summaryrefslogtreecommitdiff
path: root/old/64976-0.txt
diff options
context:
space:
mode:
authornfenwick <nfenwick@pglaf.org>2025-01-23 04:56:20 -0800
committernfenwick <nfenwick@pglaf.org>2025-01-23 04:56:20 -0800
commit5e0672bb5e5e9e18d88671f0b25c7f6830dcdccb (patch)
treef6e32bf069fdc1b36742a8919857e5a54616a7d3 /old/64976-0.txt
parentc776fc1d8a294ba28147b2e134ce7e8593339ee3 (diff)
NormalizeHEADmain
Diffstat (limited to 'old/64976-0.txt')
-rw-r--r--old/64976-0.txt12152
1 files changed, 0 insertions, 12152 deletions
diff --git a/old/64976-0.txt b/old/64976-0.txt
deleted file mode 100644
index fc2c379..0000000
--- a/old/64976-0.txt
+++ /dev/null
@@ -1,12152 +0,0 @@
-The Project Gutenberg eBook of L'Art du Cuisinier, Volume 1, by Antoine
-Beauvilliers
-
-This eBook is for the use of anyone anywhere in the United States and
-most other parts of the world at no cost and with almost no restrictions
-whatsoever. You may copy it, give it away or re-use it under the terms
-of the Project Gutenberg License included with this eBook or online at
-www.gutenberg.org. If you are not located in the United States, you
-will have to check the laws of the country where you are located before
-using this eBook.
-
-Title: L'Art du Cuisinier, Volume 1
-
-Author: Antoine Beauvilliers
-
-Release Date: March 31, 2021 [eBook #64976]
-
-Language: French
-
-Character set encoding: UTF-8
-
-Produced by: Frank van Drogen, Hans Pieterse and the Online Distributed
- Proofreading Team at https://www.pgdp.net (This file was
- produced from images generously made available by the
- Bibliothèque nationale de France (BnF/Gallica) at
- http://gallica.bnf.fr)
-
-*** START OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK L'ART DU CUISINIER, VOLUME 1 ***
-
-
-
-
- Au lecteur.
-
- Pour visualiser correctement les pages à deux colonnes ou la Table
- des matières il convient d'utiliser une police à chasse fixe
- (monospace) telle que Courier New ou DejaVu Sans Mono.
-
- L'orthographe d'origine a été conservée et n'a pas été harmonisée,
- mais quelques erreurs clairement introduites par le typographe ou
- à l'impression ont été corrigées. La liste de ces corrections se
- trouve à la fin du texte.
-
- La ponctuation a été tacitement corrigée à plusieurs endroits.
-
-
-
-
- L’ART
-
- DU CUISINIER.
-
-
- Vous qui, jusqu’à ce jour, étrangers à mes lois,
- Avez suivi vos goûts sans méthode et sans choix;
- Qui, dans votre appétit réglé par l’habitude,
- Ne soupçonnez pas l’art dont j’ai fait mon étude;
- Ma voix va vous dicter d’importantes leçons:
- Venez à mon école, ô mes chers nourrissons!
-
- (_Gastronomie, chant_ 1er.)
-
-
- TOME PREMIER.
-
-
- IMPRIMERIE DE J. L. CHANSON,
- RUE ET MAISON DES MATHURINS, Nº 10.
-
-
-
-
- M’étant conformé aux Ordonnances, je déclare que je poursuivrai,
- suivant toute la rigueur des lois, tous contrefacteurs et adhérens;
- et pour assurer la garantie de ma propriété, j’ai fait apposer,
- au timbre sec, les deux lettres initiales de mon nom à chaque
- exemplaire de cette édition.
-
- [Signature: A. Beauvilliers]
-
-
-
-
- L’ART
-
- DU CUISINIER,
-
-
- PAR A. BEAUVILLIERS,
-
- Ancien Officier de MONSIEUR, comte de Provence, attaché
- aux Extraordinaires des Maisons royales, et actuellement
- Restaurateur, rue de Richelieu, nº 26, à la grande Taverne
- de Londres.
-
-
- TOME PREMIER.
-
- [Illustration sign: Jubin Sculp.]
-
-
- A PARIS,
- CHEZ PILET, IMPRIMEUR-LIBRAIRE, RUE CHRISTINE, Nº 5.
- IL SE VEND AUSSI
- CHEZ { COLNET, LIBRAIRE, QUAI DES PETITS-AUGUSTINS,
- { ET LENOIR, LIBRAIRE, RUE DE RICHELIEU, Nº 35.
-
- 1814.
-
-
-
-
- A MONSIEUR LE MARQUIS
-
- DE LA VOPPALIÈRE.
-
-
- _Monsieur_,
-
-_L’intérêt que vous m’avez témoigné me détermine à vous faire hommage
-de ce Traité sur l’_Art du Cuisinier_. De tout temps les personnes
-distinguées par leurs talens dans cette profession, les voluptueux
-même, qui voulaient donner les préceptes de leur expérience, ont cru
-devoir les faire paraître sous des noms distingués. Platina, le fameux
-écrivain de la_ Vie des Papes, _a dédié au cardinal Roverella ses
-Recherches_ sur l’Art de préparer les Mets d’une manière qu’il dit être
-agréable, et utile pour la santé. _D’autres maîtres dans ce même art
-ont imité cet exemple, et vous m’avez permis de le suivre à mon tour.
-Mes leçons, recommandées par votre suffrage, n’en auront que plus de
-faveur. Si le jugement avantageux que vous portez sur les objets de
-goût est une marque assurée de leur prix, ma Théorie ne peut manquer de
-jouir de la plus heureuse prédilection. Vous savez qu’elle est appuyée
-d’une longue expérience, et je ne puis craindre les illusions de
-l’amour-propre, quand je la vois appuyée de vos éloges et de ceux des
-vrais connaisseurs._
-
-_J’ai recueilli les méthodes des plus grands maîtres; je ne me suis
-permis d’exposer des vues d’amélioration, qu’après les avoir long-temps
-vérifiées, et j’ai pris soin de développer les détails nécessaires pour
-former un système complet. Je n’ai pas oublié les moyens économiques,
-soit pour la manipulation, soit pour la conservation des alimens. Les
-hommes opulens peuvent apprendre dans mon Ouvrage comment ils
-doivent tirer parti du produit de leur jardin, de leur basse-cour et
-de leur chasse; comment ils peuvent, sans beaucoup de frais, avoir des
-mets exquis, et trouver tout à-la-fois plaisir et santé._
-
-_L’opulence fut toujours amie de la bonne chère: c’est tout à-la-fois
-le luxe qui coûte le moins, et la jouissance, peut-être, la plus pure.
-Vous avez toujours été persuadé, Monsieur, que la Sagesse elle-même
-devait jeter des fleurs au milieu des épines inséparables de la vie:
-souvent, dans un banquet, elle renouvelle ses forces morales; les liens
-de la société deviennent plus étroits; et des rivaux ou des ennemis
-ulcérés finissent par n’être que des amis ou des convives. Des hommes
-étrangers l’un à l’autre participent a l’intimité de la famille; la
-différence des rangs s’éclipse; la faiblesse s’unit à la puissance;
-les mœurs se polissent; et l’esprit électrisé prend un nouvel essor.
-C’est peut-être au milieu des festins, dans la meilleure compagnie de
-Paris et de Versailles, que vous avez puisé cette urbanité qui vous
-caractérise, cette connaissance du grand monde qui sait tout apprécier
-d’un coup d’œil._
-
-_Vous me permettrez de mêler ma voix au concert de vos louanges. Tous
-ceux qui ont l’avantage de vous connaître n’ont eu qu’à se louer de
-votre empressement à les obliger, et furent souvent les témoins de
-votre bonté, de vos vertus: à des connaissances variées, vous avez
-joint une tranquillité d’âme, toujours la même au milieu de l’orage;
-et je puis dire que l’épicurien le plus aimable est aussi un modèle de
-raison et de philosophie._
-
-
-
-
-DISCOURS PRÉLIMINAIRE.
-
-
-La cuisine, simple dans son origine, raffinée de siècle en siècle, est
-devenue un art difficile, une science compliquée sur laquelle beaucoup
-d’auteurs ont écrit, sans avoir pu l’embrasser dans son ensemble. Nos
-plaisirs sont si rares, les idées qui peuvent servir à les renouveler
-sont si fugitives et si variables, qu’il est bien permis de vouloir
-les fixer; et c’est sans doute une ambition bien naturelle à l’homme
-que celle d’étendre le domaine de ses jouissances, en mettant à profit
-les présens de la nature. Nous suivons tous, bon gré mal gré, ce point
-de vue; et le bonheur consiste dans le secret d’en approcher plus ou
-moins. Les personnes les plus austères, celles qui ne se font aucun
-scrupule de blâmer les fantaisies d’un superflu souvent nécessaire,
-sont elles-mêmes bien aises d’en profiter; et ne manqueraient pas
-de ressentir une privation, si ces fantaisies étaient pour elles
-une habitude qui ne fût plus à leur portée. D’ailleurs, puisqu’il
-est impossible de nous réduire à la sauce des Lacédémoniens, il est
-sans doute bien plus raisonnable de jouir des raffinemens de notre
-sensualité que de s’en plaindre; il est bien plus conforme à nos
-goûts de l’augmenter que de la diminuer. Nos aimables épicuriens
-goûteront ma théorie, et peut-être, bien loin de la censurer, ils
-aimeraient mieux la mettre plus souvent en pratique.
-
-La délicatesse de notre table fut portée, dans le siècle dernier, à un
-tel degré de perfection, qu’il sera bien difficile de la surpasser. Les
-Français se glorifiaient de voir le goût de leur cuisine régner, avec
-le même empire que leur langue et leurs modes, sur les états opulens de
-l’Europe, du nord au midi. J’ignore si nous avions atteint la recherche
-des grands de l’Asie, ou des Lucullus de l’ancienne Rome; toujours
-est-il vrai que nous étions reconnus à cet égard pour les arbitres de
-l’élégance; et que notre supériorité n’était plus mise en question.
-Les délicats, occupés d’idées moins dangereuses et plus réelles que
-celles auxquelles se livraient nos philosophes métaphysiciens, avaient
-fait la suite d’observations que leur fortune avait pu leur permettre;
-la doctrine des hommes distingués dans l’art était fixée; ils
-n’espéraient plus lui voir faire des progrès, toujours prêts d’ailleurs
-à encourager la découverte d’un nouveau plaisir. J’ai eu l’occasion
-de faire l’épreuve des méthodes les plus accréditées, souvent même de
-les améliorer, après des expériences successives; et c’est le tableau
-de ces améliorations, de mes procédés particuliers que je présente,
-avec toutes les circonstances nécessaires, même pour l’élève qui ne
-serait pas au fait des premiers élémens.
-
-Il ne s’agit point ici d’entrer dans de longs détails sur l’art du
-cuisinier, mais de réunir, suivant l’ordre des saisons, les mets en
-vogue aux mets exquis anciens, et d’en former un ensemble qui puisse
-donner aux amateurs une idée précise d’un repas excellent et bien
-servi. Si je puis me féliciter d’avoir étendu les limites de nos
-connaissances dans cette matière, je puis encore me flatter de leur
-donner un nouvel attrait, à la faveur d’un aperçu clair et rapide qui
-se concilie très-bien avec les considérations de l’économie.
-
-Sans doute la curiosité peut déterminer à faire de nouvelles
-expériences; le besoin de varier peut amener des changemens qui, sans
-altérer le principe d’un mets, le modifient au moyen d’une simple
-décoration; et c’est alors qu’on peut lui donner tel nom qu’on voudra.
-Un chef de cuisine ingénieux, tel qu’un Laguippière, un Dalègre, un
-Lenoir, etc., ajoute ou supprime quelque chose à un mets connu, dans
-la manière de le composer ou de le décorer; il lui donne un nom de
-fantaisie, par exemple celui du patron auquel il est attaché. Cette
-variété d’expressions, pour exprimer la même idée, peut égarer l’élève
-qui cherche à se perfectionner, et produire une certaine confusion
-dans la manière de préparer le mets; mais cette qualification nouvelle
-donne à ce mets connu les grâces de la nouveauté; il perd son nom
-primitif, et c’est sous le nom moderne qu’il est mis en œuvre dans
-toutes les cuisines. Ainsi, par exemple, ont été nommées _Côtelettes à
-la Soubise_, celles _à la Purée d’Oignons_, etc.
-
-Bien loin de me piquer de copier servilement ce que d’autres érudits
-dans cet art ont écrit ou fait sous ce rapport, j’ai fait différentes
-innovations reconnues utiles; et je me fais un devoir particulier
-d’exposer avec précision ma méthode; je la crois perfectionnée d’après
-les premiers officiers de bouche, contrôleurs des maisons royales,
-d’après les cuisiniers qui jouissaient de la plus grande réputation
-dans leur état, et à l’école desquels je l’ai apprise et exercée. Je
-donne une instruction circonstanciée, et des idées nouvelles, par
-exemple, sur les meilleurs moyens de distiller les liqueurs, de choisir
-les vins, de les transvaser, de les conserver et de les réparer au
-besoin. J’offre un système complet pour tout ce qui concerne l’Office
-en général, comme glaces, conserves, etc. J’indique les mets les
-plus exquis et les plus vantés de la cuisine anglaise, que j’ai eu
-l’avantage de transplanter le premier en France. Une mère de famille
-pourrait trouver dans ce livre la manière de faire tous les mets
-connus, ainsi que ceux qui sont de mon invention, et présider elle-même
-à leur composition.
-
-Je donne mes procédés dans tous leurs détails; je présente mes
-services de table dans les divers genres, tels qu’ils doivent être, et
-particulièrement tels qu’ils furent à l’époque où les étrangers mêmes
-rendaient justice à la finesse de notre goût et au raffinement de notre
-luxe. J’ai fait des réformes, des améliorations pour aller du bien au
-mieux. J’ai cru devoir ajouter dans la table des matières, à l’article
-des mets énoncés, un numéro qui renvoie à l’art de leur composition.
-Cette indication m’a paru nécessaire pour la commodité et pour la
-clarté.
-
-Je puis me flatter d’avoir fourni dans cet Ouvrage, soit aux
-maîtres-d’hôtel et chefs de cuisine, soit aux chefs d’office, soit
-aux amateurs, avec l’aide du cuisinier le plus ordinaire, les moyens
-les plus simples et les moins dispendieux de faire un grand et beau
-service. Une expérience de quarante-quatre ans me garantit le succès
-de ma doctrine. Je la crois une des meilleures; et si je me permets
-cette assertion, c’est plutôt d’après l’opinion générale que d’après
-la mienne. Les hommes qui connaissent le mieux la délicatesse de la
-table n’ont jamais cessé de m’honorer de leur confiance. Fier de
-leurs suffrages, je m’estimerais heureux de contribuer encore à leurs
-plaisirs, et d’ajouter ainsi à leur bonheur. Je présente, dans ce
-tableau des progrès de l’art, mes observations, mûries par une longue
-expérience: ce sont là mes derniers adieux.
-
-
-
-
-SERVICES DE TABLE.
-
-
-PRINTEMPS.
-
-PREMIER SERVICE.
-
-MENU DE QUARANTE COUVERTS, EN GRAS (un dormant).
-
-_Quatre Potages._
-
- 1 printanier. 1 au blé vert.
- 1 aux choux nouveaux. 1 de pâte d’Italie.
-
-
-_Quatre Relevés._
-
- 1 d’une tête de veau en tortue. 1 de rosbif d’agneau piqué.
- 1 d’une pièce de bœuf à 1 d’un turbot.
- l’écarlate.
-
-
-_Seize Entrées._
-
- 1 d’une poularde à la 1 d’une fricassée de poulets
- ravigote.[3] aux petits pois.[3]
- 1 d’un pâté chaud de légumes.[2] 1 d’une noix de veau à la
- dauphine.[3]
- 1 de deux carrés de mouton à la 1 de pigeons à l’hérisson.[8]
- servante.[6]
- 1 de filets de maquereaux à la 1 d’une cuisse d’oie à la purée
- maître-d’hôtel.[4] de pois.[9]
- 1 de quenelles de volaille au 1 de soufflé de gibier.[5]
- velouté.[9] 1 de petits pâtés au salpicon.[7]
- 1 de pieds d’agneau farcis à la 1 de filets de caneton à la
- Villeroi.[4] provençale.[6]
- 1 d’un ragoût mêlé.[7] 1 de palais de bœuf au gratin.[6]
- 1 d’hâtereaux à la
- bourguignote.[8]
-
- [3] Note de transcription: Ces numéros font référence à
- l'emplacement des plats montré dans les planches correspondantes
- à la fin du livre, voir la version illustrée HTML.
-
-
-_Quatre gros Entremets._
-
- 1 d’un pâté de perdreaux 1 d’un biscuit de Savoie.[1]
- rouges.[1]
- 1 d’un jambon glacé.[1] 1 d’un buisson d’écrevisses.[1]
-
-
-_Huit Plats de Rôt._
-
- 1 de poulets à la reine.[4] 1 de soles frites.[1]
- 1 d’une accolade de 1 de levreaux.[3]
- lapereaux.[3] 1 de pigeons ramiers.[5]
- 1 d’une langue de bœuf fumée.[5] 1 de cailles.[4]
- 1 de brochettes d’éperlans.[2]
-
-
-_Seize Entremets._
-
- 1 de concombres farcis.[5] 1 d’œufs pochés au jus.[12]
- 1 de petits pois à la 1 de gelée d’oranges dans
- française.[6] l’écorce.[10]
- 1 de laitues à l’espagnole.[11] 1 de blanc-manger en petits
- 1 de haricots verts à pots.[10]
- l’anglaise.[9] 1 de jalousies.[12]
- 1 de choufleurs au beurre.[5]
- 1 de tartelettes bandées.[7] 1 d’asperges au beurre.[11]
- 1 d’épinards en croustade.[9] 1 de fondus en caisse.[7]
- 1 de beignets de cerises.[8] 1 de beignets de riz.[8]
- 1 de féves de marais à la
- sarriette.[6]
-
-
-_Quatre Salades._
-
- 2 d’herbes. 1 d’olives. 1 de citrons.
-
-
-MENU DE VINGT-CINQ A TRENTE COUVERTS, AVEC DORMANT.
-
-_Quatre Potages._
-
- 1 de garbure.[1] 1 de riz, à la purée de pois.[1]
- 1 aux laitues.[2] 1 à la bisque d’écrevisses.[2]
-
-
-_Quatre Relevés._
-
- 1 d’une matelote à la marinière. 1 d’un quartier de chevreuil.
- 1 d’un cabiau en dauphin à la 1 d’une rouchie de mouton aux
- Ste-Menéhould. haricots verts à la bretonne.
-
-
-_Douze Entrées._
-
- 1 d’ailes de poularde à la 1 de cuisses de poulardes en petit
- maréchale.[5] cygne.
- 1 de maquereaux à l’anglaise.[3] 1 d’une dalle de saumon à la
- 1 de côtelettes de mouton aux génoise.[3]
- laitues.[6] 1 de tendons de veau à la
- 1 d’aspic de filets de poulette.[4]
- lapereaux.[8] 1 de pâté chaud de cailles.[8]
- 1 d’un caneton de Rouen au 1 de popiettes de veau.[6]
- citron.[7] 1 d’ailerons de dinde en
- 1 de morue au gratin à la marinade.[7]
- béchamelle.
-
-
-_Quatre gros Entremets._
-
- 1 d’un gâteau de Compiègne.[1] 1 d’une terrine de neraque.[2]
- 1 d’une hure de sanglier de 1 de buisson de ramequin.[1]
- Troyes.[2]
-
-
-_Quatre Plats de Rôt._
-
- 1 d’un coq vierge.[7] 1 de deux faisans.[7]
- 1 de soles frites.[8] 1 de goujons frits.[8]
-
-
-_Huit Entremets._
-
- 1 d’une crême à l’anglaise.[5] 1 de petits pois.[3]
- 1 d’une tourte aux cerises.[6] 1 de féves de marais.[3]
- 1 de nougat.[6] 1 d’artichauts à la barigoule.[4]
- 1 d’œufs au café.[5] 1 d’asperges à l’espagnole.[4]
- Deux Salades.[9] Huilier.[10]
-
-
-_Quatre Salades._
-
- 2 d’herbes. 1 de citrons. 1 d’olives.
-
-
-MENU DE SEIZE A VINGT COUVERTS.
-
-_Deux Potages._
-
- 1 aux petits oignons. 1 au sagout et à la purée de navets.
-
-
-_Deux Relevés._
-
- 1 d’un rosbif de mouton des 1 d’un dindon en daube.
- Ardennes.
-
-
-_Huit ou dix Entrées._
-
- 1 de côtelettes à la Soubise. 1 de noix de veau en bedeau.
- 1 d’émincée de poularde aux 1 de deux poulets en lézards.
- concombres.
- 1 de ris de veau piqué sur la 1 d’une timbale de lazagnes.
- purée d’oseille.
- 1 de gibelotte de lapereau et 1 de filets de soles à la Horly.
- d’anguille.
- 1 de filets de bœuf en 1 d’une casserole au ris et tendons
- serpenteau. de veau.
-
-
-_Deux gros Entremets._
-
- 1 d’un gâteau de mille-feuilles. 1 d’un carpeau au bleu.
-
-
-_Quatre Plats de Rôt._
-
- 1 de cailles. 1 de pigeons.
- 1 d’un quartier de derrière 1 d’un chapon pané à l’anglaise.
- d’agneau piqué.
-
-
-_Deux Salades._
-
-
-_Huit ou dix Entremets._
-
- 1 d’un biscuit de Nioffe. 1 de petits pois à la française.
- 1 d’un gâteau de vermicelle. 1 de laitues à l’espagnole.
- 1 de crême aux pistaches 1 de choufleurs au beurre.
- renversées.
- 1 de beignets d’abricots. 1 d’artichauts à l’italienne.
-
-
-MENU DE HUIT A DOUZE COUVERTS.
-
- 1 potage en tortue. 1 relevé de truites à la génoise.
-
-
-_Six Entrées._
-
- 1 d’un suprême de poularde 1 de côtelettes de pigeons.
- à la Chingara.
- 1 d’un sauté de lapereaux aux 1 de côtelettes d’agneau à la
- concombres. purée de champignons.
- 1 d’un pâté chaud à la 1 d’une poularde à la Saint-Cloud.
- financière.
-
-
-_Deux Plats de Rôt._
-
- 1 de deux poulets, un piqué. 1 de tourtereaux.
-
-
-_Six Entremets._
-
- 1 de beignets de blanc-manger. 1 de petits pois.
- 1 d’un gâteau à l’italienne. 1 d’asperges au beurre.
- 1 de gelée de citrons. 1 d’épinards au consommé.
- Salade de petite chicorée verte.
-
-
-MENU DE DOUZE À SEIZE COUVERTS, À L’ANGLAISE.
-
-_Potage._
-
- 1 potage en tortue (dite fausse tortue).
-
-
-_Deux Bouts de Table._
-
- 1 d’un dindon bouilli, sauce 1 rosbif aux pommes de terre.
- aux huîtres, ou au céleri.
-
-
-_Six Entrées._
-
- 1 d’une dalle de saumon 1 de maquereaux bouillis, sauce aux
- bouillie, sauce aux câpres, fenouilles, épinards bouillis à
- purée de navets. l’anglaise.
- 1 de deux lapereaux, sauce aux 1 de deux poulets, sauce au persil,
- oignons, choufleurs sans purée de pommes de terre.
- sauce.
- 1 de quatre escalopes de veau. 1 de perdreaux, bré de sauce.
-
-
-SECOND SERVICE.
-
-MILIEU.
-
- 1 quartier de derrière de daim 1 d’une poularde rôtie.
- à la broche, sauce, gelée de 1 d’un levraut farci à l’anglaise.
- groseilles.
-
-
-_Deux Salades._
-
- 1 d’herbes. 1 de citrons.
-
- 1 d’une gelée de vin de Madère. 1 d’une tourte de confiture.
- 1 d’un plombpoutingue, sauce au 1 de woiches rabettes.
- vin de Malaga. 1 d’un poutingue de riz.
- 1 d’une gelée de Rome.
-
-
-_Treize à quinze Assiettes de dessert._
-
- 4 compotes. 2 de mendians et marrons.
- 4 assiettes de fruits crus. 2 de fromages.
- 2 de différens biscuits. 1 assiette montée.
-
-
-HIVER.
-
-PREMIER SERVICE.
-
-MENU DE QUARANTE COUVERTS (un dormant).
-
-_Quatre Potages._
-
- 1 à la bisque d’écrevisses. 1 aux choux à la paysanne.
- 1 à la reine. 1 au ris et au blond de veau.
-
-
-_Quatre Relevés._
-
- 1 turbot, sauce au beurre de 1 aloyau à la Godard.
- Vembre.
- 1 de présalé sur des haricots 1 de casserole au riz, garnie d’un
- à la bretonne. kari de poulets.
-
-
-_Douze Hors-d’œuvres de cuisine._
-
- 1 de sauté de filets de 1 sauté de volaille aux truffes.
- mauviettes au fumet et aux
- truffes. 1 de filets de soles à la
- 1 sauté de saumon à la mayonnaise.
- maître-d’hôtel. 1 de boudin à la Richelieu, sauce
- 1 de petits pâtés d’une bouchée à l’italienne blanche.
- au hachis à la reine. 1 de côtelettes de mouton à la
- 1 de filets de canetons à minute.
- l’orange. 1 de croquettes aux truffes en
- 1 d’hatelets de ris de veau. côtelettes.
- 1 d’oreilles de cochon au 1 de filets de merlans à la Horly.
- menu-de-roi.
-
-
-_Douze Entrées._
-
- 1 poularde à la maréchale. 1 de caisses de foies gras aux
- 1 de manchon à la Gérard. truffes.
- 1 de filet de bœuf, sauce au 1 de côtelettes de veau à la
- vin de Madère. Chingara.
- 1 de poulets à la reine, sauce 1 de cailles au gratin.
- tomate. 1 de laitances de carpes en
- 1 de perdreaux à la Périgueux. matelote.
- 1 de manchon de cabillaud à la 1 d’ailerons de dindon en haricot
- crême. vierge.
- 1 d’un aspic de filets de
- lapereaux.
-
-
-_Quatre gros Entremets._
-
- 1 de baba. 1 d’une longe de veau de Pontoise.
- 1 de jambon de Baïonne glacé. 1 de croque-en-bouche.
-
-
-_Huit Plats de Rôt._
-
- 1 dindonneau. 1 de levrauts.
- 1 de sarcelles. 1 de petits pigeons en ortolans.
- 1 d’éperlans. 1 de soles frites.
- 1 de carpeau du Rhin, au bleu. 1 d’une hure de saumon.
-
-
-_Seize Entremets._
-
- 1 de cardes à l’essence et à la 1 d’épinards en croustade.
- moelle. 1 de truffes sous la serviette et
- 1 de salsifis au beurre. au vin de Champagne.
- 1 de céleri à l’espagnole. 1 de croûtes aux champignons.
- 1 de truffes à l’italienne. 1 de blanc-manger en petits pots.
- 1 de choufleurs au Parmesan. 1 de tartelettes bandées aux
- 1 de gelée au vin de Malaga. confitures.
- 1 de darioles au massepain. 1 de beignets de pommes en
- 1 de beignets de riz. quartier.
- 1 de petites omelettes à la 1 d’œufs pochés à l’essence.
- Célestine.
-
-
-_Quatre Salades._
-
- 2 d’herbes. 1 d’olives. 1 de citrons.
-
-
-MENU DE VINGT-CINQ A TRENTE COUVERTS (un dormant).
-
- _Douze Hors-d’œuvres d’office._
-
- 4 de beurre à l’Enfant-Jésus. 2 de cornichons.
- 2 de salades d’anchois. 2 de canapés.
- 2 de petits radis.
-
-
- _Quatre Potages._
-
- 1 à la Conti. 1 au vermicelle, au blond de veau.
- 1 au lait d’amandes. 1 à la brunoise.
-
-
- _Quatre grosses Pièces._
-
- 1 d’un oison à la Chipolata. 1 d’une carpe à la Chambord.
- 1 d’un cabillaud à la 1 d’une culotte de bœuf braisée aux
- hollandaise. oignons glacés.
-
-
- _Huit Hors-d’œuvres d’entrées. Huit Entrées._
-
- 1 de petits pâtés en 1 d’un vol-au-vent de mauviettes.
- croustade, avec un salpicon.
- 1 de suprême de volaille aux 1 d’une timbale de macaronis.
- truffes.
- 1 de filets de perdreaux à la 1 d’une poule de Caux, à la
- portugaise. Périgueux.
- 1 de filet mignon de mouton en 1 de deux canetons à la garloquine.
- escalopes.
- 1 de filets de levrauts en 1 de côtelettes à la Soubise.
- serpent.
- 1 d’ailerons de poulardes à la 1 de tendons de veau en queue de
- Bellevue. paon, à la jardinière.
- 1 d’hatelets de filets de 1 de perdreaux, sauce à la bigarade.
- merlans, sauce à l’italienne.
- 1 de quenelles de saumon à 1 d’un ris de veau à la dauphine.
- l’espagnole.
-
-
- _Quatre gros Entremets._
-
- 1 de buisson d’écrevisses. 1 de buisson de ramequin.
- 1 de hure de Troyes. 1 d’un gâteau de mille-feuilles.
-
-
- _Six Plats de Rôt, dont deux gros._
-
- 1 de trois poulets (1 piqué). 1 de deux faisans (1 piqué).
- 1 d’accolades de lapereaux. 1 de cailles de vignes.
- 1 d’un quartier de chevreuil 1 d’un brochet à l’allemande.
- piqué.
-
-
- _Seize Entremets._
-
- 1 de biscuits de niauffes. 1 de choufleurs à l’espagnole.
- 1 de gimblettes glacées. 1 de haricots verts à l’anglaise.
- 1 d’une crême aux pistaches 1 de truffes en croustades.
- renversées.
- 1 d’une crême de chocolat. 1 d’œufs brouillés aux cardes.
- 1 de beignets de blanc-manger. 1 de navets en poires.
- 1 de céleri frit et glacé. 1 d’une macédoine.
- 1 d’une charlotte de pommes aux 1 de truffes à la piémontaise.
- confitures.
- 1 d’amourettes frites. 1 d’artichauts à l’italienne.
-
-
- _Quatre Salades._
-
- 2 d’herbes. 1 de citrons.
- 1 d’olives.
-
-
-MENU DE QUINZE A VINGT COUVERTS (un dormant).
-
- _Deux Potages._
-
- 1 de ravioles. 1 de croûtes au pot.
-
-
- _Deux Relevés._
-
- 1 d’une tête de veau en tortue. 1 d’une dinde aux truffes.
-
-
- _Quatre Hors-d’œuvres d’entrée. Quatre Entrées._
-
- 1 de petites noix d’épaule de 1 de deux gros poulets, sauce à
- veau, à la purée de l’ivoire.
- champignons. 1 de deux carrés de mouton, un piqué
- 1 de sauté de levrauts au sang. de persil, et l’autre de lard.
- 1 d’escalopes de filet de bœuf 1 de canard sauvage, sauce bigarade.
- aux pommes de terre.
- 1 d’oreilles de veau à la 1 d’une chartreuse de tendons de
- ravigote. veau en huîtres.
-
-
- _Deux Flancs._
-
- 1 d’un pâté chaud maigre de 1 d’un filet de bœuf à la broche,
- carpes et d’anguilles. sauce hachée.
-
-
- _Deux gros Entremets._
-
- 1 rocher. 1 petit cochon de lait en galantine.
-
-
- _Quatre Plats de Rôt._
-
- 1 de perdreaux rouges. 1 d’une poularde du Mans.
- 1 d’éperlans. 1 de soles frites.
-
-
- _Huit Entremets._
-
- 1 de pommes au riz. 1 de cardes à la moelle.
- 1 de gelée de marasquin. 1 de choufleurs au beurre.
- 1 de beignets de chocolat. 1 de truffes à la serviette.
- 1 de tartelettes à la Chantilly. 1 de salsifis frits.
-
-
- _Deux Salades._
-
- 1 d’herbes. 1 de citrons.
-
-
-MENU DE HUIT À DOUZE COUVERTS.
-
- _Un Potage à la Julienne._
-
- 1 relevé d’une pièce de bœuf de Hambourg, garni de choucroûte.
-
-
- _Six Entrées._
-
- 1 d’un coq vierge en petit 1 d’un pâté chaud de lazagnes.[3]
- deuil.[3]
- 1 de bécasses en salmi.[2] 1 de pigeons à la Gautier, au beurre
- 1 de côtelettes de mouton d’écrevisses.[2]
- sautées, avec chicorée dans 1 de palais de bœuf au gratin.[4]
- le puits.[4]
-
-
- _Relevé._
-
- 1 Brioche au fromage, ou 1 pâté de foies gras de Strasbourg.[1]
-
-
- _Deux Plats de Rôt._
-
- 1 de poulets. 1 de perdreaux.
-
-
- _Quatre Entremets._
-
- 1 de cardes à la moelle.[3] 1 d’œufs au café.[4]
- 1 de haricots verts.[3] 1 de truffes à la cendre.[4]
-
- _Une salade._[5]
-
-
-SECOND SERVICE.
-
-MENU DE QUARANTE COUVERTS (un dormant).
-
- _Quatre Potages._
-
- 1 à la purée de pois verts et 1 de purée de lentilles à la reine.
- aux croûtons.
- 1 de quenelles de merlans. 1 de brunoise au pain.
-
-
- _Quatre Relevés._
-
- 1 d’un cabillaud à la 1 d’une truite à la génoise.
- Sainte-Menéhould.
- 1 d’un turbot, sauce aux 1 d’un manchon d’esturgeon à la
- homards. broche.
-
-
- _Seize Entrées._
-
- 1 d’une dalle de saumon à 1 d’une carpe farcie, sauce à
- l’espagnole. l’espagnole.
- 1 de carlets sur le plat. 1 d’ailes de raietons frits, sauce
- 1 de perches à la valesfiche. poivrade.
- 1 de vives grillées, sauce aux 1 de filets de merlans en turban.
- câpres. 1 de caisses de laitances de
- 1 de matelotes de foies de harengs, à l’italienne rousse.
- lottes. 1 d’un pâté chaud d’anguilles.
- 1 de petits pâtés maigres. 1 de filets de carrelets, sauce
- 1 d’œufs à la polonaise. tomate.
- 1 d’une casserole au riz et aux 1 d’une omelette aux truffes.
- langues de carpes. 1 d’une morue au gratin.
-
-
- _Quatre gros Entremets._
-
- 1 gâteau de Compiègne. 1 hure de saumon au bleu.
- 1 buisson d’écrevisses. 1 brochet à l’allemande.
-
-
- _Huit Plats de Rôt._
-
- 1 de soles frites. 1 d’une carpe frite.
- 1 d’éperlans. 1 de barbues.
- 1 de pilets. 1 de poules d’eau.
- 1 d’oiseaux de rivière. 1 de goujons.
-
-
- _Seize Entremets._
-
- 1 de gelée d’ananas. 1 de gelée d’épine-vinette.
- 1 de darioles. 1 de fondus.
- 1 d’œufs au thé. 1 de beignets de poires.
- 1 de pains à la duchesse. 1 de côtelettes en surprise.
- 1 de nouilles soufflées et 1 d’un flanc à la suisse.
- méringuées.
- 1 d’épinards à la crême. 1 de cardes à l’espagnole.
- 1 de navets en quadrille. 1 de choux-raves au beurre.
- 1 de salsifis frits. 1 de truffes au vin de Champagne.
-
-
- _Quatre Salades._
-
- 2 d’herbes. 1 de citrons. 1 d’olives.
-
-
-MENU DE VINGT-QUATRE A TRENTE COUVERTS (un dormant).
-
- _Quatre Potages, deux grands, deux moyens._
-
- 1 à la julienne. 1 à la Conti.
- 1 à la crecy. 1 au lait d’amandes.
-
-
- _Quatre Pièces, deux grosses et deux moyennes._
-
- 1 carpeau du Rhin à la 1 murette.
- Chambord.
- 1 turbot à la hollandaise. 1 églefin au soleil.
-
-
- _Douze Entrées._
-
- 1 de pâté chaud de légumes. 1 d’un manchon d’esturgeon à la
- 1 de crêtes de morue à la broche.
- maître-d’hôtel. 1 de mulet à la ravigote.
- 1 de filets de merlans à la 1 de maquereau-sansonnet à la
- Horly. maître-d’hôtel.
- 1 d’œufs à la tripe. 1 d’omelette à l’oseille.
- 1 de filets de soles au gratin. 1 de petits pâtés de filets de
- 1 de grondins, sauce aux brochets à la béchamelle.
- câpres. 1 de rissoles à la Choisy.
-
-
- _Deux gros et deux moyens Entremets._
-
- 1 d’un biscuit de Savoie. 1 de buisson de talmouses.
- 1 de buisson de crabes. 1 d’une barbue.
-
-
- _Quatre Plats de Rôt._
-
- 1 de merlans frits. 1 de brochet au bleu.
- 1 de carrelets frits. 1 de plongeons à la broche.
-
-
- _Huit Entremets._
-
- 1 de macaronis à l’italienne. 1 de crême aux pistaches
- 1 de gâteaux à la paysanne. renversées.
- 1 d’œufs pochés. 1 de haricots blancs à la
- 1 d’artichauts au beurre. maître-d’hôtel.
- 1 de gelée d’oranges. 1 de choufleurs au Parmesan.
-
-
- _Deux Salades._
-
- 1 d’herbes. 1 de citrons.
-
-
-MENU DE SEIZE A VINGT COUVERTS (un dormant).
-
- _Deux Potages._
-
- 1 à la pâte d’Italie. 1 aux choux.
-
-
- _Deux Relevés._
-
- 1 d’une truite à l’italienne. 1 d’un floton à la flamande.
-
-
- _Dix Entrées._
-
- 1 de saumon en papillotes. 1 de fricandeau de brochet à la
- 1 d’anguille à la broche. purée de champignons.
- 1 d’hatelets d’esturgeon, sauce 1 de pâté chaud de quenelles, de
- poivrade. merlans au velouté.
- 1 d’une timbale de macaronis. 1 de salade de filets de turbot.
- 1 de grenouilles à la poulette. 1 d’œufs à l’aurore.
- 1 d’une matelote de carpes.
-
-
- _Deux gros Entremets._
-
- 1 nougat. 1 buisson de petites brioches
- nattées.
-
-
- _Quatre Plats de Rôt._
-
- 1 d’oiseaux de rivière. 1 de lottes frites.
- 1 de perches au bleu. 1 de soles frites.
-
-
- _Huit Entremets._
-
- 1 de choux grillés. 1 de jalousies.
- 1 d’œufs brouillés aux truffes. 1 de crême au chocolat.
- 1 de choufleurs au Parmesan. 1 de navets en sabots.
- 1 d’émincée de truffes au 1 d’épinards à l’anglaise.
- beurre.
-
-
-MENU DE HUIT A DOUZE COUVERTS.
-
- 1 potage aux petits oignons à la minime.
- 1 relevé; un tronçon d’esturgeon à la broche.
-
-
- _Six Entrées._
-
- 1 d’un sauté de filets de soles 1 vol-au-vent de turbot à la
- à la maître-d’hôtel. béchamelle.
- 1 d’anguilles à la tartare. 1 d’un Saint-Pierre, sauce aux
- câpres.
- 1 d’œufs pochés aux concombres. 1 de filets de carrelets en anneaux.
-
-
- _Deux Plats de Rôt._
-
- 1 de goujons frits. 1 d’une carpe au court-bouillon.
-
-
- _Six Entremets._
-
- 1 d’œufs à la neige. 1 de lentilles à la reine, à la
- 1 de betteraves blanches, maître-d’hôtel.
- sautées au beurre.
- 1 d’une gelée au vin de Madère. 1 de culs d’artichauts à la
- 1 de beignets de crême à la ravigote.
- fleur d’orange. 1 salade. Céleri en remoulade.
-
-
-
-
-L’ART DU CUISINIER.
-
-
-POTAGES.
-
-_Grand Bouillon._
-
-Ayant un grand service, il faut faire un grand bouillon pour mouiller
-vos sauces et votre empotage. Mettez dans une grande marmite une
-pièce de bœuf, soit culotte ou poitrine, et les débris ou parures de
-vos viandes de boucherie, _bœuf_, _veau_, _mouton_; joignez-y les
-carcasses, pattes et cous de volailles et gibier, dont vous aurez levé
-les chairs pour vos entrées; mettez sur un feu modéré cette marmite,
-non pleine d’eau tout-à-fait, écumez-la doucement, rafraîchissez-la
-chaque fois que vous en ôterez l’écume, jusqu’à ce que ce bouillon
-soit parfaitement limpide. De ce grand bouillon dépendra la beauté de
-vos sauces et de vos potages (puisque cuit, il est la mère qui doit
-alimenter tout ce qui en résulte); mettez-y sel, deux navets, six
-carottes, six oignons, dont un piqué de trois clous de girofle, un
-bouquet de poireaux; menez votre marmite doucement. La pièce de bœuf
-cuite ou près de l’être, si vous vous en servez pour votre table,
-mettez-la dans une casserole, mouillez-la avec le dessus de la marmite
-au moment de la servir; ensuite passez votre grand bouillon au travers
-d’une serviette d’office, que vous aurez mouillée et tordue; laissez-le
-reposer, servez-vous-en pour mouiller vos sauces et votre empotage, etc.
-
-
-_Empotage._
-
-Ayez une marmite propre et bien étamée; chauffez-la légèrement;
-essayez-la de nouveau; mettez-y, selon les potages dont vous avez
-besoin, un trumeau de bœuf, un morceau de tranche, un jarret de veau,
-une poule, un vieux lapin de garenne ou deux vieilles perdrix; mouillez
-le tout avec une pinte et demie de grand bouillon; faites-le réduire
-sur un fourneau très-vif, jusqu’à consistance de glace; commence-t-elle
-à se faire sentir? mouillez votre marmite avec le grand bouillon,
-faites-la partir à grand feu; écumez-la comme ci-dessus; ensuite
-assaisonnez-la de trois navets, trois carottes, trois oignons, dont
-un piqué de deux ou trois clous de girofle, un bouquet de poireaux et
-céleri; mettez-la au bord d’un fourneau, et conduisez-la à l’instar
-d’un pot-au-feu de ménage; vos viandes cuites, retirez-les pour vous
-en servir en cas que vous ayez des tables de suite; dégraissez votre
-bouillon; qu’il soit d’un bon sel, et passez-le dans un tamis de soie
-ou une serviette, comme il est énoncé à l’article précédent.
-
-
-_Grand Consommé pour Potage et Sauces._
-
-Mettez dans une marmite deux jarrets de veau, un morceau de tranche de
-bœuf, une poule ou un vieux coq, un lapin de garenne ou deux vieilles
-perdrix; mouillez le tout avec une cuillerée à pot de bouillon, et
-remuez-le: lorsque vous verrez que cela commence à tomber à glace,
-mouillez-le avec du bouillon, et faites surtout qu’il soit clair;
-faites bouillir ce consommé; écumez-le; rafraîchissez-le de temps en
-temps; mettez-y des légumes, tels que carottes, oignons, un pied de
-céleri, un bouquet de persil et ciboules, assaisonné d’une gousse d’ail
-et de deux clous de girofle; faites bouillir ce consommé à petit feu,
-quatre à cinq heures; passez-le au travers d’une serviette; vous vous
-en servirez pour travailler vos sauces, pour vos potages clairs et pour
-vos petites sauces.
-
-
-_Blond de Veau._
-
-Beurrez le fond d’une casserole; mettez-y quelques lames de jambon,
-quatre à cinq livres de veau de bonne qualité, deux ou trois carottes
-tournées, autant d’oignons; mouillez le tout avec une cuillerée de
-grand bouillon; faites-le suer sur un feu doux, et réduire jusqu’à
-consistance de glace; quand elle sera d’une belle teinte jaune,
-retirez-la du feu; piquez les chairs avec la pointe d’un couteau,
-pour en faire sortir le reste du jus; couvrez votre blond de veau;
-laissez-le suer ainsi un quart d’heure, et mouillez-le avec du grand
-bouillon, selon la quantité de vos viandes; mettez-y un bouquet de
-persil et ciboules, assaisonné de la moitié d’une gousse d’ail et piqué
-d’un clou de girofle; faites bouillir ce blond de veau; écumez-le;
-mettez-le mijoter sur le bord d’un fourneau; vos viandes cuites,
-dégraissez-le, passez-le comme il est dit à l’article précédent, et
-servez-vous-en comme de l’empotage, pour le riz, le vermicelle et même
-vos sauces.
-
-
-_Mitonnage._
-
-Ayez un pain à potage, râpez-le légèrement, enlevez-en les croûtes
-sans endommager la mie, qui peut vous servir, soit pour vos autres
-potages, soit pour des petits croûtons ou des gros pour des épinards.
-Si vous servez une charlotte ou une panade, coupez vos croûtes;
-arrondissez-les; mettez-les mitonner un quart d’heure avant de les
-servir; mettez dessus tels légumes qu’il vous plaira; mouillez-les avec
-votre empotage et servez bouillant.
-
-
-_Potage Croûtes au Pot._
-
-Coupez du pain en tranches; mettez-le dans un plat creux et d’argent;
-mouillez-le avec d’excellent bouillon pour le faire mitonner; lorsque
-votre mitonnage est réduit, pour le laisser gratiner, couvrez votre
-fourneau avec de la cendre rouge; coupez un ou deux pains à potage en
-deux; ôtez-en toute la mie; mettez un gril sur une cendre chaude et
-faites sécher vos croûtes dessus; lorsqu’elles le seront bien, prenez
-la partie grasse du bouillon ou consommé; arrosez-en le dedans de vos
-croûtes et saupoudrez-les de sel fin, ce qu’il en faut pour qu’elles
-soient d’un bon goût; égouttez-les; mettez-les sur le gratin sans les
-couvrir, afin qu’elles ne mollissent pas; arrosez-les, de quart d’heure
-en quart d’heure, du derrière de la marmite, jusqu’à ce que le gratin
-soit parfaitement formé; dégraissez-les, servez-les, et joignez-y une
-jatte séparée de consommé ou de bon bouillon.
-
-
-_Potage Printanier._
-
-Il se fait comme le potage à la Julienne, excepté qu’on y ajoute des
-pointes d’asperges, des petits pois, des petits radis tournés, de
-très-petits oignons blanchis; en faisant cuire ces légumes, mettez-y
-un petit morceau de sucre pour en ôter l’âcreté; faites mitonner votre
-potage, couvrez-le des légumes énoncés et servez-le.
-
-
-_Potage à la Crecy._
-
-Selon la saison, ayez toutes sortes de légumes (épluchés et lavés avec
-soin) tels que carottes, navets, céleri, oignons (en petite quantité);
-faites-les blanchir dans un chaudron un quart d’heure; mettez-les
-dans une casserole avec un bon morceau de beurre et quelques lames
-de jambon; passez-les sur un petit feu, assez de temps pour que le
-tout soit cuit; alors égouttez le tout dans une passoire; pilez-le,
-mouillez-le avec son propre bouillon, et passez-le à l’étamine pour en
-faire une purée; faites partir cette purée sur le feu, qu’elle cuise
-deux heures; dégraissez-la bien, mitonnez votre potage comme il est
-déjà énoncé, mettez votre crecy dessus et servez.
-
-
-_Potage au Riz._
-
-Ayez environ un quarteron de riz de bonne qualité, tel que celui de la
-Caroline; lavez-le à plusieurs eaux, faites-le blanchir; égouttez-le
-sur un tamis, mettez-le dans une casserole ou petite marmite,
-mouillez-le peu, faites-le partir, et mettez-le crever doucement sous
-le fourneau; est-il crevé? mouillez-le à un degré convenable avec votre
-blond de veau ou du consommé; faites qu’il soit d’un bon sel, et servez.
-
-
-_Autre façon._
-
-Videz, flambez, épluchez, retroussez un chapon en poule; conservez-lui
-les ailes et bridez-les pour qu’il ait plus de grâce; mettez-le dans
-une marmite avec un bouquet de légumes bien assaisonné, deux oignons,
-dont l’un piqué de deux clous de girofle; mouillez le tout avec du
-grand bouillon; faites écumer comme ci-dessus. Durant la cuisson
-de votre chapon faites crever, comme il est indiqué ci-dessus, un
-quarteron de riz; prenez la partie grasse de votre marmite pour
-faire crever votre riz; à l’instant de le servir, mouillez-le avec
-du bouillon dans lequel a cuit votre chapon, après l’avoir passé
-au tamis de soie; mettez-y une cuillerée de jus de bœuf pour qu’il
-soit d’une belle couleur; servez-vous du chapon pour relever votre
-potage; débridez-le, dressez-le; mettez-lui quelques grains de sel sur
-l’estomac, et dessous une cuillerée de jus ou de son propre bouillon.
-
-
-_Chapon au Riz._
-
-Habillez un chapon comme ci-dessus; lavez une livre de riz; _faites-le
-blanchir ainsi qu’il est dit plus haut_; mettez-le, et votre chapon
-dessus, dans une marmite assez grande pour qu’elle contienne le tout,
-sans être trop pleine; mouillez-le légèrement, afin qu’il ne soit
-pas trop clair. Votre chapon est-il à son degré de cuisson? ce dont
-vous vous assurez en lui pinçant l’aile; si la chair fléchit, c’est
-qu’il est cuit; débridez-le, mettez-le sur le plat; dégraissez le riz;
-ajoutez-y du jus, pour qu’il soit d’une belle couleur; masquez-en votre
-chapon, et servez-le pour potage, entrée ou relevé.
-
-
-_Potage au Vermicelle clair._
-
-Mettez dans une casserole la quantité de blond de veau, bouillon ou
-consommé, qui est nécessaire pour faire un potage de six ou huit
-personnes; faites-le bouillir; prenez la valeur de six onces de
-vermicelle, mettez-le petit à petit dans le bouillon, etc., en le
-rompant légèrement dans vos doigts, pour qu’il ne se mette pas en
-pelote; laissez-le bouillir environ six minutes; retirez-le au bord du
-fourneau, dégraissez-le; laissez-le mijoter jusqu’à ce qu’il soit cuit,
-en prenant garde qu’il ne se dilate trop.
-
-
-_Potage à la Julienne._
-
-Prenez carottes, oignons, céleri, panais, navets, laitues, oseille en
-égale quantité; vous couperez votre oseille en filets; vous la ferez
-blanchir dans un peu d’eau avec un peu de sel; vous la rafraîchirez,
-et, un quart d’heure avant de servir, vous la mêlerez à vos autres
-légumes; coupez les racines en tranches d’égale longueur, et
-réduisez-les en filets plus ou moins gros; coupez de même l’oseille, la
-laitue et le céleri. Lavez le tout à grande eau; égouttez-le dans une
-passoire; mettez un quarteron de beurre dans une casserole, avec vos
-racines et votre céleri; passez sur un fourneau ces légumes, jusqu’à
-ce qu’ils aient pris une légère couleur; mouillez-les avec une bonne
-cuillerée de bouillon; ces racines à moitié cuites, joignez-y votre
-oseille; laissez mijoter le tout, et dégraissez-le; quand vous serez
-près de vous en servir, faites le mitonnage tel qu’il est indiqué
-(article _Mitonnage_); versez votre julienne dessus, et mêlez le tout
-légèrement.
-
-
-_Potage à la Brunoise._
-
-Coupez en petits dés, carottes, navets, panais et céleri; prenez du
-derrière de la marmite, ou du beurre clarifié; faites-le chauffer;
-jetez vos légumes; faites-leur prendre couleur; égouttez-les sur un
-tamis; mouillez-les avec du blond de veau, ou consommé, ou bouillon;
-conduisez-les comme ceux de la julienne; dégraissez-les, et couvrez-en
-votre mitonnage. Si vous en servez avec du riz, ayez attention qu’il
-soit clair, que les dés ne soient pas plus gros que le riz lorsqu’il
-est crevé, et mêlez bien le tout ensemble.
-
-
-_Potage à la purée de Pois._
-
-Prenez une quantité de pois suffisante; lavez-les; mettez-les dans une
-marmite, avec oignons, carottes, un bouquet de poireaux et de céleri,
-un combien de jambon ou des tranches; sinon un morceau de petit lard.
-Sont-ce des pois secs? mettez-les tremper la veille; si ce sont des
-nouveaux, vous en servant de suite, sautez-les dans du beurre, avec une
-poignée de persil en branche et quelques ciboules; mouillez-les avec du
-bon bouillon; lorsqu’ils seront cuits, égouttez-les dans une passoire;
-pilez-les dans un mortier, et passez-les à l’étamine: le bouillon dans
-lequel ils ont cuit doit vous servir pour les passer; mettez-en la
-purée dans une marmite ou une casserole; laissez mijoter cette purée
-quatre ou cinq heures; remuez-la souvent, de peur qu’elle ne s’attache,
-et, avant de la remuer, dégraissez-la; lorsqu’elle sera réduite à son
-degré, servez-la sur du riz, du vermicelle ou des petits croûtons
-passés au beurre, que vous mettrez à l’instant de servir.
-
-
-_Potage à la purée de Lentilles à la Reine, ou autres Lentilles._
-
-Procédez à cet égard comme il est énoncé pour la purée de pois, et
-servez-vous-en de même pour les potages; ayez soin pourtant, si ce sont
-des lentilles à la reine, de les laisser long-temps sur le feu, pour
-que la purée soit d’un beau rouge, autant que possible: ce qui fait la
-beauté et la bonté de ce potage.
-
-
-_Potage à la purée de Carottes._
-
-Prenez quinze ou vingt carottes, ratissez et lavez-les: selon leur
-grosseur, coupez-les en lames; mettez-les dans une casserole avec
-trois quarterons de bon beurre; passez-les sur un fourneau assez vif;
-remuez-les jusqu’à ce qu’elles soient colorées; alors mouillez-les
-avec du bon bouillon; faites-les cuire, et, cuites, vous servant du
-même procédé que pour la purée de pois et de lentilles, passez-les à
-l’étamine, etc.; dégraissez cette purée, laissez-la long-temps cuire,
-et servez-vous-en comme on se sert de la purée de pois.
-
-
-_Potage à la purée de Navets._
-
-Il se fait comme celui de la purée de carottes, excepté qu’on ne fait
-pas roussir les navets, qu’on les tient blancs le plus possible, et
-qu’ils demandent moins de cuisson.
-
-
-_Potage aux Laitues._
-
-Ayez douze ou quinze laitues; épluchez-les; laissez-les entières;
-lavez-les à grande eau, en prenant bien garde qu’il ne reste de la
-paille après; faites-les blanchir; jetez-les dans un seau d’eau
-fraîche, retirez-les, et, les unes après les autres, pressez-les;
-ficelez-les trois ou quatre ensemble, foncez une casserole de bardes de
-lard; arrangez-y vos laitues; mettez-y deux ou trois lames de jambon,
-une carotte, un oignon, un bouquet de persil dans lequel vous aurez
-enveloppé un clou de girofle et une demi-feuille de laurier; mouillez
-vos laitues avec la partie grasse de votre bouillon ou de votre
-consommé; mettez sel et mignonnette, ce qu’il en faut pour qu’elles
-soient d’un bon goût: lorsque vous voudrez servir votre potage,
-égouttez-les; pressez-les légérement, afin d’en faire sortir ce qu’il y
-aurait de trop de graisse; et, selon leur grosseur, vous les laisserez
-entières ou les couperez en deux, et vous en garnirez votre potage.
-
-
-_Potage à la purée de Marrons._
-
-Prenez, cuits, marrons de Lyon ou du Luc; levez-en la première peau
-(mais supprimez avec soin ceux qui sont gâtés); mettez-les dans une
-poêle avec un petit morceau de beurre; sautez-les jusqu’à ce que
-l’épiderme se lève facilement; ôtez-les, épluchez-les, marquez-les dans
-une marmite avec du consommé; faites-les cuire; ensuite égouttez-les
-dans une passoire; pilez-les dans un mortier; passez-les dans une
-étamine, en les mouillant à fur et à mesure avec le bouillon dans
-lequel ils ont cuit: votre purée passée, mettez-la dans une casserole
-avec deux cuillerées à pot pleines de consommé; délayez bien votre
-purée; faites-la cuire et réduire environ trois ou quatre heures;
-dégraissez-la; ajoutez-y un peu de sucre; goûtez si elle est d’un bon
-goût, et servez-la avec des petits croûtons passés dans le beurre ou un
-mitonnage. (Voyez _Mitonnage_.)
-
-
-_Potage en Tortue._
-
-Ayez quatre ou cinq livres de mouton, soit épaule, soit gigot, ou six
-à sept livres des parures de carrés; ajoutez-y des débris de poisson,
-comme têtes et arêtes de merlans; débris de saumon, une carpe ou
-ses débris, ainsi du reste; mettez ce mouton dans une marmite avec
-vos débris; assaisonnez-le tel que le blond de veau; faites-le suer
-de même; mouillez-le avec de l’eau; écumez-le bien; que le bouquet
-de persil soit forcé en aromates; de plus joignez-y deux brins de
-basilic et du massif: laissez cuire ce mouton jusqu’à ce que les
-chairs quittent les os; passez-en le bouillon à travers une serviette;
-clarifiez-le avec deux ou trois blancs d’œufs battus légèrement,
-faites-lui jeter un bouillon; laissez-le reposer, afin qu’il soit
-clair; passez-le de nouveau dans une autre serviette, et faites-le
-réduire jusqu’à ce qu’il soit assez corsé pour pouvoir supporter,
-sans être réduit, du vin de Madère; de là prenez la moitié d’une
-tête de veau échaudée de la veille, désossez-la, et, pour qu’elle
-soit blanche, mettez-la dégorger dans l’eau, que vous aurez soin de
-changer une ou deux fois; faites-la blanchir et rafraîchir; essuyez-la,
-parez-la; faites-la cuire dans un blanc (tel que vous le trouverez à
-son article): dès qu’elle est cuite, égouttez-la au moment de vous
-en servir; coupez-la par morceaux carrés, gros comme le pouce, et que
-vous mettrez dans le bouillon énoncé, avec les trois quarts d’une
-bouteille d’excellent vin de Madère, du poivre de Cayenne environ une
-cuillerée à café non comblée; une semblable cuillerée à café de poivre
-kari. Dressez votre potage, composé de vos morceaux de veau; ayez la
-précaution de faire durcir auparavant quinze œufs frais, après en avoir
-ôté les blancs; mettez-en les jaunes, aussi entiers que possible, dans
-ce potage, à l’instant de le servir. Observez que si vous pouviez vous
-procurer des petits œufs en grappe, que vous feriez blanchir, ils
-vaudraient mieux que ces jaunes.
-
-
-_Potage aux Choux._
-
-Prenez de choux ce qu’il vous en faut; épluchez-les, flairez-les:
-s’ils sentent le musc, prenez-en d’autres; coupez-les par
-quartiers; faites-les blanchir à grande eau, ensuite retirez-les;
-rafraîchissez-les; ôtez-en les trognons; ficelez-les et marquez-les
-comme les laitues énoncées article précédent, en y joignant un
-morceau de petit lard; nourrissez-les et assaisonnez-les davantage;
-servez-vous-en comme des laitues, et observez qu’ils demandent plus de
-cuisson.
-
-
-_Potage au Sagou et à la purée de Navets._
-
-Sagou, nom d’une espèce de pâte végétale et alimentaire, qu’on prépare
-aux Indes avec la moelle de quelques palmiers, particulièrement avec
-celle du palmier sagou ou sagoutier. Cette substance nous est apportée
-des îles Moluques, en petits pois de couleur roussâtre, de la grosseur
-à-peu-près de ceux du gros millet; elle est inodore, stomachique,
-conséquemment de facile digestion; elle s’apprête comme le vermicelle:
-on lave ce sagou comme le riz, excepté qu’on ne le fait pas blanchir;
-mettez-le dans un bon bouillon corsé et bouillant, pour qu’il fasse
-deux ou trois bouillons; retirez-le sur le bord du fourneau, et
-lorsqu’il formera gelée, mettez-y votre purée de navets (voyez _Purée
-de Navets_); remuez le tout; goûtez si votre potage est d’un bon sel,
-et servez-le.
-
-
-_Potage à la Condé._
-
-Prenez un litron et demi, ou plus, s’il le faut, de petits haricots
-rouges; lavez-les bien; mettez-les dans une marmite avec de l’eau ou
-du grand bouillon; ajoutez-y un morceau de petit lard, trois carottes,
-trois oignons, dont un piqué de deux clous de girofle, un bouquet de
-poireaux et céleri; laissez bien cuire le tout, et aussitôt retirez-en
-les légumes; jetez vos haricots dans une passoire; écrasez-les;
-passez-les à l’étamine en les mouillant avec le bouillon dans lequel
-ils ont cuit; mettez-en la purée sur le feu comme celle de pois. Si
-c’est un potage maigre qu’il vous faut, mettez dans vos haricots un
-morceau de beurre au lieu de lard; et pour finir votre potage, mettez
-de même un morceau de beurre. Votre purée cuite à son point, ayez de la
-mie de pain; coupez-la en dés, et passez-les au beurre: sont-ils d’une
-belle couleur, égouttez-les dans une passoire, et au moment de servir,
-mettez-les sur la purée.
-
-
-_Potage à la Bisque d’Écrevisse._
-
-Ayez un demi-cent d’écrevisses, ou davantage, selon leur grosseur;
-lavez-les à plusieurs eaux, et rejetez-les mortes; égouttez-les;
-mettez-les cuire sur un bon feu dans une casserole avec du bouillon,
-sans qu’elles nagent dedans, sautez-les; lorsqu’elles seront cuites,
-retirez-les du feu, laissez-les couvertes un demi-quart d’heure;
-jetez-les dans une passoire, conservez-en le bouillon; lorsqu’elles
-sont à moitié froides ôtez-en les queues, épluchez-les, et mettez-en
-les épluchures avec les corps dans un mortier; pilez le tout jusqu’à
-consistance de pâte, qu’on aperçoive à peine les coquilles; mettez
-gros comme deux œufs de mie de pain mollet dans le bouillon où elles
-ont cuit; desséchez-le sur un feu doux; mettez-le dans un mortier avec
-vos écrevisses; délayez le tout avec d’excellent bouillon; passez-le
-à travers une étamine; mettez-le dans une casserole sur le feu et
-sans bouillir, remuez-le bien, qu’il ne soit ni trop clair, ni trop
-épais; ensuite mettez-le au bain-marie, goûtez s’il est d’un bon sel,
-et servez-vous-en, soit avec du riz, soit avec des croûtons passés au
-beurre.
-
-
-_Potage à la Reine._
-
-1º. Ayez trois poulets; videz-les; flambez-les, enlevez-en les estomacs
-en entier; mettez-les sur un attelet, et couvrez-les d’une petite
-bande de lard, comme l’on fait pour les poulets d’entrée à la broche;
-enveloppez-les de papier pour qu’ils ne prennent point de couleur;
-mettez-les à la broche, ou dans une casserole que vous aurez foncée
-de quelques lames de veau, de jambon, d’un oignon, de deux ou trois
-carottes tournées et d’un bouquet de persil assaisonné; mettez ces
-estomacs; couvrez-les de légères bandes de lard, de deux ou trois
-ronds de papier beurré, afin qu’ils ne prennent point de couleur,
-dirai-je encore; mouillez le tout de deux à trois cuillerées à ragoût
-de consommé; faites-le partir sur le fourneau; après mettez-le dessous,
-ou sur une paillasse; faites cuire ces estomacs vingt minutes;
-retirez-les, et faites-les refroidir; passez ce fond au travers d’un
-tamis de soie; faites avec ce fond une panade, telle que pour le
-potage à la bisque; hachez ces estomacs très-menus; mettez-les dans un
-mortier, avec vingt amandes douces et deux ou trois amères émondées,
-comme il est dit à l’article du lait d’amandes; pilez bien le
-tout; après joignez-y votre panade, et pilez de nouveau; retirez-le,
-mouillez-le avec le consommé de vos carcasses, au point de le passer à
-l’étamine.
-
-2º. Pour faire un consommé de volaille, marquez dans une petite
-marmite, hors les têtes et les poumons, les débris de ces poulets
-lavés et ficelés; mouillez-les avec du consommé; faites-les écumer;
-assaisonnez-les de nouveau de légumes; faites que votre bouillon ne
-soit point trop ambré; laissez-le bouillir à petit feu une heure et
-demie; passez ce bouillon à travers une serviette; servez-vous-en pour
-délayer votre purée de volaille, et la faire passer au travers de
-votre étamine; que cette purée ne soit ni trop claire ni trop épaisse;
-mettez-la dans une casserole nouvellement étamée, afin que votre potage
-soit bien blanc; faites-le chauffer ensuite, sans bouillir, dans un
-bain-marie. Vous le servirez avec des petits croûtons passés au beurre,
-ou avec du riz bien crevé, avec peu de mouillement. Goûtez votre
-potage, s’il est d’un bon goût, et servez-le.
-
-
-_Potage au Macaroni._
-
-Ayez dans une casserole un bon consommé; qu’il soit bouillant; mettez-y
-du macaroni; faites-le pocher comme le vermicelle; écumez-le, et
-lorsqu’il aura bouilli un quart d’heure, retirez-le sur le bord du
-fourneau, pour qu’il mijote; prenez du bon Parmesan râpé, et autant de
-fromage de Gruyères; mettez-le dans votre potage avant de le servir, ou
-servez-le séparément. Faites qu’il soit plus épais que clair.
-
-
-_Potage à la Génoise ou aux Raviolis._
-
-Prenez l’estomac d’une poularde ou d’un fort poulet cuit à la broche;
-hachez-le bien; prenez autant de tetines de veau; ajoutez-y la même
-quantité d’épinards blanchis et bien pressés, et autant de fromage de
-Parmesan râpé; pilez le tout dans un mortier; joignez-y de moment en
-moment quatre ou cinq jaunes d’œufs crus, du sel, une pincée de gros
-poivre et le quart d’une muscade râpée; quand le tout sera bien pilé et
-d’un bon goût, prenez des rognures de feuilletage ou de pâte brisée;
-abaissez-les aussi minces que possible; cela fait, mouillez avec un
-doroir cette abaisse de pâte, et couchez de distance en distance cette
-farce ou mélange, gros comme la moitié d’une noisette; reployez votre
-pâte dessus; soudez-la bien en formant vos raviolis, et coupez-les avec
-un coupe-pâte; ayez soin que votre farce soit au milieu, et que vos
-raviolis aient la forme d’une petite rissole; faites-les blanchir dans
-du grand bouillon; égouttez-les dans une passoire; jetez-les dans un
-excellent consommé, et servez.
-
-
-_Potage aux pâtes d’Italie._
-
-Mettez sur le feu, dans une petite marmite, d’excellent bouillon:
-lorsqu’il est en grande ébullition, jetez-y des pâtes d’Italie,
-soit graines de melon, étoiles ou autres; remuez-le pour qu’elles ne
-se pelotent pas; écumez-le, et dégraissez comme pour le potage au
-macaroni; laissez-le mijoter un quart d’heure, et servez.
-
-
-_Potage à la Semoule._
-
-La semoule est aussi une pâte d’Italie (qui ressemble assez au gruau).
-Faites ce potage comme le précédent, en le remuant un peu davantage, de
-crainte que la semoule ne s’attache ou ne se pelote.
-
-
-_Bouillon de Poulet._
-
-Ayez un bon poulet commun; videz-le; ôtez-en la peau, et flambez-en
-les pattes; liez-le avec une ficelle, mettez-le dans une marmite avec
-deux pintes et demie d’eau; ajoutez-y une once des quatre semences
-froides, après les avoir concassées à moitié: vous les mettrez dans un
-petit linge blanc pour en faire un petit paquet bien lié; faites cuire
-le tout à petit feu, jusqu’à ce qu’il soit réduit à deux pintes ou
-à-peu-près, et servez-vous-en comme bouillon rafraîchissant.
-
-
-_Bouillon de Poulet pectoral._
-
-Prenez un poulet comme ci-dessus, une même quantité d’eau, deux onces
-d’orge mondé, autant de riz; mettez le tout ensemble dans une marmite;
-joignez-y deux onces de miel de Narbonne; écumez le tout; faites cuire
-trois heures ce bouillon, jusqu’à ce qu’il soit réduit aux deux tiers.
-Il est très-bon pour adoucir les irritations de la poitrine.
-
-
-_Bouillon de Veau rafraîchissant._
-
-Coupez en dés une demi-livre de rouelle de veau, que vous mettrez
-bouillir avec trois pintes d’eau, deux ou trois laitues et une poignée
-de cerfeuil; faites bouillir le tout, et, si vous le jugez convenable,
-ajoutez-y un peu de chicorée sauvage; passez ce bouillon au tamis de
-soie, et servez-vous-en.
-
-
-_Bouillon de Mou de Veau._
-
-Prenez la moitié d’un lobe de mou de veau; coupez-le en petits dés,
-après l’avoir fait dégorger; mettez-le dans une marmite de terre avec
-trois pintes d’eau, six ou huit navets émincés, deux ou trois pieds de
-cerfeuil cernés, et une douzaine de jujubes; faites partir ce bouillon;
-écumez-le, laissez-le réduire à deux pintes, et passez au tamis de
-soie. Ce bouillon est excellent pour la poitrine.
-
-
-
-
-SAUCES.
-
-
-_Jus de Bœuf._
-
-Beurrez le fond d’une casserole; mettez-y, comme au blond de veau,
-quelques lames de jambon et bardes de lard, oignons en tranches, et
-carottes; couvrez le tout de lames de bœuf, épaisses de deux doigts;
-mouillez-le d’une cuillerée à pot de grand bouillon; faites-le partir
-sur un feu vif; lorsqu’il commencera à s’attacher, piquez la viande
-avec la pointe d’un couteau; couvrez de cendre votre fourneau pour
-empêcher que votre jus n’aille trop vite; prenez bien garde qu’il ne
-brûle: quand il sera fort attaché, mouillez-le comme le blond de veau;
-écumez-le, assaisonnez-le avec un bon bouquet de persil et ciboules,
-en y ajoutant quelques queues de champignon; quand vous jugerez la
-viande cuite, dégraissez; passez votre jus dans une serviette, et
-servez-vous-en pour colorer vos potages et vos sauces, ou les entrées
-et entremets qui exigent du jus.
-
-
-_Grande Sauce._
-
-Beurrez une casserole; foncez-la de lames de jambon; coupez votre
-veau par morceaux; mettez-en sur votre jambon, suffisamment pour la
-grandeur de votre casserole; mouillez-le avec une ou deux cuillerées
-de bouillon, de manière que votre veau soit presque couvert; mettez-y
-deux carottes tournées, un gros oignon que vous retirerez quand il
-sera cuit. Lorsque votre veau est tombé à glace, vous laissez très-peu
-de feu sous votre casserole, et vous l’entourez de cendres rouges
-pour faire descendre la glace; quand elle a pris sa couleur, vous la
-détachez avec une cuillerée à pot de bouillon froid: sitôt qu’elle est
-détachée, vous remplissez votre casserole de bouillon; quand votre
-veau est cuit, vous le retirez, et vous passez votre blond de veau
-dans une serviette; vous avez votre roux dans une casserole; vous le
-délayez assez pour que la sauce ne soit pas trop épaisse, et vous la
-faites partir; retirez-la sur le bord du fourneau, et remuez-la de
-temps en temps: que votre coulis soit d’une belle couleur; s’il en
-manquait, perfectionnez-le avec du jus de bœuf; il se formera, durant
-la cuisson, une peau dessus: ne l’ôtez pas, et ne le dégraissez qu’à
-parfaite cuisson et au moment de le passer, sans l’exprimer, à travers
-l’étamine. Votre sauce passée, mettez une cuiller dedans; ayez soin
-de la sasser et vanner, jusqu’à ce qu’elle soit refroidie, pour qu’il
-ne se forme point de peau dessus, et servez-vous-en pour des petites
-sauces brunes.
-
-
-_Espagnole._
-
-Prenez une, deux ou trois noix de veau; foncez une casserole de lard et
-de jambon, de ce dernier surtout en plus grande quantité, et procédez
-à cet égard comme il est expliqué pour la grande sauce; mettez vos
-noix dessus, avec une bonne cuillerée de consommé bien corsé, cinq ou
-six carottes tournées, autant d’oignons; faites partir le tout comme le
-coulis général, et mettez-le sur un feu doux, afin que vos noix jettent
-leur jus. Lorsque la glace sera bien formée, ce que vous reconnaîtrez
-au fond de la casserole qui doit être d’un beau jaune; retirez-la du
-feu; piquez alors vos noix avec votre couteau, pour que le reste du
-jus s’en exprime; mouillez-les avec du consommé dans lequel vous
-aurez fait cuire une quantité suffisante de perdrix, de lapins ou de
-poulets; mettez un bouquet de persil et ciboules, assaisonné de deux
-clous de girofle par noix de veau, d’une demi-feuille de laurier, d’une
-gousse d’ail; d’un peu de basilic et de thym; faites bouillir le tout;
-retirez-le sur le bord du fourneau et dégraissez-le: au bout de deux
-heures, liez votre espagnole avec le roux comme le coulis général;
-lorsqu’elle sera liée de manière à être plus claire qu’épaisse,
-laissez-la bouillir une demi-heure ou trois quarts d’heure, pour
-que le roux s’incorpore; alors dégraissez et passez cette espagnole
-à l’étamine dans une autre casserole; remettez-la sur le feu pour
-la faire réduire d’un quart: elle pourra vous servir pour tous les
-ragoûts au brun. Vous y mettrez le vin que vous jugerez à propos,
-soit de Madère, de Champagne ou de Bourgogne, selon les petites
-sauces dont vous aurez besoin. Ma coutume n’est pas de mettre le vin
-dans l’espagnole générale, attendu qu’on ne met point tout au vin,
-et qu’avec le vin elle peut s’aigrir du jour au lendemain, si tout
-n’est pas employé dans la journée, ce qui ferait _une perte_; mon
-habitude encore est de ne point faire réduire les vins seuls, ce qui
-leur donne souvent un goût d’alambic, et fait évaporer toute la partie
-spiritueuse; conséquemment je les fais réduire avec la sauce à une
-demi-glace ou gros comme le pouce de glace, ou même davantage, quand
-c’est pour des petites sauces, et selon le besoin que j’ai qu’elles
-soient plus ou moins corsées.
-
-
-_Espagnole travaillée._
-
-Lorsque vous voudrez vous servir de l’espagnole pour des sautés,
-ou comme simple sauce, prenez-en deux ou trois cuillerées à pot,
-ou davantage, avec environ le tiers de consommé, quelques parures
-de truffes bien lavées et quelques queues de champignons; faites
-réduire le tout sur un grand feu, et dégraissez-le avec soin. Si votre
-espagnole manque de couleur, donnez-lui-en avec votre blond de veau;
-faites-la réduire à consistance de sauce; passez-la à l’étamine;
-mettez-la dans un bain-marie, pour vous en servir au besoin.
-
-
-_Velouté, ou Coulis blanc._
-
-Ayez noix ou sous-noix, ou une partie d’un cuissot de veau; mettez-le
-dans une casserole beurrée, avec quelques lames de jambon, une
-cuillerée de consommé bien corsé, trois ou quatre carottes, autant
-d’oignons; faites partir le tout sur un feu assez vif: quand vous
-verrez que votre mouillement est réduit et qu’il pourrait s’attacher,
-mouillez-le avec du consommé, en raison de la quantité de vos viandes
-et de la force de votre consommé: quand le tout sera bien bouillant,
-retirez-le sur le bord du fourneau; ajoutez-y quelques échalotes,
-quelques queues ou tournures de champignons, dans lesquels vous
-n’aurez point mis de citron, de crainte qu’il ne fasse aigrir votre
-sauce; mettez-y un bouquet bien assaisonné comme pour l’espagnole, et
-ayez soin de le retirer lorsqu’il sera cuit, en l’exprimant entre deux
-cuillers; retirez également vos viandes lorsqu’elles seront cuites;
-ayez soin, durant que votre sauce est sur le feu, de faire un roux
-blanc pour la lier. Voici la manière de vous y prendre. Faites fondre
-une livre d’excellent beurre; tirez-le au clair dans une casserole
-pour en supprimer le lait de beurre et les autres effondrilles qui
-s’y trouvent: quand cela est fait, vous prenez de la fleur de farine
-de froment, et vous en mettez une suffisante quantité dans votre
-beurre, que vous remuez au point qu’il soit parfaitement bu par la
-farine; ensuite vous mettez la casserole sur un feu doux; vous remuez
-constamment, pour que votre roux ne prenne point de couleur; vous le
-flairez, et lorsque vous sentez que la farine est cuite, vous délayez
-le tout ou une partie avec le mouillement de votre velouté: cela fait,
-ayez soin de tourner continuellement votre farce, pour que la farine
-ne tombe point au fond et qu’elle ne s’attache pas; dégraissez votre
-velouté; passez-le à l’étamine; remettez-le sur le feu; dégraissez-le
-de nouveau et faites réduire; retirez-le, mettez-le dans un vase;
-passez et vannez, de crainte qu’il ne forme une peau.
-
-
-_Velouté travaillé._
-
-Il se travaille comme l’espagnole, excepté que l’on n’y met rien qui
-puisse le colorer, afin qu’il soit très-blanc.
-
-
-_Grand Aspic._
-
-Mettez dans une marmite un ou deux jarrets de veau, une vieille
-perdrix, une poule, des pattes de volaille, si vous en avez; deux ou
-trois lames de jambon; ficelez vos viandes, joignez-y deux carottes,
-deux oignons, un bouquet bien assaisonné; mouillez le tout d’un peu
-de consommé; faites-le légérement suer: lorsque vous verrez que votre
-aspic, tombant en glace, prendra une teinte jaune, mouillez-le avec
-du bouillon, si vous en avez; sinon avec de l’eau, en observant de le
-laisser réduire davantage: faites-le partir, écumez-le, mettez-y le
-sel nécessaire; laissez-le cuire trois heures: alors dégraissez-le,
-passez-le au travers d’une serviette mouillée et tordue; laissez-le
-refroidir; cassez deux œufs avec blancs, jaunes et coquilles;
-fouettez-les, mouillez-les avec un peu de votre bouillon, mettez-y
-une cuillerée à bouche de vinaigre d’estragon, et versez le tout dans
-votre aspic: posez-le sur le feu, agitez-le avec un fouet de buis:
-quand il commencera à partir, retirez-le sur le bord du fourneau, afin
-qu’il ne fasse que frémir; couvrez-le, et sur son couvercle mettez du
-feu. Quand vous verrez que cet aspic est clair, passez-le au travers
-d’une serviette mouillée et tordue que vous attacherez aux quatre pieds
-d’un tabouret. Retournez, couvrez-le de nouveau, et sur son couvercle
-mettez un peu de feu. Quand il sera passé, servez-vous-en pour vos
-grands et petits aspics.
-
-
-_Sauce blanche ou au Beurre._
-
-Mettez dans une casserole une demi-livre de bon beurre coupé en gros
-dés, une bonne pincée de farine passée au tamis, et versez de l’eau
-légèrement dessus; agitez votre casserole pour que la farine et l’eau
-se tiennent sans faire de grumeaux; assaisonnez-la de sel, et, si vous
-voulez, de muscade râpée; mettez-la sur le feu, tournez-la avec une
-cuiller de bois, jusqu’à ce qu’elle soit prête à bouillir; ôtez cette
-cuiller, prenez-en une à dégraisser, vannez votre sauce. Sa cuisson
-faite, tordez-la dans une étamine bien blanche et mettez-la dans votre
-bain-marie.
-
-
-_Sauce à l’Anglaise et au Beurre._
-
-Elle se fait comme la précédente, excepté qu’on y met, à l’instant de
-la servir, du persil haché très-fin et blanchi, un peu de muscade, de
-gros poivre et le jus d’un citron.
-
-
-_Sauce hollandaise._
-
-Elle se fait avec la grande sauce au beurre: mettez-en dans une
-casserole trois cuillerées à dégraisser, avec un citron coupé en
-dés, et duquel vous ôtez le blanc et les pepins; joignez-y trois
-jaunes d’œufs coupés de même, un peu de persil haché, une pincée de
-mignonnette et un filet de bon vinaigre blanc.
-
-
-_Sauce à l’Allemande._
-
-Mettez dans une casserole des champignons hachés, et gros de beurre
-comme la moitié d’un œuf; faites bien cuire vos champignons, joignez-y
-trois cuillerées à dégraisser de velouté travaillé, et une cuillerée
-de consommé: faites réduire votre sauce; arrivée à son point, jetez-y
-gros de beurre comme la moitié d’un œuf, du persil bien vert haché
-et blanchi; passez et vannez le tout; mettez le jus de la moitié
-d’un citron, un peu de mignonnette, passez de nouveau votre sauce et
-servez-vous-en.
-
-_Remarque._ Faute de velouté, singez vos champignons, délayez le tout
-avec d’excellent bouillon, mettez-y un bouquet bien assaisonné d’un
-clou de girofle, la moitié d’une gousse d’ail, thym et laurier. Votre
-sauce cuite, retirez le bouquet, exprimez-le et finissez cette sauce
-comme la précédente.
-
-
-_Sauce à la Béchamelle._
-
-Mettez de votre velouté dans une casserole, en raison de vos besoins,
-et un demi-setier de consommé. Si vous employez une pinte de velouté,
-faites aller votre sauce sur un grand feu, tournez-la avec soin,
-qu’elle se réduise d’un tiers de son volume; en même temps faites
-réduire au tiers une pinte de crême double, incorporez-la peu à peu
-dans votre sauce que vous tournerez jusqu’à ce qu’elle soit réduite au
-point où elle était avant d’y avoir mis la crême. Cette sauce ayant
-la consistance d’une légère bouillie, tordez-la dans une étamine bien
-blanche, et mettez-la au bain-marie pour vous en servir au besoin.
-
-
-_Autre manière._
-
-Coupez un morceau de noix de jambon en dés, deux fois autant de veau,
-quelques petites carottes tournées, cinq petits oignons et quelques
-queues d’échalotes; joignez à cela un ou deux clous de girofle, une
-feuille de laurier, environ une demi-livre de beurre; mettez le tout
-dans une casserole et sur le feu; remuez avec une cuiller de bois
-très-propre. Quand votre viande commencera à jeter son jus, singez-la
-avec de la farine bien blanche, retirez-la du feu, remuez-la pour que
-la farine soit bien incorporée, remettez-la sur le feu, remuez-la
-toujours, de crainte qu’elle ne s’attache. Quand elle sera suffisamment
-passée, délayez le tout avec du consommé ou du bon bouillon; faites
-aller cette sauce à grand feu, ayant toujours soin de la remuer, et
-finissez-la, comme la précédente, avec une pinte de crême réduite
-ou une pinte de bon lait. (Remarquez que la pinte de crême, chez le
-crêmier, n’est qu’une chopine.) Enfin votre sauce ayant, comme la
-précédente, la consistance d’une bouillie, tordez-la dans une étamine,
-et mettez-la dans votre bain-marie, etc.
-
-
-_Sainte-Menéhould._
-
-Mettez dans une casserole un morceau de beurre coupé; singez-le de
-farine; délayez votre sauce avec du lait ou de la crême; assaisonnez-la
-d’un bouquet de persil et ciboules, la moitié d’une feuille de laurier,
-une poignée de champignons et quelques échalotes; mettez-la sur le feu;
-tournez-la comme la béchamelle, et tordez-la à l’étamine; remettez-la
-sur le feu; mettez-y du persil haché, un peu de mignonnette, et vous
-vous en servirez pour ce qui vous sera indiqué ci-après.
-
-
-_Sauce à la bonne Morue._
-
-Elle se fait comme la Sainte-Menéhould, excepté qu’elle est un peu
-moins liée, qu’il faut saupoudrer le mets que l’on sert, avec du persil
-haché et blanchi.
-
-
-_Sauce à la Poulette._
-
-Mettez dans une casserole du velouté réduit; faites-le bouillir;
-ajoutez-y une liaison avec du persil haché et blanchi, un petit
-morceau d’excellent beurre et un jus de citron, et servez-vous-en.
-Si vous n’aviez pas de velouté, faites un petit roux blanc (voyez
-_le Roux_, à son article); mouillez-le avec du bouillon; mettez-y un
-bouquet de persil et de ciboules; faites cuire et réduire votre sauce;
-dégraissez-la; passez-la à l’étamine et servez-vous-en.
-
-
-_Sauce Italienne rousse._
-
-Coupez douze dés de jambon; mettez-les dans une casserole avec une
-poignée de champignons bien hachés et un citron coupé en grosses
-tranches, duquel vous aurez ôté tout le blanc et les pepins; ajoutez
-une cuillerée à bouche d’échalotes hachées, lavées et passées dans le
-coin d’un torchon, comme pour vos champignons; plus une demi-feuille de
-laurier, deux clous de girofle et un quarteron d’huile; passez le tout
-sur le feu: quand vous vous apercevrez que le citron et les ingrédiens
-sont presque cuits, retirez le citron, et mettez une cuillerée de
-persil haché, une cuillerée d’espagnole, un demi-setier de bon vin
-blanc, sans l’avoir fait réduire, et un peu de mignonnette; faites
-ensuite réduire votre sauce et dégraissez-la; ôtez le jambon, et,
-lorsque votre sauce aura atteint son degré de réduction, retirez-la.
-
-
-_Sauce Italienne blanche._
-
-Servez-vous du même procédé, pour faire cette sauce italienne, que celui
-dont on se sert pour la rousse énoncée ci-contre, excepté qu’il faut
-employer pour celle-ci du velouté, au lieu d’espagnole.
-
-
-_Sauce à la Maître-d’hôtel froide._
-
-Mettez un morceau de beurre dans une casserole, avec persil haché,
-quelques feuilles d’estragon, une ou deux feuilles de baume, du sel fin
-en suffisante quantité, le jus d’un ou deux citrons, ou un filet de
-verjus; mariez le tout avec une cuiller de bois, jusqu’à ce qu’il soit
-bien incorporé. Cette sauce vous servira pour les choses indiquées
-ci-après.
-
-
-_Sauce à la Maître-d’hôtel liée._
-
-Prenez du velouté, deux cuillerées à dégraisser; mettez-les dans une
-casserole; joignez-y gros de beurre comme un œuf, avec persil haché
-très-fin, deux ou trois feuilles d’estragon hachées de même; mettez
-cette sauce sur le feu; tournez-la pour bien incorporer votre beurre
-avec le velouté: à l’instant où vous voudrez la servir, passez et
-vannez votre sauce; ajoutez-y un jus de citron ou un filet de verjus,
-ce qui revient au même.
-
-
-_Sauce au Suprême._
-
-Prenez du velouté réduit, deux ou trois cuillerées à dégraisser;
-mettez-les dans une casserole; ajoutez-y deux ou trois cuillerées de
-consommé de volaille; faites réduire le tout à la valeur de trois
-cuillerées de velouté; au moment de vous en servir, mettez-y gros
-de beurre comme un œuf; faites aller cette sauce sur un bon feu;
-tournez-la et passez-la; qu’elle soit bien liée, sans être trop
-épaisse: arrivée à son degré, retirez-la; mettez-y un jus de citron ou
-un filet de verjus; vannez-la, et servez.
-
-
-_Sauce à la Matelote._
-
-Mettez dans une casserole une cuillerée à pot d’espagnole réduite:
-l’est-elle à-peu-près, mettez-y des petits oignons que vous aurez fait
-roussir et cuire dans le beurre, des champignons tournés, et des culs
-d’artichauts. A l’instant où vous servirez votre sauce, vous y mettrez
-gros de beurre comme une petite noix; remuez le tout de manière à bien
-mêler le beurre sans écraser vos garnitures, et servez.
-
-
-_Sauce Poivrade._
-
-Coupez une lame de jambon en douze petits dés; mettez-les dans une
-casserole avec un petit morceau de beurre, cinq ou six branches de
-persil; deux ou trois ciboules coupées en deux, une gousse d’ail,
-une feuille de laurier, un peu de basilic, du thym, et deux clous de
-girofle; passez le tout sur un bon feu: lorsqu’il sera bien revenu,
-mettez-y une pincée de poivre fin, une cuillerée à dégraisser de
-vinaigre, quatre cuillerées d’espagnole sans être réduite; remuez votre
-sauce, faites-la partir; retirez-la sur le bord du fourneau, laissez-la
-cuire trois quarts d’heure, dégraissez-la, et passez-la dans une
-étamine.
-
-
-_Sauce hachée._
-
-Mettez dans une casserole une cuillerée à bouche pleine d’échalotes
-hachées et blanchies, autant de champignons, un peu de persil haché:
-versez dessus deux ou trois cuillerées à dégraisser d’espagnole,
-autant de bouillon, deux cuillerées à dégraisser de bon vinaigre, et
-une pincée de mignonnette; faites bouillir et dégraissez; hachez plein
-une cuiller à bouche de câpres, et autant de cornichons: lorsque vous
-voudrez vous servir de cette sauce, ajoutez-y le beurre d’un ou deux
-anchois; passez et vannez bien le tout: ne faites bouillir ni les
-cornichons ni les câpres.
-
-
-_Sauce piquante._
-
-Mettez dans une casserole deux ou trois cuillerées à dégraisser
-d’espagnole ou de coulis, une cuillerée de vinaigre blanc, une feuille
-de laurier, une gousse d’ail, un peu de thym, un clou de girofle,
-une ou deux cuillerées de bouillon, une pincée de poivre fin; faites
-bouillir votre sauce, et dégraissez-la: quand elle aura bouilli un
-quart d’heure, tordez-la dans une étamine, mettez-y le sel qu’il faut
-pour qu’elle soit d’un bon goût.
-
-
-_Sauce à la Nompareille ou à l’Arlequine._
-
-Coupez des petits dés de jambon bien égaux, des truffes de même, en
-égale quantité; mettez le tout dans une casserole avec un morceau
-de beurre; posez votre casserole sur un feu doux; laissez cuire
-environ un quart d’heure, si vous voulez, votre sauce blanche; mettez
-trois cuillerées à dégraisser de votre velouté; et si vous voulez
-qu’elle soit rousse, employez de votre espagnole réduite; ajoutez-y
-un demi-verre d’excellent vin blanc et une cuillerée de consommé;
-faites réduire; mettez-y des blancs d’œufs durs et des champignons
-en même quantité, coupés comme le jambon et les truffes; ajoutez des
-queues d’écrevisses coupées de même, et, s’il s’en trouve, des œufs
-d’écrevisses; finissez votre sauce avec gros de beurre comme une noix
-et demie, et servez.
-
-
-_Sauce à la Pluche._
-
-Prenez des feuilles de persil bien vertes; faites-les blanchir;
-rafraîchissez-les; jetez-les sur un tamis; mettez dans une casserole
-trois cuillerées à dégraisser de velouté réduit, et deux de consommé;
-faites réduire le tout à l’instant où vous voudrez servir; jetez vos
-feuilles de persil dans votre sauce: si elle se trouvait trop salée,
-ajoutez-y un petit morceau de beurre, passez, vannez et servez.
-
-
-_Sauce aux Truffes ou à la Périgueux._
-
-Émincez des truffes en liards, ou coupez-les en petits dés; passez-les
-dans une casserole sur un feu doux, avec un morceau de beurre;
-laissez-les cuire ainsi, et mettez-y de l’espagnole réduite en raison
-de la quantité des truffes, et selon la pièce que vous avez à saucer;
-joignez à cette espagnole du consommé ou du bouillon, du vin blanc en
-égale proportion; laissez-la réduire, dégraissez-la, finissez-la avec
-un morceau de beurre, et servez-vous-en. Observez que vous ne devez
-mettre dans cette sauce aucun acide, tel que citron ou verjus, vu
-qu’autrement vous ôteriez le moelleux de la sauce, et que le vin que
-vous devez employer doit fournir assez d’acide.
-
-
-_Sauce à la purée de Champignons._
-
-Prenez deux maniveaux de champignons, épluchez-les, lavez-les bien
-à plusieurs eaux, en les frottant légérement dans vos mains; cela
-fait, égouttez-les dans une passoire; ensuite émincez les têtes et
-les queues; mettez-les dans une casserole, avec gros de beurre comme
-un œuf; faites-les fondre à petit feu, et lorsqu’ils seront presque
-cuits, mouillez-les avec du velouté, la valeur de deux cuillerées
-à dégraisser, laissez-les cuire trois quarts d’heure, passez-les à
-l’étamine à force de bras, et finissez votre purée avec de la crême
-double comme celle d’oignons blancs, néanmoins avec la différence que
-celle-ci doit être un peu plus claire.
-
-
-_Sauce en Tortue._
-
-Mettez dans une casserole la valeur d’une petite cuillerée à pot
-d’espagnole réduite, un bon verre de vin de Madère sec, une cuillerée
-à café de poivre kari, pleine, et la moitié de cette quantité de
-poivre de Cayenne; faites réduire le tout; dégraissez-le ensuite;
-ajoutez-y des crêtes de coqs, des rognons, des culs d’artichauts, des
-champignons, une gorge de ris de veau, ou des ris d’agneaux, si c’est
-la saison; faites bouillir le tout, afin que les ingrédiens prennent le
-goût de la sauce et sa couleur; mettez-y, au moment de servir, six ou
-huit jaunes d’œufs durs bien entiers; prenez garde de les écraser en
-remuant avec la cuiller, et servez-vous de cette sauce pour les mets
-en tortue.
-
-
-_Sauce Kari ou à l’Indienne._
-
-Mettez dans une casserole trois cuillerées de velouté réduit, et
-autant de consommé, une cuiller à café pleine de poivre kari; prenez
-une pincée de safran, faites-le bouillir dans un petit vase: quand la
-teinture du safran sera formée, passez-la sur le coin d’un tamis dans
-votre sauce; exprimez bien le safran avec une cuiller; faites-en même
-passer une partie; faites ensuite bouillir, et dégraissez. Si cette
-sauce n’était pas assez poivrée, vous y mettriez, avec la pointe d’un
-couteau, un peu de poivre rouge, autrement dit poivre de Cayenne.
-Remarquez que dans cet ouvrage je donnerai, en ses lieu et place, la
-manière de faire ce poivre.
-
-
-_Sauce Tomate._
-
-Ayez douze ou quinze tomates bien mûres et surtout bien rouges,
-ôtez-en les queues, ouvrez-les en deux avec votre couteau, et ôtez-en
-la graine; pressez-les dans votre main pour en faire sortir la partie
-aqueuse qui se trouve dans le cœur, et que vous jeterez, ainsi que
-la graine; mettez-les dans une casserole avec un morceau de beurre
-gros comme un œuf, une feuille de laurier et un peu de thym; posez
-votre casserole sur un feu modéré; remuez vos tomates jusqu’à ce
-qu’elles soient en purée. Durant leur cuisson, mettez-y une cuillerée
-d’espagnole ou de la partie grasse du bouillon, ce qui vaudrait mieux:
-lorsqu’elles seront au degré de purée, passez-les à force de bras à
-travers l’étamine, ratissez le dehors de cette étamine avec le dos de
-votre couteau; mettez tout le résidu dans une casserole, avec deux
-cuillerées d’espagnole, faites-le réduire à consistance d’une légère
-bouillie, mettez-y du sel convenablement, et, sur la pointe d’un
-couteau, un peu de poivre de Cayenne.
-
-
-_Sauce à l’Ivoire._
-
-Prenez un poulet commun que vous fendrez pas le dos pour en extraire
-les poumons, ou des carcasses de poulets: après en avoir ôté les
-poumons, mettez-le dans une petite marmite qu’il faut avoir le soin
-de bien laver; ajoutez-y deux carottes, deux oignons, dont un piqué
-d’un clou de girofle, et un bouquet assaisonné; mouillez le tout avec
-deux cuillerées à pot de consommé, ou de bouillon qui n’aie point de
-couleur; faites écumer cette marmite, retirez-la sur le coin d’un
-fourneau afin qu’elle mijote. Après cinq quarts d’heure ou une heure et
-demie de cuisson, passez ce consommé à travers une serviette; prenez
-deux ou trois cuillerées de ce consommé, mettez-les dans une casserole,
-joignez-y deux cuillerées de velouté, faites réduire à consistance de
-sauce: lorsque vous serez sur le point de servir, mettez-y gros de
-beurre comme la moitié d’un œuf; passez et vannez bien cette sauce,
-versez-y une cuiller à bouche pleine de jus de citron, et servez.
-
-
-_Sauce Ravigote blanche._
-
-Ayez cresson à la noix, cerfeuil, pimprenelle, estragon, civette,
-quelques feuilles de céleri et deux feuilles de baume; épluchez et
-lavez bien le tout; mettez-le dans un vase; jetez dessus un poisson
-d’eau bouillante; couvrez et laissez infuser trois quarts d’heure;
-ensuite passez cette infusion, mettez-la dans une casserole avec trois
-cuillerées à dégraisser de velouté; faites-la réduire à consistance de
-sauce; mettez-y la valeur d’une cuillerée à bouche pleine de vinaigre
-blanc, gros de beurre comme la moitié d’un œuf; passez et vannez bien
-cette sauce, et servez-la.
-
-
-_Sauce Ravigote froide et crue._
-
-Prenez la même ravigote que celle énoncée ci-dessus, hachez-la bien
-fine; joignez-y une cuillerée de câpres, hachées de même, un ou deux
-anchois que vous aurez concassés, un peu de poivre fin et du sel
-convenablement; mettez le tout dans un mortier de marbre ou de pierre,
-pilez-le jusqu’à ce qu’on ne puisse plus distinguer aucun ingrédient;
-ajoutez-y un jaune d’œuf cru; broyez, arrosez avec un peu d’huile et
-de temps en temps un peu de vinaigre blanc pour l’empêcher de tourner,
-et cela jusqu’à ce que le tout soit à consistance de sauce (si vous
-voulez votre ravigote très-forte, ajoutez-y un peu de moutarde); alors
-retirez-la du mortier, et servez.
-
-
-_Sauce Ravigote cuite._
-
-Ayez la même ravigote que celle énoncée ci-dessus; lavez-la; faites-la
-blanchir comme vous feriez blanchir des épinards; rafraîchissez-la
-quand elle sera cuite; mettez-la égoutter sur un tamis, pilez-la bien;
-quand elle le sera, passez-la, à force de bras, au travers d’un tamis
-ordinaire; cela fait, délayez-la avec de l’huile et du vinaigre;
-mettez-y sel et poivre, ainsi que vous feriez pour une rémoulade;
-qu’elle soit d’un bon goût, et servez.
-
-
-_Sauce verte._
-
-Vous ferez cette sauce comme la sauce au suprême, en y ajoutant une
-ravigote comme celle énoncée dans l’article ci-dessus, et du vert
-d’épinards que vous ferez ainsi: lavez et pilez bien une poignée
-d’épinards; exprimez-en le jus, en les mettant dans un torchon blanc et
-les tordant à force de bras; cela fait, mettez ce jus dans une petite
-casserole sur le bord d’un fourneau; il se caillebotte comme du lait;
-lorsqu’il le sera, jetez-le dans un tamis de soie pour le laisser
-égoutter; à l’instant de servir vous délayerez, soit le tout, soit une
-partie, pour faire votre sauce verte; de suite vous y mettrez le jus
-d’un citron ou un filet de vinaigre; passez et servez aussitôt, de peur
-que votre sauce ne devienne jaune.
-
-
-_Sauce Robert._
-
-Coupez en rouelles ou en dés six gros oignons ou davantage, si le cas
-le requiert; mettez-les dans une casserole avec du beurre à proportion;
-posez le tout sur un bon feu, singez-le avec un peu de farine, et
-faites qu’elle roussisse avec vos oignons; quand tout le sera, délayez
-avec du bouillon; laissez cuire; mettez sel et mignonnette, et lorsque
-votre sauce sera arrivée à son degré, joignez-y de la moutarde et
-servez.
-
-
-_Sauce au beurre d’Écrevisses._
-
-Lavez à plusieurs eaux un demi-cent de petites écrevisses, mettez-les
-dans une casserole, couvrez-les; faites-les cuire dans du grand
-bouillon avec peu de mouillement; sitôt qu’elles commencent à bouillir,
-sautez-les, pour que celles qui sont dessous viennent dessus; quand
-elles seront d’un beau rouge retirez la casserole du feu; laissez dix
-minutes vos écrevisses couvertes; ensuite égouttez-les sur un tamis,
-laissez-les refroidir, séparez-en les chairs, comme les queues que vous
-conservez pour faire les garnitures; jetez le dedans du corps, après
-en avoir extrait les petites pattes; lavez bien toutes ces écailles,
-jetez-les sur le tamis; faites-les sécher dans un four tiède ou sur un
-couvercle posé sur une cendre chaude; quand elles le seront, pilez-les
-dans un mortier; lorsqu’elles seront presque entièrement pilées,
-joignez-y gros de beurre comme un œuf; pilez-les de nouveau, jusqu’à
-ce qu’on ne distingue presque plus les écailles de vos écrevisses
-(remarquez si ces écrevisses, en les pilant, ne donnaient point assez
-de rouge à votre beurre, ajoutez-y deux ou trois petites racines qu’on
-nomme orcanette); cela fait, mettez fondre sur un feu très-doux votre
-beurre d’écrevisses environ un quart d’heure; quand il sera très-chaud,
-mettez un tamis un peu serré sur un vase rempli d’eau fraîche; versez
-sur ce tamis votre beurre, lequel se figera dans l’eau; ensuite
-ramassez-le, mettez-le sur une assiette (afin de vous en servir pour
-vos sauces au beurre d’écrevisses); ensuite prenez trois cuillerées de
-velouté réduit et bien corsé; incorporez votre beurre d’écrevisses, et
-vannez bien le tout à l’instant de vous en servir.
-
-
-_Sauce aux Homards._
-
-Prenez un homard de moyenne grosseur, ôtez-en les chairs et les œufs,
-s’il s’en trouve; coupez ces chairs en petits dés; épluchez les œufs
-de cet homard, de manière qu’il ne reste point de fibres; mettez dans
-une casserole les œufs et les chairs sans mouillement, couvrez votre
-casserole d’un papier ou d’un couvercle, de crainte que vos chairs ne
-se hâlent; lavez les coquilles de votre homard, détachez-en les petites
-pattes du plastron, que vous supprimerez; vos coquilles étant bien
-lavées, mettez-les sécher dans une étuve; une fois sèches, pilez-les
-et faites-en un beurre, comme il est indiqué au beurre d’écrevisses,
-et finissez-le de même; le beurre de votre homard refroidi, mettez-le
-dans une sauce blanche, vannez-la sur le feu sans la faire bouillir;
-ajoutez-y, si vous le voulez, un peu de poivre de Cayenne ou de gros
-poivre: versez votre sauce sur les chairs de votre homard; mêlez bien
-le tout, et servez-le dans une saucière, à côté d’un turbot ou de tout
-autre poisson.
-
-
-_Sauce à la purée d’Oseille._
-
-Ayez deux poignées d’oseille ou davantage, si le cas le nécessite;
-ôtez-en les queues; lavez ensuite cette oseille, égouttez-la, hachez-la
-très-menue, mettez-la dans une casserole avec un morceau de beurre que
-vous ferez fondre; quand votre oseille sera cuite, passez-la à force
-de bras à travers une étamine; remettez-la dans une casserole, après
-avoir ramassé avec le dos d’un couteau ce qui a pu rester au dehors de
-cette étamine; versez-y une cuillerée ou deux d’espagnole, faites-la
-recuire environ trois quarts d’heure, ayant soin de la remuer toujours;
-dégraissez-la, et faites qu’elle soit d’un bon sel; arrivée à la
-consistance d’une bouillie épaisse, retirez-la du feu et servez-vous-en.
-
-
-_Sauce à la purée d’Oignons blancs._
-
-Emincez douze oignons, mettez-les dans une casserole avec un morceau de
-beurre; posez votre casserole sur un feu doux, afin que votre oignon
-ne prenne point de couleur; faites-le cuire à petit feu, ayant soin
-de le remuer souvent avec une cuiller de bois; quand vous voyez qu’il
-s’écrase facilement sur la cuiller, joignez-y une ou deux cuillerées
-de velouté, et laissez cuire de nouveau; quand le tout sera bien cuit
-et réduit, passez-le dans une étamine comme pour la purée d’oseille;
-remettez-le dans une casserole et sur le feu; incorporez dans cette
-purée d’oignon une chopine de crême que vous aurez fait bouillir;
-mettez-y un peu de muscade râpée, pour que votre purée soit d’un
-bon goût; lorsqu’elle aura atteint le degré d’une bonne bouillie,
-retirez-la et servez.
-
-
-_Sauce à la purée d’Oignon rousse, dite Bretonne._
-
-Prenez douze oignons comme ci-dessus; mettez-les dans une casserole
-sur un feu vif, et faites-les roussir: lorsqu’ils seront d’une belle
-couleur d’or, mouillez-les avec deux cuillerées d’espagnole; faites
-cuire cette purée comme la précédente; passez-la de même à l’étamine;
-remettez-la dans la casserole, et, au lieu de crême, employez de
-l’espagnole; ensuite faites-la réduire à consistance d’une bouillie;
-ayez soin qu’elle soit d’un bon goût, et servez.
-
-
-_Sauce à la purée de Pois._
-
-Marquez cette purée de pois comme celle indiquée pour les potages
-(voyez _Potages_); faites-en autant que vous croirez nécessaire
-pour une ou deux entrées; mettez-la réduire avec une quantité
-suffisante de velouté: lorsqu’elle sera à son point, ajoutez-y un peu
-de vert d’épinards, pour lui donner la teinte qu’ont les pois verts;
-finissez-la avec un morceau de beurre, une pincée de sucre en poudre;
-qu’elle soit à consistance d’une bouillie épaisse, et servez.
-
-
-_Sauce Pois verts, pour Entrées et Entremets._
-
-Prenez deux litres de gros pois verts, ou davantage; lavez-les,
-jetez-les dans une passoire, mettez-les dans une casserole avec un
-morceau de beurre, une poignée de persil en branche, quatre ou cinq
-ciboules coupées en deux; posez votre casserole sur le feu, sautez
-vos pois: lorsque vous les verrez se rider, mouillez-les avec deux
-cuillerées à pot de bouillon; mettez une ou deux lames de jambon;
-faites-les partir; retirez-les sur le bord du fourneau; faites-les
-cuire, après jetez-les dans une passoire; ôtez-en le jambon;
-écrasez-les avec une cuiller, ou pilez-les et passez-les à l’étamine
-à force de bras, en les humectant avec du bouillon dans lequel ils
-ont cuit. La purée étant passée, mettez-la dans une casserole avec un
-morceau de beurre, une cuillerée ou deux de velouté; faites-la réduire
-à la consistance d’une purée, et dégraissez-la: qu’elle soit d’un bon
-sel; mettez-y un petit morceau de sucre, et finissez-la avec un pain
-de beurre. Si elle n’était pas assez verte, mettez-y un peu de vert
-d’épinards, comme il est indiqué à l’article Purée des potages.
-
-
-_Purée de Pois secs._
-
-Suivez le même mode, pour cette purée, que celui indiqué pour les
-potages (voyez _Potages_), et accommodez-la comme celle de pois verts.
-
-
-_Sauce à la purée de Lentilles à la Reine._
-
-Elle se fait comme la précédente, excepté qu’il faut la servir avec de
-l’espagnole qu’on doit laisser cuire davantage que celle de pois, afin
-qu’elle soit d’une belle couleur marron: on la finit avec un morceau de
-beurre, et on lui donne la même consistance que la purée de pois.
-
-
-_Purée de Gibier._
-
-Prenez un ou deux perdreaux rôtis à la broche, un lapereau ou bécasse,
-soit séparément, soit mêlés ensemble; levez-en toutes les chairs;
-supprimez-en les peaux et les nerfs; hachez le tout très-menu,
-mettez-le dans le mortier et pilez-le; lorsqu’il le sera bien,
-mettez-le dans une casserole avec de l’espagnole réduite et un peu de
-consommé; faites chauffer le tout sur un feu doux et sans bouillir;
-quand cette purée sera bien chaude, passez-la à force de bras à travers
-une étamine, et ramassez ce qui peut en rester au dehors; remettez-la
-dans une casserole, faites-la chauffer et placez-la au bain-marie: au
-moment de vous en servir, finissez-la avec un morceau de beurre; si
-vous ne la trouvez pas assez corsée, mettez-y un peu de glace, et
-servez-la, soit avec des œufs pochés dessus, soit avec des croûtons ou
-dans des croustades.
-
-
-_Sauce au pauvre Homme._
-
-Prenez cinq ou six échalotes, ciselez et hachez-les; ajoutez une pincée
-de persil haché bien fin; mettez le tout dans une casserole, soit avec
-un verre de bouillon, soit avec du jus ou de l’eau en moindre quantité,
-et une cuillerée à dégraisser de bon vinaigre, du sel, une pincée de
-gros poivre; faites bouillir vos échalotes jusqu’à ce qu’elles soient
-cuites, et servez.
-
-
-_Glace ou Consommé réduit._
-
-Prenez un ou deux jarrets de veau, ficelez-les, et, soit pour augmenter
-ou remplacer ces jarrets, employez des parures de carrés ou des débris
-de veau; mettez le tout dans une marmite fraîchement étamée, avec
-quatre ou cinq carottes, deux ou trois oignons et un bouquet de persil
-et ciboules; mouillez le tout avec d’excellent bouillon ou quelques
-bons fonds; faites écumer votre marmite, et rafraîchissez-la plusieurs
-fois avec de l’eau fraîche; mettez-la sur le bord d’un fourneau, et
-lorsque vos viandes quitteront les os, passez votre consommé à travers
-une serviette que vous aurez mouillée et tordue; laissez refroidir
-votre consommé; clarifiez-le, comme il est indiqué à l’article de la
-Culotte de bœuf à la gelée (voyez cet article); faites-le réduire à
-consistance de sauce, ayant soin de le remuer toujours, vu que rien
-n’est plus sujet à s’attacher et à brûler: à cet effet, ne la conduisez
-pas à trop grand feu, ce qui pourrait la noircir. Elle doit être d’un
-beau jaune et très-transparente; n’y mettez point de sel, elle en aura
-toujours assez. Cette réduction sert à donner du corps aux sauces
-et ragoûts qui pourraient en manquer, et à glacer vos viandes; vous
-ferez un petit pinceau avec des queues de vieilles poules; ôtez-en
-les bardes; ne laissez que le bout des plumes d’environ deux pouces
-de longueur; mettez-les bien égales, _qu’il n’y en ait pas une plus
-longue que l’autre_; liez-les fortement, ce qui formera votre pinceau;
-lavez-le dans l’eau tiède, pressez-le, servez-vous-en, et prenez garde
-de le laisser bouillir dans la glace, de crainte d’en faire en aller
-les bardes par parcelles dans votre glace.
-
-
-_Marinade cuite._
-
-Mettez dans une casserole gros de beurre comme un œuf; une ou deux
-carottes en tranches, ainsi que des oignons, une feuille de laurier, la
-moitié d’une gousse d’ail, un peu de thym et de basilic, du persil en
-branche, deux ou trois ciboules coupées en deux; faites passer le tout
-sur un bon feu: quand vos légumes commenceront à roussir, mouillez-les
-avec un poisson de vinaigre blanc, un demi-setier d’eau; mettez-y sel
-et gros poivre; laissez bien cuire cette marinade; après passez-la au
-travers d’un tamis, et servez-vous-en au besoin.
-
-
-_Poêle._
-
-Prenez quatre livre de rouelle de veau; coupez-les en dés, ainsi
-qu’une livre et demie de jambon, une livre et demie de lard râpé ou
-coupé de même, cinq ou six carottes coupées aussi en dés; huit moyens
-oignons entiers, un fort bouquet de persil et de ciboules, dans lequel
-vous envelopperez trois clous de girofle, deux feuilles de laurier,
-du thym, un peu de basilic et un peu de massif; joignez à cela trois
-citrons coupés en tranches, et dont vous aurez supprimé la pelure et
-les pepins; mettez le tout dans une marmite fraîchement étamée, avec
-une livre de beurre fin; passez-le sur un feu doux; mouillez-le avec du
-bouillon ou du consommé; faites partir, écumez, laissez cuire quatre ou
-cinq heures; après passez votre poêle au travers d’un tamis de crin, et
-servez-vous-en au besoin.
-
-
-_Sauce à la Mirepoix._
-
-Cette sauce se fait comme la précédente; elle diffère en ce que dans le
-volume de son mouillement il entre un quart de vin, soit de Champagne,
-soit d’autre bon vin blanc.
-
-
-_Blanc._
-
-Ayez une livre ou une livre et demie de graisse de bœuf; coupez-la
-en gros dés; mettez-les dans une marmite avec carottes coupées en
-tranches, oignon entier, piqué de deux clous de girofle, une ou deux
-feuilles de laurier, un bouquet de persil et ciboules, une gousse
-d’ail, deux citrons coupés en tranches, dont vous aurez supprimé la
-peau et les pepins; passez le tout sur le feu sans le faire roussir:
-lorsque votre graisse sera aux trois quarts cuite, singez-la d’une
-cuillerée à bouche de farine; mouillez le tout avec de l’eau, joignez-y
-de l’eau de sel ce qu’il en faut, laquelle se fait ainsi: mettez dans
-une casserole une ou deux poignées de sel avec de l’eau; faites-la
-bouillir, écumez-la, laissez-la reposer, tirez-la au clair, et
-servez-vous-en.
-
-
-_Petite Sauce à l’Aspic._
-
-Mettez dans une casserole un bon verre de consommé; faites-y infuser
-une partie suffisante de fines herbes dont on se sert pour la ravigote;
-posez la casserole sur une cendre chaude environ un quart d’heure, et
-ne laissez pas bouillir; passez le tout au travers d’un linge blanc; ne
-l’exprimez pas trop fort: mettez-y une cuillerée à bouche de vinaigre
-d’estragon, un peu de gros poivre, et servez-vous-en.
-
-
-_Sauce au fumet de Gibier._
-
-Mettez dans une casserole quatre cuillerées à dégraisser de consommé;
-prenez deux ou trois carcasses de perdreaux, que vous aurez concassées
-avec le dos de votre couteau, un bon verre de vin blanc, et faites
-cuire environ trois quarts d’heure; passez le tout au travers d’un
-tamis de soie; faites réduire et tomber à glace: cela fait, mettez
-deux ou trois cuillerées à dégraisser d’espagnole; faites bouillir,
-dégraissez, et servez-vous-en.
-
-
-_Sauce au Beurre d’ail._
-
-Prenez deux grosses gousses d’ail; pilez-les avec gros de beurre comme
-un œuf: lorsque le tout sera bien pilé, mettez votre beurre sur le fond
-d’un tamis de crin double; passez-le à force de bras avec une cuiller
-de bois; ramassez-le, et servez-vous-en, soit avec du velouté, soit
-avec de l’espagnole réduite.
-
-
-_Sauce au Beurre d’anchois._
-
-Prenez trois ou quatre anchois; lavez-les bien; ayez soin de les
-frotter sous votre pouce, afin qu’il n’y reste aucune écaille; levez-en
-les chairs; supprimez-en l’arête; pilez-les avec gros de beurre comme
-un petit œuf: quand le tout sera pilé, ramassez-le et mettez-le sur
-une assiette: vous aurez fait réduire quatre cuillerées à dégraisser
-ou à ragoût d’espagnole: à l’instant de saucer, vous incorporerez
-votre beurre d’anchois, soit en partie, soit en totalité, avec votre
-espagnole; faites chauffer votre sauce, sans la laisser bouillir;
-mettez-y le jus d’un ou deux citrons, pour la dessaler; passez et
-vannez-la: si elle se trouvait trop liée, ajoutez-y un peu de consommé,
-et servez-vous-en.
-
-
-_Sauce au Beurre de Provence._
-
-Prenez cinq ou six gousses d’ail; pilez-les comme pour le beurre
-d’ail; passez-les, comme ci-dessus, à travers un tamis de crin double;
-ramassez avec la cuiller tout le résidu; mettez-le dans un vase de
-faïence; ayez de la bonne huile vierge d’Aix; versez-en un peu dessus;
-tournez votre huile et votre ail, comme pour faire une pommade, sans
-discontinuer de la remuer et de la mouiller petit à petit; mettez-y du
-sel convenablement. Elle doit venir comme un morceau de beurre, à force
-de la travailler: alors servez-vous-en.
-
-
-_Sauce à la Tartare._
-
-Hachez deux ou trois échalotes bien fines, un peu de cerfeuil et
-d’estragon; mettez le tout dans le fond d’un vase de terre avec de la
-moutarde, un filet de vinaigre, sel et poivre, selon la quantité qu’il
-vous en faut; arrosez légérement d’huile votre sauce, et remuez-la
-toujours: si vous voyez qu’elle se lie trop, jetez-y un peu de
-vinaigre; goûtez si elle est d’un bon sel: si elle se trouvait trop
-salée, remettez-y un peu de moutarde et d’huile.
-
-
-_Sauce au Fenouil._
-
-Ayez quelques branches de fenouil vert; épluchez-les comme du persil;
-hachez-les très-fin; faites-les blanchir; rafraîchissez-les; jetez-les
-sur un tamis; mettez dans une casserole deux cuillerées à dégraisser
-de velouté, autant de sauce au beurre; faites-les chauffer; ayez soin
-de les vanner à l’instant de servir; jetez votre fenouil dans votre
-sauce; passez-la bien, pour que votre fenouil soit bien mêlé; mettez-y
-le sel convenable et un peu de muscade râpée.
-
-Si vous n’aviez pas de velouté, marquez du beurre dans une casserole
-avec de la farine, comme il est indiqué à l’article _Sauce blanche ou
-au Beurre_; mouillez avec du consommé ou du bouillon, et ayez soin de
-faire cuire davantage votre sauce.
-
-
-_Sauce à l’Anglaise, aux Groseilles à maquereau._
-
-Prenez vos deux pleines mains de groseilles à maquereau à moitié mûres;
-ouvrez-les en deux; ôtez-en les pepins; faites-les blanchir dans l’eau
-avec un peu de sel, comme vous feriez blanchir des haricots verts;
-égouttez-les; jetez-les dans une sauce comme celle indiquée ci-dessus,
-avec fenouil ou sans fenouil. Cette sauce sert à manger, en place de
-celle de maître-d’hôtel, des maquereaux bouillis.
-
-
-_Sauce claire à l’Estragon._
-
-Prenez de votre grand aspic: si vous n’en aviez pas, employez quelques
-bons fonds, que vous clarifierez comme je l’ai indiqué à l’article
-_Grand Aspic_. Après l’avoir clarifié, mettez-y un filet de vinaigre
-à l’estragon; coupez quelques feuilles d’estragon en losanges,
-faites-les bouillir, et au moment de servir jetez-les dans votre aspic.
-
-
-_Sauce à l’Estragon liée._
-
-Mettez dans une casserole deux ou trois cuillerées à dégraisser de
-velouté réduit, si vous la voulez blanche, et d’espagnole réduite, si
-vous la voulez rousse; ajoutez-y un filet de vinaigre à l’estragon, de
-l’estragon préparé comme le précédent, et finissez de lier votre sauce
-avec un pain de beurre.
-
-
-_Sauce mayonnaise._
-
-Mettez dans un vase de terre trois ou quatre cuillerées à bouche
-d’huile fine, et deux de vinaigre d’estragon; joignez-y estragon,
-échalotes, pimprenelles, hachés très-fin, sel, gros poivre, en
-suffisante quantité, deux ou trois cuillerées à bouche de gelée ou
-d’aspic; remuez bien le tout avec une cuiller: la sauce se liera et
-formera une espèce de pommade. Goûtez-la: si elle était trop salée ou
-trop vinaigrée, mêlez-y un peu d’huile; en cas que vous la vouliez
-claire, concassez la gelée avec votre couteau, et mêlez-la légèrement
-avec votre assaisonnement.
-
-
-_Roux._
-
-Mettez dans une casserole une livre de beurre ou davantage; faites-le
-fondre sans le laisser roussir; passez au tamis de la farine de
-froment, la plus blanche et la meilleure; mettez-en autant que votre
-beurre en pourra boire (on le fait aussi considérable que le besoin
-l’exige). Il faut que ce roux ait la consistance d’une pâte un peu
-ferme; menez-le au commencement sur un feu assez vif, ayant soin de
-le remuer toujours: lorsqu’il sera bien chaud et qu’il commencera à
-blondir, mettez-le dessus de la cendre chaude, sous un fourneau allumé,
-en sorte que la cendre rouge de ce fourneau tombe sur le couvercle
-qui couvre votre roux; remuez-le de demi-quart d’heure en demi-quart
-d’heure, jusqu’à ce qu’il soit d’un beau roux: de cette manière, votre
-roux n’aura point l’âcreté que les roux ont ordinairement.
-
-
-_Roux blanc._
-
-Faites fondre le beurre le plus fin que vous aurez; mettez-y de la
-farine en suffisante quantité; passez au tamis comme ci-dessus, de
-crainte qu’il ne se trouve dans votre farine des grumeaux ou de la
-malpropreté; menez-le sur un feu très-doux, afin qu’il ne prenne
-point couleur: ayez soin de le remuer environ une demi-heure, et
-servez-vous-en pour votre velouté.
-
-
-_Pâte à frire._
-
-Passez une demi-livre de farine; mettez-la dans une terrine avec deux
-cuillerées à bouche d’huile, du sel et deux ou trois jaunes d’œufs;
-mouillez-la avec de la bière, en suffisante quantité pour qu’elle
-ne corde point; travaillez-la pour qu’elle soit à consistance d’une
-bouillie; fouettez un ou deux blancs d’œufs; incorporez-les dans votre
-pâte en la remuant légérement: faites-la deux ou trois heures avant de
-vous en servir. Du plus ou du moins de blancs d’œufs fouettés dépendra
-la légéreté de votre pâte. Vous pouvez faire de même cette pâte avec
-du beurre au lieu d’huile, et de l’eau chaude en place de bière, en y
-ajoutant un verre de vin blanc.
-
-
-FRITURE.
-
-L’expérience m’a appris que, de toutes les fritures, la meilleure est
-celle que l’on fait avec la partie grasse qu’on tire de la grande
-marmite. Lorsqu’on n’a pas assez de cette graisse, on y supplée avec
-de la graisse de rognons de bœuf hachée très-fin, ou que l’on coupe en
-dés, et qu’on fait fondre avec soin. Ces graisses valent infiniment
-mieux que le sain-doux, qui a le défaut de ramollir la pâte, et celui
-encore plus grand, lorsqu’on le fait chauffer, de s’enfler et d’écumer,
-ce qui le fait déborder souvent du vase où on l’a mis, et ce qui est
-dangereux encore, _dans le feu_. L’huile fait à-peu-près le même
-effet, et n’est pas moins dangereuse sous ce dernier rapport; mais
-elle ne ramollit pas. A l’égard du beurre fondu, cette friture revient
-fort chère et a presque les mêmes inconvéniens: ainsi je conclus que
-de toutes les fritures, tant pour la beauté que pour la bonté et
-l’économie, la meilleure est celle qui provient de la graisse qu’on a
-retirée de la marmite, ainsi que celle qu’on fait de la graisse des
-rognons de bœuf.
-
-
-_Manière d’opérer en cela._
-
-Lorsque vous aurez de la graisse indiquée en suffisante quantité,
-mettez-la dans une marmite pour la faire cuire et clarifier; faites-la
-partir comme vous feriez à l’égard d’un bouillon; écumez-la; mettez-y
-quelques tranches d’oignons et quelques morceaux de pain; faites-la
-aller quatre ou cinq heures sur le bord d’un fourneau ou devant le
-feu, comme on fait aller, vulgairement dit, un pot-au-feu bourgeois;
-après ôtez-en le pain, les oignons, et tirez-la au clair; elle doit
-être extrêmement limpide; mettez-en la quantité dont vous avez besoin
-dans une poêle; faites-la chauffer; pour vous assurer si elle est
-chaude assez, trempez un de vos doigts dans l’eau et secouez-le sur
-la friture; si elle petille et rejette l’eau, c’est qu’elle est à son
-degré de chaleur.
-
-Si c’est du poisson que vous faites frire, avant de l’abandonner
-tenez-le par la tête et trempez le bout de la queue dans votre friture;
-si, l’ayant laissé une seconde, vous voyez que ce bout est presque
-cassant, mettez-y votre poisson et ayez soin de le retourner.
-
-
-_Sauces aux Hatelets._
-
-Hachez un peu de persil, ciboules et champignons; mettez ces fines
-herbes dans une casserole avec un morceau de beurre; passez-les,
-singez-les et mouillez les avec une cuillerée à pot de consommé;
-assaisonnez cette sauce d’un peu de sel, gros poivre, de la muscade
-râpée et d’une demi-feuille de laurier; faites-la aller sur un bon feu,
-ayant soin de la tourner jusqu’à ce qu’elle ait atteint son degré de
-cuisson, c’est-à-dire qu’elle soit réduite à consistance d’une bouillie
-claire; retirez-en le laurier; liez-la avec deux jaunes d’œufs délayés
-avec un peu de bouillon, et servez-vous-en.
-
-
-_Autre Sauce aux Hatelets._
-
-Mettez dans une casserole une cuiller à pot de velouté avec une
-pincée de persil, autant d’échalotes ou de ciboules, et deux fois
-autant de champignons hachés très-fin; tournez cette sauce; faites-la
-réduire à consistance d’une bouillie claire; liez-la comme la
-précédente; ajoutez-y, si vous le voulez, un peu de muscade râpée, et
-servez-vous-en.
-
-
-_Brède-Sauce._
-
-Prenez la mie d’un pain mollet d’une demi-livre, ou de la mie d’un pain
-blanc; faites-la dessécher avec du lait; laissez-la cuire environ trois
-quarts d’heure, et ne lui donnez que la consistance d’une bouillie
-épaisse; ajoutez-y vingt grains de poivre noir, du sel en suffisante
-quantité, et, en la finissant, gros comme une noix d’excellent beurre;
-servez-la dans une saucière, à côté de vos bécasses ou perdreaux.
-
-
-_Sauce aux Truffes à la Saint-Cloud, ou en Petit Deuil._
-
-Coupez une truffe en très-petits dés; passez-les dans un petit morceau
-de beurre; mouillez-les avec quatre cuillerées à dégraisser, pleines
-de velouté, et deux de consommé; faites cuire et réduire votre sauce;
-dégraissez-la et finissez-la avec un pain de beurre.
-
-
-_Sauce à la Pluche verte._
-
-Mettez dans une casserole quatre cuillerées pleines de velouté réduit;
-faites bouillir, et dégraissez au moment de servir; mettez dans cette
-sauce des feuilles de persil blanchi, du gros poivre, un pain de beurre
-et le jus d’un citron; observez que ce jus doit dominer un peu.
-
-
-_Court-Bouillon._
-
-Mettez dans une casserole un morceau de beurre avec des oignons coupés
-en tranches et des carottes en lames, deux feuilles de laurier cassées,
-trois clous de girofle, deux gousses d’ail, du thym, du basilic et un
-peu de gingembre; passez le tout sur un feu un peu vif, pour donner à
-ces légumes un peu de couleur; faites que le fond de votre casserole
-soit un peu attaché; mouillez-les avec deux ou trois bouteilles de vin;
-si vous voulez que votre court-bouillon soit au gras, mettez quelques
-bons fonds de graisse; faites-le bouillir et servez-vous-en.
-
-
-_Ket-Chop._
-
-Ayez douze maniveaux de champignons, épluchez-les, lavez-les,
-émincez-les le plus possible; ayez une terrine d’office neuve;
-faites un lit de champignons de l’épaisseur d’un travers de doigt;
-saupoudrez-le légérement de sel fin, ainsi de suite, lit par lit,
-jusqu’à ce que vos champignons soient employés; ajoutez-y une poignée
-de brou de noix. (A l’égard de brou de noix, voyez l’article du
-_Cochon_, le moyen de donner au cochon domestique l’apparence et
-le goût du sanglier.) Cela fait, couvrez votre terrine d’un linge
-blanc, fixez ce linge avec une ficelle, et recouvrez votre terrine
-avec un plat quelconque. Laissez quatre ou cinq jours vos champignons
-se fondre; tirez-en le jus au clair, et exprimez-en le marc à force
-de bras, au travers d’un torchon neuf (il faut être deux pour cela);
-mettez ce jus dans une casserole; faites-le réduire; ajoutez-y deux
-feuilles de laurier; vous aurez marqué une petite marmite comme pour
-faire un fond de glace (voyez _la Glace_). Sa cuisson faite, passez-la
-au travers d’un tamis; dégraissez-la; mettez ensemble et ce jus de
-champignons, et ce fond de glace (si vous l’aimez mieux, mettez de la
-glace); ajoutez-y quatre ou cinq anchois pilés; une cuiller à café de
-poivre de Cayenne (voyez _Poivre de Cayenne_); faites réduire le tout
-presque à demi glace; ôtez-en les feuilles de laurier, et laissez-le
-refroidir; ensuite mettez-le dans une bouteille neuve bien bouchée, et
-servez-le avec le poisson.
-
-
-_La Ducelle._
-
-Hachez champignons, persil, ciboules ou échalotes, le tout par tiers;
-mettez du beurre dans une casserole avec autant de lard râpé; passez
-ces fines herbes sur le feu; assaisonnez-les de sel, gros poivre,
-fines épices, un peu de muscade râpée et une feuille de laurier;
-mouillez le tout de quelques cuillerées d’espagnole ou de velouté;
-laissez-le mijoter, ayant soin de le remuer; lorsque vous croirez votre
-ducelle suffisamment cuite, et l’humidité des fines herbes évaporée,
-finissez-la avec une liaison que vous ferez cuire sans la laisser
-bouillir; ajoutez-y, si vous le voulez, le jus d’un citron; déposez-la
-dans une terrine, et servez-vous-en pour tout ce que vous voudrez
-mettre en papillotes.
-
-
-_Sauce au Vert-Pré._
-
-Mettez dans une casserole cinq cuillerées pleines de velouté et deux de
-consommé; faites-les réduire: au moment de servir, ajoutez-y un petit
-pain de beurre et gros comme une noix de vert d’épinards (voyez le
-_Vert d’Épinards_, article des _Garnitures_); passez, sans travailler
-votre sauce, et servez-vous-en.
-
-
-_Sauce à l’Orange._
-
-Prenez trois oranges, coupez-les en deux, exprimez-en le jus dans un
-tamis que vous poserez sur un vase de terre ou de faïence; coupez en
-deux vos moitiés d’oranges dont vous aurez exprimé le jus, ôtez-en
-toutes les chairs, c’est-à-dire, laissez le moins de blanc possible
-au zeste; coupez ce zeste en petits filets, faites-le blanchir,
-égouttez-le, mettez-le dans un jus de bœuf bien corsé, avec une pincée
-de gros poivre; retirez sur le bord du fourneau votre casserole,
-mettez-y le jus de vos oranges, saucez-y vos filets, et que le zeste
-soit dessus.
-
-
-_Eau de sel._
-
-Mettez de l’eau dans un petit chaudron et du sel proportionnément
-à la quantité de l’eau, avec quelques ciboules entières, du persil
-en branche, une ou deux gousses d’ail, deux ou trois oignons coupés
-en tranches, zeste de carottes, thym, laurier, basilic, deux clous
-de girofle; faites bouillir trois quarts d’heure, écumez votre eau,
-descendez-la du feu, couvrez-la d’un linge blanc, laissez-la reposer
-une demi-heure ou trois quarts d’heure, passez-la au travers d’un tamis
-de soie sans y verser le fond; servez-vous-en pour faire cuire votre
-poisson et tout ce qui nécessite de l’eau de sel.
-
-
-_Beurre lié._
-
-Cassez deux œufs, supprimez-en les blancs, mettez les jaunes dans une
-casserole; faites fondre environ un quarteron de beurre sans le laisser
-roussir; broyez, rompez vos jaunes avec une cuiller de bois, versez
-votre beurre à fur et à mesure sur ces jaunes; posez votre casserole
-sur un feu doux, mettez-y du jus de citron, et servez-vous-en pour
-faire vos panures.
-
-
-_Verjus, et la manière de le faire pour qu’il se conserve._
-
-Prenez du verjus avant qu’il ne commence à mûrir, séparez les grains
-de la grappe, ôtez-en les queues; mettez les grains dans un mortier
-avec un peu de sel, pilez-les, exprimez-en le jus, à travers un linge,
-à force de bras ou sous une presse; ayez une chausse de futaine ou
-deux, si la quantité de verjus que vous voulez faire l’exige; mouillez
-cette chausse, enduisez-la de farine du côté pelucheux de la futaine,
-suspendez-la, de manière qu’elle soit ouverte; versez votre verjus en
-plusieurs fois, jusqu’à ce qu’il devienne limpide comme de l’eau de
-roche; vous aurez auparavant rincé des bouteilles, ou vous en aurez de
-neuves, pour qu’elles n’aient aucun mauvais goût; vous les soufrerez
-en agissant ainsi: ayez un bouchon qui puisse aller à toutes les
-bouteilles, passez dedans un fil de fer, arrêtez-le sur le haut du
-bouchon, et faites-lui faire un crochet à l’autre extrémité; il faut
-que ce fil de fer ne passe pas la moitié de la bouteille; mettez au
-crochet un morceau de mèche soufrée comme celle qu’on emploie pour
-mécher les tonneaux, allumez-la, mettez-la dans les bouteilles l’une
-après l’autre; lorsque vous apercevrez que la bouteille est remplie de
-la vapeur, ôtez-en la mèche et bouchez-la, ainsi des autres; au bout
-d’un instant videz-y votre verjus, et bouchez-bien vos bouteilles que
-vous mettrez debout dans la cave, et quand vous voudrez vous en servir,
-supprimez la petite pellicule qui doit s’être formée dans le goulot;
-vous pourrez vous servir de ce verjus en place de citron; vous pourrez
-vous en servir aussi pour les liqueurs fraîches et le punch, en y
-ajoutant un peu d’esprit de citron ou du zeste de citron. Ce verjus est
-bon pour obvier aux inconvéniens des chutes: il suffit, à cet effet,
-d’en prendre un verre lorsque l’accident vient d’arriver.
-
-
-
-
-GARNITURES.
-
-
-_Bords de Plats._
-
-Prenez du pain de pâte ferme, rassis; levez-en la mie par tranches
-de l’épaisseur d’une lame de couteau; formez de cette mie de petits
-losanges, des _x_, des croissans, enfin de toutes les formes que vous
-voudrez. Cela fait, mettez chauffer de l’huile dans une casserole, et
-passez-y ces croûtons comme ceux des épinards; faites-en des roux et
-des blancs; les blancs, en leur laissant moins subir l’action du feu.
-Quand ces croûtons seront bien secs, égouttez-les, faites des caisses
-de papier blanc, et mettez-les séparément, selon leur forme et leur
-couleur, dans chacune de ces caisses. Lorsque vous voudrez vous servir
-de ces croûtons pour des bords de plats, percez un œuf par la pointe,
-faites-en tomber une partie du blanc sur un couvercle, battez un peu
-ce blanc avec la lame de votre couteau; incorporez-y une petite pincée
-de farine, faites chauffer légérement votre plat, trempez dans l’œuf
-un des côtés de vos croûtons, et posez-le sur ce plat, ainsi de suite,
-jusqu’à ce que votre bord soit formé. Gardez-vous de faire chauffer
-votre plat plus qu’il ne faut, de crainte que votre bord ne puisse
-tenir.
-
-
-_Crêtes de Coqs._
-
-Parez ces crêtes et coupez-en les petites pointes; ôtez-en le moins que
-vous pourrez, pour ne pas leur ôter leur grâce. Parez aussi la partie
-qui est adhérente à la tête. Mettez-les dégorger trois quarts d’heure
-dans de l’eau un peu tiède, au bord d’un fourneau; ayez soin de les
-remuer souvent. Faites chauffer de l’eau dans une autre casserole,
-qu’elle soit un peu plus que tiède; mettez vos crêtes dans un torchon
-neuf, avec une pincée de gros sel; tenez les quatre coins de votre
-torchon dans votre main, plongez-le dans l’eau presque bouillante, et
-frottez-les avec la paume de la main, comme il a été dit pour la mie
-de pain; ouvrez votre torchon; voyez si l’épiderme de vos crêtes se
-détache; sinon retrempez-les en faisant chauffer un peu plus votre eau;
-prenez garde néanmoins qu’elle ne le soit trop, car vous manqueriez
-vos crêtes. Si l’épiderme s’en détache bien, passez-les toutes les unes
-après les autres dans vos doigts, pour les bien éplucher; mettez-les
-dégorger dans de l’eau fraîche, jusqu’à ce qu’elles soient blanches.
-Cela fait, marquez-les dans un blanc (voyez _Blanc_); faites-les cuire
-et mettez-les au rang de vos garnitures, pour vous en servir au besoin.
-
-
-_Garniture de Rognons de Coqs._
-
-Prenez la quantité de ces rognons que vous jugerez nécessaire;
-appropriez-les, mettez-les dégorger comme les crêtes, sur le bord
-d’un fourneau: quand ils le seront suffisamment, faites-les blanchir,
-et marquez-les dans un blanc comme les crêtes (voyez _Blanc_ ou
-_Mirepoix_), et rangez-les au nombre de vos garnitures.
-
-
-_Foies gras et demi-gras pour Garnitures._
-
-Ayez la quantité de foies gras que vous croirez nécessaire pour votre
-service; supprimez les cœurs et les amers; parez-les bien où l’amer
-a posé; prenez garde de la crever. Faites dégorger vos foies comme
-les rognons, et blanchir légérement; mettez-les cuire dans des bardes
-de lard; mouillez-les avec une bonne Mirepoix: leur cuisson faite,
-mettez-les au rang de vos garnitures.
-
-
-_Truffes pour Garnitures._
-
-Je ne parlerai point ici des truffes, vu que j’en donnerai l’_analyse_
-dans le corps de l’ouvrage. (Voyez article _Ragoût aux Truffes_.)
-
-
-_Carottes pour Garnitures._
-
-Ayez des carottes en quantité proportionnée à vos besoins;
-choisissez-les pourtant d’une belle couleur rouge et tendre;
-tournez-les, soit en bâtonnets, en gousses d’ail, en forme de
-champignons ou de morilles. Si le temps vous presse, coupez-les avec
-un vide-pomme; tâchez de ne point employer le cœur de la carotte,
-qui différerait de couleur et qui est moins délicat; faites blanchir
-ces petites carottes, mettez-les cuire avec un peu de consommé ou de
-bouillon; joignez-y un petit morceau de sucre; faites-les tomber à
-glace; prenez garde qu’elles ne s’attachent: leur cuisson achevée,
-mettez-les au rang de vos garnitures.
-
-
-_Navets pour Garnitures._
-
-Choisissez la quantité de navets dont vous avez besoin; soit que vous
-les preniez de Farneuse ou de toute autre espèce, choisissez-les d’une
-chair serrée et sucrée (les creux ne valent rien); tournez-les, comme
-il est indiqué à l’article des carottes, faites-les cuire de même, à
-moins que vous ne les veuilliez au roux: dans ce cas, ne les faites
-point blanchir, mais roussir dans du beurre ou du sain-doux, et de là
-mettez-les au rang de vos garnitures.
-
-
-_Champignons pour Garnitures._
-
-A l’égard de ces champignons (voyez, à l’article des _Ragoûts_, le
-_Ragoût de Champignons_). De même, pour les _Morilles_ et les
-_Mousserons_ (voyez à l’article des _Ragoûts_).
-
-
-_Petits Oignons pour Garnitures._
-
-Prenez la quantité de petits oignons dont vous croirez avoir besoin;
-coupez-leur les têtes et la queue; faites blanchir ces petits oignons,
-supprimez-en la première peau; rendez-les tous égaux, mettez-les cuire
-dans du consommé ou du bouillon; ajoutez-y un petit morceau de sucre;
-faites-les tomber presque à glace. Si vous les voulez roux, au lieu de
-les faire blanchir, faites les roussir dans du beurre; égouttez-les;
-mettez-les cuire comme il est dit plus haut. Leur cuisson achevée,
-placez-les au rang de vos garnitures.
-
-
-_Laitues pour Garnitures._
-
-Prenez la quantité convenable de laitues, épluchez-les; ne coupez
-point la racine près des feuilles; lavez-les; plongez-les dans l’eau
-(en les tenant par la queue) les unes après les autres, de crainte
-qu’il n’y reste quelques petits vers rouges. Faites-les blanchir,
-rafraîchissez-les, passez-les, ficelez-les de trois en trois; foncez
-une casserole de bardes de lard, posez-les dedans, assaisonnez-les de
-sel et gros poivre, d’une feuille de laurier, d’une gousse d’ail, d’un
-oignon et d’une lame de jambon; mouillez-les, soit avec du consommé,
-du bouillon ou un bon fond de graisse; couvrez-les de bardes de lard,
-d’un rond de papier; faites les partir; mettez-les mijoter deux
-heures avec feu dessous et dessus. Étant cuites, laissez-les dans leur
-assaisonnement, et mettez-les au rang de vos garnitures.
-
-
-_Vert d’Épinards._
-
-Prenez environ un demi-paquet d’épinards; épluchez-le, lavez-le,
-secouez-le; mettez ces épinards dans un mortier; pilez-les; exprimez-en
-le jus en les pressant à force de bras dans un torchon; mettez ce
-jus dans une sauteuse ou dans un couvercle de marmite; posez-le sur
-une cendre chaude, afin qu’il ne fasse que frémir; ce jus vert se
-caillebottera. Une fois caillé, égouttez-le sur un tamis de soie,
-et servez-vous-en pour donner une couleur verte à vos purées, à vos
-sauces, à vos gelées, et pour les petites omelettes qui servent à
-décorer.
-
-
-_Culs d’Artichauts tournés._
-
-Prenez une douzaine d’artichauts tendres et non filandreux, ce qui vous
-sera facile de connaître en séparant la queue de l’artichaut; si elle
-se casse net, c’est une preuve qu’il n’est point filandreux; supprimez
-les feuilles de dessous l’artichaut, non en les cassant, mais en les
-tirant de côté, de façon à n’enlever que la grosse peau de la feuille
-sans en arracher la chair: lorsque votre artichaut sera dégagé de la
-majeure partie de ses feuilles, tournez-le, commencez par l’endroit où
-posait la queue, tournez-le sur la lame de votre couteau, de façon que
-l’artichaut tourne tandis que votre couteau restera en place, et faites
-que l’on ne puisse distinguer aucun coup de couteau: lorsque vous serez
-arrivé aux feuilles, coupez-les horizontalement; frottez votre cul
-d’artichaut avec la moitié d’un citron, jetez-le dans de l’eau fraîche,
-dans laquelle vous aurez exprimé le jus d’un ou de plusieurs citrons.
-Vos artichauts étant tournés, mettez de l’eau bouillir dans un chaudron
-ou une casserole; quand votre eau sera bouillante, mettez-y vos culs
-d’artichauts, couvrez-les d’un plat qui les tienne plongés dans l’eau;
-faites-les bouillir; retirez-en un, voyez si le foin quitte; dans ce
-cas, rafraîchissez vos artichauts, supprimez-en le foin, remettez-les
-dans une autre eau fraîche. Une fois rafraîchis, égouttez-les,
-mettez-les dans un blanc (voyez _Blanc_), achevez de les faire cuire.
-Leur cuisson faite, retirez-les de leur blanc, qu’il ne reste rien
-après; mettez-les dans une terrine, passez dessus à travers un tamis de
-ce même blanc, et servez de ces culs d’artichauts pour garnitures, soit
-en entier ou par quartier.
-
-
-
-
-POIVRE DE CAYENNE.
-
-_Manière de le faire._
-
-Ayez une demi-livre de gros piment ou poivre long; choisissez-le d’un
-beau rouge, épais de peau; faites-le sécher à l’ombre; lorsqu’il le
-sera bien, déchiquetez-le; supprimez-en les queues; mettez-les avec
-leur graine et une pincée de sel dans un mortier de fonte; servez-vous
-d’un pilon de fer pour le piler, et ayez bien soin de couvrir votre
-mortier d’une peau fermée bien hermétiquement.
-
-
-_Poivre Kari._
-
-Ayez un quarteron de piment enragé, deux onces de safran en racine,
-ou crocus de l’Inde; deux onces de racine de rhubarbe en sorte; pilez
-d’abord dans un mortier de fonte votre piment; à cet effet, servez-vous
-d’un pilon de fer; couvrez le mortier d’une peau qui enveloppe le
-pilon, et liez-la autour du mortier; quand votre poivre sera réduit en
-poudre, passez-le au tambour dans le tamis de crin. Pilez le safran et
-passez-le de même, ainsi que la rhubarbe, que vous aurez choisie la
-plus nouvelle et la plus lourde. Le tout passé, mélangez-le, ajoutez-y
-une demi-once d’épices en poudre et un peu de sel fin; mélangez bien le
-tout, et servez-vous de ce poivre kari au besoin.
-
-
-_Oignons glacés._
-
-(Voyez _Bœuf ou Bouilli ordinaire._)
-
-_Concombres au Blanc._
-
-Prenez trois concombres; coupez-en les petits bouts, goûtez-les; s’il
-s’en trouve d’amers, supprimez-les, et prenez-en d’autres que vous
-goûterez de même, etc.; ôtez-leur la pelure, coupez-les en quatre, et
-supprimez-en les pepins. Coupez ces concombres en écailles d’huîtres;
-parez-les et arrondissez-les; tâchez que les morceaux soient égaux;
-faites-les blanchir dans de l’eau avec un peu de sel; assurez-vous
-s’ils sont cuits; ils le seront, s’ils fléchissent sous vos doigts;
-alors égouttez-les, et servez-vous-en au besoin.
-
-
-_Concombres au Brun._
-
-Préparez les concombres, comme il est indiqué précédemment, et
-mettez-les dans un vase de terre, avec un peu d’eau, un filet de
-vinaigre blanc et un peu de sel; laissez-les mariner une heure;
-égouttez-les; étendez-les dans un torchon; tordez-les à deux, à force
-de bras, pour en ôter toute l’eau; faites-les frire dans du lard râpé;
-qu’ils soient d’une belle couleur; égouttez-les, et servez-vous-en pour
-vos ragoûts au brun.
-
-
-_Pluche d’Oignons, blanche et rousse._
-
-Prenez une douzaine de gros oignons; épluchez-les; coupez-les en deux
-et ôtez-en les cœurs; coupez-les en rouelles; mettez un morceau de
-beurre dans une casserole; égouttez-y vos oignons si votre pluche est
-pour être au blanc; faites-les cuire sur une cendre chaude; remuez-les
-souvent: quand ils seront au trois quarts cuits, singez-les; achevez
-de les faire cuire comme un roux au blanc; mouillez-les avec du
-consommé ou du bouillon; faites-les réduire à consistance d’une forte
-bouillie, ajoutez-y du sel, du poivre et un peu de muscade râpée, et
-servez-vous-en au besoin.
-
-
-_Pluche d’Oignons au roux._
-
-Épluchez et coupez des oignons, comme à l’article précédent; mettez-les
-dans une casserole avec un morceau de beurre; faites-les roussir d’une
-belle couleur; singez-les; remuez-les sur le feu; faites roussir votre
-farine; mouillez-les avec quelques cuillerées de jus de bœuf; mettez-y
-sel et poivre, et faites cuire à consistance de sauce; goûtez si votre
-pluche est d’un bon goût, et servez-vous-en.
-
-
-
-
-RAGOUTS.
-
-
-_Salpicons._
-
-Les salpicons sont composés de toutes sortes de viandes et de légumes,
-comme truffes, champignons et culs d’artichauts; vous mettez de tout
-dans une égale proportion; il faut, pour les bien faire, que les
-viandes que vous employez soient cuites à part, ainsi que les légumes,
-afin que ces ingrédiens se trouvent d’égale cuisson, selon leur qualité.
-
-
-_Salpicon ordinaire._
-
-Il se compose de gorge de ris de veau, de foies gras ou demi gras, de
-jambon, de champignons et de truffes, si c’est la saison; coupez de
-tout cela en petits dés et d’égale grosseur; au moment de servir ayez
-de l’espagnole bien réduite, la quantité qu’il vous faut, pour vos
-chairs; jetez-les dedans; mettez-les sur le feu; remuez-les sans les
-laisser bouillir, et servez.
-
-On fait de même ce salpicon avec des quenelles ou du gaudiveau, des
-blancs de volailles cuites à la broche, des crêtes de coqs et des culs
-d’artichauts: cela dépend de ce que l’on a et de la saison où l’on se
-trouve.
-
-
-_Ragoût de Ris de Veau._
-
-Faites dégorger un ou deux ris de veau; quand ils auront rendu tout
-leur sang, faites-les blanchir; marquez-les dans une casserole avec une
-ou deux carottes, deux oignons, quelques parures de veau, un bouquet
-de persil et ciboules assaisonné; mettez vos ris de veau dans la
-casserole; couvrez-les avec une petite barde de lard; mouillez-les avec
-une cuillerée ou deux de bouillon; qu’ils ne trempent pas entièrement;
-couvrez-les avec un rond de papier beurré; faites-les partir; après
-mettez-les sous le fourneau avec de la cendre chaude dessous et
-dessus. Veillez à ce qu’ils ne cuisent pas trop: quand ils le seront,
-retirez-les, ôtez-les de leur assaisonnement. Si vous n’aviez pas de
-sauce, passez leur cuisson dans une casserole, au travers d’un tamis.
-En cas que vous veuilliez les mettre au blanc, maniez un pain de
-beurre avec une pincée de farine, quelques champignons; mettez le tout
-dans cette cuisson; laissez cuire, dégraissez, joignez-y quelques
-culs d’artichauts, si vous voulez, et ayant coupé vos ris de veau
-en tranches, mettez-les dans cette sauce sans les laisser bouillir:
-lorsque vous serez pour les servir, faites une liaison de deux jaunes
-d’œufs, un peu de persil haché très-fin, un jus de citron ou un filet
-de verjus; voici la manière de les lier:
-
-D’abord cassez deux œufs; ôtez-en les jaunes, sans les rompre; n’y
-laissez ni blanc ni germe, écrasez-les avec une cuiller; délayez-les
-avec un peu d’eau ou du bouillon; ensuite, quand votre ragoût sera
-bouillant, retirez-le au bord du fourneau, tenez la queue de votre
-casserole d’une main, et de l’autre versez doucement votre liaison dans
-votre ragoût, en le remuant; posez-le sur le feu; remuez-le toujours;
-ne le laissez point bouillir, et mettez-y sur-le-champ un petit morceau
-de beurre. Pour que votre sauce soit moelleuse, finissez-la avec un jus
-de citron ou un filet de verjus; qu’elle ne soit ni trop longue ni trop
-courte, et servez.
-
-
-_Ragoût de Crêtes et de Rognons de Coqs en Financière._
-
-Quand vos crêtes auront été échaudées et cuites dans un blanc,
-égouttez-les (voyez _Crêtes de coqs_, article des _Garnitures_), ainsi
-que les rognons; mettez dans une casserole la quantité convenable de
-velouté réduit, si vous voulez votre ragoût au blanc; et si vous le
-voulez au roux, employez de l’espagnole réduite, en y ajoutant un peu
-de consommé: en cas que votre sauce se trouve trop liée, faites mijoter
-vos crêtes un quart d’heure; joignez-y, un instant avant de servir vos
-rognons, quelques champignons tournés et que vous aurez fait cuire, des
-culs d’artichauts et des truffes, selon votre volonté. Si votre ragoût
-est au blanc, liez-le comme il est indiqué à l’article _Ragoût de ris
-de Veau_; et s’il est au roux, suivez le même procédé que celui énoncé
-au même article.
-
-
-_Ragoût de Laitances de Carpes._
-
-Ayez deux douzaines de laitances; détachez-les des boyaux; jetez-les
-dans de l’eau fraîche; laissez-les dégorger une demi-heure; changez-les
-d’eau, et mettez-les sur le bord d’un fourneau; laissez-les dégorger
-jusqu’à ce qu’elles soient blanches; prenez une autre casserole;
-faites-y bouillir de l’eau avec un peu de sel; égouttez vos laitances,
-et jetez-les dans cette eau; faites-leur jeter un bouillon; retirez-les
-du feu; ayez dans une casserole quatre cuillerées à dégraisser
-d’italienne blanche ou rousse; mettez-y vos laitances; faites-leur
-jeter un bouillon ou deux; dégraissez-les; finissez-les avec un jus
-de citron, et servez-les comme ragoût de laitances, soit dans une
-casserole d’argent, soit dans une caisse, ou dans un vol-au-vent.
-
-
-_Ragoût de Langues de Carpes._
-
-Prenez un cent de langues de carpes; faites-les dégorger et blanchir,
-comme les laitances de carpes. La sauce de ces langues est la même que
-celle des laitances, et elles se finissent de même.
-
-
-_Des Truffes en général._
-
-La truffe, comme on sait, est un légume de la famille des champignons,
-qui présente une substance toujours ferme et charnue, dont les semences
-ne sortent jamais sous la forme de poussière, et qui se multiplie par
-décomposition dans la terre. Parmi les espèces de ce genre, la plus
-importante à considérer, c’est la truffe _dite_ comestible, dont la
-couleur est noire: elle n’a ni racine apparente, ni base radicale;
-sa forme est irrégulière, mais cependant toujours rapprochée de la
-globuleuse; sa grosseur varie depuis celle d’un pois jusqu’à celle des
-deux poings réunis. Elle répand une odeur pénétrante et agréable, qu’on
-ne peut comparer à aucune autre, et qui fait son principal mérite. Dans
-sa maturité; elle est souvent crevassée et toujours d’un brun veiné de
-blanc dans son intérieur. Elle présente plusieurs variétés; mais il ne
-faut pas regarder comme telles la truffe blanche et la truffe musquée:
-ce sont de véritables espèces, comme on le verra plus bas.
-
-C’est principalement dans les forêts plantées de chênes et de
-châtaigniers, vulgairement appelées vieilles écorces; dans les terrains
-secs, légers et abondamment pourvus d’humus, qu’on rencontre le
-plus fréquemment la truffe comestible. Elle se trouve dans toute
-l’Europe, et principalement en France, où elle est fort recherchée
-comme assaisonnement et comme aliment. Celles d’Angoulême et celles
-des environs de Périgueux sont préférées; cependant celles du Dauphiné
-les rivalisent pour la finesse, l’odorat et la délicatesse de leur
-chair; elles ont l’avantage d’être mieux faites et d’avoir la peau
-extrêmement plus fine, ce qui me les a fait souvent préférer. Après les
-truffes noires sont les truffes blanches du Piémont, que les Piémontais
-appellent _bianchetto_. Cette truffe est presque ronde, unie, grise,
-de la grosseur d’une forte noix; sa chair est blanche ou livide,
-farineuse, et exhale une odeur d’ail.
-
-Après ces truffes viennent celles de Bourgogne, qui leur sont
-inférieures, et généralement on en fait peu de cas: elles ressemblent
-assez, par leur grosseur, à celles du Périgord et du Dauphiné; elles
-diffèrent cependant par l’épaisseur de la peau, qui est infiniment plus
-graveleuse, leurs chairs moins fines, ainsi que l’odorat. Elles sont
-très-sujètes à sentir le musc, ce qui fait qu’on les recherche peu:
-aussi sont-elles infiniment moins chères. Dirai-je que les marchands de
-truffes et de comestibles les mêlent souvent avec celles du Périgord et
-du Dauphiné, ce qui est une fraude manifeste; et il n’y a guère que les
-connaisseurs qui peuvent en partie s’en garantir.
-
-
-_Ragoût aux Truffes._
-
-Prenez une livre ou deux de truffes, selon vos besoins (_si c’est vous
-qui les achetez, prenez les plus rondes, autant que possible; qu’elles
-soient lourdes, peu chargées de terre, et que la peau en soit fine.
-Serrez-les dans votre main; il faut qu’elles résistent en les serrant
-moyennement, et qu’elles ne soient ni molles ni gluantes; flairez-les
-pour juger de leur parfum; si elles avaient un goût de fromage,
-rejetez-les_). Après vous être assuré de leur qualité, jetez-les dans
-l’eau fraîche: celles qui surnagent sont inférieures à celles qui
-restent au fond; ayez une petite brosse, brossez-les, pour en extraire
-absolument la terre, et rejetez-les dans un autre vase rempli d’eau
-claire, et non d’eau chaude, vu qu’elles en perdraient leur parfum:
-rebrossez-les, et avec la pointe du couteau ôtez-en la terre jusque
-dans les creux et les sinuosités: s’il s’en trouvait qui aient des
-brochettes, retirez-les. Je parle ainsi, parce qu’il arrive souvent que
-les marchands osent en faire de grosses de plusieurs petites, et cela
-en les joignant l’une à l’autre, à la faveur de ces brochettes. Bref,
-cela fait, lavez vos truffes encore à une troisième eau, et même plus,
-vu qu’il faut que l’eau reste limpide; retirez-les; épluchez-les: elles
-s’épluchent en levant leur peau le plus mince possible. On conserve
-ordinairement les plus belles pour servir sous la serviette ou en
-croustade; les autres se coupent par tranches ou en dés, pour faire la
-sauce aux truffes dont je vais parler.
-
-
-_Ragoût aux Truffes et à l’Espagnole._
-
-Prenez une poignée de truffes ou davantage, si le cas le requiert;
-coupez-les en lames ou en dés, comme il est dit à l’article précédent;
-mettez-les dans une casserole sur un feu doux avec un morceau de
-beurre; faites-les suer; mouillez-les avec un demi-verre de vin blanc,
-deux cuillerées à dégraisser d’espagnole réduite; faites-les aller
-sur un feu doux, jusqu’à ce qu’elles soient cuites; dégraissez votre
-sauce, et finissez-la avec un petit morceau de beurre: ayez soin de
-bien l’incorporer avec vos truffes, soit en les passant, soit en les
-remuant; surtout n’y mettez point de citron, ce qui ôterait le velouté
-de votre sauce.
-
-
-_Ragoût aux Truffes à l’Italienne._
-
-Émincez des truffes comme les précédentes, la quantité que vous jugerez
-nécessaire; faites-les suer dans du beurre, comme il est énoncé
-précédemment; mettez un peu d’échalotes et de persil haché, du sel et
-du poivre; mouillez avec un demi-verre de vin blanc et deux cuillerées
-à dégraisser d’espagnole; faites bouillir votre sauce; dégraissez, et
-finissez-la avec un filet d’excellente huile d’olive.
-
-
-_Ragoût aux Truffes à la Piémontaise._
-
-Émincez vos truffes comme il est dit plus haut, et mettez-y, au lieu de
-beurre, de l’huile; joignez à cela un peu d’ail écrasé; posez votre
-casserole sur une cendre chaude, afin que vos truffes ne fassent que
-frémir; au bout d’un quart d’heure assaisonnez-les de sel fin et d’un
-peu de gros poivre; forcez-les un peu en jus de citron, et servez.
-
-
-_Ragoût à la Périgueux._
-
-Coupez des truffes en petits dés; passez-les dans du beurre;
-mettez-y deux ou trois cuillerées à dégraisser d’italienne rousse ou
-d’espagnole, avec un peu de vin blanc, et finissez-les avec la moitié
-d’un pain de beurre de Vembre. Cette sauce se sert sur des perdreaux,
-des poulardes, des poulets et des dindes truffés.
-
-
-_Observations sur les Champignons._
-
-On sait que les champignons désignés par les botanistes sous le nom
-d’_agaric succulent_ sont les champignons qui s’emploient dans les
-ragoûts: ils viennent sur couches, et sont à-peu-près les seuls que
-l’on puisse manger sans danger, à moins qu’on en fasse excès. Je n’en
-excepte point les sceptres et les oronges, dont on fait une grande
-consommation à Bordeaux et lieux circonvoisins: ceux-là se trouvent
-dans les bois; et le plus sûr moyen que je connaisse pour les employer
-et les manger sans danger, est de les séparer avec une pièce de métal,
-comme, par exemple, une pièce de six liards; lorsque les ayant coupé
-et ayant supprimé les parties feuilletées, ainsi que les queues qui
-se trouvent au-dessous de la tête des champignons, ils conservent leur
-blancheur au moins une heure, et ne changent point de couleur; on peut
-les employer; (avant cela, il faut les peler, c’est-à-dire leur ôter la
-première épiderme), les faire macérer dans de l’huile ou du vinaigre,
-et leur faire des incisions multipliées; de plus il ne faut les
-employer qu’à leur parfaite maturité: s’ils sont trop vieux, ils sont
-dangereux; et s’ils ne sont pas assez mûrs, ils le sont encore.
-
-
-_Ragoût aux Champignons._
-
-Ayez deux maniveaux de champignons, épluchez-les, coupez les queues
-près de la tête, lavez-les à plusieurs eaux, et tournez-les; en voici
-la manière: Prenez un petit couteau de la main dont vous avez le
-plus l’habitude de vous servir, et de l’autre la tête du champignon;
-posez-le sur le tranchant de la lame de votre couteau, en sorte que ce
-soit le champignon qui tourne sur cette lame, de manière à ne laisser
-aucune trace des coups de couteau; au fur et à mesure que vous les
-aurez tournés, jetez-les dans une casserole avec un peu d’eau où vous
-aurez mis le jus d’un citron, sautez-les, afin qu’ils ne rougissent
-pas: dirai-je que vous pourrez tourner les queues de même comme vous
-tourneriez des petites carottes? Cela fait, mettez dans vos champignons
-un grain de sel, un morceau de beurre; posez votre casserole sur un
-bon feu, et sautez-les; sont-ils passés? laissez-les cuire sur un feu
-doux; vous jugerez s’ils le sont en les pressant entre deux doigts,
-vu qu’ils rendront leur jus; si vous voulez en faire un ragoût au
-brun, joignez une lame de jambon et un bouquet de persil et ciboules;
-mouillez le tout avec trois cuillerées à dégraisser d’espagnole;
-retirez le jambon et le bouquet quand vous jugerez que votre ragoût
-est près d’être réduit; dégraissez-le et finissez-le avec un petit
-pain de beurre; si vous n’aviez point d’espagnole, vous feriez sur un
-feu doux un petit roux brun d’une belle couleur; mouillez-le avec une
-cuillerée à pot de bouillon, mettez-y un peu plus de jambon, quelques
-parures de veau, un bouquet bien assaisonné, une carotte et un oignon;
-faites cuire le tout; lorsque vous le croirez cuit, passez cette sauce
-à l’étamine et servez-vous-en au lieu d’espagnole.
-
-
-_Ragoût de Champignons au blanc._
-
-Le procédé pour ce ragoût est le même que celui énoncé à l’article
-précédent, excepté qu’il faut employer du velouté au lieu d’espagnole,
-et que, pour le finir, on le lie avec deux jaunes d’œufs, délayés
-avec un peu de lait ou de crême, et un demi-pain de beurre; faute de
-velouté, il faut ôter le jus de vos champignons, les singer avec de la
-farine de froment passée au tamis, ensuite les délayer petit à petit
-avec leur jus, en y ajoutant une cuillerée à pot de bouillon sans
-couleur, une lame de jambon, un bouquet de persil et de ciboules;
-enfin, en faisant cuire ce ragoût, dégraissez-le; réduit à son degré,
-liez-le comme ci-dessus, et finissez-le de même.
-
-
-_Ragoût de Morilles._
-
-La morille est une sorte de champignon et s’accommode de même; prenez
-des morilles proportionnément au ragoût que vous voulez faire,
-épluchez-en les queues pour en ôter la terre, fendez les grosses en
-deux ou trois, lavez-les, mettez-les dans un vase avec de l’eau tiède
-pour qu’elles dégorgent, et que le sable qu’elles sont sujètes à
-contenir tombe au fond du vase; retirez-les de cette eau, faites-les
-blanchir, égouttez-les, mettez-les dans une casserole avec un morceau
-de beurre; passez-les, mouillez-les avec la sauce rousse, si elles sont
-au roux; blanche, si elles sont au blanc, comme il est énoncé pour les
-ragoûts de champignons, et finissez de même.
-
-
-_Ragoût de Mousserons._
-
-Le mousseron est encore de la famille des champignons, et vient sous
-la mousse; il s’accommode comme les morilles, soit qu’il soit sec ou
-frais: il faut le faire dégorger dans l’eau pour en extraire le sable
-et le faire blanchir de même que la morille.
-
-
-_Ragoût de Chicorée au brun._
-
-Ayez douze chicorées, épluchez-les, ôtez-en tout le vert; lavez
-ces chicorées à plusieurs eaux, en les tenant par la racine et les
-plongeant à plusieurs reprises; prenez garde qu’il n’y reste des
-vers de terre, qui souvent s’y trouvent; égouttez-les; faites-les
-blanchir à grande eau où vous aurez mis une poignée de sel; elles le
-seront assez lorsque, en pressant leurs feuilles entre vos doigts,
-elles s’écraseront facilement; alors retirez-les avec une écumoire,
-mettez-les rafraîchir dans un seau d’eau fraîche; égouttez-les,
-pressez-les entre vos mains, de manière qu’il leur reste le moins
-d’eau possible; supprimez-en les racines et les plus gros côtons;
-hachez cette chicorée, mettez-la dans une casserole avec un morceau
-de beurre, passez-la sur un feu moyen environ un quart d’heure pour
-la bien dessécher; mouillez-la avec deux cuillerées d’espagnole et
-une de consommé; faites-la cuire une heure au moins, en la remuant
-continuellement avec une cuiller de bois, de crainte qu’elle ne
-s’attache et ne brûle; quand elle sera réduite à son point, mettez-y du
-sel et servez.
-
-
-_Ragoût de Chicorée au blanc._
-
-Employez pour ce ragoût le même procédé que celui énoncé ci-dessus,
-excepté qu’il faut employer en moindre quantité du velouté, au lieu
-d’espagnole; ce ragoût de chicorée se finit avec une chopine de crême,
-ou du lait réduit, que vous y versez petit à petit, un peu de muscade
-râpée et du sel, la quantité convenable.
-
-
-_Autre manière._
-
-Pour faire le ragoût de chicorée au blanc, n’ayant point de velouté,
-passez-la dans le beurre; quand elle est assez desséchée, singez-la
-légérement, délayez-la avec du bouillon, mettez-y le sel convenable,
-faites-la cuire et réduire; finissez-la, comme la précédente, avec de
-la crême ou du bon lait, et un peu de muscade râpée.
-
-
-_Manière de remplacer la Chicorée dans la saison où elle manque et
-lorsque l’on n’en a pas conservé._
-
-Prenez le cœur d’un ou de deux choux, dont vous aurez ôté le vert,
-flairez-les; s’ils sentent le musc prenez-en d’autres; coupez-les par
-quartiers, ôtez-en les trognons et les plus grosses côtes; émincez-les
-avec votre couteau le plus fin possible, jetez-les dans l’eau,
-lavez-les bien, retirez-les dans une passoire; faites-les blanchir
-comme la chicorée, mais un peu plus de temps; rafraîchissez-les,
-pressez-les, hachez-les comme la chicorée, et pour leur accommodage
-c’est le même procédé.
-
-
-_Ragoût d’Épinards._
-
-Ayez des épinards ce qu’il vous en faut; ôtez-en les queues et ceux qui
-ne sont pas bien verts ou qui sont tachés; lavez-les plusieurs fois à
-grande eau, faites-les blanchir, au grand bouillant, dans beaucoup
-d’eau où vous aurez mis une poignée de sel; ayez soin de les remuer
-et de les écumer; prenez garde que l’eau ne s’en aille pardessus les
-bords du chaudron, ce qui ferait voler de la cendre dans vos épinards,
-leur donnerait un mauvais goût et les ferait croquer: pour juger s’ils
-sont assez blanchis, pressez-en entre deux doigts; s’ils s’écrasent
-facilement, ils le sont assez; dès-lors retirez-les du feu, jetez-les
-dans une passoire, ensuite dans une assez grande quantité d’eau fraîche
-pour les rafraîchir sur-le-champ; laissez-les se rafraîchir un quart
-d’heure; jetez-les de nouveau dans une passoire, après mettez-les
-en pelote, sans pour cela les trop presser; hachez-en ce dont vous
-aurez besoin, mettez-les dans une casserole avec un morceau de beurre
-suffisant pour les nourrir; passez-les sur un feu vif, remuez-les
-avec une cuiller de bois; quand ils seront assez desséchés et d’un
-beau vert, mouillez-les avec de l’espagnole; s’ils sont pour entrée,
-faites-les réduire à consistance d’une forte bouillie, mettez-y un peu
-de muscade râpée, et, pour les finir, un pain de beurre; remuez-les
-bien, puis servez.
-
-
-_Ragoût de Haricots à la Bretonne._
-
-Épluchez et lavez un litre de haricots de Soissons, secs ou verts;
-mettez-les dans une marmite, à l’eau froide, avec un morceau de beurre
-sans sel, et durant leur cuisson versez-y à plusieurs reprises un
-peu d’eau fraîche, ce qui les empêchera de bouillir et les rendra
-plus moelleux; quand ils seront cuits égouttez-les, mettez-les dans
-une casserole avec un morceau de beurre, une cuillerée ou deux de
-purée d’oignons au brun (comme elle est énoncée à son article)
-et d’espagnole, assaisonnez-les d’un peu de gros poivre et de sel;
-sautez-les souvent, et finissez-les avec un pain de beurre.
-
-
-_Ragoût de Haricots au jus._
-
-Mettez dans une casserole vos haricots cuits, comme il est dit
-ci-dessus, avec un morceau de beurre, deux cuillerées d’espagnole, une
-cuillerée de jus de bœuf, du sel, du gros poivre, et finissez-les aussi
-avec un pain de beurre.
-
-
-_Garniture de Céleri ou Entremets._
-
-Ayez une vingtaine de pieds de céleri; épluchez-les en ôtant toutes les
-feuilles vertes; tournez-en les racines; lavez ces pieds de céleri à
-plusieurs eaux; faites-les blanchir, rafraîchissez-les, égouttez-les;
-faites en cinq paquets, ficelez-les; foncez de bardes de lard une
-casserole, arrangez-y votre céleri; joignez-y un oignon piqué d’un
-clou de girofle, une carotte coupée en quatre, un bouquet de persil et
-ciboules, un peu de sel; mouillez votre céleri avec le derrière de la
-marmite; couvrez-le de bardes de lard et d’un rond de papier; faites-le
-partir et laissez-le mijoter avec feu dessous et dessus; sa cuisson
-faite, égouttez-le, dressez-le autour de ce que vous serez dans le cas
-de servir, comme noix de veau, poularde, poulet, gigot, etc., et saucez
-avec une espagnole et un jus clair.
-
-
-_Ragoût blanc aux Concombres._
-
-Préparez vos concombres, comme il est indiqué à l’article des
-_Garnitures_; mettez dans une casserole trois ou quatre cuillerées à
-dégraisser de velouté; ajoutez-y vos concombres; faites cuire, réduire,
-et dégraissez-les; goûtez s’ils sont d’un bon sel; finissez de les
-lier avec un morceau de beurre; mettez-y un peu de muscade râpée, et
-servez-vous-en.
-
-
-_Ragoût brun aux Concombres._
-
-Préparez vos concombres, comme il est indiqué à l’article des
-_Garnitures_; mettez dans une casserole quatre cuillerées à
-dégraisser pleines d’espagnole réduite, grasse ou maigre; ajoutez-y
-vos concombres; dégraissez et faites réduire; mettez-y gros comme
-le pouce de glace; finissez-les avec un petit morceau de beurre, et
-servez-vous-en.
-
-
-_Ragoût à la Chipolata._
-
-Mettez dans une casserole deux cuillerées à pot d’espagnole réduite,
-une demi-bouteille de vin de Madère, des champignons tournés, des
-petits oignons cuits à blanc, des marrons préparés comme pour les
-terrines, des petites saucisses à la chipolata que vous aurez fait
-cuire dans du bouillon, des truffes coupées en quartiers et un peu
-de gros poivre; faites réduire votre ragoût; dégraissez-le, et
-servez-vous-en.
-
-
-_Ragoût de Pois au Lard._
-
-Prenez lard ou jambon une demi-livre, ou plus, si le cas le requiert;
-coupez-le en gros dés; faites-le blanchir; mettez du beurre dans une
-casserole; faites-y revenir votre lard ou votre jambon; qu’il soit
-d’une belle couleur; ayez un litre de pois très-fin; mettez-les dans
-un vase avec gros de beurre comme une noix; maniez-les avec la main;
-versez de l’eau dessus; laissez-les dans l’eau un demi-quart d’heure,
-pour que leur peau s’attendrisse; égouttez-les dans une passoire;
-mettez-les dans une casserole, et faites-les suer: lorsqu’ils seront
-bien verts, mouillez-les avec une cuillerée à pot d’espagnole;
-ajoutez-y votre petit lard ou votre jambon, un bouquet de persil et
-ciboules; faites-les partir; retirez-les sur le bord du fourneau,
-laissez-les mijoter et réduire. Votre ragoût étant bien cuit,
-dégraissez-le; goûtez s’il est d’un bon sel; s’il se trouvait trop
-salé, mettez-y un peu de sucre, et servez.
-
-
-_Ragoût d’Olives._
-
-Ayez une chopine d’olives nouvelles et bien vertes; ôtez-en les noyaux;
-vous y parviendrez en prenant l’olive d’une main, votre couteau de
-l’autre, et tournant votre olive comme vous tourneriez une pomme, à
-la différence près qu’il faut enlever avec la pointe de votre couteau
-toute la chair de votre olive de dessus le noyau sans la rompre, et la
-reformer dans son état primitif: cela fait, mettez vos olives dans de
-l’eau fraîche; au moment de servir faites-les blanchir; versez dans
-une autre casserole trois cuillerées à dégraisser d’espagnole réduite;
-faites-la bouillir et dégraissez-la; au moment de servir mettez vos
-olives dans votre sauce; ajoutez-y la moitié d’un pain de beurre, liez
-votre sauce, et servez-vous-en.
-
-
-_Ragoût de Navets en Haricots vierges._
-
-(Voyez l’article _Ailerons de Poulardes en Haricots vierges_.)
-
-
-_Ragoût aux pointes d’Asperges._
-
-(Voyez l’article _Tendons d’Agneaux_.)
-
-
-_Ragoût de petites Racines._
-
-Préparez des petites racines, comme il est indiqué à l’article
-_Garnitures_, etc.; faites-les tomber à glace; mouillez-les avec
-deux ou trois cuillerées d’espagnole et une de consommé; laissez-les
-cuire, dégraissez-les; faites-les réduire; finissez-les avec gros
-de beurre comme une noix et une pincée de sucre; sautez-les, goûtez
-si elles sont d’un bon goût, et servez-vous-en. Si vous n’avez pas
-d’espagnole, faites un petit roux; mouillez-le avec du bouillon ou du
-consommé, et un bouquet assaisonné; faites cuire; tordez votre sauce
-dans une étamine; ajoutez-y vos petites racines; laissez-les mijoter;
-dégraissez-les; faites-les réduire, et finissez comme ci-dessus.
-
-
-_Ragoût aux petits Oignons._
-
-Suivez pour ce ragoût la manière énoncée pour les petites racines,
-article précédent.
-
-
-_Ragoût à la Macédoine._
-
-(Voyez _Macédoine blanche ou rousse_, à l’article de l’Entremets.)
-
-
-_Ragoût à la Godiveau._
-
-Mettez de l’espagnole dans une casserole, la quantité que vous croirez
-nécessaire pour votre ragoût; ajoutez-y la quantité convenable
-d’andouillettes de Godiveau; mettez-y des champignons préparés, comme
-il est dit aux _Garnitures_, et quelques culs d’artichauts coupés en
-quatre ou en huit morceaux; faites achever de cuire votre ragoût;
-dégraissez-le, faites-le réduire, mettez-y un jus de citron ou un filet
-de verjus, et servez-vous-en, soit pour garnir une tourte ou un pâté
-chaud, ou tout autre ragoût; vous pouvez l’augmenter de quelques gorges
-de ris de veau coupées en tranches, d’écrevisses, de foies de volailles
-et d’ailerons.
-
-
-
-
-BŒUF.
-
-
-Le bœuf est sans contredit la base fondamentale de la bonne cuisine;
-c’est la nourriture ordinaire dont on se passe le moins après le pain.
-
-Les meilleurs bœufs nous viennent de la Normandie: ceux du Cotentin,
-lorsqu’ils ont toutes les qualités requises, sont les meilleurs; les
-bœufs de l’Auvergne et de la Bretagne les suivent pour la qualité.
-Ceux du Limousin sont encore fort bons. Les bœufs d’Allemagne, par
-la fatigue qu’ils éprouvent pour arriver en ce pays, acquièrent une
-qualité supérieure à celle qu’ils auraient si on les consommait sur les
-lieux, parce que leur graisse, par la longueur du voyage, s’incorpore
-avec leur chair et la rend plus succulente: d’ailleurs leur charpente
-est infiniment plus grande et plus grosse que celle de nos bœufs du
-Cotentin; ce qui fait que vous avez à la boucherie plus d’os que vous
-n’en auriez des autres bœufs.
-
-La qualité du bœuf se distingue lorsque les chairs sont couvertes de
-graisse et que l’intérieur en est picoté comme le marbre granit, et
-d’une couleur rouge tirant un peu sur le brun.
-
-Malgré que la totalité de l’animal (les cornes, cuir et sabots
-exceptés) soit bonne à manger, les parties les plus recherchées sont
-l’aloyau, la culotte, la noix, ou, comme l’appellent les bouchers, la
-tranche grasse, les entre-côtes, les côtes et la poitrine; l’épaule,
-que les bouchers nomment paleron, est inférieure aux parties énoncées.
-Le flanchet, le collier et la tête sont les parties les moins estimées.
-Comme le filet mignon est ce qu’il y a de plus délicat: je ne parlerai
-pas de la cervelle, parce qu’elle est rarement bonne dans le bœuf,
-attendu qu’en France on a l’habitude de les assommer.
-
-On fait, de la langue et du palais, d’excellens mets sous diverses
-formes. Les rognons, selon moi, sont dans le bœuf ce qu’il y a de plus
-grossier, en ce qu’ils ont souvent des pierres, des obstructions;
-qu’ils servent, comme chez tous les animaux, de filtres aux urines,
-et qu’ils en ont le goût. Cependant j’indiquerai les moyens de les
-employer avec avantage.
-
-
-_Bœuf bouilli (ordinaire)._
-
-Ayez une culotte de bœuf, ou seulement une partie, ce qui dépend de la
-quantité de personnes que vous avez à traiter; désossez et ficelez-la;
-mettez-la dans une marmite, comme il est indiqué à l’article du _Grand
-Bouillon_; lorsqu’elle sera cuite, servez-la, soit avec du persil vert
-en branche, soit avec une sauce hachée ou une garniture d’oignons et
-de légumes; cela dépend de votre volonté. Si vous servez votre pièce
-(grosse ou petite) aux oignons glacés, prenez de ces derniers une
-quantité suffisante et de même grosseur; après les avoir épluchés avec
-soin, et prenant garde de couper les têtes et queues trop courtes,
-enlevez la première peau sans endommager celle de dessous: ceci fait,
-beurrez un peu épais le fond d’une casserole; saupoudrez-le d’un peu
-de sucre; arrangez vos oignons au fond, en les plaçant du côté de
-la tête, de façon qu’ils soient tout couverts; mouillez-les avec du
-bouillon, sans qu’ils trempent à plus de moitié; posez votre casserole
-sur un bon feu: une fois partie, mettez-la sur un feu plus doux,
-couvrez-la, et mettez du feu sur le couvercle; veillez vos oignons;
-quand vous verrez qu’ils sont presque cuits, remettez-les sur un
-fourneau plus ardent, découvrez-les, faites réduire leur bouillon,
-de manière à tirer vos oignons à glace, et qu’ils soient d’une belle
-couleur. Avant de les ranger autour de votre pièce, ayez soin de les
-rouler dans leur glace au moyen d’une fourchette avec laquelle vous
-les prendrez pour ne pas les déformer. Vous mettrez un peu de bouillon
-dans votre casserole pour en détacher le reste de la glace dont vous
-couvrirez votre pièce, après avoir levé la première peau et avoir
-rapporté, avec la lame du couteau, du gras de votre pièce sur les
-parties où il en manque, et servez.
-
-
-_Pièce de Bœuf garnie de Choux._
-
-Prenez deux ou trois choux; coupez-les par quartiers; lavez-les;
-faites-les blanchir: lorsqu’ils le seront, rafraîchissez-les;
-ficelez-les; mettez-les dans une marmite; mouillez-les avec
-du bouillon: si vous avez une braise ou quelques bons fonds,
-servez-vous-en; ajoutez-y quelques carottes, deux ou trois oignons,
-dont un piqué de trois clous de girofle, une gousse d’ail, du laurier,
-du thym; de plus, pour que vos choux soient bien nourris, ajoutez-y le
-derrière de votre marmite; laissez-les mijoter trois ou quatre heures;
-égouttez-les sur un linge blanc; pressez-les pour en faire sortir la
-graisse en leur donnant la forme d’un rouleau à pâte; dressez-les
-autour de votre pièce; masquez-la, ainsi que vos choux, avec une
-espagnole réduite, et servez.
-
-
-_Pièce de Bœuf au Pain perdu._
-
-Si vous n’avez pas une culotte de bœuf, prenez un aloyau, ou seulement
-une partie; levez-en le filet (mignon); il vous servira pour faire
-une entrée; désossez le reste de votre aloyau; roulez-le en manchon;
-ficelez-le; marquez-le comme une pièce de bœuf à l’ordinaire, et
-faites-le cuire; coupez des lames de pain mollet en queue de paon ou en
-cœur; cassez trois œufs; battez-les comme une omelette; assaisonnez-les
-d’un peu de sel et de crême; trempez-y vos lames de pain; faites-les
-frire dans du beurre; ayez soin de les retourner les unes après les
-autres: lorsqu’elles seront d’une belle couleur, égouttez-les sur un
-linge blanc: la cuisson de votre pièce de bœuf ou aloyau étant achevée,
-égouttez-la, et, après l’avoir déficelée, vous la poserez sur le plat,
-et rangerez autour vos lames de pain frites; saucez le tout, soit avec
-une espagnole, soit avec une sauce hachée, et servez.
-
-
-_Pièce de Bœuf à l’écarlate._
-
-Prenez tout ou partie d’une culotte de bœuf: laissez-la se mortifier
-trois jours ou plus, suivant la saison: cela fait, désossez-la et
-lardez-la de gros lard; vous l’assaisonnerez de persil et ciboules
-hachés, de poivre et épices fines; frottez cet aliment de sel fin,
-très-sec et passé au tamis, dans lequel vous aurez mis une once ou deux
-de salpêtre purifié; mettez votre pièce dans une terrine de grès _dite_
-d’office, avec une bonne poignée de genièvre, thym, basilic, quelques
-ciboules, une ou deux gousses d’ail, trois ou quatre clous de girofle,
-et quelques tranches d’oignons; couvrez-la d’un vase, en mettant entre
-deux un linge, pour que l’air n’y puisse pénétrer; laissez-la ainsi
-huit jours, au bout desquels retournez-la et recouvrez-la avec le même
-soin, et laissez-la encore trois ou quatre jours; ensuite retirez-la
-et faites-la égoutter; mettez dans une marmite de l’eau assaisonnée de
-carottes, oignons, et d’un bon bouquet; faites-la partir; et lorsque
-votre eau sera au grand bouillon, mettez-y votre culotte, après l’avoir
-enveloppée d’un linge blanc, que vous ficelerez; faites-la cuire ainsi
-pendant quatre heures sans interruption; après, retirez-la pour la
-placer dans une terrine de sa forme; jetez dessus l’assaisonnement
-dans lequel elle a cuit, et laissez-la refroidir; servez-la sur une
-serviette comme un jambon, avec du persil vert autour.
-
-Si vous la voulez servir chaude, mettez-la sur un plat comme une pièce
-de bœuf, avec un bon jus de bœuf corsé, et autour, du raifort ou cran
-râpé.
-
-
-_Culotte de Bœuf à la Gelée ou à la Royale._
-
-Prenez une culotte ou une partie; choisissez-la de bonne qualité,
-et qu’elle soit bien couverte; désossez-la; lardez-la de gros lard,
-comme la culotte à l’écarlate, et assaisonnez ces lardons de même;
-enveloppez-la dans un linge blanc; ficelez-la; mettez-la dans une
-braisière, au fond de laquelle vous aurez mis les os de votre culotte,
-cinq ou six carottes, quatre oignons, deux gousses d’ail, un bouquet
-de persil et ciboules, deux feuilles de laurier, un jarret de veau, un
-demi-setier de vin blanc, du sel ce qu’il en faut pour qu’elle soit
-d’un bon goût, deux ou trois cuillerées à pot de bouillon; faites-la
-partir sur un bon feu; couvrez-la de trois épaisseurs de papier beurré;
-couvrez votre braisière avec son couvercle; faites-la aller doucement
-avec feu dessus et dessous environ quatre heures; lorsque votre culotte
-sera cuite, retirez-la; laissez-la refroidir dans le linge; passez son
-fond à travers une serviette, que vous aurez eu soin de mouiller, afin
-que la graisse ne passe pas avec; laissez-la refroidir; fouettez avec
-une fourchette deux blancs d’œufs avec un peu d’eau; jetez-les dans
-votre fond encore tiède; remuez-le; mettez-le sur le feu jusqu’à ce
-qu’il commence à bouillir; retirez-le; couvrez-le avec un couvercle
-sur lequel vous mettrez quelques charbons ardens; laissez dans cet
-état votre fond près d’un quart d’heure; levez ce couvercle, si votre
-fond est limpide; passez-le de nouveau à travers un linge mouillé et
-tordu; faites refroidir votre gelée, pour voir si elle est trop forte
-ou trop légère: dans le premier cas, mettez-y un peu de bouillon;
-dans le second, faites-la cuire de nouveau avec un jarret de veau, et
-clarifiez-la encore, ainsi qu’il est dit plus haut.
-
-Si elle n’était pas assez ambrée, vous pourriez y mettre un peu de jus
-de bœuf: si vous voulez décorer votre pièce de différentes couleurs,
-telles que rouge et vert, vous pouvez, pour la première, employer un
-peu de cochenille, après l’avoir fait infuser sur un feu doux, et en
-mettre seulement quelques gouttes, jusqu’à ce que vous ayez atteint
-le rouge que vous désirez: le mieux est que la couleur ne domine pas.
-Si vous la désirez verte, prenez un peu de jus d’épinards à cru;
-mettez-en également fort peu, afin de conserver la limpidité de votre
-gelée. Si vous n’aviez pas de cochenille, et que ce fût en hiver, vous
-la remplaceriez aisément en substituant un peu de jus de betteraves
-rouges, pilées à cru, et en agissant comme pour la cochenille; vous
-coulez toutes ces gelées dans des vases disposés de manière à pouvoir
-couper vos gelées de l’épaisseur d’un pouce ou moins, et de diverses
-façons, pour en décorer à volonté la pièce à servir, comme si c’était
-des rubis ou émeraudes; ensuite déballez votre pièce; parez-la sur tous
-les sens; ôtez légèrement la peau de la première graisse qui la couvre;
-mettez-la sur un plat; qu’elle soit d’à-plomb; garnissez-la de gelée;
-faites une bordure de couleurs, en les plaçant alternativement, l’une
-rouge et l’autre verte, comme le sont les diamans d’une couronne, et
-servez.
-
-
-_Rosbif, Rond-bif ou Corne-bif._
-
-Procurez-vous un morceau de cuisse de bœuf; qu’il soit le plus gras
-possible; faites-le couper de toute la circonférence de la cuisse,
-et au-dessous de ce que l’on appelle la culotte; que le gros os se
-trouve au milieu; et au lieu de casser cet os, sciez-le; faites sécher
-et piler trois ou quatre livres de sel; passez-le au tamis; mêlez-y
-un peu d’épices fines et d’aromates en poudre; frottez-en toutes les
-parties de votre bœuf: cela fait, mettez-le dans une grande terrine de
-grès avec le restant de votre assaisonnement; couvrez-le d’abord d’un
-linge blanc; fixez ce linge avec de la ficelle autour de la terrine,
-et couvrez-la avec un couvercle le plus hermétiquement que possible;
-mettez-la au frais trois ou quatre jours; après, retournez dans son
-assaisonnement votre pièce de bœuf; faites-en de même tous les deux
-jours, durant huit ou neuf jours: lorsque vous voudrez vous en servir,
-retirez-la; laissez-la égoutter et ficelez-la; mettez de l’eau dans
-une casserole ronde, dans le cas de contenir votre pièce sans qu’elle
-y soit gênée, avec navets, carottes, oignons, quatre clous de girofle,
-quatre feuilles de laurier; faites bouillir cet assaisonnement, et
-mettez-y votre pièce de bœuf: posez-la sur une feuille de turbotière,
-afin de pouvoir l’enlever, sa cuisson faite, sans la casser; faites-la
-bouillir durant trois heures; retirez-la; dressez-la sur votre plat:
-garnissez-la de légumes avec lesquels elle aura cuit, et servez-la
-avec deux saucières, une de sauce au beurre, et l’autre de jus de bœuf
-(voyez _Sauce au Beurre_, article SAUCES). Servez encore avec votre
-corne-bif des brocolis (voyez _Choux brocolis_, article ENTREMETS).
-Cette pièce, après s’être servie chaude, peut être représentée froide
-avec de la moutarde anglaise et des cornichons.
-
-
-_Bœuf fumé ou de Hambourg._
-
-Employez, pour la préparation de cette pièce, le même procédé que
-celui énoncé à l’article précédent, excepté que vous ne la larderez
-pas; ajoutez au sel fin dont vous la frotterez un peu de salpêtre,
-du genièvre et autres aromates: après douze jours de salaison,
-accrochez-la, laissez-la s’égoutter tout un jour; mettez-la fumer sept
-ou huit jours, comme vous en useriez pour un jambon, ayant soin de la
-retourner au bout de quatre jours, afin qu’elle soit fumée également:
-de là, faites-la cuire comme la précédente. Celle-ci se sert sur de la
-chou-croûte garnie de saucisses, cervelas et petit lard, ou simplement
-saucée avec un jus de bœuf.
-
-On peut employer la poitrine, les tendons et la noix de bœuf, pour
-remplacer la culotte. Ce bœuf se mange froid comme le jambon, et avec
-de la moutarde.
-
-
-_Aloyau à la Broche._
-
-Ayez un aloyau de première ou de seconde pièce, et plus gros, si le cas
-l’exige; ôtez-lui l’arête sans endommager les deux filets; mettez-le
-sur un plat, saupoudrez-le d’un peu de sel fin; arrosez-le d’un peu
-d’excellente huile d’olive, en y joignant quelques tranches d’oignons
-et de feuilles de laurier; laissez-le mortifier deux ou trois jours, si
-le temps le permet, et ayez soin de le retourner deux ou trois fois par
-jour; lorsque vous voudrez le faire cuire, embrochez-le ou couchez-le
-sur fer, de la manière suivante: passez votre broche dans le gros
-filet, en suivant l’arête ou les os de l’échine; gardez-vous, dirai-je
-encore, d’endommager le filet mignon; attachez du côté du gros filet un
-hatelet ou petite broche de fer, liez-le avec de la ficelle fortement
-des deux bouts, afin que votre aloyau ne tourne pas sur la broche;
-roulez le flanc en dessous, pour mieux présenter le filet mignon et la
-graisse de votre aloyau que vous dégraisserez légérement; assujettissez
-ce flanc avec de petits hatelets, en les passant d’outre en outre dans
-le gros filet; enveloppez de papier fort cet aloyau et mettez-le à
-un feu vif, afin qu’il concentre son jus; ayez soin qu’il ne soit ni
-trop cuit ni trop peu, pour qu’il soit dans son jus, et servez-le,
-accompagné d’une saucière dans laquelle vous mettrez une bonne sauce
-hachée. (Voyez _Sauce hachée_.)
-
-
-_Aloyau à la Godard._
-
-Otez le dos de l’échine à votre aloyau sans le désosser tout-à-fait;
-lardez-le de gros lardons, assaisonnés comme il est dit à l’article
-_Culotte de Bœuf à l’écarlate_; ficelez-le de manière à lui donner
-une belle forme; mettez-le dans une braisière avec un bouquet garni de
-fines herbes, oignons et carottes en suffisante quantité; mouillez-le
-avec du bon bouillon, une demi-bouteille de vin de Champagne et une
-autre demi-bouteille de vin de Madère; mettez-y sel et gros poivre;
-faites-le cuire à petit feu, et de manière que son fond soit réduit
-presqu’en glace; retirez-le de sa braise, et servez-le avec le ragoût
-énoncé ci-après: mettez quatre cuillerées à dégraisser d’espagnole
-dans une casserole; ajoutez-y la cuisson de votre aloyau, que vous
-aurez passée et dégraissée; coupez quelques gorges de ris de veau en
-tranches, des champignons tournés, des culs d’artichauts en quartiers,
-des crêtes et des rognons de coqs, des petits œufs; dégraissez votre
-ragoût avant de servir; saucez votre aloyau avec ce ragoût; ajoutez-y,
-si vous voulez, des ris de veau piqués et glacés, des petits pigeons
-à la Gautier, des truffes entières, des quenelles, six ou huit belles
-écrevisses, quelques culs d’artichauts entiers, et servez.
-
-
-_Noix de Bœuf braisée._
-
-Ayez une noix de bœuf couverte de sa panuffe; lardez-la de gros
-lardons, assaisonnez-la comme il est dit à l’article _Culotte à
-l’écarlate_; ficelez-la, mettez-la dans une casserole avec carottes
-tournées, un bouquet assaisonné de laurier, de thym, de basilic, une
-gousse d’ail et deux clous de girofle, un peu de sel, une cuillerée à
-pot de bouillon et un demi-setier de vin blanc; lorsque vous la jugerez
-à moitié cuite, mettez-y six ou huit oignons blancs, étouffez-la avec
-feu dessus et dessous; quand elle sera cuite, ôtez une partie du fond,
-faites-le réduire pour glacer votre noix et vos oignons; dressez-la sur
-un plat, arrangez vos oignons et vos carottes autour; glacez le tout
-comme il est dit plus haut; passez le surplus du fond dans ce qui reste
-de votre glace, saucez-en votre noix et servez.
-
-
-_Côtes de Bœuf couvertes aux Racines._
-
-Prenez les côtes couvertes, lardez-les de gros lard comme la noix de
-bœuf, assaisonnez-les et braisez-les de même; tournez des carottes avec
-votre couteau ou emporte-pièce, une quantité suffisante pour masquer
-vos côtes; faites-les blanchir, mettez-les cuire dans une casserole
-avec une partie de l’assaisonnement de vos côtes, ou du bouillon;
-faites-le tomber à glace; cela fait, prenez la valeur d’une cuiller à
-bouche de farine, un peu de beurre; faites un petit roux, mouillez-le:
-quand il sera bien blond avec les restans de l’assaisonnement de vos
-côtes faites cuire votre sauce, dégraissez-la, tordez-la dans une
-étamine sur vos carottes; remettez le tout sur le feu, afin que votre
-sauce et vos carottes prennent du goût; mettez-y gros de sucre comme
-la moitié d’une noix, pour en ôter l’âcreté, et un pain de beurre;
-sautez bien le tout jusqu’à ce que le beurre soit parfaitement fondu et
-incorporé; masquez vos côtes et servez.
-
-
-_Entre-Côte de Bœuf._
-
-L’entre-côte est la partie qui se trouve sous l’épaule ou paleron; la
-meilleure partie est celle qui est à deux côtes de celles couvertes;
-elle a besoin d’être attendrie et mortifiée; elle est plus délicate
-lorsqu’elle est bien marbrée.
-
-Si vous voulez servir une entre-côte, supprimez-en les nerfs; coupez-la
-de l’épaisseur de deux travers de doigt, aplatissez-la; saupoudrez-la
-légérement de sel, mettez-la sur un gril avec un feu vif; retournez-la
-souvent: lorsque vous la jugerez cuite, servez-la avec une sauce hachée
-(voyez _Sauce hachée_, à son article), ou bien mettez un peu de beurre
-dans un plat, posez-la dessus, retournez-la dedans, ajoutez un jus de
-citron ou un filet de verjus.
-
-
-_Filet de Bœuf, piqué, à la Broche._
-
-Ayez un bon filet de bœuf dont vous lèverez la peau nerveuse qui se
-trouve dessus le côté qui n’est point attaché aux petites côtes: pour
-cet effet, servez-vous d’un couteau mince, et faites-le glisser entre
-la peau et le filet, comme si vous leviez une barde de lard: s’il
-restait quelques petits nerfs, levez-les avec soin, sans endommager
-votre filet; parez-le en tous sens, coupez-en la pointe, et ne lui
-donnez que l’épaisseur de deux doigts; piquez-le d’un bout à l’autre.
-
-La manière de s’y prendre pour le bien piquer consiste seulement à
-placer son filet sur un torchon blanc, le gros bout sur la paume de la
-main gauche, et l’on met de la droite sa lardoire: lorsque vous aurez
-pris de la chair, en raison de la longueur de votre lard, placez le
-lardon dans la lardoire, et tirez-le; s’il était plus passé d’un côté
-que de l’autre, il faudrait l’ajuster avec la pointe de votre lardoire,
-pour qu’il soit égal et que votre pièce ait bonne mine; continuez
-ainsi votre rangée: lorsqu’elle sera achevée, faites-en une autre, en
-ayant l’attention de croiser les bouts, et de ne pas prendre plus de
-chair dans un endroit que dans l’autre; continuez ainsi, jusqu’à ce
-que votre filet soit entièrement piqué. Cette opération faite, vous le
-mettez mariner dans de la bonne huile, avec sel, gros poivre, tranches
-d’oignons et quelques feuilles de laurier; après embrochez-le sur un
-hatelet. S’il ne vous plaît pas de le laisser dans toute sa longueur,
-donnez-lui la forme d’un serpent, en lui faisant faire divers contours,
-celle d’une gimblette ou d’un fer à cheval, comme vous le jugerez le
-plus convenable; faites-le cuire; le plus ou le moins dépend du feu,
-mais préférez un feu vif; servez-le avec une excellente sauce hachée
-ou poivrade. (Voyez _Sauce hachée_ et _Poivrade_, à leurs articles.)
-
-
-_Filet de Bœuf au Vin de Madère._
-
-Ayez un bon filet de bœuf bien marbré, c’est-à-dire d’excellente
-qualité; piquez-le comme il est dit à l’article _Filet de Bœuf à la
-broche_; foncez une casserole de quelques carottes, oignons et d’un
-bouquet; mettez autour de cette casserole des bardes de lard; posez
-votre filet sur les légumes, après y avoir mis environ un quarteron de
-lard râpé, et lui avoir donné la forme d’une gimblette; mouillez-le
-avec une demi-bouteille de vin de Madère, autant de consommé; mettez-y
-peu de sel, et faites-le partir sur un bon feu. Lorsqu’il le sera,
-couvrez-le de trois ou quatre feuilles de papier beurrées; mettez un
-couvercle sur votre casserole, avec feu ardent dessus, et ralentissez
-celui de dessous, pour qu’il mijote seulement. Lorsqu’il sera cuit ou
-près de l’être, passez la majeure partie de ce fond au travers d’un
-tamis de soie; rejetez ce qui n’aura pas passé, dans le puits que forme
-votre filet, afin de le nourrir; mettez la partie coulée dans une
-casserole, avec une cuiller à dégraisser pleine d’espagnole: faites
-réduire le tout à consistance de demi-glace, égouttez votre filet,
-glacez-le, posez-le sur un plat avec propreté. Finissez votre réduction
-avec un pain de beurre; passez-la, versez-la dans le puits de votre
-filet, et servez.
-
-
-_Filet d’Aloyau aux Concombres._
-
-Après avoir paré votre filet, comme il est dit à l’article ci-dessus,
-piquez-le ou lardez-le de gros lard; marquez-le dans une casserole
-en en usant comme pour celui au vin de Madère, et au lieu de ce vin,
-mettez un verre de vin blanc et un peu plus de bouillon; faites cuire
-de même; prenez une partie de ce fond avec une cuillerée d’espagnole;
-faites-le réduire, dégraissez-le, mettez-y vos concombres. (Voyez
-_Ragoût de Concombres_, à son article.)
-
-
-_Filet de Bœuf à la Chicorée._
-
-Il se prépare comme le précédent, excepté qu’on y met, dans le puits
-ou dessous, une bonne chicorée réduite au blanc ou au roux. (Voyez
-_Chicorée_, article des _Ragoûts_.)
-
-
-_Filet de Bœuf à la Sauce Tomate._
-
-Ce filet se prépare comme le précédent, ou on le met à la broche. La
-seule différence, en fait de sauce, est d’en mettre une tomate dessous,
-telle qu’elle est indiquée à l’article _Sauce Tomate_.
-
-
-_Filets de Bœuf sautés dans leur Glace._
-
-Préparez votre filet, supprimez-en le gros bout et la pointe; coupez-le
-en tranches d’un demi-pouce d’épaisseur; si ce filet est gros,
-séparez les tranches en quatre ou en moindres parties; s’il n’est pas
-très-fort, aplatissez-les, coupez-les, avec un coupe-pâte, de la
-grosseur du creux de la main; faites clarifier du beurre, trempez-les
-dedans, et arrangez-les dans une casserole très-plate; posez-les sur un
-feu vif, retournez-les souvent, afin qu’ils ne perdent pas leur jus.
-Quand ils seront près d’être cuits, égouttez-en le beurre, et mettez
-à la place un peu de consommé réduit, ou du bouillon que vous aurez
-fait réduire; retournez-les plusieurs fois et en les appuyant, afin
-qu’ils se glacent et prennent du goût: lorsqu’ils sont bien glacés,
-arrangez-les sur votre plat, en forme de miroton; remettez dans votre
-sauce une cuillerée de consommé; détachez bien votre glace, liez-la
-avec un petit morceau de beurre, versez-la sur vos filets et servez.
-
-Vous pouvez mettre dans le puits, des pommes de terre que vous
-tournerez à cru en forme de petits oignons, que vous ferez cuire dans
-le beurre et auxquelles vous ferez prendre une belle couleur. Vous
-pouvez également y mettre une sauce tomate, de la chicorée ou des
-petits navets; mais il me paraît plus convenable d’employer des pommes
-de terre.
-
-
-_Bifteck._
-
-Parez un morceau de filet de bœuf; de préférence choisissez le milieu,
-ayez soin d’en ôter toutes les fibres et de conserver le plus de
-graisse que vous pourrez; coupez ce filet par morceaux d’un pouce et
-demi d’épaisseur, aplatissez-les et réduisez-les à un demi-pouce;
-mettez-les sur un gril propre, avec un feu vif; retournez-les presque
-toujours, afin que le feu sèche leur surface, au point de leur faire
-conserver leur jus, qui, si vous les laissiez dormir sur le feu,
-reviendrait dessus, et se perdrait en les retournant. Il ne faut pas
-plus de trois minutes pour les faire cuire, si le feu est convenable.
-Ensuite mettez-les sur un plat dans lequel vous aurez mis gros de
-beurre comme une noix par chaque filet; chauffez légérement ce plat;
-retournez vos filets, lesquels feront fondre le beurre en les appuyant
-dessus; garnissez-les de pommes de terre cuites au beurre ou à l’eau,
-et servez.
-
-
-_Véritable Bifteck, comme il se fait en Angleterre._
-
-Les Anglais prennent, pour faire leur bifteck, ce que nous appelons
-la sous-noix de bœuf, ou le morceau qui se trouve près de la queue,
-et qu’ils nomment Romesteck; mais le bœuf chez eux est infiniment
-plus tendre, parce qu’ils le tuent beaucoup plus jeune qu’en France.
-Ils prennent cette partie de bœuf, la coupent par lames épaisses d’un
-demi-pouce, l’aplatissent un peu, la font cuire sur une plaque de fonte
-faite exprès, et au lieu d’employer du charbon de bois, ils se servent
-de charbon de terre. Il faut convenir que cette partie du bœuf employée
-par les Anglais est infiniment meilleure que le filet mignon dont nous
-faisons usage; mais d’un autre côté elle est moins tendre.
-
-
-_Queue de Bœuf en Hoche-pot._
-
-Prenez une queue de bœuf; coupez-la par tronçons, de joint en joint;
-faites-la dégorger et blanchir; foncez une casserole de viande de
-boucherie; placez dessus vos tronçons; ajoutez-y sel, oignons,
-carottes, un bouquet assaisonné d’une feuille de laurier, d’une gousse
-d’ail, de thym, de basilic, et piquée de deux clous de girofle;
-mouillez le tout avec du bouillon, de manière à ce que vos tronçons
-ne fassent que tremper; couvrez-les de bardes de lard; faites-les
-partir; mettez-y un rond de papier, et, les posant sur un feu modéré,
-couvrez-les avec un couvercle, avec feu dessus; laissez-les cuire
-quatre à cinq heures. Vous pourrez juger si votre queue est cuite,
-lorsque, l’ayant pressée contre vos doigts, la chair quittera presque
-les os; alors égouttez-la, et servez-la avec le ragoût de racines.
-(Voyez l’article _Côtes de Bœuf aux Racines_.)
-
-Si vous n’aviez pas de sauce, faites un petit roux avec gros de beurre
-comme un œuf, de la farine autant que votre beurre en pourra boire;
-étant fondu, faites aller votre roux sur un feu doux; tournez-le,
-afin qu’il ne s’attache ni ne brûle, ensuite, ayant passé le fond de
-votre queue au travers d’un tamis de soie, délayez avec ce fond votre
-roux, que vous aurez retiré du feu: de là faites cuire votre sauce;
-dégraissez-la et tordez-la dans une étamine: observez qu’alors vous
-devez avoir eu soin de préparer et faire cuire des racines, ainsi qu’il
-est indiqué à l’article _Côtes de Bœuf aux Racines_; conséquemment
-jetez vos racines dans votre sauce; qu’elle soit d’un bon goût;
-faites-la bouillir, afin que ces racines prennent également du goût;
-mettez-y gros de sucre comme une noix, si vous n’en avez pas mis en les
-faisant cuire; finissez votre ragoût avec un pain de beurre; marquez
-vos tronçons de queue que vous aurez égouttés; dressez sur le plat le
-plus en pyramide possible, et servez.
-
-
-_Queue à la purée de Pois, Lentilles, etc._
-
-Marquez cette queue comme il est dit à l’article précédent; faites
-votre purée comme celle des potages, et passez-la avec un morceau de
-beurre: si vous n’avez pas de sauce pour la corser, mettez une partie
-du fond de votre queue; faites-la réduire; dégraissez-la; mettez-y un
-peu de sucre; qu’elle soit d’un bon sel; finissez-la avec un morceau de
-beurre; égouttez, dressez votre queue, masquez-la avec votre purée, et
-servez ensuite.
-
-
-_Langue fumée._
-
-Ayez autant de langues de bœufs que vous le jugerez à propos;
-supprimez-en le gosier, et faites-les tremper trois heures dans
-l’eau; grattez-les; mettez-les égoutter; frottez-les avec du sel fin
-et environ deux onces de salpêtre; ayez un pot de grès, mettez-y vos
-langues, et à mesure que vous les arrangerez, joignez-y quelques
-feuilles de laurier, du thym, du basilic, du genièvre, du persil,
-de la ciboule, quelques gousses d’ail, des échalotes et des clous de
-girofle; ayez soin que vos langues soient bien serrées les unes contre
-les autres, afin qu’il n’y ait nul vide entre elles: les ayant salées
-convenablement, couvrez votre pot de manière qu’elles ne prennent pas
-l’évent; laissez-les au sel huit jours, après retirez-les, attachez-les
-par le petit bout à un grand bâton, et mettez-les fumer dans la
-cheminée jusqu’à ce qu’elles soient sèches: quand vous voudrez les
-employer, lavez-les, ratissez-les, et faites-les cuire dans un bon
-assaisonnement.
-
-Vous pouvez faire du petit salé avec la saumure assaisonnée de vos
-langues.
-
-
-_Langue de Bœuf fourrée._
-
-Vous ferez dégorger des langues et nettoyer des boyaux de bœuf; ayant
-fait tremper quelques heures dans de l’eau et des herbes aromatiques
-ces boyaux, mettez vos langues dedans, et liez-en les extrémités;
-ayez une saumure assez considérable; mettez-y salpêtre en petite
-quantité, macis, clous de girofle, gingembre, poivre long, laurier,
-thym, basilic, genièvre et coriandre; faites bouillir cette saumure
-une demi-heure à petit feu; passez-la au tamis; laissez-la reposer;
-tirez-la au clair, mettez-y tremper ces langues douze jours; après
-retirez-les; faites-les sécher à la cheminée: pendant qu’elles sèchent,
-brûlez dessous, si vous le voulez, des herbes de senteur, et faites
-cuire ces langues dans une braise, telles que les langues fumées.
-
-
-_Langue de Bœuf à la braise._
-
-Ayez une langue de bœuf; coupez-en le cornet; mettez-la dégorger deux
-ou trois heures et plus; retirez-la de l’eau; ratissez-la bien avec
-votre couteau, pour en ôter la malpropreté; faites-la blanchir dans un
-chaudron ou dans une grande marmite; retirez-la sur un linge blanc;
-ôtez-en la peau; lardez-la de gros lard, que vous aurez assaisonné avec
-sel, poivre fin, épices fines, persil et ciboules; mettez-la cuire dans
-une marmite avec oignons et carottes; mouillez-la avec du bon bouillon
-et un verre de vin blanc; joignez-y quelques parures, soit de viande
-de boucherie, de volaille ou de gibier, afin de lui donner du goût;
-faites-la partir; après mettez-la sur un feu modéré, couvrez-la d’un
-papier et d’un couvercle avec feu dessus; laissez-la mijoter quatre
-heures et demie; dressez-la sur le plat; arrangez autour les légumes
-avec lesquels vous l’avez fait cuire; passez son fond à travers un
-tamis de soie; saucez votre langue avec ce fond, dans lequel vous
-ajouterez une ou deux cuillerées d’espagnole, et servez.
-
-
-_Langue de Bœuf en papillote._
-
-Faites cuire cette langue comme la précédente, sans la larder: quand
-elle sera cuite, laissez-la refroidir dans son assaisonnement; après,
-coupez-la par lames de l’épaisseur d’un demi-pouce; ayez soin de
-la couper en bec de sifflet, pour qu’elle représente à-peu-près la
-largeur d’une côtelette de veau; parez tous les morceaux avec propreté;
-faites qu’ils soient de même grandeur, et mettez-les en papillotes de
-la manière suivante: hachez autant de persil que de ciboules, et deux
-fois plus de champignons; en hachant ces derniers, exprimez dessus
-un jus de citron pour les maintenir blancs; mettez-les dans le coin
-d’un torchon, et pressez-les; supprimez le jus; ensuite jetez le tout
-dans une casserole avec un morceau de beurre; mettez-y sel, gros
-poivre et un peu de muscade râpée; faites cuire le tout à petit feu;
-selon la quantité de vos fines herbes, versez-y une cuillerée ou deux
-d’espagnole réduite ou de velouté; faites réduire le tout de nouveau,
-en sorte que l’humidité ne fasse pas crever vos papillotes: taillez
-votre papier en forme de cœur, en coupant un peu la pointe; étendez
-votre papier; huilez-le légérement avec le doigt à l’endroit où vous
-devez poser votre morceau de langue et vos fines herbes; ensuite mettez
-une petite barde de lard sur le papier, et sur ce lard la valeur d’une
-cuillerée à bouche des mêmes herbes; ensuite posez votre morceau de
-langue, et dessus faites la même opération que dessous: vous aurez
-soin de rogner votre papier avec des ciseaux, au cas où il serait
-trop grand pour la côtelette; ployez-le de manière à ce que les bords
-se trouvent égaux; videz la papillote tout autour, le plus serré que
-possible, en sorte que la partie coupée de ce papier se trouve rentrée
-en dedans du bord: pour y parvenir, vous pincerez votre papier avec
-le pouce et l’index, et le rentrerez en dedans, comme si vous vouliez
-faire une corde: à l’égard de la pointe du haut, vous la tordez comme
-une papillote; cela fait, huilez vos papillotes en dehors, soit avec
-la main, soit avec un doroir; mettez-les sur un gril, avec feu doux,
-environ dix minutes: avant de servir, retournez-les, cinq minutes après
-avoir été posées sur le feu; que le papier soit d’une belle couleur;
-lorsque vous les verrez gonfler, c’est une preuve qu’elles sont
-atteintes; servez-les de suite.
-
-
-_Langue de Bœuf à l’Italienne ou au Parmesan._
-
-Faites cuire cette langue dans une braise comme la précédente;
-laissez-la refroidir de même; coupez-la par lames très-minces; mettez
-du Parmesan dans le fond d’un plat creux; couvrez votre Parmesan de
-vos tranches de langue, ainsi de suite; faites trois ou quatre lits de
-langue et de fromage; arrosez chaque lit d’un peu du fond dans lequel
-aura cuit la langue dont il s’agit, et finissez par un lit de fromage,
-que vous arroserez d’un peu de beurre fondu; mettez le plat au four
-ordinaire ou de campagne; donnez à votre Parmesan une belle couleur, et
-servez.
-
-
-_Palais de Bœufs au Gratin._
-
-Ayez trois ou quatre palais de bœufs; mettez-les sur un gril du côté de
-la peau, et le gril sur une cendre rouge; faites-les griller, au point
-de pouvoir enlever facilement la peau avec le couteau; ensuite grattez
-la partie blanche qui se trouve sous cette peau, pour qu’il n’en reste
-aucun vestige; supprimez le bout du mufle et celui du côté de la gorge,
-et enfin la partie noire qui se trouve au milieu, sans cependant trop
-l’altérer; ensuite faites-les dégorger et blanchir; mettez-les cuire
-dans un blanc, comme il est dit à l’article _Tête de Veau en Tortue_,
-pendant trois ou quatre heures; puis égouttez-les; faites-les refroidir
-à moitié; séparez-les en deux avec votre couteau, comme si vous leviez
-une barde de lard; garnissez-les d’une farce cuite (voyez _Farce
-cuite_, à son article). A cet effet, étendez vos morceaux de palais;
-mettez dessus avec la lame du couteau de cette farce à-peu-près de leur
-épaisseur; roulez-les sur eux-mêmes, comme vous rouleriez un morceau de
-papier dans vos doigts; parez-les des deux bouts; égalisez-les; mettez
-de votre farce l’épaisseur d’un travers de doigt au fond de votre plat;
-rangez vos petits cannelons debout sur votre fond de farce, en laissant
-un puits dans le milieu; garnissez de farce au dedans et au dehors, le
-plus proprement possible, les intervalles de vos cannelons: il faut que
-votre entrée ait la base d’une tour; garnissez ce puits en général de
-bardes de lard bien fines, et remplissez la capacité d’un morceau de
-mie de pain, de manière à maintenir les cannelons dans la position que
-vous leur aurez donnée; faites fondre du beurre, dorez-les avec un
-doroir; panez-les; mettez-les au four ou sous un four de campagne, avec
-feu dessus et dessous; faites-les cuire et prendre une belle couleur;
-ôtez votre bouchon de pain et les bardes de lard, égouttez le beurre,
-saucez dans le puits avec une italienne, et servez.
-
-
-_Palais de Bœufs à l’Italienne._
-
-Préparez cinq ou six de ces palais, comme les précédens; faites-les
-cuire de même; égouttez-les, coupez-les en escalopes ou en petits
-carrés; coupez-les ensuite en rond, de la grandeur d’un petit écu;
-mettez dans une casserole cinq cuillerées à dégraisser d’italienne
-rousse, que vous ferez réduire aux deux tiers de son volume; jetez vos
-palais dedans, laissez-les mijoter un peu, sautez-les; mettez un jus de
-citron, et servez.
-
-
-_Palais de Bœufs à la Poulette._
-
-Préparez, comme ci-dessus, la même quantité de palais de bœufs;
-coupez-les en rond ou en filets; mettez-les dans une casserole avec
-trois cuillerées à dégraisser de velouté, laissez-les mijoter; faites
-une liaison de deux jaunes d’œufs, déliez-la avec un peu de lait ou de
-crême; retirez vos palais du feu, liez-les avec vos œufs; remettez-les
-sur le feu, en les agitant toujours, afin de faire cuire votre liaison;
-mettez-y un demi-pain de beurre, un filet de verjus, ou un jus de
-citron, un peu de persil haché, et servez-les. Pour faire une bordure à
-votre plat, ajoutez, si vous le voulez, des croûtes de pain, tournées
-en bouchons, que vous aurez fait frire dans le beurre.
-
-
-_Palais de Bœufs à la Ravigote._
-
-Préparez, comme il est dit aux articles précédens, vos palais de bœufs;
-coupez-les de même, sautez-les dans une sauce ravigote, froide ou
-chaude (voyez _Sauce Ravigote_, à son article), et servez.
-
-
-_Croquettes de Palais de Bœufs._
-
-Faites cuire dans un blanc trois palais de bœufs, laissez-les
-refroidir, coupez-les en petits dés, et de même quelques champignons,
-ainsi que des truffes, si c’est la saison; faites réduire quatre
-cuillerées d’espagnole ou de velouté à demi-glace, c’est-à-dire à
-moitié, jetez dedans tous vos petits dés avec un peu de persil haché;
-retirez votre casserole du feu; liez votre salpicon avec deux jaunes
-d’œufs et du beurre gros comme une noix; versez le tout sur un plat,
-étendez-le avec la lame d’un couteau, en lui conservant une bonne
-épaisseur; lorsque ce salpicon sera refroidi, coupez-le par carrés
-égaux, et donnez-lui la forme que vous jugerez convenable, soit en
-côtelettes, soit en cannelons, soit en poires ou en petites boules.
-Cassez trois œufs que vous battrez comme une omelette; mettez-y un peu
-de sel fin; trempez tous vos morceaux, l’un après l’autre, dans cette
-omelette; mettez-les ensuite dans de la mie de pain, en maintenant la
-forme que vous leur avez donnée; au fur et à mesure que vous les aurez
-passés, mettez-les sur un plat; repassez votre mie de pain au travers
-d’une passoire; trempez une seconde fois vos croquettes dans cette
-omelette, passez-les de nouveau; saupoudrez votre plat de mie de pain,
-rangez-les dessus et couvrez-les avec le reste de la mie de pain pour
-qu’elles ne sèchent pas; au moment de servir, retirez-les de cette mie,
-posez-les sur un couvercle; mettez votre friture sur le feu, faites-la
-bien chauffer sans la brûler; glissez toutes vos croquettes à-la-fois,
-afin qu’elles aient toutes la même couleur; retirez-les; faites-les
-égoutter un moment; rangez-les sur votre plat, et servez avec un
-bouquet de persil frit, dont vous couronnerez vos croquettes.
-
-
-_Palais de Bœufs en Cracovie._
-
-Ayez trois palais de bœufs, préparez-les comme les précédens;
-laissez-les refroidir; coupez-les en quatre; fendez chaque morceau
-en deux, comme si vous leviez une barde de lard; ce qui vous donnera
-vingt-quatre morceaux. Ayez une tetine de veau blanchie dans l’eau, ou
-cuite dans la marmite; coupez-la par petites bardes, comme le sont vos
-palais; ayez également un salpicon, comme celui des croquettes énoncées
-à l’article précédent; étendez-en gros comme le pouce sur chaque
-morceau de vos palais, roulez-les, enveloppez-les avec votre morceau de
-tetine; passez-les comme les croquettes, ou trempez-les dans une pâte
-à frire (voyez _Pâte à frire_, à son article); faites-les frire comme
-les croquettes, dressez-les de même, et servez.
-
-
-_Palais de Bœufs à la Lyonnaise._
-
-Faites cuire quatre ou cinq de ces palais dans un blanc, ainsi que vous
-le verrez ci-dessus; coupez cinq ou six oignons en tranches, passez-les
-dans le beurre; qu’ils soient d’une belle couleur; lorsqu’ils seront
-cuits, mouillez-les avec une cuillerée ou deux d’espagnole: si vous
-n’en avez pas, singez-les et mouillez-les avec un peu de bouillon;
-faites cuire le tout; coupez vos palais en carré ou en filets,
-jetez-les dans votre sauce; mettez-y un peu de sel, de gros poivre, et
-finissez avec un peu de moutarde.
-
-
-_Gras-double._
-
-Prenez la partie la plus épaisse du gras-double, mettez-la dans de
-l’eau tiède; ratissez-la bien; enlevez avec soin la partie spongieuse;
-remettez-la dans de l’eau beaucoup plus chaude; faites-lui jeter un
-bouillon, et nettoyez-la de nouveau; frottez-la avec du citron; faites
-qu’elle soit aussi blanche que possible; mettez cuire ce gras-double
-dans un blanc, sept à huit heures: sa cuisson faite, coupez-le en
-losanges ou en filets. Si vous le voulez servir à la poulette (voyez
-l’article _Palais de Bœufs à la Poulette_): si vous le voulez à
-l’Italienne (voyez aussi cet article.)
-
-
-
-
-VEAU.
-
-
-Choisissez-le bien blanc et d’une chair tirant plutôt sur le verdâtre
-que sur le rose; c’est la couleur que doit avoir le véritable veau de
-Pontoise, qui doit être nourri, pour avoir cette qualité, avec des œufs
-frais, de la mie de pain blanc ou des rognures de pain à chanter. Il
-nous en vient de divers endroits, tels que de Montargis, Caen et Rouen,
-et qui, en raison de leur blancheur, passent pour être de Pontoise. Il
-faut, outre la blancheur, que le veau de Pontoise soit très-gras, bien
-couvert sur les côtes et sur le filet des reins; que ses rognons soient
-très-gros de graisse. Dans le veau tout se mange, excepté les sabots et
-une partie de la peau, puisque celle de la tête et des pieds se mange:
-il n’y a pas jusqu’à son sang dont on ne puisse faire d’excellent
-boudin. Les charcutiers l’emploient avec le sang du porc, et le
-trouvent plus délicat. Le veau est préférable, lorsqu’il n’a encore que
-six semaines ou deux mois; sa chair est plus onctueuse et donne plus de
-sucs nourriciers que si l’animal était plus jeune ou plus vieux.
-
-
-_Tête de Veau au naturel, ou à la Bourgeoise._
-
-Choisissez-la bien blanche, ôtez les deux côtés de la mâchoire
-inférieure; désossez aussi le bout du mufle jusqu’auprès des yeux, en
-relevant la peau sans l’endommager; coupez le museau sans blesser la
-langue; ensuite mettez dégorger cette tête à grande eau; faites-la
-blanchir, épluchez-la, flambez-la, et frottez-la avec un citron:
-cela fait, mettez-la dans un blanc (voyez _Blanc_, à son article);
-après l’avoir renfermée dans un torchon dont vous aurez attaché les
-quatre bouts, faites-la partir, laissez-la cuire deux ou trois heures;
-retirez-la, et après l’avoir développée, laissez-la égoutter; découvrez
-la cervelle en levant la calotte; parez-la, dressez-la, et servez
-ensuite avec une sauce au pauvre homme. (Voyez _Sauce au pauvre
-Homme_, à son article.)
-
-
-_Tête de Veau farcie._
-
-Ayez une tête de veau échaudée, bien blanche; désossez-la, en laissant
-tenir les yeux à la peau, et prenant garde de la percer avec le
-couteau; mettez-la dégorger, ainsi que la langue dont vous aurez
-supprimé le gosier: faites une farce avec une livre de veau et une
-livre et demie de graisse de rognons de bœuf; hachez ces deux objets
-séparément; pilez le veau; cette opération faite, joignez-y votre
-graisse, et pilez le tout ensemble, de manière à ce qu’il ne puisse
-être distingué; joignez à cela la mie d’un pain à potage, que vous
-aurez trempée dans de la crême, et ensuite desséchée par des fines
-herbes hachées et passées dans le beurre, telles que champignons,
-persil et ciboules, que vous laisserez refroidir pour incorporer avec
-votre farce; assaisonnez-la de sel, épices fines et poivre; pilez le
-tout ensemble: mouillez cette farce avec peu d’eau à-la-fois; ajoutez
-trois ou quatre œufs, l’un après l’autre: si elle se trouvait trop
-ferme pour l’étendre sur la tête de veau, mettez-y un peu d’eau. Cette
-farce finie, égouttez cette tête, essuyez-la, flambez-la si elle en
-a besoin; ensuite mettez-la sur un linge; étendez sur ses chairs
-l’épaisseur de deux doigts de farce; cela fait, mettez sur cette farce
-un salpicon froid, dont vous aurez coupé les dés un peu plus gros que
-pour des croquettes; remettez la langue après l’avoir fait blanchir;
-ôtez la peau qui l’enveloppe, à la position où elle était quand la tête
-était entière; recouvrez votre salpicon avec de la farce, ayant soin de
-donner à cette tête sa première forme; cousez-la, et du côté du collet
-enveloppez-la de bardes de lard ou d’une toilette de veau (ce qui vaut
-mieux), afin que la farce n’en sorte pas; roulez-la dans une serviette
-ou étamine, ayant soin de lui coucher les oreilles; ficelez-la
-par-dessus la serviette, toujours en ménageant sa forme; foncez une
-marmite avec quelques débris de viande de boucherie; mettez-y sel,
-oignons, carottes, deux feuilles de laurier, deux gousses d’ail, deux
-clous de girofle, une bouteille et demie de vin blanc de bonne qualité,
-quelques fonds de braise ou du bon bouillon; laissez-la cuire deux ou
-trois heures, surtout qu’elle n’arrête pas. Quand elle sera cuite,
-égouttez-la sur un couvercle, et servez-la avec le ragoût ci-après:
-
-Mettez dans une casserole deux cuillerées à pot d’espagnole, et un
-demi-setier de vin blanc; faites réduire le tout; ajoutez six ou huit
-grosses quenelles de la farce énoncée plus haut, et que vous aurez
-fait pocher dans du bouillon; joignez-y des champignons tournés, des
-culs d’artichauts, quelques tranches de gorges de ris de veau; faites
-mijoter le tout, dégraissez-le; déballez votre tête, dressez-la sur un
-plat: mettez ce ragoût autour, garnissez-le d’écrevisses, de ris de
-veau piqués et glacés, ainsi que de truffes, et servez.
-
-Vous pouvez encore servir cette tête farcie avec le ragoût de celle en
-tortue. (Voyez _Sauce en Tortue_, à son article.)
-
-
-_Tête de Veau en Tortue._
-
-Ayez une tête de veau échaudée, désossez-la comme la précédente;
-mettez-la dégorger; faites-la blanchir, ainsi que la langue; coupez-la
-en deux; flambez-la; frottez-la de citron; mettez-la cuire dans un
-blanc, comme celle à la bourgeoise: lorsqu’elle sera cuite, coupez-la
-proprement en douze morceaux; égouttez et dressez ces morceaux sur un
-plat; placez-y la langue que vous aurez panée à l’anglaise et fait
-griller d’une belle couleur; joignez-y la cervelle que vous aurez
-divisée en cinq ou six parties, fait cuire dans une marinade, mise dans
-une pâte et fait frire; saucez les morceaux de la tête de veau avec
-le ragoût en tortue; garnissez-les de six œufs frais pochés, d’une
-douzaine de belles truffes, d’autant d’écrevisses, de quelques ris de
-veau piqués, et servez.
-
-
-_Oreilles de Veaux farcies._
-
-Ayez des oreilles; flambez-les; mettez les cuire dans un blanc (voyez
-_Blanc_, à son article): lorsque ces oreilles seront cuites, tirez-les
-de leur blanc; laissez-les refroidir; remplissez-les de farce cuite
-(voyez _Farce cuite_, à son article); unissez cette farce avec la
-lame de votre couteau; cassez quelques œufs comme pour une omelette;
-trempez-y vos oreilles; panez-les; retrempez-les une seconde fois
-dans les œufs, et panez-les de nouveau; mettez-les sur un couvercle;
-couvrez-les du reste de votre mie de pain; un peu avant de servir,
-retirez-les; faites les frire: observez que votre friture ne soit pas
-trop chaude, afin que ces oreilles ne prennent pas trop de couleur, et
-que votre farce ait le temps de cuire; retirez-les, dressez-les sur un
-plat, la pointe en haut; mettez dessus une pincée de persil frit, et
-servez.
-
-
-_Oreilles de Veaux en Marinade._
-
-Faites cuire cinq oreilles de veaux dans un blanc, comme vous l’avez
-fait ci-dessus: lorsqu’elles le seront, coupez-les dans leur longueur
-en quatre morceaux; faites-les mariner avec vinaigre, sel et gros
-poivre; égouttez-les, et trempez-les dans une pâte à frire qui soit
-très-légère (voyez _Pâte à frire_, à son article); couchez les
-morceaux, les uns après les autres, dans la friture avec assez de
-vivacité pour qu’ils soient frits également; retournez-les avec une
-écumoire; menez-les à un feu vif: lorsque votre friture sera d’une
-belle couleur et sèche, retirez-la, égouttez-la sur un linge blanc,
-dressez-la sur le plat, et couronnez-la avec du persil frit.
-
-
-_Oreilles de Veaux à l’Italienne._
-
-Ayez sept ou huit de ces oreilles échaudées; flambez-les; faites-les
-blanchir et rafraîchissez-les; faites-les cuire dans un blanc, ou
-autrement foncez une casserole de bardes de lard; mettez-y ces oreilles
-avec un bouquet de persil et ciboules assaisonné, quelques tranches
-de citrons; mouillez avec du consommé et un demi-verre de vin blanc;
-couvrez vos oreilles de bardes de lard; mettez dessus un rond de papier
-beurré; faites-les cuire une heure et demie, égouttez-les; essuyez-les;
-ciselez les bouts comme vous feriez d’une ciboule; dressez-les, et
-servez dessous une sauce à l’italienne. (Voyez _Sauce à l’Italienne_,
-à son article.)
-
-
-_Oreilles de Veaux à la Ravigote._
-
-Préparez ces oreilles comme les précédentes; ayez attention qu’elles
-soient bien blanches; au moment de servir, coupez-en les pointes et
-ciselez-en les cartilages; égouttez-les; servez-les sur une ravigote
-chaude ou froide. (Voyez _Sauce Ravigote_, à son article.)
-
-
-_Langues de Veaux à la Sauce piquante._
-
-Ces langues s’accommodent comme celles de bœufs. (Voyez article
-_Langues de Bœufs_.)
-
-
-_Pieds de Veau._
-
-Les pieds de veau se font cuire comme la tête, et se mangent au
-naturel, en marinade, à la ravigote. Ils sont ennemis de toutes sauces
-fades.
-
-
-_Cervelles de Veaux à l’Allemande._
-
-Ayez trois cervelles de veaux bien levées, c’est-à-dire sans être
-endommagées; mettez-les dans une casserole avec de l’eau en suffisante
-quantité; de suite ôtez-en toutes les fibres, ainsi qu’au cervelet:
-cela fait, changez-les d’eau; laissez-les dégorger; repassez-les
-pour en ôter les fibres s’il en est resté; faites-les blanchir
-environ un quart d’heure, de la manière suivante: faites bouillir
-de l’eau avec une pincée de sel blanc, un verre de vinaigre blanc;
-mettez-y vos cervelles; retirez-les après qu’elles sont blanchies;
-égouttez-les; mettez-les dans une casserole que vous aurez foncée de
-lard; mouillez-les avec un verre de vin blanc, deux fois autant de
-consommé, afin qu’elles trempent; joignez-y un bouquet de persil et
-ciboules bien assaisonné, quelques tranches de citron, desquelles vous
-aurez ôté les pepins et l’écorce; couvrez-les de bardes de lard et d’un
-rond de papier; faites-les partir sur un fourneau; mettez-les ensuite
-trois quarts d’heure sur une petite paillasse; leur cuisson faite,
-dressez-les sur le plat, et masquez-les avec la sauce à l’allemande.
-(Voyez _Sauce à l’Allemande_, à son article.)
-
-
-_Cervelles de Veaux en Matelote._
-
-Prenez la même quantité de cervelles; faites-les cuire de même que
-celles ci-dessus: leur cuisson faite, dressez-les sur le plat;
-garnissez-les d’écrevisses, de croûtons coupés en queue de paon et
-passés dans le beurre; saucez-les avec la sauce à la matelote, indiquée
-à son article, et servez.
-
-
-_Cervelles en Marinade._
-
-Préparez deux cervelles de veaux comme les précédentes, et faites-les
-cuire de la même manière: après les avoir égouttées, divisez-les en
-cinq morceaux; mettez-les dans une marinade passée au tamis (voyez
-_Marinade_, à son article); faites une pâte à frire assez légère
-(voyez _Pâte à frire_, à son article); trempez-y vos morceaux,
-égouttez-les pour qu’ils ne soient pas trop chargés de pâte, et
-mettez-les dans la friture; faites qu’ils aient une belle couleur;
-égouttez-les; dressez-les en les surmontant d’une pincée de persil
-frit, et servez.
-
-
-_Cervelles de Veaux à la purée de Pois._
-
-Prenez le même nombre de cervelles, et apprêtez-les comme celles
-ci-dessus: lorsque vous serez prêt à servir, égouttez-les, et
-masquez-les avec une purée de pois, comme celle indiquée pour les
-entrées. (Voyez _Purée de Pois_, à son article.)
-
-
-_Cervelles de Veaux au Beurre noir._
-
-Préparez et faites cuire ces cervelles comme celles dites à
-l’allemande: lorsque vous serez prêt à servir, égouttez-les, et, après
-les avoir dressées, saucez-les avec le beurre noir qui se prépare ainsi:
-
-Mettez une demi-livre de beurre dans un diable (poêle à courte queue);
-posez-le sur le feu; faites-le roussir sans le brûler, ce qui s’évite
-en agitant la poêle: lorsqu’il est suffisamment noir, retirez-le, et
-tirez-le au clair; après l’avoir écumé, essuyez votre poêle; versez
-dedans une cuillerée à dégraisser de vinaigre, une pincée de sel;
-faites-le chauffer; versez-le dans votre beurre noir; agitez le tout;
-saucez-en vos cervelles; garnissez-les de persil frit, soit autour ou
-dessus, et servez de suite.
-
-
-_Cervelles de Veaux à la Ravigote._
-
-Prenez également trois cervelles que vous préparerez de la même manière
-que celles ci-dessus: lorsqu’elles seront cuites, dressez-les et
-servez-les avec une des sauces à la ravigote indiquées à leur article;
-vous pouvez servir autour des petits oignons que vous aurez fait
-blanchir et cuire ensuite dans du consommé.
-
-
-_Foie de Veau à la Poêle._
-
-Ayez un foie de veau bien blond, c’est-à-dire bien gras; émincez-le
-par petites lames de l’épaisseur d’un écu de six livres; mettez dans
-une poêle un morceau de beurre, en raison du volume de foie que vous
-préparez; posez cette poêle sur un bon feu, et remuez-la souvent:
-lorsque votre foie sera roide, singez-le d’une pincée de farine;
-remuez-le de nouveau, pour que la farine ait le temps de cuire; cela
-fait, saupoudrez-le d’un peu de persil et de ciboules ou échalotes
-hachées; assaisonnez-le de sel et gros poivre; mouillez-le avec une
-demi-bouteille de vin rouge; remuez le tout sur le feu, sans le laisser
-bouillir, de crainte de faire durcir votre foie. Si la sauce était
-trop courte, alongez-la avec un peu de bouillon, et finissez, si vous
-voulez, avec un filet de vinaigre ou de verjus, et servez.
-
-
-_Foie de Veau à la Bourgeoise ou à l’Étouffade._
-
-Ayez un foie de veau, comme il est indiqué ci-dessus; lardez-le de gros
-lardons en travers, lesquels auront été assaisonnés de sel, poivre,
-épices fines, basilic et thym mis en poudre, persil et ciboules hachés.
-Votre foie étant bien lardé, mettez-le dans une casserole foncée de
-bardes de lard, avec oignons, carottes, deux clous de girofle, une
-feuille de laurier, une gousse d’ail, quelques débris de veau et une
-demi-bouteille de vin blanc; achevez de le mouiller avec du bouillon;
-faites-le partir; écumez-le; couvrez-le de bardes de lard et d’un rond
-de papier; mettez dessus un couvercle et lutez-le; cela fait, mettez-le
-environ cinq quarts d’heure sur une paillasse, avec feu dessous et
-dessus: lorsqu’il sera cuit, passez dans une casserole et tamis de soie
-une partie de son mouillement; mettez ce mouillement sur le feu avec un
-pain de beurre manié dans de la farine, pour lier votre sauce; faites
-réduire; ajoutez-y, si vous le voulez, un peu de beurre d’anchois;
-sassez, masquez-en votre foie, et servez.
-
-
-_Foie de Veau à l’Italienne._
-
-Ayez un foie de veau bien blond; coupez-le par lames de l’épaisseur
-d’un travers de doigt; parez-les toutes de la même grandeur, en leur
-donnant la forme d’une queue de paon; farinez-les; mettez environ un
-quarteron de bonne huile d’Aix dans une casserole très-plate, appelée
-sauteuse; étendez-y vos lames de foie, les unes après les autres;
-saupoudrez de sel fin le dessus; posez votre sauteuse sur un bon feu;
-faites roidir votre foie, retournez-le avec la pointe du couteau: quand
-il sera revenu des deux côtés, et que vous le jugerez cuit, ce dont
-vous pourrez vous assurer en en coupant un peu de l’un des morceaux,
-égouttez-le; dressez-le en cordon sur le plat; saucez-le avec une bonne
-italienne rousse réduite, dans laquelle vous aurez mis le jus d’un
-citron, et servez. (Voyez _Italienne rousse_, à son article.)
-
-
-_Foie de Veau à la Broche._
-
-Choisissez un beau foie blond; lardez-le en dessous de gros lard que
-vous aurez assaisonné comme ceux du foie à l’étouffade; piquez-le
-comme le filet de bœuf (voyez _Filet de Bœuf piqué_, à son article);
-mettez-le ensuite sur un plat de terre, avec quelques branches de
-persil et des ciboules coupées en trois ou en quatre, deux feuilles de
-laurier et un peu de thym; saupoudrez-le d’un peu de sel; arrosez-le
-avec de l’huile d’olive, et laissez-le mariner ainsi: lorsque vous
-voudrez le mettre à la broche, passez-y quatre ou cinq petits hatelets
-en travers et un grand dans sa longueur que vous fixerez sur la
-broche, en l’attachant assez fortement des deux bouts pour qu’il ne
-puisse tourner sur lui-même; enveloppez-le de papier beurré que vous
-attacherez de même sur la broche; arrosez-le; faites-le cuire environ
-cinq quarts d’heure: sa cuisson dépend de sa grosseur et du plus ou
-du moins de feu que vous ferez; déballez-le, et, après l’avoir glacé,
-servez-le avec une bonne poivrade dessous. (Voyez _Sauce poivrade_, à
-son article.)
-
-
-_Mou de Veau à la Poulette._
-
-Ayez un mou de veau bien blanc, coupez-le en gros dés; faites-le
-dégorger et changez-le d’eau plusieurs fois, ayant soin de le presser
-dans vos mains lorsque vous le retirez de l’eau, afin d’en exprimer
-le sang; faites-le blanchir en le mettant à l’eau froide; faites-lui
-jeter un bouillon, rafraîchissez-le, c’est-à-dire, jetez-le dans l’eau
-froide; égouttez-le; mettez dans une casserole convenable un morceau
-de beurre; ce beurre une fois fondu, jetez-y votre mou; faites-le
-revenir sans qu’il roussisse; singez-le de farine; retournez-le avec
-une cuiller, afin que la farine s’incorpore avec le mou; mouillez-le
-doucement avec du bouillon, ayant soin de le remuer toujours;
-assaisonnez-le de sel, poivre et d’un bouquet de persil, garni d’une
-feuille de laurier, d’un clou de girofle, d’une gousse d’ail; faites
-partir à grand feu, toujours en le remuant, afin que la farine ne tombe
-pas au fond et ne s’attache point; aux trois quarts cuit, mettez-y des
-petits oignons et des champignons; la cuisson faite du tout, si la
-sauce se trouvait trop longue, versez-en dans une autre casserole la
-majeure partie, faites-la réduire, dégraissez-la; arrivée à son point,
-liez-la avec quelques jaunes d’œufs (voyez _Liaison_, à son article);
-mettez-y un peu de persil haché, un filet de verjus ou le jus d’un
-citron; goûtez s’il est d’un bon sel, et servez.
-
-
-_Mou de Veau au Roux._
-
-Préparez ce mou comme il est dit ci-dessus; mais, au lieu de le passer
-dans le beurre, mettez-le dans un peu de roux (voy. _Roux_, à son
-article); mouillez-le comme le précédent et assaisonnez-le de même;
-aux trois quarts cuit, mettez-y des petits oignons et des champignons;
-faites réduire la sauce, dégraissez-la et ôtez-en le bouquet en
-l’exprimant; faites que cette sauce, arrivée à son degré de réduction,
-soit d’une belle couleur rousse et d’un bon goût; finissez-la avec un
-filet de verjus ou le jus d’un citron, et servez.
-
-
-_Fraise de Veau._
-
-Ayez une fraise de veau bien blanche et grasse; ayez soin de
-l’approprier comme il faut; faites-la dégorger et blanchir en lui
-faisant jeter quelques bouillons; rafraîchissez-la, mettez-la cuire
-dans un blanc comme la tête de veau (voyez _Blanc_, à son article); la
-cuisson faite, égouttez-la, et servez-la avec une sauce au pauvre homme
-que vous mettrez dans une saucière. (Voyez _Sauce au Pauvre homme_.)
-
-
-_Fraise de Veau à la Brisac._
-
-Faites cuire cette fraise comme pour la servir au naturel; sa cuisson
-achevée, coupez-la en morceaux égaux; mettez-les dans une italienne
-bien réduite et bien corsée; la fraise étant fade par elle-même, au
-moment de la servir relevez-la d’un jus de citron, d’un peu d’huile et
-d’ail râpé.
-
-
-_Ris de Veau à la Dauphine._
-
-Ayez cinq ris de veau, séparez-en les gorges; mettez-les dégorger,
-changez-les d’eau plusieurs fois, afin qu’ils soient bien blancs;
-faites-les blanchir légérement, qu’ils ne soient que roidis pour les
-piquer plus facilement; mettez dessus un bout-à-bout ou une deuxième,
-comme je l’ai indiqué; foncez une casserole de quelques parures de
-veau, garnissez-la d’oignons et de carottes; mettez autour de cette
-casserole des bardes de lard; posez vos ris sur ce fond, qu’ils se
-touchent sans être pressés; mouillez-les avec du consommé, en sorte
-que le lard ne trempe pas; couvrez-les avec un rond de papier beurré;
-faites-les partir; posez-les sur une paillasse, couvrez-les; mettez
-du feu sur leur couvercle; que ce feu soit assez ardent pour qu’ils
-prennent une belle couleur dorée; laissez-les cuire environ trois
-quarts d’heure; égouttez-les sur un couvercle, glacez-les, mettez-les
-sur une bonne chicorée blanche réduite (voyez _Ragoût à la Chicorée
-blanche_, à son article); ajoutez-y, si vous voulez, quatre grandes
-crêtes de pain passées dans le beurre.
-
-Si vous n’avez pas de glace, passez le fond de vos ris au travers d’un
-tamis de soie; faites-le réduire en glace, et servez-vous-en pour
-glacer vos ris.
-
-
-_Ris de Veau à l’Espagnole._
-
-Après avoir fait blanchir des ris de veau et les avoir piqués comme
-les précédens, marquez-les de même et faites-les cuire; lorsqu’ils
-le seront, passez leur fond dans une casserole; faites-les réduire
-presqu’à glace; remettez vos ris de veau jusqu’à ce que leur glace soit
-à son point; retournez-les légérement du côté du lard; dressez-les
-sur le plat, mettez dans la casserole une cuillerée à dégraisser
-d’espagnole; détachez bien la glace, saucez-en vos ris de veau, et
-servez.
-
-
-_Hatelet de Ris de Veau._
-
-Marquez des gorges de ris de veau sans être piquées, comme les ris
-énoncés aux articles précédens; lorsqu’ils seront presque cuits,
-retirez-les de leur fond et laissez-les se refroidir; coupez-les
-par tranches d’un demi-pouce d’épaisseur; coupez de même grosseur
-une langue de veau fourrée, des truffes, que vous passerez dans le
-beurre, du petit lard cuit dans la marmite; vous aurez une sauce aux
-hatelets (voyez _Sauce aux Hatelets_, à son article); quand elle
-sera bien chaude, vous y mettrez tous vos morceaux que vous mêlerez
-bien, et déposant le tout sur un plat, vous le laisserez refroidir;
-ensuite enfilez ces morceaux l’un après l’autre, et par le milieu,
-en les entremêlant; cela fait, parez ces hatelets sur les quatre
-faces, afin qu’ils soient parfaitement carrés; garnissez-les du reste
-de votre sauce en remplissant les vides des morceaux qui peuvent ne
-pas être égaux; ensuite passez-les à la mie de pain, en tenant des
-deux mains les bouts de votre hatelet; trempez-le dans une petite
-omelette; repanez-le et rendez-le bien carré; lorsque vous voudrez
-servir vos hatelets, mettez-les sur un gril propre, à un feu doux, afin
-qu’ils aient le temps d’être atteints sans prendre trop de couleur;
-grillez-les sur les quatre faces; qu’ils soient d’une belle couleur, et
-servez.
-
-
-_Ris de Veau en caisse._
-
-Faites cuire des gorges de ris de veau; coupez-les par tranches,
-passez-les dans des fines herbes, telles que du persil, ciboules et
-champignons hachés très-fin, un morceau de beurre, sel et gros poivre;
-faites-les mijoter; vous aurez une caisse, ronde ou carrée, que vous
-huilerez en dehors; mettez dans le fond de cette caisse l’épaisseur
-d’un travers de doigt de farce cuite (voyez _Farce cuite_, à son
-article); mettez votre caisse sur un gril ou sur un couvercle de
-tourtière, afin que votre farce puisse cuire sans brûler; il faut que
-cette caisse prenne une teinte jaune; mettez-y vos ris de veau et vos
-fines herbes; saucez-les avec une bonne espagnole réduite, un jus de
-citron, et servez.
-
-
-_Ris de Veau à l’Anglaise._
-
-Préparez et faites cuire ces ris comme les précédens; mettez dans une
-casserole du beurre gros comme un œuf; faites-le fondre sans trop le
-chauffer; délayez-y deux jaunes d’œufs; assaisonnez votre beurre d’un
-peu de sel; dressez vos ris de veau sur une tourtière, dorez-les avec
-votre beurre et vos jaunes bien mêlés; panez-les avec de la mie de
-pain, dans laquelle vous aurez mis un peu de Parmesan râpé; arrosez-les
-avec ce beurre, en vous servant de ciboules fendues en forme de
-pinceau; mettez ces ris au four, ou sous un four de campagne, pour
-leur faire prendre une belle couleur dorée; dressez-les sur le plat,
-saucez-les avec une bonne italienne blanche, et servez.
-
-Vous pouvez servir panée la moitié de ces ris, et l’autre moitié piquée
-et glacée.
-
-
-_Petit Aspic de Ris de Veau._
-
-Faites cuire ces ris un peu plus que ceux pour hatelets; coupez-les de
-même; enfilez-les dans des petits hatelets d’argent; parez-les sur les
-quatre faces, tel que les ris de veau en hatelets; entremêlez-les de
-truffes, si vous le voulez; ayez des moules de fer-blanc ou de cuivre,
-étamés, plus longs et un peu plus larges que la surface de vos hatelets
-de ris de veau garnis; coulez dans ces moules de l’aspic tiède, de
-l’épaisseur de deux écus de six livres, et laissez-le prendre; vous
-pouvez faire sur cet aspic le dessin que vous jugerez à propos, soit
-avec des truffes, des cornichons, des blancs d’œufs durcis, des filets
-d’anchois et des feuilles d’estragon blanchies; lorsque vous aurez fait
-vos dessins, posez vos hatelets, garnis de ris de veau, légérement
-dessus et bien au milieu; ensuite coulez-y de nouveau avec une cuiller
-à bouche de l’aspic presque froid sur les côtés et le milieu, afin
-de remplir parfaitement vos moules; laissez-les prendre ainsi, ou
-mettez-les à la glace, si le cas l’exige; au moment de servir, trempez
-légérement ces moules dans de l’eau chaude jusqu’au bord; retournez-les
-sur un couvercle; faites-les glisser sur leur plat; n’ôtez leur moule
-que quand vos petits aspics sont arrangés sur ce plat, et mettez-les au
-frais jusqu’à ce que vous serviez.
-
-Si vous n’aviez point d’aspic, vous fonceriez davantage la casserole de
-vos ris de veau, et vous en clarifieriez le fond, duquel vous feriez
-votre aspic. (Voyez _Grand Aspic_, à son article.)
-
-
-_Ris de Veau à la Poulette._
-
-Faites cuire ces ris comme il est énoncé ci-dessus; mettez dans une
-casserole du velouté ce que vous jugerez à propos; coupez vos ris
-par tranches; vous aurez eu soin de ne pas les laisser trop cuire;
-mettez-les dans votre velouté avec des champignons, que vous aurez
-fait cuire (voyez _Sauce aux Champignons_, à son article); laissez
-réduire votre ragoût à son degré, et liez-le avec deux ou trois jaunes
-d’œufs (voyez _Liaison_, et _la Manière de lier_, à leurs articles);
-mettez-y du persil haché et blanchi, si vous le voulez, un demi-pain de
-beurre, un jus de citron, et servez.
-
-
-_Queues de Veaux aux petits Pois._
-
-Ayez plusieurs queues de veaux, coupez-les par jointures, comme il est
-indiqué à l’article _Queues de Bœuf_; faites un petit roux (voyez
-_Roux_, à son article); quand il sera d’une belle couleur, mettez-y
-vos queues de veau, ayant soin de les retourner pour les faire revenir;
-ayez l’attention que le feu ne soit pas trop vif, de crainte de brûler
-votre roux; quand vous les jugerez suffisamment revenues, mouillez le
-tout avec du bouillon, ou de l’eau, faute de bouillon; faites que votre
-sauce ne soit pas trop épaisse; assaisonnez-la de sel, d’un bouquet de
-persil et de ciboules, d’un ou deux oignons, d’un clou de girofle et
-d’une feuille de laurier; laissez mijoter, jusqu’à ce que vos queues
-soient à moitié cuites; ôtez-en l’oignon où est le clou de girofle;
-mettez-y des pois en suffisante quantité pour votre ragoût; laissez-le
-mijoter jusqu’à ce que vos pois soient cuits; ôtez le bouquet de persil
-et de ciboules en l’exprimant; remuez votre ragoût, faites-le bouillir,
-dégraissez-le; qu’il soit d’un bon sel et servez.
-
-
-_Queues de Veaux à la Poulette._
-
-Prenez ce que vous jugerez à propos de queues de veaux; coupez-les
-comme à l’article précédent; faites-les dégorger dans de l’eau tiède;
-quand elles le seront, faites-les blanchir; égouttez-les; mettez dans
-une casserole un morceau de beurre, vos queues de veaux, un bouquet de
-persil, de ciboules; assaisonnez d’une demi-gousse d’ail, d’une feuille
-de laurier; joignez à cela quelques oignons. Passez le tout sur un feu
-doux, sans laisser roussir votre beurre; singez d’un peu de farine;
-remuez vos viandes, mouillez-les avec autant de bouillon qu’il en faut;
-mettez dans ce ragoût du sel et du gros poivre; faites-le cuire; ayez
-soin de le remuer souvent, afin qu’il ne s’attache pas; retirez-en
-les oignons et le bouquet en l’exprimant; liez-le (voyez l’article
-_Liaison_ et _la Manière de lier_); mettez-y un peu de persil haché
-et blanchi, un filet de vinaigre ou le jus d’un citron, et servez.
-
-
-_Amourettes de Veau._
-
-Ce qu’on appelle amourettes est tout simplement la moelle alongée des
-quadrupèdes. Celles de veau sont préférées pour leur délicatesse. On
-emploie celles de bœuf, de mouton, comme on pourrait employer toutes
-celles des animaux à quatre pieds. Voici la manière de les approprier
-et de les accommoder:
-
-Ayez des amourettes; mettez-les dans de l’eau; ôtez-en les membranes
-qui les enveloppent; changez-les d’eau, laissez-les dégorger;
-coupez-les par morceaux d’égale longueur, autant que possible;
-faites-les blanchir comme les cervelles de veau; quand elles le seront,
-mettez-les dans une marinade (voyez _Marinade_, à son article);
-lorsque vous voudrez vous en servir, égouttez-les, mettez-les dans une
-légère pâte à frire; faites-les frire; qu’elles soient d’une belle
-couleur, dressez-les et servez.
-
-_Nota._ On se sert aussi des amourettes en place de pâte pour faire
-des timbales; on fonce une casserole de bardes de lard, on met dedans
-ses amourettes comme on fonce une timbale avec de la pâte, je veux
-dire, les arranger tout autour les uns sur les autres, en sorte
-qu’elles forment un puits dans lequel on met et des lames de rouelles
-de veau bien jointes les unes contre les autres, afin de contenir les
-amourettes dans leur position, et de la farce cuite (voyez _Farce
-cuite_, à son article), dont on fait un contre-mur, et de laquelle on
-garnit le fond; mettez dans ce puits un salpicon bien réduit de ce que
-vous jugerez convenable; couvrez-le de farce, soudez bien le tout, pour
-que la sauce du salpicon ne s’échappe pas; mettez cette timbale dans un
-four doux ou sur la paillasse, avec un feu modéré dessous et dessus;
-faites-la cuire trois heures; renversez-la, ôtez-en les bardes; versez
-autour une bonne italienne rousse et servez.
-
-
-_Quartier de Veau de derrière._
-
-Si vous avez besoin d’une longe, vous la couperez à trois doigts plus
-bas que la hanche; vous roulerez le flanchet; vous l’assujettirez avec
-des petits hatelets, afin que votre longe soit bien carrée, et qu’elle
-n’ait pas l’air plus épaisse d’un côté que d’un autre; pour réussir à
-cela, supprimez une partie des os de l’échine qui avoisinent le rognon:
-cela fait, couchez sur le fer votre longe, c’est-à-dire, embrochez-la
-et assujettissez-la avec un grand hatelet que vous attacherez fortement
-des deux bouts sur la broche; enveloppez cette longe de plusieurs
-feuilles de papier que vous beurrerez en dessus, de crainte qu’elles ne
-brûlent; il faut deux heures et demie ou trois heures pour la cuire:
-cela dépend de la quantité de feu et de l’épaisseur de la pièce.
-
-
-_Cuissot de Veau, et les manières d’en tirer parti._
-
-Ayez un cuissot de veau; commencez par en lever la noix. On appelle
-noix la chair qui se trouve en dedans de la cuisse, et qui en est la
-partie la plus grasse et la plus tendre. Vous parviendrez à la lever
-en passant le bout de votre couteau le long du quasi, à l’endroit où
-la chair est découverte, et vous irez jusqu’à ce que vous trouviez une
-séparation des chairs: vous la suivrez jusqu’à l’os proche le genou,
-et vous continuerez de glisser votre couteau sur l’os pour lever votre
-noix bien entière; ensuite levez la sous-noix qui est la plus voisine.
-Il y a une autre noix qu’on appelle la noix du pâtissier, laquelle
-se trouve proche la fesse du veau et la naissance de la queue. Cette
-sous-noix sert ordinairement à faire le godiveau et les farces cuites.
-Levez votre quasi, coupez le jarret dans le genoux et le bout de la
-crosse. Ils vous serviront pour vos consommés; la noix pour vous faire
-une entrée, la sous-noix pour faire votre farce cuite, et la noix du
-pâtissier pour faire votre godiveau, ou, si vous l’aimez mieux, pour
-tirer un peu de velouté; ce qu’on appelle sauce tournée; le quasi, l’os
-et les chairs qui restent après, vous pouvez en tirer une espagnole.
-
-
-_Noix de Veau à la Bourgeoise._
-
-Prenez une noix de veau, celle d’un veau femelle, s’il vous est
-possible; conservez la panoufle dans tout son entier; mettez-la entre
-deux linges blancs, battez-la avec le plat du couperet; cela fait,
-lardez-la dans l’épaisseur des chairs et de toute leur longueur, sans
-endommager la panoufle; assaisonnez vos lardons comme je l’ai indiqué
-(voyez les articles _Noix de Bœuf_, et _Culotte à l’écarlate_);
-foncez une casserole de quelques parures ou débris de veau, posez votre
-noix dessus; mettez deux ou trois oignons autour, quelques carottes
-tournées, un bouquet de persil et ciboules; mouillez-la avec un bon
-verre de consommé ou du bouillon; couvrez-la d’un fort papier beurré
-et faites-la partir; une fois en train, couvrez-la, mettez-la sur la
-paillasse, avec feu dessous et dessus; laissez-la cuire près d’une
-heure et demie ou deux heures; le temps de sa cuisson dépend et de sa
-qualité et de sa grosseur: sa cuisson terminée, égouttez-la, passez
-son fond, faites-le réduire à glace; glacez votre noix; mettez deux
-cuillerées à dégraisser d’espagnole dans le reste de cette glace;
-détachez bien le tout, dégraissez-le, finissez-le avec la moitié d’un
-pain de beurre et saucez.
-
-Si vous n’aviez point d’espagnole, vous feriez un petit roux, vous le
-mettriez, votre noix étant glacée, dans le reste de sa glace; mêlez
-bien le tout, mouillez-le avec un quart de verre de vin blanc, un
-verre de bouillon; faites-le réduire, dégraissez et finissez-le comme
-ci-dessus.
-
-Cette noix peut se servir sur de la chicorée, de l’oseille, des
-épinards, de la purée d’oignons, sur des petites racines tournées et
-des montans de cardes.
-
-
-_Noix de Veau en Bedeau._
-
-Ayez une noix de veau; prenez de préférence d’un veau femelle;
-conservez la panoufle ou tetine: battez-la entre deux linges et
-parez-la sur la partie découverte; piquez-la de gros lard sur le
-dessous et le dessus d’une deuxième; marquez-la et assaisonnez-la comme
-la précédente; couvrez la panoufle d’une barde de lard, afin qu’elle ne
-prenne point de couleur: faites-la cuire comme il est dit plus haut,
-avec feu dessous et dessus; glacez-la, servez-la sur de la chicorée, de
-l’oseille, ou des concombres, soit au jus, soit à la béchamelle.
-
-
-_Noix de Veau piquée._
-
-Prenez une noix de veau; battez-la, posez-la sur la table; levez-en
-la panoufle comme si vous leviez une barde de lard; retournez-la et
-parez-la en faisant glisser votre couteau pour la rendre bien unie:
-cela fait, piquez-la toute entière; marquez-la dans une casserole,
-comme la précédente: mettez vos oignons sous votre noix, pour lui
-donner une forme bombée; mouillez-la avec du consommé ou du bouillon,
-de façon que le lard de cette noix ne trempe point dans le mouillement;
-glacez-la et servez-la sur une espagnole réduite ou sur de la chicorée.
-
-
-_Grenadins de Veau._
-
-Ayez une noix de veau, battez-la comme il est déjà dit plus haut;
-coupez-la en deux, comme si vous leviez une bardière de lard; après,
-rebattez légérement les deux morceaux, afin de les aplatir un peu;
-faites de chaque partie trois ou quatre morceaux, ayant soin de
-les couper en losanges alongés; arrondissez parfaitement un de ces
-morceaux; piquez-les tous avec soin, et que votre lard soit bien
-égal: cela fait, foncez une casserole avec vos rognures de veau, deux
-carottes et des oignons coupés en deux; mettez-en la moitié sous chacun
-de vos grenadins, à la partie la plus large, pour la faire tomber, et
-de même au morceau que vous avez arrondi, observez, en les posant,
-qu’ils ne se touchent pas; assaisonnez-les d’un bouquet de persil
-et de ciboules, d’une feuille de laurier et d’un clou de girofle;
-mouillez-les avec du consommé ou du bouillon, de manière que le lard ne
-trempe point; couvrez-les d’un papier beurré; faites-les partir sur un
-bon feu; de là, posez-les sur un feu doux; mettez sur leur couvercle un
-feu un peu ardent, afin qu’ils prennent une couleur dorée; laissez-les
-cuire une heure; leur cuisson faite, égouttez-les, glacez-les;
-mettez-les sur une purée, soit de champignons, d’oseille, de chicorée,
-ou toute autre: observez, en dressant ces grenadins, que les pointes
-soient au centre du plat, comme pour en faire une _rosasse_; posez le
-grenadin qui est en rond sur les pointes des autres, et servez.
-
-
-_Manchons à la Gérard._
-
-Ayez une noix de veau; levez-en la panoufle comme aux précédentes;
-battez-la de même; séparez-la dans sa longueur en quatre ou cinq
-morceaux, de l’épaisseur d’un demi-pouce au plus; coupez ces
-morceaux en carrés longs: battez-les avec le plat du couperet; après
-rebattez-les avec le dos de la lame de votre couteau, que les coups
-soient très-près les uns des autres, à différens sens, afin de rompre
-les fibres des viandes; mettez dans trois de ces morceaux de la farce
-de quenelle, où vous n’aurez point mis trop de blancs d’œufs fouettés.
-Roulez-les, en leur donnant la forme de manchons; recouvrez-les d’un
-lit de cette farce, de l’épaisseur de la lame de votre couteau; coupez
-par bandes, de la largeur de deux doigts, les deux lames de veau
-qui vous sont restées; piquez-les avec soin; appliquez-les aux deux
-bouts de chacun de vos manchons: bridez-les en dessous, ainsi que les
-morceaux piqués, pour qu’ils ne se détachent ni ne se déforment; hachez
-des truffes très-fin; sablez-en un de vos manchons jusqu’aux bordures
-piquées; hachez de même des pistaches pour en sabler un second; et
-si vous voulez, pour le troisième, hachez encore de même des amandes
-douces, bien émondées, et appliquez-les sur le troisième (ce qui fera
-trois couleurs), et garnissez le tout, en sorte qu’on ne voie point
-la farce: cela fait, marquez-les comme les noix de veau; foncez une
-casserole de bardes de lard; donnez-leur la même cuisson, à la réserve
-qu’il faut mettre moins de feu dessus leur couvercle; égouttez-les;
-débridez-les; parez-les des deux bouts; glacez les parties piquées;
-dressez-les sur le plat; mettez dessous une bonne espagnole réduite, ou
-une sauce aux truffes (voyez _Sauce aux Truffes_, à son article), et
-servez.
-
-
-_Hâtereaux._
-
-Ayez une noix de veau; coupez-la par lames un peu plus minces que les
-précédentes; battez-les de même; coupez-les en plus petits morceaux,
-à-peu-près de la longueur de trois pouces, sur quatre de large;
-piquez-les avec soin dans toute leur longueur: après, posez-les sur
-un linge, du côté du lard; étendez dessus le côté non piqué la farce
-ci-après:
-
-Prenez de la farce cuite ce qu’il vous en faut pour faire neuf
-hâtereaux, en incorporant dans cette farce un tiers en sus de petits
-foies gras, des truffes, des champignons coupés en petits dés; maniez
-bien le tout avec une cuiller de bois; joignez-y deux ou trois jaunes
-d’œufs, du sel en suffisante quantité et un peu d’épices fines; mettez
-de cette farce, comme il est déjà dit, sur vos hâtereaux; roulez-les,
-en sorte que les deux bouts de veau se joignent; embrochez-les d’un
-hatelet, fixez-le sur la broche; enveloppez-les de papier; arrosez-les,
-durant leur cuisson, avec du beurre; dressez-les, et servez dessous une
-italienne corsée rousse ou blanche.
-
-
-_Popiettes de Veau._
-
-Prenez une partie de noix de veau, coupez-la en tranches fort minces;
-battez-les bien sur tous les sens, comme nous l’avons dit pour les
-hâtereaux; mettez dessus une farce cuite de volaille ou de veau;
-roulez-les, comme je l’ai indiqué pour les hâtereaux: ficelez-les, pour
-qu’elles ne se déforment pas; foncez une casserole de bardes de lard;
-mettez vos popiettes avec une petite cuillerée à pot de consommé, un
-bon verre de vin blanc, un bouquet de persil et ciboules, assaisonné
-d’un clou de girofle, d’une gousse d’ail et d’un peu de basilic; faites
-cuire à-peu-près trois quarts d’heure; passez le fond au travers d’un
-tamis de soie; mettez-y deux cuillerées à dégraisser d’espagnole;
-faites-le réduire, dégraissez-le; égouttez vos popiettes, glacez-les et
-servez.
-
-
-_Escalopes de Veau à la manière anglaise._
-
-Prenez une noix de veau bien blanche et bien tendre; coupez-la par
-filets carrés, d’un pouce et demi en tous sens, et de ces filets faites
-des escalopes, c’est-à-dire, coupez-les de deux lignes d’épaisseur;
-ensuite aplatissez-les légérement sur une table bien propre où vous
-aurez mis un peu d’huile; parez chaque morceau, en lui donnant la
-formé d’un écu, et qu’il en ait à-peu-près l’épaisseur; vous aurez
-fait fondre et clarifier du beurre que vous aurez tiré au clair dans
-une sauteuse, ou, faute de celle-ci, dans un couvercle de marmite bien
-étamé; rangez-y ces escalopes, de manière qu’elles se touchent, sans
-être les unes sur les autres; posez-les sur un feu ordinaire; quand
-elles seront roidies d’un côté, retournez-les de l’autre avec la pointe
-de votre couteau; pour qu’elles roidissent de même, égouttez le beurre;
-mettez une cuillerée à dégraisser de gelée ou de bon consommé; faites
-aller vos escalopes à un feu plus vif: remuez-les en totalité; lorsque
-vous verrez qu’elles tombent à glace, retirez-les; dressez-les en
-cordons autour de votre plat; mettez au milieu un ragoût de godiveau,
-et servez (voyez _Ragoût de Godiveau_, à son article).
-
-
-_Filets mignons de Veau._
-
-Ayez six filets mignons de veau piqués en trois, et décorez les
-trois autres, soit de truffes ou de jambon; marquez-les comme les
-fricandeaux; faites-les cuire de même; glacez-les, et dressez-les sur
-un ragoût de chicorée, d’oseille, ou d’autres ragoûts, à votre volonté.
-
-
-_Quartier du devant du Veau._
-
-Dans ce quartier il y a l’épaule, le carré et les tendons: l’épaule
-se sert à la broche; on s’en sert aussi, étant rôtie, pour faire des
-blanquettes; on peut en tirer des sauces comme du cuissot; mais elle
-a moins de sucs nourriciers. Elle renferme des parties de chair fort
-délicates; elle a aussi, à la partie la plus proche du collet, une noix
-enveloppée de graisse, qui pour sa délicatesse est fort estimée des
-gourmets.
-
-
-_Blanquette de Veau._
-
-Lorsque vous aurez servi une épaule de veau à la broche, et qu’il y
-sera resté assez de chair pour faire une blanquette, levez la chair qui
-reste par morceaux, que vous aplatirez avec la lame de votre couteau;
-parez-les; ôtez-en les peaux rissolées; émincez les filets que vous
-aurez levés; faites réduire du velouté, et jetez-y vos filets sans les
-laisser bouillir; liez votre blanquette avec autant de jaunes d’œufs
-qu’il en faut; mettez-y un filet de verjus ou jus de citron, un petit
-morceau de beurre, un peu de persil et de ciboules hachés, si vous le
-jugez à propos, et servez.
-
-
-_Tendons de Veau à la Poulette ou au Blanc._
-
-Prenez une poitrine de veau; posez-la sur la table, du côté de la
-chair; prenez votre couteau, de manière que vous ayez les ongles en
-dehors; faites remonter votre couteau entre les tendons et les os
-rouges de la poitrine, en les prenant par le bout le plus mince;
-ensuite levez la chair qui couvre les tendons, séparez-les des côtes;
-posez vos tendons sur la table, et coupez-les en forme d’huître,
-en inclinant votre couteau de la droite à la gauche; donnez-leur
-l’épaisseur de trois quarts de pouce; arrondissez-les, mettez-les
-dégorger; faites-les blanchir et rafraîchissez-les; foncez une
-casserole de bardes de lard; mettez dans le fond quelques parures
-de veau; posez dessus vos tendons; joignez-y un bouquet assaisonné,
-quelques tranches de citron, trois ou quatre carottes tournées et
-autant d’oignons; mouillez-les avec du consommé ou du bouillon;
-faites-les partir, et mettez-les mijoter sur la paillasse deux ou
-trois heures; avant de les retirer, sondez-les avec la pointe du
-couteau; si elle entre sans effort, retirez-les du feu, égouttez-les et
-servez-vous-en de toutes les manières.
-
-
-_Tendons de Veau en Queue de Paon._
-
-Otez les os rouges, comme je l’ai indiqué aux tendons ci-dessus;
-retournez votre poitrine, de manière que les côtes se trouvent sur la
-table; mettez un linge blanc sur cette poitrine; aplatissez-la avec le
-plat du couperet: cela fait, coupez-la par morceaux de trois à quatre
-doigts de largeur; arrondissez-en avec votre couteau le gros bout, et
-diminuez-en la partie opposée, de manière à en former un cœur alongé,
-qu’on appelle queue de paon. Détachez la chair du côté des os; rognez
-l’os, de manière que la chair dépasse; faites-les dégorger et blanchir;
-marquez-les comme les tendons ci-dessus, avec cette différence que
-vous n’y mettrez pas de tranches de citron; la cuisson est à-peu-près
-la même: si vous n’aviez point de sauce pour les accommoder, passez
-leur fond au travers d’un tamis de soie; faites-le réduire à glace, et
-glacez-les: mettez dans le reste de votre glace un petit morceau de
-roux (voyez _Roux_, à son article); faites-le fondre, en le délayant
-avec votre glace; mouillez-le avec du consommé ou du bouillon et le
-quart d’un verre de vin blanc; ajoutez-y dix parures de champignons
-ou de truffes; faites bouillir cette sauce, dégraissez-la et tordez-la
-dans une étamine; faites-la réduire de nouveau à consistance de sauce;
-goûtez si elle est d’un bon goût; finissez-la en la passant et la
-vannant avec un petit morceau de beurre, et saucez-en vos tendons: vous
-pouvez la servir avec des petits oignons, des pointes d’asperges, ou un
-ragoût de champignons. (Voyez l’article _Ragoûts_.)
-
-
-_Casserole au Riz._
-
-Prenez deux livres de riz, plus ou moins, selon la grandeur du plat
-que vous devez servir; épluchez-le, lavez-le, faites-le blanchir;
-mettez-le dans une casserole, mouillez-le avec du derrière de la
-marmite; observez qu’on doit peu le mouiller et qu’on doit le faire
-aller très-doucement; remuez-le souvent, et de manière à ne point le
-rompre; faites en sorte qu’il soit bien nourri, c’est-à-dire qu’il soit
-gras; salez-le convenablement; sa cuisson achevée, faites un bouchon de
-mie de pain de la grandeur du fond de votre plat; dressez tout autour
-votre riz comme vous feriez pour un pâté; soudez-le bien sur le plat;
-couvrez votre mie de pain d’une barde de lard; étendez de votre riz sur
-un couvercle que vous aurez beurré pour en couvrir votre casserole;
-faites-le glisser sur votre pain et soudez le premier placé; donnez au
-tout une forme agréable; marquez le couvercle de votre casserole pour
-pouvoir l’enlever facilement; quand il sera cuit, mettez-le dans un
-four très-chaud; donnez-lui une belle couleur lorsque vous serez près
-de servir; levez votre couvercle avec soin; mettez-le sur un couvercle
-de casserole; videz votre casserole au riz, remplissez-la d’un ragoût
-tel que vous jugerez à propos; remettez-lui son couvercle et servez.
-
-
-_Tendons de Veau en Macédoine._
-
-Préparez ces tendons comme ceux énoncés ci-dessus, soit en huître, soit
-en queue de paon; leur cuisson faite, préparez la Macédoine, comme il
-est indiqué à son article.
-
-
-_Tendons de Veau panés et grillés._
-
-Lorsque vos tendons seront cuits, comme il est dit ci-dessus, panez,
-soit à l’anglaise, soit à une panure ordinaire; faites-leur prendre une
-belle couleur, et mettez dessous, soit une sauce poivrade, soit une
-sauce au pauvre homme, ou une italienne.
-
-
-_Tendons de Veau en Mayonnaise._
-
-Lorsque vos tendons seront bien cuits, faites-les refroidir; parez-les
-de nouveau, dressez-les en cordons autour de votre plat; mettez autour
-une bordure de petits oignons que vous aurez fait blanchir et cuire
-dans du bouillon ou du consommé, et de cornichons tournés en petits
-oignons, en les entremêlant; ne les arrangez autour du plat que quand
-vous aurez masqué vos tendons avec votre mayonnaise, et servez. (Voyez
-_Sauce Mayonnaise_.)
-
-
-_Tendons de Veau en Matelote._
-
-Quand vos tendons seront cuits, comme il est énoncé aux articles
-précédens, ayez trente petits oignons tous égaux et bien épluchés;
-mettez-les dans une casserole avec un morceau de beurre et faites-les
-roussir; lorsqu’ils le seront, retirez-les, et dans le beurre restant
-mettez une pincée de farine, faites un petit roux; quand il sera d’une
-belle couleur, mouillez-le avec un demi-verre de vin blanc, et le fond
-dans lequel auront cuits vos tendons; s’il ne suffisait pas, joignez-y
-du bouillon ce qu’il en faut pour le mettre à consistance de sauce;
-de là faites-la bouillir, dégraissez-la et tordez-la dans une étamine
-au-dessus d’une casserole; remettez de suite cette sauce sur le feu
-avec un bouquet de persil et ciboules, dans lequel vous aurez mis un
-clou de girofle, une demi-feuille de laurier et la moitié d’une gousse
-d’ail; ajoutez à cela une trentaine de champignons tournés, du sel et
-du poivre ce qu’il en faut, et un peu d’épices fines; faites réduire
-votre sauce; ôtez-en le bouquet en l’exprimant; finissez-la avec gros
-comme une noix de beurre d’anchois, et servez.
-
-
-_Tendons de Veau à la Ravigote._
-
-Préparez vos tendons comme ceux coupés en huîtres, dont il est parlé
-ci-dessus; leur cuisson faite, mettez-les refroidir et parez-les;
-vous aurez fait un bord de plat avec du beurre que vous décorerez à
-votre fantaisie; dressez vos tendons en cordon sur votre plat, et
-masquez-les avec une ravigote froide (voyez _Ravigote froide_, à son
-article). Si vous serviez vos tendons à la ravigote chaude, vous feriez
-un bord de plat avec des croûtons.
-
-
-_Tendons de Veau à la Marinade._
-
-Faites bien cuire vos tendons; après mettez-les dans une marinade
-(voyez _Marinade_, à son article); faites-leur jeter un bouillon;
-laissez-les refroidir; égouttez-les un demi-quart d’heure; avant de
-vous en servir, trempez-les dans une légère pâte à frire, couchez-les
-dans la friture l’un après l’autre, ayant soin de les égoutter pour
-qu’ils aient une forme agréable; faites-leur prendre une belle couleur;
-retirez-les alors de la friture; égouttez-les sur un linge blanc;
-faites frire une pincée de persil, dressez vos tendons, mettez dessus
-votre persil et servez.
-
-
-_Tendons de Veau à la Villeroy._
-
-Préparez vos tendons comme ils sont indiqués à la poulette; forcez-les
-d’un peu plus de liaison et de citron; laissez-les refroidir;
-garnissez-les bien de leur sauce, panez-les, trempez-les dans une
-omelette; panez-les une seconde fois, faites-les frire; dressez-les,
-mettant dessus ou dessous une pincée de persil frit, et servez.
-
-
-_Côtelettes de Veau._
-
-Ayez un carré de veau bien blanc; coupez-le par côtes de même grosseur;
-ôtez-leur l’os de l’échine; à cet effet, coupez dans la jointure à
-la jonction de la côte avec l’échine; parez le filet de la côtelette;
-ôtez-en les nerfs; et aplatissez légérement avec le plat du couperet,
-après en avoir ôté les peaux, en prenant bien garde d’altérer ce
-filet; arrondissez votre côtelette; supprimez une partie de la chair
-du haut en découvrant le bout de la côte; grattez l’os avec le dos
-de votre couteau, en sorte qu’il n’y reste aucune chair; recoupez le
-bout de l’os, de façon qu’étant cuit, il ne soit pas trop long, et que
-votre côtelette ait de la grâce; vous pourrez vous en servir, soit au
-naturel, soit pour les faire piquer, ou de toute autre manière.
-
-
-_Côtelettes piquées._
-
-Lorsque vous aurez paré vos côtelettes, comme il est dit ci-dessus,
-et que vous aurez conservé la panuffe, liez cette panuffe et l’os de
-la côtelette, afin qu’elle ne se détache point; piquez vos côtelettes
-d’une deuxième, comme je l’ai indiqué à l’article _Noix de Veau_;
-foncez une casserole des parures de vos côtelettes; joignez deux
-oignons, trois ou quatre morceaux de carottes et un bouquet assaisonné,
-tel qu’il est indiqué plusieurs fois; mouillez-les avec du bouillon, du
-consommé ou de l’eau; si vous employez de l’eau, mettez un peu de sel;
-couvrez vos côtelettes d’un rond de papier beurré, et faites-les cuire
-comme il est indiqué à l’article _Grenadins_; vos côtelettes cuites,
-égouttez-les; faites-en réduire le fond à glace et servez-vous-en pour
-les glacer, surtout si vous n’avez point de glace: vous pouvez servir
-ces côtelettes sur de l’oseille, de la chicorée, des concombres, des
-petits pois, une sauce tomate, une purée de champignons, ou avec une
-bonne espagnole réduite, etc.
-
-
-_Côtelettes de Veau à la Chingara._
-
-Prenez six ou sept côtelettes de veau parées, comme je l’ai dit
-ci-dessus, en leur donnant un peu plus d’épaisseur; lardez-les de
-moyens lardons et de jambon entremêlé; marquez-les comme celles
-énoncées plus haut, et faites-les cuire de même; lorsqu’elles seront
-cuites, laissez-les refroidir; parez-les, c’est-à-dire, supprimez les
-bouts de lardons, etc., qui dépassent la chair; passez le fond de vos
-côtelettes, faites-le réduire jusqu’à glace, et remettez vos côtelettes
-pour les glacer; ayez une langue de bœuf fumée ou à l’écarlate,
-coupez-la en lames, de l’épaisseur de trois lignes et de la forme de
-vos côtelettes; faites chauffer ces lames dans du bouillon; glacez-les
-avec le restant de la glace de vos côtelettes; dressez-les sur le
-plat en cordons et en les entremêlant d’une sauce de langue; mettez
-deux cuillerées à dégraisser d’espagnole dans le fond de votre glace;
-faites-la détacher, finissez-la avec un demi-pain de beurre, et servez.
-
-Vous pourrez aussi hacher le reste de la langue à l’écarlate, ainsi
-que les parures, et les mettre dans cette sauce, qu’il ne faut point
-laisser bouillir dans ce dernier cas; mettez-y un peu plus de beurre
-pour la rendre moelleuse; de suite versez-la dans le puits de vos
-côtelettes, et servez.
-
-
-_Côtelettes de Veau sautées._
-
-Prenez sept côtelettes de veau, parez-les comme ci-dessus et
-aplatissez-les davantage; ensuite faites fondre à-peu-près un quarteron
-de beurre dans une sauteuse, trempez dans ce beurre vos côtelettes des
-deux côtés, et rangez-les, de manière qu’elles ne soient point les unes
-sur les autres; faites-les partir sur un feu moyen et retournez-les
-souvent; lorsqu’elles auront atteint les trois quarts de leur cuisson,
-égouttez-en le beurre et mettez dans vos côtelettes gros de glace
-comme deux fois le pouce, une cuillerée à dégraisser de bouillon,
-et menez-les à grand feu; ayez soin de les retourner souvent, de
-les appuyer sur le fond de la sauteuse, afin qu’elles se pénètrent
-bien de la glace; lorsqu’elles seront cuites et qu’elles seront bien
-glacées, dressez-les sur le plat comme les précédentes; remettez un
-peu de consommé dans le fond de votre sauteuse pour en détacher toute
-la glace; quand votre consommé sera réduit, mettez-y un demi-pain de
-beurre et le jus d’un citron; liez le tout sans le laisser bouillir, en
-agitant votre sauteuse; arrosez-en vos côtelettes, et servez.
-
-
-_Côtelettes de Veau au Jambon._
-
-Préparez sept côtelettes comme les précédentes, et faites-les cuire de
-même; lorsque vous les servirez, mettez entre elles des lames de noix
-de jambon, comme l’on met des lames de langue à l’écarlate entre les
-côtelettes à la chingara ou jambon.
-
-
-_Côtelettes de Veau au Naturel._
-
-Prenez, autant qu’il vous en faut, de ces côtelettes; parez et
-aplatissez-les comme celles ci-dessus; saupoudrez-les d’un peu de sel,
-trempez-les dans du beurre fondu et mettez-les sur le gril; ayez soin
-de les retourner; arrosez-les du reste de leur beurre durant leur
-cuisson, pour qu’elles soient d’une belle couleur; vous pourrez vous
-assurer qu’elles sont cuites si, en appuyant le doigt dessus, elles
-sont fermes; alors dressez-les, saucez-les avec un bon jus de bœuf
-réduit ou une sauce au pauvre homme, et servez.
-
-
-_Côtelettes de Veau panées._
-
-Elles se préparent de même que celles énoncées plus haut, sinon
-qu’après les avoir trempées dans le beurre, on les pane et qu’elles
-exigent un feu plus doux.
-
-
-_Côtelettes de Veau en papillotes._
-
-Prenez ce qu’il vous faut de ces côtelettes; faites-les revenir dans le
-beurre, mettez-y persil, champignons et ciboules hachés (un tiers de
-chaque), un peu de lard râpé, avec sel, poivre et épices fines; laissez
-mijoter le tout; quand ces côtelettes seront cuites, retirez-les
-des fines herbes, et mettez dans ces fines herbes une cuillerée ou
-deux à dégraisser d’espagnole ou du velouté, selon la quantité de
-côtelettes que vous avez; laissez réduire votre sauce, en sorte que
-l’humidité en soit évaporée; goûtez si vos fines herbes sont d’un bon
-goût; liez-les avec des jaunes d’œufs, selon la quantité de la sauce;
-laissez-la refroidir ainsi que vos côtelettes; coupez votre papier de
-la forme d’un petit cerf-volant, huilez-le dans l’endroit où votre
-côtelette doit poser; mettez sur le papier des petites bardes de lard
-très-minces; mettez la moitié d’une cuillerée à bouche de fines herbes
-sur le lard; posez dessus votre côtelette, et couvrez-la de fines
-herbes et d’une petite barde; refermez votre papillote, _videlez-la_;
-nouez la pointe du côté de l’os avec une ficelle; huilez vos papillotes
-en dehors; faites-les griller, et prenez garde que le papier ne brûle;
-supprimez la ficelle; faites que vos côtelettes soient d’une belle
-couleur, et servez.
-
-
-_Carré de Veau à la Broche._
-
-Prenez un carré de veau bien gras et bien blanc; ôtez le bout qui se
-trouve dessous l’épaule, afin que votre carré soit entièrement couvert;
-levez-en l’arête de l’échine dans toute sa longueur. Coupez-la avec
-le couperet dans les jointures des côtés, comme je l’ai dit (article
-_Côtelettes_): cela fait, coupez-le de toute sa longueur du côté de la
-poitrine, afin de le mettre bien carré; passez quelques hatelets dans
-le filet, et faites-leur rejoindre les côtes, afin que votre carré se
-soutienne: couchez-le sur fer, en passant un grand hatelet au-dessus du
-filet, pour l’assujettir sur la broche: liez l’hatelet fortement des
-deux bouts; enveloppez votre carré de papier beurré; faites-le cuire
-environ une heure et demie en l’arrosant avec soin; de suite ôtez-en le
-papier et faites-lui prendre une belle couleur; servez-le avec un bon
-jus de bœuf.
-
-
-_Carré de Veau piqué._
-
-Prenez un beau carré de veau; ôtez-en l’os de l’échine, comme il
-est dit précédemment: cela fait, coupez légérement et dans toute sa
-longueur la peau qui couvre le filet, surtout sans l’endommager; de
-même levez-en le nerf ainsi que les peaux qui le couvrent encore, en
-faisant glisser votre couteau entre ce nerf et la chair du filet;
-parez-le bien et battez-le légérement; ensuite piquez-le, comme il est
-dit à l’article du _Ris de Veau_, et marquez-le dans une casserole,
-ainsi que je l’ai énoncé pour la _Noix de Veau_, à son article: sa
-cuisson faite, glacez-le et servez-le sur tel ragoût que vous jugerez à
-propos.
-
-
-_Petites Noix d’Épaule de Veau._
-
-Ayez quinze petites noix d’épaule de veau; faites-les blanchir,
-rafraîchissez-les, parez-les, sans en supprimer la graisse qui les
-entoure; foncez une casserole de deux carottes, de deux oignons,
-quelques débris de veau, un bouquet de persil et ciboules, une
-demi-feuille de laurier et deux clous de girofle; posez ces noix
-sur ce fond, mouillez-les avec un peu de bouillon ou de consommé;
-couvrez-les de bardes de lard et d’un rond de papier; une heure avant
-de servir faites-les partir; mettez-les cuire sur la paillasse avec feu
-dessous et dessus: leur cuisson achevée, égouttez-les sur un couvercle;
-glacez-les et servez-les sur une purée de champignons (voyez _Sauce à
-la purée de Champignons_, à son article) ou sur toute autre purée. Si
-vous n’aviez point de glace, prenez le fond de ces noix et faites-le
-réduire à glace, en sorte qu’elle soit d’une belle couleur dorée.
-
-
-_Noix de Veau à la Gendarme._
-
-Parez une noix de veau comme pour la mettre en bedeau; vous la piquez
-en dedans de lard et de jambon bien assaisonné; lorsqu’elle est piquée,
-vous la mettez dans une terrine ou plat creux; vous coupez deux
-oignons en tranches, persil, ciboules, laurier, ail, thym et basilic,
-et vous l’assaisonnez de sel, de poivre et d’huile, pour qu’elle
-marine bien pendant vingt-quatre heures; ensuite vous l’embrochez
-avec l’assaisonnement: lorsqu’elle est cuite, vous lui faites prendre
-couleur, et la servez avec une sauce poivrade.
-
-
-
-
-MOUTON.
-
-
-_Du Mouton en général._
-
-Le mouton est de tous les quadrupèdes celui dont on fait le plus de
-consommation. Il s’emploie dans toutes les saisons; cependant il est
-meilleur l’hiver que l’été; il est moins sujet à sentir la laine,
-et il est toujours plus gras. Il faut le choisir d’une graisse bien
-blanche et la chair noire. Le mâle est préférable. Lorsqu’on choisit,
-il faut prendre celui dont le nerf de la génération est le plus fin
-et le manche du gigot très-court: de plus il doit avoir le gigot bien
-arrondi. Différentes provinces en fournissent d’excellens. Ceux de
-Sologne, des Ardennes, de la Champagne, des Côtes maritimes, dites
-Prés-Salés, et de Beauvais, sont les meilleurs. Les flamands, qui sont
-beaucoup plus gros, sont moins estimés: les métis et les mérinos le
-sont encore moins; ils ont peu de goût, et pour l’ordinaire sont assez
-coriaces.
-
-
-_Rôt-de-Bif de Mouton à la Broche._
-
-Prenez le derrière d’un mouton; coupez-le à la première ou seconde
-côte; cassez les deux os des cuisses; battez les deux gigots plusieurs
-fois avec le plat du couperet; faites entrer un des deux jarrets dans
-l’autre; rompez les côtes du côté du flanchet; roulez les deux flancs
-et passez un hatelet dans chaque pour donner au rosbif une belle forme;
-dégraissez peu les rognons; enfoncez un petit hatelet dans la moelle
-alongée; couchez votre rosbif sur fer; attachez bien le petit hatelet
-d’un bout et les deux jarrets de l’autre; passez un hatelet dans les
-deux noix des gigots; mettez un autre grand hatelet qui se croise
-sur celui qui est passé entre les deux noix; attachez-le fortement
-pour que le rosbif ne tourne pas; enveloppez-le tout entier de papier
-beurré; faites-le cuire environ une heure et demie ou deux heures, ce
-qui dépend du feu et de la force du mouton: sa cuisson faite, servez-le
-avec du jus dessous ou des haricots à la bretonne. (Voyez _Haricots à
-la Bretonne_, article _Ragoût_.)
-
-
-_Gigot de Mouton à la Broche._
-
-Ayez un gigot de mouton bien mortifié; battez-le; embrochez-le; pour
-cela, passez la broche dans le jarret; traversez-le sans offenser la
-noix; faites-le cuire environ une heure et demie; sa cuisson faite,
-coupez le bout du jarret; enveloppez le bout de l’os d’un peu de
-papier, et servez votre gigot avec du jus ou son propre jus.
-
-
-_Gigot de Mouton à l’Anglaise._
-
-Ayez un bon gigot d’une chair noire et d’une graisse blanche; coupez-en
-le bout du jarret et le nerf du genou; battez-le bien; farinez-le,
-c’est-à-dire, enduisez-en la superficie de farine; enveloppez-le dans
-un linge dont vous nouerez les quatre bouts: ayez une marmite ou une
-braisière pleine d’eau; lorsqu’elle sera bouillante, mettez-y votre
-gigot avec du sel en suffisante quantité et la valeur d’une botte de
-navets, coupés en lames; ayez soin que votre gigot ne cesse de bouillir
-et retournez-le, non avec la pointe d’un couteau, de crainte de le
-piquer et de lui faire perdre son jus: il faut cinq quarts d’heure
-ou une heure et demie pour le faire cuire; durant sa cuisson retirez
-les navets; lorsqu’ils seront cuits, écrasez-les pour les mettre en
-purée; desséchez-les bien sur le feu; mettez-y un morceau de beurre,
-ayant soin de les remuer toujours; assaisonnez-les de sel, poivre et
-d’un peu de muscade râpée; mouillez-les peu à peu avec de la crême ou
-du lait que vous aurez fait réduire comme pour faire de la chicorée au
-blanc; il faut leur donner assez de consistance pour les dresser comme
-en pyramide; arrivés à ce degré, dressez-les de suite, égouttez votre
-gigot, posez-le sur le plat, masquez-le avec une sauce au beurre, sur
-laquelle vous sèmerez des câpres et servez-le: joignez-y et votre plat
-de navets et une saucière ou vous aurez mis une sauce blanche avec des
-câpres.
-
-
-_Gigot Braisé ou à la Braise._
-
-Ayez un bon gigot comme le précédent; ôtez les os, excepté le manche;
-lardez-le de gros lardons assaisonnés de fines épices, de sel, de
-basilic en poudre, de poivre, de persil et ciboules hachés; ficelez-le
-et donnez-lui sa première forme: cela fait, foncez une braisière avec
-quelques parures de viandes de boucherie, cinq ou six oignons et
-autant de carottes; posez dessus votre gigot; mouillez-le avec du bon
-bouillon et un demi-verre d’eau-de-vie; joignez-y deux feuilles de
-laurier, trois clous de girofle, deux gousses d’ail et un peu de thym;
-faites-le partir; couvrez-le d’un papier; faites-le aller doucement
-avec feu dessous et dessus; il faut à-peu-près quatre à cinq heures
-pour qu’il soit cuit: sa cuisson faite, égouttez-le; glacez-le, et
-servez-le sur de la chicorée ou avec son jus, ou tous autres ragoûts
-qu’il vous plaira.
-
-
-_Gigot à la Gasconne._
-
-Ayez un gigot comme ci-dessus; lardez-le d’une douzaine de gousses
-d’ail et d’une douzaine d’anchois en filets; mettez-le à la broche: sa
-cuisson faite, servez-le avec un ragoût d’ail préparé ainsi:
-
-Épluchez de l’ail la valeur d’un litron; faites-le blanchir à plusieurs
-bouillons: quand il sera presque cuit, retirez-le; jetez-le dans de
-l’eau fraîche; égouttez-le; mettez dans une casserole quatre ou cinq
-cuillerées à dégraisser d’espagnole réduite, et deux cuillerées de jus
-de bœuf; jetez-y votre ail; faites-le réduire, et sous votre gigot
-servez-le en place de haricots.
-
-
-_Gigot à l’Eau._
-
-Ayez un gigot comme le précédent; mettez-le dans une braisière remplie
-d’eau bouillante; assaisonnez-le de carottes, oignons, un bouquet de
-persil et ciboules, deux clous de girofle, du laurier, du thym, du
-basilic et deux gousses d’ail; faites-le cuire deux heures: sa cuisson
-faite, égouttez-le, glacez-le, et servez-le avec une sauce espagnole.
-
-
-_Gigot en Chevreuil._
-
-Prenez un gigot mortifié; battez-le bien; levez la première peau;
-piquez-le comme une noix de veau; mettez-le dans un vase de terre,
-avec une poignée de graines de genièvre et une pincée de mélilot;
-versez dessus une forte marinade, dans laquelle vous aurez mis du
-vinaigre rouge en plus grande quantité que dans celle indiquée à
-l’article _Marinade_; laissez mariner votre gigot cinq ou six jours;
-égouttez-le, mettez-le à la broche, et servez-le avec une bonne
-poivrade. (Voyez _Poivrade_, à son article.)
-
-
-_Selle de Mouton à la Broche._
-
-Coupez votre selle de mouton au défaut des hanches, des gigots et à
-la deuxième ou troisième côte; brisez les côtes comme à un rosbif de
-mouton; roulez-en les flancs; traversez-les avec des hatelets, pour
-qu’ils ne se déroulent point; couchez sur fer, comme il est indiqué au
-rosbif; donnez-lui environ une heure et demie de cuisson, et servez-la
-avec un jus clair.
-
-
-_Selle de Mouton parée à l’Anglaise._
-
-Ayez une selle de mouton comme il est énoncé ci-dessus; désossez les
-grandes côtes; roulez les flancs; garnissez-les de quelques parures
-de mouton sans os; retenez-les avec des brochettes de bois au lieu
-d’hatelets; ficelez votre selle; foncez une braisière de quelques
-parures de viandes de boucherie, cinq ou six carottes, autant
-d’oignons, deux ou trois clous de girofle, deux feuilles de laurier,
-deux gousses d’ail, un peu de basilic et de thym; posez sur ce fond
-votre selle; mouillez-la avec du bon bouillon; faites-la partir;
-laissez-la cuire, avec feu dessous et dessus, trois ou quatre heures:
-sa cuisson faite, égouttez-la; mettez-la sur un plat-fond; ôtez-en
-les hatelets ou brochettes de bois; prenez quatre ou cinq jaunes
-d’œufs; faites fondre une demi-livre de beurre délayée avec vos jaunes
-d’œufs; mettez-y un peu de sel en poudre; levez la peau de votre selle
-dans tout son entier; dorez-la avec votre anglaise et panez-la bien
-également; faites fondre de nouveau un peu de beurre; arrosez-en votre
-selle; mettez-la au four; faites-lui prendre une belle couleur et
-dressez-la; pour la dresser, enlevez-la de dessus le plat-fond avec
-deux couvercles de casserole, un de chaque côté; posez-la sur votre
-plat; mettez dessous un jus clair, et servez.
-
-
-_Selle de Mouton à la Sainte-Menéhould._
-
-Prenez et faites cuire cette selle comme celle dite à l’anglaise, après
-en avoir levé les peaux; étendez dessus une Sainte-Menéhould (voyez
-_Sainte-Menéhould_, à son article); ensuite panez-la avec de la mie
-de pain dans laquelle vous aurez mis à-peu-près la huitième partie de
-fromage Parmesan râpé; arrosez votre selle avec du beurre; pour cela
-ayez un pinceau fait d’une queue de poireau ciselée, que vous tremperez
-dans le beurre, et que vous égoutterez sur votre selle; cela fait,
-mettez-la au four; faites-lui prendre une belle couleur, et servez-la
-comme la précédente.
-
-
-_Petites Selles de Mouton ou Carbonnades._
-
-Coupez trois carrés de mouton, depuis la hanche jusqu’aux côtes (ce
-qu’on appelle le filet); de ces trois parties faites-en six morceaux
-égaux; donnez-leur la forme d’un cœur alongé, ce qui se nomme queue
-de paon; parez les filets de trois, c’est-à-dire, ôtez de ces filets
-la panuffe et les nerfs qui les couvrent; piquez-les, et, joints
-avec les autres morceaux, marquez-les comme la selle de mouton dite
-Sainte-Menéhould; faites-les cuire; leur cuisson achevée, égouttez-les
-sur un couvercle; levez la peau des trois non piqués, et celle qui
-reste des trois autres; passez au-dessus une pelle rouge, afin de les
-sécher un peu; glacez-les tous, et servez-les sous un ragoût de petites
-racines, ou sur de la chicorée, de la purée d’oseille, ou une sauce
-tomate, etc.
-
-
-_Rouchis de Mouton._
-
-Prenez un quartier de mouton de devant; commencez par désosser la
-poitrine et les os des côtes, sans altérer les entre-côtes; ce que vous
-exécuterez en glissant la pointe de votre couteau le long des côtes;
-cela fait, levez les côtes du côté de la poitrine, et désossez-les
-jusqu’à l’échine que vous supprimerez, ainsi que le collet, de manière
-qu’il ne reste que les os de l’épaule; passez quelques hatelets dans
-le filet pour lui donner du soutien et la forme convenable; embrochez
-votre rouchis comme une épaule de mouton; emballez-la; donnez-lui trois
-quarts d’heure ou une heure de cuisson, et servez-la sur des haricots à
-la bretonne ou sur un ragoût de céleri. (Voyez _Ragoût de Céleri_, à
-son article.)
-
-
-_Épaule de Mouton en Ballon._
-
-Levez une épaule de mouton large, et sans gâter votre carré;
-désossez-la entièrement; coupez de grands lardons; assaisonnez-les de
-sel, poivre, épices fines, persil et ciboules hachés, et d’aromates
-passés au tamis; roulez bien vos lardons dans cet assaisonnement,
-lardez les chairs de votre épaule sans en percer la peau; cela fait,
-passez avec une aiguille à brider une ficelle tout autour de la peau
-de cette épaule, comme si vous faisiez un bouton d’étoffe; donnez-lui
-la forme ronde d’un ballon; foncez une casserole avec des carottes,
-des oignons, une feuille de laurier, du thym, du basilic, et les os de
-cette épaule que vous aurez cassés; posez-la sur ce fond du côté de
-la ficelle; mouillez-la de bouillon; couvrez-la de quelques bardes de
-lard et d’un rond de papier; faites-la partir; mettez-la cuire deux ou
-trois heures sur la paillasse, avec feu dessous et dessus, ou dessous
-un fourneau; sa cuisson faite, égouttez-la; glacez-la: si vous n’aviez
-pas de glace, passez son fond au tamis; faites-le réduire à glace, et
-servez-vous-en; mettez sous cette épaule, soit une purée d’oseille,
-une chicorée blanche ou au jus, un ragoût de petites racines, ou de
-l’espagnole que vous aurez jetée d’abord dans le fond de votre glace,
-et servez.
-
-
-_Côtelettes de Mouton au Naturel._
-
-Ayez un carré de mouton; coupez vos côtelettes d’égale grosseur, de
-deux côtes en deux côtes, et supprimez-en une, si ce carré est fort;
-coupez vos côtelettes de côte en côte; séparez-les avec le couperet;
-ôtez l’os de l’échine de chaque côtelette; posez votre côtelette
-sur la table, et du côté du filet, levez-en la peau et le nerf qui
-la couvrent; aplatissez légérement votre côtelette avec le plat du
-couperet; parez-la de nouveau; grattez le dedans de la côte avec le dos
-du couteau; coupez le bout de l’os, de la longueur de trois pouces,
-plus ou moins, ce qui dépend de la grosseur du mouton; supprimez les
-chairs de la pointe de l’os, et ratissez-le à-peu-près d’un demi-pouce;
-de là mettez fondre du beurre; trempez-y vos côtelettes et mettez-les
-sur le gril; faites-les cuire, ayant soin de les tourner plusieurs
-fois, pour que le jus ne se perde point, et servez-les avec un jus
-clair.
-
-
-_Côtelettes de Mouton panées._
-
-Préparez-les comme les précédentes; panez-les au beurre; faites-les
-griller avec soin, et servez-les sans jus.
-
-
-_Côtelettes de Mouton à la Minute._
-
-Coupez et parez douze côtelettes comme les précédentes; mettez-les
-dans une sauteuse avec du beurre fondu; posez votre sauteuse sur le
-fourneau; faites cuire vos côtelettes en les retournant souvent; il
-vous sera facile de juger si elles sont cuites, et cela quand elles
-commenceront à être fermes sous le doigt; alors égouttez le beurre qui
-est dans votre sauteuse, et en place, mettez gros comme le pouce de
-glace ou réduction de veau, une cuillerée à dégraisser de bouillon ou
-de consommé; remuez bien vos côtelettes les unes après les autres et
-en les retournant; faites en sorte qu’elles soient bien imprégnées de
-leur réduction; lorsqu’elles seront bien glacées, dressez-les en cordon
-autour de votre plat; versez dans votre sauteuse une seconde cuillerée
-de consommé, pour en détacher parfaitement la glace; mettez gros comme
-une noix d’excellent beurre; liez le tout en agitant cette sauteuse,
-arrosez-en vos côtelettes et servez.
-
-
-_Côtelettes de Mouton à la Jardinière._
-
-Préparez ces côtelettes comme celles dites à la minute; dressez-les
-de même; faites un ragoût de toutes sortes de légumes tournés,
-telles que de petites carottes, de petits navets et de champignons;
-joignez-y des haricots et des petits pois verts; le tout cuit dans du
-consommé (il faut que ces haricots et ces pois soient très-verts);
-mettez dans une casserole trois ou quatre cuillerées à dégraisser
-d’espagnole; jetez-y vos légumes; faites mijoter et réduire votre
-ragoût; dégraissez-le; finissez-le avec un petit morceau de beurre et
-une pincée de sucre en poudre; mettez ce ragoût dans le puits de vos
-côtelettes et dessus un beau morceau de chou-fleur bien blanc.
-
-
-_Côtelettes de Mouton à la Chicorée._
-
-Préparez ces côtelettes de même que celles à la minute; dressez-les de
-même; mettez dans le puits une bonne chicorée réduite, soit au blanc,
-soit au roux.
-
-
-_Côtelettes de Mouton à la Soubise._
-
-Coupez vos côtelettes à deux côtes le moins; parez-les, aplatissez-les
-légérement; lardez-les de moyen lard et de jambon, autant de l’un
-que de l’autre; foncez une casserole des parures de ces côtelettes;
-ajoutez-y trois ou quatre oignons, un couple de carottes, un bouquet
-de persil et de ciboules bien assaisonné; rangez vos côtelettes
-dessus, mouillez-les avec du consommé, de manière qu’elles trempent
-presque entièrement; couvrez-les de bardes de lard, et d’un fort
-papier beurré par-dessus; faites-les partir; couvrez votre casserole;
-mettez-la sur la paillasse avec feu dessous et dessus; lorsqu’elles
-seront cuites, égouttez-les, laissez-les refroidir; parez-les de
-nouveau en égalisant la superficie des chairs et supprimant les lardons
-qui les outre-passent, tant de jambon que de lard; passez le fond
-de votre cuisson au travers d’un tamis de soie; faites-le réduire
-presqu’à consistance de glace; remettez vos côtelettes dans ce fond;
-retournez-les pour les glacer des deux côtés; ensuite dressez-les en
-cordon; versez dans le puits une bonne purée d’oignons au blanc (voyez
-_Purée d’Oignons_, à son article); de plus faites autour de vos
-côtelettes une bordure de petits oignons égaux, que vous aurez fait
-blanchir et cuire dans du consommé; il faut que ces oignons soient
-posés sur votre plat, de manière à ce que vous puissiez planter dans la
-queue une petite branche de persil cru, et servez.
-
-
-_Carrés de Mouton à la Servante._
-
-Prenez deux carrés de mouton; supprimez-en l’échine, parez-en les
-filets; piquez-les comme il est indiqué aux _Carbonnades_ (voyez cet
-article), un de lard et l’autre de persil vert en branche; passez un
-hatelet au travers; posez-les sur la broche et faites-les cuire une
-demi-heure ou trois quarts d’heure, ayant soin de les arroser: leur
-cuisson faite, dressez-les sur le plat, les filets en dehors, et
-servez-les avec un jus clair dessous.
-
-
-_Carré de Mouton en Fricandeau._
-
-Prenez un carré de mouton; parez-le et piquez-le de lard fin, tel que
-celui dit à la servante; foncez une casserole des débris de votre
-carré et de quelques parures de viandes de boucherie; posez votre
-carré dessus, et joignez-y deux carottes, deux oignons et un bouquet
-assaisonné; mouillez-le d’une cuillerée à pot de bouillon; couvrez-le
-d’un papier beurré; faites-le cuire comme les grenadins de veau (voyez
-cet article): sa cuisson faite, égouttez-le, levez la peau qui couvre
-les côtes; glacez le filet ou la totalité du carré; servez-le sur une
-bonne purée d’oseille ou un ragoût de chicorée.
-
-
-_Filets Mignons de Mouton._
-
-Levez les filets mignons de douze carrés de mouton; ce qui vous
-fera douze filets; parez-les, piquez-les, marquez-les tels que les
-carbonnades (voyez cet article): leur cuisson faite, glacez-les et
-dressez-les sur un ragoût de concombres au jus (voyez _Ragoût de
-concombres_, à son article), ou sur tout autre ragoût qu’il vous
-plaira, et servez.
-
-
-_Emincé de Filets de Mouton aux Concombres._
-
-Prenez la noix d’un gigot froid, cuit à la broche; ôtez-en les peaux
-et la graisse, coupez-la par filets d’un pouce et demi carré, émincez
-ces filets et mêlez-les, sans les laisser bouillir, avec un émincé de
-concombres réduit et bouillant (voyez _Ragoût de Concombres_, à son
-article), ou avec de la chicorée (voyez _Ragoût de Chicorée_, à son
-article).
-
-
-_Hachis de Mouton à la Portugaise._
-
-Si vous avez un gigot rôti de desserte, levez-en la noix et la
-sous-noix; supprimez-en les nerfs, la graisse et les peaux; hachez vos
-chairs très-menu; mettez dans une casserole de l’espagnole réduite;
-faites-la réduire de nouveau à demi-glace; mettez-y vos chairs hachées;
-remuez-les sur le feu sans les laisser bouillir; mettez-y un pain de
-beurre et un peu de gros poivre: si votre hachis n’était pas assez
-corsé, mettez-y gros de glace comme le pouce (_Réduction de Veau,
-etc._); dressez-le sur le plat auquel vous aurez fait une bordure;
-arrosez-le légérement avec une espagnole réduite, et posez dessus huit
-ou dix œufs pochés; de là servez.
-
-
-_Haricot de Mouton à la Bourgeoise._
-
-Coupez un carré de mouton par morceaux; mettez dans votre casserole un
-morceau de beurre avec votre mouton, et faites-le revenir sur un feu
-vif: lorsque vos chairs auront pris une couleur dorée, égouttez-les;
-ayant tourné des navets en bâtons ou en bâtonnets, une quantité
-suffisante, passez-les dans la graisse de votre mouton; faites qu’ils
-soient d’une belle couleur et égouttez-les; ensuite faites un roux
-(voyez _Roux_, à son article); repassez votre mouton dans ce roux;
-mouillez-le; mettez-y du sel, du poivre, un bouquet, deux oignons
-dont un piqué d’un clou de girofle, une feuille de laurier, et
-mettez-y vos navets: lorsque votre mouton sera aux trois quarts cuit,
-faites-le mijoter, dégraissez-le; parvenu à son degré de cuisson, si
-la sauce est trop longue, retirez-en une partie, et faites-la réduire
-convenablement: cela fait, dressez votre haricot, masquez-le de vos
-navets, et servez.
-
-
-_Poitrines de Moutons._
-
-Prenez deux poitrines de moutons; parez-les; coupez-en le bout du
-flanchet et l’os rouge de la poitrine; ficelez-les et mettez-les
-cuire dans la grande marmite ou dans une braisière, où vous les
-assaisonnerez, afin que vos poitrines soient d’un bon goût: elles
-seront cuites quand vous pourrez en ôter facilement les os des
-côtes: cela fait, levez-en la première peau; parez-les de nouveau;
-arrondissez-les du côté du flanchet; panez-les en saupoudrant dessus
-de la mie de pain, assaisonnée de sel et de poivre; ensuite faites-les
-griller, et servez-les avec une sauce au pauvre homme. (Voyez _Sauce
-au pauvre Homme_, à son article.)
-
-
-_Collets de Moutons à la Sainte-Menéhould._
-
-Prenez deux collets entiers de moutons; parez les bouts saigneux;
-faites-les blanchir; ficelez-les et marquez-les dans une braise: si
-vous n’en avez pas, foncez une braisière de quelques parures de viandes
-de boucherie, de quelques bardes de lard, trois carottes, autant
-d’oignons, dont un piqué de deux clous de girofle, deux feuilles de
-laurier, du thym, du basilic, deux gousses d’ail, un bouquet de persil
-et ciboules, et du sel en suffisante quantité; mouillez ces collets
-avec du bouillon si vous en avez, sinon avec de l’eau; couvrez-les
-d’un papier; faites-les partir et cuire ensuite sur la paillasse deux
-ou trois heures, avec feu dessous et dessus: leur cuisson faite,
-égouttez-les; posez-les sur un plafond; parez-les; couvrez-les d’une
-bonne Sainte-Menéhould; panez-les avec de la mie de pain, dans laquelle
-vous aurez mis un peu de Parmesan râpé; arrosez-les de nouveau;
-faites-leur prendre couleur dans un four ordinaire ou sous un four de
-campagne; dressez-les sur le plat, et saucez-les avec une italienne
-rousse. (Voyez _Sauce Italienne rousse_, à son article.)
-
-
-_Collets de Moutons grillés._
-
-Prenez trois collets ordinaires de moutons, c’est-à-dire que le mouton
-ait été partagé en deux; ôtez-en les bouts saigneux; faites blanchir
-et cuire ces collets dans la marmite, comme les poitrines de moutons:
-lorsqu’ils seront cuits, panez-les; faites-les griller d’une belle
-couleur, et servez-les avec une sauce au pauvre homme ou une poivrade.
-(Voy. _Sauce au pauvre Homme_, et _Poivrade_, à leurs articles.)
-
-
-_Queues de Moutons glacées à la Chicorée._
-
-Prenez cinq queues de moutons bien grasses; parez-les; mettez-les
-dégorger dans de l’eau tiède; faites-les blanchir et cuire dans une
-braise, comme les collets de moutons (article précédent): leur cuisson
-faite, égouttez-les, essuyez-les et ciselez-les; séchez-les avec
-une pelle que vous aurez fait rougir et que vous tiendrez à quelque
-distance au-dessus de vos queues; ensuite glacez-les et servez-les sur
-de la chicorée, des épinards, une purée d’oseille, ou tout autre ragoût
-qu’il vous plaira.
-
-
-_Queues de Moutons en Hoche-pot._
-
-Ayez six queues de moutons; faites-les blanchir et cuire dans une
-braise avec la valeur d’une demi-livre de petit lard coupé en gros
-dés, auxquels vous aurez laissé la couenne; ayez des légumes tournés,
-tels que navets, carottes, quelques racines de céleri, auxquels vous
-joindrez des petits oignons; faites blanchir ces légumes; séparez-les,
-et faites-les cuire à part avec du consommé ou du bouillon: il faut
-que leur mouillement tombe à glace, et avoir soin que chacun de ces
-légumes soit cuit à son point; mettez dans une casserole une quantité
-suffisante d’espagnole réduite, et jetez-y tous vos légumes, ainsi que
-votre petit lard, que vous aurez retiré de la braisière; dégraissez vos
-légumes; faites réduire à courte sauce; égouttez vos queues; glacez-les
-comme ci-dessus; dressez vos légumes dans le plat; posez vos queues
-dessus: si vous n’avez point de glace, masquez vos queues avec le
-ragoût, et servez.
-
-
-_Queues de Moutons au Soleil._
-
-Ayez six queues de moutons cuites dans une braise; faites une sauce
-aux hatelets (voyez cette sauce, à son article); laissez refroidir
-et vos queues et votre sauce; ensuite garnissez-en vos queues; ayez
-soin de leur conserver leur forme; roulez-les dans de la mie de pain;
-faites une petite omelette assaisonnée de sel: trempez-y vos queues,
-et panez-les; faites-les frire d’une belle couleur; dressez-les sur un
-buisson de persil frit, le gros bout en bas et la pointe en haut; de là
-servez-les.
-
-
-_Terrine de Queues de Moutons._
-
-Braisez six queues de moutons; joignez-y une livre de petit lard
-de poitrine; ayez six ou huit ailerons de dindons; échaudez-les;
-désossez-les à moitié, flambez-les, épluchez-les et poêlez-les (voyez
-_Poêle_, à son article); de suite prenez un cent de marrons, desquels
-vous ôterez la première peau; mettez-les dans une casserole avec
-gros de beurre comme un œuf; sautez-les sur le feu jusqu’à ce qu’ils
-quittent leur seconde peau; supprimez-la; après mettez-les dans une
-casserole avec du consommé pour les faire cuire; lorsqu’ils le seront,
-prenez tous ceux qui seront défectueux, et pelez-les: vos queues de
-moutons étant cuites, passez au tamis de soie une partie du fond de
-leur braise, dont vous vous servirez pour mouiller votre purée de
-marrons, en la passant à l’étamine comme une autre purée: lorsqu’elle
-le sera, faites-la réduire, en y ajoutant une bonne cuillerée
-d’espagnole; dégraissez-la; égouttez vos queues ainsi que vos ailerons;
-dressez-les dans la terrine avec votre petit lard coupé en gros dés,
-ainsi que vos marrons entiers; finissez votre purée avec un pain de
-beurre; goûtez si elle est d’un bon goût, versez-la dans votre terrine,
-et servez.
-
-Vous pouvez employer, selon la saison, une purée de lentilles à la
-reine, de pois, ou toute autre, en place de celle de marrons.
-
-
-_Rognons de Moutons à la Brochette._
-
-Ayez douze rognons de moutons; fendez-les légérement à l’opposé du
-nerf; ôtez-en les pellicules qui les enveloppent; achevez de les fendre
-sans les séparer; passez au travers, de quatre en quatre, une brochette
-de bois, en sorte qu’ils ne puissent se _refermer_; faites-les griller,
-en ayant soin de les retourner à propos: quand ils seront cuits,
-retirez-en ces brochettes et dressez-les sur le plat; mettez dans
-chaque, gros comme la moitié d’une noix, de maître-d’hôtel froide
-(voyez _Maître-d’Hôtel froide_, à son article); faites chauffer votre
-plat; exprimez dessus ces rognons le jus d’un citron, et servez.
-
-
-_Rognons de Moutons au Vin de Champagne ou à l’Italienne._
-
-Prenez quinze rognons; supprimez comme ci-dessus la pellicule;
-émincez-les; mettez dans une casserole gros de beurre comme un œuf avec
-vos rognons; faites-les aller à grand feu: lorsqu’ils seront roidis,
-égouttez-les et mettez-les dans une sauce à l’italienne, dans laquelle
-vous aurez versé un demi-verre de vin de Champagne, et que vous aurez
-fait réduire presque à consistance de glace; achevez de les faire
-cuire, en les remuant dans cette sauce sans les laisser bouillir, et
-servez.
-
-
-_Animelles ou Testicules de Moutons._
-
-Ayez deux paires d’animelles; supprimez-en les peaux; coupez-les en
-filets de la largeur du petit doigt de la main, en ne leur donnant que
-la moitié de l’épaisseur; marinez-les dans du citron, sel, poivre,
-quelques branches de persil et quelques ciboules; égouttez-les quand
-vous voudrez vous en servir; farinez-les; faites-les frire de manière à
-ce qu’elles soient croquantes, et servez-les avec ou sans persil frit.
-
-
-_Amourettes ou Moelle alongée de Mouton._
-
-Procédez, au sujet de ces amourettes, comme pour celles de veau.
-
-
-_Cervelles de Moutons._
-
-Ces cervelles, moins délicates que celles de veaux, s’apprêtent de
-même; et l’on s’en sert au besoin en place de celles de veaux.
-
-
-_Langues de Moutons en Papillotes._
-
-Ayez douze de ces langues; nettoyez-les; faites-les dégorger et ensuite
-blanchir près d’un quart d’heure; rafraîchissez-les; égouttez-les; ôtez
-toutes les peaux qui les enveloppent: cela fait, marquez ces langues
-dans une casserole foncée de bardes de lard, oignons, carottes, un
-bouquet de persil et ciboules, une gousse d’ail et une feuille de
-laurier; mouillez-les avec du bouillon; faites-les partir et cuire
-environ trois heures; laissez-les refroidir dans leur cuisson; ensuite
-retirez-les sur un plat, et faites autant de cornets de papier que
-vous devez employer de langues; hachez plein les deux mains de parures
-de champignons, du persil et des ciboules, à-peu-près la moitié du
-volume de ces champignons; mettez le tout dans une casserole avec une
-demi-livre de beurre, du sel, du poivre, une pincée d’épices fines et
-un quarteron de lard râpé; passez ces fines herbes; faites-les aller
-à petit feu; remuez-les pour qu’elles ne s’attachent point: quand
-elles seront presque cuites, mettez-y deux cuillerées à dégraisser
-d’espagnole ou de velouté; faites mijoter le tout; liez-le avec trois
-jaunes d’œufs, et versez cette sauce sur vos langues; laissez-les
-refroidir; après mettez-en une dans chaque cornet, duquel vous aurez
-soin d’huiler le dehors; remplissez ces cornets de fines herbes;
-fermez-les de manière qu’elles n’en puissent sortir, et mettez-les
-griller sur un feu doux; ayez soin de les retourner, de leur faire
-prendre une belle couleur, et servez.
-
-
-_Langues de Moutons au Gratin._
-
-Prenez et faites cuire dans une braise, comme ci-dessus, des langues
-de moutons; laissez-les refroidir ainsi, pour qu’elles prennent du
-goût; prenez de la farce cuite; garnissez de gratin le fond d’un plat
-(voyez _Gratin_, à son article); ouvrez les langues en deux, sans les
-séparer, afin qu’elles forment chacune un cœur, et posez-les sur ce
-plat garni; couvrez-les de ce gratin ou farce, en leur laissant leur
-forme; garnissez-les de gratin tout autour; unissez-les, passez-les,
-arrosez-les légérement de beurre fondu; ayez des bouchons de pain que
-vous tremperez dans ce beurre, et faites-en une ceinture au bord du
-plat, afin que votre gratin conserve sa forme; mettez-le cuire dans un
-grand four ou sous un four de campagne, avec feu dessous et dessus,
-pour le faire gratiner; ayez soin qu’il ne brûle pas et qu’il prenne
-une belle couleur: au moment de servir, ôtez les bouchons de pain et
-mettez-en d’autres passés dans du beurre et qui soient d’une belle
-couleur; saucez d’une bonne italienne rousse réduite, et servez.
-
-
-_Langues de Moutons à la Bretonne ou en Crépine._
-
-Faites cuire huit langues de moutons, comme celles dites braisées;
-laissez-les refroidir de même dans leur assaisonnement; prenez quinze
-gros oignons, coupez-les en deux, supprimez-en la pointe et le petit
-cœur; coupez-les en rouelles bien égales; après mettez-les dans une
-casserole avec environ un quarteron de beurre; passez-les sur un bon
-feu; lorsqu’ils commenceront à roussir et à cuire, singez-les, faites
-roussir un peu votre farine avec vos oignons; et quand ils seront
-bien jaunes, mouillez-les avec de l’espagnole, du consommé ou du
-bouillon; s’il vous manquait de l’espagnole, singez un peu plus vos
-oignons; assaisonnez-les de sel, de poivre et d’un peu d’épices fines;
-faites-les cuire et réduire jusqu’à consistance d’une forte bouillie
-et laissez-les refroidir; de là, ayez des toilettes ou crépines de
-cochons, mettez-les tremper dans de l’eau; coupez vos langues en
-deux, supprimez-en la pointe; coupez vos crépines par morceaux comme
-vos langues; mettez dessus une cuillerée de bretonne; posez dessus
-chacune de vos langues, recouvrez-la de bretonne, enveloppez-la avec
-sa crépine, en sorte que la bretonne ne puisse s’échapper; donnez à
-ces langues, ainsi préparées, la forme d’une grosse saucisse plate;
-mettez-les sur le gril et sur le feu un quart d’heure avant de servir;
-retournez-les, qu’elles aient une belle couleur, et servez.
-
-
-_Langues de Moutons au Parmesan._
-
-Faites cuire vos langues dans une braise, que vous salerez peu;
-laissez-les refroidir dans cette braise, après fendez-les en deux comme
-celles dites au gratin; mettez dans le fond du plat où vous devez les
-servir de l’espagnole ou du velouté; saupoudrez le dessus de Parmesan
-râpé, à-peu-près l’épaisseur d’un écu; arrangez vos langues sur ce
-Parmesan; arrosez-les de votre espagnole ou velouté; couvrez-les de
-Parmesan, joint à de la mie de pain, à-peu-près la quantité saupoudrée
-sur le fond du plat dont il est parlé plus haut; arrosez-les d’un peu
-de beurre, mettez-les au four ou sous un four de campagne, avec feu
-dessus et dessous; faites-leur prendre une belle couleur, et servez.
-
-
-_Langues de Moutons à la Matelote._
-
-Ayez des langues; préparez-les et braisez-les, comme il est dit aux
-articles précédens; quand elles seront bien cuites, égouttez-les,
-masquez-les d’une sauce matelote, et servez. (Voyez _Sauce Matelote_,
-à son article.)
-
-
-_Pieds de Moutons à la Poulette._
-
-Ayez une ou deux bottes de pieds de moutons, comme ils se vendent
-chez la tripière; prenez-les l’un après l’autre, supprimez-en le
-bout des ergots, fendez le pied jusqu’à la jointure de l’os, ôtez-en
-l’_entre-fourchon_, où il se trouve une petite pelote de laine, appelée
-vulgairement le ver; parez le haut du pied, flambez-le, épluchez-le,
-supprimez-en le gros os; ensuite faites blanchir ces pieds; essuyez-les
-avec un linge blanc; mettez-les dans une braisière; mouillez-les avec
-un blanc (voyez _Blanc_, à son article); laissez-les cuire cinq ou six
-heures; égouttez-les; mettez-les dans une casserole avec une cuiller
-à pot de velouté, et davantage s’il le faut; faites-les mijoter;
-assaisonnez-les de sel, de gros poivre, d’une pincée de persil haché et
-blanchi; à l’instant de les servir liez-les avec trois jaunes d’œufs
-environ; finissez-les avec un filet de verjus, de vinaigre ou d’un jus
-de citron, et servez.
-
-Si vous n’avez pas de velouté, faites un petit roux blanc; délayez-le
-avec du bouillon dans lequel vous mettrez un bouquet de persil et de
-ciboules, deux oignons, deux clous de girofle, une gousse d’ail, une
-feuille de laurier et quelques parures de champignons; faites cuire
-cette sauce en la tournant près de trois quarts d’heure; sa cuisson
-faite, ôtez-en les oignons; posez sur une casserole une étamine,
-versez-y votre sauce et tordez cette étamine; faites cuire et réduire
-cette sauce, jetez-y vos pieds de moutons, et finissez-les comme
-ci-dessus, excepté qu’il faut, en les liant, y mettre un morceau de
-beurre.
-
-
-_Pieds de Moutons à la sauce Robert._
-
-Préparez ces pieds comme ceux dits pieds de moutons à la poulette;
-leur cuisson achevée, mettez-les dans une sauce Robert (voyez _Sauce
-Robert_, à son article); faites-les mijoter; assaisonnez-les,
-finissez-les avec un peu de moutarde; qu’ils soient d’un bon goût, et
-servez.
-
-
-_Pieds de Moutons à la Ravigote._
-
-Préparez ces pieds de moutons, comme ceux énoncés ci-dessus; faites-les
-cuire dans un blanc; sautez-les dans une ravigote froide (voyez
-_Ravigote froide_, à son article); dressez-les et servez.
-
-
-
-
-AGNEAU.
-
-
-L’agneau n’est bon que du 24 décembre au commencement d’avril. Les
-agneaux de lait sont les meilleurs. Pour qu’ils soient excellens,
-il faut qu’ils n’aient pas mangé et qu’ils ne soient nourris que du
-lait de leur mère. Afin de les engraisser, on leur donne plusieurs
-nourrices. Il faut les choisir d’une chair blanche, et les rognons bien
-couverts de graisse. Lorsqu’on en fait l’achat au marché, il faut leur
-pincer le bas de la poitrine pour juger si elle est épaisse; ce qui
-annonce leur bonne qualité. Je fais peu de cas des métis et des mérinos
-pour le service de la cuisine; leur chair est moins succulente; il est
-facile de les reconnaître à leur laine qui est infiniment plus fine et
-plus frisée que celle des agneaux ordinaires.
-
-
-_Têtes d’Agneaux à la Poulette._
-
-Ayez deux têtes d’agneaux; désossez-en les mâchoires et ôtez-les:
-détachez le mufle de sa peau et coupez-le près de l’œil; faites
-dégorger et blanchir ces têtes; flambez-les; frottez-les de citron;
-pour qu’elles soient blanches, mettez-les dans un blanc (voyez
-_Blanc_, à son article); faites-les cuire environ deux heures; prenez
-garde qu’elles ne cuisent pas trop: cette cuisson faite, égouttez-les;
-levez-en les crânes; épluchez les cervelles, ôtez-en les veines qui
-peuvent s’y trouver; dépouillez les langues, fendez-les en deux;
-ciselez les oreilles; dressez ces têtes, saucez-les avec une bonne
-poulette (voyez _Sauce Poulette_, à son article), et servez.
-
-Vous pouvez également les servir avec une hollandaise verte. Faites
-cuire la fressure, après l’avoir fait blanchir dans le blanc avec
-les têtes; lorsqu’elles seront cuites, mettez-les dans votre sauce;
-coupez-les en grosses escalopes; joignez les pieds de l’agneau pour
-garnir vos têtes, ainsi que des champignons, et masquez le tout avec
-une hollandaise verte. (Voyez _Hollandaise verte_, art. _Sauces_.)
-
-
-_Têtes d’Agneaux à l’Italienne._
-
-Apprêtez ces têtes comme les précédentes, et servez-les avec une bonne
-italienne. (Voyez _Sauce à l’Italienne_.)
-
-
-_Oreilles d’Agneaux, farcies et frites._
-
-Ayez une quinzaine de ces oreilles, flambez-les; faites-les blanchir
-et cuire dans un blanc: après égouttez-les; laissez-les refroidir;
-remplissez-en l’intérieur d’une farce cuite (voyez _Farce cuite_, à
-son article); donnez-leur une belle forme; roulez-les dans de la mie de
-pain; trempez-les dans une omelette; panez-les de nouveau; mettez-les
-à fur et à mesure sur un couvercle de casserole. Un demi-quart d’heure
-avant de servir, faites-les frire à friture moyennement chaude,
-pour que la farce ait le temps d’être atteinte, et poussez-les un
-peu vivement pour les finir; qu’elles soient d’une belle couleur;
-égouttez-les sur un linge blanc; dressez-les avec du persil frit,
-dessous ou dessus, et servez.
-
-
-_Oreilles d’Agneaux à la Ravigote._
-
-Prenez la même quantité d’oreilles que ci-dessus; préparez-les de même;
-ayez attention qu’elles soient très-blanches; égouttez-les, et servez
-dessous une ravigote froide ou chaude. (Voyez _Sauce Ravigote_, à son
-article.)
-
-
-_Oreilles d’Agneaux à l’Italienne._
-
-Ayez la même quantité d’oreilles qu’il est dit à l’article précédent;
-préparez-les de même et servez-les avec une italienne. (Voyez _Sauce à
-l’Italienne_, à son article.)
-
-
-_Pieds d’Agneaux à la Poulette._
-
-(Voyez _Pieds de Moutons à la Poulette_.)
-
-
-_Rosbif d’Agneau._
-
-Ayez un bon rosbif d’agneau; faites-le blanchir légérement; levez la
-peau de dessus les filets; faites-en autant sur le milieu des gigots;
-piquez toutes les parties découvertes d’une deuxième; vous aurez soin
-de le retrousser comme il est indiqué à l’article _Rosbif de Mouton_;
-mettez-le sur le fer, c’est-à-dire, embrochez-le; enveloppez-le de
-papier beurré; faites-le cuire; sa cuisson achevée, dressez-le; glacez
-les parties piquées, et servez-le avec un jus clair.
-
-
-_Quartier de devant d’Agneau à la Broche._
-
-Ayez un quartier d’agneau, couvrez-le de bardes de lard, du défaut de
-l’épaule à l’extrémité de la poitrine; passez un grand hatelet entre
-les côtes et l’épaule; attachez-en les deux bouts sur la broche;
-emballez ce quartier de papier beurré; faites-le cuire, et lorsqu’il le
-sera, dressez-le sur le plat; levez légérement l’épaule du côté de la
-poitrine, et mettez, sans qu’on la puisse voir, une maître-d’hôtel crue
-entre cette épaule et les côtes, et servez avec un jus clair.
-
-
-_Épigrammes d’Agneau._
-
-Prenez un quartier d’agneau de devant; levez-en l’épaule de façon que
-la poitrine reste couverte le plus possible; séparez-la des côtes;
-coupez ces côtes, comme il est indiqué à l’article _Côtelettes de
-Mouton_; faites-en cinq ou six dans votre carré, et autant de tendons
-que vous avez de côtelettes; foncez une casserole de bardes de lard;
-mettez-y les parures de vos côtelettes avec une carotte coupée en
-quatre, un oignon, un petit bouquet de persil et ciboules, un clou
-de girofle, une demi-feuille de laurier et un peu de sel. Arrangez
-vos tendons dans cette casserole; couvrez-les d’une barde de lard;
-mouillez-les avec du bouillon ou du consommé; couvrez-les d’un papier
-beurré; faites-les partir sur un bon feu; mettez-les sur une paillasse,
-avec feu dessus et dessous; laissez-les cuire trois quarts d’heure;
-coupez vos côtelettes et parez-les; faites fondre du beurre dans une
-sauteuse, trempez-y vos côtelettes des deux côtés; rangez-les dedans
-et couvrez-les d’un rond de papier; pendant ce temps vous aurez fait
-cuire votre épaule d’agneau, soit à la broche, soit dans une casserole,
-avec un peu de beurre et sans mouillement; sa cuisson finie, laissez-la
-refroidir; levez-en les chairs; ôtez-en les peaux et les nerfs; émincez
-ces chairs; mettez dans une casserole trois cuillerées à dégraisser
-de velouté réduit, une douzaine de champignons émincés, et faites
-sauter vos côtelettes: vous pouvez vous assurer de leur cuisson, en
-appuyant le doigt dessus un peu avant: ayant égoutté, paré et donné à
-vos tendons la forme d’un cœur, et les ayant passés et repassés dans
-deux jaunes d’œufs, délayez dans du beurre fondu et un grain de sel;
-mettez-les sur le gril; faites-les griller; lorsqu’ils seront d’une
-belle couleur, finissez de glacer vos côtelettes et dressez-les en
-couronne, en les entremêlant d’un tendon alternativement: de suite
-mettez votre émincée dans la sauce que vous avez préparée; liez alors
-cette blanquette sans la laisser bouillir; finissez-la avec gros de
-beurre comme une petite noix et un jus de citron; mettez-la dans le
-puits de vos côtelettes et tendons; dressez, comme il est dit, en
-couronne, et servez.
-
-Si vous n’aviez pas de sauce pour faire votre blanquette, faites cuire
-vos tendons un peu d’avance; prenez une douzaine de champignons;
-passez-les dans le beurre; singez-les d’une petite pincée de farine;
-mouillez-les avec le fond de vos tendons, que vous aurez passés au
-travers d’un tamis de soie ou d’une serviette; faites-le réduire à
-consistance de sauce; dégraissez cette sauce, tordez-la dans une
-casserole à travers une étamine; mettez-y votre émincée, et finissez
-votre blanquette comme ci-dessus.
-
-
-_Tendons d’Agneau aux pointes d’Asperges._
-
-Prenez deux poitrines d’agneaux; marquez-les dans une casserole,
-avec des parures de veau, comme ceux de l’épigramme; faites-les
-cuire de même; leur cuisson faite, égouttez-les; mettez-les entre
-deux couvercles; laissez-les-y refroidir; coupez-les en cœur; passez
-le fond, dans lequel ils ont cuit, au travers d’un tamis de soie;
-faites-le réduire, dans une sauteuse, à moitié de la consistance de
-glace; rangez vos tendons, laissez-les mijoter et s’y glacer; ayez
-une botte d’asperges, _dites_ aux petits pois, et n’en employez
-que le tendre; lavez-les; faites-les blanchir à l’eau bouillante,
-où vous aurez mis une pincée de sel; écumez-les, blanchissez-les,
-rafraîchissez-les, jetez-les dans un tamis; mettez dans une casserole
-cinq à six cuillerées d’espagnole; faites réduire votre sauce,
-dégraissez-la, mettez-y vos asperges, faites-la achever de cuire et
-réduire: dressez en couronne vos tendons sur le plat; remettez une
-partie de votre ragoût d’asperges dans votre sauteuse, pour en détacher
-la glace; mêlez le tout, finissez-le avec un pain de beurre; versez-le
-dans votre puits, et servez.
-
-
-_Tendons d’Agneau à la Villeroi._
-
-Ayez deux poitrines d’agneaux; faites-les cuire comme celles ci-dessus;
-mettez-les entre deux couvercles pour les aplatir; lorsqu’elles seront
-froides, coupez-les comme pour l’épigramme (voyez cet article);
-faites une sauce à la poulette bien réduite; liez-la davantage qu’une
-poulette ordinaire; versez-la sur vos tendons, laissez-la refroidir;
-garnissez-les bien de cette sauce, panez-les; donnez-leur une belle
-forme; trempez-les dans une omelette; panez-les une seconde fois;
-faites-les frire, et servez.
-
-
-_Côtelettes d’Agneau au Naturel._
-
-(Voyez l’article _Côtelettes de Mouton au Naturel_.)
-
-
-_Côtelettes d’Agneau panées._
-
-Ayez des carrés d’agneau; coupez vos côtelettes et parez-les; faites
-fondre dans une sauteuse un peu de beurre; arrangez dedans vos
-côtelettes; saupoudrez-les d’un peu de sel; faites-les revenir sans
-roussir le beurre; égouttez-les; laissez refroidir un peu votre
-beurre; lorsqu’il le sera, incorporez deux jaunes d’œufs; trempez vos
-côtelettes des deux côtés dans cette anglaise; panez-les, posez-les sur
-le gril, mettez-les sur un feu très-doux; faites-leur prendre une belle
-couleur des deux côtés; servez-les à sec, ou, si vous voulez, avec un
-jus clair, dans lequel vous exprimerez le jus d’un citron; ajoutez-y,
-si vous le jugez à propos, une pincée de mignonnette, et servez.
-
-
-_Côtelettes d’Agneau à la Minute._
-
-Ces côtelettes se préparent comme celles de mouton _dites_ à la Minute.
-(Voyez l’article _Côtelettes de Mouton à la Minute_.)
-
-
-_Épaule d’Agneau en Musette._
-
-Levez deux épaules d’agneau, les plus larges qu’il vous sera possible;
-supprimez-en tous les os et la moitié du manche; étendez bien toutes
-vos chairs également; assaisonnez-en l’intérieur d’un peu de sel et
-d’épices fines; remplissez cet intérieur de vos épaules d’un bon
-salpicon (voyez _Salpicon_, à son article); passez de la ficelle
-tout autour avec une aiguille à brider, comme un tailleur forme un
-bouton, afin que votre salpicon, ainsi enfermé, ne puisse s’échapper;
-cela fait, piquez le dessus de ces épaules de petit lard en forme de
-rosette, ou mettez dessus une légère couche de farce cuite (voyez
-_Farce Cuite_, à son article); décorez-les, comme il vous conviendra,
-avec des truffes ou des cornichons, que vous appliquerez sur la farce;
-ensuite foncez une casserole avec les os, quelques parures de viande
-de boucherie, quelques lames de jambon, carottes, oignons et un
-bouquet de persil et ciboules assaisonné; mouillez votre braise avec
-du bouillon ou du consommé; couvrez ces épaules de bardes de lard et
-d’un rond de papier beurré; faites partir votre braisière, posez-la
-sur une paillasse avec feu dessus et dessous; faites cuire une heure
-et demie: la cuisson achevée, égouttez vos épaules, glacez-en ce qui
-est piqué; si elles ne le sont pas, glacez les chairs autour de leur
-décor; dressez-les et servez dessous une italienne réduite ou une bonne
-espagnole.
-
-
-
-
-COCHON.
-
-
-Le cochon est de tous les animaux celui qui est le plus employé dans
-la cuisine; car presque dans tous les mets, soit entrée ou rôti, on
-se sert de lard et de jambon; les autres parties de cet animal sont
-moins recherchées; cependant la hure est un mets fort distingué, quand
-elle est apprêtée par un homme qui connaît bien son état; les pieds se
-servent aussi à la Sainte-Menéhould, ou farcis de truffes; les oreilles
-se servent en menu-de-roi, et les poitrines s’emploient dans bien des
-ragoûts; il faut choisir le porc jeune et gras; mais bien prendre garde
-qu’il ne soit ladre; sa chair est fort malsaine et très-indigeste
-lorsqu’il a cette maladie; elle est facile à connaître, même dans le
-lard et dans les chairs, par de petites glandes blanches et roses.
-
-Dans cet animal il n’y a presque rien à jeter: de son sang on en fait
-du boudin, de ses intestins des andouilles, des débris de ses chairs
-des saucisses, et, lorsque le tout est bien préparé, on peut en faire
-d’excellens mets.
-
-
-_Hure de Cochon._
-
-Coupez votre hure jusqu’à la moitié des épaules, c’est-à-dire plus
-longue qu’on ne la coupe ordinairement; flambez-la, de manière à ce
-qu’il n’y reste aucune soie; nettoyez le dedans des oreilles en y
-introduisant un fer presque rouge, pour en brûler les poils qui s’y
-trouvent; cela fait, lavez bien cette hure; épluchez-la de nouveau;
-ratissez-la et désossez-la; prenez garde de n’y faire aucun trou,
-surtout à la couenne de dessus le nez; la chair qui provient des
-parties charnues, telle que celle des épaules, étendez-la dans les
-parties de votre hure où il n’y en a pas, afin que les chairs soient
-égales partout; ensuite mettez-la dans un grand vase de terre; faites
-une eau de sel; laissez-la refroidir, tirez-la à clair et versez-la
-dans votre vase sur la hure, afin qu’elle trempe entièrement; mettez-y
-une poignée de graine de genièvre, quatre feuilles de laurier, cinq ou
-six clous de girofle, deux ou trois gousses d’ail (coupées en deux),
-une demi-once de salpêtre en poudre, du thym, du basilic et de la
-sauge; couvrez votre terrine d’un linge blanc, et mettez dessus un
-autre vase qui la couvre le plus possible; laissez-la se mariner huit
-ou dix jours; ensuite égouttez-la; faites une farce pour en garnir
-votre hure. A cet effet, prenez de la chair de porc; ôtez-en la peau
-et les nerfs; mettez à-peu-près la même quantité de lard, assaisonné
-de sel fin et de fines épices; hachez le tout très-menu, en sorte
-qu’on ne puisse distinguer le lard d’avec la chair; mettez votre farce
-dans un mortier; pilez-la bien; incorporez, l’un après l’autre, cinq
-ou six œufs entiers; faites l’essai de cette farce, et remédiez à ce
-qui pourrait y manquer. Votre farce achevée, étendez votre hure sur
-une nappe blanche; ôtez tous les ingrédiens qui ont servi à lui donner
-du goût. Vous aurez coupé du lard en grands lardons que vous aurez
-assaisonnés avec sel, poivre, quatre épices, des aromates pilés, persil
-et ciboules hachés, et que vous aurez incorporés le mieux possible avec
-vos lardons; arrangez de nouveau vos chairs dans la peau de la hure;
-garnissez-la de ces lardons, posés en long de distance en distance,
-bien entremêlés avec la chair et la farce, de l’épaisseur d’un pouce;
-mettez-y la langue que vous aurez échaudée et épluchée; faites un autre
-lit de lardons, et entre ces lardons placez des truffes épluchées et
-coupées en long, entremêlées de pistaches que vous aurez émondées;
-faites ainsi plusieurs lits, jusqu’à l’emploi entier de votre farce,
-de vos truffes, de votre lard et des pistaches. Votre hure remplie,
-cousez-la avec une aiguille à brider; ménagez-lui bien sa première
-forme; enveloppez-la dans une étamine neuve, et cousez-la; attachez
-les deux bouts avec de la ficelle; foncez une braisière avec des
-parures de boucherie, surtout de veau, des oignons, des carottes,
-trois feuilles de laurier, deux bouquets de persil et ciboules,
-quelques clous de girofle, de l’ail et trois bouteilles de vin rouge
-de Bourgogne; achevez de la mouiller avec du bon bouillon: il faut
-qu’elle trempe dans son assaisonnement: faites-la partir; couvrez-la
-avec plusieurs feuilles de fort papier beurré; couvrez la braisière de
-son couvercle; mettez-la sur une paillasse, avec feu dessus et dessous;
-faites-la cuire cinq à six heures; cela dépendra de la grosseur de
-la pièce et de la jeunesse de l’animal dont elle provient: pour vous
-assurer si elle est cuite, sondez-la avec une lardoire; si elle entre
-facilement, retirez votre braisière du feu; laissez votre hure dedans,
-et ne la retirez de son assaisonnement que quand elle sera presque
-tiède; laissez-la refroidir dans son étamine; après déballez-la,
-retirez la graisse qui pourrait se trouver dessus; ôtez les ficelles,
-parez-la du côté du chignon, dressez-la sur une serviette, et servez.
-
-
-_Hure de Cochon à la manière de Troyes._
-
-Appropriez et désossez une hure de cochon, comme il est indiqué à
-l’article précédent, et exécutez de point en point pour celle-ci tout
-ce qui est dit pour la première: la seule différence qu’il y ait, c’est
-qu’au lieu de farce, vous devez la remplir de chair de porc, après en
-avoir ôté les nerfs; vous pouvez également y mettre des truffes et des
-pistaches: quant à la cuisson, elle est la même.
-
-
-_Jambon au Naturel._
-
-Ayez un bon jambon (ceux de Westphalie sont les meilleurs, et
-généralement plus estimés que ceux de Baïonne); parez-le, c’est-à-dire,
-levez le dessus des chairs, et, sur les bords du lard, ce qui pourrait
-être jaune; ôtez l’os du quasi; coupez le bout du jarret, et mettez
-votre jambon tremper, après l’avoir goûté, en enfonçant une lardoire
-dans la noix, ce qui vous décidera à le laisser se dessaler plus ou
-moins de temps: cela fait, mettez-le dans un linge; nouez-en les quatre
-bouts; arrangez-le dans une marmite ou une braisière proportionnée
-à sa grosseur; mouillez-le avec de l’eau; mettez-y quatre ou cinq
-carottes, autant d’oignons, quatre clous de girofle, trois ou quatre
-feuilles de laurier, deux ou trois gousses d’ail et un ou deux bouquets
-de persil, thym et basilic; faites-le partir et cuire ensuite à petit
-feu, quatre ou cinq heures; lorsque vous soupçonnerez qu’il est cuit,
-sondez-le avec la lardoire: si elle s’enfonce facilement, c’est que sa
-cuisson est faite; retirez-le; dénouez et renouez le linge pour serrer
-davantage: votre jambon à moitié refroidi, levez-en la couenne près du
-combien; parez-le et panez-le avec de la chapelure passée au travers
-d’un tamis; mettez une serviette sur un plat, et dressez-le dessus.
-
-
-_Jambon Braisé._
-
-Ayez un jambon; parez-le en dessous; coupez-en le manche, et supprimez
-le bord du lard qui pourrait être jaune; désossez l’os du quasi sans
-gâter votre jambon; faites-le dessaler à propos; mettez-le dans un
-linge; liez-le des quatre bouts, et posez-le dans une braisière juste
-à sa grandeur, après l’avoir foncée de viande de boucherie, bœuf et
-veau, avec oignons, carottes, un bouquet de persil et de ciboules,
-deux ou trois clous de girofle, trois feuilles de laurier, thym et
-basilic; mouillez-le avec de l’eau, faites-le partir, et à moitié de sa
-cuisson ajoutez une bouteille de vin de Madère; faute de ce vin, mettez
-un demi-setier d’eau-de-vie et une bouteille de vin de Champagne:
-alors vous ne couvrirez pas votre braisière, afin qu’en cuisant
-l’assaisonnement de votre jambon se réduise; sondez-le, pour juger s’il
-est cuit, ainsi qu’il est indiqué ci-dessus; égouttez-le; posez-le sur
-un couvercle; levez-en la couenne; glacez-le avec une réduction de
-veau: si vous n’en aviez pas, saupoudrez-le avec un peu de sucre fin,
-et glacez-le au four ou avec une pelle rouge; faites qu’il ait une
-belle couleur; servez-le sur des épinards ou dessus tels légumes que
-vous jugerez convenable.
-
-
-_Jambon à la Broche._
-
-Parez le dessus de votre jambon; arrondissez-le en le coupant tout
-autour, donnez-lui une belle forme; mettez-le dessaler, si vous croyez
-que cela soit nécessaire, ce dont vous pouvez vous assurer en le
-sondant; mettez-le dans un vase de terre avec des tranches d’oignons
-et de carottes, et deux ou trois feuilles de laurier cassées; versez
-dessus une bouteille et demie de vin de Malaga ou de tout autre vin
-d’Espagne, à défaut duquel vous emploierez du vin de Champagne:
-couvrez-le d’un linge blanc, et fermez-le le plus hermétiquement que
-possible; laissez-le mariner pendant vingt-quatre heures dans cet
-assaisonnement; embrochez-le; faites-le cuire à point; servez-vous
-de sa marinade pour l’arroser: sa cuisson presque faite, levez-en
-la couenne; dorez-le avec une anglaise (voyez _Anglaise_, à son
-article); panez-le; faites-lui prendre une belle couleur: en retirant
-votre jambon pour en enlever la couenne, retirez aussi votre marinade,
-passez-la au tamis de soie, faites-la réduire à consistance de sauce,
-et servez-la sous votre jambon.
-
-
-_Échinée de Cochon._
-
-Prenez une échinée de cochon; parez-la comme vous feriez d’un carré de
-veau; ôtez-en l’arête jusqu’au joint des côtes, et deux heures avant de
-la mettre à la broche, saupoudrez-la d’un peu de sel dessus et dessous;
-faites-la bien cuire, et servez dessous une sauce poivrade. (Voyez
-cette sauce, à son article.)
-
-
-_Côtelettes de Cochon, sauce Robert._
-
-Coupez vos côtelettes de porc frais, comme celles de veau;
-aplatissez-les; parez-les, saupoudrez-les d’un peu de sel des deux
-côtés; faites-les griller, et surtout qu’elles soient bien cuites.
-Vous les servirez avec une sauce Robert. (Voyez _Sauce Robert_, à son
-article.)
-
-
-_Oreilles de Cochons en Menu-de-Roi._
-
-Ayez trois oreilles de cochons; flambez-les; nettoyez-en le dedans, en
-y introduisant un fer presque rouge; ratissez-les bien; lavez-les à
-plusieurs eaux; faites-les blanchir et cuire ensuite dans une braisière
-(voyez _Poêle_, à son article); lorsqu’elles seront cuites, laissez-les
-refroidir; coupez-les par filets bien égaux; coupez aussi six gros
-oignons en deux; parez-en la tête et la queue; ôtez le petit cœur de
-ces oignons; coupez-les en filets ou en demi-anneaux; mettez-les dans
-une casserole avec un morceau de beurre; passez-les; faites-les cuire;
-qu’ils soient bien blancs; mouillez-les de deux ou trois cuillerées à
-dégraisser d’espagnole, d’une cuillerée de jus de bœuf ou de blond de
-veau; laissez mijoter vos oignons; dégraissez votre sauce à l’instant
-de servir; jetez-y votre menu-de-roi, ou les filets de ces oreilles;
-mettez-y du sel, s’il en faut, un peu de moutarde, un filet de
-vinaigre, et servez.
-
-
-_Oreilles de Cochons à la Purée._
-
-Préparez quatre ou cinq oreilles de cochons, comme il est indiqué
-ci-dessus; faites-les cuire dans une braise; prenez du bouillon;
-assaisonnez-les de carottes, oignons, d’un bouquet de persil et
-ciboules, thym, laurier et basilic: leur cuisson faite, égouttez-les;
-dressez-les et masquez-les avec une purée de pois, de lentilles, ou
-toute autre purée. (Voyez _Purée de Pois verts_, à son article.)
-
-
-_Queues de Cochons à la Purée._
-
-Procédez, à l’égard de ces queues, comme il est dit à l’article
-précédent pour les oreilles.
-
-
-_Pieds de Cochon à la Sainte-Menéhould._
-
-Préparez quatre pieds de cochon; flambez-les, de crainte qu’il ne
-s’y trouve des soies; ratissez-les; lavez-les dans l’eau chaude;
-faites qu’ils soient bien propres; fendez-les en deux; rapprochez
-les morceaux l’un contre l’autre; entortillez-les de rubans de fil,
-appelés _rubans à tablier_, comme si un perruquier faisait une queue;
-cousez les deux bouts du ruban, afin que les morceaux réunis ne se
-détachent pas; faites-les cuire dans une braise, et, faute de braise,
-dans du bouillon, comme les queues à la purée: leur cuisson faite,
-égouttez-les; laissez-les refroidir; ôtez-en les rubans; séparez ces
-morceaux, trempez-les dans du beurre légérement fondu, panez-les,
-faites-les griller, et servez-les à sec.
-
-
-_Pieds de Cochon aux Truffes._
-
-Vous procéderez pour ceux-ci, comme il est indiqué ci-dessus: à moitié
-froids, vous en ôterez les rubans; vous poserez chacun de ces pieds
-sur un morceau de crépine assez grand pour pouvoir l’envelopper; vous
-ôterez tous les os, et vous les remplacerez par un salpicon fait de
-truffes et de blanc de volailles (voyez _Salpicon de Volailles_, à son
-article): enveloppez ces pieds de la crépine énoncée; donnez-leur à
-chacun la forme d’un pied à la Sainte-Menéhould; faites-les griller de
-longue-main sur un feu doux, et servez-les.
-
-
-_Manière de faire ou de préparer le Lard._
-
-Levez le lard de votre cochon, en y laissant le moins de chair
-possible; frottez-le de sel fin, séché, pilé et passé au tamis; mettez
-lard contre lard et l’un sur l’autre; posez-le sur une planche dans une
-cave fraîche, sans être trop humide; remettez du sel tout autour de vos
-pièces, et posez une autre planche dessus; chargez cette planche d’un
-poids assez fort: laissez ce lard se faire un mois et davantage; cela
-fait, accrochez-le et laissez-le sécher dans un lieu aéré, sans être
-humide; qu’il soit ferme et sec, afin de pouvoir vous en servir pour
-piquer.
-
-
-_Petit Salé._
-
-Prenez des poitrines de cochon; coupez-les par morceaux; frottez-les de
-sel fin, comme les pièces de lard: vous y ajouterez un peu de salpêtre;
-vous les arrangerez au fur et à mesure les unes sur les autres dans un
-pot; ayez soin de les bien fouler, pour éviter qu’elles ne prennent le
-goût d’évent: pour obvier à cet inconvénient, bouchez les vides que
-pourra laisser le sel; recouvrez le vase d’un linge blanc, et fermez-le
-le plus hermétiquement possible: au bout de huit ou dix jours vous
-pouvez vous en servir, soit pour mettre aux choux ou à la purée, soit
-pour tout ce dont vous aurez besoin.
-
-
-_Sain-Doux._
-
-Quand vous voudrez faire du sain-doux, ayez de la panne bien blanche;
-la plus épaisse est celle que vous devez préférer; supprimez-en les
-peaux; battez-la bien avec un morceau de bois, mettez-la dans une
-marmite ou une casserole, avec un peu d’eau; faites-la aller à petit
-feu et bouillir long-temps pour qu’elle soit bien cuite et que le
-sain-doux se conserve: vous serez assuré qu’elle est bien cuite,
-lorsque les cortons se briseront facilement; laissez-la refroidir;
-lorsqu’elle ne sera plus que tiède, passez-la au travers d’un tamis,
-et, si vous voulez la conserver, mettez-la dans un endroit frais.
-
-
-_Manière de faire le Jambon._
-
-Selon la quantité de jambon que vous voulez avoir, faites une saumure
-plus ou moins considérable; mettez dans le vaisseau où vous voulez
-mariner vos jambons, toutes sortes d’herbes odoriférantes, comme
-sauge, basilic, thym, laurier, baume et grains de genièvre, du sel en
-suffisante quantité, et un peu de salpêtre; ajoutez à ces ingrédiens
-de la lie de vin, la meilleure possible; mettez autant d’eau que de
-lie, et laissez le tout infuser plusieurs jours; passez au clair votre
-saumure; exprimez bien les herbes; jetez un peu d’eau sur votre marc,
-afin de finir de fondre votre sel; exprimez vos herbes une seconde
-fois; arrangez vos jambons dans votre vase, ainsi que les épaules;
-versez dessus votre saumure; laissez-les ainsi pendant trois semaines
-ou un mois; ensuite retirez-les, égouttez-les, mettez-les fumer;
-lorsqu’ils seront bien secs et bien fumés, vous les conserverez en les
-frottant avec moitié vin et moitié vinaigre; vous les laisserez sécher,
-afin que les mouches ne les gâtent pas, et vous vous en servirez au
-besoin.
-
-
-_Langues de Porcs fumées et fourrées._
-
-Prenez des langues de porcs; ôtez-en une partie du cornet, échaudez-les
-pour leur ôter la première peau; mettez-les dans un vase, serrez-les
-bien l’une contre l’autre, en les salant avec sel et un peu de
-salpêtre; joignez-y du basilic, du laurier, du thym, du genièvre, et,
-si vous le voulez, quelques échalotes; posez dessus quelque chose de
-lourd pour les presser l’une contre l’autre; couvrez le pot comme il
-est indiqué au petit lard; mettez-le de même dans un endroit frais
-pendant huit jours: au bout de ce temps retirez-les de la saumure;
-faites-les égoutter; emballez-les dans des boyaux de cochon, de bœuf ou
-de veau; nouez-en les deux bouts, faites-les fumer, et, lorsque vous
-voudrez vous en servir, vous les mettrez cuire dans de l’eau avec un
-peu de vin, un bouquet de persil et ciboules, quelques oignons, thym,
-laurier et basilic; laissez-les refroidir, et servez-les.
-
-
-_Cochon de Lait._
-
-En choisissant un cochon de lait, vous devez vous attacher à le prendre
-court, gras et jeune, c’est-à-dire qu’il n’ait pris pour nourriture que
-le lait de sa mère, et alors il doit être bon; préférez les tonquins
-aux autres espèces, ils sont beaucoup plus délicats; lorsque vous
-voudrez le tuer, prenez-lui le corps entre vos genoux, en lui serrant
-le groin dans la main gauche, et vous lui enfoncerez le couteau au bas
-de la gorge, ce qu’on appelle le petit cœur: il est nécessaire que le
-couteau soit étroit de lame et fort pointu; dirigez-le bien droit,
-afin d’atteindre le cœur de l’animal: prenez garde de l’épauler, car
-alors il serait difficile à échauder, et, comme il saignerait peu,
-les chairs en seraient noires et moins délicates: vous aurez fait
-chauffer une chaudronnée d’eau un peu plus que tiède, vous aurez eu
-la précaution d’avoir un peu de poix-résine. Avant de tremper votre
-cochon dans l’eau, ayez soin de lui casser les défenses, de crainte
-qu’elles ne vous blessent en l’échaudant; trempez-lui la tête dans
-cette eau; si le poil des oreilles commence à quitter, retirez votre
-eau du feu et trempez en entier votre cochon; mettez-le sur la table,
-et la résine près de vous; posez votre main à plat sur cette résine
-(ce qui vous donnera l’aisance de bien approprier votre cochon);
-frottez-le, trempez-le plusieurs fois dans l’eau, et frottez-le enfin
-jusqu’à ce qu’il n’y reste aucun poil; déchaussez-le, c’est-à-dire,
-ôtez-lui les sabots; videz-le et prenez garde de faire l’ouverture
-trop grande; ôtez-lui tout ce qu’il a dans le corps, hors les rognons;
-passez votre doigt entre le quasi, pour lui faire sortir le gros
-intestin, supprimez-le; ciselez-lui le chignon du cou; faites-lui
-quatre incisions sur la croupe, pour lui retrousser la queue entre la
-peau et les chairs; passez-lui trois brochettes, une dans les cuisses,
-pour lui assujettir les pieds de derrière, comme ceux d’un lapin au
-gîte; une autre à travers la poitrine pour lui trousser les pieds de
-devant, et une autre près des rognons pour l’empêcher de faire le
-dos de chameau: cela fait, mettez-le dégorger dans de l’eau fraîche;
-égouttez-le, laissez-le se ressuyer et mettez-le à la broche; s’il lui
-restait quelques poils, flambez-le avec un bouchon de papier; lorsqu’il
-aura fait trois ou quatre tours de broche, frottez-le d’huile avec un
-pinceau de plumes, pour que la peau soit plus croquante; faites cette
-opération plusieurs fois pendant le temps de la cuisson; quand il sera
-cuit, débrochez-le; faites-lui une incision autour du cou, afin que la
-peau reste croquante, et servez-le.
-
-
-_Cochon de Lait à l’Anglaise._
-
-Vous procéderez en tout pour celui-ci comme pour le précédent, avec
-cette différence que vous le remplirez de la farce ci-après indiquée.
-
-Prenez le foie du cochon, ôtez-en l’amer, hachez-le, pilez-le; ajoutez
-autant de mie de pain desséchée dans la crême, ou du bouillon, que vous
-avez de foie, et autant de beurre et de tetine que vous avez de mie;
-pilez le tout ensemble avec un peu de fines herbes passées dans du
-beurre, sel, poivre, fines épices en suffisante quantité, et une pincée
-de petite sauge bien hachée; ajoutez-y deux œufs entiers et trois
-jaunes; mêlez bien le tout; remplissez-en le corps de votre cochon;
-mettez-le à la broche; arrosez-le d’huile, comme pour l’autre. Il est
-inutile de faire observer qu’il faut plus de cuisson, puisqu’il y a une
-farce de plus qu’au précédent; retirez-le, et servez-le avec une sauce
-poivrade dessous. (Voyez l’article _Sauce Poivrade_.)
-
-
-_Cochon de Lait en Galantine._
-
-Echaudez votre cochon, comme il est indiqué à l’article _Cochon
-de Lait rôti_; faites-le dégorger; égouttez-le, désossez-le, à la
-réserve des quatre pieds; prenez garde de faire aucun trou à sa peau;
-faites une farce cuite, de volaille ou de veau (voyez l’article
-_Farce cuite_); étendez la peau de votre cochon sur un linge blanc;
-mettez-y de cette farce l’épaisseur d’un doigt; garnissez-la de grands
-lardons de lard, et entre ces lardons placez des filets de truffes
-dans toute la longueur, des filets d’omelettes de jaunes d’œufs, des
-filets de pistaches, des filets d’amandes douces et des filets de
-noix de jambon cuit; couvrez le tout d’une même épaisseur de farce,
-et continuez ainsi jusqu’à ce que la peau soit pleine, sans être trop
-tendue: surtout donnez à la tête de votre cochon, ainsi qu’au corps,
-sa première forme; cousez-le avec une grosse aiguille et du fil de
-Bretagne; fixez les quatre pieds comme pour le mettre à la broche;
-frottez-le de citron, couvrez-le de bardes de lard, emballez-le dans
-une étamine neuve, que vous coudrez; attachez les deux bouts, marquez
-une braise avec les os et les débris de votre cochon, quelques lames
-de jambon cru, un jarret de veau partagé en deux, deux gousses d’ail,
-deux feuilles de laurier, du sel, carottes, oignons et un bouquet de
-persil et ciboules: posez dessus votre cochon; mouillez-le avec du bon
-bouillon et une bouteille de vin de Grave; faites-le partir, retirez-le
-sur le bord du fourneau, faites-le aller doucement pendant trois
-heures; retirez-le, laissez-le refroidir, ensuite déballez-le; ôtez les
-bardes de lard; dressez-le sur le plat. Vous aurez passé le fond de
-votre braise au travers d’un tamis de soie: si ce fond n’est pas assez
-ambré, mettez-y un peu de jus; faites-le réduire et clarifier comme il
-est indiqué à l’aspic (voyez l’article _Aspic_); faites un cordon de
-cette gelée autour de votre cochon, soit en diamans ou de toute autre
-manière, et servez.
-
-
-_Boudin ordinaire._
-
-Ayez douze oignons épluchés; faites-les cuire dans du bouillon ou du
-consommé avec un bouquet de persil et ciboules, du thym, du basilic
-et une feuille de laurier; vos oignons cuits, hachez-les très-fin;
-ayez une pinte de sang de cochon; observez que ce sang, pour en ôter
-les fibres, doit être bien manié en sortant de la gorge de l’animal,
-et qu’il faut y mettre un filet de vinaigre, afin de l’empêcher de se
-cailler; coupez une livre et demie de panne en dés, mettez-la dans
-le sang avec une chopine de crême double, des fines herbes hachées,
-des épices fines, sel et poivre en suffisante quantité, et mêlez bien
-le tout; ayez des boyaux de cochon ou de mouton, que vous ratissez
-et lavez bien, remplissez-les de votre appareil; servez-vous à cet
-effet d’un entonnoir propre à cet usage; ne remplissez pas trop vos
-boyaux, dans la crainte que vos boudins ne crèvent pendant la cuisson;
-ficelez-les aux deux extrémités et d’espace en espace, suivant la
-longueur dont vous voulez vos boudins; mettez-les dans un chaudron
-d’eau tiède et menez-les à petit feu, afin qu’ils ne crèvent pas;
-retournez-les doucement avec une écumoire: vous jugerez s’ils sont
-cuits, si, en les piquant avec une épingle, la graisse vient au lieu de
-sang; leur cuisson faite, retirez-les sur un linge blanc et laissez-les
-refroidir; lorsque vous voudrez les servir, ciselez-les, mettez-les sur
-le gril et faites-les cuire.
-
-
-_Boudin à la façon de Nanterre._
-
-Épluchez une suffisante quantité d’oignons pour le sang que vous aurez
-à employer; mettez-les dans une sebile de bois, et avec un couteau
-semblable à celui des bourreliers, hachez-les; ensuite mettez-les dans
-une casserole avec de la panne, passez-la sur le feu jusqu’à ce que
-les oignons soient bien cuits sans être roux; laissez-les refroidir
-à moitié, mettez-y votre sang, mêlez bien le tout, assaisonnez-le de
-sel fin, fines herbes, épices fines; mettez-y de la crême, et finissez
-votre boudin comme il est indiqué à l’article précédent.
-
-
-_Boudin blanc_.
-
-Faites cuire une douzaine d’oignons dans du bouillon ou du consommé,
-avec deux clous de girofle, du basilic, du thym et du laurier, un
-bouquet de persil et ciboules, du sel et du poivre; leur cuisson faite,
-hachez-les très-fin; faites une panade à la crême, bien desséchée;
-mettez les oignons et cette panade dans un mortier, ajoutez-y quelques
-amandes douces, que vous aurez pilées et passées à l’étamine; mêlez
-le tout ensemble avec le pilon; ajoutez-y quelques jaunes d’œufs
-crus, de la panne coupée en dés, des blancs de volailles rôties,
-hachez très-fin; pilez le tout ensemble et délayez-le avec de la crême
-double et chaude, assaisonnez-le de sel et d’épices fines; goûtez si
-votre appareil est d’un bon goût et entonnez-le comme vous avez fait
-précédemment dans des boyaux: ce boudin demande moins de temps pour sa
-cuisson que le noir, et, pour le faire cuire, employez du lait au lieu
-d’eau; laissez-le refroidir, piquez-le au lieu de le ciseler avant de
-le mettre sur le gril: la meilleure manière de le faire cuire est de le
-mettre dans une caisse de papier blanc.
-
-
-_Boudin d’Ecrevisses_.
-
-Ayez un demi-cent d’écrevisses; faites-les cuire, après les avoir
-lavées, avec du bouillon ou de l’eau; leur cuisson faite, laissez-les
-refroidir, épluchez-les, c’est-à-dire, ôtez-en la chair des queues
-et les petites pattes, et supprimez le dedans du corps; faites-en
-sécher toutes les coquilles, pilez-les, faites-en un beurre (voyez
-_Beurre d’Ecrevisses_, à son article); coupez les queues en dés,
-mettez-les dans une casserole avec les œufs que vous aurez retirés de
-vos écrevisses en les épluchant; ajoutez des blancs de volailles bien
-hachés, une panade à la crême très-desséchée, quelques oignons cuits
-sous la cendre, quelques foies gras coupés en dés, de la panne _idem_;
-mêlez-y votre beurre d’écrevisses, quelques cuillerées de consommé,
-des épices fines et du sel en suffisante quantité; mêlez bien le tout
-ensemble, entonnez-les dans les boyaux; liez-les de même que les
-précédens, et faites-les cuire comme les boudins blancs.
-
-
-_Boudin de Lapereau._
-
-Faites cuire un lapereau de garenne à la broche, levez-en les chairs,
-supprimez-en la peau et les nerfs; hachez ces chairs très-fin,
-joignez-y le foie, ayant eu soin d’en ôter l’amer; concassez les
-carcasses, mettez-les dans une casserole, mouillez-les avec un peu de
-consommé; faites-les bouillir pour en tirer le fumet, avec lequel vous
-ferez une panade; pilez vos chairs et votre panade ensemble, ajoutez
-un tiers de beurre en sus, c’est-à-dire que le tout soit par tiers;
-mettez-y des oignons cuits dans du consommé et hachés très-menu, six
-jaunes d’œufs crus, de la crême réduite et froide (ce qu’il en faut
-pour mettre cet appareil à consistance de boudin), des épices fines, un
-peu de muscade, du sel; et procédez, pour finir ces boudins, comme il
-est énoncé aux articles précédens.
-
-
-_Boudin de Faisan._
-
-Faites cuire un faisan à la broche, levez-en les chairs, supprimez-en
-la peau et les nerfs; hachez ces chairs très-menu; concassez les os,
-dont vous ferez le même usage que ci-dessus; faites cuire six oignons
-dans du bouillon, assaisonnez-les de sel, de poivre, de deux clous de
-girofle, d’un peu de basilic et d’un bouquet de persil et ciboules:
-ces oignons cuits jusqu’à parfaite réduction de leur mouillement,
-hachez-les très fin, incorporez-y vos chairs hachées, mêlez-y votre mie
-de pain desséchée; pilez le tout, délayez-le avec de la crême double;
-joignez-y six jaunes d’œufs frais et crus, et trois quarterons de panne
-blanche, coupée en petits dés, du sel fin et des épices fines; mettez
-cet appareil dans des boyaux, ainsi qu’il est indiqué ci-dessus; faites
-cuire de même, et servez.
-
-
-_Boudin de Foies gras._
-
-Ayez deux beaux foies gras de Strasbourg; hachez-les; faites cuire six
-oignons, comme il est dit article _Boudin de Faisan_; leur cuisson
-faite, hachez-les très-fin et mêlez-les avec vos foies gras; ajoutez
-une demi-livre de panne blanchie, coupée en petits dés, un demi-setier
-de crême double, une chopine de sang de veau, que vous aurez soin de
-manier comme il est dit au boudin noir; assaisonnez le tout de sel fin,
-d’épices fines, et posez-le sur un feu doux pour le faire tiédir, en
-le remuant toujours, afin que le sang ne s’attache point au fond: cela
-fait, entonnez-le dans les boyaux; faites cuire ces boudins dans du
-bouillon, et procédez, pour les mettre en état d’être servis, comme il
-est dit aux articles précédens.
-
-
-_Cervelas fumés._
-
-Selon la quantité de cervelas que vous voulez faire, hachez de la
-chair de porc frais, entrelardée, avec un quart de lard en sus;
-assaisonnez-les de sel fin et d’épices fines; mettez cet appareil
-dans des boyaux de cochon bien lavés, et, selon la grosseur que vous
-voulez donner à vos cervelas, ficelez-en les deux bouts et pendez-les
-à la cheminée pour les faire fumer trois jours; après faites-les cuire
-dans le bouillon pendant trois heures, avec un peu de sel, une gousse
-d’ail, du thym, du laurier, du basilic et un bouquet de persil et
-ciboules; laissez-les refroidir, et servez-les sur une serviette.
-
-
-_Saucisses._
-
-Prenez de la chair de porc frais, beaucoup plus grasse que maigre
-(la meilleure partie est celle qui est entre la poitrine et le lard
-au-dessus du tendon); lorsque vous aurez haché cette chair bien fin,
-assaisonnez-la de sel fin et d’épices fines; entonnez-la dans des
-boyaux que vous ficelerez des deux bouts, et faites-les griller à un
-feu doux.
-
-
-_Saucisses plates._
-
-Hachez, comme ci-dessus, de la chair de porc frais ce qu’il vous en
-faut; assaisonnez-la de même, et, au lieu de l’entonner dans des
-boyaux, mettez-la par parties sur des morceaux de crépine, que vous
-aurez coupés en raison de la grandeur qu’il vous plaira de donner à vos
-saucisses, et faites-les cuire sur un feu doux.
-
-
-_Andouilles de Cochon._
-
-Ayez des boyaux de cochon propres à faire des andouilles; coupez-les
-de la grandeur et de la grosseur de celles que vous voulez faire;
-nettoyez-les bien pour leur ôter le goût de charcuterie; faites-les
-tremper dans un peu de vin blanc, pendant cinq à six heures, avec thym,
-basilic et deux gousses d’ail; ensuite coupez en filet du porc frais,
-de la panne et des boyaux; mêlez le tout, assaisonnez-le de sel fin,
-d’épices fines, d’un peu d’anis pilés; remplissez-en vos boyaux; prenez
-garde qu’ils ne le soient trop (ce qui les ferait crever); ficelez-les
-et mettez-les cuire dans un vase juste à leur longueur, avec moitié
-lait et moitié eau, un bouquet de persil et ciboules, une gousse
-d’ail, thym, basilic, laurier, sel, poivre, panne: vos andouilles
-cuites, laissez-les refroidir dans leur assaisonnement; retirez-les,
-essuyez-les bien, ciselez un peu, faites-les griller et servez-les.
-
-
-_Andouilles de Couenne._
-
-Coupez en filets de la couenne d’un jeune cochon, des boyaux et de
-la panne; mêlez le tout, et procédez, pour assaisonner et finir vos
-andouilles, comme il est énoncé à l’article des _Andouilles de Cochon_.
-
-
-_Andouilles à la Béchamelle._
-
-Mettez un morceau de beurre dans une casserole avec une tranche de
-jambon, trois échalotes, du persil et de la ciboule, une gousse d’ail,
-thym, basilic et laurier: posez votre casserole sur un feu doux, et
-laissez suer pendant environ un quart d’heure; mouillez-la avec une
-chopine de lait; faites-la bouillir et réduire à moitié; passez-la au
-tamis; mettez-y une bonne poignée de mie de pain, et faites-la bouillir
-de nouveau, jusqu’à ce que le pain ait bu le lait; ensuite coupez en
-filets de la poitrine de porc frais, de la panne, du petit lard et une
-fraise de veau; mêlez ces filets avec votre mie de pain et six jaunes
-d’œufs crus, des épices et du sel; remplissez des boyaux de cette
-composition; et, ayant fermé vos andouilles, faites-les cuire avec
-moitié lait et moitié bouillon gras, du sel, du poivre, un bouquet de
-persil et ciboules; et, pour les servir, procédez comme il est dit aux
-andouilles de cochon.
-
-
-_Andouilles de Bœuf._
-
-Prenez chez le charcutier des robes d’andouilles; faites-leur passer
-le goût de boyaux, comme il est expliqué pour celles de cochon; faites
-cuire aux trois quarts dans de l’eau du gras-double et des palais de
-bœufs; ensuite coupez-les en filets, ainsi que de la tetine de veau et
-du petit lard; joignez à ces filets de l’oignon coupé de même, et que
-vous aurez fait presque cuire dans du beurre ou du lard; mêlez le tout
-ensemble, en y ajoutant quatre jaunes d’œufs crus, des épices fines
-et du sel; entonnez cet appareil dans vos boyaux; ficelez-en les deux
-bouts; et vos andouilles faites, mettez-les cuire dans du bouillon
-gras où vous aurez mis une chopine de vin blanc, un bouquet de persil
-et ciboules, une gousse d’ail, du laurier, du thym, du basilic, trois
-clous de girofle, sel, poivre, carottes et oignons; vos andouilles
-cuites, laissez-les refroidir dans leur assaisonnement; et, pour les
-servir, procédez comme il est dit pour les andouilles de cochon.
-
-Vous pouvez vous servir de langues en place de palais de bœufs.
-
-
-_Andouilles de Veau._
-
-Ayez une fraise et une tetine de veau; faites-les blanchir un grand
-quart d’heure, et coupez-les en filets; joignez-y une livre de petit
-lard coupé de même; maniez le tout dans une terrine, avec sel, épices
-fines, quelques échalotes hachées, quatre cuillerées à dégraisser de
-crême double et quatre jaunes d’œufs: procédez ensuite, en employant
-des boyaux de cochon pour faire vos andouilles, comme il est énoncé à
-l’article _Andouilles de Cochon_; faites-les cuire avec du bouillon,
-une chopine de vin blanc, une gousse d’ail, du thym, du basilic, du
-laurier et un bouquet de persil et ciboules; laissez-les refroidir dans
-leur assaisonnement, retirez-les, essuyez-les, et, après les avoir un
-peu ciselées, faites les griller, et servez.
-
-
-_Andouilles de Fraise de Veau._
-
-Prenez une fraise de veau; faites-la blanchir et cuire; ensuite
-laissez-la refroidir; ayez une tetine ou deux, selon leur grosseur;
-faites-les cuire comme la fraise; émincez le tout; mettez-le dans
-une terrine; hachez des champignons, des échalotes, du persil et des
-truffes, si c’est la saison; mettez ces fines herbes dans une casserole
-avec un morceau de beurre; passez-les et mouillez-les avec un verre
-de vin de Malvoisie ou de Madère: lorsque cela sera réduit à moitié,
-mettez-y quatre ou cinq cuillerées d’espagnole; faites-le réduire de
-nouveau, comme pour une sauce aux échalotes: de là mettez-y votre
-fraise de veau, votre tetine et six jaunes d’œufs; le tout assaisonné
-de sel, poivre et épices fines; assurez-vous si cet appareil est de bon
-goût; dans ce cas, mettez-le dans les boyaux que vous avez préparés
-à cet effet, ayant toujours soin qu’ils ne soient pas trop pleins;
-liez-les par les deux bouts; mettez-les deux minutes dans de l’eau
-bouillante, pour leur faire prendre leur forme; retirez-les; ensuite
-laissez-les refroidir; mettez dans une casserole des lames de veau
-et de jambon, carottes et oignons; arrangez dessus vos andouilles;
-couvrez-les de bardes de lard; mouillez-les avec du vin blanc et un peu
-de bouillon; faites-les cuire une heure, et doucement, pour qu’elles
-ne crèvent pas; laissez-les refroidir dans leur assaisonnement pour
-qu’elles prennent du goût; après retirez-les, parez-les et faites-les
-griller comme les andouilles ordinaires.
-
-
-
-
-SANGLIER.
-
-
-Le sanglier est un cochon sauvage, tel qu’il existe en état de nature:
-le cochon domestique sort de cette race; il n’en diffère que par suite
-de la nourriture que l’homme lui donne.
-
-Il faut choisir, pour l’employer, un sanglier de l’âge d’un à trois
-ans: s’il est plus vieux, la chair en est sèche et lourde. Il faut,
-sitôt qu’il est tué, en supprimer les testicules; car (en les lui
-laissant) elles donneraient un fort mauvais goût à la chair, au point
-qu’elle ne serait pas mangeable.
-
-
-_Hure de Sanglier._
-
-Procédez en tout, pour préparer et servir cette hure, comme pour celle
-_dite_ de cochon. (Voyez _Hure de Cochon_, à son article.)
-
-
-_Filets de Sanglier._
-
-Levez ces filets comme vous lèveriez ceux de bœuf ou de veau;
-piquez-les; mettez-les dans une marinade à cru, ainsi préparée:
-
-Coupez des oignons en tranches; joignez-y des échalotes, quelques
-gousses d’ail, clous de girofle, feuilles de laurier, petite sauge,
-genièvre en grains, basilic, thym et sel en suffisante quantité;
-mettez-y moitié vinaigre et moitié eau, si le vinaigre est fort;
-laissez mariner vos filets, ou toute autre partie du sanglier, quatre
-ou cinq jours; ôtez-les; égouttez-les; mettez de l’huile dans une
-casserole, faites-y revenir vos filets des deux côtés: cela fait,
-mettez feu dessus et dessous, et laissez-les cuire (on ne peut
-déterminer le temps de la cuisson que par l’âge et la grosseur de
-l’animal); égouttez ces filets sur un linge, et servez-les avec une
-sauce poivrade dessous.
-
-Vous pouvez faire cuire ces filets à la broche et les servir de même
-avec une poivrade.
-
-
-_Côtelettes de Sanglier._
-
-Parez et piquez ces côtelettes, et procédez ensuite comme il est
-indiqué pour les filets, à l’article précédent.
-
-
-_Jambon de Sanglier._
-
-Ce jambon se prépare comme celui de porc. (Voyez _Manière de préparer
-le Jambon_, à son article.)
-
-
-_Moyens de donner au Cochon domestique le goût et l’apparence du
-Sanglier._
-
-Levez vos chairs de cochon, comme côtelettes, filets, etc.; mettez-les
-dans la marinade indiquée à l’article _Filets de Sanglier_; ajoutez à
-cette marinade du mélilot, quelques branches de baume ou de menthe et
-du brou de noix (au sujet du brou, ayez-en dans la saison, mettez-le
-dans un pot de terre, salez-le, couvrez-le bien et servez-vous-en au
-besoin); laissez le tout mariner huit jours: votre cochon prendra la
-couleur et le goût du sanglier. Pour bien réussir en cela, il faut
-choisir un jeune animal, qui ne soit pas trop gras. Vous pourrez vous
-assurer qu’il est jeune et tendre, en pinçant et tirant sa couenne, si
-elle se déchire facilement.
-
-
-
-
-CHEVREUIL.
-
-
-Le chevreuil est beaucoup plus petit que le cerf: il lui ressemble plus
-que tout autre animal par la conformation des parties extérieures
-et intérieures. On distingue l’âge du chevreuil par le nombre des
-andouillers qui sont à son bois: il en porte jusqu’à dix: alors il est
-_dix-cors_ et n’est plus propre à la cuisine: il faut donc le prendre
-de l’âge de dix-huit mois à trois ans, pour qu’il soit tendre et
-savoureux. Sa chair est très-bonne; mais cependant sa qualité dépend
-beaucoup du pays qu’il habite: ceux des pays élevés et en colline sont
-les plus délicats; ceux dont le pelage est brun ont la chair plus fine
-que les roux; les mâles qui ont passé deux à trois ans, qu’on appelle
-en terme de chasse _vieux brocards_, sont de mauvais goût dans certains
-temps de l’année; par exemple, à l’époque du _rut_ ou peu après; les
-femelles du même âge, appelées chevrettes, ont la chair plus tendre;
-celle des faons ou jeunes chevreuils est mollasse; mais, lorsqu’ils
-atteignent un an ou dix-huit mois, elle est excellente.
-
-
-_Manière de dépecer le Chevreuil._
-
-Lorsque vous avez un chevreuil, dépouillez-le avec soin: vous n’avez
-presque pas besoin de vous servir de couteau pour cela; aussitôt que
-vous vous êtes fait jour entre la chair et la peau, introduisez dans
-l’ouverture votre poing, ainsi que le fait un boucher en dépouillant
-un mouton: cela fait, ôtez bien tous les poils qui ont pu se détacher
-de la peau, et qui se colleraient sur les chairs: fendez-le en deux,
-comme si c’était un mouton. Pour y réussir parfaitement, accrochez-le
-par une jambe de derrière, fendez l’os du quasi au milieu de la moelle
-alongée; introduisez dans la naissance de cette moelle un hatelet de
-fer qui vous servira de régulateur, ayant soin de l’enfoncer au fur et
-à mesure que vous partagez votre pièce, jusqu’au cou: séparez le cou du
-corps; après coupez vos quartiers de derrière jusqu’à la première côte,
-c’est-à-dire que tout le filet reste sur le quartier: levez ensuite les
-épaules comme celles de mouton, et séparez la poitrine des carrés.
-
-
-_Quartier de derrière de Chevreuil à la Broche._
-
-Levez la première peau du filet, ainsi que celle du dehors de la
-cuisse; piquez-le de lard fin, soit d’un bout à bout ou d’une deuxième:
-cela fait, mettez-le dans une marinade crue, comme il est indiqué pour
-le sanglier (voyez cet article), de laquelle vous mitigerez la force,
-selon le plus ou le moins de temps que vous voudrez conserver votre
-chevreuil: au bout de huit jours de marinade vous pouvez le retirer:
-dans ce cas laissez-le s’égoutter; mettez-le à la broche; enveloppez-le
-de papier beurré; faites-le cuire, et servez dessous une bonne sauce
-au pauvre homme, ou poivrade (voyez ces deux articles); vous pouvez
-conserver du chevreuil deux, trois et même six mois, en le changeant
-de marinade; et lorsque vous voudrez vous en servir, vous mettrez, un
-ou deux jours avant, une quantité suffisante d’eau pour en alléger la
-marinade, et conséquemment ôter en grande partie à la chair la force
-du vinaigre.
-
-
-_Côtelettes de Chevreuil._
-
-Levez ces côtelettes comme celles de mouton; parez-les de même;
-aplatissez-les légérement; piquez-les, si vous le voulez; mettez-les
-dans la marinade crue, comme il est indiqué à l’article précédent:
-un jour suffit; ensuite mettez un peu de bonne huile dans une
-casserole; faites-y revenir à grand feu vos côtelettes des deux côtés;
-lorsqu’elles seront cuites et d’une belle couleur, égouttez-les,
-dressez-les et servez-les avec une bonne sauce poivrade ou toute autre
-sauce, telle que celle de tomate, etc.
-
-
-_Épaules de Chevreuil._
-
-Levez les chairs de ces épaules par petits filets; ôtez-en la peau
-et les nerfs, piquez ces petits filets, faites-les mariner comme les
-côtelettes ci-dessus, faites-les cuire de même et servez-les avec une
-sauce poivrade ou autre.
-
-
-_Civet de Chevreuil._
-
-Prenez les poitrines d’un chevreuil; coupez-les par morceaux, ainsi
-que le collet (comme il est indiqué à l’article _Haricot de Mouton_);
-passez du petit lard dans un morceau de beurre; ensuite égouttez-le,
-et faites un roux léger avec ce même beurre; passez vos chairs avec le
-petit lard jusqu’à ce qu’elles soient bien roidies; alors mouillez-les
-avec une bonne bouteille de vin rouge et à-peu-près une chopine d’eau;
-assaisonnez ce civet d’un bouquet de persil et ciboules, de deux
-gousses d’ail, thym, laurier, sel et poivre; remuez-le souvent pour
-qu’il ne s’attache pas; mettez-y des petits oignons crus ou passés dans
-le beurre; joignez-y des champignons; faites-le cuire et dégraissez-le:
-sa cuisson faite, si sa sauce est trop longue, faites-la réduire à son
-degré: qu’il soit d’un bon goût, et servez.
-
-
-_Cervelle de Chevreuil en Marinade._
-
-Levez votre cervelle de chevreuil comme on lève celle de veau ou de
-mouton; épluchez-la, faites-la cuire dans une marinade, égouttez-la et
-faites-la frire, comme il est indiqué aux cervelles _dites_ de veau
-(voyez cet article.)
-
-
-
-
-DAIM.
-
-
-Le daim et le cerf ont entre eux beaucoup de ressemblance, quoique le
-premier soit plus petit, et tienne le milieu entre le chevreuil et le
-cerf. On ne fait pas un grand cas de sa chair en ce pays-ci; pour moi
-je soutiens que c’est à tort, et qu’un jeune daim bien gras ne le cède
-pas au chevreuil pour la qualité; les Anglais en font un grand cas, et
-estiment peu le chevreuil; enfin je conseille d’employer le daim; et je
-crois qu’on perdra ici l’opinion qu’il est moins bon que le chevreuil,
-dès qu’il sera apprêté de même, excepté néanmoins pendant le temps
-du rut. La femelle et sa chevrette sont plus délicates que le daim et
-le chevreuil: la manière de procéder à leur égard et pour le daim,
-relativement au service, étant la même que celle énoncée à l’article
-du chevreuil, j’indiquerai seulement comment le daim se prépare en
-Angleterre.
-
-
-_Hanche de Venaison, ou Quartier de derrière du Daim._
-
-Lorsque vous aurez un quartier de daim bien gras, c’est-à-dire couvert
-de graisse, tel que peut l’être un gigot de mouton; désossez-en le
-quasi; battez-le bien; saupoudrez le dessus d’un peu de sel fin; faites
-une pâte avec trois litrons de farine, dans laquelle vous mettrez une
-demi-once de sel, six œufs entiers et un peu d’eau seulement, pour que
-votre pâte soit extrêmement ferme; enveloppez-la dans un linge blanc et
-humide; laissez-la reposer une heure; après abaissez-la bien également,
-en lui donnant l’épaisseur d’une pièce de six livres; embrochez votre
-venaison; enveloppez-la entièrement de votre abaisse de pâte, pour cela
-elle doit être d’un seul morceau; soudez-la en mouillant les bords et
-les joignant l’un sur l’autre; cela fait, enveloppez le tout de fort
-papier beurré (le papier d’une seule feuille); cette hanche ainsi
-préparée, faites-la cuire à un feu bien égal environ trois heures; la
-cuisson faite, ôtez-en le papier; faites prendre une belle couleur à la
-pâte; après l’avoir débrochée, servez-la en joignant une saucière de
-gelée de groseilles, qu’on appelle en anglais Corinthe gelée.
-
-
-
-
-LIÈVRE.
-
-
-_Gâteau de Lièvre._
-
-Ayez un lièvre; dépouillez-le, videz-le; conservez-en le sang, ainsi
-que le foie; levez-en toutes les chairs; ôtez-en les nerfs et les
-peaux; hachez ces chairs; ayez autant de foie de veau, que vous
-hacherez de même, après en avoir supprimé la peau et les nerfs;
-joignez-y le foie de votre lièvre; ayez de la noix de jambon cuit
-autant que vous avez de chair de lièvre; hachez bien ce jambon,
-mettez-le dans le mortier, et pilez-le jusqu’à consistance d’une pâte;
-ajoutez-y votre chair de lièvre, son foie et celui du veau; pilez bien
-le tout ensemble, et joignez-y du lard râpé, le tiers du volume de
-vos viandes; pilez de nouveau le tout, au point qu’on ne sente sous
-le doigt aucun grumeau; assaisonnez-le de sel fin, d’épices fines,
-de fines herbes cuites, telles que persil, ciboules et de la muscade
-râpée; joignez à tout cela un demi-verre de bonne eau-de-vie, six ou
-huit œufs entiers, l’un après l’autre, le sang de votre lièvre et un
-jus d’ail (lequel se fait en écrasant deux gousses d’ail qu’on met avec
-un peu d’eau dans une cuiller et dont on exprime le jus); mêlez bien le
-tout ensemble; cela fait, foncez une casserole de bardes de lard bien
-_loses_; mettez-y de votre appareil l’épaisseur de deux doigts; ayez de
-grands lardons; rangez-les sur cet appareil, de distance en distance,
-et mettez alternativement dans chacune de ces distances une rangée de
-pistaches ou de truffes coupées comme un lardon; recouvrez ce fond de
-votre appareil toujours de l’épaisseur de deux doigts, et continuez
-ainsi jusqu’à ce que votre casserole soit pleine; couvrez cet appareil
-de bardes de lard et d’un rond de papier; mettez un couvercle sur votre
-casserole; posez-la sur une tourtière, et faites cuire au four votre
-gâteau trois heures, ou moins, selon la grosseur; ensuite retirez-le;
-laissez-le refroidir; échauffez légérement la casserole, pour le
-retourner; retournez-le; ôtez-en les bardes; faites-y une remarque qui
-indique à l’entamer, de sorte que les lardons qui y sont posés en long
-se trouvent coupés en travers; et servez-le sur une assiette, comme
-moyenne ou grosse pièce d’entremets.
-
-
-_Levraut à la Broche._
-
-Ayez un levraut jeune et tendre (vous vous assurerez s’il l’est, en
-lui tâtant une des pattes de devant; s’il est jeune, vous devez sentir
-au dehors une ou deux protubérances ou grosseurs; plus elles sont
-sensibles, plus elles indiquent la jeunesse de l’animal); coupez les
-deux pattes de devant près du coude; dépouillez le, videz-le; passez
-votre doigt entre ses quasis, pour qu’il n’y reste aucune malpropreté;
-crevez le diaphragme; retirez les poumons et le foie de votre levraut;
-mettez son sang dans un vase; coupez à moitié les pattes de derrière,
-passez une d’elle dans le jarret de l’autre; rompez les cuisses vers
-le milieu; refaites votre lièvre sur le feu; essuyez-le; frottez-le
-entièrement de son sang avec votre main; piquez-le, ou bardez-le;
-mettez-le à la broche; faites-le cuire une demi-heure ou trois quarts
-d’heures; retirez-le, et servez-le avec une sauce poivrade que vous
-lierez avec son sang; ayez soin de ne la pas laisser bouillir. (Voyez
-l’article _Sauce Poivrade_.)
-
-
-_Levraut à l’Anglaise._
-
-Ayez un levraut tendre, comme il est dit à l’article précédent;
-dépouillez-le, sans lui couper les pattes; au contraire, dépouillez-les
-toutes les quatre le mieux possible; laissez-lui ses ongles; et pour
-qu’il reste dans son entier, échaudez-lui les oreilles comme on
-échaude celles d’un cochon de lait (voyez _Cochon de Lait_, à son
-article): faites-lui, pour le vider, une petite ouverture; retirez-lui
-les poumons et le sang, comme il est dit précédemment: passez votre
-doigt entre les quasis, de même que ci-dessus; prenez le foie, ôtez-en
-l’amer, hachez-le très-menu; faites une panade un peu desséchée avec
-de la crême, pilez-la avec votre foie; mettez autant de beurre qu’il y
-a de panade, quatre jaunes d’œufs crus, sel, poivre et fines épices;
-coupez un gros oignon en très-petits dés, passez-le dans du beurre;
-faites-le cuire à blanc; ôtez votre pilon et joignez cet oignon à votre
-farce, en le mettant avec une cuiller; ajoutez-y une pincée de petite
-sauge, que vous aurez passée au tamis: mêlez le tout et incorporez-y le
-sang de votre levraut; faites l’essai de cette farce; goûtez si elle
-est d’un bon goût; remplissez-en le corps de votre levraut, cousez-le;
-cassez-lui les os des cuisses, et ramenez-lui les pattes de derrière
-sous le ventre où vous les fixerez; donnez l’attitude aux pattes de
-devant, ainsi qu’à la tête de votre lièvre, comme s’il était au gîte;
-mettez-le à la broche, en lui conservant cette position: bardez-le,
-enveloppez-le de papier; faites-le cuire environ cinq quarts d’heure;
-avant de le retirer du feu, ôtez-lui le papier: si c’est pour servir
-à des Anglais, supprimez-en le lard, et servez-le avec une saucière
-remplie de gelée de groseilles.
-
-
-_Civet de Lièvre._
-
-Ce civet se fait comme celui du chevreuil, mais on le finit, en le
-liant avec le sang qu’on a réservé du lièvre (voy. l’art. _Civet de
-Chevreuil_).
-
-
-_Escalopes de Levraut au sang._
-
-Ayez un ou deux levrauts, selon leur grosseur; dépouillez-les,
-videz-les, conservez-en le sang; levez-en les filets, ainsi que les
-mignons et les noix des cuisses; supprimez les nerfs de vos filets, en
-les posant sur la table et faisant glisser votre couteau, comme si
-vous leviez une barde de lard; ôtez les nerfs et les peaux de vos noix;
-coupez le tout de l’épaisseur et de la grandeur d’un écu; battez-les
-l’un après l’autre avec le manche du couteau, que vous tremperez dans
-l’eau; arrondissez vos escalopes, arrangez-les l’une après l’autre,
-ainsi que les rognons partagés en deux, dans une sauteuse ou un plat
-d’argent creux, où vous aurez fait fondre du beurre; saupoudrez ces
-escalopes d’un peu de sel et de gros poivre; couvrez-les de beurre
-fondu et d’un rond de papier blanc, et laissez-les jusqu’à l’instant
-de vous en servir: concassez les os, la tête et tous les débris de vos
-levrauts; mettez-les dans une petite marmite, avec quelques lames de
-jambon, un morceau de rouelle de veau, deux oignons, un piqué de deux
-clous de girofle, deux ou trois carottes tournées, un bouquet de persil
-et de ciboules, une feuille de laurier et la moitié d’une gousse d’ail;
-mouillez le tout avec du bon bouillon et un verre de vin de Bourgogne
-rouge; faites cuire ce fumet une heure ou davantage: sa cuisson faite,
-dégraissez-le, passez-le au travers d’une serviette, mettez-le sur le
-feu de nouveau; faites-le réduire plus qu’à moitié; ajoutez-y trois
-cuillerées à dégraisser d’espagnole; faites-le réduire de nouveau à
-consistance de demi-glace: à l’instant de servir, mettez vos escalopes
-sur un feu ardent; lorsqu’elles seront roides d’un côté, faites-les
-roidir de l’autre; cela fait, égouttez-en le beurre sans perdre le jus
-de vos filets; mettez le tout dans votre fumet, sautez-le, liez-le avec
-le sang de vos levrauts; ajoutez-y un pain de beurre, un jus de citron;
-goûtez s’il est d’un bon goût, et servez.
-
-Si vous n’aviez point d’espagnole, faites un petit roux (voyez _Roux_,
-à son article); liez-en votre fumet avant de le passer, et, pour en
-obtenir à-peu-près le même résultat que ci-dessus, faites-le réduire au
-même degré.
-
-
-_Filets de Levrauts à la Provençale._
-
-Levez les filets d’un ou deux levrauts; parez-les, ôtez-en les nerfs;
-piquez-les de filets d’anchois dessalés et de lard; versez de l’huile
-dans une casserole; mettez-y une demi-gousse d’ail, un peu d’échalotes
-hachées, un peu de sel et de gros poivre; posez vos filets dans
-cette casserole et passez-les sur le feu: lorsqu’ils seront cuits,
-égouttez-les chaudement; mettez dans votre casserole deux cuillerées
-de coulis, autant de consommé, la moitié d’une cuillerée à bouche de
-vinaigre à l’estragon; faites réduire votre sauce, dégraissez-la,
-passez-la à l’étamine; remettez-la au feu, dégraissez-la de nouveau:
-goûtez si elle est d’un bon goût; versez-la dans le fond du plat et
-servez vos filets dessus.
-
-
-_Filets de Levrauts en Serpent._
-
-Prenez les gros filets de trois ou quatre forts levrauts; parez-les
-comme il est dit précédemment (article des _Escalopes_); formez avec
-le gros bout du filet une espèce de tête de serpent; piquez le reste
-d’une deuxième; foncez une casserole de bardes de lard; arrangez-y
-vos filets, en les faisant serpenter; assaisonnez-les d’un bouquet
-de persil et ciboules, d’une carotte, d’un oignon, d’un demi-verre
-de vin blanc; mouillez le tout avec un peu de consommé; couvrez vos
-filets d’un papier beurré; faites-les partir et de suite cuire un quart
-d’heure, avec feu dessus et dessous: leur cuisson faite, égouttez-les
-sur un couvercle, glacez-les et servez-les sur un bon _fumet_, tel que
-celui dont il est mention à l’article des _Escalopes de Levrauts_.
-Vous pouvez vous servir des cuisses et des épaules, soit pour faire un
-civet, soit de la manière suivante.
-
-
-_Cuisses de Levrauts en Papillotes._
-
-Prenez six cuisses de levrauts, désossez-les jusqu’aux genoux;
-passez-les dans des fines herbes hachées; faites-les cuire près d’une
-demi-heure, et du reste préparez-les comme les côtelettes de veau en
-papillotes (voyez cet article).
-
-
-_Boudin de Lièvre._
-
-Prenez un lièvre ou des cuisses de levrauts dont vous aurez levé
-les filets; supprimez-en les nerfs et les peaux; pilez ces chairs;
-joignez-y le foie dont vous aurez ôté l’amer; passez-les à travers
-le tamis à quenelles; ramassez-les; ayez autant de panade desséchée,
-dans du consommé ou du bouillon, que vous avez de ces chairs; pilez
-le tout ensemble; ajoutez-y autant de beurre fin que vous avez employé
-de panade, c’est-à-dire que le tout soit par tiers; joignez à cela le
-sang de votre lièvre; assaisonnez votre farce de sel fin, d’épices
-fines, d’un peu de muscade râpée et de fines herbes hachées, passées
-dans du beurre; mettez-y trois ou quatre jaunes d’œufs l’un après
-l’autre, et finissez-la avec deux blancs d’œufs fouettés que vous y
-mêlerez légérement: faites-en l’essai; goûtez si elle est d’un bon
-goût; saupoudrez votre table d’un peu de farine; mettez votre farce
-dessus; roulez-la de la grosseur d’un moyen cervelas; formez vos
-boudins, posez-les sur un couvercle que vous aurez saupoudré aussi d’un
-peu de farine: faites bouillir au grand bouillon, pochez-les dedans;
-après retirez-les, laissez-les refroidir; trempez-les dans du beurre
-fondu; panez-les, posez-les sur un gril; faites-les griller d’une belle
-couleur; et servez-les avec un bon fumet comme celui énoncé plus haut.
-
-
-_Côtelettes de Levraut._
-
-Prenez les filets de trois gros levrauts; supprimez-en les nerfs et les
-peaux; coupez-les par morceaux de l’épaisseur d’une petite côtelette
-de mouton; aplatissez vos morceaux, parez-les, en leur donnant
-la forme d’une côtelette; ôtez les côtes de la carcasse de votre
-lièvre, faites-les bouillir, jusqu’à ce que les chairs s’en détachent
-facilement; nettoyez ces os, coupez-les convenablement pour en former
-vos côtelettes, en enfonçant un d’eux dans chacun de ces morceaux (ce
-qui formera vos côtelettes de levraut); ayez une casserole dans le cas
-de contenir vos côtelettes; vous passerez dans du beurre et du lard
-râpé des fines herbes hachées, telles que persil, ciboules, échalotes
-et champignons; assaisonnez-les de sel, d’un peu de poivre et d’un
-demi-verre de vin blanc; arrangez ces côtelettes sur ces fines herbes,
-faites-les-y cuire durant six ou sept minutes; dressez-les en cordon
-sur votre plat, tenez-les chaudement; dégraissez vos fines herbes;
-mettez-y une cuillerée d’espagnole réduite et le jus d’un fort citron;
-mêlez bien le tout ensemble, et servez avec cette sauce mise dans le
-puits de vos côtelettes.
-
-
-
-
-LAPEREAU.
-
-
-_Sauté ou Escalopes de Lapereaux._
-
-Prenez deux bons lapereaux; dépouillez-les, levez-en les filets; prenez
-la chair des cuisses, ôtez les filets mignons et les rognons; supprimez
-les nerfs et les peaux de ces chairs; coupez-les en petits morceaux
-d’égale grosseur; aplatissez-les avec le manche de votre couteau, que
-vous tremperez dans de l’eau; parez-les; faites fondre du beurre dans
-une sauteuse, arrangez-y vos escalopes, les unes après les autres;
-saupoudrez-les légérement d’un peu de sel et de gros poivre; mettez
-dessus un peu de beurre fondu; couvrez-les d’un rond de papier, et
-laissez-les ainsi jusqu’au moment de servir; coupez vos carcasses de
-lapereaux par morceaux, mettez-les dans une petite marmite, avec une
-carotte, deux oignons, dont un piqué d’un clou de girofle, un bouquet
-de persil et ciboules, une feuille de laurier, une lame de jambon et
-quelques débris de veau; mouillez tout cela avec du consommé, faites-le
-bouillir, écumez-le, et laissez-le cuire environ une heure; dégraissez
-ce consommé, et passez au tamis; faites-le réduire aux trois quarts;
-ajoutez-y deux cuillerées à dégraisser d’espagnole réduite; faites
-réduire de nouveau votre sauce, en la travaillant, à consistance d’une
-demi-glace; au moment de servir, sautez vos escalopes; faites-les
-roidir des deux côtés; égouttez-en le beurre, en conservant leur jus;
-mettez-les dans votre sauce, sautez-les; mettez-y un pain de beurre;
-dressez-les dans un plat auquel vous aurez fait un bord, et servez.
-(Voyez l’article _Bords de Plat_.)
-
-Vous pouvez, dans la saison, couper des truffes en liards, les passer
-dans du beurre, les égoutter, et au moment de servir les sauter avec
-vos escalopes; de plus vous pouvez employer des concombres. (Voyez
-l’article _Garnitures_.)
-
-
-_Filets de Lapereaux Piqués et Glacés._
-
-Ayez six lapereaux; levez-en les filets, parez-les, supprimez-en la
-peau et les nerfs; piquez-en six des plus gros de menu lard; aux six
-autres, faites-leur avec le tranchant de votre couteau, en l’insinuant
-un peu, des incisions, de distance en distance; prenez plusieurs
-truffes, arrondissez-les, cannelez-les, c’est-à-dire, donnez-leur la
-forme d’une petite crête; coupez-les de l’épaisseur d’une pièce de
-trente sous, arrangez-les dans toutes les incisions de vos filets;
-rangez ces filets dans une sauteuse, dans laquelle vous aurez fait
-fondre un peu de beurre; donnez-leur la forme que vous jugerez à
-propos; saupoudrez-les d’un peu de sel, arrosez-les d’un peu de beurre
-fondu, et au moment de servir faites-les cuire avec feu dessus et
-dessous; tâtez-les; s’ils résistent sous le doigt, c’est qu’ils sont
-cuits; saucez-les avec un fumet réduit, et servez. (Voyez _Fumet de
-Lapin_, article précédent.)
-
-
-_Filets de Lapereaux à la Purée de Champignons._
-
-Prenez six lapereaux, piquez-en les filets de même lard; faites-les
-cuire comme ci-dessus, et servez-les sur une purée de champignons.
-(Voyez l’article _Sauce_ ou _Purée de Champignons_.)
-
-Vous pouvez servir ces filets sur des concombres, des petits pois, de
-la chicorée, etc.
-
-
-_Cuisses de Lapereaux à la Dauphine._
-
-Prenez huit cuisses de lapereaux; supprimez-en l’os du quasi;
-piquez-les, marquez-les dans une casserole comme des fricandeaux
-(voyez l’article _Grenadins de Veau_); donnez-leur une demi-heure de
-cuisson; glacez-les et servez-les dessus une bonne chicorée réduite à
-la béchamelle.
-
-
-_Hachis de Lapereaux à la Portugaise._
-
-Ayez trois lapereaux; faites-les cuire à la broche; levez-en les
-chairs; ôtez-en les peaux et les nerfs; hachez ces chairs; mettez-les
-dans un vase jusqu’au moment de vous en servir; prenez vos carcasses
-de lapereaux, concassez-les; mettez-les dans une casserole avec cinq
-cuillerées à dégraisser d’espagnole, deux de consommé et un verre de
-vin blanc de Champagne; faites cuire le tout: la cuisson faite, passez
-votre farce à travers une étamine, faites-la réduire à consistance de
-demi-glace; mettez-y vos chairs avec un peu de gros poivre et un pain
-de beurre; liez bien le tout sans le laisser bouillir, et dressez votre
-hachis sur un plat auquel vous aurez fait une bordure avec des petits
-croûtons (voyez l’article _Bordures de Plats_); mettez sur votre
-hachis huit ou neuf œufs pochés et glacés. Ce hachis doit être entre
-les œufs, avec un peu de votre essence que vous avez dû réserver à ce
-sujet. Vous pouvez mettre des filets mignons entre vos œufs en sautoir,
-décorés de truffes ou piqués.
-
-
-_Filets de Lapereaux à la Vopallière._
-
-Levez les filets de trois bons lapereaux bien tendres; coupez-les
-à-peu-près de la grosseur du pouce; faites-les mariner dans de la
-bonne huile, des truffes fraîches et hachées, quelques échalotes,
-persil et ciboules, hachés très-fin; assaisonnez-les de sel et de gros
-poivre; laissez-les mariner une couple d’heure; enfilez ces morceaux
-de filets dans des hatelets avec leur assaisonnement; enveloppez-les
-de bardes de lard; couvrez-les de papier, mettez-les à la broche,
-faites-les cuire environ un quart d’heure; déballez-les, ôtez-en le
-lard, et servez-les avec une bonne italienne rousse, forcée de citron.
-
-
-_Lapereaux en fricassée de Poulet._
-
-Ayez deux lapereaux bien tendres; coupez-les proprement en morceaux;
-essuyez-en le sang; mettez-les dans une casserole avec de l’eau,
-quelques tranches d’oignons, une feuille de laurier, du persil en
-branche, quelques ciboules et un peu de sel; faites-leur jeter un
-bouillon; égouttez-les, essuyez-les et parez-les de nouveau; mettez-les
-dans une autre casserole avec un morceau de beurre; sautez-les,
-singez-les légérement de farine; mouillez-les avec l’eau dans laquelle
-ils ont blanchis, ayant soin de les remuer, pour que la farine ne fasse
-point de grumeaux; faites-les bouillir; mettez-y des champignons, des
-mousserons ou des morilles, et, si vous le voulez, des trois ensemble:
-laissez cuire, faites réduire la sauce convenablement; votre ragoût
-cuit, liez-le avec quatre jaunes d’œufs délayés, soit avec un peu de
-lait, soit avec de la crême, ou un peu de votre sauce refroidie, et
-finissez-les, soit en y mettant un jus de citron, soit un filet de
-verjus, ou, faute de ces deux objets, un filet de vinaigre blanc;
-goûtez si votre sauce est d’un bon goût et servez.
-
-
-_Gibelotte de Lapereaux._
-
-Ayez une demi-livre de petit lard; coupez-le en gros dés, que
-vous passerez dans du beurre; lorsqu’ils seront d’un beau blond,
-égouttez-les; mettez une pincée de farine dans votre beurre et faites
-un petit roux; vous aurez coupé deux lapereaux en morceaux, et lorsque
-votre roux sera d’un beau blond, mettez-y vos lapereaux; faites les
-revenir; ensuite joignez-y votre petit lard; mouillez le tout avec la
-moitié d’une bouteille de vin blanc, et achevez de le mouiller avec
-du bouillon; faute de bouillon, employez de l’eau; assaisonnez votre
-gibelotte de sel, d’un peu de gros poivre, d’un bouquet de persil et
-ciboules, dans lequel vous aurez mis un clou de girofle, une feuille de
-laurier et une gousse d’ail; faites cuire, et durant la cuisson mettez
-des champignons; dégraissez votre sauce et ôtez le bouquet: si elle se
-trouvait trop longue, retirez-en; faites-la réduire; goûtez si elle est
-d’un bon goût et servez.
-
-
-_Gibelotte de Lapereau et d’Anguille._
-
-Procédez pour cette gibelotte comme il est énoncé pour la précédente:
-ajoutez-y une anguille que vous couperez par tronçons, et que vous
-ferez cuire avec votre lapereau; ou, si vous l’aimez mieux, faites-la
-cuire séparément dans l’assaisonnement. (Pour cette cuisson, voyez
-_Anguille à la Broche_, article POISSON.)
-
-
-_Lapereaux aux petits Pois._
-
-Faites un petit roux; coupez vos lapereaux par membres; votre roux
-étant bien blond, passez-les dedans; ajoutez-y quelques dés de jambon,
-et mouillez le tout avec du bouillon; faites que votre roux soit bien
-délayé; mettez-y un bouquet de persil et ciboules, garni d’un clou de
-girofle, d’une feuille de laurier et d’une demi-gousse d’ail, si vous
-voulez; lorsque votre lapereau sera en train de bouillir, mettez-y un
-litre de petits pois, et faites cuire le tout, que vous assaisonnerez
-de sel en suffisante quantité; quand votre ragoût sera bien réduit,
-supprimez-en le bouquet et servez.
-
-
-_Timbale de Lapereaux._
-
-Ayez deux lapereaux; préparez-les comme il est dit ci-dessus;
-passez-les dans une casserole, avec du beurre, du sel, du poivre et
-des fines herbes hachées, telles que persil, échalotes, ciboules,
-champignons et truffes; mettez des épices fines, une feuille de
-laurier, et mouillez le tout avec un verre de vin blanc et deux
-cuillerées à dégraisser d’espagnole; faites-les mijoter, et lorsque vos
-lapereaux seront cuits, laissez-les refroidir, et ôtez-en la feuille de
-laurier: de là prenez gros de beurre comme une noix, beurrez-en une
-casserole d’une grandeur convenable, et foncez-la de petites bandes
-de pâte roulées (voyez l’article _Pâte à Pâté_); commencez par le
-milieu du fond de cette casserole, en tournant votre pâte en forme de
-limaçon, jusqu’à ce que vous arriviez au rebord de la casserole; ayez
-soin, et que ces bandes portent bien les unes sur les autres, et de
-les souder, en sorte qu’on ne puisse s’apercevoir de leur jonction:
-cela fait, moulez un morceau de pâte qui vous servira à faire un double
-fond; abaissez-la, mettez-la de l’épaisseur d’un écu de six francs,
-pliez-la en quatre, présentez-la dans votre casserole pour vous assurer
-si ce fond est assez grand; il faut qu’il dépasse la casserole d’un
-bon pouce; vous en serez convaincu en pliant votre pâte en quatre et
-lorsque sa pointe touchera le point central du fond; après mouillez
-un peu les bandes avec un doroir; posez dessus votre double fond,
-appuyez-le légérement pour qu’il ne reste aucun vide entre les bandes
-et votre abaisse; ensuite roulez du godiveau, avec un peu de farine;
-formez-en des petites quenelles; garnissez-en le fond de votre timbale,
-mettez-en tout autour, presque jusqu’au bord; remplissez-en le vide des
-membres de vos lapereaux; joignez-y quelques champignons tournés, et
-passez dans du beurre; faites une seconde abaisse pour couvrir votre
-timbale, mouillez-en les bords; posez dessus votre couvercle de pâte,
-soudez-le et videz-le; mettez-la au four environ une heure et demie:
-lorsqu’elle sera cuite d’une belle couleur et que vous serez prêt à
-servir, renversez-la sur le plat; levez-en un couvercle de la grandeur
-que vous voudrez; mettez dans votre timbale une bonne espagnole
-réduite, et servez.
-
-Si vous n’avez pas le temps de faire ces bandes, beurrez votre
-casserole, saupoudrez-la de vermicelle; mettez votre abaisse dessus, et
-procédez pour le reste, comme il est énoncé plus haut.
-
-
-_Mayonnaise de Lapereaux._
-
-Faites cuire deux lapereaux à la broche; laissez-les refroidir;
-coupez-les par membres; parez-les proprement, mettez-les et sautez-les
-dans une mayonnaise (voyez _Sauce Mayonnaise_, à son article);
-dressez-les et servez.
-
-
-_Lapereaux aux fines Herbes._
-
-Ayez deux lapereaux; videz-les, coupez-les en morceaux; parez-les,
-mettez-les dans une casserole, avec un morceau de beurre, du sel et
-du poivre; joignez-y persil, ciboules, échalotes hachées, et des
-champignons, si vous en avez: passez le tout; laissez-le suer environ
-un quart d’heure; lorsque vos lapereaux seront cuits, ajoutez-y le jus
-d’un fort citron, et servez-les.
-
-
-_Lapereaux en Papillotes._
-
-Préparez vos lapereaux comme il est énoncé à l’article précédent: cela
-fait, mettez-les en papillotes (voyez l’article _Cuisses de Levrauts
-en papillotes_.).
-
-
-_Marinade de Lapereaux._
-
-Ayez deux lapereaux cuits à la broche, comme je l’ai dit à l’article
-de la _Mayonnaise_; coupez-les par membres; faites-les mariner
-(voyez l’article _Marinade_); lorsqu’ils le seront suffisamment,
-égouttez-les, mettez-les dans une pâte à frire; faites-les frire;
-qu’ils soient d’une belle couleur, et servez.
-
-
-_Salade de Lapereaux._
-
-Faites cuire un ou deux lapereaux à la broche; après coupez-les par
-membres; parez-les, dressez-les sur un plat; décorez-les avec des
-filets d’anchois, des œufs durs, coupés par quartiers; des betteraves,
-si c’est la saison; des cœurs de laitues, des câpres, des petits
-oignons cuits, de la fourniture hachée, et servez avec un huilier.
-
-
-_Terrine de Lapereaux._
-
-Apprêtez deux lapereaux; coupez-les par membres, mettez-les dans une
-petite marmite, avec deux ou trois oignons, dont un piqué de deux clous
-de girofle, une ou deux carottes, une feuille de laurier, un bouquet
-de persil et ciboules, et une demi-gousse d’ail; mouillez le tout avec
-du bon bouillon; vous aurez auparavant fait blanchir une demi-livre ou
-trois quarterons de lard coupés en gros dés, sans être détachés de la
-couenne, et que vous ajouterez à vos lapereaux: faites cuire le tout;
-sa cuisson faite, égouttez-le, mettez-le dans le fond de votre terrine,
-et masquez-le d’une purée de lentilles ou de pois. (Voyez les articles
-_Purée de Lentilles_ et _Purée de Pois_.)
-
-
-_Lapereaux en Caisse._
-
-Ayez deux ou trois jeunes lapereaux; préparez-les; refaites-les;
-posez-les à un feu nu pour les roidir; faites une caisse de la grandeur
-de vos lapereaux; frottez-la d’huile; posez-la sur le gril, et rangez-y
-ces lapereaux; passez dans du beurre des fines herbes hachées, telles
-que persil, ciboules et champignons, que vous mettrez dans un linge
-blanc, et que vous tordrez pour en supprimer le jus qui pourrait
-ramollir votre caisse: assaisonnez ces fines herbes de sel, de gros
-poivre, de fines épices, et versez-les dans votre caisse; mettez-la
-sur un feu doux; ayez soin d’y tourner vos lapereaux, et leur cuisson
-faite, servez-les.
-
-
-_Accolade de Lapereaux à la Broche._
-
-Ayez deux jeunes lapereaux; coupez-leur les jambes de devant,
-tout-à-fait près du corps; la moitié des pieds de derrière, et
-passez-leur un de ces pieds dans le jarret de l’autre; habillez-les,
-posez-les sur la table; battez-leur le dos avec le manche de votre
-couteau; refaites-les; bardez l’un et piquez l’autre: pour le piquer,
-vous ferez une lapinière qui est une espèce de latte où il y a des
-trous et dont le bout est pointu; vous enfoncerez cette pointe dans la
-mâchoire de l’animal, et vous lui fixerez les pieds sur la lapinière
-avec une petite cheville: cela fait, mettez vos lapereaux à la broche;
-faites-les cuire en les arrosant: leur cuisson faite, servez-les, en
-mettant à côté une poivrade dans une saucière.
-
-
-
-
-FAISAN.
-
-
-Le faisan est jeune et tendre, lorsque la maîtresse penne de l’aile
-marque encore, c’est-à-dire qu’elle forme la pointe, et que de la
-jambe du coq l’éperon est arrondi: au contraire, s’il est pointu et
-long, c’est une preuve que c’est un vieux coq, et dès-lors nullement
-convenable pour le rut; mais on peut l’employer pour toute autre chose,
-comme il sera désigné ci-après. Remarquez qu’il faut toujours le
-choisir gras et bien en chair; et que ceux qui viennent de la Bohême
-sont préférables à ceux de ces pays-ci; mais il n’en vient que dans
-l’hiver.
-
-
-_Faisan à la Broche._
-
-Ayez un faisan jeune, tendre et gras; plumez-le par tout le corps,
-excepté à la queue et à la tête, en prenant garde de le déchirer:
-l’ayant vidé, flambé et épluché, bridez-le; bardez-le ou piquez-le;
-enveloppez-lui la tête et la queue de papier; retroussez-lui la queue
-le long des reins, embrochez-le, enveloppez-le entièrement de papier,
-faites-le cuire, et déballez-le, ainsi que sa tête et sa queue, et
-servez-le.
-
-S’il est pour des Anglais, servez-le avec une brède-sauce. (Voyez cet
-article.)
-
-
-_Faisan aux Truffes ou à la Périgueux._
-
-Plumez un jeune faisan, comme pour la broche; videz-le par la poche: à
-cet effet, cassez-lui l’os du brichet ou de la poitrine, en lui sortant
-les intestins: prenez garde de crever l’amer; flambez-le légérement,
-épluchez-le; ayez une livre et demie de bonnes truffes; brossez-les,
-épluchez-les; pilez trois quarterons de lard; mettez ce lard dans
-une casserole avec vos truffes, dont vous aurez haché les plus
-petites; mettez-les cuire sur un feu doux, avec sel, poivre et un peu
-d’épices fines: leur cuisson faite, laissez-les presque refroidir, et
-remplissez-en le corps de votre faisan; cousez-en la poche; bardez-le;
-laissez-le se parfumer ainsi deux ou trois jours et plus, si vous le
-voulez: de là embrochez-le, emballez-le de papier; faites-le cuire
-environ une heure, et servez-le.
-
-
-_Filets de Faisans à la Vopallière._
-
-Prenez trois jeunes faisans; levez-en les filets; ôtez-en les mignons;
-levez la peau de vos gros filets, et cela en les posant sur la table,
-et faisant couler votre couteau, comme si vous leviez une barde de
-lard; prenez garde d’en endommager les chairs; battez-les légérement
-avec le manche de votre couteau, et parez-les: faites fondre du beurre
-dans une sauteuse; trempez-y vos filets les uns après les autres, et
-rangez-les, de manière qu’ils ne se touchent pas; saupoudrez-les d’un
-peu de sel fin, d’un peu de gros poivre, et couvrez-les d’un rond de
-papier: préparez vos six petits filets; piquez-en trois de même lard;
-les trois autres, décorez-les de petites crêtes de truffes; mettez-les
-sur une tourtière, avec un peu de beurre fondu et un grain de sel;
-donnez-leur la forme d’un demi-cercle, et couvrez-les d’un rond de
-papier: vous aurez levé les cuisses de vos faisans et les aurez fait
-cuire à la broche ou dans une casserole, avec un peu de beurre, sans
-mouillement: lorsqu’elles seront froides, vous en supprimerez les
-peaux et les nerfs; vous hacherez vos chairs fort menu, et les mettrez
-dans une casserole que vous couvrirez: vous aurez fait un fumet de vos
-carcasses, comme il est indiqué au fumet de lapereaux (voyez l’article
-_Escalopes de Lapereaux_); sa cuisson faite, passez-le au travers
-d’une serviette; faites-le réduire; ajoutez-y trois cuillerées à
-dégraisser d’espagnole travaillée; faites réduire le tout à consistance
-de demi-glace, et réservez-en une partie pour glacer votre entrée;
-sautez vos filets, retournez-les; assurez-vous s’ils sont cuits;
-dressez-les en couronne; mettez votre hachis et vos truffes dans votre
-sauce, avec gros comme une noix d’excellent beurre: remuez le tout; ne
-le laissez point bouillir; versez-le dans le puits de vos filets: vous
-aurez fait sauter au même instant vos petits filets dans le beurre:
-leur cuisson faite, glacez-les et faites-en une seconde couronne sur
-votre hachis, que vous aurez glacé avec ce que vous aviez conservé de
-votre sauce, et servez.
-
-
-_Escalopes de Faisans._
-
-Levez les ailes de trois faisans; enlevez-en la petite peau, comme
-il est indiqué à l’article précédent; coupez-les en filets d’égale
-grosseur; formez-en des escalopes, comme il est dit à l’article
-_Escalopes de Lapereaux_; faites fondre du beurre dans une sauteuse;
-arrangez-y vos escalopes, les unes après les autres; saupoudrez-les
-d’un peu de sel et de gros poivre; arrosez-les de beurre fondu; faites
-un fumet du restant de vos chairs et de vos carcasses, comme il est
-indiqué article _Lapereau_; ajoutez-y trois cuillerées à dégraisser
-d’espagnole; mettez le tout à demi-glace; faites sauter vos escalopes;
-égouttez-en le beurre; conservez leur jus; mettez-les, ainsi que ce
-jus, dans votre réduction; sautez-les et finissez-les avec un pain de
-beurre; goûtez si elles sont d’un bon goût, dressez-les et servez:
-joignez-y des truffes coupées en liards, si c’est la saison et si tel
-est votre goût.
-
-
-_Salmi de Faisans._
-
-Faites cuire un ou deux faisans à la broche; laissez-les refroidir,
-dépecez-les, parez-les proprement, supprimez-en les peaux; arrangez-les
-dans une casserole, mouillez-les avec un peu de consommé pour les
-faire chauffer sur une cendre chaude; mettez dans une casserole
-un bon verre de vin, rouge ou blanc; ajoutez-y trois ou quatre
-échalotes hachées, un zeste de bigarade, trois cuillerées à dégraisser
-d’espagnole réduite, gros comme une muscade de glace ou de réduction
-de veau; faites réduire le tout; pilez les peaux et les parures de vos
-faisans; mettez-les dans votre réduction, délayez-les sans les faire
-bouillir, passez-les à l’étamine comme une purée; mettez cette espèce
-de purée ou sauce de salmi dans une casserole, et tenez-la chaudement
-au bain-marie: au moment de servir, égouttez vos membres de faisans;
-dressez-les sur le plat, en mettant les inférieurs les premiers,
-conséquemment vos ailes et vos cuisses tout autour, le tout entremêlé
-de croûtons en cœur, soit de mie ou de croûte de pain, passés dans
-du beurre: exprimez dans votre salmi le jus d’une ou deux bigarades,
-saucez et servez.
-
-
-_Soufflé de Faisans._
-
-Pour procéder à ce sujet, voyez _Soufflé de Perdreaux_, à son article.
-
-
-_Faisan à la Chou-croûte._
-
-Ayez un gros faisan, plumez-le, videz-le, flambez-le; lardez-le de gros
-lardons, assaisonnés de sel, poivre, fines épices, persil, ciboules, un
-peu d’aromates pilés: lavez et pressez de la chou-croûte en suffisante
-quantité pour en former un bon plat; mettez-la cuire avec un morceau
-de petit lard et un cervelas; nourrissez-la avec quelques fonds ou
-dessus de braises; faites-la cuire trois ou quatre heures sur un feu
-doux; après mettez-y au milieu votre faisan; faites-le cuire environ
-une heure, et lorsqu’il le sera, dressez-le sur le plat: prenez votre
-chou-croûte pour l’égoutter avec une cuiller percée; garnissez-en votre
-faisan; coupez votre cervelas en tranches; ôtez-en la peau; faites-en
-une bordure autour de la chou-croûte, en l’entremêlant de petit lard
-coupé en lames et de quelques saucisses, puis servez.
-
-
-_Croquettes de Faisans._
-
-S’il vous reste un faisan de desserte, ou des membres de faisans, vous
-pouvez en faire des croquettes. (Voyez _Croquettes de Lapereaux_,
-article FARCES.)
-
-
-_Mayonnaise de Faisan._
-
-Pour procéder à l’égard de cette mayonnaise, voyez _Mayonnaise de
-Lapereaux_, à son article.
-
-
-_Boudin de Faisan à la Richelieu._
-
-Levez les chairs d’un faisan; pilez-les, passez-les au tamis à
-quenelles; faites cuire dans la cendre douze grosses pommes de terre,
-épluchez-les, et faites attention qu’il n’y reste ni cendre ni gravier;
-pilez-les à force de bras; ramassez-les dans votre mortier; formez
-des pelotes et de vos chairs et de ces pommes, ainsi que de beurre,
-c’est-à-dire, que le tout soit par tiers d’égale proportion; pilez
-ensemble vos chairs et vos pommes de terre; lorsqu’elles le seront
-bien, ajoutez-y votre beurre; pilez le tout de nouveau, jusqu’à ce
-qu’il soit bien incorporé; assaisonnez-le de sel, d’un peu d’épices
-fines et de muscade râpée, et faites en sorte que rien ne domine;
-humectez vos quenelles avec cinq ou six jaunes d’œufs, les uns après
-les autres; ces jaunes bien incorporés à votre farce, faites-en
-l’essai; si elle est d’un bon goût et à son degré de perfection,
-retirez votre pilon; fouettez trois blancs d’œufs, joignez-les à votre
-farce en les y mêlant bien, et retirez-la; saupoudrez votre table de
-farine; mettez dessus, par parties, votre farce; roulez-la, en sorte
-d’en former de gros boudins; posez-les sur un couvercle, pochez-les
-comme le boudin de lapereau; laissez-les refroidir, panez-les à
-l’anglaise, c’est-à-dire avec un jaune d’œuf mêlé d’un peu de beurre
-fondu et une pincée de sel; au moment de servir, faites-les griller et
-servez-les avec un fumet fait avec la carcasse de votre faisan. (Voyez
-_Fumet de Gibier_, article LAPEREAU.)
-
-
-
-
-PERDRIX ROUGES.
-
-
-On en distingue de deux espèces; l’une est la bortavelle, et l’autre
-celle d’Europe; la dernière a douze pouces de longueur, le bec et
-l’iris des pieds rouges, le fond d’un gris-brun, et la tête d’un beau
-roux, barrée de taches noires obliques sur les plumes de l’occiput; la
-gorge d’un blanc pur, encadré de noir; une bande blanche au-dessus des
-yeux; le dessus du col et les côtés cendrés, avec deux taches noires
-au-dessus du dos. Le mâle se distingue de la femelle par un tubercule
-sur chaque pied; on connaît les jeunes à la forme pointue de la
-première penne de l’aile, et à une petite pointe blanche qui se trouve
-à l’extrémité.
-
-
-_Perdreaux Rouges à la Périgueux._
-
-Ayez trois de ces perdreaux; plumez-les, videz-les par la poche,
-flambez-les légérement et sans en roidir la peau; ne leur refaites
-point les pattes, et coupez-leur le bout des ergots; râpez une
-demi-livre de lard; lavez, brossez, épluchez une livre de truffes; si
-elles sont grosses, coupez-les en deux ou en quatre; arrondissez-les
-en forme de petites truffes, et hachez-en les parures; passez-les
-dans votre lard râpé, comme il est dit à l’article du _Faisan à la
-Périgueux_; remplissez-en le corps de vos perdreaux; cousez la poche,
-retroussez-leur les pattes en dehors avec une aiguille à brider;
-donnez-leur une belle forme; que l’estomac soit comme un peu aplati;
-foncez une casserole, qui puisse contenir vos perdreaux sans les gêner,
-avec des bardes de lard, une ou deux lames de jambon, un peu de rouelle
-de veau, une carotte, un oignon, un bouquet assaisonné, un demi-verre
-de vin blanc, une cuillerée de consommé et un peu de sel; posez sur
-ce fond vos perdreaux, mettez-leur sur l’estomac quelques tranches de
-citron, dont vous aurez supprimé la peau et les pépins; couvrez-les
-de bardes de lard, et faites-les partir; mettez-les cuire sur la
-paillasse, avec feu dessous et dessus environ trois quarts d’heure;
-égouttez-les, dressez-les, saucez-les avec la sauce à la Périgueux, et
-servez. (Voyez l’article _Sauce aux Truffes_ ou _à la Périgueux_.)
-
-
-_Perdreaux Rouges ou Gris à l’Espagnole._
-
-Ayez trois perdreaux; plumez-les, videz-les, flambez-les; faites-les
-revenir dans une casserole sur un feu doux, avec un morceau de beurre,
-et sans leur donner de couleur; mouillez-les d’un verre de vin blanc,
-deux cuillerées à dégraisser de consommé et quatre d’espagnole réduite;
-laissez-les cuire et mijoter à-peu-près trois quarts d’heure; retirez
-la majeure partie de la sauce, faites-la réduire, dégraissez-la; au
-moment de servir, dressez vos perdreaux sur le plat, mettez un pain de
-beurre dans votre sauce, passez-la et vannez-la; saucez vos perdreaux
-et servez.
-
-Si vous n’avez point d’espagnole, mouillez vos perdreaux avec du
-consommé et un verre de vin blanc; ajoutez à cela deux lames de jambon,
-une ou deux tranches de veau, un bouquet de persil et ciboules, un
-oignon piqué d’un clou de girofle, une carotte coupée en quatre, et la
-moitié d’une feuille de laurier; durant la cuisson de vos perdreaux
-faites un petit roux; leur cuisson presqu’achevée, passez la majeure
-partie de leur fond au travers d’un tamis de soie, délayez-en votre
-roux; faites cuire votre sauce, dégraissez-la, faites-la réduire,
-tordez-la dans une étamine; achevez la cuisson de vos perdreaux dans
-cette sauce, et finissez-la comme la précédente.
-
-
-_Perdreaux ou Entrée de Broche._
-
-Prenez trois perdreaux; videz-les, flambez-les sans les roidir;
-bridez-les, embrochez-les sur un hatelet; couvrez-leur l’estomac de
-tranches de citrons, desquels vous aurez ôté les pépins et la peau;
-couvrez-les de bardes de lard, enveloppez-les de papier; fixez les
-bouts de votre papier sur l’hatelet avec de la ficelle attachée sur la
-broche; faites cuire trois quarts d’heure vos perdreaux, déballez-les;
-au moment de servir, égouttez-les, dressez-les en chevrette sur votre
-plat; saucez-les avec un jus clair, dans lequel vous aurez mis une
-pincée de gros poivre; exprimez le jus d’une ou deux bigarades, et
-servez.
-
-
-_Perdreaux Grillés._
-
-Ayez deux ou trois perdreaux; plumez-les, videz-les, flambez-les,
-épluchez-les, retroussez les pattes en poule, fendez-les en deux par
-les reins, aplatissez-les légérement sur la table; mettez dans une
-casserole un morceau de beurre avec vos perdreaux; assaisonnez-les de
-sel, de gros poivre et faites-les revenir des deux côtés; posez-les
-sur le gril, et faites-les cuire à un feu doux; leur cuisson faite,
-dressez-les, et servez-les avec une sauce au pauvre homme. (Voy.
-_Sauce au Pauvre homme_, article SAUCES.)
-
-
-_Perdreaux à l’Anglaise._
-
-Faites une farce avec les foies de trois perdreaux, un peu de beurre,
-du gros poivre et du sel en suffisante quantité; farcissez-en vos
-perdreaux; mettez-les à la broche sans les barder; enveloppez-les de
-papier et faites-les cuire aux trois quarts; ensuite mettez-les dans
-une casserole, après leur avoir lavé les membres, sans les séparer du
-corps, et mettez-leur entre chaque membre un peu de beurre manié avec
-de la mie de pain, de l’échalote, du persil, de la ciboule hachée, du
-sel, du gros poivre et un peu de muscade; mouillez vos perdreaux avec
-un bon verre de vin de Champagne et deux cuillerées à dégraisser de
-consommé; faites-les bouillir doucement jusqu’à parfaite cuisson, sans
-les couvrir, afin que la sauce puisse se réduire; finissez avec le jus
-d’une ou deux bigarades, un peu de leur zeste râpé, et servez.
-
-
-_Salmi de Perdreaux._
-
-Préparez trois perdreaux; bardez-les et faites-les cuire à la broche
-(il faut qu’ils soient un peu verts cuits): laissez-les refroidir,
-levez-en les membres, ôtez-en la peau, parez-les, rangez-les dans une
-casserole, avec un peu de consommé, posez-les sur une cendre chaude,
-faites qu’ils ne bouillent point de suite; coupez six échalotes, un
-peu de zeste de citron, mettez-les dans une casserole avec un peu
-de vin de Champagne et faites bouillir; concassez vos carcasses de
-perdreaux; mettez-les dans votre casserole; ajoutez-y quatre cuillerées
-à dégraisser d’espagnole réduite; faites réduire le tout à moitié;
-passez cette sauce à l’étamine; égouttez vos membres de perdreaux,
-dressez-les, mettez entre ces membres des croûtons de pain passés dans
-du beurre; saucez vos perdreaux, en ajoutant à leur sauce un jus de
-citron, si vous le voulez, et servez.
-
-
-_Salmi chaud ou froid._
-
-Préparez votre salmi comme il est indiqué à l’article précédent;
-finissez-le un quart d’heure avant de servir; mettez les membres de
-vos perdreaux à part; ajoutez à votre sauce une bonne cuillerée à
-dégraisser de gelée ou d’aspic; posez votre casserole sur la glace
-ou sur de l’eau sortant du puits; remuez bien cette sauce jusqu’à
-ce qu’elle prenne: une fois à son degré, trempez-y ces membres de
-perdreaux, les uns après les autres; dressez-les sur votre plat de
-service; couvrez-les du restant de la sauce; garnissez votre entrée de
-croûtons passés dans du beurre; décorez-la tout autour de gelée taillée
-en diamans, et servez.
-
-
-_Perdreaux à la Vopallière._
-
-A l’égard de ces perdreaux, procédez comme pour les faisans de ce nom.
-(Voyez l’article _Faisans à la Vopallière_.)
-
-
-_Salmi de Chasseur._
-
-Faites cuire deux ou trois perdreaux à la broche, et coupez-les par
-membres; vous aurez mis dans une casserole trois cuillerées à bouche
-d’huile, un demi-verre de vin rouge, un peu de sel fin, du gros poivre,
-un jus de citron et un peu de zeste; sautez vos membres de perdreaux
-dans cette sauce; dressez-les, saucez-les et servez.
-
-
-_Perdreaux à la Monglat ou Salpicon en Cuvette._
-
-Retroussez trois perdreaux en poule; bardez-les, faites-les cuire à
-la broche, laissez-les refroidir, levez-en les estomacs, de manière
-à en former une cuvette; coupez-les en petits dés; faites chauffer
-vos perdreaux dans un peu de consommé, et tenez-les chauds jusqu’au
-moment de servir; mettez dans une casserole un morceau de beurre;
-coupez six ou huit truffes crues comme le sont vos estomacs, et autant
-de champignons; passez-les dans ce beurre, en y joignant un peu de
-persil, de ciboules et d’échalotes hachées; mouillez le tout d’un bon
-verre de vin de Champagne et de six cuillerées à dégraisser d’espagnole
-travaillée; faites cuire et réduire votre sauce, ayant soin de la
-dégraisser; coupez deux ou trois foies gras ainsi que vos chairs;
-mettez-les dans votre sauce, avec sel et gros poivre; faites-lui
-jeter deux ou trois bouillons, joignez-y ces chairs énoncées; faites
-chauffer le tout sans qu’il bouille; dressez vos perdreaux sur le plat,
-remplissez-les de votre salpicon et dessous un fumet, et servez. (Voyez
-_Fumet_, article LAPEREAU.)
-
-
-_Perdrix aux Choux._
-
-Ayez trois vieilles perdrix; après les avoir appropriées, troussez-les
-en poule; lardez-les de gros lardons, assaisonnés de sel, poivre,
-épices fines, aromates pilés et passés au tamis, persil et ciboules
-hachés; foncez une casserole de quelques débris de veau, deux carottes,
-deux oignons et une demi-gousse d’ail; posez vos perdrix dessus,
-couvrez-les de bardes de lard; mouillez-les avec quelques bons fonds,
-ou avec du bouillon et du consommé; posez votre casserole sur le feu,
-faites-la partir; couvrez-la d’un rond de papier beurré, ainsi que
-de son couvercle; déposez-la sur la paillasse, avec feu dessous et
-cendre chaude dessus; laissez cuire une heure ou cinq quarts d’heure;
-de suite préparez des choux, comme il est énoncé à l’article de _la
-Pièce de Bœuf aux Choux_, dans lesquels vous ferez cuire un cervelas
-et un morceau de petit lard; tournez trente carottes rouges, autant
-de navets; donnez-leur le diamètre d’une pièce d’un franc (il faut
-que leur longueur soit de la hauteur du moule dont je vais parler);
-faites blanchir ces légumes; égouttez-les et faites-les cuire dans
-du consommé, avec une pincée de sucre pour en ôter l’âcreté; ayant
-fait refroidir votre cervelas et votre petit lard, ayez un moule;
-beurrez-le; mettez dans le fond un rond de papier blanc et une bande de
-papier autour de votre moule en dedans et de sa hauteur; coupez votre
-cervelas en liards et votre petit lard par tranches, de l’épaisseur de
-votre cervelas; posez au centre de ce moule un morceau de cervelas;
-rangez autour des tranches de votre petit lard, et garnissez ainsi le
-fond de votre moule de cercles de petit lard et de vos morceaux de
-cervelas; dressez autour de votre moule vos bâtons de carottes et de
-navets, en les entremêlant et les serrant les uns contre les autres;
-pressez vos choux, garnissez-en le fond de votre moule, et continuez
-d’en garnir les bords comme une espèce de contre-mur, si je puis
-m’exprimer ainsi; laissez un vide au milieu pour y placer vos perdrix;
-posez-leur l’estomac sur le fond; remplissez votre moule de choux, en
-coupant tout ce qui pourrait le déborder, et pressez-les, de manière
-à leur donner une assez ferme consistance, pour qu’en renversant vos
-perdrix, votre décor ne se dérange point; mettez un couvercle sur ce
-moule, et tenez vos perdrix chaudement au bain-marie; passez leur fond
-à travers un tamis de soie; joignez-y trois cuillerées à dégraisser
-d’espagnole travaillée, comme il est énoncé ci-après; laissez cuire
-votre sauce, dégraissez-la, faites-la réduire à consistance de
-demi-glace; retournez votre chartreuse sur votre plat, enlevez-en le
-papier, égouttez-la avec attention, épongez-en le mouillement, le
-mieux possible, avec le coin d’un linge blanc; saucez-la avec votre
-réduction, et servez.
-
-
-_Autre manière de dresser les Perdrix aux Choux._
-
-Posez vos perdrix sur le plat; pressez vos choux dans un linge;
-coupez-les en bâtons; dressez-les debout autour de vos perdrix;
-garnissez-les de cervelas coupés en rond, de petit lard en tranches,
-de saucisses à la chipolata; saucez-les avec la réduction énoncée
-ci-dessus, et servez.
-
-
-_Mayonnaise de Perdreaux._
-
-Faites cuire trois perdreaux à la broche; laissez-les refroidir;
-coupez-les par membres; parez-les; mettez-les dans un vase avec
-quatre échalotes, un peu d’estragon et de pimprenelle hachés, quatre
-cuillerées d’huile, trois cuillerées à dégraisser de gelée concassée,
-un peu de gros poivre, une pincée de sel fin et une cuillerée à
-dégraisser de vinaigre à l’estragon; sautez bien le tout ensemble;
-dressez sur votre plat vos perdreaux, en mettant au fond les estomacs
-et les reins, et rangeant vos membres autour; masquez le tout avec
-votre mayonnaise, et servez.
-
-Vous pouvez décorer le bord de votre plat avec quelques festons de
-gelée.
-
-
-_Perdreaux à la Cussy._
-
-Ayez trois perdreaux rouges, bien frais; habillez-les, désossez-les
-entièrement par les reins, excepté le dernier os de la cuisse;
-laissez-leur les pattes; étendez-les sur un linge blanc; couvrez les
-chairs d’une légère couche de farce cuite, faite de perdreaux. Vous
-aurez fait et laissé refroidir un salpicon, composé de gorges de ris de
-veau, de truffes, de champignons et de crêtes de coqs, le tout coupé en
-petits dés et par proportion égale, c’est-à-dire, ayant employé autant
-de l’un que de l’autre (voyez _Manière de faire le Salpicon_, à son
-article); remplissez le corps de vos perdreaux de ce salpicon, pour
-les faire bien dodus; cousez-les et donnez-leur alors leur première
-forme; bridez-leur les pattes en dehors; mettez-les dans une casserole,
-et faites-en roidir l’estomac dans un peu de beurre; laissez-les se
-refroidir, et piquez-leur l’estomac d’une deuxième; concassez leurs
-débris; mettez-les dans une casserole avec une lame de jambon, deux
-petits oignons, une carotte coupée en quatre, un bouquet de persil et
-ciboules assaisonné d’une demi-feuille de laurier et un peu de massif;
-joignez à cela un demi-verre de vin blanc, un petit bacha de consommé
-et un peu de lard râpé; posez vos perdreaux dans une casserole et
-couvrez-les d’un double rond de papier beurré; une demi-heure avant
-de servir, faites-les partir; couvrez-les, faites-les cuire avec feu
-dessous et dessus; ayez soin que leurs estomacs prennent couleur,
-comme si vous les faisiez cuire à la broche; égouttez-les, glacez-les
-légérement, dressez-les, saucez-les d’un fumet de gibier. (Voyez
-_Fumet de Gibier_, article _Sauté de Lapereaux_.)
-
-Si vous n’avez point de foncé, passez le fond de vos perdreaux à
-travers un tamis de soie; faites-le réduire avec deux cuillerées à
-dégraisser d’espagnole à consistance de demi-glace, et saucez-les.
-
-
-_Sauté de Filets de Perdreaux._
-
-Dépouillez quatre perdreaux, levez-en les filets, supprimez-en les
-peaux nerveuses, comme il est dit article _Faisans à la Vopallière_;
-mettez un quarteron de bon beurre dans une sauteuse; faites-le fondre,
-trempez-y vos filets, et arrangez-les l’un après l’autre dans votre
-sauteuse; saupoudrez-les d’un peu de sel; couvrez-les d’un rond de
-papier: vous aurez fait un fumet avec leurs carcasses (voyez _Fumet_,
-article _Sauté de Lapereaux_); ajoutez à votre fumet réduit quatre
-cuillerées à dégraisser d’espagnole; faites-le réduire, dégraissez-le
-au moment de servir; sautez vos filets, retournez-les: vous jugerez
-qu’ils sont cuits s’ils résistent au toucher; égouttez-les; dressez-les
-en couronne autour de votre plat, en mettant entre chaque un croûton
-de pain en cœur, passé dans du beurre, et glacé; finissez votre sauce
-avec un pain de beurre de Vembre; arrosez-en ces croûtons; saucez vos
-filets, et servez: vous pouvez les servir aux truffes.
-
-
-_Purée de Perdreaux._
-
-(Voyez _Purée de Gibier_).
-
-
-_Soufflé de Perdreaux._
-
-Prenez deux perdreaux cuits à la broche; levez-en les chairs;
-supprimez-en les peaux et les nerfs; hachez ces chairs; pilez-les,
-en y joignant les foies que vous aurez fait blanchir, et desquels
-vous aurez ôté l’amer; retirez le tout du mortier, mettez-le dans une
-casserole, avec environ quatre cuillerées à dégraisser d’espagnole
-réduite; chauffez le tout sans le faire bouillir; passez-le à l’étamine
-à force de bras; ramassez avec le dos de votre couteau ce qui peut
-être resté au dehors de cette étamine; déposez-le dans un vase; mettez
-dans une casserole quatre cuillerées à dégraisser d’espagnole et deux
-de consommé; concassez vos carcasses; joignez-les à votre espagnole;
-faites-les cuire, dégraissez-les, passez-en la sauce à l’étamine,
-faites-la réduire; mettez-y gros comme le pouce de glace ou de
-réduction de veau; faites-la réduire de nouveau plus qu’à demi-glace;
-retirez du feu votre casserole; mettez votre purée, mêlez le tout;
-ajoutez-y gros comme un œuf d’excellent beurre, un peu de muscade
-râpée, et incorporez-y quatre jaunes d’œufs frais, desquels vous aurez
-mis les blancs à part; fouettez ces blancs comme pour un biscuit;
-incorporez-les petit à petit dans votre purée, quoique chaude, le
-tout bien mêlé; versez-le dans une casserole d’argent ou une caisse
-de papier, ronde ou carrée; mettez-le dans un four ou sous un four de
-campagne, avec un feu doux dessous et dessus: lorsque votre soufflé
-sera bien monté, vous appuierez légérement les doigts dessus; s’il
-résiste moyennement au toucher, c’est qu’il est à son degré: servez-le
-aussitôt, de crainte qu’il ne retombe.
-
-
-_Perdrix à la Purée, en Terrine ou Entrée._
-
-Ayez trois perdrix; lardez-les de gros lardons; assaisonnez comme il
-est dit à l’article _Perdrix aux Choux_; faites-les cuire dans le même
-assaisonnement; servez-les avec la purée qu’il vous plaira, telle que
-de pois, lentilles dites provençales, etc.; garnissez-les de saucisses
-et de petit lard, ainsi que de petits croûtons en liards, passés au
-beurre.
-
-
-_Hachis de Perdreaux._
-
-Ayez deux ou trois perdreaux cuits à la broche; levez-en les chairs;
-supprimez-en les peaux et les nerfs; hachez ces chairs très-fin;
-concassez tous les débris de vos perdreaux; mettez-les dans une
-casserole avec quatre cuillerées à dégraisser d’espagnole, et deux
-de consommé; faites cuire ce fumet; passez cette sauce à l’étamine;
-faites-la réduire; dégraissez-la; réduite à demi-glace, retirez votre
-casserole du feu (mettez à part un peu de votre sauce, qui vous servira
-à glacer votre hachis à l’instant de servir); mettez dans cette sauce
-vos chairs, avec une pincée de mignonnette, un peu de muscade râpée et
-deux petits pains de beurre; mêlez bien votre hachis; dressez-le sur
-le plat; garnissez-le autour de croûtons passés dans du beurre; mettez
-dessus des œufs pochés, et servez-le.
-
-Vous pouvez garnir avec des filets en sautoir, entre chaque œuf ou
-langue à l’écarlate en crête.
-
-
-_Salmi de Perdreaux à la d’Artois._
-
-Ayez trois perdreaux cuits à la broche, sans avoir été piqués; levez-en
-les membres, parez-les; supprimez les peaux; arrangez ces membres dans
-une petite casserole, et mettez-les chauffer sans bouillir, avec un
-peu de consommé; mettez les reins et les parures de ces perdreaux dans
-un mortier; pilez-les, versez dans une casserole un bon verre de vin
-de Madère; mettez-y trois échalotes coupées, trois branches de persil,
-et un peu de zeste de bigarade; faites jeter un bouillon, et joignez
-à cela cinq cuillerées à dégraisser d’espagnole; laissez bouillir le
-tout dix minutes sur un bon feu; retirez la casserole du fourneau;
-mêlez à votre sauce vos carcasses pilées, délayez-les, passez-les à
-l’étamine; ramassez bien tout ce qui est au dehors de l’étamine; mettez
-cette purée ou salmi dans une petite casserole; faites-la chauffer au
-bain-marie; égouttez vos membres de perdreaux, dressez-les sur votre
-plat, en les entremêlant de quelques croûtons passés au beurre: vous
-aurez fait un bord à votre plat avec des petits croûtons passés à
-l’huile; retirez votre sauce du bain-marie, ajoutez-y le jus d’une ou
-deux bigarades, un peu de mignonnette et la moitié d’un pain de beurre;
-passez-la bien et saucez votre salmi.
-
-
-_Sauté de Perdreaux aux Truffes._
-
-Levez les filets de quatre perdreaux, parez-les; mettez fondre du
-beurre dans une sauteuse, posez-y vos filets; faites-les roidir des
-deux côtés, égouttez-les, posez-les sur votre table; coupez-les en
-huître, par petits morceaux d’égale grandeur; parez-les; donnez-leur
-une forme ronde; faites un fumet de carcasses, comme il est indiqué
-à l’article _Sauté de Lapereaux_; passez-le; faites-le réduire;
-ajoutez-y trois cuillerées d’espagnole travaillée; faites réduire à
-consistance de demi-glace; mettez-y vos filets, ne les faites point
-bouillir; joignez-y une demi-livre de truffes coupées en liards, tels
-que sont vos filets, et que vous aurez fait cuire dans le beurre où
-vous aurez sauté ces filets: mêlez bien le tout ensemble; que votre
-sauce ne soit pas trop longue; finissez-la avec un petit pain de
-beurre; dressez votre ragoût, en rocher, sur un plat, où vous aurez un
-bord de petits croûtons soudés, et servez.
-
-
-_Semelles de Perdreaux à la Chingara._
-
-Levez les filets de trois perdreaux, parez-les; faites fondre du beurre
-dans une sauteuse; mettez et retournez vos filets dans ce beurre;
-couvrez-les d’un rond de papier; ayez une belle langue de veau à
-l’écarlate, qui ne soit pas trop salée, et dont vous aurez coupé six
-morceaux; donnez-leur la grandeur et la forme de vos filets; mettez-les
-chauffer dans une casserole, avec un peu de consommé; prenez les
-parures et le tendre, excepté les peaux, de cette langue; hachez-les
-bien fin; ayant fait une sauce, comme il est indiqué à l’article
-ci-dessus, sautez vos filets; dressez-les en couronne, avec un morceau
-de langue entre chaque; saucez-les avec une partie de votre sauce;
-mettez votre hachis dans le reste de cette sauce; incorporez bien le
-tout; goûtez-le; s’il se trouvait salé, adoucissez-le avec un morceau
-d’excellent beurre; mettez ce hachis dans le puits de vos filets, et
-servez.
-
-
-_Côtelettes de Perdreaux._
-
-Prenez six perdreaux, levez-en les filets; supprimez-en les peaux
-nerveuses; battez-les légérement avec le manche de votre couteau;
-prenez l’os le plus faible des ailerons de vos perdreaux; ratissez-le;
-enfoncez-le suffisamment dans la pointe de chaque filet, afin qu’il
-y tienne; faites fondre du beurre dans une sauteuse, en suffisante
-quantité; posez-y vos filets; saupoudrez-les d’un peu de sel fin;
-faites-les roidir légérement; égouttez-les; laissez refroidir un peu
-leur beurre; lorsqu’il sera tiède, mettez-y deux jaunes d’œufs, pour
-le lier; trempez-y vos côtelettes; panez-les; posez-les sur un gril
-propre; mettez-les sur une cendre rouge; faites-leur prendre une belle
-couleur des deux côtés, dressez-les en couronne; servez dessus un fumet
-clair et réduit (voyez _Fumet_, article SAUTÉ) que vous aurez fait
-avec leurs carcasses; mettez-y une pincée de gros poivre, le jus d’une
-ou de deux oranges, et servez.
-
-
-_Perdreaux, Entrée de broche à l’Italienne._
-
-Appropriez trois ou quatre perdreaux; flambez-les légérement, et
-videz-les par la poche; maniez du beurre avec un grain de sel fin;
-remplissez-en le corps de vos perdreaux; laissez-leur les pattes en
-dehors; bridez-les; embrochez-les avec un hatelet entre l’aile et la
-cuisse; enveloppez-les de bardes de lard et de deux feuilles de papier;
-attachez cet hatelet des deux bouts sur une broche; faites cuire ces
-perdreaux une demi-heure ou trois quarts d’heure, ce qui suffit pour
-leur cuisson; déballez-les, laissez-les égoutter sur votre papier;
-dressez-les; saucez-les avec une bonne italienne rousse réduite (voyez
-_Sauce Italienne_, à son article): si vous voulez, ajoutez-y des
-truffes hachées, ce qui vous fera une fausse Périgueux.
-
-
-_Pâtés froids de Perdreaux._
-
-(Voyez article _Pâtés_).
-
-_Remarque._ Je n’ai point fait mention des perdreaux gris, en parlant
-des rouges, parce que les procédés en fait de cuisine sont les mêmes
-pour les deux espèces.
-
-
-
-
-BÉCASSES, BÉCASSINES, BÉCASSEAUX,
-
-
-_Et parti qu’on peut tirer de ces trois espèces de Gibier dans
-l’Économie domestique._
-
-La bécasse, étant un oiseau de passage, ne commence à paraître que vers
-la fin de septembre, lorsque la neige, venant à couvrir les montagnes,
-la chasse dans nos climats; et elle s’en va au mois de février: ce
-n’est que par hasard qu’on en trouve alors. C’est une excellente pièce
-de gibier, surtout lorsqu’elle est grasse. La bécassine ne diffère de
-la bécasse que parce qu’elle est moitié moins grosse; c’est le même
-plumage et le même bec. Le bécasseau ne diffère aussi de la bécassine
-que parce qu’il est moitié plus petit: observez que ces trois espèces
-de gibier se préparent de même et ne se vident point.
-
-
-_Bécasses, Bécassines et Bécasseaux à la Broche._
-
-Plumez et flambez trois bécasses; épluchez-les; supprimez la peau de la
-tête, en la laissant adhérente au corps; retroussez-leur les pattes,
-et servez-vous de leur bec comme d’une brochette, pour les retrousser;
-prenez la moins grasse des trois, piquez-la; bardez les deux autres,
-passez-leur un hatelet entre les cuisses; fixez-le des deux bouts:
-faites cuire vos bécasses environ une demi-heure, et arrosez-les, ayant
-mis dessous trois rôties de pain pour recevoir leur graisse et ce qui
-peut leur tomber du corps; au moment de servir ces bécasses, retirez
-vos rôties, parez-les, mettez-les sur le plat, et servez vos bécasses
-dessus.
-
-
-_Autre manière de les servir à la Broche._
-
-Videz vos bécasses par le dos; retirez-en tous les intestins;
-supprimez-en le gosier; hachez-les; mêlez-y du lard râpé, à-peu-près
-moitié du volume des intestins, un peu de persil, de ciboules et
-d’échalotes hachées, ainsi que du sel et un peu de gros poivre;
-farcissez de cela vos bécasses; recousez-les, bardez-les, et finissez
-comme il est indiqué ci-dessus. Si c’est pour des Anglais, servez-les
-avec une brède-sauce. (Voyez article _Brède-Sauce_.)
-
-
-_Salmi de Bécasses et de Bécassines._
-
-Faites cuire trois bécasses à la broche; laissez-les refroidir;
-levez-en les membres, et procédez pour ce salmi, comme pour celui de
-perdreaux (voy. cet article), excepté que vous joindrez les intestins
-de vos bécasses à leurs débris.
-
-
-_Soufflé de Bécasses._
-
-Voyez à ce sujet le _Soufflé de Perdreaux_, à son article, le procédé
-en général étant le même.
-
-
-_Bécasses en entrée de Broche._
-
-Procédez à l’égard de ces bécasses, comme pour les perdreaux en entrée
-de broche, avec la seule différence que vous leur retirez les intestins
-et les assaisonnez comme pour les bécasses à la broche. (Voyez
-l’article _Perdreaux à la Broche_.)
-
-
-_Salmi de Bécasses de Chasseur._
-
-Procédez, pour ce salmi, comme il est indiqué à l’article _Salmi de
-Perdreaux_, dit _de Chasseur_.
-
-
-_Autre Salmi de Bécasses._
-
-Ayez trois bécasses, faites-les cuire à la broche; mettez des rôties
-dessous pour recevoir la graisse et ce qui peut tomber de ces bécasses
-en cuisant: lorsqu’elles le seront, retirez-les; fendez les têtes en
-deux; prenez les intestins de vos bécasses; étendez-les sur vos rôties
-que vous couperez en cœur, et que vous entremêlerez avec vos membres en
-les dressant sur le plat; préparez, durant leur cuisson, votre sauce,
-comme il est indiqué à l’article _Salmi de Perdreaux_, et servez.
-
-
-_Bécasses aux Truffes._
-
-Prenez des bécasses; flambez-les; épluchez-les; videz-les par le
-dos; ôtez-en les intestins: vous aurez épluché des truffes selon la
-quantité que vous aurez de bécasses: ayant fait cuire ces truffes dans
-du lard râpé, avec sel, poivre, fines épices, ciboules, échalotes
-et persil hachés, laissez-les refroidir aux trois quarts; hachez
-bien ces intestins; mêlez-les avec vos truffes; remplissez avec cet
-appareil les corps de vos bécasses; cousez-leur le dos; retroussez-les;
-bardez-les; mettez-les à la broche, comme il est indiqué à l’article
-_Bécasses et Bécassines à la Broche_; ou marquez-les dans une
-casserole; et faites-les cuire avec feu dessous et dessus.
-
-
-_Hachis de Bécasses en Croustades._
-
-Faites cuire trois bécasses à la broche; lorsqu’elles seront froides,
-levez-en les chairs, hachez-les le plus fin possible; après avoir
-supprimé les peaux, ôtez le gésier du corps de vos bécasses; pilez-en
-les débris, ainsi que les intestins; versez dans une casserole
-un bon verre de vin de Champagne, avec trois ou quatre échalotes
-coupées: lorsque ce vin aura jeté un bouillon ou deux, mettez-y
-quatre cuillerées à dégraisser pleines d’espagnole réduite; faites
-bouillir; retirez vos carcasses du mortier; mettez-les dans votre
-sauce; délayez-les sans les faire bouillir; passez à l’étamine à force
-de bras; ramassez le tout; mettez dans une casserole votre purée, et
-tenez-la chaudement au bain-marie; faites d’égale grosseur et longueur
-sept ou neuf croûtons en cœur et en rond, le tout de l’épaisseur de
-trois travers de doigt; faites-les frire dans du beurre; qu’ils soient
-d’une belle couleur: vous leur aurez fait, du côté que vous voulez
-les servir, une petite incision convenable à leur forme; videz-les
-comme vous feriez d’un pâté chaud; mettez votre hachis dans votre
-sauce; incorporez bien le tout ensemble; ajoutez-y un pain de beurre;
-goûtez si ce hachis est d’un bon goût; remplissez-en vos croustades;
-dressez-les, la pointe en dedans, le rond sur les pointes; mettez sur
-chaque un œuf frais poché, et servez.
-
-
-
-
-PLUVIER.
-
-
-Le pluvier doré se met communément à la broche et comme les bécasses:
-il ne se vide point; cependant on en fait différentes entrées, telles
-que les suivantes.
-
-
-_Pluviers au Gratin._
-
-Videz, flambez, épluchez quatre pluviers; faites une farce de leurs
-intestins, comme celle indiquée aux _Bécasses_ (article _Autre
-Manière_); remplissez-en leur corps; mettez au fond d’un plat d’entrée
-l’épaisseur d’un travers de doigt de gratin (voyez _Gratin_, article
-FARCES); arrangez, dessus vos quatre pluviers; remplissez de ce gratin
-les vides qui peuvent se trouver entre eux; relevez-en la farce autour,
-ayant soin de n’en point garnir les estomacs, que vous couvrirez de
-bardes de lard; mettez-les cuire dans un four, ou sous un four de
-campagne, avec feu modéré dessous et un peu plus ardent dessus; leur
-cuisson faite, égouttez-les, et saucez-les avec une italienne rousse.
-(Voy. l’article _Sauce Italienne rousse_.)
-
-
-_Pluviers à la Périgueux._
-
-Ayez quatre pluviers; videz-les, flambez-les, épluchez-les; mettez-les
-dans une casserole avec une douzaine de belles truffes entières, dont
-vous aurez ôté la peau, un bouquet de persil et ciboules, un clou de
-girofle, une demi-feuille de laurier, un peu de basilic, sel et gros
-poivre; faites revenir le tout dans du beurre, et mouillez-le avec un
-verre de vin de Champagne et six cuillerées à dégraisser d’espagnole;
-faites cuire ainsi vos pluviers et dégraissez-les; leur cuisson faite,
-mettez-les, ainsi que les truffes, dans une autre casserole; passez
-leur sauce à l’étamine; dressez vos pluviers sur votre plat, avec une
-truffe entre chacun d’eux, et mettez dessus en rocher le reste de vos
-truffes; faites réduire votre sauce; ajoutez-y un jus de citron, et
-servez.
-
-
-_Pluviers en Entrée de Broche._
-
-Flambez quatre pluviers; videz-les par le dos; faites une farce
-de leurs intestins, comme il est indiqué aux BÉCASSES, article
-_Autre Manière_: remplissez-les de cette farce; cousez-leur le dos;
-embrochez-les avec un hatelet; enveloppez-les de bardes de lard;
-couvrez-les de papier; fixez votre hatelet sur la broche; faites-les
-cuire; leur cuisson faite, déballez-les, dressez-les sur votre plat;
-masquez-les d’un ragoût de truffes (voyez _Ragoût de Truffes_), et
-servez.
-
-
-
-
-GRIVES.
-
-
-_Grives à la Broche._
-
-(Voyez l’article _Bécasses à la Broche_).
-
-
-_Grives à la Flamande._
-
-Épluchez et retroussez ces grives, sans les vider; mettez-les dans
-une casserole avec un morceau de beurre et une pincée de graine de
-genièvre; saupoudrez-les d’un peu de sel; sautez-les; faites-leur
-prendre couleur; couvrez votre casserole; mettez un peu de feu dessous
-et dessus; faites-les cuire un peu vertes, et servez-les avec leur
-assaisonnement.
-
-
-_Grives à l’Anglaise._
-
-Épluchez et retroussez vos grives sans les vider; embrochez-les avec
-un hatelet, posez cet hatelet sur une broche et fixez-la des deux
-bouts; enveloppez vos grives de papier; faites-les cuire à moitié; ôtez
-leur papier; mettez un morceau de lard au bout d’un hatelet; faites
-prendre le feu à votre lard, et durant qu’il brûle faites-le dégoutter
-sur vos grives; saupoudrez-les d’un peu de sel fin et de mie de pain;
-donnez-leur une belle couleur; dressez-les, et servez à côté une sauce
-au pauvre homme, liée avec un morceau de beurre. (Voyez l’article
-_Sauce au pauvre Homme_.)
-
-
-
-
-CAILLES.
-
-
-_Cailles à la Broche._
-
-Plumez, videz, épluchez six ou huit cailles bien grasses; flambez-les,
-retroussez-les, enveloppez-les d’une feuille de vigne, d’une barde de
-lard, c’est-à-dire qu’il n’y ait que la moitié des pattes à découvert;
-embrochez-les dans un hatelet, posez-les sur la broche; faites-les
-cuire et servez.
-
-
-_Cailles au Laurier._
-
-Ayez sept cailles, épluchez-les, videz-les et flambez-les; faites une
-petite farce avec leurs foies et quelques foies de volailles, du lard
-râpé, une feuille de laurier hachée très-fin et un peu de ciboules
-hachées; assaisonnez de sel et de gros poivre; farcissez vos cailles;
-embrochez-les sur un hatelet, en les enveloppant de bardes de lard et
-de papier; faites-les cuire à la broche, et servez-les avec une sauce
-ainsi composée:
-
-Coupez deux ou trois lames de jambon, faites-les suer; lorsqu’elles
-commenceront à s’attacher, mouillez-les avec un verre de bon vin blanc,
-deux cuillerées à dégraisser pleines de consommé et autant d’espagnole
-réduite: mettez-y une demi-gousse d’ail et deux feuilles de laurier:
-faites bouillir et réduire le tout à consistance de sauce, et passez
-cette sauce à l’étamine. Durant la cuisson de vos cailles faites
-blanchir sept grandes feuilles de laurier; la cuisson de vos cailles
-étant achevée, supprimez-en le lard; dressez-les; mettez entre chacune
-d’elles une de ces feuilles de laurier: ajoutez à votre sauce le jus
-d’un citron, du gros poivre et un peu de beurre; passez-la, vannez-la,
-saucez et servez.
-
-
-_Cailles aux petits Pois._
-
-Videz, flambez et retroussez sept ou huit cailles; foncez une casserole
-d’une lame de veau et de jambon; joignez-y une carotte, un oignon et
-un bouquet assaisonné; couvrez-les de bardes de lard et d’un rond de
-papier; ensuite faites-les partir et cuire, avec feu dessus et dessous:
-leur cuisson faite, égouttez-les, dressez-les, et masquez-les d’un
-ragoût de pois au lard ou au jambon. (Voyez l’article _Ragoût de Pois
-au lard ou au jambon_.)
-
-
-_Cailles au Gratin._
-
-Flambez et désossez neuf cailles; faites un bouchon de la mie d’un
-pain du diamètre d’environ trois pouces et demi et de deux et demi
-de hauteur; entourez-le d’une barde de lard; posez-le au milieu de
-votre plat; garnissez le tour de ce bouchon de pain, d’un gratin que
-vous tiendrez en talus (voyez l’article _Gratin_), c’est-à-dire que
-ce gratin soit presque de la hauteur du pain vers le milieu du plat,
-et qu’il aille en diminuant vers les bords de ce plat, à-peu-près de
-l’épaisseur d’un demi-pouce: remplissez vos cailles de ce même gratin;
-donnez-leur la forme primitive: dressez-les sur votre gratin, les
-pattes en dehors; que ces pattes ne débordent pas le pain; remplissez
-de gratin les intervalles de vos cailles, de manière qu’on en voie
-l’estomac; unissez bien votre gratin sans couvrir les estomacs de vos
-cailles, que vous couvrirez de bardes de lard; mettez-les dans un
-four, avec un petit âtre dessous, ou sous un four de campagne, avec
-feu modéré dessus et dessous; faites qu’elles aient une belle couleur:
-leur cuisson faite, ôtez toutes les bardes de lard, ainsi que la mie de
-pain; égouttez-les; versez au milieu une bonne italienne rousse: glacez
-les estomacs de vos cailles, si vous le voulez; ajoutez des croûtons
-coupés en forme de crêtes et passés au beurre entre chaque caille, et
-servez.
-
-
-_Cailles aux Laitues._
-
-Flambez et retroussez huit cailles; foncez une casserole de bardes de
-lard et d’une lame de jambon; rangez vos cailles dans cette casserole,
-versez dessus une poêle, sinon coupez un morceau de rouelle de veau en
-dés; ajoutez-y un oignon piqué d’un clou de girofle, une demi-feuille
-de laurier, une carotte tournée et un petit bouquet de persil et de
-ciboules: mouillez cela d’un verre de consommé et d’un demi-verre
-de vin blanc; couvrez ces cailles de bardes de lard et d’un rond de
-papier; une demi-heure avant de servir, faites-les partir et cuire;
-leur cuisson faite, égouttez-les; dressez-les en les entremêlant de
-laitues (voyez _Laitues_, article des GARNITURES). Si vous le voulez,
-ajoutez entre vos cailles et vos laitues des croûtes de pain passées
-dans du beurre, qui doivent être d’une belle couleur. Avant de placer
-ces crêtes, saucez vos cailles et vos laitues avec une bonne espagnole
-réduite, dans laquelle vous aurez mis gros de glace comme le pouce, et
-servez.
-
-Si vous n’aviez point d’espagnole, faites cuire vos cailles un peu
-plus tôt; ayez un petit roux; mouillez-le avec le fond de ces cailles;
-faites cuire cette sauce; dégraissez-la, tordez-la dans une étamine,
-travaillez-la de nouveau, et servez-vous-en pour saucer vos cailles.
-
-
-_Cailles en Croustades._
-
-Prenez six ou sept cailles, désossez-les, remplissez-les d’un gratin
-fait avec leurs foies et quelques-uns de volailles (voyez _Gratin_,
-article FARCES); cousez vos cailles, marquez-les comme il est dit à
-l’article précédent, et procédez de même pour leur cuisson: faites
-autant de croustades que vous avez de cailles, et à cet égard (voyez
-_Hachis de Bécasses en Croustades_, à son article): vos cailles
-cuites, égouttez-les, ôtez-en les fils, mettez les cailles dans vos
-croustades, dressez-les, saucez-les avec une bonne italienne, dans
-laquelle vous aurez mis des truffes hachées et passées au beurre; de là
-servez.
-
-
-_Cailles à l’Anglaise._
-
-Ayez huit cailles, retroussez-les en poule, flambez-les, marquez-les
-dans une casserole entre quelques bardes de lard, avec une cervelle
-de veau séparée en deux, une douzaine de saucisses à la Chipolata, un
-bouquet de persil et ciboules, du sel et du poivre; mouillez le tout
-avec un bon verre de vin de Champagne et autant de bouillon; couvrez
-vos cailles de bardes de lard et d’un rond de papier, et faites-les
-cuire: leur cuisson achevée, égouttez-les ainsi que la cervelle; ôtez
-la peau de vos saucisses; rangez-les au milieu du plat; mettez vos
-cailles autour; posez vos cervelles sur vos saucisses: marquez le
-tout d’une financière au blanc (voyez l’article _Ragoût mêlé à la
-Financière_), et servez.
-
-
-_Cailles aux Truffes._
-
-Videz par la poche neuf cailles, flambez-les légérement; épluchez neuf
-belles truffes, coupez-les en dés, et donnez-leur la forme de petites
-truffes; hachez toutes leurs parures très-fin, ainsi que les foies des
-cailles; assaisonnez-les de sel et de mignonnette; mettez-y un morceau
-de beurre; faites cuire le tout légérement; laissez-le refroidir et
-remplissez-en vos cailles: de suite marquez-les dans une casserole,
-comme celles aux laitues (voy. cet article): leur cuisson faite,
-égouttez-les, dressez-les, et servez-les avec une sauce à la Périgueux.
-(Voyez l’article _Sauce aux Truffes ou à la Périgueux_.)
-
-
-
-
-MAUVIETTES OU ALOUETTES.
-
-
-_Mauviettes à la Broche._
-
-Plumez vingt-quatre mauviettes, flambez-les sans les vider; ayez
-autant de morceaux de lard que vous avez de mauviettes, et dans le
-cas de les envelopper les unes après les autres; embrochez-les l’une
-après l’autre avec un hatelet menu: passez une double ficelle dans la
-longueur de l’hatelet d’un bout à l’autre, dans le cas de contenir le
-lard qui enveloppe vos mauviettes; fixez des deux bouts votre hatelet
-sur une broche; faites cuire à un feu clair et vif; mettez, durant leur
-cuisson, des rôties dessous pour en recevoir la graisse, et servez-les
-dessus les rôties, que vous parerez proprement.
-
-
-_Mauviettes au Gratin._
-
-Prenez quinze mauviettes; fendez-les par le dos, désossez-les,
-remplissez-les de gratin (voyez _Gratin_, article FARCES); mettez de
-ce gratin l’épaisseur d’un travers de doigt dans le fond d’un plat;
-posez dessus vos mauviettes en couronne, afin de leur conserver un
-puits au milieu, tel que je l’ai indiqué à l’article _Cailles au
-Gratin_; garnissez ces mauviettes de gratin, en ne leur laissant
-d’apparent que les estomacs, que vous couvrirez de bardes de lard;
-faites-les cuire dans un grand four ou sous un four de campagne, avec
-feu dessus et dessous; donnez à votre gratin une belle couleur: la
-cuisson achevée, ôtez les bardes de lard et le pain, saucez avec une
-italienne rousse, et servez.
-
-
-_Sauté de Mauviettes aux Truffes._
-
-Ayez quatre douzaines de mauviettes, levez-en les filets, faites fondre
-du beurre dans une sauteuse, rangez-y ces filets comme des escalopes,
-et mettez dessus des truffes coupées en liards; mettez dans une
-casserole quatre cuillerées d’espagnole et deux de consommé; ajoutez-y
-les carcasses de vos mauviettes (desquelles vous aurez supprimé les
-gésiers) avec un demi-verre de vin de Champagne; laissez cuire cette
-sauce une demi-heure, dégraissez-la, passez-la à l’étamine; faites-la
-réduire à demi-glace: ayant fait cuire vos filets et vos truffes,
-égouttez-en le beurre, et conservez le jus: mettez ces filets et ces
-truffes dans votre fumet sans laisser bouillir; sautez bien le tout,
-finissez avec la moitié d’un pain de beurre, et servez.
-
-
-_Pâté chaud et Pâté froid de Mauviettes._
-
-(Voyez l’article PATISSERIE).
-
-
-
-
-ROUGES-GORGES, ORTOLANS, MURIERS ET BEC-FIGUES.
-
-
-Ils se préparent comme les mauviettes, et le plus souvent à la broche.
-(Voyez précédemment les articles _Mauviettes_.)
-
-
-
-
-PIGEONS.
-
-
-_Des Pigeons en général._
-
-Le ramier est un pigeon sauvage, qui diffère des autres par la couleur
-et le goût de sa chair; il diffère aussi en ce qu’il se perche sur
-les arbres (ce que ne fait point le pigeon domestique): les jeunes
-se nomment ramereaux, et sont les meilleurs; il est facile de les
-distinguer à leurs ongles, qu’ils ont plus courts que les vieux: on les
-mange assez généralement à la broche; néanmoins on peut en employer en
-entrée. Les vieux ne sont propres qu’à mettre dans la marmite.
-
-
-_Ramereaux en Marinade._
-
-Videz et flambez trois ramereaux; coupez-les en deux ou en quatre;
-faites-les cuire dans une légère marinade (voyez l’article
-_Marinade_); un peu avant de servir, égouttez-les sur un linge blanc,
-trempez-les dans une pâte à frire (voyez l’article _Pâte à Frire_);
-faites-les frire, qu’ils soient d’une belle couleur; égouttez-les, et
-servez-les comme les autres marinades.
-
-
-_Ramereaux poêlés._
-
-Videz et flambez légérement trois ou quatre ramereaux; retroussez-leur
-les pattes en dedans; foncez une casserole de bardes de lard, mettez-y
-une lame de jambon, un bouquet de persil et ciboules, une branche de
-basilic, une demi-feuille de laurier, deux oignons, dont un piqué d’un
-clou de girofle, une carotte coupée en quatre, un petit verre de vin,
-rouge ou blanc, et un verre de consommé; posez vos ramereaux sur ce
-fond, couvrez-les de bardes de lard; faites-les partir, mettez-les
-sur la paillasse, avec un feu modéré dessous et dessus; faites-les
-cuire environ trois quarts d’heure; leur cuisson faite, égouttez-les,
-dégraissez-les, et servez dessous une sauce poivrade légérement
-acidulée. (Voyez l’article _Sauce Poivrade_.)
-
-
-_Ramereaux à l’Étouffade._
-
-Videz et flambez trois ramereaux; préparez des moyens lardons,
-assaisonnez-les de sel, de poivre, de persil et ciboules hachées,
-d’épices fines et d’aromates pilés et passés au tamis (il faut que le
-basilic y domine un peu); lardez vos ramereaux, marquez-les dans une
-casserole, comme il est énoncé dans l’article précédent; faites-les
-bien cuire; leur cuisson achevée, dressez-les sur votre plat, passez
-leur fond au tamis, saucez-les et servez-les.
-
-
-_Des Tourtereaux._
-
-Les tourtereaux sont de la famille des pigeons: leur chair est plus
-estimée que celle de ces derniers, quoique plus sèche; les sauvages
-sont d’un meilleur goût que ceux des volières. On distingue le mâle par
-un collier noir qu’il a au cou. Les tourtereaux et les tourterelles
-s’emploient, comme le pigeon, le plus ordinairement à la broche.
-
-
-
-
-VOLAILLE.
-
-
-_Poulets._
-
-Il y en a de quatre sortes: 1º. le poulet commun, qui s’emploie
-généralement en fricassée, et dont on lève les chairs pour faire des
-farces de diverses sortes.
-
-2º. Le poulet demi-gras, dont on se sert pour les marinades à cru, les
-karis et différentes entrées qui n’exigent pas de très-gros poulets.
-
-3º. Le poulet à la reine, qui est le plus délicat, et qui sert aussi
-pour entrée et pour rôt.
-
-4º. Le gros poulet gras, dont on fait plus communément usage pour la
-broche que pour toute autre chose.
-
-C’est vers la fin d’avril que l’on commence à avoir les poulets
-nouveaux; on les reconnaît facilement à la blancheur de leur peau;
-ils sont ordinairement couverts de petits tuyaux, comme s’ils étaient
-mal épluchés; leurs pattes sont plus unies que celles des vieux, plus
-douces au toucher, et d’un bleu tirant sur l’ardoise. Les vieilles
-poules et les vieux coqs ne sont bons qu’à corser les bouillons ou les
-consommés; les chairs en sont dures et sèches, et d’un mauvais manger.
-
-Après les poulets viennent les poulardes et les chapons.
-
-
-_Fricassée de Poulets._
-
-Ayez deux poulets, flambez-les; refaites les pattes, épluchez-les,
-coupez les ongles; videz ces poulets et ôtez-en la poche (soit dit une
-fois pour toutes); dépecez-les, en commençant par lever les cuisses;
-séparez les pattes des cuisses; cassez l’os de la cuisse, à-peu-près
-vers le milieu; supprimez la moitié de cet os; coupez le petit bout du
-moignon; séparez les ailerons des ailes; coupez-en la pointe, ce qu’on
-appelle le fouet; levez vos ailes dans la jointure; ménagez l’estomac,
-séparez-le des reins; parez-le des deux bouts et des deux côtés;
-coupez le rein en deux; parez le croupion, coupez-en la petite pointe;
-supprimez le boyau adhérent au croupion; parez ce rein et ôtez-en les
-poumons; mettez dans une casserole une chopine d’eau, un oignon coupé
-en tranches, quatre branches de persil, un peu de sel, et vos morceaux
-de poulets; faites-les blanchir, c’est-à-dire, faites jeter un bouillon
-à cette eau; retirez-les, égouttez-les sur un linge blanc; parez-les,
-essuyez-les; passez votre eau à travers un tamis de soie; mettez dans
-une casserole un quarteron et demi de beurre; joignez-y vos poulets,
-faites-les revenir légérement; singez-les avec une pincée de farine
-de froment; sautez-les pour bien mêler votre farine; mouillez-les peu
-à peu, en les délayant avec votre eau de poulet; ajoutez-y un bouquet
-de persil et ciboules, garni d’une demi-feuille de laurier, d’un clou
-de girofle et de champignons tournés (voyez l’article GARNITURES);
-faites cuire votre fricassée, dégraissez-la: sa cuisson faite, si la
-sauce se trouve être trop longue, versez-en une partie ou le tout dans
-une autre casserole, et faites-la réduire à consistance de sauce;
-remettez-la sur vos membres de poulets; faites une liaison de trois
-jaunes d’œufs, avec un peu de crême ou de lait; faites bouillir votre
-fricassée; retirez-la du feu, liez-la; remettez-la sur le feu, sans
-la faire bouillir, pour achever de la lier; sachez si elle est d’un
-bon goût; finissez-la avec un demi-pain de beurre, un jus de citron ou
-un filet de verjus; dressez-la, en commençant par mettre les pattes
-au fond du plat, les reins dessus, ainsi que les estomacs; et rangez
-par-dessus, en les entremêlant, les cuisses et les ailes; saucez et
-servez.
-
-Vous pouvez faire la fricassée de poulets à chaud et à froid, de la
-même manière qu’il est énoncé à l’article _Salmi de Perdreaux chaud ou
-froid_, lorsque vous aurez lié votre fricassée de poulets, qu’elle sera
-un peu froide, ajoutez de la gelée à la sauce; faites-la prendre de la
-même manière qu’il est expliqué pour les perdreaux: n’employez point
-de croûtons.
-
-
-_Fricassée de Poulets à la Chevalière._
-
-Préparez deux beaux poulets gras, et faites-les cuire de la même
-manière qu’il a été expliqué, excepté qu’il faut mettre de côté les
-ailes, que vous piquez avec du menu lard; supprimez la peau; ôtez la
-chair du bout de l’os, et grattez-le; si c’est la saison, vous piquerez
-deux de ces ailes avec des truffes; faites fondre du beurre dans une
-tourtière; arrangez-y vos quatre ailes, saupoudrez-les d’un peu de sel
-fin, couvrez-les d’un papier beurré; mettez-les cuire dans un four ou
-sous un four de campagne; votre fricassée étant finie, comme il est dit
-à la précédente, dressez-la, saucez-la, décorez-la de ces quatre ailes,
-mises en croix, que vous aurez glacées, avec lesquelles vous mêlerez
-quatre belles écrevisses; vous mettrez une grosse truffe au-dessus,
-comme pour couronner votre entrée et vous servirez.
-
-
-_Kari._
-
-Dépecez deux poulets, comme il est indiqué à l’article _Fricassée
-de Poulets_; mettez dans une casserole un quarteron de beurre, une
-même quantité de petit lard et les membres de vos poulets; passez
-le tout; singez-le avec une cuiller à bouché, pleine de farine de
-froment; sautez ce kari, mouillez-le peu à peu avec du bouillon;
-assaisonnez-le d’un bouquet de persil et ciboules, d’une poignée de
-champignons, de sel et d’une cuillerée à café de poudre de kari (voyez
-l’article _Poudre de Kari_); laissez cuire votre kari; sa cuisson
-faite, dressez-le dans un vase creux; servez-le avec du riz, que vous
-préparerez ainsi:
-
-Faites blanchir et crever votre riz avec un peu de sel et presque sans
-mouillement; beurrez un vase et remplissez-le de ce riz qui doit être
-bien entier, de façon à en former un pain; tenez-le chaudement sur
-une cendre rouge; à l’instant de servir, retournez-le sur un plat; si
-la poudre de kari n’avait pas donné assez de couleur à votre ragoût,
-faites infuser dans un peu d’eau une pincée de safran du Gâtinais;
-exprimez-le sur votre kari, mêlez-le bien; goûtez s’il est d’un bon
-goût, s’il est assez pimenté. Vous pouvez faire, si vous le voulez,
-procédant de la manière énoncée, un kari de lapereaux, de veau, de
-pigeons, etc.
-
-
-_Poulets en Entrée de Broche._
-
-Ayez deux poulets gras, bien blancs, d’égale grosseur et sans taches:
-après en avoir plumé les ailerons, flambez-les légérement; prenez garde
-d’en roidir la peau: épluchez-les, rompez-leur le brichet, videz-les
-par la poche; ayez soin d’en extraire tous les intestins; servez-vous,
-pour cela, du crochet d’une cuiller à dégraisser, et prenez garde de
-crever l’amer; mettez dans une casserole environ trois quarterons de
-beurre, un peu de sel, un jus de citron et un peu de muscade râpée:
-mêlez le tout à froid avec une cuiller de bois; remplissez-en vos
-poulets également; retroussez-les en poulets d’entrée, c’est-à-dire,
-les pattes en dehors; passez-leur une ficelle dans les ailes, et
-qui fixe la peau de la poche le long du rein; pelez jusqu’au vif un
-citron, coupez-le en deux, frottez-en l’estomac de vos poulets et
-le dessus, afin qu’ils soient très-blancs; exprimez le jus de votre
-citron; foncez une casserole de bardes de lard; posez-y vos poulets;
-joignez-y une carotte, un oignon piqué de deux clous de girofle, un
-bouquet de persil et ciboules, une demi-feuille de laurier, la moitié
-d’une gousse d’ail, une lame de jambon, et quelques petits morceaux
-de veau: levez la peau d’un citron, coupez-le en tranches, ôtez-en
-les pepins, et mettez ces tranches sur l’estomac de vos poulets;
-couvrez-les de bardes de lard; mouillez-les avec une cuiller à pot
-de bouillon ou d’une poêle, et, faute de cette dernière, mettez
-avec le bouillon un demi-verre de vin blanc; couvrez-les d’un rond
-de papier et d’un couvercle; faites-les partir; posez-les sur une
-paillasse, avec feu modéré dessus et dessous: leur cuisson achevée,
-égouttez-les, débridez-les, faites-en sortir le beurre; dressez-les et
-servez dessous, soit une sauce aux truffes, une espagnole très-corsée,
-une sauce tomate, une sauce à l’estragon, un aspic, un ragoût de
-champignons ou un ragoût mêlé, etc.
-
-
-_Poulets à l’Ivoire._
-
-Préparez et poêlez deux poulets, comme il est dit ci-dessus, excepté
-qu’il en faut supprimer les pattes; coupez les bouts des moignons;
-grattez-en les os: leur cuisson faite, égouttez-les, dressez-les et
-saucez-les avec une sauce à l’ivoire. (Voyez cet article.)
-
-
-_Poulets, Sauce aux Huîtres._
-
-Préparez deux poulets comme ceux en entrée de broche; faites-les cuire
-de même, égouttez-les et dressez-les; prenez six douzaines d’huîtres,
-ôtez-les de leurs coquilles, mettez-les dans une casserole, sans autre
-mouillement que leur eau; faites-les roidir; mettez dans une casserole
-quatre cuillerées à dégraisser de velouté réduit; égouttez vos huîtres
-et jetez-les dans ce velouté; faites-leur jeter un bouillon; ajoutez-y
-une pincée de persil haché et blanchi, un pain de beurre et une pincée
-de gros poivre: au moment de servir, exprimez dans cette sauce le jus
-d’un citron; sachez si elle est d’un bon goût, versez-la dessus vos
-poulets, et servez.
-
-
-_Poulets, Sauce aux Truffes._
-
-Ayez deux poulets, préparez-les comme ci-dessus, et poêlez-les de même:
-leur cuisson achevée, égouttez-les, dressez-les, et mettez dessus une
-sauce aux truffes. (Voyez cet article.)
-
-
-_Poulets à la Sauce Tomate._
-
-Préparez deux poulets de la même manière que ci-dessus, et poêlez-les:
-leur cuisson faite, après les avoir égouttés, dressez-les et servez-les
-avec une sauce tomate. (Voyez cet article.)
-
-
-_Poulets à l’Estragon._
-
-Préparez deux poulets, comme il est indiqué ci-dessus; poêlez-les de
-même, et leur cuisson faite, égouttez-les, dressez-les, et saucez-les
-avec une sauce à l’estragon. (Voyez cet article.)
-
-
-_Poulets bouillis à l’Anglaise._
-
-Flambez et troussez deux poulets, comme ceux d’entrées de broche:
-mettez de l’eau dans une casserole assez grande, pour qu’ils y soient
-à l’aise; faites-la bouillir; ajoutez-y une pincée de sel; mettez-y vos
-poulets; faites qu’ils bouillent toujours, sans aller trop vite: leur
-cuisson achevée, égouttez-les, dressez-les, saucez, et masquez-les avec
-une sauce à l’anglaise. (Voyez cet article.)
-
-
-_Poulets en Lézard._
-
-Videz et flambez deux beaux poulets; supprimez-en les pattes ainsi que
-les ailerons, et conservez-en la peau jusqu’à la tête; ouvrez-les par
-le dos, jusqu’au croupion; désossez-les entièrement, étendez-les sur
-un linge blanc, garnissez-les en dedans d’une farce cuite de volaille,
-coulez-les, et donnez-leur la forme d’un lézard, en procédant ainsi:
-de la peau du cou farcie formez-en la queue du lézard, des cuisses
-faites-en les jambes de derrière, et des deux bouts des ailes les
-jambes de devant; de l’estomac le dos, et pour en faire la tête,
-prenez une truffe, à laquelle vous donnerez la forme de celle du
-lézard: si vous n’avez pas de truffe, servez-vous d’un navet, que vous
-introduirez dans le corps de cette espèce de lézard; relâchez un peu
-de farce cuite, avec un peu de velouté; étendez-en une légère couche
-sur le dos de vos lézards; décorez-les de diverses couleurs avec des
-petites omelettes, coloriées de blanc, de vert, de rouge et de jaune;
-enfin imitez en tout la richesse de la peau du lézard (voyez l’article
-_Petites Omelettes_): cela fait, foncez une casserole ovale de bardes
-de lard; posez-y vos lézards; ayez soin qu’ils conservent leur forme;
-poêlez-les comme les poulets en entrée de broche; couvrez-les d’un fort
-papier et d’un couvercle; faites-les partir; mettez-les cuire avec
-peu de feu dessus, pour ne pas altérer leur décoration: la cuisson
-faite, égouttez-les, dressez-les, et servez dessous une ravigote ou une
-hollandaise verte. (Voyez l’article SAUCES.)
-
-
-_Poulets aux Pois._
-
-Prenez une demi-livre de lard de poitrine; coupez-le en gros dés;
-supprimez-en la couenne, faites-le blanchir, égouttez-le; mettez
-dans une casserole un quarteron de beurre; faites un petit roux
-(voyez l’article _Roux_); passez-y votre lard, et faites-le roussir
-légérement: lorsqu’il sera d’un beau blond, joignez-y deux jeunes
-poulets dépecés, comme pour la fricassée; mouillez-les avec une cuiller
-à pot de bouillon; délayez bien le tout, que vous assaisonnerez d’un
-bouquet de persil et ciboules, et où vous aurez mis une demi-feuille
-de laurier et un clou de girofle; faites bouillir votre fricassée;
-mettez-y un litron de pois très-fins; faites aller à grand feu, sans
-la couvrir; dégraissez-la: sa cuisson faite, dressez vos membres de
-poulets, faites-en réduire la sauce, si elle est trop longue; goûtez si
-elle est d’un bon goût, masquez-en ces membres, et servez.
-
-
-_Autre Façon de fricasser des Poulets aux Pois et au Blanc._
-
-Ayez deux jeunes poulets, flambez-les, dépecez-les, comme pour la
-fricassée; mettez un morceau de beurre dans une casserole; jetez-y vos
-poulets avec un bouquet de persil et ciboules; assaisonnez d’un peu de
-sel fin et de deux moyens oignons; sautez le tout; faites revenir vos
-poulets, couvrez-les et laissez-les cuire doucement, avec feu dessus
-et dessous; à moitié de leur cuisson, mettez-y un litron de pois fins,
-que vous aurez manié dans de l’eau et du beurre, gros comme une noix;
-égouttez-les dans une passoire; laissez suer et cuire le tout, en le
-sautant de temps en temps: la cuisson achevée, ôtez les oignons et le
-bouquet; liez votre fricassée avec une cuillerée à dégraisser pleine de
-bon velouté réduit: si vous n’avez pas de velouté, maniez un pain de
-beurre avec un peu de farine de froment, et servez-vous-en pour opérer
-cette liaison: dressez votre fricassée comme la précédente, et servez.
-
-
-_Poulets au Beurre d’Écrevisses._
-
-Préparez et faites cuire ces poulets, comme il est indiqué aux poulets
-en entrée de broche (voyez cet article); égouttez-les; mettez dans
-une casserole quatre cuillerées à dégraisser de velouté réduit et
-du beurre d’écrevisses gros comme un œuf (voyez l’article _Beurre
-d’Écrevisses_); passez le tout, travaillez bien votre sauce, mettez-la
-dans le fond de votre plat, et dressez vos poulets dessus.
-
-
-_Poulets à la Broche pour Rôt._
-
-Ayez deux beaux poulets gras, ou trois petits à la reine; préparez-les
-comme la poularde (voyez cet article); piquez-en un des deux,
-s’ils sont gras, et un ou deux, s’ils sont à la reine; bardez-les,
-embrochez-les, enveloppez-les de papier et faites-les cuire: aux trois
-quarts de leur cuisson, déballez-les pour achever de les cuire et
-faire sécher le lard: laissez-les prendre une belle couleur dorée; si
-vous avez de la glace, mettez-en légérement avec un pinceau sur le
-lard de vos poulets, dressez-les sur un lit de cresson, assaisonné
-convenablement d’un peu de sel et de vinaigre, et servez.
-
-
-_Poulets à la Hollandaise._
-
-Apprêtez et faites cuire deux poulets, comme pour entrée de broche
-(voyez l’article _Poulets en Entrée de Broche_); égouttez-les; mettez
-dans une casserole quatre cuillerées à dégraisser pleines de velouté
-réduit, de la glace gros comme le pouce, ou de la réduction de veau,
-du vert d’épinards gros comme une noix; sautez et vannez votre sauce:
-au moment de servir, exprimez le jus d’un citron, en supprimant les
-pepins: mettez-la dans le fond de votre plat; dressez dessus vos
-poulets; faites en sorte qu’ils soient très-blancs, et servez.
-
-
-_Poulets à la Tartare._
-
-Nettoyez et préparez deux poulets; troussez-les en poule, c’est-à-dire,
-les pattes en dedans; fendez-en les reins et aplatissez-les; cassez les
-os des cuisses; mettez un morceau de beurre dans une casserole, avec
-sel et gros poivre; faites-y revenir et cuire ensuite vos poulets, avec
-feu dessous et dessus: un quart d’heure avant de servir, passez-les,
-mettez-les sur le gril à un feu doux; ayez soin de les retourner deux
-ou trois fois, pour qu’ils prennent une belle couleur, et servez
-dessous une sauce à la Tartare. (Voyez cette sauce.)
-
-
-_Poulets, Sauce au Pauvre Homme, et diverses autres._
-
-Préparez vos poulets comme il est dit ci-dessus; supprimez-en les cous
-et les pattes, fendez-en les dos et aplatissez-les; faites-les cuire à
-moitié dans le beurre, avec sel et poivre; achevez, sans les passer,
-leur cuisson sur le gril, et servez dessous une sauce au pauvre homme,
-à l’estragon ou tomate, ou toute autre que vous voudrez. (Voyez ces
-Sauces.)
-
-
-_Poulets à la Périgueux._
-
-Choisissez deux beaux poulets gras, bien blancs: après les avoir
-épluchés et vidés par la poche (voyez l’article _Poulets en Entrée de
-Broche_) (vous aurez brossé et lavé deux livres de truffes, desquelles
-vous supprimerez la peau des grosses; vous en ferez des petites aussi
-égales que possible); mettez une livre de lard râpé dans une casserole;
-ajoutez-y vos truffes et leurs parures, que vous aurez hachées;
-assaisonnez-les de sel, gros poivre, une pincée d’épices fines, un peu
-de muscade râpée et une feuille de laurier, que vous ôterez à la fin;
-faites-les mijoter sur un feu doux l’espace d’une demi-heure, en les
-remuant avec soin; retirez-les du feu; laissez-les refroidir; mettez
-vos poulets sur un linge blanc; remplissez-les également, par la poche,
-de votre appareil de truffes; retroussez-les en poulets d’entrée;
-embrochez-les avec un hatelet; couvrez-les de bardes de lard, de deux
-ou trois feuilles de papier; posez-les sur une broche, faites-les
-cuire environ cinq quarts d’heure; leur cuisson faite, déballez-les,
-égouttez-les, dressez-les, et servez dessus une sauce à la Périgueux.
-(Voyez cette sauce.)
-
-
-_Poulet à la Mayonnaise._
-
-Prenez un poulet cuit à la broche; procédez, à l’égard de cette
-mayonnaise, comme pour les perdreaux. (Voyez l’article _Perdreaux à la
-Mayonnaise_.)
-
-
-_Salade de Poulets._
-
-Prenez deux poulets rôtis et froids, ou de desserte; coupez-les,
-dépecez-les par membres, comme pour la mayonnaise; mettez-les dans un
-vase de terre; assaisonnez-les de même qu’une salade; ajoutez-y câpres
-entières, anchois et cornichons coupés en filets, de la fourniture
-hachée; sautez le tout, dressez-le sur le plat, comme une fricassée de
-poulets, sans y comprendre les anchois, les cornichons et les câpres;
-garnissez le bord du plat de laitues fraîches, coupées par quartiers,
-et d’œufs durs, coupés de même; décorez votre salade des filets
-d’anchois et des câpres; saucez-la avec son assaisonnement, et servez.
-
-
-_Poulets à la Crême._
-
-Ayez deux poulets froids, cuits à la broche; levez-en les estomacs
-jusqu’aux cuisses, os et chairs; supprimez-en les poumons; faites une
-farce avec les chairs des estomacs, en procédant ainsi: levez ces
-chairs ou blancs de poulets; après en avoir ôté les peaux, hachez-les
-très-menu, et pilez-les ensuite; parez et pilez également une tetine
-de veau, cuite dans la grande marmite: si vous n’aviez pas de tetine,
-employez du lard râpé ou du beurre; prenez la mie d’un pain à potage;
-faites-la tremper et dessécher dans de la crême double; mettez par
-portions égales ces trois substances; pilez le tout ensemble; ajoutez-y
-cinq jaunes d’œufs, un peu de muscade râpée, et du sel ce qu’il en
-faut: essayez votre farce, goûtez si elle est d’un bon goût, ôtez votre
-pilon; incorporez légérement, au fur et à mesure, et en la remuant
-avec une cuiller de bois, trois blancs d’œufs fouettés; mettez-y deux
-échalotes hachées très-fin, lavées et passées dans un linge blanc,
-et, si vous le voulez, un peu de persil haché; mêlez bien le tout;
-retirez-le du mortier; mettez deux bardes de lard sur une tourtière;
-remplissez vos poulets de cette farce; unissez-la avec votre couteau
-trempé dans une omelette; donnez à cette farce la forme de l’estomac
-de vos poulets; dorez-la, et faites dessus le dessin qui vous plaira;
-entourez ces poulets de papier beurré, assez haut pour contenir la
-farce; fixez-le autour avec une ficelle; posez vos poulets sur votre
-tourtière; trois quarts d’heure avant de servir, mettez-les dans le
-four, faites-leur prendre une belle couleur: leur cuisson faite,
-dressez-les et servez dessous une italienne blanche, ou une sauce au
-suprême ou une à l’ivoire. (Voyez l’article SAUCES.)
-
-
-_Poulets en Friteau._
-
-Dépecez deux poulets, comme pour en faire une fricassée; mettez-les
-dans un vase de terre, avec des tranches d’oignons, persil en branche,
-sel, gros poivre et le jus de deux ou trois citrons; laissez-les
-mariner une heure; égouttez-les; mettez-les dans un linge, avec une
-poignée de farine; sassez-les et posez-les sur un couvercle; vous aurez
-mis votre friture sur le feu; lorsqu’elle sera à son degré, mettez-y
-d’abord les cuisses de vos poulets, peu après les estomacs, ensuite les
-ailes, les reins, ainsi de suite pour le reste: votre friture cuite et
-d’une belle couleur, égouttez-la, et, après l’avoir dressée, servez-la,
-si vous le voulez, avec six œufs frais frits; arrangez dessus, et
-servez avec une sauce poivrade. (Voyez l’article _Sauce Poivrade_.)
-
-
-_Marinade de Poulets._
-
-Dépecez deux poulets cuits à la broche; faites-les mariner une
-demi-heure avant de les servir (voyez l’article _Marinade cuite_);
-égouttez-les; trempez leurs membres dans une pâte à frire, légère,
-c’est-à-dire, dans laquelle vous aurez mis des blancs d’œufs fouettés;
-faites frire votre marinade, en procédant comme ci-dessus; quand elle
-sera cuite et d’une belle couleur, égouttez-la sur un linge blanc;
-dressez-la, et servez-la avec du persil frit que vous mettrez dessous,
-ou seulement avec une pincée dessus.
-
-
-_Rissoles de Volaille._
-
-Prenez des rognures de feuilletage (voyez _Feuilletage_, article
-PATISSERIE); abaissez-les en long, de l’épaisseur d’une pièce de
-quarante sous, et plus mince, s’il est possible; mouillez le bord de
-votre abaisse avec un doroir trempé dans de l’eau; couchez de la farce
-cuite de volaille, par parties et d’espace en espace, de la grosseur
-d’un grain de verjus; repliez cette abaisse sur ces parcelles de farce;
-donnez-leur la forme de petits chaussons: à cet effet, coupez-les
-en demi-lune, avec un coupe-pâte goudronné, ou avec votre couteau;
-ayez soin que la jointure de vos pâtes soit bien soudée; farinez un
-couvercle; arrangez vos rissoles dessus; quand vous serez sur le point
-de servir, faites-les frire, qu’elles prennent une belle couleur;
-dressez-les et servez.
-
-
-_Poulet en Capilotade._
-
-Dépecez un poulet cuit à la broche; mettez dans une casserole trois
-cuillerées à dégraisser pleines d’italienne; à défaut de laquelle vous
-employerez de la sauce hachée, et, à défaut de cette dernière, une
-sauce au pauvre homme (voyez article SAUCES): faites mijoter votre
-poulet dans une de ces sauces; un quart d’heure avant de servir,
-dressez-le; ajoutez à votre sauce quelques cornichons coupés en liards
-ou en filets; saucez et servez.
-
-
-_Poulets à la Saint-Cloud._
-
-Préparez deux poulets comme ceux pour entrée de broche; prenez deux
-ou trois truffes bien noires, formez-en des petits clous; décorez-en
-vos poulets, ce qui consiste seulement à mettre chacun de ces clous
-dans les trous que vous faites, à l’estomac de vos poulets, avec une
-petite lardoire; il faut que ces trous soient également espacés; foncez
-une casserole de bardes de lard; mettez-y un oignon piqué d’un clou
-de girofle, une carotte tournée, un bouquet de persil et ciboules;
-saupoudrez l’estomac de vos poulets de sel fin; exprimez aussi dessus
-un jus de citron; couvrez-les de bardes de lard et d’un rond de
-papier; mouillez-les avec une poêle, ou employez un verre de consommé
-ou de bouillon; joignez-y un verre de vin blanc, une demi-feuille de
-laurier et une lame de jambon; trois quarts d’heure avant de servir
-vos poulets, faites-les partir; posez-les sur la paillasse, avec feu
-dessus et dessous: leur cuisson achevée, égouttez-les, dressez-les,
-et servez dessous une sauce aux truffes (voyez l’article _Sauce
-aux Truffes à la Saint-Cloud ou en petit Deuil_). Si vous n’avez
-point de velouté, passez-le fond de vos poulets; mettez-y un pain de
-beurre, manié dans une demi-cuillerée de farine; faites bouillir votre
-sauce; dégraissez-la, et l’ayant fait réduire, passez-la à l’étamine;
-ajoutez-y vos petits dés de truffes (dont il sera question à la Sauce
-en petit Deuil) passés dans du beurre, et finissez avec un demi-pain de
-beurre.
-
-
-_Poulets à la Ravigote._
-
-Préparez deux poulets, comme pour entrée de broche; leur cuisson faite,
-égouttez-les et servez dessous une sauce à la ravigote (voyez l’article
-_Sauce Ravigote_).
-
-
-_Poulets à la Paysanne ou à la Démidoff._
-
-Ayez deux poulets; dépecez-les comme pour une fricassée; mettez dans
-une casserole du beurre gros comme un œuf, quatre cuillerées à bouche
-d’huile d’olive; passez votre casserole sur un fourneau ardent; faites
-revenir vos membres de poulets; qu’ils prennent une belle couleur;
-assaisonnez-les de sel et gros poivre; lorsqu’ils seront à moitié
-cuits, joignez-y deux carottes coupées en liards, quatre oignons
-coupés en anneaux et une pincée de persil en branche; passez le tout
-ensemble; quand les racines seront colorées, mouillez votre paysanne
-avec six cuillerées à dégraisser pleines d’espagnole; remuez-la,
-couvrez votre fourneau avec de la cendre, et faites doucement mijoter
-dessus, environ un quart d’heure, votre paysanne; ayez soin qu’elle ne
-s’attache pas; dressez-la et servez.
-
-
-_Poulets à la Reine, sauce à la Pluche._
-
-Préparez et poêlez trois de ces poulets: leur cuisson faite, égouttez,
-dressez, marquez-les avec une sauce à la pluche verte, et servez.
-(Voyez l’article _Sauce à la Pluche verte_.)
-
-
-_Poulets à la Provençale._
-
-Prenez deux poulets que vous couperez comme pour une fricassée; ayez
-une douzaine d’oignons blancs; coupez-les en demi-anneaux, avec un
-peu de persil; mettez vos oignons dans une casserole ou sauteuse,
-dans laquelle vous ferez un lit de vos oignons et un des membres de
-votre volaille, et recouvrez le tout avec un autre lit d’oignons et
-de persil; ajoutez un verre d’huile, une ou deux feuilles de laurier
-et du sel en suffisante quantité; mettez-les au feu, et, lorsqu’ils
-seront partis, vous les laisserez aller doucement: leur cuisson faite,
-glacez-les; dressez-les, en mettant vos oignons au milieu et un peu
-d’espagnole pour les saucer; ensuite servez.
-
-
-_Chapon au Gros Sel._
-
-Ayez un chapon; après l’avoir vidé, flambé et épluché, troussez-lui
-les pattes en dedans; bridez-le, bardez-le et mettez-le cuire dans la
-marmite, dans le consommé, ou dans une casserole, avec du bouillon;
-vous vous assurerez de sa cuisson, si, en lui pinçant l’aileron avec
-les doigts, il ne résiste pas; égouttez-le; dressez-le, et mettez-lui
-sur l’estomac une pincée de gros sel, et saucez-le avec un jus de bœuf
-réduit.
-
-
-_Chapon au Riz._
-
-Préparez votre chapon comme le précédent; faites blanchir environ trois
-quarterons de riz; égouttez-le, mettez-le dans une marmite qui puisse
-aussi contenir votre chapon, que vous posez du côté de l’estomac;
-mouillez le tout avec deux bonnes cuillerées à pot de consommé ou de
-bouillon; faites partir votre marmite; couvrez-la; mettez-la mijoter
-sur la paillasse; ayez soin de remuer de temps en temps votre riz;
-sondez votre chapon, pour vous assurer s’il est cuit: sa cuisson
-faite, dressez-le; dégraissez votre riz; finissez-le avec un morceau
-de beurre, en y mettant sel, gros poivre, un peu de réduction, si vous
-en avez, et masquez-en votre chapon: si votre riz était trop épais,
-relâchez-le avec un peu de bon bouillon.
-
-
-_Chapon aux Truffes._
-
-Préparez ce chapon comme le précédent; videz-le par la poche;
-servez-vous à cet effet du crochet d’une cuiller à dégraisser: prenez
-garde de crever l’amer du foie.
-
-Vous aurez brossé et épluché environ deux livres de bonnes truffes;
-hachez-en quelques-unes des plus défectueuses; coupez par dés, et
-pilez environ une livre de lard gras; mettez-le dans une casserole,
-avec vos truffes, du sel, du poivre, un peu de muscade râpée et des
-fines épices; faites mijoter le tout à un feu très-doux, environ une
-demi-heure; laissez-le refroidir; remplissez-en votre chapon jusqu’à la
-poche, et cousez-la; bridez-le, les pattes en long; conservez-le, si
-vous pouvez l’attendre, deux ou trois jours; bardez-le, embrochez-le,
-après l’avoir enveloppé de papier; faites-le cuire à-peu-près une heure
-et demie; déballez-le: si vous l’employez pour relevé, supprimez la
-barde; servez-le à la peau de goret, et mettez dessous une sauce aux
-truffes. (Voyez l’article _Sauce aux Truffes_.)
-
-
-_Poularde en Entrée de Broche._
-
-Plumez les ailerons et la queue de cette pièce; flambez-la,
-refaites-lui les pattes; prenez garde d’en rider la peau; épluchez-la,
-supprimez-en le brichet; videz-la par la poche, et prenez garde d’en
-crever l’amer; maniez dans une casserole avec une cuiller de bois un
-morceau de beurre; assaisonnez-le du jus d’un citron et d’un peu de
-sel; remplissez-en le corps de votre poularde; retroussez-lui les
-pattes en dehors; bridez-en les ailes; embrochez-la sur un hatelet;
-frottez-lui l’estomac d’un citron, saupoudrez-la d’un peu de sel;
-couvrez-la de tranches de citron, desquelles vous aurez ôté les pepins;
-enveloppez-la de bardes de lard, de plusieurs feuilles de papier, liées
-sur vos hatelets par les deux bouts; posez-la sur la broche, du côté du
-dos; faites-la cuire environ une heure, déballez-la, égouttez-la, et
-servez-la avec la sauce que vous jugerez convenable.
-
-
-_Poularde aux Truffes._
-
-(Voyez ci-dessus, _Chapon aux Truffes_).
-
-
-_Poularde à la Maréchale._
-
-Épluchez et flambez une belle poularde; videz-la par la poche; ôtez-lui
-le brichet; remplissez-le de beurre, manié avec du sel et le jus d’un
-citron; retroussez-lui les pattes en dehors; piquez-lui l’estomac de
-menu lard; donnez-lui le plus de largeur possible, et faites en sorte
-que votre poularde ait une belle forme; marquez-la dans une casserole,
-comme les poulets en entrée de broche (voyez cet article); excepté
-pourtant qu’il ne la faut couvrir qu’avec un rond de papier beurré,
-afin qu’elle prenne une belle couleur; faites-la partir et cuire avec
-feu dessous et dessus: sa cuisson faite, égouttez-la, glacez-la, et
-servez dessous un ragoût à la financière. (Voyez cet article.)
-
-
-_Poularde à la Saint-Cloud._
-
-Préparez cette poularde comme celle à la maréchale, avec cette
-différence qu’au lieu de la piquer de lard, il faut la piquer avec des
-clous de truffes (voyez l’article _Poulets à la Saint-Cloud_).
-
-
-_Poulardes à la Bigarrure._
-
-Prenez deux moyennes poulardes; après les avoir épluchées et flambées,
-levez-en les ailes, ôtez-en les filets mignons, supprimez les ailerons
-et les peaux nerveuses des ailes; piquez deux de ces ailes d’une
-deuxième, et les deux autres de petits lardons de truffes, cuits à
-moitié; marquez ces quatre ailes dans une casserole foncée de bardes
-de lard, avec une carotte, un bouquet de persil et de ciboules, et
-deux moyens oignons, dans l’un desquels vous aurez mis un clou de
-girofle; mouillez vos ailes avec un peu de consommé: ayez soin que
-ce mouillement n’atteigne point le lard piqué de vos poulardes, et
-couvrez-les d’un rond de papier; un quart d’heure avant de servir
-faites-les partir, avec feu dessous et dessus; désossez entièrement les
-quatre cuisses, et remplissez-les d’un salpicon, composé de truffes et
-de foies gras (voyez l’article _Salpicon_); cousez-en les peaux, et
-donnez aux cuisses la forme d’une figue aplatie; coupez les pattes en
-deux; supprimez-en le haut, et mettez le bas dans la cuisse, en sorte
-qu’on ne voie que la moitié de cette patte; piquez deux de ces cuisses
-de clous de truffes, en forme de rosettes, les deux autres devant
-rester blanches; frottez-les de citron; marquez ces quatre cuisses dans
-une casserole, entre des bardes de lard; assaisonnez-les comme les
-ailes; faites-les cuire à un feu doux environ trois quarts d’heure: au
-moment de servir, égouttez-les, ôtez-en les fils; égouttez aussi vos
-ailes; ôtez le nerf des filets mignons; faites-leur des entailles de
-distance en distance, et mettez-y des petites crêtes de truffes, de
-la largeur de ces filets; donnez-leur une forme cintrée; sautez-les
-dans du beurre fondu et un grain de sel; après égouttez-les; glacez
-les ailes piquées; dressez-les toutes les quatre en croix, et posez
-entre chacune d’elles vos cuisses de poulardes, en mettant dessus, en
-forme de couronne, les petits filets; saucez votre entrée avec une
-espagnole réduite et travaillée avec le consommé que vous aurez fait
-des carcasses de vos poulardes.
-
-
-_Poularde Sauce Tomate._
-
-Préparez cette poularde comme il est indiqué à l’article _Poularde en
-Entrée de Broche_, et servez dessous une sauce tomate. (Voyez cette
-Sauce.)
-
-
-_Poularde à la Broche pour Rôt._
-
-Videz, flambez, épluchez et refaites une belle poularde; bridez-la, en
-lui laissant les pattes en long; bardez-la ou piquez-la, embrochez-la,
-enveloppez-la de papier et faites-la cuire: sa cuisson faite aux trois
-quarts, déballez-la, achevez sa cuisson et faites-lui prendre une
-belle couleur; mettez sur votre plat un lit de cresson, assaisonné
-convenablement de sel et vinaigre; posez dessus votre poularde, et
-servez.
-
-
-_Poularde en Entrée de Broche, à la Hollandaise._
-
-Procédez pour cette poularde comme pour celle en entrée de broche, et
-servez dessous une sauce hollandaise. (Voyez cette Sauce.)
-
-
-_Poularde en Entrée de Broche._
-
-Poêlez ou mettez cette poularde à la broche, et, pour la servir,
-mettez une sauce au beurre d’écrevisses, ou toute autre sauce. (Voyez
-l’article _Sauce au Beurre d’Écrevisses_.)
-
-
-_Poularde en Entrée de Broche, à la Ravigote._
-
-Procédez pour cette poularde comme il est indiqué à l’article _Poulets
-à la Ravigote_.
-
-
-_Poularde à l’Ivoire._
-
-Préparez cette poularde comme il est énoncé à l’article _Poulets à
-l’Ivoire_.
-
-
-_Poularde aux Huîtres._
-
-Vous préparez votre poularde ainsi qu’il est dit à l’article _Poulets
-aux Huîtres_.
-
-
-_Poularde, sauce à l’Estragon._
-
-Préparez votre poularde comme les précédentes, poêlée ou à la
-broche: sa cuisson faite, égouttez-la, et servez-la avec une sauce à
-l’estragon, claire ou liée. (Voyez l’article _Sauce à l’Estragon_.)
-
-
-_Poularde bouillie à l’Anglaise._
-
-(Voyez l’article _Poulets bouillis à l’Anglaise_).
-
-
-_Poularde au Beurre d’Écrevisses._
-
-(Voyez l’article _Poulets au Beurre d’Écrevisses_).
-
-
-_Poularde à la Tartare._
-
-(Voyez l’article _Poulets à la Tartare_).
-
-
-_Poularde, sauce au Pauvre Homme._
-
-(Voyez l’article _Poulets, sauce au Pauvre Homme_).
-
-
-_Poularde à la Périgueux._
-
-(Voyez l’article _Poulets à la Périgueux_).
-
-
-_Mayonnaise de Poularde._
-
-(Voyez l’article _Mayonnaise de Poulets_).
-
-
-_Poularde à la Crême._
-
-(Voyez l’article _Poulets à la Crême_).
-
-
-_Marinade de Poulardes._
-
-(Voyez l’article _Marinade de Poulets_).
-
-
-_Filets de Poulardes au Suprême._
-
-Levez les filets de trois moyennes poulardes, posez ces filets sur la
-table, et levez-en les petites peaux le plus mince possible; trempez
-dans l’eau le manche de votre couteau, et battez-les légérement;
-parez-les; faites fondre dans une sauteuse une suffisante quantité
-de beurre; arrangez-y vos filets, en les trempant des deux côtés;
-saupoudrez-les d’un peu de sel, couvrez-les d’un rond de papier; levez
-avec soin les six cuisses pour vous en faire une entrée, soit pour le
-jour ou le lendemain: vous leur conserverez la totalité de la peau,
-pour former de ces cuisses des petits canetons ou des ballons; faites
-un consommé des carcasses; faites-le réduire presque en glace, sans lui
-donner de couleur; ajoutez-y six cuillerées à dégraisser pleines de
-velouté réduit, et deux pains de beurre; salez et vannez votre sauce;
-sautez vos filets en les retournant; faites qu’ils soient bien blancs;
-assurez-vous qu’ils sont bien cuits, en appuyant le doigt dessus: s’ils
-résistent, c’est qu’ils le sont; vous aurez passé six croûtons de mie
-de pain à potage, auxquels vous aurez donné la forme et l’épaisseur
-de vos filets; dressez ces filets en couronne, et mettez un croûton
-entre chacun d’eux; travaillez votre sauce, et saucez en marquant votre
-entrée: si vous voulez ces filets aux truffes, coupez des truffes en
-liards; faites-les cuire dans du beurre et un grain de sel; mettez-les
-dans une partie de votre sauce au suprême, et versez-les dans le puits
-de vos filets.
-
-
-_Émincée de Filets de Poulardes aux Concombres._
-
-Prenez l’estomac d’une ou deux poulardes rôties et froides; levez-en
-les chairs; supprimez-en les peaux et les nerfs; émincez ces chairs;
-faites un ragoût de concombres, soit au blanc, soit au roux (voyez ces
-Ragoûts, à leur article): votre ragoût réduit et prêt à servir, mêlez-y
-vos blancs de poulardes, sans les laisser bouillir: si c’est au blanc,
-ajoutez-y une liaison de deux jaunes d’œufs, du beurre gros comme une
-noix, un peu de muscade râpée, et servez.
-
-
-_Ailes de Poulardes à la Maréchale._
-
-Prenez trois belles poulardes, levez-en les ailes, supprimez-en les
-ailerons, ne conservez que les deux moignons; levez-en la petite peau,
-en posant votre aile sur la table, et faisant glisser votre couteau,
-comme si vous leviez une barde de lard; prenez garde d’endommager les
-chairs; piquez vos six ailes d’une deuxième, et marquez-les dans une
-casserole, comme il est indiqué à l’article _Poulardes en Bigarrures_:
-vos ailes cuites, égouttez-les sur un couvercle; glacez-les: qu’elles
-soient d’un beau blond; dressez dans votre plat une bonne chicorée
-réduite (voyez l’article _Chicorée au Blanc_); dressez vos six ailes
-dessus la pointe, au centre du plat, pour former une rosette; mettez,
-si vous le voulez, une belle truffe au milieu, et servez.
-
-
-_Poularde en Galantine._
-
-Ayez une belle poularde; après l’avoir épluchée, flambée et vidée,
-désossez-la par le dos, étendez-la sur un linge blanc; couvrez les
-chairs d’une farce cuite de volaille, à-peu-près de l’épaisseur
-d’un travers de doigt (voy. l’article _Farce cuite_); faites des
-gros lardons de lard, assaisonnez-les de sel, poivre, fines épices,
-aromates pilés et passés au tamis, persil et ciboules hachés; ayez
-du jambon cuit, faites-en des lardons aussi gros et aussi longs
-que ceux de lard; posez sur votre farce ces lardons de distance en
-distance; ajoutez-y, si c’est la saison, des truffes coupées en
-filets, de la grosseur de vos lardons, et entremêlez-les, pour que
-votre pièce soit bien marbrée; recouvrez ces lardons d’un autre lit
-de farce, et continuez de remettre ainsi farce et lardons, jusqu’à ce
-que votre volaille soit remplie; rapprochez les peaux, cousez-les;
-tâchez de donner à votre poularde sa forme première; entourez-la de
-bardes de lard, enveloppez-la d’un morceau d’étamine neuve; cousez
-cette étamine, attachez-en les deux bouts avec des ficelles: foncez
-une braisière avec quelques carottes, oignons, deux clous de girofle,
-deux feuilles de laurier, deux ou trois lames de jambon, un jarret
-de veau, et les carcasses de votre poularde coupées par morceaux:
-posez, du côté du dos, votre pièce sur ce fond; appuyez un peu la
-main sur son estomac, afin de l’aplatir: couvrez votre galantine de
-bardes de lard; mouillez-la avec du bouillon (il faut qu’elle baigne
-dans son assaisonnement); couvrez-la de papier, faites-la partir,
-après lui avoir mis son couvercle; posez-la sur la paillasse, avec
-feu dessous et dessus; laissez-la cuire une heure et demie ou deux
-heures: sa cuisson faite, retirez-la du feu, laissez-la dans son
-assaisonnement une demi-heure, retirez-la, pressez-la légérement,
-aplatissez-lui de nouveau l’estomac, autant que possible, afin d’avoir
-la facilité de la garnir de gelée; passez le fond de votre galantine
-au travers d’une serviette mouillée à cet effet: si ce fond n’était
-pas assez ambré, mêlez-y un peu de jus de bœuf ou de blond de veau;
-faites-en l’essai. Si ce fond ou plutôt cette gelée se trouvait trop
-délicate, faites-la réduire; cassez deux œufs entiers, jaunes, blancs
-et coquilles; mettez-les dans votre gelée; fouettez-la avec un fouet
-de buis, mettez-la sur le feu, ayez soin de la remuer: lorsqu’elle
-commencera à bouillir, retirez-la sur le bord du fourneau; mettez sur
-votre casserole un couvercle, avec quelques charbons ardens dessus;
-laissez ainsi votre gelée se clarifier environ une demi-heure ou trois
-quarts d’heure; passez-la dans une serviette, comme il est indiqué à
-l’article _Grand Aspic_: laissez votre gelée se refroidir; déballez
-votre galantine, ratissez le gras qui est autour, dressez-la sur une
-serviette; garnissez-la de gelée, soit coupée en lames, en diamans, ou
-hachée, ou les trois ensemble, et servez.
-
-
-_Filets de Poulardes à la Béchamelle._
-
-Faites cuire deux poulardes à la broche, laissez-les refroidir,
-levez-en les blancs, et supprimez-en les peaux et les nerfs; émincez
-ces blancs également; mettez dans une casserole cinq cuillerées à
-dégraisser de béchamelle, et deux de consommé, ainsi qu’un peu de
-muscade râpée (voyez l’article _Sauce à la Béchamelle_); faites
-bouillir, et délayez bien votre sauce; prenez garde qu’elle ne
-s’attache: au moment de servir, jetez vos filets dedans, retournez-les
-légérement, de crainte de les rompre; dressez-les sur votre plat
-garni d’une bordure; sinon entourez votre entrée, soit de fleurons
-de feuilletage, soit de croûtons; ou servez-les dans un vol-au-vent.
-(Voyez _Vol-au-Vent_, article PATISSERIE.)
-
-
-_Soufflé de Poularde._
-
-Procédez pour ce soufflé comme il est énoncé au soufflé de Perdreaux.
-(Voyez cet article.)
-
-
-_Hachis de Poularde à la Reine._
-
-Prenez des blancs de poulardes ou de poulets, hachez-les bien menu;
-mettez dans une casserole de la béchamelle ainsi que du consommé,
-en raison de la quantité de vos chairs; faites bouillir, et délayez
-votre sauce: au moment de servir, mêlez-y votre hachis sans le laisser
-bouillir; finissez-le avec un peu de beurre et un peu de muscade râpée;
-prenez garde qu’il ne soit ni trop épais ni trop clair. Ce hachis se
-sert aussi dans des grands ou petits vols-au-vent.
-
-
-_Croquettes de Poularde._
-
-Prenez une poularde froide, de desserte ou non; levez-en les chairs,
-supprimez-en les peaux et les nerfs; coupez ces chairs en petits dés,
-quelques foies gras, ainsi que des champignons et des truffes, si c’est
-la saison (il faut que ces objets soient coupés de même grosseur);
-mettez dans une casserole du velouté en raison de votre appareil et
-faites-le réduire à demi-glace; sa réduction faite, tirez-le du feu,
-liez-le avec trois jaunes d’œufs, jetez-y vos dés, ajoutez-y un peu
-d’excellent beurre; mêlez bien le tout, et mettez-le sur un couvercle
-bien étamé; laissez ainsi refroidir votre appareil, séparez-le par
-portions égales, de la grosseur que vous voulez faire vos croquettes;
-donnez-leur la forme que vous jugerez convenable: ayez de la mie de
-pain, posez-la sur la table, roulez-y vos croquettes; ayez quelques
-œufs cassés en omelette; trempez-les dedans; repassez-les et achevez de
-perfectionner la forme que vous leur avez donnée d’abord. Au moment de
-servir, jetez-les dans de la friture un peu chaude, afin qu’elles ne se
-crèvent pas: aussitôt qu’elles auront une belle couleur, égouttez-les
-sur un linge blanc, dressez-les, mettez dessus un bouquet de persil, et
-servez.
-
-
-_Côtelettes de Poulardes ou de Poulets._
-
-Procédez, à l’égard de ces côtelettes, comme pour celles de perdreaux,
-énoncées à l’article _Gibier_.
-
-
-_Blanquette de Poularde._
-
-Ayez une poularde froide, ou des débris; levez-en les chairs;
-supprimez-en les peaux et les nerfs; émincez ces chairs; mettez dans
-une casserole du velouté; faites-le réduire et dégraissez-le; au moment
-de servir, jetez votre émincée; ne le laissez pas bouillir; faites
-une liaison délayée avec un peu de crême ou de lait; finissez votre
-blanquette avec un petit morceau de beurre et le jus d’un citron. (Il
-faut qu’elle ne soit ni trop liée, ni trop claire.)
-
-
-_Filets de Poularde à la Chingara._
-
-Ayez trois poulardes, levez-en les filets comme il est indiqué
-à l’article _Filets de Poularde_ au suprême: faites fondre du
-beurre dans une sauteuse; trempez-y vos filets en les y arrangeant;
-saupoudrez-les d’un peu de sel fin; couvrez-les d’un rond de papier;
-prenez une langue de bœuf à l’écarlate; levez-en six morceaux, de la
-grandeur et de l’épaisseur de vos filets, ainsi que de leur forme;
-mettez-les dans une casserole avec un peu de bouillon; tenez-les
-chaudement sans les faire bouillir; sautez vos filets comme il est dit
-au _Suprême_, énoncé ci-dessus. Leur cuisson faite, égouttez-les;
-dressez-les sur votre plat, et mettez entre chacun d’eux un morceau de
-langue: si vous voulez votre entrée plus forte, ajoutez-y des croûtons
-entremêlés de même; saucez votre entrée avec une sauce au suprême, et
-servez. (Voyez _Sauce au Suprême_.)
-
-
-_Cuisses de Poularde en Canetons ou en petits Oignons._
-
-Quand vous aurez levé les filets de trois belles poulardes, comme à
-l’article précédent, en ménageant les peaux des cuisses, désossez-les
-jusqu’à la moitié de l’os qui tient à la patte; supprimez les trois
-quarts de chaque patte; étendez vos cuisses sur un linge blanc;
-remplissez-les d’un salpicon, composé de foies gras, de truffes et de
-champignons: cousez les peaux de ces cuisses, et donnez-leur une forme
-alongée comme le cou d’un cygne ou d’un canard; il faut que le moignon
-de la cuisse forme le col de votre oiseau, et que la patte forme le
-bec. Fixez ces pattes avec un fil, de manière à leur conserver la grâce
-qu’a le col d’un cygne; faites deux incisions au reste de la patte,
-l’une sensée derrière la tête de l’oiseau, et l’autre sur le haut du
-bec, pour qu’il forme la protubérance qui est sur le haut du bec du
-cygne: ayez six belles écrevisses, dont les pattes soient égales;
-faites-les cuire dans du bouillon; ôtez-leur les douze grosses pattes;
-formez-en les ailes de vos cygnes, en les enfonçant dans la chair par
-le bout qui tenait au corps de l’écrevisse; foncez une casserole de
-bardes de lard; rangez-y vos petits cygnes comme s’ils étaient sur
-l’eau; mettez sur chaque une tranche de citron, afin qu’ils soient
-bien blancs; mouillez-les avec une poêle (voyez article _Poêle_);
-couvrez-les de bardes de lard et d’un rond de papier; trois quarts
-d’heure avant de servir, faites-les partir et cuire doucement sur la
-paillasse, avec peu de feu dessus: leur cuisson faite, égouttez-les,
-ôtez-en les fils; dressez-les et servez dessous une sauce hollandaise
-verte, ou une sauce au beurre d’écrevisses. (Voyez l’article SAUCES.)
-
-
-_Cuisses de Poulardes en Ballon._
-
-Désossez six ou huit cuisses de poulardes; supprimez à-peu-près les
-trois quarts de chaque patte; mettez ces cuisses sur un linge blanc;
-étalez-les, remplissez-les d’un salpicon; cousez-les comme celles des
-poulardes en bigarrure; marquez-les dans une casserole foncée de bardes
-de lard; mouillez-les avec une poêle; faites-les cuire environ trois
-quarts d’heure: leur cuisson faite, égouttez, dressez et saucez-les
-avec une bonne italienne rousse, et servez. (Voyez l’article _Sauce
-Italienne Rousse_.)
-
-
-_Cuisses de Poulardes à la Bayonnaise._
-
-Prenez trois culottes de poulardes; partagez-en la peau en deux
-jusqu’au croupion; levez les cuisses avec cette peau; désossez-les
-entièrement, néanmoins en leur laissant le bout de l’os adhérant
-aux pattes: cela fait, marinez-les avec du jus de citron, sel, gros
-poivre et une feuille de laurier cassée en morceaux; laissez mariner
-ces cuisses deux ou trois heures: au moment de servir, égouttez-les,
-farinez-les, faites-les frire dans du lard râpé; coupez quatre oignons
-en anneaux; ôtez-en le cœur; faites aussi frire ces oignons; ayez soin
-qu’ils aient, ainsi que les cuisses, une belle couleur: dressez ces
-cuisses sur votre plat; mettez dessus vos anneaux frits, et servez
-dessous une sauce poivrade. (Voyez l’article _Sauce Poivrade_.)
-
-
-_Cuisses de Poulardes à la Livernois._
-
-Levez les cuisses de trois poulardes; supprimez la moitié de l’os
-de la cuisse; parez-les; foncez une casserole de quelques carottes
-coupées en lames, de deux oignons, d’un bouquet de persil et ciboules,
-assaisonné de ces aromates et d’une lame de jambon; posez ces cuisses
-dessus; mouillez-les avec une cuillerée à pot de bouillon: couvrez-les
-de quelques bardes de lard et d’un rond de papier; tournez des petites
-carottes, soit en bâtonnets, soit en champignons; mettez-les blanchir;
-égouttez-les; faites-les cuire dans du bouillon et tomber à glace;
-mettez-y un petit morceau de sucre pour en ôter l’âcreté; versez
-dans une casserole quatre à cinq cuillerées à dégraisser pleines
-d’espagnole; ajoutez-y vos carottes tombées à glace; faites-les
-bouillir et dégraissez-les; égouttez les cuisses de poulardes, et
-dressez-les: ajoutez un demi-pain de beurre à votre ragoût; sautez-le;
-masquez-en votre entrée, et servez.
-
-
-_Cuisses de Poulardes aux Truffes._
-
-Désossez six cuisses de poulardes, comme il est indiqué à l’article
-_Cuisses en Ballon_; farcissez-les d’un salpicon, composé de truffes
-et de foies gras: cousez ces cuisses; marquez-les dans une casserole,
-comme il est dit aux cuisses précédentes: faites-les cuire de même;
-égouttez-les; ôtez-en les fils, et servez dessous un ragoût de truffes.
-(Voyez l’article _Ragoût aux Truffes_.)
-
-
-_Quenelles de Poulardes._
-
-Procédez, pour ces quenelles, de même qu’il est indiqué à l’article
-_Quenelles de Volailles_.
-
-
-_Ailerons de Poulardes en Haricots Vierges._
-
-Ayez vingt ailerons de poulardes; échaudez-les, épluchez-les;
-désossez-les jusqu’à la moitié de la première jointure; flambez-les,
-parez-les; essuyez-les avec un linge blanc; foncez une casserole de
-bardes de lard; rangez-les dedans; mouillez-les d’une poêle ou avec
-du bouillon sans couleur: si vous n’avez point de poêle, alors mettez
-quelques tranches de citron, dont vous aurez ôté la peau et les
-pepins, avec un bouquet de persil et ciboules, une carotte tournée,
-deux oignons, dont un piqué d’un clou de girofle et une demi-feuille
-de laurier; couvrez le tout de bardes de lard et d’un rond de papier;
-faites partir et cuire sur la paillasse, avec feu dessous et dessus:
-vous aurez tourné des navets en petits bâtonnets, en gousses d’ail ou
-en champignons; faites blanchir ces navets, égouttez-les; mettez-les
-dans une casserole avec du bouillon qui ne soit point coloré; ajoutez-y
-un petit morceau de sucre; faites cuire à petit feu; mettez dans une
-autre casserole quatre cuillerées à dégraisser pleines de velouté;
-faites-le réduire; vous aurez fait bouillir une chopine de crême,
-et vous la verserez petit à petit dans votre sauce, en la tournant
-toujours, jusqu’à ce qu’elle ait acquis la consistance d’une bouillie
-claire: sa réduction faite, égouttez vos navets; mettez-les dans votre
-sauce; ajoutez-y un peu de muscade râpée, un demi-pain de beurre, et
-sautez-les: égouttez vos ailerons; dressez-les sur un plat auquel vous
-aurez fait un bord de citron; masquez ces ailerons avec vos navets et
-servez.
-
-
-_Ailerons de Poulardes en Haricots._
-
-Préparez ces ailerons comme il est indiqué à l’article précédent;
-tournez vos navets de même; faites-les roussir dans du beurre, de
-manière qu’ils aient une belle couleur; égouttez-les; mettez dans
-une casserole une cuillerée à pot d’espagnole; faites-la bouillir,
-jetez-y vos navets, laissez-les mijoter et cuire; dressez vos ailerons,
-et masquez-les avec vos navets, faute d’espagnole; quand vos navets
-seront passés et d’une belle couleur, égouttez-les; faites un petit
-roux, en mettant une cuillerée à bouche de farine dans le beurre de
-vos navets (voyez _Roux_, article SAUCES); mouillez ce roux avec le
-fond de vos ailerons; faites bouillir votre sauce; passez-la dans une
-casserole au travers d’une étamine; ajoutez-y vos navets; laissez-les
-cuire, dégraissez-les, jetez-y un petit morceau de sucre; goûtez si
-votre sauce est d’un bon goût, et servez-vous-en comme il est expliqué
-ci-dessus.
-
-
-_Ailerons de Poulardes à la Purée._
-
-Marquez ces ailerons comme les précédens: leur cuisson faite,
-égouttez-les, dressez-les et masquez-les d’une purée à votre choix.
-(Voyez _Purées d’Entrées_, article SAUCES.)
-
-
-_Ailerons de Poulardes au Soleil._
-
-Préparez et faites cuire quinze ailerons comme les précédens: leur
-cuisson faite, égouttez-les; trempez-les dans une légère pâte,
-faites-les frire; qu’ils soient d’une belle couleur; et servez-les avec
-une pincée de persil frit.
-
-
-_Terrine d’Ailerons de Poulardes._
-
-Prenez une quantité d’ailerons proportionnée à la grandeur de votre
-terrine; préparez-les comme ci-dessus; faites cuire du petit lard en
-raison de la quantité de vos ailerons, et procédez en tout, pour cette
-terrine, ainsi qu’il est énoncé à l’article _Mouton_ dit _Terrine_.
-(Voyez cet article.)
-
-
-_Ailerons de Poulardes piqués et glacés._
-
-Ayez douze ou quinze de ces ailerons: après les avoir épluchés et
-flambés, désossez-les comme il est indiqué précédemment; faites-les
-légérement blanchir; piquez-les d’une deuxième: cela fait, foncez une
-casserole avec un peu de rouelle de veau, une lame ou deux de jambon,
-un oignon piqué d’un clou de girofle, une carotte tournée, un bouquet
-de persil et ciboules; rangez vos ailerons sur ce fond, de manière
-que le lard ne se touche point; mouillez-les avec du bon bouillon;
-couvrez-les d’un rond de papier beurré; faites-les partir et cuire sur
-la paillasse, avec un feu vif dessous et dessus, afin qu’ils prennent
-une belle couleur: leur cuisson faite, passez leur fond au travers d’un
-tamis de soie; faites-le réduire presque à glace dans une sauteuse,
-laquelle doit avoir assez d’étendue pour les contenir sans être les
-uns sur les autres: rangez-les sens dessus dessous dans cette sauteuse,
-c’est-à-dire que le côté piqué doit tremper dans la glace; posez cette
-sauteuse sur une cendre chaude; laissez mijoter ainsi vos ailerons:
-quand ils seront glacés, prenez-les avec une fourchette, dressez-les
-sur votre plat, le côté glacé en dessus; mettez dans le restant de
-votre glace une cuillerée à dégraisser pleine d’espagnole et une de
-consommé; faites bouillir le tout; détachez bien votre glace; saucez
-vos ailerons avec cette sauce, et servez.
-
-
-_Ailerons de Poulardes à la Chicorée._
-
-Préparez vos ailerons comme les précédens, faites-les cuire de
-même, dressez-les sur une bonne chicorée blanche, et servez. (Voyez
-_Chicorée blanche_, article RAGOUTS.)
-
-
-_Ailerons de Poulardes à la Pluche verte._
-
-Ayez une quinzaine d’ailerons: après les avoir préparés, comme il est
-indiqué ci-dessus, formez une casserole de quelques tranches de veau et
-de lames de jambon; joignez-y une douzaine de queues de champignons,
-une demi-gousse d’ail, une demi-feuille de laurier et une pincée de
-basilic; rangez vos ailerons sur ce fond; coupez deux carottes en lames
-et deux oignons en tranches, couvrez-en vos ailerons, mouillez-les avec
-du bouillon ou du consommé; faites-les partir; mettez-les cuire sur
-la paillasse, avec feu dessous et dessus: leur cuisson faite, passez
-votre fond dans une casserole à travers un tamis de soie; ajoutez à
-ce fond un petit pain de beurre, manié dans de la farine; faites lier
-votre fond, en la tournant; laissez-la réduire jusqu’à consistance de
-sauce; ajoutez-y une pincée de feuilles de persil, que vous aurez fait
-blanchir; dressez vos ailerons; mettez le jus d’un citron dans votre
-sauce, avec un peu de gros poivre; goûtez si elle est d’un bon sel,
-masquez-en vos ailerons, et servez.
-
-
-_Ailerons de Poulardes à la Villeroi._
-
-Prenez douze ou quinze ailerons, flambez, épluchez, désossez-les
-jusqu’à la première jointure; remplissez-les d’une farce cuite de
-volailles (voyez, à l’article FARCES, celle cuite _de Volailles_);
-marquez-les dans une casserole, comme les ailerons piqués et glacés
-(voyez cet article), et faites-les cuire de même: leur cuisson
-achevée, égouttez-les, posez-les sur une tourtière, couvrez-les d’une
-Sainte-Menéhould (voyez l’article de cette sauce); panez-les avec
-moitié mie de pain et moitié fromage de Parmesan, mêlés ensemble:
-faites prendre une belle couleur à vos ailerons, soit au four ou sous
-un four de campagne, dressez-les, et servez.
-
-
-_Crêtes et Rognons au Velouté._
-
-Préparez et faites cuire dans un blanc ces crêtes et rognons: leur
-cuisson faite, égouttez-les; mettez dans une casserole du velouté
-réduit en suffisante quantité; jetez-y vos crêtes et vos rognons;
-faites-les mijoter un demi-quart d’heure; liez votre ragoût;
-finissez-le avec la moitié d’un pain de beurre et un jus de citron,
-dressez et servez.
-
-
-_Grand Aspic de Crêtes et Rognons._
-
-Prenez un moule à aspic, ou, faute de ce moule, une casserole
-proportionnée à la grandeur de votre plat; posez-la dans un autre vase
-rempli de glace pilée; coulez dans ce moule de l’aspic, de l’épaisseur
-d’un travers de doigt; décorez-le d’un dessin à votre fantaisie: à cet
-effet, servez-vous de truffes, de blancs d’œufs durs, de cornichons,
-de queues et d’œufs d’écrevisses, et de rognons de coqs: votre décor
-achevé, coulez-le légérement sur votre aspic; prenez garde de le
-déranger: cet aspic pris, remplissez votre moule de crêtes et rognons
-de coqs, en laissant un espace de deux travers de doigt tout autour;
-remplissez d’aspic cet intervalle, ainsi que le moule, pour que le tout
-ensemble ne forme qu’un pain: au moment de servir, trempez votre moule
-dans de l’eau tiède; renversez-le sur un couvercle; coulez votre aspic
-sur le plat sans ôter le moule: lorsqu’il sera bien placé, enlevez-en
-le moule avec dextérité; remuez la gelée qui se trouverait fondue, au
-moyen d’un chalumeau de paille; essuyez votre plat, et servez.
-
-Vous pouvez vous servir du même procédé pour faire des aspics de blancs
-de poulardes, de filets de lapereaux et de perdreaux; et si votre
-moule se trouvait faire un puits, remplissez-le d’une mayonnaise ou
-d’une ravigote à la gelée.
-
-
-_Petits Aspics de Crêtes et de Rognons._
-
-Procédez, pour ces petits aspics, comme il est énoncé ci-dessus
-pour le grand aspic, soit pour leur dessin, soit pour les remplir
-convenablement: faites-en sept ou neuf.
-
-
-_Foies gras à la Périgueux._
-
-Prenez sept foies de poulardes qui soient bien gras; ôtez-en l’amer
-et la partie du foie qui le touche; piquez-les de clous de truffes;
-marquez-les dans une casserole foncée de bardes de lard; mouillez-les
-avec une bonne mirepoix (voyez, à l’article SAUCES, celle de
-_Mirepoix_): faute de mirepoix, mettez un verre de vin blanc et un de
-consommé, avec un peu de sel, une carotte tournée, deux moyens oignons,
-dont un piqué d’un clou de girofle, un bouquet de persil et ciboules,
-une demi-feuille de laurier et la moitié d’une gousse d’ail: couvrez
-alors ces foies de bardes de lard et d’un rond de papier; faites partir
-et cuire un quart d’heure et demi sur la paillasse, avec feu dessus et
-dessous; égouttez-les, dressez-les sur le plat, et saucez-les avec une
-sauce à la Périgueux (voyez cet article): vous pouvez servir entre vos
-foies des crêtes de pain passées dans le beurre, avec une belle truffe
-au milieu.
-
-
-_Foies gras au Gratin._
-
-Prenez un plat d’argent, ou tout autre qui puisse aller au feu;
-mettez dans le fond l’épaisseur d’un travers de doigt de gratin (voyez
-_Gratin_, article FARCES); ayez six ou sept beaux foies de poulardes
-bien blancs, appropriez-les, comme il est dit à l’article précédent;
-arrangez-les sur votre plat, en laissant un puits au milieu (à ce
-sujet, voyez l’article _Mauviettes au Gratin_); remplissez tous les
-intervalles de vos foies, en sorte que le tout ne forme qu’un pain:
-ayant uni votre gratin entièrement avec votre couteau, couvrez-le d’un
-papier beurré, mettez-le dans le four ou sous le four de campagne: sa
-cuisson faite, retirez-le, ôtez-en le papier beurré, débouchez-en le
-puits, saucez-le avec une espagnole réduite ou une italienne rousse, et
-servez.
-
-
-_Foies gras en Matelote._
-
-Préparez six foies gras, ainsi qu’il est expliqué ci-dessus; faites-les
-blanchir et cuire comme ceux à la Périgueux (voyez cet article);
-égouttez-les; dressez-les sur votre plat; saucez-les d’une sauce à la
-matelote (voyez l’article _Sauce à la Matelote_); ajoutez-y des cœurs
-de pain passés dans le beurre, des truffes, si vous voulez, et servez.
-
-
-_Foies gras en Caisse._
-
-Faites une caisse ronde ou carrée, de la hauteur de deux pouces et
-demi environ; huilez-la en dehors; étendez dans le fond du gratin,
-de l’épaisseur d’un travers de doigt: ayant préparé six foies gras,
-mettez-les dans une casserole avec un morceau de beurre, du persil,
-ciboules, champignons hachés, sel, poivre et fines épices, le tout
-en suffisante quantité; passez ainsi ces foies: mettez votre caisse
-sur le gril; arrangez vos foies dans cette caisse, avec les fines
-herbes; posez sur un feu doux; laissez-les cuire, et, leur cuisson
-faite, dressez votre caisse sur le plat; saucez-la d’une bonne
-espagnole réduite, dans laquelle vous aurez exprimé le jus d’un citron;
-dégraissez-les en cas qu’il y surnage du beurre.
-
-
-_Hatelettes de Foies gras._
-
-(Voyez l’article _Hatelettes de Ris de Veau_). Au lieu de ris de veau,
-vous employez ici des foies gras.
-
-
-_Coquilles de Foies gras._
-
-Faites blanchir de ces foies, en raison de la quantité de coquilles
-que vous voulez servir; coupez-les par lames, ainsi que des truffes
-et des champignons: ajoutez-y persil et ciboules hachés, sel, gros
-poivre, un peu d’épices fines et un morceau de beurre; mettez le tout
-dans une casserole, et passez-le sur le feu; mouillez-le avec un peu
-de vin de Champagne et d’espagnole; faites réduire ce ragoût à courte
-sauce, mettez-le dans des coquilles (nommées communément pélerines);
-panez-les; faites-leur prendre une belle couleur au four ou sous un
-four de campagne, et servez.
-
-
-
-
-DINDE.
-
-
-_Dinde aux Truffes et à la Broche._
-
-Ayez une poule d’Inde grasse et blanche; épluchez-la, flambez-la,
-videz-la par la poche, prenez garde d’en crever l’amer et d’offenser
-les intestins: si cela vous arrivait, lavez-la en lui passant de l’eau
-dans le corps; ayez trois ou quatre livres de truffes; épluchez-les
-avec soin; supprimez celles musquées, et hachez une poignée des
-plus défectueuses; pilez une livre de lard gras; mettez-le dans une
-casserole avec vos truffes hachées, et celles qui sont entières,
-assaisonnez-les de sel, gros poivre, fines épices et une feuille
-de laurier; passez le tout sur un feu doux; laissez-le mijoter une
-demi-heure ou trois quarts d’heure; après retirez vos truffes du feu;
-remuez-les bien; laissez-les presque refroidir, et remplissez-en le
-corps de votre dinde jusqu’au jabot; cousez-en les peaux, afin d’y
-contenir les truffes; bridez-la, bardez-la, et laissez-la se parfumer
-trois ou quatre jours, si la saison vous le permet: au bout de ce
-temps mettez-la à la broche, enveloppez-la de fort papier, faites-la
-cuire environ deux heures: sa cuisson achevée, déballez-la, faites-lui
-prendre une belle couleur et servez-la.
-
-
-_Dinde en Galantine._
-
-Procédez, à l’égard de cette dinde, comme il est indiqué à l’article
-_Poularde en Galantine_.
-
-
-_Dinde en Daube._
-
-Prenez une vieille dinde: après l’avoir flambée et épluchée,
-refaites-lui les pattes; videz-la et retroussez-la en poule; coupez de
-gros lardons, assaisonnez-les de sel, poivre, épices fines, aromates
-pilés, persil et ciboules hachés; roulez bien ces lardons dans tout
-cela, ensuite lardez-en votre dinde en travers et en totalité;
-bridez-la, enveloppez-la dans un morceau d’étamine; cousez-la et
-ficelez-la des deux bouts; foncez une braisière, de la grandeur
-convenable à la grosseur de votre dinde, de quelques bardes de lard
-et de débris de veau, de quelques lames de jambon et du restant de
-vos lardons; ajoutez encore, si vous le voulez, un jarret de veau;
-posez votre dinde sur ce fond; assaisonnez-la de sel, d’un fort
-bouquet de persil et ciboules, de deux gousses d’ail et de deux
-feuilles de laurier, de deux ou trois carottes et de quatre ou cinq
-oignons, dont un piqué de trois clous de girofle; mouillez votre
-dinde avec du bouillon et un poisson de bonne eau-de-vie: faites en
-sorte qu’elle baigne dans son mouillement; couvrez-la de quelques
-bardes de lard et de feuilles de papier beurré; faites-la partir, et
-couvrez votre braisière de son couvercle; mettez-la sur la paillasse,
-avec feu dessous et dessus; entourez-la de cendres rouges; laissez-la
-mijoter ainsi pendant quatre heures: cependant à moitié de sa cuisson
-découvrez votre dinde; retournez-la; goûtez si elle est d’un bon
-sel, et ajoutez, au cas contraire, ce dont il peut avoir besoin: sa
-cuisson faite, retirez-le du feu; laissez-le presque se refroidir dans
-son assaisonnement; retirez-le sur un plat, ayant soin de le laisser
-égoutter; passez son fond au travers d’un tamis de soie; clarifiez-le
-de même que l’aspic (voyez _Grand Aspic_, article SAUCES); laissez
-refroidir votre gelée; déballez votre dinde; dressez-la et garnissez-la
-de cette gelée. (Observez qu’on peut servir cette dinde, chaude, avec
-partie de son fond réduit.)
-
-
-_Ailerons de Dindons, accommodés de toutes façons._
-
-(Voyez à ce sujet tous les articles _Ailerons de Poulardes_).
-
-
-
-
-PIGEONS.
-
-
-Il y a plusieurs sortes de pigeons: les romains, les cochois et les
-bisets sont ceux qu’on emploie le plus communément. Il y a aussi les
-pigeons _dits_ à la Gautier, qui sont d’une grande ressource pour la
-cuisine. Je ne parlerai ici que des pigeons de volière, comme étant les
-meilleurs, et auxquels on peut substituer le biset. Je ne m’étendrai
-pas non plus sur ce sujet, vu que j’en ai déjà parlé à l’article
-_Pigeons Ramiers_.
-
-
-_Pigeons aux Petits Pois._
-
-Prenez trois ou quatre pigeons; après les avoir plumés et épluchés,
-videz-les et remettez-leur le foie dans le corps; retroussez-leur
-les pattes en dedans; laissez-leur les ailerons; flambez-les et
-épluchez-les; mettez un morceau de beurre dans une casserole;
-faites-les revenir, et retirez-les: vous aurez coupé du petit lard en
-gros dés et fait dessaler près d’une demi-heure; passez-le dans votre
-beurre; faites-lui prendre une belle couleur; égouttez-le, mettez
-une bonne cuillerée à bouche de farine dans votre beurre; faites un
-petit roux, qu’il soit bien blond; remettez-y votre petit lard et vos
-pigeons; retournez-les dans votre roux, mouillez-les petit à petit
-avec du bouillon, et mettez le tout à consistance de sauce; tournez-le
-jusqu’à ce qu’il bouille; assaisonnez-le de persil et ciboules, avec
-une demi-feuille de laurier, la moitié d’une gousse d’ail et un clou de
-girofle; retirez votre casserole sur le bord du fourneau pour que vos
-pigeons mijotent; quand ils seront à moitié de leur cuisson, mettez-y
-un litre de pois fins; laissez-les cuire, ayant soin de les remuer
-souvent: leur cuisson achevée, goûtez-les et ajoutez du sel, s’il en
-est besoin; dégraissez-les, retirez-les pour faire réduire leur sauce
-si elle est trop longue: la réduction faite, dressez vos pigeons,
-masquez-les de leur ragoût de pois et de petit lard, et servez.
-
-
-_Autre Manière._
-
-Ayez trois pigeons de volière; préparez-les comme il est dit à
-l’article précédent; foncez une casserole de bardes de lard; mettez-y
-vos pigeons; ajoutez-y deux carottes tournées, deux oignons, dont un
-piqué d’un clou de girofle, quelques débris de viande de boucherie,
-une lame de jambon, un peu de sel, un bouquet assaisonné comme
-précédemment; mouillez ces pigeons d’une cuillerée à pot de bouillon;
-mettez dessus quelques bardes de lard; faites-les partir; couvrez-les
-d’un rond de papier et d’un couvercle, et laissez-les cuire: leur
-cuisson achevée, égouttez-les, dressez-les, masquez-les d’un ragoût de
-pois, et servez. (Voyez l’article _Ragoût de Pois_.)
-
-
-_Compote de Pigeons._
-
-Prenez trois ou quatre pigeons de volière, et plus, si ce sont des
-bisets; préparez-les comme il est dit ci-dessus; mettez un quarteron
-de beurre dans une casserole, ainsi que du petit lard que vous aurez
-coupé en dés, et que vous aurez fait dessaler; faites un petit roux
-(voyez _Roux_, article SAUCES); faites-y revenir vos pigeons: le
-tout bien revenu, mouillez-le avec un verre de vin et de bouillon, ou
-de l’eau; mettez-y un bouquet garni d’une demi-feuille de laurier,
-une demi-gousse d’ail, un clou de girofle et deux bonnes poignées de
-champignons tournés, ainsi qu’une vingtaine de petits oignons d’égale
-grosseur, que vous aurez passés dans le beurre, en sorte qu’ils
-soient bien blonds; assaisonnez vos pigeons de sel et gros poivre
-en suffisante quantité; laissez-les cuire, dégraissez-les; si votre
-sauce est trop longue, mettez vos pigeons chaudement dans une autre
-casserole, et faites réduire leur sauce: lorsqu’elle sera arrivée à son
-degré, dressez vos pigeons, masquez-les avec votre ragoût, et servez.
-
-
-_Pigeons au Blanc._
-
-Prenez la même quantité de pigeons que ci-dessus, et préparez-les de
-même; faites-les dégorger une demi-heure et blanchir; égouttez-les,
-essuyez-les avec un linge blanc; mettez-les dans une casserole avec
-un morceau de beurre; faites-les revenir sur un feu doux, sans que
-le beurre roussisse; singez-les, mouillez-les avec du bouillon;
-assaisonnez-les d’un bouquet comme ci-dessus, de sel et de poivre;
-faites-les mijoter un quart d’heure; ajoutez-y deux poignées de
-champignons tournés, une vingtaine de petits oignons d’égale grosseur;
-faites cuire le tout et dégraissez-le: si votre sauce se trouvait trop
-longue, transvasez-la, faites-la réduire, remettez-la sur vos pigeons;
-faites une liaison de trois jaunes d’œufs, délayés avec de la crême ou
-du lait, et un peu de muscade râpée; liez votre ragoût sans le faire
-bouillir; ajoutez-y, si vous le voulez, un peu de persil haché et
-blanchi; goûtez s’il est d’un bon goût; dressez vos pigeons sur votre
-plat, et masquez-les de votre ragoût.
-
-
-_Marinade de Pigeons au Soleil._
-
-Si vous avez trois pigeons cuits à la broche, coupez-les en deux;
-faites-les mijoter environ vingt minutes dans une marinade cuite
-(voyez l’article _Marinade cuite_), ensuite égouttez-les: au moment
-de servir, trempez-les dans une pâte à frire, légère (voyez l’article
-_Pâte à frire_); lorsqu’ils seront frits et auront pris une belle
-couleur, dressez-les, couronnez-les d’un bouquet de persil frit, et
-servez.
-
-
-_Pigeons à la Crapaudine._
-
-Prenez trois pigeons de volière; videz-les; retroussez-leur les
-pattes dans le corps; flambez-les, épluchez-les; levez une partie de
-l’estomac, en commençant du côté des cuisses, et venant jusqu’à la
-jointure des ailes, sans attaquer le coffre du pigeon; renversez cet
-estomac et aplatissez le corps avec le manche de votre couteau; prenez
-une casserole assez grande pour les contenir, sans qu’ils soient gênés;
-faites-y fondre un morceau de beurre, mettez-y sel et gros poivre
-en suffisante quantité; posez-y vos pigeons, du côté de l’estomac;
-faites-les revenir, en les retournant aux trois quarts cuits;
-retirez-les; passez-les; mettez-les sur le gril, faites-les griller
-à un feu doux; donnez-leur une belle couleur; dressez-les et servez
-dessous une sauce au pauvre homme. (Voyez cette Sauce.)
-
-
-_Pigeons à la Gautier._
-
-Ayez six ou sept de ces petits pigeons, bien égaux, lesquels ne doivent
-avoir que sept ou huit jours; flambez-les très-légérement; prenez garde
-d’en roidir la peau; épluchez-les, coupez-leur les ongles; faites
-fondre, ou plutôt tiédir trois quarterons de beurre très-fin; ajoutez-y
-le jus de deux ou trois citrons et un peu de sel fin (le blanc est
-préférable); mettez vos pigeons dans ce beurre; faites-les revenir
-légérement, sans passer votre casserole sur le charbon, afin de ne
-point roidir leur peau; retirez du feu votre casserole; foncez-en une
-autre en totalité de bardes de lard; rangez-y vos pigeons, de manière
-que les pattes soient au centre de la casserole; arrosez-les de la
-totalité de votre beurre; mouillez-les avec une poêle (voyez _Poêle_,
-article SAUCES): si vous n’en avez pas, mettez en place un verre de vin
-blanc, une cuillerée à pot de consommé, un quarteron de lard râpé et
-un bouquet assaisonné; couvrez vos pigeons de bardes de lard et d’un
-rond de papier; un quart d’heure avant de servir faites-les partir;
-mettez-les cuire sur la paillasse, avec un peu de feu dessous et de la
-cendre chaude dessus; leur cuisson faite, égouttez, dressez-les, mettez
-entre chacun d’eux une belle écrevisse et une belle truffe au milieu;
-saucez-les, soit avec une sauce verte, soit avec un beurre d’écrevisses
-ou bien un aspic. (Voyez article SAUCES.)
-
-
-_Pigeons au Basilic._
-
-Si vous avez des pigeons à la Gautier, de desserte, assez pour une
-entrée, faites une farce cuite de volaille (voyez cet article), dans
-laquelle vous mettrez une pincée de basilic haché, s’il est vert (s’il
-est sec, pilez-le et passez-le au tamis); supprimez les pattes de vos
-pigeons; enveloppez-les de farce cuite, en sorte qu’on ne puisse pas
-distinguer si ce sont des pigeons; trempez-les dans une omelette bien
-battue, et dans laquelle vous aurez mis une mie de pain et un grain de
-sel; roulez-les dans la mie de pain, c’est-à-dire, panez-les; un quart
-d’heure avant de servir, mettez-les dans de la friture moyennement
-chaude, afin qu’ils puissent être atteints; faites en sorte qu’ils
-aient une belle couleur; dressez-les et servez-les.
-
-
-_Côtelettes de Pigeons._
-
-Prenez six pigeons; préparez-les, flambez-les légérement; levez-en
-les filets, posez-les sur la table et levez-en la petite peau; battez
-légérement ces filets avec le manche de votre couteau; parez-les;
-prenez des os de l’aile ou du brichet; nettoyez-les; mettez-les dans
-la pointe de chacun de vos filets pour en former comme une côtelette;
-trempez-les dans une anglaise (c’est-à-dire, deux jaunes d’œufs délayés
-avec du beurre); panez-les; mettez-les sur le gril; faites-les griller,
-ayant soin de les retourner; donnez-leur une belle couleur, et, leur
-cuisson achevée, dressez-les en couronne sur votre plat; saucez-les
-d’un jus de bœuf, ou d’un blond de veau bien corsé, dans lequel vous
-mettrez une pincée de gros poivre, le jus d’un ou deux citrons, et
-servez.
-
-Vous pouvez faire avec les culottes de vos pigeons une entrée, telle
-qu’une timbale, un pâté chaud, ou des papillotes (voy. l’article
-_Côtelettes de Veau en Papillotes_, et procédez de même): il faut,
-pour cette dernière entrée, couper vos culottes en deux.
-
-
-_Pigeons à la Broche._
-
-Prenez cinq pigeons de volière; plumez-les, videz-les; refaites-les
-légérement; épluchez-les, bridez-les; laissez-leur les pattes en long;
-bardez-les: si c’est en été, mettez une feuille de vigne entre le
-pigeon et la barde, et posez-la de manière à ce qu’elle ne déborde
-pas le lard. Passez vos pigeons dans un hatelet; attachez-les sur la
-broche; faites cuire ces pigeons, et observez qu’ils demandent à être
-cuits verts.
-
-
-_Pigeons en Ortolans pour Rôt._
-
-Prenez six pigeons à la Gautier; préparez-les; flambez-les légérement;
-bardez-les en caille, de manière qu’on leur voie à peine les pattes;
-passez-les dans un hatelet; couchez-les sur la broche; faites-les cuire
-à un feu clair (il leur faut très-peu de cuisson), et servez.
-
-
-
-
-OIES.
-
-
-_Oies sauvages._
-
-Leur passage dure environ deux mois, à moins que l’hiver ne soit doux:
-les jeunes sont d’un fort bon manger, et ressemblent beaucoup à nos
-oies domestiques, lesquelles proviennent des sauvages. Bien que l’on
-en compte plusieurs espèces, telles que celles d’Astracan et de la
-Chine, il y en a encore d’autres que l’on a par curiosité. En général,
-l’oie, quoique de difficile digestion, est très-bonne à manger; il y a
-quantité de manières de s’en servir dans l’économie domestique: je vais
-essayer de les indiquer.
-
-
-_Oison à la Broche._
-
-Ayez un oison gras, et dont la graisse soit blanche: pour vous assurer
-s’il est jeune et tendre, essayez de lui rompre la partie supérieure du
-bec; si elle se rompt facilement, vous pouvez le prendre; supprimez-en
-les ailes; épluchez-le, flambez-le; refaites-lui les pattes; coupez-en
-les ongles; essuyez-les avec un linge blanc; bridez votre oison;
-laissez-lui les pattes en long; mettez-le à la broche; faites-le cuire
-vert; il faut qu’en mettant le couteau dans le filet, le jus en sorte.
-
-
-_Oie à l’Anglaise._
-
-Préparez une oie comme ci-dessus; hachez-en le foie; épluchez trois
-gros oignons; coupez-les en petits dés; passez-les dans le beurre;
-faites-le cuire à blond; ajoutez-y une pincée de sauge bien hachée,
-ainsi que votre foie, du sel et poivre fin; mêlez bien le tout
-ensemble; mettez cet appareil dans le corps de cette oie; cousez-la,
-mettez-la à la broche; faites-la cuire comme ci-dessus, et servez-la
-avec un jus de bœuf ou un blond de veau réduit.
-
-
-_Oie aux Marrons._
-
-Ayez une oie, comme il est indiqué ci-dessus; préparez-la de même,
-hachez son foie; coupez un oignon en petits dés, passez le tout dans du
-lard râpé; préparez cinquante marrons, comme il est indiqué au potage à
-la purée de marrons; mettez-les mijoter dans votre farce; assaisonnez
-le tout de sel, poivre, fines épices (vos marrons seront cuits s’ils
-s’écrasent facilement dans vos doigts); rentrez le croupion de votre
-oie en dedans, cousez-la, remplissez-la de votre appareil, cousez la
-poche, mettez votre oie à la broche, donnez-lui cinq quarts d’heure de
-cuisson, et servez-la.
-
-
-_Oie à la Chipolata._
-
-Ayez un bel oison d’une graisse bien blanche; videz-le, retroussez-lui
-les pattes en dedans, flambez-le légérement, épluchez-le, bridez-le,
-bardez-le et ficelez-le; foncez une braisière de bardes de lard; mettez
-dans le fond quelques débris de viande de boucherie, deux lames de
-jambon, les abatis de votre oison, un bouquet de persil et ciboules,
-trois carottes tournées, deux ou trois oignons, dont un piqué de
-girofle, une gousse d’ail, du thym, du laurier, un peu de basilic et du
-sel; posez votre oie sur ce fond, mouillez-la avec un verre de vin de
-Madère ou tout autre vin blanc en plus grande quantité, et du bouillon
-ce qu’il en faut pour que votre oison baigne; faites-le partir, mettez
-dessus du papier beurré; couvrez-le, mettez-le sur la paillasse, avec
-feu dessous et dessus; faites-le cuire environ une heure et demie; sa
-cuisson faite, égouttez-le, dressez-le, et masquez-le au moment de
-servir avec une chipolata. (Voyez _Chipolata_, article RAGOUTS.)
-
-
-_Cuisses et Ailes d’Oies à la façon de Baïonne._
-
-Ayez le nombre d’oies que vous croirez nécessaire pour conserver;
-levez-en les ailes entières, ainsi que les cuisses, de manière à ne
-rien laisser sur la carcasse; désossez en partie les cuisses avec la
-main, frottez-les, ainsi que les ailes, de sel fin, dans lequel vous
-aurez mis une demi-once de salpêtre pilé, pour les membres des cinq
-oies; rangez toutes vos ailes et vos cuisses dans une terrine; mettez
-entre elles du laurier, du thym et du basilic; couvrez-les d’un linge
-blanc, laissez-les vingt-quatre heures dans cet assaisonnement; après
-retirez-les, passez-les légérement dans de l’eau, laissez-les égoutter;
-vous aurez ôté toute la graisse qui est dans le corps de vos oies, même
-celle qui est attachée aux intestins; vous l’aurez préparée comme le
-sain-doux (voyez _Sain-Doux_, article COCHON); mettez ces membres dans
-ce sain-doux, faites-les cuire à un feu extrêmement modéré; il faut que
-ce sain-doux ne fasse que frémir; vous serez sûr que ces membres seront
-cuits, lorsque vous pourrez y enfoncer une paille; alors égouttez-les,
-et quand ils seront bien refroidis, vous les arrangerez le plus serré
-que possible dans des pots; vous y coulerez votre sain-doux, aux trois
-quarts refroidi; laissez le tout ainsi refroidir; vingt-quatre heures
-après couvrez les pots bien hermétiquement de papier ou de parchemin;
-mettez-les dans un endroit frais, sans être humide, et servez-vous-en
-au besoin.
-
-
-_Cuisses d’Oies à la Lyonnaise._
-
-Prenez trois ou quatre quartiers d’oies; faites-les chauffer et un
-peu frire dans leur sain-doux; coupez six gros oignons en anneaux,
-prenez une partie du sain-doux dans lequel vous aurez fait chauffer ces
-cuisses, faites-y frire vos oignons; quand ils seront cuits et d’une
-belle couleur, égouttez-les, et de même égouttez vos quartiers d’oies;
-dressez-les, mettez vos oignons dessus, et servez dessous une bonne
-poivrade ou toute autre sauce qu’il vous plaira.
-
-
-_Cuisses ou Quartiers d’Oies à la purée._
-
-Faites chauffer vos cuisses comme les précédentes; égouttez-les,
-dressez-les et masquez-les d’une bonne purée de pois verts, que vous
-aurez finie avec un pain de beurre, et servez. (Voyez l’article _Sauce
-à la Purée de Pois_.)
-
-
-_Oie à la Daube ou à la Flamande._
-
-Videz, flambez, épluchez une oie; préparez-la comme la dinde (voyez
-l’article _Dinde à la Daube_); marquez-la et faites-la cuire de même;
-la cuisson achevée, dressez-la sur le plat, garnissez-la d’oignons, de
-carottes tournées et servez dessous son fond, que vous aurez passé au
-tamis de soie et fait réduire; observez que pour l’ordinaire on ne le
-sert pas froid comme on sert le dindon.
-
-
-
-
-CANARDS.
-
-
-_Des Canards en général._
-
-Le canard est de tous les oiseaux celui qui approche le plus de
-l’oie; il est plus délicat et de plus facile digestion. Il en est du
-canard comme de l’oie, il y en a de sauvages et de domestiqués; ces
-derniers sont les plus gros. Nous avons des variétés dans ces espèces,
-telle, par exemple, que celle de Barbarie, qui est plus grosse, moins
-délicate, et sujette à sentir le musc; mais, si on croise cette espèce
-avec les autres, il en provient des mulets qui tiennent le milieu entre
-les deux, et ils n’ont pas le désavantage d’avoir le mauvais goût de
-ceux de Barbarie: c’est avec cette espèce de mulet qu’on fait les
-canetons de Rouen; si estimés pour leur grosseur et leur qualité. Le
-canard sauvage se mange communément à la broche; cependant on en fait
-des entrées, que je tâcherai de faire connaître.
-
-
-_Canard sauvage à la Broche._
-
-Choisissez un canard (ou deux); qu’il soit gras; voyez s’il a les
-pattes fines, d’une belle couleur et non desséchées; pour juger s’il
-est vieux tué, ouvrez-lui le bec, et flairez s’il ne sent pas un
-mauvais goût; tâtez-lui le croupion et le ventre; s’ils sont fermes et
-que l’animal soit pesant, c’est une preuve qu’il est gras et frais;
-s’il a toutes ces qualités, prenez-le: j’ai remarqué que les femelles
-étaient plus délicates à manger que les mâles, quoiqu’en général les
-mâles se vendent plus cher; plumez deux de ces canards, ôtez-en le
-duvet, coupez-en les ailes bien près du corps, supprimez-en les cous,
-videz-les, flambez-les, épluchez-les, retroussez-leur les pattes,
-bridez-les et frottez-les avec leur foie; mettez-les à la broche,
-faites-les cuire verts; débrochez-les, dressez-les et servez-les avec
-deux citrons entiers.
-
-
-_Filets de Canards sauvages à l’Orange._
-
-Levez les filets de trois de ces canards; conservez la peau sur les
-filets, ciselez-les légèrement du côté de la peau; faites-les mariner
-dans de l’huile, avec ciboules cassées en deux et persil en branche,
-sel, gros poivre et le jus d’un citron; laissez-les se mariner une
-heure; au moment de servir, versez deux cuillerées d’huile dans une
-sauteuse, mettez-y vos filets, posez-les sur un bon feu, retournez-les
-deux ou trois fois, égouttez-les, dressez-les en couronne, et servez
-dessous une sauce à l’orange (voyez l’article de cette Sauce).
-
-
-_Salmi de Canards sauvages._
-
-Faites cuire deux de ces canards à la broche; lorsqu’ils seront froids,
-levez-les par membres, parez-les, pilez-les en parures, passez-les à
-l’étamine, et procédez en tout comme il est indiqué à l’article _Salmi
-de Perdreaux_.
-
-
-_Salmi de Canards sauvages au Chasseur._
-
-Faites cuire à la broche deux de ces canards: leur cuisson faite,
-coupez les estomacs en aiguillettes, levez-en les cuisses, séparez
-la carcasse en plusieurs morceaux; mettez-y sel et gros poivre;
-arrosez-les de quatre cuillerées à bouche d’huile d’olive et d’un
-demi-verre de vin de Bordeaux; coupez deux bigarades; exprimez-en le
-jus dessus, remuez bien le tout ensemble, et servez.
-
-
-_Caneton de Rouen, sauce à l’Orange._
-
-Ayez un beau caneton, bon de chair et de graisse, surtout qu’il
-soit blanc (ceci soit dit pour tous ceux que vous devez employer):
-videz-le, flambez-le légérement sans lui roidir la peau; refaites-lui
-les pattes, coupez-en les petits bouts, retroussez-les-lui en dehors,
-et rentrez-lui le croupion en dedans; épluchez-le; coupez-lui les
-ailes bien près du corps; supprimez-les, ainsi que le cou; maniez du
-beurre dans une casserole, ce qu’il en faut pour votre caneton; maniez
-ce beurre avec une cuiller de bois; mettez-y un peu de sel et un jus
-de citron; remplissez votre caneton de ce beurre, retroussez-le,
-donnez-lui une belle forme; foncez une casserole de bardes de lard;
-posez-le sur ce fond; couvrez-le de tranches de citron, desquelles vous
-aurez ôté la peau, le blanc et les pepins; couvrez-le de bardes de
-lard; assaisonnez-le d’une carotte tournée, d’un oignon piqué d’un clou
-de girofle et d’un bouquet de persil et ciboules; mouillez-le d’un peu
-de consommé et d’un demi-verre de vin blanc, et couvrez-le d’un rond de
-papier: une heure ou trois quarts d’heure avant de servir, faites-le
-partir, couvrez-le d’un couvercle, mettez-le sur la paillasse, avec feu
-dessous et de la cendre rouge dessus: sa cuisson faite, égouttez-le,
-débridez-le, dressez-le sur votre plat, et servez dessous une sauce à
-l’orange (voyez cette Sauce): au lieu d’employer du jus de bœuf, prenez
-un peu de sauce à l’aspic ou du consommé réduit: si ce n’est pas dans
-le temps des oranges, employez des citrons.
-
-
-_Caneton, sauce aux Olives._
-
-Préparez et faites cuire ce caneton comme le précédent, et masquez-le
-d’un ragoût d’olives. (Voyez ce Ragoût.)
-
-
-_Caneton aux petits Pois._
-
-Préparez et faites cuire ce caneton comme les précédens, et masquez-le
-d’un ragoût de petits pois. (Voyez cet article.)
-
-_Caneton aux Navets, Haricot vierge._
-
-Apprêtez et faites cuire ce caneton comme les précédens, et masquez-le
-d’un haricot vierge. (Voyez _Ailerons de Poulardes en Haricot vierge_.)
-
-
-_Caneton aux Navets._
-
-Procédez de la même manière que ci-dessus pour ce caneton, et
-masquez-le d’un ragoût de navets. (Voyez ce Ragoût.)
-
-
-_Caneton, sauce au Beurre d’Écrevisses._
-
-Préparez et faites cuire ce caneton de même que les précédens, et, pour
-le saucer, voyez l’article _Sauce au Beurre d’Écrevisses_.
-
-
-_Caneton, sauce au Vert-pré._
-
-Procédez de la même manière pour celui-ci que pour les précédens, et,
-pour le saucer, voyez l’article _Sauce au Vert-pré_.
-
-
-_Canards aux petites Racines._
-
-Opérez également pour ceux-ci comme pour les précédens; masquez-les de
-petites racines. (Voyez l’article _Ragoût aux petites Racines_.)
-
-
-_Canards aux Concombres._
-
-Préparez ces canards et faites-les cuire comme les précédens, et
-masquez-les de concombres. (Voyez l’article _Ragoût aux Concombres_.)
-
-
-_Canards aux petits Oignons._
-
-Préparez ces canards comme les précédens; faites-les cuire de même, et
-masquez-les de petits oignons. (Voyez l’article _Ragoût aux petits
-Oignons_.)
-
-
-_Canards en Macédoine._
-
-Préparez ces canards de même que les précédens, faites-les cuire de
-même, et masquez-les d’une macédoine. (Voyez l’article _Ragoût de
-Macédoine_.)
-
-
-_Canards au Verjus._
-
-Préparez ces canards comme les précédens; faites-les cuire de même;
-ayez du verjus, si c’est la saison; ôtez-en les queues, faites-les
-blanchir et égouttez-les; mettez trois cuillerées d’espagnole réduite
-dans une casserole; ajoutez-y votre verjus; faites réduire votre
-ragoût; dégraissez-le avec un pain de beurre, goûtez s’il est d’un bon
-goût, masquez-en vos canards et servez.
-
-
-_Canards à la Purée verte._
-
-Préparez ces canards comme les précédens; faites-les cuire de même,
-et masquez-les d’une purée verte. (Voyez l’article _Sauce à la Purée
-verte_.)
-
-
-_Canards aux Navets à la Bourgeoise._
-
-Prenez un ou deux canards, videz-les, flambez-les, refaites-leur les
-pattes, coupez-en les bouts et les ailes bien près du corps, ainsi que
-le cou; épluchez-les, retroussez-les en poule, les pattes en dedans:
-mettez du beurre dans une casserole, faites-y revenir vos canards;
-ayez soin de les retourner; faites-leur prendre une belle couleur;
-retirez-les de la casserole: pour les garnir, vous aurez apprêté une
-quantité suffisante de petits navets, soit coupés au vide-pomme, soit
-tournés au couteau et tous égaux; faites-les roussir dans le beurre
-de vos canards: lorsqu’ils seront d’une belle couleur, égouttez-les,
-faites un petit roux (voyez _Roux_, art. SAUCES); délayez avec du
-bouillon, sinon, avec de l’eau: prenez garde que votre sauce ne soit
-grumeleuse; mettez-y sel, poivre, un bouquet de persil et ciboules,
-assaisonné d’une demi-gousse d’ail et d’une feuille de laurier; trempez
-vos canards dans cette sauce et faites-les cuire: quand ils seront à
-moitié de leur cuisson, joignez-y vos navets; laissez-les mijoter;
-ayez soin de retourner vos canards de temps en temps, sans écraser
-les navets: la cuisson achevée, dégraissez votre ragoût, dressez vos
-canards, masquez-les de ce ragoût, et servez.
-
-
-_Caneton de Rouen, pour Rôt._
-
-Prenez un ou deux canetons (voyez _Caneton de Rouen_), préparez,
-videz, flambez, épluchez et bridez-les, les pattes en long;
-embrochez-les, enveloppez-les de papier, faites-les cuire environ trois
-quarts d’heure: la cuisson faite, dressez-les et servez-les, comme le
-canard sauvage au citron.
-
-
-
-
-OISEAUX DE RIVIÈRES ET SARCELLES.
-
-
-Le _rouge de rivière_ est plus petit que le canard sauvage, et lui
-ressemble beaucoup pour la forme; il est d’une chair plus délicate:
-après lui viennent les _pilets_, les _moiletons_, les _macreuses_, qui
-leur sont bien inférieurs en qualité: tous ces oiseaux s’apprêtent
-et s’accommodent comme le canard sauvage. La macreuse et le pilet,
-considérés comme chair de poisson, se servent les jours maigres, avec
-des sauces maigres.
-
-
-
-
-MAIGRE.
-
-
-_Bouillon de Pois._
-
-Prenez un litre ou deux de pois, qui soient sans pucerons; lavez-les,
-et, si vous en avez le temps, laissez-les tremper quelques heures;
-mettez-les dans une marmite avec deux oignons et deux carottes;
-faites-les bouillir; n’attendez pas qu’ils se mettent en purée;
-retirez-les du feu; passez leur bouillon dans une passoire; laissez-le
-reposer; tirez-le au clair, et servez-vous-en.
-
-
-_Bouillon pour les Potages et les Sauces._
-
-Prenez douze carottes, autant de navets et d’oignons, une botte de
-poireaux, deux panais, quatre pieds de céleri et un chou coupé en
-quatre; faites blanchir le tout, rafraîchissez-le; égouttez-le, ficelez
-le chou; mettez ces légumes dans une marmite; mouillez avec le bouillon
-de pois; ajoutez-y quelques racines de persil et un petit paquet
-de macis, de gingembre, deux clous de girofle, et une gousse d’ail
-enveloppée dans un linge: faites cuire votre bouillon: pour lui donner
-une belle couleur, mettez dans une casserole un morceau de beurre
-avec deux ou trois carottes, autant de navets et d’oignons coupés en
-lames et un pied de céleri; passez le tout bien coloré; mouillez-le
-d’un peu de bouillon de pois; faites-le tomber à glace; et lorsqu’il
-sera presque attaché, mouillez-le encore un peu pour le détacher, et
-versez-le dans votre bouillon, que vous laisserez mijoter quatre ou
-cinq heures de suite; passez-le dans une serviette, et servez-vous-en
-pour faire vos potages et vos sauces.
-
-
-_Bouillon de Poisson._
-
-Mettez du beurre dans le fond d’une casserole et dessus des oignons
-coupés en deux; émincez en moindre quantité des légumes, comme
-ci-dessus; couvrez-en vos oignons; ayez deux carpes, échardez-les,
-videz-les; fendez les têtes en deux, ôtez-en une pierre jaune nommée
-communément l’amer de la tête, et qui se trouve près des ouïes;
-jetez-la; coupez ces carpes par tronçons; joignez-y un brocheton ou
-tout autre poisson, que vous mettrez sur vos légumes; versez-y une
-cuillerée de bouillon maigre; laissez suer le tout: quand il formera
-glace, mouillez-le entièrement; mettez-y du sel, un peu de mignonnette,
-des queues de champignons, un bouquet assaisonné d’une gousse d’ail,
-d’un peu de macis, d’un peu de laurier et de deux clous de girofle;
-vous pouvez vous servir de ce bouillon, qui tient lieu du consommé et
-du blond de veau, pour vos potages, vos grandes et vos petites sauces.
-
-
-_Jus Maigre._
-
-Étendez du beurre dans le fond d’une casserole; couvrez-le d’oignons
-coupés en deux et de racines en tranches; faites suer le tout sur un
-feu modéré, environ trois quarts d’heure; ensuite mettez-le sur un
-feu plus vif, et faites-le tomber à glace, jusqu’à ce qu’il soit d’une
-couleur plus foncée; alors mouillez-le avec du bouillon des potages;
-détachez-le doucement; ajoutez-y quelques queues de champignons, une
-demi-gousse d’ail, persil et ciboules, une feuille de laurier, deux
-clous de girofle et du sel en suffisante quantité: laissez cuire ce jus
-à-peu-près trois quarts d’heure; passez-le au travers d’une serviette,
-et servez-vous-en au besoin.
-
-
-_Espagnole Maigre._
-
-Beurrez le fond d’une casserole; couvrez-la d’oignons coupés en deux,
-de quelques carottes tournées, d’une feuille de laurier, d’une ou deux
-carpes et tous autres poissons, même de l’esturgeon, si vous en avez:
-faites suer le tout à petit feu; ensuite poussez-le à un feu plus
-vif: lorsque ce suage sera tombé à glace, mouillez-le avec moitié jus
-et moitié bouillon, comme je l’ai indiqué pour le Potage; faites-le
-bouillir, pour que la glace se détache: cela fait, liez cette sauce
-avec un roux, comme l’espagnole grasse (voyez l’article _Espagnole_);
-mettez-y une demi-bouteille de vin blanc, de Champagne ou de Bourgogne,
-une gousse d’ail et quelques champignons: faites aller cette espagnole
-pendant une heure à petit feu; dégraissez-la, passez-la à l’étamine,
-et servez-vous-en, comme on se sert de l’espagnole, pour toutes vos
-petites sauces.
-
-
-_Potage au Pain._
-
-Chapelez légérement un pain à potage; levez-en les croûtes;
-arrondissez-les; mettez-les dans une casserole; versez dessus une
-cuillerée à pot de votre bouillon à potage; faites-le mitonner;
-versez-le dans votre pot à œil, et servez dessus tel légume ou telle
-purée maigre qu’il vous plaira. Il n’est point nécessaire d’entrer dans
-aucun détail au sujet de ces purées, puisqu’elles se font comme les
-grasses, sinon qu’elles se mouillent avec du bouillon maigre.
-
-
-_Potage à la Reine en Maigre._
-
-Ayez deux brochetons, qui ne sentent point la vase; échaudez-les,
-videz-les, levez-en les chairs; posez-les sur la table, du côté de la
-peau; levez cette peau, comme vous lèveriez une barde de lard; coupez
-ces chairs en gros dés; mettez-les dans une casserole, avec un morceau
-de beurre; faites-les cuire, sans les faire roussir; laissez-les
-refroidir; pilez une vingtaine d’amandes douces émondées: vous aurez
-fait tremper la mie d’un pain à potage dans de la crême, et vous
-l’aurez fait dessécher, comme il est indiqué à la _Panade_, article
-FARCES: pilez de même cette panade; retirez-la du mortier; pilez aussi
-vos chairs de brochets; joignez-y votre panade et vos amandes; repilez
-le tout; foncez une casserole de beurre; mettez dessus des oignons
-coupés en deux et des racines en lames, telles que carottes, navets,
-une demi-gousse d’ail, la moitié d’une feuille de laurier, un peu de
-macis, un bouquet de persil, ciboules, un clou de girofle, deux carpes
-coupées en tronçons, et les débris de vos brochetons: mouillez ce fond
-d’un peu de bouillon de pois; faites-le suer à petit feu, sans le
-laisser attacher: lorsque votre glace sera formée, mouillez-la avec du
-bouillon de pois (voyez cet article); faites cuire ce bouillon à petit
-feu: sa cuisson faite, passez-le dans une serviette, et servez-vous-en
-pour délayer votre appareil, que vous passerez à l’étamine, à force de
-bras, et auquel vous donnerez la consistance d’un coulis: mettez cet
-appareil dans une casserole, faites-le chauffer au bain-marie, jusqu’au
-moment de vous en servir; mettez dans votre pot à œil des petits
-croûtons coupés en dés et passés dans le beurre; versez dessus votre
-purée à la reine, et servez.
-
-
-_Potage au Lait d’Amandes._
-
-Prenez une livre et demie d’amandes douces et douze amandes amères;
-mettez-les dans une casserole avec de l’eau fraîche et sur le feu;
-lorsqu’elles sont prêtes à bouillir, retirez-les; voyez si la peau
-se lève, pour les émonder (on se sert d’un torchon dans lequel on
-les frotte); ayez de l’eau froide, où vous les mettrez au fur et à
-mesure; égouttez-les; lorsqu’elles seront froides, mettez-les dans un
-mortier et pilez-les; mettez-y de temps en temps une goutte d’eau,
-afin qu’elles ne tournent point en huile; vous jugerez qu’elles seront
-bien pliées, quand vous ne sentirez plus de grumeaux sous vos doigts;
-mettez-les dans une casserole et dans une pinte et demie d’eau; cette
-eau étant bouillante, mettez-y infuser une demi-once de coriandre et le
-zeste d’une moitié de citron, dont vous aurez ôté le blanc; délayez vos
-amandes avec cette infusion, passez le tout plusieurs fois au travers
-d’une serviette ou d’une étamine, jusqu’à ce qu’il ressemble à du lait;
-salez-le et sucrez-le convenablement; ensuite mettez-le au bain-marie;
-ayez des tranches de mie de pain très-minces, faites-les glacer au four
-ou sous un four de campagne, et jetez-les dans votre lait d’amandes au
-moment de servir.
-
-
-_Autre manière._
-
-Prenez une demi-livre d’amandes douces et cinq ou six amères;
-émondez-les et pilez-les comme ci-dessus; ayez une pinte et demie de
-lait, faites-le bouillir, et servez-vous d’une partie pour passer votre
-pâte d’amandes à plusieurs reprises, comme il est dit à l’article
-précédent; dans la partie du lait dont vous ne vous serez point servi,
-mettez infuser la moitié d’un bâton de vanille, que vous retirerez
-quand vous mélangerez le tout; assaisonnez-le de sucre et d’un peu de
-sel, mettez-y gros comme la moitié d’un œuf d’excellent beurre; trempez
-votre potage comme le précédent, et servez.
-
-
-_Autre manière plus prompte et plus économique._
-
-Prenez une pinte et demie de lait, faites-le bouillir; mettez dans
-une casserole huit jaunes d’œufs très-frais, dont vous aurez ôté avec
-soin les blancs et les germes; écrasez avec le rouleau vingt-quatre
-massepains ou macarons, moitié amers et moitié doux; mettez du sucre
-suffisamment pour sucrer votre lait, un peu de sel et une cuillerée à
-bouche de fleur d’orange; délayez le tout avec un peu de votre lait
-chaud, mais non bouillant, et de manière que vos macarons se mêlent
-bien avec les jaunes d’œufs et votre sucre; réservez la moitié de ce
-lait pour lier votre potage; ayant coupé des tranches de pain, les
-ayant rangé sur un plafond et les ayant saupoudré de sucre très-fin,
-faites-les glacer au four ou sous un four de campagne; et de suite
-dans votre pot à œil, au moment de servir, achevez de mouiller votre
-appareil (le remuant avec une cuiller de bois bien neuve), en versant
-dessus le restant de votre lait; et afin d’achever de le lier,
-mettez-le sur le feu, tournez-le et ne le laissez point bouillir;
-goûtez s’il est d’un bon goût; versez-le sur votre pain glacé, et
-servez aussitôt.
-
-Au demeurant, à défaut de macarons, employez des pralines, dont vous
-tirerez à-peu-près le même résultat.
-
-
-_Potage à la Julienne Maigre._
-
-Voyez le potage à la Julienne gras, pour la manière de préparer vos
-légumes; lorsqu’ils le sont, passez-les dans une casserole avec un
-morceau de beurre; faites-les légèrement roussir; mouillez-les avec
-votre bouillon maigre, comme il est indiqué pour le gras; et, faute
-de bouillon maigre, servez-vous de l’eau de haricots ou de lentilles;
-faites mitonner votre potage; qu’il soit d’un bon sel, et servez.
-
-
-_Potage Maigre aux Herbes._
-
-Ayez une bonne poignée d’oseille, deux laitues, un peu de cerfeuil
-et de belles-dames; épluchez, lavez à grande eau; égouttez, hachez
-ces herbes bien menu; mettez-les dans une casserole ou marmite, avec
-un morceau de beurre; passez-les, faites-les cuire à petit feu;
-mouillez-les ce qu’il faut pour votre potage avec votre grand bouillon,
-sinon, avec celui de haricots ou de lentilles; qu’il soit d’un bon sel,
-et servez.
-
-
-_Potage au Riz et au Lait._
-
-Ayez un quarteron de riz; épluchez-le, lavez-le à plusieurs eaux;
-faites-le blanchir à un bouillon ou deux; égouttez-le sur un tamis,
-mettez-le dans une marmite avec un demi-quarteron de beurre, un peu de
-zeste de citron et une feuille de laurier-amande; faites-le crever à
-l’eau; lorsqu’il le sera presque, mouillez-le avec du bon lait; faites
-qu’il ne soit ni trop épais ni trop clair; mettez-y sel et sucre ce
-qu’il faut; supprimez le laurier, ainsi que le zeste de citron, et
-servez.
-
-
-_Potage au Vermicelle et au Lait._
-
-Ayez environ un quarteron de vermicelle, que vous épousseterez;
-faites bouillir une pinte et demie de lait, et mettez-y peu à peu
-votre vermicelle, afin qu’il ne se pelote pas; retirez-le sur le bord
-du fourneau, jusqu’à ce qu’il soit cuit; assaisonnez-le de sel et
-de sucre; mettez-y, si vous voulez, quelques macarons et un peu de
-vanille, ou l’un ou l’autre; qu’il soit d’un bon goût, et servez.
-
-
-FIN DU TOME PREMIER.
-
-
-
-
-TABLE DES MATIÈRES
-
-CONTENUES DANS LE PREMIER VOLUME.
-
-
-SERVICES DE TABLE.
-
-PRINTEMPS.
-
-PREMIER SERVICE.
-
- Pages
-
- Menu de 40 couverts, en gras. 1
- -- de 25 à 30 couverts. 2
- -- de 16 à 30 couverts. 3
-
- Menu de 8 à 12 couverts. 4
- -- de 12 à 16 couverts, à 5
- l’anglaise. _ib._
-
- SECOND SERVICE.--MILIEU. _ib._
-
- HIVER.
-
- PREMIER SERVICE.
-
- Menu de 40 couverts. 5
- -- de 25 à 30 couverts. 7
-
- Menu de 15 à 20 couverts. 8
- -- de 8 à 12 couverts. 9
-
- SECOND SERVICE.
-
- Menu de 40 couverts, en maigre. 9
- -- de 24 à 30 couverts. 11
-
- Menu de 16 à 20 couverts. 11
- -- de 8 à 12 couverts. 12
-
- POTAGES.
-
- Grand Bouillon. 13
- Empotage. 14
- Grand Consommé, etc. 15
- Blond de Veau. _ib._
- Mitonnage. 16
- Potage Croûtes, au Pot. _ib._
- -- printanier. 17
- -- à la Crecy. _ib._
- -- au Riz. 18
- Autre façon. _ib._
- Chapon au Riz. 19
- Potage au Vermicelle clair, _ib._
- -- à la Julienne. 20
- -- à la Brunoise. _ib._
- -- à la Purée de Pois. 21
- Potage à la Purée de Lentilles à la
- Reine, etc. 22
- -- à la Purée de Carottes. _ib._
- -- à la Purée de Navets. _ib._
- -- aux Laitues. _ib._
- -- à la Purée de Marrons. 23
- -- en Tortue. 24
- -- aux Choux. 25
- -- au Sagou, etc. 26
- -- à la Condé. _ib._
- -- à la Bisque d’Écrevisses. 27
- -- à la Reine. 28
- -- au Macaroni. 29
- -- à la Génoise ou aux Raviolis. 30
- Potages aux Pâtes d’Italie. 30
- -- à la Semoule. 31
- Bouillon de Poulet. _ib._
- -- de Poulet, pectoral. _ib._
- Bouillon de Veau, rafraîchissant. 32
- -- de Mou de Veau. _ib._
-
- SAUCES.
-
- Jus de Bœuf. 32
- Grande Sauce. 33
- Espagnole. 34
- -- travaillée. 36
- Velouté, ou Coulis blanc. _ib._
- -- travaillé. 37
- Grand Aspic. 38
- Sauce blanche on au Beurre. 39
- -- à l’Anglaise et au Beurre. _ib._
- -- hollandaise. _ib._
- -- à l’Allemande. 40
- -- à la Béchamelle. _ib._
- Autre manière. 41
- Sainte-Menéhould. _ib._
- Sauce à la bonne Morue. 42
- -- à la Poulette. _ib._
- -- italienne rousse. _ib._
- -- italienne blanche. 43
- -- à la Maître-d’Hôtel, froide. _ib._
- -- à la Maître-d’Hôtel, liée. 44
- -- au Suprême. _ib._
- -- à la Matelote. _ib._
- -- poivrade. 45
- -- hachée. _ib._
- -- piquante. 46
- -- à la Nompareille ou à
- l’Arlequine. _ib._
- -- à la Pluche. 47
- -- aux Truffes ou à la Périgueux. _ib._
- -- à la purée de Champignons. 48
- -- en Tortue. _ib._
- -- Kari ou à l’Indienne. 49
- -- Tomate. _ib._
- -- à l’Ivoire. 50
- Sauce Ravigote blanche. 51
- -- Ravigote froide et crue. _ib._
- -- Ravigote cuite. 52
- -- verte. _ib._
- -- Robert. 53
- -- au beurre d’Ecrevisses. _ib._
- -- aux Homards. 54
- -- a la purée d’Oseille. 55
- -- à la Purée d’Oignons blancs. _ib._
- -- à la purée d’Oignons rousse,
- dite Bretonne. 56
- -- à la purée de Pois. _ib._
- -- Pois verts, pour Entrées et
- Entremets. 57
- Purée de Pois secs. 58
- Sauce à la purée de Lentilles à la
- Reine. _ib._
- Purée de Gibier. _ib._
- Sauce au pauvre Homme. 59
- Glace ou Consommé réduit. _ib._
- Marinade cuite. 60
- Poêle. 61
- Sauce à la Mirepoix. _ib._
- Blanc. _ib._
- Petite Sauce à l’Aspic. 62
- Sauce au fumet de Gibier. _ib._
- -- au Beurre d’ail. 63
- -- au Beurre d’anchois. _ib._
- -- au Beurre de Provence. 64
- -- à la Tartare. _ib._
- -- au Fenouil. _ib._
- -- à l’Anglaise, aux Groseilles à
- maquereau. 65
- -- claire à l’Estragon. _ib._
- -- à l’Estragon, liée. 66
- -- mayonnaise. _ib._
- Roux. _ib._
- Roux blanc. 67
- Pâte à frire. _ib._
- _Friture._, 68
- Sauce aux Hatelets. 69, 70
- Brède-Sauce. 70
- Sauce aux Truffes à la Saint-Cloud, ou
- en petit Deuil. 71
- -- à la Pluche verte. _ib._
- Court-Bouillon. _ib._
- Ket-Chop. 72
- La Ducelle. 73
- Sauce au Vert-Pré. _ib._
- -- à l’Orange. _ib._
- Eau de sel. 74
- Beurre lié. _ib._
- Verjus, et la manière de le faire
- pour qu’il se conserve. 75
-
- GARNITURES.
-
- Bords de Plats. 76
- Crêtes de Coqs. 77
- Garniture de Rognons de Coqs. 78
- Foies gras et demi-gras pour
- Garnitures. _ib._
- Truffes pour Garnitures. _ib._
- Carottes pour Garnitures. 79
- Navets pour Garnitures. _ib._
- Champignons pour Garnitures. _ib._
- Petits Oignons pour Garnitures. 80
- Laitues pour Garnitures. _ib._
- Vert d’Épinards. 81
- Culs d’Artichauts tournés. _ib._
- Poivre de Cayenne, etc. 82
- -- Kari. 83
- Oignons glacés. _ib._
- Concombres au blanc. _ib._
- -- au brun. 84
- Pluche d’Oignons blanche et rousse. _ib._
- Pluche d’Oignons au roux. 85
-
- RAGOUTS.
-
- Salpicons. 85
- Salpicon ordinaire. _ib._
- Ragoût de Ris de Veau. 86
- -- de Crêtes et de Rognons de Coqs
- en Financière. 87
- -- de Laitances de Carpes. 88
- -- de Langues de Carpes. _ib._
- _Des Truffes en général._, 89
- Ragoût aux Truffes. 91
- -- aux Truffes et à l’Espagnole. 92
- -- aux Truffes à l’Italienne. _ib._
- -- aux Truffes à la Piémontaise. _ib._
- -- à la Périgueux. 93
- Observations sur les Champignons. _ib._
- Ragoût aux Champignons. 94
- Ragoût de Champignons au blanc. 95
- -- de Morilles. 96
- -- de Mousserons. _ib._
- -- de Chicorée au brun. _ib._
- -- de Chicorée au blanc. 97
- Autre manière. 98
- Manière de remplacer la Chicorée,
- etc. _ib._
- Ragoût d’Épinards. _ib._
- -- de Haricots à la Bretonne. 99
- -- de Haricots au jus. 100
- Garniture de Céleri ou Entremets. _ib._
- Ragoût blanc aux Concombres. 101
- Ragoût brun aux Concombres. 101
- -- à la Chipolata. _ib._
- -- de Pois au Lard. 102
- -- d’Olives. _ib._
- -- de Navets en Haricots vierges. 103
- Ragoût aux pointes d’Asperges. 103
- -- de petites Racines. _ib._
- -- aux petits Oignons. 104
- -- à la Macédoine. _ib._
- -- à la Godiveau. _ib._
-
- BŒUF. _ib._
-
- Bœuf bouilli (ordinaire). 106
- Pièce de Bœuf garnie de Choux. 107
- -- au Pain perdu. 108
- -- à l’écarlate. _ib._
-
- Culotte de Bœuf à la Gelée ou à la
- Royale. 110
- Rosbif, Rond-bif ou Corne-bif. 112
- Bœuf fumé ou de Hambourg. 113
- Aloyau à la Broche. 114
- -- à la Godard. 115
- Noix de Bœuf braisée. _ib._
- Côtes de Bœuf couvertes aux Racines. 116
- Entre-Côte de Bœuf. 117
- Filet de Bœuf, piqué, à la Broche. _ib._
- -- au Vin de Madère. 119
- Filet d’Aloyau aux Concombres. 120
- Filet de Bœuf à la Chicorée. _ib._
- -- à la Sauce Tomate. _ib._
- Filets de Bœuf sautés dans leur
- Glace. 120
- Bifteck. 121
- Véritable Bifteck, comme il se fait
- en Angleterre. 122
- Queue de Bœuf en Hoche-pot. 123
- -- à la purée de Pois, Lentilles,
- etc. 124
- Langue fumée. _ib._
- -- de Bœuf fourrée. 125
- -- à la braise. 126
- -- en papillote. _ib._
- -- à l’Italienne ou au Parmesan. 128
- Palais de Bœufs au Gratin. _ib._
- -- à l’Italienne. 130
- -- à la Poulette. _ib._
- -- à la Ravigote. 131
- Croquettes de Palais de Bœufs. _ib._
- Palais de Bœufs en Cracovie. 132
- -- à la Lyonnaise. 133
- Gras-double. _ib._
-
- VEAU. 134
-
- Tête de Veau au naturel, ou à la
- Bourgeoise. 134
- -- farcie. 135
- -- en Tortue. 137
- Oreilles de Veaux farcies. 138
- -- en Marinade. _ib._
- -- à l’Italienne. 139
- -- à la Ravigote. _ib._
- Langues de Veaux à la Sauce piquante. _ib._
- Pieds de Veau. 140
- Cervelles de Veaux à l’Allemande. _ib._
- -- en Matelote. 141
- -- en Marinade. _ib._
- -- à la purée de Pois. _ib._
- -- au Beurre noir. _ib._
- -- à la Ravigote. 142
- Foie de Veau à la Poêle. _ib._
- Foie de Veau à la Bourgeoise ou à
- l’Étouffade. 143
- -- à l’Italienne. 144
- -- à la Broche. _ib._
- Mou de Veau à la Poulette. 145
- -- au Roux. 146
- Fraise de Veau. 147
- -- à la Brisac. _ib._
- Ris de Veau à la Dauphine. _ib._
- -- à l’Espagnole. 148
- Hatelet de Ris de Veau. _ib._
- Ris de Veau en caisse. 149
- -- à l’Anglaise. 150
- Petit Aspic de Ris de Veau. 151
- Ris de Veau à la Poulette. 152
- Queues de Veaux aux petits Pois. _ib._
- -- à la Poulette. 153
- Amourettes de Veau. 154
- Quartier de Veau de derrière. 155
- Cuissot de Veau, et manières d’en
- tirer parti. _ib._
- Noix de Veau à la Bourgeoise. 156
- -- en Bedeau. 157
- -- piquée. 158
- Grenadins de Veau. _ib._
- Manchons à la Gérard. 159
- Hâtereaux. 161
- Popiettes de Veau. _ib._
- Escalopes de Veau à la manière
- anglaise. 162
- Filets mignons de Veau. 163
- Quartier du devant du Veau. _ib._
- Blanquette de Veau. _ib._
- Tendons de Veau à la Poulette ou au
- Blanc. 164
- -- en Queue de Paon. 165
- Casserole au Riz. 166
- Tendons de Veau en Macédoine. 167
- -- panés et grillés. _ib._
- -- en Mayonnaise. _ib._
- -- en Matelote. 168
- -- à la Ravigote. _ib._
- -- à la Marinade. 169
- -- à la Villeroy. _ib._
- Côtelettes de Veau. _ib._
- -- piquées. 170
- -- à la Chingara. 171
- -- sautées. 172
- -- au Jambon. _ib._
- -- au Naturel. 173
- -- panées. _ib._
- -- en papillotes. _ib._
- Carré de Veau à la Broche. 174
- -- piqué. 175
- Petites Noix d’Épaule de Veau. _ib._
- Noix de Veau à la Gendarme. 176
-
- MOUTON.
-
- Du Mouton en général. 176
- Rôt-de-Bif de Mouton à la Broche. 177
- Gigot de Mouton à la Broche. 178
- -- à l’Anglaise. _ib._
- -- braisé ou à la Braise. 179
- -- à la Gasconne. 180
- -- à l’Eau. _ib._
- -- en Chevreuil. 181
- Selle de Mouton à la Broche. _ib._
- Selle de Mouton parée à l’Anglaise. 181
- -- à la Sainte-Menéhould. 182
- Petites Selles de Mouton ou
- Carbonnades. 183
- Rouchis de Mouton. _ib._
- Épaule de Mouton en Ballon. 184
- Côtelettes de Mouton au Naturel. 185
- -- panées. _ib._
- -- à la Minute. 186
- Côtelettes de Mouton à la Jardinière. 186
- -- à la Chicorée. 187
- -- à la Soubise. _ib._
- Carrés de Mouton à la Servante. 188
- -- en Fricandeau. _ib._
- Filets mignons de Mouton. 189
- Emincée de Filets de Mouton aux
- Concombres. _ib._
- Hachis de Mouton à la Portugaise. _ib._
- Haricot de Mouton à la Bourgeoise. 190
- Poitrines de Moutons. 191
- Collets de Moutons à la
- Sainte-Menéhould. _ib._
- -- grillés. 192
- Queues de Moutons glacées à la
- Chicorée. _ib._
- -- en Hoche-pot. 193
- -- au Soleil. _ib._
- Terrine de Queues de Moutons. 194
- Rognons de Moutons à la Brochette. 195
- -- au Vin de Champagne ou à
- l’Italienne. _ib._
- Animelles ou Testicules de Moutons. 196
- Amourettes ou Moelle alongée de
- Mouton. _ib._
- Cervelles de Moutons. _ib._
- Langues de Moutons en Papillotes. _ib._
- -- au Gratin. 197
- -- à la Bretonne ou en Crépine. 198
- -- au Parmesan. 199
- -- à la Matelote. 200
- Pieds de Moutons à la Poulette. _ib._
- -- à la sauce Robert. 201
- -- à la Ravigote. _ib._
-
- AGNEAU. 202
-
- Têtes d’Agneaux à la Poulette. 202
- -- à l’Italienne. 203
- Oreilles d’Agneaux, farcies et frites. _ib._
- -- à la Ravigote. 204
- -- à l’Italienne. _ib._
- Pieds d’Agn. à la Poulette. _ib._
- Rosbif d’Agneau. _ib._
- Quartier de devant d’Agneau à la
- broche. 205
- Épigrammes d’Agneau. 205
- Tendons d’Agneau aux pointes
- d’Asperges. 207
- Tendons d’Agneau à la Villeroy. 208
- Côtelettes d’Agneau au Naturel. _ib._
- -- panées. _ib._
- -- à la Minute. 209
- Épaule d’Agneau en Musette. _ib._
-
- COCHON. 210
-
- Hure de Cochon. 211
- -- à la manière de Troyes. 213
- Jambon au Naturel. 214
- -- braisé. 215
- -- à la Broche. _ib._
- Echinée de Cochon. 216
- Côtelettes de Cochon, sauce Robert. _ib._
- Oreilles de Cochons en Menu-de-Roi. 217
- -- à la Purée. _ib._
- Queues de Cochons à la Purée. 218
- Pieds de Cochon à la
- Sainte-Menéhould. _ib._
- -- aux Truffes. _ib._
- Manière de faire ou de préparer le
- Lard. 219
- Petit Salé. _ib._
- Sain-Doux. 220
- Manière de faire le Jambon. _ib._
- Langues de Porcs fumées et fourrées. 221
- Cochon de Lait. 222
- -- à l’Anglaise. 223
- -- en Galantine. 224
- Boudin ordinaire. 225
- -- à la façon de Nanterre. 226
- -- blanc. 227
- Boudin d’Ecrevisses. 228
- -- de Lapereau. _ib._
- -- de Faisan. 229
- -- de Foies gras. 230
- Cervelas fumés. _ib._
- Saucisses. 231
- -- plates. _ib._
- Andouilles de Cochon. _ib._
- -- de Couenne. 232
- -- à la Béchamelle. _ib._
- -- de Bœuf. 233
- -- de Veau. 234
- -- de Fraise de Veau. _ib._
-
- SANGLIER. 235
-
- Hure de Sanglier. 236
- Filets de Sanglier. _ib._
- Côtelettes de Sanglier. 237
- Jambon de Sanglier. _ib._
- Moyens de donner au Cochon domestique
- le goût et l’apparence du Sanglier. 237
-
- CHEVREUIL. _ib._
-
- Manière de dépecer le Chevreuil. 238
- Quartier de derrière de Chevreuil à
- la Broche. 239
- Côtelettes de Chevreuil. 240
- Épaules de Chevreuil. _ib._
- Civet de Chevreuil. _ib._
- Cervelle de Chevreuil en Marinade. 241
-
- DAIM. _ib._
-
- Hanche de Venaison, ou Quartier de
- derrière du Daim. 242
-
- LIÈVRE.
-
- Gâteau de lièvre. 243
- Levraut à la Broche. 244
- Levraut à l’Anglaise. 245
- Civet de Lièvre. 246
- Escalopes de Levraut au sang. _ib._
- Filets de Levrauts à la Provençale. 248
- -- en Serpent. _ib._
- Cuisses de Levrauts en papillotes. 249
- Boudin de Lièvre. _ib._
- Côtelettes de Levraut. 250
-
- LAPEREAU.
-
- Sauté ou Escalopes de Lapereaux. 251
- Filets de Lapereaux piqués et glacés. 252
- Filets de Lapereaux à la Purée de
- Champignons. 253
- Cuisses de Lapereaux à la Dauphine. _ib._
- Hachis de Lapereaux à la Portugaise. 254
- Filets de Lapereaux à la Voppalière. _ib._
- Lapereaux en fricassée de Poulet. 255
- Gibelotte de Lapereaux. 256
- -- et d’Anguille. _ib._
- Lapereaux aux petits Pois. 257
- Timbale de Lapereaux. _ib._
- Mayonnaise de Lapereaux. 259
- Lapereaux aux fines Herbes. _ib._
- -- en Papillotes. _ib._
- Marinade de Lapereaux. 260
- Salade de Lapereaux. _ib._
- Terrine de Lapereaux. _ib._
- Lapereaux en Caisse. 261
- Accolade de Lapereaux à la Broche. _ib._
-
- FAISAN. 262
-
- Faisan à la Broche. 262
- -- aux Truffes ou à la Périgueux. 269
- Filets de Faisans à la Voppalière. _ib._
- Escalopes de Faisans. 265
- Salmi de Faisans. _ib._
- Soufflé de Faisans. 266
- Faisan à la Chou-croûte. _ib._
- Croquettes de Faisans. 367
- Mayonnaise de Faisan. _ib._
- Boudin de Faisan à la Richelieu. _ib._
-
- PERDRIX ROUGES. 268
-
- Perdreaux rouges à la Périgueux. 269
- -- rouges ou gris à l’Espagnole. 270
- -- en Entrée de Broche. 271
- -- grillés. _ib._
- -- à l’Anglaise. 272
- Salmi de Perdreaux. _ib._
- -- chaud ou froid. 273
- Perdreaux à la Voppalière. 274
- Salmi de Chasseur. _ib._
- Perdreaux à la Monglat ou Salpicon en
- Cuvette. _ib._
- Perdrix aux Choux. 275
- Autre manière de dresser les Perdrix
- aux Choux. 277
- Mayonnaise de Perdreaux. _ib._
- Perdreaux à la Cussy. 278
- Sauté de Filets de Perdreaux. 279
- Purée de Perdreaux. 280
- Soufflé de Perdreaux. _ib._
- Perdrix à la Purée, en Terrine ou
- Entrée. 281
- Hachis de Perdreaux. _ib._
- Salmi de Perdreaux à la d’Artois. 282
- Sauté de Perdreaux aux Truffes. 283
- Semelles de Perdreaux à la Chingara. _ib._
- Côtelettes de Perdreaux. 284
- Perdreaux, Entrée de broche à
- l’Italienne. 285
- Pâtés froids de Perdreaux. _ib._
- BÉCASSES, BÉCASSINES, BÉCASSEAUX,
- _Et parti qu’on peut tirer de ces
- trois espèces de Gibier dans
- l’Economie domestique_, 286
- Bécasses, Bécassines et Bécasseaux à
- la Broche. 286
- Autre manière de les servir à la
- Broche. 287
- Salmi de Bécasses et de Bécassines. 287
- Soufflé de Bécasses. _id._
- Bécasses en entrée de Broche. _ib._
- Salmi de Bécasses de Chasseur. 288
- Autre Salmi de Bécasses. _ib._
- Bécasses aux Truffes. _ib._
- Hachis de Bécasses en Croustades. 289
-
- PLUVIER. 290
-
- Pluviers au Gratin. 290
- -- à la Périgueux. 291
- Pluviers en Entrée de Broche. 291
-
- GRIVES.
-
- Grives à la Broche. 292
- -- à la Flamande. _ib._
- Grives à l’Anglaise. 292
-
- CAILLES.
-
- Cailles à la Broche. 293
- -- au Laurier. _ib._
- -- aux petits Pois. 294
- -- au Gratin. _ib._
- Cailles aux Laitues. 295
- -- en Croustades. 296
- -- à l’Anglaise. 297
- -- aux Truffes. _ib._
-
- MAUVIETTES OU ALOUETTES.
-
- Mauviettes à la Broche. 298
- -- au Gratin. _ib._
- Sauté de Mauviettes aux Truffes. 299
- Pâté chaud et Pâté froid de
- Mauviettes. 299
-
- ROUGES-GORGES, ORTOLANS, MURIERS ET
- BEC-FIGUES. 299
-
- PIGEONS.
-
- Des Pigeons en général. 300
- Ramereaux en Marinade. _ib._
- -- poêlés. _ib._
- Ramereaux à l’Étouffade. 301
- Des Tourtereaux. _ib._
-
- VOLAILLE.
-
- Poulets. 302
- Fricassée de Poulets. _ib._
- -- à la Chevalière. 304
- Kari. 305
- Poulets en Entrée de Broche. 306
- -- à l’Ivoire. 307
- -- Sauce aux Huîtres. _ib._
- -- Sauce aux Truffes. 308
- -- à la Sauce Tomate. _ib._
- -- à l’Estragon. _ib._
- Poulets bouillis à l’Anglaise. 308
- -- en Lézard. 309
- -- aux Pois. 310
- Autre façon de fricasser des Poulets
- aux Pois et au Blanc. 311
- Poulets au Beurre d’Ecrevisses. _ib._
- -- à la Broche pour Rôt. 312
- -- à la Hollandaise. _ib._
- Poulets à la Tartare. 313
- -- Sauce au pauvre Homme, et
- diverses autres. _ib._
- -- à la Périgueux. _ib._
- Poulet à la Mayonnaise. 314
- Salade de Poulets. _ib._
- Poulets à la Crême. 315
- -- en Friteau. 316
- Marinade de Poulets. 317
- Rissoles de Volaille. _ib._
- Poulet en Capilotade. 318
- Poulets à la Saint-Cloud. _ib._
- -- à la Ravigote. 319
- -- à la Paysanne ou à la Démidoff. _ib._
- -- à la Reine, sauce à la Pluche. 320
- -- à la Provençale. _ib._
- Chapon au gros Sel. 321
- -- au Riz. _ib._
- -- aux Truffes. _ib._
- Poularde en Entrée de Broche. 322
- -- aux Truffes. 323
- -- à la Maréchale. _ib._
- -- à la Saint-Cloud. 324
- Poulardes à la Bigarrure. _ib._
- Poularde Sauce Tomate. 325
- -- à la Broche pour Rôt. _ib._
- -- en Entrée de Broche, à la
- Hollandaise. 326
- -- en Entrée de Broche. _ib._
- -- en Entrée de Broche, à la
- Ravigote. _ib._
- -- à l’Ivoire. _ib._
- -- aux Huîtres. _ib._
- -- sauce à l’Estragon. _ib._
- -- bouillie à l’Anglaise. 327
- -- au Beurre d’Ecrevisses. _ib._
- -- à la Tartare. _ib._
- -- sauce au Pauvre Homme. _ib._
- -- à la Périgueux. _ib._
- Mayonnaise de Poularde. _ib._
- Poularde à la Crême. _ib._
- Marinade de Poularde. 327
- Filets de Poulardes au Suprême. _ib._
- Emincée de Filets de Poulardes aux
- Concombres. 328
- Ailes de Poulardes à la Maréchale. 329
- Poularde en Galantine. _ib._
- Filets de Poulardes à la Béchamelle. 331
- Soufflé de Poularde. 332
- Hachis de Poularde à la Reine. _ib._
- Croquettes de Poularde. _ib._
- Côtelettes de Poulardes ou de Poulets. 333
- Blanquette de Poularde. _ib._
- Filets de Poularde à la Chingara. 334
- Cuisses de Poularde en Canetons ou en
- petits Oignons. _ib._
- -- en Ballon. 335
- -- à la Bayonnaise. 336
- -- à la Livernois. _ib._
- -- aux Truffes. 337
- Quenelles de Poulardes. _ib._
- Ailerons de Poulardes en Haricots
- vierges. 338
- -- en Haricots. 339
- -- à la Purée. _ib._
- -- au Soleil. _ib._
- Terrine d’Ailerons de Poulardes. 340
- Ailerons de Poulardes piqués et
- glacés. _ib._
- -- à la Chicorée. 341
- -- à la Pluche verte. _ib._
- -- à la Villeroi. 342
- Crêtes et Rognons au Velouté. _ib._
- Grand Aspic de Crêtes et Rognons. 343
- Petits Aspics de Crêtes et de Rognons. 344
- Foies gras à la Périgueux. _ib._
- -- au Gratin. _ib._
- -- en Matelote. 345
- -- en Caisse. _ib._
- Hatelettes de Foies gras. 346
- Coquilles de Foies gras. _ib._
-
- _Dinde._
-
- Dinde aux Truffes et à la Broche. 347
- -- en Galantine. _ib._
- -- en Daube. 348
- Ailerons de Dindons, accommodés de
- toutes façons. 349
-
- _Pigeons._ _ib._
-
- Pigeons aux petits Pois. _ib._
- Autre manière. 350
- Compote de Pigeons. 351
- Pigeons au Blanc. 352
- Marinade de Pigeons au Soleil. _ib._
- Pigeons à la Crapandine. 353
- -- à la Gautier. _ib._
- -- au Basilic. 354
- Côtelettes de Pigeons. 355
- Pigeons à la Broche. 356
- -- en Ortolans pour Rôt. _ib._
-
- _Oies._
-
- Oies sauvages. _ib._
- Oison à la Broche. 357
- Oie à l’Anglaise. _ib._
- Oie aux Marrons. 358
- -- à la Chipolata. _ib._
- Cuisses et Ailes d’Oies à la façon de
- Baïonne. 359
- Cuisses d’Oies à la Lyonnaise. 360
- -- ou Quartiers d’Oies à la Purée. _ib._
- Oie à la Daube ou à la Flamande. _ib._
-
- _Canards._
-
- Des Canards en général. 361
- Canard sauvage à la Broche. _ib._
- Filets de Canards sauvages à l’Orange. 362
- Salmi de Canards sauvages. 363
- -- au Chasseur. _ib._
- Caneton de Rouen, sauce à l’Orange. _ib._
- -- sauce aux Olives. 364
- -- aux petits Pois. _ib._
- -- aux Navets, Haricots vierges. _ib._
- -- aux Navets. 365
- -- sauce au Beurre d’Ecrevisses. _ib._
- -- sauce au Vert-pré. _ib._
- Canards aux petites Racines. _ib._
- -- aux Concombres. _ib._
- -- aux petits Oignons. _ib._
- -- en Macédoine. _ib._
- -- au Verjus. 366
- -- à la Purée verte. _ib._
- -- aux Navets à la Bourgeoise. _ib._
- Caneton de Rouen, pour Rôt. 367
-
- _Oiseaux de Rivières et Sarcelles._ _ib._
-
- MAIGRE.
-
- Bouillon de Pois. 363
- Bouillon pour les Potages et les
- Sauces. _ib._
- Bouillon de Poisson. 369
- Jus maigre. _ib._
- Espagnole maigre. 370
- Potage au Pain. 371
- -- à la Reine, en Maigre. _ib._
- -- au Lait d’Amandes. 372
- Autre manière. 373
- Autre manière plus prompte et plus
- économique. 374
- Potage à la Julienne maigre. 374
- -- maigre aux Herbes. 375
- -- au Riz et au Lait. _ib._
- -- au Vermicelle et au Lait. 376
-
-
- FIN DE LA TABLE DU PREMIER VOLUME.
-
-
-
-
-[Illustration: Table de 35 à 40 Couverts -- _Premier Service._]
-
-[Illustration: Table de 20 à 25 Couverts -- _Premier Service._]
-
-[Illustration: Table de 8 à 12 Couverts -- _Premier service._]
-
-
- * * * * *
-
-
- Corrections:
-
- Page 6 (sous _Douze Entrées._): «perdereaux» remplacé par
- «perdreaux» (perdreaux à la Périgueux).
-
- Page 26: «sagontier» remplacé par «sagoutier» (celle du palmier
- sagou ou sagoutier).
-
- Page 27: «davanvantage» remplacé par «davantage» (un demi-cent
- d’écrevisses, ou davantage).
-
- Page 38 (sous _Grand Aspic._): «pates» remplacé par «pattes» (une
- poule, des pattes de volaille).
-
- Page 71 (sous _Sauce à la Pluche verte._): «pleine» remplacé par
- «pleines» (quatre cuillerées pleines de velouté réduit).
-
- Page 87: «point point» remplacé par «point» (ne le laissez point
- bouillir).
-
- Page 100 «espagnol» remplacé par «espagnole» (et d’espagnole,
- assaisonnez-les d’un peu de gros poivre).
-
- Page 101 (sous _Ragoût brun aux Concombres._): «finistez» remplacé
- par «finissez» (finissez-les avec un petit morceau de beurre).
-
- Page 105: «qualitées» remplacé par «qualités» (lorsqu’ils ont
- toutes les qualités requises).
-
- Page 105: «Contentin» remplacé par «Cotentin» (plus grosse que
- celle de nos bœufs du Cotentin).
-
- Page 107: «lez» remplacé par «les» (remettez-les sur un fourneau
- plus ardent).
-
- Page 108: «laisez» remplacé par «laissez» (laissez-les mijoter
- trois ou quatre heures).
-
- Page 121: «égoutez» remplacé par «égouttez» (Quand ils seront près
- d’être cuits, égouttez-en le beurre).
-
- Page 133 (sous _Gras-double._): «losa nes» remplacé par «losanges»
- (coupez-le en losanges ou en filets).
-
- Page 145: inséré «de» (saupoudrez-le d’un peu [de] sel).
-
- Page 147 (sous _Fraise de Veau à la Brisac._): «corcée» remplacé par
- «corsée» une italienne bien réduite et bien corsée.
-
- Page 154 (sous _Amourettes de Veau._): «emploier» remplacé par
- «employer» (comme on pourrait employer toutes celles).
-
- Page 172 (sous _Côtelettes de Veau sautées._): «uu» remplacé par
- «un» (remettez un peu de consommé dans le fond).
-
- Page 175 (sous _Carré de Veau piqué._): «éconcé» remplacé par
- «énoncé» (ainsi que je l’ai énoncé pour la _Noix de Veau_).
-
- Page 186 (sous _Côtelettes de Mouton à la Jardinière._): «à à»
- remplacé par «à» (comme celles dites à la minute)
-
- Page 188 (sous _Carrés de Mouton à la Servante._): «monton»
- remplacé par «mouton» (Prenez deux carrés de mouton).
-
- Page 203: inséré «les» (dépouillez [les] langues, fendez-les en
- deux).
-
- Page 204 (sous _Rosbif d’Agneau._): «avez» remplacé par «avec»
- (servez-le avec un jus clair).
-
- Page 209 (sous _Épaule d’Agneau en Musette._): «le» remplacé par
- «les» (deux épaules d’agneau, les plus larges qu’il vous sera
- possible).
-
- Page 240: «conséquemmeut» remplacé par «conséquemment» (et
- conséquemment ôter en grande partie).
-
- Page 240 (sous _Côtelettes de Chevreuil._): inséré «de» (telle que
- celle [de] tomate, etc.).
-
- Page 273: «espagole» remplacé par «espagnole» (quatre cuillerées à
- dégraisser d’espagnole réduite).
-
- Page 283 (sous _Sauté de Perdreaux aux Truffes._): «beure» remplacé
- par «beurre» (finissez-la avec un petit pain de beurre).
-
- Page 288: «Bécassses» remplacé par «Bécasses» (_Autre Salmi de
- Bécasses._)
-
- Page 288 (sous _Autre Salmi de Bécasses>._): «prépaparez» remplacé
- par «préparez» (préparez, durant leur cuisson, votre sauce).
-
- Page 302: «corcer» remplacé par «corser» (les vieux coqs ne sont
- bons qu’à corser les bouillons).
-
- Page 305 (sous _Kari._): inséré «de» (beurrez un vase et
- remplissez-le [de] ce riz).
-
- Page 307: «corcée» remplacé par «corsée» (une espagnole
- très-corsée).
-
- Page 349: «chaud» remplacé par «chaude» (Observez qu’on peut servir
- cette dinde, chaude).
-
- Page 355 (sous _Côtelettes de Pigeons._): «corcé» remplacé par
- «corsé» un blond de veau bien corsé.
-
- Page 361 (sous _Des Canards en général._): «tout» remplacé par
- «tous» (Le canard est de tous les oiseaux).
-
- Page 370 (sous _Espagnole Maigre._): «étatamine» remplacé par
- «étamine» (dégraissez-la, passez-la à l’étamine).
-
- Page 382: «Saine» remplacé par «Sainte» (Pieds de Cochon à la
- Sainte-Menéhould).
-
- Page 384 (sous FAISAN): «Périgneux» remplacé par «Périgueux» (aux
- Truffes ou à la Périgueux ).
-
-
-
-
-*** END OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK L'ART DU CUISINIER, VOLUME 1 ***
-
-Updated editions will replace the previous one--the old editions will
-be renamed.
-
-Creating the works from print editions not protected by U.S. copyright
-law means that no one owns a United States copyright in these works,
-so the Foundation (and you!) can copy and distribute it in the
-United States without permission and without paying copyright
-royalties. Special rules, set forth in the General Terms of Use part
-of this license, apply to copying and distributing Project
-Gutenberg-tm electronic works to protect the PROJECT GUTENBERG-tm
-concept and trademark. Project Gutenberg is a registered trademark,
-and may not be used if you charge for an eBook, except by following
-the terms of the trademark license, including paying royalties for use
-of the Project Gutenberg trademark. If you do not charge anything for
-copies of this eBook, complying with the trademark license is very
-easy. You may use this eBook for nearly any purpose such as creation
-of derivative works, reports, performances and research. Project
-Gutenberg eBooks may be modified and printed and given away--you may
-do practically ANYTHING in the United States with eBooks not protected
-by U.S. copyright law. Redistribution is subject to the trademark
-license, especially commercial redistribution.
-
-START: FULL LICENSE
-
-THE FULL PROJECT GUTENBERG LICENSE
-PLEASE READ THIS BEFORE YOU DISTRIBUTE OR USE THIS WORK
-
-To protect the Project Gutenberg-tm mission of promoting the free
-distribution of electronic works, by using or distributing this work
-(or any other work associated in any way with the phrase "Project
-Gutenberg"), you agree to comply with all the terms of the Full
-Project Gutenberg-tm License available with this file or online at
-www.gutenberg.org/license.
-
-Section 1. General Terms of Use and Redistributing Project
-Gutenberg-tm electronic works
-
-1.A. By reading or using any part of this Project Gutenberg-tm
-electronic work, you indicate that you have read, understand, agree to
-and accept all the terms of this license and intellectual property
-(trademark/copyright) agreement. If you do not agree to abide by all
-the terms of this agreement, you must cease using and return or
-destroy all copies of Project Gutenberg-tm electronic works in your
-possession. If you paid a fee for obtaining a copy of or access to a
-Project Gutenberg-tm electronic work and you do not agree to be bound
-by the terms of this agreement, you may obtain a refund from the
-person or entity to whom you paid the fee as set forth in paragraph
-1.E.8.
-
-1.B. "Project Gutenberg" is a registered trademark. It may only be
-used on or associated in any way with an electronic work by people who
-agree to be bound by the terms of this agreement. There are a few
-things that you can do with most Project Gutenberg-tm electronic works
-even without complying with the full terms of this agreement. See
-paragraph 1.C below. There are a lot of things you can do with Project
-Gutenberg-tm electronic works if you follow the terms of this
-agreement and help preserve free future access to Project Gutenberg-tm
-electronic works. See paragraph 1.E below.
-
-1.C. The Project Gutenberg Literary Archive Foundation ("the
-Foundation" or PGLAF), owns a compilation copyright in the collection
-of Project Gutenberg-tm electronic works. Nearly all the individual
-works in the collection are in the public domain in the United
-States. If an individual work is unprotected by copyright law in the
-United States and you are located in the United States, we do not
-claim a right to prevent you from copying, distributing, performing,
-displaying or creating derivative works based on the work as long as
-all references to Project Gutenberg are removed. Of course, we hope
-that you will support the Project Gutenberg-tm mission of promoting
-free access to electronic works by freely sharing Project Gutenberg-tm
-works in compliance with the terms of this agreement for keeping the
-Project Gutenberg-tm name associated with the work. You can easily
-comply with the terms of this agreement by keeping this work in the
-same format with its attached full Project Gutenberg-tm License when
-you share it without charge with others.
-
-1.D. The copyright laws of the place where you are located also govern
-what you can do with this work. Copyright laws in most countries are
-in a constant state of change. If you are outside the United States,
-check the laws of your country in addition to the terms of this
-agreement before downloading, copying, displaying, performing,
-distributing or creating derivative works based on this work or any
-other Project Gutenberg-tm work. The Foundation makes no
-representations concerning the copyright status of any work in any
-country other than the United States.
-
-1.E. Unless you have removed all references to Project Gutenberg:
-
-1.E.1. The following sentence, with active links to, or other
-immediate access to, the full Project Gutenberg-tm License must appear
-prominently whenever any copy of a Project Gutenberg-tm work (any work
-on which the phrase "Project Gutenberg" appears, or with which the
-phrase "Project Gutenberg" is associated) is accessed, displayed,
-performed, viewed, copied or distributed:
-
- This eBook is for the use of anyone anywhere in the United States and
- most other parts of the world at no cost and with almost no
- restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or re-use it
- under the terms of the Project Gutenberg License included with this
- eBook or online at www.gutenberg.org. If you are not located in the
- United States, you will have to check the laws of the country where
- you are located before using this eBook.
-
-1.E.2. If an individual Project Gutenberg-tm electronic work is
-derived from texts not protected by U.S. copyright law (does not
-contain a notice indicating that it is posted with permission of the
-copyright holder), the work can be copied and distributed to anyone in
-the United States without paying any fees or charges. If you are
-redistributing or providing access to a work with the phrase "Project
-Gutenberg" associated with or appearing on the work, you must comply
-either with the requirements of paragraphs 1.E.1 through 1.E.7 or
-obtain permission for the use of the work and the Project Gutenberg-tm
-trademark as set forth in paragraphs 1.E.8 or 1.E.9.
-
-1.E.3. If an individual Project Gutenberg-tm electronic work is posted
-with the permission of the copyright holder, your use and distribution
-must comply with both paragraphs 1.E.1 through 1.E.7 and any
-additional terms imposed by the copyright holder. Additional terms
-will be linked to the Project Gutenberg-tm License for all works
-posted with the permission of the copyright holder found at the
-beginning of this work.
-
-1.E.4. Do not unlink or detach or remove the full Project Gutenberg-tm
-License terms from this work, or any files containing a part of this
-work or any other work associated with Project Gutenberg-tm.
-
-1.E.5. Do not copy, display, perform, distribute or redistribute this
-electronic work, or any part of this electronic work, without
-prominently displaying the sentence set forth in paragraph 1.E.1 with
-active links or immediate access to the full terms of the Project
-Gutenberg-tm License.
-
-1.E.6. You may convert to and distribute this work in any binary,
-compressed, marked up, nonproprietary or proprietary form, including
-any word processing or hypertext form. However, if you provide access
-to or distribute copies of a Project Gutenberg-tm work in a format
-other than "Plain Vanilla ASCII" or other format used in the official
-version posted on the official Project Gutenberg-tm website
-(www.gutenberg.org), you must, at no additional cost, fee or expense
-to the user, provide a copy, a means of exporting a copy, or a means
-of obtaining a copy upon request, of the work in its original "Plain
-Vanilla ASCII" or other form. Any alternate format must include the
-full Project Gutenberg-tm License as specified in paragraph 1.E.1.
-
-1.E.7. Do not charge a fee for access to, viewing, displaying,
-performing, copying or distributing any Project Gutenberg-tm works
-unless you comply with paragraph 1.E.8 or 1.E.9.
-
-1.E.8. You may charge a reasonable fee for copies of or providing
-access to or distributing Project Gutenberg-tm electronic works
-provided that:
-
-* You pay a royalty fee of 20% of the gross profits you derive from
- the use of Project Gutenberg-tm works calculated using the method
- you already use to calculate your applicable taxes. The fee is owed
- to the owner of the Project Gutenberg-tm trademark, but he has
- agreed to donate royalties under this paragraph to the Project
- Gutenberg Literary Archive Foundation. Royalty payments must be paid
- within 60 days following each date on which you prepare (or are
- legally required to prepare) your periodic tax returns. Royalty
- payments should be clearly marked as such and sent to the Project
- Gutenberg Literary Archive Foundation at the address specified in
- Section 4, "Information about donations to the Project Gutenberg
- Literary Archive Foundation."
-
-* You provide a full refund of any money paid by a user who notifies
- you in writing (or by e-mail) within 30 days of receipt that s/he
- does not agree to the terms of the full Project Gutenberg-tm
- License. You must require such a user to return or destroy all
- copies of the works possessed in a physical medium and discontinue
- all use of and all access to other copies of Project Gutenberg-tm
- works.
-
-* You provide, in accordance with paragraph 1.F.3, a full refund of
- any money paid for a work or a replacement copy, if a defect in the
- electronic work is discovered and reported to you within 90 days of
- receipt of the work.
-
-* You comply with all other terms of this agreement for free
- distribution of Project Gutenberg-tm works.
-
-1.E.9. If you wish to charge a fee or distribute a Project
-Gutenberg-tm electronic work or group of works on different terms than
-are set forth in this agreement, you must obtain permission in writing
-from the Project Gutenberg Literary Archive Foundation, the manager of
-the Project Gutenberg-tm trademark. Contact the Foundation as set
-forth in Section 3 below.
-
-1.F.
-
-1.F.1. Project Gutenberg volunteers and employees expend considerable
-effort to identify, do copyright research on, transcribe and proofread
-works not protected by U.S. copyright law in creating the Project
-Gutenberg-tm collection. Despite these efforts, Project Gutenberg-tm
-electronic works, and the medium on which they may be stored, may
-contain "Defects," such as, but not limited to, incomplete, inaccurate
-or corrupt data, transcription errors, a copyright or other
-intellectual property infringement, a defective or damaged disk or
-other medium, a computer virus, or computer codes that damage or
-cannot be read by your equipment.
-
-1.F.2. LIMITED WARRANTY, DISCLAIMER OF DAMAGES - Except for the "Right
-of Replacement or Refund" described in paragraph 1.F.3, the Project
-Gutenberg Literary Archive Foundation, the owner of the Project
-Gutenberg-tm trademark, and any other party distributing a Project
-Gutenberg-tm electronic work under this agreement, disclaim all
-liability to you for damages, costs and expenses, including legal
-fees. YOU AGREE THAT YOU HAVE NO REMEDIES FOR NEGLIGENCE, STRICT
-LIABILITY, BREACH OF WARRANTY OR BREACH OF CONTRACT EXCEPT THOSE
-PROVIDED IN PARAGRAPH 1.F.3. YOU AGREE THAT THE FOUNDATION, THE
-TRADEMARK OWNER, AND ANY DISTRIBUTOR UNDER THIS AGREEMENT WILL NOT BE
-LIABLE TO YOU FOR ACTUAL, DIRECT, INDIRECT, CONSEQUENTIAL, PUNITIVE OR
-INCIDENTAL DAMAGES EVEN IF YOU GIVE NOTICE OF THE POSSIBILITY OF SUCH
-DAMAGE.
-
-1.F.3. LIMITED RIGHT OF REPLACEMENT OR REFUND - If you discover a
-defect in this electronic work within 90 days of receiving it, you can
-receive a refund of the money (if any) you paid for it by sending a
-written explanation to the person you received the work from. If you
-received the work on a physical medium, you must return the medium
-with your written explanation. The person or entity that provided you
-with the defective work may elect to provide a replacement copy in
-lieu of a refund. If you received the work electronically, the person
-or entity providing it to you may choose to give you a second
-opportunity to receive the work electronically in lieu of a refund. If
-the second copy is also defective, you may demand a refund in writing
-without further opportunities to fix the problem.
-
-1.F.4. Except for the limited right of replacement or refund set forth
-in paragraph 1.F.3, this work is provided to you 'AS-IS', WITH NO
-OTHER WARRANTIES OF ANY KIND, EXPRESS OR IMPLIED, INCLUDING BUT NOT
-LIMITED TO WARRANTIES OF MERCHANTABILITY OR FITNESS FOR ANY PURPOSE.
-
-1.F.5. Some states do not allow disclaimers of certain implied
-warranties or the exclusion or limitation of certain types of
-damages. If any disclaimer or limitation set forth in this agreement
-violates the law of the state applicable to this agreement, the
-agreement shall be interpreted to make the maximum disclaimer or
-limitation permitted by the applicable state law. The invalidity or
-unenforceability of any provision of this agreement shall not void the
-remaining provisions.
-
-1.F.6. INDEMNITY - You agree to indemnify and hold the Foundation, the
-trademark owner, any agent or employee of the Foundation, anyone
-providing copies of Project Gutenberg-tm electronic works in
-accordance with this agreement, and any volunteers associated with the
-production, promotion and distribution of Project Gutenberg-tm
-electronic works, harmless from all liability, costs and expenses,
-including legal fees, that arise directly or indirectly from any of
-the following which you do or cause to occur: (a) distribution of this
-or any Project Gutenberg-tm work, (b) alteration, modification, or
-additions or deletions to any Project Gutenberg-tm work, and (c) any
-Defect you cause.
-
-Section 2. Information about the Mission of Project Gutenberg-tm
-
-Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
-electronic works in formats readable by the widest variety of
-computers including obsolete, old, middle-aged and new computers. It
-exists because of the efforts of hundreds of volunteers and donations
-from people in all walks of life.
-
-Volunteers and financial support to provide volunteers with the
-assistance they need are critical to reaching Project Gutenberg-tm's
-goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
-remain freely available for generations to come. In 2001, the Project
-Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
-and permanent future for Project Gutenberg-tm and future
-generations. To learn more about the Project Gutenberg Literary
-Archive Foundation and how your efforts and donations can help, see
-Sections 3 and 4 and the Foundation information page at
-www.gutenberg.org
-
-Section 3. Information about the Project Gutenberg Literary
-Archive Foundation
-
-The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non-profit
-501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
-state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
-Revenue Service. The Foundation's EIN or federal tax identification
-number is 64-6221541. Contributions to the Project Gutenberg Literary
-Archive Foundation are tax deductible to the full extent permitted by
-U.S. federal laws and your state's laws.
-
-The Foundation's business office is located at 809 North 1500 West,
-Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887. Email contact links and up
-to date contact information can be found at the Foundation's website
-and official page at www.gutenberg.org/contact
-
-Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg
-Literary Archive Foundation
-
-Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without
-widespread public support and donations to carry out its mission of
-increasing the number of public domain and licensed works that can be
-freely distributed in machine-readable form accessible by the widest
-array of equipment including outdated equipment. Many small donations
-($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
-status with the IRS.
-
-The Foundation is committed to complying with the laws regulating
-charities and charitable donations in all 50 states of the United
-States. Compliance requirements are not uniform and it takes a
-considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
-with these requirements. We do not solicit donations in locations
-where we have not received written confirmation of compliance. To SEND
-DONATIONS or determine the status of compliance for any particular
-state visit www.gutenberg.org/donate
-
-While we cannot and do not solicit contributions from states where we
-have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition
-against accepting unsolicited donations from donors in such states who
-approach us with offers to donate.
-
-International donations are gratefully accepted, but we cannot make
-any statements concerning tax treatment of donations received from
-outside the United States. U.S. laws alone swamp our small staff.
-
-Please check the Project Gutenberg web pages for current donation
-methods and addresses. Donations are accepted in a number of other
-ways including checks, online payments and credit card donations. To
-donate, please visit: www.gutenberg.org/donate
-
-Section 5. General Information About Project Gutenberg-tm electronic works
-
-Professor Michael S. Hart was the originator of the Project
-Gutenberg-tm concept of a library of electronic works that could be
-freely shared with anyone. For forty years, he produced and
-distributed Project Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of
-volunteer support.
-
-Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
-editions, all of which are confirmed as not protected by copyright in
-the U.S. unless a copyright notice is included. Thus, we do not
-necessarily keep eBooks in compliance with any particular paper
-edition.
-
-Most people start at our website which has the main PG search
-facility: www.gutenberg.org
-
-This website includes information about Project Gutenberg-tm,
-including how to make donations to the Project Gutenberg Literary
-Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to
-subscribe to our email newsletter to hear about new eBooks.