597] Cahier des catholiques de Nîmes, cité p. 122, note 2, art.
-31^e.—V. ci-dessus, p. 46, note 1.
-
-[598] Il n’y a pas de raisons pour accuser les huguenots d’avoir
-plus contribué que les catholiques à dépouiller les rentiers
-ecclésiastiques; mais il n’y en a pas moins. A la faveur des troubles,
-s’était levée une foule d’aventuriers, tant huguenots que papistes, qui
-ne songeaient qu’à s’enrichir. Je mentionne les faits qui suivent pour
-donner une idée du désarroi régnant en général dans le parti catholique.
-
-[599] Cahier présenté au roi par «les états du Languedoc», répondu le
-7 septembre 1595; art. IV (Arch. du Gard, C, 925). V. aussi le cahier
-des états de Pézenas, présenté au roi le 12 août 1596, art. X (Arch. du
-Gard, C, 925, f^o 3 v^o).
-
-[600] Cahier des «états de Languedoc» cité, art. V.—Voy. aussi cahier
-des états de Pézenas, cité p. 126, note 2; art. XI.
-
-[601] Même cahier des états de Pézenas (f^o 4 v^o-5 r^o).
-
-[602] Même cahier, art. XV (f^o 5).
-
-[603] V. ci-dessus, pp. 70 et 127.
-
-[604] Palma Cayet, _Chronologie septennaire_, éd. Buchon, t. XVI, pp.
-209-210.
-
-[605] «Cahier de ceulx de la Religion Prétendue réformée, assemblés
-à Saumur 1611», art. IX, avec le sommaire suivant en marge:
-«De l’exemption des tailles pour les ministres comme pour les
-ecclésiastiques» (B. N., ms. Brienne, 222).
-
-[606] V. ci-dessous l’appendice _A_ sur les _Deniers du roi_.
-
-[607] Cahier de remontrances des catholiques de Nîmes aux commissaires,
-répondu le 22 février 1601, art. 13^e (Arch. du Gard, G, 446).
-
-[608] Arrêt du Parlement de Toulouse interdisant aux consuls, syndics
-et autres de saisir les fruits décimaux «soubs prétexte de la norriture
-desd. pouvres» (Arch. du Gard, G, 437).
-
-[609] Arrêts de la cour des Aides contre les consuls de Nîmes exemptant
-des tailles les Carmes de lad. ville (_Ibid._, H, 297).
-
-[610] Requête du chapitre de Nîmes au Parlement de Toulouse pour qu’il
-interdise aux protestants de lever aucune imposition sur les rentiers
-des dîmes pour l’entretien des ministres (_Ibid._, G, 177).
-
-[611] Arrêt de la cour des Aides exemptant de tous les impôts l’église,
-le couvent et l’enclos des Carmes de Nîmes (_Ibid._, H, 296).
-
-[612] _Ibid._, G, 1105.
-
-[613] Voy. la _Conclusion_.
-
-[614] _Hist. de Nismes_, t. V, p. 148.
-
-[615] V. ci-dessus, p. 120.
-
-[616] Syn. prov. de Nîmes, séance du 9 mars 1601 (B. P. F., copie
-Auzière).
-
-[617] Le syn. prov. de Montpellier, séance du 23 août 1596, décide
-que Falguerolles continuera de répondre à l’_Apostat_ de Reboul «avec
-l’advis et assistance de MM. de Chambrun et Moinier, aussy ministres
-de Nîmes», et communiquera sa réponse aux pasteurs Bertrand et Gigord
-(B. P. F., copie Auzière).—Moynier est censuré par le colloque de
-Nîmes pour n’avoir montré son livre au ministre Baille que «après qu’il
-s’imprimoit» (Syn. prov. de Nîmes (1601), _loc. cit._).—Souvent c’est
-le colloque (ou au moins trois ou quatre de ses pasteurs) qui est
-chargé de revoir l’ouvrage (Frossard, _Recueil de règlements_, n^o 67).
-
-[618] Aymon, _Syn. nat._, t. I, p. 219.
-
-[619] Ainsi, Sébastien Jaquy, imprimeur nîmois, «examiné sur le livre
-qu’il a imprimé intitulé: _Très humble supplication à Monsieur le
-conte Maurice par la suivante d’Orange_, a respondu que c’est M.
-Julien, ministre dud. Orange, et le consul de lad. ville qui l’ont prié
-l’imprimer et luy ont délivré 10 escus 2 livres pour le pris, et, de
-lad. impression, il auroyt délivré cent exemplaires auxd. sieurs, et
-n’auroyent en son pouvoir que deux siens, en ayant donné à quelques
-particuliers seulement troys. Et... a dict et préthandue avoyr remis
-entre les mains desd. sieurs la coppie sur laquelle il a faict lad.
-impression, ayant déclairé avoyr cogneu qu’une partie de la coppie et
-jugé escripte de la main de M. de Serres.....» (Délib. du consist.
-de Nîmes du 1^{er} juillet 1598; arch. du consist., B, 90, t. VII,
-f^o 233).—Plus tard, le 29 novembre 1600, il est _accusé_ dans led.
-consistoire d’avoir édité un pamphlet intitulé: _La teste du ministre
-Caille_ (_Ibid._, f^o 374). V. sur l’imprimeur Sébastien Jaquy, Puech,
-_Une ville au temps jadis_, p. 363.
-
-[620] Cf. ci-dessus, p. 135, note 2.
-
-[621] Le syn. prov. de Saint-Germain de Calberte (1599) décide que
-Falguerolles pourra envoyer à Genève sa réponse au jésuite Porsan
-pourvu que, revue par les pasteurs de cette ville, elle y soit
-imprimée, ou bien simplement la montrer aux pasteurs de Nîmes, d’Uzès
-et du Vigan et l’éditer à Nîmes ou à Montpellier; le tout aux frais de
-son colloque (B. P. F., copie Auzière).
-
-[622] V. délib. du consist., 25 septembre 1596 (Arch. du consist., B.
-90, t. VII, f^o 128).—Sur Reboul, v. Puech, _Guillaume de Reboul_.
-
-[623] Cahier de remontrances des réformés de Bas-Languedoc, présenté au
-roi, répondu le 17 avril 1601; art. XVI^e (Arch. du Gard, G, 446).
-
-[624] Le syn. prov. de Nîmes, séance du 12 mars 1601, «conclud que.....
-les frais qui seront faicts par lesd. pasteurs [pour leurs procès]
-seront mis sur le général» (B. P. F., copie Auzière).—Celui d’Alais
-(séance du 21 avril 1602) rembourse au ministre d’Aigues-Mortes,
-Bansillon, «ses fraiz faictz à la poursuite du procez qu’il a heu à
-raison de son livre contre le Jésuite» (_Ibid._).
-
-[625] V. le syn. prov. d’Alais, séances des 19 et 21 avril 1602
-(_Ibid._).—Ch. Read, _Henri IV et le ministre Daniel Chamier_ (1854),
-pp. 23 et suiv.—Syn. nat. de Gap, dans Aymon, _Syn. nat._, t.
-I.—Sully, _Oeconomies_, pp. 516 et suiv.—Etc.
-
-[626] Syn. prov. d’Uzès, séance du 24 avril 1603 (B. P. F., copie
-Auzière).
-
-[627] Même syn., séance du 21 avril 1603 (_Ibid._).
-
-[628] C’est le motif qu’invoque le président de la chambre de l’édit
-de Castres, de Fresne-Canaye, pour interdire la continuation de la
-controverse entre le ministre Chamier et le jésuite Coton, dont je
-parle ci-après (Ch. Read, _Daniel Chamier_, pp. 338-9).
-
-[629] Requête des protestants au sénéchal pour lui remontrer que,
-Ferrier ayant été provoqué par Coton, son conseil aurait refusé
-l’autorisation nécessaire pour qu’ils pussent se livrer à leur
-controverse, malgré les précédents; or, son conseil n’était alors
-composé que de catholiques, ce qui est contraire aux édits qui
-ordonnent qu’en pareil cas, il doit se composer du même nombre de
-juges protestants et catholiques; que le sénéchal accorde donc lad.
-permission, ou ils en appelleront à la chambre de l’édit (Ménard,
-_Hist. de Nîmes_, t. V, _Preuves_, 222).—Une copie conforme de cette
-requête se trouve aux Arch. du consist. de Nîmes, sous la cote B, 1.
-
-[630] _Recherches sur la Compagnie de Jésus_, t. I, p. 444. Ce livre,
-publié en 1875-78, est soit un pamphlet, soit une œuvre d’édification,
-comme on voudra. En tout cas, il n’a pas le minimum d’impartialité
-nécessaire pour qu’on puisse le qualifier d’historique.
-
-[631] Le syn. nat. de Jargeau (1601) décide que les ministres «ne
-seront point agresseurs.... Ils n’entreront jamais en dispute réglée
-que par des écrits respectifs, donnés et signés de part et d’autre.
-Et pour ce qui est des disputes publiques, ils n’y entreront que par
-l’avis de leur consistoire et celui de quelque nombre de pasteurs qui,
-pour cet effet, seront choisis par les coloques et synodes provinciaux.
-Ils n’entreront point aussi en aucune dispute ou conférence générale
-sans l’avis de toutes les églises assemblées au synode national,
-sous peine aux ministres qui y entreront autrement d’être déclarés
-apostats et traités comme violateurs des loix fondamentales de nos
-églises» (Aymon, _Syn. nat_., t. I, pp. 237-8).—V. aussi G. de Felice,
-_Syn. nat._, pp. 232-3.—Cet art. du syn. de Jargeau passa dans la
-_Discipline_ (chap. VI, art. 4).
-
-[632] Le 10 novembre 1599, le consistoire fait mandement à sire Cheyron
-de 3 écus 13 sols qu’avait coûtés l’entretien de Ferrier durant son
-séjour «pour la conférence avec le P. Couton», et de 4 l. «pour le
-voyage des chevaulx» (Arch. du consist., B, 90, t. VII, f^o 309).
-
-[633] V. ci-dessous, p. 148.
-
-[634] Le 23 mai 1599 (f^o 306).
-
-[635] _Recherches sur la Compagnie de Jésus_, t. I, p. 444.
-
-[636] Lisez _Chalas_.
-
-[637] Ferrier dit au synode prov. d’Uzès, séance du 17 mars 1600, que
-la dispute avec Coton «ne luy aurait été permise par le Magistrat»
-(Arch. du consist. de Nîmes, A, 10, f^{os} 45 v^o-46). C’est donc à
-tort que M. Germain, _Hist. de l’égl. de Nîmes_, p. 193, écrit qu’elle
-eut lieu.
-
-[638] C’est ce que dit le consist. au même synode, même séance.
-
-[639] Après la conférence, le P. Coton publia ou fit publier: 1^o
-«_Discours envoyé à Mgr. l’illustrissime cardinal de Sourdis,
-archevesque de Bourdeaux et primat d’Aquitaine, contenant succinctement
-et au vray le narré de la conférence commencée à Nismes, dans la
-Maison du Roy, le 26 septembre et finie par ordonnance de la Cour le
-3 d’octobre 1600, entre le R. P. Coton, de la Compagnie de Jésus, et
-M. Chamier, ministre_.—En Avignon, de l’imprimerie Jacques Bramereau,
-1600, in-8 de 175 pp. (d’après le P. Prat, _Recherches sur la compagnie
-de Jésus_, t. I, p. 612). 2^o _Actes de la conférence tenue à Nismes
-entre le R. P. Pierre Coton, de la Compagnie de Jésus, et M. Chamier,
-ministre, commencée le 26 septembre 1600 et interrompue le 3 octobre
-dudict an, sur certains passages citez par ledict Pierre Coton en son
-livre de la Messe, et impugnez de faux par ledict Chamier_.....—A
-Lyon, par Estienne Tantillon, MDCI, in-8 de 296 pp. sans les
-préliminaires. Cet ouvrage est à la bibl. de Grenoble (d’après Ch.
-Read, _Daniel Chamier_, pp. 450 et suiv.).—De son côté, Daniel Chamier
-publia postérieurement aux deux ouvrages précédents: _Les actes de
-la Conférence tenue à Nismes entre Daniel Chamier, ministre du Saint
-Évangile, pasteur de l’église de Montélimar, et Pierre Coton, jésuite,
-prédicateur aud. Nismes, publiez maintenant par led. Chamier, pour
-faire voir les faussetés de ceux que Coton a fait imprimer à Lyon
-par Estienne Tantillon sous le nom de P. Demezat_.—Genève, Gabriel
-Cartier, 1601, in-8 de 256 pp. (Ch. Read, _op. cit._, p. 229).
-
-[640] E. Arnaud, _Notice sur les controverses religieuses en Dauphiné_
-(1872), pp. 15-16, ignore la seconde publication du P. Coton.
-
-[641] Dans ses _Actes de la conférence_, cités par Ch. Read, _Daniel
-Chamier_, p. 234, d’où je tire également ce qui suit.
-
-[642] Le P. Prat, _Recherches sur la Compagnie de Jésus_, t. I, pp.
-543 et suiv., donne une analyse des arguments théologiques des deux
-adversaires; mais Coton a trop continuellement raison pour qu’on ne
-suspecte pas l’impartialité du P. Prat sur ce point comme sur les
-autres.
-
-[643] D. Chamier, _Les actes de la conférence_, cité par Ch. Read,
-_Daniel Chamier_, p. 235.
-
-[644] Id., _Ibid._, pp. 236-237.
-
-[645] C’est-à-dire la preuve par Chamier que les passages allégués par
-Coton pour établir la légitimité de la messe étaient faux ou controuvés
-(V. p. 141, note 1).
-
-[646] D. Chamier, cité par Read, _op. cit._, pp. 238-9.
-
-[647] V. les deux copies conformes d’actes de réquisitions faits par
-M^{re} Annibal d’Aymin, chanoine de Nîmes, et procureur du P. Coton,
-des 15 décembre 1600 et 22 janvier 1601 citées (Arch. du consist. de
-Nîmes, B, 1).—Ch. Read, _op. cit._, pp. 239 et suiv.
-
-[648] Ch. Read, _op. cit._, p. 230.
-
-[649] Délib. du 19 avril 1600 (_loc. cit._, f^o 344).
-
-[650] Le 5 avril 1600, il prévient le consist. qu’il a «dressé» ses
-disputes avec Coton et lui demande s’il «trouve bon qu’il les parachève
-et en communique» (f^o 339).
-
-[651] Délib. du 29 mai 1596 (f^o 85).
-
-[652] Délib. des 8 et 15 juillet 1598 (f^{os} 234-5).—Antoine Poursan
-ou Porsan occupait une assez importante place dans la Compagnie de
-Jésus. Un arrêt du Parlement lui avait enlevé la direction du collège
-de Lyon que le prévôt des marchands et les échevins lui avaient
-confiée sur l’assurance qu’il leur avait donnée d’avoir quitté la
-Société de Jésus (De Thou, _Hist. sui temporis_, trad. 1734, t.
-XIII, pp. 159-161).—Il est l’auteur des _Advertissements d’Antoine
-Poursan contre Falguerolles et contre Salvay_, d’après D. Chamier:
-_Confusion des disputes papistes_, cité par Ch. Read, _Daniel Chamier_,
-p. 226.—Falguerolle répondit à ces _Advertissements_ (Délib. du
-syn. prov. de Saint-Germain de Calberte (1599) intitulée: «De la
-responce faicte par M. de Falgueroles à Porsan, prêcheur jésuite»; B.
-P. F., copie Auzière).—Enfin, Chamier lui-même répondit aussi par
-ses _Considérations sur les Advertissements de A. Porsan par Daniel
-Chamier, Dauphinois_ (s. l., Pierre de la Rovière, 1600, in-8 de 266
-pp.).
-
-[653] Délib. du consist. du 29 mars 1600 (_loc. cit._, f^o 337).
-
-[654] V. ci-après, p. 148.
-
-[655] D. Chamier, _Actes de la conférence_, cité par Ch. Read, _D.
-Chamier_, pp. 235-6.
-
-[656] V. Ch. Read (_Henri IV et le ministre D. Chamier_, pp. 39-40 et
-pass., et _Daniel Chamier_, p. 35, note 1, p. 49, note 1, et pass.) qui
-donne une série de jugements contemporains.—Le P. Prat, _Recherches
-sur la Compagnie de Jésus_, t. I, p. 240 et pass., nous donne son
-itinéraire alors qu’il se trouvait dans le Midi et un récit de ses
-controverses religieuses en se basant sur l’_Apologétique par Pierre
-Coton, Forésien, de la Compagnie de Jésus_....—Sur la conversion
-de la fille de Lesdiguières qu’il opéra, v. E. Benoist, _Hist. de
-l’éd. de Nantes_, t. I, p. 260.—Sur les Questions Cotoniennes, v.,
-notamment, un art. de Ch. Read dans le _Bull. de la Soc. de l’Hist. du
-protestantisme franç._, t. XXXIX (1890), pp. 210 et suiv.
-
-[657] _Hist. de l’égl. de Nîmes_, p. 193.
-
-[658] P. Prat, t. I, pp. 240-605.
-
-[659] Délib. du chapitre de Saint-Gilles du 13 novembre 1600 (Arch. du
-Gard, G, 1118, f^o 28 r^o).
-
-[660] En janvier 1600 (Arch. du Gard, G, 1336, d’après l’_Inventaire_).
-
-[661] V. délib. des 3 février, 16 février, 23 février, 8 mars, 15 mars
-1600 (f^{os} 325, 327, 329, 333, 334).
-
-[662] «M. Pacius sera pryé..... de ne permettre que aulcung escolier
-n’aille ouyr ni communiquer avec led. Coton» (Délib. du consist. du
-3 février 1600, f^o 325).—Le 23 février 1600, Myrman, écolier, est
-appelé pour y avoir été (f^o 329).
-
-[663] Délib. du 8 mars 1600 (f^o 333).
-
-[664] Délib. du 15 mars 1600 (f^o 334).
-
-[665] Frossard, _Rec. de règlements_, art. 154.
-
-[666] Délib. du consistoire du 22 mars 1600 (f^o 335).
-
-[667] C’est le cas de «M^{lle} la conterollesse de Baudan» dont la
-fille est «en Arles, chez les nonnains» (Délib. du 29 novembre 1600,
-f^o 374).
-
-[668] V. ci-dessus, pp. 98-99 et 102.
-
-[669] Délib. du 14 novembre 1601 (f^o 439).
-
-[670] V. à ce sujet Perrens, _L’Église et l’État en France sous Henri
-IV_, t. I, p. 181.
-
-[671] Crétineau-Joly, _Histoire de la Compagnie de Jésus_, t. III, p.
-26.
-
-[672] Ils n’avaient lors de leur expulsion que deux collèges en
-Languedoc, à Toulouse et à Tournon, d’après Lafaille, _Annales de
-Toulouse_, t. II, p. 517.
-
-[673] V. ci-dessus, pp. 80 et suiv.
-
-[674] Délibération du chapitre de Saint-Gilles du 6 septembre 1599
-(Arch. du Gard, G, 1118, f^o 5 r^o).
-
-[675] Syn. prov. de Nîmes, séance du 13 mars 1601 (Arch. du consist. de
-Nîmes, A, 10, f^o 66 v^o).
-
-[676] Anne de Levis, duc de Ventadour, pair de France, chevalier des
-ordres du roi, lieutenant-général du Languedoc, était le deuxième
-fils de Gilbert III de Lévis et de Catherine de Montmorency (Moreri,
-_Dictionnaire_, VI, pp. 280 et suiv.). Il épousa, le 28 juin 1593,
-Marguerite de Montmorency, fille de Henri de Montmorency-Damville
-(son contrat de mariage se trouve au château de Léran - fonds
-Lévis-Ventadour, A, I, n^{os} 57¹ et ²). Ses armoiries sont dans
-l’_Hist. chronologique_ du P. Anselme, éd. Potier de Courcy, t. IV,
-p. 1.—M. A. Tardieu a fait reproduire une gravure de Grégoire Huret
-représentant Marguerite de Montmorency, dans le _Bulletin de la Soc.
-scientifique, historique et archéologique de la Corrèze_ (Brives, 1889,
-pp. 119-124), et un portrait à l’encre de Chine d’Anne de Ventadour,
-tiré du fonds Clairambault de la B. N., dans le même _Bulletin_
-(Brives, 1891, pp. 21-22). Ventadour mourut âgé de 53 ans. Sa mort est
-rapportée dans les Mémoires mss. du chanoine de Banne, cités par M.
-Mazon dans une _Notice sur le Cheylard_ que l’on ne trouve pas à la B.
-N.—Ses lettres à Montmorency intéressant l’administration du Languedoc
-sont à la B. N. (V. ci-dessus l’introduction). Les arch. du château de
-Léran, récemment classées par M. J. Poux, contiennent quelques contrats
-sans importance le concernant.
-
-[677] Syn. prov. de Saint-Germain de Calberte, séance du 12 mai 1599
-(B. P. F., copie Auzière).
-
-[678] «Cahier présenté au roy par ceux de la R. P. R. de Languedoc,
-répondu à Lyon, le 13 d’aoust 1600»; art. 4^e (B. N., Brienne, 209,
-f^{os} 216 v^o-217 r^o).—«Cahier présenté au roy par ceux de la R.
-P. R. du Bas-Languedoc, répondu à Paris le 17^e avril 1601»; art. 6^e
-(Arch. du Gard, G, 446).
-
-[679] V. ci-dessus, p. 59.
-
-[680] Faurin, _Journal_, à la date du 15 décembre 1596 (Ménard et
-d’Aubais, _Pièces fugitives_, t. III, p. 140).
-
-[681] Aymon, _Syn. nat._, t. I, p. 200.
-
-[682] Aymon, _op. cit._, t. I, p. 202.
-
-[683] Arch. comm. d’Aimargues, GG, 54.
-
-[684] Sa plainte et l’instruction à laquelle elle donna lieu sont de
-juillet 1602 (Arch. du Gard, G, 446).
-
-[685] Lafaille, _Annales de Toulouse_, t. II, p. 545.
-
-[686] Voy. D^r A. Puech, _Le pamphlétaire Guillaume de Reboul_. On
-pourrait ajouter à cette brochure quelques renseignements inédits
-tirés des arch. du consistoire.—D’après M. Puech, Reboul serait né
-en 1564 ou 1565; il abjura le calvinisme en 1596, composa contre les
-ministres des pamphlets qui eurent du succès, fut protégé par le
-cardinal Baronius, et mourut pendu, le 25 septembre 1611, à Rome, pour
-un libelle qu’il avait écrit soit contre le pape, soit contre le roi
-d’Angleterre.—V. sur Reboul, outre l’ouvrage de Puech cité, Roverius,
-_De vita P. Petri Cotoni libri tres_, lib. I, cap. 70; _France
-protestante_, 1^{re} éd., à son nom; Borrel, _Hist. de l’égl. réf.
-de Nîmes_, p. 114.—La bibliographie de ses ouvrages dans la _France
-protestante_, et plus complète dans Puech, _op. cit._, p. 93 ss.
-
-[687] Voy. l’Appendice C sur _l’édit de Nantes_.
-
-[688] Aymon, _Syn. nationaux_, t. I, p. 223.
-
-[689] Séance du 22 mai 1598 (B. P. F., copie Auzière).
-
-[690] Instructions données par l’assemblée de Chatellerault à Chamier,
-son député au syn. national (B. N., ms. franç. 15814, f^o 131 v^o.
-_Pièce_ n^o 6). Ces instructions sont très intéressantes.
-
-[691] V. les instructions de l’assemblée à Chamier citées, et aussi
-celles qu’elle donna au sieur de Saint-Germain envoyé en Bas-Languedoc
-(B. N., ms. franç. 15814, f^o 106 v^o-107 r^o. _Pièce_ n^o 4).
-
-[692] Instructions du sieur de Saint-Germain citées (_Pièce_ n^o 4).
-
-[693] «Extrait des actes du conseil de Bas-Languedoc» (B. N., ms.
-franç. 15814, f^o 121 v^o).
-
-[694] Instructions de Chamier citées (_Pièce_ n^o 6).
-
-[695] Id.
-
-[696] Car elle considérait bien l’édit comme un insuccès, v. _pièce_
-n^o 6.
-
-[697] _Pièce_ n^o 6.
-
-[698] Voy. les cahiers de remontrances des catholiques et des réformés
-cités au chap. VI.
-
-[699] Les protestants de Languedoc s’empressèrent de distribuer sur le
-papier la «bénéficence royale». On peut voir dans les dires par écrit
-avec pièces et notes à l’appui de Peiremales, commissaire protestant
-député pour l’exécution de l’édit de Nantes en la province de Languedoc
-et Pays de Foix par Louis XIV: «Extrait de la bénéficence accordée
-par le roy Henry IV aux églises et en l’année 1591»; «Estat de la
-bénéficence faite par le roy Henry IV aux ministres en l’année 1592»;
-«Acte ou patente de la bénéficence du roy Henry le Grand en faveur des
-églises» (1592), etc. (Arch. de la Cour d’appel de Nîmes, 9^e division,
-n^o 502, dont, à la B. P. F., copie par M. Ferd. Teissier).
-
-[700] Les passages cités sont d’Anquez, _Assemblées politiques_, pp.
-109-110.
-
-[701] B. N., Brienne 208, f^o 479.—Le brevet est publié dans Anquez,
-_Assemblées politiques_, p. 497, avec la date du 13 avril par
-erreur.—P. de Felice, _Protestants d’autrefois_, 3^e série, p. 149,
-note 2, se basant sur le ms. franç. 20965 de la B. N., le date du 3
-avril.—C’est par erreur que G. de Felice, _Hist. des syn. nat._,
-pp. 126-8, d’après Aymon, _Syn. nat._, t. I, p. 225, parle de 43.000
-écus. Le brevet du 3 avril 1598 mentionne 45.000 écus, de même que les
-comptes du receveur Palot (B. N., ms. franç. 15816, f^o 35 v^o).
-
-[702] Instructions de l’assemblée de Chatellerault au pasteur Chamier,
-député par elle au synode de Montpellier (_Pièce_ n^o 6).
-
-[703] Ce qui ne veut pas dire 116 pasteurs. Jusqu’au syn. nat. de
-Jargeau (1601) deux églises desservies par un seul pasteur comptaient
-pour deux dans la répartition des deniers, au lieu qu’une église
-desservie par plusieurs pasteurs comptait pour une. Le synode ordonna
-que le département se ferait, désormais, non par églises, mais par
-pasteurs (Aymon, _Syn. nat._, t. I, p. 252).
-
-[704] «Distribution des 45 mil escus octroyés par le Roi.., faite au
-synode de Montpellier» (B. N., ms. franç. 15815, f^o 75 r^o; et ms.
-Brienne 208, f^o 473 r^o).
-
-[705] B. N., Brienne 208, f^o 475.
-
-[706] Aymon, t. I, pp. 226 et 227.
-
-[707] Aymon, t. I, p. 227.
-
-[708] Brevet du 3 avril 1598 cité.
-
-[709] _Pièce_ n^o 6.
-
-[710] Le 30 avril 1598, le roi avait signé un brevet qualifié
-d’«articles secrets», par lequel il promettait aux réformés 180.000
-écus par an pour entretenir les garnisons de leurs places de sûreté,
-«sans y comprendre celle de la province de Dauphiné» qui seraient
-entretenues «d’ailleurs». Ce brevet est publié dans Anquez, pp. 498 et
-suiv.
-
-[711] Clôture des comptes du sieur Palot, «conseiller et secrétaire
-du Roy, et commis à faire la recepte et distribution des deniers que
-Sa Majesté a accordés à ceux de la religion réformée de ce royaume»,
-faite à l’assemblée de Saumur le 20 juin 1600 (B. N., ms. franç. 15816,
-f^{os} 30 et suiv.).
-
-[712] «Pour laquelle somme de 31.599 écus 9 sols 2 deniers, il [Palot]
-a par devers luy des rescriptions jusques à la concurrance d’icelle
-somme, dont le recouvrement est encore à faire, à cause des difficultés
-et impossibilités qui s’y présentent, et lesquelles led. sieur
-Palot a fait voir en lad. assemblée si grandes, qu’après les avoir
-examinées....., se trouve qu’il ne peut estre fait estat que de la
-somme de 18.443 escus, et que le surplus, montant à la somme de 13.156
-escus 9 sols 2 deniers, tombent en faute de fonds et non valoirs qui
-est autant à dire que perte» (Comptes du sieur Palot, _ibid._, f^o 31
-r^o).
-
-[713] Comptes du sieur Palot, _ibid._, f^o 35 v^o.—En juin 1600, Palot
-n’avait encore rien pu toucher des deniers de l’année 1600, car il
-n’avait pu retirer les rescriptions qu’au mois de mai (_Ibid._, f^o 36
-r^o).
-
-[714] Cahier des plaintes de l’assemblée de Saumur, répondu par le roi
-en janvier 1601 (B. N., ms. Brienne 209, f^{os} 238 v^o-239 r^o).
-
-[715] Ainsi, pour l’année 1599, Palot ayant touché 42.020 écus, paye
-37.000 écus aux garnisons et seulement 5.020 écus aux églises et
-académies (Clôture de ses comptes à l’assemblée de Chatellerault; B.
-N., ms. franç. 15816, f^o 35 v^o).
-
-[716] Le synode de Montpellier, en 1598, accordait au collège de Nîmes
-611 l. 6 sols 8 deniers et à celui de Montpellier 500 l. («Distribution
-de 45.000 escus octroyés par le Roy», B. N., ms. franç. 15815, f^o 75
-r^o, et Brienne 208, f^o 473 r^o).
-
-[717] _Pièce_ n^o 6.
-
-[718] Le synode national de Saumur (1596) engage les provinces à
-établir chacune un collège et deux académies de théologie pour le moins
-(Aymon, _Syn. nat._, t. I, p. 197).
-
-[719] Synode national de Jargeau en 1601 (Aymon t. I, p. 252).
-
-[720] «Pour faire face aux despenses des voyages ordonnés vers
-le roy... on ne touchera pas à l’argent affecté au payement des
-universités» (Actes de l’assemblée provinciale de Castres, analysés par
-M. de France dans le _Bull. de la Soc. de l’hist. du protestantisme_,
-t, XXXI, p. 307).
-
-[721] Syn. prov. de Nîmes, séance du 10 mars 1601 (B. P. F., copie
-Auzière).
-
-[722] V. ci-dessus, p. 17, note 2.—Malgré tout, on eut de la peine
-à faire prospérer les académies de théologie en Bas-Languedoc. En
-1601, il n’y a que 8 écoliers inscrits à la matricule des proposants
-de l’académie nîmoise (Borrel dans _Bull. de la Soc. de l’hist. du
-protestantisme fr._, t. III, p. 46). Au syn. prov. de Nîmes en 1601,
-on propose de distribuer aux pasteurs la part réservée aux académies
-de Nîmes et de Montpellier, attendu «qu’il n’y a point de professeurs
-en théologie ny aucun exercice, et ce, jusqu’à ce que les professeurs
-servent actuellement». Mais le synode n’y consent point et décide
-que les églises de Nîmes et Montpellier devront s’être pourvues de
-professeurs pour leurs académies avant le prochain synode. Il ajoute
-qu’«aucuns de ceste compagnie qui peuvent estre propres pour lire en
-théologie» seront examinés «par deux textes du Vieulx Testament et
-du Nouveau à rendre d’un jour à l’aultre, comme aussy respondre aux
-thèses» (Séance du 10 mars, B. P. F., copie Auzière). En 1603, Gigord
-et Ferrier se présentent pour passer cet examen; le syn. prov. d’Uzès
-les en dispense vu leur notoriété et les «reçoit et authorize pour
-docteurs et professeurs en théologie, M. Gigord pour l’Académie de
-Montpellier et M. Ferrier pour l’Académie de Nismes» (Séance du 23
-avril).
-
-[723] L’assemblée de Castres, en avril 1599, décide que «pour faire
-face aux despenses des voyages vers le Roy, l’assemblée de Chatelleraut
-et M. de Ventadour», on prendra de l’argent des deniers du ministère
-(Actes publ. par de France dans le _Bull. de la Soc. de l’hist.
-du protestantisme_, t. XXXI, p. 307).—Cf. aussi le syn. prov. de
-Saint-Germain de Calberte, séance du 14 mai «au matin» (B. P. F., copie
-Auzière), et une délib. du synode d’Uzès (séance du 24 avril 1603)
-pour réfréner «le grand abus, tant de M. Palot à bailler l’argent à
-quiconque luy en demande que des villes et assemblées politiques qui
-font leur députation à ces fraiz-là» (B. P. F., copie Auzière).
-
-[724] «Tarife des colloques» de 1600 ou 1601. Elle se trouve, en effet,
-entre un rôle de 1600 et un autre de 1601, dans le «Livre des actes des
-synodes provinciaux» (Arch. du consist. de Nîmes, A, 10, f^o 71 r^o).
-
-[725] En 1598 (Aymon, _Syn. nat._, t. I, pp. 226 et 227).
-
-[726] Cahiers de remontrances de l’assemblée de Castres, faits le
-1^{er} février 1600 et répondus par le roi le 7 mai; art. 9^e (B. N.,
-ms. Brienne 209, f^o 129 v^o).
-
-[727] Arch. du consist. de Nîmes, B. 90, t. VII, f^o 249.
-
-[728] Séance de mars 1600 (B. P. F., copie Auzière).
-
-[729] Syn. prov. d’Alais, séance du 27 avril 1602 (_Ibid._).
-
-[730] _Pièce_ n^o 8.
-
-[731] V. ci-dessus, pp. 14 et suiv.
-
-[732] V. ci-dessus, p. 2.
-
-[733] V. ci-dessus, pp. 25-26.
-
-[734] P. de Felice, _Protestants d’autrefois_, 2^e série, p. 12.
-
-[735] V., sur les pasteurs Jean de Falguerolles, Jean Moynier et
-Pineton de Chambrun, Puech, _Le pamphlétaire Guillaume de Reboul_, pp.
-81 sq., et la _France protestante_. Puech dit que Jean de Falguerolles
-était mort en octobre 1599, sans doute à Cologne, âgé de 39 ans (p.
-84). Mais il préside encore le consistoire le 11 novembre 1599 (Arch.
-du consist., B, 90, t. VII, f^o 312).
-
-[736] «M. Moynier et M. Falgayrolles se régleront pour les
-prédications... affin que M. Chambrun n’en soyt plus en peyne» (Délib.
-du consist. du 16 juin 1599, _loc. cit._, f^o 291). Il avait pourtant
-conservé assez de vigueur pour contracter un troisième mariage dont lui
-naquit un fils (Puech, _op. cit._, p. 91).
-
-[737] «Sur la lettre mandée par M. de Falguerolles.... à cause sa
-malladie et indisposition qui empêche l’exercice de sa charge» (Délib.
-du consist. du 31 mai 1596, _loc. cit._, f^o 93).
-
-[738] Elle se nommait Suzanne Dutour. Falguerolles était agréé par
-la mère, mais refusé par les oncles et le tuteur qui protégeaient
-d’autres prétendants. L’affaire alla en justice (Arch. du Gard, E,
-207, f^o 47, cité par Puech, p. 83. Arch. du Gard, E, 629). Tout finit
-par s’arranger en décembre 1596, et Falguerolles épousa Suzanne Dutour
-(_Ibid._, E, 313, f^o 1089).
-
-[739] Cf. aux arch. du consist. de Nîmes, B, 90, t. VII, f^{os} 95 et
-96, deux délib. du 12 juin 1596.—En octobre 1596, on continue encore
-de négocier avec Goulard (_Ibid._, f^o 131, délib. du 16 octobre, et
-f^o 132, délib. du 18 octobre). Mais on ne put s’arranger, car on ne
-les voit plus mentionnés.
-
-[740] V. sur ce Jean Terond, ci-dessus, pp. 20 et suiv.
-
-[741] Syn. prov. de Saint-Germain de Calberte, séance «du 14^e may au
-matin» 1599 (B. P. F., copie Auzière).
-
-[742] Délib. du 1^{er} septembre 1599 (f^o 300). L’église avait, en
-effet pensionné Jean Terond alors qu’il étudiait comme proposant.
-
-[743] Délib. du 11 décembre 1599 (f^o 312).
-
-[744] Délib. du 15 décembre 1599 (f^o 313).
-
-[745] Délib. du 11 novembre 1599 (f^o 309).
-
-[746] _France protestante_, 2^e éd., t. VI, p. 492, d’après E. Benoist,
-_Hist. de l’édit de Nantes_, et Tallemant des Réaux, _Historiettes_.
-
-[747] _Loc. cit._
-
-[748] L’abjuration de Jérémie Ferrier lui a fait du tort dans l’esprit
-de ses historiens.—Il naquit vers 1570, fut ministre à Aumessas,
-puis, quelques mois plus tard, à Alais (1596), enfin à Nîmes. Il était
-fort savant, car il fut reçu sans examen comme lecteur en théologie
-à l’acad. de Nîmes (v. ci-dessus, p. 167, note 2). Il fut déclaré
-indigne du ministère pour désobéissance aux colloques et synodes. Il
-obtint du roi la place d’assesseur criminel, puis de conseiller au
-présidial de Nîmes (1613); il fut alors excommunié (14 juillet 1613),
-ce qui provoqua à Nimes une émeute où il faillit perdre la vie (15 et
-16 juillet). Enfin, il revint à Paris, se convertit au catholicisme,
-obtint la faveur de Richelieu, fut nommé conseiller d’État et privé
-en 1626, et mourut le 26 septembre de la même année.—V. sa vie et
-une bibliographie de ses ouvrages dans la _France protestante_ (_loc.
-cit._). On trouve de nombreux renseignements sur sa vie dans les
-actes des syn. prov. de Bas-Languedoc (B. N., ms. franc. 8669, f^o
-196, et Arch. du consist. de Nîmes, A, 10, pass.).—L’émeute qui eut
-lieu à Nîmes en 1613 est rapportée dans _Émotion arrivée en la ville
-de Nîmes en Languedoc le 15^e de juillet de l’an 1613_ (B. N., impr.
-Ld^{176}53).—V. encore à ce sujet: _Considérations d’état sur les
-mémoires envoyés par les consuls de Nismes_.... (B. N., impr. Lb^{36}
-187); et _Le procès de la ville de Nismes_... (B. N., impr. Lb^{36}
-190).—V. sur les négociations qui eurent lieu afin d’obtenir de
-Louis XIII l’abolition de ses ordres pour la répression de l’émeute
-de 1613, aux Arch. comm. de Nîmes: DD, 1, deuxième partie; et DD,
-4.—Ferrier fut mis sur la liste des apostats au syn. nat. de Tonneins
-(Aymon, _Syn. nat._, t. II, p. 49).—V. sur sa fortune. Arch. nat.,
-TT, 450.—Sur ses enfants, v. les registres de baptêmes et de décès de
-l’église réformée de Nîmes aux Arch. comm. de cette ville, UU, 94; UU,
-118.
-
-[749] Arch. du consist. de Nîmes, B, 90, t. VII, f^o 312. Délib. du 11
-décembre 1599.
-
-[750] _Ibid._, f^o 314. Délib. du 22 décembre 1599.
-
-[751] _Ibid._, f^o 318. Délib. du 5 janvier 1600.
-
-[752] _Ibid._, f^o 319. Délib. du 12 janvier. On décide que «M. Ferrier
-demeurera icy.»
-
-[753] _Ibid._, f^o 319. Délib. du 12 janvier 1600. «A esté propozé par
-M. Chambrun que le colloque s’assemblera extraordinairement demain à
-Allès pour raison de M. Ferrier que ceulx d’Allès préthendent encores
-avoir en leur églize.»
-
-[754] _Ibid._, f^o 321. Délib. du 19 janvier 1600.
-
-[755] _Ibid._, f^o 331. Délib. du 5 mars 1600.
-
-[756] Syn. prov. d’Uzès. Séance du «vendredy 17 mars» 1600 (Arch. du
-consist., A, 10, f^{os} 45 v^o sq.). A ce synode, le 19 mars, l’église
-de Nîmes rappelle ses droits sur le pasteur Terond pour l’avoir
-pensionné comme proposant. Mais elle ne le réclame pas, ce qui montre
-bien que c’est Ferrier qu’on voulait (B. P. F., copie Auzière).
-
-[757] Délib. du 22 mars 1600 (f^o 335). «M. Moynier a remonstré qu’il
-seroit besoing escripre de surcharge à M. Ferrier de s’en venir le
-plus promptement que faire se pourra.... et qu’il n’a moien survenir à
-l’entier menistère de lad. esglize.»
-
-[758] Délib. du 5 avril 1600 (f^o 339).—Il semble que M. Baille ait
-été à ce moment fort mal disposé à l’égard de Ferrier. En effet, au
-syn. de Nîmes, séance du 9 mars 1601, «après disner», Ferrier se plaint
-qu’on l’ait calomnié dans la maison de Baille, de qui l’ancien d’Alais
-invoque le témoignage contre Ferrier (_loc. cit._, f^{os} 59 v^o sq.).
-
-[759] Délib. du 10 mai 1600 (f^o 347).
-
-[760] Délib. du 24 mai 1600 (f^o 351).
-
-[761] Délib. du 24 mai 1600 (f^o 350).
-
-[762] Délib. du 10 mai 1600 (f^o 347).
-
-[763] Délib. du 24 mai 1600 (f^o 350).
-
-[764] Il se plaint, le 22 mars, au consist. de ne pouvoir «survenir à
-l’entier menistère de lad. esglize» (f^o 335).
-
-[765] Délib. du 19 juillet 1600 (f^o 356).
-
-[766] Délib. du 23 août 1600 (f^o 361).
-
-[767] Délib. du 13 septembre 1600 (f^o 366).
-
-[768] Délib. du 8 novembre 1600 (f^o 371). On annonce qu’il est arrivé
-une lettre de M. Gigord, et l’on décide de convoquer une assemblée
-extraordinaire, le 11, pour en entendre la lecture. Cette délib. du 11
-ne s’est pas conservée.
-
-[769] V. p. 172.
-
-[770] Cf. pp. 172-3.
-
-[771] Il faut voir sur Daniel Chamier les deux ouvrages de Ch. Read,
-_Henri IV et le ministre Daniel Chamier_ et _Daniel Chamier, journal de
-son voyage à la cour en 1607_.
-
-[772] Sur le pasteur Gigord, voir, outre la _France protestante_:
-Corbière, _Académie protestante de Montpellier_ dans _Mémoires de
-l’Académie des sciences et lettres de Montpellier, Lettres_, VIII
-(1888-9), p. 429 et suiv.
-
-[773] V. le syn. prov. de Nîmes, séance du 10 mars 1601; celui d’Alais,
-séance du 20 avril 1603; et celui d’Uzès, séance du 23 avril 1603 (B.
-P. F., copie Auzière).
-
-[774] Syn. prov. de Nîmes, séance du 9 mars «après disner» (Arch. du
-consist. de Nîmes, A, 10, f^o 61 v^o).
-
-[775] Même syn., séance du 13 mars «après disner» (f^o 66 v^o).
-
-[776] V., outre la délib. du syn. prov. de Nîmes citée ci-dessus, celle
-du 11 mars 1601 (Arch. du consist. de Nîmes, A, 10, f^{os} 63 et suiv.).
-
-[777] Syn. prov. de Nîmes, séance du 9 mars 1601 «après disner»
-(_Ibid._, f^{os} 59 v^o et suiv.).
-
-[778] Même syn.
-
-[779] L’église d’Alais obtint le pasteur «de Marity» au syn. prov.
-d’Uzès, séance du 21 avril 1603 «après disner» (f^o 94 r^o).
-
-[780] _Hist. des assemblées politiques des réformés de France_
-(1573-1622). On regrette que M. Anquez n’ait pas corroboré cette étude
-impartiale et consciencieuse par des notes plus abondantes et précises.
-
-[781] _Le P. Joseph et Richelieu_ dans _Revue hist._, t. XLVIII (1890),
-p. 472.
-
-[782] _Difficultés et obstacles que rencontra l’édit de Nantes_ dans
-_Troisième centenaire de l’édit de Nantes_, p. 120.
-
-[783] Cf. _Études historiques sur le XVI^e et le XVII^e s._
-
-[784] _Histoire de France_, t. X; v. notamment pp. 190 sq.
-
-[785] Instruction de l’assemblée de Chatellerault à Chamier, son député
-au syn. nat. (_Pièce_ n^o 6).
-
-[786] Il semble qu’il ne croyait pas pouvoir rendre un tel édit sans
-provoquer une véritable révolution parmi les catholiques. V. le passage
-de Sully cité ci-dessous.—Plus tard, Henri IV cite comme une chose
-remarquable de sa part d’avoir accordé aux huguenots des conditions
-plus libérales que celles qu’ils avaient obtenues de ses prédécesseurs:
-«Le roy ayant de sa grâce specialle accordé aux supplians un second
-baillage pour l’exercice de leur relligion, outre ce qui estoit porté
-par les précédans édits...... les supplians n’ont aucun sujet de se
-plaindre, puisque ces exceptions ne diminuent en effet la gratification
-de S. M. qui leur a permis, en ce faisant, _plus qu’ils n’ont jamais
-obtenu des Roys ses prédécesseurs_» (Réponse aux cahiers de l’assemblée
-de Chatellerault, août 1599; B. N., ms. Brienne, 209, f^o 151).
-
-[787] _Mémoires_, p. 666.
-
-[788] Duplessis-Mornay, cité par Anquez, _Assemblées politiques_, p. 93.
-
-[789] Anquez, _op. cit._, pp. 52 et 93.
-
-[790] Anquez, p. 94.
-
-[791] Le règlement qu’ils se donnèrent est assez nettement résumé dans
-Anquez, p. 62 et suiv.
-
-[792] L’édit ne fut enregistré qu’en février 1595 par le Parlement de
-Paris (Cf. Anquez, pp. 55-56 et 69).
-
-[793] Sully, _Œconomies royales_, t. II, p. 252, col. 1.—V. aussi
-_Ibid._, les _Remarques_, t. II, pp. 42-47. Sully est en général
-suspect. Mais les faits qu’il avance ici sont vraisemblables; voy.
-ci-dessous, les hésitations du roi à cette époque.
-
-[794] Benoist, _Hist. de l’édit de Nantes_, t. I, p. 154.
-
-[795] Benoist, _op. cit._, t. I, pp. 167-68.
-
-[796] Anquez, p. 69.
-
-[797] Anquez, p. 97.
-
-[798] Sur l’état d’esprit des protestants à partir de ce moment, v.
-plus loin, p. 187.
-
-[799] Ils lui expliquèrent que si le roi avait ordonné sa dissolution,
-c’est parce qu’il avait été blessé qu’elle lui eût fait «des demandes
-contraires au respect qu’elle lui devait». Mais le roi «lui permettait
-maintenant de subsister» (Anquez, p. 70).
-
-[800] Bien longtemps après, de Vic déclare sur son ordre que les
-demandes de l’assemblée sont «injustes» (Anquez, p. 71).
-
-[801] Toutes ces négociations sont exposées dans Anquez, pp. 71-75.
-
-[802] On sait qu’on entend par les mots d’_édit de Nantes_: 1^o l’édit
-même, daté du 13 avril; 2^o 56 articles _secrets_ du 30 avril; 3^o
-un brevet du 3 avril accordant aux protestants une subvention (V.
-l’appendice sur les _deniers du roi_); 4^o 24 articles _secrets_ du
-30 avril. L’édit du 13 avril et les 56 articles secrets du 30 furent
-vérifiés au Parlement le 25 février 1599, mais avec des modifications
-de texte contre lesquelles protesta l’assemblée de Chatellerault (V. p
-188).—On avait dressé deux expéditions de l’édit, l’une pour le roi,
-l’autre pour les églises. Ce dernier exemplaire qui était conservé à
-La Rochelle a disparu. Nous n’avons plus aujourd’hui que l’exemplaire
-dressé pour le roi qui est aux Arch. nat. sous la cote J 943, n^o 2 (N.
-Weiss et A. Bernus dans le _Bulletin de la Soc. du protestantisme_,
-XLVII (1898), p. 305). On trouvera l’édit dans Anquez, pp. 456 et suiv.
-Cette édition donne, outre le texte primitif, les modifications qu’on
-y avait apportées lorsqu’il fut vérifié au Parlement. Elle attribue à
-tort au brevet du 3 avril la date du 13 avril.—On pourra voir à la B.
-N., dans le ms. Brienne 209, différents mémoires «sur les difficultés
-qui se trouvent en l’édit», tous de l’année 1598.
-
-[803] _Journal_ à la date du 31 décembre 1598, t. VII, pp. 159-160.
-
-[804] _Œconomies._
-
-[805] «Quelques-uns furent d’avis de se loger à Tours.... mais le
-plus de voix et les plus saines réduisirent les autres à la patience»
-(_Histoire universelle_, Amsterdam, 1626, t. II, fol. 624).
-
-[806] Poirson, _Hist. de Henri IV_, t. I, p. 364.
-
-[807] _Mémoires_, passim.
-
-[808] Anquez, pp. 76-78.
-
-[809] Anquez, p. 491.
-
-[810] V. les cahiers de l’Assemblée de Chatellerault, art. 7^e, dans
-Anquez, p. 190.
-
-[811] Id.
-
-[812] Voy. Réponses aux cahiers précédents (Anquez, p. 191).—Le brevet
-fut donné en août 1599. M. P. de Felice (_Protestants d’autrefois_, 3^e
-série, p. 252) le reproduit d’après le ms. de la B. N., franç. 20965,
-f^o 68, qui le date du 23 août 1599. Le ms. de la B. N., Brienne 209,
-f^o 161 r^o, le date du 21 août 1599.
-
-[813] V. dans _Troisième centenaire de l’édit de Nantes_, l’art. de M.
-Paul de Felice, pp. 40-41.
-
-[814] L’édit sous sa dernière forme constitue ce que M. Anquez appelle
-le «second édit de Nantes» (pp. 188 sq.).
-
-[815] V. leurs instructions dont une copie se trouve à la B. N., ms.
-Brienne 209, f^{os} 131 r^o-136 r^o.
-
-[816] Arch. du consist., B, 90, t. VII, f^o 25.
-
-[817] Arch. du consist., B, 90, t. VII, f^o 159.
-
-[818] Arch. du consist., B, 90, t. VII, f^o 203.
-
-[819] Arch. du consist., B, 90, t. VII, f^o 258.
-
-[820] C’est-à-dire Jean André, dit Radel: voy. ci-dessous la liste de
-l’année 1600, et Puech, _Une ville au temps jadis_, p. 257.
-
-[821] Arch. du consist., B, 90, t. VII, f^o 317.
-
-[822] Arch. du consist., B, 90, t. VII, f^o 445.
-
-[823] Les deux receveurs sont nommés le 2 janvier 1602 (_Ibid._, f^o
-452).
-
-[824] Délib. du consist. de Nîmes, du «lundi 26^e octobre» 1562 (B. N.,
-ms. franc. 8666, f^{os} 169-170).
-
-[825] C’est le ministre Mauger.
-
-[826] Délib. du consist. de Nîmes du 17 avril 1596 (Arch. du consist.
-de Nîmes, B, 90, t. VII, f^o 58).
-
-[827] Délib. du 15 mai 1596 (_Ibid._, f^o 74).
-
-[828] Délib. du 22 mai 1596 (_Ibid._, f^o 78).
-
-[829] Délib. du 22 mai 1596 (_Ibid._, f^o 80).
-
-[830] Délib. du 31 mai 1596 (_Ibid._, f^o 89).
-
-[831] Délib. du 19 juin 1596 (_Ibid._, f^o 99).
-
-[832] Délib. du 10 juillet 1596 (_Ibid._, f^o 105).
-
-[833] Délib. du 17 juillet 1596 (_Ibid._, f^o 109).
-
-[834] Délib. du 30 août 1596 (_Ibid._, f^o 122).
-
-[835] B. N., ms. franç. 15814, f^{os} 106 v^o-117 v^o.
-
-[836] Arch. du consist., B, 90, t. VII, f^{os} 220 sq.; délib. du 11
-avril 1598.
-
-[837] B. N., ms. franç. 15814, f^{os} 130 v^o-132 v^o.—Il existe une
-autre copie de ces instructions à la Bibl. Mazarine, ms. J 1504 F,
-in-f^o.
-
-[838] Arch. du consist., A, 10, f^o 70 r^o. «Livre des actes des
-synodes provinciaux....», 1596-1609.
-
-[839] On a biffé _Massouverain_ et écrit à côté _Terond_.
-
-[840] On a biffé _Maurice_ et écrit à côté _Justamond_.
-
-[841] Arch. du consist., B, 90, t. VII, f^o 361; délib. du 23 août 1600.
-
-[842] Arch. du consist., B, 90, t. VII, f^o 395 sq.; délib. du 28
-février 1601.
-
-
-
-
-
-
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-distributed Project Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of
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