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Leclaire - -Ancien élève de l’École normale, agrégé de l’Université, -Breveté pour l’enseignement de la langue allemande, -professeur au lycée impérial de Colmar. - -1865 - - - -———— - -A -MONSIEUR ADLER-MESNARD -MAÎTRE DE CONFÉRENCES À L’ÉCOLE NORMALE SUPÉRIEURE, -MEMBRE DE L’ACADÉMIE ALLEMANDE DE BERLIN, -CHEVALIER DE LA LÉGION D’HONNEUR. - - -MON CHER MAÎTRE, - -L’ancienne Université de Paris, parlant par la bouche de Rollin, -recommandait à ses maîtres un petit livre de l’Allemand -Steuvéchius, sur les particules de la langue latine, et Rollin -se plaisait à reconnaître que cet Allemand fort habile avait -traité son sujet avec beaucoup d’ordre et de précision. L’étude -des langues classiques n’a point dégénéré en Allemagne depuis le -temps de Rollin, et notre Université impériale est aussi capable -que son aînée d’apprécier le mérite d’un savant étranger. Louis -Dœderlein recevra donc un accueil favorable s’il a réussi, au -terme d’une longue carrière consacrée à l’étude des langues -anciennes, à composer un de ces bons livres élémentaires qui -sont et seront toujours rares. - -C’est ce qu’il semble permis d’affirmer quand on lit son Manuel -dans le texte allemand. C’est votre avis, mon cher maître. Vous -ne craignez pas de le faire connaître en permettant qu’on vous -dédie une version française du Manuel. Vous répondez du mérite -de votre illustre compatriote, et peut-être donnez-vous encore à -entendre que son œuvre n’est pas trop défigurée dans le travail -d’un de vos élèves. Double et précieuse recommandation que je -suis heureux de vous devoir et qui m’autorise à vous donner ici -un témoignage public d’affection et de reconnaissance. - -Th. Leclaire. - - - -———— - -AVANT-PROPOS - - -Différentes personnes, entre autres des maîtres que j’estime, -m’ont engagé à résumer dans un manuel les principaux résultats -de mon ouvrage en six volumes sur les synonymes et les -étymologies de la langue latine. Voici douze ans que j’ai -commencé à m’occuper de la synonymie latine trop longtemps -négligée, et depuis, les travaux analogues de Habicht, de -Ramshorn, de Jentzen, de Schmalfeld ont pour ainsi dire encombré -la librairie de manuels de synonymes; je n’hésite cependant pas -à satisfaire par le présent extrait au vœu qu’on m’adresse, et -en affirmant que ma méthode, ma façon d’établir les -rapprochements est essentiellement distincte de celle de ces -hommes éminents, je ne crois par là ni rehausser mon mérite ni -rabaisser le leur. L’extrait que je publie aujourd’hui contient, -je l’espère, tout ce qu’il y a d’important dans mes six volumes -en fait de synonymie; j’ai dû omettre par contre certains points -accessoires dont voici le détail. - -*Premièrement*. — Toutes les déductions étymologiques. - -*Deuxièmement*. — Tous les passages comparés ou citations à -l’appui qui n’ont pas une évidence démonstrative. En revanche, -je communique tout au long les endroits classiques dans lesquels -les anciens opposent des synonymes les uns aux autres, et les -distinguent de la sorte dans le courant du discours et non par -voie de réflexions grammaticales; quand ces endroits me font -défaut, je place souvent en regard divers passages d’un seul et -même écrivain dans lesquels il paraît qu’il a observé la -propriété des termes. - -*Troisièmement*. — Toutes les discussions de critique et -d’interprétation. - -*Quatrièmement*. — L’explication détaillée des synonymes grecs. -Je n’ai pas laissé pour cela de rechercher avec un soin -scrupuleux et de placer en regard du synonyme latin l’expression -correspondante la plus exacte que puisse fournir ou la langue -grecque ou la nôtre, et je me suis en outre efforcé de -déterminer et de rendre palpable dans tous les cas possibles, -avec la précision dont j’étais capable, la valeur et la portée -de l’idée exprimée par le mot latin en indiquant le vrai terme -contraire. - -*Cinquièmement*. — Les vues particulières des auteurs qui ont -composé des traités de synonymes. - -*Sixièmement*. — Les synonymes très-rares et ceux qui ne prêtent -qu’à des différences subtiles. - -J’ajoute une remarque de pratique. Au point de vue de -l’enseignement on peut diviser les synonymes en trois classes; -la première comprend ceux que l’élève ne peut jamais apprendre à -distinguer trop tôt parce que leur parenté purement apparente -n’est fondée que sur la tentation de les traduire par un même -mot dans notre langue maternelle, par exemple *liberi* et -*infantes*, *animal* et *bestia*, *hærere* et *pendere*, -*sumere* et *adimere*, *hostis* et *inimicus*. La confusion de -ces synonymes est une bévue qu’il faut ranger sur la même ligne -qu’un solécisme proprement dit. A la seconde classe -appartiennent les synonymes entre lesquels on peut établir une -distinction aisée et sûre, mais qui expriment des idées si -rapprochées, que les anciens mêmes n’hésitaient pas à les -prendre les uns pour les autres, par exemple *lascivus* et -*petulans*, *parere* et *obedire*, *ater* et *niger*, *incipere* -et *inchoare*, *mederi* et *sanare*, *vacuus* et *inanis*, -*spernere* et *contemnere*, *tranquillus* et *quietus*. Tant que -l’élève est encore aux prises avec les éléments de la grammaire, -le maître est autorisé à lui laisser croire que ces expressions -ont tout à fait le même sens; mais il convient d’y rendre -attentifs les élèves plus avancés, soit pour les habituer, quand -l’occasion se présente, à la propriété des termes, soit pour -leur faire faire un excellent exercice d’esprit. Je range dans -une troisième classe les synonymes dont la différence ne saurait -être établie ni sans peine, ni avec pleine évidence à l’aide des -textes classiques, et que les anciens, selon toute probabilité, -ne distinguaient que très-confusément, par exemple *lira* et -*sulcus*, *remus* et *tonsa*, *pæne* et *prope*, *etiam* et -*quoque*, *recordari* et *reminisci*, *lævus* et *sinister*, -*velox* et *pernix*, *vesanus* et *vecors*, *fatigatus* et -*fessus*, *collis* et *clivus*. De pareilles distinctions n’ont -que peu ou point d’importance dans la composition, à moins -qu’une antithèse en forme, par exemple celle de mare, lacus, par -rapport à amnis, fluvius; de metus, spes, par rapport à timor, -fiducia, n’impose par occasion la nécessité de recourir aux -richesses de la langue en synonymes de ce genre. Une sévérité -excessive en cette matière ne serait à mes yeux qu’un pédantisme -fâcheux qui ne manquerait pas d’entraver toute liberté d’esprit -chez l’élève occupé à composer. Comme professeur, je demande que -les synonymes de la première classe deviennent familiers aux -élèves dès les cours élémentaires; je n’introduis que dans les -cours supérieurs l’étude des synonymes de la seconde catégorie; -c’est vers l’âge de quatorze ans à peu près que j’engage les -élèves à s’en occuper dans le travail de la composition à propos -du choix des expressions; c’est alors que je commence à en tenir -compte dans l’explication des textes, avec mesure s’entend, pour -aiguillonner l’esprit et non pour embarrasser la lecture. Quant -à ceux de la troisième catégorie, je me fais une loi de n’en -parler qu’en expliquant des passages à propos desquels il est -impossible de l’éviter, par exemple, quand l’auteur associe -*flumina* et *amnes* et qu’il faut le défendre contre une -accusation de pléonasme. - -J’ai cru rendre mon manuel d’un usage plus commode en fondant la -table dans le texte. On a ainsi la chance de tomber du premier -coup sur l’article qu’on cherche, ce qui serait impossible avec -un index à part. - -L’auteur. - -Erlangen, décembre 1839. - - - -———— - -AVIS POUR LA SECONDE ÉDITION - - -Il y a neuf ans que ce manuel a vu le jour; il reparaît plutôt -remanié que transformé. Outre que je l’ai revu plusieurs fois, -j’ai profité de nombreuses observations que je dois à de savants -amis, soit pour améliorer le fond, soit pour perfectionner -l’expression, et j’ai inséré quelques articles nouveaux. J’ai en -revanche supprimé les étymologies, tantôt parce que je m’étais -trompé en les croyant justes, tantôt (et le plus souvent) parce -qu’elles n’ont aucun sens pour l’élève et qu’elles peuvent même -occasionner des méprises quand elles ne sont pas approfondies. - -L’auteur. - -Erlangen, décembre 1848. - - - -———— - -MANUEL DE -SYNONYMIE LATINE - - - -A - - -—Abdere, v. *Celare*. - -Abesse. Deesse. Deficere. -1. *Abesse* marque une absence qui se réduit à une relation de -lieu, ne pas être quelque part, par opposition à *adesse*; -*deesse* marque une absence qui rend un tout incomplet, comme -manquer, faire défaut, par opposition à *esse* et *superesse*. -Cic. Brut. 80. Calidio hoc unum, si nihil utilitatis habebat, -*abfuit*, si opus erat, *defuit*. Si vous jugez cette qualité -inutile, j’avouerai qu’elle n’existait pas chez Calidius; si -vous la jugez nécessaire, je conviendrai qu’elle lui faisait -défaut. - -2. *Deesse* s’applique à ce qui nous fait complétement défaut, -*deficere*, à ce qui commence à nous faire défaut. Cic. Verr. I, -11. Vererer ne oratio *deesset*, ne vox viresque *deficerent*. -Je craindrais que la parole ne me manque, que ma voix et mes -forces ne faiblissent. - -—Abnuere, v. *Negare*. - -Abolere. Delere. -*Abolere*, anéantir, faire disparaître et plonger dans l’oubli -par tous les moyens possibles; *delere*, détruire, mettre en -mauvais état, hors de service. *Abolere* se dit plutôt des -œuvres de l’esprit; *delere*, des objets matériels. Leges -abolentur, urbes delentur. On annule les lois, on détruit les -villes. - -Abominari. Exsecrari. Detestari. -*Abominari*, repousser un présage qui fait horreur, chercher à -détourner par une pratique religieuse un malheur qui nous -menace, par opposition à *omen accipere*; *exsecrari*, maudire -en excluant un coupable de la société des hommes, en le -déclarant *sacer*, en le dévouant aux dieux des enfers, par -opposition à bénir; enfin *detestari*, chercher à éloigner de -nous, en invoquant les dieux, un danger dont nous menace une -personne ou une chose; il a pour opposé appeler par ses prières. - -—Abscondere, v. *Celare*. -—Absolvere, v. *Finire*. -—Abstinentia, v. *Modus*. - -Abundare. Redundare. -*Abundare*, abonder, sert, comme περιεῖναι, à parler avec éloge -de l’abondance prise comme un symbole de plénitude et de -richesse; *redundare*, surabonder, se prend en mauvaise part, -comme περισσεύειν; la surabondance est prise comme le symbole de -l’excès et du luxe. L’*abundans* existe en grande quantité, le -*redundans* est superflu et inutile. - -—Abunde, v. *Satis*. -—Ac, v. *Et*. - -Accendere. Incendere. Inflammare. Comburere. Cremare. -*Accendere*, *incendere* et *inflammare*, mettre le feu: -*accendere*, par dehors et par un seul point, comme allumer, -ἀνάπτειν; *incendere*, par le dedans, comme ἐνδαίειν; -*inflammare*, enflammer par le dehors ou le dedans, comme -ἀναφλογίζειν. *Comburere* et *cremare*, consumer et brûler: -*comburere*, comme ϰαταϰαίειν, sur des charbons ardents (c’est -le causatif d’*ardere*); *cremare*, comme πιμπράναι, par flammes -vives (c’est le causatif de *flagrare*). On brûle les morts, -mortui *cremantur*, sur un bûcher flamboyant; on brûle les -vivants à petit feu, vivi *comburuntur*, et cette manière de -parler rend plus frappante l’horreur de la mort par ce genre de -supplice. - -—Acceptus, v. *Gratus*. - -Accidere. Evenire. Contingere. Obvenire. Obtingere. -*Accidere*, *evenire* et *contingere* marquent des événements -favorables ou défavorables, le premier, lorsqu’ils sont -inattendus, qu’ils surprennent; le second, lorsqu’ils sont -attendus, pressentis; le troisième, lorsqu’on les a préparés, -amenés; *obvenire* et *obtingere* ne se disent que d’événements -heureux. Les *accidentia* sont l’œuvre du hasard, les -*evenientia* sont des conséquences de nos actions ou des -circonstances; les *contingentia*, des effets de nos efforts, de -nos vœux, de nos fautes; les *obtingentia* et les *obvenientia*, -des faveurs du sort. Cic. Fam. VI, 21. Timebam ne *evenirent* -quæ *acciderunt*. Je craignais de voir ces hasards se réaliser. -Le premier des deux verbes, *evenirent*, se rapporte à Cicéron -lui-même, à ses pressentiments; le second, *acciderunt*, regarde -les personnes qui se montrent surprises à l’heure de -l’événement. Sen. Ep. 110. Scies plura mala *contingere* nobis -quam *accidere*, c’est-à-dire que nos souffrances sont plus -souvent les suites de nos propres vœux que l’effet d’un hasard -aveugle. - -—Accipere, v. *Sumere*. -—Accire, v. *Arcessere*. -—Accusare, v. *Arguere*. - -Acer. Vehemens. -*Acer* présente la vivacité sous son aspect louable de feu, -d’énergie, par opposition à *frigidus*, comme ὀξύς; *vehemens*, -sous son aspect blâmable de chaleur et de passion, par -opposition à *lenis*, comme σφοδρός. - -Acerbus. Amarus. -*Acerbus* marque une amertume qui emporte la bouche, par -opposition à *mitis*, comme ὀξύς; *amarus*, une amertume qui -dégoûte, par opposition à *dulcis*, comme πιϰρός. - -Acervus. Congeries. Strues. Cumulus. -1. *Acervus* et *congeries*, monceau d’objets de même espèce -auparavant dispersés qu’on réunit et qu’on entasse en un lieu: -*acervus* indique, comme σωρὸς, un certain ordre et suppose -d’habitude une forme conique; *congeries* admet tout le désordre -de la négligence. *Strues* s’emploie, comme θημών, pour marquer -que la mise en tas a produit un arrangement nouveau, donné aux -objets rassemblés une forme déterminée, utile, artificielle. -Curt. VIII, 7, 11. Passim *acervos* *strues*que accendebant. Ils -allumaient çà et là des tas et des piles de bois. - -2. *Cumulus* ne signifie point le tas lui-même, mais seulement -la pointe qui le termine, la dernière pierre qui donne seule à -une construction son élévation régulière et parfaite, à peu près -comme ϰορυφή; *cumulare*, en particulier, se rapproche tout à -fait de ϰορυφοῦν. Comparez Liv. XXII, 59. Superstantes *cumulis* -cæsorum corporum: juchés sur des monceaux de victimes, avec la -fin du même chapitre: Cannenses campos *acervi* Romanorum -corporum tegunt. Des tas de cadavres romains couvrent la plaine -de Cannes. Et XXIII, 5. Molibus ex humanorum corporum *strue* -faciendis. Faire des digues en empilant des cadavres. - -Achivi. Achæi. Achaius. Achaicus. Troius. Troicus. -1. *Achivi*, les Grecs d’Homère, ᾿Αχαιοί; *Achæi* se dit soit -des habitants de l’Achaïe proprement dite, soit chez les poëtes -de tous les Grecs considérés en général comme les contemporains -des Romains. Cic. Divin. I, 16. Cum *Achivi* cœpissent inter se -strepere. Quand eurent commencé les querelles bruyantes des -anciens Grecs. Comparez avec Cæcil. 20. Quod eum sibi *Achæi* -patronum adoptarant. Parce que les Grecs de l’Achaïe l’avaient -souhaité et choisi pour protecteur. - -2. *Achaius* est l’adjectif d’*Achivus*; *Achaicus* celui -d’*Achæus*. - -3. *Troius*, adjectif réservé à l’ancienne Troie héroïque et -homérique; *Troicus*, adjectif usuel pour le pays de Troie, pour -la Troade, sans allusion à la guerre de Troie. - -Acies. Acumen. Cacumen. Mucro. Cuspis. -1. *Acies*, tranchant propre à couper; *acumen*, pointe propre à -piquer. Au figuré, l’*acies mentis* débrouille ce qui était -confus, le fait connaître clairement: on met de l’ordre dans ses -idées; l’*acumen mentis* approfondit ce qui était caché, aboutit -à des découvertes ingénieuses: on acquiert des idées nouvelles. - -2. *Acumen* et *cacumen*, pointes naturelles: *acumen*, pointe -du cône, du bec, etc.; *cacumen*, terme spécial, pointe d’une -montagne. *Mucro* et *cuspis*, pointes artificielles destinées à -pénétrer et à blesser: *mucro*, pointe de l’épée, du poignard, -etc.; *cuspis*, de la lance, de la flèche, comme αἰχμή. - -—Acies, v. *Pugna*. -—Acta, v. *Ripa*. - -Actor. Comœdus. Ludio. Histrio. -1. *Actor* et les termes spéciaux de *comœdus* et *tragœdus*, -l’acteur considéré comme un artiste estimable; *ludio*, -*ludius*, le comédien considéré comme un artisan vulgaire avec -une idée accessoire de trivialité; enfin *histrio* se dit tantôt -de l’un, tantôt de l’autre, mais avec une idée accessoire de -fanfaronnade et de bouffonnerie. Cic. Sext. 54. Ipse ille maxime -*ludius* non solum spectator, sed *actor* et acroama. Ce baladin -lui-même, car il n’est pas un simple spectateur, il est, vous le -savez, tour à tour acteur et bouffon[1]. Rosc. com. 10. Nemo ex -pessimo *histrione* bonum *comœdum* fieri posse existimaret. -Personne n’imaginerait qu’un misérable farceur pût devenir un -bon comédien. Ep. ad. Qu. fr. I, a. E. Hortor ut tanquam poetæ -boni et *actores* industrii solent in extrema parte -diligentissimus sis. Je t’engage à soigner extrêmement la fin à -l’exemple des grands poètes et des acteurs consciencieux. - -—1 Traduction Guéroult. Dans la collection Panckoucke. Cicéron, -t. XIII, p. 375. - -—Acumen, v. *Acies*. -—Adamare, v. *Diligere*. - -Adesse. Interesse. Præsentem esse. -1. *Adesse*, être près d’une personne ou d’une chose; -*interesse*, prendre part à une action. Cic. Verr. I, 40. -Crimina ea quæ notiora sunt his qui *adsunt* quam nobis... De -illo nihil dixit in quo *interfuit*. Ces accusations plus -familières aux assistants qu’à nous-mêmes... Il n’a rien dit du -fait auquel il a pris part. - -2. *Adesse* marque, en général, notre présence dans un cercle -dont nous faisons partie; *præsentem esse*, la présence -immédiate, sensible, visible. D’un hôte qu’on attend on dit -*adest* quand il se trouve dans nos murs; on dit *præsens est* -quand il est dans la même pièce que nous. Ter. Ad. III, 3, 29. -Non quia *ades præsens* dico hoc. Je ne dis pas cela parce que -tu es près de moi, devant moi. - -Adhuc. Hactenus. Hucusque. -*Adhuc* est adverbe de temps: jusqu’à ce moment; *hactenus* et -*hucusque* sont adverbes de lieu: jusqu’à cet endroit ou jusqu’à -ce point. - -—Adigere, v. *Cogere*. -—Adimere, v. *Demere*. -—Adipisci, v. *Invenire*. -—Admirari, v. *Vereri*. -—Admodum, v. *Perquam*. -—Adolescens, v. *Puer*. -—Adorare, v. *Vereri*. -—Adscendere, v. *Scandere*. -—Adsequi, v. *Invenire*. -—Adsolere, v. *Solere*. -—Adspectus, adspicere, v. *Videre*. -—Adulari, v. *Assentiri*. -—Aduncus, v. *Curvus*. -—Advena, v. *Exterus*. -—Adventor, v. *Hospes*. - -Adversarius. Hostis. Inimicus. -1. *Adversarius*, terme général pour tout adversaire à la -guerre, dans la politique, en justice, comme ἀντιστάτης; -*hostis*, ennemi à la guerre, en campagne, par opposition à -*pacatus*, comme πολέμιος; *inimicus*, ennemi du fond du cœur, -par opposition à *amicus*, comme ἐχθρός. Cic. Man. 10. Pompeius -sæpius cum *hoste* conflixit quam quisquam cum *inimico* -concertavit. Pompée compte plus de combats contre des armées -ennemies, que qui que ce soit au monde ne compte de luttes -contre un ennemi particulier. Liv. XXII, 39. Nescio an infestior -hic *adversarius*, quam ille hostis maneat. J’appréhende que ton -adversaire ne reste plus dangereux que ton ennemi. - -2. *Hostilis* et *inimicus* indiquent une disposition -permanente, *infestus* et *infensus*, un état passager: -*infestus* ne suppose qu’une attitude hostile, et peut se dire -même des objets inanimés qui nous menacent d’un danger; -*infensus* suppose des mouvements passionnés et ne se dit que -des personnes. Tac. Ann. XV, 28. Non *infensum*, nedum *hostili* -odio Corbulonis nomen habebatur. Le nom de Corbulon n’avait -jamais excité de ressentiment, loin d’être l’objet d’une haine -nationale. Sen. N. Q. III, pr. Animus luxuriæ non *adversus* -tantum, sed et *infestus*. Ame non-seulement contraire, mais -rebelle aux plaisirs. Liv. 11, 20. Tarquinium *infesto* spiculo -petit; Tarquinius *infenso* cessit hosti. Il lance à Tarquin un -trait dangereux; Tarquin se retira devant cet ennemi furieux. - -3. *Hosticus* marque un rapport de convenance: ennemi, qui -appartient à l’ennemi; *hostilis*, une disposition, comme -hostile. - -Advocatus. Causidicus. -Dans l’âge d’argent de la langue latine, *advocatus* désigne un -procureur par rapport aux services qu’il rend, et à son client -dont il est l’ami et l’appui; *causidicus*, par rapport à sa -condition et à son métier, souvent avec une idée de mépris, -comme un mercenaire. - -—Ædes, v. *Templum*. - -Ædificium. Domus. Ædes. Familia. -1. *Ædificium*, terme général pour toute espèce de bâtiment, -comme οἰϰοδόμημα; *domus* et *ædes*, *ædium*, maison -d’habitation: *domus*, demeure, siége héréditaire d’une famille, -comme οἶϰος; *ædes*, assemblage d’appartements, comme δόμοι, -δώματα. Virg. G. II, 461. Ingentem foribus *domus* alta superbis -mane salutantum totis vomit *ædibus* undam. La fière demeure par -ses portes orgueilleuses rejette, dès le matin, de ses -appartements encombrés un long flot de courtisans. - -2. *Domus*, la famille au sens patriarcal, comme une société -close et intime; *familia*, au sens politique, comme une partie -de la noblesse, *gens*, de la cité, *civitas*, du peuple, -*populus*. - -Æger. Ægrotus. Morbidus. Morbus. Valetudo. -1. *Æger*, terme général qui s’applique à toute espèce -d’incommodité et de malaise, au trouble d’esprit comme au mal -physique; *ægrotus* et *morbidus* supposent une maladie du -corps; *ægrotus*, chez l’homme, *morbidus*, chez un animal. -L’*æger* se sent malade, l’*ægrotus* et le *morbidus* sont -malades. - -2. *Morbus* et *valetudo* désignent une maladie actuelle: -*morbus*, comme un accident auquel l’homme est sujet; -*valetudo*, comme un état dont le malade a conscience. - -—Ægre, v. *Vix*. -—Ægritudo, v. *Cura*. -—Ægrotus, v. *Æger*. -—Æmulatio, v. *Imitatio*. -—Æqualis, v. *Æquus*. -—Æquor, v. *Mare*. - -Æquus. Par. Æqualis. Parilis. Compar. Impar. Dispar. -1. *Æquum*, égal en soi, uniforme, composé de parties -similaires, par opposition à *varius*; *par*, égal à quelque -chose d’autre, et placé au même degré par opposition à -*superior* et *inferior*. *Æquo Marte* présente dans son -ensemble le combat des deux partis; *pari Marte* oppose la -fortune de l’un à celle de l’autre. - -2. *Par*, marque une égalité de grandeur, de puissance, -d’influence ou encore de nombre, d’équilibre, de proportions, -comme ἴσος; *æqualis*, une égalité de nature, comme ὅμοιος. -*Par*, présente à l’esprit l’idée d’un homme d’action qui est -pour le moins prêt et résolu à entrer en lutte avec ses pairs; -*æqualis*, l’idée d’un personnage inactif, et le mot ne se prête -qu’à des comparaisons et à des parallèles. *Paria*, choses ou -personnes opposées, hostiles, jalouses, qui se disputent la -prééminence; *æqualia*, choses ou personnes distinctes, mais -unies, comme des parents qui ont des qualités et des sympathies -communes. *Pariter*, au même degré, ἴσα; *æqualiter*, de la même -façon, ὁμοίως, ὁμῶς. - -3. *Par*, tout à fait égal; *parilis*, à peu près égal, c’est un -intermédiaire entre *par* et *similis*. - -4. *Par*, égal à quelque chose ou à quelqu’un, exprime un -rapport simple; *compar*, qui se dit de plusieurs choses ou de -plusieurs personnes égales entre elles, un rapport réciproque, -sans renchérir d’ailleurs sur le degré de ressemblance. Cette -distinction se retrouve dans *finitimi* et *confines*, dans -ἐγγύς et ξυνεγγύς. - -5. *Impar* marque une inégalité, soit comme en arithmétique -celle des nombres impairs qui ne sont point exactement -divisibles par deux, soit une inégalité de force qui implique -une infériorité relative; *dispar* exprime une dissemblance et -ne précise point de quel côté penche la balance dans un -parallèle. - -Æquus. Planus. Campus. -1. *Æquum*, terrain plat, surface horizontale, par opposition à -ce qui monte ou descend, à *superior*, *inferior* et *acclivis*; -*planum*, la plaine unie, par opposition à un sol inégal, à -*montosus*, *saxosus*. *Æquum*, signifie au figuré l’équité, -parce que l’injustice commence dès que l’un se met au-dessus de -l’autre; *planum*, la clarté et la netteté, parce qu’on ne peut -embrasser d’un seul regard qu’une plaine, où aucune hauteur -n’arrête la vue. - -2. *Æquor* et *planities*, la plaine par rapport à sa forme; -campus, par rapport à sa position, comme pays bas par opposition -aux hauteurs. - -—Æquus animus, v. *Satis habere*. -—Aer, v. *Anima*. - -Ærarium. Fiscus. -*Ærarium*, la caisse de l’état; *fiscus*, la cassette de -l’empereur. Tac. Ann. VI, 2. Bona Sejani ablata *ærario*, ut in -*fiscum* cogerentur; tanquam referret. Les richesses de Séjan -retirées du trésor public entrèrent dans la cassette impériale, -comme si cela eût tiré à conséquence. - -—Ærumna, v. *Labor*. -—Æstimare, v. *Censere*. -—Æstuare, v. *Calere*. -—Æternus, v. *Continuus*. -—Affari, v. *Alloqui*. -—Affatim, v. *Satis*. -—Affinis, v. *Necessarius*. -—Affirmare, v. *Dicere*. -—Ager, v. *Rus* et *Villa*. - -Agere. Facere. Gerere. Opus. Factum. Age. I nunc. Degere. -1. *Agere*, marque un effet qui n’a lieu que dans le temps, -comme agir; *facere*, un effet qui se développe dans l’espace, -comme faire. Les *acta* sont passés aussitôt que l’*agens* -s’arrête, deviennent dès lors invisibles, et ne subsistent plus -que par le souvenir; les *facta* ne sont complets que quand le -*faciens* s’arrête, et ne prennent qu’à partir de ce moment une -existence propre. Cela doit s’entendre d’ailleurs d’*acta* et de -*facta* considérés exclusivement comme participes, non comme -substantifs. *Agens* donne l’idée de l’activité en général, -*faciens* l’idée d’une activité pratique. - -2. *Agere*, agir dans son propre intérêt; *gerere*, dans -l’intérêt d’un autre et par commission. Cic. Verr. I, 38. Quæ -etiamsi voluntate Dolabellæ *fiebant*, per istum tamen omnia -*gerebantur*. Tout se faisait par la volonté de Dolabella, mais -par l’entremise de Verrès. - -3. *Opus*, œuvre, ἔργον, est le substantif qui répond à -*facere*; *factum* (pris comme substantif), action, celui -d’*agere*; *res gestæ*, actes importants, hauts faits, πράξεις; -*acta*, mesures politiques. Cic. Att. XIV, 17. Multa de *facto* -ac de *re gesta*, de nombreux détails, tant sur cette entreprise -que sur ce grand acte: le premier, *facto*, s’appliquant à la -tentative d’Amatius, le second, *re gesta*, au châtiment que lui -a infligé Dolabella avec autant de sagesse que de courage. - -4. *Age*, *agedum*, encouragement donné sérieusement; *i nunc*, -encouragement ironique. - -5. *Agere*, mener une vie active et affairée; *degere*, vivre -dans l’oisiveté, soit parce que l’aisance nous dispense de -travailler, soit parce que nous sommes réduits à l’inaction. -Tac. Ann. XV, 74. Deûm honor principi non ante habetur quam -*agere* inter homines desierit. Avant de rendre à un prince les -honneurs divins, on attend qu’il ne soit plus mêlé aux affaires -de la vie. Comparez avec IV, 41. Ut Tiberium ad vitam procul -Roma amœnis locis *degendam* impelleret. Afin de pousser Tibère -à vivre loin de Rome dans le repos d’un agréable séjour. - -—Agere ferre, v. *Vastare*. - -Agger. Vallum. -*Agger*, simple levée, comme une digue; *vallum*, levée qui sert -à clore un espace. L’*agger* peut tenir lieu d’une courtine de -redoute dans des fortifications de campagne; le *vallum* ou -rempart fait toujours partie d’une forteresse, d’un camp, d’une -place forte. - -—Agmen, v. *Caterva*. -—Agrestis, v. *Rus*. -—Aio, v. *Dicere*. - -Ala. Penna. Pluma. Pinna. -1. *Ala*, la charpente, les muscles de l’aile, πτέρυξ; *penna*, -l’aile restreinte aux plumes qui concourent au vol, πτερόν. -Plaut. Pœn. IV, 2, 48. Meæ alæ pennas non habent. Je n’ai pas de -plumes à mes ailes. - -2. *Penna*, plumes grandes et dures qui servent à voler; -*pluma*, duvet, petites plumes moelleuses qui servent à vêtir le -corps de l’oiseau, comme πτίλον. Sen. Ep. 42. Meministi, quum -quemdam affirmares esse in tua potestate, dixisse me volaticum -esse ac levem, et te non pedem ejus tenere, sed *pennam*; -mentitus sum, *pluma* tenebatur quam remisit et fugit. Un jour, -tu dois t’en souvenir, tu prétendais avoir une personne en ton -pouvoir, et je te répondais qu’elle était volage et légère, que -tu ne la tenais point par le pied, mais par une plume. Eh bien, -ce n’était pas vrai: tu ne la retenais que par une petite plume -de duvet qu’elle t’a laissée, et la voilà partie. - -3. *Penna*, la plume entière, tuyau et barbes; *pinna*, les -barbes seules par opposition au tuyau. - -—Alacer, v. *Gaudere*. - -Alapa. Colaphus. -*Alapa*, soufflet, coup appliqué sur la figure avec le plat de -la main, c’est une punition, mais infligée avec modération; -*colaphus*, coup assené sur la tête avec le poing fermé et avec -des marques de colère et de fureur. - -Albus. Candidus. Albidus. -1. *Albus*, le blanc considéré en général comme l’absence de -toute couleur, ce qui n’a pas de couleur; *candidus*, le blanc -pris comme une couleur positive, la plus pure, la plus claire, -en comparaison de laquelle toutes les autres paraissent sombres -ou même sales; c’est un beau blanc éclatant. L’*album*, qui a -pour opposé *ater*, tire, comme le λευϰὸν, sur le jaune pâle; le -*candidum*, qui a pour opposé *niger*, tire, comme l᾿ἀργὸν, sur -le bleu pâle. *Alba cutis*, peau d’un malade, d’un hydropique; -*candida*, d’une personne qui est dans la fleur de la jeunesse. -Au figuré, *albor* est le symbole du bonheur et de la joie; -*candor*, de la pureté et de l’innocence. - -2. *Albus*, blanc; *albidus*, blanchâtre. - -Alere. Nutrire. Nutricare. -*Alere*, nourrir de manière à pousser au développement et à la -croissance; *nutrire* et *nutricare*, nourrir pour prolonger et -assurer l’existence. En d’autres termes *alimenta* adjuvant, -*nutrimenta* sustentant. Les aliments profitent, la nourriture -soutient. Cic. N. D. II, 63. Neque *ali*, neque *sustentari*. -N’être ni grassement, ni même pauvrement nourri. *Nutrire*, -terme général; *nutricare*, terme particulier usité de -préférence en parlant des animaux. - -—Algere, algidus, v. *Frigere*. -—Alienigena, v. *Exterus*. - -Alimenta. Penus. Cibus. Esca. Edulia. Cibare. Pascere. -1. *Alimenta* et *penus*, vivres quelconques, solides ou -liquides: *alimenta*, en général, par rapport à l’homme pris -individuellement; *penus*, par rapport à l’économie domestique -de toute une famille. *Cibus* et *esca* ne se disent que des -aliments solides par opposition à *potio*. *Cibus*, aliment -fourni par la nature, ressource alimentaire; *esca*, mets qui a -subi une préparation artificielle, plat apprêté. *Cibus* est le -seul de ces deux mots qui se dise aussi de la nourriture des -animaux; *esca*, le seul qui convienne à l’appât qu’on leur -prépare et qu’on leur présente. Cic. N. D. II, 47. Animalia -*cibum* partim dentibus capessunt. Un certain nombre d’animaux -saisissent leur nourriture avec les dents. Comparez avec II, 23. -Dii nec *escis* nec potionibus vescuntur. Les dieux se passent -pour vivre de cuisine et de cave. - -2. *Cibaria*, denrées alimentaires ordinaires et usuelles; -*edulia*, morceaux friands et recherchés. Suet. Tib. 46. Comites -nunquam salario, *cibariis* tantum sustentavit. Les gens de sa -suite ne tiraient de lui que des vivres, jamais de salaire. -Comparez avec Cal. 40. Pro *eduliis* certum statumque -exigebatur. Il avait mis un droit sur les comestibles. - -3. *Cibare*, nourrir de sa propre main comme une mère ou une -bonne d’enfants; *pascere*, fournir seulement la nourriture en -qualité de tuteur ou de maître. Suet. Tib. 72. Draconem manu sua -*cibaturus*. Comparez avec Vesp. 18. Sineret se plebeculam -*pascere*. Un dragon auquel il allait donner à manger de sa -main. Il lui demanda la permission de laisser au petit peuple sa -subsistance. - -—Aliquando, v. *Nonnunquam*. -—Alites, v. *Volucres*. - -Alloqui. Appellare. Affari. -*Alloqui*, adresser la parole à quelqu’un, lui faire l’honneur -de le saluer et de le reconnaître; *appellare*, prendre les -devants pour engager une personne dans une conversation, lui -adresser des paroles sérieuses, sortir des phrases banales; -*affari*, apostropher d’un ton pathétique plein d’amitié ou de -solennité. Cic. Cluent. 61. Quum nemo recipere tecto, nemo -*alloqui*, nemo respicere vellet. Lorsque personne ne voulait ni -le recueillir sous son toit, ni l’entendre, ni lui adresser la -parole, ni le regarder. Comparez avec Phil. XIII, 2. Salutabunt -benigne, comiter *appellabunt* unumquemque nostrum. Ils auront -pour chacun de nous un abord bienveillant, des paroles aimables -et prévenantes. Et Brut. 3. Salutatio libri quo me hic *affatus* -quasi jacentem excitavit. La dédicace du livre dans lequel il -m’apostrophe et qui m’a retiré d’une sorte d’abattement. - -—Alsus, v. *Frigere*. -—Altercatio, v. *Disceptatio*. - -Altus. Editus. Procerus. Arduus. Celsus. Excelsus. Sublimis. -1. *Altus*, terme général; il se dit de la hauteur ou de la -profondeur considérée comme une des trois dimensions de la -géométrie, et doit s’entendre de la hauteur par opposition à -*humilis*, à ce qui reste attaché terre à terre, au niveau du -sol, comme ὑψηλός; *editus*; élevé par opposition à *planus*, à -ce qui n’offre aux yeux qu’une surface plate; enfin *procerus*, -ce qui a poussé en hauteur ou en longueur. L’*altitudo* n’a ni -mesure ni limite; l’*editum* est de la taille d’une colline; la -*proceritas*, de celle d’un arbre ou d’un corps humain. - -2. *Altus*, *editus* et *procerus* réduisent la hauteur à un -simple rapport de lieu et d’espace; *arduus* se dit de ce qui -est d’abord haut, puis escarpé et inaccessible, au figuré: -difficile, impossible; *celsus*, haut par l’effet d’une tendance -à s’étendre et à s’élancer, au figuré: fier; *excelsus* et -*præcelsus*, ce qui dépasse encore d’autres points culminants, -au figuré: éminent; *sublimis*, ce qui se soutient en l’air sans -toucher à terre, ce qui plane, comme μετέωρος, au figuré: -sublime. - -—Amans, amator, v. *Amicus*. -—Amare, v. *Diligere*. -—Ambiguus, v. *Dubius*. - -Ambire. Circumire. -*Circumire* se dit d’un mouvement sinon exactement circulaire, -du moins tenu de suivre tous les contours d’un espace, faire le -tour; *ambire* ne désigne qu’un mouvement de va-et-vient, en -zigzag, aller çà et là, parcourir. Plin. Ep. II, 9. *Ambio* -domos stationesque *circumeo*. Je vais d’une maison à l’autre, -je fais le tour des lieux de réunion. Et Cic. Att. XIV, 21. -Antonium *circumire* veteranos ut acta Cæsaris sancirent, c’est- -à-dire qu’il les sollicite tous à la ronde depuis le premier -jusqu’au dernier. *Circumire* est plus fort ici qu’*ambire*, -lequel exprimerait en gros les sollicitations et les manœuvres -d’Antoine. - -—Ambo, v. *Uterque*. - -Ambulare. Spatiari. Deambulare. Inambulare. Obambulare. -1. *Ambulare* présente la promenade comme un exercice fait à -loisir, c’est un mouvement de va-et-vient par opposition d’une -part à *stare* et *cubare*, d’autre part à *currere* et -*salire*; *spatiari* donne l’idée d’un exercice au grand air, -par opposition à l’espace restreint d’une chambre ou d’un lieu -fermé. - -2. *Deambulare*, aller et venir jusqu’à ce qu’on soit fatigué; -*inambulare*, se promener dans un espace limité; *obambulare*, -se promener le long d’un mur, d’une allée, ou à côté d’un -compagnon de promenade. - -Amens. Demens. Insanus. Vesanus. Excors. Vecors. Furor. -Delirium. Rabies. Cerritus. Lymphatus. -1. L’*amentia* a un caractère négatif et passif; la *dementia*, -une influence positive et violente. L’*amens* manque de raison: -ou bien il n’agit pas du tout, ou il agit sans raison, comme un -idiot, ἄφρων; le *demens*, tout en croyant bien faire, rompt en -visière à la raison, comme l’insensé, παράφρων. On dit *amens -metu*, *terrore*, hébété par la peur, par l’épouvante; mais -*demens scelere*, *discordia*, devenu fou à la suite d’un crime, -d’une querelle. - -2. *Insanus* a un sens privatif; *vesanus*, un sens dépravatif. -L’*insanus* n’a plus d’empire sur les sens, la raison le fuit, -il dépasse dans un accès de passion la mesure et le but et nous -paraît coupable. C’est un homme en démence. Le *vesanus*, -aveuglé par des illusions, sort de la bonne voie, poursuit un -but trompeur et nous paraît malheureux. C’est un visionnaire. - -3. *Excors*, stupide, tout à fait incapable de réflexion et -d’examen, par opposition à *cordatus*; *vecors*, extravagant, -incapable de réfléchir avec calme, parce que l’âme est possédée -par une idée fixe. - -4. *Furor*, surexcitation de l’esprit, extase, transport, -μανιϰός; *delirium*, affaissement des facultés de l’esprit par -des causes physiques, comme chez une personne qui tombe en -enfance; *rabies*, accès de fureur méchante qui étouffe le sens -moral, λύσσα. Le *furibundus* oublie les lois de la matière; le -*delirus* radote; le *rabidus* veut mordre et nuire à toute -force. - -5. *Cerritus* et *lymphatus* représentent l’emportement comme un -état de possession: *cerritus* ou *ceritus*, possédé de Cérès; -*lymphatus*, possédé des nymphes. - -—Amictus, amiculum, v. *Vestis*. - -Amicus. Amans. Amator. -*Amicus* suppose une affection mutuelle, cordiale et paisible, -ami, φίλος; *amans* et *amator*, un amour qui peut fort bien ne -pas être partagé et qui n’en est que plus ardent: *amans*, un -amour de passage; *amator*, une passion durable, comme ἐραστής. -Cic. Alba tunc antiquissimus non solum *amicus*, verum etiam -*amator*. Alba dont l’amitié parfaite s’élevait alors jusqu’à la -constance de l’amour. Tusc. IV, 12. Inter ebriositatem et -ebrietatem interest, aliudque est amatorem esse, aliud amantem. -Je fais une différence entre l’ivrognerie et l’ivresse, je -distingue l’amant de l’amoureux. - -—Amicus, v. *Socius*. - -Amittere. Perdere. Jactura. -1. *Amittere*, perdre en ce sens que l’objet perdu cesse d’être -en notre pouvoir, comme ἀποϐαλεῖν, par opposition à *retinere*; -*perdere*, en ce sens que l’objet est détruit et ne peut plus -servir à personne, comme διολέσαι, par opposition à *servare*. -Tac. Ann. II, 25. *Perdita* classe, *amissis* armis. Malgré la -ruine de leur flotte et la perte de leurs armes. - -2. *Amissio*, perte involontaire; *jactura*, perte volontaire à -laquelle on se soumet, sacrifice qu’on fait pour éviter une plus -grande perte, à l’exemple du marin qui jette la cargaison par- -dessus bord pour sauver son vaisseau et sa vie. Plin. Ep. 1, 12. -*Jacturam* gravissimam feci, si *jactura* dicenda est tanti viri -*amissio*. Je suis accablé par un malheur auquel ma volonté -devrait souscrire, si je puis parler ainsi de la perte qui me -prive d’un si grand homme. (Il s’agit de Corellius Rufus qui a -cherché dans le suicide la fin de ses souffrances.) - -—Amittere, v. *Mittere*. -—Amnis, v. *Fluvius*. -—Amor, v. *Diligere* et *Studium*, n° 2. - -Amplecti. Complecti. -*Amplecti* se dit d’un geste auquel on n’emploie souvent qu’un -seul bras, et qui témoigne d’une inclination et d’une sympathie -paisible; *complecti*, c’est entourer, serrer avec les deux bras -en signe d’amour et de passion ou d’abandon familier. De même au -figuré: *amplecti*, c’est prendre quelque chose en main par -opposition à négliger et à dédaigner; *complecti*, c’est -s’emparer tout à fait d’une chose par opposition à posséder à -demi, à peu près. - -—Amplus, v. *Magnus*. -—Anceps, v. *Dubius*. -—Ancilla, v. *Servus*. -—Angor, v. *Cura*. -—Anguis, v. *Repere*. - -Angustus. Arctus. Densus. Spissus. -1. *Angustus* et *arctus* ont trait à l’espace même et à la -proximité des limites qui le restreignent; *densus* et -*spissus*, aux objets que l’espace contient et à leur voisinage -entre eux. - -2. L’*angustum* a pour limites de simples lignes, et offre la -plupart du temps une figure oblongue, étroite, il a pour opposé -*latus*, comme στενός; l’*arctum* est clos par des barrières, -des murailles, des montagnes, et offre une surface carrée ou -circulaire, resserrée, par opposition à *laxus*, comme στενωπός. -On ne peut jamais appeler *arctus* le *clavus angustus*. Mela. -III, 2, 8. Rhenus ad dextram primo *angustus* et sui similis, -post ingens lacus Flevo dicitur... fitque iterum *arctior*, -iterumque fluvius emittitur. A droite le Rhin est d’abord étroit -et conserve quelque temps ce caractère, puis il se transforme en -un lac considérable appelé le Flévon, après quoi il rentre dans -une gorge d’où il ressort sous la forme d’un simple cours d’eau: -selon que l’on se représente les bords du Rhin comme de simples -lignes ou comme des murailles. - -3. *Densus* présente simplement les objets comme très-rapprochés -les uns des autres, sans lacune apparente, par opposition à -*rarus*, comme δασὺς et θαμειός; *spissus* les représente comme -entassés les uns sur les autres sans aucun intervalle, par -opposition à *solutus*, comme πυϰνὸς et συχνός. L’idée qui -domine dans *densus* est celle d’une surabondance d’objets qu’il -n’est pas nécessaire d’écarter les uns des autres pour couvrir -un vaste espace; dans *spissus*, c’est l’absence de vides: les -objets sont tellement pressés qu’ils remplissent tous les -intervalles. - -Anima. Aer. Aura. Spiritus. Sublime. -*Anima* et *aer*, l’air pris comme élément, ἀήρ: *anima*, par -opposition aux trois autres éléments, à *terra*, *mare*, -*ignis*; mais *aer*, terme étranger et savant, par opposition à -l’air épuré des célestes demeures, à *æther*; *aura* et -*spiritus*, l’air en mouvement: *aura*, l’air doucement agité, -le souffle léger qui évente, αὖρα; *spiritus*, l’air qui se -précipite, qui entraîne, tout courant d’air analogue à une -inspiration ou à une expiration, πνεῦμα; enfin *sublime*, l’air -suspendu au-dessus de nous: ce dernier marque un simple rapport -de lieu par opposition à *humus*, comme μετάρσιον, μετέωρον. - -Anima. Animus. Mens. -1. *Anima*, l’âme de la physiologie, le principe de la vie -animale chez les hommes et les bêtes, vie qui cesse avec la -respiration, ψυχή; *animus*, l’âme de la psychologie et de la -morale, le principe de la personnalité qui cesse avec la -volonté, θυμός. Au sens mythologique les âmes des morts -s’appellent *animæ*, ce sont des ombres; au sens métaphysique -*animi*, ce sont des esprits. L’*anima* est un des éléments de -l’existence du corps; le même corps n’a pas d’opposé plus -tranché qu’*animus*. Sen. Ep. 4. Difficile est *animum* -perducere ad contemptionem *animæ*. Il est difficile d’amener -l’âme raisonnable jusqu’au mépris de l’âme sensitive. Juven. XV, -148. Principio indulsit communis conditor illis tantum *animas*, -nobis *animum* quoque. Au commencement le créateur commun -n’accorda aux animaux que des âmes sensitives, il nous accorda -en outre une âme raisonnable. - -2. *Animus*, l’âme humaine prise comme le réceptacle commun de -toutes les facultés spirituelles; il est alors, avec *mens*, la -faculté pensante, dans le rapport du tout à une de ses parties. -Cic. Rep. II, 40. Ea quæ latet in *animis* hominum quæque pars -*animi* *mens* vocatur. L’intelligence enfouie dans nos âmes et -qu’on peut appeler une partie de l’âme. Mais comme dans la vie -l’âme vaut surtout par la volonté, *animus* devient à son tour -une faculté de l’âme, celle du sentiment et de la volonté qui -prend place à côté de l’intelligence, de la conscience, *mens*. -Tac. H. I, 84. Quem nobis *animum*, quas *mentes* imprecentur? -Quels sentiments, quelles dispositions d’esprit nous -souhaiteraient-ils? Ter. Andr. I, 1, 137. Mala *mens*, malus -*animus*. Mauvaise tête, mauvais cœur. Et enfin, comme la pensée -précède la volonté, que la volonté sert d’intermédiaire entre la -pensée et l’action, qu’elle peut être considérée comme la -servante de la pensée, tout comme le corps est le serviteur de -la volonté, réciproquement *mens* se trouvera avec *animus* dans -le rapport d’un tout à sa partie. Cic. Tusc. III, 5. Mens cui -regnum totius *animi* a *natura* tributum est. La raison qui -exerce une autorité naturelle sur tous les sentiments. - -Animadvertere. Notare. -*Animadvertere* se dit de l’esprit qui remarque et observe; -*notare*, d’une marque à laquelle on a recours pour attirer -l’attention. - -Animal. Animans. Bellua. Bestia. Pecus. Fera. -1. *Animal* et *animans*, les animaux considérés comme des êtres -doués de vie, l’homme compris: *animal* caractérise la nature de -l’être; quel que soit son aspect, il appartient à la classe des -êtres animés; l’opposé est *inanimus*, l’équivalent grec ζῶον. -*Animans* précise l’état dans lequel se trouve l’être: il vit, -il respire; l’opposé est *exanimus*. On dit *animalium* -cadavera; *animantium* cadavera ferait un non-sens. *Bellua*, -*bestia* et *pecus* ont trait à l’intelligence; c’est l’animal -déraisonnable par contraste direct avec *homo*; *bestia* et -*fera* expriment une sorte de rapport moral, c’est la brute -hostile à l’homme. - -2. *Bellua* désigne particulièrement un animal grand et lourd, -par exemple un éléphant, une baleine, par préférence les -monstres marins; *pecus*, un animal domestique, par préférence -des moins intelligents, par exemple un taureau, un mouton, par -opposition à l’animal en liberté: c’est le bétail; *bestia*, -bête nuisible, surtout dévorante, par exemple un tigre, un loup, -par opposition aux oiseaux, comme θηρίον; *fera*, bête farouche, -hôte des forêts, par exemple un cerf, un loup, un tigre, par -opposition aux animaux domestiques, comme le gibier et les bêtes -sauvages, θήρ. Curt. IX, 10, 10. Indi maritimi *ferarum* -pellibus tecti piscibus sole duratis et majorum quoque -*belluarum*, quas fluctus ejecit, carne vescuntur. Les Indiens -des provinces maritimes, couverts de la dépouille des bêtes -sauvages, se nourrissent de poisson séché au soleil et même de -la chair des monstres marins que les flots ont rejetés. - -Annales. Historiæ. -*Annales*, traité général d’histoire et en particulier histoire -du passé composée sur les sources, Tite-Live et Tacite; -*historiæ*, étude d’histoire contemporaine, d’événements -auxquels l’auteur a assisté, Salluste et Tacite. L’auteur des -*annales* se propose de faire, année par année, une énumération -aussi variée que complète de toutes les particularités -mémorables; celui des *historiæ* traite un point d’histoire et -laisse de côté les événements les plus remarquables quand ils ne -s’y rattachent pas. - -Antiquus. Priscus. Vetus. Vetustus. Veternus. Pristinus. -1. *Antiquum* et *priscum*, ce qui a existé autrefois et qui -n’est plus, par opposition à *novum*, comme παλαιός; *vetus* et -*vetustum*, ce qui existe depuis longtemps et n’a plus de part -ni aux inconvénients ni aux priviléges de la jeunesse, par -opposition à *recens*, comme γέρων, γεραιὸς, γερούσιος">. -*Antiquus homo*, homme du bon vieux temps; *vetus*, vieillard. -Les classiques s’appellent *antiqui scriptores*, en ce sens que -leur siècle est depuis longtemps passé; *veteres*, en ce sens -qu’ils subsistent et servent de modèles depuis deux mille ans. -Cic. Verr. II, 21. Vereor ne hæc nimis *antiqua* et jam -*obsoleta* videantur. J’ai peur que ces exemples de modération -n’aient vieilli et ne paraissent hors d’usage. Comparez avec -Orat. I, 37. Ut illi *vetus* atque usitata exceptio daretur. -Pour lui donner le bénéfice de ce privilége ancien et souvent -appliqué. - -2. *Vetus* se rapporte exclusivement à la durée et présente -l’âge soit comme un avantage, soit comme un désavantage; -*vetustus* a trait aux priviléges de l’âge: ce qui subsiste de -vieille date est plus solide, plus respectable, plus à l’épreuve -que les nouveautés; il a pour opposé *novicius*. Enfin -*veternus* fait allusion aux infirmités du grand âge usé par les -années, affaibli, épuisé pour avoir duré trop longtemps. Mais -comme dans le beau siècle de la langue on ne rencontre -*veternus* que sous la forme de substantif, *veternum*, dans le -sens de somnolence, *vetus* le supplée régulièrement et désigne -plus souvent la décadence que la vigueur de l’âge. Tac. Ann. XI, -14 et 15. *Veterrimis* Græcorum. Les caractères de l’alphabet -latin sont empruntés aux plus vieilles formes des lettres -grecques. Et *vetustissima* Italiæ disciplina. La science des -aruspices, la plus auguste par son antiquité de toutes les -sciences que l’Italie cultive. - -3. *Antiquus* se dit simplement des choses du vieux temps, du -temps passé, par opposition au présent; *priscus* est un terme -pompeux qui ajoute à l’idée principale d’antiquité une idée -accessoire de respect et de sainteté, comme ἀρχαῖος, par -opposition à la mode du jour. - -4. *Antiquus* et *priscus* se disent d’une époque écoulée depuis -très-longtemps; *pristinus*, d’un temps passé quelconque, comme -πρότερος, antérieur. - -—Antrum, v. *Specus*. - -Anus. Vetula. -*Anus*, servant de féminin à *senex*, femme âgée, avec une idée -de respect, ou encore vieille femme, avec une idée de défaveur, -par allusion à sa faiblesse, à sa crédulité, à son bavardage; -*vetula*, vieille laide et qui n’a rien d’aimable. - -Aperire. Patefacere. Aperte. Palam. Manifesto. Propalam. -1. *Aperire*, découvrir un espace fermé par le haut, c’est-à- -dire horizontalement, par exemple une fosse, une source, et par -cette opération rendre visible; *patefacere*, ouvrir un espace -fermé par le côté, c’est-à-dire verticalement, par des portes, -des barrières, des clôtures, et par cette opération rendre -accessible. - -2. *Returare*, donner accès par une ouverture qui était bouchée; -*recludere*, par une ouverture fermée à clef; *reserare*, paг -une ouverture fermée au verrou. - -3. *Aperte*, ouvertement et sans se cacher, en sorte que tout le -monde puisse apprendre et savoir les choses, par opposition à -*occulte*, comme φανερῶς; *palam*, publiquement et sans secret, -en sorte que tout le monde puisse voir et entendre, comme -ἀναφανδόν; *manifesto*, manifestement, de manière à rendre -superflues les recherches, les conjectures, le secours et -l’effort des sens et de l’esprit, comme δῆλον. - -4. *Palam* marque qu’on expose les choses à la vue du public par -effronterie; *propalam*, par dessein prémédité. Cic. Orat. I, -35. Neque proposito argento neque tabulis et signis *propalam* -collocatis, c’est-à-dire à l’admiration de tout le monde. -Comparez avec Pis. 36. Mensis *palam* propositis, c’est-à-dire -effrontément et sans gêne. - -Apparet. Eminet. -*Apparet* se dit de ce qui est visible à l’observation; -*eminet*, de ce qui se fait remarquer de soi-même et saute aux -yeux. Sen. Ir. I, 1. *Apparent* alii affectus, hic (scil. iræ) -*eminet*. Les signes des autres passions sont visibles, ceux de -la colère sont frappants. - -—Apparet, v. *Constat*. -—Appellare, v. *Alloqui* et *Nominare*. -—Aptus, v. *Idoneus*. - -Aqua. Unda. Fluctus. Fluentum. -1. *Aqua*, l’eau prise comme matière élémentaire, par opposition -à *terra*; *unda*, l’élément liquide toujours en mouvement, par -opposition à *solum*; *lympha*, simple synonyme poétique -d’*aqua*, avec l’idée accessoire d’une belle eau claire, sens -fondé sur une ressemblance fortuite de son avec la première -syllabe de l’adjectif *limpidus*, qui n’a point la même racine. - -2. *Unda* est un intermédiaire entre *aqua* et *fluctus*, comme -*aura* entre *aer* et *ventus*. Car *unda* désigne comme onde -l’eau qui semble se mouvoir d’elle-même, mais *fluctus* et -*fluenta*, le flot, l’eau agitée par quelque cause extérieure, -comme une tempête: *fluctus*, en général, c’est la mer avec ses -flots; *fluentum*, la vague isolée. La mer orageuse, le torrent -impétueux, roulent seuls des *fluctus*, mais toute eau qui n’est -pas stagnante a des *undas*. Aussi y a-t-il une grande -différence entre ces deux images dans Cic. Mil. 2, 5. -Tempestates et procellas in illis duntaxat *fluctibus* concionum -semper putavi Miloni esse subeundas, c’est-à-dire dans les -assemblées orageuses et agitées du peuple; et Planc. 6, 15. Si -campus atque illæ *undæ* comitiorum, ut mare profundum et -immensum, sic effervescunt quodam quasi æstu, c’est-à-dire les -réunions populaires faciles à émouvoir. Sen. N. Q. III, 10. Quid -si ullam *undam* superesse mireris tot *fluctibus* fractis? -Étonnez-vous plutôt qu’il reste des ondes à la mer pour venir -remplacer au rivage tant de flots qui s’y sont brisés. Et IV, 2. -Nec mergit cadens *unda*, sed planis aquis tradit. Et l’onde ne -les submerge pas dans sa chute, elle les lance sur des eaux -immobiles. - -—Aquosus, v. *Udus*. -—Arbitrari, v. *Censere*. - -Arcana. Secreta. Mysteria. -*Arcana* et *mysteria*, les secrets envisagés par leur côté -honorable, ceux qui tirent d’eux-mêmes leur raison d’être, qui -tiennent à la nature des choses et qui méritent à ce titre -d’inspirer un saint respect; *arcana* est d’ailleurs un terme -populaire pour toute sorte de secrets; *mysteria*, un terme -savant pour les secrets religieux comparables aux mystères -d’Éleusis; enfin, *secreta*, les secrets, au sens le plus -vulgaire, ceux qui ont une origine purement humaine, en parlant -des choses qu’on tient cachées par crainte. Tac. I, 6. -Sallustius Crispus particeps *secretorum*... monuit Liviam ne -*arcana* domus vulgarentur. Sallustius Crispus, pour qui Tibère -et Livie n’avaient rien de caché, engagea Livie à ne plus livrer -au public les augustes secrets de la famille impériale. - -Arcere. Prohibere. -*Arcere*, repousser et empêcher d’entrer, par opposition à -*admittere*; *prohibere*, tenir éloigné et empêcher d’approcher, -par opposition à *adhibere*. L’*arcens* se tient sur la -défensive, comme le *resistens*, et agit par sollicitude pour la -personne menacée; le *prohibens* prend l’offensive, comme le -*propulsans*, et agit par inimitié contre l’agresseur. - -Arcessere. Accire. Evocare. Accersere. -1. *Arcessere* et *accersere*, termes généraux, signifient -simplement faire venir; *accire*, inviter, suppose qu’on -s’adresse à un égal; *evocare*, mander, à un inférieur. -L’*arcessens* pousse à se présenter, l’*acciens* engage, -l’*evocans* ordonne. Cic. Att. V, 1. Tu invita mulieres, ego -*accivero* pueros. Chargeons-nous, toi de prier les femmes, moi -d’inviter les jeunes gens. Comparez avec Dej. 5. Venit vel -rogatus ut amicus, vel *arcessitus* ut socius, vel *evocatus* ut -qui senatui parere didicisset. Il s’est présenté ou en ami dont -on souhaitait l’arrivée, ou en allié qu’on faisait venir, ou en -sujet mandé par le sénat et dressé à lui obéir. Liv. X, 19. -*Collegæ* auxilium quod *acciendum* ultro fuerit. Le secours de -son collègue qu’il aurait dû demander sans façon. Comparez avec -XLIV, 31. *Evocati* litteris imperatoris. Mandés par un ordre -écrit du général. Et XXXIX, 11. Æbutia *accita* ad Sulpiciam -venit. Ebutia vint trouver Sulpicie comme elle l’en avait priée. -Mais 12. Ut Hispalam libertinam *arcesseret* ad sese. Afin de -faire venir l’affranchie Hispala. - -2. *Arcessere* signifiait primitivement pousser à venir; -*accersere*, à accourir en toute hâte; mais la ressemblance de -son a fait confondre les deux mots. - -—Arctus, v. *Angustus*. - -Ardere. Flagrare. -*Ardere*, brûler comme un brasier, αίθειν; *flagrare*, être en -flammes, comme φλέγεσθαι. Au figuré, *ardere* marque une passion -qui couve; *flagrare*, une passion qui éclate. Cic. Or. III, 2, -8. Non vidit Crassus *flagrantem* bello Italiam, non *ardentem* -invidia senatum. Crassus n’a vu ni l’Italie dévorée par les -flammes de la guerre, ni le sénat consumé par le feu de la -jalousie. - -Arduus. Difficilis. -*Arduus*, difficile à atteindre, par opposition à *pronus*; -*difficilis*, à exécuter, par opposition à *facilis*. *Arduus* -est d’ailleurs le terme le plus fort et marque une difficulté -voisine de l’impossibilité. Plin. Ep. VI, 17. Est enim res -difficilis, *ardua*. La chose est pleine de difficultés et -d’obstacles. Tac. H. II, 76. Æstimare debent an quod inchoatur, -reipublicæ utile, ipsis gloriosum aut *promptum effectu*, aut -certe non *arduum* sit. Tous ceux qui osent former de grands -desseins sont tenus d’examiner si leur entreprise est utile à la -république, si elle paraît d’une exécution facile, ou du moins -si elle ne présente pas trop d’obstacles. Cic. Verr. I, 51. Cum -sibi omnes ad illum allegationes *difficiles*, omnes aditus -*arduos* ac pæne *interclusos* viderent. Voyant les difficultés -qu’il y avait pour eux à faire parvenir une députation jusqu’à -lui, toutes les voies hérissées d’obstacles et pour ainsi dire -barrées. - -—Arduus, v. *Altus*. -—Arena, v. *Sabulo*. - -Arguere. Incusare. Culpare. Criminari. Insimulare. Deferre. -Accusare. -*Arguere*, terme général pour toutes les manières de mettre au -jour une faute supposée ou réelle par devant la justice ou -ailleurs, incriminer; *incusare* et le terme rare de *culpare* -ne marquent qu’une accusation extrajudiciaire; *criminari*, -accuser avec des sentiments d’hostilité ou de méchanceté, en -noircissant; *insimulare*, accuser faussement, sans reculer -devant la calomnie, rendre suspect; *deferre*, dénoncer au juge; -*accusare*, accuser au criminel. Cic. Lig. IV, 10. *Arguis* -fatentem. Non est satis. *Accusas* eum. Il avoue, et tu -l’incrimines. Tu ne t’en tiens pas là. Tu le poursuis devant les -juges criminels. - -Aridus. Torridus. Siccus. -*Aridus* et *torridus* marquent une privation de sucs: les -*arida* ont perdu leur humidité naturelle par l’effet d’un feu -qui agit à l’intérieur; l’équivalent grec est αὖος, l’opposé -*humidus*; les *torrida*, par l’effet d’une chaleur qui agit du -dehors au dedans; ils ont pour opposé *uvidus*, comme σϰληρός; -*siccus* ne marque qu’une sécheresse extérieure, limitée à la -surface, par opposition à *madidus*, comme ξηρός. Plin. H. N. -XII, 12. Ne sint fragilia et *arida* potius quam *sicca* folia. -De peur que les feuilles ne soient cassantes et tout à fait -desséchées, au lieu d’être simplement sèches. Et XV, 29: Cato -docuit vinum fieri ex nigra myrta *siccata* usque in -*ariditatem* in umbra. Caton a enseigné qu’on peut fabriquer du -vin avec les baies de myrte noir qu’on fait sécher à l’ombre -jusqu’à ce que la dessiccation soit parfaite. - -—Arista, v. *Culmus*. -—Armentum, v. *Pecus*. - -Armus. Humerus. Ala. Axilla. -*Armus*, le sommet du bras chez l’homme, de la jambe de devant -chez les animaux, mais partie du corps entier à la différence de -*scapula*, l’omoplate, qui n’est qu’une partie du squelette, -ὦμος; *humerus*, la surface plane qui existe chez l’homme au- -dessus du bras, l’épaule, ἐπωμίς; *ala* et *axilla*, le creux -qui se forme sous le bras, l’aisselle, μασχάλη. Ovid. Met. XII, -396. Ex *humeris* medios coma dependebat in *armos*. Des -épaules, sa chevelure descendait jusqu’au-dessous de la -naissance des jambes. (Il s’agit du centaure Cyllarus.) - -—Arrogantia, v. *Superbia*. -—Artes, v. *Litteræ*. -—Artifex, v. *Faber*. -—Artus, v. *Membrum*. -—Arundo, v. *Culmus*. -—Arvum, v. *Villa*. - -Ascia. Securis. -*Ascia*, la hache du charpentier pour débiter le bois; -*securis*, le couperet du boucher pour dépecer la viande. - -—Asper, v. *Horridus*. -—Aspernari, v. *Spernere*. - -Assentiri. Assentari. Blandiri. Adulari. -1. *Assentiri*, donner son assentiment par conviction; l’opposé -est *dissentire*; *assentari*, exprimer son assentiment, que ce -soit par conviction ou par hypocrisie, l’opposé est *adversari*. - -2. *Assentari* désigne la flatterie qui a horreur de contredire, -comme θωπεύειν; *blandiri*, celle qui fait dire des choses -agréables, comme ἀρεσϰεύειν; *adulari*, celle qui cherche à -plaire en s’abaissant, comme ϰολαϰεύειν. Entre flatteurs, -l’*assentans* recherche la faveur d’autrui en résignant son -droit à toute opinion indépendante; le *blandiens*, par des -complaisances et des marques visibles d’affection; l’*adulans*, -en s’abaissant et en donnant des marques d’un indigne respect. -L’*assentatio*, ou l’art de celui qui dit toujours oui, procède -de lâcheté ou de sottise; les *blanditiæ* ou cajoleries -procèdent avant tout de l’envie de paraître aimable, et au pis -aller de l’égoïsme; l’*adulatio* ou la flatterie, la -flagornerie, ϰολαϰεία, de sentiments bas, bons pour des esclaves -ou des chiens. Sen. Ir. III, 8. Magis adhuc proderunt submissi -et humani et dulces, non tamen usque in *adulationem*, nam -iracundos nimia *assentatio* offendit. Erat certe amicus... cui -non magis tutum erat *blandiri* quam maledicere. Un commerce -plus profitable pour vous, tant que vous en serez là, c’est -celui des personnes respectueuses, polies, douces, sans -descendre jusqu’à l’adulation, car une complaisance excessive -choque les tempéraments colériques. Je possédais en ce genre un -ami qu’il n’y avait pas plus de sûreté à choyer qu’à rudoyer. Et -II, 28. Sæpe *adulatio* dum *blanditur* offendit. L’adulation, -en voulant complaire, s’expose à choquer. - -—Asseverare, v. *Dicere*. -—Assiduitas, v. *Opera*. -—Astrum, v. *Stella*. - -Astutus. Callidus. Vafer. Versutus. -*Astutus*, en vieux latin *astus*, et *callidus* s’entendent de -la finesse au sens intellectuel; c’est une variété de la -prudence: *astutus* se dit de la sagacité qui invente et dirige -des menées secrètes; il est synonyme de *solers*, rusé; -*callidus* se dit de la pénétration qui débrouille les affaires -embarrassées, de la prudence pratique qui provient de la -connaissance des hommes et de l’expérience du monde; il est -synonyme de *rerum peritus* et signifie, par corruption, délié, -comme ϰερδαλέος. *Vafer* et *versutus* désignent la finesse par -son côté immoral, comme un effet de l’improbité: *vafer* -caractérise l’adresse à créer des difficultés, surtout en -justice, en fait de chicanes d’avocat, comme madré, πανοῦργος; -*versutus*, la prestesse dans l’art de se déguiser, de se tirer -d’embarras par tous les moyens, retors, comme στροφαῖος; il a -pour opposé simplex. Plin. Ep. VII, 6. Juvenis ingeniosus sed -parum *callidus*. Jeune homme qui a de l’esprit naturel, mais -qui n’est guère avisé. Cic. Brut. 48. *Callidus* et in capiendo -adversario *versutus*. Avisé et même retors quand il s’agit -d’embarrasser un adversaire. - -Ater. Niger. Pullus. -1. *Ater*, le noir considéré comme une négation de la couleur, -par opposition à *albus*; *niger*, le noir comme étant une -couleur par lui-même et la plus foncée de toutes, par opposition -à *candidus*. L’*atrum* ne cause qu’une impression triste et -sombre; le *nigrum* produit une impression sévère et imposante -qui se concilie avec la beauté, comme dans Hor. Carm. I, 32, 11. -Lycum *nigris* oculis *nigro*que crine decorum. Lycus paré de -ses yeux noirs et de ses cheveux noirs. Tac. G. 43. *Nigra* -scuta, tincta corpora, *atras* ad prælia noctes legunt. Ils ont -des boucliers noirs, ils se peignent le corps, ils choisissent -pour leurs attaques des nuits sombres. - -2. *Ater* et *niger*, le noir parfait, foncé, *pullus*, le brun -qui tire sur le noir; ce dernier rappelle la parenté qui existe -entre une couleur sombre et la malpropreté. - -—Atque, v. *Et*. - -Atrox. Trux. Truculentus. Dirus. Sævus. Torvus. -1. *Atrox*, *trux* et *truculentus* se disent de ce qui a un -extérieur effrayant, de ce qui fait sur l’imagination, sur les -yeux et les oreilles une impression terrible, comme -épouvantable: *atrox* marque une qualité des choses; *trux* et -*truculentus*, des qualités personnelles. *Dirus* et *sævus* se -disent de ce qui est vraiment terrible et dangereux: *dirus*, -par essence, par une propriété des choses, effroyable, δεινὸς, -mais *sævus*, par caractère, par une qualité propre à des êtres -animés, sanguinaire, cruel, αἰνός. Plin. Pan. 53. *Atrocissima* -effigies *sævissimi* domini. L’image effroyable du plus cruel -des maîtres. Mela. II, 7. Ionium pelagus... *atrox*, *sævum*, -c’est-à-dire qui a un aspect menaçant et ne cause d’ailleurs que -trop de malheurs. - -2. *Trux* désigne uu regard, une voix épouvantable par leur côté -héroïque ou tragique, comme autant de signes d’un courage -barbare ou de quelque sentiment cruel; *truculentus*, par leur -côté trivial ou comique, comme des signes de mauvaise humeur ou -d’une passion basse. L’esclave de la comédie de Plaute est -*truculentus*, Achille courroucé est *trux*. Mais -*truculentior*, *truculentissimus* servent de comparatif et de -superlatif à *trux*. - -3. *Trux* et *truculentus* vultus regard courroucé qui inspire -la crainte, comme τραχύς; *torvus* (regard pénétrant, etc.) -regard pénétrant, perçant, toujours farouche, comme τορὸν ou -ταυρηδὸν ϐλέπων. Plin. H. N. XI, 54. Contuitu quoque -multiformes, *truces*, *torvi*, flagrantes. Le regard varie à -l’infini l’aspect que prennent les yeux; ils paraissent -courroucés et effrayants, perçants et farouches, étincelants, -etc. - -Attonitus. Stupens. -*Attonitus*, comme frappé de la foudre, c’est un état passager; -*stupens*, pétrifié, c’est un état durable. Curt. VIII, 2, 3. -*Attoniti* et *stupentibus* similes. Comme frappés de la foudre -et pour ainsi dire pétrifiés. - -Audere. Conari. Moliri. -*Audere* se dit d’une entreprise considérée sous le rapport du -danger de l’action et du courage de la personne, comme oser; -*conari*, sous le rapport de l’importance de l’action et de -l’énergie de la personne, comme tenter; enfin *moliri*, sous le -rapport de la difficulté de l’action et des efforts qu’elle -exige de la part de la personne, comme entreprendre. - -—Audacia, audentia, v. *Fides*. - -Audire. Auscultare. -*Audire*, entendre, ἀϰούειν, c’est un terme purement passif, -comme *olfacere*; *auscultare*, écouter, ἀϰροᾶσθαι; c’est -vouloir entendre, écouter avec attention, soit en cachette, soit -au grand jour, par un acte de volonté, comme *odorari*. Ter. Ad. -IV, 5, 45. Æsch. Pater, obsecro, *ausculta*. Mic. Æschine, -*audivi* omnia. Esch. Père, je t’en supplie, écoute-moi. Mic. -Eschine, j’ai tout entendu. - -—Auferre, v. *Demere*. - -Auguria. Auspicia. Prodigia. Ostenta. Portenta. Monstra. Omina. -*Auguria* et *auspicia*, apparitions naturelles qui n’ont de -sens que pour les personnes versées dans l’art d’interpréter les -signes: *auguria*, pour les membres savants du collége des -augures; *auspicia*, pour les magistrats qui avaient le droit de -prendre les auspices. *Prodigia*, *ostenta*, *portenta*, -*monstra*, apparitions surnaturelles qui frappent aussi le -vulgaire et qu’un devin ne peut qu’expliquer avec plus -d’exactitude; enfin *omina*, signes que toute personne à qui ils -apparaissent s’explique elle-même sans intermédiaire. L’idée qui -domine dans *prodigium* est celle de la portée et des -conséquences du phénomène; dans *ostentum*, c’est le merveilleux -et le grandiose; dans *portentum*, le côté effrayant, l’annonce -du danger; dans *monstrum*, le côté contre nature et hideux. - -—Aura, v. *Anima*. -—Auscultare, v. *Audire*. -—Auspicia, v. *Auguria*. - -Austerus. Severus. Difficilis. Morosus. Tetricus. -1. *Austerus* présente la sévérité comme une tournure d’esprit; -*severus*, comme une qualité morale. L’*austerus*, dont l’opposé -est *jucundus*, répugne à la plaisanterie et aux futilités; il -demande du sérieux et du positif dans l’art, dans la science, -dans le commerce de la société, au risque de passer pour un -esprit sec; le *severus*, dont l’opposé est *luxuriosus*, est -rigoureux; il hait tout libertinage, tout relâchement; il exige -des autres et de lui de l’empire sur soi-même et de l’énergie, -au risque de passer pour un cœur dur. Le stoïcien est *austerus* -comme philosophe, *severus* comme homme. - -2. *Austerus* et *severus* n’impliquent point de blâme; mais -*difficilis*, *morosus* et *tetricus* désignent l’abus de la -rigueur. Le *difficilis* ignore l’art d’un commerce facile et -agréable, à cause de son tempérament hypocondriaque; le -*morosus* est scrupuleux; il veut tout redresser par excès de -conscience et défaut de tolérance; le *tetricus* est roide et -gênant par pédantisme et défaut de bonne humeur. - -—Autumare, v. *Censere*. - -Auxilium. Opem ferre. Opitulari. Juvare. Adjuvare. -1. *Auxilium*, *opem ferre* et *opitulari*, secourir, supposent -un opprimé qu’il s’agit de tirer d’embarras et de danger en -venant à son secours, par opposition à *deserere*, *destituere*: -il faut se représenter l’*auxilium ferens* comme un allié qui se -met au service de la personne ou des intérêts de l’opprimé; -l’*opem ferens*, comme un bienfaiteur qui fait profiter le -faible de sa puissance et de sa force. *Juvare* et *adjuvare* ne -supposent, comme soutenir, qu’une personne qui réussira mieux et -plus vite dans ce qu’elle entreprend, si on l’assiste, par -opposition à *impedire*. Ter. Heaut. V, 2, 39. Matres solent -esse filiis in peccato *adjutrices*, *auxilio* in paterna -injuria. Les mères ne manquent jamais de se prêter aux sottises -de leurs fils et de les secourir contre l’oppression d’un père. -Quand Tarquin, dans Liv. II, 6, prie les Véiens: *ferrent opem*, -*adjuvarent*, il faut se le représenter d’abord comme exilé, -*exulans*, ensuite comme prétendant, *regnum repetiturus*. - -2. *Opem* et *auxilium ferre* ont l’accent sur le substantif; -c’est du secours qu’on porte, non autre chose; *opitulari* et le -terme poétique *auxiliari* ont l’accent sur leur racine verbale; -c’est secourir sans hésiter. - -Ave. Salve. Vale. -*Ave*, formule de salutation qui s’emploie également à l’arrivée -et au départ, comme χαῖρε; *salve*, formule d’usage à l’arrivée; -*vale*, au départ, comme ἔῤῥωσο. Suet. Galb. 4. Ut liberti mane -*salvere*, vespere *valere* sibi singuli dicerent. Il maintint -l’usage qui obligeait ses affranchis à venir lui souhaiter -chacun le bonjour le matin, et le soir une bonne nuit. - -—Aves, v. *Volucres*. -—Avidus, v. *Velle*. - -Axes. Plancæ. Tabulæ. -*Axes* ou *asses* et *plancæ*, planches brutes qu’on emploie -telles qu’elles sortent de la scie: *asses*, terme usuel; -*plancæ*, terme technique, comme ais. *Tabulæ*, planches -travaillées avec plus de fini à l’aide du rabot, pour servir à -des meubles de luxe. - -—Axilla, v. *Armus*. - - -B - - -Balbus. Blæsus. -*Balbus*, bègue, c’est un défaut habituel; *blæsus*, qui bégaye, -c’est un accident temporaire. - -—Baculus, v. *Fustis*. -—Bajulare, v. *Ferre*. -—Bardus, v. *Stupidus*. -—Baubari, v. *Latrare*. -—Beatus, v. *Felix*. -—Bellua, v. *Animal*. -—Bene moratus, v. *Bonus*. -—Benevolentia, v. *Studium*. -—Benignus, v. *Largus*. -—Bestia, v. *Animal*. - -Bibere. Potare. -*Bibere*, boire à la façon des hommes, πίνειν; *potare*, à la -façon des bêtes et en prendre plus qu’on n’en peut porter. Sen. -Ep. 122. Inter nudos *bibunt*, imo *potant*. Ils boivent, ils se -soûlent de vin au milieu des baigneurs nus. Plaut. Curc. I, 1, -88. Agite, *bibite*, festivæ fores, *potate*, fite mihi volentes -propitiæ. Bois, bois, charmante porte, soûle-toi, sois-moi -bienveillante et favorable. - -—Bifariam, v. *Duplex*. -—Bilis, v. *Fel*. -—Blæsus, v. *Balbus*. -—Blandiri, v. *Assentiri*. -—Blatire, blaterare, v. *Garrire*. -—Boni consulere, v. *Satis habere*. - -Bonus. Bene moratus. Probus. Frugi. Honestus. Sanctus. -1. *Bonus*, *bene moratus*, *probus* et *frugi* marquent un -degré inférieur de moralité qui consiste à éviter le blâme et le -châtiment, la haine et le mépris. *Bonus* se prend au sens -populaire selon lequel la bienveillance et la bonté de cœur -constituent un des principaux éléments de la moralité, comme -bon, ἀγαθὸς, par opposition à *malus*. *Bene moratus* se dit, -dans un sens plus philosophique, d’un caractère formé par -l’éducation dont les traits indispensables sont de l’empire sur -soi-même, de la droiture, un certain détachement de l’égoïsme -vulgaire, moral, qui a des mœurs, εὔτροπος. *Probus* s’entend de -celui qui ne fait de tort ou d’injustice à personne, le brave -homme, l’honnête homme, l’homme juste. *Frugi*, c’est celui que -son savoir-faire, son exactitude, son application, rendent un -personnage utile dans la vie pratique, l’homme brave et rangé, -par opposition à *nequam*, comme χρηστός. Quintil. VI, 4, 11. -Non est altercandi ars... res animi jacentis et *mollis* supra -modum frontis, fallitque plerumque quod *probitas* vocatur quæ -est *imbecillitas*. Il faut, pour paraître en maître aux débats, -une âme qui ne se laisse point abattre, un front qui ne se -courbe pas trop vite, et la commune erreur vient de ce qu’on -donne en cette matière le nom de probité à la pure faiblesse -d’esprit. Cic. Dej. 10. *Frugi* hominem dici non multum laudis -habet in *rege*. Ce n’est pas faire un grand éloge d’un roi que -de l’appeler un homme rangé. - -2. *Honestus* et *sanctus* désignent un degré supérieur de -moralité qui s’inspire d’une raison plus haute, qui s’élève au- -dessus du vulgaire et de la morale au jour le jour. *Honestus*, -âme noble et héroïque qui conforme sa conduite aux principes -d’un honneur exquis, par opposition à *turpis*. *Sanctus*, âme -religieuse et sainte que gouverne le désir de plaire à Dieu. - -—Brachium, v. *Ulna*. - -Brevis. Curtus. -*Brevis*, court par nature; *curtus*, raccourci. - -—Brutus, v. *Stupidus*. - - -C - - -—Caballus, v. *Equus*. -—Cachinnare, v. *Ridere*. -—Cacumen, v. *Acies*. - -Cadaver. Corpus. -Il y a entre *cadaver* et *corpus* à peu près la même différence -qu’entre os et ossements. Le corps inanimé désigné par *cadaver* -n’est qu’un objet matériel; désigné par *corpus*, c’est la -dépouille mortelle d’une personne, et on emploie toujours ce -dernier mot quand on s’intéresse au mort. - -—Cadere, v. *Labi*. -—Cædere, v. *Verberare*. -—Cærimonia, v. *Consuetudo*. -—Cæsar, v. *Primus*. -—Cæsaries, v. *Crinis*. - -Cæteri. Reliqui. -*Cæteri*, les autres, par opposition aux premiers nommés, comme -οἱ ἄλλοι; l’opposition est fortement marquée; *reliqui*, le -reste, comme simple complément du tout, οἱ λοιποί. Cic. Brut. 2, -6. Si viveret Hortensius, *cætera* fortasse desideraret una cum -*reliquis* bonis civibus; hunc aut præter *cæteros* aut cum -paucis sustineret dolorem. Si Hortensius vivait, il partagerait -sans doute les autres privations avec le reste des bons -citoyens; mais une douleur qu’il aurait de plus que les autres -citoyens ou qu’on n’aurait guère avec lui serait... - -—Calamitas, v. *Infortunium*. -—Calculus, v. *Saxum*. -—Calamus, v. *Culmus*. - -Calere. Fervere. Æstuare. Calefacere. Fovere. -1. *Calere* et *fervere*, il fait chaud, il fait très-chaud, -désignent la chaleur même: *calidus*, dont l’opposé est -*frigidus*, un degré de chaleur modéré; *fervidus*, dont -l’opposé est *gelidus*, le degré du point d’ébullition. -*Æstuare*, dont l’opposé est *algere*, désigne la sensation que -la chaleur fait éprouver, comme avoir chaud. - -2. *Calefacere*, chauffer, au sens purement physique, sans idée -accessoire; *fovere*, chauffer, avec allusion à la sensation -agréable ou à l’effet bienfaisant de la chaleur. - -—Caligo, v. *Obscurum*. -—Calix, v. *Poculum*. -—Callidus, v. *Astutus* et *Sapiens*. -—Callis, v. *Iter*. -—Campus, v. *Equus* et *Villa*. - -Candela. Lucerna. -*Candela*, chandelle que l’on peut porter comme une torche, -λαμπάς; *lucerna*, lumière qui brûle sur une table et qu’on ne -saurait se représenter autrement. - -—Candidus, v. *Albus*. - -Canere. Cantare. Psallere. Canticum. Cantilena. Carmen. Poema. -Poeta. Vates. -1. *Canere*, terme général, faire de la musique, *canere voce*, -*tibiis*, *fidibus*, μέλπειν; *cantare* se dit de la musique -vocale, ἀείδειν; *psallere*, de la musique instrumentale -exécutée avec des instruments à cordes. - -2. *Cantica* et *cantilenæ*, compositions exclusivement -destinées à être chantées, dans lesquelles les paroles et la -mélodie sont inséparables, comme dans les chants populaires, et -qui servent d’expression à la joie et aux plaisirs de la vie, -par opposition au discours, au langage parlé: *canticum*, -chanson favorite qui égaye; *cantilena*, chanson rebattue qui a -perdu le charme de la nouveauté et n’est plus qu’une vieillerie. -*Carmina* et *poemata*, poésies susceptibles d’être chantées, -mais dont les paroles sont une œuvre d’art, ayant une valeur -propre, et qui sont consacrées à la religion ou au dieu des -vers, par opposition à la prose et à la vérité pratique. -*Carmina*, dans sa signification primitive, désigne des chants -religieux, ἐπῳδαὶ, et par extension d’autres poésies, surtout de -petites pièces et des morceaux lyriques, comme ᾠδαί; *poemata*, -des productions d’un art avancé, de longs poèmes, la plupart du -temps épiques ou tragiques, comme ποιήματα. Le *carmen* est le -fruit d’une inspiration naïve; le *poema*, d’une inspiration qui -se connaît et se maîtrise. - -3. *Poeta*, terme savant, technique, ne fait voir dans le poète -que l’artiste; *vates*, terme religieux qui appartient à la -vieille langue latine, le présente comme une personne sainte. - -—Canna, v. *Culmus*. -—Cantare, v. *Canere*. -—Canterius, v. *Equus*. -—Canticum, cantilena, v. *Canere*. - -Caper. Hircus. Hædus. -*Caper*, terme général, nom du bouc en histoire naturelle, -τράγος; *hircus*, vieux bouc qui a toute sa croissance; *hœdus*, -*hædus*, jeune bouc, ἔριφος. - -—Capere, v. *Sumere*. -—Capillus, v. *Crinis*. -—Carcer, v. *Custodia*. - -Carere. Egere. Indigere. -1. *Carere* se rapporte à ce qu’on souhaite de posséder, c’est -être privé de quelque chose, s’en passer, par opposition à -*habere*; *egere* et *indigere* se rapportent à ce qu’il nous -faut absolument et dont nous ne pouvons pas nous passer, comme -avoir besoin, par opposition à *abundare*. Sen. V. B. 7. -Voluptate virtus sæpe *caret*, nunquam *indiget*. Le plaisir a -beau fuir la vertu, elle n’en est jamais en peine. Ep. 9. -Sapiens *eget* nulla re; *egere* enim *necessitatis* est. Le -sage n’a aucun besoin, car qui dit besoin dit nécessité. Cic. -Ep. ad Qu. Fr. I, 3, 2. Nunc commisi ut me vivo *careres*, vivo -me aliis *indigeres*. Je t’ai donc imposé de mon vivant des -privations, réduit de mon vivant à dépendre des autres. - -2. *Egere* marque le besoin même, par opposition à *uti*; -*indigere*, le sentiment pressant du besoin et le vif désir de -le voir satisfait. - -—Caritas, v. *Diligere*. -—Carmen, v. *Canere*. -—Carnifex, v. *Homicida*. - -Caro. Pulpa. Viscera. Exta. Intestina. Ilia. -1. *Caro*, la chair en général, comme substance, par opposition -à la graisse, aux nerfs, aux muscles; *pulpa*, terme particulier -pour la chair qui se mange et qui a du goût, par opposition aux -os; *viscera*, toutes les chairs et parties charnues comprises -entre la peau et les os. - -2. *Viscera*, au sens restreint, désigne toutes les parties -internes du corps; *exta*, les parties molles de la poitrine, -comme le cœur, les poumons; *intestina*, *interanea* et *ilia*, -les parties molles du ventre, surtout les intestins: -*intestina*, et après le siècle d’Auguste, *interanea*, les -intestins considérés comme organes de la digestion; *ilia*, tout -ce qui se trouve dans l’abdomen, et particulièrement les parties -mangeables. - -Cassis. Galea. Cudo. -*Cassis*, *cassida*, casque de métal; *galea*, casque de peau et -à proprement parler de peau de belette; *cudo*, casque de forme -inconnue. Tac. G. 6. Paucis loricæ; vix uni alterive *cassis* -aut *galea*. Un petit nombre de cuirasses; à peine un ou deux -casques de métal ou de peau. - -—Cassis, v. *Rete*. -—Castigatio, v. *Vindicta*. - -Castus. Pudicus. Pudens. Pudibundus. -1. *Castus* représente la chasteté comme une vertu innée, pur, -innocent; *pudicus*, comme une vertu morale, pudique, modeste. - -2. *Pudicus*, *pudicitia*, la modestie naturelle, la peur de -paraître nu aux yeux des autres, et l’esprit de chasteté qui en -est la suite au point de vue exclusif des rapports des deux -sexes, la pudicité; *pudens*, *pudor*, la modestie en général, -la peur de se faire voir sous un jour fâcheux et de s’exposer au -mépris, le sens de l’honneur. Cic. Catil. II, 11, 25. Ex hac -parte *pudor* pugnat, illinc petulantia; hinc *pudicitia*, -illinc stuprum. La modestie est aux prises avec l’effronterie, -la pudeur avec la débauche. - -3. *Pudicus* et *pudens* s’entendent de la modestie à l’état de -qualité permanente; *pudibundus*, d’un accès de modestie. - -4. La modestie, *pudor*, procède de l’estime de soi-même, on ne -veut point se compromettre aux yeux des autres; la délicatesse, -*verecundia*, procède de l’estime qu’on a pour les autres, on ne -veut donner aucun sujet de scandale à ceux qu’on estime. - -Casu. Forte. Fortuito. Fortasse. Forsitan. Haud scio an. -*Casu*, *forte* et *fortuito*, marquent les chances diverses: -*casu*, la chance inattendue, par accident, par concours de -circonstances, il est opposé à *consulto*, συμϐεϐηϰότως; -*forte*, la chance ordinaire, par hasard, τυχόν; *fortuito*, -*fortuitu*, qui sont emphatiques, la chance extraordinaire, par -pur hasard, ἀπὸ τύχης; ils ont pour opposé *causa*. *Fortasse*, -*forsitan* et *haud scio an* marquent une éventualité: -*fortasse* et *fortassis*, quand on reconnaît et qu’on affirme -la possibilité: peut-être et même vraisemblablement: ils se -construisent avec l’indicatif, ἴσως; *forsitan*, *forsan*, quand -on admet simplement la possibilité: après tout, il est possible: -ils se joignent au subjonctif, τάχ᾽ ἄν; *haud scio an*, quand on -feint par modestie de ne pas être sûr de son fait, qu’on -restreint l’affirmation par euphémisme. *Fortasse verum est* et -*forsitan verum sit* veulent dire: la chose est vraie peut-être, -peut-être aussi ne l’est-elle pas; mais *haud scio an verum -sit*: je la tiens pour vraie, mais sans vouloir la donner pour -certaine. - -Casus. Fors. Fortuna. Fors fortuna. Fatum. -1. *Casus* présente le hasard comme un fait brutal qui ne se -rattache ni aux calculs de l’homme, ni à des causes connues, -συμφορά; *fors*, comme une sorte d’être fabuleux qui influe sur -les choses humaines sans dessein et sans but, sans autre fin, -pour ainsi dire, que de taquiner les mortels et de confondre -leurs calculs, τύχη. - -2. *Fors*, pris comme un vrai personnage mythologique, c’est le -même hasard sous les traits d’un bonheur aveugle; *fortuna*, -c’est le bonheur qui n’est ni aveugle ni étourdi, qui intervient -dans la marche des affaires humaines pour accorder ou refuser sa -faveur; enfin, *fors fortuna* est une chance heureuse, ἀγαθὴ -τύχη. - -3. Tous ces êtres sont en opposition avec les *dii* et le -*fatum* qui amènent ou détournent un événement non par humeur et -caprice, mais par des motifs plus élevés, les *dii*, selon les -lois appréciables de la morale, selon le mérite et la dignité, -selon le droit et l’équité; le *fatum*, selon les lois -mystérieuses de l’ordre éternel qui préside à l’univers, comme -l’εἰμαρμένη, la μοῖρα. Tac. Hist. IV, 26. Quod in pace *fors* -seu natura, tunc *fatum* et ira *deorum* vocabatur. En temps de -paix, on aurait appliqué à ces faits les noms de hasard et -d’accidents naturels; on n’avait plus maintenant à la bouche que -les mots de fatalité et de colère divine. - -—Catenæ, v. *Vincula*. - -Caterva. Cohors. Agmen. Grex. Globus. Turba. -*Caterva*, *cohors* et *agmen*, multitude assemblée en bon -ordre: *caterva*, en masse qui constitue un tout, comme par -exemple un bataillon; *cohors*, sous forme d’escorte et de -cortége autour d’un chef; *agmen*, en procession solennelle. -*Turba*, *grex* et *globus*, multitude réunie sans ordre: -*grex*, sans aucun arrangement; *turba*, avec une idée -accessoire de désordre et d’embarras; *globus*, en foule qui se -presse, se gêne et aboutit à former le cercle, chacun cherchant -à gagner le centre. - -—Catus, v. *Sapiens*. -—Caupona, v. *Deversorium*. -—Causidicus, v. *Advocatus*. -—Cautes, v. *Saxum*. -—Caverna, v. *Specus*. -—Cavillator, v. *Lepidus*. - -Celare. Occulere. Occultare. Clam. Abdere. Condere. Abscondere. -Recondere. -1. *Celare*, verbe abstrait, comme céler, tenir secret, ϰεύθειν, -par opposition à *fateri*, il est synonyme de *reticere*; -*occulere*, *occultare*, verbes concrets, comme cacher, -ϰρύπτειν, par opposition à *aperire*, ils sont synonymes -d’*obtegere*. Les *celanda* restent inconnus hors le cas de -trahison; les *occultanda* seraient exposés à tous les regards -si l’on manquait de prévoyance et de précaution. - -2. *Clam* et *clanculum* signifient de même secrètement, par -opposition à *palam*; occulte, en cachette, par opposition à -*aperte*. - -3. *Occulere* se dit de toutes les manières de cacher, mais -*occultare*, c’est cacher avec soin ou même avec sollicitude, et -ce dernier verbe ne peut pas plus trouver place dans les -propositions négatives que *redolere* et autres, aussi forts de -sens. - -4. *Occultare* couvrir d’un voile quelconque pour soustraire à -la vue; *abdere*, *condere* et *abscondere*, dérober les choses -à la vue en les éloignant: *abdere*, en les mettant simplement -de côté, hors du chemin, comme ἀποϰρύπτειν; *condere*, en les -rangeant à leur place et en les serrant, comme ϰαταϰρύπτειν; -*recondere*, en les gardant avec un soin extrême; *abscondere*, -en les gardant après les avoir mises à l’écart. - -Celeber. Inclytus. Clarus. Illustris. Nobilis. -*Celeber* et *inclytus*, termes généraux pour signifier la -célébrité, surtout en parlant des choses, et qui ne s’appliquent -guère aux personnes que chez les poëtes; *clarus*, *illustris* -et *nobilis* ont particulièrement rapport à la politique: -*clarus*, célèbre par des services éminents rendus à la patrie; -*illustris*, considéré à cause de son rang et de sa fortune; -*nobilis*, qui appartient à une famille dont les membres ont -déjà occupé de hautes positions dans l’État. - -—Celebrare, v. *Sæpe*. -—Celer, v. *Citus*. -—Celox, v. *Navigium*. -—Celsus, v. *Altus*. - -Censere. Judicare. Arbitrari. Æstimare. Opinari. Putare. Reri. -Autumare. Existimare. Credere. -1. *Censere*, *judicare*, *arbitrari*, *æstimare*, émettre un -avis à titre d’autorité compétente et commise à cet effet: -*censere*, comme censeur ou comme sénateur votant; *judicare*, -comme juge qui rend un arrêt; *arbitrari*, comme arbitre; -*æstimare*, comme taxateur ou commissaire-priseur. *Opinari*, -*putare*, *reri* et *existimare*, émettre une opinion comme -simple particulier, en son propre et privé nom: *opinari* -exprime un simple sentiment/ou un pressentiment, par opposition -à la conviction claire et nette et à la certitude, comme croire; -*putare*, le résultat d’un calcul; *reri* est une expression -poétique; *autumare*, un mot vieilli. - -2. *Æstimare* présente l’avis à donner sous l’aspect d’un devoir -de police rempli par un véritable taxateur, estimer quelque -chose, au propre ou au figuré, d’après son prix et sa valeur en -argent; *existimare*, sous l’aspect d’un devoir de morale, -estimer une chose par sa valeur intrinsèque ou par ce qu’elle a -de vrai. Cicéron n’oppose comme opinion particulière au jugement -de l’autorité compétente, *judicio*, que l’*existimatio*, jamais -l’*æstimatio*. - -3. *Censere*, etc., présentent l’opinion et la croyance comme -basées sur des réflexions et sur une conviction personnelles; -*credere*, comme basées sur la confiance qu’on accorde au -témoignage d’autrui. Sen. Tranq. 11. Non *putavi* hoc futurum, -nunquam hoc eventurum *credidissem*, à savoir: si quis mihi -prædixisset. Cela n’entrait pas dans mes prévisions; je n’aurais -jamais cru que cela pût arriver (même si on me l’avait prédit). - -4. *Opinor*, employé sous forme de parenthèse est une formule de -modestie, comme οἶμαι, à ce que je crois; *credo* est une -formule d’ironie, comme ὡς ἔοιϰεν. Ce dernier peut signifier: 1º -je l’imagine bien, j’imagine, dans des affirmations qui vont -d’elles-mêmes, et l’ironie tombe alors soit sur celui auquel il -faut dire ou répéter les choses, soit sur celui qui paraîtrait -tenté d’avoir quelque doute; 2° oui, je le crois, ou: ne devrait- -on pas croire? à propos d’affirmations absurdes qu’on se juge -autorisé à prêter aux autres et à placer dans leur bouche; 3º je -le crois, naturellement, cela se conçoit, à propos de -propositions évidentes, quand on demande pour ainsi dire la -permission de ne pas les commenter. - -—Cernere, v. *Videre*. -—Cerritus, v. *Amens*. -—Certare, v. *Imitatio*. -—Cessare, v. *Vacare* et *Cunctari*. - -Chorda. Fides. -*Chorda*, la corde isolée; *fides* exprime toujours au singulier -comme au pluriel une idée collective, c’est la garniture entière -ou l’instrument même. - -—Cibare, cibus, v. *Alimenta*. -—Cicatrix, v. *Vulnus*. - -Cicur. Mansuetus. -*Cicur*, apprivoisé au sens purement physique, terme de -classification en histoire naturelle, par opposition à *ferus*; -*mansuetus*, apprivoisé au sens moral, lequel suppose un -adoucissement de caractère, par opposition à *sævus*. - -—Cincinnus, v. *Crinis*. -—Circulus, v. *Orbis*. -—Circumire, v. *Ambire*. -—Circumvenire, v. *Fallere*. -—Cirrus, v. *Crinis*. - -Citus. Celer. Velox. Pernix. Properus. Festinus. -1. *Citus* et *celer* s’entendent d’un mouvement rapide, par -opposition à *tardus*, il s’agit simplement de vitesse; *velox* -et *pernix*, opposés à *lentus*, se disent de l’agilité due à la -force du corps et développée par l’exercice, par l’art; -*properus* et *festinus*, de la hâte, de la volonté d’atteindre -un but dans le moins de temps possible, par opposition à -*segnis*. - -2. *Citus* marque un mouvement prompt et vif, il se rapproche de -*vegetus*; *celer*, un mouvement violent et entraînant, il se -rapproche de *rapidus*. - -3. *Pernicitas*, c’est en général l’agilité et la prestesse dans -tous les exercices du corps, saut, escalade, voltige; -*velocitas*, c’est par préférence la vitesse à la course, au -vol, à la nage. Plaut. Mil. III, 1, 36. Clare oculis video, -*pernix* sum manibus, pedibus mobilis. J’ai des yeux qui voient -clair, des mains lestes, des pieds qui ne tiennent pas en place. -Virg. Æn. IV, 180. Famam pedibus *celerem* et *pernicibus* alis. -La Renommée dont la course est rapide et le vol agile. Curt. -VII, 7, 53. Equorum *velocitati* par est hominum *pernicitas*. -L’agilité des hommes égale la vitesse des chevaux. - -4. *Properus*, *properare* marquent la hâte d’aller droit au but -à force d’énergie, elle est opposée au laisser-aller, à -*cessare*; *festinus*, *festinare*, la hâte qui provient -d’impatience et qui est voisine de la précipitation. - -—Civilitas, v. *Humanitas*. -—Civitas, v. *Gens*. -—Clam, v. *Celare*. -—Claritas, v. *Gloria*. -—Clarus, v. *Celeber*. -—Claustrum, v. *Sera*. -—Clementia, v. *Mansuetudo*. -—Clivus, v. *Collis*. -—Codicilli, v. *Litteræ*. -—Clypeus, v. *Scutum*. - -Clangere. Clamare. Vociferari. -*Clangere* se dit du cri des animaux et du son des instruments, -comme ϰλάγγειν; *clamare* et *vociferari*, du cri de l’homme: -*clamare* est l’expression de la volonté; *vociferari*, celle de -la passion dans la colère, la douleur, l’ivresse. Rhet. ad Her. -III, 12. Acuta *exclamatio* habet quiddam illiberale et ad -muliebrem potius *vociferationem*, quam ad virilem dignitatem in -dicendo accommodatum. Des éclats de voix aigus ont quelque chose -de bas; cela est bon pour des femmes qui criaillent, mais -indigne d’un orateur. Virg. Æn. II, 310. Exoritur *clamor*que -virûm *clangor*que tubarum. Les cris des hommes, le son des -trompettes s’élèvent jusqu’à moi. - -—Cœnum, v. *Lutum*. -—Cœpisse, v. *Incipere*. - -Coercere. Compescere. -*Coercere* se dit d’un acte de compression par force et abus de -pouvoir; *compescere*, d’un acte de répression par autorité et -sagesse. - -—Cœtus, v. *Concilium*. - -Cogere. Adigere. -*Cogere*, obliger à quelque chose par contrainte et par force; -*adigere*, déterminer à quelque chose par des motifs qui donnent -à réfléchir. Tac. Ann. VI, 27. Se ea necessitate ad preces -*cogi*, per quas consularium aliqui capessere provincias -*adigerentur*. Dans cette extrémité il se voyait contraint de -recourir aux prières pour engager des consulaires à se charger -du gouvernement des provinces. - -Cogitare. Meditari. Commentari. -1. *Cogitare* se dit de l’activité habituelle de l’esprit qui -est toujours occupé d’une chose ou d’une autre; *meditari*, de -l’activité d’esprit surexcitée, de l’effort qui tend vers un -résultat déterminé. Le premier équivaut à penser, le second à -penser à quelque chose. Ter. Heaut. III, 3, 46. Quid nunc facere -*cogitas*? C’est-à-dire qu’as-tu en tête à présent? Comparez -avec Adelp. V, 6, 8. *Meditor* esse affabilis, c’est-à-dire: je -songe aux moyens d’être aimable. Dans les Tusculanes (III, 6,) -*cogitatio* ne désigne guère que la pensée qui a conscience -d’elle-même; *meditatio* désigne la réflexion, la spéculation. - -2. *Meditari* s’emploie pour marquer l’intensité, c’est méditer -sérieusement, avec effort, avec ardeur; *commentari* (dans -Cicéron seulement), pour marquer la durée, méditer à loisir, -avec calme, à fond. - -—Cognatus, v. *Necessarius*. - -Cognitio. Notitia. Scientia. Ignarus. Inscius. Nescius. -1. *Cognitio*, acte par lequel l’esprit acquiert une -connaissance; *notitia* et *scientia*, état de l’esprit: -*notitia* et *nosse* se disent d’un état dans lequel l’âme est -passive et ne fait que recevoir des impressions, quand elle a -conscience d’un phénomène extérieur et en conserve le souvenir; -*scientia* et *scire* impliquent, comme le savoir, une certaine -spontanéité et la conviction de la réalité des choses. La -*notitia* peut se borner à des notions de rencontre; la -*scientia* doit s’être rendu l’objet familier, l’avoir -approfondi à force de travail. Cic. Sen. 4, 12. Quanta *notitia* -antiquitatis! quanta *scientia* juris romani! Quelle pratique de -l’antiquité! quelle science du droit romain! - -2. L’*ignarus* ne possède pas cette *notitia*, l’*inscius* cette -*scientia*. Tac. Hist. I, 11. Ægyptum provinciam *insciam* -legum, *ignaram* magistratuum. La province d’Égypte qui n’est ni -initiée à nos lois, ni façonnée à nos habitudes de gouvernement. -La législation exige une étude en règle, tandis qu’on peut -apprendre l’administration par la pratique. - -3. *Inscius*, celui qui n’a rien appris ou qui n’a pas appris -quelque chose, il y a lieu de blâmer; *nescius*, celui qui par -hasard n’a pas entendu parler de quelque chose, n’en a pas fait -l’expérience; le mot se prend indifféremment en bonne ou en -mauvaise part. Cic. Brut. 83. *Inscium* omnium rerum et rudem. -Ignare et brut. Comparez avec Plin. EP. VIII, 23. Absens et -impendentis mali *nescius*. J’étais absent, je ne me doutais pas -du malheur suspendu sur ma tête. - -—Cognoscere, v. *Intelligere*. -—Cohors, v. *Caterva*. -—Colaphus, v. *Alapa*. -—Colere, v. *Vereri*. - -Collis. Clivus. Tumulus. Grumus. -*Collis* et *clivus*, grande colline qui est une petite -montagne: *collis*, ϰολωνὸς, hauteur, par opposition à la plaine -qui est au-dessous, et, par suite colline assez raide; *clivus*, -ϰλιτὸς, plan incliné, par opposition à la plaine horizontale, -et, par suite, colline en pente douce. *Tumulus* et *grumus*, -petite colline qui n’est qu’un gros tertre: *tumulus*, comme -ὄχθος, tertre naturel ou artificiel, par exemple un tumulus; -*grumus*, élévation exclusivement artificielle, faite de main -d’homme, χῶμα. Colum. Arbor. vers la fin. *Collem* autem et -*clivum* modum jugeri continentem repastinabis operis sexaginta. -Vous emploierez soixante manœuvres à défricher sur une colline -une pente de la contenance d’un arpent. Liv. XXI, 32. -Erigentibus in primos agmen *clivos* apparuerunt imminentes -*tumulos* insidentes montani. Quand les têtes de colonne de -l’armée d’Annibal s’élevèrent sur les premières pentes des -Alpes, elles découvrirent les montagnards établis sur les -mamelons qui dominaient la route. Hirt. B. Hisp. Ex *grumo* -excelsum *tumulum* capiebat. Il voulut quitter son tertre pour -gagner une éminence qui commandait les environs. - -—Colloquium, v. *Sermo*. -—Colonus, v. *Incolere*. -—Coluber, v. *Repere*. -—Comburere, v. *Accendere*. -—Coma, v. *Crinis*. - -Comere. Decorare. Ornare. -1. *Comere* et *decorare*, parer, pour embellir et pour flatter -la vue; *ornare*, orner en joignant l’utile à l’agréable. - -2. *Comere* présente la parure comme une recherche minutieuse et -efféminée, souvent avec une idée de blâme, comme *nitere*; il -s’oppose à la nature, à une simplicité noble, à une négligence -gracieuse, parer, ϰομμοῦν; *decorare* et *ornare* la présentent -toujours sous un jour favorable, comme *splendere*, comme un -signe d’aisance et de richesse: *decorare*, par opposition à ce -qui est commun et n’a point d’apparence, embellir, ϰοσμεῖν; -*ornare*, par opposition à ce qui est pauvre et incomplet, -orner, ἀσϰεῖν. - -3. L’idée contenue dans *comere* ne va pas au delà d’une -question d’arrangement: on ajuste, on polit pour donner bonne -mine, par exemple en peignant et tressant les cheveux; -*decorare* et *ornare* supposent une addition matérielle; on -emprunte des ornements extérieurs, par exemple, un diadème. -Quintil. XII, 10, 47. *Comere* caput in gradus et annulos. Parer -une tête de boucles disposées par étages. Et Virg. Ecl. VI, 69. -Apio crines *ornatus* amaro. Linus, qui orne ses cheveux de -fleurs et d’ache amère. ТIB. II, 2, 6. Sertis *decorare* comas. -Relever de guirlandes la beauté des cheveux. - -—Comissatio, v. *Epulæ*. - -Comitari. Deducere. Prosequi. -*Comitari*, accompagner, dans tous les sens, ἀϰολουθεῖν; -*prosequi* et *deducere*, avec l’idée accessoire d’un témoignage -d’estime ou d’amitié: le *prosequens* reconduit les gens comme -le προπέμπων, soit jusqu’au bout, soit pendant une partie du -chemin; le *deducens* les ramène chez eux ou les mène du moins -au terme de leur voyage, comme le ϰατάγων, soit qu’il se mette à -leur suite dès le départ ou seulement en route. - -—Comitas, v. *Humanitas*. -—Comitia, v. *Concilium*. -—Commentari, v. *Cogitare*. -—Committere, v. *Fidere*. - -Commodare. Mutuum dare. -*Commodare*, prêter sans formalités ni stipulations, à charge de -restituer l’objet tel quel, fût-il usé; *mutuum dare*, faire un -prêt avec ou sans intérêt, à charge de rendre au bout d’un -certain temps l’équivalent du prêt. La *commodatio* est un -service rendu par affection, la *mutuum datio* est une affaire. - -—Communicare, v. *Impertire*. -—Comœdus, v. *Actor*. -—Compar, v. *Æquus*. -—Compedes, v. *Vincula*. -—Compendium, v. *Lucrum*. -—Compescere, v. *Coercere*. -—Complecti, v. *Amplecti*. -—Conari, v. *Audere*. - -Complementum. Supplementum. -*Complementum*, ce qui sert, comme une clef de voûte, à -compléter, à parfaire; *supplementum*, ce qui sert à remplacer -après coup, à remplir des lacunes. - -Concedere. Permittere. Indulgere. Connivere. -*Concedere* et *permittere*, accorder quelque chose dont on -dispose en vertu d’un droit personnel illimité: *concedere*, à -la suite d’une prière ou d’une insinuation, par opposition à -refuser, concéder, συγχωρῆσαι; *permittere*, par confiance et -générosité, par opposition à défendre, permettre, ἐφεῖναι. -*Indulgere* et *connivere*, souffrir une chose qui est -officiellement défendue: l’*indulgens*, par longanimité patente, -comme condescendre; le *connivens*, en feignant de fermer les -yeux. - -Concessum est. Licet. Fas est. -*Concessum est*, ἔξεστι, ce qui est permis en général; ce terme -est dans le rapport du genre à l’espèce avec *licet*, *licitum -est*, ce qui est permis aux yeux des hommes en vertu de maximes -consacrées soit par des lois positives, soit par les mœurs et la -coutume, comme θέμις ἐστὶ, et avec *fas est*, ce qui est permis -aux yeux des dieux en vertu de maximes révélées soit par la -religion, soit par le sentiment moral, comme ὅσιόν ἐστι. - -Concilium. Concio. Comitia. Cœtus. Conventus. -1. *Concilium*, *concio* et *comitia*, assemblées convoquées -pour affaires: *concilium*, assemblée de nobles et de notables, -de l’aristocratie, du sénat, dont les membres sont invités -individuellement au conseil, συνέδριον; *concio* et *comitia*, -réunion de la commune convoquée par publication pour prendre une -résolution ou pour en entendre communiquer une: *concio*, -*contio*, se dit de toute assemblée régulière de la commune, -soit peuple, soit armée, dans le premier pays ou le premier camp -venu, σύλλογος; *comitia* est le terme historique réservé pour -l’assemblée du peuple romain, comme ἐϰϰλησία pour l’assemblée -d’Athènes, et ἁλία pour celle de Sparte. - -2. *Cœtus* et *conventus*, assemblées volontaires qui se -réunissent librement: *cœtus*, dans un but quelconque, par -exemple, pour les plaisirs de la société, pour des -conspirations, σύνοδος; *conventus*, dans un but sérieux, par -exemple, pour célébrer une fête, pour écouter une proposition, -ὁμήγυρις, πανήγυρις. - -Conclave. Cubiculum. -*Conclave*, terme général pour toute pièce qui ferme et par -préférence pièce de parade; *cubiculum*, terme particulier pour -la pièce où l’on se tient d’habitude. - -—Concordia, v. *Otium*. -—Condere, v. *Celare* et *Sepelire*. - -Conditio. Status. -*Conditio*, état réglé par la volonté; *status*, état créé par -les circonstances. Cic. Fam. XII, 23. Omnem *conditionem* -imperii tui *statum*que provinciæ demonstravit mihi Tratorius. -Tratorius m’a rendu compte des conditions auxquelles tu as pris -le commandement et de l’état de ta province. - -—Confestim, v. *Repente*. -—Confidentia, v. *Fides*. -—Confidere, v. *Fidere*. -—Confinis, v. *Vicinus*. - -Confisus. Fretus. -*Confisus*, plein de confiance et d’abandon, comme *securus* et -πεποιθώς; *fretus*, protégé, comme *tutus* et ἐῤῥωμένος. - -—Confiteri, v. *Fateri*. -—Confligere, v. *Pugnare*. -—Confutare, v. *Refutare*. -—Congeries, v. *Acervus*. -—Conjux, v. *Femina*. -—Connivere, v. *Concedere*. -—Consanguineus, v. *Necessarius*. -—Conscendere, v. *Scandere*. -—Consecrare, v. *Sacrare*. -—Consequi, v. *Invenire*. - -Conjugium. Matrimonium. Contubernium. Nuptiæ. -*Conjugium* et *matrimonium*, union durable de l’homme et de la -femme en vue d’une communauté d’existence et de la reproduction: -*conjugium*, terme général marquant une simple liaison naturelle -qui existe même chez les animaux; *contubernium*, union par -mariage entre esclaves; *matrimonium*, mariage véritable et -légal entre personnes libres et citoyens, institution civile et -politique; *nuptiæ* ne désigne que le point de départ du -*matrimonii*, les noces ou la fête qui accompagne l’union. - -Considerare. Contemplari. -*Considerare* présente la contemplation comme un acte de -l’intelligence qui cherche à former un jugement; *contemplari*, -comme un acte du sentiment qui s’abîme dans son objet, qui -s’abandonne entièrement aux impressions agréables ou -désagréables que l’objet éveille. - -—Consors, v. *Socius*. -—Conspectus, conspicere, v. *Videre*. - -Constat. Apparet. Elucet. Liquet. -*Constat* veut dire: c’est une vérité démontrée et établie, par -opposition à un songe creux, à un bruit incertain; *apparet*, -*elucet* et *liquet* signifient: c’est une chose claire et -évidente. *Apparet* associe à cette idée l’image d’une -apparition qui se détache sur un fond; *elucet*, celle de la -lumière qui jaillit de l’obscurité; *liquet*, celle d’une eau -qui dégèle et redevient limpide. - -—Constituere, v. *Destinare*. - -Consuetudo. Mos. Ritus. Cærimonia. -1. Les trois premiers marquent l’observation régulière d’une -pratique. *Consuetudo* est l’habitude qui se forme d’elle-même, -qui a sa raison d’être dans les penchants de l’individu ou du -peuple, dans ce qui leur est commode, έθος; *mos*, les mœurs -procédant de la raison et de la volonté qui a conscience d’elle- -même, ayant leur raison d’être dans les idées morales ou -esthétiques du droit, de la vertu et de la décence, ἦθος; -*ritus*, enfin, usage sacré ou implanté par l’instinct de la -nature ou introduit par les dieux à titre de cérémonie, n’ayant -en aucun cas une origine purement humaine. Les *consuetudines* -n’existent qu’à l’état de simples faits et n’ont point de valeur -morale; les *mores* ont reçu une sanction morale par un -consentement tacite, de même que les *jura* *leges*que par une -convention formelle; les *ritus* existent naturellement et sont -consacrés par leur haute antiquité. C’est ce dernier mot que les -bons auteurs en prose emploient par préférence en parlant de -l’instinct des animaux à cause de la force avec laquelle il -marque que l’habitude est primitive, naturelle, inséparable de -l’être même. - -2. *Ritus*, usage sacré établi et enseigné par les dieux ou par -la nature; *cærimonia*, même usage considéré dans ses -applications au culte. - -—Consuevisse, v. *Solere*. -—Consummare, v. *Finire*. -—Contagium, v. *Lues*. - -Contaminare. Inquinare. Polluere. -*Contaminare* désigne la souillure par son côté nuisible comme -venant gâter ce qui était sain et utile; *inquinare*, par son -côté dégoûtant, elle défigure la beauté; *polluere*, par son -côté moral, elle viole la sainteté et la pureté. Le second de -ces trois verbes répond à μορύσσειν; le troisième à μιαίνειν. -Cic. Cæcil. 21, 70. Judiciis corruptis et *contaminatis*. Les -arrêts de la justice brisés et flétris. Comparez avec Cœl. 6. -Libidinibus *inquinari*. Porter les marques affreuses de la -débauche. Et Rosc. Am. 26, 71. Noluerunt in mare deferri ne -ipsum *pollueret*, quo cætera quæ violata sunt expiari putantur. -On ne voulut pas souffrir qu’il fût jeté à la mer, de peur de -profaner la mer même, qui passe pour purifier toutes les -souillures. - -—Contemnere, v. *Spernere*. -—Contemplari, v. *Considerare*. -—Contendere, v. *Dicere*. -—Contentio, v. *Disceptatio*. -—Contentum esse, v. *Satis habere*. -—Continentia, v. *Modus*. -—Contingere, v. *Accidere*. -—Continuo, v. *Repente*. - -Continuus. Perpetuus. Sempiternus. Æternus. -1. *Continuum*, ce qui tient ensemble sans interruption, sans -lacune; *perpetuum*, ce qui va jusqu’à la fin et ne cesse pas -avant la fin. Suet. Cæs. 76. *Continuos* consulatus, *perpetuam* -dictaturam. Des consulats qui se succèdent coup sur coup, une -dictature perpétuelle. - -2. *Perpetuus*, *sempiternus* et *æternus* marquent la -continuité dans la durée: *perpetuus*, au sens relatif, par -rapport à un terme arbitraire, par exemple à celui de la vie, ce -qui dure autant que la vie; *sempiternus* et *æternus*, au sens -absolu, par rapport au terme du temps en général. *Sempiternum* -veut dire, comme ἀΐδιον, ce qui dure toujours, ce qui a une -existence égale à la durée du temps, ce qui marche de pair avec -le temps; *æternum* signifie, comme αἰώνιον, ce qui est éternel, -ce qui est au-dessus du temps et ne se peut mesurer que par -grandes périodes, car le temps n’est qu’une faible partie de -l’éternité, tempus est pars quædam *æternitatis*. Cic. Inv. I, -27. L’idée sublime d’une durée qui ne commence ni ne finit, -contenue dans *æternus*, ne l’est pas dans *sempiternus*, qui -fait plutôt songer à la longueur de la durée comprise entre le -commencement et la fin, sans indiquer que l’éternité n’a ni -commencement ni fin. *Sempiternus* renferme l’expression -mathématique; *æternus*, l’expression métaphysique de -l’éternité. Cic. Orat. II, 40, 69. Barbarorum est in *diem* -vivere, nostra consilia *sempiternum* tempus spectare debent. -C’est affaire aux barbares de vivre au jour le jour; nos plans -doivent embrasser un temps indéfini. Finn. I, 6, 17. Motum -atomorum *nullo* a principio sed ex *æterno* tempore intelligi -convenire. Il va sans dire qu’il faut concevoir le mouvement des -atomes comme n’ayant jamais eu de commencement, comme existant -depuis un temps infini. - -—Contrarius, v. *Varius*. -—Controversia, v. *Disceptatio*. -—Contubernium, v. *Conjugium*. -—Contumacia, v. *Pervicacia*. -—Contueri, v. *Videre*. - -Contumelia. Injuria. Offensio. -1. *Contumelia*, atteinte portée à l’honneur d’autrui, comme -l’affront; *injuria*, atteinte au droit d’autrui, comme -l’injustice. Un coup est une *injuria* en tant que je porte la -main sur quelqu’un, et une *contumelia* en tant que je lui -attire par une pareille action la réputation fâcheuse d’être un -lâche ou un valet. Sen. Clem. I, 10. *Contumelias* quæ -acerbiores principibus solent esse quam *injuriæ*. Les affronts -qui paraissent d’habitude plus amers aux princes que les -injustices. Pacuv. dans NON. Patior facile *injuriam* si vacua -est *contumelia*. Je supporte aisément une injustice pourvu -qu’il n’y ait pas d’affront. - -2. *Contumelia* et *injuria* sont des actions; *offensio* et -*offensa* marquent un état, à savoir: le chagrin de l’offensé, -le ressentiment par opposition à *gratia* ou à *delectatio*. -Cic. Att. III, 23. Mihi majori *offensioni* sunt quam -delectationi possessiunculæ meæ. Mes pauvres petites propriétés -me donnent plus de peine que de plaisir. Plin. Ep. II, 18. -Oportet me non solum *offensas*, verum etiam simultates æquo -animo subire. C’est un devoir pour moi de m’exposer sans me -laisser émouvoir et aux mécontentements et aux rancunes -jalouses. - -—Conventus, v. *Concilium*. -—Convertere, v. *Vertere*. -—Convivium, v. *Epulæ*. -—Convicium, v. *Maledictum*. -—Copia, v. *Occasio*. -—Copiæ, v. *Exercitus*. -—Copiosus, v. *Divitiæ*. -—Cordatus, v. *Sapiens*. -—Corpulentus, v. *Pinguis*. -—Corpus, v. *Cadaver*. - -Corrigere. Emendare. -*Corrigere*, corriger à la façon du pédagogue ou du censeur qui -veut redresser ou rajuster; *emendare*, à la façon du maître -expérimenté et de l’ami bienveillant qui veut amender. Plin. -Pan. 6, 2. Corrupta est disciplina castrorum, ut tu *corrector* -*emendator*que contingeres (le premier par sévérité, le second -par sagesse). La discipline avait péri dans les camps, mais tu -devais paraître pour la restaurer et la rétablir. Cic. Mur. 29. -Verissime dixerim nulla in re te (Catonem) esse hujusmodi, ut -*corrigendus* potius quam leviter *inflectendus* viderere. Je -puis dire en toute vérité que tu n’as montré nulle part un -caractère qui voulût être tout à fait redressé plutôt que -légèrement dirigé. Comparez avec PLIN. Ep. I, 10. Non *castigat* -errantes, sed *emendat*. Il ne réprimande pas ceux qui -s’égarent, il les rend meilleurs. - -—Corrumpere, v. *Depravare*. -—Coruscare, v. *Lucere*. - -Coxa. Latus. Femur. -*Coxa* et *coxendix*, la hanche; *latus*, la partie comprise -entre la hanche et l’aisselle ou le flanc; *femur* et *femen*, -la partie située immédiatement au-dessus de la hanche ou partie -supérieure de la cuisse. - -—Crapula, v. *Ebrius*. -—Crater, v. *Poculum*. - -Creare. Gignere. Parere. Generare. -1. *Creare*, faire passer une chose du néant à l’existence par -sa volonté et sa puissance créatrice; *gignere*, donner le jour, -c’est le terme générique par rapport à *generare* qui ne se dit -que du père, et à *parere* qui ne se dit que de la mère. - -2. *Gignere* appartient au langage usuel; *generare*, au style -élevé. Aussi dit-on pour l’ordinaire: homines et belluæ -*gignunt*; natura et dii *generant*, et corpora *gignuntur*; -poemata *generantur*. Dans Cic. N. D. III, 16, Herculem Jupiter -*genuit* est un simple renseignement mythologique; mais Legg. I, -9, Deus hominem *generavit*, c’est une haute vérité -métaphysique. - -—Crebro, v. *Sæpe*. -—Credere, v. *Censere* et *Fidere*. -—Cremare, v. *Accendere*. -—Crepitus, v. *Fragor*. -—Crepusculum, v. *Mane*. -—Criminari, v. *Arguere*. - -Crinis. Capillus. Coma. Cæsaries. Pilus. Cirrus. Cincinnus. -1. *Crinis* et *capillus*, les poils naturels, au sens physique, -θρίξ: *crinis*, toute espèce de poil par opposition aux places -nues; *capillus*, le poil de la tête par opposition à la barbe, -etc. *Coma* et *cæsaries* ajoutent à cette idée celle d’une -certaine beauté. Ce sont de beaux cheveux, c’est la chevelure -prise comme un ornement naturel du corps ou comme susceptible -d’être parée. *Coma* se dit par préférence des cheveux de femme, -ϰόμη; *cæsaries*, des cheveux d’homme, ἔθειρα. *Crinitus* marque -simplement qu’on a des poils ou des cheveux; *capillatus* est -l’opposé d’une tête chauve, et on appelle les Gaulois *Galli -comati*, parce qu’ils portaient de longs cheveux, ϰαρηϰομόωντες. - -2. *Crinis*, *capillus*, *coma*, *cæsaries*, le poil au sens -collectif, tout celui qui pousse; *pilus*, le poil isolé, et par -préférence le poil court et hérissé des animaux. *Pilosus* -s’oppose à une belle peau bien lisse; *crinitus* et *capillatus* -à la nudité laide et à la calvitie. - -3. *Cirrus*, *cincinnus*, cheveux bouclés; mais *cirrus* se dit -d’une boucle naturelle; *cincinnus*, d’une boucle artificielle. - -Cruciatus. Tormentum. -*Cruciatus*, *cruciamenta*, terme général pour toute espèce de -tourments naturels et artificiels; *tormenta*, terme spécial -pour les tourments de la question, tortures. Cic. Phil. XI, 4. -Nec vero graviora sunt carnificum *tormenta* quam interdum -*cruciamenta* malorum. Les tortures de la question ne sont pas -toujours plus pénibles que les souffrances qui viennent de nos -maux. - -—Crudelitas, v. *Sævitia*. -—Cruentus, cruor, v. *Sanguis*. - -Cubare. Jacere. Situm esse. -*Cubare* se dit d’êtres vivants; *situm esse*, d’objets inanimés -qui sont couchés ou étendus; *jacere*, des deux. *Cubare* et -*jacere* sont neutres; *situm esse* se prend toujours au sens -passif. De plus *cubare* rappelle toujours l’image d’une -personne fatiguée qui cherche à reprendre des forces, par -opposition à l’effort qu’il en coûte pour se tenir debout; -*jacere*, l’image de la faiblesse sans idée accessoire par -opposition à la manifestation de force qui consiste à se tenir -debout. - -—Cubiculum, v. *Conclave*. - -Cubile. Lectus. -*Cubile*, couche naturelle pour les hommes et les animaux, gîte, -ϰοίτη, εὐνή; *lectus*, couche artificielle, exclusivement à -l’usage de l’homme, le lit, λέϰτρον. - -—Cubitus, v. *Ulna*. -—Cudere, v. *Verberare*. -—Cudo, v. *Cassis*. - -Culcita. Pulvinus. Pulvinar. -*Culcita*, coussin dur; *pulvinus* et *pulvinar*, coussins -moelleux et élastiques: *pulvinus*, pour l’usage ordinaire; -*pulvinar*, pour un usage solennel et religieux. - -Culmen. Fastigium. -*Culmen*, la ligne faîtière du toit; *fastigium*, l’extrémité de -cette ligne, le point où les solives du toit forment un angle -par leur inclinaison et leur rencontre. *Fastigium* est une -partie du *culmen* dans Virg. Æn. II, 458. Evado ad summi -*fastigia* *culminis*. Je m’élance aux angles de la dernière -terrasse. Au figuré *culmen* désigne simplement le sommet comme -le point supérieur, le plus élevé, à peu près comme ϰολοφὸν, ce -n’est qu’un rapport de lieu; *fastigium* contient une idée de -prééminence, c’est le plus haut degré, le degré suprême, à peu -près comme ϰορυφή. *Culmen tecti*, la dernière partie de la -construction; *fastigium*, la couronne de l’édifice. *Fastigium* -désignera le trône, tandis que *culmina montium* est bien plus -usité que *fastigia*. - -Culmus. Calamus. Stipula. Spica. Arista. Arundo. Canna. -1. *Culmus*, tige mince et élancée, en particulier celle du blé; -*calamus*, même tige considérée comme un tuyau, en particulier -celle du roseau. - -2. *Culmus*, la tige du blé qui supporte l’épi de même que le -corps supporte la tête, partie intégrante du tout; *stipula*, la -tige considérée comme la partie inutile, sans valeur en -comparaison de l’épi, le chaume. - -3. *Spica*, l’épi plein, le fruit du blé, sans égard à la forme; -*arista*, l’épi barbu, la pointe ou partie supérieure de la -tige, sans égard au contenu, parfois les barbes seules. Quintil. -I, 3, 5. Imitatæ *spicas* herbulæ inanibus *aristis* ante messem -flavescunt. Mauvaises herbes qui imitent l’épi plein, mais dont -la tête barbue est vide et qui jaunissent avant la moisson. - -4. *Calamus*, dans le sens de roseau, est le terme général; -*arundo*, roseau long et fort; *canna*, roseau petit et mince. -Colum. IV, 32. Ea est arundineti senectus, cum ita densatum est, -ut gracilis et *cannæ* similis *arundo* prodeat. Une plantation -de roseaux est vieille lorsqu’elle s’est épaissie au point de ne -plus fournir que des roseaux grêles, semblables à ceux de la -petite espèce. - -Culpa. Noxia. Noxius. Nocens. Sons. -1. *Culpa*, cas de celui qui doit répondre d’un dommage -(*peccatum*, *delictum*, *maleficium*, *flagitium* ou *nefas*); -ce mot suppose une responsabilité, et par suite un être -raisonnable, il est opposé à *casus* ou à *necessitas*; *noxia*, -cas de celui qui a causé un dommage, il peut être imputé à tout -être capable d’agir, par opposition à *innocentia*. Liv. III, -42, 2. Illa modo in ducibus *culpa*, quod ut odio essent civibus -fecerant; alia omnis penes milites *noxia* erat. Les chefs -n’avaient qu’un tort, qui était de s’être rendus odieux à leurs -concitoyens; tout le mal venait d’ailleurs des soldats. Cic. -Marc. 13. Etsi aliqua *culpa* tenemur erroris humani, a -*scelere* certe liberati sumus. Et s’il nous reste un tort, -c’est d’être tombés dans une erreur familière à l’homme; quant -au crime, nous en sommes certainement débarrassés. Et Ovid. -Trist. IV, 1, 23. Et *culpam* in facto, non *scelus* esse meo. -Et s’il y a faute dans mon fait, il n’y a point de crime. Dans -ces exemples le terme le plus général pour toute espèce de -faute, *culpa*, se prend particulièrement pour la plus petite de -toutes, pour le *delictum*. - -2. *Culpa* et *noxia* supposent une action dommageable; -*vitium*, une action ou une qualité blâmable, et même un défaut -naturel dont personne ne peut nous faire un crime. - -3. *Nocens*, *innocens* désignent la culpabilité ou l’innocence -dans un cas déterminé, à propos d’une action isolée; mais -*noxius* et *innoxius* ainsi que les adjectifs poétiques -*nocuus* et *innocuus* se rapportent à l’être et au caractère en -général. Plaut. Capt. III, 5, 7. Decet *innocentem* servum atque -*innoxium* confidentem esse; c’est-à-dire un esclave qui se sait -innocent dans le cas particulier dont il s’agit, et qui en -général ne fait rien de mal. - -4. *Noxius*, le coupable au sens matériel, comme auteur et cause -d’un dommage, ϐλαϐερός; *sons*, au sens moral et judiciaire, -comme condamné ou méritant d’être condamné, θῶος. - -—Culpare, v. *Arguere*. -—Cultus, v. *Vestis*. -—Cumulus, v. *Acervus*. - -Cunæ. Cunabula. -*Cunæ*, le berceau même; *incunabula*, la literie et les autres -accessoires du berceau. Plaut. Truc. V, 13[1]. Fasciis opus est, -pulvinis, *cunis*, *incunabulis*. Il faut des bandes, des -coussins, un berceau, de la literie et du linge. - -—1 Ce qui reste du cinquième acte n’est pas divisé en scènes. - -Cunctari. Hæsitare. Cessare. -*Cunctari*, hésiter par réflexion, μέλλειν; *hæsitare*, par -défaut de résolution; *cessare*, par manque de force et -d’énergie, ὀϰνεῖν. Le *cunctans* remet à commencer; le -*cessans*, à poursuivre. - -—Cuncti, v. *Quisque*. -—Capere, v. *Velle*. - -Cupido. Cupiditas. Libido. Voluptas. -1. *Cupido*, le désir qui nous porte vers quelque chose conçu -comme un principe d’activité par opposition à la répugnance; -*cupiditas*, la passion conçue comme un état par opposition au -calme de l’âme. Il faut que *cupido* soit joint, et *cupiditas* -peut être joint à un génitif exprimé ou sous-entendu; *cupido* -se rapporte alors par préférence aux biens ordinaires et à -l’argent; *cupiditas*, à des biens de toute sorte. Vell. P. II, -33. Pecuniæ *cupidine*, par un vif amour de l’argent. Et tout à -la suite: interminatam imperii *cupiditatem*. Une passion -démesurée d’autorité. - -2. *Cupido* et *cupiditas* sont opposés au désir modéré; mais -*libido*, c’est la fantaisie et le caprice par opposition à la -volonté raisonnable, *ratio* ou *voluntas*. *Libidines*, les -caprices par rapport au défaut d’empire sur soi-même; -*voluptates*, les plaisirs par opposition aux goûts sérieux ou -au chagrin. Tac. H. II, 31. Minus Vitellii ignaræ *voluptates* -quam Othonis flagrantissimæ *libidines* timebantur. Les plaisirs -paresseux de Vitellius paraissaient moins redoutables que les -caprices ardents d’Othon. - -Cur. Quare. -*Cur* sert aussi bien pour de véritables questions que pour des -exclamations sous forme de questions; *quare* ne s’emploie que -pour des questions qui exigent une réponse. - -Cura. Sollicitudo. Angor. Dolor. Ægritudo. -*Cura*, *sollicitudo* et *angor*, impression pénible causée par -l’idée d’un mal, d’un danger à venir: *cura*, sous forme de -pensée, le souci, la sollicitude, φροντὶς, par opposition à -*incuria*; *sollicitudo*, sous forme de sentiment, l’inquiétude, -l’agitation, μέριμνα, par opposition à *securitas*; *angor*, -sous forme de passion, l’angoisse, l’anxiété, par opposition à -*solutus animus*. *Dolor* et *ægritudo* se rapportent à un mal -présent: *dolor* exprime un désagrément, la douleur, par -opposition à *gaudium*, ἄλγος; *ægritudo*, une maladie, la -tristesse noire, ἀνία, par opposition à *alacritas*. Cic. Finn. -I, 22. Nec præterea res ulla est, quæ sua natura aut -*sollicitare* possit aut *angere*. Et il n’y a rien hors de là -qui soit de nature à causer de l’inquiétude ou de l’anxiété. -Accius dans Nonius. Ubi *cura*, ibi *anxitudo*. Les soucis ne -vont point sans humeur. Plin. Ep. II, 11. Cæsar mihi tantum -studium, tantam etiam *curam* (nimium est dicere -*sollicitudinem*) præstitit ut... César s’est montré si zélé -pour moi, si soucieux même (car, de dire inquiet, ce serait -trop) que... Quintil. VIII, pr. 20. *Curam* ego verborum, rerum -volo esse *sollicitudinem*. J’entends que les mots donnent du -souci, les choses de l’inquiétude. - -Curvus. Uncus. Pandus. Incurvus. Recurvus. Reduncus. Repandus. -Aduncus. -1. *Curvus* ou en prose *curvatus*, terme général pour tout ce -qui est courbé, depuis la courbe la plus faible jusqu’à la -circonférence parfaite; *uncus* suppose une forte courbure qui -se rapproche du demi-cercle, comme un crochet; *pandus*, une -courbure faible qui s’éloigne peu de la ligne droite, comme une -échancrure. - -2. Les *curva* forment une courbe continue; les *incurva* -supposent une ligne droite dont l’extrémité seule dégénère et se -termine en courbe, comme ἐπιϰαμπὴς, par exemple, le bâton -augural ou le corps d’un homme qui se baisse, etc. - -3. *Recurvus*, *reduncus* et *repandus* désignent des courbes -tournées en dehors; *aduncus*, une courbe tournée en dedans. -Plin. H. N. XI, 37. Cornua aliis *adunca*, aliis *redunca*. Chez -les uns les cornes sont tournées en dedans, chez les autres en -dehors. - -—Cuspis, v. *Acies*. - -Custodia. Carcer. Ergastulum. -*Custodia*, lieu quel qu’il soit où sont retenus des -prisonniers, fourrière; *carcer*, prison bâtie exprès surtout -pour les citoyens; *ergastulum*, maison de correction pour des -esclaves. - -—Cutis, v. *Tergus*. -—Cyathus, v. *Poculum*. -—Cymba, v. *Navigium*. - - -D - - -Damnum. Detrimentum. Jactura. -*Damnum*, perte qu’on fait par sa faute par opposition à -*lucrum*; *detrimentum*, perte qu’on éprouve par opposition à -*emolumentum*; enfin *jactura*, perte volontaire par laquelle on -prétend échapper à une perte ou à un mal plus considérable. -*Damnum* se dit seul d’une amende, tandis que dans la formule: -Videant consules ne quid respublica *detrimenti* capiat, on ne -rencontre jamais *damnum*. - -—Dapes, v. *Epulæ*. -—Deamare, v. *Diligere*. -—Deambulare, v. *Ambulare*. -—Debere, v. *Necesse est*. -—Decernere, v. *Destinare*. -—Declarare, v. *Ostendere*. -—Desidia, v. *Ignavia*. -—Decipere, v. *Fallere*. -—Decorare, v. *Comere*. -—Dedecus, v. *Ignominia*. -—Dedicare, v. *Sacrare*. -—Deesse, v. *Abesse*. -—Deducere, v. *Comitari*. -—Deformis, v. *Teter*. -—Deficere, v. *Abesse* et *Turbæ*. -—Deflere, v. *Lacrimare*. -—Degere, v. *Agere*. -—Delectatio, v. *Oblectatio*. -—Defendere, v. *Tueri*. -—De integro, v. *Iterum*. -—Delere, v. *Abolere*. - -Delibutus. Unctus. Oblitus. -*Delibutus*, mouillé avec un corps gras; c’est le terme -générique par rapport à *unctus*, oint d’une matière agréable, -et à *oblitus*, enduit d’une matière malpropre. - -Delictum. Peccatum. Malefactum. Maleficium. Facinus. Flagitium. -Scelus. Nefas. Impietas. -1. *Delictum* et *peccatum*, transgression légère: *delictum*, -des lois positives, par légèreté; *peccatum*, des lois de la -nature et de la raison, par sottise. - -2. *Malefactum* est un synonyme et une sorte de périphrase des -deux mots précédents. *Maleficium* et *facinus* engagent -directement la morale dans la question. *Maleficium*, tout -méfait qui mérite un châtiment, parce qu’il procède d’une -mauvaise intention. *Facinus*, quand on le prend en mauvaise -part, c’est, comme δεινόν τι, un forfait qui excite de -l’étonnement ou de l’épouvante, à cause du degré extraordinaire -d’audace qu’il exigeait. - -3. Il y a autant de sortes de mauvaises actions que de sortes de -devoirs, envers soi-même, envers les autres, envers les dieux. -*Flagitium* est un manquement contre soi-même, contre son propre -honneur, par débauche, inconduite, lâcheté, bref, par des -actions qui proviennent de faiblesse morale plutôt que d’une -force déréglée, par des manifestations de l’*ignavia*; c’est une -turpitude. *Scelus* est un manquement contre les autres, contre -les droits des particuliers ou la paix de la société, par -brigandage, meurtre et surtout par sédition, bref, par des -manifestations de la *malitia*, un crime. *Nefas* est un -manquement contre les dieux ou la nature, par blasphème, pillage -d’un temple, meurtre de parents, trahison envers la patrie, -bref, par des manifestations de l’*impietas*, un sacrilége. - -Deligere. Eligere. -*Deligere*, faire son choix, ne pas laisser plus longtemps le -choix en suspens; *eligere*, choisir et ne pas prendre le -premier venu. - -—Delirium, v. *Amens*. -—Demens, v. *Amens*. -—Delubrum, v. *Templum*. - -Demere. Adimere. Eximere. Auferre. Eripere. Surripere. Furari. -1. *Demere*, *adimere* et *eximere*, enlever sans violence et -sans ruse. *Demere*, séparer une partie d’un tout qui se trouve -diminué par là; il a pour opposé *addere* et *adjicere*; -*adimere*, prendre un bien à un propriétaire qui en devient plus -pauvre; il a pour opposés *dare* et *reddere*; enfin, *eximere*, -ôter un mal à une personne qui se sent alors comme allégée d’un -fardeau. - -2. *Auferre*, *eripere*, *surripere* et *furari* impliquent une -idée d’arbitraire et d’injustice. *Auferre* est le terme -général; c’est à peu près prendre. *Eripere*, prendre par -violence, comme arracher; *surripere* et *furari*, secrètement -et par ruse; mais *surripere*, par un détournement qui peut -avoir pour motif une nécessité de légitime défense et de -prudence; *furari*, en pratiquant le méprisable métier de -voleur. Sen. Prov. 5. Quid opus fuit *auferre*? accipere -potuistis; sed ne nunc quidem *auferetis*, quia nihil eripitur -nisi retinenti. Où était la nécessité de prendre? vous n’aviez -qu’à ouvrir la main pour recevoir. Et il ne vous sera pas donné -de prendre, même à présent, car on n’arrache rien qu’à celui qui -veut garder. Cic. Verr. I, 4, 60. Si quis clam *surripiat* aut -*eripiat* palam atque *auferat*. Qu’on dérobe secrètement ou -qu’on arrache ouvertement et qu’on prenne. Et II, 1, 13. Non -*furem* sed *ereptorem*. Ce n’est pas un voleur, mais un -ravisseur. - -—Demoliri, v. *Destruere*. -—Denegare, v. *Negare*. -—Denuo, v. *Iterum*. -—Demori, v. *Mors*. -—Densus, v. *Angustus*. -—Deplorare, v. *Lacrimare*. - -Depravare. Corrumpere. -*Depravare*, terme relatif, gâter, mais de manière qu’on puisse -encore réparer le mal; il se dira de ce qui a pris un mauvais -pli; *corrumpere*, terme absolu, abîmer, mettre hors d’usage, en -sorte qu’il n’y ait plus de remède; il se dira de ce qui est -brisé. - -—Deridere, v. *Ridere*. -—Desciscere, v. *Turbæ*. -—Desertum, v. *Solitudo*. -—Deserere, v. *Relinquere*. -—Desiderare, v. *Requirere*. - -Desinere. Desistere. -*Desinere* marque un fait et se dit des personnes, des choses et -des actions, comme cesser; *desistere* marque un acte de volonté -dont les personnes seules sont capables, comme renoncer. - -—Desolatus, v. *Relinquere*. -—Despicere, v. *Spernere*. -—Desperare, v. *Exspes*. - -Destinare. Obstinare. Decernere. Statuere. Constituere. -1. *Destinare* et *obstinare* présentent une résolution à -laquelle on s’arrête, comme un acte psychologique; *decernere* -et *statuere*, comme un acte politique. - -2. *Destinare*, prendre un parti décisif dont les conséquences -sont prévues; *obstinare*, prendre une résolution irrévocable -dans laquelle on persiste avec opiniâtreté ou entêtement. - -3. *Decernere* désigne comme conclure le résultat définitif -d’une délibération en forme ou pour le moins d’un examen conduit -avec la gravité qui préside à une discussion entre collègues; -*statuere* marque comme résoudre le terme d’une situation -incertaine, et on emploie dans le même cas *constituere*, quand -le sujet ou le régime de l’action est au pluriel. Cic. Fr. -Tull.[1] Hoc judicium sic exspectatur, ut non *unæ* rei -*statui*, sed omnibus *constitui* putetur. Ce qu’on attend de ce -jugement, ce n’est pas tant une décision sur un intérêt -particulier qu’un règlement sur un intérêt général. - -—1 Tome XXXVI, p. 269, §9 dans le Cicéron de la collection -Panckoucke. - -—Destinatio, v. *Pervicacia*. -—Destituere, v. *Relinquere*. - -Destruere. Demoliri. -*Destruere*, abattre une œuvre d’art; *demoliri*, une -construction solide. - -Deterior. Pejor. -*Deterior* se dit, comme χείρων, de celui qui est inférieur aux -autres, qui est moins estimable; *pejor*, comme ϰαϰίων et pire, -de celui qui est plus corrompu, plus dangereux. On trouve dans -Sall. Or. Phil. 3. Æmilius omnium flagitiorum postremus, qui -*pejor* an *ignavior* sit deliberari non potest. Æmilius, le -dernier de tous les misérables. Est-il plus méchant que lâche ou -plus lâche que méchant? c’est ce qu’il est impossible de -décider. Et dans ce passage *deterior* ne formerait pas un -contraste avec *ignavior*. Catulle emploie, en badinant, le -superlatif *pessimi*, qui contient l’idée d’une certaine -énergie; *deterrimus*, pitoyable ou chétif, ne se dit jamais par -plaisanterie. - -—Detestari, v. *Abominari*. -—Detrectatio, v. *Invidia*. -—Deus, v. *Numen*. -—Detinere, v. *Manere*. -—Detrimentum, v. *Damnum*. - -Deversorium. Hospitium. Caupona. Taberna. Popina. Ganeum. -*Deversorium*, tout quartier où l’on descend tant que dure un -voyage, dans une propriété à soi, chez des amis, chez des -hôteliers; *hospitium*, l’asile qu’on trouve chez un ami avec -lequel on est en relation d’hospitalité; *caupona*, l’auberge; -tous ces lieux fournissent le logement comme des hôtelleries. -Les *tabernæ*, *popinæ*, *ganea* ne fournissent que la pension, -comme les restaurants: les *tabernæ*, pour les gens du commun, -comme les cabarets; les *popinæ*, pour les gens du grand monde -et les gastronomes, comme certaines maisons de traiteurs; les -*ganea*, pour ces deux sortes de gens et en outre pour les -voluptueux. - -—Devincire, v. *Ligare*. -—Dicare, v. *Sacrare*. -—Dicacitas, v. *Lepidus*. - -Dicere. Aio. Inquam. Asseverare. Affirmare. Contendere. Fari. -Fabulari. -1. *Dicere*, parler pour instruire; il se rapporte à celui qui -écoute, par opposition à *tacere*, comme le neutre *loqui* et -λέγειν; *aio*, parler pour affirmer; il se rapporte à celui qui -parle, par opposition à *nego*, comme φημί. - -2. *Ait* se joint au discours indirect et régit un infinitif; -*inquit*, au discours direct; il amène un indicatif, un -impératif ou un subjonctif. - -3. *Aio* marque la simple affirmation d’une proposition qu’on se -borne à énoncer; *asseverare*, *affirmare*, *contendere*, -marquent une affirmation énergique; *asseverare*, c’est affirmer -sérieusement, par opposition à une affirmation plaisante ou -légère, à *jocari*; *affirmare*, affirmer en garantissant la -certitude, par opposition au doute et aux rumeurs, à *dubitare*; -*contendere*, affirmer en dépit des contradicteurs et soutenir -son opinion envers et contre tous, par opposition à céder et à -renoncer. - -4. *Dicere*, dire, sans idée accessoire; *loqui*, pris comme -verbe actif, contient une idée accessoire de mépris: ce qu’on -dit n’est que vains propos. Cic. Att. XIV, 4. Horribile est quæ -*loquantur*, quæ minitentur. Leurs propos, leurs menaces font -horreur. - -5. *Loqui*, pris comme verbe intransitif, parler en général; -*fabulari*, parler sans façon ou du moins sans gêne, pour passer -le temps, sans donner une grande attention au fond ou à la -gravité du discours, causer, λαλεῖν; enfin, *dicere*, pris comme -verbe neutre, parler avec art, en s’étudiant, particulièrement à -la tribune, λέγειν. Liv. XLV, 39. Tu, centurio, miles, quid de -imperatore Paulo senatus decreverit potius quam quid Sergio -Galba *fabuletur*, audi, et hoc *dicere* me potius quam illum -audi; ille nihil præterquam *loqui*, et id ipsum maledice et -maligne didicit. Centurions et soldats, prêtez l’oreille au -décret du sénat sur la victoire de votre général plutôt qu’aux -déclamations mensongères de Galba. Prêtez l’oreille à mon -langage plutôt qu’au sien. C’est un homme qui n’a rien étudié, -hors l’art de parler, et encore pour insulter et pour nuire. -Cic. Brut. 58. Scipio sane mihi bene et *loqui* videtur et -*dicere*. Il me semble que Scipion brille également dans le -langage ordinaire et dans le langage étudié. Orat. III, 10. -Neque enim conamur docere eum *dicere* qui *loqui* nesciat. Nous -n’entreprenons point d’enseigner l’art de la parole à celui qui -ne sait pas ce que c’est que parler. Suet. Claud. 4. Qui tam -ἀσαῶς *loquatur*, quî possit quum declamat σαφῶς *dicere* quæ -dicenda sunt, non video. Comment, avec une parole aussi confuse, -on pourrait, parlant en public, dire clairement ce qu’il faut -dire, c’est ce que je ne vois pas. - -6. *Fari* présente la parole comme le simple usage mécanique des -organes de la voix pour former des sons et des mots articulés, -par opposition à *infantem esse*; *loqui*, comme le moyen -d’exprimer ses pensées, par opposition à *tacere*. Et comme -*fari* peut se réduire à prononcer des paroles isolées, on y -rattache aisément l’idée d’un laconisme extraordinaire, -imposant, digne d’un oracle, comme dans les arrêts du destin, -*fati*, tandis que *loqui* fait songer aux discours ordinaires -des hommes qui dégénèrent souvent en loquacité, *loquacitas*. - -—Dicterium, v. *Verbum*. -—Dicto audientem esse, v. *Parere*. - -Dies. Tempus. Tempestas. Die. Interdiu. -1. *Dies*, le temps envisagé dans sa nature purement abstraite, -comme simple extension et simple progression; *tempus* et -*tempestas*, le temps de la météorologie et de l’astronomie, la -température, les rapports de la durée. *Tempus* marque plutôt un -simple point, un moment, une époque; *tempestas*, tout un -espace, une période. *Dies docebit* a trait à un long espace de -temps qui doit s’écouler avant que nous soyons instruits, comme -χρόνος; *tempus docebit*, au moment favorable qui nous -instruira, comme ϰαιρός. - -2. *Die*, par jour, chaque jour, par opposition à l’heure et à -l’année; *interdiu* et *diu*, de jour, par opposition à *noctu*; -mais *interdiu* se prend dans toute sorte de circonstances; -*diu* est toujours joint à *noctu*que. Cic. Att. XIII, 28. -Credibile non est quantum scribam *die*. Vous auriez peine à -croire combien j’écris chaque jour. Cels. Med. I, 3. Qui semel -et qui bis *die* cibum... assumit. Celui qui mange une fois et -celui qui mange deux fois par jour. Tac. H. II., 5. *Noctu* -*diu*que. Nuit et jour. - -—Dies festi, v. *Solemnia*. - -Differre. Proferre. Procrastinare. Prorogare. -1. *Differre* marque le renvoi à un autre temps considéré par -son côté négatif: loin de faire la chose présentement, on la -laisse là; *proferre* et *procrastinare* marquent le délai pris -par le côté positif: la chose aura lieu dans un temps à venir; -une autre fois, sans dire quand, si l’on se sert de *proferre*; -dans un avenir très-rapproché, si l’on se sert de -*procrastinare*. - -2. *Differre*, etc., se disent d’une action qu’on tarde å -commencer; *prorogare*, d’un état auquel on tarde à mettre fin, -comme prolonger. - -—Difficilis, v. *Arduus* et *Austerus*. -—Digladiari, v. *Pugnare*. -—Diligentia, v. *Opera*. -—Dignum esse, v. *Merere*. - -Diligere. Amare. Deamare. Adamare. Caritas. Amor. pietas. -1. *Diligere*, c’est l’amour qui naît de l’estime, le résultat -de nos réflexions sur le mérite de l’objet aimé, comme φιλεῖν; -*amare*, c’est l’amour par inclination, celui qui a son origine -dans le sentiment, qui est involontaire ou même irrésistible, -comme ἐρᾷν, ἔρασθαι. *Diligere* désigne l’amour pur, dégagé du -joug des sens et de l’égoïsme, calme et paisible: *amare*, -l’amour ardent qui confine à la passion, qu’il soit d’ailleurs -sensuel ou platonique. Cic. Att. XIV, 17. Tantum accessit ut -mihi nunc denique *amare* videar, ante *dilexisse*. Il me -semble, tant mon amour a grandi, qu’il ne mérite ce nom que -d’aujourd’hui et que je n’avais auparavant que de l’affection. - -2. *Amare*, aimer en général; *deamare*, verbe augmentatif, -aimer à en mourir, comme *amore deperire*; et *adamare*, verbe -inchoatif, commencer à aimer. - -3. *Caritas*, entendu de l’effet qu’on produit, c’est -l’affection que les autres ont pour nous. C’est une sorte de -substantif à sens neutre par rapport au substantif à sens actif, -*amor*, le penchant que nous éprouvons pour un autre; d’où -viennent ces constructions: *caritas* apud aliquem; mais *amor* -erga aliquem. - -4. *Caritas*, entendu de l’effet qu’on ressent, tout amour qui -tourne à la tendresse, particulièrement celui des parents pour -les enfants, sans aucun mélange de sensualité, il ne se dit que -des personnes, comme ἀγάπη ou στοργή; *amor*, l’amour ardent et -passionné pour des personnes ou des choses, comme ἔρως; enfin, -*pietas*, c’est l’amour instinctif pour des personnes et des -choses que les liens sacrés de la nature nous obligent à aimer, -dieux, parents, patrie, bienfaiteurs. La *caritas* se complaît -dans l’objet aimé, se réjouit de le posséder et se manifeste par -des prévenances et des sacrifices; l’*amor* vise à réduire -toujours davantage le même objet en son pouvoir; il est -difficile à satisfaire; la *pietas* se laisse aller à un -penchant naturel et à un sentiment religieux. - -—Diluculum, v. *Mane*. -—Dimicare, v. *Pugnare*. -—Dirimere, v. *Dividere*. -—Dimetari, dimetiri, v. *Metiri*. -—Dimittere, v. *Mittere*. -—Diripere, v. *Vastare*. -—Dirus, v. *Atrox*. - -Disceptatio. Litigatio. Controversia. Contentio. Altercatio. -Jurgium. Rixa. -1. *Disceptatio*, *litigatio* et *controversia*, différends -susceptibles d’être terminés à l’amiable et par des voies -régulières; *contentio*, *altercatio* et *jurgium*, différends -entachés de passion et de violence, mais qui se passent -néanmoins en paroles; *rixæ*, différends qui se traduisent ou -menacent de se traduire en voies de fait, comme les querelles et -les batteries, et qui tiennent le milieu entre *jurgium* et -*pugna*. Liv. XXXV, 17. Ex *disceptatione* *altercationem* -fecerunt. La dispute dégénéra en altercation. Tac. H. I, 64. -*Jurgia* primum, mox *rixæ* inter Batavos et legionarios. Il y -eut d’abord de gros mots, puis des rixes entre les Bataves et -les légionnaires. Dial. 26. Cassius Severus non pugnat, sed -*rixatur*. Cassius Sévérus cherche des rixes, sinon des -batailles. - -2. Il y a lutte, *controversia*, entre deux partis dès qu’ils -sont opposés l’un à l’autre; débat, *disceptatio*, dès qu’ils -s’engagent dans une dispute sous prétexte de rechercher la -vérité ou de démêler le droit sans avoir dans le principe des -intentions hostiles; contestation, *litigatio*, dès qu’ils -s’inspirent d’un esprit d’hostilité et d’intérêt personnel. - -3. La *contentio* veut absolument avoir raison et atteindre son -but en mettant toutes ses forces en jeu dans quelque intention -que ce soit; l’*altercatio* ou échange de paroles ne veut pas -demeurer en reste de propos avec son adversaire, elle veut avoir -le dernier mot; le *jurgium* n’écoute rien et décharge sa -mauvaise humeur par des paroles dures. La *contentio* offre une -image sérieuse, celle d’un effort vigoureux; l’*altercatio*, -l’image comique de personnes qui s’échauffent à la manière des -femmes; le *jurgium*, l’image repoussante de la colère brutale. - -Discernere. Distinguere. -*Discernere*, discerner, diviser conformément à des notions -acquises; *distinguere*, distinguer par des signes et des -marques. - -—Disciplinæ, v. *Litteræ*. -—Discrimen, v. *Tentare*. - -Disertus. Facundus. Eloquens. -*Disertus* et *facundus* désignent un talent oratoire donné par -la nature; *eloquens* un art de la parole acquis et -perfectionné. Celui qui parle avec clarté et précision s’appelle -*disertus*, celui qui parle avec élégance et agrément, -*facundus*, celui qui réunit les deux, savoir la netteté et la -beauté du discours, *eloquens*. Le *disertus* fera un bon -maître, mais il se peut qu’il n’ait pas également cultivé toutes -les facultés de son esprit; le *facundus* brille en société, -mais tout son savoir-faire peut n’être qu’une facilité -superficielle dans le maniement de la parole, sans profondeur et -sans solidité; l’*eloquens*, avant de prendre la parole comme -homme d’état ou comme écrivain, doit s’être rendu parfaitement -maître de la langue et de l’art à force de talent et d’études -variées. Cic. Orat. 5, 19. Antonius... *disertos* ait se vidisse -multos, *eloquentem* omnino neminem. J’ai souvent rencontré une -parole nette, dit Antoine; je n’ai jamais entendu une voix -parfaitement éloquente. Quintil, VIII, pr. 13. *Diserto* satis -dicere quæ oporteat; ornate autem dicere proprium est -*eloquentissimi*. On est disert quand on sait dire ce qu’il -faut; mais de parer la parole, c’est le fait de la plus haute -éloquence. Suet. Cal. 53. *Eloquentiæ* quam plurimum adtendit, -quamvis *facundus* et *promptus*. Il s’applique fort à -l’éloquence, quoiqu’il ait naturellement la parole agréable et -facile. - -—Dispar, v. *Æquus*. -—Dispertire, v. *Dividere*. -—Disputare, v. *Disserere*. - -Disserere. Disputare. -*Disserere*, soutenir son opinion en style didactique, en -développant ses raisons; *disputare* en style polémique en -tenant compte des raisons contraires, en opposant à un -adversaire imaginaire ou réel raison pour raison, afin de -constater par une sorte de bilan de quel côté est la plus grosse -somme de vérité. Le *disserens* vise simplement à exprimer ses -vues personnelles; le *disputans* veut faire prévaloir les -siennes en qualité de vérités indépendantes de toute -personnalité. En outre *disserere* marque une manière plus -libre; *disputare*, une manière plus méthodique de traiter le -sujet. - -—Distinguere, v. *Discernere*. -—Diu, diuturnus, diutinus, v. *Pridem*. -—Distribuere, v. *Dividere*. -—Divellere, v. *Frangere*. -—Diversus, v. *Varius*. - -Dividere. Partiri. Dirimere. Dispertire. Distribuere. -1. *Dividere* et *dirimere*, diviser sans autre but que de -détruire l’unité de l’ensemble et de réduire en parties; -*partiri*, dans le but d’obtenir par voie de séparation des -parties dont il soit possible de disposer. De là *divide et -impera* et *dividere sententias*, mais *partiri prædam*. - -2. *Divisio* marque dans les traités de rhétorique la -décomposition de l’espèce en variétés; *partitio*, celle du tout -en ses parties. - -3. *Dividere* ne se rapporte qu’à une réunion matérielle dans -l’espace et ne détruit qu’une relation extérieure; mais -*dirimere* se rapporte à l’union organique d’un tout et supprime -des rapports intimes. Liv. XXII, 15. Casilinum urbs... Volturno -flumine *diremta* Falernum ac Campanum agrum *dividit*. C’est -qu’aux yeux de l’auteur une rivière qui coupe une ville en deux -constitue une séparation contre nature, tandis que la séparation -de deux territoires contigus par une ville est toute naturelle. - -4. *Dividere* signifie encore distribuer sans idée accessoire; -*dispertire*, c’est répartir entre futurs propriétaires; -*distribuere*, entre propriétaires légitimes, ou encore mettre -chaque partie à une place convenable et appropriée. - -Divinare. Præsagire. Præsentire. Prævidere. Vaticinari. -Prædicere. -1. *Divinare* se dit d’un pressentiment qui provient d’une -inspiration divine et d’un secours surnaturel, comme -μαντεύεσθαι; *præsagire*, d’un pressentiment par voie naturelle, -par suite d’un tour d’esprit particulier qui confine au -surnaturel; *præsentire* et *prævidere*, par un développement -extraordinaire des dons naturels de l’esprit, à savoir -*præsentire* par une vision immédiate, *prævidere*, par de -profondes et heureuses combinaisons, par prévoyance. - -2. *Divinare*, etc., simples actes de l’entendement; -*vaticinatio* et *prædictio*, expression et communication de ce -qu’on pressent: *vaticinatio*, par le fait du *divinans* et du -*præsagiens*, c’est la prophétie, προφητεία; *prædictio*, par le -fait du *præsentiens* et du *prævidens*, c’est la prédiction. - -Divitiæ. Opes. Gazæ. Locuples. Opulentus. Copiosus. -1. *Divitiæ* et *gazæ*, la richesse en général, comme propriété, -comme moyen de satisfaire ses désirs de toute sorte; *opes*, -comme le moyen de réaliser un but élevé, de se faire valoir, -d’acquérir ou de conserver de l’influence. *Divitiæ*, la -richesse du simple particulier, πλοῦτος; *opes*, la fortune mise -au service de l’homme d’État ou de l’ambitieux politique; -*gazæ*, le trésor d’un roi ou d’un prince, θησαυροί. - -2. *Dives*, riche par opposition à *pauper*, πλούσιος; -*locuples*, qui est dans l’aisance, par opposition à *egens*, -*egenus*, ἀφνειός; *opulentus* et *copiosus*, quia de grandes -ressources par opposition à *inops*, comme εὔπορος. - -—Divortium, v. *Repudium*. -—Divus, v. *Numen*. - -Doctor. Præceptor. Magister. -*Doctor*, le maître qui expose la théorie considéré par rapport -à la science ou à l’art qu’il enseigne, il s’oppose à -l’auditeur; *præceptor*, le maître qui initie à la pratique par -rapport au pupille qu’il façonne, il s’oppose à l’écolier; -*magister*, le maître en général par rapport à sa supériorité et -à son ascendant et par opposition aux profanes. Cic. Orat. III, -15. Vetus illa doctrina eadem videtur et recte faciendi et bene -dicendi *magistra*, neque disjuncti *doctores*, sed iidem erant -vivendi *præceptores* atque dicendi. On voit cette ancienne -méthode gouverner à la fois la conduite et la parole; point de -maîtres distincts; ceux qui forment à la parole forment en même -temps à la vie. - -Doctrina. Eruditio. -*Doctrina*, le savoir considéré comme un des moyens divers par -lesquels l’esprit se développe; *eruditio*, la science qui -transforme l’esprit et l’amène à la dernière perfection. Le -savoir, *doctrina*, ne donne qu’une supériorité de -connaissances, il se rattache et s’oppose à l’idée qu’exprime le -mot *exercitatio*, lequel implique une supériorité de savoir- -faire; réduit même à la théorie sèche et mis en regard de la -pratique plus visiblement utile, il est exposé à être mal vu et -ridiculisé. La science parfaite, *eruditio*, se rapproche -beaucoup plus de la pratique, elle implique une certaine -influence, des connaissances acquises et des études sur le -perfectionnement de l’homme entier, elle représente la vraie -humanité dans l’ordre intellectuel, comme *humanitas* dans -l’ordre moral. - -—Doctrina, v. *Litteræ*. - -Dolor. Tristitia. Mœstitia. Luctus. -1. *Dolor*, le sentiment des douleurs, le déplaisir intérieur, -par opposition à *gaudium*; *tristitia*, *mœror*, *luctus*, -l’expression de ce sentiment. *Tristitia* et *mæstitia*, -manifestation naturelle qui perce involontairement dans -l’attitude et dans la physionomie; *luctus*, manifestation -artificielle, faite à dessein, au grand jour, à l’aide de signes -conventionnels, comme de se couper les cheveux, de mettre des -habits de deuil, etc., πένθος. *Mœror* sert en même temps -d’augmentatif à *dolor*, et *luctus* à *mœror* et *tristitia*, -en ce sens que la manifestation extérieure vient se joindre au -sentiment au lieu de lui être opposée. Cic. Att. XII, 28. -*Mœrorem*, minui, *dolorem*, nec potui, nec si possem vellem. -J’ai retranché quelque chose des marques de ma douleur; mais -pour ma douleur même je n’ai rien pris sur elle, et je le -pourrais que je ne le voudrais pas. Phil. XI, 1. Magno in -*dolore* sum, vel in *mœrore* potius, quem ex miserabili morte -C. Trebonii accepimus. Je suis dans la grande douleur, ou plutôt -dans les effusions de douleur où nous jette la mort déplorable -de C. Trébonius. Plin. Ep. V, 9. Illud non *triste* solum, verum -etiam *luctuosum* quod J. Avitus decessit. La perte de J. Avitus -ne cause pas seulement un chagrin visible, c’est un deuil. Tac. -Agr. 43. Finis vitæ ejus nobis *luctuosus*, amicis *tristis*. Sa -fin nous plonge dans le deuil, et ses amis dans la tristesse (la -parenté seule prend le deuil). Tac. Ann. II, 82. Quanquam nec -*insignibus lugentium* abstinebant, altius *animis mœrebant*. -Les marques de deuil ne faisaient pas défaut, mais c’étaient -surtout les cœurs qui étaient contristés. Cic. Sext. 29, 39. -*Luctum* nos hausimus majorem, *dolorem* ille *animi* non -minorem. Ce fut pour nous la source d’une douleur plus -expansive, pour lui celle d’une douleur concentrée tout aussi -vive. - -2. *Tristitia* présente la manifestation du chagrin par son côté -repoussant, celui des idées noires, de l’ennui, de la mauvaise -humeur, par opposition à *hilaritas*; *mœstitia*, par son côté -pitoyable, celui de la désolation, d’une douleur ordinairement -justifiée qui nous plonge dans la mélancolie, par opposition à -*lætus*. *Tristitia* est le fait de la réflexion, *mæstitia*, du -sentiment. On reconnaît le *tristis* comme le *truculentus* à -son regard farouche, à son front plissé, à ses sourcils -contractés; le *mœstus* comme l’*afflictus* à ses yeux mornes et -à son regard baissé. Tac. Hist. I, 82. Rarus per vias populus, -*mœsta* plebs; *dejecti* in terram militum vultus ac plus -*tristitiæ* quam pœnitentiæ. Très-peu de monde dans les rues, la -population consternée; des soldats qui baissaient les yeux, mais -d’un air sombre plutôt que d’un air de regret. Cic. Mur. 24, 49. -*Tristem* ipsum, *mœstos* amicos. Vous-même soucieux, vos amis -désolés. - -—Dolor, v. *Cura*. - -Donum. Munus. Largitio. Donarium. Donativum. Liberalitas. -1. *Donum*, cadeau désintéressé, le donateur n’ayant pas d’autre -vue que de faire plaisir, δῶρον; *munus*, présent qui engage la -reconnaissance, qui est une marque d’amour ou de faveur de la -part du donateur, γέρας; enfin *largitio*, présent intéressé -destiné à gagner et à corrompre les gens sous couleur de -bienfaisance, la plupart du temps dans un but politique. Suet. -Cæs. 28. Aliis captivorum millia *dono* afferens, c’est-à-dire -en pur don et non point seulement par manière de prêt. Comparez -avec Ner. 46. Auspicanti Sporus annulum *muneri* obtulit, c’est- -à-dire par honnêteté. Tac. Hist. I, 52. Id comitatem -bonitatemque faventes vocabant quod sine modo *donaret* sua, -*largiretur* aliena. Les partisans de Vitellius vantaient son -caractère facile et bienveillant lorsqu’ils lui voyaient -dissiper ses propres biens en cadeaux, ceux des autres en -largesses. - -2. *Donarium*, terme particulier pour une offrande qu’on fait à -un temple; *donativum*, pour un don militaire que le nouvel -empereur accordait aux soldats à son avénement; *liberalitas*, -pour une munificence de l’empereur destinée à soutenir un noble -tombé dans la pauvreté. - -Dorsum. Tergum. -*Dorsum*, le dos au sens horizontal, celui de l’animal, par -opposition au ventre, νῶτον; *tergum*, le dos au sens vertical, -celui de l’homme par opposition à la poitrine, μετάφρενον. -*Dorsum* montis, la crête; *tergum*, le revers d’une montagne. - -Dubius. Ambiguus. Anceps. -*Dubius* et *ambiguus*, douteux quand il ne s’agit que d’un bon -ou d’un mauvais succès, d’un bonheur ou d’un malheur; *anceps*, -quand il y va de l’existence entière, d’être ou de ne pas être. -Vell. P. II, 79. Ea patrando bello mora fuit, quod postea -*dubia* et *interdum ancipiti* fortuna gestum est. Tels sont les -retards que souffrit l’ouverture de cette guerre où la fortune -intervint dans la suite avec des chances douteuses et -quelquefois critiques. - -—Dudum, v. *Pridem*. -—Dulcis, v. *Suavis*. - -Dumi. Sentes. Vepres. -*Dumi*, fourrés de broussailles qui offrent un aspect sauvage; -*sentes*, buissons épineux où l’on se blesse; *vepres* réunit -les deux idées: broussailles épineuses qui font du sol un lieu -sauvage. - -Duplex. Duplum. Geminus. Dupliciter. Bifariam. -1. *Duplex*, double en parlant de quantités déterminées qu’il -suffit de compter; *duplum*, en parlant de quantités -indéterminées qu’il faut peser ou mesurer. *Duplex* s’emploie -adjectivement, *duplum* substantivement. Quintil. VIII, 6, 42. -In quo et numerus est *duplex*, nec *duplum* virium. Armée deux -fois plus nombreuse, mais sans offrir le double de forces. - -2. Étant donnés des objets semblables et pareils au nombre de -deux, c’est l’idée du nombre deux qui domine dans *duplex* comme -dans διπλοῦς; c’est l’idée de ressemblance et de parité qui -domine dans *geminus* comme dans δίδυμος. Dans ce passage de -Cic. Part. 6. Verba *geminata* et *duplicata*, vel etiam sæpius -iterata, *geminata* se rapporte à la répétition d’une idée par -le moyen de termes synonymes, *duplicata* à la répétition d’un -même mot. - -3. *Dupliciter* est toujours adverbe de manière: de deux -manières, à un double point de vue; *bifariam* est adverbe de -lieu: en deux endroits ou en deux parties. Cic. Fam. IX, 20. -*Dupliciter* delectatus sum litteris tuis. Ta lettre me charme -de deux manières. Comparez avec Tusc. III, 11. *Bifariam* -quatuor perturbationes æqualiter distributæ sunt. Les quatre -passions fondamentales ont été également réparties en deux -catégories. - - -E - - -Ebrius. Vinolentus. Temulentus. Crapula. Ebriosus. -1. *Ebrietas* présente par leur beau côté les suites d’un excès -de vin, c’est l’exaltation, l’animation, qui touchent à -l’inspiration, μέθη; *vinolentia* et le terme archaïque de -*temulentia* les font envisager par leur vilain côté, celui d’un -homme qui se soûle et tombe dans l’abrutissement, οἶνωσις; -enfin, *crapula* exprime la cause matérielle de cet état, les -fumées du vin, comme ϰραιπάλη. - -2. *Ebrius* et le mot d’origine étrangère *madulsa* désignent -l’état passager d’un homme qui est ivre; *ebriosus* l’habitude -d’un homme qui s’enivre. - -—Ecce, v. *En*. -—Editus, v. *Altus*. -—Edulia, v. *Alimenta*. -—Egestas, v. *Paupertas*. -—Egere, v. *Carere*. -—Egregius, v. *Eminens*. -—Ejulare, v. *Lacrimare*. -—Elaborare, v. *Labor*. -—Eligere, v. *Deligere*. -—Elonginquo, v. *Procul*. -—Eloquens, v. *Disertus*. - -Eloqui. Enunciare. Proloqui. Pronunciare. Recitare. -1. *Eloqui* et *enunciare* marquent un acte de l’intelligence -par lequel on exprime une idée qui était dans l’esprit: -l’*eloquens* tient autant de compte de la forme que du fond; il -veut donner à la pensée le tour le plus parfait; l’*enuncians* -ne s’attache qu’au fond; son but est rempli dès qu’il a fait -passer ses idées dans le domaine public, qu’il les a -communiquées. Le style, *elocutio*, appartient à la rhétorique; -la proposition et le jugement, *enunciatio*, appartiennent à la -grammaire et à la logique. - -2. *Proloqui* marque un acte moral par lequel on se résout à -exprimer une pensée qu’on tenait secrète, par opposition à -*reticere*, comme *profiteri*; enfin, *pronunciare* marque un -acte physique par lequel on exprime mécaniquement et -intelligiblement ce qu’on a pensé ou écrit, comme *recitare*. - -3. *Pronunciare* est un simple usage des organes de la parole et -ne suppose pas d’autre but que de se faire pleinement entendre; -*recitare* est le fait de l’art: on vise à produire une -impression agréable par une juste modulation de la voix conforme -aux règles de la déclamation. La *pronunciatio* ne s’applique -qu’aux lettres, aux syllabes et aux mots considérés comme les -éléments et le corps du discours; la *recitatio* se rapporte, en -outre, aux termes et au sens considérés comme l’âme du discours. - -—Elucet, v. *Constat*. -—Emendare, v. *Corrigere*. - -Emere. Mercari. Redimere. -1. *Emere*, faire une emplette; c’est l’acquisition de l’objet -qui est le point capital, et le prix à payer n’est qu’une idée -accessoire, πρέασθαι; *mercari*, acheter, il s’agit de la -conclusion d’un marché fait dans toutes les règles, généralement -entre commerçants, ἐμπολᾷν. - -2. *Emere* s’applique à des objets de commerce proprement dits; -*redimere*, à des objets qui ne constituent point aux yeux de la -loi et de la morale de vrais articles de commerce, que -l’acquéreur pourrait réclamer comme un dû ou qu’il devrait -obtenir par faveur sans bourse délier, par exemple, la paix, la -justice, l’affection. Cic. Sext. 30, 66. Quis autem rex qui illo -anno non aut *emendum* sibi quod non habebat, aut *redimendum* -quod habebat arbitrabatur? Quel est le roi qui ne se soit cru -réduit cette année ou à acheter ce qu’il n’avait point ou à -racheter ce qu’il avait? - -Eminens. Excellens. Præclarus. Præstans. Insignis. Singularis. -Unicus. -1. *Eminens*, *excellens*, *præclarus* et *præstans* servent à -constater de sang-froid une supériorité; *egregius*, à la -proclamer avec enthousiasme; *eximius*, avec admiration. - -2. *Eximius*, etc., se rapportent tous à des qualités louables -et ne peuvent se joindre que par ironie à des vices ou à des -fautes; *insignis*, *singularis* et *unicus* sont des termes -indifférents qui expriment également la louange ou le blâme à un -haut degré. - -—Eminet, v. *Apparet*. -—Eminus, v. *Procul*. -—Emissarius, v. *Explorator*. -—Emolumentum, v. *Lucrum*. -—Emori, v. *Mors*. - -En. Ecce. -*En*, vois ici ce qui était resté jusqu’à présent caché à tes -yeux, comme ἤν, ἠνί, ἠνίδε; *ecce*, vois là ce que tu n’aurais -jamais soupçonné, comme ἰδού. - -—Ensis, v. *Gladius*. -—Enunciare, v. *Eloqui*. -—Epistola, v. *Litteræ*. - -Epulæ. Convivium. Dapes. Epulum. Comissatio. -*Epulæ* est le terme général, le repas, le manger, frugal ou -recherché, en famille ou avec des convives, au logis ou en -public; *convivium*, repas de société, en compagnie; *dapes*, -banquet religieux à la suite d’un sacrifice; *epulum*, banquet -solennel, ordinairement politique, en l’honneur d’un personnage -ou d’un succès; *comissatio*, débauche de table, orgie. - -Equus. Caballus. Mannus. Canterius. -*Equus*, terme général pour le cheval, c’est le nom de l’espèce; -*caballus*, cheval commun; *mannus*, cheval de petite taille et -de luxe, poney; *canterius*, cheval coupé, hongre. Sen. Ep. 85. -Cato censorius *canterio* vehebatur et hippoperis quidem -impositis. Oh! quantum decus sæculi, Catonem uno *caballo* esse -contentum et ne toto quidem! Ita non obesis omnibus *mannis* et -asturconibus et tolutariis præferres unum illum *equum* ab ipso -Catone defrictum? Caton le censeur voyageait sur un hongre qui -portait ses bagages. Oh! quelle gloire pour un siècle que ce -Caton qui se contentait d’un cheval commun ou plutôt d’une place -sur ce cheval! Est-ce que vous ne préférez pas à tous les poneys -potelés, aux coursiers d’Asturie, aux trotteurs, cet unique -cheval que Caton pansait lui-même? - -—Ergastulum, v. *Custodia*. -—Eripere, v. *Demere*. - -Errare. Vagari. Palari. -*Errare*, s’égarer, πλανᾶσθαι, aller çà et là malgré soi, faute -de connaître le bon chemin; *vagari* et *palari*, errer de -propos délibéré: *vagari*, ἀλᾶσθαι, par ennui d’un séjour fixe -ou du droit chemin, en changeant souvent de direction; *palari*, -en s’éloignant de la société dans laquelle on se trouve pour -courir seul. *Erramus* ignari; *vagamur* soluti; *palamur* -dispersi. On s’égare par ignorance; on mène une vie errante -lorsqu’on ne tient à rien; on s’écarte pour se disperser. Tac. -H. I, 68. Undique populatio et cædes; ipsi in medio *vagi*; -abjectis armis magna pars, saucii aut *palantes* in montem -Vocetium perfugiunt. Partout des ravages et des massacres; -errant entre les deux corps ennemis, jetant leurs armes, blessés -ou dispersés pour la plupart, les Helvétiens cherchent un refuge -sur le mont Vocétius. - -Erudire. Formare. Instituere. -*Erudire* et *formare* présentent l’éducation par son côté -idéal, comme un des éléments de la perfection humaine: -*erudire*, en général, l’éducation délivre de l’ignorance; -*formare*, dans un sens particulier; elle transporte l’homme -dans une sphère spéciale; elle le façonne pour un but déterminé -vers lequel elle dirige l’âme; *instituere* présente la même -éducation par son côté positif; elle rend propre à un métier. - -—Eruditio, v. *Doctrina*. -—Escendere, v. *Scandere*. -—Esca, v. *Alimenta*. -—Esuries, v. *Fames*. - -Et. Que. Ac. Atque. -*Et* est la conjonction dont l’usage est le plus général; *que* -et *et-et* servent à unir des termes opposés: *que*, dès qu’il y -a opposition, par exemple *terra marique*; *et-et*, pour marquer -expressément l’opposition, par exemple *et terra et mari*; *ac* -et *atque* unissent des synonymes: *atque* se place devant les -voyelles et les consonnes gutturales; *ac*, devant le reste des -consonnes, par exemple, vir fortis *ac* strenuus. - -—Evenire, v. *Accidere*. -—E vestigio, v. *Repente*. -—Evertere, v. *Perdere*. -—Evocare, v. *Arcessere*. -—Excellens, v. *Eminens*. -—Excelsus, v. *Altus*. -—Excipere, v. *Sumere*. -—Excors, v. *Amens*. - -Excubiæ. Stationes. Vigiliæ. -*Excubiæ*, sentinelles devant un palais, garde d’honneur et -sauve-garde; *stationes*, garde placée à une porte, poste -avancé; *vigiliæ*, garde de nuit, patrouille. - -—Excusatio, v. *Purgatio*. - -Exemplum. Exemplar. -*Exemplum*, exemple pris entre beaucoup d’autres à cause de sa -convenance relative; il s’applique à un cas déterminé; -*exemplar*, exemple choisi de préférence à d’autres à cause de -sa perfection ou de sa convenance absolue; il représente une -idée générale, modèle. Vell. P. II, 100. Antonius singulare -*exemplum* clementiæ Cæsaris. Antoine, exemple frappant de la -clémence de César. Comparez avec Tac. Ann. XII, 37. Si incolumem -servaveris, æternum *exemplar* clementiæ ero (*clementiæ*, et -non pas *clementiæ tuæ*). Si tu me sauves, au lieu de me -frapper, ta conduite envers moi restera éternellement un modèle -de clémence. - -Exercitus. Copiæ. -*Exercitus*, armée composée de plusieurs légions; *copiæ*, -troupes composées de plusieurs cohortes. - -—Exhibere, v. *Præbere*. -—Exiguus, v. *Parvus*. -—Exigere, v. *Petere*. - -Exilis. Macer. Gracilis. Tenuis. -*Exilis* et *macer* se disent de l’exténuation considérée comme -un vice interne et y rattachent directement une idée de blâme. -C’est un rétrécissement causé par le défaut de sucs nourriciers. -*Exilis* est un terme général qui se dit de toute espèce de -corps et qui marque un appauvrissement et un manque de forces, -par opposition à *uber*, misérable; *macer*, maigre, se dit -particulièrement du corps des animaux; il désigne une certaine -sécheresse, un certain épuisement, par opposition à *pinguis*. -*Gracilis* et *tenuis* se rapportent à la forme, à l’apparence -et sont des termes indifférents ou des termes d’éloge: *tenuis*, -mince, délicat, se dit en général de toute sorte de corps, par -opposition à *crassus*; *gracilis* a un air de ressemblance avec -*procerus* et se dit en particulier du corps des animaux, -élancé, par opposition à *opimus*, à *obesus*. - -—Eximere, v. *Demere*. -—Existimare, v. *Censere*. -—Experiri, v. *Tentare*. -—Expilare, v. *Vastare*. -—Eximius, v. *Eminens*. -—Exitium, exitus, v. *Lues*. -—Expetere, v. *Velle*. - -Explorator. Speculator. Emissarius. -*Exploratores*, éclaireurs chargés ouvertement de reconnaître le -terrain ou l’ennemi; *speculatores*, espions envoyés secrètement -pour découvrir par ruse la situation et les plans de l’ennemi; -*emissarii*, agents secrets chargés au besoin de mesures et de -missions extraordinaires. - -—Exprobrare, v. *Objicere*. -—Exsequiæ, v. *Funus*. -—Exspectare, v. *Manere*. -—Exsecrari, v. *Abominari*. -—Exsomnis, v. *Vigil*. - -Exspes. Desperans. -*Exspes* marque en général l’état d’une personne qui a cessé -d’espérer; *desperans* présente le désespoir sous l’aspect d’un -sentiment douloureux. - -—Exstructus, v. *Præditus*. -—Exta, v. *Caro*. -—Extemplo, v. *Repente*. -—Exsul, v. *Perfuga*. -—Exsultare, v. *Gaudere*. - -Exterus. Externus. Peregrinus. Alienigena. Extrarius. Extraneus. -Advena. Hospes. -1. *Exterus* et *externus*, l’étranger dans son pays; -*peregrinus*, *alienigena*, *advena* et *hospes*, l’étranger qui -réside temporairement dans notre pays. - -2. *Externus* ne marque qu’un rapport de lieu et se dit -également des choses et des personnes; *exterus* marque un -rapport interne et ne se dit que des personnes. *Externæ -nationes* est une expression purement géographique; ce sont les -peuples du dehors; *exteræ nationes* est un terme politique; ce -sont les peuples étrangers. - -3. *Extraneus* se dit du monde extérieur, par opposition à la -parenté, à la famille, à la patrie; *extrarius*, par opposition -au moi. Cic. ap. Colum. XII. Comparata est opera mulieris ad -*domesticam* diligentiam; viri autem ad exercitationem -*forensem* et *extraneam*. La femme est destinée à donner ses -soins aux travaux du ménage; l’homme, aux affaires du Forum et -aux occupations extérieures. Comparez avec Inv. II, 56. Utilitas -aut in corpore posita est aut in *extrariis* rebus. L’utilité -est en nous ou hors de nous. - -4. *Peregrinus*, celui qui n’est pas citoyen, par opposition à -*civis*; *alienigena*, celui qui est né à l’étranger, par -opposition à *indigena*; *advena*, l’émigrant établi dans un -pays, par opposition à αὐτόχθων, à *aborigines* ou encore à -*indigena*; *hospes*, le nouveau-venu, par opposition à -*popularis*. - -5. *Peregrinus*, l’étranger au titre politique, privé du droit -de cité et de séjour, avec une idée de mépris; *hospes*, -l’étranger à titre d’homme et d’égal, en jouissance du droit -d’hospitalité. Cic. Rull. II, 34. Nos autem qui hinc Roma -veneramus, jam non *hospites* sed *peregrini* atque *advenæ* -nominabamur. Mais nous qui n’arrivions que de Rome, on ne se -bornait pas à nous traiter de nouveau-venus; nous étions des -étrangers sans droit de cité, des émigrants en quête d’un -établissement. - -—Extorris, v. *Perfuga*. -—Extraneus, extrarius, v. *Exterus*. - -Extremus. Ultimus. Postremus. Novissimus. -*Extremus* et *ultimus*, le dernier, quand il s’agit d’une -quantité indivise, d’un espace continu: *extremus* se dit de la -partie extrême d’un espace ou d’une surface, par opposition à -*intimus* et *medius*, comme ἔσχατος; *ultimus*, du point -extrême d’une ligne, par opposition à *citimus* et *proximus*, -comme λοῖσθος. *Postremus* et *novissimus*, le dernier quand il -s’agit d’une quantité qui offre des subdivisions, d’une série -numérique: *postremus*, ὕστατος, celui qui vient après les -autres dans une série toute faite où il occupe la dernière -place, par opposition à ceux qui tiennent la tête; *novissimus*, -le dernier dans une série en formation où il vient s’ajouter à -tous les autres, le tout dernier, par opposition au néant qui -vient ensuite, comme νέατος. - -—Exuviæ, v. *Præda*. - - -F - - -Faber. Opifex. Artifex. -*Fabri*, ouvriers dont le travail consiste en une dépense de -forces physiques, charpentiers et forgerons, χειρώναϰτες; -*opifices*, artisans qui ne sauraient se passer d’adresse -mécanique et d’application, ϐάναυσοι; *artifices*, artistes qui -font preuve d’esprit et d’invention même dans des travaux -mécaniques. - -—Fabulari, v. *Dicere* et *Garrire*. -—Facere, v. *Agere*. -—Facetiæ, v. *Lepidus*. - -Facies. Os. Vultus. Oculi. -*Facies* et *oculi*, le visage et les yeux, au sens physique, -comme traits naturels et comme organe de la vue; *os* et -*vultus* expriment en outre un rapport moral: l’état temporaire -et même habituel de l’âme se révèle par les airs et les yeux. -*Os* se dit du regard et de l’expression correspondante de la -bouche; *vultus* se dit des mouvements de l’œil et de l’aspect -simultané des traits qui l’avoisinent, du front serein ou -sombre. Tac. Agr. 44. Nihil metus in *vultu*, gratia *oris* -supererat. Son regard ne trahissait pas la moindre crainte et la -grâce était le trait dominant de sa physionomie. Cic. Orat. 18, -60. Ut imago animi est *vultus*, sic indices *oculi*. Le front -et les yeux sont le miroir de l’âme; les yeux sont même des -délateurs. - -—Facilitas, v. *Humanitas*. -—Factio, v. *Partes*. -—Facultas, v. *Occasio*. -—Fallaciter, v. *Perperam*. -—Facinus, v. *Delictum*. -—Factum, v. *Agere*. -—Facundus, v. *Disertus*. - -Fallere. Frustrari. Decipere. Circumvenire. Fraudare. Imponere. -*Fallere*, *frustrari* et *imponere*, induire en erreur et -causer une confusion du vrai avec le faux, σφάλλειν: le -*fallens* trompe parce qu’il voit les choses sous un jour faux; -le *frustrans*, parce qu’il a de fausses espérances; -l’*imponens* met à profit la crédulité d’autrui. *Decipere* et -*circumvenire*, surprendre par ruse et gagner un avantage -déshonnête, ἀπατᾷν: le *decipiens*, par une ruse instantanée; le -*circumveniens*, par une machination, comme circonvenir. -*Fraudare*, duper, nuire, dépouiller quelqu’un par abus de -confiance. - -—False, falso, v. *Perperam*. -—Fama, v. *Rumor*. - -Fames. Esuries. Inedia. -*Fames*, la faim, comme conséquence du défaut de nourriture, -λιμὸς, par opposition à *satietas*; *esuries*, l’envie de -manger, comme conséquence du vide et de l’irritation de -l’estomac, par opposition à *sitis*; enfin, *inedia*, -l’abstinence en général, sans assignation de cause, mais de -préférence, par acte volontaire, comme ἀσιτία. *Fame* et *esurie -perire* signifient périr de faim; *inedia perire*, se laisser -mourir de faim. - -—Familia, v. *Ædificium*. -—Famulus, v. *Servus*. -—Fas est, v. *Concessum est*. -—Fastigium, v. *Culmen*. -—Familiaris, v. *Socius*. -—Fanum, v. *Templum*. -—Fastidium, v. *Spernere*. -—Fastus, v. *Superbia*. - -Fateri. Profiteri. Confiteri. -*Fateri*, avouer, sans idée accessoire, par opposition à -*celare*; *profiteri*, reconnaître librement ou ouvertement, -sans crainte et sans réticence, qu’on soit interrogé ou non; -*confiteri*, confesser par suite de questions, de menaces, de -contrainte. La *professio* a sa raison d’être dans un noble -effort sur soi-même; c’est le fait d’une personne qui dédaigne -les déguisements et n’a pas à rougir de ce qu’elle tenait caché; -mais la *confessio* a pour cause un effort honteux qui fait -qu’on renonce au secret quoiqu’on ait à rougir de l’aveu. Cic. -Cæc. IX, 24. Ita libenter *confitetur*, ut non solum *fateri*, -sed etiam *profiteri* videatur. C’est une confession si franche -qu’elle ressemble moins à un aveu qu’à une déclaration. - -Fatigatus. Fessus. Lassus. -*Fatigatus* et *fessus* expriment l’état d’une personne qui -soupire après le repos à la suite d’un effort dont elle se -ressent désagréablement: *fatigatus*, au sens passif; il se dit -de celui que la fatigue a gagné; *fessus*, au sens neutre; il se -dit de celui que la fatigue accable. *Lassus* et *lassatus* -expriment, comme las et lassé, un état dans lequel on a besoin -de repos, parce qu’on est affaibli par le travail ou le -mouvement. Cels. I, 2, 15. Exercitationis finis esse debet sudor -aut certe *lassitudo*, quæ citra *fatigationem* sit. Il faut -suspendre l’exercice à la première sueur, ou du moins à -l’arrivée de la lassitude qui précède le sentiment de la -fatigue. Sall. Jug. 57[1]. Opere castrorum et præliorum *fessi* -*lassi*que erant. Les campements et les combats les avaient -fatigués et lassés. - -—1 Chap. LIII de la collection Lemaire et de la collection -Panckoucke. - -—Factum, v. *Casus*. -—Fatuus, v. *Stupidus*. -—Faustus, v. *Felix*. - -Faux. Glutus. Ingluvies. Guttur. Gurgulio. Gula. -*Faux*, *glutus* et *ingluvies*, l’intérieur du conduit -alimentaire, le gosier: *glutus*, chez l’homme; *ingluvies*, -chez les animaux; *faux*, la partie supérieure, l’entrée du -conduit. *Guttur*, *gurgulio* et *gula*, la gorge ou partie du -corps qui sert d’enveloppe au conduit: *gurgulio*, chez les -animaux; *gula*, chez l’homme; *guttur*, chez les animaux et -chez l’homme. - -Fax. Tæda. Funale. -*Fax*, terme général pour toute espèce de flambeaux; *tæda*, -flambeau naturel en bois résineux; *funale*, flambeau de cire -qui est un produit de l’art. - -Fel. Bilis. -*Fel*, le fiel des animaux, et au figuré le symbole de -l’amertume dans le goût; *bilis*, le fiel du corps humain, et au -figuré le symbole de l’amertume dans les sentiments. - -Felix. Prosper. Faustus. Fortunatus. Beatus. -*Felix*, *fœlix*, terme général en parlant du bonheur; il a le -sens actif et le sens neutre qui rend heureux et qui est -heureux; *prosper* et *faustus* n’ont que le sens actif: qui -donne, qui apporte le bonheur; *prosperum* se dit de ce qui -vient remplir les espérances et les vœux de l’homme, de ce qui -arrive comme à souhait; *faustum*, de ce qui est un effet de la -faveur, de la grâce des dieux, une sorte de bénédiction. -*Fortunatus* et *beatus* ont, par préférence ou même -exclusivement la signification intransitive ou passive, fortuné, -comblé par le bonheur: le *fortunatus* est un favori de la -fortune, comme εὐτυχής; le *beatus* se sent heureux et content, -comme les θεοὶ ῥεῖα ζάωντες, μαϰάριος. - -Femina. Mulier. Uxor. Conjux. Marita. -1. *Femina*, la femme considérée dans sa nature physique, par -opposition à *mas*; *mulier*, la femme sous son aspect moral, -comme un être faible et tendre, par opposition à *vir*. *Femina* -seul sert à désigner la femelle de l’animal. - -2. *Mulier* signifie encore la femme mariée, par opposition à -*virgo*; *uxor* et *conjux*, la femme, par opposition au mari: -*uxor*, dans le simple rapport de la femme à l’homme auquel elle -est confiée, par opposition à *maritus*; *conjux*, dans ses -rapports mutuels avec le mari, comme une des moitiés du couple -et par opposition à *liberi*. Et en tant que l’*uxor* appartient -à l’homme, tandis que la *conjux* est son égale, *uxor* se dit -d’un mariage du commun, comme femme; *conjux*, d’un mariage dans -un rang élevé, comme épouse. - -3. *Uxor* appartient à la langue courante; *marita* est un mot -poétique. - -—Femur, v. *Coxa*. -—Ferax, v. *Disertus*. -—Feriæ, v. *Solemnia*. -—Ferire, v. *Verberare*. -—Fera, v. *Animal*. -—Fere, v. *Pæne*. -—Feriari, v. *Vacare*. -—Ferme, v. *Pæne*. - -Ferocia. Ferocitas. Virtus. Fortitudo. -*Ferocia* et *ferocitas*, le courage naturel et sauvage que -peuvent posséder le barbare et la bête; *ferocia* dans -l’application, *ferocitas* comme instinct. *Virtus* et -*fortitudo*, le courage moral dont l’homme ne devient capable -qu’à un haut degré de civilisation: *virtus*, lorsqu’il se -manifeste par l’action et par l’offensive, comme l’*industria*; -*fortitudo*, lorsqu’il se manifeste par la résistance et la -défensive, comme la *constantia*. Tac. Ann. XI, 19. Nos -*virtutem* auximus, barbari *ferociam* infregere. Cela rehaussa -le courage discipliné des Romains en rabaissant le courage -brutal des barbares. - -Ferre. Portare. Bajulare. Gerere. -1. *Ferre*, φέρειν, porter, en général; *portare* et *bajulare*, -ϐαστάζειν, transporter un fardeau: *portare*, pour soi ou pour -les autres; *bajulare*, en qualité de portefaix. Dans Cæs. B. G. -I, 16. Ædui frumentum... *conferri*, *comportari*, adesse -dicere, *conferre* se rapporte à la livraison que chaque sujet -vient faire de sa contribution partielle entre les mains des -autorités locales; *comportare*, à la remise à César de toutes -les réquisitions réunies. - -2. *Ferre*, *portare* et *bajulare* n’expriment qu’un rapport -éventuel, celui du porteur à son fardeau; *gerere*, *gestare* -expriment, comme φορεῖν, un rapport plus particulier, celui du -propriétaire à son bien. - -*Bellum ferre* ne signifie guère que *inferre* ou *tolerare -bellum*. *Bellum gerere* se rapproche de *bellum habere* et ne -s’applique qu’au peuple entier ou au souverain, à celui qui a -pris la résolution de faire la guerre et qui est en état de -guerre, mais nullement à l’armée qui combat, ni au général -chargé de diriger les opérations. *Gerit* bellum populus -Romanus, administrat consul, capessit miles. Le peuple romain a -la charge de la guerre, le consul la conduit, le soldat la fait. - -Ferre. Tolerare. Perferre. Perpeti. Sustinere. Sinere. -Sustentare. -1. *Ferre* ne fait voir dans la souffrance qu’un fardeau à -porter: c’est un terme impersonnel, comme φέρειν; *tolerare*, -*perferre* et *pati*, *perpeti* peignent la situation d’esprit -de la personne qui porte et qui souffre: le *tolerans* et le -*perferens*, τολμῶν, supportent la souffrance sans y succomber, -avec force et fermeté; ce sont des synonymes de *sustinens*; le -*patiens* et le *perpetiens* souffrent sans lutter, de bonne -grâce ou avec résignation, avec patience; ce sont des synonymes -de *sinens*. *Ferre* et *tolerare* ne peuvent avoir pour régime -qu’un nom; *pati* peut avoir un nom ou un infinitif. - -2. *Perferre*, et en vieux latin *ecferre*, est un augmentatif -de *tolerare*, comme *perpeti* de *pati*, supporter et souffrir -héroïquement. Poet. ap. Cic Tusc. IV, 29. Nec est malum, quod -non natura humana *patiendo* *ecferat*. Et il n’y a point de mal -dont la nature humaine ne triomphe à l’aide de la résignation. -Comparez Sen. Thyest. 307. Leve est miserias *ferre*, *perferre* -est grave. Il est aisé d’être malheureux, il est difficile de -l’être avec constance. Plin. H. N. XXXVI, 21. Qui *perpeti* -medicinam non *toleraverant*. Ceux qui n’avaient pas eu la force -d’endurer le remède. Tac. Ann. III, 3. Magnitudinem mali -*perferre* visu non *toleravit*. Elle n’eut point la force de -braver la vue de ce grand malheur. - -3. *Tolerare*, continuer à se tenir droit et ne pas succomber -sous un fardeau; *sustinere*, soutenir le fardeau même et ne -point le laisser tomber. - -4. *Pati*, laisser faire sans objection, se dit d’un assentiment -d’esprit; *sinere*, ne pas retenir, n’empêcher en aucune façon, -d’un consentement en forme, comme permettre. *Pati* a -régulièrement pour régime l’action même et se construit avec -l’infinitif; *sinere*, la personne, et il se construit avec -*ut*. - -5. *Sustinere* signifie en général soutenir; *sustentare*, -soutenir à force de mal et de peine. Cic. Muren. 2. Quis mihi in -republica... debet esse conjunctior quam is cui respublica a me -uno traditur *sustinenda*, magnis meis laboribus ac periculis -*sustentata*? Quel est l’homme d’État sur l’attachement duquel -je dois compter? N’est-ce pas celui que j’appelle moi-même, et -moi seul, à devenir l’appui de l’État que j’ai péniblement étayé -au prix de grandes fatigues et de grands dangers? Curt. VIII, 4, -15. Forte Macedo gregarius miles seque et arma *sustentans* in -castra venit. Le hasard amena enfin dans le camp un simple -soldat macédonien qui se traînait avec ses armes. Comparez avec -V, 1, 11. Tandem Laconum acies languescere, lubrica arma sudore -*vix sustinens*. La ligne des Spartiates faiblit enfin, leurs -armes leur échappaient de fatigue, ils en soutenaient à peine le -poids. - -—Fertilis, v. *Disertus*. -—Fervere, v. *Calere*. -—Festa, v. *Solemnia*. -—Festivus, v. *Lepidus*. -—Fidelitas, v. *Fides*. -—Ferula, v. *Fustis*. -—Fessus, v. *Fatigatus*. -—Festinus, v. *Citus*. -—Fidelis, v. *Fidus*. - -Fidere. Confidere. Fidem habere. Credere. Committere. -Permittere. -1. *Fidere*, se fier; *confidere*, se confier à une force et à -un secours; *fidem habere*, croire sur parole à une bonne -intention, et *credere*, y croire de soi-même. Liv. II, 45. -Consules magis non *confidere* quam non *credere* suis -militibus. Les consuls, sans se défier de leurs soldats, ne -comptaient plus sur eux. Le premier verbe, *confidere*, se -rapporte à leur courage; le second, *credere*, à leur fidélité. - -2. *Fidere*, etc., présente la confiance à l’état de sentiment; -*committere*, *permittere*, se disent de la confiance en action: -le *committens* agit par pleine conviction de la capacité et de -la bonne volonté de son mandataire, ce qui impose à celui-ci une -responsabilité morale; le *permittens* ne songe qu’à se -débarrasser du fardeau d’une affaire, en sorte que le mandataire -n’a qu’une responsabilité politique ou légale. Cic. Font. 14. -Ita ut *commissus* sit fidei, *permissus* potestati. On le -confie à votre honneur, on le remet en votre pouvoir. - -Fides. Fidelitas. Fiducia. Confidentia. Audacia. Audentia. -1. *Fides* et *fidelitas*, la fidélité que l’on garde soi-même -aux autres: *fides*, dans un sens général, comme πίστις, -l’habitude de tenir parole, la réputation d’homme sûr qu’on doit -à une honnêteté scrupuleuse, la confiance qu’on inspire par là -aux autres, l’honneur; *fidelitas*, dans un sens particulier, -comme πιστότης, la fidélité dans l’attachement à des personnes -auxquelles on s’est une fois donné. *Fiducia* et *confidentia*, -la confiance qu’on a dans les autres: *fiducia*, la bonne et -louable confiance en des choses auxquelles il est réellement -permis de se fier, l’assurance qui est parente du courage, par -opposition à *timor*, comme θάρσος; *confidentia*, la confiance -aveugle et blâmable, particulièrement en sa propre force, par -opposition à la prévoyance et à la modestie, la suffisance, -parente de l’orgueil, θράσος. - -2. *Fiducia* et *confidentia* ont leur raison d’être dans la -confiance du succès; *audacia* et *audentia*, dans le mépris du -danger: l’*audacia* est tantôt une hardiesse louable et comme un -augmentatif de *fiducia*, tantôt une effronterie blâmable, et il -se dit alors par euphémisme pour *temeritas*, comme τόλμα; -l’*audentia* est toujours un esprit d’entreprise louable. Juven. -XIII, 108. Quum magna malæ superest *audacia* causæ, creditur a -multis *fiducia*. Qu’on paye d’audace dans une méchante cause, -la foule croit à une noble confiance. Sen. Ep. 87. Quæ bona sunt -*fiduciam* faciunt, divitiæ *audaciam*. Les vrais biens -inspirent une louable confiance, les richesses de l’audace. - -—Fides, v. *Religio*. -—Fides, v. *Chorda*. -—Fiducia, v. *Fides*. - -Fidus. Fidelis. Infidus. Infidelis. Perfidus. Perfidiosus. -1. *Fidus* marque une qualité native; c’est quelquefois un -éloge; *fidelis* marque une vertu morale, un trait de caractère; -c’est toujours un éloge. Liv. XXII, 22. Eo vinculo Hispaniam vir -unus solerti magis quam *fideli* consilio exsolvit. Abellex erat -Sagunti, nobilis Hispanus, *fidus* ante Pœnis. L’Espagne fut -dégagée de ce lien par un seul homme à l’aide d’une combinaison -qui marquait plus de génie que de fidélité. Il y avait à Sagonte -un certain Abellex, noble Espagnol, auparavant attaché à la -cause punique. - -2. *Infidus*, qui n’est pas sûr; *infidelis*, infidèle; -*perfidus* et *perfidiosus*, sans foi: *perfidus*, perfide à -l’occasion; *perfidiosus*, plein de perfidie, traître dans -l’âme. - -Figura. Forma. Species. -*Figura*, forme quelconque au sens mathématique, pourvu qu’elle -ait des contours déterminés, comme σχῆμα, la figure; *forma*, la -forme au sens esthétique, comme expression visible et comme -empreinte de l’être intérieur, en correspondance avec cet être, -comme μορφή; enfin, *species*, l’apparence physique opposée à -l’être intérieur et invisible auquel elle sert simplement de -couverture, comme εἶδος. *Figurare*, donner une forme arrêtée à -une matière entièrement informe; *formare*, façonner, c’est-à- -dire donner à une masse grossière la forme qu’elle doit avoir; -et enfin, *speciem addere*, parer, c’est-à-dire donner à une -matière déjà façonnée un caractère extérieur qui plaise à l’œil. -*Figura* se rapporterait donc exclusivement aux contours ou -linéaments, tandis que *forma* ou du moins *species* -comprendrait la couleur, la grandeur et autres détails. - -—Fimus, v. *Lutum*. - -Findere. Scindere. -*Findere*, diviser un corps dans le sens de ses joints naturels, -le décomposer pour ainsi dire en ses parties élémentaires, comme -fendre et cliver; *scindere*, le diviser par force sans aucun -égard aux joints et le mettre en pièces, comme couper et -déchirer. *Findere lignum* veut dire fendre une bûche de bois en -s’aidant de la nature même du bois, dans le sens de la longueur; -mais *scindere*, casser par pure force, en largeur. Le *findens -æquor nave* considère la mer comme un assemblage de parties -liquides; le *scindens*, comme n’ayant fait qu’un tout dès -l’origine. - -Finire. Terminare. Consummare. Absolvere. Perficere. -*Finire* et *terminare* marquent la fin d’une action sans égard -au progrès qu’on a pu faire vers le but: *finire*, finir, par -opposition à *incipere*; mais *terminare*, mettre un terme, une -limite, par opposition à *continuare*. *Consummare*, *absolvere* -et *perficere* marquent l’achèvement d’un ouvrage: *consummare* -(qui ne paraît qu’après le siècle d’Auguste), comme terme -général; il s’oppose à une demi-besogne; *absolvere*, par -allusion à un devoir accompli, à un travail pénible qui vient -d’être terminé et qui rend l’ouvrier à la liberté; il s’oppose à -*inchoare*; *perficere*, par allusion à un but qu’on a atteint, -à une tâche qu’on s’était soi-même imposée, laquelle est -terminée et parfaite; il s’oppose à *conari*. *Absolutus* ne -suppose d’ailleurs que l’exécution complète de l’ouvrage, comme -ἐντελής, tandis que *perfectus* marque la perfection de l’œuvre, -comme τέλειος. - -Finis. Terminus. Limes. -*Finis*, limite considérée comme une ligne mathématique, τέλος; -*terminus* et *limes*, démarcation matérielle: *terminus*, borne -qui indique un point extrême, τέρμα; *limes*, bande qui trace -une ligne de séparation, ὄρος. Cic. Læl. 16. Constituendi sunt -qui sint in amicitia *fines* et quasi *termini* diligendi. Il -faut établir quelles doivent être entre amis les limites et, -pour ainsi dire, les bornes de l’affection. Hor. Carm. II, 18, -24. Revellis agri *terminos* et ultra *limites* clientium salis -avarus. Tu arraches les bornes du champ et tu sautes dans ton -avarice par-dessus les limites de tes clients. - -—Finitimus, v. *Vicinus*. -—Fiscus, v. *Ærarium*. -—Flagitium, v. *Delictum*. -—Flavus, v. *Luteus*. -—Fluctus, v. *Aqua*. -—Firmus, v. *Validus*. -—Flagitare, v. *Petere*. -—Flagrare, v. *Ardere*. -—Flere, v. *Lacrimare*. - -Fluere. Manare. Liquere. -*Fluere* se dit d’une eau qui court, d’un liquide en mouvement; -*manare*, d’une eau qui jaillit et déborde, d’un liquide qui se -répand; *liquere*, d’une eau ou d’un liquide qui se disperse en -vertu de sa nature physique. La cause de l’effet que marque -*fluere* est dans l’absence de digue qui permet au corps liquide -de couler en descendant par la loi de la pesanteur; celle de -l’effet que marque *manare* est dans le trop-plein de la source; -enfin, *liquere*, être à l’état liquide, marque l’absence de -cohésion, la condition négative indispensable pour donner lieu -aux effets que désignent *fluere* et *manare*. *Fluere* se -rapproche de *labi* et a pour opposés *hærere*, *stare*; -*manare*, d’*effundi*, et il a pour opposés *contineri*, -*claudi*; enfin, *liquere*, de *dissolvi*, et il a pour opposés -*concrevisse*, *rigere*. Gell. XVII, 11. Plato potum dixit -*defluere* ad pulmonem, eoque satis humectato *demanare* per eum -quia sit rimosior et *confluere* inde in vesicam. D’après une -opinion attribuée à Platon, l’eau que nous buvons coule de haut -en bas jusqu’au poumon, puis, quand elle l’a suffisamment -humecté, elle en ressort par une multitude de pores et va se -réunir dans la vessie. - -Fluvius. Flumen. Amnis. -*Fluvius*, *flumen*, marquent, comme ῥόος, ῥεῦμα, un cours d’eau -ordinaire, par opposition à un étang ou à un lac; *amnis*, un -grand fleuve, ποταμὸς, par opposition à la mer. Cic. Divin. I, -35, 78. Ut *flumina* in contrarias partes fluxerint atque in -*amnes* mare influxerit. Les rivières remontèrent leur propre -cours et la mer se jeta dans les fleuves. Sen. N. Q. III, 19. -Habet ergo non tantum venas aquarum terra, ex quibus corrivatis -*flumina* effici possunt, sed et *amnes* magnitudinis vastæ. La -terre ne contient pas seulement des filets d’eau qui peuvent -former des rivières en se réunissant, mais encore des fleuves -d’un volume immense. Et un peu plus loin: Hanc magnis *amnibus* -æternam esse materiam, cujus non tangantur extrema sicut -*fluminum* et *fontium*. Tel est le réservoir qui alimente -éternellement les grands fleuves, mais dont l’origine n’est pas -accessible comme celle des rivières et des sources. Tac. Hist. -V, 13. Quo Mosæ *fluminis* os *amnem* Rhenum Oceano affundit. -Dans les parages où la Meuse, qui est une rivière, prête son -embouchure à un fleuve, au Rhin, pour le verser dans l’Océan. - -Fœcundus. Fertilis. Ferax. Uber. Frugifer. Fructuosus. -1. *Fœcundus* marque, comme εὔτοχος, la fécondité chez les êtres -vivants qui font des petits; il est opposé à *effœtus*; -*fertilis* et *ferax* marquent, comme εὔφορος, la fécondité de -la nature et des éléments inanimés qui produisent; ils ont pour -opposé *sterilis*. Tac. Ann. XII, 63. Byzantium *fertili* solo -*fœcundo*que mari quia vis piscium hos ad portus adfertur. -Byzance possède un sol fertile et une mer féconde, car des -circonstances locales poussent une multitude de poissons vers -les ports de cette côte. Le trope employé ici par Tacite -consiste à personnifier la mer, ce qui était bien plus aisé que -de personnifier le sol. C’est la terre, non le sol, qui, après -avoir d’abord paru comme élément, figure ensuite comme personne -dans les passages suivants. Tac. Germ. 5. Terra satis *ferax*, -frugiferarum arborum impatiens, *pecorum fœcunda*, sed plerumque -improcera. La terre, qui paraît assez fertile, repousse les -arbres fruitiers; elle est féconde en bestiaux, mais la plupart -de petite taille. Mela. I, 9, 1. Terra mire *fertilis* et -animalium *perfœcunda* genetrix. C’est une terre d’une fertilité -étonnante et d’une fécondité extrême à engendrer pour ainsi dire -des animaux. - -2. *Fertilis* marque la fertilité réelle subordonnée à la -culture; *ferax*, la fertilité possible fondée sur la nature du -sol. Cicéron emploie *fertilis* dans le sens propre, *ferax* -dans le sens figuré. - -3. *Fertilis* et *ferax* associent à l’idée de la fécondité -celle d’une force créatrice et productive, l’image du père et de -la mère; *uber*, une idée de nourriture et d’entretien, l’image -de la nourrice, comme εὐθηνής; *frugifer*, l’image de la -campagne qui porte des moissons; *fructuosus*, celle de l’arbre -chargé de fruits, comme ἔγϰαρπος. - -Fœdus. Societas. -*Fœdus*, association de sûreté mutuelle sur le pied d’un contrat -consacré par la religion; *societas*, association de simple -convenance pour des entreprises communes. Liv. XXIV, 6. -Hieronymus legatos Carthaginem mittit ad *fœdus* ex *societate* -faciendum. Hiéronyme envoie des ambassadeurs à Carthage pour -transformer l’engagement en alliance. Cic. Phil. II, 35. Neque -ullam *societatem*... *fœdere* ullo confirmari posse *credidi*. -Je crus que tous les traités du monde ne parviendraient pas à -cimenter un engagement. - -—Fœdus, v. *Teter*. -—Fœmina, v. *Femina*. - -Fœnus. Usura. -*Fœnus* présente les intérêts comme le revenu du capital, τόϰος; -*usura*, comme le prix de louage payé par le débiteur qui -utilise le capital, δάνος. - -—Fores, v. *Ostium*. -—Forma, v. *Figura*. -—Formido, v. *Vereri*. -—Formare, v. *Erudire*. - -Formosus. Pulcher. Venustus. -1. *Formosus* se dit du beau qui contente, attire et fait -plaisir par sa régularité; *pulchrum*, de celui qui se fait -admirer, qui impose et satisfait par sa perfection; *venustum*, -de celui qui charme, éveille et fait naître le désir d’une -jouissance. La *formositas* agit sur le sentiment naturel du -beau, la *pulchritudo*, sur le sens cultivé de l’art, la -*venustas*, sur les ressorts les plus délicats de la sensualité. -Suet. Ner. 51. Fuit vultu *pulchro* magis quam *venusto*, c’est- -à-dire qu’il avait dans les traits plus de perfection et de -beauté régulière que d’agrément, que c’était une beauté froide -et impassible vers laquelle personne ne se sentait entraîné. - -2. *Venustas*, le charme, est un augmentatif de *gratia*, la -grâce; celui-là entraîne, celle-ci attire. - -—Fors, v. *Casus*. -—Fortitudo, v. *Ferocia*. -—Fortunatus, v. *Felix*. -—Fovere, v. *Calere*. -—Forte, fortuito, v. *Casu*. -—Fortuna, v. *Casus*. -—Fovea, v. *Specus*. - -Fragor. Strepitus. Crepitus. Sonitus. -*Fragor*, son creux, sourd, craquement, δοῦπος; *strepitus*, son -retentissant, bruyant, mugissement, bruissement, cri, ϰτύπος; -*crepitus*, son isolé ou souvent répété, claquement, cliquetis, -ϰροῦσις, ϰρότος; *sonitus*, son qui provient des vibrations de -corps élastiques, tintement, résonnance, ἠχή. Cic. Top. 12. -Quæruntur pedum *crepitus*, *strepitus* hominum. Il y a lieu de -chercher si l’on n’a pas entendu quelque bruit de pas ou de -cris. - -—Fragrare, v. *Olere*. - -Frangere. Rumpere. Divellere. -1. *Frangere*, briser un corps dur en morceaux; *rumpere*, -déchirer un corps flexible. Cato. ap. PRISC. Si quis membrum -*rupit* aut os *fregit*, parce que dans le membre rompu ce n’est -point l’os invisible, mais les chairs visibles qui paraissent -séparées. Catenæ *franguntur*, vincula *rumpuntur*. On brise des -chaînes, on déchire des liens. Quand *rumpere* s’applique à -quelque corps dur, il implique l’idée d’un effort et d’un -danger: le *frangens* met en pièces ce qui est entier, le -*rumpens* ce qui le gêne. - -2. *Disrumpere* et *diffringere*, mettre en pièces, en morceaux -ce qui formait dans l’origine un tout; *divellere*, séparer ce -qui n’était qu’assemblé. - -—Fraudare, v. *Fallere*. - -Frenum. Habena. Oreæ. -1. *Frenum*, le frein à l’aide duquel le cavalier maîtrise le -cheval sauvage, χαλινός; *habena*, la bride avec laquelle il -dirige le cheval docile, ἠνίον. Hor. Ep. I, 15, 13. Læva -stomachosus *habena* dicet eques; sed equi *frenato* est auris -in ore, c’est-à-dire il n’obéit pas à la bride et il faut qu’il -sente le frein. Cic. Orat. I, 53. Senatum servire populo, cui -populus ipse moderandi et regendi sui quasi quasdam *habenas* -tradidisset. Le sénat devenir l’esclave du peuple, quand le -peuple même lui avait donné tout pouvoir de le conduire et de le -gouverner et mis pour ainsi dire les rênes en main! Comparez -avec Tac. Dial. 38. Pompeius adstrinxit imposuitque quasi -*frenos* eloquentiæ. Pompée rétrécit la carrière et mit pour -ainsi dire un frein à l’éloquence. - -2. *Oreæ*, *aureæ*, qui n’est plus usité que dans le composé -*auriga*, était peut-être le terme générique de *frenum* et -d’*habena* à peu près comme harnais. - -—Frequenter, v. *Sæpe*. -—Fricare, v. *Lævis*. -—Fretus, v. *Confisus*. - -Frigere. Algere. Algidus. Alsus. Gelidus. Frigus. Gelu. Glacies. -1. *Frigere*, être froid par opposition à *calere*; *algere*, -avoir froid par opposition à *æstuare*. - -2. *Algidus* se dit du froid qui fait une impression -désagréable; *alsus*, de la fraîcheur qui apporte du -soulagement. - -3. *Frigidus* se dit d’un degré de froid modéré par opposition à -*calidus*; *gelidus*, du degré de froid qui amène la congélation -par opposition à *fervidus*. - -4. *Frigus*, le froid en lui-même, celui qui arrive et s’en va; -*frigedo*, l’état d’un homme saisi par le froid, état qui -commence et qui cesse; c’est une forme archaïque tombée en -désuétude par l’emploi général de *frigus*. - -5. *Gelu*, *gelus*, *gelum* marquent, comme ϰρύος, le froid -capable de produire la glace; *gelicidium*, une manifestation -isolée de ce froid, une nuit où il gèle, comme ϰρυμός; et -*glacies*, comme ϰρύσταλλος, l’effet de ce froid, la glace. - -—Fructuosus, v. *Fœcundus*. -—Frugifer, v. *Fœcundus*. -—Frugi, v. *Bonus*. -—Frui, frunisci, v. *Uti*. - -Frustra. Nequidquam. Incassum. Irritus. -1. *Frustra*, en vain, par rapport au sujet qui se voit trompé -dans son attente et ses calculs; *nequidquam*, inutilement, pour -rien, pour moins que rien, par rapport à la chose qui ne s’est -point faite. - -2. Même différence entre *frustra* employé adjectivement qui se -rapporte à la personne, et le véritable adjectif *irritus*, qui -se rapporte à la chose. - -3. *Frustra* et *nequidquam* marquent simplement le manque de -succès, comme μάτην, sans allusion à une faute; *incassum* -renferme l’idée accessoire d’un défaut de réflexion, de cette -réflexion qui aurait pu calculer et prévoir l’échec, comme dans -bâtir en l’air, bâtir des châteaux en Espagne, εἰς ϰενόν. - -—Frustrari, v. *Fallere*. -—Fruticetum, v. *Rami*. -—Fugitivus, v. *Perfuga*. - -Fulciri. Niti. -*Fulciri*, *fultus*, se soutenir, soutenu pour se garantir d’une -chute, en s’appuyant par exemple contre un pilier; *niti*, -*nisus*, pour s’élancer en l’air ou avancer en prenant un point -d’appui sur une base. - -Fulgur. Fulguratio. Fulmen. -*Fulgur*, *fulgetrum* et *fulguratio* désignent, comme ἀστραπή, -les apparitions de l’éclair à l’horizon: *fulgur* présente le -phénomène comme momentané et isolé; *fulguratio*, comme durable -et répété. *Fulmen*, c’est, comme ϰεραυνός, l’effet de l’éclair -qui tombe à terre, la foudre. Liv. XL, 59. *Fulguribus* -præstringentibus aciem oculorum, sed *fulmina* etiam sic undique -micabant ut peti viderentur corpora. Au milieu des éclairs qui -éblouissaient les yeux, la foudre même étincelait de toute part -au point de faire craindre pour les hommes. Plin. H. N. II, 43. -Si in nube erumpat ardens, *fulmina*; si longiore tractu -nitatur, *fulgetra*; his findi nubem, illis perrumpi. Quand le -feu du ciel éclate dans un nuage, c’est la foudre; quand l’effet -se produit en longueur, c’est l’éclair: l’éclair sillonne la nue -que la foudre déchire. - -—Funale, v. *Fax*. -—Fundus, v. *Villa*. -—Fundamentum, fundus, v. *Solum*. -—Funis, v. *Laqueus*. - -Funus. Exsequiæ. Pompa. -*Funus*, le transport du cadavre comme ἐϰφορά; *exsequiæ* et -*pompa*, le cortége solennel qui accompagne le corps: -*exsequiæ*, le cortége vivant composé de parents et d’amis; -*pompa*, la pompe inanimée composée des statues des ancêtres et -autres ornements. Cic. Quint. 15. Funus quo amici conveniunt ad -*exsequias* cohonestandas. Le convoi où les amis se pressent -pour embellir le cortége. Nep. Att. 22. Elatus est in lecticula, -sine ulla *funeris* *pompa*, *comitantibus* omnibus bonis, -maxima vulgi frequentia. On l’emporta dans une petite litière; -nulle pompe au convoi, mais un cortége de tous les gens de bien -et un très-grand concours de peuple. - -—Furari, v. *Demere*. -—Furor, v. *Amens*. - -Fustis. Ferula. Sudes. Trudis. Rudis. Scipio. Baculus. -1. *Fustis* et *ferula*, bâton qui sert à frapper; *sudes*, -*trudis* et *rudis*, à porter un coup de pointe; *scipio* et -*baculus*, à marcher. - -2. *Fustis*, gourdin, bâton noueux assez gros pour donner la -mort; *ferula*, baguette ou verge pour corriger la jeunesse des -écoles; *sudes* et *trudis*, armes de guerre; *rudis*, bâton -servant de fleuret dans les salles d’armes; *scipio*, bâton -d’apparat et de dignité, symbole du pouvoir ou d’un âge -vénérable; *baculus*, *bacillum*, bâton utile et commode sur -lequel on s’appuie, mais qui sert d’arme au besoin. - - -G - - -—Galea, v. *Cassis*. -—Gannire, v. *Latrare*. -—Ganeum, v. *Deversorium*. - -Garrire. Fabulari. Blatire. Blaterare. Loquax. Verbosus. -1. *Garrire* se dit du bavardage par allusion à la démangeaison -de parler; *fabulari* par allusion à la nullité, *blatire* et -l’augmentatif *blaterare* à la folie de ce qu’on dit. - -2. Le *garrulus* assomme par la nature, le *loquax* par le -nombre de ses propos. En effet, *garrulitas* exprime le -bavardage enfantin ou frivole né du plaisir de parler ou de -s’entendre parler, sans égard à la valeur et au sens des -paroles, ayant sa source dans un excès de vivacité juvénile ou -même dans l’abus d’un talent distingué, λαλία; *loquacitas* est -le flux de paroles propre aux vieilles gens qui se croient -sages, venant d’une incapacité d’être bref, qui a pour cause -l’affaiblissement de l’âge, ἀδολεσχία. Le *garrulus* lasse et -agace aisément par envie de plaire et de distraire; le *loquax* -ennuie souvent par envie d’instruire et d’être clair. - -3. *Garrulus* et *loquax* se disent des personnes, des orateurs; -*verbosus*, des choses, des discours, des écrits. - -Gaudere. Lætari. Hilaris. Alacer. Gestire. Exsultare. -1. *Gaudere* présente la joie comme un état de l’âme, par -opposition à *dolor*, ἥδεσθαι; *lætari* et *hilarem esse*, comme -une manifestation de cet état. Tac. H. II, 29. Ut Valens -processit, *gaudium*, miseratio, favor; versi in *lætitiam*... -laudantes gratantesque. L’apparition de Valens dispose les -soldats à la joie, à l’attendrissement, à l’amour; leur joie se -montre, ils le louent, le félicitent. - -2. Le *lætus* manifeste sa joie par une sérénité qui révèle un -parfait contentement des circonstances présentes, par opposition -à *mœstus*; l’*hilaris*, par une surexcitation et une gaieté qui -porte à la plaisanterie et au rire, par opposition à *tristis*; -l’*alacer* enfin par une vivacité qui dénote un excès de courage -et d’ardeur, par opposition à *territus*. Le *gaudens*, *lætus*, -*hilaris* a de la joie à propos d’un bonheur, l’*alacer* a en -outre du plaisir à ce qu’il fait. Cic. Divin. I, 33, 73. Equum -*alacrem* *lætus* adspexit. Il regarda avec une joie visible ce -généreux coursier. La *lætitia* s’annonce de préférence par un -front déridé et par une bouche qui sourit; l’*hilaritas* par le -mouvement des yeux qui brillent et rayonnent de joie; -l’*alacritas*, par des regards animés, pleins de feu et de -courage. Sen. Ep. 116. Quantam *serenitatem* *lætitia* dat! Quel -air de sérénité donne l’expression de la joie! Tac. Agr. 39. -*Fronte latus*, pectore anxius. Le front riant, le cœur troublé. -Cic. Pis. 5. Te *hilarioribus* oculis quam solitus es intuente. -Tu avais dans les yeux et les regards plus de gaieté que de -coutume. - -3. *Gaudere* et *lætari* marquent une joie modérée; *exsultare*, -*gestire* et peut-être encore le verbe archaïque *vitulari*, une -joie passionnée, excessive, comme jubiler ou triompher: le -*gestiens* trahit la sienne par une surexcitation involontaire -de tout son être, par des yeux étincelants, par l’impossibilité -de se tenir tranquille; l’*exsultans*, en s’abandonnant de plein -gré et sans réserve à la joie, et sinon par des sauts et des -bonds, au moins par des explosions de joie que rien n’arrête et -qui frisent l’extravagance. - -4. *Jucundus* marque comme *juvat* me un mouvement de joie, -*lætus* un état plus durable; aussi *lætus* sert-il à Pline, Ep. -V, 12, à exprimer l’idée avec plus de force. Quam mihi a -quocumque excoli *jucundum*, a te vero *lætissimum* est. Venant -de quelqu’un d’autre, les embellissements de notre ville natale -me procurent une émotion de plaisir, venant de toi un plaisir -infini. - -—Gazæ, v. *Divitiæ*. -—Gelicidium, gelidus, gelu, v. *Frigere*. -—Geminus, v. *Duplex*. -—Generare, v. *Creare*. -—Gena, v. *Mala*. - -Gens. Natio. Populus. Civitas. -1. *Gens* et *natio*, peuple au sens physique et ethnographique, -comme une société fondée sur une origine et une parenté commune -qui peut exister en dehors de tout progrès dans la civilisation; -*populus* et *civitas*, peuple au sens politique, comme société -perfectionnée, civilisée et dotée d’une constitution. Sall. Cat. -10, 1. *Nationes* feræ et *populi* ingentes subacti. Des tribus -sauvages et de grands peuples soumis par la force. - -2. *Gens*, race entière qui peut contenir plusieurs peuples ou -peuplades, φύλον; *natio*, tribu, peuplade, peuple issu et -détaché de cette race, ἔθνος. Vell. Pat. II, 98. Omnibus ejus -*gentis* *nationibus* in arma accensis. Ayant allumé le feu de -la guerre chez toutes les tribus de cette race. Mais de même que -*gens* dans ce sens physique d’un ensemble de peuplades est un -terme plus étendu que *natio*, de même dans son sens politique -et accessoire d’un groupe de familles qui se rattachent à une -souche commune, γένος, c’est un terme moins étendu que -*populus*; d’où vient qu’on voit tantôt le *populus* former en -qualité de peuple civilisé une branche, *natio*, de la race ou -*gentis* naturelle. Liv. IV, 49. Bolanis suæ *gentis* *populo*. -Les Èques refusèrent leur appui aux Bolans, quoique peuple de -leur race: tantôt la *gens* former en qualité de société -politique une partie du *populi*. Just. VII, 1. Adunatis -*gentibus* variorum *populorum*. Par la fusion des grandes -familles de plusieurs peuples. - -3. *Civitas*, la cité, πόλις, envisagée dans ses rapports -intérieurs, la réunion des habitants qui jouissent de la -plénitude des droits de cité et qui sont les vrais maîtres du -pays; *populus*, le peuple, δῆμος, dans une acception plus -générale, au point de vue des relations sociales tant au dedans -qu’au dehors; il comprend tous ceux qui appartiennent à l’État. -Un peuple peut se décider à la guerre en qualité de *civitas*, -mais il ne peut la faire que comme *populus*. La *civitas* est -de toute nécessité sédentaire, le *populus* peut être une -population nomade. - -—Gens, genus, v. *Stirps*. -—Gestire, v. *Velle* et *Gaudere*. -—Gilvus, v. *Luteus*. -—Gerere, v. *Ferre* et *Agere*. -—Gignere, v. *Creare*. -—Glaber, v. *Lævis*. -—Glacies, v. *Frigere*. - -Gladius. Ensis. Pugio. Sica. -1. *Gladius*, terme ordinaire; *ensis*, terme noble et poétique -pour désigner l’épée. - -2. *Pugio*, le poignard comme arme licite et apparente du soldat -outre l’épée; *sica*, comme arme déshonnête et cachée du bandit, -venant en aide au poison. - -Globus. Sphæra. -*Globus*, terme populaire pour toute espèce de corps sphérique; -*sphæra*, terme scientifique emprunté au grec pour la sphère -mathématique. - -—Globus, v. *Caterva*. - -Gloria. Claritas. -*Gloria*, la gloire qui fait parler des gens, ϰλέος; *claritas*, -la gloire éclatante qui attire les regards, δόξα. - -—Gloriatio, v. *Jactatio*. -—Gnavitas, v. *Opera*. -—Gradatim, v. *Paulatim*. -—Glutus, v. *Faux*. -—Gracilis, v. *Exilis*. -—Gradiri, v. *Ire*. - -Gradus. Gressus. Passus. -1. *Gressus*, le pas rapporté à la personne qui marche; -*gradus*, le pas même. Le *gressus* a lieu par le fait et -l’action de la personne, le *gradus* est une distance à -franchir. - -2. *Gressus* ne se dit que de la marche; *passus* se dit en -outre de la station, pourvu que les pieds soient écartés comme -pour marcher. *Gressus* désigne toute espèce d’allure trop -courte ou trop longue, trop lente ou trop rapide pour mériter de -s’appeler un pas; *passus* ne désigne qu’un pas régulier et -réglé qui pourrait servir au besoin de mesure de longueur. Virg. -En. I, 414410. Tendere *gressus* ad mœnia. Diriger sa marche -vers les murs. Comparez avec II, 723. Julus... sequitur patrem -non *passibus* æquis, Jule suit son père d’un pas inégal. - -Græci. Graii. Græculi. Græcanicus. -1. *Græci*, nom ethnographique et historique des Grecs, sans -idée accessoire; *Graii*, terme d’éloge pour désigner le peuple -classique et héroïque de l’antiquité; *Græculi*, terme de blâme -pour le peuple dégénéré sans foi ni loi du temps des écrivains -romains. - -2. *Græcum*, ce qui est authentiquement grec, ce qui existe en -Grèce ou qui en vient; *græcanicum*, ce qui n’est grec que par -imitation et plagiat. - -—Grandævus, v. *Vetus*. -—Grandis, v. *Magnus*. -—Gratia, v. *Studium*. - -Gratias agere, Habere, Referre. Grates. Gratari. Gratulari. -1. *Gratiam* ou *gratias habere*, savoir gré du fond du cœur, -χάριν εἰδέναι; *gratias agere*, remercier en paroles, -εὐχαριστεῖν; enfin, *gratiam referre*, prouver sa reconnaissance -par des actes, χάριν φέρειν, ἀντιχαρίζεσθαι. Cic. Магс. 11, 33. -Maximas tibi omnes *gratias agimus*, majores etiam *habemus*. -Nous t’offrons tous les plus vives actions de grâces, et notre -reconnaissance va encore au delà. Off. II, 20. Inops etiamsi -*referre* gratiam non potest, *habere* tamen potest. -L’indigence, impuissante à payer de retour, peut néanmoins être -reconnaissante. - -2. *Gratias agere* est la formule du langage ordinaire; *grates -agere*, celle du style noble et choisi. Cic. Somn. *Grates* tibi -ago, summe sol, vobisque, reliqui cœlites. Souverain soleil, -dieux du ciel, ma voix vous rend grâces. - -3. De même *gratulari* désigne des remercîments faits par -occasion, sans accompagnement de sacrifice et des félicitations -familières; *gratari*, des prières de remercîment ou des -félicitations solennelles. Liv. VII, 3. Jovis templum -*gratantes* ovantesque adire. Porter en triomphe au temple de -Jupiter des remercîments solennels. Comparez avec Ter. Heaut. V, -1, 6. Desine deos *gratulando* obtundere. Cesse d’assourdir les -dieux de tes remercîments. - -Gratus. Jucundus. Acceptus. Gratiosus. -1. *Gratum*, ce qui nous agrée, parce que nous y attachons du -prix, ce qui nous paraît précieux, intéressant, ce qui vaut des -remercîments; *jucundum*, ce qui nous agrée, parce que nous y -prenons du plaisir. *Gratus* peut se dire d’une nouvelle -fâcheuse qui nous met à même de prendre nos mesures en temps -utile; la nouvelle n’en sera pas moins *injucunda*. Cic. Att. -III, 24. Ista veritas etiamsi *jucunda* non est, mihi tamen -*grata* est. Quoique cette vérité ne me fasse point plaisir, -elle ne laisse pas de m’être précieuse. Famm. V, 18. Cujus -officia *jucundiora* scilicet sæpe mihi fuerunt, nunquam -*gratiora*. Ses bons offices m’ont souvent paru plus agréables, -ils ne m’ont jamais été plus chers. - -2. *Gratus* s’entend d’un sentiment; il s’agit de ce qu’on -souhaite; *acceptus*, de l’expression de ce sentiment, lorsqu’on -avoue que les choses viennent à propos. - -3. Le *gratus alicui* ne rencontre point de défaveur, on l’aime; -le *gratiosus apud aliquem* est l’objet d’une faveur marquée et -d’un attachement passionné, c’est le favori. - -—Gravitas, v. *Moles* et *Severitas*. - -Gremium. Sinus. -*Gremium*, le giron, entre la ceinture et les genoux d’une -personne assise, et au figuré le symbole de la sollicitude -maternelle; *sinus*, le sein, et au figuré le symbole de -l’obscurité qui abrite et protége. Cic. Pis. 37. Ætolia procul a -barbaris disjuncta gentibus in *sinu pacis* posita medio fere -Græciæ *gremio* continetur. Séparée des races barbares par son -éloignement, située au sein de la paix, l’Étolie ne s’étend pas -hors du giron de la Grèce. - -—Gressus, v. *Gradus*. -—Grumus, v. *Collis*. -—Grex, v. *Caterva* et *Pecus*. -—Gula, v. *Faux*. -—Gurgulio, v. *Faux*. -—Gurges, v. *Vorago*. -—Gustus, gustare, v. *Sapor*. - -Gutta. Stilla. Stiria. -*Gutta*, goutte naturelle; *stilla*, goutte mesurée -artificiellement. C’est d’ailleurs l’idée de petitesse qui -domine dans *gutta*, d’où *guttatim*, goutte à goutte; dans -*stilla*, c’est l’idée d’humidité, d’où *stillatim*, en -dégouttant. *Stilla*, goutte liquide; *stiria*, goutte gelée. - -—Guttur, v. *Faux*. -—Gyrus, v. *Orbis*. - - -H - - -—Habena, v. *Frenum*. -—Habitare, v. *Incolere*. -—Hactenus, v. *Adhuc*. -—Habere, v. *Tenere*. -—Habitus, v. *Vestis*. -—Hædus, v. *Caper*. - -Hærere. Pendere. -*Hærere*, rester empêché sans qu’on puisse se détacher ou -avancer; *pendere*, être suspendu et ne pouvoir tomber à terre. -Cic. Acadd. II, 39. Ut videamus terra penitusne defixa sit et -radicibus suis *hæreat*, an *media* pendeat. Pour voir si la -terre est fixée par sa base et retenue par ses racines ou -suspendue dans l’espace. - -—Hæsitare, v. *Cunctari*. -—Hamus, v. *Uncus*. - -Hariolari. Vaticinari. -*Hariolari*, prédire, avec une idée accessoire de charlatanisme, -χρησμολογεῖν; *vaticinari*, avec une idée accessoire -d’inspiration, prophétiser, μαντεύεσθαι. Dans ce passage de -Cicéron, Divin. I, 2. *Hariolorum* et *vatum* furibundæ -prædictiones; *harioli*, ce sont ceux qui passent d’avance aux -yeux du public pour des charlatans de profession; *vates*, ceux -que Cicéron, du haut de sa philosophie, regarde comme autant -d’autres charlatans. - -—Hasta, v. *Missile*. -—Helluo, v. *Prodigus*. -—Heros, v. *Numen*. -—Hircus, v. *Caper*. -—Hirsutus, hirtus, hispidus, v. *Horridus*. -—Historiæ, v. *Annales*. -—Hœdus, v. *Caper*. -—Haud scio an, v. *Casu*. -—Helvus, v. *Luteus*. -—Hilaris, v. *Gaudere*. -—Histrio, v. *Actor*. - -Homicida. Interfector. Peremptor. Interemptor. Percussor. -Sicarius. Carnifex. -1. *Homicida*, meurtrier, en général, coupable du crime de -meurtre, ἀνδροφόνος; *interfector*, *peremptor* et -*interemptor*, celui qui porte le coup mortel à une personne -donnée, que cette action soit un crime ou non, φονεύς; -*percussor* et *sicarius*, instruments d’autrui et simples -exécuteurs d’une volonté étrangère: le *percussor* exécute une -condamnation officielle; le sicaire ou *sicarius* loue et prête -son bras pour un assassinat. Cic. Rosc. Am. 33, 93. Erat tum -multitudo *sicariorum*... et homines impune occidebantur... Si -eos putas... quos qui leviore nomine appellant, *percussores* -vocant, quæro in cujus fide sint et tutela. Il y avait alors de -nombreux sicaires et on tuait avec impunité. Si vous entendez -parler des assassins que les gens qui leur veulent donner le nom -le plus léger appellent exécuteurs, cherchez quel est leur -protecteur et leur appui. - -2. Le *percussor* est aux ordres de la puissance politique; il -frappe des citoyens, des proscrits; le *carnifex*, aux ordres de -la justice; il sévit contre des coupables. - -Homo. Mas. Vir. Homunculus. Homuncio. Homullus. -1. *Homo*, l’être humain, homme ou femme, par opposition à -*deus* et *bellua*, ἄνθρωπος; *mas* et *vir*, l’homme seul: -*mas*, au sens physique, par opposition à *femina*, comme ἄρσην; -*vir*, au sens moral, par opposition à *mulier*, comme ἀνήρ. -Sen. Polyb. 36. Non sentire mala sua non est *hominis*, at non -ferre non est *viri*. Il faut n’avoir rien d’humain pour ne pas -sentir ses maux, rien de viril pour ne pas les supporter. - -2. *Homunculus* sert à marquer la faiblesse et l’impuissance de -l’homme comme étant le lot de l’espèce entière, du genre humain, -par opposition à la toute-puissance de la Divinité, à la -grandeur de la nature et de l’univers; *homuncio* et *homullus* -désignent l’homme faible et sans conséquence en sa qualité -d’individu, par opposition à d’autres hommes: *homuncio*, avec -un sentiment de compassion; *homullus*, avec un sentiment de -mépris. - -—Honestus, v. *Virtus* et *Bonus*. - -Honorare. Honestare. -*Honorare*, honorer quelqu’un par une distinction qu’on lui -accorde en passant, lui faire honneur; *honestare*, couvrir -quelqu’un d’honneur en attachant à sa personne un éclat durable. - -Hornus. Hornotinus. -*Hornus*, terme poétique; *hornotinus*, forme prosaïque du même -mot pour désigner ce qui a lieu pendant l’année. - -Horridus. Hirtus. Hirsutus. Hispidus. Asper. -*Horridus*, terme général pour tout ce qui est grossier et rude -par défaut de culture; *hirtus* et *hirsutus* ont un rapport -particulier à la rudesse du poil ou autre couverture, par -opposition à moelleux; *hispidus* et *asper* se rapportent à de -fortes inégalités de surface, par opposition à lisse: *hispidus* -marque que ces aspérités nuisent à la beauté; c’est une question -de coup d’œil; *asper*, qu’elles blessent; c’est une question de -toucher. Vell. P. II, 4, caractérise d’abord par l’emploi -d’*hirtus*, l’extérieur négligé de Marius, puis la rudesse de sa -nature par l’emploi d’*horridus*. - -—Horror, v. *Vereri*. - -Hortari. Monere. -L’exhortation, *hortatio*, s’adresse directement à la volonté -pour l’obliger à prendre un parti, tandis que l’avertissement, -*monitio*, s’adresse à la conscience et au jugement. -L’*hortatio* a pour but l’action même; la *monitio*, une -représentation qui sert de voie pour conduire à l’action. Sall. -Jug. 60. *Monere* alii, alii *hortari*. Ils avertissaient, -exhortaient. Cat. 60[1]. Sed ego vos quo pauca *monerem*, -convocavi. Je vous ai réunis pour vous donner quelques -avertissements. Sen. Ep. 13. Nimium diu te *cohortor* quum tibi -admonitione magis quam *exhortatione* opus sit. Je perds mon -temps à vous exhorter; vous avez plus besoin d’avis que de -conseils. Cic. Fam. X, 40. Si aut aliter sentirem, certe -admonitio tua me reprimere, aut si dubitarem, hortatio impellere -posset. Si j’étais d’un autre sentiment, un avis de vous -m’arrêterait; si j’hésitais, un conseil de vous m’entraînerait. - -—1 Chap. LVIII, dans la collection Lemaire et la collection -Panckoucke. - -Hospes. Adventor. -*Hospes*, celui qui va loger chez un ami; *adventor*, chez un -aubergiste. Sen. Benef. I, 14. Nemo se stabularii aut *cauponis -hospitem* judicat. Personne ne se croit en relation -d’hospitalité avec un logeur ou un aubergiste. - -—Hospes, v. *Exterus*. -—Hospitium, v. *Deversorium*. -—Hosticus, hostis, v. *Adversarius*. -—Hucusque, v. *Adhuc*. - -Humanitas. Comitas. Facilitas. Civilitas. -*Humanitas*, vertu qui tient à l’éducation, qui part de -l’intelligence pour ennoblir l’homme entier, esprit et cœur, qui -change son être en douceur et en philanthropie, par opposition à -*feritas*; *comitas*, vertu morale, comme l’affabilité, qui -traite le premier venu en homme sans s’arrêter au rang; -*facilitas*, vertu de société, comme l’obligeance indulgente et -prévenante, qui rend aisé et agréable le commerce de la vie; -*civilitas*, vertu politique, comme l’humeur républicaine d’un -prince qui ne fait point sentir la différence relative du maître -au peuple et qui traite ses sujets en concitoyens. Nep. Milt. 8. -In Miltiade erat quum summa *humanitas*, tum mira *comitas*, ut -nemo tam humilis esset cui non ad eum aditus pateret. Miltiade -joignait à une humanité exquise une affabilité étonnante; les -plus humbles avaient un libre accès auprès de lui. - -Humanitus. Humane. Humaniter. -*Humanitus* fait allusion aux rapports extérieurs de l’homme -avec les dieux ou la nature, et particulièrement à sa faiblesse -et à sa fragilité, comme ἀνθρωπείως et ἀνθρωπίνως; *humane* et -*humaniter* s’entendent de l’homme pris en lui-même, des -facultés et de la vocation qui en font un être perfectible, et -alors *humane facere* est l’expression du développement moral, -de la noblesse dans les sentiments, comme φιλανθρώπως; -*humaniter facere*, celle du progrès dans l’usage du monde, de -la politesse, de l’aménité, comme ἐπιειϰῶς. Cic. Phil. I, 4. Si -quid mihi *humanitus* accidisset. S’il m’arrivait un de ces -accidents auxquels la pauvre humanité est sujette. Comparez avec -Tusc. II, 27, 65. Græci morbos tolerantes et *humane* ferunt. -Contre des maladies à supporter les Grecs sont forts, ils sont -hommes, et Qu. Fr. II, 1. Fecit *humaniter* Licinius, quod ad me -misso senatu vesperi venit. C’est un aimable homme que Licinius; -il est venu chez moi le soir après la clôture du sénat. - -—Humare, v. *Sepelire*. -—Humidus, v. *Udus*. -—Humerus, v. *Armus*. -—Humus, v. *Tellus*. - - -I-J - - -—Jacere, v. *Cubare*. - -Jactatio. Gloriatio. Ostentatio. Venditatio. -*Jactatio* et *gloriatio*, défauts qui ont leur origine dans la -vanité et la suffisance: *jactatio*, défaut du fat qui se donne -de grands airs, qui fait étalage de ses avantages et de ses -mérites, qui les fait ressortir par ses paroles et ses gestes, -avec une idée accessoire d’étourderie; *gloriatio*, défaut du -fanfaron qui publie hautement ses avantages ou ses mérites, avec -une idée accessoire d’impertinence. L’*ostentatio* et la -*venditatio* ont leur origine dans un calcul habile de l’effet -qu’on peut tirer d’une fausseté: l’ostentation, *ostentatio*, -cherche à déguiser sous des apparences brillantes une pauvreté -réelle; la représentation, *venditatio*, veut paraître en -faisant valoir outre mesure certains avantages. - -—Jactura, v. *Mittere* et *Damnum*. -—Jaculum, v. Missile. -—Janua, v. *Ostium*. -—Icere, v. *Verberare*. - -Idoneus. Aptus. -*Idoneus*, qui a ce qu’il faut pour être employé à quelque -chose, *aptus*, pour le faire, F. A. Wolf. En d’autres termes, -l’*idoneus* est propre à un emploi par des qualités quelconques -et par le concours des circonstances, ἐπιτήδειος; l’*aptus*, par -sa valeur personnelle, par sa capacité, ἱϰανός. L’*idoneus* est -inactif par lui-même; on se sert de lui pour atteindre un but, -parce qu’il est un instrument commode; l’*aptus* entre de lui- -même dans une affaire, parce qu’il a les dispositions -nécessaires pour réussir. - -—Ignarus, v. *Cognitio*. - -Ignavia. Inertia. Segnitia. Desidia. Socordia. Pigritia. -1. *Ignavia*, opposé à *industria*, l’amour du désœuvrement -considéré comme une dérogation à la loi du devoir, en ce sens -qu’on n’est homme, qu’on ne se distingue du vulgaire, qu’on ne -vaut par soi-même que si on est doué du goût de l’action; -*inertia*, le même amour envisagé comme une infraction à la loi -du travail, en ce sens que l’homme ne devient un membre utile, -plus ou moins estimable de la société, que par son activité -pratique. L’oisiveté, *ignavia*, est entée sur le naturel; -l’action lui répugne; la fainéantise, *inertia*, est affaire -d’habitude et de caractère; elle ne se soucie point de -travailler. Un méchant esclave est un fainéant, *iners*; un -noble qui vit sans rien faire est un oisif, *ignavus*. - -2. *Segnitia*, *desidia*, *socordia* et *pigritia*, défauts -divers d’un tempérament trop tranquille. La nonchalance, -*segnitia*, attend qu’on l’excite, qu’on la contraigne, qu’on la -prenne corps à corps avant de renoncer au repos; elle a pour -opposé *promptus*. L’indifférence, *desidia*, se croise les bras -et attend que les choses se fassent d’elles-mêmes. L’apathie, -*socordia*, est incapable de prendre à quoi que ce soit un vif -intérêt et néglige ses devoirs faute d’y songer. La paresse, -*pigritia*, a une horreur naturelle de toute espèce de mouvement -et n’est heureuse que dans les bras du repos. - -—Ignavia, v. *Vereri*. - -Ignominia. Infamia. Dedecus. Probrum. Opprobrium. -1. L’*ignominia* ôte l’honneur légal dont la perte ne dépend -point des propos du public, mais d’une juste réprimande infligée -par un magistrat, un censeur, par exemple, ἀτιμία; l’*infamia* -ôte l’honneur moral, la bonne réputation; elle tient au mépris -public, elle est la suite d’une conduite honteuse et -déshonorante, δυσφημία. - -2. *Ignominia* et *infamia* sont des termes abstraits qui -marquent l’état d’une personne déshonorée; *dedecus* et -*probrum*, des termes concrets qui marquent la cause de cet -état, l’acte déshonorant. Le *dedecus* s’écarte des façons d’un -homme d’honneur, de la noblesse qu’on s’attendait à retrouver -dans toutes ses actions; le *probrum* entache la moralité d’un -homme qu’on croyait du moins capable de se conduire honnêtement. -La bassesse expose au *dedecus* dans les fonctions publiques; -l’inconduite, au *probrum* dans les relations privées. - -3. *Probrum*, reproche qu’on serait en droit de nous adresser; -*opprobrium*, reproche formulé. *Probrum* appelle l’attention -sur la honte qui a été encourue; *opprobrium*, sur le blâme qui -s’exprime hautement. - -Ignoscere. Veniam dare. -*Ignoscere* est un acte moral: c’est pardonner de tout cœur, -remettre et oublier, par opposition à garder rancune, comme -συγγιγνώσϰειν; *veniam dare* est un acte politique; c’est -substituer la clémence à la justice, par opposition à châtier, -comme μεθιέναι. L’ami, l’égal pardonne, *ignoscit*; le -supérieur, le puissant fait grâce, *veniam dat*. Cic. Man. 3. -Illis imperatoribus laus est tribuenda quod egerunt; *venia -danda* quod reliquerunt. Il faut louer ces généraux de ce qu’ils -ont fait; il faut leur faire grâce pour ce qu’ils ont laissé -inachevé. Comparez avec Att. XVI, 16. *Ignosce* mihi quod eadem -de re sæpius scribam. Pardonne-moi de revenir si souvent sur le -même sujet. - -—Ilia, v. *Caro*. -—Illico, v. *Repente*. -—Illustris, v. *Celeber* et *Luculentus*. - -Imago. Simulacrum. Statua. Signum. -1. *Imago* et *simulacrum*, termes généraux, représentation d’un -objet par la première œuvre venue de sculpture ou de peinture: -l’*imago* se rattache à l’original, comme la copie au modèle, -par une ressemblance frappante, εἰϰών; le *simulacrum* s’oppose -à l’original, à l’être véritable, c’est une imitation qui fait -illusion, εἴδωλον. *Statua*, *signum* et *effigies* sont -exclusivement des ouvrages de sculpture; *tabula* et *pictura*, -exclusivement des tableaux. - -2. *Simulacrum* et *statua* s’entendent de la reproduction -complète d’une forme donnée, comme les statues en pied de la -sculpture; *effigies* et *imago* marquent par préférence la -reproduction des parties caractéristiques, nommément des traits -du visage; *effigies*, dans la sculpture; ce sont des bustes; -*imago*, dans la peinture; ce sont des têtes. Tac. Ann. I, 74. -Alia in *statua* amputato capite Augusti *effigiem* Tiberii -inditam. Il avait coupé la tête à une autre statue qui -représentait Auguste et remplacé cette tête par un buste de -Tibère. XIV, 61. *Effigies* Poppææ proruunt, Octaviæ *imagines* -gestant humeris. Le peuple renverse les bustes de Poppée et -promène sur ses épaules les portraits d’Octavie. H. II, 3. -*Simulacrum* deæ non *effigie* humana. La déesse est représentée -avec des traits qui s’écartent de la nature humaine. Cic. Tusc. -III, 2, 3. Optimus quisque consectatur nullam eminentem -*effigiem* (virtutis) sed adumbratam *imaginem* gloriæ. Ce n’est -point la vertu avec ses traits frappants et sculptés, c’est un -portrait indécis de la gloire qui entraîne à sa suite les -meilleurs d’entre nous. - -3. *Signum*, toute espèce de sculpture, par opposition à -*tabulæ* et *picturæ*; *simulacrum*, statue sacrée, celle d’un -dieu, ἄγαλμα; *statua*, statue profane, celle d’un homme, -ἀνδριάς. Cic. Cat. III, 8. *Simulacra deorum* immortalium -depulsa sunt et statuæ veterum hominum dejectæ. Les statues -sacrées des dieux immortels furent expulsées, les statues -profanes des anciens héros abattues. Verr. I, 22. Legati *deorum -simulacra* venerabantur, itemque *cætera signa* et ornamenta -lacrimantes intuebantur. Les députés adoraient les statues -sacrées des dieux, et la vue des autres œuvres de sculpture et -de décoration leur arrachait des larmes. - -—Imbecillis, imbecillitas, v. *Validus*. -—Imber, v. *Pluvia*. -—Infirmus, infirmitas, v. *Validus*. - -Imitatio. Æmulatio. Certatio. Rivalitas. Simulatio. -1. *Imitari* marque simplement, sans idée morale accessoire, un -effort pour produire quelque chose qui ressemble à un objet -donné; *æmulari* marque, outre l’effort d’imitation, le désir -d’égaler ou de surpasser celui qu’on imite en considération, en -honneur, en succès. L’*imitatio* n’a en vue que l’objet donné; -c’est une tendance généralement modérée et louable; l’*æmulatio* -n’a d’yeux que pour la personne ornée de la qualité qui vaut la -peine d’être imitée; elle se montre toujours sous les traits -d’une passion plus ou moins vive, louable ou blâmable, suivant -qu’elle tire son origine d’un amour honnête ou d’un amour -désordonné des honneurs. Plin. Ep. VII, 30. Demosthenis -orationem habui in manibus non ut *æmularer* (improbum enim ac -pæne furiosum), at tamen *imitarer* ac *sequerer* tantum. J’ai -étudié ce discours de Démosthène. Je n’ai point la prétention -téméraire et presque folle d’être son émule, mais je veux être -du moins son imitateur et son élève. - -2. L’*æmulus* est au-dessous de son adversaire, il vise à -l’atteindre et à l’égaler un jour; le *certator* et le -*concertator* lui sont égaux, ils visent à le battre et à le -vaincre. - -3. L’*æmulatio* dispute une supériorité quelconque; la -*rivalitas* soutient une lutte pour emporter la première place -dans le cœur d’une personne. Cic. Tusc. IV, 26, 56. Illa vitiosa -*æmulatione* quæ *rivalitati* similis est, æmulari quid habet -utilitatis? A quoi bon poursuivre une personne de cette -émulation fâcheuse qui ressemble à de la jalousie? - -4. L’*imitatio* est un effort pour devenir ce qu’on n’est pas -encore, mais ce qu’on deviendrait volontiers et ce qu’on peut -devenir en effet; la *simulatio*, un effort pour paraître ou -devenir ce qu’on n’est point, ne peut ni ne doit être, parce que -la nature s’y oppose. L’*imitatio* est le chemin qui conduit à -un idéal réel ou imaginaire; la *simulatio* reste toujours un -plagiat. - -—Immanis, v. *Magnus*. -—Impensa, v. *Sumptus*. -—Impar, v. *Æquus*. -—Imperare, v. *Jubere*. - -Impertire. Tribuere. Participare. Communicare. -*Impertire* et *tribuere* signifient partager, distribuer, sans -donner à entendre que le donateur réserve une part pour lui: -*impertire* présente ce partage comme un acte libre, volontaire, -de pure bonté; *tribuere*, comme un acte de justice et de -prudence. *Participare* et *communicare*, admettre les autres à -un partage dont on profite soi-même: *participare*, faire -participer, se rapporte généralement à la personne qui reçoit, -qui est appelée à prendre part, *communicare*, mettre en commun, -à la chose dont on fait part et à l’usage de laquelle cette -personne doit participer. - -—Impietas, v. *Delictum*. -—Impius, v. *Scelestus*. -—Imponere, v. *Fallere*. - -Imus. Infimus. -*Imum*, la partie la plus basse dans un tout indivisible; -*infimum*, la base ou le dessous dans un tout divisible. -L’*imum* est en bas; l’*infimum*, en dessous. Cic. Rosc. com. 7. -Ab *imis* unguibus usque ad summum verticem. De la plante des -pieds au sommet de la tête. Comparez avec Divin. I, 33. Ut ab -*infima* ara subito anguis emergeret. Un serpent sortit tout à -coup de dessous l’autel. Et avec N. D. II, 20. Luna *infima* est -quinque errantium. Des cinq planètes, c’est la lune qui est en -dessous. *Imus* n’exprime d’ailleurs qu’un rapport de lieu; -*infimus* contient une idée accessoire, celle du dernier rang. - -—Inambulare, v. *Ambulare*. - -Inanis. Vacuus. -*Inanis*, ce qui est vide au lieu d’être rempli, ce qui ne -contient rien, par opposition à *plenus*; *vacuus*, ce qui est -vacant et peut encore se remplir, ce qui n’a point de maître, -par opposition à *occupatus* ou à *obsessus*. Tac. Ann. VI, 34. -Jason post avectam Medeam genitosque ex ea liberos *inanem* mox -regiam *vacuos*que Colchos repetivit, c’est-à-dire le palais -désert, mort, et le peuple sans maître. Au figuré: *inane*, -c’est ce qui n’existe point, *vacuum* ce qui est libre. - -—Incassum, v. *Frustra*. -—Incedere, v. *Ire*. -—Incestus, v. *Inficetus*. -—Incastus. v. Inficetus, -—Incendere, v. *Accendere*. -—Inchoare, v. *Incipere*. - -Incipere. Ordiri. Inchoare. Coepisse. -1. *Incipere*, marque le commencement par opposition à -l’inaction qui précède et qui suit, c’est-à-dire, à *cessare* et -à *desinere*, *desistere*, *finire*; *ordiri*, par opposition à -la continuation de l’action, c’est-à-dire à *continuare*, et à -son correspondant intransitif *pergere*; enfin, *inchoare*, -*incohare*, par opposition à l’achèvement ou à l’accomplissement -de l’action, c’est-à-dire à *perficere*, *consummare*, -*peragere*, *absolvere*, etc. Cic. Off. I, 37. Ut incipiendi -ratio fuerit, ita sit desinendi modus. Sachez entrer en matière, -sachez aussi vous arrêter. Varron. R. R. III, 16. Apes cum -*evolaturæ* sunt, aut etiam *inceperunt*, consonant vehementer. -Lorsque les abeilles vont s’envoler ou qu’elles viennent de -partir, elles font entendre un fort bourdonnement. Cic. Finn. -IV, 6. Hoc *inchoati* cujusdam officii est, non *perfecti*. Ceci -n’est encore qu’une ébauche et non point une œuvre achevée. Cic. -Fr. ap. Non. *Perge*, quæso, nec enim imperite *exorsus* es. -Continuez, je vous prie, votre début n’est point maladroit. - -2. *Cœpi* a le même opposé qu’*incipere*. Sen. Cons. Polyb. 20. -Quicquid *cœpit* et *desinit*; mais *cœpi* appelle plus -fortement l’attention sur l’action qui commence, et *incepi* sur -le commencement que prend l’action. *Cœpi* est une sorte de -verbe auxiliaire, *incepi* est emphatique; *cœpi* se rapporte -d’habitude à un infinitif et *incipere* à un substantif. Cic. -Verr. V, 10. Quum *ver esse cœperat* (sed quum rosam viderat, -tum ver *incipere* arbitrabatur), dabat se labori. Quand le -printemps revenait, mais le printemps ne datait pour lui que des -roses, il affrontait la fatigue. - -Incitare. Instigare. Irritare. Instinctus. -1. *Incitare*, synonyme d’*hortari*, porter un paresseux par de -bonnes paroles, par des encouragements, des apostrophes à une -action presque toujours louable; *instigare*, synonyme de -*stimulare*, pousser bon gré, mal gré une personne à une action -hardie par des moyens énergiques comparables à des coups -d’aiguillon, par reproches, promesses, menaces; *irritare*, -synonyme d’*exacerbare*, exciter à un acte de violence un -personnage paisible en remuant ses passions, son ambition, ses -désirs de vengeance. Ter. Andr. IV, 2, 9. Age si hic non insanit -satis sua sponte, *instiga*. Va, s’il ne s’emporte pas assez -tout seul, pousse à la roue. Lucr. IV, 1075. Et *stimuli* -subsunt qui *instigant* lædere id ipsum. Et des aiguillons -secrets les poussent à blesser ce qu’ils aiment. - -2. *Instigatus*, aiguillonné par une cause extérieure et -profane, par des paroles, des ordres; *instinctus*, poussé par -une cause intérieure d’un ordre élevé, inspiration, amour, voix -de Dieu. - -—Inclytus, v. *Celeber*. - -Incolere. Habitare. Incola. Inquilinus. Colonus. -1. *Incolere* est transitif comme habiter; *habitare*, neutre -comme demeurer. En outre, *incolere* rappelle l’idée du pays -auquel on appartient en qualité de citoyen ou de sujet; -*habitare*, celle de la maison où l’on est établi à demeure en -qualité de propriétaire ou de locataire. - -2. *Incola*, au sens restreint, le sujet par opposition au -citoyen, μέτοιϰος; *inquilinus*, le locataire par opposition au -propriétaire de la maison ou *dominus*, σύνοιϰος; *colonus*, le -fermier par opposition au propriétaire foncier, à peu près comme -θής. - -—Incolumis, v. *Salvus*. -—Incurvus, v. *Curvus*. -—Indagare, v. *Quærere*. -—Indignari, v. *Succensere*. -—Indulgere, v. *Concedere*. -—Incuriosus, v. *Tutus*. -—Incusare, v. *Arguere*. -—Indigere, v. *Carere*. -—Indoles, v. *Ingenium*. -—Industria, v. *Opera*. -—Inedia, v. *Fames*. -—Inertia, v. *Ignavia*. -—Infamia, v. *Ignominia*. -—Infans, v. *Puer*. -—Infensus, infestus, v. *Adversarius*. - -Inficetus. Infacetus. Incestus. Incastus. -1. *Inficetus* exprime un blâme positif et se dit d’un homme -lourd et sans goût; *infacetus* n’exprime qu’un blâme négatif, -c’est un homme qui n’a point d’esprit à revendre. - -2. Et de même *incestus* celui qui a souillé son propre sang; -*incestus*, celui qui n’est point chaste. - -—Infidelis, infidus, v. *Fidus*. -—Infitiari, infitias ire, v. *Negare*. -—Infimus, v. *Imus*. -—Inflammare, v. *Accendere*. - -Infortunium. Calamitas. Infelicitas. Miseria. -*Infortunium* et *calamitas* désignent un accident isolé: -*infortunium* un accident fâcheux, un petit malheur, par exemple -la perte d’une bourse, des coups qu’on a reçus; *calamitas* un -accident tragique comme la perte d’une personne qu’on aime, de -la fortune. *Infelicitas* et *miseria* expriment une position -malheureuse et durable: *infelicitas* comme une simple privation -de bonheur; *miseria* comme une misère réelle et accablante. - -Ingenium. Natura. Indoles. -*Ingenium* et *natura*, le naturel considéré comme la base -inébranlable de l’individualité humaine et comme rebelle à toute -altération: *ingenium* se rapporte de préférence aux dons de -l’esprit, *natura* à ceux du cœur. *Indoles*, le naturel -considéré comme le germe de l’individualité et comme susceptible -de culture. - -—Ingluvies, v. *Faux*. -—Ingruere, v. *Irruere*. -—Inimicus, v. *Adversarius*. -—Ingredi, v. *Inire* et *Ire*. -—Inimicitia, v. *Odium*. - -Inire. Intrare. Introire. Ingredi. -1. *Inire* ne s’emploie guère qu’au figuré, c’est se mettre à -quelque chose, par exemple, *inire pugnam*, *numerum*, engager -le combat, chercher un nombre; *intrare*, *introire*, *ingredi* -expriment l’action d’entrer au sens propre; mais *intrare* est -d’ordinaire transitif, il a l’accent sur sa racine verbale, -*introire* est neutre, il a l’accent sur sa racine adverbiale. -Dans *intrare curiam* on songe surtout au seuil qu’on franchit, -dans *introire*, aux quatre murs entre lesquels on va -s’enfermer. - -2. *Intrare* et *introire* supposent un espace fermé à dessein -par des murailles, des barrières, des bornes; *ingredi* ne -suppose qu’un espace étranglé, une route, *viam*, un pont, -*pontem*. - -Initium. Principium. Primordium. -1. *Initium*, commencement au sens abstrait, comme simple point -de départ, par opposition à *exitus*; *principium*, au sens -concret, comme la partie qui se présente avant les autres -lorsqu’il s’agit de choses, qui précède lorsqu’il s’agit -d’actions, par opposition à *extremum*. *Initium* n’est qu’un -commencement dans le temps, *principium* est en outre une base -posée dans l’espace. L’*initium* disparaît dans ce qui suit, le -*principium* sert de fondement aux progrès ultérieurs. Les -*initia philosophiæ* sont les rudiments au-dessus desquels le -disciple s’élève dans le cours de ses études, les *principia* -sont les principes auxquels il faut toujours revenir. *Initio* -signifie ordinairement d’abord comme ceci et ensuite autrement; -*principio*, dès l’abord et toujours de même. - -2. *Primordium* est un augmentatif emphatique de *principium*, -et suppose un vaste système dont l’origine est assez reculée -pour qu’on puisse distinguer entre un commencement apparent et -un commencement réel, primordial, élémentaire. - -—Injuria, v. *Contumelia*. -—Innocentia, v. *Virtus*. - -Innumerus. Innumerabilis. -*Innumerus*, terme poétique et choisi, comme sans nombre, -ἀνήριθμος; *innumerabilis*, terme prosaïque et usuel, comme -innombrable, ἀναρίθμητος. - -—Inopia, v. *Paupertas*. -—Inquilinus, v. *Incolere*. -—Insanus, v. *Amens*. -—Inscius, v. *Cognitio*. -—Insimulare, v. *Arguere*. -—Insomnis, v. *Vigil*. -—Instigare, v. *Incitare*. -—Inquam, v. *Dicere*. -—Inquinare, v. *Contaminare*. -—Inscendere, v. *Scandere*. -—Insignis, v. *Eminens*. -—Insolentia, v. *Superbia*. -—Insomnium, v. *Somnus*. - -Instituere. Instaurare. Restituere. Restaurare. -*Instituere*, prendre un arrangement profane; *instaurare*, -organiser une cérémonie sainte, vénérable ou du moins une -entreprise importante, par exemple un sacrifice, des jeux sacrés -ou des fêtes, la guerre ou une bataille. *Instituere* est un -terme usuel, *instaurare* un terme pompeux et choisi. Même -différence entre *restituere* et *restaurare*. - -—Instituere, v. *Erudire*. -—Insuper, v. *Præterea*. -—Integrare, v. *Iterum*. -—Instructus, v. *Præditus*. -—Integer, v. *Salvus*. - -Intelligere. Sentire. Cognoscere. -*Intelligere* se dit des notions rationnelles dues à la -réflexion qui combine des idées; *sentire*, des notions -naturelles qui s’acquièrent par voie de sentiment, par des -perceptions ou des impressions instantanées des sens ou de -l’esprit; enfin, *cognoscere*, des notions historiques fondées -sur le témoignage des sens et de la tradition, Sen. Ir. III, 13. -Quidni gauderet, quod iram suam multi *intelligerent*, nemo -*sentiret*? Je conçois que Socrate ait ressenti un mouvement de -joie quand sa colère que tous ses familiers discernaient ne -frappait les yeux de personne. Cic. N. D. III, 24. Quare autem -in his vis deorum insit tum *intelligam* quum *cognovero*. Quant -à leur divinité, je la comprendrai quand j’aurai appris à la -connaître. - -Intercapedo. Interruptio. Interpellatio. Interlocutio. -*Intercapedo* et *interruptio*, interruption d’une action, d’une -affaire: l’*intercapedo* est polie, souvent même bienveillante; -l’*interruptio* est violente, elle trouble. *Interpellatio* et -*interlocutio*, interruption d’un discours par un autre discours -qui vient à la traverse: l’*interpellator* n’a d’autre but que -d’empêcher l’orateur de continuer; l’*interlocutor* veut se -faire entendre lui-même au beau milieu du discours d’un autre. - -—Interdicere, v. *Vetare*. -—Interdum, v. *Nonnunquam*. -—Interdiu, v. *Dies*. - -Interea. Interim. -*Interea* se rapporte à une action durable qui tombe dans une -période, comme cependant; *interim* à une action momentanée, -comme là-dessus. Il y a entre eux la même corrélation qu’entre -un temps passé et l’aoriste, entre un instant et une période. -Cic. Quint. 6. Hæc dum Romæ geruntur... Quintius *interea* de -agro detruditur. Voilà ce qui se passait à Rome; cependant -Quintius est évincé de son champ: c’est-à-dire que la chose se -fait peu à peu. Comparez avec Famm. X, 12. *Interim* ad me venit -Manutius noster. Là-dessus je vois venir chez moi notre cher -Manutius. Tac. Ann. XI, 32. Non rumor *interea* sed undique -nuntii incedunt... Atque *interim* Ostiensem viam intrat. -Cependant ce ne sont plus des bruits, ce sont des messagers qui -arrivent de tous les côtés... Et là-dessus elle prend la route -d’Ostie. - -—Interemptor, v. *Homicida*. -—Interfector, v. *Homicida*. -—Interesse, v. *Adesse*. - -Interficere. Perimere. Interimere. Negare. Occidere. Jugulare. -Obtruncare. Trucidare. Percutere. -1. *Interficere* et *perimere*, termes généraux, mettre à mort, -faire mourir, tuer pour quelque motif et par quelque moyen que -ce soit, faim, poison, corde, fer, supplice, ϰτείνειν: mais -*interficere* est un terme ordinaire, *perimere* un terme -archaïque, choisi, poétique. *Interimere* suppose accessoirement -que la chose passe inaperçue, comme se défaire de quelqu’un, -ἀναιρεῖν; *necare* implique une idée d’injustice ou du moins de -cruauté, comme assassiner, φονεύειν. Cic. Tusc. V, 20. Dionysius -alterum jussit *interfici*, quia viam demonstravisset -*interimendi* sui. Denys le fit mettre à mort pour avoir montré -comment on pouvait se défaire de lui. Fr. Arat. 11. Quem neque -tempestas *perimet*, nec longa vetustas *interimet*. Il ne -périra point sous l’effort d’une saison, il ne succombera point -à la lente action des siècles. Curt. IX, 7, 8. Boxum *protinus* -placuit *interfici*; Biconem etiam per cruciatus *necari*. Il -voulut qu’on mit sur-le-champ Boxus à mort, mais qu’on fît périr -Bicon dans les tourments. - -2. *Occidere*, *jugulare*, *trucidare*, *obtruncare*, -*percutere*, expriment une mort sanglante: *occidere*, porter -par terre, c’est le fait du soldat dans un combat franc et -loyal; *jugulare*, couper la gorge ou le cou, ou plutôt tuer -d’un coup savant sous la clavicule, c’est le fait du bandit qui -veut imiter le gladiateur, σφάξαι; *obtruncare*, tailler en -pièces, massacrer, couper en morceaux comme un meurtrier -maladroit; *trucidare*, tuer à loisir comme un boucher, en homme -avide de sang qui met à mort sans rencontrer de résistance et -triomphe d’une victime sans défense; *percutere*, exécuter, -simple action mécanique, office du bourreau ou de tout autre -exécuteur d’une condamnation ou d’un ordre. Senec. Contr. III, -21. Nec dominum *occidit*, nec domino *venenum* dedit. Il n’a ni -poignardé ni empoisonné son maître. Hor. Ep. 1, 2, 32. Ut -*jugulent* homines surgunt de nocte latrones. Les brigands -sortent de l’ombre pour égorger le monde. Sall. Fr. Cæteri vice -pecorum *obtruncantur*: en sorte qu’on voyait à terre comme sur -un étal des membres détachés. Tac. Hist.... Juberet *interfici*; -offerre se corpora iræ; *trucidaret*. Il n’avait qu’à les faire -mourir; ils étaient prêts à servir de victimes à sa colère: il -pouvait les tuer à son aise. Cic. Rosc. Am. 34. Cujus consilio -*occisus* sit invenio; cujus manu *percussus* sit non invenio. -Je discerne l’auteur, je ne découvre pas l’instrument de cette -mort sanglante. - -—Interitus, v. *Lues* et *Mors*. -—Interlocutio, v. *Intercapedo*. - -Intermittere. Omittere. -*Intermittere*, suspendre, remettre une affaire à un autre temps -dans l’espérance et dans le dessein de la reprendre: *in tempus -mittere* cum spe consilioque resumendi; *omittere*, abandonner. -Varron. Fr. Studia tantum *intermittantur*, ne *omittantur*. -Interrompez vos études, ne les abandonnez jamais. - -—Intermori, v. *Mors*. -—Interrogare, v. *Rogare*. -—Intestina, v. *Caro*. -—Intueri, v. *Videre*. -—Invadere, v. *Irruere*. -—Interpellatio, v. *Intercapedo*. -—Interruptio, v. *Intercapedo*. -—Intrare, introire, v. *Inire*. -—I nunc, v. *Agere*. - -Invenire. Reperire. Deprehendere. Nancisci. Adipisci. Consequi. -Assequi. -1. *Invenire*, terme général, trouver dans toutes les -conjonctures; *reperire* et *deprehendere* supposent un objet -caché qu’on songe et qu’on s’applique à trouver: mais le -*reperiens* se borne à découvrir ce qu’il ne voyait point -d’abord et qui s’offre ensuite à ses yeux, ἀνευρεῖν; le -*deprehendens* découvre ce qui voulait se cacher ou échapper et -qui tombe en son pouvoir. Tac. Ann. I, 74. Perniciem aliis ac -postremo sibi *invenere*. De bourreaux qu’ils étaient, ils -finirent par se trouver victimes. Comparez avec XIV, 3. Cædes -quonam modo occultaretur nemo *reperit*. Personne ne vit jour à -cacher le meurtre. - -2. *Invenire*, *reperire*, *deprehendere* ont pour terme un -objet caché qu’on découvre; *nancisci*, *adipisci*, *assequi* et -*consequi*, un objet éloigné qu’on atteint: le *nanciscens* -arrive au terme avec ou sans peine, parfois même sans le -souhaiter; c’est une rencontre; l’*adipiscens* a une lutte à -soutenir; c’est une victoire; le *consequens* voit ses désirs -comblés, qu’il y ait ou non mis du sien; c’est un bonheur; -l’*assequens* voit sa constance et ses efforts couronnés; c’est -un succès. Suet. Tib. 10. Titus ad primam statim mansionem -febrim *nactus*. Titus prit la fièvre à la première halte. -Comparez avec Dom. 15. Nero in *adipiscenda* morte manu -Epaphroditi adjutus est. Néron ne parvint à se donner la mort -qu’en se faisant aider par la main d’Epaphroditus. Cic. Att. X, -12. *Nactus* Curionem omnia me consecutum putavi. J’avais eu la -chance de trouver Curion, je crus avoir tout gagné. Rosc. Com. -4. Ut neque nihil neque tantum quantum *postulavimus -consequamur*. Il ne s’agit plus de recevoir tout ce que nous -avons demandé, il s’agit de ne pas être réduits à rien. Dans -Cicéron, Mil. 11: Nihil dico quid respublica *consecuta* sit, -nihil quod vos, nihil quod omnes boni. Je ne tiens aucun compte -de ce que gagne la république, de ce que vous gagnez vous-mêmes, -de ce que gagnent tous les gens de bien (à la mort de Clodius à -laquelle Milon a seul contribué); *assecuta sit* ne serait pas à -sa place, et réciproquement *consequuntur* serait faible dans ce -passage de Sen. Brev. 17. Operose assequuntur quæ volunt, anxie -tenent quæ *assecuti* sunt. Ce qu’ils désirent est pénible à -acquérir, ce qu’ils ont acquis est inquiétant à garder. Cic. -Fam. I, 7, 10. Omnia quæ ne per populum quidem sine seditione se -*assequi* arbitrabantur, per senatum *consecuti sunt*. Ils ont -reçu des mains du sénat tous les avantages qu’ils désespéraient -d’acquérir par l’appui du peuple à moins de le soulever. - -—Invertere, v. *Vertere*. -—Investigare, v. *Quærere*. -—Invicem, v. *Vicissim*. - -Invidia. Livor. Invidentia. Malignitas. Obtrectatio. -Detrectatio. -1. *Invidia*, envie qui fait qu’on regarde les gens de travers -et qu’on leur en veut pour des motifs tantôt avouables, tantôt -immoraux, le plus souvent, mais non point toujours par égoïsme, -ὑποψία; *livor*, envie dévorante qui infecte l’âme entière et -qui ôte au corps même les fraîches couleurs de la vie. - -2. *Invidia*, terme usuel qui se prend au sens actif pour -l’envie qu’on porte aux autres, et au sens passif pour l’envie -dont on est l’objet de leur part; *invidentia*, néologisme de -Cicéron pour l’envie qu’on porte. - -3. *Invidia* et *livor* présentent l’envie comme un accès -passager; *malignitas*, comme un défaut d’habitude et de nature, -par opposition à la bonté d’âme ou de cœur. L’*invidus* et le -*lividus* envient certains biens à certaines personnes dans -certaines circonstances; le *malignus* est incapable de rien -souhaiter d’heureux à tout autre qu’à lui-même. - -4. *Invidia*, *livor*, *malignitas*, ne marquent qu’un sentiment -ou un tour d’esprit; *obtrectatio* marque une action ou une -façon d’agir qui procède de ce sentiment et qui tend à nuire à -celui qu’on envie par des moyens honteux, comme le dénigrement, -par exemple. On ne conçoit point l’*obtrectatio* sans *invidia*, -mais on peut concevoir l’*invidia* sans *obtrectatio* quand -l’envie est trop lâche pour s’engager dans une lutte. - -5. L’*obtrectatio* suppose un rival et tire son origine de la -jalousie; la *detrectatio* ne suppose qu’un adversaire et -provient de l’aversion. - -—Invidia, v. *Odium*. -—Jocus, v. *Ludus*. -—Irasci, v. *Succensere*. - -Ire. Meare. Gradiri. Ingredi. Incedere. Vadere. -1. *Ire* et *meare* expriment la marche, en général, comme -mouvement d’un lieu vers un autre, *ire*, ἰέναι, se disant -particulièrement des hommes, c’est la suite d’un acte de -volonté; *meare*, φοιτᾷν, se dit particulièrement des bêtes, des -vaisseaux, des cours d’eau, des astres: c’est un mouvement -mécanique auquel la volonté n’a point de part. *Gradiri* et -*ingredi*, *incedere* et *vadere* ajoutent à l’idée générale des -idées accessoires et précises sur la manière de marcher: -*gradiri* et *ingredi*, une idée de calme et de régularité, par -opposition à *serpere*, *currere*, *stare*, comme ϐαδίζειν; -*incedere*, une idée de fierté, de mesure et de convenance à -propos d’une cérémonie, d’une revue, par opposition à -*ambulare*, comme ἐμϐαίνειν; *vadere*, une idée de bonne volonté -et de vivacité, en voyage, dans une attaque de vive force, par -opposition à *repere*? comme χωρεῖν. - -2. *Ingressus*, la marche en général; *incessus*, la démarche -qui tient à l’individu et à laquelle on le reconnaît comme à une -seconde physionomie. *Ingressus* est un terme purement physique; -*incessus*, un terme moral et esthétique. - -—Irridere, v. *Ridere*. -—Irritus, v. *Frustra*. -—Irritare, v. *Incitare* et *Lacessere*. - -Irruere. Irrumpere. Ingruere. Invadere. -*Irruere*, entrer en courant, à la hâte et à l’étourdie; -*irrumpere*, pénétrer par force et violence; *ingruere*, avec -menaces et importunité; *invadere*, tomber quelque part avec -audace et brusquerie. - -Iter. Meatus. Via. Trames. Semita. Callis. -1. *Iter* et *meatus* expriment, au sens abstrait, le chemin -qu’on fait, la marche, le voyage: *iter*, le chemin que fait un -être raisonnable; *meatus*, celui que fait un être sans raison -et sans volonté; mais *via*, c’est le chemin sur lequel on -marche, c’est un terme concret. Hor. Od. III, 2, 22. Virtus -negata tentat *iter via*. La vertu se fraye des routes -nouvelles. Cic. Att. V, 14. *Iter* conficiebamus æstuosa et -pulverulenta via. Nous cheminions sur une route brûlante et -poudreuse. - -2. *Iter*, pris comme terme concret, chemin, direction qui mène -au but, comme ϰέλευθος; il n’est pas nécessaire que ce soit une -voie frayée et fréquentée. *Via*, voie sinon construite, du -moins régulière et battue, comme ὁδός. César entend, par -*viarum* atque *itinerum* duces, des guides tenus de montrer les -routes et les sentiers praticables et d’indiquer la direction à -suivre quand les voies frayées venaient à manquer. - -3. *Via* et *iter* peuvent être étroits ou larges; *trames*, -*callis* et *semita* ne désignent qu’un chemin ou un sentier -étroit: *trames*, un chemin ou une rue de traverse, à la -campagne ou à la ville, propre à conduire au but plus -promptement ou plus secrètement que la grand’route; *semita*, un -sentier pour les piétons, souvent un trottoir qui court à côté -de la route carrossable, οἶμος; *callis*, un chemin de montagne -ou de forêt qui n’est guère praticable que pour le bétail, -ἀτραπός. Plaut. Cas. III, 5, 42. De *via* in *semitam* degredi. -Quitter la route pour un sentier. Cic. Phil. XIII, 9, 19. -Egressus est non *viis* sed *tramitibus* paludatus. Il n’osa -suivre les rues et prit les ruelles pour sortir de Rome en tenue -de général. Virg. Æn. IX, 383. Rara per occultos lucebat -*semita* *calles*, c’est-à-dire qu’Euryale et Nisus cherchent à -s’échapper par des sentiers, *semita*, mais qu’ils ont de la -peine à en découvrir faute de clarté, d’autant que les ombres de -la nuit et de la forêt leur cachent même les chemins, *calles*. - -—Iter facere, v. *Proficisci*. - -Iterum. Rursus. Denuo. De integro. Repetere. Integrare. -1. *Iterum* veut dire, comme δεύτερον, pour la seconde fois; -*rursum* ou *rursus*, αὖθις et πάλιν, une fois de plus, encore -une fois; *denuo*, νέοθεν, de nouveau: il semble qu’on n’ait -encore rien fait; *de integro*, αὖθις ἐξ ὑπαρχῆς, derechef, sur -de nouveaux frais: c’est l’idée précédente exprimée avec plus de -force. Justin, XXI, 4, 6. Нос consilio præventus *iterum* -servitia concitat statutaque *rursus* cædium die, quum *denuo* -se proditum videret. Prévenu dans ce dessein, il soulève une -seconde fois les esclaves, fixe encore une fois le jour du -massacre, et, se voyant de nouveau trahi... - -2. De même, *pugnam iterare* signifie livrer une seconde -bataille; *pugnam repetere*, reprendre le combat; *pugnam -renovare*, le renouveler, et *pugnam integrare*, recommencer la -bataille sur de nouveaux frais. Auct. Herenn. II, 3, 47. -Enumeratio est per quam colligimus et commonemus quibus de rebus -verba fecerimus, breviter, ut *renovetur*, non *redintegretur* -oratio. L’énumération résume et rappelle les points sur lesquels -on a parlé; elle est courte, il s’agit de reprendre, non de -recommencer le discours. - -Jubere. Imperare. Præcipere. Mandare. -*Jubere*, ordonner une chose parce qu’on souhaite et qu’on veut -qu’elle soit faite, par opposition à *vetare*, comme ϰελεύειν; -*imperare*, commander militairement en vertu de la supériorité -de grade, ἄρχειν; *præcipere*, prescrire en vertu de l’autorité -de précepteur, de gouverneur, à peu près comme ἐντέλλεσθαι; -*mandare*, charger d’une affaire une personne qui a toute notre -confiance, ἐφίεσθαι. - -—Jucundus, v. *Gratus*. -—Jugum, v. *Mons*. -—Jugulare, v. *Interficere*. -—Jumentum, v. *Pecus*. -—Jurgium, v. *Disceptatio*. - -Jusjurandum. Juramentum. Sacramentum. -*Jusjurandum* et *juramentum*, qui est d’une époque postérieure, -serment civil par lequel on confirme ou promet quelque chose; -*sacramentum*, serment militaire par lequel le soldat s’engage -et se lie au drapeau. Liv. XXII, 38. Milites tunc quod nunquam -antea factum erat *jurejurando* a tribunis militum adacti jussu -consulum conventuros neque injussu abituros; nam ad eam diem -nihil præter *sacramentum* fuerat. Les tribuns militaires firent -jurer aux soldats qu’ils se réuniraient sur l’ordre des consuls -et ne se retireraient point sans leur ordre. Cela ne s’était pas -encore vu; il n’y avait jamais eu jusqu’à ce jour que le serment -aux aigles. - -—Juvare, v. *Auxilium*. -—Juvenis, v. *Puer*. - -Juventa. Juventus. Juventas. Juvenalis. Juvenilis. -1. *Juventa*, la jeunesse considérée comme une période de la -vie; *juventus*, comme la classe des jeunes gens; *juventas*, -comme une déesse. - -2. *Juvenalis*, terme indifférent pour tout ce qui se rapporte -aux jeunes gens ou élogieux, par opposition à la faiblesse de -l’âge; *juvenilis* contient une idée morale accessoire, celle -des goûts que comporte le caractère des jeunes gens, la plupart -du temps avec une teinte de blâme, par opposition à la maturité -de l’âge. - - -L - - -Labare. Titubare. Vacillare. Nutare. -*Labare* caractérise le chancellement par rapport au corps -entier qui ne pose point sur une base solide; *titubare*, par -rapport aux jambes qui refusent le service et se dérobent; -*vacillare*, par rapport au haut du corps qui n’a point une -attitude droite, tranquille, sûre; enfin, *nutare*, par rapport -à la tête qui ne se soutient plus. Le *titubans* menace de -s’affaisser sur lui-même; le *vacillans*, de tomber à la -renverse. La *titubatio* est l’indice de la faiblesse -corporelle; la *vacillatio*, d’un manque de dignité extérieure, -de calme et de décence. - -—Labes, v. *Vitium*. - -Labi. Cadere. -*Labi*, tomber, par rapport au point de départ et à l’espace que -le corps traverse dans sa chute, tendre vers la terre, ὀλισθεῖν; -*cadere*, tomber, par rapport au point que le corps atteint au -bout de sa chute, arriver à terre, πεσεῖν. Virg. Æn. VI, 310. -*Lapsa* *cadunt* folia. Les feuilles se détachent, glissent et -tombent. Cic. Brut. 49. Quibus vitiis *labatur* aut *cadat* -orator. Les défauts qui égarent ou renversent l’orateur. - -Labor. Molestia. Ærumna. -1. *Labor*, le travail qui met les forces en jeu et fatigue, -πόνος; *molestia*, la peine qui fait naître la mauvaise humeur -parce qu’elle est trop grande ou qu’elle vient mal à propos, -χαλεπότης; *ærumna*, l’accablement qui surpasse presque les -forces humaines et terrasse le héros même, ταλαιπωρία; c’est un -terme archaïque et à demi poétique. Cic. Finn. V, 32. Ut ubi -virtus sit resque magnæ et summe laudabiles virtute res gestæ, -ibi esse miseria et *ærumna* non possit, tamen *labor* possit, -possit *molestia*. Soyez vertueux, accomplissez par vertu de -grandes choses dignes du plus haut éloge, vous ne succomberez -jamais sous le poids du malheur, mais vous serez toujours -sensible à la fatigue et à la peine. - -2. *Laborare*, verbe intransitif, être au fort de la peine et du -travail; *elaborare*, verbe transitif, produire quelque chose -par sa peine et son travail. - -—Labor, v. *Opera*. - -Lacerare. Laniare. -*Lacerare*, déchirer de vive force avec les mains, les griffes, -les serres, les dents; *laniare*, découper à l’aide d’un -instrument tranchant, les dents, griffes et serres pouvant -d’ailleurs être considérées comme des instruments de ce genre. -Appul. Metam. IV, p. 84. Morsibus *laceratus* ferroque -*laniatus*. Déchiré par les morsures, tailladé par le fer. - -—Lacertus, v. *Ulna*. - -Lacessere. Irritare. Sollicitare. -1. *Lacessere*, pousser à la contradiction, à la résistance la -raison et la volonté; *irritare*, exciter jusqu’à la colère les -sentiments ou les passions. Cic. Mil. 31. Ut vi *irritare* -ferroque *lacessere* fortissimum virum auderet. Il osa irriter -par la violence, provoquer par la vue des armes le plus -courageux des hommes. - -2. *Lacessere*, exciter en troublant la paix d’une façon -grossière; *sollicitare*, en troublant par finesse le repos des -gens. - -Lacrimare. Plorare. Flere. Lamentari. Ejulare. Deflere. -Deplorare. -1. *Lacrimare* exprime la conséquence physique d’un mouvement de -l’âme joyeux ou triste, comme δαϰρύειν, répandre des larmes; -*plorare* est l’expression passionnée de la douleur, comme -θρηνεῖν, hurler et crier. Entre les deux se trouve *flere*, qui -a pour opposé *ridere*; il a de commun avec *lacrimare* -l’absence de passion, et avec *plorare* le ressentiment de la -douleur, c’est le grec ϰλαίειν, pleurer. Sen. Ep. 63. Nec sicci -sint oculi amisso amico, nec fluant; *lacrimandum* est, non -*plorandum*. Vous perdez un ami je n’exige pas que vos yeux -soient secs, mais ne fondez pas en pleurs; versez des larmes, ne -criez pas. - -2. *Lamentari* et *ejulare* sont encore des augmentatifs de -*ploratus*: *lamentari* marque, comme ϰωχύειν, un hurlement -prolongé; *ejulare*, un hurlement interrompu par des cris et des -sanglots, comme ὀλολύζειν. - -3. *Plorare* et *flere* sont intransitifs; *deplorare* et -*deflere*, transitifs. - -Lacuna. Lacus. Stagnum. Palus. Uligo. Lama. Lustrum. -*Lacuna* signifie en langage poétique toute espèce d’eau -dormante depuis la mer jusqu’à la mare; *lacus* et *stagnum*, -eaux dormantes, mais salubres, entretenues et rafraîchies par -des sources ou par un cours d’eau qui s’y jette et qui en sort: -*lacus*, lac de taille à rappeler l’image de la mer et opposé à -la mer, λίμνη; *stagnum*, étang assez grand pour ne point -ressembler à une simple mare, par opposition à une rivière, -τέναγος. *Palus* et *uligo*, eaux dormantes altérées et -corrompues: *palus*, marais, contrée recouverte d’une eau -corrompue, ἔλος; *uligo*, fondrière, terrain pénétré par une eau -corrompue. Le marais, *palus*, offre l’aspect d’une masse d’eau -troublée par la vase et le limon, où on peut se noyer; la -fondrière, *uligo*, celui d’un sol amolli par l’eau, où on peut -enfoncer. Enfin *lamæ* et *lustra* signifient des eaux dormantes -de peu de circuit: *lamæ*, de simples flaques, humides et -boueuses, sur des routes; *lustra*, des mares croupissantes qui -blessent l’odorat et la vue, dans des forêts et ailleurs. - -Lædere. Violare. Offendere. -*Lædere*, endommager, blesser, exprime une atteinte physique; -*violare*, faire violence, une atteinte au droit; *offendere*, -choquer, offenser, une atteinte au sentiment. *Lædere* se -rapporte à un objet auquel il y a quelque chose à gâter; -*violare*, à un objet pour lequel on a le droit de prétendre à -des ménagements; *offendere*, à un être doué de raison et de -sentiment. Cic. Off. I, 28, 99. Justitiæ partes sunt non -*violare* homines, verecundiæ non *offendere*. Ne pas -entreprendre sur les autres, c’est justice; ne les choquer en -rien, c’est délicatesse. Sen. Ir. III, 18. Pleraque eorum -propter quæ irascimur *offendunt* nos magis quam *lædunt*. Nos -colères viennent très-souvent de ce qui nous choque plutôt que -de ce qui nous nuit. Const. 4. Contumelia tantum delicatis -gravis est, qua non *læduntur*, sed *offenduntur*. Une offense -ne pèse qu’aux gens chatouilleux on ne leur a pas nui, mais on -les a choqués. Ovid. Am. III, 3, 31. Formosas superi metuunt -*offendere* *læsi*. Les dieux craignent d’offenser la beauté qui -les a blessés. - -—Lætari, v. *Gaudere*. - -Lævis. Glaber. Fricare. Terere. -1. *Lævis*, *levis*, lisse par opposition à ce qui est rude et -raboteux, cela est joli et cause une impression agréable; -*glaber*, nu et uni, par opposition à ce qui est garni de poils -ou de cheveux, couvert d’une végétation; cela constitue un -défaut et cause une impression désagréable. - -2. *Fricare*, polir pour rendre lisse, ψήχειν; *terere*, frotter -pour diminuer le volume, τρίϐειν. - -—Lævus, v. *Sinister*. -—Lama, v. *Lacuna*. - -Lambere. Lingere. -*Lambere*, lécher lorsque la langue sert d’instrument comme la -main pour saisir ou toucher un objet, que ce soit ou non un -aliment, qu’il ait du goût ou qu’il n’en ait pas; *lingere*, -lécher lorsqu’on emploie la langue comme organe du goût pour -apprécier une saveur. Plin. H. N. XXXV, 7. Canem ex ære vulnus -suum *lambentem*. Un chien de bronze qui passe la langue sur sa -blessure. Comparez avec XXI, 4. Pecoribus sal datur *lingendus*. -On donne au bétail du sel à lécher. - -—Lamentari, v. *Lacrimare*. -—Laniare, v. *Lacerare*. -—Lancea, v. *Missile*. - -Laniena. Macellum. -*Laniena*, étal sur lequel le boucher, *lanius*, expose en vente -des bêtes tuées et dépecées; *macellum*, marché où le -*macellarius* débite toute sorte de viandes, menue viande, -charcuterie, gibier, volaille, poisson. - -—Lapis, v. *Saxum*. - -Laqueus. Funis. Restis. -1. *Laqueus*, nœud coulant fait à une corde; *funis* et -*restis*, la corde même: *funis*, grosse corde destinée à tirer, -à haler, et qui doit pour cette raison avoir une certaine -longueur, σχοῖνος; *restis*, corde mince qui servait plutôt à -lier et à suspendre et qui pouvait être courte, σπάρτη. Le trait -qui attache le cheval de volée, *equus funalis*, la corde sur -laquelle danse le funambule, le câble qui remorque la chaloupe -d’un vaisseau, ne s’appellent jamais *restis* en prose; par -contre une corde bonne pour se pendre, pour fouetter un esclave, -pour servir de ceinture, ne prendra guère le nom de *funis*, à -moins qu’un poète ne s’avise de préférer ce dernier terme comme -le plus noble. - -2. *Rudentes*, les écoutes; *retinacula* et *oræ*, les câbles -des ancres: *retinacula*, comme terme usuel et populaire; *oræ*, -dans *oras solvere*, comme terme technique. - -—Largitio, v. *Donum*. - -Largus. Benignus. Liberalis. Munificus. -*Largus* se dit de toute personne qui donne beaucoup, n’importe -à qui, n’importe dans quelle vue, par opposition à *parcus*; -*benignus*, *liberalis* et *munificus* n’expriment que des -vertus. Le *benignus* obéit à un penchant de pure humanité, à -l’amour du prochain; le *liberalis*, à un noble orgueil, à une -juste estime de soi-même; le *munificus*, à une vanité bien -placée qui ferait honneur à un prince. La *benignitas* donne -abondamment parce qu’elle ne veut ni posséder ni jouir seule, -c’est de la bonté d’âme; la *liberalitas* fait bien les choses, -elle consiste à donner en proportion du rang qu’on tient et du -mérite d’autrui, c’est le fait du galant homme chez lequel on ne -retrouve aucune trace des calculs méticuleux du marchand; la -*munificentia* donne plutôt trop que trop peu par plaisir de -rendre heureux et de surprendre, comme la générosité. - -Larva. Persona. -*Larva*, masque grotesque et effrayant; *persona*, masque bien -fait qui représente un personnage connu. - -—Lascivus, v. *Petulans*. -—Lassus, v. *Fatigatus*. - -Latebra. Latibulum. -*Latebra*, lieu écarté ou obscur où l’on peut se cacher -décemment; *latibulum*, réduit où il faut se glisser en rampant, -comme une bête. - -Latrare. Gannire. Baubari. -*Latrare* se dit de l’aboiement hostile d’un gros chien, et au -figuré d’une querelle, ὑλαϰτεῖν; *gannire*, des jappements -inoffensifs d’un petit chien, et au figuré du clabaudage, -ϰνυζᾶσθαι; enfin, *baubari*, des hurlements et gémissements du -chien, ϐαΰζειν. - -—Latro, v. *Præda*. -—Latus, v. *Coxa*. -—Lectus, v. *Cubile*. -—Lembus, v. *Navigium*. -—Legare, v. *Mittere*. -—Lemures, v. *Spectrum*. -—Lenis, v. *Mitis*. -—Lentus, v. *Tardus*. - -Lepidus. Facetus. Festivus. Salsus. Dicax. Cavillator. -*Lepos*, *facetiæ* et *festivitas* expriment un genre d’esprit -inoffensif, la bonne humeur opposée à la gravité et propre à une -âme bienveillante: *lepos*, l’esprit dispos et léger par -opposition à la pesanteur; *festivitas*, la gaieté d’esprit par -opposition à une gravité sombre; *facetiæ*, l’enjouement par -opposition à un tour d’esprit grave et sérieux. *Sales*, -*dicacitas*, *cavillatio*, expriment un genre d’esprit vif, -caustique et pénétrant: *sales*, c’est le piquant opposé au fade -et au trivial, voué à la recherche du trait, causant au hasard -du plaisir ou de la peine; *dicacitas*, l’esprit satirique qui -s’exerce aux dépens d’autrui, mais en sorte que la plaisanterie -reste le but principal et que la moquerie ne soit qu’un -accessoire; *cavillatio*, l’esprit moqueur pour lequel la -blessure à faire est le point important, la plaisanterie un -simple instrument et une forme comme une autre. Cic. Orat. 30. -Demosthenes non tam *dicax* fuit quam *facetus*. Est autem illud -acrioris ingenii, hoc majoris artis. Démosthène est plutôt un -esprit enjoué qu’un esprit satirique. La satire exige plus de -vivacité naturelle, l’enjouement plus de savoir-faire. - -—Letum, v. *Mors*. -—Libare, v. *Sapor*. -—Liberalis, v. *Largus*. -—Levis, v. *Lævis*. -—Libenter, v. *Sponte*. -—Liberalitas, v. *Donum*. - -Libertus. Libertinus. -*Libertus*, l’affranchi par rapport à son maître et par -opposition à *servus*; *libertinus*, par rapport à sa condition -et par opposition à *civis* et *ingenuus*. Sen. Contr. III, 21. -Quærendus mihi gener erat *libertinus*; quid ergo? alieno potius -*liberto*? J’étais réduit à chercher un gendre dans la classe -des affranchis. Eh bien, pourquoi pas le mien, plutôt que celui -d’un autre? Cic. Verr. I, 47. Trebonius fecit heredem *libertum* -suum... Equiti Romano *libertinus* homo fit heres. Trébonius -prit son affranchi pour héritier. Un homme de la classe des -affranchis devient héritier d’un chevalier romain. Tac. Ann. -XIII, 27. Si separarentur *libertini*, manifestam fore penuriam -ingenuorum. On n’avait qu’à compter tout ce qui appartenait à la -classe des affranchis; on ne verrait que trop clairement combien -on manquait d’hommes libres. - -—Libido, v. *Cupido*. - -Libra. Pondo. -L’expression complète est *libra pondo*, mot à mot une balance, -un plateau de balance chargé de manière à faire équilibre à -l’unité de poids, une livre pesant; *libra* est la formule la -plus vague: l’ellipse de *pondo* ouvre la porte à une équivoque, -on pourrait croire qu’il s’agit de la balance même; *pondo* est -une expression elliptique, en ce sens que l’idée accessoire, -celle du poids, représente en même temps l’idée principale, -celle de l’unité de poids. Il y a la même différence entre -*operæ pretium est* d’une part, et *operæ est*, *pretium est*, -de l’autre. - -Librare. Vibrare. -*Librare hastam*, balancer une pique horizontalement afin de la -lancer avec plus de force et de justesse; *vibrare*, la brandir -d’avant en arrière, ou de haut en bas pour témoigner de l’envie -qu’on a de combattre. - -—Liburna, v. *Navigium*. -—Licet, v. *Concessum est*. - -Ligare. Viere. Vincire. Nectere. Obligare. Obstringere. -Devincire. -1. *Ligare* et *viere*, synonymes de *copulare*, lier pour -empêcher que les parties ne se séparent, δέειν; *vincire* et -*nectere*, synonymes de *coercere*, enchaîner pour prévenir la -liberté des mouvements, δεσμεύειν. - -2. *Ligare* est le terme général; *viere*, le terme technique à -l’usage du tonnelier, du vannier, etc. - -3. *Obligare*, attacher par des prévenances; *obstringere*, lier -par des bienfaits; *devincire*, enchaîner à soi par des -relations intimes et durables. L’*obligatus* se sent engagé par -les devoirs conventionnels de la vie du monde; l’*obstrictus*, -par des devoirs de morale ou de religion; le *devinctus*, par -des devoirs de piété. - -Lima. Scobina. -*Lima*, outil pour polir; *scobina*, pour dégrossir. - -—Limes, v. *Finis*. -—Lingere, v. *Lambere*. -—Limus, v. *Lutum*. - -Lingua. Sermo. -*Lingua*, langage du premier peuple venu, même le plus grossier, -*gentis* ou *nationis*, pourvu qu’il ait un vocabulaire -particulier pour rendre ses idées; *sermo*, langue d’un peuple -civilisé, *populi*, servant d’expression à des pensées suivies. -Notre idiome, *lingua*, nous est donné quand nous venons au -monde comme la langue que nous avons dans la bouche, et ce terme -se rapporte par préférence au matériel des mots; le *sermo* -suppose comme le discours une certaine initiative personnelle, -il comprend les règles de la grammaire et du style. Cic. Finn. -3, 10. Sæpe disserui latinam *linguam* non modo non inopem, sed -locupletiorem etiam esse quam græcam. J’ai souvent essayé de -démontrer que le latin, qui est notre idiome, n’est rien moins -que pauvre, qu’il offre même plus de ressources que le grec. -Comparez avec Off. I, 31. *Sermone* debemus uti eo qui notus est -nobis. Employons la langue que nous savons. - -—Linter, v. *Navigium*. -—Lira, v. *Porca*. -—Liquere, v. *Fluere* et *Constat*. - -Littera. Elementum. -*Littera*, la lettre comme élément indivisible de l’écriture, -γράμμα; *elementum*, comme élément indivisible de la langue -parlée, comme un des sons simples que la science grammaticale -étudie, στοιχεῖον. - -Litteræ. Epistola. Codicilli. -*Litteræ*, terme général, lettre; *epistola*, lettre adressée à -un ami éloigné et envoyée par un messager, missive; *codicilli*, -billet adressé dans l’enceinte d’une ville. Sen. Ep. 55. Adeo -tecum sum ut dubitem an incipiam non *epistolas*, sed -*codicillos* tibi scribere. Je vis si parfaitement avec toi en -imagination, qu’il me prend des envies de t’écrire au lieu de -longues missives de simples billets. Cic. Fam. VI, 18. Simul -accepi a Seleuco tuo *litteras*; statim quæsivi e Balbo per -*codicillos* quid esset in lege. Aussitôt ta lettre reçue des -mains de Séleucus, j’écrivis un billet à Balbus pour savoir de -lui la teneur de la loi. - -Litteræ. Artes. Doctrinæ. Disciplinæ. -*Litteræ* et *artes*, les lettres et les sciences considérées en -général comme le but des études: *litteræ*, au sens restreint, -la littérature d’imagination ou de raisonnement consignée dans -les livres, comme moyen direct d’enrichir la mémoire, et moyen -indirect d’aiguiser l’intelligence et de former le goût; -*artes*, les lettres et les sciences dans l’acception la plus -haute quand les connaissances qu’on acquiert servent -immédiatement à développer l’esprit et le talent. *Doctrinæ* et -*disciplinæ*, les diverses branches du domaine général de la -science réduites en systèmes: *doctrinæ*, se disant par -préférence des sciences spéculatives, abstraites, des études -philosophiques et savantes; *disciplinæ*, des sciences pratiques -appliquées aux usages de la vie. - -—Litigatio, v. *Disceptatio*. -—Livor, v. *Invidia*. -—Littus, v. *Ripa*. -—Locuples, v. *Divitiæ*. - -Locus. Tractus. Regio. Plaga. -*Locus*, espace pris comme un point isolé, endroit, τόπος; -*tractus*, espace considéré comme une ligne, bande, zone qui -s’étend au loin, c’est à peu près le grec ϰλίμα; *regio*, espace -pris comme un cercle, comprenant les environs d’un centre, -contrée, χῶρος; *plaga*, espace pris comme une surface en -général. - -—Longævus, v. *Vetus*. -—Loquax, v. *Garrire*. -—Longe, v. *Procul*. -—Loqui, v. *Dicere*. - -Lucere. Fulgere. Splendere. Nitere. Renidere. Coruscare. Micare. -Radiare. -1. *Lucere*, *fulgere*, *splendere*, *nitere*, désignent une -clarté fixe et permanente: *fulgere*, celle d’une lumière -intense ou d’une couleur de feu qui éblouit, comme φλέγω; -*lucere*, celle d’une lumière bienfaisante et d’une couleur de -feu plus douce, comme φαίνω, φέγγω; *splendere*, l’éclat d’une -surface polie et nette, par opposition à *sordere*, comme λάμπω; -*nitere* en prose et en vers *renidere*, le lustre d’un corps -humide, huilé, graissé, verni ou lavé, par opposition à -*squalere*, comme στίλϐω. - -2. *Coruscare*, *micare*, *radiare*, désignent une clarté -intermittente et mobile comme étinceler et scintiller: -*coruscare*, briller comme l’éclair qui sort brusquement de la -nue; *micare*, étinceler comme le métal qu’on agite au soleil; -*radiare*, lancer des jets de lumière comme le soleil qui darde -ses rayons. Cic. Cat. II, 3. Qui *nitent* unguentis, qui -*fulgent* purpura. Ceux qui empruntent le lustre des parfums, -l’éclat de la pourpre. Auct. ad Herenn. IV, 33. Tantus erat in -*armis splendor* ut *solis fulgor* obscurior videretur. Ses -armes resplendissantes semblaient obscurcir les feux ardents du -soleil. Plin. H. N. XXXVII, 2. *Splendor* murrhinis sine -viribus, *nitor*que verius quam *splendor*. Il n’y a rien qui -frappe dans l’éclat de ces vases, et ils ont même, à vrai dire, -plus de lustre que d’éclat. *Splendor* présente en effet l’éclat -sous son aspect majestueux, *nitor* sous son aspect aimable, -comme dans Auct. ad Herenn. IV, 50. Gemmæ *nitore* et auri -*splendore*. Par le lustre des pierreries et par l’éclat de -l’or. Au figuré *splendor* marque la magnificence, *nitor* -l’élégance. - -—Lucerna, v. *Candela*. - -Lucrum. Emolumentum. Quæstus. Compendium. -*Lucrum* et *emolumentum*, gain dans toutes les circonstances de -la vie: *lucrum*, gain qu’on doit à ses propres efforts, par -opposition à *damnum*, ϰέρδος; *emolumentum*, avantage qui -échoit à quelqu’un, par opposition à *detrimentum*, ὠφέλημα. -*Quæstus* et *compendium*, bénéfice dans le domaine du commerce: -*quæstus*, bénéfice soutenu, permanent, par opposition à -*sumptus*, χρηματισμός; *compendium*, profit accidentel et -considérable, par opposition à *dispendium*. - -—Luctus, v. *Dolor*. - -Luculentus. Illustris. -*Luculentus*, synonyme de *probabilis*, ce qui supporte les -regards et n’a point de raison de fuir la lumière, ce qui est -comme il faut; *illustris*, synonyme d’*excellens*, ce qui -attire les regards, ce qui saute aux yeux et brille au soleil. -*Luculentus* ne contient jamais un éloge emphatique. Cic. Off. -III, 14, 60. Нос quidem satis luculente, c’est-à-dire cela -s’entend. Et Finn. I, 5, 15: Cum græce, ut videor, *luculenter* -sciam. Je crois savoir convenablement le grec, ce qui n’est -nullement prétentieux. C’est comme si on disait: *sic satis*. - -—Lucus, v. *Silva*. -—Ludio, v. *Actor*. - -Ludus. Schola. -*Ludus*, école élémentaire pour les enfants qui ont besoin -d’apprendre et qu’on y oblige; *schola*, école d’enseignement -supérieur pour les jeunes gens et les hommes qui veulent -s’instruire. Le *ludus* suppose des écoliers, *discipulos*, un -maître, *ludi magistrum*, et une discipline classique; la -*schola* suppose des auditeurs, *auditores*, un professeur, -*doctorem*, et un genre d’exposition académique. - -Ludus. Lusus. Ludicrum. Jocus. -1. *Ludus*, le jeu qui offre à l’homme un moyen de -divertissement; *lusus*, le jeu auquel l’homme se livre, qu’il -met en train, qu’il imagine. *Ludus* présente le jeu comme une -récréation, par opposition à la peine; *lusus*, comme une action -puérile et vaine, par opposition aux occupations sérieuses. -Plin. Ep. IX, 33, 3. Pueri quos otium *ludus*que sollicitat. Les -enfants que dérangent le désœuvrement et le jeu. Comparez avec -IX, 25: *Lusus* et ineptias nostras legis. Tu lis les bagatelles -et les sottises auxquelles nous nous sommes amusés. Cic. Flacc. -5, 12. Græci quibus jusjurandum jocus est, testimonium *ludus*, -c’est-à-dire les Grecs pour lesquels c’est fort peu de chose que -de porter un faux témoignage. Comparez avec Sen. Contr. I, 2. -Piratas... quibus omne fas nefasque *lusus* est, c’est-à-dire -les pirates aux yeux desquels la différence entre le juste et -l’injuste n’est qu’un amusement, un jeu de mots sans -conséquence. - -2. Le pluriel *ludi* prend la signification particulière de -spectacles publics, et, dans cette acception, il a pour -singulier *ludicrum*. - -3. *Ludus* et *lusus* ont un tour négatif; ce sont de simples -passe-temps, des distractions, comme moyen préservatif contre -l’ennui; *jocus* est un terme positif, amusements, -plaisanteries, comme manifestation de la bonne humeur et de la -vivacité d’esprit. Le *ludens* ne demande qu’à n’être point -astreint, à ne rien faire de sérieux et à se délasser; le -*jocans* dépense en frivolités autant d’ardeur qu’on en peut -mettre aux affaires. - -Lues. Contagium. Pestilentia. Pestis. Pernicies. Exitium. -Interitus. Exitus. -1. *Lues*, terme général, miasme, principe impur et délétère; -*contagium*, mal contagieux; *pestilentia*, maladie contagieuse, -et de plus régnante, ou au sens restreint, la peste proprement -dite. Sall. Cat. 10. Post ubi *contagio* quasi *pestilentia* -invasit. Puis, quand ce mal contagieux eut fait, comme la peste, -d’irrésistibles progrès. Plin. H. N. XXIII, 28. Laurus folia -*pestilentiæ* contagia prohibent. Les feuilles du laurier de -Delphes préservent des atteintes contagieuses de la peste. -Lucan. VI, 89. Fluidæ *contagia* *pestis*. L’air se charge -d’exhalaisons pestilentielles[1]. - -2. La poésie seule emploie *pestis* pour la peste même; hors de -là, *pestis* exprime, comme *exitium* et *pernicies*, un fléau -en général, sans qu’il soit question de maladie; mais *pestis* -s’emploie régulièrement comme terme concret, *exitium* et -*pernicies* comme termes abstraits. Sen. N. Q. III, pr. Philippi -aut Alexandri... qui *exitio* gentium clari non minores fuere -*pestes* mortalium quam inundatio. Les Philippe et les -Alexandre, fameux par la destruction de tant de peuples, fléaux -de l’humanité aussi désastreux qu’un déluge. - -3. *Pernicies* a la signification active; il exprime qu’on fait -périr par meurtre des êtres vivants; *exitium* a la -signification passive et s’entend même de la destruction -d’objets inanimés; enfin, *interitus* a, comme *exitus*, la -signification neutre et se dit d’êtres animés ou inanimés qui -tombent en décadence. Tac. Ann. XVI, 63. Poppæa non nisi in -*perniciem* uxoris nupta; postremo crimen omni *exitio* gravius. -Poppée, qui ne s’était fait épouser que pour perdre la femme -légitime; une accusation enfin plus pénible que mille morts. -Cic. Cat. IV, 3. Cum de *pernicie* populi Romani, *exitio* hujus -urbis cogitarit. L’extermination du peuple romain, la -destruction de la ville à laquelle il songeait sans cesse. Rull. -II, 4, 10. Extremi *exitiorum* *exitus*. - -4. *Exitium*, fin violente; *exitus*, fin naturelle. Cic. Rull. -II, 4, 10. Qui civitatum afflictarum perditis jam rebus extremi -*exitiorum* solent esse *exitus*. Cela exprime pour ainsi dire -le dernier soupir d’un État qui périt dans les convulsions. -Verr. V, 6, 12. *Exitus* *exitiales*. - -—1 Traduction de la collection Panckoucke. Lucain, tome II, p. -9. - -Lumen. Lux. -*Lumen*, le corps lumineux qui éclaire, φέγγος; *lux*, la -lumière émise, φάος. Cic. Finn. III, 14, 45. Ut obscuratur et -offunditur *luce* solis *lumen* lucernæ. De même que la simple -lumière du soleil fait pâlir et presque évanouir la flamme d’une -lampe. Curt. VIII, 2, 21. Sed aditus specus accipit *lucem*; -interiora nisi allato *lumine* obscura sunt. L’entrée de la -caverne est accessible à la lumière; l’intérieur est plongé dans -les ténèbres tant qu’on n’y porte point de flambeaux. Cic. -Acadd. pr. II, 8, 26. Si ista vera sunt, ratio omnis tollitur, -quasi quædam *lux* *lumen*que vitæ, c’est-à-dire que la raison, -qui est seule claire et lumineuse en elle-même et par elle-même, -répand sur la vie sa clarté et sa lumière. Et au sens figuré, -*lumen* se rapporte au principe, *lux*, au simple fait de la -célébrité. Cicéron, Man. 5, appelle Corinthe: Græciæ totius -*lumen*, mais Rome, Cat. IV, 6: *lucem* orbis terrarum. C’est -comparer Corinthe à un foyer de lumières; c’est dire de Rome que -toutes les autres villes ne sont en comparaison que des cités -obscures. *Lucida* oratio, discours plein de clarté, aisé à -entendre; *luminosa*, discours lumineux, plein de beautés -éclatantes. - -—Luridus, v. *Luteus*. -—Lusus, v. *Ludus*. -—Lustrum, v. *Lacuna*. - -Luteus. Gilvus. Helvus. Flavus. Luridus. -*Luteus*, jaune par excellence, par exemple, jaune d’œuf; -*gilvus* et *helvus*, jaune obscur qui tire sur le rouge, celui -du miel; *flavus* et *luridus*, jaune clair qui tire sur le -blanc; *flavus*, jaune agréable et brillant, celui des cheveux -blonds; *luridus*, jaune pâle, désagréable, le jaune livide de -la mort. - -Lutum. Limus. Cœnum. Sordes. Squalor. Pædor. Situs. Stercus. -Fimus. Oletum. Merda. -1. *Lutum*, *limus*, *cœnum*, matière malpropre et humide -*lutum*, boue des rues et des routes, πηλός; *limus*, limon des -fleuves, ἴλυς; *cœnum*, vase des marais, ϐόρϐορος. Tac. Ann. I, -63. Cætera *limosa*, tenacia gravi *cœno* aut rivis incerta -erant. Hors de là des terrains limoneux où l’on reste fortement -engagé dans la vase ou des terrains coupés par des ruisseaux. -*Sordes*, *squalor*, *pædor*, *situs*, matière malpropre et -sèche: *sordes*, opposé à *splendor*, crasse des pauvres, de la -populace, des avares qui porteront, par exemple, des vêtements -hors d’usage, ῥύπος; *squalor*, opposé à *nitor*, malpropreté -des gens qui manquent de savoir-vivre et de goût, qui -oublieront, par exemple, de se peigner les cheveux, αὐχμός; -*pædor*, opposé à *munditiæ*, saleté des gens qui ne prennent -aucun soin de leur personne, vermine, gale, πίνος; *situs*, -opposé à *usus*, moisissure, rouille, qui proviennent d’un -abandon prolongé, ἄζη. De là viennent les formes différentes des -adjectifs: *lutosus*, *limosus*, *cœnosus*, c’est-à-dire plein -de boue, de limon, de vase; mais *sordidus*, *squalidus*, -*pædidus*, c’est-à-dire qui se sent des *sordibus*, etc.; et -dans les périphrases: *oblitus luto*, *limo*, *cœno*, mais -*obsitus sordibus*, *squalore*, *pædore*. - -2. *Stercus*, le femier considéré par son vilain côté, comme -amas d’immondices, ϰόπρος; *fimus*, par son côté utile, comme -engrais. - -3. *Cœnum*, terme général pour les excréments qui inspirent du -dégoût; *oletum*, excréments de l’homme; *merda*, des animaux. - -—Lux, v. *Lumen*. - -Luxus. Luxuria. -*Luxus*, usage ou étalage du luxe, parfois même objet de luxe; -*luxuria* met toujours l’homme en jeu; c’est une disposition, -une inclination, un penchant au luxe. Sen. Ir. I, 11. Animis -delicias, *luxum*, opes ignorantibus. Ces âmes auxquelles les -jouissances, le luxe, les richesses sont inconnues. Et un peu -plus loin: Opinionem *luxuriæ* segnitiæque. Les lenteurs de -Scipion le firent soupçonner d’aimer le luxe et le repos. Sall. -Cat. 13. Romani famem aut sitim... *luxu* ante capere, c’est-à- -dire par un raffinement que le luxe avait introduit. Comparez -avec Jug. 90 (ou 85[1], vers la fin du discours de Marius). -*Luxuria* atque ignavia, pessimæ artes, *luxuria*, c’est-à-dire -la manie du plaisir. - -—1 Dans la collection Lemaire et la collection Panckoucke. - -—Lymphatus, v. *Amens*. - - -M - - -—Macellum, v. *Laniena*. -—Maceria, v. *Murus*. -—Madidus, v. *Udus*. -—Magnopere, v. *Perquam*. -—Macer, v. *Exilis*. -—Macula, v. *Vitium*. -—Magister, v. *Doctor*. - -Magnus. Grandis. Amplus. Ingens. Immanis. Vastus. -1. *Magnus*, *grandis* et *amplus* expriment une grandeur -convenable; *ingens*, *immanis* et *vastus*, une grandeur -excessive. Sen. Ir. I, 16, 26. Nec enim *magnitudo* ista est, -sed *immanitas*. Ce n’est pas le langage d’un grand homme, c’est -celui d’un monstre. - -2. *Magnus* exprime la grandeur sans idée accessoire, par -opposition à *parvus*, comme μέγας; *grandis*, avec une idée -accessoire de force et de majesté naturelle, grandiose, par -opposition à *exilis*, *subtilis*, *tumidus*, *minutus*, -*exiguus*; enfin, *amplus*, avec l’idée accessoire d’une dignité -extérieure qui impose et fait impression. - -3. *Ingens*, ἄπλετος, fait ressortir ce qu’il y a -d’extraordinaire; *immanis*, πελώριος, ce qu’il y a d’effrayant; -*vastus*, ἀχανὴς, ce qu’il y a de disgracieux dans une grandeur -excessive. - -Mala. Maxilla. Gena. -1. *Mala*, la mâchoire supérieure; *maxilla*, la mâchoire -inférieure. - -2. *Mala*, terme usuel, la joue au sens physiologique; *gena*, -terme archaïque et choisi, la joue, avec une idée accessoire de -beauté. - -Maledictum. Probrum. Convicium. -*Maledictum*, tout ce qu’on dit pour nuire à autrui, soit en -forme de malédiction pour lui porter malheur, soit en forme de -paroles injurieuses pour le couvrir de honte, ϰαϰηγορία. -*Probrum* et *convicium*, ce qu’on dit pour couvrir quelqu’un de -honte: *probrum*, ὄνειδος, l’invective composée de phrases et de -propos déshonorants; *convicium*, λοιδορία, l’insulte composée -de mots détachés et de surnoms déshonorants. *Fur!* est un -*convicium*; *fur es!* un *probrum*; l’un et l’autre sont des -*maledicta*. - -—Malefactum, maleficium, v. *Delictum*. - -Malitia. Malignitas. Malevolentia. Malus. Nequam. Pravus. -1. *Malitia*, la méchanceté qui aime à mentir et à tromper parce -qu’elle est devenue insensible aux avertissements de la -conscience; *malignitas*, la malignité qui est une forme de -l’amour de soi, qui ne souhaite de bien qu’à soi, jamais aux -autres et provient d’un égoïsme qui court les rues; -*malevolentia*, la malveillance qui souhaite plutôt du mal que -du bien à quelqu’un par aversion personnelle. La *malitia* est -une façon de penser et d’agir punissable parce qu’elle compromet -la sécurité publique; la *malignitas*, un sentiment méprisable -qui annonce un fond de misanthropie; la *malevolentia* enfin est -un défaut haïssable parce qu’elle est portée à se réjouir du mal -qui arrive aux autres. La malice ne s’appelle jamais en latin -*malitia*, mais plutôt *malevolentia*, et mieux encore *studium -nocendi*. - -2. *Malus homo*, homme immoral; *nequam*, homme qui n’est bon à -rien, dont le travers est de fuir les travaux utiles et de se -plaire aux mauvais tours, vaurien, par opposition à *frugi*; -enfin, *pravus*, homme qui a pris une mauvaise direction au sens -physique, intellectuel ou moral, par opposition à *rectus*. -Quintil. VIII, 3, 48. Nec parricidam *nequam* dixeris hominem, -nec meretrici forte deditum *nefarium*, quod alterum parum, -alterum nimium est. Vous ne traiterez ni un parricide de vaurien -ni un amoureux de monstre; le premier dit trop peu, le second -dit trop. - -—Malignitas, v. *Invidia*. -—Mancipare, v. *Vendere*. -—Mandare, v. *Jubere*. -—Manare, v. *Fluere*. -—Mancipium, v. *Servus*. - -Mane. Crepusculo. Diluculo. -*Mane*, le matin, ὄρθρῳ; il s’entend des premiers pas que le -jour fait dans sa carrière, par opposition, d’une part, à la -nuit, de l’autre, aux heures de la journée qui précèdent midi; -*crepusculo*, ἦρι, le matin, au crépuscule, par opposition au -grand jour; *diluculo*, enfin, le matin, à l’aube, par -opposition aux ténèbres de la nuit, λυϰόφως. - -Manere. Morari. Tardare. Detinere. -1. *Manere*, rester, par opposition à partir; *morari*, -s’arrêter en route, interrompre un mouvement au lieu d’aller de -l’avant. Cic. Sen. 23. *Commorandi* natura deversorium nobis, -non *habitandi* dedit. C’est un asile passager, ce n’est point -une demeure fixe que nous a donné la nature. Dans Tac. H. II, -48. Irent *propere* neu *remanendo* iram victoris asperarent. Il -fallait se hâter d’y aller et éviter tous les retards qui -pourraient irriter le courroux du vainqueur: la variante -*remorando* mérite la préférence. - -2. *Morari aliquem*, décider quelqu’un à s’arrêter de son plein -gré, διατρίϐειν; *tardare*, lui susciter des difficultés qui -l’empêchent de parcourir rapidement son chemin, ϐραδύνειν; -*detinere*, l’empêcher par force d’avancer, ϰατέχειν. *Tardare* -se rapporte par préférence à l’action; *detinere*, à la -personne; *morari*, aux deux. - -Manere. Exspectare. Præstolari. Opperiri. -1. *Manere* n’exprime qu’une action physique, comme d’attendre -et de rester en un lieu jusqu’à ce qu’une chose arrive; -*exspectare*, *præstolari* et *opperiri* expriment une action de -l’âme, comme d’attendre quelque chose ou quelqu’un avec une -certaine tension d’esprit. - -2. *Exspectare* présente l’attente comme un acte simple de -l’esprit, sans idée accessoire d’application pratique; -*præstolari* et *opperiri* expriment en outre cette idée -accessoire que celui qui attend compte agir quand la chose ou la -personne attendue sera arrivée. - -3. Le *præstolans* attend une personne au service et à la -disposition de laquelle il veut se mettre; l’*opperiens*, un -événement par lequel il ne veut point se laisser surprendre. Le -*præstolans* est un inférieur; l’*opperiens*, un égal, soit ami, -soit ennemi, par rapport à la personne attendue. Enfin, -*præstolari* est un terme prosaïque, *opperiri*, un terme -poétique ou du moins choisi. Les Latins n’ont point de synonymes -qui correspondent à la distinction qu’on fait en allemand entre -warten et harren, entre l’attente paisible, calme, et l’attente -impatiente qui tend tous les ressorts de l’âme. - -—Manes, v. *Spectrum*. -—Manifesto, v. *Aperire*. -—Manice, v. *Vincula*. -—Mannus, v. *Equus*. - -Mansuetudo. Clementia. -*Mansuetudo*, la douceur et la magnanimité de l’homme et du -particulier qui ne tire point vengeance d’une injure, par -opposition à *iracundia*; *clementia*, l’indulgence et -l’humanité du souverain ou du juge qui ne fait point subir au -coupable un châtiment mérité, par opposition à *crudelitas*. - -—Mansuetus, v. *Cicur*. -—Manubiæ, v. *Præda*. - -Mare. Æquor. Pontus. Pelagus. -1. *Mare*, la mer prise comme un amas d’eau, par opposition à -*terra* et *aer*, ἄλς, θάλασσα; *æquor*, *pelagus* et *pontus*, -la mer au point de vue de ses dimensions: *æquor* et *pelagus*, -de sa dimension horizontale, la surface de la mer, comme -πέλαγος, d’où vient πελαγίζειν, inonder; *pontus*, de sa -dimension verticale, la profondeur de la mer, comme πόντος, d’où -ποντίζειν, submerger. Colum. VIII, 17. Ut in solo piscinæ posita -libella septem pedibus sublimius esset *maris* *æquor*. En sorte -qu’un niveau placé sur le fond du vivier marque sept pieds au- -dessous du niveau de la mer. Ovid. Met. II, 872. Mediique per -*æquora* *ponti* fert prædam. Il traverse les plaines de la -haute mer avec la proie qu’il emporte. - -2. *Æquor*, la surface de la mer au simple sens physique; -*pelagus*, avec l’idée accessoire de sa vaste étendue, de son -immensité. - -Margo. Ora. -*Margo*, le bord, la limite naturelle d’une surface conçue comme -une ligne mathématique, et ne comprenant que par extension la -partie extrême de la surface ou bordure; *ora*, la frange, la -bordure artificielle de la surface, ajoutée le plus souvent dans -un but d’ornement et occupant elle-même une certaine largeur. -Aussi dit-on *ora togæ* et non *margo*, et vice versa *margo -fluminis* et *ripæ*, quand il s’agit de désigner la ligne de -bord à l’exclusion de la rive. - -—Marita, v. *Femina*. -—Mas, v. *Homo*. -—Matrimonium, v. *Conjugium*. -—Maxilla, v. *Mala*. -—Meare, v. *Ire*. - -Mederi. Medicari. Sanare. Medicamen. Medicina. Remedium. -1. *Mederi* et en vers *medicari*, synonymes de *curare*, -ἰᾶσθαι, présentent la guérison comme le résultat obtenu par le -médecin et dû à ses soins, à sa prudence, à son art; *sanare*, -synonyme de *restituere*, ἀϰεῖσθαι, comme l’effet du remède qui -rend la santé au malade par une action physique. - -2. *Medicamentum*, médecine considérée dans sa substance -matérielle, telle qu’elle sort des mains du pharmacien, -φάρμαϰον; *medicina*, médecine considérée au point de vue de sa -vertu curative, telle qu’elle est prescrite par le médecin: -c’est d’une maladie qu’il s’agit dans les deux cas. *Remedium*, -toute espèce de secours contre un mal donné, ἄϰος. CIC, N. D. -II, 53, *Medicamentorum* salutarium plenissimæ terræ. Terres qui -abondent en simples salutaires. Comparez avec Divin. II, 51. A -medico petere *medicinam*. Demander une ordonnance au médecin. - -—Meditari, v. *Cogitare*. - -Medius. Modicus. Mediocris. -*Medius* est toujours adjectif de lieu, au milieu, entre deux, -par opposition aux points extrêmes; *modicus* est un adjectif de -quantité qui se rapporte au nombre et à la grandeur, comme -modéré, par opposition à toute sorte d’excès; *mediocris* est un -adjectif de qualité qui se rapporte à la valeur d’un objet, -comme médiocre, par opposition à l’excellence. Il y a identité -entre *modicæ facultates*, une certaine dose de moyens, et -*mediocre ingenium*, un génie médiocre. Cic. Rep. II, 31. Haud -*mediocris* vir fuit, qui *modica* libertate populo data -facilius tenuit auctoritatem principum. Je ne saurais voir un -génie médiocre dans l’homme qui ne donna au peuple une liberté -modérée que pour mieux conserver l’autorité des grands. - -—Medius dies, v. *Meridies*. - -Membrum. Artus. -*Membrum*, le membre même constituant une partie du corps, comme -μέλος et χῶλον; *artus*, l’articulation du membre, comme ἄρθρον -et ἅψος. Sen. Contr. II, 13. Differebatur distortis manibus, -emotis *articulis*; nondum in sua *membra* *artus* redierant[1]. -On la tiraillait encore quoique les mains fussent disloquées, -les articulations luxées; les jointures ne s’étaient pas encore -rapprochées des membres. Virg. Æn. V, 422. Magnos *artus* -*membrorum*. Les muscles puissants qui servaient d’attache aux -membres. Quintil. Decl. Ult. Ut per singulos *artus* *membra* -laxaret[2]. Afin de déboîter les membres à chaque jointure. -D’autre part, *membra* se dit de toutes les parties du corps, -même de la tête et du tronc; *artus* ne désigne que les -extrémités qui se rattachent par des jointures, *commissuræ*, au -corps proprement dit, composé de la tête et du tronc. - -—1 Collection Lemaire. Tome CXXXIII, p. 219. -—2 Collection Lemaire, Tome XLIX, p. 406. - -Meminisse. Reminisci. Recordari. -*Meminisse* présente le souvenir comme un état de l’esprit, -μεμνῆσθαι, on a conservé un fait dans sa mémoire, on sait encore -sans avoir jamais oublié, c’est le sens de *memorem esse*; -*reminisci* et *recordari* présentent le souvenir comme un acte -de l’esprit, ἀναμιμνήσϰεσθαι, on retrouve une idée qu’on avait -perdue de vue. Mais *reminisci* exprime, comme in *memoriam -revocare*, un acte momentané; *recordari* un acte durable, comme -*revocata in memoriam contemplari*. Cic. Lig. 12, 35. Equidem, -cum tuis omnibus negotiis interessem, *memoria teneo*, qualis T. -Ligarius, quæstor urbanus, fuerit erga te et dignitatem tuam; -sed parum est, me hoc *meminisse*; spero etiam te, qui oblivisci -nihil soles, nisi injurias, quoniam hoc est animi, quoniam etiam -ingenii tui, te aliquid de hujus illo quæstorio officio -cogitantem, etiam de aliis quibusdam quæstoribus *reminiscentem* -*recordari*. Témoin de tous tes embarras, j’ai la mémoire encore -pleine de ce que T. Ligarius a fait pour toi, pour ménager ta -dignité, dans sa questure civile. Mais c’est peu que je me -souvienne moi. Tu nous as habitués à ne te voir jamais oublier -que les injustices, c’est là que va la pente de ton âme et de -ton caractère; j’espère donc qu’en songeant à la manière dont il -a rempli cette charge, tu t’arrêteras aussi sur les souvenirs -qui se rapportent à quelques autres questeurs. Ce passage fait -voir 1º que *memoria tenere* n’est qu’une périphrase de -*meminisse*; 2° que *recordari* peut être une conséquence de -*reminisci*, sans que la réciproque soit vraie, car il y a entre -les deux le même rapport qu’entre *intueri* et *conspicere*. -Cic. Sen. 21. Pueri... ita. celeriter res innumerabiles -arripiunt, ut eas non tum primum accipere videantur, sed -*reminisci* et *recordari*. Les enfants saisissent si -promptement une foule d’idées qu’ils ont l’air de les retrouver -et de s’y arrêter par souvenir plutôt que de les recevoir pour -la première fois. Cicéron aurait pu ajouter: quæ non satis -*meminerint*, sed in aliquantum temporis obliti sint: idées qui -ne s’étaient point assez gravées dans leur mémoire, qu’ils -avaient oubliées pour un temps. Tusc. I, 24, 58. Animus, quum se -collegit atque recreavit, tum agnoscit illa *reminiscendo*; ita -nihil aliud est discere, quam *recordari*. L’esprit se recueille -et reprend des forces, après quoi il retrouve ces idées par un -effort de mémoire; apprendre, c’est donc s’arrêter sur des -souvenirs. Sen. Ep. 100. Magis *reminiscor* quam *teneo*. C’est -un souvenir que je retrouve plutôt qu’un souvenir qui m’est -resté. - -—Menda, mendum, v. *Vitium*. -—Mendicitas, v. *Paupertas*. -—Meracus, v. *Purus*. -—Mens, v. *Anima*. -—Mercari, v. *Emere*. - -Mercenarii. Operarii. Operæ. -*Mercenarii*, journaliers qui ne travaillent point à leur -compte, mais pour un salaire, par opposition au propriétaire qui -a le profit; *operarii* et *operæ*, manœuvres qui entreprennent -pour un autre un travail mécanique par opposition au maître qui -fournit l’idée. Les *mercenarii* sont relégués à un rang -inférieur par leurs mœurs; les *operarii*, par la grossièreté de -leur travail, - -—Merces, v. *Præmium*. -—Merda, v. *Lutum*. -—Mercimonium, v. *Merx*. - -Merere. Dignum esse. Mereri. -1. *Merere* et *mereri*, mériter par une action; *dignum esse*, -être digne par une qualité. - -2. *Merere* est habituellement transitif, il se joint à un -accusatif ou à une proposition explicative; *mereri* est -intransitif, et se joint à une expression adverbiale. Cic. Rosc. -Com. 15. Fructum quem *meruerunt* retribuam. Je leur payerai le -tribut d’éloges qu’ils ont mérité. Comparez avec Catil. II, 2, -4. Si illum ut *erat* (sous-entendu: de me) *meritus* morte -mulctassem. Si je lui avais infligé la peine de mort comme je le -lui devais. - -3. *Merere*, employé comme verbe intransitif ou sans complément, -signifie servir en qualité de soldat, par ellipse de -*stipendia*; *mereri*, employé comme verbe transitif ou avec un -complément signifie gagner, acquérir quelque chose, sans idée de -mérite. - -Meridies. Medius dies. -*Meridies*, le coup de midi considéré comme un point qui sépare -la matinée de l’après-midi; *medius dies*, le milieu de la -journée considéré comme un espace qui est compris entre le matin -et le soir. - -—Merus, v. *Purus*. - -Merx. Mercimonium. -*Merx*, la marchandise qui est par le fait un article de -commerce; *mercimonium*, celle qui peut le devenir, la matière -première. Tac. A. XI, 5. Nec quidquam publicæ *mercis* tam -venale fuit. De toutes les marchandises qui sont dans le -commerce, aucune ne se vendait mieux. Comparez avec XV, 38. -*Mercimonium* quo flamma alitur. Les matières les plus propres à -servir d’aliment à la flamme. - -Metiri. Metari. Dimetiri. Dimetari. -1. *Metiri*, mesurer un espace pour en connaître la grandeur; -*metari*, jalonner l’espace mesuré pour en indiquer les limites. - -2. On emploie *dimetiri* et *dimetari* pour indiquer en outre -qu’on mesure et qu’on jalonne les subdivisions; *metari castra* -se rapporte simplement à l’enceinte des retranchements, mais -quand Tite-Live dit par préférence VIII, 38, Locum castris -*dimetari*, c’est qu’il marque expressément, ce qui d’ailleurs -va de soi, qu’on a aussi jalonné les places d’armes, -*principia*, l’emplacement de la tente du général, *prætorium*, -etc., dans l’intérieur du camp. - -—Metuere, v. *Vereri*. -—Minime, v. *Neutiquam*. -—Minutus, v. *Parvus*. -—Micare, v. *Lucere*. -—Minister, v. *Servus*. - -Misereri. Miserari. Miseret me. -1. *Misereri*, avoir le cœur plein de pitié, comme compatir et -ἐλεεῖν; *miserari*, montrer de la pitié en paroles, comme -plaindre et οἰϰτείρειν. Les Latins n’ont point de terme spécial -pour la pitié en action ou erbarmen de l’allemand. - -2. *Misereor tui* présente la pitié comme un acte de libre -arbitre, il peint la générosité de la personne qui compatit, -comme si on disait en allemand: ich erbarme mich dein, j’ai -pitié de toi. *Miseret me tui* présente la pitié comme une -impression irrésistible, tout mérite moral disparaît, et la -grandeur du malheur d’autrui en ressort d’autant, comme si on -disait en allemand es erbarmt mich dein, tu me fais pitié. Car -*miserere* est un verbe causatif, comme οἰϰτίζειν. - -—Miseria, v. *Infortunium*. - -Missile. Hasta. Lancea. Jaculum. Verutum. Tragulum. Pilum. -*Missile*, terme général pour toute espèce d’arme qui sert à -combattre de loin, trait ou flèche; *hasta* et *lancea*, armes -de main et de jet, la pique: *hasta*, l’arme nationale des -Romains, δόρυ; *lancea*, arme étrangère attribuée aux Suèves, -λόγχη. *Pilum*, *jaculum*, *verutum*, sont plutôt des armes de -jet, le javelot: *jaculum*, terme général comprenant l’arme de -ce genre usitée à la chasse ou épieu, ϐέλος; *verutum* et -*tragulum*, termes techniques pour les javelots militaires, -ἄϰων; *pilum*, terme spécial pour le javelot du légionnaire -romain. Liv. IX, 19. Romano *pilum* haud paulo quam *hasta* -vehementius ictu missuque telum. Le légionnaire romain a son -javelot qui n’a guère moins de pénétration que la pique comme -arme de main et de jet. - -Mitis. Lenis. Placidus. -*Mitis*, doux par caractère, par opposition à *acerbus*, comme -μείλιχος; *lenis*, doux dans ses actions, par opposition à -*vehemens*, comme πρᾶος; *placidus*, dans ses façons, par -opposition à *turbidus*, comme ἤπιος. - -Mittere. Legare. Amittere. Dimittere. Omittere. -1. *Mittere*, exprime l’idée générique, comme envoyer; *legare*, -a un sens spécial et politique, comme déléguer. Le *missus* est -un serviteur ou un messager; le *legatus*, un représentant. - -2. *Amittere* et *dimittere*, laisser échapper de ses mains ce -qu’on tenait en son pouvoir *amittere*, contre sa volonté, comme -perdre; *dimittere*, après en avoir usé, comme congédier. -*Omittere*, laisser passer quelque chose devant soi sans en -prendre possession. Et, pour préciser: *amittimus inviti et -casu*, *omittimus volentes et sponte*. *Amittere occasionem*, -c’est perdre une occasion et se mettre hors d’état de l’utiliser -par indolence, tandis qu’*omittere*, c’est renoncer à en tirer -parti et ne pas vouloir l’utiliser pour en faire peu de cas. Et -*vitam amittere*, c’est perdre la vie, mais *omittere*, c’est la -sacrifier. - -—Moderatus, modestia, v. *Modus*. -—Modicus, v. *Medius*. - -Modo—modo. Nunc—nunc. -*Modo—modo* ne devrait s’appliquer à la rigueur qu’à des actions -passées ou futures; *nunc—nunc* à des actions présentes. Cette -distinction est tombée en désuétude, mais *nunc—nunc* a du moins -un tour plus vif et appartient à la poésie et à la prose élevée, -comme tantôt... tantôt; *modo—modo* est, comme une fois... une -autre fois, le terme propre de la prose dont Cicéron se sert -constamment. - -—Modo, v. *Nuper*. - -Modus. Modestia. Moderatio. Temperatio. Continentia. -Abstinentia. -1. *Modus*, l’idée de la mesure et de la règle prise comme un -précepte moral indépendant de toute personnalité, ce que les -Grecs entendent par μέτριον, μηδὲν ἄγαν; *modestia* et -*moderatio*, la même idée par rapport au sujet qui la possède ou -la pratique: *modestia*, sous forme de sentiment, et *moderatio* -sous la forme d’une conduite que dirige ce sentiment de la -mesure et de la règle. - -2. *Moderatio*, la modération qui est fille de l’intelligence, -du calcul et de la réflexion, elle est parente de la -*prudentia*; *temperatio* et *temperantia*, qualité qui pénètre -l’homme entier et ennoblit tout son être, elle est parente de la -*sapientia*. La *moderatio* suppose, comme l’empire sur soi- -même, une lutte des passions avec la raison dans laquelle la -raison a le dessus; la *temperatio* suppose, comme la -tranquillité d’esprit, une raison qui a déjà pris le dessus, -soit par un effet de la nature, soit par progrès moral. - -3. *Temperatus*, *temperatio*, expriment simplement une qualité -louable qui peut appartenir aux choses; *temperans*, -*temperantia*, une vertu dont les êtres raisonnables sont seuls -susceptibles. - -4. *Moderatio*, la modération dans l’action par opposition à -*cupiditas*; *continentia*, dans la jouissance par opposition à -*libido*. - -5. *Continentia*, l’empire qu’on exerce sur les désirs sensuels, -la continence; *abstinentia*, sur la convoitise de la propriété -d’autrui, l’honnêteté stricte. Il est moins exact de traduire -*abstinentia* par désintéressement, cette dernière vertu n’étant -imposée que par la morale, tandis que l’*abstinentia* est -commandée par la loi. - -6. La *modestia* craint de dépasser la juste mesure ou *modus* -par égard pour la morale qui la prescrit; la *verecundia* et la -*reverentia*, par égard pour des personnes auxquelles le -*verecundus* craint de déplaire et auxquelles le *reverens* -croit devoir du respect; enfin, la *pudor*, par égard pour elle- -même afin de ne pas s’exposer au mépris. Varron, dans Non. Non -te tui saltem *pudet*, si nihil mei revereare? N’as-tu point de -honte pour toi-même, si tu n’as plus aucun respect pour moi? -Terent. Phorm. I, 5, 3, ou II, 1, 3. Non simultatem meam -*revereri*? Saltem *pudere*? Ne pas reculer par respect devant -mon inimitié? Ne pas rougir pour lui-même? - -—Mœnia, v. *Murus*. -—Mœstitia, v. *Dolor*. - -Moles. Onus. Pondus. Gravitas. -*Moles* et *onus*, la pesanteur envisagée par son côté -désavantageux: *moles*, au sens absolu, comme un obstacle, en -parlant d’un objet difficile à remuer à cause de sa grandeur, -ὄγϰος; *onus*, au sens relatif, comme une charge ou un fardeau -qui accable le porteur, φόρτος. *Pondus*, la pesanteur envisagée -par son côté avantageux, comme puissance et comme force, le -poids, ἄχθος. Enfin, *gravitas* réunit ces deux rapports et -exprime tantôt la pesanteur qui est à charge, tantôt le poids -qui devient une force active, ϐάρος. - -—Molestia, v. *Labor*. -—Monere, v. *Hortari*. -—Moliri, v. *Audere*. -—Moneta, v. *Pecunia*. - -Mons. Jugum. -*Mons*, la montagne, par rapport à sa dimension en hauteur, -ὄρος; *jugum*, par rapport à ses dimensions en largeur et en -longueur. *Jugum* a deux sens. Il se dit de la courbe supérieure -de la montagne, courbe qui prend encore les noms plus précis de -*dorsum* et de *cacumen*, selon qu’elle est aplatie ou pointue, -par opposition à *radices montis*. Il se dit aussi des contre- -forts d’une montagne et particulièrement des hauteurs par -lesquelles différentes montagnes sont réunies de manière à -former une chaîne. Par opposition à *mons*. Liv. XXII, 18. Sub -*jugo* montis prælium fuit. Le combat eut lieu au-dessous de la -crête de la montagne. Comparez avec XLI, 18. Petilius adversus -Balistæ et Leti *jugum*, quod eos *montes* perpetuo *dorso* -conjungit, castra habuit. Pétilius campa en face des contre- -forts du Baliste et du Létus qui réunissent ces montagnes par -une crête continue. - -—Monstra, v. *Auguria*. -—Morari, v. *Manere*. -—Monstrare, v. *Ostendere*. -—Morbidus, morbus, v. *Æger*. -—Morosus, v. *Austerus*. -—Morigerari, v. *Parere*. - -Mors. Letum. Nex. Obitus. Interitus. Perire. Oppetere. Demori. -Intermori. Emori. -1. *Mors* et *letum*, la mort naturelle: *mors*, qui est le -terme ordinaire, se prend simplement au sens physique; c’est le -chemin qui mène à la dissolution, θάνατος; *letum* est le terme -choisi, solennel, la mort imposée par le destin, οἶτος; *nex*, -la mort violente, terme passif, par opposition au terme actif de -*cædes*. - -2. *Mors*, *letum*, *nex*, sont des termes propres; *obitus* et -*interitus*, des euphémismes. *Obitus* désigne, comme *exitus*, -une mort naturelle; *interitus* et *perire* désignent -habituellement, comme *exitium*, une mort violente. Plin. Ep. -III, 7. Silius ultimus ex Neronianis consularibus *obiit*, quo -consule Nero *periit*. De tous les consulaires du règne de -Néron, Silius fut le dernier à partir; la mort violente de Néron -date de son consulat. Plaut. Epid. III, 4, 56. Malo cruciatu -*pereas* atque *obeas* cito. Va-t’en périr dans les tourments, -pars au plus vite. - -3. *Perire* présente la mort comme une destruction et une -corruption; *interire*, comme une disparition, en sorte qu’à la -rigueur celui-là regarde plutôt le corps, celui-ci plutôt l’âme. -Plaut. Capt. III, 5, 32. Qui per virtutem periit, at non -interiit, c’est-à-dire celui qui meurt par un noble trépas, de -celui-là le corps seul périt, l’essence de son être (il ne -s’agit pas ici de l’âme, mais de la renommée et de la gloire) ne -passe point. En outre, *perire* désigne une mort prompte et -tragique, particulièrement par suicide; *interire*, une mort -lente et douloureuse ou encore une mort paisible. Tac. Ann. XV, -44. Et *pereuntibus* Christianis addita ludibria, ut ferarum -tergis contecti laniatu canum *interirent*. Et pour se faire un -jeu de la mort violente des chrétiens, on les couvrait de peaux -de bêtes sauvages, et ils mouraient lentement déchirés par les -chiens. Serv. ap. Cic Famm. IV, 5. Si quis nostrum *interiit* -aut *occisus* est. Si l’un de nous est mort tranquillement ou -s’il a été tué. - -4. *Obire mortem* présente la mort comme un accident physique; -on reste tout à fait passif; *oppetere*, comme un acte moral: si -l’on ne va pas chercher la mort, on l’attend du moins avec une -fermeté méprisante. - -5. *Demori*, sortir par la mort d’une société dans laquelle on -laisse un vide; *intermori*, être frappé pour un temps de mort -apparente, ἐϰθανεῖν; *emori*, mourir tout à fait, par opposition -à un semblant de vie passée dans le malheur, l’esclavage et la -honte, πανδίϰως θανεῖν. Cic. Pis. 7. Ut *emori* potius quam -servire præstaret. Plutôt mille morts que l’esclavage. - -—Mos, v. *Consuetudo*. -—Mucro, v. *Acies*. -—Mostellum, v. *Spectrum*. -—Mulcare, v. *Verberare*. - -Mulcere. Palpare. -*Mulcere*, passer légèrement la main sur un corps rude, par -exemple, sur des cheveux pour les lisser; au figuré, adoucir un -homme en colère, comme ϰαταψῆν; *palpare*, toucher légèrement un -corps lisse, par exemple, la peau nue, pour causer par -l’attouchement une sensation agréable; au figuré, se mettre en -frais d’amabilité, cajoler, comme ψηλαφᾷν. - -—Mulcta, v. *Vindicta*. -—Mundus, v. *Purus*. -—Mulier, v. *Femina*. -—Munificus, v. *Largus*. -—Munimenta, v. *Murus*. -—Munus, v. *Donum* et *Officium*. - -Murus. Paries. Mœnia. Maceria. Parietinæ. Munimenta. -1. *Murus*, toute espèce de bâtisse en forme de mur, au point de -vue exclusif de la forme, sans égard à la destination, τεῖχος; -*paries*, mur latéral, mur mitoyen ou cloison servant à établir -des séparations, τοῖχος; *mœnia*, murs d’une ville pour servir -de défense contre l’ennemi, περίϐολος; *maceria*, le mur qui -entoure une pièce de terre pour en marquer les limites et pour -la protéger contre les voleurs, la clôture d’un jardin, d’un -vignoble, θριγϰός. Virg. Æn. VI, 549. *Mœnia* lata videt -triplici circumdata muro. Il voit une vaste enceinte entourée -d’un triple mur. Tac. Ann. XV, 43. Nero instituit, ut urbis -domus non communione parietum sed propriis quæque muris -ambirentur. Néron décida que les maisons de Rome n’auraient plus -de murs mitoyens, que chacune aurait les siens. - -2. *Muri*, *mœnia*, etc., murs en bon état d’entretien; -*parietinæ*, murs en ruine. - -3. *Mœnia*, remparts d’une ville propres à résister à un coup de -main; *munimenta*, fortifications régulières d’une place forte -ou d’un camp retranché, capables de braver un assaut. - -Mutilare. Truncare. -*Mutilare* se dit de mutilations légères, comme de briser les -cornes, de couper le nez, les doigts, etc.; *truncare*, de -mutilations graves, comme de trancher les bras, les pieds, les -mains. On peut comparer les *mutilata membra* à des rameaux et à -des scions rompus; les *truncata*, à de grosses branches -abattues. - -—Mutuo, v. *Vicissim*. -—Mysteria, v. *Arcana*. -—Mutuum, v. *Commodare*. - - -N - - -—Nancisci, v. *Invenire*. -—Nares, v. *Nasus*. - -Nasus. Nares. -*Nasus*, le nez, partie saillante du visage, ῥίν; *nares*, les -fosses nasales ou narines, organe actif du sens de l’odorat, -μυϰτῆρες. - -—Natio, v. *Gens*. - -Navigium. Navis. Celox. Lembus. Liburna. Scapha. Cymba. Linter. -*Navigium* est le terme général, comme bâtiment; *navis*, -véritable vaisseau destiné à de longues traversées; *celox*, -*lembus* et *liburna*, bateaux qu’on peut équiper et armer en -guerre; *scapha*, *cymba* et *linter*, canots ou nacelles -destinés à de courtes excursions et à un simple trajet d’un bord -à l’autre *scapha* et *cymba*, larges, en forme de chaloupe; -*linter*, long et effilé, en forme de pirogue. - -Necessarius. Propinquus. Cognatus. Consanguineus. Affinis. -1. *Necessarius*, toute personne à laquelle on est lié par un -rapport durable, par des relations d’affaires en qualité de -*collega*, de *patronus*, de *cliens*, ou par des relations -privées en qualité de *familiaris*, d’*amicus*, comme -προσήϰοντες; *propinquus*, toute personne à laquelle on tient -par des rapports de famille, parent quelconque, comme ἀγχιστεῖς -et ἔται: c’est le terme générique qui comprend, outre le -*cognatus* et le *consanguineus* ou parents par le sang, -l’*affinis* ou parent par mariage ou alliance, comme ϰηδεστής. - -2. *Cognatio*, la parenté par le sang entre membres de la -famille, comme σύναιμος; *consanguinitas*, celle de nations qui -appartiennent à la même race, comme συγγενής. Cæs. B. G. VII, -32. Hominem summæ potentiæ et magnæ *cognationis*. Personnage -très-puissant et de grande famille. Comparez avec I, 11. Ambarii -necessarii et *consanguinei* Æduorum. Les Ambarriens attachés -aux Éduens et de même race qu’eux. - -Necesse est. Oportet. Opus est. Debere. -1. *Necesse est* exprime une exigence de la nature et de la -nécessité, comme ἀνάγϰη ἐστίν; *oportet*, une exigence de la -morale et de l’honneur, comme χρή; opus est, de la prudence, -comme δεῖ. Cic. Orat. II, 25. Jure omnia defenduntur quæ sunt -ejus generis, ut aut *oportuerit*, aut licuerit, aut *necesse -fuerit*. On excuse tous les faits de ce genre en se rejetant sur -une obligation morale, sur une liberté consacrée par l’usage ou -sur la nécessité. Att. IV, 6. Si loquor de republica quod -*oportet*, insanus, si quod *opus est*, servus existimor. Si je -parle honneur à propos des affaires publiques, je passe pour un -insensé; si je parle prudence, je passe pour un esclave. Sen. -Ep. 94. Emo non quod *opus est*, sed quod *necesse est*; quod -non *opus est*, asse carum est. Je ne fais point tous les achats -qu’exigerait la prudence, mais seulement ceux qu’exige la -nécessité; pour une acquisition que la prudence ne commande pas, -c’est trop d’une pièce de cuivre. Sall. Jug. 31. Nihil vi, nihil -secessione *opus est*; *necesse est* suomet ipsi more præcipites -eant. La prudence n’exige de vous ni violence ni retraite sur le -mont sacré; il faut de toute nécessité que leur propre conduite -les entraîne à leur perte. - -2. *Oportet* exprime le droit que les autres exercent sur nous -au nom de la morale; *debere*, l’obligation morale à laquelle -nous nous sentons soumis, comme ὀφείλειν. Tac. H. IV, 7. -Accusatores etiamsi puniri non *oporteat*, ostentari non -*debere*. Si on n’était point obligé en droit à punir les -accusateurs, du moins ne devait-on pas les montrer au public. - -—Nectere, v. *Ligare*. -—Nefandus, nefarius, v. *Scelestus*. -—Nefas, v. *Delictum*. - -Negare. Infitiari. Infitias ire. Denegare. Pernegare. Recusare. -Abnuere. Renuere. Repudiare. -1. *Negare*, nier au nom de la vérité qu’on voit ou qu’on -prétend voir, comme ἀποφάναι, οὐ φάναι; *infiteri*, *infitiari* -et *infitias ire*, renier, désavouer pour quelque raison -d’intérêt personnel, comme ἀρνεῖσθαι. Cic. Fr. Tog. cand. p. -525. Or. Denique illi negare potuerunt et *negarunt*; tu tibi ne -*infitiandæ* quidem impudentiæ locum reliquisti. Pour eux, ils -pouvaient nier et ils ont nié le fait; pour toi, tu ne t’es même -pas réservé le moyen de désavouer ton effronterie. - -2. *Infiteri*, terme vieilli; *infitiari*, terme usuel et -général. *Infitias ire* ne se construit en prose qu’avec une -négation et répond alors à ne pas disconvenir. - -3. *Negatio*, négation qui a pour but ou pour effet d’instruire -l’auditeur; *pernegatio* ou *negitatio*, de le convaincre quand -il se montre incrédule; *denegatio*, de le chagriner, -particulièrement à propos d’une prière qu’on n’exauce pas. Mart. -Ep. IV, 82. *Negare* jussi, *pernegare* non jussi. J’ai voulu un -non tout court, je n’ai pas voulu de non répétés. Cic. Phil. XI, -8, 19. In quo maximum nobis onus imposuit; *assensero*: -ambitionem induxero in curiam; *negaro*: videbor suffragio meo -tanquam comitiis honorem homini amicissimo *denegasse*. L. César -nous a mis là sur les épaules un pesant fardeau. Dire oui, c’est -introduire des cabales dans le palais du sénat; dire non, c’est -paraître dénier par mon vote, comme par une décision des -comices, cet honneur à mon meilleur ami. - -4. *Negare* ne suppose qu’une demande, ou faite ou faisable, à -laquelle on répond non; *recusare* suppose une insinuation qu’on -repousse, d’où il résulte que *negare* est une manière de parler -plus répandue et plus douce que *recusare*; car le *negans*, -qu’on questionne ou qu’on prie, nie simplement la possibilité de -la chose; le *recusans* se retranche sur-le-champ dans son -droit, il proteste contre l’insinuation en homme qu’on menace ou -sur lequel on empiète. Aussi *negare*, *denegare*, sont-ils plus -usités à propos d’affaires particulières; *recusare*, à propos -d’affaires publiques. - -5. *Negare* et *recusare* exigent des paroles ou des discours; -*abnuere* et *renuere* n’exigent guère que des signes ou des -gestes: *abnuere*, un geste de la main pour congédier, comme -ἀπονεύω; *renuere*, un signe qui consiste à retirer la tête en -arrière, comme ἀνανεύω. - -6. *Abnuere* est une manière amicale; *renuere*, une manière -hautaine de dire non. - -7. *Recusare* se rapporte à un objet qui s’annonce comme un -fardeau et qui entreprend sur la résignation des gens, par -opposition à *suscipere*; *repudiare*, à un objet qui s’annonce -comme un bien et qui promet du profit ou du plaisir, par -opposition à *assumere*. Cic. Finn. I, 10,33. Sæpe eveniet ut et -*voluptates repudiandæ* sint et *molestia* non recusanda. Il y -aura souvent lieu et de congédier les plaisirs et de ne pas -repousser la peine. - -—Negligere, v. *Spernere*. -—Nepos, v. *Prodigus*. -—Nequidquam, v. *Frustra*. -—Nescius, v. *Cognitio*. -—Nemus, v. *Silva*. -—Nequaquam, v. *Neutiquam*. -—Nequitia, v. *Malitia*. - -Neutiquam. Nequaquam. Minime. -*Neutiquam*, en aucun cas, par opposition à *utique*; -*nequaquam*, en aucune façon; *minime*, pas le moins du monde. - -—Nex, v. *Mors*. -—Niger, v. *Teter*. -—Nihil agere, v. *Vacare*. - -Nihil est. Nihili est. Nullus est. -*Nihil est* exprime le comble de l’impuissance et de -l’incapacité, comme être autant que rien; *nihili est*, le -défaut absolu de valeur, l’inutilité complète, comme ne compter -pour rien; enfin, *nullus est*, la négation de l’existence: -n’être plus. - -—Nitere, v. *Lucere*. -—Nobilis, v. *Celeber*. -—Niti, v. *Fulciri*. -—Nocens, v. *Culpa*. - -Nominare. Nuncupare. Vocare. Appellare. -*Nominare* et *nuncupare*, désigner une personne par son nom: -*nominare*, par un nom qui lui appartient de vieille date; -*nuncupare*, donner un nom à un objet qui n’en a pas encore, -dénommer, surnommer. *Appellare* et *vocare*, désigner une -personne ou un objet par un nom, un titre ou un attribut -quelconque. - -Nonnunquam. Interdum. Aliquando. -*Nonnunquam*, de temps à autre, opposé à *nunquam* et *semper*, -se rapproche de l’idée exprimée par *sæpius*, comme ἔσθ’ ὅτε; -*interdum*, parfois, opposé à *crebro*, se rapproche de l’idée -exprimée par *rarius*, comme ἐνίοτε; enfin, *aliquando*, -quelquefois, une ou deux fois, opposé à *semel*, se rapproche de -l’idée exprimée par *propenunquam*, comme ποτέ. Les *interdum -facta* sont des faits isolés; les *nonnunquam facta*, des faits -qui se répètent; les *aliquando facta*, des faits rares. Cic. -Sext. 54. *Comitiorum* et *concionum* significationes interdum -veræ sunt, nonnunquam vitiatæ et corruptæ. Les manifestations de -comices et des autres assemblées sont parfois vraies; ne sont- -elles pas, de temps à autre, entachées de fraude et de violence? - -—Notare, v. *Animadvertere*. -—Novissimus, v. *Extremus*. -—Notitia, v. *Cognitio*. - -Novus. Recens. Novicius. -1. *Novus*, nouveau, se dit de ce qui n’existait pas -précédemment, par opposition à *antiquus*, comme νέος; *recens*, -récent, de ce qui n’existe pas depuis longtemps, comme ϰαινός. - -2. *Novus* se prend généralement pour tout ce qui est nouveau; -il y a, de plus, dans *novicius*, l’idée accessoire du novice -qui a de nouvelles habitudes à prendre ou du nouveau venu auquel -il faut que les autres s’habituent. - -—Noxia, noxius, v. *Culpa*. -—Nullus sum, v. *Nihil est*. - -Numen. Deus. Divus. Semo. Heros. -*Numen*, pris dans son acception générale, tout être divin, -δαίμων. C’est le terme générique, par rapport à *deus*, -anciennement *divus*, le dieu, θεός, et à *semideus*, le demi- -dieu, ἡμίθεος, ou *semo*, moitié homme, moitié dieu. L’usage a -donné pour équivalent à ces deux mots, outre *heros*, qui est -d’origine étrangère, *numen*, pris dans son acception -restreinte. Plin. Pan. 2, 3. Nusquam ut *deo*, nusquam ut -*numini* blandimur. Nous ne cherchons aucune occasion de lui -complaire comme à un dieu, ni même comme à un demi-dieu. - -—Nummus, v. *Pecunia*. -—Nuncupare, v. *Nominare*. -—Nunc—nunc, v. *Modo—modo*. - -Nuper. Modo. -*Nuper*, il y a quelques jours, quelques mois, même quelques -années, dernièrement, νεωστί; *modo*, il y a quelques instants, -à l’instant même, ἄ ρτι. Cic. Verr. IV, 3, 6. *Nuper* homines -nobiles ejusmodi; sed quid dico *nuper*? imo vero *modo* ac -plane paulo ante vidimus. De ces hommes illustres nous en avons -vu dernièrement. Et que signifie ce dernièrement? Ne les voyions- -nous pas encore tout à l’heure, à l’instant? Tusc. I, 24. Quanta -memoria fuit *nuper* Charmadas! quanta qui *modo* fuit Scepsius -Metrodorus! Et, dans ces derniers temps, quelle mémoire chez -Charmadas! quelle encore chez Scepsius Métrodorus, qui vient à -peine de s’éteindre! - -—Nuptiæ, v. *Conjugium*. -—Nutrire, v. *Alere*. -—Nutare, v. *Labare*. - - -O - - -—Obambulare, v. *Ambulare*. -—Obesus, v. *Pinguis*. -—Obedire, v. *Parere*. -—Obex, v. *Sera*. - -Objicere. Exprobrare. -*Objicere*, adresser à quelqu’un un reproche dont il peut se -justifier comme d’une accusation; *exprobrare*, un blâme qu’il -est obligé de laisser peser sur lui. L’*objiciens* entend qu’on -s’explique; l’*exprobrans* ne cherche qu’à couvrir de honte. -Cic. Verr. V, 50, 132. Num casus bellicos tibi *exprobrare* aut -*objicere* videor? Est-ce que j’ai l’air de tirer contre toi des -hasards de la guerre un sujet de blâme ou de reproche? - -—Obitus, v. *Mors*. - -Oblectatio. Delectatio. -*Oblectatio*, occupation agréable, passe-temps, amusement qui -préserve de l’ennui et procure quelque plaisir; *delectatio*, -véritable divertissement qui procure une jouissance positive et -un plaisir solide. Cic. Orat. I, 26. In iis artibus, in quibus -non utilitas quæritur necessaria, sed animi libera quædam -*oblectatio*. Dans les études qui n’ont point un but d’utilité -et de nécessité, qui amusent l’esprit sans l’assujettir. Et Ep. -Qu. Fr. II, 14. Satis commode me *oblectabam*. J’étais assez -agréablement occupé. Comparez avec Famm. IX, 24. Magna te -*delectatione* et voluptate privavisti. Tu as perdu par ta faute -un plaisir vif et charmant. - -—Obligare, v. *Ligare*. -—Obliquus, v. *Transversus*. -—Oblitus, v. *Delibutus*. - -Obscurum. Tenebræ. Caligo. Tenebricosus. Opacus. Umbrosus. -1. *Obscurum*, sombre, s’entend d’une simple privation -d’éclairage, comme σϰότος, par opposition à *illustre*; -*tenebræ*, d’une privation de lumière, c’est l’obscurité, ζόφος, -ϰνέφας, par opposition à *lux*; enfin, *caligo* signifie quelque -chose de réel et d’opposé à la lumière et à la clarté, les -ténèbres, ἄχλυς. *Caligo* renchérit sur *tenebræ*, qui renchérit -sur *obscuritas*, qui renchérit sur *opacum* et *umbrosum*. Cic. -Acadd. IV, 23, 72. Sensus quidem non *obscuros* facit sed -*tenebricosos*. Les sens, loin de nous éclairer, nous retiennent -dans l’obscurité. Plin. Ep. VII, 21. Cubicula obductis velis -*opaca*, nec tamen *obscura* facio. Mes tentures donnent de -l’ombre à mes pièces sans les rendre sombres. Tac. H. II, 32. -Senatum et populum nunquam *obscurari* nomina, etsi aliquando -*obumbrentur*. Rien ne ternira jamais les noms du sénat et du -peuple, quoiqu’une ombre puisse passer dessus. Au figuré, -*obscurus* désigne ce qui n’a point de prix, ce que personne ne -remarque; *tenebricosum* marque quelque chose de positivement -mauvais qui recherche l’obscurité pour passer inaperçu. - -2. *Opacus*, ombragé, avec l’idée d’une fraîcheur agréable et -bienfaisante, par opposition à *apertus* et *apricus*, comme -εὔσϰιος; *umbrosus*, plein d’ombre, presque sombre, σϰιόεις. - -—Obsecrare, v. *Rogare*. -—Obsecundare, obsequi, v. *Parere*. -—Observare, v. *Vereri*. -—Obstinare, v. *Destinare*. -—Obstringere, v. *Ligare*. -—Obtestari, v. *Rogare*. -—Obtrectatio, v. *Invidia*. -—Obtutus, v. *Videre*. -—Obstinatio, v. *Pervicacia*. -—Obtemperare, v. *Parere*. -—Obtingere, v. *Accidere*. -—Obtruncare, v. *Interficere*. -—Obvenire, v. *Accidere*. - -Occasio. Opportunitas. Potestas. Copia. Facultas. -*Occasio* et *opportunitas*, l’occasion offerte par la fortune -et le hasard: *occasio*, en général, celle d’entreprendre -quelque chose, ϰαιρός; *opportunitas*, celle d’entreprendre une -chose avec facilité et avec des probabilités de succès, comme -εὐϰαιρία. *Potestas* et *copia*, l’occasion offerte par les -hommes et par leur complaisance: *potestas*, la possibilité de -faire quelque chose légitimement; *copia*, celle de le faire -commodément; enfin, *facultas*, qui est le terme le plus -général, la simple possibilité. - -—Occidere, v. *Interficere*. -—Occulere, v. *Celare*. -—Oculi, v. *Facies*. - -Odium. Invidia. Inimicitia. Simultas. -1. *Odium* et *invidia* expriment le sentiment de l’aversion; -*inimicitia* et *simultas*, les rapports extérieurs qui dérivent -de ce sentiment. - -2. L’*invidia* a un caractère négatif, comme la malveillance, -δύσνοια, c’est un sentiment temporaire qui s’oppose à *gratia* -ou *favor*; l’*odium* a un caractère positif, comme la haine, -μῖσος, c’est un sentiment profondément enraciné qui s’oppose à -*amor*. L’*invidia* est le commencement de l’*odii*. L’*invidia* -ne s’attache qu’aux personnes; l’*odium* s’attache aux personnes -et aux choses. Tac. Ann. II, 56. Armenii... sæpius discordes -sunt, adversus Romanos *odio* et in Parthum *invidia*. Les -Arméniens sont très-souvent partagés entre leur haine pour les -Romains et leur malveillance pour les Parthes. XIII, 15. Nero -intellecta *invidia* *odium* intendit. Ces symptômes de -malveillance que Néron discerna portèrent sa haine au comble. -Plin. Pan. 84, 2. Exardescit *invidia* cujus finis est *odium*. -Elle s’enflamme au contact de la malveillance qui aboutit à la -haine. - -3. *Inimicitia*, toute espèce d’inimitié fondée sur l’antipathie -ou sur de mauvais rapports, δυσμένεια, ἔχθρα; *simultas*, -inimitié politique entre rivaux de pouvoir, φιλονειϰία. Suet. -Vesp. 6. *Simultas* quam ex *æmulatione* non obscure gerebat. -Licinius Mucianus, qui ne se cachait point d’être par esprit de -rivalité l’ennemi politique de Vespasien. - -—Odorari, odorus, v. *Olere*. -—Offendere, v. *Lædere*. -—Offensio, v. *Contumelia*. - -Officium. Munus. -*Officium*, tâche considérée comme une obligation morale qu’on -remplit par conscience; *munus*, comme une obligation politique -imposée par délégation. Cic. Mur. 35. Hæc sunt *officia* -necessariorum, commoda tenuiorum, *munia* candidatorum. C’est un -devoir d’affection pour les parents, un profit pour les petites -gens, une charge imposée aux candidats. - -Olere. Olfacere. Fragrare. Odorari. Olidus. Odorus. Redolere. -Perolere. -1. *Odor* et *olere* expriment l’odeur qu’un corps répand, par -opposition à *sapor*, etc., comme ὀσμή; *olfactus* et -*olfacere*, la sensation de cette odeur ou le sens de l’odorat, -par opposition à *gustus*, etc., comme ὄσφρησις. - -2. *Olere*, sentir, par opposition à n’avoir point d’odeur, et -par préférence sentir fort et mauvais, empester; *fragrare*, -sentir bon, embaumer. *Redolere* et *perolere* jouent le rôle de -fréquentatifs; mais *redolere* marque une odeur forte, bonne ou -mauvaise, indifféremment; *perolere* se prend en mauvaise part -pour une odeur pénétrante. - -3. *Olfactus*, l’odeur perçue par un effet involontaire du sens -de l’odorat; *odoratus*, odeur saisie par un effort du même -sens. - -4. *Olfacere*, sentir et flairer, est passif, comme *audire*, -l’odeur monte au nez d’elle-même; *odorari*, aspirer, renifler, -ῥινηλατεῖν est actif, comme *auscultare*, on attire soi-même -l’odeur au nez. *Olfaciens* sentit *odorem*, *odorans* captat. - -5. *Olidus*, qui sent, et par préférence qui sent mauvais; -*odorus*, qui parfume. Par rapport à puer, *bene olidus* n’est -qu’un opposé négatif, comme qui ne sent pas mauvais; *odorus* -est l’opposé positif, comme: qui sent bon. Et de même, le vieux -mot *olor* désignait la puanteur, comme *oletum*; *odor* ne -marque que l’odeur. - -—Oletum, v. *Lutum*. -—Omina, v. *Auguria*. -—Omittere, v. *Intermittere*, *Mittere* et *Relinquere*. -—Omnes, v. *Quisque*. -—Onus, v. *Moles*. -—Opem ferre, v. *Auxilium*. -—Olfacere, olidus, v. *Olere*. -—Omnino, v. *Plane*. -—Opacus, v. *Obscurum*. - -Opera. Labor. Industria. Gnavitas. Assiduitas. Diligentia. -1. *Opera*, activité qui est loin d’astreindre, simple action, -simple occupation matérielle, par opposition aux moments -d’inaction ou encore à la pensée, au discours, au conseil, comme -ἐργασία; *labor*, activité pleine d’efforts et suivie de -fatigue, le travail, par opposition au plaisir, comme πόνος. -Plaut. Aul. II, 3, 7. *Opera* huc est conducta vestra, non -*oratio*. On a loué vos bras, non votre langue. Cic. Rep. I, 9. -Otiosiorem *opera* quam *animo*. Plutôt désœuvré que libre -d’esprit. Liv. XXII, 22. Ut *opera* quoque impensa *consilium* -adjuvem meum. Pour mettre la main à l’exécution de mon dessein. -Mais V, 4. *Labor* *voluptas*que dissimillima natura, societate -quadam naturali inter se sunt conjuncta. Le travail et le -plaisir dont la nature a fait deux extrêmes et qu’elle n’a pas -laissé d’unir entre eux par une sorte d’association. - -2. *Industria*, *gnavitas* et *sedulitas* présentent l’activité -comme une qualité habituelle, par opposition à la paresse: -*industria*, activité qui se déploie dans de grandes -entreprises, celle qui anime le héros et l’homme d’État, par -opposition à *ignavia*; *gnavitas*, activité utile, application -de l’homme rangé et de l’industriel; enfin, *sedulitas*, -l’activité dans les petites choses qui risque souvent de -paraître comique, l’agitation perpétuelle d’une ménagère -diligente, d’une nourrice dévouée, de l’homme qui fait sa cour. -Colum. XII, præf. 8. Ut cum forensibus negotiis matronalis -*sedulitas* *industriæ* rationem parem faceret. La femme -attentive au détail d’une maison vaut l’homme qui consacre ses -forces aux affaires publiques. - -3. *Assiduitas* et *diligentia*, l’application: mais -*assiduitus* marque plutôt, comme συνέχεια, la continuité: on -arrive au but par des efforts longs et soutenus; *diligentia* -marque plutôt l’intensité, comme ἀϰρίϐεια: on arrive par un -travail soigneux et exact. - -4. *Studium*, le zèle, marque exclusivement le goût et l’amour -de la chose, le penchant intérieur. - -—Operæ, v. *Mercenarii*. -—Opifex, v. *Faber*. -—Opinari, v. *Censere*. -—Opitulari, v. *Auxilium*. -—Opperiri, v. *Manere*. -—Opes, v. *Divitiæ*. -—Opimus, v. *Pinguis*. -—Opinio, v. *Sententia*. -—Oportet, v. *Necesse est*. -—Oppetere, v. *Mors*. -—Opportunitas, v. *Occasio*. -—Opprobrium, v. *Ignominia*. -—Optimates, v. *Primores*. -—Opus est, v. *Necesse est*. -—Ora, v. *Margo* et *Ripa*. -—Optare, v. *Velle*. -—Opulentia, v. *Divitiæ*. -—Opus, v. *Agere*. -—Orare, v. *Rogare*. -—Opprimere, v. *Vincere*. -—Oræ, v. *Laqueus*. -—Oratio, v. *Sermo*. - -Orbis. Circulus. Gyrus. -*Orbis*, mouvement circulaire, périphérie décrite dans le cours -de ce mouvement; *circulus*, surface circulaire; *gyrus*, ligne -courbe et particulièrement ligne serpentine. L’expression in -*orbem* consistere (serrer les rangs sur la circonférence d’un -cercle) ne pourrait pas être échangée contre in *circulum* (se -masser dans l’intérieur d’un cercle), et le cercle formé par une -société close, *circulus*, ne pourrait point s’appeler *orbis*. -Tac. G. 6. Equi nec variare *gyros* nostrum in modum docentur; -in rectum aut uno flexu dextros agunt, ita conjuncto *orbe* ut -nemo posterior sit. Les Germains ne dressent point, comme nous, -les chevaux à suivre différentes courbes; ils les poussent droit -devant eux; quand ils les font tourner, c’est toujours par la -droite, et ils se suivent alors de si près sur une ligne -circulaire, qu’on ne distingue pas le premier cavalier du -dernier. - -—Ordiri, v. *Incipere*. -—Oreæ, v. *Frenum*. -—Ornatus, v. *Præditus*. -—Ordo, v. *Series*. -—Ornare, v. *Comere*. -—Os, v. *Facies*. - -Osculum. Suavium. -*Osculum*, baiser d’amitié; *suavium*, de tendresse. - -Ostendere. Monstrare. Declarare. -*Ostendere*, montrer en ce sens qu’on fait remarquer une chose, -qu’on la fait voir, qu’on ne la tient pas cachée, comme φῆναι, -ἐμφανίσαι; *monstrare*, indiquer en ce sens qu’on communique un -renseignement, comme δεῖξαι; enfin, *declarare*, mettre en -évidence en ce sens qu’on tire quelque chose au clair et qu’on -dissipe des doutes, comme δηλῶσαι. - -—Ostenta, v. *Auguria*. -—Ostentatio, v. *Jactatio*. - -Ostium. Janua. Fores. Valvæ. -*Ostium* et *janua*, porte, ouverture qui sert à entrer et à -sortir: *ostium*, terme général pour toute espèce de porte, -θύρα; *janua*, terme spécial, porte de maison. *Fores* et -*valvæ*, battants destinés à fermer l’ouverture: *fores*, à des -portes ordinaires, comme θυρίδες; *valvæ*, à des édifices et à -des temples qui ont des portes doubles, à deux battants. Tac. -Ann. XIV, 8. Anicetus refracta *janua* obvios servorum adripit; -donec ad *fores* cubiculi veniret. Anicétus enfonce la porte de -la maison et se fait suivre par les esclaves qu’il rencontre -jusqu’à la porte de la chambre d’Agrippine. - -—Otiari, v. *Vacare*. - -Otium. Pax. Concordia. -*Otium*, la tranquillité en général, tandis que *pax* se -rapporte aux relations extérieures et *concordia* à la situation -intérieure. - - -P - - -—Pædor, v. *Lutum*. - -Pæne. Prope. Fere. Ferme. -*Pæne* et *prope* servent à adoucir une expression trop forte et -à faire passer une hyperbole: *pæne*, qui est opposé à *plane*, -se traduit par presque; *prope*, par peu s’en faut que. *Fere* -et *ferme* ne servent qu’à se précautionner contre la lettre de -l’assertion, comme à peu près, environ. - -—Pætus, v. *Strabo*. -—Palam, v. *Aperire*. -—Palari, v. *Errare*. -—Palus, v. *Lacuna*. -—Pandus, v. *Curvus*. -—Palpare, v. *Mulcere*. -—Palus, v. *Stipes*. -—Par, v. *Æquus*. -—Parere, v. *Creare*. -—Paratus, v. *Præditus*. - -Parere. Obedire. Dicto audientem esse. Obsequi. Obsecundare. -Morigerari. Obtemperare. -*Parere*, *obedire* et *dicto audientem esse* présentent -l’obéissance comme une obligation, un devoir, une sujétion: -*parere*, avec une idée d’humilité, l’obéissance du serviteur à -son maître, du sujet à son prince, par opposition à *imperare*; -*obedire*, *obedire*, avec un certain air de liberté, celle de -l’inférieur au supérieur, du citoyen à la loi et à l’autorité; -*dicto audientem esse*, avec l’idée de la subordination stricte, -l’obéissance passive du soldat à son général. *Obsequi*, -*obsecundare*, *obtemperare* et *morigerari* expriment une -obéissance volontaire et libre, comme être docile. L’*obsequens* -et l’*obsecundans* sont dociles par amour et complaisance; ils -se montrent pleins de bonne volonté; le *morigerans* et -l’*obtemperans* le sont par conviction, estime ou crainte; ils -font preuve de déférence. Hirt. B. Afr. 57. Jubæ barbaro potius -*obedientem fuisse* quam nuntio Scipionis *obtemperasse*. Obéir -à un barbare, à Juba, plutôt que d’écouter le messager de -Scipion. Tac. H. II, 14. Parata non arma modo, sed *obsequium* -et *parendi* amor, c’est-à-dire de la docilité inspirée par -l’estime et l’amour qu’ils portaient au général et du plaisir à -obéir, parce qu’ils sentaient que leur cause ne pouvait pas se -soutenir sans subordination et sans ordre. Cic. Orat. 71. Dum -tibi *roganti* voluerim *obsequi*. Voulant aller au-devant de ta -prière. Comparez avec Famm. IX, 25. *Obtemperare* cogito -*præceptis* tuis. Je pense me conformer à tes prescriptions. - -—Paries, parietinæ, v. *Murus*. -—Parilis, v. *Æquus*. -—Parma, v. *Scutum*. - -Pars. Portio. -*Pars*, la partie, par rapport au tout; *portio*, la portion ou -la part, par rapport à celui qui en a la jouissance. Plin. H. N. -XI, 15. Æstiva mellatione decimam *partem* apibus relinqui -placet, si plenæ fuerint alvi; sin minus, pro rata *portione*. -Cassius Dionysius veut qu’on laisse aux abeilles le dixième de -la récolte d’été, lorsque les ruches sont pleines, et une part -proportionnée lorsqu’elles ne sont pas entièrement remplies. -(Traduction de Guéroult.) - -Partes. Factio. -*Partes*, parti qui se forme de lui-même en vertu de la -différence des principes et des intérêts; *factio*, faction qui -se forme par une association étroite entre ses membres, et qui -agit de concert avec une ardeur aveugle jusqu’à recourir à la -violence pour assurer la suprématie de sa cause. Sall. Jug. 31. -Inter bonos *amicitia*, inter malos *factio* est. Cette union, -qui serait amitié entre des gens de bien, n’est qu’une faction -entre des scélérats. - -—Particeps, v. *Socius*. -—Partiri, v. *Dividere*. -—Participare, v. *Impertire*. - -Parumper. Paulisper. -*Parumper*, pour un peu de temps; *paulisper*, pendant un peu de -temps. Il suit de là que *parumper* se dit par préférence des -actes de l’esprit, *paulisper*, des faits matériels, parce que -l’idée de futur contenue dans *parumper* s’associe presque -nécessairement à ces actes de l’esprit, tandis que *paulisper* -marque un état et une simple durée, par exemple *paulisper -morari*, s’arrêter quelque temps, mais *parumper dubitare*, -hésiter pour un temps. - -Parvus. Minutus. Exiguus. Pusillus. -*Parvus* et *minutus* expriment la petitesse dans un sens -indifférent et purement mathématique, sans idée accessoire: -*parvus*, une petitesse naturelle et inhérente, par opposition à -*magnus*, comme μιϰρός; *minutus*, une petitesse factice, -artificielle. *Exiguus* et *pusillus* expriment en outre une -idée accessoire de mépris: *exiguus*, avec une nuance de pitié, -comme misérable, insignifiant, par opposition à *amplus* ou à -*grandis*; *pusillus*, avec une nuance de ridicule, comme tout -petit, nain, par opposition à *ingens*, comme τυτθός. - -—Pascere, v. *Alimenta*. - -Passi. Prolixi. Sparsi. -*Passi capilli*, cheveux dénoués par opposition à ceux qui sont -retenus par un nœud, *cohibiti nodo*; *prolixi*, cheveux -flottants par opposition à ceux qui sont relevés sur le haut de -la tête, *religati in verticem*; enfin *sparsi*, cheveux épars -et en désordre par opposition à des cheveux bien peignés, -*pexi*. - -—Passus, v. *Gradus*. -—Pati, v. *Ferre*. -—Patefacere, v. *Aperire*. - -Paternus. Patrius. -*Paternus*, πατρῷος, ce qui appartient au père et ce qui vient -de lui, comme paternel; *patrius*, πάτριος, ce qui appartient -aux ancêtres ou à la patrie et ce qui vient d’eux. - -Paulatim. Sensim. Gradatim. Pedetentim. -*Paulatim* et *sensim* présentent la gradation sous l’image d’un -progrès qui passe inaperçu: *paulatim*, comme peu à peu, par -opposition à *semel* d’une seule fois; mais *sensim* comme -insensiblement, par opposition à *repente*, tout à coup; -*gradatim* et *pedetentim*, sous l’image d’un progrès visible: -*gradatim*, comme pas à pas et ϐάδην, par opposition à *cursim*, -*saltuatim*, etc.; *pedetentim*, en avançant avec peine et pied -à pied par opposition à *cursu*, *equo*, *volatu*, *velis*. - -—Paulisper, v. *Parumper*. - -Paupertas. Inopia. Egestas. Mendicitas. -*Paupertas*, modicité de ressources qui oblige à se restreindre, -par opposition à *dives*, comme πενία; *inopia* et *egestas*, -pauvreté accablante qui impose des souffrances et des -privations: mais *inopia* exprime comme ἀπορία le dénûment en -lui-même, le défaut de ressources qui empêche de se tirer -d’affaire, par opposition à *copia* ou *opulentia*; et *egestas* -comme ἔνδεια la pauvreté besoigneuse et nécessiteuse, par -opposition à *abundantia*; enfin *mendicitas*, l’indigence qui -réduit les gens à mendier, πτωχεία. Le *pauper* n’a pas -grand’chose, l’*inops* et l’*egenus* ont trop peu de chose, le -*mendicus* n’a rien du tout. Dans la classification des rangs -par échelle de richesse les *pauperes* forment la classe moyenne -qui est obligée de vivre bourgeoisement et parcimonieusement; -les *inopes* et les *egeni*, quand ces deux mots ne s’appliquent -point à une gêne passagère, forment la classe des pauvres qui -vivent au jour le jour de leur travail et sont même exposés à -souffrir la faim; les *mendici*, la classe des mendiants qui ne -vivent que d’aumônes, également dépourvus de toute propriété et -de toute industrie. Cic. Parad. 6. Istam *paupertatem* vel -potius *egestatem* et *mendicitatem* tuam nunquam obscure -tulisti. Médiocrité de fortune, pauvreté besoigneuse, indigence, -tu as constamment porté ton sort au grand jour. Suet. Gr. 14. -Vixit in summa pauperie et pæne inopia. Il vécut dans une -extrême médiocrité qui était presque du dénûment. Plin. Ep. IV, -18. *Inopia* vel potius, ut Lucretius ait, *egestas* patrii -sermonis. La stérilité ou plutôt, comme parle Lucrèce, -l’impuissance de la langue maternelle. Cic. Inv. I, 47. Propter -*inopiam* in *egestate* esse. Tomber du dénûment dans la gêne. - -—Pax, v. *Otium*. -—Pavire, v. *Verberare*. -—Peccatum, v. *Delictum*. -—Peculari, v. *Vastare*. -—Peculiaris, v. *Privus*. - -Pecunia. Nummus. Moneta. -*Pecunia*, terme collectif, somme d’argent; *nummus*, la pièce -d’argent par rapport à sa valeur et à son usage; *moneta*, la -monnaie par rapport à son empreinte et à son aspect. - -Pecus. Jumentum. Armentum. Grex. -1. *Pecus*, *pecoris*, terme général pour tous les animaux -domestiques; *jumenta* et *armenta*, gros bétail, bœufs, ânes, -chevaux; *pecus*, *pecudis*, petit bétail, cochons, chèvres, et -par préférence les moutons. - -2. *Jumenta*, bêtes de trait, bœufs, ânes, chevaux; *armenta*, -bêtes de labour, bœufs et chevaux, à l’exclusion des vaches, des -ânes de bât, des chevaux de selle qui ne vont ni à la voiture ni -à la charrue. - -3. Pris au singulier et comme nom collectif, *armentum* signifie -un troupeau de gros bétail, ἀγέλη; *grex* est un troupeau de -petit bétail, comme ποίμνη, πῶϋ. Plin. Ep. II, 16. Multi -*greges* ovium, multa ibi equorum boumque *armenta*. De nombreux -troupeaux de petit et de gros bétail, moutons, chevaux, bœufs. - -—Pecus, v. *Animal*. -—Pedica, v. *Vincula*. -—Pejor, v. *Deterior*. -—Pellucidus, v. *Perlucidus*. -—Penitus, v. *Plane*. -—Penus, v. *Alimenta*. -—Percussor, v. *Homicida*. -—Pedetentim, v. *Paulatim*. -—Pejerare, v. *Perlucidus*. -—Pelagus, v. *Mare*. -—Pellegere, pellicere, v. *Perlucidus*. -—Pellis, v. *Tergus*. -—Pendere, v. *Hærere*. -—Penna, v. *Ala*. -—Percontari, v. *Rogare*. -—Percutere, v. *Interficere*. - -Perdere. Pessundare. Pervertere. Evertere. -*Perdere* et *pessundare*, anéantir: *perdere*, en brisant -l’objet, par destruction; *pessundare*, par submersion ou par -quelque autre manière de faire disparaître l’objet. *Evertere*, -*pervertere* et *subvertere*, renverser: *evertere*, en -déterrant ou en arrachant ce qui est assujetti par le pied, il -est opposé à *fundare*; *pervertere*, en jetant à bas ce qui se -tient debout; *subvertere*, par une voie secrète et souterraine, -en sapant la base. Cic. Pis. 24. Provincia tibi ista manupretium -fuerit non eversæ per te sed *perditæ* civitatis. Ce sera ton -salaire pour avoir causé la chute et même la ruine de l’État. - -—Perdere, v. *Amittere*. -—Peregrinus, v. *Exterus*. -—Perferre, v. *Ferre*. -—Perfidiosus, perfidus, v. *Fidus*. -—Peregrinari, v. *Proficisci*. -—Peremtor, v. *Homicida*. -—Perficere, v. *Finire*. - -Perfuga. Transfuga. Profugus. Fugitivus. Extorris. Exul. -Perfugium. Suffugium. Refugium. -1. *Perfuga* et *transfuga*, le déserteur qui fuit d’un parti -vers l’autre, αὐτόμολος: mais le transfuge, *perfuga*, passe à -l’ennemi en criminel qui trahit son parti; le *transfuga* n’est -qu’un homme irrésolu qui abandonne les siens pour aller -ailleurs. *Profugus* et *fugitivus*, le fugitif qui abandonne sa -demeure: le *profugus* est un infortuné qui cède à la force en -fuyant sa patrie et qui court le monde comme un banni, φυγάς; le -*fugitivus* est un coupable qui se dérobe à son devoir, à son -poste, à sa prison, à son maître, δραπέτης. On entend -généralement par *perfuga* et *transfuga* un soldat, par -*profugus* un citoyen, par *fugitivus* un esclave. Liv. XXX, 43. -De *perfugis* gravius quam de *fugitivis* consultum. Les -transfuges furent plus sévèrement traités que les esclaves -fugitifs. - -2. *Perfugium*, asile public et sûr dans des dangers sérieux; -*suffugium*, asile sinon secret, du moins fortuit et temporaire -contre des contrariétés; *refugium*, asile préparé ou du moins -choisi d’avance en cas de retraite. - -3. *Profugus* marque un état de fait, celui d’un homme qui fuit -hors de son pays; *extorris*, un état politique, comme proscrit; -*exul*, un état légal comme exilé. L’*extorris* subit un -malheur, il ne peut plus rester dans sa patrie; l’*exul* subit -un châtiment, il n’a plus le droit d’y rester. Appul. Met. V, p. -101. *Extorres* et... velut *exulantes*. Proscrits et comme -exilés. - -—Periclitari, periculum, v. *Tentare*. -—Perimere, v. *Interficere*. -—Perire, v. *Mors*. - -Perlucidus. Pellucidus. Perlegere. Pellegere. Perlicere. -Pellicere. Perjurare. Pejerare. -Examinant ces mots par couples, le premier des deux, qui est la -forme primitive, a chaque fois l’accent sur l’adverbe *per*; le -second, qui est une forme adoucie par l’assimilation de l’r en l -ou par l’élimination de l’r, a l’accent sur le nom ou sur le -verbe, et la racine accentuée prédomine dans la signification du -composé. - -1. *Perlucidus*, très-lumineux; *pellucidus*, transparent. - -2. *Perlegere*, lire d’un bout à l’autre; *pellegere*, -parcourir, feuilleter. - -3. *Perlicere*, attirer avec une force irrésistible; -*pellicere*, séduire. - -4. *Perjurare*, prêter un faux serment; *pejerare*, violer un -serment. - -—Permittere, v. *Concedere* et *Fidere*. -—Pernegare, v. Negare. -—Pernicies, v. *Lues*. -—Pernix, v. *Citus*. - -Perperam. Falso. False. Fallaciter. -1. *Perperam* s’entend de la fausseté du fait, comme -inexactement; *falso*, de la personne qui se trompe, comme par -erreur, par méprise... - -2. *Falso agere* ne se dit que d’une erreur où l’on est ou d’une -illusion qu’on se fait; *false* et *fallaciter agere* supposent -qu’on va contre ce qu’on sait et contre sa conscience: *false*, -comme faussement, par crainte et faiblesse de caractère; -*fallaciter*, comme fallacieusement, avec la mauvaise intention -de duper et de trahir. Comparez Tacite, Ann. I, 1. Tiberii -res... ob metum *false* compositæ sunt (d’après le texte de -Wolf). La peur a dicté des faussetés aux historiens de Tibère; -avec Germ. 36. Inter impotentes et validos *falso* quiescas. -Entre des voisins puissants et forts un peuple ne goûte qu’un -repos trompeur. - -3. Les idées exprimées par *falso* et *false* sont réunies dans -l’adjectif *falsus*, qui ne se distingue que de *fallax*. Cic. -Phil. XII, 2. Spes *falsa* et *fallax*. Fausse et perfide -espérance. Tac. Ann. XVI, 32. Specie bonorum *falsos* et -amicitiæ *fallaces*. La fausseté sous un semblant de vertu, la -perfidie sous un semblant d’amitié. - -—Perpeti, v. *Ferre*. -—Perpetuus, v. *Continuus*. - -Perquam. Valde. Admodum. Magnopere. -*Perquam*, extraordinairement, avec une nuance de surprise chez -la personne qui parle; *valde*, très, *admodum*, assez, et -*multum*, servent simplement à renforcer le sens de l’attribut -ou du verbe, *magnopere*, du verbe seul. - -—Perseverantia, v. *Pervicacia*. -—Persona, v. *Larva*. -—Pertinacia, v. *Pervicacia*. -—Pervertere, v. *Vertere* et *Perdere*. - -Pervicacia. Perseverantia. Pertinacia. Contumacia. Destinatio. -Obstinatio. -1. *Pervicacia* et *perseverantia* présentent comme une vertu -l’attachement à un sentiment dans lequel on est entré: la -*pervicacia* est fondée sur une énergie naturelle, c’est -l’ardeur opposée à la lassitude; la *perseverantia*, sur le -développement des qualités sérieuses, c’est la persistance -opposée à la versatilité. *Pertinacia* et *contumacia* expriment -un défaut: la *pertinacia* provient d’un attachement opiniâtre à -une résolution prise comme l’entêtement et la présomption, par -opposition à la condescendance; la *contumacia*, de l’orgueil -qu’on met à défendre son libre arbitre, même contre une autorité -compétente et légitime, comme l’arrogance et l’esprit de -résistance par opposition à la docilité ou *obsequium*. Accius -dans Non. Tu *pertinaciam* esse, Antiloche, hanc prædicas, ego -*pervicaciam* esse aio et a me uti volo. Tu soutiens que c’est -de l’entêtement; je dis que c’est une fermeté généreuse que je -tiens à montrer. Cic. Inv. II, 54. Unicuique virtuti finitimum -vitium reperietur, ut *pertinacia* quæ finitima *perseverantiæ* -est. On rencontrera un défaut dans le voisinage de toutes les -vertus; c’est ainsi que l’entêtement est voisin de la -persévérance. - -2. *Pervicacia*, etc., marquent la stabilité dans une résolution -prise; *destinatio* et *obstinatio* ont plus de rapport à l’acte -qui consiste à la prendre: *destinatio*, lorsqu’elle est -irrévocable, c’est de la décision; *obstinatio*, lorsqu’on s’y -attache en dépit de tous les obstacles, même insurmontables, et -de toutes les représentations raisonnables, c’est de -l’endurcissement. - -—Pessulus, v. *Sera*. -—Pestilentia, pestis, v. *Lues*. -—Pessundare, v. *Perdere*. - -Petere. Rogare. Postulare. Exigere. Poscere. Flagitare. -1. *Petere* et *rogare*, termes généraux pour toute espèce de -demande, soit qu’on prie, soit qu’on exige; ils tiennent le -milieu entre *poscere* et *orare*, sauf à se rapprocher quelque -peu du dernier: *petere* se rapporte à l’objet qu’on souhaite; -*rogare*, à la personne à laquelle on s’adresse, d’où *petere -aliquid ab aliquo*, mais *rogare aliquem aliquid*. Cic. Verr. -IV, 28, 64. Iste *petit* a rege et eum pluribus verbis *rogat*, -ut id ad se mittat. Il tâche d’obtenir cela du roi et l’en -sollicite longuement. Famm. II, 6. Ne id quod *petat*, *exigere* -magis quam *rogare* videatur. Pour tâcher d’en venir à ses fins -sans se donner des airs de créancier plutôt que de solliciteur. - -2. *Postulare* et *exigere* se disent d’une demande pure et -simple par laquelle on fait tranquillement connaître sa volonté: -*postulare* s’entend plutôt de ce qu’on veut et souhaite; -*exigere*, de ce qu’on prétend. *Poscere* et *flagitare* se -disent d’une demande pressante: *poscere*, d’une demande faite -d’un ton décidé, avec le sentiment de son droit ou de sa -puissance; *flagitare*, d’une demande faite avec impétuosité -dans la passion et dans l’impatience du désir. Tac. H. II, 39. -Othone per literas *flagitante* ut maturarent, militibus ut -imperator pugnæ adesset *poscentibus*; plerique copias trans -Padum agentes acciri *postulabant*. La lettre d’Othon exprimait -une vive impatience d’en finir; les soldats exigeaient que -l’empereur payât de sa personne au jour de la bataille; un très- -grand nombre souhaitaient qu’on fît venir les troupes établies -au delà du Pô. Cic. Verr. III, 34. Incipiunt *postulare*, -*poscere*, minari. Viennent les demandes, les exigences, les -menaces. Planc. 19. *Poscere* atque etiam *flagitare* crimen. -Exiger, vouloir emporter une accusation. Legg. I, 5. -*Postulatur* a te jam diu vel *flagitatur* potius historia. -Voilà longtemps qu’on te demande ou plutôt qu’on brûle de -t’arracher cette histoire. - -—Petra, v. *Saxum*. - -Petulans. Procax. Protervus. Lascivus. -Le *petulans* blesse le sentiment des convenances, *modestia*, -par caprice, par des agaceries et des provocations inutiles; le -*procax*, par indiscrétion, impertinence et importunité; le -*protervus*, par impétuosité, par un laisser-aller qui ne -respecte rien; le *lascivus*, par une joie bruyante et folâtre. -Il faut chercher l’origine de la *petulantia* dans l’aversion -pour le repos et la paix ou même dans la méchanceté; celle de la -*procacitas* dans la hardiesse ou l’impudence; celle de la -*protervitas* dans le sentiment exagéré de sa force ou dans -l’orgueil; celle de la *lascivia* dans la gaieté du caractère ou -dans le défaut de gravité. Liv. XXXVIII, 24. Flagitatum quoque -stipendium, *procacius* quam ex more et *modestia* militari -erat. On réclama vivement la solde avec une impudence contraire -à tous les usages et à la subordination. - -—Pietas, v. *Diligere*. - -Piget. Tædet. Pœnitet. -*Piget* se dit en général de ce qu’on ne se soucie ni de faire -ni de souffrir; *tædet*, de ce qu’on ne se soucie point de faire -ni de souffrir plus longtemps; *pænitet*, de ce qu’on aimerait -mieux n’avoir jamais fait ni souffert. - -—Pigritia, v. *Ignavia*. -—Pilum, v. *Missile*. -—Pilus, v. *Crinis*. - -Pinguis. Opimus. Obesus. Corpulentus. -1. *Pinguis*, gras dans un sens indifférent ou défavorable, la -graisse étant de toutes les parties constituantes du corps la -plus insensible et la moins élastique, d’où au figuré mou; -*opimus*, gras dans le bon sens, quand c’est un signe que les -chairs sont pleines et qu’on est bien nourri, d’où au figuré -abondant. - -2. *Obesus* se dit de l’embonpoint, mais en associant à l’idée -principale une idée accessoire de pesanteur par opposition à -*gracilis*; *corpulentus* se dit de l’embonpoint pris par son -beau côté, par rapport à la prestance qui l’accompagne. - -—Pinna, v. *Ala*. -—Placidus, v. *Mitis*. -—Pirata, v. *Præda*. -—Plaga, v. *Locus*, *Rete* et *Vulnus*. -—Plancæ, v. *Axes*. - -Plane. Omnino. Prorsus. Penitus. Utique. -*Plane*, nettement, *netto* par opposition à *pæne* ou à *vix*; -*omnino*, entièrement, et en général par opposition aux -subdivisions, aux cas isolés, aux exceptions, à *magna ex parte* -ou à *separatim*, comme ὅλως; *prorsus*, précisément, par -opposition à en quelque sorte ou à pour ainsi dire; *penitus*, -de fond en comble, jusqu’au fond, par opposition à dans une -certaine mesure ou à superficiellement, πάντως; *utique*, dans -tous les cas, il a pour opposés à tout hasard, peut-être, -ὁπωσδήποτε. - -Plerique. Plurimi. -*Plerique*, superlatif absolu, un très-grand nombre; *plurimi*, -superlatif relatif, la plupart. Tac. Ann. XIII, 27. *Plurimis* -equitum, *plerisque* senatorum non aliunde originem trahi. La -plupart des chevaliers, un très-grand nombre de sénateurs -n’avaient pas d’autre origine. - -—Plorare, v. *Lacrimare*. -—Plurimi, v. *Plerique*. -—Pluma, v. *Ala*. - -Pluvia. Imber. Nimbus. -*Pluvia*, phénomène bienfaisant, pluie générale qui abreuve le -sol altéré, ὑετός; *imber* et *nimbus*, phénomène désagréable, -pluie locale qui vient gâter une belle journée: *imber*, -lorsqu’elle est accompagnée d’un temps froid et orageux; -*nimbus*, d’un temps couvert. - -Poculum. Calix. Scyphus. Simpuvium. Cyathus. Crater. -1. *Poculum* et *calix*, qui appartiennent à la vieille langue -latine, se disent de tout vase à boire, sans autre idée que -celle de l’usage auquel il sert: *poculum*, vase ordinaire pour -les repas; *calix*, vase, coupe plus riche pour les festins. -*Scyphus*, *cantharus*, *cymbium*, *culigna*, mots étrangers -empruntés au grec, se disent de certaines espèces de vases par -rapport à leur forme. - -2. *Poculum*, etc. servent tous de vases à boire; le vieux mot -romain *simpuvium* et *cyathus* qui est venu plus tard, vases à -puiser pour remplir les *pocula* en prenant au *crater*, comme -on remplit les verres à punch en puisant avec la cuiller dans le -bol. - -—Poema, v. *Canere*. -—Pœnitet, v. *Piget*. -—Poena, v. *Vindicta*. -—Poeta, v. *Canere*. -—Pollere, v. *Posse*. - -Polliceri. Promittere. Spondere. Recipere. -*Polliceri*, promettre de plein gré, par un acte de complaisance -et de prévenance, ἐπαγγέλλεσθαι; *promittere*, à la suite d’une -demande, par un acte de consentement, avec l’intention de tenir, -ὑπισχνεῖσθαι; *spondere* et *despondere*, promettre -formellement, à la suite d’une *stipulatio* par un engagement -qui lie en justice, ἐγγυᾶν; *recipere*, prendre sur soi et -s’engager d’honneur pour tranquilliser une personne qui est dans -la peine, ἀναδέχεσθαι. Le *pollicens* fait des offres agréables; -le *promittens* ouvre une perspective satisfaisante; le -*spondens* donne une garantie judiciaire; le *recipiens* nous -ôte nos soucis. Cic. Att. XIII, 1. Quoniam de æstate -*polliceris* vel potius recipis. Puisque tu t’avances sur ce -sujet ou plutôt puisque tu te fais fort; car le *pollicens* -n’engage que sa bonne volonté, le *recipiens* répond du succès. -Sen. Ep. 19. Jam non *promittunt* de te sed *spondent*. Ils ne -se bornent plus à promettre, ils s’engagent pour toi. Cic. Famm. -VII, 5. Neque minus ei prolixe de tua voluntate *promisi* quam -eram solitus de mea *polliceri*. Et je lui ai promis ta -bienveillance avec autant d’assurance que si je n’avais eu qu’à -m’avancer pour mon compte: car Cicéron ne pouvait donner au nom -de Trébatius que des espérances, mais il pouvait faire de son -chef des promesses positives. - -—Polluere, v. *Contaminare*. -—Pondo, v. *Libra*. -—Pontus, v. *Mare*. -—Populari, v. *Vastare*. -—Pompa, v. *Funus*. -—Pondus, v. *Moles*. -—Popina, v. *Deversorium*. -—Populus, v. *Gens*. - -Porca. Sulcus. Lira. -*Porca*, billon, terre relevée entre deux sillons; *sulcus*, -creux du sillon, trace faite dans la terre par la charrue; -*lira*, tantôt l’un, tantôt l’autre. - -—Porcus, v. *Sus*. -—Portenta, v. *Auguria*. -—Poscere, v. *Petere*. -—Portare, v. *Ferre*. -—Portio, v. *Pars*. - -Posse. Quire. Valere. Pollere. -1. *Posse* et *quire* sont originairement transitifs: *posse*, -être apte par vigueur et par force, δύνασθαι; *quire*, par le -concours de toutes les qualités qu’on possède, comme οἷόν τ’ -εἶναι. Cic. Tusc. II, 27. Barbari ferro decertare acerrime -*possunt*, viriliter ægrotare non *queunt*. Les barbares peuvent -bien se battre à outrance le fer à la main; aux prises avec la -maladie, ils sont incapables d’être hommes. *Valere* et -*pollere* sont neutres, d’où *possum* ou *queo* vincere, mais -*valeo* ou *polleo* ad vincendum. - -2. *Valere*, posséder une juste mesure de forces, valoir un -autre homme, par opposition à des forces insuffisantes, comme -σθένειν; *pollere*, avoir un excès de forces et de ressources et -se distinguer par là de la foule, par opposition à des forces -ordinaires, comme ἰσχύειν. - -—Possidere, v. *Tenere*. -—Posteritas, v. *Stirps*. -—Postremus, v. *Extremus*. -—Postulare, v. *Petere*. -—Potare, v. *Bibere*. - -Potentia. Potentatus. Potestas. Vis. Robur. -*Potentia*, *potentatus* et *potestas*, puissance qui vient du -dehors, qui a des hommes pour instruments et pour sujets; *vis* -et *robur*, puissance, force intérieure, indépendante du -concours et de la bonne volonté d’autrui. *Potentia*, pouvoir de -fait qui se fait sentir à volonté, δύναμις; *potentatus*, rang -du souverain reconnu par le peuple, δυναστεία; *potestas*, -autorité légitime et légalement déférée, ἐξουσία. Tac. Ann. -XIII, 19. Nihil tam fluxum est quam fama *potentiæ* non sua vi -nixæ. Rien de si fragile que le crédit d’un pouvoir qui n’a -point en lui-même les éléments de sa force. *Vis*, la force -active et agressive, comme faculté de contraindre les autres, -ϰράτος; *robur*, la force au repos, comme faculté de résister et -de durer, ῥώμη. - -—Potestas, v. *Occasio*. - -Præbere. Exhibere. Præstare. Repræsentare. -*Præbere* et *exhibere*, aller spontanément au-devant d’un -besoin ou d’un désir: le *præbens* cède son bien à quelqu’un; -l’*exhibens* se dessaisit du sien en faveur du public. -*Præstare* et *repræsentare*, s’exécuter pour remplir un devoir: -le *præstans* se libère, pour ainsi dire, d’une dette en se -rangeant à son devoir; le *repræsentans* accomplit une promesse, -au lieu de tarder encore à la tenir. - -—Præceptor, v. *Doctor*. -—Præclarus, v. *Eminens*. -—Præcipere, v. *Jubere*. - -Præda. Manubiæ. Spolia. Exuviæ. Rapina. Prædo. Latro. Pirata. -1. *Præda* et *manubiæ*, le butin considéré comme un bien de -conquête et comme un profit; *spolia* et *exuviæ*, considéré en -outre comme une marque de victoire et d’honneur. - -2. *Præda*, toute espèce de butin; *manubiæ*, le butin légitime -du soldat, fait à la guerre; *rapina*, le butin illégitime du -*prædo*, qui trouble la paix publique, le fruit du vol. - -3. *Prædo*, brigand en général, celui qui exerce le brigandage -comme un métier, ληστής. C’est le terme générique, par rapport à -*latro*, le voleur de grands chemins, σίνις, et à *pirata*, le -pirate. *Raptor*, le ravisseur d’une personne ou d’un objet -déterminé, ἁρπαϰτήρ. - -—Prædicere, v. *Divinare*. - -Præditus. Instructus. Exstructus. Ornatus. -1. *Præditus* s’entend d’une qualité éminente qui est un titre -d’honneur; *instructus* et *exstructus*, d’une qualité solide -qui rend propre à certains usages. Les deux idées sont réunies -dans *ornatus*. L’*instrumentum* sert, le *decus* donne de -l’éclat, l’*ornamentum* semble tirer son lustre d’une utilité -éminente. *Instructus* suggérera, par exemple, l’image d’un -armement complet qui est un gage de protection et de sécurité; -*ornatus*, celle d’un armement parfait et imposant. Il faut se -placer à un point de vue élevé et viser à l’idéal pour juger -l’*ornatus* indispensable; c’est du luxe, par rapport aux -besoins ordinaires de la vie. Cic. Phil. X, 4. Græcia copiis non -*instructa* solum, sed etiam *ornata*. La Grèce, qui abonde en -ressources solides et même apparentes. Sen. Tranq. 9. Sicut -plerisque libri non studiorum *instrumenta*, sed cœnationum -*ornamenta* sunt. Pour beaucoup de gens, une bibliothèque n’est -point un instrument d’étude, c’est un décor indispensable dans -une salle à manger. - -2. *Instructus* se rapporte à des personnes et à des objets -destinés à jouer un rôle offensif ou défensif; *exstructus*, à -des objets dont la destination est passive, par exemple, -*instructæ naves*, mais *exstructæ mensæ*. Les *exstructa* ne -laissent plus rien à faire; les *instructa* ont reçu un premier -achèvement, une préparation complète et n’ont plus qu’à remplir -leur destination. - -3. *Instructus* se rapporte à la simple possession des moyens; -*paratus*, au propriétaire de ces moyens, prêt lui-même à en -tirer parti. - -—Prædium, v. *Villa*. - -Præmium. Pretium. Merces. -*Præmium*, récompense honorable destinée à distinguer celui qui -la reçoit, par opposition à *pœna*, ἆθλον, γέρας; *pretium* et -*merces*, payement destiné à acquitter une dette: *pretium*, -prix d’achat pour une marchandise qu’on nous cède, par -opposition à *gratia*, ὦνος; *merces*, ce qu’on paye pour tout -ce qu’on prend ou tient à louage, hommes et choses, μισθός. - -—Præs, v. *Sponsor*. -—Præsentem esse, v. *Adesse*. -—Præstans, v. *Eminens*. -—Præsagire, v. *Divinare*. -—Præsentire, v. *Divinare*. -—Præstolari, v. *Manere*. - -Præterea. Insuper. Ultro. -*Præterea*, de plus, marque simplement qu’on ajoute ce qu’il -faut pour compléter un compte, comme πρὸς τούτοις; *insuper*, en -sus, par-dessus le marché, qu’on fait mesure comble, comme -προσέτι; enfin, *ultro*, en outre, que ce qu’on ajoute va fort -au delà de ce qu’on avait déjà fait, en sorte que tout ce qui a -précédé n’a plus aucune valeur. - -—Prævidere, v. *Divinare*. -—Pravitas, v. *Malitia*. -—Precari, v. *Rogare*. -—Prehendere, v. *Sumere*. -—Pretium, v. *Præmium*. - -Pridem. Diu. Dudum. Diuturnus. Diutinus. -1. *Pridem* marque un point dans le temps, une époque, comme il -y a longtemps; *diu* et *dudum* marquent un espace, une période, -comme depuis longtemps: *diu*, depuis bien des jours, des mois, -des années; *dudum*, depuis plusieurs minutes ou plusieurs -heures. *Jam pridem mortuus est* veut dire: il est mort il y a -très-longtemps, c’est un aoriste; mais *jam diu mortuus est*: il -est depuis longtemps dans la tombe, c’est un parfait. Cic. Cat. -I, 1. Ad mortem te duci *jam pridem* oportebat; in te conferri -pestem illam quam tu in nos omnes *jam diu* machinaris. Il y a -longtemps que j’aurais dû te faire conduire au supplice et -amasser sur ta tête tous les maux que tu nous prépares depuis -longtemps. Tac. Ann. XV, 64. Seneca Statium Annæum *diu* sibi -amicitiæ fide et arte medicinæ probatum orat, provisum *pridem* -venenum promeret. Sénèque prie Statius Annæus, qui avait depuis -longtemps sa confiance comme ami et comme médecin, de lui -apporter le poison dont ils étaient autrefois convenus. - -2. *Diuturnus* se dit d’une longue durée, soit indifféremment, -comme de quelque chose de long, en général, soit par éloge, -comme de quelque chose de durable et de solide, par opposition à -ce qui passe vite, χρόνιος; *diutinus* exprime un blâme et se -dit de ce qui pèse ou ennuie, comme αἰανός. Cic. Senect. 19. -Nihil mihi *diuturnum* videtur, in quo est aliquid extremum. Une -durée dont je vois le terme ne me paraît jamais longue. Comparez -avec Famm. XI, 8. Libertatis desiderio et odio *diutinæ* -servitutis. Par regret de la liberté et par haine d’un esclavage -prolongé. - -—Primordium, v. *Initium*. - -Primores. Principes. Proceres. Optimates. -*Primores* et *principes*, les personnages qui jouent un rôle -dans l’État, la classe des citoyens influents et notables, par -opposition à la foule: *primores*, ceux qui sont tout portés à -cette hauteur par le privilége de la naissance, de la fortune et -du rang; *principes*, ceux qui, par leur esprit, leurs talents -politiques, leur activité, deviennent orateurs, chefs de parti, -et s’élèvent aux premières places parmi les *primores* même et -dans tout l’État. *Proceres*, les grands envisagés dans leur -condition naturelle, comme noblesse, par opposition au commun du -peuple; *optimates*, les mêmes grands considérés comme parti -politique, comme aristocrates, par opposition aux démocrates. -Accius dans Non. *Primores procerum* provocaret nomine. Nommer, -en les défiant, les premiers personnages de la noblesse. - -Primus. Princeps. Imperator. Cæsar. -1. *Primus*, le premier à paraître dans l’espace ou dans le -temps, en sorte que les autres lui succèdent; *princeps*, le -premier à faire une chose, celui dont les autres suivent -l’exemple. - -2. *Princeps*, l’empereur investi en matière civile de -l’autorité suprême qui lui avait été insensiblement dévolue en -sa qualité de prince du sénat, *princeps senatus*; *imperator*, -l’empereur investi de la plus haute autorité militaire, -personne, hors lui et les membres de sa famille, ne pouvant plus -être proclamé *imperator*; enfin, *Cæsar*, l’empereur, comme -membre, et à partir de Galba, comme simple successeur de la -famille et de la dynastie de César. - -—Principium, v. *Initium*. -—Priscus, pristinus, v. *Antiquus*. - -Privus. Proprius. Peculiaris. -*Privus* se dit de la propriété de fait, par opposition à ce que -les autres possèdent, à *alienus*, comme οἰϰεῖος; *proprius*, de -la propriété exclusive, par opposition aux biens de droit -commun, à *communis*, comme ἴδιος; enfin *peculiaris*, des biens -qu’on a en propre, par opposition à ceux qu’on partage avec tout -le monde, à *universalis*. - -—Probrum, v. *Ignominia* et *Maledictum*. -—Probus, v. *Bonus*. -—Procax, v. *Petulans*. -—Procella, v. *Ventus*. -—Proceres, v. *Primores*. -—Procerus, v. *Altus*. -—Proclivis, v. *Pronus*. -—Procrastinare, v. *Differre*. - -Procul. Longe. Eminus. E longinquo. -1. *Procul*, à une certaine distance qui permet encore de voir -les objets, par opposition à *juxta*, comme ἄποθεν; *longe*, à -une grande distance, hors de la portée de la vue, par opposition -à *prope*, comme τῆλε. - -2. *Eminus*, de loin, d’une distance dont la mesure est donnée -par la portée des traits; il est opposé à *cominus*, comme -πόῤῥωθεν; *e longinquo*, de très-loin, d’une forte distance, par -opposition à *e propinquo*, comme τηλόθεν. - -—Prodigia, v. *Auguria*. - -Prodigus. Profusus. Helluo. Nepos. -*Prodigus* et *profusus* présentent la dissipation comme un -trait de caractère: *prodigus*, en ce sens qu’on ne connaît pas -la valeur de l’argent et du bien, qu’on n’est ni désireux ni -capable de les faire valoir parcimonieusement, comme le -prodigue; *profusus*, en ce sens que rien ne paraît trop cher -pour satisfaire des fantaisies, par frivolité, comme le -dissipateur. *Helluo* et *nepos* s’entendent d’un caractère qui -se résume tout entier en une seule manie, celle de la -dissipation: *helluo*, le viveur et le libertin émérite; -*nepos*, le fils de famille qui mange son avoir et celui de ses -parents. - -—Prælium, v. *Pugna*. -—Prorogare, v. *Differre*. - -Proficisci. Iter facere. Peregrinari. -1. *Proficisci* désigne le commencement du voyage, comme partir, -πορεύεσθαι; *iter facere* et *peregrinari* en comprennent toute -la durée, comme voyager, ὁδοιπορεῖν. - -2. *Iter facere* se dit également d’un voyage dans le pays ou à -l’étranger; mais *peregrinari*, ἐϰδημεῖν, suppose toujours qu’on -passe la frontière; dans ce dernier cas, la *peregrinatio* -continue même quand on est arrivé à destination et que l’*iter* -est fini. - -—Profiteri, v. *Fateri*. -—Profusus, v. *Prodigus*. -—Progenies, v. *Stirps*. -—Prohibere, v. *Arcere*. -—Proles, v. *Stirps*. -—Prolixi, v. *Passi*. -—Proloqui, v. *Eloqui*. -—Promittere, v. *Polliceri*. -—Profugus, v. *Perfuga*. -—Pronuntiare, v. *Eloqui*. - -Pronus. Proclivis. Propensus. -*Pronus*, au sens moral, marque un penchant en général; -*proclivis* marque le plus souvent un penchant au bien; -*propensus*, au mal. - -—Propalam, v. *Aperire*. -—Prope, v. *Pæne*. -—Propensus, v. *Pronus*. -—Properus, v. *Citus*. -—Propinquus, v. *Necessarius*. -—Prorogare, v. *Differre*. -—Prosapia, v. *Stirps*. -—Prosper, v. *Felix*. -—Protinus, v. *Repente*. -—Psallere, v. *Canere*. -—Proprius, v. *Privus*. -—Prorsus, v. *Plane*. -—Prosequi, v. *Comitari*. -—Protervus, v. *Petulans*. -—Prudens, v. *Sapiens*. -—Pudens, pudibundus, pudicus, v. *Castus*. -—Puella, v. *Virgo*. - -Puer. Infans. Adolescens. Juvenis. Vir. Vetus. Senex. -*Puer*, dans son acception générale, l’homme dans ses années de -dépendance, tant qu’il n’est ni ne peut être père de famille, en -trois périodes: 1º comme *infans*, enfant, νήπιος, παιδίον, à -partir de la première année; 2º comme *puer*, au sens restreint, -jeune garçon, παῖς, à partir de la septième; 3º comme -*adolescens*, à l’ouverture de l’adolescence, jeune homme, -μειράϰιον, νεανίας, à partir de la seizième. *Juvenis*, dans son -acception générale, l’homme tant que durent les années pendant -lesquelles il possède et retient la plénitude de ses forces, à -peu près depuis l’époque de la majorité jusqu’aux premières -atteintes de l’âge, l’homme jeune, νέος, en trois périodes: 1º -comme *adolescens*, au déclin de l’adolescence, à partir de la -dix-huitième année; 2º comme *juvenis*, au sens restreint, -νεανίας, à partir de la vingt-quatrième; 3º comme *vir*, homme -fait, ἀνὴρ, à l’ouverture de la virilité, à partir de la -trentième. *Maturus* se dit des années de maturité avancée quand -le feu de la jeunesse s’est évaporé, en trois périodes: 1º de -l’homme fait, *vir*, ἀνὴρ, au déclin de la virilité, à partir de -la quarantième année; 2º de l’homme âgé, *vetus*, γέρων, à -partir de la cinquantaine; 3º du vieillard, *senex*, πρεσϐύτης, -à partir de la soixantaine. - -—Pugio, v. *Gladius*. - -Pugna. Acies. Prœlium. -*Pugna*, terme général pour toute espèce de combat, depuis le -duel jusqu’à la bataille rangée la plus sanglante, μάχη; -*acies*, action décisive, conduite selon les règles de la -tactique entre les parties belligérantes, bataille rangée; -*prælium*, combat d’occasion entre des détachements, rencontre, -engagement, escarmouche, comme συμϐολή. - -Pugnare. Confligere. Dimicare. Digladiari. -1. *Pugnare* et *confligere*, vider un différend de vive force; -ils s’appliquent presque toujours à l’emploi des masses, à une -bataille; *dimicare* et *digladiari*, le vider par la voie des -armes et presque toujours en combat singulier. - -2. *Pugnare* marque de préférence une bataille en règle, livrée -à dessein et envisagée par son beau côté, comme exigeant à la -fois de l’art et du courage; *confligere*, un combat de -rencontre, pris du vilain côté, comme occasion de meurtre et de -carnage. Cic. Balb. 9. Qui cum hoste nostro cominus sæpe in acie -*pugnavit*. Il s’est souvent mesuré de près avec notre ennemi en -bataille rangée. Comparez avec Off. I, 23. Temere in acie -versari et manu cum hoste *confligere* immane quiddam et -belluarum simile est. Se jeter follement dans la mêlée d’une -bataille et se prendre corps à corps avec l’ennemi, c’est un -excès de courage qui tient de la brute. - -3. *Dimicare* présente l’image d’une lutte soutenue à l’aide de -la première arme venue, épée, lance, pique, massue, par un homme -qui défend sa vie; il se prend indifféremment en bonne et en -mauvaise part; *digladiari* se dit d’un combat à l’épée ou au -poignard et présente l’image odieuse d’un gladiateur consommé -dont la vocation et l’art consistent dans l’escrime et dans le -meurtre. Cic. Tusc. IV, 19. Convenit *dimicare* pro legibus, pro -libertate, pro patria. Il faut savoir se battre pour les lois, -la liberté, la patrie. Comparez avec Legg. III, 9. Iis sicis, -quas ipse se projecisse dicit in forum, quibus inter se -*digladientur* cives. Ces poignards qu’il se vante d’avoir jetés -dans le Forum pour forcer ses concitoyens à s’entr’égorger. - -—Pulcher, v. *Formosus*. -—Pulpa, v. *Caro*. -—Pulvinar, v. *Culcita*. -—Pullus, v. *Ater*. -—Pulsare, v. *Verberare*. - -Pungere. Stimulare. -*Pungere*, piquer pour blesser, pour faire mal; *stimulare*, -aiguillonner pour réveiller et stimuler par la douleur. - -—Punire, v. *Vindicta*. - -Purgatio. Excusatio. Satisfactio. -La *purgatio* consiste, comme la justification, à se laver par -des raisons péremptoires d’un soupçon ou d’une accusation; -l’*excusatio* ou excuse à reconnaître qu’il y a eu une faute de -commise, mais en donnant des assurances ou des preuves de -l’innocence de ses intentions; la *satisfactio* ou satisfaction, -à apaiser la partie offensée ou lésée, en cas d’innocence, par -la *purgatio* ou l’*excusatio*, en cas de culpabilité, par la -*veniæ petitio* ou par la *pœna*. - -Purus. Mundus. Merus. Putus. Meracus. -1. *Purus*, synonyme d’*integer* et opposé de *contaminatus*, -pur et sans tache, ϰαθαρός; *mundus*, synonyme de *nitidus* et -opposé de *spurcus* et de *sordidus*, pur et net, ϰομψός; enfin, -*merus*, synonyme de *simplex* et opposé de *mixtus*, pur et -sans mélange, comme ἀϰήρατος, ἀϰέραιος. - -2. *Purus*, terme général et populaire; *putus* ou ordinairement -*purus putus*, *purus ac putus*, terme technique pour exprimer -la pureté de l’or et de l’argent massifs. - -3. *Merus* se dit de tout ce qui est pur, soit indifféremment, -soit avec éloge, comme si tout mélange était une falsification; -*meracus* se dit particulièrement de la pureté du vin qui n’est -point trempé et, transporté au figuré à d’autres objets, il -exprime une idée de blâme, comme si la matière pure et sans -addition n’était pas comme elle doit être, par opposition à -*temperatus*. C’est le sens de l’ancien allemand eitel. - -—Pus, v. *Sanies*. -—Putare, v. *Censere*. -—Pusillus, v. *Parvus*. -—Putus, v. *Purus*. - - -Q - - -Quærere. Scrutari. Rimari. Investigare. Indagare. -1. *Quærere*, chercher, en général, on éprouve le désir ou le -besoin de trouver; *scrutari*, *rimari*, *investigare* et -*indagare* ajoutent à ce sens une idée accessoire de peine et de -difficulté. - -2. *Scrutari* et *rimari*, se mettre à la recherche d’un objet -caché: *scrutari*, en fouillant de tous les côtés, on -s’intéresse à la découverte, on se passionne; *rimari*, en -creusant pour déterrer, la découverte exige des efforts et de la -sagacité. *Investigare* et *indagare*, se mettre à la recherche -d’un objet éloigné: *investigare*, à la façon du chasseur qui -suit en connaissance de cause la piste ou la trace visible du -gibier; *indagare*, à la façon du limier qui suit l’odeur guidé -par son instinct. Curt. IX, 10, 11. Famem sentire cœperunt, -radices palmarum ubique *rimantes*. Ils éprouvèrent les -atteintes de la faim et ils cherchaient partout, pour les -déterrer, des racines de palmiste. Comparez avec IX, 9, 5. -*Scrutati* omnia tuguria tandem latentes reperere. A force de -fouiller toutes les cabanes, ils finirent par les trouver dans -leur cachette. Tac. Ann. VI, 3. *Rimans* secreta omnium. -Déterrant les secrets de tout le monde. Et XII, 52. Quasi finem -principis per Chaldæos *scrutaretur*. Furius Scribonianus est -exilé sous prétexte qu’il avait eu la curiosité de s’adresser -aux Chaldéens pour découvrir quand et comment l’empereur -mourrait. Il n’y avait pas d’obstacles à surmonter. - -—Quæstus, v. *Lucrum*. -—Que, v. *Et*. -—Quare, v. *Cur*. - -Questus. Quiritatio. Querimonia. Querela. -*Questus* et *quiritatio*, expression de la douleur: *questus*, -par des gémissements rares; *quiritatio*, par des gémissements -suivis. *Querimonia* et *querela*, expressions du chagrin: la -*querimonia* part d’un sentiment estimable, celui d’une personne -lésée qui ne veut pas souffrir une injustice; la *querela*, d’un -sentiment presque toujours blâmable, celui du mécontent qui ne -sait supporter aucune contrariété. La *querimonia* est une -affaire de raisonnement, elle vise à obtenir assistance ou -satisfaction, comme la plainte; la *querela* est une affaire de -sentiment; elle ne tend guère qu’à soulager le cœur, comme les -lamentations. Cic. Cæcil. 3. In populi Romani quotidiana -*querimonia*. La plainte journalière du peuple romain. Comparez -avec Famm. V, 14. Tu non intelliges te *querelis* quotidianis -nihil proficere? Ne veux-tu point comprendre que tu ne gagnes -rien à tes lamentations journalières? - -Quies. Tranquillitas. Requies. -1. *Quies*, le repos, l’inaction absolue, par opposition à toute -espèce d’activité, ἡσυχία; *tranquillitas*, le calme dans le -mouvement opposé à l’agitation et à la passion, comme ἑϰηλία. -Sen. Ep. 3. Et quiescenti agendum et agenti quiescendum est. Il -faut que l’action succède au repos et le repos à l’action. -Comparez avec Cic. Top. 3. Ut aut *perturbentur* animi aut -*tranquillentur*. Pour remuer ou calmer les esprits. *Quietus* -offre une analogie de signification avec *otiosus*, *segnis*, -*languidus*, et *tranquillus* avec *lenis*, *placidus*, -*moderatus*. - -2. *Quies*, le repos en lui-même, indépendamment de toute -relation; *requies*, le repos par lequel on se délasse au sortir -de l’action ou de la fatigue. Curt. IX, 6, § 2. Ne *quies* -corpori invalido adhuc necessaria pulsu remorum impediretur. -Pour ne point déranger par le bruit des rames le repos dont la -faiblesse du malade avait toujours besoin. Comparez avec § 3. -Placuit hic locus ad suam et militum *requiem*. Il trouva le -lieu à son gré pour se livrer au repos avec son armée. - -—Quire, v. *Posse*. -—Quiritatio, v. *Questus*. - -Quisque. Quivis. Quilibet. Unusquisque. Omnes. Universi. Cuncti. -Totus. -1. *Quisque*, *quivis* et *quilibet* désignent la totalité des -individus qui constituent l’espèce; *omnes*, *universi* et -*cuncti*, la totalité de l’espèce qui comprend et réunit les -individus. - -2. *Quisque*, tout individu pris à part; *quivis*, tout individu -choisi par préférence entre tous les autres, sans exclure -personne de ce choix, qui n’en est que plus marqué, comme πᾶς -τις; *quilibet*, le premier venu, sans choix, avec une nuance de -mépris, comme ὁστισοῦν; il est synonyme de *primus quisque*, ὁ -τυχών. Cic. Famm. VIII, 10. *Quidvis* *quamlibet*, tenue -munusculum. Ce que vous voudrez, le moindre petit présent. - -3. *Quisque* est enclitique; on ne le trouve jamais en prose à -la tête de la proposition; *unusquisque* est accentué et se -place partout. - -4. *Unusquisque*, chacun en particulier, par opposition à -quelques individus; *singuli*, les individus, par opposition à -un tout indivisible, comme ἕϰαστος. - -5. *Omnes*, tout le monde, sans exception; ce n’est qu’une -totalité physique, par opposition à *nemo*, *unus*, *aliquot*, -comme πάντες; *universi*, l’universalité des êtres que l’espèce -peut embrasser et contenir; c’est une totalité morale, par -opposition à *singuli* et *unusquisque*, comme σύμπαντες; enfin, -*cuncti*, tous ceux qui sont rassemblés et réunis; c’est une -totalité de rencontre et de fait, par opposition à *dispersi*, -comme ἅπαντες. Liv. VII, 35. Admiratione paventibus cunctis, -quum *omnium* in se convertisset oculos Decius. Toute -l’assistance était étonnée et émue, tous les regards tournés -vers Décius. Nep. Dat. 5. Qui illum *unum* pluris quam se -*omnes* fieri videbant. Quo facto *cuncti* ad eum opprimendum -consenserunt. Les courtisans voyaient qu’à lui seul il les -effaçait tous auprès du roi. Ils entrèrent tous tant qu’ils -étaient dans une conspiration qui devait l’accabler. - -6. *Totus*, *solidus* et *integer* s’appliquent à un tout -primitif qui ne vient que par extraordinaire à se diviser en -parties, comme ὅλος; *omnis*, *universus* et *cunctus*, à des -individus primitivement isolés qui ne forment un tout que par -leur réunion, πᾶς, σύμπας, ἅπας. - -Quotidie. In singulos dies. -*Quotidie* s’entend de ce qui revient tous les jours; *in -singulos dies*, de ce qui va tous les jours en augmentant. Cic. -Att. V, 7. *Quotidie* vel potius *in singulos dies* breviores -litteras ad te mitto. Les lettres que je t’envoie deviennent -plus courtes tous les jours ou plutôt de jour en jour. - - -R - - -—Rabies, v. *Amens*. -—Radiare, v. *Lucere*. - -Rami. Ramalia. Virga. Termes. Turio. Surculus. Sarmentum. Stolo. -Virgultum. Fruticetum. -1. *Rami* et *ramalia*, les branches de l’arbre: *rami*, les -branches vivantes et vertes, θαλλοί; *ramalia*, les branches -mortes et sèches. *Virga*, *termes*, *turio*, *surculus*, -*talea*, *sarmentum* et *stolo* ne se disent que des rameaux: -*virga* et les termes rares de *termes olivæ* et *turio lauri*, -simples rameaux sans idée accessoire, ϰλάδος, ϰλὼν, ϰλῆμα; -*surculus* et *talea*, rameaux considérés comme des membres et -des rejetons de l’arbre qui servent à la propagation en qualité -de greffes et de boutures, les pousses, ὀρσός; *sarmentum* et -*stolo*, rameaux considérés comme des excroissances dont il faut -débarrasser l’arbre et qui ne sont bonnes qu’à jeter: -*sarmentum*, rameau inutile, sauvage; *stolo*, branche folle, -gourmande, parasite. - -2. *Virgultum*, lieu couvert de buissons, qui n’est point nu; -*fruticetum*, lieu embarrassé de halliers, impraticable. - -—Rapina, raptor, v. *Præda*. -—Recens, v. *Novus*. -—Recipere, v. *Polliceri* et *Sumere*. -—Recondere, v. *Celare*. -—Recuperare, v. *Sumere*. -—Recusare, v. *Negare* et *Spernere*. -—Redire, v. *Reverti*. -—Reduncus, v. *Curvus*. -—Recitare, v. *Eloqui*. -—Recordari, v. *Meminisse*. -—Recurvus, v. *Curvus*. -—Redimere, v. *Emere*. -—Redolere, v. *Olere*. -—Redundare, v. *Abundare*. -—Refellere, v. *Refutare*. -—Refugium, v. *Perfuga*. - -Refutare. Confutare. Refellere. -1. *Refutare* et *confutare*, réfuter par toute sorte de moyens; -*refellere*, par des raisons solides et par une discussion -lumineuse. Cic. Orat. II, 50, 203. Neque hæc solum in -defensione, sed etiam in Scauro cæterisque meis testibus, quorum -testimonia non *refellendo*, sed ad eumdem impetum populi -confugiendo *refutasti*. C’est toujours le même artifice et dans -ta défense et à propos de Scaurus et de mes autres témoins; ce -n’est point par une vraie réfutation, mais par un nouveau -recours aux passions populaires que tu réponds à leurs -témoignages. - -2. Le *refutans* se tient sur la défensive et rétorque les -arguments qu’on lui oppose; le *confutans* prend l’offensive; il -en fait voir la nullité et les réduit en poussière. Cic. Font. -1. Plus laboris consumo in poscendis testibus quam defensores in -*refutandis*. Je me donne plus de peine pour interroger les -témoins que les défenseurs pour leur répondre. Comparez avec N. -D. II, 17. Cujus opinionis levitas *confutata* a Cotta non -desiderat orationem meam. Ce sentiment n’a aucun poids, et Cotta -l’a pulvérisé de manière à me dispenser de parler. Top. 25. -*Refutatio* accusationis in qua est depulsio criminis. Répondre -à un acte d’accusation en repoussant les charges. Comparez avec -Rhet. ad Her. I, 13. *Confutatio* est contrariorum locorum -dissolutio. La réfutation consiste à réduire à néant les -arguments contraires. - -—Regalis, v. *Regius*. -—Regio, v. *Locus*. - -Regius. Regalis. -*Regius*, ce qui appartient à un roi, ce qui vient d’une suite -de rois; *regalis*, ce qui convient à un roi, ce qui est digne -de lui. - -Religio. Fides. -*Religio*, probité scrupuleuse fondée sur une obligation -intérieure, toute de conscience; *fides*, même qualité fondée -sur une obligation extérieure, sur une promesse. - -Relinquere. Deserere. Omittere. Destituere. Desolatus. -1. *Relinquere*, quitter, s’applique à un objet auquel on ne -tient que par un rapport de lieu et de voisinage; *deserere* et -*omittere*, à un objet auquel on tient par une obligation morale -en qualité de possesseur ou d’ami. Il y a au fond de la -*desertio*, de l’abandon, une lâcheté, un oubli de quelque -devoir, par opposition à *defensio*, *tutatio*; au fond de -l’*omissio* une conviction que l’on a d’être autorisé à -s’abstenir, comme dans renoncer, par opposition à *obtinere*. -Tac. Dial. 16. Partes quas intellexerimus te non tam *omisisse* -quam nobis *reliquisse*, ce qui ne veut pas dire qu’on renonce à -voir le sujet traité, mais qu’on le quitte pour le laisser -traiter par un autre. Et 9. *Relinquenda* conversatio amicorum -et jucunditas urbis, *deserenda* cætera officia. Il faut quitter -le commerce de ses amis, les plaisirs de la ville; il faut -abandonner ses devoirs. Cic. Verr. I, 4, 11. *Desertum* -exercitum, *relictam* provinciam. Abandonner l’armée, quitter la -province. - -2. *Deserere*, quitter et trahir dans un danger possible et -éloigné; *destituere*, dans un danger réel et prochain. Curt. -IV, 2, 32. *Desertus*, *destitutus*, hostibus deditus. -Abandonné, délaissé, livré aux ennemis. Liv. VI, 2. Quod -defensores suos in ipso discrimine periculi *destituat*. Il -délaisse ses défenseurs dans la crise même du péril. - -3. *Desertus* et *destitutus* marquent particulièrement l’oubli -du devoir; *desolatus*, la dureté impitoyable de cet oubli. -Suet. Cal. 12. *Deserta* *desolata*que reliquis subsidiis aula. -La cour abandonnée et anéantie par l’abandon de ses derniers -appuis. - -—Reliqui, v. *Cæteri*. -—Reminisci, v. *Meminisse*. -—Renuere, v. *Negare*. -—Repandus, v. *Curvus*. -—Remedium, v. *Mederi*. -—Renidere, v. *Ridere*. -—Repagulum, v. *Sera*. - -Repente. Subito. Extemplo. E vestigio. Illico. Statim. Protinus. -Confestim. Continuo. -*Repente* et *subito*, tout à coup: *repens*, par opposition à -l’attente, à *exspectatus*, à *sensim*, comme ἐξαπίνης; -*subitus*, par opposition à des préparatifs, à *ante provisus*, -*meditatus*, *paratus*, comme παραχρῆμα. *Extemplo* et *e -vestigio* se disent par opposition à un délai: *extemplo* marque -un rapport de temps, comme dans l’instant; *e vestigio*, un -rapport de lieu, comme sur-le-champ. *Illico*, *ilicet*, à la -hâte, se prennent par opposition à la lenteur: *illico*, en -prose, comme παραυτίϰα; *ilicet*, chez les comiques et les -poëtes. *Statim* et *protinus* s’opposent au temps qui suit: -*statim*, aussitôt, à *deinde*, *postea*, comme εὐθύς; -*protinus*, de suite, comme πρόϰα. Enfin, *confestim* et -*continuo* s’opposent à *ex intervallo*. - -Repere. Serpere. Serpens. Anguis. Coluber. -1. *Repere*, avancer à l’aide de pieds très-courts, à petits -pas, lentement, se traîner; *serpere*, sans pieds, par une -ondulation du corps entier, et sans bruit, ramper. - -2. *Serpens*, nom général pour tout ce qui rampe, à la façon des -serpents, ἑρπετόν; *anguis*, serpent redoutable par la grandeur -de sa taille, ὄφις; *coluber*, serpent dangereux, quoique de -petite taille, ἔχις, ἔχιδνα. - -—Reperire, v. *Invenire*. -—Repetere, v. *Iterum*. - -Reprehensio. Vituperatio. -*Reprehensio*, blâme destiné à corriger, à ramener dans la bonne -voie, remontrance, μέμψις; *vituperatio*, blâme destiné à servir -de châtiment, à reprocher une faute à celui qui l’a commise, -réprimande, ψόγος. La *reprehensio* a son opposé dans la -*probatio*, la *vituperatio* dans la *laudatio*. - -—Repudiare, v. *Negare*. - -Repudium. Divortium. -*Repudium*, renvoi de la fiancée ou de l’épouse du chef du mari -futur ou actuel; *divortium*, dissolution du mariage ou divorce -en forme fondé sur un consentement réciproque, à la suite duquel -chacune des deux parties tire de son côté. La formule du -*repudii* était: Conditione tua non utor; celle du *divortii*: -Res tuas tibi habeto. On dit *repudium* mittere, remittere, -renunciare, dicere alicui, mais *divortium* facere cum aliqua. - -—Requies, v. *Quies*. - -Requirere. Desiderare. -*Requirere*, réclamer, par un mouvement de l’esprit qui voit le -côté utile des choses; *desiderare*, regretter, par un mouvement -du cœur qui s’attache avec amour et sympathie. Le *requirens* a -des prétentions, il espère qu’on fera droit à sa réclamation; le -*desiderans* choie un désir et en attend l’accomplissement du -cours des choses, de la fortune. Cic. Famm. VII, 26. Magis tuum -officium *desiderari*, quam abs te *requiri* putavi meum. On est -plus porté selon moi à regretter ton intervention que tu ne l’es -à réclamer la mienne. - -—Reri, v. *Censere*. -—Reserare, v. *Aperire*. - -Respectum. Rationem habere. -*Respectum habere*, tenir compte de quelque chose par la pensée -et par la réflexion, juger digne d’attention; *rationem habere*, -en tenir compte dans sa conduite et dans ses mesures, comme d’un -moyen qui peut concourir à conduire au but. - -Restare. Superesse. -*Restare* modifie l’idée exprimée par rester en y associant -celle d’une tâche qui n’est point achevée; *superesse*, en y -associant celle d’une réserve qui n’est point épuisée. Cic. Cat. -III, 10. Cum hostes vestri tantum civium *superfuturum* -putassent, quantum infinitæ cædi *restitisset*. Quand vos -ennemis avaient réduit dans leur calcul le surplus des citoyens -à ce qui échapperait au massacre général. Hor. Sat. I, 9, 28. -Nunc ego *resto*, confice. C’est moi qui vais te servir à -présent de victime, achève. - -—Restaurare, v. *Instituere*. -—Restis, v. *Laqueus*. -—Restituere, v. *Instituere*. - -Rete. Cassis. Plaga. -*Retia*, rets, terme général pour les filets de pêche et de -chasse; *casses* et *plagæ*, engins réservés à la chasse: -*casses*, filets destinés à s’emparer du petit gibier qui y -entre comme dans un sac; *plagæ*, à s’emparer du gros gibier qui -s’y empêtre. Hor. Ep. 2, 32. Aut trudit acres... apros in -obstantes *plagas*, aut amite levi rara tendit *retia*. Il -pousse l’impétueux sanglier vers les rets qui lui barrent le -passage, il tend au bout d’une perche légère des filets déliés. - -—Reticere, v. *Silere*. -—Reterare, v. *Aperire*. -—Revereri, v. *Vereri*. -—Retinacula, v. *Laqueus*. - -Reverti. Revenire. Redire. -*Reverti* et *revenire*, pris au propre, marquent des actions -qui ne durent qu’un moment: *reverti*, opposé à *proficisci*, -celle qui consiste à se retourner pour revenir sur ses pas; -*revenire*, opposé à *advenire*, celle qui consiste à rattraper -le point d’où on était parti. *Redire*, opposé à *porro ire*, -s’entend de toute la durée de l’action comprise entre ces deux -extrêmes, comme revenir. Cic. Att. XVI, 7. p. m. Quam valde ille -*reditu* vel potius *reversione* mea lætatus effudit ille omnia -quæ tacuerat. Dans le transport qu’il éprouvait à me voir -revenir ou plutôt faire le premier pas pour revenir, il épancha -tout ce qu’il n’avait jamais voulu dire. - -Ridere. Cachinnare. Renidere. Subridere. Irridere. Deridere. -1. *Ridere* et *cachinnare* se disent d’un rire qu’on entend: -*ridere*, d’un rire gai et modéré, comme γελᾷν; *cachinnare*, -d’éclats de rire immodérés et discordants, comme ϰαγχάζειν. -*Subridere* et *renidere* désignent un sourire qu’on peut bien -voir, mais non pas entendre: *subridere*, un sourire espiègle ou -satirique; *renidere*, amical ou mielleux, μειδιᾷν. Cic. Tusc. -IV, 31. Si *ridere* concessum sit, vituperatur tamen -*cachinnatio*. On nous permet de rire, mais on nous reprocherait -de rire aux éclats. - -2. *Deridere* s’entend, comme ϰαταγελᾷν, d’un rire moqueur -considéré comme un trait d’orgueil et de mépris; on rit du haut -de sa grandeur; *irridere*, comme un trait d’insolence ou de -malignité; on rit à la barbe des gens, ἐγγελᾷν. Cic. Orat. III, -14. Istos omnes *deridete* atque contemnite. Riez -dédaigneusement de tous ces gens-là et méprisez-les. N. D. II, -3. Claudius etiam per jocum deos *irridens*. Claudius, qui osait -plaisanter et rire à la barbe des dieux. - -—Rimari, v. *Quærere*. - -Ripa. Littus. Ora. Acta. -1. *Ripa*, bord d’une rivière, ὄχθη; *littus*, *ora*, *acta*, -bord de la mer. Mela. III, 9. *Oras* ad Eurum sequentibus nihil -memorabile occurrit; vasta omnia vastis præcisa montibus ripæ -potius sunt quam *littora*. Le rivage suivi dans la direction de -l’est n’a rien de remarquable; des espaces arides coupés par des -montagnes nues font songer aux bords d’un torrent et ne -rappellent guère les bords de la mer. Vitruv. II, 9, 14. Circa -*ripam* fluminis Padi et *littora* maris Adriatici. Au bord du -Pô et sur les côtes de l’Adriatique. - -2. *Littus*, bord conçu comme une ligne qui sépare la terre de -la mer, ἠιὼν et ῥηγμὶν, la côte; *ora* et *acta*, comme un -espace et une zone qui s’étend le long de la mer, le rivage, -ἀϰτὴ et αἰγιαλός: *ora*, au sens géographique, comme terre -riveraine, par opposition à l’intérieur des terres; mais *acta*, -au sens esthétique, celui d’un rivage qui offre des paysages -charmants et un séjour agréable. Liv. XXIV, 8. Classem paravimus -ut Africæ *oram* popularemur, ut tuta nobis Italiæ *littora* -essent. Nous avons équipé une flotte: c’est pour dévaster le -rivage de l’Afrique et pour mettre à l’abri de toute insulte les -côtes de l’Italie, Plin. Ep. V, 6, 2. Gravis et pestilens *ora* -Tuscorum, quæ per *littus* extenditur. Il y a en Toscane, le -long de la côte, une zone malsaine et empestée. On trouve -*littoris* *ora*, c’est-à-dire *ora per littus extensa*. -Prudent. contr. Symm. IV, 136. Invenit expositum secreti in -*littoris* *acta*. Il le trouve exposé dans un enfoncement sur -une côte retirée. Cic. Famm. IX, 6. Ea tractes quorum et usus et -delectatio est omnibus illis *actis* et voluptatibus -anteponenda. Faites-vous des occupations utiles et attrayantes, -préférables à tous les paysages, à tous les plaisirs qu’on -demande aux bords de la mer. C’est un mot emprunté au grec que -Tacite préfère remplacer, H. III, 76, par la périphrase *amœna -littorum*. - -—Ritus, v. *Consuetudo*. -—Rixa, v. *Disceptatio*. -—Robustus, v. *Validus*. -—Rivalitas, v. *Imitatio*. -—Robur, v. *Potentia*. - -Rogare. Orare. Obsecrare. Obtestari. Precari. Supplicare. -1. *Rogare* et *orare* se disent d’une demande, d’une requête; -on exprime tranquillement un désir: le *rogans* se sent l’égal -de celui auquel il s’adresse et ne veut qu’une complaisance, -comme l’αἰτῶν; l’*orans* reconnaît la supériorité de l’autre et -demande un bienfait, comme le δεόμενος. *Obsecrare* et -*obtestari* expriment une requête passionnée, comme conjurer: -l’*obsecrans* est vif, comme le λιπαρῶν; l’*obtestans* est -pressant. Cic. Att. XVI, 16. Igitur, mi Plance, *rogo* te atque -etiam *oro*. Oui, mon cher Plancus, c’est une demande et même -une requête. Pseudocic. Red. 16. Pro mea vos salute non -*rogavit* solum, verum etiam *obsecravit*. Il ne vous a pas -demandé, il vous a adjurés de me sauver. - -2. *Precari* se dit d’une prière faite avec calme en levant les -mains au ciel, comme εὔχεσθαι; *supplicare*, d’une invocation -passionnée, comme ἱϰετεύειν; on se jette à genoux ou par terre, -on se tord les mains. Mais *precor* se dit aussi par hyperbole -de toute sollicitation, et *supplicare*, de toute humble requête -adressée à des hommes. Cic. Parad. V, 3. Noctu venire domum ad -eum, *precari*, denique *supplicare*. Aller le trouver la nuit -dans sa maison, prier, supplier. - -Rogare. Interrogare. Percontari. Sciscitari. -*Rogare*, *interrogare* et *quærere*, faire des questions: -*rogare*, en comptant sur une réponse, on veut savoir; -*interrogare*, en espérant une réponse, on souhaite de savoir. -*Percontari* et *sciscitari*, presser de questions: -*percontari*, par envie de s’instruire, d’un ton sérieux et -posé, il s’agit de s’éclairer; *sciscitari*, avec un air de -curiosité, d’indiscrétion, de précipitation, de finesse; il -s’agit de se renseigner. - -—Rogare, v. *Petere*. -—Rudis, v. *Fustis*. -—Rudentes, v. *Laqueus*. - -Ruina. Strages. -*Ruina*, écroulement de matériaux superposés avec ordre, dont la -base vient à céder; *strages*, chute d’un corps qui se tenait -debout et qu’un choc renverse. Liv. IV, 33. *Strages* *ruinæ* -similis. Un abatis qui ressemble à un écroulement. - -Rumor. Fama. -*Rumor*, bruit ou nouvelle qui se propage par des voies -incertaines, obscures, clandestines, par opposition à la -certitude; *fama*, tradition que répand la voix publique, par -opposition à ce qu’on sait pour l’avoir vu de ses propres yeux. -Le bruit, *rumor*, intéresse par sa nouveauté; c’est un sujet de -curiosité, il passe avec la génération au milieu de laquelle il -est né; la tradition, *fama*, intéresse par son importance; elle -entre dans le domaine de la science et se transmet comme un -héritage à la postérité. - -—Rumpere, v. *Frangere*. -—Rursus, v. *Iterum*. -—Rupes, v. *Saxum*. -—Rus, v. *Villa*. - -Rus. Ager. Rusticus. Agrestis. Rusticanus. -1. *Rus*, la campagne, par opposition à la ville, le village -avec sa banlieue; *ager*, la campagne, par opposition à une -localité quelconque, les champs. Cels. Med. 1. Sanum oportet... -modo *ruri* esse, modo in urbe, sæpiusque in *agro*. Il faut, -pour se porter bien, vivre tantôt à la campagne, tantôt à la -ville, surtout aux champs. - -2. *Rusticus*, ἀγροῖϰος, celui qui habite le village; -*agrestis*, ἄγριος, celui qui a grandi aux champs, en sauvage, -comme *ferus*: le terme est cependant plus doux, car *ferus* -exprime directement la sauvagerie comme faisant le fond du -caractère, et *agrestis* en rappelle seulement l’idée par la -désignation du séjour ou de l’origine. - -3. Transportant ces termes aux qualités de l’esprit, *rusticus* -désigne plutôt la grossièreté intellectuelle; *agrestis*, la -grossièreté morale. *Rusticus* s’entend, comme champêtre, de la -timidité et de la simplicité; il se rapproche dans le bon sens -de l’innocence et dans le mauvais de la gaucherie; *agrestis* -marque, comme rustique, l’effronterie et la bassesse; il ne se -prend jamais en bonne part, il confine à la *feritas*. Le -*rusticus* (opposé *urbanus*) ne blesse que les conventions du -savoir-vivre; l’*agrestis* (opposé *humanus*) blesse les lois -naturelles de la décence. - -4. Quand Cicéron veut adoucir encore l’idée exprimée par -*rusticus* et prévenir toute équivoque, il emploie de préférence -*rusticanus*. *Rusticus* désigne alors le paysan qui naît, vit -et meurt au village; *rusticanus*, le citadin que les -circonstances y relèguent. On peut ranger parmi ces derniers les -provinciaux, *municipes*, en qualité de *rusticorum similes*. - - -S - - -Sabulo. Harena. Sabura. -*Sabulo*, et dans Pline *sabulum*, le sable considéré comme une -espèce de terre légère; *harena*, *arena*, comme une terre -sèche, pierreuse, comme des parcelles ou de la poussière de -pierre, par opposition à un sol fertile; enfin, *sabura*, -*saburra* se rapporte particulièrement à l’usage qu’on fait du -sable pour lester les vaisseaux. - -—Sacellum, v. *Templum*. - -Sacer. Sanctus. -*Sacer*, sacré, s’entend, comme ἱερὸς, de ce qui est la -propriété des dieux, par opposition à *profanus*; *sanctus*, -saint, de ce qui est sous leur protection, à l’abri de toute -souillure, pur et sans tache, par opposition à *pollutus*, comme -ὅσιος. *Sanctus homo*, âme pure, agréable aux dieux; *sacer*, -mortel maudit, dévoué aux dieux à titre de victime expiatoire. -Et de même *sancire* signifie mettre sous la protection -immédiate des dieux, en parlant, par exemple, de lois et de -traités d’alliance; *sacrare*, dédier aux dieux, en parlant, par -exemple, de temples et d’autels. - -—Sacramentum, v. *Jusjurandum*. - -Sacrare. Consecrare. Dicare. Dedicare. -*Sacrare*, *consecrare*, mettre au nombre des choses saintes, on -tient à marquer que tout usage profane de ces choses est et -demeure retiré et interdit aux hommes; *dicare* et *dedicare*, -consacrer, on tient à marquer qu’on attribue aux dieux la -propriété de la chose. *Consecrare* peut s’employer absolument, -mais *dedicare* exige qu’on nomme le nouveau propriétaire. - -Sæpe. Crebro. Frequenter. Frequentare. Celebrare. -1. *Sæpe*, souvent, par opposition à *semel*, à *nonnunquam*, à -*semper*, comme πολλάϰις; il s’agit de la répétition des mêmes -actes en des temps différents; *crebro* et *frequenter*, -fréquemment, par opposition à *raro*; il s’agit de la pluralité -des objets ou des événements: *crebro*, coup sur coup et plutôt -trop que trop peu, comme θαμά; *frequenter*, bien des fois. -*Creber* se dit en général d’une multitude pressée et entassée; -*frequens*, d’une foule nombreuse. *Frequens* contient un éloge, -comme *largus*; *creber*, un blâme, comme *spissus*. Et on dit -du sénat *frequentes senatores*, lorsqu’il s’agit de marquer -qu’il est au complet; on emploierait *crebri*, si la place -manquait à cause de la presse et si les sénateurs étaient à -l’étroit sur leurs siéges. - -2. *Frequentare*, visiter souvent un lieu, ne le point négliger; -*celebrare*, le visiter souvent et le rendre par là animé et -bruyant. - -Sævitia. Crudelitas. -*Sævitia*, cruauté sanguinaire du tyran qui a, comme la bête -féroce, du plaisir à tuer et à faire souffrir, par opposition à -*mansuetudo*; *crudelitas*, cruauté froide du juge ou du -souverain qui applique la loi dans toute sa sévérité, par -opposition à *clementia*. - -—Sævus, v. *Atrox*. -—Saltus, v. *Silva*. -—Salsus, v. *Lepidus*. -—Saluber, v. *Salus*. - -Salus. Sanitas. Valens. Saluber. Sanus. Salutaris. -1. *Salus* marque en général la prolongation de l’existence, par -opposition à *interitus*; *sanitas*, un état de bonne santé, par -opposition à *ægritudo*; il s’entend du corps dans son acception -primitive, de l’âme dans son acception usuelle. - -2. *Sanus* et *valens*, qui approchent du sens d’*integer*, -marquent un état sain, mais temporaire; *saluber* et *validus*, -qui approchent du sens de *robustus*, un état sain et constant. -*Salubris oratio*, langue saine par excellence, pleine d’une -vigueur naturelle; *sana oratio*, langage sobre et réfléchi. - -3. *Sanus* et *saluber* présentent la santé comme un état de -bien-être; *valens* et *validus*, comme une faculté qui rend -propre à l’action. - -4. Au sens transitif, *saluber*, salubre, se dit de ce qui -procure et conserve la santé, *sanitatem*, par opposition à -*pestilens*, comme ὑγιεινός; *salutaris*, salutaire, de ce qui -sauve et conserve la vie, *salutem*, par opposition à -*pestiferus*, comme σωτήριος. Caton, dans Plin., H. N. XVIII, 6. -Nihil *salutare* est nisi quod toto anno *salubre*. Le seul -régime salutaire, c’est un régime salubre d’un bout de l’année à -l’autre. - -—Salus, v. *Vita*. -—Salve, v. *Ave*. -—Salutaris, v. *Salus*. - -Salvus. Sospes. Incolumis. Integer. -*Salvus* et *sospes*, σῶς, conservé et sauvé, par opposition à -perdu: *salvus*, en langage ordinaire; *sospes*, dans le style -élevé. *Incolumis* et *integer*, ἀσϰηθὴς, sain et sauf, entier, -intact: *incolumis*, par opposition à une blessure, etc.; -*integer*, par opposition à une insulte. Tac. H. I, 84. Mea cum -vestra *salus* *incolumitate* senatus firmatur, c’est-à-dire -notre salut dépend de ce qu’on ne touche pas à un seul cheveu du -sénat. Et I, 66. Verba Fabii *salutem* *incolumitatem*que -Viennensium commendantis: *salus* se rapporte au danger de mort, -*incolumitas*, au danger du pillage. Cic. Dejot. 15. Sunt tuæ -clementiæ monumenta... eorum *incolumitates* quibus *salutem* -dedisti. La preuve la plus solide de ta clémence, c’est que les -personnes qui te doivent leur salut n’ont pas souffert le -moindre dommage. - -—Sanare, v. *Mederi*. -—Sanctus, v. *Sacer* et *Bonus*. - -Sanguis. Cruor. Sanguineus. Sanguinolentus. Cruentus. -1. *Sanguis*, le sang qui circule dans le corps et qui -entretient la vie, αἷμα; *cruor*, le sang qui coule ou qui a -coulé du corps, ϐρότος. Cic. N. D. II, 55. *Sanguis* per venas -in omne corpus diffunditur. Des vaisseaux distribuent le sang -dans tout le corps. Comparez avec Rosc. Am. VII, 19. Ut -*cruorem* inimici quam recentissimum ostenderet. Pour faire -parade du sang encore tout frais versé de son ennemi. Tac. Ann. -XII, 47. Mox ubi *sanguis* artus extremos suffuderit, levi ictu -*cruorem* eliciunt atque invicem lambunt. Dès que le sang s’est -porté aux extrémités, un coup léger le fait jaillir et chacun -des deux lèche celui de l’autre. *Sanguis* est le principe de la -vie physique, *cruor* le symbole du meurtre. - -2. *Sanguineus*, qui se compose de sang; *sanguinolentus*, qui a -l’odeur ou l’aspect du sang; *cruentus*, taché de sang. - -Sanies. Pus. -*Sanies*, pus liquide et dégoûtant; *pus*, rongeur et -pernicieux. - -—Sanitas, sanus, v. *Salus*. - -Sapiens. Prudens. Callidus. Scitus. Solers. Cordatus. Catus. -1. *Sapiens*, celui qui, n’ayant que des intentions pures, -choisit les bonnes routes et s’attache imperturbablement à les -suivre; *prudens* et *callidus*, celui qui sait choisir les -meilleurs moyens et s’en servir avec circonspection: -*prudentia*, sagacité ou prudence naturelle qui fait le fond du -caractère; *calliditas*, connaissance du monde et des hommes -acquise et gagnée par l’expérience et la pratique. Cic. Fr. -Scaur. 5. Hominis *prudentis natura*, *callidi usu*, doctrina -eruditi. Un homme que la nature a doué de finesse, que -l’expérience a mûri, à qui la science a tout appris. - -2. *Prudens*, celui qui possède un coup d’œil juste et pratique, -par opposition à *stultus*, comme perspicace; *scitus*, celui -qui a du tact, de l’esprit naturel et du savoir-faire, comme -avisé; *solers*, *sollers*, celui qui possède un génie pratique -et inventif, comme ingénieux, par opposition à *iners*; -*cordatus*, celui qui a un sens droit, par opposition à -*excors*; *catus*, celui qui découvre et connaît des voies et -des moyens secrets, comme délié. - -Sapor. Gustus. Gustare. Libare. -1. *Sapor*, la saveur propre et particulière à un corps, par -opposition à *odor*, etc.; *gustus* ou *gustatus*, la perception -de cette saveur ou le sens du goût, par opposition à *olfactus*, -etc. Sen. Ep. 109. Debet esse aptatus ad hujus modi *gustum*, ut -ille tali *sapore* capiatur. Il faut être accoutumé au goût du -miel pour en apprécier la saveur. - -2. Le *libans* ne fait que porter les choses aux lèvres ou à la -bouche; le *gustans* en perçoit la saveur et en distingue le -goût. Ovid. Am. I, 4, 34. Si tibi forte dabit, quæ -*prægustaverit* ipse, rejice *libatas* illius ore dapes. S’il -arrive qu’il commence par goûter au morceau qu’il t’offre, -rejette le mets qui a effleuré ses lèvres. - -—Sarmentum, v. *Rami*. -—Satiare, v. *Satis*. - -Satelles. Stipator. -*Satelles*, garde du corps considéré comme un mercenaire; -*stipator*, comme un défenseur. Cic. Rull. II, 13. Ex equestri -loco ducentos in singulos annos *stipatores* corporis -constituit, eosdem ministros et *satellites* potestatis. Il tire -tous les ans de l’ordre des chevaliers une compagnie de deux -cents gardes qui deviennent les serviteurs et les satellites du -pouvoir. - -Satis. Affatim. Abunde. -1. *Satis* désigne, comme suffisamment et ἱϰανῶς, la juste -mesure sans idée accessoire; *affatim* et *abunde* y ajoutent -cette idée qu’il y a plutôt trop que trop peu; mais *abunde*, -copieusement, ἅλις, se prend au sens absolu par rapport à la -chose, il y a assez; *affatim*, ἀφθόνως, jusqu’à pleine -satisfaction, se prend au sens relatif, par rapport à la -personne, on en a assez. On peut avoir à son avis assez -travaillé, *affatim*, sans que la quantité de travail soit -suffisante et que ce soit *satis*. Cic. Att. II, 16. Puto enim -me Dicæarcho *affatim* *satis* fecisse. Je me suis donné -suffisamment de mal pour Dicéarque, et je trouve que c’est -assez. Et XVI, 1. *Satis* est et *affatim* prorsus. Cela suffit -très-amplement. Liv. IV, 22. Frumentum non necessitati *satis*, -sed copiæ quoque *abunde* ex ante confecto sufficiebat. Les -anciens magasins fournissaient du blé en suffisance, et même -fort au-delà, en abondance. - -2. *Satiare*, satisfaire, apaiser un besoin en général, la faim, -un désir vif; *saturare*, apaiser une envie contre nature, -manie, faim canine, haine, soif du sang. - -Satis habere. Contentum esse. Boni consulere. Contentus. Æquus -animus. -1. *Satis habere*, estimer suffisant, exprime un jugement: il -n’y a point de passion qui soit en jeu et qui empêche -d’apprécier la juste mesure; *contentum esse*, se contenter, -exprime un sentiment: c’est une marque de modestie et d’empire -sur soi-même; enfin, *boni consulere*, se déclarer satisfait, -exprime un acte de volonté: on renonce à voir un vœu se -réaliser, on s’accommode résolument de ce qui ne peut être -évité. *Satis habere* se construit avec l’infinitif; *contentum -esse*, avec l’ablatif ou avec *quod*. - -2. *Contentus animus* marque un contentement relatif: on prend -son parti d’une chose, on ne murmure point de ce que le bonheur -reste incomplet; *æquus animus* exprime le contentement absolu: -on se sent complétement satisfait et on n’aspire point à un état -plus heureux. - -—Satisfactio, v. *Purgatio*. -—Saucius, v. *Vulnus*. -—Saturare, v. *Satis*. - -Saxum. Rupes. Cautes. Petræ. Scopuli. Lapis. Calculus. -Scrupulus. -1. *Saxum*, *rupes* et *cautes*, grandes masses; *lapis*, *calx* -et *scrupus*, petites masses de pierre. Plin. H. N. XXXVI, 22. -Silex viridis ubi invenitur, *lapis*, non *saxum* est. Le jade -vert est une pierre qu’on ne trouve qu’en morceaux, ce n’est -point une roche. - -2. *Saxa*, grandes masses de pierre de toute forme, πέτραι; -*rupes* et *petræ*, masses de pierre escarpées et hautes, -rochers qui peuvent être un obstacle; *cautes* et *scopuli*, -masses de pierre pleines d’aspérités et de pointes, dangereuses, -écueils: *cautes*, roches basses, invisibles sous l’eau, -perfides; *scopuli*, écueils qui se dressent au-dessus des eaux, -qui menacent, qui annoncent le danger, σϰόπελοι. - -3. *Lapis*, terme général, la pierre comme matière, sans égard à -sa forme, λίθος; *calculus*, pierre polie et ronde, galet; -*scrupus*, *scrupulus*, pierre raboteuse et anguleuse, caillou; -mais ce sens de *scrupus* n’a pour lui que l’autorité des -grammairiens, et il ne se rencontre guère dans les auteurs qu’au -sens figuré de scrupule. - -Scandere. Adscendere. Escendere. Conscendere. Inscendere. -*Scandere*, gravir une hauteur escarpée, grimper avec effort, en -s’aidant des pieds et des mains. *Adscendere*, *escendere*, -*conscendere* et *inscendere*, monter en général: *adscendere*, -sans idée accessoire, simplement par opposition à *descendere*; -*escendere*, escalader une hauteur qui sert de défense, comme un -rempart, des murailles, ou encore monter en quelque lieu où l’on -doit être en vue, comme une tribune aux harangues; -*conscendere*, monter à plusieurs, par exemple, sur un vaisseau; -*inscendere*, monter dans un lieu fermé, par exemple, dans une -voiture. - -—Scapha, v. *Navigium*. - -Scelestus. Sceleratus. Nefarius. Nefandus. Impius. -*Scelestus* se rapporte aux intentions, comme *ad scelera -pronus* et *promptus*; *sceleratus*, aux actions, comme -*sceleribus pollutus atque opertus*. C’est toujours l’adjectif -*sceleratus* qui accompagne des termes physiques, comme *porta*, -*campus*, *vicus*, porte, champ, quartier de ville où un crime a -été commis, et en général des objets ne peuvent pas s’appeler -*scelesta*, à moins d’être personnifiés. Et de même *nefarius* -et *impius* ont trait à l’impiété de la personne, avec cette -seule différence que la perversité: de l’*impius* éclate dans -ses sentiments, celle du *nefarius* dans ses sentiments et ses -actions; mais *nefandus* se rapporte exclusivement au caractère -exécrable de l’action. - -—Scelus, v. *Delictum*. -—Scientia, v. *Cognitio*. -—Scipio, v. *Fustis*. -—Scitus, v. *Sapiens*. -—Scopuli, v. *Saxum*. -—Scrobs, v. *Specus*. -—Scrupulus, v. *Saxum*. -—Schola, v. *Ludus*. -—Scindere, v. *Findere*. -—Sciscitari, v. *Rogare*. -—Scobina, v. *Lima*. -—Scropha, v. *Sus*. -—Scrutari, v. *Quærere*. - -Scutum. Clypeus. Parma. -*Scutum*, grand bouclier qui couvre l’homme entier, σάϰος; -*clypeus* et *parma*, bouclier de grandeur moyenne et de forme -ronde, ἀσπίς: *clypeus*, pour l’infanterie; *parma*, pour -l’infanterie et la cavalerie; enfin, *pelta*, petit bouclier en -forme de demi-lune; *cetra*, petit bouclier de cuir. Liv. IX, -19. Macedonibus *clupeus*... Romano *scutum*, majus corpori -tegumentum. Les Macédoniens ont le bouclier rond, les Romains le -grand bouclier droit, qui couvre bien mieux le corps. XXXI, 36. -*Cetratos*, quos *peltastas* vocant, in insidiis abdiderat. Il -avait mis en embuscade une troupe de ces soldats qui portent de -petits boucliers de cuir et qu’on appelle ordinairement -peltastes. - -—Scyphus, v. *Poculum*. -—Secessio, v. *Turbæ*. -—Secreta, v. *Arcana*. -—Securis, v. *Ascia*. -—Securus, v. *Tutus*. - -Sedes. Sedile. Sella. -*Sedes*, siége offert par la nature, ἕδος; *sedile* et *sella*, -meuble fait pour s’asseoir: *sedile*, quelle que soit la forme, -chaise ou banc, mobile ou à demeure, ἕδρα; *sella*, de forme -déterminée, chaise ou fauteuil, θρόνος. - -—Seditio, v. *Turbæ*. -—Segnitia, v. *Ignavia*. -—Semita, v. *Iter*. -—Semo, v. *Numen*. - -Semper. Usque. -*Semper*, toujours et éternellement, sans restriction ni limite, -au sens absolu; *usque*, toujours, mais dans des limites -déterminées, au sens relatif, *usque dum*, *donec*, etc.; on le -rencontre sans complément dans les poëtes, par exemple: Hor. -Sat. I, 9, 19. *Usque* sequar te. Je te suivrai jusqu’au bout. - -—Sempiternus, v. *Continuus*. -—Senecta, senectus, senium, v. *Vetus*. -—Senex, v. *Puer* et *Vetus*. -—Sensim, v. *Paulatim*. - -Sententia. Opinio. Suffragium. -1. *Sententia*, manière de voir fondée sur ce qu’on sait -clairement, conviction acquise, γνώμη; *opinio*, opinion fondée -sur un simple sentiment, δόξα. - -2. *Sententia*, vote motivé du sénateur, etc., γνώμη; -*suffragium*, simple suffrage qui se réduit à un oui, à un non -ou à un nom propre, ψῆφος. - -—Sentes, v. *Dumi*. -—Sentire, v. *Intelligere*. - -Seorsum. Separatim. -*Seorsum*, à part, pour empêcher de tomber dans le domaine -commun, avec une idée accessoire de secret; *separatim*, -séparément, pour prévenir la confusion, avec une idée accessoire -d’ordre. - -Sepelire. Condere. -*Sepelire* et *condere* s’entendent de la cérémonie funèbre -prise dans toute son étendue; c’est conduire un mort à sa -dernière demeure, avec plus ou moins de pompe, qu’on ait ou non -commencé par brûler les restes: *sepelire* est le terme propre -et technique; *condere*, le terme général et euphémique. -*Humare*, mettre en terre; c’est le dernier acte des -funérailles, par opposition à *cremare*. - -Sera. Claustrum. Pessulus. Repagulum. Obex. -*Seræ* et *claustra*, serrures: *sera*, serrure mobile, cadenas; -*claustrum*, serrure fixe. *Pessuli*, *repagula* et *obices*, -verrous qui tiennent lieu de serrures: *pessulus*, petit verrou -pour les *fores*; *repagulum*, grand verrou pour les *valvas*, -et *obex* pour les *portas*. - -Series. Ordo. -*Series*, série, succession mécanique, accidentelle d’objets de -même nature et de même espèce; *ordo*, suite, enchaînement -nécessaire, conçu comme tel, de choses qui vont ensemble par -destination. *Series* exprime une notion mathématique; *ordo*, -une idée morale. - -Serius. Severus. -*Severus* se prend au sens actif, on ne plaisante pas; *serius* -a le sens neutre et s’entend de ce qui ne saurait être un sujet -de plaisanterie. *Severe* veut dire gravement; *serio*, -sérieusement. *Severus* se joint, comme épithète, à des noms de -personnes; *serius*, à des noms de choses. Hor. A. P. 107. -Decent vultum *severum* *seria* dictu. Un rôle grave ne souffre -que des propos sérieux. Sen. Tranq. 15. Nihil magnum, nihil -*severum* nec *serium* quidem ex tanto apparatu putat. Tout -compte fait, il ne reste à ses yeux rien de grand, rien de grave -ni même de sérieux sur ce vaste théâtre du monde. *Severus* -s’oppose à *hilaris*, à *remissus*, à *luxuriosus*; *serius*, à -*jucundus*, *jocosus*, et *serio*, à *joco*, *per jocum*. Tout -cela n’empêche pas qu’on ne rencontre à la place de *serius* le -positif *severus* et surtout le comparatif *severior*, le -superlatif *severissimus*, le substantif *severitas*, parce que -la langue latine n’a point tiré de *serius* des formes -correspondantes. - -Sermo. Colloquium. Oratio. -*Sermo*, conversation qui a lieu par hasard ou du moins sans but -déterminé et sérieux; *colloquium*, entretien prémédité qui -roule sur un point convenu. - -2. *Sermo*, discours familier; *oratio*, discours travaillé et -conforme aux règles de l’art. Qu’une personne prenne et conserve -un certain temps la parole dans une compagnie, c’est un *sermo*; -on ne doit guère qu’au hasard de ne pas être interrompu; mais -l’*oratio* a une étendue déterminée, un commencement, un milieu -et une fin; on compte qu’on ne sera pas interrompu. Le langage -de la vie commune est celui qui règne dans le *sermo*, soit en -prose, soit en vers, comme chez les comiques et dans les -*Sermonibus* d’Horace; dans l’*oratio*, c’est une langue choisie -et savante. Cic. Orat. 19. Mollis est *oratio* philosophorum et -umbratilis... Itaque *sermo* potius quam *oratio* dicitur. Les -discours des philosophes ont un fond de douceur et un goût de -retraite. Ils méritent plutôt le nom de causeries que celui de -discours. Tac. H. I, 19. Apud senatum non comptior Galbæ, non -longior... *sermo*; Pisonis comis *oratio*. Qu’il fût au sénat -ou à l’armée, Galba ne mettait ni plus de façon ni plus de temps -à ses discours; Pison soignait fort les siens. - -—Sermo, v. *Lingua*. -—Servilis, v. *Vernalis*. -—Serpens, serpere, v. *Repere*. - -Servus. Famulus. Mancipium. Minister. Ancilla. Servitus. -Servitium. -1. *Servus*, *ancilla*, *famulus* et *mancipium*, personne qui -n’est point libre, esclave; *minister*, serviteur libre, -subalterne. Plin. Ep. X, 97. *Ancillæ* quæ ministræ dicebantur. -Des femmes esclaves qu’on appelait des servantes. Il s’agit des -réunions des chrétiens. - -2. *Servus*, l’esclave au sens politique et légal, comme soumis -au joug, par opposition à *dominus*, δοῦλος et δμώς; *famulus*, -au sens patriarcal, comme membre et partie de la famille, par -opposition à *herus*, οἰϰέτης; enfin, *mancipium*, au sens -économique, comme propriété et marchandise, ἀνδράποδον. - -3. *Serva*, la femme esclave, quand il s’agit de faire ressortir -l’état légal; *ancilla*, la femme esclave dans la vie ordinaire, -comme féminin usuel de *servus*. - -4. *Servitus*, l’esclavage, au sens indifférent, comme une -condition régulière, naturelle, légale; *servitium*, comme un -état extraordinaire, violent, honteux, avec une idée de mépris -ou de compassion. Mais la plupart des prosateurs n’emploient, -comme terme abstrait, que *servitus*, et ils se servent de -*servitium*, particulièrement de *servitia*, comme d’un terme -concret en lieu et place de *servi*. - -Severitas. Gravitas. Strenuitas. -*Severitas*, la gravité qui tient à la manière de penser et de -juger; *gravitas*, celle qui impose aux gens; *strenuitas*, -celle qui paraît dans les actions. - -—Severus, v. *Austerus* et *Serius*. -—Sica, v. Gladius. -—Sicarius, v. *Homicida*. -—Sidus, v. *Stella*. -—Siccus, v. *Aridus*. -—Signum, v. *Imago*. - -Silere. Tacere. Reticere. Obticere. -1. *Silere*, ne faire aucun bruit, σιωπᾷν, par opposition à -*strepere*; *tacere*, ne dire mot, se taire, σιγᾷν, par -opposition à *loqui*, *dicere*. Le composé *reticere* signifie -se taire quand on a quelque chose à dire et qu’on le garde pour -soi, par opposition à *eloqui*, *proloqui*; le composé -*obticere*, *obticescere*, rester muet en face d’une personne -qui adresse une question ou qui attend une explication, par -opposition à *respondere*. Cic. Harusp. 28. Sed tamen facile -*tacentibus* cæteris *reticuissem*. Il m’eût été facile d’être -discret, si les autres avaient su se taire. - -2. *Tacens* et *tacitus* présentent le silence comme un état -temporaire: *tacens* se dit de toute personne qui ne parle -point; *tacitus*, de celle qui, ayant sujet de parler, à dessein -ne parle point et observe un silence significatif; *taciturnus* -marque une qualité habituelle, comme silencieux et taciturne. - -Silva. Saltus. Nemus. Lucus. -*Silva*, forêt en général, abondante en arbres qui fournissent -du bois, ὕλη; *saltus*, forêt considérée comme un lieu sauvage, -bois de montagnes, νάπη; *nemus*, comme un lieu agréable, -bocage, parc; *lucus*, comme un lieu saint, bois consacré aux -dieux, ἄλσος, ἄλτις. - -—Simpuvium, v. *Poculum*. -—Simul, v. *Una*. -—Simulatio, v. *Imitatio*. -—Sinere, v. *Ferre*. -—Simulacrum, v. *Imago*. -—Simultas, v. *Odium*. -—Singularis, v. *Eminens*. -—Singuli, v. *Quisque*. - -Sinister. Lævus. -Ils s’entendent tous les deux du côté gauche. *Sinister* est le -terme usuel et prosaïque, comme ἀριστερός; *lævus*, le terme -choisi et poétique, comme σϰαιός. Au figuré *sinister* est le -symbole de la défaveur et de la mauvaise chance; *lævus*, celui -de la perversité et de la maladresse. - -—Sinus, v. *Gremium*. - -Sistere. Inhibere. Statuere. -*Sistere* et *inhibere*, rendre immobile, arrêter: *sistere*, en -parlant d’un être qui vit et qui court; *inhibere*, d’un objet -inanimé qui a été mis en mouvement. *Statuere*, fixer à demeure, -établir sur un pied solide. - -—Situm esse, v. *Cubare*. -—Situs, v. *Lutum*. -—Societas, v. Fœdus - -Socius. Sodalis. Sociennus. Amicus. Familiaris. Particeps. -Consors. -1. *Socii*, gens unis pour agir en commun par des intérêts -mutuels, compagnons, etc.; *sodales* et *socienni*, ἑταῖροι, -pour jouir en commun de la vie, parce qu’ils se plaisent -mutuellement, camarades: *sodalis*, terme noble; *sociennus*, -terme comique. *Socius* se joint à un génitif qui marque le but -de l’association ou *sociatio*; *sodalis*, à un génitif ou à un -adjectif possessif qui désigne l’autre *sodalis*: *socius -periculi*, *culpæ*, mais *sodalis meus*. - -2. *Sodalis*, camarade avec lequel on a des rapports de société -et surtout des rapports agréables; *amicus*, ami avec lequel on -fait échange des sentiments sacrés de l’amour et de l’estime; -*familiaris*, ami intime avec lequel on n’a qu’un cœur et qu’une -âme, étant lié pour les affaires frivoles comme pour les -affaires sérieuses. - -3. Le *socius rei* travaille ou souffre avec un autre; le -*particeps* et le *consors* partagent une jouissance ou une -possession: le *particeps*, par une intervention volontaire, par -opposition à *expers*, comme μέτοχος; le *consors*, parce qu’il -lui échoit une part, par opposition à *exsors*. Cic. Balb. 28. -Fuit hic multorum illi *laborum socius* aliquando; est fortasse -nunc nonnullorum *particeps commodorum*. Il a été à plusieurs -reprises le compagnon de ses nombreux travaux; peut-être veut-il -bien partager à présent quelques avantages avec lui. L’associé à -l’empire est un *socius imperii*, en ce sens qu’il aide à -expédier les affaires du gouvernement; c’est un *consors*, en ce -sens qu’il a dû être appelé à cette dignité. - -—Socordia, v. *Ignavia*. -—Sodalis, v. *Socius*. - -Solemnia. Feriæ. Dies festi. Festa. -*Solemnia*, les fêtes considérées comme des institutions -solennelles et périodiques; *feriæ*, comme des jours de repos et -de délassement; *festa*, ou en prose *dies festi*, comme des -jours de joie. - -Solere. Consuevisse. Adsolere. -1. *Solere* s’emploie à propos d’événements et de toute sorte -d’actions, comme avoir coutume, φιλεῖν; *consuevisse* ne se dit -que d’une action personnelle, comme être habitué, εἰωθέναι. Dans -Liv. XXXVIII, 17. Hæc quibus *insolita* atque *insueta* sunt -Græci timeant. Les Grecs ne sont ni accoutumés ni habitués aux -maux qui les menacent: *insolitus* ne fait allusion qu’à la -fréquence du fait; *insuetus* marque qu’il faut que le sujet -soit actif, soit passif, se familiarise avec lui. - -2. *Solet* se prend en bonne ou en mauvaise part; *assolet* -contient un éloge et revient à *recte* ou *rite solet*. - -—Solers, v. *Sapiens*. -—Sollicitudo, v. *Cura*. -—Sollicitare, v. *Lacessere*. - -Solitudo. Vasta. Deserta. Tesca. -*Solitudo* exprime la solitude d’un lieu dans un sens -indifférent ou avec éloge; *vasta*, *deserta*, *tesca loca* se -prennent en mauvaise part: *vasta loca*, lieux sans culture, par -opposition à *culta*; *deserta*, espaces inhabités, par -opposition à *habitata*; et *tesca*, *tesqua*, désert où règne -un silence effrayant, par opposition à *celebria loca*. - -Solum. Fundus. Vadum. Fundamentum. -*Solum*, *fundus* et *vadum*, base et fond naturel: *solum*, le -sol sur lequel on a le pied ferme, par opposition aux éléments -mobiles, à l’air, à l’eau; *fundus*, fond d’un vase, par -opposition au reste de l’espace que le vase enferme; *vadum*, -fond d’un cours d’eau, d’un lac, de la mer, par opposition à -l’eau qui coule ou porte dessus. *Fundamentum*, fondement, base -artificielle sur laquelle repose un édifice, etc., et qui n’est -pas moins nécessaire que le sol même, *solum*, lorsqu’il s’agit -d’élever une construction. On dit proverbialement: Omnis res jam -in *vado* est, couler une affaire, à fond, par une métaphore -empruntée d’un nageur qui atteint le fond de l’eau; mais: -Largitio *fundum* non habet: Profusion n’a pas de fond, par une -métaphore empruntée au tonneau des Danaïdes. Cic. Brut. 74. -*Solum* et quasi *fundamentum* oratoris vides. Tu as sous les -yeux le sol et même le fondement sur lequel bâtit l’orateur. - -—Solum, v. *Tellus*. - -Somnus. Sopor. Somnium. Insomnium. -1. *Somnus*, terme usuel, prosaïque; *sopor*, terme choisi, -poétique, pour désigner le sommeil. *Sopor* n’a en prose que la -signification causative: c’est une drogue ou une influence -soporifique; ce n’est point un profond sommeil. - -2. *Somnium*, le rêve, en prose, ὄναρ; *insomnium*, en poésie, -ἐνύπνιον. - -—Sonitus, v. *Fragor*. -—Sopor, v. *Somnus*. -—Sospes, v. *Salvus*. -—Spatiari, v. *Ambulare*. -—Spectare, v. *Videre*. -—Sons, v. *Culpa*. -—Sordes, v. *Lutum*. -—Sparsi, v. *Passi*. -—Species, v. *Figura*. - -Spectrum. Mostellum. Manes. Lemures. -Ces quatre termes se disent également d’un esprit qui revient -après la mort. Ils diffèrent en ce que *spectrum* renferme -l’idée d’une apparition surnaturelle; *mostellum*, celle d’une -apparition effrayante; *manes*, celle d’un esprit bienfaisant; -*lemures*, d’un esprit taquin. - -—Speculator, v. *Explorator*. - -Specus. Caverna. Antrum. Spelunca. Spelæum. Fovea. Scrobs. -1. *Specus* et *caverna*, cavités soit souterraines, soit au -niveau du sol, sorte de termes génériques, par rapport à -*antrum*, *spelunca* et *spelæum*, cavités à ouverture verticale -qui pénètrent dans une montagne, et à *scrobs*, *fovea* et -*favissa*, fosses à ouverture horizontale qui s’enfoncent sous -terre. - -2. *Specus*, crevasse à ouverture longitudinale; *caverna*, trou -à ouverture ronde. - -3. *Spelunca*, caverne, au sens physique, avec allusion à son -obscurité et à son aspect effrayant; *antrum*, grotte, au sens -esthétique, avec allusion à son aspect pittoresque et à sa -fraîcheur; enfin, *spelæum*, mot d’origine étrangère qui ne se -trouve que chez les poëtes, tanière et repaire des bêtes. - -4. *Fovea*, fosse qu’on laisse ouverte ou qu’on recouvre pour -servir de magasin et surtout de piége pour prendre une bête -sauvage; *scrobs*, fosse que l’on comble sur-le-champ et qu’on -ne creuse que pour mettre quelque chose en terre, comme un plant -d’arbre ou un cadavre. - -—Sperare, v. *Vereri*. - -Spernere. Contemnere. Despicere. Aspernari. Recusare. Fastidire. -Negligere. -1. *Spernimus* rejicienda, fugienda, ut libidines. Nous -dédaignons ce qu’il convient de rejeter ou d’éviter, comme les -caprices. *Contemnimus* magna, metuenda, ut pericula, mortem. -Nous méprisons les maux qui effrayent par leur grandeur, comme -les dangers et la mort. *Despicimus* infra nos posita, ut vulgi -opiniones. Nous regardons de haut en bas ce qui est au-dessous -de nous, comme les opinions du vulgaire (Lambin). En d’autres -termes, *spernere*, *spernari*, *aspernari*, ne pas se soucier, -par opposition à *appetere*, *concupiscere*, à peu près comme -ἀποϐάλλειν; *contemnere*, et chez les poētes *temnere*, ne pas -craindre, par opposition à *timere*, *metuere*, comme -ϰαταφρονεῖν; enfin, *despicere*, *despectare*, ne faire aucun -cas, par opposition à *suspicere*, *revereri*, *admirari*, comme -ὀλιγωρεῖν. - -2. *Spernere* présente le dédain sous l’aspect d’un sentiment -qui se contient; il est synonyme de *parvi putare*, *negligere*, -comme mépriser et dédaigner; *spernari* et *aspernari*, qui est -plus usité, se disent de l’expression du dédain; ils sont -synonymes de *recusare*, *abnuere*, *rejicere*, comme repousser. -L’idée saillante est dans *spernere* celle du peu d’estime; dans -*aspernari*, celle de l’aversion. *Spernere* se rapporte à un -objet qu’il ne tiendrait qu’à nous de posséder; *aspernari*, à -un objet qui nous est offert ou imposé. - -3. *Aspernari*, avouer son aversion sans pousser les choses plus -loin; *recusare*, protester et refuser irrévocablement. Curt. -VI, 6, 7. Principes *aspernantes* quidem, sed *recusare* non -ausos Persicis ornaverat vestibus. Les chefs, qui ne cachaient -point leur aversion, mais qui n’osaient aller jusqu’à un refus, -se virent parés par ses mains du costume persan. - -4. Le *spernens* obéit à une antipathie qu’autorisent la morale -et la raison; il a plus ou moins conscience des motifs qui lui -font dédaigner quelque chose; le *fastidiens* obéit à une -antipathie physique et instinctive, innée ou accidentelle, qui -provient d’un accès de satiété ou de quelque cause analogue; -enfin, le *negligens* n’obéit ni aux suggestions de la raison ni -à celles de l’instinct et du sentiment: il agit sans penser ni -vouloir. - -—Sphæra, v. *Globus*. -—Spica, v. *Culmus*. -—Spiritus, v. *Anima*. -—Spissus, v. *Angustus*. -—Splendere, v. *Lucere*. -—Spolia, v. *Præda*. -—Spoliare, v. *Vastare*. -—Spondere, v. *Polliceri*. - -Sponsor. Vas. Præs. -*Sponsor*, caution en général, garantissant n’importe quoi; -*vas* et *præs*, caution judiciaire ou légale: *vas*, celui qui -s’engage à faire comparaître en justice le demandeur ou le -défendeur; *præs*, celui qui fournit une caution exigée par -l’État. - -Sponte. Ultro. Sua sponte. Voluntate. Libenter. -1. *Sponte*, de soi-même; *ultro*, soudainement. *Sponte* se -rapporte à l’impulsion qui fait agir; *ultro*, à l’effet. Liv. -X, 19. Orare ne collegæ auxilium, quod acciendum *ultro* fuerit, -sua *sponte* oblatum sperneretur. On le prie de ne point -dédaigner le secours de son collègue, qu’il aurait dû demander -par une résolution soudaine et qu’on lui offrait de bon cœur. -*Sponte accusare* veut dire être porté de soi-même à intenter -une accusation; *ultro accusare*, aller jusqu’à prendre le rôle -d’accusateur lorsqu’on devrait s’estimer heureux de n’être pas -accusé soi-même. Cette expression elliptique *ultro accusavit* -s’explique donc par la phrase complète: Haud contentus non -accusari ab altero *ultro* etiam progressus est, ut ipse -accusaret alterum, ou *ultro* progressus accusavit alterum. - -2. *Sponte*, de propos délibéré, s’oppose à *casu*, à -*necessitate*; *sua sponte*, par sa propre impulsion et par -cette impulsion seule, αὐτομάτως, à *rogatus*, *provocatus* ou -*invitatus*. - -3. *Sponte* et *spontaneus*, ἑϰὼν et ἑϰούσιος, présentent une -action volontaire et libre comme une affaire d’intelligence; -*voluntate* et *voluntarius*, ἐθελοντὴς, comme une affaire de -volonté, par opposition à *invite*; enfin, *libenter* et -*libens*, ἄσμενος, comme une affaire de sentiment, par -opposition à *tædio*. - -—Squalor, v. *Lutum*. -—Statim, v. *Repente*. -—Statua, v. *Imago*. -—Statuere, v. *Destinare* et *Sistere*. -—Status, v. *Conditio*. -—Stagnum, v. *Lacuna*. - -Stella. Astrum. Sidus. -*Stella*, toute étoile prise à part dans le nombre immense des -globes que contient l’univers, ἀστήρ; *astrum*, chacun des -grands corps lumineux qui sont au ciel, le soleil, la lune et -les principales étoiles distinguées par un nom propre, ἄστρον; -enfin, *sidus*, assemblage d’étoiles, constellation et même, à -cause de la parenté qu’il y a entre les idées de foule et de -grandeur, étoile de première grandeur, astre, τέρας, τείρεα. -*Astrum* et *stella*, étoiles, au sens physique, comme des corps -célestes lumineux; *sidus*, au sens astronomique et -astrologique, comme des météores dont l’apparition possède un -sens et exerce de l’influence sur les affaires de ce monde. Sen. -Helv. 9. Dum *ortus siderum*, occasus intervallaque et causas -investigare velocius meandi vel tardius, spectare tot per noctem -*stellas micantes* liceat. Pourvu qu’on me permette d’observer -le lever des constellations, leur coucher, leurs distances, les -causes qui accélèrent ou retardent leur marche, d’arrêter mes -regards sur cette foule d’étoiles qui brillent dans le cours de -la nuit. - -—Stercus, v. *Lutum*. -—Stimulare, v. *Pungere*. -—Stilla, v. *Gutta*. -—Stipator, v. *Satelles*. - -Stipes. Vallus. Palus. Sudes. -*Stipes* et *vallus*, gros pieu, poutre ou pilotis qui ne peut -être enfoncé qu’à l’aide d’un mouton: *stipes*, bon à différents -usages, à la guerre et ailleurs; *vallus*, façonné tout exprès -pour servir de palissade. *Palus* et *sudes*, menu pieu, perche -ou branche, facile à enfoncer: le *palus* s’emploie à toute -sorte d’usages, comme pieu de haie, surtout comme piquet, -échalas ou tuteur; le *sudes* sert spécialement par la pointe, -comme palis, pique ou javelot. - -—Stipula, v. *Culmus*. -—Stiria, v. *Gutta*. - -Stirps. Genus. Gens. Prosapia. Posteritas. Progenies. Proles. -Suboles. -1. *Stirps*, *genus* et *gens*, qui sont des termes abstraits et -collectifs par rapport à *majores*, désignent ordinairement la -race ou la ligne ascendante; *prosapia*, *progenies*, *propago*, -*proles*, *suboles*, la lignée ou la ligne descendante, ce sont -des termes abstraits et collectifs par rapport à *posteri*. - -2. *Prosapia*, terme archaïque et pompeux qui n’est d’usage -qu’en parlant de familles d’une antique noblesse; *posteritas*, -terme usuel, prosaïque; *progenies*, terme choisi, noble; -*proles* et *suboles*, termes poétiques: *proles* présente les -enfants comme des fruits nouveaux, comme une jeune génération -destinée à vivre à côté de l’ancienne; *suboles*, comme des -rejetons destinés à remplacer la génération qui s’en va. - -3. *Gens*, famille politique; *genus*, famille naturelle. La -*gens* se compose de familles que le fondateur de l’État a -réunies en communauté ou en association; le *genus*, d’espèces -et d’individus qui, en vertu de leurs caractères communs, -appartiennent à une seule et même classe. - -Stirps. Truncus. -*Stirps*, la tige ou partie essentielle par laquelle l’arbre vit -et se conserve, par opposition aux branches et aux feuilles -considérées comme des excroissances et des dépendances; -*truncus*, le tronc, partie nue et sèche, par opposition aux -branches, aux feuilles, à la couronne qui servent de parure à -l’arbre. Il correspond au tronc du corps humain. - -—Stolidus, v. *Stupidus*. -—Stolo, v. *Rami*. -—Stomachari, v. *Succensere*. - -Strabo. Pætus. -*Strabo*, celui qui louche par nature, infirmité ou mauvaise -habitude; *pætus*, celui qui fait des yeux louches à dessein et -par espièglerie. - -—Strages, v. *Ruina*. -—Strenuitas, v. *Severitas*. -—Strepitus, v. *Fragor*. -—Strues, v. *Acervus*. - -Studium. Benevolentia. Favor. Amor. Gratia. -1. *Studium* désigne ordinairement l’amour et l’attachement de -l’inférieur pour le supérieur, du soldat pour son général, du -sujet pour son souverain, du disciple pour son maître, du -partisan pour son chef et son parti; *favor*, l’amour et la -faveur du supérieur pour l’inférieur, du public pour un -comédien, du peuple pour un candidat, du juge pour une des -parties; enfin, *benevolentia*, l’amour et la bienveillance pour -un égal. Dans Cic. Rosc. Com. 10. Quod *studium* et quem -*favorem* secum in scenam attulit Panurgus? Quel zèle et quelle -faveur quand Panurge entre en scène! il faut se représenter le -public d’abord comme auditeur, puis comme juge de l’acteur. -Orat. I, 21. Ego qui incensus essem *studio* utriusque vestrum, -Crassi vero etiam *amore*. Moi qui étais tout feu dans mon zèle -pour vous deux, dans mon amour pour Crassus. - -2. *Studium*, *favor* et *benevolentia* expriment une -inclination passagère occasionnée et limitée par les -circonstances, calme ou même tiède; *amor*, un amour enraciné au -fond de l’âme et voisin de la passion. Cic. Fam. I, 9. Nihil est -quod *studio* et *benevolentia* vel potius *amore* effici non -possit. Je ne sais rien que le zèle et la bienveillance ou -plutôt l’amour ne soit capable d’accomplir. Att. V, 10. *Amores* -hominum in te et in nos quædam *benevolentia*. L’amour qu’on te -porte et une certaine bienveillance qu’on a pour nous. - -3. *Favor*, faveur qu’on accorde, par opposition à *invidentia*; -*gratia*, faveur dont on jouit, par opposition à *invidia*. - -Stupidus. Brutus. Bardus. Stultus. Fatuus. Stolidus. -*Stupidus*, *brutus* et *bardus* sont des termes exclusivement -négatifs qui marquent un défaut d’intelligence: *stupidus*, -celui de l’homme qui comprend difficilement, qui est épais, -ἀναίσθητος; *brutus*, celui de la brute et de l’homme qu’un vice -d’organisation ravale au niveau de la brute, qui n’entend rien, -qui est dépourvu de raison, ϐλὰξ, idiot; *bardus*, celui de -l’homme qui ne comprend qu’avec lenteur, qui n’a aucun talent, -ϐραδὺς, lourd. *Stultus*, *fatuus* et *stolidus* expriment une -qualité positive de l’esprit qui a des idées fausses et qui juge -de travers: *stultus*, un défaut de sagesse pratique qui est de -la déraison, μωρὸς, sot, par opposition à *prudens*; *fatuus*, -un défaut de bon sens qui est de la puérilité, comme nigaud; -*stolidus*, un défaut de convenance et de modération qui est de -la grossièreté, comme impertinent. Liv. XXV, 19. Id non -promissum magis *stolide* quam *stulte* creditum. Promesse -impertinente, sotte crédulité. - -Suavis. Dulcis. -*Suavis* s’entend, comme ἡδὺς, d’une odeur agréable, et au -figuré d’un attrait qui se fait suivre; *dulcis* s’entend, comme -γλυϰὺς, d’une saveur agréable, et au figuré d’un charme qui -entraîne; il sert à renchérir sur *suavis* dans Plin. Ep. V, 8, -10. Hæc vel maxima vi, amaritudine, instantia; illa tractu et -*suavitate* atque etiam *dulcedine* placet. L’historien ne plaît -guère que par la force, l’austérité, la chaleur; l’orateur plaît -par l’abondance, l’agrément et la grâce. Plin. H. N. XV, 2732. -*Dulce* et pingue et *suave*. Le lait, qui n’est point -précisément un corps gras, ne flatte que médiocrement l’odorat -et la langue. - -—Suavium, v. *Osculum*. -—Sublime, v. *Anima* et *Altus*. -—Subito, v. *Repente*. -—Suboles, v. *Stirps*. - -Succensere. Irasci. Indignari. Stomachari. -*Succensere*, garder rancune, et *ægre*, *graviter*, *moleste*, -*difficiliter ferre*, prendre en mal, expriment un -mécontentement contenu; *irasci*, *indignari* et *stomachari*, -un mécontentement qui éclate. La colère, *ira*, porte -l’empreinte de la passion; elle a soif de vengeance; -l’indignation, *indignatio*, offre l’image du sentiment moral -qui se soulève ou se révolte; elle proclame sa désapprobation ou -son mépris; l’emportement, *stomachatio*, est la marque d’un -tempérament irritable, la bile déborde, la mauvaise humeur se -fait jour, on est bruyant et querelleur. L’*iratus* se présente -sous les traits d’un ennemi, il inspire de la crainte; -l’*indignabundus*, sous ceux d’un juge, il impose; le -*stomachans*, sous ceux d’un maniaque, il est ridicule. - -—Sudes, v. *Fustis* et *Stipes*. -—Suffragium, v. *Sententia*. -—Sulcus, v. *Porca*. -—Suffugium, v. *Perfuga*. - -Sumere. Capere. Prehendere. Accipere. Excipere. Recipere. -Suscipere. Recuperare. -1. *Sumere*, se munir d’un objet pour s’en servir, comme αἱρεῖν; -*capere*, s’en saisir pour le posséder, comme λαϐεῖν; enfin, -*prehendere*, mettre la main dessus pour en être physiquement -maître. Cic. Phil. XII, 7. Saga *sumpsimus*, arma *cepimus*. -Nous avons pris des habits de guerre, nous avons saisi nos -armes. - -2. *Accipere*, recevoir ce qu’on nous offre, δέχεσθαι, on y met -de l’empressement; *excipere*, accueillir ce qui vient à nous, -ce que nous attendions, ὑποδέχεσθαι; *recipere*, prendre sous sa -protection, par générosité; *suscipere*, prendre un fardeau sur -soi, entreprendre par dévouement. L’*accipiens* prend dans la -main, l’*excipiens* dans les bras, le *recipiens* sur son cœur, -le *suscipiens* sur les bras ou sur le dos. - -3. *Recipere*, recouvrer sans qu’il en coûte de la peine; -*recuperare*, regagner par ses efforts. Liv. XLII, 53. Urbem -*recipit*, par une simple occupation. Comparez XXVI, 39. Urbe -*recuperata*, par conquête. - -Summus. Supremus. -*Summus*, marque le plus haut degré d’élévation dans un sens -indifférent, ce n’est qu’une question de lieu, ἄϰρος, par -opposition à *imus*; *supremus*, terme poétique et pompeux, -contient une idée accessoire de sublimité, comme ὕπατος, par -opposition à *infimus*. - -Sumptus. Impensæ. -*Sumptus*, dépense qui ébrèche la fortune et le capital, voisine -de la prodigalité; *impensæ*, dépenses qui servent à atteindre -un but et qui tiennent du sacrifice. - -—Superare, v. *Vincere*. - -Superbia. Arrogantia. Fastus. Insolentia. -La *superbia* met les autres au-dessous d’elle par contentement -de soi-même, elle ne voit dans leurs qualités que des reflets de -ses propres mérites, c’est l’orgueil par opposition à -l’humilité; l’*arrogantia* veut se prévaloir aux dépens des -autres d’avantages ou de priviléges qui ne lui appartiennent -point, c’est l’arrogance opposée à la modestie; le *fastus* -repousse les hommes, comme s’ils n’étaient pas dignes d’entrer -en relation avec lui, c’est l’air superbe par opposition à la -simplicité; l’*insolentia* abuse grossièrement de sa supériorité -pour humilier le faible, c’est la hauteur par opposition à -l’humanité et à la générosité. Le *superbus* veut éclipser les -autres; l’*arrogans*, empiéter sur eux; le *fastosus* les -méprise; l’*insolens* les bafoue. - -—Superesse, v. *Restare*. -—Supplementum, v. *Complementum*. -—Supplicare, v. *Rogare*. -—Supremus, v. *Summus*. -—Surripere, v. *Demere*. -—Surculus, v. *Rami*. - -Sus. Verres. Scrofa. Porcus. -*Sus*, terme général, nom du cochon en histoire naturelle, ὗς; -*verres*, *scrofa*, *porcus*, termes d’économie rurale: -*verres*, verrat; *scrofa*, truie; *porcus*, jeune porc ou -goret. Le mot *sus* contient une idée accessoire de malpropreté; -le mot *porcus*, de graisse et d’embonpoint. - -—Suscipere, v. *Sumere*. -—Suspicere, v. *Vereri*. - -Suspirare. Gemere. -*Suspirare*, soupirer, s’entend d’une aspiration profonde et -d’une forte expiration, à la suite d’un serrement de cœur; -*gemere*, gémir, tient plus de la volonté, on donne de l’air à -une poitrine oppressée. Un soupir, *suspirium* exprime la gêne; -un gémissement, *gemitus*, la douleur. Cic. Att. II, 21. Cum diu -occulte *suspirassent*, postea jam *gemere*, ad extremum vero -loqui omnes et clamare cœperunt. A des soupirs longtemps -étouffés succèdent les gémissements, puis enfin, un concert de -plaintes et de cris. - -—Sustinere, sustentare, v. *Ferre*. - - -T - - -—Taberna, v. *Deversorium*. -—Tacere, taciturnus, v. *Silere*. -—Tæda, v. *Fax*. -—Tæter, v. *Teter*. -—Talio, v. *Vindicta*. -—Tabulæ, v. *Axes*. -—Tædet, v. *Piget*. -—Talea, v. *Rami*. -—Tardare, v. *Manere*. - -Tardus. Lentus. -*Tardus*, marque la lenteur qui perd du temps par opposition à -*citus*; *lentus*, celle qui prend ses aises et marche à pas -comptés, par opposition à *acer*. - -Tellus. Terra. Solum. Humus. -*Tellus*, la terre considérée comme un tout, comme le centre du -monde, comme une déesse, par opposition à d’autres corps -célestes ou à d’autres divinités, γαῖα, γῆ; *terra*, comme -matière et élément par opposition aux autres éléments, γαῖα, γῆ; -*solum*, comme l’élément solide opposé particulièrement à l’eau, -πέδον; enfin *humus*, comme la partie la plus basse du monde -visible par opposition à la région de l’air. Les désinences des -dérivés *terrenus* opposé à *igneus*, *solidus* à *fluidus*, -*humilis* à *sublimis*, correspondent à ces différentes -significations. - -—Temetum, v. *Vinum*. -—Tempestas, v. *Ventus*. -—Temperatio, v. *Modus*. - -Templum. Fanum. Delubrum. Ædes. Sacellum. -1. *Templum*, *fanum* et *delubrum*, le temple avec le terrain -consacré qui l’entoure, ἱερόν; *ædes*, l’édifice même, ναός; -enfin, *sacellum*, emplacement consacré, sans édifice, avec un -simple autel. - -2. Au sens restreint *templum*, temple monumental d’une grande -divinité; *fanum* et *delubrum*, temple modeste d’un dieu -inférieur ou d’un héros. - -—Tempus, v. *Dies*. -—Tenebræ, v. *Obscurum*. -—Temulentus, v. *Ebrius*. - -Tenere. Habere. Possidere. -*Tenere*, tenir dans sa main, c’est la possession physique; -*habere*, avoir en son pouvoir, c’est la possession de fait; -*possidere*, avoir en propriété, c’est la possession de droit. -Plin. Ep. I, 16. *Tenet*, *habet*, *possidet*. Saturninus -m’attache, me domine, me possède. - -Tentare. Periclitari. Experiri. Periculum. Discrimen. -1. *Tentare* et *periclitari*, faire une tentative pour -s’éclairer: *tentare*, avec le désir de s’instruire, en prenant -de la peine, c’est un essai; *periclitari*, avec courage, en -méprisant le danger qu’il peut y avoir, c’est une épreuve; -*experiri*, acquérir des lumières par cette tentative, c’est une -expérience. - -2. *Periculum*, le danger considéré dans sa durée; *discrimen*, -comme un simple point dans le temps, comme le moment critique et -le point culminant du *periculi*. Liv. VI, 17. In ipso -*discrimine* *periculi* destituat. Abandonner au plus fort de la -crise. - -—Tenuis, v. *Exilis*. -—Tergum, v. *Dorsum*. -—Terere, v. *Lævis*. - -Tergus. Cutis. Pellis. Vellus. -*Tergus* et *cutis*, couverture extérieure des chairs à l’état -de membrane nue et lisse: *tergus*, peau grossière des animaux -recouvrant une chair tendre et bonne à manger, le cuir δέρμα; -*cutis*, peau fine de l’homme protégeant la chair vive et -sensible, χρώς. *Pellis* et *vellus*, peau avec sa garniture: -*pellis*, peau garnie de poils ou *pili*, fourrure, δορά; -*vellus*, peau laineuse, garnie de flocons ou *villi*, toison, -μαλλός. On dit en parlant des hommes, *cutem*; des éléphants, -serpents, etc., *tergora*; des lions, chèvres, chiens, etc., -*pelles*; des brebis, *vellera*. Juven. X, 192. Deformem pro -*cute* *pellem*. Une peau fine autrefois, pleine à présent de -rides et de poils. - -—Termes, v. *Rami*. -—Terminare, terminus, v. *Finire* et *Finis*. - -Teter. Fœdus. Turpis. Deformis. -*Teter*, *tæter*, ce qui nous paraît odieux parce qu’il trouble -notre sécurité en nous inspirant de la crainte ou en nous -donnant des frissons, à peu près comme effroyable, épouvantable, -ϐλοσυρός; *fœdus*, parce qu’il offense la nature, parce qu’il -excite en nous du dégoût ou de l’horreur, comme affreux, μιαρός; -*turpis*, parce qu’il offense le sens moral ou les convenances -en provoquant notre désapprobation ou notre mépris, par -opposition à *honestus*, *gloriosus*, comme laid, honteux, -αἰσχρός; *deformis*, parce qu’il blesse le goût et déplaît, par -opposition à *formosus*, comme mal fait, δυσειδής. Cic. Off. I, -34. Luxuria cum omni ætate *turpis*, tum senectuti *fœdissima* -est. La débauche honteuse à tout âge est affreuse dans la -vieillesse. Rep. II, 26. Tyrannus quo neque *tetrius* neque -*fœdius*... animal ullum cogitari potest. Un tyran, l’être le -plus effroyable, le plus affreux que l’imagination puisse -concevoir. Vatin. 3. Quanquam sis omni *diritate teterrimus*. -Quoique ta dureté fasse de toi un effroyable personnage. Vell. -P. II, 69. In Vatinio *deformitas corporis* cum *turpitudine* -certabat ingenii. Chez Vatinius la difformité allait de pair -avec la turpitude. - -—Tesca, v. *Solitudo*. -—Tetricus, v. *Austerus*. -—Tignum, v. *Trabes*. -—Timere, timor, v. *Vereri*. -—Titubare, v. *Labare*. -—Tolerare, v. *Ferre*. -—Tormentum, v. *Cruciatus*. -—Torquere, v. *Vertere*. -—Torridus, v. *Aridus*. -—Torvus, v. *Atrox*. -—Totus, v. *Quisque*. - -Toxicum. Venenum. Virus. -*Toxicum*, terme d’histoire naturelle, poison, sans idée -accessoire; *venenum*, liqueur ou potion empoisonnée qui peut -être douce et séduisante; *virus*, liqueur ou breuvage -malfaisant et repoussant. Liv. II, 52. Tribuni plebem agitare -suo *veneno*, agraria lege. Le peuple que travaille le poison -préparé par les tribuns, la loi agraire. Comparez Cic. Læl. 23. -Evomat *virus* acerbitatis suæ. Qu’il vomisse le venin de sa -misanthropie. - -Trabes. Tignum. -*Trabes*, *trabs*, poutrelle longue et mince qui se rapproche de -la perche; *tignum*, poutre courte et épaisse qui se rapproche -de la bille. Un radeau se compose de *trabibus* et non point de -*tignis*; au contraire, les pièces de charpente destinées à -servir de supports dans une construction se composent de -*tignis* et non point de *trabibus*, car ce dernier terme -désigne de préférence les traverses supportées. Cæs. B. C. II, -9. Supra eum locum duo *tigna* transversa injecerunt, quibus -*suspenderent* eam contignationem, supraque ea *tigna* directo -transversas *trabes* injecerunt, easque axibus religaverunt. Ils -jetèrent par-dessus deux poutres[1] qui se croisaient à angle -droit et qui devaient supporter la plate-forme, sur les poutres -un grillage de poutrelles[2] reliées par des ais[3]. - -—1 Sablières. -—2 Longrines et traverses. -—3 Voliges. - -—Tractus, v. *Locus*. -—Trames, v. *Iter*. -—Tragulum, v. *Missile*. -—Tranquillus, v. *Quies*. - -Trans. Uls. Ultra. -*Trans* et *uls*, de l’autre côté, πέραν, par opposition à -*cis*; ce sont des prépositions qu’on n’accentue pas et qui -servent simplement à distinguer un côté de l’autre, elles -appartiennent à la même classe que *super*: *trans*, est le -terme usuel; *uls* a vieilli, il est tombé en désuétude. -*Ultra*, au delà, πέρα, par opposition à *citra*; on appuie sur -le mot pour donner une haute idée de l’éloignement de cet autre -côté au delà duquel il faut chercher l’objet, c’est une -particule de la même classe que *supra*. La séparation exprimée -par *ultra* fait songer à une frontière, la séparation exprimée -par *trans* à un obstacle. Tac. Germ. 29. Protulit magnitudo -populi Romani *ultra* Rhenum *ultra*que veteres terminos imperii -reverentiam... Non numeraverim inter Germaniæ populos, quamquam -*trans* Rhenum Danubiumque consederint, eos qui decumates agros -exercent. La grandeur du peuple romain a porté au delà du Rhin -et au delà des vieilles bornes le respect de son autorité... Je -ne compte point parmi les peuples de la Germanie, quoiqu’établis -de l’autre côté du Rhin et du Danube, ceux qui cultivent les -champs soumis à la dîme. - -—Transfuga, v. *Perfuga*. - -Transversus. Obliquus. -*Transversum*, perpendiculaire, ce qui se dirige à angles droits -à partir d’un point donné sur une droite; *obliquum*, oblique, -ce qui s’éloigne du même point en faisant un angle aigu ou -obtus. - -—Tribuere, v. *Impertire*. -—Troicus, troius, v. *Achivi*. -—Truculentus, v. *Atrox*. -—Truncare, v. *Mutilare*. -—Trux, v. *Atrox*. -—Tristitia, v. *Dolor*. -—Trucidare, v. *Interficere*. -—Trudis, v. *Fustis*. -—Truncus, v. *Stirps*. - -Tueri. Defendere. -*Tueri* ne suppose qu’un danger possible, comme protéger, par -opposition à *negligere*; *defendere*, suppose une attaque, -comme défendre, par opposition à *deserere*. Les mineurs ont des -protecteurs ou tuteurs, *tutores*, les accusés des défenseurs, -*defensores*. Le *tuens* fait preuve de sollicitude et d’amour -en cherchant à prévenir le danger; le *defendens*, de courage et -de force en faisant face au danger. Sen. Tranq. 11. Neque ille -solum militat qui in acie stat et dextrum lævumque *cornu -defendit*; sed et qui *portas tuetur*. Le nom de soldat n’est -pas exclusivement réservé à celui qui tient ferme à son rang de -bataille et qui défend l’aile droite ou l’aile gauche; il -convient également à celui qui garde les portes. - -Tum. Tunc. -*Tum*, adverbe qui correspond à *is*, comme en ce temps-ci; -*tunc*, adverbe qui correspond à *ille*, comme en ce temps-là. - -—Tumere, v. *Turgere*. -—Tumulus, v. *Collis*. -—Turba, v. *Caterva*. - -Turbæ. Tumultus. Seditio. Secessio. Deficere. Desciscere. -1. *Turbæ* et *tumultus*, désordres de police: *turbæ*, -attentatoires au bon ordre; *tumultus*, à la tranquillité -publique. *Seditio* et *secessio*, mouvements politiques par -suite d’une différence d’opinions nette et tranchée, de -principes contradictoires: *seditio*, quand l’union vient -seulement d’être troublée et que la lutte des partis se passe -encore en paroles; *secessio*, quand on a renoncé à tout espoir -de conciliation et que les partis sont en présence prêts à se -battre ou qu’ils ont du moins rompu tout commerce. - -2. Les *seditiosi* et les *secedentes* sont citoyens et membres -d’une communauté libre dont ils troublent seulement l’union; les -*deficientes* et *desciscentes* violent un contrat en qualité de -sujets qui se soulèvent ou d’alliés qui font défaut: *deficere*, -terme général, présente la défection par son côté moral, comme -une désertion qui provient d’infidélité, d’hésitation et de -lâcheté; *desciscere*, par son côté politique, comme un -changement de principes et de système. - -—Turbo, v. *Ventus*. - -Turgere. Tumere. -*Turgere*, exprime une augmentation de volume qui tient à un -excès de force et d’abondance, comme σπαργᾷν, σφριγᾷν; *tumere*, -contient l’idée du néant et du vide déguisés sous l’enflure, -comme οἰδᾷν. On appelle les voiles *turgida* lorsque le vent qui -les gonfle est considéré comme un corps réel, capable en effet -de les remplir, et *tumida*, lorsqu’on ne veut voir dans le même -vent que de l’air, un air qui n’est rien et qui paraît seulement -remplir les voiles. - -—Turio, v. *Rami*. -—Turpis, v. *Teter*. - -Tutus. Securus. Incuriosus. -1. *Tutus* se rapporte à la réalité de la chose et s’entend de -celui qui est en sûreté, comme ἀσφαλής; *securus* se rapporte à -la persuasion de l’esprit et s’entend de celui qui se croit en -sûreté. Au sens réfléchi, *tutus* arrive à exprimer l’idée de -prévoyance, et *securus* celle d’imprévoyance par euphémisme. -Sen. Ep. 97. *Tuta* scelera esse possunt, *secura* non possunt. -Le crime peut être en sûreté, mais il ne possède jamais la -sécurité. Cependant, comme il n’existe point de substantif tiré -de *tutus*, *securitas* se prend aussi par catachrèse dans le -sens de sûreté. - -2. *Securus*, *securitas* expriment l’absence d’inquiétude et de -soucis comme un état de l’âme, c’est la sécurité, ἀμέριμνος, par -opposition à *sollicitus*; *incuriosus*, *incuria*, expriment le -manque de soin et d’attention, au point de vue pratique, comme -insouciant, ὀλίγωρος, par opposition à *cura*. Sen. Ep. 100. -Fabianus non erat *negligens* in oratione, sed *securus*. Il y -avait dans les discours de Fabianus un air je ne dis pas de -négligence, mais d’assurance. - - -U - - -—Uber, v. *Fœcundus*. - -Udus. Uvidus. Humidus. Aquosus. Madidus. -1. *Uvidum* et *udum*, ὑγρὸν, humide, dans tout le sens du mot, -ce qui est entièrement composé d’eau ou d’un autre liquide, en -réalité, en apparence, ou encore par hyperbole, *humore -constans*; *humidum* et *humectum*, humide au sens restreint, ce -qui est seulement imprégné de parties aqueuses, humore mixtum. -Sen. N. Q. II, 25. Dicis nubes attritas edere ignem cum sint -*humidæ*, imo *udæ*. Tu dis qu’il sort du feu des nuages qui -sont chargés ou plutôt composés d’eau. *Udus*, qui a pour -opposés *sudus* et *solidus*, est synonyme d’*aquanus* dans -Tertullien; mais *humidus*, qui a pour opposé *aridus*, est -synonyme d’*aquosus*, à cette différence près qu’en employant -*aquosus*, on se représente encore le sec et l’humide comme -distincts; ils existent l’un à côté de l’autre, tandis qu’en -employant *humidus*, on se les représente comme mélangés et -confondus. *Pratum aquosum* signifierait une prairie où il y a -des mares et des étangs; mais *pratum humidum*, une prairie -arrosée. - -2. *Udus* n’est qu’une contraction d’*uvidus*; *humectus* n’est -que le participe d’*humidus*. Pacuv. ap. Varr. Terra exhalabat -auroram *humidam*, *humectam*. La terre exhalait une vapeur -humide, chargée d’eau. - -3. *Humidus*, *humens* se rapporte, comme humide. à la -constitution intérieure du corps; *madidus*, *madens*, μυδαλέος, -ruisselant, ne se rapporte qu’à l’extérieur et à la surface du -corps, par opposition à *siccus*. Cic. Phil. XIV, 3. *Imbuti* -sanguine gladii legionum exercituumque nostrorum, vel -*madefacti* potius duobus consulum, tertio Cæsaris prælio. -L’épée de nos légions et de nos armées est trempée dans le sang; -elle a ruisselé de sang dans les deux combats livrés par les -consuls, dans le troisième combat livré par César. *Imbuere*, -causatif d’*imbibere*, se rapporte, en effet, à l’humidité qui -pénètre à l’intérieur; *madefieri*, à celle qui s’amasse au -dehors et qui peut provenir indifféremment de deux causes, -savoir d’un trop-plein au dedans ou de la nature imperméable -d’une surface. - -—Ulcus, v. *Vulnus*. -—Uligo, v. *Lacuna*. - -Ulna. Lacertus. Brachium. Cubitus. -*Ulna*, le bras entier, depuis l’épaule jusqu’à la main, servant -à mesurer l’aune; *lacertus*, le haut du bras, depuis l’épaule -jusqu’au coude; *brachium*, l’avant-bras; *cubitus*, le pli -entre deux, le coude. - -—Uls, ultra, v. *Trans*. -—Ultio, v. *Vindicta*. -—Ultimus, v. *Extremus*. -—Ultro, v. *Præterea* et *Sponte*. -—Umbrosus, v. *Obscurum*. - -Una. Simul. -*Una*, ensemble, dans le même lieu, ὁμοῦ; *simul*, à la fois, -dans le même temps ou le même instant, ἅμα. - -—Unctus, v. *Delibutus*. - -Uncus. Hamus. -*Uncus*, grand crochet comparable à une ancre; *hamus*, petit -crochet comparable à un hameçon. - -—Uncus, v. *Curvus*. -—Unicus, v. *Eminens*. -—Unda, v. *Aqua*. -—Universus, unusquisque, v. *Quisque*. -—Usque, v. *Semper*. -—Usura, v. *Fœnus*. -—Usurpare, v. *Uti*. - -Uterque. Ambo. Utervis. Uterlibet. -1. *Uterque*, chacun des deux, s’applique à un tout dans lequel -on distingue deux unités, comme ἑϰάτερος; *ambo*, tous les deux, -à un tout dans lequel on distingue deux moitiés, comme ἄμφω. -Cic. Finn. II, 7. Hic, qui *utramque* probat, *ambobus* debuit -uti. Puisqu’on admet les deux points de fait, on devrait les -représenter tous les deux par un terme spécial. Ter. Ad. I, 2, -50. Curemus æquam *uterque* partem; tu alterum, ego item -alterum; nam *ambos* curare proреmоdum reposcere illum est quem -dedisti. Prenons chacun une part égale de la tâche; garde -Ctésiphon, moi Eschine. T’occuper ainsi de tous les deux, c’est -presque me redemander celui que tu m’as donné. La différence de -construction est visible dans Cic. Muren. 18, 37. Duæ res in -prætura desideratæ sunt, quæ *ambæ* in consulatu Murenæ -profuerunt... *Horum utrumque* ei fortuna ad consulatus -petitionem reservavit. Deux choses manquèrent à Muréna dans la -demande de la préture; et toutes deux l’ont merveilleusement -servi quand il a sollicité le consulat... La fortune lui -réservait chacun de ces deux avantages dans ses démarches pour -le consulat. Et Orat. III, 26. A *quibus utrisque* submittitur -aliquid. Le poëte et le compositeur sacrifient chacun à la -simplicité. - -2. *Uterque* et *ambo* sont copulatifs et se décomposent en -*unus* et *alter*; l’attribut est nécessairement commun; -*utervis*, celui des deux que vous voudrez, et *uterlibet*, -celui des deux qu’il vous plaira, sont disjonctifs et se -décomposent en *unus vel alter*; l’attribut est commun par -accident. Ter. Andr. Prol. 10. Qui *utramvis* recte norit, -*ambas* noverit. Il suffit de posséder une de ces deux pièces de -Ménandre, celle que vous voudrez, pour les posséder toutes les -deux. - -Uti. Usurpare. Frui. Frunisci. -*Uti* et *usurpare* expriment l’action de faire usage d’une -chose, d’en disposer à son avantage; mais *uti* se dit d’un -usage permanent; *usurpare*, d’un acte isolé. *Frui* et la -vieille forme *frunisci* expriment le sentiment agréable qui -accompagne cet usage, comme jouir: *frui* est le verbe primitif, -*frunisci*, le verbe inchoatif. Sen. Vit. B. 10. Tu voluptate -*frueris*, ego *utor*. Tu ne cherches dans le plaisir que la -jouissance, j’y cherche le profit. Flor. II, 6. Hannibal quum -victoria posset *uti*, *frui* maluit. Annibal pouvait user de sa -victoire, il aima mieux en jouir. Cic. Rosc. Am. 45, 131. -Commoda, quibus *utimur*, lucem, qua *fruimur*, spiritumque, -quem ducimus, a Deo nobis dari. Les avantages dont nous -profitons tous les jours, la lumière dont nous jouissons, l’air -que nous respirons sont des dons de Dieu. Cic. Cat. III, 2, 5. -Quorum opera... assidue *utor*. Je profite constamment de leur -activité. Comparez avec Finn. II, 35, 118. In ea, quam *sæpe -usurpabas*, tranquillitate degere omnem vitam. Laisser couler sa -vie entière dans la tranquillité que tu as su trouver en mainte -occasion. Cic. Orat. 51, 169. Post inventa conclusio est, qua -credo *usuros* veteres illos fuisse, si jam nota et *usurpata* -res esset. La période oratoire fut inventée plus tard; je crois -que les anciens en auraient fait usage s’ils l’avaient connue et -vu employer. - -—Utique, v. *Plane*. -—Uxor, v. *Femina*. -—Uvidus, v. *Udus*. - - -V - - -Vacare. Otiari. Feriari. Cessare. Nihil agere. -*Vacare*, avoir son temps libre, par opposition à l’*occupatio*, -qui oblige au travail; *otiari*, n’avoir point d’affaires, par -opposition aux *negotia*, qui font du travail un devoir; -*feriari*, jouir du repos des jours de fête, par opposition à la -besogne journalière; *cessare*, cesser son travail et se -reposer, par opposition à la peine qu’on vient de prendre; -*nihil agere*, ne rien faire, par opposition à l’activité en -général. - -—Vacuus, v. *Inanis*. -—Vacillare, v. *Labare*. -—Vadum, v. *Solum*. -—Vadere, v. *Ire*. -—Vagari, v. *Errare*. -—Vafer, v. *Astutus*. -—Vale, v. *Ave*. -—Valde, v. *Perquam*. -—Valere, v. *Posse*. -—Valens, v. *Salus*. -—Valetudo, v. *Æger*. - -Validus. Firmus. Robustus. -1. *Validus*, fort, au sens actif, pour l’attaque et -l’exécution, vigoureux, par opposition à *imbecillis*, comme -σθεναρός; *firmus* et *robustus*, fort, au sens passif, pour la -défense, pour supporter quelque chose: le *firmum* tire sa force -d’une assiette inébranlable, on y met sa confiance, il s’oppose -à *labans*, *vacillans* et même à *imbecillus*, en grec ϐέϐαιος, -ferme; le *robustum* tire la sienne de sa nature compacte, de -l’impénétrabilité de sa matière, il dure, par opposition à -*tenerum*, comme ῥωμαλέος et ἰσχυρὸς, solide. - -2. *Imbecillitas* convient à la faiblesse d’esprit; -*infirmitas*, à la faiblesse corporelle. Cic. Finn. V, 45. In -*infirma* ætate *imbecilla*que mente: un âge qui n’est point -fait, une intelligence qui n’a point de ressort. Et quand ils ne -se disent tous deux de l’esprit, *imbecillitas* signifie une -faiblesse naturelle de tête ou de cœur, par exemple, un défaut -de talent ou de courage; *infirmitas*, une faiblesse morale, par -exemple, la versatilité qui empêche qu’on ne se fie à nous. Cæs. -B. G. VII, 77. Nolite stultitia ac temeritate vestra aut -*imbecillitate* animi omnem Galliam prosternere. Ne cédez ni à -une folle hardiesse ni à une faiblesse d’esprit qui causerait la -chute de toute la Gaule. Comparez avec IV, 5. Cæsar -*infirmitatem* Gallorum veritus quod sunt in consiliis capiendis -mobiles et rebus plerumque novis student. César avait peur de la -versatilité des Gaulois, qui sont inconstants dans leurs -desseins et amoureux de changements. - -—Vallum, v. *Agger*. -—Vallus, v. *Stipes*. -—Valvæ, v. *Ostium*. - -Varius. Diversus. Contrarius. Versicolor. Variegare. -1. *Varium* exprime les différences qu’on remarque dans un seul -et même objet; *diversum*, celles qui distinguent un objet d’un -autre. Catull. 47, 10. Quos longe simul a domo profectos -*diverse* *variæ* viæ reportant, c’est-à-dire que toutes sortes -de voies ramènent chez eux dans des directions tout à fait -différentes. Tac. H. I, 25. Otho postquam *vario* sermone -callidos et audaces cognovit, pretio et promissis onerat... -Suspensos cæterorum animos *diversis* artibus (i. e. spe et -metu) stimulant. Othon cause avec eux, varie l’entretien, -s’assure qu’ils sont rusés et hardis, les achète à prix d’or et -les comble de promesses... Pour les autres, on aiguillonne par -divers moyens ces esprits incertains. - -2. Les *diversa* n’ont rien de commun entre eux et s’en vont -dans des directions divergentes ou même opposées; les -*contraria* se font face et sont diamétralement opposés. D’où la -gradation Cic. Divin. II, 55. *Diversas* aut etiam *contrarias*. -Tout ce qui est du domaine de la conjecture... est sujet de la -part des hommes aux interprétations les plus diverses et souvent -les plus opposées[1]. Vell. P. II, 75. *Diversa* præsentibus et -*contraria* exspectatis sperare. Avoir des espérances qui -s’écartent des conjonctures et qui sont contraires aux -probabilités. - -3. *Varium*, bigarré, qui offre plusieurs couleurs à la fois, -ποιϰίλον; *versicolor*, chatoyant, qui change autant de fois de -couleur qu’il y a de manières de l’exposer à la lumière, αἴολον. -Propert. III, 13, 32. Aut *variam* plumæ *versicoloris* avem. Un -oiseau bigarré dont le plumage chatoie. Pline (XXXVII, 10) -exprime les deux idées par des périphrases lorsqu’il appelle à -la fois la pierre mithrax *multicolor* et contra solem *varie* -refulgens. - -4. *Variare* signifie en général donner un aspect varié; -*variegare* signifie en particulier donner un aspect dont la -variété est dans les couleurs, barioler. - -—1 Traduction de la collection Panckoucke. - -—Vas, v. *Sponsor*. -—Vasta, v. *Solitudo*. - -Vastare. Populari. Diripere. Agere ferre. Expilare. Spoliare. -Peculari. -1. *Vastare*, ravager, détruire par fureur ou par politique la -propriété de l’ennemi, πέρθειν, πορθεῖν; *populari*, *diripere* -et *agere ferre*, piller par intérêt personnel: *populari*, en -grand, par exemple, enlever la moisson entière, emmener les -troupeaux; *diripere*, en petit, entrer dans les maisons, rompre -les armoires; *agere ferre*, des deux manières, comme ἄγειν ϰαὶ -φέρειν. - -2. *Spoliare* et *populari*, s’approprier des dépouilles en -temps de guerre; *expilare* et *peculari*, *depeculari*, en -temps de paix: *expilare*, par violence; *peculari*, par -escroquerie et détournement de la propriété de l’État. Cic. -Parad. VI, 1. Si socios *spolias*, ærarium *expilas*. Si tu -dépouilles les alliés, si tu portes la main sur le trésor. - -—Vates, v. *Canere*. -—Vaticinari, v. *Divinare* et *Hariolari*. -—Vecors, v. *Amens*. -—Vehemens, v. *Acer*. -—Vegetus, v. *Vigens*. - -Velle. Optare. Expetere. Cupere. Avere. Gestire. -1. *Velle*, *optare* et *expetere* expriment des actes de la -raison qui se possède et se gouverne; *cupere*, *avere* et -*gestire*, des actes du sentiment surexcité et de la passion. -Sen. Ep. 116. Cum tibi *cupere* interdixero, *velle* permittam. -Après t’avoir interdit les désirs, je te permettrai d’avoir des -volontés. - -2. *Velle*, vouloir et coopérer à la réalisation de sa propre -volonté, θέλειν et ϐούλεσθαι; *optare*, souhaiter et s’en -remettre à d’autres ou au destin pour la réalisation du souhait, -ποθεῖν; *expetere*, exiger et mettre les autres en demeure de -remplir cette exigence, ὀρέγεσθαι. Sen. Ep. 95. Sæpe aliud -*volumus*, aliud *optamus*. Nos volontés sont souvent en -désaccord avec nos souhaits. Cic. Off. I, 20. Nihil nisi quod -honestum sit homines aut admirari, aut *optare*, aut *expetere* -oportet. Il convient que les hommes n’admirent, ne souhaitent, -n’exigent rien qui ne soit honorable. - -3. *Cupere* exprime un désir violent, passionné; *gestire*, un -désir vif qui se manifeste par des gestes; *avere*, *havere*, un -désir impatient, pressant. *Cupidus*, désireux, ἐπιθυμῶν; -*gestiens*, qui se réjouit à l’idée d’avoir une chose, χρῄζων; -*avidus*, avide. Cic. Sen. 8. Græcas litteras sic *avide* -arripui, quasi diuturnam sitim explere *cupiens*. Je me suis -jeté sur la littérature grecque avec avidité, avec la passion -d’apaiser une soif qui durait depuis longtemps. Comparez avec -Att. II, 18. Intellexi quam suspenso animo et sollicito scire -*averes*, quid esset novi. J’ai compris tes incertitudes et tes -soucis, ton impatience de connaître les nouvelles. Et IV, 11. -Perge reliqua; *gestio* scire ista omnia. Continue, je me fais -une fête de savoir tous ces détails. - -—Vellus, v. *Tergus*. -—Velox, v. *Citus*. - -Vendere. Venundare. Mancipare. -*Vendere* et *venundare* présentent la vente comme une -transaction commerciale: dans *vendere*, l’idée principale est, -comme dans vendre, la livraison de l’objet, et le prix d’achat -n’est qu’un accessoire; il est opposé à *emere*; c’est le grec -ἀποδόσθαι; *venundare* fait ressortir, comme étaler, la mise en -vente, l’offre de la marchandise, πιπράσϰειν, πωλεῖν, ἀπεμπολᾷν. -*Mancipare*, aliéner, présente la vente comme un acte juridique -par lequel on cède et transporte à un autre la propriété d’une -chose avec toutes les prétentions qu’on y avait jusque-là, en -due forme. - -—Venditatio, v. *Jactatio*. -—Venenum, v. *Toxicum*. -—Venerari, v. *Vereri*. -—Veniam dare, v. *Ignoscere*. - -Ventus. Procella. Tempestas. Vortex. Turbo. -*Ventus*, le vent, comme terme générique; *procella* et -*tempestas*, vent violent: *procella*, bourrasque, coup de vent; -*tempestas*, tempête, orage complet, accompagné d’éclairs, de -tonnerre, de pluie ou de grêle. *Vortex* et *turbo*, tourbillon: -*vortex*, tourbillon faible qui ne soulève que la poussière; -*turbo*, tourbillon impétueux qui cause des dégâts. - -—Venundare, v. *Vendere*. -—Vepres, v. *Dumi*. -—Venustus, v. *Formosus*. - -Verberare. Icere. Ferire. Cedere. Pulsare. Mulcare. Pavire. -Cudere. -1. *Verberare*, *ferire* et *icere*, frapper en général, de -loin, de près, de toute manière. Le *verberans* porte un coup -qui rebondit; l’*iciens* et le *feriens*, un coup qui pénètre, -blesse ou brise: l’*iciens* lance son coup, par exemple, -*fulmine ictus*; le *feriens* pousse et heurte, par exemple, -*murum ariete ferire*. *Cædere*, *pulsare* et *mulcare* sont des -termes plus particuliers et signifient battre avec un instrument -fait exprès: *cædere*, avec un instrument tranchant qui fait une -blessure, hache, sabre, fouet, verges, étrivières; *pulsare* et -*mulcare*, avec un instrument contondant, un bâton ou le poing. -*Pulsare* prend, comme battre, un complément quelconque; -*mulcare*, comme bâtonner, ne peut avoir pour complément que le -nom d’un être sensible à la douleur, surtout l’homme. - -2. Au sens restreint, *verberare* exprime un châtiment -administré de sang-froid et qui consiste en coups de bâton, -c’est une punition en forme infligée par l’autorité compétente; -*pulsare* et *mulcare* signifient un mauvais traitement par -coups ou bourrades, exercé par des personnes qui n’y sont point -autorisées, c’est une vengeance. *Pulsare* s’entend d’un -traitement grossier; on frappe avec la main ou avec une canne, -on n’en veut guère qu’à l’honneur et à la dignité des gens; -*mulcare* marque un traitement brutal; on se sert pour frapper -des poings ou d’un gourdin; on a surtout en vue de causer des -douleurs physiques, on rosse. - -3. *Pavire*, battre, pour solidifier à force de coups une masse -molle; *cudere*, pour aplatir et élargir une masse dure. -*Fulgere*, *battuere* et *cajare* sont des termes vieillis ou -communs pour battre. - -—Verbosus, v. *Garrire*. - -Verbum. Vocabulum. Vox. Dictum. Dicterium. -1. *Verbum*, le mot considéré comme une partie de la phrase; -*vocabulum*, comme un élément de la langue. Les mots, *verba*, -sont du ressort de l’usage; les termes, *vocabula*, sont du -ressort du dictionnaire. - -2. *Verba*, les mots par rapport à leur signification; *voces*, -par rapport à leur forme et à leur son. - -3. Comme terme technique de grammaire, *vox* comprend toutes les -huit parties du discours; *vocabulum*, tous les mots proprement -dits, à l’exception des interjections ou sons naturels; *nomen*, -seulement les noms appellatifs, adjectifs, substantifs et -pronoms; et *verbum*, seulement les verbes. - -4. Au sens collectif, *verbum* s’entend d’une pensée générale, -comme sentence; *vox*, *dictum* et *dicterium*, d’une saillie -qui appartient à telle ou telle personne: *vox* est l’expression -du sentiment ou de la passion, c’est une exclamation; *dictum* -est un trait d’esprit et d’intelligence, comme un bon mot. Tac. -H. III, 39. Audita est *sævissima* Vitellii *vox*, qua se -pavisse oculos spectata inimici morte jactavit. Vitellius eut -une exclamation cruelle; on l’entendit qui se vantait crûment -d’avoir rassasié ses yeux au spectacle de la mort d’un de ses -ennemis particuliers. Comparez avec Ann. VI, 20. Scitum Passieni -*dictum* percrebuit, neque meliorem unquam servum, neque -deteriorem dominum fuisse. Un trait spirituel de l’orateur -Passiénus et qui courut partout, c’est qu’il n’y avait jamais eu -ni de meilleur esclave ni de plus mauvais maître. - -5. *Dictum*, terme général et populaire pour toute parole -piquante; *dicterium*, terme savant d’une époque postérieure -pour une parole piquante par excellence qui est le fruit de -l’esprit naturel développé par l’étude des lettres et le -commerce de la bonne société. - -—Verecundia, v. *Castus*. - -Vereri. Timere. Metuere. Spes. Fiducia. Timor. Timiditas. -Ignavia. Formido. Horror. -1. *Vereri* exprime, comme αἰδεῖσθαι, un effet qui a sa raison -d’être dans une dignité qui nous impose; *metuere* et *timere* -expriment, comme δεῖσαι et φοϐεῖσθαι, un effet qui résulte du -caractère dangereux et menaçant d’un objet. Le *timens* et le -*metuens* craignent de courir un danger; le *verens* craint -d’être couvert de honte et de confusion. Cic. Phil. XII, 12: -Quid? veteranos non *veremur*? nam timeri ne ipsi quidem volunt. -Eh quoi! est-ce que nous ne révérons point les vétérans? car, -pour aller jusqu’à la peur, c’est ce qu’ils ne veulent point eux- -mêmes. Sen. II, 37. *Metuebant* eum servi, *verebantur* liberi, -carum omnes habebant. Ses esclaves le craignaient, ses enfants -le révéraient, tout le monde le chérissait. Liv. XXXIX, 37. -*Veremur* quidem vos, Romani, et si ita vultis etiam *timemus*. -Nous vous révérons, ô Romains, et nous avons même peur de vous, -si c’est là ce que vous voulez. Afran. ap. Gell. XV, 13. Ubi -malunt *metui* quam *vereri* se ab suis. Dès qu’ils aiment mieux -être craints que révérés par les leurs. Sen. Ir. III, 32. -Quibusdam *timeamus* irasci, quibusdam *vereamur*. Ne nous -fâchons point contre certains personnages, contre ceux-là par -peur, contre ceux-ci par une crainte respectueuse. - -2. *Metus*, la crainte prise comme l’attente d’un mal qu’on a en -perspective, auquel on songe, l’inquiétude par prévoyance et -prudence, comme δέος, synonyme de *cautio*; *timor*, la peur par -lâcheté et faiblesse. En d’autres termes, la crainte, *metus*, -est une affaire d’intelligence, elle occupe la pensée; la peur, -*timor*, est une affaire de sentiment, elle saisit le cœur. -*Metus* s’oppose à *spes*; *timor*, à *fiducia*, *animus*. Cic. -Tusc. IV, 31. *Confidere* decet, *timere* non decet. Il s’agit -d’avoir pleine confiance, il ne s’agit point d’avoir peur. - -3. Même différence entre *spes*, l’espérance, et *fiducia*, la -confiance. Sen. Ep. 16. Jam de te *spem* habeo, nondum -*fiduciam*. Tu me donnes déjà des espérances, tu ne m’inspires -pas encore de confiance. Tac. Agr. 3. Nec *spem* modo ac votum -securitas publica, sed ipsius voti *fiduciam* ac robur -assumpserit. On ne se borne plus à espérer et à appeler de ses -vœux la sécurité publique, mais on en jouit avec un sentiment de -confiance et de stabilité. Suet, Cl. 10. Aliquanto minore *spe* -quam *fiducia*. Il y avait un peu moins d’espérance que de -confiance. - -4. *Timor* présente la peur comme un état passager; *timiditas* -présente la timidité comme une qualité habituelle qui se -comporte, par rapport à l’*ignavia*, comme le terme précis par -rapport au terme général. Lactant. III, 17. Epicurus... -*ignavum* prohibet accedere ad rem publicam, pigrum exercere, -*timidum militare*. Epicure ôte aux gens incapables l’accès des -affaires, aux gens paresseux leur maniement, aux gens timides la -guerre. L’*ignavia* est l’incapacité de faire aucune action -noble et particulièrement aucun exploit courageux; la -*timiditas* est excusable dans certaines circonstances; -l’*ignavia* est toujours condamnable. - -5. La crainte, *metus*, et la peur, *timor*, naissent de la -réflexion qui distingue nettement l’objet et la cause de -l’inquiétude. L’effroi, *horror*, et l’épouvante, *formido*, -naissent d’une émotion vive et subite qui accable l’esprit en -lui présentant des images pénibles, des visions affreuses et qui -le rend incapable de se raisonner: mais *formido*, l’épouvante, -exprime directement un état de l’âme, ὀῤῥωδία; *horror*, -l’effroi, n’exprime que la manifestation de cet état lorsqu’il -se révèle par des cheveux qui se dressent, par des yeux égarés, -etc., comme φρίϰη. Tac. H. IV, 46. *Metus* per omnes ac præcipua -Germanici militis *formido*. La crainte partout, l’épouvante au -plus haut chez les troupes de Germanie. - -Vereri. Revereri. Venerari. Colere. Observare. Adorare. -Admirari. Suspicere. -1. *Vereri* et *revereri*, avoir du respect; *venerari*, -témoigner du respect. Tac. Ann. XIV, 13. *Venerationem sui*, les -respects qu’on lui rendrait; comparez avec *matris reverentia*, -le respect que lui inspirait sa mère. - -2. *Vereri* marque la considération poussée jusqu’à la crainte -et à la timidité; *revereri*, la crainte et la timidité -inspirées par la considération. Dans *vereri*, c’est la crainte; -dans *revereri*, la considération qui est l’idée principale. -*Verecundia* signifie la peur de se mettre dans son tort vis-à- -vis d’une personne que l’on considère; *reverentia*, la -conviction intime que le mérite de la personne justifie cette -peur. - -3. *Venerari* ne s’emploie (du moins dans Cicéron) qu’en parlant -des honneurs qu’on rend aux dieux ou à des êtres supérieurs; -*observare* se dit de ceux qu’on rend aux hommes; *colere*, des -deux. Cic. Rep. I, 12. Ut... Africanum ut *deum coleret* Lælius, -domi vicissim Lælium *observaret* in parentis loco Scipio. -Lélius honorerait comme un dieu Scipion l’Africain; à Rome, -Scipion à son tour aurait pour Lélius toutes les attentions -qu’on a pour un père. Le *venerans* ne vise qu’à exprimer le -respect qu’il doit, et à détourner de lui par son humilité la -colère des dieux; le *colens* vise par des complaisances, des -services et des égards de toute sorte, à gagner la faveur de -quelqu’un et à en retirer des fruits comme d’un champ cultivé. -La *veneratio* se marque surtout par la prière, le *cultus* par -le sacrifice; la *veneratio* est un acte isolé, passager, le -*cultus*, une manifestation permanente de respect. Tac. H. I, -10. Vespasianus... Titum filium ad *venerationem* *cultum*que -(Galbæ) miserat, c’est-à-dire que Titus devait présenter au -nouvel empereur l’hommage de Vespasien et rester à la cour. - -4. *Observare* comparé à *colere* donne à la pensée un tour -indirect et se dit des égards auxquels on ne manque pas, par -opposition à la négligence; mais il ne suit point de là que l’un -des deux termes soit plus fort et l’autre plus faible. *Colere* -s’entend de démonstrations palpables, *operam*; *observare*, -d’attentions délicates, *pietatem*, et c’est tantôt aux unes, -tantôt aux autres qu’on attache le plus de prix. - -5. *Adorare*, terme général pour toute espèce de culte rendu aux -dieux; la *veneratio* tend à se restreindre aux gestes, la -*precatio* aux formules. - -6. *Reveremur* validas auctoritates; *admiramur* raras virtutes; -*suspicimus* excellentia dignitate. Nous respectons l’autorité, -nous admirons la vertu, nous levons les yeux vers les grandeurs. -Je me représente d’ailleurs le *reverens* dans un état de -crainte silencieuse; l’*admirans*, dans un enthousiasme bruyant -ou du moins visible; le *suspiciens*, sous les traits d’une -personne étonnée qui sent humblement sa propre infériorité. -*Revereri* se rapporte particulièrement à une supériorité -morale; *admirari*, à une supériorité intellectuelle et morale; -*suspicere*, à une supériorité quelconque, même de hasard. - -Vernalis. Vernilis. -*Vernaliter* contient un éloge: avec l’adresse et la prestesse -d’un serviteur bien appris et zélé; il est synonyme de *sedulo*. -*Verniliter* contient un blâme: d’une manière ignoble et commune -qui sent l’esclavage; il est synonyme de *serviliter*; mais -*verniliter* se rapporte à la grossièreté des façons, comme -rustiquement; *serviliter*, à la bassesse des sentiments, comme -servilement. - -—Verres, v. *Sus*. -—Versutus, v. *Astutus*. -—Versicolor, v. *Varius*. - -Vertere. Torquere. Convertere. Invertere. Pervertere. -1. *Vertere*, tourner ou retourner, c’est-à-dire remuer un objet -pour lui donner une autre position ou une autre place, τρέπειν; -*torquere*, tourner dans le sens de mouvoir autour d’un point -fixe ou d’un axe, στρέφειν. - -2. *Convertere* signifie 1º avec un sujet au pluriel: tourner -tous à la fois, par exemple Cæs. B. C. I, 80. Ut pæne terga -*convertant*, peu s’en faut qu’ils ne tournent le dos tous à la -fois; 2º par rapport à l’achèvement de l’action: tourner tout à -fait. *Invertere* veut dire seulement tourner à moitié, en sorte -que l’objet prenne la position inverse et montre l’envers; -enfin, *pervertere*, tourner en sorte que l’objet prenne une -fausse position, soit hors d’usage, ou perdu, mettre sens dessus -dessous. - -—Verutum, v. *Missile*. -—Vesanus, v. *Amens*. - -Vestis. Vestitus. Vestimentum. Amictus. Amiculum. Cultus. -Habitus. -1. *Vestis*, terme général qui signifie tantôt l’habillement -entier, *vestitus*, tantôt une pièce de l’habillement, -*vestimentum*. *Vestem mutare* veut dire prendre le deuil; -*vestimenta mutare*, changer d’habits. - -2. *Vestis* et *vestimentum*, vêtement qui couvre le corps par -raison de nécessité ou de décence; *amictus* et *amiculum*, -vêtement qu’on met par-dessus les autres pour avoir plus chaud -ou pour se parer: *amictus*, tout l’habillement de dessus; -*amiculum*, pièce détachée, surtout. Tac. G. 17. Feminæ sæpius -lineis *amictibus* velantur, partemque *vestitus* superioris in -manicas non extendunt. Les femmes portent plus souvent que les -hommes des vêtements de dessus en lin, et il n’y a point de -manches dans le haut de leur habillement. - -3. *Cultus* et *habitus* expriment des idées plus complexes que -*vestis*: *cultus* comprend tout ce qui se rattache à la mise, -ceinture, chapeau, parures, armes; *habitus*, tout ce qui touche -de près ou de loin à la toilette, propreté, coiffure, tenue. -Suet. Cæs. 44. Dicam ea quæ ad formam et *habitum* et *cultum* -et mores pertineant. Je vais esquisser son portrait et dire un -mot de sa toilette, de sa mise, de ses mœurs. Cal. 52. *Vestitu* -calceatuque cæteroque *habitu*. Dans son habillement, dans sa -chaussure, dans toute sa toilette. - -Vetare. Interdicere. -*Vetare*, défendre au nom de la loi par opposition à *jubere*; -*interdicere*, interdire en vertu des pouvoirs qu’on tient de sa -charge par opposition à *addicere*, *permittere*. - -—Veternus, v. *Antiquus*. -—Vetula, v. *Anus*. - -Vetus. Senex. Grandævus. Longævus. Senecta. Senectus. Senium. -1. *Vetus homo*, l’homme vieux à partir de la cinquantaine, par -opposition à *juvenis*, l’homme jeune, comme γέρων; *senex*, le -vieillard à partir de la soixantième année avec une idée -accessoire de dignité, comme πρεσϐυτής: enfin *grandævus* et -*longævus*, vieillard chargé de jours qui a dépassé la durée -ordinaire de la vie, c’est-à-dire à partir à peu près de la -quatre-vingtième année. - -2. *Senecta*, la vieillesse au sens indifférent, comme degré de -la vie; *senectus*, la vieillesse vénérable et expérimentée qui -impose du respect et des égards; *senium*, le grand âge qui -affaiblit, accable et qu’on peut regarder comme une infirmité. - -—Vetus, vetustus, v. *Antiquus* et *Puer*. -—Via, v. *Iter*. -—Vibrare, v. *Librare*. - -Vicinus. Finitimus. Confinis. -*Vicini*, voisins, d’une maison, d’une cour à l’autre; -*finitimi* et *confines*, d’un pays à l’autre: *finitimi*, au -sens simple et incomplexe, nos voisins, ceux qui habitent à -notre frontière, c’est un simple terme géographique; *confines*, -exprime une relation réciproque, il s’agit de peuples -mutuellement voisins qui ont une frontière en commun, avec une -idée morale accessoire, celle d’une amitié qui se joint au -voisinage. Les *finitimi* sont séparés par une démarcation, -*finibus diremti*; les *confines* ou *confinio conjuncti* ont -des points de contact. - -Vicissim. Invicem. Mutuo. -*Vicissim* marque comme alternativement et vice versa que deux -personnes ou deux objets font ou éprouvent successivement -quelque chose: *invicem* et *mutuo*, qu’ils le font ou -l’éprouvent en même temps: *invicem* a plus de rapport à des -actions; *mutuo*, à des situations réciproques. Ils répondent à -réciproquement et mutuellement. - -—Victus, v. *Vita*. - -Videre. Cernere. Spectare. Intueri. Conspicere. Adspicere. -Adspectus. Conspectus. Obtutus. -1. *Videre* et *cernere*, voir, prendre connaissance par -l’organe de la vue: *videre*, prendre connaissance en gros, -comme ὁρᾷν, par opposition à ne pas voir à cause de quelque -obstacle qui boucherait la vue; *cernere*, prendre une -connaissance précise et claire, par opposition à une vue -incertaine et troublée. *Spectare*, *intueri*, *tueri* et -*contueri*, regarder, arrêter les yeux sur un objet: *spectare*, -regarder tranquillement un objet qui intéresse l’esprit et s’y -arrêter comme à un spectacle, considérer, θεᾶσθαι; *intueri*, -fixer son regard sur un objet qui attire l’imagination ou le -cœur, contempler, θεωρεῖν. Cic. Famm. VII, 1. Neque nos qui hæc -*spectavimus*, quidquam novi *vidimus*. Et nous-mêmes qui avions -les yeux ouverts sur cela, nous n’avons rien vu de nouveau. - -2. *Intueri* signifie simplement contempler avec attention, mais -*contueri*, contempler avec fixité, avec pénétration et avec de -grands yeux. - -3. *Conspicere*, apercevoir, c’est-à-dire avoir la vue frappée -d’un objet et le plus souvent sans s’y attendre; *adspicere*, -regarder, c’est-à-dire jeter les yeux sur un objet, qu’on ait ou -non conscience de la sensation. - -4. *Adspectus* a le sens actif, c’est le sujet qui regarde; -*conspectus* a le sens passif, c’est le sujet qui est vu, qui -fait tableau, c’est encore et souvent le cercle que la vue -embrasse. *Obtutus*, le regard, a le sens neutre. Suet. Tib. 43. -Ut *adspectu* deficientes libidines excitaret. Pour rallumer par -cette vue ses feux épuisés. Comparez avec Cal. 9. Tumultuantes -*conspectu* suo flexit. Sa vue fit reculer les soldats soulevés. -Et avec Cic. Orat. III, 5. Qui vultum ejus quum ei dicendum -esset, *obtutum*que *oculorum* in cogitando probe nosset. Lui -qui connaissait parfaitement l’air qu’il prenait au moment de -parler et le regard qu’il avait quand il réfléchissait. - -—Viere, v. *Ligare*. - -Vigens. Vegetus. Vividus. Vivus. Animans. Vitalis. Vivax. -1. *Vigens* se dit d’un homme frais et vigoureux de corps et -d’esprit; *vegetus*, d’un homme éveillé et vif sous le rapport -de l’esprit; *vividus*, d’un homme plein de vie et d’énergie au -moral. Liv. VI, 22. Exactæ jam ætatis Camillus erat... sed -*vegetum* ingenium in *vivido* pectore vigebat, virebatque -integris sensibus. Camille conservait dans un âge avancé un -esprit vif et frais, un cœur énergique, une constitution intacte -et florissante. - -2. *Vivus*, vivant par opposition à mort; *animans*, animé par -opposition à inanimé. - -3. *Vitalis*, qui a la vie longue; *vivax*, qui a la vie dure. - -Vigil. Insomnis. Exsomnis. -*Vigil* présente l’état de veille par le côté positif: on sait -ce qu’on fait, on veut le faire, on y applique ses forces, on -est éveillé et agissant, c’est le grec ἄγρυπνος. *Insomnis* et -*exsomnis* ne présentent ce même état que par le côté négatif, -comme une privation de sommeil, ἄύπνος; mais l’*insomnis* ne -peut pas, l’*exsomnis*, ne veut pas dormir. Tac. Ann. I, 65. Cum -oberrarent tentoriis *insomnes* magis quam *pervigiles*. Ils -erraient le long des tentes faute de pouvoir dormir plutôt que -par un surcroît de vigilance. Vell. Pat. II, 88. Mæcenas ubi res -*vigiliam* exigeret, sane *exsomnis*. Quand les affaires -exigeaient de la vigilance, Mécène se privait tout à fait de -sommeil. Hor. Od. III, 7, 6. Noctes non sine multis *insomniis* -lacrimis agit. Il passe ses nuits dans les pleurs sans sommeil. -Comparez avec 25, 7. Non secus in jugis *exsomnis* stupet Evias. -Comme une bacchante qui court la montagne et qui lutte contre le -sommeil reste stupéfaite à la vue de l’Hèbre. - -Villa. Fundus. Prædium. Ager. Campus. Rus. Arvum. -1. *Villa*, maison de campagne ordinairement avec une pièce de -terre; *fundus*, pièce de terre ordinairement avec une maison de -campagne; *prædium*, tantôt la maison, tantôt la pièce, comme -bien de campagne. *Villa* est d’ailleurs un terme -d’architecture; *fundus*, un terme économique; *prædium*, un -terme de droit. Cat. R. R. 3. Ita ædifices, ne *villa* *fundum* -quærat, neve *fundus* *villam*. Bâtissez dans de justes -proportions en sorte que la maison n’ait pas l’air de courir -après le domaine, ni le domaine après la maison. - -2. *Villa*, *fundus* et *prædium* supposent un propriétaire, -comme *portio*; *ager*, *arvum*, *rus* et *campus* se conçoivent -sans aucun rapport à un propriétaire, comme *pars*. - -3. *Ager* et *campus*, la campagne, cultivée ou non: *ager*, le -sol par opposition au terrain occupé par des constructions ou -des plantations d’arbres, à *urbs*, *oppidum*, *vicus*, -*hortus*, *silva*, comme ἀγρός; *campus*, les basses terres et -les plaines, comme πεδίον, par opposition aux hauteurs, à *mons* -et *collis*. - -4. *Rus* et *arvum*, le champ, la terre à blé: *rus*, par -opposition au village ou à la ville, comme ἄρουρα; *arvum*, par -opposition aux pâturages et aux plantations d’arbres, à -*pabulum*, *pascuum*, *pratum*, *olivetum*, comme ἄροτος. Cic. -Fr. ap. Quintil. IV, 2, 131. *Fundum* habet in *agro* Thurino -Tullius paternum. Tullius possède un bien patrimonial dans la -banlieue de Thurium. Orat. III, 33. De *fundo* emendo, de *agro* -colendo. Un domaine à acheter, un sol à cultiver. Tac. G. 26. -*Arva* per annos mutant, et superest *ager*. Ils changent tous -les ans de champs de blé, et ce n’est pas le sol qui leur -manque. - -Vincere. Superare. Opprimere. -1. *Vincere*, chasser l’adversaire de sa position, comme -vaincre, νιϰᾷν; *superare*, prendre le dessus sur son -adversaire, comme ὑπερϐάλλεσθαι. Le *vincens* est aux prises -avec des ennemis, le *superans* avec des obstacles. Tac. Ann. -II, 25. *Invictos* et nullis casibus *superabiles* Romanos. Les -Romains sont invincibles et supérieurs à tous les événements[1]. - -2. *Evincere* marque en particulier l’acharnement et la durée du -combat; *devincere*, le succès du combat et la plénitude de la -victoire. - -3. *Vincere*, vaincre à la suite d’un combat; *opprimere*, sans -combat, en paraissant, par surprise ou par une supériorité de -forces décisive. Cic. Mil. II. Vi *victa* vis vel potius -*oppressa* virtute audacia est. La force a vaincu la force, ou -pour mieux dire, le vrai courage a d’abord accablé l’audace. Et -de même Muren. 15. Mithridatem L. Murena *repressum* magna ex -parte, non *oppressum* reliquit. Au départ de L. Muréna, -Mithridate était fort empêché, mais point accablé. - -—1 Traduction Panckoucke. - -—Vincire, v. *Ligare*. - -Vincula. Catenæ. Compedes. Pedicæ. Manicæ. -*Vincula*, toute sorte de liens, terme générique par rapport à -*catenæ*, comme δεσμοί; *catenæ*, chaînes, soit pour enchaîner, -soit pour d’autres usages, comme ἁλύσεις; *compedes*, fers en -général pour les mains ou les pieds: *pedicæ*, pour enchaîner -les pieds; *manicæ*, pour enchaîner les mains, menottes. Tac. -Ann. VI, 14. Celsus in *vinclis* laxatam *catenam* et -circumdatam in diversum tendens suam ipse cervicem perfregit. -Celsus était lié; à force de tirer sur une chaîne lâche qui -faisait le tour du cou il réussit à se casser le cou. - -Vindicta. Ultio. Talio. Pœna. Mulcta. Castigatio. Puniri. -1. *Vindicta*, acte de justice comme la punition; *ultio*, acte -de colère comme la vengeance; *talio*, acte de représailles. - -2. *Ultio*, *vindicta* et *talio*, actes d’autorité privée; -*punitio*, *mulctatio* et *castigatio*, actes d’autorité -publique: *pœna*, peine afflictive qu’exige la loi violée et -offensée; *mulcta*, satisfaction que réclament la justice et -l’équité en compensation d’un dommage et qui consiste de -préférence en une amende; *castigatio*, correction qui s’adresse -à un individu, surtout par voie de réprimande. La *pœna* profite -au public, la *mulcta* à la partie adverse, la *castigatio* au -coupable. - -3. *Punire*, punir suivant les principes de la justice; -*puniri*, dans Cicéron, exercer une vengeance personnelle. - -—Vinolentus, v. *Ebrius*. - -Vinum. Temetum. -*Vinum*, nom général et usuel; *temetum*, nom archaïque et -poétique du vin. - -—Violare, v. *Lædere*. -—Virga, virgultum, v. *Rami*. -—Vir, v. *Homo* et *Puer*. - -Virgo. Puella. Virago. -*Virgo*, fille qui n’est point mariée, jeune ou vieille, par -opposition à *mulier*, παρθένός; *puella*, jeune femme mariée ou -non, par exemple l’épouse de Néron, Octavie, à l’âge de vingt -ans, dans Tac. Ann. XIV, 64, ϰόρη; *virago*, jeune fille forte -comme un homme, héroïque, par exemple les amazones, ἀντιάνειραι. - -Virtus. Innocentia. Honestas. -*Virtus*, la vertu qui se manifeste par des actions solides et -méritoires; *innocentia*, par une conduite irréprochable et -surtout désintéressée; *honestas*, par des sentiments vertueux -et nobles. - -—Virtus, v. *Ferocia*. -—Viscera, v. *Caro*. -—Vis, v. *Potentia*. - -Vita. Salus. Victus. -1. *Vita*, la vie dans sa durée, par opposition à *mors*; -*salus*, la vie sauve, par opposition à *interitus*, *exitium*. - -2. *Vita*, la vie publique, *victus*, la vie privée d’un homme. -Nep. Alc. 1. Splendidus non minus in *vita* quam in *victu*. -Aussi magnifique dans la vie publique que dans la vie privée. - -—Vitalis, v. *Vigens*. - -Vitium. Menda. Mendum. Labes. Macula. -*Vitium*, défaut quelconque; *menda*, défaut naturel, surtout -corporel, infirmité, ϐλάϐη; *mendum*, faute qu’on a commise, -surtout dans des écrits, bévue, ἁμάρτημα; *labes*, faute -infamante, souillure, λύμη; *macula*, défaut qui défigure, -tache, ϰηλίς. - -—Vituperare, v. *Reprehensio*. -—Vivax, vividus, v. *Vigens*. -—Virus, v. *Toxicum*. -—Vivus, v. *Vigens*. - -Vix. Ægre. -*Vix*, à peine, se rapporte exclusivement, comme σχολῄ, à la -chose qui pour un rien manquerait, par opposition à *omnino -non*; *ægre*, avec peine et à grand’ peine, μόλις et μόγις, se -rapporte au sujet qui agit et qui est inquiet de savoir s’il -réussira complétement ou s’il échouera, par opposition à facile. - -—Vocabulum, v. *Verbum*. -—Vocare, v. *Nominare*. -—Vociferari, v. *Clangere*. - -Volucres. Aves. Alites. -*Volucres*, tout ce qui vole, y compris les insectes ailés, les -volatiles, comme πτηνός; *aves* et *alites*, les oiseaux -seulement: *avis*, terme général d’histoire naturelle pour tous -les oiseaux, comme ὄρνις; *ales*, terme choisi pour les grands -oiseaux seulement, comme οἰωνὸς, en particulier l’aigle; et -*alites*, comme terme technique de la langue des augures, les -oiseaux dont on observait et interprétait le vol, par opposition -à *oscines* ou aux oiseaux dont on interprétait le chant et les -cris. Ovid. Art. am. III, 410. Jovis in multas devolat *ales* -*aves*. L’oiseau de Jupiter fond sur la gent emplumée. - -—Voluntate, v. *Sponte*. -—Voluptas, v. *Cupido*. - -Vorago. Vortex. Gurges. -*Vorago* et *barathrum*, qui est étranger et poétique, eau sans -fond, abîme qui peut exister dans un marais, un étang, un lac; -*vortex* et *gurges*, supposent une eau agitée: le *vortex* se -meut dans le sens horizontal, l’eau tourne simplement en cercle, -empêchant les objets qui surnagent d’aller plus loin, comme le -tourbillon; le *gurges* se meut dans le sens vertical, il -entraîne au fond ce qui tombe dans son domaine, comme le -gouffre. Liv. XXVII, 30. Navis retro *vortice* intorta. Vaisseau -ramené en arrière par le tourbillon. Comparez avec XXII, 6. -Deficientibus animis hauriebantur *gurgitibus*. Le cœur leur -manquait et ils étaient engloutis dans les gouffres. - -—Vox, v. *Verbum*. - -Vulnus. Plaga. Ulcus. Cicatrix. Saucius. -1. *Vulnus* et *plaga*, lésion qui provient d’une cause -extérieure: *vulnus*, d’une arme ou d’un instrument tranchant, -blessure; *plaga*, d’un instrument quelconque, contusion; -*ulcus*, plaie ouverte ou ulcère, abcès crevés, etc.; et -*cicatrix*, cicatrice qui remplace la blessure après la -guérison. Suet. Vit. 10. Verbera et *plagas*, sæpe *vulnera*, -nonnunquam necem repræsentantes adversantibus. La moindre -résistance valait aux gens des coups et des contusions, souvent -des blessures, quelquefois la mort. - -2. *Vulneratus*, blessé en général; *saucius*, mis hors de -combat par une blessure, c’est le terme propre pour les blessés -à la bataille. Cic. Verr. I, 27. Servi nonnulli *vulnerantur*, -ipse Rubrius *sauciatur*. Plusieurs esclaves sont blessés, -Rubrius est mis hors de combat. - -—Vultus, v. *Facies*. - - -INDEX DES SYNONYMES GRECS - - -Α -Ἀγαθὴ τύχηCasus -ἈγαθόςBonus -ἌγαλμαImago -ἈγάπηDiligere -Ἄγειν ϰαὶ φέρεινVastare -ἈγέληPecus -ἈγροῖϰοςRus -ἈγρόςVilla -ἌγρυπνοςVigil -ἈγχιστεῖςNecessarius -ἈδολεσχίαGarrire -ἈείδεινCanere -ἌζηLutum -ἎθλονPræmium -ΑἰανόςPridem -ΑἰγιαλόςRipa -ΑἰδεῖσθαιVereri -ἈΐδιονContinuus -ΑἶθεινArdere -ΑἷμαSanguis -ΑἰνόςAtrox -ΑἴολονVarius -ΑἱρεῖνSumere -ΑἰσχρόςTeter -ΑἰτῶνRogare -ΑἰχμήAcies -ΑἰώνιονContinuus -ἈϰεῖσθαιMederi -ἈϰέραιοςPurus -ἈϰήρατοςPurus -ἈϰολουθεῖνComitari -ἌϰοςMederi -ἈϰούεινAudire -ἈϰριϐείαOpera -ἈϰροᾶσθαιAudire -ἌϰροςSummus -ἈϰτήRipa -ἌϰωνMissile -ἈλᾶσθαιErrare -ἌλγοςDolor et Cura -ἉλίαConcilium -ἍλιςSatis -Ἄλλοι (οἱ)Cæteri -ἍλςMare -Ἄλσος, ἄλτιςSilva -ἉλύσειςVincula -ἍμαUna -ἉμάρτημαVitium -ἈμέριμνοςTutus -ἌμφωUterque -Ἀνάγϰη ἐστίνNecesse est -ἈναδέχεσθαιPolliceri -ἈναιρεῖνInterficere -ἈναίσθητοςStupidus -ἈναμιμνήσϰεσθαιMeminisse -ἈνανεύωNegare -ἈνάπτεινAccendere -ἈναρίθμητοςInnumerus -ἈναφανδόνAperire -ἈναφλογίζεινAccendere -ἈνδράποδονServus -ἈνδριάςImago -ἈνδροφόνοςHomicida -ἈνευρεῖνInvenire -ἈνήρPuer et Homo -ἈνήριθμοςInnumerus -Ἀνθρωπείως et ἀνθρωπίνωςHumanitus -ἌνθρωποςHomo -ἈνίαCura -ἈντιστατήςAdversarius -ἈντιχαρίζεσθαιGratias agere -ἍπαντεςQuisque -ἈπατᾷνFallere -ἈπεμπολᾷνVendere -ἌπλετοςMagnus -ἈποϐαλεῖνAmittere -ἈποϐάλλεινSpernere -ἈποδόσθαιVendere -ἈποθενProcul -ἈποϰρύπτεινCelare -ἈπονεύωNegare -ἈπορίαPaupertas -Ἀπὸ τύχηςCasu -ἈποφάναιNegare -ἈργόςAlbus -ἈρεσϰεύεινAssentiri -ἌρθρονMembrum -ἈριστερόςSinister -ἈρνεῖσθαιNegare -Ἄροτος, ἄρουραVilla -ἉρπαϰτήρPræda -ἌρσηνHomo -ἈρχαῖοςAntiquus -ΑρχεινJubere -ἈσιτίαFames -ἈσϰεῖνComere -ἈσϰηθήςSalvus -ἌσμενοςSponte -ἈσπίςScutum -ἈστραπήFulgur -ἌστρονStella -ἈσφαλήςTutus -ἈτιμίαIgnominia -ἈτραπόςIter -Αὖθις et αὖθις ἐξ ὑπαρχῆςIterum -ΑὖοςAridus -ἌϋπνοςVigil -ΑὔραAnima -ΑὐτόμολοςPerfuga -ΑὐτομάτωςSponte -ΑὐχμόςLutum -ἈφθόνωςSatis -ἈφνειόςDivitiæ -ἌφρωνAmens -ἈχαιοίAchivi -ἈχανήςMagnus -ἌχθοςMoles -ἌχλυςObscurum -ἍψοςMembrum -Β -ΒάδηνPaulatim -ΒαδίζεινIre -ΒάναυσοιFaber -ΒάροςMoles -ΒαστάζεινFerre -ΒαΰζεινLatrare -ΒέϐαιοςValidus -ΒέλοςMissile -ΒλαϐερόςCulpa -ΒλάϐηVitium -ΒλάξStupidus -Βλέπων (τόρον ou ταυρηδὸν)Atrox -ΒλοσυρόςTeter -ΒόρϐοροςLutum -ΒούλεσθαιVelle -ΒραδύνεινManere -ΒραδύςStupidus -ΒρότοςSanguis -Γ -ΓαῖαTellus -ΓελᾷνRidere -ΓένοςGens -ΓεραιόςAntiquus -ΓέραςDonum -ΓέραςPræmium -ΓερούσιοςAntiquus -ΓέρωνAntiquus, Puer, Vetus -ΓῆTellus -ΓλυϰύςSuavis -ΓνώμηSententia -ΓράμμαLittera -Δ -ΔαίμωνNumen -ΔαϰρύεινLacrimare -ΔάνοςFœnus -ΔασύςAngustus -ΔέεινLigare -ΔεῖNecesse est -Δεινόν τιDelictum -ΔεινόςAtrox -ΔεῖξαιOstendere -ΔεῖσαιVereri -ΔεόμενοςRogare -ΔέοςVereri -ΔέρμαTergus -ΔεσμεύεινLigare -ΔεσμοίVincula -ΔεύτερονIterum -ΔέχεσθαιSumere -ΔῆλονAperire -ΔηλῶσαιOstendere -ΔῆμοςGens -ΔιατρίϐεινManere -ΔίδυμοςDuplex -ΔιολέσαιAmittere -ΔιπλοῦςDuplex -ΑμώςServus -ΔόμοιÆdificium -ΔόξαGloria et sententia -ΔοράTergus -ΔόρυMissile -ΔοῦλοςServus -ΔοῦποςFragor -ΔραπέτηςPerfuga -ΔύναμιςPotentia -ΔύνασθαιPosse -ΔυναστείαPotentia -ΔυσειδήςTeter -Δυσμένεια, δύσνοιαOdium -ΔυσφημίαIgnominia -ΔώματαÆdificium -ΔῶρονDonum -Ε -ἘγγελᾷνRidere -ἘγγυᾷνPolliceri -ἘγγύςÆquus -ἜγϰαρποςFœcundus -Ἕδος, ἕδραSedes -ἜθειραCrinis -ἘθελοντήςSponte -ἜθνοςGens -ἜθοςConsuetudo -ΕἶδοςFigura -Εἴδωλον, εἰϰώνImago -ΕἰμαρμένηCasus -Εἰς ϰενόνFrustra -ΕἰωθέναιSolere -ἝϰαστοιQuisque -ἙϰάτεροςUterque -ἘϰδημεῖνProficisci -ἙϰηλίαQuies -ἘϰθανεῖνMors -ἘϰϰλησίαConcilium -ἙϰούσιοςSponte -ἘϰφοράFunus -ἙϰώνSponte -ἘλεεῖνMisereri -ἝλοςLacuna -ἘμϐαίνεινIre -ἘμπολᾷνEmere -ἘμφανίσαιOstendere -ἘνδαίεινAccendere -ἜνδειαPaupertas -ἘνίοτεNonnunquam -ἘντελήςFinire -ἘντέλλεσθαιJubere -ἘνύπνιονSomnus -ἘξαπίνηςRepente -ἜξεστιConcessum est -ἘξουσίαPotentia -Ἔοιϰεν (ὡς)Censere -ἘπαγγέλλεσθαιPolliceri -ἘπιειϰῶςHumanitus -ἘπιθυμῶνVelle -ἘπιϰαμπήςCurvus -ἘπιτήδειοςIdoneus -ἘπῳδαίCanere -ἘπωμίςArmus -Ἐρᾷν, ἐρᾶσθαιDiligere -ἘργασίαOpera -ἜργονAgere -ἜριφοςCaper -ἙρπετόνRepere -ἘῤῥωμένοςConfisus -ἜῤῥωσοAve -ἜρωςDiligere -Ἔσθ’ ὅτεNonnunquam -ἜσχατοςExtremus -ἜταιNecessarius -ἙταῖροιSocius -ΕὐθηνήςFœcundus -ΕὐθύςRepente -ΕὐϰαιρίαOccasio -ΕὐνήCubile -ΕύποροςDivitiæ -ΕὔσϰιοςObscurum -ΕὔτοϰοςFœcundus -ΕύτροποςBonus -ΕὐτυχήςFelix -ΕύφοροςFœcundus -ΕὐχαριστεῖνGratias agere -ΕύχεσθαιRogare -ἘφεῖναιConcedere -ἘφίεσθαιJubere -ἜχθραOdium -ἘχθρόςAdversarius -Ἔχιδνα, ἔχιςRepere -Ζ -ΖόφοςObscurum -ΖῶονAnimal -Η -ἭδεσθαιGaudere -ἩδύςSuavis -ἮθοςConsuetudo -ἨιώνRipa -ἩμίθεοςNumen -Ἤν, ἤνι, ἠνίδεEn -ἨνίονFrenum -ΉπιοςMitis -ἮριMane -ἩσυχίαQuies -ἨχήFragor -Θ -ΘάλασσαMare -ΘαλλοίRami -ΘαμάSæpe -ΘαμειόςAngustus -Θάνατος, θανεῖν (πανδίϰως)Mors -ΘάρσοςFides -ΘεᾶσθαιVidere -ΘέλεινVelle -Θέμις ἐστίConcessum est -ΘεόςNumen -ΘεωρεῖνVidere -ΘημώνAcervus -Θήρ, θηρίονAnimal -ΘήςIncolere -ΘησαυροίDivitiæ -ΘράσοςFides -ΘρηνεῖνLacrimare -ΘριγϰόςMurus -ΘρίξCrinis -ΘρόνοςSedes -ΘυμόςAnima -Θύρα, θυρίδεςOstium -ΘῶοςCulpa -ΘωπεύεινAssentiri -Ι -ἸᾶσθαιMederi -ἼδιοςPrivus -ἸδούEn -ἸέναιIre -ἸερόνTemplum -ἹερόςSacer -ἹϰανόςIdoneus -ἹϰανῶςSatis -ΙϰετεύεινRogare -ἼλυςLutum -Ἴσα, ἴσωςÆquus -ἸσχύεινPosse -ἸσχυρόςValidus -ἼσωςCasu -Κ -ΚαγχάζεινRidere -ΚαθαρόςPurus -ΚαινόςNovus -ΚαιρόςDies et Occasio -ΚαϰηγορίαMaledictum -ΚαϰίωνDeterior -ΚαρηϰομόωντεςCrinis -ΚαταγελᾷνRidere -ΚατάγωνComitari -ΚαταϰαίεινAccendere -ΚαταϰρύπτεινCelare -ΚαταφρονεῖνSpernere -ΚαταψῇνMulcere -ΚατέχεινManere -ΚελεύεινJubere -ΚέλευθοςIter -Κενόν (εἰς)Frustra -ΚεραυνόςFulgur -ΚερδαλέοςAstutus -ΚέρδοςLucrum -ΚεύθεινCelare -ΚηδεστήςNecessarius -ΚηλίςVitium -ΚλάγγεινClangere -ΚλάδοςRami -ΚλαίεινLacrimare -ΚλέοςGloria -ΚλῆμαRami -ΚλίμαLocus -ΚλιτόςCollis -ΚλώνRami -ΚνέφαςObscurum -ΚνυζᾶσθαιLatrare -ΚοίτηCubile -ΚολαϰεύεινAssentiri -ΚολοφώνCulmen -ΚολωνόςCollis -ΚόμηCrinis -ΚομμοῦνComere -ΚομψόςPurus -ΚόπροςLutum -ΚόρηVirgo -Κορυφή, ϰορυφοῦνAcervus -ΚορυφήCulmen -ΚοσμεῖνComere -ΚραιπάληEbrius -ΚράτοςPotentia -Κρότος, ϰροῦσιςFragor -Κρυμός, ϰρύοςFrigere -ΚρύπτεινCelare -ΚρύσταλλοςFrigere -ΚτείνεινInterficere -ΚτύποςFragor -ΚωϰύεινLacrimare -ΚώλονMembrum -Λ -ΛαϐεῖνSumere -ΛαλεῖνDicere et Garrire -ΛαμπάςCandela -ΛάμπωLucere -ΛέγεινDicere -ΛέϰτρονCubile -ΛευϰόςAlbus -ΛῃστήςPræda -ΛίθοςSaxum -ΛίμνηLacuna -ΛίμοςFames -ΛιπαρῶνRogare -ΛόγχηMissile -ΛοιδορίαMaledictum -Λοιποί (οἱ)Cæteri -ΛοῖσθοςExtremus -ΛυϰόφωςMane -ΛύμηVitium -ΛύσσαAmens -ΛύχνοςCandela -Μ -ΜαϰάριοςFelix -ΜαλλόςTergus -ΜανιϰόςAmens -ΜαντεύεσθαιDivinare et Hariolari -ΜασχάληArmus -ΜάτηνFrustra -ΜάχηPugna -ΜέγαςMagnus -ΜέθηEbrius -ΜεθιέναιIgnoscere -ΜείλιχοςMitis -ΜειράϰιονPuer -ΜέλλεινCunctari -ΜέλοςMembrum -ΜέλπεινCanere -ΜεμνῆσθαιMeminisse -ΜέμψιςReprehensio -ΜέριμναCura -ΜετάρσιονAnima -ΜεταφρένονDorsum -ΜετέωρονAnima -ΜετέωροςAltus -ΜέτοιϰοςIncolere -ΜέτοχοςSocius -Μέτριον, μηδὲν ἄγανModus -ΜιαίνεινContaminare -ΜιαρόςTeter -ΜιϰρόςParvus -ΜισθόςPræmium -ΜῖσοςOdium -Μόγις, μόλιςVix -ΜορύσσεινContaminare -ΜοῖραCasus -ΜορφήFigura -ΜυδαλέοςUdus -ΜυϰτῆρεςNasus -ΜωρόςStupidus -Ν -ΝαόςTemplum -ΝάπηSilva -ΝεανίαςPuer -ΝέατοςExtremus -ΝέοθενIterum -ΝέοςNovus et Puer -ΝεωστίNuper -ΝήπιοςPuer -ΝιϰᾷνVincere -ΝῶτονDorsum -Ξ -ΞηρόςAridus -ΞυνεγγύςÆquus -Ο -ὌγϰοςMoles -ὉδοιπορεῖνProficisci -ὉδόςIter -ΟἰδᾷνTurgere -ΟἰϰεῖοςPrivus -ΟἰϰέτηςServus -Οἰϰοδόμημα, οἶϰοςÆdificium -Οἰϰτείρειν, οἰϰτίζεινMisereri -ΟἶμαιCensere -ΟἷμοςIter -ΟἶνωσιςEbrius -Οἷόν τ’ εἶναιPosse -ΟἶτοςMors -ΟἰωνόςVolucres -ὈϰνεῖνCunctari -ὈλιγωρεῖνSpernere -ὈλίγωροςTutus -ὈλισθεῖνLabi -ὈλολύζεινLacrimare -ὍλοςQuisque -ὍλωςPlane -ὉμήγυριςConcilium -Ὅμοιος, ὁμοίωςÆquus -ὉμοῦUna -ὍμωςÆquus -ὌναρSomnus -ὌνειδοςMaledictum -ὈξύςAcer et Acerbus -Ὅπως δήποτεPlane -ὉρᾷνVidere -ὈρέγεσθαιVelle -ὌρθρῳMane -ὌρνιςVolucres -ὌροςFinis et Mons -ὈῤῥωδίαVereri -ὈρσόςRami -Ὅσιόν ἐστιConcessum est -ὍσιοςSacer -ὈσμήOlere -ὉστισοῦνQuisque -ὌσφρησιςOlere -Ὀυ φάναιNegare -ὈφείλεινNecesse est -ὌφιςRepere -ὌχθηRipa -ὌχθοςCollis -Π -Παιδίον, παῖςPuer -ΠαλαιόςAntiquus -ΠάλινIterum -ΠανήγυριςConcilium -ΠανοῦργοςAstutus -ΠάντεςQuisque -ΠάντωςPlane -ΠαραυτίϰαRepente -ΠαράφρωνAmens -ΠαραχρῆμαRepente -ΠαρθένοςVirgo -Πᾶς τιςQuisque -ΠάτριοςPaternus -ΠατρῷοςPaternus -ΠεδίονVilla -ΠέδονTellus -Πέλαγος, πελαγίζεινMare -ΠελώριοςMagnus -ΠένθοςDolor -ΠενίαPaupertas -ΠεποιθώςConfisus -Πέρα, πέρανTrans -ΠέρθεινVastare -ΠερίϐολοςMurus -ΠεριεῖναιAbundare -ΠερισσεύεινAbundare -ΠεσεῖνLabi -ΠέτραιSaxum -ΠηλόςLutum -ΠιϰρόςAcerbus -ΠιμπράναιAccendere -ΠίνεινBibere -ΠίνοςLutum -ΠιπράσϰεινVendere -Πίστις, πιστότηςFides -ΠλανᾶσθαιErrare -Πλούσιος, πλοῦτοςDivitiæ -ΠνεῦμαAnima -ΠοθεῖνVelle -ΠοιήματαCanere -ΠοιϰίλονVarius -ΠοίμνηPecus -ΠολέμιοςAdversarius -ΠόλιςGens -ΠολλάϰιςSæpe -ΠόνοςLabor et Opera -Πόντος, ποντίζεινMare -ΠορεύεσθαιProficisci -ΠορθεῖνVastare -ΠόῤῥωθενProcul -ΠοταμόςFluvius -ΠοτέNonnunquam -ΠράξειςAgere -ΠρᾶοςMitis -ΠρεσϐύτηςVetus et Puer -ΠρίασθαιEmere -ΠρόϰαRepente -ΠροπέμπωνComitari -ΠροσέτιPræterea -ΠροσήϰοντεςNecessarius -Πρὸς τούτοιςPræterea -ΠρότεροςAntiquus -ΠροφητείαDivinare -ΠτερόνAla -ΠτηνόςVolucres -ΠτίλονAla -ΠτωχείαPaupertas -ΠυϰνόςAngustus -ΠωλεῖνVendere -ΠῶνPecus -Ρ -ῬεῦμαFluvius -ῬηγμίνRipa -ῬίνNasus -ῬινηλατεῖνOlere -ῬόοςFluvius -ῬύποςLutum -ῬωμαλέοςValidus -Σ -ΣάϰοςScutum -ΣθεναρόςValidus -ΣθένεινPosse -ΣιγᾷνSilere -ΣίνιςPræda -ΣιωπᾷνSilere -ΣϰαιόςSinister -ΣϰιόειςObscurum -ΣϰληρόςAridus -ΣϰόπελοιSaxum -ΣϰότοςObscurum -ΣπᾷνBibere -ΣπαργᾷνTurgere -ΣπάρτηLaqueus -Στενός, στενωπόςAngustus -ΣτίλϐωLucere -ΣτοιχεῖονLittera -ΣτοργήDiligere -ΣτρέφεινVertere -ΣτροφαῖοςAstutus -ΣυγγενήςNecessarius -ΣυγγιγνώσϰεινIgnoscere -ΣυγχωρῆσαιConcedere -ΣύλλογοςConcilium -ΣυμϐεϐηϰότωςCasu -ΣυμϐολήPugna -ΣύμπαντεςQuisque -ΣυμφοράCasus -ΣύναιμοςNecessarius -ΣυνέδριονConcilium -ΣυνέχειαOpera -ΣύνοιϰοςIncolere -ΣύνοδοςConcilium -ΣύχνοςAngustus -ΣφάξαιInterficere -ΣφάλλεινFallere -ΣφοδρόςAcer -ΣφριγᾷνTurgere -ΣχῆμαFigura -ΣχοῖνοςLaqueus -ΣχολῇVix -ΣωρόςAcervus -ΣῶςSalvus -ΣωτήριοςSalus -Τ -ΤαλαιπωρίαLabor -Ταυρηδὸν ϐλέπωνAtrox -Τάχ’ ἄνCasu -ΤείρεαStella -ΤεῖχοςMurus -ΤέλειοςFinire -ΤέλοςFinis -ΤέναγοςLacuna -ΤέραςStella -ΤέρμαFinis -ΤεχνῖταιFaber -Τῆλε, τηλόθενProcul -ΤοῖχοςMurus -ΤόϰοςFœnus -ΤόλμαFides -ΤολμῶνFerre -ΤόποςLocus -Τορὸν ϐλέπωνAtrox -ΤράγοςCaper -ΤραχύςAtrox -ΤρέπεινVertere -ΤρίϐεινLævis -ΤυτθόςParvus -ΤύχηCasus -Τύχης (ἀπὸ), τυχόνCasu -Τυχών (ὁ)Quisque -Υ -ὙγιεινόςSalus -ὙγρόνUdus -ὙετόςPluvia -ὙλαϰτεῖνLatrare -ὝληSilva -ὝπατοςSummus -ὙπερϐάλλεσθαιVincere -ὙπισχνεῖσθαιPolliceri -ὙποδέχεσθαιSumere -ὙποψίαInvidia -ὟςSus -ὝστατοςExtremus -ὙψηλόςAltus -Ф -ΦαίνωLucere -Φάναι (οὐ)Negare -ΦανερῶςAperire -ΦάοςLumen -ΦάρμαϰονMederi -ΦέγγοςLumen -ΦέγγωLucere -Φέρειν et ἄγειν ϰαὶ φέρεινFerre -ΦημίDicere -ΦῆναιOstendere -ΦιλανθρώπωςHumanitus -ΦιλεῖνDiligere et Solere -ΦιλονειϰίαOdium -ΦίλοςAmicus -ΦλέγεσθαιArdere -ΦλέγωLucere -ΦοϐεῖσθαιVereri -ΦονεύεινInterficere -ΦονεύςHomicida -ΦορεῖνFerre -ΦόρτοςMoles -ΦρίϰηVereri -ΦροντίςCura -ΦυγάςPerfuga -ΦῦλονGens -Χ -ΧαῖρεAve -ΧαλεπότηςLabor -ΧαλινόςFrenum -Χάριν εἰδέναι, φέρεινGratias agere -ΧείρωνDeterior -ΧειρώναϰτεςFaber -ΧοῖροςSus -ΧρήNecesse est -ΧρῄζωνVelle -ΧρηματισμόϛLucrum -ΧρησμολογεῖνHariolari -ΧρηστόςBonus -ΧρόνιοςPridem -ΧρόνοςDies -ΧρώςTergus -ΧῶμαCollis -ΧωρεῖνIre -ΧῶροςLocus -Ψ -ΨάλλεινCanere -ΨηλαφᾷνMulcere -ΨῆφοςSententia -ΨήχεινLævis -ΨόγοςReprehensio -ΨυχήAnima -Ω -ὨδαίCanere -ὮμοςArmus -ὮνοςPræmium -Ὡς ἔοιϰενCensere -ὨφέλημαLucrum -Lors de la création de cette édition, quelques corrections ont -été effectuées - -Coquilles corrigées: - -—Ebrius: madusa > madulsa -—Labor: ærumma (première occurrence) > ærumna -—Paulatim: toup à coup > tout à coup -—Ripa: la péripharse > la périphrase -—Studium: circons ances > circonstances -—Suboles: soboles > suboles - -Dans les renvois: - -—Advena, v. *Externus* > exterus. -—Alienigena, v. *Externus* > exterus. -—Arena, v. *Sabulum* > sabulo. -—Astrum, v. *Sidus* > stella. -—Crapula, v. *Ebrietas* > ebrius. -—Desperare, v. *Expes* > exspes. -—Dispar, v. *Aequus* > Æquus. -—Eruditio, v. *Litteræ* > doctrina. -—Exsecrari, v. *Abominare* > abominari. -—Exstructus, v. *Praeditus* > præditus. -—Peregrinus, v. *Exterus*. -—Exuviæ, v. *Praeda* > præda. -—Ferax, v. *Facundus* > disertus. -—Fere, v. *Paene* > pæne. -—Ferme, v. *Paene* > pæne. -—Fertilis, v. *Facundus* > disertus. -—Haud scio an, v. *Forte* > Casu. -—Hospes, v. *Externus* > exterus. -—Interitus, v. *Lues* et *Mora* > mors. -—Lamentari, v. *Lacrima* > lacrimare. -—Liquere, v. *Fluere* et *Constare* > Constat. -—Plancæ, v. *Axis* > axes. -—Requies, v. *Quietus* > Quies. -—Sublime, v. *Aer* > anima et *Altus*. -—Temulentus, v. *Ebrietas* > ebrius. -—Tranquillus, v. *Quietus* > quies. -—Umbrosus, v. *Obscurus* > Obscurum. -—Uxor, v. *Femina*. -—Vinolentus, v. *Ebrietas* > ebrius. -—Vituperare, v. *Reprehendere* > reprehensio. - -Dans les renvois grecs: - -—Ἀνθρωπείως et ἀνθρωπίνως Humaniter > humanitus -—Πέρθειν Vastari > Vastare - - - - - - -*** END OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK 73700 *** |
