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-The Project Gutenberg EBook of Les droits de la femme, by Olympe de Gouges
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-This eBook is for the use of anyone anywhere in the United States and most
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-whatsoever. You may copy it, give it away or re-use it under the terms of
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-
-Title: Les droits de la femme
-
-Author: Olympe de Gouges
-
-Release Date: November 25, 2016 [EBook #53595]
-
-Language: French
-
-Character set encoding: UTF-8
-
-*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK LES DROITS DE LA FEMME ***
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-
-Produced by Claudine Corbasson and the Online Distributed
-Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This file was
-produced from images generously made available by the
-Bibliothèque nationale de France (BnF/Gallica) at
-http://gallica.bnf.fr)
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- Au lecteur
-
- Ce livre électronique reproduit intégralement le texte original. Nous
- avons utilisé une typographie plus moderne que celle de la version
- papier en remplaçant les lettres ſ par des s.
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- La ponctuation n'a pas été modifiée hormis quelques corrections
- mineures.
-
- L'orthographe a été conservée. Seuls quelques mots ont été modifiés.
- La liste des modifications se trouve à la fin du texte.
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-
-LES DROITS DE LA FEMME.
-
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-
-A LA REINE.
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-
- MADAME,
-
-Peu faite au langage que l'on tient aux Rois, je n'emploierai point
-l'adulation des Courtisans pour vous faire hommage de cette singulière
-production. Mon but, Madame, est de vous parler franchement; je n'ai
-pas attendu, pour m'exprimer ainsi, l'époque de la Liberté: je me
-suis montrée avec la même énergie dans un temps où l'aveuglement des
-Despotes punissait une si noble audace.
-
-Lorsque tout l'Empire vous accusait et vous rendait responsable de ses
-calamités, moi seule, dans un temps de trouble et d'orage, j'ai eu la
-force de prendre votre défense. Je n'ai jamais pu me persuader qu'une
-Princesse, élevée au sein des grandeurs, eût tous les vices de la
-bassesse.
-
-Oui, Madame, lorsque j'ai vu le glaive levé sur vous, j'ai jeté mes
-observations entre ce glaive et la victime; mais aujourd'hui que je
-vois qu'on observe de près la foule de mutins soudoyée, & qu'elle est
-retenue par la crainte des loix, je vous dirai, Madame, ce que je ne
-vous aurois pas dit alors.
-
-Si l'étranger porte le fer en France, vous n'êtes plus à mes yeux
-cette Reine faussement inculpée, cette Reine intéressante, mais une
-implacable ennemie des Français. Ah! Madame, songez que vous êtes mère
-et épouse; employez tout votre crédit pour le retour des Princes.
-Ce crédit, si sagement appliqué, raffermit la couronne du père, la
-conserve au fils, et vous réconcilie l'amour des Français. Cette digne
-négociation est le vrai devoir d'une Reine. L'intrigue, la cabale, les
-projets sanguinaires précipiteroient votre chûte, si l'on pouvait vous
-soupçonner capable de semblables desseins.
-
-Qu'un plus noble emploi, Madame, vous caractérise, excite votre
-ambition, et fixe vos regards. Il n'appartient qu'à celle que le
-hasard a élevée à une place éminente, de donner du poids à l'essor des
-Droits de la Femme, et d'en accélérer les succès. Si vous étiez moins
-instruite, Madame, je pourrais craindre que vos intérêts particuliers
-ne l'emportassent sur ceux de votre sexe. Vous aimez la gloire: songez,
-Madame, que les plus grands crimes s'immortalisent comme les plus
-grandes vertus; mais quelle différence de célébrité dans les fastes de
-l'histoire! l'une est sans cesse prise pour exemple, et l'autre est
-éternellement l'exécration du genre humain.
-
-On ne vous fera jamais un crime de travailler à la restauration
-des moeurs, à donner à votre sexe toute la consistence dont il
-est susceptible. Cet ouvrage n'est pas le travail d'un jour,
-malheureusement pour le nouveau régime. Cette révolution ne s'opérera
-que quand toutes les femmes seront pénétrées de leur déplorable sort, &
-des droits qu'elles ont perdus dans la société. Soutenez, Madame, une
-si belle cause; défendez ce sexe malheureux, et vous aurez bientôt pour
-vous une moitié du royaume, et le tiers au moins de l'autre.
-
-Voilà, Madame, voilà par quels exploits vous devez vous signaler et
-employer votre crédit. Croyez-moi, Madame, notre vie est bien peu de
-chose, sur-tout pour une Reine, quand cette vie n'est pas embellie par
-l'amour des peuples, et par les charmes éternels de la bienfaisance.
-
-S'il est vrai que des Français arment contre leur patrie toutes les
-puissances; pourquoi? pour de frivoles prérogatives, pour des chimères.
-Croyez, Madame, si j'en juge par ce que je sens, le parti monarchique
-se détruira de lui-même, qu'il abandonnera tous les tyrans, et tous les
-coeurs se rallieront autour de la patrie pour la défendre.
-
-Voilà, Madame, voilà quels sont mes principes. En vous parlant de ma
-patrie, je perds de vue le but de cette dédicace. C'est ainsi que tout
-bon Citoyen sacrifie sa gloire, ses intérêts, quand il n'a pour objet
-que ceux de son pays.
-
-Je suis avec le plus profond respect,
-
- MADAME,
-
- Votre très-humble et très-obéissante servante,
-
- DE GOUGES.
-
-
-
-
-LES DROITS DE LA FEMME.
-
-
-HOMME, es-tu capable d'être juste? C'est une femme qui t'en fait la
-question; tu ne lui ôteras pas du moins ce droit. Dis-moi? qui t'a
-donné le souverain empire d'opprimer mon sexe? ta force? tes talens?
-Observe le créateur dans sa sagesse; parcours la nature dans toute sa
-grandeur, dont tu sembles vouloir te rapprocher, et donne-moi, si tu
-l'oses, l'exemple de cet empire tirannique. [A] Remonte aux animaux,
-consulte les élémens, étudie les végétaux, jette enfin un coup-d'œil
-sur toutes les modifications de la matière organisée; et rends-toi
-à l'évidence quand je t'en offre les moyens; cherche, fouille et
-distingue, si tu le peux, les sexes dans l'administration de la nature.
-Par-tout tu les trouveras confondus, par-tout ils coopèrent avec un
-ensemble harmonieux à ce chef-d'oeuvre immortel.
-
- [A] De Paris au Pérou, du Japon jusqu'à Rome,
- Le plus sot animal, à mon avis, c'est l'homme.
-
-L'homme seul s'est fagoté un principe de cette exception. Bisarre,
-aveugle, boursoufflé de sciences et dégénéré, dans ce siècle de
-lumières et de sagacité, dans l'ignorance la plus crasse, il veut
-commander en despote sur un sexe qui a reçu toutes les facultés
-intellectuelles; il prétend jouir de la révolution, et réclamer ses
-droits à l'égalité, pour ne rien dire de plus.
-
-
-
-
-DÉCLARATION DES DROITS DE LA FEMME ET DE LA CITOYENNE,
-
-_A décréter par l'Assemblée nationale dans ses dernières séances ou
-dans celle de la prochaine législature._
-
-
-PRÉAMBULE.
-
-Les mères, les filles, les soeurs, représentantes de la nation,
-demandent d'être constituées en assemblée nationale. Considérant
-que l'ignorance, l'oubli ou le mépris des droits de la femme, sont
-les seules causes des malheurs publics et de la corruption des
-gouvernemens, ont résolu d'exposer dans une déclaration solemnelle,
-les droits naturels, inaliénables et sacrés de la femme, afin que
-cette déclaration, constamment présente à tous les membres du corps
-social, leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs, afin
-que les actes du pouvoir des femmes, et ceux du pouvoir des hommes
-pouvant être à chaque instant comparés avec le but de toute institution
-politique, en soient plus respectés, afin que les réclamations
-des citoyennes, fondées désormais sur des principes simples et
-incontestables, tournent toujours au maintien de la constitution, des
-bonnes moeurs, et au bonheur de tous.
-
-En conséquence, le sexe supérieur en beauté comme en courage, dans les
-souffrances maternelles, reconnaît et déclare, en présence et sous les
-auspices de l'Etre suprême, les Droits suivans de la Femme et de la
-Citoyenne.
-
-
-ARTICLE PREMIER.
-
-La Femme naît libre et demeure égale à l'homme en droits. Les
-distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.
-
-
-II.
-
-Le but de toute association politique est la conservation des droits
-naturels et imprescriptibles de la Femme et de l'Homme: ces droits
-sont la liberté, la propriété, la sûreté, et sur-tout la résistance à
-l'oppression.
-
-
-III.
-
-Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la
-Nation, qui n'est que la réunion de la Femme et de l'Homme: nul corps,
-nul individu, ne peut exercer d'autorité qui n'en émane expressement.
-
-
-IV.
-
-La liberté et la justice consistent à rendre tout ce qui appartient à
-autrui; ainsi l'exercice des droits naturels de la femme n'a de bornes
-que la tyrannie perpétuelle que l'homme lui oppose; ces bornes doivent
-être réformées par les loix de la nature et de la raison.
-
-
-V.
-
-Les loix de la nature et de la raison défendent toutes actions
-nuisibles à la société: tout ce qui n'est pas défendu par ces loix,
-sages et divines, ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à
-faire ce qu'elles n'ordonnent pas.
-
-
-VI.
-
-La Loi doit être l'expression de la volonté générale; toutes les
-Citoyennes et Citoyens doivent concourir personellement, ou par leurs
-représentans, à sa formation; elle doit être la même pour tous: toutes
-les citoyennes et tous les citoyens, étant égaux à ses yeux, doivent
-être également admissibles à toutes dignités, places et emplois
-publics, selon leurs capacités, & sans autres distinctions que celles
-de leurs vertus et de leurs talens.
-
-
-VII.
-
-Nulle femme n'est exceptée; elle est accusée, arrêtée, & détenue dans
-les cas déterminés par la Loi. Les femmes obéissent comme les hommes à
-cette Loi rigoureuse.
-
-
-VIII.
-
-La loi ne doit établir que des peines strictement & évidemment
-nécessaires, & nul ne peut être puni qu'en vertu d'une Loi établie et
-promulguée antérieurement au délit et légalement appliquée aux femmes.
-
-
-IX.
-
-Toute femme étant déclarée coupable, toute rigueur est exercée par la
-Loi.
-
-
-X.
-
-Nul ne doit être inquiété pour ses opinions mêmes fondamentales, la
-femme a le droit de monter sur l'échafaud; elle doit avoir également
-celui de monter à la Tribune; pourvu que ses manifestations ne
-troublent pas l'ordre public établi par la Loi.
-
-
-XI.
-
-La libre communication des pensées et des opinions est un des droits
-les plus précieux de la femme, puisque cette liberté assure la
-légitimité des pères envers les enfans. Toute Citoyenne peut donc dire
-librement, je suis mère d'un enfant qui vous appartient, sans qu'un
-préjugé barbare la force à dissimuler la vérité; sauf à répondre de
-l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi.
-
-
-XII.
-
-La garantie des droits de la femme et de la citoyenne nécessite une
-utilité majeure; cette garantie doit être instituée pour l'avantage
-de tous, & non pour l'utilité particulière de celles à qui elle est
-confiée.
-
-
-XIII.
-
-Pour l'entretien de la force publique, & pour les dépenses
-d'administration, les contributions de la femme et de l'homme sont
-égales; elle a part à toutes les corvées, à toutes les tâches pénibles;
-elle doit donc avoir de même part à la distribution des places, des
-emplois, des charges, des dignités et de l'industrie.
-
-
-XIV.
-
-Les Citoyennes et Citoyens ont le droit de constater par eux-mêmes,
-ou par leurs représentans, la nécessité de la contribution publique.
-Les Citoyennes ne peuvent y adhérer que par l'admission d'un partage
-égal, non-seulement dans la fortune, mais encore dans l'administration
-publique, et de déterminer la quotité, l'assiette, le recouvrement et
-la durée de l'impôt.
-
-
-XV.
-
-La masse des femmes, coalisée pour la contribution à celle des
-hommes, a le droit de demander compte, à tout agent public, de son
-administration.
-
-
-XVI.
-
-Toute société, dans laquelle la garantie des droits n'est pas assurée,
-ni la séparation des pouvoirs déterminée, n'a point de constitution; la
-constitution est nulle, si la majorité des individus qui composent la
-Nation, n'a pas coopéré à sa rédaction.
-
-
-XVII.
-
-Les propriétés sont à tous les sexes réunis ou séparés; elles ont
-pour chacun un droit inviolable et sacré; nul ne peut en être privé
-comme vrai patrimoine de la nature, si ce n'est lorsque la nécessité
-publique, légalement constatée, l'exige évidemment, et sous la
-condition d'une juste et préalable indemnité.
-
-
-POSTAMBULE.
-
-Femme, réveille-toi; le tocsin de la raison se fait entendre dans tout
-l'univers; reconnois tes droits. Le puissant empire de la nature
-n'est plus environné de préjugés, de fanatisme, de superstition et de
-mensonges. Le flambeau de la vérité a dissipé tous les nuages de la
-sottise et de l'usurpation. L'homme esclave a multiplié ses forces, a
-eu besoin de recourir aux tiennes pour briser ses fers. Devenu libre,
-il est devenu injuste envers sa compagne. O femmes! femmes, quand
-cesserez-vous d'être aveugles? Quels sont les avantages que vous avez
-recueillis dans la révolution? Un mépris plus marqué, un dédain plus
-signalé. Dans les siècles de corruption vous n'avez régné que sur la
-foiblesse des hommes. Votre empire est détruit; que vous reste-t-il
-donc? la conviction des injustices de l'homme. La réclamation de votre
-patrimoine, fondée sur les sages décrets de la nature; qu'auriez-vous
-à redouter pour une si belle entreprise? le bon mot du Législateur des
-nôces de Cana? Craignez-vous que nos Législateurs Français, correcteurs
-de cette morale, long-temps accrochée aux branches de la politique,
-mais qui n'est plus de saison, ne vous répètent: femmes, qu'y a-t-il
-de commun entre vous et nous? Tout, auriez-vous à répondre. S'ils
-s'obstinoient, dans leur faiblesse, à mettre cette inconséquence en
-contradiction avec leurs principes; opposez courageusement la force
-de la raison aux vaines prétentions de supériorité; réunissez-vous
-sous les étendards de la philosophie; déployez toute l'énergie de
-votre caractère, et vous verrez bientôt ces orgueilleux, non serviles
-adorateurs rampans à vos pieds, mais fiers de partager avec vous les
-trésors de l'Etre-Suprême. Quelles que soient les barrières que l'on
-vous oppose, il est en votre pouvoir de les affranchir; vous n'avez
-qu'à le vouloir. Passons maintenant à l'effroyable tableau de ce que
-vous avez été dans la société; & puisqu'il est question, en ce moment,
-d'une éducation nationale, voyons si nos sages Législateurs penseront
-sainement sur l'éducation des femmes.
-
-Les femmes ont fait plus de mal que de bien. La contrainte et la
-dissimulation ont été leur partage. Ce que la force leur avoit ravi,
-la ruse leur a rendu; elles ont eu recours à toutes les ressources
-de leurs charmes, et le plus irréprochable ne leur résistoit pas. Le
-poison, le fer, tout leur étoit soumis; elles commandoient au crime
-comme à la vertu. Le gouvernement français, surtout, a dépendu,
-pendant des siècles, de l'administration nocturne des femmes; le
-cabinet n'avoit point de secret pour leur indiscrétion; ambassade,
-commandement, ministère, présidence, pontificat,[1] cardinalat; enfin
-tout ce qui caractérise la sottise des hommes, profane et sacré,
-tout a été soumis à la cupidité et à l'ambition de ce sexe autrefois
-méprisable et respecté, et depuis la révolution, respectable et méprisé.
-
- [1] M. de Bernis, de la façon de madame de Pompadour.
-
-Dans cette sorte d'antithèse, que de remarques n'ai-je point à offrir!
-je n'ai qu'un moment pour les faire, mais ce moment fixera l'attention
-de la postérité la plus reculée. Sous l'ancien régime, tout étoit
-vicieux, tout étoit coupable; mais ne pourroit-on pas apercevoir
-l'amélioration des choses dans la substance même des vices? Une femme
-n'avoit besoin que d'être belle ou aimable; quand elle possédoit ces
-deux avantages, elle voyoit cent fortunes à ses pieds. Si elle n'en
-profitoit pas, elle avoit un caractère bizarre, ou une philosophie peu
-commune, qui la portoit aux mépris des richesses; alors elle n'étoit
-plus considérée que comme une mauvaise tête; la plus indécente se
-faisoit respecter avec de l'or; le commerce des femmes étoit une espèce
-d'industrie reçue dans la première classe, qui, désormais, n'aura plus
-de crédit. S'il en avoit encore, la révolution seroit perdue, et sous
-de nouveaux rapports, nous serions toujours corrompus; cependant la
-raison peut-elle se dissimuler que tout autre chemin à la fortune est
-fermé à la femme que l'homme achette, comme l'esclave sur les côtes
-d'Afrique. La différence est grande; on le sait. L'esclave commande
-au maître; mais si le maître lui donne la liberté sans récompense,
-et à un âge où l'esclave a perdu tous ses charmes, que devient cette
-infortunée? Le jouet du mépris; les portes même de la bienfaisance
-lui sont fermées; elle est pauvre et vieille, dit-on; pourquoi
-n'a-t-elle pas su faire fortune? D'autres exemples encore plus touchans
-s'offrent à la raison. Une jeune personne sans expérience, séduite
-par un homme qu'elle aime, abandonnera ses parens pour le suivre;
-l'ingrat la laissera après quelques années, et plus elle aura vieilli
-avec lui, plus son inconstance sera inhumaine; si elle a des enfans,
-il l'abandonnera de même. S'il est riche, il se croira dispensé de
-partager sa fortune avec ses nobles victimes. Si quelqu'engagement le
-lie à ses devoirs, il en violera la puissance en espérant tout des
-lois. S'il est marié, tout autre engagement perd ses droits. Quelles
-lois reste-il donc à faire pour extirper le vice jusques dans la
-racine? Celle du partage des fortunes entre les hommes et les femmes,
-et de l'administration publique. On conçoit aisément que celle qui est
-née d'une famille riche, gagne beaucoup avec l'égalité des partages.
-Mais celle qui est née d'une famille pauvre, avec du mérite et des
-vertus; quel est son lot? La pauvreté et l'opprobre. Si elle n'excelle
-pas précisément en musique ou en peinture, elle ne peut être admise à
-aucune fonction publique, quand elle en auroit toute la capacité. Je
-ne veux donner qu'un aperçu des choses, je les approfondirai dans la
-nouvelle édition de tous mes ouvrages politiques que je me propose de
-donner au public dans quelques jours, avec des notes.
-
-Je reprends mon texte quant aux moeurs. Le mariage est le tombeau de
-la confiance & de l'amour. La femme mariée peut impunément donner des
-bâtards à son mari, et la fortune qui ne leur appartient pas. Celle qui
-ne l'est pas, n'a qu'un foible droit: les lois anciennes et inhumaines
-lui refusoient ce droit sur le nom & sur le bien de leur père, pour
-ses enfans, et l'on n'a pas fait de nouvelles lois sur cette matière.
-Si tenter de donner à mon sexe une consistance honorable et juste,
-est considéré dans ce moment comme un paradoxe de ma part, et comme
-tenter l'impossible, je laisse aux hommes à venir, la gloire de traiter
-cette matière; mais, en attendant, on peut la préparer par l'éducation
-nationale, par la restauration des moeurs et par les conventions
-conjugales.
-
-
-_Forme du Contrat social de l'Homme et de la Femme._
-
- Nous _N_ et _N_, mus par notre propre volonté, nous unissons pour le
- terme de notre vie, et pour la durée de nos penchans mutuels, aux
- conditions suivantes: Nous entendons & voulons mettre nos fortunes
- en communauté, en nous réservant cependant le droit de les séparer
- en faveur de nos enfans, et de ceux que nous pourrions avoir d'une
- inclination particulière, reconnoissant mutuellement que notre bien
- appartient directement à nos enfans, de quelque lit qu'ils sortent,
- et que tous indistinctement ont le droit de porter le nom des pères
- et mères qui les ont avoués, et nous imposons de souscrire à la
- loi qui punit l'abnégation de son propre sang. Nous nous obligeons
- également, au cas de séparation, de faire le partage de notre
- fortune, et de prélever la portion de nos enfans indiquée par la
- loi; et, au cas d'union parfaite, celui qui viendroit à mourir, se
- désisteroit de la moitié de ses propriétés en faveur de ses enfans;
- et si l'un mouroit sans enfans, le survivant hériteroit de droit, à
- moins que le mourant n'ait disposé de la moitié du bien commun en
- faveur de qui il jugeroit à propos.
-
-Voilà à-peu-près la formule de l'acte conjugal dont je propose
-l'exécution. A la lecture de ce bisarre écrit, je vois s'élever contre
-moi les tartuffes, les bégueules, le clergé et toute la séquelle
-infernale. Mais combien il offrira aux sages de moyens moraux pour
-arriver à la perfectibilité d'un gouvernement heureux! j'en vais
-donner en peu de mots la preuve physique. Le riche Epicurien sans
-enfans, trouve fort bon d'aller chez son voisin pauvre augmenter sa
-famille. Lorsqu'il y aura une loi qui autorisera la femme du pauvre à
-faire adopter au riche ses enfans, les liens de la société seront plus
-resserrés, et les moeurs plus épurées. Cette loi conservera peut-être
-le bien de la communauté, et retiendra le désordre qui conduit tant
-de victimes dans les hospices de l'opprobre, de la bassesse et de la
-dégénération des principes humains, où, depuis long-tems, gémit la
-nature. Que les détracteurs de la saine philosophie cessent donc de se
-récrier contre les moeurs primitives, ou qu'ils aillent se perdre dans
-la source de leurs citations.[2]
-
- [2] Abraham eut des enfans très-légitimes d'Agar, servante de sa
- femme.
-
-Je voudrois encore une loi qui avantageât les veuves et les demoiselles
-trompées par les fausses promesses d'un homme à qui elles se seroient
-attachées; je voudrois, dis-je, que cette loi forçât un inconstant à
-tenir ses engagemens, ou à une indemnité proportionnée à sa fortune.
-Je voudrois encore que cette loi fût rigoureuse contre les femmes, du
-moins pour celles qui auroient le front de recourir à une loi qu'elles
-auroient elles-mêmes enfreinte par leur inconduite, si la preuve en
-étoit faite. Je voudrois, en même tems, comme je l'ai exposé dans
-le bonheur primitif de l'homme, en 1788, que les filles publiques
-fussent placées dans des quartiers désignés. Ce ne sont pas les femmes
-publiques qui contribuent le plus à la dépravation des moeurs, ce sont
-les femmes de la société. En restaurant les dernières, on modifie
-les premières. Cette chaîne d'union fraternelle offrira d'abord le
-désordre, mais par les suites, elle produira à la fin un ensemble
-parfait.
-
-J'offre un moyen invincible pour élever l'ame des femmes; c'est de
-les joindre à tous les exercices de l'homme: si l'homme s'obstine à
-trouver ce moyen impraticable, qu'il partage sa fortune avec la femme,
-non à son caprice, mais par la sagesse des loix. Le préjugé tombe, les
-moeurs s'épurent, et la nature reprend tous ses droits. Ajoutez-y le
-mariage des prêtres; le Roi, raffermi sur son trône, et le gouvernement
-français ne sauroit plus périr.
-
-Il étoit bien nécessaire que je dise quelques mots sur les troubles
-que cause, dit-on, le décret en faveur des hommes de couleur, dans nos
-îles. C'est là où la nature frémit d'horreur; c'est là où la raison
-et l'humanité, n'ont pas encore touché les ames endurcies; c'est là
-sur-tout où la division et la discorde agitent leurs habitans. Il
-n'est pas difficile de deviner les instigateurs de ces fermentations
-incendiaires: il y en a dans le sein même de l'Assemblée Nationale:
-ils alument en Europe le feu qui doit embraser l'Amérique. Les Colons
-prétendent régner en despotes sur des hommes dont ils sont les pères
-et les frères; et méconnoissant les droits de la nature, ils en
-poursuivent la source jusque dans la plus petite teinte de leur sang.
-Ces Colons inhumains disent: notre sang circule dans leurs veines,
-mais nous le répandrons tout, s'il le faut, pour assouvir notre
-cupidité, ou notre aveugle ambition. C'est dans ces lieux les plus près
-de la nature, que le père méconnoît le fils; sourd aux cris du sang, il
-en étouffe tous les charmes; que peut-on espérer de la résistance qu'on
-lui oppose? la contraindre avec violence, c'est la rendre terrible,
-la laisser encore dans les fers, c'est acheminer toutes les calamités
-vers l'Amérique. Une main divine semble répandre par tout l'appanage
-de l'homme, _la liberté_; la loi seule a le droit de réprimer cette
-liberté, si elle dégénére en licence; mais elle doit être égale pour
-tous, c'est elle sur-tout qui doit renfermer l'Assemblée Nationale dans
-son décret, dicté par la prudence et par la justice. Puisse-t-elle agir
-de même pour l'état de la France, et se rendre aussi attentive sur les
-nouveaux abus, comme elle l'a été sur les anciens qui deviennent chaque
-jour plus effroyables! Mon opinion seroit encore de raccommoder le
-pouvoir exécutif avec le pouvoir législatif, car il me semble que l'un
-est tout, et que l'autre n'est rien; d'où naîtra, malheureusement peut
-être, la perte de l'Empire François. Je considére ces deux pouvoirs,
-comme l'homme et la femme[3] qui doivent être unis, mais égaux en
-force et en vertu, pour faire un bon ménage.
-
- [3] Dans le souper magique de M. de Merville, Ninon demande quelle
- est la maitresse de Louis XVI? On lui répond, c'est la Nation, cette
- maitresse corrompra le gouvernement si elle prend trop d'empire.
-
-Il est donc vrai que nul individu ne peut échapper à son sort; j'en
-fais l'expérience aujourd'hui.
-
-J'avois résolu & décidé de ne pas me permettre le plus petit mot pour
-rire dans cette production, mais le sort en a décidé autrement: voici
-le fait:
-
-L'économie n'est point défendue, sur-tout dans ce tems de misère.
-J'habite la campagne. Ce matin à huit heures je suis partie d'Auteuil,
-& me suis acheminée vers la route qui conduit de Paris à Versailles, où
-l'on trouve souvent ces fameuses guinguettes qui ramassent les passans
-à peu de frais. Sans doute une mauvaise étoile me poursuivoit dès le
-matin. J'arrive à la barrière où je ne trouve pas même le triste sapin
-aristocrate. Je me repose sur les marches de cet édifice insolent qui
-recéloit des commis. Neuf heures sonnent, & je continue mon chemin:
-une voiture s'offre à mes regards, j'y prends place, & j'arrive à
-neuf heures un quart, à deux montres différentes, au Pont-Royal. J'y
-prends le sapin, & je vole chez mon Imprimeur, rue Christine, car
-je ne peux aller que là si matin: en corrigeant mes épreuves, il me
-reste toujours quelque chose à faire, si les pages ne sont pas bien
-serrées & remplies. Je reste à-peu-près vingt minutes; & fatiguée de
-marche, de composition & d'impression, je me propose d'aller prendre
-un bain dans le quartier du Temple, où j'allois dîner. J'arrive à
-onze heures moins un quart à la pendule du bain; je devois donc au
-cocher une heure & demie; mais, pour ne pas avoir de dispute avec
-lui, je lui offre 48 sols: il exige plus, comme d'ordinaire, il fait
-du bruit. Je m'obstine à ne vouloir plus lui donner que son dû, car
-l'être équitable aime mieux être généreux que dupe. Je le menace de
-la loi, il me dit qu'il s'en moque, & que je lui payerai deux heures.
-Nous arrivons chez un commissaire de paix, que j'ai la générosité de
-ne pas nommer, quoique l'acte d'autorité qu'il s'est permis envers
-moi, mérite une dénonciation formelle. Il ignoroit sans doute que
-la femme qui réclamoit sa justice étoit la femme auteur de tant de
-bienfaisance & d'équité. Sans avoir égard à mes raisons, il me condamne
-impitoyablement à payer au cocher ce qu'il demandoit. Connoissant
-mieux la loi que lui, je lui dis, Monsieur, je m'y refuse, & je vous
-prie de faire attention que vous n'êtes pas dans le principe de votre
-charge. Alors cet homme, ou, pour mieux dire, ce forcené s'emporte,
-me menace de la Force si je ne paye à l'instant, ou de rester toute
-la journée dans son bureau. Je lui demande de me faire conduire au
-tribunal de département ou à la mairie, ayant à me plaindre de son coup
-d'autorité. Le grave magistrat, en rédingotte poudreuse & dégoûtante
-comme sa conversation, m'a dit plaisamment: cette affaire ira sans
-doute à l'Assemblée Nationale? Cela se pourroit bien, lui dis-je; &
-je m'en fus moitié furieuse & moitié riant du jugement de ce moderne
-Bride-Oison, en disant: c'est donc là l'espèce d'homme qui doit juger
-un peuple éclairé! On ne voit que cela. Semblables aventures arrivent
-indistinctement aux bons patriotes, comme aux mauvais. Il n'y a qu'un
-cri sur les désordres des sections & des tribunaux. La justice ne se
-rend pas; la loi est méconnue, & la police se fait, Dieu sait comment.
-On ne peut plus retrouver les cochers à qui l'on confie des effets; ils
-changent les numéros à leur fantaisie, & plusieurs personnes, ainsi
-que moi, ont fait des pertes considérables dans les voitures. Sous
-l'ancien régime, quel que fût son brigandage, on trouvoit la trace de
-ses pertes, en faisant un appel nominal des cochers, & par l'inspection
-exacte des numéros; enfin on étoit en sûreté. Que font ces juges de
-paix? que font ces comissaires, ces inspecteurs du nouveau régime? Rien
-que des sottises & des monopoles. L'Assemblée Nationale doit fixer
-toute son attention sur cette partie qui embrasse l'ordre social.
-
-
-_P. S._ Cet ouvrage étoit composé depuis quelques jours; il a été
-retardé encore à l'impression; et au moment que M. Taleyrand, dont le
-nom sera toujours cher à la postérité, venant de donner son ouvrage sur
-les principes de l'éducation nationale, cette production étoit déja
-sous la presse. Heureuse si je me suis rencontrée avec les vues de cet
-orateur! Cependant je ne puis m'empêcher d'arrêter la presse, et de
-faire éclater la pure joie, que mon coeur a ressentie à la nouvelle que
-le roi venoit d'accepter la Constitution, et que l'assemblée nationale,
-que j'adore actuellement, sans excepter l'abbé Maury; et la Fayette
-est un dieu, avoit proclamé d'une voix unanime une amnistie générale.
-Providence divine, fais que cette joie publique ne soit pas une
-fausse illusion! Renvoie-nous, en corps, tous nos fugitifs, et que je
-puisse avec un peuple aimant, voler sur leur passage; et dans ce jour
-solemnel, nous rendrons tous hommage à ta puissance.
-
-
- * * * * *
-
-
- Liste des modifications:
-
- Page 13: «vons» remplacé par «vous» (vous n'avez qu'à le vouloir)
- Page 14: «d'anthithèse» par «d'antithèse» (Dans cette sorte
- d'antithèse)
- Page 16: «restent-il» par «reste-il» (Quelles lois reste-il)
- Page 19: «exposée» par «exposé» (comme je l'ai exposé dans le bonheur)
- Page 20: «trouhles» par «troubles» (quelques mots sur les troubles)
- Page 23: «fatiguéee» par «fatiguée» (fatiguée de marche)
- Page 24: «ressntie» par «ressentie» (que mon coeur a ressentie)
-
-
-
-
-
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-
-*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK LES DROITS DE LA FEMME ***
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