summaryrefslogtreecommitdiff
path: root/old/73700-0.txt
diff options
context:
space:
mode:
authornfenwick <nfenwick@pglaf.org>2025-01-15 04:44:27 -0800
committernfenwick <nfenwick@pglaf.org>2025-01-15 04:44:27 -0800
commite93d101fd4d4ecc62333819250fc76d137022ad6 (patch)
tree7c4914cd87e6ff0a6bd3a9d256ca59a8bad1d628 /old/73700-0.txt
parentaa016218a70d7eb01b96664b802cf82bcb7a1758 (diff)
NormalizeHEADmain
Diffstat (limited to 'old/73700-0.txt')
-rw-r--r--old/73700-0.txt11697
1 files changed, 0 insertions, 11697 deletions
diff --git a/old/73700-0.txt b/old/73700-0.txt
deleted file mode 100644
index aeacff3..0000000
--- a/old/73700-0.txt
+++ /dev/null
@@ -1,11697 +0,0 @@
-
-*** START OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK 73700 ***
-
-
-
-MANUEL DE SYNONYMIE LATINE
-de Louis Dœderlein
-
-Professeur de philologie et d’éloquence à la faculté d’Erlangen,
-membre de plusieurs académies et société savantes
-
-Édition française
-
-Publiée avec l’autorisation spéciale de l’auteur
-
-Par Th. Leclaire
-
-Ancien élève de l’École normale, agrégé de l’Université,
-Breveté pour l’enseignement de la langue allemande,
-professeur au lycée impérial de Colmar.
-
-1865
-
-
-
-————
-
-A
-MONSIEUR ADLER-MESNARD
-MAÎTRE DE CONFÉRENCES À L’ÉCOLE NORMALE SUPÉRIEURE,
-MEMBRE DE L’ACADÉMIE ALLEMANDE DE BERLIN,
-CHEVALIER DE LA LÉGION D’HONNEUR.
-
-
-MON CHER MAÎTRE,
-
-L’ancienne Université de Paris, parlant par la bouche de Rollin,
-recommandait à ses maîtres un petit livre de l’Allemand
-Steuvéchius, sur les particules de la langue latine, et Rollin
-se plaisait à reconnaître que cet Allemand fort habile avait
-traité son sujet avec beaucoup d’ordre et de précision. L’étude
-des langues classiques n’a point dégénéré en Allemagne depuis le
-temps de Rollin, et notre Université impériale est aussi capable
-que son aînée d’apprécier le mérite d’un savant étranger. Louis
-Dœderlein recevra donc un accueil favorable s’il a réussi, au
-terme d’une longue carrière consacrée à l’étude des langues
-anciennes, à composer un de ces bons livres élémentaires qui
-sont et seront toujours rares.
-
-C’est ce qu’il semble permis d’affirmer quand on lit son Manuel
-dans le texte allemand. C’est votre avis, mon cher maître. Vous
-ne craignez pas de le faire connaître en permettant qu’on vous
-dédie une version française du Manuel. Vous répondez du mérite
-de votre illustre compatriote, et peut-être donnez-vous encore à
-entendre que son œuvre n’est pas trop défigurée dans le travail
-d’un de vos élèves. Double et précieuse recommandation que je
-suis heureux de vous devoir et qui m’autorise à vous donner ici
-un témoignage public d’affection et de reconnaissance.
-
-Th. Leclaire.
-
-
-
-————
-
-AVANT-PROPOS
-
-
-Différentes personnes, entre autres des maîtres que j’estime,
-m’ont engagé à résumer dans un manuel les principaux résultats
-de mon ouvrage en six volumes sur les synonymes et les
-étymologies de la langue latine. Voici douze ans que j’ai
-commencé à m’occuper de la synonymie latine trop longtemps
-négligée, et depuis, les travaux analogues de Habicht, de
-Ramshorn, de Jentzen, de Schmalfeld ont pour ainsi dire encombré
-la librairie de manuels de synonymes; je n’hésite cependant pas
-à satisfaire par le présent extrait au vœu qu’on m’adresse, et
-en affirmant que ma méthode, ma façon d’établir les
-rapprochements est essentiellement distincte de celle de ces
-hommes éminents, je ne crois par là ni rehausser mon mérite ni
-rabaisser le leur. L’extrait que je publie aujourd’hui contient,
-je l’espère, tout ce qu’il y a d’important dans mes six volumes
-en fait de synonymie; j’ai dû omettre par contre certains points
-accessoires dont voici le détail.
-
-*Premièrement*. — Toutes les déductions étymologiques.
-
-*Deuxièmement*. — Tous les passages comparés ou citations à
-l’appui qui n’ont pas une évidence démonstrative. En revanche,
-je communique tout au long les endroits classiques dans lesquels
-les anciens opposent des synonymes les uns aux autres, et les
-distinguent de la sorte dans le courant du discours et non par
-voie de réflexions grammaticales; quand ces endroits me font
-défaut, je place souvent en regard divers passages d’un seul et
-même écrivain dans lesquels il paraît qu’il a observé la
-propriété des termes.
-
-*Troisièmement*. — Toutes les discussions de critique et
-d’interprétation.
-
-*Quatrièmement*. — L’explication détaillée des synonymes grecs.
-Je n’ai pas laissé pour cela de rechercher avec un soin
-scrupuleux et de placer en regard du synonyme latin l’expression
-correspondante la plus exacte que puisse fournir ou la langue
-grecque ou la nôtre, et je me suis en outre efforcé de
-déterminer et de rendre palpable dans tous les cas possibles,
-avec la précision dont j’étais capable, la valeur et la portée
-de l’idée exprimée par le mot latin en indiquant le vrai terme
-contraire.
-
-*Cinquièmement*. — Les vues particulières des auteurs qui ont
-composé des traités de synonymes.
-
-*Sixièmement*. — Les synonymes très-rares et ceux qui ne prêtent
-qu’à des différences subtiles.
-
-J’ajoute une remarque de pratique. Au point de vue de
-l’enseignement on peut diviser les synonymes en trois classes;
-la première comprend ceux que l’élève ne peut jamais apprendre à
-distinguer trop tôt parce que leur parenté purement apparente
-n’est fondée que sur la tentation de les traduire par un même
-mot dans notre langue maternelle, par exemple *liberi* et
-*infantes*, *animal* et *bestia*, *hærere* et *pendere*,
-*sumere* et *adimere*, *hostis* et *inimicus*. La confusion de
-ces synonymes est une bévue qu’il faut ranger sur la même ligne
-qu’un solécisme proprement dit. A la seconde classe
-appartiennent les synonymes entre lesquels on peut établir une
-distinction aisée et sûre, mais qui expriment des idées si
-rapprochées, que les anciens mêmes n’hésitaient pas à les
-prendre les uns pour les autres, par exemple *lascivus* et
-*petulans*, *parere* et *obedire*, *ater* et *niger*, *incipere*
-et *inchoare*, *mederi* et *sanare*, *vacuus* et *inanis*,
-*spernere* et *contemnere*, *tranquillus* et *quietus*. Tant que
-l’élève est encore aux prises avec les éléments de la grammaire,
-le maître est autorisé à lui laisser croire que ces expressions
-ont tout à fait le même sens; mais il convient d’y rendre
-attentifs les élèves plus avancés, soit pour les habituer, quand
-l’occasion se présente, à la propriété des termes, soit pour
-leur faire faire un excellent exercice d’esprit. Je range dans
-une troisième classe les synonymes dont la différence ne saurait
-être établie ni sans peine, ni avec pleine évidence à l’aide des
-textes classiques, et que les anciens, selon toute probabilité,
-ne distinguaient que très-confusément, par exemple *lira* et
-*sulcus*, *remus* et *tonsa*, *pæne* et *prope*, *etiam* et
-*quoque*, *recordari* et *reminisci*, *lævus* et *sinister*,
-*velox* et *pernix*, *vesanus* et *vecors*, *fatigatus* et
-*fessus*, *collis* et *clivus*. De pareilles distinctions n’ont
-que peu ou point d’importance dans la composition, à moins
-qu’une antithèse en forme, par exemple celle de mare, lacus, par
-rapport à amnis, fluvius; de metus, spes, par rapport à timor,
-fiducia, n’impose par occasion la nécessité de recourir aux
-richesses de la langue en synonymes de ce genre. Une sévérité
-excessive en cette matière ne serait à mes yeux qu’un pédantisme
-fâcheux qui ne manquerait pas d’entraver toute liberté d’esprit
-chez l’élève occupé à composer. Comme professeur, je demande que
-les synonymes de la première classe deviennent familiers aux
-élèves dès les cours élémentaires; je n’introduis que dans les
-cours supérieurs l’étude des synonymes de la seconde catégorie;
-c’est vers l’âge de quatorze ans à peu près que j’engage les
-élèves à s’en occuper dans le travail de la composition à propos
-du choix des expressions; c’est alors que je commence à en tenir
-compte dans l’explication des textes, avec mesure s’entend, pour
-aiguillonner l’esprit et non pour embarrasser la lecture. Quant
-à ceux de la troisième catégorie, je me fais une loi de n’en
-parler qu’en expliquant des passages à propos desquels il est
-impossible de l’éviter, par exemple, quand l’auteur associe
-*flumina* et *amnes* et qu’il faut le défendre contre une
-accusation de pléonasme.
-
-J’ai cru rendre mon manuel d’un usage plus commode en fondant la
-table dans le texte. On a ainsi la chance de tomber du premier
-coup sur l’article qu’on cherche, ce qui serait impossible avec
-un index à part.
-
-L’auteur.
-
-Erlangen, décembre 1839.
-
-
-
-————
-
-AVIS POUR LA SECONDE ÉDITION
-
-
-Il y a neuf ans que ce manuel a vu le jour; il reparaît plutôt
-remanié que transformé. Outre que je l’ai revu plusieurs fois,
-j’ai profité de nombreuses observations que je dois à de savants
-amis, soit pour améliorer le fond, soit pour perfectionner
-l’expression, et j’ai inséré quelques articles nouveaux. J’ai en
-revanche supprimé les étymologies, tantôt parce que je m’étais
-trompé en les croyant justes, tantôt (et le plus souvent) parce
-qu’elles n’ont aucun sens pour l’élève et qu’elles peuvent même
-occasionner des méprises quand elles ne sont pas approfondies.
-
-L’auteur.
-
-Erlangen, décembre 1848.
-
-
-
-————
-
-MANUEL DE
-SYNONYMIE LATINE
-
-
-
-A
-
-
-—Abdere, v. *Celare*.
-
-Abesse. Deesse. Deficere.
-1. *Abesse* marque une absence qui se réduit à une relation de
-lieu, ne pas être quelque part, par opposition à *adesse*;
-*deesse* marque une absence qui rend un tout incomplet, comme
-manquer, faire défaut, par opposition à *esse* et *superesse*.
-Cic. Brut. 80. Calidio hoc unum, si nihil utilitatis habebat,
-*abfuit*, si opus erat, *defuit*. Si vous jugez cette qualité
-inutile, j’avouerai qu’elle n’existait pas chez Calidius; si
-vous la jugez nécessaire, je conviendrai qu’elle lui faisait
-défaut.
-
-2. *Deesse* s’applique à ce qui nous fait complétement défaut,
-*deficere*, à ce qui commence à nous faire défaut. Cic. Verr. I,
-11. Vererer ne oratio *deesset*, ne vox viresque *deficerent*.
-Je craindrais que la parole ne me manque, que ma voix et mes
-forces ne faiblissent.
-
-—Abnuere, v. *Negare*.
-
-Abolere. Delere.
-*Abolere*, anéantir, faire disparaître et plonger dans l’oubli
-par tous les moyens possibles; *delere*, détruire, mettre en
-mauvais état, hors de service. *Abolere* se dit plutôt des
-œuvres de l’esprit; *delere*, des objets matériels. Leges
-abolentur, urbes delentur. On annule les lois, on détruit les
-villes.
-
-Abominari. Exsecrari. Detestari.
-*Abominari*, repousser un présage qui fait horreur, chercher à
-détourner par une pratique religieuse un malheur qui nous
-menace, par opposition à *omen accipere*; *exsecrari*, maudire
-en excluant un coupable de la société des hommes, en le
-déclarant *sacer*, en le dévouant aux dieux des enfers, par
-opposition à bénir; enfin *detestari*, chercher à éloigner de
-nous, en invoquant les dieux, un danger dont nous menace une
-personne ou une chose; il a pour opposé appeler par ses prières.
-
-—Abscondere, v. *Celare*.
-—Absolvere, v. *Finire*.
-—Abstinentia, v. *Modus*.
-
-Abundare. Redundare.
-*Abundare*, abonder, sert, comme περιεῖναι, à parler avec éloge
-de l’abondance prise comme un symbole de plénitude et de
-richesse; *redundare*, surabonder, se prend en mauvaise part,
-comme περισσεύειν; la surabondance est prise comme le symbole de
-l’excès et du luxe. L’*abundans* existe en grande quantité, le
-*redundans* est superflu et inutile.
-
-—Abunde, v. *Satis*.
-—Ac, v. *Et*.
-
-Accendere. Incendere. Inflammare. Comburere. Cremare.
-*Accendere*, *incendere* et *inflammare*, mettre le feu:
-*accendere*, par dehors et par un seul point, comme allumer,
-ἀνάπτειν; *incendere*, par le dedans, comme ἐνδαίειν;
-*inflammare*, enflammer par le dehors ou le dedans, comme
-ἀναφλογίζειν. *Comburere* et *cremare*, consumer et brûler:
-*comburere*, comme ϰαταϰαίειν, sur des charbons ardents (c’est
-le causatif d’*ardere*); *cremare*, comme πιμπράναι, par flammes
-vives (c’est le causatif de *flagrare*). On brûle les morts,
-mortui *cremantur*, sur un bûcher flamboyant; on brûle les
-vivants à petit feu, vivi *comburuntur*, et cette manière de
-parler rend plus frappante l’horreur de la mort par ce genre de
-supplice.
-
-—Acceptus, v. *Gratus*.
-
-Accidere. Evenire. Contingere. Obvenire. Obtingere.
-*Accidere*, *evenire* et *contingere* marquent des événements
-favorables ou défavorables, le premier, lorsqu’ils sont
-inattendus, qu’ils surprennent; le second, lorsqu’ils sont
-attendus, pressentis; le troisième, lorsqu’on les a préparés,
-amenés; *obvenire* et *obtingere* ne se disent que d’événements
-heureux. Les *accidentia* sont l’œuvre du hasard, les
-*evenientia* sont des conséquences de nos actions ou des
-circonstances; les *contingentia*, des effets de nos efforts, de
-nos vœux, de nos fautes; les *obtingentia* et les *obvenientia*,
-des faveurs du sort. Cic. Fam. VI, 21. Timebam ne *evenirent*
-quæ *acciderunt*. Je craignais de voir ces hasards se réaliser.
-Le premier des deux verbes, *evenirent*, se rapporte à Cicéron
-lui-même, à ses pressentiments; le second, *acciderunt*, regarde
-les personnes qui se montrent surprises à l’heure de
-l’événement. Sen. Ep. 110. Scies plura mala *contingere* nobis
-quam *accidere*, c’est-à-dire que nos souffrances sont plus
-souvent les suites de nos propres vœux que l’effet d’un hasard
-aveugle.
-
-—Accipere, v. *Sumere*.
-—Accire, v. *Arcessere*.
-—Accusare, v. *Arguere*.
-
-Acer. Vehemens.
-*Acer* présente la vivacité sous son aspect louable de feu,
-d’énergie, par opposition à *frigidus*, comme ὀξύς; *vehemens*,
-sous son aspect blâmable de chaleur et de passion, par
-opposition à *lenis*, comme σφοδρός.
-
-Acerbus. Amarus.
-*Acerbus* marque une amertume qui emporte la bouche, par
-opposition à *mitis*, comme ὀξύς; *amarus*, une amertume qui
-dégoûte, par opposition à *dulcis*, comme πιϰρός.
-
-Acervus. Congeries. Strues. Cumulus.
-1. *Acervus* et *congeries*, monceau d’objets de même espèce
-auparavant dispersés qu’on réunit et qu’on entasse en un lieu:
-*acervus* indique, comme σωρὸς, un certain ordre et suppose
-d’habitude une forme conique; *congeries* admet tout le désordre
-de la négligence. *Strues* s’emploie, comme θημών, pour marquer
-que la mise en tas a produit un arrangement nouveau, donné aux
-objets rassemblés une forme déterminée, utile, artificielle.
-Curt. VIII, 7, 11. Passim *acervos* *strues*que accendebant. Ils
-allumaient çà et là des tas et des piles de bois.
-
-2. *Cumulus* ne signifie point le tas lui-même, mais seulement
-la pointe qui le termine, la dernière pierre qui donne seule à
-une construction son élévation régulière et parfaite, à peu près
-comme ϰορυφή; *cumulare*, en particulier, se rapproche tout à
-fait de ϰορυφοῦν. Comparez Liv. XXII, 59. Superstantes *cumulis*
-cæsorum corporum: juchés sur des monceaux de victimes, avec la
-fin du même chapitre: Cannenses campos *acervi* Romanorum
-corporum tegunt. Des tas de cadavres romains couvrent la plaine
-de Cannes. Et XXIII, 5. Molibus ex humanorum corporum *strue*
-faciendis. Faire des digues en empilant des cadavres.
-
-Achivi. Achæi. Achaius. Achaicus. Troius. Troicus.
-1. *Achivi*, les Grecs d’Homère, ᾿Αχαιοί; *Achæi* se dit soit
-des habitants de l’Achaïe proprement dite, soit chez les poëtes
-de tous les Grecs considérés en général comme les contemporains
-des Romains. Cic. Divin. I, 16. Cum *Achivi* cœpissent inter se
-strepere. Quand eurent commencé les querelles bruyantes des
-anciens Grecs. Comparez avec Cæcil. 20. Quod eum sibi *Achæi*
-patronum adoptarant. Parce que les Grecs de l’Achaïe l’avaient
-souhaité et choisi pour protecteur.
-
-2. *Achaius* est l’adjectif d’*Achivus*; *Achaicus* celui
-d’*Achæus*.
-
-3. *Troius*, adjectif réservé à l’ancienne Troie héroïque et
-homérique; *Troicus*, adjectif usuel pour le pays de Troie, pour
-la Troade, sans allusion à la guerre de Troie.
-
-Acies. Acumen. Cacumen. Mucro. Cuspis.
-1. *Acies*, tranchant propre à couper; *acumen*, pointe propre à
-piquer. Au figuré, l’*acies mentis* débrouille ce qui était
-confus, le fait connaître clairement: on met de l’ordre dans ses
-idées; l’*acumen mentis* approfondit ce qui était caché, aboutit
-à des découvertes ingénieuses: on acquiert des idées nouvelles.
-
-2. *Acumen* et *cacumen*, pointes naturelles: *acumen*, pointe
-du cône, du bec, etc.; *cacumen*, terme spécial, pointe d’une
-montagne. *Mucro* et *cuspis*, pointes artificielles destinées à
-pénétrer et à blesser: *mucro*, pointe de l’épée, du poignard,
-etc.; *cuspis*, de la lance, de la flèche, comme αἰχμή.
-
-—Acies, v. *Pugna*.
-—Acta, v. *Ripa*.
-
-Actor. Comœdus. Ludio. Histrio.
-1. *Actor* et les termes spéciaux de *comœdus* et *tragœdus*,
-l’acteur considéré comme un artiste estimable; *ludio*,
-*ludius*, le comédien considéré comme un artisan vulgaire avec
-une idée accessoire de trivialité; enfin *histrio* se dit tantôt
-de l’un, tantôt de l’autre, mais avec une idée accessoire de
-fanfaronnade et de bouffonnerie. Cic. Sext. 54. Ipse ille maxime
-*ludius* non solum spectator, sed *actor* et acroama. Ce baladin
-lui-même, car il n’est pas un simple spectateur, il est, vous le
-savez, tour à tour acteur et bouffon[1]. Rosc. com. 10. Nemo ex
-pessimo *histrione* bonum *comœdum* fieri posse existimaret.
-Personne n’imaginerait qu’un misérable farceur pût devenir un
-bon comédien. Ep. ad. Qu. fr. I, a. E. Hortor ut tanquam poetæ
-boni et *actores* industrii solent in extrema parte
-diligentissimus sis. Je t’engage à soigner extrêmement la fin à
-l’exemple des grands poètes et des acteurs consciencieux.
-
-—1 Traduction Guéroult. Dans la collection Panckoucke. Cicéron,
-t. XIII, p. 375.
-
-—Acumen, v. *Acies*.
-—Adamare, v. *Diligere*.
-
-Adesse. Interesse. Præsentem esse.
-1. *Adesse*, être près d’une personne ou d’une chose;
-*interesse*, prendre part à une action. Cic. Verr. I, 40.
-Crimina ea quæ notiora sunt his qui *adsunt* quam nobis... De
-illo nihil dixit in quo *interfuit*. Ces accusations plus
-familières aux assistants qu’à nous-mêmes... Il n’a rien dit du
-fait auquel il a pris part.
-
-2. *Adesse* marque, en général, notre présence dans un cercle
-dont nous faisons partie; *præsentem esse*, la présence
-immédiate, sensible, visible. D’un hôte qu’on attend on dit
-*adest* quand il se trouve dans nos murs; on dit *præsens est*
-quand il est dans la même pièce que nous. Ter. Ad. III, 3, 29.
-Non quia *ades præsens* dico hoc. Je ne dis pas cela parce que
-tu es près de moi, devant moi.
-
-Adhuc. Hactenus. Hucusque.
-*Adhuc* est adverbe de temps: jusqu’à ce moment; *hactenus* et
-*hucusque* sont adverbes de lieu: jusqu’à cet endroit ou jusqu’à
-ce point.
-
-—Adigere, v. *Cogere*.
-—Adimere, v. *Demere*.
-—Adipisci, v. *Invenire*.
-—Admirari, v. *Vereri*.
-—Admodum, v. *Perquam*.
-—Adolescens, v. *Puer*.
-—Adorare, v. *Vereri*.
-—Adscendere, v. *Scandere*.
-—Adsequi, v. *Invenire*.
-—Adsolere, v. *Solere*.
-—Adspectus, adspicere, v. *Videre*.
-—Adulari, v. *Assentiri*.
-—Aduncus, v. *Curvus*.
-—Advena, v. *Exterus*.
-—Adventor, v. *Hospes*.
-
-Adversarius. Hostis. Inimicus.
-1. *Adversarius*, terme général pour tout adversaire à la
-guerre, dans la politique, en justice, comme ἀντιστάτης;
-*hostis*, ennemi à la guerre, en campagne, par opposition à
-*pacatus*, comme πολέμιος; *inimicus*, ennemi du fond du cœur,
-par opposition à *amicus*, comme ἐχθρός. Cic. Man. 10. Pompeius
-sæpius cum *hoste* conflixit quam quisquam cum *inimico*
-concertavit. Pompée compte plus de combats contre des armées
-ennemies, que qui que ce soit au monde ne compte de luttes
-contre un ennemi particulier. Liv. XXII, 39. Nescio an infestior
-hic *adversarius*, quam ille hostis maneat. J’appréhende que ton
-adversaire ne reste plus dangereux que ton ennemi.
-
-2. *Hostilis* et *inimicus* indiquent une disposition
-permanente, *infestus* et *infensus*, un état passager:
-*infestus* ne suppose qu’une attitude hostile, et peut se dire
-même des objets inanimés qui nous menacent d’un danger;
-*infensus* suppose des mouvements passionnés et ne se dit que
-des personnes. Tac. Ann. XV, 28. Non *infensum*, nedum *hostili*
-odio Corbulonis nomen habebatur. Le nom de Corbulon n’avait
-jamais excité de ressentiment, loin d’être l’objet d’une haine
-nationale. Sen. N. Q. III, pr. Animus luxuriæ non *adversus*
-tantum, sed et *infestus*. Ame non-seulement contraire, mais
-rebelle aux plaisirs. Liv. 11, 20. Tarquinium *infesto* spiculo
-petit; Tarquinius *infenso* cessit hosti. Il lance à Tarquin un
-trait dangereux; Tarquin se retira devant cet ennemi furieux.
-
-3. *Hosticus* marque un rapport de convenance: ennemi, qui
-appartient à l’ennemi; *hostilis*, une disposition, comme
-hostile.
-
-Advocatus. Causidicus.
-Dans l’âge d’argent de la langue latine, *advocatus* désigne un
-procureur par rapport aux services qu’il rend, et à son client
-dont il est l’ami et l’appui; *causidicus*, par rapport à sa
-condition et à son métier, souvent avec une idée de mépris,
-comme un mercenaire.
-
-—Ædes, v. *Templum*.
-
-Ædificium. Domus. Ædes. Familia.
-1. *Ædificium*, terme général pour toute espèce de bâtiment,
-comme οἰϰοδόμημα; *domus* et *ædes*, *ædium*, maison
-d’habitation: *domus*, demeure, siége héréditaire d’une famille,
-comme οἶϰος; *ædes*, assemblage d’appartements, comme δόμοι,
-δώματα. Virg. G. II, 461. Ingentem foribus *domus* alta superbis
-mane salutantum totis vomit *ædibus* undam. La fière demeure par
-ses portes orgueilleuses rejette, dès le matin, de ses
-appartements encombrés un long flot de courtisans.
-
-2. *Domus*, la famille au sens patriarcal, comme une société
-close et intime; *familia*, au sens politique, comme une partie
-de la noblesse, *gens*, de la cité, *civitas*, du peuple,
-*populus*.
-
-Æger. Ægrotus. Morbidus. Morbus. Valetudo.
-1. *Æger*, terme général qui s’applique à toute espèce
-d’incommodité et de malaise, au trouble d’esprit comme au mal
-physique; *ægrotus* et *morbidus* supposent une maladie du
-corps; *ægrotus*, chez l’homme, *morbidus*, chez un animal.
-L’*æger* se sent malade, l’*ægrotus* et le *morbidus* sont
-malades.
-
-2. *Morbus* et *valetudo* désignent une maladie actuelle:
-*morbus*, comme un accident auquel l’homme est sujet;
-*valetudo*, comme un état dont le malade a conscience.
-
-—Ægre, v. *Vix*.
-—Ægritudo, v. *Cura*.
-—Ægrotus, v. *Æger*.
-—Æmulatio, v. *Imitatio*.
-—Æqualis, v. *Æquus*.
-—Æquor, v. *Mare*.
-
-Æquus. Par. Æqualis. Parilis. Compar. Impar. Dispar.
-1. *Æquum*, égal en soi, uniforme, composé de parties
-similaires, par opposition à *varius*; *par*, égal à quelque
-chose d’autre, et placé au même degré par opposition à
-*superior* et *inferior*. *Æquo Marte* présente dans son
-ensemble le combat des deux partis; *pari Marte* oppose la
-fortune de l’un à celle de l’autre.
-
-2. *Par*, marque une égalité de grandeur, de puissance,
-d’influence ou encore de nombre, d’équilibre, de proportions,
-comme ἴσος; *æqualis*, une égalité de nature, comme ὅμοιος.
-*Par*, présente à l’esprit l’idée d’un homme d’action qui est
-pour le moins prêt et résolu à entrer en lutte avec ses pairs;
-*æqualis*, l’idée d’un personnage inactif, et le mot ne se prête
-qu’à des comparaisons et à des parallèles. *Paria*, choses ou
-personnes opposées, hostiles, jalouses, qui se disputent la
-prééminence; *æqualia*, choses ou personnes distinctes, mais
-unies, comme des parents qui ont des qualités et des sympathies
-communes. *Pariter*, au même degré, ἴσα; *æqualiter*, de la même
-façon, ὁμοίως, ὁμῶς.
-
-3. *Par*, tout à fait égal; *parilis*, à peu près égal, c’est un
-intermédiaire entre *par* et *similis*.
-
-4. *Par*, égal à quelque chose ou à quelqu’un, exprime un
-rapport simple; *compar*, qui se dit de plusieurs choses ou de
-plusieurs personnes égales entre elles, un rapport réciproque,
-sans renchérir d’ailleurs sur le degré de ressemblance. Cette
-distinction se retrouve dans *finitimi* et *confines*, dans
-ἐγγύς et ξυνεγγύς.
-
-5. *Impar* marque une inégalité, soit comme en arithmétique
-celle des nombres impairs qui ne sont point exactement
-divisibles par deux, soit une inégalité de force qui implique
-une infériorité relative; *dispar* exprime une dissemblance et
-ne précise point de quel côté penche la balance dans un
-parallèle.
-
-Æquus. Planus. Campus.
-1. *Æquum*, terrain plat, surface horizontale, par opposition à
-ce qui monte ou descend, à *superior*, *inferior* et *acclivis*;
-*planum*, la plaine unie, par opposition à un sol inégal, à
-*montosus*, *saxosus*. *Æquum*, signifie au figuré l’équité,
-parce que l’injustice commence dès que l’un se met au-dessus de
-l’autre; *planum*, la clarté et la netteté, parce qu’on ne peut
-embrasser d’un seul regard qu’une plaine, où aucune hauteur
-n’arrête la vue.
-
-2. *Æquor* et *planities*, la plaine par rapport à sa forme;
-campus, par rapport à sa position, comme pays bas par opposition
-aux hauteurs.
-
-—Æquus animus, v. *Satis habere*.
-—Aer, v. *Anima*.
-
-Ærarium. Fiscus.
-*Ærarium*, la caisse de l’état; *fiscus*, la cassette de
-l’empereur. Tac. Ann. VI, 2. Bona Sejani ablata *ærario*, ut in
-*fiscum* cogerentur; tanquam referret. Les richesses de Séjan
-retirées du trésor public entrèrent dans la cassette impériale,
-comme si cela eût tiré à conséquence.
-
-—Ærumna, v. *Labor*.
-—Æstimare, v. *Censere*.
-—Æstuare, v. *Calere*.
-—Æternus, v. *Continuus*.
-—Affari, v. *Alloqui*.
-—Affatim, v. *Satis*.
-—Affinis, v. *Necessarius*.
-—Affirmare, v. *Dicere*.
-—Ager, v. *Rus* et *Villa*.
-
-Agere. Facere. Gerere. Opus. Factum. Age. I nunc. Degere.
-1. *Agere*, marque un effet qui n’a lieu que dans le temps,
-comme agir; *facere*, un effet qui se développe dans l’espace,
-comme faire. Les *acta* sont passés aussitôt que l’*agens*
-s’arrête, deviennent dès lors invisibles, et ne subsistent plus
-que par le souvenir; les *facta* ne sont complets que quand le
-*faciens* s’arrête, et ne prennent qu’à partir de ce moment une
-existence propre. Cela doit s’entendre d’ailleurs d’*acta* et de
-*facta* considérés exclusivement comme participes, non comme
-substantifs. *Agens* donne l’idée de l’activité en général,
-*faciens* l’idée d’une activité pratique.
-
-2. *Agere*, agir dans son propre intérêt; *gerere*, dans
-l’intérêt d’un autre et par commission. Cic. Verr. I, 38. Quæ
-etiamsi voluntate Dolabellæ *fiebant*, per istum tamen omnia
-*gerebantur*. Tout se faisait par la volonté de Dolabella, mais
-par l’entremise de Verrès.
-
-3. *Opus*, œuvre, ἔργον, est le substantif qui répond à
-*facere*; *factum* (pris comme substantif), action, celui
-d’*agere*; *res gestæ*, actes importants, hauts faits, πράξεις;
-*acta*, mesures politiques. Cic. Att. XIV, 17. Multa de *facto*
-ac de *re gesta*, de nombreux détails, tant sur cette entreprise
-que sur ce grand acte: le premier, *facto*, s’appliquant à la
-tentative d’Amatius, le second, *re gesta*, au châtiment que lui
-a infligé Dolabella avec autant de sagesse que de courage.
-
-4. *Age*, *agedum*, encouragement donné sérieusement; *i nunc*,
-encouragement ironique.
-
-5. *Agere*, mener une vie active et affairée; *degere*, vivre
-dans l’oisiveté, soit parce que l’aisance nous dispense de
-travailler, soit parce que nous sommes réduits à l’inaction.
-Tac. Ann. XV, 74. Deûm honor principi non ante habetur quam
-*agere* inter homines desierit. Avant de rendre à un prince les
-honneurs divins, on attend qu’il ne soit plus mêlé aux affaires
-de la vie. Comparez avec IV, 41. Ut Tiberium ad vitam procul
-Roma amœnis locis *degendam* impelleret. Afin de pousser Tibère
-à vivre loin de Rome dans le repos d’un agréable séjour.
-
-—Agere ferre, v. *Vastare*.
-
-Agger. Vallum.
-*Agger*, simple levée, comme une digue; *vallum*, levée qui sert
-à clore un espace. L’*agger* peut tenir lieu d’une courtine de
-redoute dans des fortifications de campagne; le *vallum* ou
-rempart fait toujours partie d’une forteresse, d’un camp, d’une
-place forte.
-
-—Agmen, v. *Caterva*.
-—Agrestis, v. *Rus*.
-—Aio, v. *Dicere*.
-
-Ala. Penna. Pluma. Pinna.
-1. *Ala*, la charpente, les muscles de l’aile, πτέρυξ; *penna*,
-l’aile restreinte aux plumes qui concourent au vol, πτερόν.
-Plaut. Pœn. IV, 2, 48. Meæ alæ pennas non habent. Je n’ai pas de
-plumes à mes ailes.
-
-2. *Penna*, plumes grandes et dures qui servent à voler;
-*pluma*, duvet, petites plumes moelleuses qui servent à vêtir le
-corps de l’oiseau, comme πτίλον. Sen. Ep. 42. Meministi, quum
-quemdam affirmares esse in tua potestate, dixisse me volaticum
-esse ac levem, et te non pedem ejus tenere, sed *pennam*;
-mentitus sum, *pluma* tenebatur quam remisit et fugit. Un jour,
-tu dois t’en souvenir, tu prétendais avoir une personne en ton
-pouvoir, et je te répondais qu’elle était volage et légère, que
-tu ne la tenais point par le pied, mais par une plume. Eh bien,
-ce n’était pas vrai: tu ne la retenais que par une petite plume
-de duvet qu’elle t’a laissée, et la voilà partie.
-
-3. *Penna*, la plume entière, tuyau et barbes; *pinna*, les
-barbes seules par opposition au tuyau.
-
-—Alacer, v. *Gaudere*.
-
-Alapa. Colaphus.
-*Alapa*, soufflet, coup appliqué sur la figure avec le plat de
-la main, c’est une punition, mais infligée avec modération;
-*colaphus*, coup assené sur la tête avec le poing fermé et avec
-des marques de colère et de fureur.
-
-Albus. Candidus. Albidus.
-1. *Albus*, le blanc considéré en général comme l’absence de
-toute couleur, ce qui n’a pas de couleur; *candidus*, le blanc
-pris comme une couleur positive, la plus pure, la plus claire,
-en comparaison de laquelle toutes les autres paraissent sombres
-ou même sales; c’est un beau blanc éclatant. L’*album*, qui a
-pour opposé *ater*, tire, comme le λευϰὸν, sur le jaune pâle; le
-*candidum*, qui a pour opposé *niger*, tire, comme l᾿ἀργὸν, sur
-le bleu pâle. *Alba cutis*, peau d’un malade, d’un hydropique;
-*candida*, d’une personne qui est dans la fleur de la jeunesse.
-Au figuré, *albor* est le symbole du bonheur et de la joie;
-*candor*, de la pureté et de l’innocence.
-
-2. *Albus*, blanc; *albidus*, blanchâtre.
-
-Alere. Nutrire. Nutricare.
-*Alere*, nourrir de manière à pousser au développement et à la
-croissance; *nutrire* et *nutricare*, nourrir pour prolonger et
-assurer l’existence. En d’autres termes *alimenta* adjuvant,
-*nutrimenta* sustentant. Les aliments profitent, la nourriture
-soutient. Cic. N. D. II, 63. Neque *ali*, neque *sustentari*.
-N’être ni grassement, ni même pauvrement nourri. *Nutrire*,
-terme général; *nutricare*, terme particulier usité de
-préférence en parlant des animaux.
-
-—Algere, algidus, v. *Frigere*.
-—Alienigena, v. *Exterus*.
-
-Alimenta. Penus. Cibus. Esca. Edulia. Cibare. Pascere.
-1. *Alimenta* et *penus*, vivres quelconques, solides ou
-liquides: *alimenta*, en général, par rapport à l’homme pris
-individuellement; *penus*, par rapport à l’économie domestique
-de toute une famille. *Cibus* et *esca* ne se disent que des
-aliments solides par opposition à *potio*. *Cibus*, aliment
-fourni par la nature, ressource alimentaire; *esca*, mets qui a
-subi une préparation artificielle, plat apprêté. *Cibus* est le
-seul de ces deux mots qui se dise aussi de la nourriture des
-animaux; *esca*, le seul qui convienne à l’appât qu’on leur
-prépare et qu’on leur présente. Cic. N. D. II, 47. Animalia
-*cibum* partim dentibus capessunt. Un certain nombre d’animaux
-saisissent leur nourriture avec les dents. Comparez avec II, 23.
-Dii nec *escis* nec potionibus vescuntur. Les dieux se passent
-pour vivre de cuisine et de cave.
-
-2. *Cibaria*, denrées alimentaires ordinaires et usuelles;
-*edulia*, morceaux friands et recherchés. Suet. Tib. 46. Comites
-nunquam salario, *cibariis* tantum sustentavit. Les gens de sa
-suite ne tiraient de lui que des vivres, jamais de salaire.
-Comparez avec Cal. 40. Pro *eduliis* certum statumque
-exigebatur. Il avait mis un droit sur les comestibles.
-
-3. *Cibare*, nourrir de sa propre main comme une mère ou une
-bonne d’enfants; *pascere*, fournir seulement la nourriture en
-qualité de tuteur ou de maître. Suet. Tib. 72. Draconem manu sua
-*cibaturus*. Comparez avec Vesp. 18. Sineret se plebeculam
-*pascere*. Un dragon auquel il allait donner à manger de sa
-main. Il lui demanda la permission de laisser au petit peuple sa
-subsistance.
-
-—Aliquando, v. *Nonnunquam*.
-—Alites, v. *Volucres*.
-
-Alloqui. Appellare. Affari.
-*Alloqui*, adresser la parole à quelqu’un, lui faire l’honneur
-de le saluer et de le reconnaître; *appellare*, prendre les
-devants pour engager une personne dans une conversation, lui
-adresser des paroles sérieuses, sortir des phrases banales;
-*affari*, apostropher d’un ton pathétique plein d’amitié ou de
-solennité. Cic. Cluent. 61. Quum nemo recipere tecto, nemo
-*alloqui*, nemo respicere vellet. Lorsque personne ne voulait ni
-le recueillir sous son toit, ni l’entendre, ni lui adresser la
-parole, ni le regarder. Comparez avec Phil. XIII, 2. Salutabunt
-benigne, comiter *appellabunt* unumquemque nostrum. Ils auront
-pour chacun de nous un abord bienveillant, des paroles aimables
-et prévenantes. Et Brut. 3. Salutatio libri quo me hic *affatus*
-quasi jacentem excitavit. La dédicace du livre dans lequel il
-m’apostrophe et qui m’a retiré d’une sorte d’abattement.
-
-—Alsus, v. *Frigere*.
-—Altercatio, v. *Disceptatio*.
-
-Altus. Editus. Procerus. Arduus. Celsus. Excelsus. Sublimis.
-1. *Altus*, terme général; il se dit de la hauteur ou de la
-profondeur considérée comme une des trois dimensions de la
-géométrie, et doit s’entendre de la hauteur par opposition à
-*humilis*, à ce qui reste attaché terre à terre, au niveau du
-sol, comme ὑψηλός; *editus*; élevé par opposition à *planus*, à
-ce qui n’offre aux yeux qu’une surface plate; enfin *procerus*,
-ce qui a poussé en hauteur ou en longueur. L’*altitudo* n’a ni
-mesure ni limite; l’*editum* est de la taille d’une colline; la
-*proceritas*, de celle d’un arbre ou d’un corps humain.
-
-2. *Altus*, *editus* et *procerus* réduisent la hauteur à un
-simple rapport de lieu et d’espace; *arduus* se dit de ce qui
-est d’abord haut, puis escarpé et inaccessible, au figuré:
-difficile, impossible; *celsus*, haut par l’effet d’une tendance
-à s’étendre et à s’élancer, au figuré: fier; *excelsus* et
-*præcelsus*, ce qui dépasse encore d’autres points culminants,
-au figuré: éminent; *sublimis*, ce qui se soutient en l’air sans
-toucher à terre, ce qui plane, comme μετέωρος, au figuré:
-sublime.
-
-—Amans, amator, v. *Amicus*.
-—Amare, v. *Diligere*.
-—Ambiguus, v. *Dubius*.
-
-Ambire. Circumire.
-*Circumire* se dit d’un mouvement sinon exactement circulaire,
-du moins tenu de suivre tous les contours d’un espace, faire le
-tour; *ambire* ne désigne qu’un mouvement de va-et-vient, en
-zigzag, aller çà et là, parcourir. Plin. Ep. II, 9. *Ambio*
-domos stationesque *circumeo*. Je vais d’une maison à l’autre,
-je fais le tour des lieux de réunion. Et Cic. Att. XIV, 21.
-Antonium *circumire* veteranos ut acta Cæsaris sancirent, c’est-
-à-dire qu’il les sollicite tous à la ronde depuis le premier
-jusqu’au dernier. *Circumire* est plus fort ici qu’*ambire*,
-lequel exprimerait en gros les sollicitations et les manœuvres
-d’Antoine.
-
-—Ambo, v. *Uterque*.
-
-Ambulare. Spatiari. Deambulare. Inambulare. Obambulare.
-1. *Ambulare* présente la promenade comme un exercice fait à
-loisir, c’est un mouvement de va-et-vient par opposition d’une
-part à *stare* et *cubare*, d’autre part à *currere* et
-*salire*; *spatiari* donne l’idée d’un exercice au grand air,
-par opposition à l’espace restreint d’une chambre ou d’un lieu
-fermé.
-
-2. *Deambulare*, aller et venir jusqu’à ce qu’on soit fatigué;
-*inambulare*, se promener dans un espace limité; *obambulare*,
-se promener le long d’un mur, d’une allée, ou à côté d’un
-compagnon de promenade.
-
-Amens. Demens. Insanus. Vesanus. Excors. Vecors. Furor.
-Delirium. Rabies. Cerritus. Lymphatus.
-1. L’*amentia* a un caractère négatif et passif; la *dementia*,
-une influence positive et violente. L’*amens* manque de raison:
-ou bien il n’agit pas du tout, ou il agit sans raison, comme un
-idiot, ἄφρων; le *demens*, tout en croyant bien faire, rompt en
-visière à la raison, comme l’insensé, παράφρων. On dit *amens
-metu*, *terrore*, hébété par la peur, par l’épouvante; mais
-*demens scelere*, *discordia*, devenu fou à la suite d’un crime,
-d’une querelle.
-
-2. *Insanus* a un sens privatif; *vesanus*, un sens dépravatif.
-L’*insanus* n’a plus d’empire sur les sens, la raison le fuit,
-il dépasse dans un accès de passion la mesure et le but et nous
-paraît coupable. C’est un homme en démence. Le *vesanus*,
-aveuglé par des illusions, sort de la bonne voie, poursuit un
-but trompeur et nous paraît malheureux. C’est un visionnaire.
-
-3. *Excors*, stupide, tout à fait incapable de réflexion et
-d’examen, par opposition à *cordatus*; *vecors*, extravagant,
-incapable de réfléchir avec calme, parce que l’âme est possédée
-par une idée fixe.
-
-4. *Furor*, surexcitation de l’esprit, extase, transport,
-μανιϰός; *delirium*, affaissement des facultés de l’esprit par
-des causes physiques, comme chez une personne qui tombe en
-enfance; *rabies*, accès de fureur méchante qui étouffe le sens
-moral, λύσσα. Le *furibundus* oublie les lois de la matière; le
-*delirus* radote; le *rabidus* veut mordre et nuire à toute
-force.
-
-5. *Cerritus* et *lymphatus* représentent l’emportement comme un
-état de possession: *cerritus* ou *ceritus*, possédé de Cérès;
-*lymphatus*, possédé des nymphes.
-
-—Amictus, amiculum, v. *Vestis*.
-
-Amicus. Amans. Amator.
-*Amicus* suppose une affection mutuelle, cordiale et paisible,
-ami, φίλος; *amans* et *amator*, un amour qui peut fort bien ne
-pas être partagé et qui n’en est que plus ardent: *amans*, un
-amour de passage; *amator*, une passion durable, comme ἐραστής.
-Cic. Alba tunc antiquissimus non solum *amicus*, verum etiam
-*amator*. Alba dont l’amitié parfaite s’élevait alors jusqu’à la
-constance de l’amour. Tusc. IV, 12. Inter ebriositatem et
-ebrietatem interest, aliudque est amatorem esse, aliud amantem.
-Je fais une différence entre l’ivrognerie et l’ivresse, je
-distingue l’amant de l’amoureux.
-
-—Amicus, v. *Socius*.
-
-Amittere. Perdere. Jactura.
-1. *Amittere*, perdre en ce sens que l’objet perdu cesse d’être
-en notre pouvoir, comme ἀποϐαλεῖν, par opposition à *retinere*;
-*perdere*, en ce sens que l’objet est détruit et ne peut plus
-servir à personne, comme διολέσαι, par opposition à *servare*.
-Tac. Ann. II, 25. *Perdita* classe, *amissis* armis. Malgré la
-ruine de leur flotte et la perte de leurs armes.
-
-2. *Amissio*, perte involontaire; *jactura*, perte volontaire à
-laquelle on se soumet, sacrifice qu’on fait pour éviter une plus
-grande perte, à l’exemple du marin qui jette la cargaison par-
-dessus bord pour sauver son vaisseau et sa vie. Plin. Ep. 1, 12.
-*Jacturam* gravissimam feci, si *jactura* dicenda est tanti viri
-*amissio*. Je suis accablé par un malheur auquel ma volonté
-devrait souscrire, si je puis parler ainsi de la perte qui me
-prive d’un si grand homme. (Il s’agit de Corellius Rufus qui a
-cherché dans le suicide la fin de ses souffrances.)
-
-—Amittere, v. *Mittere*.
-—Amnis, v. *Fluvius*.
-—Amor, v. *Diligere* et *Studium*, n° 2.
-
-Amplecti. Complecti.
-*Amplecti* se dit d’un geste auquel on n’emploie souvent qu’un
-seul bras, et qui témoigne d’une inclination et d’une sympathie
-paisible; *complecti*, c’est entourer, serrer avec les deux bras
-en signe d’amour et de passion ou d’abandon familier. De même au
-figuré: *amplecti*, c’est prendre quelque chose en main par
-opposition à négliger et à dédaigner; *complecti*, c’est
-s’emparer tout à fait d’une chose par opposition à posséder à
-demi, à peu près.
-
-—Amplus, v. *Magnus*.
-—Anceps, v. *Dubius*.
-—Ancilla, v. *Servus*.
-—Angor, v. *Cura*.
-—Anguis, v. *Repere*.
-
-Angustus. Arctus. Densus. Spissus.
-1. *Angustus* et *arctus* ont trait à l’espace même et à la
-proximité des limites qui le restreignent; *densus* et
-*spissus*, aux objets que l’espace contient et à leur voisinage
-entre eux.
-
-2. L’*angustum* a pour limites de simples lignes, et offre la
-plupart du temps une figure oblongue, étroite, il a pour opposé
-*latus*, comme στενός; l’*arctum* est clos par des barrières,
-des murailles, des montagnes, et offre une surface carrée ou
-circulaire, resserrée, par opposition à *laxus*, comme στενωπός.
-On ne peut jamais appeler *arctus* le *clavus angustus*. Mela.
-III, 2, 8. Rhenus ad dextram primo *angustus* et sui similis,
-post ingens lacus Flevo dicitur... fitque iterum *arctior*,
-iterumque fluvius emittitur. A droite le Rhin est d’abord étroit
-et conserve quelque temps ce caractère, puis il se transforme en
-un lac considérable appelé le Flévon, après quoi il rentre dans
-une gorge d’où il ressort sous la forme d’un simple cours d’eau:
-selon que l’on se représente les bords du Rhin comme de simples
-lignes ou comme des murailles.
-
-3. *Densus* présente simplement les objets comme très-rapprochés
-les uns des autres, sans lacune apparente, par opposition à
-*rarus*, comme δασὺς et θαμειός; *spissus* les représente comme
-entassés les uns sur les autres sans aucun intervalle, par
-opposition à *solutus*, comme πυϰνὸς et συχνός. L’idée qui
-domine dans *densus* est celle d’une surabondance d’objets qu’il
-n’est pas nécessaire d’écarter les uns des autres pour couvrir
-un vaste espace; dans *spissus*, c’est l’absence de vides: les
-objets sont tellement pressés qu’ils remplissent tous les
-intervalles.
-
-Anima. Aer. Aura. Spiritus. Sublime.
-*Anima* et *aer*, l’air pris comme élément, ἀήρ: *anima*, par
-opposition aux trois autres éléments, à *terra*, *mare*,
-*ignis*; mais *aer*, terme étranger et savant, par opposition à
-l’air épuré des célestes demeures, à *æther*; *aura* et
-*spiritus*, l’air en mouvement: *aura*, l’air doucement agité,
-le souffle léger qui évente, αὖρα; *spiritus*, l’air qui se
-précipite, qui entraîne, tout courant d’air analogue à une
-inspiration ou à une expiration, πνεῦμα; enfin *sublime*, l’air
-suspendu au-dessus de nous: ce dernier marque un simple rapport
-de lieu par opposition à *humus*, comme μετάρσιον, μετέωρον.
-
-Anima. Animus. Mens.
-1. *Anima*, l’âme de la physiologie, le principe de la vie
-animale chez les hommes et les bêtes, vie qui cesse avec la
-respiration, ψυχή; *animus*, l’âme de la psychologie et de la
-morale, le principe de la personnalité qui cesse avec la
-volonté, θυμός. Au sens mythologique les âmes des morts
-s’appellent *animæ*, ce sont des ombres; au sens métaphysique
-*animi*, ce sont des esprits. L’*anima* est un des éléments de
-l’existence du corps; le même corps n’a pas d’opposé plus
-tranché qu’*animus*. Sen. Ep. 4. Difficile est *animum*
-perducere ad contemptionem *animæ*. Il est difficile d’amener
-l’âme raisonnable jusqu’au mépris de l’âme sensitive. Juven. XV,
-148. Principio indulsit communis conditor illis tantum *animas*,
-nobis *animum* quoque. Au commencement le créateur commun
-n’accorda aux animaux que des âmes sensitives, il nous accorda
-en outre une âme raisonnable.
-
-2. *Animus*, l’âme humaine prise comme le réceptacle commun de
-toutes les facultés spirituelles; il est alors, avec *mens*, la
-faculté pensante, dans le rapport du tout à une de ses parties.
-Cic. Rep. II, 40. Ea quæ latet in *animis* hominum quæque pars
-*animi* *mens* vocatur. L’intelligence enfouie dans nos âmes et
-qu’on peut appeler une partie de l’âme. Mais comme dans la vie
-l’âme vaut surtout par la volonté, *animus* devient à son tour
-une faculté de l’âme, celle du sentiment et de la volonté qui
-prend place à côté de l’intelligence, de la conscience, *mens*.
-Tac. H. I, 84. Quem nobis *animum*, quas *mentes* imprecentur?
-Quels sentiments, quelles dispositions d’esprit nous
-souhaiteraient-ils? Ter. Andr. I, 1, 137. Mala *mens*, malus
-*animus*. Mauvaise tête, mauvais cœur. Et enfin, comme la pensée
-précède la volonté, que la volonté sert d’intermédiaire entre la
-pensée et l’action, qu’elle peut être considérée comme la
-servante de la pensée, tout comme le corps est le serviteur de
-la volonté, réciproquement *mens* se trouvera avec *animus* dans
-le rapport d’un tout à sa partie. Cic. Tusc. III, 5. Mens cui
-regnum totius *animi* a *natura* tributum est. La raison qui
-exerce une autorité naturelle sur tous les sentiments.
-
-Animadvertere. Notare.
-*Animadvertere* se dit de l’esprit qui remarque et observe;
-*notare*, d’une marque à laquelle on a recours pour attirer
-l’attention.
-
-Animal. Animans. Bellua. Bestia. Pecus. Fera.
-1. *Animal* et *animans*, les animaux considérés comme des êtres
-doués de vie, l’homme compris: *animal* caractérise la nature de
-l’être; quel que soit son aspect, il appartient à la classe des
-êtres animés; l’opposé est *inanimus*, l’équivalent grec ζῶον.
-*Animans* précise l’état dans lequel se trouve l’être: il vit,
-il respire; l’opposé est *exanimus*. On dit *animalium*
-cadavera; *animantium* cadavera ferait un non-sens. *Bellua*,
-*bestia* et *pecus* ont trait à l’intelligence; c’est l’animal
-déraisonnable par contraste direct avec *homo*; *bestia* et
-*fera* expriment une sorte de rapport moral, c’est la brute
-hostile à l’homme.
-
-2. *Bellua* désigne particulièrement un animal grand et lourd,
-par exemple un éléphant, une baleine, par préférence les
-monstres marins; *pecus*, un animal domestique, par préférence
-des moins intelligents, par exemple un taureau, un mouton, par
-opposition à l’animal en liberté: c’est le bétail; *bestia*,
-bête nuisible, surtout dévorante, par exemple un tigre, un loup,
-par opposition aux oiseaux, comme θηρίον; *fera*, bête farouche,
-hôte des forêts, par exemple un cerf, un loup, un tigre, par
-opposition aux animaux domestiques, comme le gibier et les bêtes
-sauvages, θήρ. Curt. IX, 10, 10. Indi maritimi *ferarum*
-pellibus tecti piscibus sole duratis et majorum quoque
-*belluarum*, quas fluctus ejecit, carne vescuntur. Les Indiens
-des provinces maritimes, couverts de la dépouille des bêtes
-sauvages, se nourrissent de poisson séché au soleil et même de
-la chair des monstres marins que les flots ont rejetés.
-
-Annales. Historiæ.
-*Annales*, traité général d’histoire et en particulier histoire
-du passé composée sur les sources, Tite-Live et Tacite;
-*historiæ*, étude d’histoire contemporaine, d’événements
-auxquels l’auteur a assisté, Salluste et Tacite. L’auteur des
-*annales* se propose de faire, année par année, une énumération
-aussi variée que complète de toutes les particularités
-mémorables; celui des *historiæ* traite un point d’histoire et
-laisse de côté les événements les plus remarquables quand ils ne
-s’y rattachent pas.
-
-Antiquus. Priscus. Vetus. Vetustus. Veternus. Pristinus.
-1. *Antiquum* et *priscum*, ce qui a existé autrefois et qui
-n’est plus, par opposition à *novum*, comme παλαιός; *vetus* et
-*vetustum*, ce qui existe depuis longtemps et n’a plus de part
-ni aux inconvénients ni aux priviléges de la jeunesse, par
-opposition à *recens*, comme γέρων, γεραιὸς, γερούσιος">.
-*Antiquus homo*, homme du bon vieux temps; *vetus*, vieillard.
-Les classiques s’appellent *antiqui scriptores*, en ce sens que
-leur siècle est depuis longtemps passé; *veteres*, en ce sens
-qu’ils subsistent et servent de modèles depuis deux mille ans.
-Cic. Verr. II, 21. Vereor ne hæc nimis *antiqua* et jam
-*obsoleta* videantur. J’ai peur que ces exemples de modération
-n’aient vieilli et ne paraissent hors d’usage. Comparez avec
-Orat. I, 37. Ut illi *vetus* atque usitata exceptio daretur.
-Pour lui donner le bénéfice de ce privilége ancien et souvent
-appliqué.
-
-2. *Vetus* se rapporte exclusivement à la durée et présente
-l’âge soit comme un avantage, soit comme un désavantage;
-*vetustus* a trait aux priviléges de l’âge: ce qui subsiste de
-vieille date est plus solide, plus respectable, plus à l’épreuve
-que les nouveautés; il a pour opposé *novicius*. Enfin
-*veternus* fait allusion aux infirmités du grand âge usé par les
-années, affaibli, épuisé pour avoir duré trop longtemps. Mais
-comme dans le beau siècle de la langue on ne rencontre
-*veternus* que sous la forme de substantif, *veternum*, dans le
-sens de somnolence, *vetus* le supplée régulièrement et désigne
-plus souvent la décadence que la vigueur de l’âge. Tac. Ann. XI,
-14 et 15. *Veterrimis* Græcorum. Les caractères de l’alphabet
-latin sont empruntés aux plus vieilles formes des lettres
-grecques. Et *vetustissima* Italiæ disciplina. La science des
-aruspices, la plus auguste par son antiquité de toutes les
-sciences que l’Italie cultive.
-
-3. *Antiquus* se dit simplement des choses du vieux temps, du
-temps passé, par opposition au présent; *priscus* est un terme
-pompeux qui ajoute à l’idée principale d’antiquité une idée
-accessoire de respect et de sainteté, comme ἀρχαῖος, par
-opposition à la mode du jour.
-
-4. *Antiquus* et *priscus* se disent d’une époque écoulée depuis
-très-longtemps; *pristinus*, d’un temps passé quelconque, comme
-πρότερος, antérieur.
-
-—Antrum, v. *Specus*.
-
-Anus. Vetula.
-*Anus*, servant de féminin à *senex*, femme âgée, avec une idée
-de respect, ou encore vieille femme, avec une idée de défaveur,
-par allusion à sa faiblesse, à sa crédulité, à son bavardage;
-*vetula*, vieille laide et qui n’a rien d’aimable.
-
-Aperire. Patefacere. Aperte. Palam. Manifesto. Propalam.
-1. *Aperire*, découvrir un espace fermé par le haut, c’est-à-
-dire horizontalement, par exemple une fosse, une source, et par
-cette opération rendre visible; *patefacere*, ouvrir un espace
-fermé par le côté, c’est-à-dire verticalement, par des portes,
-des barrières, des clôtures, et par cette opération rendre
-accessible.
-
-2. *Returare*, donner accès par une ouverture qui était bouchée;
-*recludere*, par une ouverture fermée à clef; *reserare*, paг
-une ouverture fermée au verrou.
-
-3. *Aperte*, ouvertement et sans se cacher, en sorte que tout le
-monde puisse apprendre et savoir les choses, par opposition à
-*occulte*, comme φανερῶς; *palam*, publiquement et sans secret,
-en sorte que tout le monde puisse voir et entendre, comme
-ἀναφανδόν; *manifesto*, manifestement, de manière à rendre
-superflues les recherches, les conjectures, le secours et
-l’effort des sens et de l’esprit, comme δῆλον.
-
-4. *Palam* marque qu’on expose les choses à la vue du public par
-effronterie; *propalam*, par dessein prémédité. Cic. Orat. I,
-35. Neque proposito argento neque tabulis et signis *propalam*
-collocatis, c’est-à-dire à l’admiration de tout le monde.
-Comparez avec Pis. 36. Mensis *palam* propositis, c’est-à-dire
-effrontément et sans gêne.
-
-Apparet. Eminet.
-*Apparet* se dit de ce qui est visible à l’observation;
-*eminet*, de ce qui se fait remarquer de soi-même et saute aux
-yeux. Sen. Ir. I, 1. *Apparent* alii affectus, hic (scil. iræ)
-*eminet*. Les signes des autres passions sont visibles, ceux de
-la colère sont frappants.
-
-—Apparet, v. *Constat*.
-—Appellare, v. *Alloqui* et *Nominare*.
-—Aptus, v. *Idoneus*.
-
-Aqua. Unda. Fluctus. Fluentum.
-1. *Aqua*, l’eau prise comme matière élémentaire, par opposition
-à *terra*; *unda*, l’élément liquide toujours en mouvement, par
-opposition à *solum*; *lympha*, simple synonyme poétique
-d’*aqua*, avec l’idée accessoire d’une belle eau claire, sens
-fondé sur une ressemblance fortuite de son avec la première
-syllabe de l’adjectif *limpidus*, qui n’a point la même racine.
-
-2. *Unda* est un intermédiaire entre *aqua* et *fluctus*, comme
-*aura* entre *aer* et *ventus*. Car *unda* désigne comme onde
-l’eau qui semble se mouvoir d’elle-même, mais *fluctus* et
-*fluenta*, le flot, l’eau agitée par quelque cause extérieure,
-comme une tempête: *fluctus*, en général, c’est la mer avec ses
-flots; *fluentum*, la vague isolée. La mer orageuse, le torrent
-impétueux, roulent seuls des *fluctus*, mais toute eau qui n’est
-pas stagnante a des *undas*. Aussi y a-t-il une grande
-différence entre ces deux images dans Cic. Mil. 2, 5.
-Tempestates et procellas in illis duntaxat *fluctibus* concionum
-semper putavi Miloni esse subeundas, c’est-à-dire dans les
-assemblées orageuses et agitées du peuple; et Planc. 6, 15. Si
-campus atque illæ *undæ* comitiorum, ut mare profundum et
-immensum, sic effervescunt quodam quasi æstu, c’est-à-dire les
-réunions populaires faciles à émouvoir. Sen. N. Q. III, 10. Quid
-si ullam *undam* superesse mireris tot *fluctibus* fractis?
-Étonnez-vous plutôt qu’il reste des ondes à la mer pour venir
-remplacer au rivage tant de flots qui s’y sont brisés. Et IV, 2.
-Nec mergit cadens *unda*, sed planis aquis tradit. Et l’onde ne
-les submerge pas dans sa chute, elle les lance sur des eaux
-immobiles.
-
-—Aquosus, v. *Udus*.
-—Arbitrari, v. *Censere*.
-
-Arcana. Secreta. Mysteria.
-*Arcana* et *mysteria*, les secrets envisagés par leur côté
-honorable, ceux qui tirent d’eux-mêmes leur raison d’être, qui
-tiennent à la nature des choses et qui méritent à ce titre
-d’inspirer un saint respect; *arcana* est d’ailleurs un terme
-populaire pour toute sorte de secrets; *mysteria*, un terme
-savant pour les secrets religieux comparables aux mystères
-d’Éleusis; enfin, *secreta*, les secrets, au sens le plus
-vulgaire, ceux qui ont une origine purement humaine, en parlant
-des choses qu’on tient cachées par crainte. Tac. I, 6.
-Sallustius Crispus particeps *secretorum*... monuit Liviam ne
-*arcana* domus vulgarentur. Sallustius Crispus, pour qui Tibère
-et Livie n’avaient rien de caché, engagea Livie à ne plus livrer
-au public les augustes secrets de la famille impériale.
-
-Arcere. Prohibere.
-*Arcere*, repousser et empêcher d’entrer, par opposition à
-*admittere*; *prohibere*, tenir éloigné et empêcher d’approcher,
-par opposition à *adhibere*. L’*arcens* se tient sur la
-défensive, comme le *resistens*, et agit par sollicitude pour la
-personne menacée; le *prohibens* prend l’offensive, comme le
-*propulsans*, et agit par inimitié contre l’agresseur.
-
-Arcessere. Accire. Evocare. Accersere.
-1. *Arcessere* et *accersere*, termes généraux, signifient
-simplement faire venir; *accire*, inviter, suppose qu’on
-s’adresse à un égal; *evocare*, mander, à un inférieur.
-L’*arcessens* pousse à se présenter, l’*acciens* engage,
-l’*evocans* ordonne. Cic. Att. V, 1. Tu invita mulieres, ego
-*accivero* pueros. Chargeons-nous, toi de prier les femmes, moi
-d’inviter les jeunes gens. Comparez avec Dej. 5. Venit vel
-rogatus ut amicus, vel *arcessitus* ut socius, vel *evocatus* ut
-qui senatui parere didicisset. Il s’est présenté ou en ami dont
-on souhaitait l’arrivée, ou en allié qu’on faisait venir, ou en
-sujet mandé par le sénat et dressé à lui obéir. Liv. X, 19.
-*Collegæ* auxilium quod *acciendum* ultro fuerit. Le secours de
-son collègue qu’il aurait dû demander sans façon. Comparez avec
-XLIV, 31. *Evocati* litteris imperatoris. Mandés par un ordre
-écrit du général. Et XXXIX, 11. Æbutia *accita* ad Sulpiciam
-venit. Ebutia vint trouver Sulpicie comme elle l’en avait priée.
-Mais 12. Ut Hispalam libertinam *arcesseret* ad sese. Afin de
-faire venir l’affranchie Hispala.
-
-2. *Arcessere* signifiait primitivement pousser à venir;
-*accersere*, à accourir en toute hâte; mais la ressemblance de
-son a fait confondre les deux mots.
-
-—Arctus, v. *Angustus*.
-
-Ardere. Flagrare.
-*Ardere*, brûler comme un brasier, αίθειν; *flagrare*, être en
-flammes, comme φλέγεσθαι. Au figuré, *ardere* marque une passion
-qui couve; *flagrare*, une passion qui éclate. Cic. Or. III, 2,
-8. Non vidit Crassus *flagrantem* bello Italiam, non *ardentem*
-invidia senatum. Crassus n’a vu ni l’Italie dévorée par les
-flammes de la guerre, ni le sénat consumé par le feu de la
-jalousie.
-
-Arduus. Difficilis.
-*Arduus*, difficile à atteindre, par opposition à *pronus*;
-*difficilis*, à exécuter, par opposition à *facilis*. *Arduus*
-est d’ailleurs le terme le plus fort et marque une difficulté
-voisine de l’impossibilité. Plin. Ep. VI, 17. Est enim res
-difficilis, *ardua*. La chose est pleine de difficultés et
-d’obstacles. Tac. H. II, 76. Æstimare debent an quod inchoatur,
-reipublicæ utile, ipsis gloriosum aut *promptum effectu*, aut
-certe non *arduum* sit. Tous ceux qui osent former de grands
-desseins sont tenus d’examiner si leur entreprise est utile à la
-république, si elle paraît d’une exécution facile, ou du moins
-si elle ne présente pas trop d’obstacles. Cic. Verr. I, 51. Cum
-sibi omnes ad illum allegationes *difficiles*, omnes aditus
-*arduos* ac pæne *interclusos* viderent. Voyant les difficultés
-qu’il y avait pour eux à faire parvenir une députation jusqu’à
-lui, toutes les voies hérissées d’obstacles et pour ainsi dire
-barrées.
-
-—Arduus, v. *Altus*.
-—Arena, v. *Sabulo*.
-
-Arguere. Incusare. Culpare. Criminari. Insimulare. Deferre.
-Accusare.
-*Arguere*, terme général pour toutes les manières de mettre au
-jour une faute supposée ou réelle par devant la justice ou
-ailleurs, incriminer; *incusare* et le terme rare de *culpare*
-ne marquent qu’une accusation extrajudiciaire; *criminari*,
-accuser avec des sentiments d’hostilité ou de méchanceté, en
-noircissant; *insimulare*, accuser faussement, sans reculer
-devant la calomnie, rendre suspect; *deferre*, dénoncer au juge;
-*accusare*, accuser au criminel. Cic. Lig. IV, 10. *Arguis*
-fatentem. Non est satis. *Accusas* eum. Il avoue, et tu
-l’incrimines. Tu ne t’en tiens pas là. Tu le poursuis devant les
-juges criminels.
-
-Aridus. Torridus. Siccus.
-*Aridus* et *torridus* marquent une privation de sucs: les
-*arida* ont perdu leur humidité naturelle par l’effet d’un feu
-qui agit à l’intérieur; l’équivalent grec est αὖος, l’opposé
-*humidus*; les *torrida*, par l’effet d’une chaleur qui agit du
-dehors au dedans; ils ont pour opposé *uvidus*, comme σϰληρός;
-*siccus* ne marque qu’une sécheresse extérieure, limitée à la
-surface, par opposition à *madidus*, comme ξηρός. Plin. H. N.
-XII, 12. Ne sint fragilia et *arida* potius quam *sicca* folia.
-De peur que les feuilles ne soient cassantes et tout à fait
-desséchées, au lieu d’être simplement sèches. Et XV, 29: Cato
-docuit vinum fieri ex nigra myrta *siccata* usque in
-*ariditatem* in umbra. Caton a enseigné qu’on peut fabriquer du
-vin avec les baies de myrte noir qu’on fait sécher à l’ombre
-jusqu’à ce que la dessiccation soit parfaite.
-
-—Arista, v. *Culmus*.
-—Armentum, v. *Pecus*.
-
-Armus. Humerus. Ala. Axilla.
-*Armus*, le sommet du bras chez l’homme, de la jambe de devant
-chez les animaux, mais partie du corps entier à la différence de
-*scapula*, l’omoplate, qui n’est qu’une partie du squelette,
-ὦμος; *humerus*, la surface plane qui existe chez l’homme au-
-dessus du bras, l’épaule, ἐπωμίς; *ala* et *axilla*, le creux
-qui se forme sous le bras, l’aisselle, μασχάλη. Ovid. Met. XII,
-396. Ex *humeris* medios coma dependebat in *armos*. Des
-épaules, sa chevelure descendait jusqu’au-dessous de la
-naissance des jambes. (Il s’agit du centaure Cyllarus.)
-
-—Arrogantia, v. *Superbia*.
-—Artes, v. *Litteræ*.
-—Artifex, v. *Faber*.
-—Artus, v. *Membrum*.
-—Arundo, v. *Culmus*.
-—Arvum, v. *Villa*.
-
-Ascia. Securis.
-*Ascia*, la hache du charpentier pour débiter le bois;
-*securis*, le couperet du boucher pour dépecer la viande.
-
-—Asper, v. *Horridus*.
-—Aspernari, v. *Spernere*.
-
-Assentiri. Assentari. Blandiri. Adulari.
-1. *Assentiri*, donner son assentiment par conviction; l’opposé
-est *dissentire*; *assentari*, exprimer son assentiment, que ce
-soit par conviction ou par hypocrisie, l’opposé est *adversari*.
-
-2. *Assentari* désigne la flatterie qui a horreur de contredire,
-comme θωπεύειν; *blandiri*, celle qui fait dire des choses
-agréables, comme ἀρεσϰεύειν; *adulari*, celle qui cherche à
-plaire en s’abaissant, comme ϰολαϰεύειν. Entre flatteurs,
-l’*assentans* recherche la faveur d’autrui en résignant son
-droit à toute opinion indépendante; le *blandiens*, par des
-complaisances et des marques visibles d’affection; l’*adulans*,
-en s’abaissant et en donnant des marques d’un indigne respect.
-L’*assentatio*, ou l’art de celui qui dit toujours oui, procède
-de lâcheté ou de sottise; les *blanditiæ* ou cajoleries
-procèdent avant tout de l’envie de paraître aimable, et au pis
-aller de l’égoïsme; l’*adulatio* ou la flatterie, la
-flagornerie, ϰολαϰεία, de sentiments bas, bons pour des esclaves
-ou des chiens. Sen. Ir. III, 8. Magis adhuc proderunt submissi
-et humani et dulces, non tamen usque in *adulationem*, nam
-iracundos nimia *assentatio* offendit. Erat certe amicus... cui
-non magis tutum erat *blandiri* quam maledicere. Un commerce
-plus profitable pour vous, tant que vous en serez là, c’est
-celui des personnes respectueuses, polies, douces, sans
-descendre jusqu’à l’adulation, car une complaisance excessive
-choque les tempéraments colériques. Je possédais en ce genre un
-ami qu’il n’y avait pas plus de sûreté à choyer qu’à rudoyer. Et
-II, 28. Sæpe *adulatio* dum *blanditur* offendit. L’adulation,
-en voulant complaire, s’expose à choquer.
-
-—Asseverare, v. *Dicere*.
-—Assiduitas, v. *Opera*.
-—Astrum, v. *Stella*.
-
-Astutus. Callidus. Vafer. Versutus.
-*Astutus*, en vieux latin *astus*, et *callidus* s’entendent de
-la finesse au sens intellectuel; c’est une variété de la
-prudence: *astutus* se dit de la sagacité qui invente et dirige
-des menées secrètes; il est synonyme de *solers*, rusé;
-*callidus* se dit de la pénétration qui débrouille les affaires
-embarrassées, de la prudence pratique qui provient de la
-connaissance des hommes et de l’expérience du monde; il est
-synonyme de *rerum peritus* et signifie, par corruption, délié,
-comme ϰερδαλέος. *Vafer* et *versutus* désignent la finesse par
-son côté immoral, comme un effet de l’improbité: *vafer*
-caractérise l’adresse à créer des difficultés, surtout en
-justice, en fait de chicanes d’avocat, comme madré, πανοῦργος;
-*versutus*, la prestesse dans l’art de se déguiser, de se tirer
-d’embarras par tous les moyens, retors, comme στροφαῖος; il a
-pour opposé simplex. Plin. Ep. VII, 6. Juvenis ingeniosus sed
-parum *callidus*. Jeune homme qui a de l’esprit naturel, mais
-qui n’est guère avisé. Cic. Brut. 48. *Callidus* et in capiendo
-adversario *versutus*. Avisé et même retors quand il s’agit
-d’embarrasser un adversaire.
-
-Ater. Niger. Pullus.
-1. *Ater*, le noir considéré comme une négation de la couleur,
-par opposition à *albus*; *niger*, le noir comme étant une
-couleur par lui-même et la plus foncée de toutes, par opposition
-à *candidus*. L’*atrum* ne cause qu’une impression triste et
-sombre; le *nigrum* produit une impression sévère et imposante
-qui se concilie avec la beauté, comme dans Hor. Carm. I, 32, 11.
-Lycum *nigris* oculis *nigro*que crine decorum. Lycus paré de
-ses yeux noirs et de ses cheveux noirs. Tac. G. 43. *Nigra*
-scuta, tincta corpora, *atras* ad prælia noctes legunt. Ils ont
-des boucliers noirs, ils se peignent le corps, ils choisissent
-pour leurs attaques des nuits sombres.
-
-2. *Ater* et *niger*, le noir parfait, foncé, *pullus*, le brun
-qui tire sur le noir; ce dernier rappelle la parenté qui existe
-entre une couleur sombre et la malpropreté.
-
-—Atque, v. *Et*.
-
-Atrox. Trux. Truculentus. Dirus. Sævus. Torvus.
-1. *Atrox*, *trux* et *truculentus* se disent de ce qui a un
-extérieur effrayant, de ce qui fait sur l’imagination, sur les
-yeux et les oreilles une impression terrible, comme
-épouvantable: *atrox* marque une qualité des choses; *trux* et
-*truculentus*, des qualités personnelles. *Dirus* et *sævus* se
-disent de ce qui est vraiment terrible et dangereux: *dirus*,
-par essence, par une propriété des choses, effroyable, δεινὸς,
-mais *sævus*, par caractère, par une qualité propre à des êtres
-animés, sanguinaire, cruel, αἰνός. Plin. Pan. 53. *Atrocissima*
-effigies *sævissimi* domini. L’image effroyable du plus cruel
-des maîtres. Mela. II, 7. Ionium pelagus... *atrox*, *sævum*,
-c’est-à-dire qui a un aspect menaçant et ne cause d’ailleurs que
-trop de malheurs.
-
-2. *Trux* désigne uu regard, une voix épouvantable par leur côté
-héroïque ou tragique, comme autant de signes d’un courage
-barbare ou de quelque sentiment cruel; *truculentus*, par leur
-côté trivial ou comique, comme des signes de mauvaise humeur ou
-d’une passion basse. L’esclave de la comédie de Plaute est
-*truculentus*, Achille courroucé est *trux*. Mais
-*truculentior*, *truculentissimus* servent de comparatif et de
-superlatif à *trux*.
-
-3. *Trux* et *truculentus* vultus regard courroucé qui inspire
-la crainte, comme τραχύς; *torvus* (regard pénétrant, etc.)
-regard pénétrant, perçant, toujours farouche, comme τορὸν ou
-ταυρηδὸν ϐλέπων. Plin. H. N. XI, 54. Contuitu quoque
-multiformes, *truces*, *torvi*, flagrantes. Le regard varie à
-l’infini l’aspect que prennent les yeux; ils paraissent
-courroucés et effrayants, perçants et farouches, étincelants,
-etc.
-
-Attonitus. Stupens.
-*Attonitus*, comme frappé de la foudre, c’est un état passager;
-*stupens*, pétrifié, c’est un état durable. Curt. VIII, 2, 3.
-*Attoniti* et *stupentibus* similes. Comme frappés de la foudre
-et pour ainsi dire pétrifiés.
-
-Audere. Conari. Moliri.
-*Audere* se dit d’une entreprise considérée sous le rapport du
-danger de l’action et du courage de la personne, comme oser;
-*conari*, sous le rapport de l’importance de l’action et de
-l’énergie de la personne, comme tenter; enfin *moliri*, sous le
-rapport de la difficulté de l’action et des efforts qu’elle
-exige de la part de la personne, comme entreprendre.
-
-—Audacia, audentia, v. *Fides*.
-
-Audire. Auscultare.
-*Audire*, entendre, ἀϰούειν, c’est un terme purement passif,
-comme *olfacere*; *auscultare*, écouter, ἀϰροᾶσθαι; c’est
-vouloir entendre, écouter avec attention, soit en cachette, soit
-au grand jour, par un acte de volonté, comme *odorari*. Ter. Ad.
-IV, 5, 45. Æsch. Pater, obsecro, *ausculta*. Mic. Æschine,
-*audivi* omnia. Esch. Père, je t’en supplie, écoute-moi. Mic.
-Eschine, j’ai tout entendu.
-
-—Auferre, v. *Demere*.
-
-Auguria. Auspicia. Prodigia. Ostenta. Portenta. Monstra. Omina.
-*Auguria* et *auspicia*, apparitions naturelles qui n’ont de
-sens que pour les personnes versées dans l’art d’interpréter les
-signes: *auguria*, pour les membres savants du collége des
-augures; *auspicia*, pour les magistrats qui avaient le droit de
-prendre les auspices. *Prodigia*, *ostenta*, *portenta*,
-*monstra*, apparitions surnaturelles qui frappent aussi le
-vulgaire et qu’un devin ne peut qu’expliquer avec plus
-d’exactitude; enfin *omina*, signes que toute personne à qui ils
-apparaissent s’explique elle-même sans intermédiaire. L’idée qui
-domine dans *prodigium* est celle de la portée et des
-conséquences du phénomène; dans *ostentum*, c’est le merveilleux
-et le grandiose; dans *portentum*, le côté effrayant, l’annonce
-du danger; dans *monstrum*, le côté contre nature et hideux.
-
-—Aura, v. *Anima*.
-—Auscultare, v. *Audire*.
-—Auspicia, v. *Auguria*.
-
-Austerus. Severus. Difficilis. Morosus. Tetricus.
-1. *Austerus* présente la sévérité comme une tournure d’esprit;
-*severus*, comme une qualité morale. L’*austerus*, dont l’opposé
-est *jucundus*, répugne à la plaisanterie et aux futilités; il
-demande du sérieux et du positif dans l’art, dans la science,
-dans le commerce de la société, au risque de passer pour un
-esprit sec; le *severus*, dont l’opposé est *luxuriosus*, est
-rigoureux; il hait tout libertinage, tout relâchement; il exige
-des autres et de lui de l’empire sur soi-même et de l’énergie,
-au risque de passer pour un cœur dur. Le stoïcien est *austerus*
-comme philosophe, *severus* comme homme.
-
-2. *Austerus* et *severus* n’impliquent point de blâme; mais
-*difficilis*, *morosus* et *tetricus* désignent l’abus de la
-rigueur. Le *difficilis* ignore l’art d’un commerce facile et
-agréable, à cause de son tempérament hypocondriaque; le
-*morosus* est scrupuleux; il veut tout redresser par excès de
-conscience et défaut de tolérance; le *tetricus* est roide et
-gênant par pédantisme et défaut de bonne humeur.
-
-—Autumare, v. *Censere*.
-
-Auxilium. Opem ferre. Opitulari. Juvare. Adjuvare.
-1. *Auxilium*, *opem ferre* et *opitulari*, secourir, supposent
-un opprimé qu’il s’agit de tirer d’embarras et de danger en
-venant à son secours, par opposition à *deserere*, *destituere*:
-il faut se représenter l’*auxilium ferens* comme un allié qui se
-met au service de la personne ou des intérêts de l’opprimé;
-l’*opem ferens*, comme un bienfaiteur qui fait profiter le
-faible de sa puissance et de sa force. *Juvare* et *adjuvare* ne
-supposent, comme soutenir, qu’une personne qui réussira mieux et
-plus vite dans ce qu’elle entreprend, si on l’assiste, par
-opposition à *impedire*. Ter. Heaut. V, 2, 39. Matres solent
-esse filiis in peccato *adjutrices*, *auxilio* in paterna
-injuria. Les mères ne manquent jamais de se prêter aux sottises
-de leurs fils et de les secourir contre l’oppression d’un père.
-Quand Tarquin, dans Liv. II, 6, prie les Véiens: *ferrent opem*,
-*adjuvarent*, il faut se le représenter d’abord comme exilé,
-*exulans*, ensuite comme prétendant, *regnum repetiturus*.
-
-2. *Opem* et *auxilium ferre* ont l’accent sur le substantif;
-c’est du secours qu’on porte, non autre chose; *opitulari* et le
-terme poétique *auxiliari* ont l’accent sur leur racine verbale;
-c’est secourir sans hésiter.
-
-Ave. Salve. Vale.
-*Ave*, formule de salutation qui s’emploie également à l’arrivée
-et au départ, comme χαῖρε; *salve*, formule d’usage à l’arrivée;
-*vale*, au départ, comme ἔῤῥωσο. Suet. Galb. 4. Ut liberti mane
-*salvere*, vespere *valere* sibi singuli dicerent. Il maintint
-l’usage qui obligeait ses affranchis à venir lui souhaiter
-chacun le bonjour le matin, et le soir une bonne nuit.
-
-—Aves, v. *Volucres*.
-—Avidus, v. *Velle*.
-
-Axes. Plancæ. Tabulæ.
-*Axes* ou *asses* et *plancæ*, planches brutes qu’on emploie
-telles qu’elles sortent de la scie: *asses*, terme usuel;
-*plancæ*, terme technique, comme ais. *Tabulæ*, planches
-travaillées avec plus de fini à l’aide du rabot, pour servir à
-des meubles de luxe.
-
-—Axilla, v. *Armus*.
-
-
-B
-
-
-Balbus. Blæsus.
-*Balbus*, bègue, c’est un défaut habituel; *blæsus*, qui bégaye,
-c’est un accident temporaire.
-
-—Baculus, v. *Fustis*.
-—Bajulare, v. *Ferre*.
-—Bardus, v. *Stupidus*.
-—Baubari, v. *Latrare*.
-—Beatus, v. *Felix*.
-—Bellua, v. *Animal*.
-—Bene moratus, v. *Bonus*.
-—Benevolentia, v. *Studium*.
-—Benignus, v. *Largus*.
-—Bestia, v. *Animal*.
-
-Bibere. Potare.
-*Bibere*, boire à la façon des hommes, πίνειν; *potare*, à la
-façon des bêtes et en prendre plus qu’on n’en peut porter. Sen.
-Ep. 122. Inter nudos *bibunt*, imo *potant*. Ils boivent, ils se
-soûlent de vin au milieu des baigneurs nus. Plaut. Curc. I, 1,
-88. Agite, *bibite*, festivæ fores, *potate*, fite mihi volentes
-propitiæ. Bois, bois, charmante porte, soûle-toi, sois-moi
-bienveillante et favorable.
-
-—Bifariam, v. *Duplex*.
-—Bilis, v. *Fel*.
-—Blæsus, v. *Balbus*.
-—Blandiri, v. *Assentiri*.
-—Blatire, blaterare, v. *Garrire*.
-—Boni consulere, v. *Satis habere*.
-
-Bonus. Bene moratus. Probus. Frugi. Honestus. Sanctus.
-1. *Bonus*, *bene moratus*, *probus* et *frugi* marquent un
-degré inférieur de moralité qui consiste à éviter le blâme et le
-châtiment, la haine et le mépris. *Bonus* se prend au sens
-populaire selon lequel la bienveillance et la bonté de cœur
-constituent un des principaux éléments de la moralité, comme
-bon, ἀγαθὸς, par opposition à *malus*. *Bene moratus* se dit,
-dans un sens plus philosophique, d’un caractère formé par
-l’éducation dont les traits indispensables sont de l’empire sur
-soi-même, de la droiture, un certain détachement de l’égoïsme
-vulgaire, moral, qui a des mœurs, εὔτροπος. *Probus* s’entend de
-celui qui ne fait de tort ou d’injustice à personne, le brave
-homme, l’honnête homme, l’homme juste. *Frugi*, c’est celui que
-son savoir-faire, son exactitude, son application, rendent un
-personnage utile dans la vie pratique, l’homme brave et rangé,
-par opposition à *nequam*, comme χρηστός. Quintil. VI, 4, 11.
-Non est altercandi ars... res animi jacentis et *mollis* supra
-modum frontis, fallitque plerumque quod *probitas* vocatur quæ
-est *imbecillitas*. Il faut, pour paraître en maître aux débats,
-une âme qui ne se laisse point abattre, un front qui ne se
-courbe pas trop vite, et la commune erreur vient de ce qu’on
-donne en cette matière le nom de probité à la pure faiblesse
-d’esprit. Cic. Dej. 10. *Frugi* hominem dici non multum laudis
-habet in *rege*. Ce n’est pas faire un grand éloge d’un roi que
-de l’appeler un homme rangé.
-
-2. *Honestus* et *sanctus* désignent un degré supérieur de
-moralité qui s’inspire d’une raison plus haute, qui s’élève au-
-dessus du vulgaire et de la morale au jour le jour. *Honestus*,
-âme noble et héroïque qui conforme sa conduite aux principes
-d’un honneur exquis, par opposition à *turpis*. *Sanctus*, âme
-religieuse et sainte que gouverne le désir de plaire à Dieu.
-
-—Brachium, v. *Ulna*.
-
-Brevis. Curtus.
-*Brevis*, court par nature; *curtus*, raccourci.
-
-—Brutus, v. *Stupidus*.
-
-
-C
-
-
-—Caballus, v. *Equus*.
-—Cachinnare, v. *Ridere*.
-—Cacumen, v. *Acies*.
-
-Cadaver. Corpus.
-Il y a entre *cadaver* et *corpus* à peu près la même différence
-qu’entre os et ossements. Le corps inanimé désigné par *cadaver*
-n’est qu’un objet matériel; désigné par *corpus*, c’est la
-dépouille mortelle d’une personne, et on emploie toujours ce
-dernier mot quand on s’intéresse au mort.
-
-—Cadere, v. *Labi*.
-—Cædere, v. *Verberare*.
-—Cærimonia, v. *Consuetudo*.
-—Cæsar, v. *Primus*.
-—Cæsaries, v. *Crinis*.
-
-Cæteri. Reliqui.
-*Cæteri*, les autres, par opposition aux premiers nommés, comme
-οἱ ἄλλοι; l’opposition est fortement marquée; *reliqui*, le
-reste, comme simple complément du tout, οἱ λοιποί. Cic. Brut. 2,
-6. Si viveret Hortensius, *cætera* fortasse desideraret una cum
-*reliquis* bonis civibus; hunc aut præter *cæteros* aut cum
-paucis sustineret dolorem. Si Hortensius vivait, il partagerait
-sans doute les autres privations avec le reste des bons
-citoyens; mais une douleur qu’il aurait de plus que les autres
-citoyens ou qu’on n’aurait guère avec lui serait...
-
-—Calamitas, v. *Infortunium*.
-—Calculus, v. *Saxum*.
-—Calamus, v. *Culmus*.
-
-Calere. Fervere. Æstuare. Calefacere. Fovere.
-1. *Calere* et *fervere*, il fait chaud, il fait très-chaud,
-désignent la chaleur même: *calidus*, dont l’opposé est
-*frigidus*, un degré de chaleur modéré; *fervidus*, dont
-l’opposé est *gelidus*, le degré du point d’ébullition.
-*Æstuare*, dont l’opposé est *algere*, désigne la sensation que
-la chaleur fait éprouver, comme avoir chaud.
-
-2. *Calefacere*, chauffer, au sens purement physique, sans idée
-accessoire; *fovere*, chauffer, avec allusion à la sensation
-agréable ou à l’effet bienfaisant de la chaleur.
-
-—Caligo, v. *Obscurum*.
-—Calix, v. *Poculum*.
-—Callidus, v. *Astutus* et *Sapiens*.
-—Callis, v. *Iter*.
-—Campus, v. *Equus* et *Villa*.
-
-Candela. Lucerna.
-*Candela*, chandelle que l’on peut porter comme une torche,
-λαμπάς; *lucerna*, lumière qui brûle sur une table et qu’on ne
-saurait se représenter autrement.
-
-—Candidus, v. *Albus*.
-
-Canere. Cantare. Psallere. Canticum. Cantilena. Carmen. Poema.
-Poeta. Vates.
-1. *Canere*, terme général, faire de la musique, *canere voce*,
-*tibiis*, *fidibus*, μέλπειν; *cantare* se dit de la musique
-vocale, ἀείδειν; *psallere*, de la musique instrumentale
-exécutée avec des instruments à cordes.
-
-2. *Cantica* et *cantilenæ*, compositions exclusivement
-destinées à être chantées, dans lesquelles les paroles et la
-mélodie sont inséparables, comme dans les chants populaires, et
-qui servent d’expression à la joie et aux plaisirs de la vie,
-par opposition au discours, au langage parlé: *canticum*,
-chanson favorite qui égaye; *cantilena*, chanson rebattue qui a
-perdu le charme de la nouveauté et n’est plus qu’une vieillerie.
-*Carmina* et *poemata*, poésies susceptibles d’être chantées,
-mais dont les paroles sont une œuvre d’art, ayant une valeur
-propre, et qui sont consacrées à la religion ou au dieu des
-vers, par opposition à la prose et à la vérité pratique.
-*Carmina*, dans sa signification primitive, désigne des chants
-religieux, ἐπῳδαὶ, et par extension d’autres poésies, surtout de
-petites pièces et des morceaux lyriques, comme ᾠδαί; *poemata*,
-des productions d’un art avancé, de longs poèmes, la plupart du
-temps épiques ou tragiques, comme ποιήματα. Le *carmen* est le
-fruit d’une inspiration naïve; le *poema*, d’une inspiration qui
-se connaît et se maîtrise.
-
-3. *Poeta*, terme savant, technique, ne fait voir dans le poète
-que l’artiste; *vates*, terme religieux qui appartient à la
-vieille langue latine, le présente comme une personne sainte.
-
-—Canna, v. *Culmus*.
-—Cantare, v. *Canere*.
-—Canterius, v. *Equus*.
-—Canticum, cantilena, v. *Canere*.
-
-Caper. Hircus. Hædus.
-*Caper*, terme général, nom du bouc en histoire naturelle,
-τράγος; *hircus*, vieux bouc qui a toute sa croissance; *hœdus*,
-*hædus*, jeune bouc, ἔριφος.
-
-—Capere, v. *Sumere*.
-—Capillus, v. *Crinis*.
-—Carcer, v. *Custodia*.
-
-Carere. Egere. Indigere.
-1. *Carere* se rapporte à ce qu’on souhaite de posséder, c’est
-être privé de quelque chose, s’en passer, par opposition à
-*habere*; *egere* et *indigere* se rapportent à ce qu’il nous
-faut absolument et dont nous ne pouvons pas nous passer, comme
-avoir besoin, par opposition à *abundare*. Sen. V. B. 7.
-Voluptate virtus sæpe *caret*, nunquam *indiget*. Le plaisir a
-beau fuir la vertu, elle n’en est jamais en peine. Ep. 9.
-Sapiens *eget* nulla re; *egere* enim *necessitatis* est. Le
-sage n’a aucun besoin, car qui dit besoin dit nécessité. Cic.
-Ep. ad Qu. Fr. I, 3, 2. Nunc commisi ut me vivo *careres*, vivo
-me aliis *indigeres*. Je t’ai donc imposé de mon vivant des
-privations, réduit de mon vivant à dépendre des autres.
-
-2. *Egere* marque le besoin même, par opposition à *uti*;
-*indigere*, le sentiment pressant du besoin et le vif désir de
-le voir satisfait.
-
-—Caritas, v. *Diligere*.
-—Carmen, v. *Canere*.
-—Carnifex, v. *Homicida*.
-
-Caro. Pulpa. Viscera. Exta. Intestina. Ilia.
-1. *Caro*, la chair en général, comme substance, par opposition
-à la graisse, aux nerfs, aux muscles; *pulpa*, terme particulier
-pour la chair qui se mange et qui a du goût, par opposition aux
-os; *viscera*, toutes les chairs et parties charnues comprises
-entre la peau et les os.
-
-2. *Viscera*, au sens restreint, désigne toutes les parties
-internes du corps; *exta*, les parties molles de la poitrine,
-comme le cœur, les poumons; *intestina*, *interanea* et *ilia*,
-les parties molles du ventre, surtout les intestins:
-*intestina*, et après le siècle d’Auguste, *interanea*, les
-intestins considérés comme organes de la digestion; *ilia*, tout
-ce qui se trouve dans l’abdomen, et particulièrement les parties
-mangeables.
-
-Cassis. Galea. Cudo.
-*Cassis*, *cassida*, casque de métal; *galea*, casque de peau et
-à proprement parler de peau de belette; *cudo*, casque de forme
-inconnue. Tac. G. 6. Paucis loricæ; vix uni alterive *cassis*
-aut *galea*. Un petit nombre de cuirasses; à peine un ou deux
-casques de métal ou de peau.
-
-—Cassis, v. *Rete*.
-—Castigatio, v. *Vindicta*.
-
-Castus. Pudicus. Pudens. Pudibundus.
-1. *Castus* représente la chasteté comme une vertu innée, pur,
-innocent; *pudicus*, comme une vertu morale, pudique, modeste.
-
-2. *Pudicus*, *pudicitia*, la modestie naturelle, la peur de
-paraître nu aux yeux des autres, et l’esprit de chasteté qui en
-est la suite au point de vue exclusif des rapports des deux
-sexes, la pudicité; *pudens*, *pudor*, la modestie en général,
-la peur de se faire voir sous un jour fâcheux et de s’exposer au
-mépris, le sens de l’honneur. Cic. Catil. II, 11, 25. Ex hac
-parte *pudor* pugnat, illinc petulantia; hinc *pudicitia*,
-illinc stuprum. La modestie est aux prises avec l’effronterie,
-la pudeur avec la débauche.
-
-3. *Pudicus* et *pudens* s’entendent de la modestie à l’état de
-qualité permanente; *pudibundus*, d’un accès de modestie.
-
-4. La modestie, *pudor*, procède de l’estime de soi-même, on ne
-veut point se compromettre aux yeux des autres; la délicatesse,
-*verecundia*, procède de l’estime qu’on a pour les autres, on ne
-veut donner aucun sujet de scandale à ceux qu’on estime.
-
-Casu. Forte. Fortuito. Fortasse. Forsitan. Haud scio an.
-*Casu*, *forte* et *fortuito*, marquent les chances diverses:
-*casu*, la chance inattendue, par accident, par concours de
-circonstances, il est opposé à *consulto*, συμϐεϐηϰότως;
-*forte*, la chance ordinaire, par hasard, τυχόν; *fortuito*,
-*fortuitu*, qui sont emphatiques, la chance extraordinaire, par
-pur hasard, ἀπὸ τύχης; ils ont pour opposé *causa*. *Fortasse*,
-*forsitan* et *haud scio an* marquent une éventualité:
-*fortasse* et *fortassis*, quand on reconnaît et qu’on affirme
-la possibilité: peut-être et même vraisemblablement: ils se
-construisent avec l’indicatif, ἴσως; *forsitan*, *forsan*, quand
-on admet simplement la possibilité: après tout, il est possible:
-ils se joignent au subjonctif, τάχ᾽ ἄν; *haud scio an*, quand on
-feint par modestie de ne pas être sûr de son fait, qu’on
-restreint l’affirmation par euphémisme. *Fortasse verum est* et
-*forsitan verum sit* veulent dire: la chose est vraie peut-être,
-peut-être aussi ne l’est-elle pas; mais *haud scio an verum
-sit*: je la tiens pour vraie, mais sans vouloir la donner pour
-certaine.
-
-Casus. Fors. Fortuna. Fors fortuna. Fatum.
-1. *Casus* présente le hasard comme un fait brutal qui ne se
-rattache ni aux calculs de l’homme, ni à des causes connues,
-συμφορά; *fors*, comme une sorte d’être fabuleux qui influe sur
-les choses humaines sans dessein et sans but, sans autre fin,
-pour ainsi dire, que de taquiner les mortels et de confondre
-leurs calculs, τύχη.
-
-2. *Fors*, pris comme un vrai personnage mythologique, c’est le
-même hasard sous les traits d’un bonheur aveugle; *fortuna*,
-c’est le bonheur qui n’est ni aveugle ni étourdi, qui intervient
-dans la marche des affaires humaines pour accorder ou refuser sa
-faveur; enfin, *fors fortuna* est une chance heureuse, ἀγαθὴ
-τύχη.
-
-3. Tous ces êtres sont en opposition avec les *dii* et le
-*fatum* qui amènent ou détournent un événement non par humeur et
-caprice, mais par des motifs plus élevés, les *dii*, selon les
-lois appréciables de la morale, selon le mérite et la dignité,
-selon le droit et l’équité; le *fatum*, selon les lois
-mystérieuses de l’ordre éternel qui préside à l’univers, comme
-l’εἰμαρμένη, la μοῖρα. Tac. Hist. IV, 26. Quod in pace *fors*
-seu natura, tunc *fatum* et ira *deorum* vocabatur. En temps de
-paix, on aurait appliqué à ces faits les noms de hasard et
-d’accidents naturels; on n’avait plus maintenant à la bouche que
-les mots de fatalité et de colère divine.
-
-—Catenæ, v. *Vincula*.
-
-Caterva. Cohors. Agmen. Grex. Globus. Turba.
-*Caterva*, *cohors* et *agmen*, multitude assemblée en bon
-ordre: *caterva*, en masse qui constitue un tout, comme par
-exemple un bataillon; *cohors*, sous forme d’escorte et de
-cortége autour d’un chef; *agmen*, en procession solennelle.
-*Turba*, *grex* et *globus*, multitude réunie sans ordre:
-*grex*, sans aucun arrangement; *turba*, avec une idée
-accessoire de désordre et d’embarras; *globus*, en foule qui se
-presse, se gêne et aboutit à former le cercle, chacun cherchant
-à gagner le centre.
-
-—Catus, v. *Sapiens*.
-—Caupona, v. *Deversorium*.
-—Causidicus, v. *Advocatus*.
-—Cautes, v. *Saxum*.
-—Caverna, v. *Specus*.
-—Cavillator, v. *Lepidus*.
-
-Celare. Occulere. Occultare. Clam. Abdere. Condere. Abscondere.
-Recondere.
-1. *Celare*, verbe abstrait, comme céler, tenir secret, ϰεύθειν,
-par opposition à *fateri*, il est synonyme de *reticere*;
-*occulere*, *occultare*, verbes concrets, comme cacher,
-ϰρύπτειν, par opposition à *aperire*, ils sont synonymes
-d’*obtegere*. Les *celanda* restent inconnus hors le cas de
-trahison; les *occultanda* seraient exposés à tous les regards
-si l’on manquait de prévoyance et de précaution.
-
-2. *Clam* et *clanculum* signifient de même secrètement, par
-opposition à *palam*; occulte, en cachette, par opposition à
-*aperte*.
-
-3. *Occulere* se dit de toutes les manières de cacher, mais
-*occultare*, c’est cacher avec soin ou même avec sollicitude, et
-ce dernier verbe ne peut pas plus trouver place dans les
-propositions négatives que *redolere* et autres, aussi forts de
-sens.
-
-4. *Occultare* couvrir d’un voile quelconque pour soustraire à
-la vue; *abdere*, *condere* et *abscondere*, dérober les choses
-à la vue en les éloignant: *abdere*, en les mettant simplement
-de côté, hors du chemin, comme ἀποϰρύπτειν; *condere*, en les
-rangeant à leur place et en les serrant, comme ϰαταϰρύπτειν;
-*recondere*, en les gardant avec un soin extrême; *abscondere*,
-en les gardant après les avoir mises à l’écart.
-
-Celeber. Inclytus. Clarus. Illustris. Nobilis.
-*Celeber* et *inclytus*, termes généraux pour signifier la
-célébrité, surtout en parlant des choses, et qui ne s’appliquent
-guère aux personnes que chez les poëtes; *clarus*, *illustris*
-et *nobilis* ont particulièrement rapport à la politique:
-*clarus*, célèbre par des services éminents rendus à la patrie;
-*illustris*, considéré à cause de son rang et de sa fortune;
-*nobilis*, qui appartient à une famille dont les membres ont
-déjà occupé de hautes positions dans l’État.
-
-—Celebrare, v. *Sæpe*.
-—Celer, v. *Citus*.
-—Celox, v. *Navigium*.
-—Celsus, v. *Altus*.
-
-Censere. Judicare. Arbitrari. Æstimare. Opinari. Putare. Reri.
-Autumare. Existimare. Credere.
-1. *Censere*, *judicare*, *arbitrari*, *æstimare*, émettre un
-avis à titre d’autorité compétente et commise à cet effet:
-*censere*, comme censeur ou comme sénateur votant; *judicare*,
-comme juge qui rend un arrêt; *arbitrari*, comme arbitre;
-*æstimare*, comme taxateur ou commissaire-priseur. *Opinari*,
-*putare*, *reri* et *existimare*, émettre une opinion comme
-simple particulier, en son propre et privé nom: *opinari*
-exprime un simple sentiment/ou un pressentiment, par opposition
-à la conviction claire et nette et à la certitude, comme croire;
-*putare*, le résultat d’un calcul; *reri* est une expression
-poétique; *autumare*, un mot vieilli.
-
-2. *Æstimare* présente l’avis à donner sous l’aspect d’un devoir
-de police rempli par un véritable taxateur, estimer quelque
-chose, au propre ou au figuré, d’après son prix et sa valeur en
-argent; *existimare*, sous l’aspect d’un devoir de morale,
-estimer une chose par sa valeur intrinsèque ou par ce qu’elle a
-de vrai. Cicéron n’oppose comme opinion particulière au jugement
-de l’autorité compétente, *judicio*, que l’*existimatio*, jamais
-l’*æstimatio*.
-
-3. *Censere*, etc., présentent l’opinion et la croyance comme
-basées sur des réflexions et sur une conviction personnelles;
-*credere*, comme basées sur la confiance qu’on accorde au
-témoignage d’autrui. Sen. Tranq. 11. Non *putavi* hoc futurum,
-nunquam hoc eventurum *credidissem*, à savoir: si quis mihi
-prædixisset. Cela n’entrait pas dans mes prévisions; je n’aurais
-jamais cru que cela pût arriver (même si on me l’avait prédit).
-
-4. *Opinor*, employé sous forme de parenthèse est une formule de
-modestie, comme οἶμαι, à ce que je crois; *credo* est une
-formule d’ironie, comme ὡς ἔοιϰεν. Ce dernier peut signifier: 1º
-je l’imagine bien, j’imagine, dans des affirmations qui vont
-d’elles-mêmes, et l’ironie tombe alors soit sur celui auquel il
-faut dire ou répéter les choses, soit sur celui qui paraîtrait
-tenté d’avoir quelque doute; 2° oui, je le crois, ou: ne devrait-
-on pas croire? à propos d’affirmations absurdes qu’on se juge
-autorisé à prêter aux autres et à placer dans leur bouche; 3º je
-le crois, naturellement, cela se conçoit, à propos de
-propositions évidentes, quand on demande pour ainsi dire la
-permission de ne pas les commenter.
-
-—Cernere, v. *Videre*.
-—Cerritus, v. *Amens*.
-—Certare, v. *Imitatio*.
-—Cessare, v. *Vacare* et *Cunctari*.
-
-Chorda. Fides.
-*Chorda*, la corde isolée; *fides* exprime toujours au singulier
-comme au pluriel une idée collective, c’est la garniture entière
-ou l’instrument même.
-
-—Cibare, cibus, v. *Alimenta*.
-—Cicatrix, v. *Vulnus*.
-
-Cicur. Mansuetus.
-*Cicur*, apprivoisé au sens purement physique, terme de
-classification en histoire naturelle, par opposition à *ferus*;
-*mansuetus*, apprivoisé au sens moral, lequel suppose un
-adoucissement de caractère, par opposition à *sævus*.
-
-—Cincinnus, v. *Crinis*.
-—Circulus, v. *Orbis*.
-—Circumire, v. *Ambire*.
-—Circumvenire, v. *Fallere*.
-—Cirrus, v. *Crinis*.
-
-Citus. Celer. Velox. Pernix. Properus. Festinus.
-1. *Citus* et *celer* s’entendent d’un mouvement rapide, par
-opposition à *tardus*, il s’agit simplement de vitesse; *velox*
-et *pernix*, opposés à *lentus*, se disent de l’agilité due à la
-force du corps et développée par l’exercice, par l’art;
-*properus* et *festinus*, de la hâte, de la volonté d’atteindre
-un but dans le moins de temps possible, par opposition à
-*segnis*.
-
-2. *Citus* marque un mouvement prompt et vif, il se rapproche de
-*vegetus*; *celer*, un mouvement violent et entraînant, il se
-rapproche de *rapidus*.
-
-3. *Pernicitas*, c’est en général l’agilité et la prestesse dans
-tous les exercices du corps, saut, escalade, voltige;
-*velocitas*, c’est par préférence la vitesse à la course, au
-vol, à la nage. Plaut. Mil. III, 1, 36. Clare oculis video,
-*pernix* sum manibus, pedibus mobilis. J’ai des yeux qui voient
-clair, des mains lestes, des pieds qui ne tiennent pas en place.
-Virg. Æn. IV, 180. Famam pedibus *celerem* et *pernicibus* alis.
-La Renommée dont la course est rapide et le vol agile. Curt.
-VII, 7, 53. Equorum *velocitati* par est hominum *pernicitas*.
-L’agilité des hommes égale la vitesse des chevaux.
-
-4. *Properus*, *properare* marquent la hâte d’aller droit au but
-à force d’énergie, elle est opposée au laisser-aller, à
-*cessare*; *festinus*, *festinare*, la hâte qui provient
-d’impatience et qui est voisine de la précipitation.
-
-—Civilitas, v. *Humanitas*.
-—Civitas, v. *Gens*.
-—Clam, v. *Celare*.
-—Claritas, v. *Gloria*.
-—Clarus, v. *Celeber*.
-—Claustrum, v. *Sera*.
-—Clementia, v. *Mansuetudo*.
-—Clivus, v. *Collis*.
-—Codicilli, v. *Litteræ*.
-—Clypeus, v. *Scutum*.
-
-Clangere. Clamare. Vociferari.
-*Clangere* se dit du cri des animaux et du son des instruments,
-comme ϰλάγγειν; *clamare* et *vociferari*, du cri de l’homme:
-*clamare* est l’expression de la volonté; *vociferari*, celle de
-la passion dans la colère, la douleur, l’ivresse. Rhet. ad Her.
-III, 12. Acuta *exclamatio* habet quiddam illiberale et ad
-muliebrem potius *vociferationem*, quam ad virilem dignitatem in
-dicendo accommodatum. Des éclats de voix aigus ont quelque chose
-de bas; cela est bon pour des femmes qui criaillent, mais
-indigne d’un orateur. Virg. Æn. II, 310. Exoritur *clamor*que
-virûm *clangor*que tubarum. Les cris des hommes, le son des
-trompettes s’élèvent jusqu’à moi.
-
-—Cœnum, v. *Lutum*.
-—Cœpisse, v. *Incipere*.
-
-Coercere. Compescere.
-*Coercere* se dit d’un acte de compression par force et abus de
-pouvoir; *compescere*, d’un acte de répression par autorité et
-sagesse.
-
-—Cœtus, v. *Concilium*.
-
-Cogere. Adigere.
-*Cogere*, obliger à quelque chose par contrainte et par force;
-*adigere*, déterminer à quelque chose par des motifs qui donnent
-à réfléchir. Tac. Ann. VI, 27. Se ea necessitate ad preces
-*cogi*, per quas consularium aliqui capessere provincias
-*adigerentur*. Dans cette extrémité il se voyait contraint de
-recourir aux prières pour engager des consulaires à se charger
-du gouvernement des provinces.
-
-Cogitare. Meditari. Commentari.
-1. *Cogitare* se dit de l’activité habituelle de l’esprit qui
-est toujours occupé d’une chose ou d’une autre; *meditari*, de
-l’activité d’esprit surexcitée, de l’effort qui tend vers un
-résultat déterminé. Le premier équivaut à penser, le second à
-penser à quelque chose. Ter. Heaut. III, 3, 46. Quid nunc facere
-*cogitas*? C’est-à-dire qu’as-tu en tête à présent? Comparez
-avec Adelp. V, 6, 8. *Meditor* esse affabilis, c’est-à-dire: je
-songe aux moyens d’être aimable. Dans les Tusculanes (III, 6,)
-*cogitatio* ne désigne guère que la pensée qui a conscience
-d’elle-même; *meditatio* désigne la réflexion, la spéculation.
-
-2. *Meditari* s’emploie pour marquer l’intensité, c’est méditer
-sérieusement, avec effort, avec ardeur; *commentari* (dans
-Cicéron seulement), pour marquer la durée, méditer à loisir,
-avec calme, à fond.
-
-—Cognatus, v. *Necessarius*.
-
-Cognitio. Notitia. Scientia. Ignarus. Inscius. Nescius.
-1. *Cognitio*, acte par lequel l’esprit acquiert une
-connaissance; *notitia* et *scientia*, état de l’esprit:
-*notitia* et *nosse* se disent d’un état dans lequel l’âme est
-passive et ne fait que recevoir des impressions, quand elle a
-conscience d’un phénomène extérieur et en conserve le souvenir;
-*scientia* et *scire* impliquent, comme le savoir, une certaine
-spontanéité et la conviction de la réalité des choses. La
-*notitia* peut se borner à des notions de rencontre; la
-*scientia* doit s’être rendu l’objet familier, l’avoir
-approfondi à force de travail. Cic. Sen. 4, 12. Quanta *notitia*
-antiquitatis! quanta *scientia* juris romani! Quelle pratique de
-l’antiquité! quelle science du droit romain!
-
-2. L’*ignarus* ne possède pas cette *notitia*, l’*inscius* cette
-*scientia*. Tac. Hist. I, 11. Ægyptum provinciam *insciam*
-legum, *ignaram* magistratuum. La province d’Égypte qui n’est ni
-initiée à nos lois, ni façonnée à nos habitudes de gouvernement.
-La législation exige une étude en règle, tandis qu’on peut
-apprendre l’administration par la pratique.
-
-3. *Inscius*, celui qui n’a rien appris ou qui n’a pas appris
-quelque chose, il y a lieu de blâmer; *nescius*, celui qui par
-hasard n’a pas entendu parler de quelque chose, n’en a pas fait
-l’expérience; le mot se prend indifféremment en bonne ou en
-mauvaise part. Cic. Brut. 83. *Inscium* omnium rerum et rudem.
-Ignare et brut. Comparez avec Plin. EP. VIII, 23. Absens et
-impendentis mali *nescius*. J’étais absent, je ne me doutais pas
-du malheur suspendu sur ma tête.
-
-—Cognoscere, v. *Intelligere*.
-—Cohors, v. *Caterva*.
-—Colaphus, v. *Alapa*.
-—Colere, v. *Vereri*.
-
-Collis. Clivus. Tumulus. Grumus.
-*Collis* et *clivus*, grande colline qui est une petite
-montagne: *collis*, ϰολωνὸς, hauteur, par opposition à la plaine
-qui est au-dessous, et, par suite colline assez raide; *clivus*,
-ϰλιτὸς, plan incliné, par opposition à la plaine horizontale,
-et, par suite, colline en pente douce. *Tumulus* et *grumus*,
-petite colline qui n’est qu’un gros tertre: *tumulus*, comme
-ὄχθος, tertre naturel ou artificiel, par exemple un tumulus;
-*grumus*, élévation exclusivement artificielle, faite de main
-d’homme, χῶμα. Colum. Arbor. vers la fin. *Collem* autem et
-*clivum* modum jugeri continentem repastinabis operis sexaginta.
-Vous emploierez soixante manœuvres à défricher sur une colline
-une pente de la contenance d’un arpent. Liv. XXI, 32.
-Erigentibus in primos agmen *clivos* apparuerunt imminentes
-*tumulos* insidentes montani. Quand les têtes de colonne de
-l’armée d’Annibal s’élevèrent sur les premières pentes des
-Alpes, elles découvrirent les montagnards établis sur les
-mamelons qui dominaient la route. Hirt. B. Hisp. Ex *grumo*
-excelsum *tumulum* capiebat. Il voulut quitter son tertre pour
-gagner une éminence qui commandait les environs.
-
-—Colloquium, v. *Sermo*.
-—Colonus, v. *Incolere*.
-—Coluber, v. *Repere*.
-—Comburere, v. *Accendere*.
-—Coma, v. *Crinis*.
-
-Comere. Decorare. Ornare.
-1. *Comere* et *decorare*, parer, pour embellir et pour flatter
-la vue; *ornare*, orner en joignant l’utile à l’agréable.
-
-2. *Comere* présente la parure comme une recherche minutieuse et
-efféminée, souvent avec une idée de blâme, comme *nitere*; il
-s’oppose à la nature, à une simplicité noble, à une négligence
-gracieuse, parer, ϰομμοῦν; *decorare* et *ornare* la présentent
-toujours sous un jour favorable, comme *splendere*, comme un
-signe d’aisance et de richesse: *decorare*, par opposition à ce
-qui est commun et n’a point d’apparence, embellir, ϰοσμεῖν;
-*ornare*, par opposition à ce qui est pauvre et incomplet,
-orner, ἀσϰεῖν.
-
-3. L’idée contenue dans *comere* ne va pas au delà d’une
-question d’arrangement: on ajuste, on polit pour donner bonne
-mine, par exemple en peignant et tressant les cheveux;
-*decorare* et *ornare* supposent une addition matérielle; on
-emprunte des ornements extérieurs, par exemple, un diadème.
-Quintil. XII, 10, 47. *Comere* caput in gradus et annulos. Parer
-une tête de boucles disposées par étages. Et Virg. Ecl. VI, 69.
-Apio crines *ornatus* amaro. Linus, qui orne ses cheveux de
-fleurs et d’ache amère. ТIB. II, 2, 6. Sertis *decorare* comas.
-Relever de guirlandes la beauté des cheveux.
-
-—Comissatio, v. *Epulæ*.
-
-Comitari. Deducere. Prosequi.
-*Comitari*, accompagner, dans tous les sens, ἀϰολουθεῖν;
-*prosequi* et *deducere*, avec l’idée accessoire d’un témoignage
-d’estime ou d’amitié: le *prosequens* reconduit les gens comme
-le προπέμπων, soit jusqu’au bout, soit pendant une partie du
-chemin; le *deducens* les ramène chez eux ou les mène du moins
-au terme de leur voyage, comme le ϰατάγων, soit qu’il se mette à
-leur suite dès le départ ou seulement en route.
-
-—Comitas, v. *Humanitas*.
-—Comitia, v. *Concilium*.
-—Commentari, v. *Cogitare*.
-—Committere, v. *Fidere*.
-
-Commodare. Mutuum dare.
-*Commodare*, prêter sans formalités ni stipulations, à charge de
-restituer l’objet tel quel, fût-il usé; *mutuum dare*, faire un
-prêt avec ou sans intérêt, à charge de rendre au bout d’un
-certain temps l’équivalent du prêt. La *commodatio* est un
-service rendu par affection, la *mutuum datio* est une affaire.
-
-—Communicare, v. *Impertire*.
-—Comœdus, v. *Actor*.
-—Compar, v. *Æquus*.
-—Compedes, v. *Vincula*.
-—Compendium, v. *Lucrum*.
-—Compescere, v. *Coercere*.
-—Complecti, v. *Amplecti*.
-—Conari, v. *Audere*.
-
-Complementum. Supplementum.
-*Complementum*, ce qui sert, comme une clef de voûte, à
-compléter, à parfaire; *supplementum*, ce qui sert à remplacer
-après coup, à remplir des lacunes.
-
-Concedere. Permittere. Indulgere. Connivere.
-*Concedere* et *permittere*, accorder quelque chose dont on
-dispose en vertu d’un droit personnel illimité: *concedere*, à
-la suite d’une prière ou d’une insinuation, par opposition à
-refuser, concéder, συγχωρῆσαι; *permittere*, par confiance et
-générosité, par opposition à défendre, permettre, ἐφεῖναι.
-*Indulgere* et *connivere*, souffrir une chose qui est
-officiellement défendue: l’*indulgens*, par longanimité patente,
-comme condescendre; le *connivens*, en feignant de fermer les
-yeux.
-
-Concessum est. Licet. Fas est.
-*Concessum est*, ἔξεστι, ce qui est permis en général; ce terme
-est dans le rapport du genre à l’espèce avec *licet*, *licitum
-est*, ce qui est permis aux yeux des hommes en vertu de maximes
-consacrées soit par des lois positives, soit par les mœurs et la
-coutume, comme θέμις ἐστὶ, et avec *fas est*, ce qui est permis
-aux yeux des dieux en vertu de maximes révélées soit par la
-religion, soit par le sentiment moral, comme ὅσιόν ἐστι.
-
-Concilium. Concio. Comitia. Cœtus. Conventus.
-1. *Concilium*, *concio* et *comitia*, assemblées convoquées
-pour affaires: *concilium*, assemblée de nobles et de notables,
-de l’aristocratie, du sénat, dont les membres sont invités
-individuellement au conseil, συνέδριον; *concio* et *comitia*,
-réunion de la commune convoquée par publication pour prendre une
-résolution ou pour en entendre communiquer une: *concio*,
-*contio*, se dit de toute assemblée régulière de la commune,
-soit peuple, soit armée, dans le premier pays ou le premier camp
-venu, σύλλογος; *comitia* est le terme historique réservé pour
-l’assemblée du peuple romain, comme ἐϰϰλησία pour l’assemblée
-d’Athènes, et ἁλία pour celle de Sparte.
-
-2. *Cœtus* et *conventus*, assemblées volontaires qui se
-réunissent librement: *cœtus*, dans un but quelconque, par
-exemple, pour les plaisirs de la société, pour des
-conspirations, σύνοδος; *conventus*, dans un but sérieux, par
-exemple, pour célébrer une fête, pour écouter une proposition,
-ὁμήγυρις, πανήγυρις.
-
-Conclave. Cubiculum.
-*Conclave*, terme général pour toute pièce qui ferme et par
-préférence pièce de parade; *cubiculum*, terme particulier pour
-la pièce où l’on se tient d’habitude.
-
-—Concordia, v. *Otium*.
-—Condere, v. *Celare* et *Sepelire*.
-
-Conditio. Status.
-*Conditio*, état réglé par la volonté; *status*, état créé par
-les circonstances. Cic. Fam. XII, 23. Omnem *conditionem*
-imperii tui *statum*que provinciæ demonstravit mihi Tratorius.
-Tratorius m’a rendu compte des conditions auxquelles tu as pris
-le commandement et de l’état de ta province.
-
-—Confestim, v. *Repente*.
-—Confidentia, v. *Fides*.
-—Confidere, v. *Fidere*.
-—Confinis, v. *Vicinus*.
-
-Confisus. Fretus.
-*Confisus*, plein de confiance et d’abandon, comme *securus* et
-πεποιθώς; *fretus*, protégé, comme *tutus* et ἐῤῥωμένος.
-
-—Confiteri, v. *Fateri*.
-—Confligere, v. *Pugnare*.
-—Confutare, v. *Refutare*.
-—Congeries, v. *Acervus*.
-—Conjux, v. *Femina*.
-—Connivere, v. *Concedere*.
-—Consanguineus, v. *Necessarius*.
-—Conscendere, v. *Scandere*.
-—Consecrare, v. *Sacrare*.
-—Consequi, v. *Invenire*.
-
-Conjugium. Matrimonium. Contubernium. Nuptiæ.
-*Conjugium* et *matrimonium*, union durable de l’homme et de la
-femme en vue d’une communauté d’existence et de la reproduction:
-*conjugium*, terme général marquant une simple liaison naturelle
-qui existe même chez les animaux; *contubernium*, union par
-mariage entre esclaves; *matrimonium*, mariage véritable et
-légal entre personnes libres et citoyens, institution civile et
-politique; *nuptiæ* ne désigne que le point de départ du
-*matrimonii*, les noces ou la fête qui accompagne l’union.
-
-Considerare. Contemplari.
-*Considerare* présente la contemplation comme un acte de
-l’intelligence qui cherche à former un jugement; *contemplari*,
-comme un acte du sentiment qui s’abîme dans son objet, qui
-s’abandonne entièrement aux impressions agréables ou
-désagréables que l’objet éveille.
-
-—Consors, v. *Socius*.
-—Conspectus, conspicere, v. *Videre*.
-
-Constat. Apparet. Elucet. Liquet.
-*Constat* veut dire: c’est une vérité démontrée et établie, par
-opposition à un songe creux, à un bruit incertain; *apparet*,
-*elucet* et *liquet* signifient: c’est une chose claire et
-évidente. *Apparet* associe à cette idée l’image d’une
-apparition qui se détache sur un fond; *elucet*, celle de la
-lumière qui jaillit de l’obscurité; *liquet*, celle d’une eau
-qui dégèle et redevient limpide.
-
-—Constituere, v. *Destinare*.
-
-Consuetudo. Mos. Ritus. Cærimonia.
-1. Les trois premiers marquent l’observation régulière d’une
-pratique. *Consuetudo* est l’habitude qui se forme d’elle-même,
-qui a sa raison d’être dans les penchants de l’individu ou du
-peuple, dans ce qui leur est commode, έθος; *mos*, les mœurs
-procédant de la raison et de la volonté qui a conscience d’elle-
-même, ayant leur raison d’être dans les idées morales ou
-esthétiques du droit, de la vertu et de la décence, ἦθος;
-*ritus*, enfin, usage sacré ou implanté par l’instinct de la
-nature ou introduit par les dieux à titre de cérémonie, n’ayant
-en aucun cas une origine purement humaine. Les *consuetudines*
-n’existent qu’à l’état de simples faits et n’ont point de valeur
-morale; les *mores* ont reçu une sanction morale par un
-consentement tacite, de même que les *jura* *leges*que par une
-convention formelle; les *ritus* existent naturellement et sont
-consacrés par leur haute antiquité. C’est ce dernier mot que les
-bons auteurs en prose emploient par préférence en parlant de
-l’instinct des animaux à cause de la force avec laquelle il
-marque que l’habitude est primitive, naturelle, inséparable de
-l’être même.
-
-2. *Ritus*, usage sacré établi et enseigné par les dieux ou par
-la nature; *cærimonia*, même usage considéré dans ses
-applications au culte.
-
-—Consuevisse, v. *Solere*.
-—Consummare, v. *Finire*.
-—Contagium, v. *Lues*.
-
-Contaminare. Inquinare. Polluere.
-*Contaminare* désigne la souillure par son côté nuisible comme
-venant gâter ce qui était sain et utile; *inquinare*, par son
-côté dégoûtant, elle défigure la beauté; *polluere*, par son
-côté moral, elle viole la sainteté et la pureté. Le second de
-ces trois verbes répond à μορύσσειν; le troisième à μιαίνειν.
-Cic. Cæcil. 21, 70. Judiciis corruptis et *contaminatis*. Les
-arrêts de la justice brisés et flétris. Comparez avec Cœl. 6.
-Libidinibus *inquinari*. Porter les marques affreuses de la
-débauche. Et Rosc. Am. 26, 71. Noluerunt in mare deferri ne
-ipsum *pollueret*, quo cætera quæ violata sunt expiari putantur.
-On ne voulut pas souffrir qu’il fût jeté à la mer, de peur de
-profaner la mer même, qui passe pour purifier toutes les
-souillures.
-
-—Contemnere, v. *Spernere*.
-—Contemplari, v. *Considerare*.
-—Contendere, v. *Dicere*.
-—Contentio, v. *Disceptatio*.
-—Contentum esse, v. *Satis habere*.
-—Continentia, v. *Modus*.
-—Contingere, v. *Accidere*.
-—Continuo, v. *Repente*.
-
-Continuus. Perpetuus. Sempiternus. Æternus.
-1. *Continuum*, ce qui tient ensemble sans interruption, sans
-lacune; *perpetuum*, ce qui va jusqu’à la fin et ne cesse pas
-avant la fin. Suet. Cæs. 76. *Continuos* consulatus, *perpetuam*
-dictaturam. Des consulats qui se succèdent coup sur coup, une
-dictature perpétuelle.
-
-2. *Perpetuus*, *sempiternus* et *æternus* marquent la
-continuité dans la durée: *perpetuus*, au sens relatif, par
-rapport à un terme arbitraire, par exemple à celui de la vie, ce
-qui dure autant que la vie; *sempiternus* et *æternus*, au sens
-absolu, par rapport au terme du temps en général. *Sempiternum*
-veut dire, comme ἀΐδιον, ce qui dure toujours, ce qui a une
-existence égale à la durée du temps, ce qui marche de pair avec
-le temps; *æternum* signifie, comme αἰώνιον, ce qui est éternel,
-ce qui est au-dessus du temps et ne se peut mesurer que par
-grandes périodes, car le temps n’est qu’une faible partie de
-l’éternité, tempus est pars quædam *æternitatis*. Cic. Inv. I,
-27. L’idée sublime d’une durée qui ne commence ni ne finit,
-contenue dans *æternus*, ne l’est pas dans *sempiternus*, qui
-fait plutôt songer à la longueur de la durée comprise entre le
-commencement et la fin, sans indiquer que l’éternité n’a ni
-commencement ni fin. *Sempiternus* renferme l’expression
-mathématique; *æternus*, l’expression métaphysique de
-l’éternité. Cic. Orat. II, 40, 69. Barbarorum est in *diem*
-vivere, nostra consilia *sempiternum* tempus spectare debent.
-C’est affaire aux barbares de vivre au jour le jour; nos plans
-doivent embrasser un temps indéfini. Finn. I, 6, 17. Motum
-atomorum *nullo* a principio sed ex *æterno* tempore intelligi
-convenire. Il va sans dire qu’il faut concevoir le mouvement des
-atomes comme n’ayant jamais eu de commencement, comme existant
-depuis un temps infini.
-
-—Contrarius, v. *Varius*.
-—Controversia, v. *Disceptatio*.
-—Contubernium, v. *Conjugium*.
-—Contumacia, v. *Pervicacia*.
-—Contueri, v. *Videre*.
-
-Contumelia. Injuria. Offensio.
-1. *Contumelia*, atteinte portée à l’honneur d’autrui, comme
-l’affront; *injuria*, atteinte au droit d’autrui, comme
-l’injustice. Un coup est une *injuria* en tant que je porte la
-main sur quelqu’un, et une *contumelia* en tant que je lui
-attire par une pareille action la réputation fâcheuse d’être un
-lâche ou un valet. Sen. Clem. I, 10. *Contumelias* quæ
-acerbiores principibus solent esse quam *injuriæ*. Les affronts
-qui paraissent d’habitude plus amers aux princes que les
-injustices. Pacuv. dans NON. Patior facile *injuriam* si vacua
-est *contumelia*. Je supporte aisément une injustice pourvu
-qu’il n’y ait pas d’affront.
-
-2. *Contumelia* et *injuria* sont des actions; *offensio* et
-*offensa* marquent un état, à savoir: le chagrin de l’offensé,
-le ressentiment par opposition à *gratia* ou à *delectatio*.
-Cic. Att. III, 23. Mihi majori *offensioni* sunt quam
-delectationi possessiunculæ meæ. Mes pauvres petites propriétés
-me donnent plus de peine que de plaisir. Plin. Ep. II, 18.
-Oportet me non solum *offensas*, verum etiam simultates æquo
-animo subire. C’est un devoir pour moi de m’exposer sans me
-laisser émouvoir et aux mécontentements et aux rancunes
-jalouses.
-
-—Conventus, v. *Concilium*.
-—Convertere, v. *Vertere*.
-—Convivium, v. *Epulæ*.
-—Convicium, v. *Maledictum*.
-—Copia, v. *Occasio*.
-—Copiæ, v. *Exercitus*.
-—Copiosus, v. *Divitiæ*.
-—Cordatus, v. *Sapiens*.
-—Corpulentus, v. *Pinguis*.
-—Corpus, v. *Cadaver*.
-
-Corrigere. Emendare.
-*Corrigere*, corriger à la façon du pédagogue ou du censeur qui
-veut redresser ou rajuster; *emendare*, à la façon du maître
-expérimenté et de l’ami bienveillant qui veut amender. Plin.
-Pan. 6, 2. Corrupta est disciplina castrorum, ut tu *corrector*
-*emendator*que contingeres (le premier par sévérité, le second
-par sagesse). La discipline avait péri dans les camps, mais tu
-devais paraître pour la restaurer et la rétablir. Cic. Mur. 29.
-Verissime dixerim nulla in re te (Catonem) esse hujusmodi, ut
-*corrigendus* potius quam leviter *inflectendus* viderere. Je
-puis dire en toute vérité que tu n’as montré nulle part un
-caractère qui voulût être tout à fait redressé plutôt que
-légèrement dirigé. Comparez avec PLIN. Ep. I, 10. Non *castigat*
-errantes, sed *emendat*. Il ne réprimande pas ceux qui
-s’égarent, il les rend meilleurs.
-
-—Corrumpere, v. *Depravare*.
-—Coruscare, v. *Lucere*.
-
-Coxa. Latus. Femur.
-*Coxa* et *coxendix*, la hanche; *latus*, la partie comprise
-entre la hanche et l’aisselle ou le flanc; *femur* et *femen*,
-la partie située immédiatement au-dessus de la hanche ou partie
-supérieure de la cuisse.
-
-—Crapula, v. *Ebrius*.
-—Crater, v. *Poculum*.
-
-Creare. Gignere. Parere. Generare.
-1. *Creare*, faire passer une chose du néant à l’existence par
-sa volonté et sa puissance créatrice; *gignere*, donner le jour,
-c’est le terme générique par rapport à *generare* qui ne se dit
-que du père, et à *parere* qui ne se dit que de la mère.
-
-2. *Gignere* appartient au langage usuel; *generare*, au style
-élevé. Aussi dit-on pour l’ordinaire: homines et belluæ
-*gignunt*; natura et dii *generant*, et corpora *gignuntur*;
-poemata *generantur*. Dans Cic. N. D. III, 16, Herculem Jupiter
-*genuit* est un simple renseignement mythologique; mais Legg. I,
-9, Deus hominem *generavit*, c’est une haute vérité
-métaphysique.
-
-—Crebro, v. *Sæpe*.
-—Credere, v. *Censere* et *Fidere*.
-—Cremare, v. *Accendere*.
-—Crepitus, v. *Fragor*.
-—Crepusculum, v. *Mane*.
-—Criminari, v. *Arguere*.
-
-Crinis. Capillus. Coma. Cæsaries. Pilus. Cirrus. Cincinnus.
-1. *Crinis* et *capillus*, les poils naturels, au sens physique,
-θρίξ: *crinis*, toute espèce de poil par opposition aux places
-nues; *capillus*, le poil de la tête par opposition à la barbe,
-etc. *Coma* et *cæsaries* ajoutent à cette idée celle d’une
-certaine beauté. Ce sont de beaux cheveux, c’est la chevelure
-prise comme un ornement naturel du corps ou comme susceptible
-d’être parée. *Coma* se dit par préférence des cheveux de femme,
-ϰόμη; *cæsaries*, des cheveux d’homme, ἔθειρα. *Crinitus* marque
-simplement qu’on a des poils ou des cheveux; *capillatus* est
-l’opposé d’une tête chauve, et on appelle les Gaulois *Galli
-comati*, parce qu’ils portaient de longs cheveux, ϰαρηϰομόωντες.
-
-2. *Crinis*, *capillus*, *coma*, *cæsaries*, le poil au sens
-collectif, tout celui qui pousse; *pilus*, le poil isolé, et par
-préférence le poil court et hérissé des animaux. *Pilosus*
-s’oppose à une belle peau bien lisse; *crinitus* et *capillatus*
-à la nudité laide et à la calvitie.
-
-3. *Cirrus*, *cincinnus*, cheveux bouclés; mais *cirrus* se dit
-d’une boucle naturelle; *cincinnus*, d’une boucle artificielle.
-
-Cruciatus. Tormentum.
-*Cruciatus*, *cruciamenta*, terme général pour toute espèce de
-tourments naturels et artificiels; *tormenta*, terme spécial
-pour les tourments de la question, tortures. Cic. Phil. XI, 4.
-Nec vero graviora sunt carnificum *tormenta* quam interdum
-*cruciamenta* malorum. Les tortures de la question ne sont pas
-toujours plus pénibles que les souffrances qui viennent de nos
-maux.
-
-—Crudelitas, v. *Sævitia*.
-—Cruentus, cruor, v. *Sanguis*.
-
-Cubare. Jacere. Situm esse.
-*Cubare* se dit d’êtres vivants; *situm esse*, d’objets inanimés
-qui sont couchés ou étendus; *jacere*, des deux. *Cubare* et
-*jacere* sont neutres; *situm esse* se prend toujours au sens
-passif. De plus *cubare* rappelle toujours l’image d’une
-personne fatiguée qui cherche à reprendre des forces, par
-opposition à l’effort qu’il en coûte pour se tenir debout;
-*jacere*, l’image de la faiblesse sans idée accessoire par
-opposition à la manifestation de force qui consiste à se tenir
-debout.
-
-—Cubiculum, v. *Conclave*.
-
-Cubile. Lectus.
-*Cubile*, couche naturelle pour les hommes et les animaux, gîte,
-ϰοίτη, εὐνή; *lectus*, couche artificielle, exclusivement à
-l’usage de l’homme, le lit, λέϰτρον.
-
-—Cubitus, v. *Ulna*.
-—Cudere, v. *Verberare*.
-—Cudo, v. *Cassis*.
-
-Culcita. Pulvinus. Pulvinar.
-*Culcita*, coussin dur; *pulvinus* et *pulvinar*, coussins
-moelleux et élastiques: *pulvinus*, pour l’usage ordinaire;
-*pulvinar*, pour un usage solennel et religieux.
-
-Culmen. Fastigium.
-*Culmen*, la ligne faîtière du toit; *fastigium*, l’extrémité de
-cette ligne, le point où les solives du toit forment un angle
-par leur inclinaison et leur rencontre. *Fastigium* est une
-partie du *culmen* dans Virg. Æn. II, 458. Evado ad summi
-*fastigia* *culminis*. Je m’élance aux angles de la dernière
-terrasse. Au figuré *culmen* désigne simplement le sommet comme
-le point supérieur, le plus élevé, à peu près comme ϰολοφὸν, ce
-n’est qu’un rapport de lieu; *fastigium* contient une idée de
-prééminence, c’est le plus haut degré, le degré suprême, à peu
-près comme ϰορυφή. *Culmen tecti*, la dernière partie de la
-construction; *fastigium*, la couronne de l’édifice. *Fastigium*
-désignera le trône, tandis que *culmina montium* est bien plus
-usité que *fastigia*.
-
-Culmus. Calamus. Stipula. Spica. Arista. Arundo. Canna.
-1. *Culmus*, tige mince et élancée, en particulier celle du blé;
-*calamus*, même tige considérée comme un tuyau, en particulier
-celle du roseau.
-
-2. *Culmus*, la tige du blé qui supporte l’épi de même que le
-corps supporte la tête, partie intégrante du tout; *stipula*, la
-tige considérée comme la partie inutile, sans valeur en
-comparaison de l’épi, le chaume.
-
-3. *Spica*, l’épi plein, le fruit du blé, sans égard à la forme;
-*arista*, l’épi barbu, la pointe ou partie supérieure de la
-tige, sans égard au contenu, parfois les barbes seules. Quintil.
-I, 3, 5. Imitatæ *spicas* herbulæ inanibus *aristis* ante messem
-flavescunt. Mauvaises herbes qui imitent l’épi plein, mais dont
-la tête barbue est vide et qui jaunissent avant la moisson.
-
-4. *Calamus*, dans le sens de roseau, est le terme général;
-*arundo*, roseau long et fort; *canna*, roseau petit et mince.
-Colum. IV, 32. Ea est arundineti senectus, cum ita densatum est,
-ut gracilis et *cannæ* similis *arundo* prodeat. Une plantation
-de roseaux est vieille lorsqu’elle s’est épaissie au point de ne
-plus fournir que des roseaux grêles, semblables à ceux de la
-petite espèce.
-
-Culpa. Noxia. Noxius. Nocens. Sons.
-1. *Culpa*, cas de celui qui doit répondre d’un dommage
-(*peccatum*, *delictum*, *maleficium*, *flagitium* ou *nefas*);
-ce mot suppose une responsabilité, et par suite un être
-raisonnable, il est opposé à *casus* ou à *necessitas*; *noxia*,
-cas de celui qui a causé un dommage, il peut être imputé à tout
-être capable d’agir, par opposition à *innocentia*. Liv. III,
-42, 2. Illa modo in ducibus *culpa*, quod ut odio essent civibus
-fecerant; alia omnis penes milites *noxia* erat. Les chefs
-n’avaient qu’un tort, qui était de s’être rendus odieux à leurs
-concitoyens; tout le mal venait d’ailleurs des soldats. Cic.
-Marc. 13. Etsi aliqua *culpa* tenemur erroris humani, a
-*scelere* certe liberati sumus. Et s’il nous reste un tort,
-c’est d’être tombés dans une erreur familière à l’homme; quant
-au crime, nous en sommes certainement débarrassés. Et Ovid.
-Trist. IV, 1, 23. Et *culpam* in facto, non *scelus* esse meo.
-Et s’il y a faute dans mon fait, il n’y a point de crime. Dans
-ces exemples le terme le plus général pour toute espèce de
-faute, *culpa*, se prend particulièrement pour la plus petite de
-toutes, pour le *delictum*.
-
-2. *Culpa* et *noxia* supposent une action dommageable;
-*vitium*, une action ou une qualité blâmable, et même un défaut
-naturel dont personne ne peut nous faire un crime.
-
-3. *Nocens*, *innocens* désignent la culpabilité ou l’innocence
-dans un cas déterminé, à propos d’une action isolée; mais
-*noxius* et *innoxius* ainsi que les adjectifs poétiques
-*nocuus* et *innocuus* se rapportent à l’être et au caractère en
-général. Plaut. Capt. III, 5, 7. Decet *innocentem* servum atque
-*innoxium* confidentem esse; c’est-à-dire un esclave qui se sait
-innocent dans le cas particulier dont il s’agit, et qui en
-général ne fait rien de mal.
-
-4. *Noxius*, le coupable au sens matériel, comme auteur et cause
-d’un dommage, ϐλαϐερός; *sons*, au sens moral et judiciaire,
-comme condamné ou méritant d’être condamné, θῶος.
-
-—Culpare, v. *Arguere*.
-—Cultus, v. *Vestis*.
-—Cumulus, v. *Acervus*.
-
-Cunæ. Cunabula.
-*Cunæ*, le berceau même; *incunabula*, la literie et les autres
-accessoires du berceau. Plaut. Truc. V, 13[1]. Fasciis opus est,
-pulvinis, *cunis*, *incunabulis*. Il faut des bandes, des
-coussins, un berceau, de la literie et du linge.
-
-—1 Ce qui reste du cinquième acte n’est pas divisé en scènes.
-
-Cunctari. Hæsitare. Cessare.
-*Cunctari*, hésiter par réflexion, μέλλειν; *hæsitare*, par
-défaut de résolution; *cessare*, par manque de force et
-d’énergie, ὀϰνεῖν. Le *cunctans* remet à commencer; le
-*cessans*, à poursuivre.
-
-—Cuncti, v. *Quisque*.
-—Capere, v. *Velle*.
-
-Cupido. Cupiditas. Libido. Voluptas.
-1. *Cupido*, le désir qui nous porte vers quelque chose conçu
-comme un principe d’activité par opposition à la répugnance;
-*cupiditas*, la passion conçue comme un état par opposition au
-calme de l’âme. Il faut que *cupido* soit joint, et *cupiditas*
-peut être joint à un génitif exprimé ou sous-entendu; *cupido*
-se rapporte alors par préférence aux biens ordinaires et à
-l’argent; *cupiditas*, à des biens de toute sorte. Vell. P. II,
-33. Pecuniæ *cupidine*, par un vif amour de l’argent. Et tout à
-la suite: interminatam imperii *cupiditatem*. Une passion
-démesurée d’autorité.
-
-2. *Cupido* et *cupiditas* sont opposés au désir modéré; mais
-*libido*, c’est la fantaisie et le caprice par opposition à la
-volonté raisonnable, *ratio* ou *voluntas*. *Libidines*, les
-caprices par rapport au défaut d’empire sur soi-même;
-*voluptates*, les plaisirs par opposition aux goûts sérieux ou
-au chagrin. Tac. H. II, 31. Minus Vitellii ignaræ *voluptates*
-quam Othonis flagrantissimæ *libidines* timebantur. Les plaisirs
-paresseux de Vitellius paraissaient moins redoutables que les
-caprices ardents d’Othon.
-
-Cur. Quare.
-*Cur* sert aussi bien pour de véritables questions que pour des
-exclamations sous forme de questions; *quare* ne s’emploie que
-pour des questions qui exigent une réponse.
-
-Cura. Sollicitudo. Angor. Dolor. Ægritudo.
-*Cura*, *sollicitudo* et *angor*, impression pénible causée par
-l’idée d’un mal, d’un danger à venir: *cura*, sous forme de
-pensée, le souci, la sollicitude, φροντὶς, par opposition à
-*incuria*; *sollicitudo*, sous forme de sentiment, l’inquiétude,
-l’agitation, μέριμνα, par opposition à *securitas*; *angor*,
-sous forme de passion, l’angoisse, l’anxiété, par opposition à
-*solutus animus*. *Dolor* et *ægritudo* se rapportent à un mal
-présent: *dolor* exprime un désagrément, la douleur, par
-opposition à *gaudium*, ἄλγος; *ægritudo*, une maladie, la
-tristesse noire, ἀνία, par opposition à *alacritas*. Cic. Finn.
-I, 22. Nec præterea res ulla est, quæ sua natura aut
-*sollicitare* possit aut *angere*. Et il n’y a rien hors de là
-qui soit de nature à causer de l’inquiétude ou de l’anxiété.
-Accius dans Nonius. Ubi *cura*, ibi *anxitudo*. Les soucis ne
-vont point sans humeur. Plin. Ep. II, 11. Cæsar mihi tantum
-studium, tantam etiam *curam* (nimium est dicere
-*sollicitudinem*) præstitit ut... César s’est montré si zélé
-pour moi, si soucieux même (car, de dire inquiet, ce serait
-trop) que... Quintil. VIII, pr. 20. *Curam* ego verborum, rerum
-volo esse *sollicitudinem*. J’entends que les mots donnent du
-souci, les choses de l’inquiétude.
-
-Curvus. Uncus. Pandus. Incurvus. Recurvus. Reduncus. Repandus.
-Aduncus.
-1. *Curvus* ou en prose *curvatus*, terme général pour tout ce
-qui est courbé, depuis la courbe la plus faible jusqu’à la
-circonférence parfaite; *uncus* suppose une forte courbure qui
-se rapproche du demi-cercle, comme un crochet; *pandus*, une
-courbure faible qui s’éloigne peu de la ligne droite, comme une
-échancrure.
-
-2. Les *curva* forment une courbe continue; les *incurva*
-supposent une ligne droite dont l’extrémité seule dégénère et se
-termine en courbe, comme ἐπιϰαμπὴς, par exemple, le bâton
-augural ou le corps d’un homme qui se baisse, etc.
-
-3. *Recurvus*, *reduncus* et *repandus* désignent des courbes
-tournées en dehors; *aduncus*, une courbe tournée en dedans.
-Plin. H. N. XI, 37. Cornua aliis *adunca*, aliis *redunca*. Chez
-les uns les cornes sont tournées en dedans, chez les autres en
-dehors.
-
-—Cuspis, v. *Acies*.
-
-Custodia. Carcer. Ergastulum.
-*Custodia*, lieu quel qu’il soit où sont retenus des
-prisonniers, fourrière; *carcer*, prison bâtie exprès surtout
-pour les citoyens; *ergastulum*, maison de correction pour des
-esclaves.
-
-—Cutis, v. *Tergus*.
-—Cyathus, v. *Poculum*.
-—Cymba, v. *Navigium*.
-
-
-D
-
-
-Damnum. Detrimentum. Jactura.
-*Damnum*, perte qu’on fait par sa faute par opposition à
-*lucrum*; *detrimentum*, perte qu’on éprouve par opposition à
-*emolumentum*; enfin *jactura*, perte volontaire par laquelle on
-prétend échapper à une perte ou à un mal plus considérable.
-*Damnum* se dit seul d’une amende, tandis que dans la formule:
-Videant consules ne quid respublica *detrimenti* capiat, on ne
-rencontre jamais *damnum*.
-
-—Dapes, v. *Epulæ*.
-—Deamare, v. *Diligere*.
-—Deambulare, v. *Ambulare*.
-—Debere, v. *Necesse est*.
-—Decernere, v. *Destinare*.
-—Declarare, v. *Ostendere*.
-—Desidia, v. *Ignavia*.
-—Decipere, v. *Fallere*.
-—Decorare, v. *Comere*.
-—Dedecus, v. *Ignominia*.
-—Dedicare, v. *Sacrare*.
-—Deesse, v. *Abesse*.
-—Deducere, v. *Comitari*.
-—Deformis, v. *Teter*.
-—Deficere, v. *Abesse* et *Turbæ*.
-—Deflere, v. *Lacrimare*.
-—Degere, v. *Agere*.
-—Delectatio, v. *Oblectatio*.
-—Defendere, v. *Tueri*.
-—De integro, v. *Iterum*.
-—Delere, v. *Abolere*.
-
-Delibutus. Unctus. Oblitus.
-*Delibutus*, mouillé avec un corps gras; c’est le terme
-générique par rapport à *unctus*, oint d’une matière agréable,
-et à *oblitus*, enduit d’une matière malpropre.
-
-Delictum. Peccatum. Malefactum. Maleficium. Facinus. Flagitium.
-Scelus. Nefas. Impietas.
-1. *Delictum* et *peccatum*, transgression légère: *delictum*,
-des lois positives, par légèreté; *peccatum*, des lois de la
-nature et de la raison, par sottise.
-
-2. *Malefactum* est un synonyme et une sorte de périphrase des
-deux mots précédents. *Maleficium* et *facinus* engagent
-directement la morale dans la question. *Maleficium*, tout
-méfait qui mérite un châtiment, parce qu’il procède d’une
-mauvaise intention. *Facinus*, quand on le prend en mauvaise
-part, c’est, comme δεινόν τι, un forfait qui excite de
-l’étonnement ou de l’épouvante, à cause du degré extraordinaire
-d’audace qu’il exigeait.
-
-3. Il y a autant de sortes de mauvaises actions que de sortes de
-devoirs, envers soi-même, envers les autres, envers les dieux.
-*Flagitium* est un manquement contre soi-même, contre son propre
-honneur, par débauche, inconduite, lâcheté, bref, par des
-actions qui proviennent de faiblesse morale plutôt que d’une
-force déréglée, par des manifestations de l’*ignavia*; c’est une
-turpitude. *Scelus* est un manquement contre les autres, contre
-les droits des particuliers ou la paix de la société, par
-brigandage, meurtre et surtout par sédition, bref, par des
-manifestations de la *malitia*, un crime. *Nefas* est un
-manquement contre les dieux ou la nature, par blasphème, pillage
-d’un temple, meurtre de parents, trahison envers la patrie,
-bref, par des manifestations de l’*impietas*, un sacrilége.
-
-Deligere. Eligere.
-*Deligere*, faire son choix, ne pas laisser plus longtemps le
-choix en suspens; *eligere*, choisir et ne pas prendre le
-premier venu.
-
-—Delirium, v. *Amens*.
-—Demens, v. *Amens*.
-—Delubrum, v. *Templum*.
-
-Demere. Adimere. Eximere. Auferre. Eripere. Surripere. Furari.
-1. *Demere*, *adimere* et *eximere*, enlever sans violence et
-sans ruse. *Demere*, séparer une partie d’un tout qui se trouve
-diminué par là; il a pour opposé *addere* et *adjicere*;
-*adimere*, prendre un bien à un propriétaire qui en devient plus
-pauvre; il a pour opposés *dare* et *reddere*; enfin, *eximere*,
-ôter un mal à une personne qui se sent alors comme allégée d’un
-fardeau.
-
-2. *Auferre*, *eripere*, *surripere* et *furari* impliquent une
-idée d’arbitraire et d’injustice. *Auferre* est le terme
-général; c’est à peu près prendre. *Eripere*, prendre par
-violence, comme arracher; *surripere* et *furari*, secrètement
-et par ruse; mais *surripere*, par un détournement qui peut
-avoir pour motif une nécessité de légitime défense et de
-prudence; *furari*, en pratiquant le méprisable métier de
-voleur. Sen. Prov. 5. Quid opus fuit *auferre*? accipere
-potuistis; sed ne nunc quidem *auferetis*, quia nihil eripitur
-nisi retinenti. Où était la nécessité de prendre? vous n’aviez
-qu’à ouvrir la main pour recevoir. Et il ne vous sera pas donné
-de prendre, même à présent, car on n’arrache rien qu’à celui qui
-veut garder. Cic. Verr. I, 4, 60. Si quis clam *surripiat* aut
-*eripiat* palam atque *auferat*. Qu’on dérobe secrètement ou
-qu’on arrache ouvertement et qu’on prenne. Et II, 1, 13. Non
-*furem* sed *ereptorem*. Ce n’est pas un voleur, mais un
-ravisseur.
-
-—Demoliri, v. *Destruere*.
-—Denegare, v. *Negare*.
-—Denuo, v. *Iterum*.
-—Demori, v. *Mors*.
-—Densus, v. *Angustus*.
-—Deplorare, v. *Lacrimare*.
-
-Depravare. Corrumpere.
-*Depravare*, terme relatif, gâter, mais de manière qu’on puisse
-encore réparer le mal; il se dira de ce qui a pris un mauvais
-pli; *corrumpere*, terme absolu, abîmer, mettre hors d’usage, en
-sorte qu’il n’y ait plus de remède; il se dira de ce qui est
-brisé.
-
-—Deridere, v. *Ridere*.
-—Desciscere, v. *Turbæ*.
-—Desertum, v. *Solitudo*.
-—Deserere, v. *Relinquere*.
-—Desiderare, v. *Requirere*.
-
-Desinere. Desistere.
-*Desinere* marque un fait et se dit des personnes, des choses et
-des actions, comme cesser; *desistere* marque un acte de volonté
-dont les personnes seules sont capables, comme renoncer.
-
-—Desolatus, v. *Relinquere*.
-—Despicere, v. *Spernere*.
-—Desperare, v. *Exspes*.
-
-Destinare. Obstinare. Decernere. Statuere. Constituere.
-1. *Destinare* et *obstinare* présentent une résolution à
-laquelle on s’arrête, comme un acte psychologique; *decernere*
-et *statuere*, comme un acte politique.
-
-2. *Destinare*, prendre un parti décisif dont les conséquences
-sont prévues; *obstinare*, prendre une résolution irrévocable
-dans laquelle on persiste avec opiniâtreté ou entêtement.
-
-3. *Decernere* désigne comme conclure le résultat définitif
-d’une délibération en forme ou pour le moins d’un examen conduit
-avec la gravité qui préside à une discussion entre collègues;
-*statuere* marque comme résoudre le terme d’une situation
-incertaine, et on emploie dans le même cas *constituere*, quand
-le sujet ou le régime de l’action est au pluriel. Cic. Fr.
-Tull.[1] Hoc judicium sic exspectatur, ut non *unæ* rei
-*statui*, sed omnibus *constitui* putetur. Ce qu’on attend de ce
-jugement, ce n’est pas tant une décision sur un intérêt
-particulier qu’un règlement sur un intérêt général.
-
-—1 Tome XXXVI, p. 269, §9 dans le Cicéron de la collection
-Panckoucke.
-
-—Destinatio, v. *Pervicacia*.
-—Destituere, v. *Relinquere*.
-
-Destruere. Demoliri.
-*Destruere*, abattre une œuvre d’art; *demoliri*, une
-construction solide.
-
-Deterior. Pejor.
-*Deterior* se dit, comme χείρων, de celui qui est inférieur aux
-autres, qui est moins estimable; *pejor*, comme ϰαϰίων et pire,
-de celui qui est plus corrompu, plus dangereux. On trouve dans
-Sall. Or. Phil. 3. Æmilius omnium flagitiorum postremus, qui
-*pejor* an *ignavior* sit deliberari non potest. Æmilius, le
-dernier de tous les misérables. Est-il plus méchant que lâche ou
-plus lâche que méchant? c’est ce qu’il est impossible de
-décider. Et dans ce passage *deterior* ne formerait pas un
-contraste avec *ignavior*. Catulle emploie, en badinant, le
-superlatif *pessimi*, qui contient l’idée d’une certaine
-énergie; *deterrimus*, pitoyable ou chétif, ne se dit jamais par
-plaisanterie.
-
-—Detestari, v. *Abominari*.
-—Detrectatio, v. *Invidia*.
-—Deus, v. *Numen*.
-—Detinere, v. *Manere*.
-—Detrimentum, v. *Damnum*.
-
-Deversorium. Hospitium. Caupona. Taberna. Popina. Ganeum.
-*Deversorium*, tout quartier où l’on descend tant que dure un
-voyage, dans une propriété à soi, chez des amis, chez des
-hôteliers; *hospitium*, l’asile qu’on trouve chez un ami avec
-lequel on est en relation d’hospitalité; *caupona*, l’auberge;
-tous ces lieux fournissent le logement comme des hôtelleries.
-Les *tabernæ*, *popinæ*, *ganea* ne fournissent que la pension,
-comme les restaurants: les *tabernæ*, pour les gens du commun,
-comme les cabarets; les *popinæ*, pour les gens du grand monde
-et les gastronomes, comme certaines maisons de traiteurs; les
-*ganea*, pour ces deux sortes de gens et en outre pour les
-voluptueux.
-
-—Devincire, v. *Ligare*.
-—Dicare, v. *Sacrare*.
-—Dicacitas, v. *Lepidus*.
-
-Dicere. Aio. Inquam. Asseverare. Affirmare. Contendere. Fari.
-Fabulari.
-1. *Dicere*, parler pour instruire; il se rapporte à celui qui
-écoute, par opposition à *tacere*, comme le neutre *loqui* et
-λέγειν; *aio*, parler pour affirmer; il se rapporte à celui qui
-parle, par opposition à *nego*, comme φημί.
-
-2. *Ait* se joint au discours indirect et régit un infinitif;
-*inquit*, au discours direct; il amène un indicatif, un
-impératif ou un subjonctif.
-
-3. *Aio* marque la simple affirmation d’une proposition qu’on se
-borne à énoncer; *asseverare*, *affirmare*, *contendere*,
-marquent une affirmation énergique; *asseverare*, c’est affirmer
-sérieusement, par opposition à une affirmation plaisante ou
-légère, à *jocari*; *affirmare*, affirmer en garantissant la
-certitude, par opposition au doute et aux rumeurs, à *dubitare*;
-*contendere*, affirmer en dépit des contradicteurs et soutenir
-son opinion envers et contre tous, par opposition à céder et à
-renoncer.
-
-4. *Dicere*, dire, sans idée accessoire; *loqui*, pris comme
-verbe actif, contient une idée accessoire de mépris: ce qu’on
-dit n’est que vains propos. Cic. Att. XIV, 4. Horribile est quæ
-*loquantur*, quæ minitentur. Leurs propos, leurs menaces font
-horreur.
-
-5. *Loqui*, pris comme verbe intransitif, parler en général;
-*fabulari*, parler sans façon ou du moins sans gêne, pour passer
-le temps, sans donner une grande attention au fond ou à la
-gravité du discours, causer, λαλεῖν; enfin, *dicere*, pris comme
-verbe neutre, parler avec art, en s’étudiant, particulièrement à
-la tribune, λέγειν. Liv. XLV, 39. Tu, centurio, miles, quid de
-imperatore Paulo senatus decreverit potius quam quid Sergio
-Galba *fabuletur*, audi, et hoc *dicere* me potius quam illum
-audi; ille nihil præterquam *loqui*, et id ipsum maledice et
-maligne didicit. Centurions et soldats, prêtez l’oreille au
-décret du sénat sur la victoire de votre général plutôt qu’aux
-déclamations mensongères de Galba. Prêtez l’oreille à mon
-langage plutôt qu’au sien. C’est un homme qui n’a rien étudié,
-hors l’art de parler, et encore pour insulter et pour nuire.
-Cic. Brut. 58. Scipio sane mihi bene et *loqui* videtur et
-*dicere*. Il me semble que Scipion brille également dans le
-langage ordinaire et dans le langage étudié. Orat. III, 10.
-Neque enim conamur docere eum *dicere* qui *loqui* nesciat. Nous
-n’entreprenons point d’enseigner l’art de la parole à celui qui
-ne sait pas ce que c’est que parler. Suet. Claud. 4. Qui tam
-ἀσαῶς *loquatur*, quî possit quum declamat σαφῶς *dicere* quæ
-dicenda sunt, non video. Comment, avec une parole aussi confuse,
-on pourrait, parlant en public, dire clairement ce qu’il faut
-dire, c’est ce que je ne vois pas.
-
-6. *Fari* présente la parole comme le simple usage mécanique des
-organes de la voix pour former des sons et des mots articulés,
-par opposition à *infantem esse*; *loqui*, comme le moyen
-d’exprimer ses pensées, par opposition à *tacere*. Et comme
-*fari* peut se réduire à prononcer des paroles isolées, on y
-rattache aisément l’idée d’un laconisme extraordinaire,
-imposant, digne d’un oracle, comme dans les arrêts du destin,
-*fati*, tandis que *loqui* fait songer aux discours ordinaires
-des hommes qui dégénèrent souvent en loquacité, *loquacitas*.
-
-—Dicterium, v. *Verbum*.
-—Dicto audientem esse, v. *Parere*.
-
-Dies. Tempus. Tempestas. Die. Interdiu.
-1. *Dies*, le temps envisagé dans sa nature purement abstraite,
-comme simple extension et simple progression; *tempus* et
-*tempestas*, le temps de la météorologie et de l’astronomie, la
-température, les rapports de la durée. *Tempus* marque plutôt un
-simple point, un moment, une époque; *tempestas*, tout un
-espace, une période. *Dies docebit* a trait à un long espace de
-temps qui doit s’écouler avant que nous soyons instruits, comme
-χρόνος; *tempus docebit*, au moment favorable qui nous
-instruira, comme ϰαιρός.
-
-2. *Die*, par jour, chaque jour, par opposition à l’heure et à
-l’année; *interdiu* et *diu*, de jour, par opposition à *noctu*;
-mais *interdiu* se prend dans toute sorte de circonstances;
-*diu* est toujours joint à *noctu*que. Cic. Att. XIII, 28.
-Credibile non est quantum scribam *die*. Vous auriez peine à
-croire combien j’écris chaque jour. Cels. Med. I, 3. Qui semel
-et qui bis *die* cibum... assumit. Celui qui mange une fois et
-celui qui mange deux fois par jour. Tac. H. II., 5. *Noctu*
-*diu*que. Nuit et jour.
-
-—Dies festi, v. *Solemnia*.
-
-Differre. Proferre. Procrastinare. Prorogare.
-1. *Differre* marque le renvoi à un autre temps considéré par
-son côté négatif: loin de faire la chose présentement, on la
-laisse là; *proferre* et *procrastinare* marquent le délai pris
-par le côté positif: la chose aura lieu dans un temps à venir;
-une autre fois, sans dire quand, si l’on se sert de *proferre*;
-dans un avenir très-rapproché, si l’on se sert de
-*procrastinare*.
-
-2. *Differre*, etc., se disent d’une action qu’on tarde å
-commencer; *prorogare*, d’un état auquel on tarde à mettre fin,
-comme prolonger.
-
-—Difficilis, v. *Arduus* et *Austerus*.
-—Digladiari, v. *Pugnare*.
-—Diligentia, v. *Opera*.
-—Dignum esse, v. *Merere*.
-
-Diligere. Amare. Deamare. Adamare. Caritas. Amor. pietas.
-1. *Diligere*, c’est l’amour qui naît de l’estime, le résultat
-de nos réflexions sur le mérite de l’objet aimé, comme φιλεῖν;
-*amare*, c’est l’amour par inclination, celui qui a son origine
-dans le sentiment, qui est involontaire ou même irrésistible,
-comme ἐρᾷν, ἔρασθαι. *Diligere* désigne l’amour pur, dégagé du
-joug des sens et de l’égoïsme, calme et paisible: *amare*,
-l’amour ardent qui confine à la passion, qu’il soit d’ailleurs
-sensuel ou platonique. Cic. Att. XIV, 17. Tantum accessit ut
-mihi nunc denique *amare* videar, ante *dilexisse*. Il me
-semble, tant mon amour a grandi, qu’il ne mérite ce nom que
-d’aujourd’hui et que je n’avais auparavant que de l’affection.
-
-2. *Amare*, aimer en général; *deamare*, verbe augmentatif,
-aimer à en mourir, comme *amore deperire*; et *adamare*, verbe
-inchoatif, commencer à aimer.
-
-3. *Caritas*, entendu de l’effet qu’on produit, c’est
-l’affection que les autres ont pour nous. C’est une sorte de
-substantif à sens neutre par rapport au substantif à sens actif,
-*amor*, le penchant que nous éprouvons pour un autre; d’où
-viennent ces constructions: *caritas* apud aliquem; mais *amor*
-erga aliquem.
-
-4. *Caritas*, entendu de l’effet qu’on ressent, tout amour qui
-tourne à la tendresse, particulièrement celui des parents pour
-les enfants, sans aucun mélange de sensualité, il ne se dit que
-des personnes, comme ἀγάπη ou στοργή; *amor*, l’amour ardent et
-passionné pour des personnes ou des choses, comme ἔρως; enfin,
-*pietas*, c’est l’amour instinctif pour des personnes et des
-choses que les liens sacrés de la nature nous obligent à aimer,
-dieux, parents, patrie, bienfaiteurs. La *caritas* se complaît
-dans l’objet aimé, se réjouit de le posséder et se manifeste par
-des prévenances et des sacrifices; l’*amor* vise à réduire
-toujours davantage le même objet en son pouvoir; il est
-difficile à satisfaire; la *pietas* se laisse aller à un
-penchant naturel et à un sentiment religieux.
-
-—Diluculum, v. *Mane*.
-—Dimicare, v. *Pugnare*.
-—Dirimere, v. *Dividere*.
-—Dimetari, dimetiri, v. *Metiri*.
-—Dimittere, v. *Mittere*.
-—Diripere, v. *Vastare*.
-—Dirus, v. *Atrox*.
-
-Disceptatio. Litigatio. Controversia. Contentio. Altercatio.
-Jurgium. Rixa.
-1. *Disceptatio*, *litigatio* et *controversia*, différends
-susceptibles d’être terminés à l’amiable et par des voies
-régulières; *contentio*, *altercatio* et *jurgium*, différends
-entachés de passion et de violence, mais qui se passent
-néanmoins en paroles; *rixæ*, différends qui se traduisent ou
-menacent de se traduire en voies de fait, comme les querelles et
-les batteries, et qui tiennent le milieu entre *jurgium* et
-*pugna*. Liv. XXXV, 17. Ex *disceptatione* *altercationem*
-fecerunt. La dispute dégénéra en altercation. Tac. H. I, 64.
-*Jurgia* primum, mox *rixæ* inter Batavos et legionarios. Il y
-eut d’abord de gros mots, puis des rixes entre les Bataves et
-les légionnaires. Dial. 26. Cassius Severus non pugnat, sed
-*rixatur*. Cassius Sévérus cherche des rixes, sinon des
-batailles.
-
-2. Il y a lutte, *controversia*, entre deux partis dès qu’ils
-sont opposés l’un à l’autre; débat, *disceptatio*, dès qu’ils
-s’engagent dans une dispute sous prétexte de rechercher la
-vérité ou de démêler le droit sans avoir dans le principe des
-intentions hostiles; contestation, *litigatio*, dès qu’ils
-s’inspirent d’un esprit d’hostilité et d’intérêt personnel.
-
-3. La *contentio* veut absolument avoir raison et atteindre son
-but en mettant toutes ses forces en jeu dans quelque intention
-que ce soit; l’*altercatio* ou échange de paroles ne veut pas
-demeurer en reste de propos avec son adversaire, elle veut avoir
-le dernier mot; le *jurgium* n’écoute rien et décharge sa
-mauvaise humeur par des paroles dures. La *contentio* offre une
-image sérieuse, celle d’un effort vigoureux; l’*altercatio*,
-l’image comique de personnes qui s’échauffent à la manière des
-femmes; le *jurgium*, l’image repoussante de la colère brutale.
-
-Discernere. Distinguere.
-*Discernere*, discerner, diviser conformément à des notions
-acquises; *distinguere*, distinguer par des signes et des
-marques.
-
-—Disciplinæ, v. *Litteræ*.
-—Discrimen, v. *Tentare*.
-
-Disertus. Facundus. Eloquens.
-*Disertus* et *facundus* désignent un talent oratoire donné par
-la nature; *eloquens* un art de la parole acquis et
-perfectionné. Celui qui parle avec clarté et précision s’appelle
-*disertus*, celui qui parle avec élégance et agrément,
-*facundus*, celui qui réunit les deux, savoir la netteté et la
-beauté du discours, *eloquens*. Le *disertus* fera un bon
-maître, mais il se peut qu’il n’ait pas également cultivé toutes
-les facultés de son esprit; le *facundus* brille en société,
-mais tout son savoir-faire peut n’être qu’une facilité
-superficielle dans le maniement de la parole, sans profondeur et
-sans solidité; l’*eloquens*, avant de prendre la parole comme
-homme d’état ou comme écrivain, doit s’être rendu parfaitement
-maître de la langue et de l’art à force de talent et d’études
-variées. Cic. Orat. 5, 19. Antonius... *disertos* ait se vidisse
-multos, *eloquentem* omnino neminem. J’ai souvent rencontré une
-parole nette, dit Antoine; je n’ai jamais entendu une voix
-parfaitement éloquente. Quintil, VIII, pr. 13. *Diserto* satis
-dicere quæ oporteat; ornate autem dicere proprium est
-*eloquentissimi*. On est disert quand on sait dire ce qu’il
-faut; mais de parer la parole, c’est le fait de la plus haute
-éloquence. Suet. Cal. 53. *Eloquentiæ* quam plurimum adtendit,
-quamvis *facundus* et *promptus*. Il s’applique fort à
-l’éloquence, quoiqu’il ait naturellement la parole agréable et
-facile.
-
-—Dispar, v. *Æquus*.
-—Dispertire, v. *Dividere*.
-—Disputare, v. *Disserere*.
-
-Disserere. Disputare.
-*Disserere*, soutenir son opinion en style didactique, en
-développant ses raisons; *disputare* en style polémique en
-tenant compte des raisons contraires, en opposant à un
-adversaire imaginaire ou réel raison pour raison, afin de
-constater par une sorte de bilan de quel côté est la plus grosse
-somme de vérité. Le *disserens* vise simplement à exprimer ses
-vues personnelles; le *disputans* veut faire prévaloir les
-siennes en qualité de vérités indépendantes de toute
-personnalité. En outre *disserere* marque une manière plus
-libre; *disputare*, une manière plus méthodique de traiter le
-sujet.
-
-—Distinguere, v. *Discernere*.
-—Diu, diuturnus, diutinus, v. *Pridem*.
-—Distribuere, v. *Dividere*.
-—Divellere, v. *Frangere*.
-—Diversus, v. *Varius*.
-
-Dividere. Partiri. Dirimere. Dispertire. Distribuere.
-1. *Dividere* et *dirimere*, diviser sans autre but que de
-détruire l’unité de l’ensemble et de réduire en parties;
-*partiri*, dans le but d’obtenir par voie de séparation des
-parties dont il soit possible de disposer. De là *divide et
-impera* et *dividere sententias*, mais *partiri prædam*.
-
-2. *Divisio* marque dans les traités de rhétorique la
-décomposition de l’espèce en variétés; *partitio*, celle du tout
-en ses parties.
-
-3. *Dividere* ne se rapporte qu’à une réunion matérielle dans
-l’espace et ne détruit qu’une relation extérieure; mais
-*dirimere* se rapporte à l’union organique d’un tout et supprime
-des rapports intimes. Liv. XXII, 15. Casilinum urbs... Volturno
-flumine *diremta* Falernum ac Campanum agrum *dividit*. C’est
-qu’aux yeux de l’auteur une rivière qui coupe une ville en deux
-constitue une séparation contre nature, tandis que la séparation
-de deux territoires contigus par une ville est toute naturelle.
-
-4. *Dividere* signifie encore distribuer sans idée accessoire;
-*dispertire*, c’est répartir entre futurs propriétaires;
-*distribuere*, entre propriétaires légitimes, ou encore mettre
-chaque partie à une place convenable et appropriée.
-
-Divinare. Præsagire. Præsentire. Prævidere. Vaticinari.
-Prædicere.
-1. *Divinare* se dit d’un pressentiment qui provient d’une
-inspiration divine et d’un secours surnaturel, comme
-μαντεύεσθαι; *præsagire*, d’un pressentiment par voie naturelle,
-par suite d’un tour d’esprit particulier qui confine au
-surnaturel; *præsentire* et *prævidere*, par un développement
-extraordinaire des dons naturels de l’esprit, à savoir
-*præsentire* par une vision immédiate, *prævidere*, par de
-profondes et heureuses combinaisons, par prévoyance.
-
-2. *Divinare*, etc., simples actes de l’entendement;
-*vaticinatio* et *prædictio*, expression et communication de ce
-qu’on pressent: *vaticinatio*, par le fait du *divinans* et du
-*præsagiens*, c’est la prophétie, προφητεία; *prædictio*, par le
-fait du *præsentiens* et du *prævidens*, c’est la prédiction.
-
-Divitiæ. Opes. Gazæ. Locuples. Opulentus. Copiosus.
-1. *Divitiæ* et *gazæ*, la richesse en général, comme propriété,
-comme moyen de satisfaire ses désirs de toute sorte; *opes*,
-comme le moyen de réaliser un but élevé, de se faire valoir,
-d’acquérir ou de conserver de l’influence. *Divitiæ*, la
-richesse du simple particulier, πλοῦτος; *opes*, la fortune mise
-au service de l’homme d’État ou de l’ambitieux politique;
-*gazæ*, le trésor d’un roi ou d’un prince, θησαυροί.
-
-2. *Dives*, riche par opposition à *pauper*, πλούσιος;
-*locuples*, qui est dans l’aisance, par opposition à *egens*,
-*egenus*, ἀφνειός; *opulentus* et *copiosus*, quia de grandes
-ressources par opposition à *inops*, comme εὔπορος.
-
-—Divortium, v. *Repudium*.
-—Divus, v. *Numen*.
-
-Doctor. Præceptor. Magister.
-*Doctor*, le maître qui expose la théorie considéré par rapport
-à la science ou à l’art qu’il enseigne, il s’oppose à
-l’auditeur; *præceptor*, le maître qui initie à la pratique par
-rapport au pupille qu’il façonne, il s’oppose à l’écolier;
-*magister*, le maître en général par rapport à sa supériorité et
-à son ascendant et par opposition aux profanes. Cic. Orat. III,
-15. Vetus illa doctrina eadem videtur et recte faciendi et bene
-dicendi *magistra*, neque disjuncti *doctores*, sed iidem erant
-vivendi *præceptores* atque dicendi. On voit cette ancienne
-méthode gouverner à la fois la conduite et la parole; point de
-maîtres distincts; ceux qui forment à la parole forment en même
-temps à la vie.
-
-Doctrina. Eruditio.
-*Doctrina*, le savoir considéré comme un des moyens divers par
-lesquels l’esprit se développe; *eruditio*, la science qui
-transforme l’esprit et l’amène à la dernière perfection. Le
-savoir, *doctrina*, ne donne qu’une supériorité de
-connaissances, il se rattache et s’oppose à l’idée qu’exprime le
-mot *exercitatio*, lequel implique une supériorité de savoir-
-faire; réduit même à la théorie sèche et mis en regard de la
-pratique plus visiblement utile, il est exposé à être mal vu et
-ridiculisé. La science parfaite, *eruditio*, se rapproche
-beaucoup plus de la pratique, elle implique une certaine
-influence, des connaissances acquises et des études sur le
-perfectionnement de l’homme entier, elle représente la vraie
-humanité dans l’ordre intellectuel, comme *humanitas* dans
-l’ordre moral.
-
-—Doctrina, v. *Litteræ*.
-
-Dolor. Tristitia. Mœstitia. Luctus.
-1. *Dolor*, le sentiment des douleurs, le déplaisir intérieur,
-par opposition à *gaudium*; *tristitia*, *mœror*, *luctus*,
-l’expression de ce sentiment. *Tristitia* et *mæstitia*,
-manifestation naturelle qui perce involontairement dans
-l’attitude et dans la physionomie; *luctus*, manifestation
-artificielle, faite à dessein, au grand jour, à l’aide de signes
-conventionnels, comme de se couper les cheveux, de mettre des
-habits de deuil, etc., πένθος. *Mœror* sert en même temps
-d’augmentatif à *dolor*, et *luctus* à *mœror* et *tristitia*,
-en ce sens que la manifestation extérieure vient se joindre au
-sentiment au lieu de lui être opposée. Cic. Att. XII, 28.
-*Mœrorem*, minui, *dolorem*, nec potui, nec si possem vellem.
-J’ai retranché quelque chose des marques de ma douleur; mais
-pour ma douleur même je n’ai rien pris sur elle, et je le
-pourrais que je ne le voudrais pas. Phil. XI, 1. Magno in
-*dolore* sum, vel in *mœrore* potius, quem ex miserabili morte
-C. Trebonii accepimus. Je suis dans la grande douleur, ou plutôt
-dans les effusions de douleur où nous jette la mort déplorable
-de C. Trébonius. Plin. Ep. V, 9. Illud non *triste* solum, verum
-etiam *luctuosum* quod J. Avitus decessit. La perte de J. Avitus
-ne cause pas seulement un chagrin visible, c’est un deuil. Tac.
-Agr. 43. Finis vitæ ejus nobis *luctuosus*, amicis *tristis*. Sa
-fin nous plonge dans le deuil, et ses amis dans la tristesse (la
-parenté seule prend le deuil). Tac. Ann. II, 82. Quanquam nec
-*insignibus lugentium* abstinebant, altius *animis mœrebant*.
-Les marques de deuil ne faisaient pas défaut, mais c’étaient
-surtout les cœurs qui étaient contristés. Cic. Sext. 29, 39.
-*Luctum* nos hausimus majorem, *dolorem* ille *animi* non
-minorem. Ce fut pour nous la source d’une douleur plus
-expansive, pour lui celle d’une douleur concentrée tout aussi
-vive.
-
-2. *Tristitia* présente la manifestation du chagrin par son côté
-repoussant, celui des idées noires, de l’ennui, de la mauvaise
-humeur, par opposition à *hilaritas*; *mœstitia*, par son côté
-pitoyable, celui de la désolation, d’une douleur ordinairement
-justifiée qui nous plonge dans la mélancolie, par opposition à
-*lætus*. *Tristitia* est le fait de la réflexion, *mæstitia*, du
-sentiment. On reconnaît le *tristis* comme le *truculentus* à
-son regard farouche, à son front plissé, à ses sourcils
-contractés; le *mœstus* comme l’*afflictus* à ses yeux mornes et
-à son regard baissé. Tac. Hist. I, 82. Rarus per vias populus,
-*mœsta* plebs; *dejecti* in terram militum vultus ac plus
-*tristitiæ* quam pœnitentiæ. Très-peu de monde dans les rues, la
-population consternée; des soldats qui baissaient les yeux, mais
-d’un air sombre plutôt que d’un air de regret. Cic. Mur. 24, 49.
-*Tristem* ipsum, *mœstos* amicos. Vous-même soucieux, vos amis
-désolés.
-
-—Dolor, v. *Cura*.
-
-Donum. Munus. Largitio. Donarium. Donativum. Liberalitas.
-1. *Donum*, cadeau désintéressé, le donateur n’ayant pas d’autre
-vue que de faire plaisir, δῶρον; *munus*, présent qui engage la
-reconnaissance, qui est une marque d’amour ou de faveur de la
-part du donateur, γέρας; enfin *largitio*, présent intéressé
-destiné à gagner et à corrompre les gens sous couleur de
-bienfaisance, la plupart du temps dans un but politique. Suet.
-Cæs. 28. Aliis captivorum millia *dono* afferens, c’est-à-dire
-en pur don et non point seulement par manière de prêt. Comparez
-avec Ner. 46. Auspicanti Sporus annulum *muneri* obtulit, c’est-
-à-dire par honnêteté. Tac. Hist. I, 52. Id comitatem
-bonitatemque faventes vocabant quod sine modo *donaret* sua,
-*largiretur* aliena. Les partisans de Vitellius vantaient son
-caractère facile et bienveillant lorsqu’ils lui voyaient
-dissiper ses propres biens en cadeaux, ceux des autres en
-largesses.
-
-2. *Donarium*, terme particulier pour une offrande qu’on fait à
-un temple; *donativum*, pour un don militaire que le nouvel
-empereur accordait aux soldats à son avénement; *liberalitas*,
-pour une munificence de l’empereur destinée à soutenir un noble
-tombé dans la pauvreté.
-
-Dorsum. Tergum.
-*Dorsum*, le dos au sens horizontal, celui de l’animal, par
-opposition au ventre, νῶτον; *tergum*, le dos au sens vertical,
-celui de l’homme par opposition à la poitrine, μετάφρενον.
-*Dorsum* montis, la crête; *tergum*, le revers d’une montagne.
-
-Dubius. Ambiguus. Anceps.
-*Dubius* et *ambiguus*, douteux quand il ne s’agit que d’un bon
-ou d’un mauvais succès, d’un bonheur ou d’un malheur; *anceps*,
-quand il y va de l’existence entière, d’être ou de ne pas être.
-Vell. P. II, 79. Ea patrando bello mora fuit, quod postea
-*dubia* et *interdum ancipiti* fortuna gestum est. Tels sont les
-retards que souffrit l’ouverture de cette guerre où la fortune
-intervint dans la suite avec des chances douteuses et
-quelquefois critiques.
-
-—Dudum, v. *Pridem*.
-—Dulcis, v. *Suavis*.
-
-Dumi. Sentes. Vepres.
-*Dumi*, fourrés de broussailles qui offrent un aspect sauvage;
-*sentes*, buissons épineux où l’on se blesse; *vepres* réunit
-les deux idées: broussailles épineuses qui font du sol un lieu
-sauvage.
-
-Duplex. Duplum. Geminus. Dupliciter. Bifariam.
-1. *Duplex*, double en parlant de quantités déterminées qu’il
-suffit de compter; *duplum*, en parlant de quantités
-indéterminées qu’il faut peser ou mesurer. *Duplex* s’emploie
-adjectivement, *duplum* substantivement. Quintil. VIII, 6, 42.
-In quo et numerus est *duplex*, nec *duplum* virium. Armée deux
-fois plus nombreuse, mais sans offrir le double de forces.
-
-2. Étant donnés des objets semblables et pareils au nombre de
-deux, c’est l’idée du nombre deux qui domine dans *duplex* comme
-dans διπλοῦς; c’est l’idée de ressemblance et de parité qui
-domine dans *geminus* comme dans δίδυμος. Dans ce passage de
-Cic. Part. 6. Verba *geminata* et *duplicata*, vel etiam sæpius
-iterata, *geminata* se rapporte à la répétition d’une idée par
-le moyen de termes synonymes, *duplicata* à la répétition d’un
-même mot.
-
-3. *Dupliciter* est toujours adverbe de manière: de deux
-manières, à un double point de vue; *bifariam* est adverbe de
-lieu: en deux endroits ou en deux parties. Cic. Fam. IX, 20.
-*Dupliciter* delectatus sum litteris tuis. Ta lettre me charme
-de deux manières. Comparez avec Tusc. III, 11. *Bifariam*
-quatuor perturbationes æqualiter distributæ sunt. Les quatre
-passions fondamentales ont été également réparties en deux
-catégories.
-
-
-E
-
-
-Ebrius. Vinolentus. Temulentus. Crapula. Ebriosus.
-1. *Ebrietas* présente par leur beau côté les suites d’un excès
-de vin, c’est l’exaltation, l’animation, qui touchent à
-l’inspiration, μέθη; *vinolentia* et le terme archaïque de
-*temulentia* les font envisager par leur vilain côté, celui d’un
-homme qui se soûle et tombe dans l’abrutissement, οἶνωσις;
-enfin, *crapula* exprime la cause matérielle de cet état, les
-fumées du vin, comme ϰραιπάλη.
-
-2. *Ebrius* et le mot d’origine étrangère *madulsa* désignent
-l’état passager d’un homme qui est ivre; *ebriosus* l’habitude
-d’un homme qui s’enivre.
-
-—Ecce, v. *En*.
-—Editus, v. *Altus*.
-—Edulia, v. *Alimenta*.
-—Egestas, v. *Paupertas*.
-—Egere, v. *Carere*.
-—Egregius, v. *Eminens*.
-—Ejulare, v. *Lacrimare*.
-—Elaborare, v. *Labor*.
-—Eligere, v. *Deligere*.
-—Elonginquo, v. *Procul*.
-—Eloquens, v. *Disertus*.
-
-Eloqui. Enunciare. Proloqui. Pronunciare. Recitare.
-1. *Eloqui* et *enunciare* marquent un acte de l’intelligence
-par lequel on exprime une idée qui était dans l’esprit:
-l’*eloquens* tient autant de compte de la forme que du fond; il
-veut donner à la pensée le tour le plus parfait; l’*enuncians*
-ne s’attache qu’au fond; son but est rempli dès qu’il a fait
-passer ses idées dans le domaine public, qu’il les a
-communiquées. Le style, *elocutio*, appartient à la rhétorique;
-la proposition et le jugement, *enunciatio*, appartiennent à la
-grammaire et à la logique.
-
-2. *Proloqui* marque un acte moral par lequel on se résout à
-exprimer une pensée qu’on tenait secrète, par opposition à
-*reticere*, comme *profiteri*; enfin, *pronunciare* marque un
-acte physique par lequel on exprime mécaniquement et
-intelligiblement ce qu’on a pensé ou écrit, comme *recitare*.
-
-3. *Pronunciare* est un simple usage des organes de la parole et
-ne suppose pas d’autre but que de se faire pleinement entendre;
-*recitare* est le fait de l’art: on vise à produire une
-impression agréable par une juste modulation de la voix conforme
-aux règles de la déclamation. La *pronunciatio* ne s’applique
-qu’aux lettres, aux syllabes et aux mots considérés comme les
-éléments et le corps du discours; la *recitatio* se rapporte, en
-outre, aux termes et au sens considérés comme l’âme du discours.
-
-—Elucet, v. *Constat*.
-—Emendare, v. *Corrigere*.
-
-Emere. Mercari. Redimere.
-1. *Emere*, faire une emplette; c’est l’acquisition de l’objet
-qui est le point capital, et le prix à payer n’est qu’une idée
-accessoire, πρέασθαι; *mercari*, acheter, il s’agit de la
-conclusion d’un marché fait dans toutes les règles, généralement
-entre commerçants, ἐμπολᾷν.
-
-2. *Emere* s’applique à des objets de commerce proprement dits;
-*redimere*, à des objets qui ne constituent point aux yeux de la
-loi et de la morale de vrais articles de commerce, que
-l’acquéreur pourrait réclamer comme un dû ou qu’il devrait
-obtenir par faveur sans bourse délier, par exemple, la paix, la
-justice, l’affection. Cic. Sext. 30, 66. Quis autem rex qui illo
-anno non aut *emendum* sibi quod non habebat, aut *redimendum*
-quod habebat arbitrabatur? Quel est le roi qui ne se soit cru
-réduit cette année ou à acheter ce qu’il n’avait point ou à
-racheter ce qu’il avait?
-
-Eminens. Excellens. Præclarus. Præstans. Insignis. Singularis.
-Unicus.
-1. *Eminens*, *excellens*, *præclarus* et *præstans* servent à
-constater de sang-froid une supériorité; *egregius*, à la
-proclamer avec enthousiasme; *eximius*, avec admiration.
-
-2. *Eximius*, etc., se rapportent tous à des qualités louables
-et ne peuvent se joindre que par ironie à des vices ou à des
-fautes; *insignis*, *singularis* et *unicus* sont des termes
-indifférents qui expriment également la louange ou le blâme à un
-haut degré.
-
-—Eminet, v. *Apparet*.
-—Eminus, v. *Procul*.
-—Emissarius, v. *Explorator*.
-—Emolumentum, v. *Lucrum*.
-—Emori, v. *Mors*.
-
-En. Ecce.
-*En*, vois ici ce qui était resté jusqu’à présent caché à tes
-yeux, comme ἤν, ἠνί, ἠνίδε; *ecce*, vois là ce que tu n’aurais
-jamais soupçonné, comme ἰδού.
-
-—Ensis, v. *Gladius*.
-—Enunciare, v. *Eloqui*.
-—Epistola, v. *Litteræ*.
-
-Epulæ. Convivium. Dapes. Epulum. Comissatio.
-*Epulæ* est le terme général, le repas, le manger, frugal ou
-recherché, en famille ou avec des convives, au logis ou en
-public; *convivium*, repas de société, en compagnie; *dapes*,
-banquet religieux à la suite d’un sacrifice; *epulum*, banquet
-solennel, ordinairement politique, en l’honneur d’un personnage
-ou d’un succès; *comissatio*, débauche de table, orgie.
-
-Equus. Caballus. Mannus. Canterius.
-*Equus*, terme général pour le cheval, c’est le nom de l’espèce;
-*caballus*, cheval commun; *mannus*, cheval de petite taille et
-de luxe, poney; *canterius*, cheval coupé, hongre. Sen. Ep. 85.
-Cato censorius *canterio* vehebatur et hippoperis quidem
-impositis. Oh! quantum decus sæculi, Catonem uno *caballo* esse
-contentum et ne toto quidem! Ita non obesis omnibus *mannis* et
-asturconibus et tolutariis præferres unum illum *equum* ab ipso
-Catone defrictum? Caton le censeur voyageait sur un hongre qui
-portait ses bagages. Oh! quelle gloire pour un siècle que ce
-Caton qui se contentait d’un cheval commun ou plutôt d’une place
-sur ce cheval! Est-ce que vous ne préférez pas à tous les poneys
-potelés, aux coursiers d’Asturie, aux trotteurs, cet unique
-cheval que Caton pansait lui-même?
-
-—Ergastulum, v. *Custodia*.
-—Eripere, v. *Demere*.
-
-Errare. Vagari. Palari.
-*Errare*, s’égarer, πλανᾶσθαι, aller çà et là malgré soi, faute
-de connaître le bon chemin; *vagari* et *palari*, errer de
-propos délibéré: *vagari*, ἀλᾶσθαι, par ennui d’un séjour fixe
-ou du droit chemin, en changeant souvent de direction; *palari*,
-en s’éloignant de la société dans laquelle on se trouve pour
-courir seul. *Erramus* ignari; *vagamur* soluti; *palamur*
-dispersi. On s’égare par ignorance; on mène une vie errante
-lorsqu’on ne tient à rien; on s’écarte pour se disperser. Tac.
-H. I, 68. Undique populatio et cædes; ipsi in medio *vagi*;
-abjectis armis magna pars, saucii aut *palantes* in montem
-Vocetium perfugiunt. Partout des ravages et des massacres;
-errant entre les deux corps ennemis, jetant leurs armes, blessés
-ou dispersés pour la plupart, les Helvétiens cherchent un refuge
-sur le mont Vocétius.
-
-Erudire. Formare. Instituere.
-*Erudire* et *formare* présentent l’éducation par son côté
-idéal, comme un des éléments de la perfection humaine:
-*erudire*, en général, l’éducation délivre de l’ignorance;
-*formare*, dans un sens particulier; elle transporte l’homme
-dans une sphère spéciale; elle le façonne pour un but déterminé
-vers lequel elle dirige l’âme; *instituere* présente la même
-éducation par son côté positif; elle rend propre à un métier.
-
-—Eruditio, v. *Doctrina*.
-—Escendere, v. *Scandere*.
-—Esca, v. *Alimenta*.
-—Esuries, v. *Fames*.
-
-Et. Que. Ac. Atque.
-*Et* est la conjonction dont l’usage est le plus général; *que*
-et *et-et* servent à unir des termes opposés: *que*, dès qu’il y
-a opposition, par exemple *terra marique*; *et-et*, pour marquer
-expressément l’opposition, par exemple *et terra et mari*; *ac*
-et *atque* unissent des synonymes: *atque* se place devant les
-voyelles et les consonnes gutturales; *ac*, devant le reste des
-consonnes, par exemple, vir fortis *ac* strenuus.
-
-—Evenire, v. *Accidere*.
-—E vestigio, v. *Repente*.
-—Evertere, v. *Perdere*.
-—Evocare, v. *Arcessere*.
-—Excellens, v. *Eminens*.
-—Excelsus, v. *Altus*.
-—Excipere, v. *Sumere*.
-—Excors, v. *Amens*.
-
-Excubiæ. Stationes. Vigiliæ.
-*Excubiæ*, sentinelles devant un palais, garde d’honneur et
-sauve-garde; *stationes*, garde placée à une porte, poste
-avancé; *vigiliæ*, garde de nuit, patrouille.
-
-—Excusatio, v. *Purgatio*.
-
-Exemplum. Exemplar.
-*Exemplum*, exemple pris entre beaucoup d’autres à cause de sa
-convenance relative; il s’applique à un cas déterminé;
-*exemplar*, exemple choisi de préférence à d’autres à cause de
-sa perfection ou de sa convenance absolue; il représente une
-idée générale, modèle. Vell. P. II, 100. Antonius singulare
-*exemplum* clementiæ Cæsaris. Antoine, exemple frappant de la
-clémence de César. Comparez avec Tac. Ann. XII, 37. Si incolumem
-servaveris, æternum *exemplar* clementiæ ero (*clementiæ*, et
-non pas *clementiæ tuæ*). Si tu me sauves, au lieu de me
-frapper, ta conduite envers moi restera éternellement un modèle
-de clémence.
-
-Exercitus. Copiæ.
-*Exercitus*, armée composée de plusieurs légions; *copiæ*,
-troupes composées de plusieurs cohortes.
-
-—Exhibere, v. *Præbere*.
-—Exiguus, v. *Parvus*.
-—Exigere, v. *Petere*.
-
-Exilis. Macer. Gracilis. Tenuis.
-*Exilis* et *macer* se disent de l’exténuation considérée comme
-un vice interne et y rattachent directement une idée de blâme.
-C’est un rétrécissement causé par le défaut de sucs nourriciers.
-*Exilis* est un terme général qui se dit de toute espèce de
-corps et qui marque un appauvrissement et un manque de forces,
-par opposition à *uber*, misérable; *macer*, maigre, se dit
-particulièrement du corps des animaux; il désigne une certaine
-sécheresse, un certain épuisement, par opposition à *pinguis*.
-*Gracilis* et *tenuis* se rapportent à la forme, à l’apparence
-et sont des termes indifférents ou des termes d’éloge: *tenuis*,
-mince, délicat, se dit en général de toute sorte de corps, par
-opposition à *crassus*; *gracilis* a un air de ressemblance avec
-*procerus* et se dit en particulier du corps des animaux,
-élancé, par opposition à *opimus*, à *obesus*.
-
-—Eximere, v. *Demere*.
-—Existimare, v. *Censere*.
-—Experiri, v. *Tentare*.
-—Expilare, v. *Vastare*.
-—Eximius, v. *Eminens*.
-—Exitium, exitus, v. *Lues*.
-—Expetere, v. *Velle*.
-
-Explorator. Speculator. Emissarius.
-*Exploratores*, éclaireurs chargés ouvertement de reconnaître le
-terrain ou l’ennemi; *speculatores*, espions envoyés secrètement
-pour découvrir par ruse la situation et les plans de l’ennemi;
-*emissarii*, agents secrets chargés au besoin de mesures et de
-missions extraordinaires.
-
-—Exprobrare, v. *Objicere*.
-—Exsequiæ, v. *Funus*.
-—Exspectare, v. *Manere*.
-—Exsecrari, v. *Abominari*.
-—Exsomnis, v. *Vigil*.
-
-Exspes. Desperans.
-*Exspes* marque en général l’état d’une personne qui a cessé
-d’espérer; *desperans* présente le désespoir sous l’aspect d’un
-sentiment douloureux.
-
-—Exstructus, v. *Præditus*.
-—Exta, v. *Caro*.
-—Extemplo, v. *Repente*.
-—Exsul, v. *Perfuga*.
-—Exsultare, v. *Gaudere*.
-
-Exterus. Externus. Peregrinus. Alienigena. Extrarius. Extraneus.
-Advena. Hospes.
-1. *Exterus* et *externus*, l’étranger dans son pays;
-*peregrinus*, *alienigena*, *advena* et *hospes*, l’étranger qui
-réside temporairement dans notre pays.
-
-2. *Externus* ne marque qu’un rapport de lieu et se dit
-également des choses et des personnes; *exterus* marque un
-rapport interne et ne se dit que des personnes. *Externæ
-nationes* est une expression purement géographique; ce sont les
-peuples du dehors; *exteræ nationes* est un terme politique; ce
-sont les peuples étrangers.
-
-3. *Extraneus* se dit du monde extérieur, par opposition à la
-parenté, à la famille, à la patrie; *extrarius*, par opposition
-au moi. Cic. ap. Colum. XII. Comparata est opera mulieris ad
-*domesticam* diligentiam; viri autem ad exercitationem
-*forensem* et *extraneam*. La femme est destinée à donner ses
-soins aux travaux du ménage; l’homme, aux affaires du Forum et
-aux occupations extérieures. Comparez avec Inv. II, 56. Utilitas
-aut in corpore posita est aut in *extrariis* rebus. L’utilité
-est en nous ou hors de nous.
-
-4. *Peregrinus*, celui qui n’est pas citoyen, par opposition à
-*civis*; *alienigena*, celui qui est né à l’étranger, par
-opposition à *indigena*; *advena*, l’émigrant établi dans un
-pays, par opposition à αὐτόχθων, à *aborigines* ou encore à
-*indigena*; *hospes*, le nouveau-venu, par opposition à
-*popularis*.
-
-5. *Peregrinus*, l’étranger au titre politique, privé du droit
-de cité et de séjour, avec une idée de mépris; *hospes*,
-l’étranger à titre d’homme et d’égal, en jouissance du droit
-d’hospitalité. Cic. Rull. II, 34. Nos autem qui hinc Roma
-veneramus, jam non *hospites* sed *peregrini* atque *advenæ*
-nominabamur. Mais nous qui n’arrivions que de Rome, on ne se
-bornait pas à nous traiter de nouveau-venus; nous étions des
-étrangers sans droit de cité, des émigrants en quête d’un
-établissement.
-
-—Extorris, v. *Perfuga*.
-—Extraneus, extrarius, v. *Exterus*.
-
-Extremus. Ultimus. Postremus. Novissimus.
-*Extremus* et *ultimus*, le dernier, quand il s’agit d’une
-quantité indivise, d’un espace continu: *extremus* se dit de la
-partie extrême d’un espace ou d’une surface, par opposition à
-*intimus* et *medius*, comme ἔσχατος; *ultimus*, du point
-extrême d’une ligne, par opposition à *citimus* et *proximus*,
-comme λοῖσθος. *Postremus* et *novissimus*, le dernier quand il
-s’agit d’une quantité qui offre des subdivisions, d’une série
-numérique: *postremus*, ὕστατος, celui qui vient après les
-autres dans une série toute faite où il occupe la dernière
-place, par opposition à ceux qui tiennent la tête; *novissimus*,
-le dernier dans une série en formation où il vient s’ajouter à
-tous les autres, le tout dernier, par opposition au néant qui
-vient ensuite, comme νέατος.
-
-—Exuviæ, v. *Præda*.
-
-
-F
-
-
-Faber. Opifex. Artifex.
-*Fabri*, ouvriers dont le travail consiste en une dépense de
-forces physiques, charpentiers et forgerons, χειρώναϰτες;
-*opifices*, artisans qui ne sauraient se passer d’adresse
-mécanique et d’application, ϐάναυσοι; *artifices*, artistes qui
-font preuve d’esprit et d’invention même dans des travaux
-mécaniques.
-
-—Fabulari, v. *Dicere* et *Garrire*.
-—Facere, v. *Agere*.
-—Facetiæ, v. *Lepidus*.
-
-Facies. Os. Vultus. Oculi.
-*Facies* et *oculi*, le visage et les yeux, au sens physique,
-comme traits naturels et comme organe de la vue; *os* et
-*vultus* expriment en outre un rapport moral: l’état temporaire
-et même habituel de l’âme se révèle par les airs et les yeux.
-*Os* se dit du regard et de l’expression correspondante de la
-bouche; *vultus* se dit des mouvements de l’œil et de l’aspect
-simultané des traits qui l’avoisinent, du front serein ou
-sombre. Tac. Agr. 44. Nihil metus in *vultu*, gratia *oris*
-supererat. Son regard ne trahissait pas la moindre crainte et la
-grâce était le trait dominant de sa physionomie. Cic. Orat. 18,
-60. Ut imago animi est *vultus*, sic indices *oculi*. Le front
-et les yeux sont le miroir de l’âme; les yeux sont même des
-délateurs.
-
-—Facilitas, v. *Humanitas*.
-—Factio, v. *Partes*.
-—Facultas, v. *Occasio*.
-—Fallaciter, v. *Perperam*.
-—Facinus, v. *Delictum*.
-—Factum, v. *Agere*.
-—Facundus, v. *Disertus*.
-
-Fallere. Frustrari. Decipere. Circumvenire. Fraudare. Imponere.
-*Fallere*, *frustrari* et *imponere*, induire en erreur et
-causer une confusion du vrai avec le faux, σφάλλειν: le
-*fallens* trompe parce qu’il voit les choses sous un jour faux;
-le *frustrans*, parce qu’il a de fausses espérances;
-l’*imponens* met à profit la crédulité d’autrui. *Decipere* et
-*circumvenire*, surprendre par ruse et gagner un avantage
-déshonnête, ἀπατᾷν: le *decipiens*, par une ruse instantanée; le
-*circumveniens*, par une machination, comme circonvenir.
-*Fraudare*, duper, nuire, dépouiller quelqu’un par abus de
-confiance.
-
-—False, falso, v. *Perperam*.
-—Fama, v. *Rumor*.
-
-Fames. Esuries. Inedia.
-*Fames*, la faim, comme conséquence du défaut de nourriture,
-λιμὸς, par opposition à *satietas*; *esuries*, l’envie de
-manger, comme conséquence du vide et de l’irritation de
-l’estomac, par opposition à *sitis*; enfin, *inedia*,
-l’abstinence en général, sans assignation de cause, mais de
-préférence, par acte volontaire, comme ἀσιτία. *Fame* et *esurie
-perire* signifient périr de faim; *inedia perire*, se laisser
-mourir de faim.
-
-—Familia, v. *Ædificium*.
-—Famulus, v. *Servus*.
-—Fas est, v. *Concessum est*.
-—Fastigium, v. *Culmen*.
-—Familiaris, v. *Socius*.
-—Fanum, v. *Templum*.
-—Fastidium, v. *Spernere*.
-—Fastus, v. *Superbia*.
-
-Fateri. Profiteri. Confiteri.
-*Fateri*, avouer, sans idée accessoire, par opposition à
-*celare*; *profiteri*, reconnaître librement ou ouvertement,
-sans crainte et sans réticence, qu’on soit interrogé ou non;
-*confiteri*, confesser par suite de questions, de menaces, de
-contrainte. La *professio* a sa raison d’être dans un noble
-effort sur soi-même; c’est le fait d’une personne qui dédaigne
-les déguisements et n’a pas à rougir de ce qu’elle tenait caché;
-mais la *confessio* a pour cause un effort honteux qui fait
-qu’on renonce au secret quoiqu’on ait à rougir de l’aveu. Cic.
-Cæc. IX, 24. Ita libenter *confitetur*, ut non solum *fateri*,
-sed etiam *profiteri* videatur. C’est une confession si franche
-qu’elle ressemble moins à un aveu qu’à une déclaration.
-
-Fatigatus. Fessus. Lassus.
-*Fatigatus* et *fessus* expriment l’état d’une personne qui
-soupire après le repos à la suite d’un effort dont elle se
-ressent désagréablement: *fatigatus*, au sens passif; il se dit
-de celui que la fatigue a gagné; *fessus*, au sens neutre; il se
-dit de celui que la fatigue accable. *Lassus* et *lassatus*
-expriment, comme las et lassé, un état dans lequel on a besoin
-de repos, parce qu’on est affaibli par le travail ou le
-mouvement. Cels. I, 2, 15. Exercitationis finis esse debet sudor
-aut certe *lassitudo*, quæ citra *fatigationem* sit. Il faut
-suspendre l’exercice à la première sueur, ou du moins à
-l’arrivée de la lassitude qui précède le sentiment de la
-fatigue. Sall. Jug. 57[1]. Opere castrorum et præliorum *fessi*
-*lassi*que erant. Les campements et les combats les avaient
-fatigués et lassés.
-
-—1 Chap. LIII de la collection Lemaire et de la collection
-Panckoucke.
-
-—Factum, v. *Casus*.
-—Fatuus, v. *Stupidus*.
-—Faustus, v. *Felix*.
-
-Faux. Glutus. Ingluvies. Guttur. Gurgulio. Gula.
-*Faux*, *glutus* et *ingluvies*, l’intérieur du conduit
-alimentaire, le gosier: *glutus*, chez l’homme; *ingluvies*,
-chez les animaux; *faux*, la partie supérieure, l’entrée du
-conduit. *Guttur*, *gurgulio* et *gula*, la gorge ou partie du
-corps qui sert d’enveloppe au conduit: *gurgulio*, chez les
-animaux; *gula*, chez l’homme; *guttur*, chez les animaux et
-chez l’homme.
-
-Fax. Tæda. Funale.
-*Fax*, terme général pour toute espèce de flambeaux; *tæda*,
-flambeau naturel en bois résineux; *funale*, flambeau de cire
-qui est un produit de l’art.
-
-Fel. Bilis.
-*Fel*, le fiel des animaux, et au figuré le symbole de
-l’amertume dans le goût; *bilis*, le fiel du corps humain, et au
-figuré le symbole de l’amertume dans les sentiments.
-
-Felix. Prosper. Faustus. Fortunatus. Beatus.
-*Felix*, *fœlix*, terme général en parlant du bonheur; il a le
-sens actif et le sens neutre qui rend heureux et qui est
-heureux; *prosper* et *faustus* n’ont que le sens actif: qui
-donne, qui apporte le bonheur; *prosperum* se dit de ce qui
-vient remplir les espérances et les vœux de l’homme, de ce qui
-arrive comme à souhait; *faustum*, de ce qui est un effet de la
-faveur, de la grâce des dieux, une sorte de bénédiction.
-*Fortunatus* et *beatus* ont, par préférence ou même
-exclusivement la signification intransitive ou passive, fortuné,
-comblé par le bonheur: le *fortunatus* est un favori de la
-fortune, comme εὐτυχής; le *beatus* se sent heureux et content,
-comme les θεοὶ ῥεῖα ζάωντες, μαϰάριος.
-
-Femina. Mulier. Uxor. Conjux. Marita.
-1. *Femina*, la femme considérée dans sa nature physique, par
-opposition à *mas*; *mulier*, la femme sous son aspect moral,
-comme un être faible et tendre, par opposition à *vir*. *Femina*
-seul sert à désigner la femelle de l’animal.
-
-2. *Mulier* signifie encore la femme mariée, par opposition à
-*virgo*; *uxor* et *conjux*, la femme, par opposition au mari:
-*uxor*, dans le simple rapport de la femme à l’homme auquel elle
-est confiée, par opposition à *maritus*; *conjux*, dans ses
-rapports mutuels avec le mari, comme une des moitiés du couple
-et par opposition à *liberi*. Et en tant que l’*uxor* appartient
-à l’homme, tandis que la *conjux* est son égale, *uxor* se dit
-d’un mariage du commun, comme femme; *conjux*, d’un mariage dans
-un rang élevé, comme épouse.
-
-3. *Uxor* appartient à la langue courante; *marita* est un mot
-poétique.
-
-—Femur, v. *Coxa*.
-—Ferax, v. *Disertus*.
-—Feriæ, v. *Solemnia*.
-—Ferire, v. *Verberare*.
-—Fera, v. *Animal*.
-—Fere, v. *Pæne*.
-—Feriari, v. *Vacare*.
-—Ferme, v. *Pæne*.
-
-Ferocia. Ferocitas. Virtus. Fortitudo.
-*Ferocia* et *ferocitas*, le courage naturel et sauvage que
-peuvent posséder le barbare et la bête; *ferocia* dans
-l’application, *ferocitas* comme instinct. *Virtus* et
-*fortitudo*, le courage moral dont l’homme ne devient capable
-qu’à un haut degré de civilisation: *virtus*, lorsqu’il se
-manifeste par l’action et par l’offensive, comme l’*industria*;
-*fortitudo*, lorsqu’il se manifeste par la résistance et la
-défensive, comme la *constantia*. Tac. Ann. XI, 19. Nos
-*virtutem* auximus, barbari *ferociam* infregere. Cela rehaussa
-le courage discipliné des Romains en rabaissant le courage
-brutal des barbares.
-
-Ferre. Portare. Bajulare. Gerere.
-1. *Ferre*, φέρειν, porter, en général; *portare* et *bajulare*,
-ϐαστάζειν, transporter un fardeau: *portare*, pour soi ou pour
-les autres; *bajulare*, en qualité de portefaix. Dans Cæs. B. G.
-I, 16. Ædui frumentum... *conferri*, *comportari*, adesse
-dicere, *conferre* se rapporte à la livraison que chaque sujet
-vient faire de sa contribution partielle entre les mains des
-autorités locales; *comportare*, à la remise à César de toutes
-les réquisitions réunies.
-
-2. *Ferre*, *portare* et *bajulare* n’expriment qu’un rapport
-éventuel, celui du porteur à son fardeau; *gerere*, *gestare*
-expriment, comme φορεῖν, un rapport plus particulier, celui du
-propriétaire à son bien.
-
-*Bellum ferre* ne signifie guère que *inferre* ou *tolerare
-bellum*. *Bellum gerere* se rapproche de *bellum habere* et ne
-s’applique qu’au peuple entier ou au souverain, à celui qui a
-pris la résolution de faire la guerre et qui est en état de
-guerre, mais nullement à l’armée qui combat, ni au général
-chargé de diriger les opérations. *Gerit* bellum populus
-Romanus, administrat consul, capessit miles. Le peuple romain a
-la charge de la guerre, le consul la conduit, le soldat la fait.
-
-Ferre. Tolerare. Perferre. Perpeti. Sustinere. Sinere.
-Sustentare.
-1. *Ferre* ne fait voir dans la souffrance qu’un fardeau à
-porter: c’est un terme impersonnel, comme φέρειν; *tolerare*,
-*perferre* et *pati*, *perpeti* peignent la situation d’esprit
-de la personne qui porte et qui souffre: le *tolerans* et le
-*perferens*, τολμῶν, supportent la souffrance sans y succomber,
-avec force et fermeté; ce sont des synonymes de *sustinens*; le
-*patiens* et le *perpetiens* souffrent sans lutter, de bonne
-grâce ou avec résignation, avec patience; ce sont des synonymes
-de *sinens*. *Ferre* et *tolerare* ne peuvent avoir pour régime
-qu’un nom; *pati* peut avoir un nom ou un infinitif.
-
-2. *Perferre*, et en vieux latin *ecferre*, est un augmentatif
-de *tolerare*, comme *perpeti* de *pati*, supporter et souffrir
-héroïquement. Poet. ap. Cic Tusc. IV, 29. Nec est malum, quod
-non natura humana *patiendo* *ecferat*. Et il n’y a point de mal
-dont la nature humaine ne triomphe à l’aide de la résignation.
-Comparez Sen. Thyest. 307. Leve est miserias *ferre*, *perferre*
-est grave. Il est aisé d’être malheureux, il est difficile de
-l’être avec constance. Plin. H. N. XXXVI, 21. Qui *perpeti*
-medicinam non *toleraverant*. Ceux qui n’avaient pas eu la force
-d’endurer le remède. Tac. Ann. III, 3. Magnitudinem mali
-*perferre* visu non *toleravit*. Elle n’eut point la force de
-braver la vue de ce grand malheur.
-
-3. *Tolerare*, continuer à se tenir droit et ne pas succomber
-sous un fardeau; *sustinere*, soutenir le fardeau même et ne
-point le laisser tomber.
-
-4. *Pati*, laisser faire sans objection, se dit d’un assentiment
-d’esprit; *sinere*, ne pas retenir, n’empêcher en aucune façon,
-d’un consentement en forme, comme permettre. *Pati* a
-régulièrement pour régime l’action même et se construit avec
-l’infinitif; *sinere*, la personne, et il se construit avec
-*ut*.
-
-5. *Sustinere* signifie en général soutenir; *sustentare*,
-soutenir à force de mal et de peine. Cic. Muren. 2. Quis mihi in
-republica... debet esse conjunctior quam is cui respublica a me
-uno traditur *sustinenda*, magnis meis laboribus ac periculis
-*sustentata*? Quel est l’homme d’État sur l’attachement duquel
-je dois compter? N’est-ce pas celui que j’appelle moi-même, et
-moi seul, à devenir l’appui de l’État que j’ai péniblement étayé
-au prix de grandes fatigues et de grands dangers? Curt. VIII, 4,
-15. Forte Macedo gregarius miles seque et arma *sustentans* in
-castra venit. Le hasard amena enfin dans le camp un simple
-soldat macédonien qui se traînait avec ses armes. Comparez avec
-V, 1, 11. Tandem Laconum acies languescere, lubrica arma sudore
-*vix sustinens*. La ligne des Spartiates faiblit enfin, leurs
-armes leur échappaient de fatigue, ils en soutenaient à peine le
-poids.
-
-—Fertilis, v. *Disertus*.
-—Fervere, v. *Calere*.
-—Festa, v. *Solemnia*.
-—Festivus, v. *Lepidus*.
-—Fidelitas, v. *Fides*.
-—Ferula, v. *Fustis*.
-—Fessus, v. *Fatigatus*.
-—Festinus, v. *Citus*.
-—Fidelis, v. *Fidus*.
-
-Fidere. Confidere. Fidem habere. Credere. Committere.
-Permittere.
-1. *Fidere*, se fier; *confidere*, se confier à une force et à
-un secours; *fidem habere*, croire sur parole à une bonne
-intention, et *credere*, y croire de soi-même. Liv. II, 45.
-Consules magis non *confidere* quam non *credere* suis
-militibus. Les consuls, sans se défier de leurs soldats, ne
-comptaient plus sur eux. Le premier verbe, *confidere*, se
-rapporte à leur courage; le second, *credere*, à leur fidélité.
-
-2. *Fidere*, etc., présente la confiance à l’état de sentiment;
-*committere*, *permittere*, se disent de la confiance en action:
-le *committens* agit par pleine conviction de la capacité et de
-la bonne volonté de son mandataire, ce qui impose à celui-ci une
-responsabilité morale; le *permittens* ne songe qu’à se
-débarrasser du fardeau d’une affaire, en sorte que le mandataire
-n’a qu’une responsabilité politique ou légale. Cic. Font. 14.
-Ita ut *commissus* sit fidei, *permissus* potestati. On le
-confie à votre honneur, on le remet en votre pouvoir.
-
-Fides. Fidelitas. Fiducia. Confidentia. Audacia. Audentia.
-1. *Fides* et *fidelitas*, la fidélité que l’on garde soi-même
-aux autres: *fides*, dans un sens général, comme πίστις,
-l’habitude de tenir parole, la réputation d’homme sûr qu’on doit
-à une honnêteté scrupuleuse, la confiance qu’on inspire par là
-aux autres, l’honneur; *fidelitas*, dans un sens particulier,
-comme πιστότης, la fidélité dans l’attachement à des personnes
-auxquelles on s’est une fois donné. *Fiducia* et *confidentia*,
-la confiance qu’on a dans les autres: *fiducia*, la bonne et
-louable confiance en des choses auxquelles il est réellement
-permis de se fier, l’assurance qui est parente du courage, par
-opposition à *timor*, comme θάρσος; *confidentia*, la confiance
-aveugle et blâmable, particulièrement en sa propre force, par
-opposition à la prévoyance et à la modestie, la suffisance,
-parente de l’orgueil, θράσος.
-
-2. *Fiducia* et *confidentia* ont leur raison d’être dans la
-confiance du succès; *audacia* et *audentia*, dans le mépris du
-danger: l’*audacia* est tantôt une hardiesse louable et comme un
-augmentatif de *fiducia*, tantôt une effronterie blâmable, et il
-se dit alors par euphémisme pour *temeritas*, comme τόλμα;
-l’*audentia* est toujours un esprit d’entreprise louable. Juven.
-XIII, 108. Quum magna malæ superest *audacia* causæ, creditur a
-multis *fiducia*. Qu’on paye d’audace dans une méchante cause,
-la foule croit à une noble confiance. Sen. Ep. 87. Quæ bona sunt
-*fiduciam* faciunt, divitiæ *audaciam*. Les vrais biens
-inspirent une louable confiance, les richesses de l’audace.
-
-—Fides, v. *Religio*.
-—Fides, v. *Chorda*.
-—Fiducia, v. *Fides*.
-
-Fidus. Fidelis. Infidus. Infidelis. Perfidus. Perfidiosus.
-1. *Fidus* marque une qualité native; c’est quelquefois un
-éloge; *fidelis* marque une vertu morale, un trait de caractère;
-c’est toujours un éloge. Liv. XXII, 22. Eo vinculo Hispaniam vir
-unus solerti magis quam *fideli* consilio exsolvit. Abellex erat
-Sagunti, nobilis Hispanus, *fidus* ante Pœnis. L’Espagne fut
-dégagée de ce lien par un seul homme à l’aide d’une combinaison
-qui marquait plus de génie que de fidélité. Il y avait à Sagonte
-un certain Abellex, noble Espagnol, auparavant attaché à la
-cause punique.
-
-2. *Infidus*, qui n’est pas sûr; *infidelis*, infidèle;
-*perfidus* et *perfidiosus*, sans foi: *perfidus*, perfide à
-l’occasion; *perfidiosus*, plein de perfidie, traître dans
-l’âme.
-
-Figura. Forma. Species.
-*Figura*, forme quelconque au sens mathématique, pourvu qu’elle
-ait des contours déterminés, comme σχῆμα, la figure; *forma*, la
-forme au sens esthétique, comme expression visible et comme
-empreinte de l’être intérieur, en correspondance avec cet être,
-comme μορφή; enfin, *species*, l’apparence physique opposée à
-l’être intérieur et invisible auquel elle sert simplement de
-couverture, comme εἶδος. *Figurare*, donner une forme arrêtée à
-une matière entièrement informe; *formare*, façonner, c’est-à-
-dire donner à une masse grossière la forme qu’elle doit avoir;
-et enfin, *speciem addere*, parer, c’est-à-dire donner à une
-matière déjà façonnée un caractère extérieur qui plaise à l’œil.
-*Figura* se rapporterait donc exclusivement aux contours ou
-linéaments, tandis que *forma* ou du moins *species*
-comprendrait la couleur, la grandeur et autres détails.
-
-—Fimus, v. *Lutum*.
-
-Findere. Scindere.
-*Findere*, diviser un corps dans le sens de ses joints naturels,
-le décomposer pour ainsi dire en ses parties élémentaires, comme
-fendre et cliver; *scindere*, le diviser par force sans aucun
-égard aux joints et le mettre en pièces, comme couper et
-déchirer. *Findere lignum* veut dire fendre une bûche de bois en
-s’aidant de la nature même du bois, dans le sens de la longueur;
-mais *scindere*, casser par pure force, en largeur. Le *findens
-æquor nave* considère la mer comme un assemblage de parties
-liquides; le *scindens*, comme n’ayant fait qu’un tout dès
-l’origine.
-
-Finire. Terminare. Consummare. Absolvere. Perficere.
-*Finire* et *terminare* marquent la fin d’une action sans égard
-au progrès qu’on a pu faire vers le but: *finire*, finir, par
-opposition à *incipere*; mais *terminare*, mettre un terme, une
-limite, par opposition à *continuare*. *Consummare*, *absolvere*
-et *perficere* marquent l’achèvement d’un ouvrage: *consummare*
-(qui ne paraît qu’après le siècle d’Auguste), comme terme
-général; il s’oppose à une demi-besogne; *absolvere*, par
-allusion à un devoir accompli, à un travail pénible qui vient
-d’être terminé et qui rend l’ouvrier à la liberté; il s’oppose à
-*inchoare*; *perficere*, par allusion à un but qu’on a atteint,
-à une tâche qu’on s’était soi-même imposée, laquelle est
-terminée et parfaite; il s’oppose à *conari*. *Absolutus* ne
-suppose d’ailleurs que l’exécution complète de l’ouvrage, comme
-ἐντελής, tandis que *perfectus* marque la perfection de l’œuvre,
-comme τέλειος.
-
-Finis. Terminus. Limes.
-*Finis*, limite considérée comme une ligne mathématique, τέλος;
-*terminus* et *limes*, démarcation matérielle: *terminus*, borne
-qui indique un point extrême, τέρμα; *limes*, bande qui trace
-une ligne de séparation, ὄρος. Cic. Læl. 16. Constituendi sunt
-qui sint in amicitia *fines* et quasi *termini* diligendi. Il
-faut établir quelles doivent être entre amis les limites et,
-pour ainsi dire, les bornes de l’affection. Hor. Carm. II, 18,
-24. Revellis agri *terminos* et ultra *limites* clientium salis
-avarus. Tu arraches les bornes du champ et tu sautes dans ton
-avarice par-dessus les limites de tes clients.
-
-—Finitimus, v. *Vicinus*.
-—Fiscus, v. *Ærarium*.
-—Flagitium, v. *Delictum*.
-—Flavus, v. *Luteus*.
-—Fluctus, v. *Aqua*.
-—Firmus, v. *Validus*.
-—Flagitare, v. *Petere*.
-—Flagrare, v. *Ardere*.
-—Flere, v. *Lacrimare*.
-
-Fluere. Manare. Liquere.
-*Fluere* se dit d’une eau qui court, d’un liquide en mouvement;
-*manare*, d’une eau qui jaillit et déborde, d’un liquide qui se
-répand; *liquere*, d’une eau ou d’un liquide qui se disperse en
-vertu de sa nature physique. La cause de l’effet que marque
-*fluere* est dans l’absence de digue qui permet au corps liquide
-de couler en descendant par la loi de la pesanteur; celle de
-l’effet que marque *manare* est dans le trop-plein de la source;
-enfin, *liquere*, être à l’état liquide, marque l’absence de
-cohésion, la condition négative indispensable pour donner lieu
-aux effets que désignent *fluere* et *manare*. *Fluere* se
-rapproche de *labi* et a pour opposés *hærere*, *stare*;
-*manare*, d’*effundi*, et il a pour opposés *contineri*,
-*claudi*; enfin, *liquere*, de *dissolvi*, et il a pour opposés
-*concrevisse*, *rigere*. Gell. XVII, 11. Plato potum dixit
-*defluere* ad pulmonem, eoque satis humectato *demanare* per eum
-quia sit rimosior et *confluere* inde in vesicam. D’après une
-opinion attribuée à Platon, l’eau que nous buvons coule de haut
-en bas jusqu’au poumon, puis, quand elle l’a suffisamment
-humecté, elle en ressort par une multitude de pores et va se
-réunir dans la vessie.
-
-Fluvius. Flumen. Amnis.
-*Fluvius*, *flumen*, marquent, comme ῥόος, ῥεῦμα, un cours d’eau
-ordinaire, par opposition à un étang ou à un lac; *amnis*, un
-grand fleuve, ποταμὸς, par opposition à la mer. Cic. Divin. I,
-35, 78. Ut *flumina* in contrarias partes fluxerint atque in
-*amnes* mare influxerit. Les rivières remontèrent leur propre
-cours et la mer se jeta dans les fleuves. Sen. N. Q. III, 19.
-Habet ergo non tantum venas aquarum terra, ex quibus corrivatis
-*flumina* effici possunt, sed et *amnes* magnitudinis vastæ. La
-terre ne contient pas seulement des filets d’eau qui peuvent
-former des rivières en se réunissant, mais encore des fleuves
-d’un volume immense. Et un peu plus loin: Hanc magnis *amnibus*
-æternam esse materiam, cujus non tangantur extrema sicut
-*fluminum* et *fontium*. Tel est le réservoir qui alimente
-éternellement les grands fleuves, mais dont l’origine n’est pas
-accessible comme celle des rivières et des sources. Tac. Hist.
-V, 13. Quo Mosæ *fluminis* os *amnem* Rhenum Oceano affundit.
-Dans les parages où la Meuse, qui est une rivière, prête son
-embouchure à un fleuve, au Rhin, pour le verser dans l’Océan.
-
-Fœcundus. Fertilis. Ferax. Uber. Frugifer. Fructuosus.
-1. *Fœcundus* marque, comme εὔτοχος, la fécondité chez les êtres
-vivants qui font des petits; il est opposé à *effœtus*;
-*fertilis* et *ferax* marquent, comme εὔφορος, la fécondité de
-la nature et des éléments inanimés qui produisent; ils ont pour
-opposé *sterilis*. Tac. Ann. XII, 63. Byzantium *fertili* solo
-*fœcundo*que mari quia vis piscium hos ad portus adfertur.
-Byzance possède un sol fertile et une mer féconde, car des
-circonstances locales poussent une multitude de poissons vers
-les ports de cette côte. Le trope employé ici par Tacite
-consiste à personnifier la mer, ce qui était bien plus aisé que
-de personnifier le sol. C’est la terre, non le sol, qui, après
-avoir d’abord paru comme élément, figure ensuite comme personne
-dans les passages suivants. Tac. Germ. 5. Terra satis *ferax*,
-frugiferarum arborum impatiens, *pecorum fœcunda*, sed plerumque
-improcera. La terre, qui paraît assez fertile, repousse les
-arbres fruitiers; elle est féconde en bestiaux, mais la plupart
-de petite taille. Mela. I, 9, 1. Terra mire *fertilis* et
-animalium *perfœcunda* genetrix. C’est une terre d’une fertilité
-étonnante et d’une fécondité extrême à engendrer pour ainsi dire
-des animaux.
-
-2. *Fertilis* marque la fertilité réelle subordonnée à la
-culture; *ferax*, la fertilité possible fondée sur la nature du
-sol. Cicéron emploie *fertilis* dans le sens propre, *ferax*
-dans le sens figuré.
-
-3. *Fertilis* et *ferax* associent à l’idée de la fécondité
-celle d’une force créatrice et productive, l’image du père et de
-la mère; *uber*, une idée de nourriture et d’entretien, l’image
-de la nourrice, comme εὐθηνής; *frugifer*, l’image de la
-campagne qui porte des moissons; *fructuosus*, celle de l’arbre
-chargé de fruits, comme ἔγϰαρπος.
-
-Fœdus. Societas.
-*Fœdus*, association de sûreté mutuelle sur le pied d’un contrat
-consacré par la religion; *societas*, association de simple
-convenance pour des entreprises communes. Liv. XXIV, 6.
-Hieronymus legatos Carthaginem mittit ad *fœdus* ex *societate*
-faciendum. Hiéronyme envoie des ambassadeurs à Carthage pour
-transformer l’engagement en alliance. Cic. Phil. II, 35. Neque
-ullam *societatem*... *fœdere* ullo confirmari posse *credidi*.
-Je crus que tous les traités du monde ne parviendraient pas à
-cimenter un engagement.
-
-—Fœdus, v. *Teter*.
-—Fœmina, v. *Femina*.
-
-Fœnus. Usura.
-*Fœnus* présente les intérêts comme le revenu du capital, τόϰος;
-*usura*, comme le prix de louage payé par le débiteur qui
-utilise le capital, δάνος.
-
-—Fores, v. *Ostium*.
-—Forma, v. *Figura*.
-—Formido, v. *Vereri*.
-—Formare, v. *Erudire*.
-
-Formosus. Pulcher. Venustus.
-1. *Formosus* se dit du beau qui contente, attire et fait
-plaisir par sa régularité; *pulchrum*, de celui qui se fait
-admirer, qui impose et satisfait par sa perfection; *venustum*,
-de celui qui charme, éveille et fait naître le désir d’une
-jouissance. La *formositas* agit sur le sentiment naturel du
-beau, la *pulchritudo*, sur le sens cultivé de l’art, la
-*venustas*, sur les ressorts les plus délicats de la sensualité.
-Suet. Ner. 51. Fuit vultu *pulchro* magis quam *venusto*, c’est-
-à-dire qu’il avait dans les traits plus de perfection et de
-beauté régulière que d’agrément, que c’était une beauté froide
-et impassible vers laquelle personne ne se sentait entraîné.
-
-2. *Venustas*, le charme, est un augmentatif de *gratia*, la
-grâce; celui-là entraîne, celle-ci attire.
-
-—Fors, v. *Casus*.
-—Fortitudo, v. *Ferocia*.
-—Fortunatus, v. *Felix*.
-—Fovere, v. *Calere*.
-—Forte, fortuito, v. *Casu*.
-—Fortuna, v. *Casus*.
-—Fovea, v. *Specus*.
-
-Fragor. Strepitus. Crepitus. Sonitus.
-*Fragor*, son creux, sourd, craquement, δοῦπος; *strepitus*, son
-retentissant, bruyant, mugissement, bruissement, cri, ϰτύπος;
-*crepitus*, son isolé ou souvent répété, claquement, cliquetis,
-ϰροῦσις, ϰρότος; *sonitus*, son qui provient des vibrations de
-corps élastiques, tintement, résonnance, ἠχή. Cic. Top. 12.
-Quæruntur pedum *crepitus*, *strepitus* hominum. Il y a lieu de
-chercher si l’on n’a pas entendu quelque bruit de pas ou de
-cris.
-
-—Fragrare, v. *Olere*.
-
-Frangere. Rumpere. Divellere.
-1. *Frangere*, briser un corps dur en morceaux; *rumpere*,
-déchirer un corps flexible. Cato. ap. PRISC. Si quis membrum
-*rupit* aut os *fregit*, parce que dans le membre rompu ce n’est
-point l’os invisible, mais les chairs visibles qui paraissent
-séparées. Catenæ *franguntur*, vincula *rumpuntur*. On brise des
-chaînes, on déchire des liens. Quand *rumpere* s’applique à
-quelque corps dur, il implique l’idée d’un effort et d’un
-danger: le *frangens* met en pièces ce qui est entier, le
-*rumpens* ce qui le gêne.
-
-2. *Disrumpere* et *diffringere*, mettre en pièces, en morceaux
-ce qui formait dans l’origine un tout; *divellere*, séparer ce
-qui n’était qu’assemblé.
-
-—Fraudare, v. *Fallere*.
-
-Frenum. Habena. Oreæ.
-1. *Frenum*, le frein à l’aide duquel le cavalier maîtrise le
-cheval sauvage, χαλινός; *habena*, la bride avec laquelle il
-dirige le cheval docile, ἠνίον. Hor. Ep. I, 15, 13. Læva
-stomachosus *habena* dicet eques; sed equi *frenato* est auris
-in ore, c’est-à-dire il n’obéit pas à la bride et il faut qu’il
-sente le frein. Cic. Orat. I, 53. Senatum servire populo, cui
-populus ipse moderandi et regendi sui quasi quasdam *habenas*
-tradidisset. Le sénat devenir l’esclave du peuple, quand le
-peuple même lui avait donné tout pouvoir de le conduire et de le
-gouverner et mis pour ainsi dire les rênes en main! Comparez
-avec Tac. Dial. 38. Pompeius adstrinxit imposuitque quasi
-*frenos* eloquentiæ. Pompée rétrécit la carrière et mit pour
-ainsi dire un frein à l’éloquence.
-
-2. *Oreæ*, *aureæ*, qui n’est plus usité que dans le composé
-*auriga*, était peut-être le terme générique de *frenum* et
-d’*habena* à peu près comme harnais.
-
-—Frequenter, v. *Sæpe*.
-—Fricare, v. *Lævis*.
-—Fretus, v. *Confisus*.
-
-Frigere. Algere. Algidus. Alsus. Gelidus. Frigus. Gelu. Glacies.
-1. *Frigere*, être froid par opposition à *calere*; *algere*,
-avoir froid par opposition à *æstuare*.
-
-2. *Algidus* se dit du froid qui fait une impression
-désagréable; *alsus*, de la fraîcheur qui apporte du
-soulagement.
-
-3. *Frigidus* se dit d’un degré de froid modéré par opposition à
-*calidus*; *gelidus*, du degré de froid qui amène la congélation
-par opposition à *fervidus*.
-
-4. *Frigus*, le froid en lui-même, celui qui arrive et s’en va;
-*frigedo*, l’état d’un homme saisi par le froid, état qui
-commence et qui cesse; c’est une forme archaïque tombée en
-désuétude par l’emploi général de *frigus*.
-
-5. *Gelu*, *gelus*, *gelum* marquent, comme ϰρύος, le froid
-capable de produire la glace; *gelicidium*, une manifestation
-isolée de ce froid, une nuit où il gèle, comme ϰρυμός; et
-*glacies*, comme ϰρύσταλλος, l’effet de ce froid, la glace.
-
-—Fructuosus, v. *Fœcundus*.
-—Frugifer, v. *Fœcundus*.
-—Frugi, v. *Bonus*.
-—Frui, frunisci, v. *Uti*.
-
-Frustra. Nequidquam. Incassum. Irritus.
-1. *Frustra*, en vain, par rapport au sujet qui se voit trompé
-dans son attente et ses calculs; *nequidquam*, inutilement, pour
-rien, pour moins que rien, par rapport à la chose qui ne s’est
-point faite.
-
-2. Même différence entre *frustra* employé adjectivement qui se
-rapporte à la personne, et le véritable adjectif *irritus*, qui
-se rapporte à la chose.
-
-3. *Frustra* et *nequidquam* marquent simplement le manque de
-succès, comme μάτην, sans allusion à une faute; *incassum*
-renferme l’idée accessoire d’un défaut de réflexion, de cette
-réflexion qui aurait pu calculer et prévoir l’échec, comme dans
-bâtir en l’air, bâtir des châteaux en Espagne, εἰς ϰενόν.
-
-—Frustrari, v. *Fallere*.
-—Fruticetum, v. *Rami*.
-—Fugitivus, v. *Perfuga*.
-
-Fulciri. Niti.
-*Fulciri*, *fultus*, se soutenir, soutenu pour se garantir d’une
-chute, en s’appuyant par exemple contre un pilier; *niti*,
-*nisus*, pour s’élancer en l’air ou avancer en prenant un point
-d’appui sur une base.
-
-Fulgur. Fulguratio. Fulmen.
-*Fulgur*, *fulgetrum* et *fulguratio* désignent, comme ἀστραπή,
-les apparitions de l’éclair à l’horizon: *fulgur* présente le
-phénomène comme momentané et isolé; *fulguratio*, comme durable
-et répété. *Fulmen*, c’est, comme ϰεραυνός, l’effet de l’éclair
-qui tombe à terre, la foudre. Liv. XL, 59. *Fulguribus*
-præstringentibus aciem oculorum, sed *fulmina* etiam sic undique
-micabant ut peti viderentur corpora. Au milieu des éclairs qui
-éblouissaient les yeux, la foudre même étincelait de toute part
-au point de faire craindre pour les hommes. Plin. H. N. II, 43.
-Si in nube erumpat ardens, *fulmina*; si longiore tractu
-nitatur, *fulgetra*; his findi nubem, illis perrumpi. Quand le
-feu du ciel éclate dans un nuage, c’est la foudre; quand l’effet
-se produit en longueur, c’est l’éclair: l’éclair sillonne la nue
-que la foudre déchire.
-
-—Funale, v. *Fax*.
-—Fundus, v. *Villa*.
-—Fundamentum, fundus, v. *Solum*.
-—Funis, v. *Laqueus*.
-
-Funus. Exsequiæ. Pompa.
-*Funus*, le transport du cadavre comme ἐϰφορά; *exsequiæ* et
-*pompa*, le cortége solennel qui accompagne le corps:
-*exsequiæ*, le cortége vivant composé de parents et d’amis;
-*pompa*, la pompe inanimée composée des statues des ancêtres et
-autres ornements. Cic. Quint. 15. Funus quo amici conveniunt ad
-*exsequias* cohonestandas. Le convoi où les amis se pressent
-pour embellir le cortége. Nep. Att. 22. Elatus est in lecticula,
-sine ulla *funeris* *pompa*, *comitantibus* omnibus bonis,
-maxima vulgi frequentia. On l’emporta dans une petite litière;
-nulle pompe au convoi, mais un cortége de tous les gens de bien
-et un très-grand concours de peuple.
-
-—Furari, v. *Demere*.
-—Furor, v. *Amens*.
-
-Fustis. Ferula. Sudes. Trudis. Rudis. Scipio. Baculus.
-1. *Fustis* et *ferula*, bâton qui sert à frapper; *sudes*,
-*trudis* et *rudis*, à porter un coup de pointe; *scipio* et
-*baculus*, à marcher.
-
-2. *Fustis*, gourdin, bâton noueux assez gros pour donner la
-mort; *ferula*, baguette ou verge pour corriger la jeunesse des
-écoles; *sudes* et *trudis*, armes de guerre; *rudis*, bâton
-servant de fleuret dans les salles d’armes; *scipio*, bâton
-d’apparat et de dignité, symbole du pouvoir ou d’un âge
-vénérable; *baculus*, *bacillum*, bâton utile et commode sur
-lequel on s’appuie, mais qui sert d’arme au besoin.
-
-
-G
-
-
-—Galea, v. *Cassis*.
-—Gannire, v. *Latrare*.
-—Ganeum, v. *Deversorium*.
-
-Garrire. Fabulari. Blatire. Blaterare. Loquax. Verbosus.
-1. *Garrire* se dit du bavardage par allusion à la démangeaison
-de parler; *fabulari* par allusion à la nullité, *blatire* et
-l’augmentatif *blaterare* à la folie de ce qu’on dit.
-
-2. Le *garrulus* assomme par la nature, le *loquax* par le
-nombre de ses propos. En effet, *garrulitas* exprime le
-bavardage enfantin ou frivole né du plaisir de parler ou de
-s’entendre parler, sans égard à la valeur et au sens des
-paroles, ayant sa source dans un excès de vivacité juvénile ou
-même dans l’abus d’un talent distingué, λαλία; *loquacitas* est
-le flux de paroles propre aux vieilles gens qui se croient
-sages, venant d’une incapacité d’être bref, qui a pour cause
-l’affaiblissement de l’âge, ἀδολεσχία. Le *garrulus* lasse et
-agace aisément par envie de plaire et de distraire; le *loquax*
-ennuie souvent par envie d’instruire et d’être clair.
-
-3. *Garrulus* et *loquax* se disent des personnes, des orateurs;
-*verbosus*, des choses, des discours, des écrits.
-
-Gaudere. Lætari. Hilaris. Alacer. Gestire. Exsultare.
-1. *Gaudere* présente la joie comme un état de l’âme, par
-opposition à *dolor*, ἥδεσθαι; *lætari* et *hilarem esse*, comme
-une manifestation de cet état. Tac. H. II, 29. Ut Valens
-processit, *gaudium*, miseratio, favor; versi in *lætitiam*...
-laudantes gratantesque. L’apparition de Valens dispose les
-soldats à la joie, à l’attendrissement, à l’amour; leur joie se
-montre, ils le louent, le félicitent.
-
-2. Le *lætus* manifeste sa joie par une sérénité qui révèle un
-parfait contentement des circonstances présentes, par opposition
-à *mœstus*; l’*hilaris*, par une surexcitation et une gaieté qui
-porte à la plaisanterie et au rire, par opposition à *tristis*;
-l’*alacer* enfin par une vivacité qui dénote un excès de courage
-et d’ardeur, par opposition à *territus*. Le *gaudens*, *lætus*,
-*hilaris* a de la joie à propos d’un bonheur, l’*alacer* a en
-outre du plaisir à ce qu’il fait. Cic. Divin. I, 33, 73. Equum
-*alacrem* *lætus* adspexit. Il regarda avec une joie visible ce
-généreux coursier. La *lætitia* s’annonce de préférence par un
-front déridé et par une bouche qui sourit; l’*hilaritas* par le
-mouvement des yeux qui brillent et rayonnent de joie;
-l’*alacritas*, par des regards animés, pleins de feu et de
-courage. Sen. Ep. 116. Quantam *serenitatem* *lætitia* dat! Quel
-air de sérénité donne l’expression de la joie! Tac. Agr. 39.
-*Fronte latus*, pectore anxius. Le front riant, le cœur troublé.
-Cic. Pis. 5. Te *hilarioribus* oculis quam solitus es intuente.
-Tu avais dans les yeux et les regards plus de gaieté que de
-coutume.
-
-3. *Gaudere* et *lætari* marquent une joie modérée; *exsultare*,
-*gestire* et peut-être encore le verbe archaïque *vitulari*, une
-joie passionnée, excessive, comme jubiler ou triompher: le
-*gestiens* trahit la sienne par une surexcitation involontaire
-de tout son être, par des yeux étincelants, par l’impossibilité
-de se tenir tranquille; l’*exsultans*, en s’abandonnant de plein
-gré et sans réserve à la joie, et sinon par des sauts et des
-bonds, au moins par des explosions de joie que rien n’arrête et
-qui frisent l’extravagance.
-
-4. *Jucundus* marque comme *juvat* me un mouvement de joie,
-*lætus* un état plus durable; aussi *lætus* sert-il à Pline, Ep.
-V, 12, à exprimer l’idée avec plus de force. Quam mihi a
-quocumque excoli *jucundum*, a te vero *lætissimum* est. Venant
-de quelqu’un d’autre, les embellissements de notre ville natale
-me procurent une émotion de plaisir, venant de toi un plaisir
-infini.
-
-—Gazæ, v. *Divitiæ*.
-—Gelicidium, gelidus, gelu, v. *Frigere*.
-—Geminus, v. *Duplex*.
-—Generare, v. *Creare*.
-—Gena, v. *Mala*.
-
-Gens. Natio. Populus. Civitas.
-1. *Gens* et *natio*, peuple au sens physique et ethnographique,
-comme une société fondée sur une origine et une parenté commune
-qui peut exister en dehors de tout progrès dans la civilisation;
-*populus* et *civitas*, peuple au sens politique, comme société
-perfectionnée, civilisée et dotée d’une constitution. Sall. Cat.
-10, 1. *Nationes* feræ et *populi* ingentes subacti. Des tribus
-sauvages et de grands peuples soumis par la force.
-
-2. *Gens*, race entière qui peut contenir plusieurs peuples ou
-peuplades, φύλον; *natio*, tribu, peuplade, peuple issu et
-détaché de cette race, ἔθνος. Vell. Pat. II, 98. Omnibus ejus
-*gentis* *nationibus* in arma accensis. Ayant allumé le feu de
-la guerre chez toutes les tribus de cette race. Mais de même que
-*gens* dans ce sens physique d’un ensemble de peuplades est un
-terme plus étendu que *natio*, de même dans son sens politique
-et accessoire d’un groupe de familles qui se rattachent à une
-souche commune, γένος, c’est un terme moins étendu que
-*populus*; d’où vient qu’on voit tantôt le *populus* former en
-qualité de peuple civilisé une branche, *natio*, de la race ou
-*gentis* naturelle. Liv. IV, 49. Bolanis suæ *gentis* *populo*.
-Les Èques refusèrent leur appui aux Bolans, quoique peuple de
-leur race: tantôt la *gens* former en qualité de société
-politique une partie du *populi*. Just. VII, 1. Adunatis
-*gentibus* variorum *populorum*. Par la fusion des grandes
-familles de plusieurs peuples.
-
-3. *Civitas*, la cité, πόλις, envisagée dans ses rapports
-intérieurs, la réunion des habitants qui jouissent de la
-plénitude des droits de cité et qui sont les vrais maîtres du
-pays; *populus*, le peuple, δῆμος, dans une acception plus
-générale, au point de vue des relations sociales tant au dedans
-qu’au dehors; il comprend tous ceux qui appartiennent à l’État.
-Un peuple peut se décider à la guerre en qualité de *civitas*,
-mais il ne peut la faire que comme *populus*. La *civitas* est
-de toute nécessité sédentaire, le *populus* peut être une
-population nomade.
-
-—Gens, genus, v. *Stirps*.
-—Gestire, v. *Velle* et *Gaudere*.
-—Gilvus, v. *Luteus*.
-—Gerere, v. *Ferre* et *Agere*.
-—Gignere, v. *Creare*.
-—Glaber, v. *Lævis*.
-—Glacies, v. *Frigere*.
-
-Gladius. Ensis. Pugio. Sica.
-1. *Gladius*, terme ordinaire; *ensis*, terme noble et poétique
-pour désigner l’épée.
-
-2. *Pugio*, le poignard comme arme licite et apparente du soldat
-outre l’épée; *sica*, comme arme déshonnête et cachée du bandit,
-venant en aide au poison.
-
-Globus. Sphæra.
-*Globus*, terme populaire pour toute espèce de corps sphérique;
-*sphæra*, terme scientifique emprunté au grec pour la sphère
-mathématique.
-
-—Globus, v. *Caterva*.
-
-Gloria. Claritas.
-*Gloria*, la gloire qui fait parler des gens, ϰλέος; *claritas*,
-la gloire éclatante qui attire les regards, δόξα.
-
-—Gloriatio, v. *Jactatio*.
-—Gnavitas, v. *Opera*.
-—Gradatim, v. *Paulatim*.
-—Glutus, v. *Faux*.
-—Gracilis, v. *Exilis*.
-—Gradiri, v. *Ire*.
-
-Gradus. Gressus. Passus.
-1. *Gressus*, le pas rapporté à la personne qui marche;
-*gradus*, le pas même. Le *gressus* a lieu par le fait et
-l’action de la personne, le *gradus* est une distance à
-franchir.
-
-2. *Gressus* ne se dit que de la marche; *passus* se dit en
-outre de la station, pourvu que les pieds soient écartés comme
-pour marcher. *Gressus* désigne toute espèce d’allure trop
-courte ou trop longue, trop lente ou trop rapide pour mériter de
-s’appeler un pas; *passus* ne désigne qu’un pas régulier et
-réglé qui pourrait servir au besoin de mesure de longueur. Virg.
-En. I, 414410. Tendere *gressus* ad mœnia. Diriger sa marche
-vers les murs. Comparez avec II, 723. Julus... sequitur patrem
-non *passibus* æquis, Jule suit son père d’un pas inégal.
-
-Græci. Graii. Græculi. Græcanicus.
-1. *Græci*, nom ethnographique et historique des Grecs, sans
-idée accessoire; *Graii*, terme d’éloge pour désigner le peuple
-classique et héroïque de l’antiquité; *Græculi*, terme de blâme
-pour le peuple dégénéré sans foi ni loi du temps des écrivains
-romains.
-
-2. *Græcum*, ce qui est authentiquement grec, ce qui existe en
-Grèce ou qui en vient; *græcanicum*, ce qui n’est grec que par
-imitation et plagiat.
-
-—Grandævus, v. *Vetus*.
-—Grandis, v. *Magnus*.
-—Gratia, v. *Studium*.
-
-Gratias agere, Habere, Referre. Grates. Gratari. Gratulari.
-1. *Gratiam* ou *gratias habere*, savoir gré du fond du cœur,
-χάριν εἰδέναι; *gratias agere*, remercier en paroles,
-εὐχαριστεῖν; enfin, *gratiam referre*, prouver sa reconnaissance
-par des actes, χάριν φέρειν, ἀντιχαρίζεσθαι. Cic. Магс. 11, 33.
-Maximas tibi omnes *gratias agimus*, majores etiam *habemus*.
-Nous t’offrons tous les plus vives actions de grâces, et notre
-reconnaissance va encore au delà. Off. II, 20. Inops etiamsi
-*referre* gratiam non potest, *habere* tamen potest.
-L’indigence, impuissante à payer de retour, peut néanmoins être
-reconnaissante.
-
-2. *Gratias agere* est la formule du langage ordinaire; *grates
-agere*, celle du style noble et choisi. Cic. Somn. *Grates* tibi
-ago, summe sol, vobisque, reliqui cœlites. Souverain soleil,
-dieux du ciel, ma voix vous rend grâces.
-
-3. De même *gratulari* désigne des remercîments faits par
-occasion, sans accompagnement de sacrifice et des félicitations
-familières; *gratari*, des prières de remercîment ou des
-félicitations solennelles. Liv. VII, 3. Jovis templum
-*gratantes* ovantesque adire. Porter en triomphe au temple de
-Jupiter des remercîments solennels. Comparez avec Ter. Heaut. V,
-1, 6. Desine deos *gratulando* obtundere. Cesse d’assourdir les
-dieux de tes remercîments.
-
-Gratus. Jucundus. Acceptus. Gratiosus.
-1. *Gratum*, ce qui nous agrée, parce que nous y attachons du
-prix, ce qui nous paraît précieux, intéressant, ce qui vaut des
-remercîments; *jucundum*, ce qui nous agrée, parce que nous y
-prenons du plaisir. *Gratus* peut se dire d’une nouvelle
-fâcheuse qui nous met à même de prendre nos mesures en temps
-utile; la nouvelle n’en sera pas moins *injucunda*. Cic. Att.
-III, 24. Ista veritas etiamsi *jucunda* non est, mihi tamen
-*grata* est. Quoique cette vérité ne me fasse point plaisir,
-elle ne laisse pas de m’être précieuse. Famm. V, 18. Cujus
-officia *jucundiora* scilicet sæpe mihi fuerunt, nunquam
-*gratiora*. Ses bons offices m’ont souvent paru plus agréables,
-ils ne m’ont jamais été plus chers.
-
-2. *Gratus* s’entend d’un sentiment; il s’agit de ce qu’on
-souhaite; *acceptus*, de l’expression de ce sentiment, lorsqu’on
-avoue que les choses viennent à propos.
-
-3. Le *gratus alicui* ne rencontre point de défaveur, on l’aime;
-le *gratiosus apud aliquem* est l’objet d’une faveur marquée et
-d’un attachement passionné, c’est le favori.
-
-—Gravitas, v. *Moles* et *Severitas*.
-
-Gremium. Sinus.
-*Gremium*, le giron, entre la ceinture et les genoux d’une
-personne assise, et au figuré le symbole de la sollicitude
-maternelle; *sinus*, le sein, et au figuré le symbole de
-l’obscurité qui abrite et protége. Cic. Pis. 37. Ætolia procul a
-barbaris disjuncta gentibus in *sinu pacis* posita medio fere
-Græciæ *gremio* continetur. Séparée des races barbares par son
-éloignement, située au sein de la paix, l’Étolie ne s’étend pas
-hors du giron de la Grèce.
-
-—Gressus, v. *Gradus*.
-—Grumus, v. *Collis*.
-—Grex, v. *Caterva* et *Pecus*.
-—Gula, v. *Faux*.
-—Gurgulio, v. *Faux*.
-—Gurges, v. *Vorago*.
-—Gustus, gustare, v. *Sapor*.
-
-Gutta. Stilla. Stiria.
-*Gutta*, goutte naturelle; *stilla*, goutte mesurée
-artificiellement. C’est d’ailleurs l’idée de petitesse qui
-domine dans *gutta*, d’où *guttatim*, goutte à goutte; dans
-*stilla*, c’est l’idée d’humidité, d’où *stillatim*, en
-dégouttant. *Stilla*, goutte liquide; *stiria*, goutte gelée.
-
-—Guttur, v. *Faux*.
-—Gyrus, v. *Orbis*.
-
-
-H
-
-
-—Habena, v. *Frenum*.
-—Habitare, v. *Incolere*.
-—Hactenus, v. *Adhuc*.
-—Habere, v. *Tenere*.
-—Habitus, v. *Vestis*.
-—Hædus, v. *Caper*.
-
-Hærere. Pendere.
-*Hærere*, rester empêché sans qu’on puisse se détacher ou
-avancer; *pendere*, être suspendu et ne pouvoir tomber à terre.
-Cic. Acadd. II, 39. Ut videamus terra penitusne defixa sit et
-radicibus suis *hæreat*, an *media* pendeat. Pour voir si la
-terre est fixée par sa base et retenue par ses racines ou
-suspendue dans l’espace.
-
-—Hæsitare, v. *Cunctari*.
-—Hamus, v. *Uncus*.
-
-Hariolari. Vaticinari.
-*Hariolari*, prédire, avec une idée accessoire de charlatanisme,
-χρησμολογεῖν; *vaticinari*, avec une idée accessoire
-d’inspiration, prophétiser, μαντεύεσθαι. Dans ce passage de
-Cicéron, Divin. I, 2. *Hariolorum* et *vatum* furibundæ
-prædictiones; *harioli*, ce sont ceux qui passent d’avance aux
-yeux du public pour des charlatans de profession; *vates*, ceux
-que Cicéron, du haut de sa philosophie, regarde comme autant
-d’autres charlatans.
-
-—Hasta, v. *Missile*.
-—Helluo, v. *Prodigus*.
-—Heros, v. *Numen*.
-—Hircus, v. *Caper*.
-—Hirsutus, hirtus, hispidus, v. *Horridus*.
-—Historiæ, v. *Annales*.
-—Hœdus, v. *Caper*.
-—Haud scio an, v. *Casu*.
-—Helvus, v. *Luteus*.
-—Hilaris, v. *Gaudere*.
-—Histrio, v. *Actor*.
-
-Homicida. Interfector. Peremptor. Interemptor. Percussor.
-Sicarius. Carnifex.
-1. *Homicida*, meurtrier, en général, coupable du crime de
-meurtre, ἀνδροφόνος; *interfector*, *peremptor* et
-*interemptor*, celui qui porte le coup mortel à une personne
-donnée, que cette action soit un crime ou non, φονεύς;
-*percussor* et *sicarius*, instruments d’autrui et simples
-exécuteurs d’une volonté étrangère: le *percussor* exécute une
-condamnation officielle; le sicaire ou *sicarius* loue et prête
-son bras pour un assassinat. Cic. Rosc. Am. 33, 93. Erat tum
-multitudo *sicariorum*... et homines impune occidebantur... Si
-eos putas... quos qui leviore nomine appellant, *percussores*
-vocant, quæro in cujus fide sint et tutela. Il y avait alors de
-nombreux sicaires et on tuait avec impunité. Si vous entendez
-parler des assassins que les gens qui leur veulent donner le nom
-le plus léger appellent exécuteurs, cherchez quel est leur
-protecteur et leur appui.
-
-2. Le *percussor* est aux ordres de la puissance politique; il
-frappe des citoyens, des proscrits; le *carnifex*, aux ordres de
-la justice; il sévit contre des coupables.
-
-Homo. Mas. Vir. Homunculus. Homuncio. Homullus.
-1. *Homo*, l’être humain, homme ou femme, par opposition à
-*deus* et *bellua*, ἄνθρωπος; *mas* et *vir*, l’homme seul:
-*mas*, au sens physique, par opposition à *femina*, comme ἄρσην;
-*vir*, au sens moral, par opposition à *mulier*, comme ἀνήρ.
-Sen. Polyb. 36. Non sentire mala sua non est *hominis*, at non
-ferre non est *viri*. Il faut n’avoir rien d’humain pour ne pas
-sentir ses maux, rien de viril pour ne pas les supporter.
-
-2. *Homunculus* sert à marquer la faiblesse et l’impuissance de
-l’homme comme étant le lot de l’espèce entière, du genre humain,
-par opposition à la toute-puissance de la Divinité, à la
-grandeur de la nature et de l’univers; *homuncio* et *homullus*
-désignent l’homme faible et sans conséquence en sa qualité
-d’individu, par opposition à d’autres hommes: *homuncio*, avec
-un sentiment de compassion; *homullus*, avec un sentiment de
-mépris.
-
-—Honestus, v. *Virtus* et *Bonus*.
-
-Honorare. Honestare.
-*Honorare*, honorer quelqu’un par une distinction qu’on lui
-accorde en passant, lui faire honneur; *honestare*, couvrir
-quelqu’un d’honneur en attachant à sa personne un éclat durable.
-
-Hornus. Hornotinus.
-*Hornus*, terme poétique; *hornotinus*, forme prosaïque du même
-mot pour désigner ce qui a lieu pendant l’année.
-
-Horridus. Hirtus. Hirsutus. Hispidus. Asper.
-*Horridus*, terme général pour tout ce qui est grossier et rude
-par défaut de culture; *hirtus* et *hirsutus* ont un rapport
-particulier à la rudesse du poil ou autre couverture, par
-opposition à moelleux; *hispidus* et *asper* se rapportent à de
-fortes inégalités de surface, par opposition à lisse: *hispidus*
-marque que ces aspérités nuisent à la beauté; c’est une question
-de coup d’œil; *asper*, qu’elles blessent; c’est une question de
-toucher. Vell. P. II, 4, caractérise d’abord par l’emploi
-d’*hirtus*, l’extérieur négligé de Marius, puis la rudesse de sa
-nature par l’emploi d’*horridus*.
-
-—Horror, v. *Vereri*.
-
-Hortari. Monere.
-L’exhortation, *hortatio*, s’adresse directement à la volonté
-pour l’obliger à prendre un parti, tandis que l’avertissement,
-*monitio*, s’adresse à la conscience et au jugement.
-L’*hortatio* a pour but l’action même; la *monitio*, une
-représentation qui sert de voie pour conduire à l’action. Sall.
-Jug. 60. *Monere* alii, alii *hortari*. Ils avertissaient,
-exhortaient. Cat. 60[1]. Sed ego vos quo pauca *monerem*,
-convocavi. Je vous ai réunis pour vous donner quelques
-avertissements. Sen. Ep. 13. Nimium diu te *cohortor* quum tibi
-admonitione magis quam *exhortatione* opus sit. Je perds mon
-temps à vous exhorter; vous avez plus besoin d’avis que de
-conseils. Cic. Fam. X, 40. Si aut aliter sentirem, certe
-admonitio tua me reprimere, aut si dubitarem, hortatio impellere
-posset. Si j’étais d’un autre sentiment, un avis de vous
-m’arrêterait; si j’hésitais, un conseil de vous m’entraînerait.
-
-—1 Chap. LVIII, dans la collection Lemaire et la collection
-Panckoucke.
-
-Hospes. Adventor.
-*Hospes*, celui qui va loger chez un ami; *adventor*, chez un
-aubergiste. Sen. Benef. I, 14. Nemo se stabularii aut *cauponis
-hospitem* judicat. Personne ne se croit en relation
-d’hospitalité avec un logeur ou un aubergiste.
-
-—Hospes, v. *Exterus*.
-—Hospitium, v. *Deversorium*.
-—Hosticus, hostis, v. *Adversarius*.
-—Hucusque, v. *Adhuc*.
-
-Humanitas. Comitas. Facilitas. Civilitas.
-*Humanitas*, vertu qui tient à l’éducation, qui part de
-l’intelligence pour ennoblir l’homme entier, esprit et cœur, qui
-change son être en douceur et en philanthropie, par opposition à
-*feritas*; *comitas*, vertu morale, comme l’affabilité, qui
-traite le premier venu en homme sans s’arrêter au rang;
-*facilitas*, vertu de société, comme l’obligeance indulgente et
-prévenante, qui rend aisé et agréable le commerce de la vie;
-*civilitas*, vertu politique, comme l’humeur républicaine d’un
-prince qui ne fait point sentir la différence relative du maître
-au peuple et qui traite ses sujets en concitoyens. Nep. Milt. 8.
-In Miltiade erat quum summa *humanitas*, tum mira *comitas*, ut
-nemo tam humilis esset cui non ad eum aditus pateret. Miltiade
-joignait à une humanité exquise une affabilité étonnante; les
-plus humbles avaient un libre accès auprès de lui.
-
-Humanitus. Humane. Humaniter.
-*Humanitus* fait allusion aux rapports extérieurs de l’homme
-avec les dieux ou la nature, et particulièrement à sa faiblesse
-et à sa fragilité, comme ἀνθρωπείως et ἀνθρωπίνως; *humane* et
-*humaniter* s’entendent de l’homme pris en lui-même, des
-facultés et de la vocation qui en font un être perfectible, et
-alors *humane facere* est l’expression du développement moral,
-de la noblesse dans les sentiments, comme φιλανθρώπως;
-*humaniter facere*, celle du progrès dans l’usage du monde, de
-la politesse, de l’aménité, comme ἐπιειϰῶς. Cic. Phil. I, 4. Si
-quid mihi *humanitus* accidisset. S’il m’arrivait un de ces
-accidents auxquels la pauvre humanité est sujette. Comparez avec
-Tusc. II, 27, 65. Græci morbos tolerantes et *humane* ferunt.
-Contre des maladies à supporter les Grecs sont forts, ils sont
-hommes, et Qu. Fr. II, 1. Fecit *humaniter* Licinius, quod ad me
-misso senatu vesperi venit. C’est un aimable homme que Licinius;
-il est venu chez moi le soir après la clôture du sénat.
-
-—Humare, v. *Sepelire*.
-—Humidus, v. *Udus*.
-—Humerus, v. *Armus*.
-—Humus, v. *Tellus*.
-
-
-I-J
-
-
-—Jacere, v. *Cubare*.
-
-Jactatio. Gloriatio. Ostentatio. Venditatio.
-*Jactatio* et *gloriatio*, défauts qui ont leur origine dans la
-vanité et la suffisance: *jactatio*, défaut du fat qui se donne
-de grands airs, qui fait étalage de ses avantages et de ses
-mérites, qui les fait ressortir par ses paroles et ses gestes,
-avec une idée accessoire d’étourderie; *gloriatio*, défaut du
-fanfaron qui publie hautement ses avantages ou ses mérites, avec
-une idée accessoire d’impertinence. L’*ostentatio* et la
-*venditatio* ont leur origine dans un calcul habile de l’effet
-qu’on peut tirer d’une fausseté: l’ostentation, *ostentatio*,
-cherche à déguiser sous des apparences brillantes une pauvreté
-réelle; la représentation, *venditatio*, veut paraître en
-faisant valoir outre mesure certains avantages.
-
-—Jactura, v. *Mittere* et *Damnum*.
-—Jaculum, v. Missile.
-—Janua, v. *Ostium*.
-—Icere, v. *Verberare*.
-
-Idoneus. Aptus.
-*Idoneus*, qui a ce qu’il faut pour être employé à quelque
-chose, *aptus*, pour le faire, F. A. Wolf. En d’autres termes,
-l’*idoneus* est propre à un emploi par des qualités quelconques
-et par le concours des circonstances, ἐπιτήδειος; l’*aptus*, par
-sa valeur personnelle, par sa capacité, ἱϰανός. L’*idoneus* est
-inactif par lui-même; on se sert de lui pour atteindre un but,
-parce qu’il est un instrument commode; l’*aptus* entre de lui-
-même dans une affaire, parce qu’il a les dispositions
-nécessaires pour réussir.
-
-—Ignarus, v. *Cognitio*.
-
-Ignavia. Inertia. Segnitia. Desidia. Socordia. Pigritia.
-1. *Ignavia*, opposé à *industria*, l’amour du désœuvrement
-considéré comme une dérogation à la loi du devoir, en ce sens
-qu’on n’est homme, qu’on ne se distingue du vulgaire, qu’on ne
-vaut par soi-même que si on est doué du goût de l’action;
-*inertia*, le même amour envisagé comme une infraction à la loi
-du travail, en ce sens que l’homme ne devient un membre utile,
-plus ou moins estimable de la société, que par son activité
-pratique. L’oisiveté, *ignavia*, est entée sur le naturel;
-l’action lui répugne; la fainéantise, *inertia*, est affaire
-d’habitude et de caractère; elle ne se soucie point de
-travailler. Un méchant esclave est un fainéant, *iners*; un
-noble qui vit sans rien faire est un oisif, *ignavus*.
-
-2. *Segnitia*, *desidia*, *socordia* et *pigritia*, défauts
-divers d’un tempérament trop tranquille. La nonchalance,
-*segnitia*, attend qu’on l’excite, qu’on la contraigne, qu’on la
-prenne corps à corps avant de renoncer au repos; elle a pour
-opposé *promptus*. L’indifférence, *desidia*, se croise les bras
-et attend que les choses se fassent d’elles-mêmes. L’apathie,
-*socordia*, est incapable de prendre à quoi que ce soit un vif
-intérêt et néglige ses devoirs faute d’y songer. La paresse,
-*pigritia*, a une horreur naturelle de toute espèce de mouvement
-et n’est heureuse que dans les bras du repos.
-
-—Ignavia, v. *Vereri*.
-
-Ignominia. Infamia. Dedecus. Probrum. Opprobrium.
-1. L’*ignominia* ôte l’honneur légal dont la perte ne dépend
-point des propos du public, mais d’une juste réprimande infligée
-par un magistrat, un censeur, par exemple, ἀτιμία; l’*infamia*
-ôte l’honneur moral, la bonne réputation; elle tient au mépris
-public, elle est la suite d’une conduite honteuse et
-déshonorante, δυσφημία.
-
-2. *Ignominia* et *infamia* sont des termes abstraits qui
-marquent l’état d’une personne déshonorée; *dedecus* et
-*probrum*, des termes concrets qui marquent la cause de cet
-état, l’acte déshonorant. Le *dedecus* s’écarte des façons d’un
-homme d’honneur, de la noblesse qu’on s’attendait à retrouver
-dans toutes ses actions; le *probrum* entache la moralité d’un
-homme qu’on croyait du moins capable de se conduire honnêtement.
-La bassesse expose au *dedecus* dans les fonctions publiques;
-l’inconduite, au *probrum* dans les relations privées.
-
-3. *Probrum*, reproche qu’on serait en droit de nous adresser;
-*opprobrium*, reproche formulé. *Probrum* appelle l’attention
-sur la honte qui a été encourue; *opprobrium*, sur le blâme qui
-s’exprime hautement.
-
-Ignoscere. Veniam dare.
-*Ignoscere* est un acte moral: c’est pardonner de tout cœur,
-remettre et oublier, par opposition à garder rancune, comme
-συγγιγνώσϰειν; *veniam dare* est un acte politique; c’est
-substituer la clémence à la justice, par opposition à châtier,
-comme μεθιέναι. L’ami, l’égal pardonne, *ignoscit*; le
-supérieur, le puissant fait grâce, *veniam dat*. Cic. Man. 3.
-Illis imperatoribus laus est tribuenda quod egerunt; *venia
-danda* quod reliquerunt. Il faut louer ces généraux de ce qu’ils
-ont fait; il faut leur faire grâce pour ce qu’ils ont laissé
-inachevé. Comparez avec Att. XVI, 16. *Ignosce* mihi quod eadem
-de re sæpius scribam. Pardonne-moi de revenir si souvent sur le
-même sujet.
-
-—Ilia, v. *Caro*.
-—Illico, v. *Repente*.
-—Illustris, v. *Celeber* et *Luculentus*.
-
-Imago. Simulacrum. Statua. Signum.
-1. *Imago* et *simulacrum*, termes généraux, représentation d’un
-objet par la première œuvre venue de sculpture ou de peinture:
-l’*imago* se rattache à l’original, comme la copie au modèle,
-par une ressemblance frappante, εἰϰών; le *simulacrum* s’oppose
-à l’original, à l’être véritable, c’est une imitation qui fait
-illusion, εἴδωλον. *Statua*, *signum* et *effigies* sont
-exclusivement des ouvrages de sculpture; *tabula* et *pictura*,
-exclusivement des tableaux.
-
-2. *Simulacrum* et *statua* s’entendent de la reproduction
-complète d’une forme donnée, comme les statues en pied de la
-sculpture; *effigies* et *imago* marquent par préférence la
-reproduction des parties caractéristiques, nommément des traits
-du visage; *effigies*, dans la sculpture; ce sont des bustes;
-*imago*, dans la peinture; ce sont des têtes. Tac. Ann. I, 74.
-Alia in *statua* amputato capite Augusti *effigiem* Tiberii
-inditam. Il avait coupé la tête à une autre statue qui
-représentait Auguste et remplacé cette tête par un buste de
-Tibère. XIV, 61. *Effigies* Poppææ proruunt, Octaviæ *imagines*
-gestant humeris. Le peuple renverse les bustes de Poppée et
-promène sur ses épaules les portraits d’Octavie. H. II, 3.
-*Simulacrum* deæ non *effigie* humana. La déesse est représentée
-avec des traits qui s’écartent de la nature humaine. Cic. Tusc.
-III, 2, 3. Optimus quisque consectatur nullam eminentem
-*effigiem* (virtutis) sed adumbratam *imaginem* gloriæ. Ce n’est
-point la vertu avec ses traits frappants et sculptés, c’est un
-portrait indécis de la gloire qui entraîne à sa suite les
-meilleurs d’entre nous.
-
-3. *Signum*, toute espèce de sculpture, par opposition à
-*tabulæ* et *picturæ*; *simulacrum*, statue sacrée, celle d’un
-dieu, ἄγαλμα; *statua*, statue profane, celle d’un homme,
-ἀνδριάς. Cic. Cat. III, 8. *Simulacra deorum* immortalium
-depulsa sunt et statuæ veterum hominum dejectæ. Les statues
-sacrées des dieux immortels furent expulsées, les statues
-profanes des anciens héros abattues. Verr. I, 22. Legati *deorum
-simulacra* venerabantur, itemque *cætera signa* et ornamenta
-lacrimantes intuebantur. Les députés adoraient les statues
-sacrées des dieux, et la vue des autres œuvres de sculpture et
-de décoration leur arrachait des larmes.
-
-—Imbecillis, imbecillitas, v. *Validus*.
-—Imber, v. *Pluvia*.
-—Infirmus, infirmitas, v. *Validus*.
-
-Imitatio. Æmulatio. Certatio. Rivalitas. Simulatio.
-1. *Imitari* marque simplement, sans idée morale accessoire, un
-effort pour produire quelque chose qui ressemble à un objet
-donné; *æmulari* marque, outre l’effort d’imitation, le désir
-d’égaler ou de surpasser celui qu’on imite en considération, en
-honneur, en succès. L’*imitatio* n’a en vue que l’objet donné;
-c’est une tendance généralement modérée et louable; l’*æmulatio*
-n’a d’yeux que pour la personne ornée de la qualité qui vaut la
-peine d’être imitée; elle se montre toujours sous les traits
-d’une passion plus ou moins vive, louable ou blâmable, suivant
-qu’elle tire son origine d’un amour honnête ou d’un amour
-désordonné des honneurs. Plin. Ep. VII, 30. Demosthenis
-orationem habui in manibus non ut *æmularer* (improbum enim ac
-pæne furiosum), at tamen *imitarer* ac *sequerer* tantum. J’ai
-étudié ce discours de Démosthène. Je n’ai point la prétention
-téméraire et presque folle d’être son émule, mais je veux être
-du moins son imitateur et son élève.
-
-2. L’*æmulus* est au-dessous de son adversaire, il vise à
-l’atteindre et à l’égaler un jour; le *certator* et le
-*concertator* lui sont égaux, ils visent à le battre et à le
-vaincre.
-
-3. L’*æmulatio* dispute une supériorité quelconque; la
-*rivalitas* soutient une lutte pour emporter la première place
-dans le cœur d’une personne. Cic. Tusc. IV, 26, 56. Illa vitiosa
-*æmulatione* quæ *rivalitati* similis est, æmulari quid habet
-utilitatis? A quoi bon poursuivre une personne de cette
-émulation fâcheuse qui ressemble à de la jalousie?
-
-4. L’*imitatio* est un effort pour devenir ce qu’on n’est pas
-encore, mais ce qu’on deviendrait volontiers et ce qu’on peut
-devenir en effet; la *simulatio*, un effort pour paraître ou
-devenir ce qu’on n’est point, ne peut ni ne doit être, parce que
-la nature s’y oppose. L’*imitatio* est le chemin qui conduit à
-un idéal réel ou imaginaire; la *simulatio* reste toujours un
-plagiat.
-
-—Immanis, v. *Magnus*.
-—Impensa, v. *Sumptus*.
-—Impar, v. *Æquus*.
-—Imperare, v. *Jubere*.
-
-Impertire. Tribuere. Participare. Communicare.
-*Impertire* et *tribuere* signifient partager, distribuer, sans
-donner à entendre que le donateur réserve une part pour lui:
-*impertire* présente ce partage comme un acte libre, volontaire,
-de pure bonté; *tribuere*, comme un acte de justice et de
-prudence. *Participare* et *communicare*, admettre les autres à
-un partage dont on profite soi-même: *participare*, faire
-participer, se rapporte généralement à la personne qui reçoit,
-qui est appelée à prendre part, *communicare*, mettre en commun,
-à la chose dont on fait part et à l’usage de laquelle cette
-personne doit participer.
-
-—Impietas, v. *Delictum*.
-—Impius, v. *Scelestus*.
-—Imponere, v. *Fallere*.
-
-Imus. Infimus.
-*Imum*, la partie la plus basse dans un tout indivisible;
-*infimum*, la base ou le dessous dans un tout divisible.
-L’*imum* est en bas; l’*infimum*, en dessous. Cic. Rosc. com. 7.
-Ab *imis* unguibus usque ad summum verticem. De la plante des
-pieds au sommet de la tête. Comparez avec Divin. I, 33. Ut ab
-*infima* ara subito anguis emergeret. Un serpent sortit tout à
-coup de dessous l’autel. Et avec N. D. II, 20. Luna *infima* est
-quinque errantium. Des cinq planètes, c’est la lune qui est en
-dessous. *Imus* n’exprime d’ailleurs qu’un rapport de lieu;
-*infimus* contient une idée accessoire, celle du dernier rang.
-
-—Inambulare, v. *Ambulare*.
-
-Inanis. Vacuus.
-*Inanis*, ce qui est vide au lieu d’être rempli, ce qui ne
-contient rien, par opposition à *plenus*; *vacuus*, ce qui est
-vacant et peut encore se remplir, ce qui n’a point de maître,
-par opposition à *occupatus* ou à *obsessus*. Tac. Ann. VI, 34.
-Jason post avectam Medeam genitosque ex ea liberos *inanem* mox
-regiam *vacuos*que Colchos repetivit, c’est-à-dire le palais
-désert, mort, et le peuple sans maître. Au figuré: *inane*,
-c’est ce qui n’existe point, *vacuum* ce qui est libre.
-
-—Incassum, v. *Frustra*.
-—Incedere, v. *Ire*.
-—Incestus, v. *Inficetus*.
-—Incastus. v. Inficetus,
-—Incendere, v. *Accendere*.
-—Inchoare, v. *Incipere*.
-
-Incipere. Ordiri. Inchoare. Coepisse.
-1. *Incipere*, marque le commencement par opposition à
-l’inaction qui précède et qui suit, c’est-à-dire, à *cessare* et
-à *desinere*, *desistere*, *finire*; *ordiri*, par opposition à
-la continuation de l’action, c’est-à-dire à *continuare*, et à
-son correspondant intransitif *pergere*; enfin, *inchoare*,
-*incohare*, par opposition à l’achèvement ou à l’accomplissement
-de l’action, c’est-à-dire à *perficere*, *consummare*,
-*peragere*, *absolvere*, etc. Cic. Off. I, 37. Ut incipiendi
-ratio fuerit, ita sit desinendi modus. Sachez entrer en matière,
-sachez aussi vous arrêter. Varron. R. R. III, 16. Apes cum
-*evolaturæ* sunt, aut etiam *inceperunt*, consonant vehementer.
-Lorsque les abeilles vont s’envoler ou qu’elles viennent de
-partir, elles font entendre un fort bourdonnement. Cic. Finn.
-IV, 6. Hoc *inchoati* cujusdam officii est, non *perfecti*. Ceci
-n’est encore qu’une ébauche et non point une œuvre achevée. Cic.
-Fr. ap. Non. *Perge*, quæso, nec enim imperite *exorsus* es.
-Continuez, je vous prie, votre début n’est point maladroit.
-
-2. *Cœpi* a le même opposé qu’*incipere*. Sen. Cons. Polyb. 20.
-Quicquid *cœpit* et *desinit*; mais *cœpi* appelle plus
-fortement l’attention sur l’action qui commence, et *incepi* sur
-le commencement que prend l’action. *Cœpi* est une sorte de
-verbe auxiliaire, *incepi* est emphatique; *cœpi* se rapporte
-d’habitude à un infinitif et *incipere* à un substantif. Cic.
-Verr. V, 10. Quum *ver esse cœperat* (sed quum rosam viderat,
-tum ver *incipere* arbitrabatur), dabat se labori. Quand le
-printemps revenait, mais le printemps ne datait pour lui que des
-roses, il affrontait la fatigue.
-
-Incitare. Instigare. Irritare. Instinctus.
-1. *Incitare*, synonyme d’*hortari*, porter un paresseux par de
-bonnes paroles, par des encouragements, des apostrophes à une
-action presque toujours louable; *instigare*, synonyme de
-*stimulare*, pousser bon gré, mal gré une personne à une action
-hardie par des moyens énergiques comparables à des coups
-d’aiguillon, par reproches, promesses, menaces; *irritare*,
-synonyme d’*exacerbare*, exciter à un acte de violence un
-personnage paisible en remuant ses passions, son ambition, ses
-désirs de vengeance. Ter. Andr. IV, 2, 9. Age si hic non insanit
-satis sua sponte, *instiga*. Va, s’il ne s’emporte pas assez
-tout seul, pousse à la roue. Lucr. IV, 1075. Et *stimuli*
-subsunt qui *instigant* lædere id ipsum. Et des aiguillons
-secrets les poussent à blesser ce qu’ils aiment.
-
-2. *Instigatus*, aiguillonné par une cause extérieure et
-profane, par des paroles, des ordres; *instinctus*, poussé par
-une cause intérieure d’un ordre élevé, inspiration, amour, voix
-de Dieu.
-
-—Inclytus, v. *Celeber*.
-
-Incolere. Habitare. Incola. Inquilinus. Colonus.
-1. *Incolere* est transitif comme habiter; *habitare*, neutre
-comme demeurer. En outre, *incolere* rappelle l’idée du pays
-auquel on appartient en qualité de citoyen ou de sujet;
-*habitare*, celle de la maison où l’on est établi à demeure en
-qualité de propriétaire ou de locataire.
-
-2. *Incola*, au sens restreint, le sujet par opposition au
-citoyen, μέτοιϰος; *inquilinus*, le locataire par opposition au
-propriétaire de la maison ou *dominus*, σύνοιϰος; *colonus*, le
-fermier par opposition au propriétaire foncier, à peu près comme
-θής.
-
-—Incolumis, v. *Salvus*.
-—Incurvus, v. *Curvus*.
-—Indagare, v. *Quærere*.
-—Indignari, v. *Succensere*.
-—Indulgere, v. *Concedere*.
-—Incuriosus, v. *Tutus*.
-—Incusare, v. *Arguere*.
-—Indigere, v. *Carere*.
-—Indoles, v. *Ingenium*.
-—Industria, v. *Opera*.
-—Inedia, v. *Fames*.
-—Inertia, v. *Ignavia*.
-—Infamia, v. *Ignominia*.
-—Infans, v. *Puer*.
-—Infensus, infestus, v. *Adversarius*.
-
-Inficetus. Infacetus. Incestus. Incastus.
-1. *Inficetus* exprime un blâme positif et se dit d’un homme
-lourd et sans goût; *infacetus* n’exprime qu’un blâme négatif,
-c’est un homme qui n’a point d’esprit à revendre.
-
-2. Et de même *incestus* celui qui a souillé son propre sang;
-*incestus*, celui qui n’est point chaste.
-
-—Infidelis, infidus, v. *Fidus*.
-—Infitiari, infitias ire, v. *Negare*.
-—Infimus, v. *Imus*.
-—Inflammare, v. *Accendere*.
-
-Infortunium. Calamitas. Infelicitas. Miseria.
-*Infortunium* et *calamitas* désignent un accident isolé:
-*infortunium* un accident fâcheux, un petit malheur, par exemple
-la perte d’une bourse, des coups qu’on a reçus; *calamitas* un
-accident tragique comme la perte d’une personne qu’on aime, de
-la fortune. *Infelicitas* et *miseria* expriment une position
-malheureuse et durable: *infelicitas* comme une simple privation
-de bonheur; *miseria* comme une misère réelle et accablante.
-
-Ingenium. Natura. Indoles.
-*Ingenium* et *natura*, le naturel considéré comme la base
-inébranlable de l’individualité humaine et comme rebelle à toute
-altération: *ingenium* se rapporte de préférence aux dons de
-l’esprit, *natura* à ceux du cœur. *Indoles*, le naturel
-considéré comme le germe de l’individualité et comme susceptible
-de culture.
-
-—Ingluvies, v. *Faux*.
-—Ingruere, v. *Irruere*.
-—Inimicus, v. *Adversarius*.
-—Ingredi, v. *Inire* et *Ire*.
-—Inimicitia, v. *Odium*.
-
-Inire. Intrare. Introire. Ingredi.
-1. *Inire* ne s’emploie guère qu’au figuré, c’est se mettre à
-quelque chose, par exemple, *inire pugnam*, *numerum*, engager
-le combat, chercher un nombre; *intrare*, *introire*, *ingredi*
-expriment l’action d’entrer au sens propre; mais *intrare* est
-d’ordinaire transitif, il a l’accent sur sa racine verbale,
-*introire* est neutre, il a l’accent sur sa racine adverbiale.
-Dans *intrare curiam* on songe surtout au seuil qu’on franchit,
-dans *introire*, aux quatre murs entre lesquels on va
-s’enfermer.
-
-2. *Intrare* et *introire* supposent un espace fermé à dessein
-par des murailles, des barrières, des bornes; *ingredi* ne
-suppose qu’un espace étranglé, une route, *viam*, un pont,
-*pontem*.
-
-Initium. Principium. Primordium.
-1. *Initium*, commencement au sens abstrait, comme simple point
-de départ, par opposition à *exitus*; *principium*, au sens
-concret, comme la partie qui se présente avant les autres
-lorsqu’il s’agit de choses, qui précède lorsqu’il s’agit
-d’actions, par opposition à *extremum*. *Initium* n’est qu’un
-commencement dans le temps, *principium* est en outre une base
-posée dans l’espace. L’*initium* disparaît dans ce qui suit, le
-*principium* sert de fondement aux progrès ultérieurs. Les
-*initia philosophiæ* sont les rudiments au-dessus desquels le
-disciple s’élève dans le cours de ses études, les *principia*
-sont les principes auxquels il faut toujours revenir. *Initio*
-signifie ordinairement d’abord comme ceci et ensuite autrement;
-*principio*, dès l’abord et toujours de même.
-
-2. *Primordium* est un augmentatif emphatique de *principium*,
-et suppose un vaste système dont l’origine est assez reculée
-pour qu’on puisse distinguer entre un commencement apparent et
-un commencement réel, primordial, élémentaire.
-
-—Injuria, v. *Contumelia*.
-—Innocentia, v. *Virtus*.
-
-Innumerus. Innumerabilis.
-*Innumerus*, terme poétique et choisi, comme sans nombre,
-ἀνήριθμος; *innumerabilis*, terme prosaïque et usuel, comme
-innombrable, ἀναρίθμητος.
-
-—Inopia, v. *Paupertas*.
-—Inquilinus, v. *Incolere*.
-—Insanus, v. *Amens*.
-—Inscius, v. *Cognitio*.
-—Insimulare, v. *Arguere*.
-—Insomnis, v. *Vigil*.
-—Instigare, v. *Incitare*.
-—Inquam, v. *Dicere*.
-—Inquinare, v. *Contaminare*.
-—Inscendere, v. *Scandere*.
-—Insignis, v. *Eminens*.
-—Insolentia, v. *Superbia*.
-—Insomnium, v. *Somnus*.
-
-Instituere. Instaurare. Restituere. Restaurare.
-*Instituere*, prendre un arrangement profane; *instaurare*,
-organiser une cérémonie sainte, vénérable ou du moins une
-entreprise importante, par exemple un sacrifice, des jeux sacrés
-ou des fêtes, la guerre ou une bataille. *Instituere* est un
-terme usuel, *instaurare* un terme pompeux et choisi. Même
-différence entre *restituere* et *restaurare*.
-
-—Instituere, v. *Erudire*.
-—Insuper, v. *Præterea*.
-—Integrare, v. *Iterum*.
-—Instructus, v. *Præditus*.
-—Integer, v. *Salvus*.
-
-Intelligere. Sentire. Cognoscere.
-*Intelligere* se dit des notions rationnelles dues à la
-réflexion qui combine des idées; *sentire*, des notions
-naturelles qui s’acquièrent par voie de sentiment, par des
-perceptions ou des impressions instantanées des sens ou de
-l’esprit; enfin, *cognoscere*, des notions historiques fondées
-sur le témoignage des sens et de la tradition, Sen. Ir. III, 13.
-Quidni gauderet, quod iram suam multi *intelligerent*, nemo
-*sentiret*? Je conçois que Socrate ait ressenti un mouvement de
-joie quand sa colère que tous ses familiers discernaient ne
-frappait les yeux de personne. Cic. N. D. III, 24. Quare autem
-in his vis deorum insit tum *intelligam* quum *cognovero*. Quant
-à leur divinité, je la comprendrai quand j’aurai appris à la
-connaître.
-
-Intercapedo. Interruptio. Interpellatio. Interlocutio.
-*Intercapedo* et *interruptio*, interruption d’une action, d’une
-affaire: l’*intercapedo* est polie, souvent même bienveillante;
-l’*interruptio* est violente, elle trouble. *Interpellatio* et
-*interlocutio*, interruption d’un discours par un autre discours
-qui vient à la traverse: l’*interpellator* n’a d’autre but que
-d’empêcher l’orateur de continuer; l’*interlocutor* veut se
-faire entendre lui-même au beau milieu du discours d’un autre.
-
-—Interdicere, v. *Vetare*.
-—Interdum, v. *Nonnunquam*.
-—Interdiu, v. *Dies*.
-
-Interea. Interim.
-*Interea* se rapporte à une action durable qui tombe dans une
-période, comme cependant; *interim* à une action momentanée,
-comme là-dessus. Il y a entre eux la même corrélation qu’entre
-un temps passé et l’aoriste, entre un instant et une période.
-Cic. Quint. 6. Hæc dum Romæ geruntur... Quintius *interea* de
-agro detruditur. Voilà ce qui se passait à Rome; cependant
-Quintius est évincé de son champ: c’est-à-dire que la chose se
-fait peu à peu. Comparez avec Famm. X, 12. *Interim* ad me venit
-Manutius noster. Là-dessus je vois venir chez moi notre cher
-Manutius. Tac. Ann. XI, 32. Non rumor *interea* sed undique
-nuntii incedunt... Atque *interim* Ostiensem viam intrat.
-Cependant ce ne sont plus des bruits, ce sont des messagers qui
-arrivent de tous les côtés... Et là-dessus elle prend la route
-d’Ostie.
-
-—Interemptor, v. *Homicida*.
-—Interfector, v. *Homicida*.
-—Interesse, v. *Adesse*.
-
-Interficere. Perimere. Interimere. Negare. Occidere. Jugulare.
-Obtruncare. Trucidare. Percutere.
-1. *Interficere* et *perimere*, termes généraux, mettre à mort,
-faire mourir, tuer pour quelque motif et par quelque moyen que
-ce soit, faim, poison, corde, fer, supplice, ϰτείνειν: mais
-*interficere* est un terme ordinaire, *perimere* un terme
-archaïque, choisi, poétique. *Interimere* suppose accessoirement
-que la chose passe inaperçue, comme se défaire de quelqu’un,
-ἀναιρεῖν; *necare* implique une idée d’injustice ou du moins de
-cruauté, comme assassiner, φονεύειν. Cic. Tusc. V, 20. Dionysius
-alterum jussit *interfici*, quia viam demonstravisset
-*interimendi* sui. Denys le fit mettre à mort pour avoir montré
-comment on pouvait se défaire de lui. Fr. Arat. 11. Quem neque
-tempestas *perimet*, nec longa vetustas *interimet*. Il ne
-périra point sous l’effort d’une saison, il ne succombera point
-à la lente action des siècles. Curt. IX, 7, 8. Boxum *protinus*
-placuit *interfici*; Biconem etiam per cruciatus *necari*. Il
-voulut qu’on mit sur-le-champ Boxus à mort, mais qu’on fît périr
-Bicon dans les tourments.
-
-2. *Occidere*, *jugulare*, *trucidare*, *obtruncare*,
-*percutere*, expriment une mort sanglante: *occidere*, porter
-par terre, c’est le fait du soldat dans un combat franc et
-loyal; *jugulare*, couper la gorge ou le cou, ou plutôt tuer
-d’un coup savant sous la clavicule, c’est le fait du bandit qui
-veut imiter le gladiateur, σφάξαι; *obtruncare*, tailler en
-pièces, massacrer, couper en morceaux comme un meurtrier
-maladroit; *trucidare*, tuer à loisir comme un boucher, en homme
-avide de sang qui met à mort sans rencontrer de résistance et
-triomphe d’une victime sans défense; *percutere*, exécuter,
-simple action mécanique, office du bourreau ou de tout autre
-exécuteur d’une condamnation ou d’un ordre. Senec. Contr. III,
-21. Nec dominum *occidit*, nec domino *venenum* dedit. Il n’a ni
-poignardé ni empoisonné son maître. Hor. Ep. 1, 2, 32. Ut
-*jugulent* homines surgunt de nocte latrones. Les brigands
-sortent de l’ombre pour égorger le monde. Sall. Fr. Cæteri vice
-pecorum *obtruncantur*: en sorte qu’on voyait à terre comme sur
-un étal des membres détachés. Tac. Hist.... Juberet *interfici*;
-offerre se corpora iræ; *trucidaret*. Il n’avait qu’à les faire
-mourir; ils étaient prêts à servir de victimes à sa colère: il
-pouvait les tuer à son aise. Cic. Rosc. Am. 34. Cujus consilio
-*occisus* sit invenio; cujus manu *percussus* sit non invenio.
-Je discerne l’auteur, je ne découvre pas l’instrument de cette
-mort sanglante.
-
-—Interitus, v. *Lues* et *Mors*.
-—Interlocutio, v. *Intercapedo*.
-
-Intermittere. Omittere.
-*Intermittere*, suspendre, remettre une affaire à un autre temps
-dans l’espérance et dans le dessein de la reprendre: *in tempus
-mittere* cum spe consilioque resumendi; *omittere*, abandonner.
-Varron. Fr. Studia tantum *intermittantur*, ne *omittantur*.
-Interrompez vos études, ne les abandonnez jamais.
-
-—Intermori, v. *Mors*.
-—Interrogare, v. *Rogare*.
-—Intestina, v. *Caro*.
-—Intueri, v. *Videre*.
-—Invadere, v. *Irruere*.
-—Interpellatio, v. *Intercapedo*.
-—Interruptio, v. *Intercapedo*.
-—Intrare, introire, v. *Inire*.
-—I nunc, v. *Agere*.
-
-Invenire. Reperire. Deprehendere. Nancisci. Adipisci. Consequi.
-Assequi.
-1. *Invenire*, terme général, trouver dans toutes les
-conjonctures; *reperire* et *deprehendere* supposent un objet
-caché qu’on songe et qu’on s’applique à trouver: mais le
-*reperiens* se borne à découvrir ce qu’il ne voyait point
-d’abord et qui s’offre ensuite à ses yeux, ἀνευρεῖν; le
-*deprehendens* découvre ce qui voulait se cacher ou échapper et
-qui tombe en son pouvoir. Tac. Ann. I, 74. Perniciem aliis ac
-postremo sibi *invenere*. De bourreaux qu’ils étaient, ils
-finirent par se trouver victimes. Comparez avec XIV, 3. Cædes
-quonam modo occultaretur nemo *reperit*. Personne ne vit jour à
-cacher le meurtre.
-
-2. *Invenire*, *reperire*, *deprehendere* ont pour terme un
-objet caché qu’on découvre; *nancisci*, *adipisci*, *assequi* et
-*consequi*, un objet éloigné qu’on atteint: le *nanciscens*
-arrive au terme avec ou sans peine, parfois même sans le
-souhaiter; c’est une rencontre; l’*adipiscens* a une lutte à
-soutenir; c’est une victoire; le *consequens* voit ses désirs
-comblés, qu’il y ait ou non mis du sien; c’est un bonheur;
-l’*assequens* voit sa constance et ses efforts couronnés; c’est
-un succès. Suet. Tib. 10. Titus ad primam statim mansionem
-febrim *nactus*. Titus prit la fièvre à la première halte.
-Comparez avec Dom. 15. Nero in *adipiscenda* morte manu
-Epaphroditi adjutus est. Néron ne parvint à se donner la mort
-qu’en se faisant aider par la main d’Epaphroditus. Cic. Att. X,
-12. *Nactus* Curionem omnia me consecutum putavi. J’avais eu la
-chance de trouver Curion, je crus avoir tout gagné. Rosc. Com.
-4. Ut neque nihil neque tantum quantum *postulavimus
-consequamur*. Il ne s’agit plus de recevoir tout ce que nous
-avons demandé, il s’agit de ne pas être réduits à rien. Dans
-Cicéron, Mil. 11: Nihil dico quid respublica *consecuta* sit,
-nihil quod vos, nihil quod omnes boni. Je ne tiens aucun compte
-de ce que gagne la république, de ce que vous gagnez vous-mêmes,
-de ce que gagnent tous les gens de bien (à la mort de Clodius à
-laquelle Milon a seul contribué); *assecuta sit* ne serait pas à
-sa place, et réciproquement *consequuntur* serait faible dans ce
-passage de Sen. Brev. 17. Operose assequuntur quæ volunt, anxie
-tenent quæ *assecuti* sunt. Ce qu’ils désirent est pénible à
-acquérir, ce qu’ils ont acquis est inquiétant à garder. Cic.
-Fam. I, 7, 10. Omnia quæ ne per populum quidem sine seditione se
-*assequi* arbitrabantur, per senatum *consecuti sunt*. Ils ont
-reçu des mains du sénat tous les avantages qu’ils désespéraient
-d’acquérir par l’appui du peuple à moins de le soulever.
-
-—Invertere, v. *Vertere*.
-—Investigare, v. *Quærere*.
-—Invicem, v. *Vicissim*.
-
-Invidia. Livor. Invidentia. Malignitas. Obtrectatio.
-Detrectatio.
-1. *Invidia*, envie qui fait qu’on regarde les gens de travers
-et qu’on leur en veut pour des motifs tantôt avouables, tantôt
-immoraux, le plus souvent, mais non point toujours par égoïsme,
-ὑποψία; *livor*, envie dévorante qui infecte l’âme entière et
-qui ôte au corps même les fraîches couleurs de la vie.
-
-2. *Invidia*, terme usuel qui se prend au sens actif pour
-l’envie qu’on porte aux autres, et au sens passif pour l’envie
-dont on est l’objet de leur part; *invidentia*, néologisme de
-Cicéron pour l’envie qu’on porte.
-
-3. *Invidia* et *livor* présentent l’envie comme un accès
-passager; *malignitas*, comme un défaut d’habitude et de nature,
-par opposition à la bonté d’âme ou de cœur. L’*invidus* et le
-*lividus* envient certains biens à certaines personnes dans
-certaines circonstances; le *malignus* est incapable de rien
-souhaiter d’heureux à tout autre qu’à lui-même.
-
-4. *Invidia*, *livor*, *malignitas*, ne marquent qu’un sentiment
-ou un tour d’esprit; *obtrectatio* marque une action ou une
-façon d’agir qui procède de ce sentiment et qui tend à nuire à
-celui qu’on envie par des moyens honteux, comme le dénigrement,
-par exemple. On ne conçoit point l’*obtrectatio* sans *invidia*,
-mais on peut concevoir l’*invidia* sans *obtrectatio* quand
-l’envie est trop lâche pour s’engager dans une lutte.
-
-5. L’*obtrectatio* suppose un rival et tire son origine de la
-jalousie; la *detrectatio* ne suppose qu’un adversaire et
-provient de l’aversion.
-
-—Invidia, v. *Odium*.
-—Jocus, v. *Ludus*.
-—Irasci, v. *Succensere*.
-
-Ire. Meare. Gradiri. Ingredi. Incedere. Vadere.
-1. *Ire* et *meare* expriment la marche, en général, comme
-mouvement d’un lieu vers un autre, *ire*, ἰέναι, se disant
-particulièrement des hommes, c’est la suite d’un acte de
-volonté; *meare*, φοιτᾷν, se dit particulièrement des bêtes, des
-vaisseaux, des cours d’eau, des astres: c’est un mouvement
-mécanique auquel la volonté n’a point de part. *Gradiri* et
-*ingredi*, *incedere* et *vadere* ajoutent à l’idée générale des
-idées accessoires et précises sur la manière de marcher:
-*gradiri* et *ingredi*, une idée de calme et de régularité, par
-opposition à *serpere*, *currere*, *stare*, comme ϐαδίζειν;
-*incedere*, une idée de fierté, de mesure et de convenance à
-propos d’une cérémonie, d’une revue, par opposition à
-*ambulare*, comme ἐμϐαίνειν; *vadere*, une idée de bonne volonté
-et de vivacité, en voyage, dans une attaque de vive force, par
-opposition à *repere*? comme χωρεῖν.
-
-2. *Ingressus*, la marche en général; *incessus*, la démarche
-qui tient à l’individu et à laquelle on le reconnaît comme à une
-seconde physionomie. *Ingressus* est un terme purement physique;
-*incessus*, un terme moral et esthétique.
-
-—Irridere, v. *Ridere*.
-—Irritus, v. *Frustra*.
-—Irritare, v. *Incitare* et *Lacessere*.
-
-Irruere. Irrumpere. Ingruere. Invadere.
-*Irruere*, entrer en courant, à la hâte et à l’étourdie;
-*irrumpere*, pénétrer par force et violence; *ingruere*, avec
-menaces et importunité; *invadere*, tomber quelque part avec
-audace et brusquerie.
-
-Iter. Meatus. Via. Trames. Semita. Callis.
-1. *Iter* et *meatus* expriment, au sens abstrait, le chemin
-qu’on fait, la marche, le voyage: *iter*, le chemin que fait un
-être raisonnable; *meatus*, celui que fait un être sans raison
-et sans volonté; mais *via*, c’est le chemin sur lequel on
-marche, c’est un terme concret. Hor. Od. III, 2, 22. Virtus
-negata tentat *iter via*. La vertu se fraye des routes
-nouvelles. Cic. Att. V, 14. *Iter* conficiebamus æstuosa et
-pulverulenta via. Nous cheminions sur une route brûlante et
-poudreuse.
-
-2. *Iter*, pris comme terme concret, chemin, direction qui mène
-au but, comme ϰέλευθος; il n’est pas nécessaire que ce soit une
-voie frayée et fréquentée. *Via*, voie sinon construite, du
-moins régulière et battue, comme ὁδός. César entend, par
-*viarum* atque *itinerum* duces, des guides tenus de montrer les
-routes et les sentiers praticables et d’indiquer la direction à
-suivre quand les voies frayées venaient à manquer.
-
-3. *Via* et *iter* peuvent être étroits ou larges; *trames*,
-*callis* et *semita* ne désignent qu’un chemin ou un sentier
-étroit: *trames*, un chemin ou une rue de traverse, à la
-campagne ou à la ville, propre à conduire au but plus
-promptement ou plus secrètement que la grand’route; *semita*, un
-sentier pour les piétons, souvent un trottoir qui court à côté
-de la route carrossable, οἶμος; *callis*, un chemin de montagne
-ou de forêt qui n’est guère praticable que pour le bétail,
-ἀτραπός. Plaut. Cas. III, 5, 42. De *via* in *semitam* degredi.
-Quitter la route pour un sentier. Cic. Phil. XIII, 9, 19.
-Egressus est non *viis* sed *tramitibus* paludatus. Il n’osa
-suivre les rues et prit les ruelles pour sortir de Rome en tenue
-de général. Virg. Æn. IX, 383. Rara per occultos lucebat
-*semita* *calles*, c’est-à-dire qu’Euryale et Nisus cherchent à
-s’échapper par des sentiers, *semita*, mais qu’ils ont de la
-peine à en découvrir faute de clarté, d’autant que les ombres de
-la nuit et de la forêt leur cachent même les chemins, *calles*.
-
-—Iter facere, v. *Proficisci*.
-
-Iterum. Rursus. Denuo. De integro. Repetere. Integrare.
-1. *Iterum* veut dire, comme δεύτερον, pour la seconde fois;
-*rursum* ou *rursus*, αὖθις et πάλιν, une fois de plus, encore
-une fois; *denuo*, νέοθεν, de nouveau: il semble qu’on n’ait
-encore rien fait; *de integro*, αὖθις ἐξ ὑπαρχῆς, derechef, sur
-de nouveaux frais: c’est l’idée précédente exprimée avec plus de
-force. Justin, XXI, 4, 6. Нос consilio præventus *iterum*
-servitia concitat statutaque *rursus* cædium die, quum *denuo*
-se proditum videret. Prévenu dans ce dessein, il soulève une
-seconde fois les esclaves, fixe encore une fois le jour du
-massacre, et, se voyant de nouveau trahi...
-
-2. De même, *pugnam iterare* signifie livrer une seconde
-bataille; *pugnam repetere*, reprendre le combat; *pugnam
-renovare*, le renouveler, et *pugnam integrare*, recommencer la
-bataille sur de nouveaux frais. Auct. Herenn. II, 3, 47.
-Enumeratio est per quam colligimus et commonemus quibus de rebus
-verba fecerimus, breviter, ut *renovetur*, non *redintegretur*
-oratio. L’énumération résume et rappelle les points sur lesquels
-on a parlé; elle est courte, il s’agit de reprendre, non de
-recommencer le discours.
-
-Jubere. Imperare. Præcipere. Mandare.
-*Jubere*, ordonner une chose parce qu’on souhaite et qu’on veut
-qu’elle soit faite, par opposition à *vetare*, comme ϰελεύειν;
-*imperare*, commander militairement en vertu de la supériorité
-de grade, ἄρχειν; *præcipere*, prescrire en vertu de l’autorité
-de précepteur, de gouverneur, à peu près comme ἐντέλλεσθαι;
-*mandare*, charger d’une affaire une personne qui a toute notre
-confiance, ἐφίεσθαι.
-
-—Jucundus, v. *Gratus*.
-—Jugum, v. *Mons*.
-—Jugulare, v. *Interficere*.
-—Jumentum, v. *Pecus*.
-—Jurgium, v. *Disceptatio*.
-
-Jusjurandum. Juramentum. Sacramentum.
-*Jusjurandum* et *juramentum*, qui est d’une époque postérieure,
-serment civil par lequel on confirme ou promet quelque chose;
-*sacramentum*, serment militaire par lequel le soldat s’engage
-et se lie au drapeau. Liv. XXII, 38. Milites tunc quod nunquam
-antea factum erat *jurejurando* a tribunis militum adacti jussu
-consulum conventuros neque injussu abituros; nam ad eam diem
-nihil præter *sacramentum* fuerat. Les tribuns militaires firent
-jurer aux soldats qu’ils se réuniraient sur l’ordre des consuls
-et ne se retireraient point sans leur ordre. Cela ne s’était pas
-encore vu; il n’y avait jamais eu jusqu’à ce jour que le serment
-aux aigles.
-
-—Juvare, v. *Auxilium*.
-—Juvenis, v. *Puer*.
-
-Juventa. Juventus. Juventas. Juvenalis. Juvenilis.
-1. *Juventa*, la jeunesse considérée comme une période de la
-vie; *juventus*, comme la classe des jeunes gens; *juventas*,
-comme une déesse.
-
-2. *Juvenalis*, terme indifférent pour tout ce qui se rapporte
-aux jeunes gens ou élogieux, par opposition à la faiblesse de
-l’âge; *juvenilis* contient une idée morale accessoire, celle
-des goûts que comporte le caractère des jeunes gens, la plupart
-du temps avec une teinte de blâme, par opposition à la maturité
-de l’âge.
-
-
-L
-
-
-Labare. Titubare. Vacillare. Nutare.
-*Labare* caractérise le chancellement par rapport au corps
-entier qui ne pose point sur une base solide; *titubare*, par
-rapport aux jambes qui refusent le service et se dérobent;
-*vacillare*, par rapport au haut du corps qui n’a point une
-attitude droite, tranquille, sûre; enfin, *nutare*, par rapport
-à la tête qui ne se soutient plus. Le *titubans* menace de
-s’affaisser sur lui-même; le *vacillans*, de tomber à la
-renverse. La *titubatio* est l’indice de la faiblesse
-corporelle; la *vacillatio*, d’un manque de dignité extérieure,
-de calme et de décence.
-
-—Labes, v. *Vitium*.
-
-Labi. Cadere.
-*Labi*, tomber, par rapport au point de départ et à l’espace que
-le corps traverse dans sa chute, tendre vers la terre, ὀλισθεῖν;
-*cadere*, tomber, par rapport au point que le corps atteint au
-bout de sa chute, arriver à terre, πεσεῖν. Virg. Æn. VI, 310.
-*Lapsa* *cadunt* folia. Les feuilles se détachent, glissent et
-tombent. Cic. Brut. 49. Quibus vitiis *labatur* aut *cadat*
-orator. Les défauts qui égarent ou renversent l’orateur.
-
-Labor. Molestia. Ærumna.
-1. *Labor*, le travail qui met les forces en jeu et fatigue,
-πόνος; *molestia*, la peine qui fait naître la mauvaise humeur
-parce qu’elle est trop grande ou qu’elle vient mal à propos,
-χαλεπότης; *ærumna*, l’accablement qui surpasse presque les
-forces humaines et terrasse le héros même, ταλαιπωρία; c’est un
-terme archaïque et à demi poétique. Cic. Finn. V, 32. Ut ubi
-virtus sit resque magnæ et summe laudabiles virtute res gestæ,
-ibi esse miseria et *ærumna* non possit, tamen *labor* possit,
-possit *molestia*. Soyez vertueux, accomplissez par vertu de
-grandes choses dignes du plus haut éloge, vous ne succomberez
-jamais sous le poids du malheur, mais vous serez toujours
-sensible à la fatigue et à la peine.
-
-2. *Laborare*, verbe intransitif, être au fort de la peine et du
-travail; *elaborare*, verbe transitif, produire quelque chose
-par sa peine et son travail.
-
-—Labor, v. *Opera*.
-
-Lacerare. Laniare.
-*Lacerare*, déchirer de vive force avec les mains, les griffes,
-les serres, les dents; *laniare*, découper à l’aide d’un
-instrument tranchant, les dents, griffes et serres pouvant
-d’ailleurs être considérées comme des instruments de ce genre.
-Appul. Metam. IV, p. 84. Morsibus *laceratus* ferroque
-*laniatus*. Déchiré par les morsures, tailladé par le fer.
-
-—Lacertus, v. *Ulna*.
-
-Lacessere. Irritare. Sollicitare.
-1. *Lacessere*, pousser à la contradiction, à la résistance la
-raison et la volonté; *irritare*, exciter jusqu’à la colère les
-sentiments ou les passions. Cic. Mil. 31. Ut vi *irritare*
-ferroque *lacessere* fortissimum virum auderet. Il osa irriter
-par la violence, provoquer par la vue des armes le plus
-courageux des hommes.
-
-2. *Lacessere*, exciter en troublant la paix d’une façon
-grossière; *sollicitare*, en troublant par finesse le repos des
-gens.
-
-Lacrimare. Plorare. Flere. Lamentari. Ejulare. Deflere.
-Deplorare.
-1. *Lacrimare* exprime la conséquence physique d’un mouvement de
-l’âme joyeux ou triste, comme δαϰρύειν, répandre des larmes;
-*plorare* est l’expression passionnée de la douleur, comme
-θρηνεῖν, hurler et crier. Entre les deux se trouve *flere*, qui
-a pour opposé *ridere*; il a de commun avec *lacrimare*
-l’absence de passion, et avec *plorare* le ressentiment de la
-douleur, c’est le grec ϰλαίειν, pleurer. Sen. Ep. 63. Nec sicci
-sint oculi amisso amico, nec fluant; *lacrimandum* est, non
-*plorandum*. Vous perdez un ami je n’exige pas que vos yeux
-soient secs, mais ne fondez pas en pleurs; versez des larmes, ne
-criez pas.
-
-2. *Lamentari* et *ejulare* sont encore des augmentatifs de
-*ploratus*: *lamentari* marque, comme ϰωχύειν, un hurlement
-prolongé; *ejulare*, un hurlement interrompu par des cris et des
-sanglots, comme ὀλολύζειν.
-
-3. *Plorare* et *flere* sont intransitifs; *deplorare* et
-*deflere*, transitifs.
-
-Lacuna. Lacus. Stagnum. Palus. Uligo. Lama. Lustrum.
-*Lacuna* signifie en langage poétique toute espèce d’eau
-dormante depuis la mer jusqu’à la mare; *lacus* et *stagnum*,
-eaux dormantes, mais salubres, entretenues et rafraîchies par
-des sources ou par un cours d’eau qui s’y jette et qui en sort:
-*lacus*, lac de taille à rappeler l’image de la mer et opposé à
-la mer, λίμνη; *stagnum*, étang assez grand pour ne point
-ressembler à une simple mare, par opposition à une rivière,
-τέναγος. *Palus* et *uligo*, eaux dormantes altérées et
-corrompues: *palus*, marais, contrée recouverte d’une eau
-corrompue, ἔλος; *uligo*, fondrière, terrain pénétré par une eau
-corrompue. Le marais, *palus*, offre l’aspect d’une masse d’eau
-troublée par la vase et le limon, où on peut se noyer; la
-fondrière, *uligo*, celui d’un sol amolli par l’eau, où on peut
-enfoncer. Enfin *lamæ* et *lustra* signifient des eaux dormantes
-de peu de circuit: *lamæ*, de simples flaques, humides et
-boueuses, sur des routes; *lustra*, des mares croupissantes qui
-blessent l’odorat et la vue, dans des forêts et ailleurs.
-
-Lædere. Violare. Offendere.
-*Lædere*, endommager, blesser, exprime une atteinte physique;
-*violare*, faire violence, une atteinte au droit; *offendere*,
-choquer, offenser, une atteinte au sentiment. *Lædere* se
-rapporte à un objet auquel il y a quelque chose à gâter;
-*violare*, à un objet pour lequel on a le droit de prétendre à
-des ménagements; *offendere*, à un être doué de raison et de
-sentiment. Cic. Off. I, 28, 99. Justitiæ partes sunt non
-*violare* homines, verecundiæ non *offendere*. Ne pas
-entreprendre sur les autres, c’est justice; ne les choquer en
-rien, c’est délicatesse. Sen. Ir. III, 18. Pleraque eorum
-propter quæ irascimur *offendunt* nos magis quam *lædunt*. Nos
-colères viennent très-souvent de ce qui nous choque plutôt que
-de ce qui nous nuit. Const. 4. Contumelia tantum delicatis
-gravis est, qua non *læduntur*, sed *offenduntur*. Une offense
-ne pèse qu’aux gens chatouilleux on ne leur a pas nui, mais on
-les a choqués. Ovid. Am. III, 3, 31. Formosas superi metuunt
-*offendere* *læsi*. Les dieux craignent d’offenser la beauté qui
-les a blessés.
-
-—Lætari, v. *Gaudere*.
-
-Lævis. Glaber. Fricare. Terere.
-1. *Lævis*, *levis*, lisse par opposition à ce qui est rude et
-raboteux, cela est joli et cause une impression agréable;
-*glaber*, nu et uni, par opposition à ce qui est garni de poils
-ou de cheveux, couvert d’une végétation; cela constitue un
-défaut et cause une impression désagréable.
-
-2. *Fricare*, polir pour rendre lisse, ψήχειν; *terere*, frotter
-pour diminuer le volume, τρίϐειν.
-
-—Lævus, v. *Sinister*.
-—Lama, v. *Lacuna*.
-
-Lambere. Lingere.
-*Lambere*, lécher lorsque la langue sert d’instrument comme la
-main pour saisir ou toucher un objet, que ce soit ou non un
-aliment, qu’il ait du goût ou qu’il n’en ait pas; *lingere*,
-lécher lorsqu’on emploie la langue comme organe du goût pour
-apprécier une saveur. Plin. H. N. XXXV, 7. Canem ex ære vulnus
-suum *lambentem*. Un chien de bronze qui passe la langue sur sa
-blessure. Comparez avec XXI, 4. Pecoribus sal datur *lingendus*.
-On donne au bétail du sel à lécher.
-
-—Lamentari, v. *Lacrimare*.
-—Laniare, v. *Lacerare*.
-—Lancea, v. *Missile*.
-
-Laniena. Macellum.
-*Laniena*, étal sur lequel le boucher, *lanius*, expose en vente
-des bêtes tuées et dépecées; *macellum*, marché où le
-*macellarius* débite toute sorte de viandes, menue viande,
-charcuterie, gibier, volaille, poisson.
-
-—Lapis, v. *Saxum*.
-
-Laqueus. Funis. Restis.
-1. *Laqueus*, nœud coulant fait à une corde; *funis* et
-*restis*, la corde même: *funis*, grosse corde destinée à tirer,
-à haler, et qui doit pour cette raison avoir une certaine
-longueur, σχοῖνος; *restis*, corde mince qui servait plutôt à
-lier et à suspendre et qui pouvait être courte, σπάρτη. Le trait
-qui attache le cheval de volée, *equus funalis*, la corde sur
-laquelle danse le funambule, le câble qui remorque la chaloupe
-d’un vaisseau, ne s’appellent jamais *restis* en prose; par
-contre une corde bonne pour se pendre, pour fouetter un esclave,
-pour servir de ceinture, ne prendra guère le nom de *funis*, à
-moins qu’un poète ne s’avise de préférer ce dernier terme comme
-le plus noble.
-
-2. *Rudentes*, les écoutes; *retinacula* et *oræ*, les câbles
-des ancres: *retinacula*, comme terme usuel et populaire; *oræ*,
-dans *oras solvere*, comme terme technique.
-
-—Largitio, v. *Donum*.
-
-Largus. Benignus. Liberalis. Munificus.
-*Largus* se dit de toute personne qui donne beaucoup, n’importe
-à qui, n’importe dans quelle vue, par opposition à *parcus*;
-*benignus*, *liberalis* et *munificus* n’expriment que des
-vertus. Le *benignus* obéit à un penchant de pure humanité, à
-l’amour du prochain; le *liberalis*, à un noble orgueil, à une
-juste estime de soi-même; le *munificus*, à une vanité bien
-placée qui ferait honneur à un prince. La *benignitas* donne
-abondamment parce qu’elle ne veut ni posséder ni jouir seule,
-c’est de la bonté d’âme; la *liberalitas* fait bien les choses,
-elle consiste à donner en proportion du rang qu’on tient et du
-mérite d’autrui, c’est le fait du galant homme chez lequel on ne
-retrouve aucune trace des calculs méticuleux du marchand; la
-*munificentia* donne plutôt trop que trop peu par plaisir de
-rendre heureux et de surprendre, comme la générosité.
-
-Larva. Persona.
-*Larva*, masque grotesque et effrayant; *persona*, masque bien
-fait qui représente un personnage connu.
-
-—Lascivus, v. *Petulans*.
-—Lassus, v. *Fatigatus*.
-
-Latebra. Latibulum.
-*Latebra*, lieu écarté ou obscur où l’on peut se cacher
-décemment; *latibulum*, réduit où il faut se glisser en rampant,
-comme une bête.
-
-Latrare. Gannire. Baubari.
-*Latrare* se dit de l’aboiement hostile d’un gros chien, et au
-figuré d’une querelle, ὑλαϰτεῖν; *gannire*, des jappements
-inoffensifs d’un petit chien, et au figuré du clabaudage,
-ϰνυζᾶσθαι; enfin, *baubari*, des hurlements et gémissements du
-chien, ϐαΰζειν.
-
-—Latro, v. *Præda*.
-—Latus, v. *Coxa*.
-—Lectus, v. *Cubile*.
-—Lembus, v. *Navigium*.
-—Legare, v. *Mittere*.
-—Lemures, v. *Spectrum*.
-—Lenis, v. *Mitis*.
-—Lentus, v. *Tardus*.
-
-Lepidus. Facetus. Festivus. Salsus. Dicax. Cavillator.
-*Lepos*, *facetiæ* et *festivitas* expriment un genre d’esprit
-inoffensif, la bonne humeur opposée à la gravité et propre à une
-âme bienveillante: *lepos*, l’esprit dispos et léger par
-opposition à la pesanteur; *festivitas*, la gaieté d’esprit par
-opposition à une gravité sombre; *facetiæ*, l’enjouement par
-opposition à un tour d’esprit grave et sérieux. *Sales*,
-*dicacitas*, *cavillatio*, expriment un genre d’esprit vif,
-caustique et pénétrant: *sales*, c’est le piquant opposé au fade
-et au trivial, voué à la recherche du trait, causant au hasard
-du plaisir ou de la peine; *dicacitas*, l’esprit satirique qui
-s’exerce aux dépens d’autrui, mais en sorte que la plaisanterie
-reste le but principal et que la moquerie ne soit qu’un
-accessoire; *cavillatio*, l’esprit moqueur pour lequel la
-blessure à faire est le point important, la plaisanterie un
-simple instrument et une forme comme une autre. Cic. Orat. 30.
-Demosthenes non tam *dicax* fuit quam *facetus*. Est autem illud
-acrioris ingenii, hoc majoris artis. Démosthène est plutôt un
-esprit enjoué qu’un esprit satirique. La satire exige plus de
-vivacité naturelle, l’enjouement plus de savoir-faire.
-
-—Letum, v. *Mors*.
-—Libare, v. *Sapor*.
-—Liberalis, v. *Largus*.
-—Levis, v. *Lævis*.
-—Libenter, v. *Sponte*.
-—Liberalitas, v. *Donum*.
-
-Libertus. Libertinus.
-*Libertus*, l’affranchi par rapport à son maître et par
-opposition à *servus*; *libertinus*, par rapport à sa condition
-et par opposition à *civis* et *ingenuus*. Sen. Contr. III, 21.
-Quærendus mihi gener erat *libertinus*; quid ergo? alieno potius
-*liberto*? J’étais réduit à chercher un gendre dans la classe
-des affranchis. Eh bien, pourquoi pas le mien, plutôt que celui
-d’un autre? Cic. Verr. I, 47. Trebonius fecit heredem *libertum*
-suum... Equiti Romano *libertinus* homo fit heres. Trébonius
-prit son affranchi pour héritier. Un homme de la classe des
-affranchis devient héritier d’un chevalier romain. Tac. Ann.
-XIII, 27. Si separarentur *libertini*, manifestam fore penuriam
-ingenuorum. On n’avait qu’à compter tout ce qui appartenait à la
-classe des affranchis; on ne verrait que trop clairement combien
-on manquait d’hommes libres.
-
-—Libido, v. *Cupido*.
-
-Libra. Pondo.
-L’expression complète est *libra pondo*, mot à mot une balance,
-un plateau de balance chargé de manière à faire équilibre à
-l’unité de poids, une livre pesant; *libra* est la formule la
-plus vague: l’ellipse de *pondo* ouvre la porte à une équivoque,
-on pourrait croire qu’il s’agit de la balance même; *pondo* est
-une expression elliptique, en ce sens que l’idée accessoire,
-celle du poids, représente en même temps l’idée principale,
-celle de l’unité de poids. Il y a la même différence entre
-*operæ pretium est* d’une part, et *operæ est*, *pretium est*,
-de l’autre.
-
-Librare. Vibrare.
-*Librare hastam*, balancer une pique horizontalement afin de la
-lancer avec plus de force et de justesse; *vibrare*, la brandir
-d’avant en arrière, ou de haut en bas pour témoigner de l’envie
-qu’on a de combattre.
-
-—Liburna, v. *Navigium*.
-—Licet, v. *Concessum est*.
-
-Ligare. Viere. Vincire. Nectere. Obligare. Obstringere.
-Devincire.
-1. *Ligare* et *viere*, synonymes de *copulare*, lier pour
-empêcher que les parties ne se séparent, δέειν; *vincire* et
-*nectere*, synonymes de *coercere*, enchaîner pour prévenir la
-liberté des mouvements, δεσμεύειν.
-
-2. *Ligare* est le terme général; *viere*, le terme technique à
-l’usage du tonnelier, du vannier, etc.
-
-3. *Obligare*, attacher par des prévenances; *obstringere*, lier
-par des bienfaits; *devincire*, enchaîner à soi par des
-relations intimes et durables. L’*obligatus* se sent engagé par
-les devoirs conventionnels de la vie du monde; l’*obstrictus*,
-par des devoirs de morale ou de religion; le *devinctus*, par
-des devoirs de piété.
-
-Lima. Scobina.
-*Lima*, outil pour polir; *scobina*, pour dégrossir.
-
-—Limes, v. *Finis*.
-—Lingere, v. *Lambere*.
-—Limus, v. *Lutum*.
-
-Lingua. Sermo.
-*Lingua*, langage du premier peuple venu, même le plus grossier,
-*gentis* ou *nationis*, pourvu qu’il ait un vocabulaire
-particulier pour rendre ses idées; *sermo*, langue d’un peuple
-civilisé, *populi*, servant d’expression à des pensées suivies.
-Notre idiome, *lingua*, nous est donné quand nous venons au
-monde comme la langue que nous avons dans la bouche, et ce terme
-se rapporte par préférence au matériel des mots; le *sermo*
-suppose comme le discours une certaine initiative personnelle,
-il comprend les règles de la grammaire et du style. Cic. Finn.
-3, 10. Sæpe disserui latinam *linguam* non modo non inopem, sed
-locupletiorem etiam esse quam græcam. J’ai souvent essayé de
-démontrer que le latin, qui est notre idiome, n’est rien moins
-que pauvre, qu’il offre même plus de ressources que le grec.
-Comparez avec Off. I, 31. *Sermone* debemus uti eo qui notus est
-nobis. Employons la langue que nous savons.
-
-—Linter, v. *Navigium*.
-—Lira, v. *Porca*.
-—Liquere, v. *Fluere* et *Constat*.
-
-Littera. Elementum.
-*Littera*, la lettre comme élément indivisible de l’écriture,
-γράμμα; *elementum*, comme élément indivisible de la langue
-parlée, comme un des sons simples que la science grammaticale
-étudie, στοιχεῖον.
-
-Litteræ. Epistola. Codicilli.
-*Litteræ*, terme général, lettre; *epistola*, lettre adressée à
-un ami éloigné et envoyée par un messager, missive; *codicilli*,
-billet adressé dans l’enceinte d’une ville. Sen. Ep. 55. Adeo
-tecum sum ut dubitem an incipiam non *epistolas*, sed
-*codicillos* tibi scribere. Je vis si parfaitement avec toi en
-imagination, qu’il me prend des envies de t’écrire au lieu de
-longues missives de simples billets. Cic. Fam. VI, 18. Simul
-accepi a Seleuco tuo *litteras*; statim quæsivi e Balbo per
-*codicillos* quid esset in lege. Aussitôt ta lettre reçue des
-mains de Séleucus, j’écrivis un billet à Balbus pour savoir de
-lui la teneur de la loi.
-
-Litteræ. Artes. Doctrinæ. Disciplinæ.
-*Litteræ* et *artes*, les lettres et les sciences considérées en
-général comme le but des études: *litteræ*, au sens restreint,
-la littérature d’imagination ou de raisonnement consignée dans
-les livres, comme moyen direct d’enrichir la mémoire, et moyen
-indirect d’aiguiser l’intelligence et de former le goût;
-*artes*, les lettres et les sciences dans l’acception la plus
-haute quand les connaissances qu’on acquiert servent
-immédiatement à développer l’esprit et le talent. *Doctrinæ* et
-*disciplinæ*, les diverses branches du domaine général de la
-science réduites en systèmes: *doctrinæ*, se disant par
-préférence des sciences spéculatives, abstraites, des études
-philosophiques et savantes; *disciplinæ*, des sciences pratiques
-appliquées aux usages de la vie.
-
-—Litigatio, v. *Disceptatio*.
-—Livor, v. *Invidia*.
-—Littus, v. *Ripa*.
-—Locuples, v. *Divitiæ*.
-
-Locus. Tractus. Regio. Plaga.
-*Locus*, espace pris comme un point isolé, endroit, τόπος;
-*tractus*, espace considéré comme une ligne, bande, zone qui
-s’étend au loin, c’est à peu près le grec ϰλίμα; *regio*, espace
-pris comme un cercle, comprenant les environs d’un centre,
-contrée, χῶρος; *plaga*, espace pris comme une surface en
-général.
-
-—Longævus, v. *Vetus*.
-—Loquax, v. *Garrire*.
-—Longe, v. *Procul*.
-—Loqui, v. *Dicere*.
-
-Lucere. Fulgere. Splendere. Nitere. Renidere. Coruscare. Micare.
-Radiare.
-1. *Lucere*, *fulgere*, *splendere*, *nitere*, désignent une
-clarté fixe et permanente: *fulgere*, celle d’une lumière
-intense ou d’une couleur de feu qui éblouit, comme φλέγω;
-*lucere*, celle d’une lumière bienfaisante et d’une couleur de
-feu plus douce, comme φαίνω, φέγγω; *splendere*, l’éclat d’une
-surface polie et nette, par opposition à *sordere*, comme λάμπω;
-*nitere* en prose et en vers *renidere*, le lustre d’un corps
-humide, huilé, graissé, verni ou lavé, par opposition à
-*squalere*, comme στίλϐω.
-
-2. *Coruscare*, *micare*, *radiare*, désignent une clarté
-intermittente et mobile comme étinceler et scintiller:
-*coruscare*, briller comme l’éclair qui sort brusquement de la
-nue; *micare*, étinceler comme le métal qu’on agite au soleil;
-*radiare*, lancer des jets de lumière comme le soleil qui darde
-ses rayons. Cic. Cat. II, 3. Qui *nitent* unguentis, qui
-*fulgent* purpura. Ceux qui empruntent le lustre des parfums,
-l’éclat de la pourpre. Auct. ad Herenn. IV, 33. Tantus erat in
-*armis splendor* ut *solis fulgor* obscurior videretur. Ses
-armes resplendissantes semblaient obscurcir les feux ardents du
-soleil. Plin. H. N. XXXVII, 2. *Splendor* murrhinis sine
-viribus, *nitor*que verius quam *splendor*. Il n’y a rien qui
-frappe dans l’éclat de ces vases, et ils ont même, à vrai dire,
-plus de lustre que d’éclat. *Splendor* présente en effet l’éclat
-sous son aspect majestueux, *nitor* sous son aspect aimable,
-comme dans Auct. ad Herenn. IV, 50. Gemmæ *nitore* et auri
-*splendore*. Par le lustre des pierreries et par l’éclat de
-l’or. Au figuré *splendor* marque la magnificence, *nitor*
-l’élégance.
-
-—Lucerna, v. *Candela*.
-
-Lucrum. Emolumentum. Quæstus. Compendium.
-*Lucrum* et *emolumentum*, gain dans toutes les circonstances de
-la vie: *lucrum*, gain qu’on doit à ses propres efforts, par
-opposition à *damnum*, ϰέρδος; *emolumentum*, avantage qui
-échoit à quelqu’un, par opposition à *detrimentum*, ὠφέλημα.
-*Quæstus* et *compendium*, bénéfice dans le domaine du commerce:
-*quæstus*, bénéfice soutenu, permanent, par opposition à
-*sumptus*, χρηματισμός; *compendium*, profit accidentel et
-considérable, par opposition à *dispendium*.
-
-—Luctus, v. *Dolor*.
-
-Luculentus. Illustris.
-*Luculentus*, synonyme de *probabilis*, ce qui supporte les
-regards et n’a point de raison de fuir la lumière, ce qui est
-comme il faut; *illustris*, synonyme d’*excellens*, ce qui
-attire les regards, ce qui saute aux yeux et brille au soleil.
-*Luculentus* ne contient jamais un éloge emphatique. Cic. Off.
-III, 14, 60. Нос quidem satis luculente, c’est-à-dire cela
-s’entend. Et Finn. I, 5, 15: Cum græce, ut videor, *luculenter*
-sciam. Je crois savoir convenablement le grec, ce qui n’est
-nullement prétentieux. C’est comme si on disait: *sic satis*.
-
-—Lucus, v. *Silva*.
-—Ludio, v. *Actor*.
-
-Ludus. Schola.
-*Ludus*, école élémentaire pour les enfants qui ont besoin
-d’apprendre et qu’on y oblige; *schola*, école d’enseignement
-supérieur pour les jeunes gens et les hommes qui veulent
-s’instruire. Le *ludus* suppose des écoliers, *discipulos*, un
-maître, *ludi magistrum*, et une discipline classique; la
-*schola* suppose des auditeurs, *auditores*, un professeur,
-*doctorem*, et un genre d’exposition académique.
-
-Ludus. Lusus. Ludicrum. Jocus.
-1. *Ludus*, le jeu qui offre à l’homme un moyen de
-divertissement; *lusus*, le jeu auquel l’homme se livre, qu’il
-met en train, qu’il imagine. *Ludus* présente le jeu comme une
-récréation, par opposition à la peine; *lusus*, comme une action
-puérile et vaine, par opposition aux occupations sérieuses.
-Plin. Ep. IX, 33, 3. Pueri quos otium *ludus*que sollicitat. Les
-enfants que dérangent le désœuvrement et le jeu. Comparez avec
-IX, 25: *Lusus* et ineptias nostras legis. Tu lis les bagatelles
-et les sottises auxquelles nous nous sommes amusés. Cic. Flacc.
-5, 12. Græci quibus jusjurandum jocus est, testimonium *ludus*,
-c’est-à-dire les Grecs pour lesquels c’est fort peu de chose que
-de porter un faux témoignage. Comparez avec Sen. Contr. I, 2.
-Piratas... quibus omne fas nefasque *lusus* est, c’est-à-dire
-les pirates aux yeux desquels la différence entre le juste et
-l’injuste n’est qu’un amusement, un jeu de mots sans
-conséquence.
-
-2. Le pluriel *ludi* prend la signification particulière de
-spectacles publics, et, dans cette acception, il a pour
-singulier *ludicrum*.
-
-3. *Ludus* et *lusus* ont un tour négatif; ce sont de simples
-passe-temps, des distractions, comme moyen préservatif contre
-l’ennui; *jocus* est un terme positif, amusements,
-plaisanteries, comme manifestation de la bonne humeur et de la
-vivacité d’esprit. Le *ludens* ne demande qu’à n’être point
-astreint, à ne rien faire de sérieux et à se délasser; le
-*jocans* dépense en frivolités autant d’ardeur qu’on en peut
-mettre aux affaires.
-
-Lues. Contagium. Pestilentia. Pestis. Pernicies. Exitium.
-Interitus. Exitus.
-1. *Lues*, terme général, miasme, principe impur et délétère;
-*contagium*, mal contagieux; *pestilentia*, maladie contagieuse,
-et de plus régnante, ou au sens restreint, la peste proprement
-dite. Sall. Cat. 10. Post ubi *contagio* quasi *pestilentia*
-invasit. Puis, quand ce mal contagieux eut fait, comme la peste,
-d’irrésistibles progrès. Plin. H. N. XXIII, 28. Laurus folia
-*pestilentiæ* contagia prohibent. Les feuilles du laurier de
-Delphes préservent des atteintes contagieuses de la peste.
-Lucan. VI, 89. Fluidæ *contagia* *pestis*. L’air se charge
-d’exhalaisons pestilentielles[1].
-
-2. La poésie seule emploie *pestis* pour la peste même; hors de
-là, *pestis* exprime, comme *exitium* et *pernicies*, un fléau
-en général, sans qu’il soit question de maladie; mais *pestis*
-s’emploie régulièrement comme terme concret, *exitium* et
-*pernicies* comme termes abstraits. Sen. N. Q. III, pr. Philippi
-aut Alexandri... qui *exitio* gentium clari non minores fuere
-*pestes* mortalium quam inundatio. Les Philippe et les
-Alexandre, fameux par la destruction de tant de peuples, fléaux
-de l’humanité aussi désastreux qu’un déluge.
-
-3. *Pernicies* a la signification active; il exprime qu’on fait
-périr par meurtre des êtres vivants; *exitium* a la
-signification passive et s’entend même de la destruction
-d’objets inanimés; enfin, *interitus* a, comme *exitus*, la
-signification neutre et se dit d’êtres animés ou inanimés qui
-tombent en décadence. Tac. Ann. XVI, 63. Poppæa non nisi in
-*perniciem* uxoris nupta; postremo crimen omni *exitio* gravius.
-Poppée, qui ne s’était fait épouser que pour perdre la femme
-légitime; une accusation enfin plus pénible que mille morts.
-Cic. Cat. IV, 3. Cum de *pernicie* populi Romani, *exitio* hujus
-urbis cogitarit. L’extermination du peuple romain, la
-destruction de la ville à laquelle il songeait sans cesse. Rull.
-II, 4, 10. Extremi *exitiorum* *exitus*.
-
-4. *Exitium*, fin violente; *exitus*, fin naturelle. Cic. Rull.
-II, 4, 10. Qui civitatum afflictarum perditis jam rebus extremi
-*exitiorum* solent esse *exitus*. Cela exprime pour ainsi dire
-le dernier soupir d’un État qui périt dans les convulsions.
-Verr. V, 6, 12. *Exitus* *exitiales*.
-
-—1 Traduction de la collection Panckoucke. Lucain, tome II, p.
-9.
-
-Lumen. Lux.
-*Lumen*, le corps lumineux qui éclaire, φέγγος; *lux*, la
-lumière émise, φάος. Cic. Finn. III, 14, 45. Ut obscuratur et
-offunditur *luce* solis *lumen* lucernæ. De même que la simple
-lumière du soleil fait pâlir et presque évanouir la flamme d’une
-lampe. Curt. VIII, 2, 21. Sed aditus specus accipit *lucem*;
-interiora nisi allato *lumine* obscura sunt. L’entrée de la
-caverne est accessible à la lumière; l’intérieur est plongé dans
-les ténèbres tant qu’on n’y porte point de flambeaux. Cic.
-Acadd. pr. II, 8, 26. Si ista vera sunt, ratio omnis tollitur,
-quasi quædam *lux* *lumen*que vitæ, c’est-à-dire que la raison,
-qui est seule claire et lumineuse en elle-même et par elle-même,
-répand sur la vie sa clarté et sa lumière. Et au sens figuré,
-*lumen* se rapporte au principe, *lux*, au simple fait de la
-célébrité. Cicéron, Man. 5, appelle Corinthe: Græciæ totius
-*lumen*, mais Rome, Cat. IV, 6: *lucem* orbis terrarum. C’est
-comparer Corinthe à un foyer de lumières; c’est dire de Rome que
-toutes les autres villes ne sont en comparaison que des cités
-obscures. *Lucida* oratio, discours plein de clarté, aisé à
-entendre; *luminosa*, discours lumineux, plein de beautés
-éclatantes.
-
-—Luridus, v. *Luteus*.
-—Lusus, v. *Ludus*.
-—Lustrum, v. *Lacuna*.
-
-Luteus. Gilvus. Helvus. Flavus. Luridus.
-*Luteus*, jaune par excellence, par exemple, jaune d’œuf;
-*gilvus* et *helvus*, jaune obscur qui tire sur le rouge, celui
-du miel; *flavus* et *luridus*, jaune clair qui tire sur le
-blanc; *flavus*, jaune agréable et brillant, celui des cheveux
-blonds; *luridus*, jaune pâle, désagréable, le jaune livide de
-la mort.
-
-Lutum. Limus. Cœnum. Sordes. Squalor. Pædor. Situs. Stercus.
-Fimus. Oletum. Merda.
-1. *Lutum*, *limus*, *cœnum*, matière malpropre et humide
-*lutum*, boue des rues et des routes, πηλός; *limus*, limon des
-fleuves, ἴλυς; *cœnum*, vase des marais, ϐόρϐορος. Tac. Ann. I,
-63. Cætera *limosa*, tenacia gravi *cœno* aut rivis incerta
-erant. Hors de là des terrains limoneux où l’on reste fortement
-engagé dans la vase ou des terrains coupés par des ruisseaux.
-*Sordes*, *squalor*, *pædor*, *situs*, matière malpropre et
-sèche: *sordes*, opposé à *splendor*, crasse des pauvres, de la
-populace, des avares qui porteront, par exemple, des vêtements
-hors d’usage, ῥύπος; *squalor*, opposé à *nitor*, malpropreté
-des gens qui manquent de savoir-vivre et de goût, qui
-oublieront, par exemple, de se peigner les cheveux, αὐχμός;
-*pædor*, opposé à *munditiæ*, saleté des gens qui ne prennent
-aucun soin de leur personne, vermine, gale, πίνος; *situs*,
-opposé à *usus*, moisissure, rouille, qui proviennent d’un
-abandon prolongé, ἄζη. De là viennent les formes différentes des
-adjectifs: *lutosus*, *limosus*, *cœnosus*, c’est-à-dire plein
-de boue, de limon, de vase; mais *sordidus*, *squalidus*,
-*pædidus*, c’est-à-dire qui se sent des *sordibus*, etc.; et
-dans les périphrases: *oblitus luto*, *limo*, *cœno*, mais
-*obsitus sordibus*, *squalore*, *pædore*.
-
-2. *Stercus*, le femier considéré par son vilain côté, comme
-amas d’immondices, ϰόπρος; *fimus*, par son côté utile, comme
-engrais.
-
-3. *Cœnum*, terme général pour les excréments qui inspirent du
-dégoût; *oletum*, excréments de l’homme; *merda*, des animaux.
-
-—Lux, v. *Lumen*.
-
-Luxus. Luxuria.
-*Luxus*, usage ou étalage du luxe, parfois même objet de luxe;
-*luxuria* met toujours l’homme en jeu; c’est une disposition,
-une inclination, un penchant au luxe. Sen. Ir. I, 11. Animis
-delicias, *luxum*, opes ignorantibus. Ces âmes auxquelles les
-jouissances, le luxe, les richesses sont inconnues. Et un peu
-plus loin: Opinionem *luxuriæ* segnitiæque. Les lenteurs de
-Scipion le firent soupçonner d’aimer le luxe et le repos. Sall.
-Cat. 13. Romani famem aut sitim... *luxu* ante capere, c’est-à-
-dire par un raffinement que le luxe avait introduit. Comparez
-avec Jug. 90 (ou 85[1], vers la fin du discours de Marius).
-*Luxuria* atque ignavia, pessimæ artes, *luxuria*, c’est-à-dire
-la manie du plaisir.
-
-—1 Dans la collection Lemaire et la collection Panckoucke.
-
-—Lymphatus, v. *Amens*.
-
-
-M
-
-
-—Macellum, v. *Laniena*.
-—Maceria, v. *Murus*.
-—Madidus, v. *Udus*.
-—Magnopere, v. *Perquam*.
-—Macer, v. *Exilis*.
-—Macula, v. *Vitium*.
-—Magister, v. *Doctor*.
-
-Magnus. Grandis. Amplus. Ingens. Immanis. Vastus.
-1. *Magnus*, *grandis* et *amplus* expriment une grandeur
-convenable; *ingens*, *immanis* et *vastus*, une grandeur
-excessive. Sen. Ir. I, 16, 26. Nec enim *magnitudo* ista est,
-sed *immanitas*. Ce n’est pas le langage d’un grand homme, c’est
-celui d’un monstre.
-
-2. *Magnus* exprime la grandeur sans idée accessoire, par
-opposition à *parvus*, comme μέγας; *grandis*, avec une idée
-accessoire de force et de majesté naturelle, grandiose, par
-opposition à *exilis*, *subtilis*, *tumidus*, *minutus*,
-*exiguus*; enfin, *amplus*, avec l’idée accessoire d’une dignité
-extérieure qui impose et fait impression.
-
-3. *Ingens*, ἄπλετος, fait ressortir ce qu’il y a
-d’extraordinaire; *immanis*, πελώριος, ce qu’il y a d’effrayant;
-*vastus*, ἀχανὴς, ce qu’il y a de disgracieux dans une grandeur
-excessive.
-
-Mala. Maxilla. Gena.
-1. *Mala*, la mâchoire supérieure; *maxilla*, la mâchoire
-inférieure.
-
-2. *Mala*, terme usuel, la joue au sens physiologique; *gena*,
-terme archaïque et choisi, la joue, avec une idée accessoire de
-beauté.
-
-Maledictum. Probrum. Convicium.
-*Maledictum*, tout ce qu’on dit pour nuire à autrui, soit en
-forme de malédiction pour lui porter malheur, soit en forme de
-paroles injurieuses pour le couvrir de honte, ϰαϰηγορία.
-*Probrum* et *convicium*, ce qu’on dit pour couvrir quelqu’un de
-honte: *probrum*, ὄνειδος, l’invective composée de phrases et de
-propos déshonorants; *convicium*, λοιδορία, l’insulte composée
-de mots détachés et de surnoms déshonorants. *Fur!* est un
-*convicium*; *fur es!* un *probrum*; l’un et l’autre sont des
-*maledicta*.
-
-—Malefactum, maleficium, v. *Delictum*.
-
-Malitia. Malignitas. Malevolentia. Malus. Nequam. Pravus.
-1. *Malitia*, la méchanceté qui aime à mentir et à tromper parce
-qu’elle est devenue insensible aux avertissements de la
-conscience; *malignitas*, la malignité qui est une forme de
-l’amour de soi, qui ne souhaite de bien qu’à soi, jamais aux
-autres et provient d’un égoïsme qui court les rues;
-*malevolentia*, la malveillance qui souhaite plutôt du mal que
-du bien à quelqu’un par aversion personnelle. La *malitia* est
-une façon de penser et d’agir punissable parce qu’elle compromet
-la sécurité publique; la *malignitas*, un sentiment méprisable
-qui annonce un fond de misanthropie; la *malevolentia* enfin est
-un défaut haïssable parce qu’elle est portée à se réjouir du mal
-qui arrive aux autres. La malice ne s’appelle jamais en latin
-*malitia*, mais plutôt *malevolentia*, et mieux encore *studium
-nocendi*.
-
-2. *Malus homo*, homme immoral; *nequam*, homme qui n’est bon à
-rien, dont le travers est de fuir les travaux utiles et de se
-plaire aux mauvais tours, vaurien, par opposition à *frugi*;
-enfin, *pravus*, homme qui a pris une mauvaise direction au sens
-physique, intellectuel ou moral, par opposition à *rectus*.
-Quintil. VIII, 3, 48. Nec parricidam *nequam* dixeris hominem,
-nec meretrici forte deditum *nefarium*, quod alterum parum,
-alterum nimium est. Vous ne traiterez ni un parricide de vaurien
-ni un amoureux de monstre; le premier dit trop peu, le second
-dit trop.
-
-—Malignitas, v. *Invidia*.
-—Mancipare, v. *Vendere*.
-—Mandare, v. *Jubere*.
-—Manare, v. *Fluere*.
-—Mancipium, v. *Servus*.
-
-Mane. Crepusculo. Diluculo.
-*Mane*, le matin, ὄρθρῳ; il s’entend des premiers pas que le
-jour fait dans sa carrière, par opposition, d’une part, à la
-nuit, de l’autre, aux heures de la journée qui précèdent midi;
-*crepusculo*, ἦρι, le matin, au crépuscule, par opposition au
-grand jour; *diluculo*, enfin, le matin, à l’aube, par
-opposition aux ténèbres de la nuit, λυϰόφως.
-
-Manere. Morari. Tardare. Detinere.
-1. *Manere*, rester, par opposition à partir; *morari*,
-s’arrêter en route, interrompre un mouvement au lieu d’aller de
-l’avant. Cic. Sen. 23. *Commorandi* natura deversorium nobis,
-non *habitandi* dedit. C’est un asile passager, ce n’est point
-une demeure fixe que nous a donné la nature. Dans Tac. H. II,
-48. Irent *propere* neu *remanendo* iram victoris asperarent. Il
-fallait se hâter d’y aller et éviter tous les retards qui
-pourraient irriter le courroux du vainqueur: la variante
-*remorando* mérite la préférence.
-
-2. *Morari aliquem*, décider quelqu’un à s’arrêter de son plein
-gré, διατρίϐειν; *tardare*, lui susciter des difficultés qui
-l’empêchent de parcourir rapidement son chemin, ϐραδύνειν;
-*detinere*, l’empêcher par force d’avancer, ϰατέχειν. *Tardare*
-se rapporte par préférence à l’action; *detinere*, à la
-personne; *morari*, aux deux.
-
-Manere. Exspectare. Præstolari. Opperiri.
-1. *Manere* n’exprime qu’une action physique, comme d’attendre
-et de rester en un lieu jusqu’à ce qu’une chose arrive;
-*exspectare*, *præstolari* et *opperiri* expriment une action de
-l’âme, comme d’attendre quelque chose ou quelqu’un avec une
-certaine tension d’esprit.
-
-2. *Exspectare* présente l’attente comme un acte simple de
-l’esprit, sans idée accessoire d’application pratique;
-*præstolari* et *opperiri* expriment en outre cette idée
-accessoire que celui qui attend compte agir quand la chose ou la
-personne attendue sera arrivée.
-
-3. Le *præstolans* attend une personne au service et à la
-disposition de laquelle il veut se mettre; l’*opperiens*, un
-événement par lequel il ne veut point se laisser surprendre. Le
-*præstolans* est un inférieur; l’*opperiens*, un égal, soit ami,
-soit ennemi, par rapport à la personne attendue. Enfin,
-*præstolari* est un terme prosaïque, *opperiri*, un terme
-poétique ou du moins choisi. Les Latins n’ont point de synonymes
-qui correspondent à la distinction qu’on fait en allemand entre
-warten et harren, entre l’attente paisible, calme, et l’attente
-impatiente qui tend tous les ressorts de l’âme.
-
-—Manes, v. *Spectrum*.
-—Manifesto, v. *Aperire*.
-—Manice, v. *Vincula*.
-—Mannus, v. *Equus*.
-
-Mansuetudo. Clementia.
-*Mansuetudo*, la douceur et la magnanimité de l’homme et du
-particulier qui ne tire point vengeance d’une injure, par
-opposition à *iracundia*; *clementia*, l’indulgence et
-l’humanité du souverain ou du juge qui ne fait point subir au
-coupable un châtiment mérité, par opposition à *crudelitas*.
-
-—Mansuetus, v. *Cicur*.
-—Manubiæ, v. *Præda*.
-
-Mare. Æquor. Pontus. Pelagus.
-1. *Mare*, la mer prise comme un amas d’eau, par opposition à
-*terra* et *aer*, ἄλς, θάλασσα; *æquor*, *pelagus* et *pontus*,
-la mer au point de vue de ses dimensions: *æquor* et *pelagus*,
-de sa dimension horizontale, la surface de la mer, comme
-πέλαγος, d’où vient πελαγίζειν, inonder; *pontus*, de sa
-dimension verticale, la profondeur de la mer, comme πόντος, d’où
-ποντίζειν, submerger. Colum. VIII, 17. Ut in solo piscinæ posita
-libella septem pedibus sublimius esset *maris* *æquor*. En sorte
-qu’un niveau placé sur le fond du vivier marque sept pieds au-
-dessous du niveau de la mer. Ovid. Met. II, 872. Mediique per
-*æquora* *ponti* fert prædam. Il traverse les plaines de la
-haute mer avec la proie qu’il emporte.
-
-2. *Æquor*, la surface de la mer au simple sens physique;
-*pelagus*, avec l’idée accessoire de sa vaste étendue, de son
-immensité.
-
-Margo. Ora.
-*Margo*, le bord, la limite naturelle d’une surface conçue comme
-une ligne mathématique, et ne comprenant que par extension la
-partie extrême de la surface ou bordure; *ora*, la frange, la
-bordure artificielle de la surface, ajoutée le plus souvent dans
-un but d’ornement et occupant elle-même une certaine largeur.
-Aussi dit-on *ora togæ* et non *margo*, et vice versa *margo
-fluminis* et *ripæ*, quand il s’agit de désigner la ligne de
-bord à l’exclusion de la rive.
-
-—Marita, v. *Femina*.
-—Mas, v. *Homo*.
-—Matrimonium, v. *Conjugium*.
-—Maxilla, v. *Mala*.
-—Meare, v. *Ire*.
-
-Mederi. Medicari. Sanare. Medicamen. Medicina. Remedium.
-1. *Mederi* et en vers *medicari*, synonymes de *curare*,
-ἰᾶσθαι, présentent la guérison comme le résultat obtenu par le
-médecin et dû à ses soins, à sa prudence, à son art; *sanare*,
-synonyme de *restituere*, ἀϰεῖσθαι, comme l’effet du remède qui
-rend la santé au malade par une action physique.
-
-2. *Medicamentum*, médecine considérée dans sa substance
-matérielle, telle qu’elle sort des mains du pharmacien,
-φάρμαϰον; *medicina*, médecine considérée au point de vue de sa
-vertu curative, telle qu’elle est prescrite par le médecin:
-c’est d’une maladie qu’il s’agit dans les deux cas. *Remedium*,
-toute espèce de secours contre un mal donné, ἄϰος. CIC, N. D.
-II, 53, *Medicamentorum* salutarium plenissimæ terræ. Terres qui
-abondent en simples salutaires. Comparez avec Divin. II, 51. A
-medico petere *medicinam*. Demander une ordonnance au médecin.
-
-—Meditari, v. *Cogitare*.
-
-Medius. Modicus. Mediocris.
-*Medius* est toujours adjectif de lieu, au milieu, entre deux,
-par opposition aux points extrêmes; *modicus* est un adjectif de
-quantité qui se rapporte au nombre et à la grandeur, comme
-modéré, par opposition à toute sorte d’excès; *mediocris* est un
-adjectif de qualité qui se rapporte à la valeur d’un objet,
-comme médiocre, par opposition à l’excellence. Il y a identité
-entre *modicæ facultates*, une certaine dose de moyens, et
-*mediocre ingenium*, un génie médiocre. Cic. Rep. II, 31. Haud
-*mediocris* vir fuit, qui *modica* libertate populo data
-facilius tenuit auctoritatem principum. Je ne saurais voir un
-génie médiocre dans l’homme qui ne donna au peuple une liberté
-modérée que pour mieux conserver l’autorité des grands.
-
-—Medius dies, v. *Meridies*.
-
-Membrum. Artus.
-*Membrum*, le membre même constituant une partie du corps, comme
-μέλος et χῶλον; *artus*, l’articulation du membre, comme ἄρθρον
-et ἅψος. Sen. Contr. II, 13. Differebatur distortis manibus,
-emotis *articulis*; nondum in sua *membra* *artus* redierant[1].
-On la tiraillait encore quoique les mains fussent disloquées,
-les articulations luxées; les jointures ne s’étaient pas encore
-rapprochées des membres. Virg. Æn. V, 422. Magnos *artus*
-*membrorum*. Les muscles puissants qui servaient d’attache aux
-membres. Quintil. Decl. Ult. Ut per singulos *artus* *membra*
-laxaret[2]. Afin de déboîter les membres à chaque jointure.
-D’autre part, *membra* se dit de toutes les parties du corps,
-même de la tête et du tronc; *artus* ne désigne que les
-extrémités qui se rattachent par des jointures, *commissuræ*, au
-corps proprement dit, composé de la tête et du tronc.
-
-—1 Collection Lemaire. Tome CXXXIII, p. 219.
-—2 Collection Lemaire, Tome XLIX, p. 406.
-
-Meminisse. Reminisci. Recordari.
-*Meminisse* présente le souvenir comme un état de l’esprit,
-μεμνῆσθαι, on a conservé un fait dans sa mémoire, on sait encore
-sans avoir jamais oublié, c’est le sens de *memorem esse*;
-*reminisci* et *recordari* présentent le souvenir comme un acte
-de l’esprit, ἀναμιμνήσϰεσθαι, on retrouve une idée qu’on avait
-perdue de vue. Mais *reminisci* exprime, comme in *memoriam
-revocare*, un acte momentané; *recordari* un acte durable, comme
-*revocata in memoriam contemplari*. Cic. Lig. 12, 35. Equidem,
-cum tuis omnibus negotiis interessem, *memoria teneo*, qualis T.
-Ligarius, quæstor urbanus, fuerit erga te et dignitatem tuam;
-sed parum est, me hoc *meminisse*; spero etiam te, qui oblivisci
-nihil soles, nisi injurias, quoniam hoc est animi, quoniam etiam
-ingenii tui, te aliquid de hujus illo quæstorio officio
-cogitantem, etiam de aliis quibusdam quæstoribus *reminiscentem*
-*recordari*. Témoin de tous tes embarras, j’ai la mémoire encore
-pleine de ce que T. Ligarius a fait pour toi, pour ménager ta
-dignité, dans sa questure civile. Mais c’est peu que je me
-souvienne moi. Tu nous as habitués à ne te voir jamais oublier
-que les injustices, c’est là que va la pente de ton âme et de
-ton caractère; j’espère donc qu’en songeant à la manière dont il
-a rempli cette charge, tu t’arrêteras aussi sur les souvenirs
-qui se rapportent à quelques autres questeurs. Ce passage fait
-voir 1º que *memoria tenere* n’est qu’une périphrase de
-*meminisse*; 2° que *recordari* peut être une conséquence de
-*reminisci*, sans que la réciproque soit vraie, car il y a entre
-les deux le même rapport qu’entre *intueri* et *conspicere*.
-Cic. Sen. 21. Pueri... ita. celeriter res innumerabiles
-arripiunt, ut eas non tum primum accipere videantur, sed
-*reminisci* et *recordari*. Les enfants saisissent si
-promptement une foule d’idées qu’ils ont l’air de les retrouver
-et de s’y arrêter par souvenir plutôt que de les recevoir pour
-la première fois. Cicéron aurait pu ajouter: quæ non satis
-*meminerint*, sed in aliquantum temporis obliti sint: idées qui
-ne s’étaient point assez gravées dans leur mémoire, qu’ils
-avaient oubliées pour un temps. Tusc. I, 24, 58. Animus, quum se
-collegit atque recreavit, tum agnoscit illa *reminiscendo*; ita
-nihil aliud est discere, quam *recordari*. L’esprit se recueille
-et reprend des forces, après quoi il retrouve ces idées par un
-effort de mémoire; apprendre, c’est donc s’arrêter sur des
-souvenirs. Sen. Ep. 100. Magis *reminiscor* quam *teneo*. C’est
-un souvenir que je retrouve plutôt qu’un souvenir qui m’est
-resté.
-
-—Menda, mendum, v. *Vitium*.
-—Mendicitas, v. *Paupertas*.
-—Meracus, v. *Purus*.
-—Mens, v. *Anima*.
-—Mercari, v. *Emere*.
-
-Mercenarii. Operarii. Operæ.
-*Mercenarii*, journaliers qui ne travaillent point à leur
-compte, mais pour un salaire, par opposition au propriétaire qui
-a le profit; *operarii* et *operæ*, manœuvres qui entreprennent
-pour un autre un travail mécanique par opposition au maître qui
-fournit l’idée. Les *mercenarii* sont relégués à un rang
-inférieur par leurs mœurs; les *operarii*, par la grossièreté de
-leur travail,
-
-—Merces, v. *Præmium*.
-—Merda, v. *Lutum*.
-—Mercimonium, v. *Merx*.
-
-Merere. Dignum esse. Mereri.
-1. *Merere* et *mereri*, mériter par une action; *dignum esse*,
-être digne par une qualité.
-
-2. *Merere* est habituellement transitif, il se joint à un
-accusatif ou à une proposition explicative; *mereri* est
-intransitif, et se joint à une expression adverbiale. Cic. Rosc.
-Com. 15. Fructum quem *meruerunt* retribuam. Je leur payerai le
-tribut d’éloges qu’ils ont mérité. Comparez avec Catil. II, 2,
-4. Si illum ut *erat* (sous-entendu: de me) *meritus* morte
-mulctassem. Si je lui avais infligé la peine de mort comme je le
-lui devais.
-
-3. *Merere*, employé comme verbe intransitif ou sans complément,
-signifie servir en qualité de soldat, par ellipse de
-*stipendia*; *mereri*, employé comme verbe transitif ou avec un
-complément signifie gagner, acquérir quelque chose, sans idée de
-mérite.
-
-Meridies. Medius dies.
-*Meridies*, le coup de midi considéré comme un point qui sépare
-la matinée de l’après-midi; *medius dies*, le milieu de la
-journée considéré comme un espace qui est compris entre le matin
-et le soir.
-
-—Merus, v. *Purus*.
-
-Merx. Mercimonium.
-*Merx*, la marchandise qui est par le fait un article de
-commerce; *mercimonium*, celle qui peut le devenir, la matière
-première. Tac. A. XI, 5. Nec quidquam publicæ *mercis* tam
-venale fuit. De toutes les marchandises qui sont dans le
-commerce, aucune ne se vendait mieux. Comparez avec XV, 38.
-*Mercimonium* quo flamma alitur. Les matières les plus propres à
-servir d’aliment à la flamme.
-
-Metiri. Metari. Dimetiri. Dimetari.
-1. *Metiri*, mesurer un espace pour en connaître la grandeur;
-*metari*, jalonner l’espace mesuré pour en indiquer les limites.
-
-2. On emploie *dimetiri* et *dimetari* pour indiquer en outre
-qu’on mesure et qu’on jalonne les subdivisions; *metari castra*
-se rapporte simplement à l’enceinte des retranchements, mais
-quand Tite-Live dit par préférence VIII, 38, Locum castris
-*dimetari*, c’est qu’il marque expressément, ce qui d’ailleurs
-va de soi, qu’on a aussi jalonné les places d’armes,
-*principia*, l’emplacement de la tente du général, *prætorium*,
-etc., dans l’intérieur du camp.
-
-—Metuere, v. *Vereri*.
-—Minime, v. *Neutiquam*.
-—Minutus, v. *Parvus*.
-—Micare, v. *Lucere*.
-—Minister, v. *Servus*.
-
-Misereri. Miserari. Miseret me.
-1. *Misereri*, avoir le cœur plein de pitié, comme compatir et
-ἐλεεῖν; *miserari*, montrer de la pitié en paroles, comme
-plaindre et οἰϰτείρειν. Les Latins n’ont point de terme spécial
-pour la pitié en action ou erbarmen de l’allemand.
-
-2. *Misereor tui* présente la pitié comme un acte de libre
-arbitre, il peint la générosité de la personne qui compatit,
-comme si on disait en allemand: ich erbarme mich dein, j’ai
-pitié de toi. *Miseret me tui* présente la pitié comme une
-impression irrésistible, tout mérite moral disparaît, et la
-grandeur du malheur d’autrui en ressort d’autant, comme si on
-disait en allemand es erbarmt mich dein, tu me fais pitié. Car
-*miserere* est un verbe causatif, comme οἰϰτίζειν.
-
-—Miseria, v. *Infortunium*.
-
-Missile. Hasta. Lancea. Jaculum. Verutum. Tragulum. Pilum.
-*Missile*, terme général pour toute espèce d’arme qui sert à
-combattre de loin, trait ou flèche; *hasta* et *lancea*, armes
-de main et de jet, la pique: *hasta*, l’arme nationale des
-Romains, δόρυ; *lancea*, arme étrangère attribuée aux Suèves,
-λόγχη. *Pilum*, *jaculum*, *verutum*, sont plutôt des armes de
-jet, le javelot: *jaculum*, terme général comprenant l’arme de
-ce genre usitée à la chasse ou épieu, ϐέλος; *verutum* et
-*tragulum*, termes techniques pour les javelots militaires,
-ἄϰων; *pilum*, terme spécial pour le javelot du légionnaire
-romain. Liv. IX, 19. Romano *pilum* haud paulo quam *hasta*
-vehementius ictu missuque telum. Le légionnaire romain a son
-javelot qui n’a guère moins de pénétration que la pique comme
-arme de main et de jet.
-
-Mitis. Lenis. Placidus.
-*Mitis*, doux par caractère, par opposition à *acerbus*, comme
-μείλιχος; *lenis*, doux dans ses actions, par opposition à
-*vehemens*, comme πρᾶος; *placidus*, dans ses façons, par
-opposition à *turbidus*, comme ἤπιος.
-
-Mittere. Legare. Amittere. Dimittere. Omittere.
-1. *Mittere*, exprime l’idée générique, comme envoyer; *legare*,
-a un sens spécial et politique, comme déléguer. Le *missus* est
-un serviteur ou un messager; le *legatus*, un représentant.
-
-2. *Amittere* et *dimittere*, laisser échapper de ses mains ce
-qu’on tenait en son pouvoir *amittere*, contre sa volonté, comme
-perdre; *dimittere*, après en avoir usé, comme congédier.
-*Omittere*, laisser passer quelque chose devant soi sans en
-prendre possession. Et, pour préciser: *amittimus inviti et
-casu*, *omittimus volentes et sponte*. *Amittere occasionem*,
-c’est perdre une occasion et se mettre hors d’état de l’utiliser
-par indolence, tandis qu’*omittere*, c’est renoncer à en tirer
-parti et ne pas vouloir l’utiliser pour en faire peu de cas. Et
-*vitam amittere*, c’est perdre la vie, mais *omittere*, c’est la
-sacrifier.
-
-—Moderatus, modestia, v. *Modus*.
-—Modicus, v. *Medius*.
-
-Modo—modo. Nunc—nunc.
-*Modo—modo* ne devrait s’appliquer à la rigueur qu’à des actions
-passées ou futures; *nunc—nunc* à des actions présentes. Cette
-distinction est tombée en désuétude, mais *nunc—nunc* a du moins
-un tour plus vif et appartient à la poésie et à la prose élevée,
-comme tantôt... tantôt; *modo—modo* est, comme une fois... une
-autre fois, le terme propre de la prose dont Cicéron se sert
-constamment.
-
-—Modo, v. *Nuper*.
-
-Modus. Modestia. Moderatio. Temperatio. Continentia.
-Abstinentia.
-1. *Modus*, l’idée de la mesure et de la règle prise comme un
-précepte moral indépendant de toute personnalité, ce que les
-Grecs entendent par μέτριον, μηδὲν ἄγαν; *modestia* et
-*moderatio*, la même idée par rapport au sujet qui la possède ou
-la pratique: *modestia*, sous forme de sentiment, et *moderatio*
-sous la forme d’une conduite que dirige ce sentiment de la
-mesure et de la règle.
-
-2. *Moderatio*, la modération qui est fille de l’intelligence,
-du calcul et de la réflexion, elle est parente de la
-*prudentia*; *temperatio* et *temperantia*, qualité qui pénètre
-l’homme entier et ennoblit tout son être, elle est parente de la
-*sapientia*. La *moderatio* suppose, comme l’empire sur soi-
-même, une lutte des passions avec la raison dans laquelle la
-raison a le dessus; la *temperatio* suppose, comme la
-tranquillité d’esprit, une raison qui a déjà pris le dessus,
-soit par un effet de la nature, soit par progrès moral.
-
-3. *Temperatus*, *temperatio*, expriment simplement une qualité
-louable qui peut appartenir aux choses; *temperans*,
-*temperantia*, une vertu dont les êtres raisonnables sont seuls
-susceptibles.
-
-4. *Moderatio*, la modération dans l’action par opposition à
-*cupiditas*; *continentia*, dans la jouissance par opposition à
-*libido*.
-
-5. *Continentia*, l’empire qu’on exerce sur les désirs sensuels,
-la continence; *abstinentia*, sur la convoitise de la propriété
-d’autrui, l’honnêteté stricte. Il est moins exact de traduire
-*abstinentia* par désintéressement, cette dernière vertu n’étant
-imposée que par la morale, tandis que l’*abstinentia* est
-commandée par la loi.
-
-6. La *modestia* craint de dépasser la juste mesure ou *modus*
-par égard pour la morale qui la prescrit; la *verecundia* et la
-*reverentia*, par égard pour des personnes auxquelles le
-*verecundus* craint de déplaire et auxquelles le *reverens*
-croit devoir du respect; enfin, la *pudor*, par égard pour elle-
-même afin de ne pas s’exposer au mépris. Varron, dans Non. Non
-te tui saltem *pudet*, si nihil mei revereare? N’as-tu point de
-honte pour toi-même, si tu n’as plus aucun respect pour moi?
-Terent. Phorm. I, 5, 3, ou II, 1, 3. Non simultatem meam
-*revereri*? Saltem *pudere*? Ne pas reculer par respect devant
-mon inimitié? Ne pas rougir pour lui-même?
-
-—Mœnia, v. *Murus*.
-—Mœstitia, v. *Dolor*.
-
-Moles. Onus. Pondus. Gravitas.
-*Moles* et *onus*, la pesanteur envisagée par son côté
-désavantageux: *moles*, au sens absolu, comme un obstacle, en
-parlant d’un objet difficile à remuer à cause de sa grandeur,
-ὄγϰος; *onus*, au sens relatif, comme une charge ou un fardeau
-qui accable le porteur, φόρτος. *Pondus*, la pesanteur envisagée
-par son côté avantageux, comme puissance et comme force, le
-poids, ἄχθος. Enfin, *gravitas* réunit ces deux rapports et
-exprime tantôt la pesanteur qui est à charge, tantôt le poids
-qui devient une force active, ϐάρος.
-
-—Molestia, v. *Labor*.
-—Monere, v. *Hortari*.
-—Moliri, v. *Audere*.
-—Moneta, v. *Pecunia*.
-
-Mons. Jugum.
-*Mons*, la montagne, par rapport à sa dimension en hauteur,
-ὄρος; *jugum*, par rapport à ses dimensions en largeur et en
-longueur. *Jugum* a deux sens. Il se dit de la courbe supérieure
-de la montagne, courbe qui prend encore les noms plus précis de
-*dorsum* et de *cacumen*, selon qu’elle est aplatie ou pointue,
-par opposition à *radices montis*. Il se dit aussi des contre-
-forts d’une montagne et particulièrement des hauteurs par
-lesquelles différentes montagnes sont réunies de manière à
-former une chaîne. Par opposition à *mons*. Liv. XXII, 18. Sub
-*jugo* montis prælium fuit. Le combat eut lieu au-dessous de la
-crête de la montagne. Comparez avec XLI, 18. Petilius adversus
-Balistæ et Leti *jugum*, quod eos *montes* perpetuo *dorso*
-conjungit, castra habuit. Pétilius campa en face des contre-
-forts du Baliste et du Létus qui réunissent ces montagnes par
-une crête continue.
-
-—Monstra, v. *Auguria*.
-—Morari, v. *Manere*.
-—Monstrare, v. *Ostendere*.
-—Morbidus, morbus, v. *Æger*.
-—Morosus, v. *Austerus*.
-—Morigerari, v. *Parere*.
-
-Mors. Letum. Nex. Obitus. Interitus. Perire. Oppetere. Demori.
-Intermori. Emori.
-1. *Mors* et *letum*, la mort naturelle: *mors*, qui est le
-terme ordinaire, se prend simplement au sens physique; c’est le
-chemin qui mène à la dissolution, θάνατος; *letum* est le terme
-choisi, solennel, la mort imposée par le destin, οἶτος; *nex*,
-la mort violente, terme passif, par opposition au terme actif de
-*cædes*.
-
-2. *Mors*, *letum*, *nex*, sont des termes propres; *obitus* et
-*interitus*, des euphémismes. *Obitus* désigne, comme *exitus*,
-une mort naturelle; *interitus* et *perire* désignent
-habituellement, comme *exitium*, une mort violente. Plin. Ep.
-III, 7. Silius ultimus ex Neronianis consularibus *obiit*, quo
-consule Nero *periit*. De tous les consulaires du règne de
-Néron, Silius fut le dernier à partir; la mort violente de Néron
-date de son consulat. Plaut. Epid. III, 4, 56. Malo cruciatu
-*pereas* atque *obeas* cito. Va-t’en périr dans les tourments,
-pars au plus vite.
-
-3. *Perire* présente la mort comme une destruction et une
-corruption; *interire*, comme une disparition, en sorte qu’à la
-rigueur celui-là regarde plutôt le corps, celui-ci plutôt l’âme.
-Plaut. Capt. III, 5, 32. Qui per virtutem periit, at non
-interiit, c’est-à-dire celui qui meurt par un noble trépas, de
-celui-là le corps seul périt, l’essence de son être (il ne
-s’agit pas ici de l’âme, mais de la renommée et de la gloire) ne
-passe point. En outre, *perire* désigne une mort prompte et
-tragique, particulièrement par suicide; *interire*, une mort
-lente et douloureuse ou encore une mort paisible. Tac. Ann. XV,
-44. Et *pereuntibus* Christianis addita ludibria, ut ferarum
-tergis contecti laniatu canum *interirent*. Et pour se faire un
-jeu de la mort violente des chrétiens, on les couvrait de peaux
-de bêtes sauvages, et ils mouraient lentement déchirés par les
-chiens. Serv. ap. Cic Famm. IV, 5. Si quis nostrum *interiit*
-aut *occisus* est. Si l’un de nous est mort tranquillement ou
-s’il a été tué.
-
-4. *Obire mortem* présente la mort comme un accident physique;
-on reste tout à fait passif; *oppetere*, comme un acte moral: si
-l’on ne va pas chercher la mort, on l’attend du moins avec une
-fermeté méprisante.
-
-5. *Demori*, sortir par la mort d’une société dans laquelle on
-laisse un vide; *intermori*, être frappé pour un temps de mort
-apparente, ἐϰθανεῖν; *emori*, mourir tout à fait, par opposition
-à un semblant de vie passée dans le malheur, l’esclavage et la
-honte, πανδίϰως θανεῖν. Cic. Pis. 7. Ut *emori* potius quam
-servire præstaret. Plutôt mille morts que l’esclavage.
-
-—Mos, v. *Consuetudo*.
-—Mucro, v. *Acies*.
-—Mostellum, v. *Spectrum*.
-—Mulcare, v. *Verberare*.
-
-Mulcere. Palpare.
-*Mulcere*, passer légèrement la main sur un corps rude, par
-exemple, sur des cheveux pour les lisser; au figuré, adoucir un
-homme en colère, comme ϰαταψῆν; *palpare*, toucher légèrement un
-corps lisse, par exemple, la peau nue, pour causer par
-l’attouchement une sensation agréable; au figuré, se mettre en
-frais d’amabilité, cajoler, comme ψηλαφᾷν.
-
-—Mulcta, v. *Vindicta*.
-—Mundus, v. *Purus*.
-—Mulier, v. *Femina*.
-—Munificus, v. *Largus*.
-—Munimenta, v. *Murus*.
-—Munus, v. *Donum* et *Officium*.
-
-Murus. Paries. Mœnia. Maceria. Parietinæ. Munimenta.
-1. *Murus*, toute espèce de bâtisse en forme de mur, au point de
-vue exclusif de la forme, sans égard à la destination, τεῖχος;
-*paries*, mur latéral, mur mitoyen ou cloison servant à établir
-des séparations, τοῖχος; *mœnia*, murs d’une ville pour servir
-de défense contre l’ennemi, περίϐολος; *maceria*, le mur qui
-entoure une pièce de terre pour en marquer les limites et pour
-la protéger contre les voleurs, la clôture d’un jardin, d’un
-vignoble, θριγϰός. Virg. Æn. VI, 549. *Mœnia* lata videt
-triplici circumdata muro. Il voit une vaste enceinte entourée
-d’un triple mur. Tac. Ann. XV, 43. Nero instituit, ut urbis
-domus non communione parietum sed propriis quæque muris
-ambirentur. Néron décida que les maisons de Rome n’auraient plus
-de murs mitoyens, que chacune aurait les siens.
-
-2. *Muri*, *mœnia*, etc., murs en bon état d’entretien;
-*parietinæ*, murs en ruine.
-
-3. *Mœnia*, remparts d’une ville propres à résister à un coup de
-main; *munimenta*, fortifications régulières d’une place forte
-ou d’un camp retranché, capables de braver un assaut.
-
-Mutilare. Truncare.
-*Mutilare* se dit de mutilations légères, comme de briser les
-cornes, de couper le nez, les doigts, etc.; *truncare*, de
-mutilations graves, comme de trancher les bras, les pieds, les
-mains. On peut comparer les *mutilata membra* à des rameaux et à
-des scions rompus; les *truncata*, à de grosses branches
-abattues.
-
-—Mutuo, v. *Vicissim*.
-—Mysteria, v. *Arcana*.
-—Mutuum, v. *Commodare*.
-
-
-N
-
-
-—Nancisci, v. *Invenire*.
-—Nares, v. *Nasus*.
-
-Nasus. Nares.
-*Nasus*, le nez, partie saillante du visage, ῥίν; *nares*, les
-fosses nasales ou narines, organe actif du sens de l’odorat,
-μυϰτῆρες.
-
-—Natio, v. *Gens*.
-
-Navigium. Navis. Celox. Lembus. Liburna. Scapha. Cymba. Linter.
-*Navigium* est le terme général, comme bâtiment; *navis*,
-véritable vaisseau destiné à de longues traversées; *celox*,
-*lembus* et *liburna*, bateaux qu’on peut équiper et armer en
-guerre; *scapha*, *cymba* et *linter*, canots ou nacelles
-destinés à de courtes excursions et à un simple trajet d’un bord
-à l’autre *scapha* et *cymba*, larges, en forme de chaloupe;
-*linter*, long et effilé, en forme de pirogue.
-
-Necessarius. Propinquus. Cognatus. Consanguineus. Affinis.
-1. *Necessarius*, toute personne à laquelle on est lié par un
-rapport durable, par des relations d’affaires en qualité de
-*collega*, de *patronus*, de *cliens*, ou par des relations
-privées en qualité de *familiaris*, d’*amicus*, comme
-προσήϰοντες; *propinquus*, toute personne à laquelle on tient
-par des rapports de famille, parent quelconque, comme ἀγχιστεῖς
-et ἔται: c’est le terme générique qui comprend, outre le
-*cognatus* et le *consanguineus* ou parents par le sang,
-l’*affinis* ou parent par mariage ou alliance, comme ϰηδεστής.
-
-2. *Cognatio*, la parenté par le sang entre membres de la
-famille, comme σύναιμος; *consanguinitas*, celle de nations qui
-appartiennent à la même race, comme συγγενής. Cæs. B. G. VII,
-32. Hominem summæ potentiæ et magnæ *cognationis*. Personnage
-très-puissant et de grande famille. Comparez avec I, 11. Ambarii
-necessarii et *consanguinei* Æduorum. Les Ambarriens attachés
-aux Éduens et de même race qu’eux.
-
-Necesse est. Oportet. Opus est. Debere.
-1. *Necesse est* exprime une exigence de la nature et de la
-nécessité, comme ἀνάγϰη ἐστίν; *oportet*, une exigence de la
-morale et de l’honneur, comme χρή; opus est, de la prudence,
-comme δεῖ. Cic. Orat. II, 25. Jure omnia defenduntur quæ sunt
-ejus generis, ut aut *oportuerit*, aut licuerit, aut *necesse
-fuerit*. On excuse tous les faits de ce genre en se rejetant sur
-une obligation morale, sur une liberté consacrée par l’usage ou
-sur la nécessité. Att. IV, 6. Si loquor de republica quod
-*oportet*, insanus, si quod *opus est*, servus existimor. Si je
-parle honneur à propos des affaires publiques, je passe pour un
-insensé; si je parle prudence, je passe pour un esclave. Sen.
-Ep. 94. Emo non quod *opus est*, sed quod *necesse est*; quod
-non *opus est*, asse carum est. Je ne fais point tous les achats
-qu’exigerait la prudence, mais seulement ceux qu’exige la
-nécessité; pour une acquisition que la prudence ne commande pas,
-c’est trop d’une pièce de cuivre. Sall. Jug. 31. Nihil vi, nihil
-secessione *opus est*; *necesse est* suomet ipsi more præcipites
-eant. La prudence n’exige de vous ni violence ni retraite sur le
-mont sacré; il faut de toute nécessité que leur propre conduite
-les entraîne à leur perte.
-
-2. *Oportet* exprime le droit que les autres exercent sur nous
-au nom de la morale; *debere*, l’obligation morale à laquelle
-nous nous sentons soumis, comme ὀφείλειν. Tac. H. IV, 7.
-Accusatores etiamsi puniri non *oporteat*, ostentari non
-*debere*. Si on n’était point obligé en droit à punir les
-accusateurs, du moins ne devait-on pas les montrer au public.
-
-—Nectere, v. *Ligare*.
-—Nefandus, nefarius, v. *Scelestus*.
-—Nefas, v. *Delictum*.
-
-Negare. Infitiari. Infitias ire. Denegare. Pernegare. Recusare.
-Abnuere. Renuere. Repudiare.
-1. *Negare*, nier au nom de la vérité qu’on voit ou qu’on
-prétend voir, comme ἀποφάναι, οὐ φάναι; *infiteri*, *infitiari*
-et *infitias ire*, renier, désavouer pour quelque raison
-d’intérêt personnel, comme ἀρνεῖσθαι. Cic. Fr. Tog. cand. p.
-525. Or. Denique illi negare potuerunt et *negarunt*; tu tibi ne
-*infitiandæ* quidem impudentiæ locum reliquisti. Pour eux, ils
-pouvaient nier et ils ont nié le fait; pour toi, tu ne t’es même
-pas réservé le moyen de désavouer ton effronterie.
-
-2. *Infiteri*, terme vieilli; *infitiari*, terme usuel et
-général. *Infitias ire* ne se construit en prose qu’avec une
-négation et répond alors à ne pas disconvenir.
-
-3. *Negatio*, négation qui a pour but ou pour effet d’instruire
-l’auditeur; *pernegatio* ou *negitatio*, de le convaincre quand
-il se montre incrédule; *denegatio*, de le chagriner,
-particulièrement à propos d’une prière qu’on n’exauce pas. Mart.
-Ep. IV, 82. *Negare* jussi, *pernegare* non jussi. J’ai voulu un
-non tout court, je n’ai pas voulu de non répétés. Cic. Phil. XI,
-8, 19. In quo maximum nobis onus imposuit; *assensero*:
-ambitionem induxero in curiam; *negaro*: videbor suffragio meo
-tanquam comitiis honorem homini amicissimo *denegasse*. L. César
-nous a mis là sur les épaules un pesant fardeau. Dire oui, c’est
-introduire des cabales dans le palais du sénat; dire non, c’est
-paraître dénier par mon vote, comme par une décision des
-comices, cet honneur à mon meilleur ami.
-
-4. *Negare* ne suppose qu’une demande, ou faite ou faisable, à
-laquelle on répond non; *recusare* suppose une insinuation qu’on
-repousse, d’où il résulte que *negare* est une manière de parler
-plus répandue et plus douce que *recusare*; car le *negans*,
-qu’on questionne ou qu’on prie, nie simplement la possibilité de
-la chose; le *recusans* se retranche sur-le-champ dans son
-droit, il proteste contre l’insinuation en homme qu’on menace ou
-sur lequel on empiète. Aussi *negare*, *denegare*, sont-ils plus
-usités à propos d’affaires particulières; *recusare*, à propos
-d’affaires publiques.
-
-5. *Negare* et *recusare* exigent des paroles ou des discours;
-*abnuere* et *renuere* n’exigent guère que des signes ou des
-gestes: *abnuere*, un geste de la main pour congédier, comme
-ἀπονεύω; *renuere*, un signe qui consiste à retirer la tête en
-arrière, comme ἀνανεύω.
-
-6. *Abnuere* est une manière amicale; *renuere*, une manière
-hautaine de dire non.
-
-7. *Recusare* se rapporte à un objet qui s’annonce comme un
-fardeau et qui entreprend sur la résignation des gens, par
-opposition à *suscipere*; *repudiare*, à un objet qui s’annonce
-comme un bien et qui promet du profit ou du plaisir, par
-opposition à *assumere*. Cic. Finn. I, 10,33. Sæpe eveniet ut et
-*voluptates repudiandæ* sint et *molestia* non recusanda. Il y
-aura souvent lieu et de congédier les plaisirs et de ne pas
-repousser la peine.
-
-—Negligere, v. *Spernere*.
-—Nepos, v. *Prodigus*.
-—Nequidquam, v. *Frustra*.
-—Nescius, v. *Cognitio*.
-—Nemus, v. *Silva*.
-—Nequaquam, v. *Neutiquam*.
-—Nequitia, v. *Malitia*.
-
-Neutiquam. Nequaquam. Minime.
-*Neutiquam*, en aucun cas, par opposition à *utique*;
-*nequaquam*, en aucune façon; *minime*, pas le moins du monde.
-
-—Nex, v. *Mors*.
-—Niger, v. *Teter*.
-—Nihil agere, v. *Vacare*.
-
-Nihil est. Nihili est. Nullus est.
-*Nihil est* exprime le comble de l’impuissance et de
-l’incapacité, comme être autant que rien; *nihili est*, le
-défaut absolu de valeur, l’inutilité complète, comme ne compter
-pour rien; enfin, *nullus est*, la négation de l’existence:
-n’être plus.
-
-—Nitere, v. *Lucere*.
-—Nobilis, v. *Celeber*.
-—Niti, v. *Fulciri*.
-—Nocens, v. *Culpa*.
-
-Nominare. Nuncupare. Vocare. Appellare.
-*Nominare* et *nuncupare*, désigner une personne par son nom:
-*nominare*, par un nom qui lui appartient de vieille date;
-*nuncupare*, donner un nom à un objet qui n’en a pas encore,
-dénommer, surnommer. *Appellare* et *vocare*, désigner une
-personne ou un objet par un nom, un titre ou un attribut
-quelconque.
-
-Nonnunquam. Interdum. Aliquando.
-*Nonnunquam*, de temps à autre, opposé à *nunquam* et *semper*,
-se rapproche de l’idée exprimée par *sæpius*, comme ἔσθ’ ὅτε;
-*interdum*, parfois, opposé à *crebro*, se rapproche de l’idée
-exprimée par *rarius*, comme ἐνίοτε; enfin, *aliquando*,
-quelquefois, une ou deux fois, opposé à *semel*, se rapproche de
-l’idée exprimée par *propenunquam*, comme ποτέ. Les *interdum
-facta* sont des faits isolés; les *nonnunquam facta*, des faits
-qui se répètent; les *aliquando facta*, des faits rares. Cic.
-Sext. 54. *Comitiorum* et *concionum* significationes interdum
-veræ sunt, nonnunquam vitiatæ et corruptæ. Les manifestations de
-comices et des autres assemblées sont parfois vraies; ne sont-
-elles pas, de temps à autre, entachées de fraude et de violence?
-
-—Notare, v. *Animadvertere*.
-—Novissimus, v. *Extremus*.
-—Notitia, v. *Cognitio*.
-
-Novus. Recens. Novicius.
-1. *Novus*, nouveau, se dit de ce qui n’existait pas
-précédemment, par opposition à *antiquus*, comme νέος; *recens*,
-récent, de ce qui n’existe pas depuis longtemps, comme ϰαινός.
-
-2. *Novus* se prend généralement pour tout ce qui est nouveau;
-il y a, de plus, dans *novicius*, l’idée accessoire du novice
-qui a de nouvelles habitudes à prendre ou du nouveau venu auquel
-il faut que les autres s’habituent.
-
-—Noxia, noxius, v. *Culpa*.
-—Nullus sum, v. *Nihil est*.
-
-Numen. Deus. Divus. Semo. Heros.
-*Numen*, pris dans son acception générale, tout être divin,
-δαίμων. C’est le terme générique, par rapport à *deus*,
-anciennement *divus*, le dieu, θεός, et à *semideus*, le demi-
-dieu, ἡμίθεος, ou *semo*, moitié homme, moitié dieu. L’usage a
-donné pour équivalent à ces deux mots, outre *heros*, qui est
-d’origine étrangère, *numen*, pris dans son acception
-restreinte. Plin. Pan. 2, 3. Nusquam ut *deo*, nusquam ut
-*numini* blandimur. Nous ne cherchons aucune occasion de lui
-complaire comme à un dieu, ni même comme à un demi-dieu.
-
-—Nummus, v. *Pecunia*.
-—Nuncupare, v. *Nominare*.
-—Nunc—nunc, v. *Modo—modo*.
-
-Nuper. Modo.
-*Nuper*, il y a quelques jours, quelques mois, même quelques
-années, dernièrement, νεωστί; *modo*, il y a quelques instants,
-à l’instant même, ἄ ρτι. Cic. Verr. IV, 3, 6. *Nuper* homines
-nobiles ejusmodi; sed quid dico *nuper*? imo vero *modo* ac
-plane paulo ante vidimus. De ces hommes illustres nous en avons
-vu dernièrement. Et que signifie ce dernièrement? Ne les voyions-
-nous pas encore tout à l’heure, à l’instant? Tusc. I, 24. Quanta
-memoria fuit *nuper* Charmadas! quanta qui *modo* fuit Scepsius
-Metrodorus! Et, dans ces derniers temps, quelle mémoire chez
-Charmadas! quelle encore chez Scepsius Métrodorus, qui vient à
-peine de s’éteindre!
-
-—Nuptiæ, v. *Conjugium*.
-—Nutrire, v. *Alere*.
-—Nutare, v. *Labare*.
-
-
-O
-
-
-—Obambulare, v. *Ambulare*.
-—Obesus, v. *Pinguis*.
-—Obedire, v. *Parere*.
-—Obex, v. *Sera*.
-
-Objicere. Exprobrare.
-*Objicere*, adresser à quelqu’un un reproche dont il peut se
-justifier comme d’une accusation; *exprobrare*, un blâme qu’il
-est obligé de laisser peser sur lui. L’*objiciens* entend qu’on
-s’explique; l’*exprobrans* ne cherche qu’à couvrir de honte.
-Cic. Verr. V, 50, 132. Num casus bellicos tibi *exprobrare* aut
-*objicere* videor? Est-ce que j’ai l’air de tirer contre toi des
-hasards de la guerre un sujet de blâme ou de reproche?
-
-—Obitus, v. *Mors*.
-
-Oblectatio. Delectatio.
-*Oblectatio*, occupation agréable, passe-temps, amusement qui
-préserve de l’ennui et procure quelque plaisir; *delectatio*,
-véritable divertissement qui procure une jouissance positive et
-un plaisir solide. Cic. Orat. I, 26. In iis artibus, in quibus
-non utilitas quæritur necessaria, sed animi libera quædam
-*oblectatio*. Dans les études qui n’ont point un but d’utilité
-et de nécessité, qui amusent l’esprit sans l’assujettir. Et Ep.
-Qu. Fr. II, 14. Satis commode me *oblectabam*. J’étais assez
-agréablement occupé. Comparez avec Famm. IX, 24. Magna te
-*delectatione* et voluptate privavisti. Tu as perdu par ta faute
-un plaisir vif et charmant.
-
-—Obligare, v. *Ligare*.
-—Obliquus, v. *Transversus*.
-—Oblitus, v. *Delibutus*.
-
-Obscurum. Tenebræ. Caligo. Tenebricosus. Opacus. Umbrosus.
-1. *Obscurum*, sombre, s’entend d’une simple privation
-d’éclairage, comme σϰότος, par opposition à *illustre*;
-*tenebræ*, d’une privation de lumière, c’est l’obscurité, ζόφος,
-ϰνέφας, par opposition à *lux*; enfin, *caligo* signifie quelque
-chose de réel et d’opposé à la lumière et à la clarté, les
-ténèbres, ἄχλυς. *Caligo* renchérit sur *tenebræ*, qui renchérit
-sur *obscuritas*, qui renchérit sur *opacum* et *umbrosum*. Cic.
-Acadd. IV, 23, 72. Sensus quidem non *obscuros* facit sed
-*tenebricosos*. Les sens, loin de nous éclairer, nous retiennent
-dans l’obscurité. Plin. Ep. VII, 21. Cubicula obductis velis
-*opaca*, nec tamen *obscura* facio. Mes tentures donnent de
-l’ombre à mes pièces sans les rendre sombres. Tac. H. II, 32.
-Senatum et populum nunquam *obscurari* nomina, etsi aliquando
-*obumbrentur*. Rien ne ternira jamais les noms du sénat et du
-peuple, quoiqu’une ombre puisse passer dessus. Au figuré,
-*obscurus* désigne ce qui n’a point de prix, ce que personne ne
-remarque; *tenebricosum* marque quelque chose de positivement
-mauvais qui recherche l’obscurité pour passer inaperçu.
-
-2. *Opacus*, ombragé, avec l’idée d’une fraîcheur agréable et
-bienfaisante, par opposition à *apertus* et *apricus*, comme
-εὔσϰιος; *umbrosus*, plein d’ombre, presque sombre, σϰιόεις.
-
-—Obsecrare, v. *Rogare*.
-—Obsecundare, obsequi, v. *Parere*.
-—Observare, v. *Vereri*.
-—Obstinare, v. *Destinare*.
-—Obstringere, v. *Ligare*.
-—Obtestari, v. *Rogare*.
-—Obtrectatio, v. *Invidia*.
-—Obtutus, v. *Videre*.
-—Obstinatio, v. *Pervicacia*.
-—Obtemperare, v. *Parere*.
-—Obtingere, v. *Accidere*.
-—Obtruncare, v. *Interficere*.
-—Obvenire, v. *Accidere*.
-
-Occasio. Opportunitas. Potestas. Copia. Facultas.
-*Occasio* et *opportunitas*, l’occasion offerte par la fortune
-et le hasard: *occasio*, en général, celle d’entreprendre
-quelque chose, ϰαιρός; *opportunitas*, celle d’entreprendre une
-chose avec facilité et avec des probabilités de succès, comme
-εὐϰαιρία. *Potestas* et *copia*, l’occasion offerte par les
-hommes et par leur complaisance: *potestas*, la possibilité de
-faire quelque chose légitimement; *copia*, celle de le faire
-commodément; enfin, *facultas*, qui est le terme le plus
-général, la simple possibilité.
-
-—Occidere, v. *Interficere*.
-—Occulere, v. *Celare*.
-—Oculi, v. *Facies*.
-
-Odium. Invidia. Inimicitia. Simultas.
-1. *Odium* et *invidia* expriment le sentiment de l’aversion;
-*inimicitia* et *simultas*, les rapports extérieurs qui dérivent
-de ce sentiment.
-
-2. L’*invidia* a un caractère négatif, comme la malveillance,
-δύσνοια, c’est un sentiment temporaire qui s’oppose à *gratia*
-ou *favor*; l’*odium* a un caractère positif, comme la haine,
-μῖσος, c’est un sentiment profondément enraciné qui s’oppose à
-*amor*. L’*invidia* est le commencement de l’*odii*. L’*invidia*
-ne s’attache qu’aux personnes; l’*odium* s’attache aux personnes
-et aux choses. Tac. Ann. II, 56. Armenii... sæpius discordes
-sunt, adversus Romanos *odio* et in Parthum *invidia*. Les
-Arméniens sont très-souvent partagés entre leur haine pour les
-Romains et leur malveillance pour les Parthes. XIII, 15. Nero
-intellecta *invidia* *odium* intendit. Ces symptômes de
-malveillance que Néron discerna portèrent sa haine au comble.
-Plin. Pan. 84, 2. Exardescit *invidia* cujus finis est *odium*.
-Elle s’enflamme au contact de la malveillance qui aboutit à la
-haine.
-
-3. *Inimicitia*, toute espèce d’inimitié fondée sur l’antipathie
-ou sur de mauvais rapports, δυσμένεια, ἔχθρα; *simultas*,
-inimitié politique entre rivaux de pouvoir, φιλονειϰία. Suet.
-Vesp. 6. *Simultas* quam ex *æmulatione* non obscure gerebat.
-Licinius Mucianus, qui ne se cachait point d’être par esprit de
-rivalité l’ennemi politique de Vespasien.
-
-—Odorari, odorus, v. *Olere*.
-—Offendere, v. *Lædere*.
-—Offensio, v. *Contumelia*.
-
-Officium. Munus.
-*Officium*, tâche considérée comme une obligation morale qu’on
-remplit par conscience; *munus*, comme une obligation politique
-imposée par délégation. Cic. Mur. 35. Hæc sunt *officia*
-necessariorum, commoda tenuiorum, *munia* candidatorum. C’est un
-devoir d’affection pour les parents, un profit pour les petites
-gens, une charge imposée aux candidats.
-
-Olere. Olfacere. Fragrare. Odorari. Olidus. Odorus. Redolere.
-Perolere.
-1. *Odor* et *olere* expriment l’odeur qu’un corps répand, par
-opposition à *sapor*, etc., comme ὀσμή; *olfactus* et
-*olfacere*, la sensation de cette odeur ou le sens de l’odorat,
-par opposition à *gustus*, etc., comme ὄσφρησις.
-
-2. *Olere*, sentir, par opposition à n’avoir point d’odeur, et
-par préférence sentir fort et mauvais, empester; *fragrare*,
-sentir bon, embaumer. *Redolere* et *perolere* jouent le rôle de
-fréquentatifs; mais *redolere* marque une odeur forte, bonne ou
-mauvaise, indifféremment; *perolere* se prend en mauvaise part
-pour une odeur pénétrante.
-
-3. *Olfactus*, l’odeur perçue par un effet involontaire du sens
-de l’odorat; *odoratus*, odeur saisie par un effort du même
-sens.
-
-4. *Olfacere*, sentir et flairer, est passif, comme *audire*,
-l’odeur monte au nez d’elle-même; *odorari*, aspirer, renifler,
-ῥινηλατεῖν est actif, comme *auscultare*, on attire soi-même
-l’odeur au nez. *Olfaciens* sentit *odorem*, *odorans* captat.
-
-5. *Olidus*, qui sent, et par préférence qui sent mauvais;
-*odorus*, qui parfume. Par rapport à puer, *bene olidus* n’est
-qu’un opposé négatif, comme qui ne sent pas mauvais; *odorus*
-est l’opposé positif, comme: qui sent bon. Et de même, le vieux
-mot *olor* désignait la puanteur, comme *oletum*; *odor* ne
-marque que l’odeur.
-
-—Oletum, v. *Lutum*.
-—Omina, v. *Auguria*.
-—Omittere, v. *Intermittere*, *Mittere* et *Relinquere*.
-—Omnes, v. *Quisque*.
-—Onus, v. *Moles*.
-—Opem ferre, v. *Auxilium*.
-—Olfacere, olidus, v. *Olere*.
-—Omnino, v. *Plane*.
-—Opacus, v. *Obscurum*.
-
-Opera. Labor. Industria. Gnavitas. Assiduitas. Diligentia.
-1. *Opera*, activité qui est loin d’astreindre, simple action,
-simple occupation matérielle, par opposition aux moments
-d’inaction ou encore à la pensée, au discours, au conseil, comme
-ἐργασία; *labor*, activité pleine d’efforts et suivie de
-fatigue, le travail, par opposition au plaisir, comme πόνος.
-Plaut. Aul. II, 3, 7. *Opera* huc est conducta vestra, non
-*oratio*. On a loué vos bras, non votre langue. Cic. Rep. I, 9.
-Otiosiorem *opera* quam *animo*. Plutôt désœuvré que libre
-d’esprit. Liv. XXII, 22. Ut *opera* quoque impensa *consilium*
-adjuvem meum. Pour mettre la main à l’exécution de mon dessein.
-Mais V, 4. *Labor* *voluptas*que dissimillima natura, societate
-quadam naturali inter se sunt conjuncta. Le travail et le
-plaisir dont la nature a fait deux extrêmes et qu’elle n’a pas
-laissé d’unir entre eux par une sorte d’association.
-
-2. *Industria*, *gnavitas* et *sedulitas* présentent l’activité
-comme une qualité habituelle, par opposition à la paresse:
-*industria*, activité qui se déploie dans de grandes
-entreprises, celle qui anime le héros et l’homme d’État, par
-opposition à *ignavia*; *gnavitas*, activité utile, application
-de l’homme rangé et de l’industriel; enfin, *sedulitas*,
-l’activité dans les petites choses qui risque souvent de
-paraître comique, l’agitation perpétuelle d’une ménagère
-diligente, d’une nourrice dévouée, de l’homme qui fait sa cour.
-Colum. XII, præf. 8. Ut cum forensibus negotiis matronalis
-*sedulitas* *industriæ* rationem parem faceret. La femme
-attentive au détail d’une maison vaut l’homme qui consacre ses
-forces aux affaires publiques.
-
-3. *Assiduitas* et *diligentia*, l’application: mais
-*assiduitus* marque plutôt, comme συνέχεια, la continuité: on
-arrive au but par des efforts longs et soutenus; *diligentia*
-marque plutôt l’intensité, comme ἀϰρίϐεια: on arrive par un
-travail soigneux et exact.
-
-4. *Studium*, le zèle, marque exclusivement le goût et l’amour
-de la chose, le penchant intérieur.
-
-—Operæ, v. *Mercenarii*.
-—Opifex, v. *Faber*.
-—Opinari, v. *Censere*.
-—Opitulari, v. *Auxilium*.
-—Opperiri, v. *Manere*.
-—Opes, v. *Divitiæ*.
-—Opimus, v. *Pinguis*.
-—Opinio, v. *Sententia*.
-—Oportet, v. *Necesse est*.
-—Oppetere, v. *Mors*.
-—Opportunitas, v. *Occasio*.
-—Opprobrium, v. *Ignominia*.
-—Optimates, v. *Primores*.
-—Opus est, v. *Necesse est*.
-—Ora, v. *Margo* et *Ripa*.
-—Optare, v. *Velle*.
-—Opulentia, v. *Divitiæ*.
-—Opus, v. *Agere*.
-—Orare, v. *Rogare*.
-—Opprimere, v. *Vincere*.
-—Oræ, v. *Laqueus*.
-—Oratio, v. *Sermo*.
-
-Orbis. Circulus. Gyrus.
-*Orbis*, mouvement circulaire, périphérie décrite dans le cours
-de ce mouvement; *circulus*, surface circulaire; *gyrus*, ligne
-courbe et particulièrement ligne serpentine. L’expression in
-*orbem* consistere (serrer les rangs sur la circonférence d’un
-cercle) ne pourrait pas être échangée contre in *circulum* (se
-masser dans l’intérieur d’un cercle), et le cercle formé par une
-société close, *circulus*, ne pourrait point s’appeler *orbis*.
-Tac. G. 6. Equi nec variare *gyros* nostrum in modum docentur;
-in rectum aut uno flexu dextros agunt, ita conjuncto *orbe* ut
-nemo posterior sit. Les Germains ne dressent point, comme nous,
-les chevaux à suivre différentes courbes; ils les poussent droit
-devant eux; quand ils les font tourner, c’est toujours par la
-droite, et ils se suivent alors de si près sur une ligne
-circulaire, qu’on ne distingue pas le premier cavalier du
-dernier.
-
-—Ordiri, v. *Incipere*.
-—Oreæ, v. *Frenum*.
-—Ornatus, v. *Præditus*.
-—Ordo, v. *Series*.
-—Ornare, v. *Comere*.
-—Os, v. *Facies*.
-
-Osculum. Suavium.
-*Osculum*, baiser d’amitié; *suavium*, de tendresse.
-
-Ostendere. Monstrare. Declarare.
-*Ostendere*, montrer en ce sens qu’on fait remarquer une chose,
-qu’on la fait voir, qu’on ne la tient pas cachée, comme φῆναι,
-ἐμφανίσαι; *monstrare*, indiquer en ce sens qu’on communique un
-renseignement, comme δεῖξαι; enfin, *declarare*, mettre en
-évidence en ce sens qu’on tire quelque chose au clair et qu’on
-dissipe des doutes, comme δηλῶσαι.
-
-—Ostenta, v. *Auguria*.
-—Ostentatio, v. *Jactatio*.
-
-Ostium. Janua. Fores. Valvæ.
-*Ostium* et *janua*, porte, ouverture qui sert à entrer et à
-sortir: *ostium*, terme général pour toute espèce de porte,
-θύρα; *janua*, terme spécial, porte de maison. *Fores* et
-*valvæ*, battants destinés à fermer l’ouverture: *fores*, à des
-portes ordinaires, comme θυρίδες; *valvæ*, à des édifices et à
-des temples qui ont des portes doubles, à deux battants. Tac.
-Ann. XIV, 8. Anicetus refracta *janua* obvios servorum adripit;
-donec ad *fores* cubiculi veniret. Anicétus enfonce la porte de
-la maison et se fait suivre par les esclaves qu’il rencontre
-jusqu’à la porte de la chambre d’Agrippine.
-
-—Otiari, v. *Vacare*.
-
-Otium. Pax. Concordia.
-*Otium*, la tranquillité en général, tandis que *pax* se
-rapporte aux relations extérieures et *concordia* à la situation
-intérieure.
-
-
-P
-
-
-—Pædor, v. *Lutum*.
-
-Pæne. Prope. Fere. Ferme.
-*Pæne* et *prope* servent à adoucir une expression trop forte et
-à faire passer une hyperbole: *pæne*, qui est opposé à *plane*,
-se traduit par presque; *prope*, par peu s’en faut que. *Fere*
-et *ferme* ne servent qu’à se précautionner contre la lettre de
-l’assertion, comme à peu près, environ.
-
-—Pætus, v. *Strabo*.
-—Palam, v. *Aperire*.
-—Palari, v. *Errare*.
-—Palus, v. *Lacuna*.
-—Pandus, v. *Curvus*.
-—Palpare, v. *Mulcere*.
-—Palus, v. *Stipes*.
-—Par, v. *Æquus*.
-—Parere, v. *Creare*.
-—Paratus, v. *Præditus*.
-
-Parere. Obedire. Dicto audientem esse. Obsequi. Obsecundare.
-Morigerari. Obtemperare.
-*Parere*, *obedire* et *dicto audientem esse* présentent
-l’obéissance comme une obligation, un devoir, une sujétion:
-*parere*, avec une idée d’humilité, l’obéissance du serviteur à
-son maître, du sujet à son prince, par opposition à *imperare*;
-*obedire*, *obedire*, avec un certain air de liberté, celle de
-l’inférieur au supérieur, du citoyen à la loi et à l’autorité;
-*dicto audientem esse*, avec l’idée de la subordination stricte,
-l’obéissance passive du soldat à son général. *Obsequi*,
-*obsecundare*, *obtemperare* et *morigerari* expriment une
-obéissance volontaire et libre, comme être docile. L’*obsequens*
-et l’*obsecundans* sont dociles par amour et complaisance; ils
-se montrent pleins de bonne volonté; le *morigerans* et
-l’*obtemperans* le sont par conviction, estime ou crainte; ils
-font preuve de déférence. Hirt. B. Afr. 57. Jubæ barbaro potius
-*obedientem fuisse* quam nuntio Scipionis *obtemperasse*. Obéir
-à un barbare, à Juba, plutôt que d’écouter le messager de
-Scipion. Tac. H. II, 14. Parata non arma modo, sed *obsequium*
-et *parendi* amor, c’est-à-dire de la docilité inspirée par
-l’estime et l’amour qu’ils portaient au général et du plaisir à
-obéir, parce qu’ils sentaient que leur cause ne pouvait pas se
-soutenir sans subordination et sans ordre. Cic. Orat. 71. Dum
-tibi *roganti* voluerim *obsequi*. Voulant aller au-devant de ta
-prière. Comparez avec Famm. IX, 25. *Obtemperare* cogito
-*præceptis* tuis. Je pense me conformer à tes prescriptions.
-
-—Paries, parietinæ, v. *Murus*.
-—Parilis, v. *Æquus*.
-—Parma, v. *Scutum*.
-
-Pars. Portio.
-*Pars*, la partie, par rapport au tout; *portio*, la portion ou
-la part, par rapport à celui qui en a la jouissance. Plin. H. N.
-XI, 15. Æstiva mellatione decimam *partem* apibus relinqui
-placet, si plenæ fuerint alvi; sin minus, pro rata *portione*.
-Cassius Dionysius veut qu’on laisse aux abeilles le dixième de
-la récolte d’été, lorsque les ruches sont pleines, et une part
-proportionnée lorsqu’elles ne sont pas entièrement remplies.
-(Traduction de Guéroult.)
-
-Partes. Factio.
-*Partes*, parti qui se forme de lui-même en vertu de la
-différence des principes et des intérêts; *factio*, faction qui
-se forme par une association étroite entre ses membres, et qui
-agit de concert avec une ardeur aveugle jusqu’à recourir à la
-violence pour assurer la suprématie de sa cause. Sall. Jug. 31.
-Inter bonos *amicitia*, inter malos *factio* est. Cette union,
-qui serait amitié entre des gens de bien, n’est qu’une faction
-entre des scélérats.
-
-—Particeps, v. *Socius*.
-—Partiri, v. *Dividere*.
-—Participare, v. *Impertire*.
-
-Parumper. Paulisper.
-*Parumper*, pour un peu de temps; *paulisper*, pendant un peu de
-temps. Il suit de là que *parumper* se dit par préférence des
-actes de l’esprit, *paulisper*, des faits matériels, parce que
-l’idée de futur contenue dans *parumper* s’associe presque
-nécessairement à ces actes de l’esprit, tandis que *paulisper*
-marque un état et une simple durée, par exemple *paulisper
-morari*, s’arrêter quelque temps, mais *parumper dubitare*,
-hésiter pour un temps.
-
-Parvus. Minutus. Exiguus. Pusillus.
-*Parvus* et *minutus* expriment la petitesse dans un sens
-indifférent et purement mathématique, sans idée accessoire:
-*parvus*, une petitesse naturelle et inhérente, par opposition à
-*magnus*, comme μιϰρός; *minutus*, une petitesse factice,
-artificielle. *Exiguus* et *pusillus* expriment en outre une
-idée accessoire de mépris: *exiguus*, avec une nuance de pitié,
-comme misérable, insignifiant, par opposition à *amplus* ou à
-*grandis*; *pusillus*, avec une nuance de ridicule, comme tout
-petit, nain, par opposition à *ingens*, comme τυτθός.
-
-—Pascere, v. *Alimenta*.
-
-Passi. Prolixi. Sparsi.
-*Passi capilli*, cheveux dénoués par opposition à ceux qui sont
-retenus par un nœud, *cohibiti nodo*; *prolixi*, cheveux
-flottants par opposition à ceux qui sont relevés sur le haut de
-la tête, *religati in verticem*; enfin *sparsi*, cheveux épars
-et en désordre par opposition à des cheveux bien peignés,
-*pexi*.
-
-—Passus, v. *Gradus*.
-—Pati, v. *Ferre*.
-—Patefacere, v. *Aperire*.
-
-Paternus. Patrius.
-*Paternus*, πατρῷος, ce qui appartient au père et ce qui vient
-de lui, comme paternel; *patrius*, πάτριος, ce qui appartient
-aux ancêtres ou à la patrie et ce qui vient d’eux.
-
-Paulatim. Sensim. Gradatim. Pedetentim.
-*Paulatim* et *sensim* présentent la gradation sous l’image d’un
-progrès qui passe inaperçu: *paulatim*, comme peu à peu, par
-opposition à *semel* d’une seule fois; mais *sensim* comme
-insensiblement, par opposition à *repente*, tout à coup;
-*gradatim* et *pedetentim*, sous l’image d’un progrès visible:
-*gradatim*, comme pas à pas et ϐάδην, par opposition à *cursim*,
-*saltuatim*, etc.; *pedetentim*, en avançant avec peine et pied
-à pied par opposition à *cursu*, *equo*, *volatu*, *velis*.
-
-—Paulisper, v. *Parumper*.
-
-Paupertas. Inopia. Egestas. Mendicitas.
-*Paupertas*, modicité de ressources qui oblige à se restreindre,
-par opposition à *dives*, comme πενία; *inopia* et *egestas*,
-pauvreté accablante qui impose des souffrances et des
-privations: mais *inopia* exprime comme ἀπορία le dénûment en
-lui-même, le défaut de ressources qui empêche de se tirer
-d’affaire, par opposition à *copia* ou *opulentia*; et *egestas*
-comme ἔνδεια la pauvreté besoigneuse et nécessiteuse, par
-opposition à *abundantia*; enfin *mendicitas*, l’indigence qui
-réduit les gens à mendier, πτωχεία. Le *pauper* n’a pas
-grand’chose, l’*inops* et l’*egenus* ont trop peu de chose, le
-*mendicus* n’a rien du tout. Dans la classification des rangs
-par échelle de richesse les *pauperes* forment la classe moyenne
-qui est obligée de vivre bourgeoisement et parcimonieusement;
-les *inopes* et les *egeni*, quand ces deux mots ne s’appliquent
-point à une gêne passagère, forment la classe des pauvres qui
-vivent au jour le jour de leur travail et sont même exposés à
-souffrir la faim; les *mendici*, la classe des mendiants qui ne
-vivent que d’aumônes, également dépourvus de toute propriété et
-de toute industrie. Cic. Parad. 6. Istam *paupertatem* vel
-potius *egestatem* et *mendicitatem* tuam nunquam obscure
-tulisti. Médiocrité de fortune, pauvreté besoigneuse, indigence,
-tu as constamment porté ton sort au grand jour. Suet. Gr. 14.
-Vixit in summa pauperie et pæne inopia. Il vécut dans une
-extrême médiocrité qui était presque du dénûment. Plin. Ep. IV,
-18. *Inopia* vel potius, ut Lucretius ait, *egestas* patrii
-sermonis. La stérilité ou plutôt, comme parle Lucrèce,
-l’impuissance de la langue maternelle. Cic. Inv. I, 47. Propter
-*inopiam* in *egestate* esse. Tomber du dénûment dans la gêne.
-
-—Pax, v. *Otium*.
-—Pavire, v. *Verberare*.
-—Peccatum, v. *Delictum*.
-—Peculari, v. *Vastare*.
-—Peculiaris, v. *Privus*.
-
-Pecunia. Nummus. Moneta.
-*Pecunia*, terme collectif, somme d’argent; *nummus*, la pièce
-d’argent par rapport à sa valeur et à son usage; *moneta*, la
-monnaie par rapport à son empreinte et à son aspect.
-
-Pecus. Jumentum. Armentum. Grex.
-1. *Pecus*, *pecoris*, terme général pour tous les animaux
-domestiques; *jumenta* et *armenta*, gros bétail, bœufs, ânes,
-chevaux; *pecus*, *pecudis*, petit bétail, cochons, chèvres, et
-par préférence les moutons.
-
-2. *Jumenta*, bêtes de trait, bœufs, ânes, chevaux; *armenta*,
-bêtes de labour, bœufs et chevaux, à l’exclusion des vaches, des
-ânes de bât, des chevaux de selle qui ne vont ni à la voiture ni
-à la charrue.
-
-3. Pris au singulier et comme nom collectif, *armentum* signifie
-un troupeau de gros bétail, ἀγέλη; *grex* est un troupeau de
-petit bétail, comme ποίμνη, πῶϋ. Plin. Ep. II, 16. Multi
-*greges* ovium, multa ibi equorum boumque *armenta*. De nombreux
-troupeaux de petit et de gros bétail, moutons, chevaux, bœufs.
-
-—Pecus, v. *Animal*.
-—Pedica, v. *Vincula*.
-—Pejor, v. *Deterior*.
-—Pellucidus, v. *Perlucidus*.
-—Penitus, v. *Plane*.
-—Penus, v. *Alimenta*.
-—Percussor, v. *Homicida*.
-—Pedetentim, v. *Paulatim*.
-—Pejerare, v. *Perlucidus*.
-—Pelagus, v. *Mare*.
-—Pellegere, pellicere, v. *Perlucidus*.
-—Pellis, v. *Tergus*.
-—Pendere, v. *Hærere*.
-—Penna, v. *Ala*.
-—Percontari, v. *Rogare*.
-—Percutere, v. *Interficere*.
-
-Perdere. Pessundare. Pervertere. Evertere.
-*Perdere* et *pessundare*, anéantir: *perdere*, en brisant
-l’objet, par destruction; *pessundare*, par submersion ou par
-quelque autre manière de faire disparaître l’objet. *Evertere*,
-*pervertere* et *subvertere*, renverser: *evertere*, en
-déterrant ou en arrachant ce qui est assujetti par le pied, il
-est opposé à *fundare*; *pervertere*, en jetant à bas ce qui se
-tient debout; *subvertere*, par une voie secrète et souterraine,
-en sapant la base. Cic. Pis. 24. Provincia tibi ista manupretium
-fuerit non eversæ per te sed *perditæ* civitatis. Ce sera ton
-salaire pour avoir causé la chute et même la ruine de l’État.
-
-—Perdere, v. *Amittere*.
-—Peregrinus, v. *Exterus*.
-—Perferre, v. *Ferre*.
-—Perfidiosus, perfidus, v. *Fidus*.
-—Peregrinari, v. *Proficisci*.
-—Peremtor, v. *Homicida*.
-—Perficere, v. *Finire*.
-
-Perfuga. Transfuga. Profugus. Fugitivus. Extorris. Exul.
-Perfugium. Suffugium. Refugium.
-1. *Perfuga* et *transfuga*, le déserteur qui fuit d’un parti
-vers l’autre, αὐτόμολος: mais le transfuge, *perfuga*, passe à
-l’ennemi en criminel qui trahit son parti; le *transfuga* n’est
-qu’un homme irrésolu qui abandonne les siens pour aller
-ailleurs. *Profugus* et *fugitivus*, le fugitif qui abandonne sa
-demeure: le *profugus* est un infortuné qui cède à la force en
-fuyant sa patrie et qui court le monde comme un banni, φυγάς; le
-*fugitivus* est un coupable qui se dérobe à son devoir, à son
-poste, à sa prison, à son maître, δραπέτης. On entend
-généralement par *perfuga* et *transfuga* un soldat, par
-*profugus* un citoyen, par *fugitivus* un esclave. Liv. XXX, 43.
-De *perfugis* gravius quam de *fugitivis* consultum. Les
-transfuges furent plus sévèrement traités que les esclaves
-fugitifs.
-
-2. *Perfugium*, asile public et sûr dans des dangers sérieux;
-*suffugium*, asile sinon secret, du moins fortuit et temporaire
-contre des contrariétés; *refugium*, asile préparé ou du moins
-choisi d’avance en cas de retraite.
-
-3. *Profugus* marque un état de fait, celui d’un homme qui fuit
-hors de son pays; *extorris*, un état politique, comme proscrit;
-*exul*, un état légal comme exilé. L’*extorris* subit un
-malheur, il ne peut plus rester dans sa patrie; l’*exul* subit
-un châtiment, il n’a plus le droit d’y rester. Appul. Met. V, p.
-101. *Extorres* et... velut *exulantes*. Proscrits et comme
-exilés.
-
-—Periclitari, periculum, v. *Tentare*.
-—Perimere, v. *Interficere*.
-—Perire, v. *Mors*.
-
-Perlucidus. Pellucidus. Perlegere. Pellegere. Perlicere.
-Pellicere. Perjurare. Pejerare.
-Examinant ces mots par couples, le premier des deux, qui est la
-forme primitive, a chaque fois l’accent sur l’adverbe *per*; le
-second, qui est une forme adoucie par l’assimilation de l’r en l
-ou par l’élimination de l’r, a l’accent sur le nom ou sur le
-verbe, et la racine accentuée prédomine dans la signification du
-composé.
-
-1. *Perlucidus*, très-lumineux; *pellucidus*, transparent.
-
-2. *Perlegere*, lire d’un bout à l’autre; *pellegere*,
-parcourir, feuilleter.
-
-3. *Perlicere*, attirer avec une force irrésistible;
-*pellicere*, séduire.
-
-4. *Perjurare*, prêter un faux serment; *pejerare*, violer un
-serment.
-
-—Permittere, v. *Concedere* et *Fidere*.
-—Pernegare, v. Negare.
-—Pernicies, v. *Lues*.
-—Pernix, v. *Citus*.
-
-Perperam. Falso. False. Fallaciter.
-1. *Perperam* s’entend de la fausseté du fait, comme
-inexactement; *falso*, de la personne qui se trompe, comme par
-erreur, par méprise...
-
-2. *Falso agere* ne se dit que d’une erreur où l’on est ou d’une
-illusion qu’on se fait; *false* et *fallaciter agere* supposent
-qu’on va contre ce qu’on sait et contre sa conscience: *false*,
-comme faussement, par crainte et faiblesse de caractère;
-*fallaciter*, comme fallacieusement, avec la mauvaise intention
-de duper et de trahir. Comparez Tacite, Ann. I, 1. Tiberii
-res... ob metum *false* compositæ sunt (d’après le texte de
-Wolf). La peur a dicté des faussetés aux historiens de Tibère;
-avec Germ. 36. Inter impotentes et validos *falso* quiescas.
-Entre des voisins puissants et forts un peuple ne goûte qu’un
-repos trompeur.
-
-3. Les idées exprimées par *falso* et *false* sont réunies dans
-l’adjectif *falsus*, qui ne se distingue que de *fallax*. Cic.
-Phil. XII, 2. Spes *falsa* et *fallax*. Fausse et perfide
-espérance. Tac. Ann. XVI, 32. Specie bonorum *falsos* et
-amicitiæ *fallaces*. La fausseté sous un semblant de vertu, la
-perfidie sous un semblant d’amitié.
-
-—Perpeti, v. *Ferre*.
-—Perpetuus, v. *Continuus*.
-
-Perquam. Valde. Admodum. Magnopere.
-*Perquam*, extraordinairement, avec une nuance de surprise chez
-la personne qui parle; *valde*, très, *admodum*, assez, et
-*multum*, servent simplement à renforcer le sens de l’attribut
-ou du verbe, *magnopere*, du verbe seul.
-
-—Perseverantia, v. *Pervicacia*.
-—Persona, v. *Larva*.
-—Pertinacia, v. *Pervicacia*.
-—Pervertere, v. *Vertere* et *Perdere*.
-
-Pervicacia. Perseverantia. Pertinacia. Contumacia. Destinatio.
-Obstinatio.
-1. *Pervicacia* et *perseverantia* présentent comme une vertu
-l’attachement à un sentiment dans lequel on est entré: la
-*pervicacia* est fondée sur une énergie naturelle, c’est
-l’ardeur opposée à la lassitude; la *perseverantia*, sur le
-développement des qualités sérieuses, c’est la persistance
-opposée à la versatilité. *Pertinacia* et *contumacia* expriment
-un défaut: la *pertinacia* provient d’un attachement opiniâtre à
-une résolution prise comme l’entêtement et la présomption, par
-opposition à la condescendance; la *contumacia*, de l’orgueil
-qu’on met à défendre son libre arbitre, même contre une autorité
-compétente et légitime, comme l’arrogance et l’esprit de
-résistance par opposition à la docilité ou *obsequium*. Accius
-dans Non. Tu *pertinaciam* esse, Antiloche, hanc prædicas, ego
-*pervicaciam* esse aio et a me uti volo. Tu soutiens que c’est
-de l’entêtement; je dis que c’est une fermeté généreuse que je
-tiens à montrer. Cic. Inv. II, 54. Unicuique virtuti finitimum
-vitium reperietur, ut *pertinacia* quæ finitima *perseverantiæ*
-est. On rencontrera un défaut dans le voisinage de toutes les
-vertus; c’est ainsi que l’entêtement est voisin de la
-persévérance.
-
-2. *Pervicacia*, etc., marquent la stabilité dans une résolution
-prise; *destinatio* et *obstinatio* ont plus de rapport à l’acte
-qui consiste à la prendre: *destinatio*, lorsqu’elle est
-irrévocable, c’est de la décision; *obstinatio*, lorsqu’on s’y
-attache en dépit de tous les obstacles, même insurmontables, et
-de toutes les représentations raisonnables, c’est de
-l’endurcissement.
-
-—Pessulus, v. *Sera*.
-—Pestilentia, pestis, v. *Lues*.
-—Pessundare, v. *Perdere*.
-
-Petere. Rogare. Postulare. Exigere. Poscere. Flagitare.
-1. *Petere* et *rogare*, termes généraux pour toute espèce de
-demande, soit qu’on prie, soit qu’on exige; ils tiennent le
-milieu entre *poscere* et *orare*, sauf à se rapprocher quelque
-peu du dernier: *petere* se rapporte à l’objet qu’on souhaite;
-*rogare*, à la personne à laquelle on s’adresse, d’où *petere
-aliquid ab aliquo*, mais *rogare aliquem aliquid*. Cic. Verr.
-IV, 28, 64. Iste *petit* a rege et eum pluribus verbis *rogat*,
-ut id ad se mittat. Il tâche d’obtenir cela du roi et l’en
-sollicite longuement. Famm. II, 6. Ne id quod *petat*, *exigere*
-magis quam *rogare* videatur. Pour tâcher d’en venir à ses fins
-sans se donner des airs de créancier plutôt que de solliciteur.
-
-2. *Postulare* et *exigere* se disent d’une demande pure et
-simple par laquelle on fait tranquillement connaître sa volonté:
-*postulare* s’entend plutôt de ce qu’on veut et souhaite;
-*exigere*, de ce qu’on prétend. *Poscere* et *flagitare* se
-disent d’une demande pressante: *poscere*, d’une demande faite
-d’un ton décidé, avec le sentiment de son droit ou de sa
-puissance; *flagitare*, d’une demande faite avec impétuosité
-dans la passion et dans l’impatience du désir. Tac. H. II, 39.
-Othone per literas *flagitante* ut maturarent, militibus ut
-imperator pugnæ adesset *poscentibus*; plerique copias trans
-Padum agentes acciri *postulabant*. La lettre d’Othon exprimait
-une vive impatience d’en finir; les soldats exigeaient que
-l’empereur payât de sa personne au jour de la bataille; un très-
-grand nombre souhaitaient qu’on fît venir les troupes établies
-au delà du Pô. Cic. Verr. III, 34. Incipiunt *postulare*,
-*poscere*, minari. Viennent les demandes, les exigences, les
-menaces. Planc. 19. *Poscere* atque etiam *flagitare* crimen.
-Exiger, vouloir emporter une accusation. Legg. I, 5.
-*Postulatur* a te jam diu vel *flagitatur* potius historia.
-Voilà longtemps qu’on te demande ou plutôt qu’on brûle de
-t’arracher cette histoire.
-
-—Petra, v. *Saxum*.
-
-Petulans. Procax. Protervus. Lascivus.
-Le *petulans* blesse le sentiment des convenances, *modestia*,
-par caprice, par des agaceries et des provocations inutiles; le
-*procax*, par indiscrétion, impertinence et importunité; le
-*protervus*, par impétuosité, par un laisser-aller qui ne
-respecte rien; le *lascivus*, par une joie bruyante et folâtre.
-Il faut chercher l’origine de la *petulantia* dans l’aversion
-pour le repos et la paix ou même dans la méchanceté; celle de la
-*procacitas* dans la hardiesse ou l’impudence; celle de la
-*protervitas* dans le sentiment exagéré de sa force ou dans
-l’orgueil; celle de la *lascivia* dans la gaieté du caractère ou
-dans le défaut de gravité. Liv. XXXVIII, 24. Flagitatum quoque
-stipendium, *procacius* quam ex more et *modestia* militari
-erat. On réclama vivement la solde avec une impudence contraire
-à tous les usages et à la subordination.
-
-—Pietas, v. *Diligere*.
-
-Piget. Tædet. Pœnitet.
-*Piget* se dit en général de ce qu’on ne se soucie ni de faire
-ni de souffrir; *tædet*, de ce qu’on ne se soucie point de faire
-ni de souffrir plus longtemps; *pænitet*, de ce qu’on aimerait
-mieux n’avoir jamais fait ni souffert.
-
-—Pigritia, v. *Ignavia*.
-—Pilum, v. *Missile*.
-—Pilus, v. *Crinis*.
-
-Pinguis. Opimus. Obesus. Corpulentus.
-1. *Pinguis*, gras dans un sens indifférent ou défavorable, la
-graisse étant de toutes les parties constituantes du corps la
-plus insensible et la moins élastique, d’où au figuré mou;
-*opimus*, gras dans le bon sens, quand c’est un signe que les
-chairs sont pleines et qu’on est bien nourri, d’où au figuré
-abondant.
-
-2. *Obesus* se dit de l’embonpoint, mais en associant à l’idée
-principale une idée accessoire de pesanteur par opposition à
-*gracilis*; *corpulentus* se dit de l’embonpoint pris par son
-beau côté, par rapport à la prestance qui l’accompagne.
-
-—Pinna, v. *Ala*.
-—Placidus, v. *Mitis*.
-—Pirata, v. *Præda*.
-—Plaga, v. *Locus*, *Rete* et *Vulnus*.
-—Plancæ, v. *Axes*.
-
-Plane. Omnino. Prorsus. Penitus. Utique.
-*Plane*, nettement, *netto* par opposition à *pæne* ou à *vix*;
-*omnino*, entièrement, et en général par opposition aux
-subdivisions, aux cas isolés, aux exceptions, à *magna ex parte*
-ou à *separatim*, comme ὅλως; *prorsus*, précisément, par
-opposition à en quelque sorte ou à pour ainsi dire; *penitus*,
-de fond en comble, jusqu’au fond, par opposition à dans une
-certaine mesure ou à superficiellement, πάντως; *utique*, dans
-tous les cas, il a pour opposés à tout hasard, peut-être,
-ὁπωσδήποτε.
-
-Plerique. Plurimi.
-*Plerique*, superlatif absolu, un très-grand nombre; *plurimi*,
-superlatif relatif, la plupart. Tac. Ann. XIII, 27. *Plurimis*
-equitum, *plerisque* senatorum non aliunde originem trahi. La
-plupart des chevaliers, un très-grand nombre de sénateurs
-n’avaient pas d’autre origine.
-
-—Plorare, v. *Lacrimare*.
-—Plurimi, v. *Plerique*.
-—Pluma, v. *Ala*.
-
-Pluvia. Imber. Nimbus.
-*Pluvia*, phénomène bienfaisant, pluie générale qui abreuve le
-sol altéré, ὑετός; *imber* et *nimbus*, phénomène désagréable,
-pluie locale qui vient gâter une belle journée: *imber*,
-lorsqu’elle est accompagnée d’un temps froid et orageux;
-*nimbus*, d’un temps couvert.
-
-Poculum. Calix. Scyphus. Simpuvium. Cyathus. Crater.
-1. *Poculum* et *calix*, qui appartiennent à la vieille langue
-latine, se disent de tout vase à boire, sans autre idée que
-celle de l’usage auquel il sert: *poculum*, vase ordinaire pour
-les repas; *calix*, vase, coupe plus riche pour les festins.
-*Scyphus*, *cantharus*, *cymbium*, *culigna*, mots étrangers
-empruntés au grec, se disent de certaines espèces de vases par
-rapport à leur forme.
-
-2. *Poculum*, etc. servent tous de vases à boire; le vieux mot
-romain *simpuvium* et *cyathus* qui est venu plus tard, vases à
-puiser pour remplir les *pocula* en prenant au *crater*, comme
-on remplit les verres à punch en puisant avec la cuiller dans le
-bol.
-
-—Poema, v. *Canere*.
-—Pœnitet, v. *Piget*.
-—Poena, v. *Vindicta*.
-—Poeta, v. *Canere*.
-—Pollere, v. *Posse*.
-
-Polliceri. Promittere. Spondere. Recipere.
-*Polliceri*, promettre de plein gré, par un acte de complaisance
-et de prévenance, ἐπαγγέλλεσθαι; *promittere*, à la suite d’une
-demande, par un acte de consentement, avec l’intention de tenir,
-ὑπισχνεῖσθαι; *spondere* et *despondere*, promettre
-formellement, à la suite d’une *stipulatio* par un engagement
-qui lie en justice, ἐγγυᾶν; *recipere*, prendre sur soi et
-s’engager d’honneur pour tranquilliser une personne qui est dans
-la peine, ἀναδέχεσθαι. Le *pollicens* fait des offres agréables;
-le *promittens* ouvre une perspective satisfaisante; le
-*spondens* donne une garantie judiciaire; le *recipiens* nous
-ôte nos soucis. Cic. Att. XIII, 1. Quoniam de æstate
-*polliceris* vel potius recipis. Puisque tu t’avances sur ce
-sujet ou plutôt puisque tu te fais fort; car le *pollicens*
-n’engage que sa bonne volonté, le *recipiens* répond du succès.
-Sen. Ep. 19. Jam non *promittunt* de te sed *spondent*. Ils ne
-se bornent plus à promettre, ils s’engagent pour toi. Cic. Famm.
-VII, 5. Neque minus ei prolixe de tua voluntate *promisi* quam
-eram solitus de mea *polliceri*. Et je lui ai promis ta
-bienveillance avec autant d’assurance que si je n’avais eu qu’à
-m’avancer pour mon compte: car Cicéron ne pouvait donner au nom
-de Trébatius que des espérances, mais il pouvait faire de son
-chef des promesses positives.
-
-—Polluere, v. *Contaminare*.
-—Pondo, v. *Libra*.
-—Pontus, v. *Mare*.
-—Populari, v. *Vastare*.
-—Pompa, v. *Funus*.
-—Pondus, v. *Moles*.
-—Popina, v. *Deversorium*.
-—Populus, v. *Gens*.
-
-Porca. Sulcus. Lira.
-*Porca*, billon, terre relevée entre deux sillons; *sulcus*,
-creux du sillon, trace faite dans la terre par la charrue;
-*lira*, tantôt l’un, tantôt l’autre.
-
-—Porcus, v. *Sus*.
-—Portenta, v. *Auguria*.
-—Poscere, v. *Petere*.
-—Portare, v. *Ferre*.
-—Portio, v. *Pars*.
-
-Posse. Quire. Valere. Pollere.
-1. *Posse* et *quire* sont originairement transitifs: *posse*,
-être apte par vigueur et par force, δύνασθαι; *quire*, par le
-concours de toutes les qualités qu’on possède, comme οἷόν τ’
-εἶναι. Cic. Tusc. II, 27. Barbari ferro decertare acerrime
-*possunt*, viriliter ægrotare non *queunt*. Les barbares peuvent
-bien se battre à outrance le fer à la main; aux prises avec la
-maladie, ils sont incapables d’être hommes. *Valere* et
-*pollere* sont neutres, d’où *possum* ou *queo* vincere, mais
-*valeo* ou *polleo* ad vincendum.
-
-2. *Valere*, posséder une juste mesure de forces, valoir un
-autre homme, par opposition à des forces insuffisantes, comme
-σθένειν; *pollere*, avoir un excès de forces et de ressources et
-se distinguer par là de la foule, par opposition à des forces
-ordinaires, comme ἰσχύειν.
-
-—Possidere, v. *Tenere*.
-—Posteritas, v. *Stirps*.
-—Postremus, v. *Extremus*.
-—Postulare, v. *Petere*.
-—Potare, v. *Bibere*.
-
-Potentia. Potentatus. Potestas. Vis. Robur.
-*Potentia*, *potentatus* et *potestas*, puissance qui vient du
-dehors, qui a des hommes pour instruments et pour sujets; *vis*
-et *robur*, puissance, force intérieure, indépendante du
-concours et de la bonne volonté d’autrui. *Potentia*, pouvoir de
-fait qui se fait sentir à volonté, δύναμις; *potentatus*, rang
-du souverain reconnu par le peuple, δυναστεία; *potestas*,
-autorité légitime et légalement déférée, ἐξουσία. Tac. Ann.
-XIII, 19. Nihil tam fluxum est quam fama *potentiæ* non sua vi
-nixæ. Rien de si fragile que le crédit d’un pouvoir qui n’a
-point en lui-même les éléments de sa force. *Vis*, la force
-active et agressive, comme faculté de contraindre les autres,
-ϰράτος; *robur*, la force au repos, comme faculté de résister et
-de durer, ῥώμη.
-
-—Potestas, v. *Occasio*.
-
-Præbere. Exhibere. Præstare. Repræsentare.
-*Præbere* et *exhibere*, aller spontanément au-devant d’un
-besoin ou d’un désir: le *præbens* cède son bien à quelqu’un;
-l’*exhibens* se dessaisit du sien en faveur du public.
-*Præstare* et *repræsentare*, s’exécuter pour remplir un devoir:
-le *præstans* se libère, pour ainsi dire, d’une dette en se
-rangeant à son devoir; le *repræsentans* accomplit une promesse,
-au lieu de tarder encore à la tenir.
-
-—Præceptor, v. *Doctor*.
-—Præclarus, v. *Eminens*.
-—Præcipere, v. *Jubere*.
-
-Præda. Manubiæ. Spolia. Exuviæ. Rapina. Prædo. Latro. Pirata.
-1. *Præda* et *manubiæ*, le butin considéré comme un bien de
-conquête et comme un profit; *spolia* et *exuviæ*, considéré en
-outre comme une marque de victoire et d’honneur.
-
-2. *Præda*, toute espèce de butin; *manubiæ*, le butin légitime
-du soldat, fait à la guerre; *rapina*, le butin illégitime du
-*prædo*, qui trouble la paix publique, le fruit du vol.
-
-3. *Prædo*, brigand en général, celui qui exerce le brigandage
-comme un métier, ληστής. C’est le terme générique, par rapport à
-*latro*, le voleur de grands chemins, σίνις, et à *pirata*, le
-pirate. *Raptor*, le ravisseur d’une personne ou d’un objet
-déterminé, ἁρπαϰτήρ.
-
-—Prædicere, v. *Divinare*.
-
-Præditus. Instructus. Exstructus. Ornatus.
-1. *Præditus* s’entend d’une qualité éminente qui est un titre
-d’honneur; *instructus* et *exstructus*, d’une qualité solide
-qui rend propre à certains usages. Les deux idées sont réunies
-dans *ornatus*. L’*instrumentum* sert, le *decus* donne de
-l’éclat, l’*ornamentum* semble tirer son lustre d’une utilité
-éminente. *Instructus* suggérera, par exemple, l’image d’un
-armement complet qui est un gage de protection et de sécurité;
-*ornatus*, celle d’un armement parfait et imposant. Il faut se
-placer à un point de vue élevé et viser à l’idéal pour juger
-l’*ornatus* indispensable; c’est du luxe, par rapport aux
-besoins ordinaires de la vie. Cic. Phil. X, 4. Græcia copiis non
-*instructa* solum, sed etiam *ornata*. La Grèce, qui abonde en
-ressources solides et même apparentes. Sen. Tranq. 9. Sicut
-plerisque libri non studiorum *instrumenta*, sed cœnationum
-*ornamenta* sunt. Pour beaucoup de gens, une bibliothèque n’est
-point un instrument d’étude, c’est un décor indispensable dans
-une salle à manger.
-
-2. *Instructus* se rapporte à des personnes et à des objets
-destinés à jouer un rôle offensif ou défensif; *exstructus*, à
-des objets dont la destination est passive, par exemple,
-*instructæ naves*, mais *exstructæ mensæ*. Les *exstructa* ne
-laissent plus rien à faire; les *instructa* ont reçu un premier
-achèvement, une préparation complète et n’ont plus qu’à remplir
-leur destination.
-
-3. *Instructus* se rapporte à la simple possession des moyens;
-*paratus*, au propriétaire de ces moyens, prêt lui-même à en
-tirer parti.
-
-—Prædium, v. *Villa*.
-
-Præmium. Pretium. Merces.
-*Præmium*, récompense honorable destinée à distinguer celui qui
-la reçoit, par opposition à *pœna*, ἆθλον, γέρας; *pretium* et
-*merces*, payement destiné à acquitter une dette: *pretium*,
-prix d’achat pour une marchandise qu’on nous cède, par
-opposition à *gratia*, ὦνος; *merces*, ce qu’on paye pour tout
-ce qu’on prend ou tient à louage, hommes et choses, μισθός.
-
-—Præs, v. *Sponsor*.
-—Præsentem esse, v. *Adesse*.
-—Præstans, v. *Eminens*.
-—Præsagire, v. *Divinare*.
-—Præsentire, v. *Divinare*.
-—Præstolari, v. *Manere*.
-
-Præterea. Insuper. Ultro.
-*Præterea*, de plus, marque simplement qu’on ajoute ce qu’il
-faut pour compléter un compte, comme πρὸς τούτοις; *insuper*, en
-sus, par-dessus le marché, qu’on fait mesure comble, comme
-προσέτι; enfin, *ultro*, en outre, que ce qu’on ajoute va fort
-au delà de ce qu’on avait déjà fait, en sorte que tout ce qui a
-précédé n’a plus aucune valeur.
-
-—Prævidere, v. *Divinare*.
-—Pravitas, v. *Malitia*.
-—Precari, v. *Rogare*.
-—Prehendere, v. *Sumere*.
-—Pretium, v. *Præmium*.
-
-Pridem. Diu. Dudum. Diuturnus. Diutinus.
-1. *Pridem* marque un point dans le temps, une époque, comme il
-y a longtemps; *diu* et *dudum* marquent un espace, une période,
-comme depuis longtemps: *diu*, depuis bien des jours, des mois,
-des années; *dudum*, depuis plusieurs minutes ou plusieurs
-heures. *Jam pridem mortuus est* veut dire: il est mort il y a
-très-longtemps, c’est un aoriste; mais *jam diu mortuus est*: il
-est depuis longtemps dans la tombe, c’est un parfait. Cic. Cat.
-I, 1. Ad mortem te duci *jam pridem* oportebat; in te conferri
-pestem illam quam tu in nos omnes *jam diu* machinaris. Il y a
-longtemps que j’aurais dû te faire conduire au supplice et
-amasser sur ta tête tous les maux que tu nous prépares depuis
-longtemps. Tac. Ann. XV, 64. Seneca Statium Annæum *diu* sibi
-amicitiæ fide et arte medicinæ probatum orat, provisum *pridem*
-venenum promeret. Sénèque prie Statius Annæus, qui avait depuis
-longtemps sa confiance comme ami et comme médecin, de lui
-apporter le poison dont ils étaient autrefois convenus.
-
-2. *Diuturnus* se dit d’une longue durée, soit indifféremment,
-comme de quelque chose de long, en général, soit par éloge,
-comme de quelque chose de durable et de solide, par opposition à
-ce qui passe vite, χρόνιος; *diutinus* exprime un blâme et se
-dit de ce qui pèse ou ennuie, comme αἰανός. Cic. Senect. 19.
-Nihil mihi *diuturnum* videtur, in quo est aliquid extremum. Une
-durée dont je vois le terme ne me paraît jamais longue. Comparez
-avec Famm. XI, 8. Libertatis desiderio et odio *diutinæ*
-servitutis. Par regret de la liberté et par haine d’un esclavage
-prolongé.
-
-—Primordium, v. *Initium*.
-
-Primores. Principes. Proceres. Optimates.
-*Primores* et *principes*, les personnages qui jouent un rôle
-dans l’État, la classe des citoyens influents et notables, par
-opposition à la foule: *primores*, ceux qui sont tout portés à
-cette hauteur par le privilége de la naissance, de la fortune et
-du rang; *principes*, ceux qui, par leur esprit, leurs talents
-politiques, leur activité, deviennent orateurs, chefs de parti,
-et s’élèvent aux premières places parmi les *primores* même et
-dans tout l’État. *Proceres*, les grands envisagés dans leur
-condition naturelle, comme noblesse, par opposition au commun du
-peuple; *optimates*, les mêmes grands considérés comme parti
-politique, comme aristocrates, par opposition aux démocrates.
-Accius dans Non. *Primores procerum* provocaret nomine. Nommer,
-en les défiant, les premiers personnages de la noblesse.
-
-Primus. Princeps. Imperator. Cæsar.
-1. *Primus*, le premier à paraître dans l’espace ou dans le
-temps, en sorte que les autres lui succèdent; *princeps*, le
-premier à faire une chose, celui dont les autres suivent
-l’exemple.
-
-2. *Princeps*, l’empereur investi en matière civile de
-l’autorité suprême qui lui avait été insensiblement dévolue en
-sa qualité de prince du sénat, *princeps senatus*; *imperator*,
-l’empereur investi de la plus haute autorité militaire,
-personne, hors lui et les membres de sa famille, ne pouvant plus
-être proclamé *imperator*; enfin, *Cæsar*, l’empereur, comme
-membre, et à partir de Galba, comme simple successeur de la
-famille et de la dynastie de César.
-
-—Principium, v. *Initium*.
-—Priscus, pristinus, v. *Antiquus*.
-
-Privus. Proprius. Peculiaris.
-*Privus* se dit de la propriété de fait, par opposition à ce que
-les autres possèdent, à *alienus*, comme οἰϰεῖος; *proprius*, de
-la propriété exclusive, par opposition aux biens de droit
-commun, à *communis*, comme ἴδιος; enfin *peculiaris*, des biens
-qu’on a en propre, par opposition à ceux qu’on partage avec tout
-le monde, à *universalis*.
-
-—Probrum, v. *Ignominia* et *Maledictum*.
-—Probus, v. *Bonus*.
-—Procax, v. *Petulans*.
-—Procella, v. *Ventus*.
-—Proceres, v. *Primores*.
-—Procerus, v. *Altus*.
-—Proclivis, v. *Pronus*.
-—Procrastinare, v. *Differre*.
-
-Procul. Longe. Eminus. E longinquo.
-1. *Procul*, à une certaine distance qui permet encore de voir
-les objets, par opposition à *juxta*, comme ἄποθεν; *longe*, à
-une grande distance, hors de la portée de la vue, par opposition
-à *prope*, comme τῆλε.
-
-2. *Eminus*, de loin, d’une distance dont la mesure est donnée
-par la portée des traits; il est opposé à *cominus*, comme
-πόῤῥωθεν; *e longinquo*, de très-loin, d’une forte distance, par
-opposition à *e propinquo*, comme τηλόθεν.
-
-—Prodigia, v. *Auguria*.
-
-Prodigus. Profusus. Helluo. Nepos.
-*Prodigus* et *profusus* présentent la dissipation comme un
-trait de caractère: *prodigus*, en ce sens qu’on ne connaît pas
-la valeur de l’argent et du bien, qu’on n’est ni désireux ni
-capable de les faire valoir parcimonieusement, comme le
-prodigue; *profusus*, en ce sens que rien ne paraît trop cher
-pour satisfaire des fantaisies, par frivolité, comme le
-dissipateur. *Helluo* et *nepos* s’entendent d’un caractère qui
-se résume tout entier en une seule manie, celle de la
-dissipation: *helluo*, le viveur et le libertin émérite;
-*nepos*, le fils de famille qui mange son avoir et celui de ses
-parents.
-
-—Prælium, v. *Pugna*.
-—Prorogare, v. *Differre*.
-
-Proficisci. Iter facere. Peregrinari.
-1. *Proficisci* désigne le commencement du voyage, comme partir,
-πορεύεσθαι; *iter facere* et *peregrinari* en comprennent toute
-la durée, comme voyager, ὁδοιπορεῖν.
-
-2. *Iter facere* se dit également d’un voyage dans le pays ou à
-l’étranger; mais *peregrinari*, ἐϰδημεῖν, suppose toujours qu’on
-passe la frontière; dans ce dernier cas, la *peregrinatio*
-continue même quand on est arrivé à destination et que l’*iter*
-est fini.
-
-—Profiteri, v. *Fateri*.
-—Profusus, v. *Prodigus*.
-—Progenies, v. *Stirps*.
-—Prohibere, v. *Arcere*.
-—Proles, v. *Stirps*.
-—Prolixi, v. *Passi*.
-—Proloqui, v. *Eloqui*.
-—Promittere, v. *Polliceri*.
-—Profugus, v. *Perfuga*.
-—Pronuntiare, v. *Eloqui*.
-
-Pronus. Proclivis. Propensus.
-*Pronus*, au sens moral, marque un penchant en général;
-*proclivis* marque le plus souvent un penchant au bien;
-*propensus*, au mal.
-
-—Propalam, v. *Aperire*.
-—Prope, v. *Pæne*.
-—Propensus, v. *Pronus*.
-—Properus, v. *Citus*.
-—Propinquus, v. *Necessarius*.
-—Prorogare, v. *Differre*.
-—Prosapia, v. *Stirps*.
-—Prosper, v. *Felix*.
-—Protinus, v. *Repente*.
-—Psallere, v. *Canere*.
-—Proprius, v. *Privus*.
-—Prorsus, v. *Plane*.
-—Prosequi, v. *Comitari*.
-—Protervus, v. *Petulans*.
-—Prudens, v. *Sapiens*.
-—Pudens, pudibundus, pudicus, v. *Castus*.
-—Puella, v. *Virgo*.
-
-Puer. Infans. Adolescens. Juvenis. Vir. Vetus. Senex.
-*Puer*, dans son acception générale, l’homme dans ses années de
-dépendance, tant qu’il n’est ni ne peut être père de famille, en
-trois périodes: 1º comme *infans*, enfant, νήπιος, παιδίον, à
-partir de la première année; 2º comme *puer*, au sens restreint,
-jeune garçon, παῖς, à partir de la septième; 3º comme
-*adolescens*, à l’ouverture de l’adolescence, jeune homme,
-μειράϰιον, νεανίας, à partir de la seizième. *Juvenis*, dans son
-acception générale, l’homme tant que durent les années pendant
-lesquelles il possède et retient la plénitude de ses forces, à
-peu près depuis l’époque de la majorité jusqu’aux premières
-atteintes de l’âge, l’homme jeune, νέος, en trois périodes: 1º
-comme *adolescens*, au déclin de l’adolescence, à partir de la
-dix-huitième année; 2º comme *juvenis*, au sens restreint,
-νεανίας, à partir de la vingt-quatrième; 3º comme *vir*, homme
-fait, ἀνὴρ, à l’ouverture de la virilité, à partir de la
-trentième. *Maturus* se dit des années de maturité avancée quand
-le feu de la jeunesse s’est évaporé, en trois périodes: 1º de
-l’homme fait, *vir*, ἀνὴρ, au déclin de la virilité, à partir de
-la quarantième année; 2º de l’homme âgé, *vetus*, γέρων, à
-partir de la cinquantaine; 3º du vieillard, *senex*, πρεσϐύτης,
-à partir de la soixantaine.
-
-—Pugio, v. *Gladius*.
-
-Pugna. Acies. Prœlium.
-*Pugna*, terme général pour toute espèce de combat, depuis le
-duel jusqu’à la bataille rangée la plus sanglante, μάχη;
-*acies*, action décisive, conduite selon les règles de la
-tactique entre les parties belligérantes, bataille rangée;
-*prælium*, combat d’occasion entre des détachements, rencontre,
-engagement, escarmouche, comme συμϐολή.
-
-Pugnare. Confligere. Dimicare. Digladiari.
-1. *Pugnare* et *confligere*, vider un différend de vive force;
-ils s’appliquent presque toujours à l’emploi des masses, à une
-bataille; *dimicare* et *digladiari*, le vider par la voie des
-armes et presque toujours en combat singulier.
-
-2. *Pugnare* marque de préférence une bataille en règle, livrée
-à dessein et envisagée par son beau côté, comme exigeant à la
-fois de l’art et du courage; *confligere*, un combat de
-rencontre, pris du vilain côté, comme occasion de meurtre et de
-carnage. Cic. Balb. 9. Qui cum hoste nostro cominus sæpe in acie
-*pugnavit*. Il s’est souvent mesuré de près avec notre ennemi en
-bataille rangée. Comparez avec Off. I, 23. Temere in acie
-versari et manu cum hoste *confligere* immane quiddam et
-belluarum simile est. Se jeter follement dans la mêlée d’une
-bataille et se prendre corps à corps avec l’ennemi, c’est un
-excès de courage qui tient de la brute.
-
-3. *Dimicare* présente l’image d’une lutte soutenue à l’aide de
-la première arme venue, épée, lance, pique, massue, par un homme
-qui défend sa vie; il se prend indifféremment en bonne et en
-mauvaise part; *digladiari* se dit d’un combat à l’épée ou au
-poignard et présente l’image odieuse d’un gladiateur consommé
-dont la vocation et l’art consistent dans l’escrime et dans le
-meurtre. Cic. Tusc. IV, 19. Convenit *dimicare* pro legibus, pro
-libertate, pro patria. Il faut savoir se battre pour les lois,
-la liberté, la patrie. Comparez avec Legg. III, 9. Iis sicis,
-quas ipse se projecisse dicit in forum, quibus inter se
-*digladientur* cives. Ces poignards qu’il se vante d’avoir jetés
-dans le Forum pour forcer ses concitoyens à s’entr’égorger.
-
-—Pulcher, v. *Formosus*.
-—Pulpa, v. *Caro*.
-—Pulvinar, v. *Culcita*.
-—Pullus, v. *Ater*.
-—Pulsare, v. *Verberare*.
-
-Pungere. Stimulare.
-*Pungere*, piquer pour blesser, pour faire mal; *stimulare*,
-aiguillonner pour réveiller et stimuler par la douleur.
-
-—Punire, v. *Vindicta*.
-
-Purgatio. Excusatio. Satisfactio.
-La *purgatio* consiste, comme la justification, à se laver par
-des raisons péremptoires d’un soupçon ou d’une accusation;
-l’*excusatio* ou excuse à reconnaître qu’il y a eu une faute de
-commise, mais en donnant des assurances ou des preuves de
-l’innocence de ses intentions; la *satisfactio* ou satisfaction,
-à apaiser la partie offensée ou lésée, en cas d’innocence, par
-la *purgatio* ou l’*excusatio*, en cas de culpabilité, par la
-*veniæ petitio* ou par la *pœna*.
-
-Purus. Mundus. Merus. Putus. Meracus.
-1. *Purus*, synonyme d’*integer* et opposé de *contaminatus*,
-pur et sans tache, ϰαθαρός; *mundus*, synonyme de *nitidus* et
-opposé de *spurcus* et de *sordidus*, pur et net, ϰομψός; enfin,
-*merus*, synonyme de *simplex* et opposé de *mixtus*, pur et
-sans mélange, comme ἀϰήρατος, ἀϰέραιος.
-
-2. *Purus*, terme général et populaire; *putus* ou ordinairement
-*purus putus*, *purus ac putus*, terme technique pour exprimer
-la pureté de l’or et de l’argent massifs.
-
-3. *Merus* se dit de tout ce qui est pur, soit indifféremment,
-soit avec éloge, comme si tout mélange était une falsification;
-*meracus* se dit particulièrement de la pureté du vin qui n’est
-point trempé et, transporté au figuré à d’autres objets, il
-exprime une idée de blâme, comme si la matière pure et sans
-addition n’était pas comme elle doit être, par opposition à
-*temperatus*. C’est le sens de l’ancien allemand eitel.
-
-—Pus, v. *Sanies*.
-—Putare, v. *Censere*.
-—Pusillus, v. *Parvus*.
-—Putus, v. *Purus*.
-
-
-Q
-
-
-Quærere. Scrutari. Rimari. Investigare. Indagare.
-1. *Quærere*, chercher, en général, on éprouve le désir ou le
-besoin de trouver; *scrutari*, *rimari*, *investigare* et
-*indagare* ajoutent à ce sens une idée accessoire de peine et de
-difficulté.
-
-2. *Scrutari* et *rimari*, se mettre à la recherche d’un objet
-caché: *scrutari*, en fouillant de tous les côtés, on
-s’intéresse à la découverte, on se passionne; *rimari*, en
-creusant pour déterrer, la découverte exige des efforts et de la
-sagacité. *Investigare* et *indagare*, se mettre à la recherche
-d’un objet éloigné: *investigare*, à la façon du chasseur qui
-suit en connaissance de cause la piste ou la trace visible du
-gibier; *indagare*, à la façon du limier qui suit l’odeur guidé
-par son instinct. Curt. IX, 10, 11. Famem sentire cœperunt,
-radices palmarum ubique *rimantes*. Ils éprouvèrent les
-atteintes de la faim et ils cherchaient partout, pour les
-déterrer, des racines de palmiste. Comparez avec IX, 9, 5.
-*Scrutati* omnia tuguria tandem latentes reperere. A force de
-fouiller toutes les cabanes, ils finirent par les trouver dans
-leur cachette. Tac. Ann. VI, 3. *Rimans* secreta omnium.
-Déterrant les secrets de tout le monde. Et XII, 52. Quasi finem
-principis per Chaldæos *scrutaretur*. Furius Scribonianus est
-exilé sous prétexte qu’il avait eu la curiosité de s’adresser
-aux Chaldéens pour découvrir quand et comment l’empereur
-mourrait. Il n’y avait pas d’obstacles à surmonter.
-
-—Quæstus, v. *Lucrum*.
-—Que, v. *Et*.
-—Quare, v. *Cur*.
-
-Questus. Quiritatio. Querimonia. Querela.
-*Questus* et *quiritatio*, expression de la douleur: *questus*,
-par des gémissements rares; *quiritatio*, par des gémissements
-suivis. *Querimonia* et *querela*, expressions du chagrin: la
-*querimonia* part d’un sentiment estimable, celui d’une personne
-lésée qui ne veut pas souffrir une injustice; la *querela*, d’un
-sentiment presque toujours blâmable, celui du mécontent qui ne
-sait supporter aucune contrariété. La *querimonia* est une
-affaire de raisonnement, elle vise à obtenir assistance ou
-satisfaction, comme la plainte; la *querela* est une affaire de
-sentiment; elle ne tend guère qu’à soulager le cœur, comme les
-lamentations. Cic. Cæcil. 3. In populi Romani quotidiana
-*querimonia*. La plainte journalière du peuple romain. Comparez
-avec Famm. V, 14. Tu non intelliges te *querelis* quotidianis
-nihil proficere? Ne veux-tu point comprendre que tu ne gagnes
-rien à tes lamentations journalières?
-
-Quies. Tranquillitas. Requies.
-1. *Quies*, le repos, l’inaction absolue, par opposition à toute
-espèce d’activité, ἡσυχία; *tranquillitas*, le calme dans le
-mouvement opposé à l’agitation et à la passion, comme ἑϰηλία.
-Sen. Ep. 3. Et quiescenti agendum et agenti quiescendum est. Il
-faut que l’action succède au repos et le repos à l’action.
-Comparez avec Cic. Top. 3. Ut aut *perturbentur* animi aut
-*tranquillentur*. Pour remuer ou calmer les esprits. *Quietus*
-offre une analogie de signification avec *otiosus*, *segnis*,
-*languidus*, et *tranquillus* avec *lenis*, *placidus*,
-*moderatus*.
-
-2. *Quies*, le repos en lui-même, indépendamment de toute
-relation; *requies*, le repos par lequel on se délasse au sortir
-de l’action ou de la fatigue. Curt. IX, 6, § 2. Ne *quies*
-corpori invalido adhuc necessaria pulsu remorum impediretur.
-Pour ne point déranger par le bruit des rames le repos dont la
-faiblesse du malade avait toujours besoin. Comparez avec § 3.
-Placuit hic locus ad suam et militum *requiem*. Il trouva le
-lieu à son gré pour se livrer au repos avec son armée.
-
-—Quire, v. *Posse*.
-—Quiritatio, v. *Questus*.
-
-Quisque. Quivis. Quilibet. Unusquisque. Omnes. Universi. Cuncti.
-Totus.
-1. *Quisque*, *quivis* et *quilibet* désignent la totalité des
-individus qui constituent l’espèce; *omnes*, *universi* et
-*cuncti*, la totalité de l’espèce qui comprend et réunit les
-individus.
-
-2. *Quisque*, tout individu pris à part; *quivis*, tout individu
-choisi par préférence entre tous les autres, sans exclure
-personne de ce choix, qui n’en est que plus marqué, comme πᾶς
-τις; *quilibet*, le premier venu, sans choix, avec une nuance de
-mépris, comme ὁστισοῦν; il est synonyme de *primus quisque*, ὁ
-τυχών. Cic. Famm. VIII, 10. *Quidvis* *quamlibet*, tenue
-munusculum. Ce que vous voudrez, le moindre petit présent.
-
-3. *Quisque* est enclitique; on ne le trouve jamais en prose à
-la tête de la proposition; *unusquisque* est accentué et se
-place partout.
-
-4. *Unusquisque*, chacun en particulier, par opposition à
-quelques individus; *singuli*, les individus, par opposition à
-un tout indivisible, comme ἕϰαστος.
-
-5. *Omnes*, tout le monde, sans exception; ce n’est qu’une
-totalité physique, par opposition à *nemo*, *unus*, *aliquot*,
-comme πάντες; *universi*, l’universalité des êtres que l’espèce
-peut embrasser et contenir; c’est une totalité morale, par
-opposition à *singuli* et *unusquisque*, comme σύμπαντες; enfin,
-*cuncti*, tous ceux qui sont rassemblés et réunis; c’est une
-totalité de rencontre et de fait, par opposition à *dispersi*,
-comme ἅπαντες. Liv. VII, 35. Admiratione paventibus cunctis,
-quum *omnium* in se convertisset oculos Decius. Toute
-l’assistance était étonnée et émue, tous les regards tournés
-vers Décius. Nep. Dat. 5. Qui illum *unum* pluris quam se
-*omnes* fieri videbant. Quo facto *cuncti* ad eum opprimendum
-consenserunt. Les courtisans voyaient qu’à lui seul il les
-effaçait tous auprès du roi. Ils entrèrent tous tant qu’ils
-étaient dans une conspiration qui devait l’accabler.
-
-6. *Totus*, *solidus* et *integer* s’appliquent à un tout
-primitif qui ne vient que par extraordinaire à se diviser en
-parties, comme ὅλος; *omnis*, *universus* et *cunctus*, à des
-individus primitivement isolés qui ne forment un tout que par
-leur réunion, πᾶς, σύμπας, ἅπας.
-
-Quotidie. In singulos dies.
-*Quotidie* s’entend de ce qui revient tous les jours; *in
-singulos dies*, de ce qui va tous les jours en augmentant. Cic.
-Att. V, 7. *Quotidie* vel potius *in singulos dies* breviores
-litteras ad te mitto. Les lettres que je t’envoie deviennent
-plus courtes tous les jours ou plutôt de jour en jour.
-
-
-R
-
-
-—Rabies, v. *Amens*.
-—Radiare, v. *Lucere*.
-
-Rami. Ramalia. Virga. Termes. Turio. Surculus. Sarmentum. Stolo.
-Virgultum. Fruticetum.
-1. *Rami* et *ramalia*, les branches de l’arbre: *rami*, les
-branches vivantes et vertes, θαλλοί; *ramalia*, les branches
-mortes et sèches. *Virga*, *termes*, *turio*, *surculus*,
-*talea*, *sarmentum* et *stolo* ne se disent que des rameaux:
-*virga* et les termes rares de *termes olivæ* et *turio lauri*,
-simples rameaux sans idée accessoire, ϰλάδος, ϰλὼν, ϰλῆμα;
-*surculus* et *talea*, rameaux considérés comme des membres et
-des rejetons de l’arbre qui servent à la propagation en qualité
-de greffes et de boutures, les pousses, ὀρσός; *sarmentum* et
-*stolo*, rameaux considérés comme des excroissances dont il faut
-débarrasser l’arbre et qui ne sont bonnes qu’à jeter:
-*sarmentum*, rameau inutile, sauvage; *stolo*, branche folle,
-gourmande, parasite.
-
-2. *Virgultum*, lieu couvert de buissons, qui n’est point nu;
-*fruticetum*, lieu embarrassé de halliers, impraticable.
-
-—Rapina, raptor, v. *Præda*.
-—Recens, v. *Novus*.
-—Recipere, v. *Polliceri* et *Sumere*.
-—Recondere, v. *Celare*.
-—Recuperare, v. *Sumere*.
-—Recusare, v. *Negare* et *Spernere*.
-—Redire, v. *Reverti*.
-—Reduncus, v. *Curvus*.
-—Recitare, v. *Eloqui*.
-—Recordari, v. *Meminisse*.
-—Recurvus, v. *Curvus*.
-—Redimere, v. *Emere*.
-—Redolere, v. *Olere*.
-—Redundare, v. *Abundare*.
-—Refellere, v. *Refutare*.
-—Refugium, v. *Perfuga*.
-
-Refutare. Confutare. Refellere.
-1. *Refutare* et *confutare*, réfuter par toute sorte de moyens;
-*refellere*, par des raisons solides et par une discussion
-lumineuse. Cic. Orat. II, 50, 203. Neque hæc solum in
-defensione, sed etiam in Scauro cæterisque meis testibus, quorum
-testimonia non *refellendo*, sed ad eumdem impetum populi
-confugiendo *refutasti*. C’est toujours le même artifice et dans
-ta défense et à propos de Scaurus et de mes autres témoins; ce
-n’est point par une vraie réfutation, mais par un nouveau
-recours aux passions populaires que tu réponds à leurs
-témoignages.
-
-2. Le *refutans* se tient sur la défensive et rétorque les
-arguments qu’on lui oppose; le *confutans* prend l’offensive; il
-en fait voir la nullité et les réduit en poussière. Cic. Font.
-1. Plus laboris consumo in poscendis testibus quam defensores in
-*refutandis*. Je me donne plus de peine pour interroger les
-témoins que les défenseurs pour leur répondre. Comparez avec N.
-D. II, 17. Cujus opinionis levitas *confutata* a Cotta non
-desiderat orationem meam. Ce sentiment n’a aucun poids, et Cotta
-l’a pulvérisé de manière à me dispenser de parler. Top. 25.
-*Refutatio* accusationis in qua est depulsio criminis. Répondre
-à un acte d’accusation en repoussant les charges. Comparez avec
-Rhet. ad Her. I, 13. *Confutatio* est contrariorum locorum
-dissolutio. La réfutation consiste à réduire à néant les
-arguments contraires.
-
-—Regalis, v. *Regius*.
-—Regio, v. *Locus*.
-
-Regius. Regalis.
-*Regius*, ce qui appartient à un roi, ce qui vient d’une suite
-de rois; *regalis*, ce qui convient à un roi, ce qui est digne
-de lui.
-
-Religio. Fides.
-*Religio*, probité scrupuleuse fondée sur une obligation
-intérieure, toute de conscience; *fides*, même qualité fondée
-sur une obligation extérieure, sur une promesse.
-
-Relinquere. Deserere. Omittere. Destituere. Desolatus.
-1. *Relinquere*, quitter, s’applique à un objet auquel on ne
-tient que par un rapport de lieu et de voisinage; *deserere* et
-*omittere*, à un objet auquel on tient par une obligation morale
-en qualité de possesseur ou d’ami. Il y a au fond de la
-*desertio*, de l’abandon, une lâcheté, un oubli de quelque
-devoir, par opposition à *defensio*, *tutatio*; au fond de
-l’*omissio* une conviction que l’on a d’être autorisé à
-s’abstenir, comme dans renoncer, par opposition à *obtinere*.
-Tac. Dial. 16. Partes quas intellexerimus te non tam *omisisse*
-quam nobis *reliquisse*, ce qui ne veut pas dire qu’on renonce à
-voir le sujet traité, mais qu’on le quitte pour le laisser
-traiter par un autre. Et 9. *Relinquenda* conversatio amicorum
-et jucunditas urbis, *deserenda* cætera officia. Il faut quitter
-le commerce de ses amis, les plaisirs de la ville; il faut
-abandonner ses devoirs. Cic. Verr. I, 4, 11. *Desertum*
-exercitum, *relictam* provinciam. Abandonner l’armée, quitter la
-province.
-
-2. *Deserere*, quitter et trahir dans un danger possible et
-éloigné; *destituere*, dans un danger réel et prochain. Curt.
-IV, 2, 32. *Desertus*, *destitutus*, hostibus deditus.
-Abandonné, délaissé, livré aux ennemis. Liv. VI, 2. Quod
-defensores suos in ipso discrimine periculi *destituat*. Il
-délaisse ses défenseurs dans la crise même du péril.
-
-3. *Desertus* et *destitutus* marquent particulièrement l’oubli
-du devoir; *desolatus*, la dureté impitoyable de cet oubli.
-Suet. Cal. 12. *Deserta* *desolata*que reliquis subsidiis aula.
-La cour abandonnée et anéantie par l’abandon de ses derniers
-appuis.
-
-—Reliqui, v. *Cæteri*.
-—Reminisci, v. *Meminisse*.
-—Renuere, v. *Negare*.
-—Repandus, v. *Curvus*.
-—Remedium, v. *Mederi*.
-—Renidere, v. *Ridere*.
-—Repagulum, v. *Sera*.
-
-Repente. Subito. Extemplo. E vestigio. Illico. Statim. Protinus.
-Confestim. Continuo.
-*Repente* et *subito*, tout à coup: *repens*, par opposition à
-l’attente, à *exspectatus*, à *sensim*, comme ἐξαπίνης;
-*subitus*, par opposition à des préparatifs, à *ante provisus*,
-*meditatus*, *paratus*, comme παραχρῆμα. *Extemplo* et *e
-vestigio* se disent par opposition à un délai: *extemplo* marque
-un rapport de temps, comme dans l’instant; *e vestigio*, un
-rapport de lieu, comme sur-le-champ. *Illico*, *ilicet*, à la
-hâte, se prennent par opposition à la lenteur: *illico*, en
-prose, comme παραυτίϰα; *ilicet*, chez les comiques et les
-poëtes. *Statim* et *protinus* s’opposent au temps qui suit:
-*statim*, aussitôt, à *deinde*, *postea*, comme εὐθύς;
-*protinus*, de suite, comme πρόϰα. Enfin, *confestim* et
-*continuo* s’opposent à *ex intervallo*.
-
-Repere. Serpere. Serpens. Anguis. Coluber.
-1. *Repere*, avancer à l’aide de pieds très-courts, à petits
-pas, lentement, se traîner; *serpere*, sans pieds, par une
-ondulation du corps entier, et sans bruit, ramper.
-
-2. *Serpens*, nom général pour tout ce qui rampe, à la façon des
-serpents, ἑρπετόν; *anguis*, serpent redoutable par la grandeur
-de sa taille, ὄφις; *coluber*, serpent dangereux, quoique de
-petite taille, ἔχις, ἔχιδνα.
-
-—Reperire, v. *Invenire*.
-—Repetere, v. *Iterum*.
-
-Reprehensio. Vituperatio.
-*Reprehensio*, blâme destiné à corriger, à ramener dans la bonne
-voie, remontrance, μέμψις; *vituperatio*, blâme destiné à servir
-de châtiment, à reprocher une faute à celui qui l’a commise,
-réprimande, ψόγος. La *reprehensio* a son opposé dans la
-*probatio*, la *vituperatio* dans la *laudatio*.
-
-—Repudiare, v. *Negare*.
-
-Repudium. Divortium.
-*Repudium*, renvoi de la fiancée ou de l’épouse du chef du mari
-futur ou actuel; *divortium*, dissolution du mariage ou divorce
-en forme fondé sur un consentement réciproque, à la suite duquel
-chacune des deux parties tire de son côté. La formule du
-*repudii* était: Conditione tua non utor; celle du *divortii*:
-Res tuas tibi habeto. On dit *repudium* mittere, remittere,
-renunciare, dicere alicui, mais *divortium* facere cum aliqua.
-
-—Requies, v. *Quies*.
-
-Requirere. Desiderare.
-*Requirere*, réclamer, par un mouvement de l’esprit qui voit le
-côté utile des choses; *desiderare*, regretter, par un mouvement
-du cœur qui s’attache avec amour et sympathie. Le *requirens* a
-des prétentions, il espère qu’on fera droit à sa réclamation; le
-*desiderans* choie un désir et en attend l’accomplissement du
-cours des choses, de la fortune. Cic. Famm. VII, 26. Magis tuum
-officium *desiderari*, quam abs te *requiri* putavi meum. On est
-plus porté selon moi à regretter ton intervention que tu ne l’es
-à réclamer la mienne.
-
-—Reri, v. *Censere*.
-—Reserare, v. *Aperire*.
-
-Respectum. Rationem habere.
-*Respectum habere*, tenir compte de quelque chose par la pensée
-et par la réflexion, juger digne d’attention; *rationem habere*,
-en tenir compte dans sa conduite et dans ses mesures, comme d’un
-moyen qui peut concourir à conduire au but.
-
-Restare. Superesse.
-*Restare* modifie l’idée exprimée par rester en y associant
-celle d’une tâche qui n’est point achevée; *superesse*, en y
-associant celle d’une réserve qui n’est point épuisée. Cic. Cat.
-III, 10. Cum hostes vestri tantum civium *superfuturum*
-putassent, quantum infinitæ cædi *restitisset*. Quand vos
-ennemis avaient réduit dans leur calcul le surplus des citoyens
-à ce qui échapperait au massacre général. Hor. Sat. I, 9, 28.
-Nunc ego *resto*, confice. C’est moi qui vais te servir à
-présent de victime, achève.
-
-—Restaurare, v. *Instituere*.
-—Restis, v. *Laqueus*.
-—Restituere, v. *Instituere*.
-
-Rete. Cassis. Plaga.
-*Retia*, rets, terme général pour les filets de pêche et de
-chasse; *casses* et *plagæ*, engins réservés à la chasse:
-*casses*, filets destinés à s’emparer du petit gibier qui y
-entre comme dans un sac; *plagæ*, à s’emparer du gros gibier qui
-s’y empêtre. Hor. Ep. 2, 32. Aut trudit acres... apros in
-obstantes *plagas*, aut amite levi rara tendit *retia*. Il
-pousse l’impétueux sanglier vers les rets qui lui barrent le
-passage, il tend au bout d’une perche légère des filets déliés.
-
-—Reticere, v. *Silere*.
-—Reterare, v. *Aperire*.
-—Revereri, v. *Vereri*.
-—Retinacula, v. *Laqueus*.
-
-Reverti. Revenire. Redire.
-*Reverti* et *revenire*, pris au propre, marquent des actions
-qui ne durent qu’un moment: *reverti*, opposé à *proficisci*,
-celle qui consiste à se retourner pour revenir sur ses pas;
-*revenire*, opposé à *advenire*, celle qui consiste à rattraper
-le point d’où on était parti. *Redire*, opposé à *porro ire*,
-s’entend de toute la durée de l’action comprise entre ces deux
-extrêmes, comme revenir. Cic. Att. XVI, 7. p. m. Quam valde ille
-*reditu* vel potius *reversione* mea lætatus effudit ille omnia
-quæ tacuerat. Dans le transport qu’il éprouvait à me voir
-revenir ou plutôt faire le premier pas pour revenir, il épancha
-tout ce qu’il n’avait jamais voulu dire.
-
-Ridere. Cachinnare. Renidere. Subridere. Irridere. Deridere.
-1. *Ridere* et *cachinnare* se disent d’un rire qu’on entend:
-*ridere*, d’un rire gai et modéré, comme γελᾷν; *cachinnare*,
-d’éclats de rire immodérés et discordants, comme ϰαγχάζειν.
-*Subridere* et *renidere* désignent un sourire qu’on peut bien
-voir, mais non pas entendre: *subridere*, un sourire espiègle ou
-satirique; *renidere*, amical ou mielleux, μειδιᾷν. Cic. Tusc.
-IV, 31. Si *ridere* concessum sit, vituperatur tamen
-*cachinnatio*. On nous permet de rire, mais on nous reprocherait
-de rire aux éclats.
-
-2. *Deridere* s’entend, comme ϰαταγελᾷν, d’un rire moqueur
-considéré comme un trait d’orgueil et de mépris; on rit du haut
-de sa grandeur; *irridere*, comme un trait d’insolence ou de
-malignité; on rit à la barbe des gens, ἐγγελᾷν. Cic. Orat. III,
-14. Istos omnes *deridete* atque contemnite. Riez
-dédaigneusement de tous ces gens-là et méprisez-les. N. D. II,
-3. Claudius etiam per jocum deos *irridens*. Claudius, qui osait
-plaisanter et rire à la barbe des dieux.
-
-—Rimari, v. *Quærere*.
-
-Ripa. Littus. Ora. Acta.
-1. *Ripa*, bord d’une rivière, ὄχθη; *littus*, *ora*, *acta*,
-bord de la mer. Mela. III, 9. *Oras* ad Eurum sequentibus nihil
-memorabile occurrit; vasta omnia vastis præcisa montibus ripæ
-potius sunt quam *littora*. Le rivage suivi dans la direction de
-l’est n’a rien de remarquable; des espaces arides coupés par des
-montagnes nues font songer aux bords d’un torrent et ne
-rappellent guère les bords de la mer. Vitruv. II, 9, 14. Circa
-*ripam* fluminis Padi et *littora* maris Adriatici. Au bord du
-Pô et sur les côtes de l’Adriatique.
-
-2. *Littus*, bord conçu comme une ligne qui sépare la terre de
-la mer, ἠιὼν et ῥηγμὶν, la côte; *ora* et *acta*, comme un
-espace et une zone qui s’étend le long de la mer, le rivage,
-ἀϰτὴ et αἰγιαλός: *ora*, au sens géographique, comme terre
-riveraine, par opposition à l’intérieur des terres; mais *acta*,
-au sens esthétique, celui d’un rivage qui offre des paysages
-charmants et un séjour agréable. Liv. XXIV, 8. Classem paravimus
-ut Africæ *oram* popularemur, ut tuta nobis Italiæ *littora*
-essent. Nous avons équipé une flotte: c’est pour dévaster le
-rivage de l’Afrique et pour mettre à l’abri de toute insulte les
-côtes de l’Italie, Plin. Ep. V, 6, 2. Gravis et pestilens *ora*
-Tuscorum, quæ per *littus* extenditur. Il y a en Toscane, le
-long de la côte, une zone malsaine et empestée. On trouve
-*littoris* *ora*, c’est-à-dire *ora per littus extensa*.
-Prudent. contr. Symm. IV, 136. Invenit expositum secreti in
-*littoris* *acta*. Il le trouve exposé dans un enfoncement sur
-une côte retirée. Cic. Famm. IX, 6. Ea tractes quorum et usus et
-delectatio est omnibus illis *actis* et voluptatibus
-anteponenda. Faites-vous des occupations utiles et attrayantes,
-préférables à tous les paysages, à tous les plaisirs qu’on
-demande aux bords de la mer. C’est un mot emprunté au grec que
-Tacite préfère remplacer, H. III, 76, par la périphrase *amœna
-littorum*.
-
-—Ritus, v. *Consuetudo*.
-—Rixa, v. *Disceptatio*.
-—Robustus, v. *Validus*.
-—Rivalitas, v. *Imitatio*.
-—Robur, v. *Potentia*.
-
-Rogare. Orare. Obsecrare. Obtestari. Precari. Supplicare.
-1. *Rogare* et *orare* se disent d’une demande, d’une requête;
-on exprime tranquillement un désir: le *rogans* se sent l’égal
-de celui auquel il s’adresse et ne veut qu’une complaisance,
-comme l’αἰτῶν; l’*orans* reconnaît la supériorité de l’autre et
-demande un bienfait, comme le δεόμενος. *Obsecrare* et
-*obtestari* expriment une requête passionnée, comme conjurer:
-l’*obsecrans* est vif, comme le λιπαρῶν; l’*obtestans* est
-pressant. Cic. Att. XVI, 16. Igitur, mi Plance, *rogo* te atque
-etiam *oro*. Oui, mon cher Plancus, c’est une demande et même
-une requête. Pseudocic. Red. 16. Pro mea vos salute non
-*rogavit* solum, verum etiam *obsecravit*. Il ne vous a pas
-demandé, il vous a adjurés de me sauver.
-
-2. *Precari* se dit d’une prière faite avec calme en levant les
-mains au ciel, comme εὔχεσθαι; *supplicare*, d’une invocation
-passionnée, comme ἱϰετεύειν; on se jette à genoux ou par terre,
-on se tord les mains. Mais *precor* se dit aussi par hyperbole
-de toute sollicitation, et *supplicare*, de toute humble requête
-adressée à des hommes. Cic. Parad. V, 3. Noctu venire domum ad
-eum, *precari*, denique *supplicare*. Aller le trouver la nuit
-dans sa maison, prier, supplier.
-
-Rogare. Interrogare. Percontari. Sciscitari.
-*Rogare*, *interrogare* et *quærere*, faire des questions:
-*rogare*, en comptant sur une réponse, on veut savoir;
-*interrogare*, en espérant une réponse, on souhaite de savoir.
-*Percontari* et *sciscitari*, presser de questions:
-*percontari*, par envie de s’instruire, d’un ton sérieux et
-posé, il s’agit de s’éclairer; *sciscitari*, avec un air de
-curiosité, d’indiscrétion, de précipitation, de finesse; il
-s’agit de se renseigner.
-
-—Rogare, v. *Petere*.
-—Rudis, v. *Fustis*.
-—Rudentes, v. *Laqueus*.
-
-Ruina. Strages.
-*Ruina*, écroulement de matériaux superposés avec ordre, dont la
-base vient à céder; *strages*, chute d’un corps qui se tenait
-debout et qu’un choc renverse. Liv. IV, 33. *Strages* *ruinæ*
-similis. Un abatis qui ressemble à un écroulement.
-
-Rumor. Fama.
-*Rumor*, bruit ou nouvelle qui se propage par des voies
-incertaines, obscures, clandestines, par opposition à la
-certitude; *fama*, tradition que répand la voix publique, par
-opposition à ce qu’on sait pour l’avoir vu de ses propres yeux.
-Le bruit, *rumor*, intéresse par sa nouveauté; c’est un sujet de
-curiosité, il passe avec la génération au milieu de laquelle il
-est né; la tradition, *fama*, intéresse par son importance; elle
-entre dans le domaine de la science et se transmet comme un
-héritage à la postérité.
-
-—Rumpere, v. *Frangere*.
-—Rursus, v. *Iterum*.
-—Rupes, v. *Saxum*.
-—Rus, v. *Villa*.
-
-Rus. Ager. Rusticus. Agrestis. Rusticanus.
-1. *Rus*, la campagne, par opposition à la ville, le village
-avec sa banlieue; *ager*, la campagne, par opposition à une
-localité quelconque, les champs. Cels. Med. 1. Sanum oportet...
-modo *ruri* esse, modo in urbe, sæpiusque in *agro*. Il faut,
-pour se porter bien, vivre tantôt à la campagne, tantôt à la
-ville, surtout aux champs.
-
-2. *Rusticus*, ἀγροῖϰος, celui qui habite le village;
-*agrestis*, ἄγριος, celui qui a grandi aux champs, en sauvage,
-comme *ferus*: le terme est cependant plus doux, car *ferus*
-exprime directement la sauvagerie comme faisant le fond du
-caractère, et *agrestis* en rappelle seulement l’idée par la
-désignation du séjour ou de l’origine.
-
-3. Transportant ces termes aux qualités de l’esprit, *rusticus*
-désigne plutôt la grossièreté intellectuelle; *agrestis*, la
-grossièreté morale. *Rusticus* s’entend, comme champêtre, de la
-timidité et de la simplicité; il se rapproche dans le bon sens
-de l’innocence et dans le mauvais de la gaucherie; *agrestis*
-marque, comme rustique, l’effronterie et la bassesse; il ne se
-prend jamais en bonne part, il confine à la *feritas*. Le
-*rusticus* (opposé *urbanus*) ne blesse que les conventions du
-savoir-vivre; l’*agrestis* (opposé *humanus*) blesse les lois
-naturelles de la décence.
-
-4. Quand Cicéron veut adoucir encore l’idée exprimée par
-*rusticus* et prévenir toute équivoque, il emploie de préférence
-*rusticanus*. *Rusticus* désigne alors le paysan qui naît, vit
-et meurt au village; *rusticanus*, le citadin que les
-circonstances y relèguent. On peut ranger parmi ces derniers les
-provinciaux, *municipes*, en qualité de *rusticorum similes*.
-
-
-S
-
-
-Sabulo. Harena. Sabura.
-*Sabulo*, et dans Pline *sabulum*, le sable considéré comme une
-espèce de terre légère; *harena*, *arena*, comme une terre
-sèche, pierreuse, comme des parcelles ou de la poussière de
-pierre, par opposition à un sol fertile; enfin, *sabura*,
-*saburra* se rapporte particulièrement à l’usage qu’on fait du
-sable pour lester les vaisseaux.
-
-—Sacellum, v. *Templum*.
-
-Sacer. Sanctus.
-*Sacer*, sacré, s’entend, comme ἱερὸς, de ce qui est la
-propriété des dieux, par opposition à *profanus*; *sanctus*,
-saint, de ce qui est sous leur protection, à l’abri de toute
-souillure, pur et sans tache, par opposition à *pollutus*, comme
-ὅσιος. *Sanctus homo*, âme pure, agréable aux dieux; *sacer*,
-mortel maudit, dévoué aux dieux à titre de victime expiatoire.
-Et de même *sancire* signifie mettre sous la protection
-immédiate des dieux, en parlant, par exemple, de lois et de
-traités d’alliance; *sacrare*, dédier aux dieux, en parlant, par
-exemple, de temples et d’autels.
-
-—Sacramentum, v. *Jusjurandum*.
-
-Sacrare. Consecrare. Dicare. Dedicare.
-*Sacrare*, *consecrare*, mettre au nombre des choses saintes, on
-tient à marquer que tout usage profane de ces choses est et
-demeure retiré et interdit aux hommes; *dicare* et *dedicare*,
-consacrer, on tient à marquer qu’on attribue aux dieux la
-propriété de la chose. *Consecrare* peut s’employer absolument,
-mais *dedicare* exige qu’on nomme le nouveau propriétaire.
-
-Sæpe. Crebro. Frequenter. Frequentare. Celebrare.
-1. *Sæpe*, souvent, par opposition à *semel*, à *nonnunquam*, à
-*semper*, comme πολλάϰις; il s’agit de la répétition des mêmes
-actes en des temps différents; *crebro* et *frequenter*,
-fréquemment, par opposition à *raro*; il s’agit de la pluralité
-des objets ou des événements: *crebro*, coup sur coup et plutôt
-trop que trop peu, comme θαμά; *frequenter*, bien des fois.
-*Creber* se dit en général d’une multitude pressée et entassée;
-*frequens*, d’une foule nombreuse. *Frequens* contient un éloge,
-comme *largus*; *creber*, un blâme, comme *spissus*. Et on dit
-du sénat *frequentes senatores*, lorsqu’il s’agit de marquer
-qu’il est au complet; on emploierait *crebri*, si la place
-manquait à cause de la presse et si les sénateurs étaient à
-l’étroit sur leurs siéges.
-
-2. *Frequentare*, visiter souvent un lieu, ne le point négliger;
-*celebrare*, le visiter souvent et le rendre par là animé et
-bruyant.
-
-Sævitia. Crudelitas.
-*Sævitia*, cruauté sanguinaire du tyran qui a, comme la bête
-féroce, du plaisir à tuer et à faire souffrir, par opposition à
-*mansuetudo*; *crudelitas*, cruauté froide du juge ou du
-souverain qui applique la loi dans toute sa sévérité, par
-opposition à *clementia*.
-
-—Sævus, v. *Atrox*.
-—Saltus, v. *Silva*.
-—Salsus, v. *Lepidus*.
-—Saluber, v. *Salus*.
-
-Salus. Sanitas. Valens. Saluber. Sanus. Salutaris.
-1. *Salus* marque en général la prolongation de l’existence, par
-opposition à *interitus*; *sanitas*, un état de bonne santé, par
-opposition à *ægritudo*; il s’entend du corps dans son acception
-primitive, de l’âme dans son acception usuelle.
-
-2. *Sanus* et *valens*, qui approchent du sens d’*integer*,
-marquent un état sain, mais temporaire; *saluber* et *validus*,
-qui approchent du sens de *robustus*, un état sain et constant.
-*Salubris oratio*, langue saine par excellence, pleine d’une
-vigueur naturelle; *sana oratio*, langage sobre et réfléchi.
-
-3. *Sanus* et *saluber* présentent la santé comme un état de
-bien-être; *valens* et *validus*, comme une faculté qui rend
-propre à l’action.
-
-4. Au sens transitif, *saluber*, salubre, se dit de ce qui
-procure et conserve la santé, *sanitatem*, par opposition à
-*pestilens*, comme ὑγιεινός; *salutaris*, salutaire, de ce qui
-sauve et conserve la vie, *salutem*, par opposition à
-*pestiferus*, comme σωτήριος. Caton, dans Plin., H. N. XVIII, 6.
-Nihil *salutare* est nisi quod toto anno *salubre*. Le seul
-régime salutaire, c’est un régime salubre d’un bout de l’année à
-l’autre.
-
-—Salus, v. *Vita*.
-—Salve, v. *Ave*.
-—Salutaris, v. *Salus*.
-
-Salvus. Sospes. Incolumis. Integer.
-*Salvus* et *sospes*, σῶς, conservé et sauvé, par opposition à
-perdu: *salvus*, en langage ordinaire; *sospes*, dans le style
-élevé. *Incolumis* et *integer*, ἀσϰηθὴς, sain et sauf, entier,
-intact: *incolumis*, par opposition à une blessure, etc.;
-*integer*, par opposition à une insulte. Tac. H. I, 84. Mea cum
-vestra *salus* *incolumitate* senatus firmatur, c’est-à-dire
-notre salut dépend de ce qu’on ne touche pas à un seul cheveu du
-sénat. Et I, 66. Verba Fabii *salutem* *incolumitatem*que
-Viennensium commendantis: *salus* se rapporte au danger de mort,
-*incolumitas*, au danger du pillage. Cic. Dejot. 15. Sunt tuæ
-clementiæ monumenta... eorum *incolumitates* quibus *salutem*
-dedisti. La preuve la plus solide de ta clémence, c’est que les
-personnes qui te doivent leur salut n’ont pas souffert le
-moindre dommage.
-
-—Sanare, v. *Mederi*.
-—Sanctus, v. *Sacer* et *Bonus*.
-
-Sanguis. Cruor. Sanguineus. Sanguinolentus. Cruentus.
-1. *Sanguis*, le sang qui circule dans le corps et qui
-entretient la vie, αἷμα; *cruor*, le sang qui coule ou qui a
-coulé du corps, ϐρότος. Cic. N. D. II, 55. *Sanguis* per venas
-in omne corpus diffunditur. Des vaisseaux distribuent le sang
-dans tout le corps. Comparez avec Rosc. Am. VII, 19. Ut
-*cruorem* inimici quam recentissimum ostenderet. Pour faire
-parade du sang encore tout frais versé de son ennemi. Tac. Ann.
-XII, 47. Mox ubi *sanguis* artus extremos suffuderit, levi ictu
-*cruorem* eliciunt atque invicem lambunt. Dès que le sang s’est
-porté aux extrémités, un coup léger le fait jaillir et chacun
-des deux lèche celui de l’autre. *Sanguis* est le principe de la
-vie physique, *cruor* le symbole du meurtre.
-
-2. *Sanguineus*, qui se compose de sang; *sanguinolentus*, qui a
-l’odeur ou l’aspect du sang; *cruentus*, taché de sang.
-
-Sanies. Pus.
-*Sanies*, pus liquide et dégoûtant; *pus*, rongeur et
-pernicieux.
-
-—Sanitas, sanus, v. *Salus*.
-
-Sapiens. Prudens. Callidus. Scitus. Solers. Cordatus. Catus.
-1. *Sapiens*, celui qui, n’ayant que des intentions pures,
-choisit les bonnes routes et s’attache imperturbablement à les
-suivre; *prudens* et *callidus*, celui qui sait choisir les
-meilleurs moyens et s’en servir avec circonspection:
-*prudentia*, sagacité ou prudence naturelle qui fait le fond du
-caractère; *calliditas*, connaissance du monde et des hommes
-acquise et gagnée par l’expérience et la pratique. Cic. Fr.
-Scaur. 5. Hominis *prudentis natura*, *callidi usu*, doctrina
-eruditi. Un homme que la nature a doué de finesse, que
-l’expérience a mûri, à qui la science a tout appris.
-
-2. *Prudens*, celui qui possède un coup d’œil juste et pratique,
-par opposition à *stultus*, comme perspicace; *scitus*, celui
-qui a du tact, de l’esprit naturel et du savoir-faire, comme
-avisé; *solers*, *sollers*, celui qui possède un génie pratique
-et inventif, comme ingénieux, par opposition à *iners*;
-*cordatus*, celui qui a un sens droit, par opposition à
-*excors*; *catus*, celui qui découvre et connaît des voies et
-des moyens secrets, comme délié.
-
-Sapor. Gustus. Gustare. Libare.
-1. *Sapor*, la saveur propre et particulière à un corps, par
-opposition à *odor*, etc.; *gustus* ou *gustatus*, la perception
-de cette saveur ou le sens du goût, par opposition à *olfactus*,
-etc. Sen. Ep. 109. Debet esse aptatus ad hujus modi *gustum*, ut
-ille tali *sapore* capiatur. Il faut être accoutumé au goût du
-miel pour en apprécier la saveur.
-
-2. Le *libans* ne fait que porter les choses aux lèvres ou à la
-bouche; le *gustans* en perçoit la saveur et en distingue le
-goût. Ovid. Am. I, 4, 34. Si tibi forte dabit, quæ
-*prægustaverit* ipse, rejice *libatas* illius ore dapes. S’il
-arrive qu’il commence par goûter au morceau qu’il t’offre,
-rejette le mets qui a effleuré ses lèvres.
-
-—Sarmentum, v. *Rami*.
-—Satiare, v. *Satis*.
-
-Satelles. Stipator.
-*Satelles*, garde du corps considéré comme un mercenaire;
-*stipator*, comme un défenseur. Cic. Rull. II, 13. Ex equestri
-loco ducentos in singulos annos *stipatores* corporis
-constituit, eosdem ministros et *satellites* potestatis. Il tire
-tous les ans de l’ordre des chevaliers une compagnie de deux
-cents gardes qui deviennent les serviteurs et les satellites du
-pouvoir.
-
-Satis. Affatim. Abunde.
-1. *Satis* désigne, comme suffisamment et ἱϰανῶς, la juste
-mesure sans idée accessoire; *affatim* et *abunde* y ajoutent
-cette idée qu’il y a plutôt trop que trop peu; mais *abunde*,
-copieusement, ἅλις, se prend au sens absolu par rapport à la
-chose, il y a assez; *affatim*, ἀφθόνως, jusqu’à pleine
-satisfaction, se prend au sens relatif, par rapport à la
-personne, on en a assez. On peut avoir à son avis assez
-travaillé, *affatim*, sans que la quantité de travail soit
-suffisante et que ce soit *satis*. Cic. Att. II, 16. Puto enim
-me Dicæarcho *affatim* *satis* fecisse. Je me suis donné
-suffisamment de mal pour Dicéarque, et je trouve que c’est
-assez. Et XVI, 1. *Satis* est et *affatim* prorsus. Cela suffit
-très-amplement. Liv. IV, 22. Frumentum non necessitati *satis*,
-sed copiæ quoque *abunde* ex ante confecto sufficiebat. Les
-anciens magasins fournissaient du blé en suffisance, et même
-fort au-delà, en abondance.
-
-2. *Satiare*, satisfaire, apaiser un besoin en général, la faim,
-un désir vif; *saturare*, apaiser une envie contre nature,
-manie, faim canine, haine, soif du sang.
-
-Satis habere. Contentum esse. Boni consulere. Contentus. Æquus
-animus.
-1. *Satis habere*, estimer suffisant, exprime un jugement: il
-n’y a point de passion qui soit en jeu et qui empêche
-d’apprécier la juste mesure; *contentum esse*, se contenter,
-exprime un sentiment: c’est une marque de modestie et d’empire
-sur soi-même; enfin, *boni consulere*, se déclarer satisfait,
-exprime un acte de volonté: on renonce à voir un vœu se
-réaliser, on s’accommode résolument de ce qui ne peut être
-évité. *Satis habere* se construit avec l’infinitif; *contentum
-esse*, avec l’ablatif ou avec *quod*.
-
-2. *Contentus animus* marque un contentement relatif: on prend
-son parti d’une chose, on ne murmure point de ce que le bonheur
-reste incomplet; *æquus animus* exprime le contentement absolu:
-on se sent complétement satisfait et on n’aspire point à un état
-plus heureux.
-
-—Satisfactio, v. *Purgatio*.
-—Saucius, v. *Vulnus*.
-—Saturare, v. *Satis*.
-
-Saxum. Rupes. Cautes. Petræ. Scopuli. Lapis. Calculus.
-Scrupulus.
-1. *Saxum*, *rupes* et *cautes*, grandes masses; *lapis*, *calx*
-et *scrupus*, petites masses de pierre. Plin. H. N. XXXVI, 22.
-Silex viridis ubi invenitur, *lapis*, non *saxum* est. Le jade
-vert est une pierre qu’on ne trouve qu’en morceaux, ce n’est
-point une roche.
-
-2. *Saxa*, grandes masses de pierre de toute forme, πέτραι;
-*rupes* et *petræ*, masses de pierre escarpées et hautes,
-rochers qui peuvent être un obstacle; *cautes* et *scopuli*,
-masses de pierre pleines d’aspérités et de pointes, dangereuses,
-écueils: *cautes*, roches basses, invisibles sous l’eau,
-perfides; *scopuli*, écueils qui se dressent au-dessus des eaux,
-qui menacent, qui annoncent le danger, σϰόπελοι.
-
-3. *Lapis*, terme général, la pierre comme matière, sans égard à
-sa forme, λίθος; *calculus*, pierre polie et ronde, galet;
-*scrupus*, *scrupulus*, pierre raboteuse et anguleuse, caillou;
-mais ce sens de *scrupus* n’a pour lui que l’autorité des
-grammairiens, et il ne se rencontre guère dans les auteurs qu’au
-sens figuré de scrupule.
-
-Scandere. Adscendere. Escendere. Conscendere. Inscendere.
-*Scandere*, gravir une hauteur escarpée, grimper avec effort, en
-s’aidant des pieds et des mains. *Adscendere*, *escendere*,
-*conscendere* et *inscendere*, monter en général: *adscendere*,
-sans idée accessoire, simplement par opposition à *descendere*;
-*escendere*, escalader une hauteur qui sert de défense, comme un
-rempart, des murailles, ou encore monter en quelque lieu où l’on
-doit être en vue, comme une tribune aux harangues;
-*conscendere*, monter à plusieurs, par exemple, sur un vaisseau;
-*inscendere*, monter dans un lieu fermé, par exemple, dans une
-voiture.
-
-—Scapha, v. *Navigium*.
-
-Scelestus. Sceleratus. Nefarius. Nefandus. Impius.
-*Scelestus* se rapporte aux intentions, comme *ad scelera
-pronus* et *promptus*; *sceleratus*, aux actions, comme
-*sceleribus pollutus atque opertus*. C’est toujours l’adjectif
-*sceleratus* qui accompagne des termes physiques, comme *porta*,
-*campus*, *vicus*, porte, champ, quartier de ville où un crime a
-été commis, et en général des objets ne peuvent pas s’appeler
-*scelesta*, à moins d’être personnifiés. Et de même *nefarius*
-et *impius* ont trait à l’impiété de la personne, avec cette
-seule différence que la perversité: de l’*impius* éclate dans
-ses sentiments, celle du *nefarius* dans ses sentiments et ses
-actions; mais *nefandus* se rapporte exclusivement au caractère
-exécrable de l’action.
-
-—Scelus, v. *Delictum*.
-—Scientia, v. *Cognitio*.
-—Scipio, v. *Fustis*.
-—Scitus, v. *Sapiens*.
-—Scopuli, v. *Saxum*.
-—Scrobs, v. *Specus*.
-—Scrupulus, v. *Saxum*.
-—Schola, v. *Ludus*.
-—Scindere, v. *Findere*.
-—Sciscitari, v. *Rogare*.
-—Scobina, v. *Lima*.
-—Scropha, v. *Sus*.
-—Scrutari, v. *Quærere*.
-
-Scutum. Clypeus. Parma.
-*Scutum*, grand bouclier qui couvre l’homme entier, σάϰος;
-*clypeus* et *parma*, bouclier de grandeur moyenne et de forme
-ronde, ἀσπίς: *clypeus*, pour l’infanterie; *parma*, pour
-l’infanterie et la cavalerie; enfin, *pelta*, petit bouclier en
-forme de demi-lune; *cetra*, petit bouclier de cuir. Liv. IX,
-19. Macedonibus *clupeus*... Romano *scutum*, majus corpori
-tegumentum. Les Macédoniens ont le bouclier rond, les Romains le
-grand bouclier droit, qui couvre bien mieux le corps. XXXI, 36.
-*Cetratos*, quos *peltastas* vocant, in insidiis abdiderat. Il
-avait mis en embuscade une troupe de ces soldats qui portent de
-petits boucliers de cuir et qu’on appelle ordinairement
-peltastes.
-
-—Scyphus, v. *Poculum*.
-—Secessio, v. *Turbæ*.
-—Secreta, v. *Arcana*.
-—Securis, v. *Ascia*.
-—Securus, v. *Tutus*.
-
-Sedes. Sedile. Sella.
-*Sedes*, siége offert par la nature, ἕδος; *sedile* et *sella*,
-meuble fait pour s’asseoir: *sedile*, quelle que soit la forme,
-chaise ou banc, mobile ou à demeure, ἕδρα; *sella*, de forme
-déterminée, chaise ou fauteuil, θρόνος.
-
-—Seditio, v. *Turbæ*.
-—Segnitia, v. *Ignavia*.
-—Semita, v. *Iter*.
-—Semo, v. *Numen*.
-
-Semper. Usque.
-*Semper*, toujours et éternellement, sans restriction ni limite,
-au sens absolu; *usque*, toujours, mais dans des limites
-déterminées, au sens relatif, *usque dum*, *donec*, etc.; on le
-rencontre sans complément dans les poëtes, par exemple: Hor.
-Sat. I, 9, 19. *Usque* sequar te. Je te suivrai jusqu’au bout.
-
-—Sempiternus, v. *Continuus*.
-—Senecta, senectus, senium, v. *Vetus*.
-—Senex, v. *Puer* et *Vetus*.
-—Sensim, v. *Paulatim*.
-
-Sententia. Opinio. Suffragium.
-1. *Sententia*, manière de voir fondée sur ce qu’on sait
-clairement, conviction acquise, γνώμη; *opinio*, opinion fondée
-sur un simple sentiment, δόξα.
-
-2. *Sententia*, vote motivé du sénateur, etc., γνώμη;
-*suffragium*, simple suffrage qui se réduit à un oui, à un non
-ou à un nom propre, ψῆφος.
-
-—Sentes, v. *Dumi*.
-—Sentire, v. *Intelligere*.
-
-Seorsum. Separatim.
-*Seorsum*, à part, pour empêcher de tomber dans le domaine
-commun, avec une idée accessoire de secret; *separatim*,
-séparément, pour prévenir la confusion, avec une idée accessoire
-d’ordre.
-
-Sepelire. Condere.
-*Sepelire* et *condere* s’entendent de la cérémonie funèbre
-prise dans toute son étendue; c’est conduire un mort à sa
-dernière demeure, avec plus ou moins de pompe, qu’on ait ou non
-commencé par brûler les restes: *sepelire* est le terme propre
-et technique; *condere*, le terme général et euphémique.
-*Humare*, mettre en terre; c’est le dernier acte des
-funérailles, par opposition à *cremare*.
-
-Sera. Claustrum. Pessulus. Repagulum. Obex.
-*Seræ* et *claustra*, serrures: *sera*, serrure mobile, cadenas;
-*claustrum*, serrure fixe. *Pessuli*, *repagula* et *obices*,
-verrous qui tiennent lieu de serrures: *pessulus*, petit verrou
-pour les *fores*; *repagulum*, grand verrou pour les *valvas*,
-et *obex* pour les *portas*.
-
-Series. Ordo.
-*Series*, série, succession mécanique, accidentelle d’objets de
-même nature et de même espèce; *ordo*, suite, enchaînement
-nécessaire, conçu comme tel, de choses qui vont ensemble par
-destination. *Series* exprime une notion mathématique; *ordo*,
-une idée morale.
-
-Serius. Severus.
-*Severus* se prend au sens actif, on ne plaisante pas; *serius*
-a le sens neutre et s’entend de ce qui ne saurait être un sujet
-de plaisanterie. *Severe* veut dire gravement; *serio*,
-sérieusement. *Severus* se joint, comme épithète, à des noms de
-personnes; *serius*, à des noms de choses. Hor. A. P. 107.
-Decent vultum *severum* *seria* dictu. Un rôle grave ne souffre
-que des propos sérieux. Sen. Tranq. 15. Nihil magnum, nihil
-*severum* nec *serium* quidem ex tanto apparatu putat. Tout
-compte fait, il ne reste à ses yeux rien de grand, rien de grave
-ni même de sérieux sur ce vaste théâtre du monde. *Severus*
-s’oppose à *hilaris*, à *remissus*, à *luxuriosus*; *serius*, à
-*jucundus*, *jocosus*, et *serio*, à *joco*, *per jocum*. Tout
-cela n’empêche pas qu’on ne rencontre à la place de *serius* le
-positif *severus* et surtout le comparatif *severior*, le
-superlatif *severissimus*, le substantif *severitas*, parce que
-la langue latine n’a point tiré de *serius* des formes
-correspondantes.
-
-Sermo. Colloquium. Oratio.
-*Sermo*, conversation qui a lieu par hasard ou du moins sans but
-déterminé et sérieux; *colloquium*, entretien prémédité qui
-roule sur un point convenu.
-
-2. *Sermo*, discours familier; *oratio*, discours travaillé et
-conforme aux règles de l’art. Qu’une personne prenne et conserve
-un certain temps la parole dans une compagnie, c’est un *sermo*;
-on ne doit guère qu’au hasard de ne pas être interrompu; mais
-l’*oratio* a une étendue déterminée, un commencement, un milieu
-et une fin; on compte qu’on ne sera pas interrompu. Le langage
-de la vie commune est celui qui règne dans le *sermo*, soit en
-prose, soit en vers, comme chez les comiques et dans les
-*Sermonibus* d’Horace; dans l’*oratio*, c’est une langue choisie
-et savante. Cic. Orat. 19. Mollis est *oratio* philosophorum et
-umbratilis... Itaque *sermo* potius quam *oratio* dicitur. Les
-discours des philosophes ont un fond de douceur et un goût de
-retraite. Ils méritent plutôt le nom de causeries que celui de
-discours. Tac. H. I, 19. Apud senatum non comptior Galbæ, non
-longior... *sermo*; Pisonis comis *oratio*. Qu’il fût au sénat
-ou à l’armée, Galba ne mettait ni plus de façon ni plus de temps
-à ses discours; Pison soignait fort les siens.
-
-—Sermo, v. *Lingua*.
-—Servilis, v. *Vernalis*.
-—Serpens, serpere, v. *Repere*.
-
-Servus. Famulus. Mancipium. Minister. Ancilla. Servitus.
-Servitium.
-1. *Servus*, *ancilla*, *famulus* et *mancipium*, personne qui
-n’est point libre, esclave; *minister*, serviteur libre,
-subalterne. Plin. Ep. X, 97. *Ancillæ* quæ ministræ dicebantur.
-Des femmes esclaves qu’on appelait des servantes. Il s’agit des
-réunions des chrétiens.
-
-2. *Servus*, l’esclave au sens politique et légal, comme soumis
-au joug, par opposition à *dominus*, δοῦλος et δμώς; *famulus*,
-au sens patriarcal, comme membre et partie de la famille, par
-opposition à *herus*, οἰϰέτης; enfin, *mancipium*, au sens
-économique, comme propriété et marchandise, ἀνδράποδον.
-
-3. *Serva*, la femme esclave, quand il s’agit de faire ressortir
-l’état légal; *ancilla*, la femme esclave dans la vie ordinaire,
-comme féminin usuel de *servus*.
-
-4. *Servitus*, l’esclavage, au sens indifférent, comme une
-condition régulière, naturelle, légale; *servitium*, comme un
-état extraordinaire, violent, honteux, avec une idée de mépris
-ou de compassion. Mais la plupart des prosateurs n’emploient,
-comme terme abstrait, que *servitus*, et ils se servent de
-*servitium*, particulièrement de *servitia*, comme d’un terme
-concret en lieu et place de *servi*.
-
-Severitas. Gravitas. Strenuitas.
-*Severitas*, la gravité qui tient à la manière de penser et de
-juger; *gravitas*, celle qui impose aux gens; *strenuitas*,
-celle qui paraît dans les actions.
-
-—Severus, v. *Austerus* et *Serius*.
-—Sica, v. Gladius.
-—Sicarius, v. *Homicida*.
-—Sidus, v. *Stella*.
-—Siccus, v. *Aridus*.
-—Signum, v. *Imago*.
-
-Silere. Tacere. Reticere. Obticere.
-1. *Silere*, ne faire aucun bruit, σιωπᾷν, par opposition à
-*strepere*; *tacere*, ne dire mot, se taire, σιγᾷν, par
-opposition à *loqui*, *dicere*. Le composé *reticere* signifie
-se taire quand on a quelque chose à dire et qu’on le garde pour
-soi, par opposition à *eloqui*, *proloqui*; le composé
-*obticere*, *obticescere*, rester muet en face d’une personne
-qui adresse une question ou qui attend une explication, par
-opposition à *respondere*. Cic. Harusp. 28. Sed tamen facile
-*tacentibus* cæteris *reticuissem*. Il m’eût été facile d’être
-discret, si les autres avaient su se taire.
-
-2. *Tacens* et *tacitus* présentent le silence comme un état
-temporaire: *tacens* se dit de toute personne qui ne parle
-point; *tacitus*, de celle qui, ayant sujet de parler, à dessein
-ne parle point et observe un silence significatif; *taciturnus*
-marque une qualité habituelle, comme silencieux et taciturne.
-
-Silva. Saltus. Nemus. Lucus.
-*Silva*, forêt en général, abondante en arbres qui fournissent
-du bois, ὕλη; *saltus*, forêt considérée comme un lieu sauvage,
-bois de montagnes, νάπη; *nemus*, comme un lieu agréable,
-bocage, parc; *lucus*, comme un lieu saint, bois consacré aux
-dieux, ἄλσος, ἄλτις.
-
-—Simpuvium, v. *Poculum*.
-—Simul, v. *Una*.
-—Simulatio, v. *Imitatio*.
-—Sinere, v. *Ferre*.
-—Simulacrum, v. *Imago*.
-—Simultas, v. *Odium*.
-—Singularis, v. *Eminens*.
-—Singuli, v. *Quisque*.
-
-Sinister. Lævus.
-Ils s’entendent tous les deux du côté gauche. *Sinister* est le
-terme usuel et prosaïque, comme ἀριστερός; *lævus*, le terme
-choisi et poétique, comme σϰαιός. Au figuré *sinister* est le
-symbole de la défaveur et de la mauvaise chance; *lævus*, celui
-de la perversité et de la maladresse.
-
-—Sinus, v. *Gremium*.
-
-Sistere. Inhibere. Statuere.
-*Sistere* et *inhibere*, rendre immobile, arrêter: *sistere*, en
-parlant d’un être qui vit et qui court; *inhibere*, d’un objet
-inanimé qui a été mis en mouvement. *Statuere*, fixer à demeure,
-établir sur un pied solide.
-
-—Situm esse, v. *Cubare*.
-—Situs, v. *Lutum*.
-—Societas, v. Fœdus
-
-Socius. Sodalis. Sociennus. Amicus. Familiaris. Particeps.
-Consors.
-1. *Socii*, gens unis pour agir en commun par des intérêts
-mutuels, compagnons, etc.; *sodales* et *socienni*, ἑταῖροι,
-pour jouir en commun de la vie, parce qu’ils se plaisent
-mutuellement, camarades: *sodalis*, terme noble; *sociennus*,
-terme comique. *Socius* se joint à un génitif qui marque le but
-de l’association ou *sociatio*; *sodalis*, à un génitif ou à un
-adjectif possessif qui désigne l’autre *sodalis*: *socius
-periculi*, *culpæ*, mais *sodalis meus*.
-
-2. *Sodalis*, camarade avec lequel on a des rapports de société
-et surtout des rapports agréables; *amicus*, ami avec lequel on
-fait échange des sentiments sacrés de l’amour et de l’estime;
-*familiaris*, ami intime avec lequel on n’a qu’un cœur et qu’une
-âme, étant lié pour les affaires frivoles comme pour les
-affaires sérieuses.
-
-3. Le *socius rei* travaille ou souffre avec un autre; le
-*particeps* et le *consors* partagent une jouissance ou une
-possession: le *particeps*, par une intervention volontaire, par
-opposition à *expers*, comme μέτοχος; le *consors*, parce qu’il
-lui échoit une part, par opposition à *exsors*. Cic. Balb. 28.
-Fuit hic multorum illi *laborum socius* aliquando; est fortasse
-nunc nonnullorum *particeps commodorum*. Il a été à plusieurs
-reprises le compagnon de ses nombreux travaux; peut-être veut-il
-bien partager à présent quelques avantages avec lui. L’associé à
-l’empire est un *socius imperii*, en ce sens qu’il aide à
-expédier les affaires du gouvernement; c’est un *consors*, en ce
-sens qu’il a dû être appelé à cette dignité.
-
-—Socordia, v. *Ignavia*.
-—Sodalis, v. *Socius*.
-
-Solemnia. Feriæ. Dies festi. Festa.
-*Solemnia*, les fêtes considérées comme des institutions
-solennelles et périodiques; *feriæ*, comme des jours de repos et
-de délassement; *festa*, ou en prose *dies festi*, comme des
-jours de joie.
-
-Solere. Consuevisse. Adsolere.
-1. *Solere* s’emploie à propos d’événements et de toute sorte
-d’actions, comme avoir coutume, φιλεῖν; *consuevisse* ne se dit
-que d’une action personnelle, comme être habitué, εἰωθέναι. Dans
-Liv. XXXVIII, 17. Hæc quibus *insolita* atque *insueta* sunt
-Græci timeant. Les Grecs ne sont ni accoutumés ni habitués aux
-maux qui les menacent: *insolitus* ne fait allusion qu’à la
-fréquence du fait; *insuetus* marque qu’il faut que le sujet
-soit actif, soit passif, se familiarise avec lui.
-
-2. *Solet* se prend en bonne ou en mauvaise part; *assolet*
-contient un éloge et revient à *recte* ou *rite solet*.
-
-—Solers, v. *Sapiens*.
-—Sollicitudo, v. *Cura*.
-—Sollicitare, v. *Lacessere*.
-
-Solitudo. Vasta. Deserta. Tesca.
-*Solitudo* exprime la solitude d’un lieu dans un sens
-indifférent ou avec éloge; *vasta*, *deserta*, *tesca loca* se
-prennent en mauvaise part: *vasta loca*, lieux sans culture, par
-opposition à *culta*; *deserta*, espaces inhabités, par
-opposition à *habitata*; et *tesca*, *tesqua*, désert où règne
-un silence effrayant, par opposition à *celebria loca*.
-
-Solum. Fundus. Vadum. Fundamentum.
-*Solum*, *fundus* et *vadum*, base et fond naturel: *solum*, le
-sol sur lequel on a le pied ferme, par opposition aux éléments
-mobiles, à l’air, à l’eau; *fundus*, fond d’un vase, par
-opposition au reste de l’espace que le vase enferme; *vadum*,
-fond d’un cours d’eau, d’un lac, de la mer, par opposition à
-l’eau qui coule ou porte dessus. *Fundamentum*, fondement, base
-artificielle sur laquelle repose un édifice, etc., et qui n’est
-pas moins nécessaire que le sol même, *solum*, lorsqu’il s’agit
-d’élever une construction. On dit proverbialement: Omnis res jam
-in *vado* est, couler une affaire, à fond, par une métaphore
-empruntée d’un nageur qui atteint le fond de l’eau; mais:
-Largitio *fundum* non habet: Profusion n’a pas de fond, par une
-métaphore empruntée au tonneau des Danaïdes. Cic. Brut. 74.
-*Solum* et quasi *fundamentum* oratoris vides. Tu as sous les
-yeux le sol et même le fondement sur lequel bâtit l’orateur.
-
-—Solum, v. *Tellus*.
-
-Somnus. Sopor. Somnium. Insomnium.
-1. *Somnus*, terme usuel, prosaïque; *sopor*, terme choisi,
-poétique, pour désigner le sommeil. *Sopor* n’a en prose que la
-signification causative: c’est une drogue ou une influence
-soporifique; ce n’est point un profond sommeil.
-
-2. *Somnium*, le rêve, en prose, ὄναρ; *insomnium*, en poésie,
-ἐνύπνιον.
-
-—Sonitus, v. *Fragor*.
-—Sopor, v. *Somnus*.
-—Sospes, v. *Salvus*.
-—Spatiari, v. *Ambulare*.
-—Spectare, v. *Videre*.
-—Sons, v. *Culpa*.
-—Sordes, v. *Lutum*.
-—Sparsi, v. *Passi*.
-—Species, v. *Figura*.
-
-Spectrum. Mostellum. Manes. Lemures.
-Ces quatre termes se disent également d’un esprit qui revient
-après la mort. Ils diffèrent en ce que *spectrum* renferme
-l’idée d’une apparition surnaturelle; *mostellum*, celle d’une
-apparition effrayante; *manes*, celle d’un esprit bienfaisant;
-*lemures*, d’un esprit taquin.
-
-—Speculator, v. *Explorator*.
-
-Specus. Caverna. Antrum. Spelunca. Spelæum. Fovea. Scrobs.
-1. *Specus* et *caverna*, cavités soit souterraines, soit au
-niveau du sol, sorte de termes génériques, par rapport à
-*antrum*, *spelunca* et *spelæum*, cavités à ouverture verticale
-qui pénètrent dans une montagne, et à *scrobs*, *fovea* et
-*favissa*, fosses à ouverture horizontale qui s’enfoncent sous
-terre.
-
-2. *Specus*, crevasse à ouverture longitudinale; *caverna*, trou
-à ouverture ronde.
-
-3. *Spelunca*, caverne, au sens physique, avec allusion à son
-obscurité et à son aspect effrayant; *antrum*, grotte, au sens
-esthétique, avec allusion à son aspect pittoresque et à sa
-fraîcheur; enfin, *spelæum*, mot d’origine étrangère qui ne se
-trouve que chez les poëtes, tanière et repaire des bêtes.
-
-4. *Fovea*, fosse qu’on laisse ouverte ou qu’on recouvre pour
-servir de magasin et surtout de piége pour prendre une bête
-sauvage; *scrobs*, fosse que l’on comble sur-le-champ et qu’on
-ne creuse que pour mettre quelque chose en terre, comme un plant
-d’arbre ou un cadavre.
-
-—Sperare, v. *Vereri*.
-
-Spernere. Contemnere. Despicere. Aspernari. Recusare. Fastidire.
-Negligere.
-1. *Spernimus* rejicienda, fugienda, ut libidines. Nous
-dédaignons ce qu’il convient de rejeter ou d’éviter, comme les
-caprices. *Contemnimus* magna, metuenda, ut pericula, mortem.
-Nous méprisons les maux qui effrayent par leur grandeur, comme
-les dangers et la mort. *Despicimus* infra nos posita, ut vulgi
-opiniones. Nous regardons de haut en bas ce qui est au-dessous
-de nous, comme les opinions du vulgaire (Lambin). En d’autres
-termes, *spernere*, *spernari*, *aspernari*, ne pas se soucier,
-par opposition à *appetere*, *concupiscere*, à peu près comme
-ἀποϐάλλειν; *contemnere*, et chez les poētes *temnere*, ne pas
-craindre, par opposition à *timere*, *metuere*, comme
-ϰαταφρονεῖν; enfin, *despicere*, *despectare*, ne faire aucun
-cas, par opposition à *suspicere*, *revereri*, *admirari*, comme
-ὀλιγωρεῖν.
-
-2. *Spernere* présente le dédain sous l’aspect d’un sentiment
-qui se contient; il est synonyme de *parvi putare*, *negligere*,
-comme mépriser et dédaigner; *spernari* et *aspernari*, qui est
-plus usité, se disent de l’expression du dédain; ils sont
-synonymes de *recusare*, *abnuere*, *rejicere*, comme repousser.
-L’idée saillante est dans *spernere* celle du peu d’estime; dans
-*aspernari*, celle de l’aversion. *Spernere* se rapporte à un
-objet qu’il ne tiendrait qu’à nous de posséder; *aspernari*, à
-un objet qui nous est offert ou imposé.
-
-3. *Aspernari*, avouer son aversion sans pousser les choses plus
-loin; *recusare*, protester et refuser irrévocablement. Curt.
-VI, 6, 7. Principes *aspernantes* quidem, sed *recusare* non
-ausos Persicis ornaverat vestibus. Les chefs, qui ne cachaient
-point leur aversion, mais qui n’osaient aller jusqu’à un refus,
-se virent parés par ses mains du costume persan.
-
-4. Le *spernens* obéit à une antipathie qu’autorisent la morale
-et la raison; il a plus ou moins conscience des motifs qui lui
-font dédaigner quelque chose; le *fastidiens* obéit à une
-antipathie physique et instinctive, innée ou accidentelle, qui
-provient d’un accès de satiété ou de quelque cause analogue;
-enfin, le *negligens* n’obéit ni aux suggestions de la raison ni
-à celles de l’instinct et du sentiment: il agit sans penser ni
-vouloir.
-
-—Sphæra, v. *Globus*.
-—Spica, v. *Culmus*.
-—Spiritus, v. *Anima*.
-—Spissus, v. *Angustus*.
-—Splendere, v. *Lucere*.
-—Spolia, v. *Præda*.
-—Spoliare, v. *Vastare*.
-—Spondere, v. *Polliceri*.
-
-Sponsor. Vas. Præs.
-*Sponsor*, caution en général, garantissant n’importe quoi;
-*vas* et *præs*, caution judiciaire ou légale: *vas*, celui qui
-s’engage à faire comparaître en justice le demandeur ou le
-défendeur; *præs*, celui qui fournit une caution exigée par
-l’État.
-
-Sponte. Ultro. Sua sponte. Voluntate. Libenter.
-1. *Sponte*, de soi-même; *ultro*, soudainement. *Sponte* se
-rapporte à l’impulsion qui fait agir; *ultro*, à l’effet. Liv.
-X, 19. Orare ne collegæ auxilium, quod acciendum *ultro* fuerit,
-sua *sponte* oblatum sperneretur. On le prie de ne point
-dédaigner le secours de son collègue, qu’il aurait dû demander
-par une résolution soudaine et qu’on lui offrait de bon cœur.
-*Sponte accusare* veut dire être porté de soi-même à intenter
-une accusation; *ultro accusare*, aller jusqu’à prendre le rôle
-d’accusateur lorsqu’on devrait s’estimer heureux de n’être pas
-accusé soi-même. Cette expression elliptique *ultro accusavit*
-s’explique donc par la phrase complète: Haud contentus non
-accusari ab altero *ultro* etiam progressus est, ut ipse
-accusaret alterum, ou *ultro* progressus accusavit alterum.
-
-2. *Sponte*, de propos délibéré, s’oppose à *casu*, à
-*necessitate*; *sua sponte*, par sa propre impulsion et par
-cette impulsion seule, αὐτομάτως, à *rogatus*, *provocatus* ou
-*invitatus*.
-
-3. *Sponte* et *spontaneus*, ἑϰὼν et ἑϰούσιος, présentent une
-action volontaire et libre comme une affaire d’intelligence;
-*voluntate* et *voluntarius*, ἐθελοντὴς, comme une affaire de
-volonté, par opposition à *invite*; enfin, *libenter* et
-*libens*, ἄσμενος, comme une affaire de sentiment, par
-opposition à *tædio*.
-
-—Squalor, v. *Lutum*.
-—Statim, v. *Repente*.
-—Statua, v. *Imago*.
-—Statuere, v. *Destinare* et *Sistere*.
-—Status, v. *Conditio*.
-—Stagnum, v. *Lacuna*.
-
-Stella. Astrum. Sidus.
-*Stella*, toute étoile prise à part dans le nombre immense des
-globes que contient l’univers, ἀστήρ; *astrum*, chacun des
-grands corps lumineux qui sont au ciel, le soleil, la lune et
-les principales étoiles distinguées par un nom propre, ἄστρον;
-enfin, *sidus*, assemblage d’étoiles, constellation et même, à
-cause de la parenté qu’il y a entre les idées de foule et de
-grandeur, étoile de première grandeur, astre, τέρας, τείρεα.
-*Astrum* et *stella*, étoiles, au sens physique, comme des corps
-célestes lumineux; *sidus*, au sens astronomique et
-astrologique, comme des météores dont l’apparition possède un
-sens et exerce de l’influence sur les affaires de ce monde. Sen.
-Helv. 9. Dum *ortus siderum*, occasus intervallaque et causas
-investigare velocius meandi vel tardius, spectare tot per noctem
-*stellas micantes* liceat. Pourvu qu’on me permette d’observer
-le lever des constellations, leur coucher, leurs distances, les
-causes qui accélèrent ou retardent leur marche, d’arrêter mes
-regards sur cette foule d’étoiles qui brillent dans le cours de
-la nuit.
-
-—Stercus, v. *Lutum*.
-—Stimulare, v. *Pungere*.
-—Stilla, v. *Gutta*.
-—Stipator, v. *Satelles*.
-
-Stipes. Vallus. Palus. Sudes.
-*Stipes* et *vallus*, gros pieu, poutre ou pilotis qui ne peut
-être enfoncé qu’à l’aide d’un mouton: *stipes*, bon à différents
-usages, à la guerre et ailleurs; *vallus*, façonné tout exprès
-pour servir de palissade. *Palus* et *sudes*, menu pieu, perche
-ou branche, facile à enfoncer: le *palus* s’emploie à toute
-sorte d’usages, comme pieu de haie, surtout comme piquet,
-échalas ou tuteur; le *sudes* sert spécialement par la pointe,
-comme palis, pique ou javelot.
-
-—Stipula, v. *Culmus*.
-—Stiria, v. *Gutta*.
-
-Stirps. Genus. Gens. Prosapia. Posteritas. Progenies. Proles.
-Suboles.
-1. *Stirps*, *genus* et *gens*, qui sont des termes abstraits et
-collectifs par rapport à *majores*, désignent ordinairement la
-race ou la ligne ascendante; *prosapia*, *progenies*, *propago*,
-*proles*, *suboles*, la lignée ou la ligne descendante, ce sont
-des termes abstraits et collectifs par rapport à *posteri*.
-
-2. *Prosapia*, terme archaïque et pompeux qui n’est d’usage
-qu’en parlant de familles d’une antique noblesse; *posteritas*,
-terme usuel, prosaïque; *progenies*, terme choisi, noble;
-*proles* et *suboles*, termes poétiques: *proles* présente les
-enfants comme des fruits nouveaux, comme une jeune génération
-destinée à vivre à côté de l’ancienne; *suboles*, comme des
-rejetons destinés à remplacer la génération qui s’en va.
-
-3. *Gens*, famille politique; *genus*, famille naturelle. La
-*gens* se compose de familles que le fondateur de l’État a
-réunies en communauté ou en association; le *genus*, d’espèces
-et d’individus qui, en vertu de leurs caractères communs,
-appartiennent à une seule et même classe.
-
-Stirps. Truncus.
-*Stirps*, la tige ou partie essentielle par laquelle l’arbre vit
-et se conserve, par opposition aux branches et aux feuilles
-considérées comme des excroissances et des dépendances;
-*truncus*, le tronc, partie nue et sèche, par opposition aux
-branches, aux feuilles, à la couronne qui servent de parure à
-l’arbre. Il correspond au tronc du corps humain.
-
-—Stolidus, v. *Stupidus*.
-—Stolo, v. *Rami*.
-—Stomachari, v. *Succensere*.
-
-Strabo. Pætus.
-*Strabo*, celui qui louche par nature, infirmité ou mauvaise
-habitude; *pætus*, celui qui fait des yeux louches à dessein et
-par espièglerie.
-
-—Strages, v. *Ruina*.
-—Strenuitas, v. *Severitas*.
-—Strepitus, v. *Fragor*.
-—Strues, v. *Acervus*.
-
-Studium. Benevolentia. Favor. Amor. Gratia.
-1. *Studium* désigne ordinairement l’amour et l’attachement de
-l’inférieur pour le supérieur, du soldat pour son général, du
-sujet pour son souverain, du disciple pour son maître, du
-partisan pour son chef et son parti; *favor*, l’amour et la
-faveur du supérieur pour l’inférieur, du public pour un
-comédien, du peuple pour un candidat, du juge pour une des
-parties; enfin, *benevolentia*, l’amour et la bienveillance pour
-un égal. Dans Cic. Rosc. Com. 10. Quod *studium* et quem
-*favorem* secum in scenam attulit Panurgus? Quel zèle et quelle
-faveur quand Panurge entre en scène! il faut se représenter le
-public d’abord comme auditeur, puis comme juge de l’acteur.
-Orat. I, 21. Ego qui incensus essem *studio* utriusque vestrum,
-Crassi vero etiam *amore*. Moi qui étais tout feu dans mon zèle
-pour vous deux, dans mon amour pour Crassus.
-
-2. *Studium*, *favor* et *benevolentia* expriment une
-inclination passagère occasionnée et limitée par les
-circonstances, calme ou même tiède; *amor*, un amour enraciné au
-fond de l’âme et voisin de la passion. Cic. Fam. I, 9. Nihil est
-quod *studio* et *benevolentia* vel potius *amore* effici non
-possit. Je ne sais rien que le zèle et la bienveillance ou
-plutôt l’amour ne soit capable d’accomplir. Att. V, 10. *Amores*
-hominum in te et in nos quædam *benevolentia*. L’amour qu’on te
-porte et une certaine bienveillance qu’on a pour nous.
-
-3. *Favor*, faveur qu’on accorde, par opposition à *invidentia*;
-*gratia*, faveur dont on jouit, par opposition à *invidia*.
-
-Stupidus. Brutus. Bardus. Stultus. Fatuus. Stolidus.
-*Stupidus*, *brutus* et *bardus* sont des termes exclusivement
-négatifs qui marquent un défaut d’intelligence: *stupidus*,
-celui de l’homme qui comprend difficilement, qui est épais,
-ἀναίσθητος; *brutus*, celui de la brute et de l’homme qu’un vice
-d’organisation ravale au niveau de la brute, qui n’entend rien,
-qui est dépourvu de raison, ϐλὰξ, idiot; *bardus*, celui de
-l’homme qui ne comprend qu’avec lenteur, qui n’a aucun talent,
-ϐραδὺς, lourd. *Stultus*, *fatuus* et *stolidus* expriment une
-qualité positive de l’esprit qui a des idées fausses et qui juge
-de travers: *stultus*, un défaut de sagesse pratique qui est de
-la déraison, μωρὸς, sot, par opposition à *prudens*; *fatuus*,
-un défaut de bon sens qui est de la puérilité, comme nigaud;
-*stolidus*, un défaut de convenance et de modération qui est de
-la grossièreté, comme impertinent. Liv. XXV, 19. Id non
-promissum magis *stolide* quam *stulte* creditum. Promesse
-impertinente, sotte crédulité.
-
-Suavis. Dulcis.
-*Suavis* s’entend, comme ἡδὺς, d’une odeur agréable, et au
-figuré d’un attrait qui se fait suivre; *dulcis* s’entend, comme
-γλυϰὺς, d’une saveur agréable, et au figuré d’un charme qui
-entraîne; il sert à renchérir sur *suavis* dans Plin. Ep. V, 8,
-10. Hæc vel maxima vi, amaritudine, instantia; illa tractu et
-*suavitate* atque etiam *dulcedine* placet. L’historien ne plaît
-guère que par la force, l’austérité, la chaleur; l’orateur plaît
-par l’abondance, l’agrément et la grâce. Plin. H. N. XV, 2732.
-*Dulce* et pingue et *suave*. Le lait, qui n’est point
-précisément un corps gras, ne flatte que médiocrement l’odorat
-et la langue.
-
-—Suavium, v. *Osculum*.
-—Sublime, v. *Anima* et *Altus*.
-—Subito, v. *Repente*.
-—Suboles, v. *Stirps*.
-
-Succensere. Irasci. Indignari. Stomachari.
-*Succensere*, garder rancune, et *ægre*, *graviter*, *moleste*,
-*difficiliter ferre*, prendre en mal, expriment un
-mécontentement contenu; *irasci*, *indignari* et *stomachari*,
-un mécontentement qui éclate. La colère, *ira*, porte
-l’empreinte de la passion; elle a soif de vengeance;
-l’indignation, *indignatio*, offre l’image du sentiment moral
-qui se soulève ou se révolte; elle proclame sa désapprobation ou
-son mépris; l’emportement, *stomachatio*, est la marque d’un
-tempérament irritable, la bile déborde, la mauvaise humeur se
-fait jour, on est bruyant et querelleur. L’*iratus* se présente
-sous les traits d’un ennemi, il inspire de la crainte;
-l’*indignabundus*, sous ceux d’un juge, il impose; le
-*stomachans*, sous ceux d’un maniaque, il est ridicule.
-
-—Sudes, v. *Fustis* et *Stipes*.
-—Suffragium, v. *Sententia*.
-—Sulcus, v. *Porca*.
-—Suffugium, v. *Perfuga*.
-
-Sumere. Capere. Prehendere. Accipere. Excipere. Recipere.
-Suscipere. Recuperare.
-1. *Sumere*, se munir d’un objet pour s’en servir, comme αἱρεῖν;
-*capere*, s’en saisir pour le posséder, comme λαϐεῖν; enfin,
-*prehendere*, mettre la main dessus pour en être physiquement
-maître. Cic. Phil. XII, 7. Saga *sumpsimus*, arma *cepimus*.
-Nous avons pris des habits de guerre, nous avons saisi nos
-armes.
-
-2. *Accipere*, recevoir ce qu’on nous offre, δέχεσθαι, on y met
-de l’empressement; *excipere*, accueillir ce qui vient à nous,
-ce que nous attendions, ὑποδέχεσθαι; *recipere*, prendre sous sa
-protection, par générosité; *suscipere*, prendre un fardeau sur
-soi, entreprendre par dévouement. L’*accipiens* prend dans la
-main, l’*excipiens* dans les bras, le *recipiens* sur son cœur,
-le *suscipiens* sur les bras ou sur le dos.
-
-3. *Recipere*, recouvrer sans qu’il en coûte de la peine;
-*recuperare*, regagner par ses efforts. Liv. XLII, 53. Urbem
-*recipit*, par une simple occupation. Comparez XXVI, 39. Urbe
-*recuperata*, par conquête.
-
-Summus. Supremus.
-*Summus*, marque le plus haut degré d’élévation dans un sens
-indifférent, ce n’est qu’une question de lieu, ἄϰρος, par
-opposition à *imus*; *supremus*, terme poétique et pompeux,
-contient une idée accessoire de sublimité, comme ὕπατος, par
-opposition à *infimus*.
-
-Sumptus. Impensæ.
-*Sumptus*, dépense qui ébrèche la fortune et le capital, voisine
-de la prodigalité; *impensæ*, dépenses qui servent à atteindre
-un but et qui tiennent du sacrifice.
-
-—Superare, v. *Vincere*.
-
-Superbia. Arrogantia. Fastus. Insolentia.
-La *superbia* met les autres au-dessous d’elle par contentement
-de soi-même, elle ne voit dans leurs qualités que des reflets de
-ses propres mérites, c’est l’orgueil par opposition à
-l’humilité; l’*arrogantia* veut se prévaloir aux dépens des
-autres d’avantages ou de priviléges qui ne lui appartiennent
-point, c’est l’arrogance opposée à la modestie; le *fastus*
-repousse les hommes, comme s’ils n’étaient pas dignes d’entrer
-en relation avec lui, c’est l’air superbe par opposition à la
-simplicité; l’*insolentia* abuse grossièrement de sa supériorité
-pour humilier le faible, c’est la hauteur par opposition à
-l’humanité et à la générosité. Le *superbus* veut éclipser les
-autres; l’*arrogans*, empiéter sur eux; le *fastosus* les
-méprise; l’*insolens* les bafoue.
-
-—Superesse, v. *Restare*.
-—Supplementum, v. *Complementum*.
-—Supplicare, v. *Rogare*.
-—Supremus, v. *Summus*.
-—Surripere, v. *Demere*.
-—Surculus, v. *Rami*.
-
-Sus. Verres. Scrofa. Porcus.
-*Sus*, terme général, nom du cochon en histoire naturelle, ὗς;
-*verres*, *scrofa*, *porcus*, termes d’économie rurale:
-*verres*, verrat; *scrofa*, truie; *porcus*, jeune porc ou
-goret. Le mot *sus* contient une idée accessoire de malpropreté;
-le mot *porcus*, de graisse et d’embonpoint.
-
-—Suscipere, v. *Sumere*.
-—Suspicere, v. *Vereri*.
-
-Suspirare. Gemere.
-*Suspirare*, soupirer, s’entend d’une aspiration profonde et
-d’une forte expiration, à la suite d’un serrement de cœur;
-*gemere*, gémir, tient plus de la volonté, on donne de l’air à
-une poitrine oppressée. Un soupir, *suspirium* exprime la gêne;
-un gémissement, *gemitus*, la douleur. Cic. Att. II, 21. Cum diu
-occulte *suspirassent*, postea jam *gemere*, ad extremum vero
-loqui omnes et clamare cœperunt. A des soupirs longtemps
-étouffés succèdent les gémissements, puis enfin, un concert de
-plaintes et de cris.
-
-—Sustinere, sustentare, v. *Ferre*.
-
-
-T
-
-
-—Taberna, v. *Deversorium*.
-—Tacere, taciturnus, v. *Silere*.
-—Tæda, v. *Fax*.
-—Tæter, v. *Teter*.
-—Talio, v. *Vindicta*.
-—Tabulæ, v. *Axes*.
-—Tædet, v. *Piget*.
-—Talea, v. *Rami*.
-—Tardare, v. *Manere*.
-
-Tardus. Lentus.
-*Tardus*, marque la lenteur qui perd du temps par opposition à
-*citus*; *lentus*, celle qui prend ses aises et marche à pas
-comptés, par opposition à *acer*.
-
-Tellus. Terra. Solum. Humus.
-*Tellus*, la terre considérée comme un tout, comme le centre du
-monde, comme une déesse, par opposition à d’autres corps
-célestes ou à d’autres divinités, γαῖα, γῆ; *terra*, comme
-matière et élément par opposition aux autres éléments, γαῖα, γῆ;
-*solum*, comme l’élément solide opposé particulièrement à l’eau,
-πέδον; enfin *humus*, comme la partie la plus basse du monde
-visible par opposition à la région de l’air. Les désinences des
-dérivés *terrenus* opposé à *igneus*, *solidus* à *fluidus*,
-*humilis* à *sublimis*, correspondent à ces différentes
-significations.
-
-—Temetum, v. *Vinum*.
-—Tempestas, v. *Ventus*.
-—Temperatio, v. *Modus*.
-
-Templum. Fanum. Delubrum. Ædes. Sacellum.
-1. *Templum*, *fanum* et *delubrum*, le temple avec le terrain
-consacré qui l’entoure, ἱερόν; *ædes*, l’édifice même, ναός;
-enfin, *sacellum*, emplacement consacré, sans édifice, avec un
-simple autel.
-
-2. Au sens restreint *templum*, temple monumental d’une grande
-divinité; *fanum* et *delubrum*, temple modeste d’un dieu
-inférieur ou d’un héros.
-
-—Tempus, v. *Dies*.
-—Tenebræ, v. *Obscurum*.
-—Temulentus, v. *Ebrius*.
-
-Tenere. Habere. Possidere.
-*Tenere*, tenir dans sa main, c’est la possession physique;
-*habere*, avoir en son pouvoir, c’est la possession de fait;
-*possidere*, avoir en propriété, c’est la possession de droit.
-Plin. Ep. I, 16. *Tenet*, *habet*, *possidet*. Saturninus
-m’attache, me domine, me possède.
-
-Tentare. Periclitari. Experiri. Periculum. Discrimen.
-1. *Tentare* et *periclitari*, faire une tentative pour
-s’éclairer: *tentare*, avec le désir de s’instruire, en prenant
-de la peine, c’est un essai; *periclitari*, avec courage, en
-méprisant le danger qu’il peut y avoir, c’est une épreuve;
-*experiri*, acquérir des lumières par cette tentative, c’est une
-expérience.
-
-2. *Periculum*, le danger considéré dans sa durée; *discrimen*,
-comme un simple point dans le temps, comme le moment critique et
-le point culminant du *periculi*. Liv. VI, 17. In ipso
-*discrimine* *periculi* destituat. Abandonner au plus fort de la
-crise.
-
-—Tenuis, v. *Exilis*.
-—Tergum, v. *Dorsum*.
-—Terere, v. *Lævis*.
-
-Tergus. Cutis. Pellis. Vellus.
-*Tergus* et *cutis*, couverture extérieure des chairs à l’état
-de membrane nue et lisse: *tergus*, peau grossière des animaux
-recouvrant une chair tendre et bonne à manger, le cuir δέρμα;
-*cutis*, peau fine de l’homme protégeant la chair vive et
-sensible, χρώς. *Pellis* et *vellus*, peau avec sa garniture:
-*pellis*, peau garnie de poils ou *pili*, fourrure, δορά;
-*vellus*, peau laineuse, garnie de flocons ou *villi*, toison,
-μαλλός. On dit en parlant des hommes, *cutem*; des éléphants,
-serpents, etc., *tergora*; des lions, chèvres, chiens, etc.,
-*pelles*; des brebis, *vellera*. Juven. X, 192. Deformem pro
-*cute* *pellem*. Une peau fine autrefois, pleine à présent de
-rides et de poils.
-
-—Termes, v. *Rami*.
-—Terminare, terminus, v. *Finire* et *Finis*.
-
-Teter. Fœdus. Turpis. Deformis.
-*Teter*, *tæter*, ce qui nous paraît odieux parce qu’il trouble
-notre sécurité en nous inspirant de la crainte ou en nous
-donnant des frissons, à peu près comme effroyable, épouvantable,
-ϐλοσυρός; *fœdus*, parce qu’il offense la nature, parce qu’il
-excite en nous du dégoût ou de l’horreur, comme affreux, μιαρός;
-*turpis*, parce qu’il offense le sens moral ou les convenances
-en provoquant notre désapprobation ou notre mépris, par
-opposition à *honestus*, *gloriosus*, comme laid, honteux,
-αἰσχρός; *deformis*, parce qu’il blesse le goût et déplaît, par
-opposition à *formosus*, comme mal fait, δυσειδής. Cic. Off. I,
-34. Luxuria cum omni ætate *turpis*, tum senectuti *fœdissima*
-est. La débauche honteuse à tout âge est affreuse dans la
-vieillesse. Rep. II, 26. Tyrannus quo neque *tetrius* neque
-*fœdius*... animal ullum cogitari potest. Un tyran, l’être le
-plus effroyable, le plus affreux que l’imagination puisse
-concevoir. Vatin. 3. Quanquam sis omni *diritate teterrimus*.
-Quoique ta dureté fasse de toi un effroyable personnage. Vell.
-P. II, 69. In Vatinio *deformitas corporis* cum *turpitudine*
-certabat ingenii. Chez Vatinius la difformité allait de pair
-avec la turpitude.
-
-—Tesca, v. *Solitudo*.
-—Tetricus, v. *Austerus*.
-—Tignum, v. *Trabes*.
-—Timere, timor, v. *Vereri*.
-—Titubare, v. *Labare*.
-—Tolerare, v. *Ferre*.
-—Tormentum, v. *Cruciatus*.
-—Torquere, v. *Vertere*.
-—Torridus, v. *Aridus*.
-—Torvus, v. *Atrox*.
-—Totus, v. *Quisque*.
-
-Toxicum. Venenum. Virus.
-*Toxicum*, terme d’histoire naturelle, poison, sans idée
-accessoire; *venenum*, liqueur ou potion empoisonnée qui peut
-être douce et séduisante; *virus*, liqueur ou breuvage
-malfaisant et repoussant. Liv. II, 52. Tribuni plebem agitare
-suo *veneno*, agraria lege. Le peuple que travaille le poison
-préparé par les tribuns, la loi agraire. Comparez Cic. Læl. 23.
-Evomat *virus* acerbitatis suæ. Qu’il vomisse le venin de sa
-misanthropie.
-
-Trabes. Tignum.
-*Trabes*, *trabs*, poutrelle longue et mince qui se rapproche de
-la perche; *tignum*, poutre courte et épaisse qui se rapproche
-de la bille. Un radeau se compose de *trabibus* et non point de
-*tignis*; au contraire, les pièces de charpente destinées à
-servir de supports dans une construction se composent de
-*tignis* et non point de *trabibus*, car ce dernier terme
-désigne de préférence les traverses supportées. Cæs. B. C. II,
-9. Supra eum locum duo *tigna* transversa injecerunt, quibus
-*suspenderent* eam contignationem, supraque ea *tigna* directo
-transversas *trabes* injecerunt, easque axibus religaverunt. Ils
-jetèrent par-dessus deux poutres[1] qui se croisaient à angle
-droit et qui devaient supporter la plate-forme, sur les poutres
-un grillage de poutrelles[2] reliées par des ais[3].
-
-—1 Sablières.
-—2 Longrines et traverses.
-—3 Voliges.
-
-—Tractus, v. *Locus*.
-—Trames, v. *Iter*.
-—Tragulum, v. *Missile*.
-—Tranquillus, v. *Quies*.
-
-Trans. Uls. Ultra.
-*Trans* et *uls*, de l’autre côté, πέραν, par opposition à
-*cis*; ce sont des prépositions qu’on n’accentue pas et qui
-servent simplement à distinguer un côté de l’autre, elles
-appartiennent à la même classe que *super*: *trans*, est le
-terme usuel; *uls* a vieilli, il est tombé en désuétude.
-*Ultra*, au delà, πέρα, par opposition à *citra*; on appuie sur
-le mot pour donner une haute idée de l’éloignement de cet autre
-côté au delà duquel il faut chercher l’objet, c’est une
-particule de la même classe que *supra*. La séparation exprimée
-par *ultra* fait songer à une frontière, la séparation exprimée
-par *trans* à un obstacle. Tac. Germ. 29. Protulit magnitudo
-populi Romani *ultra* Rhenum *ultra*que veteres terminos imperii
-reverentiam... Non numeraverim inter Germaniæ populos, quamquam
-*trans* Rhenum Danubiumque consederint, eos qui decumates agros
-exercent. La grandeur du peuple romain a porté au delà du Rhin
-et au delà des vieilles bornes le respect de son autorité... Je
-ne compte point parmi les peuples de la Germanie, quoiqu’établis
-de l’autre côté du Rhin et du Danube, ceux qui cultivent les
-champs soumis à la dîme.
-
-—Transfuga, v. *Perfuga*.
-
-Transversus. Obliquus.
-*Transversum*, perpendiculaire, ce qui se dirige à angles droits
-à partir d’un point donné sur une droite; *obliquum*, oblique,
-ce qui s’éloigne du même point en faisant un angle aigu ou
-obtus.
-
-—Tribuere, v. *Impertire*.
-—Troicus, troius, v. *Achivi*.
-—Truculentus, v. *Atrox*.
-—Truncare, v. *Mutilare*.
-—Trux, v. *Atrox*.
-—Tristitia, v. *Dolor*.
-—Trucidare, v. *Interficere*.
-—Trudis, v. *Fustis*.
-—Truncus, v. *Stirps*.
-
-Tueri. Defendere.
-*Tueri* ne suppose qu’un danger possible, comme protéger, par
-opposition à *negligere*; *defendere*, suppose une attaque,
-comme défendre, par opposition à *deserere*. Les mineurs ont des
-protecteurs ou tuteurs, *tutores*, les accusés des défenseurs,
-*defensores*. Le *tuens* fait preuve de sollicitude et d’amour
-en cherchant à prévenir le danger; le *defendens*, de courage et
-de force en faisant face au danger. Sen. Tranq. 11. Neque ille
-solum militat qui in acie stat et dextrum lævumque *cornu
-defendit*; sed et qui *portas tuetur*. Le nom de soldat n’est
-pas exclusivement réservé à celui qui tient ferme à son rang de
-bataille et qui défend l’aile droite ou l’aile gauche; il
-convient également à celui qui garde les portes.
-
-Tum. Tunc.
-*Tum*, adverbe qui correspond à *is*, comme en ce temps-ci;
-*tunc*, adverbe qui correspond à *ille*, comme en ce temps-là.
-
-—Tumere, v. *Turgere*.
-—Tumulus, v. *Collis*.
-—Turba, v. *Caterva*.
-
-Turbæ. Tumultus. Seditio. Secessio. Deficere. Desciscere.
-1. *Turbæ* et *tumultus*, désordres de police: *turbæ*,
-attentatoires au bon ordre; *tumultus*, à la tranquillité
-publique. *Seditio* et *secessio*, mouvements politiques par
-suite d’une différence d’opinions nette et tranchée, de
-principes contradictoires: *seditio*, quand l’union vient
-seulement d’être troublée et que la lutte des partis se passe
-encore en paroles; *secessio*, quand on a renoncé à tout espoir
-de conciliation et que les partis sont en présence prêts à se
-battre ou qu’ils ont du moins rompu tout commerce.
-
-2. Les *seditiosi* et les *secedentes* sont citoyens et membres
-d’une communauté libre dont ils troublent seulement l’union; les
-*deficientes* et *desciscentes* violent un contrat en qualité de
-sujets qui se soulèvent ou d’alliés qui font défaut: *deficere*,
-terme général, présente la défection par son côté moral, comme
-une désertion qui provient d’infidélité, d’hésitation et de
-lâcheté; *desciscere*, par son côté politique, comme un
-changement de principes et de système.
-
-—Turbo, v. *Ventus*.
-
-Turgere. Tumere.
-*Turgere*, exprime une augmentation de volume qui tient à un
-excès de force et d’abondance, comme σπαργᾷν, σφριγᾷν; *tumere*,
-contient l’idée du néant et du vide déguisés sous l’enflure,
-comme οἰδᾷν. On appelle les voiles *turgida* lorsque le vent qui
-les gonfle est considéré comme un corps réel, capable en effet
-de les remplir, et *tumida*, lorsqu’on ne veut voir dans le même
-vent que de l’air, un air qui n’est rien et qui paraît seulement
-remplir les voiles.
-
-—Turio, v. *Rami*.
-—Turpis, v. *Teter*.
-
-Tutus. Securus. Incuriosus.
-1. *Tutus* se rapporte à la réalité de la chose et s’entend de
-celui qui est en sûreté, comme ἀσφαλής; *securus* se rapporte à
-la persuasion de l’esprit et s’entend de celui qui se croit en
-sûreté. Au sens réfléchi, *tutus* arrive à exprimer l’idée de
-prévoyance, et *securus* celle d’imprévoyance par euphémisme.
-Sen. Ep. 97. *Tuta* scelera esse possunt, *secura* non possunt.
-Le crime peut être en sûreté, mais il ne possède jamais la
-sécurité. Cependant, comme il n’existe point de substantif tiré
-de *tutus*, *securitas* se prend aussi par catachrèse dans le
-sens de sûreté.
-
-2. *Securus*, *securitas* expriment l’absence d’inquiétude et de
-soucis comme un état de l’âme, c’est la sécurité, ἀμέριμνος, par
-opposition à *sollicitus*; *incuriosus*, *incuria*, expriment le
-manque de soin et d’attention, au point de vue pratique, comme
-insouciant, ὀλίγωρος, par opposition à *cura*. Sen. Ep. 100.
-Fabianus non erat *negligens* in oratione, sed *securus*. Il y
-avait dans les discours de Fabianus un air je ne dis pas de
-négligence, mais d’assurance.
-
-
-U
-
-
-—Uber, v. *Fœcundus*.
-
-Udus. Uvidus. Humidus. Aquosus. Madidus.
-1. *Uvidum* et *udum*, ὑγρὸν, humide, dans tout le sens du mot,
-ce qui est entièrement composé d’eau ou d’un autre liquide, en
-réalité, en apparence, ou encore par hyperbole, *humore
-constans*; *humidum* et *humectum*, humide au sens restreint, ce
-qui est seulement imprégné de parties aqueuses, humore mixtum.
-Sen. N. Q. II, 25. Dicis nubes attritas edere ignem cum sint
-*humidæ*, imo *udæ*. Tu dis qu’il sort du feu des nuages qui
-sont chargés ou plutôt composés d’eau. *Udus*, qui a pour
-opposés *sudus* et *solidus*, est synonyme d’*aquanus* dans
-Tertullien; mais *humidus*, qui a pour opposé *aridus*, est
-synonyme d’*aquosus*, à cette différence près qu’en employant
-*aquosus*, on se représente encore le sec et l’humide comme
-distincts; ils existent l’un à côté de l’autre, tandis qu’en
-employant *humidus*, on se les représente comme mélangés et
-confondus. *Pratum aquosum* signifierait une prairie où il y a
-des mares et des étangs; mais *pratum humidum*, une prairie
-arrosée.
-
-2. *Udus* n’est qu’une contraction d’*uvidus*; *humectus* n’est
-que le participe d’*humidus*. Pacuv. ap. Varr. Terra exhalabat
-auroram *humidam*, *humectam*. La terre exhalait une vapeur
-humide, chargée d’eau.
-
-3. *Humidus*, *humens* se rapporte, comme humide. à la
-constitution intérieure du corps; *madidus*, *madens*, μυδαλέος,
-ruisselant, ne se rapporte qu’à l’extérieur et à la surface du
-corps, par opposition à *siccus*. Cic. Phil. XIV, 3. *Imbuti*
-sanguine gladii legionum exercituumque nostrorum, vel
-*madefacti* potius duobus consulum, tertio Cæsaris prælio.
-L’épée de nos légions et de nos armées est trempée dans le sang;
-elle a ruisselé de sang dans les deux combats livrés par les
-consuls, dans le troisième combat livré par César. *Imbuere*,
-causatif d’*imbibere*, se rapporte, en effet, à l’humidité qui
-pénètre à l’intérieur; *madefieri*, à celle qui s’amasse au
-dehors et qui peut provenir indifféremment de deux causes,
-savoir d’un trop-plein au dedans ou de la nature imperméable
-d’une surface.
-
-—Ulcus, v. *Vulnus*.
-—Uligo, v. *Lacuna*.
-
-Ulna. Lacertus. Brachium. Cubitus.
-*Ulna*, le bras entier, depuis l’épaule jusqu’à la main, servant
-à mesurer l’aune; *lacertus*, le haut du bras, depuis l’épaule
-jusqu’au coude; *brachium*, l’avant-bras; *cubitus*, le pli
-entre deux, le coude.
-
-—Uls, ultra, v. *Trans*.
-—Ultio, v. *Vindicta*.
-—Ultimus, v. *Extremus*.
-—Ultro, v. *Præterea* et *Sponte*.
-—Umbrosus, v. *Obscurum*.
-
-Una. Simul.
-*Una*, ensemble, dans le même lieu, ὁμοῦ; *simul*, à la fois,
-dans le même temps ou le même instant, ἅμα.
-
-—Unctus, v. *Delibutus*.
-
-Uncus. Hamus.
-*Uncus*, grand crochet comparable à une ancre; *hamus*, petit
-crochet comparable à un hameçon.
-
-—Uncus, v. *Curvus*.
-—Unicus, v. *Eminens*.
-—Unda, v. *Aqua*.
-—Universus, unusquisque, v. *Quisque*.
-—Usque, v. *Semper*.
-—Usura, v. *Fœnus*.
-—Usurpare, v. *Uti*.
-
-Uterque. Ambo. Utervis. Uterlibet.
-1. *Uterque*, chacun des deux, s’applique à un tout dans lequel
-on distingue deux unités, comme ἑϰάτερος; *ambo*, tous les deux,
-à un tout dans lequel on distingue deux moitiés, comme ἄμφω.
-Cic. Finn. II, 7. Hic, qui *utramque* probat, *ambobus* debuit
-uti. Puisqu’on admet les deux points de fait, on devrait les
-représenter tous les deux par un terme spécial. Ter. Ad. I, 2,
-50. Curemus æquam *uterque* partem; tu alterum, ego item
-alterum; nam *ambos* curare proреmоdum reposcere illum est quem
-dedisti. Prenons chacun une part égale de la tâche; garde
-Ctésiphon, moi Eschine. T’occuper ainsi de tous les deux, c’est
-presque me redemander celui que tu m’as donné. La différence de
-construction est visible dans Cic. Muren. 18, 37. Duæ res in
-prætura desideratæ sunt, quæ *ambæ* in consulatu Murenæ
-profuerunt... *Horum utrumque* ei fortuna ad consulatus
-petitionem reservavit. Deux choses manquèrent à Muréna dans la
-demande de la préture; et toutes deux l’ont merveilleusement
-servi quand il a sollicité le consulat... La fortune lui
-réservait chacun de ces deux avantages dans ses démarches pour
-le consulat. Et Orat. III, 26. A *quibus utrisque* submittitur
-aliquid. Le poëte et le compositeur sacrifient chacun à la
-simplicité.
-
-2. *Uterque* et *ambo* sont copulatifs et se décomposent en
-*unus* et *alter*; l’attribut est nécessairement commun;
-*utervis*, celui des deux que vous voudrez, et *uterlibet*,
-celui des deux qu’il vous plaira, sont disjonctifs et se
-décomposent en *unus vel alter*; l’attribut est commun par
-accident. Ter. Andr. Prol. 10. Qui *utramvis* recte norit,
-*ambas* noverit. Il suffit de posséder une de ces deux pièces de
-Ménandre, celle que vous voudrez, pour les posséder toutes les
-deux.
-
-Uti. Usurpare. Frui. Frunisci.
-*Uti* et *usurpare* expriment l’action de faire usage d’une
-chose, d’en disposer à son avantage; mais *uti* se dit d’un
-usage permanent; *usurpare*, d’un acte isolé. *Frui* et la
-vieille forme *frunisci* expriment le sentiment agréable qui
-accompagne cet usage, comme jouir: *frui* est le verbe primitif,
-*frunisci*, le verbe inchoatif. Sen. Vit. B. 10. Tu voluptate
-*frueris*, ego *utor*. Tu ne cherches dans le plaisir que la
-jouissance, j’y cherche le profit. Flor. II, 6. Hannibal quum
-victoria posset *uti*, *frui* maluit. Annibal pouvait user de sa
-victoire, il aima mieux en jouir. Cic. Rosc. Am. 45, 131.
-Commoda, quibus *utimur*, lucem, qua *fruimur*, spiritumque,
-quem ducimus, a Deo nobis dari. Les avantages dont nous
-profitons tous les jours, la lumière dont nous jouissons, l’air
-que nous respirons sont des dons de Dieu. Cic. Cat. III, 2, 5.
-Quorum opera... assidue *utor*. Je profite constamment de leur
-activité. Comparez avec Finn. II, 35, 118. In ea, quam *sæpe
-usurpabas*, tranquillitate degere omnem vitam. Laisser couler sa
-vie entière dans la tranquillité que tu as su trouver en mainte
-occasion. Cic. Orat. 51, 169. Post inventa conclusio est, qua
-credo *usuros* veteres illos fuisse, si jam nota et *usurpata*
-res esset. La période oratoire fut inventée plus tard; je crois
-que les anciens en auraient fait usage s’ils l’avaient connue et
-vu employer.
-
-—Utique, v. *Plane*.
-—Uxor, v. *Femina*.
-—Uvidus, v. *Udus*.
-
-
-V
-
-
-Vacare. Otiari. Feriari. Cessare. Nihil agere.
-*Vacare*, avoir son temps libre, par opposition à l’*occupatio*,
-qui oblige au travail; *otiari*, n’avoir point d’affaires, par
-opposition aux *negotia*, qui font du travail un devoir;
-*feriari*, jouir du repos des jours de fête, par opposition à la
-besogne journalière; *cessare*, cesser son travail et se
-reposer, par opposition à la peine qu’on vient de prendre;
-*nihil agere*, ne rien faire, par opposition à l’activité en
-général.
-
-—Vacuus, v. *Inanis*.
-—Vacillare, v. *Labare*.
-—Vadum, v. *Solum*.
-—Vadere, v. *Ire*.
-—Vagari, v. *Errare*.
-—Vafer, v. *Astutus*.
-—Vale, v. *Ave*.
-—Valde, v. *Perquam*.
-—Valere, v. *Posse*.
-—Valens, v. *Salus*.
-—Valetudo, v. *Æger*.
-
-Validus. Firmus. Robustus.
-1. *Validus*, fort, au sens actif, pour l’attaque et
-l’exécution, vigoureux, par opposition à *imbecillis*, comme
-σθεναρός; *firmus* et *robustus*, fort, au sens passif, pour la
-défense, pour supporter quelque chose: le *firmum* tire sa force
-d’une assiette inébranlable, on y met sa confiance, il s’oppose
-à *labans*, *vacillans* et même à *imbecillus*, en grec ϐέϐαιος,
-ferme; le *robustum* tire la sienne de sa nature compacte, de
-l’impénétrabilité de sa matière, il dure, par opposition à
-*tenerum*, comme ῥωμαλέος et ἰσχυρὸς, solide.
-
-2. *Imbecillitas* convient à la faiblesse d’esprit;
-*infirmitas*, à la faiblesse corporelle. Cic. Finn. V, 45. In
-*infirma* ætate *imbecilla*que mente: un âge qui n’est point
-fait, une intelligence qui n’a point de ressort. Et quand ils ne
-se disent tous deux de l’esprit, *imbecillitas* signifie une
-faiblesse naturelle de tête ou de cœur, par exemple, un défaut
-de talent ou de courage; *infirmitas*, une faiblesse morale, par
-exemple, la versatilité qui empêche qu’on ne se fie à nous. Cæs.
-B. G. VII, 77. Nolite stultitia ac temeritate vestra aut
-*imbecillitate* animi omnem Galliam prosternere. Ne cédez ni à
-une folle hardiesse ni à une faiblesse d’esprit qui causerait la
-chute de toute la Gaule. Comparez avec IV, 5. Cæsar
-*infirmitatem* Gallorum veritus quod sunt in consiliis capiendis
-mobiles et rebus plerumque novis student. César avait peur de la
-versatilité des Gaulois, qui sont inconstants dans leurs
-desseins et amoureux de changements.
-
-—Vallum, v. *Agger*.
-—Vallus, v. *Stipes*.
-—Valvæ, v. *Ostium*.
-
-Varius. Diversus. Contrarius. Versicolor. Variegare.
-1. *Varium* exprime les différences qu’on remarque dans un seul
-et même objet; *diversum*, celles qui distinguent un objet d’un
-autre. Catull. 47, 10. Quos longe simul a domo profectos
-*diverse* *variæ* viæ reportant, c’est-à-dire que toutes sortes
-de voies ramènent chez eux dans des directions tout à fait
-différentes. Tac. H. I, 25. Otho postquam *vario* sermone
-callidos et audaces cognovit, pretio et promissis onerat...
-Suspensos cæterorum animos *diversis* artibus (i. e. spe et
-metu) stimulant. Othon cause avec eux, varie l’entretien,
-s’assure qu’ils sont rusés et hardis, les achète à prix d’or et
-les comble de promesses... Pour les autres, on aiguillonne par
-divers moyens ces esprits incertains.
-
-2. Les *diversa* n’ont rien de commun entre eux et s’en vont
-dans des directions divergentes ou même opposées; les
-*contraria* se font face et sont diamétralement opposés. D’où la
-gradation Cic. Divin. II, 55. *Diversas* aut etiam *contrarias*.
-Tout ce qui est du domaine de la conjecture... est sujet de la
-part des hommes aux interprétations les plus diverses et souvent
-les plus opposées[1]. Vell. P. II, 75. *Diversa* præsentibus et
-*contraria* exspectatis sperare. Avoir des espérances qui
-s’écartent des conjonctures et qui sont contraires aux
-probabilités.
-
-3. *Varium*, bigarré, qui offre plusieurs couleurs à la fois,
-ποιϰίλον; *versicolor*, chatoyant, qui change autant de fois de
-couleur qu’il y a de manières de l’exposer à la lumière, αἴολον.
-Propert. III, 13, 32. Aut *variam* plumæ *versicoloris* avem. Un
-oiseau bigarré dont le plumage chatoie. Pline (XXXVII, 10)
-exprime les deux idées par des périphrases lorsqu’il appelle à
-la fois la pierre mithrax *multicolor* et contra solem *varie*
-refulgens.
-
-4. *Variare* signifie en général donner un aspect varié;
-*variegare* signifie en particulier donner un aspect dont la
-variété est dans les couleurs, barioler.
-
-—1 Traduction de la collection Panckoucke.
-
-—Vas, v. *Sponsor*.
-—Vasta, v. *Solitudo*.
-
-Vastare. Populari. Diripere. Agere ferre. Expilare. Spoliare.
-Peculari.
-1. *Vastare*, ravager, détruire par fureur ou par politique la
-propriété de l’ennemi, πέρθειν, πορθεῖν; *populari*, *diripere*
-et *agere ferre*, piller par intérêt personnel: *populari*, en
-grand, par exemple, enlever la moisson entière, emmener les
-troupeaux; *diripere*, en petit, entrer dans les maisons, rompre
-les armoires; *agere ferre*, des deux manières, comme ἄγειν ϰαὶ
-φέρειν.
-
-2. *Spoliare* et *populari*, s’approprier des dépouilles en
-temps de guerre; *expilare* et *peculari*, *depeculari*, en
-temps de paix: *expilare*, par violence; *peculari*, par
-escroquerie et détournement de la propriété de l’État. Cic.
-Parad. VI, 1. Si socios *spolias*, ærarium *expilas*. Si tu
-dépouilles les alliés, si tu portes la main sur le trésor.
-
-—Vates, v. *Canere*.
-—Vaticinari, v. *Divinare* et *Hariolari*.
-—Vecors, v. *Amens*.
-—Vehemens, v. *Acer*.
-—Vegetus, v. *Vigens*.
-
-Velle. Optare. Expetere. Cupere. Avere. Gestire.
-1. *Velle*, *optare* et *expetere* expriment des actes de la
-raison qui se possède et se gouverne; *cupere*, *avere* et
-*gestire*, des actes du sentiment surexcité et de la passion.
-Sen. Ep. 116. Cum tibi *cupere* interdixero, *velle* permittam.
-Après t’avoir interdit les désirs, je te permettrai d’avoir des
-volontés.
-
-2. *Velle*, vouloir et coopérer à la réalisation de sa propre
-volonté, θέλειν et ϐούλεσθαι; *optare*, souhaiter et s’en
-remettre à d’autres ou au destin pour la réalisation du souhait,
-ποθεῖν; *expetere*, exiger et mettre les autres en demeure de
-remplir cette exigence, ὀρέγεσθαι. Sen. Ep. 95. Sæpe aliud
-*volumus*, aliud *optamus*. Nos volontés sont souvent en
-désaccord avec nos souhaits. Cic. Off. I, 20. Nihil nisi quod
-honestum sit homines aut admirari, aut *optare*, aut *expetere*
-oportet. Il convient que les hommes n’admirent, ne souhaitent,
-n’exigent rien qui ne soit honorable.
-
-3. *Cupere* exprime un désir violent, passionné; *gestire*, un
-désir vif qui se manifeste par des gestes; *avere*, *havere*, un
-désir impatient, pressant. *Cupidus*, désireux, ἐπιθυμῶν;
-*gestiens*, qui se réjouit à l’idée d’avoir une chose, χρῄζων;
-*avidus*, avide. Cic. Sen. 8. Græcas litteras sic *avide*
-arripui, quasi diuturnam sitim explere *cupiens*. Je me suis
-jeté sur la littérature grecque avec avidité, avec la passion
-d’apaiser une soif qui durait depuis longtemps. Comparez avec
-Att. II, 18. Intellexi quam suspenso animo et sollicito scire
-*averes*, quid esset novi. J’ai compris tes incertitudes et tes
-soucis, ton impatience de connaître les nouvelles. Et IV, 11.
-Perge reliqua; *gestio* scire ista omnia. Continue, je me fais
-une fête de savoir tous ces détails.
-
-—Vellus, v. *Tergus*.
-—Velox, v. *Citus*.
-
-Vendere. Venundare. Mancipare.
-*Vendere* et *venundare* présentent la vente comme une
-transaction commerciale: dans *vendere*, l’idée principale est,
-comme dans vendre, la livraison de l’objet, et le prix d’achat
-n’est qu’un accessoire; il est opposé à *emere*; c’est le grec
-ἀποδόσθαι; *venundare* fait ressortir, comme étaler, la mise en
-vente, l’offre de la marchandise, πιπράσϰειν, πωλεῖν, ἀπεμπολᾷν.
-*Mancipare*, aliéner, présente la vente comme un acte juridique
-par lequel on cède et transporte à un autre la propriété d’une
-chose avec toutes les prétentions qu’on y avait jusque-là, en
-due forme.
-
-—Venditatio, v. *Jactatio*.
-—Venenum, v. *Toxicum*.
-—Venerari, v. *Vereri*.
-—Veniam dare, v. *Ignoscere*.
-
-Ventus. Procella. Tempestas. Vortex. Turbo.
-*Ventus*, le vent, comme terme générique; *procella* et
-*tempestas*, vent violent: *procella*, bourrasque, coup de vent;
-*tempestas*, tempête, orage complet, accompagné d’éclairs, de
-tonnerre, de pluie ou de grêle. *Vortex* et *turbo*, tourbillon:
-*vortex*, tourbillon faible qui ne soulève que la poussière;
-*turbo*, tourbillon impétueux qui cause des dégâts.
-
-—Venundare, v. *Vendere*.
-—Vepres, v. *Dumi*.
-—Venustus, v. *Formosus*.
-
-Verberare. Icere. Ferire. Cedere. Pulsare. Mulcare. Pavire.
-Cudere.
-1. *Verberare*, *ferire* et *icere*, frapper en général, de
-loin, de près, de toute manière. Le *verberans* porte un coup
-qui rebondit; l’*iciens* et le *feriens*, un coup qui pénètre,
-blesse ou brise: l’*iciens* lance son coup, par exemple,
-*fulmine ictus*; le *feriens* pousse et heurte, par exemple,
-*murum ariete ferire*. *Cædere*, *pulsare* et *mulcare* sont des
-termes plus particuliers et signifient battre avec un instrument
-fait exprès: *cædere*, avec un instrument tranchant qui fait une
-blessure, hache, sabre, fouet, verges, étrivières; *pulsare* et
-*mulcare*, avec un instrument contondant, un bâton ou le poing.
-*Pulsare* prend, comme battre, un complément quelconque;
-*mulcare*, comme bâtonner, ne peut avoir pour complément que le
-nom d’un être sensible à la douleur, surtout l’homme.
-
-2. Au sens restreint, *verberare* exprime un châtiment
-administré de sang-froid et qui consiste en coups de bâton,
-c’est une punition en forme infligée par l’autorité compétente;
-*pulsare* et *mulcare* signifient un mauvais traitement par
-coups ou bourrades, exercé par des personnes qui n’y sont point
-autorisées, c’est une vengeance. *Pulsare* s’entend d’un
-traitement grossier; on frappe avec la main ou avec une canne,
-on n’en veut guère qu’à l’honneur et à la dignité des gens;
-*mulcare* marque un traitement brutal; on se sert pour frapper
-des poings ou d’un gourdin; on a surtout en vue de causer des
-douleurs physiques, on rosse.
-
-3. *Pavire*, battre, pour solidifier à force de coups une masse
-molle; *cudere*, pour aplatir et élargir une masse dure.
-*Fulgere*, *battuere* et *cajare* sont des termes vieillis ou
-communs pour battre.
-
-—Verbosus, v. *Garrire*.
-
-Verbum. Vocabulum. Vox. Dictum. Dicterium.
-1. *Verbum*, le mot considéré comme une partie de la phrase;
-*vocabulum*, comme un élément de la langue. Les mots, *verba*,
-sont du ressort de l’usage; les termes, *vocabula*, sont du
-ressort du dictionnaire.
-
-2. *Verba*, les mots par rapport à leur signification; *voces*,
-par rapport à leur forme et à leur son.
-
-3. Comme terme technique de grammaire, *vox* comprend toutes les
-huit parties du discours; *vocabulum*, tous les mots proprement
-dits, à l’exception des interjections ou sons naturels; *nomen*,
-seulement les noms appellatifs, adjectifs, substantifs et
-pronoms; et *verbum*, seulement les verbes.
-
-4. Au sens collectif, *verbum* s’entend d’une pensée générale,
-comme sentence; *vox*, *dictum* et *dicterium*, d’une saillie
-qui appartient à telle ou telle personne: *vox* est l’expression
-du sentiment ou de la passion, c’est une exclamation; *dictum*
-est un trait d’esprit et d’intelligence, comme un bon mot. Tac.
-H. III, 39. Audita est *sævissima* Vitellii *vox*, qua se
-pavisse oculos spectata inimici morte jactavit. Vitellius eut
-une exclamation cruelle; on l’entendit qui se vantait crûment
-d’avoir rassasié ses yeux au spectacle de la mort d’un de ses
-ennemis particuliers. Comparez avec Ann. VI, 20. Scitum Passieni
-*dictum* percrebuit, neque meliorem unquam servum, neque
-deteriorem dominum fuisse. Un trait spirituel de l’orateur
-Passiénus et qui courut partout, c’est qu’il n’y avait jamais eu
-ni de meilleur esclave ni de plus mauvais maître.
-
-5. *Dictum*, terme général et populaire pour toute parole
-piquante; *dicterium*, terme savant d’une époque postérieure
-pour une parole piquante par excellence qui est le fruit de
-l’esprit naturel développé par l’étude des lettres et le
-commerce de la bonne société.
-
-—Verecundia, v. *Castus*.
-
-Vereri. Timere. Metuere. Spes. Fiducia. Timor. Timiditas.
-Ignavia. Formido. Horror.
-1. *Vereri* exprime, comme αἰδεῖσθαι, un effet qui a sa raison
-d’être dans une dignité qui nous impose; *metuere* et *timere*
-expriment, comme δεῖσαι et φοϐεῖσθαι, un effet qui résulte du
-caractère dangereux et menaçant d’un objet. Le *timens* et le
-*metuens* craignent de courir un danger; le *verens* craint
-d’être couvert de honte et de confusion. Cic. Phil. XII, 12:
-Quid? veteranos non *veremur*? nam timeri ne ipsi quidem volunt.
-Eh quoi! est-ce que nous ne révérons point les vétérans? car,
-pour aller jusqu’à la peur, c’est ce qu’ils ne veulent point eux-
-mêmes. Sen. II, 37. *Metuebant* eum servi, *verebantur* liberi,
-carum omnes habebant. Ses esclaves le craignaient, ses enfants
-le révéraient, tout le monde le chérissait. Liv. XXXIX, 37.
-*Veremur* quidem vos, Romani, et si ita vultis etiam *timemus*.
-Nous vous révérons, ô Romains, et nous avons même peur de vous,
-si c’est là ce que vous voulez. Afran. ap. Gell. XV, 13. Ubi
-malunt *metui* quam *vereri* se ab suis. Dès qu’ils aiment mieux
-être craints que révérés par les leurs. Sen. Ir. III, 32.
-Quibusdam *timeamus* irasci, quibusdam *vereamur*. Ne nous
-fâchons point contre certains personnages, contre ceux-là par
-peur, contre ceux-ci par une crainte respectueuse.
-
-2. *Metus*, la crainte prise comme l’attente d’un mal qu’on a en
-perspective, auquel on songe, l’inquiétude par prévoyance et
-prudence, comme δέος, synonyme de *cautio*; *timor*, la peur par
-lâcheté et faiblesse. En d’autres termes, la crainte, *metus*,
-est une affaire d’intelligence, elle occupe la pensée; la peur,
-*timor*, est une affaire de sentiment, elle saisit le cœur.
-*Metus* s’oppose à *spes*; *timor*, à *fiducia*, *animus*. Cic.
-Tusc. IV, 31. *Confidere* decet, *timere* non decet. Il s’agit
-d’avoir pleine confiance, il ne s’agit point d’avoir peur.
-
-3. Même différence entre *spes*, l’espérance, et *fiducia*, la
-confiance. Sen. Ep. 16. Jam de te *spem* habeo, nondum
-*fiduciam*. Tu me donnes déjà des espérances, tu ne m’inspires
-pas encore de confiance. Tac. Agr. 3. Nec *spem* modo ac votum
-securitas publica, sed ipsius voti *fiduciam* ac robur
-assumpserit. On ne se borne plus à espérer et à appeler de ses
-vœux la sécurité publique, mais on en jouit avec un sentiment de
-confiance et de stabilité. Suet, Cl. 10. Aliquanto minore *spe*
-quam *fiducia*. Il y avait un peu moins d’espérance que de
-confiance.
-
-4. *Timor* présente la peur comme un état passager; *timiditas*
-présente la timidité comme une qualité habituelle qui se
-comporte, par rapport à l’*ignavia*, comme le terme précis par
-rapport au terme général. Lactant. III, 17. Epicurus...
-*ignavum* prohibet accedere ad rem publicam, pigrum exercere,
-*timidum militare*. Epicure ôte aux gens incapables l’accès des
-affaires, aux gens paresseux leur maniement, aux gens timides la
-guerre. L’*ignavia* est l’incapacité de faire aucune action
-noble et particulièrement aucun exploit courageux; la
-*timiditas* est excusable dans certaines circonstances;
-l’*ignavia* est toujours condamnable.
-
-5. La crainte, *metus*, et la peur, *timor*, naissent de la
-réflexion qui distingue nettement l’objet et la cause de
-l’inquiétude. L’effroi, *horror*, et l’épouvante, *formido*,
-naissent d’une émotion vive et subite qui accable l’esprit en
-lui présentant des images pénibles, des visions affreuses et qui
-le rend incapable de se raisonner: mais *formido*, l’épouvante,
-exprime directement un état de l’âme, ὀῤῥωδία; *horror*,
-l’effroi, n’exprime que la manifestation de cet état lorsqu’il
-se révèle par des cheveux qui se dressent, par des yeux égarés,
-etc., comme φρίϰη. Tac. H. IV, 46. *Metus* per omnes ac præcipua
-Germanici militis *formido*. La crainte partout, l’épouvante au
-plus haut chez les troupes de Germanie.
-
-Vereri. Revereri. Venerari. Colere. Observare. Adorare.
-Admirari. Suspicere.
-1. *Vereri* et *revereri*, avoir du respect; *venerari*,
-témoigner du respect. Tac. Ann. XIV, 13. *Venerationem sui*, les
-respects qu’on lui rendrait; comparez avec *matris reverentia*,
-le respect que lui inspirait sa mère.
-
-2. *Vereri* marque la considération poussée jusqu’à la crainte
-et à la timidité; *revereri*, la crainte et la timidité
-inspirées par la considération. Dans *vereri*, c’est la crainte;
-dans *revereri*, la considération qui est l’idée principale.
-*Verecundia* signifie la peur de se mettre dans son tort vis-à-
-vis d’une personne que l’on considère; *reverentia*, la
-conviction intime que le mérite de la personne justifie cette
-peur.
-
-3. *Venerari* ne s’emploie (du moins dans Cicéron) qu’en parlant
-des honneurs qu’on rend aux dieux ou à des êtres supérieurs;
-*observare* se dit de ceux qu’on rend aux hommes; *colere*, des
-deux. Cic. Rep. I, 12. Ut... Africanum ut *deum coleret* Lælius,
-domi vicissim Lælium *observaret* in parentis loco Scipio.
-Lélius honorerait comme un dieu Scipion l’Africain; à Rome,
-Scipion à son tour aurait pour Lélius toutes les attentions
-qu’on a pour un père. Le *venerans* ne vise qu’à exprimer le
-respect qu’il doit, et à détourner de lui par son humilité la
-colère des dieux; le *colens* vise par des complaisances, des
-services et des égards de toute sorte, à gagner la faveur de
-quelqu’un et à en retirer des fruits comme d’un champ cultivé.
-La *veneratio* se marque surtout par la prière, le *cultus* par
-le sacrifice; la *veneratio* est un acte isolé, passager, le
-*cultus*, une manifestation permanente de respect. Tac. H. I,
-10. Vespasianus... Titum filium ad *venerationem* *cultum*que
-(Galbæ) miserat, c’est-à-dire que Titus devait présenter au
-nouvel empereur l’hommage de Vespasien et rester à la cour.
-
-4. *Observare* comparé à *colere* donne à la pensée un tour
-indirect et se dit des égards auxquels on ne manque pas, par
-opposition à la négligence; mais il ne suit point de là que l’un
-des deux termes soit plus fort et l’autre plus faible. *Colere*
-s’entend de démonstrations palpables, *operam*; *observare*,
-d’attentions délicates, *pietatem*, et c’est tantôt aux unes,
-tantôt aux autres qu’on attache le plus de prix.
-
-5. *Adorare*, terme général pour toute espèce de culte rendu aux
-dieux; la *veneratio* tend à se restreindre aux gestes, la
-*precatio* aux formules.
-
-6. *Reveremur* validas auctoritates; *admiramur* raras virtutes;
-*suspicimus* excellentia dignitate. Nous respectons l’autorité,
-nous admirons la vertu, nous levons les yeux vers les grandeurs.
-Je me représente d’ailleurs le *reverens* dans un état de
-crainte silencieuse; l’*admirans*, dans un enthousiasme bruyant
-ou du moins visible; le *suspiciens*, sous les traits d’une
-personne étonnée qui sent humblement sa propre infériorité.
-*Revereri* se rapporte particulièrement à une supériorité
-morale; *admirari*, à une supériorité intellectuelle et morale;
-*suspicere*, à une supériorité quelconque, même de hasard.
-
-Vernalis. Vernilis.
-*Vernaliter* contient un éloge: avec l’adresse et la prestesse
-d’un serviteur bien appris et zélé; il est synonyme de *sedulo*.
-*Verniliter* contient un blâme: d’une manière ignoble et commune
-qui sent l’esclavage; il est synonyme de *serviliter*; mais
-*verniliter* se rapporte à la grossièreté des façons, comme
-rustiquement; *serviliter*, à la bassesse des sentiments, comme
-servilement.
-
-—Verres, v. *Sus*.
-—Versutus, v. *Astutus*.
-—Versicolor, v. *Varius*.
-
-Vertere. Torquere. Convertere. Invertere. Pervertere.
-1. *Vertere*, tourner ou retourner, c’est-à-dire remuer un objet
-pour lui donner une autre position ou une autre place, τρέπειν;
-*torquere*, tourner dans le sens de mouvoir autour d’un point
-fixe ou d’un axe, στρέφειν.
-
-2. *Convertere* signifie 1º avec un sujet au pluriel: tourner
-tous à la fois, par exemple Cæs. B. C. I, 80. Ut pæne terga
-*convertant*, peu s’en faut qu’ils ne tournent le dos tous à la
-fois; 2º par rapport à l’achèvement de l’action: tourner tout à
-fait. *Invertere* veut dire seulement tourner à moitié, en sorte
-que l’objet prenne la position inverse et montre l’envers;
-enfin, *pervertere*, tourner en sorte que l’objet prenne une
-fausse position, soit hors d’usage, ou perdu, mettre sens dessus
-dessous.
-
-—Verutum, v. *Missile*.
-—Vesanus, v. *Amens*.
-
-Vestis. Vestitus. Vestimentum. Amictus. Amiculum. Cultus.
-Habitus.
-1. *Vestis*, terme général qui signifie tantôt l’habillement
-entier, *vestitus*, tantôt une pièce de l’habillement,
-*vestimentum*. *Vestem mutare* veut dire prendre le deuil;
-*vestimenta mutare*, changer d’habits.
-
-2. *Vestis* et *vestimentum*, vêtement qui couvre le corps par
-raison de nécessité ou de décence; *amictus* et *amiculum*,
-vêtement qu’on met par-dessus les autres pour avoir plus chaud
-ou pour se parer: *amictus*, tout l’habillement de dessus;
-*amiculum*, pièce détachée, surtout. Tac. G. 17. Feminæ sæpius
-lineis *amictibus* velantur, partemque *vestitus* superioris in
-manicas non extendunt. Les femmes portent plus souvent que les
-hommes des vêtements de dessus en lin, et il n’y a point de
-manches dans le haut de leur habillement.
-
-3. *Cultus* et *habitus* expriment des idées plus complexes que
-*vestis*: *cultus* comprend tout ce qui se rattache à la mise,
-ceinture, chapeau, parures, armes; *habitus*, tout ce qui touche
-de près ou de loin à la toilette, propreté, coiffure, tenue.
-Suet. Cæs. 44. Dicam ea quæ ad formam et *habitum* et *cultum*
-et mores pertineant. Je vais esquisser son portrait et dire un
-mot de sa toilette, de sa mise, de ses mœurs. Cal. 52. *Vestitu*
-calceatuque cæteroque *habitu*. Dans son habillement, dans sa
-chaussure, dans toute sa toilette.
-
-Vetare. Interdicere.
-*Vetare*, défendre au nom de la loi par opposition à *jubere*;
-*interdicere*, interdire en vertu des pouvoirs qu’on tient de sa
-charge par opposition à *addicere*, *permittere*.
-
-—Veternus, v. *Antiquus*.
-—Vetula, v. *Anus*.
-
-Vetus. Senex. Grandævus. Longævus. Senecta. Senectus. Senium.
-1. *Vetus homo*, l’homme vieux à partir de la cinquantaine, par
-opposition à *juvenis*, l’homme jeune, comme γέρων; *senex*, le
-vieillard à partir de la soixantième année avec une idée
-accessoire de dignité, comme πρεσϐυτής: enfin *grandævus* et
-*longævus*, vieillard chargé de jours qui a dépassé la durée
-ordinaire de la vie, c’est-à-dire à partir à peu près de la
-quatre-vingtième année.
-
-2. *Senecta*, la vieillesse au sens indifférent, comme degré de
-la vie; *senectus*, la vieillesse vénérable et expérimentée qui
-impose du respect et des égards; *senium*, le grand âge qui
-affaiblit, accable et qu’on peut regarder comme une infirmité.
-
-—Vetus, vetustus, v. *Antiquus* et *Puer*.
-—Via, v. *Iter*.
-—Vibrare, v. *Librare*.
-
-Vicinus. Finitimus. Confinis.
-*Vicini*, voisins, d’une maison, d’une cour à l’autre;
-*finitimi* et *confines*, d’un pays à l’autre: *finitimi*, au
-sens simple et incomplexe, nos voisins, ceux qui habitent à
-notre frontière, c’est un simple terme géographique; *confines*,
-exprime une relation réciproque, il s’agit de peuples
-mutuellement voisins qui ont une frontière en commun, avec une
-idée morale accessoire, celle d’une amitié qui se joint au
-voisinage. Les *finitimi* sont séparés par une démarcation,
-*finibus diremti*; les *confines* ou *confinio conjuncti* ont
-des points de contact.
-
-Vicissim. Invicem. Mutuo.
-*Vicissim* marque comme alternativement et vice versa que deux
-personnes ou deux objets font ou éprouvent successivement
-quelque chose: *invicem* et *mutuo*, qu’ils le font ou
-l’éprouvent en même temps: *invicem* a plus de rapport à des
-actions; *mutuo*, à des situations réciproques. Ils répondent à
-réciproquement et mutuellement.
-
-—Victus, v. *Vita*.
-
-Videre. Cernere. Spectare. Intueri. Conspicere. Adspicere.
-Adspectus. Conspectus. Obtutus.
-1. *Videre* et *cernere*, voir, prendre connaissance par
-l’organe de la vue: *videre*, prendre connaissance en gros,
-comme ὁρᾷν, par opposition à ne pas voir à cause de quelque
-obstacle qui boucherait la vue; *cernere*, prendre une
-connaissance précise et claire, par opposition à une vue
-incertaine et troublée. *Spectare*, *intueri*, *tueri* et
-*contueri*, regarder, arrêter les yeux sur un objet: *spectare*,
-regarder tranquillement un objet qui intéresse l’esprit et s’y
-arrêter comme à un spectacle, considérer, θεᾶσθαι; *intueri*,
-fixer son regard sur un objet qui attire l’imagination ou le
-cœur, contempler, θεωρεῖν. Cic. Famm. VII, 1. Neque nos qui hæc
-*spectavimus*, quidquam novi *vidimus*. Et nous-mêmes qui avions
-les yeux ouverts sur cela, nous n’avons rien vu de nouveau.
-
-2. *Intueri* signifie simplement contempler avec attention, mais
-*contueri*, contempler avec fixité, avec pénétration et avec de
-grands yeux.
-
-3. *Conspicere*, apercevoir, c’est-à-dire avoir la vue frappée
-d’un objet et le plus souvent sans s’y attendre; *adspicere*,
-regarder, c’est-à-dire jeter les yeux sur un objet, qu’on ait ou
-non conscience de la sensation.
-
-4. *Adspectus* a le sens actif, c’est le sujet qui regarde;
-*conspectus* a le sens passif, c’est le sujet qui est vu, qui
-fait tableau, c’est encore et souvent le cercle que la vue
-embrasse. *Obtutus*, le regard, a le sens neutre. Suet. Tib. 43.
-Ut *adspectu* deficientes libidines excitaret. Pour rallumer par
-cette vue ses feux épuisés. Comparez avec Cal. 9. Tumultuantes
-*conspectu* suo flexit. Sa vue fit reculer les soldats soulevés.
-Et avec Cic. Orat. III, 5. Qui vultum ejus quum ei dicendum
-esset, *obtutum*que *oculorum* in cogitando probe nosset. Lui
-qui connaissait parfaitement l’air qu’il prenait au moment de
-parler et le regard qu’il avait quand il réfléchissait.
-
-—Viere, v. *Ligare*.
-
-Vigens. Vegetus. Vividus. Vivus. Animans. Vitalis. Vivax.
-1. *Vigens* se dit d’un homme frais et vigoureux de corps et
-d’esprit; *vegetus*, d’un homme éveillé et vif sous le rapport
-de l’esprit; *vividus*, d’un homme plein de vie et d’énergie au
-moral. Liv. VI, 22. Exactæ jam ætatis Camillus erat... sed
-*vegetum* ingenium in *vivido* pectore vigebat, virebatque
-integris sensibus. Camille conservait dans un âge avancé un
-esprit vif et frais, un cœur énergique, une constitution intacte
-et florissante.
-
-2. *Vivus*, vivant par opposition à mort; *animans*, animé par
-opposition à inanimé.
-
-3. *Vitalis*, qui a la vie longue; *vivax*, qui a la vie dure.
-
-Vigil. Insomnis. Exsomnis.
-*Vigil* présente l’état de veille par le côté positif: on sait
-ce qu’on fait, on veut le faire, on y applique ses forces, on
-est éveillé et agissant, c’est le grec ἄγρυπνος. *Insomnis* et
-*exsomnis* ne présentent ce même état que par le côté négatif,
-comme une privation de sommeil, ἄύπνος; mais l’*insomnis* ne
-peut pas, l’*exsomnis*, ne veut pas dormir. Tac. Ann. I, 65. Cum
-oberrarent tentoriis *insomnes* magis quam *pervigiles*. Ils
-erraient le long des tentes faute de pouvoir dormir plutôt que
-par un surcroît de vigilance. Vell. Pat. II, 88. Mæcenas ubi res
-*vigiliam* exigeret, sane *exsomnis*. Quand les affaires
-exigeaient de la vigilance, Mécène se privait tout à fait de
-sommeil. Hor. Od. III, 7, 6. Noctes non sine multis *insomniis*
-lacrimis agit. Il passe ses nuits dans les pleurs sans sommeil.
-Comparez avec 25, 7. Non secus in jugis *exsomnis* stupet Evias.
-Comme une bacchante qui court la montagne et qui lutte contre le
-sommeil reste stupéfaite à la vue de l’Hèbre.
-
-Villa. Fundus. Prædium. Ager. Campus. Rus. Arvum.
-1. *Villa*, maison de campagne ordinairement avec une pièce de
-terre; *fundus*, pièce de terre ordinairement avec une maison de
-campagne; *prædium*, tantôt la maison, tantôt la pièce, comme
-bien de campagne. *Villa* est d’ailleurs un terme
-d’architecture; *fundus*, un terme économique; *prædium*, un
-terme de droit. Cat. R. R. 3. Ita ædifices, ne *villa* *fundum*
-quærat, neve *fundus* *villam*. Bâtissez dans de justes
-proportions en sorte que la maison n’ait pas l’air de courir
-après le domaine, ni le domaine après la maison.
-
-2. *Villa*, *fundus* et *prædium* supposent un propriétaire,
-comme *portio*; *ager*, *arvum*, *rus* et *campus* se conçoivent
-sans aucun rapport à un propriétaire, comme *pars*.
-
-3. *Ager* et *campus*, la campagne, cultivée ou non: *ager*, le
-sol par opposition au terrain occupé par des constructions ou
-des plantations d’arbres, à *urbs*, *oppidum*, *vicus*,
-*hortus*, *silva*, comme ἀγρός; *campus*, les basses terres et
-les plaines, comme πεδίον, par opposition aux hauteurs, à *mons*
-et *collis*.
-
-4. *Rus* et *arvum*, le champ, la terre à blé: *rus*, par
-opposition au village ou à la ville, comme ἄρουρα; *arvum*, par
-opposition aux pâturages et aux plantations d’arbres, à
-*pabulum*, *pascuum*, *pratum*, *olivetum*, comme ἄροτος. Cic.
-Fr. ap. Quintil. IV, 2, 131. *Fundum* habet in *agro* Thurino
-Tullius paternum. Tullius possède un bien patrimonial dans la
-banlieue de Thurium. Orat. III, 33. De *fundo* emendo, de *agro*
-colendo. Un domaine à acheter, un sol à cultiver. Tac. G. 26.
-*Arva* per annos mutant, et superest *ager*. Ils changent tous
-les ans de champs de blé, et ce n’est pas le sol qui leur
-manque.
-
-Vincere. Superare. Opprimere.
-1. *Vincere*, chasser l’adversaire de sa position, comme
-vaincre, νιϰᾷν; *superare*, prendre le dessus sur son
-adversaire, comme ὑπερϐάλλεσθαι. Le *vincens* est aux prises
-avec des ennemis, le *superans* avec des obstacles. Tac. Ann.
-II, 25. *Invictos* et nullis casibus *superabiles* Romanos. Les
-Romains sont invincibles et supérieurs à tous les événements[1].
-
-2. *Evincere* marque en particulier l’acharnement et la durée du
-combat; *devincere*, le succès du combat et la plénitude de la
-victoire.
-
-3. *Vincere*, vaincre à la suite d’un combat; *opprimere*, sans
-combat, en paraissant, par surprise ou par une supériorité de
-forces décisive. Cic. Mil. II. Vi *victa* vis vel potius
-*oppressa* virtute audacia est. La force a vaincu la force, ou
-pour mieux dire, le vrai courage a d’abord accablé l’audace. Et
-de même Muren. 15. Mithridatem L. Murena *repressum* magna ex
-parte, non *oppressum* reliquit. Au départ de L. Muréna,
-Mithridate était fort empêché, mais point accablé.
-
-—1 Traduction Panckoucke.
-
-—Vincire, v. *Ligare*.
-
-Vincula. Catenæ. Compedes. Pedicæ. Manicæ.
-*Vincula*, toute sorte de liens, terme générique par rapport à
-*catenæ*, comme δεσμοί; *catenæ*, chaînes, soit pour enchaîner,
-soit pour d’autres usages, comme ἁλύσεις; *compedes*, fers en
-général pour les mains ou les pieds: *pedicæ*, pour enchaîner
-les pieds; *manicæ*, pour enchaîner les mains, menottes. Tac.
-Ann. VI, 14. Celsus in *vinclis* laxatam *catenam* et
-circumdatam in diversum tendens suam ipse cervicem perfregit.
-Celsus était lié; à force de tirer sur une chaîne lâche qui
-faisait le tour du cou il réussit à se casser le cou.
-
-Vindicta. Ultio. Talio. Pœna. Mulcta. Castigatio. Puniri.
-1. *Vindicta*, acte de justice comme la punition; *ultio*, acte
-de colère comme la vengeance; *talio*, acte de représailles.
-
-2. *Ultio*, *vindicta* et *talio*, actes d’autorité privée;
-*punitio*, *mulctatio* et *castigatio*, actes d’autorité
-publique: *pœna*, peine afflictive qu’exige la loi violée et
-offensée; *mulcta*, satisfaction que réclament la justice et
-l’équité en compensation d’un dommage et qui consiste de
-préférence en une amende; *castigatio*, correction qui s’adresse
-à un individu, surtout par voie de réprimande. La *pœna* profite
-au public, la *mulcta* à la partie adverse, la *castigatio* au
-coupable.
-
-3. *Punire*, punir suivant les principes de la justice;
-*puniri*, dans Cicéron, exercer une vengeance personnelle.
-
-—Vinolentus, v. *Ebrius*.
-
-Vinum. Temetum.
-*Vinum*, nom général et usuel; *temetum*, nom archaïque et
-poétique du vin.
-
-—Violare, v. *Lædere*.
-—Virga, virgultum, v. *Rami*.
-—Vir, v. *Homo* et *Puer*.
-
-Virgo. Puella. Virago.
-*Virgo*, fille qui n’est point mariée, jeune ou vieille, par
-opposition à *mulier*, παρθένός; *puella*, jeune femme mariée ou
-non, par exemple l’épouse de Néron, Octavie, à l’âge de vingt
-ans, dans Tac. Ann. XIV, 64, ϰόρη; *virago*, jeune fille forte
-comme un homme, héroïque, par exemple les amazones, ἀντιάνειραι.
-
-Virtus. Innocentia. Honestas.
-*Virtus*, la vertu qui se manifeste par des actions solides et
-méritoires; *innocentia*, par une conduite irréprochable et
-surtout désintéressée; *honestas*, par des sentiments vertueux
-et nobles.
-
-—Virtus, v. *Ferocia*.
-—Viscera, v. *Caro*.
-—Vis, v. *Potentia*.
-
-Vita. Salus. Victus.
-1. *Vita*, la vie dans sa durée, par opposition à *mors*;
-*salus*, la vie sauve, par opposition à *interitus*, *exitium*.
-
-2. *Vita*, la vie publique, *victus*, la vie privée d’un homme.
-Nep. Alc. 1. Splendidus non minus in *vita* quam in *victu*.
-Aussi magnifique dans la vie publique que dans la vie privée.
-
-—Vitalis, v. *Vigens*.
-
-Vitium. Menda. Mendum. Labes. Macula.
-*Vitium*, défaut quelconque; *menda*, défaut naturel, surtout
-corporel, infirmité, ϐλάϐη; *mendum*, faute qu’on a commise,
-surtout dans des écrits, bévue, ἁμάρτημα; *labes*, faute
-infamante, souillure, λύμη; *macula*, défaut qui défigure,
-tache, ϰηλίς.
-
-—Vituperare, v. *Reprehensio*.
-—Vivax, vividus, v. *Vigens*.
-—Virus, v. *Toxicum*.
-—Vivus, v. *Vigens*.
-
-Vix. Ægre.
-*Vix*, à peine, se rapporte exclusivement, comme σχολῄ, à la
-chose qui pour un rien manquerait, par opposition à *omnino
-non*; *ægre*, avec peine et à grand’ peine, μόλις et μόγις, se
-rapporte au sujet qui agit et qui est inquiet de savoir s’il
-réussira complétement ou s’il échouera, par opposition à facile.
-
-—Vocabulum, v. *Verbum*.
-—Vocare, v. *Nominare*.
-—Vociferari, v. *Clangere*.
-
-Volucres. Aves. Alites.
-*Volucres*, tout ce qui vole, y compris les insectes ailés, les
-volatiles, comme πτηνός; *aves* et *alites*, les oiseaux
-seulement: *avis*, terme général d’histoire naturelle pour tous
-les oiseaux, comme ὄρνις; *ales*, terme choisi pour les grands
-oiseaux seulement, comme οἰωνὸς, en particulier l’aigle; et
-*alites*, comme terme technique de la langue des augures, les
-oiseaux dont on observait et interprétait le vol, par opposition
-à *oscines* ou aux oiseaux dont on interprétait le chant et les
-cris. Ovid. Art. am. III, 410. Jovis in multas devolat *ales*
-*aves*. L’oiseau de Jupiter fond sur la gent emplumée.
-
-—Voluntate, v. *Sponte*.
-—Voluptas, v. *Cupido*.
-
-Vorago. Vortex. Gurges.
-*Vorago* et *barathrum*, qui est étranger et poétique, eau sans
-fond, abîme qui peut exister dans un marais, un étang, un lac;
-*vortex* et *gurges*, supposent une eau agitée: le *vortex* se
-meut dans le sens horizontal, l’eau tourne simplement en cercle,
-empêchant les objets qui surnagent d’aller plus loin, comme le
-tourbillon; le *gurges* se meut dans le sens vertical, il
-entraîne au fond ce qui tombe dans son domaine, comme le
-gouffre. Liv. XXVII, 30. Navis retro *vortice* intorta. Vaisseau
-ramené en arrière par le tourbillon. Comparez avec XXII, 6.
-Deficientibus animis hauriebantur *gurgitibus*. Le cœur leur
-manquait et ils étaient engloutis dans les gouffres.
-
-—Vox, v. *Verbum*.
-
-Vulnus. Plaga. Ulcus. Cicatrix. Saucius.
-1. *Vulnus* et *plaga*, lésion qui provient d’une cause
-extérieure: *vulnus*, d’une arme ou d’un instrument tranchant,
-blessure; *plaga*, d’un instrument quelconque, contusion;
-*ulcus*, plaie ouverte ou ulcère, abcès crevés, etc.; et
-*cicatrix*, cicatrice qui remplace la blessure après la
-guérison. Suet. Vit. 10. Verbera et *plagas*, sæpe *vulnera*,
-nonnunquam necem repræsentantes adversantibus. La moindre
-résistance valait aux gens des coups et des contusions, souvent
-des blessures, quelquefois la mort.
-
-2. *Vulneratus*, blessé en général; *saucius*, mis hors de
-combat par une blessure, c’est le terme propre pour les blessés
-à la bataille. Cic. Verr. I, 27. Servi nonnulli *vulnerantur*,
-ipse Rubrius *sauciatur*. Plusieurs esclaves sont blessés,
-Rubrius est mis hors de combat.
-
-—Vultus, v. *Facies*.
-
-
-INDEX DES SYNONYMES GRECS
-
-
-Ἀγαθὴ τύχηCasus
-ἈγαθόςBonus
-ἌγαλμαImago
-ἈγάπηDiligere
-Ἄγειν ϰαὶ φέρεινVastare
-ἈγέληPecus
-ἈγροῖϰοςRus
-ἈγρόςVilla
-ἌγρυπνοςVigil
-ἈγχιστεῖςNecessarius
-ἈδολεσχίαGarrire
-ἈείδεινCanere
-ἌζηLutum
-ἎθλονPræmium
-ΑἰανόςPridem
-ΑἰγιαλόςRipa
-ΑἰδεῖσθαιVereri
-ἈΐδιονContinuus
-ΑἶθεινArdere
-ΑἷμαSanguis
-ΑἰνόςAtrox
-ΑἴολονVarius
-ΑἱρεῖνSumere
-ΑἰσχρόςTeter
-ΑἰτῶνRogare
-ΑἰχμήAcies
-ΑἰώνιονContinuus
-ἈϰεῖσθαιMederi
-ἈϰέραιοςPurus
-ἈϰήρατοςPurus
-ἈϰολουθεῖνComitari
-ἌϰοςMederi
-ἈϰούεινAudire
-ἈϰριϐείαOpera
-ἈϰροᾶσθαιAudire
-ἌϰροςSummus
-ἈϰτήRipa
-ἌϰωνMissile
-ἈλᾶσθαιErrare
-ἌλγοςDolor et Cura
-ἉλίαConcilium
-ἍλιςSatis
-Ἄλλοι (οἱ)Cæteri
-ἍλςMare
-Ἄλσος, ἄλτιςSilva
-ἉλύσειςVincula
-ἍμαUna
-ἉμάρτημαVitium
-ἈμέριμνοςTutus
-ἌμφωUterque
-Ἀνάγϰη ἐστίνNecesse est
-ἈναδέχεσθαιPolliceri
-ἈναιρεῖνInterficere
-ἈναίσθητοςStupidus
-ἈναμιμνήσϰεσθαιMeminisse
-ἈνανεύωNegare
-ἈνάπτεινAccendere
-ἈναρίθμητοςInnumerus
-ἈναφανδόνAperire
-ἈναφλογίζεινAccendere
-ἈνδράποδονServus
-ἈνδριάςImago
-ἈνδροφόνοςHomicida
-ἈνευρεῖνInvenire
-ἈνήρPuer et Homo
-ἈνήριθμοςInnumerus
-Ἀνθρωπείως et ἀνθρωπίνωςHumanitus
-ἌνθρωποςHomo
-ἈνίαCura
-ἈντιστατήςAdversarius
-ἈντιχαρίζεσθαιGratias agere
-ἍπαντεςQuisque
-ἈπατᾷνFallere
-ἈπεμπολᾷνVendere
-ἌπλετοςMagnus
-ἈποϐαλεῖνAmittere
-ἈποϐάλλεινSpernere
-ἈποδόσθαιVendere
-ἈποθενProcul
-ἈποϰρύπτεινCelare
-ἈπονεύωNegare
-ἈπορίαPaupertas
-Ἀπὸ τύχηςCasu
-ἈποφάναιNegare
-ἈργόςAlbus
-ἈρεσϰεύεινAssentiri
-ἌρθρονMembrum
-ἈριστερόςSinister
-ἈρνεῖσθαιNegare
-Ἄροτος, ἄρουραVilla
-ἉρπαϰτήρPræda
-ἌρσηνHomo
-ἈρχαῖοςAntiquus
-ΑρχεινJubere
-ἈσιτίαFames
-ἈσϰεῖνComere
-ἈσϰηθήςSalvus
-ἌσμενοςSponte
-ἈσπίςScutum
-ἈστραπήFulgur
-ἌστρονStella
-ἈσφαλήςTutus
-ἈτιμίαIgnominia
-ἈτραπόςIter
-Αὖθις et αὖθις ἐξ ὑπαρχῆςIterum
-ΑὖοςAridus
-ἌϋπνοςVigil
-ΑὔραAnima
-ΑὐτόμολοςPerfuga
-ΑὐτομάτωςSponte
-ΑὐχμόςLutum
-ἈφθόνωςSatis
-ἈφνειόςDivitiæ
-ἌφρωνAmens
-ἈχαιοίAchivi
-ἈχανήςMagnus
-ἌχθοςMoles
-ἌχλυςObscurum
-ἍψοςMembrum
-ΒάδηνPaulatim
-ΒαδίζεινIre
-ΒάναυσοιFaber
-ΒάροςMoles
-ΒαστάζεινFerre
-ΒαΰζεινLatrare
-ΒέϐαιοςValidus
-ΒέλοςMissile
-ΒλαϐερόςCulpa
-ΒλάϐηVitium
-ΒλάξStupidus
-Βλέπων (τόρον ou ταυρηδὸν)Atrox
-ΒλοσυρόςTeter
-ΒόρϐοροςLutum
-ΒούλεσθαιVelle
-ΒραδύνεινManere
-ΒραδύςStupidus
-ΒρότοςSanguis
-ΓαῖαTellus
-ΓελᾷνRidere
-ΓένοςGens
-ΓεραιόςAntiquus
-ΓέραςDonum
-ΓέραςPræmium
-ΓερούσιοςAntiquus
-ΓέρωνAntiquus, Puer, Vetus
-ΓῆTellus
-ΓλυϰύςSuavis
-ΓνώμηSententia
-ΓράμμαLittera
-ΔαίμωνNumen
-ΔαϰρύεινLacrimare
-ΔάνοςFœnus
-ΔασύςAngustus
-ΔέεινLigare
-ΔεῖNecesse est
-Δεινόν τιDelictum
-ΔεινόςAtrox
-ΔεῖξαιOstendere
-ΔεῖσαιVereri
-ΔεόμενοςRogare
-ΔέοςVereri
-ΔέρμαTergus
-ΔεσμεύεινLigare
-ΔεσμοίVincula
-ΔεύτερονIterum
-ΔέχεσθαιSumere
-ΔῆλονAperire
-ΔηλῶσαιOstendere
-ΔῆμοςGens
-ΔιατρίϐεινManere
-ΔίδυμοςDuplex
-ΔιολέσαιAmittere
-ΔιπλοῦςDuplex
-ΑμώςServus
-ΔόμοιÆdificium
-ΔόξαGloria et sententia
-ΔοράTergus
-ΔόρυMissile
-ΔοῦλοςServus
-ΔοῦποςFragor
-ΔραπέτηςPerfuga
-ΔύναμιςPotentia
-ΔύνασθαιPosse
-ΔυναστείαPotentia
-ΔυσειδήςTeter
-Δυσμένεια, δύσνοιαOdium
-ΔυσφημίαIgnominia
-ΔώματαÆdificium
-ΔῶρονDonum
-ἘγγελᾷνRidere
-ἘγγυᾷνPolliceri
-ἘγγύςÆquus
-ἜγϰαρποςFœcundus
-Ἕδος, ἕδραSedes
-ἜθειραCrinis
-ἘθελοντήςSponte
-ἜθνοςGens
-ἜθοςConsuetudo
-ΕἶδοςFigura
-Εἴδωλον, εἰϰώνImago
-ΕἰμαρμένηCasus
-Εἰς ϰενόνFrustra
-ΕἰωθέναιSolere
-ἝϰαστοιQuisque
-ἙϰάτεροςUterque
-ἘϰδημεῖνProficisci
-ἙϰηλίαQuies
-ἘϰθανεῖνMors
-ἘϰϰλησίαConcilium
-ἙϰούσιοςSponte
-ἘϰφοράFunus
-ἙϰώνSponte
-ἘλεεῖνMisereri
-ἝλοςLacuna
-ἘμϐαίνεινIre
-ἘμπολᾷνEmere
-ἘμφανίσαιOstendere
-ἘνδαίεινAccendere
-ἜνδειαPaupertas
-ἘνίοτεNonnunquam
-ἘντελήςFinire
-ἘντέλλεσθαιJubere
-ἘνύπνιονSomnus
-ἘξαπίνηςRepente
-ἜξεστιConcessum est
-ἘξουσίαPotentia
-Ἔοιϰεν (ὡς)Censere
-ἘπαγγέλλεσθαιPolliceri
-ἘπιειϰῶςHumanitus
-ἘπιθυμῶνVelle
-ἘπιϰαμπήςCurvus
-ἘπιτήδειοςIdoneus
-ἘπῳδαίCanere
-ἘπωμίςArmus
-Ἐρᾷν, ἐρᾶσθαιDiligere
-ἘργασίαOpera
-ἜργονAgere
-ἜριφοςCaper
-ἙρπετόνRepere
-ἘῤῥωμένοςConfisus
-ἜῤῥωσοAve
-ἜρωςDiligere
-Ἔσθ’ ὅτεNonnunquam
-ἜσχατοςExtremus
-ἜταιNecessarius
-ἙταῖροιSocius
-ΕὐθηνήςFœcundus
-ΕὐθύςRepente
-ΕὐϰαιρίαOccasio
-ΕὐνήCubile
-ΕύποροςDivitiæ
-ΕὔσϰιοςObscurum
-ΕὔτοϰοςFœcundus
-ΕύτροποςBonus
-ΕὐτυχήςFelix
-ΕύφοροςFœcundus
-ΕὐχαριστεῖνGratias agere
-ΕύχεσθαιRogare
-ἘφεῖναιConcedere
-ἘφίεσθαιJubere
-ἜχθραOdium
-ἘχθρόςAdversarius
-Ἔχιδνα, ἔχιςRepere
-ΖόφοςObscurum
-ΖῶονAnimal
-ἭδεσθαιGaudere
-ἩδύςSuavis
-ἮθοςConsuetudo
-ἨιώνRipa
-ἩμίθεοςNumen
-Ἤν, ἤνι, ἠνίδεEn
-ἨνίονFrenum
-ΉπιοςMitis
-ἮριMane
-ἩσυχίαQuies
-ἨχήFragor
-ΘάλασσαMare
-ΘαλλοίRami
-ΘαμάSæpe
-ΘαμειόςAngustus
-Θάνατος, θανεῖν (πανδίϰως)Mors
-ΘάρσοςFides
-ΘεᾶσθαιVidere
-ΘέλεινVelle
-Θέμις ἐστίConcessum est
-ΘεόςNumen
-ΘεωρεῖνVidere
-ΘημώνAcervus
-Θήρ, θηρίονAnimal
-ΘήςIncolere
-ΘησαυροίDivitiæ
-ΘράσοςFides
-ΘρηνεῖνLacrimare
-ΘριγϰόςMurus
-ΘρίξCrinis
-ΘρόνοςSedes
-ΘυμόςAnima
-Θύρα, θυρίδεςOstium
-ΘῶοςCulpa
-ΘωπεύεινAssentiri
-ἸᾶσθαιMederi
-ἼδιοςPrivus
-ἸδούEn
-ἸέναιIre
-ἸερόνTemplum
-ἹερόςSacer
-ἹϰανόςIdoneus
-ἹϰανῶςSatis
-ΙϰετεύεινRogare
-ἼλυςLutum
-Ἴσα, ἴσωςÆquus
-ἸσχύεινPosse
-ἸσχυρόςValidus
-ἼσωςCasu
-ΚαγχάζεινRidere
-ΚαθαρόςPurus
-ΚαινόςNovus
-ΚαιρόςDies et Occasio
-ΚαϰηγορίαMaledictum
-ΚαϰίωνDeterior
-ΚαρηϰομόωντεςCrinis
-ΚαταγελᾷνRidere
-ΚατάγωνComitari
-ΚαταϰαίεινAccendere
-ΚαταϰρύπτεινCelare
-ΚαταφρονεῖνSpernere
-ΚαταψῇνMulcere
-ΚατέχεινManere
-ΚελεύεινJubere
-ΚέλευθοςIter
-Κενόν (εἰς)Frustra
-ΚεραυνόςFulgur
-ΚερδαλέοςAstutus
-ΚέρδοςLucrum
-ΚεύθεινCelare
-ΚηδεστήςNecessarius
-ΚηλίςVitium
-ΚλάγγεινClangere
-ΚλάδοςRami
-ΚλαίεινLacrimare
-ΚλέοςGloria
-ΚλῆμαRami
-ΚλίμαLocus
-ΚλιτόςCollis
-ΚλώνRami
-ΚνέφαςObscurum
-ΚνυζᾶσθαιLatrare
-ΚοίτηCubile
-ΚολαϰεύεινAssentiri
-ΚολοφώνCulmen
-ΚολωνόςCollis
-ΚόμηCrinis
-ΚομμοῦνComere
-ΚομψόςPurus
-ΚόπροςLutum
-ΚόρηVirgo
-Κορυφή, ϰορυφοῦνAcervus
-ΚορυφήCulmen
-ΚοσμεῖνComere
-ΚραιπάληEbrius
-ΚράτοςPotentia
-Κρότος, ϰροῦσιςFragor
-Κρυμός, ϰρύοςFrigere
-ΚρύπτεινCelare
-ΚρύσταλλοςFrigere
-ΚτείνεινInterficere
-ΚτύποςFragor
-ΚωϰύεινLacrimare
-ΚώλονMembrum
-ΛαϐεῖνSumere
-ΛαλεῖνDicere et Garrire
-ΛαμπάςCandela
-ΛάμπωLucere
-ΛέγεινDicere
-ΛέϰτρονCubile
-ΛευϰόςAlbus
-ΛῃστήςPræda
-ΛίθοςSaxum
-ΛίμνηLacuna
-ΛίμοςFames
-ΛιπαρῶνRogare
-ΛόγχηMissile
-ΛοιδορίαMaledictum
-Λοιποί (οἱ)Cæteri
-ΛοῖσθοςExtremus
-ΛυϰόφωςMane
-ΛύμηVitium
-ΛύσσαAmens
-ΛύχνοςCandela
-ΜαϰάριοςFelix
-ΜαλλόςTergus
-ΜανιϰόςAmens
-ΜαντεύεσθαιDivinare et Hariolari
-ΜασχάληArmus
-ΜάτηνFrustra
-ΜάχηPugna
-ΜέγαςMagnus
-ΜέθηEbrius
-ΜεθιέναιIgnoscere
-ΜείλιχοςMitis
-ΜειράϰιονPuer
-ΜέλλεινCunctari
-ΜέλοςMembrum
-ΜέλπεινCanere
-ΜεμνῆσθαιMeminisse
-ΜέμψιςReprehensio
-ΜέριμναCura
-ΜετάρσιονAnima
-ΜεταφρένονDorsum
-ΜετέωρονAnima
-ΜετέωροςAltus
-ΜέτοιϰοςIncolere
-ΜέτοχοςSocius
-Μέτριον, μηδὲν ἄγανModus
-ΜιαίνεινContaminare
-ΜιαρόςTeter
-ΜιϰρόςParvus
-ΜισθόςPræmium
-ΜῖσοςOdium
-Μόγις, μόλιςVix
-ΜορύσσεινContaminare
-ΜοῖραCasus
-ΜορφήFigura
-ΜυδαλέοςUdus
-ΜυϰτῆρεςNasus
-ΜωρόςStupidus
-ΝαόςTemplum
-ΝάπηSilva
-ΝεανίαςPuer
-ΝέατοςExtremus
-ΝέοθενIterum
-ΝέοςNovus et Puer
-ΝεωστίNuper
-ΝήπιοςPuer
-ΝιϰᾷνVincere
-ΝῶτονDorsum
-ΞηρόςAridus
-ΞυνεγγύςÆquus
-ὌγϰοςMoles
-ὉδοιπορεῖνProficisci
-ὉδόςIter
-ΟἰδᾷνTurgere
-ΟἰϰεῖοςPrivus
-ΟἰϰέτηςServus
-Οἰϰοδόμημα, οἶϰοςÆdificium
-Οἰϰτείρειν, οἰϰτίζεινMisereri
-ΟἶμαιCensere
-ΟἷμοςIter
-ΟἶνωσιςEbrius
-Οἷόν τ’ εἶναιPosse
-ΟἶτοςMors
-ΟἰωνόςVolucres
-ὈϰνεῖνCunctari
-ὈλιγωρεῖνSpernere
-ὈλίγωροςTutus
-ὈλισθεῖνLabi
-ὈλολύζεινLacrimare
-ὍλοςQuisque
-ὍλωςPlane
-ὉμήγυριςConcilium
-Ὅμοιος, ὁμοίωςÆquus
-ὉμοῦUna
-ὍμωςÆquus
-ὌναρSomnus
-ὌνειδοςMaledictum
-ὈξύςAcer et Acerbus
-Ὅπως δήποτεPlane
-ὉρᾷνVidere
-ὈρέγεσθαιVelle
-ὌρθρῳMane
-ὌρνιςVolucres
-ὌροςFinis et Mons
-ὈῤῥωδίαVereri
-ὈρσόςRami
-Ὅσιόν ἐστιConcessum est
-ὍσιοςSacer
-ὈσμήOlere
-ὉστισοῦνQuisque
-ὌσφρησιςOlere
-Ὀυ φάναιNegare
-ὈφείλεινNecesse est
-ὌφιςRepere
-ὌχθηRipa
-ὌχθοςCollis
-Παιδίον, παῖςPuer
-ΠαλαιόςAntiquus
-ΠάλινIterum
-ΠανήγυριςConcilium
-ΠανοῦργοςAstutus
-ΠάντεςQuisque
-ΠάντωςPlane
-ΠαραυτίϰαRepente
-ΠαράφρωνAmens
-ΠαραχρῆμαRepente
-ΠαρθένοςVirgo
-Πᾶς τιςQuisque
-ΠάτριοςPaternus
-ΠατρῷοςPaternus
-ΠεδίονVilla
-ΠέδονTellus
-Πέλαγος, πελαγίζεινMare
-ΠελώριοςMagnus
-ΠένθοςDolor
-ΠενίαPaupertas
-ΠεποιθώςConfisus
-Πέρα, πέρανTrans
-ΠέρθεινVastare
-ΠερίϐολοςMurus
-ΠεριεῖναιAbundare
-ΠερισσεύεινAbundare
-ΠεσεῖνLabi
-ΠέτραιSaxum
-ΠηλόςLutum
-ΠιϰρόςAcerbus
-ΠιμπράναιAccendere
-ΠίνεινBibere
-ΠίνοςLutum
-ΠιπράσϰεινVendere
-Πίστις, πιστότηςFides
-ΠλανᾶσθαιErrare
-Πλούσιος, πλοῦτοςDivitiæ
-ΠνεῦμαAnima
-ΠοθεῖνVelle
-ΠοιήματαCanere
-ΠοιϰίλονVarius
-ΠοίμνηPecus
-ΠολέμιοςAdversarius
-ΠόλιςGens
-ΠολλάϰιςSæpe
-ΠόνοςLabor et Opera
-Πόντος, ποντίζεινMare
-ΠορεύεσθαιProficisci
-ΠορθεῖνVastare
-ΠόῤῥωθενProcul
-ΠοταμόςFluvius
-ΠοτέNonnunquam
-ΠράξειςAgere
-ΠρᾶοςMitis
-ΠρεσϐύτηςVetus et Puer
-ΠρίασθαιEmere
-ΠρόϰαRepente
-ΠροπέμπωνComitari
-ΠροσέτιPræterea
-ΠροσήϰοντεςNecessarius
-Πρὸς τούτοιςPræterea
-ΠρότεροςAntiquus
-ΠροφητείαDivinare
-ΠτερόνAla
-ΠτηνόςVolucres
-ΠτίλονAla
-ΠτωχείαPaupertas
-ΠυϰνόςAngustus
-ΠωλεῖνVendere
-ΠῶνPecus
-ῬεῦμαFluvius
-ῬηγμίνRipa
-ῬίνNasus
-ῬινηλατεῖνOlere
-ῬόοςFluvius
-ῬύποςLutum
-ῬωμαλέοςValidus
-ΣάϰοςScutum
-ΣθεναρόςValidus
-ΣθένεινPosse
-ΣιγᾷνSilere
-ΣίνιςPræda
-ΣιωπᾷνSilere
-ΣϰαιόςSinister
-ΣϰιόειςObscurum
-ΣϰληρόςAridus
-ΣϰόπελοιSaxum
-ΣϰότοςObscurum
-ΣπᾷνBibere
-ΣπαργᾷνTurgere
-ΣπάρτηLaqueus
-Στενός, στενωπόςAngustus
-ΣτίλϐωLucere
-ΣτοιχεῖονLittera
-ΣτοργήDiligere
-ΣτρέφεινVertere
-ΣτροφαῖοςAstutus
-ΣυγγενήςNecessarius
-ΣυγγιγνώσϰεινIgnoscere
-ΣυγχωρῆσαιConcedere
-ΣύλλογοςConcilium
-ΣυμϐεϐηϰότωςCasu
-ΣυμϐολήPugna
-ΣύμπαντεςQuisque
-ΣυμφοράCasus
-ΣύναιμοςNecessarius
-ΣυνέδριονConcilium
-ΣυνέχειαOpera
-ΣύνοιϰοςIncolere
-ΣύνοδοςConcilium
-ΣύχνοςAngustus
-ΣφάξαιInterficere
-ΣφάλλεινFallere
-ΣφοδρόςAcer
-ΣφριγᾷνTurgere
-ΣχῆμαFigura
-ΣχοῖνοςLaqueus
-ΣχολῇVix
-ΣωρόςAcervus
-ΣῶςSalvus
-ΣωτήριοςSalus
-ΤαλαιπωρίαLabor
-Ταυρηδὸν ϐλέπωνAtrox
-Τάχ’ ἄνCasu
-ΤείρεαStella
-ΤεῖχοςMurus
-ΤέλειοςFinire
-ΤέλοςFinis
-ΤέναγοςLacuna
-ΤέραςStella
-ΤέρμαFinis
-ΤεχνῖταιFaber
-Τῆλε, τηλόθενProcul
-ΤοῖχοςMurus
-ΤόϰοςFœnus
-ΤόλμαFides
-ΤολμῶνFerre
-ΤόποςLocus
-Τορὸν ϐλέπωνAtrox
-ΤράγοςCaper
-ΤραχύςAtrox
-ΤρέπεινVertere
-ΤρίϐεινLævis
-ΤυτθόςParvus
-ΤύχηCasus
-Τύχης (ἀπὸ), τυχόνCasu
-Τυχών (ὁ)Quisque
-ὙγιεινόςSalus
-ὙγρόνUdus
-ὙετόςPluvia
-ὙλαϰτεῖνLatrare
-ὝληSilva
-ὝπατοςSummus
-ὙπερϐάλλεσθαιVincere
-ὙπισχνεῖσθαιPolliceri
-ὙποδέχεσθαιSumere
-ὙποψίαInvidia
-ὟςSus
-ὝστατοςExtremus
-ὙψηλόςAltus
-ΦαίνωLucere
-Φάναι (οὐ)Negare
-ΦανερῶςAperire
-ΦάοςLumen
-ΦάρμαϰονMederi
-ΦέγγοςLumen
-ΦέγγωLucere
-Φέρειν et ἄγειν ϰαὶ φέρεινFerre
-ΦημίDicere
-ΦῆναιOstendere
-ΦιλανθρώπωςHumanitus
-ΦιλεῖνDiligere et Solere
-ΦιλονειϰίαOdium
-ΦίλοςAmicus
-ΦλέγεσθαιArdere
-ΦλέγωLucere
-ΦοϐεῖσθαιVereri
-ΦονεύεινInterficere
-ΦονεύςHomicida
-ΦορεῖνFerre
-ΦόρτοςMoles
-ΦρίϰηVereri
-ΦροντίςCura
-ΦυγάςPerfuga
-ΦῦλονGens
-ΧαῖρεAve
-ΧαλεπότηςLabor
-ΧαλινόςFrenum
-Χάριν εἰδέναι, φέρεινGratias agere
-ΧείρωνDeterior
-ΧειρώναϰτεςFaber
-ΧοῖροςSus
-ΧρήNecesse est
-ΧρῄζωνVelle
-ΧρηματισμόϛLucrum
-ΧρησμολογεῖνHariolari
-ΧρηστόςBonus
-ΧρόνιοςPridem
-ΧρόνοςDies
-ΧρώςTergus
-ΧῶμαCollis
-ΧωρεῖνIre
-ΧῶροςLocus
-ΨάλλεινCanere
-ΨηλαφᾷνMulcere
-ΨῆφοςSententia
-ΨήχεινLævis
-ΨόγοςReprehensio
-ΨυχήAnima
-ὨδαίCanere
-ὮμοςArmus
-ὮνοςPræmium
-Ὡς ἔοιϰενCensere
-ὨφέλημαLucrum
-Lors de la création de cette édition, quelques corrections ont
-été effectuées
-
-Coquilles corrigées:
-
-—Ebrius: madusa > madulsa
-—Labor: ærumma (première occurrence) > ærumna
-—Paulatim: toup à coup > tout à coup
-—Ripa: la péripharse > la périphrase
-—Studium: circons ances > circonstances
-—Suboles: soboles > suboles
-
-Dans les renvois:
-
-—Advena, v. *Externus* > exterus.
-—Alienigena, v. *Externus* > exterus.
-—Arena, v. *Sabulum* > sabulo.
-—Astrum, v. *Sidus* > stella.
-—Crapula, v. *Ebrietas* > ebrius.
-—Desperare, v. *Expes* > exspes.
-—Dispar, v. *Aequus* > Æquus.
-—Eruditio, v. *Litteræ* > doctrina.
-—Exsecrari, v. *Abominare* > abominari.
-—Exstructus, v. *Praeditus* > præditus.
-—Peregrinus, v. *Exterus*.
-—Exuviæ, v. *Praeda* > præda.
-—Ferax, v. *Facundus* > disertus.
-—Fere, v. *Paene* > pæne.
-—Ferme, v. *Paene* > pæne.
-—Fertilis, v. *Facundus* > disertus.
-—Haud scio an, v. *Forte* > Casu.
-—Hospes, v. *Externus* > exterus.
-—Interitus, v. *Lues* et *Mora* > mors.
-—Lamentari, v. *Lacrima* > lacrimare.
-—Liquere, v. *Fluere* et *Constare* > Constat.
-—Plancæ, v. *Axis* > axes.
-—Requies, v. *Quietus* > Quies.
-—Sublime, v. *Aer* > anima et *Altus*.
-—Temulentus, v. *Ebrietas* > ebrius.
-—Tranquillus, v. *Quietus* > quies.
-—Umbrosus, v. *Obscurus* > Obscurum.
-—Uxor, v. *Femina*.
-—Vinolentus, v. *Ebrietas* > ebrius.
-—Vituperare, v. *Reprehendere* > reprehensio.
-
-Dans les renvois grecs:
-
-—Ἀνθρωπείως et ἀνθρωπίνως Humaniter > humanitus
-—Πέρθειν Vastari > Vastare
-
-
-
-
-
-
-*** END OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK 73700 ***