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If you are not located in the United States, you'll have -to check the laws of the country where you are located before using this ebook. - - - -Title: La vie privée d'autrefois : Arts et métiers : modes, moeurs, usages des parisiens du XIIe au XVIIIe siècle - Les soins de toilette -- Le savoir vivre - -Author: Alfred Franklin - -Release Date: November 28, 2017 [EBook #56072] - -Language: French - -Character set encoding: UTF-8 - -*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK LA VIE PRIVÉE D'AUTREFOIS : *** - - - - -Produced by Isabelle Kozsuch, Christian Boissonnas and the -Online Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net -(This file was produced from images generously made -available by The Internet Archive/Canadian Libraries) - - - - - - - ┌────────────────────────────────────────────────────────────────────┐ - │ Note de transcription: │ - │ │ - │ Les erreurs clairement introduites par le typographe ont été │ - │ corrigées. L'orthographe et la ponctuation d'origine ont été │ - │ conservées et n'ont pas été harmonisées. │ - │ │ - │ Les mots en italiques sont _soulignés_. │ - │ │ - │ La Table des Matières se trouve en fin de livre et a été créée par │ - │ le transcripteur. │ - └────────────────────────────────────────────────────────────────────┘ - - - - - LA VIE PRIVÉE - - D'AUTREFOIS - - - - -L'auteur et les éditeurs déclarent réserver leurs droits de traduction -et de reproduction à l'étranger. - -Ce volume a été déposé au ministère de l'intérieur (section de la -librairie) en février 1887. - - -PARIS. TYPOGRAPHIE E. PLON, NOURRIT ET Cie, RUE GARANCIÈRE, 8. - - - - - LA VIE PRIVÉE - D'AUTREFOIS - - ARTS ET MÉTIERS - - MODES, MŒURS, USAGES DES PARISIENS - - DU XIIe AU XVIIIe SIÈCLE - - D'APRÈS DES DOCUMENTS ORIGINAUX OU INÉDITS - - PAR - - ALFRED FRANKLIN - - LES SOINS DE TOILETTE - - LE SAVOIR-VIVRE - - [Illustration] - - - PARIS - - LIBRAIRIE PLON - E. PLON, NOURRIT ET Cie, IMPRIMEURS-ÉDITEURS - RUE GARANCIÈRE, 10 - - 1887 - - - - -LA - -VIE PRIVÉE D'AUTREFOIS - -LES SOINS DE TOILETTE. - -LE SAVOIR-VIVRE. - - - - -I - - -Jusqu'au milieu du dix-septième siècle, tout barbier était en même -temps chirurgien. Dans sa boutique, obscure et sale, il rasait et -saignait, coupait les cheveux et posait des ventouses, pansait -les plaies, ouvrait les anthrax, ne reculait même pas devant les -opérations les plus compliquées et les plus dangereuses. Un préjugé -persistant enveloppait dans le même dédain tout travail manuel, qu'il -s'appliquât à un métier, à un art ou à une science. L'ouvrier maçon et -l'architecte, le barbouilleur d'enseignes et le peintre qui ornait les -palais royaux de chefs-d'œuvre, le barbier et le chirurgien enfin, -appartenaient l'un et l'autre et au même titre à la même corporation -ouvrière. Je développerai tout cela ailleurs, lorsque j'aurai à -raconter la lutte soutenue pendant cinq cents ans par les barbiers -contre les chirurgiens. A vrai dire, il n'y avait guère entre eux de -différence, et plusieurs de nos meilleurs chirurgiens, Ambroise Paré -entre autres, n'étaient que des barbiers, et furent associés fort tard -à la classe des chirurgiens proprement dits. - -Ce que l'on reprochait aux barbiers, gens fort serviables et fort -aimés du petit peuple, qui ne connaissait guère d'autres médecins, -c'était donc surtout le mélange d'attributions disparates, les -opérations de chirurgie et les soins de toilette: «Voicy le mal que le -barbier ne se contente du poil[1]», était déjà une phrase proverbiale -au seizième siècle. Louis XIII voulut donner satisfaction à un vœu si -général. En décembre 1637, il autorisa l'établissement d'une nouvelle -communauté de barbiers, celle des _barbiers-barbants_, à laquelle -toute pratique chirurgicale était interdite, et qui n'avait dans ses -attributions que les bains et la coiffure. Les barbiers-chirurgiens -protestèrent, et l'affaire fut portée au Parlement, qui procéda avec -une sage lenteur. Au mois de décembre 1659, Louis XIV intervint et -confirma la création faite par son prédécesseur. L'édit rendu à cette -occasion ne put encore être exécuté, et fut renouvelé le 23 mars 1673. - -En vérité, il n'était que temps, et jamais la nécessité de constituer -une corporation ne s'était fait plus vivement sentir. Car enfin, il -faut tout dire, depuis près d'un siècle les Parisiens négligeaient -fort les soins les plus élémentaires de la toilette; ils avaient perdu -à peu près complétement l'habitude de se laver. Esquissons à grands -traits l'histoire de la propreté en France. - -Par réaction contre le sensualisme païen, l'Église se montra d'abord -fort indifférente sur ce point; peu s'en faut même qu'elle ne regardât -la propreté comme une pratique dangereuse, une vanité coupable, un -péché. En général, les moines ne prenaient de bains que deux fois par -an, à Noël et à Pâques. La règle de saint Benoît s'exprime ainsi: -«On permettra les bains aux malades toutes les fois qu'on le jugera -nécessaire; mais pour ceux qui se portent bien, surtout s'ils sont -jeunes, on ne leur en accordera l'usage que rarement[2].» Dom Calmet, -qui a écrit un très-savant commentaire sur la règle de saint Benoît, -trouve cette mesure excellente, et montre combien il eût été cruel -de refuser ces deux bains annuels aux religieux. Ils leur étaient -nécessaires, dit-il, parce «qu'alors ils n'usoient point de linge, -comme ils n'en usent point encore aujourd'hui. Couchant tout vêtus -et changeant peu souvent d'habits de laine qu'ils portoient sur -la chair, ils contractoient beaucoup de crasse par la sueur et le -travail, ce qui étoit non-seulement très-incommode aux particuliers -pour leur personne, mais aussi étoit à charge aux autres à cause de la -mauvaise odeur et de la malpropreté. Aujourd'hui, ajoute-t-il, on a -pourvu à ces inconvénients par les chemises de serge qu'on porte, et -que l'on peut laver aussi fréquemment que le besoin ou la bienséance -le demandent[3].» La seule concession faite sur ce point s'applique -donc, non à la personne des religieux, mais à leur chemise, qu'ils -étaient autorisés à laver tous les quinze jours[4]. Ce qui tendrait -à faire supposer qu'ils n'abusaient pas de la permission, c'est que -la règle leur accordant des pédules ou pantalons à pieds, les moines -en coupaient l'extrémité qui, paraît-il, se salissait trop vite; dom -Calmet s'exprime ainsi: «A cause de la sueur, ils coupent ce qu'ils -mettent dans leurs pieds, pour s'épargner la peine de les laver[5].» -Il y a là amphibologie, mais le commentaire qui suit explique la vraie -pensée de l'auteur. - -La règle de Cluni ordonnait aux moines de se réunir chaque matin dans -le cloître, afin d'y faire leur toilette. Celle-ci était sans doute -bien sommaire, car trois serviettes pendues au mur constituaient -tout le linge mis à la disposition de la communauté; la première -était exclusivement réservée aux novices, la deuxième aux profès, -et la troisième aux frères lais[6]. Les Bénédictins avaient chacun -leur peigne, et, dit dom Calmet, «ils se peignoient et se lavoient -assez souvent le visage et la tête». Il explique un peu plus loin ce -qu'il faut entendre par ces mots _assez souvent_: les religieux, qui -avaient tout le crâne rasé et ne conservaient qu'une étroite couronne -de cheveux, se lavaient la tête «tous les samedis[7]». - -On comptait si peu sur la propreté des séculiers, des évêques même, -que l'on exigeait qu'ils se peignassent avant de monter à l'autel. -Comme ils ne se décidaient à subir cette opération qu'au dernier -moment, «et que l'on étoit bien aise de conserver la chape et la -chasuble, et d'empêcher que la crasse ne tombât dessus, on mettoit sur -leurs épaules un linge fait en forme de petit manteau[8]». - -[Illustration: PEIGNE EN IVOIRE SCULPTÉ DU SEIZIÈME SIÈCLE. - -Musée du Louvre. Collection Sauvageot.] - -A l'égard des soins du corps, les couvents de femmes eux-mêmes ne -jouissaient d'aucun privilége, bien qu'on y autorisât le rouge et -les mouches. Vers la fin du dix-septième siècle, madame de Mazarin, -retirée chez les Visitandines de la rue Saint-Antoine, ayant demandé -un jour à se laver les pieds, la maison entière s'en émut, et la -duchesse essuya un refus fort net. Comme elle tenait à ses idées, elle -se procura de l'eau et, faute de mieux, en remplit un grand coffre -qui était dans le dortoir; de sorte que tout cela finit par une -inondation générale[9]. - -Dans son grand _Dictionnaire des sciences ecclésiastiques_ publié -en 1760, le Dominicain Richard concède que «l'usage du bain est -permis en soi, pourvu qu'on ne le prenne pas par volupté, mais par -nécessité[10],» et la récente canonisation de Benoît Labre prouve -bien que l'Église n'a jamais entendu faire de la propreté même une -demi-vertu. A en croire les panégyristes de ce saint personnage, -l'odeur infecte qu'exhalait son corps crasseux et couvert de vermine -faisait fuir jusqu'aux mendiants les plus sales[11]. - -En dehors de l'Église, on fut assez propre au moyen âge, surtout dans -la classe aisée. Les croisés avaient rapporté d'Orient le goût des -bains, et de bonne heure les étuves s'étaient multipliées à Paris. -Leur souvenir s'y est conservé, presque jusqu'à nos jours, dans le nom -de plusieurs rues. - -Le _cul-de-sac des Étuves-Saint-Michel_ longeait l'église de ce nom -et aboutissait dans la rue de la Barillerie[12], aujourd'hui boulevard -du Palais. - -La _rue des Étuves-Saint-Martin_, devenue _rue des Vieilles-Étuves_, -se nommait au treizième siècle rue Geoffroi-des-Bains ou des Étuves, -_vicus Gauffridi de Balneolis sive stuffarum_[13]. - -La rue Sauval actuelle portait, il y a encore peu d'années, le nom de -rue des _Vieilles-Étuves-Saint-Honoré_. - -A gauche de la rue Marivaux, aujourd'hui rue Nicolas-Flamel, s'ouvrait -le _cul-de-sac des Étuves_, ainsi appelé d'un établissement qui y -était situé[14], et dont la réputation dura plusieurs siècles. - -Le cul-de-sac de la Porte-aux-Peintres, aujourd'hui impasse des -Peintres, s'est appelé _ruelle sans chef dite des Étuves_[15]. - -La partie de la rue des Bourdonnais qui aboutit au quai de la -Mégisserie fut dite d'abord rue de l'Abreuvoir-Thibaut-aux-Dés, puis -_ruelle des Étuves_, et enfin rue de l'Arche-Marion, du nom de la -femme qui y tenait alors des étuves[16]. - -Un autre _cul-de-sac des Étuves_ aboutissait dans le grand cul-de-sac -Gloriette[17], qui lui-même débouchait dans la rue de la Huchette. - -La rue du Chat-qui-pêche, située tout près de là, a porté aussi le nom -de _ruelle des Étuves_[18]. - -On nommait également _rue aux Étuves_ une petite voie qui allait de la -rue des Cordeliers, aujourd'hui rue de l'École-de-Médecine, à la rue -Mignon[19]. - -Il est clair que bien d'autres rues de Paris ont possédé des étuves, -sans perdre pour cela leur nom primitif. Nous savons, par exemple, -qu'à l'angle de la rue Beaubourg, des étuves destinées aux femmes -étaient installées dans une maison qui avait pour enseigne le _Lion -d'argent_[20]. - -Les Juifs, dont la loi prescrit aux femmes l'usage du bain au moins -une fois par mois[21], avaient dès 1248 dans la rue de la Pelleterie, -une maison d'étuves à leur usage: _domus quæ fuit stuffæ Judæorum_[22]. - -En somme, la _Taille de 1292_ mentionne vingt-six étuves, réparties à -peu près dans tous les quartiers, et parmi lesquelles figurent celles -de la rue des Vieilles-Étuves-Saint-Martin[23], de la rue Sauval[24] -et de l'impasse Marivaux[25]. - -Chaque matin, les valets étuveurs parcouraient les rues, annonçant que -les bains étaient prêts: - - Oiez c'on crie au point du jor[26]: - Seignor, quar vous alez baingnier - Et estuver sanz delaier[27], - Li baing sont chaut, c'est sanz mentir[28]. - -Les statuts des étuveurs sont compris dans le _Livre des métiers_[29], -mais ils y ont été insérés après la mort d'Étienne Boileau, car -l'écriture date du quatorzième siècle seulement. Ils offrent, -d'ailleurs, un grand intérêt comme peinture des mœurs de l'époque. - -Le métier était franc, ce qui signifie que chacun pouvait s'établir -étuveur sans payer aucune redevance. On se bornait à exiger -l'engagement de respecter les statuts rédigés en commun par les -membres de la corporation: «Quiconques veut estre Estuveur en la ville -de Paris, estre le peut franchement, pour tant que il euvre selonc les -us et les coustumes du mestier, faites par l'acort du commun[30].» - -Nul ne devait annoncer ni faire annoncer l'ouverture des étuves avant -le point du jour, «pour les perilz qui pevent avenir en ceux qui se -lievent audit cri pour aler aus estuves[31]». Ces périls prouvent le -peu de sûreté que présentaient les rues pendant l'obscurité. - -Il était défendu de recevoir dans les étuves des femmes d'une conduite -suspecte, des lépreux ou des lépreuses, des vagabonds, des gens mal -famés, coureurs de nuit: «Que nulz dudit mestier ne soustiengne en -leurs mesons ou estuves bordiaus de jour ne de nuit, mesiaus ne -meseles, reveurs, ne autres genz diffamez de nuit.» - -Le prix de l'étuvage était fixé à un franc de notre monnaie, celui du -bain à deux francs: «Et paiera chascunne personne pour soy estuver -deus deniers, et se il se baigne il paiera quatre deniers[32].» Cette -distinction montre que parmi les personnes qui fréquentaient les -étuves, les unes se bornaient à prendre un bain de vapeur, tandis que -d'autres y faisaient succéder un bain d'eau chaude; c'est encore ce -qui se pratique dans les bains publics de l'Orient. Au siècle suivant, -les prix étaient presque doublés: l'étuvage coûtait deux francs, -l'étuvage et le bain réunis quatre francs. Le peignoir était fourni -moyennant cinquante centimes[33]. - -L'habitude des étuves était si générale que l'État prenait de grandes -précautions pour en prévenir la fermeture. Ainsi, quand un hiver -rigoureux faisait hausser le prix du bois et du charbon, le prévôt de -Paris admettait les réclamations des étuveurs, et augmentait le prix -d'entrée proportionnellement à celui qu'avait atteint le combustible: -«Et pour ce que en aucun temps buche, charbon sont plus chiers une -fois que autre», le prévôt de Paris pourra élever le prix des étuves, -«par le rapport et serement[34] des bones genz dudit mestier[35].» - -Un article, sans doute postérieur à ces premiers statuts[36], nous -apprend qu'on allait aux étuves le soir aussi bien que le matin, -que souvent on y restait toute la nuit, et que la réputation de ces -maisons était déjà fort mauvaise: «Que nuls ne chaufe estuves à Paris -que pour hommes tant seullement ou pour fames, lequel qui li plera, -car c'est vil chose et honteuse, pour les ordures et pour les perilz -qui y pevent avenir; car quant les hommes s'estuvent par devers le -soir, aucune foiz ils demeurent et gisent leens jusques au jour qu'il -est haute heure. Et les dames viennent au matin es dictes estuves, -et aucune foiz vont es chambres aus hommes par ignorance; et assés -d'autres choses qui ne sont pas belles à dire.» - -Les étuves étaient fermées les dimanches et jours de fête[37]. - -Trois «preud'ommes du mestier», élus par leurs confrères et acceptés -par le prévôt de Paris, prêtaient serment de dénoncer toutes les -contraventions aux statuts, les «mesprentures», dit le texte[38]. -Chaque contravention de ce genre était punie d'une amende de dix sols -(soixante francs), dont six allaient au Roi, et les quatre autres aux -preud'hommes jurés[39]. - -En dépit de ces sages règlements, les étuves continuèrent à servir -de lieux de plaisirs, et rien ne paraît avoir été changé pendant -longtemps à leur organisation. Au commencement du seizième siècle, on -criait encore l'ouverture des étuves au point du jour: - - C'est à l'image Saincte Jame - Où se vont baigner ces femmes. - Et baignez et estuvez, allez. - Bien servies vous y serez - De varletz, de chambrière, - De la dame, bonne chère. - Allez tost, les baings sont prestz[40]. - -Ces bains se prenaient dans des baquets de bois, car la baignoire de -métal est d'invention récente. Froissart rapporte[41], il est vrai, -qu'en 1382, les Gantois pillant les meubles du comte de Flandre, -brisèrent la «cuvelette où on l'avoit d'enfance baigné, qui étoit -d'or et d'argent»; mais il s'agit évidemment ici d'une cuvette et non -d'une baignoire. Isabeau de Bavière paya en 1416 treize sous pour -faire «desassembler et rassembler, recingler et relier tout de neuf -deux cuves à baigner» pour son usage[42]. En 1478, Jacques Cadot, -menuisier, reçoit trente sous pour une «cuve à baigner» le Roi. En -1481, Mace Pignet, tonnelier, demande vingt-deux sous six deniers, -«pour avoir habillé et nectoyé les cuves à baigner» Louis XI[43]. Les -peignoirs ou fonds de bain se nommaient _baignoères_ ou _baignoires_; -ils étaient ordinairement de toile très-fine, et on employait jusqu'à -douze aunes pour en faire un seul[44]. - -[Illustration: UNE BAIGNOIRE AU QUINZIÈME SIÈCLE. - - Apres ces motz sans arrester - Fit neron vng baing apprester - - Et fit ens le preudomme mettre - Et puis saigner ce dit la lettre - Et tant luy fit de sang espandre - Qui luy conuint son ame rēdre - -Mort de Sénèque, d'après le _Roman de la rose_, édit. s. d. (quinzième -siècle), fº53.] - -Les cuvettes de toilette se nommaient alors _bassins à laver_. -Ordinairement on les posait à terre sur une natte, et l'on se lavait à -genoux la tête et le haut du corps, c'est-à-dire tout ce que le bain -laissait hors de l'eau. Le _pot à laver_ ou _pot à eau_, différait de -l'aiguière, qui s'employait surtout pour le lavage des mains avant et -après le repas. On voit dans l'inventaire dressé après la mort de -Charles V, que ce prince possédait vingt-quatre bassins à laver en or, -une foule de bassins semblables en argent, et «ung bassin ou vaisseau -à laver piez» qui pesait quarante-sept marcs d'argent[45]. Mais -l'inventaire ne fait aucune distinction entre les bassins de toilette -et ceux qui étaient destinés au service de la table. - -Comme chez les Romains, il était d'usage de se baigner avant le -repas. Pour qu'une réception parût vraiment luxueuse et cordiale, -il fallait offrir un bain à son hôte, qui passait de la baignoire à -la salle à manger. Jean de Troyes raconte qu'en septembre 1467 «le -Roy et la Royne firent de grans chiers[46] en plusieurs des hostels -de leurs serviteurs et officiers. Et entre les aultres, le jeudy -dixiesme jour dudit mois, la Royne et plusieurs dames de sa compaignie -souppèrent en l'ostel de maistre Jehan Dauvet, premier président au -Parlement, et illec furent receuës et festoyées moult noblement et à -grant largesse. Et y eut faits quatre moult beaux bains et richement -aornez, cuidant que la Royne se y deust baigner, dont elle ne fist -rien, pource qu'elle se sentit ung peu mal disposée, et aussi que le -temps estoit dangereux. Mais en l'un desdits baings se y baignèrent -madame de Bourbon, madamoiselle Bonne de Savoye; et en l'autre baing -se baignèrent madame de Montglat et Perrette de Châlons, bourgoise de -Paris[47]: et là firent bonne chière.» Le 22 du même mois, Louis XI -alla souper chez le prévôt des marchands Denis Hesselin; «et audit -hostel le Roy y fist grande chière, et y trouva trois beaulx baings -honnestement et richement attintelez, cuidant que le Roy deust illec -prendre son plaisir et se baigner[48].» - -Les bains dont il est ici question paraissent avoir été improvisés en -vue de la réception des souverains. Cependant, les grandes familles -avaient souvent des étuves et des salles de bain dans leur hôtel; les -récits du temps nous en fournissent de nombreuses preuves[49]. Des -étuves destinées à la maison royale avaient été construites dans le -jardin du Palais, à l'extrémité de la Cité[50], et ce petit bâtiment -figure encore sur le plan dit de Ducerceau, qui date du milieu du -seizième siècle. Il y avait également des étuves et des bains au -Louvre, à l'hôtel Saint-Paul et à celui du Petit-Musc. Sauval nous dit -même qu'«ils étoient pavés de pierre de liais, fermés d'une porte de -fer treillissé, et entourés de lambris de bois d'Irlande; les cuves -étoient de même bois, ornées tout autour de bossetes dorées et liées -de cerceaux attachés avec des clous de cuivre doré[51]». - -C'est ordinairement aux étuves qu'avait lieu l'épilation, coutume -adoptée par toutes les classes de la société. Dans les établissements -publics, le barbier, son valet ou quelque vieille matrone se -chargeaient de l'opération vis-à-vis des deux sexes. Quand François -Ier mit à la mode les cheveux courts et la barbe longue, Clément Marot -peignit en vers railleurs le désespoir des barbiers, réduits au métier -d'épileurs[52]. Nos anciens poëtes donnent sur ce point des détails -fort curieux, mais que je ne puis faire figurer ici. - -[Illustration: UNE BOUTIQUE DE BARBIER AU SEIZIÈME SIÈCLE. - -D'après J. Amman.] - -En somme, les étuves rendaient de réels services, bien qu'elles -n'eussent rien perdu au seizième siècle de la mauvaise réputation -qu'elles s'étaient légitimement acquise depuis le quatorzième. -Toutefois leur vogue ne se soutint pas. Endroits de perdition, -anathématisés à la fois par les prédicateurs catholiques et par les -ministres huguenots, elles se virent peu à peu abandonnées, et presque -toutes disparurent. La morale y gagna, cela est certain, mais nous -allons voir tout ce qu'y perdit la propreté. Les étuves fermées, -à qui s'adresser pour les soins du corps? Restaient seulement les -barbiers-chirurgiens, dont les boutiques n'avaient rien d'attrayant. -Dans un réduit obscur gisaient trois ou quatre baquets destinés -surtout aux malades; quant au maître barbier, il était là, prêt à -vous rendre ses petits services, essuyant ses mains qui venaient de -panser un cautère ou d'ouvrir un abcès. Entre deux maux, il faut -choisir le moindre. Les Parisiens prirent leur parti, et sans trop -de peine, semble-t-il. On cessa d'aller au bain; puis, l'habitude de -l'eau une fois perdue, on finit par ne plus se laver du tout, même -chez soi. Une charmante et élégante reine, Marguerite de Navarre, dans -un dialogue amoureux composé par elle[53], trouve tout naturel de -dire à son amant: «Voyez ces belles mains; encore que je ne les aye -point descrassées depuis huict jours, gageons qu'elles effacent les -vostres[54].» - -A cette époque, on mangeait encore sans fourchette; aussi -recommandait-on de ne pas se moucher avec la main qui prenait la -viande. On était libre, d'ailleurs, de se moucher dans ses doigts, -pourvu que ce fût de la main gauche: - - Enfant, se ton nés est morveux, - Ne le torche pas à main nue - De quoy la viande est tenue, - Le fait est villain et honteux[55]. - -On constate sur ce point, quelques années plus tard, un progrès -sensible. Érasme, en 1530, conseille l'emploi du mouchoir. Cependant, -ajoute-t-il, il n'est pas interdit de se moucher avec deux doigts, -pourvu que l'on prenne soin de poser aussitôt le pied sur ce qui -sera tombé à terre[56]. Cent ans après, on pouvait encore, sans -trop offenser la civilité, faire cette délicate opération avec un -seul doigt. Un grand seigneur, d'Hauterive de l'Aubespine, recevait -un jour à dîner la fleur de la galanterie française, l'illustre -Turenne entre autres, et le marquis de Ruvigny. Au milieu du repas, -d'Hauterive ayant eu besoin de se moucher, pressa avec le doigt une -de ses narines, et le contenu de l'autre, partant comme une flèche, -alla s'aplatir contre la cheminée, «en faisant autant de bruit qu'un -pistolet». Ruvigny, qui était assis auprès de Turenne, s'écrie en -entendant cette détonation: «Monsieur, n'êtes-vous pas blessé?» -Et, ajoute Tallemant des Réaux[57], «ce fut un esclat de rire le -plus grand du monde». Cette grave question du mouchoir, qui semble -aujourd'hui à peu près résolue, soulevait encore des controverses peu -de temps avant la Révolution. De la Mésangère s'exprimait ainsi en -1797: «On faisait un art de se moucher il y a quelques années. L'un -imitait le son de la trompette, l'autre le jurement du chat. Le point -de perfection consistait à ne faire ni trop de bruit ni trop peu[58].» - -Revenons à Érasme. Il nous apprend encore qu'il fallait éviter autant -que possible de conserver dans ses cheveux des lentes et des poux, -tout au moins qu'il était peu convenable de les faire tomber sur ses -voisins en se grattant la tête[59]; que les personnes désireuses de -passer pour très-distinguées, prenaient soin de se peigner avant -d'aller dîner chez un homme de qualité[60]; enfin, qu'un homme -soucieux de sa santé devait bien se garder de retenir les flatuosités -qu'occasionne une digestion difficile, mais que dans le monde il était -de bon goût d'en dissimuler le bruit en toussant: «tussi crepitum -dissimulet[61].» Il ne s'agit ici, bien entendu, que des bruits -intempestifs émis par en bas; ceux d'en haut avaient toute licence de -se produire, comme le démontre une belle réponse faite par Louis XIII, -alors âgé de huit ans, à M. de Souvré son gouverneur[62]. - -Le père de cet éloquent petit bonhomme, Henri IV, souverain sans -morgue, ne dissimulait pas qu'il «avoit les pieds et le gousset -fins»; et, s'il faut en croire Tallemant des Réaux[63], ordinairement -bien informé, madame de Verneuil, dans un moment de colère, lui -dit «qu'il puoit comme une charogne». Le bourru d'Aubigné voulait -peut-être se moquer de son maître quand il met en scène[64] ce -Renardière qui, «à force d'estre noble, dès la première veuë -connoissoit fort bien un gentilhomme, et au sentir mesme, car il -vouloit qu'un vrai noble eust un peu l'œsselle surette et les pieds -fumants». - -Ce n'était pourtant pas là, hélas! un privilége exclusif de la -noblesse, et la propreté outragée se vengeait de son mieux. Elle -livrait les coupables à une foule de cruels parasites chargés de les -torturer. Le _Ménagier de Paris_, composé en 1393, enseigne déjà six -manières de se débarrasser des puces, et l'auteur reconnaît qu'en -préserver son mari constituait une des sérieuses préoccupations d'une -tendre épouse: «Et pour ce, chère seur[65], je vous pry que le mari -que vous arez[66], vous le vueillez ainsi ensorceller, et le gardez -de maison maucouverte[67] et de cheminée fumeuse; et ne luy soyez pas -rioteuse[68], mais doulce, aimable et paisible. Gardez en yver qu'il -ait bon feu sans fumée, et entre vos mamelles bien couchié, bien -couvert. Et en esté gardez que en vostre chambre ne en vostre lit -n'ait nulles puces, ce que vous pouvez faire en six manières[69]...» - -Dans une pièce publiée vers 1520, une puce parlant en vers déclare -qu'elle a été créée pour tourmenter la gent animale et se repaître de -son sang: - - Quant l'yver vient, ilz ont quelque esperance - De se venger tandis que le froit dure, - Car sus leur chair ne fais plus demourance, - Je perds vigueur quant sens venir froidure. - Mais en esté, je ne tiens point mesure - De tormenter femmes, chiens et chats. - Beau dire ilz ont que je leur fais nuisure, - Pour les pincer ne veulx point de compas. - De leur bon sang je fais tous mes repas, - Sans espargner damoyselle ou bourgeoyse, - Leur faisant peine jusques à mon trespas. - -Et l'auteur termine en indiquant un procédé nouveau: - - Pour toutes pulces faire soubdain mourir[70]. - -C'était bien, en effet, une guerre incessante et une guerre à mort. -Aussi tous les manuels de la vie pratique écrits vers cette époque -se font-ils l'écho de ce grave souci. Le _Traicté nouveau, intitulé -bastiment de receptes_[71] fournit, avec d'intéressants détails, cinq -procédés infaillibles: - -«Pour faire que les punaises ne te nuysent point la nuyt; - -«Pour faire un oignement qui tue les punaises en la couche ou -couchette; - -«Pour faire qu'il n'y aye nulles pusses en une chambre; - -«Pour faire un unguent qui tue les punaises ou mortzpions; - -«Pour tuer les poulz et lentes.» - -Remarquez que, de ce temps, date la fureur des cosmétiques, des -fards, des essences, des pâtes, des parfums, qui ne se calma qu'au -commencement du règne de Louis XIV. Il faut donc se rendre à -l'évidence, et se représenter telle qu'elle était la haute société -du seizième siècle. S'il y avait, par exemple, gala au Louvre, -gentilshommes et grandes dames, bardés de crasse, mais couverts de -parfums, de perles et de pierreries, montaient sur un cheval ou un -mulet, la femme en croupe derrière son mari[72]. On se mettait à -table, et les convives, s'aidant un peu du couteau, mangeaient avec -les doigts, engluant leur serviette, qu'on était forcé de changer -après chaque plat. - -Vers 1640, parurent enfin, les _Loix de la galanterie_[73], code -du bon ton à l'usage des petits-maîtres; on y voit avec surprise -quels raffinements de soins la mode imposait alors aux galants du -grand monde. Lisez: «L'on peut aller quelquefois chez les baigneurs -pour avoir le corps net, et tous les jours l'on prendra la peine de -se laver les mains. Il faut aussi se faire laver le visage presque -aussi souvent, et se faire razer le poil des jouës, et quelquefois -se faire laver la teste... Vous aurez un valet de chambre instruit à -ce mestier, ou bien vous vous servirez d'un barbier qui n'ait autre -fonction, et non pas de ceux qui pansent les playes et les ulcères, -et qui sentent toujours le puz et l'onguent. Outre l'incommodité que -vous en recevez, il y a danger mesme que venant de panser quelque -mauvais mal, ils ne vous le communiquent; tellement que vous ne les -appellerez que quand vous serez malades. Et en ce qui est de vous -accommoder le poil, vous aurez recours à leurs compétiteurs, qui sont -barbiers-barbans[74].» Notre manuel ne parle pas des femmes, mais la -mode est toujours donnée par elles. Si elles eussent eu soin de leur -personne, auraient-elles pu souffrir auprès d'elles ces soupirants -malpropres? - -[Illustration: «UN COURTISAN ET SA DEMOISELLE.» - - D'après les _Monumens_ de Montfaucon. - (Seizième siècle.) -] - -Lorsque l'excès de la propreté eut été porté à ce point qu'un raffiné -dut se laver le visage _presque tous les jours_, on comprit enfin -ce que présentaient de répugnant les multiples attributions des -barbiers-chirurgiens, et les barbiers-barbants furent créés. A la -suite de l'édit de 1637, quelques industriels avisés avaient déjà -adopté cette spécialité, mais la corporation ne fut définitivement -instituée que par l'édit du 23 mars 1673. «Nous avons reconnu dès il -y a longtemps, dit le Roi, que l'usage de faire le poil et de tenir -des bains et étuves, et les soins que l'on apporte à tenir le corps -humain dans une propreté honneste, estant autant utile à la santé que -pour l'ornement et la bienséance, par nostre édit du mois de décembre -1659, nous aurions ordonné l'établissement d'un corps et communauté de -_Barbiers-Baigneurs-Étuvistes-Perruquiers_[75], réduits à deux cens, -pour en faire profession particulière, distincte et séparée de celle -des maistres chirurgiens-barbiers[76].» Ces deux cents charges étaient -vendues par le Roi, et déclarées héréditaires. - -C'était là, sans nul doute, une utile réforme, mais dans cet ordre -de faits il n'eût pas fallu s'arrêter en si beau chemin. Soumise à -un examen même bienveillant, la cour brillante qui entourait Louis -XIV aurait perdu beaucoup de son prestige. On commençait, il est -vrai, à comprendre qu'il était bon de se laver de temps en temps, et -l'on revenait peu à peu à l'idée que l'eau pouvait avoir été faite -pour cela; on la subissait cependant plus qu'on ne l'aimait. L'usage -quotidien d'abondantes ablutions telles que nous les pratiquons -aujourd'hui eût certainement paru alors une singularité. Le plus -souvent, les gens soigneux se bornaient à promener le matin sur leur -visage un petit tampon de coton trempé dans de l'alcool très-faible -et aromatisé. Un manuel des bienséances, imprimé en 1782, prohibe -encore l'emploi de l'eau pour la toilette: «Il est de la propreté -de se nettoyer tous les matins le visage avec un linge blanc, pour -le décrasser. Il est moins bien de le laver avec de l'eau, car cela -rend le visage plus susceptible du froid en hiver et du hâle en -été[77].» On voit que l'auteur, brave docteur en théologie, n'avait -pas sur la physiologie et l'hygiène des notions bien exactes. Madame -de Motteville éprouve le besoin de nous dire qu'Anne d'Autriche était -«propre et fort nette»; elle ne néglige pas non plus de nous apprendre -que, lors de l'arrivée de la reine Christine à Compiègne, les mains -de l'auguste souveraine «étoient si crasseuses qu'il étoit impossible -d'y apercevoir quelque beauté[78]». On sait, du reste, que la fistule -dont fut atteint Louis XIV est parfois le résultat d'un manque de -propreté, et que le roi-soleil avait souvent son sommeil troublé par -des punaises[79]. - -Vers cette époque commença la vogue des carrosses et des chaises à -porteur, qui facilitèrent les relations sociales dans ce que l'on -appelait alors le monde galant. En 1550, il n'y avait guère à Paris -que trois ou quatre carrosses, et c'était encore un luxe de faire ses -courses _en housse_, c'est-à-dire sur un cheval de selle couvert d'une -housse de drap ou de velours. Sully allait au Louvre en housse, et il -n'eut un carrosse que lorsqu'il fut grand maître de l'artillerie[80]. -La bourgeoisie, la noblesse pauvre allaient à pied; on marchait avec -précaution dans les rues boueuses, et si l'on rendait une visite de -cérémonie, on changeait de chaussures dans l'antichambre avant de -passer au salon. Les _Loix de la galanterie_ nous fournissent sur ce -point des détails curieux: «Lors que la mode a voulu que les seigneurs -et hommes de condition allassent à cheval par Paris, il estoit honeste -d'y estre en bas de soye sur une housse de velours et entouré de pages -et de laquais. Mais maintenant, veu que les crottes s'augmentent -tous les jours dans cette grande ville, avec un embarraz inévitable, -nous ne trouvons plus à propos que nos galands de la haute volée -soient en cet équipage et aillent autrement qu'en carrosse. Nous -sçavons qu'autrefois pour parler d'un qui paroissoit dans le monde, -soit financier ou autre, l'on disoit de luy: _il ne va plus qu'en -housse_; mais maintenant cela n'est plus guère propre qu'aux médecins -ou à ceux qui ne sont pas des plus relevez. De quelque condition que -soit un galand, nous luy enjoignons d'avoir un carrosse s'il en a le -moyen, d'autant que lors que l'on parle aujourd'huy de quelqu'un qui -fréquente les bonnes compagnies, l'on demande incontinent: _a-t-il -carrosse?_ et si l'on respond que oüy, l'on en fait beaucoup plus -d'estime. Si les galands du plus bas estage veulent visiter des -dames de condition, ils remarqueront qu'il n'y a rien de si laid -que d'entrer chez elles avec des bottes ou des souliers crottez, -spécialement s'ils en sont logez fort loin; car quelle apparence y -a-t-il qu'en cet estat ils aillent marcher sur un tapis de pied et -s'asseoir sur un faut-œil de velours? C'est aussi une chose infâme -de s'estre coulé de son pied d'un bout de la ville à l'autre, quand -mesme on auroit changé de souliers à la porte, pource que cela vous -accuse de quelque pauvreté, qui n'est pas moins un vice aujourd'huy -en France que chez les Chinois, où l'on croid que les pauvres soient -maudits des Dieux à cause qu'ils ne prospèrent point. Vous pouvez -aussi vous faire porter en chaize, dernière et nouvelle commodité, -si utile qu'ayant esté enfermé là dedans sans se gaster le long des -chemins, l'on peut dire que l'on en sort aussi propre que si l'on -sortoit de la boiste d'un enchanteur; et comme elles sont de loüage, -l'on n'en fait la despense que quand l'on veut, au lieu qu'un cheval -mange jour et nuict[81].» - -[Illustration: «DEUX COURTISANS QUI VONT AU LOUVRE.» - -D'après les _Monumens_ de Montfaucon. (Seizième siècle.)] - -Il s'agissait donc surtout de briller à peu de frais, et pourvu que -le galant eût sa chaussure et ses vêtements à peu près propres, on ne -s'inquiétait pas d'autre chose. Un traité de la civilité qui eut un -immense succès vers la fin du dix-septième siècle[82] résume ainsi -des recommandations d'ordre plus intime faites aux personnes de la -cour: «Il faut avoir soin de se tenir la teste nette, les yeux et les -dents, les mains aussi, et même les pieds, particulièrement l'esté, -pour ne pas faire mal au cœur à ceux avec qui nous conversons[83].» Le -même ouvrage mentionne quelques modifications heureuses apportées dans -les usages depuis le commencement du siècle: «Autrefois, dit-il, il -estoit permis de cracher à terre devant des personnes de qualité, et -il suffisoit de mettre le pied dessus: à présent, c'est une indécence. -Autrefois on pouvoit bâiller, et c'estoit assez pourvû que l'on ne -parlast pas en bâillant: à présent une personne de qualité s'en -choqueroit. Autrefois, on pouvoit tremper son pain dans la sauce, et -il suffisoit pourveu que l'on n'y eust pas encore mordu: maintenant -ce seroit une espèce de rusticité. Autrefois on pouvoit tirer de -sa bouche ce que l'on ne pouvoit pas manger, et le jeter à terre -pourveu que cela se fist adroitement: maintenant ce seroit une grande -saleté[84].» Mais nous entrons ici dans le cérémonial de la table, -dont je m'occuperai ailleurs. - -Le salut vint de l'hôtel de Rambouillet, qui, en dépit des justes -railleries de Molière, eut la gloire de généraliser en France le bon -ton, la politesse, l'urbanité, le savoir-vivre. - - - - -II - - -Je ne raconterai pas l'histoire de la coiffure et de la barbe, car -on la trouve partout. Elle est bien exposée dans l'_Histoire du -costume_ de M. Quicherat, relativement exacte dans les _Dictionnaires -de la conversation_ et les _Encyclopédies_[85]; la refaire d'après -les sources serait donc me donner beaucoup de peine en pure perte. -D'ailleurs, je tiens à rester fidèle au programme que je me suis -tracé; il consiste à exclure autant que possible de ces petites -notices les faits déjà étudiés de l'histoire des mœurs, pour me -borner à recueillir les détails ignorés ou peu connus, et à relever -les erreurs accréditées par une longue tradition. Ainsi, des statues -qui ne peuvent être antérieures à 1150 ont fait jusqu'ici attribuer -aux mérovingiennes la jolie coiffure que portaient les grandes -dames du douzième siècle; leurs cheveux, partagés au milieu de la -tête, descendaient par devant en deux longues tresses nattées et -galonnées[86]. - -[Illustration: - - REINE DU GRAND PORTAIL LA REINE DE SABA, - - DE CHARTRES. PROVENANT DE - N.-D. DE CORBEIL. - -D'après Willemin.] - -Au siècle suivant, les nattes ont disparu. Les femmes mariées les -ont remplacées par un volumineux chignon attaché derrière le crâne; -les jeunes filles laissent pendre leurs cheveux sur le dos, mode qui -demeura très-longtemps en France le signe de la virginité, comme en -témoignent les anciennes représentations de la Vierge. Le quatorzième -siècle adopte les nattes relevées de chaque côté du front sur les -tempes. Au quinzième, les cheveux sont sacrifiés à des couvre-chefs -fantaisistes, dont le hennin est le type. Le seizième siècle découvre -les fronts et inaugure la coiffure dite _à la Marie Stuart_, dont les -différentes variétés nous conduisent jusqu'au règne de Louis XIV. -Celui-ci peut être caractérisé par la coiffure _à la Sévigné_, qui est -composée d'une multitude de boucles échelonnées sur les joues. - -Pour se faire une idée générale de la forme que les hommes donnèrent -successivement à leur chevelure et à leur barbe, il suffit de passer -en revue les portraits de nos rois. - -La barbe disparaît à partir de Philippe-Auguste; le visage est rasé -et les cheveux ne dépassent guère le milieu du cou. La barbe fait une -réapparition timide sous Philippe VI et Jean II, mais Charles V et -ses successeurs sont imberbes: par derrière, leurs cheveux descendent -jusqu'au cou; par devant, ils sont coupés très-courts, c'est la -coiffure dite _aux enfants d'Édouard_. A dater de François Ier, on -fait peu de cas des cheveux, mais la barbe est en plein triomphe. Elle -reste taillée en pointe jusqu'à Henri IV, dont la riante figure est -encadrée de poils touffus et frisés. Richelieu et Louis XIII portent -la moustache épaisse et la royale à la lèvre inférieure. Un caprice -changea tout cela. - -Louis XIII, forcé d'embrasser la même carrière que son père, y -réussissait peu. En revanche, il avait des dispositions pour une foule -d'autres métiers; il cuisinait très-bien, lardait à ravir, s'entendait -à l'élève des oiseaux et au jardinage, composait en musique, peignait -un peu, travaillait au besoin le cuir, le bois et le fer. Un jour, il -lui prit fantaisie de faire concurrence aux barbiers-barbants qu'il -avait créés; il coupa la barbe à tous les officiers de sa maison, -ne leur laissant qu'un petit bouquet de poils au menton. Richelieu, -avec qui on ne plaisantait pas ainsi, conserva seul les moustaches -retroussées et la royale. La cour et la ville rirent beaucoup de -l'étrange distraction qu'avait choisie le mélancolique souverain; on -la mit même en chanson: - - Hélas! ma pauvre barbe, - Qu'est-ce qui t'a faite ainsy? - C'est le grand roy Louis, - Treiziesme de ce nom, - Qui a toute esbarbé sa maison. - - Laissons la barbe en pointe - Au cousin de Richelieu, - Car, par la vertudieu! - Qui seroit assez osé - Pour prétendre la luy raser[87]? - -Les cheveux longs avaient repris faveur sous la minorité de ce roi -ennuyé et ennuyeux. Un homme de goût se reconnaissait alors aux -_moustaches_ ou _cadenettes_ qui, vite oubliées, furent ressuscitées -un siècle plus tard. On appelait ainsi de longues mèches de cheveux, -réunies avec une rosette, et qu'on laissait pendre le long de la -joue et même de l'épaule sur le côté gauche. La moustache se portait -rarement seule. L'auteur de _La promenade du cours_[88] nous apprend -que les gens désireux de se donner un air terrible en exhibaient -jusqu'à six: - - Les braves à l'œil froncé - D'un air demy courroucé - Font flotter leurs grands panaches, - Aux portières s'avançant, - Et guignent tous les passants - Au travers de six moustaches. - -Au besoin, les perruquiers pouvaient en fournir: «Potel, écrit -Tallemant[89], avoit trois ou quatre moustaches postiches de chaque -costé, où il y avoit plus de douze aulnes de ruban noir; car on -n'avoit pas trouvé encore les coings de cheveux.» Potel était un -original: la moustache se portait à gauche. Le côté droit de la -tête ainsi dégagé restait bien visible, et on l'ornait d'une boucle -d'oreille, perle ou diamant. Le comte Henri d'Harcourt, cadet de -la maison de Lorraine, en fut surnommé Cadet la Perle, sobriquet -qu'il garda toute sa vie. Son beau portrait, exécuté par Antoine -Masson, est connu sous le nom de _Cadet à la perle_; il porte encore -cet ornement sur celui qui fut gravé par Édelinck pour les _Hommes -illustres_ de Perrault[90], longtemps après que les cadenettes eurent -cessé d'être à la mode. Le premier galant qui les mit en faveur fut -Honoré d'Albret, seigneur de Cadenet, frère du célèbre Luynes[91]. -Quand on fit celui-ci connétable, Cadenet du même coup fut improvisé -maréchal de France, mais ses exploits se bornèrent à l'importante -innovation que je viens de rappeler: elle a suffi pour transmettre son -souvenir à la postérité. - -[Illustration: _Le Comte d'harcour_ - -D'après les _Hommes illustres_ de Perrault.] - -Notre moustache actuelle avait aussi ses partisans. On lit dans les -_Loix de la galanterie_: «Les uns portent les moustaches comme un -traict de sourcil, et fort peu au menton; les autres ont une moustache -à coquille[92].» Cette dernière était celle dont on relevait les -pointes. Au moyen d'un petit instrument appelé _bigotère_, on la -pinçait de manière à ce qu'elle ne perdît pas son pli pendant la nuit. -C'est ce qu'explique très-bien une _Mazarinade_ publiée en 1650: - - Ensuite voyons la moustache - Que la bigotère nous cache - Lorsque le jeune damoiseau - Le soir en bride son museau. - Le matin lui-même se l'ôte, - En frottant un peu le bigote - Avec quelque chose de chaud[93]! - -Sarazin[94], racontant en style burlesque l'enterrement anticipé de -Voiture, fait figurer parmi les assistants quelques Amours: «L'un, -dit-il, faisoit des grimaces devant le miroir, l'autre se bridoit de -la bigotère, l'autre tiroit les poils des sourcils de ses compagnons -avec des pincettes[95].» La bigotère était encore employée à la fin du -dix-huitième siècle[96]. - -Depuis Louis XIII, aucun roi de France ne garda sa barbe. Elle ne -laissa pas pour cela d'être honorée et cultivée. Louis Guyon[97], -qui a traité agréablement ce sujet, dit que la barbe est utile, -non-seulement parce qu'elle protége l'homme contre le froid, mais -encore parce qu'elle le rend «plus beau. A cause de quoy nature n'a -voulu couvrir les éminences qui sont à chacun costé des yeux, ny le -nez, ni autres parties de la face; autrement, l'homme ressembleroit -une beste sauvage et approcheroit de la semblance des bestes brutes. -Il ne se cognoistroit quand il seroit joyeux ny fasché. La face -descouverte de poils appartient à un animal raisonnable, politic, -familier et sociable, tel qu'est l'homme.» Mais alors, pourquoi la -nature a-t-elle privé de barbe les femmes? Rien n'est plus simple: -«La matière de la barbe, aux femmes, monte à la teste, qui leur cause -de plus grands cheveux qu'aux hommes; et de vray, la chevelure est -bienséante aux femmes et la barbe à l'homme.» - -Louis XIV porta d'abord le semblant de moustache dont j'ai parlé, un -trait léger sur la lèvre supérieure. Il la fit disparaître en 1680, -et tout bon courtisan s'empressa de l'imiter; aussi les derniers -portraits de Corneille et de Molière les représentent-ils sans un poil -sur la figure[98]. Je ne parle ici que des courtisans, car il faut -rendre cette justice à Louis XIII et à Louis XIV qu'ils respectèrent -la tête de leurs sujets (on n'oserait en dire autant de Richelieu); -ils laissèrent chacun arranger à sa guise barbe et cheveux. Si -ce fut une faiblesse de la part du roi-soleil, elle ne resta pas -sans châtiment: la mode, devenue plus impérieuse que l'orgueilleux -monarque, finit par lui imposer la perruque et la poudre, qui lui -étaient toutes deux antipathiques. - -A défaut d'autres libertés, le dix-septième siècle eut donc celle -de la barbe. Les beaux portraits gravés par Édelinck et Lubin nous -révèlent que: - - Le Jésuite Jacques Sirmond, - L'érudit Fabri de Peiresc, - L'historien Papire Masson, - Le savant Scévole de Sainte-Marthe, - Le poëte Malherbe, - Le jurisconsulte Pithou - portaient la barbe entière avec les moustaches. - - Le cardinal de Bérulle, - Henri de Sponde, évêque de Pamiers, - Le secrétaire d'État Pontchartrain, - Vincent de Paul, - Joseph Scaliger - portaient la barbe en pointe avec les moustaches. - - Pierre Camus, évêque de Belley, - Le garde des sceaux du Vair, - Le premier président A. de Harlay, - Le président Jeannin - portaient une magnifique barbe étalée sur la poitrine. - - Pierre de Marca, archevêque de Paris, - Antoine Godeau, évêque de Vence, - J. F. Senault, général de l'Oratoire, - Le prince de Condé, - Turenne, - Le chancelier Séguier, - Colbert, - Le premier président Lamoignon, - Le président de Thou, - L'avocat général J. Bignon, - Le théologien Arnauld d'Andilly, - Descartes, - L'avocat Antoine Lemaître, - Le philosophe Gassendi, - Balzac, - Voiture, - Sarazin, - Mansart, - Le peintre Nicolas Poussin, - Le graveur Callot, - Le romancier H. d'Urfé, - Le maréchal de Gassion, - Le maréchal Fabert, - L'amiral Duquesne, - Le chancelier Michel Letellier, - Le premier président de Bellièvre, - N. Rigault, garde de la bibliothèque du Roi, - Simon Vouet, premier peintre du Roi, - portaient la moustache et la royale. - - Le P. Thomassin, hébraïsant, - L'académicien Pélisson, - Le savant Ducange, - La Fontaine, - L'historien Le Nain de Tillemont, - Le peintre Ch. Lebrun, - Le poëte Santeuil, - Le maréchal de Luxembourg, - Le musicien Lully, - Le philologue Ménage, - Quinault, - Benserade, - Racine - avaient le visage entièrement rasé. - -N'oublions pas de faire remarquer que plusieurs de ces personnages -portent perruque, une perruque superbe, majestueuse, frisée avec art -et qui parfois descend jusqu'à la ceinture. Tout était grand dans le -siècle du grand roi. - -C'est à ce siècle que revient l'honneur d'avoir ainsi contrefait la -nature, mais il y avait longtemps qu'on avait cherché à l'imiter. - -L'usage des faux cheveux doit être aussi ancien que la coquetterie -féminine, et c'est remonter bien haut. A l'époque romaine, les femmes -portaient des nattes postiches, le commerce des cheveux était en -pleine activité, et on allait en chercher des cargaisons sur la rive -droite du Rhin. Cependant, les Pères de l'Église d'abord, puis les -prédicateurs du moyen âge apostrophèrent très durement les femmes -qui mettaient des chevelures d'emprunt «des cheveux de mortes[99]», -disaient-ils, et ce qui est bien pis, des cheveux de personnes -peut-être impures, peut-être criminelles, peut-être condamnées aux -peines de l'enfer, _capitis forsan immundi, forsan nocentis et gehennæ -destinati_[100]. - -C'est sous Charles V qu'Eustache Deschamps composa la célèbre ballade -qui a pour refrain: - - Rendez l'emprunt des estranges cheveux. - -Sous Henri III et Henri IV, toutes les femmes s'affublaient de faux -chignons. La reine Marguerite, écrit Brantôme, «s'habilloit quelques -fois avec ses cheveux naturels, sans y adjouster aucun artifice -de perruque; elle les sçavoit très bien tortiller, frizonner et -accommoder... et pourtant peu souvent s'en accommodoit, si non de -perruques bien gentement façonnées[101].» Tallemant des Réaux affirme -tout crûment qu'elle fut chauve de bonne heure, et qu'«elle avoit de -grands valets de pied blonds que l'on tondoit de temps en temps[102]». - -Dès le règne de Louis XII, les élégants imitaient leurs maîtresses: - - De la queue d'un cheval painte, - Quant leurs cheveux sont trop petiz, - Ilz ont une perrucque faincte, - -disait d'eux Guillaume Coquillart[103]. - -Les gens qui commençaient à perdre leurs cheveux y suppléaient au -moyen de _coins_, fragments de perruque qu'on dissimulait le mieux -possible sous la chevelure naturelle. Louis XIII vit tomber la -sienne à trente ans, ce qui inaugura le règne de la perruque; «les -courtisans, les rousseaux et les teigneux en portèrent les premiers: -les courtisans par délicatesse[104], les rousseaux par vanité et les -teigneux par nécessité[105].» Comme toutes les modes, celle-ci eut -ses détracteurs acharnés et ses admirateurs enthousiastes; parmi ces -derniers, il faut citer l'abbé Legendre, qui s'écrie naïvement: «Il -est surprenant qu'une coiffure aussi commode qu'est la perruque, n'ait -esté en usage que depuis le règne de Louis XIII[106].» - -C'est sous Louis XIV qu'elle atteignit son apogée. L'année où il créa -les barbiers-barbants (1673) est précisément celle où il consentit à -prendre perruque. Il avait trente-cinq ans lorsqu'il se soumit à cette -mode, que son opulente chevelure lui donnait le droit de mépriser. On -composa pour lui, dit Pélisson[107], des perruques avec des jours par -où passaient les mèches de ses cheveux, dont il ne voulait pas faire -le sacrifice. Son fils, le grand Dauphin, n'y mettait pas tant de -façons: «Monseigneur, écrit Dangeau, a encore fait raser ses cheveux, -qui étoient revenus plus beaux que jamais. Il trouve la perruque plus -commode[108].» - -Le _Livre commode pour 1692_[109], nous a conservé les noms de Pascal, -de Pelé, de Jordanis, de Vincent, «renommez pour faire les perruques -de bon air»; de La Roze, «renommé pour les perruques abbatiales»; -de Binet, enfin, le célèbre fournisseur du Roi et le créateur des -perruques dites _binettes_, expression qui a fini par désigner dans le -langage populaire la tête elle-même. A Versailles, entre la chambre à -coucher et la salle du conseil[110], était le cabinet des perruques -du Roi. Elles reposaient dans des armoires vitrées qui entouraient -la pièce; de distance en distance se dressaient des têtes d'enfants, -au nombre de vingt, qui servaient aux essayages, aux remaniements. -Les formes variaient suivant que Louis XIV allait à la messe ou à la -chasse, recevait des ambassadeurs ou restait dans ses appartements. -Quant au barbier, il ne quittait guère la cour[111], et comptait parmi -les cinq cents personnes distribuées en cinq tables, qui avaient -le droit de manger à la cour. «Avant que le Roy se lève, dit un -contemporain, le sieur Quentin, qui est le barbier et qui a soin des -perruques, se vient présenter devant Sa Majesté, tenant deux perruques -ou plus, de différente longueur. Le Roy, suffisamment peigné, le sieur -Quentin lui présente la perruque de son lever, qui est plus courte que -celle que Sa Majesté porte ordinairement le reste du jour. Sa Majesté -aïant mis sa perruque, les Officiers de la Garderobe s'approchent pour -habiller le Roy... Le Roy, dans la journée, change de perruque, comme -quand il va à la messe, après qu'il a dîné, quand il est de retour de -la chasse, de la promenade, quand il va soûper, etc. Le garçon qui -est commis pour peigner les perruques du Roy a deux cens écus sur -la cassette...» Louis XIV n'était rasé que tous les deux jours: «De -deux jours l'un, c'est jour de barbe, c'est-à-dire que le Roy se -fait raser. Les deux barbiers de quartier rasent alternativement de -deux jours l'un, et celui qui ne rase point apprête les eaux et tient -le bassin. Celui qui est de jour pour raser Sa Majesté met le linge -de barbe au Roy, le lave avec la savonnette, le rase, le lave après -qu'il est rasé, avec une éponge douce, d'eau mêlée d'esprit de vin, et -enfin avec de l'eau pure. Pendant tout le temps qu'on rase le Roy, le -premier valet de chambre tient le miroir devant Sa Majesté, et le Roy -s'essuie lui-même le visage avec le linge de barbe[112].» On rasait -souvent aussi la tête de Louis XIV, car même après qu'il eut passé -soixante-dix ans, ses cheveux, triomphant des efforts de la perruque, -s'obstinaient à repousser[113]. Sous le règne d'un souverain qui, par -sa chevelure, semblait descendre de la race mérovingienne, la perruque -poursuivait noblement sa carrière, forçant à l'obéissance jusqu'au -maître devant qui tous tremblaient. - -L'article 63 des statuts de 1718 accorde aux barbiers-perruquiers -le monopole de «la vente et revente des cheveux»; les marchands en -gros devaient, avant d'écouler leurs ballots, les apporter au bureau -de la corporation, où ils étaient examinés. Il se faisait alors une -incroyable consommation de poil. Les têtes des femmes vivantes et -mortes étaient mises à contribution dans les quatre parties du monde, -et le commerce des cheveux avait pris une extension considérable. -Colbert songea même à en arrêter l'importation qui menaçait, -disait-il, de devenir aussi ruineuse pour l'État que l'avait été -naguère celle des ouvrages de fil. Mais les perruquiers se montrèrent -meilleurs économistes que le ministre. Ils dressèrent des statistiques -et démontrèrent, chiffres en mains, que la vente des perruques à -l'étranger faisait rentrer plus d'argent dans le royaume qu'il -n'en sortait par l'achat des cheveux[114]. En effet, l'Angleterre, -l'Allemagne, l'Espagne, l'Italie, etc., étaient nos tributaires; -le perruquier français avait acquis déjà dans toute l'Europe la -réputation qu'il conserva jusqu'à la fin d'être un artiste inimitable. -Le commerce en gros était représenté à Paris par les sieurs Pelé, -Vincent, Potiquet, Rossignol, etc.; ces deux derniers demeuraient -«sous la galerie des Innocents[115]». Tous ces commerçants avaient -des coupeurs qui parcouraient la Normandie, la Flandre, la Hollande. -Certains villages fournissaient jusqu'à dix livres de cheveux, qui -devaient toujours avoir de vingt-quatre à vingt-cinq pouces de long. -Les cheveux des pays chauds étaient réputés mauvais; les plus estimés -étaient ceux de Normandie, que l'on nommait _cheveux de pays_. -L'Angleterre en fournissait fort peu, «le peuple, qui est à son aise, -ne consentant pas aisément à laisser couper les cheveux de leurs -femmes et de leurs filles». Le prix variait entre quatre francs et -cinquante écus la livre; les plus chers étaient les blonds et les -blancs. On appelait _cheveux vifs_, ceux qui avaient été coupés sur -la tête de leur propriétaire, vivante ou morte; _cheveux morts_, ceux -qui avaient été arrachés par le peigne ou étaient tombés à la suite de -quelque maladie; _cheveux naturels_, ceux qui frisaient naturellement. -Au début du dix-huitième siècle, il y avait à Paris une cinquantaine -de marchands de cheveux[116]. - -La rareté des cheveux était devenue telle à la fin du règne de Louis -XIV, qu'on fut obligé de fabriquer en crin les perruques communes. -Jean-Paul Marana écrivait vers 1700: «Depuis que la perruque a été -reçue, les têtes des morts et celles des femmes se vendent cher, -étant la mode que les sépulcres et les femmes fournissent le plus bel -ornement à la tête des hommes[117].» - -Les premières perruques se composèrent de quelques rangs de cheveux -échelonnés autour d'une vaste calotte. On leur donna ensuite la forme -exacte d'un bonnet, et c'est ainsi que fut créée _la bonnette_, dite -aussi _perruque d'abbé_ ou _perruque ronde_; l'abbé de la Rivière, -favori de Gaston d'Orléans, fut, dit-on, le premier qui la porta. - -Sous Louis XIV paraît enfin _la royale_ ou _l'in-folio_, privilége -de la haute société, crinière pleine de majesté, faite pour des -statues plus que pour des vivants. _La brigadière_ fut la coiffure -habituelle des militaires, _la moutonne bouclée_ ou _bichonne_ celle -des petites-maîtresses et des bambins. Les gens du Palais portaient -_la robin_. La perruque, symbole de la monarchie, partage sa fortune, -s'affaisse avec elle, et, vers la fin du règne, perd beaucoup de -son prestige. De l'in-folio, on est tombé _à la cavalière_, _à la -financière_, _à l'espagnole_, _à la carrée_, _à la nouée_, _à la -naturelle_, etc., vestiges encore imposants d'une splendeur évanouie. - -La décadence se précipite sous Louis XV. Les perruques deviennent plus -basses et plus étroites; puis on les sépare en trois touffes, qui -composent les _cadenettes_ sur les côtés et la _queue_ par derrière. -Le dessin, d'ailleurs, varie à l'infini. On peut choisir entre les -perruques _de chasse_, _à nœuds_, _à deux queues_, _naissante_, _à la -chancelière_; _à la Sartine_, adoptée par ce magistrat; _à la régence_ -ou _à bourse_, portée par la valetaille. - -L'_Encyclopédie perruquière_, que publia en 1757 l'avocat A. H. -Marchand, contient une suite de quarante-cinq têtes, coiffées chacune -d'une perruque de forme particulière, et distinguée par un nom spécial. - -En voici la liste: - - _A l'ordinaire._ - _A la Port-Mahon._ - _A la rinoxerros._ - _A l'adorable._ - _A l'oiseau royal._ - _A la cabriolet._ - _A l'aile de pigeon._ - _A la nouvelle mode._ - _A l'impatient._ - _A l'aventure._ - _A la cavalière._ - _A la paresseuse._ - _A la singulière._ - _Au chasseur._ - _A l'indifférence._ - _A la dragonne._ - _A la comète._ - _A la Tronchin._ - _A la mousquetaire._ - _A la légère._ - _A la Choisy._ - _A la gendarme._ - _Au vieillard._ - _A la Gentilly._ - _A la parisienne._ - _Au_ petit-maître. - _A la françoise._ - _A l'italienne._ - _A la plus tôt fait._ - _Au favori._ - _A la lunatique._ - _A ravir._ - _A l'éléphant._ - _A l'antiquité._ - _A l'économe._ - _Au combattant._ - _Au conquérant._ - _A la jalousie._ - _A la prudence._ - _A la royale._ - _A l'envieux._ - _A la maître-d'hôtel._ - _A la félicité._ - _A l'inconstance._ - _A la Beaumont._ - -On eut aussi l'idée de composer des perruques en laine, qui devinrent -le monopole des matelots, et des perruques de fil de fer, mode -économique qui permettait de laisser à ses enfants une coiffure à -jamais héréditaire. - -Nous voyons fleurir encore, sous Louis XVI, les perruques _de -palais_, _à oreilles_, _à la circonstance_, _brisée_, _à la grecque_, -_en bonnet_, _à rosette_, _à cadogan_ ou _catogan_, gros nœud -descendant sur la nuque; _à la Panurge_; _à trois marteaux_[118], -qu'affectionnaient surtout les médecins et les apothicaires. Tout le -monde alors portait perruque, depuis le vieillard le plus décrépit -jusqu'à l'enfant à peine sevré; les nobles comme les roturiers, -les bourgeois, les maîtres des métiers, les ouvriers. Le moindre -laquais aurait eu honte de se montrer avec ses propres cheveux, -et la condition des personnes se reconnaissait à la forme de leur -perruque[119]. - -[Illustration: PERRUQUES DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE. - -D'après l'_Encyclopédie méthodique_.] - -Elle s'y reconnaissait d'autant mieux que le poids de ces tresses -empruntées avait fait presque complétement abandonner l'usage de -toute autre coiffure. C'est de là qu'est née notre coutume de rester -la tête nue en société. Avant que la perruque fût devenue d'un usage -général, on ne se découvrait guère que pour saluer; puis la profusion -de faux cheveux dont on se chargea modifia si bien cette habitude, -que le tricorne est souvent désigné sous le nom de _chapeau de bras_, -place qu'en effet il ne quittait guère. «Le chapeau est une coiffure -infiniment commode, dit J. F. Sobry[120], mais de peu d'agrément. On -le porte d'ailleurs fort souvent à la main.» - -L'usage de se découvrir dans le monde et pour saluer ne s'introduisit -en France que fort tard. Pour les gentilshommes emprisonnés dans un -casque solidement lié à l'armure par des courroies, il n'y fallait -point songer. La coiffure civile ne s'y prêtait pas beaucoup plus. Le -chaperon, fouillis d'étoffes qui resta en honneur jusqu'au quinzième -siècle, était difficile à ôter et plus encore à remettre. On saluait -alors en repoussant de la main le chaperon, de manière à découvrir -un peu le front[121]. Monstrelet raconte qu'Isabeau de Bavière, -exilée à Tours, «avoit en grant haine maistre Laurens du Puis [un de -ses gardiens], car il parloit à elle irreveremment, sans mectre main -à son chaperon[122].» Jadis, écrit Saint-Simon[123], on restait en -toute circonstance la tête couverte, «et quand autour du Roi quelqu'un -avaloit[124] son chaperon, les plus près du Roi lui faisoient place, -parce que c'étoit une marque qu'il vouloit parler au Roi.» - -La décadence des chaperons, l'avénement des bonnets, des toques et des -chapeaux modifièrent cet usage, qui semble avoir souvent varié. Il est -certain que sous Henri IV, on était tenu de se découvrir non-seulement -en présence du roi, mais même en présence du Dauphin. En voici deux -preuves irréfutables. Le 6 avril 1606, le petit Louis XIII avait à -peine six ans: «Il se fait mettre à la fenêtre, dit Héroard[125]; -il passa un nommé Dumesnil sans le saluer, suivi de son laquais, -qui fit de même. Il demande: Qui est cettui-là qui passe sans ôter -son chapeau? Bompar, allez arrêter ce laquais! Il y va, l'arrête. -L'on disoit derrière M. le Dauphin: Voilà un homme mal avisé et son -laquais aussi. Il crie: Laissez, laissez-le aller Bompar; il est aussi -sot que son maître.» Au mois d'octobre de la même année, on mène le -petit roi à la messe: «M. Birat le portoit ayant la tête nue, et M. -de Belmont marchoit auprès, la tête couverte; il dit à M. Birat: -Mettez votre chapeau.—Monsieur, je suis bien.—Non, non, mettez votre -chapeau, vous êtes vieil. Otez votre chapeau, Belmont[126].» D'un -autre côté, on voit par les gravures d'Abraham Bosse, de Sébastien -Leclerc, etc., que sous Louis XIV, on restait la tête couverte dans -les appartements, devant les femmes, au Conseil du Roi et au bal en -dansant. Mais on n'adressait jamais la parole au souverain sans se -découvrir, la calotte même des ecclésiastiques n'était pas tolérée en -cette circonstance[127]. - -[Illustration: LE CONSEIL DU ROI LOUIS XIV. - -D'après Sébastien Leclerc.] - -Les courtisans, entrant dans la chambre du Roi, saluaient son lit, et -sa nef si le couvert était mis[128]. Mais c'eût été une inconvenance -de paraître tête nue à un repas: «Quand on est à table, dit un manuel -de civilité imprimé en 1618, c'est assez de faire quelque signe de -reverence avec la teste, car il n'est pas bienséant de se descouvrir -à table[129].» Soixante-dix ans après, cette coutume subsistait -encore, quoique déjà affaiblie: «Il ne faut pas violer la maxime de -la table, qui est de ne se point découvrir, l'usage l'ayant tellement -établi que l'on passeroit pour un nouveau venu dans le monde d'en user -autrement[130].» Un peu plus tard, on put, sans manquer aux lois de la -politesse, garder ou ôter sa coiffure: «C'étoit autrefois un manque -de respect et une incivilité grossière d'être à table sans chapeau, -surtout devant des femmes d'un certain rang et d'un certain caractère, -pour qui on étoit obligé d'avoir des ménagemens et des égards; il est -libre maintenant de prendre son chapeau à table ou de le quitter, sans -que personne s'en formalise[131].» Enfin le duc de Luynes écrivait -en 1738: «On sait qu'il y a longtemps qu'il est en usage, lorsqu'on a -l'honneur de manger avec le Roi, d'ôter son chapeau. Ce n'étoit pas -autrefois le respect, et madame la maréchale de Villars m'a dit que, -dans le temps qu'elle suivoit M. le maréchal dans ses campagnes, les -officiers qui mangeoient avec elle et M. le maréchal gardoient leur -chapeau sur la tête. J'ai vu aussi cet usage, et il n'y a pas grand -nombre d'années qu'il est supprimé. Cependant, il faut qu'il ait -varié, car M. de Polastron m'a dit qu'à une des campagnes de M. le duc -de Bourgogne, à la table de M. le duc de Bourgogne, on mangeoit sans -chapeau, et quand quelqu'un ignorant cet usage gardoit son chapeau, on -l'en avertissoit. M. le maréchal de Boufflers, dans la même campagne, -disoit à ceux qui dînoient chez lui d'ôter leur chapeau, parce qu'il -faisoit chaud, ce qui prouveroit que la règle étoit de l'avoir[132].» -La vérité est que l'influence de l'hôtel de Rambouillet commençait -à se faire sentir, même dans les camps. Néanmoins, jusqu'à la -Révolution, la politesse exigeait que l'on restât couvert à table; je -lis, en effet, dans un traité de la civilité imprimé en 1782: «Il est -contre la bienséance de se découvrir lorsqu'on est à table, à moins -qu'il n'y survienne quelque personne qui mérite beaucoup d'honneur. -S'il y a à table quelque personne de haute qualité qui soit sans -chapeau pour sa commodité, il ne la faut pas imiter, cela seroit trop -familier, mais on doit toujours demeurer couvert[133].» - -C'était là, bien entendu, un cas particulier. Bussy, ami des -précieuses, voulant peindre le désordre d'esprit où l'amour jette -Marsillac en présence de madame d'Olonne, s'exprime ainsi: «La -première chose qu'il fit après s'être assis, ce fut de se couvrir, -tant il étoit hors de lui; un instant après, s'étant aperçu de sa -sottise, il ôta son chapeau et ses gants, puis en remit un, et tout -cela sans dire un mot[134].» Écoutons maintenant Antoine de Courtin, -qui écrivait vers 1675: «Il est de la civilité d'avoir la teste -nuë dans les salles et dans les antichambres; et avec cela il faut -remarquer que celuy qui entre est toujours obligé de saluer le -premier ceux qui sont dans la chambre. Il y en a même qui ayant appris -le rafinement de la civilité dans quelque païs étranger, n'osent en -compagnie ni se couvrir ni s'asseoir le dos tourné au portrait de -quelque personne de qualité éminente. C'est s'exposer à un affront -que d'avoir son chapeau sur la teste dans la chambre où l'on a mis le -couvert du Roy ou de la Reyne, et même il faut se découvrir lorsque -les officiers portent la nef et le couvert, et passent devant vous. -Dans la chambre où est le lit, on demeure aussi découvert; et même, -chez la Reyne, les dames en entrant saluent le lit, et personne n'en -doit approcher quand il n'y a point de balustre[135].» - -Au dix-septième siècle, il était d'usage de saluer une dame en -l'embrassant. Fitelieu, vers 1642, blâme déjà cette mode, fort -dangereuse, dit-il, pour «la pudicité des filles[136]»; et Courtin -recommande de n'embrasser une «dame de haute qualité que si elle-même -tend la joue, et alors même il faut seulement faire semblant de la -baiser, et approcher le visage de ses coëffes[137].» - -Les gravures du temps nous montrent avec quel respect les hommes se -saluaient alors; le corps était courbé en deux et la plume du chapeau -balayait la terre. S'il s'agissait d'un supérieur, la main elle-même -devait toucher le sol. «Mais surtout, ajoute avec prudence un maître -en civilité, il faut faire ce salut sans précipitation ni embarras, -ne se relevant que doucement, de peur que la personne que l'on saluë, -venant aussi à s'incliner, on ne luy donne quelque coup de teste.» -Tout salut devait être rendu, même aux personnes de la plus petite -condition: manquer à cette règle, vous reléguait dans la classe des -gens «très-incivils et très-mal élevés[138]». - -Entre hommes, le salut le plus humble consistait à s'incliner devant -son supérieur, et à lui baiser la cuisse, qu'on entourait de ses bras. -Henri IV adorait le melon; son maître-d'hôtel Parfait lui en apporta -un jour pendant qu'il était à table, «et commença à crier par deux -fois: Sire, embrassez-moi la cuisse, car j'en ai de fort bons[139]». -Louis de Brienne raconte que lors des amours de Louis XIV avec -mademoiselle de La Vallière, ayant avoué au Roi qu'il avait du goût -pour elle, celui-ci le pria de cesser de la voir: «Ah, mon cher -maître! dis-je en lui accolant la cuisse, je ne lui parlerai de ma -vie[140].» - -[Illustration: LES SALUTATIONS AU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE. - -Dessin de J. Marot.] - -Pour saluer la Reine ou les princesses, on baisait le bas de leur -robe[141]. L'ambassadrice de Venise, reçue par la Reine, fit une -révérence en entrant, une deuxième au milieu de la chambre, une -troisième auprès de Sa Majesté, baisa le bas de sa robe, fit une -quatrième révérence et un compliment[142]. La Reine ne saluait que -Monsieur, frère du Roi, et sa femme: «Lorsque Marie-Thérèse arriva en -France, et qu'on lui proposa de saluer Monsieur, frère du Roi, elle -pleura à cette proposition, et dit qu'en Espagne elle n'avoit coutume -de saluer que le Roi son père et la Reine sa mère[143].» En présence -du Roi ou des princes du sang, on ne devait saluer personne[144], et -il était interdit de s'embrasser ou de se tutoyer[145]. - -Je relève encore dans les _Manuels_ du temps quelques préceptes de -civilité qui montrent quels progrès s'étaient accomplis sous la double -influence des raffinements inventés par l'hôtel de Rambouillet et de -l'étiquette imposée par Louis XIV. - -Les convenances exigeaient que l'on ne heurtât pas trop fort à la -porte d'un grand. Il fallait aussi ne pas frapper plus d'un coup. - -Si une dame venait vous rendre visite, vous deviez ceindre votre épée, -mettre votre manteau, aller jusqu'au carrosse de votre visiteuse, la -faire descendre, l'introduire dans le lieu le plus honorable de votre -demeure, lui offrir un fauteuil et vous asseoir sur une chaise ou un -placet[146]. A son départ, vous étiez tenu de la reconduire à son -carrosse, de l'aider à y monter, et de ne pas vous retirer avant que -la voiture se fût éloignée. - -Dans l'intérieur des appartements, il était interdit de frapper à -une porte. On se contentait d'y gratter doucement, et en général -avec l'ongle du petit doigt; aussi les raffinés le conservaient-ils -d'une longueur démesurée afin de prouver leur savoir-vivre. Scarron -dit du prince de Tarente qu'«il étoit propre en sa personne, curieux -en perruques, se piquoit de belles mains, et s'étoit laissé croître -l'ongle du petit doigt de la gauche jusqu'à une grandeur étonnante, ce -qu'il croyoit le plus galant du monde[147].» Molière n'a pas oublié -ce ridicule, et c'est le Clitandre du _Misanthrope_[148] qu'il en -gratifie: - - Mais au moins, dites-moi, madame, par quel sort - Votre Clitandre a l'heur de vous plaire si fort. - Sur quel fonds de mérite et de vertu sublime - Appuyez-vous en lui l'honneur de votre estime? - Est-ce par l'ongle long qu'il porte au petit doigt - Qu'il s'est acquis chez vous l'estime où l'on le voit? - -Peut-être y avait-il un petit instrument destiné à tenir lieu de -l'ongle. C'est au moins ce que semblent indiquer ces deux vers: - - Grattez du peigne à la porte - De la chambre du roi[149]. - -Si un huissier vous demandait votre nom, il ne fallait jamais le faire -précéder du mot monsieur, mais répondre: _le marquis_ ou _le comte de -X_. - -Se promener dans l'antichambre en attendant qu'on vous introduisît -était d'un goujat. - -On devait, en visite, garder son manteau, mais il était défendu de s'y -envelopper. - -Si l'on vous offrait un objet, vous deviez vous déganter pour le -prendre, et baiser la main qui vous l'offrait. - -Si quelqu'un, fût-ce un laquais, venait vous parler de la part d'un -supérieur, vous deviez vous lever et recevoir l'envoyé debout et -découvert. - -C'était une incivilité de joindre au mot monsieur le nom ou le -titre de la personne à qui on s'adressait. Il ne fallait donc pas -dire: _oui, monsieur Cicerville_, ou _oui, monsieur le duc_; mais -simplement: _oui, monsieur_. - -Un homme parlant de sa femme devait dire seulement: _ma femme_; y -ajouter son nom ou son titre, l'appeler _madame X_ ou _madame la -présidente_, etc., était du plus mauvais goût. Une femme devait -également dire: _mon mari_, jamais _monsieur_ tout court. «C'est une -faute pourtant, écrit Courtin, qui est assez ordinaire et sur tout -parmy les bourgeoises.» - -Si l'on parlait d'une femme à son mari, il fallait au contraire faire -suivre le mot madame d'un nom ou d'un titre: _Je suis bien aise que -madame X soit heureusement accouchée_, ou _Je souhaite que madame la -maréchale reprenne vite ses forces_. - -On voit que la plupart des règles de politesse observées aujourd'hui -dans la conversation remontent à plus de deux siècles. - -Les enfants parlant de leurs parents devaient dire: _mon père_, _ma -mère_. Seuls les enfants de haute qualité pouvaient dire et écrire: -_monsieur le comte_, _monsieur le duc_, etc. - -Quand une personne éternuait, il ne fallait pas lui dire tout haut: -_Dieu vous assiste!_ On était tenu de se découvrir et de faire une -profonde révérence, sans parler. - -On avait déjà le droit de quitter une société sans saluer personne, en -se retirant le plus discrètement possible. Gui Patin écrivait le 8 -juin 1660: «Je fus hier souper chez M. le premier président... Comme -nous achevions de souper survint le comte d'Albon, puis sa femme, et -puis d'autre monde, ce qui fut cause que je m'en vins tout doucement, -sans dire adieu à personne, comme on fait chez les grands[150].» - -Dans un carrosse, la place la plus honorable était celle du fond; -puis, par ordre: le fond à gauche, le devant à droite, le devant à -gauche. - -Si étant en carrosse vous rencontriez un enterrement, un prince, -un légat, votre cocher devait s'arrêter et vous étiez tenu de vous -découvrir. Si le Saint-Sacrement venait à passer, vous deviez -descendre de voiture et vous agenouiller par terre. - -Je réserve pour d'autres notices ce qui est relatif aux actes de -l'état civil, aux repas, aux parfums, aux gants, aux siéges, aux -formules de politesse à la fin des lettres, etc., etc. Quand on avait -appris cela et quelques autres petites choses, on avait le droit de -se dire _honnête homme_. Un honnête homme alors, c'était un homme -poli, bien élevé, de bonnes manières, possédant les qualités et les -connaissances nécessaires pour figurer dans la haute société et pour -s'y rendre agréable. L'académicien Nicolas Faret a publié un petit -volume assez curieux qui a pour titre: _L'honneste homme ou l'art de -plaire à la cour_[151]. Antoine de Courtin, dans un _Traité du point -d'honneur et de ses règles_[152], ne fait pas grande différence entre -l'honnête homme et l'homme d'honneur. Enfin Hamilton, voulant peindre -un gentilhomme accompli, lui fait dire: «Tu sais que je suis le plus -adroit homme de France; j'eus bientôt appris tout ce qu'on y montre; -et, chemin faisant, j'appris encore ce qui perfectionne la jeunesse -et rend honnête homme, car j'appris encore toutes sortes de jeux aux -cartes et aux dés[153].» - -Mais nous voici bien loin des perruques. Rappelons que la -Révolution eut la gloire de détrôner cette mode ridicule. Encore -lui résista-t-elle longtemps. Les vieillards, que l'usage des faux -cheveux avait rendus chauves, s'obstinèrent surtout dans les vieilles -coutumes, et la jeunesse les qualifia fort impertinemment de _têtes à -perruque_. - -On ne sait quelle est la Parisienne au teint bruni qui eut la -première l'idée de se coller sur la figure des petits morceaux de -taffetas noir; mais je suis assez fier d'avoir retrouvé dans un livre -peu connu l'origine de cette coutume. A la fin du seizième siècle, on -soignait les maux de dents en appliquant sur les tempes de mignons -emplâtres étendus sur du taffetas ou du velours[154]. Il ne fallut -pas longtemps à une coquette pour remarquer que ces taches noires -faisaient ressortir la blancheur de sa peau, et que si le remède -était inefficace contre l'odontalgie, il jouissait d'une vertu bien -autrement précieuse, celle de donner de l'éclat au visage le plus -fané. Les _mouches_ firent ainsi leur entrée dans le monde, réunirent -tous les suffrages, et triomphèrent des obstacles suscités contre -elles par de sévères confesseurs et par des moralistes ennemis de la -beauté. - -Sous Henri IV, toutes les femmes en portaient[155], même à l'église, -car on lit dans un couplet satirique du temps: - - Portez-en à l'œil, à la temple[156], - Ayez-en le front chamarré, - Et, sans craindre votre curé, - Portez-en jusque dans le temple[157]. - -L'austère Fitelieu s'en indigne, et déclare aux coquettes qui -se couvrent de mouches «qu'il y en a bien davantage dans leurs -cervelles[158].» Les hommes pouvaient prendre leur part de ce -compliment, puisque les _Loix de la galanterie_ permettent aux -«galands de la meilleure mine de porter des mouches rondes et -longues, ou bien l'emplastre noire assez grande sur la temple, ce -que l'on appelle l'enseigne du mal de dents[159]». La mode finit par -gagner jusqu'au clergé: une mazarinade, écrite en 1649, menace de -la colère de Dieu «les abbés frisez, poudrez, le visage couvert de -mouches[160].» Parmi les lots de la _Loterie d'amour_, publiée vers -1654, figure «un traité excellent de la situation des mouches sur le -visage des dames; avec des observations exactes de leur grandeur et de -leur figure, selon les lieux où elles sont placées[161].» - -On portait des mouches même dans les couvents. Madame de Mazarin, -plaidant en séparation, s'était réfugiée chez les religieuses de -Sainte-Marie, dans la rue Saint-Antoine. Son mari étant venu lui -rendre visite, elle le reçut avec le visage couvert de mouches. Le -duc, élevé dans les bons principes, déclara «qu'il ne lui parleroit -point qu'elle ne les ôtât»; et la bonne petite femme ajoute: «Jamais -homme ne demanda les choses avec une hauteur plus propre à les -faire refuser, surtout quand il croyoit que la conscience y étoit -intéressée, comme en cette occasion; et ce fut aussi ce qui me fit -obstiner à demeurer comme j'étois, pour lui faire bien voir que ce -n'étoit ni mon intention ni ma croyance d'offenser Dieu par cette -parure[162].» On sait que la folle duchesse finit par courir le monde -déguisée en homme. - -En 1661, un poëte, peu soucieux de la vérité historique, eut l'idée -d'écrire l'origine de cette mode, et il n'hésita pas à lui attribuer -une généalogie tout à fait fantaisiste. Il suppose que, resté un beau -jour auprès de sa mère: - - L'Amour, sans dire un pauvre mot - Chassoit aux mouches comme un sot. - -Vénus, impatientée, se fâche. L'Amour ne fait qu'en rire, - - Et pour éviter la colère - De sa maman sut si Lien faire, - Qu'il lascha du creux de sa main - Une mouche dessus son sein. - Cette mouche à peine fut-elle - Sur le sein de cette immortelle - Que l'on vit, dans le même instant, - Qu'il en parut plus éclatant. - Comme quand un sombre nuage - Cache le ciel par son ombrage, - A l'entour de ce corps obscur - Le ciel prend un nouvel azur, - Et, rehaussé par son contraire, - Brille d'une façon plus claire. - -La déesse est ravie. Elle promet à son fils deux tourterelles pour -récompense, et celui-ci - - Lors de ses doigts industrieux - Découpant une étoffe noire - Fit, si l'on en croit bien l'histoire, - Mille mouches sans se lasser; - Puis aussy tost les vint placer - Une près de l'œil de sa mère - (La chose icy n'est pas bien claire - Si ce fut le gauche et le droit). - Il en mit encore dans l'endroit - Où vola la première mouche, - Sur les temples et sur la bouche, - A costé du nez, sur le front, - Sur les joues, sur le menton[163]. - -Chacune de ces mouches avait un nom. - - Placée - Près de l'œil, elle se nommait _la passionnée_; - Au coin de la bouche _la baiseuse_; - Sur les lèvres _la coquette_; - Sur le nez _l'effrontée_; - Sur le front _la majestueuse_; - Au milieu de la joue _la galante_; - Sur le pli de la joue en riant _l'enjouée_; - Sous la lèvre inférieure _la discrète_; - Sur un bouton _la voleuse_. - -On comprend que des insectes jusqu'alors méprisés, chassés, -persécutés, furent remplis d'orgueil en apprenant qu'ils avaient donné -naissance à un artifice de coquetterie féminine, auquel leur nom -restait attaché. Ils contèrent tout cela à La Fontaine, qui voulut -immortaliser tant de gloire, et fit dire fièrement à la fourmi par la -mouche: - - Je rehausse d'un teint la blancheur naturelle, - Et la dernière main que met à sa beauté - Une femme allant en conquête, - C'est un ajustement des mouches emprunté[164]. - -En 1692, «la bonne faiseuse de mouches» demeurait rue Saint-Denis, -_à la perle des mouches_[165]. Sous Louis XV, toutes les femmes -avaient dans leur poche une boîte à mouches, petit coffret d'or, -d'argent, d'ivoire ou d'écaille, qui renfermait un miroir, du rouge -et des mouches. Ces dernières, faites en général de taffetas gommé, -affectaient toutes les formes: il y en avait de rondes, de carrées, -d'ovales. On s'amusa même à les découper de manière à imiter les -étoiles, la lune, le soleil, un croissant, un cœur, des personnages, -surtout des animaux, ce qui permettait d'avoir toute une ménagerie sur -la figure. Pendant un moment, la grande mode fut de se coller sur la -tempe droite une large mouche ronde en velours noir, qui ressemblait à -un emplâtre[166] et que l'on ornait parfois de petits brillants[167]. - -L'usage de se poudrer les cheveux date également du seizième siècle. -Henri III allait par les rues de Paris, fardé comme une vieille -coquette, le visage empâté de blanc et de rouge, les cheveux couverts -de poudre[168] de violette musquée. Mais les Parisiens, si faibles -pourtant en présence de toute mode nouvelle, ne l'imitèrent pas. -C'est seulement à la toilette des mignons que l'on voyait un valet -«ayant en ses mains une boiste pleine de poudre semblable à celle de -Chipre[169], avec une grosse houppe de soye, laquelle il plongeoit -dans cette boiste, et en saupoudroit la teste du patient[170]». -Lestoile parle en 1593 de religieuses qui se montrèrent publiquement -«masquées, fardées et pouldrées[171]». Cette fois, c'en était fait, et -pour longtemps, en dépit de l'Église et des sermonnaires qui, comme le -petit Père André[172], reprochaient aux femmes de se présenter dans le -saint lieu «poudrées comme des meuniers[173]». - -Dès 1624, il était entendu qu' - - Une dame ne peut jamais estre prisée - Si sa perruque n'est mignonnement frisée, - Si elle n'a son chef de poudre parfumé[174]. - -La poudre la plus recherchée était l'_argentine_. Mais on en faisait -de toutes les couleurs, et l'engouement était si grand, que les filles -pauvres, n'osant montrer leurs cheveux tels que les avait faits la -nature, les «saupoudroient de poudre de bois pourri qu'on trouve parmy -les vieux bastimens aux poutres et pièces de bois sur lesquels il n'a -point pleu[175].» Quand un irréparable malheur venait à frapper une -femme, et qu'elle prétendait renoncer, momentanément au moins, à ce -que l'existence offre de plus agréable, si elle devenait veuve par -exemple, elle cessait de se poudrer[176]. Ce sacrifice modifiait tout -à fait l'aspect d'une toilette, car une élégante ou un petit-maître -ne se bornaient pas à poudrer leur tête, les vêtements devaient -participer à la distribution: - - Ça qu'on lui donne son manteau, - Dont le collet sera fort beau, - Pourvu qu'il ait de la farine - Jusques au milieu de l'échine, - -dit une très-curieuse _mazarinade_[177] que j'ai déjà citée. - -Louis XIV avait une répugnance instinctive pour ces cheveux blanchis, -cette vieillesse anticipée, et il ne se soumit que fort tard à une -mode, inutilement maltraitée par les poëtes satiriques: - - Avec plus de succès je rimeray peut-être - Auprès de ce blondin aux airs de petit-maître. - Juste ciel! que de poudre! il en a jusqu'aux yeux. - De quoy s'avise-t-il? Veut-il paroître vieux? - Que n'attend-il du moins que l'âge le blanchisse[178]? - -[Illustration: LA TOILETTE DU CLERC DE PROCUREUR. - -D'après Carle Vernet.] - -Le monopole de la fabrication de la poudre ne tarda pas à être accordé -aux gantiers, qui eurent à ce sujet de fréquents démêlés avec les -merciers[179], les barbiers[180] et les amidonniers[181]. Sous Louis -XV et sous Louis XVI, tout le monde, hommes, femmes, enfants[182], -portait de la poudre; elle faisait même partie de la tenue militaire. -Afin de ne pas être obligées de se poudrer tous les jours, les femmes -couchaient avec une coiffe de taffetas blanc qui emprisonnait leur -chevelure. La fureur pour cette mode inepte et sale était telle -encore en 1786 que Sobry écrivait très-sérieusement: «L'usage modéré -de la poudre tient autant à la bienséance qu'à la commodité, et il -a été regardé comme de première nécessité chez tous les peuples -policés[183].» - -Aussi se fit-il pendant deux siècles une effroyable consommation de -poudre. Les philantrophes en gémissaient, disant qu'avec la farine -ainsi employée «on nourriroit dix mille infortunés[184].» M. Paul -Boiteau, qui a le tort de ne pas citer ses sources, écrit qu'en 1789, -au moment où la farine était si rare, on transformait chaque année -en poudre à poudrer vingt-quatre millions de livres d'amidon[185]. -«L'_accommodage_, dit M. Quicherat[186], était devenue une véritable -opération de meunerie. Elle avait lieu au milieu d'un nuage épais -que le coiffeur faisait voler sur la tête du patient, enveloppé -d'un peignoir et le visage fourré dans un cornet de carton, afin de -n'être point aveuglé.» Et comme les industriels qui distribuaient -si généreusement la farine à leurs pratiques en prenaient une bonne -part pour eux-mêmes, ils justifièrent le nom de _merlans_ qui leur -fut donné par le peuple. Dans l'exercice de leur profession, ils -ressemblaient en effet à des merlans qu'on va mettre à la poêle. - -La Révolution eut grand'peine à détrôner la poudre. L'élégant -Robespierre était toujours fraîchement poudré, et Bonaparte -n'abandonna cette mode qu'après sa campagne d'Italie. - - - - -III - - -La corporation des Barbiers-Perruquiers-Baigneurs-Étuvistes ou -Barbiers-barbants avait reçu, le 14 mars 1674, des statuts qui furent -renouvelés le 26 avril 1718[187]. Ces derniers sont composés de -soixante-neuf articles que je vais rapidement analyser. - -Comme l'ancienne communauté des barbiers-chirurgiens, la nouvelle -était placée sous l'autorité du premier chirurgien du Roi, «chef et -garde des chartes, statuts et priviléges de la barberie du royaume». -En cette qualité, il avait sur tous les barbiers de France «inspection -et juridiction». Ne pouvant exercer en personne, il se faisait -représenter par un mandataire ou _lieutenant_, qu'il était tenu de -choisir parmi les anciens jurés de la corporation[188]. - -Celle-ci se composait du premier chirurgien du Roi, de son -lieutenant, d'un greffier, de six jurés ou prévôts-syndics, des -anciens syndics retirés du métier et des maîtres[189]. - -Les jurés étaient élus pour deux ans[190], par une délégation formée -du premier chirurgien du Roi, de son lieutenant, des six jurés en -charge, de tous les maîtres anciens et de quinze modernes[191]. - -Tout le monde sait quel rôle jouaient les jurés dans l'administration -des communautés; je dirai donc seulement ici un mot des Anciens et -des Modernes, dont l'origine est moins connue. Les sentiments de -fraternité qui avaient servi de base aux corporations ouvrières -s'affaiblirent peu à peu[192], et, vers le commencement du seizième -siècle, on vit s'introduire parmi les maîtres une hiérarchie que -finirent par accepter presque toutes les communautés. Les maîtres -furent alors divisés en trois classes: - -Les _Jeunes_, qui comptaient moins de dix ans de maîtrise; - -Les _Modernes_, reçus depuis plus de dix ans; - -Les _Anciens_, qui exerçaient depuis vingt ans au moins ou avaient -rempli la charge de juré. - -En général, les _Jeunes_ ne prenaient aucune part à l'administration -de la communauté: ils ne pouvaient être élus jurés, et n'avaient même -pas en cette circonstance le droit de vote. Ils n'étaient pas admis -non plus dans les commissions appelées à juger les _chefs-d'œuvre_. -En réalité, le temps passé parmi les Jeunes était une sorte de stage -imposé au compagnon après sa réception à la maîtrise. - -Comme on le voit ici, les _Modernes_ eux-mêmes, bien qu'éligibles, ne -figuraient pas tous parmi les électeurs des jurés. - -Les _Anciens_ formaient dans la corporation une véritable -aristocratie, très-jalouse de ses prérogatives. Au reste, chaque -communauté avait sur ce point ses usages particuliers. En 1680, la -corporation des couteliers se composait de quatre-vingt-onze maîtres, -qui étaient ainsi classés[193]: - - 22 Anciens, - 32 Modernes, - 33 Jeunes, - 4 veuves, continuant le commerce de leur mari. - -Je reviens à nos statuts. - -Les jurés avaient droit de visite chez les barbiers-chirurgiens, et -ces derniers droits de visite chez les barbiers-perruquiers[194]. -Assistés d'un sergent à verge, il devaient faire au moins quatre -visites par an chez chaque maître, «pour voir si les perruques et -cheveux qui seront exposés en vente au public sont bons et marchands». -Il était dû aux jurés quinze sous par visite[195]. D'une manière -générale, on appelait article _royal_ ou _marchand_ celui qui était de -bonne qualité, sans tare, sans défaut caché. - -Le conseil de la corporation était composé de trente personnes: le -premier chirurgien du Roi, son greffier, son lieutenant, le doyen, les -six jurés et vingt anciens[196]. Il se réunissait tous les mardis, -à deux heures, «pour délibérer sur les affaires communes, police et -discipline concernant les maîtres, veuves[197], aspirans, locataires, -apprentifs, garçons, ouvriers, et tous ceux qui sont soumis à la -communauté[198].» - -La profession de barbier-perruquier était non un métier, mais un -office héréditaire. Payé fort cher par les acquéreurs, il devenait -leur entière propriété: ils pouvaient le céder et le sous-louer[199], -quoique le nom seul du titulaire figurât sur l'enseigne de la -boutique. Pour avoir le droit d'exercer, il ne suffisait pas à -celui-ci d'obtenir après apprentissage des lettres de maîtrise, il -lui fallait acheter une charge, et il était mis en possession par le -premier chirurgien du Roi. Tout cela était bien fait pour remplir -d'orgueil une communauté, mais ne la mettait pas plus qu'une autre -à l'abri des créations de maîtrises ordonnées directement et à prix -d'argent par le Roi. Pour faire face à ses embarras financiers, Louis -XIV augmentait sans cesse le nombre des offices de barbiers. En -1689, d'un trait de plume il le double, le porte à quatre cents. La -communauté, redoutant une pareille concurrence, rachète ces deux cents -charges moyennant cent dix mille livres versées au Trésor. C'était -tout ce que demandait le Roi; aussi, encouragé par le succès, il -crée de nouveau cinquante charges en février 1692. Le prix fut fixé -au-dessous de trois cents livres, et on eut grand'peine à les vendre, -ce qui prouve que le besoin ne s'en faisait guère sentir. Pourtant, en -juillet et en août 1706, on crée d'un seul coup encore quatre cents -charges: la communauté terrifiée voulut les racheter, et ne le put. -En somme, le nombre des titulaires était de six cent dix à la fin -de 1712[200] et de sept cents en 1719[201]. Je raconterai ailleurs -l'histoire navrante des créations royales de maîtrises et d'offices, -qui en vinrent à ruiner toutes les corporations. - -Aux acquéreurs de charges créées par le Roi, on ne demandait que de -payer. Mais si l'on voulait acheter ou louer une charge de barbier à -l'un des titulaires, il fallait avoir été apprenti pendant trois ans -et compagnon pendant deux ans[202]. - -Chaque maître ne pouvait avoir à la fois qu'un seul apprenti. Il était -cependant autorisé à en prendre un second quand le premier avait -achevé sa deuxième année[203]. - -Les fils de maître et les compagnons épousant une fille de maître -étaient tenus seulement de l'_Expérience_, épreuve facile pour -laquelle on se montrait plus qu'indulgent. Les autres aspirants à la -maîtrise devaient parfaire le _Chef-d'œuvre_, travail dont la durée -était limitée à deux jours[204]. - -Il était interdit à un maître d'avoir plus d'une boutique dans -Paris[205]. Un apprenti ne pouvait, durant les deux années qui -suivaient son admission à la maîtrise, ouvrir boutique dans le -quartier des maîtres chez qui il avait été soit apprenti, soit -compagnon[206]. Les apprentis ou compagnons changeant de maison ne -pouvaient, avant une année, se replacer dans le quartier du maître -qu'ils venaient de quitter[207]. - -Afin d'établir une distinction bien apparente entre les boutiques des -barbiers-perruquiers et celle des barbiers-chirurgiens, les premiers -devaient avoir «des boutiques peintes en bleu, fermées de châssis à -grands carreaux de verre, et mettre à leurs enseignes des bassins -blancs pour marque de leur profession et pour faire différence de ceux -des chirurgiens, qui en ont des jaunes». L'enseigne devait être ainsi -conçue: _X, Barbier, Perruquier, Baigneur, Étuviste. Céans on fait le -poil et on tient bains et étuves_[208]. - -Les barbiers-perruquiers étaient autorisés à «vendre des poudres, -opiats pour les dents, savonnettes, pommades et autres senteurs et -essences, pâtes à laver les mains, et généralement tout ce qui est -propre pour l'ornement, propreté et netteté du corps humain[209]». - -A eux seuls appartenait «le droit de faire le poil, bains, perruques, -étuves et toutes sortes d'ouvrages de cheveux, tant pour hommes que -pour femmes, sans préjudice du droit que les chirurgiens ont de faire -le poil et les cheveux, et de tenir bains et étuves pour leurs malades -seulement[210]». Il était défendu à tous particuliers, ainsi qu'aux -«soldats servans dans les Gardes Françoise et Suisse, de faire aucuns -ouvrages de cheveux, mais seulement la barbe aux soldats desdits -régimens[211]». - -La police soumettait à des règlements spéciaux les _perruquiers en -vieux_. Il leur était interdit de tenir boutique ailleurs que sur le -quai de l'Horloge. Ils réparaient les vieilles perruques, mais on -ne leur permettait pas d'en fabriquer de neuves, à moins qu'ils n'y -fissent entrer du crin, et la coiffe devait porter ces mots: _perruque -mêlée_. Ils n'avaient point de bassins pour enseigne: leur étalage -était seulement orné d'une tête de bois appelée _marmot_. - -Bien que les anciens étuveurs eussent eu, selon toute apparence, saint -Michel pour patron[212], la corporation des barbiers-perruquiers fut -placée sous le patronage de saint Louis[213]. - -A cette époque, il y avait encore à Paris deux établissements -installés sur le modèle des anciennes étuves. Ils étaient situés rue -Marivaux[214] et rue du Cimetière-Saint-Nicolas[215], et les anciennes -traditions s'y étaient conservées. On pouvait y prendre à la fois des -bains d'eau chaude et des bains de vapeur, et la séance était souvent -terminée par l'application d'une ou deux ventouses dans le dos. Voici, -au reste, d'après un livre devenu rare[216], comment les choses se -passaient alors: - -«Celuy qui veut se baigner dans l'eau froide va à la rivière. - -«Nous lavons la crasse dans les bains chauds, soit assis dans la cuve, -soit en montant en haut aux bancs à suer, et nous nous frottons de la -pierre ponce ou d'une estamine. - -«Nous quittons nos habits dans la garde-robe, et nous prenons des -caleçons. - -«Nous mettons un bonnet sur nostre tête et nos pieds dans le bassin. - -«La servante des bains sert de l'eau dans un seau, qu'elle puise dans -l'auge où elle coule par les tuiaux. - -«Le maistre ou valet des estuves scarifie la peau avec sa lancette en -y appliquant des ventouses, pour en tirer du sang qui est entre chair -et cuir, et l'essuye avec une éponge.» - -Les établissements de ce genre portaient en général le nom de bains, -et on réservait celui d'étuves pour les maisons où des bains de -vapeur étaient administrés par ordre du médecin, à titre de remède. -La mieux organisée était celle de Popincourt: «Les douleurs de la -sciatique, celles qui sont causées par le mercure qui a été donné -en panacée, en sublimez et en précipitez, celles de la goutte des -pieds et des mains, les paralisies universelles et particulières, les -tumeurs froides et beaucoup d'autres maladies sont infailliblement -guéries par l'usage des étuves vaporeuses de nouvelle invention qui -se tiennent au jardin médicinal de Pincourt.» Le _Livre commode_ qui -nous fournit ces renseignements ajoute: «C'est une sorte de machine -en laquelle on est baigné sans être dans l'eau, en laquelle on suë -aussi abondamment que l'on veut sans être à sec, ce qui fait que -son usage ne cause ni la constipation du ventre et la foiblesse de -poitrine comme les bains ordinaires, ni les évanouissemens, la chaleur -intérieure et la difficulté de respirer qui sont les suites ordinaires -des étuves échauffées par le feu de bois ou d'esprit de vin. Les -malades y sont couchez sur un lit suspendu, où ils reçoivent une -vapeur nouvelle, anodine et fortifiante[217].» - -Il y avait encore, à l'usage du grand monde, une troisième catégorie -de bains. Maisons meublées fort suspectes, endroits de luxe et de -débauche, le bain n'y figurait le plus souvent que comme accessoire. -L'hôtel de Zamet, devenu hôtel de Lesdiguières, dans la rue de la -Cerisaie, avait eu cette destination sous Henri IV, qui le fréquentait -si assidûment qu'on l'appelait sa «maison des menus plaisirs» et -son «palais d'amour[218]». On se rendait chez le baigneur, dit M. -Walckenaer[219], «par différents motifs; c'était la que l'on prenait -les meilleurs bains, les bains épilatoires, les bains mêlés de -parfums et de cosmétiques. La maison était pourvue d'un grand nombre -de domestiques soumis, réservés, discrets, adroits. On s'y enfermait -la veille d'un départ[220] ou le jour même d'un retour, afin de se -préparer aux fatigues que l'on alloit éprouver, ou pour se remettre -de celles qu'on avoit essuyées. Voulait-on disparaître un instant du -monde, fuir les importuns et les ennuyeux, échapper à l'œil curieux -de ses gens, on allait chez le baigneur. On s'y trouvait chez soi, -on était servi, choyé, on s'y procurait toutes les jouissances qui -caractérisent le luxe et la dépravation d'une grande ville. Le maître -de l'établissement et tous ceux qui étaient sous ses ordres devinaient -à vos gestes, à vos regards, si vous vouliez garder l'incognito; -et tous ceux qui vous servaient et dont vous étiez le mieux connu -paraissaient ignorer jusqu'à votre nom.» - -Dans la _Coquette_, comédie jouée vers 1720, Baron nous montre le -conseiller Durcet sortant de l'audience et venant, encore en robe, -voir Cidalise. Marton, suivante de la belle, l'accueille par ces mots: -«Monsieur ne seroit pas de ces gens qui, au retour d'un voyage, vont -descendre chez le baigneur pour ne pas dégoûter leur maîtresse[221]?» - -Prud'homme fonda une maison de ce genre qui devint surtout à la mode -sous son successeur La Vienne. Saint-Simon[222] raconte que «le Roi, -du temps de ses amours, s'alloit baigner et parfumer chez lui... On -prétendoit, ajoute-t-il, que le Roi, qui n'avoit pas de quoi fournir -à ce qu'il désiroit, avait trouvé chez La Vienne des confortatifs -qui l'avoient rendu plus content de lui-même.» Louis XIV se montra -reconnaissant: le père de La Vienne devint, après Prud'homme, son -premier barbier, et La Vienne fut nommé premier valet de chambre[223]. -Le Roi n'en avait pas moins encore huit barbiers servant par quartier. -Leurs fonctions étaient «de peigner le Roy, tant le matin qu'à son -coucher, luy faire le poil, et l'essuyer aux bains et étuves, et après -qu'il a joué à la paume[224].» - -L'établissement de Prud'homme était situé rue Neuve-Montmartre. On en -trouvait d'autres, célèbres aussi, rue Richelieu, rue d'Orléans, rue -Vieille-du-Temple et rue des Marmouzets[225]. - -Les bourgeois qui voulaient prendre des bains à domicile pouvaient -louer, moyennant vingt sous par jour, une baignoire en cuivre chez -un chaudronnier, ou moyennant dix sous par jour une baignoire de bois -chez un tonnelier[226]. L'eau était chauffée à la bouilloire; il y -avait donc intérêt à construire des baignoires qui n'en exigeassent -pas un trop grand volume. Celles de cuivre représentaient le plus -souvent un sabot à tige élevée, disposition aussi économique -qu'incommode, car le corps y était presque moulé, et l'on dépensait -ainsi moitié moins de liquide qu'en employant un cuvier oblong. La -baignoire dans laquelle fut assassiné Marat, et qui vient d'être -acquise par le musée Grévin, est un sabot de ce genre. Les grands -seigneurs avaient dans leur hôtel des salles de bain fort luxueuses, -où les baignoires affectaient la forme de canapés, de chaises longues, -de lits de repos, etc. Il paraît qu'on s'y baignait parfois de -compagnie, puisqu'il existait au château de Genlis une baignoire assez -vaste pour contenir quatre personnes[227]. - -Au dix-huitième siècle, les dames recevaient volontiers leurs -visiteurs, femmes ou hommes, pendant qu'elles étaient au bain. Dans -ces circonstances, on avait soin de blanchir l'eau soit avec «une -pinte ou deux de lait[228], soit avec de l'essence: c'est ce que -l'on appelait un _bain de lait_.» M. le comte de Reiset possède une -baignoire Louis XVI, munie d'un couvercle canné qui empêchait de voir -la personne dans son bain, tout en permettant l'évaporation[229]. Le -jour même du retour de Varennes, la Reine dictait à un des huissiers -de sa chambre une lettre destinée à madame Campan, et qui commence -ainsi: «Je vous fais écrire de mon bain, où je viens de me mettre -pour soulager au moins mes forces physiques[230].» Marie-Antoinette, -élevée dans les sévères principes de la cour de Vienne, se baignait -vêtue d'une longue robe de flanelle boutonnée jusqu'au cou, et -tandis que ses deux baigneuses l'aidaient à sortir du bain, elle -exigeait que l'on tînt devant elle un drap destiné à la cacher à ses -femmes[231]. Il ne faut pas oublier qu'à cette époque, les grandes -dames en agissaient souvent encore avec leurs gens comme les -Romaines vis-à-vis de leurs esclaves, et regardaient un valet comme -un animal en présence duquel la plus craintive pudeur pouvait tout se -permettre[232]. - -Les Parisiens amateurs de bains froids les prenaient dans la Seine, -sans se préoccuper des exhibitions dont ils gratifiaient les riverains -et les passants. Une chanson[233] de Coulange nous a décrit l'effroi -de la Précieuse qui passe en carrosse, par un chaud jour d'été, près -de la porte Saint-Bernard: - - Quel spectacle indécent se présente à mes yeux! - Des hommes vraiment nuds au bord de la rivière - Me font évanouir! Ah! de grâce, ma chère, - Évitons cet objet affreux; - Allons, viste, cocher, retournons à la ville. - -Il y avait aussi au dix-septième siècle des piscines où les femmes, à -qui «il n'est point permis de se baigner dans la rivière», pouvaient -aller se plonger dans l'eau froide. Le recueil des _Caquets de -l'accouchée_[234] nous en fournit la preuve. Le soleil «estant au -signe du Cancre, je me résolus, avec quelques-unes de mes voisines, -d'aller aux étuves pour me rafraîchir.... Comme je fus arrivée aux -baings où d'ordinaire nous avons coustume entre nous autres de -rafraîchir, je me trouvay au milieu d'une bonne et agréable compagnie -de bourgeoises et dames de Paris qui estoient venues au mesme lieu -pour ce subject.» - -Au siècle suivant, nous trouvons des bains froids installés sur la -Seine: - - A la Râpée; - Près de l'archevêché; - Quai des Morfondus, aujourd'hui quai de l'Horloge; - Port Saint-Nicolas, en face de la rue des Poulies; - Quai des Quatre-Nations, aujourd'hui quai Conti; - Près de la barrière des Invalides[235]. - -Ces bains, entièrement recouverts d'une toile, avaient douze toises de -long sur deux de large. Ils étaient formés par une vingtaine de pieux -enfoncés dans la rivière, et que des planches reliaient ensemble. On -y descendait au moyen d'une échelle attachée à un bateau dans lequel -les baigneurs se déshabillaient et laissaient leurs vêtements. Le prix -du bain était de trois sous. Le linge se payait à part: un sou pour -une serviette du côté des hommes, trois sous pour une chemise du côté -des femmes. - -Ce n'était pas précisément là que se donnaient les rendez-vous de -noble compagnie. Pour celle-ci, des bateliers avaient établi dans la -rivière, au-dessus et au-dessous de Paris, de petites cabanes appelées -_gores_. Elles se composaient de quatre pieux ombragés par une toile; -un autre pieu planté au milieu permettait de se soutenir sur l'eau. -«Les dames, dit le _Journal du citoyen_[236], sont conduites et -descendues dans ces gores, sûrement, commodément et secrettement. Les -femmes de mariniers conduisent les baigneuses. On fait marché de gré -à gré pour se faire conduire. Il en coûte communément vingt-quatre ou -trente sols par heure du loyer d'un bateau.» - -Cette façon de se baigner sans bouger inspira, vers 1781, une idée -assez étrange à un sieur Turquin. Sur le petit bras du fleuve, près -du pont de la Tournelle, il plaça dans un bateau plusieurs baignoires -maintenues par un plancher à une certaine profondeur; leurs parois -étaient percées de trous qui permettaient au courant de les traverser -et d'y renouveler l'eau sans cesse. Chaque baignoire, installée dans -un cabinet, était assez grande pour recevoir jusqu'à trois personnes. -Cet établissement, qui subsistait encore en 1787[237] reçut le nom de -_Bains chinois_. Le succès qu'il obtint décida Turquin à en ouvrir un -autre où les baignoires disparurent, où l'on ne put se montrer sans -caleçon, et où l'on disposa des cabines pour se déshabiller. Turquin -fut ainsi le véritable créateur des écoles de natation telles que nous -les voyons organisées aujourd'hui. La première, située près des Bains -chinois, fut inaugurée le 16 juillet 1785, en présence de plusieurs -membres du corps municipal, de l'Académie des sciences et de la -Société de médecine[238]. Turquin ne tarda pas à établir une seconde -école de ce genre à la pointe de l'île Saint-Louis; puis une troisième -au-dessous du Pont-Royal[239], sur l'emplacement qu'occupe -aujourd'hui l'embarcadère du _Touriste_. - -[Illustration: BAINS ÉTABLIS SUR LA SEINE PAR POITEVIN EN 1761. - -D'après l'_Encyclopédie méthodique_.] - -Paris ne comptait encore qu'une dizaine de bains chauds, possédant -chacun de douze à quinze baignoires, quand un sieur Poitevin imagina -d'en établir un sur la Seine même. Ce projet, patronné par la -municipalité, reçut sa réalisation en 1761. Le bateau organisé par -Poitevin fut amarré près du Pont-Royal, en face des Tuileries. Long de -cent quarante et un pieds et large de vingt-huit, il était divisé en -deux étages. Un côté était réservé aux femmes. Les cabinets ouvraient -sur un couloir central, et l'eau, puisée dans le fleuve par deux -pompes à bras, était filtrée avant d'arriver aux baignoires[240]. -Un autre bateau, appartenant au même propriétaire, et disposé de la -même façon bien qu'il n'eût qu'un rez-de-chaussée, stationnait pendant -l'été à l'extrémité de l'île Saint-Louis, au bas du quai d'Anjou. -Poitevin eut pour successeur un sieur Guignard, qui finit par diriger -plusieurs établissements de ce genre. Dans un d'entre eux, situé à -l'angle du Pont-Royal et du quai d'Orsay, les pauvres étaient reçus -gratuitement sur un certificat du médecin ou du curé de leur paroisse. - -Des bains plus complets occupaient une maison qui faisait le coin de -la rue de Bellechasse et du quai. Outre des bains de vapeur et des -douches, on y trouvait une vaste piscine dans laquelle on pouvait se -livrer à la natation. Les prix étaient ainsi fixés: - - Bain simple 3 livres. - — — par abonnement 2 — - — russe 7 — 4 sols. - — dépilatoire et de propreté 12 — - Douche composée 12 — - — simple 9 — - — ascendante 3 — - -Les anciens bains du dix-septième siècle, où l'on venait ordinairement -chercher tout autre chose que de l'eau, étaient représentés par -l'_Hôtel des Bains de S. A. R. Mgr le duc d'Orléans_, situé au -Palais-Royal, et dont l'entrée était rue de Valois. On y trouvait «des -appartemens garnis, propres à recevoir des personnes de la première -distinction[241].» - -Tous les établissements de bains chauds étaient tenus par des maîtres -barbiers-perruquiers-baigneurs-étuvistes, dont la corporation -avait pris d'autant plus d'importance que la communauté des -barbiers-chirurgiens disparaissait peu à peu. Mais une redoutable -concurrence vint troubler la quiétude dans laquelle ils vivaient. - -Dès le quinzième siècle, il y avait eu des coiffeuses pour les femmes. -On les trouve nommées _atourneresses_, _atourneuses_, _achemeresses_, -etc., elles n'étaient guère employées d'ailleurs que dans les -grandes occasions: bals, mariages, etc. Le soin des chevelures -féminines restait donc en général réservé aux chambrières, et les -barbiers-chirurgiens n'avaient jamais élevé aucune prétention à cet -égard. Un homme de génie en son genre, le sieur Champagne, créa cette -spécialité. «Ce faquin, dit Tallemant des Réaux[242], par son adresse -à coiffer et à se faire valoir, se faisoit rechercher et caresser de -toutes les femmes. Leur foiblesse le rendit si insupportable, qu'il -leur disoit tous les jours cent insolences: il en a laissé telles -à demy coiffées; à d'autres, après avoir fait un costé, il disoit -qu'il n'acheveroit pas si elles ne le baisoient; quelquefois il s'en -alloit, et disoit qu'il ne reviendroit pas si on ne faisoit retirer -un tel qui luy desplaisoit, et qu'il ne pouvoit rien faire devant ce -visage-là. J'ay oüy dire qu'il dit à une femme qui avoit un gros nez: -«Voys-tu, de quelque façon que je te coiffe, tu ne seras jamais bien -tant que tu auras ce nez-là.» Avec tout cela, elles le couroient, et -il a gaigné du bien passablement; car, comme il n'est pas sot, il n'a -pas voulu prendre d'argent, de sorte que les présens qu'on luy faisoit -luy valoient beaucoup. Lorsqu'il coiffoit une dame, il disoit ce que -telle et telle luy avoit donné, et quand il n'estoit pas satisfait, -il adjoustoit: «Elle a beau m'envoyer quérir, elle ne m'y tient -plus.» L'idiote qui entendoit cela, trembloit de peur qu'il ne lui en -fist autant, et luy donnoit deux fois plus qu'elle n'eust fait. Avec -cela, il estoit mesdisant comme le diable; il n'y avoit personne à sa -fantaisie. De Pologne, il alla en Suède, et revint icy avec la reyne -Christine.» - -Ce singulier personnage eut une fin tragique. Il fut assassiné au -cours d'un voyage, et Loret raconta cet événement tout au long dans sa -gazette rimée: - - Un bruit venant de la campagne - Nous apprend que le sieur Champagne, - Que deux ou trois Reynes du Nord - Estimoient et cherissoient fort, - Et qui d'estre de luy coiffées - Faisoient autrefois des trophées, - Dans un rencontre inopiné - Fut l'autre jour assassiné, - Entre, dit-on, Vienne et Grasse, - Par cette detestable race - Que l'on appelle des bandits, - Gens sanguinaires, gens maudits[243]. - -Champagne n'eut pas aussitôt de successeur digne de lui[244], mais -les dames continuèrent à rechercher des mains plus habiles que celles -de leurs femmes de chambre, et l'industrie des _Coiffeurs de dames_ -et des _Coiffeuses_ fut fondée. Madame de Sévigné a transmis à la -postérité le nom de la Martin, qui inventa la coiffure _hurluberlu_ -ou _hurlupée_, dite aujourd'hui coiffure _à la Maintenon_, parce que -c'est celle que porte la grande favorite sur ses premiers portraits. -Cette mode date de 1671. Le 18 mars, madame de Sévigné écrit à sa -fille de s'en garder; elle lui déclare que «c'est la plus ridicule -chose qu'on puisse s'imaginer», et la supplie de rester fidèle à la -jolie coiffure que sa femme de chambre Montgobert fait si bien[245]. - -Quinze jours après, la cour a adopté la nouvelle coiffure, et dès -lors madame de Sévigné en raffole. Elle mande aussitôt à sa fille -que, frisée ainsi, elle sera «comme un ange», et que décidément «la -coiffure que fait Montgobert n'est plus supportable[246]». - -Le _Livre commode pour 1692_ cite parmi «les coiffeuses fort -employées, mesdemoiselles Canilliat, place du Palais-Royal; Poitier, -près les Quinze-Vingts; le Brun, au Palais; de Gomberville, rue des -Bons-Enfans; et d'Angerville, devant le Palais-Royal[247]». - -Depuis le règne de Louis XV, les coiffeurs l'emportèrent sur les -coiffeuses. Frison fut mis à la mode par la marquise de Prie; -Dagé, coiffeur de madame de Châteauroux et de madame de Pompadour, -avait équipage; Larseneur était le confident de Mesdames, filles -du Roi[248]; Legros[249] publiait _L'art de la coëffure des dames -françoises_, qui eut trois éditions en trois ans, et fut suivi de -plusieurs suppléments. - -On trouve dans ces volumes de curieux spécimens de coiffures, précédés -d'avertissements dans lesquels l'auteur étale naïvement sa bouffonne -vanité. Il s'exprime ainsi en tête de son deuxième supplément, imprimé -en 1769: «J'avois autrefois pour passion la pêche, la chasse, la -cuisine[250], et courir les armées, tant en Flandres qu'en Allemagne, -changeant souvent d'état, et remarquant toujours le bon d'avec le -mauvais, faisant ma cour aux vieillards de tout état, afin qu'ils me -racontassent ce qu'ils sçavoient de leurs anciens temps. Voilà la -seule étude que j'ai faite pour acquérir de l'expérience et connoître -à peu près l'esprit et le caractère des hommes. Il s'agissoit donc de -connoître un peu celui des Dames, chose bien difficile, qui m'a causé -bien de l'embarras, ne sçachant comment m'y prendre. Enfin, le moyen -le plus juste selon moi étoit de me mettre Coëffeur, talent où il faut -sçavoir se taire et parler, être sage et honnête, tout voir et ne rien -dire, et avec ces bonnes qualités et l'art de la coëffure, on est bien -reçu des Dames en tout pays. La coëffure des Dames m'a causé bien des -tourmens; il n'y a que moi qui sçais la peine qu'elle m'a donnée. Ce -n'est point l'argent qui m'a engagé à suivre cet état au milieu d'un -champ rempli d'épines pour moi, mais c'est l'ambition et le zèle que -j'ai de prouver aux Dames que tant que le monde subsistera, elles -porteront de mes coëffures. C'est avec preuve que je ne ressemble -point à bien des coëffeurs et perruquiers, qui étalent leurs talents -avec leur langue, mais moi c'est avec mes doigts que je fais voir à -tout le monde ce que je sçais. Malgré la contrariété, tant que je -vivrai je donnerai toujours des preuves que je serai le premier de mon -état pour la coëffure des Dames en tous genres, comme on le verra par -mon livre...» - -Legros eut la prétention de fonder une académie de coiffure, et il y -réussit à peu près. Il avait des _prêteuses de tête_ qui permettaient -à ses élèves d'étudier sur nature et de reproduire les estampes -publiées par lui. L'élève parvenu à copier les onze premiers modèles, -recevait un certificat portant le cachet dit _de l'étoile_. Pour -obtenir le cachet de l'étoile et celui des _trois croissants de la -lune_, il fallait avoir imité exactement les vingt-huit premières -estampes. Quant à l'habile homme qui reconstituait sur le vif -trente-huit planches, son certificat portait à la fois le cachet de -l'étoile, celui des trois croissants et le _grand cachet du soleil_; -en outre, on le proclamait «maître professeur et académicien de l'art -de la coëffure des Dames». - -[Illustration] - -Legros ne se dissimule pas que son mérite et sa gloire lui ont créé -bien des ennemis. «Il y aura peut-être, dit-il, des personnes qui -trouveront mauvais que mon livre ait pour titre _L'art de la coëffure -des Dames_, et mes classes le nom d'_Académie_. En voici la raison: la -coëffure des Dames est devenu un Art pour moi, parce que j'ai composé -et fait les plans de toutes mes Coëffures, et que voilà le quatrième -goût que je change depuis neuf ans, que j'ai coëffé les Dames de -cinquante-deux sortes de goûts différents, et que je leur ai fait -avec des cheveux faux trois cents pièces d'ouvrages tous différens -pour leurs coëffures... Puisque je suis le seul dans le monde qui ai -poussé la coëffure des Dames à son dernier degré, et qui ai fait tant -d'ouvrages en cheveux imitant le naturel, ce que personne ne s'était -jamais avisé de faire, ainsi que le traité des cheveux naturels qui -n'a jamais paru, je crois qu'il m'est bien permis de me dire le -premier des Artistes pour la Coëffure des Dames.» - -Tant de soins ne furent pas perdus. Legros nous apprend qu'il reçut -«les applaudissemens des Reines et Princesses de toutes les Cours et -de toutes les Dames en général.» - -Mais ce succès et celui qu'obtinrent ses nombreux confrères, -suscitèrent aux coiffeurs de femmes, dont le nombre s'élevait alors -à douze cents, des jalousies et des haines. La corporation des -barbiers-perruquiers leur intenta des procès; ces derniers soutenaient -avec raison qu'ils avaient seuls le droit de vendre des cheveux, et -il était prouvé que les coiffeurs fournissaient des chignons à leurs -clientes. L'avocat des coiffeurs publia en faveur de ceux-ci un -factum fort gai[251] qui, écrit Bachaumont le 8 janvier 1769, «se -trouve également sur les bureaux poudreux des gens de loix et sur les -toilettes élégantes des femmes[252].» - -L'auteur s'efforce de prouver que ses clients sont, non pas des -artisans, mais des artistes dont la profession doit rester libre: «Par -les talents qui nous sont propres, leur fait-il dire, nous donnons -des grâces nouvelles à la beauté que chante le poëte. C'est souvent -d'après nous que le peintre et le statuaire la représentent; et si la -chevelure de Bérénice a été mise au rang des astres, qui nous dira -que pour parvenir à ce haut degré de gloire elle n'a pas eu besoin -de notre secours?... Un front plus ou moins grand, un visage plus ou -moins rond demandent des traitements bien différents: partout il faut -embellir la nature ou réparer ses disgrâces. Il convient encore de -concilier avec le ton de chair la couleur sous laquelle l'accommodage -doit être présenté. C'est ici l'art du peintre; il faut connaître -les nuances, l'usage du clair-obscur et la distribution des ombres -pour donner plus de vie au teint et plus d'expression aux grâces. -Quelquefois la blancheur de la peau sera relevée par la teinte -rembrunie de la chevelure, et l'éclat trop vif de la blonde sera -modéré par la couleur cendrée dont nous revêtirons ses cheveux.» Notre -art, ajoutent-ils, ne se borne pas à disposer avec goût les cheveux et -les boucles; nous avons aussi la mission de placer les diamants, les -croissants, les aigrettes; notre habileté assure et étend sans cesse -l'empire de la beauté. Les coiffeurs ne se dissimulent point qu'on les -accuse d'encourager le luxe et la coquetterie; mais leur appartient-il -de s'ériger en censeurs des mœurs et de réformer leur siècle? «Ce -n'est pas à nous de juger si les mœurs de Sparte étoient préférables à -celles d'Athènes, et si la bergère qui se mire dans la fontaine, met -quelques fleurs dans ses cheveux et se pare de ses grâces naturelles, -mérite plus d'hommage que de brillantes citoyennes qui usent de tous -les raffinemens de la parure... Il faut prendre le siècle dans l'état -où il est; c'est au ton des mœurs actuelles que nous devons notre -existence, et tant qu'elles subsisteront, nous devons subsister avec -elles.» Cet éloquent plaidoyer ne désarma point les magistrats. Deux -arrêts, rendus le 27 juillet 1768 et le 7 janvier 1769, enjoignirent -aux coiffeurs de se faire inscrire dans la corporation des barbiers; -ils résistèrent longtemps, et ne se soumirent définitivement que -sous Louis XVI. Au mois de septembre 1777, celui-ci créa six cents -coiffeurs de femmes, qui payèrent leur privilége six cents livres -et furent agrégés à la corporation des barbiers[253]. L'_Almanach -Dauphin_[254] mentionne alors parmi les coiffeurs en vogue: la veuve -de Legros, établie rue Saint-Honoré, en face de la rue de l'Arbre-Sec; -Frédérik, rue Thibautodé, qui «tient école de coëffure, place des -femmes et valets de chambre coëffeurs, et fournit un rouge de Portugal -accrédité par la finesse et la douceur de ses nuances»; Audis, quai -de l'École, qui «tient assortiment d'ouvrages méchaniques en cheveux, -pour faciliter aux dames la commodité de se coëffer elles-mêmes et -de varier en un instant leur coëffure;» madame Desmares, au coin de -la rue Saint-Louis du Louvre, coiffait «avec beaucoup de goût et de -légèreté»; enfin, Durand, dit Legoût, logé quai de la Ferraille, -vendait «toutes sortes de postiches de différens genres, tocques -montées en fil de laiton, peignes garnis de cheveux, et généralement -tout ce qui concerne le talent de la coëffure». - -Legros n'avait pas donné de nom aux créations de son génie; ses émules -furent moins modestes, et les recueils du temps nous signalent les -coiffures suivantes parmi celles qui se partagèrent, de 1770 à 1780, -la faveur des plus folles têtes: - - _A la Henri IV._ - _A la Minerve._ - _A la Sylphide._ - _A la Harpie._ - _A la Diane._ - _A la Corne d'abondance._ - _A la Glaneuse._ - _Au Levant._ - _A la Frivolité._ - _Au Caprice._ - _Au Haut rang._ - _A la Daphné ou la Demi-conquête._ - _A la Conquête assurée._ - _Le Papillon constant._ - _Le Lever de la Reine ou le Triomphe de l'aurore._ - _Le Témoin discret._ - _La Sapho moderne._ - _En Bandeau d'amour._ - _Au Hérisson._ - _Au Demi-hérisson._ - _Au Hérisson à crochets._ - _Au Chien couchant ou au Mystère._ - _A la Zodiacale._ - _A la Bourgeoise._ - _A la Colombe._ - _A la Conseillère._ - _En Crochets._ - _A l'Ingénue._ - _A la Cérès._ - _A la Recherche._ - _A la Modestie._ - _A la Distinction._ - _A la Candeur._ - _Au Parterre galant._ - _A la Janot._ - _A la Pierrot._ - _En Échelle._ - _En Rouleaux._ - _Au Croissant._ - _Au Vol d'amour._ - _En Corbeille._ - _A la Flore._ - _Au Parc anglais._ - _A l'Anglaise._ - _A l'Irlandaise._ - _A l'Espagnole._ - _A la Circassienne moderne._ - _A la Turque._ - _A la Grecque._ - _A la Persane._ - _A la Phrygienne._ - _En Baigneuse._ - _En Gondole._ - _En Moulin à vent._ - _Au Cerf-volant._ - _Sans redoute._ - _A l'Espoir._ - _A la Nation._ - _Aux Charmes de la liberté[255]. Etc., etc._ - -[Illustration: COIFFURE FANTAISIE. - -COIFFURE EN BANDEAU D'AMOUR.] - -Je ne cite ici, bien entendu, que les coiffures. Je triplerais cette -liste si je voulais y comprendre les noms donnés pendant la même -période aux bonnets et aux chapeaux. - -Dès 1723, l'abbé de Bellegarde écrivait: «Depuis que les femmes se -sont avisées de se servir de fers pour soutenir la pyramide de leur -coëffure, qui est une espèce de bâtiment à plusieurs étages, elles -ont tellement enchéri sur cette mode qu'il n'y a plus de porte assez -élevée pour leur donner passage sans baisser la tête[256].» On sait -jusqu'à quelle démence cette mode fut portée sous Louis XVI. Une -élégante devait avoir alors sur le crâne un échafaudage de chiffons -et de cheveux qui égalât le tiers de sa taille, et il entrait dans -cet édifice tant de fil de fer qu'on était en droit de demander à une -dame quel était l'adroit serrurier qui l'avait coiffée. Je ne crois -pas qu'en aucun temps et sous aucun ciel, la mode ait jamais imposé -à ses esclaves rien de plus niaisement prétentieux que le _pouf_. -Décrire une de ces parures, je n'y pense point, on m'accuserait -d'exagération, je laisse donc la parole à un contemporain qui écrivait -au jour le jour et dont le témoignage est inattaquable. Voici, d'après -les _Mémoires_ dits de Bachaumont[257], comment était composé le -_pouf au sentiment_. «On l'appelle _pouf_, à raison de la confusion -d'objets qu'il peut contenir, et _au sentiment_, parce qu'ils doivent -être relatifs à ce qu'on aime le plus. La description de celui de -madame la duchesse de Chartres rendra plus sensible cette définition. -Dans celui de Son Altesse Sérénissime, au fond est une femme assise -sur un fauteuil et tenant un nourrisson, ce qui désigne M. le duc -de Valois et sa nourrice. A la droite est un perroquet becquetant -une cerise, oiseau précieux à la princesse. A gauche est un petit -nègre, image de celui qu'elle aime beaucoup. Le surplus est garni de -touffes de cheveux de M. le duc de Chartres, son mari; de M. le duc -de Penthièvre, son père; de M. le duc d'Orléans, son beau-père, etc., -etc. Toutes les femmes veulent avoir un pouf et en raffolent.» - -On vit dès lors paraître successivement les poufs: - - _A la Turque._ - _A l'Asiatique._ - _A l'Assyrienne._ - _A la Chinoise._ - _A la Sophie._ - _A l'Art de plaire._ - _En Crête._ - _A la Grande prêtresse._ - _A la Puce._ - _En Rocher._ - _En Gueule de loup._ - _Au Globe fixé._ - _A Bandelettes._ - _Etc., etc., etc._ - -La fortune des poufs fut plus brillante que durable. Dans la fureur -de nouveauté qui hantait les cerveaux féminins, une coiffure vieille -de trois mois n'était plus bonne qu'à orner ridiculement quelque -crâne provincial. Faute de mieux et à bout d'imagination, on s'empara -des événements du jour et on les figura en cheveux sur la tête des -élégantes. Les romans, le théâtre, les succès de nos armées, les -moindres faits divers, tout fut exploité. - -En 1778, après le célèbre combat livré aux Anglais par la -_Belle-Poule_, les femmes surmontèrent leurs cheveux d'une frégate -avec sa mâture, ses voiles, ses agrès, ses canons, ses pavillons, et -cette coiffure prit le nom du glorieux bâtiment qu'elle représentait. -Beaumarchais la fit oublier. La vogue de ses _Mémoires_; le ridicule -qu'il jetait sur le gazetier Marin, le succès du _Quès-aco, Marin?_ -qui termine le portrait de ce personnage[258], inspirèrent la création -du _quesaco_, trois panaches plantés derrière un chignon composé de -huit boucles. - -Au même ordre d'idées se rattachent les coiffures suivantes: - - _A la Frégate._ - _A la Junon._ - _A la Victoire._ - _A la Philadelphie._ - _A la Voltaire._ - _A la Raucourt._ - _A l'Iphigénie en Tauride._ - _A l'Eurydice._ - _A l'Irène._ - _A la Cléopâtre._ - _A l'Armide_ ou _la Grande prétention_. - _A la Gabrielle de Vergy._ - _A l'Almaviva._ - _Au Colisée._ - _A la Montgolfier._ - -C'étaient là les grands soucis des dames de la cour quinze ans avant -la Révolution; la jeune et belle Dauphine donnait l'exemple, sourde -aux reproches de son époux[259], insensible aux railleries dont elle -commençait à être l'objet. Nous possédons un curieux spécimen de -celles-ci dans une assez plate comédie, que publia en 1778 l'avocat -Marchand. - -Au début, le coiffeur Duppefort et sa femme sont en scène, et le -dialogue s'établit ainsi: - - DUPPEFORT. - - Ouf! je suis harassé comme un général d'armée le jour d'une - action. Les femmes veulent être servies toutes à la fois et - dans la même minute; l'on ne sait à laquelle entendre. L'une - veut de la fourrure, l'autre un plumage; celle-ci des fleurs et - des émaux, celle-là des arbres et des diamants. Il faudroit, - en vérité, avoir sous la main tous les élémens et les quatre - parties du monde. Elles veulent apparemment toucher à la lune. - Elles ne sont occupées que de coëffures, et chacune en veut trois - pouces de plus que sa voisine. En vérité, je ne sais pas à quoi - cette manie aboutira à la fin. Si l'émulation augmente, il faudra - exhausser les lanternes dans les rues... Eh bien, qui est-ce qui - est venu pendant mon absence? - - MADAME DUPPEFORT. - - Un monde étonnant. D'abord ce riche banquier qui a fait venir - des plumes de colibris pour sa filleule; en second lieu, ce - petit abbé qui a fait un poëme sur la coëffure des odalisques; - troisièmement, madame la comtesse de Cavecreuse, qui veut - absolument que vous lui fournissiez sur sa garniture le jardin du - Palais-Royal, avec le bassin, la forme des maisons et surtout sa - grande allée avec la grille et le café. - - M. DUPPEFORT. - - En vérité, elle n'y pense pas. Une autre me demandera bientôt les - Thuilleries, le Luxembourg, le boulevard; les femmes du Marais - voudront avoir la place Royale ou l'hôtel de Soubise. Mais - n'importe, il faut satisfaire les gens pour leur argent. - - MADAME DUPPEFORT. - - Il est encore venu cette grande marquise sèche, qu'on appelle - madame de la Brasse, et qui est veuve depuis trois mois. Elle - vous prie de mettre sur sa garniture un catafalque de goût[260]. - -Ce court extrait suffira pour donner une idée de la pièce, où l'esprit -n'abonde pas et qui ne fut jamais représentée. - -A la cour et dans l'entourage même de la Reine, les gens sensés -blâmaient les exagérations qu'ils avaient sous les yeux: «Les -coiffures, dit madame Campan, parvinrent à un tel degré de hauteur, -par l'échafaudage des gazes, des fleurs et des plumes, que les femmes -ne trouvoient plus de voitures assez élevées pour s'y placer, et -qu'on leur voyoit souvent pencher la tête ou la placer à la portière. -D'autres prirent le parti de s'agenouiller pour ménager d'une -manière plus certaine encore le ridicule édifice dont elles étaient -surchargées[261].» En février 1776, Marie-Antoinette honora de sa -présence un bal donné par la duchesse de Chartres. Les _Mémoires -secrets_ de Bachaumont racontent qu'à cette occasion «la Reine -ayant redoublé la hauteur de son panache, il fallut le baisser d'un -étage pour qu'elle pût entrer dans son carrosse, et le lui remettre -quand elle en est sortie». Comme on imitait la Reine, même dans la -bourgeoisie, les théâtres étaient troublés par des querelles sans -cesse renaissantes, à ce point que de Visme, directeur de l'Opéra, dut -interdire l'entrée de l'amphithéâtre aux coiffures trop élevées[262]. - -Ce n'est pas tout. Ces pyramides gonflées de crin, bourrées de -coussins, chargées de poudre, baignées de pommade, maintenues par -une forêt d'épingles dont la pointe atteignait la peau, devenaient -l'origine d'une foule de malaises; en même temps que la vermine -engendrée par la poudre causait aux malheureuses victimes de la -coquetterie d'insupportables démangeaisons. La civilité permit d'abord -de se frapper doucement la tête avec un doigt pour calmer le prurit -qu'occasionnaient les indiscrètes bestioles[263]. Puis on inventa en -faveur de ces martyres volontaires le _grattoir_, longue tige terminée -par un crochet d'ivoire, d'argent ou d'or, secours bien doux, mais -impuissant contre «la crasse infecte qui séjournait sous les brillants -diadèmes[264].» Je m'arrête. Ne nous montrons pas trop sévères -pour nos aïeules; s'il prenait fantaisie à quelque cerveau fêlé de -ressusciter cette mode aujourd'hui, est-il bien sûr que la tentative -échouerait? - -Rien n'égale la burlesque vanité, le naïf orgueil dont était rempli le -cœur des hommes qui élevaient ces monuments éphémères. Dutens raconte -que le prince Lanti, se trouvant à Paris et ayant demandé un coiffeur, -on introduisit dans sa chambre un personnage bien mis et l'épée au -côté. Le prince s'assit, en lui recommandant de se dépêcher. «Mon -prince, lui dit cet homme, je suis le physionomiste, permettez que -je fasse entrer mon second.» Et il fait entrer un garçon perruquier -avec tout son appareil. Plaçant ensuite le prince à sa fantaisie, il -l'observe avec attention, le prenant par le menton pour mieux examiner -son visage. Puis, s'adressant à son second: «Visage à marrons[265], -dit-il; marronnez monsieur.» Et il se retira en faisant une humble -révérence[266]. - -[Illustration: BOUTIQUE DE BARBIER, d'après Cochin. - -Dix-huitième siècle.] - -De si grands artistes rougissaient d'appartenir à la corporation des -barbiers. Ils tentèrent encore une fois de s'en séparer pour former -une communauté indépendante; mais un arrêt du 25 janvier 1780 repoussa -cette prétention, et leur interdit de mettre sur leur enseigne les -mots: _Académie de coiffure_[267]. Il est certain d'ailleurs que les -boutiques de certains barbiers avaient alors un aspect peu séduisant. -Voici la description que nous en a conservée Mercier: «Imaginez tout -ce que la malpropreté peut assembler de plus sale. Les carreaux des -fenêtres, enduits de poudre et de pommade, interceptent le jour; -l'eau de savon a rongé et déchaussé le pavé; le plancher et les -solives sont imprégnés d'une poudre épaisse; les araignées pendent -mortes à leurs longues toiles blanchies, étouffées en l'air par le -volcan éternel de la poudrerie[268].» - -Un grand événement se produisit en 1780. A la suite d'une couche, -Marie-Antoinette perdit ses cheveux. Dès lors, disent les _Mémoires -secrets_, «l'art est continuellement occupé à réparer les vuides -qui se forment sur cette tête auguste». Cette tête auguste finit -par adopter une coiffure très-basse, dite _à l'enfant_. Aussitôt, -les dames de la cour, «empressées de se conformer au goût de leur -souveraine, ont sacrifié leur superbe chevelure[269].» - -La reine de France, reine surtout des poufs et des chiffons, avait -pour ministres la Bertin, sa marchande de modes, et Léonard Autier, -son coiffeur, qui avait porté le génie jusqu'à faire entrer quatorze -aunes d'étoffes dans une coiffure. Elle les comblait de faveurs, ne -sachant rien refuser à des personnages dont le concours lui était si -précieux. Il était de règle que tout artisan pourvu d'une charge à -la cour cessât de servir le public; mais Marie-Antoinette, craignant -que le goût de son coiffeur se perdît s'il cessait de pratiquer son -état, voulut qu'il conservât sa clientèle, «ce qui, dit très-bien -madame Campan[270], multiplia les occasions de connaître les détails -de l'intérieur de la Reine et souvent de les dénaturer.» Quand -l'infortunée princesse, décidée à quitter la France, préparait la -fuite de Varennes, sa folle coquetterie survivait tellement aux -dangers de sa situation, aux angoisses endurées, aux humiliations -subies, qu'elle ne put se résoudre à se séparer de Léonard, serviteur -au reste fidèle et dévoué; elle le fit partir quelques heures avant -elle, sous la protection de de Choiseul[271]. - -Léonard ne revint pas à Paris avec sa souveraine; il émigra et alla -mettre ses talents au service des grandes dames russes. En France, le -temps des futilités était passé, et plus d'une des belles chevelures -qu'avait abandonnées Léonard devait être maniée pour la dernière fois -dans une prison et par un aide du bourreau. - - - - -ÉCLAIRCISSEMENTS - - -I - -EXTRAIT DE LA _CIVILITÉ_ DE JEAN SULPICE, - -_traduite en français par_ GUILLAUME DURAND, _en_ 1545[272]. - -[1483] - - -O enfant de bonne nature, devant que de t'exposer et bâiller mes -preceptes, je t'admoneste que tu ayes à les garder et que tu faces en -sorte que tousjours ils te soyent devant les yeux. - -Ta robe soit nette et sans ordure. - -N'aye point le visage ou les mains ordes. - -Donne toy de garde que aucune morve ou roupie ne te sorte du nez et -y pende, comme ceste glace longue que l'on void pendre en hyver aux -chevrons et gouttières des maisons. - -Tes ongles ne soyent point trop longs, ny pleins d'ordure. - -Tes cheveux soyent bien peignez, et que ta perrucque[273] ne soit -pleine de plumes ou autre ordure. - -Tes souliers soyent nets et non boueux ou fangeux. - -Que ta langue ne soit point couverte d'ordure et immundicité accumulée -dessus. - -Aye les dents nettes et sans rouille, c'est à dire sans matière jaulne -attachée contre, par faute de les nettoyer et mundifier souvent. - -Estime qu'il est peu seant et peu honneste de soy grater la teste à -table; et prendre au col ou au doz poulx, ou puces, ou autre vermine, -et la tuer devant les gens; se grater, ou crever, ou percer sa -roigne[274] en quelque partie du corps qu'elle soit. - -Si tu viens à te moucher, tu ne doibs prendre tel excrement avec les -doigts, mais les doibs recevoir dedans un mouchoir. Et si tu craches -ou tousses, il ne fault pas avaller ce que tu as desjà attraict en la -gorge, mais faut cracher en terre ou en un mouchoir ou serviette. - -Si, par contrainte, tu es provoqué à roter, fay le avec le moindre son -de la bouche que faire se pourra, et tousjours en détournant la face. - -Combien que nature te presse fort de peter ou vessir, il te faut du -tout efforcer de bien serrer les fesses et ne lascher rien de mauvais -goust. Et en ce, il se faut garder de suyvre l'opinion des stoïciens, -qui tenoient que les pets et les rots estoient permis et loysibles en -toutes compagnies et en toutes actions. - - * * * * * - -II - -EXTRAIT DE LA _CIVILITÉ_ D'ÉRASME[275], - -_traduite en français par_ PIERRE SALIAT _en_ 1537[276]. - -[1530] - - -_Des rencontres et entregent._—Si tu rencontres quelqu'un en ton -chemin, qui à cause de sa vieillesse soit venerable, ou pour sa -saincteté reverend, ou pour sa dignité grave, ou aultrement digne -d'honneur, sois souvenant de luy ceder, de te détourner et luy -faire voie, en descouvrant la teste reveremment et en ployant -aulcunement[277] le genoil. - -Que l'enfant ne dise jamais ainsi: _Que ay-je affaire d'ung que je -ne cognois point? Que ay-je affaire d'ung qui ne me feit jamais -bien?_ Cest honneur n'est point faict à ung homme, non aux merites et -bienfaicts, mais à Dieu... Celluy qui previent à faire honneur à son -pareil ou à moindre que luy, il n'en est point pourtant fait moindre, -mais plus civil, et pour ce plus honnorable. - -Il fault parler reveremment et en peu de parolles avec ses superieurs, -avec ses pareils amiablement et affablement. En parlant, la main -gauche doit tenir le bonnet, la droicte estant doulcement posée sur -le nombril; ou, ce qui est reputé plus honneste, le bonnet pendant -aux deux mains joinctes, les deux poulces apparoissans, couvrira le -dessoubs de la ceincture. - -Tenir son livre ou son bonnet dessoubs son aisselle, c'est chose -rusticque. - -Il fault que l'enfant ait une honte qui luy donne grace, non point qui -le rende estonné. Les yeulx doivent regarder celuy à qui tu parles, -mais posement et simplement, sans qu'ilz montrent rien de lascif ou de -meschant. Baisser la veue, ainsi que font les catoblepes[278], porte -soupson de maulvaise conscience. Regarder de travers semble d'un qui -veult mal. Tourner la face çà et là, c'est signe de legiereté. Il est -aussy laid de changer sa face en diverses sortes, tellement que tu -fronces puis le nez, puis le front, que tu haulses maintenant les -sourcils, maintenant tu remues les lèvres, et que la bouche soit puis -estendue, puis serrée. - -Il est aussy laid de jecter les cheveulx en secouant la teste, de -toussir sans necessité, de cracher ou de gratter sa teste, fouiller -en ses oreilles, moucher son nez, applanir son visaige avec la main, -car cela semble d'ung qui torche sa honte; frotter le chaisnon du -col[279], serrer les espaules, laquelle chose nous voyons en d'aulcuns -italiens; nier en tournant la teste, ou en la hochant appeler -quelqu'un; et affin que je ne poursuyve tout, parler par signes, -encores qu'il siée bien quelque fois à l'homme, toutesfois il ne sied -point bien à l'enfant. - -C'est chose laide de jouer des bras, faire singeries des doigts, se -bercer sur ses pieds, bref non point parler de la langue, mais de tout -le corps, qui est le propre des tourtereles ou des balaqueues[280], et -assez approchant des pies. - -La voix soit doulce et posée, non haultaine qui appartient aux -paysans, ne si basse et si sombre qu'elle ne parvienne jusques aux -oreilles de cestuy à qui tu parles. Que le parler ne soit trop -hatif et allant devant la pensée, mais tout à loisir, et qu'il soit -entendible. - -En parlant à quelqu'un, c'est civilité de repeter souvent son tiltre -honorable. Si tu ne sçays point les tiltres particuliers d'ung -chascun, tous gens savans vans te doivent estre maistres très -honorés, tous prestres et moynes pères reverends, tous tes semblables -frères et amys: bref tous hommes incogneus, seigneurs; toutes femmes -incongneues, dames. - -C'est chose villeine et deshonneste d'ouyr ung jurement de la bouche -de l'enfant, soit par jeu ou à bon escient. Qu'est-il plus villain que -la coustume dont en d'aulcuns pays à chascun mot, mesmes les filles -jurent par le pain, par le vin, par la chandelle; bref, qu'est-il -qu'elles ne jurent? - -Que l'enfant ne mesle point sa langue parmy paroles villeines, -et qu'il n'y preste point l'oreille, finablement à tout ce qui -se descouvre deshonestement aux yeulx des hommes, et se presente -indecentement à leurs oreilles. Si le cas requiert qu'il faille nommer -quelque membre honteux, il le fault signifier par ung desguisement -modeste. - -Davantaige, s'il eschet quelque chose qui puisse faire mal au cueur -à l'escoutant, comme si quelqu'un parle d'ung vomissement, d'ung -retret[281] ou de merde[282], qu'il prie premièrement qu'il ne -desplaise aux oreilles. - -S'il veult contredire à quelque chose, qu'il se garde de dire: _Vous -ne dictes point vray_, specialement s'il parle à personne eagée, mais -prie avant, qu'il ne luy desplaise, et dise: _Je l'ay aultrement -entendu d'ung tel._ - -Rompre le propos d'ung qui parle devant qu'il ait achevé, c'est chose -incivile. - -Ne sois point fort curieux des affaires d'aultruy, et si tu as veu ou -entendu quelque chose, fais semblant que tu ne saiches point ce que tu -sçais. - -Regarder du coing des yeulx les lettres qui ne te sont point offertes, -c'est chose peu civile. Si quelqu'un ouvre son coffre et escrin en ta -presence, retire toy; car il est plus incivil de regarder dedens, et -est encores plus d'en manier quelque chose. - -Si tu apperçois qu'il survienne quelques propos secrets entre quelques -ungs, retire toy sans en faire semblant, et ne te mesle à tel propos -sans y estre appellé. - - * * * * * - -III - -EXTRAIT DE LA _CIVILITÉ_ D'ÉRASME, - -_imitée en français par_ C. CALVIAC _en_ 1560[283]. - -[1530] - - -Il faut que l'enfant tourne la face de costé quand il voudra cracher, -de peur qu'il ne crache sur personne, ou qu'il ne face mal au cueur -de ceux qui le verront cracher: pour laquelle raison il doit aussi -effacer ce qu'il a craché en mettant le pied dessus. Que s'il ne luy -est commode de se tourner ny de cracher en terre ou autre lieu propre -à cela, il pourra cracher dans son mouchoir plus tost que d'en avaler -l'ordure, car cela est vilain et ord. - -Comme aussi de cracher ou de tousser à tous propos sans necessité, -mais aussi par une mauvaise coustume; cela est propre aux menteurs, -qui en parlant songent ce qu'ilz doibvent dire. Toutefois à aucuns -cela sert de cherche-memoire, car en ce faisant, ilz pensent mieux à -ce qu'ilz doivent dire, combien qu'en nulle sorte cela n'est point -honeste. - -Il est fort vilain de s'accoustumer à roter, veu que mesme quand cela -advient par inadvertance, peut estre tenu pour autre. - -S'il advient que l'enfant veuille tousser par necessité, qu'il se -tourne en arrière la face, et qu'il se garde que ce ne soit sur la -face d'autruy, ou sur la viande s'il est à table. - -Le vomir, peter, roter et faire telles ordures, quoy que les autres -en jugent, il me semble que se doyvent faire si secretement, si on y -est contrainct, que personne n'en oye rien, ou pour bien faire s'en -abstenir du tout. - -Il faut que les dens soyent nettes et blanches. Que si il demeure -quelque chose entr'elles après le repas, il les faut nettoyer avec un -cure-dens de boys propre à cela, ou bien avec un des petits os de ceux -qu'on tire des ergotz des chappons. Et non point avec le cousteau ou -avec les ongles, comme les chiens, ne avec la serviette. - -Il faut que tous les matins l'enfant lave sa bouche et ses yeux avec -de l'eau fraische et nette, et qu'il se peigne en menant le peigne du -devant en arrière de la teste, pour tousjours renvoyer en derrière les -humeurs qui descendent sur les yeux et le visage. - -Il faut que les cheveux d'un enfant ne viennent jamais si grans qu'ilz -luy tombent jusques aux yeux et aux espaules. Et ne les doit point -secouer en hochant sa teste, car cela appartient aux chevaux qui se -pompent. Il ne se doit point grater la teste ne le reste du corps avec -ses ongles, car cela est vilain et ord, et principalement s'il le fait -par accoustumance plus que par nécessité. - -_Du corps et de sa contenance._—L'enfant ne doyt point baisser la -teste entre les deux espaules, car c'est signe de paresse; ne se -renverser aussi, car c'est signe d'arrogance. Mais se doyt tenir -droict et sans effort, car cela ha bonne grâce. Et ne faut point aussi -que sa teste penche d'un costé ne d'un autre dessus son corps, à la -mode des hypocrites, si ce n'est que le propos ou chose semblable -requiert telles contenances à gester. - -Il faut que l'enfant tienne ses espaules avec un juste contrepoix, -sans en hausser l'une et baisser l'autre sans aucune modestie ny -honesteté. - -Il n'est guière bien seant à un jeune enfant de tenir les bras au sein -ny en croix l'un sur l'autre, car c'est signe de paresse; ne de les -tenir derrière le dos, car cela donne à penser qu'il soyt ou larron -ou paresseux, ou tenant quelque chose en la main qu'il ne veut point -qu'on voye. - -Aucuns trouvent beau de tenir une main au costé et présenter le coude -à costé, à la mode des souldats, mais cela n'est point bienséant à un -enfant. - -Il est fort honeste à un petit enfant de ne manier point ses parties -honteuses, mesme quand la necessité le requerra et qu'il sera seul, -qu'avec honte et comme vergogne: car cela denote grande pudicité et -honesteté. Et quand il luy faut qu'il rende son urine, il se doict -separer et tirer à part que nul ne le voye, et pour le moins faut -qu'il y procede le plus secretement et modestement qu'il pourra, sans -toutes fois la retenir si longtemps que cela luy puisse engendrer la -pierre. - -Il faut que quand l'enfant sera assis qu'il tienne ses genoux joinctz -et les pieds aussi, non point ouvers et estallés, car cela n'est point -modeste. Et quand il sera droyt, il luy sera bien seant de les tenir -moyennement ouvers. Il n'est point honeste qu'estant assis il tienne -l'un genoux sur l'autre et les jambes en croix; ne qu'estant debout il -tienne ses jambes serrées et les bras croysés, car c'est le propre de -ceux qui sont pensifs. - -Il ne fault point que l'enfant bransle les jambes estant assis, -comme les folz; ne qu'il face un tas de frectillemens des mains, qui -demonstrent que l'entendement est peu sain et entier. - -Il y a plusieurs façons de faire la reverence, selon les pays où on se -trouve et les coustumes d'iceux. Mais les Françoys ployent seulement -le genouil droyt, se tenant autrement plus droyctz que enclinés, avec -un doux contournement et mouvement du corps; et estant le bonet de -la main droyte, le tenant ouvert par le devant, l'obeissent au mesme -costé droyt. - -Après, s'il fault faire plusieurs reverences tenant tousjours bas le -bonet, dessous la jambe droicte font la rentrance de la gauche en la -mesme sorte qu'ilz ont faict de la droicte, et ainsi de l'une puis de -l'autre, autant qu'il en sera de besoin, et selon que le personnage à -qui on adressera et le propos ou recueil le requerrent. - -Il fault que l'alleure de l'enfant soit asseurée droitte et par pas -de mediocre grandeur, et non point comme rompue et feinte, car c'est -le propre des gens effeminés et de nul courage; ne trop hastée, comme -celle des gens furieux ou impatiens; ne bersante ou chancellante -d'un costé ou d'autre, car cela donne à penser qu'on soit verollé ou -infecté de quelque telle maladie; ne par des grans pas, qui signifient -prodigalité et arrogance; ne par trop petis, qui signifient avarice et -chifeté; mais mediocres, ou de mesme, poursuivie tousjours d'un mesme -train. - - * * * * * - -IV - -EXTRAIT DE LA _CIVILITÉ_ D'ÉRASME, - -_traduite en français par_ CLAUDE HARDY _en_ 1613[284]. - -[1530] - - -_Du nez._—Les enfants ne doibvent aucunement laisser de morve en leur -nez, qui est le propre des ords et salles; duquel vice et salleté -Socrates a esté blasmé. Mais se moucher à son bonnet ou à sa manche -appartient aux rustiques; se moucher au bras et au coulde convient -aux patissiers; et se moucher de la main, si d'aventure au mesme -instant tu la portes à ta robbe, n'est chose beaucoup plus civile. -Mais recevoir les excrements du nez avec un mouchoir, en se retournant -un petit des gens d'honneur, est chose honneste. Et si d'aventure -quelque chose tomboit à terre en se mouchant de deux doigs, il faut -incontinent marcher dessus. - -_Souffler du nez._—C'est chose indecente de souffler haut du nez, qui -est un tesmoignage de cholère; et est encores chose plus laide de -ronfler, car il appartient aux furieux seulement, principallement si -cela se fait avec accoustumance. Mais il faut pardonner à ceux qui -ont la courte haleine, et qui ne respirent qu'avec difficulté. C'est -aussi chose ridicule de parler du nez, qui convient aux corneilles et -elephans. Froncer le nez appartient aux mocqueurs et gausseurs. - -_De l'esternuement._—S'il advient qu'il te faille esternuer en la -presence d'autruy, c'est chose honneste de se tourner un petit, et -à l'instant après que la violence est passée, faire le signe de la -croix, et puis après oster son bonnet et saluer ceux qui t'auront -salué ou deu saluer: car l'esternuement et le baailler prive l'oreille -de sentiment. Il te faut aussi prier la compagnie de t'excuser ou la -remercier. - -C'est chose religieuse de saluer celuy qui esternuë. Si plusieurs -gens eagez saluent quelque homme ou femme d'honneur à qui il soit -arrivé d'esternuer, le debvoir de l'enfant est d'oster son chappeau. -Davantage, c'est le propre des fols et glorieux de s'efforcer à -esternuer hault, et de redoubler pour monstrer ses forces. Retenir le -son que la nature excite, c'est marque de folie, et attribuer plus à -la civilité qu'à la santé. - -_Des jouës._—Que les jouës de l'enfant soient teintes d'une honte -naïfve, sans fard et faulse couleur, combien qu'il la faille tellement -temperer qu'elle ne se tourne en meschanceté et trop grande hardiesse, -ne qu'elle apporte trop grand estonnement, et comme dit le proverbe, -le quatriesme degré de folie. Car il y en a qui de leur naturel sont -tellement timides, qui sont presque semblables à celuy qui radote. Ce -deffault se peut corriger, si l'enfant s'accoustume à vivre avec gens -plus eagez que luy, et s'il est exercé à joüer des comedies. Enfler -les joües est un tesmoignage d'orgueil, et les retirer est un signe de -meffiance: l'un est pour le glorieux, et l'autre pour le traistre. - -_De la bouche._—Que la bouche ne soit serrée, chose qui convient à -celuy qui craint de prendre l'haleine d'autruy; qu'elle ne soit aussi -ouverte, comme appartient aux incensez. Mais que les lèvres soient -conjoinctes, s'entrebaisants doucement l'une-l'autre. C'est aussi -chose peu decente de faire des lèvres comme si tu applaudissois à un -cheval en sifflant, combien que cela se doibve pardonner aux grands -qui marchent en quelque grande foulle: car rien ne leur messiet. Mais -nous voulons icy dresser seulement les enfants. - -_Du baaillement._—Si d'aventure le baailler te presse, et si tu ne -peux te tourner ou demarcher un petit, il te fault mettre ton mouchoir -ou ta main devant ta bouche, et faire le signe de la croix. - -_Du rire._—C'est le propre des fols de rire à tout propos; et de -ne rire d'aucune chose appartient aux stupides; de rire de choses -vilaines et deshonnestes, c'est meschanceté. Outre plus, ceste manière -et façon de rire qui esmeut tout le corps, que les Grecs appellent -[Greek: synkrousion], n'est honneste et decente à aucun eage, non -pas mesme à la jeunesse. C'est aussi chose deshonneste de rire en -hennissant; comme il n'est pas decent et seant de rire en eslargissant -la bouche et en retirant les joües et descouvrant les dents, car -proprement c'est un ris de chien et sardonien; mais il faut que le -visage soit tellement composé qu'il demonstre une alegresse et non pas -un esprit dissolu, ny aucune difformité de la bouche. Ce sont propos -de fols de dire: _je pisse ou crève de rire_; _je pasme de rire_, ou -_j'ay cuidé mourir de rire_. - -Et si le subject qui se presente nous force malgré nous à rire, alors -il faudra se couvrir le visage ou de la serviette ou de la main. Rire -tout seul sans aucune apparente raison est un acte de sottise ou de -pure folie. Et le cas advenant qu'il soit eschappé de rire à l'enfant, -cela dependera de la civilité de declarer ouvertement la raison -qui l'aura meu à rire; ou s'il n'est à propos de le dire, il fault -controuver quelque cassade, afin que nul de la compagnie n'aye quelque -soupçon que l'on veuille se moquer de luy. - -_De ne mordre ses lèvres._—C'est une mauvaise contenance que de mordre -ses lèvres d'embas avec les dents de dessus, et les lèvres de dessus -avec les dents d'embas: car c'est le geste d'un homme qui menace -quelqu'un. C'est aussi chose indecente de lescher le bord de ses -lèvres avec la langue. Advancer ses lèvres, et comme les preparer à -un baiser, estoit jadis une coustume bien receuë entre les Alemans, -comme il se peult remarquer par des tableaux anciens. C'est un tour de -bouffonnerie en tirant la langue se moquer de quelqu'un. - -_Du cracher._—Tourne ton visage quand tu voudras cracher, afin que nul -de la compagnie ne soit offensé de ton crachement. Si tu as craché -par terre ou si tu t'y es mouché, il convient marcher dessus, comme -j'ay cy-devant dit, afin que personne n'en aye mal au cœur. Si tu n'as -moyen de te tourner, reçoy le crachat en ton mouchouer. - -Avaller sa salive est une chose deshonneste; comme pareillement de -cracher à chacun mot, comme nous en voyons beaucoup ausquels cela -arrive d'ordinaire, plustost par mauvaise accoustumance que par -necessité qu'ils en ayent. - -D'abondant, il y en a qui toussent en parlant, par une habitude qu'ils -ont contractée, sans qu'il en soit besoin. Mais telle façon de faire -est propre à ceux qui se proposent de mentir, et qui se veulent donner -du temps pour penser à ce qu'ils doivent dire. - -Aucuns, encores plus incivils, ne sçauroient dire trois mots sans -roter. Que si le jeune enfant dès son bas eage prend ceste mauvaise -coustume, elle luy demeurera. Il en faut autant dire du cracher, dont -le Clitipho de Terence[285] est blasmé par un serviteur. - -Si tu es pressé de la toux, garde toy de tousser en la bouche -d'autruy, et prens bien garde de commettre ceste ineptie que de -tousser plus hault que la nature ne le requiert. - -_Du vomissement._—Quand tu auras volonté de vomir, tire toy à -quartier; car le vomissement n'est pas deshonneste, mais bien de le -provoquer par gourmandise. - -_Des dents._—Il faut soigneusement prendre garde d'avoir les dents -nettes; car de les blanchir avec des poudres, il n'appartient qu'aux -filles; les frotter de sel ou d'alun est fort dommageable aux -gencives; et se servir de son urine au mesme effet c'est aux Espagnols -à ce faire. - -S'il te reste entre les dents quelque chose, ne te sers du cousteau -ou de tes ongles pour les tirer, comme les chiens et les chats; ny -avec la serviette; mais avec la pointe d'un cure-dent de lentisque, -ou d'une plume, ou de petits os tirez des pieds de chappons ou des -poulles bouillies. - -_De laver la bouche._—C'est une chose civile et salubre de laver sa -bouche d'eau nette le matin. Mais de la laver souvent, c'est un acte -qui est impertinent. De la langue, nous en parlerons en son lieu. - -_De nettoyer la teste._—C'est à faire aux gens de village de ne se -peigner la teste. Il faut que la teste soit tellement nette qu'elle -ne soit pas pourtant atiffée comme celle d'une fille. C'est chose -deshonneste d'y voir des pouds et des lentes. - -En après, grater sa teste devant quelqu'un et faire tomber l'ordure -qui en sort sur luy, c'est chose peu decente; tout ainsi que se grater -avec les ongles les autres parties du corps, c'est chose vilaine, -principalement s'il le fait avec accoustumance et non par necessité. - -Les cheveux ne doivent tomber sur le front, ny couvrir les espaules. -Esbranler ses cheveux en secouant la teste, c'est le propre des -chevaux qui se panadent. De relever les cheveux du front en hault avec -la main gauche, c'est chose peu seante, mais il est plus à propos de -les demesler avec la main droite. - -_Qu'il ne faut retenir son urine, ny le son du ventre._—Se garder -d'uriner est dommageable à la santé; mais se tirer à part pour rendre -l'urine est chose digne de la honte requise à un enfant. - -Il y en a quelques uns qui commandent que l'enfant retienne la -ventosité du ventre, serrant les fesses. Mais ce n'est pas chose -civile de se causer une maladie pour avoir la reputation d'estre -bien apprins. S'il luy est loisible de s'esloigner de la compagnie, -qu'il lasche son vent estant ainsi à l'escart, sinon qu'il desguise, -selon l'ancien proverbe, le son du ventre par un toussement. -Autrement pourquoy n'ordonnent ils pas, par semblable raison, qu'ils -s'empeschent d'aller à la garderobbe, veu qu'il est plus dangereux de -retenir son vent que de s'abstenir des necessitez de nature[286]. - -_De se tenir droict._—C'est imiter le glorieux Trason de Terence[287] -que de se seoir les genouils ouverts, et de brandiller ou entortiller -ses jambes. Quand tu seras assis, prends garde à joindre tes genouils, -et quand tu seras debout tiens tes pieds proches l'un de l'autre, au -moins qu'ils ne soient que moyennement esloignez. Aucuns sont assis -avec ceste mauvaise grace qu'ils font passer la jambe par dessus -le genouil; les autres sont debout, ayans les bras croisez et les -jambes joinctes estroictement: desquelles façons de faire, l'une est -propre aux resveurs et l'autre aux gens grossiers et mal apprins. Se -seoir ayant la jambe droicte jettée sur la gauche estoit une ancienne -coustume des Rois, mais maintenant elle est reprouvée. Les Italiens, -par respect, mettent un pied sur l'autre, et se soustiennent quasi sur -une jambe, à la mode des cigongnes, mais je ne sçaurois bonnement dire -si cela est decent à l'enfant. - -_Comment il convient faire la reverence._—Pareillement, en un païs -une façon de fleschir les genouils et faire la reverence est bien -receuë, laquelle en autre païs donneroit subject de rire et de se -moquer. Quelques-uns ployent les deux genouils ensemble, et entre -ceux-là, les uns tiennent le reste du corps droit et les autres le -panchent aucunement. Il y en a d'autres qui estimans ceste façon -de faire la reverence n'estre seulement convenable qu'à la femme, -ployent en premier lieu le genouil droit, et puis le gauche au mesme -instant, et ceste manière de reverence est recommendable en la -jeunesse de Bretaigne. Les François, contournant doucement le corps, -fleschissent seulement le genouil droit. Es choses ou la varieté n'a -rien de repugnant à la bienséance, il sera en la liberté de chacun de -practiquer l'usance du païs, ou suivre les façons estrangères, comme -il s'en trouve aucuns ausquels elles plaisent davantage que celles de -leur païs[288]. - - * * * * * - -V - -EXTRAIT DU _Nouveau Traité de la civilité qui se pratique en France -parmi les honnestes gens_. - -_Par_ ANTOINE DE COURTIN[289]. - -[1675] - - -_L'audience d'un Grand._—A l'égard d'un Grand, lors que l'on entre -dans sa chambre ou dans son cabinet, il faut marcher doucement, et -faire une inclination du corps et une profonde révérence, s'il est -présent. Que s'il ne paroissoit personne, il ne faut point fureter çà -et là, mais sortir sur-le-champ, et attendre dans l'antichambre. - -Si cette personne est malade et au lit, il faut s'abstenir de la voir, -si elle ne le demande; et si nous la voyons, il faut faire la visite -courte, parce que les malades sont inquiets et sujets aux remèdes et -aux temps. Il faut de plus parler bas, et ne l'obliger que le moins -qu'il se peut à parler. - -Mais sur tout, il faut observer que c'est une très-grande indécence -de s'asseoir sur le lit, et particulièrement si c'est d'une femme. Et -même il est en tout temps très-mal séant et d'une familiarité de gens -de peu, lors que l'on est en compagnie de personnes sur qui on n'a -point de supériorité, ou avec qui on n'est pas tout à fait familier, -de se jetter sur un lit, et de faire ainsi conversation. - -Si cette personne écrivoit, lisoit, ou étudioit, il ne faut pas la -détourner, mais attendre qu'elle ait achevé ou qu'elle se détourne -elle-même, afin que nous luy parlions. - -Si elle nous ordonne de nous asseoir, il faut obéir avec quelque -petite démonstration de la violence que souffre notre respect, et -observer de se mettre au bas bout, qui est toujours du costé de -la porte par la quelle nous sommes entrez, comme le haut bout est -toujours où la personne qualifiée se met. - -De même, il faut prendre un siége moins considérable que le sien, s'il -y en a. Le fauteuil est le plus honorable, la chaise à dos après, et -ensuite le siége pliant. - -C'est une chose tout à fait indécente de se présenter devant des -personnes au-dessus de nous, et particulièrement devant des Dames, et -de montrer la peau à travers la chemise et le pourpoint; ou d'avoir -quelque chose d'entr'ouvert qui doit estre clos par honnesteté, comme -nous avons déjà dit. - -Quand on s'assiet, il ne faut pas se mettre coste à coste de la -personne qualifiée, mais vis-à-vis, afin qu'elle voye que l'on est -tout prest à l'écouter. Il faut avec cela se tourner le corps un peu -de costé et de profil, parce que cette posture est plus respectueuse -que de se tenir de front. - -Il faut luy laisser entamer le discours, quand elle ne diroit qu'un -mot qui nous donnât lieu de parler. A moins qu'on ne vist cette -personne en passant, pour l'informer promptement d'une affaire, ou la -faire ressouvenir de quelque chose qu'elle sçûst déjà. - -Il ne faut pas se couvrir si elle ne le commande. Il faut avoir ses -gands aux mains, et se tenir tranquille sur son siége, ne point -croiser les genoux, ne point badiner avec ses glands, son chapeau, ses -gands, etc., ni se fouiller dans le nez, ou se grater autre part. - -Il faut éviter de bâiller, de se moucher et de cracher. Et si on y est -obligé, là et en d'autres lieux que l'on tient proprement, il faut le -faire dans son mouchoir, en se détournant le visage, et se couvrant de -sa main gauche, et ne point regarder après dans son mouchoir. - -A propos de mouchoir, on doit dire qu'il n'est pas honneste de -l'offrir à quelqu'un pour quelque chose, quand même il seroit tout -blanc, si on ne vous y oblige absolument. - -Il ne faut point prendre de tabac en poudre, ni en mâcher, ni s'en -mettre des feuilles dans le nez, si la personne qualifiée, qui est en -droit d'en prendre devant nous, ne nous en présentoit familièrement. -Auquel cas il faut en prendre, ou en faire le semblant si on y avoit -répugnance. - -Si on est assis près du feu, il faut bien se donner de garde de -cracher dans le feu, sur les tisons, ni contre la cheminée; moins -encore faut-il s'amuser à badiner avec des pincettes, ou tisonner le -feu. Que si cette personne témoignoit de vouloir accommoder le feu, -alors il faut se saisir promptement des tenailles ou pincettes pour la -prévenir, à moins qu'elle ne le voulust faire absolument elle-même -pour son divertissement. Il ne faut pas aussi se lever de dessus son -siége pour se tenir debout le dos au feu; mais si cette personne se -levoit, il faudra se lever aussi. - -Que si par avanture il ne se trouvoit qu'un écran chez cette personne, -et qu'elle vous contraignist de le prendre: après luy avoir témoigné -la confusion que vous avez de l'accepter, il ne le faut pas refuser. -Mais incontinent après, sans qu'elle s'en apperçoive, il faut le -mettre doucement de costé, et ne s'en point servir. - -De même, si par quelque occasion cette personne se trouvoit chez vous -près du feu, il ne faut pas souffrir qu'un laquais luy présente un -écran, mais vous devez le luy présenter vous-même. - -Et pour ce qui est des Dames, c'est une immodestie très-grande de -trousser leurs jupes près du feu, aussi-bien qu'en marchant par les -ruës. - -Il ne faut pas, quand on parle, faire de grands gestes des mains: cela -sent d'ordinaire les diseurs de rien, qui ne sont pathétiques qu'en -mouvemens et en contorsions de corps. - -Mais il est ridicule, en parlant à un homme, de luy prendre et tirer -ses boutons, ses glands, son baudrier, son manteau, ou de luy donner -des coups dans l'estomac, etc. - -Il s'en fait quelquefois un spectacle des plus divertissans, quand -celuy qui se sent poussé et tiraillé, recule, et que l'autre, -n'appercevant pas son incivilité, le poursuit et le recogne jusqu'à -luy faire demander quartier. - -Il est mal-séant aussi de faire de certaines grimaces d'habitude, -comme de rouler la langue dans la bouche, de se mordre les lèvres, de -se relever la moustache, de s'arracher le poil, de cligner les yeux, -de se frotter les mains de joye, de se faire craquer les doigts en se -les tirant l'un après l'autre, de se grater, de hausser les épaules, -etc. Il ne faut pas avoir non plus une contenance toute d'une pièce, -fière, arrogante et dédaigneuse. - -Il est de même très mal-séant, quand on rit, de faire de grands éclats -de rire, et encore plus de rire de tout et sans sujet. - -Que si par hazard cette personne laissoit tomber quelque chose, il -faut en cette rencontre comme en toute autre, le ramasser promptement, -et ne pas souffrir qu'elle ramasse rien de ce qui nous seroit tombé, -mais il le faut ramasser vistement nous-même. - -Que si elle éternuoit, il ne faut pas luy dire tout haut _Dieu vous -assiste_; mais il faut seulement se découvrir, et faire une profonde -révérence, faisant ce souhait intérieurement. - -Et si la nécessité nous oblige nous-même d'éternuer, il faut tâcher de -le faire doucement, et non comme certaines gens qui en ébranlent la -maison par les fondemens: ce qui est très-importun aux personnes qui -nous entendent. - -S'il arrivoit qu'elle se mist en peine d'appeler quelqu'un qui ne fust -pas proche d'elle, il faut sortir pour l'aller appeller soy-même: ce -qu'il ne faut pas faire tout haut sur le degré ou par la fenestre, -mais envoyer quelqu'un le chercher où il sera pour le faire venir: -autrement c'est pécher contre le respect[290]. - -Une autre incivilité fort mal-plaisante est de ceux qui ne croyent pas -qu'on les entende s'ils ne parlent bouche à bouche, crachant au nez -des gens, et les infectant bien souvent de leur haleine. Les personnes -qui ont de la civilité en usent autrement, et si elles ont quelque -rapport à faire ou quelque chose de secret à dire à quelque personne -qualifiée, elles luy parlent à l'oreille. - -Au reste, il faut avoir grand soin de ne pas faire sa visite trop -longue; mais observer, en cas que la personne qualifiée ne vous -congédiast point elle-même, de prendre le temps pour sortir lors -qu'elle demeure dans le silence, lors qu'elle appelle quelqu'un, ou -lors qu'elle donne quelque autre indice qu'elle a affaire ailleurs. Et -alors il faut se retirer sans grand appareil, et même sans rien dire -s'il arrivoit quelque tiers qui prist votre place, ou si la personne -s'appliquoit à autre chose. Que si votre retraite est apperceuë, et -que ce grand Seigneur voulust vous faire quelque civilité au sortir -de sa chambre, il ne faut pas l'en empêcher, parce que ce ne seroit -pas paroistre assez persuadé qu'il sçait ce qu'il fait, et que souvent -il arriveroit que nous nous défendrions d'une chose que l'on ne fait -pas à notre sujet. On peut bien seulement témoigner par quelque -petite action, qu'en cas que cet honneur s'adressast à nous, nous -ne nous l'attribuons pas, et cela se fait en poursuivant son chemin -sans regarder derrière soy, ou même en se tournant ou en s'arrestant, -comme pour le laisser passer, et montrer par là que l'on croit qu'il a -affaire autre part. - -Que si on ne peut éviter que la civilité ne se manifeste, et que cette -personne sorte de sa chambre, il faut s'arrester tout court, se tirer -à costé, et ne point sortir de cette place qu'après qu'elle sera -rentrée dans sa chambre. - -De même, si par rencontre cette personne avoit à aller quelque part -et que nous nous trouvassions devant, il faut se tirer à costé, -s'arrester tout court, la saluer, et la laisser passer. - -Et même, si c'estoit le Roy, la Reine, Monseigneur le Dauphin, -Monseigneur le Duc d'Orléans, et autres Enfans de France qui dûssent -passer, il faut s'arrester d'aussi loin que l'on entend le bruit, pour -les laisser passer, soit que l'on fust à pied ou à cheval, en chaise -ou en carrosse. - -Que si la personne qualifiée nous menoit à une fenestre, ou que même -il y eust quelque spectacle à voir de là, il ne faut point prendre -place, ni s'approcher de cette fenestre, qui nous seroit commune avec -elle, pour regarder. Il ne faut pas non plus cracher par la fenestre, -ni en cette rencontre-là, ni en aucune autre. - -Que si la personne qualifiée nous reconduisoit jusqu'à la porte de -la ruë, il ne faut point monter, ni à cheval, ni en chaise, ni en -carrosse en sa présence, mais la prier de rentrer dans sa maison avant -que d'y monter. Que si elle s'obstinoit, il faut s'en aller à pied -et laisser suivre le carrosse, etc., jusqu'à ce que cette personne ne -paroisse plus. - -Que si en présence de cette personne qualifiée, il en arrivoit une -autre qui fust notre supérieure, mais inférieure à l'autre, il ne faut -pas quitter la personne qualifiée à qui nous faisons la cour, pour -aller au nouveau venu, mais il faut faire simplement quelque signe de -civilité muette. Que si ce dernier estoit supérieur à la personne à -qui nous rendons visite, alors il faut que comme celle-cy se rangera -vray-semblablement à son devoir, nous nous y rangions de même, et que -nous quittions le premier pour honorer le dernier. - -Que si avec cela la personne qualifiée parloit à une autre, il ne -faut pas se servir de ce temps-là pour faire conversation à part avec -quelqu'un qui seroit près de nous: cette familiarité est mal-séante. -Outre que si on parle bas, cela est suspect et défendu, et si on parle -haut, ce bruit l'interrompt et l'importune. - -Que si on est obligé d'accompagner cette personne supérieure dans sa -maison, ou même en la nôtre, il faut, s'il y a lieu de cela, passer -devant, pour ouvrir les portes et pour relever les tapisseries s'il -y en a à relever. Même si c'est un homme qui ait de mauvaises jambes -et qui marche avec peine, il est de la civilité de luy donner la main -pour l'aider à marcher. - -_Pour marcher avec un Grand et pour le salut._—Que si nous sommes -obligez d'aller dans les ruës à costé de personnes qualifiées, il -faut leur laisser le haut du pavé, et observer de ne pas se tenir -directement coste à coste, mais un peu sur le derrière, si ce n'est -quand elles nous parlent et qu'il faut répondre, et alors il faut -avoir la teste nuë. - -Sur quoy il est bon d'avertir ceux qui ont droit de souffrir -qu'on leur cède toujours le haut du pavé[291], d'avoir un peu de -considération pour ceux qui leur rendent cet honneur, et de se -dispenser le plus qu'ils peuvent de passer et de repasser le ruisseau, -pour ne pas les incommoder en les obligeant de faire une espèce de -manége autour d'eux pour leur laisser le lieu d'honneur. - -Que si quand nous sommes dans la ruë avec une personne qualifiée, -il passoit ou s'il se rencontroit quelqu'un de connoissance, ou un -laquais de quelque amy, il faut bien se garder de les appeler tout -haut: _Holà, hé? Comment se porte ton maistre? Mes baise-mains à -Madame_, etc. Il n'y a rien de si mal poli, aussi-bien que de quitter -la compagnie de cette personne pour aller à eux. Mais si on a affaire -à ces personnes-là, et que l'on ne soit pas engagé à l'entretien de la -personne qualifiée, on peut faire signe secrètement, et leur dire à -l'écart et promptement ce qu'on a à leur dire, ou les saluer de loin -simplement, sans que la personne qualifiée l'apperçoive trop. - -De même, c'est une grande incivilité, rencontrant dans les ruës une -personne avec qui on n'est pas familier, de luy demander où elle va ou -d'où elle vient. - -Que si on se promène avec cette personne supérieure dans une chambre -ou dans une allée, il faut observer de se mettre toujours au-dessous. -Dans une chambre, la place où est le lit marque le dessus, si la -disposition de la chambre le permet, sinon il faut se régler sur la -porte. - -Que si c'est dans un jardin, il faut se mettre à main gauche de la -personne, et avoir soin sans affectation de regagner cette place à -tous les tournans. - -Que si on est trois à se promener, le milieu est le lieu d'honneur -et, partant, celuy de la personne qualifiée; la droite est le second, -et la gauche est le troisième. De là vient que le haut bout dans un -jardin, et ailleurs où l'usage n'a rien déterminé, est la droite de la -personne qualifiée. - -Que si, par exemple, deux grands Seigneurs faisoient mettre un -inférieur au milieu d'eux pour pouvoir mieux écouter quelque récit -qu'il auroit à leur faire, il faut à chaque retour d'allée que -l'inférieur se tourne du costé du plus qualifié de ces Seigneurs. Que -s'ils sont tous deux égaux, il faut qu'il se tourne à un bout d'allée -du costé de l'un, et à l'autre bout du costé de l'autre; observant de -quitter luy-même le milieu quand il aura achevé son récit. - -Que si la personne qualifiée garde sa place, qui est le milieu, et que -les deux autres personnes qui sont à ses costez soient d'une assez -égale condition, il sera de son honnesteté de se tourner à chaque -retour d'allée tantost vers l'un et tantost vers l'autre. - -En général, quand on se promène deux à deux, il faut observer qu'au -bout de chaque longueur de promenade, on doit tourner en dedans du -costé de la personne avec laquelle on se promène, et non en dehors, de -peur de luy tourner le dos. - -Que si on se promène trois ensemble, et que l'on soit égaux, on peut -se quitter le milieu alternativement à chaque retour d'allée, celuy -qui estoit au milieu se reculant à costé pour laisser entrer au milieu -un de ceux qui estoient à costé. - -Que si la personne qualifiée s'asseoit pour se reposer, il ne -faudroit point s'asseoir près d'elle qu'elle ne nous y conviast, et -en ce cas-là on doit prendre le bas bout, c'est-à-dire sa gauche, en -laissant un espace raisonnable entre deux. Mais si nous nous trouvions -avec d'autres gens, ce seroit une grande incivilité de se promener en -la présence et à la veuë de la personne qualifiée pour laquelle on -doit avoir du respect; comme aussi de se tenir assis devant elle si -elle se promenoit. - -De même, c'est une grande incivilité, quand on est dans le jardin -d'une personne que l'on doit respecter, d'y cueillir ou des fruits, ou -des fleurs, ou autre chose. Si on en présente, on peut les accepter, -sinon il ne faut toucher à rien que des yeux. - -Que si on rencontre dans les ruës teste à teste une personne de -qualité, il faut prendre le bas où est le ruisseau. S'il n'y a point -de haut ni de bas dans un chemin, il faut se poster en sorte que nous -passions sous sa main gauche pour luy laisser la main droite libre. Et -cela se doit aussi observer dans la rencontre des carrosses. - -Que s'il s'agit de la saluer comme venant de la campagne, il faut le -faire en se courbant humblement, ostant son gand et portant la main -jusqu'à terre. Mais sur tout il faut faire ce salut sans précipitation -ni embarras, ne se relevant que doucement, de peur que la personne que -l'on saluë venant aussi à s'incliner, et peut-estre par honnesteté à -embrasser celuy qui la saluë, on ne luy donne quelque coup de teste. - -Que si c'est une Dame de haute qualité, il faut par respect ne la pas -baiser, si elle-même par honnesteté ne tend la jouë, et alors même il -faut seulement faire semblant de la baiser, et approcher le visage -de ses coëffes. Et de quelque façon qu'on la saluë, soit qu'on la -baise ou non, il faut que toutes les révérences se fassent avec de -très-profondes inclinations de corps. - -Que si, en la compagnie de cette Dame, il s'en rencontre quelques -autres qui soient d'égale condition ou indépendantes d'elle, alors -il les faut saluer de même. Que si elles luy sont inférieures ou -dépendantes, c'est une incivilité de les saluer, parce que c'est faire -quelque injure à leur supérieure que de les traiter de leur égale. - - * * * * * - -VI - -EXTRAIT DE _La civilité puérile et honneste, dressée par un -missionnaire_[292]. - -[1749] - - -_La manière de saluer en se rencontrant._—Si dans le chemin vous -rencontrez une personne qui vous semble de mérite, ou par son âge -ou par sa qualité, vous la saluerez honnestement, sans beaucoup -vous retourner vers elle, si ce n'est que vous la connoissiez -particulièrement. - -Il ne faut pas qu'un jeune enfant fasse de difficulté de saluer les -personnes qu'il rencontre, particulièrement si ces rencontres ne sont -pas fréquentes, parce qu'il y a de l'honneur à honorer les autres. - -La coutume de Paris est de ne saluer que ceux que l'on connoist, à -cause du luxe et de la braverie[293] qui règne dans cette ville, où -la qualité des personnes est méconnoissable. Il ne faut pas néanmoins -refuser ce devoir aux ecclésiastiques et aux religieux. - -Si une personne vous salue et vous arreste dans le chemin, il faut lui -rendre au moins autant qu'il vous donne, pourveu qu'il ne vous soit -pas tout à fait inférieur. Il ne faut pas dire à toutes personnes: -_Comment vous portez-vous?_ mais seulement à ceux qui vous sont à peu -près semblables, et que vous connoissez particulièrement. - -Dans la rencontre d'une personne d'honneur ou qui vous est semblable, -donnez-lui le haut bout, et vous retirez tant soit peu au milieu de la -rue pour lui faire honneur[294]. - -Il est de mauvaise grâce de dire à une personne _Couvrez-vous, -monsieur_, si ce n'est qu'il soit inférieur. A vos semblables, vous -pouvez dire _Couvrons-nous_. - -Si vous avez besoin de vous couvrir en présence d'une personne à qui -vous voulez faire de la civilité, vous pouvez lui dire: _Monsieur, -j'attends votre ordre pour me couvrir._ - -Si on vous dit de vous couvrir, il le faut faire incontinent, sans -attendre qu'on vous l'ait dit trois fois; et si la personne qui vous -parle est aussi découverte, ne vous couvrez pas le premier, mais -faites-le ensemble. - -_Du port ou du maintien extérieur._—Il ne faut point baisser le dos -comme si vous aviez un gros fardeau sur les épaules; mais tenez-vous -toujours droit, et accoutumez-vous à cette posture. - -Ne mettez pas votre chapeau sur l'oreille, ni trop sur le devant de la -teste comme si vous vouliez cacher votre visage; voyez comme font les -honnestes gens. - -Portez votre manteau sur les deux épaules, et non pas retroussé sous -le bras; il est encore plus ridicule de le porter sur le coude. - -Ne mettez pas les bras aux costés, comme ces femmes qui sont en colère -et qui disent des injures à leurs voisines. - -Il est incivil de branler les jambes quand on est assis, comme font -les petits enfans qui ne peuvent s'en empescher. - -Il ne faut pas aussi mettre une jambe sur l'autre: cela n'appartient -qu'aux grands Seigneurs et aux Maistres; mais tenez-les fermes et -arrestées, les pieds également joints et non croisés l'un sur l'autre. - -_La manière de donner ou de recevoir quelque chose._—Si vous -présentez quelque chose à quelqu'un, il faut baiser la chose si cela -se peut; et la lui ayant présentée, il faut faire la révérence. - -Si on vous présente quelque chose, telle qu'elle puisse estre, il faut -baiser la main avant que de la recevoir, et puis baiser la chose que -vous avez reçue. Il ne faut pas néanmoins mettre la main ou la chose -si près de la bouche: il suffit de faire semblant de la baiser. - -Quand vous présentez quelque chose à quelqu'un, il la faut tellement -tenir qu'il la puisse prendre facilement par où elle doit estre prise. -Ainsi, lorsque vous présentez un couteau ou une cuillière, il faut -tourner le manche vers celui qui doit la recevoir. - -C'est contre la bienséance de faire des éloges du présent que vous -faites, comme si vous vouliez que l'on eût plus de reconnoissance. -Que si d'autres le louoient, il faut répondre que vous souhaiteriez -qu'il fust plus beau et plus digne du mérite de celui à qui vous le -présentez. - -Il est de la civilité, au contraire, de témoigner de l'estime du -présent que l'on vous fait, et de ne le point cacher incontinent. - -C'est une très-grande faute d'y trouver à redire, particulièrement -devant celui qui vous l'a fait, parce qu'il ne faut jamais faire honte -à personne. - -_La manière de se moucher, cracher et éternuer sans manquer à -la civilité._—Bien que toutes les actions soient naturelles et -quelquefois nécessaires, il y a néanmoins la manière de les faire pour -ne point pécher contre les règles de la civilité. - -Quand vous avez besoin de cracher, tournez-vous tant soit peu le -visage à costé, en sorte que vous n'incommodiez personne. Mettez -incontinent le pied dessus, avant qu'il puisse estre apperçu, si le -phlegme est considérable. - -Il est de mauvaise grâce de cracher par la fenestre dans la rue, ou -sur le feu, et en tout autre lieu où on ne pourroit marcher sur le -crachat. - -Ne crachez point si loin qu'il faille aller chercher le crachat pour -mettre le pied dessus, et encore moins ne crachez point vis-à-vis de -personne. - -Gardez-vous bien de vous moucher avec les doigts ou sur la manche, -comme les enfans; mais servez-vous de votre mouchoir, et ne regardez -pas dedans après vous estre mouché. - -Il ne faut pas aussi faire un grand bruit en se mouchant, comme pour -sonner de la trompette. Mais on doit se comporter tellement qu'à peine -ceux qui sont présens puissent s'en appercevoir. - -Si vous vous sentez disposé à éternuer, tournez-vous tant soit peu -de costé, couvrez votre visage avec le mouchoir, et remerciez la -compagnie qui vous aura salué, en lui faisant la révérence. - -Il faut s'abstenir de bâiller en compagnie autant que l'on peut, parce -que c'est une marque d'une personne ennuyée. Que si néanmoins on y -étoit contraint, il faudroit s'abstenir de parler pour lors, mettre le -mouchoir ou la main devant la bouche, après avoir tourné la teste. - -_Comme l'enfant doit se comporter auprès du feu._—Apprenez à vous -comporter auprès du feu comme en toute autre rencontre, et que -l'honnesteté veut que l'on cède toujours la place la plus honorable -et la plus commode aux personnes de plus grand mérite. - -La place d'honneur est celle du milieu, quoique à présent, dans les -familles, celle du coin qui regarde la porte soit celle d'ordinaire -que le maistre choisit pour voir ceux qui entrent et qui sortent; mais -ce doit estre une place de son choix, non pas qu'elle puisse estre -honnestement présentée à un honneste homme. - -Ne vous approchez pas si près du feu, crainte de vous brûler les -jambes; et encore moins ne mettez pas les mains dans la flamme. - -Toucher au feu sans cesse, pour approcher les tisons les uns des -autres ou pour changer la disposition du feu, c'est la marque d'un -esprit turbulent et qui ne peut se tenir en repos. - -En présence d'honneste compagnie, vous ne devez pas tourner le dos -au feu; et si quelqu'un se donnoit cette liberté à cause de sa -prééminence, il ne faudroit pas l'imiter en cela. - -La charité, aussi bien que la civilité, veut que l'on fasse place à -ceux qui viennent de nouveau, et que l'on s'incommode un peu en faveur -de ceux qui ont plus besoin de se chauffer. - -Si quelqu'un jette quelque chose dans le feu, comme lettres, papiers, -ou autres choses semblables, il est de très-mauvaise grâce de les -retirer pour quelque raison que ce puisse estre. - - * * * * * - -VII - -EXTRAIT DES _Règles de la bienséance et de la civilité chrétienne_. - -Par DE LA SALLE[295]. - -[Édition de 1782] - - -_De la tête._—Gratter sa tête lorsqu'on est en compagnie, cela est -d'une très-grande indécence, et indigne d'une personne bien née. C'est -aussi l'effet d'une grande négligence et malpropreté, car cela vient -ordinairement de ce qu'on n'a pas assez de soin de se bien peigner -et de se tenir la tête nette. C'est à quoi doit prendre garde une -personne qui n'a point de perruque de ne laisser ni ordure, ni crasse -sur sa tête, car il n'y a que des personnes mal élevées qui tombent -dans cette négligence. - -La modestie et l'honnêteté demandent qu'on ne laisse pas amasser -beaucoup d'ordure dans ses oreilles; ainsi il faut de temps en temps -les nettoyer avec un instrument fait exprès, qu'on nomme pour ce sujet -_cure-oreille_. Il est d'usage à présent que les oreilles ne soient -pas entièrement couvertes de cheveux; c'est pourquoi il faut avoir -grand soin de les tenir fort nettes. - -Il n'y a qu'une nécessité indispensable qui puisse obliger un homme à -pendre des anneaux à ses oreilles. C'est une marque d'esclavage qui -l'avilit, et qui ne peut convenir qu'aux femmes qui, selon la loi de -Dieu, doivent être assujetties à leurs maris, et à qui la vanité fait -croire que c'est un ornement d'avoir des pendants d'oreilles. - -Le plus bel ornement des oreilles d'un chrétien est qu'elles soient -bien disposées et toujours prêtes à écouter avec attention et à -recevoir avec soumission les instructions qui regardent la religion... - -Quoiqu'il ne faille pas facilement mettre de la poudre sur ses -cheveux, et que cela ressent un homme efféminé, on doit cependant -prendre garde de ne les pas avoir gras. C'est pourquoi, lorsqu'ils le -deviennent, on peut les dégraisser avec du son, ou mettre de la poudre -dans le peigne pour les rendre secs et leur ôter leur humidité, qui -pourroit gâter le linge et les habits. - -On ne doit jamais sortir du logis qu'après avoir peigné et arrangé -proprement ses cheveux. On y peut mettre de la pommade et de la poudre -en très-petite quantité. - -Il est de la modestie et de l'honnêteté de ne pas toucher ses cheveux -sans nécessité. C'est pourquoi il n'y faut mettre que très-peu de -poudre, parce que la trop grande quantité engendre de la vermine, -qui engage quelquefois les jeunes gens à imiter certaines dames qui -frappent la tête avec le doigt dans les endroits où cette vermine se -fait sentir. - -Il est de la propreté de se nettoyer tous les matins le visage avec un -linge blanc pour le décrasser. Il est moins bien de le laver avec de -l'eau, car cela rend le visage plus susceptible du froid en hiver et -du hâle en été. - -C'est une chose très-messéante de mettre des mouches sur son visage, -et de le farder en y mettant du blanc ou du vermillon. Cette vanité -prouve que ceux qui en usent ainsi n'ont pas de beauté naturelle. - -Il n'est pas à propos de se couper les sourcils fort courts: ce seroit -s'exposer à s'attirer quelque fluxion sur les yeux. - -Un homme sage ne doit jamais lever la main pour donner sur la joue -à quelqu'un. La bienséance et l'honnêteté ne le permettent pas, à -l'égard même d'un domestique. - -Il est de la bienséance de tenir le nez fort net; car il est l'honneur -et la beauté du visage, et la partie de nous-même la plus apparente. - -Il est vilain de se moucher avec la main nue en la passant dessous le -nez, ou de se moucher sur sa manche ou sur ses habits. - -C'est une pratique assez en usage de prendre du tabac en poudre. Il -est cependant beaucoup mieux de ne le pas faire, particulièrement -lorsqu'on est en compagnie, et il ne faut jamais le faire lorsqu'on -est avec des personnes à qui on doit du respect. Mais il est -très-indécent d'en mâcher, et de s'en mettre des feuilles dans le nez. -Il ne l'est pas moins de le prendre en pipe, surtout en présence des -femmes. - -Si une personne de haute qualité prend du tabac devant ceux qui sont -avec elle, et qu'elle leur en présente, le respect qu'ils lui doivent -les empêche de le refuser, ou du moins faire semblant. Mais de toute -autre personne on peut le refuser, en la remerciant honnêtement. - -Lorsqu'on prend du tabac en compagnie, il faut que cela soit rare, et -qu'on n'ait pas toujours une tabatière ou un mouchoir entre les mains -et les doigts pleins de tabac. On doit aussi prendre garde qu'il n'en -tombe pas sur le linge ni sur les habits, car il est malhonnête qu'on -y en apperçoive; et afin que cela n'arrive pas, il en faut prendre peu -à la fois. - -Il faut bien prendre garde de ne pas se servir de ses ongles, de -ses doigts ou d'un couteau pour nettoyer ses dents. Il est de la -bienséance de le faire avec un instrument fait exprès, qu'on nomme -_cure-dent_, ou avec un bout de plume taillée à propos pour le faire, -ou avec un gros linge. - -C'est une incivilité très-grande de se prendre une dent avec l'ongle -du pouce pour exprimer un dédain ou un mépris de quelque personne ou -de quelque chose; et il est encore plus mal de dire en le faisant: _Je -m'en soucie non plus que de cela._ - -Il n'est pas moins incivil de mettre la langue ou la lèvre d'en bas -sur la lèvre d'en haut pour en tirer de l'eau qui seroit tombée du -nez, et de la rapporter ensuite dans la bouche. - -_Du chapeau et de la manière de s'en servir._—Le chapeau sert à -l'homme pour orner sa tête, aussi bien que pour la garantir de -plusieurs incommodités. Le porter sur son oreille, ou sur le derrière -de la tête, ou le mettre trop fort sur le devant, comme si on vouloit -cacher son visage, sont toutes manières ridicules et indécentes. - -Lorsqu'on salue quelqu'un, il faut prendre son chapeau avec la main -droite et l'ôter entièrement de dessus sa tête, et d'une manière qui -soit honnête, en portant le bras jusqu'en bas et en tenant le chapeau -par le bord, et le côté qui doit couvrir la tête tourné vers la -cuisse, sans la toucher. - -Si on ôte son chapeau dans les rues, ou en passant devant quelque -personne pour la saluer, on doit le faire un peu avant que d'être -auprès d'elle, et ne pas se recouvrir qu'on ne soit un peu éloigné de -cette personne. - -Et si on salue quelqu'un en l'abordant, il faut ôter son chapeau cinq -ou six pas avant que d'en approcher. - -Lorsqu'on entre dans une place où il y a une personne de qualité ou -à qui on doit beaucoup de respect, il faut toujours ôter son chapeau -avant que d'entrer dans cette place. Si ceux qui sont dans la place -sont debout et découverts, on est obligé de se tenir dans la même -posture. Après avoir ôté son chapeau avec bien de l'honnêteté, il faut -tourner le dedans vers soi, et le mettre sur le bras gauche ou devant -soi sur l'estomac du côté gauche. - -Lorsqu'étant assis, on est obligé d'avoir le chapeau bas, il est de la -bienséance de le tenir sur ses genoux, le dessus tourné vers soi. - -C'est une grande incivilité, lorsqu'on parle à quelqu'un, de tourner -son chapeau, de gratter dessus avec les doigts, de battre le tambour -dessus, de toucher la laisse ou le cordon, de regarder dedans ou tout -autour, de le mettre devant son visage ou sur sa bouche. - -Les occasions dans lesquelles il faut se découvrir et ôter son -chapeau, sont: - -1º Lorsqu'on se trouve dans un lieu où il y a des personnes -considérables; - -2º Quand on salue quelqu'un; - -3º Quand on donne ou qu'on reçoit quelque chose; - -4º En se mettant à table; - -5º Quand on entend prononcer le saint nom de Jésus et de Marie[296]; -excepté lorsqu'on est à table, car il faut seulement baisser la tête; - -6º Lorsqu'on est devant des personnes à qui on doit beaucoup de -respect; comme lorsqu'on est avec des ecclésiastiques, des magistrats, -et d'autres personnes considérables. A l'égard de ces personnes, on -doit se découvrir d'abord, mais il n'est pas nécessaire de se tenir -découvert, à moins que l'on ne leur soit beaucoup inférieur. - -On doit aussi se découvrir devant toutes les personnes qui sont -supérieures, et ne pas se recouvrir que par leur ordre. Et aussitôt -qu'elles le disent, il faut se recouvrir sans différer, parce que -c'est un ordre; mais, après s'être couvert, il ne faut plus se -découvrir qu'en les quittant. - -Il est contre la bienséance de se découvrir lorsqu'on est à table, -à moins qu'il ne survienne quelque personne qui mérite beaucoup -d'honneur. - -S'il y a à table quelque personne de haute qualité qui soit sans -chapeau pour sa commodité, il ne la faut pas imiter, cela serait trop -familier, mais on doit toujours demeurer couvert. - -Lorsque quelqu'un parle le chapeau bas, il faut toujours ordinairement -le faire couvrir si on lui est supérieur; et on peut alors lui dire: -_Couvrez-vous, monsieur._ Cette manière de parler n'est cependant -permise qu'à l'égard des personnes qui sont beaucoup au-dessous de soi. - -Faire couvrir quelqu'un qui est au-dessus de soi, c'est une grande -incivilité. Cela se peut bien faire à l'égard des personnes avec qui -on est familier et qui sont d'égale condition; mais il ne faut pas que -ce soit par manière de commandement, ni qu'on se serve de paroles qui -en expriment aucun. On doit le faire, ou seulement par signe et se -couvrir en même temps, ou par quelque circonlocution, en disant par -exemple: _Vous pouvez, monsieur, être incommodé d'être découvert_; ou -en se servant de paroles familières, comme de celles-ci: _Sans doute, -monsieur, que vous restez découvert pour votre commodité._ - -_De la manière dont on doit saluer les personnes qu'on visite ou qu'on -rencontre._—La première chose qu'on doit faire en entrant dans la -chambre d'une personne qu'on visite est de la saluer et de lui faire -la révérence. - -On peut saluer quelqu'un de trois manières différentes. - -Il y a une manière de saluer qui est fort ordinaire, qui se fait: - -Premièrement, en se découvrant de la main droite en portant le chapeau -jusqu'en bas, étendant tout à fait le bras jusque sur la cuisse droite -et laissant la main gauche dans sa liberté. - -Secondement, en regardant doucement et honnêtement la personne qu'on -salue. - -Troisièmement, baissant la vue et inclinant le corps. - -Quatrièmement, en tirant le pied. Si on veut avancer, il faut couler -le pied droit en avant. Si on veut reculer, en tirant le pied gauche -en arrière. Si l'on passe à côté, en glissant le pied en avant du -côté de la personne qu'on veut saluer, et en se courbant et saluant -la personne quelques pas avant que d'être vis-à-vis d'elle. Si on -salue une compagnie tout entière, on doit couler le pied en avant pour -saluer la personne la plus considérable, et tirer le pied gauche en -arrière pour saluer de côté et d'autre toute la compagnie. - -La seconde manière de saluer est de saluer dans la conversation, c'est -ce qu'on nomme ordinairement une honnêteté. Cela se fait simplement en -se découvrant, en se courbant tant soit peu, et en glissant le pied en -avant d'une manière imperceptible. - -La troisième manière de saluer, qui est extraordinaire, se fait quand -quelqu'un vient du dehors, ou lorsqu'on prend congé de quelqu'un avant -son départ pour un voyage. Cette manière de saluer se fait comme la -première; mais il faut ôter son gant de là main droite, se courber -humblement, et après avoir porté la main presque à terre, la rapporter -ensuite doucement vers sa bouche, comme pour la baiser. - -Une autre manière extraordinaire de saluer est d'embrasser la personne -qu'on aborde. Ce qui se fait en portant la main droite dessus l'épaule -et la gauche dessous, et en se présentant l'un à l'autre la joue -gauche, sans se la toucher ni la baiser. - -Le baiser est encore une autre manière de saluer, qui ne se fait -ordinairement que par des personnes qui ont quelque union entre elles -et quelque amitié particulière. - -Dans Paris, on ne salue ordinairement que les personnes qu'on connoît -ou qui sont d'une qualité éminente et beaucoup élevée au-dessus du -commun, comme sont les princes et les évêques. - -Lorsque dans la rue on rencontre tête à tête quelque personne -de qualité, il est à propos de se détourner un peu et de passer -au-dessous d'elle, en se retirant du côté du ruisseau. - -S'il n'y a point de haut ni de bas, mais un chemin uni, il faut passer -à gauche de la personne qu'on rencontre et lui laisser la main droite -libre. Et quand elle passe, il faut s'arrêter et la saluer avec -respect, et même avec un profond respect si sa qualité le demande. - -Lorsqu'étant en carrosse, on se rencontre en un lieu par où passe -le Saint-Sacrement, on en doit descendre et se mettre à genoux. Si -c'est une procession ou un enterrement, ou bien le Roi, la Reine, -les Princes les plus proches du sang Royal, ou des personnes d'un -caractère ou d'une dignité éminente, il est du devoir et du respect de -faire arrêter le carrosse jusqu'à ce qu'elles soient passées, et avoir -la tête nue. - -Il n'est pas de la bienséance de monter en carrosse ou à cheval devant -une personne pour qui on doit avoir quelque considération, à moins -qu'elle n'en fasse un commandement; et alors il faut éloigner un peu -le carrosse ou le cheval, ou bien on peut faire avancer le carrosse ou -le cheval jusqu'à ce qu'on ne la voie plus, et y monter ensuite. - - - - -INDEX ALPHABÉTIQUE - - - Abbé (perruque d'), 67, 70, 71. - - Abreuvoir-Thibaut-aux-Dés (rue de l'), 10. - - Académie de coiffure, 134, 154. - - Accommodage (l'), 103, 104, 139. - - Achemeresses, 129. - - Adorable (perruque à l'), 68. - - Aiguière, 19. - - Aile de pigeon (perruque à l'), 68. - - Albon (comte d'), 90. - - Albret (Honoré d'), 53. - - Alegiani (J. B.), 9. - - Allemands, 177. - - Almanach Dauphin, 141. - - Almaviva (coiffure à l'), 149. - - Amidon, 103. - - Amidonniers, 100. - - Amman (J.), 22. - - Anciens (maîtres), 106, 107, 108. - - Angerville (d'), 132. - - Anglaise (coiffure à l'), 145. - - Angleterre (cheveux d'), 66. - - Anne d'Autriche, 37. - - Antiquité (perruque à l'), 69. - - Apothicaires, 70. - - Apprentissage, 108 à 111. - - Arche-Marion (rue de l'), 10. - - Argentine, _poudre_, 98. - - Argonne (Bonav. d'), 74. - - Armide (coiffure à l'), 149. - - Arnauld d'Andilly, 57. - - Asiatique (pouf à l'), 147. - - Assyrienne (pouf à l'), 147. - - Atourneresses, 129. - - Aubigné (A. d'), 29, 97. - - Aucunement (sens du mot), 165. - - Audis, _coiffeur_, 141. - - Aussel-d'Argenteuil (rue), 12. - - Autier (Léonard), 158, 159. - - Aventure (perruque à l'), 69. - - - Bachaumont (_Mémoires_ dits de), 124, 133, 138, 141, 146, 157. - - Baigneuse (coiffure en), 145. - - Baignoires, 16, 19, 119, 120, 124. - - Bâiller (manière de), 43, 176, 184, 197. - - Bain (fond de), 19. - - Bains chauds, 3, 4, 9, 11 et s., 114 et s., 116 et s., 122, 127 à - 129.—Voy. _Étuves_. - - Bains chinois, 124. - - Bains de lait, 120. - - Bains de vapeur, 14, 114 et s., 128. - - Bains épilatoires, 116, 128. - - Bains froids, 114, 121 et s. - - Bains russes, 128. - - Baiseuse (la), _mouche_, 96. - - Balzac (G. de), 57. - - Bandeau d'amour, _coiffure_, 142, 145. - - Bandelettes (pouf à), 147. - - Baquets, 16, 19, 25. - - Barbe, 44 et s., 113. - - Barbiers-barbants, 2, 32, 35, 36, 64 et s., 100, 105 et s., 129, 138 - et s., 154.—Voy. _Coiffeurs_. - - Barbiers-chirurgiens, 1, 2, 22, 25, 32, 35, 108, 111, 112, 129. - - Barbiers du Roi, 63, 118. - - Barillerie (rue de la), 10. - - Baron (Michel), 117. - - Bassins à laver, 19, 20. - - Beaubourg (rue), 11. - - Beaumarchais, 148. - - Beaumont (perruque à la), 69. - - Bellechasse (rue de), 128. - - Bellegarde (abbé de), 79, 145. - - Bellemare (marquis de), 133. - - Belle-Poule (coiffure à la), 148. - - Bellièvre (président de), 58. - - Belmont (de), 77. - - Bénédictins, 3 à 6. - - Benserade, 58. - - Bérénice, 139. - - Bertin (mad.), 158. - - Bérulle (cardinal de), 56. - - Bibliothèque du Roi, 58. - - Bibliothèque nationale, 36, 107, 145. - - Bichonne, _perruque_, 67. - - Bignon (J.), 57. - - Bigotère, 53, 54. - - Binet, _perruquier du roi_, 62, 63. - - Birat, 77. - - Blanc, _fard_, 201. - - Blegny (Nic. de).—Voy. _Livre commode_. - - Boileau (Étienne), 12. - - Boileau (Nic.), 86. - - Bois à brûler, 14. - - Boiteau (Paul), 103. - - Boîtes à mouches, 97. - - Bompar, 77. - - Bonaparte, 104. - - Bonne de Savoie, 21. - - Bonnet (perruque en), 70, 71. - - Bonnette, _perruque_, 67. - - Bons-Enfants (rue des), 132. - - Bosse (Abraham), 77. - - Bouche (propreté de la), 170, 179. - - Boufflers (maréchal de), 79. - - Boudin _de perruque_, 70, 71. - - Boullanger (André), 98. - - Bourdonnais (rue des), 10. - - Bourgeoise (coiffure à la), 142. - - Bourgogne (duc de), 79. - - Bourse (perruque à), 68, 70, 71. - - Boutiques, 22, 109, 111, 112, - 154 à 157. - - Brantôme, 60. - - Bras (tenue des), 167, 171, 172, 195. - - Breteuil (baron de), 78. - - Bretons, 181. - - Brienne (Louis de), 82. - - Brigadière (perruque à la), 67, 70, 71. - - Brisée (perruque), 70. - - Buchon (J.), 16. - - Bussy-Rabutin, 80. - - - Cabriolet, _perruque_, 68. - - Cadenettes, 49, 68. - - Cadet de la Perle, 50, 53. - - Cadot (Jacques), _menuisier_, 19. - - Caleçons, 114, 124. - - Callot (J.), 58. - - Calmet (dom), 4 à 6. - - Calviac (C.), 169. - - Campan (mad.), 120, 151, 158. - - Camus (Pierre), 57. - - Candeur (coiffure à la), 145. - - Canilliat, _coiffeuse_, 132. - - Caprice (coiffure au), 142. - - Caquets de l'accouchée, 121. - - Carrée (perruque), 68. - - Carrosses, 38, 41, 86, 90, 188, 192, 207, 208. - - Casque, 73. - - Catoblepes, 166. - - Catogan, 70. - - Cavalière, _perruque_, 68, 69. - - Cérès (coiffure à la), 142. - - Cerf-volant (coiffure au), 145. - - Cerisaie (rue de la), 116. - - Chaises à porteur, 38, 42. - - Chambrières, 129. - - Champagne, _coiffeur_, 120 à 131. - - Champcenetz, 119. - - Chancelière (perruque à la), 68. - - Chapeau (tenue du), 195, 202, 203. - - Chapeau de bras, 73. - - Chaperon, _coiffure_, 73, 74. - - Chapon (rue), 113. - - Charbon, 14. - - Charles V, 20, 48. - - Charlotte de Savoie, 20. - - Charmes de la liberté (coiffure aux), 145. - - Chartres (duchesse de), 147, 152. - - Chartres (N. D. de), 47. - - Chasse (perruque de), 68. - - Chasseur (perruque au), 69. - - Châteauroux (duchesse de), 132. - - Chat-qui-pêche (rue du), 11. - - Chaudronniers, 119. - - Chaussures (propreté des), 38, 41, 42, 164. - - Chefs-d'œuvre _des métiers_, 107, 111. - - Chemises, 4. - - Cheveux (commerce des), 59, 65, 66, 138. - - Chien couchant (coiffure au), 142. - - Chinois, 42. - - Chinoise (pouf à la), 147. - - Chirurgien du Roi, 105, 106, 108, 109. - - Chirurgiens, 1, 2.—Voy. _Barbiers_. - - Choiseul (duc de), 158. - - Choisy (perruque à la), 69. - - Christine _de Suède_, 37, 131. - - Chypre (poudre de), 98. - - Cimetière-Saint-Nicolas (rue du), 113. - - Circassienne moderne (coiffure à la), 145. - - Circonstance (perruque à la), 69. - - Cité (la), _à Paris_, 21. - - Civilité (caractères dits de), 169. - - Clément d'Alexandrie, 59. - - Cléopâtre (coiffure à la), 149. - - Cluni (règle de), 5, 6. - - Cochin, 154, 157. - - Coiffeurs, 104, 130 et s. - - Coiffeuses, 129 et s. - - Coiffures, 44 et s., 129 et s. - - Coins _de cheveux_, 61. - - Colbert (J. B.), 57, 65. - - Colisée (coiffure au), 149. - - Colombe (coiffure à la), 142. - - Combattant (perruque au), 69. - - Comète (perruque à la), 69. - - Compagnonnage, 110, 111. - - Compiègne, 37. - - Condé (prince de), 57. - - Conquérant, (perruque au), 69. - - Conquête assurée (coiffure à la), 142. - - Conseillère (coiffure à la), 142. - - Conti (quai), 122. - - Contredire (ne pas), 168. - - Coquette (la), _mouche_, 96. - - Coquillart (Guill.), 60. - - Coquille (moustache à), 53. - - Corbeil (N. D. de), 47. - - Corbeille (coiffure en), 145. - - Corne d'abondance (coiffure à la), 142. - - Corneille (Pierre), 56. - - Corrozet (Gilles), 86. - - Cosmétiques, 31, 100, 112, 116, 141.—Voy. _Fards_, etc. - - Coulange (marquis de), 121. - - Courtin (Ant. de), 42, 78, 80, 81, 82, 89, 91, 182. - - Courtisans, 32, 42, 55, 61. - - Couteliers, 107. - - Couvert du Roi, 78, 81. - - Cracher (manière de), 43, 164, 167, 169, 170, 177, 184, 197. - - Crête (pouf en), 147. - - Cretonniers, 100. - - Crochets (coiffure en), 142. - - Croisades, 9. - - Croissant (coiffure au), 145. - - Cuisse (embrasser la), 82, 85. - - Cure-dent, 170, 178, 202. - - Curieux (ne pas être), 169. - - Cuves à baigner, 19, 22, 25. - - Cuvettes, 19. - - - Dagé, _coiffeur_, 132. - - Dangeau (marquis de), 62, 118. - - Daphné (coiffure à la), 142. - - Dauvet (Jean), _premier président_, 20. - - Découvrir (se), 73 et s., 190, 194, 195, 204 et s.—Voy. _Saluer_. - - Delamarre (manuscrits), 36, 107. - - Demi-conquête, _coiffure_, 142. - - Demi-hérisson, _coiffure_, 142. - - Dents (propreté des), 42, 112, 164, 170, 178, 202. - - Dents (maux de), 92, 93. - - Descartes, 57. - - Deschamps (Eustache), 60. - - Desmares, _coiffeuse_, 141. - - Deux queues (perruque à), 68. - - Diane (coiffure à la), 142. - - Discrète (la), _mouche_, 96. - - Distinction (coiffure à la), 145. - - Doigts (faire craquer ses), 186. - - Domestiques, 68, 70, 121, 129. - - Donner (manière de), 196, 204. - - Douches, 128. - - Douët-d'Arcq, 19. - - Dragonne, _perruque_, 69. - - Droit (se tenir), 171, 180, 195. - - Ducange, 58. - - Ducerceau (plan de), 21. - - Dumesnil, 74. - - Du Puis (Laurent), 74. - - Duquesne (amiral), 58. - - Durand, _coiffeur_, 141. - - Durand (Guillaume), 163. - - Dutens (L.), 153. - - Du Vair (G.), 57. - - - Échelle (coiffure en), 145. - - École (quai de l'), 141. - - Économe (perruque à l'), 69. - - Écrans, 185. - - Édelinck, 53, 56. - - Effrontée (l'), _mouche_, 96. - - Éléphant (perruque à l'), 69. - - Embrasser (manière d'), 81, 85, 193, 206. - - _Encyclopédie méthodique_, 65, 71, 127. - - _Encyclopédie perruquière_, 68. - - Enfant (coiffure à l'), 157. - - Enfants d'Édouard (coiffure aux), 48. - - Enjouée (l'), _mouche_, 96. - - Enseigne du mal de dents, 93. - - Envieux (perruque a l'), 69. - - Épaules, 171, 179, 195. - - Épilation, 22, 116. - - Érasme (D.), 26, 28, 165, 169, 173. - - Espagnole (coiffure à l'), 145. - - Espagnole (perruque à l'), 68. - - Espagnols, 178. - - Espoir (coiffure à l'), 145. - - Éternument, 89, 175, 186, 197. - - Étuves, 9, 10 et s., 21 et s., 112 et s., 122.—Voy. _Bains_. - - Étuves (cul-de-sac des), 9 à 12. - - Étuves (rue des), 10 à 12. - - Étuveurs, 12 et s. - - Eurydice (coiffure à l'), 149. - - Expérience, 111. - - Èze (G. d'), 44. - - - Fabert (maréchal), 58. - - Faiseuse de mouches (la), 95, 96. - - Fards, 6, 31, 97, 98, 141, 201. - - Faret (Nicolas), 90. - - Favori (perruque au), 69. - - Félicité (perruque à la), 69. - - Ferraille (quai de la), 141. - - Feu (conduite à tenir près du), 184, 197, 198. - - Fil de fer (perruques de), 69. - - Financière (perruque à la), 68. - - Fitelieu, 81, 93. - - Flore (coiffure à la), 145. - - Forgeais (A.), 113. - - Fourchettes, 26. - - Fournereau (Jean), 100. - - Fournier (Éd.), 50, 78, 98. - - Françaises (gardes), 112. - - François Ier, 22, 48. - - Françoise (perruque à la), 69. - - Franqueville (de), 114. - - Frédérik, _coiffeur_, 141. - - Frégate (coiffure à la), 148. - - Frison, _coiffeur_, 132. - - Frivolité (coiffure à la), 142. - - Froissart, 16. - - Furon (Jean), 100. - - - Gabrielle de Vergy (coiffure à la), 149. - - Galante (la), _mouche_, 96. - - Galanterie (lois de la), 32, 38, 41, 53, 93. - - Gallonner, 47. - - Gamart, 85. - - Gantiers, 100. - - Gants, 80, 88, 184, 206. - - Gassendi (P.), 57. - - Gassion (maréchal de), 58. - - Gay (Victor), 14, 19. - - Gendarme (perruque à la), 69. - - Genlis (château de), 119. - - Genlis (mad. de), 85, 97, 99, 119, 133. - - Genoux (manière de tenir les), 172, 180, 184. - - Gentilly (perruque à la), 69. - - Geoffroi-des-Bains (rue), 10. - - Gestes, 185. - - Glaneuse (coiffure à la), 142. - - Globe fixé (pouf au), 147. - - Gloriette (cul-de-sac), 11. - - Godeau (Ant.), 57. - - Gomberville (de), 132. - - Gondole (coiffure en), 145. - - Gores, 123. - - Goutte, _maladie_, 115. - - Grævius (J. G.), 77. - - Grande prétention (coiffure à la), 149. - - Grande prêtresse (pouf à la), 147. - - Gratter (se), 164, 167, 171, 179, 184. - - Grattoir _pour la tête_, 153. - - Grecque (coiffure à la), 145. - - Grecque (perruque à la), 70. - - Grévin (musée), 119. - - Gueule de loup (pouf en), 147. - - Guignard, _baigneur_, 128. - - Guyon (Louis), 55, 92, 99. - - - Hamilton (Ant. d'), 91. - - Harcourt (Henri d'), 52, 53. - - Hardy (Claude), 173. - - Harlay (A. de), 57. - - Harlay (rue de), 22. - - Harpie (coiffure à la), 142. - - Hauterive de l'Aubespine (d'), 27. - - Haut rang (coiffure au), 142. - - Hennins, 47. - - Henri III, 97. - - Henri IV, 28, 29, 48, 82, 116. - - Henri IV (coiffure à la), 142. - - Hérisson (coiffure au), 142. - - Hérisson à crochet, 142. - - Hermaphrodites (île des), 54, 60, 98. - - _Héroard_ (_Journal d'_), 28, 74, 92. - - Hésecques (comte d'), 62. - - Hesselin (Denis), 21. - - Hochequeue, 167. - - Honnête homme, 90, 91. - - Honneur (place d'), 90, 183, 191, 194, 198.—Voy. _Pavé_. - - Horloge (quai de l'), 113, 122. - - Housse (aller en), 38, 341. - - Huchette (rue de la), 11. - - Hurluberlu, _coiffure_, 131. - - Hurlupée, _coiffure_, 131. - - Hurtaut (P.), 119. - - - Impatient (perruque à l'), 69. - - Inconstance (perruque à l'), 69. - - Indifférence (perruque à l'), 69. - - In-folio, _perruque_, 67. - - Ingénue (coiffure à l'), 142. - - Innocents (galerie des), 66. - - Interrompre (ne pas), 168. - - Iphigénie en Tauride (coiffure à l'), 148. - - Irène (coiffure à l'), 149. - - Irlandaise (coiffure à l'), 145. - - Irlande (bois d'), 22. - - Isabeau de Bavière, 19, 74. - - Italienne (perruque à l'), 69. - - Italiens, 181. - - - Jaillot, 10 à 12. - - Jalousie (perruque à la), 69. - - Jambes (manière de tenir les), 172, 180, 195. - - Janot (coiffure à la), 145. - - Jarretières _de perruque_, 70, 71. - - Jean II, 48. - - Jeannin (P.), 57. - - Jeunes (maîtres), 106, 107. - - Jèze, 122. - - Jordanis, _perruquier_, 62. - - _Journal du citoyen_, 123. - - Juifs, 11. - - Junon (coiffure à la), 148. - - Jurements, 168. - - Jurés, 15, 16, 105 à 108. - - - Labarte (J.), 20. - - Labre (Benoît), 9. - - La Fontaine (J. de), 58, 96. - - Laine (perruques de), 69. - - La Mésangère (de), 27. - - Lamoignon (président), 57. - - Langue (propreté de la), 164. - - Lanti (prince), 153. - - Larivey (P. de), 2. - - La Rivière (abbé de), 67. - - La Roze, _perruquier_, 62. - - Larseneur, _coiffeur_, 132. - - La Salle (J. B. de), 37, 80, 153, 199, 204. - - La Vallière (Mlle de), 85. - - La Vienne, _baigneur_, 117. - - Le Brun, _coiffeuse_, 132. - - Lebrun (Ch.), 58. - - Leclerc (Séb.), 77. - - L'Écluse (abbé de), 82. - - Legendre (abbé), 61. - - Légère (perruque à la), 69. - - Legoût, _coiffeur_, 141. - - Legrain, _barbier_, 63. - - Legros, _coiffeur_, 133 et s. - - Legros (veuve), 141. - - Lemaître (Ant.), 57. - - Le Nain de Tillemont, 58. - - Lentes, 28, 31.—Voyez _Poux_. - - Lépreux, 13. - - Lesdiguières (hôtel de), 116. - - Lestoile (P. de), 98. - - Le Tellier (Michel), 58. - - Levant (coiffure au), 142. - - Lever de la Reine (coiffure au), 142. - - Lèvres, 176, 177, 186. - - Lit, 182. - - Lit de la Reine, 81. - - Lit du Roi, 38, 78. - - Littré (E.), 154. - - _Livre commode_ (_le_), 62, 66, 97, 115, 118, 132. - - _Livre des métiers_, 12, 15. - - Longchamp, 121. - - Loret (J.), 131. - - Loterie d'amour (la), 93. - - Louis IX, 113. - - Louis XI, 19 à 21. - - Louis XIII, 2, 28, 48, 49, 56, 61, 74, 174. - - Louis XIV, 3, 28, 31, 37, 56, 61 à 64, 77, 83, 86, 99, 109, 118. - - Louvre (musée du), 6. - - Louvre (palais du), 22. - - Lubin, _graveur_, 56. - - Lully (J. B.), 58. - - Lunatique, _perruque_, 69. - - Luxembourg (maréchal de), 58. - - Luynes (connétable de), 53. - - Luynes (duc de), 79, 85. - - - _Magasin des modes_, 145. - - Magny, 119. - - Mains (propreté des), 25, 26, 32, 37, 112, 163. - - Maintenon (mad. de), 131. - - Maître-d'hôtel (perruque à la), 69. - - Maîtrises (créations de), 109, 110. - - Majestueuse (la), _mouche_, 96. - - Malherbe, 56. - - Mansart, 58. - - Manteau (tenue du), 195. - - Marais (théâtre du), 131. - - Marana (J. P.), 67. - - Marat, 119. - - Marca (P. de), 57. - - Marcel (A.), 44. - - Marchand (A. H.), 68, 149. - - Marchand (article), 108. - - Marcher (manière de), 173. - - Marconi, 9. - - Marguerite de Navarre, 25. - - Marguerite de Valois, 60. - - Marie-Antoinette, 120, 149, 152, 157, 158. - - Marie Stuart (coiffure à la), 47. - - Marie-Thérèse, 85. - - Marin (F.), 148. - - Marmot, _enseigne_, 113. - - Marmouzets (rue des), 118. - - Marot (Clément), 22. - - Marot (J.), 85. - - Marron, _boucle de cheveux_, 154. - - Marsillac (prince de), 80. - - Marteaux (perruques à), 70. - - Martin, _coiffeuse_, 131. - - Masques, 35, 98. - - Masson (Ant.), 53. - - Masson (Papire), 56. - - Mazarin (duchesse de), 6, 94. - - Médecins, 2, 41, 70. - - Mêlée (perruque), 113. - - Ménage (G.), 53, 58. - - _Ménagier de Paris_, 29. - - Menuisiers, 19. - - Mercier (Séb.), 103, 153, 154. - - Merciers, 100. - - Mercure, _remède_, 115. - - Merlans, _coiffeurs_, 104. - - Métra, 149. - - Meurisse, 120. - - Michaud (J.), 21. - - Michel (saint), 113. - - Minerve (coiffure à la), 142. - - Modernes (maîtres), 106, 107. - - Modestie (coiffure à la), 145. - - Molière, 43, 56, 87. - - Monstrelet (E. de), 74. - - Montfaucon (B. de), 32, 35, 42. - - Montglat (mad. de), 21. - - Montgobert, 132. - - Montgolfier (coiffure à la), 149. - - Morfondus (quai des), 122. - - Morts (cheveux), 66. - - Motteville (mad. de), 37. - - Moucher (manière de se), 26, 27, 164, 167, 174, 184. - - Mouches, 92 et s., 201. - - Mouchoir, 184, 202. - - Moulin à vent (coiffure en), 145. - - Mousquetaire, _perruque_, 69. - - Moustaches, 49, 53. - - Moutonne, _perruque_, 67. - - Mystère (coiffure au), 142. - - - Naissante (perruque), 68, 70, 71. - - Natation (écoles de)—Voy. _Bains froids_. - - Nation (coiffure à la), 145. - - Nattes, 47, 59. - - Naturelle (perruque à la), 68. - - Néron, 19. - - Neuve-Montmartre (rue), 118. - - Nez (souffler du), 174. - - Nez (propreté du), 26, 164, 173, 201.—Voy. _Moucher_. - - Nicolas-Flamel (rue), 10, 113. - - Nicot (J.), 86. - - Nœuds (perruque à), 68, 70, 71. - - Normandie (cheveux de), 66. - - Nouée (perruque), 68. - - Nouvelle mode (perruque à la), 68. - - - Oiseau royal, _perruque_, 68. - - Olonne (mad. d'), 80. - - Ongles, 87, 164. - - Opéra, 157. - - Ordinaire (perruque à l'), 68. - - Oreilles (boucles d'), 199, 200. - - Oreilles (perruques à), 69. - - Oreilles (propreté des), 167, 199. - - Orléans (Gaston d'), 67. - - Orléans (rue d'), 118. - - Orsay (quai d'), 128. - - - Palais (boulevard du), 10. - - Palais (perruque de), 69. - - Palais de Justice, 21, 22. - - Palais-Royal, 63, 129, 132. - - Pantalons à pieds, 5. - - Panurge (perruque à la), 70. - - Papillon constant, _coiffure_, 142. - - Parc anglais, _coiffure_, 145. - - Paré (Ambroise), 2. - - Paralysie, 115. - - Paresseuse, _perruque_, 69. - - Parfait, _maître-d'hôtel de Henri IV_, 82. - - Parfums, 31, 90.—Voy. _Cosmétiques_, _fards_, etc. - - Parisienne, _perruque_, 69. - - Parler (manière de), 166, 167. - - Parterre galant (coiffure au), 145. - - Pascal, _perruquier_, 62. - - Passionnée (la), _mouche_, 96. - - Patin (Gui), 90. - - Pâtissiers, 174. - - Patron des étuveurs, des perruquiers, 113. - - Paul (Vincent de), 57. - - Pavé (le haut du), 189, 190, 192, 194, 207.—Voyez _Honneur_. - - Pays (cheveux de), 66. - - Pédules, 5. - - Peignes, 5, 6. - - Peignes _pour gratter aux portes_, 88. - - Peignoirs de bain, 14, 19. - - Peintres (impasse des), 10. - - Peiresc (Fabri de), 56. - - Pelé, _perruquier_, 62, 65. - - Pelleterie (rue de la), 11. - - Pellisson (P.), 58, 61. - - Penthièvre (duc de), 147. - - Perrault (Ch.), 53. - - Perrette de Châlons, 21. - - Perruques, 56 et s. - - Perruquiers, 36, 64 et s.—Voy. _Barbiers_, _coiffeurs_, etc. - - Perruquiers en vieux, 113. - - Persane (coiffure à la), 145. - - Petit-maître (perruque au), 69. - - Petit-Musc (hôtel du), 22. - - Petitot (C. B.), 37. - - Petits-Champs (rue des), 63. - - Pets, 28, 164, 170, 180. - - Philadelphie (coiffure à la), 148. - - Philippe-Auguste, 48. - - Philippe VI, 48. - - Phrygienne (coiffure à la), 145. - - Pieds (propreté des), 5, 6, 20, 29, 43. - - Pierrot (coiffure à la), 145. - - Pignet (Mace), _tonnelier_, 19. - - Pipes, 201.—Voy. _Tabac_. - - Pithou (Pierre), 56. - - Placet, _siége_, 86. - - Pline, 166. - - Plus tôt fait (perruque à la), 69. - - Poitevin, _baigneur_, 127 à 128. - - Poitier, _coiffeuse_, 132. - - Polastron (de), 79. - - Pompadour (marquise de), 132. - - Pontchartrain (L. P. de), 57. - - Pont Royal, 124, 127, 128. - - Popincourt, 115. - - Porte-aux-Peintres (cul-de-sac de la), 10. - - Portes (gratter aux), 86, 87. - - Port-Mahon (perruque à la), 68. - - Portugal (rouge de), 141. - - Pot à eau, 19. - - Potel, 50. - - Potiquet, _perruquier_, 65. - - Poudre à poudrer, 56, 97 et s., 153, 200. - - Poufs, 146, 147. - - Poussin (Nicolas), 58. - - Poux, 28, 31, 153, 164. - - Prêteuses de têtes, 134. - - Prévôt de Paris, 14, 15. - - Prie (marquise de), 132. - - Propreté, 3 et s.—Voy. _Bouche_, _dents_, _mains_, _nez_, _oreilles_, - _pieds_, _tête_, _visage_, etc. - - Prudence (perruque à la), 69. - - Prud'homme, _baigneur_, 117, 118. - - Puce (pouf à la), 147. - - Puces, 29 et s., 164. - - Punaises, 31, 38. - - - Quatre-Nations (quai des), 122. - - Quentin, _barbier du roi_, 63. - - Quesaco, _coiffure_, 148. - - Queue, _de cheveux_, 68. - - Quicherat (J.), 44, 59, 104. - - Quinault (Phil.), 58. - - Quinze-Vingts, 132, 136. - - - Racine (Jean), 58. - - Rambouillet (hôtel de), 43, 79, 86. - - Rapée (la), 122. - - Raucourt (coiffure à la), 148. - - Ravir (perruque à), 69. - - Raynaud (Th.), 77. - - Recevoir (manière de), 196, 204. - - Recherche (coiffure à la), 145. - - Reconduire, 187. - - Régence (perruque à la), 68. - - Reiset (comte de), 120. - - Renardière, 29. - - Renifler, 174. - - Repas, 26 à 28, 43, 78 et s. - - Rhinocéros (perruque à la), 68. - - Richard, _dominicain_, 9. - - Richelieu, 48, 49, 56. - - Richelieu (rue), 118. - - Rigault (Nicolas), 58. - - Rire (manière de), 176, 186. - - Robespierre, 104. - - Robin (perruque à la), 67. - - Rocher (pouf en), 147. - - Ronde (perruque), 67. - - _Rose_ (_roman de la_), 19. - - Rosette (perruque à), 70, 71. - - Rossignol, _perruquier_, 65. - - Rots, 28, 164, 170, 178. - - Rouge, _fard_, 6, 97, 141, 201. - - Rouleaux (coiffure en), 145. - - Royale (perruque), 67. - - Ruvigny (marquis de), 27. - - - Saba (reine de), 47. - - Saint-Antoine (rue), 6, 94. - - Saint-Bernard (porte), 121. - - Saint-Denis (rue), 96. - - Saint-Germain des Prés (abbaye de), 85. - - Saint-Honoré (rue), 141. - - Saint-Louis (île), 124, 128. - - Saint-Louis (rue), 141. - - Sainte-Marthe (Scévole de), 56. - - Saint-Nicolas (port), 122. - - Saint-Paul (hôtel), 22. - - Saint-Réal, 9, 94. - - Saint-Simon, 74, 117. - - Saint-Sacrement, 90, 207. - - Saliat (Pierre), 165. - - Saluer (manières de), 73 et s., 77, 80 et s., 90, 172, 181, 193, - 194, 202 à 207. - - Sans redoute, _coiffure_, 145. - - Santeuil (J.), 58. - - Sapho moderne (coiffure à la), 142. - - Sarrazin (J. F.), 54, 58. - - Sartine (perruque à la), 68. - - Sauvageot (collection), 6. - - Sauval (H.), 22, 116. - - Sauval (rue), 10, 12. - - Savary (J.), 66, 110. - - Scaliger (J.), 57. - - Scarron, 87. - - Sciatique, 115. - - Séguier (chancelier), 57. - - Senault (J. F.), 57. - - Sénèque, 19. - - Sentiment (pouf au), 146. - - Sergents à verge, 108. - - Serviettes, 32, 123. - - Sévigné (coiffure à la), 47. - - Sévigné (mad. de), 85, 116, 131, 132. - - Siéges, 183. - - Singulière (perruque à la), 69. - - Sirmond (Jacques), 56. - - Sobry (J. F.), 73, 103. - - Socrate, 174. - - Sonnettes, 187. - - Sophie (pouf à la), 147. - - Soufflet, 201. - - Sourcils, 54, 201. - - Souvré (de), 28. - - Sponde (Henri de), 57. - - Stoïciens, 165. - - Suisses (gardes), 112. - - Sully, 38, 82. - - Sulpice (Jean), 163. - - Sylphide (coiffure à la), 142. - - - Tabac, 184, 201, 202. - - Taille de 1292, 12. - - Tallemant des Réaux, 25, 27, 28, 29, 38, 49, 50, 53, 60, 93, 98, 129. - - Témoin discret, _coiffure_, 142. - - Térence, 178, 180. - - Tertullien, 59. - - Tête (propreté de la), 5, 6, 28, 31, 32, 42, 164, 171, 179, 199. - - Têtes à perruque, 91. - - Thibaut-aux-Dés (rue), 141.—Voy. _Abreuvoir_. - - Thiers (J. B.), 61. - - Thiéry, 124, 129. - - Thomassin (L.), 58. - - Thou (J. A. de), 57. - - Timidité, 175. - - Tonneliers, 19, 119. - - Tonsure _de perruque_, 70, 71. - - _Touriste_ (le), 127. - - Tournelle (pont de la), 123. - - Tours, 74. - - Tousser (manière de), 164, 167, 170, 178. - - Trabouillet, 64. - - Trévoux (_Dictionnaire_ de), 54, 74, 85. - - Tricorne, _chapeau_, 73. - - Triomphe de l'aurore, _coiffure_, 142. - - Tronchin (perruque à la), 69. - - Troyes (Jean de), 20. - - Tuileries (palais des), 174. - - Tumeurs froides, 115. - - Turenne, 27, 57. - - Turque (coiffure à la), 145. - - Turque (pouf à la), 147. - - Turquin, _baigneur_, 123, 124. - - Tutoiement, 86. - - - Urfé (H. d'), 58. - - Uriner (manière d'), 172, 179. - - - Vagabonds, 13. - - Valois (rue de), 129. - - Varennes (fuite de), 120, 158. - - Ventouses, 114. - - Vernet (Carle), 100. - - Verneuil (mad. de), 29. - - Verneuil (rue de), 12. - - Versailles (château de), 62. - - Vert (Claude de), 6. - - Vesses, 165. - - Vêtements (propreté des), 163. - - Veuves de maîtres, 108. - - Victoire (coiffure à la), 148. - - Vieillard (perruque au), 69. - - Vieille-du-Temple (rue), 118. - - Vieilles-Étuves (rue des), 10, 12 - - Vierge (la), 47. - - Vifs (cheveux), 66. - - Villars (maréchal de), 79. - - Ville de Paris (biblioth. de la), 145. - - Vincent, _perruquier_, 62, 65. - - Visage (propreté du), 32, 35, 37, 163, 200. - - Visitandines, 6, 94. - - Visites, 182, 187. - - Visme (de), 157. - - Voiture (V.), 54, 57. - - Voix, 167. - - Vol d'amour, _coiffure_, 145. - - Voleuse (la), _mouche_, 96. - - Voltaire (coiffure à la), 148. - - Vomir, 170, 178. - - Vouet (Simon), 58. - - - Wagnière (J. L.), 121. - - Walckenaer (baron), 116. - - Willemin, 47. - - - Yeux (propreté des), 42, 170, 171. - - - Zamet (hôtel de), 116. - - Zodiacale (coiffure à la), 142. - - - - -ADDITIONS - - -Page 28, après: _qu'elles effacent les vostres_, la phrase suivante a -été oubliée: - -Rabelais[297] raconte comme chose fort ordinaire que Panurge cueillit -un pou sur le sein de la belle lingère du Palais. Panurge l'y avait -mis, c'est vrai; mais la belle lingère ne semble pas s'être étonnée le -moins du monde de la découverte. - - -Page 82, ajouter le passage suivant, que j'emprunte à -Saint-Simon. C'est de Louis XIV qu'il est ici question: - -«Jamais homme si naturellement poli, ni d'une politesse si fort -mesurée, si fort par degrés, ni qui distinguât mieux l'âge, le mérite, -le rang, et dans ses réponses quand elles passoient le _je verrai_, et -dans ses manières. Ces étages divers se marquoient exactement dans sa -manière de saluer et de recevoir les révérences, lorsqu'on partoit ou -qu'on arrivoit. Il étoit admirable à recevoir différemment les saluts -à la tête des lignes de l'armée ou aux revues. Mais surtout pour les -femmes, rien n'étoit pareil. Jamais il n'a passé devant la moindre -coiffe sans soulever son chapeau, je dis aux femmes de chambre, et -qu'il connoissoit pour telles, comme cela arrivoit souvent à Marly. -Aux dames, il ôtoit son chapeau tout à fait, mais de plus ou moins -loin; aux gens titrés, à demi, et le tenoit en l'air on à son oreille -quelques instants plus ou moins marqués. Aux seigneurs, mais qui -l'étoient, il se contentoit de mettre la main au chapeau. Il l'ôtoit -comme aux dames pour les princes du sang. S'il abordoit des dames, -il ne se couvroit qu'après les avoir quittées. Tout cela n'étoit que -dehors, car dans la maison il n'étoit jamais couvert. Ses révérences, -plus ou moins marquées, mais toujours légères, avoient une grâce et -une majesté incomparables, jusqu'à sa manière de se soulever à demi -à son souper pour chaque dame assise[298] qui arrivoit, non pour -aucune autre, ni pour les princes du sang; mais sur les fins cela -le fatiguoit, quoiqu'il ne l'ait jamais cessé, et les dames assises -évitoient d'entrer à son souper quand il étoit commencé.» _Mémoires_, -édit. de 1881, t. XII, p. 75. - - -AJOUTER, p. 60, après la citation de Guillaume Coquillart: - -«Les rois de France portaient autrefois une longue chevelure, ce qui -n'était permis qu'aux princes du sang. Tous les anciens portraits des -rois sont ainsi chevelus: il y a peu de temps que cette coutume a été -abandonnée. Le Roi (Henri III), d'après les conseils de ses médecins, -s'est fait raser tous les cheveux; il porte un béret semblable de -forme au bonnet polonais, qu'il n'ôte jamais, ni en présence des -ambassadeurs ni même à l'église. Il a une chevelure postiche très -riche et très belle[299].» _Voyage de Jérôme Lippomano, ambassadeur en -France en 1577_, dans les _Relations des ambassadeurs vénitiens_, t. -II, p. 568. - - -PARIS. TYPOGRAPHIE E. PLON, NOURRIT ET Cie, RUE GARANCIÈRE, 8. - - - - -APPENDICE - - -AVERTISSEMENT - -Mon intention, en écrivant ces petits volumes, a été de pénétrer dans -la vie privée de nos pères, de les montrer tels qu'ils étaient dans -l'intimité, de mettre en lumière les petits côtés de leur existence, -ceux qu'ont systématiquement négligés tous les historiens. - -De là, la nécessité d'aborder parfois certains sujets scabreux, -difficiles à traiter aujourd'hui. Il est clair, par exemple, que, -recherchant les secrets de la toilette, je ne pouvais passer sous -silence la coutume de l'épilation; que voulant reconstituer les règles -du savoir-vivre, j'étais bien forcé de rappeler qu'au seizième siècle -le meilleur monde autorisait sur beaucoup de points un laisser aller -qui révolterait notre société actuelle[300]. - -Afin de concilier le respect des bienséances avec mes devoirs -d'écrivain consciencieux, j'ai pris le parti de réserver pour un -Appendice facile à détacher du volume, les renseignements qui -s'adressent surtout aux érudits. On y trouvera aussi certaines pièces -que notre pruderie moderne,—pruderie dans les mots, s'entend,—ne m'eût -pas pardonné de produire au trop grand jour. - -A tort ou à raison, nos pères n'y regardaient pas de si près. Ainsi, -au seizième siècle, les vers de Pierre Broë étaient répandus dans -toutes les écoles, et on les faisait apprendre par cœur aux enfants; -ils n'ont même été composés que pour cela. Et qu'on ne suppose pas -que ce soit là un fait isolé. En veut-on une preuve? Le vertueux -Mathurin Cordier, le pédagogue le plus accompli du seizième siècle, -celui qui avait pris pour devise: _Pietas et boni mores cum litterarum -elegantia_, publia vers 1563 des entretiens destinés à former les -mœurs des enfants, en même temps qu'à les familiariser avec la -langue latine. Le livre eut un immense succès, les éditions s'en -multiplièrent, et deux ou trois amis de la jeunesse se chargèrent de -le traduire en français. - -J'ai sous les yeux une de ces traductions, donnée en 1672 sous ce -titre: _Nouvelle traduction des colloques de Mathurin Cordier. -Corrigée d'un grand nombre de fautes, et mise dans la pureté des deux -langues, pour la plus grande facilité des enfans_. J'en extrait trois -passages, qui suffiront pour donner une idée de l'ensemble. - - LE MAISTRE.—D'où venez-vous? - - L'ENFANT.—Je viens d'en bas. - - LE MAISTRE.—Quelle affaire aviez-vous en bas? - - L'ENFANT.—J'estois allé pour pisser[301]. - - Livre I, colloque 23, page 33. - - - ROSSET.—Je vous diray encore un autre usage du papier, et - très-fréquent au collége. - - LE MOINE.—Quel? - - ROSSET.—Je n'oserois pas le dire sans compliment[302]. - - LE MOINE.—Qu'est-il besoin de faire des compliments entre amis, - car les paroles ne puent pas. - - ROSSET.—Je le diray donc, puisque vous le voulez. - - LE MOINE.—Dites librement. - - ROSSET.—Pour torcher son derrière au privé[303]. - - Livre I, colloque 27, page 41. - - - LE MAISTRE.—A quelle heure vous êtes-vous éveillé ce matin? - - L'ENFANT.—Avant le jour; je ne sçay à quelle heure. - - LE MAISTRE.—Qui vous a éveillé? - - L'ENFANT.—Le réveilleur de la semaine est venu avec sa lanterne, - il a heurté fort à la porte de ma chambre... - - LE MAISTRE.—Dites moy par ordre tout ce que vous avez fait depuis - ce temps-là. Vous autres, enfans, écoutez avec soin des oreilles - et de l'esprit, afin que vous appreniez à imiter vostre compagnon. - - L'ENFANT.—Estant éveillé, je me suis levé du lit, j'ay mis ma - camisole avec mon pourpoint... je me suis bien peigné, j'ay - mis mon chapeau, j'ay mis ma robe; ensuite je suis sorty de - ma chambre, j'ay descendu en bas, et j'ay pissé contre la - muraille[304]. - - Livre II, colloque 54, page 210. - -C'est ainsi qu'au seizième siècle, et même à la fin du dix-septième, -on entendait l'éducation des enfants. Nous en sommes revenus, et un -peu trop peut-être. A une si grande licence, innocente en somme, a -succédé une pudeur exagérée qui explique l'oubli dans lequel ont été -laissés les usages et la vie privée d'autrefois. L'histoire s'est -faite trop chaste et trop fière pour s'occuper de pareils détails. -Laissez-moi en citer un curieux exemple. Vers 1828, un homme de -talent, M. F. Barrière, découvre et publie les très intéressants -_Mémoires_ de Louis-Henri de Loménie, comte de Brienne. Il y rencontre -cette phrase: «Sa Majesté, me voyant entrer si matin dans sa chambre, -dont toutes les entrées m'étoient permises, même de sa garde-robe, où -j'entrois à toute heure, sans avoir eu besoin de brevet d'affaires, -_même quand elle étoit sur sa chaise percée_...» Ces derniers mots -révoltent M. Barrière, qui les supprime. Il en éprouve pourtant -quelque remords, et, dans une note perdue à la fin du volume, il -avoue qu'il n'a pas reproduit cette ligue parce qu'elle «figurait -assez mal dans une scène d'amour». Mais, barbare, notre littérature -n'est que trop riche en scènes d'amour; ce qui importait, c'était -de nous montrer dans quelle position, en dépit de l'étiquette, le -grand roi consentait à recevoir ses secrétaires d'État. Saint-Simon, -heureusement, a été moins réservé. - -En voici assez, j'espère, pour excuser mon éditeur et moi. Les -lecteurs sont donc prévenus que je ne reculerai devant aucune des -exigences de mon sujet. C'est, d'ailleurs, une nécessité que je -subirai, n'ayant aucune envie de courir au-devant des occasions, et, -dans les moments difficiles, je m'effacerai autant que possible -pour laisser parler les documents contemporains. A cet égard, les -Appendices me seront d'une grande utilité. J'aurai soin, cependant, -de n'y insérer que des pièces historiques ayant directement trait -à la question et susceptibles de l'éclaircir. Quant aux gens qui y -chercheraient autre chose, je les avertis qu'ils chercheront en vain. - - -I - -EXTRAIT DE LA _Civilité_ DE JEAN SULPICE[305], - -_imitée en français par_ PIERRE BROË _en 1552_. - - - Sur toute chose amonester te veux - Que tu n'aies point le nez ord ne mourveux, - Car trop seroys à moquer et reprendre - S'on te voioyt distiler ou descendre - Du nez en bas la roupie ou morveau, - Qui te feroyt estre estimé pour veau. - D'un autre point aussi je t'amoneste: - Garde toy bien de te grater la teste - Devant les gens tant qu'à table seras. - Puces et poux aussy ne chasseras, - Ni autre beste ou meschante vermine, - Quoyqu'en ton doz ou en ton col chemine. - - * * * * * - - Mais de peter garde qu'il ne t'eschappe, - Retiens ce vent et en dedans l'atrappe, - Ferme le trou, joins les fesses ensemble - Et serre fort, encores qu'il te semble - Que la douleur te deust tant tormenter - Comme une femme approchant d'enfanter: - Car pour un pet ord, puant et infame - Fait à la table, il n'est homme ne femme - Qui ne te dist que tu es à outrance - L'un des plus grands archevilains de France. - J'en dis autant sur ce propos ici - Si tu avoys ocultement vessi: - Car quelque cas que die le stoïque[306], - Le rot, le pet et la vesse impudique - Sont reprouvez en bonne compaignie. - Il n'est celui qui sans honte le nie. - -Nous avons vu plus haut[307] qu'Érasme prêchait une doctrine contraire -à celle qui est si poétiquement exposée ici, et qu'en 1613 encore on -enseignait aux enfants à NE PAS _retenir la ventosité du ventre_. Il -faut dire, à la louange de nos mœurs, qu'au milieu du dix-septième -siècle cette théorie n'était plus en faveur. Je n'en veux pour preuve -que les vers suivants, attribués à Saint-Évremont, et que j'extrais -d'un petit volume rare publié en 1661[308]. - -SUR UN PET QU'UN AMANT FIT EN PRÉSENCE DE SA MAISTRESSE. - - Unique objet de mes désirs, - Philis, faut-il que mes plaisirs - Pour rien se changent en supplices, - Et qu'au mépris de vostre foy - Un pet efface les services - Que vous avez receu de moy? - - Je sçay bien, ô charmant objet, - Que vous avez quelque sujet - D'estre pour moy toute de glace; - Et je confesse ingénûment, - Puisque mon cul fait ma disgrâce, - Qu'elle n'est pas sans fondement. - - Si pourtant cet extrême amour - Dont j'eus des preuves chaque jour - Pour un pet s'est changé en haine, - Vous ne pouviez jamais songer - A rompre une si forte chaisne - Pour aucun sujet plus léger. - - Mon cœur outré de déplaisirs - Estoit gros de tant de soûpirs, - Voyant votre amour si farouche, - Que l'un d'eux se trouva réduit, - Ne pouvant sortir par ma bouche, - A chercher un autre conduit. - - S'il est vray qu'on n'ose nier - La porte à chaque prisonnier - Alors que la Princesse passe, - Ce pet pouvoit avec raison - Vous demander la mesme grâce, - Puisqu'il se voyoit en prison. - - S'il ne s'est pas fort bien conduit, - Qu'il ait fait quelque peu de bruit - Lors qu'il se fraya cette voye, - C'est qu'il estoit si transporté - Qu'il fit en l'air un cry de joye - En recouvrant sa liberté. - - Hélas! quand je viens à songer - A ce sujet foible et léger - Qui cause mon malheur extrême, - Je m'écrie en ma vive ardeur: - Falloit-il me mettre moy-même - Près de vous en mauvaise odeur? - - Si pour un pet fait par hazard, - Vostre cœur où j'ay tant de part - Pour jamais de moy se retire, - Voulez-vous que d'oresnavant - Vous me donniez sujet de dire - Que vous changez au moindre vent? - - -II - -SUR L'ÉPILATION. - - -Clément Marot raille ainsi les barbiers réduits au rôle d'épileurs: - - Povres barbiers, vous estes morfonduz - De veoir ainsi gentilzhommes tonduz - Et porter barbe. . . . . . . . . . . . - . . . . . . . . . Plus comtes ne ducz - Ne peignerez; mais comme gens perduz - Vous en irez besongner chaudement - En quelque estuve, et là gaillardement - Tondre maujoinct et raser priapus[309]. - -Parmi les talents variés que prétend posséder le _Varlet à tout faire_ -de Christophe de Bordeaux[310], figure l'art de manier dextrement le -rasoir: - - Je suis fort bon barbier d'estuves - Pour raser et tondre maujoint. - -La _Chambrière à tout faire_[311] est prête à rendre le même service -aux dames plus réservées. Je suis, dit-elle, - - Fort bonne barbière d'estuves - Pour raser et tondre le cas. - -L'auteur du _Banquet des chambrières_[312] nous introduit dans des -étuves où viennent d'entrer trois jeunes servantes délurées, Perrette, -Alizon et Ysabeau, conduites par une vieille commère, servante comme -elles. Les quatre femmes ont apporté de quoi déjeuner, mais on les -invite à se baigner auparavant: - - Filles, montés sans babiller; - Si vous voulez deshabiller, - Le baing est désormais trop chaud. - -Après le bain, la vieille se rendit dans un petit cabinet où - - Quelque chambrière ou varlet - Luy ratissa d'ung vieil cousteau - Le ventre jusques à la peau. - -Elle fut remplacée par Perrette, puis par Alizon, - - Ausquelles on faucha leur prez. - -Mais Ysabeau avait peur, et refusait de se laisser raser. Elle finit -cependant par céder: - - La vieille ratissa en sorte - Que Babeau cuydoit estre morte. - Mais en fin elle fut moult fière - D'avoir ung si mignon derrière. - -Le poëte, qui n'a pas eu tort de garder l'anonyme, nous apprend -ensuite que Babeau, ayant remis sa chemise, le repas commença: - - La nappe fut près du baing mise, - Le petit banquet appresté. - -Au chapitre des redevances curieuses, Sauval raconte que la comtesse -d'Auge recevait chaque année de ses vassaux un rasoir[313], dont -l'usage n'est d'ailleurs pas indiqué. Il est certain que, dans le -peuple et la bourgeoisie, la mode de l'épilation disparut en même -temps que l'habitude d'aller aux étuves. Un passage des _Facétieuses -paradoxes de Bruscambille_[314], passage que je ne veux pas -reproduire, montre bien qu'au seizième siècle la plupart des femmes -y avaient renoncé. Mais parmi les recherches de la coquetterie à -cette époque, il faut mentionner la coutume de s'épiler les sourcils, -de manière à ne conserver au-dessus des yeux qu'une ligne à peine -visible[315]. - -Dans le grand monde, l'épilation resta en honneur jusqu'à la fin du -dix-huitième siècle. En 1766, quand le duc d'Orléans épousa madame -de Montesson, l'époux reçut la chemise, le soir des noces, avec le -cérémonial usité à la cour. Le marquis de Valençay la présenta, et -le prince, se dépouillant de celle qu'il portait, offrit à tous les -assistants le spectacle d'une épilation complète, suivant les règles -de la plus brillante galanterie du temps. «Les princes et les grands, -ajoute Soulavie[316], ne consommaient des mariages ou ne recevaient -les premières faveurs d'une maîtresse qu'après cette opération -préalable.» - - -III - - -Voici le passage auquel je fais allusion, page 121: - -«Le lendemain, j'entrai chez elle en même temps que sa femme de -chambre; elle fit tirer les rideaux et se leva. Tandis que ma sœur -préparait une chemise, madame, qui se trouvait debout vis à vis de -moi, laissa subitement couler celle qu'elle avait sur le corps, et -resta nue comme une statue de marbre. J'étais interdit et n'osais -lever les yeux sur elle... Quand je fus seul avec ma sœur, je lui -demandai si madame du Châtelet changeait ainsi de chemise devant tout -le monde; elle me dit que non, mais que devant ses gens elle ne se -gênait nullement, et elle m'avertit qu'une autre fois, quand pareille -chose arriverait, je ne fisse pas semblant de m'en apercevoir. - -«Cependant, quelques jours après, au moment où elle était, dans -son bain, elle sonna. Je m'empressai d'accourir dans sa chambre; -ma sœur, occupée ailleurs, ne s'y trouvait point alors. Madame du -Châtelet me dit de prendre une bouilloire qui était devant le feu, et -de lui verser de l'eau dans son bain, parce qu'il se refroidissait. -En m'approchant, je vis qu'elle était nue, et qu'on n'avait point -mis d'essence dans le bain, car l'eau en était parfaitement claire -et limpide. Madame écartait les jambes, afin que je versasse plus -commodément et sans lui faire mal l'eau bouillante que j'apportais. En -commençant cette besogne, ma vue tomba sur ce que je ne cherchais pas -à voir. Honteux et détournant la tête autant qu'il m'était possible, -ma main vacillait et versait l'eau au hasard: «Prenez donc garde, me -dit-elle brusquement d'une voix forte, vous allez me brûler.» Force -me fut d'avoir l'œil à mon ouvrage, et de l'y tenir, malgré moi, plus -longtemps que je ne voulais. - -«Cette aventure me parut encore plus singulière que le changement de -chemise. Je n'étais pas encore familiarisé avec une telle aisance de -la part des maîtresses que je servais... J'ai été à même de juger -que les grandes dames ne regardaient leurs laquais que comme des -automates. Je suis convaincu que madame du Châtelet dans son bain, -en m'ordonnant de la servir, ne voyait pas même en cela une ombre -d'indécence, et que mon individu n'était alors à ses yeux ni plus ni -moins que la bouilloire que j'avais à la main[317].» - -Soulavie[318], de son côté, raconte le fait suivant, bien -invraisemblable de toute manière, et qui ne se concilie guère avec ce -que madame Campan nous dit de la réserve que montra toujours sur ce -point Marie-Antoinette: «Un ecclésiastique remarquable par son âge, -ses vertus et sa réputation dans une des parties de l'art de guérir, -appelé auprès de la Reine, la trouva nue, étendue dans un bain. Le -vieillard recule, elle le rappelle, et il est obligé de lui répondre -et de rester dans une situation où il pouvait admirer le plus beau -corps qu'eût jamais produit la nature.» - - -IV - - -J'ai parlé des colères de l'Église contre l'usage des faux cheveux et -les autres artifices de la coquetterie féminine. Mais les théologiens -s'exprimaient alors en tel style qu'il est difficile, même ici, de -citer la plupart d'entre eux, et en particulier les sermons de Menot -et de Maillard. J'emprunte l'extrait suivant à un moraliste plus -réservé, le brave père Arnoux, chanoine de Riez: - -«Les filles vaines, les femmes hautaines, les veuves mignardes, -les damoiselles pompeuses et les dames superbes, pour punition de -l'ornement débordé qu'elles font à leurs cheveux et déguisement de -leurs sourcilleuses perruques, elles auront la teste pelée, car là -on ne verra plus ces belles perruques, ces cheveux blonds en forme -de casamate sur la teste esparpillez et ondoyans sur ces fronts -emperlez... Et pour punition du desbordement de vos superbes habits, -en enfer vous serez toutes nuës à vostre grande honte et confusion, de -quoy les diables feront de très grandes risées, vous reprochant haut -et clair devant tous toutes vos lubricitez, crimes et paillardises, -et tout ce que vous aurez fait de plus voluptueux et deshonneste, et -découvrant ignominieusement à la veuë de tous tout ce qu'en vostre -corps vous aurez de plus honteux, vous traînant toutes nuës par tout -l'enfer, à la veuë d'un chacun. - -«Ha femmes! ha filles! ha damoiselles! ha mes dames que ne pensez-vous -à cela? Hélas, vous estes si vergongneuses et craignez tant la honte, -que pour rien au monde vous ne voudriez permettre qu'un homme vous -vist nuës une seule fois, et fut-il celuy que vous estimez qui vous -ayme le plus; et cependant vous n'avisez pas que pour punition de vos -vanitez et débordemens, mille et autres mille fois on vous traînera -nuës par tout l'enfer, non devant un homme, mais devant cent mille qui -à gorge déployée se mocqueront et riront de vous, voyant vos hontes -et vergongnes. De quelle confusion serez-vous saisies quand vous vous -verrez ainsi traînées toutes nuës, monstrant à découvert tout ce que -vous aurez de plus honteux, et menées en tel équipage par tout l'enfer -mille et mille fois le jour, avec le fanfare des trompettes que les -diables sonneront avec grandes risées et mocqueries, et criant: -Voyez, voyez, voicy la paillarde, voicy la p....n, voicy telle dame de -tel lieu, la nommant par son propre nom et surnom, laquelle tant et -tant de fois a paillardé, disant le nombre, avec un tel, et tant avec -un tel, et plusieurs fois avec beaucoup d'autres; voicy la paillarde, -voicy la p....n, venez, venez la voir! - -«Et alors, cent mille et autres cent mille, qui très bien te -cognoistront, puis tous tes parens, ton père, ta mère, ton mary, et -tous tes voisins passionnez d'une haine mortelle à l'encontre de toy, -accourront te voir pour se rire et se mocquer de toy, disant l'un à -l'autre, la voilà la p....n! la voilà! Puis, s'accordans avec les -diables pour entièrement te confondre, tous ensemble crieront: Voicy -la paillarde, voicy la p....n, qu'elle soit donc tourmentée; sus, sus -les diables! sus démons, sus! sus furies infernales! jetez-vous sur -cette p....n, et qu'on luy rende autant de tourmens et de supplices -qu'elle a eu de plaisirs en sa vie! - -«Femmes, ce n'est pas moy, mais c'est sainct Jean l'Évangéliste, qui -dit en son Apocalypse cela estre très véritable[319].» - - - - -NOTES: - -[1] LARIVEY, _Les tromperies_, scène 4. - -[2] «Sanis autem, et maxime juvenibus, tardius concedatur.» - -[3] Dom CALMET, _Commentaire sur la règle de saint Benoît_, t. I, p. -563. - -[4] Dom CALMET, _Commentaire sur la règle de saint Benoît_, t. II, p. -260. - -[5] Dom CALMET, _Commentaire sur la règle de saint Benoît_, t. II, p. -236. - -[6] «Lotis manibus et facie, cum tria manutergia pendeant simul -in claustro, non tergit ad aliud quam quod suis similibus est -deputatum, quia unum est pueris, alterum cantoribus, tertium idiotis.» -_Antiquiores consuetudines Cluniacensis monasterii_, lib. II, cap. X, -p. 62. - -[7] _Commentaire_, etc., t. II, p. 275 et 276. - -[8] CLAUDE DE VERT, _Explication des cérémonies de l'Église_, t. II, -p. 370. - -[9] Voy. les _Mémoires de la duchesse de Mazarin_, dans les Œuvres de -SAINT-RÉAL, t. III, p. 578. - -[10] Tome I, p. 487. - -[11] Voy. J.-B. ALEGIANI, _Abrégé de la vie de B. Labre_, p. 48.— -MARCONI, _Vie de B. Labre_, p. 127. - -[12] JAILLOT, _Recherches sur Paris_, quartier de la Cité, p. 26. - -[13] Archives de Saint-Martin des Champs, citées par JAILLOT, quartier -Saint-Martin, p. 15. - -[14] JAILLOT, quartier Saint-Jacques-la-Boucherie, p. 65. - -[15] JAILLOT, quartier Saint-Denis, p. 37. - -[16] JAILLOT, quartier Sainte-Opportune, p. 10. - -[17] JAILLOT, quartier Saint-Benoît, p. 103. - -[18] JAILLOT, quartier Saint-André, p. 46. - -[19] JAILLOT, quartier Saint-André, p. 48. - -[20] JAILLOT, quartier Saint-Martin, p. 15. - -[21] _Lévitique_, chap. XV. - -[22] Censier, cité par JAILLOT, quartier de la Cité, p. 155. - -[23] Alors _rue des Estuves_. - -[24] Alors _rue de Vernueil_. - -[25] Alors _rue Aussel d'Argenteuil_. - -[26] Jour. - -[27] Sans différer. - -[28] Voy. dans cette collection le volume intitulé: _L'annonce et la -réclame_. - -[29] Titre LXXIII. - -[30] Article 1. - -[31] Article 2. - -[32] Article 4. - -[33] Manuscrit du fonds de Saint-Germain, cité par V. GAY, _Glossaire -archéologique_, p. 105. - -[34] Serment. - -[35] Article 4. - -[36] Il se trouve seulement dans le manuscrit le moins ancien du -_Livre des métiers_. - -[37] Article 4. - -[38] Article 6. - -[39] Article 5. - -[40] _Les cent et sept cris, que l'on crie journellement à Paris_, -etc., 1545, in-12. - -[41] _Chroniques_, liv. II, chap. CLXIII; édit. Buchon, t. II, p. 215. - -[42] Voy. le _Glossaire archéologique_ de GAY, p. 104. - -[43] DOUËT-D'ARCQ, _Comptes de l'hôtel_, p. 353 et 390. - -[44] DOUËT-D'ARCQ, _Comptes de l'argenterie_, p. 230 et 350. - -[45] Inventaire publié par J. Labarte, p. 75, 184 et 199. - -[46] Firent grande chère. - -[47] Maîtresse du Roi. - -[48] _Chronique_, édit. MICHAUD, 1re série, t. IV, p. 280 et 281. - -[49] Voy. entre autres, dans les _Cent nouvelles nouvelles_, les -contes I et III. - -[50] Il ne faut pas oublier que la Cité finissait alors à peu près à -l'endroit où s'élève aujourd'hui le grand escalier du Palais, sur la -rue de Harlay. - -[51] _Antiquités de Paris_, t. II, p. 273, 274 et 280. - -[52] Édition de 1731, t. VI, p. 257. - -[53] Voy. TALLEMANT DES RÉAUX, _Historiettes_, t. I, p. 147. - -[54] _La ruelle mal assortie_, dans le _Nouveau recueil des pièces les -plus agréables de ce temps_, p. 114. - -[55] _La contenance de la table_, in-8º goth. de 8 pages. - -[56] «Si quid in solum dejectum est, emuncto duobus digitis naso, mox -pede proterendum est.» _De civilitate morum_, p. 12. - -[57] _Historiettes_, t. I, p. 493. - -[58] _Le voyageur à Paris, tableau pittoresque et moral de cette -capitale_, t. II, p. 95. - -[59] «Subinde scabere caput apud alios parum decet.» P. 22. - -[60] Page 44. - -[61] Page 26. - -[62] _Journal de Jean Héroard_, t. I, p. 386.—Sur ce sujet, voy. aussi -TALLEMANT DES RÉAUX, t. I, p. 37, et le _Journal de la santé de Louis -XIV_, p. 329. - -[63] _Historiettes_, t. I, p. 8. - -[64] _Aventures du baron de Fæneste_, liv. IV, chap. VII. - -[65] Sœur. - -[66] Aurez. - -[67] Mal couverte. - -[68] Querelleuse. - -[69] Tome I, p. 171. - -[70] _Le procès des femmes et des pulces_. Paris, in-8º goth. - -[71] Paris, 1539, in-32, p. 18. - -[72] Voy. B. DE MONTFAUCON, _Monumens de la monarchie françoise_, t. -V, p. 314. - -[73] Dans le _Nouveau recueil des pièces les plus agréables de ce -temps_, p. 1 et suiv. - -[74] Pages 15 à 17. - -[75] Les actes officiels les nomment dans la suite _Barbiers_, -_Perruquiers_, _Baigneurs_, _Étuvistes_. - -[76] Bibliothèque nationale, manuscrits Delamarre, Arts et métiers, t. -II, fº 112. - -[77] J. B. DE LA SALLE, _Les règles de la bienséance et de la civilité -chrétienne_, p. 11. - -[78] _Mémoires_, édition PETITOT, t. XXXVI, p. 354, et t. XXXIX, p. -384. - -[79] _Journal de la santé de Louis XIV_, p. 320. - -[80] TALLEMANT DES RÉAUX, t. I, p. 112, et t. IX, p. 370. - -[81] Pages 10 à 15. - -[82] _Nouveau traité de la civilité qui se pratique en France parmi -les honnestes gens_, par Ant. DE COURTIN, 1675, in-12. Je cite la -huitième édition, imprimée en 1695. - -[83] Page 75. - -[84] Page 263. - -[85] Voy. aussi l'_Histoire de la coiffure des dames en France_, par -G. D'ÈZE et A. MARCEL, qui vient de paraître chez Ollendorff. - -[86] _Galonner_ la barbe ou les cheveux, c'était les diviser en -plusieurs touffes autour desquelles on enroulait des fils d'or ou -d'argent. Le sens actuel du mot galonner est venu de là. On nommait -_gallon_ l'instrument employé pour galonner la barbe ou la chevelure. - -[87] TALLEMANT DES RÉAUX, t. II, p. 246. - -[88] Dans Éd. FOURNIER, _Variétés historiques_, t. X, p. 29. - -[89] Tome VII, p. 164. - -[90] Tome II, p. 23. - -[91] Voy. MÉNAGE, _Dictionnaire étymologique_, édit. de 1750, au mot -_Cadenette_; et TALLEMANT DES RÉAUX, t. Ier, p. 399. - -[92] Page 17. - -[93] _Vers à la Fronde sur la mode des hommes._ - -[94] _La pompe funèbre de Voiture_, dans les _Œuvres_ de Sarazin, -édit. de 1696, p. 259. - -[95] C'était là un usage déjà ancien, car on lit dans la _Description -de l'isle des Hermaphrodites_: «Quand cela estoit parachevé, il en -venoit un autre (_un homme_) ayant en la main un petit pinceau de fer, -duquel il se servoit pour tirer l'abondance des poils des sourcils, et -n'y laisser qu'un traict fort délié pour faire l'arcade.» Page 10. - -[96] _Dictionnaire de Trévoux_, édit. de 1771. - -[97] _Diverses leçons_ [1625], liv. Ier, chap. XXI; t. II, p. 141 et -148. - -[98] Voy. _Les hommes illustres_ de PERRAULT, édit. de 1696. - -[99] CLÉMENT d'Alexandrie, _Pædagogus_, lib. III, cap. XI. - -[100] TERTULLIEN, _De cultu feminarum_, lib. II, cap. VII.—M. -Quicherat, qui traduit inexactement ce passage, en tire la conclusion -inexacte que l'exploitation des têtes vivantes n'était pas alors -pratiquée. Voy. son _Histoire du costume_, p. 189. - -[101] Édit. Lalanne, t. VIII, p. 35. - -[102] Édit. Téchener, t. I, p. 148. - -[103] Edit. elzévirienne, t. II, p. 292.—Voyez aussi la _Description -de l'isle des Hermaphrodites_, p. 114. - -[104] L'auteur n'a pas osé dire: par courtisanerie. - -[105] J. B. THIERS, _Histoire des perruques_, p. 28. - -[106] _Mœurs des François_, p. 233. - -[107] _Lettres historiques_, 13 août 1673, t. I, p. 396. - -[108] _Journal_, 27 novembre 1687, t. II, p. 71. - -[109] Tome II, p. 40. - -[110] Comte D'HÉSECQUES, _Souvenirs d'un page_, p. 152. - -[111] Binet demeurait rue des Petits-Champs. Legrain, premier barbier -de Monsieur, logeait au Palais-Royal. - -[112] TRABOUILLET, _État de la France pour 1712_, t. Ier, p. 255, 258, -262 et 307. - -[113] _Journal de la santé de Louis XIV_, p. 261, 304, 311, 331, 335 -et 338. - -[114] _Encyclopédie méthodique_, Arts et métiers, t. VI, p. 259. - -[115] NICOLAS DE BLEGNY, _Le livre commode pour 1692_, t. II, p. 41. - -[116] Voy. SAVARY, _Dictionnaire du commerce_, t. Ier, p. 746. - -[117] _Lettre d'un Sicilien_, édit. V. Dufour, p. 42. - -[118] Terminée par une longue boucle entre deux nœuds. - -[119] Chiffres de renvois de la gravure ci-contre: - -Fig. 1-2, intérieur et extérieur d'une perruque en bonnet. - -— 3-4, intérieur et extérieur d'une perruque à bourse.—A, la bourse. -BB, les jarretières. - -— 5-6, intérieur et extérieur d'une perruque à nœuds.—AA, les nœuds. -B, le boudin. - -— 7, nœud de la même perruque. - -— 8, boudin. - -— 9, bourse à rosette.—BB, les cordons. - -— 10-11, intérieur et extérieur d'une perruque naissante. - -— 12-13, intérieur et extérieur d'une perruque d'abbé.—AA, la tonsure. - -— 14-15, intérieur et extérieur d'une perruque à la brigadière.—AA, -les boudins. B, la rosette. - -— 16, boudins de la même perruque. - -— 17, rosette.—AA, les cordons. - -[120] _Le mode françois_, p. 418. - -[121] Voy. BONAV. D'ARGONNE, _Mélanges de littérature_, t. III, p. -443.—_Dictionnaire de Trévoux_, t. II, p. 444. - -[122] _Chronique_, liv. I, année 1417; édit. Douët-d'Arcq, t. III, p. -228. - -[123] Édit. de 1881, tome II, p. 275. - -[124] Repoussait. - -[125] _Journal sur l'enfance et la jeunesse de Louis XIII_, t. I, p. -181. - -[126] _Journal sur l'enfance et la jeunesse de Louis XIII_, t. I, p. -221. - -[127] Voy. TH. RAYNAUD, _De pileo_, dans Grævius, _Thesaurus -antiquitatum_, t. VI, p. 1230. - -[128] Voy. _Extrait inédit des mémoires du baron de Breteuil_, dans -Éd. FOURNIER, _Variétés historiques_, t. X, p. 107. - -[129] _Les bienséances de la conversation entre hommes_, p. 10. - -[130] Antoine DE COURTIN, édition de 1695, p. 126. - -[131] Abbé DE BELLEGARDE, _Modèles de conversations pour les personnes -polies_ (1723), p. 484. - -[132] _Mémoires_, 28 août 1738; t. II, p. 201. - -[133] J. B. DE LA SALLE, _Les règles de la bienséance et de la -civilité chrétienne_, p. 54. - -[134] _Histoire amoureuse des Gaules_, édit. elzévir, t. Ier, p. 47. - -[135] _Traité de la civilité_, p. 19 et 21. - -[136] _La contre-mode_, p. 78 et suiv. - -[137] _Traité de la civilité_, p. 104. - -[138] Antoine DE COURTIN, p. 14 et 104. - -[139] _Mémoires de Sully_, édit. de l'abbé de l'Écluse, t. II, p. 603. - -[140] _Mémoires de Loménie de Brienne_, t. II, p. 168. - -[141] Voy. le _Dictionnaire de Trévoux_, t. VII, p. 517. - -[142] Duc DE LUYNES, _Mémoires_, 27 décembre 1735; t. I, p. 55. - -[143] Duc DE LUYNES, _Mémoires_, 18 octobre 1736; t. I, p. 112. - -[144] Voy. une lettre de mad. DE SÉVIGNÉ du 26 mai 1683, t. VII, p. -238. - -[145] Mad. DE GENLIS, _Étiquette de la cour_, t. I, p. 187. - -[146] Le placet était un large tabouret. J. Nicot le définit ainsi: -«Façon de petit siége sans dossier ni accoudoir.» (_Thrésor de la -langue françoise_, édition de 1621, p. 483.) On trouve un de ces -siéges représenté dans les _Blasons domestiques_ de Gilles CORROZET, -édit. de 1539. On enviait fort le droit au placet à l'époque où -l'étiquette de la cour tenait assises par terre les plus grandes -dames. Le placet est encore cité dans _le Lutrin_: - - En achevant ces mots, cette amante enflammée - Sur un placet voisin tombe demi pâmée. - - (CHANT II.) - -[147] _Nouvelles tragi-comiques_, édit. de 1727, t. II, p. 96. - -[148] Acte II, sc. 1. - -[149] MOLIÈRE, _l'Impromptu de Versailles_, remercîment au Roi. - -[150] _Lettres_, t. III, p. 219. - -[151] Paris, 1639, in-12. Réimprimé en 1681. - -[152] Paris, 1675, in-12, p. 352. - -[153] _Mémoires de Grammont_, chap. III. - -[154] Louis GUYON, _Diverses leçons_ (1625), t. II, p. 138, liv. I, -ch. XX. - -[155] Voir le _Journal d'Héroard_, t. I, p. 49 et 380. - -[156] A la tempe. - -[157] TALLEMANT DES RÉAUX, _Historiettes_, t. IV, p. 335. - -[158] _La contre-mode_ (1642), p. 373. - -[159] Page 27. - -[160] _Suite des maximes morales et chrestiennes_, p. 22. - -[161] _Recueil de pièces en prose les plus agréables de ce temps_, p. -16. - -[162] _Mémoires de madame la duchesse de Mazarin_, dans les Œuvres de -Saint-Réal, t. III, p. 577. - -[163] Voy. _La faiseuse de mouches_, dans le recueil cité ci-dessus. - -[164] _La mouche et la fourmi_, liv. IV, fable 3. - -[165] _Livre commode_, t. II, p. 76. - -[166] Madame de GENLIS, _Mémoires_, t. IX, p. 222. - -[167] Madame de GENLIS, _Dictionnaire des étiquettes_, t. I, p. 406. - -[168] D'AUBIGNÉ, _Tragiques_, liv. II, édit. Réaume et de Caussade, t. -IV, p. 94. - -[169] Poudre parfumée. - -[170] _Description de l'isle des Hermaphrodites_, édit. de 1724, p. 10. - -[171] _Journal du règne de Henri IV_, 8 décembre 1593. - -[172] André Boullanger, religieux Augustin. - -[173] TALLEMANT DES RÉAUX, t. IV, p. 333. - -[174] _Le satyrique de la court_ (1624), dans Éd. FOURNIER, _Variétés -historiques_, t. III, p. 253. - -[175] L. GUYON, _Diverses leçons_, t. II, p. 137. - -[176] Madame DE GENLIS, _Dictionnaire des étiquettes_, t. II, p. 68. - -[177] _Vers à la Fronde sur la mode des hommes._ - -[178] _Vengeance des femmes contre les hommes, satyre nouvelle contre -les petits-maîtres_, 1704, in-8º. - -[179] Voir un arrêt du 4 juillet 1689, rendu contre Jean Fournereau -et Jean Furon, marchands merciers, chez qui on avait saisi «un grand -mortier et quatre tamis à battre et passer la poudre à poudrer les -cheveux».—Un autre arrêt, daté du 9 juillet 1715, est plus explicite -encore. - -[180] Voir un arrêt du 18 mai 1726, qui confirme le droit accordé aux -barbiers par leurs statuts de «faire fabriquer chez eux des poudres, -savonnettes, opiats, essences, quintessences, pâtes, etc.», mais à la -condition que tous ces produits seront «pour leur usage particulier et -consommés dans leurs boutiques et maisons, sans qu'il leur soit permis -d'en pouvoir vendre et débiter, ni même d'en faire étalage à leur -boutique.» - -[181] L'article 33 des statuts des amidonniers-cretonniers leur -interdit de vendre l'amidon en poudre, leur défend même d'«avoir aucun -outil ou ustensile propre à réduire l'amidon en poudre». - -[182] MERCIER, _Tableau de Paris_, ch. CVII, t. V, p. 131. - -[183] _Le mode françois_, p. 419. - -[184] Voir MERCIER, _Tableau de Paris_, t. I, p. 100.—«Tel aristocrate -dépensait en farine autant pour ses cheveux que pour son estomac.» -_Nouveau Paris_, t. II, p. 156. - -[185] _État de la France en 1789_, p. 510. - -[186] _Histoire du costume en France_, p. 619. - -[187] _Statuts et règlemens pour la communauté des -Barbiers-Perruquiers-Baigneurs-Étuvistes de la ville, fauxbourgs et -banlieuë de Paris._ In-4º. Souvent réimprimés. - -[188] Article 1. - -[189] Article 3. - -[190] Article 9. - -[191] Article 8. - -[192] Voy. dans cette collection: _L'annonce et la réclame_. - -[193] Bibliothèque nationale, manuscrits DELAMARRE, _Arts et métiers_, -t. IV, p. 59. - -[194] Article 44. - -[195] Article 46. - -[196] Article 14. - -[197] Elles étaient autorisées à continuer le commerce de leur mari. - -[198] Article 17. - -[199] Article 48. - -[200] Arrêt du 29 novembre. - -[201] Arrêt du 16 septembre.—C'est encore le chiffre que fournit -Savary en 1740. Voy. _Dictionnaire du commerce_, t. II, p. 424. - -[202] Article 26. - -[203] Article 28. - -[204] Articles 29, 30, 39. - -[205] Article 55. - -[206] Article 47. - -[207] Article 54. - -[208] Article 42. - -[209] Article 60. - -[210] Article 58. - -[211] Article 59. - -[212] Voy. FORGEAIS, _Numismatique des corporations_, p. 93. - -[213] Article 21. - -[214] Aujourd'hui rue Nicolas-Flamel. - -[215] Aujourd'hui rue Chapon. - -[216] DE FRANQUEVILLE, _Le miroir de l'art et de la nature_, p. 197. - -[217] Tome I, p. 183. - -[218] SAUVAL, _Antiquitez de Paris_, t. II, p. 146 et 245. - -[219] _Mémoires sur la vie de madame de Sévigné_, t. II, p. 39. - -[220] «Je suis trop raisonnable pour trouver étrange que, la veille -d'un départ, on couche chez des baigneurs.» _Lettre de madame de -Sévigné à Bussy_, 26 juin 1655. - -[221] Acte I, scène 5. - -[222] _Mémoires_, édition de 1881, t. I, p. 499. - -[223] La Vienne, devenu gentilhomme ordinaire de la maison du Roi, -mourut en 1710, à l'âge de quatre-vingts ans. Il fut remplacé par son -fils Champcenetz, qui avait depuis longtemps la survivance de cette -charge. Voy. le _Journal_ de Dangeau, 13 mars 1702, t. VIII, p. 351; -et 12 août 1710, t. XIII, p. 225. - -[224] _État de la France pour 1672_, t. I, p. 92. - -[225] _Le livre commode pour 1692_, t. I, p. 182. - -[226] HURTAUT et MAGNY, _Dictionnaire historique de Paris_, t. I, p. -513 et 517. - -[227] Madame de GENLIS, _Mémoires_, t. I, p. 256. - -[228] MEURISSE, _L'art de saigner_, p. 382. - -[229] Comte de REISET, _Livre-Journal de madame Éloffe_, t. I, p. 250. - -[230] Madame CAMPAN, _Mémoires_; éclaircissements historiques, t. II, -p. 323. - -[231] Madame CAMPAN, _Mémoires_, ch. IV, t. I, p. 104. - -[232] Voir une curieuse anecdote racontée par LONGCHAMP et WAGNIÈRE, -_Mémoires sur Voltaire_, t. II, p. 119 et suiv. - -[233] Tome I, p. 128. - -[234] Édit. elzévirienne, p. 196. - -[235] JÈZE, _État ou tableau de la ville de Paris_, p. 336. - -[236] Paris, 1754, in-8º, p. 187. - -[237] THIÉRY, _Guide des amateurs et des étrangers_, t. II, p. 136. - -[238] Voy. les _Mémoires secrets_ dits de Bachaumont, 18 juin et 16 -juillet 1785, et 10 septembre 1786; t. XXIX, p. 79 et 121; t. XXXIII, -p. 19. - -[239] THIÉRY, _Guide des amateurs et des étrangers_, t. II, p. 133 et -suiv. - -[240] Voy. _l'Encyclopédie méthodique_, arts et métiers, t. VI, p. -311.—Voici l'explication des lettres de renvoi qui figurent sur la -planche ci-contre: - - FF passages, - GG escaliers pour monter au premier, - H aisances, - M chambres de bains, - N chambres à lit, - O chaudière, - R fourneau, - S dessous du fourneau, - T baignoires, - V lits, - XX réservoirs, - c logement du concierge, - dd lingerie des hommes, - gg lingerie des femmes, - hh fond du bateau. - -[241] THIÉRY, _Guide des amateurs_, etc., t. I, p. 286; t. II, p. 593 -et 595. - -[242] _Historiettes_, t. V, p. 412. - -[243] _Muze historique_ du 12 novembre 1658. - -[244] Après sa mort, une comédie, intitulée _Champagne le Coiffeur_, -fut représentée sur le théâtre du Marais. Elle a été publiée en 1663. - -[245] Tome II, p. 117. - -[246] _Lettre_ du 4 avril 1671; t. II, p. 143. - -[247] Tome II, p. 41. - -[248] Voy. madame de GENLIS, _Mémoires_, t. II, p. 224. - -[249] Il finit aussi malheureusement que Champagne. Il mourut étouffé, -en 1770, aux fêtes données à l'occasion du mariage du Dauphin. Voir -les _Mémoires secrets_ dits de Bachaumont, 4 juin 1770, t. XIX, p. 187. - -[250] Il avait été cuisinier chez le marquis de Bellemare; c'est -Legros lui-même qui nous l'apprend, et il ajoute: «J'ai fait un livre -de cuisine qui n'est point imprimé, parce que je n'ai point encore eu -le temps de le finir.» - -[251] _Pour les Coëffeurs de dames de Paris contre la communauté des -maîtres Barbiers-Perruquiers-Baigneurs-Étuvistes._ - -[252] _Mémoires secrets_, t. IV, p. 184. - -[253] _Mémoires secrets dits de Bachaumont_, 5 septembre 1777, t. X, -p. 213.—La somme de six cents livres fut réduite à trois cents par -arrêt du conseil du 9 avril 1778. Voy. _Recueil de règlemens pour les -corps et communautés d'arts et métiers_, 1779, in-4º, p. 193 et 248. - -[254] Paris, 1777, Supplément, p. 15. - -[255] Voy. les gravures de modes conservées à la Bibliothèque de la -Ville de Paris et à la Bibliothèque nationale; et, pour les années -1785 à 1788, le _Magasin des modes_. - -[256] _Modèles de conversations pour les personnes polies_, p. 454. - -[257] 26 avril 1774, t. VII, p. 165. - -[258] _Quatrième mémoire à consulter_, p. 111. - -[259] Voir la _Correspondance secrète_ de Métra, 9 janvier 1775, t. I, -p. 158. - -[260] _Les panaches ou les coëffures à la mode_, comédie en un acte. -Paris, 1778, in-8º. - -[261] _Mémoires_, ch. IV, t. I, p. 96. - -[262] BACHAUMONT, 6 novembre 1778, t. XII, p. 154. - -[263] «Il est de la modestie et de l'honnêteté de ne pas toucher ses -cheveux sans nécessité. C'est pourquoi il n'y faut mettre que très-peu -de poudre, parce que la trop grande quantité engendre de la vermine, -qui engage quelquefois les jeunes gens à imiter certaines dames qui -frappent la tête avec le doigt dans les endroits où cette vermine se -fait sentir.» J. B. DE LA SALLE, _Règles de la bienséance_, p. 8. - -[264] MERCIER, _Tableau de Paris_, chap. CCCXXXIX, t. IV, p. 212. - -[265] On appelait _marron_ une grosse boucle de cheveux ordinairement -nouée avec un cordon. _Marronner_, c'était friser à grosses boucles; -le mot est dans Littré. - -[266] _Mémoires d'un voyageur qui se repose_, t. III, p. 42. - -[267] MERCIER, _Tableau de Paris_, t. II, p. 192. - -[268] _Tableau de Paris_, t. VI, p. 46. - -La gravure de Cochin, que nous reproduisons ci-contre, prouve que -toutes les boutiques de barbiers ne ressemblaient pas à celle décrite -par Mercier. Voici l'explication des lettres de renvoi: - - _a_, garçon occupé à faire la barbe. - _b_, garçon occupé à accommoder une perruque. - _c_, une femme occupée à tresser. - _d_, deux ouvriers occupés à monter des perruques. - _e_, un ouvrier occupé à faire chauffer des fers à friser. - _f_, particulier qui ôte la poudre de dessus son visage. - -[269] 26 juin 1780, t. XV, p. 210. - -[270] _Mémoires_, chap. IV, t. I, p. 100. - -[271] Duc DE CHOISEUL, _Relation du départ de Louis XVI_, p. 69 et -suiv. - -[272] _Libellus de moribus in mensa servandis, Joanne Sulpitio -Verulano authore. Cum familiarissima et rudi juventuti aptissima -elucidatione gallicolatina Gulielmi Durandi._ Comme tous les traités -de civilité, celui-ci est d'une extrême rareté. L'édition dont je me -suis servi est celle de 1577 (Paris, Buon, in-12). - -[273] _Coma._ - -[274] _Scabies._ - -[275] La première édition de ce livre parut à Bâle en 1530, sous ce -titre: _De civilitate morum puerilium, per Des. Erasmum nunc primum et -conditus et æditus._ - -[276] _Declamation contenant la manière de bien instruire les enfans -dès leur commencement. Avec un petit traicté de la civilité puérile._ -Le tout translaté nouvellement de latin en françois par Pierre SALIAT. -Paris, Simon de Colines, 1537, in-12. - -[277] Le mot _aucunement_ signifiait alors un peu, en quelque façon, -etc. C'est la traduction littérale du latin _aliquatenus_. - -[278] _Catoblepæ_, petits animaux originaires d'Éthiopie, et dont le -regard tue; aussi ont-ils soin de tenir toujours la tête baissée. -C'est Pline qui affirme tout cela (lib. VIII, cap. XXXII). - -[279] Le derrière de la tête. Le texte porte _sufficare occipitium_. - -[280] _Motacillarum_, des hochequeue. - -[281] Lieux d'aisances. - -[282] C'est la traduction brutale mais exacte du mot _oletum_. - -[283] _La civile honesteté pour les enfans_, par C. CALVIAC. Paris, -1560, in-12.—Calviac ne cite pas le nom d'Érasme, et on l'a jusqu'ici -regardé comme l'auteur de cette plaquette très-rare, dont un -exemplaire a été vendu 505 francs à la vente Pichon. C'est la première -Civilité qui ait été imprimée avec les caractères dits _de civilité_. - -[284] _La civilité morale des enfans, composée en latin par Érasme, -traduicte en françois par Claude Hardy, parisien, eagé de neuf ans._ -Paris, Jean Sara, 1613, in-8º.—La dédicace au Roi se termine ainsi: -«Depuis que j'ay eu le bon-heur d'avoir, par un heureux rencontre, -parlé à vostre Majesté dedans vostre jardin des Thuilleries, par deux -diverses fois, et après avoir remarqué tant de rares perfections que -le ciel prodigue a thesaurisé en vostre personne, j'ay mille fois -pensé combien est heureuse la condition de ceux qui sont proches de -vous, et sont employez à vostre service, sans esperer jamais de ma -bonne fortune autre chose, sinon que d'avoir l'heur d'estre recongneu -de vous comme celuy qui desire estre toute sa vie, Sire, de vostre -royale Majesté, tres-humble serviteur et subjet, CLAUDE HARDY.» - -[285] Voy. l'_Heautontimorumenos_. - -[286] «Lotium remorari valetudini perniciosum, secreto reddere -verecundum. Sunt qui præcipiant ut puer, cumpressis natibus, ventris -flatum retineat. Atqui civile non est, dum urbanus videri studes, -morbum accersere. Si licet secedere, solus id faciat; sin minus, -juxta vetustissimum proverbium tussi crepitum dissimulet. Alioqui cur -non eadem opera præcipiunt ne alvum dejiciant, quum remorari flatum -periculosius sit quam alvum stringere?» - -[287] Voy. l'_Eunuque_. - -[288] Je ne donne aucun extrait de l'ouvrage suivant, qui n'est qu'une -mauvaise imitation d'Érasme: _La civilité honneste pour l'instruction -des enfans. En laquelle est mis au commencement la manière d'apprendre -à bien lire, prononcer et escrire. A Paris, par Pierre Ménier, portier -de la porte Sainct Victor._ 1625, in-12. - -[289] Dès 1685, cet ouvrage avait eu huit éditions. Il n'en est pas -moins rare. - -[290] Les sonnettes mises en mouvement par des fils de fer ne -remontent pas au delà du règne de Louis XV; mais on avait depuis -longtemps dans les appartements des timbres et des sonnettes posées -sur les tables. - -[291] Le ruisseau étant au milieu de la rue, la politesse voulait que -l'on abandonnât la partie de la chaussée qui bordait les maisons. -C'est ce que l'on appelait _céder le haut du pavé_. - -[292] Souvent réimprimée. - -[293] Dépense en habits, penchant à se vêtir richement. - -[294] Voy. ci-dessus, p. 190. - -[295] Ouvrage qui a eu un nombre considérable d'éditions, et qui se -réimprime encore aujourd'hui. - -[296] Il ne faut pas oublier que l'auteur était «prêtre, docteur en -théologie, et instituteur des Frères des écoles chrétiennes». - -[297] _Pantagruel_, liv. II, chap. XVI. - -[298] Ayant droit de s'asseoir. - -[299] Il y a dans le texte: «Anzi porta una capigliata finta, per il -più tutta ricca e bella.» - -[300] Voyez ci-dessus, p. 26 et suivantes. - -[301] Il y a dans le texte: _Iveram redditum urinam_. - -[302] _Non ausim dicere sine præfatione honoris._ - -[303] _Usui est ad tergendum nates in latrina._ - -[304] _Deinde egressus cubiculo, descendi infra, urinam in aera -reddidi ad parietem._ - -[305] Voyez ci-dessus, p. 163. - -[306] Quoi qu'en disent les stoïciens. - -[307] Pages 28 et 179. - -[308] _Recueil de poësies de divers autheurs._ In-18. Deuxième partie, -p. 4. - -[309] Édition de 1731, t. VI, p. 257. - -[310] _Anciennes poésies françoises_ (bibliothèque elzévirienne), t. -I, p. 84. - -[311] _Anciennes poésies françoises_, t. I, p. 103. - -[312] _Ibid._, t. II, p. 284. - -[313] _Antiquitez de Paris_, t. II, p. 465. - -[314] Rouen, 1615, in-18, p. 24. - -[315] Voy. A. D'EMBRY, _Description de l'isle des hermaphrodites_, p. -10, et GABRIEL DE MINUT, _De la beauté_, p. 145. - -[316] _Mémoires du règne de Louis XVI_, t. II, p. 99. - -[317] LONGCHAMP et WAGNIÈRE, _Mémoires sur Voltaire_, t. II, p. 119 et -suiv. - -[318] _Mémoires du règne de Louis XVI_, t. VI, p. 9. - -[319] _Les merveilles de l'autre monde_, 1665, in-18, p. 65. - - - - -TABLE DES MATIÈRES - - Page - - I 1 - - II 44 - -III 105 - -ÉCLAIRCISSEMENTS 163 - - I EXTRAIT DE LA CIVILITÉ DE JEAN SULPICE 163 - - II EXTRAIT DE LA CIVILITÉ D'ÉRASME 165 - - III EXTRAIT DE LA CIVILITÉ D'ÉRASME 169 - - IV EXTRAIT DE LA CIVILITÉ D'ÉRASME 173 - - V EXTRAIT DU Nouveau Traité de la civilité qui se pratique - en France parmi les honnestes gens 182 - - VI EXTRAIT DE La civilité puérile et honneste, dressée par - un missionaire 193 - - VII EXTRAIT DES Règles de la bienséance et de la civilité - chrétienne 199 - -INDEX ALPHABÉTIQUE 209 - -ADDITIONS 221 - -APPENDICE 1 - - I EXTRAIT DE LA Civilité DE JEAN SULPICE 6 - - II SUR L'ÉPILATION 9 - - III 12 - - IV 14 - - - - - -End of the Project Gutenberg EBook of La vie privée d'autrefois : Arts e - métiers : modes, moeurs, usages d, by Alfred Franklin - -*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK LA VIE PRIVÉE D'AUTREFOIS : *** - -***** This file should be named 56072-0.txt or 56072-0.zip ***** -This and all associated files of various formats will be found in: - http://www.gutenberg.org/5/6/0/7/56072/ - -Produced by Isabelle Kozsuch, Christian Boissonnas and the -Online Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net -(This file was produced from images generously made -available by The Internet Archive/Canadian Libraries) - - -Updated editions will replace the previous one--the old editions will -be renamed. - -Creating the works from print editions not protected by U.S. copyright -law means that no one owns a United States copyright in these works, -so the Foundation (and you!) can copy and distribute it in the United -States without permission and without paying copyright -royalties. 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Redistribution is subject to the -trademark license, especially commercial redistribution. - -START: FULL LICENSE - -THE FULL PROJECT GUTENBERG LICENSE -PLEASE READ THIS BEFORE YOU DISTRIBUTE OR USE THIS WORK - -To protect the Project Gutenberg-tm mission of promoting the free -distribution of electronic works, by using or distributing this work -(or any other work associated in any way with the phrase "Project -Gutenberg"), you agree to comply with all the terms of the Full -Project Gutenberg-tm License available with this file or online at -www.gutenberg.org/license. - -Section 1. General Terms of Use and Redistributing Project -Gutenberg-tm electronic works - -1.A. By reading or using any part of this Project Gutenberg-tm -electronic work, you indicate that you have read, understand, agree to -and accept all the terms of this license and intellectual property -(trademark/copyright) agreement. 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INDEMNITY - You agree to indemnify and hold the Foundation, the -trademark owner, any agent or employee of the Foundation, anyone -providing copies of Project Gutenberg-tm electronic works in -accordance with this agreement, and any volunteers associated with the -production, promotion and distribution of Project Gutenberg-tm -electronic works, harmless from all liability, costs and expenses, -including legal fees, that arise directly or indirectly from any of -the following which you do or cause to occur: (a) distribution of this -or any Project Gutenberg-tm work, (b) alteration, modification, or -additions or deletions to any Project Gutenberg-tm work, and (c) any -Defect you cause. - -Section 2. Information about the Mission of Project Gutenberg-tm - -Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of -electronic works in formats readable by the widest variety of -computers including obsolete, old, middle-aged and new computers. It -exists because of the efforts of hundreds of volunteers and donations -from people in all walks of life. - -Volunteers and financial support to provide volunteers with the -assistance they need are critical to reaching Project Gutenberg-tm's -goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will -remain freely available for generations to come. In 2001, the Project -Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure -and permanent future for Project Gutenberg-tm and future -generations. To learn more about the Project Gutenberg Literary -Archive Foundation and how your efforts and donations can help, see -Sections 3 and 4 and the Foundation information page at -www.gutenberg.org Section 3. Information about the Project Gutenberg -Literary Archive Foundation - -The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit -501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the -state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal -Revenue Service. The Foundation's EIN or federal tax identification -number is 64-6221541. Contributions to the Project Gutenberg Literary -Archive Foundation are tax deductible to the full extent permitted by -U.S. federal laws and your state's laws. - -The Foundation's principal office is in Fairbanks, Alaska, with the -mailing address: PO Box 750175, Fairbanks, AK 99775, but its -volunteers and employees are scattered throughout numerous -locations. Its business office is located at 809 North 1500 West, Salt -Lake City, UT 84116, (801) 596-1887. Email contact links and up to -date contact information can be found at the Foundation's web site and -official page at www.gutenberg.org/contact - -For additional contact information: - - Dr. Gregory B. Newby - Chief Executive and Director - gbnewby@pglaf.org - -Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg -Literary Archive Foundation - -Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide -spread public support and donations to carry out its mission of -increasing the number of public domain and licensed works that can be -freely distributed in machine readable form accessible by the widest -array of equipment including outdated equipment. Many small donations -($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt -status with the IRS. - -The Foundation is committed to complying with the laws regulating -charities and charitable donations in all 50 states of the United -States. 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Thus, we do not -necessarily keep eBooks in compliance with any particular paper -edition. - -Most people start at our Web site which has the main PG search -facility: www.gutenberg.org - -This Web site includes information about Project Gutenberg-tm, -including how to make donations to the Project Gutenberg Literary -Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to -subscribe to our email newsletter to hear about new eBooks. - diff --git a/old/56072-0.zip b/old/56072-0.zip Binary files differdeleted file mode 100644 index fe3b658..0000000 --- a/old/56072-0.zip +++ /dev/null diff --git a/old/56072-h.zip b/old/56072-h.zip Binary files differdeleted file mode 100644 index bd98be7..0000000 --- a/old/56072-h.zip +++ /dev/null diff --git a/old/56072-h/56072-h.htm b/old/56072-h/56072-h.htm deleted file mode 100644 index d6b9ac9..0000000 --- a/old/56072-h/56072-h.htm +++ /dev/null @@ -1,11511 +0,0 @@ -<!DOCTYPE html PUBLIC "-//W3C//DTD XHTML 1.0 Strict//EN" - "http://www.w3.org/TR/xhtml1/DTD/xhtml1-strict.dtd"> -<html xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml" xml:lang="fr" lang="fr"> - <head> - <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html;charset=utf-8" /> - <meta http-equiv="Content-Style-Type" content="text/css" /> - <title> - The Project Gutenberg eBook of La Vie Privée d'Autrefois, by Alfred Franklin. - </title> - <link rel="coverpage" href="images/cover.jpg" /> - - <style type="text/css"> - - /* PAGE DIMENSIONS */ - @media screen - { - body { width:80%; 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You may copy it, give it away or re-use it under the terms of -the Project Gutenberg License included with this eBook or online at -www.gutenberg.org. If you are not located in the United States, you'll have -to check the laws of the country where you are located before using this ebook. - - - -Title: La vie privée d'autrefois : Arts et métiers : modes, moeurs, usages des parisiens du XIIe au XVIIIe siècle - Les soins de toilette -- Le savoir vivre - -Author: Alfred Franklin - -Release Date: November 28, 2017 [EBook #56072] - -Language: French - -Character set encoding: UTF-8 - -*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK LA VIE PRIVÉE D'AUTREFOIS : *** - - - - -Produced by Isabelle Kozsuch, Christian Boissonnas and the -Online Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net -(This file was produced from images generously made -available by The Internet Archive/Canadian Libraries) - - - - - - -</pre> - -<div class="transnote covernote"> - <p class="noindent"> La couverture de ce livre électronique a été crée par le - transcripteur; l’image a été placée dans le domaine public.</p> -</div> - -<div class="transnote"> - <p class="larger">Note de Transcription:</p> - <ul> - <li>Les erreurs clairement introduites par le typographe ont été corrigées. - L'orthographe et la ponctuation d'origine ont été conservées et n'ont pas - été harmonisées.</li> - <li>La Table des Matières se trouve <a href="#TABLE_DES_MATIERES">en fin de - livre</a> et a été créée par le transcripteur.</li> - </ul> -</div> - -<hr class="nonvis" /> - -<p class="ac p4"><span class="xx-larger">LA VIE PRIVÉE</span><br /><br /> - <span class="larger">D'AUTREFOIS</span></p> - -<hr class="chap" /> - - -<p>L'auteur et les éditeurs déclarent réserver leurs droits de -traduction et de reproduction à l'étranger.</p> - -<p>Ce volume a été déposé au ministère de l'intérieur (section -de la librairie) en février 1887.</p> - - -<p class="ac p4">PARIS. TYPOGRAPHIE E. PLON, NOURRIT ET C<sup>ie</sup>, - RUE GARANCIÈRE, 8.</p> - -<hr class="chap" /> - -<h1>LA VIE PRIVÉE<br /> - <span class="x-smaller">D'AUTREFOIS</span> -</h1> - -<hr class="sect" /> - - -<p class="ac">ARTS ET MÉTIERS<br /><br /> - <span class="x-larger">MODES, MŒURS, USAGES DES PARISIENS</span><br /><br /> - <span class="x-smaller">DU XII<sup>e</sup> AU XVIII<sup>e</sup> SIÈCLE</span> - <br /><br /> - <span class="xx-smaller">D'APRÈS DES DOCUMENTS ORIGINAUX OU INÉDITS<br /> - <br /> - PAR</span><br /> - <br /> - <span class="larger">ALFRED FRANKLIN</span> -</p> - -<div class="bbox p4"> - <p class="ac">LES SOINS DE TOILETTE<br /> - <br /> - <span class="smaller">LE SAVOIR-VIVRE</span> - </p> -</div> - -<div class="figcenter"><a name="logo.jpg" id="logo.jpg"></a> - <img src="images/logo.jpg" - alt="Logo" /> -</div> - -<p class="ac"> - <span class="larger">PARIS</span><br /> - <span class="smaller">LIBRAIRIE PLON</span><br /> - E. PLON, NOURRIT <span class="smcap">ET</span> C<sup>ie</sup>, - IMPRIMEURS-ÉDITEURS<br /> - <span class="x-smaller">RUE GARANCIÈRE, 10</span><br /> - <br /> - 1887 -</p> - -<hr class="chap" /> - -<p><span class="pagenum"><a name="Page_1" id="Page_1">[Pg 1]</a></span></p> - - -<p class="ac">LA<br /><br /> - <span class="xx-larger">VIE PRIVÉE D'AUTREFOIS</span></p> - -<p class="ac p2">LES SOINS DE TOILETTE.<br /><br /> - <span class="smaller">LE SAVOIR-VIVRE.</span> -</p> - - -<hr class="chap" /> - -<div class="chapter"> - <h2><a name="I-I" id="I-I"></a>I</h2> -</div> - - -<p>Jusqu'au milieu du dix-septième siècle, tout -barbier était en même temps chirurgien. Dans -sa boutique, obscure et sale, il rasait et saignait, -coupait les cheveux et posait des ventouses, -pansait les plaies, ouvrait les anthrax, -ne reculait même pas devant les opérations les -plus compliquées et les plus dangereuses. Un -préjugé persistant enveloppait dans le même -dédain tout travail manuel, qu'il s'appliquât à -un métier, à un art ou à une science. L'ouvrier -maçon et l'architecte, le barbouilleur d'enseignes -et le peintre qui ornait les palais royaux de -chefs-d'œuvre, le barbier et le chirurgien enfin, -<span class="pagenum"><a name="Page_2" id="Page_2">[Pg 2]</a></span> -appartenaient l'un et l'autre et au même titre -à la même corporation ouvrière. Je développerai -tout cela ailleurs, lorsque j'aurai à raconter -la lutte soutenue pendant cinq cents ans -par les barbiers contre les chirurgiens. A vrai -dire, il n'y avait guère entre eux de différence, -et plusieurs de nos meilleurs chirurgiens, Ambroise -Paré entre autres, n'étaient que des barbiers, -et furent associés fort tard à la classe des -chirurgiens proprement dits.</p> - -<p>Ce que l'on reprochait aux barbiers, gens -fort serviables et fort aimés du petit peuple, qui -ne connaissait guère d'autres médecins, c'était -donc surtout le mélange d'attributions disparates, -les opérations de chirurgie et les soins -de toilette: «Voicy le mal que le barbier ne -se contente du poil<a name="FNanchor_1_1" id="FNanchor_1_1"></a> -<a href="#Footnote_1_1" class="fnanchor">[1]</a>», était déjà une phrase -proverbiale au seizième siècle. Louis XIII voulut -donner satisfaction à un vœu si général. -En décembre 1637, il autorisa l'établissement -d'une nouvelle communauté de barbiers, celle -des <i>barbiers-barbants</i>, à laquelle toute pratique -chirurgicale était interdite, et qui n'avait dans -ses attributions que les bains et la coiffure. Les -barbiers-chirurgiens protestèrent, et l'affaire -<span class="pagenum"><a name="Page_3" id="Page_3">[Pg 3]</a></span> -fut portée au Parlement, qui procéda avec une -sage lenteur. Au mois de décembre 1659, -Louis XIV intervint et confirma la création -faite par son prédécesseur. L'édit rendu à cette -occasion ne put encore être exécuté, et fut renouvelé -le 23 mars 1673.</p> - -<p>En vérité, il n'était que temps, et jamais la -nécessité de constituer une corporation ne s'était -fait plus vivement sentir. Car enfin, il faut -tout dire, depuis près d'un siècle les Parisiens -négligeaient fort les soins les plus élémentaires -de la toilette; ils avaient perdu à peu près -complétement l'habitude de se laver. Esquissons -à grands traits l'histoire de la propreté en -France.</p> - -<p>Par réaction contre le sensualisme païen, -l'Église se montra d'abord fort indifférente sur -ce point; peu s'en faut même qu'elle ne regardât -la propreté comme une pratique dangereuse, -une vanité coupable, un péché. En général, -les moines ne prenaient de bains que -deux fois par an, à Noël et à Pâques. La règle -de saint Benoît s'exprime ainsi: «On permettra -les bains aux malades toutes les fois -qu'on le jugera nécessaire; mais pour ceux -qui se portent bien, surtout s'ils sont jeunes, -on ne leur en accordera l'usage que -rarement<a name="FNanchor_2_2" id="FNanchor_2_2"></a> -<a href="#Footnote_2_2" class="fnanchor">[2]</a>.» -<span class="pagenum"><a name="Page_4" id="Page_4">[Pg 4]</a></span> -Dom Calmet, qui a écrit un très-savant -commentaire sur la règle de saint Benoît, trouve -cette mesure excellente, et montre combien -il eût été cruel de refuser ces deux bains annuels -aux religieux. Ils leur étaient nécessaires, -dit-il, parce «qu'alors ils n'usoient point de -linge, comme ils n'en usent point encore aujourd'hui. -Couchant tout vêtus et changeant -peu souvent d'habits de laine qu'ils portoient -sur la chair, ils contractoient beaucoup de -crasse par la sueur et le travail, ce qui étoit -non-seulement très-incommode aux particuliers -pour leur personne, mais aussi étoit à -charge aux autres à cause de la mauvaise odeur -et de la malpropreté. Aujourd'hui, ajoute-t-il, -on a pourvu à ces inconvénients par les chemises -de serge qu'on porte, et que l'on peut -laver aussi fréquemment que le besoin ou la -bienséance le demandent<a name="FNanchor_3_3" id="FNanchor_3_3"></a> -<a href="#Footnote_3_3" class="fnanchor">[3]</a>.» La seule concession -faite sur ce point s'applique donc, non à -la personne des religieux, mais à leur chemise, -qu'ils étaient autorisés à laver tous les quinze -jours<a name="FNanchor_4_4" id="FNanchor_4_4"></a> -<a href="#Footnote_4_4" class="fnanchor">[4]</a>. -Ce qui tendrait à faire supposer qu'ils -<span class="pagenum"><a name="Page_5" id="Page_5">[Pg 5]</a></span> -n'abusaient pas de la permission, c'est que la -règle leur accordant des pédules ou pantalons -à pieds, les moines en coupaient l'extrémité -qui, paraît-il, se salissait trop vite; dom Calmet -s'exprime ainsi: «A cause de la sueur, ils -coupent ce qu'ils mettent dans leurs pieds, -pour s'épargner la peine de les laver<a name="FNanchor_5_5" id="FNanchor_5_5"></a> -<a href="#Footnote_5_5" class="fnanchor">[5]</a>.» Il y a -là amphibologie, mais le commentaire qui suit -explique la vraie pensée de l'auteur.</p> - -<p>La règle de Cluni ordonnait aux moines de -se réunir chaque matin dans le cloître, afin d'y -faire leur toilette. Celle-ci était sans doute bien -sommaire, car trois serviettes pendues au mur -constituaient tout le linge mis à la disposition -de la communauté; la première était exclusivement -réservée aux novices, la deuxième aux -profès, et la troisième aux frères lais<a name="FNanchor_6_6" id="FNanchor_6_6"></a> -<a href="#Footnote_6_6" class="fnanchor">[6]</a>. Les -Bénédictins avaient chacun leur peigne, et, dit -dom Calmet, «ils se peignoient et se lavoient -assez souvent le visage et la tête». Il explique -un peu plus loin ce qu'il faut entendre par ces -<span class="pagenum"><a name="Page_6" id="Page_6">[Pg 6]</a></span> -mots <i>assez souvent</i>: les religieux, qui avaient -tout le crâne rasé et ne conservaient qu'une -étroite couronne de cheveux, se lavaient la -tête «tous les samedis<a name="FNanchor_7_7" id="FNanchor_7_7"></a> -<a href="#Footnote_7_7" class="fnanchor">[7]</a>».</p> - -<p>On comptait si peu sur la propreté des séculiers, -des évêques même, que l'on exigeait -qu'ils se peignassent avant de monter à l'autel. -Comme ils ne se décidaient à subir cette -opération qu'au dernier moment, «et que l'on -étoit bien aise de conserver la chape et la chasuble, -et d'empêcher que la crasse ne tombât -dessus, on mettoit sur leurs épaules un linge -fait en forme de petit manteau<a name="FNanchor_8_8" id="FNanchor_8_8"></a> -<a href="#Footnote_8_8" class="fnanchor">[8]</a>».</p> - -<div class="figcenter"><a name="i_011.jpg" id="i_011.jpg"></a> - <img src="images/i_011.jpg" - alt="" /> - <div class="caption">PEIGNE EN IVOIRE SCULPTÉ DU SEIZIÈME SIÈCLE.<br /> - Musée du Louvre. Collection Sauvageot.</div> -</div> - - -<p>A l'égard des soins du corps, les couvents -de femmes eux-mêmes ne jouissaient d'aucun -privilége, bien qu'on y autorisât le rouge et -les mouches. Vers la fin du dix-septième siècle, -madame de Mazarin, retirée chez les Visitandines -de la rue Saint-Antoine, ayant demandé -un jour à se laver les pieds, la maison entière -s'en émut, et la duchesse essuya un refus fort -net. Comme elle tenait à ses idées, elle se procura -de l'eau et, faute de mieux, en remplit un -grand coffre qui était dans le dortoir; de sorte -<span class="pagenum"><a name="Page_9" id="Page_9">[Pg 9]</a></span> -que tout cela finit par une inondation -générale<a name="FNanchor_9_9" id="FNanchor_9_9"></a> -<a href="#Footnote_9_9" class="fnanchor">[9]</a>.</p> - -<p>Dans son grand <i>Dictionnaire des sciences -ecclésiastiques</i> publié en 1760, le Dominicain -Richard concède que «l'usage du bain est permis -en soi, pourvu qu'on ne le prenne pas par -volupté, mais par nécessité<a name="FNanchor_10_10" id="FNanchor_10_10"></a> -<a href="#Footnote_10_10" class="fnanchor">[10]</a>,» et la récente -canonisation de Benoît Labre prouve bien que -l'Église n'a jamais entendu faire de la propreté -même une demi-vertu. A en croire les -panégyristes de ce saint personnage, l'odeur -infecte qu'exhalait son corps crasseux et couvert -de vermine faisait fuir jusqu'aux mendiants -les plus sales<a name="FNanchor_11_11" id="FNanchor_11_11"></a> -<a href="#Footnote_11_11" class="fnanchor">[11]</a>.</p> - -<p>En dehors de l'Église, on fut assez propre -au moyen âge, surtout dans la classe aisée. -Les croisés avaient rapporté d'Orient le goût -des bains, et de bonne heure les étuves s'étaient -multipliées à Paris. Leur souvenir s'y est conservé, -presque jusqu'à nos jours, dans le nom -de plusieurs rues.</p> - -<p>Le <i>cul-de-sac des Étuves-Saint-Michel</i> longeait -<span class="pagenum"><a name="Page_10" id="Page_10">[Pg 10]</a></span> -l'église de ce nom et aboutissait dans la -rue de la Barillerie<a name="FNanchor_12_12" id="FNanchor_12_12"></a> -<a href="#Footnote_12_12" class="fnanchor">[12]</a>, aujourd'hui boulevard du -Palais.</p> - -<p>La <i>rue des Étuves-Saint-Martin</i>, devenue -<i>rue des Vieilles-Étuves</i>, se nommait au treizième -siècle rue Geoffroi-des-Bains ou des Étuves, -<i>vicus Gauffridi de Balneolis sive -stuffarum</i><a name="FNanchor_13_13" id="FNanchor_13_13"></a> -<a href="#Footnote_13_13" class="fnanchor">[13]</a>.</p> - -<p>La rue Sauval actuelle portait, il y a encore -peu d'années, le nom de rue des <i>Vieilles-Étuves-Saint-Honoré</i>.</p> - -<p>A gauche de la rue Marivaux, aujourd'hui -rue Nicolas-Flamel, s'ouvrait le <i>cul-de-sac des -Étuves</i>, ainsi appelé d'un établissement qui y -était situé<a name="FNanchor_14_14" id="FNanchor_14_14"></a> -<a href="#Footnote_14_14" class="fnanchor">[14]</a>, -et dont la réputation dura plusieurs -siècles.</p> - -<p>Le cul-de-sac de la Porte-aux-Peintres, aujourd'hui -impasse des Peintres, s'est appelé -<i>ruelle sans chef dite des -Étuves</i><a name="FNanchor_15_15" id="FNanchor_15_15"></a> -<a href="#Footnote_15_15" class="fnanchor">[15]</a>.</p> - -<p>La partie de la rue des Bourdonnais qui -aboutit au quai de la Mégisserie fut dite d'abord -rue de l'Abreuvoir-Thibaut-aux-Dés, puis -<i>ruelle des Étuves</i>, et enfin rue de l'Arche-Marion, -<span class="pagenum"><a name="Page_11" id="Page_11">[Pg 11]</a></span> -du nom de la femme qui y tenait alors -des étuves<a name="FNanchor_16_16" id="FNanchor_16_16"></a> -<a href="#Footnote_16_16" class="fnanchor">[16]</a>.</p> - -<p>Un autre <i>cul-de-sac des Étuves</i> aboutissait -dans le grand cul-de-sac Gloriette<a name="FNanchor_17_17" id="FNanchor_17_17"></a> -<a href="#Footnote_17_17" class="fnanchor">[17]</a>, qui lui-même -débouchait dans la rue de la Huchette.</p> - -<p>La rue du Chat-qui-pêche, située tout près -de là, a porté aussi le nom de <i>ruelle des -Étuves</i><a name="FNanchor_18_18" id="FNanchor_18_18"></a> -<a href="#Footnote_18_18" class="fnanchor">[18]</a>.</p> - -<p>On nommait également <i>rue aux Étuves</i> une -petite voie qui allait de la rue des Cordeliers, -aujourd'hui rue de l'École-de-Médecine, à la -rue Mignon<a name="FNanchor_19_19" id="FNanchor_19_19"></a> -<a href="#Footnote_19_19" class="fnanchor">[19]</a>.</p> - -<p>Il est clair que bien d'autres rues de Paris ont -possédé des étuves, sans perdre pour cela leur -nom primitif. Nous savons, par exemple, qu'à -l'angle de la rue Beaubourg, des étuves destinées -aux femmes étaient installées dans une -maison qui avait pour enseigne le <i>Lion -d'argent</i><a name="FNanchor_20_20" id="FNanchor_20_20"></a> -<a href="#Footnote_20_20" class="fnanchor">[20]</a>.</p> - -<p>Les Juifs, dont la loi prescrit aux femmes -l'usage du bain au moins une fois par -mois<a name="FNanchor_21_21" id="FNanchor_21_21"></a> -<a href="#Footnote_21_21" class="fnanchor">[21]</a>, -avaient dès 1248 dans la rue de la Pelleterie, -<span class="pagenum"><a name="Page_12" id="Page_12">[Pg 12]</a></span> -une maison d'étuves à leur usage: <i>domus -quæ fuit stuffæ Judæorum</i><a name="FNanchor_22_22" id="FNanchor_22_22"></a> -<a href="#Footnote_22_22" class="fnanchor">[22]</a>.</p> - -<p>En somme, la <i>Taille de 1292</i> mentionne -vingt-six étuves, réparties à peu près dans tous -les quartiers, et parmi lesquelles figurent celles -de la rue des Vieilles-Étuves-Saint-Martin<a name="FNanchor_23_23" -id="FNanchor_23_23"></a><a href="#Footnote_23_23" class="fnanchor">[23]</a>, de -la rue Sauval<a name="FNanchor_24_24" id="FNanchor_24_24"></a> -<a href="#Footnote_24_24" class="fnanchor">[24]</a> -et de l'impasse Marivaux<a name="FNanchor_25_25" id="FNanchor_25_25"></a> -<a href="#Footnote_25_25" class="fnanchor">[25]</a>.</p> - -<p>Chaque matin, les valets étuveurs parcouraient -les rues, annonçant que les bains étaient -prêts:</p> - -<div class="poetry-container"> - <div class="poetry"> - <div class="verse">Oiez c'on crie au point du jor<a name="FNanchor_26_26" - id="FNanchor_26_26"></a><a href="#Footnote_26_26" - class="fnanchor">[26]</a>:</div> - <div class="verse">Seignor, quar vous alez baingnier</div> - <div class="verse">Et estuver sanz delaier<a name="FNanchor_27_27" - id="FNanchor_27_27"></a><a href="#Footnote_27_27" - class="fnanchor">[27]</a>,</div> - <div class="verse">Li baing sont chaut, c'est sanz - mentir<a name="FNanchor_28_28" id="FNanchor_28_28"></a> - <a href="#Footnote_28_28" class="fnanchor">[28]</a>.</div> - </div> -</div> - -<p>Les statuts des étuveurs sont compris dans -le <i>Livre des métiers</i><a name="FNanchor_29_29" id="FNanchor_29_29"></a> -<a href="#Footnote_29_29" class="fnanchor">[29]</a>, mais ils y ont été insérés -après la mort d'Étienne Boileau, car l'écriture -date du quatorzième siècle seulement. Ils -offrent, d'ailleurs, un grand intérêt comme -peinture des mœurs de l'époque.</p> - -<p><span class="pagenum"><a name="Page_13" id="Page_13">[Pg 13]</a></span></p> - -<p>Le métier était franc, ce qui signifie que -chacun pouvait s'établir étuveur sans payer -aucune redevance. On se bornait à exiger l'engagement -de respecter les statuts rédigés en -commun par les membres de la corporation: -«Quiconques veut estre Estuveur en la ville -de Paris, estre le peut franchement, pour tant -que il euvre selonc les us et les coustumes du -mestier, faites par l'acort du commun<a name="FNanchor_30_30" -id="FNanchor_30_30"></a><a href="#Footnote_30_30" class="fnanchor">[30]</a>.»</p> - -<p>Nul ne devait annoncer ni faire annoncer -l'ouverture des étuves avant le point du jour, -«pour les perilz qui pevent avenir en ceux qui -se lievent audit cri pour aler aus estuves<a name="FNanchor_31_31" -id="FNanchor_31_31"></a><a href="#Footnote_31_31" class="fnanchor">[31]</a>». -Ces périls prouvent le peu de sûreté que présentaient -les rues pendant l'obscurité.</p> - -<p>Il était défendu de recevoir dans les étuves -des femmes d'une conduite suspecte, des lépreux -ou des lépreuses, des vagabonds, des gens -mal famés, coureurs de nuit: «Que nulz dudit -mestier ne soustiengne en leurs mesons ou estuves -bordiaus de jour ne de nuit, mesiaus ne -meseles, reveurs, ne autres genz diffamez de -nuit.»</p> - -<p>Le prix de l'étuvage était fixé à un franc de -notre monnaie, celui du bain à deux francs: -<span class="pagenum"><a name="Page_14" id="Page_14">[Pg 14]</a></span> -«Et paiera chascunne personne pour soy estuver -deus deniers, et se il se baigne il paiera -quatre deniers<a name="FNanchor_32_32" id="FNanchor_32_32"></a> -<a href="#Footnote_32_32" class="fnanchor">[32]</a>.» Cette distinction montre -que parmi les personnes qui fréquentaient les -étuves, les unes se bornaient à prendre un bain -de vapeur, tandis que d'autres y faisaient succéder -un bain d'eau chaude; c'est encore ce -qui se pratique dans les bains publics de l'Orient. -Au siècle suivant, les prix étaient presque -doublés: l'étuvage coûtait deux francs, l'étuvage -et le bain réunis quatre francs. Le peignoir -était fourni moyennant cinquante centimes<a name="FNanchor_33_33" -id="FNanchor_33_33"></a><a href="#Footnote_33_33" class="fnanchor">[33]</a>.</p> - -<p>L'habitude des étuves était si générale que -l'État prenait de grandes précautions pour en -prévenir la fermeture. Ainsi, quand un hiver -rigoureux faisait hausser le prix du bois et du -charbon, le prévôt de Paris admettait les réclamations -des étuveurs, et augmentait le prix -d'entrée proportionnellement à celui qu'avait -atteint le combustible: «Et pour ce que en -aucun temps buche, charbon sont plus chiers -une fois que autre», le prévôt de Paris pourra -élever le prix des étuves, «par le rapport et -<span class="pagenum"><a name="Page_15" id="Page_15">[Pg 15]</a></span> -serement<a name="FNanchor_34_34" -id="FNanchor_34_34"></a><a href="#Footnote_34_34" class="fnanchor">[34]</a> -des bones genz dudit mestier<a name="FNanchor_35_35" -id="FNanchor_35_35"></a><a href="#Footnote_35_35" class="fnanchor">[35]</a>.»</p> - -<p>Un article, sans doute postérieur à ces premiers -statuts<a name="FNanchor_36_36" -id="FNanchor_36_36"></a><a href="#Footnote_36_36" class="fnanchor">[36]</a>, -nous apprend qu'on allait aux -étuves le soir aussi bien que le matin, que souvent -on y restait toute la nuit, et que la réputation -de ces maisons était déjà fort mauvaise: -«Que nuls ne chaufe estuves à Paris que pour -hommes tant seullement ou pour fames, lequel -qui li plera, car c'est vil chose et honteuse, -pour les ordures et pour les perilz qui y pevent -avenir; car quant les hommes s'estuvent par -devers le soir, aucune foiz ils demeurent et -gisent leens jusques au jour qu'il est haute -heure. Et les dames viennent au matin es dictes -estuves, et aucune foiz vont es chambres aus -hommes par ignorance; et assés d'autres choses -qui ne sont pas belles à dire.»</p> - -<p>Les étuves étaient fermées les dimanches et -jours de fête<a name="FNanchor_37_37" -id="FNanchor_37_37"></a><a href="#Footnote_37_37" class="fnanchor">[37]</a>.</p> - -<p>Trois «preud'ommes du mestier», élus par -leurs confrères et acceptés par le prévôt de -Paris, prêtaient serment de dénoncer toutes -<span class="pagenum"><a name="Page_16" id="Page_16">[Pg 16]</a></span> -les contraventions aux statuts, les «mesprentures», -dit le texte<a name="FNanchor_38_38" -id="FNanchor_38_38"></a><a href="#Footnote_38_38" class="fnanchor">[38]</a>. -Chaque contravention -de ce genre était punie d'une amende de dix -sols (soixante francs), dont six allaient au Roi, -et les quatre autres aux preud'hommes jurés<a name="FNanchor_39_39" -id="FNanchor_39_39"></a><a href="#Footnote_39_39" class="fnanchor">[39]</a>.</p> - -<p>En dépit de ces sages règlements, les étuves -continuèrent à servir de lieux de plaisirs, et -rien ne paraît avoir été changé pendant longtemps -à leur organisation. Au commencement -du seizième siècle, on criait encore l'ouverture -des étuves au point du jour:</p> - -<div class="poetry-container"> - <div class="poetry"> - <div class="verse">C'est à l'image Saincte Jame</div> - <div class="verse">Où se vont baigner ces femmes.</div> - <div class="verse">Et baignez et estuvez, allez.</div> - <div class="verse">Bien servies vous y serez</div> - <div class="verse">De varletz, de chambrière,</div> - <div class="verse">De la dame, bonne chère.</div> - <div class="verse">Allez tost, les baings sont prestz<a name="FNanchor_40_40" - id="FNanchor_40_40"></a><a href="#Footnote_40_40" class="fnanchor">[40]</a>. - </div> - </div> -</div> - -<p>Ces bains se prenaient dans des baquets de -bois, car la baignoire de métal est d'invention -récente. Froissart rapporte<a name="FNanchor_41_41" -id="FNanchor_41_41"></a><a href="#Footnote_41_41" class="fnanchor">[41]</a>, -il est vrai, qu'en -1382, les Gantois pillant les meubles du comte -<span class="pagenum"><a name="Page_19" id="Page_19">[Pg 19]</a></span> -de Flandre, brisèrent la «cuvelette où on l'avoit -d'enfance baigné, qui étoit d'or et d'argent»; -mais il s'agit évidemment ici d'une cuvette et -non d'une baignoire. Isabeau de Bavière paya -en 1416 treize sous pour faire «desassembler -et rassembler, recingler et relier tout de neuf -deux cuves à baigner» pour son usage<a name="FNanchor_42_42" -id="FNanchor_42_42"></a><a href="#Footnote_42_42" class="fnanchor">[42]</a>. En -1478, Jacques Cadot, menuisier, reçoit trente -sous pour une «cuve à baigner» le Roi. En -1481, Mace Pignet, tonnelier, demande vingt-deux -sous six deniers, «pour avoir habillé et -nectoyé les cuves à baigner» Louis XI<a name="FNanchor_43_43" -id="FNanchor_43_43"></a><a href="#Footnote_43_43" class="fnanchor">[43]</a>. Les -peignoirs ou fonds de bain se nommaient <i>baignoères</i> -ou <i>baignoires</i>; ils étaient ordinairement -de toile très-fine, et on employait jusqu'à douze -aunes pour en faire un seul<a name="FNanchor_44_44" -id="FNanchor_44_44"></a><a href="#Footnote_44_44" class="fnanchor">[44]</a>.</p> - -<div class="figcenter"><a name="i_022.jpg" id="i_022.jpg"></a> - <img src="images/i_022.jpg" - alt="" /> - <div class="caption"> - <div class="poetry-container"> - <div class="poetry"> - <div class="stanza"> - <div class="verse">Apres ces motz sans arrester</div> - <div class="verse">Fit neron vng baing apprester</div> - </div> - <div class="stanza"> - <div class="verse">Et fit ens le preudomme mettre</div> - <div class="verse">Et puis saigner ce dit la lettre</div> - <div class="verse">Et tant luy fit de sang espandre</div> - <div class="verse">Qui luy conuint son ame rēdre</div> - </div> - </div> - </div> - <div class="p1">UNE BAIGNOIRE AU QUINZIÈME SIÈCLE.<br /><br /> - Mort de Sénèque,<br /> - d'après le <i>Roman de la rose</i>, édit. s. d. (quinzième siècle), - f<sup>o</sup> 53.</div> - </div> -</div> - -<p>Les cuvettes de toilette se nommaient alors -<i>bassins à laver</i>. Ordinairement on les posait à -terre sur une natte, et l'on se lavait à genoux -la tête et le haut du corps, c'est-à-dire tout -ce que le bain laissait hors de l'eau. Le <i>pot à -laver</i> ou <i>pot à eau</i>, différait de l'aiguière, qui -s'employait surtout pour le lavage des mains -avant et après le repas. On voit dans l'inventaire -<span class="pagenum"><a name="Page_20" id="Page_20">[Pg 20]</a></span> -dressé après la mort de Charles V, que ce -prince possédait vingt-quatre bassins à laver -en or, une foule de bassins semblables en argent, -et «ung bassin ou vaisseau à laver piez» -qui pesait quarante-sept marcs d'argent<a name="FNanchor_45_45" -id="FNanchor_45_45"></a><a href="#Footnote_45_45" class="fnanchor">[45]</a>. -Mais l'inventaire ne fait aucune distinction -entre les bassins de toilette et ceux qui étaient -destinés au service de la table.</p> - -<p>Comme chez les Romains, il était d'usage -de se baigner avant le repas. Pour qu'une réception -parût vraiment luxueuse et cordiale, il -fallait offrir un bain à son hôte, qui passait de -la baignoire à la salle à manger. Jean de Troyes -raconte qu'en septembre 1467 «le Roy et la -Royne firent de grans chiers<a name="FNanchor_46_46" -id="FNanchor_46_46"></a><a href="#Footnote_46_46" class="fnanchor">[46]</a> -en plusieurs des -hostels de leurs serviteurs et officiers. Et entre -les aultres, le jeudy dixiesme jour dudit mois, -la Royne et plusieurs dames de sa compaignie -souppèrent en l'ostel de maistre Jehan Dauvet, -premier président au Parlement, et illec furent -receuës et festoyées moult noblement et à grant -largesse. Et y eut faits quatre moult beaux bains -et richement aornez, cuidant que la Royne se -y deust baigner, dont elle ne fist rien, pource -qu'elle se sentit ung peu mal disposée, et aussi -<span class="pagenum"><a name="Page_21" id="Page_21">[Pg 21]</a></span> -que le temps estoit dangereux. Mais en l'un -desdits baings se y baignèrent madame de -Bourbon, madamoiselle Bonne de Savoye; et -en l'autre baing se baignèrent madame de -Montglat et Perrette de Châlons, bourgoise -de Paris<a name="FNanchor_47_47" -id="FNanchor_47_47"></a><a href="#Footnote_47_47" class="fnanchor">[47]</a>: -et là firent bonne chière.» Le 22 -du même mois, Louis XI alla souper chez le -prévôt des marchands Denis Hesselin; «et audit -hostel le Roy y fist grande chière, et y -trouva trois beaulx baings honnestement et -richement attintelez, cuidant que le Roy deust -illec prendre son plaisir et se baigner<a name="FNanchor_48_48" -id="FNanchor_48_48"></a><a href="#Footnote_48_48" class="fnanchor">[48]</a>.»</p> - -<p>Les bains dont il est ici question paraissent -avoir été improvisés en vue de la réception -des souverains. Cependant, les grandes familles -avaient souvent des étuves et des salles de -bain dans leur hôtel; les récits du temps nous -en fournissent de nombreuses preuves<a name="FNanchor_49_49" -id="FNanchor_49_49"></a><a href="#Footnote_49_49" class="fnanchor">[49]</a>. Des -étuves destinées à la maison royale avaient été -construites dans le jardin du Palais, à l'extrémité -de la Cité<a name="FNanchor_50_50" -id="FNanchor_50_50"></a><a href="#Footnote_50_50" class="fnanchor">[50]</a>, -et ce petit bâtiment figure -encore sur le plan dit de Ducerceau, qui date -du milieu du seizième siècle. Il y avait également -<span class="pagenum"><a name="Page_22" id="Page_22">[Pg 22]</a></span> -des étuves et des bains au Louvre, à l'hôtel -Saint-Paul et à celui du Petit-Musc. Sauval -nous dit même qu'«ils étoient pavés de pierre -de liais, fermés d'une porte de fer treillissé, et -entourés de lambris de bois d'Irlande; les -cuves étoient de même bois, ornées tout autour -de bossetes dorées et liées de cerceaux -attachés avec des clous de cuivre doré<a -name="FNanchor_51_51" id="FNanchor_51_51"></a><a href="#Footnote_51_51" -class="fnanchor">[51]</a>».</p> - -<p>C'est ordinairement aux étuves qu'avait lieu -l'épilation, coutume adoptée par toutes les -classes de la société. Dans les établissements -publics, le barbier, son valet ou quelque -vieille matrone se chargeaient de l'opération -vis-à-vis des deux sexes. Quand François I<sup>er</sup> -mit à la mode les cheveux courts et la barbe -longue, Clément Marot peignit en vers railleurs -le désespoir des barbiers, réduits au métier -d'épileurs<a name="FNanchor_52_52" -id="FNanchor_52_52"></a><a href="#Footnote_52_52" class="fnanchor">[52]</a>. -Nos anciens poëtes donnent sur ce -point des détails fort curieux, mais que je ne -puis faire figurer ici.</p> - -<div class="figcenter"><a name="i_028.jpg" id="i_028.jpg"></a> - <img src="images/i_028.jpg" - alt="" /> - <div class="caption">UNE BOUTIQUE DE BARBIER AU SEIZIÈME SIÈCLE.<br /> - D'après J. Amman.</div> -</div> - -<p>En somme, les étuves rendaient de réels -services, bien qu'elles n'eussent rien perdu au -seizième siècle de la mauvaise réputation -<span class="pagenum"><a name="Page_25" id="Page_25">[Pg 25]</a></span> -qu'elles s'étaient légitimement acquise depuis -le quatorzième. Toutefois leur vogue ne se soutint -pas. Endroits de perdition, anathématisés -à la fois par les prédicateurs catholiques et par -les ministres huguenots, elles se virent peu à -peu abandonnées, et presque toutes disparurent. -La morale y gagna, cela est certain, -mais nous allons voir tout ce qu'y perdit la -propreté. Les étuves fermées, à qui s'adresser -pour les soins du corps? Restaient seulement -les barbiers-chirurgiens, dont les boutiques -n'avaient rien d'attrayant. Dans un réduit -obscur gisaient trois ou quatre baquets destinés -surtout aux malades; quant au maître -barbier, il était là, prêt à vous rendre ses petits -services, essuyant ses mains qui venaient -de panser un cautère ou d'ouvrir un abcès. -Entre deux maux, il faut choisir le moindre. Les -Parisiens prirent leur parti, et sans trop de -peine, semble-t-il. On cessa d'aller au bain; -puis, l'habitude de l'eau une fois perdue, on -finit par ne plus se laver du tout, même chez -soi. Une charmante et élégante reine, Marguerite -de Navarre, dans un dialogue amoureux -composé par elle<a name="FNanchor_53_53" -id="FNanchor_53_53"></a><a href="#Footnote_53_53" class="fnanchor">[53]</a>, -trouve tout naturel de -<span class="pagenum"><a name="Page_26" id="Page_26">[Pg 26]</a></span> -dire à son amant: «Voyez ces belles mains; -encore que je ne les aye point descrassées depuis -huict jours, gageons qu'elles effacent les -vostres<a name="FNanchor_54_54" -id="FNanchor_54_54"></a><a href="#Footnote_54_54" class="fnanchor">[54]</a>.»</p> - -<p>A cette époque, on mangeait encore sans -fourchette; aussi recommandait-on de ne pas -se moucher avec la main qui prenait la viande. -On était libre, d'ailleurs, de se moucher dans -ses doigts, pourvu que ce fût de la main -gauche:</p> - -<div class="poetry-container"> - <div class="poetry"> - <div class="verse">Enfant, se ton nés est morveux,</div> - <div class="verse">Ne le torche pas à main nue</div> - <div class="verse">De quoy la viande est tenue,</div> - <div class="verse">Le fait est villain et honteux<a name="FNanchor_55_55" - id="FNanchor_55_55"></a><a href="#Footnote_55_55" - class="fnanchor">[55]</a>.</div> - </div> -</div> - -<p>On constate sur ce point, quelques années -plus tard, un progrès sensible. Érasme, -en 1530, conseille l'emploi du mouchoir. -Cependant, ajoute-t-il, il n'est pas interdit de -se moucher avec deux doigts, pourvu que l'on -prenne soin de poser aussitôt le pied sur ce qui -sera tombé à terre<a name="FNanchor_56_56" -id="FNanchor_56_56"></a><a href="#Footnote_56_56" class="fnanchor">[56]</a>. -Cent ans après, on pouvait -encore, sans trop offenser la civilité, faire -<span class="pagenum"><a name="Page_27" id="Page_27">[Pg 27]</a></span> -cette délicate opération avec un seul doigt. Un -grand seigneur, d'Hauterive de l'Aubespine, -recevait un jour à dîner la fleur de la galanterie -française, l'illustre Turenne entre autres, et le -marquis de Ruvigny. Au milieu du repas, -d'Hauterive ayant eu besoin de se moucher, -pressa avec le doigt une de ses narines, et le contenu -de l'autre, partant comme une flèche, alla -s'aplatir contre la cheminée, «en faisant autant -de bruit qu'un pistolet». Ruvigny, qui était -assis auprès de Turenne, s'écrie en entendant -cette détonation: «Monsieur, n'êtes-vous pas -blessé?» Et, ajoute Tallemant des Réaux<a name="FNanchor_57_57" -id="FNanchor_57_57"></a><a href="#Footnote_57_57" class="fnanchor">[57]</a>, «ce -fut un esclat de rire le plus grand du monde». -Cette grave question du mouchoir, qui semble -aujourd'hui à peu près résolue, soulevait encore -des controverses peu de temps avant la -Révolution. De la Mésangère s'exprimait ainsi -en 1797: «On faisait un art de se moucher -il y a quelques années. L'un imitait le son de -la trompette, l'autre le jurement du chat. Le -point de perfection consistait à ne faire ni trop -de bruit ni trop peu<a name="FNanchor_58_58" -id="FNanchor_58_58"></a><a href="#Footnote_58_58" class="fnanchor">[58]</a>.»</p> - -<p>Revenons à Érasme. Il nous apprend encore -<span class="pagenum"><a name="Page_28" id="Page_28">[Pg 28]</a></span> -qu'il fallait éviter autant que possible de -conserver dans ses cheveux des lentes et des -poux, tout au moins qu'il était peu convenable -de les faire tomber sur ses voisins en se grattant -la tête<a name="FNanchor_59_59" -id="FNanchor_59_59"></a><a href="#Footnote_59_59" -class="fnanchor">[59]</a>; que les personnes désireuses de -passer pour très-distinguées, prenaient soin -de se peigner avant d'aller dîner chez un -homme de qualité<a name="FNanchor_60_60" -id="FNanchor_60_60"></a><a href="#Footnote_60_60" class="fnanchor">[60]</a>; -enfin, qu'un homme -soucieux de sa santé devait bien se garder de -retenir les flatuosités qu'occasionne une digestion -difficile, mais que dans le monde il était -de bon goût d'en dissimuler le bruit en toussant: -«tussi crepitum dissimulet<a name="FNanchor_61_61" -id="FNanchor_61_61"></a><a href="#Footnote_61_61" class="fnanchor">[61]</a>.» Il ne -s'agit ici, bien entendu, que des bruits intempestifs -émis par en bas; ceux d'en haut avaient -toute licence de se produire, comme le démontre -une belle réponse faite par Louis XIII, -alors âgé de huit ans, à M. de Souvré son -gouverneur<a name="FNanchor_62_62" -id="FNanchor_62_62"></a><a href="#Footnote_62_62" class="fnanchor">[62]</a>.</p> - -<p>Le père de cet éloquent petit bonhomme, -Henri IV, souverain sans morgue, ne dissimulait -<span class="pagenum"><a name="Page_29" id="Page_29">[Pg 29]</a></span> -pas qu'il «avoit les pieds et le gousset -fins»; et, s'il faut en croire Tallemant des -Réaux<a name="FNanchor_63_63" -id="FNanchor_63_63"></a><a href="#Footnote_63_63" class="fnanchor">[63]</a>, -ordinairement bien informé, madame -de Verneuil, dans un moment de colère, lui -dit «qu'il puoit comme une charogne». Le -bourru d'Aubigné voulait peut-être se moquer -de son maître quand il met en scène<a name="FNanchor_64_64" -id="FNanchor_64_64"></a><a href="#Footnote_64_64" class="fnanchor">[64]</a> -ce Renardière -qui, «à force d'estre noble, dès la -première veuë connoissoit fort bien un gentilhomme, -et au sentir mesme, car il vouloit -qu'un vrai noble eust un peu l'œsselle surette -et les pieds fumants».</p> - -<p>Ce n'était pourtant pas là, hélas! un privilége -exclusif de la noblesse, et la propreté outragée -se vengeait de son mieux. Elle livrait -les coupables à une foule de cruels parasites -chargés de les torturer. Le <i>Ménagier de Paris</i>, -composé en 1393, enseigne déjà six manières -de se débarrasser des puces, et l'auteur reconnaît -qu'en préserver son mari constituait une -des sérieuses préoccupations d'une tendre -épouse: «Et pour ce, chère seur<a name="FNanchor_65_65" -id="FNanchor_65_65"></a><a href="#Footnote_65_65" class="fnanchor">[65]</a>, -je vous -pry que le mari que vous arez<a name="FNanchor_66_66" -id="FNanchor_66_66"></a><a href="#Footnote_66_66" class="fnanchor">[66]</a>, -vous le vueillez -<span class="pagenum"><a name="Page_30" id="Page_30">[Pg 30]</a></span> -ainsi ensorceller, et le gardez de maison -maucouverte<a name="FNanchor_67_67" -id="FNanchor_67_67"></a><a href="#Footnote_67_67" class="fnanchor">[67]</a> -et de cheminée fumeuse; et ne -luy soyez pas rioteuse<a name="FNanchor_68_68" -id="FNanchor_68_68"></a><a href="#Footnote_68_68" class="fnanchor">[68]</a>, -mais doulce, aimable et -paisible. Gardez en yver qu'il ait bon feu sans -fumée, et entre vos mamelles bien couchié, bien -couvert. Et en esté gardez que en vostre chambre -ne en vostre lit n'ait nulles puces, ce que vous -pouvez faire en six manières<a name="FNanchor_69_69" -id="FNanchor_69_69"></a><a href="#Footnote_69_69" class="fnanchor">[69]</a>...»</p> - -<p>Dans une pièce publiée vers 1520, une puce -parlant en vers déclare qu'elle a été créée -pour tourmenter la gent animale et se repaître -de son sang:</p> - -<div class="poetry-container"> - <div class="poetry"> - <div class="verse">Quant l'yver vient, ilz ont quelque esperance</div> - <div class="verse">De se venger tandis que le froit dure,</div> - <div class="verse">Car sus leur chair ne fais plus demourance,</div> - <div class="verse">Je perds vigueur quant sens venir froidure.</div> - <div class="verse">Mais en esté, je ne tiens point mesure</div> - <div class="verse">De tormenter femmes, chiens et chats.</div> - <div class="verse">Beau dire ilz ont que je leur fais nuisure,</div> - <div class="verse">Pour les pincer ne veulx point de compas.</div> - <div class="verse">De leur bon sang je fais tous mes repas,</div> - <div class="verse">Sans espargner damoyselle ou bourgeoyse,</div> - <div class="verse">Leur faisant peine jusques à mon trespas.</div> - </div> -</div> - -<p>Et l'auteur termine en indiquant un procédé -nouveau:</p> - -<div class="poetry-container"> - <div class="poetry"> - <div class="verse">Pour toutes pulces faire soubdain - mourir<a name="FNanchor_70_70" - id="FNanchor_70_70"></a><a href="#Footnote_70_70" - class="fnanchor">[70]</a>.</div> - </div> -</div> - -<p><span class="pagenum"><a name="Page_31" id="Page_31">[Pg 31]</a></span></p> -<p>C'était bien, en effet, une guerre incessante -et une guerre à mort. Aussi tous les manuels -de la vie pratique écrits vers cette époque se -font-ils l'écho de ce grave souci. Le <i>Traicté -nouveau, intitulé bastiment de receptes</i><a name="FNanchor_71_71" -id="FNanchor_71_71"></a><a href="#Footnote_71_71" class="fnanchor">[71]</a> fournit, -avec d'intéressants détails, cinq procédés infaillibles:</p> - -<p>«Pour faire que les punaises ne te nuysent -point la nuyt;</p> - -<p>«Pour faire un oignement qui tue les punaises -en la couche ou couchette;</p> - -<p>«Pour faire qu'il n'y aye nulles pusses en -une chambre;</p> - -<p>«Pour faire un unguent qui tue les punaises -ou mortzpions;</p> - -<p>«Pour tuer les poulz et lentes.»</p> - -<p>Remarquez que, de ce temps, date la fureur -des cosmétiques, des fards, des essences, des -pâtes, des parfums, qui ne se calma qu'au -commencement du règne de Louis XIV. Il -faut donc se rendre à l'évidence, et se représenter -telle qu'elle était la haute société du -seizième siècle. S'il y avait, par exemple, gala -au Louvre, gentilshommes et grandes dames, -bardés de crasse, mais couverts de parfums, de -<span class="pagenum"><a name="Page_32" id="Page_32">[Pg 32]</a></span> -perles et de pierreries, montaient sur un cheval -ou un mulet, la femme en croupe derrière son -mari<a name="FNanchor_72_72" -id="FNanchor_72_72"></a><a href="#Footnote_72_72" class="fnanchor">[72]</a>. -On se mettait à table, et les convives, -s'aidant un peu du couteau, mangeaient avec -les doigts, engluant leur serviette, qu'on était -forcé de changer après chaque plat.</p> - -<p>Vers 1640, parurent enfin, les <i>Loix de la -galanterie</i><a name="FNanchor_73_73" -id="FNanchor_73_73"></a><a href="#Footnote_73_73" class="fnanchor">[73]</a>, -code du bon ton à l'usage des -petits-maîtres; on y voit avec surprise quels -raffinements de soins la mode imposait alors -aux galants du grand monde. Lisez: «L'on -peut aller quelquefois chez les baigneurs pour -avoir le corps net, et tous les jours l'on prendra -la peine de se laver les mains. Il faut -aussi se faire laver le visage presque aussi souvent, -et se faire razer le poil des jouës, et quelquefois -se faire laver la teste... Vous aurez un -valet de chambre instruit à ce mestier, ou -bien vous vous servirez d'un barbier qui n'ait -autre fonction, et non pas de ceux qui pansent -les playes et les ulcères, et qui sentent toujours -le puz et l'onguent. Outre l'incommodité que -vous en recevez, il y a danger mesme que venant -<span class="pagenum"><a name="Page_35" id="Page_35">[Pg 35]</a></span> -de panser quelque mauvais mal, ils ne -vous le communiquent; tellement que vous -ne les appellerez que quand vous serez malades. -Et en ce qui est de vous accommoder -le poil, vous aurez recours à leurs compétiteurs, -qui sont barbiers-barbans<a name="FNanchor_74_74" -id="FNanchor_74_74"></a><a href="#Footnote_74_74" class="fnanchor">[74]</a>.» Notre -manuel ne parle pas des femmes, mais la -mode est toujours donnée par elles. Si elles -eussent eu soin de leur personne, auraient-elles -pu souffrir auprès d'elles ces soupirants -malpropres?</p> - -<div class="figcenter"><a name="i_037.jpg" id="i_037.jpg"></a> - <img src="images/i_037.jpg" - alt="" /> - <div class="caption">«UN COURTISAN ET SA DEMOISELLE.»<br /> - D'après les <i>Monumens</i> de Montfaucon.<br /> - (Seizième siècle.)</div> -</div> - -<p>Lorsque l'excès de la propreté eut été porté -à ce point qu'un raffiné dut se laver le visage -<i>presque tous les jours</i>, on comprit enfin ce que -présentaient de répugnant les multiples attributions -des barbiers-chirurgiens, et les barbiers-barbants -furent créés. A la suite de l'édit -de 1637, quelques industriels avisés avaient -déjà adopté cette spécialité, mais la corporation -ne fut définitivement instituée que par -l'édit du 23 mars 1673. «Nous avons reconnu -dès il y a longtemps, dit le Roi, que -l'usage de faire le poil et de tenir des bains et -étuves, et les soins que l'on apporte à tenir le -corps humain dans une propreté honneste, -<span class="pagenum"><a name="Page_36" id="Page_36">[Pg 36]</a></span> -estant autant utile à la santé que pour l'ornement -et la bienséance, par nostre édit du mois -de décembre 1659, nous aurions ordonné -l'établissement d'un corps et communauté de -<i>Barbiers-Baigneurs-Étuvistes-Perruquiers</i><a name="FNanchor_75_75" -id="FNanchor_75_75"></a><a href="#Footnote_75_75" class="fnanchor">[75]</a>, réduits -à deux cens, pour en faire profession particulière, -distincte et séparée de celle des maistres -chirurgiens-barbiers<a name="FNanchor_76_76" -id="FNanchor_76_76"></a><a href="#Footnote_76_76" class="fnanchor">[76]</a>.» -Ces deux cents -charges étaient vendues par le Roi, et déclarées -héréditaires.</p> - -<p>C'était là, sans nul doute, une utile réforme, -mais dans cet ordre de faits il n'eût pas fallu -s'arrêter en si beau chemin. Soumise à un -examen même bienveillant, la cour brillante -qui entourait Louis XIV aurait perdu beaucoup -de son prestige. On commençait, il est -vrai, à comprendre qu'il était bon de se laver -de temps en temps, et l'on revenait peu à peu -à l'idée que l'eau pouvait avoir été faite pour -cela; on la subissait cependant plus qu'on ne -l'aimait. L'usage quotidien d'abondantes ablutions -telles que nous les pratiquons aujourd'hui -eût certainement paru alors une singularité. -<span class="pagenum"><a name="Page_37" id="Page_37">[Pg 37]</a></span> -Le plus souvent, les gens soigneux se bornaient -à promener le matin sur leur visage un -petit tampon de coton trempé dans de l'alcool -très-faible et aromatisé. Un manuel des bienséances, -imprimé en 1782, prohibe encore -l'emploi de l'eau pour la toilette: «Il est de la -propreté de se nettoyer tous les matins le visage -avec un linge blanc, pour le décrasser. Il -est moins bien de le laver avec de l'eau, car -cela rend le visage plus susceptible du froid en -hiver et du hâle en été<a name="FNanchor_77_77" -id="FNanchor_77_77"></a><a href="#Footnote_77_77" class="fnanchor">[77]</a>.» -On voit que l'auteur, -brave docteur en théologie, n'avait pas -sur la physiologie et l'hygiène des notions bien -exactes. Madame de Motteville éprouve le besoin -de nous dire qu'Anne d'Autriche était -«propre et fort nette»; elle ne néglige pas -non plus de nous apprendre que, lors de -l'arrivée de la reine Christine à Compiègne, -les mains de l'auguste souveraine «étoient si -crasseuses qu'il étoit impossible d'y apercevoir -quelque beauté<a name="FNanchor_78_78" -id="FNanchor_78_78"></a><a href="#Footnote_78_78" class="fnanchor">[78]</a>». -On sait, du reste, que la -fistule dont fut atteint Louis XIV est parfois le -résultat d'un manque de propreté, et que le -<span class="pagenum"><a name="Page_38" id="Page_38">[Pg 38]</a></span> -roi-soleil avait souvent son sommeil troublé -par des punaises<a name="FNanchor_79_79" -id="FNanchor_79_79"></a><a href="#Footnote_79_79" class="fnanchor">[79]</a>.</p> - -<p>Vers cette époque commença la vogue des -carrosses et des chaises à porteur, qui facilitèrent -les relations sociales dans ce que l'on -appelait alors le monde galant. En 1550, il -n'y avait guère à Paris que trois ou quatre carrosses, -et c'était encore un luxe de faire ses -courses <i>en housse</i>, c'est-à-dire sur un cheval -de selle couvert d'une housse de drap ou de -velours. Sully allait au Louvre en housse, et -il n'eut un carrosse que lorsqu'il fut grand -maître de l'artillerie<a name="FNanchor_80_80" -id="FNanchor_80_80"></a><a href="#Footnote_80_80" class="fnanchor">[80]</a>. -La bourgeoisie, la noblesse -pauvre allaient à pied; on marchait -avec précaution dans les rues boueuses, et si -l'on rendait une visite de cérémonie, on changeait -de chaussures dans l'antichambre avant -de passer au salon. Les <i>Loix de la galanterie</i> -nous fournissent sur ce point des détails curieux: -«Lors que la mode a voulu que les -seigneurs et hommes de condition allassent à -cheval par Paris, il estoit honeste d'y estre en -bas de soye sur une housse de velours et entouré -de pages et de laquais. Mais maintenant, -<span class="pagenum"><a name="Page_41" id="Page_41">[Pg 41]</a></span> -veu que les crottes s'augmentent tous les jours -dans cette grande ville, avec un embarraz inévitable, -nous ne trouvons plus à propos que -nos galands de la haute volée soient en cet -équipage et aillent autrement qu'en carrosse. -Nous sçavons qu'autrefois pour parler d'un qui -paroissoit dans le monde, soit financier ou -autre, l'on disoit de luy: <i>il ne va plus qu'en -housse</i>; mais maintenant cela n'est plus guère -propre qu'aux médecins ou à ceux qui ne sont -pas des plus relevez. De quelque condition que -soit un galand, nous luy enjoignons d'avoir -un carrosse s'il en a le moyen, d'autant que -lors que l'on parle aujourd'huy de quelqu'un -qui fréquente les bonnes compagnies, l'on demande -incontinent: <i>a-t-il carrosse?</i> et si l'on -respond que oüy, l'on en fait beaucoup plus -d'estime. Si les galands du plus bas estage veulent -visiter des dames de condition, ils remarqueront -qu'il n'y a rien de si laid que d'entrer -chez elles avec des bottes ou des souliers crottez, -spécialement s'ils en sont logez fort loin; -car quelle apparence y a-t-il qu'en cet estat -ils aillent marcher sur un tapis de pied et s'asseoir -sur un faut-œil de velours? C'est aussi -une chose infâme de s'estre coulé de son pied -d'un bout de la ville à l'autre, quand mesme -<span class="pagenum"><a name="Page_42" id="Page_42">[Pg 42]</a></span> -on auroit changé de souliers à la porte, pource -que cela vous accuse de quelque pauvreté, qui -n'est pas moins un vice aujourd'huy en France -que chez les Chinois, où l'on croid que les -pauvres soient maudits des Dieux à cause -qu'ils ne prospèrent point. Vous pouvez aussi -vous faire porter en chaize, dernière et nouvelle -commodité, si utile qu'ayant esté enfermé -là dedans sans se gaster le long des chemins, -l'on peut dire que l'on en sort aussi -propre que si l'on sortoit de la boiste d'un enchanteur; -et comme elles sont de loüage, l'on -n'en fait la despense que quand l'on veut, au -lieu qu'un cheval mange jour et nuict<a name="FNanchor_81_81" -id="FNanchor_81_81"></a><a href="#Footnote_81_81" class="fnanchor">[81]</a>.»</p> - -<div class="figcenter"><a name="i_043.jpg" id="i_043.jpg"></a> - <img src="images/i_043.jpg" - alt="" /> - <div class="caption">«DEUX COURTISANS QUI VONT AU LOUVRE.»<br /> - D'après les <i>Monumens</i> de Montfaucon.<br /> - (Seizième siècle.)</div> -</div> - -<p>Il s'agissait donc surtout de briller à peu de -frais, et pourvu que le galant eût sa chaussure -et ses vêtements à peu près propres, on ne -s'inquiétait pas d'autre chose. Un traité de la -civilité qui eut un immense succès vers la fin -du dix-septième siècle<a name="FNanchor_82_82" -id="FNanchor_82_82"></a><a href="#Footnote_82_82" class="fnanchor">[82]</a> -résume ainsi des recommandations -d'ordre plus intime faites aux -personnes de la cour: «Il faut avoir soin de -se tenir la teste nette, les yeux et les dents, les -<span class="pagenum"><a name="Page_43" id="Page_43">[Pg 43]</a></span> -mains aussi, et même les pieds, particulièrement -l'esté, pour ne pas faire mal au cœur à -ceux avec qui nous conversons<a name="FNanchor_83_83" -id="FNanchor_83_83"></a><a href="#Footnote_83_83" class="fnanchor">[83]</a>.» -Le même ouvrage mentionne quelques modifications -heureuses apportées dans les usages depuis le -commencement du siècle: «Autrefois, dit-il, -il estoit permis de cracher à terre devant des -personnes de qualité, et il suffisoit de mettre le -pied dessus: à présent, c'est une indécence. -Autrefois on pouvoit bâiller, et c'estoit assez -pourvû que l'on ne parlast pas en bâillant: à -présent une personne de qualité s'en choqueroit. -Autrefois, on pouvoit tremper son pain dans -la sauce, et il suffisoit pourveu que l'on n'y eust -pas encore mordu: maintenant ce seroit une -espèce de rusticité. Autrefois on pouvoit tirer -de sa bouche ce que l'on ne pouvoit pas manger, -et le jeter à terre pourveu que cela se fist -adroitement: maintenant ce seroit une grande -saleté<a name="FNanchor_84_84" -id="FNanchor_84_84"></a><a href="#Footnote_84_84" class="fnanchor">[84]</a>.» -Mais nous entrons ici dans le cérémonial -de la table, dont je m'occuperai ailleurs.</p> - -<p>Le salut vint de l'hôtel de Rambouillet, qui, -en dépit des justes railleries de Molière, eut la -gloire de généraliser en France le bon ton, la -politesse, l'urbanité, le savoir-vivre.</p> - -<hr class="chap" /> - -<p><span class="pagenum"><a name="Page_44" id="Page_44">[Pg 44]</a></span></p> - - -<div class="chapter"> - <h2><a name="I-II" id="I-II"></a>II</h2> -</div> - - -<p>Je ne raconterai pas l'histoire de la coiffure -et de la barbe, car on la trouve partout. Elle -est bien exposée dans l'<i>Histoire du costume</i> de -M. Quicherat, relativement exacte dans les -<i>Dictionnaires de la conversation</i> et les -<i>Encyclopédies</i><a name="FNanchor_85_85" -id="FNanchor_85_85"></a><a href="#Footnote_85_85" class="fnanchor">[85]</a>; -la refaire d'après les sources serait -donc me donner beaucoup de peine en pure -perte. D'ailleurs, je tiens à rester fidèle au programme -que je me suis tracé; il consiste à -exclure autant que possible de ces petites notices -les faits déjà étudiés de l'histoire des -mœurs, pour me borner à recueillir les détails -ignorés ou peu connus, et à relever les erreurs -accréditées par une longue tradition. Ainsi, -des statues qui ne peuvent être antérieures à -1150 ont fait jusqu'ici attribuer aux mérovingiennes -la jolie coiffure que portaient les -<span class="pagenum"><a name="Page_47" id="Page_47">[Pg 47]</a></span> -grandes dames du douzième siècle; leurs cheveux, -partagés au milieu de la tête, descendaient -par devant en deux longues tresses -nattées et galonnées<a name="FNanchor_86_86" -id="FNanchor_86_86"></a><a href="#Footnote_86_86" class="fnanchor">[86]</a>.</p> - -<div class="figsub"> - <div class="figleft" style="width: 170px;"> - <img src="images/i_049a.jpg" width="170" height="600" alt="" title="" /> - <span class="caption">REINE DU GRAND PORTAIL DE CHARTRES.</span> - </div> - - <div class="figright" style="width: 170px;"> - <img src="images/i_049b.jpg" width="170" height="600" alt="" title="" /> - <span class="caption">LA REINE DE SABA, PROVENANT DE N.-D. DE CORBEIL.</span> - </div> - <div class="caption ac">D'après Willemin. - </div> -</div> - - -<p>Au siècle suivant, les nattes ont disparu. -Les femmes mariées les ont remplacées par un -volumineux chignon attaché derrière le crâne; -les jeunes filles laissent pendre leurs cheveux -sur le dos, mode qui demeura très-longtemps -en France le signe de la virginité, comme en -témoignent les anciennes représentations de la -Vierge. Le quatorzième siècle adopte les nattes -relevées de chaque côté du front sur les tempes. -Au quinzième, les cheveux sont sacrifiés à des -couvre-chefs fantaisistes, dont le hennin est le -type. Le seizième siècle découvre les fronts et -inaugure la coiffure dite <i>à la Marie Stuart</i>, dont -les différentes variétés nous conduisent jusqu'au -règne de Louis XIV. Celui-ci peut être caractérisé -par la coiffure <i>à la Sévigné</i>, qui est -composée d'une multitude de boucles échelonnées -sur les joues.</p> - -<p><span class="pagenum"><a name="Page_48" id="Page_48">[Pg 48]</a></span></p> - -<p>Pour se faire une idée générale de la forme -que les hommes donnèrent successivement à -leur chevelure et à leur barbe, il suffit de -passer en revue les portraits de nos rois.</p> - -<p>La barbe disparaît à partir de Philippe-Auguste; -le visage est rasé et les cheveux ne -dépassent guère le milieu du cou. La barbe -fait une réapparition timide sous Philippe VI -et Jean II, mais Charles V et ses successeurs -sont imberbes: par derrière, leurs cheveux -descendent jusqu'au cou; par devant, ils sont -coupés très-courts, c'est la coiffure dite <i>aux -enfants d'Édouard</i>. A dater de François I<sup>er</sup>, on -fait peu de cas des cheveux, mais la barbe est -en plein triomphe. Elle reste taillée en pointe -jusqu'à Henri IV, dont la riante figure est encadrée -de poils touffus et frisés. Richelieu et -Louis XIII portent la moustache épaisse et la -royale à la lèvre inférieure. Un caprice changea -tout cela.</p> - -<p>Louis XIII, forcé d'embrasser la même carrière -que son père, y réussissait peu. En revanche, -il avait des dispositions pour une foule -d'autres métiers; il cuisinait très-bien, lardait -à ravir, s'entendait à l'élève des oiseaux et au -jardinage, composait en musique, peignait un -peu, travaillait au besoin le cuir, le bois et le fer. -<span class="pagenum"><a name="Page_49" id="Page_49">[Pg 49]</a></span> -Un jour, il lui prit fantaisie de faire concurrence -aux barbiers-barbants qu'il avait créés; il coupa -la barbe à tous les officiers de sa maison, ne leur -laissant qu'un petit bouquet de poils au menton. -Richelieu, avec qui on ne plaisantait pas ainsi, -conserva seul les moustaches retroussées et la -royale. La cour et la ville rirent beaucoup de -l'étrange distraction qu'avait choisie le mélancolique -souverain; on la mit même en chanson:</p> - -<div class="poetry-container"> - <div class="poetry"> - <div class="stanza"> - <div class="verse indent-2_5">Hélas! ma pauvre barbe,</div> - <div class="verse">Qu'est-ce qui t'a faite ainsy?</div> - <div class="verse indent-2_5">C'est le grand roy Louis,</div> - <div class="verse indent-2_5">Treiziesme de ce nom,</div> - <div class="verse">Qui a toute esbarbé sa maison.</div> - </div> - <div class="stanza"> - <div class="verse indent-2_5">Laissons la barbe en pointe</div> - <div class="verse">Au cousin de Richelieu,</div> - <div class="verse indent-2_5">Car, par la vertudieu!</div> - <div class="verse indent-2_5">Qui seroit assez osé</div> - <div class="verse">Pour prétendre la luy raser<a name="FNanchor_87_87" - id="FNanchor_87_87"></a><a href="#Footnote_87_87" - class="fnanchor">[87]</a>?</div> - </div> - </div> -</div> - -<p>Les cheveux longs avaient repris faveur sous -la minorité de ce roi ennuyé et ennuyeux. Un -homme de goût se reconnaissait alors aux -<i>moustaches</i> ou <i>cadenettes</i> qui, vite oubliées, -furent ressuscitées un siècle plus tard. On appelait -ainsi de longues mèches de cheveux, réunies -<span class="pagenum"><a name="Page_50" id="Page_50">[Pg 50]</a></span> -avec une rosette, et qu'on laissait pendre -le long de la joue et même de l'épaule sur le -côté gauche. La moustache se portait rarement -seule. L'auteur de <i>La promenade du cours</i><a name="FNanchor_88_88" -id="FNanchor_88_88"></a><a href="#Footnote_88_88" class="fnanchor">[88]</a> -nous apprend que les gens désireux de se -donner un air terrible en exhibaient jusqu'à -six:</p> - -<div class="poetry-container"> - <div class="poetry"> - <div class="verse">Les braves à l'œil froncé</div> - <div class="verse">D'un air demy courroucé</div> - <div class="verse">Font flotter leurs grands panaches,</div> - <div class="verse">Aux portières s'avançant,</div> - <div class="verse">Et guignent tous les passants</div> - <div class="verse">Au travers de six moustaches.</div> - </div> -</div> - -<p>Au besoin, les perruquiers pouvaient en -fournir: «Potel, écrit Tallemant<a name="FNanchor_89_89" -id="FNanchor_89_89"></a><a href="#Footnote_89_89" class="fnanchor">[89]</a>, -avoit trois -ou quatre moustaches postiches de chaque -costé, où il y avoit plus de douze aulnes de -ruban noir; car on n'avoit pas trouvé encore les -coings de cheveux.» Potel était un original: la -moustache se portait à gauche. Le côté droit -de la tête ainsi dégagé restait bien visible, et -on l'ornait d'une boucle d'oreille, perle ou diamant. -Le comte Henri d'Harcourt, cadet de la -maison de Lorraine, en fut surnommé Cadet -la Perle, sobriquet qu'il garda toute sa vie. Son -<span class="pagenum"><a name="Page_53" id="Page_53">[Pg 53]</a></span> -beau portrait, exécuté par Antoine Masson, est -connu sous le nom de <i>Cadet à la perle</i>; il porte -encore cet ornement sur celui qui fut gravé par -Édelinck pour les <i>Hommes illustres</i> de Perrault<a name="FNanchor_90_90" id="FNanchor_90_90"></a><a href="#Footnote_90_90" class="fnanchor">[90]</a>, -longtemps après que les cadenettes -eurent cessé d'être à la mode. Le premier galant -qui les mit en faveur fut Honoré d'Albret, -seigneur de Cadenet, frère du célèbre Luynes<a name="FNanchor_91_91" -id="FNanchor_91_91"></a><a href="#Footnote_91_91" class="fnanchor">[91]</a>. -Quand on fit celui-ci connétable, Cadenet -du même coup fut improvisé maréchal de -France, mais ses exploits se bornèrent à l'importante -innovation que je viens de rappeler: -elle a suffi pour transmettre son souvenir à la -postérité.</p> - -<div class="figcenter"><a name="i_056.jpg" id="i_056.jpg"></a> - <img src="images/i_056.jpg" - alt="" /> - <div class="caption"><i>Le Comte d'harcour</i><br /> - D'après les <i>Hommes illustres</i> de Perrault.</div> -</div> - - -<p>Notre moustache actuelle avait aussi ses -partisans. On lit dans les <i>Loix de la galanterie</i>: -«Les uns portent les moustaches comme un -traict de sourcil, et fort peu au menton; les -autres ont une moustache à coquille<a name="FNanchor_92_92" -id="FNanchor_92_92"></a><a href="#Footnote_92_92" class="fnanchor">[92]</a>.» Cette -dernière était celle dont on relevait les pointes. -Au moyen d'un petit instrument appelé <i>bigotère</i>, -on la pinçait de manière à ce qu'elle ne -perdît pas son pli pendant la nuit. C'est ce -<span class="pagenum"><a name="Page_54" id="Page_54">[Pg 54]</a></span> -qu'explique très-bien une <i>Mazarinade</i> publiée -en 1650:</p> - -<div class="poetry-container"> - <div class="poetry"> - <div class="verse">Ensuite voyons la moustache</div> - <div class="verse">Que la bigotère nous cache</div> - <div class="verse">Lorsque le jeune damoiseau</div> - <div class="verse">Le soir en bride son museau.</div> - <div class="verse">Le matin lui-même se l'ôte,</div> - <div class="verse">En frottant un peu le bigote</div> - <div class="verse">Avec quelque chose de chaud<a name="FNanchor_93_93" - id="FNanchor_93_93"></a><a href="#Footnote_93_93" - class="fnanchor">[93]</a>!</div> - </div> -</div> - -<p>Sarazin<a name="FNanchor_94_94" - id="FNanchor_94_94"></a><a href="#Footnote_94_94" class="fnanchor">[94]</a>, - racontant en style burlesque l'enterrement -anticipé de Voiture, fait figurer -parmi les assistants quelques Amours: «L'un, -dit-il, faisoit des grimaces devant le miroir, -l'autre se bridoit de la bigotère, l'autre tiroit -les poils des sourcils de ses compagnons avec -des pincettes<a name="FNanchor_95_95" -id="FNanchor_95_95"></a><a href="#Footnote_95_95" class="fnanchor">[95]</a>.» -La bigotère était encore employée -à la fin du dix-huitième siècle<a name="FNanchor_96_96" -id="FNanchor_96_96"></a><a href="#Footnote_96_96" class="fnanchor">[96]</a>.</p> - -<p>Depuis Louis XIII, aucun roi de France ne -garda sa barbe. Elle ne laissa pas pour cela -<span class="pagenum"><a name="Page_55" id="Page_55">[Pg 55]</a></span> -d'être honorée et cultivée. Louis Guyon<a name="FNanchor_97_97" -id="FNanchor_97_97"></a><a href="#Footnote_97_97" class="fnanchor">[97]</a>, qui -a traité agréablement ce sujet, dit que la barbe -est utile, non-seulement parce qu'elle protége -l'homme contre le froid, mais encore parce -qu'elle le rend «plus beau. A cause de quoy -nature n'a voulu couvrir les éminences qui -sont à chacun costé des yeux, ny le nez, ni -autres parties de la face; autrement, l'homme -ressembleroit une beste sauvage et approcheroit -de la semblance des bestes brutes. Il ne se -cognoistroit quand il seroit joyeux ny fasché. -La face descouverte de poils appartient à un -animal raisonnable, politic, familier et sociable, -tel qu'est l'homme.» Mais alors, pourquoi la -nature a-t-elle privé de barbe les femmes? -Rien n'est plus simple: «La matière de la -barbe, aux femmes, monte à la teste, qui leur -cause de plus grands cheveux qu'aux hommes; -et de vray, la chevelure est bienséante aux -femmes et la barbe à l'homme.»</p> - -<p>Louis XIV porta d'abord le semblant de -moustache dont j'ai parlé, un trait léger sur -la lèvre supérieure. Il la fit disparaître en -1680, et tout bon courtisan s'empressa de -<span class="pagenum"><a name="Page_56" id="Page_56">[Pg 56]</a></span> -l'imiter; aussi les derniers portraits de Corneille -et de Molière les représentent-ils sans un -poil sur la figure<a name="FNanchor_98_98" -id="FNanchor_98_98"></a><a href="#Footnote_98_98" class="fnanchor">[98]</a>. -Je ne parle ici que des -courtisans, car il faut rendre cette justice à -Louis XIII et à Louis XIV qu'ils respectèrent -la tête de leurs sujets (on n'oserait en dire -autant de Richelieu); ils laissèrent chacun arranger -à sa guise barbe et cheveux. Si ce fut -une faiblesse de la part du roi-soleil, elle ne -resta pas sans châtiment: la mode, devenue -plus impérieuse que l'orgueilleux monarque, -finit par lui imposer la perruque et la poudre, -qui lui étaient toutes deux antipathiques.</p> - -<p>A défaut d'autres libertés, le dix-septième -siècle eut donc celle de la barbe. Les beaux -portraits gravés par Édelinck et Lubin nous -révèlent que:</p> - -<p class="noindent">Le Jésuite Jacques Sirmond,<br /> -L'érudit Fabri de Peiresc,<br /> -L'historien Papire Masson,<br /> -Le savant Scévole de Sainte-Marthe,<br /> -Le poëte Malherbe,<br /> -Le jurisconsulte Pithou</p> - -<p>portaient la barbe entière avec les moustaches.</p> - -<p class="noindent">Le cardinal de Bérulle,<br /> -<span class="pagenum"><a name="Page_57" id="Page_57">[Pg 57]</a></span> -Henri de Sponde, évêque de Pamiers,<br /> -Le secrétaire d'État Pontchartrain,<br /> -Vincent de Paul,<br /> -Joseph Scaliger</p> - -<p>portaient la barbe en pointe avec les moustaches.</p> - -<p class="noindent">Pierre Camus, évêque de Belley,<br /> -Le garde des sceaux du Vair,<br /> -Le premier président A. de Harlay,<br /> -Le président Jeannin</p> - -<p>portaient une magnifique barbe étalée sur la -poitrine.</p> - -<p class="noindent">Pierre de Marca, archevêque de Paris,<br /> -Antoine Godeau, évêque de Vence,<br /> -J. F. Senault, général de l'Oratoire,<br /> -Le prince de Condé,<br /> -Turenne,<br /> -Le chancelier Séguier,<br /> -Colbert,<br /> -Le premier président Lamoignon,<br /> -Le président de Thou,<br /> -L'avocat général J. Bignon,<br /> -Le théologien Arnauld d'Andilly,<br /> -Descartes,<br /> -L'avocat Antoine Lemaître,<br /> -Le philosophe Gassendi,<br /> -Balzac,<br /> -Voiture,<br /> -<span class="pagenum"><a name="Page_58" id="Page_58">[Pg 58]</a></span> -Sarazin,<br /> -Mansart,<br /> -Le peintre Nicolas Poussin,<br /> -Le graveur Callot,<br /> -Le romancier H. d'Urfé,<br /> -Le maréchal de Gassion,<br /> -Le maréchal Fabert,<br /> -L'amiral Duquesne,<br /> -Le chancelier Michel Letellier,<br /> -Le premier président de Bellièvre,<br /> -N. Rigault, garde de la bibliothèque du Roi,<br /> -Simon Vouet, premier peintre du Roi,</p> - -<p>portaient la moustache et la royale.</p> - -<p class="noindent">Le P. Thomassin, hébraïsant,<br /> -L'académicien Pélisson,<br /> -Le savant Ducange,<br /> -La Fontaine,<br /> -L'historien Le Nain de Tillemont,<br /> -Le peintre Ch. Lebrun,<br /> -Le poëte Santeuil,<br /> -Le maréchal de Luxembourg,<br /> -Le musicien Lully,<br /> -Le philologue Ménage,<br /> -Quinault,<br /> -Benserade,<br /> -Racine</p> - -<p>avaient le visage entièrement rasé.</p> - -<p><span class="pagenum"><a name="Page_59" id="Page_59">[Pg 59]</a></span></p> - -<p>N'oublions pas de faire remarquer que plusieurs -de ces personnages portent perruque, -une perruque superbe, majestueuse, frisée avec -art et qui parfois descend jusqu'à la ceinture. -Tout était grand dans le siècle du grand roi.</p> - -<p>C'est à ce siècle que revient l'honneur d'avoir -ainsi contrefait la nature, mais il y avait -longtemps qu'on avait cherché à l'imiter.</p> - -<p>L'usage des faux cheveux doit être aussi -ancien que la coquetterie féminine, et c'est -remonter bien haut. A l'époque romaine, les -femmes portaient des nattes postiches, le commerce -des cheveux était en pleine activité, et -on allait en chercher des cargaisons sur la rive -droite du Rhin. Cependant, les Pères de l'Église -d'abord, puis les prédicateurs du moyen -âge apostrophèrent très durement les femmes -qui mettaient des chevelures d'emprunt «des -cheveux de mortes<a name="FNanchor_99_99" -id="FNanchor_99_99"></a><a href="#Footnote_99_99" class="fnanchor">[99]</a>», -disaient-ils, et ce qui -est bien pis, des cheveux de personnes peut-être -impures, peut-être criminelles, peut-être -condamnées aux peines de l'enfer, <i>capitis forsan -immundi, forsan nocentis et gehennæ destinati</i><a name="FNanchor_100_100" -id="FNanchor_100_100"></a><a href="#Footnote_100_100" class="fnanchor">[100]</a>.</p> - -<p><span class="pagenum"><a name="Page_60" id="Page_60">[Pg 60]</a></span></p> - -<p>C'est sous Charles V qu'Eustache Deschamps -composa la célèbre ballade qui a pour refrain:</p> - -<div class="poetry-container"> - <div class="poetry"> - <div class="verse">Rendez l'emprunt des estranges cheveux.</div> - </div> -</div> - -<p>Sous Henri III et Henri IV, toutes les femmes -s'affublaient de faux chignons. La reine Marguerite, -écrit Brantôme, «s'habilloit quelques -fois avec ses cheveux naturels, sans y adjouster -aucun artifice de perruque; elle les sçavoit -très bien tortiller, frizonner et accommoder... -et pourtant peu souvent s'en accommodoit, si -non de perruques bien gentement façonnées<a name="FNanchor_101_101" -id="FNanchor_101_101"></a><a href="#Footnote_101_101" class="fnanchor">[101]</a>.» -Tallemant des Réaux affirme tout crûment -qu'elle fut chauve de bonne heure, et qu'«elle -avoit de grands valets de pied blonds que l'on -tondoit de temps en temps<a name="FNanchor_102_102" -id="FNanchor_102_102"></a><a href="#Footnote_102_102" class="fnanchor">[102]</a>».</p> - -<p>Dès le règne de Louis XII, les élégants -imitaient leurs maîtresses:</p> - -<div class="poetry-container"> - <div class="poetry"> - <div class="verse">De la queue d'un cheval painte,</div> - <div class="verse">Quant leurs cheveux sont trop petiz,</div> - <div class="verse">Ilz ont une perrucque faincte,</div> - </div> -</div> - -<p>disait d'eux Guillaume Coquillart<a name="FNanchor_103_103" -id="FNanchor_103_103"></a><a href="#Footnote_103_103" class="fnanchor">[103]</a>.</p> - -<p><span class="pagenum"><a name="Page_61" id="Page_61">[Pg 61]</a></span></p> - -<p>Les gens qui commençaient à perdre leurs -cheveux y suppléaient au moyen de <i>coins</i>, -fragments de perruque qu'on dissimulait le -mieux possible sous la chevelure naturelle. -Louis XIII vit tomber la sienne à trente ans, -ce qui inaugura le règne de la perruque; «les -courtisans, les rousseaux et les teigneux en -portèrent les premiers: les courtisans par délicatesse<a name="FNanchor_104_104" -id="FNanchor_104_104"></a><a href="#Footnote_104_104" class="fnanchor">[104]</a>, -les rousseaux par vanité et les teigneux -par nécessité<a name="FNanchor_105_105" -id="FNanchor_105_105"></a><a href="#Footnote_105_105" class="fnanchor">[105]</a>.» -Comme toutes les -modes, celle-ci eut ses détracteurs acharnés et -ses admirateurs enthousiastes; parmi ces derniers, -il faut citer l'abbé Legendre, qui s'écrie -naïvement: «Il est surprenant qu'une coiffure -aussi commode qu'est la perruque, n'ait esté en -usage que depuis le règne de Louis XIII<a name="FNanchor_106_106" -id="FNanchor_106_106"></a><a href="#Footnote_106_106" class="fnanchor">[106]</a>.»</p> - -<p>C'est sous Louis XIV qu'elle atteignit son -apogée. L'année où il créa les barbiers-barbants -(1673) est précisément celle où il consentit -à prendre perruque. Il avait trente-cinq -ans lorsqu'il se soumit à cette mode, que son -opulente chevelure lui donnait le droit de mépriser. -On composa pour lui, dit Pélisson<a name="FNanchor_107_107" -id="FNanchor_107_107"></a><a href="#Footnote_107_107" class="fnanchor">[107]</a>, -<span class="pagenum"><a name="Page_62" id="Page_62">[Pg 62]</a></span> -des perruques avec des jours par où passaient -les mèches de ses cheveux, dont il ne voulait -pas faire le sacrifice. Son fils, le grand Dauphin, -n'y mettait pas tant de façons: «Monseigneur, -écrit Dangeau, a encore fait raser -ses cheveux, qui étoient revenus plus beaux -que jamais. Il trouve la perruque plus commode<a name="FNanchor_108_108" -id="FNanchor_108_108"></a><a href="#Footnote_108_108" class="fnanchor">[108]</a>.»</p> - -<p>Le <i>Livre commode pour 1692</i><a name="FNanchor_109_109" -id="FNanchor_109_109"></a><a href="#Footnote_109_109" class="fnanchor">[109]</a>, -nous a conservé -les noms de Pascal, de Pelé, de Jordanis, de -Vincent, «renommez pour faire les perruques -de bon air»; de La Roze, «renommé pour les -perruques abbatiales»; de Binet, enfin, le célèbre -fournisseur du Roi et le créateur des perruques -dites <i>binettes</i>, expression qui a fini par -désigner dans le langage populaire la tête elle-même. -A Versailles, entre la chambre à coucher -et la salle du conseil<a name="FNanchor_110_110" -id="FNanchor_110_110"></a><a href="#Footnote_110_110" class="fnanchor">[110]</a>, -était le cabinet des -perruques du Roi. Elles reposaient dans des -armoires vitrées qui entouraient la pièce; de -distance en distance se dressaient des têtes -d'enfants, au nombre de vingt, qui servaient -aux essayages, aux remaniements. Les formes -variaient suivant que Louis XIV allait à la -<span class="pagenum"><a name="Page_63" id="Page_63">[Pg 63]</a></span> -messe ou à la chasse, recevait des ambassadeurs -ou restait dans ses appartements. Quant -au barbier, il ne quittait guère la cour<a name="FNanchor_111_111" -id="FNanchor_111_111"></a><a href="#Footnote_111_111" class="fnanchor">[111]</a>, et -comptait parmi les cinq cents personnes distribuées -en cinq tables, qui avaient le droit de -manger à la cour. «Avant que le Roy se lève, -dit un contemporain, le sieur Quentin, qui est -le barbier et qui a soin des perruques, se vient -présenter devant Sa Majesté, tenant deux perruques -ou plus, de différente longueur. Le -Roy, suffisamment peigné, le sieur Quentin -lui présente la perruque de son lever, qui est -plus courte que celle que Sa Majesté porte ordinairement -le reste du jour. Sa Majesté aïant -mis sa perruque, les Officiers de la Garderobe -s'approchent pour habiller le Roy... Le Roy, -dans la journée, change de perruque, comme -quand il va à la messe, après qu'il a dîné, quand -il est de retour de la chasse, de la promenade, -quand il va soûper, etc. Le garçon qui est -commis pour peigner les perruques du Roy a -deux cens écus sur la cassette...» Louis XIV -n'était rasé que tous les deux jours: «De deux -jours l'un, c'est jour de barbe, c'est-à-dire que -<span class="pagenum"><a name="Page_64" id="Page_64">[Pg 64]</a></span> -le Roy se fait raser. Les deux barbiers de quartier -rasent alternativement de deux jours l'un, -et celui qui ne rase point apprête les eaux et -tient le bassin. Celui qui est de jour pour raser -Sa Majesté met le linge de barbe au Roy, le lave -avec la savonnette, le rase, le lave après qu'il -est rasé, avec une éponge douce, d'eau mêlée -d'esprit de vin, et enfin avec de l'eau pure. Pendant -tout le temps qu'on rase le Roy, le premier -valet de chambre tient le miroir devant -Sa Majesté, et le Roy s'essuie lui-même le visage -avec le linge de barbe<a name="FNanchor_112_112" -id="FNanchor_112_112"></a><a href="#Footnote_112_112" class="fnanchor">[112]</a>.» -On rasait souvent -aussi la tête de Louis XIV, car même après -qu'il eut passé soixante-dix ans, ses cheveux, -triomphant des efforts de la perruque, s'obstinaient -à repousser<a name="FNanchor_113_113" -id="FNanchor_113_113"></a><a href="#Footnote_113_113" class="fnanchor">[113]</a>. -Sous le règne d'un souverain -qui, par sa chevelure, semblait descendre -de la race mérovingienne, la perruque -poursuivait noblement sa carrière, forçant à -l'obéissance jusqu'au maître devant qui tous -tremblaient.</p> - -<p>L'article 63 des statuts de 1718 accorde aux -barbiers-perruquiers le monopole de «la vente -<span class="pagenum"><a name="Page_65" id="Page_65">[Pg 65]</a></span> -et revente des cheveux»; les marchands en -gros devaient, avant d'écouler leurs ballots, -les apporter au bureau de la corporation, où ils -étaient examinés. Il se faisait alors une incroyable -consommation de poil. Les têtes des -femmes vivantes et mortes étaient mises à contribution -dans les quatre parties du monde, et -le commerce des cheveux avait pris une extension -considérable. Colbert songea même à en -arrêter l'importation qui menaçait, disait-il, de -devenir aussi ruineuse pour l'État que l'avait -été naguère celle des ouvrages de fil. Mais les -perruquiers se montrèrent meilleurs économistes -que le ministre. Ils dressèrent des statistiques -et démontrèrent, chiffres en mains, que -la vente des perruques à l'étranger faisait rentrer -plus d'argent dans le royaume qu'il n'en -sortait par l'achat des cheveux<a name="FNanchor_114_114" -id="FNanchor_114_114"></a><a href="#Footnote_114_114" class="fnanchor">[114]</a>. -En effet, l'Angleterre, -l'Allemagne, l'Espagne, l'Italie, etc., -étaient nos tributaires; le perruquier français -avait acquis déjà dans toute l'Europe la réputation -qu'il conserva jusqu'à la fin d'être un artiste -inimitable. Le commerce en gros était représenté -à Paris par les sieurs Pelé, Vincent, Potiquet, -Rossignol, etc.; ces deux derniers demeuraient -<span class="pagenum"><a name="Page_66" id="Page_66">[Pg 66]</a></span> -«sous la galerie des Innocents<a name="FNanchor_115_115" -id="FNanchor_115_115"></a><a href="#Footnote_115_115" class="fnanchor">[115]</a>». -Tous ces commerçants avaient des coupeurs -qui parcouraient la Normandie, la Flandre, la -Hollande. Certains villages fournissaient jusqu'à -dix livres de cheveux, qui devaient toujours -avoir de vingt-quatre à vingt-cinq pouces -de long. Les cheveux des pays chauds étaient -réputés mauvais; les plus estimés étaient ceux -de Normandie, que l'on nommait <i>cheveux de -pays</i>. L'Angleterre en fournissait fort peu, «le -peuple, qui est à son aise, ne consentant pas -aisément à laisser couper les cheveux de leurs -femmes et de leurs filles». Le prix variait entre -quatre francs et cinquante écus la livre; les -plus chers étaient les blonds et les blancs. On -appelait <i>cheveux vifs</i>, ceux qui avaient été -coupés sur la tête de leur propriétaire, vivante -ou morte; <i>cheveux morts</i>, ceux qui avaient -été arrachés par le peigne ou étaient tombés -à la suite de quelque maladie; <i>cheveux naturels</i>, -ceux qui frisaient naturellement. Au -début du dix-huitième siècle, il y avait à -Paris une cinquantaine de marchands de cheveux<a name="FNanchor_116_116" -id="FNanchor_116_116"></a><a href="#Footnote_116_116" class="fnanchor">[116]</a>.</p> - -<p><span class="pagenum"><a name="Page_67" id="Page_67">[Pg 67]</a></span></p> - -<p>La rareté des cheveux était devenue telle à -la fin du règne de Louis XIV, qu'on fut obligé -de fabriquer en crin les perruques communes. -Jean-Paul Marana écrivait vers 1700: «Depuis -que la perruque a été reçue, les têtes des -morts et celles des femmes se vendent cher, -étant la mode que les sépulcres et les femmes -fournissent le plus bel ornement à la tête des -hommes<a name="FNanchor_117_117" -id="FNanchor_117_117"></a><a href="#Footnote_117_117" class="fnanchor">[117]</a>.»</p> - -<p>Les premières perruques se composèrent de -quelques rangs de cheveux échelonnés autour -d'une vaste calotte. On leur donna ensuite la -forme exacte d'un bonnet, et c'est ainsi que -fut créée <i>la bonnette</i>, dite aussi <i>perruque d'abbé</i> -ou <i>perruque ronde</i>; l'abbé de la Rivière, favori -de Gaston d'Orléans, fut, dit-on, le premier -qui la porta.</p> - -<p>Sous Louis XIV paraît enfin <i>la royale</i> ou -<i>l'in-folio</i>, privilége de la haute société, crinière -pleine de majesté, faite pour des statues -plus que pour des vivants. <i>La brigadière</i> fut -la coiffure habituelle des militaires, <i>la moutonne -bouclée</i> ou <i>bichonne</i> celle des petites-maîtresses -et des bambins. Les gens du Palais -portaient <i>la robin</i>. La perruque, symbole de -<span class="pagenum"><a name="Page_68" id="Page_68">[Pg 68]</a></span> -la monarchie, partage sa fortune, s'affaisse -avec elle, et, vers la fin du règne, perd beaucoup -de son prestige. De l'in-folio, on est -tombé <i>à la cavalière</i>, <i>à la financière</i>, <i>à l'espagnole</i>, -<i>à la carrée</i>, <i>à la nouée</i>, <i>à la naturelle</i>, -etc., vestiges encore imposants d'une -splendeur évanouie.</p> - -<p>La décadence se précipite sous Louis XV. -Les perruques deviennent plus basses et plus -étroites; puis on les sépare en trois touffes, -qui composent les <i>cadenettes</i> sur les côtés et la -<i>queue</i> par derrière. Le dessin, d'ailleurs, varie -à l'infini. On peut choisir entre les perruques -<i>de chasse</i>, <i>à nœuds</i>, <i>à deux queues</i>, <i>naissante</i>, -<i>à la chancelière</i>; <i>à la Sartine</i>, adoptée par ce -magistrat; <i>à la régence</i> ou <i>à bourse</i>, portée -par la valetaille.</p> - -<p>L'<i>Encyclopédie perruquière</i>, que publia en -1757 l'avocat A. H. Marchand, contient une -suite de quarante-cinq têtes, coiffées chacune -d'une perruque de forme particulière, et distinguée -par un nom spécial.</p> - -<p>En voici la liste:</p> - -<p class="noindent"> -<i>A l'ordinaire.</i><br /> -<i>A la Port-Mahon.</i><br /> -<i>A la rinoxerros.</i><br /> -<i>A l'adorable.</i><br /> -<i>A l'oiseau royal.</i><br /> -<i>A la cabriolet.</i><br /> -<i>A l'aile de pigeon.</i><br /> -<i>A la nouvelle mode.</i><br /> -<i>A l'impatient.</i><span class="pagenum"><a name="Page_69" -id="Page_69">[Pg 69]</a></span><br /> -<i>A l'aventure.</i><br /> -<i>A la cavalière.</i><br /> -<i>A la paresseuse.</i><br /> -<i>A la singulière.</i><br /> -<i>Au chasseur.</i><br /> -<i>A l'indifférence.</i><br /> -<i>A la dragonne.</i><br /> -<i>A la comète.</i><br /> -<i>A la Tronchin.</i><br /> -<i>A la mousquetaire.</i><br /> -<i>A la légère.</i><br /> -<i>A la Choisy.</i><br /> -<i>A la gendarme.</i><br /> -<i>Au vieillard.</i><br /> -<i>A la Gentilly.</i><br /> -<i>A la parisienne.</i><br /> -<i>Au</i> petit-maître.<br /> -<i>A la françoise.</i><br /> -<i>A l'italienne.</i><br /> -<i>A la plus tôt fait.</i><br /> -<i>Au favori.</i><br /> -<i>A la lunatique.</i><br /> -<i>A ravir.</i><br /> -<i>A l'éléphant.</i><br /> -<i>A l'antiquité.</i><br /> -<i>A l'économe.</i><br /> -<i>Au combattant.</i><br /> -<i>Au conquérant.</i><br /> -<i>A la jalousie.</i><br /> -<i>A la prudence.</i><br /> -<i>A la royale.</i><br /> -<i>A l'envieux.</i><br /> -<i>A la maître-d'hôtel.</i><br /> -<i>A la félicité.</i><br /> -<i>A l'inconstance.</i><br /> -<i>A la Beaumont.</i><br /> -</p> - -<p>On eut aussi l'idée de composer des perruques -en laine, qui devinrent le monopole des -matelots, et des perruques de fil de fer, mode -économique qui permettait de laisser à ses -enfants une coiffure à jamais héréditaire.</p> - -<p>Nous voyons fleurir encore, sous Louis XVI, -les perruques <i>de palais</i>, <i>à oreilles</i>, <i>à la circonstance</i>, -<span class="pagenum"><a name="Page_70" id="Page_70">[Pg 70]</a></span> -<i>brisée</i>, <i>à la grecque</i>, <i>en bonnet</i>, <i>à rosette</i>, -<i>à cadogan</i> ou <i>catogan</i>, gros nœud descendant -sur la nuque; <i>à la Panurge</i>; <i>à trois -marteaux</i><a name="FNanchor_118_118" -id="FNanchor_118_118"></a><a href="#Footnote_118_118" class="fnanchor">[118]</a>, -qu'affectionnaient surtout les médecins -et les apothicaires. Tout le monde alors portait -perruque, depuis le vieillard le plus décrépit -jusqu'à l'enfant à peine sevré; les nobles -comme les roturiers, les bourgeois, les maîtres -des métiers, les ouvriers. Le moindre laquais -aurait eu honte de se montrer avec ses propres -cheveux, et la condition des personnes se reconnaissait -à la forme de leur perruque<a name="FNanchor_119_119" -id="FNanchor_119_119"></a><a href="#Footnote_119_119" class="fnanchor">[119]</a>.</p> - -<p><span class="pagenum"><a name="Page_71" id="Page_71">[Pg 71]</a></span></p> - -<div class="figcenter"><a name="i_075.jpg" id="i_075.jpg"></a> - <img src="images/i_075.jpg" - alt="" /> - <div class="caption">PERRUQUES DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE.<br /> - D'après l'<i>Encyclopédie méthodique</i>.</div> -</div> - - -<p><span class="pagenum"><a name="Page_73" id="Page_73">[Pg 73]</a></span></p> - -<p>Elle s'y reconnaissait d'autant mieux que le -poids de ces tresses empruntées avait fait -presque complétement abandonner l'usage de -toute autre coiffure. C'est de là qu'est née notre -coutume de rester la tête nue en société. Avant -que la perruque fût devenue d'un usage général, -on ne se découvrait guère que pour saluer; -puis la profusion de faux cheveux dont on se -chargea modifia si bien cette habitude, que le -tricorne est souvent désigné sous le nom de -<i>chapeau de bras</i>, place qu'en effet il ne quittait -guère. «Le chapeau est une coiffure infiniment -commode, dit J. F. Sobry<a name="FNanchor_120_120" -id="FNanchor_120_120"></a><a href="#Footnote_120_120" class="fnanchor">[120]</a>, -mais de peu -d'agrément. On le porte d'ailleurs fort souvent -à la main.»</p> - -<p>L'usage de se découvrir dans le monde et -pour saluer ne s'introduisit en France que -fort tard. Pour les gentilshommes emprisonnés -dans un casque solidement lié à l'armure par -des courroies, il n'y fallait point songer. La -coiffure civile ne s'y prêtait pas beaucoup plus. -Le chaperon, fouillis d'étoffes qui resta en -honneur jusqu'au quinzième siècle, était difficile -à ôter et plus encore à remettre. On saluait -alors en repoussant de la main le chaperon, -<span class="pagenum"><a name="Page_74" id="Page_74">[Pg 74]</a></span> -de manière à découvrir un peu le front<a name="FNanchor_121_121" -id="FNanchor_121_121"></a><a href="#Footnote_121_121" class="fnanchor">[121]</a>. -Monstrelet raconte qu'Isabeau de Bavière, -exilée à Tours, «avoit en grant haine maistre -Laurens du Puis [un de ses gardiens], car il -parloit à elle irreveremment, sans mectre main -à son chaperon<a name="FNanchor_122_122" -id="FNanchor_122_122"></a><a href="#Footnote_122_122" -class="fnanchor">[122]</a>.» -Jadis, écrit Saint-Simon<a name="FNanchor_123_123" -id="FNanchor_123_123"></a><a href="#Footnote_123_123" class="fnanchor">[123]</a>, -on restait en toute circonstance la tête couverte, -«et quand autour du Roi quelqu'un -avaloit<a name="FNanchor_124_124" -id="FNanchor_124_124"></a><a href="#Footnote_124_124" class="fnanchor">[124]</a> -son chaperon, les plus près du Roi -lui faisoient place, parce que c'étoit une marque -qu'il vouloit parler au Roi.»</p> - -<p>La décadence des chaperons, l'avénement -des bonnets, des toques et des chapeaux modifièrent -cet usage, qui semble avoir souvent -varié. Il est certain que sous Henri IV, on -était tenu de se découvrir non-seulement en -présence du roi, mais même en présence du -Dauphin. En voici deux preuves irréfutables. -Le 6 avril 1606, le petit Louis XIII avait à -peine six ans: «Il se fait mettre à la fenêtre, -dit Héroard<a name="FNanchor_125_125" -id="FNanchor_125_125"></a><a href="#Footnote_125_125" class="fnanchor">[125]</a>; -il passa un nommé Dumesnil -<span class="pagenum"><a name="Page_77" id="Page_77">[Pg 77]</a></span> -sans le saluer, suivi de son laquais, qui fit de -même. Il demande: Qui est cettui-là qui passe -sans ôter son chapeau? Bompar, allez arrêter ce -laquais! Il y va, l'arrête. L'on disoit derrière -M. le Dauphin: Voilà un homme mal avisé et -son laquais aussi. Il crie: Laissez, laissez-le -aller Bompar; il est aussi sot que son maître.» -Au mois d'octobre de la même année, on -mène le petit roi à la messe: «M. Birat le -portoit ayant la tête nue, et M. de Belmont -marchoit auprès, la tête couverte; il dit à -M. Birat: Mettez votre chapeau.—Monsieur, -je suis bien.—Non, non, mettez votre chapeau, -vous êtes vieil. Otez votre chapeau, Belmont<a name="FNanchor_126_126" -id="FNanchor_126_126"></a><a href="#Footnote_126_126" class="fnanchor">[126]</a>.» -D'un autre côté, on voit par les gravures d'Abraham -Bosse, de Sébastien Leclerc, etc., que -sous Louis XIV, on restait la tête couverte -dans les appartements, devant les femmes, au -Conseil du Roi et au bal en dansant. Mais on -n'adressait jamais la parole au souverain sans -se découvrir, la calotte même des ecclésiastiques -n'était pas tolérée en cette circonstance<a name="FNanchor_127_127" -id="FNanchor_127_127"></a><a href="#Footnote_127_127" class="fnanchor">[127]</a>.</p> - -<div class="figcenter"><a name="i_080.jpg" id="i_080.jpg"></a> - <img src="images/i_080.jpg" - alt="" /> - <div class="caption">LE CONSEIL DU ROI LOUIS XIV.<br /> - D'après Sébastien Leclerc.</div> -</div> - -<p>Les courtisans, entrant dans la chambre du -<span class="pagenum"><a name="Page_78" id="Page_78">[Pg 78]</a></span> -Roi, saluaient son lit, et sa nef si le couvert -était mis<a name="FNanchor_128_128" -id="FNanchor_128_128"></a><a href="#Footnote_128_128" class="fnanchor">[128]</a>. -Mais c'eût été une inconvenance -de paraître tête nue à un repas: «Quand on -est à table, dit un manuel de civilité imprimé -en 1618, c'est assez de faire quelque signe de -reverence avec la teste, car il n'est pas bienséant -de se descouvrir à table<a name="FNanchor_129_129" -id="FNanchor_129_129"></a><a href="#Footnote_129_129" class="fnanchor">[129]</a>.» -Soixante-dix -ans après, cette coutume subsistait encore, -quoique déjà affaiblie: «Il ne faut pas violer -la maxime de la table, qui est de ne se point -découvrir, l'usage l'ayant tellement établi que -l'on passeroit pour un nouveau venu dans le -monde d'en user autrement<a name="FNanchor_130_130" -id="FNanchor_130_130"></a><a href="#Footnote_130_130" class="fnanchor">[130]</a>.» -Un peu plus -tard, on put, sans manquer aux lois de la politesse, -garder ou ôter sa coiffure: «C'étoit -autrefois un manque de respect et une incivilité -grossière d'être à table sans chapeau, surtout -devant des femmes d'un certain rang et -d'un certain caractère, pour qui on étoit obligé -d'avoir des ménagemens et des égards; il est -libre maintenant de prendre son chapeau à -table ou de le quitter, sans que personne s'en -<span class="pagenum"><a name="Page_79" id="Page_79">[Pg 79]</a></span> -formalise<a name="FNanchor_131_131" -id="FNanchor_131_131"></a><a href="#Footnote_131_131" class="fnanchor">[131]</a>.» -Enfin le duc de Luynes écrivait -en 1738: «On sait qu'il y a longtemps qu'il -est en usage, lorsqu'on a l'honneur de manger -avec le Roi, d'ôter son chapeau. Ce n'étoit pas -autrefois le respect, et madame la maréchale -de Villars m'a dit que, dans le temps qu'elle -suivoit M. le maréchal dans ses campagnes, -les officiers qui mangeoient avec elle et M. le -maréchal gardoient leur chapeau sur la tête. -J'ai vu aussi cet usage, et il n'y a pas grand -nombre d'années qu'il est supprimé. Cependant, -il faut qu'il ait varié, car M. de Polastron -m'a dit qu'à une des campagnes de M. le -duc de Bourgogne, à la table de M. le duc de -Bourgogne, on mangeoit sans chapeau, et -quand quelqu'un ignorant cet usage gardoit -son chapeau, on l'en avertissoit. M. le maréchal -de Boufflers, dans la même campagne, -disoit à ceux qui dînoient chez lui d'ôter leur -chapeau, parce qu'il faisoit chaud, ce qui -prouveroit que la règle étoit de l'avoir<a name="FNanchor_132_132" -id="FNanchor_132_132"></a><a href="#Footnote_132_132" class="fnanchor">[132]</a>.» La -vérité est que l'influence de l'hôtel de Rambouillet -commençait à se faire sentir, même -dans les camps. Néanmoins, jusqu'à la Révolution, -<span class="pagenum"><a name="Page_80" id="Page_80">[Pg 80]</a></span> -la politesse exigeait que l'on restât -couvert à table; je lis, en effet, dans un traité -de la civilité imprimé en 1782: «Il est -contre la bienséance de se découvrir lorsqu'on -est à table, à moins qu'il n'y survienne quelque -personne qui mérite beaucoup d'honneur. S'il -y a à table quelque personne de haute qualité -qui soit sans chapeau pour sa commodité, il -ne la faut pas imiter, cela seroit trop familier, -mais on doit toujours demeurer couvert<a name="FNanchor_133_133" -id="FNanchor_133_133"></a><a href="#Footnote_133_133" class="fnanchor">[133]</a>.»</p> - -<p>C'était là, bien entendu, un cas particulier. -Bussy, ami des précieuses, voulant peindre le -désordre d'esprit où l'amour jette Marsillac -en présence de madame d'Olonne, s'exprime -ainsi: «La première chose qu'il fit après s'être -assis, ce fut de se couvrir, tant il étoit hors de -lui; un instant après, s'étant aperçu de sa sottise, -il ôta son chapeau et ses gants, puis en -remit un, et tout cela sans dire un mot<a name="FNanchor_134_134" -id="FNanchor_134_134"></a><a href="#Footnote_134_134" class="fnanchor">[134]</a>.» -Écoutons maintenant Antoine de Courtin, qui -écrivait vers 1675: «Il est de la civilité d'avoir -la teste nuë dans les salles et dans les antichambres; -et avec cela il faut remarquer que -celuy qui entre est toujours obligé de saluer le -<span class="pagenum"><a name="Page_81" id="Page_81">[Pg 81]</a></span> -premier ceux qui sont dans la chambre. Il y en -a même qui ayant appris le rafinement de la -civilité dans quelque païs étranger, n'osent en -compagnie ni se couvrir ni s'asseoir le dos -tourné au portrait de quelque personne de -qualité éminente. C'est s'exposer à un affront -que d'avoir son chapeau sur la teste dans la -chambre où l'on a mis le couvert du Roy ou de -la Reyne, et même il faut se découvrir lorsque -les officiers portent la nef et le couvert, et passent -devant vous. Dans la chambre où est le -lit, on demeure aussi découvert; et même, chez -la Reyne, les dames en entrant saluent le lit, -et personne n'en doit approcher quand il n'y -a point de balustre<a name="FNanchor_135_135" -id="FNanchor_135_135"></a><a href="#Footnote_135_135" class="fnanchor">[135]</a>.»</p> - -<p>Au dix-septième siècle, il était d'usage de -saluer une dame en l'embrassant. Fitelieu, vers -1642, blâme déjà cette mode, fort dangereuse, -dit-il, pour «la pudicité des filles<a name="FNanchor_136_136" id="FNanchor_136_136"></a><a href="#Footnote_136_136" class="fnanchor">[136]</a>»; et Courtin -recommande de n'embrasser une «dame -de haute qualité que si elle-même tend la joue, -et alors même il faut seulement faire semblant -de la baiser, et approcher le visage de ses -coëffes<a name="FNanchor_137_137" id="FNanchor_137_137"></a><a href="#Footnote_137_137" class="fnanchor">[137]</a>.»</p> - -<p><span class="pagenum"><a name="Page_82" id="Page_82">[Pg 82]</a></span></p> - -<p>Les gravures du temps nous montrent avec -quel respect les hommes se saluaient alors; le -corps était courbé en deux et la plume du chapeau -balayait la terre. S'il s'agissait d'un supérieur, -la main elle-même devait toucher le sol. -«Mais surtout, ajoute avec prudence un maître -en civilité, il faut faire ce salut sans précipitation -ni embarras, ne se relevant que doucement, -de peur que la personne que l'on saluë, -venant aussi à s'incliner, on ne luy donne -quelque coup de teste.» Tout salut devait être -rendu, même aux personnes de la plus petite -condition: manquer à cette règle, vous reléguait -dans la classe des gens «très-incivils et -très-mal élevés<a name="FNanchor_138_138" -id="FNanchor_138_138"></a><a href="#Footnote_138_138" class="fnanchor">[138]</a>».</p> - -<p>Entre hommes, le salut le plus humble consistait -à s'incliner devant son supérieur, et à -lui baiser la cuisse, qu'on entourait de ses -bras. Henri IV adorait le melon; son maître-d'hôtel -Parfait lui en apporta un jour pendant -qu'il était à table, «et commença à crier par -deux fois: Sire, embrassez-moi la cuisse, car -j'en ai de fort bons<a name="FNanchor_139_139" -id="FNanchor_139_139"></a><a href="#Footnote_139_139" class="fnanchor">[139]</a>». -Louis de Brienne raconte -que lors des amours de Louis XIV avec -<span class="pagenum"><a name="Page_85" id="Page_85">[Pg 85]</a></span> -mademoiselle de La Vallière, ayant avoué au -Roi qu'il avait du goût pour elle, celui-ci le -pria de cesser de la voir: «Ah, mon cher -maître! dis-je en lui accolant la cuisse, je ne -lui parlerai de ma vie<a name="FNanchor_140_140" -id="FNanchor_140_140"></a><a href="#Footnote_140_140" class="fnanchor">[140]</a>.»</p> - -<div class="figcenter"><a name="i_087.jpg" id="i_087.jpg"></a> - <img src="images/i_087.jpg" - alt="" /> - <div class="caption">LES SALUTATIONS AU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE.<br /> - Dessin de J. Marot.</div> -</div> - -<p>Pour saluer la Reine ou les princesses, on -baisait le bas de leur robe<a name="FNanchor_141_141" -id="FNanchor_141_141"></a><a href="#Footnote_141_141" class="fnanchor">[141]</a>. -L'ambassadrice -de Venise, reçue par la Reine, fit une révérence -en entrant, une deuxième au milieu de la -chambre, une troisième auprès de Sa Majesté, -baisa le bas de sa robe, fit une quatrième révérence -et un compliment<a name="FNanchor_142_142" -id="FNanchor_142_142"></a><a href="#Footnote_142_142" class="fnanchor">[142]</a>. -La Reine ne saluait -que Monsieur, frère du Roi, et sa femme: -«Lorsque Marie-Thérèse arriva en France, -et qu'on lui proposa de saluer Monsieur, frère -du Roi, elle pleura à cette proposition, et dit -qu'en Espagne elle n'avoit coutume de saluer -que le Roi son père et la Reine sa mère<a name="FNanchor_143_143" -id="FNanchor_143_143"></a><a href="#Footnote_143_143" class="fnanchor">[143]</a>.» -En présence du Roi ou des princes du sang, on -ne devait saluer personne<a name="FNanchor_144_144" -id="FNanchor_144_144"></a><a href="#Footnote_144_144" class="fnanchor">[144]</a>, -et il était interdit -de s'embrasser ou de se tutoyer<a name="FNanchor_145_145" -id="FNanchor_145_145"></a><a href="#Footnote_145_145" class="fnanchor">[145]</a>.</p> - -<p><span class="pagenum"><a name="Page_86" id="Page_86">[Pg 86]</a></span></p> - -<p>Je relève encore dans les <i>Manuels</i> du temps -quelques préceptes de civilité qui montrent -quels progrès s'étaient accomplis sous la -double influence des raffinements inventés par -l'hôtel de Rambouillet et de l'étiquette imposée -par Louis XIV.</p> - -<p>Les convenances exigeaient que l'on ne -heurtât pas trop fort à la porte d'un grand. Il -fallait aussi ne pas frapper plus d'un coup.</p> - -<p>Si une dame venait vous rendre visite, vous -deviez ceindre votre épée, mettre votre manteau, -aller jusqu'au carrosse de votre visiteuse, -la faire descendre, l'introduire dans le lieu le -plus honorable de votre demeure, lui offrir un -fauteuil et vous asseoir sur une chaise ou un -placet<a name="FNanchor_146_146" -id="FNanchor_146_146"></a><a href="#Footnote_146_146" class="fnanchor">[146]</a>. -A son départ, vous étiez tenu de la -reconduire à son carrosse, de l'aider à y monter, -<span class="pagenum"><a name="Page_87" id="Page_87">[Pg 87]</a></span> -et de ne pas vous retirer avant que la -voiture se fût éloignée.</p> - -<p>Dans l'intérieur des appartements, il était -interdit de frapper à une porte. On se contentait -d'y gratter doucement, et en général avec -l'ongle du petit doigt; aussi les raffinés le conservaient-ils -d'une longueur démesurée afin -de prouver leur savoir-vivre. Scarron dit du -prince de Tarente qu'«il étoit propre en sa -personne, curieux en perruques, se piquoit de -belles mains, et s'étoit laissé croître l'ongle du -petit doigt de la gauche jusqu'à une grandeur -étonnante, ce qu'il croyoit le plus galant du -monde<a name="FNanchor_147_147" -id="FNanchor_147_147"></a><a href="#Footnote_147_147" class="fnanchor">[147]</a>.» -Molière n'a pas oublié ce ridicule, -et c'est le Clitandre du <i>Misanthrope</i><a name="FNanchor_148_148" -id="FNanchor_148_148"></a><a href="#Footnote_148_148" class="fnanchor">[148]</a> -qu'il en gratifie:</p> - -<div class="poetry-container"> - <div class="poetry"> - <div class="verse">Mais au moins, dites-moi, madame, par quel sort</div> - <div class="verse">Votre Clitandre a l'heur de vous plaire si fort.</div> - <div class="verse">Sur quel fonds de mérite et de vertu sublime</div> - <div class="verse">Appuyez-vous en lui l'honneur de votre estime?</div> - <div class="verse">Est-ce par l'ongle long qu'il porte au petit doigt</div> - <div class="verse">Qu'il s'est acquis chez vous l'estime où l'on le voit?</div> - </div> -</div> - -<p>Peut-être y avait-il un petit instrument -destiné à tenir lieu de l'ongle. C'est au moins -<span class="pagenum"><a name="Page_88" id="Page_88">[Pg 88]</a></span> -ce que semblent indiquer ces deux vers:</p> - -<div class="poetry-container"> - <div class="poetry"> - <div class="verse">Grattez du peigne à la porte</div> - <div class="verse indent-2_5">De la chambre du roi<a name="FNanchor_149_149" - id="FNanchor_149_149"></a><a href="#Footnote_149_149" - class="fnanchor">[149]</a>.</div> - </div> -</div> - -<p>Si un huissier vous demandait votre nom, il -ne fallait jamais le faire précéder du mot monsieur, -mais répondre: <i>le marquis</i> ou <i>le comte -de X</i>.</p> - -<p>Se promener dans l'antichambre en attendant -qu'on vous introduisît était d'un goujat.</p> - -<p>On devait, en visite, garder son manteau, -mais il était défendu de s'y envelopper.</p> - -<p>Si l'on vous offrait un objet, vous deviez -vous déganter pour le prendre, et baiser la -main qui vous l'offrait.</p> - -<p>Si quelqu'un, fût-ce un laquais, venait vous -parler de la part d'un supérieur, vous deviez -vous lever et recevoir l'envoyé debout et découvert.</p> - -<p>C'était une incivilité de joindre au mot -monsieur le nom ou le titre de la personne à -qui on s'adressait. Il ne fallait donc pas dire: -<i>oui, monsieur Cicerville</i>, ou <i>oui, monsieur le -duc</i>; mais simplement: <i>oui, monsieur</i>.</p> - -<p>Un homme parlant de sa femme devait dire -<span class="pagenum"><a name="Page_89" id="Page_89">[Pg 89]</a></span> -seulement: <i>ma femme</i>; y ajouter son nom ou -son titre, l'appeler <i>madame X</i> ou <i>madame la -présidente</i>, etc., était du plus mauvais goût. -Une femme devait également dire: <i>mon mari</i>, -jamais <i>monsieur</i> tout court. «C'est une faute -pourtant, écrit Courtin, qui est assez ordinaire -et sur tout parmy les bourgeoises.»</p> - -<p>Si l'on parlait d'une femme à son mari, il -fallait au contraire faire suivre le mot madame -d'un nom ou d'un titre: <i>Je suis bien aise que -madame X soit heureusement accouchée</i>, ou <i>Je -souhaite que madame la maréchale reprenne -vite ses forces</i>.</p> - -<p>On voit que la plupart des règles de politesse -observées aujourd'hui dans la conversation -remontent à plus de deux siècles.</p> - -<p>Les enfants parlant de leurs parents devaient -dire: <i>mon père</i>, <i>ma mère</i>. Seuls les enfants -de haute qualité pouvaient dire et écrire: -<i>monsieur le comte</i>, <i>monsieur le duc</i>, etc.</p> - -<p>Quand une personne éternuait, il ne fallait -pas lui dire tout haut: <i>Dieu vous assiste!</i> On -était tenu de se découvrir et de faire une profonde -révérence, sans parler.</p> - -<p>On avait déjà le droit de quitter une société -sans saluer personne, en se retirant le plus -discrètement possible. Gui Patin écrivait le -<span class="pagenum"><a name="Page_90" id="Page_90">[Pg 90]</a></span> -8 juin 1660: «Je fus hier souper chez M. le -premier président... Comme nous achevions de -souper survint le comte d'Albon, puis sa femme, -et puis d'autre monde, ce qui fut cause que je -m'en vins tout doucement, sans dire adieu à -personne, comme on fait chez les grands<a name="FNanchor_150_150" -id="FNanchor_150_150"></a><a href="#Footnote_150_150" class="fnanchor">[150]</a>.»</p> - -<p>Dans un carrosse, la place la plus honorable -était celle du fond; puis, par ordre: le fond à -gauche, le devant à droite, le devant à gauche.</p> - -<p>Si étant en carrosse vous rencontriez un enterrement, -un prince, un légat, votre cocher -devait s'arrêter et vous étiez tenu de vous découvrir. -Si le Saint-Sacrement venait à passer, -vous deviez descendre de voiture et vous agenouiller -par terre.</p> - -<p>Je réserve pour d'autres notices ce qui est -relatif aux actes de l'état civil, aux repas, aux -parfums, aux gants, aux siéges, aux formules -de politesse à la fin des lettres, etc., etc. Quand -on avait appris cela et quelques autres petites -choses, on avait le droit de se dire <i>honnête -homme</i>. Un honnête homme alors, c'était un -homme poli, bien élevé, de bonnes manières, -possédant les qualités et les connaissances -nécessaires pour figurer dans la haute société -<span class="pagenum"><a name="Page_91" id="Page_91">[Pg 91]</a></span> -et pour s'y rendre agréable. L'académicien -Nicolas Faret a publié un petit volume -assez curieux qui a pour titre: <i>L'honneste -homme ou l'art de plaire à la cour</i><a name="FNanchor_151_151" -id="FNanchor_151_151"></a><a href="#Footnote_151_151" class="fnanchor">[151]</a>. -Antoine de -Courtin, dans un <i>Traité du point d'honneur et -de ses règles</i><a name="FNanchor_152_152" -id="FNanchor_152_152"></a><a href="#Footnote_152_152" class="fnanchor">[152]</a>, -ne fait pas grande différence -entre l'honnête homme et l'homme d'honneur. -Enfin Hamilton, voulant peindre un gentilhomme -accompli, lui fait dire: «Tu sais que -je suis le plus adroit homme de France; j'eus -bientôt appris tout ce qu'on y montre; et, chemin -faisant, j'appris encore ce qui perfectionne -la jeunesse et rend honnête homme, -car j'appris encore toutes sortes de jeux aux -cartes et aux dés<a name="FNanchor_153_153" -id="FNanchor_153_153"></a><a href="#Footnote_153_153" class="fnanchor">[153]</a>.»</p> - -<p>Mais nous voici bien loin des perruques. -Rappelons que la Révolution eut la gloire de -détrôner cette mode ridicule. Encore lui résista-t-elle -longtemps. Les vieillards, que l'usage -des faux cheveux avait rendus chauves, -s'obstinèrent surtout dans les vieilles coutumes, -et la jeunesse les qualifia fort impertinemment -de <i>têtes à perruque</i>.</p> - -<p>On ne sait quelle est la Parisienne au teint -<span class="pagenum"><a name="Page_92" id="Page_92">[Pg 92]</a></span> -bruni qui eut la première l'idée de se coller -sur la figure des petits morceaux de taffetas -noir; mais je suis assez fier d'avoir retrouvé -dans un livre peu connu l'origine de cette coutume. -A la fin du seizième siècle, on soignait -les maux de dents en appliquant sur les tempes -de mignons emplâtres étendus sur du taffetas -ou du velours<a name="FNanchor_154_154" -id="FNanchor_154_154"></a><a href="#Footnote_154_154" class="fnanchor">[154]</a>. -Il ne fallut pas longtemps à -une coquette pour remarquer que ces taches -noires faisaient ressortir la blancheur de sa -peau, et que si le remède était inefficace contre -l'odontalgie, il jouissait d'une vertu bien autrement -précieuse, celle de donner de l'éclat au -visage le plus fané. Les <i>mouches</i> firent ainsi -leur entrée dans le monde, réunirent tous les -suffrages, et triomphèrent des obstacles suscités -contre elles par de sévères confesseurs et -par des moralistes ennemis de la beauté.</p> - -<p>Sous Henri IV, toutes les femmes en portaient<a name="FNanchor_155_155" -id="FNanchor_155_155"></a><a href="#Footnote_155_155" class="fnanchor">[155]</a>, -même à l'église, car on lit dans un -couplet satirique du temps:</p> - -<div class="poetry-container"> - <div class="poetry"> - <div class="verse">Portez-en à l'œil, à la temple<a name="FNanchor_156_156" - id="FNanchor_156_156"></a><a href="#Footnote_156_156" - class="fnanchor">[156]</a>,</div> - <div class="verse">Ayez-en le front chamarré,</div> - <div class="verse">Et, sans craindre votre curé, - <span class="pagenum"><a name="Page_93" id="Page_93">[Pg 93]</a></span></div> - <div class="verse">Portez-en jusque dans le temple<a name="FNanchor_157_157" - id="FNanchor_157_157"></a><a href="#Footnote_157_157" - class="fnanchor">[157]</a>.</div> - </div> -</div> - -<p>L'austère Fitelieu s'en indigne, et déclare -aux coquettes qui se couvrent de mouches -«qu'il y en a bien davantage dans leurs cervelles<a name="FNanchor_158_158" -id="FNanchor_158_158"></a><a href="#Footnote_158_158" class="fnanchor">[158]</a>.» -Les hommes pouvaient prendre leur -part de ce compliment, puisque les <i>Loix de la -galanterie</i> permettent aux «galands de la meilleure -mine de porter des mouches rondes et -longues, ou bien l'emplastre noire assez grande -sur la temple, ce que l'on appelle l'enseigne du -mal de dents<a name="FNanchor_159_159" -id="FNanchor_159_159"></a><a href="#Footnote_159_159" class="fnanchor">[159]</a>». -La mode finit par gagner jusqu'au -clergé: une mazarinade, écrite en 1649, -menace de la colère de Dieu «les abbés frisez, -poudrez, le visage couvert de mouches<a name="FNanchor_160_160" -id="FNanchor_160_160"></a><a href="#Footnote_160_160" class="fnanchor">[160]</a>.» -Parmi les lots de la <i>Loterie d'amour</i>, publiée -vers 1654, figure «un traité excellent de la -situation des mouches sur le visage des dames; -avec des observations exactes de leur grandeur -et de leur figure, selon les lieux où elles sont -placées<a name="FNanchor_161_161" -id="FNanchor_161_161"></a><a href="#Footnote_161_161" class="fnanchor">[161]</a>.»</p> - -<p>On portait des mouches même dans les -<span class="pagenum"><a name="Page_94" id="Page_94">[Pg 94]</a></span> -couvents. Madame de Mazarin, plaidant en -séparation, s'était réfugiée chez les religieuses -de Sainte-Marie, dans la rue Saint-Antoine. -Son mari étant venu lui rendre visite, elle le -reçut avec le visage couvert de mouches. Le -duc, élevé dans les bons principes, déclara -«qu'il ne lui parleroit point qu'elle ne les -ôtât»; et la bonne petite femme ajoute: «Jamais -homme ne demanda les choses avec une -hauteur plus propre à les faire refuser, surtout -quand il croyoit que la conscience y étoit -intéressée, comme en cette occasion; et ce fut -aussi ce qui me fit obstiner à demeurer comme -j'étois, pour lui faire bien voir que ce n'étoit ni -mon intention ni ma croyance d'offenser Dieu -par cette parure<a name="FNanchor_162_162" -id="FNanchor_162_162"></a><a href="#Footnote_162_162" class="fnanchor">[162]</a>.» -On sait que la folle duchesse -finit par courir le monde déguisée en homme.</p> - -<p>En 1661, un poëte, peu soucieux de la vérité -historique, eut l'idée d'écrire l'origine de -cette mode, et il n'hésita pas à lui attribuer -une généalogie tout à fait fantaisiste. Il suppose -que, resté un beau jour auprès de sa mère:</p> - -<div class="poetry-container"> - <div class="poetry"> - <div class="verse">L'Amour, sans dire un pauvre mot</div> - <div class="verse">Chassoit aux mouches comme un sot.</div> - </div> -</div> - -<p><span class="pagenum"><a name="Page_95" id="Page_95">[Pg 95]</a></span></p> - -<p>Vénus, impatientée, se fâche. L'Amour ne -fait qu'en rire,</p> - -<div class="poetry-container"> - <div class="poetry"> - <div class="verse">Et pour éviter la colère</div> - <div class="verse">De sa maman sut si Lien faire,</div> - <div class="verse">Qu'il lascha du creux de sa main</div> - <div class="verse">Une mouche dessus son sein.</div> - <div class="verse">Cette mouche à peine fut-elle</div> - <div class="verse">Sur le sein de cette immortelle</div> - <div class="verse">Que l'on vit, dans le même instant,</div> - <div class="verse">Qu'il en parut plus éclatant.</div> - <div class="verse">Comme quand un sombre nuage</div> - <div class="verse">Cache le ciel par son ombrage,</div> - <div class="verse">A l'entour de ce corps obscur</div> - <div class="verse">Le ciel prend un nouvel azur,</div> - <div class="verse">Et, rehaussé par son contraire,</div> - <div class="verse">Brille d'une façon plus claire.</div> - </div> -</div> - -<p>La déesse est ravie. Elle promet à son fils -deux tourterelles pour récompense, et celui-ci</p> - -<div class="poetry-container"> - <div class="poetry"> - <div class="verse">Lors de ses doigts industrieux</div> - <div class="verse">Découpant une étoffe noire</div> - <div class="verse">Fit, si l'on en croit bien l'histoire,</div> - <div class="verse">Mille mouches sans se lasser;</div> - <div class="verse">Puis aussy tost les vint placer</div> - <div class="verse">Une près de l'œil de sa mère</div> - <div class="verse">(La chose icy n'est pas bien claire</div> - <div class="verse">Si ce fut le gauche et le droit).</div> - <div class="verse">Il en mit encore dans l'endroit</div> - <div class="verse">Où vola la première mouche,</div> - <div class="verse">Sur les temples et sur la bouche,</div> - <div class="verse">A costé du nez, sur le front,</div> - <div class="verse">Sur les joues, sur le menton<a name="FNanchor_163_163" - id="FNanchor_163_163"></a><a href="#Footnote_163_163" - class="fnanchor">[163]</a>.</div> - </div> -</div> - -<p><span class="pagenum"><a name="Page_96" id="Page_96">[Pg 96]</a></span></p> -<p>Chacune de ces mouches avait un nom.</p> - -<table id="MOUCHES" summary="Location des mouches"> - <tr> - <td class="c1-1">Placée</td> - <td class="c1-1"></td> - </tr> - <tr> - <td class="c1-1">Près de l'œil, elle se nommait</td> - <td class="c1-1"><i>la passionnée</i>;</td> - </tr> - <tr> - <td class="c1-1">Au coin de la bouche</td> - <td class="c1-1"><i>la baiseuse</i>;</td> - </tr> - <tr> - <td class="c1-1">Sur les lèvres</td> - <td class="c1-1"><i>la coquette</i>;</td> - </tr> - <tr> - <td class="c1-1">Sur le nez</td> - <td class="c1-1"><i>l'effrontée</i>;</td> - </tr> - <tr> - <td class="c1-1">Sur le front</td> - <td class="c1-1"><i>la majestueuse</i>;</td> - </tr> - <tr> - <td class="c1-1">Au milieu de la joue</td> - <td class="c1-1"><i>la galante</i>;</td> - </tr> - <tr> - <td class="c1-1">Sur le pli de la joue en riant</td> - <td class="c1-1"><i>l'enjouée</i>;</td> - </tr> - <tr> - <td class="c1-1">Sous la lèvre inférieure</td> - <td class="c1-1"><i>la discrète</i>;</td> - </tr> - <tr> - <td class="c1-1">Sur un bouton</td> - <td class="c1-1"><i>la voleuse</i>.</td> - </tr> -</table> - -<p>On comprend que des insectes jusqu'alors -méprisés, chassés, persécutés, furent remplis -d'orgueil en apprenant qu'ils avaient donné -naissance à un artifice de coquetterie féminine, -auquel leur nom restait attaché. Ils contèrent -tout cela à La Fontaine, qui voulut immortaliser -tant de gloire, et fit dire fièrement -à la fourmi par la mouche:</p> - -<div class="poetry-container"> - <div class="poetry"> - <div class="verse">Je rehausse d'un teint la blancheur naturelle,</div> - <div class="verse">Et la dernière main que met à sa beauté</div> - <div class="verse indent-1_5">Une femme allant en conquête,</div> - <div class="verse">C'est un ajustement des mouches - emprunté<a name="FNanchor_164_164" - id="FNanchor_164_164"></a><a href="#Footnote_164_164" - class="fnanchor">[164]</a>.</div> - </div> -</div> - -<p>En 1692, «la bonne faiseuse de mouches» -demeurait rue Saint-Denis, <i>à la perle des -<span class="pagenum"><a name="Page_97" id="Page_97">[Pg 97]</a></span> -mouches</i><a name="FNanchor_165_165" -id="FNanchor_165_165"></a><a href="#Footnote_165_165" class="fnanchor">[165]</a>. -Sous Louis XV, toutes les femmes -avaient dans leur poche une boîte à mouches, -petit coffret d'or, d'argent, d'ivoire ou d'écaille, -qui renfermait un miroir, du rouge et -des mouches. Ces dernières, faites en général -de taffetas gommé, affectaient toutes les formes: -il y en avait de rondes, de carrées, d'ovales. -On s'amusa même à les découper de manière -à imiter les étoiles, la lune, le soleil, un croissant, -un cœur, des personnages, surtout des -animaux, ce qui permettait d'avoir toute une -ménagerie sur la figure. Pendant un moment, -la grande mode fut de se coller sur la tempe -droite une large mouche ronde en velours noir, -qui ressemblait à un emplâtre<a name="FNanchor_166_166" -id="FNanchor_166_166"></a><a href="#Footnote_166_166" class="fnanchor">[166]</a> -et que l'on -ornait parfois de petits brillants<a name="FNanchor_167_167" -id="FNanchor_167_167"></a><a href="#Footnote_167_167" class="fnanchor">[167]</a>.</p> - -<p>L'usage de se poudrer les cheveux date également -du seizième siècle. Henri III allait par les -rues de Paris, fardé comme une vieille coquette, -le visage empâté de blanc et de rouge, les cheveux -couverts de poudre<a name="FNanchor_168_168" -id="FNanchor_168_168"></a><a href="#Footnote_168_168" -class="fnanchor">[168]</a> de violette musquée. -Mais les Parisiens, si faibles pourtant en -<span class="pagenum"><a name="Page_98" id="Page_98">[Pg 98]</a></span> -présence de toute mode nouvelle, ne l'imitèrent -pas. C'est seulement à la toilette des mignons -que l'on voyait un valet «ayant en ses mains -une boiste pleine de poudre semblable à celle -de Chipre<a name="FNanchor_169_169" -id="FNanchor_169_169"></a><a href="#Footnote_169_169" -class="fnanchor">[169]</a>, avec une grosse houppe de soye, -laquelle il plongeoit dans cette boiste, et en -saupoudroit la teste du patient<a name="FNanchor_170_170" -id="FNanchor_170_170"></a><a href="#Footnote_170_170" -class="fnanchor">[170]</a>». Lestoile -parle en 1593 de religieuses qui se montrèrent -publiquement «masquées, fardées et pouldrées<a name="FNanchor_171_171" -id="FNanchor_171_171"></a><a href="#Footnote_171_171" class="fnanchor">[171]</a>». -Cette fois, c'en était fait, et pour -longtemps, en dépit de l'Église et des sermonnaires -qui, comme le petit Père André<a name="FNanchor_172_172" -id="FNanchor_172_172"></a><a href="#Footnote_172_172" -class="fnanchor">[172]</a>, reprochaient -aux femmes de se présenter dans -le saint lieu «poudrées comme des meuniers<a name="FNanchor_173_173" -id="FNanchor_173_173"></a><a href="#Footnote_173_173" class="fnanchor">[173]</a>».</p> - -<p>Dès 1624, il était entendu qu'</p> - -<div class="poetry-container"> - <div class="poetry"> - <div class="verse">Une dame ne peut jamais estre prisée</div> - <div class="verse">Si sa perruque n'est mignonnement frisée,</div> - <div class="verse">Si elle n'a son chef de poudre - parfumé<a name="FNanchor_174_174" - id="FNanchor_174_174"></a><a href="#Footnote_174_174" - class="fnanchor">[174]</a>.</div> - </div> -</div> - -<p>La poudre la plus recherchée était l'<i>argentine</i>. -<span class="pagenum"><a name="Page_99" id="Page_99">[Pg 99]</a></span> -Mais on en faisait de toutes les couleurs, et -l'engouement était si grand, que les filles pauvres, -n'osant montrer leurs cheveux tels que -les avait faits la nature, les «saupoudroient de -poudre de bois pourri qu'on trouve parmy les -vieux bastimens aux poutres et pièces de bois -sur lesquels il n'a point pleu<a name="FNanchor_175_175" -id="FNanchor_175_175"></a><a href="#Footnote_175_175" -class="fnanchor">[175]</a>.» Quand un -irréparable malheur venait à frapper une -femme, et qu'elle prétendait renoncer, momentanément -au moins, à ce que l'existence offre -de plus agréable, si elle devenait veuve par -exemple, elle cessait de se poudrer<a name="FNanchor_176_176" -id="FNanchor_176_176"></a><a href="#Footnote_176_176" -class="fnanchor">[176]</a>. Ce sacrifice -modifiait tout à fait l'aspect d'une toilette, -car une élégante ou un petit-maître ne se bornaient -pas à poudrer leur tête, les vêtements -devaient participer à la distribution:</p> - -<div class="poetry-container"> - <div class="poetry"> - <div class="verse">Ça qu'on lui donne son manteau,</div> - <div class="verse">Dont le collet sera fort beau,</div> - <div class="verse">Pourvu qu'il ait de la farine</div> - <div class="verse">Jusques au milieu de l'échine,</div> - </div> -</div> - -<p>dit une très-curieuse <i>mazarinade</i><a name="FNanchor_177_177" -id="FNanchor_177_177"></a><a href="#Footnote_177_177" -class="fnanchor">[177]</a> que j'ai déjà -citée.</p> - -<p>Louis XIV avait une répugnance instinctive -<span class="pagenum"><a name="Page_100" id="Page_100">[Pg 100]</a></span> -pour ces cheveux blanchis, cette vieillesse anticipée, -et il ne se soumit que fort tard à une -mode, inutilement maltraitée par les poëtes -satiriques:</p> - -<div class="poetry-container"> - <div class="poetry"> - <div class="verse">Avec plus de succès je rimeray peut-être</div> - <div class="verse">Auprès de ce blondin aux airs de petit-maître.</div> - <div class="verse">Juste ciel! que de poudre! il en a jusqu'aux yeux.</div> - <div class="verse">De quoy s'avise-t-il? Veut-il paroître vieux?</div> - <div class="verse">Que n'attend-il du moins que l'âge le - blanchisse<a name="FNanchor_178_178" - id="FNanchor_178_178"></a><a href="#Footnote_178_178" - class="fnanchor">[178]</a>?</div> - </div> -</div> - -<div class="figcenter"><a name="i_106.jpg" id="i_106.jpg"></a> - <img src="images/i_106.jpg" - alt="" /> - <div class="caption">LA TOILETTE DU CLERC DE PROCUREUR.<br /> - D'après Carle Vernet.</div> -</div> - -<p>Le monopole de la fabrication de la poudre -ne tarda pas à être accordé aux gantiers, qui -eurent à ce sujet de fréquents démêlés avec -les merciers<a name="FNanchor_179_179" -id="FNanchor_179_179"></a><a href="#Footnote_179_179" -class="fnanchor">[179]</a>, les barbiers<a name="FNanchor_180_180" -id="FNanchor_180_180"></a><a href="#Footnote_180_180" -class="fnanchor">[180]</a> et les amidonniers<a name="FNanchor_181_181" -id="FNanchor_181_181"></a><a href="#Footnote_181_181" class="fnanchor">[181]</a>. -Sous Louis XV et sous Louis XVI, tout -<span class="pagenum"><a name="Page_103" id="Page_103">[Pg 103]</a></span> -le monde, hommes, femmes, enfants<a name="FNanchor_182_182" -id="FNanchor_182_182"></a><a href="#Footnote_182_182" -class="fnanchor">[182]</a>, portait -de la poudre; elle faisait même partie de la -tenue militaire. Afin de ne pas être obligées de -se poudrer tous les jours, les femmes couchaient -avec une coiffe de taffetas blanc qui emprisonnait -leur chevelure. La fureur pour cette mode -inepte et sale était telle encore en 1786 que -Sobry écrivait très-sérieusement: «L'usage -modéré de la poudre tient autant à la bienséance -qu'à la commodité, et il a été regardé -comme de première nécessité chez tous les -peuples policés<a name="FNanchor_183_183" -id="FNanchor_183_183"></a><a href="#Footnote_183_183" class="fnanchor">[183]</a>.»</p> - -<p>Aussi se fit-il pendant deux siècles une -effroyable consommation de poudre. Les philantrophes -en gémissaient, disant qu'avec la -farine ainsi employée «on nourriroit dix mille -infortunés<a name="FNanchor_184_184" -id="FNanchor_184_184"></a><a href="#Footnote_184_184" -class="fnanchor">[184]</a>.» M. Paul Boiteau, qui a le tort de -ne pas citer ses sources, écrit qu'en 1789, au -moment où la farine était si rare, on transformait -chaque année en poudre à poudrer vingt-quatre -millions de livres d'amidon<a name="FNanchor_185_185" -id="FNanchor_185_185"></a><a href="#Footnote_185_185" -class="fnanchor">[185]</a>. «L'<i>accommodage</i>, -<span class="pagenum"><a name="Page_104" id="Page_104">[Pg 104]</a></span> -dit M. Quicherat<a name="FNanchor_186_186" -id="FNanchor_186_186"></a><a href="#Footnote_186_186" -class="fnanchor">[186]</a>, était devenue une -véritable opération de meunerie. Elle avait lieu -au milieu d'un nuage épais que le coiffeur -faisait voler sur la tête du patient, enveloppé -d'un peignoir et le visage fourré dans un cornet -de carton, afin de n'être point aveuglé.» -Et comme les industriels qui distribuaient si généreusement -la farine à leurs pratiques en prenaient -une bonne part pour eux-mêmes, ils -justifièrent le nom de <i>merlans</i> qui leur fut -donné par le peuple. Dans l'exercice de leur -profession, ils ressemblaient en effet à des -merlans qu'on va mettre à la poêle.</p> - -<p>La Révolution eut grand'peine à détrôner la -poudre. L'élégant Robespierre était toujours -fraîchement poudré, et Bonaparte n'abandonna -cette mode qu'après sa campagne -d'Italie.</p> - -<hr class="chap" /> - -<p><span class="pagenum"><a name="Page_105" id="Page_105">[Pg 105]</a></span></p> - - -<div class="chapter"> - <h2><a name="I-III" id="I-III"></a>III</h2> -</div> - - -<p>La corporation des Barbiers-Perruquiers-Baigneurs-Étuvistes -ou Barbiers-barbants avait -reçu, le 14 mars 1674, des statuts qui furent -renouvelés le 26 avril 1718<a name="FNanchor_187_187" -id="FNanchor_187_187"></a><a href="#Footnote_187_187" -class="fnanchor">[187]</a>. Ces derniers sont -composés de soixante-neuf articles que je vais -rapidement analyser.</p> - -<p>Comme l'ancienne communauté des barbiers-chirurgiens, -la nouvelle était placée sous -l'autorité du premier chirurgien du Roi, «chef -et garde des chartes, statuts et priviléges de la -barberie du royaume». En cette qualité, il -avait sur tous les barbiers de France «inspection -et juridiction». Ne pouvant exercer en -personne, il se faisait représenter par un mandataire -ou <i>lieutenant</i>, qu'il était tenu de choisir -parmi les anciens jurés de la corporation<a name="FNanchor_188_188" -id="FNanchor_188_188"></a><a href="#Footnote_188_188" class="fnanchor">[188]</a>.</p> - -<p>Celle-ci se composait du premier chirurgien -<span class="pagenum"><a name="Page_106" id="Page_106">[Pg 106]</a></span> -du Roi, de son lieutenant, d'un greffier, -de six jurés ou prévôts-syndics, des anciens -syndics retirés du métier et des maîtres<a name="FNanchor_189_189" -id="FNanchor_189_189"></a><a href="#Footnote_189_189" class="fnanchor">[189]</a>.</p> - -<p>Les jurés étaient élus pour deux ans<a name="FNanchor_190_190" -id="FNanchor_190_190"></a><a href="#Footnote_190_190" -class="fnanchor">[190]</a>, par -une délégation formée du premier chirurgien -du Roi, de son lieutenant, des six jurés en -charge, de tous les maîtres anciens et de -quinze modernes<a name="FNanchor_191_191" -id="FNanchor_191_191"></a><a href="#Footnote_191_191" class="fnanchor">[191]</a>.</p> - -<p>Tout le monde sait quel rôle jouaient les -jurés dans l'administration des communautés; -je dirai donc seulement ici un mot des Anciens -et des Modernes, dont l'origine est moins -connue. Les sentiments de fraternité qui avaient -servi de base aux corporations ouvrières s'affaiblirent -peu à peu<a name="FNanchor_192_192" -id="FNanchor_192_192"></a><a href="#Footnote_192_192" -class="fnanchor">[192]</a>, et, vers le commencement -du seizième siècle, on vit s'introduire parmi les -maîtres une hiérarchie que finirent par accepter -presque toutes les communautés. Les maîtres -furent alors divisés en trois classes:</p> - -<p>Les <i>Jeunes</i>, qui comptaient moins de dix -ans de maîtrise;</p> - -<p>Les <i>Modernes</i>, reçus depuis plus de dix ans;</p> - -<p>Les <i>Anciens</i>, qui exerçaient depuis vingt ans -<span class="pagenum"><a name="Page_107" id="Page_107">[Pg 107]</a></span> -au moins ou avaient rempli la charge de -juré.</p> - -<p>En général, les <i>Jeunes</i> ne prenaient aucune -part à l'administration de la communauté: -ils ne pouvaient être élus jurés, et n'avaient -même pas en cette circonstance le droit de -vote. Ils n'étaient pas admis non plus dans -les commissions appelées à juger les <i>chefs-d'œuvre</i>. -En réalité, le temps passé parmi les -Jeunes était une sorte de stage imposé au compagnon -après sa réception à la maîtrise.</p> - -<p>Comme on le voit ici, les <i>Modernes</i> eux-mêmes, -bien qu'éligibles, ne figuraient pas tous -parmi les électeurs des jurés.</p> - -<p>Les <i>Anciens</i> formaient dans la corporation -une véritable aristocratie, très-jalouse de ses -prérogatives. Au reste, chaque communauté -avait sur ce point ses usages particuliers. En -1680, la corporation des couteliers se composait -de quatre-vingt-onze maîtres, qui étaient -ainsi classés<a name="FNanchor_193_193" -id="FNanchor_193_193"></a><a href="#Footnote_193_193" class="fnanchor">[193]</a>:</p> - -<p> -22 Anciens,</p> -<p>32 Modernes,</p> -<p>33 Jeunes,</p> -<p>4 veuves, continuant le commerce de leur mari. -<span class="pagenum"><a name="Page_108" id="Page_108">[Pg 108]</a></span> -</p> - -<p>Je reviens à nos statuts.</p> - -<p>Les jurés avaient droit de visite chez les -barbiers-chirurgiens, et ces derniers droits de -visite chez les barbiers-perruquiers<a name="FNanchor_194_194" -id="FNanchor_194_194"></a><a href="#Footnote_194_194" -class="fnanchor">[194]</a>. Assistés -d'un sergent à verge, il devaient faire au -moins quatre visites par an chez chaque maître, -«pour voir si les perruques et cheveux qui seront -exposés en vente au public sont bons et -marchands». Il était dû aux jurés quinze sous -par visite<a name="FNanchor_195_195" -id="FNanchor_195_195"></a><a href="#Footnote_195_195" -class="fnanchor">[195]</a>. D'une manière générale, on appelait -article <i>royal</i> ou <i>marchand</i> celui qui était -de bonne qualité, sans tare, sans défaut caché.</p> - -<p>Le conseil de la corporation était composé -de trente personnes: le premier chirurgien -du Roi, son greffier, son lieutenant, le doyen, -les six jurés et vingt anciens<a name="FNanchor_196_196" -id="FNanchor_196_196"></a><a href="#Footnote_196_196" -class="fnanchor">[196]</a>. Il se réunissait -tous les mardis, à deux heures, «pour délibérer -sur les affaires communes, police et discipline -concernant les maîtres, veuves<a name="FNanchor_197_197" -id="FNanchor_197_197"></a><a href="#Footnote_197_197" -class="fnanchor">[197]</a>, aspirans, locataires, -apprentifs, garçons, ouvriers, et tous -<span class="pagenum"><a name="Page_109" id="Page_109">[Pg 109]</a></span> -ceux qui sont soumis à la communauté<a name="FNanchor_198_198" -id="FNanchor_198_198"></a><a href="#Footnote_198_198" -class="fnanchor">[198]</a>.»</p> - -<p>La profession de barbier-perruquier était -non un métier, mais un office héréditaire. -Payé fort cher par les acquéreurs, il devenait -leur entière propriété: ils pouvaient le céder et -le sous-louer<a name="FNanchor_199_199" -id="FNanchor_199_199"></a><a href="#Footnote_199_199" -class="fnanchor">[199]</a>, quoique le nom seul du titulaire -figurât sur l'enseigne de la boutique. Pour -avoir le droit d'exercer, il ne suffisait pas à -celui-ci d'obtenir après apprentissage des -lettres de maîtrise, il lui fallait acheter une -charge, et il était mis en possession par le -premier chirurgien du Roi. Tout cela était -bien fait pour remplir d'orgueil une communauté, -mais ne la mettait pas plus qu'une -autre à l'abri des créations de maîtrises ordonnées -directement et à prix d'argent par le -Roi. Pour faire face à ses embarras financiers, -Louis XIV augmentait sans cesse le nombre -des offices de barbiers. En 1689, d'un trait de -plume il le double, le porte à quatre cents. -La communauté, redoutant une pareille concurrence, -rachète ces deux cents charges -moyennant cent dix mille livres versées au -Trésor. C'était tout ce que demandait le Roi; -<span class="pagenum"><a name="Page_110" id="Page_110">[Pg 110]</a></span> -aussi, encouragé par le succès, il crée de nouveau -cinquante charges en février 1692. Le -prix fut fixé au-dessous de trois cents livres, -et on eut grand'peine à les vendre, ce qui -prouve que le besoin ne s'en faisait guère -sentir. Pourtant, en juillet et en août 1706, -on crée d'un seul coup encore quatre cents -charges: la communauté terrifiée voulut les -racheter, et ne le put. En somme, le nombre -des titulaires était de six cent dix à la fin de -1712<a name="FNanchor_200_200" -id="FNanchor_200_200"></a><a href="#Footnote_200_200" -class="fnanchor">[200]</a> et de sept cents en 1719<a name="FNanchor_201_201" -id="FNanchor_201_201"></a><a href="#Footnote_201_201" -class="fnanchor">[201]</a>. Je raconterai -ailleurs l'histoire navrante des créations -royales de maîtrises et d'offices, qui en vinrent -à ruiner toutes les corporations.</p> - -<p>Aux acquéreurs de charges créées par le -Roi, on ne demandait que de payer. Mais si -l'on voulait acheter ou louer une charge de -barbier à l'un des titulaires, il fallait avoir été -apprenti pendant trois ans et compagnon pendant -deux ans<a name="FNanchor_202_202" id="FNanchor_202_202"></a> -<a href="#Footnote_202_202" class="fnanchor">[202]</a>.</p> - -<p>Chaque maître ne pouvait avoir à la fois -qu'un seul apprenti. Il était cependant autorisé -<span class="pagenum"><a name="Page_111" id="Page_111">[Pg 111]</a></span> -à en prendre un second quand le premier avait -achevé sa deuxième année<a name="FNanchor_203_203" -id="FNanchor_203_203"></a><a href="#Footnote_203_203" class="fnanchor">[203]</a>.</p> - -<p>Les fils de maître et les compagnons épousant -une fille de maître étaient tenus seulement -de l'<i>Expérience</i>, épreuve facile pour laquelle -on se montrait plus qu'indulgent. Les autres -aspirants à la maîtrise devaient parfaire le -<i>Chef-d'œuvre</i>, travail dont la durée était limitée -à deux jours<a name="FNanchor_204_204" -id="FNanchor_204_204"></a><a href="#Footnote_204_204" -class="fnanchor">[204]</a>.</p> - -<p>Il était interdit à un maître d'avoir plus -d'une boutique dans Paris<a name="FNanchor_205_205" -id="FNanchor_205_205"></a><a href="#Footnote_205_205" -class="fnanchor">[205]</a>. Un apprenti ne -pouvait, durant les deux années qui suivaient -son admission à la maîtrise, ouvrir boutique -dans le quartier des maîtres chez qui il avait -été soit apprenti, soit compagnon<a name="FNanchor_206_206" -id="FNanchor_206_206"></a><a href="#Footnote_206_206" -class="fnanchor">[206]</a>. Les apprentis -ou compagnons changeant de maison -ne pouvaient, avant une année, se replacer -dans le quartier du maître qu'ils venaient de -quitter<a name="FNanchor_207_207" -id="FNanchor_207_207"></a><a href="#Footnote_207_207" -class="fnanchor">[207]</a>.</p> - -<p>Afin d'établir une distinction bien apparente -entre les boutiques des barbiers-perruquiers -et celle des barbiers-chirurgiens, les -<span class="pagenum"><a name="Page_112" id="Page_112">[Pg 112]</a></span> -premiers devaient avoir «des boutiques peintes -en bleu, fermées de châssis à grands carreaux -de verre, et mettre à leurs enseignes des -bassins blancs pour marque de leur profession -et pour faire différence de ceux des chirurgiens, -qui en ont des jaunes». L'enseigne devait -être ainsi conçue: <i>X, Barbier, Perruquier, -Baigneur, Étuviste. Céans on fait le poil et on -tient bains et étuves</i><a name="FNanchor_208_208" -id="FNanchor_208_208"></a><a href="#Footnote_208_208" class="fnanchor">[208]</a>.</p> - -<p>Les barbiers-perruquiers étaient autorisés à -«vendre des poudres, opiats pour les dents, -savonnettes, pommades et autres senteurs et -essences, pâtes à laver les mains, et généralement -tout ce qui est propre pour l'ornement, -propreté et netteté du corps humain<a name="FNanchor_209_209" -id="FNanchor_209_209"></a><a href="#Footnote_209_209" class="fnanchor">[209]</a>».</p> - -<p>A eux seuls appartenait «le droit de faire le -poil, bains, perruques, étuves et toutes sortes -d'ouvrages de cheveux, tant pour hommes que -pour femmes, sans préjudice du droit que les -chirurgiens ont de faire le poil et les cheveux, -et de tenir bains et étuves pour leurs malades -seulement<a name="FNanchor_210_210" -id="FNanchor_210_210"></a><a href="#Footnote_210_210" -class="fnanchor">[210]</a>». Il était défendu à tous particuliers, -ainsi qu'aux «soldats servans dans les -Gardes Françoise et Suisse, de faire aucuns ouvrages -<span class="pagenum"><a name="Page_113" id="Page_113">[Pg 113]</a></span> -de cheveux, mais seulement la barbe -aux soldats desdits régimens<a name="FNanchor_211_211" -id="FNanchor_211_211"></a><a href="#Footnote_211_211" class="fnanchor">[211]</a>».</p> - -<p>La police soumettait à des règlements spéciaux -les <i>perruquiers en vieux</i>. Il leur était interdit -de tenir boutique ailleurs que sur le -quai de l'Horloge. Ils réparaient les vieilles -perruques, mais on ne leur permettait pas -d'en fabriquer de neuves, à moins qu'ils n'y -fissent entrer du crin, et la coiffe devait porter -ces mots: <i>perruque mêlée</i>. Ils n'avaient point de -bassins pour enseigne: leur étalage était seulement -orné d'une tête de bois appelée -<i>marmot</i>.</p> - -<p>Bien que les anciens étuveurs eussent eu, -selon toute apparence, saint Michel pour patron<a name="FNanchor_212_212" -id="FNanchor_212_212"></a><a href="#Footnote_212_212" class="fnanchor">[212]</a>, -la corporation des barbiers-perruquiers -fut placée sous le patronage de saint Louis<a name="FNanchor_213_213" -id="FNanchor_213_213"></a><a href="#Footnote_213_213" class="fnanchor">[213]</a>.</p> - -<p>A cette époque, il y avait encore à Paris -deux établissements installés sur le modèle des -anciennes étuves. Ils étaient situés rue Marivaux<a name="FNanchor_214_214" -id="FNanchor_214_214"></a><a href="#Footnote_214_214" class="fnanchor">[214]</a> -et rue du Cimetière-Saint-Nicolas<a name="FNanchor_215_215" -id="FNanchor_215_215"></a><a href="#Footnote_215_215" -class="fnanchor">[215]</a>, et les -anciennes traditions s'y étaient conservées. On -<span class="pagenum"><a name="Page_114" id="Page_114">[Pg 114]</a></span> -pouvait y prendre à la fois des bains d'eau -chaude et des bains de vapeur, et la séance -était souvent terminée par l'application d'une -ou deux ventouses dans le dos. Voici, au reste, -d'après un livre devenu rare<a name="FNanchor_216_216" -id="FNanchor_216_216"></a><a href="#Footnote_216_216" -class="fnanchor">[216]</a>, comment les -choses se passaient alors:</p> - -<p>«Celuy qui veut se baigner dans l'eau froide -va à la rivière.</p> - -<p>«Nous lavons la crasse dans les bains -chauds, soit assis dans la cuve, soit en montant -en haut aux bancs à suer, et nous nous -frottons de la pierre ponce ou d'une estamine.</p> - -<p>«Nous quittons nos habits dans la garde-robe, -et nous prenons des caleçons.</p> - -<p>«Nous mettons un bonnet sur nostre tête et -nos pieds dans le bassin.</p> - -<p>«La servante des bains sert de l'eau dans -un seau, qu'elle puise dans l'auge où elle coule -par les tuiaux.</p> - -<p>«Le maistre ou valet des estuves scarifie la -peau avec sa lancette en y appliquant des ventouses, -pour en tirer du sang qui est entre -chair et cuir, et l'essuye avec une éponge.»</p> - -<p>Les établissements de ce genre portaient en -général le nom de bains, et on réservait celui -<span class="pagenum"><a name="Page_115" id="Page_115">[Pg 115]</a></span> -d'étuves pour les maisons où des bains de vapeur -étaient administrés par ordre du médecin, -à titre de remède. La mieux organisée -était celle de Popincourt: «Les douleurs de la -sciatique, celles qui sont causées par le mercure -qui a été donné en panacée, en sublimez -et en précipitez, celles de la goutte des pieds et -des mains, les paralisies universelles et particulières, -les tumeurs froides et beaucoup d'autres -maladies sont infailliblement guéries par -l'usage des étuves vaporeuses de nouvelle invention -qui se tiennent au jardin médicinal de -Pincourt.» Le <i>Livre commode</i> qui nous fournit -ces renseignements ajoute: «C'est une sorte -de machine en laquelle on est baigné sans être -dans l'eau, en laquelle on suë aussi abondamment -que l'on veut sans être à sec, ce qui fait -que son usage ne cause ni la constipation du -ventre et la foiblesse de poitrine comme les -bains ordinaires, ni les évanouissemens, la chaleur -intérieure et la difficulté de respirer qui -sont les suites ordinaires des étuves échauffées -par le feu de bois ou d'esprit de vin. Les malades -y sont couchez sur un lit suspendu, où ils -reçoivent une vapeur nouvelle, anodine et fortifiante<a name="FNanchor_217_217" -id="FNanchor_217_217"></a><a href="#Footnote_217_217" class="fnanchor">[217]</a>.»</p> - -<p><span class="pagenum"><a name="Page_116" id="Page_116">[Pg 116]</a></span></p> - -<p>Il y avait encore, à l'usage du grand monde, -une troisième catégorie de bains. Maisons meublées -fort suspectes, endroits de luxe et de débauche, -le bain n'y figurait le plus souvent que -comme accessoire. L'hôtel de Zamet, devenu -hôtel de Lesdiguières, dans la rue de la Cerisaie, -avait eu cette destination sous Henri IV, -qui le fréquentait si assidûment qu'on l'appelait -sa «maison des menus plaisirs» et son -«palais d'amour<a name="FNanchor_218_218" -id="FNanchor_218_218"></a><a href="#Footnote_218_218" -class="fnanchor">[218]</a>». On se rendait chez le -baigneur, dit M. Walckenaer<a name="FNanchor_219_219" -id="FNanchor_219_219"></a><a href="#Footnote_219_219" -class="fnanchor">[219]</a>, «par différents -motifs; c'était la que l'on prenait les meilleurs -bains, les bains épilatoires, les bains mêlés de -parfums et de cosmétiques. La maison était -pourvue d'un grand nombre de domestiques -soumis, réservés, discrets, adroits. On s'y enfermait -la veille d'un départ<a name="FNanchor_220_220" -id="FNanchor_220_220"></a><a href="#Footnote_220_220" -class="fnanchor">[220]</a> ou le jour même -d'un retour, afin de se préparer aux fatigues -que l'on alloit éprouver, ou pour se remettre -de celles qu'on avoit essuyées. Voulait-on disparaître -un instant du monde, fuir les importuns -<span class="pagenum"><a name="Page_117" id="Page_117">[Pg 117]</a></span> -et les ennuyeux, échapper à l'œil curieux -de ses gens, on allait chez le baigneur. On s'y -trouvait chez soi, on était servi, choyé, on s'y -procurait toutes les jouissances qui caractérisent -le luxe et la dépravation d'une grande -ville. Le maître de l'établissement et tous ceux -qui étaient sous ses ordres devinaient à vos -gestes, à vos regards, si vous vouliez garder -l'incognito; et tous ceux qui vous servaient et -dont vous étiez le mieux connu paraissaient -ignorer jusqu'à votre nom.»</p> - -<p>Dans la <i>Coquette</i>, comédie jouée vers 1720, -Baron nous montre le conseiller Durcet sortant -de l'audience et venant, encore en robe, voir -Cidalise. Marton, suivante de la belle, l'accueille -par ces mots: «Monsieur ne seroit -pas de ces gens qui, au retour d'un voyage, -vont descendre chez le baigneur pour ne pas -dégoûter leur maîtresse<a name="FNanchor_221_221" id="FNanchor_221_221"></a><a href="#Footnote_221_221" class="fnanchor">[221]</a>?»</p> - -<p>Prud'homme fonda une maison de ce genre -qui devint surtout à la mode sous son successeur -La Vienne. Saint-Simon<a name="FNanchor_222_222" -id="FNanchor_222_222"></a><a href="#Footnote_222_222" -class="fnanchor">[222]</a> raconte que -«le Roi, du temps de ses amours, s'alloit baigner -et parfumer chez lui... On prétendoit, -<span class="pagenum"><a name="Page_118" id="Page_118">[Pg 118]</a></span> -ajoute-t-il, que le Roi, qui n'avoit pas de quoi -fournir à ce qu'il désiroit, avait trouvé chez La -Vienne des confortatifs qui l'avoient rendu plus -content de lui-même.» Louis XIV se montra -reconnaissant: le père de La Vienne devint, -après Prud'homme, son premier barbier, et La -Vienne fut nommé premier valet de chambre<a name="FNanchor_223_223" -id="FNanchor_223_223"></a><a href="#Footnote_223_223" class="fnanchor">[223]</a>. -Le Roi n'en avait pas moins encore huit barbiers -servant par quartier. Leurs fonctions -étaient «de peigner le Roy, tant le matin qu'à -son coucher, luy faire le poil, et l'essuyer aux -bains et étuves, et après qu'il a joué à la -paume<a name="FNanchor_224_224" -id="FNanchor_224_224"></a><a href="#Footnote_224_224" class="fnanchor">[224]</a>.»</p> - -<p>L'établissement de Prud'homme était situé -rue Neuve-Montmartre. On en trouvait d'autres, -célèbres aussi, rue Richelieu, rue d'Orléans, -rue Vieille-du-Temple et rue des Marmouzets<a name="FNanchor_225_225" -id="FNanchor_225_225"></a><a href="#Footnote_225_225" class="fnanchor">[225]</a>.</p> - -<p>Les bourgeois qui voulaient prendre des -bains à domicile pouvaient louer, moyennant -<span class="pagenum"><a name="Page_119" id="Page_119">[Pg 119]</a></span> -vingt sous par jour, une baignoire en cuivre -chez un chaudronnier, ou moyennant dix sous -par jour une baignoire de bois chez un tonnelier<a name="FNanchor_226_226" -id="FNanchor_226_226"></a><a href="#Footnote_226_226" class="fnanchor">[226]</a>. -L'eau était chauffée à la bouilloire; il y -avait donc intérêt à construire des baignoires -qui n'en exigeassent pas un trop grand volume. -Celles de cuivre représentaient le plus -souvent un sabot à tige élevée, disposition -aussi économique qu'incommode, car le corps -y était presque moulé, et l'on dépensait ainsi -moitié moins de liquide qu'en employant un -cuvier oblong. La baignoire dans laquelle fut -assassiné Marat, et qui vient d'être acquise par -le musée Grévin, est un sabot de ce genre. -Les grands seigneurs avaient dans leur hôtel -des salles de bain fort luxueuses, où les -baignoires affectaient la forme de canapés, -de chaises longues, de lits de repos, etc. -Il paraît qu'on s'y baignait parfois de compagnie, -puisqu'il existait au château de Genlis -une baignoire assez vaste pour contenir quatre -personnes<a name="FNanchor_227_227" -id="FNanchor_227_227"></a><a href="#Footnote_227_227" class="fnanchor">[227]</a>.</p> - -<p>Au dix-huitième siècle, les dames recevaient -volontiers leurs visiteurs, femmes ou hommes, -<span class="pagenum"><a name="Page_120" id="Page_120">[Pg 120]</a></span> -pendant qu'elles étaient au bain. Dans ces -circonstances, on avait soin de blanchir l'eau -soit avec «une pinte ou deux de lait<a name="FNanchor_228_228" -id="FNanchor_228_228"></a><a href="#Footnote_228_228" -class="fnanchor">[228]</a>, soit -avec de l'essence: c'est ce que l'on appelait -un <i>bain de lait</i>.» M. le comte de Reiset possède -une baignoire Louis XVI, munie d'un couvercle -canné qui empêchait de voir la personne -dans son bain, tout en permettant l'évaporation<a name="FNanchor_229_229" -id="FNanchor_229_229"></a><a href="#Footnote_229_229" class="fnanchor">[229]</a>. -Le jour même du retour de Varennes, -la Reine dictait à un des huissiers de -sa chambre une lettre destinée à madame Campan, -et qui commence ainsi: «Je vous fais -écrire de mon bain, où je viens de me mettre -pour soulager au moins mes forces physiques<a name="FNanchor_230_230" -id="FNanchor_230_230"></a><a href="#Footnote_230_230" class="fnanchor">[230]</a>.» -Marie-Antoinette, élevée dans les sévères principes -de la cour de Vienne, se baignait vêtue -d'une longue robe de flanelle boutonnée jusqu'au -cou, et tandis que ses deux baigneuses -l'aidaient à sortir du bain, elle exigeait que l'on -tînt devant elle un drap destiné à la cacher à -ses femmes<a name="FNanchor_231_231" -id="FNanchor_231_231"></a><a href="#Footnote_231_231" -class="fnanchor">[231]</a>. Il ne faut pas oublier qu'à cette -époque, les grandes dames en agissaient souvent -<span class="pagenum"><a name="Page_121" id="Page_121">[Pg 121]</a></span> -encore avec leurs gens comme les Romaines -vis-à-vis de leurs esclaves, et regardaient -un valet comme un animal en présence -duquel la plus craintive pudeur pouvait tout -se permettre<a name="FNanchor_232_232" -id="FNanchor_232_232"></a><a href="#Footnote_232_232" class="fnanchor">[232]</a>.</p> - -<p>Les Parisiens amateurs de bains froids les -prenaient dans la Seine, sans se préoccuper -des exhibitions dont ils gratifiaient les riverains -et les passants. Une chanson<a name="FNanchor_233_233" -id="FNanchor_233_233"></a><a href="#Footnote_233_233" -class="fnanchor">[233]</a> de Coulange -nous a décrit l'effroi de la Précieuse qui -passe en carrosse, par un chaud jour d'été, -près de la porte Saint-Bernard:</p> - -<div class="poetry-container"> - <div class="poetry"> - <div class="verse">Quel spectacle indécent se présente à mes yeux!</div> - <div class="verse">Des hommes vraiment nuds au bord de la rivière</div> - <div class="verse">Me font évanouir! Ah! de grâce, ma chère,</div> - <div class="verse indent-0_5">Évitons cet objet affreux;</div> - <div class="verse">Allons, viste, cocher, retournons à la ville.</div> - </div> -</div> - -<p>Il y avait aussi au dix-septième siècle des -piscines où les femmes, à qui «il n'est point -permis de se baigner dans la rivière», pouvaient -aller se plonger dans l'eau froide. Le -recueil des <i>Caquets de l'accouchée</i><a name="FNanchor_234_234" -id="FNanchor_234_234"></a><a href="#Footnote_234_234" -class="fnanchor">[234]</a> nous en -fournit la preuve. Le soleil «estant au signe -<span class="pagenum"><a name="Page_122" id="Page_122">[Pg 122]</a></span> -du Cancre, je me résolus, avec quelques-unes -de mes voisines, d'aller aux étuves pour me -rafraîchir.... Comme je fus arrivée aux baings -où d'ordinaire nous avons coustume entre nous -autres de rafraîchir, je me trouvay au milieu -d'une bonne et agréable compagnie de bourgeoises -et dames de Paris qui estoient venues -au mesme lieu pour ce subject.»</p> - -<p>Au siècle suivant, nous trouvons des bains -froids installés sur la Seine:</p> - -<p>A la Râpée;</p> - -<p>Près de l'archevêché;</p> - -<p>Quai des Morfondus, aujourd'hui quai de -l'Horloge;</p> - -<p>Port Saint-Nicolas, en face de la rue des -Poulies;</p> - -<p>Quai des Quatre-Nations, aujourd'hui quai -Conti;</p> - -<p>Près de la barrière des Invalides<a name="FNanchor_235_235" -id="FNanchor_235_235"></a><a href="#Footnote_235_235" class="fnanchor">[235]</a>.</p> - -<p>Ces bains, entièrement recouverts d'une -toile, avaient douze toises de long sur deux de -large. Ils étaient formés par une vingtaine de -pieux enfoncés dans la rivière, et que des -planches reliaient ensemble. On y descendait -au moyen d'une échelle attachée à un bateau -<span class="pagenum"><a name="Page_123" id="Page_123">[Pg 123]</a></span> -dans lequel les baigneurs se déshabillaient et -laissaient leurs vêtements. Le prix du bain était -de trois sous. Le linge se payait à part: un sou -pour une serviette du côté des hommes, trois -sous pour une chemise du côté des femmes.</p> - -<p>Ce n'était pas précisément là que se donnaient -les rendez-vous de noble compagnie. -Pour celle-ci, des bateliers avaient établi dans -la rivière, au-dessus et au-dessous de Paris, -de petites cabanes appelées <i>gores</i>. Elles se -composaient de quatre pieux ombragés par -une toile; un autre pieu planté au milieu permettait -de se soutenir sur l'eau. «Les dames, -dit le <i>Journal du citoyen</i><a name="FNanchor_236_236" -id="FNanchor_236_236"></a><a href="#Footnote_236_236" -class="fnanchor">[236]</a>, sont conduites et -descendues dans ces gores, sûrement, commodément -et secrettement. Les femmes de -mariniers conduisent les baigneuses. On fait -marché de gré à gré pour se faire conduire. Il -en coûte communément vingt-quatre ou trente -sols par heure du loyer d'un bateau.»</p> - -<p>Cette façon de se baigner sans bouger -inspira, vers 1781, une idée assez étrange à -un sieur Turquin. Sur le petit bras du fleuve, -près du pont de la Tournelle, il plaça dans un -bateau plusieurs baignoires maintenues par un -<span class="pagenum"><a name="Page_124" id="Page_124">[Pg 124]</a></span> -plancher à une certaine profondeur; leurs parois -étaient percées de trous qui permettaient au -courant de les traverser et d'y renouveler l'eau -sans cesse. Chaque baignoire, installée dans un -cabinet, était assez grande pour recevoir jusqu'à -trois personnes. Cet établissement, qui subsistait -encore en 1787<a name="FNanchor_237_237" -id="FNanchor_237_237"></a><a href="#Footnote_237_237" -class="fnanchor">[237]</a> reçut le nom de <i>Bains -chinois</i>. Le succès qu'il obtint décida Turquin -à en ouvrir un autre où les baignoires disparurent, -où l'on ne put se montrer sans caleçon, -et où l'on disposa des cabines pour se -déshabiller. Turquin fut ainsi le véritable créateur -des écoles de natation telles que nous les -voyons organisées aujourd'hui. La première, -située près des Bains chinois, fut inaugurée -le 16 juillet 1785, en présence de plusieurs -membres du corps municipal, de l'Académie des -sciences et de la Société de médecine<a name="FNanchor_238_238" -id="FNanchor_238_238"></a><a href="#Footnote_238_238" -class="fnanchor">[238]</a>. Turquin -ne tarda pas à établir une seconde école -de ce genre à la pointe de l'île Saint-Louis; -puis une troisième au-dessous du Pont-Royal<a name="FNanchor_239_239" -id="FNanchor_239_239"></a><a href="#Footnote_239_239" class="fnanchor">[239]</a>, -<span class="pagenum"><a name="Page_127" id="Page_127">[Pg 127]</a></span> -sur l'emplacement qu'occupe aujourd'hui l'embarcadère -du <i>Touriste</i>.</p> - -<div class="figcenter"><a name="i_130.jpg" id="i_130.jpg"></a> - <img src="images/i_130.jpg" - alt="" /> - <div class="caption">BAINS ÉTABLIS SUR LA SEINE PAR POITEVIN EN 1761.<br /> - D'après l'<i>Encyclopédie méthodique</i>.</div> -</div> - -<p>Paris ne comptait encore qu'une dizaine de -bains chauds, possédant chacun de douze à -quinze baignoires, quand un sieur Poitevin -imagina d'en établir un sur la Seine même. Ce -projet, patronné par la municipalité, reçut sa -réalisation en 1761. Le bateau organisé par -Poitevin fut amarré près du Pont-Royal, en face -des Tuileries. Long de cent quarante et un pieds -et large de vingt-huit, il était divisé en deux -étages. Un côté était réservé aux femmes. Les -cabinets ouvraient sur un couloir central, et -l'eau, puisée dans le fleuve par deux pompes à -bras, était filtrée avant d'arriver aux baignoires<a name="FNanchor_240_240" -id="FNanchor_240_240"></a><a href="#Footnote_240_240" class="fnanchor">[240]</a>. -<span class="pagenum"><a name="Page_128" id="Page_128">[Pg 128]</a></span> -Un autre bateau, appartenant au même propriétaire, -et disposé de la même façon bien -qu'il n'eût qu'un rez-de-chaussée, stationnait -pendant l'été à l'extrémité de l'île Saint-Louis, -au bas du quai d'Anjou. Poitevin eut -pour successeur un sieur Guignard, qui finit -par diriger plusieurs établissements de ce genre. -Dans un d'entre eux, situé à l'angle du Pont-Royal -et du quai d'Orsay, les pauvres étaient -reçus gratuitement sur un certificat du médecin -ou du curé de leur paroisse.</p> - -<p>Des bains plus complets occupaient une -maison qui faisait le coin de la rue de Bellechasse -et du quai. Outre des bains de vapeur -et des douches, on y trouvait une vaste piscine -dans laquelle on pouvait se livrer à la natation. -Les prix étaient ainsi fixés:</p> - -<table id="BAINS" summary="Prix des bains"> - <tr> - <td class="c1-1">Bain simple</td> - <td class="c1-1">3 livres.</td> - </tr> - <tr> - <td class="c1-1">— — par abonnement</td> - <td class="c1-1">2 — </td> - </tr> - <tr> - <td class="c1-1">— russe</td> - <td class="c1-1">7 — 4 sols.</td> - </tr> - <tr> - <td class="c1-1">— dépilatoire et de propreté</td> - <td class="c1-1">12 — </td> - </tr> - <tr> - <td class="c1-1">Douche composée</td> - <td class="c1-1">12 — </td> - </tr> - <tr> - <td class="c1-1">— simple</td> - <td class="c1-1">9 —</td> - </tr> - <tr> - <td class="c1-1">— ascendante</td> - <td class="c1-1">3 —</td> - </tr> -</table> - -<p>Les anciens bains du dix-septième siècle, où -l'on venait ordinairement chercher tout autre -chose que de l'eau, étaient représentés par -l'<i>Hôtel des Bains de S. A. R. Mgr le duc d'Orléans</i>, -<span class="pagenum"><a name="Page_129" id="Page_129">[Pg 129]</a></span> -situé au Palais-Royal, et dont l'entrée -était rue de Valois. On y trouvait «des appartemens -garnis, propres à recevoir des personnes -de la première distinction<a name="FNanchor_241_241" -id="FNanchor_241_241"></a><a href="#Footnote_241_241" -class="fnanchor">[241]</a>.»</p> - -<p>Tous les établissements de bains chauds -étaient tenus par des maîtres barbiers-perruquiers-baigneurs-étuvistes, -dont la corporation -avait pris d'autant plus d'importance que -la communauté des barbiers-chirurgiens disparaissait -peu à peu. Mais une redoutable -concurrence vint troubler la quiétude dans -laquelle ils vivaient.</p> - -<p>Dès le quinzième siècle, il y avait eu des -coiffeuses pour les femmes. On les trouve nommées -<i>atourneresses</i>, <i>atourneuses</i>, <i>achemeresses</i>, -etc., elles n'étaient guère employées d'ailleurs -que dans les grandes occasions: bals, -mariages, etc. Le soin des chevelures féminines -restait donc en général réservé aux -chambrières, et les barbiers-chirurgiens n'avaient -jamais élevé aucune prétention à cet -égard. Un homme de génie en son genre, le -sieur Champagne, créa cette spécialité. «Ce -faquin, dit Tallemant des Réaux<a name="FNanchor_242_242" -id="FNanchor_242_242"></a><a href="#Footnote_242_242" -class="fnanchor">[242]</a>, par son -<span class="pagenum"><a name="Page_130" id="Page_130">[Pg 130]</a></span> -adresse à coiffer et à se faire valoir, se faisoit -rechercher et caresser de toutes les femmes. -Leur foiblesse le rendit si insupportable, qu'il -leur disoit tous les jours cent insolences: il en -a laissé telles à demy coiffées; à d'autres, après -avoir fait un costé, il disoit qu'il n'acheveroit -pas si elles ne le baisoient; quelquefois il s'en -alloit, et disoit qu'il ne reviendroit pas si on -ne faisoit retirer un tel qui luy desplaisoit, et -qu'il ne pouvoit rien faire devant ce visage-là. -J'ay oüy dire qu'il dit à une femme qui avoit -un gros nez: «Voys-tu, de quelque façon que -je te coiffe, tu ne seras jamais bien tant que -tu auras ce nez-là.» Avec tout cela, elles le -couroient, et il a gaigné du bien passablement; -car, comme il n'est pas sot, il n'a pas voulu -prendre d'argent, de sorte que les présens -qu'on luy faisoit luy valoient beaucoup. Lorsqu'il -coiffoit une dame, il disoit ce que telle et -telle luy avoit donné, et quand il n'estoit pas -satisfait, il adjoustoit: «Elle a beau m'envoyer -quérir, elle ne m'y tient plus.» L'idiote -qui entendoit cela, trembloit de peur -qu'il ne lui en fist autant, et luy donnoit deux -fois plus qu'elle n'eust fait. Avec cela, il estoit -mesdisant comme le diable; il n'y avoit -personne à sa fantaisie. De Pologne, il alla en -<span class="pagenum"><a name="Page_131" id="Page_131">[Pg 131]</a></span> -Suède, et revint icy avec la reyne Christine.»</p> - -<p>Ce singulier personnage eut une fin tragique. -Il fut assassiné au cours d'un voyage, -et Loret raconta cet événement tout au long -dans sa gazette rimée:</p> - -<div class="poetry-container"> - <div class="poetry"> - <div class="verse">Un bruit venant de la campagne</div> - <div class="verse">Nous apprend que le sieur Champagne,</div> - <div class="verse">Que deux ou trois Reynes du Nord</div> - <div class="verse">Estimoient et cherissoient fort,</div> - <div class="verse">Et qui d'estre de luy coiffées</div> - <div class="verse">Faisoient autrefois des trophées,</div> - <div class="verse">Dans un rencontre inopiné</div> - <div class="verse">Fut l'autre jour assassiné,</div> - <div class="verse">Entre, dit-on, Vienne et Grasse,</div> - <div class="verse">Par cette detestable race</div> - <div class="verse">Que l'on appelle des bandits,</div> - <div class="verse">Gens sanguinaires, gens maudits<a name="FNanchor_243_243" - id="FNanchor_243_243"></a><a href="#Footnote_243_243" - class="fnanchor">[243]</a>.</div> - </div> -</div> - -<p>Champagne n'eut pas aussitôt de successeur -digne de lui<a name="FNanchor_244_244" -id="FNanchor_244_244"></a><a href="#Footnote_244_244" -class="fnanchor">[244]</a>, mais les dames continuèrent à -rechercher des mains plus habiles que celles de -leurs femmes de chambre, et l'industrie des -<i>Coiffeurs de dames</i> et des <i>Coiffeuses</i> fut fondée. -Madame de Sévigné a transmis à la postérité -le nom de la Martin, qui inventa la coiffure -<i>hurluberlu</i> ou <i>hurlupée</i>, dite aujourd'hui coiffure -<i>à la Maintenon</i>, parce que c'est celle que -porte la grande favorite sur ses premiers portraits. -<span class="pagenum"><a name="Page_132" id="Page_132">[Pg 132]</a></span> -Cette mode date de 1671. Le 18 mars, -madame de Sévigné écrit à sa fille de s'en -garder; elle lui déclare que «c'est la plus ridicule -chose qu'on puisse s'imaginer», et la supplie -de rester fidèle à la jolie coiffure que sa -femme de chambre Montgobert fait si bien<a name="FNanchor_245_245" -id="FNanchor_245_245"></a><a href="#Footnote_245_245" -class="fnanchor">[245]</a>.</p> - -<p>Quinze jours après, la cour a adopté la nouvelle -coiffure, et dès lors madame de Sévigné -en raffole. Elle mande aussitôt à sa fille que, -frisée ainsi, elle sera «comme un ange», et -que décidément «la coiffure que fait Montgobert -n'est plus supportable<a name="FNanchor_246_246" -id="FNanchor_246_246"></a><a href="#Footnote_246_246" -class="fnanchor">[246]</a>».</p> - -<p>Le <i>Livre commode pour 1692</i> cite parmi -«les coiffeuses fort employées, mesdemoiselles -Canilliat, place du Palais-Royal; Poitier, -près les Quinze-Vingts; le Brun, au Palais; -de Gomberville, rue des Bons-Enfans; et -d'Angerville, devant le Palais-Royal<a name="FNanchor_247_247" -id="FNanchor_247_247"></a><a href="#Footnote_247_247" -class="fnanchor">[247]</a>».</p> - -<p>Depuis le règne de Louis XV, les coiffeurs -l'emportèrent sur les coiffeuses. Frison fut mis -à la mode par la marquise de Prie; Dagé, -coiffeur de madame de Châteauroux et de -madame de Pompadour, avait équipage; Larseneur -était le confident de Mesdames, filles -<span class="pagenum"><a name="Page_133" id="Page_133">[Pg 133]</a></span> -du Roi<a name="FNanchor_248_248" -id="FNanchor_248_248"></a><a href="#Footnote_248_248" -class="fnanchor">[248]</a>; Legros<a name="FNanchor_249_249" -id="FNanchor_249_249"></a><a href="#Footnote_249_249" -class="fnanchor">[249]</a> publiait <i>L'art de la coëffure -des dames françoises</i>, qui eut trois éditions en -trois ans, et fut suivi de plusieurs suppléments.</p> - -<p>On trouve dans ces volumes de curieux -spécimens de coiffures, précédés d'avertissements -dans lesquels l'auteur étale naïvement -sa bouffonne vanité. Il s'exprime ainsi en -tête de son deuxième supplément, imprimé -en 1769: «J'avois autrefois pour passion la -pêche, la chasse, la cuisine<a name="FNanchor_250_250" -id="FNanchor_250_250"></a><a href="#Footnote_250_250" -class="fnanchor">[250]</a>, et courir les armées, -tant en Flandres qu'en Allemagne, -changeant souvent d'état, et remarquant toujours -le bon d'avec le mauvais, faisant ma -cour aux vieillards de tout état, afin qu'ils me -racontassent ce qu'ils sçavoient de leurs anciens -temps. Voilà la seule étude que j'ai faite -pour acquérir de l'expérience et connoître à -peu près l'esprit et le caractère des hommes. Il -s'agissoit donc de connoître un peu celui des -Dames, chose bien difficile, qui m'a causé -<span class="pagenum"><a name="Page_134" id="Page_134">[Pg 134]</a></span> -bien de l'embarras, ne sçachant comment -m'y prendre. Enfin, le moyen le plus juste -selon moi étoit de me mettre Coëffeur, talent -où il faut sçavoir se taire et parler, être sage -et honnête, tout voir et ne rien dire, et avec -ces bonnes qualités et l'art de la coëffure, -on est bien reçu des Dames en tout pays. La -coëffure des Dames m'a causé bien des tourmens; -il n'y a que moi qui sçais la peine qu'elle -m'a donnée. Ce n'est point l'argent qui m'a -engagé à suivre cet état au milieu d'un champ -rempli d'épines pour moi, mais c'est l'ambition -et le zèle que j'ai de prouver aux Dames -que tant que le monde subsistera, elles porteront -de mes coëffures. C'est avec preuve que je -ne ressemble point à bien des coëffeurs et perruquiers, -qui étalent leurs talents avec leur -langue, mais moi c'est avec mes doigts que je -fais voir à tout le monde ce que je sçais. Malgré -la contrariété, tant que je vivrai je donnerai -toujours des preuves que je serai le premier -de mon état pour la coëffure des Dames en -tous genres, comme on le verra par mon -livre...»</p> - -<p>Legros eut la prétention de fonder une académie -de coiffure, et il y réussit à peu près. Il -avait des <i>prêteuses de tête</i> qui permettaient à -<span class="pagenum"><a name="Page_135" id="Page_135">[Pg 135]</a><br /><a name="Page_136" id="Page_136">[Pg 136]</a><br /><a name="Page_137" id="Page_137">[Pg 137]</a></span> -ses élèves d'étudier sur nature et de reproduire -les estampes publiées par lui. L'élève parvenu -à copier les onze premiers modèles, recevait -un certificat portant le cachet dit <i>de l'étoile</i>. -Pour obtenir le cachet de l'étoile et celui des -<i>trois croissants de la lune</i>, il fallait avoir imité -exactement les vingt-huit premières estampes. -Quant à l'habile homme qui reconstituait sur -le vif trente-huit planches, son certificat portait -à la fois le cachet de l'étoile, celui des -trois croissants et le <i>grand cachet du soleil</i>; en -outre, on le proclamait «maître professeur -et académicien de l'art de la coëffure des -Dames».</p> - -<div class="figcenter"><a name="i_140.jpg" id="i_140.jpg"></a> - <img src="images/i_140.jpg" - alt="II. Supplement de l'art de la coeffure des dames françoises" /> -</div> - -<p>Legros ne se dissimule pas que son mérite et -sa gloire lui ont créé bien des ennemis. «Il y -aura peut-être, dit-il, des personnes qui trouveront -mauvais que mon livre ait pour titre -<i>L'art de la coëffure des Dames</i>, et mes classes -le nom d'<i>Académie</i>. En voici la raison: la -coëffure des Dames est devenu un Art pour -moi, parce que j'ai composé et fait les plans -de toutes mes Coëffures, et que voilà le quatrième -goût que je change depuis neuf ans, -que j'ai coëffé les Dames de cinquante-deux -sortes de goûts différents, et que je leur ai fait -avec des cheveux faux trois cents pièces d'ouvrages -<span class="pagenum"><a name="Page_138" id="Page_138">[Pg 138]</a></span> -tous différens pour leurs coëffures... -Puisque je suis le seul dans le monde qui ai -poussé la coëffure des Dames à son dernier -degré, et qui ai fait tant d'ouvrages en cheveux -imitant le naturel, ce que personne ne -s'était jamais avisé de faire, ainsi que le traité -des cheveux naturels qui n'a jamais paru, je -crois qu'il m'est bien permis de me dire le premier -des Artistes pour la Coëffure des Dames.»</p> - -<p>Tant de soins ne furent pas perdus. Legros -nous apprend qu'il reçut «les applaudissemens -des Reines et Princesses de toutes les -Cours et de toutes les Dames en général.»</p> - -<p>Mais ce succès et celui qu'obtinrent ses nombreux -confrères, suscitèrent aux coiffeurs de -femmes, dont le nombre s'élevait alors à douze -cents, des jalousies et des haines. La corporation -des barbiers-perruquiers leur intenta -des procès; ces derniers soutenaient avec raison -qu'ils avaient seuls le droit de vendre des -cheveux, et il était prouvé que les coiffeurs -fournissaient des chignons à leurs clientes. -L'avocat des coiffeurs publia en faveur de -ceux-ci un factum fort gai<a name="FNanchor_251_251" -id="FNanchor_251_251"></a><a href="#Footnote_251_251" -class="fnanchor">[251]</a> qui, écrit Bachaumont -<span class="pagenum"><a name="Page_139" id="Page_139">[Pg 139]</a></span> -le 8 janvier 1769, «se trouve également -sur les bureaux poudreux des gens de -loix et sur les toilettes élégantes des femmes<a name="FNanchor_252_252" -id="FNanchor_252_252"></a><a href="#Footnote_252_252" -class="fnanchor">[252]</a>.»</p> - -<p>L'auteur s'efforce de prouver que ses clients -sont, non pas des artisans, mais des artistes -dont la profession doit rester libre: «Par les -talents qui nous sont propres, leur fait-il dire, -nous donnons des grâces nouvelles à la beauté -que chante le poëte. C'est souvent d'après -nous que le peintre et le statuaire la représentent; -et si la chevelure de Bérénice a été mise -au rang des astres, qui nous dira que pour parvenir -à ce haut degré de gloire elle n'a pas eu -besoin de notre secours?... Un front plus ou -moins grand, un visage plus ou moins rond -demandent des traitements bien différents: -partout il faut embellir la nature ou réparer -ses disgrâces. Il convient encore de concilier -avec le ton de chair la couleur sous laquelle -l'accommodage doit être présenté. C'est ici -l'art du peintre; il faut connaître les nuances, -l'usage du clair-obscur et la distribution des -ombres pour donner plus de vie au teint et -plus d'expression aux grâces. Quelquefois la -blancheur de la peau sera relevée par la teinte -<span class="pagenum"><a name="Page_140" id="Page_140">[Pg 140]</a></span> -rembrunie de la chevelure, et l'éclat trop vif -de la blonde sera modéré par la couleur cendrée -dont nous revêtirons ses cheveux.» Notre -art, ajoutent-ils, ne se borne pas à disposer -avec goût les cheveux et les boucles; nous avons -aussi la mission de placer les diamants, les -croissants, les aigrettes; notre habileté assure -et étend sans cesse l'empire de la beauté. Les -coiffeurs ne se dissimulent point qu'on les accuse -d'encourager le luxe et la coquetterie; -mais leur appartient-il de s'ériger en censeurs -des mœurs et de réformer leur siècle? «Ce -n'est pas à nous de juger si les mœurs de Sparte -étoient préférables à celles d'Athènes, et si la -bergère qui se mire dans la fontaine, met quelques -fleurs dans ses cheveux et se pare de ses -grâces naturelles, mérite plus d'hommage que -de brillantes citoyennes qui usent de tous les -raffinemens de la parure... Il faut prendre le -siècle dans l'état où il est; c'est au ton des -mœurs actuelles que nous devons notre existence, -et tant qu'elles subsisteront, nous devons -subsister avec elles.» Cet éloquent plaidoyer -ne désarma point les magistrats. Deux arrêts, -rendus le 27 juillet 1768 et le 7 janvier 1769, -enjoignirent aux coiffeurs de se faire inscrire -dans la corporation des barbiers; ils résistèrent -<span class="pagenum"><a name="Page_141" id="Page_141">[Pg 141]</a></span> -longtemps, et ne se soumirent définitivement -que sous Louis XVI. Au mois de septembre -1777, celui-ci créa six cents coiffeurs de femmes, -qui payèrent leur privilége six cents livres -et furent agrégés à la corporation des barbiers<a name="FNanchor_253_253" -id="FNanchor_253_253"></a><a href="#Footnote_253_253" class="fnanchor">[253]</a>. -L'<i>Almanach Dauphin</i><a name="FNanchor_254_254" -id="FNanchor_254_254"></a><a href="#Footnote_254_254" -class="fnanchor">[254]</a> mentionne alors parmi -les coiffeurs en vogue: la veuve de Legros, -établie rue Saint-Honoré, en face de la rue -de l'Arbre-Sec; Frédérik, rue Thibautodé, -qui «tient école de coëffure, place des femmes -et valets de chambre coëffeurs, et fournit -un rouge de Portugal accrédité par la -finesse et la douceur de ses nuances»; Audis, -quai de l'École, qui «tient assortiment d'ouvrages -méchaniques en cheveux, pour faciliter -aux dames la commodité de se coëffer elles-mêmes -et de varier en un instant leur coëffure;» -madame Desmares, au coin de la rue -Saint-Louis du Louvre, coiffait «avec beaucoup -de goût et de légèreté»; enfin, Durand, -dit Legoût, logé quai de la Ferraille, vendait -«toutes sortes de postiches de différens genres, -<span class="pagenum"><a name="Page_142" id="Page_142">[Pg 142]</a></span> -tocques montées en fil de laiton, peignes garnis -de cheveux, et généralement tout ce qui concerne -le talent de la coëffure».</p> - -<p>Legros n'avait pas donné de nom aux créations -de son génie; ses émules furent moins -modestes, et les recueils du temps nous signalent -les coiffures suivantes parmi celles qui se -partagèrent, de 1770 à 1780, la faveur des -plus folles têtes:</p> - -<p class="noindent"> -<i>A la Henri IV.</i><br /> -<i>A la Minerve.</i><br /> -<i>A la Sylphide.</i><br /> -<i>A la Harpie.</i><br /> -<i>A la Diane.</i><br /> -<i>A la Corne d'abondance.</i><br /> -<i>A la Glaneuse.</i><br /> -<i>Au Levant.</i><br /> -<i>A la Frivolité.</i><br /> -<i>Au Caprice.</i><br /> -<i>Au Haut rang.</i><br /> -<i>A la Daphné ou la Demi-conquête.</i><br /> -<i>A la Conquête assurée.</i><br /> -<i>Le Papillon constant.</i><br /> -<i>Le Lever de la Reine ou le Triomphe de l'aurore.</i><br /> -<i>Le Témoin discret.</i><br /> -<i>La Sapho moderne.</i><br /> -<i>En Bandeau d'amour.</i><br /> -<i>Au Hérisson.</i><br /> -<i>Au Demi-hérisson.</i><br /> -<i>Au Hérisson à crochets.</i><br /> -<i>Au Chien couchant ou au Mystère.</i><br /> -<i>A la Zodiacale.</i><br /> -<i>A la Bourgeoise.</i><br /> -<i>A la Colombe.</i><br /> -<i>A la Conseillère.</i><br /> -<i>En Crochets.</i><br /> -<i>A l'Ingénue.</i><br /> -<i>A la Cérès.<span class="pagenum"><a name="Page_145" - id="Page_145">[Pg 145]</a></span><br /> -A la Recherche.</i><br /> -<i>A la Modestie.</i><br /> -<i>A la Distinction.</i><br /> -<i>A la Candeur.</i><br /> -<i>Au Parterre galant.</i><br /> -<i>A la Janot.</i><br /> -<i>A la Pierrot.</i><br /> -<i>En Échelle.</i><br /> -<i>En Rouleaux.</i><br /> -<i>Au Croissant.</i><br /> -<i>Au Vol d'amour.</i><br /> -<i>En Corbeille.</i><br /> -<i>A la Flore.</i><br /> -<i>Au Parc anglais.</i><br /> -<i>A l'Anglaise.</i><br /> -<i>A l'Irlandaise.</i><br /> -<i>A l'Espagnole.</i><br /> -<i>A la Circassienne moderne.</i><br /> -<i>A la Turque.</i><br /> -<i>A la Grecque.</i><br /> -<i>A la Persane.</i><br /> -<i>A la Phrygienne.</i><br /> -<i>En Baigneuse.</i><br /> -<i>En Gondole.</i><br /> -<i>En Moulin à vent.</i><br /> -<i>Au Cerf-volant.</i><br /> -<i>Sans redoute.</i><br /> -<i>A l'Espoir.</i><br /> -<i>A la Nation.</i><br /> -<i>Aux Charmes de la liberté<a name="FNanchor_255_255" -id="FNanchor_255_255"></a><a href="#Footnote_255_255" -class="fnanchor">[255]</a>. Etc., etc.</i> -</p> - -<div class="figsub"> - <div class="figleft" style="width: 284px;"> - <img src="images/i_147a.jpg" width="284" height="450" alt="" title="" /> - <span class="caption">COIFFURE FANTAISIE..</span> - </div> - - <div class="figright" style="width: 268px;"> - <img src="images/i_147b.jpg" width="268" height="450" alt="" title="" /> - <span class="caption">COIFFURE EN BANDEAU D'AMOUR.</span> - </div> -</div> - -<p>Je ne cite ici, bien entendu, que les coiffures. -Je triplerais cette liste si je voulais y -comprendre les noms donnés pendant la même -période aux bonnets et aux chapeaux.</p> - -<p>Dès 1723, l'abbé de Bellegarde écrivait: -«Depuis que les femmes se sont avisées de se -servir de fers pour soutenir la pyramide de -leur coëffure, qui est une espèce de bâtiment à -<span class="pagenum"><a name="Page_146" id="Page_146">[Pg 146]</a></span> -plusieurs étages, elles ont tellement enchéri -sur cette mode qu'il n'y a plus de porte assez -élevée pour leur donner passage sans baisser -la tête<a name="FNanchor_256_256" -id="FNanchor_256_256"></a><a href="#Footnote_256_256" -class="fnanchor">[256]</a>.» On sait jusqu'à quelle démence -cette mode fut portée sous Louis XVI. Une -élégante devait avoir alors sur le crâne un -échafaudage de chiffons et de cheveux qui égalât -le tiers de sa taille, et il entrait dans cet -édifice tant de fil de fer qu'on était en droit -de demander à une dame quel était l'adroit -serrurier qui l'avait coiffée. Je ne crois pas -qu'en aucun temps et sous aucun ciel, la mode -ait jamais imposé à ses esclaves rien de plus -niaisement prétentieux que le <i>pouf</i>. Décrire -une de ces parures, je n'y pense point, on -m'accuserait d'exagération, je laisse donc la -parole à un contemporain qui écrivait au jour -le jour et dont le témoignage est inattaquable. -Voici, d'après les <i>Mémoires</i> dits de Bachaumont<a name="FNanchor_257_257" -id="FNanchor_257_257"></a><a href="#Footnote_257_257" class="fnanchor">[257]</a>, -comment était composé le <i>pouf au -sentiment</i>. «On l'appelle <i>pouf</i>, à raison de la -confusion d'objets qu'il peut contenir, et <i>au -sentiment</i>, parce qu'ils doivent être relatifs à -ce qu'on aime le plus. La description de celui -<span class="pagenum"><a name="Page_147" id="Page_147">[Pg 147]</a></span> -de madame la duchesse de Chartres rendra plus -sensible cette définition. Dans celui de Son Altesse -Sérénissime, au fond est une femme -assise sur un fauteuil et tenant un nourrisson, -ce qui désigne M. le duc de Valois et sa nourrice. -A la droite est un perroquet becquetant -une cerise, oiseau précieux à la princesse. A -gauche est un petit nègre, image de celui -qu'elle aime beaucoup. Le surplus est garni -de touffes de cheveux de M. le duc de Chartres, -son mari; de M. le duc de Penthièvre, -son père; de M. le duc d'Orléans, son beau-père, -etc., etc. Toutes les femmes veulent -avoir un pouf et en raffolent.»</p> - -<p>On vit dès lors paraître successivement les -poufs:</p> - -<p class="noindent"> -<i>A la Turque.</i><br /> -<i>A l'Asiatique.</i><br /> -<i>A l'Assyrienne.</i><br /> -<i>A la Chinoise.</i><br /> -<i>A la Sophie.</i><br /> -<i>A l'Art de plaire.</i><br /> -<i>En Crête.</i><br /> -<i>A la Grande prêtresse.</i><br /> -<i>A la Puce.</i><br /> -<i>En Rocher.</i><br /> -<i>En Gueule de loup.</i><br /> -<i>Au Globe fixé.</i><br /> -<i>A Bandelettes.</i><br /> -<i>Etc., etc., etc.</i> -</p> - -<p>La fortune des poufs fut plus brillante que -durable. Dans la fureur de nouveauté qui -hantait les cerveaux féminins, une coiffure -vieille de trois mois n'était plus bonne qu'à -<span class="pagenum"><a name="Page_148" id="Page_148">[Pg 148]</a></span> -orner ridiculement quelque crâne provincial. -Faute de mieux et à bout d'imagination, on -s'empara des événements du jour et on les -figura en cheveux sur la tête des élégantes. -Les romans, le théâtre, les succès de nos armées, -les moindres faits divers, tout fut exploité.</p> - -<p>En 1778, après le célèbre combat livré aux -Anglais par la <i>Belle-Poule</i>, les femmes surmontèrent -leurs cheveux d'une frégate avec sa -mâture, ses voiles, ses agrès, ses canons, ses -pavillons, et cette coiffure prit le nom du glorieux -bâtiment qu'elle représentait. Beaumarchais -la fit oublier. La vogue de ses <i>Mémoires</i>; -le ridicule qu'il jetait sur le gazetier Marin, le -succès du <i>Quès-aco, Marin?</i> qui termine le -portrait de ce personnage<a name="FNanchor_258_258" -id="FNanchor_258_258"></a><a href="#Footnote_258_258" -class="fnanchor">[258]</a>, inspirèrent la -création du <i>quesaco</i>, trois panaches plantés -derrière un chignon composé de huit boucles.</p> - -<p>Au même ordre d'idées se rattachent les -coiffures suivantes:</p> - -<p class="noindent"> -<i>A la Frégate.</i><br /> -<i>A la Junon.</i><br /> -<i>A la Victoire.</i><br /> -<i>A la Philadelphie.</i><br /> -<i>A la Voltaire.</i><br /> -<i>A la Raucourt.</i><br /> -<i>A l'Iphigénie en Tauride.<br /> -A l'Eurydice.</i><span class="pagenum"><a name="Page_149" -id="Page_149">[Pg 149]</a></span><br /> -<i>A l'Irène.</i><br /> -<i>A la Cléopâtre.</i><br /> -<i>A l'Armide</i> ou <i>la Grande prétention</i>.<br /> -<i>A la Gabrielle de Vergy.</i><br /> -<i>A l'Almaviva.</i><br /> -<i>Au Colisée.</i><br /> -<i>A la Montgolfier.</i> -</p> - -<p>C'étaient là les grands soucis des dames de -la cour quinze ans avant la Révolution; la -jeune et belle Dauphine donnait l'exemple, -sourde aux reproches de son époux<a name="FNanchor_259_259" -id="FNanchor_259_259"></a><a href="#Footnote_259_259" -class="fnanchor">[259]</a>, insensible -aux railleries dont elle commençait à être -l'objet. Nous possédons un curieux spécimen -de celles-ci dans une assez plate comédie, que -publia en 1778 l'avocat Marchand.</p> - -<p>Au début, le coiffeur Duppefort et sa femme -sont en scène, et le dialogue s'établit ainsi:</p> - -<div class="bq"> - -<p class="ac">DUPPEFORT.</p> - -<p>Ouf! je suis harassé comme un général -d'armée le jour d'une action. Les femmes -veulent être servies toutes à la fois et dans la -même minute; l'on ne sait à laquelle entendre. -L'une veut de la fourrure, l'autre un plumage; -celle-ci des fleurs et des émaux, celle-là -des arbres et des diamants. Il faudroit, en vérité, -<span class="pagenum"><a name="Page_150" id="Page_150">[Pg 150]</a></span> -avoir sous la main tous les élémens et les -quatre parties du monde. Elles veulent apparemment -toucher à la lune. Elles ne sont occupées -que de coëffures, et chacune en veut -trois pouces de plus que sa voisine. En vérité, -je ne sais pas à quoi cette manie aboutira à la -fin. Si l'émulation augmente, il faudra exhausser -les lanternes dans les rues... Eh bien, qui -est-ce qui est venu pendant mon absence?</p> - -<p class="ac">MADAME DUPPEFORT.</p> - -<p>Un monde étonnant. D'abord ce riche banquier -qui a fait venir des plumes de colibris -pour sa filleule; en second lieu, ce petit abbé -qui a fait un poëme sur la coëffure des odalisques; -troisièmement, madame la comtesse -de Cavecreuse, qui veut absolument que vous -lui fournissiez sur sa garniture le jardin du -Palais-Royal, avec le bassin, la forme des maisons -et surtout sa grande allée avec la grille -et le café.</p> - -<p class="ac">M. DUPPEFORT.</p> - -<p>En vérité, elle n'y pense pas. Une autre me -demandera bientôt les Thuilleries, le Luxembourg, -le boulevard; les femmes du Marais -voudront avoir la place Royale ou l'hôtel de -<span class="pagenum"><a name="Page_151" id="Page_151">[Pg 151]</a></span> -Soubise. Mais n'importe, il faut satisfaire les -gens pour leur argent.</p> - -<p class="ac">MADAME DUPPEFORT.</p> - -<p>«Il est encore venu cette grande marquise -sèche, qu'on appelle madame de la Brasse, et -qui est veuve depuis trois mois. Elle vous prie -de mettre sur sa garniture un catafalque de -goût<a name="FNanchor_260_260" -id="FNanchor_260_260"></a><a href="#Footnote_260_260" -class="fnanchor">[260]</a>.»</p></div> - -<p>Ce court extrait suffira pour donner une -idée de la pièce, où l'esprit n'abonde pas et -qui ne fut jamais représentée.</p> - -<p>A la cour et dans l'entourage même de la -Reine, les gens sensés blâmaient les exagérations -qu'ils avaient sous les yeux: «Les coiffures, -dit madame Campan, parvinrent à un -tel degré de hauteur, par l'échafaudage des -gazes, des fleurs et des plumes, que les femmes -ne trouvoient plus de voitures assez élevées -pour s'y placer, et qu'on leur voyoit souvent -pencher la tête ou la placer à la portière. D'autres -prirent le parti de s'agenouiller pour ménager -d'une manière plus certaine encore le -ridicule édifice dont elles étaient surchargées<a name="FNanchor_261_261" -id="FNanchor_261_261"></a><a href="#Footnote_261_261" class="fnanchor">[261]</a>.» -<span class="pagenum"><a name="Page_152" id="Page_152">[Pg 152]</a></span> -En février 1776, Marie-Antoinette -honora de sa présence un bal donné par la -duchesse de Chartres. Les <i>Mémoires secrets</i> -de Bachaumont racontent qu'à cette occasion -«la Reine ayant redoublé la hauteur de son -panache, il fallut le baisser d'un étage pour -qu'elle pût entrer dans son carrosse, et le lui -remettre quand elle en est sortie». Comme on -imitait la Reine, même dans la bourgeoisie, -les théâtres étaient troublés par des querelles -sans cesse renaissantes, à ce point que de -Visme, directeur de l'Opéra, dut interdire -l'entrée de l'amphithéâtre aux coiffures trop -élevées<a name="FNanchor_262_262" -id="FNanchor_262_262"></a><a href="#Footnote_262_262" -class="fnanchor">[262]</a>.</p> - -<p>Ce n'est pas tout. Ces pyramides gonflées de -crin, bourrées de coussins, chargées de poudre, -baignées de pommade, maintenues par une forêt -d'épingles dont la pointe atteignait la peau, -devenaient l'origine d'une foule de malaises; -en même temps que la vermine engendrée par -la poudre causait aux malheureuses victimes -de la coquetterie d'insupportables démangeaisons. -La civilité permit d'abord de se frapper -doucement la tête avec un doigt pour calmer -le prurit qu'occasionnaient les indiscrètes bestioles<a name="FNanchor_263_263" -id="FNanchor_263_263"></a><a href="#Footnote_263_263" class="fnanchor">[263]</a>. -<span class="pagenum"><a name="Page_153" id="Page_153">[Pg 153]</a></span> -Puis on inventa en faveur de ces martyres -volontaires le <i>grattoir</i>, longue tige terminée -par un crochet d'ivoire, d'argent ou -d'or, secours bien doux, mais impuissant -contre «la crasse infecte qui séjournait sous -les brillants diadèmes<a name="FNanchor_264_264" -id="FNanchor_264_264"></a><a href="#Footnote_264_264" -class="fnanchor">[264]</a>.» Je m'arrête. Ne -nous montrons pas trop sévères pour nos -aïeules; s'il prenait fantaisie à quelque cerveau -fêlé de ressusciter cette mode aujourd'hui, -est-il bien sûr que la tentative échouerait?</p> - -<p>Rien n'égale la burlesque vanité, le naïf orgueil -dont était rempli le cœur des hommes -qui élevaient ces monuments éphémères. Dutens -raconte que le prince Lanti, se trouvant -à Paris et ayant demandé un coiffeur, on -introduisit dans sa chambre un personnage -bien mis et l'épée au côté. Le prince s'assit, en -lui recommandant de se dépêcher. «Mon -prince, lui dit cet homme, je suis le physionomiste, -<span class="pagenum"><a name="Page_154" id="Page_154">[Pg 154]</a></span> -permettez que je fasse entrer mon second.» -Et il fait entrer un garçon perruquier -avec tout son appareil. Plaçant ensuite le -prince à sa fantaisie, il l'observe avec attention, -le prenant par le menton pour mieux -examiner son visage. Puis, s'adressant à son -second: «Visage à marrons<a name="FNanchor_265_265" -id="FNanchor_265_265"></a><a href="#Footnote_265_265" -class="fnanchor">[265]</a>, dit-il; marronnez -monsieur.» Et il se retira en faisant une -humble révérence<a name="FNanchor_266_266" -id="FNanchor_266_266"></a><a href="#Footnote_266_266" -class="fnanchor">[266]</a>.</p> - -<div class="figcenter"><a name="i_160.jpg" id="i_160.jpg"></a> - <img src="images/i_160.jpg" - alt="" /> - <div class="caption">BOUTIQUE DE BARBIER, d'après Cochin.<br /> - Dix-huitième siècle</div> -</div> - -<p>De si grands artistes rougissaient d'appartenir -à la corporation des barbiers. Ils tentèrent encore -une fois de s'en séparer pour former une -communauté indépendante; mais un arrêt du -25 janvier 1780 repoussa cette prétention, et -leur interdit de mettre sur leur enseigne les -mots: <i>Académie de coiffure</i><a name="FNanchor_267_267" -id="FNanchor_267_267"></a><a href="#Footnote_267_267" -class="fnanchor">[267]</a>. Il est certain -d'ailleurs que les boutiques de certains barbiers -avaient alors un aspect peu séduisant. -Voici la description que nous en a conservée -Mercier: «Imaginez tout ce que la malpropreté -peut assembler de plus sale. Les carreaux -des fenêtres, enduits de poudre et de -<span class="pagenum"><a name="Page_157" id="Page_157">[Pg 157]</a></span> -pommade, interceptent le jour; l'eau de -savon a rongé et déchaussé le pavé; le plancher -et les solives sont imprégnés d'une -poudre épaisse; les araignées pendent mortes -à leurs longues toiles blanchies, étouffées -en l'air par le volcan éternel de la poudrerie<a name="FNanchor_268_268" -id="FNanchor_268_268"></a><a href="#Footnote_268_268" class="fnanchor">[268]</a>.»</p> - -<p>Un grand événement se produisit en 1780. -A la suite d'une couche, Marie-Antoinette perdit -ses cheveux. Dès lors, disent les <i>Mémoires -secrets</i>, «l'art est continuellement occupé à -réparer les vuides qui se forment sur cette -tête auguste». Cette tête auguste finit par -adopter une coiffure très-basse, dite <i>à l'enfant</i>. -Aussitôt, les dames de la cour, «empressées -de se conformer au goût de leur -souveraine, ont sacrifié leur superbe chevelure<a name="FNanchor_269_269" -id="FNanchor_269_269"></a><a href="#Footnote_269_269" class="fnanchor">[269]</a>.»</p> - -<p><span class="pagenum"><a name="Page_158" id="Page_158">[Pg 158]</a></span></p> - -<p>La reine de France, reine surtout des poufs -et des chiffons, avait pour ministres la Bertin, -sa marchande de modes, et Léonard Autier, -son coiffeur, qui avait porté le génie jusqu'à -faire entrer quatorze aunes d'étoffes dans une -coiffure. Elle les comblait de faveurs, ne sachant -rien refuser à des personnages dont le -concours lui était si précieux. Il était de règle -que tout artisan pourvu d'une charge à la cour -cessât de servir le public; mais Marie-Antoinette, -craignant que le goût de son coiffeur se -perdît s'il cessait de pratiquer son état, voulut -qu'il conservât sa clientèle, «ce qui, dit très-bien -madame Campan<a name="FNanchor_270_270" -id="FNanchor_270_270"></a><a href="#Footnote_270_270" -class="fnanchor">[270]</a>, multiplia les occasions -de connaître les détails de l'intérieur de -la Reine et souvent de les dénaturer.» Quand -l'infortunée princesse, décidée à quitter la -France, préparait la fuite de Varennes, sa folle -coquetterie survivait tellement aux dangers de -sa situation, aux angoisses endurées, aux humiliations -subies, qu'elle ne put se résoudre à -se séparer de Léonard, serviteur au reste fidèle -et dévoué; elle le fit partir quelques heures avant -elle, sous la protection de de Choiseul<a name="FNanchor_271_271" -id="FNanchor_271_271"></a><a href="#Footnote_271_271" class="fnanchor">[271]</a>.</p> - -<p><span class="pagenum"><a name="Page_159" id="Page_159">[Pg 159]</a></span></p> - -<p>Léonard ne revint pas à Paris avec sa souveraine; -il émigra et alla mettre ses talents -au service des grandes dames russes. En -France, le temps des futilités était passé, et -plus d'une des belles chevelures qu'avait abandonnées -Léonard devait être maniée pour la -dernière fois dans une prison et par un aide -du bourreau.</p> - -<hr class="chap" /> - -<p><span class="pagenum"><a name="Page_163" id="Page_163">[Pg 163]</a></span></p> - -<div class="chapter"> -<h2><a name="ECLAIRCISSEMENTS" id="ECLAIRCISSEMENTS"></a></h2> -</div> - -<div class="chapter"> - <h3><a name="II-I" id="II-I"></a>I</h3> -</div> - -<p class="ac"><span class="smcap">Extrait de la <i>CIVILITÉ</i> de -Jean Sulpice</span>,</p> - -<p class="ac"><i>traduite en français par</i> <span class="smcap">Guillaume - Durand</span>, <i>en</i> 1545<a name="FNanchor_272_272" - id="FNanchor_272_272"></a><a href="#Footnote_272_272" - class="fnanchor">[272]</a>.</p> - -<p class="ac">[1483]</p> - - -<p>O enfant de bonne nature, devant que de t'exposer -et bâiller mes preceptes, je t'admoneste que -tu ayes à les garder et que tu faces en sorte que -tousjours ils te soyent devant les yeux.</p> - -<p>Ta robe soit nette et sans ordure.</p> - -<p>N'aye point le visage ou les mains ordes.</p> - -<p><span class="pagenum"><a name="Page_164" id="Page_164">[Pg 164]</a></span></p> - -<p>Donne toy de garde que aucune morve ou roupie -ne te sorte du nez et y pende, comme ceste glace -longue que l'on void pendre en hyver aux chevrons -et gouttières des maisons.</p> - -<p>Tes ongles ne soyent point trop longs, ny pleins -d'ordure.</p> - -<p>Tes cheveux soyent bien peignez, et que ta perrucque<a name="FNanchor_273_273" -id="FNanchor_273_273"></a><a href="#Footnote_273_273" class="fnanchor">[273]</a> -ne soit pleine de plumes ou autre ordure.</p> - -<p>Tes souliers soyent nets et non boueux ou fangeux.</p> - -<p>Que ta langue ne soit point couverte d'ordure -et immundicité accumulée dessus.</p> - -<p>Aye les dents nettes et sans rouille, c'est à dire -sans matière jaulne attachée contre, par faute de -les nettoyer et mundifier souvent.</p> - -<p>Estime qu'il est peu seant et peu honneste de -soy grater la teste à table; et prendre au col ou au -doz poulx, ou puces, ou autre vermine, et la tuer -devant les gens; se grater, ou crever, ou percer sa -roigne<a name="FNanchor_274_274" -id="FNanchor_274_274"></a><a href="#Footnote_274_274" -class="fnanchor">[274]</a> en quelque partie du corps qu'elle soit.</p> - -<p>Si tu viens à te moucher, tu ne doibs prendre -tel excrement avec les doigts, mais les doibs recevoir -dedans un mouchoir. Et si tu craches ou -tousses, il ne fault pas avaller ce que tu as desjà -attraict en la gorge, mais faut cracher en terre ou -en un mouchoir ou serviette.</p> - -<p>Si, par contrainte, tu es provoqué à roter, fay le -avec le moindre son de la bouche que faire se -pourra, et tousjours en détournant la face.</p> - -<p><span class="pagenum"><a name="Page_165" id="Page_165">[Pg 165]</a></span></p> - -<p>Combien que nature te presse fort de peter ou -vessir, il te faut du tout efforcer de bien serrer les -fesses et ne lascher rien de mauvais goust. Et en -ce, il se faut garder de suyvre l'opinion des stoïciens, -qui tenoient que les pets et les rots estoient -permis et loysibles en toutes compagnies et en -toutes actions.</p> - - - -<hr class="chap" /> - -<div class="chapter"> - <h3><a name="II-II" id="II-II"></a>II</h3> -</div> - -<p class="ac"><span class="smcap">Extrait de la <i>CIVILITÉ</i> -d'Érasme</span><a name="FNanchor_275_275" -id="FNanchor_275_275"></a><a href="#Footnote_275_275" class="fnanchor">[275]</a>,</p> - -<p class="ac"><i>traduite en français par</i> -<span class="smcap">Pierre Saliat</span> -<i>en</i> 1537<a name="FNanchor_276_276" -id="FNanchor_276_276"></a><a href="#Footnote_276_276" class="fnanchor">[276]</a>.</p> - -<p class="ac">[1530]</p> - - -<p><i>Des rencontres et entregent.</i>—Si tu rencontres -quelqu'un en ton chemin, qui à cause de sa vieillesse -soit venerable, ou pour sa saincteté reverend, -ou pour sa dignité grave, ou aultrement digne -d'honneur, sois souvenant de luy ceder, de te détourner -et luy faire voie, en descouvrant la teste -reveremment et en ployant aulcunement<a name="FNanchor_277_277" -id="FNanchor_277_277"></a><a href="#Footnote_277_277" -class="fnanchor">[277]</a> le genoil.</p> - -<p><span class="pagenum"><a name="Page_166" id="Page_166">[Pg 166]</a></span></p> - -<p>Que l'enfant ne dise jamais ainsi: <i>Que ay-je -affaire d'ung que je ne cognois point? Que ay-je -affaire d'ung qui ne me feit jamais bien?</i> Cest -honneur n'est point faict à ung homme, non aux -merites et bienfaicts, mais à Dieu... Celluy qui -previent à faire honneur à son pareil ou à moindre -que luy, il n'en est point pourtant fait moindre, -mais plus civil, et pour ce plus honnorable.</p> - -<p>Il fault parler reveremment et en peu de parolles -avec ses superieurs, avec ses pareils amiablement -et affablement. En parlant, la main gauche doit -tenir le bonnet, la droicte estant doulcement posée -sur le nombril; ou, ce qui est reputé plus honneste, -le bonnet pendant aux deux mains joinctes, les deux -poulces apparoissans, couvrira le dessoubs de la -ceincture.</p> - -<p>Tenir son livre ou son bonnet dessoubs son aisselle, -c'est chose rusticque.</p> - -<p>Il fault que l'enfant ait une honte qui luy donne -grace, non point qui le rende estonné. Les yeulx -doivent regarder celuy à qui tu parles, mais posement -et simplement, sans qu'ilz montrent rien -de lascif ou de meschant. Baisser la veue, ainsi que -font les catoblepes<a name="FNanchor_278_278" -id="FNanchor_278_278"></a><a href="#Footnote_278_278" -class="fnanchor">[278]</a>, porte soupson de maulvaise -conscience. Regarder de travers semble d'un qui -veult mal. Tourner la face çà et là, c'est signe -de legiereté. Il est aussy laid de changer sa face -en diverses sortes, tellement que tu fronces puis -<span class="pagenum"><a name="Page_167" id="Page_167">[Pg 167]</a></span> -le nez, puis le front, que tu haulses maintenant -les sourcils, maintenant tu remues les lèvres, et -que la bouche soit puis estendue, puis serrée.</p> - -<p>Il est aussy laid de jecter les cheveulx en secouant -la teste, de toussir sans necessité, de cracher ou de -gratter sa teste, fouiller en ses oreilles, moucher -son nez, applanir son visaige avec la main, car cela -semble d'ung qui torche sa honte; frotter le chaisnon -du col<a name="FNanchor_279_279" -id="FNanchor_279_279"></a><a href="#Footnote_279_279" -class="fnanchor">[279]</a>, serrer les espaules, laquelle chose -nous voyons en d'aulcuns italiens; nier en tournant -la teste, ou en la hochant appeler quelqu'un; -et affin que je ne poursuyve tout, parler par signes, -encores qu'il siée bien quelque fois à l'homme, -toutesfois il ne sied point bien à l'enfant.</p> - -<p>C'est chose laide de jouer des bras, faire singeries -des doigts, se bercer sur ses pieds, bref non -point parler de la langue, mais de tout le corps, -qui est le propre des tourtereles ou des balaqueues<a name="FNanchor_280_280" -id="FNanchor_280_280"></a><a href="#Footnote_280_280" class="fnanchor">[280]</a>, -et assez approchant des pies.</p> - -<p>La voix soit doulce et posée, non haultaine qui -appartient aux paysans, ne si basse et si sombre -qu'elle ne parvienne jusques aux oreilles de cestuy -à qui tu parles. Que le parler ne soit trop hatif et -allant devant la pensée, mais tout à loisir, et qu'il -soit entendible.</p> - -<p>En parlant à quelqu'un, c'est civilité de repeter -souvent son tiltre honorable. Si tu ne sçays point -les tiltres particuliers d'ung chascun, tous gens savans -<span class="pagenum"><a name="Page_168" id="Page_168">[Pg 168]</a></span> -vans te doivent estre maistres très honorés, tous -prestres et moynes pères reverends, tous tes semblables -frères et amys: bref tous hommes incogneus, -seigneurs; toutes femmes incongneues, dames.</p> - -<p>C'est chose villeine et deshonneste d'ouyr ung -jurement de la bouche de l'enfant, soit par jeu ou -à bon escient. Qu'est-il plus villain que la coustume -dont en d'aulcuns pays à chascun mot, mesmes -les filles jurent par le pain, par le vin, par la chandelle; -bref, qu'est-il qu'elles ne jurent?</p> - -<p>Que l'enfant ne mesle point sa langue parmy -paroles villeines, et qu'il n'y preste point l'oreille, -finablement à tout ce qui se descouvre deshonestement -aux yeulx des hommes, et se presente indecentement -à leurs oreilles. Si le cas requiert qu'il -faille nommer quelque membre honteux, il le fault -signifier par ung desguisement modeste.</p> - -<p>Davantaige, s'il eschet quelque chose qui puisse -faire mal au cueur à l'escoutant, comme si quelqu'un -parle d'ung vomissement, d'ung retret<a name="FNanchor_281_281" -id="FNanchor_281_281"></a><a href="#Footnote_281_281" -class="fnanchor">[281]</a> ou de -merde<a name="FNanchor_282_282" -id="FNanchor_282_282"></a><a href="#Footnote_282_282" -class="fnanchor">[282]</a>, qu'il prie premièrement qu'il ne desplaise -aux oreilles.</p> - -<p>S'il veult contredire à quelque chose, qu'il se -garde de dire: <i>Vous ne dictes point vray</i>, specialement -s'il parle à personne eagée, mais prie avant, -qu'il ne luy desplaise, et dise: <i>Je l'ay aultrement -entendu d'ung tel.</i></p> - -<p>Rompre le propos d'ung qui parle devant qu'il -ait achevé, c'est chose incivile.</p> - -<p><span class="pagenum"><a name="Page_169" id="Page_169">[Pg 169]</a></span></p> - -<p>Ne sois point fort curieux des affaires d'aultruy, -et si tu as veu ou entendu quelque chose, fais -semblant que tu ne saiches point ce que tu sçais.</p> - -<p>Regarder du coing des yeulx les lettres qui ne te -sont point offertes, c'est chose peu civile. Si quelqu'un -ouvre son coffre et escrin en ta presence, -retire toy; car il est plus incivil de regarder dedens, -et est encores plus d'en manier quelque chose.</p> - -<p>Si tu apperçois qu'il survienne quelques propos -secrets entre quelques ungs, retire toy sans en faire -semblant, et ne te mesle à tel propos sans y estre -appellé.</p> - - - -<hr class="chap" /> - -<div class="chapter"> - <h3><a name="II-III" id="II-III"></a>III</h3> -</div> - -<p class="ac"><span class="smcap">Extrait de la <i>CIVILITÉ</i> d'Érasme</span>,</p> - -<p class="ac"><i>imitée en français par</i> <span class="smcap">C. -Calviac</span> <i>en</i> 1560<a name="FNanchor_283_283" -id="FNanchor_283_283"></a><a href="#Footnote_283_283" class="fnanchor">[283]</a>.</p> - -<p class="ac">[1530]</p> - - -<p>Il faut que l'enfant tourne la face de costé quand -il voudra cracher, de peur qu'il ne crache sur personne, -ou qu'il ne face mal au cueur de ceux qui -le verront cracher: pour laquelle raison il doit aussi -effacer ce qu'il a craché en mettant le pied dessus. -<span class="pagenum"><a name="Page_170" id="Page_170">[Pg 170]</a></span> -Que s'il ne luy est commode de se tourner ny de -cracher en terre ou autre lieu propre à cela, il -pourra cracher dans son mouchoir plus tost que -d'en avaler l'ordure, car cela est vilain et ord.</p> - -<p>Comme aussi de cracher ou de tousser à tous -propos sans necessité, mais aussi par une mauvaise -coustume; cela est propre aux menteurs, qui en -parlant songent ce qu'ilz doibvent dire. Toutefois -à aucuns cela sert de cherche-memoire, car en ce -faisant, ilz pensent mieux à ce qu'ilz doivent dire, -combien qu'en nulle sorte cela n'est point honeste.</p> - -<p>Il est fort vilain de s'accoustumer à roter, veu que -mesme quand cela advient par inadvertance, peut -estre tenu pour autre.</p> - -<p>S'il advient que l'enfant veuille tousser par necessité, -qu'il se tourne en arrière la face, et qu'il se -garde que ce ne soit sur la face d'autruy, ou sur la -viande s'il est à table.</p> - -<p>Le vomir, peter, roter et faire telles ordures, -quoy que les autres en jugent, il me semble que se -doyvent faire si secretement, si on y est contrainct, -que personne n'en oye rien, ou pour bien faire s'en -abstenir du tout.</p> - -<p>Il faut que les dens soyent nettes et blanches. -Que si il demeure quelque chose entr'elles après -le repas, il les faut nettoyer avec un cure-dens de -boys propre à cela, ou bien avec un des petits os -de ceux qu'on tire des ergotz des chappons. Et non -point avec le cousteau ou avec les ongles, comme -les chiens, ne avec la serviette.</p> - -<p>Il faut que tous les matins l'enfant lave sa bouche -et ses yeux avec de l'eau fraische et nette, et qu'il -<span class="pagenum"><a name="Page_171" id="Page_171">[Pg 171]</a></span> -se peigne en menant le peigne du devant en arrière -de la teste, pour tousjours renvoyer en derrière les -humeurs qui descendent sur les yeux et le visage.</p> - -<p>Il faut que les cheveux d'un enfant ne viennent -jamais si grans qu'ilz luy tombent jusques aux yeux -et aux espaules. Et ne les doit point secouer en -hochant sa teste, car cela appartient aux chevaux -qui se pompent. Il ne se doit point grater la teste -ne le reste du corps avec ses ongles, car cela est -vilain et ord, et principalement s'il le fait par -accoustumance plus que par nécessité.</p> - -<p><i>Du corps et de sa contenance.</i>—L'enfant ne -doyt point baisser la teste entre les deux espaules, -car c'est signe de paresse; ne se renverser aussi, car -c'est signe d'arrogance. Mais se doyt tenir droict -et sans effort, car cela ha bonne grâce. Et ne faut -point aussi que sa teste penche d'un costé ne d'un -autre dessus son corps, à la mode des hypocrites, si -ce n'est que le propos ou chose semblable requiert -telles contenances à gester.</p> - -<p>Il faut que l'enfant tienne ses espaules avec un -juste contrepoix, sans en hausser l'une et baisser -l'autre sans aucune modestie ny honesteté.</p> - -<p>Il n'est guière bien seant à un jeune enfant de -tenir les bras au sein ny en croix l'un sur l'autre, -car c'est signe de paresse; ne de les tenir derrière -le dos, car cela donne à penser qu'il soyt ou larron -ou paresseux, ou tenant quelque chose en la main -qu'il ne veut point qu'on voye.</p> - -<p>Aucuns trouvent beau de tenir une main au costé -et présenter le coude à costé, à la mode des souldats, -mais cela n'est point bienséant à un enfant.</p> - -<p><span class="pagenum"><a name="Page_172" id="Page_172">[Pg 172]</a></span></p> - -<p>Il est fort honeste à un petit enfant de ne manier -point ses parties honteuses, mesme quand la necessité -le requerra et qu'il sera seul, qu'avec honte -et comme vergogne: car cela denote grande pudicité -et honesteté. Et quand il luy faut qu'il rende -son urine, il se doict separer et tirer à part que nul -ne le voye, et pour le moins faut qu'il y procede le -plus secretement et modestement qu'il pourra, sans -toutes fois la retenir si longtemps que cela luy -puisse engendrer la pierre.</p> - -<p>Il faut que quand l'enfant sera assis qu'il tienne -ses genoux joinctz et les pieds aussi, non point -ouvers et estallés, car cela n'est point modeste. -Et quand il sera droyt, il luy sera bien seant de les -tenir moyennement ouvers. Il n'est point honeste -qu'estant assis il tienne l'un genoux sur l'autre et -les jambes en croix; ne qu'estant debout il tienne -ses jambes serrées et les bras croysés, car c'est le -propre de ceux qui sont pensifs.</p> - -<p>Il ne fault point que l'enfant bransle les jambes -estant assis, comme les folz; ne qu'il face un tas de -frectillemens des mains, qui demonstrent que l'entendement -est peu sain et entier.</p> - -<p>Il y a plusieurs façons de faire la reverence, selon -les pays où on se trouve et les coustumes d'iceux. -Mais les Françoys ployent seulement le genouil -droyt, se tenant autrement plus droyctz que enclinés, -avec un doux contournement et mouvement -du corps; et estant le bonet de la main droyte, le -tenant ouvert par le devant, l'obeissent au mesme -costé droyt.</p> - -<p>Après, s'il fault faire plusieurs reverences tenant -<span class="pagenum"><a name="Page_173" id="Page_173">[Pg 173]</a></span> -tousjours bas le bonet, dessous la jambe droicte -font la rentrance de la gauche en la mesme sorte -qu'ilz ont faict de la droicte, et ainsi de l'une puis -de l'autre, autant qu'il en sera de besoin, et selon -que le personnage à qui on adressera et le propos -ou recueil le requerrent.</p> - -<p>Il fault que l'alleure de l'enfant soit asseurée -droitte et par pas de mediocre grandeur, et non -point comme rompue et feinte, car c'est le propre -des gens effeminés et de nul courage; ne trop hastée, -comme celle des gens furieux ou impatiens; ne bersante -ou chancellante d'un costé ou d'autre, car -cela donne à penser qu'on soit verollé ou infecté -de quelque telle maladie; ne par des grans pas, qui -signifient prodigalité et arrogance; ne par trop -petis, qui signifient avarice et chifeté; mais mediocres, -ou de mesme, poursuivie tousjours d'un -mesme train.</p> - - - -<hr class="chap" /> - -<div class="chapter"> - <h3><a name="II-IV" id="II-IV"></a>IV</h3> -</div> - -<p class="ac"><span class="smcap">Extrait de la <i>CIVILITÉ</i> d'Érasme</span>,</p> - -<p class="ac"><i>traduite en français par</i> <span class="smcap">Claude Hardy</span> -<i>en</i> 1613<a name="FNanchor_284_284" -id="FNanchor_284_284"></a><a href="#Footnote_284_284" class="fnanchor">[284]</a>.</p> - -<p class="ac">[1530]</p> - - -<p><i>Du nez.</i>—Les enfants ne doibvent aucunement -laisser de morve en leur nez, qui est le propre des -<span class="pagenum"><a name="Page_174" id="Page_174">[Pg 174]</a></span> -ords et salles; duquel vice et salleté Socrates a esté -blasmé. Mais se moucher à son bonnet ou à sa -manche appartient aux rustiques; se moucher au -bras et au coulde convient aux patissiers; et se moucher -de la main, si d'aventure au mesme instant tu -la portes à ta robbe, n'est chose beaucoup plus -civile. Mais recevoir les excrements du nez avec un -mouchoir, en se retournant un petit des gens d'honneur, -est chose honneste. Et si d'aventure quelque -chose tomboit à terre en se mouchant de deux doigs, -il faut incontinent marcher dessus.</p> - -<p><i>Souffler du nez.</i>—C'est chose indecente de souffler -haut du nez, qui est un tesmoignage de cholère; -et est encores chose plus laide de ronfler, car il appartient -aux furieux seulement, principallement si -cela se fait avec accoustumance. Mais il faut pardonner -à ceux qui ont la courte haleine, et qui ne respirent -qu'avec difficulté. C'est aussi chose ridicule -de parler du nez, qui convient aux corneilles et -elephans. Froncer le nez appartient aux mocqueurs -et gausseurs.</p> - -<p><span class="pagenum"><a name="Page_175" id="Page_175">[Pg 175]</a></span></p> - -<p><i>De l'esternuement.</i>—S'il advient qu'il te faille -esternuer en la presence d'autruy, c'est chose honneste -de se tourner un petit, et à l'instant après que -la violence est passée, faire le signe de la croix, et -puis après oster son bonnet et saluer ceux qui t'auront -salué ou deu saluer: car l'esternuement et le -baailler prive l'oreille de sentiment. Il te faut aussi -prier la compagnie de t'excuser ou la remercier.</p> - -<p>C'est chose religieuse de saluer celuy qui esternuë. -Si plusieurs gens eagez saluent quelque homme ou -femme d'honneur à qui il soit arrivé d'esternuer, -le debvoir de l'enfant est d'oster son chappeau. -Davantage, c'est le propre des fols et glorieux de -s'efforcer à esternuer hault, et de redoubler pour -monstrer ses forces. Retenir le son que la nature -excite, c'est marque de folie, et attribuer plus à la -civilité qu'à la santé.</p> - -<p><i>Des jouës.</i>—Que les jouës de l'enfant soient -teintes d'une honte naïfve, sans fard et faulse couleur, -combien qu'il la faille tellement temperer -qu'elle ne se tourne en meschanceté et trop grande -hardiesse, ne qu'elle apporte trop grand estonnement, -et comme dit le proverbe, le quatriesme degré -de folie. Car il y en a qui de leur naturel sont -tellement timides, qui sont presque semblables à celuy -qui radote. Ce deffault se peut corriger, si l'enfant -s'accoustume à vivre avec gens plus eagez que -luy, et s'il est exercé à joüer des comedies. Enfler -les joües est un tesmoignage d'orgueil, et les retirer -est un signe de meffiance: l'un est pour le glorieux, -et l'autre pour le traistre.</p> - -<p><i>De la bouche.</i>—Que la bouche ne soit serrée, -<span class="pagenum"><a name="Page_176" id="Page_176">[Pg 176]</a></span> -chose qui convient à celuy qui craint de prendre -l'haleine d'autruy; qu'elle ne soit aussi ouverte, -comme appartient aux incensez. Mais que les lèvres -soient conjoinctes, s'entrebaisants doucement l'une-l'autre. -C'est aussi chose peu decente de faire des -lèvres comme si tu applaudissois à un cheval en sifflant, -combien que cela se doibve pardonner aux -grands qui marchent en quelque grande foulle: car -rien ne leur messiet. Mais nous voulons icy dresser -seulement les enfants.</p> - -<p><i>Du baaillement.</i>—Si d'aventure le baailler te -presse, et si tu ne peux te tourner ou demarcher un -petit, il te fault mettre ton mouchoir ou ta main -devant ta bouche, et faire le signe de la croix.</p> - -<p><i>Du rire.</i>—C'est le propre des fols de rire à tout -propos; et de ne rire d'aucune chose appartient -aux stupides; de rire de choses vilaines et deshonnestes, -c'est meschanceté. Outre plus, ceste manière -et façon de rire qui esmeut tout le corps, que les -Grecs appellent [Greek: synkrousion], n'est honneste et decente -à aucun eage, non pas mesme à la jeunesse. -C'est aussi chose deshonneste de rire en hennissant; -comme il n'est pas decent et seant de rire en eslargissant -la bouche et en retirant les joües et descouvrant -les dents, car proprement c'est un ris de -chien et sardonien; mais il faut que le visage soit -tellement composé qu'il demonstre une alegresse -et non pas un esprit dissolu, ny aucune difformité -de la bouche. Ce sont propos de fols de dire: <i>je -pisse ou crève de rire</i>; <i>je pasme de rire</i>, ou <i>j'ay cuidé -mourir de rire</i>.</p> - -<p>Et si le subject qui se presente nous force malgré -<span class="pagenum"><a name="Page_177" id="Page_177">[Pg 177]</a></span> -nous à rire, alors il faudra se couvrir le visage ou -de la serviette ou de la main. Rire tout seul sans -aucune apparente raison est un acte de sottise -ou de pure folie. Et le cas advenant qu'il soit -eschappé de rire à l'enfant, cela dependera de la civilité -de declarer ouvertement la raison qui l'aura -meu à rire; ou s'il n'est à propos de le dire, il fault -controuver quelque cassade, afin que nul de la -compagnie n'aye quelque soupçon que l'on veuille -se moquer de luy.</p> - -<p><i>De ne mordre ses lèvres.</i>—C'est une mauvaise -contenance que de mordre ses lèvres d'embas avec -les dents de dessus, et les lèvres de dessus avec les -dents d'embas: car c'est le geste d'un homme qui -menace quelqu'un. C'est aussi chose indecente de -lescher le bord de ses lèvres avec la langue. Advancer -ses lèvres, et comme les preparer à un baiser, -estoit jadis une coustume bien receuë entre les -Alemans, comme il se peult remarquer par des tableaux -anciens. C'est un tour de bouffonnerie en -tirant la langue se moquer de quelqu'un.</p> - -<p><i>Du cracher.</i>—Tourne ton visage quand tu voudras -cracher, afin que nul de la compagnie ne soit -offensé de ton crachement. Si tu as craché par terre -ou si tu t'y es mouché, il convient marcher dessus, -comme j'ay cy-devant dit, afin que personne n'en -aye mal au cœur. Si tu n'as moyen de te tourner, -reçoy le crachat en ton mouchouer.</p> - -<p>Avaller sa salive est une chose deshonneste; -comme pareillement de cracher à chacun mot, -comme nous en voyons beaucoup ausquels cela -arrive d'ordinaire, plustost par mauvaise accoustumance -<span class="pagenum"><a name="Page_178" id="Page_178">[Pg 178]</a></span> -que par necessité qu'ils en ayent.</p> - -<p>D'abondant, il y en a qui toussent en parlant, -par une habitude qu'ils ont contractée, sans qu'il -en soit besoin. Mais telle façon de faire est propre -à ceux qui se proposent de mentir, et qui se veulent -donner du temps pour penser à ce qu'ils doivent -dire.</p> - -<p>Aucuns, encores plus incivils, ne sçauroient dire -trois mots sans roter. Que si le jeune enfant dès son -bas eage prend ceste mauvaise coustume, elle luy -demeurera. Il en faut autant dire du cracher, dont le -Clitipho de Terence<a name="FNanchor_285_285" -id="FNanchor_285_285"></a><a href="#Footnote_285_285" -class="fnanchor">[285]</a> est blasmé par un serviteur.</p> - -<p>Si tu es pressé de la toux, garde toy de tousser -en la bouche d'autruy, et prens bien garde de -commettre ceste ineptie que de tousser plus hault -que la nature ne le requiert.</p> - -<p><i>Du vomissement.</i>—Quand tu auras volonté de -vomir, tire toy à quartier; car le vomissement n'est -pas deshonneste, mais bien de le provoquer par -gourmandise.</p> - -<p><i>Des dents.</i>—Il faut soigneusement prendre garde -d'avoir les dents nettes; car de les blanchir avec des -poudres, il n'appartient qu'aux filles; les frotter de -sel ou d'alun est fort dommageable aux gencives; -et se servir de son urine au mesme effet c'est aux -Espagnols à ce faire.</p> - -<p>S'il te reste entre les dents quelque chose, ne te -sers du cousteau ou de tes ongles pour les tirer, -comme les chiens et les chats; ny avec la serviette; -mais avec la pointe d'un cure-dent de lentisque, ou -<span class="pagenum"><a name="Page_179" id="Page_179">[Pg 179]</a></span> -d'une plume, ou de petits os tirez des pieds de chappons -ou des poulles bouillies.</p> - -<p><i>De laver la bouche.</i>—C'est une chose civile et -salubre de laver sa bouche d'eau nette le matin. -Mais de la laver souvent, c'est un acte qui est impertinent. -De la langue, nous en parlerons en son -lieu.</p> - -<p><i>De nettoyer la teste.</i>—C'est à faire aux gens de -village de ne se peigner la teste. Il faut que la teste -soit tellement nette qu'elle ne soit pas pourtant -atiffée comme celle d'une fille. C'est chose deshonneste -d'y voir des pouds et des lentes.</p> - -<p>En après, grater sa teste devant quelqu'un et -faire tomber l'ordure qui en sort sur luy, c'est chose -peu decente; tout ainsi que se grater avec les ongles -les autres parties du corps, c'est chose vilaine, -principalement s'il le fait avec accoustumance et -non par necessité.</p> - -<p>Les cheveux ne doivent tomber sur le front, ny -couvrir les espaules. Esbranler ses cheveux en secouant -la teste, c'est le propre des chevaux qui se -panadent. De relever les cheveux du front en hault -avec la main gauche, c'est chose peu seante, mais il -est plus à propos de les demesler avec la main -droite.</p> - -<p><i>Qu'il ne faut retenir son urine, ny le son du ventre.</i>—Se -garder d'uriner est dommageable à la santé; -mais se tirer à part pour rendre l'urine est chose -digne de la honte requise à un enfant.</p> - -<p>Il y en a quelques uns qui commandent que l'enfant -retienne la ventosité du ventre, serrant les -fesses. Mais ce n'est pas chose civile de se causer une -<span class="pagenum"><a name="Page_180" id="Page_180">[Pg 180]</a></span> -maladie pour avoir la reputation d'estre bien apprins. -S'il luy est loisible de s'esloigner de la compagnie, -qu'il lasche son vent estant ainsi à l'escart, sinon -qu'il desguise, selon l'ancien proverbe, le son du -ventre par un toussement. Autrement pourquoy -n'ordonnent ils pas, par semblable raison, qu'ils -s'empeschent d'aller à la garderobbe, veu qu'il est -plus dangereux de retenir son vent que de s'abstenir -des necessitez de nature<a name="FNanchor_286_286" -id="FNanchor_286_286"></a><a href="#Footnote_286_286" -class="fnanchor">[286]</a>.</p> - -<p><i>De se tenir droict.</i>—C'est imiter le glorieux Trason -de Terence<a name="FNanchor_287_287" -id="FNanchor_287_287"></a><a href="#Footnote_287_287" -class="fnanchor">[287]</a> que de se seoir les genouils ouverts, -et de brandiller ou entortiller ses jambes. Quand tu -seras assis, prends garde à joindre tes genouils, et -quand tu seras debout tiens tes pieds proches l'un -de l'autre, au moins qu'ils ne soient que moyennement -esloignez. Aucuns sont assis avec ceste mauvaise -grace qu'ils font passer la jambe par dessus le -genouil; les autres sont debout, ayans les bras croisez -et les jambes joinctes estroictement: desquelles -façons de faire, l'une est propre aux resveurs et -l'autre aux gens grossiers et mal apprins. Se seoir -ayant la jambe droicte jettée sur la gauche estoit -une ancienne coustume des Rois, mais maintenant -<span class="pagenum"><a name="Page_181" id="Page_181">[Pg 181]</a></span> -elle est reprouvée. Les Italiens, par respect, mettent -un pied sur l'autre, et se soustiennent quasi sur une -jambe, à la mode des cigongnes, mais je ne sçaurois -bonnement dire si cela est decent à l'enfant.</p> - -<p><i>Comment il convient faire la reverence.</i>—Pareillement, -en un païs une façon de fleschir les -genouils et faire la reverence est bien receuë, laquelle -en autre païs donneroit subject de rire et de -se moquer. Quelques-uns ployent les deux genouils -ensemble, et entre ceux-là, les uns tiennent le reste -du corps droit et les autres le panchent aucunement. -Il y en a d'autres qui estimans ceste façon de faire -la reverence n'estre seulement convenable qu'à la -femme, ployent en premier lieu le genouil droit, -et puis le gauche au mesme instant, et ceste manière -de reverence est recommendable en la jeunesse de -Bretaigne. Les François, contournant doucement le -corps, fleschissent seulement le genouil droit. Es -choses ou la varieté n'a rien de repugnant à la bienséance, -il sera en la liberté de chacun de practiquer -l'usance du païs, ou suivre les façons estrangères, -comme il s'en trouve aucuns ausquels elles plaisent -davantage que celles de leur païs<a name="FNanchor_288_288" -id="FNanchor_288_288"></a><a href="#Footnote_288_288" class="fnanchor">[288]</a>.</p> - -<hr class="chap" /> - -<p><span class="pagenum"><a name="Page_182" id="Page_182">[Pg 182]</a></span></p> - - - - -<div class="chapter"> - <h3><a name="II-V" id="II-V"></a>V</h3> -</div> - -<p class="ac"><span class="smcap">Extrait du</span> <i>Nouveau Traité de la civilité -qui se pratique en France parmi les honnestes -gens</i>.</p> - -<p class="ac"><i>Par</i> <span class="smcap">Antoine de -Courtin</span><a name="FNanchor_289_289" -id="FNanchor_289_289"></a><a href="#Footnote_289_289" class="fnanchor">[289]</a>.</p> - -<p class="ac">[1675]</p> - - -<p><i>L'audience d'un Grand.</i>—A l'égard d'un Grand, -lors que l'on entre dans sa chambre ou dans son -cabinet, il faut marcher doucement, et faire une -inclination du corps et une profonde révérence, s'il -est présent. Que s'il ne paroissoit personne, il ne -faut point fureter çà et là, mais sortir sur-le-champ, -et attendre dans l'antichambre.</p> - -<p>Si cette personne est malade et au lit, il faut -s'abstenir de la voir, si elle ne le demande; et si -nous la voyons, il faut faire la visite courte, parce -que les malades sont inquiets et sujets aux remèdes -et aux temps. Il faut de plus parler bas, et ne -l'obliger que le moins qu'il se peut à parler.</p> - -<p>Mais sur tout, il faut observer que c'est une très-grande -indécence de s'asseoir sur le lit, et particulièrement -si c'est d'une femme. Et même il est en -tout temps très-mal séant et d'une familiarité de -gens de peu, lors que l'on est en compagnie de personnes -sur qui on n'a point de supériorité, ou avec -<span class="pagenum"><a name="Page_183" id="Page_183">[Pg 183]</a></span> -qui on n'est pas tout à fait familier, de se jetter sur -un lit, et de faire ainsi conversation.</p> - -<p>Si cette personne écrivoit, lisoit, ou étudioit, il -ne faut pas la détourner, mais attendre qu'elle ait -achevé ou qu'elle se détourne elle-même, afin que -nous luy parlions.</p> - -<p>Si elle nous ordonne de nous asseoir, il faut obéir -avec quelque petite démonstration de la violence -que souffre notre respect, et observer de se mettre -au bas bout, qui est toujours du costé de la porte -par la quelle nous sommes entrez, comme le haut -bout est toujours où la personne qualifiée se -met.</p> - -<p>De même, il faut prendre un siége moins considérable -que le sien, s'il y en a. Le fauteuil est le -plus honorable, la chaise à dos après, et ensuite le -siége pliant.</p> - -<p>C'est une chose tout à fait indécente de se présenter -devant des personnes au-dessus de nous, et -particulièrement devant des Dames, et de montrer -la peau à travers la chemise et le pourpoint; ou -d'avoir quelque chose d'entr'ouvert qui doit estre -clos par honnesteté, comme nous avons déjà dit.</p> - -<p>Quand on s'assiet, il ne faut pas se mettre coste -à coste de la personne qualifiée, mais vis-à-vis, afin -qu'elle voye que l'on est tout prest à l'écouter. Il -faut avec cela se tourner le corps un peu de costé -et de profil, parce que cette posture est plus respectueuse -que de se tenir de front.</p> - -<p>Il faut luy laisser entamer le discours, quand elle -ne diroit qu'un mot qui nous donnât lieu de parler. -A moins qu'on ne vist cette personne en passant, -<span class="pagenum"><a name="Page_184" id="Page_184">[Pg 184]</a></span> -pour l'informer promptement d'une affaire, ou la -faire ressouvenir de quelque chose qu'elle sçûst -déjà.</p> - -<p>Il ne faut pas se couvrir si elle ne le commande. -Il faut avoir ses gands aux mains, et se tenir tranquille -sur son siége, ne point croiser les genoux, ne -point badiner avec ses glands, son chapeau, ses -gands, etc., ni se fouiller dans le nez, ou se grater -autre part.</p> - -<p>Il faut éviter de bâiller, de se moucher et de cracher. -Et si on y est obligé, là et en d'autres lieux -que l'on tient proprement, il faut le faire dans son -mouchoir, en se détournant le visage, et se couvrant -de sa main gauche, et ne point regarder après -dans son mouchoir.</p> - -<p>A propos de mouchoir, on doit dire qu'il n'est pas -honneste de l'offrir à quelqu'un pour quelque chose, -quand même il seroit tout blanc, si on ne vous y -oblige absolument.</p> - -<p>Il ne faut point prendre de tabac en poudre, ni -en mâcher, ni s'en mettre des feuilles dans le nez, -si la personne qualifiée, qui est en droit d'en prendre -devant nous, ne nous en présentoit familièrement. -Auquel cas il faut en prendre, ou en faire le semblant -si on y avoit répugnance.</p> - -<p>Si on est assis près du feu, il faut bien se donner -de garde de cracher dans le feu, sur les tisons, ni -contre la cheminée; moins encore faut-il s'amuser -à badiner avec des pincettes, ou tisonner le feu. -Que si cette personne témoignoit de vouloir accommoder -le feu, alors il faut se saisir promptement des -tenailles ou pincettes pour la prévenir, à moins -<span class="pagenum"><a name="Page_185" id="Page_185">[Pg 185]</a></span> -qu'elle ne le voulust faire absolument elle-même -pour son divertissement. Il ne faut pas aussi se lever -de dessus son siége pour se tenir debout le dos au -feu; mais si cette personne se levoit, il faudra se -lever aussi.</p> - -<p>Que si par avanture il ne se trouvoit qu'un écran -chez cette personne, et qu'elle vous contraignist de -le prendre: après luy avoir témoigné la confusion -que vous avez de l'accepter, il ne le faut pas refuser. -Mais incontinent après, sans qu'elle s'en apperçoive, -il faut le mettre doucement de costé, et ne s'en -point servir.</p> - -<p>De même, si par quelque occasion cette personne -se trouvoit chez vous près du feu, il ne faut pas -souffrir qu'un laquais luy présente un écran, mais -vous devez le luy présenter vous-même.</p> - -<p>Et pour ce qui est des Dames, c'est une immodestie -très-grande de trousser leurs jupes près du -feu, aussi-bien qu'en marchant par les ruës.</p> - -<p>Il ne faut pas, quand on parle, faire de grands -gestes des mains: cela sent d'ordinaire les diseurs -de rien, qui ne sont pathétiques qu'en mouvemens -et en contorsions de corps.</p> - -<p>Mais il est ridicule, en parlant à un homme, de -luy prendre et tirer ses boutons, ses glands, son -baudrier, son manteau, ou de luy donner des coups -dans l'estomac, etc.</p> - -<p>Il s'en fait quelquefois un spectacle des plus divertissans, -quand celuy qui se sent poussé et tiraillé, -recule, et que l'autre, n'appercevant pas son incivilité, -le poursuit et le recogne jusqu'à luy faire -demander quartier.</p> - -<p><span class="pagenum"><a name="Page_186" id="Page_186">[Pg 186]</a></span></p> - -<p>Il est mal-séant aussi de faire de certaines grimaces -d'habitude, comme de rouler la langue dans -la bouche, de se mordre les lèvres, de se relever la -moustache, de s'arracher le poil, de cligner les yeux, -de se frotter les mains de joye, de se faire craquer -les doigts en se les tirant l'un après l'autre, de se -grater, de hausser les épaules, etc. Il ne faut pas -avoir non plus une contenance toute d'une pièce, -fière, arrogante et dédaigneuse.</p> - -<p>Il est de même très mal-séant, quand on rit, de -faire de grands éclats de rire, et encore plus de rire -de tout et sans sujet.</p> - -<p>Que si par hazard cette personne laissoit tomber -quelque chose, il faut en cette rencontre comme en -toute autre, le ramasser promptement, et ne pas -souffrir qu'elle ramasse rien de ce qui nous seroit -tombé, mais il le faut ramasser vistement nous-même.</p> - -<p>Que si elle éternuoit, il ne faut pas luy dire tout -haut <i>Dieu vous assiste</i>; mais il faut seulement se -découvrir, et faire une profonde révérence, faisant -ce souhait intérieurement.</p> - -<p>Et si la nécessité nous oblige nous-même d'éternuer, -il faut tâcher de le faire doucement, et non -comme certaines gens qui en ébranlent la maison -par les fondemens: ce qui est très-importun aux -personnes qui nous entendent.</p> - -<p>S'il arrivoit qu'elle se mist en peine d'appeler -quelqu'un qui ne fust pas proche d'elle, il faut -sortir pour l'aller appeller soy-même: ce qu'il ne -faut pas faire tout haut sur le degré ou par la fenestre, -mais envoyer quelqu'un le chercher où il -<span class="pagenum"><a name="Page_187" id="Page_187">[Pg 187]</a></span> -sera pour le faire venir: autrement c'est pécher -contre le respect<a name="FNanchor_290_290" -id="FNanchor_290_290"></a><a href="#Footnote_290_290" class="fnanchor">[290]</a>.</p> - -<p>Une autre incivilité fort mal-plaisante est de ceux -qui ne croyent pas qu'on les entende s'ils ne parlent -bouche à bouche, crachant au nez des gens, et -les infectant bien souvent de leur haleine. Les personnes -qui ont de la civilité en usent autrement, et -si elles ont quelque rapport à faire ou quelque chose -de secret à dire à quelque personne qualifiée, elles -luy parlent à l'oreille.</p> - -<p>Au reste, il faut avoir grand soin de ne pas faire -sa visite trop longue; mais observer, en cas que la -personne qualifiée ne vous congédiast point elle-même, -de prendre le temps pour sortir lors qu'elle -demeure dans le silence, lors qu'elle appelle quelqu'un, -ou lors qu'elle donne quelque autre indice -qu'elle a affaire ailleurs. Et alors il faut se retirer -sans grand appareil, et même sans rien dire s'il -arrivoit quelque tiers qui prist votre place, ou si la -personne s'appliquoit à autre chose. Que si votre -retraite est apperceuë, et que ce grand Seigneur -voulust vous faire quelque civilité au sortir de sa -chambre, il ne faut pas l'en empêcher, parce que ce -ne seroit pas paroistre assez persuadé qu'il sçait ce -qu'il fait, et que souvent il arriveroit que nous -nous défendrions d'une chose que l'on ne fait pas à -notre sujet. On peut bien seulement témoigner par -quelque petite action, qu'en cas que cet honneur -<span class="pagenum"><a name="Page_188" id="Page_188">[Pg 188]</a></span> -s'adressast à nous, nous ne nous l'attribuons pas, -et cela se fait en poursuivant son chemin sans regarder -derrière soy, ou même en se tournant ou en -s'arrestant, comme pour le laisser passer, et montrer -par là que l'on croit qu'il a affaire autre part.</p> - -<p>Que si on ne peut éviter que la civilité ne se manifeste, -et que cette personne sorte de sa chambre, -il faut s'arrester tout court, se tirer à costé, et ne -point sortir de cette place qu'après qu'elle sera rentrée -dans sa chambre.</p> - -<p>De même, si par rencontre cette personne avoit -à aller quelque part et que nous nous trouvassions -devant, il faut se tirer à costé, s'arrester tout court, -la saluer, et la laisser passer.</p> - -<p>Et même, si c'estoit le Roy, la Reine, Monseigneur -le Dauphin, Monseigneur le Duc d'Orléans, -et autres Enfans de France qui dûssent passer, il -faut s'arrester d'aussi loin que l'on entend le bruit, -pour les laisser passer, soit que l'on fust à pied ou -à cheval, en chaise ou en carrosse.</p> - -<p>Que si la personne qualifiée nous menoit à une -fenestre, ou que même il y eust quelque spectacle -à voir de là, il ne faut point prendre place, ni s'approcher -de cette fenestre, qui nous seroit commune -avec elle, pour regarder. Il ne faut pas non plus -cracher par la fenestre, ni en cette rencontre-là, ni -en aucune autre.</p> - -<p>Que si la personne qualifiée nous reconduisoit -jusqu'à la porte de la ruë, il ne faut point monter, -ni à cheval, ni en chaise, ni en carrosse en sa présence, -mais la prier de rentrer dans sa maison avant -que d'y monter. Que si elle s'obstinoit, il faut s'en -<span class="pagenum"><a name="Page_189" id="Page_189">[Pg 189]</a></span> -aller à pied et laisser suivre le carrosse, etc., jusqu'à -ce que cette personne ne paroisse plus.</p> - -<p>Que si en présence de cette personne qualifiée, il -en arrivoit une autre qui fust notre supérieure, mais -inférieure à l'autre, il ne faut pas quitter la personne -qualifiée à qui nous faisons la cour, pour aller au -nouveau venu, mais il faut faire simplement quelque -signe de civilité muette. Que si ce dernier estoit -supérieur à la personne à qui nous rendons -visite, alors il faut que comme celle-cy se rangera -vray-semblablement à son devoir, nous nous y rangions -de même, et que nous quittions le premier -pour honorer le dernier.</p> - -<p>Que si avec cela la personne qualifiée parloit à -une autre, il ne faut pas se servir de ce temps-là -pour faire conversation à part avec quelqu'un qui -seroit près de nous: cette familiarité est mal-séante. -Outre que si on parle bas, cela est suspect et défendu, -et si on parle haut, ce bruit l'interrompt et -l'importune.</p> - -<p>Que si on est obligé d'accompagner cette personne -supérieure dans sa maison, ou même en la nôtre, -il faut, s'il y a lieu de cela, passer devant, pour ouvrir -les portes et pour relever les tapisseries s'il y -en a à relever. Même si c'est un homme qui ait de -mauvaises jambes et qui marche avec peine, il est -de la civilité de luy donner la main pour l'aider à -marcher.</p> - -<p><i>Pour marcher avec un Grand et pour le salut.</i>—Que -si nous sommes obligez d'aller dans les ruës à -costé de personnes qualifiées, il faut leur laisser le -haut du pavé, et observer de ne pas se tenir directement -<span class="pagenum"><a name="Page_190" id="Page_190">[Pg 190]</a></span> -coste à coste, mais un peu sur le derrière, si -ce n'est quand elles nous parlent et qu'il faut répondre, -et alors il faut avoir la teste nuë.</p> - -<p>Sur quoy il est bon d'avertir ceux qui ont droit de -souffrir qu'on leur cède toujours le haut du pavé<a name="FNanchor_291_291" -id="FNanchor_291_291"></a><a href="#Footnote_291_291" class="fnanchor">[291]</a>, -d'avoir un peu de considération pour ceux qui leur -rendent cet honneur, et de se dispenser le plus qu'ils -peuvent de passer et de repasser le ruisseau, pour -ne pas les incommoder en les obligeant de faire une -espèce de manége autour d'eux pour leur laisser le -lieu d'honneur.</p> - -<p>Que si quand nous sommes dans la ruë avec une -personne qualifiée, il passoit ou s'il se rencontroit -quelqu'un de connoissance, ou un laquais de quelque -amy, il faut bien se garder de les appeler tout -haut: <i>Holà, hé? Comment se porte ton maistre? -Mes baise-mains à Madame</i>, etc. Il n'y a rien de si -mal poli, aussi-bien que de quitter la compagnie de -cette personne pour aller à eux. Mais si on a affaire -à ces personnes-là, et que l'on ne soit pas engagé -à l'entretien de la personne qualifiée, on peut faire -signe secrètement, et leur dire à l'écart et promptement -ce qu'on a à leur dire, ou les saluer de loin -simplement, sans que la personne qualifiée l'apperçoive -trop.</p> - -<p>De même, c'est une grande incivilité, rencontrant -dans les ruës une personne avec qui on n'est pas familier, -de luy demander où elle va ou d'où elle vient.</p> - -<p><span class="pagenum"><a name="Page_191" id="Page_191">[Pg 191]</a></span></p> - -<p>Que si on se promène avec cette personne supérieure -dans une chambre ou dans une allée, il faut -observer de se mettre toujours au-dessous. Dans une -chambre, la place où est le lit marque le dessus, si -la disposition de la chambre le permet, sinon il -faut se régler sur la porte.</p> - -<p>Que si c'est dans un jardin, il faut se mettre à -main gauche de la personne, et avoir soin sans affectation -de regagner cette place à tous les tournans.</p> - -<p>Que si on est trois à se promener, le milieu est le -lieu d'honneur et, partant, celuy de la personne -qualifiée; la droite est le second, et la gauche est le -troisième. De là vient que le haut bout dans un jardin, -et ailleurs où l'usage n'a rien déterminé, est -la droite de la personne qualifiée.</p> - -<p>Que si, par exemple, deux grands Seigneurs faisoient -mettre un inférieur au milieu d'eux pour -pouvoir mieux écouter quelque récit qu'il auroit à -leur faire, il faut à chaque retour d'allée que l'inférieur -se tourne du costé du plus qualifié de ces -Seigneurs. Que s'ils sont tous deux égaux, il faut -qu'il se tourne à un bout d'allée du costé de l'un, -et à l'autre bout du costé de l'autre; observant de -quitter luy-même le milieu quand il aura achevé -son récit.</p> - -<p>Que si la personne qualifiée garde sa place, qui -est le milieu, et que les deux autres personnes qui -sont à ses costez soient d'une assez égale condition, -il sera de son honnesteté de se tourner à chaque retour -d'allée tantost vers l'un et tantost vers l'autre.</p> - -<p>En général, quand on se promène deux à deux, -il faut observer qu'au bout de chaque longueur de -<span class="pagenum"><a name="Page_192" id="Page_192">[Pg 192]</a></span> -promenade, on doit tourner en dedans du costé de -la personne avec laquelle on se promène, et non en -dehors, de peur de luy tourner le dos.</p> - -<p>Que si on se promène trois ensemble, et que l'on -soit égaux, on peut se quitter le milieu alternativement -à chaque retour d'allée, celuy qui estoit au -milieu se reculant à costé pour laisser entrer au -milieu un de ceux qui estoient à costé.</p> - -<p>Que si la personne qualifiée s'asseoit pour se reposer, -il ne faudroit point s'asseoir près d'elle qu'elle -ne nous y conviast, et en ce cas-là on doit prendre -le bas bout, c'est-à-dire sa gauche, en laissant un -espace raisonnable entre deux. Mais si nous nous -trouvions avec d'autres gens, ce seroit une grande -incivilité de se promener en la présence et à la -veuë de la personne qualifiée pour laquelle on doit -avoir du respect; comme aussi de se tenir assis devant -elle si elle se promenoit.</p> - -<p>De même, c'est une grande incivilité, quand on -est dans le jardin d'une personne que l'on doit respecter, -d'y cueillir ou des fruits, ou des fleurs, ou -autre chose. Si on en présente, on peut les accepter, -sinon il ne faut toucher à rien que des yeux.</p> - -<p>Que si on rencontre dans les ruës teste à teste une -personne de qualité, il faut prendre le bas où est -le ruisseau. S'il n'y a point de haut ni de bas dans -un chemin, il faut se poster en sorte que nous passions -sous sa main gauche pour luy laisser la main -droite libre. Et cela se doit aussi observer dans la -rencontre des carrosses.</p> - -<p>Que s'il s'agit de la saluer comme venant de la -campagne, il faut le faire en se courbant humblement, -<span class="pagenum"><a name="Page_193" id="Page_193">[Pg 193]</a></span> -ostant son gand et portant la main jusqu'à -terre. Mais sur tout il faut faire ce salut sans précipitation -ni embarras, ne se relevant que doucement, -de peur que la personne que l'on saluë venant aussi -à s'incliner, et peut-estre par honnesteté à embrasser -celuy qui la saluë, on ne luy donne quelque -coup de teste.</p> - -<p>Que si c'est une Dame de haute qualité, il faut -par respect ne la pas baiser, si elle-même par honnesteté -ne tend la jouë, et alors même il faut seulement -faire semblant de la baiser, et approcher le -visage de ses coëffes. Et de quelque façon qu'on la -saluë, soit qu'on la baise ou non, il faut que toutes -les révérences se fassent avec de très-profondes inclinations -de corps.</p> - -<p>Que si, en la compagnie de cette Dame, il s'en -rencontre quelques autres qui soient d'égale condition -ou indépendantes d'elle, alors il les faut saluer -de même. Que si elles luy sont inférieures ou -dépendantes, c'est une incivilité de les saluer, parce -que c'est faire quelque injure à leur supérieure -que de les traiter de leur égale.</p> - - - -<hr class="chap" /> - -<div class="chapter"> - <h3><a name="II-VI" id="II-VI"></a>VI</h3> -</div> - - -<p class="ac"><span class="smcap">Extrait de</span> <i>La civilité -puérile et honneste, -dressée par un missionnaire</i><a name="FNanchor_292_292" -id="FNanchor_292_292"></a><a href="#Footnote_292_292" class="fnanchor">[292]</a>.</p> - -<p class="ac">[1749]</p> - - -<p><i>La manière de saluer en se rencontrant.</i>—Si -<span class="pagenum"><a name="Page_194" id="Page_194">[Pg 194]</a></span> -dans le chemin vous rencontrez une personne qui -vous semble de mérite, ou par son âge ou par sa -qualité, vous la saluerez honnestement, sans beaucoup -vous retourner vers elle, si ce n'est que vous -la connoissiez particulièrement.</p> - -<p>Il ne faut pas qu'un jeune enfant fasse de difficulté -de saluer les personnes qu'il rencontre, particulièrement -si ces rencontres ne sont pas fréquentes, -parce qu'il y a de l'honneur à honorer les autres.</p> - -<p>La coutume de Paris est de ne saluer que ceux -que l'on connoist, à cause du luxe et de la braverie<a name="FNanchor_293_293" -id="FNanchor_293_293"></a><a href="#Footnote_293_293" class="fnanchor">[293]</a> -qui règne dans cette ville, où la qualité des personnes -est méconnoissable. Il ne faut pas néanmoins -refuser ce devoir aux ecclésiastiques et aux religieux.</p> - -<p>Si une personne vous salue et vous arreste dans -le chemin, il faut lui rendre au moins autant qu'il -vous donne, pourveu qu'il ne vous soit pas tout à -fait inférieur. Il ne faut pas dire à toutes personnes: -<i>Comment vous portez-vous?</i> mais seulement à ceux -qui vous sont à peu près semblables, et que vous -connoissez particulièrement.</p> - -<p>Dans la rencontre d'une personne d'honneur ou -qui vous est semblable, donnez-lui le haut bout, et -vous retirez tant soit peu au milieu de la rue pour -lui faire honneur<a name="FNanchor_294_294" -id="FNanchor_294_294"></a><a href="#Footnote_294_294" -class="fnanchor">[294]</a>.</p> - -<p>Il est de mauvaise grâce de dire à une personne -<i>Couvrez-vous, monsieur</i>, si ce n'est qu'il soit inférieur. -A vos semblables, vous pouvez dire <i>Couvrons-nous</i>.</p> - -<p><span class="pagenum"><a name="Page_195" id="Page_195">[Pg 195]</a></span></p> - -<p>Si vous avez besoin de vous couvrir en présence -d'une personne à qui vous voulez faire de la civilité, -vous pouvez lui dire: <i>Monsieur, j'attends -votre ordre pour me couvrir.</i></p> - -<p>Si on vous dit de vous couvrir, il le faut faire -incontinent, sans attendre qu'on vous l'ait dit trois -fois; et si la personne qui vous parle est aussi découverte, -ne vous couvrez pas le premier, mais -faites-le ensemble.</p> - -<p><i>Du port ou du maintien extérieur.</i>—Il ne faut -point baisser le dos comme si vous aviez un gros -fardeau sur les épaules; mais tenez-vous toujours -droit, et accoutumez-vous à cette posture.</p> - -<p>Ne mettez pas votre chapeau sur l'oreille, ni -trop sur le devant de la teste comme si vous vouliez -cacher votre visage; voyez comme font les honnestes -gens.</p> - -<p>Portez votre manteau sur les deux épaules, et -non pas retroussé sous le bras; il est encore plus -ridicule de le porter sur le coude.</p> - -<p>Ne mettez pas les bras aux costés, comme ces -femmes qui sont en colère et qui disent des injures -à leurs voisines.</p> - -<p>Il est incivil de branler les jambes quand on est -assis, comme font les petits enfans qui ne peuvent -s'en empescher.</p> - -<p>Il ne faut pas aussi mettre une jambe sur l'autre: -cela n'appartient qu'aux grands Seigneurs et aux -Maistres; mais tenez-les fermes et arrestées, les -pieds également joints et non croisés l'un sur -l'autre.</p> - -<p><i>La manière de donner ou de recevoir quelque -<span class="pagenum"><a name="Page_196" id="Page_196">[Pg 196]</a></span> -chose.</i>—Si vous présentez quelque chose à quelqu'un, -il faut baiser la chose si cela se peut; et la -lui ayant présentée, il faut faire la révérence.</p> - -<p>Si on vous présente quelque chose, telle qu'elle -puisse estre, il faut baiser la main avant que de la -recevoir, et puis baiser la chose que vous avez -reçue. Il ne faut pas néanmoins mettre la main ou -la chose si près de la bouche: il suffit de faire -semblant de la baiser.</p> - -<p>Quand vous présentez quelque chose à quelqu'un, -il la faut tellement tenir qu'il la puisse prendre -facilement par où elle doit estre prise. Ainsi, lorsque -vous présentez un couteau ou une cuillière, il faut -tourner le manche vers celui qui doit la recevoir.</p> - -<p>C'est contre la bienséance de faire des éloges du -présent que vous faites, comme si vous vouliez que -l'on eût plus de reconnoissance. Que si d'autres le -louoient, il faut répondre que vous souhaiteriez -qu'il fust plus beau et plus digne du mérite de -celui à qui vous le présentez.</p> - -<p>Il est de la civilité, au contraire, de témoigner -de l'estime du présent que l'on vous fait, et de ne le -point cacher incontinent.</p> - -<p>C'est une très-grande faute d'y trouver à redire, -particulièrement devant celui qui vous l'a fait, -parce qu'il ne faut jamais faire honte à personne.</p> - -<p><i>La manière de se moucher, cracher et éternuer -sans manquer à la civilité.</i>—Bien que toutes les -actions soient naturelles et quelquefois nécessaires, -il y a néanmoins la manière de les faire pour ne -point pécher contre les règles de la civilité.</p> - -<p>Quand vous avez besoin de cracher, tournez-vous -<span class="pagenum"><a name="Page_197" id="Page_197">[Pg 197]</a></span> -tant soit peu le visage à costé, en sorte que vous -n'incommodiez personne. Mettez incontinent le -pied dessus, avant qu'il puisse estre apperçu, si le -phlegme est considérable.</p> - -<p>Il est de mauvaise grâce de cracher par la fenestre -dans la rue, ou sur le feu, et en tout autre lieu où -on ne pourroit marcher sur le crachat.</p> - -<p>Ne crachez point si loin qu'il faille aller chercher -le crachat pour mettre le pied dessus, et encore -moins ne crachez point vis-à-vis de personne.</p> - -<p>Gardez-vous bien de vous moucher avec les doigts -ou sur la manche, comme les enfans; mais servez-vous -de votre mouchoir, et ne regardez pas dedans -après vous estre mouché.</p> - -<p>Il ne faut pas aussi faire un grand bruit en se -mouchant, comme pour sonner de la trompette. -Mais on doit se comporter tellement qu'à peine -ceux qui sont présens puissent s'en appercevoir.</p> - -<p>Si vous vous sentez disposé à éternuer, tournez-vous -tant soit peu de costé, couvrez votre visage -avec le mouchoir, et remerciez la compagnie qui -vous aura salué, en lui faisant la révérence.</p> - -<p>Il faut s'abstenir de bâiller en compagnie autant -que l'on peut, parce que c'est une marque d'une -personne ennuyée. Que si néanmoins on y étoit -contraint, il faudroit s'abstenir de parler pour lors, -mettre le mouchoir ou la main devant la bouche, -après avoir tourné la teste.</p> - -<p><i>Comme l'enfant doit se comporter auprès du feu.</i>—Apprenez -à vous comporter auprès du feu comme -en toute autre rencontre, et que l'honnesteté veut -que l'on cède toujours la place la plus honorable et -<span class="pagenum"><a name="Page_198" id="Page_198">[Pg 198]</a></span> -la plus commode aux personnes de plus grand mérite.</p> - -<p>La place d'honneur est celle du milieu, quoique -à présent, dans les familles, celle du coin qui regarde -la porte soit celle d'ordinaire que le maistre choisit -pour voir ceux qui entrent et qui sortent; mais ce -doit estre une place de son choix, non pas qu'elle -puisse estre honnestement présentée à un honneste -homme.</p> - -<p>Ne vous approchez pas si près du feu, crainte de -vous brûler les jambes; et encore moins ne mettez -pas les mains dans la flamme.</p> - -<p>Toucher au feu sans cesse, pour approcher les tisons -les uns des autres ou pour changer la disposition -du feu, c'est la marque d'un esprit turbulent -et qui ne peut se tenir en repos.</p> - -<p>En présence d'honneste compagnie, vous ne devez -pas tourner le dos au feu; et si quelqu'un se -donnoit cette liberté à cause de sa prééminence, il -ne faudroit pas l'imiter en cela.</p> - -<p>La charité, aussi bien que la civilité, veut que l'on -fasse place à ceux qui viennent de nouveau, et que -l'on s'incommode un peu en faveur de ceux qui ont -plus besoin de se chauffer.</p> - -<p>Si quelqu'un jette quelque chose dans le feu, -comme lettres, papiers, ou autres choses semblables, -il est de très-mauvaise grâce de les retirer pour quelque -raison que ce puisse estre.</p> - -<hr class="chap" /> - -<p><span class="pagenum"><a name="Page_199" id="Page_199">[Pg 199]</a></span></p> - - - - -<div class="chapter"> - <h3><a name="II-VII" id="II-VII"></a>VII</h3> -</div> - -<p class="ac"><span class="smcap">Extrait des</span> <i>Règles de la bienséance -et de la civilité chrétienne</i>.</p> - -<p class="ac">Par <span class="smcap">de la Salle</span><a name="FNanchor_295_295" -id="FNanchor_295_295"></a><a href="#Footnote_295_295" class="fnanchor">[295]</a>.</p> - -<p class="ac">[Édition de 1782]</p> - - -<p><i>De la tête.</i>—Gratter sa tête lorsqu'on est en -compagnie, cela est d'une très-grande indécence, -et indigne d'une personne bien née. C'est aussi -l'effet d'une grande négligence et malpropreté, car -cela vient ordinairement de ce qu'on n'a pas assez -de soin de se bien peigner et de se tenir la tête -nette. C'est à quoi doit prendre garde une personne -qui n'a point de perruque de ne laisser ni ordure, -ni crasse sur sa tête, car il n'y a que des personnes -mal élevées qui tombent dans cette négligence.</p> - -<p>La modestie et l'honnêteté demandent qu'on -ne laisse pas amasser beaucoup d'ordure dans ses -oreilles; ainsi il faut de temps en temps les nettoyer -avec un instrument fait exprès, qu'on nomme -pour ce sujet <i>cure-oreille</i>. Il est d'usage à présent -que les oreilles ne soient pas entièrement couvertes -de cheveux; c'est pourquoi il faut avoir grand soin -de les tenir fort nettes.</p> - -<p>Il n'y a qu'une nécessité indispensable qui puisse -obliger un homme à pendre des anneaux à ses -oreilles. C'est une marque d'esclavage qui l'avilit, -<span class="pagenum"><a name="Page_200" id="Page_200">[Pg 200]</a></span> -et qui ne peut convenir qu'aux femmes qui, selon -la loi de Dieu, doivent être assujetties à leurs maris, -et à qui la vanité fait croire que c'est un ornement -d'avoir des pendants d'oreilles.</p> - -<p>Le plus bel ornement des oreilles d'un chrétien -est qu'elles soient bien disposées et toujours prêtes -à écouter avec attention et à recevoir avec soumission -les instructions qui regardent la religion...</p> - -<p>Quoiqu'il ne faille pas facilement mettre de la -poudre sur ses cheveux, et que cela ressent un -homme efféminé, on doit cependant prendre garde -de ne les pas avoir gras. C'est pourquoi, lorsqu'ils -le deviennent, on peut les dégraisser avec du son, -ou mettre de la poudre dans le peigne pour les -rendre secs et leur ôter leur humidité, qui pourroit -gâter le linge et les habits.</p> - -<p>On ne doit jamais sortir du logis qu'après avoir -peigné et arrangé proprement ses cheveux. On y peut -mettre de la pommade et de la poudre en très-petite -quantité.</p> - -<p>Il est de la modestie et de l'honnêteté de ne pas -toucher ses cheveux sans nécessité. C'est pourquoi -il n'y faut mettre que très-peu de poudre, parce -que la trop grande quantité engendre de la vermine, -qui engage quelquefois les jeunes gens à imiter -certaines dames qui frappent la tête avec le doigt -dans les endroits où cette vermine se fait sentir.</p> - -<p>Il est de la propreté de se nettoyer tous les matins -le visage avec un linge blanc pour le décrasser. -Il est moins bien de le laver avec de l'eau, car cela -rend le visage plus susceptible du froid en hiver -et du hâle en été.</p> - -<p><span class="pagenum"><a name="Page_201" id="Page_201">[Pg 201]</a></span></p> - -<p>C'est une chose très-messéante de mettre des -mouches sur son visage, et de le farder en y mettant -du blanc ou du vermillon. Cette vanité prouve -que ceux qui en usent ainsi n'ont pas de beauté -naturelle.</p> - -<p>Il n'est pas à propos de se couper les sourcils fort -courts: ce seroit s'exposer à s'attirer quelque fluxion -sur les yeux.</p> - -<p>Un homme sage ne doit jamais lever la main -pour donner sur la joue à quelqu'un. La bienséance -et l'honnêteté ne le permettent pas, à l'égard même -d'un domestique.</p> - -<p>Il est de la bienséance de tenir le nez fort net; -car il est l'honneur et la beauté du visage, et la -partie de nous-même la plus apparente.</p> - -<p>Il est vilain de se moucher avec la main nue en -la passant dessous le nez, ou de se moucher sur sa -manche ou sur ses habits.</p> - -<p>C'est une pratique assez en usage de prendre du -tabac en poudre. Il est cependant beaucoup mieux -de ne le pas faire, particulièrement lorsqu'on est -en compagnie, et il ne faut jamais le faire lorsqu'on -est avec des personnes à qui on doit du respect. -Mais il est très-indécent d'en mâcher, et de s'en -mettre des feuilles dans le nez. Il ne l'est pas moins de -le prendre en pipe, surtout en présence des femmes.</p> - -<p>Si une personne de haute qualité prend du tabac -devant ceux qui sont avec elle, et qu'elle leur en -présente, le respect qu'ils lui doivent les empêche -de le refuser, ou du moins faire semblant. Mais de -toute autre personne on peut le refuser, en la remerciant -honnêtement.</p> - -<p><span class="pagenum"><a name="Page_202" id="Page_202">[Pg 202]</a></span></p> - -<p>Lorsqu'on prend du tabac en compagnie, il faut -que cela soit rare, et qu'on n'ait pas toujours une -tabatière ou un mouchoir entre les mains et les -doigts pleins de tabac. On doit aussi prendre garde -qu'il n'en tombe pas sur le linge ni sur les habits, -car il est malhonnête qu'on y en apperçoive; et afin -que cela n'arrive pas, il en faut prendre peu à la -fois.</p> - -<p>Il faut bien prendre garde de ne pas se servir de -ses ongles, de ses doigts ou d'un couteau pour nettoyer -ses dents. Il est de la bienséance de le faire -avec un instrument fait exprès, qu'on nomme <i>cure-dent</i>, -ou avec un bout de plume taillée à propos -pour le faire, ou avec un gros linge.</p> - -<p>C'est une incivilité très-grande de se prendre une -dent avec l'ongle du pouce pour exprimer un dédain -ou un mépris de quelque personne ou de -quelque chose; et il est encore plus mal de dire en -le faisant: <i>Je m'en soucie non plus que de cela.</i></p> - -<p>Il n'est pas moins incivil de mettre la langue ou -la lèvre d'en bas sur la lèvre d'en haut pour en -tirer de l'eau qui seroit tombée du nez, et de la -rapporter ensuite dans la bouche.</p> - -<p><i>Du chapeau et de la manière de s'en servir.</i>—Le -chapeau sert à l'homme pour orner sa tête, aussi -bien que pour la garantir de plusieurs incommodités. -Le porter sur son oreille, ou sur le derrière -de la tête, ou le mettre trop fort sur le devant, -comme si on vouloit cacher son visage, sont toutes -manières ridicules et indécentes.</p> - -<p>Lorsqu'on salue quelqu'un, il faut prendre son -chapeau avec la main droite et l'ôter entièrement -<span class="pagenum"><a name="Page_203" id="Page_203">[Pg 203]</a></span> -de dessus sa tête, et d'une manière qui soit honnête, -en portant le bras jusqu'en bas et en tenant le chapeau -par le bord, et le côté qui doit couvrir la tête -tourné vers la cuisse, sans la toucher.</p> - -<p>Si on ôte son chapeau dans les rues, ou en passant -devant quelque personne pour la saluer, on -doit le faire un peu avant que d'être auprès d'elle, -et ne pas se recouvrir qu'on ne soit un peu éloigné -de cette personne.</p> - -<p>Et si on salue quelqu'un en l'abordant, il faut -ôter son chapeau cinq ou six pas avant que d'en -approcher.</p> - -<p>Lorsqu'on entre dans une place où il y a une -personne de qualité ou à qui on doit beaucoup de -respect, il faut toujours ôter son chapeau avant que -d'entrer dans cette place. Si ceux qui sont dans la -place sont debout et découverts, on est obligé de -se tenir dans la même posture. Après avoir ôté -son chapeau avec bien de l'honnêteté, il faut -tourner le dedans vers soi, et le mettre sur le bras -gauche ou devant soi sur l'estomac du côté gauche.</p> - -<p>Lorsqu'étant assis, on est obligé d'avoir le chapeau -bas, il est de la bienséance de le tenir sur ses -genoux, le dessus tourné vers soi.</p> - -<p>C'est une grande incivilité, lorsqu'on parle à -quelqu'un, de tourner son chapeau, de gratter -dessus avec les doigts, de battre le tambour dessus, -de toucher la laisse ou le cordon, de regarder dedans -ou tout autour, de le mettre devant son -visage ou sur sa bouche.</p> - -<p>Les occasions dans lesquelles il faut se découvrir -et ôter son chapeau, sont:</p> - -<p><span class="pagenum"><a name="Page_204" id="Page_204">[Pg 204]</a></span></p> - -<p>1<sup>o</sup> Lorsqu'on se trouve dans un lieu où il y a des -personnes considérables;</p> - -<p>2<sup>o</sup> Quand on salue quelqu'un;</p> - -<p>3<sup>o</sup> Quand on donne ou qu'on reçoit quelque -chose;</p> - -<p>4<sup>o</sup> En se mettant à table;</p> - -<p>5<sup>o</sup> Quand on entend prononcer le saint nom de -Jésus et de Marie<a name="FNanchor_296_296" -id="FNanchor_296_296"></a><a href="#Footnote_296_296" -class="fnanchor">[296]</a>; excepté lorsqu'on est à table, -car il faut seulement baisser la tête;</p> - -<p>6<sup>o</sup> Lorsqu'on est devant des personnes à qui on -doit beaucoup de respect; comme lorsqu'on est -avec des ecclésiastiques, des magistrats, et d'autres -personnes considérables. A l'égard de ces personnes, -on doit se découvrir d'abord, mais il n'est pas nécessaire -de se tenir découvert, à moins que l'on ne -leur soit beaucoup inférieur.</p> - -<p>On doit aussi se découvrir devant toutes les personnes -qui sont supérieures, et ne pas se recouvrir -que par leur ordre. Et aussitôt qu'elles le disent, -il faut se recouvrir sans différer, parce que c'est un -ordre; mais, après s'être couvert, il ne faut plus se -découvrir qu'en les quittant.</p> - -<p>Il est contre la bienséance de se découvrir lorsqu'on -est à table, à moins qu'il ne survienne quelque -personne qui mérite beaucoup d'honneur.</p> - -<p>S'il y a à table quelque personne de haute -qualité qui soit sans chapeau pour sa commodité, -il ne la faut pas imiter, cela serait trop familier, -mais on doit toujours demeurer couvert.</p> - -<p><span class="pagenum"><a name="Page_205" id="Page_205">[Pg 205]</a></span></p> - -<p>Lorsque quelqu'un parle le chapeau bas, il faut -toujours ordinairement le faire couvrir si on lui est -supérieur; et on peut alors lui dire: <i>Couvrez-vous, -monsieur.</i> Cette manière de parler n'est cependant -permise qu'à l'égard des personnes qui sont beaucoup -au-dessous de soi.</p> - -<p>Faire couvrir quelqu'un qui est au-dessus de soi, -c'est une grande incivilité. Cela se peut bien faire -à l'égard des personnes avec qui on est familier et -qui sont d'égale condition; mais il ne faut pas que -ce soit par manière de commandement, ni qu'on -se serve de paroles qui en expriment aucun. On -doit le faire, ou seulement par signe et se couvrir -en même temps, ou par quelque circonlocution, en -disant par exemple: <i>Vous pouvez, monsieur, être -incommodé d'être découvert</i>; ou en se servant de -paroles familières, comme de celles-ci: <i>Sans doute, -monsieur, que vous restez découvert pour votre -commodité.</i></p> - -<p><i>De la manière dont on doit saluer les personnes -qu'on visite ou qu'on rencontre.</i>—La première -chose qu'on doit faire en entrant dans la chambre -d'une personne qu'on visite est de la saluer et de -lui faire la révérence.</p> - -<p>On peut saluer quelqu'un de trois manières différentes.</p> - -<p>Il y a une manière de saluer qui est fort ordinaire, -qui se fait:</p> - -<p>Premièrement, en se découvrant de la main -droite en portant le chapeau jusqu'en bas, étendant -tout à fait le bras jusque sur la cuisse droite et laissant -la main gauche dans sa liberté.</p> - -<p><span class="pagenum"><a name="Page_206" id="Page_206">[Pg 206]</a></span></p> - -<p>Secondement, en regardant doucement et honnêtement -la personne qu'on salue.</p> - -<p>Troisièmement, baissant la vue et inclinant le -corps.</p> - -<p>Quatrièmement, en tirant le pied. Si on veut -avancer, il faut couler le pied droit en avant. Si on -veut reculer, en tirant le pied gauche en arrière. -Si l'on passe à côté, en glissant le pied en avant du -côté de la personne qu'on veut saluer, et en se courbant -et saluant la personne quelques pas avant que -d'être vis-à-vis d'elle. Si on salue une compagnie -tout entière, on doit couler le pied en avant pour -saluer la personne la plus considérable, et tirer le -pied gauche en arrière pour saluer de côté et d'autre -toute la compagnie.</p> - -<p>La seconde manière de saluer est de saluer dans -la conversation, c'est ce qu'on nomme ordinairement -une honnêteté. Cela se fait simplement en se découvrant, -en se courbant tant soit peu, et en glissant -le pied en avant d'une manière imperceptible.</p> - -<p>La troisième manière de saluer, qui est extraordinaire, -se fait quand quelqu'un vient du dehors, -ou lorsqu'on prend congé de quelqu'un avant son -départ pour un voyage. Cette manière de saluer se -fait comme la première; mais il faut ôter son gant -de là main droite, se courber humblement, et après -avoir porté la main presque à terre, la rapporter -ensuite doucement vers sa bouche, comme pour la -baiser.</p> - -<p>Une autre manière extraordinaire de saluer est -d'embrasser la personne qu'on aborde. Ce qui se -fait en portant la main droite dessus l'épaule et la -<span class="pagenum"><a name="Page_207" id="Page_207">[Pg 207]</a></span> -gauche dessous, et en se présentant l'un à l'autre -la joue gauche, sans se la toucher ni la baiser.</p> - -<p>Le baiser est encore une autre manière de saluer, -qui ne se fait ordinairement que par des personnes -qui ont quelque union entre elles et quelque amitié -particulière.</p> - -<p>Dans Paris, on ne salue ordinairement que les -personnes qu'on connoît ou qui sont d'une qualité -éminente et beaucoup élevée au-dessus du commun, -comme sont les princes et les évêques.</p> - -<p>Lorsque dans la rue on rencontre tête à tête quelque -personne de qualité, il est à propos de se détourner -un peu et de passer au-dessous d'elle, en -se retirant du côté du ruisseau.</p> - -<p>S'il n'y a point de haut ni de bas, mais un chemin -uni, il faut passer à gauche de la personne -qu'on rencontre et lui laisser la main droite libre. -Et quand elle passe, il faut s'arrêter et la saluer -avec respect, et même avec un profond respect si -sa qualité le demande.</p> - -<p>Lorsqu'étant en carrosse, on se rencontre en un -lieu par où passe le Saint-Sacrement, on en doit -descendre et se mettre à genoux. Si c'est une procession -ou un enterrement, ou bien le Roi, la Reine, -les Princes les plus proches du sang Royal, ou des -personnes d'un caractère ou d'une dignité éminente, -il est du devoir et du respect de faire arrêter -le carrosse jusqu'à ce qu'elles soient passées, et -avoir la tête nue.</p> - -<p>Il n'est pas de la bienséance de monter en carrosse -ou à cheval devant une personne pour qui on -doit avoir quelque considération, à moins qu'elle -<span class="pagenum"><a name="Page_208" id="Page_208">[Pg 208]</a></span> -n'en fasse un commandement; et alors il faut éloigner -un peu le carrosse ou le cheval, ou bien on -peut faire avancer le carrosse ou le cheval jusqu'à -ce qu'on ne la voie plus, et y monter ensuite.</p> - -<hr class="chap" /> - -<p><span class="pagenum"><a name="Page_209" id="Page_209">[Pg 209]</a></span></p> - - - - -<div class="chapter"> - <h2><a name="INDEX_ALPHABETIQUE" id="INDEX_ALPHABETIQUE"></a> - INDEX ALPHABÉTIQUE</h2> -</div> - -<ul class="index"> - -<li class="ifrst"> Abbé (perruque d'), <a href="#Page_67">67</a> -<a href="#Page_70">70</a> <a href="#Page_71">71</a>.</li> - -<li class="indx"> Abreuvoir-Thibaut-aux-Dés (rue de l'), -<a href="#Page_10">10</a>.</li> - -<li class="indx"> Académie de coiffure, <a href="#Page_134">134</a>, -<a href="#Page_154">154</a>.</li> - -<li class="indx"> Accommodage (l'), <a href="#Page_103">103</a>, -<a href="#Page_104">104</a>, <a href="#Page_139">139</a>.</li> - -<li class="indx"> Achemeresses, <a href="#Page_129">129</a>.</li> - -<li class="indx"> Adorable (perruque à l'), <a href="#Page_68">68</a>.</li> - -<li class="indx"> Aiguière, <a href="#Page_19">19</a>.</li> - -<li class="indx"> Aile de pigeon (perruque à l'), <a href="#Page_68">68</a>.</li> - -<li class="indx"> Albon (comte d'), <a href="#Page_90">90</a>.</li> - -<li class="indx"> Albret (Honoré d'), <a href="#Page_53">53</a>.</li> - -<li class="indx"> Alegiani (J. B.), <a href="#Page_9">9</a>.</li> - -<li class="indx"> Allemands, <a href="#Page_177">177</a>.</li> - -<li class="indx"> Almanach Dauphin, <a href="#Page_141">141</a>.</li> - -<li class="indx"> Almaviva (coiffure à l'), <a href="#Page_149">149</a>.</li> - -<li class="indx"> Amidon, <a href="#Page_103">103</a>.</li> - -<li class="indx"> Amidonniers, <a href="#Page_100">100</a>.</li> - -<li class="indx"> Amman (J.), <a href="#Page_22">22</a>.</li> - -<li class="indx"> Anciens (maîtres), <a href="#Page_106">106</a>, -<a href="#Page_107">107</a>, <a href="#Page_108">108</a>.</li> - -<li class="indx"> Angerville (d'), <a href="#Page_132">132</a>.</li> - -<li class="indx"> Anglaise (coiffure à l'), <a href="#Page_145">145</a>.</li> - -<li class="indx"> Angleterre (cheveux d'), <a href="#Page_66">66</a>.</li> - -<li class="indx"> Anne d'Autriche, <a href="#Page_37">37</a>.</li> - -<li class="indx"> Antiquité (perruque à l'), <a href="#Page_69">69</a>.</li> - -<li class="indx"> Apothicaires, <a href="#Page_70">70</a>.</li> - -<li class="indx"> Apprentissage, <a href="#Page_108">108</a> à -<a href="#Page_111">111</a>.</li> - -<li class="indx"> Arche-Marion (rue de l'), <a href="#Page_10">10</a>.</li> - -<li class="indx"> Argentine, <i>poudre</i>, <a href="#Page_98">98</a>.</li> - -<li class="indx"> Argonne (Bonav. d'), <a href="#Page_74">74</a>.</li> - -<li class="indx"> Armide (coiffure à l'), <a href="#Page_149">149</a>.</li> - -<li class="indx"> Arnauld d'Andilly, <a href="#Page_57">57</a>.</li> - -<li class="indx"> Asiatique (pouf à l'), <a href="#Page_147">147</a>.</li> - -<li class="indx"> Assyrienne (pouf à l'), <a href="#Page_147">147</a>.</li> - -<li class="indx"> Atourneresses, <a href="#Page_129">129</a>.</li> - -<li class="indx"> Aubigné (A. d'), <a href="#Page_29">29</a>, -<a href="#Page_97">97</a>.</li> - -<li class="indx"> Aucunement (sens du mot), <a href="#Page_165">165</a>.</li> - -<li class="indx"> Audis, <i>coiffeur</i>, <a href="#Page_141">141</a>.</li> - -<li class="indx"> Aussel-d'Argenteuil (rue), <a href="#Page_12">12</a>.</li> - -<li class="indx"> Autier (Léonard), <a href="#Page_158">158</a>, -<a href="#Page_159">159</a>.</li> - -<li class="indx"> Aventure (perruque à l'), <a href="#Page_69">69</a>.</li> - - -<li class="ifrst"> Bachaumont (<i>Mémoires</i> dits de), -<a href="#Page_124">124</a>, <a href="#Page_133">133</a>, -<a href="#Page_138">138</a>, <a href="#Page_141">141</a>, -<a href="#Page_146">146</a>, <a href="#Page_157">157</a>.</li> - -<li class="indx"> Baigneuse (coiffure en), <a href="#Page_145">145</a>.</li> - -<li class="indx"> Baignoires, <a href="#Page_16">16</a>, -<a href="#Page_19">19</a>, <a href="#Page_119">119</a>, -<a href="#Page_120">120</a>, <a href="#Page_124">124</a>.</li> - -<li class="indx"> Bâiller (manière de), <a href="#Page_43">43</a>, -<a href="#Page_176">176</a>, <a href="#Page_184">184</a>, -<a href="#Page_197">197</a>.</li> - -<li class="indx"> Bain (fond de), <a href="#Page_19">19</a>.</li> - -<li class="indx"> Bains chauds, <a href="#Page_3">3</a>, -<a href="#Page_4">4</a>, <a href="#Page_9">9</a>, -<a href="#Page_11">11</a> et s., <a href="#Page_114">114</a> et s., -<a href="#Page_116">116</a> et s., <a href="#Page_122">122</a>, -<a href="#Page_127">127</a> à <a href="#Page_129">129</a>.—Voy. <i>Étuves</i>.</li> - -<li class="indx"> Bains chinois, <a href="#Page_124">124</a>.</li> - -<li class="indx"> Bains de lait, <a href="#Page_120">120</a>.</li> - -<li class="indx"> Bains de vapeur, <a href="#Page_14">14</a>, -<a href="#Page_114">114</a> et s., <a href="#Page_128">128</a>.</li> - -<li class="indx"> Bains épilatoires, <a href="#Page_116">116</a>, -<a href="#Page_128">128</a>.</li> - -<li class="indx"> Bains froids, <a href="#Page_114">114</a>, -<a href="#Page_121">121</a> et s.</li> - -<li class="indx"> Bains russes, <a href="#Page_128">128</a>.</li> - -<li class="indx"> Baiseuse (la), <i>mouche</i>, <a href="#Page_96">96</a>.</li> - -<li class="indx"> Balzac (G. de), <a href="#Page_57">57</a>.</li> - -<li class="indx"> Bandeau d'amour, <i>coiffure</i>, <a href="#Page_142">142</a>, -<a href="#Page_145">145</a>.</li> - -<li class="indx"> Bandelettes (pouf à), <a href="#Page_147">147</a>.</li> - -<li class="indx"> Baquets, <a href="#Page_16">16</a>, <a href="#Page_19">19</a>, -<a href="#Page_25">25</a>.</li> - -<li class="indx"> Barbe, <a href="#Page_44">44</a> et s., -<a href="#Page_113">113</a>.</li> - -<li class="indx"> Barbiers-barbants, <a href="#Page_2">2</a>, -<a href="#Page_32">32</a>, <a href="#Page_35">35</a>, <a href="#Page_36">36</a>, -<a href="#Page_64">64</a> et s., <a href="#Page_100">100</a>, -<a href="#Page_105">105</a> et s., <a href="#Page_129">129</a>, -<a href="#Page_138">138</a> et s., <a href="#Page_154">154</a>.—Voy. -<i>Coiffeurs</i>.</li> - -<li class="indx"> Barbiers-chirurgiens, <a href="#Page_1">1</a>, -<a href="#Page_2">2</a>, <a href="#Page_22">22</a>, -<a href="#Page_25">25</a>, <a href="#Page_32">32</a>, <a href="#Page_35">35</a>, -<a href="#Page_108">108</a>, <a href="#Page_111">111</a>, -<a href="#Page_112">112</a>, <a href="#Page_129">129</a>.</li> - -<li class="indx"> Barbiers du Roi, <a href="#Page_63">63</a>, -<a href="#Page_118">118</a>.</li> - -<li class="indx"> Barillerie (rue de la), <a href="#Page_10">10</a>.</li> - -<li class="indx"> Baron (Michel), <a href="#Page_117">117</a>.</li> - -<li class="indx"> Bassins à laver, <a href="#Page_19">19</a>, -<a href="#Page_20">20</a>.</li> - -<li class="indx"> Beaubourg (rue), <a href="#Page_11">11</a>.</li> - -<li class="indx"> Beaumarchais, <a href="#Page_148">148</a>.</li> - -<li class="indx"> Beaumont (perruque à la), <a href="#Page_69">69</a>.</li> - -<li class="indx"> Bellechasse (rue de), <a href="#Page_128">128</a>.</li> - -<li class="indx"> Bellegarde (abbé de), <a href="#Page_79">79</a>, -<a href="#Page_145">145</a>.</li> - -<li class="indx"> Bellemare (marquis de), <a href="#Page_133">133</a>.</li> - -<li class="indx"> Belle-Poule (coiffure à la), <a href="#Page_148">148</a>.</li> - -<li class="indx"> Bellièvre (président de), <a href="#Page_58">58</a>.</li> - -<li class="indx"> Belmont (de), <a href="#Page_77">77</a>.</li> - -<li class="indx"> Bénédictins, <a href="#Page_3">3</a> à -<a href="#Page_6">6</a>.</li> - -<li class="indx"> Benserade, <a href="#Page_58">58</a>.</li> - -<li class="indx"> Bérénice, <a href="#Page_139">139</a>.</li> - -<li class="indx"> Bertin (mad.), <a href="#Page_158">158</a>.</li> - -<li class="indx"> Bérulle (cardinal de), <a href="#Page_56">56</a>.</li> - -<li class="indx"> Bibliothèque du Roi, <a href="#Page_58">58</a>.</li> - -<li class="indx"> Bibliothèque nationale, <a href="#Page_36">36</a>, -<a href="#Page_107">107</a>, <a href="#Page_145">145</a>.</li> - -<li class="indx"> Bichonne, <i>perruque</i>, <a href="#Page_67">67</a>.</li> - -<li class="indx"> Bignon (J.), <a href="#Page_57">57</a>.</li> - -<li class="indx"> Bigotère, <a href="#Page_53">53</a>, -<a href="#Page_54">54</a>.</li> - -<li class="indx"> Binet, <i>perruquier du roi</i>, <a href="#Page_62">62</a>, -<a href="#Page_63">63</a>.</li> - -<li class="indx"> Birat, <a href="#Page_77">77</a>.</li> - -<li class="indx"> Blanc, <i>fard</i>, <a href="#Page_201">201</a>.</li> - -<li class="indx"> Blegny (Nic. de).—Voy. <i>Livre commode</i>.</li> - -<li class="indx"> Boileau (Étienne), <a href="#Page_12">12</a>.</li> - -<li class="indx"> Boileau (Nic.), <a href="#Page_86">86</a>.</li> - -<li class="indx"> Bois à brûler, <a href="#Page_14">14</a>.</li> - -<li class="indx"> Boiteau (Paul), <a href="#Page_103">103</a>.</li> - -<li class="indx"> Boîtes à mouches, <a href="#Page_97">97</a>.</li> - -<li class="indx"> Bompar, <a href="#Page_77">77</a>.</li> - -<li class="indx"> Bonaparte, <a href="#Page_104">104</a>.</li> - -<li class="indx"> Bonne de Savoie, <a href="#Page_21">21</a>.</li> - -<li class="indx"> Bonnet (perruque en), <a href="#Page_70">70</a>, -<a href="#Page_71">71</a>.</li> - -<li class="indx"> Bonnette, <i>perruque</i>, <a href="#Page_67">67</a>.</li> - -<li class="indx"> Bons-Enfants (rue des), <a href="#Page_132">132</a>.</li> - -<li class="indx"> Bosse (Abraham), <a href="#Page_77">77</a>.</li> - -<li class="indx"> Bouche (propreté de la), <a href="#Page_170">170</a>, -<a href="#Page_179">179</a>.</li> - -<li class="indx"> Boufflers (maréchal de), <a href="#Page_79">79</a>.</li> - -<li class="indx"> Boudin <i>de perruque</i>, <a href="#Page_70">70</a>, -<a href="#Page_71">71</a>.</li> - -<li class="indx"> Boullanger (André), <a href="#Page_98">98</a>.</li> - -<li class="indx"> Bourdonnais (rue des), <a href="#Page_10">10</a>.</li> - -<li class="indx"> Bourgeoise (coiffure à la), <a href="#Page_142">142</a>.</li> - -<li class="indx"> Bourgogne (duc de), <a href="#Page_79">79</a>.</li> - -<li class="indx"> Bourse (perruque à), <a href="#Page_68">68</a>, -<a href="#Page_70">70</a>, <a href="#Page_71">71</a>.</li> - -<li class="indx"> Boutiques, <a href="#Page_22">22</a>, <a href="#Page_109">109</a>, -<a href="#Page_111">111</a>, <a href="#Page_112">112</a>, -<a href="#Page_154">154</a> à <a href="#Page_157">157</a>.</li> - -<li class="indx"> Brantôme, <a href="#Page_60">60</a>.</li> - -<li class="indx"> Bras (tenue des), <a href="#Page_167">167</a>, -<a href="#Page_171">171</a>, <a href="#Page_172">172</a>, -<a href="#Page_195">195</a>.</li> - -<li class="indx"> Breteuil (baron de), <a href="#Page_78">78</a>.</li> - -<li class="indx"> Bretons, <a href="#Page_181">181</a>.</li> - -<li class="indx"> Brienne (Louis de), <a href="#Page_82">82</a>.</li> - -<li class="indx"> Brigadière (perruque à la), <a href="#Page_67">67</a>, -<a href="#Page_70">70</a>, <a href="#Page_71">71</a>.</li> - -<li class="indx"> Brisée (perruque), <a href="#Page_70">70</a>.</li> - -<li class="indx"> Buchon (J.), <a href="#Page_16">16</a>.</li> - -<li class="indx"> Bussy-Rabutin, <a href="#Page_80">80</a>.</li> - - -<li class="ifrst"> Cabriolet, <i>perruque</i>, <a href="#Page_68">68</a>.</li> - -<li class="indx"> Cadenettes, <a href="#Page_49">49</a>, -<a href="#Page_68">68</a>.</li> - -<li class="indx"> Cadet la Perle, <a href="#Page_50">50</a>, -<a href="#Page_53">53</a>.</li> - -<li class="indx"> Cadot (Jacques), <i>menuisier</i>, <a href="#Page_19">19</a>.</li> - -<li class="indx"> Caleçons, <a href="#Page_114">114</a>, -<a href="#Page_124">124</a>.</li> - -<li class="indx"> Callot (J.), <a href="#Page_58">58</a>.</li> - -<li class="indx"> Calmet (dom), <a href="#Page_4">4</a> à -<a href="#Page_6">6</a>.</li> - -<li class="indx"> Calviac (C.), <a href="#Page_169">169</a>.</li> - -<li class="indx"> Campan (mad.), <a href="#Page_120">120</a>, -<a href="#Page_151">151</a>, <a href="#Page_158">158</a>.</li> - -<li class="indx"> Camus (Pierre), <a href="#Page_57">57</a>.</li> - -<li class="indx"> Candeur (coiffure à la), <a href="#Page_145">145</a>.</li> - -<li class="indx"> Canilliat, <i>coiffeuse</i>, <a href="#Page_132">132</a>.</li> - -<li class="indx"> Caprice (coiffure au), <a href="#Page_142">142</a>.</li> - -<li class="indx"> Caquets de l'accouchée, <a href="#Page_121">121</a>.</li> - -<li class="indx"> Carrée (perruque), <a href="#Page_68">68</a>.</li> - -<li class="indx"> Carrosses, <a href="#Page_38">38</a>, <a href="#Page_41">41</a>, -<a href="#Page_86">86</a>, <a href="#Page_90">90</a>, <a href="#Page_188">188</a>, -<a href="#Page_192">192</a>, <a href="#Page_207">207</a>, -<a href="#Page_208">208</a>.</li> - -<li class="indx"> Casque, <a href="#Page_73">73</a>.</li> - -<li class="indx"> Catoblepes, <a href="#Page_166">166</a>.</li> - -<li class="indx"> Catogan, <a href="#Page_70">70</a>.</li> - -<li class="indx"> Cavalière, <i>perruque</i>, <a href="#Page_68">68</a>, -<a href="#Page_69">69</a>.</li> - -<li class="indx"> Cérès (coiffure à la), <a href="#Page_142">142</a>.</li> - -<li class="indx"> Cerf-volant (coiffure au), <a href="#Page_145">145</a>.</li> - -<li class="indx"> Cerisaie (rue de la), <a href="#Page_116">116</a>.</li> - -<li class="indx"> Chaises à porteur, <a href="#Page_38">38</a>, -<a href="#Page_42">42</a>.</li> - -<li class="indx"> Chambrières, <a href="#Page_129">129</a>.</li> - -<li class="indx"> Champagne, <i>coiffeur</i>, <a href="#Page_120">120</a> à -<a href="#Page_131">131</a>.</li> - -<li class="indx"> Champcenetz, <a href="#Page_119">119</a>.</li> - -<li class="indx"> Chancelière (perruque à la), <a href="#Page_68">68</a>.</li> - -<li class="indx"> Chapeau (tenue du), <a href="#Page_195">195</a>, -<a href="#Page_202">202</a>, <a href="#Page_203">203</a>.</li> - -<li class="indx"> Chapeau de bras, <a href="#Page_73">73</a>.</li> - -<li class="indx"> Chaperon, <i>coiffure</i>, <a href="#Page_73">73</a>, -<a href="#Page_74">74</a>.</li> - -<li class="indx"> Chapon (rue), <a href="#Page_113">113</a>.</li> - -<li class="indx"> Charbon, <a href="#Page_14">14</a>.</li> - -<li class="indx"> Charles V, <a href="#Page_20">20</a>, -<a href="#Page_48">48</a>.</li> - -<li class="indx"> Charlotte de Savoie, <a href="#Page_20">20</a>.</li> - -<li class="indx"> Charmes de la liberté (coiffure aux), -<a href="#Page_145">145</a>.</li> - -<li class="indx"> Chartres (duchesse de), <a href="#Page_147">147</a>, -<a href="#Page_152">152</a>.</li> - -<li class="indx"> Chartres (N. D. de), <a href="#Page_47">47</a>.</li> - -<li class="indx"> Chasse (perruque de), <a href="#Page_68">68</a>.</li> - -<li class="indx"> Chasseur (perruque au), <a href="#Page_69">69</a>.</li> - -<li class="indx"> Châteauroux (duchesse de), <a href="#Page_132">132</a>.</li> - -<li class="indx"> Chat-qui-pêche (rue du), <a href="#Page_11">11</a>.</li> - -<li class="indx"> Chaudronniers, <a href="#Page_119">119</a>.</li> - -<li class="indx"> Chaussures (propreté des), <a href="#Page_38">38</a>, -<a href="#Page_41">41</a>, <a href="#Page_42">42</a>, -<a href="#Page_164">164</a>.</li> - -<li class="indx"> Chefs-d'œuvre <i>des métiers</i>, <a href="#Page_107">107</a>, -<a href="#Page_111">111</a>.</li> - -<li class="indx"> Chemises, <a href="#Page_4">4</a>.</li> - -<li class="indx"> Cheveux (commerce des), <a href="#Page_59">59</a>, -<a href="#Page_65">65</a>, <a href="#Page_66">66</a>, -<a href="#Page_138">138</a>.</li> - -<li class="indx"> Chien couchant (coiffure au), <a href="#Page_142">142</a>.</li> - -<li class="indx"> Chinois, <a href="#Page_42">42</a>.</li> - -<li class="indx"> Chinoise (pouf à la), <a href="#Page_147">147</a>.</li> - -<li class="indx"> Chirurgien du Roi, <a href="#Page_105">105</a>, -<a href="#Page_106">106</a>, <a href="#Page_108">108</a>, -<a href="#Page_109">109</a>.</li> - -<li class="indx"> Chirurgiens, <a href="#Page_1">1</a>, -<a href="#Page_2">2</a>.—Voy. <i>Barbiers</i>.</li> - -<li class="indx"> Choiseul (duc de), <a href="#Page_158">158</a>.</li> - -<li class="indx"> Choisy (perruque à la), <a href="#Page_69">69</a>.</li> - -<li class="indx"> Christine <i>de Suède</i>, <a href="#Page_37">37</a>, -<a href="#Page_131">131</a>.</li> - -<li class="indx"> Chypre (poudre de), <a href="#Page_98">98</a>.</li> - -<li class="indx"> Cimetière-Saint-Nicolas (rue du), <a href="#Page_113">113</a>.</li> - -<li class="indx"> Circassienne moderne (coiffure à la), -<a href="#Page_145">145</a>.</li> - -<li class="indx"> Circonstance (perruque à la), <a href="#Page_69">69</a>.</li> - -<li class="indx"> Cité (la), <i>à Paris</i>, <a href="#Page_21">21</a>.</li> - -<li class="indx"> Civilité (caractères dits de), <a href="#Page_169">169</a>.</li> - -<li class="indx"> Clément d'Alexandrie, <a href="#Page_59">59</a>.</li> - -<li class="indx"> Cléopâtre (coiffure à la), <a href="#Page_149">149</a>.</li> - -<li class="indx"> Cluni (règle de), <a href="#Page_5">5</a>, -<a href="#Page_6">6</a>.</li> - -<li class="indx"> Cochin, <a href="#Page_154">154</a>, -<a href="#Page_157">157</a>.</li> - -<li class="indx"> Coiffeurs, <a href="#Page_104">104</a>, -<a href="#Page_130">130</a> et s.</li> - -<li class="indx"> Coiffeuses, <a href="#Page_129">129</a> et s.</li> - -<li class="indx"> Coiffures, <a href="#Page_44">44</a> et s., -<a href="#Page_129">129</a> et s.</li> - -<li class="indx"> Coins <i>de cheveux</i>, <a href="#Page_61">61</a>.</li> - -<li class="indx"> Colbert (J. B.), <a href="#Page_57">57</a>, -<a href="#Page_65">65</a>.</li> - -<li class="indx"> Colisée (coiffure au), <a href="#Page_149">149</a>.</li> - -<li class="indx"> Colombe (coiffure à la), <a href="#Page_142">142</a>.</li> - -<li class="indx"> Combattant (perruque au), <a href="#Page_69">69</a>.</li> - -<li class="indx"> Comète (perruque à la), <a href="#Page_69">69</a>.</li> - -<li class="indx"> Compagnonnage, <a href="#Page_110">110</a>, -<a href="#Page_111">111</a>.</li> - -<li class="indx"> Compiègne, <a href="#Page_37">37</a>.</li> - -<li class="indx"> Condé (prince de), <a href="#Page_57">57</a>.</li> - -<li class="indx"> Conquérant, (perruque au), <a href="#Page_69">69</a>.</li> - -<li class="indx"> Conquête assurée (coiffure à la), <a href="#Page_142">142</a>.</li> - -<li class="indx"> Conseillère (coiffure à la), <a href="#Page_142">142</a>.</li> - -<li class="indx"> Conti (quai), <a href="#Page_122">122</a>.</li> - -<li class="indx"> Contredire (ne pas), <a href="#Page_168">168</a>.</li> - -<li class="indx"> Coquette (la), <i>mouche</i>, <a href="#Page_96">96</a>.</li> - -<li class="indx"> Coquillart (Guill.), <a href="#Page_60">60</a>.</li> - -<li class="indx"> Coquille (moustache à), <a href="#Page_53">53</a>.</li> - -<li class="indx"> Corbeil (N. D. de), <a href="#Page_47">47</a>.</li> - -<li class="indx"> Corbeille (coiffure en), <a href="#Page_145">145</a>.</li> - -<li class="indx"> Corne d'abondance (coiffure à la), -<a href="#Page_142">142</a>.</li> - -<li class="indx"> Corneille (Pierre), <a href="#Page_56">56</a>.</li> - -<li class="indx"> Corrozet (Gilles), <a href="#Page_86">86</a>.</li> - -<li class="indx"> Cosmétiques, <a href="#Page_31">31</a>, -<a href="#Page_100">100</a>, <a href="#Page_112">112</a>, -<a href="#Page_116">116</a>, <a href="#Page_141">141</a>.—Voy. <i>Fards</i>, etc.</li> - -<li class="indx"> Coulange (marquis de), <a href="#Page_121">121</a>.</li> - -<li class="indx"> Courtin (Ant. de), <a href="#Page_42">42</a>, -<a href="#Page_78">78</a>, <a href="#Page_80">80</a>, <a href="#Page_81">81</a>, <a href="#Page_82">82</a>, <a href="#Page_89">89</a>, <a href="#Page_91">91</a>, <a href="#Page_182">182</a>.</li> - -<li class="indx"> Courtisans, <a href="#Page_32">32</a>, <a href="#Page_42">42</a>, -<a href="#Page_55">55</a>, <a href="#Page_61">61</a>.</li> - -<li class="indx"> Couteliers, <a href="#Page_107">107</a>.</li> - -<li class="indx"> Couvert du Roi, <a href="#Page_78">78</a>, -<a href="#Page_81">81</a>.</li> - -<li class="indx"> Cracher (manière de), <a href="#Page_43">43</a>, -<a href="#Page_164">164</a>, <a href="#Page_167">167</a>, <a href="#Page_169">169</a>, <a href="#Page_170">170</a>, <a href="#Page_177">177</a>, <a href="#Page_184">184</a>, <a href="#Page_197">197</a>.</li> - -<li class="indx"> Crête (pouf en), <a href="#Page_147">147</a>.</li> - -<li class="indx"> Cretonniers, <a href="#Page_100">100</a>.</li> - -<li class="indx"> Crochets (coiffure en), <a href="#Page_142">142</a>.</li> - -<li class="indx"> Croisades, <a href="#Page_9">9</a>.</li> - -<li class="indx"> Croissant (coiffure au), <a href="#Page_145">145</a>.</li> - -<li class="indx"> Cuisse (embrasser la), <a href="#Page_82">82</a>, -<a href="#Page_85">85</a>.</li> - -<li class="indx"> Cure-dent, <a href="#Page_170">170</a>, -<a href="#Page_178">178</a>, <a href="#Page_202">202</a>.</li> - -<li class="indx"> Curieux (ne pas être), <a href="#Page_169">169</a>.</li> - -<li class="indx"> Cuves à baigner, <a href="#Page_19">19</a>, <a href="#Page_22">22</a>, <a href="#Page_25">25</a>.</li> - -<li class="indx"> Cuvettes, <a href="#Page_19">19</a>.</li> - - -<li class="ifrst"> Dagé, <i>coiffeur</i>, <a href="#Page_132">132</a>.</li> - -<li class="indx"> Dangeau (marquis de), <a href="#Page_62">62</a>, -<a href="#Page_118">118</a>.</li> - -<li class="indx"> Daphné (coiffure à la), <a href="#Page_142">142</a>.</li> - -<li class="indx"> Dauvet (Jean), <i>premier président</i>, -<a href="#Page_20">20</a>.</li> - -<li class="indx"> Découvrir (se), <a href="#Page_73">73</a> et s., -<a href="#Page_190">190</a>, <a href="#Page_194">194</a>, -<a href="#Page_195">195</a>, <a href="#Page_204">204</a> et s.—Voy. <i>Saluer</i>.</li> - -<li class="indx"> Delamarre (manuscrits), <a href="#Page_36">36</a>, -<a href="#Page_107">107</a>.</li> - -<li class="indx"> Demi-conquête, <i>coiffure</i>, <a href="#Page_142">142</a>.</li> - -<li class="indx"> Demi-hérisson, <i>coiffure</i>, <a href="#Page_142">142</a>.</li> - -<li class="indx"> Dents (propreté des), <a href="#Page_42">42</a>, -<a href="#Page_112">112</a>, <a href="#Page_164">164</a>, <a href="#Page_170">170</a>, <a href="#Page_178">178</a>, <a href="#Page_202">202</a>.</li> - -<li class="indx"> Dents (maux de), <a href="#Page_92">92</a>, -<a href="#Page_93">93</a>.</li> - -<li class="indx"> Descartes, <a href="#Page_57">57</a>.</li> - -<li class="indx"> Deschamps (Eustache), <a href="#Page_60">60</a>.</li> - -<li class="indx"> Desmares, <i>coiffeuse</i>, <a href="#Page_141">141</a>.</li> - -<li class="indx"> Deux queues (perruque à), <a href="#Page_68">68</a>.</li> - -<li class="indx"> Diane (coiffure à la), <a href="#Page_142">142</a>.</li> - -<li class="indx"> Discrète (la), <i>mouche</i>, <a href="#Page_96">96</a>.</li> - -<li class="indx"> Distinction (coiffure à la), <a href="#Page_145">145</a>.</li> - -<li class="indx"> Doigts (faire craquer ses), <a href="#Page_186">186</a>.</li> - -<li class="indx"> Domestiques, <a href="#Page_68">68</a>, -<a href="#Page_70">70</a>, <a href="#Page_121">121</a>, <a href="#Page_129">129</a>.</li> - -<li class="indx"> Donner (manière de), <a href="#Page_196">196</a>, -<a href="#Page_204">204</a>.</li> - -<li class="indx"> Douches, <a href="#Page_128">128</a>.</li> - -<li class="indx"> Douët-d'Arcq, <a href="#Page_19">19</a>.</li> - -<li class="indx"> Dragonne, <i>perruque</i>, <a href="#Page_69">69</a>.</li> - -<li class="indx"> Droit (se tenir), <a href="#Page_171">171</a>, -<a href="#Page_180">180</a>, <a href="#Page_195">195</a>.</li> - -<li class="indx"> Ducange, <a href="#Page_58">58</a>.</li> - -<li class="indx"> Ducerceau (plan de), <a href="#Page_21">21</a>.</li> - -<li class="indx"> Dumesnil, <a href="#Page_74">74</a>.</li> - -<li class="indx"> Du Puis (Laurent), <a href="#Page_74">74</a>.</li> - -<li class="indx"> Duquesne (amiral), <a href="#Page_58">58</a>.</li> - -<li class="indx"> Durand, <i>coiffeur</i>, <a href="#Page_141">141</a>.</li> - -<li class="indx"> Durand (Guillaume), <a href="#Page_163">163</a>.</li> - -<li class="indx"> Dutens (L.), <a href="#Page_153">153</a>.</li> - -<li class="indx"> Du Vair (G.), <a href="#Page_57">57</a>.</li> - - -<li class="ifrst"> Échelle (coiffure en), <a href="#Page_145">145</a>.</li> - -<li class="indx"> École (quai de l'), <a href="#Page_141">141</a>.</li> - -<li class="indx"> Économe (perruque à l'), <a href="#Page_69">69</a>.</li> - -<li class="indx"> Écrans, <a href="#Page_185">185</a>.</li> - -<li class="indx"> Édelinck, <a href="#Page_53">53</a>, -<a href="#Page_56">56</a>.</li> - -<li class="indx"> Effrontée (l'), <i>mouche</i>, <a href="#Page_96">96</a>.</li> - -<li class="indx"> Éléphant (perruque à l'), <a href="#Page_69">69</a>.</li> - -<li class="indx"> Embrasser (manière d'), <a href="#Page_81">81</a>, -<a href="#Page_85">85</a>, <a href="#Page_193">193</a>, <a href="#Page_206">206</a>.</li> - -<li class="indx"> <i>Encyclopédie méthodique</i>, <a href="#Page_65">65</a>, -<a href="#Page_71">71</a>, <a href="#Page_127">127</a>.</li> - -<li class="indx"> <i>Encyclopédie perruquière</i>, <a href="#Page_68">68</a>.</li> - -<li class="indx"> Enfant (coiffure à l'), <a href="#Page_157">157</a>.</li> - -<li class="indx"> Enfants d'Édouard (coiffure aux), <a href="#Page_48">48</a>.</li> - -<li class="indx"> Enjouée (l'), <i>mouche</i>, <a href="#Page_96">96</a>.</li> - -<li class="indx"> Enseigne du mal de dents, <a href="#Page_93">93</a>.</li> - -<li class="indx"> Envieux (perruque a l'), <a href="#Page_69">69</a>.</li> - -<li class="indx"> Épaules, <a href="#Page_171">171</a>, -<a href="#Page_179">179</a>, <a href="#Page_195">195</a>.</li> - -<li class="indx"> Épilation, <a href="#Page_22">22</a>, -<a href="#Page_116">116</a>.</li> - -<li class="indx"> Érasme (D.), <a href="#Page_26">26</a>, -<a href="#Page_28">28</a>, <a href="#Page_165">165</a>, <a href="#Page_169">169</a>, -<a href="#Page_173">173</a>.</li> - -<li class="indx"> Espagnole (coiffure à l'), <a href="#Page_145">145</a>.</li> - -<li class="indx"> Espagnole (perruque à l'), <a href="#Page_68">68</a>.</li> - -<li class="indx"> Espagnols, <a href="#Page_178">178</a>.</li> - -<li class="indx"> Espoir (coiffure à l'), <a href="#Page_145">145</a>.</li> - -<li class="indx"> Éternument, <a href="#Page_89">89</a>, -<a href="#Page_175">175</a>, <a href="#Page_186">186</a>, -<a href="#Page_197">197</a>.</li> - -<li class="indx"> Étuves, <a href="#Page_9">9</a>, <a href="#Page_10">10</a> et s., -<a href="#Page_21">21</a> et s., <a href="#Page_112">112</a> et s., -<a href="#Page_122">122</a>.—Voy. <i>Bains</i>.</li> - -<li class="indx"> Étuves (cul-de-sac des), <a href="#Page_9">9</a> à -<a href="#Page_12">12</a>.</li> - -<li class="indx"> Étuves (rue des), <a href="#Page_10">10</a> à -<a href="#Page_12">12</a>.</li> - -<li class="indx"> Étuveurs, <a href="#Page_12">12</a> et s.</li> - -<li class="indx"> Eurydice (coiffure à l'), <a href="#Page_149">149</a>.</li> - -<li class="indx"> Expérience, <a href="#Page_111">111</a>.</li> - -<li class="indx"> Èze (G. d'), <a href="#Page_44">44</a>.</li> - - -<li class="ifrst"> Fabert (maréchal), <a href="#Page_58">58</a>.</li> - -<li class="indx"> Faiseuse de mouches (la), <a href="#Page_95">95</a>, -<a href="#Page_96">96</a>.</li> - -<li class="indx"> Fards, <a href="#Page_6">6</a>, <a href="#Page_31">31</a>, -<a href="#Page_97">97</a>, <a href="#Page_98">98</a>, <a href="#Page_141">141</a>, -<a href="#Page_201">201</a>.</li> - -<li class="indx"> Faret (Nicolas), <a href="#Page_90">90</a>.</li> - -<li class="indx"> Favori (perruque au), <a href="#Page_69">69</a>.</li> - -<li class="indx"> Félicité (perruque à la), <a href="#Page_69">69</a>.</li> - -<li class="indx"> Ferraille (quai de la), <a href="#Page_141">141</a>.</li> - -<li class="indx"> Feu (conduite à tenir près du), <a href="#Page_184">184</a>, -<a href="#Page_197">197</a>, <a href="#Page_198">198</a>.</li> - -<li class="indx"> Fil de fer (perruques de), <a href="#Page_69">69</a>.</li> - -<li class="indx"> Financière (perruque à la), <a href="#Page_68">68</a>.</li> - -<li class="indx"> Fitelieu, <a href="#Page_81">81</a>, -<a href="#Page_93">93</a>.</li> - -<li class="indx"> Flore (coiffure à la), <a href="#Page_145">145</a>.</li> - -<li class="indx"> Forgeais (A.), <a href="#Page_113">113</a>.</li> - -<li class="indx"> Fourchettes, <a href="#Page_26">26</a>.</li> - -<li class="indx"> Fournereau (Jean), <a href="#Page_100">100</a>.</li> - -<li class="indx"> Fournier (Éd.), <a href="#Page_50">50</a>, -<a href="#Page_78">78</a>, <a href="#Page_98">98</a>.</li> - -<li class="indx"> Françaises (gardes), <a href="#Page_112">112</a>.</li> - -<li class="indx"> François Ier, <a href="#Page_22">22</a>, -<a href="#Page_48">48</a>.</li> - -<li class="indx"> Françoise (perruque à la), <a href="#Page_69">69</a>.</li> - -<li class="indx"> Franqueville (de), <a href="#Page_114">114</a>.</li> - -<li class="indx"> Frédérik, <i>coiffeur</i>, <a href="#Page_141">141</a>.</li> - -<li class="indx"> Frégate (coiffure à la), <a href="#Page_148">148</a>.</li> - -<li class="indx"> Frison, <i>coiffeur</i>, <a href="#Page_132">132</a>.</li> - -<li class="indx"> Frivolité (coiffure à la), <a href="#Page_142">142</a>.</li> - -<li class="indx"> Froissart, <a href="#Page_16">16</a>.</li> - -<li class="indx"> Furon (Jean), <a href="#Page_100">100</a>.</li> - - -<li class="ifrst"> Gabrielle de Vergy (coiffure à la), -<a href="#Page_149">149</a>.</li> - -<li class="indx"> Galante (la), <i>mouche</i>, <a href="#Page_96">96</a>.</li> - -<li class="indx"> Galanterie (lois de la), <a href="#Page_32">32</a>, -<a href="#Page_38">38</a>, <a href="#Page_41">41</a>, -<a href="#Page_53">53</a>, <a href="#Page_93">93</a>.</li> - -<li class="indx"> Gallonner, <a href="#Page_47">47</a>.</li> - -<li class="indx"> Gamart, <a href="#Page_85">85</a>.</li> - -<li class="indx"> Gantiers, <a href="#Page_100">100</a>.</li> - -<li class="indx"> Gants, <a href="#Page_80">80</a>, <a href="#Page_88">88</a>, -<a href="#Page_184">184</a>, <a href="#Page_206">206</a>.</li> - -<li class="indx"> Gassendi (P.), <a href="#Page_57">57</a>.</li> - -<li class="indx"> Gassion (maréchal de), <a href="#Page_58">58</a>.</li> - -<li class="indx"> Gay (Victor), <a href="#Page_14">14</a>, -<a href="#Page_19">19</a>.</li> - -<li class="indx"> Gendarme (perruque à la), <a href="#Page_69">69</a>.</li> - -<li class="indx"> Genlis (château de), <a href="#Page_119">119</a>.</li> - -<li class="indx"> Genlis (mad. de), <a href="#Page_85">85</a>, -<a href="#Page_97">97</a>, <a href="#Page_99">99</a>, <a href="#Page_119">119</a>, -<a href="#Page_133">133</a>.</li> - -<li class="indx"> Genoux (manière de tenir les), <a href="#Page_172">172</a>, -<a href="#Page_180">180</a>, <a href="#Page_184">184</a>.</li> - -<li class="indx"> Gentilly (perruque à la), <a href="#Page_69">69</a>.</li> - -<li class="indx"> Geoffroi-des-Bains (rue), <a href="#Page_10">10</a>.</li> - -<li class="indx"> Gestes, <a href="#Page_185">185</a>.</li> - -<li class="indx"> Glaneuse (coiffure à la), <a href="#Page_142">142</a>.</li> - -<li class="indx"> Globe fixé (pouf au), <a href="#Page_147">147</a>.</li> - -<li class="indx"> Gloriette (cul-de-sac), <a href="#Page_11">11</a>.</li> - -<li class="indx"> Godeau (Ant.), <a href="#Page_57">57</a>.</li> - -<li class="indx"> Gomberville (de), <a href="#Page_132">132</a>.</li> - -<li class="indx"> Gondole (coiffure en), <a href="#Page_145">145</a>.</li> - -<li class="indx"> Gores, <a href="#Page_123">123</a>.</li> - -<li class="indx"> Goutte, <i>maladie</i>, <a href="#Page_115">115</a>.</li> - -<li class="indx"> Grævius (J. G.), <a href="#Page_77">77</a>.</li> - -<li class="indx"> Grande prétention (coiffure à la), -<a href="#Page_149">149</a>.</li> - -<li class="indx"> Grande prêtresse (pouf à la), <a href="#Page_147">147</a>.</li> - -<li class="indx"> Gratter (se), <a href="#Page_164">164</a>, -<a href="#Page_167">167</a>, <a href="#Page_171">171</a>, -<a href="#Page_179">179</a>, <a href="#Page_184">184</a>.</li> - -<li class="indx"> Grattoir <i>pour la tête</i>, <a href="#Page_153">153</a>.</li> - -<li class="indx"> Grecque (coiffure à la), <a href="#Page_145">145</a>.</li> - -<li class="indx"> Grecque (perruque à la), <a href="#Page_70">70</a>.</li> - -<li class="indx"> Grévin (musée), <a href="#Page_119">119</a>.</li> - -<li class="indx"> Gueule de loup (pouf en), <a href="#Page_147">147</a>.</li> - -<li class="indx"> Guignard, <i>baigneur</i>, <a href="#Page_128">128</a>.</li> - -<li class="indx"> Guyon (Louis), <a href="#Page_55">55</a>, -<a href="#Page_92">92</a>, <a href="#Page_99">99</a>.</li> - - -<li class="ifrst"> Hamilton (Ant. d'), <a href="#Page_91">91</a>.</li> - -<li class="indx"> Harcourt (Henri d'), <a href="#Page_50">50</a>, -<a href="#Page_53">53</a>.</li> - -<li class="indx"> Hardy (Claude), <a href="#Page_173">173</a>.</li> - -<li class="indx"> Harlay (A. de), <a href="#Page_57">57</a>.</li> - -<li class="indx"> Harlay (rue de), <a href="#Page_22">22</a>.</li> - -<li class="indx"> Harpie (coiffure à la), <a href="#Page_142">142</a>.</li> - -<li class="indx"> Hauterive de l'Aubespine (d'), <a href="#Page_27">27</a>.</li> - -<li class="indx"> Haut rang (coiffure au), <a href="#Page_142">142</a>.</li> - -<li class="indx"> Hennins, <a href="#Page_47">47</a>.</li> - -<li class="indx"> Henri III, <a href="#Page_97">97</a>.</li> - -<li class="indx"> Henri IV, <a href="#Page_28">28</a>, <a href="#Page_29">29</a>, -<a href="#Page_48">48</a>, <a href="#Page_82">82</a>, -<a href="#Page_116">116</a>.</li> - -<li class="indx"> Henri IV (coiffure à la), <a href="#Page_142">142</a>.</li> - -<li class="indx"> Hérisson (coiffure au), <a href="#Page_142">142</a>.</li> - -<li class="indx"> Hérisson à crochet, <a href="#Page_142">142</a>.</li> - -<li class="indx"> Hermaphrodites (île des), <a href="#Page_54">54</a>, -<a href="#Page_60">60</a>, <a href="#Page_98">98</a>.</li> - -<li class="indx"> <i>Héroard</i> (<i>Journal d'</i>), <a href="#Page_28">28</a>, -<a href="#Page_74">74</a>, <a href="#Page_92">92</a>.</li> - -<li class="indx"> Hésecques (comte d'), <a href="#Page_62">62</a>.</li> - -<li class="indx"> Hesselin (Denis), <a href="#Page_21">21</a>.</li> - -<li class="indx"> Hochequeue, <a href="#Page_167">167</a>.</li> - -<li class="indx"> Honnête homme, <a href="#Page_90">90</a>, -<a href="#Page_91">91</a>.</li> - -<li class="indx"> Honneur (place d'), <a href="#Page_90">90</a>, -<a href="#Page_183">183</a>, <a href="#Page_191">191</a>, -<a href="#Page_194">194</a>, <a href="#Page_198">198</a>.—Voy. <i>Pavé</i>.</li> - -<li class="indx"> Horloge (quai de l'), <a href="#Page_113">113</a>, -<a href="#Page_122">122</a>.</li> - -<li class="indx"> Housse (aller en), <a href="#Page_38">38</a>, -<a href="#Page_41">41</a>.</li> - -<li class="indx"> Huchette (rue de la), <a href="#Page_11">11</a>.</li> - -<li class="indx"> Hurluberlu, <i>coiffure</i>, <a href="#Page_131">131</a>.</li> - -<li class="indx"> Hurlupée, <i>coiffure</i>, <a href="#Page_131">131</a>.</li> - -<li class="indx"> Hurtaut (P.), <a href="#Page_119">119</a>.</li> - - -<li class="ifrst"> Impatient (perruque à l'), <a href="#Page_69">69</a>.</li> - -<li class="indx"> Inconstance (perruque à l'), <a href="#Page_69">69</a>.</li> - -<li class="indx"> Indifférence (perruque à l'), <a href="#Page_69">69</a>.</li> - -<li class="indx"> In-folio, <i>perruque</i>, <a href="#Page_67">67</a>.</li> - -<li class="indx"> Ingénue (coiffure à l'), <a href="#Page_142">142</a>.</li> - -<li class="indx"> Innocents (galerie des), <a href="#Page_66">66</a>.</li> - -<li class="indx"> Interrompre (ne pas), <a href="#Page_168">168</a>.</li> - -<li class="indx"> Iphigénie en Tauride (coiffure à l'), -<a href="#Page_148">148</a>.</li> - -<li class="indx"> Irène (coiffure à l'), <a href="#Page_149">149</a>.</li> - -<li class="indx"> Irlandaise (coiffure à l'), <a href="#Page_145">145</a>.</li> - -<li class="indx"> Irlande (bois d'), <a href="#Page_22">22</a>.</li> - -<li class="indx"> Isabeau de Bavière, <a href="#Page_19">19</a>, -<a href="#Page_74">74</a>.</li> - -<li class="indx"> Italienne (perruque à l'), <a href="#Page_69">69</a>.</li> - -<li class="indx"> Italiens, <a href="#Page_181">181</a>.</li> - - -<li class="ifrst"> Jaillot, <a href="#Page_10">10</a> à -<a href="#Page_12">12</a>.</li> - -<li class="indx"> Jalousie (perruque à la), <a href="#Page_69">69</a>.</li> - -<li class="indx"> Jambes (manière de tenir les), <a href="#Page_172">172</a>, -<a href="#Page_180">180</a>, <a href="#Page_195">195</a>.</li> - -<li class="indx"> Janot (coiffure à la), <a href="#Page_145">145</a>.</li> - -<li class="indx"> Jarretières <i>de perruque</i>, <a href="#Page_70">70</a>, -<a href="#Page_71">71</a>.</li> - -<li class="indx"> Jean II, <a href="#Page_48">48</a>.</li> - -<li class="indx"> Jeannin (P.), <a href="#Page_57">57</a>.</li> - -<li class="indx"> Jeunes (maîtres), <a href="#Page_106">106</a>, -<a href="#Page_107">107</a>.</li> - -<li class="indx"> Jèze, <a href="#Page_122">122</a>.</li> - -<li class="indx"> Jordanis, <i>perruquier</i>, <a href="#Page_62">62</a>.</li> - -<li class="indx"> <i>Journal du citoyen</i>, <a href="#Page_123">123</a>.</li> - -<li class="indx"> Juifs, <a href="#Page_11">11</a>.</li> - -<li class="indx"> Junon (coiffure à la), <a href="#Page_148">148</a>.</li> - -<li class="indx"> Jurements, <a href="#Page_168">168</a>.</li> - -<li class="indx"> Jurés, <a href="#Page_15">15</a>, <a href="#Page_16">16</a>, -<a href="#Page_105">105</a> à <a href="#Page_108">108</a>.</li> - - -<li class="ifrst"> Labarte (J.), <a href="#Page_20">20</a>.</li> - -<li class="indx"> Labre (Benoît), <a href="#Page_9">9</a>.</li> - -<li class="indx"> La Fontaine (J. de), <a href="#Page_58">58</a>, -<a href="#Page_96">96</a>.</li> - -<li class="indx"> Laine (perruques de), <a href="#Page_69">69</a>.</li> - -<li class="indx"> La Mésangère (de), <a href="#Page_27">27</a>.</li> - -<li class="indx"> Lamoignon (président), <a href="#Page_57">57</a>.</li> - -<li class="indx"> Langue (propreté de la), <a href="#Page_164">164</a>.</li> - -<li class="indx"> Lanti (prince), <a href="#Page_153">153</a>.</li> - -<li class="indx"> Larivey (P. de), <a href="#Page_2">2</a>.</li> - -<li class="indx"> La Rivière (abbé de), <a href="#Page_67">67</a>.</li> - -<li class="indx"> La Roze, <i>perruquier</i>, <a href="#Page_62">62</a>.</li> - -<li class="indx"> Larseneur, <i>coiffeur</i>, <a href="#Page_132">132</a>.</li> - -<li class="indx"> La Salle (J. B. de), <a href="#Page_37">37</a>, -<a href="#Page_80">80</a>, <a href="#Page_153">153</a>, <a href="#Page_199">199</a>, -<a href="#Page_204">204</a>.</li> - -<li class="indx"> La Vallière (Mlle de), <a href="#Page_85">85</a>.</li> - -<li class="indx"> La Vienne, <i>baigneur</i>, <a href="#Page_117">117</a>.</li> - -<li class="indx"> Le Brun, <i>coiffeuse</i>, <a href="#Page_132">132</a>.</li> - -<li class="indx"> Lebrun (Ch.), <a href="#Page_58">58</a>.</li> - -<li class="indx"> Leclerc (Séb.), <a href="#Page_77">77</a>.</li> - -<li class="indx"> L'Écluse (abbé de), <a href="#Page_82">82</a>.</li> - -<li class="indx"> Legendre (abbé), <a href="#Page_61">61</a>.</li> - -<li class="indx"> Légère (perruque à la), <a href="#Page_69">69</a>.</li> - -<li class="indx"> Legoût, <i>coiffeur</i>, <a href="#Page_141">141</a>.</li> - -<li class="indx"> Legrain, <i>barbier</i>, <a href="#Page_63">63</a>.</li> - -<li class="indx"> Legros, <i>coiffeur</i>, <a href="#Page_133">133</a> et s.</li> - -<li class="indx"> Legros (veuve), <a href="#Page_141">141</a>.</li> - -<li class="indx"> Lemaître (Ant.), <a href="#Page_57">57</a>.</li> - -<li class="indx"> Le Nain de Tillemont, <a href="#Page_58">58</a>.</li> - -<li class="indx"> Lentes, <a href="#Page_28">28</a>, -<a href="#Page_31">31</a>.—Voyez <i>Poux</i>.</li> - -<li class="indx"> Lépreux, <a href="#Page_13">13</a>.</li> - -<li class="indx"> Lesdiguières (hôtel de), <a href="#Page_116">116</a>.</li> - -<li class="indx"> Lestoile (P. de), <a href="#Page_98">98</a>.</li> - -<li class="indx"> Le Tellier (Michel), <a href="#Page_58">58</a>.</li> - -<li class="indx"> Levant (coiffure au), <a href="#Page_142">142</a>.</li> - -<li class="indx"> Lever de la Reine (coiffure au), <a href="#Page_142">142</a>.</li> - -<li class="indx"> Lèvres, <a href="#Page_176">176</a>, <a href="#Page_177">177</a>, -<a href="#Page_186">186</a>.</li> - -<li class="indx"> Lit, <a href="#Page_182">182</a>.</li> - -<li class="indx"> Lit de la Reine, <a href="#Page_81">81</a>.</li> - -<li class="indx"> Lit du Roi, <a href="#Page_38">38</a>, -<a href="#Page_78">78</a>.</li> - -<li class="indx"> Littré (E.), <a href="#Page_154">154</a>.</li> - -<li class="indx"> <i>Livre commode</i> (<i>le</i>), <a href="#Page_62">62</a>, -<a href="#Page_66">66</a>, <a href="#Page_97">97</a>, <a href="#Page_115">115</a>, -<a href="#Page_118">118</a>, <a href="#Page_132">132</a>.</li> - -<li class="indx"> <i>Livre des métiers</i>, <a href="#Page_12">12</a>, -<a href="#Page_15">15</a>.</li> - -<li class="indx"> Longchamp, <a href="#Page_121">121</a>.</li> - -<li class="indx"> Loret (J.), <a href="#Page_131">131</a>.</li> - -<li class="indx"> Loterie d'amour (la), <a href="#Page_93">93</a>.</li> - -<li class="indx"> Louis IX, <a href="#Page_113">113</a>.</li> - -<li class="indx"> Louis XI, <a href="#Page_19">19</a> à -<a href="#Page_21">21</a>.</li> - -<li class="indx"> Louis XIII, <a href="#Page_2">2</a>, <a href="#Page_28">28</a>, -<a href="#Page_48">48</a>, <a href="#Page_49">49</a>, <a href="#Page_56">56</a>, -<a href="#Page_61">61</a>, <a href="#Page_74">74</a>, -<a href="#Page_174">174</a>.</li> - -<li class="indx"> Louis XIV, <a href="#Page_3">3</a>, <a href="#Page_28">28</a>, -<a href="#Page_31">31</a>, <a href="#Page_37">37</a>, <a href="#Page_56">56</a>, -<a href="#Page_61">61</a> à <a href="#Page_64">64</a>, <a href="#Page_77">77</a>, -<a href="#Page_85">85</a>, <a href="#Page_86">86</a>, <a href="#Page_99">99</a>, -<a href="#Page_109">109</a>, <a href="#Page_118">118</a>.</li> - -<li class="indx"> Louvre (musée du), <a href="#Page_6">6</a>.</li> - -<li class="indx"> Louvre (palais du), <a href="#Page_22">22</a>.</li> - -<li class="indx"> Lubin, <i>graveur</i>, <a href="#Page_56">56</a>.</li> - -<li class="indx"> Lully (J. B.), <a href="#Page_58">58</a>.</li> - -<li class="indx"> Lunatique, <i>perruque</i>, <a href="#Page_69">69</a>.</li> - -<li class="indx"> Luxembourg (maréchal de), <a href="#Page_58">58</a>.</li> - -<li class="indx"> Luynes (connétable de), <a href="#Page_53">53</a>.</li> - -<li class="indx"> Luynes (duc de), <a href="#Page_79">79</a>, -<a href="#Page_85">85</a>.</li> - - -<li class="ifrst"> <i>Magasin des modes</i>, <a href="#Page_145">145</a>.</li> - -<li class="indx"> Magny, <a href="#Page_119">119</a>.</li> - -<li class="indx"> Mains (propreté des), <a href="#Page_25">25</a>, -<a href="#Page_26">26</a>, <a href="#Page_32">32</a>, <a href="#Page_37">37</a>, -<a href="#Page_112">112</a>, <a href="#Page_163">163</a>.</li> - -<li class="indx"> Maintenon (mad. de), <a href="#Page_131">131</a>.</li> - -<li class="indx"> Maître-d'hôtel (perruque à la), <a href="#Page_69">69</a>.</li> - -<li class="indx"> Maîtrises (créations de), <a href="#Page_109">109</a>, -<a href="#Page_110">110</a>.</li> - -<li class="indx"> Majestueuse (la), <i>mouche</i>, <a href="#Page_96">96</a>.</li> - -<li class="indx"> Malherbe, <a href="#Page_56">56</a>.</li> - -<li class="indx"> Mansart, <a href="#Page_58">58</a>.</li> - -<li class="indx"> Manteau (tenue du), <a href="#Page_195">195</a>.</li> - -<li class="indx"> Marais (théâtre du), <a href="#Page_131">131</a>.</li> - -<li class="indx"> Marana (J. P.), <a href="#Page_67">67</a>.</li> - -<li class="indx"> Marat, <a href="#Page_119">119</a>.</li> - -<li class="indx"> Marca (P. de), <a href="#Page_57">57</a>.</li> - -<li class="indx"> Marcel (A.), <a href="#Page_44">44</a>.</li> - -<li class="indx"> Marchand (A. H.), <a href="#Page_68">68</a>, -<a href="#Page_149">149</a>.</li> - -<li class="indx"> Marchand (article), <a href="#Page_108">108</a>.</li> - -<li class="indx"> Marcher (manière de), <a href="#Page_173">173</a>.</li> - -<li class="indx"> Marconi, <a href="#Page_9">9</a>.</li> - -<li class="indx"> Marguerite de Navarre, <a href="#Page_25">25</a>.</li> - -<li class="indx"> Marguerite de Valois, <a href="#Page_60">60</a>.</li> - -<li class="indx"> Marie-Antoinette, <a href="#Page_120">120</a>, -<a href="#Page_149">149</a>, <a href="#Page_152">152</a>, -<a href="#Page_157">157</a>, <a href="#Page_158">158</a>.</li> - -<li class="indx"> Marie Stuart (coiffure à la), <a href="#Page_47">47</a>.</li> - -<li class="indx"> Marie-Thérèse, <a href="#Page_85">85</a>.</li> - -<li class="indx"> Marin (F.), <a href="#Page_148">148</a>.</li> - -<li class="indx"> Marmot, <i>enseigne</i>, <a href="#Page_113">113</a>.</li> - -<li class="indx"> Marmouzets (rue des), <a href="#Page_118">118</a>.</li> - -<li class="indx"> Marot (Clément), <a href="#Page_22">22</a>.</li> - -<li class="indx"> Marot (J.), <a href="#Page_85">85</a>.</li> - -<li class="indx"> Marron, <i>boucle de cheveux</i>, <a href="#Page_154">154</a>.</li> - -<li class="indx"> Marsillac (prince de), <a href="#Page_80">80</a>.</li> - -<li class="indx"> Marteaux (perruques à), <a href="#Page_70">70</a>.</li> - -<li class="indx"> Martin, <i>coiffeuse</i>, <a href="#Page_131">131</a>.</li> - -<li class="indx"> Masques, <a href="#Page_35">35</a>, <a href="#Page_98">98</a>.</li> - -<li class="indx"> Masson (Ant.), <a href="#Page_53">53</a>.</li> - -<li class="indx"> Masson (Papire), <a href="#Page_56">56</a>.</li> - -<li class="indx"> Mazarin (duchesse de), <a href="#Page_6">6</a>, -<a href="#Page_94">94</a>.</li> - -<li class="indx"> Médecins, <a href="#Page_2">2</a>, <a href="#Page_41">41</a>, -<a href="#Page_70">70</a>.</li> - -<li class="indx"> Mêlée (perruque), <a href="#Page_113">113</a>.</li> - -<li class="indx"> Ménage (G.), <a href="#Page_53">53</a>, -<a href="#Page_58">58</a>.</li> - -<li class="indx"> <i>Ménagier de Paris</i>, <a href="#Page_29">29</a>.</li> - -<li class="indx"> Menuisiers, <a href="#Page_19">19</a>.</li> - -<li class="indx"> Mercier (Séb.), <a href="#Page_103">103</a>, -<a href="#Page_153">153</a>, <a href="#Page_154">154</a>.</li> - -<li class="indx"> Merciers, <a href="#Page_100">100</a>.</li> - -<li class="indx"> Mercure, <i>remède</i>, <a href="#Page_115">115</a>.</li> - -<li class="indx"> Merlans, <i>coiffeurs</i>, <a href="#Page_104">104</a>.</li> - -<li class="indx"> Métra, <a href="#Page_149">149</a>.</li> - -<li class="indx"> Meurisse, <a href="#Page_120">120</a>.</li> - -<li class="indx"> Michaud (J.), <a href="#Page_21">21</a>.</li> - -<li class="indx"> Michel (saint), <a href="#Page_113">113</a>.</li> - -<li class="indx"> Minerve (coiffure à la), <a href="#Page_142">142</a>.</li> - -<li class="indx"> Modernes (maîtres), <a href="#Page_106">106</a>, -<a href="#Page_107">107</a>.</li> - -<li class="indx"> Modestie (coiffure à la), <a href="#Page_145">145</a>.</li> - -<li class="indx"> Molière, <a href="#Page_43">43</a>, <a href="#Page_56">56</a>, -<a href="#Page_87">87</a>.</li> - -<li class="indx"> Monstrelet (E. de), <a href="#Page_74">74</a>.</li> - -<li class="indx"> Montfaucon (B. de), <a href="#Page_32">32</a>, -<a href="#Page_35">35</a>, <a href="#Page_42">42</a>.</li> - -<li class="indx"> Montglat (mad. de), <a href="#Page_21">21</a>.</li> - -<li class="indx"> Montgobert, <a href="#Page_132">132</a>.</li> - -<li class="indx"> Montgolfier (coiffure à la), <a href="#Page_149">149</a>.</li> - -<li class="indx"> Morfondus (quai des), <a href="#Page_122">122</a>.</li> - -<li class="indx"> Morts (cheveux), <a href="#Page_66">66</a>.</li> - -<li class="indx"> Motteville (mad. de), <a href="#Page_37">37</a>.</li> - -<li class="indx"> Moucher (manière de se), <a href="#Page_26">26</a>, -<a href="#Page_27">27</a>, <a href="#Page_164">164</a>, <a href="#Page_167">167</a>, -<a href="#Page_174">174</a>, <a href="#Page_184">184</a>.</li> - -<li class="indx"> Mouches, <a href="#Page_92">92</a> et s., -<a href="#Page_201">201</a>.</li> - -<li class="indx"> Mouchoir, <a href="#Page_184">184</a>, -<a href="#Page_202">202</a>.</li> - -<li class="indx"> Moulin à vent (coiffure en), <a href="#Page_145">145</a>.</li> - -<li class="indx"> Mousquetaire, <i>perruque</i>, <a href="#Page_69">69</a>.</li> - -<li class="indx"> Moustaches, <a href="#Page_49">49</a>, -<a href="#Page_53">53</a>.</li> - -<li class="indx"> Moutonne, <i>perruque</i>, <a href="#Page_67">67</a>.</li> - -<li class="indx"> Mystère (coiffure au), <a href="#Page_142">142</a>.</li> - - -<li class="ifrst"> Naissante (perruque), <a href="#Page_68">68</a>, -<a href="#Page_70">70</a>, <a href="#Page_71">71</a>.</li> - -<li class="indx"> Natation (écoles de)—Voy. <i>Bains froids</i>.</li> - -<li class="indx"> Nation (coiffure à la), <a href="#Page_145">145</a>.</li> - -<li class="indx"> Nattes, <a href="#Page_47">47</a>, <a href="#Page_59">59</a>.</li> - -<li class="indx"> Naturelle (perruque à la), <a href="#Page_68">68</a>.</li> - -<li class="indx"> Néron, <a href="#Page_19">19</a>.</li> - -<li class="indx"> Neuve-Montmartre (rue), <a href="#Page_118">118</a>.</li> - -<li class="indx"> Nez (souffler du), <a href="#Page_174">174</a>.</li> - -<li class="indx"> Nez (propreté du), <a href="#Page_26">26</a>, -<a href="#Page_164">164</a>, <a href="#Page_173">173</a>, -<a href="#Page_201">201</a>.—Voy. <i>Moucher</i>.</li> - -<li class="indx"> Nicolas-Flamel (rue), <a href="#Page_10">10</a>, -<a href="#Page_113">113</a>.</li> - -<li class="indx"> Nicot (J.), <a href="#Page_86">86</a>.</li> - -<li class="indx"> Nœuds (perruque à), <a href="#Page_68">68</a>, -<a href="#Page_70">70</a>, <a href="#Page_71">71</a>.</li> - -<li class="indx"> Normandie (cheveux de), <a href="#Page_66">66</a>.</li> - -<li class="indx"> Nouée (perruque), <a href="#Page_68">68</a>.</li> - -<li class="indx"> Nouvelle mode (perruque à la), <a href="#Page_68">68</a>.</li> - - -<li class="ifrst"> Oiseau royal, <i>perruque</i>, <a href="#Page_68">68</a>.</li> - -<li class="indx"> Olonne (mad. d'), <a href="#Page_80">80</a>.</li> - -<li class="indx"> Ongles, <a href="#Page_87">87</a>, -<a href="#Page_164">164</a>.</li> - -<li class="indx"> Opéra, <a href="#Page_157">157</a>.</li> - -<li class="indx"> Ordinaire (perruque à l'), <a href="#Page_68">68</a>.</li> - -<li class="indx"> Oreilles (boucles d'), <a href="#Page_199">199</a>, -<a href="#Page_200">200</a>.</li> - -<li class="indx"> Oreilles (perruques à), <a href="#Page_69">69</a>.</li> - -<li class="indx"> Oreilles (propreté des), <a href="#Page_167">167</a>, -<a href="#Page_199">199</a>.</li> - -<li class="indx"> Orléans (Gaston d'), <a href="#Page_67">67</a>.</li> - -<li class="indx"> Orléans (rue d'), <a href="#Page_118">118</a>.</li> - -<li class="indx"> Orsay (quai d'), <a href="#Page_128">128</a>.</li> - - -<li class="ifrst"> Palais (boulevard du), <a href="#Page_10">10</a>.</li> - -<li class="indx"> Palais (perruque de), <a href="#Page_69">69</a>.</li> - -<li class="indx"> Palais de Justice, <a href="#Page_21">21</a>, -<a href="#Page_22">22</a>.</li> - -<li class="indx"> Palais-Royal, <a href="#Page_63">63</a>, -<a href="#Page_129">129</a>, <a href="#Page_132">132</a>.</li> - -<li class="indx"> Pantalons à pieds, <a href="#Page_5">5</a>.</li> - -<li class="indx"> Panurge (perruque à la), <a href="#Page_70">70</a>.</li> - -<li class="indx"> Papillon constant, <i>coiffure</i>, -<a href="#Page_142">142</a>.</li> - -<li class="indx"> Parc anglais, <i>coiffure</i>, <a href="#Page_145">145</a>.</li> - -<li class="indx"> Paré (Ambroise), <a href="#Page_2">2</a>.</li> - -<li class="indx"> Paralysie, <a href="#Page_115">115</a>.</li> - -<li class="indx"> Paresseuse, <i>perruque</i>, <a href="#Page_69">69</a>.</li> - -<li class="indx"> Parfait, <i>maître-d'hôtel de Henri IV</i>, -<a href="#Page_82">82</a>.</li> - -<li class="indx"> Parfums, <a href="#Page_31">31</a>, -<a href="#Page_90">90</a>.—Voy. <i>Cosmétiques</i>, <i>fards</i>, etc.</li> - -<li class="indx"> Parisienne, <i>perruque</i>, <a href="#Page_69">69</a>.</li> - -<li class="indx"> Parler (manière de), <a href="#Page_166">166</a>, -<a href="#Page_167">167</a>.</li> - -<li class="indx"> Parterre galant (coiffure au), <a href="#Page_145">145</a>.</li> - -<li class="indx"> Pascal, <i>perruquier</i>, <a href="#Page_62">62</a>.</li> - -<li class="indx"> Passionnée (la), <i>mouche</i>, <a href="#Page_96">96</a>.</li> - -<li class="indx"> Patin (Gui), <a href="#Page_90">90</a>.</li> - -<li class="indx"> Pâtissiers, <a href="#Page_174">174</a>.</li> - -<li class="indx"> Patron des étuveurs, des perruquiers, -<a href="#Page_113">113</a>.</li> - -<li class="indx"> Paul (Vincent de), <a href="#Page_57">57</a>.</li> - -<li class="indx"> Pavé (le haut du), <a href="#Page_189">189</a>, -<a href="#Page_190">190</a>, <a href="#Page_192">192</a>, -<a href="#Page_194">194</a>, <a href="#Page_207">207</a>.—Voyez <i>Honneur</i>.</li> - -<li class="indx"> Pays (cheveux de), <a href="#Page_66">66</a>.</li> - -<li class="indx"> Pédules, <a href="#Page_5">5</a>.</li> - -<li class="indx"> Peignes, <a href="#Page_5">5</a>, <a href="#Page_6">6</a>.</li> - -<li class="indx"> Peignes <i>pour gratter aux portes</i>, -<a href="#Page_88">88</a>.</li> - -<li class="indx"> Peignoirs de bain, <a href="#Page_14">14</a>, -<a href="#Page_19">19</a>.</li> - -<li class="indx"> Peintres (impasse des), <a href="#Page_10">10</a>.</li> - -<li class="indx"> Peiresc (Fabri de), <a href="#Page_56">56</a>.</li> - -<li class="indx"> Pelé, <i>perruquier</i>, <a href="#Page_62">62</a>, -<a href="#Page_65">65</a>.</li> - -<li class="indx"> Pelleterie (rue de la), <a href="#Page_11">11</a>.</li> - -<li class="indx"> Pellisson (P.), <a href="#Page_58">58</a>, -<a href="#Page_61">61</a>.</li> - -<li class="indx"> Penthièvre (duc de), <a href="#Page_147">147</a>.</li> - -<li class="indx"> Perrault (Ch.), <a href="#Page_53">53</a>.</li> - -<li class="indx"> Perrette de Châlons, <a href="#Page_21">21</a>.</li> - -<li class="indx"> Perruques, <a href="#Page_56">56</a> et s.</li> - -<li class="indx"> Perruquiers, <a href="#Page_36">36</a>, -<a href="#Page_64">64</a> et s.—Voy. <i>Barbiers</i>, <i>coiffeurs</i>, etc.</li> - -<li class="indx"> Perruquiers en vieux, <a href="#Page_113">113</a>.</li> - -<li class="indx"> Persane (coiffure à la), <a href="#Page_145">145</a>.</li> - -<li class="indx"> Petit-maître (perruque au), <a href="#Page_69">69</a>.</li> - -<li class="indx"> Petit-Musc (hôtel du), <a href="#Page_22">22</a>.</li> - -<li class="indx"> Petitot (C. B.), <a href="#Page_37">37</a>.</li> - -<li class="indx"> Petits-Champs (rue des), <a href="#Page_63">63</a>.</li> - -<li class="indx"> Pets, <a href="#Page_28">28</a>, <a href="#Page_164">164</a>, -<a href="#Page_170">170</a>, <a href="#Page_180">180</a>.</li> - -<li class="indx"> Philadelphie (coiffure à la), <a href="#Page_148">148</a>.</li> - -<li class="indx"> Philippe-Auguste, <a href="#Page_48">48</a>.</li> - -<li class="indx"> Philippe VI, <a href="#Page_48">48</a>.</li> - -<li class="indx"> Phrygienne (coiffure à la), <a href="#Page_145">145</a>.</li> - -<li class="indx"> Pieds (propreté des), <a href="#Page_5">5</a>, -<a href="#Page_6">6</a>, <a href="#Page_20">20</a>, <a href="#Page_29">29</a>, -<a href="#Page_43">43</a>.</li> - -<li class="indx"> Pierrot (coiffure à la), <a href="#Page_145">145</a>.</li> - -<li class="indx"> Pignet (Mace), <i>tonnelier</i>, <a href="#Page_19">19</a>.</li> - -<li class="indx"> Pipes, <a href="#Page_201">201</a>.—Voy. <i>Tabac</i>.</li> - -<li class="indx"> Pithou (Pierre), <a href="#Page_56">56</a>.</li> - -<li class="indx"> Placet, <i>siége</i>, <a href="#Page_86">86</a>.</li> - -<li class="indx"> Pline, <a href="#Page_166">166</a>.</li> - -<li class="indx"> Plus tôt fait (perruque à la), <a href="#Page_69">69</a>.</li> - -<li class="indx"> Poitevin, <i>baigneur</i>, <a href="#Page_127">127</a> à -<a href="#Page_128">128</a>.</li> - -<li class="indx"> Poitier, <i>coiffeuse</i>, <a href="#Page_132">132</a>.</li> - -<li class="indx"> Polastron (de), <a href="#Page_79">79</a>.</li> - -<li class="indx"> Pompadour (marquise de), <a href="#Page_132">132</a>.</li> - -<li class="indx"> Pontchartrain (L. P. de), <a href="#Page_57">57</a>.</li> - -<li class="indx"> Pont Royal, <a href="#Page_124">124</a>, -<a href="#Page_127">127</a>, <a href="#Page_128">128</a>.</li> - -<li class="indx"> Popincourt, <a href="#Page_115">115</a>.</li> - -<li class="indx"> Porte-aux-Peintres (cul-de-sac de la), -<a href="#Page_10">10</a>.</li> - -<li class="indx"> Portes (gratter aux), <a href="#Page_86">86</a>, -<a href="#Page_87">87</a>.</li> - -<li class="indx"> Port-Mahon (perruque à la), <a href="#Page_68">68</a>.</li> - -<li class="indx"> Portugal (rouge de), <a href="#Page_141">141</a>.</li> - -<li class="indx"> Pot à eau, <a href="#Page_19">19</a>.</li> - -<li class="indx"> Potel, <a href="#Page_50">50</a>.</li> - -<li class="indx"> Potiquet, <i>perruquier</i>, <a href="#Page_65">65</a>.</li> - -<li class="indx"> Poudre à poudrer, <a href="#Page_56">56</a>, -<a href="#Page_97">97</a> et s., <a href="#Page_153">153</a>, -<a href="#Page_200">200</a>.</li> - -<li class="indx"> Poufs, <a href="#Page_146">146</a>, -<a href="#Page_147">147</a>.</li> - -<li class="indx"> Poussin (Nicolas), <a href="#Page_58">58</a>.</li> - -<li class="indx"> Poux, <a href="#Page_28">28</a>, <a href="#Page_31">31</a>, -<a href="#Page_153">153</a>, <a href="#Page_164">164</a>.</li> - -<li class="indx"> Prêteuses de têtes, <a href="#Page_134">134</a>.</li> - -<li class="indx"> Prévôt de Paris, <a href="#Page_14">14</a>, -<a href="#Page_15">15</a>.</li> - -<li class="indx"> Prie (marquise de), <a href="#Page_132">132</a>.</li> - -<li class="indx"> Propreté, <a href="#Page_3">3</a> et s.—Voy. <i>Bouche</i>, -<i>dents</i>, <i>mains</i>, <i>nez</i>, <i>oreilles</i>, <i>pieds</i>, <i>tête</i>, -<i>visage</i>, etc.</li> - -<li class="indx"> Prudence (perruque à la), <a href="#Page_69">69</a>.</li> - -<li class="indx"> Prud'homme, <i>baigneur</i>, <a href="#Page_117">117</a>, -<a href="#Page_118">118</a>.</li> - -<li class="indx"> Puce (pouf à la), <a href="#Page_147">147</a>.</li> - -<li class="indx"> Puces, <a href="#Page_29">29</a> et s., -<a href="#Page_164">164</a>.</li> - -<li class="indx"> Punaises, <a href="#Page_31">31</a>, -<a href="#Page_38">38</a>.</li> - - -<li class="ifrst"> Quatre-Nations (quai des), <a href="#Page_122">122</a>.</li> - -<li class="indx"> Quentin, <i>barbier du roi</i>, <a href="#Page_63">63</a>.</li> - -<li class="indx"> Quesaco, <i>coiffure</i>, <a href="#Page_148">148</a>.</li> - -<li class="indx"> Queue, <i>de cheveux</i>, <a href="#Page_68">68</a>.</li> - -<li class="indx"> Quicherat (J.), <a href="#Page_44">44</a>, -<a href="#Page_59">59</a>, <a href="#Page_104">104</a>.</li> - -<li class="indx"> Quinault (Phil.), <a href="#Page_58">58</a>.</li> - -<li class="indx"> Quinze-Vingts, <a href="#Page_132">132</a>, -<a href="#Page_136">136</a>.</li> - - -<li class="ifrst"> Racine (Jean), <a href="#Page_58">58</a>.</li> - -<li class="indx"> Rambouillet (hôtel de), <a href="#Page_43">43</a>, -<a href="#Page_79">79</a>, <a href="#Page_86">86</a>.</li> - -<li class="indx"> Rapée (la), <a href="#Page_122">122</a>.</li> - -<li class="indx"> Raucourt (coiffure à la), <a href="#Page_148">148</a>.</li> - -<li class="indx"> Ravir (perruque à), <a href="#Page_69">69</a>.</li> - -<li class="indx"> Raynaud (Th.), <a href="#Page_77">77</a>.</li> - -<li class="indx"> Recevoir (manière de), <a href="#Page_196">196</a>, -<a href="#Page_204">204</a>.</li> - -<li class="indx"> Recherche (coiffure à la), <a href="#Page_145">145</a>.</li> - -<li class="indx"> Reconduire, <a href="#Page_187">187</a>.</li> - -<li class="indx"> Régence (perruque à la), <a href="#Page_68">68</a>.</li> - -<li class="indx"> Reiset (comte de), <a href="#Page_120">120</a>.</li> - -<li class="indx"> Renardière, <a href="#Page_29">29</a>.</li> - -<li class="indx"> Renifler, <a href="#Page_174">174</a>.</li> - -<li class="indx"> Repas, <a href="#Page_26">26</a> à <a href="#Page_28">28</a>, -<a href="#Page_43">43</a>, <a href="#Page_78">78</a> et s.</li> - -<li class="indx"> Rhinocéros (perruque à la), <a href="#Page_68">68</a>.</li> - -<li class="indx"> Richard, <i>dominicain</i>, <a href="#Page_9">9</a>.</li> - -<li class="indx"> Richelieu, <a href="#Page_48">48</a>, <a href="#Page_49">49</a>, -<a href="#Page_56">56</a>.</li> - -<li class="indx"> Richelieu (rue), <a href="#Page_118">118</a>.</li> - -<li class="indx"> Rigault (Nicolas), <a href="#Page_58">58</a>.</li> - -<li class="indx"> Rire (manière de), <a href="#Page_176">176</a>, -<a href="#Page_186">186</a>.</li> - -<li class="indx"> Robespierre, <a href="#Page_104">104</a>.</li> - -<li class="indx"> Robin (perruque à la), <a href="#Page_67">67</a>.</li> - -<li class="indx"> Rocher (pouf en), <a href="#Page_147">147</a>.</li> - -<li class="indx"> Ronde (perruque), <a href="#Page_67">67</a>.</li> - -<li class="indx"> <i>Rose</i> (<i>roman de la</i>), <a href="#Page_19">19</a>.</li> - -<li class="indx"> Rosette (perruque à), <a href="#Page_70">70</a>, -<a href="#Page_71">71</a>.</li> - -<li class="indx"> Rossignol, <i>perruquier</i>, <a href="#Page_65">65</a>.</li> - -<li class="indx"> Rots, <a href="#Page_28">28</a>, <a href="#Page_164">164</a>, -<a href="#Page_170">170</a>, <a href="#Page_178">178</a>.</li> - -<li class="indx"> Rouge, <i>fard</i>, <a href="#Page_6">6</a>, -<a href="#Page_97">97</a>, <a href="#Page_141">141</a>, -<a href="#Page_201">201</a>.</li> - -<li class="indx"> Rouleaux (coiffure en), <a href="#Page_145">145</a>.</li> - -<li class="indx"> Royale (perruque), <a href="#Page_67">67</a>.</li> - -<li class="indx"> Ruvigny (marquis de), <a href="#Page_27">27</a>.</li> - - -<li class="ifrst"> Saba (reine de), <a href="#Page_47">47</a>.</li> - -<li class="indx"> Saint-Antoine (rue), <a href="#Page_6">6</a>, -<a href="#Page_94">94</a>.</li> - -<li class="indx"> Saint-Bernard (porte), <a href="#Page_121">121</a>.</li> - -<li class="indx"> Saint-Denis (rue), <a href="#Page_96">96</a>.</li> - -<li class="indx"> Saint-Germain des Prés (abbaye de), -<a href="#Page_85">85</a>.</li> - -<li class="indx"> Saint-Honoré (rue), <a href="#Page_141">141</a>.</li> - -<li class="indx"> Saint-Louis (île), <a href="#Page_124">124</a>, -<a href="#Page_128">128</a>.</li> - -<li class="indx"> Saint-Louis (rue), <a href="#Page_141">141</a>.</li> - -<li class="indx"> Sainte-Marthe (Scévole de), <a href="#Page_56">56</a>.</li> - -<li class="indx"> Saint-Nicolas (port), <a href="#Page_122">122</a>.</li> - -<li class="indx"> Saint-Paul (hôtel), <a href="#Page_22">22</a>.</li> - -<li class="indx"> Saint-Réal, <a href="#Page_9">9</a>, -<a href="#Page_94">94</a>.</li> - -<li class="indx"> Saint-Simon, <a href="#Page_74">74</a>, -<a href="#Page_117">117</a>.</li> - -<li class="indx"> Saint-Sacrement, <a href="#Page_90">90</a>, -<a href="#Page_207">207</a>.</li> - -<li class="indx"> Saliat (Pierre), <a href="#Page_165">165</a>.</li> - -<li class="indx"> Saluer (manières de), <a href="#Page_73">73</a> et s., -<a href="#Page_77">77</a>, <a href="#Page_80">80</a> et s., -<a href="#Page_90">90</a>, <a href="#Page_172">172</a>, <a href="#Page_181">181</a>, -<a href="#Page_193">193</a>, <a href="#Page_194">194</a>, -<a href="#Page_202">202</a> à <a href="#Page_207">207</a>.</li> - -<li class="indx"> Sans redoute, <i>coiffure</i>, <a href="#Page_145">145</a>.</li> - -<li class="indx"> Santeuil (J.), <a href="#Page_58">58</a>.</li> - -<li class="indx"> Sapho moderne (coiffure à la), <a href="#Page_142">142</a>.</li> - -<li class="indx"> Sarrazin (J. F.), <a href="#Page_54">54</a>, -<a href="#Page_58">58</a>.</li> - -<li class="indx"> Sartine (perruque à la), <a href="#Page_68">68</a>.</li> - -<li class="indx"> Sauvageot (collection), <a href="#Page_6">6</a>.</li> - -<li class="indx"> Sauval (H.), <a href="#Page_22">22</a>, -<a href="#Page_116">116</a>.</li> - -<li class="indx"> Sauval (rue), <a href="#Page_10">10</a>, -<a href="#Page_12">12</a>.</li> - -<li class="indx"> Savary (J.), <a href="#Page_66">66</a>, -<a href="#Page_110">110</a>.</li> - -<li class="indx"> Scaliger (J.), <a href="#Page_57">57</a>.</li> - -<li class="indx"> Scarron, <a href="#Page_87">87</a>.</li> - -<li class="indx"> Sciatique, <a href="#Page_115">115</a>.</li> - -<li class="indx"> Séguier (chancelier), <a href="#Page_57">57</a>.</li> - -<li class="indx"> Senault (J. F.), <a href="#Page_57">57</a>.</li> - -<li class="indx"> Sénèque, <a href="#Page_19">19</a>.</li> - -<li class="indx"> Sentiment (pouf au), <a href="#Page_146">146</a>.</li> - -<li class="indx"> Sergents à verge, <a href="#Page_108">108</a>.</li> - -<li class="indx"> Serviettes, <a href="#Page_32">32</a>, -<a href="#Page_123">123</a>.</li> - -<li class="indx"> Sévigné (coiffure à la), <a href="#Page_47">47</a>.</li> - -<li class="indx"> Sévigné (mad. de), <a href="#Page_85">85</a>, -<a href="#Page_116">116</a>, <a href="#Page_131">131</a>, -<a href="#Page_132">132</a>.</li> - -<li class="indx"> Siéges, <a href="#Page_183">183</a>.</li> - -<li class="indx"> Singulière (perruque à la), <a href="#Page_69">69</a>.</li> - -<li class="indx"> Sirmond (Jacques), <a href="#Page_56">56</a>.</li> - -<li class="indx"> Sobry (J. F.), <a href="#Page_73">73</a>, -<a href="#Page_103">103</a>.</li> - -<li class="indx"> Socrate, <a href="#Page_174">174</a>.</li> - -<li class="indx"> Sonnettes, <a href="#Page_187">187</a>.</li> - -<li class="indx"> Sophie (pouf à la), <a href="#Page_147">147</a>.</li> - -<li class="indx"> Soufflet, <a href="#Page_201">201</a>.</li> - -<li class="indx"> Sourcils, <a href="#Page_54">54</a>, -<a href="#Page_201">201</a>.</li> - -<li class="indx"> Souvré (de), <a href="#Page_28">28</a>.</li> - -<li class="indx"> Sponde (Henri de), <a href="#Page_57">57</a>.</li> - -<li class="indx"> Stoïciens, <a href="#Page_165">165</a>.</li> - -<li class="indx"> Suisses (gardes), <a href="#Page_112">112</a>.</li> - -<li class="indx"> Sully, <a href="#Page_38">38</a>, <a href="#Page_82">82</a>.</li> - -<li class="indx"> Sulpice (Jean), <a href="#Page_163">163</a>.</li> - -<li class="indx"> Sylphide (coiffure à la), <a href="#Page_142">142</a>.</li> - - -<li class="ifrst"> Tabac, <a href="#Page_184">184</a>, <a href="#Page_201">201</a>, -<a href="#Page_202">202</a>.</li> - -<li class="indx"> Taille de 1292<a href="#Page_12">12</a>.</li> - -<li class="indx"> Tallemant des Réaux, <a href="#Page_25">25</a>, -<a href="#Page_27">27</a>, <a href="#Page_28">28</a>, <a href="#Page_29">29</a>, -<a href="#Page_38">38</a>, <a href="#Page_49">49</a>, <a href="#Page_50">50</a>, -<a href="#Page_53">53</a>, <a href="#Page_60">60</a>, <a href="#Page_93">93</a>, -<a href="#Page_98">98</a>, <a href="#Page_129">129</a>.</li> - -<li class="indx"> Témoin discret, <i>coiffure</i>, <a href="#Page_142">142</a>.</li> - -<li class="indx"> Térence, <a href="#Page_178">178</a>, -<a href="#Page_180">180</a>.</li> - -<li class="indx"> Tertullien, <a href="#Page_59">59</a>.</li> - -<li class="indx"> Tête (propreté de la), <a href="#Page_5">5</a>, -<a href="#Page_6">6</a>, <a href="#Page_28">28</a>, <a href="#Page_31">31</a>, -<a href="#Page_32">32</a>, <a href="#Page_42">42</a>, <a href="#Page_164">164</a>, -<a href="#Page_171">171</a>, <a href="#Page_179">179</a>, -<a href="#Page_199">199</a>.</li> - -<li class="indx"> Têtes à perruque, <a href="#Page_91">91</a>.</li> - -<li class="indx"> Thibaut-aux-Dés (rue), <a href="#Page_141">141</a>.—Voy. -<i>Abreuvoir</i>.</li> - -<li class="indx"> Thiers (J. B.), <a href="#Page_61">61</a>.</li> - -<li class="indx"> Thiéry, <a href="#Page_124">124</a>, -<a href="#Page_129">129</a>.</li> - -<li class="indx"> Thomassin (L.), <a href="#Page_58">58</a>.</li> - -<li class="indx"> Thou (J. A. de), <a href="#Page_57">57</a>.</li> - -<li class="indx"> Timidité, <a href="#Page_175">175</a>.</li> - -<li class="indx"> Tonneliers, <a href="#Page_19">19</a>, -<a href="#Page_119">119</a>.</li> - -<li class="indx"> Tonsure <i>de perruque</i>, <a href="#Page_70">70</a>, -<a href="#Page_71">71</a>.</li> - -<li class="indx"> <i>Touriste</i> (le), <a href="#Page_127">127</a>.</li> - -<li class="indx"> Tournelle (pont de la), <a href="#Page_123">123</a>.</li> - -<li class="indx"> Tours, <a href="#Page_74">74</a>.</li> - -<li class="indx"> Tousser (manière de), <a href="#Page_164">164</a>, -<a href="#Page_167">167</a>, <a href="#Page_170">170</a>, -<a href="#Page_178">178</a>.</li> - -<li class="indx"> Trabouillet, <a href="#Page_64">64</a>.</li> - -<li class="indx"> Trévoux (<i>Dictionnaire</i> de), <a href="#Page_54">54</a>, -<a href="#Page_74">74</a>, <a href="#Page_85">85</a>.</li> - -<li class="indx"> Tricorne, <i>chapeau</i>, <a href="#Page_73">73</a>.</li> - -<li class="indx"> Triomphe de l'aurore, <i>coiffure</i>, -<a href="#Page_142">142</a>.</li> - -<li class="indx"> Tronchin (perruque à la), <a href="#Page_69">69</a>.</li> - -<li class="indx"> Troyes (Jean de), <a href="#Page_20">20</a>.</li> - -<li class="indx"> Tuileries (palais des), <a href="#Page_174">174</a>.</li> - -<li class="indx"> Tumeurs froides, <a href="#Page_115">115</a>.</li> - -<li class="indx"> Turenne, <a href="#Page_27">27</a>, <a href="#Page_57">57</a>.</li> - -<li class="indx"> Turque (coiffure à la), <a href="#Page_145">145</a>.</li> - -<li class="indx"> Turque (pouf à la), <a href="#Page_147">147</a>.</li> - -<li class="indx"> Turquin, <i>baigneur</i>, <a href="#Page_123">123</a>, -<a href="#Page_124">124</a>.</li> - -<li class="indx"> Tutoiement, <a href="#Page_86">86</a>.</li> - - -<li class="ifrst"> Urfé (H. d'), <a href="#Page_58">58</a>.</li> - -<li class="indx"> Uriner (manière d'), <a href="#Page_172">172</a>, -<a href="#Page_179">179</a>.</li> - - -<li class="ifrst"> Vagabonds, <a href="#Page_13">13</a>.</li> - -<li class="indx"> Valois (rue de), <a href="#Page_129">129</a>.</li> - -<li class="indx"> Varennes (fuite de), <a href="#Page_120">120</a>, -<a href="#Page_158">158</a>.</li> - -<li class="indx"> Ventouses, <a href="#Page_114">114</a>.</li> - -<li class="indx"> Vernet (Carle), <a href="#Page_100">100</a>.</li> - -<li class="indx"> Verneuil (mad. de), <a href="#Page_29">29</a>.</li> - -<li class="indx"> Verneuil (rue de), <a href="#Page_12">12</a>.</li> - -<li class="indx"> Versailles (château de), <a href="#Page_62">62</a>.</li> - -<li class="indx"> Vert (Claude de), <a href="#Page_6">6</a>.</li> - -<li class="indx"> Vesses, <a href="#Page_165">165</a>.</li> - -<li class="indx"> Vêtements (propreté des), <a href="#Page_163">163</a>.</li> - -<li class="indx"> Veuves de maîtres, <a href="#Page_108">108</a>.</li> - -<li class="indx"> Victoire (coiffure à la), <a href="#Page_148">148</a>.</li> - -<li class="indx"> Vieillard (perruque au), <a href="#Page_69">69</a>.</li> - -<li class="indx"> Vieille-du-Temple (rue), <a href="#Page_118">118</a>.</li> - -<li class="indx"> Vieilles-Étuves (rue des), <a href="#Page_10">10</a>, -<a href="#Page_12">12</a></li> - -<li class="indx"> Vierge (la), <a href="#Page_47">47</a>.</li> - -<li class="indx"> Vifs (cheveux), <a href="#Page_66">66</a>.</li> - -<li class="indx"> Villars (maréchal de), <a href="#Page_79">79</a>.</li> - -<li class="indx"> Ville de Paris (biblioth. de la), <a href="#Page_145">145</a>.</li> - -<li class="indx"> Vincent, <i>perruquier</i>, <a href="#Page_62">62</a>, -<a href="#Page_65">65</a>.</li> - -<li class="indx"> Visage (propreté du), <a href="#Page_32">32</a>, -<a href="#Page_35">35</a>, <a href="#Page_37">37</a>, <a href="#Page_163">163</a>, -<a href="#Page_200">200</a>.</li> - -<li class="indx"> Visitandines, <a href="#Page_6">6</a>, -<a href="#Page_94">94</a>.</li> - -<li class="indx"> Visites, <a href="#Page_182">182</a>, -<a href="#Page_187">187</a>.</li> - -<li class="indx"> Visme (de), <a href="#Page_157">157</a>.</li> - -<li class="indx"> Voiture (V.), <a href="#Page_54">54</a>, -<a href="#Page_57">57</a>.</li> - -<li class="indx"> Voix, <a href="#Page_167">167</a>.</li> - -<li class="indx"> Vol d'amour, <i>coiffure</i>, <a href="#Page_145">145</a>.</li> - -<li class="indx"> Voleuse (la), <i>mouche</i>, <a href="#Page_96">96</a>.</li> - -<li class="indx"> Voltaire (coiffure à la), <a href="#Page_148">148</a>.</li> - -<li class="indx"> Vomir, <a href="#Page_170">170</a>, -<a href="#Page_178">178</a>.</li> - -<li class="indx"> Vouet (Simon), <a href="#Page_58">58</a>.</li> - - -<li class="ifrst"> Wagnière (J. L.), <a href="#Page_121">121</a>.</li> - -<li class="indx"> Walckenaer (baron), <a href="#Page_116">116</a>.</li> - -<li class="indx"> Willemin, <a href="#Page_47">47</a>.</li> - - -<li class="ifrst"> Yeux (propreté des), <a href="#Page_42">42</a>, -<a href="#Page_170">170</a>, <a href="#Page_171">171</a>.</li> - - -<li class="ifrst"> Zamet (hôtel de), <a href="#Page_116">116</a>.</li> - -<li class="indx"> Zodiacale (coiffure à la), <a href="#Page_142">142</a>.</li> -</ul> - - -<hr class="chap" /> - -<p><span class="pagenum"><a name="Page_221" id="Page_221">[Pg 221]</a></span></p> - - - - -<div class="chapter"> - <h2><a name="ADDITIONS" id="ADDITIONS"></a>ADDITIONS</h2> -</div> - - -<div class="bq"> - -<p>Page <a href="#Page_28">28</a>, après: <i>qu'elles effacent les vostres</i>, -la phrase suivante a été oubliée:</p></div> - -<p>Rabelais<a name="FNanchor_297_297" -id="FNanchor_297_297"></a><a href="#Footnote_297_297" -class="fnanchor">[297]</a> raconte comme chose fort ordinaire -que Panurge cueillit un pou sur le sein de la belle -lingère du Palais. Panurge l'y avait mis, c'est vrai; -mais la belle lingère ne semble pas s'être étonnée -le moins du monde de la découverte.</p> - -<div class="bq"> - -<p>Page <a href="#Page_82">82</a>, ajouter le passage suivant, que j'emprunte à -Saint-Simon. C'est de Louis XIV qu'il est ici question:</p></div> - -<p>«Jamais homme si naturellement poli, ni d'une -politesse si fort mesurée, si fort par degrés, ni qui -distinguât mieux l'âge, le mérite, le rang, et dans -ses réponses quand elles passoient le <i>je verrai</i>, et -dans ses manières. Ces étages divers se marquoient -exactement dans sa manière de saluer et de recevoir -les révérences, lorsqu'on partoit ou qu'on -arrivoit. Il étoit admirable à recevoir différemment -<span class="pagenum"><a name="Page_222" id="Page_222">[Pg 222]</a></span> -les saluts à la tête des lignes de l'armée ou aux -revues. Mais surtout pour les femmes, rien n'étoit -pareil. Jamais il n'a passé devant la moindre coiffe -sans soulever son chapeau, je dis aux femmes de -chambre, et qu'il connoissoit pour telles, comme -cela arrivoit souvent à Marly. Aux dames, il ôtoit -son chapeau tout à fait, mais de plus ou moins -loin; aux gens titrés, à demi, et le tenoit en l'air -on à son oreille quelques instants plus ou moins -marqués. Aux seigneurs, mais qui l'étoient, il se -contentoit de mettre la main au chapeau. Il l'ôtoit -comme aux dames pour les princes du sang. S'il -abordoit des dames, il ne se couvroit qu'après les -avoir quittées. Tout cela n'étoit que dehors, car -dans la maison il n'étoit jamais couvert. Ses révérences, -plus ou moins marquées, mais toujours -légères, avoient une grâce et une majesté incomparables, -jusqu'à sa manière de se soulever à demi à -son souper pour chaque dame assise<a name="FNanchor_298_298" -id="FNanchor_298_298"></a><a href="#Footnote_298_298" -class="fnanchor">[298]</a> qui arrivoit, -non pour aucune autre, ni pour les princes du sang; -mais sur les fins cela le fatiguoit, quoiqu'il ne l'ait -jamais cessé, et les dames assises évitoient d'entrer -à son souper quand il étoit commencé.» <i>Mémoires</i>, -édit. de 1881, t. XII, p. 75.</p> - -<div class="bq"> - -<p><span class="smcap">Ajouter</span>, p. <a href="#Footnote_298_298">60</a>, -après la citation de Guillaume Coquillart:</p></div> - -<p>«Les rois de France portaient autrefois une -longue chevelure, ce qui n'était permis qu'aux -princes du sang. Tous les anciens portraits des rois -<span class="pagenum"><a name="Page_223" id="Page_223">[Pg 223]</a></span> -sont ainsi chevelus: il y a peu de temps que cette -coutume a été abandonnée. Le Roi (Henri III), -d'après les conseils de ses médecins, s'est fait raser -tous les cheveux; il porte un béret semblable de -forme au bonnet polonais, qu'il n'ôte jamais, ni en -présence des ambassadeurs ni même à l'église. Il a -une chevelure postiche très riche et très belle<a name="FNanchor_299_299" -id="FNanchor_299_299"></a><a href="#Footnote_299_299" class="fnanchor">[299]</a>.» -<i>Voyage de Jérôme Lippomano, ambassadeur en -France en 1577</i>, dans les <i>Relations des ambassadeurs -vénitiens</i>, t. II, p. 568.</p> - - -<p class="ac">PARIS. TYPOGRAPHIE E. PLON, NOURRIT ET C<sup>ie</sup>, -RUE GARANCIÈRE, 8.</p> - - -<hr class="chap" /> - -<p><span class="pagenum"><a name="Page_2-1" id="Page_2-1">[Pg 1]</a></span></p> - - -<div class="chapter"> - <h2><a name="APPENDICE" id="APPENDICE"></a>APPENDICE</h2> -</div> - - -<p class="ac">AVERTISSEMENT</p> - -<p>Mon intention, en écrivant ces petits volumes, -a été de pénétrer dans la vie privée de -nos pères, de les montrer tels qu'ils étaient -dans l'intimité, de mettre en lumière les petits -côtés de leur existence, ceux qu'ont systématiquement -négligés tous les historiens.</p> - -<p>De là, la nécessité d'aborder parfois certains -sujets scabreux, difficiles à traiter aujourd'hui. -Il est clair, par exemple, que, recherchant les -secrets de la toilette, je ne pouvais passer sous -silence la coutume de l'épilation; que voulant -reconstituer les règles du savoir-vivre, j'étais -bien forcé de rappeler qu'au seizième siècle -le meilleur monde autorisait sur beaucoup de -points un laisser aller qui révolterait notre -société actuelle<a name="FNanchor_300_300" -id="FNanchor_300_300"></a><a href="#Footnote_300_300" -class="fnanchor">[300]</a>.</p> - -<p><span class="pagenum"><a name="Page_2-2" id="Page_2-2">[Pg 2]</a></span></p> - -<p>Afin de concilier le respect des bienséances -avec mes devoirs d'écrivain consciencieux, j'ai -pris le parti de réserver pour un Appendice -facile à détacher du volume, les renseignements -qui s'adressent surtout aux érudits. On y trouvera -aussi certaines pièces que notre pruderie -moderne,—pruderie dans les mots, s'entend,—ne -m'eût pas pardonné de produire au trop -grand jour.</p> - -<p>A tort ou à raison, nos pères n'y regardaient -pas de si près. Ainsi, au seizième siècle, -les vers de Pierre Broë étaient répandus -dans toutes les écoles, et on les faisait apprendre -par cœur aux enfants; ils n'ont -même été composés que pour cela. Et qu'on -ne suppose pas que ce soit là un fait isolé. En -veut-on une preuve? Le vertueux Mathurin -Cordier, le pédagogue le plus accompli du -seizième siècle, celui qui avait pris pour devise: -<i>Pietas et boni mores cum litterarum elegantia</i>, -publia vers 1563 des entretiens destinés -à former les mœurs des enfants, en même -temps qu'à les familiariser avec la langue latine. -Le livre eut un immense succès, les éditions -s'en multiplièrent, et deux ou trois amis de la -jeunesse se chargèrent de le traduire en français.</p> - -<p><span class="pagenum"><a name="Page_2-3" id="Page_2-3">[Pg 3]</a></span></p> - -<p>J'ai sous les yeux une de ces traductions, -donnée en 1672 sous ce titre: <i>Nouvelle traduction -des colloques de Mathurin Cordier. -Corrigée d'un grand nombre de fautes, et -mise dans la pureté des deux langues, pour -la plus grande facilité des enfans</i>. J'en -extrait trois passages, qui suffiront pour donner -une idée de l'ensemble.</p> - -<div class="bq"> - -<p><span class="smcap">LE MAISTRE.</span>—D'où venez-vous?</p> - -<p><span class="smcap">L'ENFANT.</span>—Je viens d'en bas.</p> - -<p><span class="smcap">LE MAISTRE.</span>—Quelle affaire aviez-vous en bas?</p> - -<p><span class="smcap">L'ENFANT.</span>—J'estois allé pour -pisser<a name="FNanchor_301_301" -id="FNanchor_301_301"></a><a href="#Footnote_301_301" class="fnanchor">[301]</a>.</p> -<p class="ar">Livre I, colloque 23, page 33.</p> - -<p class="p2"><span class="smcap">ROSSET.</span>—Je vous diray encore un autre usage -du papier, et très-fréquent au collége.</p> - -<p><span class="smcap">LE MOINE.</span>—Quel?</p> - -<p><span class="smcap">ROSSET.</span>—Je n'oserois pas le dire sans -compliment<a name="FNanchor_302_302" -id="FNanchor_302_302"></a><a href="#Footnote_302_302" class="fnanchor">[302]</a>.</p> - -<p><span class="smcap">LE MOINE.</span>—Qu'est-il besoin de faire des compliments -entre amis, car les paroles ne puent pas.</p> - -<p><span class="smcap">ROSSET.</span>—Je le diray donc, puisque vous le -voulez.</p> - -<p><span class="smcap">LE MOINE.</span>—Dites librement.</p> - -<p><span class="smcap">ROSSET.</span>—Pour torcher son derrière au -privé<a name="FNanchor_303_303" -id="FNanchor_303_303"></a><a href="#Footnote_303_303" class="fnanchor">[303]</a>.</p> - -<p class="ar"> -Livre I, colloque 27, page 41.</p> - -<p class="p2"><span class="smcap">LE MAISTRE.</span>—A quelle heure vous êtes-vous -éveillé ce matin?</p></div> - -<p><span class="pagenum"><a name="Page_2-4" id="Page_2-4">[Pg 4]</a></span></p> - -<div class="bq"> - -<p><span class="smcap">L'ENFANT.</span>—Avant le jour; je ne sçay à quelle -heure.</p> - -<p><span class="smcap">LE MAISTRE.</span>—Qui vous a éveillé?</p> - -<p><span class="smcap">L'ENFANT.</span>—Le réveilleur de la semaine est venu -avec sa lanterne, il a heurté fort à la porte de ma -chambre...</p> - -<p><span class="smcap">LE MAISTRE.</span>—Dites moy par ordre tout ce que -vous avez fait depuis ce temps-là. Vous autres, -enfans, écoutez avec soin des oreilles et de l'esprit, -afin que vous appreniez à imiter vostre compagnon.</p> - -<p><span class="smcap">L'ENFANT.</span>—Estant éveillé, je me suis levé du -lit, j'ay mis ma camisole avec mon pourpoint... je -me suis bien peigné, j'ay mis mon chapeau, j'ay mis -ma robe; ensuite je suis sorty de ma chambre, j'ay -descendu en bas, et j'ay pissé contre la muraille<a name="FNanchor_304_304" -id="FNanchor_304_304"></a><a href="#Footnote_304_304" class="fnanchor">[304]</a>.</p> - -<p class="ar"> -Livre II, colloque 54, page 210. -</p></div> - -<p>C'est ainsi qu'au seizième siècle, et même à -la fin du dix-septième, on entendait l'éducation -des enfants. Nous en sommes revenus, et un -peu trop peut-être. A une si grande licence, -innocente en somme, a succédé une pudeur -exagérée qui explique l'oubli dans lequel ont -été laissés les usages et la vie privée d'autrefois. -L'histoire s'est faite trop chaste et trop -fière pour s'occuper de pareils détails. Laissez-moi -en citer un curieux exemple. Vers 1828, -un homme de talent, M. F. Barrière, découvre -<span class="pagenum"><a name="Page_2-5" id="Page_2-5">[Pg 5]</a></span> -et publie les très intéressants <i>Mémoires</i> de -Louis-Henri de Loménie, comte de Brienne. -Il y rencontre cette phrase: «Sa Majesté, me -voyant entrer si matin dans sa chambre, dont -toutes les entrées m'étoient permises, même -de sa garde-robe, où j'entrois à toute heure, -sans avoir eu besoin de brevet d'affaires, -<i>même quand elle étoit sur sa chaise percée</i>...» -Ces derniers mots révoltent M. Barrière, -qui les supprime. Il en éprouve pourtant -quelque remords, et, dans une note perdue à -la fin du volume, il avoue qu'il n'a pas reproduit -cette ligue parce qu'elle «figurait assez -mal dans une scène d'amour». Mais, barbare, -notre littérature n'est que trop riche en scènes -d'amour; ce qui importait, c'était de nous -montrer dans quelle position, en dépit de l'étiquette, -le grand roi consentait à recevoir ses -secrétaires d'État. Saint-Simon, heureusement, -a été moins réservé.</p> - -<p>En voici assez, j'espère, pour excuser mon -éditeur et moi. Les lecteurs sont donc prévenus -que je ne reculerai devant aucune des exigences -de mon sujet. C'est, d'ailleurs, une nécessité -que je subirai, n'ayant aucune envie de courir -au-devant des occasions, et, dans les moments -difficiles, je m'effacerai autant que possible -<span class="pagenum"><a name="Page_2-6" id="Page_2-6">[Pg 6]</a></span> -pour laisser parler les documents contemporains. -A cet égard, les Appendices me seront -d'une grande utilité. J'aurai soin, cependant, -de n'y insérer que des pièces historiques ayant -directement trait à la question et susceptibles -de l'éclaircir. Quant aux gens qui y chercheraient -autre chose, je les avertis qu'ils chercheront -en vain.</p> - - - -<hr class="chap" /> - -<div class="chapter"> - <h3><a name="III-I" id="III-I"></a>I</h3> -</div> - -<p class="ac"><span class="smcap">Extrait de la</span> <i>Civilité</i> -<span class="smcap">de Jean Sulpice</span><a name="FNanchor_305_305" -id="FNanchor_305_305"></a><a href="#Footnote_305_305" -class="fnanchor">[305]</a>,</p> - -<p class="ac"><i>imitée en français par</i> <span class="smcap">Pierre Broë</span> -<i>en 1552</i>.</p> - - -<div class="poetry-container"> - <div class="poetry"> - <div class="verse">Sur toute chose amonester te veux</div> - <div class="verse">Que tu n'aies point le nez ord ne mourveux,</div> - <div class="verse">Car trop seroys à moquer et reprendre</div> - <div class="verse">S'on te voioyt distiler ou descendre</div> - <div class="verse">Du nez en bas la roupie ou morveau,</div> - <div class="verse">Qui te feroyt estre estimé pour veau.</div> - <div class="verse">D'un autre point aussi je t'amoneste:</div> - <div class="verse">Garde toy bien de te grater la teste</div> - <div class="verse">Devant les gens tant qu'à table seras.</div> - <div class="verse">Puces et poux aussy ne chasseras,</div> - <div class="verse">Ni autre beste ou meschante vermine,</div> - <div class="verse">Quoyqu'en ton doz ou en ton col chemine.</div> - <div class="verse">• • • • - • • • • - • • • </div> - <div class="verse">Mais de peter garde qu'il ne t'eschappe,</div> - <div class="verse">Retiens ce vent et en dedans l'atrappe,</div> - <span class="pagenum"><a name="Page_2-7" id="Page_2-7">[Pg 7]</a></span> - <div class="verse">Ferme le trou, joins les fesses ensemble</div> - <div class="verse">Et serre fort, encores qu'il te semble</div> - <div class="verse">Que la douleur te deust tant tormenter</div> - <div class="verse">Comme une femme approchant d'enfanter:</div> - <div class="verse">Car pour un pet ord, puant et infame</div> - <div class="verse">Fait à la table, il n'est homme ne femme</div> - <div class="verse">Qui ne te dist que tu es à outrance</div> - <div class="verse">L'un des plus grands archevilains de France.</div> - <div class="verse">J'en dis autant sur ce propos ici</div> - <div class="verse">Si tu avoys ocultement vessi:</div> - <div class="verse">Car quelque cas que die le stoïque<a name="FNanchor_306_306" - id="FNanchor_306_306"></a><a href="#Footnote_306_306" - class="fnanchor">[306]</a>,</div> - <div class="verse">Le rot, le pet et la vesse impudique</div> - <div class="verse">Sont reprouvez en bonne compaignie.</div> - <div class="verse">Il n'est celui qui sans honte le nie.</div> - </div> -</div> - -<hr class="sect" /> - -<p>Nous avons vu plus haut<a name="FNanchor_307_307" -id="FNanchor_307_307"></a><a href="#Footnote_307_307" -class="fnanchor">[307]</a> qu'Érasme prêchait une -doctrine contraire à celle qui est si poétiquement -exposée ici, et qu'en 1613 encore on enseignait aux -enfants à <span class="smcap">NE PAS</span> <i>retenir la ventosité du ventre</i>. Il -faut dire, à la louange de nos mœurs, qu'au milieu -du dix-septième siècle cette théorie n'était plus en -faveur. Je n'en veux pour preuve que les vers suivants, -attribués à Saint-Évremont, et que j'extrais -d'un petit volume rare publié en 1661<a name="FNanchor_308_308" -id="FNanchor_308_308"></a><a href="#Footnote_308_308" class="fnanchor">[308]</a>.</p> - -<p class="ac">SUR UN PET QU'UN AMANT FIT EN PRÉSENCE -DE SA MAISTRESSE.</p> - -<div class="poetry-container"> - <div class="poetry"> - <div class="stanza"> - <div class="verse">Unique objet de mes désirs,</div> - <div class="verse">Philis, faut-il que mes plaisirs - <span class="pagenum"><a name="Page_2-8" id="Page_2-8">[Pg 8]</a></span></div> - <div class="verse">Pour rien se changent en supplices,</div> - <div class="verse">Et qu'au mépris de vostre foy</div> - <div class="verse">Un pet efface les services</div> - <div class="verse">Que vous avez receu de moy?</div> - </div> - <div class="stanza"> - <div class="verse">Je sçay bien, ô charmant objet,</div> - <div class="verse">Que vous avez quelque sujet</div> - <div class="verse">D'estre pour moy toute de glace;</div> - <div class="verse">Et je confesse ingénûment,</div> - <div class="verse">Puisque mon cul fait ma disgrâce,</div> - <div class="verse">Qu'elle n'est pas sans fondement.</div> - </div> - <div class="stanza"> - <div class="verse">Si pourtant cet extrême amour</div> - <div class="verse">Dont j'eus des preuves chaque jour</div> - <div class="verse">Pour un pet s'est changé en haine,</div> - <div class="verse">Vous ne pouviez jamais songer</div> - <div class="verse">A rompre une si forte chaisne</div> - <div class="verse">Pour aucun sujet plus léger.</div> - </div> - <div class="stanza"> - <div class="verse">Mon cœur outré de déplaisirs</div> - <div class="verse">Estoit gros de tant de soûpirs,</div> - <div class="verse">Voyant votre amour si farouche,</div> - <div class="verse">Que l'un d'eux se trouva réduit,</div> - <div class="verse">Ne pouvant sortir par ma bouche,</div> - <div class="verse">A chercher un autre conduit.</div> - </div> - <div class="stanza"> - <div class="verse">S'il est vray qu'on n'ose nier</div> - <div class="verse">La porte à chaque prisonnier</div> - <div class="verse">Alors que la Princesse passe,</div> - <div class="verse">Ce pet pouvoit avec raison</div> - <div class="verse">Vous demander la mesme grâce,</div> - <div class="verse">Puisqu'il se voyoit en prison.</div> - </div> - <div class="stanza"> - <div class="verse">S'il ne s'est pas fort bien conduit,</div> - <div class="verse">Qu'il ait fait quelque peu de bruit</div> - <div class="verse">Lors qu'il se fraya cette voye,</div> - <div class="verse">C'est qu'il estoit si transporté</div> - <div class="verse">Qu'il fit en l'air un cry de joye</div> - <div class="verse">En recouvrant sa liberté.</div> - </div> - <div class="stanza"> - <div class="verse">Hélas! quand je viens à songer - <span class="pagenum"><a name="Page_2-9" id="Page_2-9">[Pg 9]</a></span></div> - <div class="verse">A ce sujet foible et léger</div> - <div class="verse">Qui cause mon malheur extrême,</div> - <div class="verse">Je m'écrie en ma vive ardeur:</div> - <div class="verse">Falloit-il me mettre moy-même</div> - <div class="verse">Près de vous en mauvaise odeur?</div> - </div> - <div class="stanza"> - <div class="verse">Si pour un pet fait par hazard,</div> - <div class="verse">Vostre cœur où j'ay tant de part</div> - <div class="verse">Pour jamais de moy se retire,</div> - <div class="verse">Voulez-vous que d'oresnavant</div> - <div class="verse">Vous me donniez sujet de dire</div> - <div class="verse">Que vous changez au moindre vent?</div> - </div> - </div> -</div> - -<hr class="sect" /> - -<div class="chapter"> - <h3><a name="III-II" id="III-II"></a>II</h3> -</div> - -<p class="ac"><span class="smcap">Sur l'épilation.</span></p> - - -<p>Clément Marot raille ainsi les barbiers réduits -au rôle d'épileurs:</p> - -<div class="poetry-container"> - <div class="poetry"> - <div class="verse">Povres barbiers, vous estes morfonduz</div> - <div class="verse">De veoir ainsi gentilzhommes tonduz</div> - <div class="verse">Et porter barbe• • - • • • • </div> - <div class="verse">• • • - • • • Plus comtes ne ducz</div> - <div class="verse">Ne peignerez; mais comme gens perduz</div> - <div class="verse">Vous en irez besongner chaudement</div> - <div class="verse">En quelque estuve, et là gaillardement</div> - <div class="verse">Tondre maujoinct et raser priapus<a name="FNanchor_309_309" - id="FNanchor_309_309"></a><a href="#Footnote_309_309" - class="fnanchor">[309]</a>.</div> - </div> -</div> - -<p>Parmi les talents variés que prétend posséder le -<i>Varlet à tout faire</i> de Christophe de Bordeaux<a name="FNanchor_310_310" -id="FNanchor_310_310"></a><a href="#Footnote_310_310" class="fnanchor">[310]</a>, -figure l'art de manier dextrement le rasoir:</p> - -<p><span class="pagenum"><a name="Page_2-10" id="Page_2-10">[Pg 10]</a></span></p> - -<div class="poetry-container"> - <div class="poetry"> - <div class="verse">Je suis fort bon barbier d'estuves</div> - <div class="verse">Pour raser et tondre maujoint.</div> - </div> -</div> - -<p>La <i>Chambrière à tout faire</i><a name="FNanchor_311_311" -id="FNanchor_311_311"></a><a href="#Footnote_311_311" -class="fnanchor">[311]</a> est prête à rendre le -même service aux dames plus réservées. Je suis, -dit-elle,</p> - -<div class="poetry-container"> - <div class="poetry"> - <div class="verse">Fort bonne barbière d'estuves</div> - <div class="verse">Pour raser et tondre le cas.</div> - </div> -</div> - -<p>L'auteur du <i>Banquet des chambrières</i><a name="FNanchor_312_312" -id="FNanchor_312_312"></a><a href="#Footnote_312_312" -class="fnanchor">[312]</a> nous introduit -dans des étuves où viennent d'entrer trois -jeunes servantes délurées, Perrette, Alizon et Ysabeau, -conduites par une vieille commère, servante -comme elles. Les quatre femmes ont apporté de -quoi déjeuner, mais on les invite à se baigner -auparavant:</p> - -<div class="poetry-container"> - <div class="poetry"> - <div class="verse">Filles, montés sans babiller;</div> - <div class="verse">Si vous voulez deshabiller,</div> - <div class="verse">Le baing est désormais trop chaud.</div> - </div> -</div> - -<p>Après le bain, la vieille se rendit dans un petit -cabinet où</p> - -<div class="poetry-container"> - <div class="poetry"> - <div class="verse">Quelque chambrière ou varlet</div> - <div class="verse">Luy ratissa d'ung vieil cousteau</div> - <div class="verse">Le ventre jusques à la peau.</div> - </div> -</div> - -<p>Elle fut remplacée par Perrette, puis par Alizon,</p> - -<div class="poetry-container"> - <div class="poetry"> - <div class="verse">Ausquelles on faucha leur prez.</div> - </div> -</div> - -<p>Mais Ysabeau avait peur, et refusait de se laisser -raser. Elle finit cependant par céder:</p> - -<p><span class="pagenum"><a name="Page_2-11" id="Page_2-11">[Pg 11]</a></span></p> - -<div class="poetry-container"> - <div class="poetry"> - <div class="verse">La vieille ratissa en sorte</div> - <div class="verse">Que Babeau cuydoit estre morte.</div> - <div class="verse">Mais en fin elle fut moult fière</div> - <div class="verse">D'avoir ung si mignon derrière.</div> - </div> -</div> - -<p>Le poëte, qui n'a pas eu tort de garder l'anonyme, -nous apprend ensuite que Babeau, ayant -remis sa chemise, le repas commença:</p> - -<div class="poetry-container"> - <div class="poetry"> - <div class="verse">La nappe fut près du baing mise,</div> - <div class="verse">Le petit banquet appresté.</div> - </div> -</div> - -<p>Au chapitre des redevances curieuses, Sauval -raconte que la comtesse d'Auge recevait chaque -année de ses vassaux un rasoir<a name="FNanchor_313_313" -id="FNanchor_313_313"></a><a href="#Footnote_313_313" -class="fnanchor">[313]</a>, dont l'usage n'est -d'ailleurs pas indiqué. Il est certain que, dans le -peuple et la bourgeoisie, la mode de l'épilation disparut -en même temps que l'habitude d'aller aux -étuves. Un passage des <i>Facétieuses paradoxes de -Bruscambille</i><a name="FNanchor_314_314" -id="FNanchor_314_314"></a><a href="#Footnote_314_314" -class="fnanchor">[314]</a>, passage que je ne veux pas reproduire, -montre bien qu'au seizième siècle la plupart -des femmes y avaient renoncé. Mais parmi les recherches -de la coquetterie à cette époque, il faut -mentionner la coutume de s'épiler les sourcils, de -manière à ne conserver au-dessus des yeux qu'une -ligne à peine visible<a name="FNanchor_315_315" -id="FNanchor_315_315"></a><a href="#Footnote_315_315" class="fnanchor">[315]</a>.</p> - -<p>Dans le grand monde, l'épilation resta en honneur -jusqu'à la fin du dix-huitième siècle. En 1766, -quand le duc d'Orléans épousa madame de Montesson, -l'époux reçut la chemise, le soir des noces, -<span class="pagenum"><a name="Page_2-12" id="Page_2-12">[Pg 12]</a></span> -avec le cérémonial usité à la cour. Le marquis de -Valençay la présenta, et le prince, se dépouillant -de celle qu'il portait, offrit à tous les assistants le -spectacle d'une épilation complète, suivant les règles -de la plus brillante galanterie du temps. «Les -princes et les grands, ajoute Soulavie<a name="FNanchor_316_316" -id="FNanchor_316_316"></a><a href="#Footnote_316_316" -class="fnanchor">[316]</a>, ne consommaient -des mariages ou ne recevaient les premières -faveurs d'une maîtresse qu'après cette opération -préalable.»</p> - - - -<hr class="sect" /> - -<div class="chapter"> - <h3><a name="III-III" id="III-III"></a>III</h3> -</div> - -<p>Voici le passage auquel je fais allusion, page <a href="#Page_121">121</a>:</p> - -<p>«Le lendemain, j'entrai chez elle en même temps -que sa femme de chambre; elle fit tirer les rideaux -et se leva. Tandis que ma sœur préparait une chemise, -madame, qui se trouvait debout vis à vis de -moi, laissa subitement couler celle qu'elle avait sur -le corps, et resta nue comme une statue de marbre. -J'étais interdit et n'osais lever les yeux sur elle... -Quand je fus seul avec ma sœur, je lui demandai -si madame du Châtelet changeait ainsi de chemise -devant tout le monde; elle me dit que non, mais -que devant ses gens elle ne se gênait nullement, -et elle m'avertit qu'une autre fois, quand pareille -chose arriverait, je ne fisse pas semblant de m'en -apercevoir.</p> - -<p>«Cependant, quelques jours après, au moment où -elle était, dans son bain, elle sonna. Je m'empressai -<span class="pagenum"><a name="Page_2-13" id="Page_2-13">[Pg 13]</a></span> -d'accourir dans sa chambre; ma sœur, occupée ailleurs, -ne s'y trouvait point alors. Madame du -Châtelet me dit de prendre une bouilloire qui était -devant le feu, et de lui verser de l'eau dans son -bain, parce qu'il se refroidissait. En m'approchant, -je vis qu'elle était nue, et qu'on n'avait point mis -d'essence dans le bain, car l'eau en était parfaitement -claire et limpide. Madame écartait les jambes, -afin que je versasse plus commodément et sans lui -faire mal l'eau bouillante que j'apportais. En commençant -cette besogne, ma vue tomba sur ce que -je ne cherchais pas à voir. Honteux et détournant -la tête autant qu'il m'était possible, ma main vacillait -et versait l'eau au hasard: «Prenez donc garde, -me dit-elle brusquement d'une voix forte, vous -allez me brûler.» Force me fut d'avoir l'œil à mon -ouvrage, et de l'y tenir, malgré moi, plus longtemps -que je ne voulais.</p> - -<p>«Cette aventure me parut encore plus singulière -que le changement de chemise. Je n'étais pas encore -familiarisé avec une telle aisance de la part -des maîtresses que je servais... J'ai été à même de -juger que les grandes dames ne regardaient leurs -laquais que comme des automates. Je suis convaincu -que madame du Châtelet dans son bain, en m'ordonnant -de la servir, ne voyait pas même en cela -une ombre d'indécence, et que mon individu n'était -alors à ses yeux ni plus ni moins que la bouilloire -que j'avais à la main<a name="FNanchor_317_317" -id="FNanchor_317_317"></a><a href="#Footnote_317_317" -class="fnanchor">[317]</a>.»</p> - -<p><span class="pagenum"><a name="Page_2-14" id="Page_2-14">[Pg 14]</a></span></p> - -<p>Soulavie<a name="FNanchor_318_318" -id="FNanchor_318_318"></a><a href="#Footnote_318_318" -class="fnanchor">[318]</a>, de son côté, raconte le fait suivant, -bien invraisemblable de toute manière, et qui ne -se concilie guère avec ce que madame Campan nous -dit de la réserve que montra toujours sur ce point -Marie-Antoinette: «Un ecclésiastique remarquable -par son âge, ses vertus et sa réputation dans une -des parties de l'art de guérir, appelé auprès de la -Reine, la trouva nue, étendue dans un bain. Le -vieillard recule, elle le rappelle, et il est obligé de -lui répondre et de rester dans une situation où il -pouvait admirer le plus beau corps qu'eût jamais -produit la nature.»</p> - - - -<hr class="sect" /> - -<div class="chapter"> - <h3><a name="III-IV" id="III-IV"></a>IV</h3> -</div> - -<p>J'ai parlé des colères de l'Église contre l'usage -des faux cheveux et les autres artifices de la coquetterie -féminine. Mais les théologiens s'exprimaient -alors en tel style qu'il est difficile, même ici, de -citer la plupart d'entre eux, et en particulier les -sermons de Menot et de Maillard. J'emprunte l'extrait -suivant à un moraliste plus réservé, le brave -père Arnoux, chanoine de Riez:</p> - -<p>«Les filles vaines, les femmes hautaines, les -veuves mignardes, les damoiselles pompeuses et les -dames superbes, pour punition de l'ornement débordé -qu'elles font à leurs cheveux et déguisement -de leurs sourcilleuses perruques, elles auront la -<span class="pagenum"><a name="Page_2-15" id="Page_2-15">[Pg 15]</a></span> -teste pelée, car là on ne verra plus ces belles perruques, -ces cheveux blonds en forme de casamate -sur la teste esparpillez et ondoyans sur ces fronts -emperlez... Et pour punition du desbordement de -vos superbes habits, en enfer vous serez toutes nuës -à vostre grande honte et confusion, de quoy les -diables feront de très grandes risées, vous reprochant -haut et clair devant tous toutes vos lubricitez, -crimes et paillardises, et tout ce que vous aurez fait -de plus voluptueux et deshonneste, et découvrant -ignominieusement à la veuë de tous tout ce qu'en -vostre corps vous aurez de plus honteux, vous -traînant toutes nuës par tout l'enfer, à la veuë d'un -chacun.</p> - -<p>«Ha femmes! ha filles! ha damoiselles! ha mes -dames que ne pensez-vous à cela? Hélas, vous estes -si vergongneuses et craignez tant la honte, que -pour rien au monde vous ne voudriez permettre -qu'un homme vous vist nuës une seule fois, et -fut-il celuy que vous estimez qui vous ayme le -plus; et cependant vous n'avisez pas que pour -punition de vos vanitez et débordemens, mille et -autres mille fois on vous traînera nuës par tout -l'enfer, non devant un homme, mais devant cent -mille qui à gorge déployée se mocqueront et riront -de vous, voyant vos hontes et vergongnes. De quelle -confusion serez-vous saisies quand vous vous verrez -ainsi traînées toutes nuës, monstrant à découvert -tout ce que vous aurez de plus honteux, et menées -en tel équipage par tout l'enfer mille et mille fois -le jour, avec le fanfare des trompettes que les diables -sonneront avec grandes risées et mocqueries, -<span class="pagenum"><a name="Page_2-16" id="Page_2-16">[Pg 16]</a></span> -et criant: Voyez, voyez, voicy la paillarde, voicy -la p....n, voicy telle dame de tel lieu, la nommant -par son propre nom et surnom, laquelle tant et -tant de fois a paillardé, disant le nombre, avec un -tel, et tant avec un tel, et plusieurs fois avec beaucoup -d'autres; voicy la paillarde, voicy la p....n, -venez, venez la voir!</p> - -<p>«Et alors, cent mille et autres cent mille, qui -très bien te cognoistront, puis tous tes parens, ton -père, ta mère, ton mary, et tous tes voisins passionnez -d'une haine mortelle à l'encontre de toy, accourront -te voir pour se rire et se mocquer de toy, -disant l'un à l'autre, la voilà la p....n! la voilà! Puis, -s'accordans avec les diables pour entièrement te -confondre, tous ensemble crieront: Voicy la paillarde, -voicy la p....n, qu'elle soit donc tourmentée; -sus, sus les diables! sus démons, sus! sus furies -infernales! jetez-vous sur cette p....n, et qu'on luy -rende autant de tourmens et de supplices qu'elle a -eu de plaisirs en sa vie!</p> - -<p>«Femmes, ce n'est pas moy, mais c'est sainct -Jean l'Évangéliste, qui dit en son Apocalypse cela -estre très véritable<a name="FNanchor_319_319" -id="FNanchor_319_319"></a><a href="#Footnote_319_319" -class="fnanchor">[319]</a>.»</p> - -<hr class="chap" /> - - -<div class="footnotes"><h2>NOTES:</h2> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_1_1" id="Footnote_1_1"></a> -<a href="#FNanchor_1_1"><span class="label">[1]</span></a> -<span class="smcap">Larivey</span>, <i>Les tromperies</i>, scène 4.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_2_2" -id="Footnote_2_2"></a><a href="#FNanchor_2_2"><span class="label">[2]</span></a> -«Sanis autem, et maxime juvenibus, tardius concedatur.»</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_3_3" -id="Footnote_3_3"></a><a href="#FNanchor_3_3"><span class="label">[3]</span></a> -Dom <span class="smcap">Calmet</span>, <i>Commentaire sur la règle de saint -Benoît</i>, t. I, p. 563.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_4_4" id="Footnote_4_4"></a> -<a href="#FNanchor_4_4"><span class="label">[4]</span></a> -Dom <span class="smcap">Calmet</span>, <i>Commentaire sur la règle de saint Benoît</i>, -t. II, p. 260.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_5_5" id="Footnote_5_5"></a> -<a href="#FNanchor_5_5"><span class="label">[5]</span></a> Dom -<span class="smcap">Calmet</span>, <i>Commentaire sur la règle de saint Benoît</i>, -t. II, p. 236.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_6_6" id="Footnote_6_6"></a> -<a href="#FNanchor_6_6"><span class="label">[6]</span></a> -«Lotis manibus et facie, cum tria manutergia pendeant -simul in claustro, non tergit ad aliud quam quod suis similibus -est deputatum, quia unum est pueris, alterum cantoribus, -tertium idiotis.» <i>Antiquiores consuetudines Cluniacensis -monasterii</i>, lib. II, cap. <span class="smcap">X</span>, p. 62.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_7_7" id="Footnote_7_7"></a> -<a href="#FNanchor_7_7"><span class="label">[7]</span></a> <i>Commentaire</i>, -etc., t. II, p. 275 et 276.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_8_8" id="Footnote_8_8"></a> -<a href="#FNanchor_8_8"><span class="label">[8]</span></a> -<span class="smcap">Claude de Vert</span>, <i>Explication des -cérémonies de l'Église</i>, -t. II, p. 370.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_9_9" id="Footnote_9_9"></a> -<a href="#FNanchor_9_9"><span class="label">[9]</span></a> Voy. les -<i>Mémoires de la duchesse de Mazarin</i>, dans -les Œuvres de <span class="smcap">Saint-Réal</span>, t. III, p. 578.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_10_10" id="Footnote_10_10"></a> -<a href="#FNanchor_10_10"><span class="label">[10]</span></a> -Tome I, p. 487.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_11_11" id="Footnote_11_11"></a> -<a href="#FNanchor_11_11"><span class="label">[11]</span></a> Voy. J.-B. -<span class="smcap">Alegiani</span>, <i>Abrégé de la vie de B. Labre</i>, -p. 48.— <span class="smcap">Marconi</span>, <i>Vie de B. Labre</i>, p. 127.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_12_12" id="Footnote_12_12"></a> -<a href="#FNanchor_12_12"><span class="label">[12]</span></a> -<span class="smcap">Jaillot</span>, <i>Recherches sur Paris</i>, quartier de la Cité, -p. 26.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_13_13" id="Footnote_13_13"></a> -<a href="#FNanchor_13_13"><span class="label">[13]</span></a> Archives de -Saint-Martin des Champs, citées par <span class="smcap">Jaillot</span>, -quartier Saint-Martin, p. 15.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_14_14" id="Footnote_14_14"></a> -<a href="#FNanchor_14_14"><span class="label">[14]</span></a> -<span class="smcap">Jaillot</span>, quartier Saint-Jacques-la-Boucherie, -p. 65.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_15_15" id="Footnote_15_15"></a> -<a href="#FNanchor_15_15"><span class="label">[15]</span></a> -<span class="smcap">Jaillot</span>, quartier Saint-Denis, p. 37.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_16_16" id="Footnote_16_16"></a> -<a href="#FNanchor_16_16"><span class="label">[16]</span></a> -<span class="smcap">Jaillot</span>, quartier Sainte-Opportune, p. 10.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_17_17" id="Footnote_17_17"></a> -<a href="#FNanchor_17_17"><span class="label">[17]</span></a> -<span class="smcap">Jaillot</span>, quartier Saint-Benoît, p. 103.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_18_18" id="Footnote_18_18"></a> -<a href="#FNanchor_18_18"><span class="label">[18]</span></a> -<span class="smcap">Jaillot</span>, quartier Saint-André, p. 46.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_19_19" id="Footnote_19_19"></a> -<a href="#FNanchor_19_19"><span class="label">[19]</span></a> -<span class="smcap">Jaillot</span>, quartier Saint-André, p. 48.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_20_20" id="Footnote_20_20"></a> -<a href="#FNanchor_20_20"><span class="label">[20]</span></a> -<span class="smcap">Jaillot</span>, quartier Saint-Martin, p. 15.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_21_21" id="Footnote_21_21"></a> -<a href="#FNanchor_21_21"><span class="label">[21]</span></a> -<i>Lévitique</i>, chap. <span class="smcap">XV</span>.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_22_22" id="Footnote_22_22"></a> -<a href="#FNanchor_22_22"><span class="label">[22]</span></a> Censier, -cité par <span class="smcap">Jaillot</span>, quartier de la Cité, p. 155.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_23_23" id="Footnote_23_23"></a> -<a href="#FNanchor_23_23"><span class="label">[23]</span></a> Alors <i>rue -des Estuves</i>.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_24_24" id="Footnote_24_24"></a> -<a href="#FNanchor_24_24"><span class="label">[24]</span></a> Alors <i>rue -de Vernueil</i>.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_25_25" id="Footnote_25_25"></a> -<a href="#FNanchor_25_25"><span class="label">[25]</span></a> Alors -<i>rue Aussel d'Argenteuil</i>.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_26_26" id="Footnote_26_26"></a> -<a href="#FNanchor_26_26"><span class="label">[26]</span></a> Jour.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_27_27" id="Footnote_27_27"></a> -<a href="#FNanchor_27_27"><span class="label">[27]</span></a> -Sans différer.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_28_28" id="Footnote_28_28"></a> -<a href="#FNanchor_28_28"><span class="label">[28]</span></a> Voy. -dans cette collection le volume intitulé: <i>L'annonce -et la réclame</i>.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_29_29" id="Footnote_29_29"></a> -<a href="#FNanchor_29_29"><span class="label">[29]</span></a> Titre -<span class="smcap">LXXIII</span>.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_30_30" id="Footnote_30_30"></a> -<a href="#FNanchor_30_30"><span class="label">[30]</span></a> Article 1.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_31_31" id="Footnote_31_31"></a> -<a href="#FNanchor_31_31"><span class="label">[31]</span></a> Article 2.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_32_32" id="Footnote_32_32"></a> -<a href="#FNanchor_32_32"><span class="label">[32]</span></a> Article 4.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_33_33" id="Footnote_33_33"></a> -<a href="#FNanchor_33_33"><span class="label">[33]</span></a> Manuscrit -du fonds de Saint-Germain, cité par V. <span class="smcap">Gay</span>, -<i>Glossaire archéologique</i>, p. 105.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_34_34" id="Footnote_34_34"></a> -<a href="#FNanchor_34_34"><span class="label">[34]</span></a> Serment.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_35_35" id="Footnote_35_35"></a> -<a href="#FNanchor_35_35"><span class="label">[35]</span></a> Article 4.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_36_36" id="Footnote_36_36"></a> -<a href="#FNanchor_36_36"><span class="label">[36]</span></a> Il se -trouve seulement dans le manuscrit le moins -ancien du <i>Livre des métiers</i>.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_37_37" id="Footnote_37_37"></a> -<a href="#FNanchor_37_37"><span class="label">[37]</span></a> Article 4.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_38_38" id="Footnote_38_38"></a> -<a href="#FNanchor_38_38"><span class="label">[38]</span></a> Article 6.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_39_39" id="Footnote_39_39"></a> -<a href="#FNanchor_39_39"><span class="label">[39]</span></a> Article 5.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_40_40" id="Footnote_40_40"></a> -<a href="#FNanchor_40_40"><span class="label">[40]</span></a> <i>Les -cent et sept cris, que l'on crie journellement à -Paris</i>, etc., 1545, in-12.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_41_41" id="Footnote_41_41"></a> -<a href="#FNanchor_41_41"><span class="label">[41]</span></a> -<i>Chroniques</i>, liv. II, chap. <span class="smcap">CLXIII</span>; édit. -Buchon, t. II, -p. 215.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_42_42" id="Footnote_42_42"></a> -<a href="#FNanchor_42_42"><span class="label">[42]</span></a> Voy. le -<i>Glossaire archéologique</i> de <span class="smcap">Gay</span>, p. 104.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_43_43" id="Footnote_43_43"></a> -<a href="#FNanchor_43_43"><span class="label">[43]</span></a> -<span class="smcap">Douët-d'Arcq</span>, <i>Comptes de l'hôtel</i>, -p. 353 et 390.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_44_44" id="Footnote_44_44"></a> -<a href="#FNanchor_44_44"><span class="label">[44]</span></a> -<span class="smcap">Douët-d'Arcq</span>, <i>Comptes de l'argenterie</i>, -p. 230 et 350.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_45_45" id="Footnote_45_45"></a> -<a href="#FNanchor_45_45"><span class="label">[45]</span></a> Inventaire -publié par J. Labarte, p. 75, 184 et 199.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_46_46" id="Footnote_46_46"></a> -<a href="#FNanchor_46_46"><span class="label">[46]</span></a> Firent -grande chère.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_47_47" id="Footnote_47_47"></a> -<a href="#FNanchor_47_47"><span class="label">[47]</span></a> -Maîtresse du Roi.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_48_48" id="Footnote_48_48"></a> -<a href="#FNanchor_48_48"><span class="label">[48]</span></a> <i>Chronique</i>, -édit. <span class="smcap">Michaud</span>, 1<sup>re</sup> série, -t. IV, p. 280 et 281.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_49_49" id="Footnote_49_49"></a> -<a href="#FNanchor_49_49"><span class="label">[49]</span></a> Voy. entre -autres, dans les <i>Cent nouvelles nouvelles</i>, -les contes I et III.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_50_50" id="Footnote_50_50"></a> -<a href="#FNanchor_50_50"><span class="label">[50]</span></a> Il ne faut pas -oublier que la Cité finissait alors à peu -près à l'endroit où s'élève aujourd'hui le grand escalier du -Palais, sur la rue de Harlay.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_51_51" id="Footnote_51_51"></a> -<a href="#FNanchor_51_51"><span class="label">[51]</span></a> -<i>Antiquités de Paris</i>, t. II, p. 273, 274 et 280.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_52_52" id="Footnote_52_52"></a> -<a href="#FNanchor_52_52"><span class="label">[52]</span></a> -Édition de 1731, t. VI, p. 257.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_53_53" id="Footnote_53_53"></a> -<a href="#FNanchor_53_53"><span class="label">[53]</span></a> Voy. -<span class="smcap">Tallemant des Réaux</span>, <i>Historiettes</i>, -t. I, p. 147.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_54_54" id="Footnote_54_54"></a> -<a href="#FNanchor_54_54"><span class="label">[54]</span></a> -<i>La ruelle mal assortie</i>, dans le <i>Nouveau recueil des -pièces les plus agréables de ce temps</i>, p. 114.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_55_55" id="Footnote_55_55"></a> -<a href="#FNanchor_55_55"><span class="label">[55]</span></a> -<i>La contenance de la table</i>, in-8<sup>o</sup> goth. de 8 pages.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_56_56" id="Footnote_56_56"></a> -<a href="#FNanchor_56_56"><span class="label">[56]</span></a> -«Si quid in solum dejectum est, emuncto duobus digitis -naso, mox pede proterendum est.» <i>De civilitate morum</i>, -p. 12.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_57_57" id="Footnote_57_57"></a> -<a href="#FNanchor_57_57"><span class="label">[57]</span></a> -<i>Historiettes</i>, t. I, p. 493.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_58_58" id="Footnote_58_58"></a> -<a href="#FNanchor_58_58"><span class="label">[58]</span></a> -<i>Le voyageur à Paris, tableau pittoresque et moral de -cette capitale</i>, t. II, p. 95.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_59_59" id="Footnote_59_59"></a> -<a href="#FNanchor_59_59"><span class="label">[59]</span></a> -«Subinde scabere caput apud alios parum decet.» -P. 22.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_60_60" id="Footnote_60_60"></a> -<a href="#FNanchor_60_60"><span class="label">[60]</span></a> Page 44.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_61_61" id="Footnote_61_61"></a> -<a href="#FNanchor_61_61"><span class="label">[61]</span></a> Page 26.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_62_62" id="Footnote_62_62"></a> -<a href="#FNanchor_62_62"><span class="label">[62]</span></a> -<i>Journal de Jean Héroard</i>, t. I, p. 386.—Sur ce sujet, -voy. aussi <span class="smcap">Tallemant des Réaux</span>, t. I, p. 37, -et le <i>Journal -de la santé de Louis XIV</i>, p. 329.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_63_63" id="Footnote_63_63"></a> -<a href="#FNanchor_63_63"><span class="label">[63]</span></a> -<i>Historiettes</i>, t. I, p. 8.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_64_64" id="Footnote_64_64"></a> -<a href="#FNanchor_64_64"><span class="label">[64]</span></a> -<i>Aventures du baron de Fæneste</i>, liv. IV, chap. -<span class="smcap">VII</span>.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_65_65" id="Footnote_65_65"></a> -<a href="#FNanchor_65_65"><span class="label">[65]</span></a> Sœur.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_66_66" id="Footnote_66_66"></a> -<a href="#FNanchor_66_66"><span class="label">[66]</span></a> Aurez.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_67_67" id="Footnote_67_67"></a> -<a href="#FNanchor_67_67"><span class="label">[67]</span></a> Mal couverte.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_68_68" id="Footnote_68_68"></a> -<a href="#FNanchor_68_68"><span class="label">[68]</span></a> Querelleuse.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_69_69" id="Footnote_69_69"></a> -<a href="#FNanchor_69_69"><span class="label">[69]</span></a> Tome I, -p. 171.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_70_70" id="Footnote_70_70"></a> -<a href="#FNanchor_70_70"><span class="label">[70]</span></a> -<i>Le procès des femmes et des pulces</i>. Paris, in-8<sup>o</sup> goth.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_71_71" id="Footnote_71_71"></a> -<a href="#FNanchor_71_71"><span class="label">[71]</span></a> Paris, -1539, in-32, p. 18.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_72_72" id="Footnote_72_72"></a> -<a href="#FNanchor_72_72"><span class="label">[72]</span></a> Voy. B. -<span class="smcap">de Montfaucon</span>, <i>Monumens de la monarchie -françoise</i>, t. V, p. 314.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_73_73" id="Footnote_73_73"></a> -<a href="#FNanchor_73_73"><span class="label">[73]</span></a> -Dans le <i>Nouveau recueil des pièces les plus agréables -de ce temps</i>, p. 1 et suiv.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_74_74" id="Footnote_74_74"></a> -<a href="#FNanchor_74_74"><span class="label">[74]</span></a> Pages 15 à 17.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_75_75" id="Footnote_75_75"></a> -<a href="#FNanchor_75_75"><span class="label">[75]</span></a> -Les actes officiels les nomment dans la suite <i>Barbiers</i>, -<i>Perruquiers</i>, <i>Baigneurs</i>, <i>Étuvistes</i>.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_76_76" id="Footnote_76_76"></a> -<a href="#FNanchor_76_76"><span class="label">[76]</span></a> -Bibliothèque nationale, manuscrits Delamarre, Arts et -métiers, t. II, f<sup>o</sup> 112.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_77_77" id="Footnote_77_77"></a> -<a href="#FNanchor_77_77"><span class="label">[77]</span></a> J. B. -<span class="smcap">de la Salle</span>, <i>Les règles de la bienséance et de la -civilité chrétienne</i>, p. 11.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_78_78" id="Footnote_78_78"></a> -<a href="#FNanchor_78_78"><span class="label">[78]</span></a> -<i>Mémoires</i>, édition <span class="smcap">Petitot</span>, t. XXXVI, p. 354, et -t. XXXIX, p. 384.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_79_79" id="Footnote_79_79"></a> -<a href="#FNanchor_79_79"><span class="label">[79]</span></a> -<i>Journal de la santé de Louis XIV</i>, p. 320.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_80_80" id="Footnote_80_80"></a> -<a href="#FNanchor_80_80"><span class="label">[80]</span></a> -<span class="smcap">Tallemant des Réaux</span>, t. I, p. 112, et -t. IX, p. 370.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_81_81" id="Footnote_81_81"></a> -<a href="#FNanchor_81_81"><span class="label">[81]</span></a> Pages 10 à 15.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_82_82" id="Footnote_82_82"></a> -<a href="#FNanchor_82_82"><span class="label">[82]</span></a> -<i>Nouveau traité de la civilité qui se pratique en France -parmi les honnestes gens</i>, par Ant. <span class="smcap">de Courtin</span>, 1675, -in-12. Je cite la huitième édition, imprimée en 1695.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_83_83" id="Footnote_83_83"></a> -<a href="#FNanchor_83_83"><span class="label">[83]</span></a> Page 75.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_84_84" id="Footnote_84_84"></a> -<a href="#FNanchor_84_84"><span class="label">[84]</span></a> Page 263.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_85_85" id="Footnote_85_85"></a> -<a href="#FNanchor_85_85"><span class="label">[85]</span></a> -Voy. aussi l'<i>Histoire de la coiffure des dames en France</i>, -par G. <span class="smcap">d'Èze</span> et A. <span class="smcap">Marcel</span>, -qui vient de paraître chez -Ollendorff.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_86_86" id="Footnote_86_86"></a> -<a href="#FNanchor_86_86"><span class="label">[86]</span></a> -<i>Galonner</i> la barbe ou les cheveux, c'était les diviser -en plusieurs touffes autour desquelles on enroulait des fils -d'or ou d'argent. Le sens actuel du mot galonner est venu -de là. On nommait <i>gallon</i> l'instrument employé pour galonner -la barbe ou la chevelure.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_87_87" id="Footnote_87_87"></a> -<a href="#FNanchor_87_87"><span class="label">[87]</span></a> -<span class="smcap">Tallemant des Réaux</span>, t. II, p. 246.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_88_88" id="Footnote_88_88"></a> -<a href="#FNanchor_88_88"><span class="label">[88]</span></a> Dans Éd. -<span class="smcap">Fournier</span>, <i>Variétés historiques</i>, t. X, -p. 29.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_89_89" id="Footnote_89_89"></a> -<a href="#FNanchor_89_89"><span class="label">[89]</span></a> -Tome VII, p. 164.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_90_90" id="Footnote_90_90"></a> -<a href="#FNanchor_90_90"><span class="label">[90]</span></a> -Tome II, p. 23.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_91_91" id="Footnote_91_91"></a> -<a href="#FNanchor_91_91"><span class="label">[91]</span></a> -Voy. <span class="smcap">Ménage</span>, <i>Dictionnaire étymologique</i>, -édit. de 1750, -au mot <i>Cadenette</i>; et <span class="smcap">Tallemant des Réaux</span>, -t. I<sup>er</sup>, p. 399.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_92_92" id="Footnote_92_92"></a> -<a href="#FNanchor_92_92"><span class="label">[92]</span></a> Page 17.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_93_93" id="Footnote_93_93"></a> -<a href="#FNanchor_93_93"><span class="label">[93]</span></a> -<i>Vers à la Fronde sur la mode des hommes.</i></p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_94_94" id="Footnote_94_94"></a> -<a href="#FNanchor_94_94"><span class="label">[94]</span></a> -<i>La pompe funèbre de Voiture</i>, dans les <i>Œuvres</i> de -Sarazin, édit. de 1696, p. 259.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_95_95" id="Footnote_95_95"></a> -<a href="#FNanchor_95_95"><span class="label">[95]</span></a> -C'était là un usage déjà ancien, car on lit dans la <i>Description -de l'isle des Hermaphrodites</i>: «Quand cela estoit -parachevé, il en venoit un autre (<i>un homme</i>) ayant en la -main un petit pinceau de fer, duquel il se servoit pour tirer -l'abondance des poils des sourcils, et n'y laisser qu'un traict -fort délié pour faire l'arcade.» Page 10.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_96_96" id="Footnote_96_96"></a> -<a href="#FNanchor_96_96"><span class="label">[96]</span></a> -<i>Dictionnaire de Trévoux</i>, édit. de 1771.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_97_97" id="Footnote_97_97"></a> -<a href="#FNanchor_97_97"><span class="label">[97]</span></a> -<i>Diverses leçons</i> [1625], liv. I<sup>er</sup>, chap. -<span class="smcap">XXI</span>; t. II, p. 141 -et 148.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_98_98" id="Footnote_98_98"></a> -<a href="#FNanchor_98_98"><span class="label">[98]</span></a> -Voy. <i>Les hommes illustres</i> de <span class="smcap">Perrault</span>, -édit. de 1696.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_99_99" id="Footnote_99_99"></a> -<a href="#FNanchor_99_99"><span class="label">[99]</span></a> -<span class="smcap">Clément</span> d'Alexandrie, <i>Pædagogus</i>, -lib. III, cap. <span class="smcap">XI</span>.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_100_100" id="Footnote_100_100"></a> -<a href="#FNanchor_100_100"><span class="label">[100]</span></a> -<span class="smcap">Tertullien</span>, <i>De cultu feminarum</i>, -lib. II, cap. <span class="smcap">VII</span>.—M. -Quicherat, qui traduit inexactement ce passage, en tire -la conclusion inexacte que l'exploitation des têtes vivantes -n'était pas alors pratiquée. Voy. son <i>Histoire du costume</i>, -p. 189.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_101_101" id="Footnote_101_101"></a> -<a href="#FNanchor_101_101"><span class="label">[101]</span></a> -Édit. Lalanne, t. VIII, p. 35.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_102_102" id="Footnote_102_102"></a> -<a href="#FNanchor_102_102"><span class="label">[102]</span></a> -Édit. Téchener, t. I, p. 148.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_103_103" id="Footnote_103_103"></a> -<a href="#FNanchor_103_103"><span class="label">[103]</span></a> Edit. elzévirienne, -t. II, p. 292.—Voyez aussi la -<i>Description de l'isle des Hermaphrodites</i>, p. 114.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_104_104" id="Footnote_104_104"></a> -<a href="#FNanchor_104_104"><span class="label">[104]</span></a> -L'auteur n'a pas osé dire: par courtisanerie.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_105_105" id="Footnote_105_105"></a> -<a href="#FNanchor_105_105"><span class="label">[105]</span></a> -J. B. <span class="smcap">Thiers</span>, <i>Histoire -des perruques</i>, p. 28.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_106_106" id="Footnote_106_106"></a> -<a href="#FNanchor_106_106"><span class="label">[106]</span></a> -<i>Mœurs des François</i>, p. 233.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_107_107" id="Footnote_107_107"></a> -<a href="#FNanchor_107_107"><span class="label">[107]</span></a> -<i>Lettres historiques</i>, 13 août 1673, t. I, p. 396.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_108_108" id="Footnote_108_108"></a> -<a href="#FNanchor_108_108"><span class="label">[108]</span></a> -<i>Journal</i>, 27 novembre 1687, t. II, p. 71.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_109_109" id="Footnote_109_109"></a> -<a href="#FNanchor_109_109"><span class="label">[109]</span></a> -Tome II, p. 40.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_110_110" id="Footnote_110_110"></a> -<a href="#FNanchor_110_110"><span class="label">[110]</span></a> -Comte <span class="smcap">d'Hésecques</span>, <i>Souvenirs d'un page</i>, -p. 152.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_111_111" id="Footnote_111_111"></a> -<a href="#FNanchor_111_111"><span class="label">[111]</span></a> -Binet demeurait rue des Petits-Champs. Legrain, premier -barbier de Monsieur, logeait au Palais-Royal.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_112_112" id="Footnote_112_112"></a> -<a href="#FNanchor_112_112"><span class="label">[112]</span></a> -<span class="smcap">Trabouillet</span>, <i>État de la France pour 1712</i>, -t. I<sup>er</sup>, p. 255, -258, 262 et 307.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_113_113" id="Footnote_113_113"></a> -<a href="#FNanchor_113_113"><span class="label">[113]</span></a> -<i>Journal de la santé de Louis XIV</i>, p. 261, 304, 311, -331, 335 et 338.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_114_114" id="Footnote_114_114"></a> -<a href="#FNanchor_114_114"><span class="label">[114]</span></a> -<i>Encyclopédie méthodique</i>, Arts et métiers, t. VI, -p. 259.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_115_115" id="Footnote_115_115"></a> -<a href="#FNanchor_115_115"><span class="label">[115]</span></a> -<span class="smcap">Nicolas de Blegny</span>, -<i>Le livre commode pour 1692</i>, t. II, -p. 41.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_116_116" id="Footnote_116_116"></a> -<a href="#FNanchor_116_116"><span class="label">[116]</span></a> Voy. -<span class="smcap">Savary</span>, <i>Dictionnaire du commerce</i>, -t. I<sup>er</sup>, p. 746.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_117_117" id="Footnote_117_117"></a> -<a href="#FNanchor_117_117"><span class="label">[117]</span></a> -<i>Lettre d'un Sicilien</i>, édit. V. Dufour, p. 42.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_118_118" id="Footnote_118_118"></a> -<a href="#FNanchor_118_118"><span class="label">[118]</span></a> -Terminée par une longue boucle entre deux nœuds.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_119_119" id="Footnote_119_119"></a> -<a href="#FNanchor_119_119"><span class="label">[119]</span></a> -Chiffres de renvois de la gravure ci-contre: -</p> -<p> -Fig. 1-2, intérieur et extérieur d'une perruque en bonnet. -</p> -<p> -— 3-4, intérieur et extérieur d'une perruque à bourse.—A, la bourse. -BB, les jarretières. -</p> -<p> -— 5-6, intérieur et extérieur d'une perruque à nœuds.—AA, les nœuds. -B, le boudin. -</p> -<p> -— 7, nœud de la même perruque. -</p> -<p> -— 8, boudin. -</p> -<p> -— 9, bourse à rosette.—BB, les cordons. -</p> -<p> -— 10-11, intérieur et extérieur d'une perruque naissante. -</p> -<p> -— 12-13, intérieur et extérieur d'une perruque d'abbé.—AA, la tonsure. -</p> -<p> -— 14-15, intérieur et extérieur d'une perruque à la brigadière.—AA, -les boudins. B, la rosette. -</p> -<p> -— 16, boudins de la même perruque. -</p> -<p> -— 17, rosette.—AA, les cordons. -</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_120_120" id="Footnote_120_120"></a> -<a href="#FNanchor_120_120"><span class="label">[120]</span></a> -<i>Le mode françois</i>, p. 418.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_121_121" id="Footnote_121_121"></a> -<a href="#FNanchor_121_121"><span class="label">[121]</span></a> -Voy. <span class="smcap">Bonav. d'Argonne</span>, -<i>Mélanges de littérature</i>, t. III, -p. 443.—<i>Dictionnaire de Trévoux</i>, t. II, p. 444.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_122_122" id="Footnote_122_122"></a> -<a href="#FNanchor_122_122"><span class="label">[122]</span></a> -<i>Chronique</i>, liv. I, année 1417; édit. Douët-d'Arcq, -t. III, p. 228.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_123_123" id="Footnote_123_123"></a> -<a href="#FNanchor_123_123"><span class="label">[123]</span></a> -Édit. de 1881, tome II, p. 275.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_124_124" id="Footnote_124_124"></a> -<a href="#FNanchor_124_124"><span class="label">[124]</span></a> Repoussait.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_125_125" id="Footnote_125_125"></a> -<a href="#FNanchor_125_125"><span class="label">[125]</span></a> -<i>Journal sur l'enfance et la jeunesse de Louis XIII</i>, t. I, -p. 181.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_126_126" id="Footnote_126_126"></a> -<a href="#FNanchor_126_126"><span class="label">[126]</span></a> -<i>Journal sur l'enfance et la jeunesse de Louis XIII</i>, t. I, -p. 221.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_127_127" id="Footnote_127_127"></a> -<a href="#FNanchor_127_127"><span class="label">[127]</span></a> -Voy. <span class="smcap">Th. Raynaud</span>, <i>De pileo</i>, dans Grævius, <i>Thesaurus -antiquitatum</i>, t. VI, p. 1230.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_128_128" id="Footnote_128_128"></a> -<a href="#FNanchor_128_128"><span class="label">[128]</span></a> -Voy. <i>Extrait inédit des mémoires du baron de Breteuil</i>, -dans Éd. <span class="smcap">Fournier</span>, -<i>Variétés historiques</i>, t. X, p. 107.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_129_129" id="Footnote_129_129"></a> -<a href="#FNanchor_129_129"><span class="label">[129]</span></a> -<i>Les bienséances de la conversation entre hommes</i>, -p. 10.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_130_130" id="Footnote_130_130"></a> -<a href="#FNanchor_130_130"><span class="label">[130]</span></a> -Antoine <span class="smcap">de Courtin</span>, édition de 1695, p. 126.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_131_131" id="Footnote_131_131"></a> -<a href="#FNanchor_131_131"><span class="label">[131]</span></a> -Abbé <span class="smcap">de Bellegarde</span>, <i>Modèles de conversations pour -les personnes polies</i> (1723), p. 484.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_132_132" id="Footnote_132_132"></a> -<a href="#FNanchor_132_132"><span class="label">[132]</span></a> -<i>Mémoires</i>, 28 août 1738; t. II, p. 201.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_133_133" id="Footnote_133_133"></a> -<a href="#FNanchor_133_133"><span class="label">[133]</span></a> -J. B. <span class="smcap">de la Salle</span>, <i>Les règles de la bienséance et de la -civilité chrétienne</i>, p. 54.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_134_134" id="Footnote_134_134"></a> -<a href="#FNanchor_134_134"><span class="label">[134]</span></a> -<i>Histoire amoureuse des Gaules</i>, édit. elzévir, -t. I<sup>er</sup>, p. 47.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_135_135" id="Footnote_135_135"></a> -<a href="#FNanchor_135_135"><span class="label">[135]</span></a> -<i>Traité de la civilité</i>, p. 19 et 21.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_136_136" id="Footnote_136_136"></a> -<a href="#FNanchor_136_136"><span class="label">[136]</span></a> -<i>La contre-mode</i>, p. 78 et suiv.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_137_137" id="Footnote_137_137"></a> -<a href="#FNanchor_137_137"><span class="label">[137]</span></a> -<i>Traité de la civilité</i>, p. 104.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_138_138" id="Footnote_138_138"></a> -<a href="#FNanchor_138_138"><span class="label">[138]</span></a> Antoine -<span class="smcap">de Courtin</span>, p. 14 et 104.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_139_139" id="Footnote_139_139"></a> -<a href="#FNanchor_139_139"><span class="label">[139]</span></a> -<i>Mémoires de Sully</i>, édit. de l'abbé de l'Écluse, t. II, -p. 603.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_140_140" id="Footnote_140_140"></a> -<a href="#FNanchor_140_140"><span class="label">[140]</span></a> -<i>Mémoires de Loménie de Brienne</i>, t. II, p. 168.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_141_141" id="Footnote_141_141"></a> -<a href="#FNanchor_141_141"><span class="label">[141]</span></a> -Voy. le <i>Dictionnaire de Trévoux</i>, t. VII, p. 517.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_142_142" id="Footnote_142_142"></a> -<a href="#FNanchor_142_142"><span class="label">[142]</span></a> -Duc <span class="smcap">de Luynes</span>, <i>Mémoires</i>, -27 décembre 1735; t. I, p. 55.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_143_143" id="Footnote_143_143"></a> -<a href="#FNanchor_143_143"><span class="label">[143]</span></a> -Duc <span class="smcap">de Luynes</span>, <i>Mémoires</i>, -18 octobre 1736; t. I, p. 112.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_144_144" id="Footnote_144_144"></a> -<a href="#FNanchor_144_144"><span class="label">[144]</span></a> -Voy. une lettre de mad. <span class="smcap">de Sévigné</span> du 26 mai 1683, -t. VII, p. 238.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_145_145" id="Footnote_145_145"></a> -<a href="#FNanchor_145_145"><span class="label">[145]</span></a> -Mad. <span class="smcap">de Genlis</span>, <i>Étiquette de la cour</i>, -t. I, p. 187.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_146_146" id="Footnote_146_146"></a> -<a href="#FNanchor_146_146"><span class="label">[146]</span></a> -Le placet était un large tabouret. J. Nicot le définit -ainsi: «Façon de petit siége sans dossier ni accoudoir.» -(<i>Thrésor de la langue françoise</i>, édition de 1621, p. 483.) -On trouve un de ces siéges représenté dans les <i>Blasons -domestiques</i> de Gilles <span class="smcap">Corrozet</span>, -édit. de 1539. On enviait -fort le droit au placet à l'époque où l'étiquette de la cour -tenait assises par terre les plus grandes dames. Le placet -est encore cité dans <i>le Lutrin</i>: -</p> -</div> - -<div class="poetry-container"> - <div class="poetry"> - <div class="verse">En achevant ces mots, cette amante enflammée</div> - <div class="verse">Sur un placet voisin tombe demi pâmée.</div> - </div> - <div class="ar">(<span class="smcap">Chant</span> II.)</div> -</div> - - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_147_147" id="Footnote_147_147"></a> -<a href="#FNanchor_147_147"><span class="label">[147]</span></a> -<i>Nouvelles tragi-comiques</i>, édit. de 1727, t. II, p. 96.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_148_148" id="Footnote_148_148"></a> -<a href="#FNanchor_148_148"><span class="label">[148]</span></a> -Acte II, sc. 1.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_149_149" id="Footnote_149_149"></a> -<a href="#FNanchor_149_149"><span class="label">[149]</span></a> -<span class="smcap">Molière</span>, <i>l'Impromptu de Versailles</i>, -remercîment au -Roi.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_150_150" id="Footnote_150_150"></a> -<a href="#FNanchor_150_150"><span class="label">[150]</span></a> -<i>Lettres</i>, t. III, p. 219.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_151_151" id="Footnote_151_151"></a> -<a href="#FNanchor_151_151"><span class="label">[151]</span></a> -Paris, 1639, in-12. Réimprimé en 1681.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_152_152" id="Footnote_152_152"></a> -<a href="#FNanchor_152_152"><span class="label">[152]</span></a> -Paris, 1675, in-12, p. 352.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_153_153" -id="Footnote_153_153"></a><a href="#FNanchor_153_153"> -<span class="label">[153]</span></a> <i>Mémoires de Grammont</i>, chap. -<span class="smcap">III</span>.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_154_154" -id="Footnote_154_154"></a><a href="#FNanchor_154_154"> -<span class="label">[154]</span></a> Louis -<span class="smcap">Guyon</span>, <i>Diverses leçons</i> (1625), t. II, p. 138, -liv. I, ch. <span class="smcap">XX</span>.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_155_155" -id="Footnote_155_155"></a><a href="#FNanchor_155_155"> -<span class="label">[155]</span></a> Voir le <i>Journal d'Héroard</i>, -t. I, p. 49 et 380.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_156_156" -id="Footnote_156_156"></a><a href="#FNanchor_156_156"> -<span class="label">[156]</span></a> A la tempe.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_157_157" -id="Footnote_157_157"></a><a href="#FNanchor_157_157"> -<span class="label">[157]</span></a> -<span class="smcap">Tallemant des Réaux</span>, -<i>Historiettes</i>, t. IV, p. 335.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_158_158" -id="Footnote_158_158"></a><a href="#FNanchor_158_158"> -<span class="label">[158]</span></a> <i>La contre-mode</i> (1642), p. 373.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_159_159" -id="Footnote_159_159"></a><a href="#FNanchor_159_159"> -<span class="label">[159]</span></a> Page 27.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_160_160" -id="Footnote_160_160"></a><a href="#FNanchor_160_160"> -<span class="label">[160]</span></a> <i>Suite des maximes -morales et chrestiennes</i>, p. 22.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_161_161" -id="Footnote_161_161"></a><a href="#FNanchor_161_161"> -<span class="label">[161]</span></a> <i>Recueil de -pièces en prose les plus agréables de ce -temps</i>, p. 16.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_162_162" -id="Footnote_162_162"></a><a href="#FNanchor_162_162"> -<span class="label">[162]</span></a> <i>Mémoires de madame -la duchesse de Mazarin</i>, dans -les Œuvres de Saint-Réal, t. III, p. 577.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_163_163" -id="Footnote_163_163"></a><a href="#FNanchor_163_163"> -<span class="label">[163]</span></a> Voy. <i>La faiseuse -de mouches</i>, dans le recueil cité ci-dessus.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_164_164" -id="Footnote_164_164"></a><a href="#FNanchor_164_164"> -<span class="label">[164]</span></a> <i>La mouche et la -fourmi</i>, liv. IV, fable 3.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_165_165" -id="Footnote_165_165"></a><a href="#FNanchor_165_165"> -<span class="label">[165]</span></a> <i>Livre commode</i>, t. II, p. 76.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_166_166" -id="Footnote_166_166"></a><a href="#FNanchor_166_166"> -<span class="label">[166]</span></a> Madame de <span class="smcap">Genlis</span>, -<i>Mémoires</i>, t. IX, p. 222.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_167_167" -id="Footnote_167_167"></a><a href="#FNanchor_167_167"> -<span class="label">[167]</span></a> Madame de -<span class="smcap">Genlis</span>, <i>Dictionnaire des étiquettes</i>, t. I, -p. 406.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_168_168" -id="Footnote_168_168"></a><a href="#FNanchor_168_168"> -<span class="label">[168]</span></a> <span class="smcap">D'Aubigné</span>, -<i>Tragiques</i>, liv. II, édit. Réaume et de Caussade, -t. IV, p. 94.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_169_169" -id="Footnote_169_169"></a><a href="#FNanchor_169_169"> -<span class="label">[169]</span></a> Poudre parfumée.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_170_170" -id="Footnote_170_170"></a><a href="#FNanchor_170_170"> -<span class="label">[170]</span></a> <i>Description de l'isle -des Hermaphrodites</i>, édit. de 1724, -p. 10.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_171_171" -id="Footnote_171_171"></a><a href="#FNanchor_171_171"> -<span class="label">[171]</span></a> <i>Journal du règne -de Henri IV</i>, 8 décembre 1593.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_172_172" -id="Footnote_172_172"></a><a href="#FNanchor_172_172"> -<span class="label">[172]</span></a> André Boullanger, -religieux Augustin.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_173_173" -id="Footnote_173_173"></a><a href="#FNanchor_173_173"> -<span class="label">[173]</span></a> <span class="smcap">Tallemant -des Réaux</span>, t. IV, p. 333.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_174_174" -id="Footnote_174_174"></a><a href="#FNanchor_174_174"> -<span class="label">[174]</span></a> <i>Le satyrique de -la court</i> (1624), dans Éd. <span class="smcap">Fournier</span>, -<i>Variétés historiques</i>, t. III, p. 253.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_175_175" -id="Footnote_175_175"></a><a href="#FNanchor_175_175"> -<span class="label">[175]</span></a> L. <span class="smcap">Guyon</span>, -<i>Diverses leçons</i>, t. II, p. 137.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_176_176" -id="Footnote_176_176"></a><a href="#FNanchor_176_176"> -<span class="label">[176]</span></a> Madame <span class="smcap">de Genlis</span>, -<i>Dictionnaire des étiquettes</i>, t. II, -p. 68.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_177_177" -id="Footnote_177_177"></a><a href="#FNanchor_177_177"> -<span class="label">[177]</span></a> <i>Vers à la Fronde -sur la mode des hommes.</i></p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_178_178" -id="Footnote_178_178"></a><a href="#FNanchor_178_178"> -<span class="label">[178]</span></a> <i>Vengeance des -femmes contre les hommes, satyre nouvelle -contre les petits-maîtres</i>, 1704, in-8<sup>o</sup>.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_179_179" -id="Footnote_179_179"></a><a href="#FNanchor_179_179"> -<span class="label">[179]</span></a> Voir un arrêt du 4 -juillet 1689, rendu contre Jean Fournereau -et Jean Furon, marchands merciers, chez qui on -avait saisi «un grand mortier et quatre tamis à battre et -passer la poudre à poudrer les cheveux».—Un autre arrêt, -daté du 9 juillet 1715, est plus explicite encore.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_180_180" -id="Footnote_180_180"></a><a href="#FNanchor_180_180"> -<span class="label">[180]</span></a> Voir un arrêt du -18 mai 1726, qui confirme le droit -accordé aux barbiers par leurs statuts de «faire fabriquer -chez eux des poudres, savonnettes, opiats, essences, quintessences, -pâtes, etc.», mais à la condition que tous ces -produits seront «pour leur usage particulier et consommés -dans leurs boutiques et maisons, sans qu'il leur soit permis -d'en pouvoir vendre et débiter, ni même d'en faire étalage -à leur boutique.»</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_181_181" -id="Footnote_181_181"></a><a href="#FNanchor_181_181"> -<span class="label">[181]</span></a> L'article 33 des -statuts des amidonniers-cretonniers -leur interdit de vendre l'amidon en poudre, leur défend -même d'«avoir aucun outil ou ustensile propre à réduire -l'amidon en poudre».</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_182_182" -id="Footnote_182_182"></a><a href="#FNanchor_182_182"> -<span class="label">[182]</span></a> <span class="smcap">Mercier</span>, -<i>Tableau de Paris</i>, ch. <span class="smcap">CVII</span>, t. V, p. 131.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_183_183" -id="Footnote_183_183"></a><a href="#FNanchor_183_183"> -<span class="label">[183]</span></a> <i>Le mode françois</i>, p. 419.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_184_184" -id="Footnote_184_184"></a><a href="#FNanchor_184_184"> -<span class="label">[184]</span></a> Voir <span class="smcap">Mercier</span>, -<i>Tableau de Paris</i>, t. I, p. 100.—«Tel -aristocrate dépensait en farine autant pour ses cheveux que -pour son estomac.» <i>Nouveau Paris</i>, t. II, p. 156.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_185_185" -id="Footnote_185_185"></a><a href="#FNanchor_185_185"> -<span class="label">[185]</span></a> <i>État de la France en 1789</i>, -p. 510.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_186_186" -id="Footnote_186_186"></a><a href="#FNanchor_186_186"> -<span class="label">[186]</span></a> <i>Histoire du -costume en France</i>, p. 619.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_187_187" -id="Footnote_187_187"></a><a href="#FNanchor_187_187"> -<span class="label">[187]</span></a> <i>Statuts et -règlemens pour la communauté des Barbiers-Perruquiers-Baigneurs-Étuvistes -de la ville, fauxbourgs et -banlieuë de Paris.</i> In-4<sup>o</sup>. Souvent réimprimés.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_188_188" -id="Footnote_188_188"></a><a href="#FNanchor_188_188"> -<span class="label">[188]</span></a> Article 1.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_189_189" -id="Footnote_189_189"></a><a href="#FNanchor_189_189"> -<span class="label">[189]</span></a> Article 3.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_190_190" -id="Footnote_190_190"></a><a href="#FNanchor_190_190"> -<span class="label">[190]</span></a> Article 9.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_191_191" -id="Footnote_191_191"></a><a href="#FNanchor_191_191"> -<span class="label">[191]</span></a> Article 8.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_192_192" -id="Footnote_192_192"></a><a href="#FNanchor_192_192"> -<span class="label">[192]</span></a> Voy. dans cette -collection: <i>L'annonce et la réclame</i>.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_193_193" -id="Footnote_193_193"></a><a href="#FNanchor_193_193"> -<span class="label">[193]</span></a> Bibliothèque -nationale, manuscrits <span class="smcap">Delamarre</span>, <i>Arts et -métiers</i>, t. IV, p. 59.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_194_194" -id="Footnote_194_194"></a><a href="#FNanchor_194_194"> -<span class="label">[194]</span></a> Article 44.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_195_195" -id="Footnote_195_195"></a><a href="#FNanchor_195_195"> -<span class="label">[195]</span></a> Article 46.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_196_196" -id="Footnote_196_196"></a><a href="#FNanchor_196_196"> -<span class="label">[196]</span></a> Article 14.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_197_197" -id="Footnote_197_197"></a><a href="#FNanchor_197_197"> -<span class="label">[197]</span></a> Elles étaient -autorisées à continuer le commerce de -leur mari.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_198_198" -id="Footnote_198_198"></a><a href="#FNanchor_198_198"> -<span class="label">[198]</span></a> Article 17.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_199_199" -id="Footnote_199_199"></a><a href="#FNanchor_199_199"> -<span class="label">[199]</span></a> Article 48.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_200_200" -id="Footnote_200_200"></a><a href="#FNanchor_200_200"> -<span class="label">[200]</span></a> Arrêt du 29 novembre.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_201_201" -id="Footnote_201_201"></a><a href="#FNanchor_201_201"> -<span class="label">[201]</span></a> Arrêt du -16 septembre.—C'est encore le chiffre que -fournit Savary en 1740. Voy. <i>Dictionnaire du commerce</i>, -t. II, p. 424.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_202_202" -id="Footnote_202_202"></a><a href="#FNanchor_202_202"> -<span class="label">[202]</span></a> Article 26.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_203_203" -id="Footnote_203_203"></a><a href="#FNanchor_203_203"> -<span class="label">[203]</span></a> Article 28.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_204_204" -id="Footnote_204_204"></a><a href="#FNanchor_204_204"> -<span class="label">[204]</span></a> Articles 29, 30, 39.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_205_205" -id="Footnote_205_205"></a><a href="#FNanchor_205_205"> -<span class="label">[205]</span></a> Article 55.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_206_206" -id="Footnote_206_206"></a><a href="#FNanchor_206_206"> -<span class="label">[206]</span></a> Article 47.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_207_207" -id="Footnote_207_207"></a><a href="#FNanchor_207_207"> -<span class="label">[207]</span></a> Article 54.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_208_208" -id="Footnote_208_208"></a><a href="#FNanchor_208_208"> -<span class="label">[208]</span></a> Article 42.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_209_209" -id="Footnote_209_209"></a><a href="#FNanchor_209_209"> -<span class="label">[209]</span></a> Article 60.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_210_210" -id="Footnote_210_210"></a><a href="#FNanchor_210_210"> -<span class="label">[210]</span></a> Article 58.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_211_211" -id="Footnote_211_211"></a><a href="#FNanchor_211_211"> -<span class="label">[211]</span></a> Article 59.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_212_212" -id="Footnote_212_212"></a><a href="#FNanchor_212_212"> -<span class="label">[212]</span></a> Voy. <span class="smcap">Forgeais</span>, -<i>Numismatique des corporations</i>, p. 93.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_213_213" -id="Footnote_213_213"></a><a href="#FNanchor_213_213"> -<span class="label">[213]</span></a> Article 21.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_214_214" -id="Footnote_214_214"></a><a href="#FNanchor_214_214"> -<span class="label">[214]</span></a> Aujourd'hui rue Nicolas-Flamel.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_215_215" -id="Footnote_215_215"></a><a href="#FNanchor_215_215"> -<span class="label">[215]</span></a> Aujourd'hui rue Chapon.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_216_216" -id="Footnote_216_216"></a><a href="#FNanchor_216_216"> -<span class="label">[216]</span></a> <span class="smcap">De -Franqueville</span>, <i>Le miroir de l'art et de la nature</i>, p. 197.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_217_217" -id="Footnote_217_217"></a><a href="#FNanchor_217_217"> -<span class="label">[217]</span></a> Tome I, p. 183.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_218_218" -id="Footnote_218_218"></a><a href="#FNanchor_218_218"> -<span class="label">[218]</span></a> <span class="smcap">Sauval</span>, -<i>Antiquitez de Paris</i>, t. II, p. 146 et 245.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_219_219" -id="Footnote_219_219"></a><a href="#FNanchor_219_219"> -<span class="label">[219]</span></a> <i>Mémoires sur -la vie de madame de Sévigné</i>, t. II, -p. 39.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_220_220" -id="Footnote_220_220"></a><a href="#FNanchor_220_220"> -<span class="label">[220]</span></a> «Je suis trop -raisonnable pour trouver étrange que, la -veille d'un départ, on couche chez des baigneurs.» <i>Lettre -de madame de Sévigné à Bussy</i>, 26 juin 1655.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_221_221" -id="Footnote_221_221"></a><a href="#FNanchor_221_221"> -<span class="label">[221]</span></a> Acte I, scène 5.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_222_222" -id="Footnote_222_222"></a><a href="#FNanchor_222_222"> -<span class="label">[222]</span></a> <i>Mémoires</i>, -édition de 1881, t. I, p. 499.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_223_223" -id="Footnote_223_223"></a><a href="#FNanchor_223_223"> -<span class="label">[223]</span></a> La Vienne, -devenu gentilhomme ordinaire de la maison -du Roi, mourut en 1710, à l'âge de quatre-vingts ans. Il fut -remplacé par son fils Champcenetz, qui avait depuis longtemps -la survivance de cette charge. Voy. le <i>Journal</i> de -Dangeau, 13 mars 1702, t. VIII, p. 351; et 12 août 1710, -t. XIII, p. 225.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_224_224" -id="Footnote_224_224"></a><a href="#FNanchor_224_224"> -<span class="label">[224]</span></a> <i>État de -la France pour 1672</i>, t. I, p. 92.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_225_225" -id="Footnote_225_225"></a><a href="#FNanchor_225_225"> -<span class="label">[225]</span></a> <i>Le livre -commode pour 1692</i>, t. I, p. 182.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_226_226" -id="Footnote_226_226"></a><a href="#FNanchor_226_226"> -<span class="label">[226]</span></a> <span class="smcap">Hurtaut</span> -et <span class="smcap">Magny</span>, <i>Dictionnaire historique de Paris</i>, -t. I, p. 513 et 517.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_227_227" -id="Footnote_227_227"></a><a href="#FNanchor_227_227"> -<span class="label">[227]</span></a> Madame de -<span class="smcap">Genlis</span>, <i>Mémoires</i>, t. I, p. 256.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_228_228" -id="Footnote_228_228"></a><a href="#FNanchor_228_228"> -<span class="label">[228]</span></a> <span class="smcap">Meurisse</span>, -<i>L'art de saigner</i>, p. 382.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_229_229" -id="Footnote_229_229"></a><a href="#FNanchor_229_229"> -<span class="label">[229]</span></a> Comte de <span class="smcap">Reiset</span>, -<i>Livre-Journal de madame Éloffe</i>, -t. I, p. 250.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_230_230" -id="Footnote_230_230"></a><a href="#FNanchor_230_230"> -<span class="label">[230]</span></a> Madame -<span class="smcap">Campan</span>, <i>Mémoires</i>; éclaircissements historiques, -t. II, p. 323.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_231_231" -id="Footnote_231_231"></a><a href="#FNanchor_231_231"> -<span class="label">[231]</span></a> -Madame <span class="smcap">Campan</span>, <i>Mémoires</i>, ch. -<span class="smcap">IV</span>, t. I, p. 104.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_232_232" -id="Footnote_232_232"></a><a href="#FNanchor_232_232"> -<span class="label">[232]</span></a> Voir une curieuse -anecdote racontée par <span class="smcap">Longchamp</span> -et <span class="smcap">Wagnière</span>, <i>Mémoires -sur Voltaire</i>, t. II, p. 119 et suiv.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_233_233" -id="Footnote_233_233"></a><a href="#FNanchor_233_233"> -<span class="label">[233]</span></a> Tome I, p. 128.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_234_234" -id="Footnote_234_234"></a><a href="#FNanchor_234_234"> -<span class="label">[234]</span></a> Édit. elzévirienne, p. 196.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_235_235" -id="Footnote_235_235"></a><a href="#FNanchor_235_235"> -<span class="label">[235]</span></a> <span class="smcap">Jèze</span>, -<i>État ou tableau de la ville de Paris</i>, p. 336.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_236_236" -id="Footnote_236_236"></a><a href="#FNanchor_236_236"> -<span class="label">[236]</span></a> Paris, 1754, in-8<sup>o</sup>, p. 187.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_237_237" -id="Footnote_237_237"></a><a href="#FNanchor_237_237"> -<span class="label">[237]</span></a> <span class="smcap">Thiéry</span>, -<i>Guide des amateurs et des étrangers</i>, t. II, -p. 136.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_238_238" -id="Footnote_238_238"></a><a href="#FNanchor_238_238"> -<span class="label">[238]</span></a> Voy. -les <i>Mémoires secrets</i> dits de Bachaumont, 18 -juin et 16 juillet 1785, et 10 septembre 1786; t. XXIX, -p. 79 et 121; t. XXXIII, p. 19.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_239_239" -id="Footnote_239_239"></a><a href="#FNanchor_239_239"> -<span class="label">[239]</span></a> <span class="smcap">Thiéry</span>, -<i>Guide des amateurs et des étrangers</i>, t. II, -p. 133 et suiv.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_240_240" -id="Footnote_240_240"></a><a href="#FNanchor_240_240"> -<span class="label">[240]</span></a> Voy. -<i>l'Encyclopédie méthodique</i>, arts et métiers, t. VI, -p. 311.—Voici l'explication des lettres de renvoi qui -figurent sur la planche ci-contre: -</p> - -<table id="LETTRES" summary="Lettres de renvoi."> - <tr> - <td class="c1-1">FF</td> - <td class="c1-1">passages,</td> - </tr> - <tr> - <td class="c1-1">GG</td> - <td class="c1-1">escaliers pour monter au premier,</td> - </tr> - <tr> - <td class="c1-1">H</td> - <td class="c1-1">aisances,</td> - </tr> - <tr> - <td class="c1-1">M</td> - <td class="c1-1">chambres de bains,</td> - </tr> - <tr> - <td class="c1-1">N</td> - <td class="c1-1">chambres à lit,</td> - </tr> - <tr> - <td class="c1-1">O</td> - <td class="c1-1">chaudière,</td> - </tr> - <tr> - <td class="c1-1">R</td> - <td class="c1-1">fourneau,</td> - </tr> - <tr> - <td class="c1-1">S</td> - <td class="c1-1">dessous du fourneau,</td> - </tr> - <tr> - <td class="c1-1">T</td> - <td class="c1-1">baignoires,</td> - </tr> - <tr> - <td class="c1-1">V</td> - <td class="c1-1">lits,</td> - </tr> - <tr> - <td class="c1-1">XX</td> - <td class="c1-1">réservoirs,</td> - </tr> - <tr> - <td class="c1-1">c</td> - <td class="c1-1">logement du concierge,</td> - </tr> - <tr> - <td class="c1-1">dd</td> - <td class="c1-1">lingerie des hommes,</td> - </tr> - <tr> - <td class="c1-1">gg</td> - <td class="c1-1">lingerie des femmes,</td> - </tr> - <tr> - <td class="c1-1">hh</td> - <td class="c1-1">fond du bateau.</td> - </tr> -</table> -</div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_241_241" -id="Footnote_241_241"></a><a href="#FNanchor_241_241"> -<span class="label">[241]</span></a> <span class="smcap">Thiéry</span>, -<i>Guide des amateurs</i>, etc., t. I, p. 286; t. II, -p. 593 et 595.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_242_242" -id="Footnote_242_242"></a><a href="#FNanchor_242_242"> -<span class="label">[242]</span></a> <i>Historiettes</i>, t. V, p. 412.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_243_243" -id="Footnote_243_243"></a><a href="#FNanchor_243_243"> -<span class="label">[243]</span></a> <i>Muze -historique</i> du 12 novembre 1658.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_244_244" -id="Footnote_244_244"></a><a href="#FNanchor_244_244"> -<span class="label">[244]</span></a> Après sa mort, -une comédie, intitulée <i>Champagne le -Coiffeur</i>, fut représentée sur le théâtre du Marais. Elle a -été publiée en 1663.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_245_245" -id="Footnote_245_245"></a><a href="#FNanchor_245_245"> -<span class="label">[245]</span></a> Tome II, p. 117.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_246_246" -id="Footnote_246_246"></a><a href="#FNanchor_246_246"> -<span class="label">[246]</span></a> <i>Lettre</i> -du 4 avril 1671; t. II, p. 143.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_247_247" -id="Footnote_247_247"></a><a href="#FNanchor_247_247"> -<span class="label">[247]</span></a> Tome II, p. 41.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_248_248" -id="Footnote_248_248"></a><a href="#FNanchor_248_248"> -<span class="label">[248]</span></a> Voy. madame -de <span class="smcap">Genlis</span>, <i>Mémoires</i>, t. II, p. 224.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_249_249" -id="Footnote_249_249"></a><a href="#FNanchor_249_249"> -<span class="label">[249]</span></a> Il finit aussi -malheureusement que Champagne. Il mourut -étouffé, en 1770, aux fêtes données à l'occasion du mariage -du Dauphin. Voir les <i>Mémoires secrets</i> dits de Bachaumont, -4 juin 1770, t. XIX, p. 187.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_250_250" -id="Footnote_250_250"></a><a href="#FNanchor_250_250"> -<span class="label">[250]</span></a> Il avait été -cuisinier chez le marquis de Bellemare; -c'est Legros lui-même qui nous l'apprend, et il ajoute: -«J'ai fait un livre de cuisine qui n'est point imprimé, parce -que je n'ai point encore eu le temps de le finir.»</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_251_251" -id="Footnote_251_251"></a><a href="#FNanchor_251_251"> -<span class="label">[251]</span></a> <i>Pour -les Coëffeurs de dames de Paris contre la communauté -des maîtres Barbiers-Perruquiers-Baigneurs-Étuvistes.</i></p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_252_252" -id="Footnote_252_252"></a><a href="#FNanchor_252_252"> -<span class="label">[252]</span></a> <i>Mémoires -secrets</i>, t. IV, p. 184.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_253_253" -id="Footnote_253_253"></a><a href="#FNanchor_253_253"> -<span class="label">[253]</span></a> <i>Mémoires -secrets dits de Bachaumont</i>, 5 septembre -1777, t. X, p. 213.—La somme de six cents livres fut réduite -à trois cents par arrêt du conseil du 9 avril 1778. Voy. <i>Recueil -de règlemens pour les corps et communautés d'arts et -métiers</i>, 1779, in-4<sup>o</sup>, p. 193 et 248.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_254_254" -id="Footnote_254_254"></a><a href="#FNanchor_254_254"> -<span class="label">[254]</span></a> Paris, 1777, Supplément, p. 15.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_255_255" -id="Footnote_255_255"></a><a href="#FNanchor_255_255"> -<span class="label">[255]</span></a> Voy. les -gravures de modes conservées à la Bibliothèque -de la Ville de Paris et à la Bibliothèque nationale; et, pour -les années 1785 à 1788, le <i>Magasin des modes</i>.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_256_256" -id="Footnote_256_256"></a><a href="#FNanchor_256_256"> -<span class="label">[256]</span></a> <i>Modèles -de conversations pour les personnes polies</i>, -p. 454.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_257_257" -id="Footnote_257_257"></a><a href="#FNanchor_257_257"> -<span class="label">[257]</span></a> 26 avril 1774, t. VII, p. 165.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_258_258" -id="Footnote_258_258"></a><a href="#FNanchor_258_258"> -<span class="label">[258]</span></a> <i>Quatrième -mémoire à consulter</i>, p. 111.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_259_259" -id="Footnote_259_259"></a><a href="#FNanchor_259_259"> -<span class="label">[259]</span></a> Voir -la <i>Correspondance secrète</i> de Métra, 9 janvier -1775, t. I, p. 158.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_260_260" -id="Footnote_260_260"></a><a href="#FNanchor_260_260"> -<span class="label">[260]</span></a> <i>Les panaches -ou les coëffures à la mode</i>, comédie en -un acte. Paris, 1778, in-8<sup>o</sup>.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_261_261" -id="Footnote_261_261"></a><a href="#FNanchor_261_261"> -<span class="label">[261]</span></a> <i>Mémoires</i>, -ch. <span class="smcap">IV</span>, t. I, p. 96.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_262_262" -id="Footnote_262_262"></a><a href="#FNanchor_262_262"> -<span class="label">[262]</span></a> <span class="smcap">Bachaumont</span>, -6 novembre 1778, t. XII, p. 154.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_263_263" -id="Footnote_263_263"></a><a href="#FNanchor_263_263"> -<span class="label">[263]</span></a> «Il est de -la modestie et de l'honnêteté de ne pas toucher -ses cheveux sans nécessité. C'est pourquoi il n'y faut -mettre que très-peu de poudre, parce que la trop grande -quantité engendre de la vermine, qui engage quelquefois -les jeunes gens à imiter certaines dames qui frappent la -tête avec le doigt dans les endroits où cette vermine se -fait sentir.» <span class="smcap">J. B. de la Salle</span>, -<i>Règles de la bienséance</i>, p. 8.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_264_264" -id="Footnote_264_264"></a><a href="#FNanchor_264_264"> -<span class="label">[264]</span></a> <span class="smcap">Mercier</span>, -<i>Tableau de Paris</i>, chap. <span class="smcap">CCCXXXIX</span>, t. IV, -p. 212.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_265_265" -id="Footnote_265_265"></a><a href="#FNanchor_265_265"> -<span class="label">[265]</span></a> On appelait -<i>marron</i> une grosse boucle de cheveux ordinairement -nouée avec un cordon. <i>Marronner</i>, c'était friser -à grosses boucles; le mot est dans Littré.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_266_266" -id="Footnote_266_266"></a><a href="#FNanchor_266_266"> -<span class="label">[266]</span></a> <i>Mémoires -d'un voyageur qui se repose</i>, t. III, p. 42.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_267_267" -id="Footnote_267_267"></a><a href="#FNanchor_267_267"> -<span class="label">[267]</span></a> <span class="smcap">Mercier</span>, -<i>Tableau de Paris</i>, t. II, p. 192.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_268_268" -id="Footnote_268_268"></a><a href="#FNanchor_268_268"> -<span class="label">[268]</span></a> <i>Tableau de Paris</i>, t. VI, p. 46. -</p> -<p> -La gravure de Cochin, que nous reproduisons ci-contre, -prouve que toutes les boutiques de barbiers ne ressemblaient -pas à celle décrite par Mercier. Voici l'explication des lettres -de renvoi: -</p> - -<table id="BOUTIQUE_DE_BARBIER" summary="Boutique de barbier."> - <tr> - <td class="c1-1"><i>a,</i></td> - <td class="c1-1">garçon occupé à faire la barbe.</td> - </tr> - <tr> - <td class="c1-1"><i>b,</i></td> - <td class="c1-1">garçon occupé à accommoder une perruque.</td> - </tr> - <tr> - <td class="c1-1"><i>c,</i></td> - <td class="c1-1">une femme occupée à tresser.</td> - </tr> - <tr> - <td class="c1-1"><i>d,</i></td> - <td class="c1-1">deux ouvriers occupés à monter des perruques.</td> - </tr> - <tr> - <td class="c1-1"><i>e,</i></td> - <td class="c1-1">un ouvrier occupé à faire chauffer des fers à friser.</td> - </tr> - <tr> - <td class="c1-1"><i>f,</i></td> - <td class="c1-1">particulier qui ôte la poudre de dessus son visage.</td> - </tr> -</table> -</div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_269_269" -id="Footnote_269_269"></a><a href="#FNanchor_269_269"> -<span class="label">[269]</span></a> 26 juin 1780, t. XV, p. 210.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_270_270" -id="Footnote_270_270"></a><a href="#FNanchor_270_270"> -<span class="label">[270]</span></a> <i>Mémoires</i>, chap. <span class="smcap">IV</span>, t. I, p. 100.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_271_271" -id="Footnote_271_271"></a><a href="#FNanchor_271_271"> -<span class="label">[271]</span></a> -Duc <span class="smcap">de Choiseul</span>, <i>Relation du départ de Louis XVI</i>, -p. 69 et suiv.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_272_272" -id="Footnote_272_272"></a><a href="#FNanchor_272_272"> -<span class="label">[272]</span></a> <i>Libellus -de moribus in mensa servandis, Joanne Sulpitio -Verulano authore. Cum familiarissima et rudi juventuti -aptissima elucidatione gallicolatina Gulielmi Durandi.</i> -Comme tous les traités de civilité, celui-ci est d'une extrême -rareté. L'édition dont je me suis servi est celle -de 1577 (Paris, Buon, in-12).</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_273_273" -id="Footnote_273_273"></a><a href="#FNanchor_273_273"> -<span class="label">[273]</span></a> <i>Coma.</i></p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_274_274" -id="Footnote_274_274"></a><a href="#FNanchor_274_274"> -<span class="label">[274]</span></a> <i>Scabies.</i></p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_275_275" -id="Footnote_275_275"></a><a href="#FNanchor_275_275"> -<span class="label">[275]</span></a> La première -édition de ce livre parut à Bâle en 1530, -sous ce titre: <i>De civilitate morum puerilium, per Des. -Erasmum nunc primum et conditus et æditus.</i></p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_276_276" -id="Footnote_276_276"></a><a href="#FNanchor_276_276"> -<span class="label">[276]</span></a> -<i>Declamation contenant la manière de bien instruire les -enfans dès leur commencement. Avec un petit traicté de la -civilité puérile.</i> Le tout translaté nouvellement de latin en -françois par Pierre <span class="smcap">Saliat</span>. -Paris, Simon de Colines, 1537, -in-12.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_277_277" -id="Footnote_277_277"></a><a href="#FNanchor_277_277"> -<span class="label">[277]</span></a> Le mot -<i>aucunement</i> signifiait alors un peu, en quelque -façon, etc. C'est la traduction littérale du latin <i>aliquatenus</i>.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_278_278" -id="Footnote_278_278"></a><a href="#FNanchor_278_278"> -<span class="label">[278]</span></a> -<i>Catoblepæ</i>, petits animaux originaires d'Éthiopie, et dont -le regard tue; aussi ont-ils soin de tenir toujours la tête baissée. -C'est Pline qui affirme tout cela (lib. VIII, cap. -<span class="smcap">XXXII</span>).</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_279_279" -id="Footnote_279_279"></a><a href="#FNanchor_279_279"> -<span class="label">[279]</span></a> Le derrière -de la tête. Le texte porte <i>sufficare occipitium</i>.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_280_280" -id="Footnote_280_280"></a><a href="#FNanchor_280_280"> -<span class="label">[280]</span></a> <i>Motacillarum</i>, des hochequeue.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_281_281" -id="Footnote_281_281"></a><a href="#FNanchor_281_281"> -<span class="label">[281]</span></a> Lieux d'aisances.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_282_282" -id="Footnote_282_282"></a><a href="#FNanchor_282_282"> -<span class="label">[282]</span></a> C'est -la traduction brutale mais exacte du mot <i>oletum</i>.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_283_283" -id="Footnote_283_283"></a><a href="#FNanchor_283_283"> -<span class="label">[283]</span></a> <i>La civile -honesteté pour les enfans</i>, par <span class="smcap">C. Calviac</span>. -Paris, 1560, in-12.—Calviac ne cite pas le nom d'Érasme, -et on l'a jusqu'ici regardé comme l'auteur de cette plaquette -très-rare, dont un exemplaire a été vendu 505 francs -à la vente Pichon. C'est la première Civilité qui ait été imprimée -avec les caractères dits <i>de civilité</i>.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_284_284" -id="Footnote_284_284"></a><a href="#FNanchor_284_284"> -<span class="label">[284]</span></a> <i>La civilité -morale des enfans, composée en latin par -Érasme, traduicte en françois par Claude Hardy, parisien, -eagé de neuf ans.</i> Paris, Jean Sara, 1613, in-8<sup>o</sup>.—La dédicace -au Roi se termine ainsi: «Depuis que j'ay eu le -bon-heur d'avoir, par un heureux rencontre, parlé à vostre -Majesté dedans vostre jardin des Thuilleries, par deux diverses -fois, et après avoir remarqué tant de rares perfections -que le ciel prodigue a thesaurisé en vostre personne, -j'ay mille fois pensé combien est heureuse la condition de -ceux qui sont proches de vous, et sont employez à vostre -service, sans esperer jamais de ma bonne fortune autre -chose, sinon que d'avoir l'heur d'estre recongneu de vous -comme celuy qui desire estre toute sa vie, Sire, de vostre -royale Majesté, tres-humble serviteur et subjet, <span class="smcap">Claude -Hardy</span>.»</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_285_285" -id="Footnote_285_285"></a><a href="#FNanchor_285_285"> -<span class="label">[285]</span></a> Voy. l'<i>Heautontimorumenos</i>.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_286_286" -id="Footnote_286_286"></a><a href="#FNanchor_286_286"> -<span class="label">[286]</span></a> «Lotium -remorari valetudini perniciosum, secreto reddere -verecundum. Sunt qui præcipiant ut puer, cumpressis -natibus, ventris flatum retineat. Atqui civile non est, dum -urbanus videri studes, morbum accersere. Si licet secedere, -solus id faciat; sin minus, juxta vetustissimum proverbium -tussi crepitum dissimulet. Alioqui cur non eadem opera -præcipiunt ne alvum dejiciant, quum remorari flatum periculosius -sit quam alvum stringere?»</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_287_287" -id="Footnote_287_287"></a><a href="#FNanchor_287_287"> -<span class="label">[287]</span></a> Voy. l'<i>Eunuque</i>.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_288_288" -id="Footnote_288_288"></a><a href="#FNanchor_288_288"> -<span class="label">[288]</span></a> Je ne donne -aucun extrait de l'ouvrage suivant, qui -n'est qu'une mauvaise imitation d'Érasme: <i>La civilité -honneste pour l'instruction des enfans. En laquelle est -mis au commencement la manière d'apprendre à bien lire, -prononcer et escrire. A Paris, par Pierre Ménier, portier -de la porte Sainct Victor.</i> 1625, in-12.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_289_289" -id="Footnote_289_289"></a><a href="#FNanchor_289_289"> -<span class="label">[289]</span></a> Dès 1685, -cet ouvrage avait eu huit éditions. Il n'en -est pas moins rare.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_290_290" -id="Footnote_290_290"></a><a href="#FNanchor_290_290"> -<span class="label">[290]</span></a> Les sonnettes -mises en mouvement par des fils de fer -ne remontent pas au delà du règne de Louis XV; mais on -avait depuis longtemps dans les appartements des timbres -et des sonnettes posées sur les tables.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_291_291" -id="Footnote_291_291"></a><a href="#FNanchor_291_291"> -<span class="label">[291]</span></a> Le ruisseau -étant au milieu de la rue, la politesse voulait -que l'on abandonnât la partie de la chaussée qui bordait -les maisons. C'est ce que l'on appelait <i>céder le haut -du pavé</i>.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_292_292" -id="Footnote_292_292"></a><a href="#FNanchor_292_292"> -<span class="label">[292]</span></a> Souvent réimprimée.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_293_293" -id="Footnote_293_293"></a><a href="#FNanchor_293_293"> -<span class="label">[293]</span></a> Dépense -en habits, penchant à se vêtir richement.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_294_294" -id="Footnote_294_294"></a><a href="#FNanchor_294_294"> -<span class="label">[294]</span></a> Voy. ci-dessus, p. 190.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_295_295" -id="Footnote_295_295"></a><a href="#FNanchor_295_295"> -<span class="label">[295]</span></a> Ouvrage -qui a eu un nombre considérable d'éditions, -et qui se réimprime encore aujourd'hui.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_296_296" -id="Footnote_296_296"></a><a href="#FNanchor_296_296"> -<span class="label">[296]</span></a> Il ne faut -pas oublier que l'auteur était «prêtre, docteur -en théologie, et instituteur des Frères des écoles chrétiennes».</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_297_297" -id="Footnote_297_297"></a><a href="#FNanchor_297_297"> -<span class="label">[297]</span></a> -<i>Pantagruel</i>, liv. II, chap. <span class="smcap">XVI</span>.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_298_298" -id="Footnote_298_298"></a><a href="#FNanchor_298_298"> -<span class="label">[298]</span></a> Ayant droit de s'asseoir.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_299_299" -id="Footnote_299_299"></a><a href="#FNanchor_299_299"> -<span class="label">[299]</span></a> Il y a dans -le texte: «Anzi porta una capigliata finta, -per il più tutta ricca e bella.»</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_300_300" -id="Footnote_300_300"></a><a href="#FNanchor_300_300"> -<span class="label">[300]</span></a> Voyez ci-dessus, p. 26 et suivantes.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_301_301" -id="Footnote_301_301"></a><a href="#FNanchor_301_301"> -<span class="label">[301]</span></a> Il y a -dans le texte: <i>Iveram redditum urinam</i>.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_302_302" -id="Footnote_302_302"></a><a href="#FNanchor_302_302"> -<span class="label">[302]</span></a> <i>Non -ausim dicere sine præfatione honoris.</i></p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_303_303" -id="Footnote_303_303"></a><a href="#FNanchor_303_303"> -<span class="label">[303]</span></a> <i>Usui est -ad tergendum nates in latrina.</i></p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_304_304" -id="Footnote_304_304"></a><a href="#FNanchor_304_304"> -<span class="label">[304]</span></a> <i>Deinde -egressus cubiculo, descendi infra, urinam in -aera reddidi ad parietem.</i></p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_305_305" -id="Footnote_305_305"></a><a href="#FNanchor_305_305"> -<span class="label">[305]</span></a> Voyez ci-dessus, p. 163.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_306_306" -id="Footnote_306_306"></a><a href="#FNanchor_306_306"> -<span class="label">[306]</span></a> Quoi qu'en disent les stoïciens.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_307_307" -id="Footnote_307_307"></a><a href="#FNanchor_307_307"> -<span class="label">[307]</span></a> Pages 28 et 179.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_308_308" -id="Footnote_308_308"></a><a href="#FNanchor_308_308"> -<span class="label">[308]</span></a> <i>Recueil de -poësies de divers autheurs.</i> In-18. Deuxième -partie, p. 4.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_309_309" -id="Footnote_309_309"></a><a href="#FNanchor_309_309"> -<span class="label">[309]</span></a> Édition de 1731, t. VI, p. 257.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_310_310" -id="Footnote_310_310"></a><a href="#FNanchor_310_310"> -<span class="label">[310]</span></a> <i>Anciennes -poésies françoises</i> (bibliothèque elzévirienne), -t. I, p. 84.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_311_311" -id="Footnote_311_311"></a><a href="#FNanchor_311_311"> -<span class="label">[311]</span></a> <i>Anciennes -poésies françoises</i>, t. I, p. 103.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_312_312" -id="Footnote_312_312"></a><a href="#FNanchor_312_312"> -<span class="label">[312]</span></a> <i>Ibid.</i>, t. II, p. 284.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_313_313" -id="Footnote_313_313"></a><a href="#FNanchor_313_313"> -<span class="label">[313]</span></a> <i>Antiquitez -de Paris</i>, t. II, p. 465.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_314_314" -id="Footnote_314_314"></a><a href="#FNanchor_314_314"> -<span class="label">[314]</span></a> Rouen, 1615, in-18, p. 24.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_315_315" -id="Footnote_315_315"></a><a href="#FNanchor_315_315"> -<span class="label">[315]</span></a> Voy. -<span class="smcap">A. d'Embry</span>, -<i>Description de l'isle des hermaphrodites</i>, -p. 10, et <span class="smcap">Gabriel -de Minut</span>, <i>De la beauté</i>, p. 145.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_316_316" -id="Footnote_316_316"></a><a href="#FNanchor_316_316"> -<span class="label">[316]</span></a> <i>Mémoires -du règne de Louis XVI</i>, t. II, p. 99.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_317_317" -id="Footnote_317_317"></a><a href="#FNanchor_317_317"> -<span class="label">[317]</span></a> -<span class="smcap">Longchamp</span> et -<span class="smcap">Wagnière</span>, <i>Mémoires sur Voltaire</i>, t. II, -p. 119 et suiv.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_318_318" -id="Footnote_318_318"></a><a href="#FNanchor_318_318"> -<span class="label">[318]</span></a> <i>Mémoires -du règne de Louis XVI</i>, t. VI, p. 9.</p></div> - -<div class="footnote"> -<p class="indent2"><a name="Footnote_319_319" -id="Footnote_319_319"></a><a href="#FNanchor_319_319"> -<span class="label">[319]</span></a> <i>Les -merveilles de l'autre monde</i>, 1665, in-18, p. 65.</p> </div> -</div> - - - -<hr class="chap" /> - -<h2>TABLE DES MATIÈRES</h2> - -<table class="contents" id="TABLE_DES_MATIERES" summary="TABLE DES MATIERES"> - <tbody> - <tr> - <td class="c1"></td> - <td class="c2">Page</td> - </tr> - <tr> - <td class="c1"><a href="#I-I">I</a></td> - <td class="c2">1</td> - </tr> - <tr> - <td class="c1"><a href="#I-II">II</a></td> - <td class="c2">44</td> - </tr> - <tr> - <td class="c1"><a href="#I-III">III</a></td> - <td class="c2">105</td> - </tr> - <tr> - <td class="c1"><a href="#ECLAIRCISSEMENTS">ÉCLAIRCISSEMENTS</a></td> - <td class="c2">163</td> - </tr> - <tr> - <td class="c1"><span class="pl1"><a href="#II-I">I</a><span class="pl1">EXTRAIT - DE LA CIVILITÉ DE JEAN SULPICE</span></span></td> - <td class="c2">163</td> - </tr> - <tr> - <td class="c1"><span class="pl1"><a href="#II-II">II</a> - <span class="pl1">EXTRAIT DE LA CIVILITÉ D'ÉRASME</span></span></td> - <td class="c2">165</td> - </tr> - <tr> - <td class="c1"><span class="pl1"><a href="#II-III">III</a> - <span class="pl1">EXTRAIT DE LA CIVILITÉ D'ÉRASME</span></span></td> - <td class="c2">169</td> - </tr> - <tr> - <td class="c1"><span class="pl1"><a href="#II-IV">IV</a> - <span class="pl1">EXTRAIT DE LA CIVILITÉ D'ÉRASME</span></span></td> - <td class="c2">173</td> - </tr> - <tr> - <td class="c1"><span class="pl1"><a href="#II-V">V</a><span class="pl1">EXTRAIT - DU NOUVEAU TRAITÉ DE LA CIVILITÉ QUI SE PRATIQUE EN FRANCE PARMI LES HONNESTES - GENS</span></span></td> - <td class="c2">182</td> - </tr> - <tr> - <td class="c1"><span class="pl1"><a href="#II-VI">VI</a> - <span class="pl1">EXTRAIT DE LA CIVILITÉ PUÉRILE ET HONNESTE, DRESSÉ PAR - UN MISSIONAIRE</span></span></td> - <td class="c2">193</td> - </tr> - <tr> - <td class="c1"><span class="pl1"><a href="#II-VII">VII</a> - <span class="pl1">EXTRAIT DES RÈGLES DE LA BIENSÉANCE ET DE LA CIVILITÉ - CHRÉTIENNE</span></span></td> - <td class="c2">199</td> - </tr> - <tr> - <td class="c1"><a href="#INDEX_ALPHABETIQUE">INDEX ALPHABÉTIQUE</a></td> - <td class="c2">209</td> - </tr> - <tr> - <td class="c1"><a href="#ADDITIONS">ADDITIONS</a></td> - <td class="c2">209</td> - </tr> - <tr> - <td class="c1"><a href="#APPENDICE">APPENDICE</a></td> - <td class="c2">1</td> - </tr> - <tr> - <td class="c1"><span class="pl1"><a href="#III-I">I</a><span class="pl1">EXTRAIT - DE LA CIVILITÉ DE JEAN SULPICE</span></span></td> - <td class="c2">6</td> - </tr> - <tr> - <td class="c1"><span class="pl1"><a href="#III-II">II</a><span class="pl1">SUR - L'ÉPILATION</span></span></td> - <td class="c2">9</td> - </tr> - <tr> - <td class="c1"><span class="pl1"><a href="#III-III">III</a></span></td> - <td class="c2">12</td> - </tr> - <tr> - <td class="c1"><span class="pl1"><a href="#III-IV">IV</a></span></td> - <td class="c2">14</td> - </tr> - </tbody> -</table> - - - - - - - - -<pre> - - - - - -End of the Project Gutenberg EBook of La vie privée d'autrefois : Arts e - métiers : modes, moeurs, usages d, by Alfred Franklin - -*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK LA VIE PRIVÉE D'AUTREFOIS : *** - -***** This file should be named 56072-h.htm or 56072-h.zip ***** -This and all associated files of various formats will be found in: - http://www.gutenberg.org/5/6/0/7/56072/ - -Produced by Isabelle Kozsuch, Christian Boissonnas and the -Online Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net -(This file was produced from images generously made -available by The Internet Archive/Canadian Libraries) - - -Updated editions will replace the previous one--the old editions will -be renamed. - -Creating the works from print editions not protected by U.S. copyright -law means that no one owns a United States copyright in these works, -so the Foundation (and you!) can copy and distribute it in the United -States without permission and without paying copyright -royalties. 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INDEMNITY - You agree to indemnify and hold the Foundation, the -trademark owner, any agent or employee of the Foundation, anyone -providing copies of Project Gutenberg-tm electronic works in -accordance with this agreement, and any volunteers associated with the -production, promotion and distribution of Project Gutenberg-tm -electronic works, harmless from all liability, costs and expenses, -including legal fees, that arise directly or indirectly from any of -the following which you do or cause to occur: (a) distribution of this -or any Project Gutenberg-tm work, (b) alteration, modification, or -additions or deletions to any Project Gutenberg-tm work, and (c) any -Defect you cause. - -Section 2. Information about the Mission of Project Gutenberg-tm - -Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of -electronic works in formats readable by the widest variety of -computers including obsolete, old, middle-aged and new computers. It -exists because of the efforts of hundreds of volunteers and donations -from people in all walks of life. - -Volunteers and financial support to provide volunteers with the -assistance they need are critical to reaching Project Gutenberg-tm's -goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will -remain freely available for generations to come. In 2001, the Project -Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure -and permanent future for Project Gutenberg-tm and future -generations. To learn more about the Project Gutenberg Literary -Archive Foundation and how your efforts and donations can help, see -Sections 3 and 4 and the Foundation information page at -www.gutenberg.org Section 3. Information about the Project Gutenberg -Literary Archive Foundation - -The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit -501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the -state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal -Revenue Service. The Foundation's EIN or federal tax identification -number is 64-6221541. Contributions to the Project Gutenberg Literary -Archive Foundation are tax deductible to the full extent permitted by -U.S. federal laws and your state's laws. - -The Foundation's principal office is in Fairbanks, Alaska, with the -mailing address: PO Box 750175, Fairbanks, AK 99775, but its -volunteers and employees are scattered throughout numerous -locations. Its business office is located at 809 North 1500 West, Salt -Lake City, UT 84116, (801) 596-1887. Email contact links and up to -date contact information can be found at the Foundation's web site and -official page at www.gutenberg.org/contact - -For additional contact information: - - Dr. Gregory B. Newby - Chief Executive and Director - gbnewby@pglaf.org - -Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg -Literary Archive Foundation - -Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide -spread public support and donations to carry out its mission of -increasing the number of public domain and licensed works that can be -freely distributed in machine readable form accessible by the widest -array of equipment including outdated equipment. Many small donations -($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt -status with the IRS. - -The Foundation is committed to complying with the laws regulating -charities and charitable donations in all 50 states of the United -States. Compliance requirements are not uniform and it takes a -considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up -with these requirements. We do not solicit donations in locations -where we have not received written confirmation of compliance. To SEND -DONATIONS or determine the status of compliance for any particular -state visit www.gutenberg.org/donate - -While we cannot and do not solicit contributions from states where we -have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition -against accepting unsolicited donations from donors in such states who -approach us with offers to donate. - -International donations are gratefully accepted, but we cannot make -any statements concerning tax treatment of donations received from -outside the United States. U.S. laws alone swamp our small staff. - -Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation -methods and addresses. Donations are accepted in a number of other -ways including checks, online payments and credit card donations. To -donate, please visit: www.gutenberg.org/donate - -Section 5. General Information About Project Gutenberg-tm electronic works. - -Professor Michael S. Hart was the originator of the Project -Gutenberg-tm concept of a library of electronic works that could be -freely shared with anyone. For forty years, he produced and -distributed Project Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of -volunteer support. - -Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed -editions, all of which are confirmed as not protected by copyright in -the U.S. unless a copyright notice is included. Thus, we do not -necessarily keep eBooks in compliance with any particular paper -edition. - -Most people start at our Web site which has the main PG search -facility: www.gutenberg.org - -This Web site includes information about Project Gutenberg-tm, -including how to make donations to the Project Gutenberg Literary -Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to -subscribe to our email newsletter to hear about new eBooks. - - - -</pre> - -</body> -</html> diff --git a/old/56072-h/images/cover.jpg b/old/56072-h/images/cover.jpg Binary files differdeleted file mode 100644 index d2e4788..0000000 --- a/old/56072-h/images/cover.jpg +++ /dev/null diff --git a/old/56072-h/images/i_011.jpg b/old/56072-h/images/i_011.jpg Binary files differdeleted file mode 100644 index a218d23..0000000 --- a/old/56072-h/images/i_011.jpg +++ /dev/null diff --git a/old/56072-h/images/i_022.jpg b/old/56072-h/images/i_022.jpg Binary files differdeleted file mode 100644 index 0f18fab..0000000 --- a/old/56072-h/images/i_022.jpg +++ /dev/null diff --git a/old/56072-h/images/i_028.jpg b/old/56072-h/images/i_028.jpg Binary files differdeleted file mode 100644 index d0ab79e..0000000 --- a/old/56072-h/images/i_028.jpg +++ /dev/null diff --git a/old/56072-h/images/i_037.jpg b/old/56072-h/images/i_037.jpg Binary files differdeleted file mode 100644 index 99514eb..0000000 --- a/old/56072-h/images/i_037.jpg +++ /dev/null diff --git a/old/56072-h/images/i_043.jpg b/old/56072-h/images/i_043.jpg Binary files differdeleted file mode 100644 index 95fdc54..0000000 --- a/old/56072-h/images/i_043.jpg +++ /dev/null diff --git a/old/56072-h/images/i_049a.jpg b/old/56072-h/images/i_049a.jpg Binary files differdeleted file mode 100644 index 3840bda..0000000 --- a/old/56072-h/images/i_049a.jpg +++ /dev/null diff --git a/old/56072-h/images/i_049b.jpg b/old/56072-h/images/i_049b.jpg Binary files differdeleted file mode 100644 index 84c598c..0000000 --- a/old/56072-h/images/i_049b.jpg +++ /dev/null diff --git a/old/56072-h/images/i_056.jpg b/old/56072-h/images/i_056.jpg Binary files differdeleted file mode 100644 index c4e9e6d..0000000 --- a/old/56072-h/images/i_056.jpg +++ /dev/null diff --git a/old/56072-h/images/i_075.jpg b/old/56072-h/images/i_075.jpg Binary files differdeleted file mode 100644 index 5c098ed..0000000 --- a/old/56072-h/images/i_075.jpg +++ /dev/null diff --git a/old/56072-h/images/i_080.jpg b/old/56072-h/images/i_080.jpg Binary files differdeleted file mode 100644 index 360a98f..0000000 --- a/old/56072-h/images/i_080.jpg +++ /dev/null diff --git a/old/56072-h/images/i_087.jpg b/old/56072-h/images/i_087.jpg Binary files differdeleted file mode 100644 index 552bdf7..0000000 --- a/old/56072-h/images/i_087.jpg +++ /dev/null diff --git a/old/56072-h/images/i_106.jpg b/old/56072-h/images/i_106.jpg Binary files differdeleted file mode 100644 index c883cf7..0000000 --- a/old/56072-h/images/i_106.jpg +++ /dev/null diff --git a/old/56072-h/images/i_130.jpg b/old/56072-h/images/i_130.jpg Binary files differdeleted file mode 100644 index 14f3a1d..0000000 --- a/old/56072-h/images/i_130.jpg +++ /dev/null diff --git a/old/56072-h/images/i_140.jpg b/old/56072-h/images/i_140.jpg Binary files differdeleted file mode 100644 index 4ad37ad..0000000 --- a/old/56072-h/images/i_140.jpg +++ /dev/null diff --git a/old/56072-h/images/i_147a.jpg b/old/56072-h/images/i_147a.jpg Binary files differdeleted file mode 100644 index f3e91a2..0000000 --- a/old/56072-h/images/i_147a.jpg +++ /dev/null diff --git a/old/56072-h/images/i_147b.jpg b/old/56072-h/images/i_147b.jpg Binary files differdeleted file mode 100644 index bead483..0000000 --- a/old/56072-h/images/i_147b.jpg +++ /dev/null diff --git a/old/56072-h/images/i_160.jpg b/old/56072-h/images/i_160.jpg Binary files differdeleted file mode 100644 index e0c5aa5..0000000 --- a/old/56072-h/images/i_160.jpg +++ /dev/null diff --git a/old/56072-h/images/logo.jpg b/old/56072-h/images/logo.jpg Binary files differdeleted file mode 100644 index 0808483..0000000 --- a/old/56072-h/images/logo.jpg +++ /dev/null |
