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-The Project Gutenberg EBook of La vie privée d'autrefois : Arts et
-métiers : modes, moeurs, usages des, by Alfred Franklin
-
-This eBook is for the use of anyone anywhere in the United States and most
-other parts of the world at no cost and with almost no restrictions
-whatsoever. You may copy it, give it away or re-use it under the terms of
-the Project Gutenberg License included with this eBook or online at
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-
-
-Title: La vie privée d'autrefois : Arts et métiers : modes, moeurs, usages des parisiens du XIIe au XVIIIe siècle
- Les soins de toilette -- Le savoir vivre
-
-Author: Alfred Franklin
-
-Release Date: November 28, 2017 [EBook #56072]
-
-Language: French
-
-Character set encoding: UTF-8
-
-*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK LA VIE PRIVÉE D'AUTREFOIS : ***
-
-
-
-
-Produced by Isabelle Kozsuch, Christian Boissonnas and the
-Online Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net
-(This file was produced from images generously made
-available by The Internet Archive/Canadian Libraries)
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- ┌────────────────────────────────────────────────────────────────────┐
- │ Note de transcription: │
- │ │
- │ Les erreurs clairement introduites par le typographe ont été │
- │ corrigées. L'orthographe et la ponctuation d'origine ont été │
- │ conservées et n'ont pas été harmonisées. │
- │ │
- │ Les mots en italiques sont _soulignés_. │
- │ │
- │ La Table des Matières se trouve en fin de livre et a été créée par │
- │ le transcripteur. │
- └────────────────────────────────────────────────────────────────────┘
-
-
-
-
- LA VIE PRIVÉE
-
- D'AUTREFOIS
-
-
-
-
-L'auteur et les éditeurs déclarent réserver leurs droits de traduction
-et de reproduction à l'étranger.
-
-Ce volume a été déposé au ministère de l'intérieur (section de la
-librairie) en février 1887.
-
-
-PARIS. TYPOGRAPHIE E. PLON, NOURRIT ET Cie, RUE GARANCIÈRE, 8.
-
-
-
-
- LA VIE PRIVÉE
- D'AUTREFOIS
-
- ARTS ET MÉTIERS
-
- MODES, MŒURS, USAGES DES PARISIENS
-
- DU XIIe AU XVIIIe SIÈCLE
-
- D'APRÈS DES DOCUMENTS ORIGINAUX OU INÉDITS
-
- PAR
-
- ALFRED FRANKLIN
-
- LES SOINS DE TOILETTE
-
- LE SAVOIR-VIVRE
-
- [Illustration]
-
-
- PARIS
-
- LIBRAIRIE PLON
- E. PLON, NOURRIT ET Cie, IMPRIMEURS-ÉDITEURS
- RUE GARANCIÈRE, 10
-
- 1887
-
-
-
-
-LA
-
-VIE PRIVÉE D'AUTREFOIS
-
-LES SOINS DE TOILETTE.
-
-LE SAVOIR-VIVRE.
-
-
-
-
-I
-
-
-Jusqu'au milieu du dix-septième siècle, tout barbier était en même
-temps chirurgien. Dans sa boutique, obscure et sale, il rasait et
-saignait, coupait les cheveux et posait des ventouses, pansait
-les plaies, ouvrait les anthrax, ne reculait même pas devant les
-opérations les plus compliquées et les plus dangereuses. Un préjugé
-persistant enveloppait dans le même dédain tout travail manuel, qu'il
-s'appliquât à un métier, à un art ou à une science. L'ouvrier maçon et
-l'architecte, le barbouilleur d'enseignes et le peintre qui ornait les
-palais royaux de chefs-d'œuvre, le barbier et le chirurgien enfin,
-appartenaient l'un et l'autre et au même titre à la même corporation
-ouvrière. Je développerai tout cela ailleurs, lorsque j'aurai à
-raconter la lutte soutenue pendant cinq cents ans par les barbiers
-contre les chirurgiens. A vrai dire, il n'y avait guère entre eux de
-différence, et plusieurs de nos meilleurs chirurgiens, Ambroise Paré
-entre autres, n'étaient que des barbiers, et furent associés fort tard
-à la classe des chirurgiens proprement dits.
-
-Ce que l'on reprochait aux barbiers, gens fort serviables et fort
-aimés du petit peuple, qui ne connaissait guère d'autres médecins,
-c'était donc surtout le mélange d'attributions disparates, les
-opérations de chirurgie et les soins de toilette: «Voicy le mal que le
-barbier ne se contente du poil[1]», était déjà une phrase proverbiale
-au seizième siècle. Louis XIII voulut donner satisfaction à un vœu si
-général. En décembre 1637, il autorisa l'établissement d'une nouvelle
-communauté de barbiers, celle des _barbiers-barbants_, à laquelle
-toute pratique chirurgicale était interdite, et qui n'avait dans ses
-attributions que les bains et la coiffure. Les barbiers-chirurgiens
-protestèrent, et l'affaire fut portée au Parlement, qui procéda avec
-une sage lenteur. Au mois de décembre 1659, Louis XIV intervint et
-confirma la création faite par son prédécesseur. L'édit rendu à cette
-occasion ne put encore être exécuté, et fut renouvelé le 23 mars 1673.
-
-En vérité, il n'était que temps, et jamais la nécessité de constituer
-une corporation ne s'était fait plus vivement sentir. Car enfin, il
-faut tout dire, depuis près d'un siècle les Parisiens négligeaient
-fort les soins les plus élémentaires de la toilette; ils avaient perdu
-à peu près complétement l'habitude de se laver. Esquissons à grands
-traits l'histoire de la propreté en France.
-
-Par réaction contre le sensualisme païen, l'Église se montra d'abord
-fort indifférente sur ce point; peu s'en faut même qu'elle ne regardât
-la propreté comme une pratique dangereuse, une vanité coupable, un
-péché. En général, les moines ne prenaient de bains que deux fois par
-an, à Noël et à Pâques. La règle de saint Benoît s'exprime ainsi:
-«On permettra les bains aux malades toutes les fois qu'on le jugera
-nécessaire; mais pour ceux qui se portent bien, surtout s'ils sont
-jeunes, on ne leur en accordera l'usage que rarement[2].» Dom Calmet,
-qui a écrit un très-savant commentaire sur la règle de saint Benoît,
-trouve cette mesure excellente, et montre combien il eût été cruel
-de refuser ces deux bains annuels aux religieux. Ils leur étaient
-nécessaires, dit-il, parce «qu'alors ils n'usoient point de linge,
-comme ils n'en usent point encore aujourd'hui. Couchant tout vêtus
-et changeant peu souvent d'habits de laine qu'ils portoient sur
-la chair, ils contractoient beaucoup de crasse par la sueur et le
-travail, ce qui étoit non-seulement très-incommode aux particuliers
-pour leur personne, mais aussi étoit à charge aux autres à cause de la
-mauvaise odeur et de la malpropreté. Aujourd'hui, ajoute-t-il, on a
-pourvu à ces inconvénients par les chemises de serge qu'on porte, et
-que l'on peut laver aussi fréquemment que le besoin ou la bienséance
-le demandent[3].» La seule concession faite sur ce point s'applique
-donc, non à la personne des religieux, mais à leur chemise, qu'ils
-étaient autorisés à laver tous les quinze jours[4]. Ce qui tendrait
-à faire supposer qu'ils n'abusaient pas de la permission, c'est que
-la règle leur accordant des pédules ou pantalons à pieds, les moines
-en coupaient l'extrémité qui, paraît-il, se salissait trop vite; dom
-Calmet s'exprime ainsi: «A cause de la sueur, ils coupent ce qu'ils
-mettent dans leurs pieds, pour s'épargner la peine de les laver[5].»
-Il y a là amphibologie, mais le commentaire qui suit explique la vraie
-pensée de l'auteur.
-
-La règle de Cluni ordonnait aux moines de se réunir chaque matin dans
-le cloître, afin d'y faire leur toilette. Celle-ci était sans doute
-bien sommaire, car trois serviettes pendues au mur constituaient
-tout le linge mis à la disposition de la communauté; la première
-était exclusivement réservée aux novices, la deuxième aux profès,
-et la troisième aux frères lais[6]. Les Bénédictins avaient chacun
-leur peigne, et, dit dom Calmet, «ils se peignoient et se lavoient
-assez souvent le visage et la tête». Il explique un peu plus loin ce
-qu'il faut entendre par ces mots _assez souvent_: les religieux, qui
-avaient tout le crâne rasé et ne conservaient qu'une étroite couronne
-de cheveux, se lavaient la tête «tous les samedis[7]».
-
-On comptait si peu sur la propreté des séculiers, des évêques même,
-que l'on exigeait qu'ils se peignassent avant de monter à l'autel.
-Comme ils ne se décidaient à subir cette opération qu'au dernier
-moment, «et que l'on étoit bien aise de conserver la chape et la
-chasuble, et d'empêcher que la crasse ne tombât dessus, on mettoit sur
-leurs épaules un linge fait en forme de petit manteau[8]».
-
-[Illustration: PEIGNE EN IVOIRE SCULPTÉ DU SEIZIÈME SIÈCLE.
-
-Musée du Louvre. Collection Sauvageot.]
-
-A l'égard des soins du corps, les couvents de femmes eux-mêmes ne
-jouissaient d'aucun privilége, bien qu'on y autorisât le rouge et
-les mouches. Vers la fin du dix-septième siècle, madame de Mazarin,
-retirée chez les Visitandines de la rue Saint-Antoine, ayant demandé
-un jour à se laver les pieds, la maison entière s'en émut, et la
-duchesse essuya un refus fort net. Comme elle tenait à ses idées, elle
-se procura de l'eau et, faute de mieux, en remplit un grand coffre
-qui était dans le dortoir; de sorte que tout cela finit par une
-inondation générale[9].
-
-Dans son grand _Dictionnaire des sciences ecclésiastiques_ publié
-en 1760, le Dominicain Richard concède que «l'usage du bain est
-permis en soi, pourvu qu'on ne le prenne pas par volupté, mais par
-nécessité[10],» et la récente canonisation de Benoît Labre prouve
-bien que l'Église n'a jamais entendu faire de la propreté même une
-demi-vertu. A en croire les panégyristes de ce saint personnage,
-l'odeur infecte qu'exhalait son corps crasseux et couvert de vermine
-faisait fuir jusqu'aux mendiants les plus sales[11].
-
-En dehors de l'Église, on fut assez propre au moyen âge, surtout dans
-la classe aisée. Les croisés avaient rapporté d'Orient le goût des
-bains, et de bonne heure les étuves s'étaient multipliées à Paris.
-Leur souvenir s'y est conservé, presque jusqu'à nos jours, dans le nom
-de plusieurs rues.
-
-Le _cul-de-sac des Étuves-Saint-Michel_ longeait l'église de ce nom
-et aboutissait dans la rue de la Barillerie[12], aujourd'hui boulevard
-du Palais.
-
-La _rue des Étuves-Saint-Martin_, devenue _rue des Vieilles-Étuves_,
-se nommait au treizième siècle rue Geoffroi-des-Bains ou des Étuves,
-_vicus Gauffridi de Balneolis sive stuffarum_[13].
-
-La rue Sauval actuelle portait, il y a encore peu d'années, le nom de
-rue des _Vieilles-Étuves-Saint-Honoré_.
-
-A gauche de la rue Marivaux, aujourd'hui rue Nicolas-Flamel, s'ouvrait
-le _cul-de-sac des Étuves_, ainsi appelé d'un établissement qui y
-était situé[14], et dont la réputation dura plusieurs siècles.
-
-Le cul-de-sac de la Porte-aux-Peintres, aujourd'hui impasse des
-Peintres, s'est appelé _ruelle sans chef dite des Étuves_[15].
-
-La partie de la rue des Bourdonnais qui aboutit au quai de la
-Mégisserie fut dite d'abord rue de l'Abreuvoir-Thibaut-aux-Dés, puis
-_ruelle des Étuves_, et enfin rue de l'Arche-Marion, du nom de la
-femme qui y tenait alors des étuves[16].
-
-Un autre _cul-de-sac des Étuves_ aboutissait dans le grand cul-de-sac
-Gloriette[17], qui lui-même débouchait dans la rue de la Huchette.
-
-La rue du Chat-qui-pêche, située tout près de là, a porté aussi le nom
-de _ruelle des Étuves_[18].
-
-On nommait également _rue aux Étuves_ une petite voie qui allait de la
-rue des Cordeliers, aujourd'hui rue de l'École-de-Médecine, à la rue
-Mignon[19].
-
-Il est clair que bien d'autres rues de Paris ont possédé des étuves,
-sans perdre pour cela leur nom primitif. Nous savons, par exemple,
-qu'à l'angle de la rue Beaubourg, des étuves destinées aux femmes
-étaient installées dans une maison qui avait pour enseigne le _Lion
-d'argent_[20].
-
-Les Juifs, dont la loi prescrit aux femmes l'usage du bain au moins
-une fois par mois[21], avaient dès 1248 dans la rue de la Pelleterie,
-une maison d'étuves à leur usage: _domus quæ fuit stuffæ Judæorum_[22].
-
-En somme, la _Taille de 1292_ mentionne vingt-six étuves, réparties à
-peu près dans tous les quartiers, et parmi lesquelles figurent celles
-de la rue des Vieilles-Étuves-Saint-Martin[23], de la rue Sauval[24]
-et de l'impasse Marivaux[25].
-
-Chaque matin, les valets étuveurs parcouraient les rues, annonçant que
-les bains étaient prêts:
-
- Oiez c'on crie au point du jor[26]:
- Seignor, quar vous alez baingnier
- Et estuver sanz delaier[27],
- Li baing sont chaut, c'est sanz mentir[28].
-
-Les statuts des étuveurs sont compris dans le _Livre des métiers_[29],
-mais ils y ont été insérés après la mort d'Étienne Boileau, car
-l'écriture date du quatorzième siècle seulement. Ils offrent,
-d'ailleurs, un grand intérêt comme peinture des mœurs de l'époque.
-
-Le métier était franc, ce qui signifie que chacun pouvait s'établir
-étuveur sans payer aucune redevance. On se bornait à exiger
-l'engagement de respecter les statuts rédigés en commun par les
-membres de la corporation: «Quiconques veut estre Estuveur en la ville
-de Paris, estre le peut franchement, pour tant que il euvre selonc les
-us et les coustumes du mestier, faites par l'acort du commun[30].»
-
-Nul ne devait annoncer ni faire annoncer l'ouverture des étuves avant
-le point du jour, «pour les perilz qui pevent avenir en ceux qui se
-lievent audit cri pour aler aus estuves[31]». Ces périls prouvent le
-peu de sûreté que présentaient les rues pendant l'obscurité.
-
-Il était défendu de recevoir dans les étuves des femmes d'une conduite
-suspecte, des lépreux ou des lépreuses, des vagabonds, des gens mal
-famés, coureurs de nuit: «Que nulz dudit mestier ne soustiengne en
-leurs mesons ou estuves bordiaus de jour ne de nuit, mesiaus ne
-meseles, reveurs, ne autres genz diffamez de nuit.»
-
-Le prix de l'étuvage était fixé à un franc de notre monnaie, celui du
-bain à deux francs: «Et paiera chascunne personne pour soy estuver
-deus deniers, et se il se baigne il paiera quatre deniers[32].» Cette
-distinction montre que parmi les personnes qui fréquentaient les
-étuves, les unes se bornaient à prendre un bain de vapeur, tandis que
-d'autres y faisaient succéder un bain d'eau chaude; c'est encore ce
-qui se pratique dans les bains publics de l'Orient. Au siècle suivant,
-les prix étaient presque doublés: l'étuvage coûtait deux francs,
-l'étuvage et le bain réunis quatre francs. Le peignoir était fourni
-moyennant cinquante centimes[33].
-
-L'habitude des étuves était si générale que l'État prenait de grandes
-précautions pour en prévenir la fermeture. Ainsi, quand un hiver
-rigoureux faisait hausser le prix du bois et du charbon, le prévôt de
-Paris admettait les réclamations des étuveurs, et augmentait le prix
-d'entrée proportionnellement à celui qu'avait atteint le combustible:
-«Et pour ce que en aucun temps buche, charbon sont plus chiers une
-fois que autre», le prévôt de Paris pourra élever le prix des étuves,
-«par le rapport et serement[34] des bones genz dudit mestier[35].»
-
-Un article, sans doute postérieur à ces premiers statuts[36], nous
-apprend qu'on allait aux étuves le soir aussi bien que le matin,
-que souvent on y restait toute la nuit, et que la réputation de ces
-maisons était déjà fort mauvaise: «Que nuls ne chaufe estuves à Paris
-que pour hommes tant seullement ou pour fames, lequel qui li plera,
-car c'est vil chose et honteuse, pour les ordures et pour les perilz
-qui y pevent avenir; car quant les hommes s'estuvent par devers le
-soir, aucune foiz ils demeurent et gisent leens jusques au jour qu'il
-est haute heure. Et les dames viennent au matin es dictes estuves,
-et aucune foiz vont es chambres aus hommes par ignorance; et assés
-d'autres choses qui ne sont pas belles à dire.»
-
-Les étuves étaient fermées les dimanches et jours de fête[37].
-
-Trois «preud'ommes du mestier», élus par leurs confrères et acceptés
-par le prévôt de Paris, prêtaient serment de dénoncer toutes les
-contraventions aux statuts, les «mesprentures», dit le texte[38].
-Chaque contravention de ce genre était punie d'une amende de dix sols
-(soixante francs), dont six allaient au Roi, et les quatre autres aux
-preud'hommes jurés[39].
-
-En dépit de ces sages règlements, les étuves continuèrent à servir
-de lieux de plaisirs, et rien ne paraît avoir été changé pendant
-longtemps à leur organisation. Au commencement du seizième siècle, on
-criait encore l'ouverture des étuves au point du jour:
-
- C'est à l'image Saincte Jame
- Où se vont baigner ces femmes.
- Et baignez et estuvez, allez.
- Bien servies vous y serez
- De varletz, de chambrière,
- De la dame, bonne chère.
- Allez tost, les baings sont prestz[40].
-
-Ces bains se prenaient dans des baquets de bois, car la baignoire de
-métal est d'invention récente. Froissart rapporte[41], il est vrai,
-qu'en 1382, les Gantois pillant les meubles du comte de Flandre,
-brisèrent la «cuvelette où on l'avoit d'enfance baigné, qui étoit
-d'or et d'argent»; mais il s'agit évidemment ici d'une cuvette et non
-d'une baignoire. Isabeau de Bavière paya en 1416 treize sous pour
-faire «desassembler et rassembler, recingler et relier tout de neuf
-deux cuves à baigner» pour son usage[42]. En 1478, Jacques Cadot,
-menuisier, reçoit trente sous pour une «cuve à baigner» le Roi. En
-1481, Mace Pignet, tonnelier, demande vingt-deux sous six deniers,
-«pour avoir habillé et nectoyé les cuves à baigner» Louis XI[43]. Les
-peignoirs ou fonds de bain se nommaient _baignoères_ ou _baignoires_;
-ils étaient ordinairement de toile très-fine, et on employait jusqu'à
-douze aunes pour en faire un seul[44].
-
-[Illustration: UNE BAIGNOIRE AU QUINZIÈME SIÈCLE.
-
- Apres ces motz sans arrester
- Fit neron vng baing apprester
-
- Et fit ens le preudomme mettre
- Et puis saigner ce dit la lettre
- Et tant luy fit de sang espandre
- Qui luy conuint son ame rēdre
-
-Mort de Sénèque, d'après le _Roman de la rose_, édit. s. d. (quinzième
-siècle), fº53.]
-
-Les cuvettes de toilette se nommaient alors _bassins à laver_.
-Ordinairement on les posait à terre sur une natte, et l'on se lavait à
-genoux la tête et le haut du corps, c'est-à-dire tout ce que le bain
-laissait hors de l'eau. Le _pot à laver_ ou _pot à eau_, différait de
-l'aiguière, qui s'employait surtout pour le lavage des mains avant et
-après le repas. On voit dans l'inventaire dressé après la mort de
-Charles V, que ce prince possédait vingt-quatre bassins à laver en or,
-une foule de bassins semblables en argent, et «ung bassin ou vaisseau
-à laver piez» qui pesait quarante-sept marcs d'argent[45]. Mais
-l'inventaire ne fait aucune distinction entre les bassins de toilette
-et ceux qui étaient destinés au service de la table.
-
-Comme chez les Romains, il était d'usage de se baigner avant le
-repas. Pour qu'une réception parût vraiment luxueuse et cordiale,
-il fallait offrir un bain à son hôte, qui passait de la baignoire à
-la salle à manger. Jean de Troyes raconte qu'en septembre 1467 «le
-Roy et la Royne firent de grans chiers[46] en plusieurs des hostels
-de leurs serviteurs et officiers. Et entre les aultres, le jeudy
-dixiesme jour dudit mois, la Royne et plusieurs dames de sa compaignie
-souppèrent en l'ostel de maistre Jehan Dauvet, premier président au
-Parlement, et illec furent receuës et festoyées moult noblement et à
-grant largesse. Et y eut faits quatre moult beaux bains et richement
-aornez, cuidant que la Royne se y deust baigner, dont elle ne fist
-rien, pource qu'elle se sentit ung peu mal disposée, et aussi que le
-temps estoit dangereux. Mais en l'un desdits baings se y baignèrent
-madame de Bourbon, madamoiselle Bonne de Savoye; et en l'autre baing
-se baignèrent madame de Montglat et Perrette de Châlons, bourgoise de
-Paris[47]: et là firent bonne chière.» Le 22 du même mois, Louis XI
-alla souper chez le prévôt des marchands Denis Hesselin; «et audit
-hostel le Roy y fist grande chière, et y trouva trois beaulx baings
-honnestement et richement attintelez, cuidant que le Roy deust illec
-prendre son plaisir et se baigner[48].»
-
-Les bains dont il est ici question paraissent avoir été improvisés en
-vue de la réception des souverains. Cependant, les grandes familles
-avaient souvent des étuves et des salles de bain dans leur hôtel; les
-récits du temps nous en fournissent de nombreuses preuves[49]. Des
-étuves destinées à la maison royale avaient été construites dans le
-jardin du Palais, à l'extrémité de la Cité[50], et ce petit bâtiment
-figure encore sur le plan dit de Ducerceau, qui date du milieu du
-seizième siècle. Il y avait également des étuves et des bains au
-Louvre, à l'hôtel Saint-Paul et à celui du Petit-Musc. Sauval nous dit
-même qu'«ils étoient pavés de pierre de liais, fermés d'une porte de
-fer treillissé, et entourés de lambris de bois d'Irlande; les cuves
-étoient de même bois, ornées tout autour de bossetes dorées et liées
-de cerceaux attachés avec des clous de cuivre doré[51]».
-
-C'est ordinairement aux étuves qu'avait lieu l'épilation, coutume
-adoptée par toutes les classes de la société. Dans les établissements
-publics, le barbier, son valet ou quelque vieille matrone se
-chargeaient de l'opération vis-à-vis des deux sexes. Quand François
-Ier mit à la mode les cheveux courts et la barbe longue, Clément Marot
-peignit en vers railleurs le désespoir des barbiers, réduits au métier
-d'épileurs[52]. Nos anciens poëtes donnent sur ce point des détails
-fort curieux, mais que je ne puis faire figurer ici.
-
-[Illustration: UNE BOUTIQUE DE BARBIER AU SEIZIÈME SIÈCLE.
-
-D'après J. Amman.]
-
-En somme, les étuves rendaient de réels services, bien qu'elles
-n'eussent rien perdu au seizième siècle de la mauvaise réputation
-qu'elles s'étaient légitimement acquise depuis le quatorzième.
-Toutefois leur vogue ne se soutint pas. Endroits de perdition,
-anathématisés à la fois par les prédicateurs catholiques et par les
-ministres huguenots, elles se virent peu à peu abandonnées, et presque
-toutes disparurent. La morale y gagna, cela est certain, mais nous
-allons voir tout ce qu'y perdit la propreté. Les étuves fermées,
-à qui s'adresser pour les soins du corps? Restaient seulement les
-barbiers-chirurgiens, dont les boutiques n'avaient rien d'attrayant.
-Dans un réduit obscur gisaient trois ou quatre baquets destinés
-surtout aux malades; quant au maître barbier, il était là, prêt à
-vous rendre ses petits services, essuyant ses mains qui venaient de
-panser un cautère ou d'ouvrir un abcès. Entre deux maux, il faut
-choisir le moindre. Les Parisiens prirent leur parti, et sans trop
-de peine, semble-t-il. On cessa d'aller au bain; puis, l'habitude de
-l'eau une fois perdue, on finit par ne plus se laver du tout, même
-chez soi. Une charmante et élégante reine, Marguerite de Navarre, dans
-un dialogue amoureux composé par elle[53], trouve tout naturel de
-dire à son amant: «Voyez ces belles mains; encore que je ne les aye
-point descrassées depuis huict jours, gageons qu'elles effacent les
-vostres[54].»
-
-A cette époque, on mangeait encore sans fourchette; aussi
-recommandait-on de ne pas se moucher avec la main qui prenait la
-viande. On était libre, d'ailleurs, de se moucher dans ses doigts,
-pourvu que ce fût de la main gauche:
-
- Enfant, se ton nés est morveux,
- Ne le torche pas à main nue
- De quoy la viande est tenue,
- Le fait est villain et honteux[55].
-
-On constate sur ce point, quelques années plus tard, un progrès
-sensible. Érasme, en 1530, conseille l'emploi du mouchoir. Cependant,
-ajoute-t-il, il n'est pas interdit de se moucher avec deux doigts,
-pourvu que l'on prenne soin de poser aussitôt le pied sur ce qui
-sera tombé à terre[56]. Cent ans après, on pouvait encore, sans
-trop offenser la civilité, faire cette délicate opération avec un
-seul doigt. Un grand seigneur, d'Hauterive de l'Aubespine, recevait
-un jour à dîner la fleur de la galanterie française, l'illustre
-Turenne entre autres, et le marquis de Ruvigny. Au milieu du repas,
-d'Hauterive ayant eu besoin de se moucher, pressa avec le doigt une
-de ses narines, et le contenu de l'autre, partant comme une flèche,
-alla s'aplatir contre la cheminée, «en faisant autant de bruit qu'un
-pistolet». Ruvigny, qui était assis auprès de Turenne, s'écrie en
-entendant cette détonation: «Monsieur, n'êtes-vous pas blessé?»
-Et, ajoute Tallemant des Réaux[57], «ce fut un esclat de rire le
-plus grand du monde». Cette grave question du mouchoir, qui semble
-aujourd'hui à peu près résolue, soulevait encore des controverses peu
-de temps avant la Révolution. De la Mésangère s'exprimait ainsi en
-1797: «On faisait un art de se moucher il y a quelques années. L'un
-imitait le son de la trompette, l'autre le jurement du chat. Le point
-de perfection consistait à ne faire ni trop de bruit ni trop peu[58].»
-
-Revenons à Érasme. Il nous apprend encore qu'il fallait éviter autant
-que possible de conserver dans ses cheveux des lentes et des poux,
-tout au moins qu'il était peu convenable de les faire tomber sur ses
-voisins en se grattant la tête[59]; que les personnes désireuses de
-passer pour très-distinguées, prenaient soin de se peigner avant
-d'aller dîner chez un homme de qualité[60]; enfin, qu'un homme
-soucieux de sa santé devait bien se garder de retenir les flatuosités
-qu'occasionne une digestion difficile, mais que dans le monde il était
-de bon goût d'en dissimuler le bruit en toussant: «tussi crepitum
-dissimulet[61].» Il ne s'agit ici, bien entendu, que des bruits
-intempestifs émis par en bas; ceux d'en haut avaient toute licence de
-se produire, comme le démontre une belle réponse faite par Louis XIII,
-alors âgé de huit ans, à M. de Souvré son gouverneur[62].
-
-Le père de cet éloquent petit bonhomme, Henri IV, souverain sans
-morgue, ne dissimulait pas qu'il «avoit les pieds et le gousset
-fins»; et, s'il faut en croire Tallemant des Réaux[63], ordinairement
-bien informé, madame de Verneuil, dans un moment de colère, lui
-dit «qu'il puoit comme une charogne». Le bourru d'Aubigné voulait
-peut-être se moquer de son maître quand il met en scène[64] ce
-Renardière qui, «à force d'estre noble, dès la première veuë
-connoissoit fort bien un gentilhomme, et au sentir mesme, car il
-vouloit qu'un vrai noble eust un peu l'œsselle surette et les pieds
-fumants».
-
-Ce n'était pourtant pas là, hélas! un privilége exclusif de la
-noblesse, et la propreté outragée se vengeait de son mieux. Elle
-livrait les coupables à une foule de cruels parasites chargés de les
-torturer. Le _Ménagier de Paris_, composé en 1393, enseigne déjà six
-manières de se débarrasser des puces, et l'auteur reconnaît qu'en
-préserver son mari constituait une des sérieuses préoccupations d'une
-tendre épouse: «Et pour ce, chère seur[65], je vous pry que le mari
-que vous arez[66], vous le vueillez ainsi ensorceller, et le gardez
-de maison maucouverte[67] et de cheminée fumeuse; et ne luy soyez pas
-rioteuse[68], mais doulce, aimable et paisible. Gardez en yver qu'il
-ait bon feu sans fumée, et entre vos mamelles bien couchié, bien
-couvert. Et en esté gardez que en vostre chambre ne en vostre lit
-n'ait nulles puces, ce que vous pouvez faire en six manières[69]...»
-
-Dans une pièce publiée vers 1520, une puce parlant en vers déclare
-qu'elle a été créée pour tourmenter la gent animale et se repaître de
-son sang:
-
- Quant l'yver vient, ilz ont quelque esperance
- De se venger tandis que le froit dure,
- Car sus leur chair ne fais plus demourance,
- Je perds vigueur quant sens venir froidure.
- Mais en esté, je ne tiens point mesure
- De tormenter femmes, chiens et chats.
- Beau dire ilz ont que je leur fais nuisure,
- Pour les pincer ne veulx point de compas.
- De leur bon sang je fais tous mes repas,
- Sans espargner damoyselle ou bourgeoyse,
- Leur faisant peine jusques à mon trespas.
-
-Et l'auteur termine en indiquant un procédé nouveau:
-
- Pour toutes pulces faire soubdain mourir[70].
-
-C'était bien, en effet, une guerre incessante et une guerre à mort.
-Aussi tous les manuels de la vie pratique écrits vers cette époque
-se font-ils l'écho de ce grave souci. Le _Traicté nouveau, intitulé
-bastiment de receptes_[71] fournit, avec d'intéressants détails, cinq
-procédés infaillibles:
-
-«Pour faire que les punaises ne te nuysent point la nuyt;
-
-«Pour faire un oignement qui tue les punaises en la couche ou
-couchette;
-
-«Pour faire qu'il n'y aye nulles pusses en une chambre;
-
-«Pour faire un unguent qui tue les punaises ou mortzpions;
-
-«Pour tuer les poulz et lentes.»
-
-Remarquez que, de ce temps, date la fureur des cosmétiques, des
-fards, des essences, des pâtes, des parfums, qui ne se calma qu'au
-commencement du règne de Louis XIV. Il faut donc se rendre à
-l'évidence, et se représenter telle qu'elle était la haute société
-du seizième siècle. S'il y avait, par exemple, gala au Louvre,
-gentilshommes et grandes dames, bardés de crasse, mais couverts de
-parfums, de perles et de pierreries, montaient sur un cheval ou un
-mulet, la femme en croupe derrière son mari[72]. On se mettait à
-table, et les convives, s'aidant un peu du couteau, mangeaient avec
-les doigts, engluant leur serviette, qu'on était forcé de changer
-après chaque plat.
-
-Vers 1640, parurent enfin, les _Loix de la galanterie_[73], code
-du bon ton à l'usage des petits-maîtres; on y voit avec surprise
-quels raffinements de soins la mode imposait alors aux galants du
-grand monde. Lisez: «L'on peut aller quelquefois chez les baigneurs
-pour avoir le corps net, et tous les jours l'on prendra la peine de
-se laver les mains. Il faut aussi se faire laver le visage presque
-aussi souvent, et se faire razer le poil des jouës, et quelquefois
-se faire laver la teste... Vous aurez un valet de chambre instruit à
-ce mestier, ou bien vous vous servirez d'un barbier qui n'ait autre
-fonction, et non pas de ceux qui pansent les playes et les ulcères,
-et qui sentent toujours le puz et l'onguent. Outre l'incommodité que
-vous en recevez, il y a danger mesme que venant de panser quelque
-mauvais mal, ils ne vous le communiquent; tellement que vous ne les
-appellerez que quand vous serez malades. Et en ce qui est de vous
-accommoder le poil, vous aurez recours à leurs compétiteurs, qui sont
-barbiers-barbans[74].» Notre manuel ne parle pas des femmes, mais la
-mode est toujours donnée par elles. Si elles eussent eu soin de leur
-personne, auraient-elles pu souffrir auprès d'elles ces soupirants
-malpropres?
-
-[Illustration: «UN COURTISAN ET SA DEMOISELLE.»
-
- D'après les _Monumens_ de Montfaucon.
- (Seizième siècle.)
-]
-
-Lorsque l'excès de la propreté eut été porté à ce point qu'un raffiné
-dut se laver le visage _presque tous les jours_, on comprit enfin
-ce que présentaient de répugnant les multiples attributions des
-barbiers-chirurgiens, et les barbiers-barbants furent créés. A la
-suite de l'édit de 1637, quelques industriels avisés avaient déjà
-adopté cette spécialité, mais la corporation ne fut définitivement
-instituée que par l'édit du 23 mars 1673. «Nous avons reconnu dès il
-y a longtemps, dit le Roi, que l'usage de faire le poil et de tenir
-des bains et étuves, et les soins que l'on apporte à tenir le corps
-humain dans une propreté honneste, estant autant utile à la santé que
-pour l'ornement et la bienséance, par nostre édit du mois de décembre
-1659, nous aurions ordonné l'établissement d'un corps et communauté de
-_Barbiers-Baigneurs-Étuvistes-Perruquiers_[75], réduits à deux cens,
-pour en faire profession particulière, distincte et séparée de celle
-des maistres chirurgiens-barbiers[76].» Ces deux cents charges étaient
-vendues par le Roi, et déclarées héréditaires.
-
-C'était là, sans nul doute, une utile réforme, mais dans cet ordre
-de faits il n'eût pas fallu s'arrêter en si beau chemin. Soumise à
-un examen même bienveillant, la cour brillante qui entourait Louis
-XIV aurait perdu beaucoup de son prestige. On commençait, il est
-vrai, à comprendre qu'il était bon de se laver de temps en temps, et
-l'on revenait peu à peu à l'idée que l'eau pouvait avoir été faite
-pour cela; on la subissait cependant plus qu'on ne l'aimait. L'usage
-quotidien d'abondantes ablutions telles que nous les pratiquons
-aujourd'hui eût certainement paru alors une singularité. Le plus
-souvent, les gens soigneux se bornaient à promener le matin sur leur
-visage un petit tampon de coton trempé dans de l'alcool très-faible
-et aromatisé. Un manuel des bienséances, imprimé en 1782, prohibe
-encore l'emploi de l'eau pour la toilette: «Il est de la propreté
-de se nettoyer tous les matins le visage avec un linge blanc, pour
-le décrasser. Il est moins bien de le laver avec de l'eau, car cela
-rend le visage plus susceptible du froid en hiver et du hâle en
-été[77].» On voit que l'auteur, brave docteur en théologie, n'avait
-pas sur la physiologie et l'hygiène des notions bien exactes. Madame
-de Motteville éprouve le besoin de nous dire qu'Anne d'Autriche était
-«propre et fort nette»; elle ne néglige pas non plus de nous apprendre
-que, lors de l'arrivée de la reine Christine à Compiègne, les mains
-de l'auguste souveraine «étoient si crasseuses qu'il étoit impossible
-d'y apercevoir quelque beauté[78]». On sait, du reste, que la fistule
-dont fut atteint Louis XIV est parfois le résultat d'un manque de
-propreté, et que le roi-soleil avait souvent son sommeil troublé par
-des punaises[79].
-
-Vers cette époque commença la vogue des carrosses et des chaises à
-porteur, qui facilitèrent les relations sociales dans ce que l'on
-appelait alors le monde galant. En 1550, il n'y avait guère à Paris
-que trois ou quatre carrosses, et c'était encore un luxe de faire ses
-courses _en housse_, c'est-à-dire sur un cheval de selle couvert d'une
-housse de drap ou de velours. Sully allait au Louvre en housse, et il
-n'eut un carrosse que lorsqu'il fut grand maître de l'artillerie[80].
-La bourgeoisie, la noblesse pauvre allaient à pied; on marchait avec
-précaution dans les rues boueuses, et si l'on rendait une visite de
-cérémonie, on changeait de chaussures dans l'antichambre avant de
-passer au salon. Les _Loix de la galanterie_ nous fournissent sur ce
-point des détails curieux: «Lors que la mode a voulu que les seigneurs
-et hommes de condition allassent à cheval par Paris, il estoit honeste
-d'y estre en bas de soye sur une housse de velours et entouré de pages
-et de laquais. Mais maintenant, veu que les crottes s'augmentent
-tous les jours dans cette grande ville, avec un embarraz inévitable,
-nous ne trouvons plus à propos que nos galands de la haute volée
-soient en cet équipage et aillent autrement qu'en carrosse. Nous
-sçavons qu'autrefois pour parler d'un qui paroissoit dans le monde,
-soit financier ou autre, l'on disoit de luy: _il ne va plus qu'en
-housse_; mais maintenant cela n'est plus guère propre qu'aux médecins
-ou à ceux qui ne sont pas des plus relevez. De quelque condition que
-soit un galand, nous luy enjoignons d'avoir un carrosse s'il en a le
-moyen, d'autant que lors que l'on parle aujourd'huy de quelqu'un qui
-fréquente les bonnes compagnies, l'on demande incontinent: _a-t-il
-carrosse?_ et si l'on respond que oüy, l'on en fait beaucoup plus
-d'estime. Si les galands du plus bas estage veulent visiter des
-dames de condition, ils remarqueront qu'il n'y a rien de si laid
-que d'entrer chez elles avec des bottes ou des souliers crottez,
-spécialement s'ils en sont logez fort loin; car quelle apparence y
-a-t-il qu'en cet estat ils aillent marcher sur un tapis de pied et
-s'asseoir sur un faut-œil de velours? C'est aussi une chose infâme
-de s'estre coulé de son pied d'un bout de la ville à l'autre, quand
-mesme on auroit changé de souliers à la porte, pource que cela vous
-accuse de quelque pauvreté, qui n'est pas moins un vice aujourd'huy
-en France que chez les Chinois, où l'on croid que les pauvres soient
-maudits des Dieux à cause qu'ils ne prospèrent point. Vous pouvez
-aussi vous faire porter en chaize, dernière et nouvelle commodité,
-si utile qu'ayant esté enfermé là dedans sans se gaster le long des
-chemins, l'on peut dire que l'on en sort aussi propre que si l'on
-sortoit de la boiste d'un enchanteur; et comme elles sont de loüage,
-l'on n'en fait la despense que quand l'on veut, au lieu qu'un cheval
-mange jour et nuict[81].»
-
-[Illustration: «DEUX COURTISANS QUI VONT AU LOUVRE.»
-
-D'après les _Monumens_ de Montfaucon. (Seizième siècle.)]
-
-Il s'agissait donc surtout de briller à peu de frais, et pourvu que
-le galant eût sa chaussure et ses vêtements à peu près propres, on ne
-s'inquiétait pas d'autre chose. Un traité de la civilité qui eut un
-immense succès vers la fin du dix-septième siècle[82] résume ainsi
-des recommandations d'ordre plus intime faites aux personnes de la
-cour: «Il faut avoir soin de se tenir la teste nette, les yeux et les
-dents, les mains aussi, et même les pieds, particulièrement l'esté,
-pour ne pas faire mal au cœur à ceux avec qui nous conversons[83].» Le
-même ouvrage mentionne quelques modifications heureuses apportées dans
-les usages depuis le commencement du siècle: «Autrefois, dit-il, il
-estoit permis de cracher à terre devant des personnes de qualité, et
-il suffisoit de mettre le pied dessus: à présent, c'est une indécence.
-Autrefois on pouvoit bâiller, et c'estoit assez pourvû que l'on ne
-parlast pas en bâillant: à présent une personne de qualité s'en
-choqueroit. Autrefois, on pouvoit tremper son pain dans la sauce, et
-il suffisoit pourveu que l'on n'y eust pas encore mordu: maintenant
-ce seroit une espèce de rusticité. Autrefois on pouvoit tirer de
-sa bouche ce que l'on ne pouvoit pas manger, et le jeter à terre
-pourveu que cela se fist adroitement: maintenant ce seroit une grande
-saleté[84].» Mais nous entrons ici dans le cérémonial de la table,
-dont je m'occuperai ailleurs.
-
-Le salut vint de l'hôtel de Rambouillet, qui, en dépit des justes
-railleries de Molière, eut la gloire de généraliser en France le bon
-ton, la politesse, l'urbanité, le savoir-vivre.
-
-
-
-
-II
-
-
-Je ne raconterai pas l'histoire de la coiffure et de la barbe, car
-on la trouve partout. Elle est bien exposée dans l'_Histoire du
-costume_ de M. Quicherat, relativement exacte dans les _Dictionnaires
-de la conversation_ et les _Encyclopédies_[85]; la refaire d'après
-les sources serait donc me donner beaucoup de peine en pure perte.
-D'ailleurs, je tiens à rester fidèle au programme que je me suis
-tracé; il consiste à exclure autant que possible de ces petites
-notices les faits déjà étudiés de l'histoire des mœurs, pour me
-borner à recueillir les détails ignorés ou peu connus, et à relever
-les erreurs accréditées par une longue tradition. Ainsi, des statues
-qui ne peuvent être antérieures à 1150 ont fait jusqu'ici attribuer
-aux mérovingiennes la jolie coiffure que portaient les grandes
-dames du douzième siècle; leurs cheveux, partagés au milieu de la
-tête, descendaient par devant en deux longues tresses nattées et
-galonnées[86].
-
-[Illustration:
-
- REINE DU GRAND PORTAIL LA REINE DE SABA,
-
- DE CHARTRES. PROVENANT DE
- N.-D. DE CORBEIL.
-
-D'après Willemin.]
-
-Au siècle suivant, les nattes ont disparu. Les femmes mariées les
-ont remplacées par un volumineux chignon attaché derrière le crâne;
-les jeunes filles laissent pendre leurs cheveux sur le dos, mode qui
-demeura très-longtemps en France le signe de la virginité, comme en
-témoignent les anciennes représentations de la Vierge. Le quatorzième
-siècle adopte les nattes relevées de chaque côté du front sur les
-tempes. Au quinzième, les cheveux sont sacrifiés à des couvre-chefs
-fantaisistes, dont le hennin est le type. Le seizième siècle découvre
-les fronts et inaugure la coiffure dite _à la Marie Stuart_, dont les
-différentes variétés nous conduisent jusqu'au règne de Louis XIV.
-Celui-ci peut être caractérisé par la coiffure _à la Sévigné_, qui est
-composée d'une multitude de boucles échelonnées sur les joues.
-
-Pour se faire une idée générale de la forme que les hommes donnèrent
-successivement à leur chevelure et à leur barbe, il suffit de passer
-en revue les portraits de nos rois.
-
-La barbe disparaît à partir de Philippe-Auguste; le visage est rasé
-et les cheveux ne dépassent guère le milieu du cou. La barbe fait une
-réapparition timide sous Philippe VI et Jean II, mais Charles V et
-ses successeurs sont imberbes: par derrière, leurs cheveux descendent
-jusqu'au cou; par devant, ils sont coupés très-courts, c'est la
-coiffure dite _aux enfants d'Édouard_. A dater de François Ier, on
-fait peu de cas des cheveux, mais la barbe est en plein triomphe. Elle
-reste taillée en pointe jusqu'à Henri IV, dont la riante figure est
-encadrée de poils touffus et frisés. Richelieu et Louis XIII portent
-la moustache épaisse et la royale à la lèvre inférieure. Un caprice
-changea tout cela.
-
-Louis XIII, forcé d'embrasser la même carrière que son père, y
-réussissait peu. En revanche, il avait des dispositions pour une foule
-d'autres métiers; il cuisinait très-bien, lardait à ravir, s'entendait
-à l'élève des oiseaux et au jardinage, composait en musique, peignait
-un peu, travaillait au besoin le cuir, le bois et le fer. Un jour, il
-lui prit fantaisie de faire concurrence aux barbiers-barbants qu'il
-avait créés; il coupa la barbe à tous les officiers de sa maison,
-ne leur laissant qu'un petit bouquet de poils au menton. Richelieu,
-avec qui on ne plaisantait pas ainsi, conserva seul les moustaches
-retroussées et la royale. La cour et la ville rirent beaucoup de
-l'étrange distraction qu'avait choisie le mélancolique souverain; on
-la mit même en chanson:
-
- Hélas! ma pauvre barbe,
- Qu'est-ce qui t'a faite ainsy?
- C'est le grand roy Louis,
- Treiziesme de ce nom,
- Qui a toute esbarbé sa maison.
-
- Laissons la barbe en pointe
- Au cousin de Richelieu,
- Car, par la vertudieu!
- Qui seroit assez osé
- Pour prétendre la luy raser[87]?
-
-Les cheveux longs avaient repris faveur sous la minorité de ce roi
-ennuyé et ennuyeux. Un homme de goût se reconnaissait alors aux
-_moustaches_ ou _cadenettes_ qui, vite oubliées, furent ressuscitées
-un siècle plus tard. On appelait ainsi de longues mèches de cheveux,
-réunies avec une rosette, et qu'on laissait pendre le long de la
-joue et même de l'épaule sur le côté gauche. La moustache se portait
-rarement seule. L'auteur de _La promenade du cours_[88] nous apprend
-que les gens désireux de se donner un air terrible en exhibaient
-jusqu'à six:
-
- Les braves à l'œil froncé
- D'un air demy courroucé
- Font flotter leurs grands panaches,
- Aux portières s'avançant,
- Et guignent tous les passants
- Au travers de six moustaches.
-
-Au besoin, les perruquiers pouvaient en fournir: «Potel, écrit
-Tallemant[89], avoit trois ou quatre moustaches postiches de chaque
-costé, où il y avoit plus de douze aulnes de ruban noir; car on
-n'avoit pas trouvé encore les coings de cheveux.» Potel était un
-original: la moustache se portait à gauche. Le côté droit de la
-tête ainsi dégagé restait bien visible, et on l'ornait d'une boucle
-d'oreille, perle ou diamant. Le comte Henri d'Harcourt, cadet de
-la maison de Lorraine, en fut surnommé Cadet la Perle, sobriquet
-qu'il garda toute sa vie. Son beau portrait, exécuté par Antoine
-Masson, est connu sous le nom de _Cadet à la perle_; il porte encore
-cet ornement sur celui qui fut gravé par Édelinck pour les _Hommes
-illustres_ de Perrault[90], longtemps après que les cadenettes eurent
-cessé d'être à la mode. Le premier galant qui les mit en faveur fut
-Honoré d'Albret, seigneur de Cadenet, frère du célèbre Luynes[91].
-Quand on fit celui-ci connétable, Cadenet du même coup fut improvisé
-maréchal de France, mais ses exploits se bornèrent à l'importante
-innovation que je viens de rappeler: elle a suffi pour transmettre son
-souvenir à la postérité.
-
-[Illustration: _Le Comte d'harcour_
-
-D'après les _Hommes illustres_ de Perrault.]
-
-Notre moustache actuelle avait aussi ses partisans. On lit dans les
-_Loix de la galanterie_: «Les uns portent les moustaches comme un
-traict de sourcil, et fort peu au menton; les autres ont une moustache
-à coquille[92].» Cette dernière était celle dont on relevait les
-pointes. Au moyen d'un petit instrument appelé _bigotère_, on la
-pinçait de manière à ce qu'elle ne perdît pas son pli pendant la nuit.
-C'est ce qu'explique très-bien une _Mazarinade_ publiée en 1650:
-
- Ensuite voyons la moustache
- Que la bigotère nous cache
- Lorsque le jeune damoiseau
- Le soir en bride son museau.
- Le matin lui-même se l'ôte,
- En frottant un peu le bigote
- Avec quelque chose de chaud[93]!
-
-Sarazin[94], racontant en style burlesque l'enterrement anticipé de
-Voiture, fait figurer parmi les assistants quelques Amours: «L'un,
-dit-il, faisoit des grimaces devant le miroir, l'autre se bridoit de
-la bigotère, l'autre tiroit les poils des sourcils de ses compagnons
-avec des pincettes[95].» La bigotère était encore employée à la fin du
-dix-huitième siècle[96].
-
-Depuis Louis XIII, aucun roi de France ne garda sa barbe. Elle ne
-laissa pas pour cela d'être honorée et cultivée. Louis Guyon[97],
-qui a traité agréablement ce sujet, dit que la barbe est utile,
-non-seulement parce qu'elle protége l'homme contre le froid, mais
-encore parce qu'elle le rend «plus beau. A cause de quoy nature n'a
-voulu couvrir les éminences qui sont à chacun costé des yeux, ny le
-nez, ni autres parties de la face; autrement, l'homme ressembleroit
-une beste sauvage et approcheroit de la semblance des bestes brutes.
-Il ne se cognoistroit quand il seroit joyeux ny fasché. La face
-descouverte de poils appartient à un animal raisonnable, politic,
-familier et sociable, tel qu'est l'homme.» Mais alors, pourquoi la
-nature a-t-elle privé de barbe les femmes? Rien n'est plus simple:
-«La matière de la barbe, aux femmes, monte à la teste, qui leur cause
-de plus grands cheveux qu'aux hommes; et de vray, la chevelure est
-bienséante aux femmes et la barbe à l'homme.»
-
-Louis XIV porta d'abord le semblant de moustache dont j'ai parlé, un
-trait léger sur la lèvre supérieure. Il la fit disparaître en 1680,
-et tout bon courtisan s'empressa de l'imiter; aussi les derniers
-portraits de Corneille et de Molière les représentent-ils sans un poil
-sur la figure[98]. Je ne parle ici que des courtisans, car il faut
-rendre cette justice à Louis XIII et à Louis XIV qu'ils respectèrent
-la tête de leurs sujets (on n'oserait en dire autant de Richelieu);
-ils laissèrent chacun arranger à sa guise barbe et cheveux. Si
-ce fut une faiblesse de la part du roi-soleil, elle ne resta pas
-sans châtiment: la mode, devenue plus impérieuse que l'orgueilleux
-monarque, finit par lui imposer la perruque et la poudre, qui lui
-étaient toutes deux antipathiques.
-
-A défaut d'autres libertés, le dix-septième siècle eut donc celle
-de la barbe. Les beaux portraits gravés par Édelinck et Lubin nous
-révèlent que:
-
- Le Jésuite Jacques Sirmond,
- L'érudit Fabri de Peiresc,
- L'historien Papire Masson,
- Le savant Scévole de Sainte-Marthe,
- Le poëte Malherbe,
- Le jurisconsulte Pithou
- portaient la barbe entière avec les moustaches.
-
- Le cardinal de Bérulle,
- Henri de Sponde, évêque de Pamiers,
- Le secrétaire d'État Pontchartrain,
- Vincent de Paul,
- Joseph Scaliger
- portaient la barbe en pointe avec les moustaches.
-
- Pierre Camus, évêque de Belley,
- Le garde des sceaux du Vair,
- Le premier président A. de Harlay,
- Le président Jeannin
- portaient une magnifique barbe étalée sur la poitrine.
-
- Pierre de Marca, archevêque de Paris,
- Antoine Godeau, évêque de Vence,
- J. F. Senault, général de l'Oratoire,
- Le prince de Condé,
- Turenne,
- Le chancelier Séguier,
- Colbert,
- Le premier président Lamoignon,
- Le président de Thou,
- L'avocat général J. Bignon,
- Le théologien Arnauld d'Andilly,
- Descartes,
- L'avocat Antoine Lemaître,
- Le philosophe Gassendi,
- Balzac,
- Voiture,
- Sarazin,
- Mansart,
- Le peintre Nicolas Poussin,
- Le graveur Callot,
- Le romancier H. d'Urfé,
- Le maréchal de Gassion,
- Le maréchal Fabert,
- L'amiral Duquesne,
- Le chancelier Michel Letellier,
- Le premier président de Bellièvre,
- N. Rigault, garde de la bibliothèque du Roi,
- Simon Vouet, premier peintre du Roi,
- portaient la moustache et la royale.
-
- Le P. Thomassin, hébraïsant,
- L'académicien Pélisson,
- Le savant Ducange,
- La Fontaine,
- L'historien Le Nain de Tillemont,
- Le peintre Ch. Lebrun,
- Le poëte Santeuil,
- Le maréchal de Luxembourg,
- Le musicien Lully,
- Le philologue Ménage,
- Quinault,
- Benserade,
- Racine
- avaient le visage entièrement rasé.
-
-N'oublions pas de faire remarquer que plusieurs de ces personnages
-portent perruque, une perruque superbe, majestueuse, frisée avec art
-et qui parfois descend jusqu'à la ceinture. Tout était grand dans le
-siècle du grand roi.
-
-C'est à ce siècle que revient l'honneur d'avoir ainsi contrefait la
-nature, mais il y avait longtemps qu'on avait cherché à l'imiter.
-
-L'usage des faux cheveux doit être aussi ancien que la coquetterie
-féminine, et c'est remonter bien haut. A l'époque romaine, les femmes
-portaient des nattes postiches, le commerce des cheveux était en
-pleine activité, et on allait en chercher des cargaisons sur la rive
-droite du Rhin. Cependant, les Pères de l'Église d'abord, puis les
-prédicateurs du moyen âge apostrophèrent très durement les femmes
-qui mettaient des chevelures d'emprunt «des cheveux de mortes[99]»,
-disaient-ils, et ce qui est bien pis, des cheveux de personnes
-peut-être impures, peut-être criminelles, peut-être condamnées aux
-peines de l'enfer, _capitis forsan immundi, forsan nocentis et gehennæ
-destinati_[100].
-
-C'est sous Charles V qu'Eustache Deschamps composa la célèbre ballade
-qui a pour refrain:
-
- Rendez l'emprunt des estranges cheveux.
-
-Sous Henri III et Henri IV, toutes les femmes s'affublaient de faux
-chignons. La reine Marguerite, écrit Brantôme, «s'habilloit quelques
-fois avec ses cheveux naturels, sans y adjouster aucun artifice
-de perruque; elle les sçavoit très bien tortiller, frizonner et
-accommoder... et pourtant peu souvent s'en accommodoit, si non de
-perruques bien gentement façonnées[101].» Tallemant des Réaux affirme
-tout crûment qu'elle fut chauve de bonne heure, et qu'«elle avoit de
-grands valets de pied blonds que l'on tondoit de temps en temps[102]».
-
-Dès le règne de Louis XII, les élégants imitaient leurs maîtresses:
-
- De la queue d'un cheval painte,
- Quant leurs cheveux sont trop petiz,
- Ilz ont une perrucque faincte,
-
-disait d'eux Guillaume Coquillart[103].
-
-Les gens qui commençaient à perdre leurs cheveux y suppléaient au
-moyen de _coins_, fragments de perruque qu'on dissimulait le mieux
-possible sous la chevelure naturelle. Louis XIII vit tomber la
-sienne à trente ans, ce qui inaugura le règne de la perruque; «les
-courtisans, les rousseaux et les teigneux en portèrent les premiers:
-les courtisans par délicatesse[104], les rousseaux par vanité et les
-teigneux par nécessité[105].» Comme toutes les modes, celle-ci eut
-ses détracteurs acharnés et ses admirateurs enthousiastes; parmi ces
-derniers, il faut citer l'abbé Legendre, qui s'écrie naïvement: «Il
-est surprenant qu'une coiffure aussi commode qu'est la perruque, n'ait
-esté en usage que depuis le règne de Louis XIII[106].»
-
-C'est sous Louis XIV qu'elle atteignit son apogée. L'année où il créa
-les barbiers-barbants (1673) est précisément celle où il consentit à
-prendre perruque. Il avait trente-cinq ans lorsqu'il se soumit à cette
-mode, que son opulente chevelure lui donnait le droit de mépriser. On
-composa pour lui, dit Pélisson[107], des perruques avec des jours par
-où passaient les mèches de ses cheveux, dont il ne voulait pas faire
-le sacrifice. Son fils, le grand Dauphin, n'y mettait pas tant de
-façons: «Monseigneur, écrit Dangeau, a encore fait raser ses cheveux,
-qui étoient revenus plus beaux que jamais. Il trouve la perruque plus
-commode[108].»
-
-Le _Livre commode pour 1692_[109], nous a conservé les noms de Pascal,
-de Pelé, de Jordanis, de Vincent, «renommez pour faire les perruques
-de bon air»; de La Roze, «renommé pour les perruques abbatiales»;
-de Binet, enfin, le célèbre fournisseur du Roi et le créateur des
-perruques dites _binettes_, expression qui a fini par désigner dans le
-langage populaire la tête elle-même. A Versailles, entre la chambre à
-coucher et la salle du conseil[110], était le cabinet des perruques
-du Roi. Elles reposaient dans des armoires vitrées qui entouraient
-la pièce; de distance en distance se dressaient des têtes d'enfants,
-au nombre de vingt, qui servaient aux essayages, aux remaniements.
-Les formes variaient suivant que Louis XIV allait à la messe ou à la
-chasse, recevait des ambassadeurs ou restait dans ses appartements.
-Quant au barbier, il ne quittait guère la cour[111], et comptait parmi
-les cinq cents personnes distribuées en cinq tables, qui avaient
-le droit de manger à la cour. «Avant que le Roy se lève, dit un
-contemporain, le sieur Quentin, qui est le barbier et qui a soin des
-perruques, se vient présenter devant Sa Majesté, tenant deux perruques
-ou plus, de différente longueur. Le Roy, suffisamment peigné, le sieur
-Quentin lui présente la perruque de son lever, qui est plus courte que
-celle que Sa Majesté porte ordinairement le reste du jour. Sa Majesté
-aïant mis sa perruque, les Officiers de la Garderobe s'approchent pour
-habiller le Roy... Le Roy, dans la journée, change de perruque, comme
-quand il va à la messe, après qu'il a dîné, quand il est de retour de
-la chasse, de la promenade, quand il va soûper, etc. Le garçon qui
-est commis pour peigner les perruques du Roy a deux cens écus sur
-la cassette...» Louis XIV n'était rasé que tous les deux jours: «De
-deux jours l'un, c'est jour de barbe, c'est-à-dire que le Roy se
-fait raser. Les deux barbiers de quartier rasent alternativement de
-deux jours l'un, et celui qui ne rase point apprête les eaux et tient
-le bassin. Celui qui est de jour pour raser Sa Majesté met le linge
-de barbe au Roy, le lave avec la savonnette, le rase, le lave après
-qu'il est rasé, avec une éponge douce, d'eau mêlée d'esprit de vin, et
-enfin avec de l'eau pure. Pendant tout le temps qu'on rase le Roy, le
-premier valet de chambre tient le miroir devant Sa Majesté, et le Roy
-s'essuie lui-même le visage avec le linge de barbe[112].» On rasait
-souvent aussi la tête de Louis XIV, car même après qu'il eut passé
-soixante-dix ans, ses cheveux, triomphant des efforts de la perruque,
-s'obstinaient à repousser[113]. Sous le règne d'un souverain qui, par
-sa chevelure, semblait descendre de la race mérovingienne, la perruque
-poursuivait noblement sa carrière, forçant à l'obéissance jusqu'au
-maître devant qui tous tremblaient.
-
-L'article 63 des statuts de 1718 accorde aux barbiers-perruquiers
-le monopole de «la vente et revente des cheveux»; les marchands en
-gros devaient, avant d'écouler leurs ballots, les apporter au bureau
-de la corporation, où ils étaient examinés. Il se faisait alors une
-incroyable consommation de poil. Les têtes des femmes vivantes et
-mortes étaient mises à contribution dans les quatre parties du monde,
-et le commerce des cheveux avait pris une extension considérable.
-Colbert songea même à en arrêter l'importation qui menaçait,
-disait-il, de devenir aussi ruineuse pour l'État que l'avait été
-naguère celle des ouvrages de fil. Mais les perruquiers se montrèrent
-meilleurs économistes que le ministre. Ils dressèrent des statistiques
-et démontrèrent, chiffres en mains, que la vente des perruques à
-l'étranger faisait rentrer plus d'argent dans le royaume qu'il
-n'en sortait par l'achat des cheveux[114]. En effet, l'Angleterre,
-l'Allemagne, l'Espagne, l'Italie, etc., étaient nos tributaires;
-le perruquier français avait acquis déjà dans toute l'Europe la
-réputation qu'il conserva jusqu'à la fin d'être un artiste inimitable.
-Le commerce en gros était représenté à Paris par les sieurs Pelé,
-Vincent, Potiquet, Rossignol, etc.; ces deux derniers demeuraient
-«sous la galerie des Innocents[115]». Tous ces commerçants avaient
-des coupeurs qui parcouraient la Normandie, la Flandre, la Hollande.
-Certains villages fournissaient jusqu'à dix livres de cheveux, qui
-devaient toujours avoir de vingt-quatre à vingt-cinq pouces de long.
-Les cheveux des pays chauds étaient réputés mauvais; les plus estimés
-étaient ceux de Normandie, que l'on nommait _cheveux de pays_.
-L'Angleterre en fournissait fort peu, «le peuple, qui est à son aise,
-ne consentant pas aisément à laisser couper les cheveux de leurs
-femmes et de leurs filles». Le prix variait entre quatre francs et
-cinquante écus la livre; les plus chers étaient les blonds et les
-blancs. On appelait _cheveux vifs_, ceux qui avaient été coupés sur
-la tête de leur propriétaire, vivante ou morte; _cheveux morts_, ceux
-qui avaient été arrachés par le peigne ou étaient tombés à la suite de
-quelque maladie; _cheveux naturels_, ceux qui frisaient naturellement.
-Au début du dix-huitième siècle, il y avait à Paris une cinquantaine
-de marchands de cheveux[116].
-
-La rareté des cheveux était devenue telle à la fin du règne de Louis
-XIV, qu'on fut obligé de fabriquer en crin les perruques communes.
-Jean-Paul Marana écrivait vers 1700: «Depuis que la perruque a été
-reçue, les têtes des morts et celles des femmes se vendent cher,
-étant la mode que les sépulcres et les femmes fournissent le plus bel
-ornement à la tête des hommes[117].»
-
-Les premières perruques se composèrent de quelques rangs de cheveux
-échelonnés autour d'une vaste calotte. On leur donna ensuite la forme
-exacte d'un bonnet, et c'est ainsi que fut créée _la bonnette_, dite
-aussi _perruque d'abbé_ ou _perruque ronde_; l'abbé de la Rivière,
-favori de Gaston d'Orléans, fut, dit-on, le premier qui la porta.
-
-Sous Louis XIV paraît enfin _la royale_ ou _l'in-folio_, privilége
-de la haute société, crinière pleine de majesté, faite pour des
-statues plus que pour des vivants. _La brigadière_ fut la coiffure
-habituelle des militaires, _la moutonne bouclée_ ou _bichonne_ celle
-des petites-maîtresses et des bambins. Les gens du Palais portaient
-_la robin_. La perruque, symbole de la monarchie, partage sa fortune,
-s'affaisse avec elle, et, vers la fin du règne, perd beaucoup de
-son prestige. De l'in-folio, on est tombé _à la cavalière_, _à la
-financière_, _à l'espagnole_, _à la carrée_, _à la nouée_, _à la
-naturelle_, etc., vestiges encore imposants d'une splendeur évanouie.
-
-La décadence se précipite sous Louis XV. Les perruques deviennent plus
-basses et plus étroites; puis on les sépare en trois touffes, qui
-composent les _cadenettes_ sur les côtés et la _queue_ par derrière.
-Le dessin, d'ailleurs, varie à l'infini. On peut choisir entre les
-perruques _de chasse_, _à nœuds_, _à deux queues_, _naissante_, _à la
-chancelière_; _à la Sartine_, adoptée par ce magistrat; _à la régence_
-ou _à bourse_, portée par la valetaille.
-
-L'_Encyclopédie perruquière_, que publia en 1757 l'avocat A. H.
-Marchand, contient une suite de quarante-cinq têtes, coiffées chacune
-d'une perruque de forme particulière, et distinguée par un nom spécial.
-
-En voici la liste:
-
- _A l'ordinaire._
- _A la Port-Mahon._
- _A la rinoxerros._
- _A l'adorable._
- _A l'oiseau royal._
- _A la cabriolet._
- _A l'aile de pigeon._
- _A la nouvelle mode._
- _A l'impatient._
- _A l'aventure._
- _A la cavalière._
- _A la paresseuse._
- _A la singulière._
- _Au chasseur._
- _A l'indifférence._
- _A la dragonne._
- _A la comète._
- _A la Tronchin._
- _A la mousquetaire._
- _A la légère._
- _A la Choisy._
- _A la gendarme._
- _Au vieillard._
- _A la Gentilly._
- _A la parisienne._
- _Au_ petit-maître.
- _A la françoise._
- _A l'italienne._
- _A la plus tôt fait._
- _Au favori._
- _A la lunatique._
- _A ravir._
- _A l'éléphant._
- _A l'antiquité._
- _A l'économe._
- _Au combattant._
- _Au conquérant._
- _A la jalousie._
- _A la prudence._
- _A la royale._
- _A l'envieux._
- _A la maître-d'hôtel._
- _A la félicité._
- _A l'inconstance._
- _A la Beaumont._
-
-On eut aussi l'idée de composer des perruques en laine, qui devinrent
-le monopole des matelots, et des perruques de fil de fer, mode
-économique qui permettait de laisser à ses enfants une coiffure à
-jamais héréditaire.
-
-Nous voyons fleurir encore, sous Louis XVI, les perruques _de
-palais_, _à oreilles_, _à la circonstance_, _brisée_, _à la grecque_,
-_en bonnet_, _à rosette_, _à cadogan_ ou _catogan_, gros nœud
-descendant sur la nuque; _à la Panurge_; _à trois marteaux_[118],
-qu'affectionnaient surtout les médecins et les apothicaires. Tout le
-monde alors portait perruque, depuis le vieillard le plus décrépit
-jusqu'à l'enfant à peine sevré; les nobles comme les roturiers,
-les bourgeois, les maîtres des métiers, les ouvriers. Le moindre
-laquais aurait eu honte de se montrer avec ses propres cheveux,
-et la condition des personnes se reconnaissait à la forme de leur
-perruque[119].
-
-[Illustration: PERRUQUES DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE.
-
-D'après l'_Encyclopédie méthodique_.]
-
-Elle s'y reconnaissait d'autant mieux que le poids de ces tresses
-empruntées avait fait presque complétement abandonner l'usage de
-toute autre coiffure. C'est de là qu'est née notre coutume de rester
-la tête nue en société. Avant que la perruque fût devenue d'un usage
-général, on ne se découvrait guère que pour saluer; puis la profusion
-de faux cheveux dont on se chargea modifia si bien cette habitude,
-que le tricorne est souvent désigné sous le nom de _chapeau de bras_,
-place qu'en effet il ne quittait guère. «Le chapeau est une coiffure
-infiniment commode, dit J. F. Sobry[120], mais de peu d'agrément. On
-le porte d'ailleurs fort souvent à la main.»
-
-L'usage de se découvrir dans le monde et pour saluer ne s'introduisit
-en France que fort tard. Pour les gentilshommes emprisonnés dans un
-casque solidement lié à l'armure par des courroies, il n'y fallait
-point songer. La coiffure civile ne s'y prêtait pas beaucoup plus. Le
-chaperon, fouillis d'étoffes qui resta en honneur jusqu'au quinzième
-siècle, était difficile à ôter et plus encore à remettre. On saluait
-alors en repoussant de la main le chaperon, de manière à découvrir
-un peu le front[121]. Monstrelet raconte qu'Isabeau de Bavière,
-exilée à Tours, «avoit en grant haine maistre Laurens du Puis [un de
-ses gardiens], car il parloit à elle irreveremment, sans mectre main
-à son chaperon[122].» Jadis, écrit Saint-Simon[123], on restait en
-toute circonstance la tête couverte, «et quand autour du Roi quelqu'un
-avaloit[124] son chaperon, les plus près du Roi lui faisoient place,
-parce que c'étoit une marque qu'il vouloit parler au Roi.»
-
-La décadence des chaperons, l'avénement des bonnets, des toques et des
-chapeaux modifièrent cet usage, qui semble avoir souvent varié. Il est
-certain que sous Henri IV, on était tenu de se découvrir non-seulement
-en présence du roi, mais même en présence du Dauphin. En voici deux
-preuves irréfutables. Le 6 avril 1606, le petit Louis XIII avait à
-peine six ans: «Il se fait mettre à la fenêtre, dit Héroard[125];
-il passa un nommé Dumesnil sans le saluer, suivi de son laquais,
-qui fit de même. Il demande: Qui est cettui-là qui passe sans ôter
-son chapeau? Bompar, allez arrêter ce laquais! Il y va, l'arrête.
-L'on disoit derrière M. le Dauphin: Voilà un homme mal avisé et son
-laquais aussi. Il crie: Laissez, laissez-le aller Bompar; il est aussi
-sot que son maître.» Au mois d'octobre de la même année, on mène le
-petit roi à la messe: «M. Birat le portoit ayant la tête nue, et M.
-de Belmont marchoit auprès, la tête couverte; il dit à M. Birat:
-Mettez votre chapeau.—Monsieur, je suis bien.—Non, non, mettez votre
-chapeau, vous êtes vieil. Otez votre chapeau, Belmont[126].» D'un
-autre côté, on voit par les gravures d'Abraham Bosse, de Sébastien
-Leclerc, etc., que sous Louis XIV, on restait la tête couverte dans
-les appartements, devant les femmes, au Conseil du Roi et au bal en
-dansant. Mais on n'adressait jamais la parole au souverain sans se
-découvrir, la calotte même des ecclésiastiques n'était pas tolérée en
-cette circonstance[127].
-
-[Illustration: LE CONSEIL DU ROI LOUIS XIV.
-
-D'après Sébastien Leclerc.]
-
-Les courtisans, entrant dans la chambre du Roi, saluaient son lit, et
-sa nef si le couvert était mis[128]. Mais c'eût été une inconvenance
-de paraître tête nue à un repas: «Quand on est à table, dit un manuel
-de civilité imprimé en 1618, c'est assez de faire quelque signe de
-reverence avec la teste, car il n'est pas bienséant de se descouvrir
-à table[129].» Soixante-dix ans après, cette coutume subsistait
-encore, quoique déjà affaiblie: «Il ne faut pas violer la maxime de
-la table, qui est de ne se point découvrir, l'usage l'ayant tellement
-établi que l'on passeroit pour un nouveau venu dans le monde d'en user
-autrement[130].» Un peu plus tard, on put, sans manquer aux lois de la
-politesse, garder ou ôter sa coiffure: «C'étoit autrefois un manque
-de respect et une incivilité grossière d'être à table sans chapeau,
-surtout devant des femmes d'un certain rang et d'un certain caractère,
-pour qui on étoit obligé d'avoir des ménagemens et des égards; il est
-libre maintenant de prendre son chapeau à table ou de le quitter, sans
-que personne s'en formalise[131].» Enfin le duc de Luynes écrivait
-en 1738: «On sait qu'il y a longtemps qu'il est en usage, lorsqu'on a
-l'honneur de manger avec le Roi, d'ôter son chapeau. Ce n'étoit pas
-autrefois le respect, et madame la maréchale de Villars m'a dit que,
-dans le temps qu'elle suivoit M. le maréchal dans ses campagnes, les
-officiers qui mangeoient avec elle et M. le maréchal gardoient leur
-chapeau sur la tête. J'ai vu aussi cet usage, et il n'y a pas grand
-nombre d'années qu'il est supprimé. Cependant, il faut qu'il ait
-varié, car M. de Polastron m'a dit qu'à une des campagnes de M. le duc
-de Bourgogne, à la table de M. le duc de Bourgogne, on mangeoit sans
-chapeau, et quand quelqu'un ignorant cet usage gardoit son chapeau, on
-l'en avertissoit. M. le maréchal de Boufflers, dans la même campagne,
-disoit à ceux qui dînoient chez lui d'ôter leur chapeau, parce qu'il
-faisoit chaud, ce qui prouveroit que la règle étoit de l'avoir[132].»
-La vérité est que l'influence de l'hôtel de Rambouillet commençait
-à se faire sentir, même dans les camps. Néanmoins, jusqu'à la
-Révolution, la politesse exigeait que l'on restât couvert à table; je
-lis, en effet, dans un traité de la civilité imprimé en 1782: «Il est
-contre la bienséance de se découvrir lorsqu'on est à table, à moins
-qu'il n'y survienne quelque personne qui mérite beaucoup d'honneur.
-S'il y a à table quelque personne de haute qualité qui soit sans
-chapeau pour sa commodité, il ne la faut pas imiter, cela seroit trop
-familier, mais on doit toujours demeurer couvert[133].»
-
-C'était là, bien entendu, un cas particulier. Bussy, ami des
-précieuses, voulant peindre le désordre d'esprit où l'amour jette
-Marsillac en présence de madame d'Olonne, s'exprime ainsi: «La
-première chose qu'il fit après s'être assis, ce fut de se couvrir,
-tant il étoit hors de lui; un instant après, s'étant aperçu de sa
-sottise, il ôta son chapeau et ses gants, puis en remit un, et tout
-cela sans dire un mot[134].» Écoutons maintenant Antoine de Courtin,
-qui écrivait vers 1675: «Il est de la civilité d'avoir la teste
-nuë dans les salles et dans les antichambres; et avec cela il faut
-remarquer que celuy qui entre est toujours obligé de saluer le
-premier ceux qui sont dans la chambre. Il y en a même qui ayant appris
-le rafinement de la civilité dans quelque païs étranger, n'osent en
-compagnie ni se couvrir ni s'asseoir le dos tourné au portrait de
-quelque personne de qualité éminente. C'est s'exposer à un affront
-que d'avoir son chapeau sur la teste dans la chambre où l'on a mis le
-couvert du Roy ou de la Reyne, et même il faut se découvrir lorsque
-les officiers portent la nef et le couvert, et passent devant vous.
-Dans la chambre où est le lit, on demeure aussi découvert; et même,
-chez la Reyne, les dames en entrant saluent le lit, et personne n'en
-doit approcher quand il n'y a point de balustre[135].»
-
-Au dix-septième siècle, il était d'usage de saluer une dame en
-l'embrassant. Fitelieu, vers 1642, blâme déjà cette mode, fort
-dangereuse, dit-il, pour «la pudicité des filles[136]»; et Courtin
-recommande de n'embrasser une «dame de haute qualité que si elle-même
-tend la joue, et alors même il faut seulement faire semblant de la
-baiser, et approcher le visage de ses coëffes[137].»
-
-Les gravures du temps nous montrent avec quel respect les hommes se
-saluaient alors; le corps était courbé en deux et la plume du chapeau
-balayait la terre. S'il s'agissait d'un supérieur, la main elle-même
-devait toucher le sol. «Mais surtout, ajoute avec prudence un maître
-en civilité, il faut faire ce salut sans précipitation ni embarras,
-ne se relevant que doucement, de peur que la personne que l'on saluë,
-venant aussi à s'incliner, on ne luy donne quelque coup de teste.»
-Tout salut devait être rendu, même aux personnes de la plus petite
-condition: manquer à cette règle, vous reléguait dans la classe des
-gens «très-incivils et très-mal élevés[138]».
-
-Entre hommes, le salut le plus humble consistait à s'incliner devant
-son supérieur, et à lui baiser la cuisse, qu'on entourait de ses bras.
-Henri IV adorait le melon; son maître-d'hôtel Parfait lui en apporta
-un jour pendant qu'il était à table, «et commença à crier par deux
-fois: Sire, embrassez-moi la cuisse, car j'en ai de fort bons[139]».
-Louis de Brienne raconte que lors des amours de Louis XIV avec
-mademoiselle de La Vallière, ayant avoué au Roi qu'il avait du goût
-pour elle, celui-ci le pria de cesser de la voir: «Ah, mon cher
-maître! dis-je en lui accolant la cuisse, je ne lui parlerai de ma
-vie[140].»
-
-[Illustration: LES SALUTATIONS AU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE.
-
-Dessin de J. Marot.]
-
-Pour saluer la Reine ou les princesses, on baisait le bas de leur
-robe[141]. L'ambassadrice de Venise, reçue par la Reine, fit une
-révérence en entrant, une deuxième au milieu de la chambre, une
-troisième auprès de Sa Majesté, baisa le bas de sa robe, fit une
-quatrième révérence et un compliment[142]. La Reine ne saluait que
-Monsieur, frère du Roi, et sa femme: «Lorsque Marie-Thérèse arriva en
-France, et qu'on lui proposa de saluer Monsieur, frère du Roi, elle
-pleura à cette proposition, et dit qu'en Espagne elle n'avoit coutume
-de saluer que le Roi son père et la Reine sa mère[143].» En présence
-du Roi ou des princes du sang, on ne devait saluer personne[144], et
-il était interdit de s'embrasser ou de se tutoyer[145].
-
-Je relève encore dans les _Manuels_ du temps quelques préceptes de
-civilité qui montrent quels progrès s'étaient accomplis sous la double
-influence des raffinements inventés par l'hôtel de Rambouillet et de
-l'étiquette imposée par Louis XIV.
-
-Les convenances exigeaient que l'on ne heurtât pas trop fort à la
-porte d'un grand. Il fallait aussi ne pas frapper plus d'un coup.
-
-Si une dame venait vous rendre visite, vous deviez ceindre votre épée,
-mettre votre manteau, aller jusqu'au carrosse de votre visiteuse, la
-faire descendre, l'introduire dans le lieu le plus honorable de votre
-demeure, lui offrir un fauteuil et vous asseoir sur une chaise ou un
-placet[146]. A son départ, vous étiez tenu de la reconduire à son
-carrosse, de l'aider à y monter, et de ne pas vous retirer avant que
-la voiture se fût éloignée.
-
-Dans l'intérieur des appartements, il était interdit de frapper à
-une porte. On se contentait d'y gratter doucement, et en général
-avec l'ongle du petit doigt; aussi les raffinés le conservaient-ils
-d'une longueur démesurée afin de prouver leur savoir-vivre. Scarron
-dit du prince de Tarente qu'«il étoit propre en sa personne, curieux
-en perruques, se piquoit de belles mains, et s'étoit laissé croître
-l'ongle du petit doigt de la gauche jusqu'à une grandeur étonnante, ce
-qu'il croyoit le plus galant du monde[147].» Molière n'a pas oublié
-ce ridicule, et c'est le Clitandre du _Misanthrope_[148] qu'il en
-gratifie:
-
- Mais au moins, dites-moi, madame, par quel sort
- Votre Clitandre a l'heur de vous plaire si fort.
- Sur quel fonds de mérite et de vertu sublime
- Appuyez-vous en lui l'honneur de votre estime?
- Est-ce par l'ongle long qu'il porte au petit doigt
- Qu'il s'est acquis chez vous l'estime où l'on le voit?
-
-Peut-être y avait-il un petit instrument destiné à tenir lieu de
-l'ongle. C'est au moins ce que semblent indiquer ces deux vers:
-
- Grattez du peigne à la porte
- De la chambre du roi[149].
-
-Si un huissier vous demandait votre nom, il ne fallait jamais le faire
-précéder du mot monsieur, mais répondre: _le marquis_ ou _le comte de
-X_.
-
-Se promener dans l'antichambre en attendant qu'on vous introduisît
-était d'un goujat.
-
-On devait, en visite, garder son manteau, mais il était défendu de s'y
-envelopper.
-
-Si l'on vous offrait un objet, vous deviez vous déganter pour le
-prendre, et baiser la main qui vous l'offrait.
-
-Si quelqu'un, fût-ce un laquais, venait vous parler de la part d'un
-supérieur, vous deviez vous lever et recevoir l'envoyé debout et
-découvert.
-
-C'était une incivilité de joindre au mot monsieur le nom ou le
-titre de la personne à qui on s'adressait. Il ne fallait donc pas
-dire: _oui, monsieur Cicerville_, ou _oui, monsieur le duc_; mais
-simplement: _oui, monsieur_.
-
-Un homme parlant de sa femme devait dire seulement: _ma femme_; y
-ajouter son nom ou son titre, l'appeler _madame X_ ou _madame la
-présidente_, etc., était du plus mauvais goût. Une femme devait
-également dire: _mon mari_, jamais _monsieur_ tout court. «C'est une
-faute pourtant, écrit Courtin, qui est assez ordinaire et sur tout
-parmy les bourgeoises.»
-
-Si l'on parlait d'une femme à son mari, il fallait au contraire faire
-suivre le mot madame d'un nom ou d'un titre: _Je suis bien aise que
-madame X soit heureusement accouchée_, ou _Je souhaite que madame la
-maréchale reprenne vite ses forces_.
-
-On voit que la plupart des règles de politesse observées aujourd'hui
-dans la conversation remontent à plus de deux siècles.
-
-Les enfants parlant de leurs parents devaient dire: _mon père_, _ma
-mère_. Seuls les enfants de haute qualité pouvaient dire et écrire:
-_monsieur le comte_, _monsieur le duc_, etc.
-
-Quand une personne éternuait, il ne fallait pas lui dire tout haut:
-_Dieu vous assiste!_ On était tenu de se découvrir et de faire une
-profonde révérence, sans parler.
-
-On avait déjà le droit de quitter une société sans saluer personne, en
-se retirant le plus discrètement possible. Gui Patin écrivait le 8
-juin 1660: «Je fus hier souper chez M. le premier président... Comme
-nous achevions de souper survint le comte d'Albon, puis sa femme, et
-puis d'autre monde, ce qui fut cause que je m'en vins tout doucement,
-sans dire adieu à personne, comme on fait chez les grands[150].»
-
-Dans un carrosse, la place la plus honorable était celle du fond;
-puis, par ordre: le fond à gauche, le devant à droite, le devant à
-gauche.
-
-Si étant en carrosse vous rencontriez un enterrement, un prince,
-un légat, votre cocher devait s'arrêter et vous étiez tenu de vous
-découvrir. Si le Saint-Sacrement venait à passer, vous deviez
-descendre de voiture et vous agenouiller par terre.
-
-Je réserve pour d'autres notices ce qui est relatif aux actes de
-l'état civil, aux repas, aux parfums, aux gants, aux siéges, aux
-formules de politesse à la fin des lettres, etc., etc. Quand on avait
-appris cela et quelques autres petites choses, on avait le droit de
-se dire _honnête homme_. Un honnête homme alors, c'était un homme
-poli, bien élevé, de bonnes manières, possédant les qualités et les
-connaissances nécessaires pour figurer dans la haute société et pour
-s'y rendre agréable. L'académicien Nicolas Faret a publié un petit
-volume assez curieux qui a pour titre: _L'honneste homme ou l'art de
-plaire à la cour_[151]. Antoine de Courtin, dans un _Traité du point
-d'honneur et de ses règles_[152], ne fait pas grande différence entre
-l'honnête homme et l'homme d'honneur. Enfin Hamilton, voulant peindre
-un gentilhomme accompli, lui fait dire: «Tu sais que je suis le plus
-adroit homme de France; j'eus bientôt appris tout ce qu'on y montre;
-et, chemin faisant, j'appris encore ce qui perfectionne la jeunesse
-et rend honnête homme, car j'appris encore toutes sortes de jeux aux
-cartes et aux dés[153].»
-
-Mais nous voici bien loin des perruques. Rappelons que la
-Révolution eut la gloire de détrôner cette mode ridicule. Encore
-lui résista-t-elle longtemps. Les vieillards, que l'usage des faux
-cheveux avait rendus chauves, s'obstinèrent surtout dans les vieilles
-coutumes, et la jeunesse les qualifia fort impertinemment de _têtes à
-perruque_.
-
-On ne sait quelle est la Parisienne au teint bruni qui eut la
-première l'idée de se coller sur la figure des petits morceaux de
-taffetas noir; mais je suis assez fier d'avoir retrouvé dans un livre
-peu connu l'origine de cette coutume. A la fin du seizième siècle, on
-soignait les maux de dents en appliquant sur les tempes de mignons
-emplâtres étendus sur du taffetas ou du velours[154]. Il ne fallut
-pas longtemps à une coquette pour remarquer que ces taches noires
-faisaient ressortir la blancheur de sa peau, et que si le remède
-était inefficace contre l'odontalgie, il jouissait d'une vertu bien
-autrement précieuse, celle de donner de l'éclat au visage le plus
-fané. Les _mouches_ firent ainsi leur entrée dans le monde, réunirent
-tous les suffrages, et triomphèrent des obstacles suscités contre
-elles par de sévères confesseurs et par des moralistes ennemis de la
-beauté.
-
-Sous Henri IV, toutes les femmes en portaient[155], même à l'église,
-car on lit dans un couplet satirique du temps:
-
- Portez-en à l'œil, à la temple[156],
- Ayez-en le front chamarré,
- Et, sans craindre votre curé,
- Portez-en jusque dans le temple[157].
-
-L'austère Fitelieu s'en indigne, et déclare aux coquettes qui
-se couvrent de mouches «qu'il y en a bien davantage dans leurs
-cervelles[158].» Les hommes pouvaient prendre leur part de ce
-compliment, puisque les _Loix de la galanterie_ permettent aux
-«galands de la meilleure mine de porter des mouches rondes et
-longues, ou bien l'emplastre noire assez grande sur la temple, ce
-que l'on appelle l'enseigne du mal de dents[159]». La mode finit par
-gagner jusqu'au clergé: une mazarinade, écrite en 1649, menace de
-la colère de Dieu «les abbés frisez, poudrez, le visage couvert de
-mouches[160].» Parmi les lots de la _Loterie d'amour_, publiée vers
-1654, figure «un traité excellent de la situation des mouches sur le
-visage des dames; avec des observations exactes de leur grandeur et de
-leur figure, selon les lieux où elles sont placées[161].»
-
-On portait des mouches même dans les couvents. Madame de Mazarin,
-plaidant en séparation, s'était réfugiée chez les religieuses de
-Sainte-Marie, dans la rue Saint-Antoine. Son mari étant venu lui
-rendre visite, elle le reçut avec le visage couvert de mouches. Le
-duc, élevé dans les bons principes, déclara «qu'il ne lui parleroit
-point qu'elle ne les ôtât»; et la bonne petite femme ajoute: «Jamais
-homme ne demanda les choses avec une hauteur plus propre à les
-faire refuser, surtout quand il croyoit que la conscience y étoit
-intéressée, comme en cette occasion; et ce fut aussi ce qui me fit
-obstiner à demeurer comme j'étois, pour lui faire bien voir que ce
-n'étoit ni mon intention ni ma croyance d'offenser Dieu par cette
-parure[162].» On sait que la folle duchesse finit par courir le monde
-déguisée en homme.
-
-En 1661, un poëte, peu soucieux de la vérité historique, eut l'idée
-d'écrire l'origine de cette mode, et il n'hésita pas à lui attribuer
-une généalogie tout à fait fantaisiste. Il suppose que, resté un beau
-jour auprès de sa mère:
-
- L'Amour, sans dire un pauvre mot
- Chassoit aux mouches comme un sot.
-
-Vénus, impatientée, se fâche. L'Amour ne fait qu'en rire,
-
- Et pour éviter la colère
- De sa maman sut si Lien faire,
- Qu'il lascha du creux de sa main
- Une mouche dessus son sein.
- Cette mouche à peine fut-elle
- Sur le sein de cette immortelle
- Que l'on vit, dans le même instant,
- Qu'il en parut plus éclatant.
- Comme quand un sombre nuage
- Cache le ciel par son ombrage,
- A l'entour de ce corps obscur
- Le ciel prend un nouvel azur,
- Et, rehaussé par son contraire,
- Brille d'une façon plus claire.
-
-La déesse est ravie. Elle promet à son fils deux tourterelles pour
-récompense, et celui-ci
-
- Lors de ses doigts industrieux
- Découpant une étoffe noire
- Fit, si l'on en croit bien l'histoire,
- Mille mouches sans se lasser;
- Puis aussy tost les vint placer
- Une près de l'œil de sa mère
- (La chose icy n'est pas bien claire
- Si ce fut le gauche et le droit).
- Il en mit encore dans l'endroit
- Où vola la première mouche,
- Sur les temples et sur la bouche,
- A costé du nez, sur le front,
- Sur les joues, sur le menton[163].
-
-Chacune de ces mouches avait un nom.
-
- Placée
- Près de l'œil, elle se nommait _la passionnée_;
- Au coin de la bouche _la baiseuse_;
- Sur les lèvres _la coquette_;
- Sur le nez _l'effrontée_;
- Sur le front _la majestueuse_;
- Au milieu de la joue _la galante_;
- Sur le pli de la joue en riant _l'enjouée_;
- Sous la lèvre inférieure _la discrète_;
- Sur un bouton _la voleuse_.
-
-On comprend que des insectes jusqu'alors méprisés, chassés,
-persécutés, furent remplis d'orgueil en apprenant qu'ils avaient donné
-naissance à un artifice de coquetterie féminine, auquel leur nom
-restait attaché. Ils contèrent tout cela à La Fontaine, qui voulut
-immortaliser tant de gloire, et fit dire fièrement à la fourmi par la
-mouche:
-
- Je rehausse d'un teint la blancheur naturelle,
- Et la dernière main que met à sa beauté
- Une femme allant en conquête,
- C'est un ajustement des mouches emprunté[164].
-
-En 1692, «la bonne faiseuse de mouches» demeurait rue Saint-Denis,
-_à la perle des mouches_[165]. Sous Louis XV, toutes les femmes
-avaient dans leur poche une boîte à mouches, petit coffret d'or,
-d'argent, d'ivoire ou d'écaille, qui renfermait un miroir, du rouge
-et des mouches. Ces dernières, faites en général de taffetas gommé,
-affectaient toutes les formes: il y en avait de rondes, de carrées,
-d'ovales. On s'amusa même à les découper de manière à imiter les
-étoiles, la lune, le soleil, un croissant, un cœur, des personnages,
-surtout des animaux, ce qui permettait d'avoir toute une ménagerie sur
-la figure. Pendant un moment, la grande mode fut de se coller sur la
-tempe droite une large mouche ronde en velours noir, qui ressemblait à
-un emplâtre[166] et que l'on ornait parfois de petits brillants[167].
-
-L'usage de se poudrer les cheveux date également du seizième siècle.
-Henri III allait par les rues de Paris, fardé comme une vieille
-coquette, le visage empâté de blanc et de rouge, les cheveux couverts
-de poudre[168] de violette musquée. Mais les Parisiens, si faibles
-pourtant en présence de toute mode nouvelle, ne l'imitèrent pas.
-C'est seulement à la toilette des mignons que l'on voyait un valet
-«ayant en ses mains une boiste pleine de poudre semblable à celle de
-Chipre[169], avec une grosse houppe de soye, laquelle il plongeoit
-dans cette boiste, et en saupoudroit la teste du patient[170]».
-Lestoile parle en 1593 de religieuses qui se montrèrent publiquement
-«masquées, fardées et pouldrées[171]». Cette fois, c'en était fait, et
-pour longtemps, en dépit de l'Église et des sermonnaires qui, comme le
-petit Père André[172], reprochaient aux femmes de se présenter dans le
-saint lieu «poudrées comme des meuniers[173]».
-
-Dès 1624, il était entendu qu'
-
- Une dame ne peut jamais estre prisée
- Si sa perruque n'est mignonnement frisée,
- Si elle n'a son chef de poudre parfumé[174].
-
-La poudre la plus recherchée était l'_argentine_. Mais on en faisait
-de toutes les couleurs, et l'engouement était si grand, que les filles
-pauvres, n'osant montrer leurs cheveux tels que les avait faits la
-nature, les «saupoudroient de poudre de bois pourri qu'on trouve parmy
-les vieux bastimens aux poutres et pièces de bois sur lesquels il n'a
-point pleu[175].» Quand un irréparable malheur venait à frapper une
-femme, et qu'elle prétendait renoncer, momentanément au moins, à ce
-que l'existence offre de plus agréable, si elle devenait veuve par
-exemple, elle cessait de se poudrer[176]. Ce sacrifice modifiait tout
-à fait l'aspect d'une toilette, car une élégante ou un petit-maître
-ne se bornaient pas à poudrer leur tête, les vêtements devaient
-participer à la distribution:
-
- Ça qu'on lui donne son manteau,
- Dont le collet sera fort beau,
- Pourvu qu'il ait de la farine
- Jusques au milieu de l'échine,
-
-dit une très-curieuse _mazarinade_[177] que j'ai déjà citée.
-
-Louis XIV avait une répugnance instinctive pour ces cheveux blanchis,
-cette vieillesse anticipée, et il ne se soumit que fort tard à une
-mode, inutilement maltraitée par les poëtes satiriques:
-
- Avec plus de succès je rimeray peut-être
- Auprès de ce blondin aux airs de petit-maître.
- Juste ciel! que de poudre! il en a jusqu'aux yeux.
- De quoy s'avise-t-il? Veut-il paroître vieux?
- Que n'attend-il du moins que l'âge le blanchisse[178]?
-
-[Illustration: LA TOILETTE DU CLERC DE PROCUREUR.
-
-D'après Carle Vernet.]
-
-Le monopole de la fabrication de la poudre ne tarda pas à être accordé
-aux gantiers, qui eurent à ce sujet de fréquents démêlés avec les
-merciers[179], les barbiers[180] et les amidonniers[181]. Sous Louis
-XV et sous Louis XVI, tout le monde, hommes, femmes, enfants[182],
-portait de la poudre; elle faisait même partie de la tenue militaire.
-Afin de ne pas être obligées de se poudrer tous les jours, les femmes
-couchaient avec une coiffe de taffetas blanc qui emprisonnait leur
-chevelure. La fureur pour cette mode inepte et sale était telle
-encore en 1786 que Sobry écrivait très-sérieusement: «L'usage modéré
-de la poudre tient autant à la bienséance qu'à la commodité, et il
-a été regardé comme de première nécessité chez tous les peuples
-policés[183].»
-
-Aussi se fit-il pendant deux siècles une effroyable consommation de
-poudre. Les philantrophes en gémissaient, disant qu'avec la farine
-ainsi employée «on nourriroit dix mille infortunés[184].» M. Paul
-Boiteau, qui a le tort de ne pas citer ses sources, écrit qu'en 1789,
-au moment où la farine était si rare, on transformait chaque année
-en poudre à poudrer vingt-quatre millions de livres d'amidon[185].
-«L'_accommodage_, dit M. Quicherat[186], était devenue une véritable
-opération de meunerie. Elle avait lieu au milieu d'un nuage épais
-que le coiffeur faisait voler sur la tête du patient, enveloppé
-d'un peignoir et le visage fourré dans un cornet de carton, afin de
-n'être point aveuglé.» Et comme les industriels qui distribuaient
-si généreusement la farine à leurs pratiques en prenaient une bonne
-part pour eux-mêmes, ils justifièrent le nom de _merlans_ qui leur
-fut donné par le peuple. Dans l'exercice de leur profession, ils
-ressemblaient en effet à des merlans qu'on va mettre à la poêle.
-
-La Révolution eut grand'peine à détrôner la poudre. L'élégant
-Robespierre était toujours fraîchement poudré, et Bonaparte
-n'abandonna cette mode qu'après sa campagne d'Italie.
-
-
-
-
-III
-
-
-La corporation des Barbiers-Perruquiers-Baigneurs-Étuvistes ou
-Barbiers-barbants avait reçu, le 14 mars 1674, des statuts qui furent
-renouvelés le 26 avril 1718[187]. Ces derniers sont composés de
-soixante-neuf articles que je vais rapidement analyser.
-
-Comme l'ancienne communauté des barbiers-chirurgiens, la nouvelle
-était placée sous l'autorité du premier chirurgien du Roi, «chef et
-garde des chartes, statuts et priviléges de la barberie du royaume».
-En cette qualité, il avait sur tous les barbiers de France «inspection
-et juridiction». Ne pouvant exercer en personne, il se faisait
-représenter par un mandataire ou _lieutenant_, qu'il était tenu de
-choisir parmi les anciens jurés de la corporation[188].
-
-Celle-ci se composait du premier chirurgien du Roi, de son
-lieutenant, d'un greffier, de six jurés ou prévôts-syndics, des
-anciens syndics retirés du métier et des maîtres[189].
-
-Les jurés étaient élus pour deux ans[190], par une délégation formée
-du premier chirurgien du Roi, de son lieutenant, des six jurés en
-charge, de tous les maîtres anciens et de quinze modernes[191].
-
-Tout le monde sait quel rôle jouaient les jurés dans l'administration
-des communautés; je dirai donc seulement ici un mot des Anciens et
-des Modernes, dont l'origine est moins connue. Les sentiments de
-fraternité qui avaient servi de base aux corporations ouvrières
-s'affaiblirent peu à peu[192], et, vers le commencement du seizième
-siècle, on vit s'introduire parmi les maîtres une hiérarchie que
-finirent par accepter presque toutes les communautés. Les maîtres
-furent alors divisés en trois classes:
-
-Les _Jeunes_, qui comptaient moins de dix ans de maîtrise;
-
-Les _Modernes_, reçus depuis plus de dix ans;
-
-Les _Anciens_, qui exerçaient depuis vingt ans au moins ou avaient
-rempli la charge de juré.
-
-En général, les _Jeunes_ ne prenaient aucune part à l'administration
-de la communauté: ils ne pouvaient être élus jurés, et n'avaient même
-pas en cette circonstance le droit de vote. Ils n'étaient pas admis
-non plus dans les commissions appelées à juger les _chefs-d'œuvre_.
-En réalité, le temps passé parmi les Jeunes était une sorte de stage
-imposé au compagnon après sa réception à la maîtrise.
-
-Comme on le voit ici, les _Modernes_ eux-mêmes, bien qu'éligibles, ne
-figuraient pas tous parmi les électeurs des jurés.
-
-Les _Anciens_ formaient dans la corporation une véritable
-aristocratie, très-jalouse de ses prérogatives. Au reste, chaque
-communauté avait sur ce point ses usages particuliers. En 1680, la
-corporation des couteliers se composait de quatre-vingt-onze maîtres,
-qui étaient ainsi classés[193]:
-
- 22 Anciens,
- 32 Modernes,
- 33 Jeunes,
- 4 veuves, continuant le commerce de leur mari.
-
-Je reviens à nos statuts.
-
-Les jurés avaient droit de visite chez les barbiers-chirurgiens, et
-ces derniers droits de visite chez les barbiers-perruquiers[194].
-Assistés d'un sergent à verge, il devaient faire au moins quatre
-visites par an chez chaque maître, «pour voir si les perruques et
-cheveux qui seront exposés en vente au public sont bons et marchands».
-Il était dû aux jurés quinze sous par visite[195]. D'une manière
-générale, on appelait article _royal_ ou _marchand_ celui qui était de
-bonne qualité, sans tare, sans défaut caché.
-
-Le conseil de la corporation était composé de trente personnes: le
-premier chirurgien du Roi, son greffier, son lieutenant, le doyen, les
-six jurés et vingt anciens[196]. Il se réunissait tous les mardis,
-à deux heures, «pour délibérer sur les affaires communes, police et
-discipline concernant les maîtres, veuves[197], aspirans, locataires,
-apprentifs, garçons, ouvriers, et tous ceux qui sont soumis à la
-communauté[198].»
-
-La profession de barbier-perruquier était non un métier, mais un
-office héréditaire. Payé fort cher par les acquéreurs, il devenait
-leur entière propriété: ils pouvaient le céder et le sous-louer[199],
-quoique le nom seul du titulaire figurât sur l'enseigne de la
-boutique. Pour avoir le droit d'exercer, il ne suffisait pas à
-celui-ci d'obtenir après apprentissage des lettres de maîtrise, il
-lui fallait acheter une charge, et il était mis en possession par le
-premier chirurgien du Roi. Tout cela était bien fait pour remplir
-d'orgueil une communauté, mais ne la mettait pas plus qu'une autre
-à l'abri des créations de maîtrises ordonnées directement et à prix
-d'argent par le Roi. Pour faire face à ses embarras financiers, Louis
-XIV augmentait sans cesse le nombre des offices de barbiers. En
-1689, d'un trait de plume il le double, le porte à quatre cents. La
-communauté, redoutant une pareille concurrence, rachète ces deux cents
-charges moyennant cent dix mille livres versées au Trésor. C'était
-tout ce que demandait le Roi; aussi, encouragé par le succès, il
-crée de nouveau cinquante charges en février 1692. Le prix fut fixé
-au-dessous de trois cents livres, et on eut grand'peine à les vendre,
-ce qui prouve que le besoin ne s'en faisait guère sentir. Pourtant, en
-juillet et en août 1706, on crée d'un seul coup encore quatre cents
-charges: la communauté terrifiée voulut les racheter, et ne le put.
-En somme, le nombre des titulaires était de six cent dix à la fin
-de 1712[200] et de sept cents en 1719[201]. Je raconterai ailleurs
-l'histoire navrante des créations royales de maîtrises et d'offices,
-qui en vinrent à ruiner toutes les corporations.
-
-Aux acquéreurs de charges créées par le Roi, on ne demandait que de
-payer. Mais si l'on voulait acheter ou louer une charge de barbier à
-l'un des titulaires, il fallait avoir été apprenti pendant trois ans
-et compagnon pendant deux ans[202].
-
-Chaque maître ne pouvait avoir à la fois qu'un seul apprenti. Il était
-cependant autorisé à en prendre un second quand le premier avait
-achevé sa deuxième année[203].
-
-Les fils de maître et les compagnons épousant une fille de maître
-étaient tenus seulement de l'_Expérience_, épreuve facile pour
-laquelle on se montrait plus qu'indulgent. Les autres aspirants à la
-maîtrise devaient parfaire le _Chef-d'œuvre_, travail dont la durée
-était limitée à deux jours[204].
-
-Il était interdit à un maître d'avoir plus d'une boutique dans
-Paris[205]. Un apprenti ne pouvait, durant les deux années qui
-suivaient son admission à la maîtrise, ouvrir boutique dans le
-quartier des maîtres chez qui il avait été soit apprenti, soit
-compagnon[206]. Les apprentis ou compagnons changeant de maison ne
-pouvaient, avant une année, se replacer dans le quartier du maître
-qu'ils venaient de quitter[207].
-
-Afin d'établir une distinction bien apparente entre les boutiques des
-barbiers-perruquiers et celle des barbiers-chirurgiens, les premiers
-devaient avoir «des boutiques peintes en bleu, fermées de châssis à
-grands carreaux de verre, et mettre à leurs enseignes des bassins
-blancs pour marque de leur profession et pour faire différence de ceux
-des chirurgiens, qui en ont des jaunes». L'enseigne devait être ainsi
-conçue: _X, Barbier, Perruquier, Baigneur, Étuviste. Céans on fait le
-poil et on tient bains et étuves_[208].
-
-Les barbiers-perruquiers étaient autorisés à «vendre des poudres,
-opiats pour les dents, savonnettes, pommades et autres senteurs et
-essences, pâtes à laver les mains, et généralement tout ce qui est
-propre pour l'ornement, propreté et netteté du corps humain[209]».
-
-A eux seuls appartenait «le droit de faire le poil, bains, perruques,
-étuves et toutes sortes d'ouvrages de cheveux, tant pour hommes que
-pour femmes, sans préjudice du droit que les chirurgiens ont de faire
-le poil et les cheveux, et de tenir bains et étuves pour leurs malades
-seulement[210]». Il était défendu à tous particuliers, ainsi qu'aux
-«soldats servans dans les Gardes Françoise et Suisse, de faire aucuns
-ouvrages de cheveux, mais seulement la barbe aux soldats desdits
-régimens[211]».
-
-La police soumettait à des règlements spéciaux les _perruquiers en
-vieux_. Il leur était interdit de tenir boutique ailleurs que sur le
-quai de l'Horloge. Ils réparaient les vieilles perruques, mais on
-ne leur permettait pas d'en fabriquer de neuves, à moins qu'ils n'y
-fissent entrer du crin, et la coiffe devait porter ces mots: _perruque
-mêlée_. Ils n'avaient point de bassins pour enseigne: leur étalage
-était seulement orné d'une tête de bois appelée _marmot_.
-
-Bien que les anciens étuveurs eussent eu, selon toute apparence, saint
-Michel pour patron[212], la corporation des barbiers-perruquiers fut
-placée sous le patronage de saint Louis[213].
-
-A cette époque, il y avait encore à Paris deux établissements
-installés sur le modèle des anciennes étuves. Ils étaient situés rue
-Marivaux[214] et rue du Cimetière-Saint-Nicolas[215], et les anciennes
-traditions s'y étaient conservées. On pouvait y prendre à la fois des
-bains d'eau chaude et des bains de vapeur, et la séance était souvent
-terminée par l'application d'une ou deux ventouses dans le dos. Voici,
-au reste, d'après un livre devenu rare[216], comment les choses se
-passaient alors:
-
-«Celuy qui veut se baigner dans l'eau froide va à la rivière.
-
-«Nous lavons la crasse dans les bains chauds, soit assis dans la cuve,
-soit en montant en haut aux bancs à suer, et nous nous frottons de la
-pierre ponce ou d'une estamine.
-
-«Nous quittons nos habits dans la garde-robe, et nous prenons des
-caleçons.
-
-«Nous mettons un bonnet sur nostre tête et nos pieds dans le bassin.
-
-«La servante des bains sert de l'eau dans un seau, qu'elle puise dans
-l'auge où elle coule par les tuiaux.
-
-«Le maistre ou valet des estuves scarifie la peau avec sa lancette en
-y appliquant des ventouses, pour en tirer du sang qui est entre chair
-et cuir, et l'essuye avec une éponge.»
-
-Les établissements de ce genre portaient en général le nom de bains,
-et on réservait celui d'étuves pour les maisons où des bains de
-vapeur étaient administrés par ordre du médecin, à titre de remède.
-La mieux organisée était celle de Popincourt: «Les douleurs de la
-sciatique, celles qui sont causées par le mercure qui a été donné
-en panacée, en sublimez et en précipitez, celles de la goutte des
-pieds et des mains, les paralisies universelles et particulières, les
-tumeurs froides et beaucoup d'autres maladies sont infailliblement
-guéries par l'usage des étuves vaporeuses de nouvelle invention qui
-se tiennent au jardin médicinal de Pincourt.» Le _Livre commode_ qui
-nous fournit ces renseignements ajoute: «C'est une sorte de machine
-en laquelle on est baigné sans être dans l'eau, en laquelle on suë
-aussi abondamment que l'on veut sans être à sec, ce qui fait que
-son usage ne cause ni la constipation du ventre et la foiblesse de
-poitrine comme les bains ordinaires, ni les évanouissemens, la chaleur
-intérieure et la difficulté de respirer qui sont les suites ordinaires
-des étuves échauffées par le feu de bois ou d'esprit de vin. Les
-malades y sont couchez sur un lit suspendu, où ils reçoivent une
-vapeur nouvelle, anodine et fortifiante[217].»
-
-Il y avait encore, à l'usage du grand monde, une troisième catégorie
-de bains. Maisons meublées fort suspectes, endroits de luxe et de
-débauche, le bain n'y figurait le plus souvent que comme accessoire.
-L'hôtel de Zamet, devenu hôtel de Lesdiguières, dans la rue de la
-Cerisaie, avait eu cette destination sous Henri IV, qui le fréquentait
-si assidûment qu'on l'appelait sa «maison des menus plaisirs» et
-son «palais d'amour[218]». On se rendait chez le baigneur, dit M.
-Walckenaer[219], «par différents motifs; c'était la que l'on prenait
-les meilleurs bains, les bains épilatoires, les bains mêlés de
-parfums et de cosmétiques. La maison était pourvue d'un grand nombre
-de domestiques soumis, réservés, discrets, adroits. On s'y enfermait
-la veille d'un départ[220] ou le jour même d'un retour, afin de se
-préparer aux fatigues que l'on alloit éprouver, ou pour se remettre
-de celles qu'on avoit essuyées. Voulait-on disparaître un instant du
-monde, fuir les importuns et les ennuyeux, échapper à l'œil curieux
-de ses gens, on allait chez le baigneur. On s'y trouvait chez soi,
-on était servi, choyé, on s'y procurait toutes les jouissances qui
-caractérisent le luxe et la dépravation d'une grande ville. Le maître
-de l'établissement et tous ceux qui étaient sous ses ordres devinaient
-à vos gestes, à vos regards, si vous vouliez garder l'incognito;
-et tous ceux qui vous servaient et dont vous étiez le mieux connu
-paraissaient ignorer jusqu'à votre nom.»
-
-Dans la _Coquette_, comédie jouée vers 1720, Baron nous montre le
-conseiller Durcet sortant de l'audience et venant, encore en robe,
-voir Cidalise. Marton, suivante de la belle, l'accueille par ces mots:
-«Monsieur ne seroit pas de ces gens qui, au retour d'un voyage, vont
-descendre chez le baigneur pour ne pas dégoûter leur maîtresse[221]?»
-
-Prud'homme fonda une maison de ce genre qui devint surtout à la mode
-sous son successeur La Vienne. Saint-Simon[222] raconte que «le Roi,
-du temps de ses amours, s'alloit baigner et parfumer chez lui... On
-prétendoit, ajoute-t-il, que le Roi, qui n'avoit pas de quoi fournir
-à ce qu'il désiroit, avait trouvé chez La Vienne des confortatifs
-qui l'avoient rendu plus content de lui-même.» Louis XIV se montra
-reconnaissant: le père de La Vienne devint, après Prud'homme, son
-premier barbier, et La Vienne fut nommé premier valet de chambre[223].
-Le Roi n'en avait pas moins encore huit barbiers servant par quartier.
-Leurs fonctions étaient «de peigner le Roy, tant le matin qu'à son
-coucher, luy faire le poil, et l'essuyer aux bains et étuves, et après
-qu'il a joué à la paume[224].»
-
-L'établissement de Prud'homme était situé rue Neuve-Montmartre. On en
-trouvait d'autres, célèbres aussi, rue Richelieu, rue d'Orléans, rue
-Vieille-du-Temple et rue des Marmouzets[225].
-
-Les bourgeois qui voulaient prendre des bains à domicile pouvaient
-louer, moyennant vingt sous par jour, une baignoire en cuivre chez
-un chaudronnier, ou moyennant dix sous par jour une baignoire de bois
-chez un tonnelier[226]. L'eau était chauffée à la bouilloire; il y
-avait donc intérêt à construire des baignoires qui n'en exigeassent
-pas un trop grand volume. Celles de cuivre représentaient le plus
-souvent un sabot à tige élevée, disposition aussi économique
-qu'incommode, car le corps y était presque moulé, et l'on dépensait
-ainsi moitié moins de liquide qu'en employant un cuvier oblong. La
-baignoire dans laquelle fut assassiné Marat, et qui vient d'être
-acquise par le musée Grévin, est un sabot de ce genre. Les grands
-seigneurs avaient dans leur hôtel des salles de bain fort luxueuses,
-où les baignoires affectaient la forme de canapés, de chaises longues,
-de lits de repos, etc. Il paraît qu'on s'y baignait parfois de
-compagnie, puisqu'il existait au château de Genlis une baignoire assez
-vaste pour contenir quatre personnes[227].
-
-Au dix-huitième siècle, les dames recevaient volontiers leurs
-visiteurs, femmes ou hommes, pendant qu'elles étaient au bain. Dans
-ces circonstances, on avait soin de blanchir l'eau soit avec «une
-pinte ou deux de lait[228], soit avec de l'essence: c'est ce que
-l'on appelait un _bain de lait_.» M. le comte de Reiset possède une
-baignoire Louis XVI, munie d'un couvercle canné qui empêchait de voir
-la personne dans son bain, tout en permettant l'évaporation[229]. Le
-jour même du retour de Varennes, la Reine dictait à un des huissiers
-de sa chambre une lettre destinée à madame Campan, et qui commence
-ainsi: «Je vous fais écrire de mon bain, où je viens de me mettre
-pour soulager au moins mes forces physiques[230].» Marie-Antoinette,
-élevée dans les sévères principes de la cour de Vienne, se baignait
-vêtue d'une longue robe de flanelle boutonnée jusqu'au cou, et
-tandis que ses deux baigneuses l'aidaient à sortir du bain, elle
-exigeait que l'on tînt devant elle un drap destiné à la cacher à ses
-femmes[231]. Il ne faut pas oublier qu'à cette époque, les grandes
-dames en agissaient souvent encore avec leurs gens comme les
-Romaines vis-à-vis de leurs esclaves, et regardaient un valet comme
-un animal en présence duquel la plus craintive pudeur pouvait tout se
-permettre[232].
-
-Les Parisiens amateurs de bains froids les prenaient dans la Seine,
-sans se préoccuper des exhibitions dont ils gratifiaient les riverains
-et les passants. Une chanson[233] de Coulange nous a décrit l'effroi
-de la Précieuse qui passe en carrosse, par un chaud jour d'été, près
-de la porte Saint-Bernard:
-
- Quel spectacle indécent se présente à mes yeux!
- Des hommes vraiment nuds au bord de la rivière
- Me font évanouir! Ah! de grâce, ma chère,
- Évitons cet objet affreux;
- Allons, viste, cocher, retournons à la ville.
-
-Il y avait aussi au dix-septième siècle des piscines où les femmes, à
-qui «il n'est point permis de se baigner dans la rivière», pouvaient
-aller se plonger dans l'eau froide. Le recueil des _Caquets de
-l'accouchée_[234] nous en fournit la preuve. Le soleil «estant au
-signe du Cancre, je me résolus, avec quelques-unes de mes voisines,
-d'aller aux étuves pour me rafraîchir.... Comme je fus arrivée aux
-baings où d'ordinaire nous avons coustume entre nous autres de
-rafraîchir, je me trouvay au milieu d'une bonne et agréable compagnie
-de bourgeoises et dames de Paris qui estoient venues au mesme lieu
-pour ce subject.»
-
-Au siècle suivant, nous trouvons des bains froids installés sur la
-Seine:
-
- A la Râpée;
- Près de l'archevêché;
- Quai des Morfondus, aujourd'hui quai de l'Horloge;
- Port Saint-Nicolas, en face de la rue des Poulies;
- Quai des Quatre-Nations, aujourd'hui quai Conti;
- Près de la barrière des Invalides[235].
-
-Ces bains, entièrement recouverts d'une toile, avaient douze toises de
-long sur deux de large. Ils étaient formés par une vingtaine de pieux
-enfoncés dans la rivière, et que des planches reliaient ensemble. On
-y descendait au moyen d'une échelle attachée à un bateau dans lequel
-les baigneurs se déshabillaient et laissaient leurs vêtements. Le prix
-du bain était de trois sous. Le linge se payait à part: un sou pour
-une serviette du côté des hommes, trois sous pour une chemise du côté
-des femmes.
-
-Ce n'était pas précisément là que se donnaient les rendez-vous de
-noble compagnie. Pour celle-ci, des bateliers avaient établi dans la
-rivière, au-dessus et au-dessous de Paris, de petites cabanes appelées
-_gores_. Elles se composaient de quatre pieux ombragés par une toile;
-un autre pieu planté au milieu permettait de se soutenir sur l'eau.
-«Les dames, dit le _Journal du citoyen_[236], sont conduites et
-descendues dans ces gores, sûrement, commodément et secrettement. Les
-femmes de mariniers conduisent les baigneuses. On fait marché de gré
-à gré pour se faire conduire. Il en coûte communément vingt-quatre ou
-trente sols par heure du loyer d'un bateau.»
-
-Cette façon de se baigner sans bouger inspira, vers 1781, une idée
-assez étrange à un sieur Turquin. Sur le petit bras du fleuve, près
-du pont de la Tournelle, il plaça dans un bateau plusieurs baignoires
-maintenues par un plancher à une certaine profondeur; leurs parois
-étaient percées de trous qui permettaient au courant de les traverser
-et d'y renouveler l'eau sans cesse. Chaque baignoire, installée dans
-un cabinet, était assez grande pour recevoir jusqu'à trois personnes.
-Cet établissement, qui subsistait encore en 1787[237] reçut le nom de
-_Bains chinois_. Le succès qu'il obtint décida Turquin à en ouvrir un
-autre où les baignoires disparurent, où l'on ne put se montrer sans
-caleçon, et où l'on disposa des cabines pour se déshabiller. Turquin
-fut ainsi le véritable créateur des écoles de natation telles que nous
-les voyons organisées aujourd'hui. La première, située près des Bains
-chinois, fut inaugurée le 16 juillet 1785, en présence de plusieurs
-membres du corps municipal, de l'Académie des sciences et de la
-Société de médecine[238]. Turquin ne tarda pas à établir une seconde
-école de ce genre à la pointe de l'île Saint-Louis; puis une troisième
-au-dessous du Pont-Royal[239], sur l'emplacement qu'occupe
-aujourd'hui l'embarcadère du _Touriste_.
-
-[Illustration: BAINS ÉTABLIS SUR LA SEINE PAR POITEVIN EN 1761.
-
-D'après l'_Encyclopédie méthodique_.]
-
-Paris ne comptait encore qu'une dizaine de bains chauds, possédant
-chacun de douze à quinze baignoires, quand un sieur Poitevin imagina
-d'en établir un sur la Seine même. Ce projet, patronné par la
-municipalité, reçut sa réalisation en 1761. Le bateau organisé par
-Poitevin fut amarré près du Pont-Royal, en face des Tuileries. Long de
-cent quarante et un pieds et large de vingt-huit, il était divisé en
-deux étages. Un côté était réservé aux femmes. Les cabinets ouvraient
-sur un couloir central, et l'eau, puisée dans le fleuve par deux
-pompes à bras, était filtrée avant d'arriver aux baignoires[240].
-Un autre bateau, appartenant au même propriétaire, et disposé de la
-même façon bien qu'il n'eût qu'un rez-de-chaussée, stationnait pendant
-l'été à l'extrémité de l'île Saint-Louis, au bas du quai d'Anjou.
-Poitevin eut pour successeur un sieur Guignard, qui finit par diriger
-plusieurs établissements de ce genre. Dans un d'entre eux, situé à
-l'angle du Pont-Royal et du quai d'Orsay, les pauvres étaient reçus
-gratuitement sur un certificat du médecin ou du curé de leur paroisse.
-
-Des bains plus complets occupaient une maison qui faisait le coin de
-la rue de Bellechasse et du quai. Outre des bains de vapeur et des
-douches, on y trouvait une vaste piscine dans laquelle on pouvait se
-livrer à la natation. Les prix étaient ainsi fixés:
-
- Bain simple 3 livres.
- — — par abonnement 2 —
- — russe 7 — 4 sols.
- — dépilatoire et de propreté 12 —
- Douche composée 12 —
- — simple 9 —
- — ascendante 3 —
-
-Les anciens bains du dix-septième siècle, où l'on venait ordinairement
-chercher tout autre chose que de l'eau, étaient représentés par
-l'_Hôtel des Bains de S. A. R. Mgr le duc d'Orléans_, situé au
-Palais-Royal, et dont l'entrée était rue de Valois. On y trouvait «des
-appartemens garnis, propres à recevoir des personnes de la première
-distinction[241].»
-
-Tous les établissements de bains chauds étaient tenus par des maîtres
-barbiers-perruquiers-baigneurs-étuvistes, dont la corporation
-avait pris d'autant plus d'importance que la communauté des
-barbiers-chirurgiens disparaissait peu à peu. Mais une redoutable
-concurrence vint troubler la quiétude dans laquelle ils vivaient.
-
-Dès le quinzième siècle, il y avait eu des coiffeuses pour les femmes.
-On les trouve nommées _atourneresses_, _atourneuses_, _achemeresses_,
-etc., elles n'étaient guère employées d'ailleurs que dans les
-grandes occasions: bals, mariages, etc. Le soin des chevelures
-féminines restait donc en général réservé aux chambrières, et les
-barbiers-chirurgiens n'avaient jamais élevé aucune prétention à cet
-égard. Un homme de génie en son genre, le sieur Champagne, créa cette
-spécialité. «Ce faquin, dit Tallemant des Réaux[242], par son adresse
-à coiffer et à se faire valoir, se faisoit rechercher et caresser de
-toutes les femmes. Leur foiblesse le rendit si insupportable, qu'il
-leur disoit tous les jours cent insolences: il en a laissé telles
-à demy coiffées; à d'autres, après avoir fait un costé, il disoit
-qu'il n'acheveroit pas si elles ne le baisoient; quelquefois il s'en
-alloit, et disoit qu'il ne reviendroit pas si on ne faisoit retirer
-un tel qui luy desplaisoit, et qu'il ne pouvoit rien faire devant ce
-visage-là. J'ay oüy dire qu'il dit à une femme qui avoit un gros nez:
-«Voys-tu, de quelque façon que je te coiffe, tu ne seras jamais bien
-tant que tu auras ce nez-là.» Avec tout cela, elles le couroient, et
-il a gaigné du bien passablement; car, comme il n'est pas sot, il n'a
-pas voulu prendre d'argent, de sorte que les présens qu'on luy faisoit
-luy valoient beaucoup. Lorsqu'il coiffoit une dame, il disoit ce que
-telle et telle luy avoit donné, et quand il n'estoit pas satisfait,
-il adjoustoit: «Elle a beau m'envoyer quérir, elle ne m'y tient
-plus.» L'idiote qui entendoit cela, trembloit de peur qu'il ne lui en
-fist autant, et luy donnoit deux fois plus qu'elle n'eust fait. Avec
-cela, il estoit mesdisant comme le diable; il n'y avoit personne à sa
-fantaisie. De Pologne, il alla en Suède, et revint icy avec la reyne
-Christine.»
-
-Ce singulier personnage eut une fin tragique. Il fut assassiné au
-cours d'un voyage, et Loret raconta cet événement tout au long dans sa
-gazette rimée:
-
- Un bruit venant de la campagne
- Nous apprend que le sieur Champagne,
- Que deux ou trois Reynes du Nord
- Estimoient et cherissoient fort,
- Et qui d'estre de luy coiffées
- Faisoient autrefois des trophées,
- Dans un rencontre inopiné
- Fut l'autre jour assassiné,
- Entre, dit-on, Vienne et Grasse,
- Par cette detestable race
- Que l'on appelle des bandits,
- Gens sanguinaires, gens maudits[243].
-
-Champagne n'eut pas aussitôt de successeur digne de lui[244], mais
-les dames continuèrent à rechercher des mains plus habiles que celles
-de leurs femmes de chambre, et l'industrie des _Coiffeurs de dames_
-et des _Coiffeuses_ fut fondée. Madame de Sévigné a transmis à la
-postérité le nom de la Martin, qui inventa la coiffure _hurluberlu_
-ou _hurlupée_, dite aujourd'hui coiffure _à la Maintenon_, parce que
-c'est celle que porte la grande favorite sur ses premiers portraits.
-Cette mode date de 1671. Le 18 mars, madame de Sévigné écrit à sa
-fille de s'en garder; elle lui déclare que «c'est la plus ridicule
-chose qu'on puisse s'imaginer», et la supplie de rester fidèle à la
-jolie coiffure que sa femme de chambre Montgobert fait si bien[245].
-
-Quinze jours après, la cour a adopté la nouvelle coiffure, et dès
-lors madame de Sévigné en raffole. Elle mande aussitôt à sa fille
-que, frisée ainsi, elle sera «comme un ange», et que décidément «la
-coiffure que fait Montgobert n'est plus supportable[246]».
-
-Le _Livre commode pour 1692_ cite parmi «les coiffeuses fort
-employées, mesdemoiselles Canilliat, place du Palais-Royal; Poitier,
-près les Quinze-Vingts; le Brun, au Palais; de Gomberville, rue des
-Bons-Enfans; et d'Angerville, devant le Palais-Royal[247]».
-
-Depuis le règne de Louis XV, les coiffeurs l'emportèrent sur les
-coiffeuses. Frison fut mis à la mode par la marquise de Prie;
-Dagé, coiffeur de madame de Châteauroux et de madame de Pompadour,
-avait équipage; Larseneur était le confident de Mesdames, filles
-du Roi[248]; Legros[249] publiait _L'art de la coëffure des dames
-françoises_, qui eut trois éditions en trois ans, et fut suivi de
-plusieurs suppléments.
-
-On trouve dans ces volumes de curieux spécimens de coiffures, précédés
-d'avertissements dans lesquels l'auteur étale naïvement sa bouffonne
-vanité. Il s'exprime ainsi en tête de son deuxième supplément, imprimé
-en 1769: «J'avois autrefois pour passion la pêche, la chasse, la
-cuisine[250], et courir les armées, tant en Flandres qu'en Allemagne,
-changeant souvent d'état, et remarquant toujours le bon d'avec le
-mauvais, faisant ma cour aux vieillards de tout état, afin qu'ils me
-racontassent ce qu'ils sçavoient de leurs anciens temps. Voilà la
-seule étude que j'ai faite pour acquérir de l'expérience et connoître
-à peu près l'esprit et le caractère des hommes. Il s'agissoit donc de
-connoître un peu celui des Dames, chose bien difficile, qui m'a causé
-bien de l'embarras, ne sçachant comment m'y prendre. Enfin, le moyen
-le plus juste selon moi étoit de me mettre Coëffeur, talent où il faut
-sçavoir se taire et parler, être sage et honnête, tout voir et ne rien
-dire, et avec ces bonnes qualités et l'art de la coëffure, on est bien
-reçu des Dames en tout pays. La coëffure des Dames m'a causé bien des
-tourmens; il n'y a que moi qui sçais la peine qu'elle m'a donnée. Ce
-n'est point l'argent qui m'a engagé à suivre cet état au milieu d'un
-champ rempli d'épines pour moi, mais c'est l'ambition et le zèle que
-j'ai de prouver aux Dames que tant que le monde subsistera, elles
-porteront de mes coëffures. C'est avec preuve que je ne ressemble
-point à bien des coëffeurs et perruquiers, qui étalent leurs talents
-avec leur langue, mais moi c'est avec mes doigts que je fais voir à
-tout le monde ce que je sçais. Malgré la contrariété, tant que je
-vivrai je donnerai toujours des preuves que je serai le premier de mon
-état pour la coëffure des Dames en tous genres, comme on le verra par
-mon livre...»
-
-Legros eut la prétention de fonder une académie de coiffure, et il y
-réussit à peu près. Il avait des _prêteuses de tête_ qui permettaient
-à ses élèves d'étudier sur nature et de reproduire les estampes
-publiées par lui. L'élève parvenu à copier les onze premiers modèles,
-recevait un certificat portant le cachet dit _de l'étoile_. Pour
-obtenir le cachet de l'étoile et celui des _trois croissants de la
-lune_, il fallait avoir imité exactement les vingt-huit premières
-estampes. Quant à l'habile homme qui reconstituait sur le vif
-trente-huit planches, son certificat portait à la fois le cachet de
-l'étoile, celui des trois croissants et le _grand cachet du soleil_;
-en outre, on le proclamait «maître professeur et académicien de l'art
-de la coëffure des Dames».
-
-[Illustration]
-
-Legros ne se dissimule pas que son mérite et sa gloire lui ont créé
-bien des ennemis. «Il y aura peut-être, dit-il, des personnes qui
-trouveront mauvais que mon livre ait pour titre _L'art de la coëffure
-des Dames_, et mes classes le nom d'_Académie_. En voici la raison: la
-coëffure des Dames est devenu un Art pour moi, parce que j'ai composé
-et fait les plans de toutes mes Coëffures, et que voilà le quatrième
-goût que je change depuis neuf ans, que j'ai coëffé les Dames de
-cinquante-deux sortes de goûts différents, et que je leur ai fait
-avec des cheveux faux trois cents pièces d'ouvrages tous différens
-pour leurs coëffures... Puisque je suis le seul dans le monde qui ai
-poussé la coëffure des Dames à son dernier degré, et qui ai fait tant
-d'ouvrages en cheveux imitant le naturel, ce que personne ne s'était
-jamais avisé de faire, ainsi que le traité des cheveux naturels qui
-n'a jamais paru, je crois qu'il m'est bien permis de me dire le
-premier des Artistes pour la Coëffure des Dames.»
-
-Tant de soins ne furent pas perdus. Legros nous apprend qu'il reçut
-«les applaudissemens des Reines et Princesses de toutes les Cours et
-de toutes les Dames en général.»
-
-Mais ce succès et celui qu'obtinrent ses nombreux confrères,
-suscitèrent aux coiffeurs de femmes, dont le nombre s'élevait alors
-à douze cents, des jalousies et des haines. La corporation des
-barbiers-perruquiers leur intenta des procès; ces derniers soutenaient
-avec raison qu'ils avaient seuls le droit de vendre des cheveux, et
-il était prouvé que les coiffeurs fournissaient des chignons à leurs
-clientes. L'avocat des coiffeurs publia en faveur de ceux-ci un
-factum fort gai[251] qui, écrit Bachaumont le 8 janvier 1769, «se
-trouve également sur les bureaux poudreux des gens de loix et sur les
-toilettes élégantes des femmes[252].»
-
-L'auteur s'efforce de prouver que ses clients sont, non pas des
-artisans, mais des artistes dont la profession doit rester libre: «Par
-les talents qui nous sont propres, leur fait-il dire, nous donnons
-des grâces nouvelles à la beauté que chante le poëte. C'est souvent
-d'après nous que le peintre et le statuaire la représentent; et si la
-chevelure de Bérénice a été mise au rang des astres, qui nous dira
-que pour parvenir à ce haut degré de gloire elle n'a pas eu besoin
-de notre secours?... Un front plus ou moins grand, un visage plus ou
-moins rond demandent des traitements bien différents: partout il faut
-embellir la nature ou réparer ses disgrâces. Il convient encore de
-concilier avec le ton de chair la couleur sous laquelle l'accommodage
-doit être présenté. C'est ici l'art du peintre; il faut connaître
-les nuances, l'usage du clair-obscur et la distribution des ombres
-pour donner plus de vie au teint et plus d'expression aux grâces.
-Quelquefois la blancheur de la peau sera relevée par la teinte
-rembrunie de la chevelure, et l'éclat trop vif de la blonde sera
-modéré par la couleur cendrée dont nous revêtirons ses cheveux.» Notre
-art, ajoutent-ils, ne se borne pas à disposer avec goût les cheveux et
-les boucles; nous avons aussi la mission de placer les diamants, les
-croissants, les aigrettes; notre habileté assure et étend sans cesse
-l'empire de la beauté. Les coiffeurs ne se dissimulent point qu'on les
-accuse d'encourager le luxe et la coquetterie; mais leur appartient-il
-de s'ériger en censeurs des mœurs et de réformer leur siècle? «Ce
-n'est pas à nous de juger si les mœurs de Sparte étoient préférables à
-celles d'Athènes, et si la bergère qui se mire dans la fontaine, met
-quelques fleurs dans ses cheveux et se pare de ses grâces naturelles,
-mérite plus d'hommage que de brillantes citoyennes qui usent de tous
-les raffinemens de la parure... Il faut prendre le siècle dans l'état
-où il est; c'est au ton des mœurs actuelles que nous devons notre
-existence, et tant qu'elles subsisteront, nous devons subsister avec
-elles.» Cet éloquent plaidoyer ne désarma point les magistrats. Deux
-arrêts, rendus le 27 juillet 1768 et le 7 janvier 1769, enjoignirent
-aux coiffeurs de se faire inscrire dans la corporation des barbiers;
-ils résistèrent longtemps, et ne se soumirent définitivement que
-sous Louis XVI. Au mois de septembre 1777, celui-ci créa six cents
-coiffeurs de femmes, qui payèrent leur privilége six cents livres
-et furent agrégés à la corporation des barbiers[253]. L'_Almanach
-Dauphin_[254] mentionne alors parmi les coiffeurs en vogue: la veuve
-de Legros, établie rue Saint-Honoré, en face de la rue de l'Arbre-Sec;
-Frédérik, rue Thibautodé, qui «tient école de coëffure, place des
-femmes et valets de chambre coëffeurs, et fournit un rouge de Portugal
-accrédité par la finesse et la douceur de ses nuances»; Audis, quai
-de l'École, qui «tient assortiment d'ouvrages méchaniques en cheveux,
-pour faciliter aux dames la commodité de se coëffer elles-mêmes et
-de varier en un instant leur coëffure;» madame Desmares, au coin de
-la rue Saint-Louis du Louvre, coiffait «avec beaucoup de goût et de
-légèreté»; enfin, Durand, dit Legoût, logé quai de la Ferraille,
-vendait «toutes sortes de postiches de différens genres, tocques
-montées en fil de laiton, peignes garnis de cheveux, et généralement
-tout ce qui concerne le talent de la coëffure».
-
-Legros n'avait pas donné de nom aux créations de son génie; ses émules
-furent moins modestes, et les recueils du temps nous signalent les
-coiffures suivantes parmi celles qui se partagèrent, de 1770 à 1780,
-la faveur des plus folles têtes:
-
- _A la Henri IV._
- _A la Minerve._
- _A la Sylphide._
- _A la Harpie._
- _A la Diane._
- _A la Corne d'abondance._
- _A la Glaneuse._
- _Au Levant._
- _A la Frivolité._
- _Au Caprice._
- _Au Haut rang._
- _A la Daphné ou la Demi-conquête._
- _A la Conquête assurée._
- _Le Papillon constant._
- _Le Lever de la Reine ou le Triomphe de l'aurore._
- _Le Témoin discret._
- _La Sapho moderne._
- _En Bandeau d'amour._
- _Au Hérisson._
- _Au Demi-hérisson._
- _Au Hérisson à crochets._
- _Au Chien couchant ou au Mystère._
- _A la Zodiacale._
- _A la Bourgeoise._
- _A la Colombe._
- _A la Conseillère._
- _En Crochets._
- _A l'Ingénue._
- _A la Cérès._
- _A la Recherche._
- _A la Modestie._
- _A la Distinction._
- _A la Candeur._
- _Au Parterre galant._
- _A la Janot._
- _A la Pierrot._
- _En Échelle._
- _En Rouleaux._
- _Au Croissant._
- _Au Vol d'amour._
- _En Corbeille._
- _A la Flore._
- _Au Parc anglais._
- _A l'Anglaise._
- _A l'Irlandaise._
- _A l'Espagnole._
- _A la Circassienne moderne._
- _A la Turque._
- _A la Grecque._
- _A la Persane._
- _A la Phrygienne._
- _En Baigneuse._
- _En Gondole._
- _En Moulin à vent._
- _Au Cerf-volant._
- _Sans redoute._
- _A l'Espoir._
- _A la Nation._
- _Aux Charmes de la liberté[255]. Etc., etc._
-
-[Illustration: COIFFURE FANTAISIE.
-
-COIFFURE EN BANDEAU D'AMOUR.]
-
-Je ne cite ici, bien entendu, que les coiffures. Je triplerais cette
-liste si je voulais y comprendre les noms donnés pendant la même
-période aux bonnets et aux chapeaux.
-
-Dès 1723, l'abbé de Bellegarde écrivait: «Depuis que les femmes se
-sont avisées de se servir de fers pour soutenir la pyramide de leur
-coëffure, qui est une espèce de bâtiment à plusieurs étages, elles
-ont tellement enchéri sur cette mode qu'il n'y a plus de porte assez
-élevée pour leur donner passage sans baisser la tête[256].» On sait
-jusqu'à quelle démence cette mode fut portée sous Louis XVI. Une
-élégante devait avoir alors sur le crâne un échafaudage de chiffons
-et de cheveux qui égalât le tiers de sa taille, et il entrait dans
-cet édifice tant de fil de fer qu'on était en droit de demander à une
-dame quel était l'adroit serrurier qui l'avait coiffée. Je ne crois
-pas qu'en aucun temps et sous aucun ciel, la mode ait jamais imposé
-à ses esclaves rien de plus niaisement prétentieux que le _pouf_.
-Décrire une de ces parures, je n'y pense point, on m'accuserait
-d'exagération, je laisse donc la parole à un contemporain qui écrivait
-au jour le jour et dont le témoignage est inattaquable. Voici, d'après
-les _Mémoires_ dits de Bachaumont[257], comment était composé le
-_pouf au sentiment_. «On l'appelle _pouf_, à raison de la confusion
-d'objets qu'il peut contenir, et _au sentiment_, parce qu'ils doivent
-être relatifs à ce qu'on aime le plus. La description de celui de
-madame la duchesse de Chartres rendra plus sensible cette définition.
-Dans celui de Son Altesse Sérénissime, au fond est une femme assise
-sur un fauteuil et tenant un nourrisson, ce qui désigne M. le duc
-de Valois et sa nourrice. A la droite est un perroquet becquetant
-une cerise, oiseau précieux à la princesse. A gauche est un petit
-nègre, image de celui qu'elle aime beaucoup. Le surplus est garni de
-touffes de cheveux de M. le duc de Chartres, son mari; de M. le duc
-de Penthièvre, son père; de M. le duc d'Orléans, son beau-père, etc.,
-etc. Toutes les femmes veulent avoir un pouf et en raffolent.»
-
-On vit dès lors paraître successivement les poufs:
-
- _A la Turque._
- _A l'Asiatique._
- _A l'Assyrienne._
- _A la Chinoise._
- _A la Sophie._
- _A l'Art de plaire._
- _En Crête._
- _A la Grande prêtresse._
- _A la Puce._
- _En Rocher._
- _En Gueule de loup._
- _Au Globe fixé._
- _A Bandelettes._
- _Etc., etc., etc._
-
-La fortune des poufs fut plus brillante que durable. Dans la fureur
-de nouveauté qui hantait les cerveaux féminins, une coiffure vieille
-de trois mois n'était plus bonne qu'à orner ridiculement quelque
-crâne provincial. Faute de mieux et à bout d'imagination, on s'empara
-des événements du jour et on les figura en cheveux sur la tête des
-élégantes. Les romans, le théâtre, les succès de nos armées, les
-moindres faits divers, tout fut exploité.
-
-En 1778, après le célèbre combat livré aux Anglais par la
-_Belle-Poule_, les femmes surmontèrent leurs cheveux d'une frégate
-avec sa mâture, ses voiles, ses agrès, ses canons, ses pavillons, et
-cette coiffure prit le nom du glorieux bâtiment qu'elle représentait.
-Beaumarchais la fit oublier. La vogue de ses _Mémoires_; le ridicule
-qu'il jetait sur le gazetier Marin, le succès du _Quès-aco, Marin?_
-qui termine le portrait de ce personnage[258], inspirèrent la création
-du _quesaco_, trois panaches plantés derrière un chignon composé de
-huit boucles.
-
-Au même ordre d'idées se rattachent les coiffures suivantes:
-
- _A la Frégate._
- _A la Junon._
- _A la Victoire._
- _A la Philadelphie._
- _A la Voltaire._
- _A la Raucourt._
- _A l'Iphigénie en Tauride._
- _A l'Eurydice._
- _A l'Irène._
- _A la Cléopâtre._
- _A l'Armide_ ou _la Grande prétention_.
- _A la Gabrielle de Vergy._
- _A l'Almaviva._
- _Au Colisée._
- _A la Montgolfier._
-
-C'étaient là les grands soucis des dames de la cour quinze ans avant
-la Révolution; la jeune et belle Dauphine donnait l'exemple, sourde
-aux reproches de son époux[259], insensible aux railleries dont elle
-commençait à être l'objet. Nous possédons un curieux spécimen de
-celles-ci dans une assez plate comédie, que publia en 1778 l'avocat
-Marchand.
-
-Au début, le coiffeur Duppefort et sa femme sont en scène, et le
-dialogue s'établit ainsi:
-
- DUPPEFORT.
-
- Ouf! je suis harassé comme un général d'armée le jour d'une
- action. Les femmes veulent être servies toutes à la fois et
- dans la même minute; l'on ne sait à laquelle entendre. L'une
- veut de la fourrure, l'autre un plumage; celle-ci des fleurs et
- des émaux, celle-là des arbres et des diamants. Il faudroit,
- en vérité, avoir sous la main tous les élémens et les quatre
- parties du monde. Elles veulent apparemment toucher à la lune.
- Elles ne sont occupées que de coëffures, et chacune en veut trois
- pouces de plus que sa voisine. En vérité, je ne sais pas à quoi
- cette manie aboutira à la fin. Si l'émulation augmente, il faudra
- exhausser les lanternes dans les rues... Eh bien, qui est-ce qui
- est venu pendant mon absence?
-
- MADAME DUPPEFORT.
-
- Un monde étonnant. D'abord ce riche banquier qui a fait venir
- des plumes de colibris pour sa filleule; en second lieu, ce
- petit abbé qui a fait un poëme sur la coëffure des odalisques;
- troisièmement, madame la comtesse de Cavecreuse, qui veut
- absolument que vous lui fournissiez sur sa garniture le jardin du
- Palais-Royal, avec le bassin, la forme des maisons et surtout sa
- grande allée avec la grille et le café.
-
- M. DUPPEFORT.
-
- En vérité, elle n'y pense pas. Une autre me demandera bientôt les
- Thuilleries, le Luxembourg, le boulevard; les femmes du Marais
- voudront avoir la place Royale ou l'hôtel de Soubise. Mais
- n'importe, il faut satisfaire les gens pour leur argent.
-
- MADAME DUPPEFORT.
-
- Il est encore venu cette grande marquise sèche, qu'on appelle
- madame de la Brasse, et qui est veuve depuis trois mois. Elle
- vous prie de mettre sur sa garniture un catafalque de goût[260].
-
-Ce court extrait suffira pour donner une idée de la pièce, où l'esprit
-n'abonde pas et qui ne fut jamais représentée.
-
-A la cour et dans l'entourage même de la Reine, les gens sensés
-blâmaient les exagérations qu'ils avaient sous les yeux: «Les
-coiffures, dit madame Campan, parvinrent à un tel degré de hauteur,
-par l'échafaudage des gazes, des fleurs et des plumes, que les femmes
-ne trouvoient plus de voitures assez élevées pour s'y placer, et
-qu'on leur voyoit souvent pencher la tête ou la placer à la portière.
-D'autres prirent le parti de s'agenouiller pour ménager d'une
-manière plus certaine encore le ridicule édifice dont elles étaient
-surchargées[261].» En février 1776, Marie-Antoinette honora de sa
-présence un bal donné par la duchesse de Chartres. Les _Mémoires
-secrets_ de Bachaumont racontent qu'à cette occasion «la Reine
-ayant redoublé la hauteur de son panache, il fallut le baisser d'un
-étage pour qu'elle pût entrer dans son carrosse, et le lui remettre
-quand elle en est sortie». Comme on imitait la Reine, même dans la
-bourgeoisie, les théâtres étaient troublés par des querelles sans
-cesse renaissantes, à ce point que de Visme, directeur de l'Opéra, dut
-interdire l'entrée de l'amphithéâtre aux coiffures trop élevées[262].
-
-Ce n'est pas tout. Ces pyramides gonflées de crin, bourrées de
-coussins, chargées de poudre, baignées de pommade, maintenues par
-une forêt d'épingles dont la pointe atteignait la peau, devenaient
-l'origine d'une foule de malaises; en même temps que la vermine
-engendrée par la poudre causait aux malheureuses victimes de la
-coquetterie d'insupportables démangeaisons. La civilité permit d'abord
-de se frapper doucement la tête avec un doigt pour calmer le prurit
-qu'occasionnaient les indiscrètes bestioles[263]. Puis on inventa en
-faveur de ces martyres volontaires le _grattoir_, longue tige terminée
-par un crochet d'ivoire, d'argent ou d'or, secours bien doux, mais
-impuissant contre «la crasse infecte qui séjournait sous les brillants
-diadèmes[264].» Je m'arrête. Ne nous montrons pas trop sévères
-pour nos aïeules; s'il prenait fantaisie à quelque cerveau fêlé de
-ressusciter cette mode aujourd'hui, est-il bien sûr que la tentative
-échouerait?
-
-Rien n'égale la burlesque vanité, le naïf orgueil dont était rempli le
-cœur des hommes qui élevaient ces monuments éphémères. Dutens raconte
-que le prince Lanti, se trouvant à Paris et ayant demandé un coiffeur,
-on introduisit dans sa chambre un personnage bien mis et l'épée au
-côté. Le prince s'assit, en lui recommandant de se dépêcher. «Mon
-prince, lui dit cet homme, je suis le physionomiste, permettez que
-je fasse entrer mon second.» Et il fait entrer un garçon perruquier
-avec tout son appareil. Plaçant ensuite le prince à sa fantaisie, il
-l'observe avec attention, le prenant par le menton pour mieux examiner
-son visage. Puis, s'adressant à son second: «Visage à marrons[265],
-dit-il; marronnez monsieur.» Et il se retira en faisant une humble
-révérence[266].
-
-[Illustration: BOUTIQUE DE BARBIER, d'après Cochin.
-
-Dix-huitième siècle.]
-
-De si grands artistes rougissaient d'appartenir à la corporation des
-barbiers. Ils tentèrent encore une fois de s'en séparer pour former
-une communauté indépendante; mais un arrêt du 25 janvier 1780 repoussa
-cette prétention, et leur interdit de mettre sur leur enseigne les
-mots: _Académie de coiffure_[267]. Il est certain d'ailleurs que les
-boutiques de certains barbiers avaient alors un aspect peu séduisant.
-Voici la description que nous en a conservée Mercier: «Imaginez tout
-ce que la malpropreté peut assembler de plus sale. Les carreaux des
-fenêtres, enduits de poudre et de pommade, interceptent le jour;
-l'eau de savon a rongé et déchaussé le pavé; le plancher et les
-solives sont imprégnés d'une poudre épaisse; les araignées pendent
-mortes à leurs longues toiles blanchies, étouffées en l'air par le
-volcan éternel de la poudrerie[268].»
-
-Un grand événement se produisit en 1780. A la suite d'une couche,
-Marie-Antoinette perdit ses cheveux. Dès lors, disent les _Mémoires
-secrets_, «l'art est continuellement occupé à réparer les vuides
-qui se forment sur cette tête auguste». Cette tête auguste finit
-par adopter une coiffure très-basse, dite _à l'enfant_. Aussitôt,
-les dames de la cour, «empressées de se conformer au goût de leur
-souveraine, ont sacrifié leur superbe chevelure[269].»
-
-La reine de France, reine surtout des poufs et des chiffons, avait
-pour ministres la Bertin, sa marchande de modes, et Léonard Autier,
-son coiffeur, qui avait porté le génie jusqu'à faire entrer quatorze
-aunes d'étoffes dans une coiffure. Elle les comblait de faveurs, ne
-sachant rien refuser à des personnages dont le concours lui était si
-précieux. Il était de règle que tout artisan pourvu d'une charge à
-la cour cessât de servir le public; mais Marie-Antoinette, craignant
-que le goût de son coiffeur se perdît s'il cessait de pratiquer son
-état, voulut qu'il conservât sa clientèle, «ce qui, dit très-bien
-madame Campan[270], multiplia les occasions de connaître les détails
-de l'intérieur de la Reine et souvent de les dénaturer.» Quand
-l'infortunée princesse, décidée à quitter la France, préparait la
-fuite de Varennes, sa folle coquetterie survivait tellement aux
-dangers de sa situation, aux angoisses endurées, aux humiliations
-subies, qu'elle ne put se résoudre à se séparer de Léonard, serviteur
-au reste fidèle et dévoué; elle le fit partir quelques heures avant
-elle, sous la protection de de Choiseul[271].
-
-Léonard ne revint pas à Paris avec sa souveraine; il émigra et alla
-mettre ses talents au service des grandes dames russes. En France, le
-temps des futilités était passé, et plus d'une des belles chevelures
-qu'avait abandonnées Léonard devait être maniée pour la dernière fois
-dans une prison et par un aide du bourreau.
-
-
-
-
-ÉCLAIRCISSEMENTS
-
-
-I
-
-EXTRAIT DE LA _CIVILITÉ_ DE JEAN SULPICE,
-
-_traduite en français par_ GUILLAUME DURAND, _en_ 1545[272].
-
-[1483]
-
-
-O enfant de bonne nature, devant que de t'exposer et bâiller mes
-preceptes, je t'admoneste que tu ayes à les garder et que tu faces en
-sorte que tousjours ils te soyent devant les yeux.
-
-Ta robe soit nette et sans ordure.
-
-N'aye point le visage ou les mains ordes.
-
-Donne toy de garde que aucune morve ou roupie ne te sorte du nez et
-y pende, comme ceste glace longue que l'on void pendre en hyver aux
-chevrons et gouttières des maisons.
-
-Tes ongles ne soyent point trop longs, ny pleins d'ordure.
-
-Tes cheveux soyent bien peignez, et que ta perrucque[273] ne soit
-pleine de plumes ou autre ordure.
-
-Tes souliers soyent nets et non boueux ou fangeux.
-
-Que ta langue ne soit point couverte d'ordure et immundicité accumulée
-dessus.
-
-Aye les dents nettes et sans rouille, c'est à dire sans matière jaulne
-attachée contre, par faute de les nettoyer et mundifier souvent.
-
-Estime qu'il est peu seant et peu honneste de soy grater la teste à
-table; et prendre au col ou au doz poulx, ou puces, ou autre vermine,
-et la tuer devant les gens; se grater, ou crever, ou percer sa
-roigne[274] en quelque partie du corps qu'elle soit.
-
-Si tu viens à te moucher, tu ne doibs prendre tel excrement avec les
-doigts, mais les doibs recevoir dedans un mouchoir. Et si tu craches
-ou tousses, il ne fault pas avaller ce que tu as desjà attraict en la
-gorge, mais faut cracher en terre ou en un mouchoir ou serviette.
-
-Si, par contrainte, tu es provoqué à roter, fay le avec le moindre son
-de la bouche que faire se pourra, et tousjours en détournant la face.
-
-Combien que nature te presse fort de peter ou vessir, il te faut du
-tout efforcer de bien serrer les fesses et ne lascher rien de mauvais
-goust. Et en ce, il se faut garder de suyvre l'opinion des stoïciens,
-qui tenoient que les pets et les rots estoient permis et loysibles en
-toutes compagnies et en toutes actions.
-
- * * * * *
-
-II
-
-EXTRAIT DE LA _CIVILITÉ_ D'ÉRASME[275],
-
-_traduite en français par_ PIERRE SALIAT _en_ 1537[276].
-
-[1530]
-
-
-_Des rencontres et entregent._—Si tu rencontres quelqu'un en ton
-chemin, qui à cause de sa vieillesse soit venerable, ou pour sa
-saincteté reverend, ou pour sa dignité grave, ou aultrement digne
-d'honneur, sois souvenant de luy ceder, de te détourner et luy
-faire voie, en descouvrant la teste reveremment et en ployant
-aulcunement[277] le genoil.
-
-Que l'enfant ne dise jamais ainsi: _Que ay-je affaire d'ung que je
-ne cognois point? Que ay-je affaire d'ung qui ne me feit jamais
-bien?_ Cest honneur n'est point faict à ung homme, non aux merites et
-bienfaicts, mais à Dieu... Celluy qui previent à faire honneur à son
-pareil ou à moindre que luy, il n'en est point pourtant fait moindre,
-mais plus civil, et pour ce plus honnorable.
-
-Il fault parler reveremment et en peu de parolles avec ses superieurs,
-avec ses pareils amiablement et affablement. En parlant, la main
-gauche doit tenir le bonnet, la droicte estant doulcement posée sur
-le nombril; ou, ce qui est reputé plus honneste, le bonnet pendant
-aux deux mains joinctes, les deux poulces apparoissans, couvrira le
-dessoubs de la ceincture.
-
-Tenir son livre ou son bonnet dessoubs son aisselle, c'est chose
-rusticque.
-
-Il fault que l'enfant ait une honte qui luy donne grace, non point qui
-le rende estonné. Les yeulx doivent regarder celuy à qui tu parles,
-mais posement et simplement, sans qu'ilz montrent rien de lascif ou de
-meschant. Baisser la veue, ainsi que font les catoblepes[278], porte
-soupson de maulvaise conscience. Regarder de travers semble d'un qui
-veult mal. Tourner la face çà et là, c'est signe de legiereté. Il est
-aussy laid de changer sa face en diverses sortes, tellement que tu
-fronces puis le nez, puis le front, que tu haulses maintenant les
-sourcils, maintenant tu remues les lèvres, et que la bouche soit puis
-estendue, puis serrée.
-
-Il est aussy laid de jecter les cheveulx en secouant la teste, de
-toussir sans necessité, de cracher ou de gratter sa teste, fouiller
-en ses oreilles, moucher son nez, applanir son visaige avec la main,
-car cela semble d'ung qui torche sa honte; frotter le chaisnon du
-col[279], serrer les espaules, laquelle chose nous voyons en d'aulcuns
-italiens; nier en tournant la teste, ou en la hochant appeler
-quelqu'un; et affin que je ne poursuyve tout, parler par signes,
-encores qu'il siée bien quelque fois à l'homme, toutesfois il ne sied
-point bien à l'enfant.
-
-C'est chose laide de jouer des bras, faire singeries des doigts, se
-bercer sur ses pieds, bref non point parler de la langue, mais de tout
-le corps, qui est le propre des tourtereles ou des balaqueues[280], et
-assez approchant des pies.
-
-La voix soit doulce et posée, non haultaine qui appartient aux
-paysans, ne si basse et si sombre qu'elle ne parvienne jusques aux
-oreilles de cestuy à qui tu parles. Que le parler ne soit trop
-hatif et allant devant la pensée, mais tout à loisir, et qu'il soit
-entendible.
-
-En parlant à quelqu'un, c'est civilité de repeter souvent son tiltre
-honorable. Si tu ne sçays point les tiltres particuliers d'ung
-chascun, tous gens savans vans te doivent estre maistres très
-honorés, tous prestres et moynes pères reverends, tous tes semblables
-frères et amys: bref tous hommes incogneus, seigneurs; toutes femmes
-incongneues, dames.
-
-C'est chose villeine et deshonneste d'ouyr ung jurement de la bouche
-de l'enfant, soit par jeu ou à bon escient. Qu'est-il plus villain que
-la coustume dont en d'aulcuns pays à chascun mot, mesmes les filles
-jurent par le pain, par le vin, par la chandelle; bref, qu'est-il
-qu'elles ne jurent?
-
-Que l'enfant ne mesle point sa langue parmy paroles villeines,
-et qu'il n'y preste point l'oreille, finablement à tout ce qui
-se descouvre deshonestement aux yeulx des hommes, et se presente
-indecentement à leurs oreilles. Si le cas requiert qu'il faille nommer
-quelque membre honteux, il le fault signifier par ung desguisement
-modeste.
-
-Davantaige, s'il eschet quelque chose qui puisse faire mal au cueur
-à l'escoutant, comme si quelqu'un parle d'ung vomissement, d'ung
-retret[281] ou de merde[282], qu'il prie premièrement qu'il ne
-desplaise aux oreilles.
-
-S'il veult contredire à quelque chose, qu'il se garde de dire: _Vous
-ne dictes point vray_, specialement s'il parle à personne eagée, mais
-prie avant, qu'il ne luy desplaise, et dise: _Je l'ay aultrement
-entendu d'ung tel._
-
-Rompre le propos d'ung qui parle devant qu'il ait achevé, c'est chose
-incivile.
-
-Ne sois point fort curieux des affaires d'aultruy, et si tu as veu ou
-entendu quelque chose, fais semblant que tu ne saiches point ce que tu
-sçais.
-
-Regarder du coing des yeulx les lettres qui ne te sont point offertes,
-c'est chose peu civile. Si quelqu'un ouvre son coffre et escrin en ta
-presence, retire toy; car il est plus incivil de regarder dedens, et
-est encores plus d'en manier quelque chose.
-
-Si tu apperçois qu'il survienne quelques propos secrets entre quelques
-ungs, retire toy sans en faire semblant, et ne te mesle à tel propos
-sans y estre appellé.
-
- * * * * *
-
-III
-
-EXTRAIT DE LA _CIVILITÉ_ D'ÉRASME,
-
-_imitée en français par_ C. CALVIAC _en_ 1560[283].
-
-[1530]
-
-
-Il faut que l'enfant tourne la face de costé quand il voudra cracher,
-de peur qu'il ne crache sur personne, ou qu'il ne face mal au cueur
-de ceux qui le verront cracher: pour laquelle raison il doit aussi
-effacer ce qu'il a craché en mettant le pied dessus. Que s'il ne luy
-est commode de se tourner ny de cracher en terre ou autre lieu propre
-à cela, il pourra cracher dans son mouchoir plus tost que d'en avaler
-l'ordure, car cela est vilain et ord.
-
-Comme aussi de cracher ou de tousser à tous propos sans necessité,
-mais aussi par une mauvaise coustume; cela est propre aux menteurs,
-qui en parlant songent ce qu'ilz doibvent dire. Toutefois à aucuns
-cela sert de cherche-memoire, car en ce faisant, ilz pensent mieux à
-ce qu'ilz doivent dire, combien qu'en nulle sorte cela n'est point
-honeste.
-
-Il est fort vilain de s'accoustumer à roter, veu que mesme quand cela
-advient par inadvertance, peut estre tenu pour autre.
-
-S'il advient que l'enfant veuille tousser par necessité, qu'il se
-tourne en arrière la face, et qu'il se garde que ce ne soit sur la
-face d'autruy, ou sur la viande s'il est à table.
-
-Le vomir, peter, roter et faire telles ordures, quoy que les autres
-en jugent, il me semble que se doyvent faire si secretement, si on y
-est contrainct, que personne n'en oye rien, ou pour bien faire s'en
-abstenir du tout.
-
-Il faut que les dens soyent nettes et blanches. Que si il demeure
-quelque chose entr'elles après le repas, il les faut nettoyer avec un
-cure-dens de boys propre à cela, ou bien avec un des petits os de ceux
-qu'on tire des ergotz des chappons. Et non point avec le cousteau ou
-avec les ongles, comme les chiens, ne avec la serviette.
-
-Il faut que tous les matins l'enfant lave sa bouche et ses yeux avec
-de l'eau fraische et nette, et qu'il se peigne en menant le peigne du
-devant en arrière de la teste, pour tousjours renvoyer en derrière les
-humeurs qui descendent sur les yeux et le visage.
-
-Il faut que les cheveux d'un enfant ne viennent jamais si grans qu'ilz
-luy tombent jusques aux yeux et aux espaules. Et ne les doit point
-secouer en hochant sa teste, car cela appartient aux chevaux qui se
-pompent. Il ne se doit point grater la teste ne le reste du corps avec
-ses ongles, car cela est vilain et ord, et principalement s'il le fait
-par accoustumance plus que par nécessité.
-
-_Du corps et de sa contenance._—L'enfant ne doyt point baisser la
-teste entre les deux espaules, car c'est signe de paresse; ne se
-renverser aussi, car c'est signe d'arrogance. Mais se doyt tenir
-droict et sans effort, car cela ha bonne grâce. Et ne faut point aussi
-que sa teste penche d'un costé ne d'un autre dessus son corps, à la
-mode des hypocrites, si ce n'est que le propos ou chose semblable
-requiert telles contenances à gester.
-
-Il faut que l'enfant tienne ses espaules avec un juste contrepoix,
-sans en hausser l'une et baisser l'autre sans aucune modestie ny
-honesteté.
-
-Il n'est guière bien seant à un jeune enfant de tenir les bras au sein
-ny en croix l'un sur l'autre, car c'est signe de paresse; ne de les
-tenir derrière le dos, car cela donne à penser qu'il soyt ou larron
-ou paresseux, ou tenant quelque chose en la main qu'il ne veut point
-qu'on voye.
-
-Aucuns trouvent beau de tenir une main au costé et présenter le coude
-à costé, à la mode des souldats, mais cela n'est point bienséant à un
-enfant.
-
-Il est fort honeste à un petit enfant de ne manier point ses parties
-honteuses, mesme quand la necessité le requerra et qu'il sera seul,
-qu'avec honte et comme vergogne: car cela denote grande pudicité et
-honesteté. Et quand il luy faut qu'il rende son urine, il se doict
-separer et tirer à part que nul ne le voye, et pour le moins faut
-qu'il y procede le plus secretement et modestement qu'il pourra, sans
-toutes fois la retenir si longtemps que cela luy puisse engendrer la
-pierre.
-
-Il faut que quand l'enfant sera assis qu'il tienne ses genoux joinctz
-et les pieds aussi, non point ouvers et estallés, car cela n'est point
-modeste. Et quand il sera droyt, il luy sera bien seant de les tenir
-moyennement ouvers. Il n'est point honeste qu'estant assis il tienne
-l'un genoux sur l'autre et les jambes en croix; ne qu'estant debout il
-tienne ses jambes serrées et les bras croysés, car c'est le propre de
-ceux qui sont pensifs.
-
-Il ne fault point que l'enfant bransle les jambes estant assis,
-comme les folz; ne qu'il face un tas de frectillemens des mains, qui
-demonstrent que l'entendement est peu sain et entier.
-
-Il y a plusieurs façons de faire la reverence, selon les pays où on se
-trouve et les coustumes d'iceux. Mais les Françoys ployent seulement
-le genouil droyt, se tenant autrement plus droyctz que enclinés, avec
-un doux contournement et mouvement du corps; et estant le bonet de
-la main droyte, le tenant ouvert par le devant, l'obeissent au mesme
-costé droyt.
-
-Après, s'il fault faire plusieurs reverences tenant tousjours bas le
-bonet, dessous la jambe droicte font la rentrance de la gauche en la
-mesme sorte qu'ilz ont faict de la droicte, et ainsi de l'une puis de
-l'autre, autant qu'il en sera de besoin, et selon que le personnage à
-qui on adressera et le propos ou recueil le requerrent.
-
-Il fault que l'alleure de l'enfant soit asseurée droitte et par pas
-de mediocre grandeur, et non point comme rompue et feinte, car c'est
-le propre des gens effeminés et de nul courage; ne trop hastée, comme
-celle des gens furieux ou impatiens; ne bersante ou chancellante
-d'un costé ou d'autre, car cela donne à penser qu'on soit verollé ou
-infecté de quelque telle maladie; ne par des grans pas, qui signifient
-prodigalité et arrogance; ne par trop petis, qui signifient avarice et
-chifeté; mais mediocres, ou de mesme, poursuivie tousjours d'un mesme
-train.
-
- * * * * *
-
-IV
-
-EXTRAIT DE LA _CIVILITÉ_ D'ÉRASME,
-
-_traduite en français par_ CLAUDE HARDY _en_ 1613[284].
-
-[1530]
-
-
-_Du nez._—Les enfants ne doibvent aucunement laisser de morve en leur
-nez, qui est le propre des ords et salles; duquel vice et salleté
-Socrates a esté blasmé. Mais se moucher à son bonnet ou à sa manche
-appartient aux rustiques; se moucher au bras et au coulde convient
-aux patissiers; et se moucher de la main, si d'aventure au mesme
-instant tu la portes à ta robbe, n'est chose beaucoup plus civile.
-Mais recevoir les excrements du nez avec un mouchoir, en se retournant
-un petit des gens d'honneur, est chose honneste. Et si d'aventure
-quelque chose tomboit à terre en se mouchant de deux doigs, il faut
-incontinent marcher dessus.
-
-_Souffler du nez._—C'est chose indecente de souffler haut du nez, qui
-est un tesmoignage de cholère; et est encores chose plus laide de
-ronfler, car il appartient aux furieux seulement, principallement si
-cela se fait avec accoustumance. Mais il faut pardonner à ceux qui
-ont la courte haleine, et qui ne respirent qu'avec difficulté. C'est
-aussi chose ridicule de parler du nez, qui convient aux corneilles et
-elephans. Froncer le nez appartient aux mocqueurs et gausseurs.
-
-_De l'esternuement._—S'il advient qu'il te faille esternuer en la
-presence d'autruy, c'est chose honneste de se tourner un petit, et
-à l'instant après que la violence est passée, faire le signe de la
-croix, et puis après oster son bonnet et saluer ceux qui t'auront
-salué ou deu saluer: car l'esternuement et le baailler prive l'oreille
-de sentiment. Il te faut aussi prier la compagnie de t'excuser ou la
-remercier.
-
-C'est chose religieuse de saluer celuy qui esternuë. Si plusieurs
-gens eagez saluent quelque homme ou femme d'honneur à qui il soit
-arrivé d'esternuer, le debvoir de l'enfant est d'oster son chappeau.
-Davantage, c'est le propre des fols et glorieux de s'efforcer à
-esternuer hault, et de redoubler pour monstrer ses forces. Retenir le
-son que la nature excite, c'est marque de folie, et attribuer plus à
-la civilité qu'à la santé.
-
-_Des jouës._—Que les jouës de l'enfant soient teintes d'une honte
-naïfve, sans fard et faulse couleur, combien qu'il la faille tellement
-temperer qu'elle ne se tourne en meschanceté et trop grande hardiesse,
-ne qu'elle apporte trop grand estonnement, et comme dit le proverbe,
-le quatriesme degré de folie. Car il y en a qui de leur naturel sont
-tellement timides, qui sont presque semblables à celuy qui radote. Ce
-deffault se peut corriger, si l'enfant s'accoustume à vivre avec gens
-plus eagez que luy, et s'il est exercé à joüer des comedies. Enfler
-les joües est un tesmoignage d'orgueil, et les retirer est un signe de
-meffiance: l'un est pour le glorieux, et l'autre pour le traistre.
-
-_De la bouche._—Que la bouche ne soit serrée, chose qui convient à
-celuy qui craint de prendre l'haleine d'autruy; qu'elle ne soit aussi
-ouverte, comme appartient aux incensez. Mais que les lèvres soient
-conjoinctes, s'entrebaisants doucement l'une-l'autre. C'est aussi
-chose peu decente de faire des lèvres comme si tu applaudissois à un
-cheval en sifflant, combien que cela se doibve pardonner aux grands
-qui marchent en quelque grande foulle: car rien ne leur messiet. Mais
-nous voulons icy dresser seulement les enfants.
-
-_Du baaillement._—Si d'aventure le baailler te presse, et si tu ne
-peux te tourner ou demarcher un petit, il te fault mettre ton mouchoir
-ou ta main devant ta bouche, et faire le signe de la croix.
-
-_Du rire._—C'est le propre des fols de rire à tout propos; et de
-ne rire d'aucune chose appartient aux stupides; de rire de choses
-vilaines et deshonnestes, c'est meschanceté. Outre plus, ceste manière
-et façon de rire qui esmeut tout le corps, que les Grecs appellent
-[Greek: synkrousion], n'est honneste et decente à aucun eage, non
-pas mesme à la jeunesse. C'est aussi chose deshonneste de rire en
-hennissant; comme il n'est pas decent et seant de rire en eslargissant
-la bouche et en retirant les joües et descouvrant les dents, car
-proprement c'est un ris de chien et sardonien; mais il faut que le
-visage soit tellement composé qu'il demonstre une alegresse et non pas
-un esprit dissolu, ny aucune difformité de la bouche. Ce sont propos
-de fols de dire: _je pisse ou crève de rire_; _je pasme de rire_, ou
-_j'ay cuidé mourir de rire_.
-
-Et si le subject qui se presente nous force malgré nous à rire, alors
-il faudra se couvrir le visage ou de la serviette ou de la main. Rire
-tout seul sans aucune apparente raison est un acte de sottise ou de
-pure folie. Et le cas advenant qu'il soit eschappé de rire à l'enfant,
-cela dependera de la civilité de declarer ouvertement la raison
-qui l'aura meu à rire; ou s'il n'est à propos de le dire, il fault
-controuver quelque cassade, afin que nul de la compagnie n'aye quelque
-soupçon que l'on veuille se moquer de luy.
-
-_De ne mordre ses lèvres._—C'est une mauvaise contenance que de mordre
-ses lèvres d'embas avec les dents de dessus, et les lèvres de dessus
-avec les dents d'embas: car c'est le geste d'un homme qui menace
-quelqu'un. C'est aussi chose indecente de lescher le bord de ses
-lèvres avec la langue. Advancer ses lèvres, et comme les preparer à
-un baiser, estoit jadis une coustume bien receuë entre les Alemans,
-comme il se peult remarquer par des tableaux anciens. C'est un tour de
-bouffonnerie en tirant la langue se moquer de quelqu'un.
-
-_Du cracher._—Tourne ton visage quand tu voudras cracher, afin que nul
-de la compagnie ne soit offensé de ton crachement. Si tu as craché
-par terre ou si tu t'y es mouché, il convient marcher dessus, comme
-j'ay cy-devant dit, afin que personne n'en aye mal au cœur. Si tu n'as
-moyen de te tourner, reçoy le crachat en ton mouchouer.
-
-Avaller sa salive est une chose deshonneste; comme pareillement de
-cracher à chacun mot, comme nous en voyons beaucoup ausquels cela
-arrive d'ordinaire, plustost par mauvaise accoustumance que par
-necessité qu'ils en ayent.
-
-D'abondant, il y en a qui toussent en parlant, par une habitude qu'ils
-ont contractée, sans qu'il en soit besoin. Mais telle façon de faire
-est propre à ceux qui se proposent de mentir, et qui se veulent donner
-du temps pour penser à ce qu'ils doivent dire.
-
-Aucuns, encores plus incivils, ne sçauroient dire trois mots sans
-roter. Que si le jeune enfant dès son bas eage prend ceste mauvaise
-coustume, elle luy demeurera. Il en faut autant dire du cracher, dont
-le Clitipho de Terence[285] est blasmé par un serviteur.
-
-Si tu es pressé de la toux, garde toy de tousser en la bouche
-d'autruy, et prens bien garde de commettre ceste ineptie que de
-tousser plus hault que la nature ne le requiert.
-
-_Du vomissement._—Quand tu auras volonté de vomir, tire toy à
-quartier; car le vomissement n'est pas deshonneste, mais bien de le
-provoquer par gourmandise.
-
-_Des dents._—Il faut soigneusement prendre garde d'avoir les dents
-nettes; car de les blanchir avec des poudres, il n'appartient qu'aux
-filles; les frotter de sel ou d'alun est fort dommageable aux
-gencives; et se servir de son urine au mesme effet c'est aux Espagnols
-à ce faire.
-
-S'il te reste entre les dents quelque chose, ne te sers du cousteau
-ou de tes ongles pour les tirer, comme les chiens et les chats; ny
-avec la serviette; mais avec la pointe d'un cure-dent de lentisque,
-ou d'une plume, ou de petits os tirez des pieds de chappons ou des
-poulles bouillies.
-
-_De laver la bouche._—C'est une chose civile et salubre de laver sa
-bouche d'eau nette le matin. Mais de la laver souvent, c'est un acte
-qui est impertinent. De la langue, nous en parlerons en son lieu.
-
-_De nettoyer la teste._—C'est à faire aux gens de village de ne se
-peigner la teste. Il faut que la teste soit tellement nette qu'elle
-ne soit pas pourtant atiffée comme celle d'une fille. C'est chose
-deshonneste d'y voir des pouds et des lentes.
-
-En après, grater sa teste devant quelqu'un et faire tomber l'ordure
-qui en sort sur luy, c'est chose peu decente; tout ainsi que se grater
-avec les ongles les autres parties du corps, c'est chose vilaine,
-principalement s'il le fait avec accoustumance et non par necessité.
-
-Les cheveux ne doivent tomber sur le front, ny couvrir les espaules.
-Esbranler ses cheveux en secouant la teste, c'est le propre des
-chevaux qui se panadent. De relever les cheveux du front en hault avec
-la main gauche, c'est chose peu seante, mais il est plus à propos de
-les demesler avec la main droite.
-
-_Qu'il ne faut retenir son urine, ny le son du ventre._—Se garder
-d'uriner est dommageable à la santé; mais se tirer à part pour rendre
-l'urine est chose digne de la honte requise à un enfant.
-
-Il y en a quelques uns qui commandent que l'enfant retienne la
-ventosité du ventre, serrant les fesses. Mais ce n'est pas chose
-civile de se causer une maladie pour avoir la reputation d'estre
-bien apprins. S'il luy est loisible de s'esloigner de la compagnie,
-qu'il lasche son vent estant ainsi à l'escart, sinon qu'il desguise,
-selon l'ancien proverbe, le son du ventre par un toussement.
-Autrement pourquoy n'ordonnent ils pas, par semblable raison, qu'ils
-s'empeschent d'aller à la garderobbe, veu qu'il est plus dangereux de
-retenir son vent que de s'abstenir des necessitez de nature[286].
-
-_De se tenir droict._—C'est imiter le glorieux Trason de Terence[287]
-que de se seoir les genouils ouverts, et de brandiller ou entortiller
-ses jambes. Quand tu seras assis, prends garde à joindre tes genouils,
-et quand tu seras debout tiens tes pieds proches l'un de l'autre, au
-moins qu'ils ne soient que moyennement esloignez. Aucuns sont assis
-avec ceste mauvaise grace qu'ils font passer la jambe par dessus
-le genouil; les autres sont debout, ayans les bras croisez et les
-jambes joinctes estroictement: desquelles façons de faire, l'une est
-propre aux resveurs et l'autre aux gens grossiers et mal apprins. Se
-seoir ayant la jambe droicte jettée sur la gauche estoit une ancienne
-coustume des Rois, mais maintenant elle est reprouvée. Les Italiens,
-par respect, mettent un pied sur l'autre, et se soustiennent quasi sur
-une jambe, à la mode des cigongnes, mais je ne sçaurois bonnement dire
-si cela est decent à l'enfant.
-
-_Comment il convient faire la reverence._—Pareillement, en un païs
-une façon de fleschir les genouils et faire la reverence est bien
-receuë, laquelle en autre païs donneroit subject de rire et de se
-moquer. Quelques-uns ployent les deux genouils ensemble, et entre
-ceux-là, les uns tiennent le reste du corps droit et les autres le
-panchent aucunement. Il y en a d'autres qui estimans ceste façon
-de faire la reverence n'estre seulement convenable qu'à la femme,
-ployent en premier lieu le genouil droit, et puis le gauche au mesme
-instant, et ceste manière de reverence est recommendable en la
-jeunesse de Bretaigne. Les François, contournant doucement le corps,
-fleschissent seulement le genouil droit. Es choses ou la varieté n'a
-rien de repugnant à la bienséance, il sera en la liberté de chacun de
-practiquer l'usance du païs, ou suivre les façons estrangères, comme
-il s'en trouve aucuns ausquels elles plaisent davantage que celles de
-leur païs[288].
-
- * * * * *
-
-V
-
-EXTRAIT DU _Nouveau Traité de la civilité qui se pratique en France
-parmi les honnestes gens_.
-
-_Par_ ANTOINE DE COURTIN[289].
-
-[1675]
-
-
-_L'audience d'un Grand._—A l'égard d'un Grand, lors que l'on entre
-dans sa chambre ou dans son cabinet, il faut marcher doucement, et
-faire une inclination du corps et une profonde révérence, s'il est
-présent. Que s'il ne paroissoit personne, il ne faut point fureter çà
-et là, mais sortir sur-le-champ, et attendre dans l'antichambre.
-
-Si cette personne est malade et au lit, il faut s'abstenir de la voir,
-si elle ne le demande; et si nous la voyons, il faut faire la visite
-courte, parce que les malades sont inquiets et sujets aux remèdes et
-aux temps. Il faut de plus parler bas, et ne l'obliger que le moins
-qu'il se peut à parler.
-
-Mais sur tout, il faut observer que c'est une très-grande indécence
-de s'asseoir sur le lit, et particulièrement si c'est d'une femme. Et
-même il est en tout temps très-mal séant et d'une familiarité de gens
-de peu, lors que l'on est en compagnie de personnes sur qui on n'a
-point de supériorité, ou avec qui on n'est pas tout à fait familier,
-de se jetter sur un lit, et de faire ainsi conversation.
-
-Si cette personne écrivoit, lisoit, ou étudioit, il ne faut pas la
-détourner, mais attendre qu'elle ait achevé ou qu'elle se détourne
-elle-même, afin que nous luy parlions.
-
-Si elle nous ordonne de nous asseoir, il faut obéir avec quelque
-petite démonstration de la violence que souffre notre respect, et
-observer de se mettre au bas bout, qui est toujours du costé de
-la porte par la quelle nous sommes entrez, comme le haut bout est
-toujours où la personne qualifiée se met.
-
-De même, il faut prendre un siége moins considérable que le sien, s'il
-y en a. Le fauteuil est le plus honorable, la chaise à dos après, et
-ensuite le siége pliant.
-
-C'est une chose tout à fait indécente de se présenter devant des
-personnes au-dessus de nous, et particulièrement devant des Dames, et
-de montrer la peau à travers la chemise et le pourpoint; ou d'avoir
-quelque chose d'entr'ouvert qui doit estre clos par honnesteté, comme
-nous avons déjà dit.
-
-Quand on s'assiet, il ne faut pas se mettre coste à coste de la
-personne qualifiée, mais vis-à-vis, afin qu'elle voye que l'on est
-tout prest à l'écouter. Il faut avec cela se tourner le corps un peu
-de costé et de profil, parce que cette posture est plus respectueuse
-que de se tenir de front.
-
-Il faut luy laisser entamer le discours, quand elle ne diroit qu'un
-mot qui nous donnât lieu de parler. A moins qu'on ne vist cette
-personne en passant, pour l'informer promptement d'une affaire, ou la
-faire ressouvenir de quelque chose qu'elle sçûst déjà.
-
-Il ne faut pas se couvrir si elle ne le commande. Il faut avoir ses
-gands aux mains, et se tenir tranquille sur son siége, ne point
-croiser les genoux, ne point badiner avec ses glands, son chapeau, ses
-gands, etc., ni se fouiller dans le nez, ou se grater autre part.
-
-Il faut éviter de bâiller, de se moucher et de cracher. Et si on y est
-obligé, là et en d'autres lieux que l'on tient proprement, il faut le
-faire dans son mouchoir, en se détournant le visage, et se couvrant de
-sa main gauche, et ne point regarder après dans son mouchoir.
-
-A propos de mouchoir, on doit dire qu'il n'est pas honneste de
-l'offrir à quelqu'un pour quelque chose, quand même il seroit tout
-blanc, si on ne vous y oblige absolument.
-
-Il ne faut point prendre de tabac en poudre, ni en mâcher, ni s'en
-mettre des feuilles dans le nez, si la personne qualifiée, qui est en
-droit d'en prendre devant nous, ne nous en présentoit familièrement.
-Auquel cas il faut en prendre, ou en faire le semblant si on y avoit
-répugnance.
-
-Si on est assis près du feu, il faut bien se donner de garde de
-cracher dans le feu, sur les tisons, ni contre la cheminée; moins
-encore faut-il s'amuser à badiner avec des pincettes, ou tisonner le
-feu. Que si cette personne témoignoit de vouloir accommoder le feu,
-alors il faut se saisir promptement des tenailles ou pincettes pour la
-prévenir, à moins qu'elle ne le voulust faire absolument elle-même
-pour son divertissement. Il ne faut pas aussi se lever de dessus son
-siége pour se tenir debout le dos au feu; mais si cette personne se
-levoit, il faudra se lever aussi.
-
-Que si par avanture il ne se trouvoit qu'un écran chez cette personne,
-et qu'elle vous contraignist de le prendre: après luy avoir témoigné
-la confusion que vous avez de l'accepter, il ne le faut pas refuser.
-Mais incontinent après, sans qu'elle s'en apperçoive, il faut le
-mettre doucement de costé, et ne s'en point servir.
-
-De même, si par quelque occasion cette personne se trouvoit chez vous
-près du feu, il ne faut pas souffrir qu'un laquais luy présente un
-écran, mais vous devez le luy présenter vous-même.
-
-Et pour ce qui est des Dames, c'est une immodestie très-grande de
-trousser leurs jupes près du feu, aussi-bien qu'en marchant par les
-ruës.
-
-Il ne faut pas, quand on parle, faire de grands gestes des mains: cela
-sent d'ordinaire les diseurs de rien, qui ne sont pathétiques qu'en
-mouvemens et en contorsions de corps.
-
-Mais il est ridicule, en parlant à un homme, de luy prendre et tirer
-ses boutons, ses glands, son baudrier, son manteau, ou de luy donner
-des coups dans l'estomac, etc.
-
-Il s'en fait quelquefois un spectacle des plus divertissans, quand
-celuy qui se sent poussé et tiraillé, recule, et que l'autre,
-n'appercevant pas son incivilité, le poursuit et le recogne jusqu'à
-luy faire demander quartier.
-
-Il est mal-séant aussi de faire de certaines grimaces d'habitude,
-comme de rouler la langue dans la bouche, de se mordre les lèvres, de
-se relever la moustache, de s'arracher le poil, de cligner les yeux,
-de se frotter les mains de joye, de se faire craquer les doigts en se
-les tirant l'un après l'autre, de se grater, de hausser les épaules,
-etc. Il ne faut pas avoir non plus une contenance toute d'une pièce,
-fière, arrogante et dédaigneuse.
-
-Il est de même très mal-séant, quand on rit, de faire de grands éclats
-de rire, et encore plus de rire de tout et sans sujet.
-
-Que si par hazard cette personne laissoit tomber quelque chose, il
-faut en cette rencontre comme en toute autre, le ramasser promptement,
-et ne pas souffrir qu'elle ramasse rien de ce qui nous seroit tombé,
-mais il le faut ramasser vistement nous-même.
-
-Que si elle éternuoit, il ne faut pas luy dire tout haut _Dieu vous
-assiste_; mais il faut seulement se découvrir, et faire une profonde
-révérence, faisant ce souhait intérieurement.
-
-Et si la nécessité nous oblige nous-même d'éternuer, il faut tâcher de
-le faire doucement, et non comme certaines gens qui en ébranlent la
-maison par les fondemens: ce qui est très-importun aux personnes qui
-nous entendent.
-
-S'il arrivoit qu'elle se mist en peine d'appeler quelqu'un qui ne fust
-pas proche d'elle, il faut sortir pour l'aller appeller soy-même: ce
-qu'il ne faut pas faire tout haut sur le degré ou par la fenestre,
-mais envoyer quelqu'un le chercher où il sera pour le faire venir:
-autrement c'est pécher contre le respect[290].
-
-Une autre incivilité fort mal-plaisante est de ceux qui ne croyent pas
-qu'on les entende s'ils ne parlent bouche à bouche, crachant au nez
-des gens, et les infectant bien souvent de leur haleine. Les personnes
-qui ont de la civilité en usent autrement, et si elles ont quelque
-rapport à faire ou quelque chose de secret à dire à quelque personne
-qualifiée, elles luy parlent à l'oreille.
-
-Au reste, il faut avoir grand soin de ne pas faire sa visite trop
-longue; mais observer, en cas que la personne qualifiée ne vous
-congédiast point elle-même, de prendre le temps pour sortir lors
-qu'elle demeure dans le silence, lors qu'elle appelle quelqu'un, ou
-lors qu'elle donne quelque autre indice qu'elle a affaire ailleurs. Et
-alors il faut se retirer sans grand appareil, et même sans rien dire
-s'il arrivoit quelque tiers qui prist votre place, ou si la personne
-s'appliquoit à autre chose. Que si votre retraite est apperceuë, et
-que ce grand Seigneur voulust vous faire quelque civilité au sortir
-de sa chambre, il ne faut pas l'en empêcher, parce que ce ne seroit
-pas paroistre assez persuadé qu'il sçait ce qu'il fait, et que souvent
-il arriveroit que nous nous défendrions d'une chose que l'on ne fait
-pas à notre sujet. On peut bien seulement témoigner par quelque
-petite action, qu'en cas que cet honneur s'adressast à nous, nous
-ne nous l'attribuons pas, et cela se fait en poursuivant son chemin
-sans regarder derrière soy, ou même en se tournant ou en s'arrestant,
-comme pour le laisser passer, et montrer par là que l'on croit qu'il a
-affaire autre part.
-
-Que si on ne peut éviter que la civilité ne se manifeste, et que cette
-personne sorte de sa chambre, il faut s'arrester tout court, se tirer
-à costé, et ne point sortir de cette place qu'après qu'elle sera
-rentrée dans sa chambre.
-
-De même, si par rencontre cette personne avoit à aller quelque part
-et que nous nous trouvassions devant, il faut se tirer à costé,
-s'arrester tout court, la saluer, et la laisser passer.
-
-Et même, si c'estoit le Roy, la Reine, Monseigneur le Dauphin,
-Monseigneur le Duc d'Orléans, et autres Enfans de France qui dûssent
-passer, il faut s'arrester d'aussi loin que l'on entend le bruit, pour
-les laisser passer, soit que l'on fust à pied ou à cheval, en chaise
-ou en carrosse.
-
-Que si la personne qualifiée nous menoit à une fenestre, ou que même
-il y eust quelque spectacle à voir de là, il ne faut point prendre
-place, ni s'approcher de cette fenestre, qui nous seroit commune avec
-elle, pour regarder. Il ne faut pas non plus cracher par la fenestre,
-ni en cette rencontre-là, ni en aucune autre.
-
-Que si la personne qualifiée nous reconduisoit jusqu'à la porte de
-la ruë, il ne faut point monter, ni à cheval, ni en chaise, ni en
-carrosse en sa présence, mais la prier de rentrer dans sa maison avant
-que d'y monter. Que si elle s'obstinoit, il faut s'en aller à pied
-et laisser suivre le carrosse, etc., jusqu'à ce que cette personne ne
-paroisse plus.
-
-Que si en présence de cette personne qualifiée, il en arrivoit une
-autre qui fust notre supérieure, mais inférieure à l'autre, il ne faut
-pas quitter la personne qualifiée à qui nous faisons la cour, pour
-aller au nouveau venu, mais il faut faire simplement quelque signe de
-civilité muette. Que si ce dernier estoit supérieur à la personne à
-qui nous rendons visite, alors il faut que comme celle-cy se rangera
-vray-semblablement à son devoir, nous nous y rangions de même, et que
-nous quittions le premier pour honorer le dernier.
-
-Que si avec cela la personne qualifiée parloit à une autre, il ne
-faut pas se servir de ce temps-là pour faire conversation à part avec
-quelqu'un qui seroit près de nous: cette familiarité est mal-séante.
-Outre que si on parle bas, cela est suspect et défendu, et si on parle
-haut, ce bruit l'interrompt et l'importune.
-
-Que si on est obligé d'accompagner cette personne supérieure dans sa
-maison, ou même en la nôtre, il faut, s'il y a lieu de cela, passer
-devant, pour ouvrir les portes et pour relever les tapisseries s'il
-y en a à relever. Même si c'est un homme qui ait de mauvaises jambes
-et qui marche avec peine, il est de la civilité de luy donner la main
-pour l'aider à marcher.
-
-_Pour marcher avec un Grand et pour le salut._—Que si nous sommes
-obligez d'aller dans les ruës à costé de personnes qualifiées, il
-faut leur laisser le haut du pavé, et observer de ne pas se tenir
-directement coste à coste, mais un peu sur le derrière, si ce n'est
-quand elles nous parlent et qu'il faut répondre, et alors il faut
-avoir la teste nuë.
-
-Sur quoy il est bon d'avertir ceux qui ont droit de souffrir
-qu'on leur cède toujours le haut du pavé[291], d'avoir un peu de
-considération pour ceux qui leur rendent cet honneur, et de se
-dispenser le plus qu'ils peuvent de passer et de repasser le ruisseau,
-pour ne pas les incommoder en les obligeant de faire une espèce de
-manége autour d'eux pour leur laisser le lieu d'honneur.
-
-Que si quand nous sommes dans la ruë avec une personne qualifiée,
-il passoit ou s'il se rencontroit quelqu'un de connoissance, ou un
-laquais de quelque amy, il faut bien se garder de les appeler tout
-haut: _Holà, hé? Comment se porte ton maistre? Mes baise-mains à
-Madame_, etc. Il n'y a rien de si mal poli, aussi-bien que de quitter
-la compagnie de cette personne pour aller à eux. Mais si on a affaire
-à ces personnes-là, et que l'on ne soit pas engagé à l'entretien de la
-personne qualifiée, on peut faire signe secrètement, et leur dire à
-l'écart et promptement ce qu'on a à leur dire, ou les saluer de loin
-simplement, sans que la personne qualifiée l'apperçoive trop.
-
-De même, c'est une grande incivilité, rencontrant dans les ruës une
-personne avec qui on n'est pas familier, de luy demander où elle va ou
-d'où elle vient.
-
-Que si on se promène avec cette personne supérieure dans une chambre
-ou dans une allée, il faut observer de se mettre toujours au-dessous.
-Dans une chambre, la place où est le lit marque le dessus, si la
-disposition de la chambre le permet, sinon il faut se régler sur la
-porte.
-
-Que si c'est dans un jardin, il faut se mettre à main gauche de la
-personne, et avoir soin sans affectation de regagner cette place à
-tous les tournans.
-
-Que si on est trois à se promener, le milieu est le lieu d'honneur
-et, partant, celuy de la personne qualifiée; la droite est le second,
-et la gauche est le troisième. De là vient que le haut bout dans un
-jardin, et ailleurs où l'usage n'a rien déterminé, est la droite de la
-personne qualifiée.
-
-Que si, par exemple, deux grands Seigneurs faisoient mettre un
-inférieur au milieu d'eux pour pouvoir mieux écouter quelque récit
-qu'il auroit à leur faire, il faut à chaque retour d'allée que
-l'inférieur se tourne du costé du plus qualifié de ces Seigneurs. Que
-s'ils sont tous deux égaux, il faut qu'il se tourne à un bout d'allée
-du costé de l'un, et à l'autre bout du costé de l'autre; observant de
-quitter luy-même le milieu quand il aura achevé son récit.
-
-Que si la personne qualifiée garde sa place, qui est le milieu, et que
-les deux autres personnes qui sont à ses costez soient d'une assez
-égale condition, il sera de son honnesteté de se tourner à chaque
-retour d'allée tantost vers l'un et tantost vers l'autre.
-
-En général, quand on se promène deux à deux, il faut observer qu'au
-bout de chaque longueur de promenade, on doit tourner en dedans du
-costé de la personne avec laquelle on se promène, et non en dehors, de
-peur de luy tourner le dos.
-
-Que si on se promène trois ensemble, et que l'on soit égaux, on peut
-se quitter le milieu alternativement à chaque retour d'allée, celuy
-qui estoit au milieu se reculant à costé pour laisser entrer au milieu
-un de ceux qui estoient à costé.
-
-Que si la personne qualifiée s'asseoit pour se reposer, il ne
-faudroit point s'asseoir près d'elle qu'elle ne nous y conviast, et
-en ce cas-là on doit prendre le bas bout, c'est-à-dire sa gauche, en
-laissant un espace raisonnable entre deux. Mais si nous nous trouvions
-avec d'autres gens, ce seroit une grande incivilité de se promener en
-la présence et à la veuë de la personne qualifiée pour laquelle on
-doit avoir du respect; comme aussi de se tenir assis devant elle si
-elle se promenoit.
-
-De même, c'est une grande incivilité, quand on est dans le jardin
-d'une personne que l'on doit respecter, d'y cueillir ou des fruits, ou
-des fleurs, ou autre chose. Si on en présente, on peut les accepter,
-sinon il ne faut toucher à rien que des yeux.
-
-Que si on rencontre dans les ruës teste à teste une personne de
-qualité, il faut prendre le bas où est le ruisseau. S'il n'y a point
-de haut ni de bas dans un chemin, il faut se poster en sorte que nous
-passions sous sa main gauche pour luy laisser la main droite libre. Et
-cela se doit aussi observer dans la rencontre des carrosses.
-
-Que s'il s'agit de la saluer comme venant de la campagne, il faut le
-faire en se courbant humblement, ostant son gand et portant la main
-jusqu'à terre. Mais sur tout il faut faire ce salut sans précipitation
-ni embarras, ne se relevant que doucement, de peur que la personne que
-l'on saluë venant aussi à s'incliner, et peut-estre par honnesteté à
-embrasser celuy qui la saluë, on ne luy donne quelque coup de teste.
-
-Que si c'est une Dame de haute qualité, il faut par respect ne la pas
-baiser, si elle-même par honnesteté ne tend la jouë, et alors même il
-faut seulement faire semblant de la baiser, et approcher le visage
-de ses coëffes. Et de quelque façon qu'on la saluë, soit qu'on la
-baise ou non, il faut que toutes les révérences se fassent avec de
-très-profondes inclinations de corps.
-
-Que si, en la compagnie de cette Dame, il s'en rencontre quelques
-autres qui soient d'égale condition ou indépendantes d'elle, alors
-il les faut saluer de même. Que si elles luy sont inférieures ou
-dépendantes, c'est une incivilité de les saluer, parce que c'est faire
-quelque injure à leur supérieure que de les traiter de leur égale.
-
- * * * * *
-
-VI
-
-EXTRAIT DE _La civilité puérile et honneste, dressée par un
-missionnaire_[292].
-
-[1749]
-
-
-_La manière de saluer en se rencontrant._—Si dans le chemin vous
-rencontrez une personne qui vous semble de mérite, ou par son âge
-ou par sa qualité, vous la saluerez honnestement, sans beaucoup
-vous retourner vers elle, si ce n'est que vous la connoissiez
-particulièrement.
-
-Il ne faut pas qu'un jeune enfant fasse de difficulté de saluer les
-personnes qu'il rencontre, particulièrement si ces rencontres ne sont
-pas fréquentes, parce qu'il y a de l'honneur à honorer les autres.
-
-La coutume de Paris est de ne saluer que ceux que l'on connoist, à
-cause du luxe et de la braverie[293] qui règne dans cette ville, où
-la qualité des personnes est méconnoissable. Il ne faut pas néanmoins
-refuser ce devoir aux ecclésiastiques et aux religieux.
-
-Si une personne vous salue et vous arreste dans le chemin, il faut lui
-rendre au moins autant qu'il vous donne, pourveu qu'il ne vous soit
-pas tout à fait inférieur. Il ne faut pas dire à toutes personnes:
-_Comment vous portez-vous?_ mais seulement à ceux qui vous sont à peu
-près semblables, et que vous connoissez particulièrement.
-
-Dans la rencontre d'une personne d'honneur ou qui vous est semblable,
-donnez-lui le haut bout, et vous retirez tant soit peu au milieu de la
-rue pour lui faire honneur[294].
-
-Il est de mauvaise grâce de dire à une personne _Couvrez-vous,
-monsieur_, si ce n'est qu'il soit inférieur. A vos semblables, vous
-pouvez dire _Couvrons-nous_.
-
-Si vous avez besoin de vous couvrir en présence d'une personne à qui
-vous voulez faire de la civilité, vous pouvez lui dire: _Monsieur,
-j'attends votre ordre pour me couvrir._
-
-Si on vous dit de vous couvrir, il le faut faire incontinent, sans
-attendre qu'on vous l'ait dit trois fois; et si la personne qui vous
-parle est aussi découverte, ne vous couvrez pas le premier, mais
-faites-le ensemble.
-
-_Du port ou du maintien extérieur._—Il ne faut point baisser le dos
-comme si vous aviez un gros fardeau sur les épaules; mais tenez-vous
-toujours droit, et accoutumez-vous à cette posture.
-
-Ne mettez pas votre chapeau sur l'oreille, ni trop sur le devant de la
-teste comme si vous vouliez cacher votre visage; voyez comme font les
-honnestes gens.
-
-Portez votre manteau sur les deux épaules, et non pas retroussé sous
-le bras; il est encore plus ridicule de le porter sur le coude.
-
-Ne mettez pas les bras aux costés, comme ces femmes qui sont en colère
-et qui disent des injures à leurs voisines.
-
-Il est incivil de branler les jambes quand on est assis, comme font
-les petits enfans qui ne peuvent s'en empescher.
-
-Il ne faut pas aussi mettre une jambe sur l'autre: cela n'appartient
-qu'aux grands Seigneurs et aux Maistres; mais tenez-les fermes et
-arrestées, les pieds également joints et non croisés l'un sur l'autre.
-
-_La manière de donner ou de recevoir quelque chose._—Si vous
-présentez quelque chose à quelqu'un, il faut baiser la chose si cela
-se peut; et la lui ayant présentée, il faut faire la révérence.
-
-Si on vous présente quelque chose, telle qu'elle puisse estre, il faut
-baiser la main avant que de la recevoir, et puis baiser la chose que
-vous avez reçue. Il ne faut pas néanmoins mettre la main ou la chose
-si près de la bouche: il suffit de faire semblant de la baiser.
-
-Quand vous présentez quelque chose à quelqu'un, il la faut tellement
-tenir qu'il la puisse prendre facilement par où elle doit estre prise.
-Ainsi, lorsque vous présentez un couteau ou une cuillière, il faut
-tourner le manche vers celui qui doit la recevoir.
-
-C'est contre la bienséance de faire des éloges du présent que vous
-faites, comme si vous vouliez que l'on eût plus de reconnoissance.
-Que si d'autres le louoient, il faut répondre que vous souhaiteriez
-qu'il fust plus beau et plus digne du mérite de celui à qui vous le
-présentez.
-
-Il est de la civilité, au contraire, de témoigner de l'estime du
-présent que l'on vous fait, et de ne le point cacher incontinent.
-
-C'est une très-grande faute d'y trouver à redire, particulièrement
-devant celui qui vous l'a fait, parce qu'il ne faut jamais faire honte
-à personne.
-
-_La manière de se moucher, cracher et éternuer sans manquer à
-la civilité._—Bien que toutes les actions soient naturelles et
-quelquefois nécessaires, il y a néanmoins la manière de les faire pour
-ne point pécher contre les règles de la civilité.
-
-Quand vous avez besoin de cracher, tournez-vous tant soit peu le
-visage à costé, en sorte que vous n'incommodiez personne. Mettez
-incontinent le pied dessus, avant qu'il puisse estre apperçu, si le
-phlegme est considérable.
-
-Il est de mauvaise grâce de cracher par la fenestre dans la rue, ou
-sur le feu, et en tout autre lieu où on ne pourroit marcher sur le
-crachat.
-
-Ne crachez point si loin qu'il faille aller chercher le crachat pour
-mettre le pied dessus, et encore moins ne crachez point vis-à-vis de
-personne.
-
-Gardez-vous bien de vous moucher avec les doigts ou sur la manche,
-comme les enfans; mais servez-vous de votre mouchoir, et ne regardez
-pas dedans après vous estre mouché.
-
-Il ne faut pas aussi faire un grand bruit en se mouchant, comme pour
-sonner de la trompette. Mais on doit se comporter tellement qu'à peine
-ceux qui sont présens puissent s'en appercevoir.
-
-Si vous vous sentez disposé à éternuer, tournez-vous tant soit peu
-de costé, couvrez votre visage avec le mouchoir, et remerciez la
-compagnie qui vous aura salué, en lui faisant la révérence.
-
-Il faut s'abstenir de bâiller en compagnie autant que l'on peut, parce
-que c'est une marque d'une personne ennuyée. Que si néanmoins on y
-étoit contraint, il faudroit s'abstenir de parler pour lors, mettre le
-mouchoir ou la main devant la bouche, après avoir tourné la teste.
-
-_Comme l'enfant doit se comporter auprès du feu._—Apprenez à vous
-comporter auprès du feu comme en toute autre rencontre, et que
-l'honnesteté veut que l'on cède toujours la place la plus honorable
-et la plus commode aux personnes de plus grand mérite.
-
-La place d'honneur est celle du milieu, quoique à présent, dans les
-familles, celle du coin qui regarde la porte soit celle d'ordinaire
-que le maistre choisit pour voir ceux qui entrent et qui sortent; mais
-ce doit estre une place de son choix, non pas qu'elle puisse estre
-honnestement présentée à un honneste homme.
-
-Ne vous approchez pas si près du feu, crainte de vous brûler les
-jambes; et encore moins ne mettez pas les mains dans la flamme.
-
-Toucher au feu sans cesse, pour approcher les tisons les uns des
-autres ou pour changer la disposition du feu, c'est la marque d'un
-esprit turbulent et qui ne peut se tenir en repos.
-
-En présence d'honneste compagnie, vous ne devez pas tourner le dos
-au feu; et si quelqu'un se donnoit cette liberté à cause de sa
-prééminence, il ne faudroit pas l'imiter en cela.
-
-La charité, aussi bien que la civilité, veut que l'on fasse place à
-ceux qui viennent de nouveau, et que l'on s'incommode un peu en faveur
-de ceux qui ont plus besoin de se chauffer.
-
-Si quelqu'un jette quelque chose dans le feu, comme lettres, papiers,
-ou autres choses semblables, il est de très-mauvaise grâce de les
-retirer pour quelque raison que ce puisse estre.
-
- * * * * *
-
-VII
-
-EXTRAIT DES _Règles de la bienséance et de la civilité chrétienne_.
-
-Par DE LA SALLE[295].
-
-[Édition de 1782]
-
-
-_De la tête._—Gratter sa tête lorsqu'on est en compagnie, cela est
-d'une très-grande indécence, et indigne d'une personne bien née. C'est
-aussi l'effet d'une grande négligence et malpropreté, car cela vient
-ordinairement de ce qu'on n'a pas assez de soin de se bien peigner
-et de se tenir la tête nette. C'est à quoi doit prendre garde une
-personne qui n'a point de perruque de ne laisser ni ordure, ni crasse
-sur sa tête, car il n'y a que des personnes mal élevées qui tombent
-dans cette négligence.
-
-La modestie et l'honnêteté demandent qu'on ne laisse pas amasser
-beaucoup d'ordure dans ses oreilles; ainsi il faut de temps en temps
-les nettoyer avec un instrument fait exprès, qu'on nomme pour ce sujet
-_cure-oreille_. Il est d'usage à présent que les oreilles ne soient
-pas entièrement couvertes de cheveux; c'est pourquoi il faut avoir
-grand soin de les tenir fort nettes.
-
-Il n'y a qu'une nécessité indispensable qui puisse obliger un homme à
-pendre des anneaux à ses oreilles. C'est une marque d'esclavage qui
-l'avilit, et qui ne peut convenir qu'aux femmes qui, selon la loi de
-Dieu, doivent être assujetties à leurs maris, et à qui la vanité fait
-croire que c'est un ornement d'avoir des pendants d'oreilles.
-
-Le plus bel ornement des oreilles d'un chrétien est qu'elles soient
-bien disposées et toujours prêtes à écouter avec attention et à
-recevoir avec soumission les instructions qui regardent la religion...
-
-Quoiqu'il ne faille pas facilement mettre de la poudre sur ses
-cheveux, et que cela ressent un homme efféminé, on doit cependant
-prendre garde de ne les pas avoir gras. C'est pourquoi, lorsqu'ils le
-deviennent, on peut les dégraisser avec du son, ou mettre de la poudre
-dans le peigne pour les rendre secs et leur ôter leur humidité, qui
-pourroit gâter le linge et les habits.
-
-On ne doit jamais sortir du logis qu'après avoir peigné et arrangé
-proprement ses cheveux. On y peut mettre de la pommade et de la poudre
-en très-petite quantité.
-
-Il est de la modestie et de l'honnêteté de ne pas toucher ses cheveux
-sans nécessité. C'est pourquoi il n'y faut mettre que très-peu de
-poudre, parce que la trop grande quantité engendre de la vermine,
-qui engage quelquefois les jeunes gens à imiter certaines dames qui
-frappent la tête avec le doigt dans les endroits où cette vermine se
-fait sentir.
-
-Il est de la propreté de se nettoyer tous les matins le visage avec un
-linge blanc pour le décrasser. Il est moins bien de le laver avec de
-l'eau, car cela rend le visage plus susceptible du froid en hiver et
-du hâle en été.
-
-C'est une chose très-messéante de mettre des mouches sur son visage,
-et de le farder en y mettant du blanc ou du vermillon. Cette vanité
-prouve que ceux qui en usent ainsi n'ont pas de beauté naturelle.
-
-Il n'est pas à propos de se couper les sourcils fort courts: ce seroit
-s'exposer à s'attirer quelque fluxion sur les yeux.
-
-Un homme sage ne doit jamais lever la main pour donner sur la joue
-à quelqu'un. La bienséance et l'honnêteté ne le permettent pas, à
-l'égard même d'un domestique.
-
-Il est de la bienséance de tenir le nez fort net; car il est l'honneur
-et la beauté du visage, et la partie de nous-même la plus apparente.
-
-Il est vilain de se moucher avec la main nue en la passant dessous le
-nez, ou de se moucher sur sa manche ou sur ses habits.
-
-C'est une pratique assez en usage de prendre du tabac en poudre. Il
-est cependant beaucoup mieux de ne le pas faire, particulièrement
-lorsqu'on est en compagnie, et il ne faut jamais le faire lorsqu'on
-est avec des personnes à qui on doit du respect. Mais il est
-très-indécent d'en mâcher, et de s'en mettre des feuilles dans le nez.
-Il ne l'est pas moins de le prendre en pipe, surtout en présence des
-femmes.
-
-Si une personne de haute qualité prend du tabac devant ceux qui sont
-avec elle, et qu'elle leur en présente, le respect qu'ils lui doivent
-les empêche de le refuser, ou du moins faire semblant. Mais de toute
-autre personne on peut le refuser, en la remerciant honnêtement.
-
-Lorsqu'on prend du tabac en compagnie, il faut que cela soit rare, et
-qu'on n'ait pas toujours une tabatière ou un mouchoir entre les mains
-et les doigts pleins de tabac. On doit aussi prendre garde qu'il n'en
-tombe pas sur le linge ni sur les habits, car il est malhonnête qu'on
-y en apperçoive; et afin que cela n'arrive pas, il en faut prendre peu
-à la fois.
-
-Il faut bien prendre garde de ne pas se servir de ses ongles, de
-ses doigts ou d'un couteau pour nettoyer ses dents. Il est de la
-bienséance de le faire avec un instrument fait exprès, qu'on nomme
-_cure-dent_, ou avec un bout de plume taillée à propos pour le faire,
-ou avec un gros linge.
-
-C'est une incivilité très-grande de se prendre une dent avec l'ongle
-du pouce pour exprimer un dédain ou un mépris de quelque personne ou
-de quelque chose; et il est encore plus mal de dire en le faisant: _Je
-m'en soucie non plus que de cela._
-
-Il n'est pas moins incivil de mettre la langue ou la lèvre d'en bas
-sur la lèvre d'en haut pour en tirer de l'eau qui seroit tombée du
-nez, et de la rapporter ensuite dans la bouche.
-
-_Du chapeau et de la manière de s'en servir._—Le chapeau sert à
-l'homme pour orner sa tête, aussi bien que pour la garantir de
-plusieurs incommodités. Le porter sur son oreille, ou sur le derrière
-de la tête, ou le mettre trop fort sur le devant, comme si on vouloit
-cacher son visage, sont toutes manières ridicules et indécentes.
-
-Lorsqu'on salue quelqu'un, il faut prendre son chapeau avec la main
-droite et l'ôter entièrement de dessus sa tête, et d'une manière qui
-soit honnête, en portant le bras jusqu'en bas et en tenant le chapeau
-par le bord, et le côté qui doit couvrir la tête tourné vers la
-cuisse, sans la toucher.
-
-Si on ôte son chapeau dans les rues, ou en passant devant quelque
-personne pour la saluer, on doit le faire un peu avant que d'être
-auprès d'elle, et ne pas se recouvrir qu'on ne soit un peu éloigné de
-cette personne.
-
-Et si on salue quelqu'un en l'abordant, il faut ôter son chapeau cinq
-ou six pas avant que d'en approcher.
-
-Lorsqu'on entre dans une place où il y a une personne de qualité ou
-à qui on doit beaucoup de respect, il faut toujours ôter son chapeau
-avant que d'entrer dans cette place. Si ceux qui sont dans la place
-sont debout et découverts, on est obligé de se tenir dans la même
-posture. Après avoir ôté son chapeau avec bien de l'honnêteté, il faut
-tourner le dedans vers soi, et le mettre sur le bras gauche ou devant
-soi sur l'estomac du côté gauche.
-
-Lorsqu'étant assis, on est obligé d'avoir le chapeau bas, il est de la
-bienséance de le tenir sur ses genoux, le dessus tourné vers soi.
-
-C'est une grande incivilité, lorsqu'on parle à quelqu'un, de tourner
-son chapeau, de gratter dessus avec les doigts, de battre le tambour
-dessus, de toucher la laisse ou le cordon, de regarder dedans ou tout
-autour, de le mettre devant son visage ou sur sa bouche.
-
-Les occasions dans lesquelles il faut se découvrir et ôter son
-chapeau, sont:
-
-1º Lorsqu'on se trouve dans un lieu où il y a des personnes
-considérables;
-
-2º Quand on salue quelqu'un;
-
-3º Quand on donne ou qu'on reçoit quelque chose;
-
-4º En se mettant à table;
-
-5º Quand on entend prononcer le saint nom de Jésus et de Marie[296];
-excepté lorsqu'on est à table, car il faut seulement baisser la tête;
-
-6º Lorsqu'on est devant des personnes à qui on doit beaucoup de
-respect; comme lorsqu'on est avec des ecclésiastiques, des magistrats,
-et d'autres personnes considérables. A l'égard de ces personnes, on
-doit se découvrir d'abord, mais il n'est pas nécessaire de se tenir
-découvert, à moins que l'on ne leur soit beaucoup inférieur.
-
-On doit aussi se découvrir devant toutes les personnes qui sont
-supérieures, et ne pas se recouvrir que par leur ordre. Et aussitôt
-qu'elles le disent, il faut se recouvrir sans différer, parce que
-c'est un ordre; mais, après s'être couvert, il ne faut plus se
-découvrir qu'en les quittant.
-
-Il est contre la bienséance de se découvrir lorsqu'on est à table,
-à moins qu'il ne survienne quelque personne qui mérite beaucoup
-d'honneur.
-
-S'il y a à table quelque personne de haute qualité qui soit sans
-chapeau pour sa commodité, il ne la faut pas imiter, cela serait trop
-familier, mais on doit toujours demeurer couvert.
-
-Lorsque quelqu'un parle le chapeau bas, il faut toujours ordinairement
-le faire couvrir si on lui est supérieur; et on peut alors lui dire:
-_Couvrez-vous, monsieur._ Cette manière de parler n'est cependant
-permise qu'à l'égard des personnes qui sont beaucoup au-dessous de soi.
-
-Faire couvrir quelqu'un qui est au-dessus de soi, c'est une grande
-incivilité. Cela se peut bien faire à l'égard des personnes avec qui
-on est familier et qui sont d'égale condition; mais il ne faut pas que
-ce soit par manière de commandement, ni qu'on se serve de paroles qui
-en expriment aucun. On doit le faire, ou seulement par signe et se
-couvrir en même temps, ou par quelque circonlocution, en disant par
-exemple: _Vous pouvez, monsieur, être incommodé d'être découvert_; ou
-en se servant de paroles familières, comme de celles-ci: _Sans doute,
-monsieur, que vous restez découvert pour votre commodité._
-
-_De la manière dont on doit saluer les personnes qu'on visite ou qu'on
-rencontre._—La première chose qu'on doit faire en entrant dans la
-chambre d'une personne qu'on visite est de la saluer et de lui faire
-la révérence.
-
-On peut saluer quelqu'un de trois manières différentes.
-
-Il y a une manière de saluer qui est fort ordinaire, qui se fait:
-
-Premièrement, en se découvrant de la main droite en portant le chapeau
-jusqu'en bas, étendant tout à fait le bras jusque sur la cuisse droite
-et laissant la main gauche dans sa liberté.
-
-Secondement, en regardant doucement et honnêtement la personne qu'on
-salue.
-
-Troisièmement, baissant la vue et inclinant le corps.
-
-Quatrièmement, en tirant le pied. Si on veut avancer, il faut couler
-le pied droit en avant. Si on veut reculer, en tirant le pied gauche
-en arrière. Si l'on passe à côté, en glissant le pied en avant du
-côté de la personne qu'on veut saluer, et en se courbant et saluant
-la personne quelques pas avant que d'être vis-à-vis d'elle. Si on
-salue une compagnie tout entière, on doit couler le pied en avant pour
-saluer la personne la plus considérable, et tirer le pied gauche en
-arrière pour saluer de côté et d'autre toute la compagnie.
-
-La seconde manière de saluer est de saluer dans la conversation, c'est
-ce qu'on nomme ordinairement une honnêteté. Cela se fait simplement en
-se découvrant, en se courbant tant soit peu, et en glissant le pied en
-avant d'une manière imperceptible.
-
-La troisième manière de saluer, qui est extraordinaire, se fait quand
-quelqu'un vient du dehors, ou lorsqu'on prend congé de quelqu'un avant
-son départ pour un voyage. Cette manière de saluer se fait comme la
-première; mais il faut ôter son gant de là main droite, se courber
-humblement, et après avoir porté la main presque à terre, la rapporter
-ensuite doucement vers sa bouche, comme pour la baiser.
-
-Une autre manière extraordinaire de saluer est d'embrasser la personne
-qu'on aborde. Ce qui se fait en portant la main droite dessus l'épaule
-et la gauche dessous, et en se présentant l'un à l'autre la joue
-gauche, sans se la toucher ni la baiser.
-
-Le baiser est encore une autre manière de saluer, qui ne se fait
-ordinairement que par des personnes qui ont quelque union entre elles
-et quelque amitié particulière.
-
-Dans Paris, on ne salue ordinairement que les personnes qu'on connoît
-ou qui sont d'une qualité éminente et beaucoup élevée au-dessus du
-commun, comme sont les princes et les évêques.
-
-Lorsque dans la rue on rencontre tête à tête quelque personne
-de qualité, il est à propos de se détourner un peu et de passer
-au-dessous d'elle, en se retirant du côté du ruisseau.
-
-S'il n'y a point de haut ni de bas, mais un chemin uni, il faut passer
-à gauche de la personne qu'on rencontre et lui laisser la main droite
-libre. Et quand elle passe, il faut s'arrêter et la saluer avec
-respect, et même avec un profond respect si sa qualité le demande.
-
-Lorsqu'étant en carrosse, on se rencontre en un lieu par où passe
-le Saint-Sacrement, on en doit descendre et se mettre à genoux. Si
-c'est une procession ou un enterrement, ou bien le Roi, la Reine,
-les Princes les plus proches du sang Royal, ou des personnes d'un
-caractère ou d'une dignité éminente, il est du devoir et du respect de
-faire arrêter le carrosse jusqu'à ce qu'elles soient passées, et avoir
-la tête nue.
-
-Il n'est pas de la bienséance de monter en carrosse ou à cheval devant
-une personne pour qui on doit avoir quelque considération, à moins
-qu'elle n'en fasse un commandement; et alors il faut éloigner un peu
-le carrosse ou le cheval, ou bien on peut faire avancer le carrosse ou
-le cheval jusqu'à ce qu'on ne la voie plus, et y monter ensuite.
-
-
-
-
-INDEX ALPHABÉTIQUE
-
-
- Abbé (perruque d'), 67, 70, 71.
-
- Abreuvoir-Thibaut-aux-Dés (rue de l'), 10.
-
- Académie de coiffure, 134, 154.
-
- Accommodage (l'), 103, 104, 139.
-
- Achemeresses, 129.
-
- Adorable (perruque à l'), 68.
-
- Aiguière, 19.
-
- Aile de pigeon (perruque à l'), 68.
-
- Albon (comte d'), 90.
-
- Albret (Honoré d'), 53.
-
- Alegiani (J. B.), 9.
-
- Allemands, 177.
-
- Almanach Dauphin, 141.
-
- Almaviva (coiffure à l'), 149.
-
- Amidon, 103.
-
- Amidonniers, 100.
-
- Amman (J.), 22.
-
- Anciens (maîtres), 106, 107, 108.
-
- Angerville (d'), 132.
-
- Anglaise (coiffure à l'), 145.
-
- Angleterre (cheveux d'), 66.
-
- Anne d'Autriche, 37.
-
- Antiquité (perruque à l'), 69.
-
- Apothicaires, 70.
-
- Apprentissage, 108 à 111.
-
- Arche-Marion (rue de l'), 10.
-
- Argentine, _poudre_, 98.
-
- Argonne (Bonav. d'), 74.
-
- Armide (coiffure à l'), 149.
-
- Arnauld d'Andilly, 57.
-
- Asiatique (pouf à l'), 147.
-
- Assyrienne (pouf à l'), 147.
-
- Atourneresses, 129.
-
- Aubigné (A. d'), 29, 97.
-
- Aucunement (sens du mot), 165.
-
- Audis, _coiffeur_, 141.
-
- Aussel-d'Argenteuil (rue), 12.
-
- Autier (Léonard), 158, 159.
-
- Aventure (perruque à l'), 69.
-
-
- Bachaumont (_Mémoires_ dits de), 124, 133, 138, 141, 146, 157.
-
- Baigneuse (coiffure en), 145.
-
- Baignoires, 16, 19, 119, 120, 124.
-
- Bâiller (manière de), 43, 176, 184, 197.
-
- Bain (fond de), 19.
-
- Bains chauds, 3, 4, 9, 11 et s., 114 et s., 116 et s., 122, 127 à
- 129.—Voy. _Étuves_.
-
- Bains chinois, 124.
-
- Bains de lait, 120.
-
- Bains de vapeur, 14, 114 et s., 128.
-
- Bains épilatoires, 116, 128.
-
- Bains froids, 114, 121 et s.
-
- Bains russes, 128.
-
- Baiseuse (la), _mouche_, 96.
-
- Balzac (G. de), 57.
-
- Bandeau d'amour, _coiffure_, 142, 145.
-
- Bandelettes (pouf à), 147.
-
- Baquets, 16, 19, 25.
-
- Barbe, 44 et s., 113.
-
- Barbiers-barbants, 2, 32, 35, 36, 64 et s., 100, 105 et s., 129, 138
- et s., 154.—Voy. _Coiffeurs_.
-
- Barbiers-chirurgiens, 1, 2, 22, 25, 32, 35, 108, 111, 112, 129.
-
- Barbiers du Roi, 63, 118.
-
- Barillerie (rue de la), 10.
-
- Baron (Michel), 117.
-
- Bassins à laver, 19, 20.
-
- Beaubourg (rue), 11.
-
- Beaumarchais, 148.
-
- Beaumont (perruque à la), 69.
-
- Bellechasse (rue de), 128.
-
- Bellegarde (abbé de), 79, 145.
-
- Bellemare (marquis de), 133.
-
- Belle-Poule (coiffure à la), 148.
-
- Bellièvre (président de), 58.
-
- Belmont (de), 77.
-
- Bénédictins, 3 à 6.
-
- Benserade, 58.
-
- Bérénice, 139.
-
- Bertin (mad.), 158.
-
- Bérulle (cardinal de), 56.
-
- Bibliothèque du Roi, 58.
-
- Bibliothèque nationale, 36, 107, 145.
-
- Bichonne, _perruque_, 67.
-
- Bignon (J.), 57.
-
- Bigotère, 53, 54.
-
- Binet, _perruquier du roi_, 62, 63.
-
- Birat, 77.
-
- Blanc, _fard_, 201.
-
- Blegny (Nic. de).—Voy. _Livre commode_.
-
- Boileau (Étienne), 12.
-
- Boileau (Nic.), 86.
-
- Bois à brûler, 14.
-
- Boiteau (Paul), 103.
-
- Boîtes à mouches, 97.
-
- Bompar, 77.
-
- Bonaparte, 104.
-
- Bonne de Savoie, 21.
-
- Bonnet (perruque en), 70, 71.
-
- Bonnette, _perruque_, 67.
-
- Bons-Enfants (rue des), 132.
-
- Bosse (Abraham), 77.
-
- Bouche (propreté de la), 170, 179.
-
- Boufflers (maréchal de), 79.
-
- Boudin _de perruque_, 70, 71.
-
- Boullanger (André), 98.
-
- Bourdonnais (rue des), 10.
-
- Bourgeoise (coiffure à la), 142.
-
- Bourgogne (duc de), 79.
-
- Bourse (perruque à), 68, 70, 71.
-
- Boutiques, 22, 109, 111, 112,
- 154 à 157.
-
- Brantôme, 60.
-
- Bras (tenue des), 167, 171, 172, 195.
-
- Breteuil (baron de), 78.
-
- Bretons, 181.
-
- Brienne (Louis de), 82.
-
- Brigadière (perruque à la), 67, 70, 71.
-
- Brisée (perruque), 70.
-
- Buchon (J.), 16.
-
- Bussy-Rabutin, 80.
-
-
- Cabriolet, _perruque_, 68.
-
- Cadenettes, 49, 68.
-
- Cadet de la Perle, 50, 53.
-
- Cadot (Jacques), _menuisier_, 19.
-
- Caleçons, 114, 124.
-
- Callot (J.), 58.
-
- Calmet (dom), 4 à 6.
-
- Calviac (C.), 169.
-
- Campan (mad.), 120, 151, 158.
-
- Camus (Pierre), 57.
-
- Candeur (coiffure à la), 145.
-
- Canilliat, _coiffeuse_, 132.
-
- Caprice (coiffure au), 142.
-
- Caquets de l'accouchée, 121.
-
- Carrée (perruque), 68.
-
- Carrosses, 38, 41, 86, 90, 188, 192, 207, 208.
-
- Casque, 73.
-
- Catoblepes, 166.
-
- Catogan, 70.
-
- Cavalière, _perruque_, 68, 69.
-
- Cérès (coiffure à la), 142.
-
- Cerf-volant (coiffure au), 145.
-
- Cerisaie (rue de la), 116.
-
- Chaises à porteur, 38, 42.
-
- Chambrières, 129.
-
- Champagne, _coiffeur_, 120 à 131.
-
- Champcenetz, 119.
-
- Chancelière (perruque à la), 68.
-
- Chapeau (tenue du), 195, 202, 203.
-
- Chapeau de bras, 73.
-
- Chaperon, _coiffure_, 73, 74.
-
- Chapon (rue), 113.
-
- Charbon, 14.
-
- Charles V, 20, 48.
-
- Charlotte de Savoie, 20.
-
- Charmes de la liberté (coiffure aux), 145.
-
- Chartres (duchesse de), 147, 152.
-
- Chartres (N. D. de), 47.
-
- Chasse (perruque de), 68.
-
- Chasseur (perruque au), 69.
-
- Châteauroux (duchesse de), 132.
-
- Chat-qui-pêche (rue du), 11.
-
- Chaudronniers, 119.
-
- Chaussures (propreté des), 38, 41, 42, 164.
-
- Chefs-d'œuvre _des métiers_, 107, 111.
-
- Chemises, 4.
-
- Cheveux (commerce des), 59, 65, 66, 138.
-
- Chien couchant (coiffure au), 142.
-
- Chinois, 42.
-
- Chinoise (pouf à la), 147.
-
- Chirurgien du Roi, 105, 106, 108, 109.
-
- Chirurgiens, 1, 2.—Voy. _Barbiers_.
-
- Choiseul (duc de), 158.
-
- Choisy (perruque à la), 69.
-
- Christine _de Suède_, 37, 131.
-
- Chypre (poudre de), 98.
-
- Cimetière-Saint-Nicolas (rue du), 113.
-
- Circassienne moderne (coiffure à la), 145.
-
- Circonstance (perruque à la), 69.
-
- Cité (la), _à Paris_, 21.
-
- Civilité (caractères dits de), 169.
-
- Clément d'Alexandrie, 59.
-
- Cléopâtre (coiffure à la), 149.
-
- Cluni (règle de), 5, 6.
-
- Cochin, 154, 157.
-
- Coiffeurs, 104, 130 et s.
-
- Coiffeuses, 129 et s.
-
- Coiffures, 44 et s., 129 et s.
-
- Coins _de cheveux_, 61.
-
- Colbert (J. B.), 57, 65.
-
- Colisée (coiffure au), 149.
-
- Colombe (coiffure à la), 142.
-
- Combattant (perruque au), 69.
-
- Comète (perruque à la), 69.
-
- Compagnonnage, 110, 111.
-
- Compiègne, 37.
-
- Condé (prince de), 57.
-
- Conquérant, (perruque au), 69.
-
- Conquête assurée (coiffure à la), 142.
-
- Conseillère (coiffure à la), 142.
-
- Conti (quai), 122.
-
- Contredire (ne pas), 168.
-
- Coquette (la), _mouche_, 96.
-
- Coquillart (Guill.), 60.
-
- Coquille (moustache à), 53.
-
- Corbeil (N. D. de), 47.
-
- Corbeille (coiffure en), 145.
-
- Corne d'abondance (coiffure à la), 142.
-
- Corneille (Pierre), 56.
-
- Corrozet (Gilles), 86.
-
- Cosmétiques, 31, 100, 112, 116, 141.—Voy. _Fards_, etc.
-
- Coulange (marquis de), 121.
-
- Courtin (Ant. de), 42, 78, 80, 81, 82, 89, 91, 182.
-
- Courtisans, 32, 42, 55, 61.
-
- Couteliers, 107.
-
- Couvert du Roi, 78, 81.
-
- Cracher (manière de), 43, 164, 167, 169, 170, 177, 184, 197.
-
- Crête (pouf en), 147.
-
- Cretonniers, 100.
-
- Crochets (coiffure en), 142.
-
- Croisades, 9.
-
- Croissant (coiffure au), 145.
-
- Cuisse (embrasser la), 82, 85.
-
- Cure-dent, 170, 178, 202.
-
- Curieux (ne pas être), 169.
-
- Cuves à baigner, 19, 22, 25.
-
- Cuvettes, 19.
-
-
- Dagé, _coiffeur_, 132.
-
- Dangeau (marquis de), 62, 118.
-
- Daphné (coiffure à la), 142.
-
- Dauvet (Jean), _premier président_, 20.
-
- Découvrir (se), 73 et s., 190, 194, 195, 204 et s.—Voy. _Saluer_.
-
- Delamarre (manuscrits), 36, 107.
-
- Demi-conquête, _coiffure_, 142.
-
- Demi-hérisson, _coiffure_, 142.
-
- Dents (propreté des), 42, 112, 164, 170, 178, 202.
-
- Dents (maux de), 92, 93.
-
- Descartes, 57.
-
- Deschamps (Eustache), 60.
-
- Desmares, _coiffeuse_, 141.
-
- Deux queues (perruque à), 68.
-
- Diane (coiffure à la), 142.
-
- Discrète (la), _mouche_, 96.
-
- Distinction (coiffure à la), 145.
-
- Doigts (faire craquer ses), 186.
-
- Domestiques, 68, 70, 121, 129.
-
- Donner (manière de), 196, 204.
-
- Douches, 128.
-
- Douët-d'Arcq, 19.
-
- Dragonne, _perruque_, 69.
-
- Droit (se tenir), 171, 180, 195.
-
- Ducange, 58.
-
- Ducerceau (plan de), 21.
-
- Dumesnil, 74.
-
- Du Puis (Laurent), 74.
-
- Duquesne (amiral), 58.
-
- Durand, _coiffeur_, 141.
-
- Durand (Guillaume), 163.
-
- Dutens (L.), 153.
-
- Du Vair (G.), 57.
-
-
- Échelle (coiffure en), 145.
-
- École (quai de l'), 141.
-
- Économe (perruque à l'), 69.
-
- Écrans, 185.
-
- Édelinck, 53, 56.
-
- Effrontée (l'), _mouche_, 96.
-
- Éléphant (perruque à l'), 69.
-
- Embrasser (manière d'), 81, 85, 193, 206.
-
- _Encyclopédie méthodique_, 65, 71, 127.
-
- _Encyclopédie perruquière_, 68.
-
- Enfant (coiffure à l'), 157.
-
- Enfants d'Édouard (coiffure aux), 48.
-
- Enjouée (l'), _mouche_, 96.
-
- Enseigne du mal de dents, 93.
-
- Envieux (perruque a l'), 69.
-
- Épaules, 171, 179, 195.
-
- Épilation, 22, 116.
-
- Érasme (D.), 26, 28, 165, 169, 173.
-
- Espagnole (coiffure à l'), 145.
-
- Espagnole (perruque à l'), 68.
-
- Espagnols, 178.
-
- Espoir (coiffure à l'), 145.
-
- Éternument, 89, 175, 186, 197.
-
- Étuves, 9, 10 et s., 21 et s., 112 et s., 122.—Voy. _Bains_.
-
- Étuves (cul-de-sac des), 9 à 12.
-
- Étuves (rue des), 10 à 12.
-
- Étuveurs, 12 et s.
-
- Eurydice (coiffure à l'), 149.
-
- Expérience, 111.
-
- Èze (G. d'), 44.
-
-
- Fabert (maréchal), 58.
-
- Faiseuse de mouches (la), 95, 96.
-
- Fards, 6, 31, 97, 98, 141, 201.
-
- Faret (Nicolas), 90.
-
- Favori (perruque au), 69.
-
- Félicité (perruque à la), 69.
-
- Ferraille (quai de la), 141.
-
- Feu (conduite à tenir près du), 184, 197, 198.
-
- Fil de fer (perruques de), 69.
-
- Financière (perruque à la), 68.
-
- Fitelieu, 81, 93.
-
- Flore (coiffure à la), 145.
-
- Forgeais (A.), 113.
-
- Fourchettes, 26.
-
- Fournereau (Jean), 100.
-
- Fournier (Éd.), 50, 78, 98.
-
- Françaises (gardes), 112.
-
- François Ier, 22, 48.
-
- Françoise (perruque à la), 69.
-
- Franqueville (de), 114.
-
- Frédérik, _coiffeur_, 141.
-
- Frégate (coiffure à la), 148.
-
- Frison, _coiffeur_, 132.
-
- Frivolité (coiffure à la), 142.
-
- Froissart, 16.
-
- Furon (Jean), 100.
-
-
- Gabrielle de Vergy (coiffure à la), 149.
-
- Galante (la), _mouche_, 96.
-
- Galanterie (lois de la), 32, 38, 41, 53, 93.
-
- Gallonner, 47.
-
- Gamart, 85.
-
- Gantiers, 100.
-
- Gants, 80, 88, 184, 206.
-
- Gassendi (P.), 57.
-
- Gassion (maréchal de), 58.
-
- Gay (Victor), 14, 19.
-
- Gendarme (perruque à la), 69.
-
- Genlis (château de), 119.
-
- Genlis (mad. de), 85, 97, 99, 119, 133.
-
- Genoux (manière de tenir les), 172, 180, 184.
-
- Gentilly (perruque à la), 69.
-
- Geoffroi-des-Bains (rue), 10.
-
- Gestes, 185.
-
- Glaneuse (coiffure à la), 142.
-
- Globe fixé (pouf au), 147.
-
- Gloriette (cul-de-sac), 11.
-
- Godeau (Ant.), 57.
-
- Gomberville (de), 132.
-
- Gondole (coiffure en), 145.
-
- Gores, 123.
-
- Goutte, _maladie_, 115.
-
- Grævius (J. G.), 77.
-
- Grande prétention (coiffure à la), 149.
-
- Grande prêtresse (pouf à la), 147.
-
- Gratter (se), 164, 167, 171, 179, 184.
-
- Grattoir _pour la tête_, 153.
-
- Grecque (coiffure à la), 145.
-
- Grecque (perruque à la), 70.
-
- Grévin (musée), 119.
-
- Gueule de loup (pouf en), 147.
-
- Guignard, _baigneur_, 128.
-
- Guyon (Louis), 55, 92, 99.
-
-
- Hamilton (Ant. d'), 91.
-
- Harcourt (Henri d'), 52, 53.
-
- Hardy (Claude), 173.
-
- Harlay (A. de), 57.
-
- Harlay (rue de), 22.
-
- Harpie (coiffure à la), 142.
-
- Hauterive de l'Aubespine (d'), 27.
-
- Haut rang (coiffure au), 142.
-
- Hennins, 47.
-
- Henri III, 97.
-
- Henri IV, 28, 29, 48, 82, 116.
-
- Henri IV (coiffure à la), 142.
-
- Hérisson (coiffure au), 142.
-
- Hérisson à crochet, 142.
-
- Hermaphrodites (île des), 54, 60, 98.
-
- _Héroard_ (_Journal d'_), 28, 74, 92.
-
- Hésecques (comte d'), 62.
-
- Hesselin (Denis), 21.
-
- Hochequeue, 167.
-
- Honnête homme, 90, 91.
-
- Honneur (place d'), 90, 183, 191, 194, 198.—Voy. _Pavé_.
-
- Horloge (quai de l'), 113, 122.
-
- Housse (aller en), 38, 341.
-
- Huchette (rue de la), 11.
-
- Hurluberlu, _coiffure_, 131.
-
- Hurlupée, _coiffure_, 131.
-
- Hurtaut (P.), 119.
-
-
- Impatient (perruque à l'), 69.
-
- Inconstance (perruque à l'), 69.
-
- Indifférence (perruque à l'), 69.
-
- In-folio, _perruque_, 67.
-
- Ingénue (coiffure à l'), 142.
-
- Innocents (galerie des), 66.
-
- Interrompre (ne pas), 168.
-
- Iphigénie en Tauride (coiffure à l'), 148.
-
- Irène (coiffure à l'), 149.
-
- Irlandaise (coiffure à l'), 145.
-
- Irlande (bois d'), 22.
-
- Isabeau de Bavière, 19, 74.
-
- Italienne (perruque à l'), 69.
-
- Italiens, 181.
-
-
- Jaillot, 10 à 12.
-
- Jalousie (perruque à la), 69.
-
- Jambes (manière de tenir les), 172, 180, 195.
-
- Janot (coiffure à la), 145.
-
- Jarretières _de perruque_, 70, 71.
-
- Jean II, 48.
-
- Jeannin (P.), 57.
-
- Jeunes (maîtres), 106, 107.
-
- Jèze, 122.
-
- Jordanis, _perruquier_, 62.
-
- _Journal du citoyen_, 123.
-
- Juifs, 11.
-
- Junon (coiffure à la), 148.
-
- Jurements, 168.
-
- Jurés, 15, 16, 105 à 108.
-
-
- Labarte (J.), 20.
-
- Labre (Benoît), 9.
-
- La Fontaine (J. de), 58, 96.
-
- Laine (perruques de), 69.
-
- La Mésangère (de), 27.
-
- Lamoignon (président), 57.
-
- Langue (propreté de la), 164.
-
- Lanti (prince), 153.
-
- Larivey (P. de), 2.
-
- La Rivière (abbé de), 67.
-
- La Roze, _perruquier_, 62.
-
- Larseneur, _coiffeur_, 132.
-
- La Salle (J. B. de), 37, 80, 153, 199, 204.
-
- La Vallière (Mlle de), 85.
-
- La Vienne, _baigneur_, 117.
-
- Le Brun, _coiffeuse_, 132.
-
- Lebrun (Ch.), 58.
-
- Leclerc (Séb.), 77.
-
- L'Écluse (abbé de), 82.
-
- Legendre (abbé), 61.
-
- Légère (perruque à la), 69.
-
- Legoût, _coiffeur_, 141.
-
- Legrain, _barbier_, 63.
-
- Legros, _coiffeur_, 133 et s.
-
- Legros (veuve), 141.
-
- Lemaître (Ant.), 57.
-
- Le Nain de Tillemont, 58.
-
- Lentes, 28, 31.—Voyez _Poux_.
-
- Lépreux, 13.
-
- Lesdiguières (hôtel de), 116.
-
- Lestoile (P. de), 98.
-
- Le Tellier (Michel), 58.
-
- Levant (coiffure au), 142.
-
- Lever de la Reine (coiffure au), 142.
-
- Lèvres, 176, 177, 186.
-
- Lit, 182.
-
- Lit de la Reine, 81.
-
- Lit du Roi, 38, 78.
-
- Littré (E.), 154.
-
- _Livre commode_ (_le_), 62, 66, 97, 115, 118, 132.
-
- _Livre des métiers_, 12, 15.
-
- Longchamp, 121.
-
- Loret (J.), 131.
-
- Loterie d'amour (la), 93.
-
- Louis IX, 113.
-
- Louis XI, 19 à 21.
-
- Louis XIII, 2, 28, 48, 49, 56, 61, 74, 174.
-
- Louis XIV, 3, 28, 31, 37, 56, 61 à 64, 77, 83, 86, 99, 109, 118.
-
- Louvre (musée du), 6.
-
- Louvre (palais du), 22.
-
- Lubin, _graveur_, 56.
-
- Lully (J. B.), 58.
-
- Lunatique, _perruque_, 69.
-
- Luxembourg (maréchal de), 58.
-
- Luynes (connétable de), 53.
-
- Luynes (duc de), 79, 85.
-
-
- _Magasin des modes_, 145.
-
- Magny, 119.
-
- Mains (propreté des), 25, 26, 32, 37, 112, 163.
-
- Maintenon (mad. de), 131.
-
- Maître-d'hôtel (perruque à la), 69.
-
- Maîtrises (créations de), 109, 110.
-
- Majestueuse (la), _mouche_, 96.
-
- Malherbe, 56.
-
- Mansart, 58.
-
- Manteau (tenue du), 195.
-
- Marais (théâtre du), 131.
-
- Marana (J. P.), 67.
-
- Marat, 119.
-
- Marca (P. de), 57.
-
- Marcel (A.), 44.
-
- Marchand (A. H.), 68, 149.
-
- Marchand (article), 108.
-
- Marcher (manière de), 173.
-
- Marconi, 9.
-
- Marguerite de Navarre, 25.
-
- Marguerite de Valois, 60.
-
- Marie-Antoinette, 120, 149, 152, 157, 158.
-
- Marie Stuart (coiffure à la), 47.
-
- Marie-Thérèse, 85.
-
- Marin (F.), 148.
-
- Marmot, _enseigne_, 113.
-
- Marmouzets (rue des), 118.
-
- Marot (Clément), 22.
-
- Marot (J.), 85.
-
- Marron, _boucle de cheveux_, 154.
-
- Marsillac (prince de), 80.
-
- Marteaux (perruques à), 70.
-
- Martin, _coiffeuse_, 131.
-
- Masques, 35, 98.
-
- Masson (Ant.), 53.
-
- Masson (Papire), 56.
-
- Mazarin (duchesse de), 6, 94.
-
- Médecins, 2, 41, 70.
-
- Mêlée (perruque), 113.
-
- Ménage (G.), 53, 58.
-
- _Ménagier de Paris_, 29.
-
- Menuisiers, 19.
-
- Mercier (Séb.), 103, 153, 154.
-
- Merciers, 100.
-
- Mercure, _remède_, 115.
-
- Merlans, _coiffeurs_, 104.
-
- Métra, 149.
-
- Meurisse, 120.
-
- Michaud (J.), 21.
-
- Michel (saint), 113.
-
- Minerve (coiffure à la), 142.
-
- Modernes (maîtres), 106, 107.
-
- Modestie (coiffure à la), 145.
-
- Molière, 43, 56, 87.
-
- Monstrelet (E. de), 74.
-
- Montfaucon (B. de), 32, 35, 42.
-
- Montglat (mad. de), 21.
-
- Montgobert, 132.
-
- Montgolfier (coiffure à la), 149.
-
- Morfondus (quai des), 122.
-
- Morts (cheveux), 66.
-
- Motteville (mad. de), 37.
-
- Moucher (manière de se), 26, 27, 164, 167, 174, 184.
-
- Mouches, 92 et s., 201.
-
- Mouchoir, 184, 202.
-
- Moulin à vent (coiffure en), 145.
-
- Mousquetaire, _perruque_, 69.
-
- Moustaches, 49, 53.
-
- Moutonne, _perruque_, 67.
-
- Mystère (coiffure au), 142.
-
-
- Naissante (perruque), 68, 70, 71.
-
- Natation (écoles de)—Voy. _Bains froids_.
-
- Nation (coiffure à la), 145.
-
- Nattes, 47, 59.
-
- Naturelle (perruque à la), 68.
-
- Néron, 19.
-
- Neuve-Montmartre (rue), 118.
-
- Nez (souffler du), 174.
-
- Nez (propreté du), 26, 164, 173, 201.—Voy. _Moucher_.
-
- Nicolas-Flamel (rue), 10, 113.
-
- Nicot (J.), 86.
-
- Nœuds (perruque à), 68, 70, 71.
-
- Normandie (cheveux de), 66.
-
- Nouée (perruque), 68.
-
- Nouvelle mode (perruque à la), 68.
-
-
- Oiseau royal, _perruque_, 68.
-
- Olonne (mad. d'), 80.
-
- Ongles, 87, 164.
-
- Opéra, 157.
-
- Ordinaire (perruque à l'), 68.
-
- Oreilles (boucles d'), 199, 200.
-
- Oreilles (perruques à), 69.
-
- Oreilles (propreté des), 167, 199.
-
- Orléans (Gaston d'), 67.
-
- Orléans (rue d'), 118.
-
- Orsay (quai d'), 128.
-
-
- Palais (boulevard du), 10.
-
- Palais (perruque de), 69.
-
- Palais de Justice, 21, 22.
-
- Palais-Royal, 63, 129, 132.
-
- Pantalons à pieds, 5.
-
- Panurge (perruque à la), 70.
-
- Papillon constant, _coiffure_, 142.
-
- Parc anglais, _coiffure_, 145.
-
- Paré (Ambroise), 2.
-
- Paralysie, 115.
-
- Paresseuse, _perruque_, 69.
-
- Parfait, _maître-d'hôtel de Henri IV_, 82.
-
- Parfums, 31, 90.—Voy. _Cosmétiques_, _fards_, etc.
-
- Parisienne, _perruque_, 69.
-
- Parler (manière de), 166, 167.
-
- Parterre galant (coiffure au), 145.
-
- Pascal, _perruquier_, 62.
-
- Passionnée (la), _mouche_, 96.
-
- Patin (Gui), 90.
-
- Pâtissiers, 174.
-
- Patron des étuveurs, des perruquiers, 113.
-
- Paul (Vincent de), 57.
-
- Pavé (le haut du), 189, 190, 192, 194, 207.—Voyez _Honneur_.
-
- Pays (cheveux de), 66.
-
- Pédules, 5.
-
- Peignes, 5, 6.
-
- Peignes _pour gratter aux portes_, 88.
-
- Peignoirs de bain, 14, 19.
-
- Peintres (impasse des), 10.
-
- Peiresc (Fabri de), 56.
-
- Pelé, _perruquier_, 62, 65.
-
- Pelleterie (rue de la), 11.
-
- Pellisson (P.), 58, 61.
-
- Penthièvre (duc de), 147.
-
- Perrault (Ch.), 53.
-
- Perrette de Châlons, 21.
-
- Perruques, 56 et s.
-
- Perruquiers, 36, 64 et s.—Voy. _Barbiers_, _coiffeurs_, etc.
-
- Perruquiers en vieux, 113.
-
- Persane (coiffure à la), 145.
-
- Petit-maître (perruque au), 69.
-
- Petit-Musc (hôtel du), 22.
-
- Petitot (C. B.), 37.
-
- Petits-Champs (rue des), 63.
-
- Pets, 28, 164, 170, 180.
-
- Philadelphie (coiffure à la), 148.
-
- Philippe-Auguste, 48.
-
- Philippe VI, 48.
-
- Phrygienne (coiffure à la), 145.
-
- Pieds (propreté des), 5, 6, 20, 29, 43.
-
- Pierrot (coiffure à la), 145.
-
- Pignet (Mace), _tonnelier_, 19.
-
- Pipes, 201.—Voy. _Tabac_.
-
- Pithou (Pierre), 56.
-
- Placet, _siége_, 86.
-
- Pline, 166.
-
- Plus tôt fait (perruque à la), 69.
-
- Poitevin, _baigneur_, 127 à 128.
-
- Poitier, _coiffeuse_, 132.
-
- Polastron (de), 79.
-
- Pompadour (marquise de), 132.
-
- Pontchartrain (L. P. de), 57.
-
- Pont Royal, 124, 127, 128.
-
- Popincourt, 115.
-
- Porte-aux-Peintres (cul-de-sac de la), 10.
-
- Portes (gratter aux), 86, 87.
-
- Port-Mahon (perruque à la), 68.
-
- Portugal (rouge de), 141.
-
- Pot à eau, 19.
-
- Potel, 50.
-
- Potiquet, _perruquier_, 65.
-
- Poudre à poudrer, 56, 97 et s., 153, 200.
-
- Poufs, 146, 147.
-
- Poussin (Nicolas), 58.
-
- Poux, 28, 31, 153, 164.
-
- Prêteuses de têtes, 134.
-
- Prévôt de Paris, 14, 15.
-
- Prie (marquise de), 132.
-
- Propreté, 3 et s.—Voy. _Bouche_, _dents_, _mains_, _nez_, _oreilles_,
- _pieds_, _tête_, _visage_, etc.
-
- Prudence (perruque à la), 69.
-
- Prud'homme, _baigneur_, 117, 118.
-
- Puce (pouf à la), 147.
-
- Puces, 29 et s., 164.
-
- Punaises, 31, 38.
-
-
- Quatre-Nations (quai des), 122.
-
- Quentin, _barbier du roi_, 63.
-
- Quesaco, _coiffure_, 148.
-
- Queue, _de cheveux_, 68.
-
- Quicherat (J.), 44, 59, 104.
-
- Quinault (Phil.), 58.
-
- Quinze-Vingts, 132, 136.
-
-
- Racine (Jean), 58.
-
- Rambouillet (hôtel de), 43, 79, 86.
-
- Rapée (la), 122.
-
- Raucourt (coiffure à la), 148.
-
- Ravir (perruque à), 69.
-
- Raynaud (Th.), 77.
-
- Recevoir (manière de), 196, 204.
-
- Recherche (coiffure à la), 145.
-
- Reconduire, 187.
-
- Régence (perruque à la), 68.
-
- Reiset (comte de), 120.
-
- Renardière, 29.
-
- Renifler, 174.
-
- Repas, 26 à 28, 43, 78 et s.
-
- Rhinocéros (perruque à la), 68.
-
- Richard, _dominicain_, 9.
-
- Richelieu, 48, 49, 56.
-
- Richelieu (rue), 118.
-
- Rigault (Nicolas), 58.
-
- Rire (manière de), 176, 186.
-
- Robespierre, 104.
-
- Robin (perruque à la), 67.
-
- Rocher (pouf en), 147.
-
- Ronde (perruque), 67.
-
- _Rose_ (_roman de la_), 19.
-
- Rosette (perruque à), 70, 71.
-
- Rossignol, _perruquier_, 65.
-
- Rots, 28, 164, 170, 178.
-
- Rouge, _fard_, 6, 97, 141, 201.
-
- Rouleaux (coiffure en), 145.
-
- Royale (perruque), 67.
-
- Ruvigny (marquis de), 27.
-
-
- Saba (reine de), 47.
-
- Saint-Antoine (rue), 6, 94.
-
- Saint-Bernard (porte), 121.
-
- Saint-Denis (rue), 96.
-
- Saint-Germain des Prés (abbaye de), 85.
-
- Saint-Honoré (rue), 141.
-
- Saint-Louis (île), 124, 128.
-
- Saint-Louis (rue), 141.
-
- Sainte-Marthe (Scévole de), 56.
-
- Saint-Nicolas (port), 122.
-
- Saint-Paul (hôtel), 22.
-
- Saint-Réal, 9, 94.
-
- Saint-Simon, 74, 117.
-
- Saint-Sacrement, 90, 207.
-
- Saliat (Pierre), 165.
-
- Saluer (manières de), 73 et s., 77, 80 et s., 90, 172, 181, 193,
- 194, 202 à 207.
-
- Sans redoute, _coiffure_, 145.
-
- Santeuil (J.), 58.
-
- Sapho moderne (coiffure à la), 142.
-
- Sarrazin (J. F.), 54, 58.
-
- Sartine (perruque à la), 68.
-
- Sauvageot (collection), 6.
-
- Sauval (H.), 22, 116.
-
- Sauval (rue), 10, 12.
-
- Savary (J.), 66, 110.
-
- Scaliger (J.), 57.
-
- Scarron, 87.
-
- Sciatique, 115.
-
- Séguier (chancelier), 57.
-
- Senault (J. F.), 57.
-
- Sénèque, 19.
-
- Sentiment (pouf au), 146.
-
- Sergents à verge, 108.
-
- Serviettes, 32, 123.
-
- Sévigné (coiffure à la), 47.
-
- Sévigné (mad. de), 85, 116, 131, 132.
-
- Siéges, 183.
-
- Singulière (perruque à la), 69.
-
- Sirmond (Jacques), 56.
-
- Sobry (J. F.), 73, 103.
-
- Socrate, 174.
-
- Sonnettes, 187.
-
- Sophie (pouf à la), 147.
-
- Soufflet, 201.
-
- Sourcils, 54, 201.
-
- Souvré (de), 28.
-
- Sponde (Henri de), 57.
-
- Stoïciens, 165.
-
- Suisses (gardes), 112.
-
- Sully, 38, 82.
-
- Sulpice (Jean), 163.
-
- Sylphide (coiffure à la), 142.
-
-
- Tabac, 184, 201, 202.
-
- Taille de 1292, 12.
-
- Tallemant des Réaux, 25, 27, 28, 29, 38, 49, 50, 53, 60, 93, 98, 129.
-
- Témoin discret, _coiffure_, 142.
-
- Térence, 178, 180.
-
- Tertullien, 59.
-
- Tête (propreté de la), 5, 6, 28, 31, 32, 42, 164, 171, 179, 199.
-
- Têtes à perruque, 91.
-
- Thibaut-aux-Dés (rue), 141.—Voy. _Abreuvoir_.
-
- Thiers (J. B.), 61.
-
- Thiéry, 124, 129.
-
- Thomassin (L.), 58.
-
- Thou (J. A. de), 57.
-
- Timidité, 175.
-
- Tonneliers, 19, 119.
-
- Tonsure _de perruque_, 70, 71.
-
- _Touriste_ (le), 127.
-
- Tournelle (pont de la), 123.
-
- Tours, 74.
-
- Tousser (manière de), 164, 167, 170, 178.
-
- Trabouillet, 64.
-
- Trévoux (_Dictionnaire_ de), 54, 74, 85.
-
- Tricorne, _chapeau_, 73.
-
- Triomphe de l'aurore, _coiffure_, 142.
-
- Tronchin (perruque à la), 69.
-
- Troyes (Jean de), 20.
-
- Tuileries (palais des), 174.
-
- Tumeurs froides, 115.
-
- Turenne, 27, 57.
-
- Turque (coiffure à la), 145.
-
- Turque (pouf à la), 147.
-
- Turquin, _baigneur_, 123, 124.
-
- Tutoiement, 86.
-
-
- Urfé (H. d'), 58.
-
- Uriner (manière d'), 172, 179.
-
-
- Vagabonds, 13.
-
- Valois (rue de), 129.
-
- Varennes (fuite de), 120, 158.
-
- Ventouses, 114.
-
- Vernet (Carle), 100.
-
- Verneuil (mad. de), 29.
-
- Verneuil (rue de), 12.
-
- Versailles (château de), 62.
-
- Vert (Claude de), 6.
-
- Vesses, 165.
-
- Vêtements (propreté des), 163.
-
- Veuves de maîtres, 108.
-
- Victoire (coiffure à la), 148.
-
- Vieillard (perruque au), 69.
-
- Vieille-du-Temple (rue), 118.
-
- Vieilles-Étuves (rue des), 10, 12
-
- Vierge (la), 47.
-
- Vifs (cheveux), 66.
-
- Villars (maréchal de), 79.
-
- Ville de Paris (biblioth. de la), 145.
-
- Vincent, _perruquier_, 62, 65.
-
- Visage (propreté du), 32, 35, 37, 163, 200.
-
- Visitandines, 6, 94.
-
- Visites, 182, 187.
-
- Visme (de), 157.
-
- Voiture (V.), 54, 57.
-
- Voix, 167.
-
- Vol d'amour, _coiffure_, 145.
-
- Voleuse (la), _mouche_, 96.
-
- Voltaire (coiffure à la), 148.
-
- Vomir, 170, 178.
-
- Vouet (Simon), 58.
-
-
- Wagnière (J. L.), 121.
-
- Walckenaer (baron), 116.
-
- Willemin, 47.
-
-
- Yeux (propreté des), 42, 170, 171.
-
-
- Zamet (hôtel de), 116.
-
- Zodiacale (coiffure à la), 142.
-
-
-
-
-ADDITIONS
-
-
-Page 28, après: _qu'elles effacent les vostres_, la phrase suivante a
-été oubliée:
-
-Rabelais[297] raconte comme chose fort ordinaire que Panurge cueillit
-un pou sur le sein de la belle lingère du Palais. Panurge l'y avait
-mis, c'est vrai; mais la belle lingère ne semble pas s'être étonnée le
-moins du monde de la découverte.
-
-
-Page 82, ajouter le passage suivant, que j'emprunte à
-Saint-Simon. C'est de Louis XIV qu'il est ici question:
-
-«Jamais homme si naturellement poli, ni d'une politesse si fort
-mesurée, si fort par degrés, ni qui distinguât mieux l'âge, le mérite,
-le rang, et dans ses réponses quand elles passoient le _je verrai_, et
-dans ses manières. Ces étages divers se marquoient exactement dans sa
-manière de saluer et de recevoir les révérences, lorsqu'on partoit ou
-qu'on arrivoit. Il étoit admirable à recevoir différemment les saluts
-à la tête des lignes de l'armée ou aux revues. Mais surtout pour les
-femmes, rien n'étoit pareil. Jamais il n'a passé devant la moindre
-coiffe sans soulever son chapeau, je dis aux femmes de chambre, et
-qu'il connoissoit pour telles, comme cela arrivoit souvent à Marly.
-Aux dames, il ôtoit son chapeau tout à fait, mais de plus ou moins
-loin; aux gens titrés, à demi, et le tenoit en l'air on à son oreille
-quelques instants plus ou moins marqués. Aux seigneurs, mais qui
-l'étoient, il se contentoit de mettre la main au chapeau. Il l'ôtoit
-comme aux dames pour les princes du sang. S'il abordoit des dames,
-il ne se couvroit qu'après les avoir quittées. Tout cela n'étoit que
-dehors, car dans la maison il n'étoit jamais couvert. Ses révérences,
-plus ou moins marquées, mais toujours légères, avoient une grâce et
-une majesté incomparables, jusqu'à sa manière de se soulever à demi
-à son souper pour chaque dame assise[298] qui arrivoit, non pour
-aucune autre, ni pour les princes du sang; mais sur les fins cela
-le fatiguoit, quoiqu'il ne l'ait jamais cessé, et les dames assises
-évitoient d'entrer à son souper quand il étoit commencé.» _Mémoires_,
-édit. de 1881, t. XII, p. 75.
-
-
-AJOUTER, p. 60, après la citation de Guillaume Coquillart:
-
-«Les rois de France portaient autrefois une longue chevelure, ce qui
-n'était permis qu'aux princes du sang. Tous les anciens portraits des
-rois sont ainsi chevelus: il y a peu de temps que cette coutume a été
-abandonnée. Le Roi (Henri III), d'après les conseils de ses médecins,
-s'est fait raser tous les cheveux; il porte un béret semblable de
-forme au bonnet polonais, qu'il n'ôte jamais, ni en présence des
-ambassadeurs ni même à l'église. Il a une chevelure postiche très
-riche et très belle[299].» _Voyage de Jérôme Lippomano, ambassadeur en
-France en 1577_, dans les _Relations des ambassadeurs vénitiens_, t.
-II, p. 568.
-
-
-PARIS. TYPOGRAPHIE E. PLON, NOURRIT ET Cie, RUE GARANCIÈRE, 8.
-
-
-
-
-APPENDICE
-
-
-AVERTISSEMENT
-
-Mon intention, en écrivant ces petits volumes, a été de pénétrer dans
-la vie privée de nos pères, de les montrer tels qu'ils étaient dans
-l'intimité, de mettre en lumière les petits côtés de leur existence,
-ceux qu'ont systématiquement négligés tous les historiens.
-
-De là, la nécessité d'aborder parfois certains sujets scabreux,
-difficiles à traiter aujourd'hui. Il est clair, par exemple, que,
-recherchant les secrets de la toilette, je ne pouvais passer sous
-silence la coutume de l'épilation; que voulant reconstituer les règles
-du savoir-vivre, j'étais bien forcé de rappeler qu'au seizième siècle
-le meilleur monde autorisait sur beaucoup de points un laisser aller
-qui révolterait notre société actuelle[300].
-
-Afin de concilier le respect des bienséances avec mes devoirs
-d'écrivain consciencieux, j'ai pris le parti de réserver pour un
-Appendice facile à détacher du volume, les renseignements qui
-s'adressent surtout aux érudits. On y trouvera aussi certaines pièces
-que notre pruderie moderne,—pruderie dans les mots, s'entend,—ne m'eût
-pas pardonné de produire au trop grand jour.
-
-A tort ou à raison, nos pères n'y regardaient pas de si près. Ainsi,
-au seizième siècle, les vers de Pierre Broë étaient répandus dans
-toutes les écoles, et on les faisait apprendre par cœur aux enfants;
-ils n'ont même été composés que pour cela. Et qu'on ne suppose pas
-que ce soit là un fait isolé. En veut-on une preuve? Le vertueux
-Mathurin Cordier, le pédagogue le plus accompli du seizième siècle,
-celui qui avait pris pour devise: _Pietas et boni mores cum litterarum
-elegantia_, publia vers 1563 des entretiens destinés à former les
-mœurs des enfants, en même temps qu'à les familiariser avec la
-langue latine. Le livre eut un immense succès, les éditions s'en
-multiplièrent, et deux ou trois amis de la jeunesse se chargèrent de
-le traduire en français.
-
-J'ai sous les yeux une de ces traductions, donnée en 1672 sous ce
-titre: _Nouvelle traduction des colloques de Mathurin Cordier.
-Corrigée d'un grand nombre de fautes, et mise dans la pureté des deux
-langues, pour la plus grande facilité des enfans_. J'en extrait trois
-passages, qui suffiront pour donner une idée de l'ensemble.
-
- LE MAISTRE.—D'où venez-vous?
-
- L'ENFANT.—Je viens d'en bas.
-
- LE MAISTRE.—Quelle affaire aviez-vous en bas?
-
- L'ENFANT.—J'estois allé pour pisser[301].
-
- Livre I, colloque 23, page 33.
-
-
- ROSSET.—Je vous diray encore un autre usage du papier, et
- très-fréquent au collége.
-
- LE MOINE.—Quel?
-
- ROSSET.—Je n'oserois pas le dire sans compliment[302].
-
- LE MOINE.—Qu'est-il besoin de faire des compliments entre amis,
- car les paroles ne puent pas.
-
- ROSSET.—Je le diray donc, puisque vous le voulez.
-
- LE MOINE.—Dites librement.
-
- ROSSET.—Pour torcher son derrière au privé[303].
-
- Livre I, colloque 27, page 41.
-
-
- LE MAISTRE.—A quelle heure vous êtes-vous éveillé ce matin?
-
- L'ENFANT.—Avant le jour; je ne sçay à quelle heure.
-
- LE MAISTRE.—Qui vous a éveillé?
-
- L'ENFANT.—Le réveilleur de la semaine est venu avec sa lanterne,
- il a heurté fort à la porte de ma chambre...
-
- LE MAISTRE.—Dites moy par ordre tout ce que vous avez fait depuis
- ce temps-là. Vous autres, enfans, écoutez avec soin des oreilles
- et de l'esprit, afin que vous appreniez à imiter vostre compagnon.
-
- L'ENFANT.—Estant éveillé, je me suis levé du lit, j'ay mis ma
- camisole avec mon pourpoint... je me suis bien peigné, j'ay
- mis mon chapeau, j'ay mis ma robe; ensuite je suis sorty de
- ma chambre, j'ay descendu en bas, et j'ay pissé contre la
- muraille[304].
-
- Livre II, colloque 54, page 210.
-
-C'est ainsi qu'au seizième siècle, et même à la fin du dix-septième,
-on entendait l'éducation des enfants. Nous en sommes revenus, et un
-peu trop peut-être. A une si grande licence, innocente en somme, a
-succédé une pudeur exagérée qui explique l'oubli dans lequel ont été
-laissés les usages et la vie privée d'autrefois. L'histoire s'est
-faite trop chaste et trop fière pour s'occuper de pareils détails.
-Laissez-moi en citer un curieux exemple. Vers 1828, un homme de
-talent, M. F. Barrière, découvre et publie les très intéressants
-_Mémoires_ de Louis-Henri de Loménie, comte de Brienne. Il y rencontre
-cette phrase: «Sa Majesté, me voyant entrer si matin dans sa chambre,
-dont toutes les entrées m'étoient permises, même de sa garde-robe, où
-j'entrois à toute heure, sans avoir eu besoin de brevet d'affaires,
-_même quand elle étoit sur sa chaise percée_...» Ces derniers mots
-révoltent M. Barrière, qui les supprime. Il en éprouve pourtant
-quelque remords, et, dans une note perdue à la fin du volume, il
-avoue qu'il n'a pas reproduit cette ligue parce qu'elle «figurait
-assez mal dans une scène d'amour». Mais, barbare, notre littérature
-n'est que trop riche en scènes d'amour; ce qui importait, c'était
-de nous montrer dans quelle position, en dépit de l'étiquette, le
-grand roi consentait à recevoir ses secrétaires d'État. Saint-Simon,
-heureusement, a été moins réservé.
-
-En voici assez, j'espère, pour excuser mon éditeur et moi. Les
-lecteurs sont donc prévenus que je ne reculerai devant aucune des
-exigences de mon sujet. C'est, d'ailleurs, une nécessité que je
-subirai, n'ayant aucune envie de courir au-devant des occasions, et,
-dans les moments difficiles, je m'effacerai autant que possible
-pour laisser parler les documents contemporains. A cet égard, les
-Appendices me seront d'une grande utilité. J'aurai soin, cependant,
-de n'y insérer que des pièces historiques ayant directement trait
-à la question et susceptibles de l'éclaircir. Quant aux gens qui y
-chercheraient autre chose, je les avertis qu'ils chercheront en vain.
-
-
-I
-
-EXTRAIT DE LA _Civilité_ DE JEAN SULPICE[305],
-
-_imitée en français par_ PIERRE BROË _en 1552_.
-
-
- Sur toute chose amonester te veux
- Que tu n'aies point le nez ord ne mourveux,
- Car trop seroys à moquer et reprendre
- S'on te voioyt distiler ou descendre
- Du nez en bas la roupie ou morveau,
- Qui te feroyt estre estimé pour veau.
- D'un autre point aussi je t'amoneste:
- Garde toy bien de te grater la teste
- Devant les gens tant qu'à table seras.
- Puces et poux aussy ne chasseras,
- Ni autre beste ou meschante vermine,
- Quoyqu'en ton doz ou en ton col chemine.
-
- * * * * *
-
- Mais de peter garde qu'il ne t'eschappe,
- Retiens ce vent et en dedans l'atrappe,
- Ferme le trou, joins les fesses ensemble
- Et serre fort, encores qu'il te semble
- Que la douleur te deust tant tormenter
- Comme une femme approchant d'enfanter:
- Car pour un pet ord, puant et infame
- Fait à la table, il n'est homme ne femme
- Qui ne te dist que tu es à outrance
- L'un des plus grands archevilains de France.
- J'en dis autant sur ce propos ici
- Si tu avoys ocultement vessi:
- Car quelque cas que die le stoïque[306],
- Le rot, le pet et la vesse impudique
- Sont reprouvez en bonne compaignie.
- Il n'est celui qui sans honte le nie.
-
-Nous avons vu plus haut[307] qu'Érasme prêchait une doctrine contraire
-à celle qui est si poétiquement exposée ici, et qu'en 1613 encore on
-enseignait aux enfants à NE PAS _retenir la ventosité du ventre_. Il
-faut dire, à la louange de nos mœurs, qu'au milieu du dix-septième
-siècle cette théorie n'était plus en faveur. Je n'en veux pour preuve
-que les vers suivants, attribués à Saint-Évremont, et que j'extrais
-d'un petit volume rare publié en 1661[308].
-
-SUR UN PET QU'UN AMANT FIT EN PRÉSENCE DE SA MAISTRESSE.
-
- Unique objet de mes désirs,
- Philis, faut-il que mes plaisirs
- Pour rien se changent en supplices,
- Et qu'au mépris de vostre foy
- Un pet efface les services
- Que vous avez receu de moy?
-
- Je sçay bien, ô charmant objet,
- Que vous avez quelque sujet
- D'estre pour moy toute de glace;
- Et je confesse ingénûment,
- Puisque mon cul fait ma disgrâce,
- Qu'elle n'est pas sans fondement.
-
- Si pourtant cet extrême amour
- Dont j'eus des preuves chaque jour
- Pour un pet s'est changé en haine,
- Vous ne pouviez jamais songer
- A rompre une si forte chaisne
- Pour aucun sujet plus léger.
-
- Mon cœur outré de déplaisirs
- Estoit gros de tant de soûpirs,
- Voyant votre amour si farouche,
- Que l'un d'eux se trouva réduit,
- Ne pouvant sortir par ma bouche,
- A chercher un autre conduit.
-
- S'il est vray qu'on n'ose nier
- La porte à chaque prisonnier
- Alors que la Princesse passe,
- Ce pet pouvoit avec raison
- Vous demander la mesme grâce,
- Puisqu'il se voyoit en prison.
-
- S'il ne s'est pas fort bien conduit,
- Qu'il ait fait quelque peu de bruit
- Lors qu'il se fraya cette voye,
- C'est qu'il estoit si transporté
- Qu'il fit en l'air un cry de joye
- En recouvrant sa liberté.
-
- Hélas! quand je viens à songer
- A ce sujet foible et léger
- Qui cause mon malheur extrême,
- Je m'écrie en ma vive ardeur:
- Falloit-il me mettre moy-même
- Près de vous en mauvaise odeur?
-
- Si pour un pet fait par hazard,
- Vostre cœur où j'ay tant de part
- Pour jamais de moy se retire,
- Voulez-vous que d'oresnavant
- Vous me donniez sujet de dire
- Que vous changez au moindre vent?
-
-
-II
-
-SUR L'ÉPILATION.
-
-
-Clément Marot raille ainsi les barbiers réduits au rôle d'épileurs:
-
- Povres barbiers, vous estes morfonduz
- De veoir ainsi gentilzhommes tonduz
- Et porter barbe. . . . . . . . . . . .
- . . . . . . . . . Plus comtes ne ducz
- Ne peignerez; mais comme gens perduz
- Vous en irez besongner chaudement
- En quelque estuve, et là gaillardement
- Tondre maujoinct et raser priapus[309].
-
-Parmi les talents variés que prétend posséder le _Varlet à tout faire_
-de Christophe de Bordeaux[310], figure l'art de manier dextrement le
-rasoir:
-
- Je suis fort bon barbier d'estuves
- Pour raser et tondre maujoint.
-
-La _Chambrière à tout faire_[311] est prête à rendre le même service
-aux dames plus réservées. Je suis, dit-elle,
-
- Fort bonne barbière d'estuves
- Pour raser et tondre le cas.
-
-L'auteur du _Banquet des chambrières_[312] nous introduit dans des
-étuves où viennent d'entrer trois jeunes servantes délurées, Perrette,
-Alizon et Ysabeau, conduites par une vieille commère, servante comme
-elles. Les quatre femmes ont apporté de quoi déjeuner, mais on les
-invite à se baigner auparavant:
-
- Filles, montés sans babiller;
- Si vous voulez deshabiller,
- Le baing est désormais trop chaud.
-
-Après le bain, la vieille se rendit dans un petit cabinet où
-
- Quelque chambrière ou varlet
- Luy ratissa d'ung vieil cousteau
- Le ventre jusques à la peau.
-
-Elle fut remplacée par Perrette, puis par Alizon,
-
- Ausquelles on faucha leur prez.
-
-Mais Ysabeau avait peur, et refusait de se laisser raser. Elle finit
-cependant par céder:
-
- La vieille ratissa en sorte
- Que Babeau cuydoit estre morte.
- Mais en fin elle fut moult fière
- D'avoir ung si mignon derrière.
-
-Le poëte, qui n'a pas eu tort de garder l'anonyme, nous apprend
-ensuite que Babeau, ayant remis sa chemise, le repas commença:
-
- La nappe fut près du baing mise,
- Le petit banquet appresté.
-
-Au chapitre des redevances curieuses, Sauval raconte que la comtesse
-d'Auge recevait chaque année de ses vassaux un rasoir[313], dont
-l'usage n'est d'ailleurs pas indiqué. Il est certain que, dans le
-peuple et la bourgeoisie, la mode de l'épilation disparut en même
-temps que l'habitude d'aller aux étuves. Un passage des _Facétieuses
-paradoxes de Bruscambille_[314], passage que je ne veux pas
-reproduire, montre bien qu'au seizième siècle la plupart des femmes
-y avaient renoncé. Mais parmi les recherches de la coquetterie à
-cette époque, il faut mentionner la coutume de s'épiler les sourcils,
-de manière à ne conserver au-dessus des yeux qu'une ligne à peine
-visible[315].
-
-Dans le grand monde, l'épilation resta en honneur jusqu'à la fin du
-dix-huitième siècle. En 1766, quand le duc d'Orléans épousa madame
-de Montesson, l'époux reçut la chemise, le soir des noces, avec le
-cérémonial usité à la cour. Le marquis de Valençay la présenta, et
-le prince, se dépouillant de celle qu'il portait, offrit à tous les
-assistants le spectacle d'une épilation complète, suivant les règles
-de la plus brillante galanterie du temps. «Les princes et les grands,
-ajoute Soulavie[316], ne consommaient des mariages ou ne recevaient
-les premières faveurs d'une maîtresse qu'après cette opération
-préalable.»
-
-
-III
-
-
-Voici le passage auquel je fais allusion, page 121:
-
-«Le lendemain, j'entrai chez elle en même temps que sa femme de
-chambre; elle fit tirer les rideaux et se leva. Tandis que ma sœur
-préparait une chemise, madame, qui se trouvait debout vis à vis de
-moi, laissa subitement couler celle qu'elle avait sur le corps, et
-resta nue comme une statue de marbre. J'étais interdit et n'osais
-lever les yeux sur elle... Quand je fus seul avec ma sœur, je lui
-demandai si madame du Châtelet changeait ainsi de chemise devant tout
-le monde; elle me dit que non, mais que devant ses gens elle ne se
-gênait nullement, et elle m'avertit qu'une autre fois, quand pareille
-chose arriverait, je ne fisse pas semblant de m'en apercevoir.
-
-«Cependant, quelques jours après, au moment où elle était, dans
-son bain, elle sonna. Je m'empressai d'accourir dans sa chambre;
-ma sœur, occupée ailleurs, ne s'y trouvait point alors. Madame du
-Châtelet me dit de prendre une bouilloire qui était devant le feu, et
-de lui verser de l'eau dans son bain, parce qu'il se refroidissait.
-En m'approchant, je vis qu'elle était nue, et qu'on n'avait point
-mis d'essence dans le bain, car l'eau en était parfaitement claire
-et limpide. Madame écartait les jambes, afin que je versasse plus
-commodément et sans lui faire mal l'eau bouillante que j'apportais. En
-commençant cette besogne, ma vue tomba sur ce que je ne cherchais pas
-à voir. Honteux et détournant la tête autant qu'il m'était possible,
-ma main vacillait et versait l'eau au hasard: «Prenez donc garde, me
-dit-elle brusquement d'une voix forte, vous allez me brûler.» Force
-me fut d'avoir l'œil à mon ouvrage, et de l'y tenir, malgré moi, plus
-longtemps que je ne voulais.
-
-«Cette aventure me parut encore plus singulière que le changement de
-chemise. Je n'étais pas encore familiarisé avec une telle aisance de
-la part des maîtresses que je servais... J'ai été à même de juger
-que les grandes dames ne regardaient leurs laquais que comme des
-automates. Je suis convaincu que madame du Châtelet dans son bain,
-en m'ordonnant de la servir, ne voyait pas même en cela une ombre
-d'indécence, et que mon individu n'était alors à ses yeux ni plus ni
-moins que la bouilloire que j'avais à la main[317].»
-
-Soulavie[318], de son côté, raconte le fait suivant, bien
-invraisemblable de toute manière, et qui ne se concilie guère avec ce
-que madame Campan nous dit de la réserve que montra toujours sur ce
-point Marie-Antoinette: «Un ecclésiastique remarquable par son âge,
-ses vertus et sa réputation dans une des parties de l'art de guérir,
-appelé auprès de la Reine, la trouva nue, étendue dans un bain. Le
-vieillard recule, elle le rappelle, et il est obligé de lui répondre
-et de rester dans une situation où il pouvait admirer le plus beau
-corps qu'eût jamais produit la nature.»
-
-
-IV
-
-
-J'ai parlé des colères de l'Église contre l'usage des faux cheveux et
-les autres artifices de la coquetterie féminine. Mais les théologiens
-s'exprimaient alors en tel style qu'il est difficile, même ici, de
-citer la plupart d'entre eux, et en particulier les sermons de Menot
-et de Maillard. J'emprunte l'extrait suivant à un moraliste plus
-réservé, le brave père Arnoux, chanoine de Riez:
-
-«Les filles vaines, les femmes hautaines, les veuves mignardes,
-les damoiselles pompeuses et les dames superbes, pour punition de
-l'ornement débordé qu'elles font à leurs cheveux et déguisement de
-leurs sourcilleuses perruques, elles auront la teste pelée, car là
-on ne verra plus ces belles perruques, ces cheveux blonds en forme
-de casamate sur la teste esparpillez et ondoyans sur ces fronts
-emperlez... Et pour punition du desbordement de vos superbes habits,
-en enfer vous serez toutes nuës à vostre grande honte et confusion, de
-quoy les diables feront de très grandes risées, vous reprochant haut
-et clair devant tous toutes vos lubricitez, crimes et paillardises,
-et tout ce que vous aurez fait de plus voluptueux et deshonneste, et
-découvrant ignominieusement à la veuë de tous tout ce qu'en vostre
-corps vous aurez de plus honteux, vous traînant toutes nuës par tout
-l'enfer, à la veuë d'un chacun.
-
-«Ha femmes! ha filles! ha damoiselles! ha mes dames que ne pensez-vous
-à cela? Hélas, vous estes si vergongneuses et craignez tant la honte,
-que pour rien au monde vous ne voudriez permettre qu'un homme vous
-vist nuës une seule fois, et fut-il celuy que vous estimez qui vous
-ayme le plus; et cependant vous n'avisez pas que pour punition de vos
-vanitez et débordemens, mille et autres mille fois on vous traînera
-nuës par tout l'enfer, non devant un homme, mais devant cent mille qui
-à gorge déployée se mocqueront et riront de vous, voyant vos hontes
-et vergongnes. De quelle confusion serez-vous saisies quand vous vous
-verrez ainsi traînées toutes nuës, monstrant à découvert tout ce que
-vous aurez de plus honteux, et menées en tel équipage par tout l'enfer
-mille et mille fois le jour, avec le fanfare des trompettes que les
-diables sonneront avec grandes risées et mocqueries, et criant:
-Voyez, voyez, voicy la paillarde, voicy la p....n, voicy telle dame de
-tel lieu, la nommant par son propre nom et surnom, laquelle tant et
-tant de fois a paillardé, disant le nombre, avec un tel, et tant avec
-un tel, et plusieurs fois avec beaucoup d'autres; voicy la paillarde,
-voicy la p....n, venez, venez la voir!
-
-«Et alors, cent mille et autres cent mille, qui très bien te
-cognoistront, puis tous tes parens, ton père, ta mère, ton mary, et
-tous tes voisins passionnez d'une haine mortelle à l'encontre de toy,
-accourront te voir pour se rire et se mocquer de toy, disant l'un à
-l'autre, la voilà la p....n! la voilà! Puis, s'accordans avec les
-diables pour entièrement te confondre, tous ensemble crieront: Voicy
-la paillarde, voicy la p....n, qu'elle soit donc tourmentée; sus, sus
-les diables! sus démons, sus! sus furies infernales! jetez-vous sur
-cette p....n, et qu'on luy rende autant de tourmens et de supplices
-qu'elle a eu de plaisirs en sa vie!
-
-«Femmes, ce n'est pas moy, mais c'est sainct Jean l'Évangéliste, qui
-dit en son Apocalypse cela estre très véritable[319].»
-
-
-
-
-NOTES:
-
-[1] LARIVEY, _Les tromperies_, scène 4.
-
-[2] «Sanis autem, et maxime juvenibus, tardius concedatur.»
-
-[3] Dom CALMET, _Commentaire sur la règle de saint Benoît_, t. I, p.
-563.
-
-[4] Dom CALMET, _Commentaire sur la règle de saint Benoît_, t. II, p.
-260.
-
-[5] Dom CALMET, _Commentaire sur la règle de saint Benoît_, t. II, p.
-236.
-
-[6] «Lotis manibus et facie, cum tria manutergia pendeant simul
-in claustro, non tergit ad aliud quam quod suis similibus est
-deputatum, quia unum est pueris, alterum cantoribus, tertium idiotis.»
-_Antiquiores consuetudines Cluniacensis monasterii_, lib. II, cap. X,
-p. 62.
-
-[7] _Commentaire_, etc., t. II, p. 275 et 276.
-
-[8] CLAUDE DE VERT, _Explication des cérémonies de l'Église_, t. II,
-p. 370.
-
-[9] Voy. les _Mémoires de la duchesse de Mazarin_, dans les Œuvres de
-SAINT-RÉAL, t. III, p. 578.
-
-[10] Tome I, p. 487.
-
-[11] Voy. J.-B. ALEGIANI, _Abrégé de la vie de B. Labre_, p. 48.—
-MARCONI, _Vie de B. Labre_, p. 127.
-
-[12] JAILLOT, _Recherches sur Paris_, quartier de la Cité, p. 26.
-
-[13] Archives de Saint-Martin des Champs, citées par JAILLOT, quartier
-Saint-Martin, p. 15.
-
-[14] JAILLOT, quartier Saint-Jacques-la-Boucherie, p. 65.
-
-[15] JAILLOT, quartier Saint-Denis, p. 37.
-
-[16] JAILLOT, quartier Sainte-Opportune, p. 10.
-
-[17] JAILLOT, quartier Saint-Benoît, p. 103.
-
-[18] JAILLOT, quartier Saint-André, p. 46.
-
-[19] JAILLOT, quartier Saint-André, p. 48.
-
-[20] JAILLOT, quartier Saint-Martin, p. 15.
-
-[21] _Lévitique_, chap. XV.
-
-[22] Censier, cité par JAILLOT, quartier de la Cité, p. 155.
-
-[23] Alors _rue des Estuves_.
-
-[24] Alors _rue de Vernueil_.
-
-[25] Alors _rue Aussel d'Argenteuil_.
-
-[26] Jour.
-
-[27] Sans différer.
-
-[28] Voy. dans cette collection le volume intitulé: _L'annonce et la
-réclame_.
-
-[29] Titre LXXIII.
-
-[30] Article 1.
-
-[31] Article 2.
-
-[32] Article 4.
-
-[33] Manuscrit du fonds de Saint-Germain, cité par V. GAY, _Glossaire
-archéologique_, p. 105.
-
-[34] Serment.
-
-[35] Article 4.
-
-[36] Il se trouve seulement dans le manuscrit le moins ancien du
-_Livre des métiers_.
-
-[37] Article 4.
-
-[38] Article 6.
-
-[39] Article 5.
-
-[40] _Les cent et sept cris, que l'on crie journellement à Paris_,
-etc., 1545, in-12.
-
-[41] _Chroniques_, liv. II, chap. CLXIII; édit. Buchon, t. II, p. 215.
-
-[42] Voy. le _Glossaire archéologique_ de GAY, p. 104.
-
-[43] DOUËT-D'ARCQ, _Comptes de l'hôtel_, p. 353 et 390.
-
-[44] DOUËT-D'ARCQ, _Comptes de l'argenterie_, p. 230 et 350.
-
-[45] Inventaire publié par J. Labarte, p. 75, 184 et 199.
-
-[46] Firent grande chère.
-
-[47] Maîtresse du Roi.
-
-[48] _Chronique_, édit. MICHAUD, 1re série, t. IV, p. 280 et 281.
-
-[49] Voy. entre autres, dans les _Cent nouvelles nouvelles_, les
-contes I et III.
-
-[50] Il ne faut pas oublier que la Cité finissait alors à peu près à
-l'endroit où s'élève aujourd'hui le grand escalier du Palais, sur la
-rue de Harlay.
-
-[51] _Antiquités de Paris_, t. II, p. 273, 274 et 280.
-
-[52] Édition de 1731, t. VI, p. 257.
-
-[53] Voy. TALLEMANT DES RÉAUX, _Historiettes_, t. I, p. 147.
-
-[54] _La ruelle mal assortie_, dans le _Nouveau recueil des pièces les
-plus agréables de ce temps_, p. 114.
-
-[55] _La contenance de la table_, in-8º goth. de 8 pages.
-
-[56] «Si quid in solum dejectum est, emuncto duobus digitis naso, mox
-pede proterendum est.» _De civilitate morum_, p. 12.
-
-[57] _Historiettes_, t. I, p. 493.
-
-[58] _Le voyageur à Paris, tableau pittoresque et moral de cette
-capitale_, t. II, p. 95.
-
-[59] «Subinde scabere caput apud alios parum decet.» P. 22.
-
-[60] Page 44.
-
-[61] Page 26.
-
-[62] _Journal de Jean Héroard_, t. I, p. 386.—Sur ce sujet, voy. aussi
-TALLEMANT DES RÉAUX, t. I, p. 37, et le _Journal de la santé de Louis
-XIV_, p. 329.
-
-[63] _Historiettes_, t. I, p. 8.
-
-[64] _Aventures du baron de Fæneste_, liv. IV, chap. VII.
-
-[65] Sœur.
-
-[66] Aurez.
-
-[67] Mal couverte.
-
-[68] Querelleuse.
-
-[69] Tome I, p. 171.
-
-[70] _Le procès des femmes et des pulces_. Paris, in-8º goth.
-
-[71] Paris, 1539, in-32, p. 18.
-
-[72] Voy. B. DE MONTFAUCON, _Monumens de la monarchie françoise_, t.
-V, p. 314.
-
-[73] Dans le _Nouveau recueil des pièces les plus agréables de ce
-temps_, p. 1 et suiv.
-
-[74] Pages 15 à 17.
-
-[75] Les actes officiels les nomment dans la suite _Barbiers_,
-_Perruquiers_, _Baigneurs_, _Étuvistes_.
-
-[76] Bibliothèque nationale, manuscrits Delamarre, Arts et métiers, t.
-II, fº 112.
-
-[77] J. B. DE LA SALLE, _Les règles de la bienséance et de la civilité
-chrétienne_, p. 11.
-
-[78] _Mémoires_, édition PETITOT, t. XXXVI, p. 354, et t. XXXIX, p.
-384.
-
-[79] _Journal de la santé de Louis XIV_, p. 320.
-
-[80] TALLEMANT DES RÉAUX, t. I, p. 112, et t. IX, p. 370.
-
-[81] Pages 10 à 15.
-
-[82] _Nouveau traité de la civilité qui se pratique en France parmi
-les honnestes gens_, par Ant. DE COURTIN, 1675, in-12. Je cite la
-huitième édition, imprimée en 1695.
-
-[83] Page 75.
-
-[84] Page 263.
-
-[85] Voy. aussi l'_Histoire de la coiffure des dames en France_, par
-G. D'ÈZE et A. MARCEL, qui vient de paraître chez Ollendorff.
-
-[86] _Galonner_ la barbe ou les cheveux, c'était les diviser en
-plusieurs touffes autour desquelles on enroulait des fils d'or ou
-d'argent. Le sens actuel du mot galonner est venu de là. On nommait
-_gallon_ l'instrument employé pour galonner la barbe ou la chevelure.
-
-[87] TALLEMANT DES RÉAUX, t. II, p. 246.
-
-[88] Dans Éd. FOURNIER, _Variétés historiques_, t. X, p. 29.
-
-[89] Tome VII, p. 164.
-
-[90] Tome II, p. 23.
-
-[91] Voy. MÉNAGE, _Dictionnaire étymologique_, édit. de 1750, au mot
-_Cadenette_; et TALLEMANT DES RÉAUX, t. Ier, p. 399.
-
-[92] Page 17.
-
-[93] _Vers à la Fronde sur la mode des hommes._
-
-[94] _La pompe funèbre de Voiture_, dans les _Œuvres_ de Sarazin,
-édit. de 1696, p. 259.
-
-[95] C'était là un usage déjà ancien, car on lit dans la _Description
-de l'isle des Hermaphrodites_: «Quand cela estoit parachevé, il en
-venoit un autre (_un homme_) ayant en la main un petit pinceau de fer,
-duquel il se servoit pour tirer l'abondance des poils des sourcils, et
-n'y laisser qu'un traict fort délié pour faire l'arcade.» Page 10.
-
-[96] _Dictionnaire de Trévoux_, édit. de 1771.
-
-[97] _Diverses leçons_ [1625], liv. Ier, chap. XXI; t. II, p. 141 et
-148.
-
-[98] Voy. _Les hommes illustres_ de PERRAULT, édit. de 1696.
-
-[99] CLÉMENT d'Alexandrie, _Pædagogus_, lib. III, cap. XI.
-
-[100] TERTULLIEN, _De cultu feminarum_, lib. II, cap. VII.—M.
-Quicherat, qui traduit inexactement ce passage, en tire la conclusion
-inexacte que l'exploitation des têtes vivantes n'était pas alors
-pratiquée. Voy. son _Histoire du costume_, p. 189.
-
-[101] Édit. Lalanne, t. VIII, p. 35.
-
-[102] Édit. Téchener, t. I, p. 148.
-
-[103] Edit. elzévirienne, t. II, p. 292.—Voyez aussi la _Description
-de l'isle des Hermaphrodites_, p. 114.
-
-[104] L'auteur n'a pas osé dire: par courtisanerie.
-
-[105] J. B. THIERS, _Histoire des perruques_, p. 28.
-
-[106] _Mœurs des François_, p. 233.
-
-[107] _Lettres historiques_, 13 août 1673, t. I, p. 396.
-
-[108] _Journal_, 27 novembre 1687, t. II, p. 71.
-
-[109] Tome II, p. 40.
-
-[110] Comte D'HÉSECQUES, _Souvenirs d'un page_, p. 152.
-
-[111] Binet demeurait rue des Petits-Champs. Legrain, premier barbier
-de Monsieur, logeait au Palais-Royal.
-
-[112] TRABOUILLET, _État de la France pour 1712_, t. Ier, p. 255, 258,
-262 et 307.
-
-[113] _Journal de la santé de Louis XIV_, p. 261, 304, 311, 331, 335
-et 338.
-
-[114] _Encyclopédie méthodique_, Arts et métiers, t. VI, p. 259.
-
-[115] NICOLAS DE BLEGNY, _Le livre commode pour 1692_, t. II, p. 41.
-
-[116] Voy. SAVARY, _Dictionnaire du commerce_, t. Ier, p. 746.
-
-[117] _Lettre d'un Sicilien_, édit. V. Dufour, p. 42.
-
-[118] Terminée par une longue boucle entre deux nœuds.
-
-[119] Chiffres de renvois de la gravure ci-contre:
-
-Fig. 1-2, intérieur et extérieur d'une perruque en bonnet.
-
-— 3-4, intérieur et extérieur d'une perruque à bourse.—A, la bourse.
-BB, les jarretières.
-
-— 5-6, intérieur et extérieur d'une perruque à nœuds.—AA, les nœuds.
-B, le boudin.
-
-— 7, nœud de la même perruque.
-
-— 8, boudin.
-
-— 9, bourse à rosette.—BB, les cordons.
-
-— 10-11, intérieur et extérieur d'une perruque naissante.
-
-— 12-13, intérieur et extérieur d'une perruque d'abbé.—AA, la tonsure.
-
-— 14-15, intérieur et extérieur d'une perruque à la brigadière.—AA,
-les boudins. B, la rosette.
-
-— 16, boudins de la même perruque.
-
-— 17, rosette.—AA, les cordons.
-
-[120] _Le mode françois_, p. 418.
-
-[121] Voy. BONAV. D'ARGONNE, _Mélanges de littérature_, t. III, p.
-443.—_Dictionnaire de Trévoux_, t. II, p. 444.
-
-[122] _Chronique_, liv. I, année 1417; édit. Douët-d'Arcq, t. III, p.
-228.
-
-[123] Édit. de 1881, tome II, p. 275.
-
-[124] Repoussait.
-
-[125] _Journal sur l'enfance et la jeunesse de Louis XIII_, t. I, p.
-181.
-
-[126] _Journal sur l'enfance et la jeunesse de Louis XIII_, t. I, p.
-221.
-
-[127] Voy. TH. RAYNAUD, _De pileo_, dans Grævius, _Thesaurus
-antiquitatum_, t. VI, p. 1230.
-
-[128] Voy. _Extrait inédit des mémoires du baron de Breteuil_, dans
-Éd. FOURNIER, _Variétés historiques_, t. X, p. 107.
-
-[129] _Les bienséances de la conversation entre hommes_, p. 10.
-
-[130] Antoine DE COURTIN, édition de 1695, p. 126.
-
-[131] Abbé DE BELLEGARDE, _Modèles de conversations pour les personnes
-polies_ (1723), p. 484.
-
-[132] _Mémoires_, 28 août 1738; t. II, p. 201.
-
-[133] J. B. DE LA SALLE, _Les règles de la bienséance et de la
-civilité chrétienne_, p. 54.
-
-[134] _Histoire amoureuse des Gaules_, édit. elzévir, t. Ier, p. 47.
-
-[135] _Traité de la civilité_, p. 19 et 21.
-
-[136] _La contre-mode_, p. 78 et suiv.
-
-[137] _Traité de la civilité_, p. 104.
-
-[138] Antoine DE COURTIN, p. 14 et 104.
-
-[139] _Mémoires de Sully_, édit. de l'abbé de l'Écluse, t. II, p. 603.
-
-[140] _Mémoires de Loménie de Brienne_, t. II, p. 168.
-
-[141] Voy. le _Dictionnaire de Trévoux_, t. VII, p. 517.
-
-[142] Duc DE LUYNES, _Mémoires_, 27 décembre 1735; t. I, p. 55.
-
-[143] Duc DE LUYNES, _Mémoires_, 18 octobre 1736; t. I, p. 112.
-
-[144] Voy. une lettre de mad. DE SÉVIGNÉ du 26 mai 1683, t. VII, p.
-238.
-
-[145] Mad. DE GENLIS, _Étiquette de la cour_, t. I, p. 187.
-
-[146] Le placet était un large tabouret. J. Nicot le définit ainsi:
-«Façon de petit siége sans dossier ni accoudoir.» (_Thrésor de la
-langue françoise_, édition de 1621, p. 483.) On trouve un de ces
-siéges représenté dans les _Blasons domestiques_ de Gilles CORROZET,
-édit. de 1539. On enviait fort le droit au placet à l'époque où
-l'étiquette de la cour tenait assises par terre les plus grandes
-dames. Le placet est encore cité dans _le Lutrin_:
-
- En achevant ces mots, cette amante enflammée
- Sur un placet voisin tombe demi pâmée.
-
- (CHANT II.)
-
-[147] _Nouvelles tragi-comiques_, édit. de 1727, t. II, p. 96.
-
-[148] Acte II, sc. 1.
-
-[149] MOLIÈRE, _l'Impromptu de Versailles_, remercîment au Roi.
-
-[150] _Lettres_, t. III, p. 219.
-
-[151] Paris, 1639, in-12. Réimprimé en 1681.
-
-[152] Paris, 1675, in-12, p. 352.
-
-[153] _Mémoires de Grammont_, chap. III.
-
-[154] Louis GUYON, _Diverses leçons_ (1625), t. II, p. 138, liv. I,
-ch. XX.
-
-[155] Voir le _Journal d'Héroard_, t. I, p. 49 et 380.
-
-[156] A la tempe.
-
-[157] TALLEMANT DES RÉAUX, _Historiettes_, t. IV, p. 335.
-
-[158] _La contre-mode_ (1642), p. 373.
-
-[159] Page 27.
-
-[160] _Suite des maximes morales et chrestiennes_, p. 22.
-
-[161] _Recueil de pièces en prose les plus agréables de ce temps_, p.
-16.
-
-[162] _Mémoires de madame la duchesse de Mazarin_, dans les Œuvres de
-Saint-Réal, t. III, p. 577.
-
-[163] Voy. _La faiseuse de mouches_, dans le recueil cité ci-dessus.
-
-[164] _La mouche et la fourmi_, liv. IV, fable 3.
-
-[165] _Livre commode_, t. II, p. 76.
-
-[166] Madame de GENLIS, _Mémoires_, t. IX, p. 222.
-
-[167] Madame de GENLIS, _Dictionnaire des étiquettes_, t. I, p. 406.
-
-[168] D'AUBIGNÉ, _Tragiques_, liv. II, édit. Réaume et de Caussade, t.
-IV, p. 94.
-
-[169] Poudre parfumée.
-
-[170] _Description de l'isle des Hermaphrodites_, édit. de 1724, p. 10.
-
-[171] _Journal du règne de Henri IV_, 8 décembre 1593.
-
-[172] André Boullanger, religieux Augustin.
-
-[173] TALLEMANT DES RÉAUX, t. IV, p. 333.
-
-[174] _Le satyrique de la court_ (1624), dans Éd. FOURNIER, _Variétés
-historiques_, t. III, p. 253.
-
-[175] L. GUYON, _Diverses leçons_, t. II, p. 137.
-
-[176] Madame DE GENLIS, _Dictionnaire des étiquettes_, t. II, p. 68.
-
-[177] _Vers à la Fronde sur la mode des hommes._
-
-[178] _Vengeance des femmes contre les hommes, satyre nouvelle contre
-les petits-maîtres_, 1704, in-8º.
-
-[179] Voir un arrêt du 4 juillet 1689, rendu contre Jean Fournereau
-et Jean Furon, marchands merciers, chez qui on avait saisi «un grand
-mortier et quatre tamis à battre et passer la poudre à poudrer les
-cheveux».—Un autre arrêt, daté du 9 juillet 1715, est plus explicite
-encore.
-
-[180] Voir un arrêt du 18 mai 1726, qui confirme le droit accordé aux
-barbiers par leurs statuts de «faire fabriquer chez eux des poudres,
-savonnettes, opiats, essences, quintessences, pâtes, etc.», mais à la
-condition que tous ces produits seront «pour leur usage particulier et
-consommés dans leurs boutiques et maisons, sans qu'il leur soit permis
-d'en pouvoir vendre et débiter, ni même d'en faire étalage à leur
-boutique.»
-
-[181] L'article 33 des statuts des amidonniers-cretonniers leur
-interdit de vendre l'amidon en poudre, leur défend même d'«avoir aucun
-outil ou ustensile propre à réduire l'amidon en poudre».
-
-[182] MERCIER, _Tableau de Paris_, ch. CVII, t. V, p. 131.
-
-[183] _Le mode françois_, p. 419.
-
-[184] Voir MERCIER, _Tableau de Paris_, t. I, p. 100.—«Tel aristocrate
-dépensait en farine autant pour ses cheveux que pour son estomac.»
-_Nouveau Paris_, t. II, p. 156.
-
-[185] _État de la France en 1789_, p. 510.
-
-[186] _Histoire du costume en France_, p. 619.
-
-[187] _Statuts et règlemens pour la communauté des
-Barbiers-Perruquiers-Baigneurs-Étuvistes de la ville, fauxbourgs et
-banlieuë de Paris._ In-4º. Souvent réimprimés.
-
-[188] Article 1.
-
-[189] Article 3.
-
-[190] Article 9.
-
-[191] Article 8.
-
-[192] Voy. dans cette collection: _L'annonce et la réclame_.
-
-[193] Bibliothèque nationale, manuscrits DELAMARRE, _Arts et métiers_,
-t. IV, p. 59.
-
-[194] Article 44.
-
-[195] Article 46.
-
-[196] Article 14.
-
-[197] Elles étaient autorisées à continuer le commerce de leur mari.
-
-[198] Article 17.
-
-[199] Article 48.
-
-[200] Arrêt du 29 novembre.
-
-[201] Arrêt du 16 septembre.—C'est encore le chiffre que fournit
-Savary en 1740. Voy. _Dictionnaire du commerce_, t. II, p. 424.
-
-[202] Article 26.
-
-[203] Article 28.
-
-[204] Articles 29, 30, 39.
-
-[205] Article 55.
-
-[206] Article 47.
-
-[207] Article 54.
-
-[208] Article 42.
-
-[209] Article 60.
-
-[210] Article 58.
-
-[211] Article 59.
-
-[212] Voy. FORGEAIS, _Numismatique des corporations_, p. 93.
-
-[213] Article 21.
-
-[214] Aujourd'hui rue Nicolas-Flamel.
-
-[215] Aujourd'hui rue Chapon.
-
-[216] DE FRANQUEVILLE, _Le miroir de l'art et de la nature_, p. 197.
-
-[217] Tome I, p. 183.
-
-[218] SAUVAL, _Antiquitez de Paris_, t. II, p. 146 et 245.
-
-[219] _Mémoires sur la vie de madame de Sévigné_, t. II, p. 39.
-
-[220] «Je suis trop raisonnable pour trouver étrange que, la veille
-d'un départ, on couche chez des baigneurs.» _Lettre de madame de
-Sévigné à Bussy_, 26 juin 1655.
-
-[221] Acte I, scène 5.
-
-[222] _Mémoires_, édition de 1881, t. I, p. 499.
-
-[223] La Vienne, devenu gentilhomme ordinaire de la maison du Roi,
-mourut en 1710, à l'âge de quatre-vingts ans. Il fut remplacé par son
-fils Champcenetz, qui avait depuis longtemps la survivance de cette
-charge. Voy. le _Journal_ de Dangeau, 13 mars 1702, t. VIII, p. 351;
-et 12 août 1710, t. XIII, p. 225.
-
-[224] _État de la France pour 1672_, t. I, p. 92.
-
-[225] _Le livre commode pour 1692_, t. I, p. 182.
-
-[226] HURTAUT et MAGNY, _Dictionnaire historique de Paris_, t. I, p.
-513 et 517.
-
-[227] Madame de GENLIS, _Mémoires_, t. I, p. 256.
-
-[228] MEURISSE, _L'art de saigner_, p. 382.
-
-[229] Comte de REISET, _Livre-Journal de madame Éloffe_, t. I, p. 250.
-
-[230] Madame CAMPAN, _Mémoires_; éclaircissements historiques, t. II,
-p. 323.
-
-[231] Madame CAMPAN, _Mémoires_, ch. IV, t. I, p. 104.
-
-[232] Voir une curieuse anecdote racontée par LONGCHAMP et WAGNIÈRE,
-_Mémoires sur Voltaire_, t. II, p. 119 et suiv.
-
-[233] Tome I, p. 128.
-
-[234] Édit. elzévirienne, p. 196.
-
-[235] JÈZE, _État ou tableau de la ville de Paris_, p. 336.
-
-[236] Paris, 1754, in-8º, p. 187.
-
-[237] THIÉRY, _Guide des amateurs et des étrangers_, t. II, p. 136.
-
-[238] Voy. les _Mémoires secrets_ dits de Bachaumont, 18 juin et 16
-juillet 1785, et 10 septembre 1786; t. XXIX, p. 79 et 121; t. XXXIII,
-p. 19.
-
-[239] THIÉRY, _Guide des amateurs et des étrangers_, t. II, p. 133 et
-suiv.
-
-[240] Voy. _l'Encyclopédie méthodique_, arts et métiers, t. VI, p.
-311.—Voici l'explication des lettres de renvoi qui figurent sur la
-planche ci-contre:
-
- FF passages,
- GG escaliers pour monter au premier,
- H aisances,
- M chambres de bains,
- N chambres à lit,
- O chaudière,
- R fourneau,
- S dessous du fourneau,
- T baignoires,
- V lits,
- XX réservoirs,
- c logement du concierge,
- dd lingerie des hommes,
- gg lingerie des femmes,
- hh fond du bateau.
-
-[241] THIÉRY, _Guide des amateurs_, etc., t. I, p. 286; t. II, p. 593
-et 595.
-
-[242] _Historiettes_, t. V, p. 412.
-
-[243] _Muze historique_ du 12 novembre 1658.
-
-[244] Après sa mort, une comédie, intitulée _Champagne le Coiffeur_,
-fut représentée sur le théâtre du Marais. Elle a été publiée en 1663.
-
-[245] Tome II, p. 117.
-
-[246] _Lettre_ du 4 avril 1671; t. II, p. 143.
-
-[247] Tome II, p. 41.
-
-[248] Voy. madame de GENLIS, _Mémoires_, t. II, p. 224.
-
-[249] Il finit aussi malheureusement que Champagne. Il mourut étouffé,
-en 1770, aux fêtes données à l'occasion du mariage du Dauphin. Voir
-les _Mémoires secrets_ dits de Bachaumont, 4 juin 1770, t. XIX, p. 187.
-
-[250] Il avait été cuisinier chez le marquis de Bellemare; c'est
-Legros lui-même qui nous l'apprend, et il ajoute: «J'ai fait un livre
-de cuisine qui n'est point imprimé, parce que je n'ai point encore eu
-le temps de le finir.»
-
-[251] _Pour les Coëffeurs de dames de Paris contre la communauté des
-maîtres Barbiers-Perruquiers-Baigneurs-Étuvistes._
-
-[252] _Mémoires secrets_, t. IV, p. 184.
-
-[253] _Mémoires secrets dits de Bachaumont_, 5 septembre 1777, t. X,
-p. 213.—La somme de six cents livres fut réduite à trois cents par
-arrêt du conseil du 9 avril 1778. Voy. _Recueil de règlemens pour les
-corps et communautés d'arts et métiers_, 1779, in-4º, p. 193 et 248.
-
-[254] Paris, 1777, Supplément, p. 15.
-
-[255] Voy. les gravures de modes conservées à la Bibliothèque de la
-Ville de Paris et à la Bibliothèque nationale; et, pour les années
-1785 à 1788, le _Magasin des modes_.
-
-[256] _Modèles de conversations pour les personnes polies_, p. 454.
-
-[257] 26 avril 1774, t. VII, p. 165.
-
-[258] _Quatrième mémoire à consulter_, p. 111.
-
-[259] Voir la _Correspondance secrète_ de Métra, 9 janvier 1775, t. I,
-p. 158.
-
-[260] _Les panaches ou les coëffures à la mode_, comédie en un acte.
-Paris, 1778, in-8º.
-
-[261] _Mémoires_, ch. IV, t. I, p. 96.
-
-[262] BACHAUMONT, 6 novembre 1778, t. XII, p. 154.
-
-[263] «Il est de la modestie et de l'honnêteté de ne pas toucher ses
-cheveux sans nécessité. C'est pourquoi il n'y faut mettre que très-peu
-de poudre, parce que la trop grande quantité engendre de la vermine,
-qui engage quelquefois les jeunes gens à imiter certaines dames qui
-frappent la tête avec le doigt dans les endroits où cette vermine se
-fait sentir.» J. B. DE LA SALLE, _Règles de la bienséance_, p. 8.
-
-[264] MERCIER, _Tableau de Paris_, chap. CCCXXXIX, t. IV, p. 212.
-
-[265] On appelait _marron_ une grosse boucle de cheveux ordinairement
-nouée avec un cordon. _Marronner_, c'était friser à grosses boucles;
-le mot est dans Littré.
-
-[266] _Mémoires d'un voyageur qui se repose_, t. III, p. 42.
-
-[267] MERCIER, _Tableau de Paris_, t. II, p. 192.
-
-[268] _Tableau de Paris_, t. VI, p. 46.
-
-La gravure de Cochin, que nous reproduisons ci-contre, prouve que
-toutes les boutiques de barbiers ne ressemblaient pas à celle décrite
-par Mercier. Voici l'explication des lettres de renvoi:
-
- _a_, garçon occupé à faire la barbe.
- _b_, garçon occupé à accommoder une perruque.
- _c_, une femme occupée à tresser.
- _d_, deux ouvriers occupés à monter des perruques.
- _e_, un ouvrier occupé à faire chauffer des fers à friser.
- _f_, particulier qui ôte la poudre de dessus son visage.
-
-[269] 26 juin 1780, t. XV, p. 210.
-
-[270] _Mémoires_, chap. IV, t. I, p. 100.
-
-[271] Duc DE CHOISEUL, _Relation du départ de Louis XVI_, p. 69 et
-suiv.
-
-[272] _Libellus de moribus in mensa servandis, Joanne Sulpitio
-Verulano authore. Cum familiarissima et rudi juventuti aptissima
-elucidatione gallicolatina Gulielmi Durandi._ Comme tous les traités
-de civilité, celui-ci est d'une extrême rareté. L'édition dont je me
-suis servi est celle de 1577 (Paris, Buon, in-12).
-
-[273] _Coma._
-
-[274] _Scabies._
-
-[275] La première édition de ce livre parut à Bâle en 1530, sous ce
-titre: _De civilitate morum puerilium, per Des. Erasmum nunc primum et
-conditus et æditus._
-
-[276] _Declamation contenant la manière de bien instruire les enfans
-dès leur commencement. Avec un petit traicté de la civilité puérile._
-Le tout translaté nouvellement de latin en françois par Pierre SALIAT.
-Paris, Simon de Colines, 1537, in-12.
-
-[277] Le mot _aucunement_ signifiait alors un peu, en quelque façon,
-etc. C'est la traduction littérale du latin _aliquatenus_.
-
-[278] _Catoblepæ_, petits animaux originaires d'Éthiopie, et dont le
-regard tue; aussi ont-ils soin de tenir toujours la tête baissée.
-C'est Pline qui affirme tout cela (lib. VIII, cap. XXXII).
-
-[279] Le derrière de la tête. Le texte porte _sufficare occipitium_.
-
-[280] _Motacillarum_, des hochequeue.
-
-[281] Lieux d'aisances.
-
-[282] C'est la traduction brutale mais exacte du mot _oletum_.
-
-[283] _La civile honesteté pour les enfans_, par C. CALVIAC. Paris,
-1560, in-12.—Calviac ne cite pas le nom d'Érasme, et on l'a jusqu'ici
-regardé comme l'auteur de cette plaquette très-rare, dont un
-exemplaire a été vendu 505 francs à la vente Pichon. C'est la première
-Civilité qui ait été imprimée avec les caractères dits _de civilité_.
-
-[284] _La civilité morale des enfans, composée en latin par Érasme,
-traduicte en françois par Claude Hardy, parisien, eagé de neuf ans._
-Paris, Jean Sara, 1613, in-8º.—La dédicace au Roi se termine ainsi:
-«Depuis que j'ay eu le bon-heur d'avoir, par un heureux rencontre,
-parlé à vostre Majesté dedans vostre jardin des Thuilleries, par deux
-diverses fois, et après avoir remarqué tant de rares perfections que
-le ciel prodigue a thesaurisé en vostre personne, j'ay mille fois
-pensé combien est heureuse la condition de ceux qui sont proches de
-vous, et sont employez à vostre service, sans esperer jamais de ma
-bonne fortune autre chose, sinon que d'avoir l'heur d'estre recongneu
-de vous comme celuy qui desire estre toute sa vie, Sire, de vostre
-royale Majesté, tres-humble serviteur et subjet, CLAUDE HARDY.»
-
-[285] Voy. l'_Heautontimorumenos_.
-
-[286] «Lotium remorari valetudini perniciosum, secreto reddere
-verecundum. Sunt qui præcipiant ut puer, cumpressis natibus, ventris
-flatum retineat. Atqui civile non est, dum urbanus videri studes,
-morbum accersere. Si licet secedere, solus id faciat; sin minus,
-juxta vetustissimum proverbium tussi crepitum dissimulet. Alioqui cur
-non eadem opera præcipiunt ne alvum dejiciant, quum remorari flatum
-periculosius sit quam alvum stringere?»
-
-[287] Voy. l'_Eunuque_.
-
-[288] Je ne donne aucun extrait de l'ouvrage suivant, qui n'est qu'une
-mauvaise imitation d'Érasme: _La civilité honneste pour l'instruction
-des enfans. En laquelle est mis au commencement la manière d'apprendre
-à bien lire, prononcer et escrire. A Paris, par Pierre Ménier, portier
-de la porte Sainct Victor._ 1625, in-12.
-
-[289] Dès 1685, cet ouvrage avait eu huit éditions. Il n'en est pas
-moins rare.
-
-[290] Les sonnettes mises en mouvement par des fils de fer ne
-remontent pas au delà du règne de Louis XV; mais on avait depuis
-longtemps dans les appartements des timbres et des sonnettes posées
-sur les tables.
-
-[291] Le ruisseau étant au milieu de la rue, la politesse voulait que
-l'on abandonnât la partie de la chaussée qui bordait les maisons.
-C'est ce que l'on appelait _céder le haut du pavé_.
-
-[292] Souvent réimprimée.
-
-[293] Dépense en habits, penchant à se vêtir richement.
-
-[294] Voy. ci-dessus, p. 190.
-
-[295] Ouvrage qui a eu un nombre considérable d'éditions, et qui se
-réimprime encore aujourd'hui.
-
-[296] Il ne faut pas oublier que l'auteur était «prêtre, docteur en
-théologie, et instituteur des Frères des écoles chrétiennes».
-
-[297] _Pantagruel_, liv. II, chap. XVI.
-
-[298] Ayant droit de s'asseoir.
-
-[299] Il y a dans le texte: «Anzi porta una capigliata finta, per il
-più tutta ricca e bella.»
-
-[300] Voyez ci-dessus, p. 26 et suivantes.
-
-[301] Il y a dans le texte: _Iveram redditum urinam_.
-
-[302] _Non ausim dicere sine præfatione honoris._
-
-[303] _Usui est ad tergendum nates in latrina._
-
-[304] _Deinde egressus cubiculo, descendi infra, urinam in aera
-reddidi ad parietem._
-
-[305] Voyez ci-dessus, p. 163.
-
-[306] Quoi qu'en disent les stoïciens.
-
-[307] Pages 28 et 179.
-
-[308] _Recueil de poësies de divers autheurs._ In-18. Deuxième partie,
-p. 4.
-
-[309] Édition de 1731, t. VI, p. 257.
-
-[310] _Anciennes poésies françoises_ (bibliothèque elzévirienne), t.
-I, p. 84.
-
-[311] _Anciennes poésies françoises_, t. I, p. 103.
-
-[312] _Ibid._, t. II, p. 284.
-
-[313] _Antiquitez de Paris_, t. II, p. 465.
-
-[314] Rouen, 1615, in-18, p. 24.
-
-[315] Voy. A. D'EMBRY, _Description de l'isle des hermaphrodites_, p.
-10, et GABRIEL DE MINUT, _De la beauté_, p. 145.
-
-[316] _Mémoires du règne de Louis XVI_, t. II, p. 99.
-
-[317] LONGCHAMP et WAGNIÈRE, _Mémoires sur Voltaire_, t. II, p. 119 et
-suiv.
-
-[318] _Mémoires du règne de Louis XVI_, t. VI, p. 9.
-
-[319] _Les merveilles de l'autre monde_, 1665, in-18, p. 65.
-
-
-
-
-TABLE DES MATIÈRES
-
- Page
-
- I 1
-
- II 44
-
-III 105
-
-ÉCLAIRCISSEMENTS 163
-
- I EXTRAIT DE LA CIVILITÉ DE JEAN SULPICE 163
-
- II EXTRAIT DE LA CIVILITÉ D'ÉRASME 165
-
- III EXTRAIT DE LA CIVILITÉ D'ÉRASME 169
-
- IV EXTRAIT DE LA CIVILITÉ D'ÉRASME 173
-
- V EXTRAIT DU Nouveau Traité de la civilité qui se pratique
- en France parmi les honnestes gens 182
-
- VI EXTRAIT DE La civilité puérile et honneste, dressée par
- un missionaire 193
-
- VII EXTRAIT DES Règles de la bienséance et de la civilité
- chrétienne 199
-
-INDEX ALPHABÉTIQUE 209
-
-ADDITIONS 221
-
-APPENDICE 1
-
- I EXTRAIT DE LA Civilité DE JEAN SULPICE 6
-
- II SUR L'ÉPILATION 9
-
- III 12
-
- IV 14
-
-
-
-
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- The Project Gutenberg eBook of La Vie Privée d'Autrefois, by Alfred Franklin.
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-<pre>
-
-The Project Gutenberg EBook of La vie privée d'autrefois : Arts et
-métiers : modes, moeurs, usages des, by Alfred Franklin
-
-This eBook is for the use of anyone anywhere in the United States and most
-other parts of the world at no cost and with almost no restrictions
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-
-
-
-Title: La vie privée d'autrefois : Arts et métiers : modes, moeurs, usages des parisiens du XIIe au XVIIIe siècle
- Les soins de toilette -- Le savoir vivre
-
-Author: Alfred Franklin
-
-Release Date: November 28, 2017 [EBook #56072]
-
-Language: French
-
-Character set encoding: UTF-8
-
-*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK LA VIE PRIVÉE D'AUTREFOIS : ***
-
-
-
-
-Produced by Isabelle Kozsuch, Christian Boissonnas and the
-Online Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net
-(This file was produced from images generously made
-available by The Internet Archive/Canadian Libraries)
-
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-
-</pre>
-
-<div class="transnote covernote">
- <p class="noindent"> La couverture de ce livre électronique a été crée par le
- transcripteur; l’image a été placée dans le domaine public.</p>
-</div>
-
-<div class="transnote">
- <p class="larger">Note de Transcription:</p>
- <ul>
- <li>Les erreurs clairement introduites par le typographe ont été corrigées.
- L'orthographe et la ponctuation d'origine ont été conservées et n'ont pas
- été harmonisées.</li>
- <li>La Table des Matières se trouve <a href="#TABLE_DES_MATIERES">en fin de
- livre</a> et a été créée par le transcripteur.</li>
- </ul>
-</div>
-
-<hr class="nonvis" />
-
-<p class="ac p4"><span class="xx-larger">LA VIE PRIVÉE</span><br /><br />
- <span class="larger">D'AUTREFOIS</span></p>
-
-<hr class="chap" />
-
-
-<p>L'auteur et les éditeurs déclarent réserver leurs droits de
-traduction et de reproduction à l'étranger.</p>
-
-<p>Ce volume a été déposé au ministère de l'intérieur (section
-de la librairie) en février 1887.</p>
-
-
-<p class="ac p4">PARIS. TYPOGRAPHIE E. PLON, NOURRIT ET C<sup>ie</sup>,
- RUE GARANCIÈRE, 8.</p>
-
-<hr class="chap" />
-
-<h1>LA VIE PRIVÉE<br />
- <span class="x-smaller">D'AUTREFOIS</span>
-</h1>
-
-<hr class="sect" />
-
-
-<p class="ac">ARTS ET MÉTIERS<br /><br />
- <span class="x-larger">MODES, MŒURS, USAGES DES PARISIENS</span><br /><br />
- <span class="x-smaller">DU XII<sup>e</sup> AU XVIII<sup>e</sup> SIÈCLE</span>
- <br /><br />
- <span class="xx-smaller">D'APRÈS DES DOCUMENTS ORIGINAUX OU INÉDITS<br />
- <br />
- PAR</span><br />
- <br />
- <span class="larger">ALFRED FRANKLIN</span>
-</p>
-
-<div class="bbox p4">
- <p class="ac">LES SOINS DE TOILETTE<br />
- <br />
- <span class="smaller">LE SAVOIR-VIVRE</span>
- </p>
-</div>
-
-<div class="figcenter"><a name="logo.jpg" id="logo.jpg"></a>
- <img src="images/logo.jpg"
- alt="Logo" />
-</div>
-
-<p class="ac">
- <span class="larger">PARIS</span><br />
- <span class="smaller">LIBRAIRIE PLON</span><br />
- E. PLON, NOURRIT <span class="smcap">ET</span> C<sup>ie</sup>,
- IMPRIMEURS-ÉDITEURS<br />
- <span class="x-smaller">RUE GARANCIÈRE, 10</span><br />
- <br />
- 1887
-</p>
-
-<hr class="chap" />
-
-<p><span class="pagenum"><a name="Page_1" id="Page_1">[Pg 1]</a></span></p>
-
-
-<p class="ac">LA<br /><br />
- <span class="xx-larger">VIE PRIVÉE D'AUTREFOIS</span></p>
-
-<p class="ac p2">LES SOINS DE TOILETTE.<br /><br />
- <span class="smaller">LE SAVOIR-VIVRE.</span>
-</p>
-
-
-<hr class="chap" />
-
-<div class="chapter">
- <h2><a name="I-I" id="I-I"></a>I</h2>
-</div>
-
-
-<p>Jusqu'au milieu du dix-septième siècle, tout
-barbier était en même temps chirurgien. Dans
-sa boutique, obscure et sale, il rasait et saignait,
-coupait les cheveux et posait des ventouses,
-pansait les plaies, ouvrait les anthrax,
-ne reculait même pas devant les opérations les
-plus compliquées et les plus dangereuses. Un
-préjugé persistant enveloppait dans le même
-dédain tout travail manuel, qu'il s'appliquât à
-un métier, à un art ou à une science. L'ouvrier
-maçon et l'architecte, le barbouilleur d'enseignes
-et le peintre qui ornait les palais royaux de
-chefs-d'œuvre, le barbier et le chirurgien enfin,
-<span class="pagenum"><a name="Page_2" id="Page_2">[Pg 2]</a></span>
-appartenaient l'un et l'autre et au même titre
-à la même corporation ouvrière. Je développerai
-tout cela ailleurs, lorsque j'aurai à raconter
-la lutte soutenue pendant cinq cents ans
-par les barbiers contre les chirurgiens. A vrai
-dire, il n'y avait guère entre eux de différence,
-et plusieurs de nos meilleurs chirurgiens, Ambroise
-Paré entre autres, n'étaient que des barbiers,
-et furent associés fort tard à la classe des
-chirurgiens proprement dits.</p>
-
-<p>Ce que l'on reprochait aux barbiers, gens
-fort serviables et fort aimés du petit peuple, qui
-ne connaissait guère d'autres médecins, c'était
-donc surtout le mélange d'attributions disparates,
-les opérations de chirurgie et les soins
-de toilette: «Voicy le mal que le barbier ne
-se contente du poil<a name="FNanchor_1_1" id="FNanchor_1_1"></a>
-<a href="#Footnote_1_1" class="fnanchor">[1]</a>», était déjà une phrase
-proverbiale au seizième siècle. Louis XIII voulut
-donner satisfaction à un vœu si général.
-En décembre 1637, il autorisa l'établissement
-d'une nouvelle communauté de barbiers, celle
-des <i>barbiers-barbants</i>, à laquelle toute pratique
-chirurgicale était interdite, et qui n'avait dans
-ses attributions que les bains et la coiffure. Les
-barbiers-chirurgiens protestèrent, et l'affaire
-<span class="pagenum"><a name="Page_3" id="Page_3">[Pg 3]</a></span>
-fut portée au Parlement, qui procéda avec une
-sage lenteur. Au mois de décembre 1659,
-Louis XIV intervint et confirma la création
-faite par son prédécesseur. L'édit rendu à cette
-occasion ne put encore être exécuté, et fut renouvelé
-le 23 mars 1673.</p>
-
-<p>En vérité, il n'était que temps, et jamais la
-nécessité de constituer une corporation ne s'était
-fait plus vivement sentir. Car enfin, il faut
-tout dire, depuis près d'un siècle les Parisiens
-négligeaient fort les soins les plus élémentaires
-de la toilette; ils avaient perdu à peu près
-complétement l'habitude de se laver. Esquissons
-à grands traits l'histoire de la propreté en
-France.</p>
-
-<p>Par réaction contre le sensualisme païen,
-l'Église se montra d'abord fort indifférente sur
-ce point; peu s'en faut même qu'elle ne regardât
-la propreté comme une pratique dangereuse,
-une vanité coupable, un péché. En général,
-les moines ne prenaient de bains que
-deux fois par an, à Noël et à Pâques. La règle
-de saint Benoît s'exprime ainsi: «On permettra
-les bains aux malades toutes les fois
-qu'on le jugera nécessaire; mais pour ceux
-qui se portent bien, surtout s'ils sont jeunes,
-on ne leur en accordera l'usage que
-rarement<a name="FNanchor_2_2" id="FNanchor_2_2"></a>
-<a href="#Footnote_2_2" class="fnanchor">[2]</a>.»
-<span class="pagenum"><a name="Page_4" id="Page_4">[Pg 4]</a></span>
-Dom Calmet, qui a écrit un très-savant
-commentaire sur la règle de saint Benoît, trouve
-cette mesure excellente, et montre combien
-il eût été cruel de refuser ces deux bains annuels
-aux religieux. Ils leur étaient nécessaires,
-dit-il, parce «qu'alors ils n'usoient point de
-linge, comme ils n'en usent point encore aujourd'hui.
-Couchant tout vêtus et changeant
-peu souvent d'habits de laine qu'ils portoient
-sur la chair, ils contractoient beaucoup de
-crasse par la sueur et le travail, ce qui étoit
-non-seulement très-incommode aux particuliers
-pour leur personne, mais aussi étoit à
-charge aux autres à cause de la mauvaise odeur
-et de la malpropreté. Aujourd'hui, ajoute-t-il,
-on a pourvu à ces inconvénients par les chemises
-de serge qu'on porte, et que l'on peut
-laver aussi fréquemment que le besoin ou la
-bienséance le demandent<a name="FNanchor_3_3" id="FNanchor_3_3"></a>
-<a href="#Footnote_3_3" class="fnanchor">[3]</a>.» La seule concession
-faite sur ce point s'applique donc, non à
-la personne des religieux, mais à leur chemise,
-qu'ils étaient autorisés à laver tous les quinze
-jours<a name="FNanchor_4_4" id="FNanchor_4_4"></a>
-<a href="#Footnote_4_4" class="fnanchor">[4]</a>.
-Ce qui tendrait à faire supposer qu'ils
-<span class="pagenum"><a name="Page_5" id="Page_5">[Pg 5]</a></span>
-n'abusaient pas de la permission, c'est que la
-règle leur accordant des pédules ou pantalons
-à pieds, les moines en coupaient l'extrémité
-qui, paraît-il, se salissait trop vite; dom Calmet
-s'exprime ainsi: «A cause de la sueur, ils
-coupent ce qu'ils mettent dans leurs pieds,
-pour s'épargner la peine de les laver<a name="FNanchor_5_5" id="FNanchor_5_5"></a>
-<a href="#Footnote_5_5" class="fnanchor">[5]</a>.» Il y a
-là amphibologie, mais le commentaire qui suit
-explique la vraie pensée de l'auteur.</p>
-
-<p>La règle de Cluni ordonnait aux moines de
-se réunir chaque matin dans le cloître, afin d'y
-faire leur toilette. Celle-ci était sans doute bien
-sommaire, car trois serviettes pendues au mur
-constituaient tout le linge mis à la disposition
-de la communauté; la première était exclusivement
-réservée aux novices, la deuxième aux
-profès, et la troisième aux frères lais<a name="FNanchor_6_6" id="FNanchor_6_6"></a>
-<a href="#Footnote_6_6" class="fnanchor">[6]</a>. Les
-Bénédictins avaient chacun leur peigne, et, dit
-dom Calmet, «ils se peignoient et se lavoient
-assez souvent le visage et la tête». Il explique
-un peu plus loin ce qu'il faut entendre par ces
-<span class="pagenum"><a name="Page_6" id="Page_6">[Pg 6]</a></span>
-mots <i>assez souvent</i>: les religieux, qui avaient
-tout le crâne rasé et ne conservaient qu'une
-étroite couronne de cheveux, se lavaient la
-tête «tous les samedis<a name="FNanchor_7_7" id="FNanchor_7_7"></a>
-<a href="#Footnote_7_7" class="fnanchor">[7]</a>».</p>
-
-<p>On comptait si peu sur la propreté des séculiers,
-des évêques même, que l'on exigeait
-qu'ils se peignassent avant de monter à l'autel.
-Comme ils ne se décidaient à subir cette
-opération qu'au dernier moment, «et que l'on
-étoit bien aise de conserver la chape et la chasuble,
-et d'empêcher que la crasse ne tombât
-dessus, on mettoit sur leurs épaules un linge
-fait en forme de petit manteau<a name="FNanchor_8_8" id="FNanchor_8_8"></a>
-<a href="#Footnote_8_8" class="fnanchor">[8]</a>».</p>
-
-<div class="figcenter"><a name="i_011.jpg" id="i_011.jpg"></a>
- <img src="images/i_011.jpg"
- alt="" />
- <div class="caption">PEIGNE EN IVOIRE SCULPTÉ DU SEIZIÈME SIÈCLE.<br />
- Musée du Louvre. Collection Sauvageot.</div>
-</div>
-
-
-<p>A l'égard des soins du corps, les couvents
-de femmes eux-mêmes ne jouissaient d'aucun
-privilége, bien qu'on y autorisât le rouge et
-les mouches. Vers la fin du dix-septième siècle,
-madame de Mazarin, retirée chez les Visitandines
-de la rue Saint-Antoine, ayant demandé
-un jour à se laver les pieds, la maison entière
-s'en émut, et la duchesse essuya un refus fort
-net. Comme elle tenait à ses idées, elle se procura
-de l'eau et, faute de mieux, en remplit un
-grand coffre qui était dans le dortoir; de sorte
-<span class="pagenum"><a name="Page_9" id="Page_9">[Pg 9]</a></span>
-que tout cela finit par une inondation
-générale<a name="FNanchor_9_9" id="FNanchor_9_9"></a>
-<a href="#Footnote_9_9" class="fnanchor">[9]</a>.</p>
-
-<p>Dans son grand <i>Dictionnaire des sciences
-ecclésiastiques</i> publié en 1760, le Dominicain
-Richard concède que «l'usage du bain est permis
-en soi, pourvu qu'on ne le prenne pas par
-volupté, mais par nécessité<a name="FNanchor_10_10" id="FNanchor_10_10"></a>
-<a href="#Footnote_10_10" class="fnanchor">[10]</a>,» et la récente
-canonisation de Benoît Labre prouve bien que
-l'Église n'a jamais entendu faire de la propreté
-même une demi-vertu. A en croire les
-panégyristes de ce saint personnage, l'odeur
-infecte qu'exhalait son corps crasseux et couvert
-de vermine faisait fuir jusqu'aux mendiants
-les plus sales<a name="FNanchor_11_11" id="FNanchor_11_11"></a>
-<a href="#Footnote_11_11" class="fnanchor">[11]</a>.</p>
-
-<p>En dehors de l'Église, on fut assez propre
-au moyen âge, surtout dans la classe aisée.
-Les croisés avaient rapporté d'Orient le goût
-des bains, et de bonne heure les étuves s'étaient
-multipliées à Paris. Leur souvenir s'y est conservé,
-presque jusqu'à nos jours, dans le nom
-de plusieurs rues.</p>
-
-<p>Le <i>cul-de-sac des Étuves-Saint-Michel</i> longeait
-<span class="pagenum"><a name="Page_10" id="Page_10">[Pg 10]</a></span>
-l'église de ce nom et aboutissait dans la
-rue de la Barillerie<a name="FNanchor_12_12" id="FNanchor_12_12"></a>
-<a href="#Footnote_12_12" class="fnanchor">[12]</a>, aujourd'hui boulevard du
-Palais.</p>
-
-<p>La <i>rue des Étuves-Saint-Martin</i>, devenue
-<i>rue des Vieilles-Étuves</i>, se nommait au treizième
-siècle rue Geoffroi-des-Bains ou des Étuves,
-<i>vicus Gauffridi de Balneolis sive
-stuffarum</i><a name="FNanchor_13_13" id="FNanchor_13_13"></a>
-<a href="#Footnote_13_13" class="fnanchor">[13]</a>.</p>
-
-<p>La rue Sauval actuelle portait, il y a encore
-peu d'années, le nom de rue des <i>Vieilles-Étuves-Saint-Honoré</i>.</p>
-
-<p>A gauche de la rue Marivaux, aujourd'hui
-rue Nicolas-Flamel, s'ouvrait le <i>cul-de-sac des
-Étuves</i>, ainsi appelé d'un établissement qui y
-était situé<a name="FNanchor_14_14" id="FNanchor_14_14"></a>
-<a href="#Footnote_14_14" class="fnanchor">[14]</a>,
-et dont la réputation dura plusieurs
-siècles.</p>
-
-<p>Le cul-de-sac de la Porte-aux-Peintres, aujourd'hui
-impasse des Peintres, s'est appelé
-<i>ruelle sans chef dite des
-Étuves</i><a name="FNanchor_15_15" id="FNanchor_15_15"></a>
-<a href="#Footnote_15_15" class="fnanchor">[15]</a>.</p>
-
-<p>La partie de la rue des Bourdonnais qui
-aboutit au quai de la Mégisserie fut dite d'abord
-rue de l'Abreuvoir-Thibaut-aux-Dés, puis
-<i>ruelle des Étuves</i>, et enfin rue de l'Arche-Marion,
-<span class="pagenum"><a name="Page_11" id="Page_11">[Pg 11]</a></span>
-du nom de la femme qui y tenait alors
-des étuves<a name="FNanchor_16_16" id="FNanchor_16_16"></a>
-<a href="#Footnote_16_16" class="fnanchor">[16]</a>.</p>
-
-<p>Un autre <i>cul-de-sac des Étuves</i> aboutissait
-dans le grand cul-de-sac Gloriette<a name="FNanchor_17_17" id="FNanchor_17_17"></a>
-<a href="#Footnote_17_17" class="fnanchor">[17]</a>, qui lui-même
-débouchait dans la rue de la Huchette.</p>
-
-<p>La rue du Chat-qui-pêche, située tout près
-de là, a porté aussi le nom de <i>ruelle des
-Étuves</i><a name="FNanchor_18_18" id="FNanchor_18_18"></a>
-<a href="#Footnote_18_18" class="fnanchor">[18]</a>.</p>
-
-<p>On nommait également <i>rue aux Étuves</i> une
-petite voie qui allait de la rue des Cordeliers,
-aujourd'hui rue de l'École-de-Médecine, à la
-rue Mignon<a name="FNanchor_19_19" id="FNanchor_19_19"></a>
-<a href="#Footnote_19_19" class="fnanchor">[19]</a>.</p>
-
-<p>Il est clair que bien d'autres rues de Paris ont
-possédé des étuves, sans perdre pour cela leur
-nom primitif. Nous savons, par exemple, qu'à
-l'angle de la rue Beaubourg, des étuves destinées
-aux femmes étaient installées dans une
-maison qui avait pour enseigne le <i>Lion
-d'argent</i><a name="FNanchor_20_20" id="FNanchor_20_20"></a>
-<a href="#Footnote_20_20" class="fnanchor">[20]</a>.</p>
-
-<p>Les Juifs, dont la loi prescrit aux femmes
-l'usage du bain au moins une fois par
-mois<a name="FNanchor_21_21" id="FNanchor_21_21"></a>
-<a href="#Footnote_21_21" class="fnanchor">[21]</a>,
-avaient dès 1248 dans la rue de la Pelleterie,
-<span class="pagenum"><a name="Page_12" id="Page_12">[Pg 12]</a></span>
-une maison d'étuves à leur usage: <i>domus
-quæ fuit stuffæ Judæorum</i><a name="FNanchor_22_22" id="FNanchor_22_22"></a>
-<a href="#Footnote_22_22" class="fnanchor">[22]</a>.</p>
-
-<p>En somme, la <i>Taille de 1292</i> mentionne
-vingt-six étuves, réparties à peu près dans tous
-les quartiers, et parmi lesquelles figurent celles
-de la rue des Vieilles-Étuves-Saint-Martin<a name="FNanchor_23_23"
-id="FNanchor_23_23"></a><a href="#Footnote_23_23" class="fnanchor">[23]</a>, de
-la rue Sauval<a name="FNanchor_24_24" id="FNanchor_24_24"></a>
-<a href="#Footnote_24_24" class="fnanchor">[24]</a>
-et de l'impasse Marivaux<a name="FNanchor_25_25" id="FNanchor_25_25"></a>
-<a href="#Footnote_25_25" class="fnanchor">[25]</a>.</p>
-
-<p>Chaque matin, les valets étuveurs parcouraient
-les rues, annonçant que les bains étaient
-prêts:</p>
-
-<div class="poetry-container">
- <div class="poetry">
- <div class="verse">Oiez c'on crie au point du jor<a name="FNanchor_26_26"
- id="FNanchor_26_26"></a><a href="#Footnote_26_26"
- class="fnanchor">[26]</a>:</div>
- <div class="verse">Seignor, quar vous alez baingnier</div>
- <div class="verse">Et estuver sanz delaier<a name="FNanchor_27_27"
- id="FNanchor_27_27"></a><a href="#Footnote_27_27"
- class="fnanchor">[27]</a>,</div>
- <div class="verse">Li baing sont chaut, c'est sanz
- mentir<a name="FNanchor_28_28" id="FNanchor_28_28"></a>
- <a href="#Footnote_28_28" class="fnanchor">[28]</a>.</div>
- </div>
-</div>
-
-<p>Les statuts des étuveurs sont compris dans
-le <i>Livre des métiers</i><a name="FNanchor_29_29" id="FNanchor_29_29"></a>
-<a href="#Footnote_29_29" class="fnanchor">[29]</a>, mais ils y ont été insérés
-après la mort d'Étienne Boileau, car l'écriture
-date du quatorzième siècle seulement. Ils
-offrent, d'ailleurs, un grand intérêt comme
-peinture des mœurs de l'époque.</p>
-
-<p><span class="pagenum"><a name="Page_13" id="Page_13">[Pg 13]</a></span></p>
-
-<p>Le métier était franc, ce qui signifie que
-chacun pouvait s'établir étuveur sans payer
-aucune redevance. On se bornait à exiger l'engagement
-de respecter les statuts rédigés en
-commun par les membres de la corporation:
-«Quiconques veut estre Estuveur en la ville
-de Paris, estre le peut franchement, pour tant
-que il euvre selonc les us et les coustumes du
-mestier, faites par l'acort du commun<a name="FNanchor_30_30"
-id="FNanchor_30_30"></a><a href="#Footnote_30_30" class="fnanchor">[30]</a>.»</p>
-
-<p>Nul ne devait annoncer ni faire annoncer
-l'ouverture des étuves avant le point du jour,
-«pour les perilz qui pevent avenir en ceux qui
-se lievent audit cri pour aler aus estuves<a name="FNanchor_31_31"
-id="FNanchor_31_31"></a><a href="#Footnote_31_31" class="fnanchor">[31]</a>».
-Ces périls prouvent le peu de sûreté que présentaient
-les rues pendant l'obscurité.</p>
-
-<p>Il était défendu de recevoir dans les étuves
-des femmes d'une conduite suspecte, des lépreux
-ou des lépreuses, des vagabonds, des gens
-mal famés, coureurs de nuit: «Que nulz dudit
-mestier ne soustiengne en leurs mesons ou estuves
-bordiaus de jour ne de nuit, mesiaus ne
-meseles, reveurs, ne autres genz diffamez de
-nuit.»</p>
-
-<p>Le prix de l'étuvage était fixé à un franc de
-notre monnaie, celui du bain à deux francs:
-<span class="pagenum"><a name="Page_14" id="Page_14">[Pg 14]</a></span>
-«Et paiera chascunne personne pour soy estuver
-deus deniers, et se il se baigne il paiera
-quatre deniers<a name="FNanchor_32_32" id="FNanchor_32_32"></a>
-<a href="#Footnote_32_32" class="fnanchor">[32]</a>.» Cette distinction montre
-que parmi les personnes qui fréquentaient les
-étuves, les unes se bornaient à prendre un bain
-de vapeur, tandis que d'autres y faisaient succéder
-un bain d'eau chaude; c'est encore ce
-qui se pratique dans les bains publics de l'Orient.
-Au siècle suivant, les prix étaient presque
-doublés: l'étuvage coûtait deux francs, l'étuvage
-et le bain réunis quatre francs. Le peignoir
-était fourni moyennant cinquante centimes<a name="FNanchor_33_33"
-id="FNanchor_33_33"></a><a href="#Footnote_33_33" class="fnanchor">[33]</a>.</p>
-
-<p>L'habitude des étuves était si générale que
-l'État prenait de grandes précautions pour en
-prévenir la fermeture. Ainsi, quand un hiver
-rigoureux faisait hausser le prix du bois et du
-charbon, le prévôt de Paris admettait les réclamations
-des étuveurs, et augmentait le prix
-d'entrée proportionnellement à celui qu'avait
-atteint le combustible: «Et pour ce que en
-aucun temps buche, charbon sont plus chiers
-une fois que autre», le prévôt de Paris pourra
-élever le prix des étuves, «par le rapport et
-<span class="pagenum"><a name="Page_15" id="Page_15">[Pg 15]</a></span>
-serement<a name="FNanchor_34_34"
-id="FNanchor_34_34"></a><a href="#Footnote_34_34" class="fnanchor">[34]</a>
-des bones genz dudit mestier<a name="FNanchor_35_35"
-id="FNanchor_35_35"></a><a href="#Footnote_35_35" class="fnanchor">[35]</a>.»</p>
-
-<p>Un article, sans doute postérieur à ces premiers
-statuts<a name="FNanchor_36_36"
-id="FNanchor_36_36"></a><a href="#Footnote_36_36" class="fnanchor">[36]</a>,
-nous apprend qu'on allait aux
-étuves le soir aussi bien que le matin, que souvent
-on y restait toute la nuit, et que la réputation
-de ces maisons était déjà fort mauvaise:
-«Que nuls ne chaufe estuves à Paris que pour
-hommes tant seullement ou pour fames, lequel
-qui li plera, car c'est vil chose et honteuse,
-pour les ordures et pour les perilz qui y pevent
-avenir; car quant les hommes s'estuvent par
-devers le soir, aucune foiz ils demeurent et
-gisent leens jusques au jour qu'il est haute
-heure. Et les dames viennent au matin es dictes
-estuves, et aucune foiz vont es chambres aus
-hommes par ignorance; et assés d'autres choses
-qui ne sont pas belles à dire.»</p>
-
-<p>Les étuves étaient fermées les dimanches et
-jours de fête<a name="FNanchor_37_37"
-id="FNanchor_37_37"></a><a href="#Footnote_37_37" class="fnanchor">[37]</a>.</p>
-
-<p>Trois «preud'ommes du mestier», élus par
-leurs confrères et acceptés par le prévôt de
-Paris, prêtaient serment de dénoncer toutes
-<span class="pagenum"><a name="Page_16" id="Page_16">[Pg 16]</a></span>
-les contraventions aux statuts, les «mesprentures»,
-dit le texte<a name="FNanchor_38_38"
-id="FNanchor_38_38"></a><a href="#Footnote_38_38" class="fnanchor">[38]</a>.
-Chaque contravention
-de ce genre était punie d'une amende de dix
-sols (soixante francs), dont six allaient au Roi,
-et les quatre autres aux preud'hommes jurés<a name="FNanchor_39_39"
-id="FNanchor_39_39"></a><a href="#Footnote_39_39" class="fnanchor">[39]</a>.</p>
-
-<p>En dépit de ces sages règlements, les étuves
-continuèrent à servir de lieux de plaisirs, et
-rien ne paraît avoir été changé pendant longtemps
-à leur organisation. Au commencement
-du seizième siècle, on criait encore l'ouverture
-des étuves au point du jour:</p>
-
-<div class="poetry-container">
- <div class="poetry">
- <div class="verse">C'est à l'image Saincte Jame</div>
- <div class="verse">Où se vont baigner ces femmes.</div>
- <div class="verse">Et baignez et estuvez, allez.</div>
- <div class="verse">Bien servies vous y serez</div>
- <div class="verse">De varletz, de chambrière,</div>
- <div class="verse">De la dame, bonne chère.</div>
- <div class="verse">Allez tost, les baings sont prestz<a name="FNanchor_40_40"
- id="FNanchor_40_40"></a><a href="#Footnote_40_40" class="fnanchor">[40]</a>.
- </div>
- </div>
-</div>
-
-<p>Ces bains se prenaient dans des baquets de
-bois, car la baignoire de métal est d'invention
-récente. Froissart rapporte<a name="FNanchor_41_41"
-id="FNanchor_41_41"></a><a href="#Footnote_41_41" class="fnanchor">[41]</a>,
-il est vrai, qu'en
-1382, les Gantois pillant les meubles du comte
-<span class="pagenum"><a name="Page_19" id="Page_19">[Pg 19]</a></span>
-de Flandre, brisèrent la «cuvelette où on l'avoit
-d'enfance baigné, qui étoit d'or et d'argent»;
-mais il s'agit évidemment ici d'une cuvette et
-non d'une baignoire. Isabeau de Bavière paya
-en 1416 treize sous pour faire «desassembler
-et rassembler, recingler et relier tout de neuf
-deux cuves à baigner» pour son usage<a name="FNanchor_42_42"
-id="FNanchor_42_42"></a><a href="#Footnote_42_42" class="fnanchor">[42]</a>. En
-1478, Jacques Cadot, menuisier, reçoit trente
-sous pour une «cuve à baigner» le Roi. En
-1481, Mace Pignet, tonnelier, demande vingt-deux
-sous six deniers, «pour avoir habillé et
-nectoyé les cuves à baigner» Louis XI<a name="FNanchor_43_43"
-id="FNanchor_43_43"></a><a href="#Footnote_43_43" class="fnanchor">[43]</a>. Les
-peignoirs ou fonds de bain se nommaient <i>baignoères</i>
-ou <i>baignoires</i>; ils étaient ordinairement
-de toile très-fine, et on employait jusqu'à douze
-aunes pour en faire un seul<a name="FNanchor_44_44"
-id="FNanchor_44_44"></a><a href="#Footnote_44_44" class="fnanchor">[44]</a>.</p>
-
-<div class="figcenter"><a name="i_022.jpg" id="i_022.jpg"></a>
- <img src="images/i_022.jpg"
- alt="" />
- <div class="caption">
- <div class="poetry-container">
- <div class="poetry">
- <div class="stanza">
- <div class="verse">Apres ces motz sans arrester</div>
- <div class="verse">Fit neron vng baing apprester</div>
- </div>
- <div class="stanza">
- <div class="verse">Et fit ens le preudomme mettre</div>
- <div class="verse">Et puis saigner ce dit la lettre</div>
- <div class="verse">Et tant luy fit de sang espandre</div>
- <div class="verse">Qui luy conuint son ame rēdre</div>
- </div>
- </div>
- </div>
- <div class="p1">UNE BAIGNOIRE AU QUINZIÈME SIÈCLE.<br /><br />
- Mort de Sénèque,<br />
- d'après le <i>Roman de la rose</i>, édit. s. d. (quinzième siècle),
- f<sup>o</sup> 53.</div>
- </div>
-</div>
-
-<p>Les cuvettes de toilette se nommaient alors
-<i>bassins à laver</i>. Ordinairement on les posait à
-terre sur une natte, et l'on se lavait à genoux
-la tête et le haut du corps, c'est-à-dire tout
-ce que le bain laissait hors de l'eau. Le <i>pot à
-laver</i> ou <i>pot à eau</i>, différait de l'aiguière, qui
-s'employait surtout pour le lavage des mains
-avant et après le repas. On voit dans l'inventaire
-<span class="pagenum"><a name="Page_20" id="Page_20">[Pg 20]</a></span>
-dressé après la mort de Charles V, que ce
-prince possédait vingt-quatre bassins à laver
-en or, une foule de bassins semblables en argent,
-et «ung bassin ou vaisseau à laver piez»
-qui pesait quarante-sept marcs d'argent<a name="FNanchor_45_45"
-id="FNanchor_45_45"></a><a href="#Footnote_45_45" class="fnanchor">[45]</a>.
-Mais l'inventaire ne fait aucune distinction
-entre les bassins de toilette et ceux qui étaient
-destinés au service de la table.</p>
-
-<p>Comme chez les Romains, il était d'usage
-de se baigner avant le repas. Pour qu'une réception
-parût vraiment luxueuse et cordiale, il
-fallait offrir un bain à son hôte, qui passait de
-la baignoire à la salle à manger. Jean de Troyes
-raconte qu'en septembre 1467 «le Roy et la
-Royne firent de grans chiers<a name="FNanchor_46_46"
-id="FNanchor_46_46"></a><a href="#Footnote_46_46" class="fnanchor">[46]</a>
-en plusieurs des
-hostels de leurs serviteurs et officiers. Et entre
-les aultres, le jeudy dixiesme jour dudit mois,
-la Royne et plusieurs dames de sa compaignie
-souppèrent en l'ostel de maistre Jehan Dauvet,
-premier président au Parlement, et illec furent
-receuës et festoyées moult noblement et à grant
-largesse. Et y eut faits quatre moult beaux bains
-et richement aornez, cuidant que la Royne se
-y deust baigner, dont elle ne fist rien, pource
-qu'elle se sentit ung peu mal disposée, et aussi
-<span class="pagenum"><a name="Page_21" id="Page_21">[Pg 21]</a></span>
-que le temps estoit dangereux. Mais en l'un
-desdits baings se y baignèrent madame de
-Bourbon, madamoiselle Bonne de Savoye; et
-en l'autre baing se baignèrent madame de
-Montglat et Perrette de Châlons, bourgoise
-de Paris<a name="FNanchor_47_47"
-id="FNanchor_47_47"></a><a href="#Footnote_47_47" class="fnanchor">[47]</a>:
-et là firent bonne chière.» Le 22
-du même mois, Louis XI alla souper chez le
-prévôt des marchands Denis Hesselin; «et audit
-hostel le Roy y fist grande chière, et y
-trouva trois beaulx baings honnestement et
-richement attintelez, cuidant que le Roy deust
-illec prendre son plaisir et se baigner<a name="FNanchor_48_48"
-id="FNanchor_48_48"></a><a href="#Footnote_48_48" class="fnanchor">[48]</a>.»</p>
-
-<p>Les bains dont il est ici question paraissent
-avoir été improvisés en vue de la réception
-des souverains. Cependant, les grandes familles
-avaient souvent des étuves et des salles de
-bain dans leur hôtel; les récits du temps nous
-en fournissent de nombreuses preuves<a name="FNanchor_49_49"
-id="FNanchor_49_49"></a><a href="#Footnote_49_49" class="fnanchor">[49]</a>. Des
-étuves destinées à la maison royale avaient été
-construites dans le jardin du Palais, à l'extrémité
-de la Cité<a name="FNanchor_50_50"
-id="FNanchor_50_50"></a><a href="#Footnote_50_50" class="fnanchor">[50]</a>,
-et ce petit bâtiment figure
-encore sur le plan dit de Ducerceau, qui date
-du milieu du seizième siècle. Il y avait également
-<span class="pagenum"><a name="Page_22" id="Page_22">[Pg 22]</a></span>
-des étuves et des bains au Louvre, à l'hôtel
-Saint-Paul et à celui du Petit-Musc. Sauval
-nous dit même qu'«ils étoient pavés de pierre
-de liais, fermés d'une porte de fer treillissé, et
-entourés de lambris de bois d'Irlande; les
-cuves étoient de même bois, ornées tout autour
-de bossetes dorées et liées de cerceaux
-attachés avec des clous de cuivre doré<a
-name="FNanchor_51_51" id="FNanchor_51_51"></a><a href="#Footnote_51_51"
-class="fnanchor">[51]</a>».</p>
-
-<p>C'est ordinairement aux étuves qu'avait lieu
-l'épilation, coutume adoptée par toutes les
-classes de la société. Dans les établissements
-publics, le barbier, son valet ou quelque
-vieille matrone se chargeaient de l'opération
-vis-à-vis des deux sexes. Quand François I<sup>er</sup>
-mit à la mode les cheveux courts et la barbe
-longue, Clément Marot peignit en vers railleurs
-le désespoir des barbiers, réduits au métier
-d'épileurs<a name="FNanchor_52_52"
-id="FNanchor_52_52"></a><a href="#Footnote_52_52" class="fnanchor">[52]</a>.
-Nos anciens poëtes donnent sur ce
-point des détails fort curieux, mais que je ne
-puis faire figurer ici.</p>
-
-<div class="figcenter"><a name="i_028.jpg" id="i_028.jpg"></a>
- <img src="images/i_028.jpg"
- alt="" />
- <div class="caption">UNE BOUTIQUE DE BARBIER AU SEIZIÈME SIÈCLE.<br />
- D'après J. Amman.</div>
-</div>
-
-<p>En somme, les étuves rendaient de réels
-services, bien qu'elles n'eussent rien perdu au
-seizième siècle de la mauvaise réputation
-<span class="pagenum"><a name="Page_25" id="Page_25">[Pg 25]</a></span>
-qu'elles s'étaient légitimement acquise depuis
-le quatorzième. Toutefois leur vogue ne se soutint
-pas. Endroits de perdition, anathématisés
-à la fois par les prédicateurs catholiques et par
-les ministres huguenots, elles se virent peu à
-peu abandonnées, et presque toutes disparurent.
-La morale y gagna, cela est certain,
-mais nous allons voir tout ce qu'y perdit la
-propreté. Les étuves fermées, à qui s'adresser
-pour les soins du corps? Restaient seulement
-les barbiers-chirurgiens, dont les boutiques
-n'avaient rien d'attrayant. Dans un réduit
-obscur gisaient trois ou quatre baquets destinés
-surtout aux malades; quant au maître
-barbier, il était là, prêt à vous rendre ses petits
-services, essuyant ses mains qui venaient
-de panser un cautère ou d'ouvrir un abcès.
-Entre deux maux, il faut choisir le moindre. Les
-Parisiens prirent leur parti, et sans trop de
-peine, semble-t-il. On cessa d'aller au bain;
-puis, l'habitude de l'eau une fois perdue, on
-finit par ne plus se laver du tout, même chez
-soi. Une charmante et élégante reine, Marguerite
-de Navarre, dans un dialogue amoureux
-composé par elle<a name="FNanchor_53_53"
-id="FNanchor_53_53"></a><a href="#Footnote_53_53" class="fnanchor">[53]</a>,
-trouve tout naturel de
-<span class="pagenum"><a name="Page_26" id="Page_26">[Pg 26]</a></span>
-dire à son amant: «Voyez ces belles mains;
-encore que je ne les aye point descrassées depuis
-huict jours, gageons qu'elles effacent les
-vostres<a name="FNanchor_54_54"
-id="FNanchor_54_54"></a><a href="#Footnote_54_54" class="fnanchor">[54]</a>.»</p>
-
-<p>A cette époque, on mangeait encore sans
-fourchette; aussi recommandait-on de ne pas
-se moucher avec la main qui prenait la viande.
-On était libre, d'ailleurs, de se moucher dans
-ses doigts, pourvu que ce fût de la main
-gauche:</p>
-
-<div class="poetry-container">
- <div class="poetry">
- <div class="verse">Enfant, se ton nés est morveux,</div>
- <div class="verse">Ne le torche pas à main nue</div>
- <div class="verse">De quoy la viande est tenue,</div>
- <div class="verse">Le fait est villain et honteux<a name="FNanchor_55_55"
- id="FNanchor_55_55"></a><a href="#Footnote_55_55"
- class="fnanchor">[55]</a>.</div>
- </div>
-</div>
-
-<p>On constate sur ce point, quelques années
-plus tard, un progrès sensible. Érasme,
-en 1530, conseille l'emploi du mouchoir.
-Cependant, ajoute-t-il, il n'est pas interdit de
-se moucher avec deux doigts, pourvu que l'on
-prenne soin de poser aussitôt le pied sur ce qui
-sera tombé à terre<a name="FNanchor_56_56"
-id="FNanchor_56_56"></a><a href="#Footnote_56_56" class="fnanchor">[56]</a>.
-Cent ans après, on pouvait
-encore, sans trop offenser la civilité, faire
-<span class="pagenum"><a name="Page_27" id="Page_27">[Pg 27]</a></span>
-cette délicate opération avec un seul doigt. Un
-grand seigneur, d'Hauterive de l'Aubespine,
-recevait un jour à dîner la fleur de la galanterie
-française, l'illustre Turenne entre autres, et le
-marquis de Ruvigny. Au milieu du repas,
-d'Hauterive ayant eu besoin de se moucher,
-pressa avec le doigt une de ses narines, et le contenu
-de l'autre, partant comme une flèche, alla
-s'aplatir contre la cheminée, «en faisant autant
-de bruit qu'un pistolet». Ruvigny, qui était
-assis auprès de Turenne, s'écrie en entendant
-cette détonation: «Monsieur, n'êtes-vous pas
-blessé?» Et, ajoute Tallemant des Réaux<a name="FNanchor_57_57"
-id="FNanchor_57_57"></a><a href="#Footnote_57_57" class="fnanchor">[57]</a>, «ce
-fut un esclat de rire le plus grand du monde».
-Cette grave question du mouchoir, qui semble
-aujourd'hui à peu près résolue, soulevait encore
-des controverses peu de temps avant la
-Révolution. De la Mésangère s'exprimait ainsi
-en 1797: «On faisait un art de se moucher
-il y a quelques années. L'un imitait le son de
-la trompette, l'autre le jurement du chat. Le
-point de perfection consistait à ne faire ni trop
-de bruit ni trop peu<a name="FNanchor_58_58"
-id="FNanchor_58_58"></a><a href="#Footnote_58_58" class="fnanchor">[58]</a>.»</p>
-
-<p>Revenons à Érasme. Il nous apprend encore
-<span class="pagenum"><a name="Page_28" id="Page_28">[Pg 28]</a></span>
-qu'il fallait éviter autant que possible de
-conserver dans ses cheveux des lentes et des
-poux, tout au moins qu'il était peu convenable
-de les faire tomber sur ses voisins en se grattant
-la tête<a name="FNanchor_59_59"
-id="FNanchor_59_59"></a><a href="#Footnote_59_59"
-class="fnanchor">[59]</a>; que les personnes désireuses de
-passer pour très-distinguées, prenaient soin
-de se peigner avant d'aller dîner chez un
-homme de qualité<a name="FNanchor_60_60"
-id="FNanchor_60_60"></a><a href="#Footnote_60_60" class="fnanchor">[60]</a>;
-enfin, qu'un homme
-soucieux de sa santé devait bien se garder de
-retenir les flatuosités qu'occasionne une digestion
-difficile, mais que dans le monde il était
-de bon goût d'en dissimuler le bruit en toussant:
-«tussi crepitum dissimulet<a name="FNanchor_61_61"
-id="FNanchor_61_61"></a><a href="#Footnote_61_61" class="fnanchor">[61]</a>.» Il ne
-s'agit ici, bien entendu, que des bruits intempestifs
-émis par en bas; ceux d'en haut avaient
-toute licence de se produire, comme le démontre
-une belle réponse faite par Louis XIII,
-alors âgé de huit ans, à M. de Souvré son
-gouverneur<a name="FNanchor_62_62"
-id="FNanchor_62_62"></a><a href="#Footnote_62_62" class="fnanchor">[62]</a>.</p>
-
-<p>Le père de cet éloquent petit bonhomme,
-Henri IV, souverain sans morgue, ne dissimulait
-<span class="pagenum"><a name="Page_29" id="Page_29">[Pg 29]</a></span>
-pas qu'il «avoit les pieds et le gousset
-fins»; et, s'il faut en croire Tallemant des
-Réaux<a name="FNanchor_63_63"
-id="FNanchor_63_63"></a><a href="#Footnote_63_63" class="fnanchor">[63]</a>,
-ordinairement bien informé, madame
-de Verneuil, dans un moment de colère, lui
-dit «qu'il puoit comme une charogne». Le
-bourru d'Aubigné voulait peut-être se moquer
-de son maître quand il met en scène<a name="FNanchor_64_64"
-id="FNanchor_64_64"></a><a href="#Footnote_64_64" class="fnanchor">[64]</a>
-ce Renardière
-qui, «à force d'estre noble, dès la
-première veuë connoissoit fort bien un gentilhomme,
-et au sentir mesme, car il vouloit
-qu'un vrai noble eust un peu l'œsselle surette
-et les pieds fumants».</p>
-
-<p>Ce n'était pourtant pas là, hélas! un privilége
-exclusif de la noblesse, et la propreté outragée
-se vengeait de son mieux. Elle livrait
-les coupables à une foule de cruels parasites
-chargés de les torturer. Le <i>Ménagier de Paris</i>,
-composé en 1393, enseigne déjà six manières
-de se débarrasser des puces, et l'auteur reconnaît
-qu'en préserver son mari constituait une
-des sérieuses préoccupations d'une tendre
-épouse: «Et pour ce, chère seur<a name="FNanchor_65_65"
-id="FNanchor_65_65"></a><a href="#Footnote_65_65" class="fnanchor">[65]</a>,
-je vous
-pry que le mari que vous arez<a name="FNanchor_66_66"
-id="FNanchor_66_66"></a><a href="#Footnote_66_66" class="fnanchor">[66]</a>,
-vous le vueillez
-<span class="pagenum"><a name="Page_30" id="Page_30">[Pg 30]</a></span>
-ainsi ensorceller, et le gardez de maison
-maucouverte<a name="FNanchor_67_67"
-id="FNanchor_67_67"></a><a href="#Footnote_67_67" class="fnanchor">[67]</a>
-et de cheminée fumeuse; et ne
-luy soyez pas rioteuse<a name="FNanchor_68_68"
-id="FNanchor_68_68"></a><a href="#Footnote_68_68" class="fnanchor">[68]</a>,
-mais doulce, aimable et
-paisible. Gardez en yver qu'il ait bon feu sans
-fumée, et entre vos mamelles bien couchié, bien
-couvert. Et en esté gardez que en vostre chambre
-ne en vostre lit n'ait nulles puces, ce que vous
-pouvez faire en six manières<a name="FNanchor_69_69"
-id="FNanchor_69_69"></a><a href="#Footnote_69_69" class="fnanchor">[69]</a>...»</p>
-
-<p>Dans une pièce publiée vers 1520, une puce
-parlant en vers déclare qu'elle a été créée
-pour tourmenter la gent animale et se repaître
-de son sang:</p>
-
-<div class="poetry-container">
- <div class="poetry">
- <div class="verse">Quant l'yver vient, ilz ont quelque esperance</div>
- <div class="verse">De se venger tandis que le froit dure,</div>
- <div class="verse">Car sus leur chair ne fais plus demourance,</div>
- <div class="verse">Je perds vigueur quant sens venir froidure.</div>
- <div class="verse">Mais en esté, je ne tiens point mesure</div>
- <div class="verse">De tormenter femmes, chiens et chats.</div>
- <div class="verse">Beau dire ilz ont que je leur fais nuisure,</div>
- <div class="verse">Pour les pincer ne veulx point de compas.</div>
- <div class="verse">De leur bon sang je fais tous mes repas,</div>
- <div class="verse">Sans espargner damoyselle ou bourgeoyse,</div>
- <div class="verse">Leur faisant peine jusques à mon trespas.</div>
- </div>
-</div>
-
-<p>Et l'auteur termine en indiquant un procédé
-nouveau:</p>
-
-<div class="poetry-container">
- <div class="poetry">
- <div class="verse">Pour toutes pulces faire soubdain
- mourir<a name="FNanchor_70_70"
- id="FNanchor_70_70"></a><a href="#Footnote_70_70"
- class="fnanchor">[70]</a>.</div>
- </div>
-</div>
-
-<p><span class="pagenum"><a name="Page_31" id="Page_31">[Pg 31]</a></span></p>
-<p>C'était bien, en effet, une guerre incessante
-et une guerre à mort. Aussi tous les manuels
-de la vie pratique écrits vers cette époque se
-font-ils l'écho de ce grave souci. Le <i>Traicté
-nouveau, intitulé bastiment de receptes</i><a name="FNanchor_71_71"
-id="FNanchor_71_71"></a><a href="#Footnote_71_71" class="fnanchor">[71]</a> fournit,
-avec d'intéressants détails, cinq procédés infaillibles:</p>
-
-<p>«Pour faire que les punaises ne te nuysent
-point la nuyt;</p>
-
-<p>«Pour faire un oignement qui tue les punaises
-en la couche ou couchette;</p>
-
-<p>«Pour faire qu'il n'y aye nulles pusses en
-une chambre;</p>
-
-<p>«Pour faire un unguent qui tue les punaises
-ou mortzpions;</p>
-
-<p>«Pour tuer les poulz et lentes.»</p>
-
-<p>Remarquez que, de ce temps, date la fureur
-des cosmétiques, des fards, des essences, des
-pâtes, des parfums, qui ne se calma qu'au
-commencement du règne de Louis XIV. Il
-faut donc se rendre à l'évidence, et se représenter
-telle qu'elle était la haute société du
-seizième siècle. S'il y avait, par exemple, gala
-au Louvre, gentilshommes et grandes dames,
-bardés de crasse, mais couverts de parfums, de
-<span class="pagenum"><a name="Page_32" id="Page_32">[Pg 32]</a></span>
-perles et de pierreries, montaient sur un cheval
-ou un mulet, la femme en croupe derrière son
-mari<a name="FNanchor_72_72"
-id="FNanchor_72_72"></a><a href="#Footnote_72_72" class="fnanchor">[72]</a>.
-On se mettait à table, et les convives,
-s'aidant un peu du couteau, mangeaient avec
-les doigts, engluant leur serviette, qu'on était
-forcé de changer après chaque plat.</p>
-
-<p>Vers 1640, parurent enfin, les <i>Loix de la
-galanterie</i><a name="FNanchor_73_73"
-id="FNanchor_73_73"></a><a href="#Footnote_73_73" class="fnanchor">[73]</a>,
-code du bon ton à l'usage des
-petits-maîtres; on y voit avec surprise quels
-raffinements de soins la mode imposait alors
-aux galants du grand monde. Lisez: «L'on
-peut aller quelquefois chez les baigneurs pour
-avoir le corps net, et tous les jours l'on prendra
-la peine de se laver les mains. Il faut
-aussi se faire laver le visage presque aussi souvent,
-et se faire razer le poil des jouës, et quelquefois
-se faire laver la teste... Vous aurez un
-valet de chambre instruit à ce mestier, ou
-bien vous vous servirez d'un barbier qui n'ait
-autre fonction, et non pas de ceux qui pansent
-les playes et les ulcères, et qui sentent toujours
-le puz et l'onguent. Outre l'incommodité que
-vous en recevez, il y a danger mesme que venant
-<span class="pagenum"><a name="Page_35" id="Page_35">[Pg 35]</a></span>
-de panser quelque mauvais mal, ils ne
-vous le communiquent; tellement que vous
-ne les appellerez que quand vous serez malades.
-Et en ce qui est de vous accommoder
-le poil, vous aurez recours à leurs compétiteurs,
-qui sont barbiers-barbans<a name="FNanchor_74_74"
-id="FNanchor_74_74"></a><a href="#Footnote_74_74" class="fnanchor">[74]</a>.» Notre
-manuel ne parle pas des femmes, mais la
-mode est toujours donnée par elles. Si elles
-eussent eu soin de leur personne, auraient-elles
-pu souffrir auprès d'elles ces soupirants
-malpropres?</p>
-
-<div class="figcenter"><a name="i_037.jpg" id="i_037.jpg"></a>
- <img src="images/i_037.jpg"
- alt="" />
- <div class="caption">«UN COURTISAN ET SA DEMOISELLE.»<br />
- D'après les <i>Monumens</i> de Montfaucon.<br />
- (Seizième siècle.)</div>
-</div>
-
-<p>Lorsque l'excès de la propreté eut été porté
-à ce point qu'un raffiné dut se laver le visage
-<i>presque tous les jours</i>, on comprit enfin ce que
-présentaient de répugnant les multiples attributions
-des barbiers-chirurgiens, et les barbiers-barbants
-furent créés. A la suite de l'édit
-de 1637, quelques industriels avisés avaient
-déjà adopté cette spécialité, mais la corporation
-ne fut définitivement instituée que par
-l'édit du 23 mars 1673. «Nous avons reconnu
-dès il y a longtemps, dit le Roi, que
-l'usage de faire le poil et de tenir des bains et
-étuves, et les soins que l'on apporte à tenir le
-corps humain dans une propreté honneste,
-<span class="pagenum"><a name="Page_36" id="Page_36">[Pg 36]</a></span>
-estant autant utile à la santé que pour l'ornement
-et la bienséance, par nostre édit du mois
-de décembre 1659, nous aurions ordonné
-l'établissement d'un corps et communauté de
-<i>Barbiers-Baigneurs-Étuvistes-Perruquiers</i><a name="FNanchor_75_75"
-id="FNanchor_75_75"></a><a href="#Footnote_75_75" class="fnanchor">[75]</a>, réduits
-à deux cens, pour en faire profession particulière,
-distincte et séparée de celle des maistres
-chirurgiens-barbiers<a name="FNanchor_76_76"
-id="FNanchor_76_76"></a><a href="#Footnote_76_76" class="fnanchor">[76]</a>.»
-Ces deux cents
-charges étaient vendues par le Roi, et déclarées
-héréditaires.</p>
-
-<p>C'était là, sans nul doute, une utile réforme,
-mais dans cet ordre de faits il n'eût pas fallu
-s'arrêter en si beau chemin. Soumise à un
-examen même bienveillant, la cour brillante
-qui entourait Louis XIV aurait perdu beaucoup
-de son prestige. On commençait, il est
-vrai, à comprendre qu'il était bon de se laver
-de temps en temps, et l'on revenait peu à peu
-à l'idée que l'eau pouvait avoir été faite pour
-cela; on la subissait cependant plus qu'on ne
-l'aimait. L'usage quotidien d'abondantes ablutions
-telles que nous les pratiquons aujourd'hui
-eût certainement paru alors une singularité.
-<span class="pagenum"><a name="Page_37" id="Page_37">[Pg 37]</a></span>
-Le plus souvent, les gens soigneux se bornaient
-à promener le matin sur leur visage un
-petit tampon de coton trempé dans de l'alcool
-très-faible et aromatisé. Un manuel des bienséances,
-imprimé en 1782, prohibe encore
-l'emploi de l'eau pour la toilette: «Il est de la
-propreté de se nettoyer tous les matins le visage
-avec un linge blanc, pour le décrasser. Il
-est moins bien de le laver avec de l'eau, car
-cela rend le visage plus susceptible du froid en
-hiver et du hâle en été<a name="FNanchor_77_77"
-id="FNanchor_77_77"></a><a href="#Footnote_77_77" class="fnanchor">[77]</a>.»
-On voit que l'auteur,
-brave docteur en théologie, n'avait pas
-sur la physiologie et l'hygiène des notions bien
-exactes. Madame de Motteville éprouve le besoin
-de nous dire qu'Anne d'Autriche était
-«propre et fort nette»; elle ne néglige pas
-non plus de nous apprendre que, lors de
-l'arrivée de la reine Christine à Compiègne,
-les mains de l'auguste souveraine «étoient si
-crasseuses qu'il étoit impossible d'y apercevoir
-quelque beauté<a name="FNanchor_78_78"
-id="FNanchor_78_78"></a><a href="#Footnote_78_78" class="fnanchor">[78]</a>».
-On sait, du reste, que la
-fistule dont fut atteint Louis XIV est parfois le
-résultat d'un manque de propreté, et que le
-<span class="pagenum"><a name="Page_38" id="Page_38">[Pg 38]</a></span>
-roi-soleil avait souvent son sommeil troublé
-par des punaises<a name="FNanchor_79_79"
-id="FNanchor_79_79"></a><a href="#Footnote_79_79" class="fnanchor">[79]</a>.</p>
-
-<p>Vers cette époque commença la vogue des
-carrosses et des chaises à porteur, qui facilitèrent
-les relations sociales dans ce que l'on
-appelait alors le monde galant. En 1550, il
-n'y avait guère à Paris que trois ou quatre carrosses,
-et c'était encore un luxe de faire ses
-courses <i>en housse</i>, c'est-à-dire sur un cheval
-de selle couvert d'une housse de drap ou de
-velours. Sully allait au Louvre en housse, et
-il n'eut un carrosse que lorsqu'il fut grand
-maître de l'artillerie<a name="FNanchor_80_80"
-id="FNanchor_80_80"></a><a href="#Footnote_80_80" class="fnanchor">[80]</a>.
-La bourgeoisie, la noblesse
-pauvre allaient à pied; on marchait
-avec précaution dans les rues boueuses, et si
-l'on rendait une visite de cérémonie, on changeait
-de chaussures dans l'antichambre avant
-de passer au salon. Les <i>Loix de la galanterie</i>
-nous fournissent sur ce point des détails curieux:
-«Lors que la mode a voulu que les
-seigneurs et hommes de condition allassent à
-cheval par Paris, il estoit honeste d'y estre en
-bas de soye sur une housse de velours et entouré
-de pages et de laquais. Mais maintenant,
-<span class="pagenum"><a name="Page_41" id="Page_41">[Pg 41]</a></span>
-veu que les crottes s'augmentent tous les jours
-dans cette grande ville, avec un embarraz inévitable,
-nous ne trouvons plus à propos que
-nos galands de la haute volée soient en cet
-équipage et aillent autrement qu'en carrosse.
-Nous sçavons qu'autrefois pour parler d'un qui
-paroissoit dans le monde, soit financier ou
-autre, l'on disoit de luy: <i>il ne va plus qu'en
-housse</i>; mais maintenant cela n'est plus guère
-propre qu'aux médecins ou à ceux qui ne sont
-pas des plus relevez. De quelque condition que
-soit un galand, nous luy enjoignons d'avoir
-un carrosse s'il en a le moyen, d'autant que
-lors que l'on parle aujourd'huy de quelqu'un
-qui fréquente les bonnes compagnies, l'on demande
-incontinent: <i>a-t-il carrosse?</i> et si l'on
-respond que oüy, l'on en fait beaucoup plus
-d'estime. Si les galands du plus bas estage veulent
-visiter des dames de condition, ils remarqueront
-qu'il n'y a rien de si laid que d'entrer
-chez elles avec des bottes ou des souliers crottez,
-spécialement s'ils en sont logez fort loin;
-car quelle apparence y a-t-il qu'en cet estat
-ils aillent marcher sur un tapis de pied et s'asseoir
-sur un faut-œil de velours? C'est aussi
-une chose infâme de s'estre coulé de son pied
-d'un bout de la ville à l'autre, quand mesme
-<span class="pagenum"><a name="Page_42" id="Page_42">[Pg 42]</a></span>
-on auroit changé de souliers à la porte, pource
-que cela vous accuse de quelque pauvreté, qui
-n'est pas moins un vice aujourd'huy en France
-que chez les Chinois, où l'on croid que les
-pauvres soient maudits des Dieux à cause
-qu'ils ne prospèrent point. Vous pouvez aussi
-vous faire porter en chaize, dernière et nouvelle
-commodité, si utile qu'ayant esté enfermé
-là dedans sans se gaster le long des chemins,
-l'on peut dire que l'on en sort aussi
-propre que si l'on sortoit de la boiste d'un enchanteur;
-et comme elles sont de loüage, l'on
-n'en fait la despense que quand l'on veut, au
-lieu qu'un cheval mange jour et nuict<a name="FNanchor_81_81"
-id="FNanchor_81_81"></a><a href="#Footnote_81_81" class="fnanchor">[81]</a>.»</p>
-
-<div class="figcenter"><a name="i_043.jpg" id="i_043.jpg"></a>
- <img src="images/i_043.jpg"
- alt="" />
- <div class="caption">«DEUX COURTISANS QUI VONT AU LOUVRE.»<br />
- D'après les <i>Monumens</i> de Montfaucon.<br />
- (Seizième siècle.)</div>
-</div>
-
-<p>Il s'agissait donc surtout de briller à peu de
-frais, et pourvu que le galant eût sa chaussure
-et ses vêtements à peu près propres, on ne
-s'inquiétait pas d'autre chose. Un traité de la
-civilité qui eut un immense succès vers la fin
-du dix-septième siècle<a name="FNanchor_82_82"
-id="FNanchor_82_82"></a><a href="#Footnote_82_82" class="fnanchor">[82]</a>
-résume ainsi des recommandations
-d'ordre plus intime faites aux
-personnes de la cour: «Il faut avoir soin de
-se tenir la teste nette, les yeux et les dents, les
-<span class="pagenum"><a name="Page_43" id="Page_43">[Pg 43]</a></span>
-mains aussi, et même les pieds, particulièrement
-l'esté, pour ne pas faire mal au cœur à
-ceux avec qui nous conversons<a name="FNanchor_83_83"
-id="FNanchor_83_83"></a><a href="#Footnote_83_83" class="fnanchor">[83]</a>.»
-Le même ouvrage mentionne quelques modifications
-heureuses apportées dans les usages depuis le
-commencement du siècle: «Autrefois, dit-il,
-il estoit permis de cracher à terre devant des
-personnes de qualité, et il suffisoit de mettre le
-pied dessus: à présent, c'est une indécence.
-Autrefois on pouvoit bâiller, et c'estoit assez
-pourvû que l'on ne parlast pas en bâillant: à
-présent une personne de qualité s'en choqueroit.
-Autrefois, on pouvoit tremper son pain dans
-la sauce, et il suffisoit pourveu que l'on n'y eust
-pas encore mordu: maintenant ce seroit une
-espèce de rusticité. Autrefois on pouvoit tirer
-de sa bouche ce que l'on ne pouvoit pas manger,
-et le jeter à terre pourveu que cela se fist
-adroitement: maintenant ce seroit une grande
-saleté<a name="FNanchor_84_84"
-id="FNanchor_84_84"></a><a href="#Footnote_84_84" class="fnanchor">[84]</a>.»
-Mais nous entrons ici dans le cérémonial
-de la table, dont je m'occuperai ailleurs.</p>
-
-<p>Le salut vint de l'hôtel de Rambouillet, qui,
-en dépit des justes railleries de Molière, eut la
-gloire de généraliser en France le bon ton, la
-politesse, l'urbanité, le savoir-vivre.</p>
-
-<hr class="chap" />
-
-<p><span class="pagenum"><a name="Page_44" id="Page_44">[Pg 44]</a></span></p>
-
-
-<div class="chapter">
- <h2><a name="I-II" id="I-II"></a>II</h2>
-</div>
-
-
-<p>Je ne raconterai pas l'histoire de la coiffure
-et de la barbe, car on la trouve partout. Elle
-est bien exposée dans l'<i>Histoire du costume</i> de
-M. Quicherat, relativement exacte dans les
-<i>Dictionnaires de la conversation</i> et les
-<i>Encyclopédies</i><a name="FNanchor_85_85"
-id="FNanchor_85_85"></a><a href="#Footnote_85_85" class="fnanchor">[85]</a>;
-la refaire d'après les sources serait
-donc me donner beaucoup de peine en pure
-perte. D'ailleurs, je tiens à rester fidèle au programme
-que je me suis tracé; il consiste à
-exclure autant que possible de ces petites notices
-les faits déjà étudiés de l'histoire des
-mœurs, pour me borner à recueillir les détails
-ignorés ou peu connus, et à relever les erreurs
-accréditées par une longue tradition. Ainsi,
-des statues qui ne peuvent être antérieures à
-1150 ont fait jusqu'ici attribuer aux mérovingiennes
-la jolie coiffure que portaient les
-<span class="pagenum"><a name="Page_47" id="Page_47">[Pg 47]</a></span>
-grandes dames du douzième siècle; leurs cheveux,
-partagés au milieu de la tête, descendaient
-par devant en deux longues tresses
-nattées et galonnées<a name="FNanchor_86_86"
-id="FNanchor_86_86"></a><a href="#Footnote_86_86" class="fnanchor">[86]</a>.</p>
-
-<div class="figsub">
- <div class="figleft" style="width: 170px;">
- <img src="images/i_049a.jpg" width="170" height="600" alt="" title="" />
- <span class="caption">REINE DU GRAND PORTAIL DE CHARTRES.</span>
- </div>
-
- <div class="figright" style="width: 170px;">
- <img src="images/i_049b.jpg" width="170" height="600" alt="" title="" />
- <span class="caption">LA REINE DE SABA, PROVENANT DE N.-D. DE CORBEIL.</span>
- </div>
- <div class="caption ac">D'après Willemin.
- </div>
-</div>
-
-
-<p>Au siècle suivant, les nattes ont disparu.
-Les femmes mariées les ont remplacées par un
-volumineux chignon attaché derrière le crâne;
-les jeunes filles laissent pendre leurs cheveux
-sur le dos, mode qui demeura très-longtemps
-en France le signe de la virginité, comme en
-témoignent les anciennes représentations de la
-Vierge. Le quatorzième siècle adopte les nattes
-relevées de chaque côté du front sur les tempes.
-Au quinzième, les cheveux sont sacrifiés à des
-couvre-chefs fantaisistes, dont le hennin est le
-type. Le seizième siècle découvre les fronts et
-inaugure la coiffure dite <i>à la Marie Stuart</i>, dont
-les différentes variétés nous conduisent jusqu'au
-règne de Louis XIV. Celui-ci peut être caractérisé
-par la coiffure <i>à la Sévigné</i>, qui est
-composée d'une multitude de boucles échelonnées
-sur les joues.</p>
-
-<p><span class="pagenum"><a name="Page_48" id="Page_48">[Pg 48]</a></span></p>
-
-<p>Pour se faire une idée générale de la forme
-que les hommes donnèrent successivement à
-leur chevelure et à leur barbe, il suffit de
-passer en revue les portraits de nos rois.</p>
-
-<p>La barbe disparaît à partir de Philippe-Auguste;
-le visage est rasé et les cheveux ne
-dépassent guère le milieu du cou. La barbe
-fait une réapparition timide sous Philippe VI
-et Jean II, mais Charles V et ses successeurs
-sont imberbes: par derrière, leurs cheveux
-descendent jusqu'au cou; par devant, ils sont
-coupés très-courts, c'est la coiffure dite <i>aux
-enfants d'Édouard</i>. A dater de François I<sup>er</sup>, on
-fait peu de cas des cheveux, mais la barbe est
-en plein triomphe. Elle reste taillée en pointe
-jusqu'à Henri IV, dont la riante figure est encadrée
-de poils touffus et frisés. Richelieu et
-Louis XIII portent la moustache épaisse et la
-royale à la lèvre inférieure. Un caprice changea
-tout cela.</p>
-
-<p>Louis XIII, forcé d'embrasser la même carrière
-que son père, y réussissait peu. En revanche,
-il avait des dispositions pour une foule
-d'autres métiers; il cuisinait très-bien, lardait
-à ravir, s'entendait à l'élève des oiseaux et au
-jardinage, composait en musique, peignait un
-peu, travaillait au besoin le cuir, le bois et le fer.
-<span class="pagenum"><a name="Page_49" id="Page_49">[Pg 49]</a></span>
-Un jour, il lui prit fantaisie de faire concurrence
-aux barbiers-barbants qu'il avait créés; il coupa
-la barbe à tous les officiers de sa maison, ne leur
-laissant qu'un petit bouquet de poils au menton.
-Richelieu, avec qui on ne plaisantait pas ainsi,
-conserva seul les moustaches retroussées et la
-royale. La cour et la ville rirent beaucoup de
-l'étrange distraction qu'avait choisie le mélancolique
-souverain; on la mit même en chanson:</p>
-
-<div class="poetry-container">
- <div class="poetry">
- <div class="stanza">
- <div class="verse indent-2_5">Hélas! ma pauvre barbe,</div>
- <div class="verse">Qu'est-ce qui t'a faite ainsy?</div>
- <div class="verse indent-2_5">C'est le grand roy Louis,</div>
- <div class="verse indent-2_5">Treiziesme de ce nom,</div>
- <div class="verse">Qui a toute esbarbé sa maison.</div>
- </div>
- <div class="stanza">
- <div class="verse indent-2_5">Laissons la barbe en pointe</div>
- <div class="verse">Au cousin de Richelieu,</div>
- <div class="verse indent-2_5">Car, par la vertudieu!</div>
- <div class="verse indent-2_5">Qui seroit assez osé</div>
- <div class="verse">Pour prétendre la luy raser<a name="FNanchor_87_87"
- id="FNanchor_87_87"></a><a href="#Footnote_87_87"
- class="fnanchor">[87]</a>?</div>
- </div>
- </div>
-</div>
-
-<p>Les cheveux longs avaient repris faveur sous
-la minorité de ce roi ennuyé et ennuyeux. Un
-homme de goût se reconnaissait alors aux
-<i>moustaches</i> ou <i>cadenettes</i> qui, vite oubliées,
-furent ressuscitées un siècle plus tard. On appelait
-ainsi de longues mèches de cheveux, réunies
-<span class="pagenum"><a name="Page_50" id="Page_50">[Pg 50]</a></span>
-avec une rosette, et qu'on laissait pendre
-le long de la joue et même de l'épaule sur le
-côté gauche. La moustache se portait rarement
-seule. L'auteur de <i>La promenade du cours</i><a name="FNanchor_88_88"
-id="FNanchor_88_88"></a><a href="#Footnote_88_88" class="fnanchor">[88]</a>
-nous apprend que les gens désireux de se
-donner un air terrible en exhibaient jusqu'à
-six:</p>
-
-<div class="poetry-container">
- <div class="poetry">
- <div class="verse">Les braves à l'œil froncé</div>
- <div class="verse">D'un air demy courroucé</div>
- <div class="verse">Font flotter leurs grands panaches,</div>
- <div class="verse">Aux portières s'avançant,</div>
- <div class="verse">Et guignent tous les passants</div>
- <div class="verse">Au travers de six moustaches.</div>
- </div>
-</div>
-
-<p>Au besoin, les perruquiers pouvaient en
-fournir: «Potel, écrit Tallemant<a name="FNanchor_89_89"
-id="FNanchor_89_89"></a><a href="#Footnote_89_89" class="fnanchor">[89]</a>,
-avoit trois
-ou quatre moustaches postiches de chaque
-costé, où il y avoit plus de douze aulnes de
-ruban noir; car on n'avoit pas trouvé encore les
-coings de cheveux.» Potel était un original: la
-moustache se portait à gauche. Le côté droit
-de la tête ainsi dégagé restait bien visible, et
-on l'ornait d'une boucle d'oreille, perle ou diamant.
-Le comte Henri d'Harcourt, cadet de la
-maison de Lorraine, en fut surnommé Cadet
-la Perle, sobriquet qu'il garda toute sa vie. Son
-<span class="pagenum"><a name="Page_53" id="Page_53">[Pg 53]</a></span>
-beau portrait, exécuté par Antoine Masson, est
-connu sous le nom de <i>Cadet à la perle</i>; il porte
-encore cet ornement sur celui qui fut gravé par
-Édelinck pour les <i>Hommes illustres</i> de Perrault<a name="FNanchor_90_90" id="FNanchor_90_90"></a><a href="#Footnote_90_90" class="fnanchor">[90]</a>,
-longtemps après que les cadenettes
-eurent cessé d'être à la mode. Le premier galant
-qui les mit en faveur fut Honoré d'Albret,
-seigneur de Cadenet, frère du célèbre Luynes<a name="FNanchor_91_91"
-id="FNanchor_91_91"></a><a href="#Footnote_91_91" class="fnanchor">[91]</a>.
-Quand on fit celui-ci connétable, Cadenet
-du même coup fut improvisé maréchal de
-France, mais ses exploits se bornèrent à l'importante
-innovation que je viens de rappeler:
-elle a suffi pour transmettre son souvenir à la
-postérité.</p>
-
-<div class="figcenter"><a name="i_056.jpg" id="i_056.jpg"></a>
- <img src="images/i_056.jpg"
- alt="" />
- <div class="caption"><i>Le Comte d'harcour</i><br />
- D'après les <i>Hommes illustres</i> de Perrault.</div>
-</div>
-
-
-<p>Notre moustache actuelle avait aussi ses
-partisans. On lit dans les <i>Loix de la galanterie</i>:
-«Les uns portent les moustaches comme un
-traict de sourcil, et fort peu au menton; les
-autres ont une moustache à coquille<a name="FNanchor_92_92"
-id="FNanchor_92_92"></a><a href="#Footnote_92_92" class="fnanchor">[92]</a>.» Cette
-dernière était celle dont on relevait les pointes.
-Au moyen d'un petit instrument appelé <i>bigotère</i>,
-on la pinçait de manière à ce qu'elle ne
-perdît pas son pli pendant la nuit. C'est ce
-<span class="pagenum"><a name="Page_54" id="Page_54">[Pg 54]</a></span>
-qu'explique très-bien une <i>Mazarinade</i> publiée
-en 1650:</p>
-
-<div class="poetry-container">
- <div class="poetry">
- <div class="verse">Ensuite voyons la moustache</div>
- <div class="verse">Que la bigotère nous cache</div>
- <div class="verse">Lorsque le jeune damoiseau</div>
- <div class="verse">Le soir en bride son museau.</div>
- <div class="verse">Le matin lui-même se l'ôte,</div>
- <div class="verse">En frottant un peu le bigote</div>
- <div class="verse">Avec quelque chose de chaud<a name="FNanchor_93_93"
- id="FNanchor_93_93"></a><a href="#Footnote_93_93"
- class="fnanchor">[93]</a>!</div>
- </div>
-</div>
-
-<p>Sarazin<a name="FNanchor_94_94"
- id="FNanchor_94_94"></a><a href="#Footnote_94_94" class="fnanchor">[94]</a>,
- racontant en style burlesque l'enterrement
-anticipé de Voiture, fait figurer
-parmi les assistants quelques Amours: «L'un,
-dit-il, faisoit des grimaces devant le miroir,
-l'autre se bridoit de la bigotère, l'autre tiroit
-les poils des sourcils de ses compagnons avec
-des pincettes<a name="FNanchor_95_95"
-id="FNanchor_95_95"></a><a href="#Footnote_95_95" class="fnanchor">[95]</a>.»
-La bigotère était encore employée
-à la fin du dix-huitième siècle<a name="FNanchor_96_96"
-id="FNanchor_96_96"></a><a href="#Footnote_96_96" class="fnanchor">[96]</a>.</p>
-
-<p>Depuis Louis XIII, aucun roi de France ne
-garda sa barbe. Elle ne laissa pas pour cela
-<span class="pagenum"><a name="Page_55" id="Page_55">[Pg 55]</a></span>
-d'être honorée et cultivée. Louis Guyon<a name="FNanchor_97_97"
-id="FNanchor_97_97"></a><a href="#Footnote_97_97" class="fnanchor">[97]</a>, qui
-a traité agréablement ce sujet, dit que la barbe
-est utile, non-seulement parce qu'elle protége
-l'homme contre le froid, mais encore parce
-qu'elle le rend «plus beau. A cause de quoy
-nature n'a voulu couvrir les éminences qui
-sont à chacun costé des yeux, ny le nez, ni
-autres parties de la face; autrement, l'homme
-ressembleroit une beste sauvage et approcheroit
-de la semblance des bestes brutes. Il ne se
-cognoistroit quand il seroit joyeux ny fasché.
-La face descouverte de poils appartient à un
-animal raisonnable, politic, familier et sociable,
-tel qu'est l'homme.» Mais alors, pourquoi la
-nature a-t-elle privé de barbe les femmes?
-Rien n'est plus simple: «La matière de la
-barbe, aux femmes, monte à la teste, qui leur
-cause de plus grands cheveux qu'aux hommes;
-et de vray, la chevelure est bienséante aux
-femmes et la barbe à l'homme.»</p>
-
-<p>Louis XIV porta d'abord le semblant de
-moustache dont j'ai parlé, un trait léger sur
-la lèvre supérieure. Il la fit disparaître en
-1680, et tout bon courtisan s'empressa de
-<span class="pagenum"><a name="Page_56" id="Page_56">[Pg 56]</a></span>
-l'imiter; aussi les derniers portraits de Corneille
-et de Molière les représentent-ils sans un
-poil sur la figure<a name="FNanchor_98_98"
-id="FNanchor_98_98"></a><a href="#Footnote_98_98" class="fnanchor">[98]</a>.
-Je ne parle ici que des
-courtisans, car il faut rendre cette justice à
-Louis XIII et à Louis XIV qu'ils respectèrent
-la tête de leurs sujets (on n'oserait en dire
-autant de Richelieu); ils laissèrent chacun arranger
-à sa guise barbe et cheveux. Si ce fut
-une faiblesse de la part du roi-soleil, elle ne
-resta pas sans châtiment: la mode, devenue
-plus impérieuse que l'orgueilleux monarque,
-finit par lui imposer la perruque et la poudre,
-qui lui étaient toutes deux antipathiques.</p>
-
-<p>A défaut d'autres libertés, le dix-septième
-siècle eut donc celle de la barbe. Les beaux
-portraits gravés par Édelinck et Lubin nous
-révèlent que:</p>
-
-<p class="noindent">Le Jésuite Jacques Sirmond,<br />
-L'érudit Fabri de Peiresc,<br />
-L'historien Papire Masson,<br />
-Le savant Scévole de Sainte-Marthe,<br />
-Le poëte Malherbe,<br />
-Le jurisconsulte Pithou</p>
-
-<p>portaient la barbe entière avec les moustaches.</p>
-
-<p class="noindent">Le cardinal de Bérulle,<br />
-<span class="pagenum"><a name="Page_57" id="Page_57">[Pg 57]</a></span>
-Henri de Sponde, évêque de Pamiers,<br />
-Le secrétaire d'État Pontchartrain,<br />
-Vincent de Paul,<br />
-Joseph Scaliger</p>
-
-<p>portaient la barbe en pointe avec les moustaches.</p>
-
-<p class="noindent">Pierre Camus, évêque de Belley,<br />
-Le garde des sceaux du Vair,<br />
-Le premier président A. de Harlay,<br />
-Le président Jeannin</p>
-
-<p>portaient une magnifique barbe étalée sur la
-poitrine.</p>
-
-<p class="noindent">Pierre de Marca, archevêque de Paris,<br />
-Antoine Godeau, évêque de Vence,<br />
-J. F. Senault, général de l'Oratoire,<br />
-Le prince de Condé,<br />
-Turenne,<br />
-Le chancelier Séguier,<br />
-Colbert,<br />
-Le premier président Lamoignon,<br />
-Le président de Thou,<br />
-L'avocat général J. Bignon,<br />
-Le théologien Arnauld d'Andilly,<br />
-Descartes,<br />
-L'avocat Antoine Lemaître,<br />
-Le philosophe Gassendi,<br />
-Balzac,<br />
-Voiture,<br />
-<span class="pagenum"><a name="Page_58" id="Page_58">[Pg 58]</a></span>
-Sarazin,<br />
-Mansart,<br />
-Le peintre Nicolas Poussin,<br />
-Le graveur Callot,<br />
-Le romancier H. d'Urfé,<br />
-Le maréchal de Gassion,<br />
-Le maréchal Fabert,<br />
-L'amiral Duquesne,<br />
-Le chancelier Michel Letellier,<br />
-Le premier président de Bellièvre,<br />
-N. Rigault, garde de la bibliothèque du Roi,<br />
-Simon Vouet, premier peintre du Roi,</p>
-
-<p>portaient la moustache et la royale.</p>
-
-<p class="noindent">Le P. Thomassin, hébraïsant,<br />
-L'académicien Pélisson,<br />
-Le savant Ducange,<br />
-La Fontaine,<br />
-L'historien Le Nain de Tillemont,<br />
-Le peintre Ch. Lebrun,<br />
-Le poëte Santeuil,<br />
-Le maréchal de Luxembourg,<br />
-Le musicien Lully,<br />
-Le philologue Ménage,<br />
-Quinault,<br />
-Benserade,<br />
-Racine</p>
-
-<p>avaient le visage entièrement rasé.</p>
-
-<p><span class="pagenum"><a name="Page_59" id="Page_59">[Pg 59]</a></span></p>
-
-<p>N'oublions pas de faire remarquer que plusieurs
-de ces personnages portent perruque,
-une perruque superbe, majestueuse, frisée avec
-art et qui parfois descend jusqu'à la ceinture.
-Tout était grand dans le siècle du grand roi.</p>
-
-<p>C'est à ce siècle que revient l'honneur d'avoir
-ainsi contrefait la nature, mais il y avait
-longtemps qu'on avait cherché à l'imiter.</p>
-
-<p>L'usage des faux cheveux doit être aussi
-ancien que la coquetterie féminine, et c'est
-remonter bien haut. A l'époque romaine, les
-femmes portaient des nattes postiches, le commerce
-des cheveux était en pleine activité, et
-on allait en chercher des cargaisons sur la rive
-droite du Rhin. Cependant, les Pères de l'Église
-d'abord, puis les prédicateurs du moyen
-âge apostrophèrent très durement les femmes
-qui mettaient des chevelures d'emprunt «des
-cheveux de mortes<a name="FNanchor_99_99"
-id="FNanchor_99_99"></a><a href="#Footnote_99_99" class="fnanchor">[99]</a>»,
-disaient-ils, et ce qui
-est bien pis, des cheveux de personnes peut-être
-impures, peut-être criminelles, peut-être
-condamnées aux peines de l'enfer, <i>capitis forsan
-immundi, forsan nocentis et gehennæ destinati</i><a name="FNanchor_100_100"
-id="FNanchor_100_100"></a><a href="#Footnote_100_100" class="fnanchor">[100]</a>.</p>
-
-<p><span class="pagenum"><a name="Page_60" id="Page_60">[Pg 60]</a></span></p>
-
-<p>C'est sous Charles V qu'Eustache Deschamps
-composa la célèbre ballade qui a pour refrain:</p>
-
-<div class="poetry-container">
- <div class="poetry">
- <div class="verse">Rendez l'emprunt des estranges cheveux.</div>
- </div>
-</div>
-
-<p>Sous Henri III et Henri IV, toutes les femmes
-s'affublaient de faux chignons. La reine Marguerite,
-écrit Brantôme, «s'habilloit quelques
-fois avec ses cheveux naturels, sans y adjouster
-aucun artifice de perruque; elle les sçavoit
-très bien tortiller, frizonner et accommoder...
-et pourtant peu souvent s'en accommodoit, si
-non de perruques bien gentement façonnées<a name="FNanchor_101_101"
-id="FNanchor_101_101"></a><a href="#Footnote_101_101" class="fnanchor">[101]</a>.»
-Tallemant des Réaux affirme tout crûment
-qu'elle fut chauve de bonne heure, et qu'«elle
-avoit de grands valets de pied blonds que l'on
-tondoit de temps en temps<a name="FNanchor_102_102"
-id="FNanchor_102_102"></a><a href="#Footnote_102_102" class="fnanchor">[102]</a>».</p>
-
-<p>Dès le règne de Louis XII, les élégants
-imitaient leurs maîtresses:</p>
-
-<div class="poetry-container">
- <div class="poetry">
- <div class="verse">De la queue d'un cheval painte,</div>
- <div class="verse">Quant leurs cheveux sont trop petiz,</div>
- <div class="verse">Ilz ont une perrucque faincte,</div>
- </div>
-</div>
-
-<p>disait d'eux Guillaume Coquillart<a name="FNanchor_103_103"
-id="FNanchor_103_103"></a><a href="#Footnote_103_103" class="fnanchor">[103]</a>.</p>
-
-<p><span class="pagenum"><a name="Page_61" id="Page_61">[Pg 61]</a></span></p>
-
-<p>Les gens qui commençaient à perdre leurs
-cheveux y suppléaient au moyen de <i>coins</i>,
-fragments de perruque qu'on dissimulait le
-mieux possible sous la chevelure naturelle.
-Louis XIII vit tomber la sienne à trente ans,
-ce qui inaugura le règne de la perruque; «les
-courtisans, les rousseaux et les teigneux en
-portèrent les premiers: les courtisans par délicatesse<a name="FNanchor_104_104"
-id="FNanchor_104_104"></a><a href="#Footnote_104_104" class="fnanchor">[104]</a>,
-les rousseaux par vanité et les teigneux
-par nécessité<a name="FNanchor_105_105"
-id="FNanchor_105_105"></a><a href="#Footnote_105_105" class="fnanchor">[105]</a>.»
-Comme toutes les
-modes, celle-ci eut ses détracteurs acharnés et
-ses admirateurs enthousiastes; parmi ces derniers,
-il faut citer l'abbé Legendre, qui s'écrie
-naïvement: «Il est surprenant qu'une coiffure
-aussi commode qu'est la perruque, n'ait esté en
-usage que depuis le règne de Louis XIII<a name="FNanchor_106_106"
-id="FNanchor_106_106"></a><a href="#Footnote_106_106" class="fnanchor">[106]</a>.»</p>
-
-<p>C'est sous Louis XIV qu'elle atteignit son
-apogée. L'année où il créa les barbiers-barbants
-(1673) est précisément celle où il consentit
-à prendre perruque. Il avait trente-cinq
-ans lorsqu'il se soumit à cette mode, que son
-opulente chevelure lui donnait le droit de mépriser.
-On composa pour lui, dit Pélisson<a name="FNanchor_107_107"
-id="FNanchor_107_107"></a><a href="#Footnote_107_107" class="fnanchor">[107]</a>,
-<span class="pagenum"><a name="Page_62" id="Page_62">[Pg 62]</a></span>
-des perruques avec des jours par où passaient
-les mèches de ses cheveux, dont il ne voulait
-pas faire le sacrifice. Son fils, le grand Dauphin,
-n'y mettait pas tant de façons: «Monseigneur,
-écrit Dangeau, a encore fait raser
-ses cheveux, qui étoient revenus plus beaux
-que jamais. Il trouve la perruque plus commode<a name="FNanchor_108_108"
-id="FNanchor_108_108"></a><a href="#Footnote_108_108" class="fnanchor">[108]</a>.»</p>
-
-<p>Le <i>Livre commode pour 1692</i><a name="FNanchor_109_109"
-id="FNanchor_109_109"></a><a href="#Footnote_109_109" class="fnanchor">[109]</a>,
-nous a conservé
-les noms de Pascal, de Pelé, de Jordanis, de
-Vincent, «renommez pour faire les perruques
-de bon air»; de La Roze, «renommé pour les
-perruques abbatiales»; de Binet, enfin, le célèbre
-fournisseur du Roi et le créateur des perruques
-dites <i>binettes</i>, expression qui a fini par
-désigner dans le langage populaire la tête elle-même.
-A Versailles, entre la chambre à coucher
-et la salle du conseil<a name="FNanchor_110_110"
-id="FNanchor_110_110"></a><a href="#Footnote_110_110" class="fnanchor">[110]</a>,
-était le cabinet des
-perruques du Roi. Elles reposaient dans des
-armoires vitrées qui entouraient la pièce; de
-distance en distance se dressaient des têtes
-d'enfants, au nombre de vingt, qui servaient
-aux essayages, aux remaniements. Les formes
-variaient suivant que Louis XIV allait à la
-<span class="pagenum"><a name="Page_63" id="Page_63">[Pg 63]</a></span>
-messe ou à la chasse, recevait des ambassadeurs
-ou restait dans ses appartements. Quant
-au barbier, il ne quittait guère la cour<a name="FNanchor_111_111"
-id="FNanchor_111_111"></a><a href="#Footnote_111_111" class="fnanchor">[111]</a>, et
-comptait parmi les cinq cents personnes distribuées
-en cinq tables, qui avaient le droit de
-manger à la cour. «Avant que le Roy se lève,
-dit un contemporain, le sieur Quentin, qui est
-le barbier et qui a soin des perruques, se vient
-présenter devant Sa Majesté, tenant deux perruques
-ou plus, de différente longueur. Le
-Roy, suffisamment peigné, le sieur Quentin
-lui présente la perruque de son lever, qui est
-plus courte que celle que Sa Majesté porte ordinairement
-le reste du jour. Sa Majesté aïant
-mis sa perruque, les Officiers de la Garderobe
-s'approchent pour habiller le Roy... Le Roy,
-dans la journée, change de perruque, comme
-quand il va à la messe, après qu'il a dîné, quand
-il est de retour de la chasse, de la promenade,
-quand il va soûper, etc. Le garçon qui est
-commis pour peigner les perruques du Roy a
-deux cens écus sur la cassette...» Louis XIV
-n'était rasé que tous les deux jours: «De deux
-jours l'un, c'est jour de barbe, c'est-à-dire que
-<span class="pagenum"><a name="Page_64" id="Page_64">[Pg 64]</a></span>
-le Roy se fait raser. Les deux barbiers de quartier
-rasent alternativement de deux jours l'un,
-et celui qui ne rase point apprête les eaux et
-tient le bassin. Celui qui est de jour pour raser
-Sa Majesté met le linge de barbe au Roy, le lave
-avec la savonnette, le rase, le lave après qu'il
-est rasé, avec une éponge douce, d'eau mêlée
-d'esprit de vin, et enfin avec de l'eau pure. Pendant
-tout le temps qu'on rase le Roy, le premier
-valet de chambre tient le miroir devant
-Sa Majesté, et le Roy s'essuie lui-même le visage
-avec le linge de barbe<a name="FNanchor_112_112"
-id="FNanchor_112_112"></a><a href="#Footnote_112_112" class="fnanchor">[112]</a>.»
-On rasait souvent
-aussi la tête de Louis XIV, car même après
-qu'il eut passé soixante-dix ans, ses cheveux,
-triomphant des efforts de la perruque, s'obstinaient
-à repousser<a name="FNanchor_113_113"
-id="FNanchor_113_113"></a><a href="#Footnote_113_113" class="fnanchor">[113]</a>.
-Sous le règne d'un souverain
-qui, par sa chevelure, semblait descendre
-de la race mérovingienne, la perruque
-poursuivait noblement sa carrière, forçant à
-l'obéissance jusqu'au maître devant qui tous
-tremblaient.</p>
-
-<p>L'article 63 des statuts de 1718 accorde aux
-barbiers-perruquiers le monopole de «la vente
-<span class="pagenum"><a name="Page_65" id="Page_65">[Pg 65]</a></span>
-et revente des cheveux»; les marchands en
-gros devaient, avant d'écouler leurs ballots,
-les apporter au bureau de la corporation, où ils
-étaient examinés. Il se faisait alors une incroyable
-consommation de poil. Les têtes des
-femmes vivantes et mortes étaient mises à contribution
-dans les quatre parties du monde, et
-le commerce des cheveux avait pris une extension
-considérable. Colbert songea même à en
-arrêter l'importation qui menaçait, disait-il, de
-devenir aussi ruineuse pour l'État que l'avait
-été naguère celle des ouvrages de fil. Mais les
-perruquiers se montrèrent meilleurs économistes
-que le ministre. Ils dressèrent des statistiques
-et démontrèrent, chiffres en mains, que
-la vente des perruques à l'étranger faisait rentrer
-plus d'argent dans le royaume qu'il n'en
-sortait par l'achat des cheveux<a name="FNanchor_114_114"
-id="FNanchor_114_114"></a><a href="#Footnote_114_114" class="fnanchor">[114]</a>.
-En effet, l'Angleterre,
-l'Allemagne, l'Espagne, l'Italie, etc.,
-étaient nos tributaires; le perruquier français
-avait acquis déjà dans toute l'Europe la réputation
-qu'il conserva jusqu'à la fin d'être un artiste
-inimitable. Le commerce en gros était représenté
-à Paris par les sieurs Pelé, Vincent, Potiquet,
-Rossignol, etc.; ces deux derniers demeuraient
-<span class="pagenum"><a name="Page_66" id="Page_66">[Pg 66]</a></span>
-«sous la galerie des Innocents<a name="FNanchor_115_115"
-id="FNanchor_115_115"></a><a href="#Footnote_115_115" class="fnanchor">[115]</a>».
-Tous ces commerçants avaient des coupeurs
-qui parcouraient la Normandie, la Flandre, la
-Hollande. Certains villages fournissaient jusqu'à
-dix livres de cheveux, qui devaient toujours
-avoir de vingt-quatre à vingt-cinq pouces
-de long. Les cheveux des pays chauds étaient
-réputés mauvais; les plus estimés étaient ceux
-de Normandie, que l'on nommait <i>cheveux de
-pays</i>. L'Angleterre en fournissait fort peu, «le
-peuple, qui est à son aise, ne consentant pas
-aisément à laisser couper les cheveux de leurs
-femmes et de leurs filles». Le prix variait entre
-quatre francs et cinquante écus la livre; les
-plus chers étaient les blonds et les blancs. On
-appelait <i>cheveux vifs</i>, ceux qui avaient été
-coupés sur la tête de leur propriétaire, vivante
-ou morte; <i>cheveux morts</i>, ceux qui avaient
-été arrachés par le peigne ou étaient tombés
-à la suite de quelque maladie; <i>cheveux naturels</i>,
-ceux qui frisaient naturellement. Au
-début du dix-huitième siècle, il y avait à
-Paris une cinquantaine de marchands de cheveux<a name="FNanchor_116_116"
-id="FNanchor_116_116"></a><a href="#Footnote_116_116" class="fnanchor">[116]</a>.</p>
-
-<p><span class="pagenum"><a name="Page_67" id="Page_67">[Pg 67]</a></span></p>
-
-<p>La rareté des cheveux était devenue telle à
-la fin du règne de Louis XIV, qu'on fut obligé
-de fabriquer en crin les perruques communes.
-Jean-Paul Marana écrivait vers 1700: «Depuis
-que la perruque a été reçue, les têtes des
-morts et celles des femmes se vendent cher,
-étant la mode que les sépulcres et les femmes
-fournissent le plus bel ornement à la tête des
-hommes<a name="FNanchor_117_117"
-id="FNanchor_117_117"></a><a href="#Footnote_117_117" class="fnanchor">[117]</a>.»</p>
-
-<p>Les premières perruques se composèrent de
-quelques rangs de cheveux échelonnés autour
-d'une vaste calotte. On leur donna ensuite la
-forme exacte d'un bonnet, et c'est ainsi que
-fut créée <i>la bonnette</i>, dite aussi <i>perruque d'abbé</i>
-ou <i>perruque ronde</i>; l'abbé de la Rivière, favori
-de Gaston d'Orléans, fut, dit-on, le premier
-qui la porta.</p>
-
-<p>Sous Louis XIV paraît enfin <i>la royale</i> ou
-<i>l'in-folio</i>, privilége de la haute société, crinière
-pleine de majesté, faite pour des statues
-plus que pour des vivants. <i>La brigadière</i> fut
-la coiffure habituelle des militaires, <i>la moutonne
-bouclée</i> ou <i>bichonne</i> celle des petites-maîtresses
-et des bambins. Les gens du Palais
-portaient <i>la robin</i>. La perruque, symbole de
-<span class="pagenum"><a name="Page_68" id="Page_68">[Pg 68]</a></span>
-la monarchie, partage sa fortune, s'affaisse
-avec elle, et, vers la fin du règne, perd beaucoup
-de son prestige. De l'in-folio, on est
-tombé <i>à la cavalière</i>, <i>à la financière</i>, <i>à l'espagnole</i>,
-<i>à la carrée</i>, <i>à la nouée</i>, <i>à la naturelle</i>,
-etc., vestiges encore imposants d'une
-splendeur évanouie.</p>
-
-<p>La décadence se précipite sous Louis XV.
-Les perruques deviennent plus basses et plus
-étroites; puis on les sépare en trois touffes,
-qui composent les <i>cadenettes</i> sur les côtés et la
-<i>queue</i> par derrière. Le dessin, d'ailleurs, varie
-à l'infini. On peut choisir entre les perruques
-<i>de chasse</i>, <i>à nœuds</i>, <i>à deux queues</i>, <i>naissante</i>,
-<i>à la chancelière</i>; <i>à la Sartine</i>, adoptée par ce
-magistrat; <i>à la régence</i> ou <i>à bourse</i>, portée
-par la valetaille.</p>
-
-<p>L'<i>Encyclopédie perruquière</i>, que publia en
-1757 l'avocat A. H. Marchand, contient une
-suite de quarante-cinq têtes, coiffées chacune
-d'une perruque de forme particulière, et distinguée
-par un nom spécial.</p>
-
-<p>En voici la liste:</p>
-
-<p class="noindent">
-<i>A l'ordinaire.</i><br />
-<i>A la Port-Mahon.</i><br />
-<i>A la rinoxerros.</i><br />
-<i>A l'adorable.</i><br />
-<i>A l'oiseau royal.</i><br />
-<i>A la cabriolet.</i><br />
-<i>A l'aile de pigeon.</i><br />
-<i>A la nouvelle mode.</i><br />
-<i>A l'impatient.</i><span class="pagenum"><a name="Page_69"
-id="Page_69">[Pg 69]</a></span><br />
-<i>A l'aventure.</i><br />
-<i>A la cavalière.</i><br />
-<i>A la paresseuse.</i><br />
-<i>A la singulière.</i><br />
-<i>Au chasseur.</i><br />
-<i>A l'indifférence.</i><br />
-<i>A la dragonne.</i><br />
-<i>A la comète.</i><br />
-<i>A la Tronchin.</i><br />
-<i>A la mousquetaire.</i><br />
-<i>A la légère.</i><br />
-<i>A la Choisy.</i><br />
-<i>A la gendarme.</i><br />
-<i>Au vieillard.</i><br />
-<i>A la Gentilly.</i><br />
-<i>A la parisienne.</i><br />
-<i>Au</i> petit-maître.<br />
-<i>A la françoise.</i><br />
-<i>A l'italienne.</i><br />
-<i>A la plus tôt fait.</i><br />
-<i>Au favori.</i><br />
-<i>A la lunatique.</i><br />
-<i>A ravir.</i><br />
-<i>A l'éléphant.</i><br />
-<i>A l'antiquité.</i><br />
-<i>A l'économe.</i><br />
-<i>Au combattant.</i><br />
-<i>Au conquérant.</i><br />
-<i>A la jalousie.</i><br />
-<i>A la prudence.</i><br />
-<i>A la royale.</i><br />
-<i>A l'envieux.</i><br />
-<i>A la maître-d'hôtel.</i><br />
-<i>A la félicité.</i><br />
-<i>A l'inconstance.</i><br />
-<i>A la Beaumont.</i><br />
-</p>
-
-<p>On eut aussi l'idée de composer des perruques
-en laine, qui devinrent le monopole des
-matelots, et des perruques de fil de fer, mode
-économique qui permettait de laisser à ses
-enfants une coiffure à jamais héréditaire.</p>
-
-<p>Nous voyons fleurir encore, sous Louis XVI,
-les perruques <i>de palais</i>, <i>à oreilles</i>, <i>à la circonstance</i>,
-<span class="pagenum"><a name="Page_70" id="Page_70">[Pg 70]</a></span>
-<i>brisée</i>, <i>à la grecque</i>, <i>en bonnet</i>, <i>à rosette</i>,
-<i>à cadogan</i> ou <i>catogan</i>, gros nœud descendant
-sur la nuque; <i>à la Panurge</i>; <i>à trois
-marteaux</i><a name="FNanchor_118_118"
-id="FNanchor_118_118"></a><a href="#Footnote_118_118" class="fnanchor">[118]</a>,
-qu'affectionnaient surtout les médecins
-et les apothicaires. Tout le monde alors portait
-perruque, depuis le vieillard le plus décrépit
-jusqu'à l'enfant à peine sevré; les nobles
-comme les roturiers, les bourgeois, les maîtres
-des métiers, les ouvriers. Le moindre laquais
-aurait eu honte de se montrer avec ses propres
-cheveux, et la condition des personnes se reconnaissait
-à la forme de leur perruque<a name="FNanchor_119_119"
-id="FNanchor_119_119"></a><a href="#Footnote_119_119" class="fnanchor">[119]</a>.</p>
-
-<p><span class="pagenum"><a name="Page_71" id="Page_71">[Pg 71]</a></span></p>
-
-<div class="figcenter"><a name="i_075.jpg" id="i_075.jpg"></a>
- <img src="images/i_075.jpg"
- alt="" />
- <div class="caption">PERRUQUES DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE.<br />
- D'après l'<i>Encyclopédie méthodique</i>.</div>
-</div>
-
-
-<p><span class="pagenum"><a name="Page_73" id="Page_73">[Pg 73]</a></span></p>
-
-<p>Elle s'y reconnaissait d'autant mieux que le
-poids de ces tresses empruntées avait fait
-presque complétement abandonner l'usage de
-toute autre coiffure. C'est de là qu'est née notre
-coutume de rester la tête nue en société. Avant
-que la perruque fût devenue d'un usage général,
-on ne se découvrait guère que pour saluer;
-puis la profusion de faux cheveux dont on se
-chargea modifia si bien cette habitude, que le
-tricorne est souvent désigné sous le nom de
-<i>chapeau de bras</i>, place qu'en effet il ne quittait
-guère. «Le chapeau est une coiffure infiniment
-commode, dit J. F. Sobry<a name="FNanchor_120_120"
-id="FNanchor_120_120"></a><a href="#Footnote_120_120" class="fnanchor">[120]</a>,
-mais de peu
-d'agrément. On le porte d'ailleurs fort souvent
-à la main.»</p>
-
-<p>L'usage de se découvrir dans le monde et
-pour saluer ne s'introduisit en France que
-fort tard. Pour les gentilshommes emprisonnés
-dans un casque solidement lié à l'armure par
-des courroies, il n'y fallait point songer. La
-coiffure civile ne s'y prêtait pas beaucoup plus.
-Le chaperon, fouillis d'étoffes qui resta en
-honneur jusqu'au quinzième siècle, était difficile
-à ôter et plus encore à remettre. On saluait
-alors en repoussant de la main le chaperon,
-<span class="pagenum"><a name="Page_74" id="Page_74">[Pg 74]</a></span>
-de manière à découvrir un peu le front<a name="FNanchor_121_121"
-id="FNanchor_121_121"></a><a href="#Footnote_121_121" class="fnanchor">[121]</a>.
-Monstrelet raconte qu'Isabeau de Bavière,
-exilée à Tours, «avoit en grant haine maistre
-Laurens du Puis [un de ses gardiens], car il
-parloit à elle irreveremment, sans mectre main
-à son chaperon<a name="FNanchor_122_122"
-id="FNanchor_122_122"></a><a href="#Footnote_122_122"
-class="fnanchor">[122]</a>.»
-Jadis, écrit Saint-Simon<a name="FNanchor_123_123"
-id="FNanchor_123_123"></a><a href="#Footnote_123_123" class="fnanchor">[123]</a>,
-on restait en toute circonstance la tête couverte,
-«et quand autour du Roi quelqu'un
-avaloit<a name="FNanchor_124_124"
-id="FNanchor_124_124"></a><a href="#Footnote_124_124" class="fnanchor">[124]</a>
-son chaperon, les plus près du Roi
-lui faisoient place, parce que c'étoit une marque
-qu'il vouloit parler au Roi.»</p>
-
-<p>La décadence des chaperons, l'avénement
-des bonnets, des toques et des chapeaux modifièrent
-cet usage, qui semble avoir souvent
-varié. Il est certain que sous Henri IV, on
-était tenu de se découvrir non-seulement en
-présence du roi, mais même en présence du
-Dauphin. En voici deux preuves irréfutables.
-Le 6 avril 1606, le petit Louis XIII avait à
-peine six ans: «Il se fait mettre à la fenêtre,
-dit Héroard<a name="FNanchor_125_125"
-id="FNanchor_125_125"></a><a href="#Footnote_125_125" class="fnanchor">[125]</a>;
-il passa un nommé Dumesnil
-<span class="pagenum"><a name="Page_77" id="Page_77">[Pg 77]</a></span>
-sans le saluer, suivi de son laquais, qui fit de
-même. Il demande: Qui est cettui-là qui passe
-sans ôter son chapeau? Bompar, allez arrêter ce
-laquais! Il y va, l'arrête. L'on disoit derrière
-M. le Dauphin: Voilà un homme mal avisé et
-son laquais aussi. Il crie: Laissez, laissez-le
-aller Bompar; il est aussi sot que son maître.»
-Au mois d'octobre de la même année, on
-mène le petit roi à la messe: «M. Birat le
-portoit ayant la tête nue, et M. de Belmont
-marchoit auprès, la tête couverte; il dit à
-M. Birat: Mettez votre chapeau.—Monsieur,
-je suis bien.—Non, non, mettez votre chapeau,
-vous êtes vieil. Otez votre chapeau, Belmont<a name="FNanchor_126_126"
-id="FNanchor_126_126"></a><a href="#Footnote_126_126" class="fnanchor">[126]</a>.»
-D'un autre côté, on voit par les gravures d'Abraham
-Bosse, de Sébastien Leclerc, etc., que
-sous Louis XIV, on restait la tête couverte
-dans les appartements, devant les femmes, au
-Conseil du Roi et au bal en dansant. Mais on
-n'adressait jamais la parole au souverain sans
-se découvrir, la calotte même des ecclésiastiques
-n'était pas tolérée en cette circonstance<a name="FNanchor_127_127"
-id="FNanchor_127_127"></a><a href="#Footnote_127_127" class="fnanchor">[127]</a>.</p>
-
-<div class="figcenter"><a name="i_080.jpg" id="i_080.jpg"></a>
- <img src="images/i_080.jpg"
- alt="" />
- <div class="caption">LE CONSEIL DU ROI LOUIS XIV.<br />
- D'après Sébastien Leclerc.</div>
-</div>
-
-<p>Les courtisans, entrant dans la chambre du
-<span class="pagenum"><a name="Page_78" id="Page_78">[Pg 78]</a></span>
-Roi, saluaient son lit, et sa nef si le couvert
-était mis<a name="FNanchor_128_128"
-id="FNanchor_128_128"></a><a href="#Footnote_128_128" class="fnanchor">[128]</a>.
-Mais c'eût été une inconvenance
-de paraître tête nue à un repas: «Quand on
-est à table, dit un manuel de civilité imprimé
-en 1618, c'est assez de faire quelque signe de
-reverence avec la teste, car il n'est pas bienséant
-de se descouvrir à table<a name="FNanchor_129_129"
-id="FNanchor_129_129"></a><a href="#Footnote_129_129" class="fnanchor">[129]</a>.»
-Soixante-dix
-ans après, cette coutume subsistait encore,
-quoique déjà affaiblie: «Il ne faut pas violer
-la maxime de la table, qui est de ne se point
-découvrir, l'usage l'ayant tellement établi que
-l'on passeroit pour un nouveau venu dans le
-monde d'en user autrement<a name="FNanchor_130_130"
-id="FNanchor_130_130"></a><a href="#Footnote_130_130" class="fnanchor">[130]</a>.»
-Un peu plus
-tard, on put, sans manquer aux lois de la politesse,
-garder ou ôter sa coiffure: «C'étoit
-autrefois un manque de respect et une incivilité
-grossière d'être à table sans chapeau, surtout
-devant des femmes d'un certain rang et
-d'un certain caractère, pour qui on étoit obligé
-d'avoir des ménagemens et des égards; il est
-libre maintenant de prendre son chapeau à
-table ou de le quitter, sans que personne s'en
-<span class="pagenum"><a name="Page_79" id="Page_79">[Pg 79]</a></span>
-formalise<a name="FNanchor_131_131"
-id="FNanchor_131_131"></a><a href="#Footnote_131_131" class="fnanchor">[131]</a>.»
-Enfin le duc de Luynes écrivait
-en 1738: «On sait qu'il y a longtemps qu'il
-est en usage, lorsqu'on a l'honneur de manger
-avec le Roi, d'ôter son chapeau. Ce n'étoit pas
-autrefois le respect, et madame la maréchale
-de Villars m'a dit que, dans le temps qu'elle
-suivoit M. le maréchal dans ses campagnes,
-les officiers qui mangeoient avec elle et M. le
-maréchal gardoient leur chapeau sur la tête.
-J'ai vu aussi cet usage, et il n'y a pas grand
-nombre d'années qu'il est supprimé. Cependant,
-il faut qu'il ait varié, car M. de Polastron
-m'a dit qu'à une des campagnes de M. le
-duc de Bourgogne, à la table de M. le duc de
-Bourgogne, on mangeoit sans chapeau, et
-quand quelqu'un ignorant cet usage gardoit
-son chapeau, on l'en avertissoit. M. le maréchal
-de Boufflers, dans la même campagne,
-disoit à ceux qui dînoient chez lui d'ôter leur
-chapeau, parce qu'il faisoit chaud, ce qui
-prouveroit que la règle étoit de l'avoir<a name="FNanchor_132_132"
-id="FNanchor_132_132"></a><a href="#Footnote_132_132" class="fnanchor">[132]</a>.» La
-vérité est que l'influence de l'hôtel de Rambouillet
-commençait à se faire sentir, même
-dans les camps. Néanmoins, jusqu'à la Révolution,
-<span class="pagenum"><a name="Page_80" id="Page_80">[Pg 80]</a></span>
-la politesse exigeait que l'on restât
-couvert à table; je lis, en effet, dans un traité
-de la civilité imprimé en 1782: «Il est
-contre la bienséance de se découvrir lorsqu'on
-est à table, à moins qu'il n'y survienne quelque
-personne qui mérite beaucoup d'honneur. S'il
-y a à table quelque personne de haute qualité
-qui soit sans chapeau pour sa commodité, il
-ne la faut pas imiter, cela seroit trop familier,
-mais on doit toujours demeurer couvert<a name="FNanchor_133_133"
-id="FNanchor_133_133"></a><a href="#Footnote_133_133" class="fnanchor">[133]</a>.»</p>
-
-<p>C'était là, bien entendu, un cas particulier.
-Bussy, ami des précieuses, voulant peindre le
-désordre d'esprit où l'amour jette Marsillac
-en présence de madame d'Olonne, s'exprime
-ainsi: «La première chose qu'il fit après s'être
-assis, ce fut de se couvrir, tant il étoit hors de
-lui; un instant après, s'étant aperçu de sa sottise,
-il ôta son chapeau et ses gants, puis en
-remit un, et tout cela sans dire un mot<a name="FNanchor_134_134"
-id="FNanchor_134_134"></a><a href="#Footnote_134_134" class="fnanchor">[134]</a>.»
-Écoutons maintenant Antoine de Courtin, qui
-écrivait vers 1675: «Il est de la civilité d'avoir
-la teste nuë dans les salles et dans les antichambres;
-et avec cela il faut remarquer que
-celuy qui entre est toujours obligé de saluer le
-<span class="pagenum"><a name="Page_81" id="Page_81">[Pg 81]</a></span>
-premier ceux qui sont dans la chambre. Il y en
-a même qui ayant appris le rafinement de la
-civilité dans quelque païs étranger, n'osent en
-compagnie ni se couvrir ni s'asseoir le dos
-tourné au portrait de quelque personne de
-qualité éminente. C'est s'exposer à un affront
-que d'avoir son chapeau sur la teste dans la
-chambre où l'on a mis le couvert du Roy ou de
-la Reyne, et même il faut se découvrir lorsque
-les officiers portent la nef et le couvert, et passent
-devant vous. Dans la chambre où est le
-lit, on demeure aussi découvert; et même, chez
-la Reyne, les dames en entrant saluent le lit,
-et personne n'en doit approcher quand il n'y
-a point de balustre<a name="FNanchor_135_135"
-id="FNanchor_135_135"></a><a href="#Footnote_135_135" class="fnanchor">[135]</a>.»</p>
-
-<p>Au dix-septième siècle, il était d'usage de
-saluer une dame en l'embrassant. Fitelieu, vers
-1642, blâme déjà cette mode, fort dangereuse,
-dit-il, pour «la pudicité des filles<a name="FNanchor_136_136" id="FNanchor_136_136"></a><a href="#Footnote_136_136" class="fnanchor">[136]</a>»; et Courtin
-recommande de n'embrasser une «dame
-de haute qualité que si elle-même tend la joue,
-et alors même il faut seulement faire semblant
-de la baiser, et approcher le visage de ses
-coëffes<a name="FNanchor_137_137" id="FNanchor_137_137"></a><a href="#Footnote_137_137" class="fnanchor">[137]</a>.»</p>
-
-<p><span class="pagenum"><a name="Page_82" id="Page_82">[Pg 82]</a></span></p>
-
-<p>Les gravures du temps nous montrent avec
-quel respect les hommes se saluaient alors; le
-corps était courbé en deux et la plume du chapeau
-balayait la terre. S'il s'agissait d'un supérieur,
-la main elle-même devait toucher le sol.
-«Mais surtout, ajoute avec prudence un maître
-en civilité, il faut faire ce salut sans précipitation
-ni embarras, ne se relevant que doucement,
-de peur que la personne que l'on saluë,
-venant aussi à s'incliner, on ne luy donne
-quelque coup de teste.» Tout salut devait être
-rendu, même aux personnes de la plus petite
-condition: manquer à cette règle, vous reléguait
-dans la classe des gens «très-incivils et
-très-mal élevés<a name="FNanchor_138_138"
-id="FNanchor_138_138"></a><a href="#Footnote_138_138" class="fnanchor">[138]</a>».</p>
-
-<p>Entre hommes, le salut le plus humble consistait
-à s'incliner devant son supérieur, et à
-lui baiser la cuisse, qu'on entourait de ses
-bras. Henri IV adorait le melon; son maître-d'hôtel
-Parfait lui en apporta un jour pendant
-qu'il était à table, «et commença à crier par
-deux fois: Sire, embrassez-moi la cuisse, car
-j'en ai de fort bons<a name="FNanchor_139_139"
-id="FNanchor_139_139"></a><a href="#Footnote_139_139" class="fnanchor">[139]</a>».
-Louis de Brienne raconte
-que lors des amours de Louis XIV avec
-<span class="pagenum"><a name="Page_85" id="Page_85">[Pg 85]</a></span>
-mademoiselle de La Vallière, ayant avoué au
-Roi qu'il avait du goût pour elle, celui-ci le
-pria de cesser de la voir: «Ah, mon cher
-maître! dis-je en lui accolant la cuisse, je ne
-lui parlerai de ma vie<a name="FNanchor_140_140"
-id="FNanchor_140_140"></a><a href="#Footnote_140_140" class="fnanchor">[140]</a>.»</p>
-
-<div class="figcenter"><a name="i_087.jpg" id="i_087.jpg"></a>
- <img src="images/i_087.jpg"
- alt="" />
- <div class="caption">LES SALUTATIONS AU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE.<br />
- Dessin de J. Marot.</div>
-</div>
-
-<p>Pour saluer la Reine ou les princesses, on
-baisait le bas de leur robe<a name="FNanchor_141_141"
-id="FNanchor_141_141"></a><a href="#Footnote_141_141" class="fnanchor">[141]</a>.
-L'ambassadrice
-de Venise, reçue par la Reine, fit une révérence
-en entrant, une deuxième au milieu de la
-chambre, une troisième auprès de Sa Majesté,
-baisa le bas de sa robe, fit une quatrième révérence
-et un compliment<a name="FNanchor_142_142"
-id="FNanchor_142_142"></a><a href="#Footnote_142_142" class="fnanchor">[142]</a>.
-La Reine ne saluait
-que Monsieur, frère du Roi, et sa femme:
-«Lorsque Marie-Thérèse arriva en France,
-et qu'on lui proposa de saluer Monsieur, frère
-du Roi, elle pleura à cette proposition, et dit
-qu'en Espagne elle n'avoit coutume de saluer
-que le Roi son père et la Reine sa mère<a name="FNanchor_143_143"
-id="FNanchor_143_143"></a><a href="#Footnote_143_143" class="fnanchor">[143]</a>.»
-En présence du Roi ou des princes du sang, on
-ne devait saluer personne<a name="FNanchor_144_144"
-id="FNanchor_144_144"></a><a href="#Footnote_144_144" class="fnanchor">[144]</a>,
-et il était interdit
-de s'embrasser ou de se tutoyer<a name="FNanchor_145_145"
-id="FNanchor_145_145"></a><a href="#Footnote_145_145" class="fnanchor">[145]</a>.</p>
-
-<p><span class="pagenum"><a name="Page_86" id="Page_86">[Pg 86]</a></span></p>
-
-<p>Je relève encore dans les <i>Manuels</i> du temps
-quelques préceptes de civilité qui montrent
-quels progrès s'étaient accomplis sous la
-double influence des raffinements inventés par
-l'hôtel de Rambouillet et de l'étiquette imposée
-par Louis XIV.</p>
-
-<p>Les convenances exigeaient que l'on ne
-heurtât pas trop fort à la porte d'un grand. Il
-fallait aussi ne pas frapper plus d'un coup.</p>
-
-<p>Si une dame venait vous rendre visite, vous
-deviez ceindre votre épée, mettre votre manteau,
-aller jusqu'au carrosse de votre visiteuse,
-la faire descendre, l'introduire dans le lieu le
-plus honorable de votre demeure, lui offrir un
-fauteuil et vous asseoir sur une chaise ou un
-placet<a name="FNanchor_146_146"
-id="FNanchor_146_146"></a><a href="#Footnote_146_146" class="fnanchor">[146]</a>.
-A son départ, vous étiez tenu de la
-reconduire à son carrosse, de l'aider à y monter,
-<span class="pagenum"><a name="Page_87" id="Page_87">[Pg 87]</a></span>
-et de ne pas vous retirer avant que la
-voiture se fût éloignée.</p>
-
-<p>Dans l'intérieur des appartements, il était
-interdit de frapper à une porte. On se contentait
-d'y gratter doucement, et en général avec
-l'ongle du petit doigt; aussi les raffinés le conservaient-ils
-d'une longueur démesurée afin
-de prouver leur savoir-vivre. Scarron dit du
-prince de Tarente qu'«il étoit propre en sa
-personne, curieux en perruques, se piquoit de
-belles mains, et s'étoit laissé croître l'ongle du
-petit doigt de la gauche jusqu'à une grandeur
-étonnante, ce qu'il croyoit le plus galant du
-monde<a name="FNanchor_147_147"
-id="FNanchor_147_147"></a><a href="#Footnote_147_147" class="fnanchor">[147]</a>.»
-Molière n'a pas oublié ce ridicule,
-et c'est le Clitandre du <i>Misanthrope</i><a name="FNanchor_148_148"
-id="FNanchor_148_148"></a><a href="#Footnote_148_148" class="fnanchor">[148]</a>
-qu'il en gratifie:</p>
-
-<div class="poetry-container">
- <div class="poetry">
- <div class="verse">Mais au moins, dites-moi, madame, par quel sort</div>
- <div class="verse">Votre Clitandre a l'heur de vous plaire si fort.</div>
- <div class="verse">Sur quel fonds de mérite et de vertu sublime</div>
- <div class="verse">Appuyez-vous en lui l'honneur de votre estime?</div>
- <div class="verse">Est-ce par l'ongle long qu'il porte au petit doigt</div>
- <div class="verse">Qu'il s'est acquis chez vous l'estime où l'on le voit?</div>
- </div>
-</div>
-
-<p>Peut-être y avait-il un petit instrument
-destiné à tenir lieu de l'ongle. C'est au moins
-<span class="pagenum"><a name="Page_88" id="Page_88">[Pg 88]</a></span>
-ce que semblent indiquer ces deux vers:</p>
-
-<div class="poetry-container">
- <div class="poetry">
- <div class="verse">Grattez du peigne à la porte</div>
- <div class="verse indent-2_5">De la chambre du roi<a name="FNanchor_149_149"
- id="FNanchor_149_149"></a><a href="#Footnote_149_149"
- class="fnanchor">[149]</a>.</div>
- </div>
-</div>
-
-<p>Si un huissier vous demandait votre nom, il
-ne fallait jamais le faire précéder du mot monsieur,
-mais répondre: <i>le marquis</i> ou <i>le comte
-de X</i>.</p>
-
-<p>Se promener dans l'antichambre en attendant
-qu'on vous introduisît était d'un goujat.</p>
-
-<p>On devait, en visite, garder son manteau,
-mais il était défendu de s'y envelopper.</p>
-
-<p>Si l'on vous offrait un objet, vous deviez
-vous déganter pour le prendre, et baiser la
-main qui vous l'offrait.</p>
-
-<p>Si quelqu'un, fût-ce un laquais, venait vous
-parler de la part d'un supérieur, vous deviez
-vous lever et recevoir l'envoyé debout et découvert.</p>
-
-<p>C'était une incivilité de joindre au mot
-monsieur le nom ou le titre de la personne à
-qui on s'adressait. Il ne fallait donc pas dire:
-<i>oui, monsieur Cicerville</i>, ou <i>oui, monsieur le
-duc</i>; mais simplement: <i>oui, monsieur</i>.</p>
-
-<p>Un homme parlant de sa femme devait dire
-<span class="pagenum"><a name="Page_89" id="Page_89">[Pg 89]</a></span>
-seulement: <i>ma femme</i>; y ajouter son nom ou
-son titre, l'appeler <i>madame X</i> ou <i>madame la
-présidente</i>, etc., était du plus mauvais goût.
-Une femme devait également dire: <i>mon mari</i>,
-jamais <i>monsieur</i> tout court. «C'est une faute
-pourtant, écrit Courtin, qui est assez ordinaire
-et sur tout parmy les bourgeoises.»</p>
-
-<p>Si l'on parlait d'une femme à son mari, il
-fallait au contraire faire suivre le mot madame
-d'un nom ou d'un titre: <i>Je suis bien aise que
-madame X soit heureusement accouchée</i>, ou <i>Je
-souhaite que madame la maréchale reprenne
-vite ses forces</i>.</p>
-
-<p>On voit que la plupart des règles de politesse
-observées aujourd'hui dans la conversation
-remontent à plus de deux siècles.</p>
-
-<p>Les enfants parlant de leurs parents devaient
-dire: <i>mon père</i>, <i>ma mère</i>. Seuls les enfants
-de haute qualité pouvaient dire et écrire:
-<i>monsieur le comte</i>, <i>monsieur le duc</i>, etc.</p>
-
-<p>Quand une personne éternuait, il ne fallait
-pas lui dire tout haut: <i>Dieu vous assiste!</i> On
-était tenu de se découvrir et de faire une profonde
-révérence, sans parler.</p>
-
-<p>On avait déjà le droit de quitter une société
-sans saluer personne, en se retirant le plus
-discrètement possible. Gui Patin écrivait le
-<span class="pagenum"><a name="Page_90" id="Page_90">[Pg 90]</a></span>
-8 juin 1660: «Je fus hier souper chez M. le
-premier président... Comme nous achevions de
-souper survint le comte d'Albon, puis sa femme,
-et puis d'autre monde, ce qui fut cause que je
-m'en vins tout doucement, sans dire adieu à
-personne, comme on fait chez les grands<a name="FNanchor_150_150"
-id="FNanchor_150_150"></a><a href="#Footnote_150_150" class="fnanchor">[150]</a>.»</p>
-
-<p>Dans un carrosse, la place la plus honorable
-était celle du fond; puis, par ordre: le fond à
-gauche, le devant à droite, le devant à gauche.</p>
-
-<p>Si étant en carrosse vous rencontriez un enterrement,
-un prince, un légat, votre cocher
-devait s'arrêter et vous étiez tenu de vous découvrir.
-Si le Saint-Sacrement venait à passer,
-vous deviez descendre de voiture et vous agenouiller
-par terre.</p>
-
-<p>Je réserve pour d'autres notices ce qui est
-relatif aux actes de l'état civil, aux repas, aux
-parfums, aux gants, aux siéges, aux formules
-de politesse à la fin des lettres, etc., etc. Quand
-on avait appris cela et quelques autres petites
-choses, on avait le droit de se dire <i>honnête
-homme</i>. Un honnête homme alors, c'était un
-homme poli, bien élevé, de bonnes manières,
-possédant les qualités et les connaissances
-nécessaires pour figurer dans la haute société
-<span class="pagenum"><a name="Page_91" id="Page_91">[Pg 91]</a></span>
-et pour s'y rendre agréable. L'académicien
-Nicolas Faret a publié un petit volume
-assez curieux qui a pour titre: <i>L'honneste
-homme ou l'art de plaire à la cour</i><a name="FNanchor_151_151"
-id="FNanchor_151_151"></a><a href="#Footnote_151_151" class="fnanchor">[151]</a>.
-Antoine de
-Courtin, dans un <i>Traité du point d'honneur et
-de ses règles</i><a name="FNanchor_152_152"
-id="FNanchor_152_152"></a><a href="#Footnote_152_152" class="fnanchor">[152]</a>,
-ne fait pas grande différence
-entre l'honnête homme et l'homme d'honneur.
-Enfin Hamilton, voulant peindre un gentilhomme
-accompli, lui fait dire: «Tu sais que
-je suis le plus adroit homme de France; j'eus
-bientôt appris tout ce qu'on y montre; et, chemin
-faisant, j'appris encore ce qui perfectionne
-la jeunesse et rend honnête homme,
-car j'appris encore toutes sortes de jeux aux
-cartes et aux dés<a name="FNanchor_153_153"
-id="FNanchor_153_153"></a><a href="#Footnote_153_153" class="fnanchor">[153]</a>.»</p>
-
-<p>Mais nous voici bien loin des perruques.
-Rappelons que la Révolution eut la gloire de
-détrôner cette mode ridicule. Encore lui résista-t-elle
-longtemps. Les vieillards, que l'usage
-des faux cheveux avait rendus chauves,
-s'obstinèrent surtout dans les vieilles coutumes,
-et la jeunesse les qualifia fort impertinemment
-de <i>têtes à perruque</i>.</p>
-
-<p>On ne sait quelle est la Parisienne au teint
-<span class="pagenum"><a name="Page_92" id="Page_92">[Pg 92]</a></span>
-bruni qui eut la première l'idée de se coller
-sur la figure des petits morceaux de taffetas
-noir; mais je suis assez fier d'avoir retrouvé
-dans un livre peu connu l'origine de cette coutume.
-A la fin du seizième siècle, on soignait
-les maux de dents en appliquant sur les tempes
-de mignons emplâtres étendus sur du taffetas
-ou du velours<a name="FNanchor_154_154"
-id="FNanchor_154_154"></a><a href="#Footnote_154_154" class="fnanchor">[154]</a>.
-Il ne fallut pas longtemps à
-une coquette pour remarquer que ces taches
-noires faisaient ressortir la blancheur de sa
-peau, et que si le remède était inefficace contre
-l'odontalgie, il jouissait d'une vertu bien autrement
-précieuse, celle de donner de l'éclat au
-visage le plus fané. Les <i>mouches</i> firent ainsi
-leur entrée dans le monde, réunirent tous les
-suffrages, et triomphèrent des obstacles suscités
-contre elles par de sévères confesseurs et
-par des moralistes ennemis de la beauté.</p>
-
-<p>Sous Henri IV, toutes les femmes en portaient<a name="FNanchor_155_155"
-id="FNanchor_155_155"></a><a href="#Footnote_155_155" class="fnanchor">[155]</a>,
-même à l'église, car on lit dans un
-couplet satirique du temps:</p>
-
-<div class="poetry-container">
- <div class="poetry">
- <div class="verse">Portez-en à l'œil, à la temple<a name="FNanchor_156_156"
- id="FNanchor_156_156"></a><a href="#Footnote_156_156"
- class="fnanchor">[156]</a>,</div>
- <div class="verse">Ayez-en le front chamarré,</div>
- <div class="verse">Et, sans craindre votre curé,
- <span class="pagenum"><a name="Page_93" id="Page_93">[Pg 93]</a></span></div>
- <div class="verse">Portez-en jusque dans le temple<a name="FNanchor_157_157"
- id="FNanchor_157_157"></a><a href="#Footnote_157_157"
- class="fnanchor">[157]</a>.</div>
- </div>
-</div>
-
-<p>L'austère Fitelieu s'en indigne, et déclare
-aux coquettes qui se couvrent de mouches
-«qu'il y en a bien davantage dans leurs cervelles<a name="FNanchor_158_158"
-id="FNanchor_158_158"></a><a href="#Footnote_158_158" class="fnanchor">[158]</a>.»
-Les hommes pouvaient prendre leur
-part de ce compliment, puisque les <i>Loix de la
-galanterie</i> permettent aux «galands de la meilleure
-mine de porter des mouches rondes et
-longues, ou bien l'emplastre noire assez grande
-sur la temple, ce que l'on appelle l'enseigne du
-mal de dents<a name="FNanchor_159_159"
-id="FNanchor_159_159"></a><a href="#Footnote_159_159" class="fnanchor">[159]</a>».
-La mode finit par gagner jusqu'au
-clergé: une mazarinade, écrite en 1649,
-menace de la colère de Dieu «les abbés frisez,
-poudrez, le visage couvert de mouches<a name="FNanchor_160_160"
-id="FNanchor_160_160"></a><a href="#Footnote_160_160" class="fnanchor">[160]</a>.»
-Parmi les lots de la <i>Loterie d'amour</i>, publiée
-vers 1654, figure «un traité excellent de la
-situation des mouches sur le visage des dames;
-avec des observations exactes de leur grandeur
-et de leur figure, selon les lieux où elles sont
-placées<a name="FNanchor_161_161"
-id="FNanchor_161_161"></a><a href="#Footnote_161_161" class="fnanchor">[161]</a>.»</p>
-
-<p>On portait des mouches même dans les
-<span class="pagenum"><a name="Page_94" id="Page_94">[Pg 94]</a></span>
-couvents. Madame de Mazarin, plaidant en
-séparation, s'était réfugiée chez les religieuses
-de Sainte-Marie, dans la rue Saint-Antoine.
-Son mari étant venu lui rendre visite, elle le
-reçut avec le visage couvert de mouches. Le
-duc, élevé dans les bons principes, déclara
-«qu'il ne lui parleroit point qu'elle ne les
-ôtât»; et la bonne petite femme ajoute: «Jamais
-homme ne demanda les choses avec une
-hauteur plus propre à les faire refuser, surtout
-quand il croyoit que la conscience y étoit
-intéressée, comme en cette occasion; et ce fut
-aussi ce qui me fit obstiner à demeurer comme
-j'étois, pour lui faire bien voir que ce n'étoit ni
-mon intention ni ma croyance d'offenser Dieu
-par cette parure<a name="FNanchor_162_162"
-id="FNanchor_162_162"></a><a href="#Footnote_162_162" class="fnanchor">[162]</a>.»
-On sait que la folle duchesse
-finit par courir le monde déguisée en homme.</p>
-
-<p>En 1661, un poëte, peu soucieux de la vérité
-historique, eut l'idée d'écrire l'origine de
-cette mode, et il n'hésita pas à lui attribuer
-une généalogie tout à fait fantaisiste. Il suppose
-que, resté un beau jour auprès de sa mère:</p>
-
-<div class="poetry-container">
- <div class="poetry">
- <div class="verse">L'Amour, sans dire un pauvre mot</div>
- <div class="verse">Chassoit aux mouches comme un sot.</div>
- </div>
-</div>
-
-<p><span class="pagenum"><a name="Page_95" id="Page_95">[Pg 95]</a></span></p>
-
-<p>Vénus, impatientée, se fâche. L'Amour ne
-fait qu'en rire,</p>
-
-<div class="poetry-container">
- <div class="poetry">
- <div class="verse">Et pour éviter la colère</div>
- <div class="verse">De sa maman sut si Lien faire,</div>
- <div class="verse">Qu'il lascha du creux de sa main</div>
- <div class="verse">Une mouche dessus son sein.</div>
- <div class="verse">Cette mouche à peine fut-elle</div>
- <div class="verse">Sur le sein de cette immortelle</div>
- <div class="verse">Que l'on vit, dans le même instant,</div>
- <div class="verse">Qu'il en parut plus éclatant.</div>
- <div class="verse">Comme quand un sombre nuage</div>
- <div class="verse">Cache le ciel par son ombrage,</div>
- <div class="verse">A l'entour de ce corps obscur</div>
- <div class="verse">Le ciel prend un nouvel azur,</div>
- <div class="verse">Et, rehaussé par son contraire,</div>
- <div class="verse">Brille d'une façon plus claire.</div>
- </div>
-</div>
-
-<p>La déesse est ravie. Elle promet à son fils
-deux tourterelles pour récompense, et celui-ci</p>
-
-<div class="poetry-container">
- <div class="poetry">
- <div class="verse">Lors de ses doigts industrieux</div>
- <div class="verse">Découpant une étoffe noire</div>
- <div class="verse">Fit, si l'on en croit bien l'histoire,</div>
- <div class="verse">Mille mouches sans se lasser;</div>
- <div class="verse">Puis aussy tost les vint placer</div>
- <div class="verse">Une près de l'œil de sa mère</div>
- <div class="verse">(La chose icy n'est pas bien claire</div>
- <div class="verse">Si ce fut le gauche et le droit).</div>
- <div class="verse">Il en mit encore dans l'endroit</div>
- <div class="verse">Où vola la première mouche,</div>
- <div class="verse">Sur les temples et sur la bouche,</div>
- <div class="verse">A costé du nez, sur le front,</div>
- <div class="verse">Sur les joues, sur le menton<a name="FNanchor_163_163"
- id="FNanchor_163_163"></a><a href="#Footnote_163_163"
- class="fnanchor">[163]</a>.</div>
- </div>
-</div>
-
-<p><span class="pagenum"><a name="Page_96" id="Page_96">[Pg 96]</a></span></p>
-<p>Chacune de ces mouches avait un nom.</p>
-
-<table id="MOUCHES" summary="Location des mouches">
- <tr>
- <td class="c1-1">Placée</td>
- <td class="c1-1"></td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="c1-1">Près de l'œil, elle se nommait</td>
- <td class="c1-1"><i>la passionnée</i>;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="c1-1">Au coin de la bouche</td>
- <td class="c1-1"><i>la baiseuse</i>;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="c1-1">Sur les lèvres</td>
- <td class="c1-1"><i>la coquette</i>;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="c1-1">Sur le nez</td>
- <td class="c1-1"><i>l'effrontée</i>;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="c1-1">Sur le front</td>
- <td class="c1-1"><i>la majestueuse</i>;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="c1-1">Au milieu de la joue</td>
- <td class="c1-1"><i>la galante</i>;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="c1-1">Sur le pli de la joue en riant</td>
- <td class="c1-1"><i>l'enjouée</i>;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="c1-1">Sous la lèvre inférieure</td>
- <td class="c1-1"><i>la discrète</i>;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="c1-1">Sur un bouton</td>
- <td class="c1-1"><i>la voleuse</i>.</td>
- </tr>
-</table>
-
-<p>On comprend que des insectes jusqu'alors
-méprisés, chassés, persécutés, furent remplis
-d'orgueil en apprenant qu'ils avaient donné
-naissance à un artifice de coquetterie féminine,
-auquel leur nom restait attaché. Ils contèrent
-tout cela à La Fontaine, qui voulut immortaliser
-tant de gloire, et fit dire fièrement
-à la fourmi par la mouche:</p>
-
-<div class="poetry-container">
- <div class="poetry">
- <div class="verse">Je rehausse d'un teint la blancheur naturelle,</div>
- <div class="verse">Et la dernière main que met à sa beauté</div>
- <div class="verse indent-1_5">Une femme allant en conquête,</div>
- <div class="verse">C'est un ajustement des mouches
- emprunté<a name="FNanchor_164_164"
- id="FNanchor_164_164"></a><a href="#Footnote_164_164"
- class="fnanchor">[164]</a>.</div>
- </div>
-</div>
-
-<p>En 1692, «la bonne faiseuse de mouches»
-demeurait rue Saint-Denis, <i>à la perle des
-<span class="pagenum"><a name="Page_97" id="Page_97">[Pg 97]</a></span>
-mouches</i><a name="FNanchor_165_165"
-id="FNanchor_165_165"></a><a href="#Footnote_165_165" class="fnanchor">[165]</a>.
-Sous Louis XV, toutes les femmes
-avaient dans leur poche une boîte à mouches,
-petit coffret d'or, d'argent, d'ivoire ou d'écaille,
-qui renfermait un miroir, du rouge et
-des mouches. Ces dernières, faites en général
-de taffetas gommé, affectaient toutes les formes:
-il y en avait de rondes, de carrées, d'ovales.
-On s'amusa même à les découper de manière
-à imiter les étoiles, la lune, le soleil, un croissant,
-un cœur, des personnages, surtout des
-animaux, ce qui permettait d'avoir toute une
-ménagerie sur la figure. Pendant un moment,
-la grande mode fut de se coller sur la tempe
-droite une large mouche ronde en velours noir,
-qui ressemblait à un emplâtre<a name="FNanchor_166_166"
-id="FNanchor_166_166"></a><a href="#Footnote_166_166" class="fnanchor">[166]</a>
-et que l'on
-ornait parfois de petits brillants<a name="FNanchor_167_167"
-id="FNanchor_167_167"></a><a href="#Footnote_167_167" class="fnanchor">[167]</a>.</p>
-
-<p>L'usage de se poudrer les cheveux date également
-du seizième siècle. Henri III allait par les
-rues de Paris, fardé comme une vieille coquette,
-le visage empâté de blanc et de rouge, les cheveux
-couverts de poudre<a name="FNanchor_168_168"
-id="FNanchor_168_168"></a><a href="#Footnote_168_168"
-class="fnanchor">[168]</a> de violette musquée.
-Mais les Parisiens, si faibles pourtant en
-<span class="pagenum"><a name="Page_98" id="Page_98">[Pg 98]</a></span>
-présence de toute mode nouvelle, ne l'imitèrent
-pas. C'est seulement à la toilette des mignons
-que l'on voyait un valet «ayant en ses mains
-une boiste pleine de poudre semblable à celle
-de Chipre<a name="FNanchor_169_169"
-id="FNanchor_169_169"></a><a href="#Footnote_169_169"
-class="fnanchor">[169]</a>, avec une grosse houppe de soye,
-laquelle il plongeoit dans cette boiste, et en
-saupoudroit la teste du patient<a name="FNanchor_170_170"
-id="FNanchor_170_170"></a><a href="#Footnote_170_170"
-class="fnanchor">[170]</a>». Lestoile
-parle en 1593 de religieuses qui se montrèrent
-publiquement «masquées, fardées et pouldrées<a name="FNanchor_171_171"
-id="FNanchor_171_171"></a><a href="#Footnote_171_171" class="fnanchor">[171]</a>».
-Cette fois, c'en était fait, et pour
-longtemps, en dépit de l'Église et des sermonnaires
-qui, comme le petit Père André<a name="FNanchor_172_172"
-id="FNanchor_172_172"></a><a href="#Footnote_172_172"
-class="fnanchor">[172]</a>, reprochaient
-aux femmes de se présenter dans
-le saint lieu «poudrées comme des meuniers<a name="FNanchor_173_173"
-id="FNanchor_173_173"></a><a href="#Footnote_173_173" class="fnanchor">[173]</a>».</p>
-
-<p>Dès 1624, il était entendu qu'</p>
-
-<div class="poetry-container">
- <div class="poetry">
- <div class="verse">Une dame ne peut jamais estre prisée</div>
- <div class="verse">Si sa perruque n'est mignonnement frisée,</div>
- <div class="verse">Si elle n'a son chef de poudre
- parfumé<a name="FNanchor_174_174"
- id="FNanchor_174_174"></a><a href="#Footnote_174_174"
- class="fnanchor">[174]</a>.</div>
- </div>
-</div>
-
-<p>La poudre la plus recherchée était l'<i>argentine</i>.
-<span class="pagenum"><a name="Page_99" id="Page_99">[Pg 99]</a></span>
-Mais on en faisait de toutes les couleurs, et
-l'engouement était si grand, que les filles pauvres,
-n'osant montrer leurs cheveux tels que
-les avait faits la nature, les «saupoudroient de
-poudre de bois pourri qu'on trouve parmy les
-vieux bastimens aux poutres et pièces de bois
-sur lesquels il n'a point pleu<a name="FNanchor_175_175"
-id="FNanchor_175_175"></a><a href="#Footnote_175_175"
-class="fnanchor">[175]</a>.» Quand un
-irréparable malheur venait à frapper une
-femme, et qu'elle prétendait renoncer, momentanément
-au moins, à ce que l'existence offre
-de plus agréable, si elle devenait veuve par
-exemple, elle cessait de se poudrer<a name="FNanchor_176_176"
-id="FNanchor_176_176"></a><a href="#Footnote_176_176"
-class="fnanchor">[176]</a>. Ce sacrifice
-modifiait tout à fait l'aspect d'une toilette,
-car une élégante ou un petit-maître ne se bornaient
-pas à poudrer leur tête, les vêtements
-devaient participer à la distribution:</p>
-
-<div class="poetry-container">
- <div class="poetry">
- <div class="verse">Ça qu'on lui donne son manteau,</div>
- <div class="verse">Dont le collet sera fort beau,</div>
- <div class="verse">Pourvu qu'il ait de la farine</div>
- <div class="verse">Jusques au milieu de l'échine,</div>
- </div>
-</div>
-
-<p>dit une très-curieuse <i>mazarinade</i><a name="FNanchor_177_177"
-id="FNanchor_177_177"></a><a href="#Footnote_177_177"
-class="fnanchor">[177]</a> que j'ai déjà
-citée.</p>
-
-<p>Louis XIV avait une répugnance instinctive
-<span class="pagenum"><a name="Page_100" id="Page_100">[Pg 100]</a></span>
-pour ces cheveux blanchis, cette vieillesse anticipée,
-et il ne se soumit que fort tard à une
-mode, inutilement maltraitée par les poëtes
-satiriques:</p>
-
-<div class="poetry-container">
- <div class="poetry">
- <div class="verse">Avec plus de succès je rimeray peut-être</div>
- <div class="verse">Auprès de ce blondin aux airs de petit-maître.</div>
- <div class="verse">Juste ciel! que de poudre! il en a jusqu'aux yeux.</div>
- <div class="verse">De quoy s'avise-t-il? Veut-il paroître vieux?</div>
- <div class="verse">Que n'attend-il du moins que l'âge le
- blanchisse<a name="FNanchor_178_178"
- id="FNanchor_178_178"></a><a href="#Footnote_178_178"
- class="fnanchor">[178]</a>?</div>
- </div>
-</div>
-
-<div class="figcenter"><a name="i_106.jpg" id="i_106.jpg"></a>
- <img src="images/i_106.jpg"
- alt="" />
- <div class="caption">LA TOILETTE DU CLERC DE PROCUREUR.<br />
- D'après Carle Vernet.</div>
-</div>
-
-<p>Le monopole de la fabrication de la poudre
-ne tarda pas à être accordé aux gantiers, qui
-eurent à ce sujet de fréquents démêlés avec
-les merciers<a name="FNanchor_179_179"
-id="FNanchor_179_179"></a><a href="#Footnote_179_179"
-class="fnanchor">[179]</a>, les barbiers<a name="FNanchor_180_180"
-id="FNanchor_180_180"></a><a href="#Footnote_180_180"
-class="fnanchor">[180]</a> et les amidonniers<a name="FNanchor_181_181"
-id="FNanchor_181_181"></a><a href="#Footnote_181_181" class="fnanchor">[181]</a>.
-Sous Louis XV et sous Louis XVI, tout
-<span class="pagenum"><a name="Page_103" id="Page_103">[Pg 103]</a></span>
-le monde, hommes, femmes, enfants<a name="FNanchor_182_182"
-id="FNanchor_182_182"></a><a href="#Footnote_182_182"
-class="fnanchor">[182]</a>, portait
-de la poudre; elle faisait même partie de la
-tenue militaire. Afin de ne pas être obligées de
-se poudrer tous les jours, les femmes couchaient
-avec une coiffe de taffetas blanc qui emprisonnait
-leur chevelure. La fureur pour cette mode
-inepte et sale était telle encore en 1786 que
-Sobry écrivait très-sérieusement: «L'usage
-modéré de la poudre tient autant à la bienséance
-qu'à la commodité, et il a été regardé
-comme de première nécessité chez tous les
-peuples policés<a name="FNanchor_183_183"
-id="FNanchor_183_183"></a><a href="#Footnote_183_183" class="fnanchor">[183]</a>.»</p>
-
-<p>Aussi se fit-il pendant deux siècles une
-effroyable consommation de poudre. Les philantrophes
-en gémissaient, disant qu'avec la
-farine ainsi employée «on nourriroit dix mille
-infortunés<a name="FNanchor_184_184"
-id="FNanchor_184_184"></a><a href="#Footnote_184_184"
-class="fnanchor">[184]</a>.» M. Paul Boiteau, qui a le tort de
-ne pas citer ses sources, écrit qu'en 1789, au
-moment où la farine était si rare, on transformait
-chaque année en poudre à poudrer vingt-quatre
-millions de livres d'amidon<a name="FNanchor_185_185"
-id="FNanchor_185_185"></a><a href="#Footnote_185_185"
-class="fnanchor">[185]</a>. «L'<i>accommodage</i>,
-<span class="pagenum"><a name="Page_104" id="Page_104">[Pg 104]</a></span>
-dit M. Quicherat<a name="FNanchor_186_186"
-id="FNanchor_186_186"></a><a href="#Footnote_186_186"
-class="fnanchor">[186]</a>, était devenue une
-véritable opération de meunerie. Elle avait lieu
-au milieu d'un nuage épais que le coiffeur
-faisait voler sur la tête du patient, enveloppé
-d'un peignoir et le visage fourré dans un cornet
-de carton, afin de n'être point aveuglé.»
-Et comme les industriels qui distribuaient si généreusement
-la farine à leurs pratiques en prenaient
-une bonne part pour eux-mêmes, ils
-justifièrent le nom de <i>merlans</i> qui leur fut
-donné par le peuple. Dans l'exercice de leur
-profession, ils ressemblaient en effet à des
-merlans qu'on va mettre à la poêle.</p>
-
-<p>La Révolution eut grand'peine à détrôner la
-poudre. L'élégant Robespierre était toujours
-fraîchement poudré, et Bonaparte n'abandonna
-cette mode qu'après sa campagne
-d'Italie.</p>
-
-<hr class="chap" />
-
-<p><span class="pagenum"><a name="Page_105" id="Page_105">[Pg 105]</a></span></p>
-
-
-<div class="chapter">
- <h2><a name="I-III" id="I-III"></a>III</h2>
-</div>
-
-
-<p>La corporation des Barbiers-Perruquiers-Baigneurs-Étuvistes
-ou Barbiers-barbants avait
-reçu, le 14 mars 1674, des statuts qui furent
-renouvelés le 26 avril 1718<a name="FNanchor_187_187"
-id="FNanchor_187_187"></a><a href="#Footnote_187_187"
-class="fnanchor">[187]</a>. Ces derniers sont
-composés de soixante-neuf articles que je vais
-rapidement analyser.</p>
-
-<p>Comme l'ancienne communauté des barbiers-chirurgiens,
-la nouvelle était placée sous
-l'autorité du premier chirurgien du Roi, «chef
-et garde des chartes, statuts et priviléges de la
-barberie du royaume». En cette qualité, il
-avait sur tous les barbiers de France «inspection
-et juridiction». Ne pouvant exercer en
-personne, il se faisait représenter par un mandataire
-ou <i>lieutenant</i>, qu'il était tenu de choisir
-parmi les anciens jurés de la corporation<a name="FNanchor_188_188"
-id="FNanchor_188_188"></a><a href="#Footnote_188_188" class="fnanchor">[188]</a>.</p>
-
-<p>Celle-ci se composait du premier chirurgien
-<span class="pagenum"><a name="Page_106" id="Page_106">[Pg 106]</a></span>
-du Roi, de son lieutenant, d'un greffier,
-de six jurés ou prévôts-syndics, des anciens
-syndics retirés du métier et des maîtres<a name="FNanchor_189_189"
-id="FNanchor_189_189"></a><a href="#Footnote_189_189" class="fnanchor">[189]</a>.</p>
-
-<p>Les jurés étaient élus pour deux ans<a name="FNanchor_190_190"
-id="FNanchor_190_190"></a><a href="#Footnote_190_190"
-class="fnanchor">[190]</a>, par
-une délégation formée du premier chirurgien
-du Roi, de son lieutenant, des six jurés en
-charge, de tous les maîtres anciens et de
-quinze modernes<a name="FNanchor_191_191"
-id="FNanchor_191_191"></a><a href="#Footnote_191_191" class="fnanchor">[191]</a>.</p>
-
-<p>Tout le monde sait quel rôle jouaient les
-jurés dans l'administration des communautés;
-je dirai donc seulement ici un mot des Anciens
-et des Modernes, dont l'origine est moins
-connue. Les sentiments de fraternité qui avaient
-servi de base aux corporations ouvrières s'affaiblirent
-peu à peu<a name="FNanchor_192_192"
-id="FNanchor_192_192"></a><a href="#Footnote_192_192"
-class="fnanchor">[192]</a>, et, vers le commencement
-du seizième siècle, on vit s'introduire parmi les
-maîtres une hiérarchie que finirent par accepter
-presque toutes les communautés. Les maîtres
-furent alors divisés en trois classes:</p>
-
-<p>Les <i>Jeunes</i>, qui comptaient moins de dix
-ans de maîtrise;</p>
-
-<p>Les <i>Modernes</i>, reçus depuis plus de dix ans;</p>
-
-<p>Les <i>Anciens</i>, qui exerçaient depuis vingt ans
-<span class="pagenum"><a name="Page_107" id="Page_107">[Pg 107]</a></span>
-au moins ou avaient rempli la charge de
-juré.</p>
-
-<p>En général, les <i>Jeunes</i> ne prenaient aucune
-part à l'administration de la communauté:
-ils ne pouvaient être élus jurés, et n'avaient
-même pas en cette circonstance le droit de
-vote. Ils n'étaient pas admis non plus dans
-les commissions appelées à juger les <i>chefs-d'œuvre</i>.
-En réalité, le temps passé parmi les
-Jeunes était une sorte de stage imposé au compagnon
-après sa réception à la maîtrise.</p>
-
-<p>Comme on le voit ici, les <i>Modernes</i> eux-mêmes,
-bien qu'éligibles, ne figuraient pas tous
-parmi les électeurs des jurés.</p>
-
-<p>Les <i>Anciens</i> formaient dans la corporation
-une véritable aristocratie, très-jalouse de ses
-prérogatives. Au reste, chaque communauté
-avait sur ce point ses usages particuliers. En
-1680, la corporation des couteliers se composait
-de quatre-vingt-onze maîtres, qui étaient
-ainsi classés<a name="FNanchor_193_193"
-id="FNanchor_193_193"></a><a href="#Footnote_193_193" class="fnanchor">[193]</a>:</p>
-
-<p>
-22 Anciens,</p>
-<p>32 Modernes,</p>
-<p>33 Jeunes,</p>
-<p>4 veuves, continuant le commerce de leur mari.
-<span class="pagenum"><a name="Page_108" id="Page_108">[Pg 108]</a></span>
-</p>
-
-<p>Je reviens à nos statuts.</p>
-
-<p>Les jurés avaient droit de visite chez les
-barbiers-chirurgiens, et ces derniers droits de
-visite chez les barbiers-perruquiers<a name="FNanchor_194_194"
-id="FNanchor_194_194"></a><a href="#Footnote_194_194"
-class="fnanchor">[194]</a>. Assistés
-d'un sergent à verge, il devaient faire au
-moins quatre visites par an chez chaque maître,
-«pour voir si les perruques et cheveux qui seront
-exposés en vente au public sont bons et
-marchands». Il était dû aux jurés quinze sous
-par visite<a name="FNanchor_195_195"
-id="FNanchor_195_195"></a><a href="#Footnote_195_195"
-class="fnanchor">[195]</a>. D'une manière générale, on appelait
-article <i>royal</i> ou <i>marchand</i> celui qui était
-de bonne qualité, sans tare, sans défaut caché.</p>
-
-<p>Le conseil de la corporation était composé
-de trente personnes: le premier chirurgien
-du Roi, son greffier, son lieutenant, le doyen,
-les six jurés et vingt anciens<a name="FNanchor_196_196"
-id="FNanchor_196_196"></a><a href="#Footnote_196_196"
-class="fnanchor">[196]</a>. Il se réunissait
-tous les mardis, à deux heures, «pour délibérer
-sur les affaires communes, police et discipline
-concernant les maîtres, veuves<a name="FNanchor_197_197"
-id="FNanchor_197_197"></a><a href="#Footnote_197_197"
-class="fnanchor">[197]</a>, aspirans, locataires,
-apprentifs, garçons, ouvriers, et tous
-<span class="pagenum"><a name="Page_109" id="Page_109">[Pg 109]</a></span>
-ceux qui sont soumis à la communauté<a name="FNanchor_198_198"
-id="FNanchor_198_198"></a><a href="#Footnote_198_198"
-class="fnanchor">[198]</a>.»</p>
-
-<p>La profession de barbier-perruquier était
-non un métier, mais un office héréditaire.
-Payé fort cher par les acquéreurs, il devenait
-leur entière propriété: ils pouvaient le céder et
-le sous-louer<a name="FNanchor_199_199"
-id="FNanchor_199_199"></a><a href="#Footnote_199_199"
-class="fnanchor">[199]</a>, quoique le nom seul du titulaire
-figurât sur l'enseigne de la boutique. Pour
-avoir le droit d'exercer, il ne suffisait pas à
-celui-ci d'obtenir après apprentissage des
-lettres de maîtrise, il lui fallait acheter une
-charge, et il était mis en possession par le
-premier chirurgien du Roi. Tout cela était
-bien fait pour remplir d'orgueil une communauté,
-mais ne la mettait pas plus qu'une
-autre à l'abri des créations de maîtrises ordonnées
-directement et à prix d'argent par le
-Roi. Pour faire face à ses embarras financiers,
-Louis XIV augmentait sans cesse le nombre
-des offices de barbiers. En 1689, d'un trait de
-plume il le double, le porte à quatre cents.
-La communauté, redoutant une pareille concurrence,
-rachète ces deux cents charges
-moyennant cent dix mille livres versées au
-Trésor. C'était tout ce que demandait le Roi;
-<span class="pagenum"><a name="Page_110" id="Page_110">[Pg 110]</a></span>
-aussi, encouragé par le succès, il crée de nouveau
-cinquante charges en février 1692. Le
-prix fut fixé au-dessous de trois cents livres,
-et on eut grand'peine à les vendre, ce qui
-prouve que le besoin ne s'en faisait guère
-sentir. Pourtant, en juillet et en août 1706,
-on crée d'un seul coup encore quatre cents
-charges: la communauté terrifiée voulut les
-racheter, et ne le put. En somme, le nombre
-des titulaires était de six cent dix à la fin de
-1712<a name="FNanchor_200_200"
-id="FNanchor_200_200"></a><a href="#Footnote_200_200"
-class="fnanchor">[200]</a> et de sept cents en 1719<a name="FNanchor_201_201"
-id="FNanchor_201_201"></a><a href="#Footnote_201_201"
-class="fnanchor">[201]</a>. Je raconterai
-ailleurs l'histoire navrante des créations
-royales de maîtrises et d'offices, qui en vinrent
-à ruiner toutes les corporations.</p>
-
-<p>Aux acquéreurs de charges créées par le
-Roi, on ne demandait que de payer. Mais si
-l'on voulait acheter ou louer une charge de
-barbier à l'un des titulaires, il fallait avoir été
-apprenti pendant trois ans et compagnon pendant
-deux ans<a name="FNanchor_202_202" id="FNanchor_202_202"></a>
-<a href="#Footnote_202_202" class="fnanchor">[202]</a>.</p>
-
-<p>Chaque maître ne pouvait avoir à la fois
-qu'un seul apprenti. Il était cependant autorisé
-<span class="pagenum"><a name="Page_111" id="Page_111">[Pg 111]</a></span>
-à en prendre un second quand le premier avait
-achevé sa deuxième année<a name="FNanchor_203_203"
-id="FNanchor_203_203"></a><a href="#Footnote_203_203" class="fnanchor">[203]</a>.</p>
-
-<p>Les fils de maître et les compagnons épousant
-une fille de maître étaient tenus seulement
-de l'<i>Expérience</i>, épreuve facile pour laquelle
-on se montrait plus qu'indulgent. Les autres
-aspirants à la maîtrise devaient parfaire le
-<i>Chef-d'œuvre</i>, travail dont la durée était limitée
-à deux jours<a name="FNanchor_204_204"
-id="FNanchor_204_204"></a><a href="#Footnote_204_204"
-class="fnanchor">[204]</a>.</p>
-
-<p>Il était interdit à un maître d'avoir plus
-d'une boutique dans Paris<a name="FNanchor_205_205"
-id="FNanchor_205_205"></a><a href="#Footnote_205_205"
-class="fnanchor">[205]</a>. Un apprenti ne
-pouvait, durant les deux années qui suivaient
-son admission à la maîtrise, ouvrir boutique
-dans le quartier des maîtres chez qui il avait
-été soit apprenti, soit compagnon<a name="FNanchor_206_206"
-id="FNanchor_206_206"></a><a href="#Footnote_206_206"
-class="fnanchor">[206]</a>. Les apprentis
-ou compagnons changeant de maison
-ne pouvaient, avant une année, se replacer
-dans le quartier du maître qu'ils venaient de
-quitter<a name="FNanchor_207_207"
-id="FNanchor_207_207"></a><a href="#Footnote_207_207"
-class="fnanchor">[207]</a>.</p>
-
-<p>Afin d'établir une distinction bien apparente
-entre les boutiques des barbiers-perruquiers
-et celle des barbiers-chirurgiens, les
-<span class="pagenum"><a name="Page_112" id="Page_112">[Pg 112]</a></span>
-premiers devaient avoir «des boutiques peintes
-en bleu, fermées de châssis à grands carreaux
-de verre, et mettre à leurs enseignes des
-bassins blancs pour marque de leur profession
-et pour faire différence de ceux des chirurgiens,
-qui en ont des jaunes». L'enseigne devait
-être ainsi conçue: <i>X, Barbier, Perruquier,
-Baigneur, Étuviste. Céans on fait le poil et on
-tient bains et étuves</i><a name="FNanchor_208_208"
-id="FNanchor_208_208"></a><a href="#Footnote_208_208" class="fnanchor">[208]</a>.</p>
-
-<p>Les barbiers-perruquiers étaient autorisés à
-«vendre des poudres, opiats pour les dents,
-savonnettes, pommades et autres senteurs et
-essences, pâtes à laver les mains, et généralement
-tout ce qui est propre pour l'ornement,
-propreté et netteté du corps humain<a name="FNanchor_209_209"
-id="FNanchor_209_209"></a><a href="#Footnote_209_209" class="fnanchor">[209]</a>».</p>
-
-<p>A eux seuls appartenait «le droit de faire le
-poil, bains, perruques, étuves et toutes sortes
-d'ouvrages de cheveux, tant pour hommes que
-pour femmes, sans préjudice du droit que les
-chirurgiens ont de faire le poil et les cheveux,
-et de tenir bains et étuves pour leurs malades
-seulement<a name="FNanchor_210_210"
-id="FNanchor_210_210"></a><a href="#Footnote_210_210"
-class="fnanchor">[210]</a>». Il était défendu à tous particuliers,
-ainsi qu'aux «soldats servans dans les
-Gardes Françoise et Suisse, de faire aucuns ouvrages
-<span class="pagenum"><a name="Page_113" id="Page_113">[Pg 113]</a></span>
-de cheveux, mais seulement la barbe
-aux soldats desdits régimens<a name="FNanchor_211_211"
-id="FNanchor_211_211"></a><a href="#Footnote_211_211" class="fnanchor">[211]</a>».</p>
-
-<p>La police soumettait à des règlements spéciaux
-les <i>perruquiers en vieux</i>. Il leur était interdit
-de tenir boutique ailleurs que sur le
-quai de l'Horloge. Ils réparaient les vieilles
-perruques, mais on ne leur permettait pas
-d'en fabriquer de neuves, à moins qu'ils n'y
-fissent entrer du crin, et la coiffe devait porter
-ces mots: <i>perruque mêlée</i>. Ils n'avaient point de
-bassins pour enseigne: leur étalage était seulement
-orné d'une tête de bois appelée
-<i>marmot</i>.</p>
-
-<p>Bien que les anciens étuveurs eussent eu,
-selon toute apparence, saint Michel pour patron<a name="FNanchor_212_212"
-id="FNanchor_212_212"></a><a href="#Footnote_212_212" class="fnanchor">[212]</a>,
-la corporation des barbiers-perruquiers
-fut placée sous le patronage de saint Louis<a name="FNanchor_213_213"
-id="FNanchor_213_213"></a><a href="#Footnote_213_213" class="fnanchor">[213]</a>.</p>
-
-<p>A cette époque, il y avait encore à Paris
-deux établissements installés sur le modèle des
-anciennes étuves. Ils étaient situés rue Marivaux<a name="FNanchor_214_214"
-id="FNanchor_214_214"></a><a href="#Footnote_214_214" class="fnanchor">[214]</a>
-et rue du Cimetière-Saint-Nicolas<a name="FNanchor_215_215"
-id="FNanchor_215_215"></a><a href="#Footnote_215_215"
-class="fnanchor">[215]</a>, et les
-anciennes traditions s'y étaient conservées. On
-<span class="pagenum"><a name="Page_114" id="Page_114">[Pg 114]</a></span>
-pouvait y prendre à la fois des bains d'eau
-chaude et des bains de vapeur, et la séance
-était souvent terminée par l'application d'une
-ou deux ventouses dans le dos. Voici, au reste,
-d'après un livre devenu rare<a name="FNanchor_216_216"
-id="FNanchor_216_216"></a><a href="#Footnote_216_216"
-class="fnanchor">[216]</a>, comment les
-choses se passaient alors:</p>
-
-<p>«Celuy qui veut se baigner dans l'eau froide
-va à la rivière.</p>
-
-<p>«Nous lavons la crasse dans les bains
-chauds, soit assis dans la cuve, soit en montant
-en haut aux bancs à suer, et nous nous
-frottons de la pierre ponce ou d'une estamine.</p>
-
-<p>«Nous quittons nos habits dans la garde-robe,
-et nous prenons des caleçons.</p>
-
-<p>«Nous mettons un bonnet sur nostre tête et
-nos pieds dans le bassin.</p>
-
-<p>«La servante des bains sert de l'eau dans
-un seau, qu'elle puise dans l'auge où elle coule
-par les tuiaux.</p>
-
-<p>«Le maistre ou valet des estuves scarifie la
-peau avec sa lancette en y appliquant des ventouses,
-pour en tirer du sang qui est entre
-chair et cuir, et l'essuye avec une éponge.»</p>
-
-<p>Les établissements de ce genre portaient en
-général le nom de bains, et on réservait celui
-<span class="pagenum"><a name="Page_115" id="Page_115">[Pg 115]</a></span>
-d'étuves pour les maisons où des bains de vapeur
-étaient administrés par ordre du médecin,
-à titre de remède. La mieux organisée
-était celle de Popincourt: «Les douleurs de la
-sciatique, celles qui sont causées par le mercure
-qui a été donné en panacée, en sublimez
-et en précipitez, celles de la goutte des pieds et
-des mains, les paralisies universelles et particulières,
-les tumeurs froides et beaucoup d'autres
-maladies sont infailliblement guéries par
-l'usage des étuves vaporeuses de nouvelle invention
-qui se tiennent au jardin médicinal de
-Pincourt.» Le <i>Livre commode</i> qui nous fournit
-ces renseignements ajoute: «C'est une sorte
-de machine en laquelle on est baigné sans être
-dans l'eau, en laquelle on suë aussi abondamment
-que l'on veut sans être à sec, ce qui fait
-que son usage ne cause ni la constipation du
-ventre et la foiblesse de poitrine comme les
-bains ordinaires, ni les évanouissemens, la chaleur
-intérieure et la difficulté de respirer qui
-sont les suites ordinaires des étuves échauffées
-par le feu de bois ou d'esprit de vin. Les malades
-y sont couchez sur un lit suspendu, où ils
-reçoivent une vapeur nouvelle, anodine et fortifiante<a name="FNanchor_217_217"
-id="FNanchor_217_217"></a><a href="#Footnote_217_217" class="fnanchor">[217]</a>.»</p>
-
-<p><span class="pagenum"><a name="Page_116" id="Page_116">[Pg 116]</a></span></p>
-
-<p>Il y avait encore, à l'usage du grand monde,
-une troisième catégorie de bains. Maisons meublées
-fort suspectes, endroits de luxe et de débauche,
-le bain n'y figurait le plus souvent que
-comme accessoire. L'hôtel de Zamet, devenu
-hôtel de Lesdiguières, dans la rue de la Cerisaie,
-avait eu cette destination sous Henri IV,
-qui le fréquentait si assidûment qu'on l'appelait
-sa «maison des menus plaisirs» et son
-«palais d'amour<a name="FNanchor_218_218"
-id="FNanchor_218_218"></a><a href="#Footnote_218_218"
-class="fnanchor">[218]</a>». On se rendait chez le
-baigneur, dit M. Walckenaer<a name="FNanchor_219_219"
-id="FNanchor_219_219"></a><a href="#Footnote_219_219"
-class="fnanchor">[219]</a>, «par différents
-motifs; c'était la que l'on prenait les meilleurs
-bains, les bains épilatoires, les bains mêlés de
-parfums et de cosmétiques. La maison était
-pourvue d'un grand nombre de domestiques
-soumis, réservés, discrets, adroits. On s'y enfermait
-la veille d'un départ<a name="FNanchor_220_220"
-id="FNanchor_220_220"></a><a href="#Footnote_220_220"
-class="fnanchor">[220]</a> ou le jour même
-d'un retour, afin de se préparer aux fatigues
-que l'on alloit éprouver, ou pour se remettre
-de celles qu'on avoit essuyées. Voulait-on disparaître
-un instant du monde, fuir les importuns
-<span class="pagenum"><a name="Page_117" id="Page_117">[Pg 117]</a></span>
-et les ennuyeux, échapper à l'œil curieux
-de ses gens, on allait chez le baigneur. On s'y
-trouvait chez soi, on était servi, choyé, on s'y
-procurait toutes les jouissances qui caractérisent
-le luxe et la dépravation d'une grande
-ville. Le maître de l'établissement et tous ceux
-qui étaient sous ses ordres devinaient à vos
-gestes, à vos regards, si vous vouliez garder
-l'incognito; et tous ceux qui vous servaient et
-dont vous étiez le mieux connu paraissaient
-ignorer jusqu'à votre nom.»</p>
-
-<p>Dans la <i>Coquette</i>, comédie jouée vers 1720,
-Baron nous montre le conseiller Durcet sortant
-de l'audience et venant, encore en robe, voir
-Cidalise. Marton, suivante de la belle, l'accueille
-par ces mots: «Monsieur ne seroit
-pas de ces gens qui, au retour d'un voyage,
-vont descendre chez le baigneur pour ne pas
-dégoûter leur maîtresse<a name="FNanchor_221_221" id="FNanchor_221_221"></a><a href="#Footnote_221_221" class="fnanchor">[221]</a>?»</p>
-
-<p>Prud'homme fonda une maison de ce genre
-qui devint surtout à la mode sous son successeur
-La Vienne. Saint-Simon<a name="FNanchor_222_222"
-id="FNanchor_222_222"></a><a href="#Footnote_222_222"
-class="fnanchor">[222]</a> raconte que
-«le Roi, du temps de ses amours, s'alloit baigner
-et parfumer chez lui... On prétendoit,
-<span class="pagenum"><a name="Page_118" id="Page_118">[Pg 118]</a></span>
-ajoute-t-il, que le Roi, qui n'avoit pas de quoi
-fournir à ce qu'il désiroit, avait trouvé chez La
-Vienne des confortatifs qui l'avoient rendu plus
-content de lui-même.» Louis XIV se montra
-reconnaissant: le père de La Vienne devint,
-après Prud'homme, son premier barbier, et La
-Vienne fut nommé premier valet de chambre<a name="FNanchor_223_223"
-id="FNanchor_223_223"></a><a href="#Footnote_223_223" class="fnanchor">[223]</a>.
-Le Roi n'en avait pas moins encore huit barbiers
-servant par quartier. Leurs fonctions
-étaient «de peigner le Roy, tant le matin qu'à
-son coucher, luy faire le poil, et l'essuyer aux
-bains et étuves, et après qu'il a joué à la
-paume<a name="FNanchor_224_224"
-id="FNanchor_224_224"></a><a href="#Footnote_224_224" class="fnanchor">[224]</a>.»</p>
-
-<p>L'établissement de Prud'homme était situé
-rue Neuve-Montmartre. On en trouvait d'autres,
-célèbres aussi, rue Richelieu, rue d'Orléans,
-rue Vieille-du-Temple et rue des Marmouzets<a name="FNanchor_225_225"
-id="FNanchor_225_225"></a><a href="#Footnote_225_225" class="fnanchor">[225]</a>.</p>
-
-<p>Les bourgeois qui voulaient prendre des
-bains à domicile pouvaient louer, moyennant
-<span class="pagenum"><a name="Page_119" id="Page_119">[Pg 119]</a></span>
-vingt sous par jour, une baignoire en cuivre
-chez un chaudronnier, ou moyennant dix sous
-par jour une baignoire de bois chez un tonnelier<a name="FNanchor_226_226"
-id="FNanchor_226_226"></a><a href="#Footnote_226_226" class="fnanchor">[226]</a>.
-L'eau était chauffée à la bouilloire; il y
-avait donc intérêt à construire des baignoires
-qui n'en exigeassent pas un trop grand volume.
-Celles de cuivre représentaient le plus
-souvent un sabot à tige élevée, disposition
-aussi économique qu'incommode, car le corps
-y était presque moulé, et l'on dépensait ainsi
-moitié moins de liquide qu'en employant un
-cuvier oblong. La baignoire dans laquelle fut
-assassiné Marat, et qui vient d'être acquise par
-le musée Grévin, est un sabot de ce genre.
-Les grands seigneurs avaient dans leur hôtel
-des salles de bain fort luxueuses, où les
-baignoires affectaient la forme de canapés,
-de chaises longues, de lits de repos, etc.
-Il paraît qu'on s'y baignait parfois de compagnie,
-puisqu'il existait au château de Genlis
-une baignoire assez vaste pour contenir quatre
-personnes<a name="FNanchor_227_227"
-id="FNanchor_227_227"></a><a href="#Footnote_227_227" class="fnanchor">[227]</a>.</p>
-
-<p>Au dix-huitième siècle, les dames recevaient
-volontiers leurs visiteurs, femmes ou hommes,
-<span class="pagenum"><a name="Page_120" id="Page_120">[Pg 120]</a></span>
-pendant qu'elles étaient au bain. Dans ces
-circonstances, on avait soin de blanchir l'eau
-soit avec «une pinte ou deux de lait<a name="FNanchor_228_228"
-id="FNanchor_228_228"></a><a href="#Footnote_228_228"
-class="fnanchor">[228]</a>, soit
-avec de l'essence: c'est ce que l'on appelait
-un <i>bain de lait</i>.» M. le comte de Reiset possède
-une baignoire Louis XVI, munie d'un couvercle
-canné qui empêchait de voir la personne
-dans son bain, tout en permettant l'évaporation<a name="FNanchor_229_229"
-id="FNanchor_229_229"></a><a href="#Footnote_229_229" class="fnanchor">[229]</a>.
-Le jour même du retour de Varennes,
-la Reine dictait à un des huissiers de
-sa chambre une lettre destinée à madame Campan,
-et qui commence ainsi: «Je vous fais
-écrire de mon bain, où je viens de me mettre
-pour soulager au moins mes forces physiques<a name="FNanchor_230_230"
-id="FNanchor_230_230"></a><a href="#Footnote_230_230" class="fnanchor">[230]</a>.»
-Marie-Antoinette, élevée dans les sévères principes
-de la cour de Vienne, se baignait vêtue
-d'une longue robe de flanelle boutonnée jusqu'au
-cou, et tandis que ses deux baigneuses
-l'aidaient à sortir du bain, elle exigeait que l'on
-tînt devant elle un drap destiné à la cacher à
-ses femmes<a name="FNanchor_231_231"
-id="FNanchor_231_231"></a><a href="#Footnote_231_231"
-class="fnanchor">[231]</a>. Il ne faut pas oublier qu'à cette
-époque, les grandes dames en agissaient souvent
-<span class="pagenum"><a name="Page_121" id="Page_121">[Pg 121]</a></span>
-encore avec leurs gens comme les Romaines
-vis-à-vis de leurs esclaves, et regardaient
-un valet comme un animal en présence
-duquel la plus craintive pudeur pouvait tout
-se permettre<a name="FNanchor_232_232"
-id="FNanchor_232_232"></a><a href="#Footnote_232_232" class="fnanchor">[232]</a>.</p>
-
-<p>Les Parisiens amateurs de bains froids les
-prenaient dans la Seine, sans se préoccuper
-des exhibitions dont ils gratifiaient les riverains
-et les passants. Une chanson<a name="FNanchor_233_233"
-id="FNanchor_233_233"></a><a href="#Footnote_233_233"
-class="fnanchor">[233]</a> de Coulange
-nous a décrit l'effroi de la Précieuse qui
-passe en carrosse, par un chaud jour d'été,
-près de la porte Saint-Bernard:</p>
-
-<div class="poetry-container">
- <div class="poetry">
- <div class="verse">Quel spectacle indécent se présente à mes yeux!</div>
- <div class="verse">Des hommes vraiment nuds au bord de la rivière</div>
- <div class="verse">Me font évanouir! Ah! de grâce, ma chère,</div>
- <div class="verse indent-0_5">Évitons cet objet affreux;</div>
- <div class="verse">Allons, viste, cocher, retournons à la ville.</div>
- </div>
-</div>
-
-<p>Il y avait aussi au dix-septième siècle des
-piscines où les femmes, à qui «il n'est point
-permis de se baigner dans la rivière», pouvaient
-aller se plonger dans l'eau froide. Le
-recueil des <i>Caquets de l'accouchée</i><a name="FNanchor_234_234"
-id="FNanchor_234_234"></a><a href="#Footnote_234_234"
-class="fnanchor">[234]</a> nous en
-fournit la preuve. Le soleil «estant au signe
-<span class="pagenum"><a name="Page_122" id="Page_122">[Pg 122]</a></span>
-du Cancre, je me résolus, avec quelques-unes
-de mes voisines, d'aller aux étuves pour me
-rafraîchir.... Comme je fus arrivée aux baings
-où d'ordinaire nous avons coustume entre nous
-autres de rafraîchir, je me trouvay au milieu
-d'une bonne et agréable compagnie de bourgeoises
-et dames de Paris qui estoient venues
-au mesme lieu pour ce subject.»</p>
-
-<p>Au siècle suivant, nous trouvons des bains
-froids installés sur la Seine:</p>
-
-<p>A la Râpée;</p>
-
-<p>Près de l'archevêché;</p>
-
-<p>Quai des Morfondus, aujourd'hui quai de
-l'Horloge;</p>
-
-<p>Port Saint-Nicolas, en face de la rue des
-Poulies;</p>
-
-<p>Quai des Quatre-Nations, aujourd'hui quai
-Conti;</p>
-
-<p>Près de la barrière des Invalides<a name="FNanchor_235_235"
-id="FNanchor_235_235"></a><a href="#Footnote_235_235" class="fnanchor">[235]</a>.</p>
-
-<p>Ces bains, entièrement recouverts d'une
-toile, avaient douze toises de long sur deux de
-large. Ils étaient formés par une vingtaine de
-pieux enfoncés dans la rivière, et que des
-planches reliaient ensemble. On y descendait
-au moyen d'une échelle attachée à un bateau
-<span class="pagenum"><a name="Page_123" id="Page_123">[Pg 123]</a></span>
-dans lequel les baigneurs se déshabillaient et
-laissaient leurs vêtements. Le prix du bain était
-de trois sous. Le linge se payait à part: un sou
-pour une serviette du côté des hommes, trois
-sous pour une chemise du côté des femmes.</p>
-
-<p>Ce n'était pas précisément là que se donnaient
-les rendez-vous de noble compagnie.
-Pour celle-ci, des bateliers avaient établi dans
-la rivière, au-dessus et au-dessous de Paris,
-de petites cabanes appelées <i>gores</i>. Elles se
-composaient de quatre pieux ombragés par
-une toile; un autre pieu planté au milieu permettait
-de se soutenir sur l'eau. «Les dames,
-dit le <i>Journal du citoyen</i><a name="FNanchor_236_236"
-id="FNanchor_236_236"></a><a href="#Footnote_236_236"
-class="fnanchor">[236]</a>, sont conduites et
-descendues dans ces gores, sûrement, commodément
-et secrettement. Les femmes de
-mariniers conduisent les baigneuses. On fait
-marché de gré à gré pour se faire conduire. Il
-en coûte communément vingt-quatre ou trente
-sols par heure du loyer d'un bateau.»</p>
-
-<p>Cette façon de se baigner sans bouger
-inspira, vers 1781, une idée assez étrange à
-un sieur Turquin. Sur le petit bras du fleuve,
-près du pont de la Tournelle, il plaça dans un
-bateau plusieurs baignoires maintenues par un
-<span class="pagenum"><a name="Page_124" id="Page_124">[Pg 124]</a></span>
-plancher à une certaine profondeur; leurs parois
-étaient percées de trous qui permettaient au
-courant de les traverser et d'y renouveler l'eau
-sans cesse. Chaque baignoire, installée dans un
-cabinet, était assez grande pour recevoir jusqu'à
-trois personnes. Cet établissement, qui subsistait
-encore en 1787<a name="FNanchor_237_237"
-id="FNanchor_237_237"></a><a href="#Footnote_237_237"
-class="fnanchor">[237]</a> reçut le nom de <i>Bains
-chinois</i>. Le succès qu'il obtint décida Turquin
-à en ouvrir un autre où les baignoires disparurent,
-où l'on ne put se montrer sans caleçon,
-et où l'on disposa des cabines pour se
-déshabiller. Turquin fut ainsi le véritable créateur
-des écoles de natation telles que nous les
-voyons organisées aujourd'hui. La première,
-située près des Bains chinois, fut inaugurée
-le 16 juillet 1785, en présence de plusieurs
-membres du corps municipal, de l'Académie des
-sciences et de la Société de médecine<a name="FNanchor_238_238"
-id="FNanchor_238_238"></a><a href="#Footnote_238_238"
-class="fnanchor">[238]</a>. Turquin
-ne tarda pas à établir une seconde école
-de ce genre à la pointe de l'île Saint-Louis;
-puis une troisième au-dessous du Pont-Royal<a name="FNanchor_239_239"
-id="FNanchor_239_239"></a><a href="#Footnote_239_239" class="fnanchor">[239]</a>,
-<span class="pagenum"><a name="Page_127" id="Page_127">[Pg 127]</a></span>
-sur l'emplacement qu'occupe aujourd'hui l'embarcadère
-du <i>Touriste</i>.</p>
-
-<div class="figcenter"><a name="i_130.jpg" id="i_130.jpg"></a>
- <img src="images/i_130.jpg"
- alt="" />
- <div class="caption">BAINS ÉTABLIS SUR LA SEINE PAR POITEVIN EN 1761.<br />
- D'après l'<i>Encyclopédie méthodique</i>.</div>
-</div>
-
-<p>Paris ne comptait encore qu'une dizaine de
-bains chauds, possédant chacun de douze à
-quinze baignoires, quand un sieur Poitevin
-imagina d'en établir un sur la Seine même. Ce
-projet, patronné par la municipalité, reçut sa
-réalisation en 1761. Le bateau organisé par
-Poitevin fut amarré près du Pont-Royal, en face
-des Tuileries. Long de cent quarante et un pieds
-et large de vingt-huit, il était divisé en deux
-étages. Un côté était réservé aux femmes. Les
-cabinets ouvraient sur un couloir central, et
-l'eau, puisée dans le fleuve par deux pompes à
-bras, était filtrée avant d'arriver aux baignoires<a name="FNanchor_240_240"
-id="FNanchor_240_240"></a><a href="#Footnote_240_240" class="fnanchor">[240]</a>.
-<span class="pagenum"><a name="Page_128" id="Page_128">[Pg 128]</a></span>
-Un autre bateau, appartenant au même propriétaire,
-et disposé de la même façon bien
-qu'il n'eût qu'un rez-de-chaussée, stationnait
-pendant l'été à l'extrémité de l'île Saint-Louis,
-au bas du quai d'Anjou. Poitevin eut
-pour successeur un sieur Guignard, qui finit
-par diriger plusieurs établissements de ce genre.
-Dans un d'entre eux, situé à l'angle du Pont-Royal
-et du quai d'Orsay, les pauvres étaient
-reçus gratuitement sur un certificat du médecin
-ou du curé de leur paroisse.</p>
-
-<p>Des bains plus complets occupaient une
-maison qui faisait le coin de la rue de Bellechasse
-et du quai. Outre des bains de vapeur
-et des douches, on y trouvait une vaste piscine
-dans laquelle on pouvait se livrer à la natation.
-Les prix étaient ainsi fixés:</p>
-
-<table id="BAINS" summary="Prix des bains">
- <tr>
- <td class="c1-1">Bain simple</td>
- <td class="c1-1">3 livres.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="c1-1">— &nbsp; &nbsp; —&nbsp; &nbsp; par abonnement</td>
- <td class="c1-1">2 &nbsp; —&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="c1-1">— &nbsp; russe</td>
- <td class="c1-1">7 &nbsp; —&nbsp; 4 sols.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="c1-1">— &nbsp; dépilatoire et de propreté</td>
- <td class="c1-1">12 —&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="c1-1">Douche composée</td>
- <td class="c1-1">12 —&nbsp;</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="c1-1">— &nbsp; simple</td>
- <td class="c1-1">9 &nbsp; —</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="c1-1">— &nbsp; ascendante</td>
- <td class="c1-1">3 &nbsp; —</td>
- </tr>
-</table>
-
-<p>Les anciens bains du dix-septième siècle, où
-l'on venait ordinairement chercher tout autre
-chose que de l'eau, étaient représentés par
-l'<i>Hôtel des Bains de S. A. R. Mgr le duc d'Orléans</i>,
-<span class="pagenum"><a name="Page_129" id="Page_129">[Pg 129]</a></span>
-situé au Palais-Royal, et dont l'entrée
-était rue de Valois. On y trouvait «des appartemens
-garnis, propres à recevoir des personnes
-de la première distinction<a name="FNanchor_241_241"
-id="FNanchor_241_241"></a><a href="#Footnote_241_241"
-class="fnanchor">[241]</a>.»</p>
-
-<p>Tous les établissements de bains chauds
-étaient tenus par des maîtres barbiers-perruquiers-baigneurs-étuvistes,
-dont la corporation
-avait pris d'autant plus d'importance que
-la communauté des barbiers-chirurgiens disparaissait
-peu à peu. Mais une redoutable
-concurrence vint troubler la quiétude dans
-laquelle ils vivaient.</p>
-
-<p>Dès le quinzième siècle, il y avait eu des
-coiffeuses pour les femmes. On les trouve nommées
-<i>atourneresses</i>, <i>atourneuses</i>, <i>achemeresses</i>,
-etc., elles n'étaient guère employées d'ailleurs
-que dans les grandes occasions: bals,
-mariages, etc. Le soin des chevelures féminines
-restait donc en général réservé aux
-chambrières, et les barbiers-chirurgiens n'avaient
-jamais élevé aucune prétention à cet
-égard. Un homme de génie en son genre, le
-sieur Champagne, créa cette spécialité. «Ce
-faquin, dit Tallemant des Réaux<a name="FNanchor_242_242"
-id="FNanchor_242_242"></a><a href="#Footnote_242_242"
-class="fnanchor">[242]</a>, par son
-<span class="pagenum"><a name="Page_130" id="Page_130">[Pg 130]</a></span>
-adresse à coiffer et à se faire valoir, se faisoit
-rechercher et caresser de toutes les femmes.
-Leur foiblesse le rendit si insupportable, qu'il
-leur disoit tous les jours cent insolences: il en
-a laissé telles à demy coiffées; à d'autres, après
-avoir fait un costé, il disoit qu'il n'acheveroit
-pas si elles ne le baisoient; quelquefois il s'en
-alloit, et disoit qu'il ne reviendroit pas si on
-ne faisoit retirer un tel qui luy desplaisoit, et
-qu'il ne pouvoit rien faire devant ce visage-là.
-J'ay oüy dire qu'il dit à une femme qui avoit
-un gros nez: «Voys-tu, de quelque façon que
-je te coiffe, tu ne seras jamais bien tant que
-tu auras ce nez-là.» Avec tout cela, elles le
-couroient, et il a gaigné du bien passablement;
-car, comme il n'est pas sot, il n'a pas voulu
-prendre d'argent, de sorte que les présens
-qu'on luy faisoit luy valoient beaucoup. Lorsqu'il
-coiffoit une dame, il disoit ce que telle et
-telle luy avoit donné, et quand il n'estoit pas
-satisfait, il adjoustoit: «Elle a beau m'envoyer
-quérir, elle ne m'y tient plus.» L'idiote
-qui entendoit cela, trembloit de peur
-qu'il ne lui en fist autant, et luy donnoit deux
-fois plus qu'elle n'eust fait. Avec cela, il estoit
-mesdisant comme le diable; il n'y avoit
-personne à sa fantaisie. De Pologne, il alla en
-<span class="pagenum"><a name="Page_131" id="Page_131">[Pg 131]</a></span>
-Suède, et revint icy avec la reyne Christine.»</p>
-
-<p>Ce singulier personnage eut une fin tragique.
-Il fut assassiné au cours d'un voyage,
-et Loret raconta cet événement tout au long
-dans sa gazette rimée:</p>
-
-<div class="poetry-container">
- <div class="poetry">
- <div class="verse">Un bruit venant de la campagne</div>
- <div class="verse">Nous apprend que le sieur Champagne,</div>
- <div class="verse">Que deux ou trois Reynes du Nord</div>
- <div class="verse">Estimoient et cherissoient fort,</div>
- <div class="verse">Et qui d'estre de luy coiffées</div>
- <div class="verse">Faisoient autrefois des trophées,</div>
- <div class="verse">Dans un rencontre inopiné</div>
- <div class="verse">Fut l'autre jour assassiné,</div>
- <div class="verse">Entre, dit-on, Vienne et Grasse,</div>
- <div class="verse">Par cette detestable race</div>
- <div class="verse">Que l'on appelle des bandits,</div>
- <div class="verse">Gens sanguinaires, gens maudits<a name="FNanchor_243_243"
- id="FNanchor_243_243"></a><a href="#Footnote_243_243"
- class="fnanchor">[243]</a>.</div>
- </div>
-</div>
-
-<p>Champagne n'eut pas aussitôt de successeur
-digne de lui<a name="FNanchor_244_244"
-id="FNanchor_244_244"></a><a href="#Footnote_244_244"
-class="fnanchor">[244]</a>, mais les dames continuèrent à
-rechercher des mains plus habiles que celles de
-leurs femmes de chambre, et l'industrie des
-<i>Coiffeurs de dames</i> et des <i>Coiffeuses</i> fut fondée.
-Madame de Sévigné a transmis à la postérité
-le nom de la Martin, qui inventa la coiffure
-<i>hurluberlu</i> ou <i>hurlupée</i>, dite aujourd'hui coiffure
-<i>à la Maintenon</i>, parce que c'est celle que
-porte la grande favorite sur ses premiers portraits.
-<span class="pagenum"><a name="Page_132" id="Page_132">[Pg 132]</a></span>
-Cette mode date de 1671. Le 18 mars,
-madame de Sévigné écrit à sa fille de s'en
-garder; elle lui déclare que «c'est la plus ridicule
-chose qu'on puisse s'imaginer», et la supplie
-de rester fidèle à la jolie coiffure que sa
-femme de chambre Montgobert fait si bien<a name="FNanchor_245_245"
-id="FNanchor_245_245"></a><a href="#Footnote_245_245"
-class="fnanchor">[245]</a>.</p>
-
-<p>Quinze jours après, la cour a adopté la nouvelle
-coiffure, et dès lors madame de Sévigné
-en raffole. Elle mande aussitôt à sa fille que,
-frisée ainsi, elle sera «comme un ange», et
-que décidément «la coiffure que fait Montgobert
-n'est plus supportable<a name="FNanchor_246_246"
-id="FNanchor_246_246"></a><a href="#Footnote_246_246"
-class="fnanchor">[246]</a>».</p>
-
-<p>Le <i>Livre commode pour 1692</i> cite parmi
-«les coiffeuses fort employées, mesdemoiselles
-Canilliat, place du Palais-Royal; Poitier,
-près les Quinze-Vingts; le Brun, au Palais;
-de Gomberville, rue des Bons-Enfans; et
-d'Angerville, devant le Palais-Royal<a name="FNanchor_247_247"
-id="FNanchor_247_247"></a><a href="#Footnote_247_247"
-class="fnanchor">[247]</a>».</p>
-
-<p>Depuis le règne de Louis XV, les coiffeurs
-l'emportèrent sur les coiffeuses. Frison fut mis
-à la mode par la marquise de Prie; Dagé,
-coiffeur de madame de Châteauroux et de
-madame de Pompadour, avait équipage; Larseneur
-était le confident de Mesdames, filles
-<span class="pagenum"><a name="Page_133" id="Page_133">[Pg 133]</a></span>
-du Roi<a name="FNanchor_248_248"
-id="FNanchor_248_248"></a><a href="#Footnote_248_248"
-class="fnanchor">[248]</a>; Legros<a name="FNanchor_249_249"
-id="FNanchor_249_249"></a><a href="#Footnote_249_249"
-class="fnanchor">[249]</a> publiait <i>L'art de la coëffure
-des dames françoises</i>, qui eut trois éditions en
-trois ans, et fut suivi de plusieurs suppléments.</p>
-
-<p>On trouve dans ces volumes de curieux
-spécimens de coiffures, précédés d'avertissements
-dans lesquels l'auteur étale naïvement
-sa bouffonne vanité. Il s'exprime ainsi en
-tête de son deuxième supplément, imprimé
-en 1769: «J'avois autrefois pour passion la
-pêche, la chasse, la cuisine<a name="FNanchor_250_250"
-id="FNanchor_250_250"></a><a href="#Footnote_250_250"
-class="fnanchor">[250]</a>, et courir les armées,
-tant en Flandres qu'en Allemagne,
-changeant souvent d'état, et remarquant toujours
-le bon d'avec le mauvais, faisant ma
-cour aux vieillards de tout état, afin qu'ils me
-racontassent ce qu'ils sçavoient de leurs anciens
-temps. Voilà la seule étude que j'ai faite
-pour acquérir de l'expérience et connoître à
-peu près l'esprit et le caractère des hommes. Il
-s'agissoit donc de connoître un peu celui des
-Dames, chose bien difficile, qui m'a causé
-<span class="pagenum"><a name="Page_134" id="Page_134">[Pg 134]</a></span>
-bien de l'embarras, ne sçachant comment
-m'y prendre. Enfin, le moyen le plus juste
-selon moi étoit de me mettre Coëffeur, talent
-où il faut sçavoir se taire et parler, être sage
-et honnête, tout voir et ne rien dire, et avec
-ces bonnes qualités et l'art de la coëffure,
-on est bien reçu des Dames en tout pays. La
-coëffure des Dames m'a causé bien des tourmens;
-il n'y a que moi qui sçais la peine qu'elle
-m'a donnée. Ce n'est point l'argent qui m'a
-engagé à suivre cet état au milieu d'un champ
-rempli d'épines pour moi, mais c'est l'ambition
-et le zèle que j'ai de prouver aux Dames
-que tant que le monde subsistera, elles porteront
-de mes coëffures. C'est avec preuve que je
-ne ressemble point à bien des coëffeurs et perruquiers,
-qui étalent leurs talents avec leur
-langue, mais moi c'est avec mes doigts que je
-fais voir à tout le monde ce que je sçais. Malgré
-la contrariété, tant que je vivrai je donnerai
-toujours des preuves que je serai le premier
-de mon état pour la coëffure des Dames en
-tous genres, comme on le verra par mon
-livre...»</p>
-
-<p>Legros eut la prétention de fonder une académie
-de coiffure, et il y réussit à peu près. Il
-avait des <i>prêteuses de tête</i> qui permettaient à
-<span class="pagenum"><a name="Page_135" id="Page_135">[Pg 135]</a><br /><a name="Page_136" id="Page_136">[Pg 136]</a><br /><a name="Page_137" id="Page_137">[Pg 137]</a></span>
-ses élèves d'étudier sur nature et de reproduire
-les estampes publiées par lui. L'élève parvenu
-à copier les onze premiers modèles, recevait
-un certificat portant le cachet dit <i>de l'étoile</i>.
-Pour obtenir le cachet de l'étoile et celui des
-<i>trois croissants de la lune</i>, il fallait avoir imité
-exactement les vingt-huit premières estampes.
-Quant à l'habile homme qui reconstituait sur
-le vif trente-huit planches, son certificat portait
-à la fois le cachet de l'étoile, celui des
-trois croissants et le <i>grand cachet du soleil</i>; en
-outre, on le proclamait «maître professeur
-et académicien de l'art de la coëffure des
-Dames».</p>
-
-<div class="figcenter"><a name="i_140.jpg" id="i_140.jpg"></a>
- <img src="images/i_140.jpg"
- alt="II. Supplement de l'art de la coeffure des dames françoises" />
-</div>
-
-<p>Legros ne se dissimule pas que son mérite et
-sa gloire lui ont créé bien des ennemis. «Il y
-aura peut-être, dit-il, des personnes qui trouveront
-mauvais que mon livre ait pour titre
-<i>L'art de la coëffure des Dames</i>, et mes classes
-le nom d'<i>Académie</i>. En voici la raison: la
-coëffure des Dames est devenu un Art pour
-moi, parce que j'ai composé et fait les plans
-de toutes mes Coëffures, et que voilà le quatrième
-goût que je change depuis neuf ans,
-que j'ai coëffé les Dames de cinquante-deux
-sortes de goûts différents, et que je leur ai fait
-avec des cheveux faux trois cents pièces d'ouvrages
-<span class="pagenum"><a name="Page_138" id="Page_138">[Pg 138]</a></span>
-tous différens pour leurs coëffures...
-Puisque je suis le seul dans le monde qui ai
-poussé la coëffure des Dames à son dernier
-degré, et qui ai fait tant d'ouvrages en cheveux
-imitant le naturel, ce que personne ne
-s'était jamais avisé de faire, ainsi que le traité
-des cheveux naturels qui n'a jamais paru, je
-crois qu'il m'est bien permis de me dire le premier
-des Artistes pour la Coëffure des Dames.»</p>
-
-<p>Tant de soins ne furent pas perdus. Legros
-nous apprend qu'il reçut «les applaudissemens
-des Reines et Princesses de toutes les
-Cours et de toutes les Dames en général.»</p>
-
-<p>Mais ce succès et celui qu'obtinrent ses nombreux
-confrères, suscitèrent aux coiffeurs de
-femmes, dont le nombre s'élevait alors à douze
-cents, des jalousies et des haines. La corporation
-des barbiers-perruquiers leur intenta
-des procès; ces derniers soutenaient avec raison
-qu'ils avaient seuls le droit de vendre des
-cheveux, et il était prouvé que les coiffeurs
-fournissaient des chignons à leurs clientes.
-L'avocat des coiffeurs publia en faveur de
-ceux-ci un factum fort gai<a name="FNanchor_251_251"
-id="FNanchor_251_251"></a><a href="#Footnote_251_251"
-class="fnanchor">[251]</a> qui, écrit Bachaumont
-<span class="pagenum"><a name="Page_139" id="Page_139">[Pg 139]</a></span>
-le 8 janvier 1769, «se trouve également
-sur les bureaux poudreux des gens de
-loix et sur les toilettes élégantes des femmes<a name="FNanchor_252_252"
-id="FNanchor_252_252"></a><a href="#Footnote_252_252"
-class="fnanchor">[252]</a>.»</p>
-
-<p>L'auteur s'efforce de prouver que ses clients
-sont, non pas des artisans, mais des artistes
-dont la profession doit rester libre: «Par les
-talents qui nous sont propres, leur fait-il dire,
-nous donnons des grâces nouvelles à la beauté
-que chante le poëte. C'est souvent d'après
-nous que le peintre et le statuaire la représentent;
-et si la chevelure de Bérénice a été mise
-au rang des astres, qui nous dira que pour parvenir
-à ce haut degré de gloire elle n'a pas eu
-besoin de notre secours?... Un front plus ou
-moins grand, un visage plus ou moins rond
-demandent des traitements bien différents:
-partout il faut embellir la nature ou réparer
-ses disgrâces. Il convient encore de concilier
-avec le ton de chair la couleur sous laquelle
-l'accommodage doit être présenté. C'est ici
-l'art du peintre; il faut connaître les nuances,
-l'usage du clair-obscur et la distribution des
-ombres pour donner plus de vie au teint et
-plus d'expression aux grâces. Quelquefois la
-blancheur de la peau sera relevée par la teinte
-<span class="pagenum"><a name="Page_140" id="Page_140">[Pg 140]</a></span>
-rembrunie de la chevelure, et l'éclat trop vif
-de la blonde sera modéré par la couleur cendrée
-dont nous revêtirons ses cheveux.» Notre
-art, ajoutent-ils, ne se borne pas à disposer
-avec goût les cheveux et les boucles; nous avons
-aussi la mission de placer les diamants, les
-croissants, les aigrettes; notre habileté assure
-et étend sans cesse l'empire de la beauté. Les
-coiffeurs ne se dissimulent point qu'on les accuse
-d'encourager le luxe et la coquetterie;
-mais leur appartient-il de s'ériger en censeurs
-des mœurs et de réformer leur siècle? «Ce
-n'est pas à nous de juger si les mœurs de Sparte
-étoient préférables à celles d'Athènes, et si la
-bergère qui se mire dans la fontaine, met quelques
-fleurs dans ses cheveux et se pare de ses
-grâces naturelles, mérite plus d'hommage que
-de brillantes citoyennes qui usent de tous les
-raffinemens de la parure... Il faut prendre le
-siècle dans l'état où il est; c'est au ton des
-mœurs actuelles que nous devons notre existence,
-et tant qu'elles subsisteront, nous devons
-subsister avec elles.» Cet éloquent plaidoyer
-ne désarma point les magistrats. Deux arrêts,
-rendus le 27 juillet 1768 et le 7 janvier 1769,
-enjoignirent aux coiffeurs de se faire inscrire
-dans la corporation des barbiers; ils résistèrent
-<span class="pagenum"><a name="Page_141" id="Page_141">[Pg 141]</a></span>
-longtemps, et ne se soumirent définitivement
-que sous Louis XVI. Au mois de septembre
-1777, celui-ci créa six cents coiffeurs de femmes,
-qui payèrent leur privilége six cents livres
-et furent agrégés à la corporation des barbiers<a name="FNanchor_253_253"
-id="FNanchor_253_253"></a><a href="#Footnote_253_253" class="fnanchor">[253]</a>.
-L'<i>Almanach Dauphin</i><a name="FNanchor_254_254"
-id="FNanchor_254_254"></a><a href="#Footnote_254_254"
-class="fnanchor">[254]</a> mentionne alors parmi
-les coiffeurs en vogue: la veuve de Legros,
-établie rue Saint-Honoré, en face de la rue
-de l'Arbre-Sec; Frédérik, rue Thibautodé,
-qui «tient école de coëffure, place des femmes
-et valets de chambre coëffeurs, et fournit
-un rouge de Portugal accrédité par la
-finesse et la douceur de ses nuances»; Audis,
-quai de l'École, qui «tient assortiment d'ouvrages
-méchaniques en cheveux, pour faciliter
-aux dames la commodité de se coëffer elles-mêmes
-et de varier en un instant leur coëffure;»
-madame Desmares, au coin de la rue
-Saint-Louis du Louvre, coiffait «avec beaucoup
-de goût et de légèreté»; enfin, Durand,
-dit Legoût, logé quai de la Ferraille, vendait
-«toutes sortes de postiches de différens genres,
-<span class="pagenum"><a name="Page_142" id="Page_142">[Pg 142]</a></span>
-tocques montées en fil de laiton, peignes garnis
-de cheveux, et généralement tout ce qui concerne
-le talent de la coëffure».</p>
-
-<p>Legros n'avait pas donné de nom aux créations
-de son génie; ses émules furent moins
-modestes, et les recueils du temps nous signalent
-les coiffures suivantes parmi celles qui se
-partagèrent, de 1770 à 1780, la faveur des
-plus folles têtes:</p>
-
-<p class="noindent">
-<i>A la Henri IV.</i><br />
-<i>A la Minerve.</i><br />
-<i>A la Sylphide.</i><br />
-<i>A la Harpie.</i><br />
-<i>A la Diane.</i><br />
-<i>A la Corne d'abondance.</i><br />
-<i>A la Glaneuse.</i><br />
-<i>Au Levant.</i><br />
-<i>A la Frivolité.</i><br />
-<i>Au Caprice.</i><br />
-<i>Au Haut rang.</i><br />
-<i>A la Daphné ou la Demi-conquête.</i><br />
-<i>A la Conquête assurée.</i><br />
-<i>Le Papillon constant.</i><br />
-<i>Le Lever de la Reine ou le Triomphe de l'aurore.</i><br />
-<i>Le Témoin discret.</i><br />
-<i>La Sapho moderne.</i><br />
-<i>En Bandeau d'amour.</i><br />
-<i>Au Hérisson.</i><br />
-<i>Au Demi-hérisson.</i><br />
-<i>Au Hérisson à crochets.</i><br />
-<i>Au Chien couchant ou au Mystère.</i><br />
-<i>A la Zodiacale.</i><br />
-<i>A la Bourgeoise.</i><br />
-<i>A la Colombe.</i><br />
-<i>A la Conseillère.</i><br />
-<i>En Crochets.</i><br />
-<i>A l'Ingénue.</i><br />
-<i>A la Cérès.<span class="pagenum"><a name="Page_145"
- id="Page_145">[Pg 145]</a></span><br />
-A la Recherche.</i><br />
-<i>A la Modestie.</i><br />
-<i>A la Distinction.</i><br />
-<i>A la Candeur.</i><br />
-<i>Au Parterre galant.</i><br />
-<i>A la Janot.</i><br />
-<i>A la Pierrot.</i><br />
-<i>En Échelle.</i><br />
-<i>En Rouleaux.</i><br />
-<i>Au Croissant.</i><br />
-<i>Au Vol d'amour.</i><br />
-<i>En Corbeille.</i><br />
-<i>A la Flore.</i><br />
-<i>Au Parc anglais.</i><br />
-<i>A l'Anglaise.</i><br />
-<i>A l'Irlandaise.</i><br />
-<i>A l'Espagnole.</i><br />
-<i>A la Circassienne moderne.</i><br />
-<i>A la Turque.</i><br />
-<i>A la Grecque.</i><br />
-<i>A la Persane.</i><br />
-<i>A la Phrygienne.</i><br />
-<i>En Baigneuse.</i><br />
-<i>En Gondole.</i><br />
-<i>En Moulin à vent.</i><br />
-<i>Au Cerf-volant.</i><br />
-<i>Sans redoute.</i><br />
-<i>A l'Espoir.</i><br />
-<i>A la Nation.</i><br />
-<i>Aux Charmes de la liberté<a name="FNanchor_255_255"
-id="FNanchor_255_255"></a><a href="#Footnote_255_255"
-class="fnanchor">[255]</a>. Etc., etc.</i>
-</p>
-
-<div class="figsub">
- <div class="figleft" style="width: 284px;">
- <img src="images/i_147a.jpg" width="284" height="450" alt="" title="" />
- <span class="caption">COIFFURE FANTAISIE..</span>
- </div>
-
- <div class="figright" style="width: 268px;">
- <img src="images/i_147b.jpg" width="268" height="450" alt="" title="" />
- <span class="caption">COIFFURE EN BANDEAU D'AMOUR.</span>
- </div>
-</div>
-
-<p>Je ne cite ici, bien entendu, que les coiffures.
-Je triplerais cette liste si je voulais y
-comprendre les noms donnés pendant la même
-période aux bonnets et aux chapeaux.</p>
-
-<p>Dès 1723, l'abbé de Bellegarde écrivait:
-«Depuis que les femmes se sont avisées de se
-servir de fers pour soutenir la pyramide de
-leur coëffure, qui est une espèce de bâtiment à
-<span class="pagenum"><a name="Page_146" id="Page_146">[Pg 146]</a></span>
-plusieurs étages, elles ont tellement enchéri
-sur cette mode qu'il n'y a plus de porte assez
-élevée pour leur donner passage sans baisser
-la tête<a name="FNanchor_256_256"
-id="FNanchor_256_256"></a><a href="#Footnote_256_256"
-class="fnanchor">[256]</a>.» On sait jusqu'à quelle démence
-cette mode fut portée sous Louis XVI. Une
-élégante devait avoir alors sur le crâne un
-échafaudage de chiffons et de cheveux qui égalât
-le tiers de sa taille, et il entrait dans cet
-édifice tant de fil de fer qu'on était en droit
-de demander à une dame quel était l'adroit
-serrurier qui l'avait coiffée. Je ne crois pas
-qu'en aucun temps et sous aucun ciel, la mode
-ait jamais imposé à ses esclaves rien de plus
-niaisement prétentieux que le <i>pouf</i>. Décrire
-une de ces parures, je n'y pense point, on
-m'accuserait d'exagération, je laisse donc la
-parole à un contemporain qui écrivait au jour
-le jour et dont le témoignage est inattaquable.
-Voici, d'après les <i>Mémoires</i> dits de Bachaumont<a name="FNanchor_257_257"
-id="FNanchor_257_257"></a><a href="#Footnote_257_257" class="fnanchor">[257]</a>,
-comment était composé le <i>pouf au
-sentiment</i>. «On l'appelle <i>pouf</i>, à raison de la
-confusion d'objets qu'il peut contenir, et <i>au
-sentiment</i>, parce qu'ils doivent être relatifs à
-ce qu'on aime le plus. La description de celui
-<span class="pagenum"><a name="Page_147" id="Page_147">[Pg 147]</a></span>
-de madame la duchesse de Chartres rendra plus
-sensible cette définition. Dans celui de Son Altesse
-Sérénissime, au fond est une femme
-assise sur un fauteuil et tenant un nourrisson,
-ce qui désigne M. le duc de Valois et sa nourrice.
-A la droite est un perroquet becquetant
-une cerise, oiseau précieux à la princesse. A
-gauche est un petit nègre, image de celui
-qu'elle aime beaucoup. Le surplus est garni
-de touffes de cheveux de M. le duc de Chartres,
-son mari; de M. le duc de Penthièvre,
-son père; de M. le duc d'Orléans, son beau-père,
-etc., etc. Toutes les femmes veulent
-avoir un pouf et en raffolent.»</p>
-
-<p>On vit dès lors paraître successivement les
-poufs:</p>
-
-<p class="noindent">
-<i>A la Turque.</i><br />
-<i>A l'Asiatique.</i><br />
-<i>A l'Assyrienne.</i><br />
-<i>A la Chinoise.</i><br />
-<i>A la Sophie.</i><br />
-<i>A l'Art de plaire.</i><br />
-<i>En Crête.</i><br />
-<i>A la Grande prêtresse.</i><br />
-<i>A la Puce.</i><br />
-<i>En Rocher.</i><br />
-<i>En Gueule de loup.</i><br />
-<i>Au Globe fixé.</i><br />
-<i>A Bandelettes.</i><br />
-<i>Etc., etc., etc.</i>
-</p>
-
-<p>La fortune des poufs fut plus brillante que
-durable. Dans la fureur de nouveauté qui
-hantait les cerveaux féminins, une coiffure
-vieille de trois mois n'était plus bonne qu'à
-<span class="pagenum"><a name="Page_148" id="Page_148">[Pg 148]</a></span>
-orner ridiculement quelque crâne provincial.
-Faute de mieux et à bout d'imagination, on
-s'empara des événements du jour et on les
-figura en cheveux sur la tête des élégantes.
-Les romans, le théâtre, les succès de nos armées,
-les moindres faits divers, tout fut exploité.</p>
-
-<p>En 1778, après le célèbre combat livré aux
-Anglais par la <i>Belle-Poule</i>, les femmes surmontèrent
-leurs cheveux d'une frégate avec sa
-mâture, ses voiles, ses agrès, ses canons, ses
-pavillons, et cette coiffure prit le nom du glorieux
-bâtiment qu'elle représentait. Beaumarchais
-la fit oublier. La vogue de ses <i>Mémoires</i>;
-le ridicule qu'il jetait sur le gazetier Marin, le
-succès du <i>Quès-aco, Marin?</i> qui termine le
-portrait de ce personnage<a name="FNanchor_258_258"
-id="FNanchor_258_258"></a><a href="#Footnote_258_258"
-class="fnanchor">[258]</a>, inspirèrent la
-création du <i>quesaco</i>, trois panaches plantés
-derrière un chignon composé de huit boucles.</p>
-
-<p>Au même ordre d'idées se rattachent les
-coiffures suivantes:</p>
-
-<p class="noindent">
-<i>A la Frégate.</i><br />
-<i>A la Junon.</i><br />
-<i>A la Victoire.</i><br />
-<i>A la Philadelphie.</i><br />
-<i>A la Voltaire.</i><br />
-<i>A la Raucourt.</i><br />
-<i>A l'Iphigénie en Tauride.<br />
-A l'Eurydice.</i><span class="pagenum"><a name="Page_149"
-id="Page_149">[Pg 149]</a></span><br />
-<i>A l'Irène.</i><br />
-<i>A la Cléopâtre.</i><br />
-<i>A l'Armide</i> ou <i>la Grande prétention</i>.<br />
-<i>A la Gabrielle de Vergy.</i><br />
-<i>A l'Almaviva.</i><br />
-<i>Au Colisée.</i><br />
-<i>A la Montgolfier.</i>
-</p>
-
-<p>C'étaient là les grands soucis des dames de
-la cour quinze ans avant la Révolution; la
-jeune et belle Dauphine donnait l'exemple,
-sourde aux reproches de son époux<a name="FNanchor_259_259"
-id="FNanchor_259_259"></a><a href="#Footnote_259_259"
-class="fnanchor">[259]</a>, insensible
-aux railleries dont elle commençait à être
-l'objet. Nous possédons un curieux spécimen
-de celles-ci dans une assez plate comédie, que
-publia en 1778 l'avocat Marchand.</p>
-
-<p>Au début, le coiffeur Duppefort et sa femme
-sont en scène, et le dialogue s'établit ainsi:</p>
-
-<div class="bq">
-
-<p class="ac">DUPPEFORT.</p>
-
-<p>Ouf! je suis harassé comme un général
-d'armée le jour d'une action. Les femmes
-veulent être servies toutes à la fois et dans la
-même minute; l'on ne sait à laquelle entendre.
-L'une veut de la fourrure, l'autre un plumage;
-celle-ci des fleurs et des émaux, celle-là
-des arbres et des diamants. Il faudroit, en vérité,
-<span class="pagenum"><a name="Page_150" id="Page_150">[Pg 150]</a></span>
-avoir sous la main tous les élémens et les
-quatre parties du monde. Elles veulent apparemment
-toucher à la lune. Elles ne sont occupées
-que de coëffures, et chacune en veut
-trois pouces de plus que sa voisine. En vérité,
-je ne sais pas à quoi cette manie aboutira à la
-fin. Si l'émulation augmente, il faudra exhausser
-les lanternes dans les rues... Eh bien, qui
-est-ce qui est venu pendant mon absence?</p>
-
-<p class="ac">MADAME DUPPEFORT.</p>
-
-<p>Un monde étonnant. D'abord ce riche banquier
-qui a fait venir des plumes de colibris
-pour sa filleule; en second lieu, ce petit abbé
-qui a fait un poëme sur la coëffure des odalisques;
-troisièmement, madame la comtesse
-de Cavecreuse, qui veut absolument que vous
-lui fournissiez sur sa garniture le jardin du
-Palais-Royal, avec le bassin, la forme des maisons
-et surtout sa grande allée avec la grille
-et le café.</p>
-
-<p class="ac">M. DUPPEFORT.</p>
-
-<p>En vérité, elle n'y pense pas. Une autre me
-demandera bientôt les Thuilleries, le Luxembourg,
-le boulevard; les femmes du Marais
-voudront avoir la place Royale ou l'hôtel de
-<span class="pagenum"><a name="Page_151" id="Page_151">[Pg 151]</a></span>
-Soubise. Mais n'importe, il faut satisfaire les
-gens pour leur argent.</p>
-
-<p class="ac">MADAME DUPPEFORT.</p>
-
-<p>«Il est encore venu cette grande marquise
-sèche, qu'on appelle madame de la Brasse, et
-qui est veuve depuis trois mois. Elle vous prie
-de mettre sur sa garniture un catafalque de
-goût<a name="FNanchor_260_260"
-id="FNanchor_260_260"></a><a href="#Footnote_260_260"
-class="fnanchor">[260]</a>.»</p></div>
-
-<p>Ce court extrait suffira pour donner une
-idée de la pièce, où l'esprit n'abonde pas et
-qui ne fut jamais représentée.</p>
-
-<p>A la cour et dans l'entourage même de la
-Reine, les gens sensés blâmaient les exagérations
-qu'ils avaient sous les yeux: «Les coiffures,
-dit madame Campan, parvinrent à un
-tel degré de hauteur, par l'échafaudage des
-gazes, des fleurs et des plumes, que les femmes
-ne trouvoient plus de voitures assez élevées
-pour s'y placer, et qu'on leur voyoit souvent
-pencher la tête ou la placer à la portière. D'autres
-prirent le parti de s'agenouiller pour ménager
-d'une manière plus certaine encore le
-ridicule édifice dont elles étaient surchargées<a name="FNanchor_261_261"
-id="FNanchor_261_261"></a><a href="#Footnote_261_261" class="fnanchor">[261]</a>.»
-<span class="pagenum"><a name="Page_152" id="Page_152">[Pg 152]</a></span>
-En février 1776, Marie-Antoinette
-honora de sa présence un bal donné par la
-duchesse de Chartres. Les <i>Mémoires secrets</i>
-de Bachaumont racontent qu'à cette occasion
-«la Reine ayant redoublé la hauteur de son
-panache, il fallut le baisser d'un étage pour
-qu'elle pût entrer dans son carrosse, et le lui
-remettre quand elle en est sortie». Comme on
-imitait la Reine, même dans la bourgeoisie,
-les théâtres étaient troublés par des querelles
-sans cesse renaissantes, à ce point que de
-Visme, directeur de l'Opéra, dut interdire
-l'entrée de l'amphithéâtre aux coiffures trop
-élevées<a name="FNanchor_262_262"
-id="FNanchor_262_262"></a><a href="#Footnote_262_262"
-class="fnanchor">[262]</a>.</p>
-
-<p>Ce n'est pas tout. Ces pyramides gonflées de
-crin, bourrées de coussins, chargées de poudre,
-baignées de pommade, maintenues par une forêt
-d'épingles dont la pointe atteignait la peau,
-devenaient l'origine d'une foule de malaises;
-en même temps que la vermine engendrée par
-la poudre causait aux malheureuses victimes
-de la coquetterie d'insupportables démangeaisons.
-La civilité permit d'abord de se frapper
-doucement la tête avec un doigt pour calmer
-le prurit qu'occasionnaient les indiscrètes bestioles<a name="FNanchor_263_263"
-id="FNanchor_263_263"></a><a href="#Footnote_263_263" class="fnanchor">[263]</a>.
-<span class="pagenum"><a name="Page_153" id="Page_153">[Pg 153]</a></span>
-Puis on inventa en faveur de ces martyres
-volontaires le <i>grattoir</i>, longue tige terminée
-par un crochet d'ivoire, d'argent ou
-d'or, secours bien doux, mais impuissant
-contre «la crasse infecte qui séjournait sous
-les brillants diadèmes<a name="FNanchor_264_264"
-id="FNanchor_264_264"></a><a href="#Footnote_264_264"
-class="fnanchor">[264]</a>.» Je m'arrête. Ne
-nous montrons pas trop sévères pour nos
-aïeules; s'il prenait fantaisie à quelque cerveau
-fêlé de ressusciter cette mode aujourd'hui,
-est-il bien sûr que la tentative échouerait?</p>
-
-<p>Rien n'égale la burlesque vanité, le naïf orgueil
-dont était rempli le cœur des hommes
-qui élevaient ces monuments éphémères. Dutens
-raconte que le prince Lanti, se trouvant
-à Paris et ayant demandé un coiffeur, on
-introduisit dans sa chambre un personnage
-bien mis et l'épée au côté. Le prince s'assit, en
-lui recommandant de se dépêcher. «Mon
-prince, lui dit cet homme, je suis le physionomiste,
-<span class="pagenum"><a name="Page_154" id="Page_154">[Pg 154]</a></span>
-permettez que je fasse entrer mon second.»
-Et il fait entrer un garçon perruquier
-avec tout son appareil. Plaçant ensuite le
-prince à sa fantaisie, il l'observe avec attention,
-le prenant par le menton pour mieux
-examiner son visage. Puis, s'adressant à son
-second: «Visage à marrons<a name="FNanchor_265_265"
-id="FNanchor_265_265"></a><a href="#Footnote_265_265"
-class="fnanchor">[265]</a>, dit-il; marronnez
-monsieur.» Et il se retira en faisant une
-humble révérence<a name="FNanchor_266_266"
-id="FNanchor_266_266"></a><a href="#Footnote_266_266"
-class="fnanchor">[266]</a>.</p>
-
-<div class="figcenter"><a name="i_160.jpg" id="i_160.jpg"></a>
- <img src="images/i_160.jpg"
- alt="" />
- <div class="caption">BOUTIQUE DE BARBIER, d'après Cochin.<br />
- Dix-huitième siècle</div>
-</div>
-
-<p>De si grands artistes rougissaient d'appartenir
-à la corporation des barbiers. Ils tentèrent encore
-une fois de s'en séparer pour former une
-communauté indépendante; mais un arrêt du
-25 janvier 1780 repoussa cette prétention, et
-leur interdit de mettre sur leur enseigne les
-mots: <i>Académie de coiffure</i><a name="FNanchor_267_267"
-id="FNanchor_267_267"></a><a href="#Footnote_267_267"
-class="fnanchor">[267]</a>. Il est certain
-d'ailleurs que les boutiques de certains barbiers
-avaient alors un aspect peu séduisant.
-Voici la description que nous en a conservée
-Mercier: «Imaginez tout ce que la malpropreté
-peut assembler de plus sale. Les carreaux
-des fenêtres, enduits de poudre et de
-<span class="pagenum"><a name="Page_157" id="Page_157">[Pg 157]</a></span>
-pommade, interceptent le jour; l'eau de
-savon a rongé et déchaussé le pavé; le plancher
-et les solives sont imprégnés d'une
-poudre épaisse; les araignées pendent mortes
-à leurs longues toiles blanchies, étouffées
-en l'air par le volcan éternel de la poudrerie<a name="FNanchor_268_268"
-id="FNanchor_268_268"></a><a href="#Footnote_268_268" class="fnanchor">[268]</a>.»</p>
-
-<p>Un grand événement se produisit en 1780.
-A la suite d'une couche, Marie-Antoinette perdit
-ses cheveux. Dès lors, disent les <i>Mémoires
-secrets</i>, «l'art est continuellement occupé à
-réparer les vuides qui se forment sur cette
-tête auguste». Cette tête auguste finit par
-adopter une coiffure très-basse, dite <i>à l'enfant</i>.
-Aussitôt, les dames de la cour, «empressées
-de se conformer au goût de leur
-souveraine, ont sacrifié leur superbe chevelure<a name="FNanchor_269_269"
-id="FNanchor_269_269"></a><a href="#Footnote_269_269" class="fnanchor">[269]</a>.»</p>
-
-<p><span class="pagenum"><a name="Page_158" id="Page_158">[Pg 158]</a></span></p>
-
-<p>La reine de France, reine surtout des poufs
-et des chiffons, avait pour ministres la Bertin,
-sa marchande de modes, et Léonard Autier,
-son coiffeur, qui avait porté le génie jusqu'à
-faire entrer quatorze aunes d'étoffes dans une
-coiffure. Elle les comblait de faveurs, ne sachant
-rien refuser à des personnages dont le
-concours lui était si précieux. Il était de règle
-que tout artisan pourvu d'une charge à la cour
-cessât de servir le public; mais Marie-Antoinette,
-craignant que le goût de son coiffeur se
-perdît s'il cessait de pratiquer son état, voulut
-qu'il conservât sa clientèle, «ce qui, dit très-bien
-madame Campan<a name="FNanchor_270_270"
-id="FNanchor_270_270"></a><a href="#Footnote_270_270"
-class="fnanchor">[270]</a>, multiplia les occasions
-de connaître les détails de l'intérieur de
-la Reine et souvent de les dénaturer.» Quand
-l'infortunée princesse, décidée à quitter la
-France, préparait la fuite de Varennes, sa folle
-coquetterie survivait tellement aux dangers de
-sa situation, aux angoisses endurées, aux humiliations
-subies, qu'elle ne put se résoudre à
-se séparer de Léonard, serviteur au reste fidèle
-et dévoué; elle le fit partir quelques heures avant
-elle, sous la protection de de Choiseul<a name="FNanchor_271_271"
-id="FNanchor_271_271"></a><a href="#Footnote_271_271" class="fnanchor">[271]</a>.</p>
-
-<p><span class="pagenum"><a name="Page_159" id="Page_159">[Pg 159]</a></span></p>
-
-<p>Léonard ne revint pas à Paris avec sa souveraine;
-il émigra et alla mettre ses talents
-au service des grandes dames russes. En
-France, le temps des futilités était passé, et
-plus d'une des belles chevelures qu'avait abandonnées
-Léonard devait être maniée pour la
-dernière fois dans une prison et par un aide
-du bourreau.</p>
-
-<hr class="chap" />
-
-<p><span class="pagenum"><a name="Page_163" id="Page_163">[Pg 163]</a></span></p>
-
-<div class="chapter">
-<h2><a name="ECLAIRCISSEMENTS" id="ECLAIRCISSEMENTS"></a></h2>
-</div>
-
-<div class="chapter">
- <h3><a name="II-I" id="II-I"></a>I</h3>
-</div>
-
-<p class="ac"><span class="smcap">Extrait de la <i>CIVILITÉ</i> de
-Jean Sulpice</span>,</p>
-
-<p class="ac"><i>traduite en français par</i> <span class="smcap">Guillaume
- Durand</span>, <i>en</i> 1545<a name="FNanchor_272_272"
- id="FNanchor_272_272"></a><a href="#Footnote_272_272"
- class="fnanchor">[272]</a>.</p>
-
-<p class="ac">[1483]</p>
-
-
-<p>O enfant de bonne nature, devant que de t'exposer
-et bâiller mes preceptes, je t'admoneste que
-tu ayes à les garder et que tu faces en sorte que
-tousjours ils te soyent devant les yeux.</p>
-
-<p>Ta robe soit nette et sans ordure.</p>
-
-<p>N'aye point le visage ou les mains ordes.</p>
-
-<p><span class="pagenum"><a name="Page_164" id="Page_164">[Pg 164]</a></span></p>
-
-<p>Donne toy de garde que aucune morve ou roupie
-ne te sorte du nez et y pende, comme ceste glace
-longue que l'on void pendre en hyver aux chevrons
-et gouttières des maisons.</p>
-
-<p>Tes ongles ne soyent point trop longs, ny pleins
-d'ordure.</p>
-
-<p>Tes cheveux soyent bien peignez, et que ta perrucque<a name="FNanchor_273_273"
-id="FNanchor_273_273"></a><a href="#Footnote_273_273" class="fnanchor">[273]</a>
-ne soit pleine de plumes ou autre ordure.</p>
-
-<p>Tes souliers soyent nets et non boueux ou fangeux.</p>
-
-<p>Que ta langue ne soit point couverte d'ordure
-et immundicité accumulée dessus.</p>
-
-<p>Aye les dents nettes et sans rouille, c'est à dire
-sans matière jaulne attachée contre, par faute de
-les nettoyer et mundifier souvent.</p>
-
-<p>Estime qu'il est peu seant et peu honneste de
-soy grater la teste à table; et prendre au col ou au
-doz poulx, ou puces, ou autre vermine, et la tuer
-devant les gens; se grater, ou crever, ou percer sa
-roigne<a name="FNanchor_274_274"
-id="FNanchor_274_274"></a><a href="#Footnote_274_274"
-class="fnanchor">[274]</a> en quelque partie du corps qu'elle soit.</p>
-
-<p>Si tu viens à te moucher, tu ne doibs prendre
-tel excrement avec les doigts, mais les doibs recevoir
-dedans un mouchoir. Et si tu craches ou
-tousses, il ne fault pas avaller ce que tu as desjà
-attraict en la gorge, mais faut cracher en terre ou
-en un mouchoir ou serviette.</p>
-
-<p>Si, par contrainte, tu es provoqué à roter, fay le
-avec le moindre son de la bouche que faire se
-pourra, et tousjours en détournant la face.</p>
-
-<p><span class="pagenum"><a name="Page_165" id="Page_165">[Pg 165]</a></span></p>
-
-<p>Combien que nature te presse fort de peter ou
-vessir, il te faut du tout efforcer de bien serrer les
-fesses et ne lascher rien de mauvais goust. Et en
-ce, il se faut garder de suyvre l'opinion des stoïciens,
-qui tenoient que les pets et les rots estoient
-permis et loysibles en toutes compagnies et en
-toutes actions.</p>
-
-
-
-<hr class="chap" />
-
-<div class="chapter">
- <h3><a name="II-II" id="II-II"></a>II</h3>
-</div>
-
-<p class="ac"><span class="smcap">Extrait de la <i>CIVILITÉ</i>
-d'Érasme</span><a name="FNanchor_275_275"
-id="FNanchor_275_275"></a><a href="#Footnote_275_275" class="fnanchor">[275]</a>,</p>
-
-<p class="ac"><i>traduite en français par</i>
-<span class="smcap">Pierre Saliat</span>
-<i>en</i> 1537<a name="FNanchor_276_276"
-id="FNanchor_276_276"></a><a href="#Footnote_276_276" class="fnanchor">[276]</a>.</p>
-
-<p class="ac">[1530]</p>
-
-
-<p><i>Des rencontres et entregent.</i>—Si tu rencontres
-quelqu'un en ton chemin, qui à cause de sa vieillesse
-soit venerable, ou pour sa saincteté reverend,
-ou pour sa dignité grave, ou aultrement digne
-d'honneur, sois souvenant de luy ceder, de te détourner
-et luy faire voie, en descouvrant la teste
-reveremment et en ployant aulcunement<a name="FNanchor_277_277"
-id="FNanchor_277_277"></a><a href="#Footnote_277_277"
-class="fnanchor">[277]</a> le genoil.</p>
-
-<p><span class="pagenum"><a name="Page_166" id="Page_166">[Pg 166]</a></span></p>
-
-<p>Que l'enfant ne dise jamais ainsi: <i>Que ay-je
-affaire d'ung que je ne cognois point? Que ay-je
-affaire d'ung qui ne me feit jamais bien?</i> Cest
-honneur n'est point faict à ung homme, non aux
-merites et bienfaicts, mais à Dieu... Celluy qui
-previent à faire honneur à son pareil ou à moindre
-que luy, il n'en est point pourtant fait moindre,
-mais plus civil, et pour ce plus honnorable.</p>
-
-<p>Il fault parler reveremment et en peu de parolles
-avec ses superieurs, avec ses pareils amiablement
-et affablement. En parlant, la main gauche doit
-tenir le bonnet, la droicte estant doulcement posée
-sur le nombril; ou, ce qui est reputé plus honneste,
-le bonnet pendant aux deux mains joinctes, les deux
-poulces apparoissans, couvrira le dessoubs de la
-ceincture.</p>
-
-<p>Tenir son livre ou son bonnet dessoubs son aisselle,
-c'est chose rusticque.</p>
-
-<p>Il fault que l'enfant ait une honte qui luy donne
-grace, non point qui le rende estonné. Les yeulx
-doivent regarder celuy à qui tu parles, mais posement
-et simplement, sans qu'ilz montrent rien
-de lascif ou de meschant. Baisser la veue, ainsi que
-font les catoblepes<a name="FNanchor_278_278"
-id="FNanchor_278_278"></a><a href="#Footnote_278_278"
-class="fnanchor">[278]</a>, porte soupson de maulvaise
-conscience. Regarder de travers semble d'un qui
-veult mal. Tourner la face çà et là, c'est signe
-de legiereté. Il est aussy laid de changer sa face
-en diverses sortes, tellement que tu fronces puis
-<span class="pagenum"><a name="Page_167" id="Page_167">[Pg 167]</a></span>
-le nez, puis le front, que tu haulses maintenant
-les sourcils, maintenant tu remues les lèvres, et
-que la bouche soit puis estendue, puis serrée.</p>
-
-<p>Il est aussy laid de jecter les cheveulx en secouant
-la teste, de toussir sans necessité, de cracher ou de
-gratter sa teste, fouiller en ses oreilles, moucher
-son nez, applanir son visaige avec la main, car cela
-semble d'ung qui torche sa honte; frotter le chaisnon
-du col<a name="FNanchor_279_279"
-id="FNanchor_279_279"></a><a href="#Footnote_279_279"
-class="fnanchor">[279]</a>, serrer les espaules, laquelle chose
-nous voyons en d'aulcuns italiens; nier en tournant
-la teste, ou en la hochant appeler quelqu'un;
-et affin que je ne poursuyve tout, parler par signes,
-encores qu'il siée bien quelque fois à l'homme,
-toutesfois il ne sied point bien à l'enfant.</p>
-
-<p>C'est chose laide de jouer des bras, faire singeries
-des doigts, se bercer sur ses pieds, bref non
-point parler de la langue, mais de tout le corps,
-qui est le propre des tourtereles ou des balaqueues<a name="FNanchor_280_280"
-id="FNanchor_280_280"></a><a href="#Footnote_280_280" class="fnanchor">[280]</a>,
-et assez approchant des pies.</p>
-
-<p>La voix soit doulce et posée, non haultaine qui
-appartient aux paysans, ne si basse et si sombre
-qu'elle ne parvienne jusques aux oreilles de cestuy
-à qui tu parles. Que le parler ne soit trop hatif et
-allant devant la pensée, mais tout à loisir, et qu'il
-soit entendible.</p>
-
-<p>En parlant à quelqu'un, c'est civilité de repeter
-souvent son tiltre honorable. Si tu ne sçays point
-les tiltres particuliers d'ung chascun, tous gens savans
-<span class="pagenum"><a name="Page_168" id="Page_168">[Pg 168]</a></span>
-vans te doivent estre maistres très honorés, tous
-prestres et moynes pères reverends, tous tes semblables
-frères et amys: bref tous hommes incogneus,
-seigneurs; toutes femmes incongneues, dames.</p>
-
-<p>C'est chose villeine et deshonneste d'ouyr ung
-jurement de la bouche de l'enfant, soit par jeu ou
-à bon escient. Qu'est-il plus villain que la coustume
-dont en d'aulcuns pays à chascun mot, mesmes
-les filles jurent par le pain, par le vin, par la chandelle;
-bref, qu'est-il qu'elles ne jurent?</p>
-
-<p>Que l'enfant ne mesle point sa langue parmy
-paroles villeines, et qu'il n'y preste point l'oreille,
-finablement à tout ce qui se descouvre deshonestement
-aux yeulx des hommes, et se presente indecentement
-à leurs oreilles. Si le cas requiert qu'il
-faille nommer quelque membre honteux, il le fault
-signifier par ung desguisement modeste.</p>
-
-<p>Davantaige, s'il eschet quelque chose qui puisse
-faire mal au cueur à l'escoutant, comme si quelqu'un
-parle d'ung vomissement, d'ung retret<a name="FNanchor_281_281"
-id="FNanchor_281_281"></a><a href="#Footnote_281_281"
-class="fnanchor">[281]</a> ou de
-merde<a name="FNanchor_282_282"
-id="FNanchor_282_282"></a><a href="#Footnote_282_282"
-class="fnanchor">[282]</a>, qu'il prie premièrement qu'il ne desplaise
-aux oreilles.</p>
-
-<p>S'il veult contredire à quelque chose, qu'il se
-garde de dire: <i>Vous ne dictes point vray</i>, specialement
-s'il parle à personne eagée, mais prie avant,
-qu'il ne luy desplaise, et dise: <i>Je l'ay aultrement
-entendu d'ung tel.</i></p>
-
-<p>Rompre le propos d'ung qui parle devant qu'il
-ait achevé, c'est chose incivile.</p>
-
-<p><span class="pagenum"><a name="Page_169" id="Page_169">[Pg 169]</a></span></p>
-
-<p>Ne sois point fort curieux des affaires d'aultruy,
-et si tu as veu ou entendu quelque chose, fais
-semblant que tu ne saiches point ce que tu sçais.</p>
-
-<p>Regarder du coing des yeulx les lettres qui ne te
-sont point offertes, c'est chose peu civile. Si quelqu'un
-ouvre son coffre et escrin en ta presence,
-retire toy; car il est plus incivil de regarder dedens,
-et est encores plus d'en manier quelque chose.</p>
-
-<p>Si tu apperçois qu'il survienne quelques propos
-secrets entre quelques ungs, retire toy sans en faire
-semblant, et ne te mesle à tel propos sans y estre
-appellé.</p>
-
-
-
-<hr class="chap" />
-
-<div class="chapter">
- <h3><a name="II-III" id="II-III"></a>III</h3>
-</div>
-
-<p class="ac"><span class="smcap">Extrait de la <i>CIVILITÉ</i> d'Érasme</span>,</p>
-
-<p class="ac"><i>imitée en français par</i> <span class="smcap">C.
-Calviac</span> <i>en</i> 1560<a name="FNanchor_283_283"
-id="FNanchor_283_283"></a><a href="#Footnote_283_283" class="fnanchor">[283]</a>.</p>
-
-<p class="ac">[1530]</p>
-
-
-<p>Il faut que l'enfant tourne la face de costé quand
-il voudra cracher, de peur qu'il ne crache sur personne,
-ou qu'il ne face mal au cueur de ceux qui
-le verront cracher: pour laquelle raison il doit aussi
-effacer ce qu'il a craché en mettant le pied dessus.
-<span class="pagenum"><a name="Page_170" id="Page_170">[Pg 170]</a></span>
-Que s'il ne luy est commode de se tourner ny de
-cracher en terre ou autre lieu propre à cela, il
-pourra cracher dans son mouchoir plus tost que
-d'en avaler l'ordure, car cela est vilain et ord.</p>
-
-<p>Comme aussi de cracher ou de tousser à tous
-propos sans necessité, mais aussi par une mauvaise
-coustume; cela est propre aux menteurs, qui en
-parlant songent ce qu'ilz doibvent dire. Toutefois
-à aucuns cela sert de cherche-memoire, car en ce
-faisant, ilz pensent mieux à ce qu'ilz doivent dire,
-combien qu'en nulle sorte cela n'est point honeste.</p>
-
-<p>Il est fort vilain de s'accoustumer à roter, veu que
-mesme quand cela advient par inadvertance, peut
-estre tenu pour autre.</p>
-
-<p>S'il advient que l'enfant veuille tousser par necessité,
-qu'il se tourne en arrière la face, et qu'il se
-garde que ce ne soit sur la face d'autruy, ou sur la
-viande s'il est à table.</p>
-
-<p>Le vomir, peter, roter et faire telles ordures,
-quoy que les autres en jugent, il me semble que se
-doyvent faire si secretement, si on y est contrainct,
-que personne n'en oye rien, ou pour bien faire s'en
-abstenir du tout.</p>
-
-<p>Il faut que les dens soyent nettes et blanches.
-Que si il demeure quelque chose entr'elles après
-le repas, il les faut nettoyer avec un cure-dens de
-boys propre à cela, ou bien avec un des petits os
-de ceux qu'on tire des ergotz des chappons. Et non
-point avec le cousteau ou avec les ongles, comme
-les chiens, ne avec la serviette.</p>
-
-<p>Il faut que tous les matins l'enfant lave sa bouche
-et ses yeux avec de l'eau fraische et nette, et qu'il
-<span class="pagenum"><a name="Page_171" id="Page_171">[Pg 171]</a></span>
-se peigne en menant le peigne du devant en arrière
-de la teste, pour tousjours renvoyer en derrière les
-humeurs qui descendent sur les yeux et le visage.</p>
-
-<p>Il faut que les cheveux d'un enfant ne viennent
-jamais si grans qu'ilz luy tombent jusques aux yeux
-et aux espaules. Et ne les doit point secouer en
-hochant sa teste, car cela appartient aux chevaux
-qui se pompent. Il ne se doit point grater la teste
-ne le reste du corps avec ses ongles, car cela est
-vilain et ord, et principalement s'il le fait par
-accoustumance plus que par nécessité.</p>
-
-<p><i>Du corps et de sa contenance.</i>—L'enfant ne
-doyt point baisser la teste entre les deux espaules,
-car c'est signe de paresse; ne se renverser aussi, car
-c'est signe d'arrogance. Mais se doyt tenir droict
-et sans effort, car cela ha bonne grâce. Et ne faut
-point aussi que sa teste penche d'un costé ne d'un
-autre dessus son corps, à la mode des hypocrites, si
-ce n'est que le propos ou chose semblable requiert
-telles contenances à gester.</p>
-
-<p>Il faut que l'enfant tienne ses espaules avec un
-juste contrepoix, sans en hausser l'une et baisser
-l'autre sans aucune modestie ny honesteté.</p>
-
-<p>Il n'est guière bien seant à un jeune enfant de
-tenir les bras au sein ny en croix l'un sur l'autre,
-car c'est signe de paresse; ne de les tenir derrière
-le dos, car cela donne à penser qu'il soyt ou larron
-ou paresseux, ou tenant quelque chose en la main
-qu'il ne veut point qu'on voye.</p>
-
-<p>Aucuns trouvent beau de tenir une main au costé
-et présenter le coude à costé, à la mode des souldats,
-mais cela n'est point bienséant à un enfant.</p>
-
-<p><span class="pagenum"><a name="Page_172" id="Page_172">[Pg 172]</a></span></p>
-
-<p>Il est fort honeste à un petit enfant de ne manier
-point ses parties honteuses, mesme quand la necessité
-le requerra et qu'il sera seul, qu'avec honte
-et comme vergogne: car cela denote grande pudicité
-et honesteté. Et quand il luy faut qu'il rende
-son urine, il se doict separer et tirer à part que nul
-ne le voye, et pour le moins faut qu'il y procede le
-plus secretement et modestement qu'il pourra, sans
-toutes fois la retenir si longtemps que cela luy
-puisse engendrer la pierre.</p>
-
-<p>Il faut que quand l'enfant sera assis qu'il tienne
-ses genoux joinctz et les pieds aussi, non point
-ouvers et estallés, car cela n'est point modeste.
-Et quand il sera droyt, il luy sera bien seant de les
-tenir moyennement ouvers. Il n'est point honeste
-qu'estant assis il tienne l'un genoux sur l'autre et
-les jambes en croix; ne qu'estant debout il tienne
-ses jambes serrées et les bras croysés, car c'est le
-propre de ceux qui sont pensifs.</p>
-
-<p>Il ne fault point que l'enfant bransle les jambes
-estant assis, comme les folz; ne qu'il face un tas de
-frectillemens des mains, qui demonstrent que l'entendement
-est peu sain et entier.</p>
-
-<p>Il y a plusieurs façons de faire la reverence, selon
-les pays où on se trouve et les coustumes d'iceux.
-Mais les Françoys ployent seulement le genouil
-droyt, se tenant autrement plus droyctz que enclinés,
-avec un doux contournement et mouvement
-du corps; et estant le bonet de la main droyte, le
-tenant ouvert par le devant, l'obeissent au mesme
-costé droyt.</p>
-
-<p>Après, s'il fault faire plusieurs reverences tenant
-<span class="pagenum"><a name="Page_173" id="Page_173">[Pg 173]</a></span>
-tousjours bas le bonet, dessous la jambe droicte
-font la rentrance de la gauche en la mesme sorte
-qu'ilz ont faict de la droicte, et ainsi de l'une puis
-de l'autre, autant qu'il en sera de besoin, et selon
-que le personnage à qui on adressera et le propos
-ou recueil le requerrent.</p>
-
-<p>Il fault que l'alleure de l'enfant soit asseurée
-droitte et par pas de mediocre grandeur, et non
-point comme rompue et feinte, car c'est le propre
-des gens effeminés et de nul courage; ne trop hastée,
-comme celle des gens furieux ou impatiens; ne bersante
-ou chancellante d'un costé ou d'autre, car
-cela donne à penser qu'on soit verollé ou infecté
-de quelque telle maladie; ne par des grans pas, qui
-signifient prodigalité et arrogance; ne par trop
-petis, qui signifient avarice et chifeté; mais mediocres,
-ou de mesme, poursuivie tousjours d'un
-mesme train.</p>
-
-
-
-<hr class="chap" />
-
-<div class="chapter">
- <h3><a name="II-IV" id="II-IV"></a>IV</h3>
-</div>
-
-<p class="ac"><span class="smcap">Extrait de la <i>CIVILITÉ</i> d'Érasme</span>,</p>
-
-<p class="ac"><i>traduite en français par</i> <span class="smcap">Claude Hardy</span>
-<i>en</i> 1613<a name="FNanchor_284_284"
-id="FNanchor_284_284"></a><a href="#Footnote_284_284" class="fnanchor">[284]</a>.</p>
-
-<p class="ac">[1530]</p>
-
-
-<p><i>Du nez.</i>—Les enfants ne doibvent aucunement
-laisser de morve en leur nez, qui est le propre des
-<span class="pagenum"><a name="Page_174" id="Page_174">[Pg 174]</a></span>
-ords et salles; duquel vice et salleté Socrates a esté
-blasmé. Mais se moucher à son bonnet ou à sa
-manche appartient aux rustiques; se moucher au
-bras et au coulde convient aux patissiers; et se moucher
-de la main, si d'aventure au mesme instant tu
-la portes à ta robbe, n'est chose beaucoup plus
-civile. Mais recevoir les excrements du nez avec un
-mouchoir, en se retournant un petit des gens d'honneur,
-est chose honneste. Et si d'aventure quelque
-chose tomboit à terre en se mouchant de deux doigs,
-il faut incontinent marcher dessus.</p>
-
-<p><i>Souffler du nez.</i>—C'est chose indecente de souffler
-haut du nez, qui est un tesmoignage de cholère;
-et est encores chose plus laide de ronfler, car il appartient
-aux furieux seulement, principallement si
-cela se fait avec accoustumance. Mais il faut pardonner
-à ceux qui ont la courte haleine, et qui ne respirent
-qu'avec difficulté. C'est aussi chose ridicule
-de parler du nez, qui convient aux corneilles et
-elephans. Froncer le nez appartient aux mocqueurs
-et gausseurs.</p>
-
-<p><span class="pagenum"><a name="Page_175" id="Page_175">[Pg 175]</a></span></p>
-
-<p><i>De l'esternuement.</i>—S'il advient qu'il te faille
-esternuer en la presence d'autruy, c'est chose honneste
-de se tourner un petit, et à l'instant après que
-la violence est passée, faire le signe de la croix, et
-puis après oster son bonnet et saluer ceux qui t'auront
-salué ou deu saluer: car l'esternuement et le
-baailler prive l'oreille de sentiment. Il te faut aussi
-prier la compagnie de t'excuser ou la remercier.</p>
-
-<p>C'est chose religieuse de saluer celuy qui esternuë.
-Si plusieurs gens eagez saluent quelque homme ou
-femme d'honneur à qui il soit arrivé d'esternuer,
-le debvoir de l'enfant est d'oster son chappeau.
-Davantage, c'est le propre des fols et glorieux de
-s'efforcer à esternuer hault, et de redoubler pour
-monstrer ses forces. Retenir le son que la nature
-excite, c'est marque de folie, et attribuer plus à la
-civilité qu'à la santé.</p>
-
-<p><i>Des jouës.</i>—Que les jouës de l'enfant soient
-teintes d'une honte naïfve, sans fard et faulse couleur,
-combien qu'il la faille tellement temperer
-qu'elle ne se tourne en meschanceté et trop grande
-hardiesse, ne qu'elle apporte trop grand estonnement,
-et comme dit le proverbe, le quatriesme degré
-de folie. Car il y en a qui de leur naturel sont
-tellement timides, qui sont presque semblables à celuy
-qui radote. Ce deffault se peut corriger, si l'enfant
-s'accoustume à vivre avec gens plus eagez que
-luy, et s'il est exercé à joüer des comedies. Enfler
-les joües est un tesmoignage d'orgueil, et les retirer
-est un signe de meffiance: l'un est pour le glorieux,
-et l'autre pour le traistre.</p>
-
-<p><i>De la bouche.</i>—Que la bouche ne soit serrée,
-<span class="pagenum"><a name="Page_176" id="Page_176">[Pg 176]</a></span>
-chose qui convient à celuy qui craint de prendre
-l'haleine d'autruy; qu'elle ne soit aussi ouverte,
-comme appartient aux incensez. Mais que les lèvres
-soient conjoinctes, s'entrebaisants doucement l'une-l'autre.
-C'est aussi chose peu decente de faire des
-lèvres comme si tu applaudissois à un cheval en sifflant,
-combien que cela se doibve pardonner aux
-grands qui marchent en quelque grande foulle: car
-rien ne leur messiet. Mais nous voulons icy dresser
-seulement les enfants.</p>
-
-<p><i>Du baaillement.</i>—Si d'aventure le baailler te
-presse, et si tu ne peux te tourner ou demarcher un
-petit, il te fault mettre ton mouchoir ou ta main
-devant ta bouche, et faire le signe de la croix.</p>
-
-<p><i>Du rire.</i>—C'est le propre des fols de rire à tout
-propos; et de ne rire d'aucune chose appartient
-aux stupides; de rire de choses vilaines et deshonnestes,
-c'est meschanceté. Outre plus, ceste manière
-et façon de rire qui esmeut tout le corps, que les
-Grecs appellent [Greek: synkrousion], n'est honneste et decente
-à aucun eage, non pas mesme à la jeunesse.
-C'est aussi chose deshonneste de rire en hennissant;
-comme il n'est pas decent et seant de rire en eslargissant
-la bouche et en retirant les joües et descouvrant
-les dents, car proprement c'est un ris de
-chien et sardonien; mais il faut que le visage soit
-tellement composé qu'il demonstre une alegresse
-et non pas un esprit dissolu, ny aucune difformité
-de la bouche. Ce sont propos de fols de dire: <i>je
-pisse ou crève de rire</i>; <i>je pasme de rire</i>, ou <i>j'ay cuidé
-mourir de rire</i>.</p>
-
-<p>Et si le subject qui se presente nous force malgré
-<span class="pagenum"><a name="Page_177" id="Page_177">[Pg 177]</a></span>
-nous à rire, alors il faudra se couvrir le visage ou
-de la serviette ou de la main. Rire tout seul sans
-aucune apparente raison est un acte de sottise
-ou de pure folie. Et le cas advenant qu'il soit
-eschappé de rire à l'enfant, cela dependera de la civilité
-de declarer ouvertement la raison qui l'aura
-meu à rire; ou s'il n'est à propos de le dire, il fault
-controuver quelque cassade, afin que nul de la
-compagnie n'aye quelque soupçon que l'on veuille
-se moquer de luy.</p>
-
-<p><i>De ne mordre ses lèvres.</i>—C'est une mauvaise
-contenance que de mordre ses lèvres d'embas avec
-les dents de dessus, et les lèvres de dessus avec les
-dents d'embas: car c'est le geste d'un homme qui
-menace quelqu'un. C'est aussi chose indecente de
-lescher le bord de ses lèvres avec la langue. Advancer
-ses lèvres, et comme les preparer à un baiser,
-estoit jadis une coustume bien receuë entre les
-Alemans, comme il se peult remarquer par des tableaux
-anciens. C'est un tour de bouffonnerie en
-tirant la langue se moquer de quelqu'un.</p>
-
-<p><i>Du cracher.</i>—Tourne ton visage quand tu voudras
-cracher, afin que nul de la compagnie ne soit
-offensé de ton crachement. Si tu as craché par terre
-ou si tu t'y es mouché, il convient marcher dessus,
-comme j'ay cy-devant dit, afin que personne n'en
-aye mal au cœur. Si tu n'as moyen de te tourner,
-reçoy le crachat en ton mouchouer.</p>
-
-<p>Avaller sa salive est une chose deshonneste;
-comme pareillement de cracher à chacun mot,
-comme nous en voyons beaucoup ausquels cela
-arrive d'ordinaire, plustost par mauvaise accoustumance
-<span class="pagenum"><a name="Page_178" id="Page_178">[Pg 178]</a></span>
-que par necessité qu'ils en ayent.</p>
-
-<p>D'abondant, il y en a qui toussent en parlant,
-par une habitude qu'ils ont contractée, sans qu'il
-en soit besoin. Mais telle façon de faire est propre
-à ceux qui se proposent de mentir, et qui se veulent
-donner du temps pour penser à ce qu'ils doivent
-dire.</p>
-
-<p>Aucuns, encores plus incivils, ne sçauroient dire
-trois mots sans roter. Que si le jeune enfant dès son
-bas eage prend ceste mauvaise coustume, elle luy
-demeurera. Il en faut autant dire du cracher, dont le
-Clitipho de Terence<a name="FNanchor_285_285"
-id="FNanchor_285_285"></a><a href="#Footnote_285_285"
-class="fnanchor">[285]</a> est blasmé par un serviteur.</p>
-
-<p>Si tu es pressé de la toux, garde toy de tousser
-en la bouche d'autruy, et prens bien garde de
-commettre ceste ineptie que de tousser plus hault
-que la nature ne le requiert.</p>
-
-<p><i>Du vomissement.</i>—Quand tu auras volonté de
-vomir, tire toy à quartier; car le vomissement n'est
-pas deshonneste, mais bien de le provoquer par
-gourmandise.</p>
-
-<p><i>Des dents.</i>—Il faut soigneusement prendre garde
-d'avoir les dents nettes; car de les blanchir avec des
-poudres, il n'appartient qu'aux filles; les frotter de
-sel ou d'alun est fort dommageable aux gencives;
-et se servir de son urine au mesme effet c'est aux
-Espagnols à ce faire.</p>
-
-<p>S'il te reste entre les dents quelque chose, ne te
-sers du cousteau ou de tes ongles pour les tirer,
-comme les chiens et les chats; ny avec la serviette;
-mais avec la pointe d'un cure-dent de lentisque, ou
-<span class="pagenum"><a name="Page_179" id="Page_179">[Pg 179]</a></span>
-d'une plume, ou de petits os tirez des pieds de chappons
-ou des poulles bouillies.</p>
-
-<p><i>De laver la bouche.</i>—C'est une chose civile et
-salubre de laver sa bouche d'eau nette le matin.
-Mais de la laver souvent, c'est un acte qui est impertinent.
-De la langue, nous en parlerons en son
-lieu.</p>
-
-<p><i>De nettoyer la teste.</i>—C'est à faire aux gens de
-village de ne se peigner la teste. Il faut que la teste
-soit tellement nette qu'elle ne soit pas pourtant
-atiffée comme celle d'une fille. C'est chose deshonneste
-d'y voir des pouds et des lentes.</p>
-
-<p>En après, grater sa teste devant quelqu'un et
-faire tomber l'ordure qui en sort sur luy, c'est chose
-peu decente; tout ainsi que se grater avec les ongles
-les autres parties du corps, c'est chose vilaine,
-principalement s'il le fait avec accoustumance et
-non par necessité.</p>
-
-<p>Les cheveux ne doivent tomber sur le front, ny
-couvrir les espaules. Esbranler ses cheveux en secouant
-la teste, c'est le propre des chevaux qui se
-panadent. De relever les cheveux du front en hault
-avec la main gauche, c'est chose peu seante, mais il
-est plus à propos de les demesler avec la main
-droite.</p>
-
-<p><i>Qu'il ne faut retenir son urine, ny le son du ventre.</i>—Se
-garder d'uriner est dommageable à la santé;
-mais se tirer à part pour rendre l'urine est chose
-digne de la honte requise à un enfant.</p>
-
-<p>Il y en a quelques uns qui commandent que l'enfant
-retienne la ventosité du ventre, serrant les
-fesses. Mais ce n'est pas chose civile de se causer une
-<span class="pagenum"><a name="Page_180" id="Page_180">[Pg 180]</a></span>
-maladie pour avoir la reputation d'estre bien apprins.
-S'il luy est loisible de s'esloigner de la compagnie,
-qu'il lasche son vent estant ainsi à l'escart, sinon
-qu'il desguise, selon l'ancien proverbe, le son du
-ventre par un toussement. Autrement pourquoy
-n'ordonnent ils pas, par semblable raison, qu'ils
-s'empeschent d'aller à la garderobbe, veu qu'il est
-plus dangereux de retenir son vent que de s'abstenir
-des necessitez de nature<a name="FNanchor_286_286"
-id="FNanchor_286_286"></a><a href="#Footnote_286_286"
-class="fnanchor">[286]</a>.</p>
-
-<p><i>De se tenir droict.</i>—C'est imiter le glorieux Trason
-de Terence<a name="FNanchor_287_287"
-id="FNanchor_287_287"></a><a href="#Footnote_287_287"
-class="fnanchor">[287]</a> que de se seoir les genouils ouverts,
-et de brandiller ou entortiller ses jambes. Quand tu
-seras assis, prends garde à joindre tes genouils, et
-quand tu seras debout tiens tes pieds proches l'un
-de l'autre, au moins qu'ils ne soient que moyennement
-esloignez. Aucuns sont assis avec ceste mauvaise
-grace qu'ils font passer la jambe par dessus le
-genouil; les autres sont debout, ayans les bras croisez
-et les jambes joinctes estroictement: desquelles
-façons de faire, l'une est propre aux resveurs et
-l'autre aux gens grossiers et mal apprins. Se seoir
-ayant la jambe droicte jettée sur la gauche estoit
-une ancienne coustume des Rois, mais maintenant
-<span class="pagenum"><a name="Page_181" id="Page_181">[Pg 181]</a></span>
-elle est reprouvée. Les Italiens, par respect, mettent
-un pied sur l'autre, et se soustiennent quasi sur une
-jambe, à la mode des cigongnes, mais je ne sçaurois
-bonnement dire si cela est decent à l'enfant.</p>
-
-<p><i>Comment il convient faire la reverence.</i>—Pareillement,
-en un païs une façon de fleschir les
-genouils et faire la reverence est bien receuë, laquelle
-en autre païs donneroit subject de rire et de
-se moquer. Quelques-uns ployent les deux genouils
-ensemble, et entre ceux-là, les uns tiennent le reste
-du corps droit et les autres le panchent aucunement.
-Il y en a d'autres qui estimans ceste façon de faire
-la reverence n'estre seulement convenable qu'à la
-femme, ployent en premier lieu le genouil droit,
-et puis le gauche au mesme instant, et ceste manière
-de reverence est recommendable en la jeunesse de
-Bretaigne. Les François, contournant doucement le
-corps, fleschissent seulement le genouil droit. Es
-choses ou la varieté n'a rien de repugnant à la bienséance,
-il sera en la liberté de chacun de practiquer
-l'usance du païs, ou suivre les façons estrangères,
-comme il s'en trouve aucuns ausquels elles plaisent
-davantage que celles de leur païs<a name="FNanchor_288_288"
-id="FNanchor_288_288"></a><a href="#Footnote_288_288" class="fnanchor">[288]</a>.</p>
-
-<hr class="chap" />
-
-<p><span class="pagenum"><a name="Page_182" id="Page_182">[Pg 182]</a></span></p>
-
-
-
-
-<div class="chapter">
- <h3><a name="II-V" id="II-V"></a>V</h3>
-</div>
-
-<p class="ac"><span class="smcap">Extrait du</span> <i>Nouveau Traité de la civilité
-qui se pratique en France parmi les honnestes
-gens</i>.</p>
-
-<p class="ac"><i>Par</i> <span class="smcap">Antoine de
-Courtin</span><a name="FNanchor_289_289"
-id="FNanchor_289_289"></a><a href="#Footnote_289_289" class="fnanchor">[289]</a>.</p>
-
-<p class="ac">[1675]</p>
-
-
-<p><i>L'audience d'un Grand.</i>—A l'égard d'un Grand,
-lors que l'on entre dans sa chambre ou dans son
-cabinet, il faut marcher doucement, et faire une
-inclination du corps et une profonde révérence, s'il
-est présent. Que s'il ne paroissoit personne, il ne
-faut point fureter çà et là, mais sortir sur-le-champ,
-et attendre dans l'antichambre.</p>
-
-<p>Si cette personne est malade et au lit, il faut
-s'abstenir de la voir, si elle ne le demande; et si
-nous la voyons, il faut faire la visite courte, parce
-que les malades sont inquiets et sujets aux remèdes
-et aux temps. Il faut de plus parler bas, et ne
-l'obliger que le moins qu'il se peut à parler.</p>
-
-<p>Mais sur tout, il faut observer que c'est une très-grande
-indécence de s'asseoir sur le lit, et particulièrement
-si c'est d'une femme. Et même il est en
-tout temps très-mal séant et d'une familiarité de
-gens de peu, lors que l'on est en compagnie de personnes
-sur qui on n'a point de supériorité, ou avec
-<span class="pagenum"><a name="Page_183" id="Page_183">[Pg 183]</a></span>
-qui on n'est pas tout à fait familier, de se jetter sur
-un lit, et de faire ainsi conversation.</p>
-
-<p>Si cette personne écrivoit, lisoit, ou étudioit, il
-ne faut pas la détourner, mais attendre qu'elle ait
-achevé ou qu'elle se détourne elle-même, afin que
-nous luy parlions.</p>
-
-<p>Si elle nous ordonne de nous asseoir, il faut obéir
-avec quelque petite démonstration de la violence
-que souffre notre respect, et observer de se mettre
-au bas bout, qui est toujours du costé de la porte
-par la quelle nous sommes entrez, comme le haut
-bout est toujours où la personne qualifiée se
-met.</p>
-
-<p>De même, il faut prendre un siége moins considérable
-que le sien, s'il y en a. Le fauteuil est le
-plus honorable, la chaise à dos après, et ensuite le
-siége pliant.</p>
-
-<p>C'est une chose tout à fait indécente de se présenter
-devant des personnes au-dessus de nous, et
-particulièrement devant des Dames, et de montrer
-la peau à travers la chemise et le pourpoint; ou
-d'avoir quelque chose d'entr'ouvert qui doit estre
-clos par honnesteté, comme nous avons déjà dit.</p>
-
-<p>Quand on s'assiet, il ne faut pas se mettre coste
-à coste de la personne qualifiée, mais vis-à-vis, afin
-qu'elle voye que l'on est tout prest à l'écouter. Il
-faut avec cela se tourner le corps un peu de costé
-et de profil, parce que cette posture est plus respectueuse
-que de se tenir de front.</p>
-
-<p>Il faut luy laisser entamer le discours, quand elle
-ne diroit qu'un mot qui nous donnât lieu de parler.
-A moins qu'on ne vist cette personne en passant,
-<span class="pagenum"><a name="Page_184" id="Page_184">[Pg 184]</a></span>
-pour l'informer promptement d'une affaire, ou la
-faire ressouvenir de quelque chose qu'elle sçûst
-déjà.</p>
-
-<p>Il ne faut pas se couvrir si elle ne le commande.
-Il faut avoir ses gands aux mains, et se tenir tranquille
-sur son siége, ne point croiser les genoux, ne
-point badiner avec ses glands, son chapeau, ses
-gands, etc., ni se fouiller dans le nez, ou se grater
-autre part.</p>
-
-<p>Il faut éviter de bâiller, de se moucher et de cracher.
-Et si on y est obligé, là et en d'autres lieux
-que l'on tient proprement, il faut le faire dans son
-mouchoir, en se détournant le visage, et se couvrant
-de sa main gauche, et ne point regarder après
-dans son mouchoir.</p>
-
-<p>A propos de mouchoir, on doit dire qu'il n'est pas
-honneste de l'offrir à quelqu'un pour quelque chose,
-quand même il seroit tout blanc, si on ne vous y
-oblige absolument.</p>
-
-<p>Il ne faut point prendre de tabac en poudre, ni
-en mâcher, ni s'en mettre des feuilles dans le nez,
-si la personne qualifiée, qui est en droit d'en prendre
-devant nous, ne nous en présentoit familièrement.
-Auquel cas il faut en prendre, ou en faire le semblant
-si on y avoit répugnance.</p>
-
-<p>Si on est assis près du feu, il faut bien se donner
-de garde de cracher dans le feu, sur les tisons, ni
-contre la cheminée; moins encore faut-il s'amuser
-à badiner avec des pincettes, ou tisonner le feu.
-Que si cette personne témoignoit de vouloir accommoder
-le feu, alors il faut se saisir promptement des
-tenailles ou pincettes pour la prévenir, à moins
-<span class="pagenum"><a name="Page_185" id="Page_185">[Pg 185]</a></span>
-qu'elle ne le voulust faire absolument elle-même
-pour son divertissement. Il ne faut pas aussi se lever
-de dessus son siége pour se tenir debout le dos au
-feu; mais si cette personne se levoit, il faudra se
-lever aussi.</p>
-
-<p>Que si par avanture il ne se trouvoit qu'un écran
-chez cette personne, et qu'elle vous contraignist de
-le prendre: après luy avoir témoigné la confusion
-que vous avez de l'accepter, il ne le faut pas refuser.
-Mais incontinent après, sans qu'elle s'en apperçoive,
-il faut le mettre doucement de costé, et ne s'en
-point servir.</p>
-
-<p>De même, si par quelque occasion cette personne
-se trouvoit chez vous près du feu, il ne faut pas
-souffrir qu'un laquais luy présente un écran, mais
-vous devez le luy présenter vous-même.</p>
-
-<p>Et pour ce qui est des Dames, c'est une immodestie
-très-grande de trousser leurs jupes près du
-feu, aussi-bien qu'en marchant par les ruës.</p>
-
-<p>Il ne faut pas, quand on parle, faire de grands
-gestes des mains: cela sent d'ordinaire les diseurs
-de rien, qui ne sont pathétiques qu'en mouvemens
-et en contorsions de corps.</p>
-
-<p>Mais il est ridicule, en parlant à un homme, de
-luy prendre et tirer ses boutons, ses glands, son
-baudrier, son manteau, ou de luy donner des coups
-dans l'estomac, etc.</p>
-
-<p>Il s'en fait quelquefois un spectacle des plus divertissans,
-quand celuy qui se sent poussé et tiraillé,
-recule, et que l'autre, n'appercevant pas son incivilité,
-le poursuit et le recogne jusqu'à luy faire
-demander quartier.</p>
-
-<p><span class="pagenum"><a name="Page_186" id="Page_186">[Pg 186]</a></span></p>
-
-<p>Il est mal-séant aussi de faire de certaines grimaces
-d'habitude, comme de rouler la langue dans
-la bouche, de se mordre les lèvres, de se relever la
-moustache, de s'arracher le poil, de cligner les yeux,
-de se frotter les mains de joye, de se faire craquer
-les doigts en se les tirant l'un après l'autre, de se
-grater, de hausser les épaules, etc. Il ne faut pas
-avoir non plus une contenance toute d'une pièce,
-fière, arrogante et dédaigneuse.</p>
-
-<p>Il est de même très mal-séant, quand on rit, de
-faire de grands éclats de rire, et encore plus de rire
-de tout et sans sujet.</p>
-
-<p>Que si par hazard cette personne laissoit tomber
-quelque chose, il faut en cette rencontre comme en
-toute autre, le ramasser promptement, et ne pas
-souffrir qu'elle ramasse rien de ce qui nous seroit
-tombé, mais il le faut ramasser vistement nous-même.</p>
-
-<p>Que si elle éternuoit, il ne faut pas luy dire tout
-haut <i>Dieu vous assiste</i>; mais il faut seulement se
-découvrir, et faire une profonde révérence, faisant
-ce souhait intérieurement.</p>
-
-<p>Et si la nécessité nous oblige nous-même d'éternuer,
-il faut tâcher de le faire doucement, et non
-comme certaines gens qui en ébranlent la maison
-par les fondemens: ce qui est très-importun aux
-personnes qui nous entendent.</p>
-
-<p>S'il arrivoit qu'elle se mist en peine d'appeler
-quelqu'un qui ne fust pas proche d'elle, il faut
-sortir pour l'aller appeller soy-même: ce qu'il ne
-faut pas faire tout haut sur le degré ou par la fenestre,
-mais envoyer quelqu'un le chercher où il
-<span class="pagenum"><a name="Page_187" id="Page_187">[Pg 187]</a></span>
-sera pour le faire venir: autrement c'est pécher
-contre le respect<a name="FNanchor_290_290"
-id="FNanchor_290_290"></a><a href="#Footnote_290_290" class="fnanchor">[290]</a>.</p>
-
-<p>Une autre incivilité fort mal-plaisante est de ceux
-qui ne croyent pas qu'on les entende s'ils ne parlent
-bouche à bouche, crachant au nez des gens, et
-les infectant bien souvent de leur haleine. Les personnes
-qui ont de la civilité en usent autrement, et
-si elles ont quelque rapport à faire ou quelque chose
-de secret à dire à quelque personne qualifiée, elles
-luy parlent à l'oreille.</p>
-
-<p>Au reste, il faut avoir grand soin de ne pas faire
-sa visite trop longue; mais observer, en cas que la
-personne qualifiée ne vous congédiast point elle-même,
-de prendre le temps pour sortir lors qu'elle
-demeure dans le silence, lors qu'elle appelle quelqu'un,
-ou lors qu'elle donne quelque autre indice
-qu'elle a affaire ailleurs. Et alors il faut se retirer
-sans grand appareil, et même sans rien dire s'il
-arrivoit quelque tiers qui prist votre place, ou si la
-personne s'appliquoit à autre chose. Que si votre
-retraite est apperceuë, et que ce grand Seigneur
-voulust vous faire quelque civilité au sortir de sa
-chambre, il ne faut pas l'en empêcher, parce que ce
-ne seroit pas paroistre assez persuadé qu'il sçait ce
-qu'il fait, et que souvent il arriveroit que nous
-nous défendrions d'une chose que l'on ne fait pas à
-notre sujet. On peut bien seulement témoigner par
-quelque petite action, qu'en cas que cet honneur
-<span class="pagenum"><a name="Page_188" id="Page_188">[Pg 188]</a></span>
-s'adressast à nous, nous ne nous l'attribuons pas,
-et cela se fait en poursuivant son chemin sans regarder
-derrière soy, ou même en se tournant ou en
-s'arrestant, comme pour le laisser passer, et montrer
-par là que l'on croit qu'il a affaire autre part.</p>
-
-<p>Que si on ne peut éviter que la civilité ne se manifeste,
-et que cette personne sorte de sa chambre,
-il faut s'arrester tout court, se tirer à costé, et ne
-point sortir de cette place qu'après qu'elle sera rentrée
-dans sa chambre.</p>
-
-<p>De même, si par rencontre cette personne avoit
-à aller quelque part et que nous nous trouvassions
-devant, il faut se tirer à costé, s'arrester tout court,
-la saluer, et la laisser passer.</p>
-
-<p>Et même, si c'estoit le Roy, la Reine, Monseigneur
-le Dauphin, Monseigneur le Duc d'Orléans,
-et autres Enfans de France qui dûssent passer, il
-faut s'arrester d'aussi loin que l'on entend le bruit,
-pour les laisser passer, soit que l'on fust à pied ou
-à cheval, en chaise ou en carrosse.</p>
-
-<p>Que si la personne qualifiée nous menoit à une
-fenestre, ou que même il y eust quelque spectacle
-à voir de là, il ne faut point prendre place, ni s'approcher
-de cette fenestre, qui nous seroit commune
-avec elle, pour regarder. Il ne faut pas non plus
-cracher par la fenestre, ni en cette rencontre-là, ni
-en aucune autre.</p>
-
-<p>Que si la personne qualifiée nous reconduisoit
-jusqu'à la porte de la ruë, il ne faut point monter,
-ni à cheval, ni en chaise, ni en carrosse en sa présence,
-mais la prier de rentrer dans sa maison avant
-que d'y monter. Que si elle s'obstinoit, il faut s'en
-<span class="pagenum"><a name="Page_189" id="Page_189">[Pg 189]</a></span>
-aller à pied et laisser suivre le carrosse, etc., jusqu'à
-ce que cette personne ne paroisse plus.</p>
-
-<p>Que si en présence de cette personne qualifiée, il
-en arrivoit une autre qui fust notre supérieure, mais
-inférieure à l'autre, il ne faut pas quitter la personne
-qualifiée à qui nous faisons la cour, pour aller au
-nouveau venu, mais il faut faire simplement quelque
-signe de civilité muette. Que si ce dernier estoit
-supérieur à la personne à qui nous rendons
-visite, alors il faut que comme celle-cy se rangera
-vray-semblablement à son devoir, nous nous y rangions
-de même, et que nous quittions le premier
-pour honorer le dernier.</p>
-
-<p>Que si avec cela la personne qualifiée parloit à
-une autre, il ne faut pas se servir de ce temps-là
-pour faire conversation à part avec quelqu'un qui
-seroit près de nous: cette familiarité est mal-séante.
-Outre que si on parle bas, cela est suspect et défendu,
-et si on parle haut, ce bruit l'interrompt et
-l'importune.</p>
-
-<p>Que si on est obligé d'accompagner cette personne
-supérieure dans sa maison, ou même en la nôtre,
-il faut, s'il y a lieu de cela, passer devant, pour ouvrir
-les portes et pour relever les tapisseries s'il y
-en a à relever. Même si c'est un homme qui ait de
-mauvaises jambes et qui marche avec peine, il est
-de la civilité de luy donner la main pour l'aider à
-marcher.</p>
-
-<p><i>Pour marcher avec un Grand et pour le salut.</i>—Que
-si nous sommes obligez d'aller dans les ruës à
-costé de personnes qualifiées, il faut leur laisser le
-haut du pavé, et observer de ne pas se tenir directement
-<span class="pagenum"><a name="Page_190" id="Page_190">[Pg 190]</a></span>
-coste à coste, mais un peu sur le derrière, si
-ce n'est quand elles nous parlent et qu'il faut répondre,
-et alors il faut avoir la teste nuë.</p>
-
-<p>Sur quoy il est bon d'avertir ceux qui ont droit de
-souffrir qu'on leur cède toujours le haut du pavé<a name="FNanchor_291_291"
-id="FNanchor_291_291"></a><a href="#Footnote_291_291" class="fnanchor">[291]</a>,
-d'avoir un peu de considération pour ceux qui leur
-rendent cet honneur, et de se dispenser le plus qu'ils
-peuvent de passer et de repasser le ruisseau, pour
-ne pas les incommoder en les obligeant de faire une
-espèce de manége autour d'eux pour leur laisser le
-lieu d'honneur.</p>
-
-<p>Que si quand nous sommes dans la ruë avec une
-personne qualifiée, il passoit ou s'il se rencontroit
-quelqu'un de connoissance, ou un laquais de quelque
-amy, il faut bien se garder de les appeler tout
-haut: <i>Holà, hé? Comment se porte ton maistre?
-Mes baise-mains à Madame</i>, etc. Il n'y a rien de si
-mal poli, aussi-bien que de quitter la compagnie de
-cette personne pour aller à eux. Mais si on a affaire
-à ces personnes-là, et que l'on ne soit pas engagé
-à l'entretien de la personne qualifiée, on peut faire
-signe secrètement, et leur dire à l'écart et promptement
-ce qu'on a à leur dire, ou les saluer de loin
-simplement, sans que la personne qualifiée l'apperçoive
-trop.</p>
-
-<p>De même, c'est une grande incivilité, rencontrant
-dans les ruës une personne avec qui on n'est pas familier,
-de luy demander où elle va ou d'où elle vient.</p>
-
-<p><span class="pagenum"><a name="Page_191" id="Page_191">[Pg 191]</a></span></p>
-
-<p>Que si on se promène avec cette personne supérieure
-dans une chambre ou dans une allée, il faut
-observer de se mettre toujours au-dessous. Dans une
-chambre, la place où est le lit marque le dessus, si
-la disposition de la chambre le permet, sinon il
-faut se régler sur la porte.</p>
-
-<p>Que si c'est dans un jardin, il faut se mettre à
-main gauche de la personne, et avoir soin sans affectation
-de regagner cette place à tous les tournans.</p>
-
-<p>Que si on est trois à se promener, le milieu est le
-lieu d'honneur et, partant, celuy de la personne
-qualifiée; la droite est le second, et la gauche est le
-troisième. De là vient que le haut bout dans un jardin,
-et ailleurs où l'usage n'a rien déterminé, est
-la droite de la personne qualifiée.</p>
-
-<p>Que si, par exemple, deux grands Seigneurs faisoient
-mettre un inférieur au milieu d'eux pour
-pouvoir mieux écouter quelque récit qu'il auroit à
-leur faire, il faut à chaque retour d'allée que l'inférieur
-se tourne du costé du plus qualifié de ces
-Seigneurs. Que s'ils sont tous deux égaux, il faut
-qu'il se tourne à un bout d'allée du costé de l'un,
-et à l'autre bout du costé de l'autre; observant de
-quitter luy-même le milieu quand il aura achevé
-son récit.</p>
-
-<p>Que si la personne qualifiée garde sa place, qui
-est le milieu, et que les deux autres personnes qui
-sont à ses costez soient d'une assez égale condition,
-il sera de son honnesteté de se tourner à chaque retour
-d'allée tantost vers l'un et tantost vers l'autre.</p>
-
-<p>En général, quand on se promène deux à deux,
-il faut observer qu'au bout de chaque longueur de
-<span class="pagenum"><a name="Page_192" id="Page_192">[Pg 192]</a></span>
-promenade, on doit tourner en dedans du costé de
-la personne avec laquelle on se promène, et non en
-dehors, de peur de luy tourner le dos.</p>
-
-<p>Que si on se promène trois ensemble, et que l'on
-soit égaux, on peut se quitter le milieu alternativement
-à chaque retour d'allée, celuy qui estoit au
-milieu se reculant à costé pour laisser entrer au
-milieu un de ceux qui estoient à costé.</p>
-
-<p>Que si la personne qualifiée s'asseoit pour se reposer,
-il ne faudroit point s'asseoir près d'elle qu'elle
-ne nous y conviast, et en ce cas-là on doit prendre
-le bas bout, c'est-à-dire sa gauche, en laissant un
-espace raisonnable entre deux. Mais si nous nous
-trouvions avec d'autres gens, ce seroit une grande
-incivilité de se promener en la présence et à la
-veuë de la personne qualifiée pour laquelle on doit
-avoir du respect; comme aussi de se tenir assis devant
-elle si elle se promenoit.</p>
-
-<p>De même, c'est une grande incivilité, quand on
-est dans le jardin d'une personne que l'on doit respecter,
-d'y cueillir ou des fruits, ou des fleurs, ou
-autre chose. Si on en présente, on peut les accepter,
-sinon il ne faut toucher à rien que des yeux.</p>
-
-<p>Que si on rencontre dans les ruës teste à teste une
-personne de qualité, il faut prendre le bas où est
-le ruisseau. S'il n'y a point de haut ni de bas dans
-un chemin, il faut se poster en sorte que nous passions
-sous sa main gauche pour luy laisser la main
-droite libre. Et cela se doit aussi observer dans la
-rencontre des carrosses.</p>
-
-<p>Que s'il s'agit de la saluer comme venant de la
-campagne, il faut le faire en se courbant humblement,
-<span class="pagenum"><a name="Page_193" id="Page_193">[Pg 193]</a></span>
-ostant son gand et portant la main jusqu'à
-terre. Mais sur tout il faut faire ce salut sans précipitation
-ni embarras, ne se relevant que doucement,
-de peur que la personne que l'on saluë venant aussi
-à s'incliner, et peut-estre par honnesteté à embrasser
-celuy qui la saluë, on ne luy donne quelque
-coup de teste.</p>
-
-<p>Que si c'est une Dame de haute qualité, il faut
-par respect ne la pas baiser, si elle-même par honnesteté
-ne tend la jouë, et alors même il faut seulement
-faire semblant de la baiser, et approcher le
-visage de ses coëffes. Et de quelque façon qu'on la
-saluë, soit qu'on la baise ou non, il faut que toutes
-les révérences se fassent avec de très-profondes inclinations
-de corps.</p>
-
-<p>Que si, en la compagnie de cette Dame, il s'en
-rencontre quelques autres qui soient d'égale condition
-ou indépendantes d'elle, alors il les faut saluer
-de même. Que si elles luy sont inférieures ou
-dépendantes, c'est une incivilité de les saluer, parce
-que c'est faire quelque injure à leur supérieure
-que de les traiter de leur égale.</p>
-
-
-
-<hr class="chap" />
-
-<div class="chapter">
- <h3><a name="II-VI" id="II-VI"></a>VI</h3>
-</div>
-
-
-<p class="ac"><span class="smcap">Extrait de</span> <i>La civilité
-puérile et honneste,
-dressée par un missionnaire</i><a name="FNanchor_292_292"
-id="FNanchor_292_292"></a><a href="#Footnote_292_292" class="fnanchor">[292]</a>.</p>
-
-<p class="ac">[1749]</p>
-
-
-<p><i>La manière de saluer en se rencontrant.</i>—Si
-<span class="pagenum"><a name="Page_194" id="Page_194">[Pg 194]</a></span>
-dans le chemin vous rencontrez une personne qui
-vous semble de mérite, ou par son âge ou par sa
-qualité, vous la saluerez honnestement, sans beaucoup
-vous retourner vers elle, si ce n'est que vous
-la connoissiez particulièrement.</p>
-
-<p>Il ne faut pas qu'un jeune enfant fasse de difficulté
-de saluer les personnes qu'il rencontre, particulièrement
-si ces rencontres ne sont pas fréquentes,
-parce qu'il y a de l'honneur à honorer les autres.</p>
-
-<p>La coutume de Paris est de ne saluer que ceux
-que l'on connoist, à cause du luxe et de la braverie<a name="FNanchor_293_293"
-id="FNanchor_293_293"></a><a href="#Footnote_293_293" class="fnanchor">[293]</a>
-qui règne dans cette ville, où la qualité des personnes
-est méconnoissable. Il ne faut pas néanmoins
-refuser ce devoir aux ecclésiastiques et aux religieux.</p>
-
-<p>Si une personne vous salue et vous arreste dans
-le chemin, il faut lui rendre au moins autant qu'il
-vous donne, pourveu qu'il ne vous soit pas tout à
-fait inférieur. Il ne faut pas dire à toutes personnes:
-<i>Comment vous portez-vous?</i> mais seulement à ceux
-qui vous sont à peu près semblables, et que vous
-connoissez particulièrement.</p>
-
-<p>Dans la rencontre d'une personne d'honneur ou
-qui vous est semblable, donnez-lui le haut bout, et
-vous retirez tant soit peu au milieu de la rue pour
-lui faire honneur<a name="FNanchor_294_294"
-id="FNanchor_294_294"></a><a href="#Footnote_294_294"
-class="fnanchor">[294]</a>.</p>
-
-<p>Il est de mauvaise grâce de dire à une personne
-<i>Couvrez-vous, monsieur</i>, si ce n'est qu'il soit inférieur.
-A vos semblables, vous pouvez dire <i>Couvrons-nous</i>.</p>
-
-<p><span class="pagenum"><a name="Page_195" id="Page_195">[Pg 195]</a></span></p>
-
-<p>Si vous avez besoin de vous couvrir en présence
-d'une personne à qui vous voulez faire de la civilité,
-vous pouvez lui dire: <i>Monsieur, j'attends
-votre ordre pour me couvrir.</i></p>
-
-<p>Si on vous dit de vous couvrir, il le faut faire
-incontinent, sans attendre qu'on vous l'ait dit trois
-fois; et si la personne qui vous parle est aussi découverte,
-ne vous couvrez pas le premier, mais
-faites-le ensemble.</p>
-
-<p><i>Du port ou du maintien extérieur.</i>—Il ne faut
-point baisser le dos comme si vous aviez un gros
-fardeau sur les épaules; mais tenez-vous toujours
-droit, et accoutumez-vous à cette posture.</p>
-
-<p>Ne mettez pas votre chapeau sur l'oreille, ni
-trop sur le devant de la teste comme si vous vouliez
-cacher votre visage; voyez comme font les honnestes
-gens.</p>
-
-<p>Portez votre manteau sur les deux épaules, et
-non pas retroussé sous le bras; il est encore plus
-ridicule de le porter sur le coude.</p>
-
-<p>Ne mettez pas les bras aux costés, comme ces
-femmes qui sont en colère et qui disent des injures
-à leurs voisines.</p>
-
-<p>Il est incivil de branler les jambes quand on est
-assis, comme font les petits enfans qui ne peuvent
-s'en empescher.</p>
-
-<p>Il ne faut pas aussi mettre une jambe sur l'autre:
-cela n'appartient qu'aux grands Seigneurs et aux
-Maistres; mais tenez-les fermes et arrestées, les
-pieds également joints et non croisés l'un sur
-l'autre.</p>
-
-<p><i>La manière de donner ou de recevoir quelque
-<span class="pagenum"><a name="Page_196" id="Page_196">[Pg 196]</a></span>
-chose.</i>—Si vous présentez quelque chose à quelqu'un,
-il faut baiser la chose si cela se peut; et la
-lui ayant présentée, il faut faire la révérence.</p>
-
-<p>Si on vous présente quelque chose, telle qu'elle
-puisse estre, il faut baiser la main avant que de la
-recevoir, et puis baiser la chose que vous avez
-reçue. Il ne faut pas néanmoins mettre la main ou
-la chose si près de la bouche: il suffit de faire
-semblant de la baiser.</p>
-
-<p>Quand vous présentez quelque chose à quelqu'un,
-il la faut tellement tenir qu'il la puisse prendre
-facilement par où elle doit estre prise. Ainsi, lorsque
-vous présentez un couteau ou une cuillière, il faut
-tourner le manche vers celui qui doit la recevoir.</p>
-
-<p>C'est contre la bienséance de faire des éloges du
-présent que vous faites, comme si vous vouliez que
-l'on eût plus de reconnoissance. Que si d'autres le
-louoient, il faut répondre que vous souhaiteriez
-qu'il fust plus beau et plus digne du mérite de
-celui à qui vous le présentez.</p>
-
-<p>Il est de la civilité, au contraire, de témoigner
-de l'estime du présent que l'on vous fait, et de ne le
-point cacher incontinent.</p>
-
-<p>C'est une très-grande faute d'y trouver à redire,
-particulièrement devant celui qui vous l'a fait,
-parce qu'il ne faut jamais faire honte à personne.</p>
-
-<p><i>La manière de se moucher, cracher et éternuer
-sans manquer à la civilité.</i>—Bien que toutes les
-actions soient naturelles et quelquefois nécessaires,
-il y a néanmoins la manière de les faire pour ne
-point pécher contre les règles de la civilité.</p>
-
-<p>Quand vous avez besoin de cracher, tournez-vous
-<span class="pagenum"><a name="Page_197" id="Page_197">[Pg 197]</a></span>
-tant soit peu le visage à costé, en sorte que vous
-n'incommodiez personne. Mettez incontinent le
-pied dessus, avant qu'il puisse estre apperçu, si le
-phlegme est considérable.</p>
-
-<p>Il est de mauvaise grâce de cracher par la fenestre
-dans la rue, ou sur le feu, et en tout autre lieu où
-on ne pourroit marcher sur le crachat.</p>
-
-<p>Ne crachez point si loin qu'il faille aller chercher
-le crachat pour mettre le pied dessus, et encore
-moins ne crachez point vis-à-vis de personne.</p>
-
-<p>Gardez-vous bien de vous moucher avec les doigts
-ou sur la manche, comme les enfans; mais servez-vous
-de votre mouchoir, et ne regardez pas dedans
-après vous estre mouché.</p>
-
-<p>Il ne faut pas aussi faire un grand bruit en se
-mouchant, comme pour sonner de la trompette.
-Mais on doit se comporter tellement qu'à peine
-ceux qui sont présens puissent s'en appercevoir.</p>
-
-<p>Si vous vous sentez disposé à éternuer, tournez-vous
-tant soit peu de costé, couvrez votre visage
-avec le mouchoir, et remerciez la compagnie qui
-vous aura salué, en lui faisant la révérence.</p>
-
-<p>Il faut s'abstenir de bâiller en compagnie autant
-que l'on peut, parce que c'est une marque d'une
-personne ennuyée. Que si néanmoins on y étoit
-contraint, il faudroit s'abstenir de parler pour lors,
-mettre le mouchoir ou la main devant la bouche,
-après avoir tourné la teste.</p>
-
-<p><i>Comme l'enfant doit se comporter auprès du feu.</i>—Apprenez
-à vous comporter auprès du feu comme
-en toute autre rencontre, et que l'honnesteté veut
-que l'on cède toujours la place la plus honorable et
-<span class="pagenum"><a name="Page_198" id="Page_198">[Pg 198]</a></span>
-la plus commode aux personnes de plus grand mérite.</p>
-
-<p>La place d'honneur est celle du milieu, quoique
-à présent, dans les familles, celle du coin qui regarde
-la porte soit celle d'ordinaire que le maistre choisit
-pour voir ceux qui entrent et qui sortent; mais ce
-doit estre une place de son choix, non pas qu'elle
-puisse estre honnestement présentée à un honneste
-homme.</p>
-
-<p>Ne vous approchez pas si près du feu, crainte de
-vous brûler les jambes; et encore moins ne mettez
-pas les mains dans la flamme.</p>
-
-<p>Toucher au feu sans cesse, pour approcher les tisons
-les uns des autres ou pour changer la disposition
-du feu, c'est la marque d'un esprit turbulent
-et qui ne peut se tenir en repos.</p>
-
-<p>En présence d'honneste compagnie, vous ne devez
-pas tourner le dos au feu; et si quelqu'un se
-donnoit cette liberté à cause de sa prééminence, il
-ne faudroit pas l'imiter en cela.</p>
-
-<p>La charité, aussi bien que la civilité, veut que l'on
-fasse place à ceux qui viennent de nouveau, et que
-l'on s'incommode un peu en faveur de ceux qui ont
-plus besoin de se chauffer.</p>
-
-<p>Si quelqu'un jette quelque chose dans le feu,
-comme lettres, papiers, ou autres choses semblables,
-il est de très-mauvaise grâce de les retirer pour quelque
-raison que ce puisse estre.</p>
-
-<hr class="chap" />
-
-<p><span class="pagenum"><a name="Page_199" id="Page_199">[Pg 199]</a></span></p>
-
-
-
-
-<div class="chapter">
- <h3><a name="II-VII" id="II-VII"></a>VII</h3>
-</div>
-
-<p class="ac"><span class="smcap">Extrait des</span> <i>Règles de la bienséance
-et de la civilité chrétienne</i>.</p>
-
-<p class="ac">Par <span class="smcap">de la Salle</span><a name="FNanchor_295_295"
-id="FNanchor_295_295"></a><a href="#Footnote_295_295" class="fnanchor">[295]</a>.</p>
-
-<p class="ac">[Édition de 1782]</p>
-
-
-<p><i>De la tête.</i>—Gratter sa tête lorsqu'on est en
-compagnie, cela est d'une très-grande indécence,
-et indigne d'une personne bien née. C'est aussi
-l'effet d'une grande négligence et malpropreté, car
-cela vient ordinairement de ce qu'on n'a pas assez
-de soin de se bien peigner et de se tenir la tête
-nette. C'est à quoi doit prendre garde une personne
-qui n'a point de perruque de ne laisser ni ordure,
-ni crasse sur sa tête, car il n'y a que des personnes
-mal élevées qui tombent dans cette négligence.</p>
-
-<p>La modestie et l'honnêteté demandent qu'on
-ne laisse pas amasser beaucoup d'ordure dans ses
-oreilles; ainsi il faut de temps en temps les nettoyer
-avec un instrument fait exprès, qu'on nomme
-pour ce sujet <i>cure-oreille</i>. Il est d'usage à présent
-que les oreilles ne soient pas entièrement couvertes
-de cheveux; c'est pourquoi il faut avoir grand soin
-de les tenir fort nettes.</p>
-
-<p>Il n'y a qu'une nécessité indispensable qui puisse
-obliger un homme à pendre des anneaux à ses
-oreilles. C'est une marque d'esclavage qui l'avilit,
-<span class="pagenum"><a name="Page_200" id="Page_200">[Pg 200]</a></span>
-et qui ne peut convenir qu'aux femmes qui, selon
-la loi de Dieu, doivent être assujetties à leurs maris,
-et à qui la vanité fait croire que c'est un ornement
-d'avoir des pendants d'oreilles.</p>
-
-<p>Le plus bel ornement des oreilles d'un chrétien
-est qu'elles soient bien disposées et toujours prêtes
-à écouter avec attention et à recevoir avec soumission
-les instructions qui regardent la religion...</p>
-
-<p>Quoiqu'il ne faille pas facilement mettre de la
-poudre sur ses cheveux, et que cela ressent un
-homme efféminé, on doit cependant prendre garde
-de ne les pas avoir gras. C'est pourquoi, lorsqu'ils
-le deviennent, on peut les dégraisser avec du son,
-ou mettre de la poudre dans le peigne pour les
-rendre secs et leur ôter leur humidité, qui pourroit
-gâter le linge et les habits.</p>
-
-<p>On ne doit jamais sortir du logis qu'après avoir
-peigné et arrangé proprement ses cheveux. On y peut
-mettre de la pommade et de la poudre en très-petite
-quantité.</p>
-
-<p>Il est de la modestie et de l'honnêteté de ne pas
-toucher ses cheveux sans nécessité. C'est pourquoi
-il n'y faut mettre que très-peu de poudre, parce
-que la trop grande quantité engendre de la vermine,
-qui engage quelquefois les jeunes gens à imiter
-certaines dames qui frappent la tête avec le doigt
-dans les endroits où cette vermine se fait sentir.</p>
-
-<p>Il est de la propreté de se nettoyer tous les matins
-le visage avec un linge blanc pour le décrasser.
-Il est moins bien de le laver avec de l'eau, car cela
-rend le visage plus susceptible du froid en hiver
-et du hâle en été.</p>
-
-<p><span class="pagenum"><a name="Page_201" id="Page_201">[Pg 201]</a></span></p>
-
-<p>C'est une chose très-messéante de mettre des
-mouches sur son visage, et de le farder en y mettant
-du blanc ou du vermillon. Cette vanité prouve
-que ceux qui en usent ainsi n'ont pas de beauté
-naturelle.</p>
-
-<p>Il n'est pas à propos de se couper les sourcils fort
-courts: ce seroit s'exposer à s'attirer quelque fluxion
-sur les yeux.</p>
-
-<p>Un homme sage ne doit jamais lever la main
-pour donner sur la joue à quelqu'un. La bienséance
-et l'honnêteté ne le permettent pas, à l'égard même
-d'un domestique.</p>
-
-<p>Il est de la bienséance de tenir le nez fort net;
-car il est l'honneur et la beauté du visage, et la
-partie de nous-même la plus apparente.</p>
-
-<p>Il est vilain de se moucher avec la main nue en
-la passant dessous le nez, ou de se moucher sur sa
-manche ou sur ses habits.</p>
-
-<p>C'est une pratique assez en usage de prendre du
-tabac en poudre. Il est cependant beaucoup mieux
-de ne le pas faire, particulièrement lorsqu'on est
-en compagnie, et il ne faut jamais le faire lorsqu'on
-est avec des personnes à qui on doit du respect.
-Mais il est très-indécent d'en mâcher, et de s'en
-mettre des feuilles dans le nez. Il ne l'est pas moins de
-le prendre en pipe, surtout en présence des femmes.</p>
-
-<p>Si une personne de haute qualité prend du tabac
-devant ceux qui sont avec elle, et qu'elle leur en
-présente, le respect qu'ils lui doivent les empêche
-de le refuser, ou du moins faire semblant. Mais de
-toute autre personne on peut le refuser, en la remerciant
-honnêtement.</p>
-
-<p><span class="pagenum"><a name="Page_202" id="Page_202">[Pg 202]</a></span></p>
-
-<p>Lorsqu'on prend du tabac en compagnie, il faut
-que cela soit rare, et qu'on n'ait pas toujours une
-tabatière ou un mouchoir entre les mains et les
-doigts pleins de tabac. On doit aussi prendre garde
-qu'il n'en tombe pas sur le linge ni sur les habits,
-car il est malhonnête qu'on y en apperçoive; et afin
-que cela n'arrive pas, il en faut prendre peu à la
-fois.</p>
-
-<p>Il faut bien prendre garde de ne pas se servir de
-ses ongles, de ses doigts ou d'un couteau pour nettoyer
-ses dents. Il est de la bienséance de le faire
-avec un instrument fait exprès, qu'on nomme <i>cure-dent</i>,
-ou avec un bout de plume taillée à propos
-pour le faire, ou avec un gros linge.</p>
-
-<p>C'est une incivilité très-grande de se prendre une
-dent avec l'ongle du pouce pour exprimer un dédain
-ou un mépris de quelque personne ou de
-quelque chose; et il est encore plus mal de dire en
-le faisant: <i>Je m'en soucie non plus que de cela.</i></p>
-
-<p>Il n'est pas moins incivil de mettre la langue ou
-la lèvre d'en bas sur la lèvre d'en haut pour en
-tirer de l'eau qui seroit tombée du nez, et de la
-rapporter ensuite dans la bouche.</p>
-
-<p><i>Du chapeau et de la manière de s'en servir.</i>—Le
-chapeau sert à l'homme pour orner sa tête, aussi
-bien que pour la garantir de plusieurs incommodités.
-Le porter sur son oreille, ou sur le derrière
-de la tête, ou le mettre trop fort sur le devant,
-comme si on vouloit cacher son visage, sont toutes
-manières ridicules et indécentes.</p>
-
-<p>Lorsqu'on salue quelqu'un, il faut prendre son
-chapeau avec la main droite et l'ôter entièrement
-<span class="pagenum"><a name="Page_203" id="Page_203">[Pg 203]</a></span>
-de dessus sa tête, et d'une manière qui soit honnête,
-en portant le bras jusqu'en bas et en tenant le chapeau
-par le bord, et le côté qui doit couvrir la tête
-tourné vers la cuisse, sans la toucher.</p>
-
-<p>Si on ôte son chapeau dans les rues, ou en passant
-devant quelque personne pour la saluer, on
-doit le faire un peu avant que d'être auprès d'elle,
-et ne pas se recouvrir qu'on ne soit un peu éloigné
-de cette personne.</p>
-
-<p>Et si on salue quelqu'un en l'abordant, il faut
-ôter son chapeau cinq ou six pas avant que d'en
-approcher.</p>
-
-<p>Lorsqu'on entre dans une place où il y a une
-personne de qualité ou à qui on doit beaucoup de
-respect, il faut toujours ôter son chapeau avant que
-d'entrer dans cette place. Si ceux qui sont dans la
-place sont debout et découverts, on est obligé de
-se tenir dans la même posture. Après avoir ôté
-son chapeau avec bien de l'honnêteté, il faut
-tourner le dedans vers soi, et le mettre sur le bras
-gauche ou devant soi sur l'estomac du côté gauche.</p>
-
-<p>Lorsqu'étant assis, on est obligé d'avoir le chapeau
-bas, il est de la bienséance de le tenir sur ses
-genoux, le dessus tourné vers soi.</p>
-
-<p>C'est une grande incivilité, lorsqu'on parle à
-quelqu'un, de tourner son chapeau, de gratter
-dessus avec les doigts, de battre le tambour dessus,
-de toucher la laisse ou le cordon, de regarder dedans
-ou tout autour, de le mettre devant son
-visage ou sur sa bouche.</p>
-
-<p>Les occasions dans lesquelles il faut se découvrir
-et ôter son chapeau, sont:</p>
-
-<p><span class="pagenum"><a name="Page_204" id="Page_204">[Pg 204]</a></span></p>
-
-<p>1<sup>o</sup> Lorsqu'on se trouve dans un lieu où il y a des
-personnes considérables;</p>
-
-<p>2<sup>o</sup> Quand on salue quelqu'un;</p>
-
-<p>3<sup>o</sup> Quand on donne ou qu'on reçoit quelque
-chose;</p>
-
-<p>4<sup>o</sup> En se mettant à table;</p>
-
-<p>5<sup>o</sup> Quand on entend prononcer le saint nom de
-Jésus et de Marie<a name="FNanchor_296_296"
-id="FNanchor_296_296"></a><a href="#Footnote_296_296"
-class="fnanchor">[296]</a>; excepté lorsqu'on est à table,
-car il faut seulement baisser la tête;</p>
-
-<p>6<sup>o</sup> Lorsqu'on est devant des personnes à qui on
-doit beaucoup de respect; comme lorsqu'on est
-avec des ecclésiastiques, des magistrats, et d'autres
-personnes considérables. A l'égard de ces personnes,
-on doit se découvrir d'abord, mais il n'est pas nécessaire
-de se tenir découvert, à moins que l'on ne
-leur soit beaucoup inférieur.</p>
-
-<p>On doit aussi se découvrir devant toutes les personnes
-qui sont supérieures, et ne pas se recouvrir
-que par leur ordre. Et aussitôt qu'elles le disent,
-il faut se recouvrir sans différer, parce que c'est un
-ordre; mais, après s'être couvert, il ne faut plus se
-découvrir qu'en les quittant.</p>
-
-<p>Il est contre la bienséance de se découvrir lorsqu'on
-est à table, à moins qu'il ne survienne quelque
-personne qui mérite beaucoup d'honneur.</p>
-
-<p>S'il y a à table quelque personne de haute
-qualité qui soit sans chapeau pour sa commodité,
-il ne la faut pas imiter, cela serait trop familier,
-mais on doit toujours demeurer couvert.</p>
-
-<p><span class="pagenum"><a name="Page_205" id="Page_205">[Pg 205]</a></span></p>
-
-<p>Lorsque quelqu'un parle le chapeau bas, il faut
-toujours ordinairement le faire couvrir si on lui est
-supérieur; et on peut alors lui dire: <i>Couvrez-vous,
-monsieur.</i> Cette manière de parler n'est cependant
-permise qu'à l'égard des personnes qui sont beaucoup
-au-dessous de soi.</p>
-
-<p>Faire couvrir quelqu'un qui est au-dessus de soi,
-c'est une grande incivilité. Cela se peut bien faire
-à l'égard des personnes avec qui on est familier et
-qui sont d'égale condition; mais il ne faut pas que
-ce soit par manière de commandement, ni qu'on
-se serve de paroles qui en expriment aucun. On
-doit le faire, ou seulement par signe et se couvrir
-en même temps, ou par quelque circonlocution, en
-disant par exemple: <i>Vous pouvez, monsieur, être
-incommodé d'être découvert</i>; ou en se servant de
-paroles familières, comme de celles-ci: <i>Sans doute,
-monsieur, que vous restez découvert pour votre
-commodité.</i></p>
-
-<p><i>De la manière dont on doit saluer les personnes
-qu'on visite ou qu'on rencontre.</i>—La première
-chose qu'on doit faire en entrant dans la chambre
-d'une personne qu'on visite est de la saluer et de
-lui faire la révérence.</p>
-
-<p>On peut saluer quelqu'un de trois manières différentes.</p>
-
-<p>Il y a une manière de saluer qui est fort ordinaire,
-qui se fait:</p>
-
-<p>Premièrement, en se découvrant de la main
-droite en portant le chapeau jusqu'en bas, étendant
-tout à fait le bras jusque sur la cuisse droite et laissant
-la main gauche dans sa liberté.</p>
-
-<p><span class="pagenum"><a name="Page_206" id="Page_206">[Pg 206]</a></span></p>
-
-<p>Secondement, en regardant doucement et honnêtement
-la personne qu'on salue.</p>
-
-<p>Troisièmement, baissant la vue et inclinant le
-corps.</p>
-
-<p>Quatrièmement, en tirant le pied. Si on veut
-avancer, il faut couler le pied droit en avant. Si on
-veut reculer, en tirant le pied gauche en arrière.
-Si l'on passe à côté, en glissant le pied en avant du
-côté de la personne qu'on veut saluer, et en se courbant
-et saluant la personne quelques pas avant que
-d'être vis-à-vis d'elle. Si on salue une compagnie
-tout entière, on doit couler le pied en avant pour
-saluer la personne la plus considérable, et tirer le
-pied gauche en arrière pour saluer de côté et d'autre
-toute la compagnie.</p>
-
-<p>La seconde manière de saluer est de saluer dans
-la conversation, c'est ce qu'on nomme ordinairement
-une honnêteté. Cela se fait simplement en se découvrant,
-en se courbant tant soit peu, et en glissant
-le pied en avant d'une manière imperceptible.</p>
-
-<p>La troisième manière de saluer, qui est extraordinaire,
-se fait quand quelqu'un vient du dehors,
-ou lorsqu'on prend congé de quelqu'un avant son
-départ pour un voyage. Cette manière de saluer se
-fait comme la première; mais il faut ôter son gant
-de là main droite, se courber humblement, et après
-avoir porté la main presque à terre, la rapporter
-ensuite doucement vers sa bouche, comme pour la
-baiser.</p>
-
-<p>Une autre manière extraordinaire de saluer est
-d'embrasser la personne qu'on aborde. Ce qui se
-fait en portant la main droite dessus l'épaule et la
-<span class="pagenum"><a name="Page_207" id="Page_207">[Pg 207]</a></span>
-gauche dessous, et en se présentant l'un à l'autre
-la joue gauche, sans se la toucher ni la baiser.</p>
-
-<p>Le baiser est encore une autre manière de saluer,
-qui ne se fait ordinairement que par des personnes
-qui ont quelque union entre elles et quelque amitié
-particulière.</p>
-
-<p>Dans Paris, on ne salue ordinairement que les
-personnes qu'on connoît ou qui sont d'une qualité
-éminente et beaucoup élevée au-dessus du commun,
-comme sont les princes et les évêques.</p>
-
-<p>Lorsque dans la rue on rencontre tête à tête quelque
-personne de qualité, il est à propos de se détourner
-un peu et de passer au-dessous d'elle, en
-se retirant du côté du ruisseau.</p>
-
-<p>S'il n'y a point de haut ni de bas, mais un chemin
-uni, il faut passer à gauche de la personne
-qu'on rencontre et lui laisser la main droite libre.
-Et quand elle passe, il faut s'arrêter et la saluer
-avec respect, et même avec un profond respect si
-sa qualité le demande.</p>
-
-<p>Lorsqu'étant en carrosse, on se rencontre en un
-lieu par où passe le Saint-Sacrement, on en doit
-descendre et se mettre à genoux. Si c'est une procession
-ou un enterrement, ou bien le Roi, la Reine,
-les Princes les plus proches du sang Royal, ou des
-personnes d'un caractère ou d'une dignité éminente,
-il est du devoir et du respect de faire arrêter
-le carrosse jusqu'à ce qu'elles soient passées, et
-avoir la tête nue.</p>
-
-<p>Il n'est pas de la bienséance de monter en carrosse
-ou à cheval devant une personne pour qui on
-doit avoir quelque considération, à moins qu'elle
-<span class="pagenum"><a name="Page_208" id="Page_208">[Pg 208]</a></span>
-n'en fasse un commandement; et alors il faut éloigner
-un peu le carrosse ou le cheval, ou bien on
-peut faire avancer le carrosse ou le cheval jusqu'à
-ce qu'on ne la voie plus, et y monter ensuite.</p>
-
-<hr class="chap" />
-
-<p><span class="pagenum"><a name="Page_209" id="Page_209">[Pg 209]</a></span></p>
-
-
-
-
-<div class="chapter">
- <h2><a name="INDEX_ALPHABETIQUE" id="INDEX_ALPHABETIQUE"></a>
- INDEX ALPHABÉTIQUE</h2>
-</div>
-
-<ul class="index">
-
-<li class="ifrst"> Abbé (perruque d'), <a href="#Page_67">67</a>
-<a href="#Page_70">70</a> <a href="#Page_71">71</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Abreuvoir-Thibaut-aux-Dés (rue de l'),
-<a href="#Page_10">10</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Académie de coiffure, <a href="#Page_134">134</a>,
-<a href="#Page_154">154</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Accommodage (l'), <a href="#Page_103">103</a>,
-<a href="#Page_104">104</a>, <a href="#Page_139">139</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Achemeresses, <a href="#Page_129">129</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Adorable (perruque à l'), <a href="#Page_68">68</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Aiguière, <a href="#Page_19">19</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Aile de pigeon (perruque à l'), <a href="#Page_68">68</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Albon (comte d'), <a href="#Page_90">90</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Albret (Honoré d'), <a href="#Page_53">53</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Alegiani (J. B.), <a href="#Page_9">9</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Allemands, <a href="#Page_177">177</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Almanach Dauphin, <a href="#Page_141">141</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Almaviva (coiffure à l'), <a href="#Page_149">149</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Amidon, <a href="#Page_103">103</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Amidonniers, <a href="#Page_100">100</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Amman (J.), <a href="#Page_22">22</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Anciens (maîtres), <a href="#Page_106">106</a>,
-<a href="#Page_107">107</a>, <a href="#Page_108">108</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Angerville (d'), <a href="#Page_132">132</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Anglaise (coiffure à l'), <a href="#Page_145">145</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Angleterre (cheveux d'), <a href="#Page_66">66</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Anne d'Autriche, <a href="#Page_37">37</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Antiquité (perruque à l'), <a href="#Page_69">69</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Apothicaires, <a href="#Page_70">70</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Apprentissage, <a href="#Page_108">108</a> à
-<a href="#Page_111">111</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Arche-Marion (rue de l'), <a href="#Page_10">10</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Argentine, <i>poudre</i>, <a href="#Page_98">98</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Argonne (Bonav. d'), <a href="#Page_74">74</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Armide (coiffure à l'), <a href="#Page_149">149</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Arnauld d'Andilly, <a href="#Page_57">57</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Asiatique (pouf à l'), <a href="#Page_147">147</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Assyrienne (pouf à l'), <a href="#Page_147">147</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Atourneresses, <a href="#Page_129">129</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Aubigné (A. d'), <a href="#Page_29">29</a>,
-<a href="#Page_97">97</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Aucunement (sens du mot), <a href="#Page_165">165</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Audis, <i>coiffeur</i>, <a href="#Page_141">141</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Aussel-d'Argenteuil (rue), <a href="#Page_12">12</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Autier (Léonard), <a href="#Page_158">158</a>,
-<a href="#Page_159">159</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Aventure (perruque à l'), <a href="#Page_69">69</a>.</li>
-
-
-<li class="ifrst"> Bachaumont (<i>Mémoires</i> dits de),
-<a href="#Page_124">124</a>, <a href="#Page_133">133</a>,
-<a href="#Page_138">138</a>, <a href="#Page_141">141</a>,
-<a href="#Page_146">146</a>, <a href="#Page_157">157</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Baigneuse (coiffure en), <a href="#Page_145">145</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Baignoires, <a href="#Page_16">16</a>,
-<a href="#Page_19">19</a>, <a href="#Page_119">119</a>,
-<a href="#Page_120">120</a>, <a href="#Page_124">124</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Bâiller (manière de), <a href="#Page_43">43</a>,
-<a href="#Page_176">176</a>, <a href="#Page_184">184</a>,
-<a href="#Page_197">197</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Bain (fond de), <a href="#Page_19">19</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Bains chauds, <a href="#Page_3">3</a>,
-<a href="#Page_4">4</a>, <a href="#Page_9">9</a>,
-<a href="#Page_11">11</a> et s., <a href="#Page_114">114</a> et s.,
-<a href="#Page_116">116</a> et s., <a href="#Page_122">122</a>,
-<a href="#Page_127">127</a> à <a href="#Page_129">129</a>.—Voy. <i>Étuves</i>.</li>
-
-<li class="indx"> Bains chinois, <a href="#Page_124">124</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Bains de lait, <a href="#Page_120">120</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Bains de vapeur, <a href="#Page_14">14</a>,
-<a href="#Page_114">114</a> et s., <a href="#Page_128">128</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Bains épilatoires, <a href="#Page_116">116</a>,
-<a href="#Page_128">128</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Bains froids, <a href="#Page_114">114</a>,
-<a href="#Page_121">121</a> et s.</li>
-
-<li class="indx"> Bains russes, <a href="#Page_128">128</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Baiseuse (la), <i>mouche</i>, <a href="#Page_96">96</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Balzac (G. de), <a href="#Page_57">57</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Bandeau d'amour, <i>coiffure</i>, <a href="#Page_142">142</a>,
-<a href="#Page_145">145</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Bandelettes (pouf à), <a href="#Page_147">147</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Baquets, <a href="#Page_16">16</a>, <a href="#Page_19">19</a>,
-<a href="#Page_25">25</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Barbe, <a href="#Page_44">44</a> et s.,
-<a href="#Page_113">113</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Barbiers-barbants, <a href="#Page_2">2</a>,
-<a href="#Page_32">32</a>, <a href="#Page_35">35</a>, <a href="#Page_36">36</a>,
-<a href="#Page_64">64</a> et s., <a href="#Page_100">100</a>,
-<a href="#Page_105">105</a> et s., <a href="#Page_129">129</a>,
-<a href="#Page_138">138</a> et s., <a href="#Page_154">154</a>.—Voy.
-<i>Coiffeurs</i>.</li>
-
-<li class="indx"> Barbiers-chirurgiens, <a href="#Page_1">1</a>,
-<a href="#Page_2">2</a>, <a href="#Page_22">22</a>,
-<a href="#Page_25">25</a>, <a href="#Page_32">32</a>, <a href="#Page_35">35</a>,
-<a href="#Page_108">108</a>, <a href="#Page_111">111</a>,
-<a href="#Page_112">112</a>, <a href="#Page_129">129</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Barbiers du Roi, <a href="#Page_63">63</a>,
-<a href="#Page_118">118</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Barillerie (rue de la), <a href="#Page_10">10</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Baron (Michel), <a href="#Page_117">117</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Bassins à laver, <a href="#Page_19">19</a>,
-<a href="#Page_20">20</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Beaubourg (rue), <a href="#Page_11">11</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Beaumarchais, <a href="#Page_148">148</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Beaumont (perruque à la), <a href="#Page_69">69</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Bellechasse (rue de), <a href="#Page_128">128</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Bellegarde (abbé de), <a href="#Page_79">79</a>,
-<a href="#Page_145">145</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Bellemare (marquis de), <a href="#Page_133">133</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Belle-Poule (coiffure à la), <a href="#Page_148">148</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Bellièvre (président de), <a href="#Page_58">58</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Belmont (de), <a href="#Page_77">77</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Bénédictins, <a href="#Page_3">3</a> à
-<a href="#Page_6">6</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Benserade, <a href="#Page_58">58</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Bérénice, <a href="#Page_139">139</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Bertin (mad.), <a href="#Page_158">158</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Bérulle (cardinal de), <a href="#Page_56">56</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Bibliothèque du Roi, <a href="#Page_58">58</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Bibliothèque nationale, <a href="#Page_36">36</a>,
-<a href="#Page_107">107</a>, <a href="#Page_145">145</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Bichonne, <i>perruque</i>, <a href="#Page_67">67</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Bignon (J.), <a href="#Page_57">57</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Bigotère, <a href="#Page_53">53</a>,
-<a href="#Page_54">54</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Binet, <i>perruquier du roi</i>, <a href="#Page_62">62</a>,
-<a href="#Page_63">63</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Birat, <a href="#Page_77">77</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Blanc, <i>fard</i>, <a href="#Page_201">201</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Blegny (Nic. de).—Voy. <i>Livre commode</i>.</li>
-
-<li class="indx"> Boileau (Étienne), <a href="#Page_12">12</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Boileau (Nic.), <a href="#Page_86">86</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Bois à brûler, <a href="#Page_14">14</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Boiteau (Paul), <a href="#Page_103">103</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Boîtes à mouches, <a href="#Page_97">97</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Bompar, <a href="#Page_77">77</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Bonaparte, <a href="#Page_104">104</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Bonne de Savoie, <a href="#Page_21">21</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Bonnet (perruque en), <a href="#Page_70">70</a>,
-<a href="#Page_71">71</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Bonnette, <i>perruque</i>, <a href="#Page_67">67</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Bons-Enfants (rue des), <a href="#Page_132">132</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Bosse (Abraham), <a href="#Page_77">77</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Bouche (propreté de la), <a href="#Page_170">170</a>,
-<a href="#Page_179">179</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Boufflers (maréchal de), <a href="#Page_79">79</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Boudin <i>de perruque</i>, <a href="#Page_70">70</a>,
-<a href="#Page_71">71</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Boullanger (André), <a href="#Page_98">98</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Bourdonnais (rue des), <a href="#Page_10">10</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Bourgeoise (coiffure à la), <a href="#Page_142">142</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Bourgogne (duc de), <a href="#Page_79">79</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Bourse (perruque à), <a href="#Page_68">68</a>,
-<a href="#Page_70">70</a>, <a href="#Page_71">71</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Boutiques, <a href="#Page_22">22</a>, <a href="#Page_109">109</a>,
-<a href="#Page_111">111</a>, <a href="#Page_112">112</a>,
-<a href="#Page_154">154</a> à <a href="#Page_157">157</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Brantôme, <a href="#Page_60">60</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Bras (tenue des), <a href="#Page_167">167</a>,
-<a href="#Page_171">171</a>, <a href="#Page_172">172</a>,
-<a href="#Page_195">195</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Breteuil (baron de), <a href="#Page_78">78</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Bretons, <a href="#Page_181">181</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Brienne (Louis de), <a href="#Page_82">82</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Brigadière (perruque à la), <a href="#Page_67">67</a>,
-<a href="#Page_70">70</a>, <a href="#Page_71">71</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Brisée (perruque), <a href="#Page_70">70</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Buchon (J.), <a href="#Page_16">16</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Bussy-Rabutin, <a href="#Page_80">80</a>.</li>
-
-
-<li class="ifrst"> Cabriolet, <i>perruque</i>, <a href="#Page_68">68</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Cadenettes, <a href="#Page_49">49</a>,
-<a href="#Page_68">68</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Cadet la Perle, <a href="#Page_50">50</a>,
-<a href="#Page_53">53</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Cadot (Jacques), <i>menuisier</i>, <a href="#Page_19">19</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Caleçons, <a href="#Page_114">114</a>,
-<a href="#Page_124">124</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Callot (J.), <a href="#Page_58">58</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Calmet (dom), <a href="#Page_4">4</a> à
-<a href="#Page_6">6</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Calviac (C.), <a href="#Page_169">169</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Campan (mad.), <a href="#Page_120">120</a>,
-<a href="#Page_151">151</a>, <a href="#Page_158">158</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Camus (Pierre), <a href="#Page_57">57</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Candeur (coiffure à la), <a href="#Page_145">145</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Canilliat, <i>coiffeuse</i>, <a href="#Page_132">132</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Caprice (coiffure au), <a href="#Page_142">142</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Caquets de l'accouchée, <a href="#Page_121">121</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Carrée (perruque), <a href="#Page_68">68</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Carrosses, <a href="#Page_38">38</a>, <a href="#Page_41">41</a>,
-<a href="#Page_86">86</a>, <a href="#Page_90">90</a>, <a href="#Page_188">188</a>,
-<a href="#Page_192">192</a>, <a href="#Page_207">207</a>,
-<a href="#Page_208">208</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Casque, <a href="#Page_73">73</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Catoblepes, <a href="#Page_166">166</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Catogan, <a href="#Page_70">70</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Cavalière, <i>perruque</i>, <a href="#Page_68">68</a>,
-<a href="#Page_69">69</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Cérès (coiffure à la), <a href="#Page_142">142</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Cerf-volant (coiffure au), <a href="#Page_145">145</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Cerisaie (rue de la), <a href="#Page_116">116</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Chaises à porteur, <a href="#Page_38">38</a>,
-<a href="#Page_42">42</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Chambrières, <a href="#Page_129">129</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Champagne, <i>coiffeur</i>, <a href="#Page_120">120</a> à
-<a href="#Page_131">131</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Champcenetz, <a href="#Page_119">119</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Chancelière (perruque à la), <a href="#Page_68">68</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Chapeau (tenue du), <a href="#Page_195">195</a>,
-<a href="#Page_202">202</a>, <a href="#Page_203">203</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Chapeau de bras, <a href="#Page_73">73</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Chaperon, <i>coiffure</i>, <a href="#Page_73">73</a>,
-<a href="#Page_74">74</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Chapon (rue), <a href="#Page_113">113</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Charbon, <a href="#Page_14">14</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Charles V, <a href="#Page_20">20</a>,
-<a href="#Page_48">48</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Charlotte de Savoie, <a href="#Page_20">20</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Charmes de la liberté (coiffure aux),
-<a href="#Page_145">145</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Chartres (duchesse de), <a href="#Page_147">147</a>,
-<a href="#Page_152">152</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Chartres (N. D. de), <a href="#Page_47">47</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Chasse (perruque de), <a href="#Page_68">68</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Chasseur (perruque au), <a href="#Page_69">69</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Châteauroux (duchesse de), <a href="#Page_132">132</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Chat-qui-pêche (rue du), <a href="#Page_11">11</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Chaudronniers, <a href="#Page_119">119</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Chaussures (propreté des), <a href="#Page_38">38</a>,
-<a href="#Page_41">41</a>, <a href="#Page_42">42</a>,
-<a href="#Page_164">164</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Chefs-d'œuvre <i>des métiers</i>, <a href="#Page_107">107</a>,
-<a href="#Page_111">111</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Chemises, <a href="#Page_4">4</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Cheveux (commerce des), <a href="#Page_59">59</a>,
-<a href="#Page_65">65</a>, <a href="#Page_66">66</a>,
-<a href="#Page_138">138</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Chien couchant (coiffure au), <a href="#Page_142">142</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Chinois, <a href="#Page_42">42</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Chinoise (pouf à la), <a href="#Page_147">147</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Chirurgien du Roi, <a href="#Page_105">105</a>,
-<a href="#Page_106">106</a>, <a href="#Page_108">108</a>,
-<a href="#Page_109">109</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Chirurgiens, <a href="#Page_1">1</a>,
-<a href="#Page_2">2</a>.—Voy. <i>Barbiers</i>.</li>
-
-<li class="indx"> Choiseul (duc de), <a href="#Page_158">158</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Choisy (perruque à la), <a href="#Page_69">69</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Christine <i>de Suède</i>, <a href="#Page_37">37</a>,
-<a href="#Page_131">131</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Chypre (poudre de), <a href="#Page_98">98</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Cimetière-Saint-Nicolas (rue du), <a href="#Page_113">113</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Circassienne moderne (coiffure à la),
-<a href="#Page_145">145</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Circonstance (perruque à la), <a href="#Page_69">69</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Cité (la), <i>à Paris</i>, <a href="#Page_21">21</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Civilité (caractères dits de), <a href="#Page_169">169</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Clément d'Alexandrie, <a href="#Page_59">59</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Cléopâtre (coiffure à la), <a href="#Page_149">149</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Cluni (règle de), <a href="#Page_5">5</a>,
-<a href="#Page_6">6</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Cochin, <a href="#Page_154">154</a>,
-<a href="#Page_157">157</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Coiffeurs, <a href="#Page_104">104</a>,
-<a href="#Page_130">130</a> et s.</li>
-
-<li class="indx"> Coiffeuses, <a href="#Page_129">129</a> et s.</li>
-
-<li class="indx"> Coiffures, <a href="#Page_44">44</a> et s.,
-<a href="#Page_129">129</a> et s.</li>
-
-<li class="indx"> Coins <i>de cheveux</i>, <a href="#Page_61">61</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Colbert (J. B.), <a href="#Page_57">57</a>,
-<a href="#Page_65">65</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Colisée (coiffure au), <a href="#Page_149">149</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Colombe (coiffure à la), <a href="#Page_142">142</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Combattant (perruque au), <a href="#Page_69">69</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Comète (perruque à la), <a href="#Page_69">69</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Compagnonnage, <a href="#Page_110">110</a>,
-<a href="#Page_111">111</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Compiègne, <a href="#Page_37">37</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Condé (prince de), <a href="#Page_57">57</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Conquérant, (perruque au), <a href="#Page_69">69</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Conquête assurée (coiffure à la), <a href="#Page_142">142</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Conseillère (coiffure à la), <a href="#Page_142">142</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Conti (quai), <a href="#Page_122">122</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Contredire (ne pas), <a href="#Page_168">168</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Coquette (la), <i>mouche</i>, <a href="#Page_96">96</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Coquillart (Guill.), <a href="#Page_60">60</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Coquille (moustache à), <a href="#Page_53">53</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Corbeil (N. D. de), <a href="#Page_47">47</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Corbeille (coiffure en), <a href="#Page_145">145</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Corne d'abondance (coiffure à la),
-<a href="#Page_142">142</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Corneille (Pierre), <a href="#Page_56">56</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Corrozet (Gilles), <a href="#Page_86">86</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Cosmétiques, <a href="#Page_31">31</a>,
-<a href="#Page_100">100</a>, <a href="#Page_112">112</a>,
-<a href="#Page_116">116</a>, <a href="#Page_141">141</a>.—Voy. <i>Fards</i>, etc.</li>
-
-<li class="indx"> Coulange (marquis de), <a href="#Page_121">121</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Courtin (Ant. de), <a href="#Page_42">42</a>,
-<a href="#Page_78">78</a>, <a href="#Page_80">80</a>, <a href="#Page_81">81</a>, <a href="#Page_82">82</a>, <a href="#Page_89">89</a>, <a href="#Page_91">91</a>, <a href="#Page_182">182</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Courtisans, <a href="#Page_32">32</a>, <a href="#Page_42">42</a>,
-<a href="#Page_55">55</a>, <a href="#Page_61">61</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Couteliers, <a href="#Page_107">107</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Couvert du Roi, <a href="#Page_78">78</a>,
-<a href="#Page_81">81</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Cracher (manière de), <a href="#Page_43">43</a>,
-<a href="#Page_164">164</a>, <a href="#Page_167">167</a>, <a href="#Page_169">169</a>, <a href="#Page_170">170</a>, <a href="#Page_177">177</a>, <a href="#Page_184">184</a>, <a href="#Page_197">197</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Crête (pouf en), <a href="#Page_147">147</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Cretonniers, <a href="#Page_100">100</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Crochets (coiffure en), <a href="#Page_142">142</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Croisades, <a href="#Page_9">9</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Croissant (coiffure au), <a href="#Page_145">145</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Cuisse (embrasser la), <a href="#Page_82">82</a>,
-<a href="#Page_85">85</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Cure-dent, <a href="#Page_170">170</a>,
-<a href="#Page_178">178</a>, <a href="#Page_202">202</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Curieux (ne pas être), <a href="#Page_169">169</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Cuves à baigner, <a href="#Page_19">19</a>, <a href="#Page_22">22</a>, <a href="#Page_25">25</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Cuvettes, <a href="#Page_19">19</a>.</li>
-
-
-<li class="ifrst"> Dagé, <i>coiffeur</i>, <a href="#Page_132">132</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Dangeau (marquis de), <a href="#Page_62">62</a>,
-<a href="#Page_118">118</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Daphné (coiffure à la), <a href="#Page_142">142</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Dauvet (Jean), <i>premier président</i>,
-<a href="#Page_20">20</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Découvrir (se), <a href="#Page_73">73</a> et s.,
-<a href="#Page_190">190</a>, <a href="#Page_194">194</a>,
-<a href="#Page_195">195</a>, <a href="#Page_204">204</a> et s.—Voy. <i>Saluer</i>.</li>
-
-<li class="indx"> Delamarre (manuscrits), <a href="#Page_36">36</a>,
-<a href="#Page_107">107</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Demi-conquête, <i>coiffure</i>, <a href="#Page_142">142</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Demi-hérisson, <i>coiffure</i>, <a href="#Page_142">142</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Dents (propreté des), <a href="#Page_42">42</a>,
-<a href="#Page_112">112</a>, <a href="#Page_164">164</a>, <a href="#Page_170">170</a>, <a href="#Page_178">178</a>, <a href="#Page_202">202</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Dents (maux de), <a href="#Page_92">92</a>,
-<a href="#Page_93">93</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Descartes, <a href="#Page_57">57</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Deschamps (Eustache), <a href="#Page_60">60</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Desmares, <i>coiffeuse</i>, <a href="#Page_141">141</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Deux queues (perruque à), <a href="#Page_68">68</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Diane (coiffure à la), <a href="#Page_142">142</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Discrète (la), <i>mouche</i>, <a href="#Page_96">96</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Distinction (coiffure à la), <a href="#Page_145">145</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Doigts (faire craquer ses), <a href="#Page_186">186</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Domestiques, <a href="#Page_68">68</a>,
-<a href="#Page_70">70</a>, <a href="#Page_121">121</a>, <a href="#Page_129">129</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Donner (manière de), <a href="#Page_196">196</a>,
-<a href="#Page_204">204</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Douches, <a href="#Page_128">128</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Douët-d'Arcq, <a href="#Page_19">19</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Dragonne, <i>perruque</i>, <a href="#Page_69">69</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Droit (se tenir), <a href="#Page_171">171</a>,
-<a href="#Page_180">180</a>, <a href="#Page_195">195</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Ducange, <a href="#Page_58">58</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Ducerceau (plan de), <a href="#Page_21">21</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Dumesnil, <a href="#Page_74">74</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Du Puis (Laurent), <a href="#Page_74">74</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Duquesne (amiral), <a href="#Page_58">58</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Durand, <i>coiffeur</i>, <a href="#Page_141">141</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Durand (Guillaume), <a href="#Page_163">163</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Dutens (L.), <a href="#Page_153">153</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Du Vair (G.), <a href="#Page_57">57</a>.</li>
-
-
-<li class="ifrst"> Échelle (coiffure en), <a href="#Page_145">145</a>.</li>
-
-<li class="indx"> École (quai de l'), <a href="#Page_141">141</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Économe (perruque à l'), <a href="#Page_69">69</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Écrans, <a href="#Page_185">185</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Édelinck, <a href="#Page_53">53</a>,
-<a href="#Page_56">56</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Effrontée (l'), <i>mouche</i>, <a href="#Page_96">96</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Éléphant (perruque à l'), <a href="#Page_69">69</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Embrasser (manière d'), <a href="#Page_81">81</a>,
-<a href="#Page_85">85</a>, <a href="#Page_193">193</a>, <a href="#Page_206">206</a>.</li>
-
-<li class="indx"> <i>Encyclopédie méthodique</i>, <a href="#Page_65">65</a>,
-<a href="#Page_71">71</a>, <a href="#Page_127">127</a>.</li>
-
-<li class="indx"> <i>Encyclopédie perruquière</i>, <a href="#Page_68">68</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Enfant (coiffure à l'), <a href="#Page_157">157</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Enfants d'Édouard (coiffure aux), <a href="#Page_48">48</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Enjouée (l'), <i>mouche</i>, <a href="#Page_96">96</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Enseigne du mal de dents, <a href="#Page_93">93</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Envieux (perruque a l'), <a href="#Page_69">69</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Épaules, <a href="#Page_171">171</a>,
-<a href="#Page_179">179</a>, <a href="#Page_195">195</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Épilation, <a href="#Page_22">22</a>,
-<a href="#Page_116">116</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Érasme (D.), <a href="#Page_26">26</a>,
-<a href="#Page_28">28</a>, <a href="#Page_165">165</a>, <a href="#Page_169">169</a>,
-<a href="#Page_173">173</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Espagnole (coiffure à l'), <a href="#Page_145">145</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Espagnole (perruque à l'), <a href="#Page_68">68</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Espagnols, <a href="#Page_178">178</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Espoir (coiffure à l'), <a href="#Page_145">145</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Éternument, <a href="#Page_89">89</a>,
-<a href="#Page_175">175</a>, <a href="#Page_186">186</a>,
-<a href="#Page_197">197</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Étuves, <a href="#Page_9">9</a>, <a href="#Page_10">10</a> et s.,
-<a href="#Page_21">21</a> et s., <a href="#Page_112">112</a> et s.,
-<a href="#Page_122">122</a>.—Voy. <i>Bains</i>.</li>
-
-<li class="indx"> Étuves (cul-de-sac des), <a href="#Page_9">9</a> à
-<a href="#Page_12">12</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Étuves (rue des), <a href="#Page_10">10</a> à
-<a href="#Page_12">12</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Étuveurs, <a href="#Page_12">12</a> et s.</li>
-
-<li class="indx"> Eurydice (coiffure à l'), <a href="#Page_149">149</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Expérience, <a href="#Page_111">111</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Èze (G. d'), <a href="#Page_44">44</a>.</li>
-
-
-<li class="ifrst"> Fabert (maréchal), <a href="#Page_58">58</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Faiseuse de mouches (la), <a href="#Page_95">95</a>,
-<a href="#Page_96">96</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Fards, <a href="#Page_6">6</a>, <a href="#Page_31">31</a>,
-<a href="#Page_97">97</a>, <a href="#Page_98">98</a>, <a href="#Page_141">141</a>,
-<a href="#Page_201">201</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Faret (Nicolas), <a href="#Page_90">90</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Favori (perruque au), <a href="#Page_69">69</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Félicité (perruque à la), <a href="#Page_69">69</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Ferraille (quai de la), <a href="#Page_141">141</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Feu (conduite à tenir près du), <a href="#Page_184">184</a>,
-<a href="#Page_197">197</a>, <a href="#Page_198">198</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Fil de fer (perruques de), <a href="#Page_69">69</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Financière (perruque à la), <a href="#Page_68">68</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Fitelieu, <a href="#Page_81">81</a>,
-<a href="#Page_93">93</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Flore (coiffure à la), <a href="#Page_145">145</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Forgeais (A.), <a href="#Page_113">113</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Fourchettes, <a href="#Page_26">26</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Fournereau (Jean), <a href="#Page_100">100</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Fournier (Éd.), <a href="#Page_50">50</a>,
-<a href="#Page_78">78</a>, <a href="#Page_98">98</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Françaises (gardes), <a href="#Page_112">112</a>.</li>
-
-<li class="indx"> François Ier, <a href="#Page_22">22</a>,
-<a href="#Page_48">48</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Françoise (perruque à la), <a href="#Page_69">69</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Franqueville (de), <a href="#Page_114">114</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Frédérik, <i>coiffeur</i>, <a href="#Page_141">141</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Frégate (coiffure à la), <a href="#Page_148">148</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Frison, <i>coiffeur</i>, <a href="#Page_132">132</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Frivolité (coiffure à la), <a href="#Page_142">142</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Froissart, <a href="#Page_16">16</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Furon (Jean), <a href="#Page_100">100</a>.</li>
-
-
-<li class="ifrst"> Gabrielle de Vergy (coiffure à la),
-<a href="#Page_149">149</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Galante (la), <i>mouche</i>, <a href="#Page_96">96</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Galanterie (lois de la), <a href="#Page_32">32</a>,
-<a href="#Page_38">38</a>, <a href="#Page_41">41</a>,
-<a href="#Page_53">53</a>, <a href="#Page_93">93</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Gallonner, <a href="#Page_47">47</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Gamart, <a href="#Page_85">85</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Gantiers, <a href="#Page_100">100</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Gants, <a href="#Page_80">80</a>, <a href="#Page_88">88</a>,
-<a href="#Page_184">184</a>, <a href="#Page_206">206</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Gassendi (P.), <a href="#Page_57">57</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Gassion (maréchal de), <a href="#Page_58">58</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Gay (Victor), <a href="#Page_14">14</a>,
-<a href="#Page_19">19</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Gendarme (perruque à la), <a href="#Page_69">69</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Genlis (château de), <a href="#Page_119">119</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Genlis (mad. de), <a href="#Page_85">85</a>,
-<a href="#Page_97">97</a>, <a href="#Page_99">99</a>, <a href="#Page_119">119</a>,
-<a href="#Page_133">133</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Genoux (manière de tenir les), <a href="#Page_172">172</a>,
-<a href="#Page_180">180</a>, <a href="#Page_184">184</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Gentilly (perruque à la), <a href="#Page_69">69</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Geoffroi-des-Bains (rue), <a href="#Page_10">10</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Gestes, <a href="#Page_185">185</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Glaneuse (coiffure à la), <a href="#Page_142">142</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Globe fixé (pouf au), <a href="#Page_147">147</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Gloriette (cul-de-sac), <a href="#Page_11">11</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Godeau (Ant.), <a href="#Page_57">57</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Gomberville (de), <a href="#Page_132">132</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Gondole (coiffure en), <a href="#Page_145">145</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Gores, <a href="#Page_123">123</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Goutte, <i>maladie</i>, <a href="#Page_115">115</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Grævius (J. G.), <a href="#Page_77">77</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Grande prétention (coiffure à la),
-<a href="#Page_149">149</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Grande prêtresse (pouf à la), <a href="#Page_147">147</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Gratter (se), <a href="#Page_164">164</a>,
-<a href="#Page_167">167</a>, <a href="#Page_171">171</a>,
-<a href="#Page_179">179</a>, <a href="#Page_184">184</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Grattoir <i>pour la tête</i>, <a href="#Page_153">153</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Grecque (coiffure à la), <a href="#Page_145">145</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Grecque (perruque à la), <a href="#Page_70">70</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Grévin (musée), <a href="#Page_119">119</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Gueule de loup (pouf en), <a href="#Page_147">147</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Guignard, <i>baigneur</i>, <a href="#Page_128">128</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Guyon (Louis), <a href="#Page_55">55</a>,
-<a href="#Page_92">92</a>, <a href="#Page_99">99</a>.</li>
-
-
-<li class="ifrst"> Hamilton (Ant. d'), <a href="#Page_91">91</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Harcourt (Henri d'), <a href="#Page_50">50</a>,
-<a href="#Page_53">53</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Hardy (Claude), <a href="#Page_173">173</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Harlay (A. de), <a href="#Page_57">57</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Harlay (rue de), <a href="#Page_22">22</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Harpie (coiffure à la), <a href="#Page_142">142</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Hauterive de l'Aubespine (d'), <a href="#Page_27">27</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Haut rang (coiffure au), <a href="#Page_142">142</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Hennins, <a href="#Page_47">47</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Henri III, <a href="#Page_97">97</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Henri IV, <a href="#Page_28">28</a>, <a href="#Page_29">29</a>,
-<a href="#Page_48">48</a>, <a href="#Page_82">82</a>,
-<a href="#Page_116">116</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Henri IV (coiffure à la), <a href="#Page_142">142</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Hérisson (coiffure au), <a href="#Page_142">142</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Hérisson à crochet, <a href="#Page_142">142</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Hermaphrodites (île des), <a href="#Page_54">54</a>,
-<a href="#Page_60">60</a>, <a href="#Page_98">98</a>.</li>
-
-<li class="indx"> <i>Héroard</i> (<i>Journal d'</i>), <a href="#Page_28">28</a>,
-<a href="#Page_74">74</a>, <a href="#Page_92">92</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Hésecques (comte d'), <a href="#Page_62">62</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Hesselin (Denis), <a href="#Page_21">21</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Hochequeue, <a href="#Page_167">167</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Honnête homme, <a href="#Page_90">90</a>,
-<a href="#Page_91">91</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Honneur (place d'), <a href="#Page_90">90</a>,
-<a href="#Page_183">183</a>, <a href="#Page_191">191</a>,
-<a href="#Page_194">194</a>, <a href="#Page_198">198</a>.—Voy. <i>Pavé</i>.</li>
-
-<li class="indx"> Horloge (quai de l'), <a href="#Page_113">113</a>,
-<a href="#Page_122">122</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Housse (aller en), <a href="#Page_38">38</a>,
-<a href="#Page_41">41</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Huchette (rue de la), <a href="#Page_11">11</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Hurluberlu, <i>coiffure</i>, <a href="#Page_131">131</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Hurlupée, <i>coiffure</i>, <a href="#Page_131">131</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Hurtaut (P.), <a href="#Page_119">119</a>.</li>
-
-
-<li class="ifrst"> Impatient (perruque à l'), <a href="#Page_69">69</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Inconstance (perruque à l'), <a href="#Page_69">69</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Indifférence (perruque à l'), <a href="#Page_69">69</a>.</li>
-
-<li class="indx"> In-folio, <i>perruque</i>, <a href="#Page_67">67</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Ingénue (coiffure à l'), <a href="#Page_142">142</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Innocents (galerie des), <a href="#Page_66">66</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Interrompre (ne pas), <a href="#Page_168">168</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Iphigénie en Tauride (coiffure à l'),
-<a href="#Page_148">148</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Irène (coiffure à l'), <a href="#Page_149">149</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Irlandaise (coiffure à l'), <a href="#Page_145">145</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Irlande (bois d'), <a href="#Page_22">22</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Isabeau de Bavière, <a href="#Page_19">19</a>,
-<a href="#Page_74">74</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Italienne (perruque à l'), <a href="#Page_69">69</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Italiens, <a href="#Page_181">181</a>.</li>
-
-
-<li class="ifrst"> Jaillot, <a href="#Page_10">10</a> à
-<a href="#Page_12">12</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Jalousie (perruque à la), <a href="#Page_69">69</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Jambes (manière de tenir les), <a href="#Page_172">172</a>,
-<a href="#Page_180">180</a>, <a href="#Page_195">195</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Janot (coiffure à la), <a href="#Page_145">145</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Jarretières <i>de perruque</i>, <a href="#Page_70">70</a>,
-<a href="#Page_71">71</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Jean II, <a href="#Page_48">48</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Jeannin (P.), <a href="#Page_57">57</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Jeunes (maîtres), <a href="#Page_106">106</a>,
-<a href="#Page_107">107</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Jèze, <a href="#Page_122">122</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Jordanis, <i>perruquier</i>, <a href="#Page_62">62</a>.</li>
-
-<li class="indx"> <i>Journal du citoyen</i>, <a href="#Page_123">123</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Juifs, <a href="#Page_11">11</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Junon (coiffure à la), <a href="#Page_148">148</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Jurements, <a href="#Page_168">168</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Jurés, <a href="#Page_15">15</a>, <a href="#Page_16">16</a>,
-<a href="#Page_105">105</a> à <a href="#Page_108">108</a>.</li>
-
-
-<li class="ifrst"> Labarte (J.), <a href="#Page_20">20</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Labre (Benoît), <a href="#Page_9">9</a>.</li>
-
-<li class="indx"> La Fontaine (J. de), <a href="#Page_58">58</a>,
-<a href="#Page_96">96</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Laine (perruques de), <a href="#Page_69">69</a>.</li>
-
-<li class="indx"> La Mésangère (de), <a href="#Page_27">27</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Lamoignon (président), <a href="#Page_57">57</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Langue (propreté de la), <a href="#Page_164">164</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Lanti (prince), <a href="#Page_153">153</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Larivey (P. de), <a href="#Page_2">2</a>.</li>
-
-<li class="indx"> La Rivière (abbé de), <a href="#Page_67">67</a>.</li>
-
-<li class="indx"> La Roze, <i>perruquier</i>, <a href="#Page_62">62</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Larseneur, <i>coiffeur</i>, <a href="#Page_132">132</a>.</li>
-
-<li class="indx"> La Salle (J. B. de), <a href="#Page_37">37</a>,
-<a href="#Page_80">80</a>, <a href="#Page_153">153</a>, <a href="#Page_199">199</a>,
-<a href="#Page_204">204</a>.</li>
-
-<li class="indx"> La Vallière (Mlle de), <a href="#Page_85">85</a>.</li>
-
-<li class="indx"> La Vienne, <i>baigneur</i>, <a href="#Page_117">117</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Le Brun, <i>coiffeuse</i>, <a href="#Page_132">132</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Lebrun (Ch.), <a href="#Page_58">58</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Leclerc (Séb.), <a href="#Page_77">77</a>.</li>
-
-<li class="indx"> L'Écluse (abbé de), <a href="#Page_82">82</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Legendre (abbé), <a href="#Page_61">61</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Légère (perruque à la), <a href="#Page_69">69</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Legoût, <i>coiffeur</i>, <a href="#Page_141">141</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Legrain, <i>barbier</i>, <a href="#Page_63">63</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Legros, <i>coiffeur</i>, <a href="#Page_133">133</a> et s.</li>
-
-<li class="indx"> Legros (veuve), <a href="#Page_141">141</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Lemaître (Ant.), <a href="#Page_57">57</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Le Nain de Tillemont, <a href="#Page_58">58</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Lentes, <a href="#Page_28">28</a>,
-<a href="#Page_31">31</a>.—Voyez <i>Poux</i>.</li>
-
-<li class="indx"> Lépreux, <a href="#Page_13">13</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Lesdiguières (hôtel de), <a href="#Page_116">116</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Lestoile (P. de), <a href="#Page_98">98</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Le Tellier (Michel), <a href="#Page_58">58</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Levant (coiffure au), <a href="#Page_142">142</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Lever de la Reine (coiffure au), <a href="#Page_142">142</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Lèvres, <a href="#Page_176">176</a>, <a href="#Page_177">177</a>,
-<a href="#Page_186">186</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Lit, <a href="#Page_182">182</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Lit de la Reine, <a href="#Page_81">81</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Lit du Roi, <a href="#Page_38">38</a>,
-<a href="#Page_78">78</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Littré (E.), <a href="#Page_154">154</a>.</li>
-
-<li class="indx"> <i>Livre commode</i> (<i>le</i>), <a href="#Page_62">62</a>,
-<a href="#Page_66">66</a>, <a href="#Page_97">97</a>, <a href="#Page_115">115</a>,
-<a href="#Page_118">118</a>, <a href="#Page_132">132</a>.</li>
-
-<li class="indx"> <i>Livre des métiers</i>, <a href="#Page_12">12</a>,
-<a href="#Page_15">15</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Longchamp, <a href="#Page_121">121</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Loret (J.), <a href="#Page_131">131</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Loterie d'amour (la), <a href="#Page_93">93</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Louis IX, <a href="#Page_113">113</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Louis XI, <a href="#Page_19">19</a> à
-<a href="#Page_21">21</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Louis XIII, <a href="#Page_2">2</a>, <a href="#Page_28">28</a>,
-<a href="#Page_48">48</a>, <a href="#Page_49">49</a>, <a href="#Page_56">56</a>,
-<a href="#Page_61">61</a>, <a href="#Page_74">74</a>,
-<a href="#Page_174">174</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Louis XIV, <a href="#Page_3">3</a>, <a href="#Page_28">28</a>,
-<a href="#Page_31">31</a>, <a href="#Page_37">37</a>, <a href="#Page_56">56</a>,
-<a href="#Page_61">61</a> à <a href="#Page_64">64</a>, <a href="#Page_77">77</a>,
-<a href="#Page_85">85</a>, <a href="#Page_86">86</a>, <a href="#Page_99">99</a>,
-<a href="#Page_109">109</a>, <a href="#Page_118">118</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Louvre (musée du), <a href="#Page_6">6</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Louvre (palais du), <a href="#Page_22">22</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Lubin, <i>graveur</i>, <a href="#Page_56">56</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Lully (J. B.), <a href="#Page_58">58</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Lunatique, <i>perruque</i>, <a href="#Page_69">69</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Luxembourg (maréchal de), <a href="#Page_58">58</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Luynes (connétable de), <a href="#Page_53">53</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Luynes (duc de), <a href="#Page_79">79</a>,
-<a href="#Page_85">85</a>.</li>
-
-
-<li class="ifrst"> <i>Magasin des modes</i>, <a href="#Page_145">145</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Magny, <a href="#Page_119">119</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Mains (propreté des), <a href="#Page_25">25</a>,
-<a href="#Page_26">26</a>, <a href="#Page_32">32</a>, <a href="#Page_37">37</a>,
-<a href="#Page_112">112</a>, <a href="#Page_163">163</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Maintenon (mad. de), <a href="#Page_131">131</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Maître-d'hôtel (perruque à la), <a href="#Page_69">69</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Maîtrises (créations de), <a href="#Page_109">109</a>,
-<a href="#Page_110">110</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Majestueuse (la), <i>mouche</i>, <a href="#Page_96">96</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Malherbe, <a href="#Page_56">56</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Mansart, <a href="#Page_58">58</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Manteau (tenue du), <a href="#Page_195">195</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Marais (théâtre du), <a href="#Page_131">131</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Marana (J. P.), <a href="#Page_67">67</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Marat, <a href="#Page_119">119</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Marca (P. de), <a href="#Page_57">57</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Marcel (A.), <a href="#Page_44">44</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Marchand (A. H.), <a href="#Page_68">68</a>,
-<a href="#Page_149">149</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Marchand (article), <a href="#Page_108">108</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Marcher (manière de), <a href="#Page_173">173</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Marconi, <a href="#Page_9">9</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Marguerite de Navarre, <a href="#Page_25">25</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Marguerite de Valois, <a href="#Page_60">60</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Marie-Antoinette, <a href="#Page_120">120</a>,
-<a href="#Page_149">149</a>, <a href="#Page_152">152</a>,
-<a href="#Page_157">157</a>, <a href="#Page_158">158</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Marie Stuart (coiffure à la), <a href="#Page_47">47</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Marie-Thérèse, <a href="#Page_85">85</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Marin (F.), <a href="#Page_148">148</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Marmot, <i>enseigne</i>, <a href="#Page_113">113</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Marmouzets (rue des), <a href="#Page_118">118</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Marot (Clément), <a href="#Page_22">22</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Marot (J.), <a href="#Page_85">85</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Marron, <i>boucle de cheveux</i>, <a href="#Page_154">154</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Marsillac (prince de), <a href="#Page_80">80</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Marteaux (perruques à), <a href="#Page_70">70</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Martin, <i>coiffeuse</i>, <a href="#Page_131">131</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Masques, <a href="#Page_35">35</a>, <a href="#Page_98">98</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Masson (Ant.), <a href="#Page_53">53</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Masson (Papire), <a href="#Page_56">56</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Mazarin (duchesse de), <a href="#Page_6">6</a>,
-<a href="#Page_94">94</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Médecins, <a href="#Page_2">2</a>, <a href="#Page_41">41</a>,
-<a href="#Page_70">70</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Mêlée (perruque), <a href="#Page_113">113</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Ménage (G.), <a href="#Page_53">53</a>,
-<a href="#Page_58">58</a>.</li>
-
-<li class="indx"> <i>Ménagier de Paris</i>, <a href="#Page_29">29</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Menuisiers, <a href="#Page_19">19</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Mercier (Séb.), <a href="#Page_103">103</a>,
-<a href="#Page_153">153</a>, <a href="#Page_154">154</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Merciers, <a href="#Page_100">100</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Mercure, <i>remède</i>, <a href="#Page_115">115</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Merlans, <i>coiffeurs</i>, <a href="#Page_104">104</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Métra, <a href="#Page_149">149</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Meurisse, <a href="#Page_120">120</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Michaud (J.), <a href="#Page_21">21</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Michel (saint), <a href="#Page_113">113</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Minerve (coiffure à la), <a href="#Page_142">142</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Modernes (maîtres), <a href="#Page_106">106</a>,
-<a href="#Page_107">107</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Modestie (coiffure à la), <a href="#Page_145">145</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Molière, <a href="#Page_43">43</a>, <a href="#Page_56">56</a>,
-<a href="#Page_87">87</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Monstrelet (E. de), <a href="#Page_74">74</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Montfaucon (B. de), <a href="#Page_32">32</a>,
-<a href="#Page_35">35</a>, <a href="#Page_42">42</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Montglat (mad. de), <a href="#Page_21">21</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Montgobert, <a href="#Page_132">132</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Montgolfier (coiffure à la), <a href="#Page_149">149</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Morfondus (quai des), <a href="#Page_122">122</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Morts (cheveux), <a href="#Page_66">66</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Motteville (mad. de), <a href="#Page_37">37</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Moucher (manière de se), <a href="#Page_26">26</a>,
-<a href="#Page_27">27</a>, <a href="#Page_164">164</a>, <a href="#Page_167">167</a>,
-<a href="#Page_174">174</a>, <a href="#Page_184">184</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Mouches, <a href="#Page_92">92</a> et s.,
-<a href="#Page_201">201</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Mouchoir, <a href="#Page_184">184</a>,
-<a href="#Page_202">202</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Moulin à vent (coiffure en), <a href="#Page_145">145</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Mousquetaire, <i>perruque</i>, <a href="#Page_69">69</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Moustaches, <a href="#Page_49">49</a>,
-<a href="#Page_53">53</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Moutonne, <i>perruque</i>, <a href="#Page_67">67</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Mystère (coiffure au), <a href="#Page_142">142</a>.</li>
-
-
-<li class="ifrst"> Naissante (perruque), <a href="#Page_68">68</a>,
-<a href="#Page_70">70</a>, <a href="#Page_71">71</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Natation (écoles de)—Voy. <i>Bains froids</i>.</li>
-
-<li class="indx"> Nation (coiffure à la), <a href="#Page_145">145</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Nattes, <a href="#Page_47">47</a>, <a href="#Page_59">59</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Naturelle (perruque à la), <a href="#Page_68">68</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Néron, <a href="#Page_19">19</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Neuve-Montmartre (rue), <a href="#Page_118">118</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Nez (souffler du), <a href="#Page_174">174</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Nez (propreté du), <a href="#Page_26">26</a>,
-<a href="#Page_164">164</a>, <a href="#Page_173">173</a>,
-<a href="#Page_201">201</a>.—Voy. <i>Moucher</i>.</li>
-
-<li class="indx"> Nicolas-Flamel (rue), <a href="#Page_10">10</a>,
-<a href="#Page_113">113</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Nicot (J.), <a href="#Page_86">86</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Nœuds (perruque à), <a href="#Page_68">68</a>,
-<a href="#Page_70">70</a>, <a href="#Page_71">71</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Normandie (cheveux de), <a href="#Page_66">66</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Nouée (perruque), <a href="#Page_68">68</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Nouvelle mode (perruque à la), <a href="#Page_68">68</a>.</li>
-
-
-<li class="ifrst"> Oiseau royal, <i>perruque</i>, <a href="#Page_68">68</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Olonne (mad. d'), <a href="#Page_80">80</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Ongles, <a href="#Page_87">87</a>,
-<a href="#Page_164">164</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Opéra, <a href="#Page_157">157</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Ordinaire (perruque à l'), <a href="#Page_68">68</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Oreilles (boucles d'), <a href="#Page_199">199</a>,
-<a href="#Page_200">200</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Oreilles (perruques à), <a href="#Page_69">69</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Oreilles (propreté des), <a href="#Page_167">167</a>,
-<a href="#Page_199">199</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Orléans (Gaston d'), <a href="#Page_67">67</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Orléans (rue d'), <a href="#Page_118">118</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Orsay (quai d'), <a href="#Page_128">128</a>.</li>
-
-
-<li class="ifrst"> Palais (boulevard du), <a href="#Page_10">10</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Palais (perruque de), <a href="#Page_69">69</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Palais de Justice, <a href="#Page_21">21</a>,
-<a href="#Page_22">22</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Palais-Royal, <a href="#Page_63">63</a>,
-<a href="#Page_129">129</a>, <a href="#Page_132">132</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Pantalons à pieds, <a href="#Page_5">5</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Panurge (perruque à la), <a href="#Page_70">70</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Papillon constant, <i>coiffure</i>,
-<a href="#Page_142">142</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Parc anglais, <i>coiffure</i>, <a href="#Page_145">145</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Paré (Ambroise), <a href="#Page_2">2</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Paralysie, <a href="#Page_115">115</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Paresseuse, <i>perruque</i>, <a href="#Page_69">69</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Parfait, <i>maître-d'hôtel de Henri IV</i>,
-<a href="#Page_82">82</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Parfums, <a href="#Page_31">31</a>,
-<a href="#Page_90">90</a>.—Voy. <i>Cosmétiques</i>, <i>fards</i>, etc.</li>
-
-<li class="indx"> Parisienne, <i>perruque</i>, <a href="#Page_69">69</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Parler (manière de), <a href="#Page_166">166</a>,
-<a href="#Page_167">167</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Parterre galant (coiffure au), <a href="#Page_145">145</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Pascal, <i>perruquier</i>, <a href="#Page_62">62</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Passionnée (la), <i>mouche</i>, <a href="#Page_96">96</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Patin (Gui), <a href="#Page_90">90</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Pâtissiers, <a href="#Page_174">174</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Patron des étuveurs, des perruquiers,
-<a href="#Page_113">113</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Paul (Vincent de), <a href="#Page_57">57</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Pavé (le haut du), <a href="#Page_189">189</a>,
-<a href="#Page_190">190</a>, <a href="#Page_192">192</a>,
-<a href="#Page_194">194</a>, <a href="#Page_207">207</a>.—Voyez <i>Honneur</i>.</li>
-
-<li class="indx"> Pays (cheveux de), <a href="#Page_66">66</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Pédules, <a href="#Page_5">5</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Peignes, <a href="#Page_5">5</a>, <a href="#Page_6">6</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Peignes <i>pour gratter aux portes</i>,
-<a href="#Page_88">88</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Peignoirs de bain, <a href="#Page_14">14</a>,
-<a href="#Page_19">19</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Peintres (impasse des), <a href="#Page_10">10</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Peiresc (Fabri de), <a href="#Page_56">56</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Pelé, <i>perruquier</i>, <a href="#Page_62">62</a>,
-<a href="#Page_65">65</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Pelleterie (rue de la), <a href="#Page_11">11</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Pellisson (P.), <a href="#Page_58">58</a>,
-<a href="#Page_61">61</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Penthièvre (duc de), <a href="#Page_147">147</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Perrault (Ch.), <a href="#Page_53">53</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Perrette de Châlons, <a href="#Page_21">21</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Perruques, <a href="#Page_56">56</a> et s.</li>
-
-<li class="indx"> Perruquiers, <a href="#Page_36">36</a>,
-<a href="#Page_64">64</a> et s.—Voy. <i>Barbiers</i>, <i>coiffeurs</i>, etc.</li>
-
-<li class="indx"> Perruquiers en vieux, <a href="#Page_113">113</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Persane (coiffure à la), <a href="#Page_145">145</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Petit-maître (perruque au), <a href="#Page_69">69</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Petit-Musc (hôtel du), <a href="#Page_22">22</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Petitot (C. B.), <a href="#Page_37">37</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Petits-Champs (rue des), <a href="#Page_63">63</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Pets, <a href="#Page_28">28</a>, <a href="#Page_164">164</a>,
-<a href="#Page_170">170</a>, <a href="#Page_180">180</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Philadelphie (coiffure à la), <a href="#Page_148">148</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Philippe-Auguste, <a href="#Page_48">48</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Philippe VI, <a href="#Page_48">48</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Phrygienne (coiffure à la), <a href="#Page_145">145</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Pieds (propreté des), <a href="#Page_5">5</a>,
-<a href="#Page_6">6</a>, <a href="#Page_20">20</a>, <a href="#Page_29">29</a>,
-<a href="#Page_43">43</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Pierrot (coiffure à la), <a href="#Page_145">145</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Pignet (Mace), <i>tonnelier</i>, <a href="#Page_19">19</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Pipes, <a href="#Page_201">201</a>.—Voy. <i>Tabac</i>.</li>
-
-<li class="indx"> Pithou (Pierre), <a href="#Page_56">56</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Placet, <i>siége</i>, <a href="#Page_86">86</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Pline, <a href="#Page_166">166</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Plus tôt fait (perruque à la), <a href="#Page_69">69</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Poitevin, <i>baigneur</i>, <a href="#Page_127">127</a> à
-<a href="#Page_128">128</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Poitier, <i>coiffeuse</i>, <a href="#Page_132">132</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Polastron (de), <a href="#Page_79">79</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Pompadour (marquise de), <a href="#Page_132">132</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Pontchartrain (L. P. de), <a href="#Page_57">57</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Pont Royal, <a href="#Page_124">124</a>,
-<a href="#Page_127">127</a>, <a href="#Page_128">128</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Popincourt, <a href="#Page_115">115</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Porte-aux-Peintres (cul-de-sac de la),
-<a href="#Page_10">10</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Portes (gratter aux), <a href="#Page_86">86</a>,
-<a href="#Page_87">87</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Port-Mahon (perruque à la), <a href="#Page_68">68</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Portugal (rouge de), <a href="#Page_141">141</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Pot à eau, <a href="#Page_19">19</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Potel, <a href="#Page_50">50</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Potiquet, <i>perruquier</i>, <a href="#Page_65">65</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Poudre à poudrer, <a href="#Page_56">56</a>,
-<a href="#Page_97">97</a> et s., <a href="#Page_153">153</a>,
-<a href="#Page_200">200</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Poufs, <a href="#Page_146">146</a>,
-<a href="#Page_147">147</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Poussin (Nicolas), <a href="#Page_58">58</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Poux, <a href="#Page_28">28</a>, <a href="#Page_31">31</a>,
-<a href="#Page_153">153</a>, <a href="#Page_164">164</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Prêteuses de têtes, <a href="#Page_134">134</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Prévôt de Paris, <a href="#Page_14">14</a>,
-<a href="#Page_15">15</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Prie (marquise de), <a href="#Page_132">132</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Propreté, <a href="#Page_3">3</a> et s.—Voy. <i>Bouche</i>,
-<i>dents</i>, <i>mains</i>, <i>nez</i>, <i>oreilles</i>, <i>pieds</i>, <i>tête</i>,
-<i>visage</i>, etc.</li>
-
-<li class="indx"> Prudence (perruque à la), <a href="#Page_69">69</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Prud'homme, <i>baigneur</i>, <a href="#Page_117">117</a>,
-<a href="#Page_118">118</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Puce (pouf à la), <a href="#Page_147">147</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Puces, <a href="#Page_29">29</a> et s.,
-<a href="#Page_164">164</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Punaises, <a href="#Page_31">31</a>,
-<a href="#Page_38">38</a>.</li>
-
-
-<li class="ifrst"> Quatre-Nations (quai des), <a href="#Page_122">122</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Quentin, <i>barbier du roi</i>, <a href="#Page_63">63</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Quesaco, <i>coiffure</i>, <a href="#Page_148">148</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Queue, <i>de cheveux</i>, <a href="#Page_68">68</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Quicherat (J.), <a href="#Page_44">44</a>,
-<a href="#Page_59">59</a>, <a href="#Page_104">104</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Quinault (Phil.), <a href="#Page_58">58</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Quinze-Vingts, <a href="#Page_132">132</a>,
-<a href="#Page_136">136</a>.</li>
-
-
-<li class="ifrst"> Racine (Jean), <a href="#Page_58">58</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Rambouillet (hôtel de), <a href="#Page_43">43</a>,
-<a href="#Page_79">79</a>, <a href="#Page_86">86</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Rapée (la), <a href="#Page_122">122</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Raucourt (coiffure à la), <a href="#Page_148">148</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Ravir (perruque à), <a href="#Page_69">69</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Raynaud (Th.), <a href="#Page_77">77</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Recevoir (manière de), <a href="#Page_196">196</a>,
-<a href="#Page_204">204</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Recherche (coiffure à la), <a href="#Page_145">145</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Reconduire, <a href="#Page_187">187</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Régence (perruque à la), <a href="#Page_68">68</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Reiset (comte de), <a href="#Page_120">120</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Renardière, <a href="#Page_29">29</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Renifler, <a href="#Page_174">174</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Repas, <a href="#Page_26">26</a> à <a href="#Page_28">28</a>,
-<a href="#Page_43">43</a>, <a href="#Page_78">78</a> et s.</li>
-
-<li class="indx"> Rhinocéros (perruque à la), <a href="#Page_68">68</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Richard, <i>dominicain</i>, <a href="#Page_9">9</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Richelieu, <a href="#Page_48">48</a>, <a href="#Page_49">49</a>,
-<a href="#Page_56">56</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Richelieu (rue), <a href="#Page_118">118</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Rigault (Nicolas), <a href="#Page_58">58</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Rire (manière de), <a href="#Page_176">176</a>,
-<a href="#Page_186">186</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Robespierre, <a href="#Page_104">104</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Robin (perruque à la), <a href="#Page_67">67</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Rocher (pouf en), <a href="#Page_147">147</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Ronde (perruque), <a href="#Page_67">67</a>.</li>
-
-<li class="indx"> <i>Rose</i> (<i>roman de la</i>), <a href="#Page_19">19</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Rosette (perruque à), <a href="#Page_70">70</a>,
-<a href="#Page_71">71</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Rossignol, <i>perruquier</i>, <a href="#Page_65">65</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Rots, <a href="#Page_28">28</a>, <a href="#Page_164">164</a>,
-<a href="#Page_170">170</a>, <a href="#Page_178">178</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Rouge, <i>fard</i>, <a href="#Page_6">6</a>,
-<a href="#Page_97">97</a>, <a href="#Page_141">141</a>,
-<a href="#Page_201">201</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Rouleaux (coiffure en), <a href="#Page_145">145</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Royale (perruque), <a href="#Page_67">67</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Ruvigny (marquis de), <a href="#Page_27">27</a>.</li>
-
-
-<li class="ifrst"> Saba (reine de), <a href="#Page_47">47</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Saint-Antoine (rue), <a href="#Page_6">6</a>,
-<a href="#Page_94">94</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Saint-Bernard (porte), <a href="#Page_121">121</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Saint-Denis (rue), <a href="#Page_96">96</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Saint-Germain des Prés (abbaye de),
-<a href="#Page_85">85</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Saint-Honoré (rue), <a href="#Page_141">141</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Saint-Louis (île), <a href="#Page_124">124</a>,
-<a href="#Page_128">128</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Saint-Louis (rue), <a href="#Page_141">141</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Sainte-Marthe (Scévole de), <a href="#Page_56">56</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Saint-Nicolas (port), <a href="#Page_122">122</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Saint-Paul (hôtel), <a href="#Page_22">22</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Saint-Réal, <a href="#Page_9">9</a>,
-<a href="#Page_94">94</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Saint-Simon, <a href="#Page_74">74</a>,
-<a href="#Page_117">117</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Saint-Sacrement, <a href="#Page_90">90</a>,
-<a href="#Page_207">207</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Saliat (Pierre), <a href="#Page_165">165</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Saluer (manières de), <a href="#Page_73">73</a> et s.,
-<a href="#Page_77">77</a>, <a href="#Page_80">80</a> et s.,
-<a href="#Page_90">90</a>, <a href="#Page_172">172</a>, <a href="#Page_181">181</a>,
-<a href="#Page_193">193</a>, <a href="#Page_194">194</a>,
-<a href="#Page_202">202</a> à <a href="#Page_207">207</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Sans redoute, <i>coiffure</i>, <a href="#Page_145">145</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Santeuil (J.), <a href="#Page_58">58</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Sapho moderne (coiffure à la), <a href="#Page_142">142</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Sarrazin (J. F.), <a href="#Page_54">54</a>,
-<a href="#Page_58">58</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Sartine (perruque à la), <a href="#Page_68">68</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Sauvageot (collection), <a href="#Page_6">6</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Sauval (H.), <a href="#Page_22">22</a>,
-<a href="#Page_116">116</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Sauval (rue), <a href="#Page_10">10</a>,
-<a href="#Page_12">12</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Savary (J.), <a href="#Page_66">66</a>,
-<a href="#Page_110">110</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Scaliger (J.), <a href="#Page_57">57</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Scarron, <a href="#Page_87">87</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Sciatique, <a href="#Page_115">115</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Séguier (chancelier), <a href="#Page_57">57</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Senault (J. F.), <a href="#Page_57">57</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Sénèque, <a href="#Page_19">19</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Sentiment (pouf au), <a href="#Page_146">146</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Sergents à verge, <a href="#Page_108">108</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Serviettes, <a href="#Page_32">32</a>,
-<a href="#Page_123">123</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Sévigné (coiffure à la), <a href="#Page_47">47</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Sévigné (mad. de), <a href="#Page_85">85</a>,
-<a href="#Page_116">116</a>, <a href="#Page_131">131</a>,
-<a href="#Page_132">132</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Siéges, <a href="#Page_183">183</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Singulière (perruque à la), <a href="#Page_69">69</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Sirmond (Jacques), <a href="#Page_56">56</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Sobry (J. F.), <a href="#Page_73">73</a>,
-<a href="#Page_103">103</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Socrate, <a href="#Page_174">174</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Sonnettes, <a href="#Page_187">187</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Sophie (pouf à la), <a href="#Page_147">147</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Soufflet, <a href="#Page_201">201</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Sourcils, <a href="#Page_54">54</a>,
-<a href="#Page_201">201</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Souvré (de), <a href="#Page_28">28</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Sponde (Henri de), <a href="#Page_57">57</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Stoïciens, <a href="#Page_165">165</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Suisses (gardes), <a href="#Page_112">112</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Sully, <a href="#Page_38">38</a>, <a href="#Page_82">82</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Sulpice (Jean), <a href="#Page_163">163</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Sylphide (coiffure à la), <a href="#Page_142">142</a>.</li>
-
-
-<li class="ifrst"> Tabac, <a href="#Page_184">184</a>, <a href="#Page_201">201</a>,
-<a href="#Page_202">202</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Taille de 1292<a href="#Page_12">12</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Tallemant des Réaux, <a href="#Page_25">25</a>,
-<a href="#Page_27">27</a>, <a href="#Page_28">28</a>, <a href="#Page_29">29</a>,
-<a href="#Page_38">38</a>, <a href="#Page_49">49</a>, <a href="#Page_50">50</a>,
-<a href="#Page_53">53</a>, <a href="#Page_60">60</a>, <a href="#Page_93">93</a>,
-<a href="#Page_98">98</a>, <a href="#Page_129">129</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Témoin discret, <i>coiffure</i>, <a href="#Page_142">142</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Térence, <a href="#Page_178">178</a>,
-<a href="#Page_180">180</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Tertullien, <a href="#Page_59">59</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Tête (propreté de la), <a href="#Page_5">5</a>,
-<a href="#Page_6">6</a>, <a href="#Page_28">28</a>, <a href="#Page_31">31</a>,
-<a href="#Page_32">32</a>, <a href="#Page_42">42</a>, <a href="#Page_164">164</a>,
-<a href="#Page_171">171</a>, <a href="#Page_179">179</a>,
-<a href="#Page_199">199</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Têtes à perruque, <a href="#Page_91">91</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Thibaut-aux-Dés (rue), <a href="#Page_141">141</a>.—Voy.
-<i>Abreuvoir</i>.</li>
-
-<li class="indx"> Thiers (J. B.), <a href="#Page_61">61</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Thiéry, <a href="#Page_124">124</a>,
-<a href="#Page_129">129</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Thomassin (L.), <a href="#Page_58">58</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Thou (J. A. de), <a href="#Page_57">57</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Timidité, <a href="#Page_175">175</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Tonneliers, <a href="#Page_19">19</a>,
-<a href="#Page_119">119</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Tonsure <i>de perruque</i>, <a href="#Page_70">70</a>,
-<a href="#Page_71">71</a>.</li>
-
-<li class="indx"> <i>Touriste</i> (le), <a href="#Page_127">127</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Tournelle (pont de la), <a href="#Page_123">123</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Tours, <a href="#Page_74">74</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Tousser (manière de), <a href="#Page_164">164</a>,
-<a href="#Page_167">167</a>, <a href="#Page_170">170</a>,
-<a href="#Page_178">178</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Trabouillet, <a href="#Page_64">64</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Trévoux (<i>Dictionnaire</i> de), <a href="#Page_54">54</a>,
-<a href="#Page_74">74</a>, <a href="#Page_85">85</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Tricorne, <i>chapeau</i>, <a href="#Page_73">73</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Triomphe de l'aurore, <i>coiffure</i>,
-<a href="#Page_142">142</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Tronchin (perruque à la), <a href="#Page_69">69</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Troyes (Jean de), <a href="#Page_20">20</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Tuileries (palais des), <a href="#Page_174">174</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Tumeurs froides, <a href="#Page_115">115</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Turenne, <a href="#Page_27">27</a>, <a href="#Page_57">57</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Turque (coiffure à la), <a href="#Page_145">145</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Turque (pouf à la), <a href="#Page_147">147</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Turquin, <i>baigneur</i>, <a href="#Page_123">123</a>,
-<a href="#Page_124">124</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Tutoiement, <a href="#Page_86">86</a>.</li>
-
-
-<li class="ifrst"> Urfé (H. d'), <a href="#Page_58">58</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Uriner (manière d'), <a href="#Page_172">172</a>,
-<a href="#Page_179">179</a>.</li>
-
-
-<li class="ifrst"> Vagabonds, <a href="#Page_13">13</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Valois (rue de), <a href="#Page_129">129</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Varennes (fuite de), <a href="#Page_120">120</a>,
-<a href="#Page_158">158</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Ventouses, <a href="#Page_114">114</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Vernet (Carle), <a href="#Page_100">100</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Verneuil (mad. de), <a href="#Page_29">29</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Verneuil (rue de), <a href="#Page_12">12</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Versailles (château de), <a href="#Page_62">62</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Vert (Claude de), <a href="#Page_6">6</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Vesses, <a href="#Page_165">165</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Vêtements (propreté des), <a href="#Page_163">163</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Veuves de maîtres, <a href="#Page_108">108</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Victoire (coiffure à la), <a href="#Page_148">148</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Vieillard (perruque au), <a href="#Page_69">69</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Vieille-du-Temple (rue), <a href="#Page_118">118</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Vieilles-Étuves (rue des), <a href="#Page_10">10</a>,
-<a href="#Page_12">12</a></li>
-
-<li class="indx"> Vierge (la), <a href="#Page_47">47</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Vifs (cheveux), <a href="#Page_66">66</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Villars (maréchal de), <a href="#Page_79">79</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Ville de Paris (biblioth. de la), <a href="#Page_145">145</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Vincent, <i>perruquier</i>, <a href="#Page_62">62</a>,
-<a href="#Page_65">65</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Visage (propreté du), <a href="#Page_32">32</a>,
-<a href="#Page_35">35</a>, <a href="#Page_37">37</a>, <a href="#Page_163">163</a>,
-<a href="#Page_200">200</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Visitandines, <a href="#Page_6">6</a>,
-<a href="#Page_94">94</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Visites, <a href="#Page_182">182</a>,
-<a href="#Page_187">187</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Visme (de), <a href="#Page_157">157</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Voiture (V.), <a href="#Page_54">54</a>,
-<a href="#Page_57">57</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Voix, <a href="#Page_167">167</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Vol d'amour, <i>coiffure</i>, <a href="#Page_145">145</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Voleuse (la), <i>mouche</i>, <a href="#Page_96">96</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Voltaire (coiffure à la), <a href="#Page_148">148</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Vomir, <a href="#Page_170">170</a>,
-<a href="#Page_178">178</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Vouet (Simon), <a href="#Page_58">58</a>.</li>
-
-
-<li class="ifrst"> Wagnière (J. L.), <a href="#Page_121">121</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Walckenaer (baron), <a href="#Page_116">116</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Willemin, <a href="#Page_47">47</a>.</li>
-
-
-<li class="ifrst"> Yeux (propreté des), <a href="#Page_42">42</a>,
-<a href="#Page_170">170</a>, <a href="#Page_171">171</a>.</li>
-
-
-<li class="ifrst"> Zamet (hôtel de), <a href="#Page_116">116</a>.</li>
-
-<li class="indx"> Zodiacale (coiffure à la), <a href="#Page_142">142</a>.</li>
-</ul>
-
-
-<hr class="chap" />
-
-<p><span class="pagenum"><a name="Page_221" id="Page_221">[Pg 221]</a></span></p>
-
-
-
-
-<div class="chapter">
- <h2><a name="ADDITIONS" id="ADDITIONS"></a>ADDITIONS</h2>
-</div>
-
-
-<div class="bq">
-
-<p>Page <a href="#Page_28">28</a>, après: <i>qu'elles effacent les vostres</i>,
-la phrase suivante a été oubliée:</p></div>
-
-<p>Rabelais<a name="FNanchor_297_297"
-id="FNanchor_297_297"></a><a href="#Footnote_297_297"
-class="fnanchor">[297]</a> raconte comme chose fort ordinaire
-que Panurge cueillit un pou sur le sein de la belle
-lingère du Palais. Panurge l'y avait mis, c'est vrai;
-mais la belle lingère ne semble pas s'être étonnée
-le moins du monde de la découverte.</p>
-
-<div class="bq">
-
-<p>Page <a href="#Page_82">82</a>, ajouter le passage suivant, que j'emprunte à
-Saint-Simon. C'est de Louis XIV qu'il est ici question:</p></div>
-
-<p>«Jamais homme si naturellement poli, ni d'une
-politesse si fort mesurée, si fort par degrés, ni qui
-distinguât mieux l'âge, le mérite, le rang, et dans
-ses réponses quand elles passoient le <i>je verrai</i>, et
-dans ses manières. Ces étages divers se marquoient
-exactement dans sa manière de saluer et de recevoir
-les révérences, lorsqu'on partoit ou qu'on
-arrivoit. Il étoit admirable à recevoir différemment
-<span class="pagenum"><a name="Page_222" id="Page_222">[Pg 222]</a></span>
-les saluts à la tête des lignes de l'armée ou aux
-revues. Mais surtout pour les femmes, rien n'étoit
-pareil. Jamais il n'a passé devant la moindre coiffe
-sans soulever son chapeau, je dis aux femmes de
-chambre, et qu'il connoissoit pour telles, comme
-cela arrivoit souvent à Marly. Aux dames, il ôtoit
-son chapeau tout à fait, mais de plus ou moins
-loin; aux gens titrés, à demi, et le tenoit en l'air
-on à son oreille quelques instants plus ou moins
-marqués. Aux seigneurs, mais qui l'étoient, il se
-contentoit de mettre la main au chapeau. Il l'ôtoit
-comme aux dames pour les princes du sang. S'il
-abordoit des dames, il ne se couvroit qu'après les
-avoir quittées. Tout cela n'étoit que dehors, car
-dans la maison il n'étoit jamais couvert. Ses révérences,
-plus ou moins marquées, mais toujours
-légères, avoient une grâce et une majesté incomparables,
-jusqu'à sa manière de se soulever à demi à
-son souper pour chaque dame assise<a name="FNanchor_298_298"
-id="FNanchor_298_298"></a><a href="#Footnote_298_298"
-class="fnanchor">[298]</a> qui arrivoit,
-non pour aucune autre, ni pour les princes du sang;
-mais sur les fins cela le fatiguoit, quoiqu'il ne l'ait
-jamais cessé, et les dames assises évitoient d'entrer
-à son souper quand il étoit commencé.» <i>Mémoires</i>,
-édit. de 1881, t. XII, p. 75.</p>
-
-<div class="bq">
-
-<p><span class="smcap">Ajouter</span>, p. <a href="#Footnote_298_298">60</a>,
-après la citation de Guillaume Coquillart:</p></div>
-
-<p>«Les rois de France portaient autrefois une
-longue chevelure, ce qui n'était permis qu'aux
-princes du sang. Tous les anciens portraits des rois
-<span class="pagenum"><a name="Page_223" id="Page_223">[Pg 223]</a></span>
-sont ainsi chevelus: il y a peu de temps que cette
-coutume a été abandonnée. Le Roi (Henri III),
-d'après les conseils de ses médecins, s'est fait raser
-tous les cheveux; il porte un béret semblable de
-forme au bonnet polonais, qu'il n'ôte jamais, ni en
-présence des ambassadeurs ni même à l'église. Il a
-une chevelure postiche très riche et très belle<a name="FNanchor_299_299"
-id="FNanchor_299_299"></a><a href="#Footnote_299_299" class="fnanchor">[299]</a>.»
-<i>Voyage de Jérôme Lippomano, ambassadeur en
-France en 1577</i>, dans les <i>Relations des ambassadeurs
-vénitiens</i>, t. II, p. 568.</p>
-
-
-<p class="ac">PARIS. TYPOGRAPHIE E. PLON, NOURRIT ET C<sup>ie</sup>,
-RUE GARANCIÈRE, 8.</p>
-
-
-<hr class="chap" />
-
-<p><span class="pagenum"><a name="Page_2-1" id="Page_2-1">[Pg 1]</a></span></p>
-
-
-<div class="chapter">
- <h2><a name="APPENDICE" id="APPENDICE"></a>APPENDICE</h2>
-</div>
-
-
-<p class="ac">AVERTISSEMENT</p>
-
-<p>Mon intention, en écrivant ces petits volumes,
-a été de pénétrer dans la vie privée de
-nos pères, de les montrer tels qu'ils étaient
-dans l'intimité, de mettre en lumière les petits
-côtés de leur existence, ceux qu'ont systématiquement
-négligés tous les historiens.</p>
-
-<p>De là, la nécessité d'aborder parfois certains
-sujets scabreux, difficiles à traiter aujourd'hui.
-Il est clair, par exemple, que, recherchant les
-secrets de la toilette, je ne pouvais passer sous
-silence la coutume de l'épilation; que voulant
-reconstituer les règles du savoir-vivre, j'étais
-bien forcé de rappeler qu'au seizième siècle
-le meilleur monde autorisait sur beaucoup de
-points un laisser aller qui révolterait notre
-société actuelle<a name="FNanchor_300_300"
-id="FNanchor_300_300"></a><a href="#Footnote_300_300"
-class="fnanchor">[300]</a>.</p>
-
-<p><span class="pagenum"><a name="Page_2-2" id="Page_2-2">[Pg 2]</a></span></p>
-
-<p>Afin de concilier le respect des bienséances
-avec mes devoirs d'écrivain consciencieux, j'ai
-pris le parti de réserver pour un Appendice
-facile à détacher du volume, les renseignements
-qui s'adressent surtout aux érudits. On y trouvera
-aussi certaines pièces que notre pruderie
-moderne,—pruderie dans les mots, s'entend,—ne
-m'eût pas pardonné de produire au trop
-grand jour.</p>
-
-<p>A tort ou à raison, nos pères n'y regardaient
-pas de si près. Ainsi, au seizième siècle,
-les vers de Pierre Broë étaient répandus
-dans toutes les écoles, et on les faisait apprendre
-par cœur aux enfants; ils n'ont
-même été composés que pour cela. Et qu'on
-ne suppose pas que ce soit là un fait isolé. En
-veut-on une preuve? Le vertueux Mathurin
-Cordier, le pédagogue le plus accompli du
-seizième siècle, celui qui avait pris pour devise:
-<i>Pietas et boni mores cum litterarum elegantia</i>,
-publia vers 1563 des entretiens destinés
-à former les mœurs des enfants, en même
-temps qu'à les familiariser avec la langue latine.
-Le livre eut un immense succès, les éditions
-s'en multiplièrent, et deux ou trois amis de la
-jeunesse se chargèrent de le traduire en français.</p>
-
-<p><span class="pagenum"><a name="Page_2-3" id="Page_2-3">[Pg 3]</a></span></p>
-
-<p>J'ai sous les yeux une de ces traductions,
-donnée en 1672 sous ce titre: <i>Nouvelle traduction
-des colloques de Mathurin Cordier.
-Corrigée d'un grand nombre de fautes, et
-mise dans la pureté des deux langues, pour
-la plus grande facilité des enfans</i>. J'en
-extrait trois passages, qui suffiront pour donner
-une idée de l'ensemble.</p>
-
-<div class="bq">
-
-<p><span class="smcap">LE MAISTRE.</span>—D'où venez-vous?</p>
-
-<p><span class="smcap">L'ENFANT.</span>—Je viens d'en bas.</p>
-
-<p><span class="smcap">LE MAISTRE.</span>—Quelle affaire aviez-vous en bas?</p>
-
-<p><span class="smcap">L'ENFANT.</span>—J'estois allé pour
-pisser<a name="FNanchor_301_301"
-id="FNanchor_301_301"></a><a href="#Footnote_301_301" class="fnanchor">[301]</a>.</p>
-<p class="ar">Livre I, colloque 23, page 33.</p>
-
-<p class="p2"><span class="smcap">ROSSET.</span>—Je vous diray encore un autre usage
-du papier, et très-fréquent au collége.</p>
-
-<p><span class="smcap">LE MOINE.</span>—Quel?</p>
-
-<p><span class="smcap">ROSSET.</span>—Je n'oserois pas le dire sans
-compliment<a name="FNanchor_302_302"
-id="FNanchor_302_302"></a><a href="#Footnote_302_302" class="fnanchor">[302]</a>.</p>
-
-<p><span class="smcap">LE MOINE.</span>—Qu'est-il besoin de faire des compliments
-entre amis, car les paroles ne puent pas.</p>
-
-<p><span class="smcap">ROSSET.</span>—Je le diray donc, puisque vous le
-voulez.</p>
-
-<p><span class="smcap">LE MOINE.</span>—Dites librement.</p>
-
-<p><span class="smcap">ROSSET.</span>—Pour torcher son derrière au
-privé<a name="FNanchor_303_303"
-id="FNanchor_303_303"></a><a href="#Footnote_303_303" class="fnanchor">[303]</a>.</p>
-
-<p class="ar">
-Livre I, colloque 27, page 41.</p>
-
-<p class="p2"><span class="smcap">LE MAISTRE.</span>—A quelle heure vous êtes-vous
-éveillé ce matin?</p></div>
-
-<p><span class="pagenum"><a name="Page_2-4" id="Page_2-4">[Pg 4]</a></span></p>
-
-<div class="bq">
-
-<p><span class="smcap">L'ENFANT.</span>—Avant le jour; je ne sçay à quelle
-heure.</p>
-
-<p><span class="smcap">LE MAISTRE.</span>—Qui vous a éveillé?</p>
-
-<p><span class="smcap">L'ENFANT.</span>—Le réveilleur de la semaine est venu
-avec sa lanterne, il a heurté fort à la porte de ma
-chambre...</p>
-
-<p><span class="smcap">LE MAISTRE.</span>—Dites moy par ordre tout ce que
-vous avez fait depuis ce temps-là. Vous autres,
-enfans, écoutez avec soin des oreilles et de l'esprit,
-afin que vous appreniez à imiter vostre compagnon.</p>
-
-<p><span class="smcap">L'ENFANT.</span>—Estant éveillé, je me suis levé du
-lit, j'ay mis ma camisole avec mon pourpoint... je
-me suis bien peigné, j'ay mis mon chapeau, j'ay mis
-ma robe; ensuite je suis sorty de ma chambre, j'ay
-descendu en bas, et j'ay pissé contre la muraille<a name="FNanchor_304_304"
-id="FNanchor_304_304"></a><a href="#Footnote_304_304" class="fnanchor">[304]</a>.</p>
-
-<p class="ar">
-Livre II, colloque 54, page 210.
-</p></div>
-
-<p>C'est ainsi qu'au seizième siècle, et même à
-la fin du dix-septième, on entendait l'éducation
-des enfants. Nous en sommes revenus, et un
-peu trop peut-être. A une si grande licence,
-innocente en somme, a succédé une pudeur
-exagérée qui explique l'oubli dans lequel ont
-été laissés les usages et la vie privée d'autrefois.
-L'histoire s'est faite trop chaste et trop
-fière pour s'occuper de pareils détails. Laissez-moi
-en citer un curieux exemple. Vers 1828,
-un homme de talent, M. F. Barrière, découvre
-<span class="pagenum"><a name="Page_2-5" id="Page_2-5">[Pg 5]</a></span>
-et publie les très intéressants <i>Mémoires</i> de
-Louis-Henri de Loménie, comte de Brienne.
-Il y rencontre cette phrase: «Sa Majesté, me
-voyant entrer si matin dans sa chambre, dont
-toutes les entrées m'étoient permises, même
-de sa garde-robe, où j'entrois à toute heure,
-sans avoir eu besoin de brevet d'affaires,
-<i>même quand elle étoit sur sa chaise percée</i>...»
-Ces derniers mots révoltent M. Barrière,
-qui les supprime. Il en éprouve pourtant
-quelque remords, et, dans une note perdue à
-la fin du volume, il avoue qu'il n'a pas reproduit
-cette ligue parce qu'elle «figurait assez
-mal dans une scène d'amour». Mais, barbare,
-notre littérature n'est que trop riche en scènes
-d'amour; ce qui importait, c'était de nous
-montrer dans quelle position, en dépit de l'étiquette,
-le grand roi consentait à recevoir ses
-secrétaires d'État. Saint-Simon, heureusement,
-a été moins réservé.</p>
-
-<p>En voici assez, j'espère, pour excuser mon
-éditeur et moi. Les lecteurs sont donc prévenus
-que je ne reculerai devant aucune des exigences
-de mon sujet. C'est, d'ailleurs, une nécessité
-que je subirai, n'ayant aucune envie de courir
-au-devant des occasions, et, dans les moments
-difficiles, je m'effacerai autant que possible
-<span class="pagenum"><a name="Page_2-6" id="Page_2-6">[Pg 6]</a></span>
-pour laisser parler les documents contemporains.
-A cet égard, les Appendices me seront
-d'une grande utilité. J'aurai soin, cependant,
-de n'y insérer que des pièces historiques ayant
-directement trait à la question et susceptibles
-de l'éclaircir. Quant aux gens qui y chercheraient
-autre chose, je les avertis qu'ils chercheront
-en vain.</p>
-
-
-
-<hr class="chap" />
-
-<div class="chapter">
- <h3><a name="III-I" id="III-I"></a>I</h3>
-</div>
-
-<p class="ac"><span class="smcap">Extrait de la</span> <i>Civilité</i>
-<span class="smcap">de Jean Sulpice</span><a name="FNanchor_305_305"
-id="FNanchor_305_305"></a><a href="#Footnote_305_305"
-class="fnanchor">[305]</a>,</p>
-
-<p class="ac"><i>imitée en français par</i> <span class="smcap">Pierre Broë</span>
-<i>en 1552</i>.</p>
-
-
-<div class="poetry-container">
- <div class="poetry">
- <div class="verse">Sur toute chose amonester te veux</div>
- <div class="verse">Que tu n'aies point le nez ord ne mourveux,</div>
- <div class="verse">Car trop seroys à moquer et reprendre</div>
- <div class="verse">S'on te voioyt distiler ou descendre</div>
- <div class="verse">Du nez en bas la roupie ou morveau,</div>
- <div class="verse">Qui te feroyt estre estimé pour veau.</div>
- <div class="verse">D'un autre point aussi je t'amoneste:</div>
- <div class="verse">Garde toy bien de te grater la teste</div>
- <div class="verse">Devant les gens tant qu'à table seras.</div>
- <div class="verse">Puces et poux aussy ne chasseras,</div>
- <div class="verse">Ni autre beste ou meschante vermine,</div>
- <div class="verse">Quoyqu'en ton doz ou en ton col chemine.</div>
- <div class="verse">• &nbsp; &nbsp; • &nbsp; &nbsp; • &nbsp; &nbsp; •
- &nbsp; &nbsp; • &nbsp; &nbsp; • &nbsp; &nbsp; • &nbsp; &nbsp; • &nbsp;
- &nbsp; • &nbsp; &nbsp; • &nbsp; &nbsp; • &nbsp; &nbsp; </div>
- <div class="verse">Mais de peter garde qu'il ne t'eschappe,</div>
- <div class="verse">Retiens ce vent et en dedans l'atrappe,</div>
- <span class="pagenum"><a name="Page_2-7" id="Page_2-7">[Pg 7]</a></span>
- <div class="verse">Ferme le trou, joins les fesses ensemble</div>
- <div class="verse">Et serre fort, encores qu'il te semble</div>
- <div class="verse">Que la douleur te deust tant tormenter</div>
- <div class="verse">Comme une femme approchant d'enfanter:</div>
- <div class="verse">Car pour un pet ord, puant et infame</div>
- <div class="verse">Fait à la table, il n'est homme ne femme</div>
- <div class="verse">Qui ne te dist que tu es à outrance</div>
- <div class="verse">L'un des plus grands archevilains de France.</div>
- <div class="verse">J'en dis autant sur ce propos ici</div>
- <div class="verse">Si tu avoys ocultement vessi:</div>
- <div class="verse">Car quelque cas que die le stoïque<a name="FNanchor_306_306"
- id="FNanchor_306_306"></a><a href="#Footnote_306_306"
- class="fnanchor">[306]</a>,</div>
- <div class="verse">Le rot, le pet et la vesse impudique</div>
- <div class="verse">Sont reprouvez en bonne compaignie.</div>
- <div class="verse">Il n'est celui qui sans honte le nie.</div>
- </div>
-</div>
-
-<hr class="sect" />
-
-<p>Nous avons vu plus haut<a name="FNanchor_307_307"
-id="FNanchor_307_307"></a><a href="#Footnote_307_307"
-class="fnanchor">[307]</a> qu'Érasme prêchait une
-doctrine contraire à celle qui est si poétiquement
-exposée ici, et qu'en 1613 encore on enseignait aux
-enfants à <span class="smcap">NE PAS</span> <i>retenir la ventosité du ventre</i>. Il
-faut dire, à la louange de nos mœurs, qu'au milieu
-du dix-septième siècle cette théorie n'était plus en
-faveur. Je n'en veux pour preuve que les vers suivants,
-attribués à Saint-Évremont, et que j'extrais
-d'un petit volume rare publié en 1661<a name="FNanchor_308_308"
-id="FNanchor_308_308"></a><a href="#Footnote_308_308" class="fnanchor">[308]</a>.</p>
-
-<p class="ac">SUR UN PET QU'UN AMANT FIT EN PRÉSENCE
-DE SA MAISTRESSE.</p>
-
-<div class="poetry-container">
- <div class="poetry">
- <div class="stanza">
- <div class="verse">Unique objet de mes désirs,</div>
- <div class="verse">Philis, faut-il que mes plaisirs
- <span class="pagenum"><a name="Page_2-8" id="Page_2-8">[Pg 8]</a></span></div>
- <div class="verse">Pour rien se changent en supplices,</div>
- <div class="verse">Et qu'au mépris de vostre foy</div>
- <div class="verse">Un pet efface les services</div>
- <div class="verse">Que vous avez receu de moy?</div>
- </div>
- <div class="stanza">
- <div class="verse">Je sçay bien, ô charmant objet,</div>
- <div class="verse">Que vous avez quelque sujet</div>
- <div class="verse">D'estre pour moy toute de glace;</div>
- <div class="verse">Et je confesse ingénûment,</div>
- <div class="verse">Puisque mon cul fait ma disgrâce,</div>
- <div class="verse">Qu'elle n'est pas sans fondement.</div>
- </div>
- <div class="stanza">
- <div class="verse">Si pourtant cet extrême amour</div>
- <div class="verse">Dont j'eus des preuves chaque jour</div>
- <div class="verse">Pour un pet s'est changé en haine,</div>
- <div class="verse">Vous ne pouviez jamais songer</div>
- <div class="verse">A rompre une si forte chaisne</div>
- <div class="verse">Pour aucun sujet plus léger.</div>
- </div>
- <div class="stanza">
- <div class="verse">Mon cœur outré de déplaisirs</div>
- <div class="verse">Estoit gros de tant de soûpirs,</div>
- <div class="verse">Voyant votre amour si farouche,</div>
- <div class="verse">Que l'un d'eux se trouva réduit,</div>
- <div class="verse">Ne pouvant sortir par ma bouche,</div>
- <div class="verse">A chercher un autre conduit.</div>
- </div>
- <div class="stanza">
- <div class="verse">S'il est vray qu'on n'ose nier</div>
- <div class="verse">La porte à chaque prisonnier</div>
- <div class="verse">Alors que la Princesse passe,</div>
- <div class="verse">Ce pet pouvoit avec raison</div>
- <div class="verse">Vous demander la mesme grâce,</div>
- <div class="verse">Puisqu'il se voyoit en prison.</div>
- </div>
- <div class="stanza">
- <div class="verse">S'il ne s'est pas fort bien conduit,</div>
- <div class="verse">Qu'il ait fait quelque peu de bruit</div>
- <div class="verse">Lors qu'il se fraya cette voye,</div>
- <div class="verse">C'est qu'il estoit si transporté</div>
- <div class="verse">Qu'il fit en l'air un cry de joye</div>
- <div class="verse">En recouvrant sa liberté.</div>
- </div>
- <div class="stanza">
- <div class="verse">Hélas! quand je viens à songer
- <span class="pagenum"><a name="Page_2-9" id="Page_2-9">[Pg 9]</a></span></div>
- <div class="verse">A ce sujet foible et léger</div>
- <div class="verse">Qui cause mon malheur extrême,</div>
- <div class="verse">Je m'écrie en ma vive ardeur:</div>
- <div class="verse">Falloit-il me mettre moy-même</div>
- <div class="verse">Près de vous en mauvaise odeur?</div>
- </div>
- <div class="stanza">
- <div class="verse">Si pour un pet fait par hazard,</div>
- <div class="verse">Vostre cœur où j'ay tant de part</div>
- <div class="verse">Pour jamais de moy se retire,</div>
- <div class="verse">Voulez-vous que d'oresnavant</div>
- <div class="verse">Vous me donniez sujet de dire</div>
- <div class="verse">Que vous changez au moindre vent?</div>
- </div>
- </div>
-</div>
-
-<hr class="sect" />
-
-<div class="chapter">
- <h3><a name="III-II" id="III-II"></a>II</h3>
-</div>
-
-<p class="ac"><span class="smcap">Sur l'épilation.</span></p>
-
-
-<p>Clément Marot raille ainsi les barbiers réduits
-au rôle d'épileurs:</p>
-
-<div class="poetry-container">
- <div class="poetry">
- <div class="verse">Povres barbiers, vous estes morfonduz</div>
- <div class="verse">De veoir ainsi gentilzhommes tonduz</div>
- <div class="verse">Et porter barbe• &nbsp; &nbsp; • &nbsp; &nbsp;
- • &nbsp; &nbsp; • &nbsp; &nbsp; • &nbsp; &nbsp; • &nbsp; &nbsp; </div>
- <div class="verse">• &nbsp; &nbsp; • &nbsp; &nbsp; • &nbsp; &nbsp;
- • &nbsp; &nbsp; • &nbsp; &nbsp; • &nbsp; &nbsp; Plus comtes ne ducz</div>
- <div class="verse">Ne peignerez; mais comme gens perduz</div>
- <div class="verse">Vous en irez besongner chaudement</div>
- <div class="verse">En quelque estuve, et là gaillardement</div>
- <div class="verse">Tondre maujoinct et raser priapus<a name="FNanchor_309_309"
- id="FNanchor_309_309"></a><a href="#Footnote_309_309"
- class="fnanchor">[309]</a>.</div>
- </div>
-</div>
-
-<p>Parmi les talents variés que prétend posséder le
-<i>Varlet à tout faire</i> de Christophe de Bordeaux<a name="FNanchor_310_310"
-id="FNanchor_310_310"></a><a href="#Footnote_310_310" class="fnanchor">[310]</a>,
-figure l'art de manier dextrement le rasoir:</p>
-
-<p><span class="pagenum"><a name="Page_2-10" id="Page_2-10">[Pg 10]</a></span></p>
-
-<div class="poetry-container">
- <div class="poetry">
- <div class="verse">Je suis fort bon barbier d'estuves</div>
- <div class="verse">Pour raser et tondre maujoint.</div>
- </div>
-</div>
-
-<p>La <i>Chambrière à tout faire</i><a name="FNanchor_311_311"
-id="FNanchor_311_311"></a><a href="#Footnote_311_311"
-class="fnanchor">[311]</a> est prête à rendre le
-même service aux dames plus réservées. Je suis,
-dit-elle,</p>
-
-<div class="poetry-container">
- <div class="poetry">
- <div class="verse">Fort bonne barbière d'estuves</div>
- <div class="verse">Pour raser et tondre le cas.</div>
- </div>
-</div>
-
-<p>L'auteur du <i>Banquet des chambrières</i><a name="FNanchor_312_312"
-id="FNanchor_312_312"></a><a href="#Footnote_312_312"
-class="fnanchor">[312]</a> nous introduit
-dans des étuves où viennent d'entrer trois
-jeunes servantes délurées, Perrette, Alizon et Ysabeau,
-conduites par une vieille commère, servante
-comme elles. Les quatre femmes ont apporté de
-quoi déjeuner, mais on les invite à se baigner
-auparavant:</p>
-
-<div class="poetry-container">
- <div class="poetry">
- <div class="verse">Filles, montés sans babiller;</div>
- <div class="verse">Si vous voulez deshabiller,</div>
- <div class="verse">Le baing est désormais trop chaud.</div>
- </div>
-</div>
-
-<p>Après le bain, la vieille se rendit dans un petit
-cabinet où</p>
-
-<div class="poetry-container">
- <div class="poetry">
- <div class="verse">Quelque chambrière ou varlet</div>
- <div class="verse">Luy ratissa d'ung vieil cousteau</div>
- <div class="verse">Le ventre jusques à la peau.</div>
- </div>
-</div>
-
-<p>Elle fut remplacée par Perrette, puis par Alizon,</p>
-
-<div class="poetry-container">
- <div class="poetry">
- <div class="verse">Ausquelles on faucha leur prez.</div>
- </div>
-</div>
-
-<p>Mais Ysabeau avait peur, et refusait de se laisser
-raser. Elle finit cependant par céder:</p>
-
-<p><span class="pagenum"><a name="Page_2-11" id="Page_2-11">[Pg 11]</a></span></p>
-
-<div class="poetry-container">
- <div class="poetry">
- <div class="verse">La vieille ratissa en sorte</div>
- <div class="verse">Que Babeau cuydoit estre morte.</div>
- <div class="verse">Mais en fin elle fut moult fière</div>
- <div class="verse">D'avoir ung si mignon derrière.</div>
- </div>
-</div>
-
-<p>Le poëte, qui n'a pas eu tort de garder l'anonyme,
-nous apprend ensuite que Babeau, ayant
-remis sa chemise, le repas commença:</p>
-
-<div class="poetry-container">
- <div class="poetry">
- <div class="verse">La nappe fut près du baing mise,</div>
- <div class="verse">Le petit banquet appresté.</div>
- </div>
-</div>
-
-<p>Au chapitre des redevances curieuses, Sauval
-raconte que la comtesse d'Auge recevait chaque
-année de ses vassaux un rasoir<a name="FNanchor_313_313"
-id="FNanchor_313_313"></a><a href="#Footnote_313_313"
-class="fnanchor">[313]</a>, dont l'usage n'est
-d'ailleurs pas indiqué. Il est certain que, dans le
-peuple et la bourgeoisie, la mode de l'épilation disparut
-en même temps que l'habitude d'aller aux
-étuves. Un passage des <i>Facétieuses paradoxes de
-Bruscambille</i><a name="FNanchor_314_314"
-id="FNanchor_314_314"></a><a href="#Footnote_314_314"
-class="fnanchor">[314]</a>, passage que je ne veux pas reproduire,
-montre bien qu'au seizième siècle la plupart
-des femmes y avaient renoncé. Mais parmi les recherches
-de la coquetterie à cette époque, il faut
-mentionner la coutume de s'épiler les sourcils, de
-manière à ne conserver au-dessus des yeux qu'une
-ligne à peine visible<a name="FNanchor_315_315"
-id="FNanchor_315_315"></a><a href="#Footnote_315_315" class="fnanchor">[315]</a>.</p>
-
-<p>Dans le grand monde, l'épilation resta en honneur
-jusqu'à la fin du dix-huitième siècle. En 1766,
-quand le duc d'Orléans épousa madame de Montesson,
-l'époux reçut la chemise, le soir des noces,
-<span class="pagenum"><a name="Page_2-12" id="Page_2-12">[Pg 12]</a></span>
-avec le cérémonial usité à la cour. Le marquis de
-Valençay la présenta, et le prince, se dépouillant
-de celle qu'il portait, offrit à tous les assistants le
-spectacle d'une épilation complète, suivant les règles
-de la plus brillante galanterie du temps. «Les
-princes et les grands, ajoute Soulavie<a name="FNanchor_316_316"
-id="FNanchor_316_316"></a><a href="#Footnote_316_316"
-class="fnanchor">[316]</a>, ne consommaient
-des mariages ou ne recevaient les premières
-faveurs d'une maîtresse qu'après cette opération
-préalable.»</p>
-
-
-
-<hr class="sect" />
-
-<div class="chapter">
- <h3><a name="III-III" id="III-III"></a>III</h3>
-</div>
-
-<p>Voici le passage auquel je fais allusion, page <a href="#Page_121">121</a>:</p>
-
-<p>«Le lendemain, j'entrai chez elle en même temps
-que sa femme de chambre; elle fit tirer les rideaux
-et se leva. Tandis que ma sœur préparait une chemise,
-madame, qui se trouvait debout vis à vis de
-moi, laissa subitement couler celle qu'elle avait sur
-le corps, et resta nue comme une statue de marbre.
-J'étais interdit et n'osais lever les yeux sur elle...
-Quand je fus seul avec ma sœur, je lui demandai
-si madame du Châtelet changeait ainsi de chemise
-devant tout le monde; elle me dit que non, mais
-que devant ses gens elle ne se gênait nullement,
-et elle m'avertit qu'une autre fois, quand pareille
-chose arriverait, je ne fisse pas semblant de m'en
-apercevoir.</p>
-
-<p>«Cependant, quelques jours après, au moment où
-elle était, dans son bain, elle sonna. Je m'empressai
-<span class="pagenum"><a name="Page_2-13" id="Page_2-13">[Pg 13]</a></span>
-d'accourir dans sa chambre; ma sœur, occupée ailleurs,
-ne s'y trouvait point alors. Madame du
-Châtelet me dit de prendre une bouilloire qui était
-devant le feu, et de lui verser de l'eau dans son
-bain, parce qu'il se refroidissait. En m'approchant,
-je vis qu'elle était nue, et qu'on n'avait point mis
-d'essence dans le bain, car l'eau en était parfaitement
-claire et limpide. Madame écartait les jambes,
-afin que je versasse plus commodément et sans lui
-faire mal l'eau bouillante que j'apportais. En commençant
-cette besogne, ma vue tomba sur ce que
-je ne cherchais pas à voir. Honteux et détournant
-la tête autant qu'il m'était possible, ma main vacillait
-et versait l'eau au hasard: «Prenez donc garde,
-me dit-elle brusquement d'une voix forte, vous
-allez me brûler.» Force me fut d'avoir l'œil à mon
-ouvrage, et de l'y tenir, malgré moi, plus longtemps
-que je ne voulais.</p>
-
-<p>«Cette aventure me parut encore plus singulière
-que le changement de chemise. Je n'étais pas encore
-familiarisé avec une telle aisance de la part
-des maîtresses que je servais... J'ai été à même de
-juger que les grandes dames ne regardaient leurs
-laquais que comme des automates. Je suis convaincu
-que madame du Châtelet dans son bain, en m'ordonnant
-de la servir, ne voyait pas même en cela
-une ombre d'indécence, et que mon individu n'était
-alors à ses yeux ni plus ni moins que la bouilloire
-que j'avais à la main<a name="FNanchor_317_317"
-id="FNanchor_317_317"></a><a href="#Footnote_317_317"
-class="fnanchor">[317]</a>.»</p>
-
-<p><span class="pagenum"><a name="Page_2-14" id="Page_2-14">[Pg 14]</a></span></p>
-
-<p>Soulavie<a name="FNanchor_318_318"
-id="FNanchor_318_318"></a><a href="#Footnote_318_318"
-class="fnanchor">[318]</a>, de son côté, raconte le fait suivant,
-bien invraisemblable de toute manière, et qui ne
-se concilie guère avec ce que madame Campan nous
-dit de la réserve que montra toujours sur ce point
-Marie-Antoinette: «Un ecclésiastique remarquable
-par son âge, ses vertus et sa réputation dans une
-des parties de l'art de guérir, appelé auprès de la
-Reine, la trouva nue, étendue dans un bain. Le
-vieillard recule, elle le rappelle, et il est obligé de
-lui répondre et de rester dans une situation où il
-pouvait admirer le plus beau corps qu'eût jamais
-produit la nature.»</p>
-
-
-
-<hr class="sect" />
-
-<div class="chapter">
- <h3><a name="III-IV" id="III-IV"></a>IV</h3>
-</div>
-
-<p>J'ai parlé des colères de l'Église contre l'usage
-des faux cheveux et les autres artifices de la coquetterie
-féminine. Mais les théologiens s'exprimaient
-alors en tel style qu'il est difficile, même ici, de
-citer la plupart d'entre eux, et en particulier les
-sermons de Menot et de Maillard. J'emprunte l'extrait
-suivant à un moraliste plus réservé, le brave
-père Arnoux, chanoine de Riez:</p>
-
-<p>«Les filles vaines, les femmes hautaines, les
-veuves mignardes, les damoiselles pompeuses et les
-dames superbes, pour punition de l'ornement débordé
-qu'elles font à leurs cheveux et déguisement
-de leurs sourcilleuses perruques, elles auront la
-<span class="pagenum"><a name="Page_2-15" id="Page_2-15">[Pg 15]</a></span>
-teste pelée, car là on ne verra plus ces belles perruques,
-ces cheveux blonds en forme de casamate
-sur la teste esparpillez et ondoyans sur ces fronts
-emperlez... Et pour punition du desbordement de
-vos superbes habits, en enfer vous serez toutes nuës
-à vostre grande honte et confusion, de quoy les
-diables feront de très grandes risées, vous reprochant
-haut et clair devant tous toutes vos lubricitez,
-crimes et paillardises, et tout ce que vous aurez fait
-de plus voluptueux et deshonneste, et découvrant
-ignominieusement à la veuë de tous tout ce qu'en
-vostre corps vous aurez de plus honteux, vous
-traînant toutes nuës par tout l'enfer, à la veuë d'un
-chacun.</p>
-
-<p>«Ha femmes! ha filles! ha damoiselles! ha mes
-dames que ne pensez-vous à cela? Hélas, vous estes
-si vergongneuses et craignez tant la honte, que
-pour rien au monde vous ne voudriez permettre
-qu'un homme vous vist nuës une seule fois, et
-fut-il celuy que vous estimez qui vous ayme le
-plus; et cependant vous n'avisez pas que pour
-punition de vos vanitez et débordemens, mille et
-autres mille fois on vous traînera nuës par tout
-l'enfer, non devant un homme, mais devant cent
-mille qui à gorge déployée se mocqueront et riront
-de vous, voyant vos hontes et vergongnes. De quelle
-confusion serez-vous saisies quand vous vous verrez
-ainsi traînées toutes nuës, monstrant à découvert
-tout ce que vous aurez de plus honteux, et menées
-en tel équipage par tout l'enfer mille et mille fois
-le jour, avec le fanfare des trompettes que les diables
-sonneront avec grandes risées et mocqueries,
-<span class="pagenum"><a name="Page_2-16" id="Page_2-16">[Pg 16]</a></span>
-et criant: Voyez, voyez, voicy la paillarde, voicy
-la p....n, voicy telle dame de tel lieu, la nommant
-par son propre nom et surnom, laquelle tant et
-tant de fois a paillardé, disant le nombre, avec un
-tel, et tant avec un tel, et plusieurs fois avec beaucoup
-d'autres; voicy la paillarde, voicy la p....n,
-venez, venez la voir!</p>
-
-<p>«Et alors, cent mille et autres cent mille, qui
-très bien te cognoistront, puis tous tes parens, ton
-père, ta mère, ton mary, et tous tes voisins passionnez
-d'une haine mortelle à l'encontre de toy, accourront
-te voir pour se rire et se mocquer de toy,
-disant l'un à l'autre, la voilà la p....n! la voilà! Puis,
-s'accordans avec les diables pour entièrement te
-confondre, tous ensemble crieront: Voicy la paillarde,
-voicy la p....n, qu'elle soit donc tourmentée;
-sus, sus les diables! sus démons, sus! sus furies
-infernales! jetez-vous sur cette p....n, et qu'on luy
-rende autant de tourmens et de supplices qu'elle a
-eu de plaisirs en sa vie!</p>
-
-<p>«Femmes, ce n'est pas moy, mais c'est sainct
-Jean l'Évangéliste, qui dit en son Apocalypse cela
-estre très véritable<a name="FNanchor_319_319"
-id="FNanchor_319_319"></a><a href="#Footnote_319_319"
-class="fnanchor">[319]</a>.»</p>
-
-<hr class="chap" />
-
-
-<div class="footnotes"><h2>NOTES:</h2>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_1_1" id="Footnote_1_1"></a>
-<a href="#FNanchor_1_1"><span class="label">[1]</span></a>
-<span class="smcap">Larivey</span>, <i>Les tromperies</i>, scène 4.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_2_2"
-id="Footnote_2_2"></a><a href="#FNanchor_2_2"><span class="label">[2]</span></a>
-«Sanis autem, et maxime juvenibus, tardius concedatur.»</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_3_3"
-id="Footnote_3_3"></a><a href="#FNanchor_3_3"><span class="label">[3]</span></a>
-Dom <span class="smcap">Calmet</span>, <i>Commentaire sur la règle de saint
-Benoît</i>, t. I, p. 563.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_4_4" id="Footnote_4_4"></a>
-<a href="#FNanchor_4_4"><span class="label">[4]</span></a>
-Dom <span class="smcap">Calmet</span>, <i>Commentaire sur la règle de saint Benoît</i>,
-t. II, p. 260.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_5_5" id="Footnote_5_5"></a>
-<a href="#FNanchor_5_5"><span class="label">[5]</span></a> Dom
-<span class="smcap">Calmet</span>, <i>Commentaire sur la règle de saint Benoît</i>,
-t. II, p. 236.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_6_6" id="Footnote_6_6"></a>
-<a href="#FNanchor_6_6"><span class="label">[6]</span></a>
-«Lotis manibus et facie, cum tria manutergia pendeant
-simul in claustro, non tergit ad aliud quam quod suis similibus
-est deputatum, quia unum est pueris, alterum cantoribus,
-tertium idiotis.» <i>Antiquiores consuetudines Cluniacensis
-monasterii</i>, lib. II, cap. <span class="smcap">X</span>, p. 62.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_7_7" id="Footnote_7_7"></a>
-<a href="#FNanchor_7_7"><span class="label">[7]</span></a> <i>Commentaire</i>,
-etc., t. II, p. 275 et 276.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_8_8" id="Footnote_8_8"></a>
-<a href="#FNanchor_8_8"><span class="label">[8]</span></a>
-<span class="smcap">Claude de Vert</span>, <i>Explication des
-cérémonies de l'Église</i>,
-t. II, p. 370.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_9_9" id="Footnote_9_9"></a>
-<a href="#FNanchor_9_9"><span class="label">[9]</span></a> Voy. les
-<i>Mémoires de la duchesse de Mazarin</i>, dans
-les Œuvres de <span class="smcap">Saint-Réal</span>, t. III, p. 578.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_10_10" id="Footnote_10_10"></a>
-<a href="#FNanchor_10_10"><span class="label">[10]</span></a>
-Tome I, p. 487.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_11_11" id="Footnote_11_11"></a>
-<a href="#FNanchor_11_11"><span class="label">[11]</span></a> Voy. J.-B.
-<span class="smcap">Alegiani</span>, <i>Abrégé de la vie de B. Labre</i>,
-p. 48.— <span class="smcap">Marconi</span>, <i>Vie de B. Labre</i>, p. 127.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_12_12" id="Footnote_12_12"></a>
-<a href="#FNanchor_12_12"><span class="label">[12]</span></a>
-<span class="smcap">Jaillot</span>, <i>Recherches sur Paris</i>, quartier de la Cité,
-p. 26.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_13_13" id="Footnote_13_13"></a>
-<a href="#FNanchor_13_13"><span class="label">[13]</span></a> Archives de
-Saint-Martin des Champs, citées par <span class="smcap">Jaillot</span>,
-quartier Saint-Martin, p. 15.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_14_14" id="Footnote_14_14"></a>
-<a href="#FNanchor_14_14"><span class="label">[14]</span></a>
-<span class="smcap">Jaillot</span>, quartier Saint-Jacques-la-Boucherie,
-p. 65.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_15_15" id="Footnote_15_15"></a>
-<a href="#FNanchor_15_15"><span class="label">[15]</span></a>
-<span class="smcap">Jaillot</span>, quartier Saint-Denis, p. 37.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_16_16" id="Footnote_16_16"></a>
-<a href="#FNanchor_16_16"><span class="label">[16]</span></a>
-<span class="smcap">Jaillot</span>, quartier Sainte-Opportune, p. 10.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_17_17" id="Footnote_17_17"></a>
-<a href="#FNanchor_17_17"><span class="label">[17]</span></a>
-<span class="smcap">Jaillot</span>, quartier Saint-Benoît, p. 103.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_18_18" id="Footnote_18_18"></a>
-<a href="#FNanchor_18_18"><span class="label">[18]</span></a>
-<span class="smcap">Jaillot</span>, quartier Saint-André, p. 46.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_19_19" id="Footnote_19_19"></a>
-<a href="#FNanchor_19_19"><span class="label">[19]</span></a>
-<span class="smcap">Jaillot</span>, quartier Saint-André, p. 48.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_20_20" id="Footnote_20_20"></a>
-<a href="#FNanchor_20_20"><span class="label">[20]</span></a>
-<span class="smcap">Jaillot</span>, quartier Saint-Martin, p. 15.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_21_21" id="Footnote_21_21"></a>
-<a href="#FNanchor_21_21"><span class="label">[21]</span></a>
-<i>Lévitique</i>, chap. <span class="smcap">XV</span>.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_22_22" id="Footnote_22_22"></a>
-<a href="#FNanchor_22_22"><span class="label">[22]</span></a> Censier,
-cité par <span class="smcap">Jaillot</span>, quartier de la Cité, p. 155.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_23_23" id="Footnote_23_23"></a>
-<a href="#FNanchor_23_23"><span class="label">[23]</span></a> Alors <i>rue
-des Estuves</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_24_24" id="Footnote_24_24"></a>
-<a href="#FNanchor_24_24"><span class="label">[24]</span></a> Alors <i>rue
-de Vernueil</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_25_25" id="Footnote_25_25"></a>
-<a href="#FNanchor_25_25"><span class="label">[25]</span></a> Alors
-<i>rue Aussel d'Argenteuil</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_26_26" id="Footnote_26_26"></a>
-<a href="#FNanchor_26_26"><span class="label">[26]</span></a> Jour.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_27_27" id="Footnote_27_27"></a>
-<a href="#FNanchor_27_27"><span class="label">[27]</span></a>
-Sans différer.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_28_28" id="Footnote_28_28"></a>
-<a href="#FNanchor_28_28"><span class="label">[28]</span></a> Voy.
-dans cette collection le volume intitulé: <i>L'annonce
-et la réclame</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_29_29" id="Footnote_29_29"></a>
-<a href="#FNanchor_29_29"><span class="label">[29]</span></a> Titre
-<span class="smcap">LXXIII</span>.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_30_30" id="Footnote_30_30"></a>
-<a href="#FNanchor_30_30"><span class="label">[30]</span></a> Article 1.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_31_31" id="Footnote_31_31"></a>
-<a href="#FNanchor_31_31"><span class="label">[31]</span></a> Article 2.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_32_32" id="Footnote_32_32"></a>
-<a href="#FNanchor_32_32"><span class="label">[32]</span></a> Article 4.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_33_33" id="Footnote_33_33"></a>
-<a href="#FNanchor_33_33"><span class="label">[33]</span></a> Manuscrit
-du fonds de Saint-Germain, cité par V. <span class="smcap">Gay</span>,
-<i>Glossaire archéologique</i>, p. 105.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_34_34" id="Footnote_34_34"></a>
-<a href="#FNanchor_34_34"><span class="label">[34]</span></a> Serment.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_35_35" id="Footnote_35_35"></a>
-<a href="#FNanchor_35_35"><span class="label">[35]</span></a> Article 4.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_36_36" id="Footnote_36_36"></a>
-<a href="#FNanchor_36_36"><span class="label">[36]</span></a> Il se
-trouve seulement dans le manuscrit le moins
-ancien du <i>Livre des métiers</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_37_37" id="Footnote_37_37"></a>
-<a href="#FNanchor_37_37"><span class="label">[37]</span></a> Article 4.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_38_38" id="Footnote_38_38"></a>
-<a href="#FNanchor_38_38"><span class="label">[38]</span></a> Article 6.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_39_39" id="Footnote_39_39"></a>
-<a href="#FNanchor_39_39"><span class="label">[39]</span></a> Article 5.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_40_40" id="Footnote_40_40"></a>
-<a href="#FNanchor_40_40"><span class="label">[40]</span></a> <i>Les
-cent et sept cris, que l'on crie journellement à
-Paris</i>, etc., 1545, in-12.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_41_41" id="Footnote_41_41"></a>
-<a href="#FNanchor_41_41"><span class="label">[41]</span></a>
-<i>Chroniques</i>, liv. II, chap. <span class="smcap">CLXIII</span>; édit.
-Buchon, t. II,
-p. 215.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_42_42" id="Footnote_42_42"></a>
-<a href="#FNanchor_42_42"><span class="label">[42]</span></a> Voy. le
-<i>Glossaire archéologique</i> de <span class="smcap">Gay</span>, p. 104.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_43_43" id="Footnote_43_43"></a>
-<a href="#FNanchor_43_43"><span class="label">[43]</span></a>
-<span class="smcap">Douët-d'Arcq</span>, <i>Comptes de l'hôtel</i>,
-p. 353 et 390.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_44_44" id="Footnote_44_44"></a>
-<a href="#FNanchor_44_44"><span class="label">[44]</span></a>
-<span class="smcap">Douët-d'Arcq</span>, <i>Comptes de l'argenterie</i>,
-p. 230 et 350.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_45_45" id="Footnote_45_45"></a>
-<a href="#FNanchor_45_45"><span class="label">[45]</span></a> Inventaire
-publié par J. Labarte, p. 75, 184 et 199.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_46_46" id="Footnote_46_46"></a>
-<a href="#FNanchor_46_46"><span class="label">[46]</span></a> Firent
-grande chère.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_47_47" id="Footnote_47_47"></a>
-<a href="#FNanchor_47_47"><span class="label">[47]</span></a>
-Maîtresse du Roi.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_48_48" id="Footnote_48_48"></a>
-<a href="#FNanchor_48_48"><span class="label">[48]</span></a> <i>Chronique</i>,
-édit. <span class="smcap">Michaud</span>, 1<sup>re</sup> série,
-t. IV, p. 280 et 281.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_49_49" id="Footnote_49_49"></a>
-<a href="#FNanchor_49_49"><span class="label">[49]</span></a> Voy. entre
-autres, dans les <i>Cent nouvelles nouvelles</i>,
-les contes I et III.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_50_50" id="Footnote_50_50"></a>
-<a href="#FNanchor_50_50"><span class="label">[50]</span></a> Il ne faut pas
-oublier que la Cité finissait alors à peu
-près à l'endroit où s'élève aujourd'hui le grand escalier du
-Palais, sur la rue de Harlay.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_51_51" id="Footnote_51_51"></a>
-<a href="#FNanchor_51_51"><span class="label">[51]</span></a>
-<i>Antiquités de Paris</i>, t. II, p. 273, 274 et 280.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_52_52" id="Footnote_52_52"></a>
-<a href="#FNanchor_52_52"><span class="label">[52]</span></a>
-Édition de 1731, t. VI, p. 257.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_53_53" id="Footnote_53_53"></a>
-<a href="#FNanchor_53_53"><span class="label">[53]</span></a> Voy.
-<span class="smcap">Tallemant des Réaux</span>, <i>Historiettes</i>,
-t. I, p. 147.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_54_54" id="Footnote_54_54"></a>
-<a href="#FNanchor_54_54"><span class="label">[54]</span></a>
-<i>La ruelle mal assortie</i>, dans le <i>Nouveau recueil des
-pièces les plus agréables de ce temps</i>, p. 114.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_55_55" id="Footnote_55_55"></a>
-<a href="#FNanchor_55_55"><span class="label">[55]</span></a>
-<i>La contenance de la table</i>, in-8<sup>o</sup> goth. de 8 pages.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_56_56" id="Footnote_56_56"></a>
-<a href="#FNanchor_56_56"><span class="label">[56]</span></a>
-«Si quid in solum dejectum est, emuncto duobus digitis
-naso, mox pede proterendum est.» <i>De civilitate morum</i>,
-p. 12.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_57_57" id="Footnote_57_57"></a>
-<a href="#FNanchor_57_57"><span class="label">[57]</span></a>
-<i>Historiettes</i>, t. I, p. 493.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_58_58" id="Footnote_58_58"></a>
-<a href="#FNanchor_58_58"><span class="label">[58]</span></a>
-<i>Le voyageur à Paris, tableau pittoresque et moral de
-cette capitale</i>, t. II, p. 95.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_59_59" id="Footnote_59_59"></a>
-<a href="#FNanchor_59_59"><span class="label">[59]</span></a>
-«Subinde scabere caput apud alios parum decet.»
-P. 22.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_60_60" id="Footnote_60_60"></a>
-<a href="#FNanchor_60_60"><span class="label">[60]</span></a> Page 44.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_61_61" id="Footnote_61_61"></a>
-<a href="#FNanchor_61_61"><span class="label">[61]</span></a> Page 26.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_62_62" id="Footnote_62_62"></a>
-<a href="#FNanchor_62_62"><span class="label">[62]</span></a>
-<i>Journal de Jean Héroard</i>, t. I, p. 386.—Sur ce sujet,
-voy. aussi <span class="smcap">Tallemant des Réaux</span>, t. I, p. 37,
-et le <i>Journal
-de la santé de Louis XIV</i>, p. 329.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_63_63" id="Footnote_63_63"></a>
-<a href="#FNanchor_63_63"><span class="label">[63]</span></a>
-<i>Historiettes</i>, t. I, p. 8.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_64_64" id="Footnote_64_64"></a>
-<a href="#FNanchor_64_64"><span class="label">[64]</span></a>
-<i>Aventures du baron de Fæneste</i>, liv. IV, chap.
-<span class="smcap">VII</span>.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_65_65" id="Footnote_65_65"></a>
-<a href="#FNanchor_65_65"><span class="label">[65]</span></a> Sœur.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_66_66" id="Footnote_66_66"></a>
-<a href="#FNanchor_66_66"><span class="label">[66]</span></a> Aurez.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_67_67" id="Footnote_67_67"></a>
-<a href="#FNanchor_67_67"><span class="label">[67]</span></a> Mal couverte.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_68_68" id="Footnote_68_68"></a>
-<a href="#FNanchor_68_68"><span class="label">[68]</span></a> Querelleuse.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_69_69" id="Footnote_69_69"></a>
-<a href="#FNanchor_69_69"><span class="label">[69]</span></a> Tome I,
-p. 171.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_70_70" id="Footnote_70_70"></a>
-<a href="#FNanchor_70_70"><span class="label">[70]</span></a>
-<i>Le procès des femmes et des pulces</i>. Paris, in-8<sup>o</sup> goth.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_71_71" id="Footnote_71_71"></a>
-<a href="#FNanchor_71_71"><span class="label">[71]</span></a> Paris,
-1539, in-32, p. 18.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_72_72" id="Footnote_72_72"></a>
-<a href="#FNanchor_72_72"><span class="label">[72]</span></a> Voy. B.
-<span class="smcap">de Montfaucon</span>, <i>Monumens de la monarchie
-françoise</i>, t. V, p. 314.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_73_73" id="Footnote_73_73"></a>
-<a href="#FNanchor_73_73"><span class="label">[73]</span></a>
-Dans le <i>Nouveau recueil des pièces les plus agréables
-de ce temps</i>, p. 1 et suiv.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_74_74" id="Footnote_74_74"></a>
-<a href="#FNanchor_74_74"><span class="label">[74]</span></a> Pages 15 à 17.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_75_75" id="Footnote_75_75"></a>
-<a href="#FNanchor_75_75"><span class="label">[75]</span></a>
-Les actes officiels les nomment dans la suite <i>Barbiers</i>,
-<i>Perruquiers</i>, <i>Baigneurs</i>, <i>Étuvistes</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_76_76" id="Footnote_76_76"></a>
-<a href="#FNanchor_76_76"><span class="label">[76]</span></a>
-Bibliothèque nationale, manuscrits Delamarre, Arts et
-métiers, t. II, f<sup>o</sup> 112.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_77_77" id="Footnote_77_77"></a>
-<a href="#FNanchor_77_77"><span class="label">[77]</span></a> J. B.
-<span class="smcap">de la Salle</span>, <i>Les règles de la bienséance et de la
-civilité chrétienne</i>, p. 11.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_78_78" id="Footnote_78_78"></a>
-<a href="#FNanchor_78_78"><span class="label">[78]</span></a>
-<i>Mémoires</i>, édition <span class="smcap">Petitot</span>, t. XXXVI, p. 354, et
-t. XXXIX, p. 384.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_79_79" id="Footnote_79_79"></a>
-<a href="#FNanchor_79_79"><span class="label">[79]</span></a>
-<i>Journal de la santé de Louis XIV</i>, p. 320.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_80_80" id="Footnote_80_80"></a>
-<a href="#FNanchor_80_80"><span class="label">[80]</span></a>
-<span class="smcap">Tallemant des Réaux</span>, t. I, p. 112, et
-t. IX, p. 370.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_81_81" id="Footnote_81_81"></a>
-<a href="#FNanchor_81_81"><span class="label">[81]</span></a> Pages 10 à 15.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_82_82" id="Footnote_82_82"></a>
-<a href="#FNanchor_82_82"><span class="label">[82]</span></a>
-<i>Nouveau traité de la civilité qui se pratique en France
-parmi les honnestes gens</i>, par Ant. <span class="smcap">de Courtin</span>, 1675,
-in-12. Je cite la huitième édition, imprimée en 1695.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_83_83" id="Footnote_83_83"></a>
-<a href="#FNanchor_83_83"><span class="label">[83]</span></a> Page 75.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_84_84" id="Footnote_84_84"></a>
-<a href="#FNanchor_84_84"><span class="label">[84]</span></a> Page 263.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_85_85" id="Footnote_85_85"></a>
-<a href="#FNanchor_85_85"><span class="label">[85]</span></a>
-Voy. aussi l'<i>Histoire de la coiffure des dames en France</i>,
-par G. <span class="smcap">d'Èze</span> et A. <span class="smcap">Marcel</span>,
-qui vient de paraître chez
-Ollendorff.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_86_86" id="Footnote_86_86"></a>
-<a href="#FNanchor_86_86"><span class="label">[86]</span></a>
-<i>Galonner</i> la barbe ou les cheveux, c'était les diviser
-en plusieurs touffes autour desquelles on enroulait des fils
-d'or ou d'argent. Le sens actuel du mot galonner est venu
-de là. On nommait <i>gallon</i> l'instrument employé pour galonner
-la barbe ou la chevelure.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_87_87" id="Footnote_87_87"></a>
-<a href="#FNanchor_87_87"><span class="label">[87]</span></a>
-<span class="smcap">Tallemant des Réaux</span>, t. II, p. 246.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_88_88" id="Footnote_88_88"></a>
-<a href="#FNanchor_88_88"><span class="label">[88]</span></a> Dans Éd.
-<span class="smcap">Fournier</span>, <i>Variétés historiques</i>, t. X,
-p. 29.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_89_89" id="Footnote_89_89"></a>
-<a href="#FNanchor_89_89"><span class="label">[89]</span></a>
-Tome VII, p. 164.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_90_90" id="Footnote_90_90"></a>
-<a href="#FNanchor_90_90"><span class="label">[90]</span></a>
-Tome II, p. 23.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_91_91" id="Footnote_91_91"></a>
-<a href="#FNanchor_91_91"><span class="label">[91]</span></a>
-Voy. <span class="smcap">Ménage</span>, <i>Dictionnaire étymologique</i>,
-édit. de 1750,
-au mot <i>Cadenette</i>; et <span class="smcap">Tallemant des Réaux</span>,
-t. I<sup>er</sup>, p. 399.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_92_92" id="Footnote_92_92"></a>
-<a href="#FNanchor_92_92"><span class="label">[92]</span></a> Page 17.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_93_93" id="Footnote_93_93"></a>
-<a href="#FNanchor_93_93"><span class="label">[93]</span></a>
-<i>Vers à la Fronde sur la mode des hommes.</i></p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_94_94" id="Footnote_94_94"></a>
-<a href="#FNanchor_94_94"><span class="label">[94]</span></a>
-<i>La pompe funèbre de Voiture</i>, dans les <i>Œuvres</i> de
-Sarazin, édit. de 1696, p. 259.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_95_95" id="Footnote_95_95"></a>
-<a href="#FNanchor_95_95"><span class="label">[95]</span></a>
-C'était là un usage déjà ancien, car on lit dans la <i>Description
-de l'isle des Hermaphrodites</i>: «Quand cela estoit
-parachevé, il en venoit un autre (<i>un homme</i>) ayant en la
-main un petit pinceau de fer, duquel il se servoit pour tirer
-l'abondance des poils des sourcils, et n'y laisser qu'un traict
-fort délié pour faire l'arcade.» Page 10.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_96_96" id="Footnote_96_96"></a>
-<a href="#FNanchor_96_96"><span class="label">[96]</span></a>
-<i>Dictionnaire de Trévoux</i>, édit. de 1771.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_97_97" id="Footnote_97_97"></a>
-<a href="#FNanchor_97_97"><span class="label">[97]</span></a>
-<i>Diverses leçons</i> [1625], liv. I<sup>er</sup>, chap.
-<span class="smcap">XXI</span>; t. II, p. 141
-et 148.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_98_98" id="Footnote_98_98"></a>
-<a href="#FNanchor_98_98"><span class="label">[98]</span></a>
-Voy. <i>Les hommes illustres</i> de <span class="smcap">Perrault</span>,
-édit. de 1696.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_99_99" id="Footnote_99_99"></a>
-<a href="#FNanchor_99_99"><span class="label">[99]</span></a>
-<span class="smcap">Clément</span> d'Alexandrie, <i>Pædagogus</i>,
-lib. III, cap. <span class="smcap">XI</span>.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_100_100" id="Footnote_100_100"></a>
-<a href="#FNanchor_100_100"><span class="label">[100]</span></a>
-<span class="smcap">Tertullien</span>, <i>De cultu feminarum</i>,
-lib. II, cap. <span class="smcap">VII</span>.—M.
-Quicherat, qui traduit inexactement ce passage, en tire
-la conclusion inexacte que l'exploitation des têtes vivantes
-n'était pas alors pratiquée. Voy. son <i>Histoire du costume</i>,
-p. 189.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_101_101" id="Footnote_101_101"></a>
-<a href="#FNanchor_101_101"><span class="label">[101]</span></a>
-Édit. Lalanne, t. VIII, p. 35.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_102_102" id="Footnote_102_102"></a>
-<a href="#FNanchor_102_102"><span class="label">[102]</span></a>
-Édit. Téchener, t. I, p. 148.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_103_103" id="Footnote_103_103"></a>
-<a href="#FNanchor_103_103"><span class="label">[103]</span></a> Edit. elzévirienne,
-t. II, p. 292.—Voyez aussi la
-<i>Description de l'isle des Hermaphrodites</i>, p. 114.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_104_104" id="Footnote_104_104"></a>
-<a href="#FNanchor_104_104"><span class="label">[104]</span></a>
-L'auteur n'a pas osé dire: par courtisanerie.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_105_105" id="Footnote_105_105"></a>
-<a href="#FNanchor_105_105"><span class="label">[105]</span></a>
-J. B. <span class="smcap">Thiers</span>, <i>Histoire
-des perruques</i>, p. 28.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_106_106" id="Footnote_106_106"></a>
-<a href="#FNanchor_106_106"><span class="label">[106]</span></a>
-<i>Mœurs des François</i>, p. 233.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_107_107" id="Footnote_107_107"></a>
-<a href="#FNanchor_107_107"><span class="label">[107]</span></a>
-<i>Lettres historiques</i>, 13 août 1673, t. I, p. 396.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_108_108" id="Footnote_108_108"></a>
-<a href="#FNanchor_108_108"><span class="label">[108]</span></a>
-<i>Journal</i>, 27 novembre 1687, t. II, p. 71.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_109_109" id="Footnote_109_109"></a>
-<a href="#FNanchor_109_109"><span class="label">[109]</span></a>
-Tome II, p. 40.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_110_110" id="Footnote_110_110"></a>
-<a href="#FNanchor_110_110"><span class="label">[110]</span></a>
-Comte <span class="smcap">d'Hésecques</span>, <i>Souvenirs d'un page</i>,
-p. 152.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_111_111" id="Footnote_111_111"></a>
-<a href="#FNanchor_111_111"><span class="label">[111]</span></a>
-Binet demeurait rue des Petits-Champs. Legrain, premier
-barbier de Monsieur, logeait au Palais-Royal.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_112_112" id="Footnote_112_112"></a>
-<a href="#FNanchor_112_112"><span class="label">[112]</span></a>
-<span class="smcap">Trabouillet</span>, <i>État de la France pour 1712</i>,
-t. I<sup>er</sup>, p. 255,
-258, 262 et 307.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_113_113" id="Footnote_113_113"></a>
-<a href="#FNanchor_113_113"><span class="label">[113]</span></a>
-<i>Journal de la santé de Louis XIV</i>, p. 261, 304, 311,
-331, 335 et 338.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_114_114" id="Footnote_114_114"></a>
-<a href="#FNanchor_114_114"><span class="label">[114]</span></a>
-<i>Encyclopédie méthodique</i>, Arts et métiers, t. VI,
-p. 259.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_115_115" id="Footnote_115_115"></a>
-<a href="#FNanchor_115_115"><span class="label">[115]</span></a>
-<span class="smcap">Nicolas de Blegny</span>,
-<i>Le livre commode pour 1692</i>, t. II,
-p. 41.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_116_116" id="Footnote_116_116"></a>
-<a href="#FNanchor_116_116"><span class="label">[116]</span></a> Voy.
-<span class="smcap">Savary</span>, <i>Dictionnaire du commerce</i>,
-t. I<sup>er</sup>, p. 746.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_117_117" id="Footnote_117_117"></a>
-<a href="#FNanchor_117_117"><span class="label">[117]</span></a>
-<i>Lettre d'un Sicilien</i>, édit. V. Dufour, p. 42.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_118_118" id="Footnote_118_118"></a>
-<a href="#FNanchor_118_118"><span class="label">[118]</span></a>
-Terminée par une longue boucle entre deux nœuds.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_119_119" id="Footnote_119_119"></a>
-<a href="#FNanchor_119_119"><span class="label">[119]</span></a>
-Chiffres de renvois de la gravure ci-contre:
-</p>
-<p>
-Fig. 1-2, intérieur et extérieur d'une perruque en bonnet.
-</p>
-<p>
-— 3-4, intérieur et extérieur d'une perruque à bourse.—A, la bourse.
-BB, les jarretières.
-</p>
-<p>
-— 5-6, intérieur et extérieur d'une perruque à nœuds.—AA, les nœuds.
-B, le boudin.
-</p>
-<p>
-— 7, nœud de la même perruque.
-</p>
-<p>
-— 8, boudin.
-</p>
-<p>
-— 9, bourse à rosette.—BB, les cordons.
-</p>
-<p>
-— 10-11, intérieur et extérieur d'une perruque naissante.
-</p>
-<p>
-— 12-13, intérieur et extérieur d'une perruque d'abbé.—AA, la tonsure.
-</p>
-<p>
-— 14-15, intérieur et extérieur d'une perruque à la brigadière.—AA,
-les boudins. B, la rosette.
-</p>
-<p>
-— 16, boudins de la même perruque.
-</p>
-<p>
-— 17, rosette.—AA, les cordons.
-</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_120_120" id="Footnote_120_120"></a>
-<a href="#FNanchor_120_120"><span class="label">[120]</span></a>
-<i>Le mode françois</i>, p. 418.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_121_121" id="Footnote_121_121"></a>
-<a href="#FNanchor_121_121"><span class="label">[121]</span></a>
-Voy. <span class="smcap">Bonav. d'Argonne</span>,
-<i>Mélanges de littérature</i>, t. III,
-p. 443.—<i>Dictionnaire de Trévoux</i>, t. II, p. 444.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_122_122" id="Footnote_122_122"></a>
-<a href="#FNanchor_122_122"><span class="label">[122]</span></a>
-<i>Chronique</i>, liv. I, année 1417; édit. Douët-d'Arcq,
-t. III, p. 228.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_123_123" id="Footnote_123_123"></a>
-<a href="#FNanchor_123_123"><span class="label">[123]</span></a>
-Édit. de 1881, tome II, p. 275.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_124_124" id="Footnote_124_124"></a>
-<a href="#FNanchor_124_124"><span class="label">[124]</span></a> Repoussait.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_125_125" id="Footnote_125_125"></a>
-<a href="#FNanchor_125_125"><span class="label">[125]</span></a>
-<i>Journal sur l'enfance et la jeunesse de Louis XIII</i>, t. I,
-p. 181.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_126_126" id="Footnote_126_126"></a>
-<a href="#FNanchor_126_126"><span class="label">[126]</span></a>
-<i>Journal sur l'enfance et la jeunesse de Louis XIII</i>, t. I,
-p. 221.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_127_127" id="Footnote_127_127"></a>
-<a href="#FNanchor_127_127"><span class="label">[127]</span></a>
-Voy. <span class="smcap">Th. Raynaud</span>, <i>De pileo</i>, dans Grævius, <i>Thesaurus
-antiquitatum</i>, t. VI, p. 1230.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_128_128" id="Footnote_128_128"></a>
-<a href="#FNanchor_128_128"><span class="label">[128]</span></a>
-Voy. <i>Extrait inédit des mémoires du baron de Breteuil</i>,
-dans Éd. <span class="smcap">Fournier</span>,
-<i>Variétés historiques</i>, t. X, p. 107.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_129_129" id="Footnote_129_129"></a>
-<a href="#FNanchor_129_129"><span class="label">[129]</span></a>
-<i>Les bienséances de la conversation entre hommes</i>,
-p. 10.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_130_130" id="Footnote_130_130"></a>
-<a href="#FNanchor_130_130"><span class="label">[130]</span></a>
-Antoine <span class="smcap">de Courtin</span>, édition de 1695, p. 126.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_131_131" id="Footnote_131_131"></a>
-<a href="#FNanchor_131_131"><span class="label">[131]</span></a>
-Abbé <span class="smcap">de Bellegarde</span>, <i>Modèles de conversations pour
-les personnes polies</i> (1723), p. 484.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_132_132" id="Footnote_132_132"></a>
-<a href="#FNanchor_132_132"><span class="label">[132]</span></a>
-<i>Mémoires</i>, 28 août 1738; t. II, p. 201.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_133_133" id="Footnote_133_133"></a>
-<a href="#FNanchor_133_133"><span class="label">[133]</span></a>
-J. B. <span class="smcap">de la Salle</span>, <i>Les règles de la bienséance et de la
-civilité chrétienne</i>, p. 54.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_134_134" id="Footnote_134_134"></a>
-<a href="#FNanchor_134_134"><span class="label">[134]</span></a>
-<i>Histoire amoureuse des Gaules</i>, édit. elzévir,
-t. I<sup>er</sup>, p. 47.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_135_135" id="Footnote_135_135"></a>
-<a href="#FNanchor_135_135"><span class="label">[135]</span></a>
-<i>Traité de la civilité</i>, p. 19 et 21.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_136_136" id="Footnote_136_136"></a>
-<a href="#FNanchor_136_136"><span class="label">[136]</span></a>
-<i>La contre-mode</i>, p. 78 et suiv.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_137_137" id="Footnote_137_137"></a>
-<a href="#FNanchor_137_137"><span class="label">[137]</span></a>
-<i>Traité de la civilité</i>, p. 104.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_138_138" id="Footnote_138_138"></a>
-<a href="#FNanchor_138_138"><span class="label">[138]</span></a> Antoine
-<span class="smcap">de Courtin</span>, p. 14 et 104.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_139_139" id="Footnote_139_139"></a>
-<a href="#FNanchor_139_139"><span class="label">[139]</span></a>
-<i>Mémoires de Sully</i>, édit. de l'abbé de l'Écluse, t. II,
-p. 603.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_140_140" id="Footnote_140_140"></a>
-<a href="#FNanchor_140_140"><span class="label">[140]</span></a>
-<i>Mémoires de Loménie de Brienne</i>, t. II, p. 168.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_141_141" id="Footnote_141_141"></a>
-<a href="#FNanchor_141_141"><span class="label">[141]</span></a>
-Voy. le <i>Dictionnaire de Trévoux</i>, t. VII, p. 517.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_142_142" id="Footnote_142_142"></a>
-<a href="#FNanchor_142_142"><span class="label">[142]</span></a>
-Duc <span class="smcap">de Luynes</span>, <i>Mémoires</i>,
-27 décembre 1735; t. I, p. 55.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_143_143" id="Footnote_143_143"></a>
-<a href="#FNanchor_143_143"><span class="label">[143]</span></a>
-Duc <span class="smcap">de Luynes</span>, <i>Mémoires</i>,
-18 octobre 1736; t. I, p. 112.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_144_144" id="Footnote_144_144"></a>
-<a href="#FNanchor_144_144"><span class="label">[144]</span></a>
-Voy. une lettre de mad. <span class="smcap">de Sévigné</span> du 26 mai 1683,
-t. VII, p. 238.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_145_145" id="Footnote_145_145"></a>
-<a href="#FNanchor_145_145"><span class="label">[145]</span></a>
-Mad. <span class="smcap">de Genlis</span>, <i>Étiquette de la cour</i>,
-t. I, p. 187.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_146_146" id="Footnote_146_146"></a>
-<a href="#FNanchor_146_146"><span class="label">[146]</span></a>
-Le placet était un large tabouret. J. Nicot le définit
-ainsi: «Façon de petit siége sans dossier ni accoudoir.»
-(<i>Thrésor de la langue françoise</i>, édition de 1621, p. 483.)
-On trouve un de ces siéges représenté dans les <i>Blasons
-domestiques</i> de Gilles <span class="smcap">Corrozet</span>,
-édit. de 1539. On enviait
-fort le droit au placet à l'époque où l'étiquette de la cour
-tenait assises par terre les plus grandes dames. Le placet
-est encore cité dans <i>le Lutrin</i>:
-</p>
-</div>
-
-<div class="poetry-container">
- <div class="poetry">
- <div class="verse">En achevant ces mots, cette amante enflammée</div>
- <div class="verse">Sur un placet voisin tombe demi pâmée.</div>
- </div>
- <div class="ar">(<span class="smcap">Chant</span> II.)</div>
-</div>
-
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_147_147" id="Footnote_147_147"></a>
-<a href="#FNanchor_147_147"><span class="label">[147]</span></a>
-<i>Nouvelles tragi-comiques</i>, édit. de 1727, t. II, p. 96.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_148_148" id="Footnote_148_148"></a>
-<a href="#FNanchor_148_148"><span class="label">[148]</span></a>
-Acte II, sc. 1.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_149_149" id="Footnote_149_149"></a>
-<a href="#FNanchor_149_149"><span class="label">[149]</span></a>
-<span class="smcap">Molière</span>, <i>l'Impromptu de Versailles</i>,
-remercîment au
-Roi.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_150_150" id="Footnote_150_150"></a>
-<a href="#FNanchor_150_150"><span class="label">[150]</span></a>
-<i>Lettres</i>, t. III, p. 219.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_151_151" id="Footnote_151_151"></a>
-<a href="#FNanchor_151_151"><span class="label">[151]</span></a>
-Paris, 1639, in-12. Réimprimé en 1681.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_152_152" id="Footnote_152_152"></a>
-<a href="#FNanchor_152_152"><span class="label">[152]</span></a>
-Paris, 1675, in-12, p. 352.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_153_153"
-id="Footnote_153_153"></a><a href="#FNanchor_153_153">
-<span class="label">[153]</span></a> <i>Mémoires de Grammont</i>, chap.
-<span class="smcap">III</span>.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_154_154"
-id="Footnote_154_154"></a><a href="#FNanchor_154_154">
-<span class="label">[154]</span></a> Louis
-<span class="smcap">Guyon</span>, <i>Diverses leçons</i> (1625), t. II, p. 138,
-liv. I, ch. <span class="smcap">XX</span>.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_155_155"
-id="Footnote_155_155"></a><a href="#FNanchor_155_155">
-<span class="label">[155]</span></a> Voir le <i>Journal d'Héroard</i>,
-t. I, p. 49 et 380.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_156_156"
-id="Footnote_156_156"></a><a href="#FNanchor_156_156">
-<span class="label">[156]</span></a> A la tempe.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_157_157"
-id="Footnote_157_157"></a><a href="#FNanchor_157_157">
-<span class="label">[157]</span></a>
-<span class="smcap">Tallemant des Réaux</span>,
-<i>Historiettes</i>, t. IV, p. 335.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_158_158"
-id="Footnote_158_158"></a><a href="#FNanchor_158_158">
-<span class="label">[158]</span></a> <i>La contre-mode</i> (1642), p. 373.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_159_159"
-id="Footnote_159_159"></a><a href="#FNanchor_159_159">
-<span class="label">[159]</span></a> Page 27.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_160_160"
-id="Footnote_160_160"></a><a href="#FNanchor_160_160">
-<span class="label">[160]</span></a> <i>Suite des maximes
-morales et chrestiennes</i>, p. 22.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_161_161"
-id="Footnote_161_161"></a><a href="#FNanchor_161_161">
-<span class="label">[161]</span></a> <i>Recueil de
-pièces en prose les plus agréables de ce
-temps</i>, p. 16.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_162_162"
-id="Footnote_162_162"></a><a href="#FNanchor_162_162">
-<span class="label">[162]</span></a> <i>Mémoires de madame
-la duchesse de Mazarin</i>, dans
-les Œuvres de Saint-Réal, t. III, p. 577.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_163_163"
-id="Footnote_163_163"></a><a href="#FNanchor_163_163">
-<span class="label">[163]</span></a> Voy. <i>La faiseuse
-de mouches</i>, dans le recueil cité ci-dessus.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_164_164"
-id="Footnote_164_164"></a><a href="#FNanchor_164_164">
-<span class="label">[164]</span></a> <i>La mouche et la
-fourmi</i>, liv. IV, fable 3.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_165_165"
-id="Footnote_165_165"></a><a href="#FNanchor_165_165">
-<span class="label">[165]</span></a> <i>Livre commode</i>, t. II, p. 76.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_166_166"
-id="Footnote_166_166"></a><a href="#FNanchor_166_166">
-<span class="label">[166]</span></a> Madame de <span class="smcap">Genlis</span>,
-<i>Mémoires</i>, t. IX, p. 222.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_167_167"
-id="Footnote_167_167"></a><a href="#FNanchor_167_167">
-<span class="label">[167]</span></a> Madame de
-<span class="smcap">Genlis</span>, <i>Dictionnaire des étiquettes</i>, t. I,
-p. 406.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_168_168"
-id="Footnote_168_168"></a><a href="#FNanchor_168_168">
-<span class="label">[168]</span></a> <span class="smcap">D'Aubigné</span>,
-<i>Tragiques</i>, liv. II, édit. Réaume et de Caussade,
-t. IV, p. 94.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_169_169"
-id="Footnote_169_169"></a><a href="#FNanchor_169_169">
-<span class="label">[169]</span></a> Poudre parfumée.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_170_170"
-id="Footnote_170_170"></a><a href="#FNanchor_170_170">
-<span class="label">[170]</span></a> <i>Description de l'isle
-des Hermaphrodites</i>, édit. de 1724,
-p. 10.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_171_171"
-id="Footnote_171_171"></a><a href="#FNanchor_171_171">
-<span class="label">[171]</span></a> <i>Journal du règne
-de Henri IV</i>, 8 décembre 1593.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_172_172"
-id="Footnote_172_172"></a><a href="#FNanchor_172_172">
-<span class="label">[172]</span></a> André Boullanger,
-religieux Augustin.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_173_173"
-id="Footnote_173_173"></a><a href="#FNanchor_173_173">
-<span class="label">[173]</span></a> <span class="smcap">Tallemant
-des Réaux</span>, t. IV, p. 333.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_174_174"
-id="Footnote_174_174"></a><a href="#FNanchor_174_174">
-<span class="label">[174]</span></a> <i>Le satyrique de
-la court</i> (1624), dans Éd. <span class="smcap">Fournier</span>,
-<i>Variétés historiques</i>, t. III, p. 253.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_175_175"
-id="Footnote_175_175"></a><a href="#FNanchor_175_175">
-<span class="label">[175]</span></a> L. <span class="smcap">Guyon</span>,
-<i>Diverses leçons</i>, t. II, p. 137.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_176_176"
-id="Footnote_176_176"></a><a href="#FNanchor_176_176">
-<span class="label">[176]</span></a> Madame <span class="smcap">de Genlis</span>,
-<i>Dictionnaire des étiquettes</i>, t. II,
-p. 68.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_177_177"
-id="Footnote_177_177"></a><a href="#FNanchor_177_177">
-<span class="label">[177]</span></a> <i>Vers à la Fronde
-sur la mode des hommes.</i></p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_178_178"
-id="Footnote_178_178"></a><a href="#FNanchor_178_178">
-<span class="label">[178]</span></a> <i>Vengeance des
-femmes contre les hommes, satyre nouvelle
-contre les petits-maîtres</i>, 1704, in-8<sup>o</sup>.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_179_179"
-id="Footnote_179_179"></a><a href="#FNanchor_179_179">
-<span class="label">[179]</span></a> Voir un arrêt du 4
-juillet 1689, rendu contre Jean Fournereau
-et Jean Furon, marchands merciers, chez qui on
-avait saisi «un grand mortier et quatre tamis à battre et
-passer la poudre à poudrer les cheveux».—Un autre arrêt,
-daté du 9 juillet 1715, est plus explicite encore.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_180_180"
-id="Footnote_180_180"></a><a href="#FNanchor_180_180">
-<span class="label">[180]</span></a> Voir un arrêt du
-18 mai 1726, qui confirme le droit
-accordé aux barbiers par leurs statuts de «faire fabriquer
-chez eux des poudres, savonnettes, opiats, essences, quintessences,
-pâtes, etc.», mais à la condition que tous ces
-produits seront «pour leur usage particulier et consommés
-dans leurs boutiques et maisons, sans qu'il leur soit permis
-d'en pouvoir vendre et débiter, ni même d'en faire étalage
-à leur boutique.»</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_181_181"
-id="Footnote_181_181"></a><a href="#FNanchor_181_181">
-<span class="label">[181]</span></a> L'article 33 des
-statuts des amidonniers-cretonniers
-leur interdit de vendre l'amidon en poudre, leur défend
-même d'«avoir aucun outil ou ustensile propre à réduire
-l'amidon en poudre».</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_182_182"
-id="Footnote_182_182"></a><a href="#FNanchor_182_182">
-<span class="label">[182]</span></a> <span class="smcap">Mercier</span>,
-<i>Tableau de Paris</i>, ch. <span class="smcap">CVII</span>, t. V, p. 131.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_183_183"
-id="Footnote_183_183"></a><a href="#FNanchor_183_183">
-<span class="label">[183]</span></a> <i>Le mode françois</i>, p. 419.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_184_184"
-id="Footnote_184_184"></a><a href="#FNanchor_184_184">
-<span class="label">[184]</span></a> Voir <span class="smcap">Mercier</span>,
-<i>Tableau de Paris</i>, t. I, p. 100.—«Tel
-aristocrate dépensait en farine autant pour ses cheveux que
-pour son estomac.» <i>Nouveau Paris</i>, t. II, p. 156.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_185_185"
-id="Footnote_185_185"></a><a href="#FNanchor_185_185">
-<span class="label">[185]</span></a> <i>État de la France en 1789</i>,
-p. 510.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_186_186"
-id="Footnote_186_186"></a><a href="#FNanchor_186_186">
-<span class="label">[186]</span></a> <i>Histoire du
-costume en France</i>, p. 619.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_187_187"
-id="Footnote_187_187"></a><a href="#FNanchor_187_187">
-<span class="label">[187]</span></a> <i>Statuts et
-règlemens pour la communauté des Barbiers-Perruquiers-Baigneurs-Étuvistes
-de la ville, fauxbourgs et
-banlieuë de Paris.</i> In-4<sup>o</sup>. Souvent réimprimés.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_188_188"
-id="Footnote_188_188"></a><a href="#FNanchor_188_188">
-<span class="label">[188]</span></a> Article 1.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_189_189"
-id="Footnote_189_189"></a><a href="#FNanchor_189_189">
-<span class="label">[189]</span></a> Article 3.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_190_190"
-id="Footnote_190_190"></a><a href="#FNanchor_190_190">
-<span class="label">[190]</span></a> Article 9.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_191_191"
-id="Footnote_191_191"></a><a href="#FNanchor_191_191">
-<span class="label">[191]</span></a> Article 8.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_192_192"
-id="Footnote_192_192"></a><a href="#FNanchor_192_192">
-<span class="label">[192]</span></a> Voy. dans cette
-collection: <i>L'annonce et la réclame</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_193_193"
-id="Footnote_193_193"></a><a href="#FNanchor_193_193">
-<span class="label">[193]</span></a> Bibliothèque
-nationale, manuscrits <span class="smcap">Delamarre</span>, <i>Arts et
-métiers</i>, t. IV, p. 59.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_194_194"
-id="Footnote_194_194"></a><a href="#FNanchor_194_194">
-<span class="label">[194]</span></a> Article 44.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_195_195"
-id="Footnote_195_195"></a><a href="#FNanchor_195_195">
-<span class="label">[195]</span></a> Article 46.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_196_196"
-id="Footnote_196_196"></a><a href="#FNanchor_196_196">
-<span class="label">[196]</span></a> Article 14.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_197_197"
-id="Footnote_197_197"></a><a href="#FNanchor_197_197">
-<span class="label">[197]</span></a> Elles étaient
-autorisées à continuer le commerce de
-leur mari.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_198_198"
-id="Footnote_198_198"></a><a href="#FNanchor_198_198">
-<span class="label">[198]</span></a> Article 17.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_199_199"
-id="Footnote_199_199"></a><a href="#FNanchor_199_199">
-<span class="label">[199]</span></a> Article 48.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_200_200"
-id="Footnote_200_200"></a><a href="#FNanchor_200_200">
-<span class="label">[200]</span></a> Arrêt du 29 novembre.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_201_201"
-id="Footnote_201_201"></a><a href="#FNanchor_201_201">
-<span class="label">[201]</span></a> Arrêt du
-16 septembre.—C'est encore le chiffre que
-fournit Savary en 1740. Voy. <i>Dictionnaire du commerce</i>,
-t. II, p. 424.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_202_202"
-id="Footnote_202_202"></a><a href="#FNanchor_202_202">
-<span class="label">[202]</span></a> Article 26.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_203_203"
-id="Footnote_203_203"></a><a href="#FNanchor_203_203">
-<span class="label">[203]</span></a> Article 28.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_204_204"
-id="Footnote_204_204"></a><a href="#FNanchor_204_204">
-<span class="label">[204]</span></a> Articles 29, 30, 39.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_205_205"
-id="Footnote_205_205"></a><a href="#FNanchor_205_205">
-<span class="label">[205]</span></a> Article 55.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_206_206"
-id="Footnote_206_206"></a><a href="#FNanchor_206_206">
-<span class="label">[206]</span></a> Article 47.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_207_207"
-id="Footnote_207_207"></a><a href="#FNanchor_207_207">
-<span class="label">[207]</span></a> Article 54.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_208_208"
-id="Footnote_208_208"></a><a href="#FNanchor_208_208">
-<span class="label">[208]</span></a> Article 42.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_209_209"
-id="Footnote_209_209"></a><a href="#FNanchor_209_209">
-<span class="label">[209]</span></a> Article 60.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_210_210"
-id="Footnote_210_210"></a><a href="#FNanchor_210_210">
-<span class="label">[210]</span></a> Article 58.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_211_211"
-id="Footnote_211_211"></a><a href="#FNanchor_211_211">
-<span class="label">[211]</span></a> Article 59.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_212_212"
-id="Footnote_212_212"></a><a href="#FNanchor_212_212">
-<span class="label">[212]</span></a> Voy. <span class="smcap">Forgeais</span>,
-<i>Numismatique des corporations</i>, p. 93.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_213_213"
-id="Footnote_213_213"></a><a href="#FNanchor_213_213">
-<span class="label">[213]</span></a> Article 21.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_214_214"
-id="Footnote_214_214"></a><a href="#FNanchor_214_214">
-<span class="label">[214]</span></a> Aujourd'hui rue Nicolas-Flamel.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_215_215"
-id="Footnote_215_215"></a><a href="#FNanchor_215_215">
-<span class="label">[215]</span></a> Aujourd'hui rue Chapon.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_216_216"
-id="Footnote_216_216"></a><a href="#FNanchor_216_216">
-<span class="label">[216]</span></a> <span class="smcap">De
-Franqueville</span>, <i>Le miroir de l'art et de la nature</i>, p. 197.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_217_217"
-id="Footnote_217_217"></a><a href="#FNanchor_217_217">
-<span class="label">[217]</span></a> Tome I, p. 183.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_218_218"
-id="Footnote_218_218"></a><a href="#FNanchor_218_218">
-<span class="label">[218]</span></a> <span class="smcap">Sauval</span>,
-<i>Antiquitez de Paris</i>, t. II, p. 146 et 245.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_219_219"
-id="Footnote_219_219"></a><a href="#FNanchor_219_219">
-<span class="label">[219]</span></a> <i>Mémoires sur
-la vie de madame de Sévigné</i>, t. II,
-p. 39.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_220_220"
-id="Footnote_220_220"></a><a href="#FNanchor_220_220">
-<span class="label">[220]</span></a> «Je suis trop
-raisonnable pour trouver étrange que, la
-veille d'un départ, on couche chez des baigneurs.» <i>Lettre
-de madame de Sévigné à Bussy</i>, 26 juin 1655.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_221_221"
-id="Footnote_221_221"></a><a href="#FNanchor_221_221">
-<span class="label">[221]</span></a> Acte I, scène 5.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_222_222"
-id="Footnote_222_222"></a><a href="#FNanchor_222_222">
-<span class="label">[222]</span></a> <i>Mémoires</i>,
-édition de 1881, t. I, p. 499.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_223_223"
-id="Footnote_223_223"></a><a href="#FNanchor_223_223">
-<span class="label">[223]</span></a> La Vienne,
-devenu gentilhomme ordinaire de la maison
-du Roi, mourut en 1710, à l'âge de quatre-vingts ans. Il fut
-remplacé par son fils Champcenetz, qui avait depuis longtemps
-la survivance de cette charge. Voy. le <i>Journal</i> de
-Dangeau, 13 mars 1702, t. VIII, p. 351; et 12 août 1710,
-t. XIII, p. 225.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_224_224"
-id="Footnote_224_224"></a><a href="#FNanchor_224_224">
-<span class="label">[224]</span></a> <i>État de
-la France pour 1672</i>, t. I, p. 92.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_225_225"
-id="Footnote_225_225"></a><a href="#FNanchor_225_225">
-<span class="label">[225]</span></a> <i>Le livre
-commode pour 1692</i>, t. I, p. 182.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_226_226"
-id="Footnote_226_226"></a><a href="#FNanchor_226_226">
-<span class="label">[226]</span></a> <span class="smcap">Hurtaut</span>
-et <span class="smcap">Magny</span>, <i>Dictionnaire historique de Paris</i>,
-t. I, p. 513 et 517.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_227_227"
-id="Footnote_227_227"></a><a href="#FNanchor_227_227">
-<span class="label">[227]</span></a> Madame de
-<span class="smcap">Genlis</span>, <i>Mémoires</i>, t. I, p. 256.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_228_228"
-id="Footnote_228_228"></a><a href="#FNanchor_228_228">
-<span class="label">[228]</span></a> <span class="smcap">Meurisse</span>,
-<i>L'art de saigner</i>, p. 382.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_229_229"
-id="Footnote_229_229"></a><a href="#FNanchor_229_229">
-<span class="label">[229]</span></a> Comte de <span class="smcap">Reiset</span>,
-<i>Livre-Journal de madame Éloffe</i>,
-t. I, p. 250.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_230_230"
-id="Footnote_230_230"></a><a href="#FNanchor_230_230">
-<span class="label">[230]</span></a> Madame
-<span class="smcap">Campan</span>, <i>Mémoires</i>; éclaircissements historiques,
-t. II, p. 323.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_231_231"
-id="Footnote_231_231"></a><a href="#FNanchor_231_231">
-<span class="label">[231]</span></a>
-Madame <span class="smcap">Campan</span>, <i>Mémoires</i>, ch.
-<span class="smcap">IV</span>, t. I, p. 104.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_232_232"
-id="Footnote_232_232"></a><a href="#FNanchor_232_232">
-<span class="label">[232]</span></a> Voir une curieuse
-anecdote racontée par <span class="smcap">Longchamp</span>
-et <span class="smcap">Wagnière</span>, <i>Mémoires
-sur Voltaire</i>, t. II, p. 119 et suiv.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_233_233"
-id="Footnote_233_233"></a><a href="#FNanchor_233_233">
-<span class="label">[233]</span></a> Tome I, p. 128.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_234_234"
-id="Footnote_234_234"></a><a href="#FNanchor_234_234">
-<span class="label">[234]</span></a> Édit. elzévirienne, p. 196.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_235_235"
-id="Footnote_235_235"></a><a href="#FNanchor_235_235">
-<span class="label">[235]</span></a> <span class="smcap">Jèze</span>,
-<i>État ou tableau de la ville de Paris</i>, p. 336.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_236_236"
-id="Footnote_236_236"></a><a href="#FNanchor_236_236">
-<span class="label">[236]</span></a> Paris, 1754, in-8<sup>o</sup>, p. 187.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_237_237"
-id="Footnote_237_237"></a><a href="#FNanchor_237_237">
-<span class="label">[237]</span></a> <span class="smcap">Thiéry</span>,
-<i>Guide des amateurs et des étrangers</i>, t. II,
-p. 136.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_238_238"
-id="Footnote_238_238"></a><a href="#FNanchor_238_238">
-<span class="label">[238]</span></a> Voy.
-les <i>Mémoires secrets</i> dits de Bachaumont, 18
-juin et 16 juillet 1785, et 10 septembre 1786; t. XXIX,
-p. 79 et 121; t. XXXIII, p. 19.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_239_239"
-id="Footnote_239_239"></a><a href="#FNanchor_239_239">
-<span class="label">[239]</span></a> <span class="smcap">Thiéry</span>,
-<i>Guide des amateurs et des étrangers</i>, t. II,
-p. 133 et suiv.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_240_240"
-id="Footnote_240_240"></a><a href="#FNanchor_240_240">
-<span class="label">[240]</span></a> Voy.
-<i>l'Encyclopédie méthodique</i>, arts et métiers, t. VI,
-p. 311.—Voici l'explication des lettres de renvoi qui
-figurent sur la planche ci-contre:
-</p>
-
-<table id="LETTRES" summary="Lettres de renvoi.">
- <tr>
- <td class="c1-1">FF</td>
- <td class="c1-1">passages,</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="c1-1">GG</td>
- <td class="c1-1">escaliers pour monter au premier,</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="c1-1">H</td>
- <td class="c1-1">aisances,</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="c1-1">M</td>
- <td class="c1-1">chambres de bains,</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="c1-1">N</td>
- <td class="c1-1">chambres à lit,</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="c1-1">O</td>
- <td class="c1-1">chaudière,</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="c1-1">R</td>
- <td class="c1-1">fourneau,</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="c1-1">S</td>
- <td class="c1-1">dessous du fourneau,</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="c1-1">T</td>
- <td class="c1-1">baignoires,</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="c1-1">V</td>
- <td class="c1-1">lits,</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="c1-1">XX</td>
- <td class="c1-1">réservoirs,</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="c1-1">c</td>
- <td class="c1-1">logement du concierge,</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="c1-1">dd</td>
- <td class="c1-1">lingerie des hommes,</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="c1-1">gg</td>
- <td class="c1-1">lingerie des femmes,</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="c1-1">hh</td>
- <td class="c1-1">fond du bateau.</td>
- </tr>
-</table>
-</div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_241_241"
-id="Footnote_241_241"></a><a href="#FNanchor_241_241">
-<span class="label">[241]</span></a> <span class="smcap">Thiéry</span>,
-<i>Guide des amateurs</i>, etc., t. I, p. 286; t. II,
-p. 593 et 595.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_242_242"
-id="Footnote_242_242"></a><a href="#FNanchor_242_242">
-<span class="label">[242]</span></a> <i>Historiettes</i>, t. V, p. 412.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_243_243"
-id="Footnote_243_243"></a><a href="#FNanchor_243_243">
-<span class="label">[243]</span></a> <i>Muze
-historique</i> du 12 novembre 1658.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_244_244"
-id="Footnote_244_244"></a><a href="#FNanchor_244_244">
-<span class="label">[244]</span></a> Après sa mort,
-une comédie, intitulée <i>Champagne le
-Coiffeur</i>, fut représentée sur le théâtre du Marais. Elle a
-été publiée en 1663.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_245_245"
-id="Footnote_245_245"></a><a href="#FNanchor_245_245">
-<span class="label">[245]</span></a> Tome II, p. 117.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_246_246"
-id="Footnote_246_246"></a><a href="#FNanchor_246_246">
-<span class="label">[246]</span></a> <i>Lettre</i>
-du 4 avril 1671; t. II, p. 143.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_247_247"
-id="Footnote_247_247"></a><a href="#FNanchor_247_247">
-<span class="label">[247]</span></a> Tome II, p. 41.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_248_248"
-id="Footnote_248_248"></a><a href="#FNanchor_248_248">
-<span class="label">[248]</span></a> Voy. madame
-de <span class="smcap">Genlis</span>, <i>Mémoires</i>, t. II, p. 224.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_249_249"
-id="Footnote_249_249"></a><a href="#FNanchor_249_249">
-<span class="label">[249]</span></a> Il finit aussi
-malheureusement que Champagne. Il mourut
-étouffé, en 1770, aux fêtes données à l'occasion du mariage
-du Dauphin. Voir les <i>Mémoires secrets</i> dits de Bachaumont,
-4 juin 1770, t. XIX, p. 187.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_250_250"
-id="Footnote_250_250"></a><a href="#FNanchor_250_250">
-<span class="label">[250]</span></a> Il avait été
-cuisinier chez le marquis de Bellemare;
-c'est Legros lui-même qui nous l'apprend, et il ajoute:
-«J'ai fait un livre de cuisine qui n'est point imprimé, parce
-que je n'ai point encore eu le temps de le finir.»</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_251_251"
-id="Footnote_251_251"></a><a href="#FNanchor_251_251">
-<span class="label">[251]</span></a> <i>Pour
-les Coëffeurs de dames de Paris contre la communauté
-des maîtres Barbiers-Perruquiers-Baigneurs-Étuvistes.</i></p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_252_252"
-id="Footnote_252_252"></a><a href="#FNanchor_252_252">
-<span class="label">[252]</span></a> <i>Mémoires
-secrets</i>, t. IV, p. 184.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_253_253"
-id="Footnote_253_253"></a><a href="#FNanchor_253_253">
-<span class="label">[253]</span></a> <i>Mémoires
-secrets dits de Bachaumont</i>, 5 septembre
-1777, t. X, p. 213.—La somme de six cents livres fut réduite
-à trois cents par arrêt du conseil du 9 avril 1778. Voy. <i>Recueil
-de règlemens pour les corps et communautés d'arts et
-métiers</i>, 1779, in-4<sup>o</sup>, p. 193 et 248.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_254_254"
-id="Footnote_254_254"></a><a href="#FNanchor_254_254">
-<span class="label">[254]</span></a> Paris, 1777, Supplément, p. 15.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_255_255"
-id="Footnote_255_255"></a><a href="#FNanchor_255_255">
-<span class="label">[255]</span></a> Voy. les
-gravures de modes conservées à la Bibliothèque
-de la Ville de Paris et à la Bibliothèque nationale; et, pour
-les années 1785 à 1788, le <i>Magasin des modes</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_256_256"
-id="Footnote_256_256"></a><a href="#FNanchor_256_256">
-<span class="label">[256]</span></a> <i>Modèles
-de conversations pour les personnes polies</i>,
-p. 454.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_257_257"
-id="Footnote_257_257"></a><a href="#FNanchor_257_257">
-<span class="label">[257]</span></a> 26 avril 1774, t. VII, p. 165.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_258_258"
-id="Footnote_258_258"></a><a href="#FNanchor_258_258">
-<span class="label">[258]</span></a> <i>Quatrième
-mémoire à consulter</i>, p. 111.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_259_259"
-id="Footnote_259_259"></a><a href="#FNanchor_259_259">
-<span class="label">[259]</span></a> Voir
-la <i>Correspondance secrète</i> de Métra, 9 janvier
-1775, t. I, p. 158.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_260_260"
-id="Footnote_260_260"></a><a href="#FNanchor_260_260">
-<span class="label">[260]</span></a> <i>Les panaches
-ou les coëffures à la mode</i>, comédie en
-un acte. Paris, 1778, in-8<sup>o</sup>.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_261_261"
-id="Footnote_261_261"></a><a href="#FNanchor_261_261">
-<span class="label">[261]</span></a> <i>Mémoires</i>,
-ch. <span class="smcap">IV</span>, t. I, p. 96.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_262_262"
-id="Footnote_262_262"></a><a href="#FNanchor_262_262">
-<span class="label">[262]</span></a> <span class="smcap">Bachaumont</span>,
-6 novembre 1778, t. XII, p. 154.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_263_263"
-id="Footnote_263_263"></a><a href="#FNanchor_263_263">
-<span class="label">[263]</span></a> «Il est de
-la modestie et de l'honnêteté de ne pas toucher
-ses cheveux sans nécessité. C'est pourquoi il n'y faut
-mettre que très-peu de poudre, parce que la trop grande
-quantité engendre de la vermine, qui engage quelquefois
-les jeunes gens à imiter certaines dames qui frappent la
-tête avec le doigt dans les endroits où cette vermine se
-fait sentir.» <span class="smcap">J. B. de la Salle</span>,
-<i>Règles de la bienséance</i>, p. 8.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_264_264"
-id="Footnote_264_264"></a><a href="#FNanchor_264_264">
-<span class="label">[264]</span></a> <span class="smcap">Mercier</span>,
-<i>Tableau de Paris</i>, chap. <span class="smcap">CCCXXXIX</span>, t. IV,
-p. 212.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_265_265"
-id="Footnote_265_265"></a><a href="#FNanchor_265_265">
-<span class="label">[265]</span></a> On appelait
-<i>marron</i> une grosse boucle de cheveux ordinairement
-nouée avec un cordon. <i>Marronner</i>, c'était friser
-à grosses boucles; le mot est dans Littré.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_266_266"
-id="Footnote_266_266"></a><a href="#FNanchor_266_266">
-<span class="label">[266]</span></a> <i>Mémoires
-d'un voyageur qui se repose</i>, t. III, p. 42.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_267_267"
-id="Footnote_267_267"></a><a href="#FNanchor_267_267">
-<span class="label">[267]</span></a> <span class="smcap">Mercier</span>,
-<i>Tableau de Paris</i>, t. II, p. 192.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_268_268"
-id="Footnote_268_268"></a><a href="#FNanchor_268_268">
-<span class="label">[268]</span></a> <i>Tableau de Paris</i>, t. VI, p. 46.
-</p>
-<p>
-La gravure de Cochin, que nous reproduisons ci-contre,
-prouve que toutes les boutiques de barbiers ne ressemblaient
-pas à celle décrite par Mercier. Voici l'explication des lettres
-de renvoi:
-</p>
-
-<table id="BOUTIQUE_DE_BARBIER" summary="Boutique de barbier.">
- <tr>
- <td class="c1-1"><i>a,</i></td>
- <td class="c1-1">garçon occupé à faire la barbe.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="c1-1"><i>b,</i></td>
- <td class="c1-1">garçon occupé à accommoder une perruque.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="c1-1"><i>c,</i></td>
- <td class="c1-1">une femme occupée à tresser.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="c1-1"><i>d,</i></td>
- <td class="c1-1">deux ouvriers occupés à monter des perruques.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="c1-1"><i>e,</i></td>
- <td class="c1-1">un ouvrier occupé à faire chauffer des fers à friser.</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="c1-1"><i>f,</i></td>
- <td class="c1-1">particulier qui ôte la poudre de dessus son visage.</td>
- </tr>
-</table>
-</div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_269_269"
-id="Footnote_269_269"></a><a href="#FNanchor_269_269">
-<span class="label">[269]</span></a> 26 juin 1780, t. XV, p. 210.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_270_270"
-id="Footnote_270_270"></a><a href="#FNanchor_270_270">
-<span class="label">[270]</span></a> <i>Mémoires</i>, chap. <span class="smcap">IV</span>, t. I, p. 100.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_271_271"
-id="Footnote_271_271"></a><a href="#FNanchor_271_271">
-<span class="label">[271]</span></a>
-Duc <span class="smcap">de Choiseul</span>, <i>Relation du départ de Louis XVI</i>,
-p. 69 et suiv.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_272_272"
-id="Footnote_272_272"></a><a href="#FNanchor_272_272">
-<span class="label">[272]</span></a> <i>Libellus
-de moribus in mensa servandis, Joanne Sulpitio
-Verulano authore. Cum familiarissima et rudi juventuti
-aptissima elucidatione gallicolatina Gulielmi Durandi.</i>
-Comme tous les traités de civilité, celui-ci est d'une extrême
-rareté. L'édition dont je me suis servi est celle
-de 1577 (Paris, Buon, in-12).</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_273_273"
-id="Footnote_273_273"></a><a href="#FNanchor_273_273">
-<span class="label">[273]</span></a> <i>Coma.</i></p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_274_274"
-id="Footnote_274_274"></a><a href="#FNanchor_274_274">
-<span class="label">[274]</span></a> <i>Scabies.</i></p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_275_275"
-id="Footnote_275_275"></a><a href="#FNanchor_275_275">
-<span class="label">[275]</span></a> La première
-édition de ce livre parut à Bâle en 1530,
-sous ce titre: <i>De civilitate morum puerilium, per Des.
-Erasmum nunc primum et conditus et æditus.</i></p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_276_276"
-id="Footnote_276_276"></a><a href="#FNanchor_276_276">
-<span class="label">[276]</span></a>
-<i>Declamation contenant la manière de bien instruire les
-enfans dès leur commencement. Avec un petit traicté de la
-civilité puérile.</i> Le tout translaté nouvellement de latin en
-françois par Pierre <span class="smcap">Saliat</span>.
-Paris, Simon de Colines, 1537,
-in-12.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_277_277"
-id="Footnote_277_277"></a><a href="#FNanchor_277_277">
-<span class="label">[277]</span></a> Le mot
-<i>aucunement</i> signifiait alors un peu, en quelque
-façon, etc. C'est la traduction littérale du latin <i>aliquatenus</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_278_278"
-id="Footnote_278_278"></a><a href="#FNanchor_278_278">
-<span class="label">[278]</span></a>
-<i>Catoblepæ</i>, petits animaux originaires d'Éthiopie, et dont
-le regard tue; aussi ont-ils soin de tenir toujours la tête baissée.
-C'est Pline qui affirme tout cela (lib. VIII, cap.
-<span class="smcap">XXXII</span>).</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_279_279"
-id="Footnote_279_279"></a><a href="#FNanchor_279_279">
-<span class="label">[279]</span></a> Le derrière
-de la tête. Le texte porte <i>sufficare occipitium</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_280_280"
-id="Footnote_280_280"></a><a href="#FNanchor_280_280">
-<span class="label">[280]</span></a> <i>Motacillarum</i>, des hochequeue.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_281_281"
-id="Footnote_281_281"></a><a href="#FNanchor_281_281">
-<span class="label">[281]</span></a> Lieux d'aisances.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_282_282"
-id="Footnote_282_282"></a><a href="#FNanchor_282_282">
-<span class="label">[282]</span></a> C'est
-la traduction brutale mais exacte du mot <i>oletum</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_283_283"
-id="Footnote_283_283"></a><a href="#FNanchor_283_283">
-<span class="label">[283]</span></a> <i>La civile
-honesteté pour les enfans</i>, par <span class="smcap">C. Calviac</span>.
-Paris, 1560, in-12.—Calviac ne cite pas le nom d'Érasme,
-et on l'a jusqu'ici regardé comme l'auteur de cette plaquette
-très-rare, dont un exemplaire a été vendu 505 francs
-à la vente Pichon. C'est la première Civilité qui ait été imprimée
-avec les caractères dits <i>de civilité</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_284_284"
-id="Footnote_284_284"></a><a href="#FNanchor_284_284">
-<span class="label">[284]</span></a> <i>La civilité
-morale des enfans, composée en latin par
-Érasme, traduicte en françois par Claude Hardy, parisien,
-eagé de neuf ans.</i> Paris, Jean Sara, 1613, in-8<sup>o</sup>.—La dédicace
-au Roi se termine ainsi: «Depuis que j'ay eu le
-bon-heur d'avoir, par un heureux rencontre, parlé à vostre
-Majesté dedans vostre jardin des Thuilleries, par deux diverses
-fois, et après avoir remarqué tant de rares perfections
-que le ciel prodigue a thesaurisé en vostre personne,
-j'ay mille fois pensé combien est heureuse la condition de
-ceux qui sont proches de vous, et sont employez à vostre
-service, sans esperer jamais de ma bonne fortune autre
-chose, sinon que d'avoir l'heur d'estre recongneu de vous
-comme celuy qui desire estre toute sa vie, Sire, de vostre
-royale Majesté, tres-humble serviteur et subjet, <span class="smcap">Claude
-Hardy</span>.»</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_285_285"
-id="Footnote_285_285"></a><a href="#FNanchor_285_285">
-<span class="label">[285]</span></a> Voy. l'<i>Heautontimorumenos</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_286_286"
-id="Footnote_286_286"></a><a href="#FNanchor_286_286">
-<span class="label">[286]</span></a> «Lotium
-remorari valetudini perniciosum, secreto reddere
-verecundum. Sunt qui præcipiant ut puer, cumpressis
-natibus, ventris flatum retineat. Atqui civile non est, dum
-urbanus videri studes, morbum accersere. Si licet secedere,
-solus id faciat; sin minus, juxta vetustissimum proverbium
-tussi crepitum dissimulet. Alioqui cur non eadem opera
-præcipiunt ne alvum dejiciant, quum remorari flatum periculosius
-sit quam alvum stringere?»</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_287_287"
-id="Footnote_287_287"></a><a href="#FNanchor_287_287">
-<span class="label">[287]</span></a> Voy. l'<i>Eunuque</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_288_288"
-id="Footnote_288_288"></a><a href="#FNanchor_288_288">
-<span class="label">[288]</span></a> Je ne donne
-aucun extrait de l'ouvrage suivant, qui
-n'est qu'une mauvaise imitation d'Érasme: <i>La civilité
-honneste pour l'instruction des enfans. En laquelle est
-mis au commencement la manière d'apprendre à bien lire,
-prononcer et escrire. A Paris, par Pierre Ménier, portier
-de la porte Sainct Victor.</i> 1625, in-12.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_289_289"
-id="Footnote_289_289"></a><a href="#FNanchor_289_289">
-<span class="label">[289]</span></a> Dès 1685,
-cet ouvrage avait eu huit éditions. Il n'en
-est pas moins rare.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_290_290"
-id="Footnote_290_290"></a><a href="#FNanchor_290_290">
-<span class="label">[290]</span></a> Les sonnettes
-mises en mouvement par des fils de fer
-ne remontent pas au delà du règne de Louis XV; mais on
-avait depuis longtemps dans les appartements des timbres
-et des sonnettes posées sur les tables.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_291_291"
-id="Footnote_291_291"></a><a href="#FNanchor_291_291">
-<span class="label">[291]</span></a> Le ruisseau
-étant au milieu de la rue, la politesse voulait
-que l'on abandonnât la partie de la chaussée qui bordait
-les maisons. C'est ce que l'on appelait <i>céder le haut
-du pavé</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_292_292"
-id="Footnote_292_292"></a><a href="#FNanchor_292_292">
-<span class="label">[292]</span></a> Souvent réimprimée.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_293_293"
-id="Footnote_293_293"></a><a href="#FNanchor_293_293">
-<span class="label">[293]</span></a> Dépense
-en habits, penchant à se vêtir richement.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_294_294"
-id="Footnote_294_294"></a><a href="#FNanchor_294_294">
-<span class="label">[294]</span></a> Voy. ci-dessus, p. 190.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_295_295"
-id="Footnote_295_295"></a><a href="#FNanchor_295_295">
-<span class="label">[295]</span></a> Ouvrage
-qui a eu un nombre considérable d'éditions,
-et qui se réimprime encore aujourd'hui.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_296_296"
-id="Footnote_296_296"></a><a href="#FNanchor_296_296">
-<span class="label">[296]</span></a> Il ne faut
-pas oublier que l'auteur était «prêtre, docteur
-en théologie, et instituteur des Frères des écoles chrétiennes».</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_297_297"
-id="Footnote_297_297"></a><a href="#FNanchor_297_297">
-<span class="label">[297]</span></a>
-<i>Pantagruel</i>, liv. II, chap. <span class="smcap">XVI</span>.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_298_298"
-id="Footnote_298_298"></a><a href="#FNanchor_298_298">
-<span class="label">[298]</span></a> Ayant droit de s'asseoir.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_299_299"
-id="Footnote_299_299"></a><a href="#FNanchor_299_299">
-<span class="label">[299]</span></a> Il y a dans
-le texte: «Anzi porta una capigliata finta,
-per il più tutta ricca e bella.»</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_300_300"
-id="Footnote_300_300"></a><a href="#FNanchor_300_300">
-<span class="label">[300]</span></a> Voyez ci-dessus, p. 26 et suivantes.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_301_301"
-id="Footnote_301_301"></a><a href="#FNanchor_301_301">
-<span class="label">[301]</span></a> Il y a
-dans le texte: <i>Iveram redditum urinam</i>.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_302_302"
-id="Footnote_302_302"></a><a href="#FNanchor_302_302">
-<span class="label">[302]</span></a> <i>Non
-ausim dicere sine præfatione honoris.</i></p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_303_303"
-id="Footnote_303_303"></a><a href="#FNanchor_303_303">
-<span class="label">[303]</span></a> <i>Usui est
-ad tergendum nates in latrina.</i></p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_304_304"
-id="Footnote_304_304"></a><a href="#FNanchor_304_304">
-<span class="label">[304]</span></a> <i>Deinde
-egressus cubiculo, descendi infra, urinam in
-aera reddidi ad parietem.</i></p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_305_305"
-id="Footnote_305_305"></a><a href="#FNanchor_305_305">
-<span class="label">[305]</span></a> Voyez ci-dessus, p. 163.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_306_306"
-id="Footnote_306_306"></a><a href="#FNanchor_306_306">
-<span class="label">[306]</span></a> Quoi qu'en disent les stoïciens.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_307_307"
-id="Footnote_307_307"></a><a href="#FNanchor_307_307">
-<span class="label">[307]</span></a> Pages 28 et 179.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_308_308"
-id="Footnote_308_308"></a><a href="#FNanchor_308_308">
-<span class="label">[308]</span></a> <i>Recueil de
-poësies de divers autheurs.</i> In-18. Deuxième
-partie, p. 4.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_309_309"
-id="Footnote_309_309"></a><a href="#FNanchor_309_309">
-<span class="label">[309]</span></a> Édition de 1731, t. VI, p. 257.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_310_310"
-id="Footnote_310_310"></a><a href="#FNanchor_310_310">
-<span class="label">[310]</span></a> <i>Anciennes
-poésies françoises</i> (bibliothèque elzévirienne),
-t. I, p. 84.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_311_311"
-id="Footnote_311_311"></a><a href="#FNanchor_311_311">
-<span class="label">[311]</span></a> <i>Anciennes
-poésies françoises</i>, t. I, p. 103.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_312_312"
-id="Footnote_312_312"></a><a href="#FNanchor_312_312">
-<span class="label">[312]</span></a> <i>Ibid.</i>, t. II, p. 284.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_313_313"
-id="Footnote_313_313"></a><a href="#FNanchor_313_313">
-<span class="label">[313]</span></a> <i>Antiquitez
-de Paris</i>, t. II, p. 465.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_314_314"
-id="Footnote_314_314"></a><a href="#FNanchor_314_314">
-<span class="label">[314]</span></a> Rouen, 1615, in-18, p. 24.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_315_315"
-id="Footnote_315_315"></a><a href="#FNanchor_315_315">
-<span class="label">[315]</span></a> Voy.
-<span class="smcap">A. d'Embry</span>,
-<i>Description de l'isle des hermaphrodites</i>,
-p. 10, et <span class="smcap">Gabriel
-de Minut</span>, <i>De la beauté</i>, p. 145.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_316_316"
-id="Footnote_316_316"></a><a href="#FNanchor_316_316">
-<span class="label">[316]</span></a> <i>Mémoires
-du règne de Louis XVI</i>, t. II, p. 99.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_317_317"
-id="Footnote_317_317"></a><a href="#FNanchor_317_317">
-<span class="label">[317]</span></a>
-<span class="smcap">Longchamp</span> et
-<span class="smcap">Wagnière</span>, <i>Mémoires sur Voltaire</i>, t. II,
-p. 119 et suiv.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_318_318"
-id="Footnote_318_318"></a><a href="#FNanchor_318_318">
-<span class="label">[318]</span></a> <i>Mémoires
-du règne de Louis XVI</i>, t. VI, p. 9.</p></div>
-
-<div class="footnote">
-<p class="indent2"><a name="Footnote_319_319"
-id="Footnote_319_319"></a><a href="#FNanchor_319_319">
-<span class="label">[319]</span></a> <i>Les
-merveilles de l'autre monde</i>, 1665, in-18, p. 65.</p> </div>
-</div>
-
-
-
-<hr class="chap" />
-
-<h2>TABLE DES MATIÈRES</h2>
-
-<table class="contents" id="TABLE_DES_MATIERES" summary="TABLE DES MATIERES">
- <tbody>
- <tr>
- <td class="c1"></td>
- <td class="c2">Page</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="c1"><a href="#I-I">I</a></td>
- <td class="c2">1</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="c1"><a href="#I-II">II</a></td>
- <td class="c2">44</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="c1"><a href="#I-III">III</a></td>
- <td class="c2">105</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="c1"><a href="#ECLAIRCISSEMENTS">ÉCLAIRCISSEMENTS</a></td>
- <td class="c2">163</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="c1"><span class="pl1"><a href="#II-I">I</a><span class="pl1">EXTRAIT
- DE LA CIVILITÉ DE JEAN SULPICE</span></span></td>
- <td class="c2">163</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="c1"><span class="pl1"><a href="#II-II">II</a>
- <span class="pl1">EXTRAIT DE LA CIVILITÉ D'ÉRASME</span></span></td>
- <td class="c2">165</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="c1"><span class="pl1"><a href="#II-III">III</a>
- <span class="pl1">EXTRAIT DE LA CIVILITÉ D'ÉRASME</span></span></td>
- <td class="c2">169</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="c1"><span class="pl1"><a href="#II-IV">IV</a>
- <span class="pl1">EXTRAIT DE LA CIVILITÉ D'ÉRASME</span></span></td>
- <td class="c2">173</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="c1"><span class="pl1"><a href="#II-V">V</a><span class="pl1">EXTRAIT
- DU NOUVEAU TRAITÉ DE LA CIVILITÉ QUI SE PRATIQUE EN FRANCE PARMI LES HONNESTES
- GENS</span></span></td>
- <td class="c2">182</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="c1"><span class="pl1"><a href="#II-VI">VI</a>
- <span class="pl1">EXTRAIT DE LA CIVILITÉ PUÉRILE ET HONNESTE, DRESSÉ PAR
- UN MISSIONAIRE</span></span></td>
- <td class="c2">193</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="c1"><span class="pl1"><a href="#II-VII">VII</a>
- <span class="pl1">EXTRAIT DES RÈGLES DE LA BIENSÉANCE ET DE LA CIVILITÉ
- CHRÉTIENNE</span></span></td>
- <td class="c2">199</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="c1"><a href="#INDEX_ALPHABETIQUE">INDEX ALPHABÉTIQUE</a></td>
- <td class="c2">209</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="c1"><a href="#ADDITIONS">ADDITIONS</a></td>
- <td class="c2">209</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="c1"><a href="#APPENDICE">APPENDICE</a></td>
- <td class="c2">1</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="c1"><span class="pl1"><a href="#III-I">I</a><span class="pl1">EXTRAIT
- DE LA CIVILITÉ DE JEAN SULPICE</span></span></td>
- <td class="c2">6</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="c1"><span class="pl1"><a href="#III-II">II</a><span class="pl1">SUR
- L'ÉPILATION</span></span></td>
- <td class="c2">9</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="c1"><span class="pl1"><a href="#III-III">III</a></span></td>
- <td class="c2">12</td>
- </tr>
- <tr>
- <td class="c1"><span class="pl1"><a href="#III-IV">IV</a></span></td>
- <td class="c2">14</td>
- </tr>
- </tbody>
-</table>
-
-
-
-
-
-
-
-
-<pre>
-
-
-
-
-
-End of the Project Gutenberg EBook of La vie privée d'autrefois : Arts e
- métiers : modes, moeurs, usages d, by Alfred Franklin
-
-*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK LA VIE PRIVÉE D'AUTREFOIS : ***
-
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-without further opportunities to fix the problem.
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-limitation permitted by the applicable state law. The invalidity or
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-remaining provisions.
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-
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--- a/old/56072-h/images/i_106.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/56072-h/images/i_130.jpg b/old/56072-h/images/i_130.jpg
deleted file mode 100644
index 14f3a1d..0000000
--- a/old/56072-h/images/i_130.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/56072-h/images/i_140.jpg b/old/56072-h/images/i_140.jpg
deleted file mode 100644
index 4ad37ad..0000000
--- a/old/56072-h/images/i_140.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/56072-h/images/i_147a.jpg b/old/56072-h/images/i_147a.jpg
deleted file mode 100644
index f3e91a2..0000000
--- a/old/56072-h/images/i_147a.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/56072-h/images/i_147b.jpg b/old/56072-h/images/i_147b.jpg
deleted file mode 100644
index bead483..0000000
--- a/old/56072-h/images/i_147b.jpg
+++ /dev/null
Binary files differ
diff --git a/old/56072-h/images/i_160.jpg b/old/56072-h/images/i_160.jpg
deleted file mode 100644
index e0c5aa5..0000000
--- a/old/56072-h/images/i_160.jpg
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Binary files differ
diff --git a/old/56072-h/images/logo.jpg b/old/56072-h/images/logo.jpg
deleted file mode 100644
index 0808483..0000000
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Binary files differ