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diff --git a/75454-0.txt b/75454-0.txt new file mode 100644 index 0000000..b8e7ce2 --- /dev/null +++ b/75454-0.txt @@ -0,0 +1,14515 @@ + +*** START OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK 75454 *** + + LE SUD-ORANAIS + =ÉTUDES FLORISTIQUES ET PHYTOGÉOGRAPHIQUES= + =faites au cours d’une exploration dans le Sud-Ouest + de l’Algérie en 1901= + + PAR + =B. P. G. HOCHREUTINER, Dr sc.= + PRIVAT-DOCENT A L’UNIVERSITÉ DE GENÈVE + ASSISTANT A L’HERBIER DELESSERT + ATTACHÉ A L’INSTITUT BOTANIQUE DE BUITENZORG (JAVA) + + * * * * * + _Avec 5 zincogravures ou vignettes dans le texte et 22 planches._ + * * * * * + + =Mission officielle de la Ville de Genève en 1901= + + * * * * * + (Extrait de l’_Annuaire du Conservatoire et du Jardin + botaniques de Genève_, années VII-VIII. 1903-1904.) + * * * * * + + GENÈVE + IMPRIMERIE ROMET, 26, BOULEVARD DE PLAINPALAIS + * * * * * + 15 avril 1904 + + + + + TABLE DES MATIÈRES + + * * * * * + + + Pages. + + INTRODUCTION 1 + + PREMIÈRE PARTIE. — =Récit de voyage= 4 + + DEUXIÈME PARTIE. — =Phytogéographie= 21 + + CHAPITRE I. — _Les oasis et les points d’eau_ 24 + + § 1. Oasis proprement dites 24 + + § 2. Points d’eau 27 + + § 3. Sources de montagne 29 + + § 4. Conclusions 29 + + CHAPITRE II. — _Les dunes_ 31 + + CHAPITRE III. — _Les steppes_ 35 + + § 1. Steppes à une espèce exclusive 39 + + § 2. Steppes sablonneux 40 + + § 3. Steppes rocailleux 42 + + § 4. Steppes limoneux 43 + + § 5. Steppes composites 44 + + § 6. Conclusions 45 + + CHAPITRE IV. — _Les montagnes_ 46 + + § 1. Zone inférieure à caractère steppique 47 + + § 2. Zone moyenne plus ou moins boisée 49 + + § 3. Zone supérieure boisée 58 + + § 4. Conclusions 74 + + CHAPITRE V. — _Rochers désertiques du Sud_ 75 + + CHAPITRE VI. — _Conclusions générales_ 80 + + § 1. Migrations des flores 80 + + § 2. Influences locales 86 + + § 3. Comparaison avec la flore européenne 88 + + TROISIÈME PARTIE. =Enumération des espèces accompagnée + d’observations floristiques et biologiques= 91 + + I. — Cryptogames vasculaires 91 + + II. — Gymnospermes 92 + + III. — Monocotyledoneæ 98 + + IV. — Dicotyledoneæ 108 + + APPENDICE. + + Enumération des Mousses récoltées par M. Hochreutiner + en Algérie, par J. Cardot 218 + + Fungi Oranenses Hochreutinerani, auctore P. Hennings 221 + + Lichenes Oranenses Hochreutinerani, auctore + A. Zahlbruckner 233 + + Algæ Hochreutineranæ Oranenses, auctoribus W. Migula + et W. Schmidle 227 + + Su alcuni Zoocecidii d’Algeria raccolti dal Dott. + Hochreutiner, appunti critico-descrittivi del + Dott. Alfredo Corti 229 + + Liste des insectes récoltés par M. Hochreutiner dans + le Sud-Oranais 234 + + INDEX 236 + + Errata 276 + + * * * * * + + + + + (Extrait de l’_Annuaire du Conservatoire et du Jardin botaniques + de Genève_. 7me année, 1903.) + + * * * * * + + LE SUD-ORANAIS + =ÉTUDES FLORISTIQUES ET PHYTOGÉOGRAPHIQUES= + =faites au cours d’une exploration dans le Sud-Ouest de + l’Algérie en 1901= + + PAR + =_B. P. G. HOCHREUTINER_= + + * * * * * + + + INTRODUCTION + + +Le plan du présent travail a dû être considérablement modifié +à cause de notre départ inopiné pour Buitenzorg ; nous nous en +tiendrons donc à une énumération de nos collections systématiques, +à un court récit de voyage et à une étude rapide des formations +que nous avons eu l’occasion d’observer dans le Sud. Quant à +la partie floristique, nous avons appliqué d’une façon aussi +rigoureuse que possible les principes de nomenclature adoptés à +l’Herbier Delessert, à savoir : le Code de 1867 mitigé jusqu’à +nouvel ordre pour la nomenclature générique par le principe de la +prescription cinquantenaire. Toutefois nous ne citons pas l’auteur +princeps entre parenthèse pour les espèces transférées d’un +genre dans un autre parce que, dans ce cas, nous donnons, autant que +faire se peut, la citation de la synonymie en entier. + +La bibliographie a été réduite au strict minimum, et quoique nous +ayons eu constamment sous les yeux les travaux remarquables des Cosson, +Battandier et Trabut, John Ball, Murbeck, Bonnet et Barratte, Boissier, +Desfontaines, nous ne citerons ces ouvrages que lorsque cela pourra +contribuer à éclaircir la notion d’une espèce. + +On s’étonnera peut-être du grand nombre de variétés nouvelles +que nous avons décrites, cette circonstance est due à l’idée que +nous nous faisons de l’espèce et que nous avons déjà exposée +dans un précédent travail[1]. + +En un mot, nous considérons généralement comme variétés les +formes qui sont reliées entre elles par des états intermédiaires. + +Maintenant qu’il nous soit permis de témoigner notre reconnaissance +aux nombreuses personnes qui se sont intéressées à notre exploration +et nous ont secondé de leurs conseils et de leur appui : tout +d’abord le Conseil administratif de la ville de Genève, qui nous a +conféré la mission officielle dont nous exposons ici les résultats ; +le Conseil d’Etat du canton de Genève et le Conseil fédéral +de la Confédération suisse qui ont bien voulu nous recommander +par voie diplomatique auprès des Autorités françaises ; c’est +enfin le Président du Conseil des Ministres de ce dernier pays qui, +en nous introduisant auprès du Gouverneur général de l’Algérie, +nous a permis de jouir des plus grandes facilités et des avantages +les plus précieux pour notre exploration dans l’extrême Sud. + +Grâce à la protection de ces hautes Autorités, nous avons reçu +partout l’accueil le plus empressé et avons pu visiter en toute +sécurité une région qui, dans certaines de ses parties au moins +n’est pas toujours sûre. + +Nous désirons aussi remercier personnellement M. A. Babel, président +du Conseil administratif, dont dépendait à cette époque le service +botanique municipal, et le Directeur du Conservatoire et du jardin +botaniques, M. John Briquet, qui, non seulement nous a facilité notre +entreprise, mais nous a aussi aidé de ses conseils et a bien voulu, +comme monographe des Labiées, nous déterminer les plantes de cette +famille. Nous devons également un juste tribut de reconnaissance à +MM. Brenner, Lachenal, Turettini, Barrère, ambassadeur français +à Rome, pour les recommandations qu’ils ont bien voulu nous +donner ; à M. Borgeaud, Consul suisse à Alger, pour son accueil si +aimable ; enfin à M. le général Bertrand, Commandant de la place +d’Aïn-Sefra, et à M. le capitaine Dessigny, Chef de bureau arabe +de la même localité. + +Nous voulons aussi exprimer notre reconnaissance à MM. les professeurs +Battandier et Trabut d’Alger, lesquels ont bien voulu parcourir +rapidement la plus grande partie de nos collections et nous donner +des indications précieuses. Ces dernières ont beaucoup facilité +nos recherches lors de la détermination. + +Pour l’élaboration de nos collections nous avons utilisé : + +1o la Bibliothèque et l’Herbier Delessert qui contient une série +assez complète des originaux de Desfontaines ; + +2o la Bibliothèque et l’Herbier Boissier ; + +3o la Bibliothèque et l’Herbier de Candolle. + +Nous tenons à assurer Messieurs W. Barbey et C. de Candolle, +propriétaires de ces deux dernières collections, de nos sentiments +de reconnaissance pour la généreuse hospitalité qu’ils offrent +à tous les naturalistes et pour les précieux encouragements qu’ils +prodiguent aux botanistes genevois. + + * * * * * + + +[Note 1 : Hochreutiner, Malvaceæ novæ in _Ann. du Cons. et +Jard. bot. de Genève_, VI.] + + + + + PREMIÈRE PARTIE + + =Récit de voyage.= + + * * * * * + + +Parti de Genève le 26 avril 1901, je m’embarquai à Marseille le +lendemain à midi par un orage épouvantable. + +Après une traversée quelque peu mouvementée, nous arrivions à Alger +le lendemain à 5 heures du soir. Ma première visite dans cette ville +fut pour notre aimable consul suisse, M. Borgeaud, auquel j’avais +été annoncé par le Conseil fédéral. Il m’accompagna au bureau +du Gouvernement général de l’Algérie où je remis mes lettres +de recommandation et où je reçus l’accueil le plus empressé. On +m’adressa au _Bureau des Affaires indigènes_, autorité qui devait +me prendre sous sa protection tutélaire lorsque je sortirais des +sentiers battus. Après quoi M. Borgeaud me fit visiter en détail +la Kasbah, où il est fort connu et apprécié si j’en juge par +l’accueil que lui faisaient les Arabes. + +Jeudi 2 mai : Excursion à Fort-de-l’eau, une jolie station +balnéaire située à environ 25 km. d’Alger, dans la direction +du cap Matifou. Comme je me trouvais avec des parents et des amis, +l’herborisation ne fut pas très abondante. J’eus cependant la +chance de voir là plusieurs espèces intéressantes. Cet endroit +paraît peu visité par les botanistes. + +Le lendemain je fis une excursion plus fructueuse à la Bouzarea, +le sahel qui domine Alger. A partir de Deux-Moulins nous suivîmes +un oued desséché qui forme un ravin profond, tout couvert d’une +végétation luxuriante. A mesure qu’on s’élève, les plantes +arborescentes diminuent et c’est enfin la brousse avec ses grosses +touffes de disse (_Ampelodesma mauritanica_) et ses affreux palmiers +nains (_Chamaerops humilis_). L’herborisation fut copieuse et +intéressante, quoique je fusse encore novice dans l’étude de la +flore de la contrée. + +Le 5 mai, nouvelle excursion au bord de la mer, à la Pointe Pescade, +la promenade favorite des Algérois. Malgré le mauvais temps j’en +rapportai quelques clichés et un certain nombre d’espèces du +littoral. + +Pendant les jours qui suivirent je pus visiter aussi le Jardin +d’Essai, qui est un parc superbe où l’on cherche à acclimater +les espèces tropicales. Des cultures de ce genre ne pourront réussir +qu’aux environs d’Alger grâce à la douceur exceptionnelle du +climat de ce coin de terre. + +En même temps je préparai mon expédition pour le Sud-Oranais et +comme le temps pressait, j’eus l’imprudence de laisser à Alger, +incomplètement séchées les collections faites aux environs. Mal +m’en prit, car je les trouvai dans un état de moisissure avancée +à mon retour, et je dus en jeter les deux tiers environ. Aussi +remarquera-t-on que malgré plusieurs herborisations, les plantes +d’Alger sont en très petit nombre dans nos exsiccata. + +Enfin le jeudi 9 mai, je partis par le train de nuit à 9 heures +du soir. Je me réveillai le lendemain matin dans la plaine du +Chélif, une des parties les plus fertiles et les plus chaudes de la +colonie. Cette année la sécheresse fut si grande que les récoltes +y sont très compromises. A 6 heures nous arrivons à Perrégaux, +une petite station de la ligne d’Alger à Oran, station à laquelle +s’embranche la voie étroite de la Compagnie franco-algérienne +qui doit me transporter jusque dans l’extrême Sud. Dès lors la +partie intéressante du voyage commence. En partant de Perrégaux, +on s’élève de suite par des pentes arides jusqu’au barrage +de l’Habra. En cet endroit, la vallée est resserrée en une +gorge étroite qui a été fermée par un mur cyclopéen de 478 +m. de longueur, de 40 m. de hauteur et de 38 m. d’épaisseur à sa +base. En amont, l’eau de trois ouadis s’accumule et forme un lac +se divisant en trois branches et remontant la vallée de l’Ouest +(vallée de l’oued El-Hamman) pendant 7 km. + +Cette nappe d’eau paraît exercer une certaine influence sur +le climat local, car ses rives abruptes et les montagnes qui +l’avoisinent présentent des forêts et des belles prairies +bien vertes. Au-delà, la voie ferrée continue à monter entre des +croupes dénudées et arides. On débouche enfin dans la haute plaine +d’Eghris, couverte de plantations verdoyantes et, où tout dénonce +une fertilité admirable. Dans le lointain, on aperçoit les maisons +de Tizi. Des champs d’orge et de blé dur s’étendent à perte +de vue, ils ont été conquis sur la brousse qui couvrait la plaine. + +Il a fallu défricher, et ce n’est pas un mince travail ; le +palmier nain forme des souches extraordinairement résistantes, contre +lesquelles se brisent les charrues à vapeur des colons, et il est +nécessaire d’extirper ces plantes avec la pioche, l’une après +l’autre. Les Arabes, trop indolents, ne se donnent pas la peine +de faire ce travail préliminaire et ils sèment leurs céréales +par-dessus ces troncs si tenaces. Rien n’est plus curieux à voir, +que ces taches vertes des palmiers nains au milieu des moissons +dorées. + +Remontant encore dans le Sud, la voie ferrée va suivre désormais +la vallée de l’oued Saïda. Les montagnes s’élèvent, elles +deviennent abruptes et se couvrent de forêts, tandis que dans le +fond des vallées, on cultive l’orge, le blé dur et la vigne. + +Le pays est riant et ne ressemble en rien aux chaînes désolées +précédant la plaine d’Eghris. Les forêts dont nous parlions sont +formées en majeure partie de genévriers de Phénicie, que les gens +du pays nomment, je ne sais pourquoi, des _Thuya_. + +Enfin nous arrivons à Saïda, à 880 m. d’altitude. C’est le +dernier centre de civilisation un peu important dans le Sud. Le +pays est très accidenté et rappelle certaines régions de +nos Alpes. L’eau étant relativement abondante, il se forme de +véritables prairies et les arbres fruitiers, les champs de sainfoin, +les plantations de fèves, les vignes aux ceps très espacés, forment +un tableau qui paraît familier à un habitant de l’Europe centrale. + +J’utilisai l’après-midi qui restait libre pour visiter les +environs. La ville elle-même n’offre pas grand intérêt, avec ses +petites maisons basses, blanchies à la chaux, ses casernes entourées +d’un rempart et dominées par le clocher de l’église sur lequel +nichent deux cigognes. + +Deux remarques en passant : devant mon hôtel, on cultive en pots +des figuiers malingres, de l’espèce qui forme au Jardin d’Essai +des arbres majestueux, et, sur le mur, que vois-je ? Une réclame du +chocolat Suchard ; c’est à croire que plus on s’éloigne dans +le Sud, plus l’analogie avec l’Europe centrale devient frappante ! + +Sortant de la ville, j’allai faire une herborisation dans les +rochers qui portent les ruines du vieux Saïda, ce nid d’aigle +où Abd-el-Kader défia jusqu’au 28 mars 1844 les poursuites de +l’armée française. Ces rochers, coupés à pic, présentent une +flore calcicole riche ; ils rappellent par place le lapié. + +Le lendemain matin (11 mai), le train reprit sa marche vers le Sud. Je +disposais d’un compartiment entier et je m’étais installé de +telle sorte que je pouvais descendre herboriser à chaque station ; +pendant l’intervalle entre les deux gares, je mettais mes spécimens +en papier. De cette manière je pus récolter des documents tout le +long de la voie, depuis Saïda jusqu’à Aïn Sefra qui devait être +mon centre d’excursion. + +Au sortir de Saïda, on monte lentement jusqu’à Aïn el Hadjar +où commencent les hauts plateaux. Dans cette partie septentrionale, +l’impression que j’avais eu à Saïda alla encore s’accentuant : +partout des fleurs, de la verdure et d’immenses étendues cultivées, +donnant l’impression d’une contrée fertile et d’un aspect +totalement différent de celui du littoral méditerranéen. Cependant, +la sécurité commence à diminuer, les fermes sont fortifiées, +les stations du chemin de fer sont des block-houses, et les gens que +l’on voit circuler portent des armes. + +Bientôt le paysage se modifie, les fermes se font rares, les cultures +et les arbres disparaissent, et la plaine immense s’étend tout +autour de nous, monotone et déserte. + +Après les nuits très froides, la chaleur devient brûlante au milieu +du jour, et sur l’immensité du steppe, apparaissent les premiers +phénomènes de mirage ; ils nous accompagneront pendant toute la +traversée des hauts plateaux. A l’horizon de la plaine couverte +d’alfa, on voit des étendues d’eau, des arbres, des buissons et +dès qu’on approche tout se dissipe. + +En passant à Krafallah, nous apercevons les hangars où l’on +prépare l’alfa pour l’exportation. + +Voici enfin les Chotts dont l’immense miroir réfléchit la lumière +aveuglante du soleil. L’arrêt du train au Kreider me permet de faire +une ample moisson ; vite quelques instantanés et nous roulons de +nouveau longeant la rive du Chott el Chergui, où de larges croutes +de sel se déposent peu à peu. Puis la voie s’élève un peu, +les lacs salés se perdent dans le lointain et c’est de nouveau le +steppe d’alfa qui s’étend à l’infini. + +Lorsque le soleil commence à décliner, les silhouettes azurées +des montagnes de la grande chaîne de bordure saharienne deviennent +visibles dans le lointain. Nous traversons Mecheria, au pied du +Djebel Antar, puis Mekalis, qui est sur la ligne de partage des +eaux. A partir de là nous redescendons peu à peu vers Aïn-Sefra, +en longeant le Faidjet-el-Betoum. + +Aïn-Sefra : tout le monde descend ! — et je débarque dans une +petite gare où m’accueille le portier de l’Hôtel de France, car +il y a un hôtel de France à Aïn-Sefra. Mais, quel hôtel ! Je trouve +néanmoins à me loger dans une immense chambre où je troublai la +sérénité de nombreux habitants en installant mes presses à sécher. + +Je voulus sortir le soir même ; mal m’en prit, car je m’enrhumai +sérieusement. Le rayonnement est si intense ici, que les nuits sont +glaciales ; et les deux jours qui suivirent je dus me contenter de +visiter la station et ses environs immédiats. + +Aïn-Sefra était autrefois un simple village arabe, misérables huttes +en terre, entourées de jardins et de quelque palmiers formant plus ou +moins oasis. Le village indigène a subsisté, mais l’administration +militaire a construit non loin de là de vastes casernes fortifiées, +pouvant abriter de 1000 à 1500 hommes, et près de cette redoute se +sont installés des marchands et industriels européens : en tout 500 +à 600 personnes attirées par cette forte agglomération militaire. + +Ce poste est la dernière garnison importante que l’on rencontre +avant de s’enfoncer dans le Sahara ; c’est là que se sont formées +les colonnes destinées aux expéditions dans le Sud. + +Le chef de la place est un général et les soldats appartiennent +presque tous à la légion étrangère, aux bataillons indigènes +ou aux compagnies de discipline, aussi parlent-ils l’italien, +l’allemand ou même le suisse allemand autant que le français +ou l’arabe. Je me souviens encore mon ahurissement d’entendre, +le soir, dans les cafés (quels cafés !) des yodles et les accents +du _Rufst du mein Vaterland_. Le service mercenaire a gardé son +attrait, surtout chez nos confédérés de la Suisse allemande, +et ceux-ci sont très appréciés à la Légion. + +Aïn-Sefra est le chef-lieu d’une commune dont le capitaine de +bureau arabe est le maire, le commissaire de police, le juge de paix, +etc., c’est donc à ce capitaine qui était alors M. Dessigny que +je devais m’adresser. Avec beaucoup d’amabilité, il m’aida +à organiser toutes mes expéditions et pour commencer me confia +à la garde de deux spahis dont l’un Ben-Nahoum parlait un peu le +français et me servit partout de truchman. + +Le capitaine Dessigny poussa même la prévenance jusqu’à me prêter +une selle, objet de première nécessité dans ces parages où les +chevaux abondent, mais où les selles sont fort rares. Je crois même +qu’il m’eut été impossible de m’en procurer une sans lui. + +Dès le lendemain, à savoir le jeudi 16 mai, je partais pour une +excursion au Ras-Chergui, la sommité qui domine Aïn-Sefra au Sud et +qui constitue le point culminant de la chaîne du Mekter. C’est un +sommet rocheux formé de grès paléozoïques comme toutes les autres +montagnes de la région. + +Pour en atteindre le pied, il faut traverser la dune dont la partie +supérieure est formée de sable mouvant, sans aucune végétation, +et où bêtes et gens enfoncent jusqu’à mi-jambe. + +L’apparence de cette dune rappelle celle des immenses champs de neige +de nos Alpes. Comme la neige, le sable produit des vallonnements et des +crêtes ; comme elle, il est charrié par le vent et vient bientôt +combler les traces qu’on laisse derrière soi ; comme elle enfin, +il produit une série de figures semblables à de petites vagues, +de petits entonnoirs, etc. + +Cette dune est d’un type très spécial dont nous avons déjà +parlé ailleurs[2]. Elle est due à un violent courant d’air qui +se fait sentir presque chaque soir à Aïn-Sefra. + +Ce courant vient du Nord par le Faidjet-el-Betoum, il traverse la +vallée de l’Oued-el-Bridj en soulevant des nuages de poussière +et vient se briser contre les flancs du Djebel-Mekter, en laissant +déposer le sable qu’il transportait. Ce courant d’air est +dû, comme nous l’avons montré, au refroidissement plus rapide +de l’atmosphère sur les hauts plateaux que dans la vallée +d’Aïn-Sefra, il est donc tout à fait local et il en résulte : +1o Que la dune est immobile dans son ensemble. 2o Qu’elle n’est +pas appliquée contre le flanc de la montagne, mais qu’elle est +séparée de celle-ci par un large vallonnement que nous dûmes +traverser avant de commencer notre ascension. + +Celle-là s’effectue par un chemin muletier qui conduit jusqu’au +sommet où se trouve un poste de télégraphie optique. Toute la +montagne est rocheuse et la terre végétale y forme une couche mince +et discontinue. La partie supérieure est boisée et sur le sommet +même qui s’élève à 2000 mètres d’altitude se trouvent des +buissons de chênes-verts rabougris. Dans les intervalles entre ces +buissons, végète une véritable flore alpine et, à leur ombre, +croissent de nombreuses espèces des climats tempérés. Après une +abondante récolte sur ce petit plateau rocheux, nous nous dirigeâmes +vers des tentes de nomades que nous avions aperçues en contre-bas, +parmi les arbustes sur le versant oriental. Un dîner frugal, et nous +descendîmes à la source voisine en suivant un chemin fréquenté +par les Arabes et leurs troupeaux et serpentant à travers des +éboulis couverts de buissons de chênes-verts et de genévriers +disséminés. La source elle-même était une sorte de puits où +dormait une eau infecte ; à proximité immédiate cependant, le +terrain était humide et hébergeait quelques plantes de marais. + +A partir de là, par une marche de flanc interminable, nous allâmes +rejoindre le chemin que nous avions pris en montant. Nous suivîmes +ainsi pendant près de deux heures un sentier qui côtoyait la montagne +en se maintenant à une altitude moyenne de 1600 mètres environ. La +descente s’effectua par la route du matin et nous arrivâmes à +Aïn-Sefra le soir, à la nuit noire, par une bourrasque épouvantable. + +Le lendemain fut consacré à la mise en ordre de mes collections et +le soir, comme je parlais d’aller au Figuig, on m’apprit qu’il +fallait y renoncer à cause des relations tendues qui existaient à +ce moment entre l’Administration et le fameux rebelle Bou-Amama. Or +étant confié à la garde de l’Administration militaire, celle-ci ne +pouvait me laisser pénétrer dans ce nid de pirates. (L’officialité +a parfois ses inconvénients !) + +Le 18 mai, nous partions à sept heures pour Aïn-Aïssa. + +Après avoir suivi quelque temps l’oued, et avoir traversé une +plaine fastidieuse, nous arrivâmes près d’un de ces massifs rocheux +qui s’élèvent brusquement au-dessus de la plaine. Il y avait là +une série d’espèces en pleine floraison, aussi nous y fîmes une +halte prolongée. Cela nous donna l’occasion d’examiner de près +les sculptures préhistoriques qui revêtent ces rochers. Ce sont des +silhouettes d’éléphants et des figures géométriques, semblables +à celles que l’on observe sur certaines pierres à écuelles. + +Ces sculptures sont donc antérieures à l’Islam et contemporaines +du temps où l’éléphant habitait ces régions. + +Nous reprîmes la marche en plaine et, à midi, nous arrivions à +Tiloula, une oasis abandonnée où, sous les lauriers-roses, les +térébinthes et les dattiers coule une source fraîche qui est la +fée créatrice de ces ombrages. + +Une longue halte permit à mes hommes de faire la sieste pendant que je +mettais en coupe réglée la flore, du reste triviale, de l’endroit. + +Depuis Tiloula jusqu’à l’entrée du ravin d’Aïn-Aïssa, +s’étend un immense steppe d’alfa et, à six heures du soir +seulement, nous abordions la montagne. Nous pénétrâmes dans une +gorge sauvage et boisée qui nous conduisit jusqu’à Aïn-Aïssa +même. + +Là nous attendait le neveu de l’agha, envoyé par son oncle pour +nous offrir l’hospitalité. Il avait amené une tente spacieuse +et des vivres en quantité ; le campement était dressé dans une +sorte de clairière, à proximité de la source, non loin des ruines +de l’ancien sanatorium militaire installé là il y a quelques +années. Ce point fut déjà visité par M. Battandier lors de son +excursion au Djebel-Aïssa et nous y avons retrouvé plusieurs des +plantes décrites par ce botaniste. + +Après une nuit passée sous la tente, nous partions en excursion à +la première heure. Au moment du lever du soleil, le froid était +très vif (4 à 5 degrés au-dessus de 0) à cause du rayonnement +nocturne très intense dans ces régions. La journée se passa à +faire l’ascension du Djebel-Aïssa. + +Nous nous élevons d’abord par des pentes d’éboulis +anciens couverts de buissons et d’une végétation herbacée +fort intéressante. Nous traversons un ravin et nous arrivons à +l’entrée d’une forêt de pins où nous jouissons d’une ombre +relative. Ces pins qui sont tous de vieux exemplaires s’étagent +sur un contrefort couvert d’humus, mais ils se continuent aussi +plus haut dans les rochers où nous apercevons en grande quantité le +_Jasminum fruticans_. La vue se découvre de plus en plus et à deux +ou trois endroits encore nous découvrons au loin, sur les flancs de +la montagne, des bouquets de pins semblables à celui dans lequel nous +nous trouvons, mais moins étendus. Les arbres vont en s’espaçant, +mélangés qu’ils sont à des chênes-verts et à des genévriers +buissonneux. Bientôt ces derniers subsistent seuls et nous abordons +l’ascension de l’arête terminale. Plus on s’élève, plus +les chênes-verts deviennent grands et plus ils se resserrent, de +telle sorte qu’il est déjà moins aisé de trouver son chemin. Mes +hommes fatigués de ces courses en zig-zag dans la forêt refusent +de marcher et je les laisse pour faire l’ascension de l’arête +elle-même. Bien m’en prit, car j’y observai une petite forêt +de chênes-verts si denses qu’elle formait presque un sous-bois +continu ; en poussant un peu plus loin, j’aperçus une vaste +clairière couverte d’une prairie véritable, semblable à celle où +nous avions campé, mais beaucoup plus verdoyante et où l’herbe +haute n’avait pas encore été tondue par les herbivores. J’y +récoltai à peu près toutes les espèces qui s’y trouvaient et +ayant vu un gros serpent s’éclipser sous les buissons, je jugeai +prudent de prendre le chemin du retour. Ce n’est pas sans peine +que je retrouvai mes hommes et avant de redescendre à Aïn-Aïssa, +je récoltai encore dans les rochers herbeux et buisonneux que nous +traversions, une foule d’espèces intéressantes. A mi-chemin de +la descente nous rencontrâmes de nouveau une clairière herbeuse, +mais elle était plus petite et les espèces qui la composaient un +peu différentes. + +Le soir, à six heures, nous étions de retour au campement et le +lendemain matin, à sept heures, nous revenions sur Aïn-Sefra, +escortés jusqu’à Tiloula par notre hôte. + +Ce retour fut marqué par un incident très fâcheux pour moi. Ayant +abandonné quelques instants la caravane qui comptait plusieurs +chevaux et deux chameaux forcés de suivre le chemin muletier, je +perdis contact avec ma troupe et lorsque je rejoignis la route, je ne +trouvai plus personne. Je m’embarquai donc à pied et descendis en +cet équipage tout le ravin d’Aïn-Aïssa. N’ayant pas avec moi +mon papier à sécher, je ne pus récolter que d’une façon très +incomplète les espèces nombreuses et intéressantes qui habitent +le long de l’oued ; encore ai-je dû rouler dans ma veste les +plantes recueillies, pour les soustraire aux rayons incendiaires du +soleil. Arrivé dans la plaine, je parcourus ainsi 8 à 10 kilomètres +avant d’être rejoint par le neveu de l’agha, lequel arrivait +bride abattue pour m’annoncer que la caravane inquiète de mon +absence, avait rebroussé chemin jusqu’à Aïn-Aïssa et qu’elle +me rejoindrait à Tiloula. C’est ce qui eut lieu en effet. Après +un repas fait en commun, je pris congé de notre hôte qui retournait +à Tiout et accompagné de mes deux cavaliers arabes, je rentrai à +Aïn-Sefra le soir. + +Les trois jours qui suivirent, du 21 au 23 mai, furent consacrés à +mettre en ordre mes collections, à visiter les plantations étendues +du bureau arabe et à préparer l’expédition au Djebel-Morghad. + +Le 24 mai, je partis, toujours avec mes deux Arabes, pour me rendre +au Djebel Morghad. Nous remontons jusqu’au Faidjet-el-Betoum et, +après avoir traversé la voie du chemin de fer, nous arrivons à +Bellef-Loufa, un point d’eau isolé dans le steppe. C’est une +petite mare d’eau croupissante et où j’hésite même à faire +boire ma monture. A quelque distance nous trouvons deux misérables +tentes habitées par deux femmes arabes déguenillées et dont l’une +tremblait la fièvre. Je lui donnai quelques cachets de quinine, et +cela me fit passer pour un grand médecin. Aussi quelques jours plus +tard, on vint me consulter à Aïn-Sefra pour la malade en question +qu’on avait à grand peine transportée près de chez moi. + +En quittant Bellef-Loufa, nous eûmes à chevaucher encore longtemps +dans la plaine avant d’arriver au pied du Djebel-Morghad. Là, comme +au Djebel-Aïssa, il faut s’engager d’abord dans un ravin et, +par un sentier de chèvres, où nos chevaux arabes grimpent avec une +adresse merveilleuse, on s’élève à travers des pentes herbeuses +infestées de serpents. Tout au fond du ravin sont quelques arbres, +mais sur les pentes de la montagne, il faut monter déjà bien haut +pour rencontrer les premiers genévriers. + +Vers cinq heures du soir seulement nous arrivons au col de Merbah, +où nous retrouvons la flore de haute montagne du Ras-Chergui et du +Djebel-Aïssa. L’autre versant du Djebel-Morghad est couvert de +forêts beaucoup plus denses, les chênes-verts y dominent. Parmi +eux et sur des couches de grès s’infléchissant en pentes douces +vers la plaine, nous nous dirigeons vers le douar des Ouled-Chami où +nous devons passer la nuit. Là, à 1900 mètres d’altitude environ, +nous rencontrons dans une prairie-clairière tondue ras et piétinée +par le bétail, un grand village de tentes. Impossible d’herboriser +aux environs, tout a été décapité par les herbivores. + +Ce n’est que le lendemain matin, après avoir parcouru trois +ou quatre kilomètres sur le dôme rocheux et buissonneux formant +l’arête de la montagne, que nous arrivons en des lieux où une +herborisation est possible. Néanmoins les résultats sont bien +maigres, aussi je me résous à descendre au bas de la paroi de +rochers formée par ce dôme démantelé du côté du Sud-Est ; +bien m’en prit, car j’observai là de nombreuses espèces que +je n’avais vues nulle part ailleurs. Seulement les cinq gardes du +corps qui m’accompagnaient ont cru que je voulais leur faire rompre +les os. Le noble sport de la « varappe » paraît être inconnu dans +ces régions ! + +Ces cinq gardes du corps, si encombrants, étaient, paraît-il, +nécessaires parce que nous nous trouvions sur territoire marocain, +la frontière étant un vain mot pour les nomades. + +Le paysage était tout à fait alpestre. Ces grands rochers +déchiquetés, ces pentes couvertes de chênes-verts, la fraîcheur +de la température, le ciel même, couvert de nuages et la pluie +qui commençait à tomber contribuaient à donner l’illusion des +montagnes de l’Europe centrale. Aussi ai-je cueilli là, sans +trop d’étonnement, l’_Hutchinsia petraea_, le _Sedum album_ +et le _Tulipa Celsiana_ qui ressemble tant au _Tulipa sylvestris_ +de l’Europe moyenne. + +Le sommet le plus élevé du Djebel-Morghad s’élève à 2136 +mètres ; pour l’atteindre par l’arête que nous suivions, +il faut escalader des escarpements qui ont la forme d’énormes +marches d’escalier irrégulières, dans les interstices desquelles +croissent des buissons de chênes-verts mélangés de _Cotoneaster_ +et de _Berberis_. Le sommet lui-même est plat et les chênes-verts +qui le couvrent sont si hauts et si serrés qu’ils forment un +dôme ombreux continu. Là-dessous végète le _Geum_ formant un +tapis très dense et d’un beau vert. Au moment de notre arrivée +au sommet, la pluie commençait à tomber et c’est en toute hâte +que nous redescendîmes à notre campement. Nous eûmes à traverser +encore une prairie-clairière au pied des escarpements du sommet, +mais un troupeau de chameaux y pâturait et n’avait rien laissé +à brouter pour un botaniste. + +Le dimanche 26, nous revenions à Aïn-Sefra en passant par Tircount, +un autre point d’eau du Faidjet-el-Betoum. + +La source de Tircount est beaucoup plus abondante que celle de Bellef +Loufa, aussi il y a là une véritable forêt de lauriers-roses et +de nombreuses cultures. A l’ombre de ces lauriers-roses dans le +sable humide, j’ai pu récolter un très grand nombre de plantes +intéressantes. + +Le soir, de retour à Aïn-Sefra, toute la plaine était illuminée +par les feux de bivouac d’un convoi revenu d’Igli. Il y avait là +plusieurs milliers de chameaux accompagnés de nombreux indigènes +qui campaient dans le bled. + +Les deux jours suivants sont employés à la mise en ordre de mes +collections ; le temps est couvert et il ne fait pas chaud. + +Le 30 mai, visite au ksar d’Aïn-Sefra, herborisation dans les +jardins et à la base de la dune. Les jardins sont d’une fertilité +incomparable, chacun a son puits servant à l’irrigation. On emploie +pour cela un seau pendu à une corde attachée au bout d’une longue +perche mobile autour d’un madrier transversal. A l’autre bout +de la perche se trouve un contrepoids qui facilite la manœuvre. Au +moyen de cet instrument primitif, on remplit un réservoir qui se +déverse ensuite dans de petits canaux aboutissant au pied de chaque +arbre à arroser. + +Vendredi 31 mai : excursion à Tiout. Après avoir traversé de grandes +étendues couvertes de buissons disséminés de _Zizyphus Lotus_, +nous arrivons près d’une petite arête rocheuse qui fait saillie +sur la plaine et qu’on longe pour arriver à Tiout. Ces rochers sont +sculptés d’une façon très remarquable par l’érosion aquilonaire +et seraient très propices à une embuscade, aussi n’étions-nous +pas rassuré en y apercevant des rodeurs, le soir au moment de notre +retour. C’est du reste la seule fois que nous en ayons rencontré. + +Voici enfin l’oasis où nous attend l’hospitalité plantureuse du +caïd des Soualas ; aussi après dîner faut-il faire la sieste. Voilà +bien du temps perdu ! Cependant je m’éclipse le plus vite possible +pour aller faire une rapide herborisation près de l’oued et sur +les rochers déchiquetés qui dominent la petite rivière. + +La rentrée à Aïn-Sefra s’opère à 10 heures du soir par un +clair de lune d’une beauté incomparable. Nos chevaux galopent et +filent comme des fantômes sur le steppe où la lune met une clarté +blafarde mais si vive qu’on distingue chaque brin d’herbe. + +Le surlendemain 2 juin, nous montions au poste optique du Djebel +Aïssa ; c’est un block-house qui se trouve à 1600 m., sur +l’arête W. dénudée du Djebel Aïssa. En y arrivant nous +débusquons un troupeau de gazelles que nous saluons en vain de +quelques coups de fusil. C’est la journée aux malheurs ; nous +avons répandu par accident notre provision de liquide et l’on ose +à peine allumer du feu pour bouillir l’eau de la citerne du poste +optique. — Depuis le 1er juin tout incendie de prairie ou de forêt +allumé par mégarde rend son auteur passible du Conseil de guerre. — +Nous longeons l’arête de la montagne jusqu’à une altitude de +1850 m. environ. A l’aller nous explorons quelques rochers ombreux +du versant N.-W. mais au retour je prends seul avec Ben-Abdallah, +par les grandes parois qui tombent abruptes du côté du S.-E. + +Sur le versant N., bien des plantes en bouton nous montrent que nous +ne sommes pas en retard pour une herborisation dans ces parages. Sur +le versant S. au contraire, il n’y a presque rien. + +Mourant de soif nous retournons au poste optique et, après nous être +abreuvé avec l’eau plus que douteuse de la citerne, nous rentrons +en hâte à Aïn-Sefra, où nous arrivons le soir très tard. + +Mardi 4, grâce à une réquisition du général Bertrand, je +m’embarquai avec Ben-Nahoum sur un train de ravitaillement pour +Duveyrier. La ligne contourne le Djebel Mekter et passe dans des +tranchées profondes où nous admirons en grande quantité le joli +_Rumex_ rouge que nous avons récolté au Djebel Aïssa. + +A Aïn-el-Hadjej, nous avons le temps de recueillir à la hâte +quelques-unes des plantes les plus caractéristiques de ce steppe et +nous continuons à rouler à travers la plaine presque déserte où +l’on aperçoit guère que les mamelons grisâtres de l’_Anabasis +aretioides_. + +Nous arrivons à Duveyrier à 11 heures et nous y sommes reçus +très aimablement par les officiers de ce poste. Si je veux faire +quelques collections, il ne s’agit pas de perdre mon temps et, +par une chaleur torride, je m’embarque avec un tirailleur algérien +mis à ma disposition par le commandant. + +[Illustration : LE MARCHÉ DE L’ORGE À AÏN-SEFRA.] + +[Illustration : PRESSE POUR ÉTENDRE LES PLAQUES DE LIÈGE ET LES LIER.] + +Je m’en vais faire une petite tournée aux environs, d’abord près +de l’oued où nous ne trouvons rien d’intéressant, ensuite sur les +rochers désertiques du Raz ed Dib dont nous faisons l’ascension. De +ce sommet nous apercevons dans le lointain le Figuig. Après avoir +arraché à la hâte toutes les espèces à notre portée, nous +redescendons au pas de gymnastique dans ces éboulis grillés et nous +arrivons trempés de sueur pour prendre le train qui devait repartir +à 3 heures. Tout cela par une température qui excédait sûrement +40 degrés à l’ombre. + +Au retour nous débarquons à la station de Mograr : Le caïd nous +attendait et, avant d’aller souper chez lui, nous faisons une +tournée dans les rochers arides et déserts au N. de l’oasis. Là +nous récoltons cependant, dissimulés dans les infractuosités +des rochers, un bon nombre de plantes à caractère désertique +marqué. Nous y rencontrons même une de ces affreuses petites vipères +à corne si justement redoutées des Arabes. Je lui coupe la tête +d’un coup de piolet, et je l’envoie dans la naphtaline rejoindre +la collection d’insectes. + +Le lendemain, départ à la première heure. Montés sur les chevaux +prêtés par le caïd, nous traversons les mêmes rochers que la veille +et nous arrivons sur le petit plateau pierreux qui s’étend entre +ces rochers et le Djebel Mekter. Nous avons remarqué là un monument +fort ancien au dire de mon spahi Ben-Nahoum. La tombe d’un marabout, +dont l’emplacement est jalonné par un gros tas de pierres. Chaque +Arabe y ajoute la sienne en passant et le tas va s’augmentant pour +la plus grande gloire du saint homme. + +Nous abordons les pentes du Djebel Mekter et nous nous élevons sur +ses flancs par un petit sentier jalonné au moyen de kairns tout à +fait semblables à ceux que l’on rencontre dans nos Alpes. Toujours +herborisant, nous pénétrons dans la zone boisée et nous allons +demander l’hospitalité à la tribu des Ouled-Saïd installée dans +une de ces nombreuses prairies-clairières au sommet du col. Après +dîner, le temps se couvrant, nous descendons bien vite dans la +vallée d’Aïn-Sefra. Nous traversons la dune en suivant le lit +d’un oued qui la coupe de part en part, et nous rejoignons le lit +de l’oued el Bridj que nous suivons jusqu’à Aïn-Sefra. + +Les deux jours qui suivirent furent employés encore à +l’organisation, au séchage des collections et à l’acquisition +d’un grand nombre d’objets fabriqués avec des produits +végétaux : nattes, tapis, paniers, ustensiles divers. A noter +en particulier, une serrure en bois du type de celle qui était +employée par les anciens Hébreux au temps du Christ, et que nous +avons retrouvée dans tous les ksour du Sud. + +Samedi 8 : Grâce à l’obligeance de M. Brossard, interprète au +bureau arabe d’Aïn-Sefra, j’assistai à une chasse aux criquets +sur la dune. Les indigènes réquisitionnés à cet effet cernent le +troupeau de jeunes sauterelles et le chassent devant eux, vers une +tranchée profonde creusée préalablement dans le sable. Toutes ces +petites bêtes s’y précipitent et lorsque cette masse grouillante +est venue s’accumuler au fond du trou, on la recouvre rapidement +avec du sable. Ou bien, si le troupeau n’est pas trop considérable, +on le chasse vers un tas d’herbes sèches auxquelles on met le feu. + +Dimanche 9 juin, l’heure du départ a sonné ! J’emballe en hâte +toutes mes collections et je prends congé de toutes les personnes qui +m’ont reçu ici avec tant d’amabilité. Au dernier moment encore +le caïd des Soualas m’envoie en cadeau un sabre et un grand panier +arabe décoré avec des cuirs de couleur. Ben-Nahoum m’accompagne +à la gare et par un orage épouvantable le train s’ébranle et +m’emporte loin de ce pays pour lequel je m’étais pris déjà +d’une singulière affection. + +Je devais m’arrêter à Mécheria, pour faire l’ascension du +Djebel Antar, mais pendant la nuit que je passai là, je ressentis les +premières atteintes du typhus. Je m’empressai donc de m’embarquer +le lendemain pour rentrer à Alger où, grâce aux soins dévoués +d’un cousin, je me rétablis assez rapidement. + +Au bout de quatre semaines environ, je me trouvai assez bien pour +rentrer en Europe. Cependant je ne m’embarquai pas avant d’avoir +fait de nombreuses acquisitions de produits végétaux manufacturés +destinés aux musées botaniques de Genève et de Zurich. C’est +à ce moment que j’eus l’occasion de visiter aussi l’usine +de préparation du liège de notre aimable consul, M. Borgeaud. Ce +dernier me fit remettre aussi une série considérable de produits +végétaux pour les musées sus-nommés. + +Quelques jours plus tard j’eus la bonne fortune de faire +la connaissance de MM. les professeurs Battandier et Trabut, +les distingués auteurs de la Flore d’Algérie. Ces messieurs +voulurent bien jeter un coup d’œil rapide sur une grande partie +de mes collections et me donner la détermination approximative de +la majorité des plantes qu’elles contenaient. Ces indications +préliminaires m’ont certainement beaucoup facilité la tâche pour +les déterminations définitives et, comme je l’ai dit déjà dans +mon introduction, je dois à ces Messieurs beaucoup de reconnaissance. + +Je m’embarquai enfin pour Genève où j’arrivai le 8 juillet. + +[Illustration] + + +[Note 2 : Hochreutiner, _Sur un type spécial de dunes_ in _Comptes +rendus de l’Acad. sc. Paris_, 9 février 1903.] + + + + + DEUXIÈME PARTIE + + =Phytogéographie.= + + * * * * * + + + =Principales associations végétales observées dans le Sud de la + Province d’Oran.= + + +Nous tenons à répéter ici une fois de plus que, pressé par un +départ imminent, nous sommes obligé, pour ne pas perdre le fruit +des observations faites au cours de cette exploration, d’éliminer +absolument tout ce qui n’est pas indispensable à notre exposé. + +Nous laissons donc la bibliographie de côté ; on nous pardonnera +peut-être cette omission imposée par le temps, puisque aucun +des nombreux auteurs qui ont écrit sur la flore de l’Algérie +n’a traité la question à notre point de vue. Seul Cosson +(_Comp. Fl. Atl._ I p. 241-258) a publié un aperçu rapide des plus +grandes régions naturelles de l’Algérie, puis Debeaux (_Fl. de +la Kabylie du Djurdjura_, p. 447-466) a étudié les éléments de +la géographie botanique du Djurdjura. Les autres notions que nous +possédons sur la phytogéographie de l’Algérie, sont des récits +d’herborisation et non des exposés systématiques. + +Même Debeaux, dans sa notice, s’attache plutôt à la +distribution géographique qu’à une description rationnelle des +associations. Dans la seule partie où il établit des comparaisons, +avec la flore des hauts plateaux, par exemple, il base ses proportions +sur l’ensemble des espèces, quelles que soient les associations +auxquelles elles appartiennent, de sorte que les résultats sont +noyés et prouvent en somme peu de chose. + +Il convient de citer aussi le remarquable travail de M. Massart[3], +lequel est rédigé sous forme d’itinéraire il est vrai, mais qui +donne des détails fort intéressants au point de vue biologique. Dans +un grand nombre de cas, nous avons pu contrôler leur exactitude et, +à ce point de vue particulier, il complète nos observations purement +géographiques. + +Mais, comme ses devanciers, M. Massart ne s’occupe pas des +associations. + +C’est surtout ces dernières que nous aurons en vue ici, nous +le répétons, et dans nos listes nous ne pourrons tenir compte +naturellement que de nos herborisations et de nos notes. + +Dans le Sud-Oranais on rencontre les grandes associations suivantes : + +1) _Les oasis et les points d’eau_ — caractérisés par des +cultures nombreuses et par une végétation arborescente dont les +espèces les plus remarquables sont : les dattiers, les lauriers roses, +les tamaris et les peupliers. + +2) _Les dunes_ — caractérisées par une végétation de plantes +herbacées, nombreuses au pied de la dune et devenant de plus en plus +rares vers le sommet qui est complètement dénudé. L’espèce la +plus caractéristique est le drinn (_Aristida pungens_). + +3) _Les steppes_ — qui présentent les aspects les plus divers +suivant l’espèce prédominante qui peut être fort différente +suivant les endroits. La plante la plus remarquable de cette formation +est l’alfa (_Stipa tenacissima_). + +4) _Les montagnes_ — caractérisées par des bois de genévriers +et de chênes-verts disséminés et couvrant le sommet de toutes les +montagnes de la région. + +5) _Les rochers désertiques de l’Extrême-Sud_ — que l’on +dirait de loin dépourvus de végétation, mais qui, étudiés de +près, présentent dans leurs anfractuosités une série de petites +plantes désertiques très espacées et faisant montre des adaptations +les plus intéressantes à une sécheresse prolongée. + +Il va sans dire qu’à l’intérieur de ces formes de végétation +dont plusieurs avaient été déjà définies par Cosson, nous +distinguerons toutes les associations particulières que nous avons +eu l’occasion de voir et d’analyser. Elles se laissent toutes +classer sous l’un des cinq chefs précités. + +Pour l’étude des zones, nous avons noté chaque fois l’altitude +approximative à laquelle les plantes ont été récoltées. Pour +cela nous nous sommes servi d’un baromètre anéroïde réglé +sur l’Observatoire de Genève et contrôlé à Alger et à +Aïn-Sefra. A l’aide de ce petit instrument nous avons relevé les +altitudes au moment des haltes et nous avons noté par estimation les +stations successives explorées. Pour la comparaison de la flore des +montagnes avec celle du Tell, nous nous en sommes tenu aux données +très vagues des ouvrages floristiques à notre disposition. Par +crainte d’erreurs, nous avons considéré comme plantes habitant +exclusivement les hautes montagnes du Tell, celles qui étaient +signalées comme habitant au-dessus de 1800 m. ou bien sur les hauts +sommets du Djurdjura. Mais nous ne nous dissimulons pas qu’il +y ait là-dedans beaucoup d’approximations malgré le soin avec +lequel nous avons éliminé les espèces sur lesquelles nous étions +renseigné d’une façon incomplète. + +Pour l’étude des affinités floristiques avec d’autres pays, +nous avons établi l’aire de dispersion de chaque espèce et lorsque +nous en avions les moyens, de chaque variété, en nous basant sur les +ouvrages cités plus bas. Ils indiquent la distribution géographique, +non seulement dans leur dition, mais aussi dans le reste de l’ancien +monde. C’est ainsi que nous avons pu contrôler dans une certaine +mesure les données de ces ouvrages en les comparant les uns avec +les autres. + +Nous ne nous dissimulons pas toutefois que, pour avoir des +renseignements précis sur ce sujet, il eut été nécessaire de +consulter un grand nombre d’herbiers et d’établir à chaque +reprise l’aire de dispersion en consultant les étiquettes +originales. Nous n’avons pu le faire que dans quelques cas, à +propos de plantes rares ou peu connues. Nous avons relevé alors la +distribution d’après les collections si complètes de l’Herbier +Boissier et de l’Herbier Delessert. + +Les ouvrages suivants ont été consultés au point de vue +géographique : Battandier et Trabut, _Flore d’Algérie_ ; +Bonnet et Barratte, _Catalogue de la Flore de Tunisie_ ; Boissier, +_Flora orientalis_ ; Nyman, _Conspectus Floræ europæae_ ; Ball, +_Spicilegium Maroccanum_. Dans les cas douteux seulement, nous avons +eu recours aux ouvrages plus spéciaux de Willkomm et Lange, Cosson, +l’Abbé Chevalier, Pomel, Ascherson et Schweinfurth, Grenier et +Godron, etc. etc. + + * * * * * + + + CHAPITRE I + + =Les oasis et les points d’eau.= + + +Comme nous l’avons déjà dit, cette forme de végétation +est caractérisée presque toujours par des cultures et des +arbres. Cependant elle peut varier beaucoup comme aspect et comme +composition. Entre la véritable oasis, où autour d’un ksar[4] +se groupe une véritable forêt de palmiers-dattiers (v. Pl. III, +fig. 4) abritant sous son ombre des jardins bien irrigués et la +source ou le puits isolé dans la plaine, il y a une différence +bien tranchée. Ces derniers en effet sont jalonnés seulement par +quelques tamaris ou lauriers-roses. + +Les sources dans la montagne ont aussi une physionomie spéciale, +malgré quelques caractères communs, comme la présence de nombreuses +plantes cosmopolites ; c’est pourquoi nous aurons l’occasion +d’en reparler dans le chapitre IV. + +§ 1. OASIS PROPREMENT DITES. — Dans ce paragraphe nous tenons +compte surtout d’Aïn-Sefra, de Tiout et de Mograr Foukani que nous +avons visités en détail. Parmi les espèces les plus déterminantes +au point de vue de la physionomie il faut citer : les palmiers, +les tamaris et, en nombre plus restreint, les lauriers-roses et les +peupliers. A Aïn-Sefra ces derniers ont été plantés, je crois. + +Sous ces arbres on cultive, en les irrigant, toutes sortes de +légumes : cardons, oignons, pommes-de-terre, tomates, fèves, etc. ; +des arbres fruitiers : pommiers, abricotiers, figuiers ou même +cerisiers, et des céréales : de l’orge ordinairement (V. Pl. I, +fig. 1 et Pl. II, fig. 3). + +Dans les oasis presque abandonnées comme Tiloula, les cultures +sont beaucoup plus restreintes, les dattiers moins nombreux et les +lauriers-roses en plus grande quantité ; il s’y ajoute des betoums +(_Pistacia atlantica_). Parmi les cultures, au bord des ruisseaux +d’irrigation, dans le terrain marécageux, les espèces suivantes +forment des associations ressemblant à celles de toutes nos mares +européennes (V. Pl. II, fig. 2). + +Dans les flaques d’eau sont de véritables Scirpaies : + + _Scirpus Holoschœnus_ L. + + _Cyperus rotundus_ L. + + _Juncus bufonius_ L. v. _hybridus_ Coss. et Dur. + + _Apium nodiflorum_ Reich. + +et comme espèces plus petites : + + _Juncus maritimus_ Lam. v. _arabicus_ Asch. et Buch. + + _Juncus Fontanesii_ J. Gay. + +Dans le terrain marécageux, mais non inondé, sont des Cariçaies +(fort pauvres en _Carex_ du reste), entourant les Scirpaies ; les +espèces que nous y avons relevées sont : + + _Veronica Anagallis_ L. + + _Carex divisa_ Huds. + + _Samolus Valerandi_ L. + + _Polypogon monspeliense_ Desf. + + _Equisetum ramosissimum_ Desf. + + _Pulicaria inuloides_ DC. + + _Festuca elatior_ L. subsp. _arundinacea_ Hackel v. _genuina_ + Hackel et v. _Fenas_ Hackel. + + _Oryzopsis miliacea_ Batt. et Tr. + +Dans le sable humide au bord des ruisseaux, mais à une plus grande +distance de l’eau encore, se pressent les espèces suivantes dont +la majorité est toujours cosmopolite comme chez les précédentes, +mais avec des variétés particulières relevant d’espèces à aire +plus restreinte. Ce sont : + + _Lotus corniculatus_ L. (sous deux formes assez particulières). + + _Sonchus maritimus_ L. + + _Launæa resedifolia_ O. Kuntz. v. _viminea_ Hochr. + + _Euphorbia terracina_ L. v. _trapezoidalis_ Hochr. + + _Senecio coronopifolius_ Desf. v. _oasicola_ Hochr. + + _Convolvulus arvensis_ L. + + _Cynodon Dactylon_ Pers. + + _Melilotus indica_ All. + + _Spergularia media_ Pers. + + _Frankenia pulverulenta_ L. + + _Alsine geniculata_ Hochr. + + _Astragalus cruciatus_ Link. + + _Brachypodium distachyum_ P. de Beauv. v. _genuinum_ Willk. et Lange + +et enfin dans les endroits plus secs : + + _Chenopodium murale_ L. v. _microphyllum_ Boiss. + +Dans les mares des points d’eau, comme dans celles des oasis, +se trouve une association de plantes flottantes ou submergées ; +ce sont, à part les algues vertes et les _Characées_ indiquées +dans notre liste de cryptogames : + + _Lemna minor_ L. + + _Potamogeton natans_ L. + + _Zannichellia palustris_ L. + +Faisant abstraction des dattiers et des peupliers qui peuvent être +considérés comme cultivés, on pourra voir que cette association +des oasis où nous avons noté trente-six espèces, se compose : + +A. De plantes cosmopolites ou répandues tout autour de la +Méditerranée et dans l’Europe centrale[5]. Telles sont, par +exemple : _Veronica Anagallis_, _Scirpus Holoschœnus_, _Samolus +Valerandi_, _Potamogeton natans_, etc. ; en tout vingt-deux espèces, +c’est-à-dire 61 %. + +B. D’espèces répandues tout autour de la Méditerranée ; +exemples : _Frankenia pulverulenta_, _Brachypodium distachyum_ +v. _genuinum_, _Polypogon monspeliense_, etc. ; en tout huit espèces, +c’est-à-dire 22 %. + +C. D’espèces méditerranéennes sous forme de variétés spéciales +à aire très restreinte : _Astragalus cruciatus_ v. _polyactinus_, +connu en Algérie et en Espagne seulement. _Senecio coronopifolius_ +v. _oasicola_ var. nov. _Euphorbia terracina_ var. _trapezoidalis_ ; +en tout trois, environ 8 %. + +D. D’espèces répandues en Barbarie et en Orient : _Pulicaria +inuloides_, _Chenopodium murale_ v. _microphyllum_, deux seulement, +environ 6 %. + +F. Une seule plante possédant une aire occidentale, c’est le +_Launæa resedifolia_ v. _viminea_. + +§ 2. POINTS D’EAU. — Visités d’une façon plus spéciale : +Tircount, Bellef Loufa, Duveyrier (Voy. Pl. IV, fig. 5). Les espèces +qui donnent la physionomie sont ici : les _lauriers-roses_[6] ou les +_tamaris_, ou les deux mélangés, formant parfois de petits bois +ombreux au sol humide, où l’on rencontre à côté d’un certain +nombre des cosmopolites déjà mentionnés à propos des oasis, +une série d’autres formes à aire restreinte. + +Cette association se compose de : + + _Festuca elatior_ L. v. _Fenas_ Hack., cosmopolite ou tout au + moins circumméditerranéen. + + _Cyperus lævigatus_ L., cosmopolite ou tout au moins + circumméditerranéen. + + _Solanum nigrum_ L., cosmopolite ou tout au moins + circumméditerranéen. + + _Telephium Imperati_ L., cosmopolite ou tout au moins + circumméditerranéen. + + _Chenopodium foliosum_ Asch. et Græb., cosmopolite ou tout au + moins circumméditerranéen. + + _Frankenia pulverulenta_ L., cosmopolite ou tout au moins + circumméditerranéen. + + _Polypogon monspeliense_ Desf., cosmopolite ou tout au moins + circumméditerranéen. + + _Juncus Fontanesii_ J. Gay, cosmopolite ou tout au moins + circumméditerranéen. + + _Spergularia diandra_ Heldr. et Sart., cosmopolite ou tout au + moins circumméditerranéen. + + _Herniaria cinerea_ DC., cosmopolite ou tout au moins + circumméditerranéen. + + _Calendula ægyptiaca_ Pers.[7], cosmopolite ou tout au moins + circumméditerranéen. + + _Matthiola oxyceras_ DC. v. _oasicola_ Hochr., plante spéciale + à la région. + + _Plantago Coronopus_ L. v. _oasicola_ Hochr., plante spéciale + à la région. + + _Filago spathulata_ Presl. v. _oasicola_ Hochr., plante spéciale + à la région. + + _Hedypnois cretica_ Willd., v. _oasicola_ Hochr., plante spéciale + à la région. + + _Erucastrum varium_ Durieu v. _montanum_ Coss., plante spéciale + à la région. + + _Muricaria Battandieri_ Hochr., v. _subintegrifolia_ Hochr., + plante spéciale à la région. + + _Crambe Kralikii_ Coss., plante spéciale à la région. + + _Erucaria uncata_ Boiss., à dispersion orientale. + + _Pulicaria inuloides_ DC., à dispersion orientale. + + _Anacyclus cyrtolepidioides_ Pomel, à dispersion orientale. + + _Scabiosa monspeliensis_ Jacq.[8], à dispersion occidentale, +auxquels on pourrait ajouter encore la plupart des cosmopolites des +oasis et en tous cas les plantes submergées énumérées plus haut. + +Autour des tamaris et des lauriers-roses se trouvent toujours quelques +cultures, parfois très restreintes, de plantes herbacées. Les +palmiers comme les grands arbres manquent dans ces endroits. Comme +on vient de le voir, dans les points d’eau ce sont aussi les +cosmopolites qui dominent (52 %) ; les plantes spéciales sont en +plus grand nombre (30 %), et nous retrouvons aussi quelques espèces +à dispersion orientale (13 %) et une seule à dispersion occidentale. + +§ 3. SOURCES DE MONTAGNE. — Au milieu de la région boisée, on +rencontre des sources donnant naissance à de minuscules prairies plus +ou moins marécageuses ; et l’on y rencontre de nouveau l’élément +cosmopolite ou plus ou moins circumméditerranéen déjà mentionné ; +exemple : + + _Veronica Anagallis_ L. + + _Scirpus Holoschœnus_ L. + + _Sonchus asper_ Hill. + + _Ranunculus macrophyllus_ Desf. v. _macrophyllus_ Hochr. + + _Scrophularia canina_ L. + + _Sideritis montana_ L. v. _ebracteata_ Briq. + + _Lamium amplexicaule_ L. + +mélangés à des espèces occidentales en beaucoup plus grand nombre : + + _Asphodelus cerasifer_ Gay. + + _Rosa Pouzini_ Trattinick. + + _Nepeta Nepetella_ L. v. _amethystina_ Briq. + + _Marrubium supinum_ L. + +et une variété un peu spéciale : + + _Populus alba_ L. v. _integrifolia_ Ball (Voy. Pl. XIII, fig. 20, + 2me plan). + +Malgré l’humidité constante, jamais il ne se forme quoi que ce +soit qui ressemble à une tourbière. + +§ 4. CONCLUSION. — Comme on le voit, ces associations des oasis et +points d’eau ont un caractère trivial très marqué. En ne tenant +pas compte des sources de montagne dont les affinités occidentales +résultent de leur position à une altitude déjà considérable, +la proportion des espèces _plus ou moins cosmopolites ou du moins +circumméditerranéennes_ est de 71 % de l’ensemble des espèces +observées. La grande majorité de ces espèces ne se rencontre que +dans les endroits humides ; en dehors du Tell on ne les trouve donc +que là où il y a de l’eau, et je crois que ce n’est pas trop +s’avancer en attribuant leur dissémination aux cultures et au +bétail, c’est-à-dire à l’influence de l’homme. + +Le second élément de ces associations — les plantes que nous +nommerons _oasicoles_ — est formé par les _espèces empruntées aux +associations voisines_ : le steppe ou la montagne. Parmi ces espèces, +les unes sont si profondément modifiées par le milieu qu’elles +constituent des variétés particulières, les autres ne sont pas +transformées, mais elles sont plus exubérantes. + +Au nombre des premières sont plusieurs variétés décrites par nous +sous le nom d’_oasicola_ ; elles se distinguent presque toutes par +leur port très allongé, leurs grandes fleurs, leurs grandes feuilles +et leur glabrescence. + +Ces oasicoles constituent à peu près le 28 % de +l’association. Elles comprennent, sous des formes spéciales ou +sous des formes typiques : + +_a_) des espèces méditerranéennes comme le _Filago spathulata_, +l’_Hedypnois cretica_, etc. + +_b_) des plantes particulières à l’Algérie ou à la Barbarie +comme : _Crambe Kralikii_, _Muricaria Battandieri_, etc. + +_c_) des espèces à dispersion orientale, en petit nombre, +exemple : _Erucaria uncata_, _Chenopodium murale_ v. _microphyllum_, +etc. (env. le 7 % de l’ensemble des espèces observées). + +_d_) trois plantes seulement à dispersion occidentale : _Scabiosa +monspeliensis_, _Launæa resedifolia_ O. Kuntz. var. _viminea_ Hochr., +_Astragalus cruciatus_ Link var. _polyactinus_ Hochr.[9]. + +Ces oasicoles étant empruntées aux associations voisines, il +n’est pas difficile de se représenter que leur dissémination +à courte distance a lieu par des moyens quelconques, le vent plus +spécialement. La seule difficulté qui pourrait s’élever, serait +au sujet de notre série _d_ (à dispersion occidentale), mais nous +verrons qu’on peut expliquer facilement sa présence par la migration +des flores. + +Le troisième élément, qui se réduit à une seule espèce +particulière aux oasis et points d’eau, mais à dispersion +exclusivement orientale, est constitué par le _Pulicaria +inuloides_. Cette aire est assez bizarre chez une plante de cette +sorte et nous ne nous l’expliquons pas pour le moment. + + * * * * * + + + CHAPITRE II + + =Les dunes.= + + +La végétation des dunes est uniforme et nous ne saurions distinguer +plusieurs modes comme dans le chapitre précédent. Cette association +revêt en somme la forme steppique, c’est-à-dire qu’elle est +formée de touffes plus ou moins isolées (Voy. Pl. IV, fig. 6) les +unes des autres. Seulement ces touffes sont resserrées et en grande +quantité au pied de la dune, où les espèces sont aussi les plus +nombreuses (Voy. Pl. V, fig. 7). Plus on s’élève au contraire, +plus les touffes vont s’espaçant, plus les espèces deviennent +rares, jusqu’à ce qu’enfin on arrive dans la partie dénudée +où, dans une véritable mer de sable mouvant, on n’aperçoit plus +qu’à de grandes distances quelques plants d’_Aristida pungens_ +(Voy. Pl. V, fig. 8)[10]. + +Toutes les espèces des dunes présentent des adaptations +particulières à la vie dans le sable. Signalons à la hâte les +suivantes : racines démesurées, plongeant dans le sol, rhizomes +très longs se ramifiant en tous sens, racines couvertes sur toute +leur surface et sur toute leur longueur d’un épais tomentum de +poils absorbants (ce qui est le cas particulièrement pour toutes +les _Graminées_ des sables), etc. + +A part deux ou trois buissons ne dépassant pas trois mètres de haut +(_Genista Rætam_, _Saharæ_ et _sphærocarpa_)[11], la végétation +des dunes est herbacée ; l’association observée par nous se +compose des espèces suivantes : + + _Aristida pungens_ Desf., depuis l’Algérie jusque dans + l’Orient méridional. + + _Genista Rætam_ Forsk., depuis l’Algérie jusque dans l’Orient + méridional. + + _Cleome arabica_ L., depuis l’Algérie jusque dans l’Orient + méridional. + + _Cyperus conglomeratus_ Rottb., depuis l’Algérie jusque dans + l’Orient méridional. + + _Bassia muricata_ All., depuis l’Algérie jusque dans l’Orient + méridional. + + _Argyrolobium uniflorum_ Jaub. et Spach, depuis l’Algérie + jusque dans l’Orient méridional. + + _Hippocrepis bicontorta_ Loisel. v. _sinuosissima_ Pomel[12], + depuis l’Algérie jusque dans l’Orient méridional. + + _Echinops spinosus_ L., répandu en Barbarie depuis le Maroc + jusqu’en Orient. + + _Atractylis flava_ Desf. v. _citrina_ Hochr., répandu en Barbarie + depuis le Maroc jusqu’en Orient. + + _Astragalus Gombo_ Coss. et Dur., répandu en Barbarie depuis le + Maroc jusqu’en Orient. + + _Onopordon arenarium_ Pomel[13], répandu en Barbarie depuis le + Maroc jusqu’en Orient. + + _Genista Saharæ_ Coss. et Dur., connu en Algérie et en Tunisie. + + _Eremobium ægyptiacum_ Hochr. v. _longisiliquum_ Hochr., connu + en Algérie et en Tunisie. + + _Euphorbia calyptrata_ Coss. et Dur., connu en Algérie, etc. + + » _Guyoniana_ Boiss. et Reut., connu en Algérie, etc. + + _Convolvulus supinus_ Coss. et Kral., du Maroc à Tripoli. + + _Thymelæa microphylla_ Coss. et Dur., du Maroc à Tripoli. + + _Rumex tingitanus_ L. v. _lacerus_ Batt. et Tr., du Maroc en + Tunisie. + + _Eruca sativa_ Lam. v. _stenocarpa_ Coss., du Maroc en Tunisie. + + _Mecomischus halimifolius_ Hochr., esp. endémique, du Maroc + en Tunisie. + + _Andryala Chevalieri_ Barr., esp. endémique, du Maroc en Tunisie. + + _Centaurea dimorpha_ Viv. v. _lævibracteata_ Hochr. v. endémique, + du Maroc en Tunisie. + + _Linum angustifolium_ Huds. v. _submicranthum_ + Hochr. v. endémique, du Maroc en Tunisie. + + _Astragalus tenuifolius_ Desf. v. _austro-oranensis_ + Hochr. v. endémique, du Maroc en Tunisie. + + _Cutandia memphitica_ Benth., d’Espagne en Orient en passant + par la Barbarie. + + _Nonnea violacea_ DC., d’Espagne en Orient en passant par + la Barbarie. + + _Stipa tenacissima_ L., d’Espagne en Orient en passant par + la Barbarie. + + _Nolletia chrysocomoides_ Cass., d’Espagne en Orient en passant + par Barbarie. + + _Malcolmia arenaria_ DC., en Espagne et en Algérie seulement. + + _Genista sphærocarpa_ Lam., en Espagne et en Algérie seulement. + + _Reseda decursiva_ Forsk., circumméditerranéen. + + _Senecio coronopifolius_ Desf. v. _genuinus_ Hochr., + circumméditerranéen. + +[Illustration : Campement d’Aïn-Aïssa (source de J.-C.).] + +Sur 32 espèces observées par nous, il y en a donc : + +A. 11 orientales. + +B. 8 particulières au Nord de l’Afrique, mais s’étendant +aussi vers l’Orient puisque la plupart se retrouvent encore en +Tripolitaine. + +C. 4 s’étendant depuis la Tripolitaine jusqu’en Espagne. + +D. 2 à dispersion occidentale typique, c’est-à-dire espagnoles +et algériennes. + +E. 5 formes endémiques, mais dont 2 seulement sont des espèces +distinctes, les autres n’étant que des variétés de plantes +habitant la région : évidemment des adaptations récentes homologues +à celles que nous avons rencontrées parmi les oasicoles. + +F. 2 circumméditerranéennes. + +Ces chiffres permettent déjà d’affirmer les affinités orientales +très étroites de la flore des dunes, on s’en rendra mieux compte +encore, en examinant les espèces de plus près. + +Parmi les espèces dont l’aire s’étend vers l’Orient ou du +moins dont l’aire s’étend plus loin vers l’Orient que vers +l’Occident, les ⅚ sont indiquées par Battandier et Trabut comme +habitant la région saharienne dans les sables, c’est-à-dire +qu’elles peuvent être considérées comme plantes typiques des +dunes, exemple : _Genista Saharæ_, _Convolvulus supinus_, _Cleome +arabica_, etc. + +Parmi les espèces qui se trouvent en Espagne et en Barbarie, la seule +qui ne s’étende pas au delà de Tripoli est l’alfa qui certes, +n’est pas une plante typique des dunes, puisqu’elle rentre dans +la caractéristique d’un grand nombre de steppes. + +Enfin, parmi les plantes occidentales, _Malcolmia arenaria_, _Genista +sphærocarpa_, _Eruca sativa_ v. _stenocarpa_, il n’en est pas +une qui manque dans le Tell ; ce sont donc plutôt des adventices +dans l’association. + +Par conséquent, si nous prenons en considération les plantes +typiques des dunes qui n’ont pas été observées par nous dans +d’autres associations, nous verrons que sur 17 plantes dans ce cas : +1o 16 sont indiquées par Battandier et Trabut comme spéciales à +la région saharienne et une seulement comme se retrouvant sur les +hauts plateaux ; 2o 10 s’étendent jusqu’en Orient, 5 jusqu’en +Tripolitaine et 2 jusqu’en Tunisie. Pas une seule ne présente une +aire occidentale ou même circumméditerranéenne. + +Ceci nous permet d’affirmer que les végétaux les plus typiques +de l’association des dunes sont les suivants : + + _Aristida pungens_, d’Orient. + + _Genista Rætam_, d’Orient. + + _Astragalus Gombo_, d’Orient. + + _Cyperus conglomeratus_, d’Orient. + + _Cleome arabica_, d’Orient. + + _Bassia muricata_, d’Orient. + + _Hippocrepis bicontorta_, d’Orient. + + _Cutandia memphitica_, d’Orient. + + _Eremobium ægyptiacum_, d’Orient. + + _Atractylis flava_ v. _citrina_, d’Orient. + + _Euphorbia Guyoniana_, de Tripoli. + + _Convolvulus supinus_, de Tripoli. + + _Thymelæa microphylla_, de Tripoli. + + _Nonnea violacea_, de Tripoli. + + _Nolletia chrysocomoides_, de Tripoli. + + _Genista Saharæ_, de Tunisie. + + _Rumex tingitanus_ v. _lacerus_, de Tunisie. + +Rappelons pour être complet qu’il faudrait ajouter à cette liste +deux espèces réellement endémiques : + + _Mecomischus halimifolius_. + + _Andryala Chevalieri_. + + * * * * * + + + CHAPITRE III + + =Les steppes.= + + +Pour les associations des steppes, il nous sera impossible de procéder +comme pour les précédentes, parce que leur nombre est infini et +que ce sont tour à tour les espèces les plus diverses qui sont +prédominantes, donnant ainsi à cette forme de végétation les +aspects changeants qui font son charme. Comme la haute mer, le steppe +a ses fervents admirateurs. + +Il y a cependant certains caractères communs à tous les steppes, +c’est : + +1o La végétation en touffes plus ou moins espacées laissant +apercevoir entre elles le sol dénudé. + +2o A l’abri de ces touffes ou parfois entre elles se trouvent +quelques petites espèces influant du reste fort peu sur la physionomie +générale du paysage. + +3o L’absence complète des arbres est à noter. Toutefois dans +la région de la chaîne de grande bordure saharienne, on observe +çà et là des betoum (_Pistacia atlantica_). La plupart du temps +ils sont isolés dans la plaine et lorsqu’on en rencontre un, on +l’aperçoit déjà de très loin comme un petit point vert sombre, +presque noir, dans l’immensité jaune. A part cette essence que +nous croyons avec Massart en voie d’extinction dans la région, +il n’y a dans le steppe, en fait de végétaux ligneux, que deux ou +trois buissons peu élevés. Et encore, deux d’entre eux (_Genista +Rætam_ et _sphærocarpa_) sont-ils des plantes duniques ; un seul +buisson appartient au steppe, c’est le _Zizyphus Lotus_. + +Vu la très grande variété des steppes, nous nous bornerons donc, +pour établir les affinités de cette association, à énumérer +toutes les espèces récoltées dans la dite formation quelle que +soit sa physionomie. + +Après cela nous énumérerons les associations steppiques qui nous ont +le plus frappé. Nous ajouterons pour chacune d’elles les espèces +prédominantes et, s’il y a lieu, quelques espèces accessoires. + +Nous avons récolté les espèces steppiques suivantes : + + _Zizyphus Lotus_ Lam., circumméditerranéen. + + _Artemisia Herba-alba_ Asso., circumméditerranéen. + + _Salsola Kali_ L. var. _Tragus_ Boiss., circumméditerranéen. + + _Statice Thouini_ Viv., circumméditerranéen. + + _Erodium laciniatum_ Willd. v. _Bovei_ Hochr., + circumméditerranéen. + + _Allium pallens_ L., circumméditerranéen. + + _Herniaria cinerea_ DC., circumméditerranéen. + + _Teucrium Polium_ L. v. _vulgare_ Benth., circumméditerranéen. + + _Ajuga Iva_ Schreb. v. _pseudo-Iva_ Benth., circumméditerranéen. + + _Hedypnois cretica_ Willd., circumméditerranéen. + + _Atractylis cancellata_ L., circumméditerranéen. + + _Coronilla scorpioides_ Koch., circumméditerranéen. + + _Peganum Harmala_ L., circumméditerranéen. + + _Atractylis prolifera_ Boiss., s’étendant d’Algérie en + Orient. + + _Scabiosa arenaria_ Forsk., s’étendant d’Algérie en Orient. + + _Fagonia glutinosa_ Delile, s’étendant d’Algérie en Orient. + + _Genista Rætam_ Forsk., s’étendant d’Algérie en Orient. + + _Erucaria uncata_ Boiss., s’étendant d’Algérie en Orient. + + _Euphorbia cornuta_ Pers., s’étendant d’Algérie en Orient. + + _Aristida obtusa_ Delile, s’étendant d’Algérie en Orient. + + _Astragalus Fontanesii_ Coss. et Dur., s’étendant d’Algérie + en Orient. + + _Statice Bonduelli_ Lestib., d’Algérie en Tunisie et parfois + plus loin. + + _Evax pygmæa_ Pers. v. _argentea_ Hochr. d’Algérie en Tunisie + et parfois plus loin. + + _Euphorbia calyptrata_ Coss et Dur., d’Algérie en Tunisie et + parfois plus loin. + + _Gymnocarpos fruticosus_ Pers., du Maroc en Orient. + + _Odontospermum pygmæum_ O. Hoffm., du Maroc en Orient. + + _Centaurea crupinoides_ Desf., du Maroc en Orient. + + _Scorzonera undulata_ Vahl. v. _alexandrina_ Bonn. et Barr., + du Maroc en Orient. + + _Reseda arabica_ Boiss., du Maroc en Orient. + + _Helianthemum Lippii_ Pers. v. _ellipticum_ Boiss., du Maroc + en Orient. + + _Dianthus crinitus_ Sm. v. _typicus_ Sm., du Maroc en Orient. + + » v. _tomentellus_ Boiss.[14], du Maroc en Orient. + + _Matthiola oxyceras_ DC. v. _livida_ Conti, du Maroc en Orient. + + _Suæda vermiculata_ Forsk.[15], du Maroc en Orient. + + _Reichardia orientalis_ Hochr., d’Espagne en Orient par la + Barbarie. + + _Haloxylon articulatum_ Bunge v. _scoparium_ Hochr.[16], + d’Espagne en Orient par la Barbarie. + + _Limoniastrum Feei_ Hook., endémique dans la région. + + _Rhanterium adpressum_ Coss. et Dur., endémique dans la région. + + _Randonia africana_ Coss., endémique dans la région. + + _Anabasis aretioides_ Moq. et Coss., endémique dans la région. + + _Anthemis lonadioides_ Hochr., endémique dans la région. + + _Daucus sahariensis_ Murb. le type et v. _elongatus_ Hochr., + endémique dans la région. + + _Picris Saharæ_ Hochr. v. _oranensis_ Hochr.[17], endémique + dans la région. + + _Echinospermum patulum_ Lehm. v. _pterocarpum_ Hochr.[18], + endémique dans la région. + + _Ononis glabrescens_ Hochr. v. _minor_ Hochr.[19], endémique + dans la région. + + _Galium ephedroides_ Willk. v. _oranense_ Hochr.[20], endémique + dans la région. + + _Scabiosa monspeliensis_ Jacq. v. _minor_ Batt. et Tr.[21], + endémique dans la région. + + _Pistacia atlantica_ Desf., du Maroc en Tunisie. + + _Marrubium deserti_ de Noë, du Maroc en Tunisie. + + _Picris Saharæ_ Hochr. le type, du Maroc en Tunisie. + + _Cistanche violacea_ Beck., du Maroc en Tunisie. + + _Cutandia divaricata_ Benth., aire disjointe : en Barbarie et en + Europe méridionale. + + _Launæa resedifolia_ O. Kuntz. v. _viminea_ Hochr., en Barbarie + et Europe méridionale. + + _Ebenus pinnata_ Ait., au Maroc et en Algérie. + + _Polycnemum Fontanesii_ Dur. et Moq., au Maroc et en Algérie. + + _Delphinium pubescens_ DC., d’Espagne en Tunisie. + + _Orobanche fœtida_ Poiret, d’Espagne en Tunisie. + + _Galium ephedroides_ Willd. le type, d’Espagne en Algérie. + + _Diplotaxis virgata_ DC., d’Espagne en Algérie. + +[Illustration : Récolte du chêne-liège en Grande-Kabylie.] + +Si nous considérons cette liste d’une façon un peu générale, nous +y observons les mêmes éléments que dans les listes précédentes, +mais dans des proportions tout autres. + +Sur 59 espèces ou variétés citées, il y en a : + +A. 13 circumméditerranéennes, c’est-à-dire le 22 %. Dans cette +association, cet élément est donc beaucoup plus nombreux que dans +les dunes, mais moins que dans les oasis. + +B. 21 orientales, ou mieux 23, si nous leur ajoutons les deux espèces +qui s’étendent d’Espagne jusqu’en Orient en passant par la +Barbarie. Nous sommes fondés de le faire, parce que ce sont, à +n’en pas douter, des plantes qui sont venues d’Orient et qui ont +pénétré jusqu’en Espagne. Cela fait 39 % de plantes orientales. + +C. 11 endémiques dans la région (19 %), auxquelles nous pouvons +ajouter quatre particulières au Maroc, à l’Algérie et à la +Tunisie, ce qui fait en tout 15, c’est-à-dire 25 %. + +D. 6 à dispersion occidentale typique (10 %). + +E. 2 de ces plantes, c’est-à-dire le 3 % ont une aire disjointe et +se retrouvent en Sicile et dans le Nord de l’Espagne sans passer +par le Maroc. Nous pensons qu’il faut voir là cet élément à +dispersion transversale par rapport à la Méditerranée, représenté +par des espèces si nombreuses dans le Tell, comme l’indique Cosson. + +§ 1. STEPPES à UNE ESPèCE EXCLUSIVE. — Souvent on rencontre +dans le steppe des parties qui sont envahies par une espèce +excluant toutes les autres. En ces endroits plus ou moins étendus, +la végétation est uniforme ; nous n’oserions cependant pas +affirmer que cet exclusivisme soit absolu, car nous savons, pour +l’avoir observé dans d’autres steppes, qu’entre les touffes +sur le sol nu, des annuelles à existence très limitée peuvent se +développer çà et là, sous l’influence d’une pluie prolongée, +pour disparaître ensuite au bout de quelques jours. Néanmoins, pour +qui ne séjourne pas sur place, ces steppes paraissent ne renfermer +qu’une espèce. Tels sont ceux formés par : + +1) _Limoniastrum Feei_ Hook., dont nous avons observé un type très +remarquable près de Tiout. Nous devons ajouter cependant que l’on +y rencontre quelques exemplaires d’_Euphorbia cornuta_ Pers. + +2) _Gymnocarpos fruticosus_ Pers. (Voy. Pl. VI, fig. 9). C’est +dans ce steppe que nous avons observé un grand nombre de _Cistanche +violacea_ qui paraissaient être des plantes indépendantes tellement +elles étaient isolées. + +3) _Haloxylon articulatum_ Bunge (Voy. Pl. VI, fig. 10)[22] dans une +dépression où l’eau devait séjourner longtemps et où le terrain +contenait du chlorure de sodium. + +4) _Suæda vermiculata_ Forsk., forme un steppe très curieux +dans un terrain sablonneux à une certaine distance de l’oued de +Duveyrier. Ce steppe se termine en s’appuyant au petit bois de +tamaris qui longe l’oued (V. Pl. VIII, fig. 13). A cet endroit on +trouve entre les groupes du _Suæda_ quelques _Peganum Harmala_ L. + +5) _Anabasis aretioides_ Moq. et Coss. Il est peut-être exagéré +d’appeler cette espèce exclusive, car les seuls steppes à _Anabasis +aretioides_ que nous ayons observés sont ceux que l’on traverse +en chemin de fer, à plusieurs reprises, entre Mograr Foukani et +Duveyrier. Quoique nous ne nous soyons pas arrêté, nous avons eu +cependant l’impression que cette plante d’un port si frappant et +si caractéristique occupait seule de grands espaces. Cette impression +a été corroborée par plusieurs officiers ou médecins militaires +qui nous ont affirmé avoir parcouru d’immenses plaines où, +seul, ce champignon du désert, comme ils l’appellent, mettait +dans l’étendue stérile la monotonie de ses mamelons grisâtres +et toujours fort espacés. + +§ 2. STEPPES SABLONNEUX. — Les steppes de cette catégorie sont +très variables comme composition et comme espèces prédominantes +et ils présentent toujours une très forte proportion de plantes +psammophiles. Cette association est, en réalité, un mélange de la +végétation des steppes et de celle des dunes. Dans le voisinage de +ces dernières on voit tous les passages de l’une à l’autre. + +Cependant, il peut arriver que ce steppe prenne une allure plus +caractéristique dans certains endroits de la plaine où le sol est +sablonneux sans être en rapport direct avec une dune. On pourra +rencontrer là l’association suivante : + +Comme végétaux caractéristiques formant des touffes steppiques + + _Stipa tenacissima_ L., qui est presque toujours en majorité. + + _Rhanterium adpressum_ Coss. et Dur. + + _Randonia africana_ Coss. + +et disséminés çà et là dans les interstices : + + _Delphinium pubescens_ DC. + + _Atractylis prolifera_ Boiss. + + _Teucrium Polium_ L. v. _vulgare_ Benth. + + _Picris Saharæ_ Hochr. + + _Aristida obtusa_ Delile. + + _Launæa resedifolia_ O. Kuntz., etc. + +Dans certains cas rares il s’y ajoute un ou deux buissons de +_Genista Rætam_. + +Nous aurons à parler tout à l’heure des steppes composites qui se +trouvent au voisinage des oasis et l’association dont nous allons +nous occuper maintenant participe de leur nature. + +Nous verrons aussi comment Massart cherche à expliquer la présence +de certaines espèces dans le voisinage des oasis par l’influence +des herbivores ; mais comme, dans le cas qui nous occupe, nous avons +affaire à une association observée au centre des hauts plateaux, +c’est-à-dire au milieu des pâturages, le facteur mentionné +ci-dessus semble exclus. D’autre part, comme le terrain est très +sablonneux et un peu salé, malgré le voisinage d’un oasis point +d’eau, nous pouvons classer cette association parmi les types de +steppes sablonneux (Voy. Pl. VII, fig. 11). + +Les touffes steppiques n’y constituent pas des mottes proéminentes +et les espèces caractéristiques sont nombreuses. On peut s’en +rendre compte déjà par l’examen de notre figure 11. Les plus +grosses touffes sont formées par : + + _Peganum Harmala_ L. + + _Lepidium subulatum_ L. + + _Stipa gigantea_ Lag. + + _Lygeum Spartum_ L. + + _Erodium glaucophyllum_ L’Hérit. + +Les plantes plus petites sont : + + _Herniaria mauritanica_ Murbeck. + + _Atriplex parvifolius_ Lowe. + + _Plantago albicans_ L. + + » _maritima_ L. v. _chottica_ Hochr. + + _Helianthemum hirtum_ Pers. v. _deserti_ Coss. + + » _Lippii_ Pers. v. _sessiliflorum_ Spach. + + _Launæa resedifolia_ O. Kuntz., v. _viminea_ Hochr. + + _Muricaria Battandieri_ Hochr. v. _genuina_ Hochr. + + _Sisymbrium Reboudianum_ Verlot, etc. + +On pourrait appeler cela le steppe sablonneux des chotts. + +En dernier lieu nous voudrions mentionner un type de steppe sablonneux +assez fréquent, et caractérisé par la présence de buissons +disséminés de _Zizyphus Lotus_. Ces derniers se trouvent le plus +souvent au sommet de petites éminences sableuses et sont accompagnés +par des associations analogues à celle mentionnée pour le steppe +sablonneux non salé (Voy. Pl. VII, fig. 12). + +§ 3. STEPPES ROCAILLEUX. — 1. _Steppe d’alfa._ C’est le steppe +typique le plus fréquent sur les hauts plateaux et dans la bordure +saharienne. L’espèce prédominante et parfois presque exclusive +qui donne la physionomie de ce steppe, est le _Stipa tenacissima_ +(V. Pl. VIII, fig. 14). A l’abri de ses énormes touffes, dont +on voit jusqu’à l’infini ondoyer les panaches jaune pâle, se +rencontre une série d’espèces plus petites, parmi lesquelles il +est intéressant de constater que, suivant les régions, soit l’une +soit l’autre peut jouir d’une prédominance relative. Ce sont : + + _Daucus sahariensis_ Murbeck. + + _Coronilla scorpioides_ Koch. + + _Diplotaxis virgata_ DC. + + _Herniaria cinerea_ DC. + + _Astragalus Fontanesii_ Coss. et Dur. + + _Ebenus pinnata_ Ait. + + _Scorzonera undulata_ Vahl v. _alexandrina_ Bonn. et Barr. + + _Statice Bonduelli_ Lestib. + + _Atractylis cancellata_ L. + + _Picris Saharæ_ Hochr. + + _Ononis glabrescens_ Hochr. + + » » » v. _minor_ Hochr. + + _Odontospermum pygmæum_ O. Hoffm. + +2. Voici la composition d’un _steppe rocailleux dépourvu d’alfa_ +et observé plus au Sud, près de Aïn el Hadjej (Voy. Pl. XI, +fig. 17) : + + _Erucaria uncata_ Boiss. + + _Helianthemum Lippii_ Pers. v. _ellipticum_ Boiss. + + _Euphorbia calyptrata_ Coss. et Dur. + + _Fagonia glutinosa_ Delile. + + _Reseda arabica_ Boiss. + + _Centaurea crupinoides_ Desf. + + _Carrichtera Vellæ_ DC. + + _Daucus sahariensis_ Murb. v. _elongatus_ Hochr. + +3. Au milieu du steppe rocailleux, on rencontre parfois dans les +vallées de la bordure saharienne des rochers isolés qui surgissent +de la plaine et qui ont quelqu’influence sur l’association en +question. Ils y introduisent une certaine variété, comme on pourra le +constater par les espèces suivantes dont deux endémismes typiques : + + _Galium ephedroides_ Willk. v. _oranense_ Hochr. + + » » » le type. + + _Dianthus crinitus_ Sm. + + _Reichardia orientalis_ Hochr. + + _Picris Saharæ_ Hochr. v. _oranensis_ Hochr. + + _Allium pallens_ L. + + _Cutandia divaricata_ Benth. + + _Matthiola oxyceras_ DC. v. _livida_ Conti. + +récoltés près de l’un de ces massifs rocheux où l’on observe +des sculptures préhistoriques célèbres dans le pays. + +§ 4. STEPPES LIMONEUX. — 1. _Petites dépressions limoneuses +du steppe d’alfa._ Ces petites dépressions font presque partie +intégrante de l’association mentionnée plus haut, mais comme +elles ont un facies tout à fait différent, il convient de les +classer à part. + +C’est à peine une formation steppique. Dans la plaine d’alfa, +elle se présente sous forme de petites espaces très circonscrits et +dénudés. Le terrain rocailleux y fait place à un limon plus ou moins +mélangé de cailloux et l’on constate çà et là de petites plantes +appliquées contre le sol ou rampantes. Le contraste avec les hautes +tiges de l’alfa environnant est donc frappant. Les espèces que +nous avons notées dans ces petites dépressions sont les suivantes : + + _Ajuga Iva_ Schreb. v. _pseudo-Iva_ Benth. + + _Reseda arabica_ Boiss. + + _Scabiosa arenaria_ Forskal. + + » _monspeliensis_ Jacq. v. _minor_ Batt. et Tr. + + _Erodium laciniatum_ Willd. v. _Bovei_ Hochr. + +et dans un ou deux cas seulement : + + _Anabasis aretioides_ Moq. et Coss. + +échappé de l’extrême Sud. + +2. _Dépressions limoneuses en général._ Nous n’avons pas eu le +moyen d’étudier de près cette association caractéristique dont une +des plantes les plus saillantes est l’_Artemisia Herba-alba_ Asso ; +au reste elle a été remarquée par la plupart des voyageurs et on +en trouvera facilement de bonnes descriptions (Voy. Pl. X, fig. 16). + +§ 5. STEPPES COMPOSITES. — Ces steppes, qu’on observe presque +toujours au voisinage des oasis, sont très riches en espèces. Ils +ne présentent pas de plantes prédominantes, cependant il est +rare de ne pas y distinguer des touffes d’alfa en assez grande +quantité. A part cela, on y rencontre très fréquemment la plupart +des espèces steppiques quelles qu’elles soient ; il s’y ajoute +presque toujours des espèces des dunes lorsque le sol est sablonneux, +et on y remarque quelquefois aussi quelques espèces échappées de +l’oasis. M. Massart attribue cette richesse au fait que l’oasis +offre aux herbivores une nourriture abondante ; ces animaux dédaignent +alors ce qu’ils brouteraient ailleurs s’ils étaient affamés. Dans +bien des cas cela est vrai, mais dans la région de steppe où l’alfa +abonde, les herbivores n’ont pas une influence si décisive. + +A titre d’exemple nous mentionnerons quelques plantes notées dans +cette association aux environs d’Aïn-Sefra, telle qu’on la voit +sur notre planche (Pl. IX, fig. 15) : + + _Stipa tenacissima_ L. + + _Peganum Harmala_ L. + + _Salsola Kali_ L. v. _Tragus_ Boiss. + + _Fagonia glutinosa_ Delile. + + _Hedypnois cretica_ Willd. + + _Daucus sahariensis_ Murb. + + _Scabiosa arenaria_ Forsk. + + _Atractylis prolifera_ Boiss. + + _Matthiola oxyceras_ DC. v. _livida_ Conti. + + _Atractylis cancellata_ L. + + _Artemisia Herba-alba_ Asso. + +etc., etc. + +_Remarque_ : Avant de terminer ce que nous avons à dire sur +les steppes, nous voudrions signaler une petite association très +élégante et très localisée du reste. Ce n’est ni un steppe, ni +une dune, ni un point d’eau, mais cette petite station participait +au caractère physique de ces trois facteurs œcologiques. Nous +avons récolté là ensemble l’_Imperata cylindrica_ P. de Beauv., +formant de petites touffes aux longs panaches argentés, et l’_Iris +Xiphium_ L. dont les grandes fleurs s’enlevaient en violet foncé +sur le sol jaune et sablonneux. Il est certain que cette association +nous a frappé surtout à cause de son caractère esthétique. Nous +ne l’avons jamais observée ailleurs ; elle n’a donc qu’un +intérêt scientifique fort restreint. + +§ 6. CONCLUSION. — De ce qui précède nous pouvons conclure, au +sujet des steppes en général, que ces associations ont une grande +affinité avec l’Orient. Dans les plaines, comme sur les dunes, +nous assistons à une invasion de la flore d’Orient ; mais elle est +certes moins avancée chez les premières que chez les secondes. Dans +les steppes on observe en effet à côté de cet élément oriental +une proportion d’endémismes et de plantes occidentales un peu plus +grande que dans l’association des dunes. + +D’autre part il est à remarquer qu’une très grande quantité de +ces plantes steppiques du Sud se retrouvent sur les hauts plateaux. Une +forte proportion aussi est particulière aux montagnes du Sud et au +Sahara. Dans un ou deux cas seulement, d’après les renseignements +incomplets que nous possédons sur ce sujet, nous avons rencontré +des espèces vivant dans les montagnes du Tell, dans celles du +Sud et manquant sur les hauts plateaux. Et encore dans ces cas si +rares, l’absence sur les hauts plateaux n’est-elle rien moins que +certaine ; si même elle l’était, la présence de ces plantes dans +cette association pourrait s’expliquer par le fait que souvent les +plantes de montagne descendent jusque dans la plaine en suivant le +cours des ouadi. Ce que nous venons de dire au sujet des affinités +de la végétation steppique s’affirme davantage encore, si, dans +les proportions établies, nous faisons abstraction de l’élément +circumméditerranéen. + + * * * * * + + + CHAPITRE IV + + =Les montagnes.= + + +Les montagnes du Sud-Oranais sont presque toutes des dômes allongés +et monotones, formés par des grès paléozoïques et elles sont +couvertes d’une végétation fort riche pour la région. Dans leur +partie inférieure, les flancs s’élèvent en pente douce et sont +couverts, comme la plaine environnante, d’une association steppique +de plantes herbacées ou sous-frutescentes. Leur partie supérieure +au contraire, de 1300 ou 1500 m. à 2000 et au-delà, est couverte +dans presque tous les cas par des forêts d’une nature particulière. + +Il va sans dire que la partie inférieure présente d’étroites +analogies avec les steppes ; néanmoins elle s’en distingue par +la présence d’un assez grand nombre d’espèces descendues +des hauteurs. C’est le cas en particulier pour les forêts qui +s’allongent en pointe vers le bas, en suivant le cours des ouadi. On +peut observer ce phénomène de loin déjà sur la plupart des +montagnes (Voy. Pl. XII, fig. 18). Dans d’autres cas, au contraire, +les déboisements ou les incendies ont fait leur œuvre et la montagne +est dénudée jusqu’à une altitude considérable. Alors le steppe +s’étend et, quoiqu’il s’incorpore un grand nombre d’espèces +de la zone forestière, il entraîne cependant avec lui jusqu’à +des altitudes inusitées bien des espèces des hauts plateaux. + +La flore montagneuse est d’un puissant intérêt ; comme elle est +très riche et variée, on peut y distinguer trois zones : + +1) La zone inférieure non boisée dont nous avons déjà parlé ; +elle s’étend jusqu’à 1400 m. environ. + +2) La zone moyenne de 1400 à 1700 ou 1800 m. + +3) La zone supérieure de 1700 ou 1800 m. à 2000 m. et au-dessus. + +Il ne faudrait pas s’imaginer que ces limites soient absolues ! Comme +les limites des forêts, elles sont très variables et même dans +beaucoup de cas où la lisière des forêts remonte à de hautes +altitudes, on voit la zone moyenne ne pas coïncider avec cette +dernière. Inversément, nous verrons que des associations entières, +caractéristiques du sommet des montagnes, sont entraînées très +bas le long des rives boisées des torrents. + +A l’intérieur des zones de végétation que nous venons de +mentionner, il y a des associations particulières, mais celles-ci +elles-mêmes contribuent parfois à caractériser la zone en question, +tel est le cas pour les prairies que l’on rencontre sous forme +de clairières dans la zone supérieure et, plus rarement, dans la +zone moyenne. Tel est le cas aussi pour les sources de montagne, +mentionnées déjà à propos des points d’eau, ou bien enfin, +pour les rochers accidentés qui se trouvent parfois au sommet de +quelque dôme démantelé. + +Pour nous rendre compte des affinités et de l’origine de ces +différentes flores, il convient d’étudier chaque zone à part et +de dresser, pour chacune d’entre elles, les statistiques que nous +avons faites pour les groupes analysés plus haut. Il faudra introduire +quelque peu d’arbitraire dans les listes de cette nature, parce que +les limites altitudinaires ne coïncident pas toujours avec les zones +que nous avons établies. D’autre part, souvent une même espèce +se rencontre dans deux ou trois zones différentes et, comme nous +l’avons dit, les limites des zones sont parfois très difficiles à +tracer dans un cas donné. Mais si nous laissons autant que possible +de côté les cas douteux et que nous répétions autant que faire +se pourra la même espèce dans diverses listes, lorsqu’elle +aura été récoltée à des altitudes différentes, nous pourrons +néanmoins nous faire une idée générale au sujet des éléments +de la flore montagneuse. En effet, les indications données par une +étude systématique de ces questions sont tellement nettes que — si +imparfaites et si incomplètes que soient nos listes — les résultats +généraux s’en dégagent néanmoins avec une évidence indiscutable, +comme on a pu le voir déjà dans les chapitres qui précèdent. + +§ 1. ZONE INFéRIEURE à CARACTèRE STEPPIQUE. — Nous ne saurions +donner de cette association une analyse détaillée basée sur nos +exsiccata, car nous n’avons pas approfondi l’étude de ce groupe +vu son peu d’intérêt. + +1) Dans la zone inférieure des montagnes, c’est avec toutes ses +espèces accessoires le _steppe d’alfa_ qui remonte le long des +pentes de la montagne. Il serait donc inutile de répéter ici la +liste que nous en avons donnée, comme il nous a paru fastidieux d’y +récolter à nouveau les mêmes plantes. Mais, à ces espèces déjà +mentionnées, s’en joignaient d’autres dont la présence frappait +au premier abord, parce que nous ne les avions pas rencontrées dans +la plaine. C’étaient par exemple : + + _Plantago Psyllium_ L., circumméditerranéen. + + _Linum strictum_ L., circumméditerranéen. + + _Glaucium corniculatum_ Curtis v. _phœniceum_ DC., + circumméditerranéen. + + _Rumex vesicarius_ L., d’Orient. + + _Calendula ægyptiaca_ Pers., d’Orient. + + _Echiochilon fruticosum_ Desf., d’Orient. + + _Moricandia arvensis_ DC. v. _suffruticosa_ Coss., d’Orient. + + _Astragalus Fontanesii_ Coss. et Dur., d’Algérie en Egypte. + + _Centaurea melitensis_ L., d’Espagne et bassin méditerranéen + occidental. + + _Erinacea pungens_ Boiss., d’Espagne et bassin méditerranéen + occidental. + + _Catananche cœrulea_ L. v. _propinqua_ Hochr., du Maroc. + + _Daucus sahariensis_ Murb. v. _elongatus_ Hochr., endémique dans + la région. + + _Centaurea incana_ Desf. v. _Saharæ_ Hochr., endémique dans + la région. + + _Crambe Kralikii_ Coss., endémique dans la région. + +Si l’on ajoute cela à l’association des steppes d’alfa, on +verra que les rapports avec l’Orient restent très étroits ; +les rapports avec l’Occident augmentent un peu, ainsi que les +endémismes. Cette augmentation est très faible. + +Malgré le peu que nous savons au sujet de leur dispersion en Algérie +même, nous remarquons que la plupart des espèces signalées dans +la caractéristique de la région montagneuse inférieure, sont des +plantes habitant surtout le Sahara et la chaîne de bordure. Les +autres habitent les trois régions ou bien les deux régions +méridionales. Cette observation est à retenir pour la comparaison +avec les zones supérieures. + +2) Nous mentionnerons aussi dans la zone inférieure l’association +dont nous avons déjà parlé et qui se rattache à la partie +boisée des montagnes, c’est-à-dire les _plantes qui descendent +presque jusque dans la plaine_ en suivant les ouadis (Voy. Pl. XIII, +fig. 19). Mais nous ne pouvons pas tenir compte de la liste que nous +allons donner pour élucider les affinités de la zone montagneuse +la plus inférieure ; c’est pourquoi pour la discussion de ces +affinités nous rattacherons les éléments de cette association à +leurs zones naturelles respectives. Nous y avons noté à côté des : + + _Juniperus phœnicea_ L. + + » _Oxycedrus_ L. + +les plus fréquents et + + _Quercus Ilex_ L. v. _Ballota_ DC. + + _Juniperus macrocarpa_ Sibth. et Sm. v. _globosa_ Neilreich. + +les espèces suivantes : + + _Chrysanthemum macrotum_ Ball. + + _Achillea odorata_ L. + + _Silene amurensis_ Pomel. + + _Dianthus longicaulis_ Ten. + + _Atractylis cæspitosa_ Desf. + + _Arabis auriculata_ Lam. + + _Linaria heterophylla_ Desf. v. _aurasiaca_ Hochr. + +Il va sans dire que cette association est en outre fortement +imprégnée d’espèces de la zone inférieure steppique telles que : + + _Erinacea pungens_ Boiss. + + _Astragalus Fontanesii_, + +etc., etc. + +§ 2. ZONE MOYENNE PLUS OU MOINS BOISéE. — Cette zone qui commence +vers 1400 ou 1500 m. suivant les régions, s’étend jusqu’à 1700 +ou 1800 m. Les essences y sont les mêmes que dans la zone supérieure, +mais les proportions y sont un peu différentes : + + _Juniperus Oxycedrus_ L. + + » _phœnicea_ L. + +dominent, tandis que : + + _Quercus Ilex_ L. v. _Ballota_ et + + _Juniperus macrocarpa_ + +sont en plus petit nombre. Nous n’avons jamais observé le pin +d’Halep dans cette région. + +Tous ces arbres ont une forme très caractéristique ; ils possèdent +presque toujours un ou plusieurs troncs parfois très gros mais +branchus jusqu’à la base, de telle sorte qu’isolés, comme ils +le sont, ils ont plus ou moins la forme d’une sphère. On pourrait +comparer ces forêts singulières au steppe ; elles sont aux forêts +denses ce que le steppe est à la prairie. + +Entre ces individus arborescents se trouve toute une flore herbacée, +suffrutescente ou même frutescente, à organisation plus ou moins +steppique. Elle peut devenir parfois assez dense pour former dans +les clairières de petites prairies. + +Les espèces herbacées qu’on observe dans cette région, et qui +accompagnent les essences ligneuses mentionnées, sont : + + _Scrophularia canina_ L., plus ou moins cosmopolite[23]. + + _Veronica Anagallis_ L., plus ou moins cosmopolite. + + _Scirpus Holoschœnus_ L., plus ou moins cosmopolite. + + _Lamium amplexicaule_ L., plus ou moins cosmopolite. + + _Sonchus asper_ Hill, plus ou moins cosmopolite. + + _Ranunculus macrophyllus_ Desf. v. _macrophyllus_ Hochr., plus + ou moins cosmopolite. + + _Convolvulus arvensis_ L., plus ou moins cosmopolite. + + _Scorzonera laciniata_ L., plus ou moins cosmopolite. + + _Lolium perenne_ L., plus ou moins cosmopolite. + + _Elymus caput-medusæ_ L., plus ou moins cosmopolite. + + _Bromus tectorum_ L., plus ou moins cosmopolite. + + _Bromus squarrosus_ L., plus ou moins cosmopolite. + + _Linaria arvensis_ Desf. v. _parviflora_ Hochr., plus ou moins + cosmopolite. + + _Arenaria serpyllifolia_ L. v. _tenuior_ Koch, plus ou moins + cosmopolite. + + _Sideritis montana_ L. v. _ebracteata_ Briq., + circumméditerranéen. + + _Hedypnois cretica_ Willd., circumméditerranéen. + + _Papaver somniferum_ var. _setigerum_ Webb., circumméditerranéen. + + _Artemisia Herba-alba_ Asso., circumméditerranéen. + + _Plantago albicans_ L., circumméditerranéen. + + _Teucrium Polium_ L. v. _flavovirens_ Briq., circumméditerranéen. + + _Ceratocephalus falcatus_ Pers. v. _incurvus_ Boiss., + circumméditerranéen. + + _Schismus calycinus_ Coss., circumméditerranéen. + + _Bromus rubens_ L. v. _canescens_ Coss., circumméditerranéen. + + _Lygeum Spartum_ L., circumméditerranéen. + + _Rosmarinus officinalis_ L., circumméditerranéen. + + _Thlaspi perfoliatum_ L., circumméditerranéen. + + _Carrichtera Vellæ_ DC., circumméditerranéen. + + _Satureia rotundifolia_ Briq., circumméditerranéen. + + _Echinaria capitata_ Desf., circumméditerranéen. + + _Fumaria densiflora_ DC., circumméditerranéen. + + _Herniaria cinerea_ DC., circumméditerranéen. + + _Micropus bombycinus_ Lag., circumméditerranéen. + + _Stipa barbata_ Desf., d’Espagne en Orient par la Barbarie. + + _Echinospermum patulum_ Lehm. v. _genuinum_ Hochr., d’Espagne + en Orient par la Barbarie. + + _Erodium glaucophyllum_ L’Hérit du Maroc en Orient par la + Barbarie. + + _Ononis Columnæ_ All., d’Espagne en Orient, mais aussi dans + l’Europe méridionale. + + _Convolvulus cantabricus_ L., d’Espagne en Orient, mais aussi + dans l’Europe méridionale. + + _Alsine setacea_ Mert. et Koch[24] v. _genuina_ Boiss., Europe + méridionale et Algérie. + + _Helichrysum scandens_ Murb.[24], Baléares, Sicile, Maroc + à Tunisie. + + _Centaurea Battandieri_ Hochr., endémique dans la région. + + _Erucastrum leucanthum_ Coss. et Dur., endémique dans la région. + + _Festuca cynosuroides_ Desf., endémique dans la région. + + _Centaurea incana_ Desf. v. _monocephala_ Hochr., endémique dans + la région. + + _Artemisia Herba-alba_ Asso. v. _oranensis_ Debeaux, endémique + dans la région. + + _Diplotaxis virgata_ DC. v. _Aïssæ_ Hochr., endémique dans + la région. + + _Erucastrum leucanthum_ Coss. et Dur. v. _elongatum_ Hochr., + endémique dans la région. + + _Sisymbrium runcinatum_ Lag. v. _hirsutum_ Coss., endémique dans + la région. + + _Linum Munbyanum_ Boiss. et Reut. v. _meridionale_ Hochr., + endémique dans la région. + + _Pallenis spinosa_ Cass. v. _cuspidata_ Hochr., endémique dans + la région. + + _Asperula hirsuta_ Desf., d’Espagne en Tunisie. + + _Chrysanthemum macrotum_ Ball., d’Espagne en Tunisie. + + _Stipa tenacissima_ L., d’Espagne en Tunisie. + + _Marrubium supinum_ L., d’Espagne en Tunisie. + + _Erysimum Kunzeanum_ Boiss. et Reut., d’Espagne en Algérie. + + _Diplotaxis virgata_ DC., d’Espagne en Algérie. + + _Festuca unilateralis_ Schrad. v. _aristata_ Coss. et Dur., + d’Espagne en Algérie. + + _Nepeta Nepetella_ L. v. _amethystina_ Briq., d’Espagne en + Algérie. + + _Populus alba_ L. v. _integrifolia_ Ball, d’Espagne en Algérie. + + _Asphodelus cerasifer_ Gay, d’Espagne en Tunisie et en Europe + méridionale, manque en Orient. + + _Fumaria spicata_ L., d’Espagne en Tunisie et en Europe + méridionale, manque en Orient. + + _Rosa Pouzini_ Trattinick, d’Espagne en Tunisie et en Europe + méridionale, manque en Orient. + + _Crepis taraxacifolia_ Thuill, d’Espagne en Tunisie et en Europe + méridionale, manque en Orient. + + _Sisymbrium Sophia_ L., d’Espagne en Tunisie et en Europe + méridionale, manque en Orient. + + _Coronilla juncea_ L. v. _Pomeli_ Hochr., d’Espagne en Tunisie + et en Europe occidentale, manque en Orient. + + _Atractylis cæspitosa_ Desf., du Maroc en Tunisie. + + _Polycnemum Fontanesii_ Dur. et Moq., du Maroc en Algérie. + +Pour être complet et pour avoir des proportions qui correspondent à +la flore de cette zone, il est nécessaire d’ajouter à notre liste +une série d’espèces habitant la zone supérieure mais descendant +toujours plus ou moins bas, dans la zone moyenne. + +Ces plantes communes aux deux zones sont : + + _Asperugo procumbens_ L., plus ou moins cosmopolite. + + _Androsace maxima_ L., plus ou moins cosmopolite. + + _Arabis auriculata_ Lam., plus ou moins cosmopolite. + + » » » v. _dasycarpa_ Andrz, plus ou moins cosmopolite. + + _Alyssum campestre_ L., plus ou moins cosmopolite. + + _Juniperus phœnicea_ L., circumméditerranéen. + + » _Oxycedrus_ L., circumméditerranéen. + + » _macrocarpa_ Sibth. et Sm., circumméditerranéen. + + _Triticum triaristatum_ Gr. et God., circumméditerranéen. + + _Launæa spinosa_ Sch. Bip., d’Espagne en Orient par la Barbarie. + + _Helianthemum hirtum_ Pers. v. _deserti_ Coss., endémique. + + _Polycarpon Bivonæ_ Hay, d’Italie en Asie mineure, du Maroc + en Tunisie. + + _Quercus Ilex_ L. v. _Ballota_ DC., d’Espagne en Tunisie. + + _Cynoglossum cheirifolium_ L.[25], d’Espagne en Tunisie. + + _Helianthemum papillare_ Boiss., d’Espagne en Tunisie. + + _Anthemis punctata_ Vahl, d’Espagne en Tunisie. + + _Linum suffruticosum_ L., d’Espagne en Tunisie. + + _Helianthemum pilosum_ Pers., d’Espagne en Tunisie. + + _Ephedra fragilis_ Desf. v. _Desfontainii_ Stapf.[26], d’Espagne + en Tunisie. + + _Chrysanthemum Gayanum_ Ball, au Maroc et en Algérie occidentale. + + _Chrysanthemum Maresii_ Ball, au Maroc et en Algérie occidentale. + +Si nous envisageons l’ensemble de ces listes, nous remarquons +d’abord que la proportion des cosmopolites est fortement augmentée, +à cause de l’association des sources de montagne dont nous avons +fait rentrer la liste dans l’énumération ci-dessus. Les six +premières espèces sont des plantes de point d’eau et pour ne pas +troubler nos résultats, nous n’en tiendrons pas compte dans les +proportions à établir. Nous avons cependant voulu les énumérer +pour être complet. + +Une première remarque s’impose tout d’abord, c’est que le +nombre total des espèces et variétés observées est beaucoup plus +grand que dans le steppe ou dans la région inférieure. + +En faisant abstraction des cosmopolites de marécage, il s’élève +à 77, parmi lesquelles : + +A. 34 cosmopolites ou circumméditerranéennes, c’est-à-dire +le 44 %. 8 ou 10 sont des espèces habitant l’Europe centrale +et constituent un élément spécial dont nous aurons à parler +plus tard. Il reste donc comme proportion de cosmopolites ou de +circumméditerranéennes vraies, environ 30 %, une proportion un peu +plus forte que dans le steppe de la plaine. + +B. 6 orientales, c’est-à-dire le 8 %. Notons ici la diminution +énorme de cet élément. + +C. 12 endémiques, en y comptant l’_Atractylis cæspitosa_ qui +s’étend d’un côté au Maroc, de l’autre en Tunisie. Cela +fait une proportion de 16 % de plantes particulières à la région, +par conséquent à peine plus faible que dans le steppe ; mais vu +l’imperfection de nos statistiques, nous ne saurions baser de +conclusion sur une différence aussi minime. + +D. 23 à aire occidentale, c’est-à-dire environ le 30 %. + +E. 3 de ces plantes enfin, c’est-à-dire un peu plus du 3 %, +présentent une aire disjointe, en ce sens qu’elles se trouvent dans +l’Europe méridionale, la Sicile en particulier, et en Algérie, +tout en faisant défaut, d’une part en Espagne et au Maroc, d’autre +part en Orient. + +En gros nous pouvons dire que, par rapport à la zone inférieure +et au steppe, les affinités avec l’Orient ont diminué dans une +très forte mesure au profit de l’affinité avec l’Occident dont +l’influence devient prépondérante. + +Il nous reste à examiner rapidement quelques-unes des associations +les plus typiques de cette zone. + +1. =Forêts de genévriers et de chênes-verts.= — Dans les +intervalles entre les arbres, sur un terrain rocheux ou sur des +éboulis plus ou moins recouverts de terre, se trouve une série +de petites espèces chétives pourvues souvent d’assez jolies +fleurs où butinent de nombreux insectes. Il peut s’y ajouter un +végétal remarquable à cause de ses petits buissons bas et très +verts, c’est le _Rosmarinus officinalis_ qui donne une physionomie +vraiment particulière à l’association quand il s’y trouve en +grand nombre. A côté des arbres précités et du romarin nous avons +noté les espèces suivantes : + + _Fumaria densiflora_ DC. + + _Helichrysum scandens_ Murb. + + _Ephedra fragilis_ Desf. v. _Desfontainii_ Stapf. + + _Chrysanthemum Gayanum_ Ball. + + » _Maresii_ » + + _Launæa spinosa_ Sch. Bip. + + _Alsine setacea_ Mert. et Koch. + + _Cynoglossum cheirifolium_ L. + + _Helianthemum papillare_ Boiss. + + _Anthemis punctata_ Vahl. + + _Centaurea Battandieri_ Hochr. + + _Erucastrum leucanthum_ Coss. et Dur. + + » » » v. _elongatum_ Hochr. + + _Erysimum Kunzeanum_ Boiss. et Reut. + + _Coronilla juncea_ L. v. _Pomeli_ Hochr. + + _Sisymbrium Sophia_ L. + + _Artemisia Herba-alba_ Asso v. _oranensis_ Debeaux. + + _Lygeum Spartum_ L. + +etc., etc. + +Et plutôt dans les éboulis grossiers, quelque peu recouverts +de terre : + + _Veronica rosea_ Desf. + + _Linum suffruticosum_ L. v. _squarrosum_ Munby. + + _Helianthemum hirtum_ Pers. v. _deserti_ Coss. + + » _pilosum_ Pers. + + _Arenaria serpyllifolia_ L. v. _tenuior_ Koch. + + _Asperula hirsuta_ Desf. + + _Polycarpon Bivonæ_ Gay. + +Cette dernière série forme en quelque sorte une sous-association, +car elle affectionne les endroits plutôt ombreux ; toutefois elle +se combine de toutes manières avec la série précédente et avec +la suivante. + +Parmi les espèces se rattachant toujours à l’association des +forêts de genévriers et de chênes-verts, nous tenons à mentionner +à part les espèces suivantes, récoltées toutes dans les pierres +du chemin et dont nous attribuons la présence en grande partie au +passage des troupeaux. En effet toutes ou presque toutes sont des +plantes à dispersion étendue, cosmopolite ou circumméditerranéenne +et plusieurs possèdent des appareils de dissémination adhéreurs : + + _Echinaria capitata_ Desf. + + _Triticum triaristatum_ Gr. et Godr. + + _Elymus caput-medusæ_ L. + + _Bromus squarrosus_ L. + + » _tectorum_ L. + + » _rubens_ L. v. _canescens_ Coss. + + _Lolium perenne_ L. + + _Ceratocephalus falcatus_ Pers. v. _incurvus_ Boiss. + + _Arabis auriculata_ Lam. v. _genuina_. + + » » » v. _dasycarpa_ Andrez. + + _Herniaria cinerea_ DC. + + _Thlaspi perfoliatum_ L. + + _Alyssum campestre_ L. + + _Asperugo procumbens_ L. + + _Androsace maxima_ L. + + _Ononis Columnæ_ All. + + _Linaria arvensis_ Desf. v. _parviflora_ Hochr. + + _Satureia rotundifolia_ Briq. + + _Erodium glaucophyllum_ L’Hérit. + +2. =Prairies-clairières.= — Il nous est très difficile de donner +un aperçu même fragmentaire de cette association, parce qu’elle est +fort rare dans la zone moyenne. Elle est beaucoup plus fréquente dans +la zone supérieure ; d’autre part dans quelque zone qu’elle se +trouve, elle sert presque toujours de pâturage aux herbivores et ces +derniers ne laissent pas une plante entière. Dans certains cas même, +là où il y a une tribu dans le voisinage, il ne reste absolument rien +qu’un gazon tondu ras, piétiné, où aucune détermination n’est +possible. Quoiqu’il en soit, nous mentionnerons cependant quelques +espèces récoltées dans la clairière d’Aïn-Aïssa (Voy. Pl. XIII, +fig. 20) afin de donner une idée du caractère de ces associations : + + _Hedypnois cretica_ Wild. + + _Papaver somniferum_ var. _setigerum_ Webb. + + _Convolvulus arvensis_ L. + + _Scorzonera laciniata_ L. + + _Convolvulus cantabricus_ L. + +3. =Pentes herbeuses déboisées.= — Lorsqu’elles sont suffisamment +recouvertes de terre végétale, l’alfa domine de beaucoup, et +elles constituent un steppe très serré de _Stipa tenacissima_. Il +peut s’y ajouter comme sur les pentes sud-est du Djebel Morghad : + + _Crepis taraxacifolia_ Thuill. + + _Pallenis spinosa_ Cass. v. _cuspidata_ Hochr. + + _Linum Munbyanum_ Boiss. et Reut. v. _meridionale_ Hochr. + +Lorsque la pente est surtout rocailleuse, l’alfa est en moins grande +quantité, il forme des touffes plus petites et plus espacées. Il +s’y ajoute des touffes de : + + _Atractylis cæspitosa_ Desf. + + _Polycnemum Fontanesii_ Dur. et Moq. + + _Artemisia Herba-alba_ Asso. + +Et, dans les intervalles, se trouvent en très grand nombre des +espèces plus petites : + + _Carrichtera Vellæ_ DC. + + _Echinospermum patulum_ Lehm. v. _genuinum_ Hochr. + + _Schismus calycinus_ Coss. + + _Diplotaxis virgata_ DC. v. _Aïssæ_ Hochr. + + _Sisymbrium runcinatum_ Lag. v. _hirsutum_ Coss. + + _Fumaria spicata_ L. + +A une altitude supérieure, nous avons observé l’association +suivante, qui devrait rentrer dans la zone supérieure si l’on ne +prenait en considération que l’altitude de 1700 à 1800 mètres +(Voy. Pl. XIV, fig. 21). La formation est toujours steppique : + + _Stipa tenacissima_ L. + + _Artemisia Herba-alba_ Asso. + + _Chrysanthemum macrotum_ Ball. + + _Festuca cynosuroides_ Desf. + + _Centaurea incana_ Desf. v. _monocephala_ Hochr. + + _Diplotaxis virgata_ DC. + + _Festuca unilateralis_ Schrad. v. _aristata_ Coss. et Bur. + + _Stipa barbata_ Desf. + + _Teucrium Polium_ L. v. _flavovirens_ Briq. + + _Plantago albicans_ L. + + _Papaver somniferum_ var. _setigerum_ Webb. + + _Micropus bombycinus_ Lag. + +Malgré des données incomplètes sur la phytogéographie de +l’Algérie, on ne peut qu’être frappé du grand nombre de plantes +répandues dans le Tell et dans la chaîne de bordure saharienne, mais +manquant sur les hauts plateaux. C’est environ le 30 % des végétaux +au sujet desquels nous avons trouvé quelques renseignements. Et +même, dans cette série de 30 %, plus de la moitié sont indiqués +expressément comme habitant les hauts sommets du Tell et plusieurs +du Djurdjura. Une très grande quantité aussi (à peu près la même +proportion) est indiquée comme habitant le Tell, les hauts plateaux +et la bordure saharienne. + +Par rapport aux précédents, un très petit nombre au contraire +(environ le 10 %) est indiqué pour les hauts plateaux et dans la +bordure saharienne ; le reste serait constitué par des plantes de +la bordure saharienne et du Sahara. On pourrait déjà tirer une +conclusion de cette constatation mais elle ressortira avec plus de +clarté encore de l’étude de la zone supérieure. + +§ 3. ZONE SUPéRIEURE BOISéE. — La zone supérieure commence à +1700 ou 1800 m., elle est toujours boisée, au moins sur les montagnes +que nous avons visitées. Lorsque le déboisement a eu lieu, c’est +généralement la zone moyenne qui s’élève jusqu’à la limite +des forêts. Cependant il peut arriver qu’en certains endroits il +reste quelques arbres et alors, au milieu du steppe indiqué comme +caractéristique de la zone moyenne, on observe des îlots de plantes +se rattachant par tous leurs caractères à la zone supérieure. + +Au sommet des montagnes, ce ne sont plus les genévriers qui dominent, +mais bien les chênes-verts ; il s’y ajoute les _Juniperus +macrocarpa_ en assez grand nombre. On y rencontre aussi, mais +moins fréquents que dans la zone moyenne, le _Juniperus Oxycedrus_ +et _J. phœnicea_. Enfin un arbre que nous avons rencontré dans +cette zone seule, et qui lui donne un faciès caractéristique, la +séparant du coup de toutes les associations de la région, c’est +le _Pinus Halepensis_. Nous en avons observé plusieurs groupes, +parfois assez étendus, sur les pentes du Djebel Aïssa ; ce sont +des arbres extrêmement vieux, très élevés et dont les formes +tourmentées sont des plus pittoresques (Voy. Pl. XV, fig. 23). Il +est évident que cette essence est en voie d’extinction, et ces +bouquets de bois de haute futaie sont les restes d’une ancienne +splendeur. Nous ne doutons pas qu’autrefois, les pins d’Halep +n’aient recouvert la plupart des montagnes de la région. + +Quant aux autres essences, ce sont des arbres identiques à ceux de la +zone moyenne, mais plus on s’élève, plus les exemplaires deviennent +exubérants, plus ils se rapprochent aussi ; au point que, sur les +hauts sommets, au Djebel Morghad par exemple (2136 m.), ils forment +de petits bois très denses, où les couronnes entrent en contact les +unes avec les autres et constituent un dôme ombreux continu. Ce même +phénomène peut s’observer aussi dans le voisinage des sources ; +dans ce cas il est tout à fait localisé ; ailleurs les arbres sont +toujours plus ou moins espacés comme dans la zone moyenne. + +Un autre caractère de cette zone supérieure est la présence de +prairies-clairières comme nous en avons mentionné déjà dans la zone +moyenne où elles sont fort rares du reste. Dans la zone supérieure, +au contraire, elles sont la règle, tandis que la formation steppique +type y fait défaut. + +Dans ces forêts de la zone supérieure comme dans ses clairières, +nous avons relevé les espèces suivantes : + + _Bromus tectorum_ L., plus ou moins cosmopolite. + + _Lolium perenne_ L., plus ou moins cosmopolite. + + _Triticum triaristatum_ Gr. et Godr., plus ou moins cosmopolite. + + _Poa bulbosa_ L., plus ou moins cosmopolite. + + _Muscari comosum_ Mill., plus ou moins cosmopolite. + + _Sedum album_ L. v. _micranthum_ DC., plus ou moins cosmopolite. + + _Reseda Luteola_ L. v. _Gussonii_ J. Müll., plus ou moins + cosmopolite. + + _Myosotis collina_ Hoffm., plus ou moins cosmopolite. + + _Linaria arvensis_ Desf. v. _parviflora_ Hochr., plus ou moins + cosmopolite. + + _Herniaria glabra_ L., circumméditerranéen s’étendant en + Europe centrale ou boréale. + + _Galium spurium_ L. v. _Vaillantii_ Gr. et Godr., + circumméditerranéen s’étendant en Europe centrale ou boréale. + + _Camelina sylvestris_ Wallr., circumméditerranéen s’étendant + en Europe centrale ou boréale. + + _Arabis auriculata_ Lam. v. _genuina_, circumméditerranéen + s’étendant en Europe centrale. + + _Arabis auriculata_ Lam. v. _dasycarpa_ Andrz., + circumméditerranéen s’étendant en Europe centrale. + + _Hutchinsia petræa_ R. Br., circumméditerranéen s’étendant + en Europe centrale. + + _Arenaria serpyllifolia_ L. v. _tenuior_ Koch, + circumméditerranéen s’étendant en Europe centrale ou boréale. + + _Ruscus aculeatus_ L., circumméditerranéen s’étendant en + Europe centrale. + + _Asperugo procumbens_ L., circumméditerranéen s’étendant en + Europe centrale ou boréale. + + _Androsace maxima_ L., circumméditerranéen s’étendant en + Europe centrale ou boréale. + + _Alyssum campestre_ L., circumméditerranéen s’étendant en + Europe centrale ou boréale. + + _Silene conica_ L., circumméditerranéen s’étendant en Europe + centrale. + + _Lactuca viminea_ J. et K. Presl, circumméditerranéen + s’étendant en Europe centrale. + + _Osyris alba_ L., circumméditerranéen s’étendant en Europe + centrale. + + _Xeranthemum inapertum_ Willd., circumméditerranéen s’étendant + en Europe centrale. + + _Juniperus phœnicea_ L., circumméditerranéen. + + » _Oxycedrus_ L., circumméditerranéen. + + » _macrocarpa_ Sibth. et Sm. v. _globosa_ Neilreich, + circumméditerranéen. + + _Pinus Halepensis_ Mill., circumméditerranéen. + + _Paronychia capitata_ Lam., circumméditerranéen. + + _Thlaspi perfoliatum_ L., circumméditerranéen. + + _Silene colorata_ Poir. v. _pteropleura_ Coss.[27], + circumméditerranéen. + + _Jasminum fruticans_ L., circumméditerranéen. + + _Lithospermum incrassatum_ Guss., circumméditerranéen. + + _Sedum nicæense_ All., circumméditerranéen. + + _Cynosurus elegans_ Desf., circumméditerranéen. + + _Bromus rubens_ L. v. _canescens_ Coss., circumméditerranéen. + + _Ruta chalepensis_ L., circumméditerranéen. + + _Avena barbata_ Brot. v. _genuina_ Willk. et L., + circumméditerranéen. + + _Reseda alba_ L. v. _firma_ J. Müll., circumméditerranéen. + + _Melica ciliata_ L. v. _nebrodensis_ Parlat., + circumméditerranéen. + + _Oryzopsis cœrulescens_ Batt. et Tr., circumméditerranéen. + + _Clematis Flammula_ L. v. _cæspitosa_ Reich., + circumméditerranéen. + + _Adonis æstivalis_ L., circumméditerranéen. + + _Plantago Lagopus_ L., circumméditerranéen. + + _Hippocrepis ciliata_ Willd., circumméditerranéen. + + _Salvia Verbenaca_ L. v. _clandestina_ Briq., + circumméditerranéen. + + _Cotoneaster nummularia_ Fisch. et M., d’Orient. + + _Launæa spinosa_ Sch. Bip., d’Espagne en Orient par la Barbarie. + + _Stipa parviflora_ Desf., d’Espagne en Orient par la Barbarie. + + _Rochelia disperma_ Hochr., d’Espagne en Algérie et en Orient + par l’Europe centrale. + + _Pimpinella Tragium_ Vill., d’Espagne en Algérie et en Orient + par l’Europe centrale. + + _Valerianella Auricula_ DC., d’Espagne en Algérie et au Caucase + par l’Europe méridionale. + + _Colutea arborescens_ L., d’Espagne en Algérie et au Caucase + par l’Europe méridionale. + + _Filago Heldreichii_ Batt. et Tr., aire disjointe, Europe + méridionale et Algérie[28]. + + _Polycarpon Bivonæ_ Gay., aire disjointe, Europe méridionale + et Algérie. + + _Lamium hybridum_ Vill., aire disjointe, Europe méridionale + et Algérie. + + _Lathyrus articulatus_ L., aire disjointe, Europe méridionale + et Algérie. + + _Anthemis montana_ L.[29], aire disjointe, Europe méridionale + et Algérie. + + _Jurinea humilis_ DC.[29], aire disjointe, Europe méridionale + et Algérie. + + Formes endémiques en Algérie : + + _Festuca ovina_ L. ss. _infesta_ Hochr., dont l’espèce est + circumméditerranéenne. + + _Anthriscus vulgaris_ Pers. f. _depauperata_[30], dont l’espèce + est circumméditerranéenne. + + _Pallenis spinosa_ Cass. v. _cuspidata_ Hochr., dont l’espèce + est circumméditerranéenne. + + _Senecio leucanthemifolius_ Poir. v. _leucanthemifolius_ Batt.[31], + dont l’espèce est circumméditerranéenne. + + _Cistus incanus_ L. v. _Reichenbachii_ Hochr.[31], dont l’espèce + est circumméditerranéenne. + + _Linaria heterophylla_ Desf. v. _aurasiaca_ Hochr., dont + l’espèce a une aire disjointe. + + _Linum Munbyanum_ Boiss. et Reut. v. _meridionale_ Hochr., + espèce en Barbarie seulement. + + _Helianthemum hirtum_ Pers. v. _deserti_ Coss., espèce en + Barbarie seulement. + + _Silene oranensis_ Hochr., l’espèce est elle-même endémique. + + _Cerastium echinulatum_ Coss. et Dur., l’espèce est elle-même + endémique. + + _Verbascum atlanticum_ Batt., l’espèce est elle-même + endémique. + + _Silene amurensis_ Pomel, l’espèce est elle-même endémique. + + _Thymus hirtus_ Willd. v. _albiflorus_ Briq., espèce en Espagne + et Algérie. + + _Sisymbrium crassifolium_ Cav. v. _giganteum_ Hochr., espèce en + Espagne et Algérie. + + _Sisymbrium crassifolium_ Cav. v. _scaposum_ Hochr., espèce en + Espagne et Algérie. + + _Crepis taraxacifolia_ Thuill. v. _Aïssæ_ Hochr., espèce + méditerranéenne occidentale. + + _Linum suffruticosum_ L. v. _squarrosum_ Munby, espèce + méditerranéenne occidentale. + + * * * * * + + _Anthyllis Vulneraria_ L. v. _coccinea_ L., du Maroc en Tunisie. + + _Polygala rupestris_ Pourr. v. _saxatilis_ Murb., du Maroc + en Tunisie. + + _Chrysanthemum Gayanum_ Ball, du Maroc en Algérie. + + » _Maresii_ Ball, du Maroc en Algérie. + + _Anacyclus depressus_ Ball, du Maroc en Algérie. + + _Simbuleta fruticosa_ Hochr., du Maroc en Algérie. + + _Delphinium Balansæ_ Boiss. et Reut., du Maroc en Algérie. + + _Dactylis glomerata_ L. v. _spiciformis_ Hochr., du Maroc en + Algérie. + + _Alyssum montanum_ L. v. _Aïssæ_ Hochr., Europe centrale + méridionale et Barbarie, manque en Orient. + + _Alyssum montanum_ L. v. _atlanticum_ Boiss., Europe centrale + méridionale et Barbarie, manque en Orient. + + _Erodium cicutarium_ L’Hérit. v. _Jacquinianum_ Hochr., Europe + centrale méridionale et Barbarie, manque en Orient. + + _Rhamnus lycioides_ L., Europe occidentale, Espagne, Barbarie. + + _Centranthus Calcitrapa_ Dufr., partie occidentale du bassin + méditerranéen. + + _Crupina vulgaris_ Cass., partie occidentale du bassin + méditerranéen. + + _Tulipa Celsiana_ DC., partie occidentale du bassin + méditerranéen. + + _Inula montana_ L. v. _calycina_ Batt. et Tr.[32], partie + occidentale du bassin méditerranéen. + + _Sedum dasyphyllum_ L. v. _glanduliferum_ Gr. et G., partie + occidentale du bassin méditerranéen. + + _Helianthemum rubellum_ Presl[33], partie occidentale du bassin + méditerranéen. + + _Erysimum grandiflorum_ Desf., partie occidentale du bassin + méditerranéen. + + _Anacyclus valentinus_ L., partie occidentale du bassin + méditerranéen. + + _Cynoglossum cheirifolium_ L., partie occidentale du bassin + méditerranéen. + + _Phillyrea angustifolia_ L. v. _angustifolia_ Hochr., partie + occidentale du bassin méditerranéen. + + _Ephedra fragilis_ Desf. v. _Desfontainii_ Stapf[34], partie + occidentale du bassin méditerranéen. + + _Helianthemum pilosum_ Pers., partie occidentale du bassin + méditerranéen. + + _Ephedra nebrodensis_ Tineo v. _Villarsii_ Stapf[32], partie + occidentale du bassin méditerranéen. + + _Anthemis punctata_ Vahl, partie occidentale du bassin + méditerranéen. + + _Helianthemum papillare_ Boiss., partie occidentale du bassin + méditerranéen. + + _Quercus Ilex_ L. v. _Ballota_ DC., partie occidentale du bassin + méditerranéen. + + _Helianthemum virgatum_ Pers., partie occidentale du bassin + méditerranéen. + + _Rubia lævis_ Poir., partie occidentale du bassin méditerranéen. + + _Asperula hirsuta_ Desf., partie occidentale du bassin + méditerranéen. + + _Marrubium supinum_ L., d’Espagne en Tunisie. + + _Astragalus tenuifolius_ Desf., d’Espagne en Tunisie. + + _Linaria tristis_ Mill., d’Espagne en Algérie. + + _Geum heterocarpum_ Boiss., d’Espagne en Algérie. + + _Berberis australis_ Hochr., d’Espagne en Algérie. + + _Diplotaxis virgata_ DC. v. _Aïssæ_ Hochr., d’Espagne en + Algérie. + + _Santolina rosmarinifolia_ L. v. _canescens_ Boiss., d’Espagne + en Algérie, non mentionné au Maroc. + + _Veronica rosea_ Desf., d’Espagne en Algérie, non mentionné + au Maroc. + + _Armeria allioides_ Boiss., d’Espagne en Algérie, non mentionné + au Maroc. + + _Festuca triflora_ Desf., d’Espagne en Algérie, non mentionné + au Maroc. + + _Chenopodium foliosum_ A. et G. v. _minus_ A. et G., dispersion + à nous inconnue. + + _Lotus commutatus_ Guss. v. _collinus_ Brand, dispersion à + nous inconnue + +et, à l’état sporadique, l’alfa (_Stipa tenacissima_). + +Remarquons tout d’abord la richesse de cette région dans laquelle +nous avons récolté plus de 118 espèces ou variétés différentes ; +quoique nous y ayons herborisé bien moins souvent que dans la +plaine. Parmi les plantes récoltées il y a : + +A. — 45 espèces ou variétés cosmopolites ou +circumméditerranéennes, c’est-à-dire le 30 % ; 15 sont +des espèces circumméditerranéennes mais répandues dans +l’Europe centrale. Il reste donc en fait de cosmopolites ou de +circumméditerranéennes vraies environ le 25 %, proportion un peu +plus faible que dans la zone précédente. + +B. — 3 orientales, c’est-à-dire le 2 %, donc diminution nouvelle +de cet élément par rapport à la zone précédente. + +C. — 19 endémiques, en y ajoutant l’_Anthyllis Vulneraria_ +L. v. _coccinea_ L. et le _Polygala rupestris_ Pourr. v. _saxatilis_ +Murb. qui se retrouvent au Maroc et en Tunisie. Cela fait une +proportion d’environ 16 % de plantes particulières à la région. + +D. — 39 qui ont une aire plus ou moins étendue du côté de +l’Occident (33 vont au moins jusqu’en Espagne), ce qui fait le +33 % de plantes occidentales ; donc une augmentation de cet élément +par rapport à la zone précédente. On pourrait ajouter encore ici 4 +plantes orientales, qui habitent seulement le Caucase ou les montagnes +du Nord de la Perse, et qui ont pénétré en Algérie par la voie +de l’Europe méridionale où on les retrouve partout, et non par +l’Arabie et l’Egypte où elles font défaut. En comptant ces 4 +espèces cela fait une proportion de 36 % de plantes orientales. + +E. — 6 de ces plantes enfin, c’est-à-dire le 5 %, présentent +une aire disjointe dans l’Europe méridionale, en particulier en +Sicile, et en Algérie. Elles manquent au moins dans l’Espagne +méridionale et au Maroc, ou bien en France et en Espagne. En gros +nous pouvons donc dire que les affinités avec l’Occident et avec +le Nord ont augmenté au détriment des affinités avec l’Orient +méridional. Enumérons les principales associations de cette zone : + +1. =Forêts de chênes-verts et de genévriers espacés.= +(Voy. Pl. XVI, fig. 26). — C’est une association semblable à +celle que nous avons vue dans la zone moyenne, mais les chênes-verts +sont en plus grand nombre et les espèces de sous-bois sont un peu +différentes. Suivant que nous nous trouvons à la partie inférieure +de la zone ou à une altitude plus considérable l’association +varie quelque peu. + +A 1700 ou 1800 m. nous avons observé sur les pentes du Ras Chergui +et près du col de Merbah au Djebel Morghad, les espèces suivantes : + + _Helianthemum rubellum_ Presl, dans les deux stations et un peu + partout à cette altitude. + + _Helianthemum pilosum_ Pers., dans les deux stations et un peu + partout à cette altitude. + + _Helianthemum papillare_ Boiss., dans les deux stations et un + peu partout à cette altitude. + + _Helianthemum hirtum_ Pers. v. _deserti_ Coss., dans les deux + stations et un peu partout à cette altitude. + + _Linum suffruticosum_ L. v. _squarrosum_ Munby, dans les deux + stations et un peu partout à cette altitude. + + _Sedum nicæense_ All., dans les deux stations et un peu partout + à cette altitude. + + _Ephedra fragilis_ Desf. v. _Desfontainii_ Stapf., dans les deux + stations et un peu partout à cette altitude. + + _Veronica rosea_ Desf., dans les deux stations et un peu partout + à cette altitude. + + _Chrysanthemum Maresii_ Ball, dans les deux stations et un peu + partout à cette altitude. + + _Chrysanthemum Gayanum_ Ball, dans les deux stations et un peu + partout à cette altitude. + + _Polycarpon Bivonæ_ Gay, dans les deux stations et un peu partout + à cette altitude. + + _Anthemis punctata_ Vahl, dans les deux stations et un peu partout + à cette altitude. + + _Cynoglossum cheirifolium_ L., dans les deux stations et un peu + partout à cette altitude. + + _Coronilla juncea_ L. v. _Pomeli_ Hochr., dans les deux stations + et un peu partout à cette altitude. + + _Diplotaxis virgata_ DC. v. _Aïssæ_ Hochr., dans les deux + stations et un peu partout à cette altitude. + + _Launæa spinosa_ Sch. Bip., récolté seulement au Ras Chergui. + + _Erodium cicutarium_ L’Hérit. v. _Jacquinianum_ Hochr., + seulement au Col de Merbah. + + _Astragalus tenuifolius_ Desf., seulement au Col de Merbah. + +Au Djebel Aïssa, à la même altitude mais dans une exposition plus +favorable, nous avons noté dans la même formation : + + _Cistus incanus_ L. v. _Reichenbachii_ Hochr. + + _Colutea arborescens_ L. + + _Xeranthemum inapertum_ Willd. + + _Crepis taraxacifolia_ Thuill. v. _Aïssæ_ Hochr. + + _Ruta chalepensis_ L. + + _Chrysanthemum Maresii_ Ball. + + _Verbascum atlanticum_ Batt. + + _Coronilla juncea_ L. v. _Pomeli_ Hochr. + +Enfin, les espèces suivantes que nous rapportons avec doute à cette +association, parce que nous les avons récoltées sur le chemin +muletier et, comme nous l’avons dit pour la zone moyenne, elles +nous paraissent en relation avec le passage des troupeaux : + + _Triticum triaristatum_ Gr. et Godr. + + _Alyssum campestre_ L. + + _Arabis auriculata_ Lam. v. _genuina_. + + » » Lam. v. _dasycarpa_ Andrz. + + _Asperugo procumbens_ L. + + _Androsace maxima_ L. + +A 1900 mètres environ, nous avons noté au Dj. Aïssa, toujours dans +les bois de chênes-verts et de genévriers : + + _Ephedra nebrodensis_ Tineo v. _Villarsii_ Stapf. + + _Poa bulbosa_ L. + + _Dactylis glomerata_ L. v. _spiciformis_ Hochr. + + _Festuca ovina_ L. ss. _infesta_. + + _Tulipa Celsiana_ DC. + + _Silene colorata_ Poir. v. _pteropleura_ Coss. + + _Alyssum montanum_ L. v. _Aïssæ_ Hochr. + + _Camelina sylvestris_ Wallr. + + _Sisymbrium crassifolium_ Cav. v. _scaposum_ Hochr. + + _Reseda alba_ L. v. _firma_ J. Müll. + + _Helianthemum papillare_ Boiss. + + _Armeria allioides_ Boiss. + + _Lithospermum incrassatum_ Guss. + + _Linaria tristis_ Mill. + + » _arvensis_ Desf. v. _parviflora_ Hochr. + + » _heterophylla_ Desf. v. _aurasiaca_ Hochr. + + _Veronica rosea_ Desf. + + _Senecio leucanthemifolius_ Poir. v. _leucanthemifolius_ Batt., + +etc. Voy. aussi l’association de la forêt de pins. + +A 1950 mètres sur le dôme buissonneux du Djebel Morghad (Voy. Pl. XV, +fig. 24), nous voulons mentionner trois espèces récoltées dans la +station même qui est figurée par nous : + + _Santolina rosmarinifolia_ L. v. _canescens_ Boiss. + + _Inula montana_ L. v. _calycina_ Batt. et Tr. + + _Filago Heldreichii_ Batt. et Tr. + +2. =Petits rochers isolés dans les forêts.= — Çà et là nous +rencontrons dans la montagne de petits accidents de terrain qui se +traduisent par de faibles parois de rochers ou par de gros blocs +isolés. En connexion avec eux nous avons rencontré les espèces +suivantes, soit au Djebel Aïssa, soit au Djebel Morghad, soit à la +fois dans ces 2 stations : + + _Myosotis collina_ Hoffm. + + _Ruscus aculeatus_ L. + + _Hutchinsia petræa_ R. Br. + + _Rubia lævis_ Poir. + + _Anthyllis Vulneraria_ L. v. _coccinea_ L. + + _Sedum album_ L. v. _micranthum_ DC., + +auxquelles s’ajoutent les suivantes rencontrées aussi dans +d’autres associations : + + _Arabis auriculata_ Lam. v. _genuina_. + + » » Lam. v. _dasycarpa_ Andrz. + + _Thlaspi perfoliatum_ L. + + _Lithospermum incrassatum_ Guss. + + _Arenaria serpyllifolia_ L. v. _tenuior_ Koch. + + _Bromus rubens_ L. v. _canescens_ Coss. + + » _tectorum_ L. + +Nous tenons à mentionner à part les espèces récoltées dans la +paroi de rochers qui limite l’arête du Djebel Morghad du côté du +S.-E., parce que cette paroi est une formation continue et qu’elle +se distingue, comme on le voit, par une association d’espèces tout +à fait particulières. (Voy. Pl. XIV, fig. 22 à droite en haut). + + _Sedum album_ L. v. _micranthum_ DC. + + » _dasyphyllum_ L. v. _glanduliferum_ Gr. et Godr. + + _Osyris alba_ L. + + _Helianthemum virgatum_ Pers. + + _Polygala rupestris_ Pourr. v. _saxatilis_ Murb. + +3. =Sommets buissonneux.= (Pl. XVI, fig. 25). — Nous avons en +vue ici surtout le sommet du Ras Chergui, mais la même formation +se représente au col de Merbah avec une association à peu près +semblable. Ce sont des chênes-verts formant des buissons étendus +mais très rabougris, de 1.50 m. de haut tout au plus. Dans l’ombre +épaisse de ces buissons, au milieu de l’entrelacement des branches, +se trouvent régulièrement : + + _Galium spurium_ L. v. _Vaillantii_ Gr. et Godr. + + _Anthriscus vulgaris_ Pers. f. _depauperata_. + + _Xeranthemum inapertum_ Willd. + + _Lithospermum incrassatum_ Guss. + + _Centranthus Calcitrapa_ Dufr. + + _Muscari comosum_ Mill. + +et dans les fentes de rochers entre les buissons, on observe également +presque toujours : + + _Jurinea humilis_ DC. + + _Helianthemum rubellum_ Presl. + + _Thymus hirtus_ Willd. v. _albiflorus_ Briq. + + _Erysimum grandiflorum_ Desf. + + _Paronychia capitata_ Lam. + + _Alyssum montanum_ L. v. _atlanticum_ Boiss. + + _Dactylis glomerata_ L. v. _spiciformis_ Hochr. + +qui donnent l’impression d’une formation alpine. + +4. =Sommets à dôme ombreux.= — Nous avons ici en vue +particulièrement le sommet du Djebel Morghad, où les chênes-verts +sont si denses qu’ils forment un dôme continu avec un sous-bois +ombreux tout couvert de _Geum heterocarpum_ Boiss. Cette station +est vraiment remarquable en ce sens que sa végétation tranche sur +toutes les formations ordinaires du pays. On a l’impression très +nette que le _G. heterocarpum_ ne possède que les restes d’une +ancienne dispersion et qu’il est en voie d’extinction. Presque +tous les pieds d’ailleurs sont attaqués par des champignons. Dans +les environs immédiats de cette association, mais sur un terrain +plus rocheux, nous avons noté le _Berberis australis_ Hochr. — +qui accompagne aussi le _Geum_ dans les Pyrénées — puis le +_Cotoneaster nummularia_ et le _Tulipa Celsiana_. Il s’y ajoute de +nombreux lichens et quelques mousses. + +5. =Bois de pins d’Halep.= (Pl. XV, fig. 23). — On y trouve +les espèces suivantes que l’on serait en droit d’ajouter à +l’association des forêts de chênes-verts et de genévriers, parce +que ces pins se trouvent dans la même région et que nous avons revu +la plupart de ces espèces dans l’association mentionnée. + + _Festuca triflora_ Desf. + + _Cynosurus elegans_ Desf. + + _Silene amurensis_ Pomel. + + _Herniaria glabra_ L. + + _Polycarpon Bivonæ_ Gay. + + _Lotus commutatus_ Guss. v. _collinus_ Brand. + + _Lathyrus articulatus_ L. + + _Jasminum fruticans_ L. + + _Chrysanthemum Gayanum_ Ball. + + _Anthemis montana_ L. + +6. =Prairies.= (Voy. Pl. XIII, fig. 20 qui représente une prairie de +la zone moyenne). — A cette altitude, dans les bois de chênes-verts, +on rencontre çà et là des clairières qui sont occupées par des +prairies à végétation dense et qui servent souvent de pâturages +pour les troupeaux des nomades. + +Nous avons déjà parlé de cette formation dans la zone moyenne ; +mais, dans la zone supérieure, elle est beaucoup plus caractéristique +tant à cause de son apparence que pour les espèces qui s’y trouvent +associées. Nous avons observé cette formation : au Djebel Morghad, +à Hassin-Sarah et plus haut, sous le sommet ; au Djebel Mekter, +près du col de la Fourche et au-dessus de la source de Ras Chergui, +et enfin au Djebel Aïssa. Cependant ce n’est que dans ce dernier +endroit que nous avons pu étudier les associations de cette formation +à cause de l’absence des troupeaux. + +Dans une clairière, à 1800 m., nous avons récolté : + + _Lolium perenne_ L. + + _Chenopodium foliosum_ Asch. et Græbn. + + _Arabis auriculata_ Lam. v. _dasycarpa_ Andrz. + + _Reseda Luteola_ L. v. _Gussonii_ J. Müll. + + _Hippocrepis ciliata_ Willd. + + _Cynoglossum cheirifolium_ L. + + _Salvia Verbenaca_ L. v. _clandestina_ Briq. + + _Marrubium supinum_ L. + + _Simbuleta fruticosa_ Hochr. + + _Plantago Lagopus_ L. + + _Valerianella Auricula_ DC. + + _Anacyclus valentinus_ L. + +A 2000 m., sur le col, nous avons observé une vaste prairie ; +elle était remarquable par la prédominance presque exclusive du +_Sisymbrium crassifolium_ v. _giganteum_, dont les hautes tiges lui +donnaient l’aspect d’un champ prêt pour la moisson. Cette plante +était accompagnée des espèces et variétés suivantes : + + _Sisymbrium crassifolium_ Cav. v. _scaposum_ Hochr. + + _Adonis æstivalis_ L. + + _Cerastium echinulatum_ Coss. et Dur. + + _Silene conica_ L. + + _Asperugo procumbens_ L. + + _Cynoglossum cheirifolium_ L. + + _Lamium hybridum_ Vill. + + _Anacyclus depressus_ Ball. + +7. =Pentes à Phillyrea angustifolia L. v. angustifolia.= +(Voy. Pl. XIV, f. 22). — Nous avons ici en vue une pente buissonneuse +qui s’étendait immédiatement au-dessous de la grande paroi +du Djebel Morghad. L’association que nous y avons rencontrée +était caractérisée par le buisson sus-mentionné et par plusieurs +_Graminées_ du Tell, c’est pourquoi nous avons tenu à relater +cette formation à part. + + _Pallenis spinosa_ Cass. v. _cuspidata_ Hochr. + + _Linum Munbyanum_ Boiss. et Reut. v. _meridionale_ Hochr. + + » _suffruticosum_ L. v. _squarrosum_ Munby. + + _Inula montana_ L. v. _calycina_ Batt. et Tr. + + _Oryzopsis cœrulescens_ Batt. et Tr. + + _Stipa parviflora_ Desf. + + _Melica ciliata_ L. v. _nebrodensis_ Parlat. + + _Avena barbata_ Brot. v. _genuina_ Willk. et L. + +8. =Sur les sommets déboisés= comme le Djebel-Aïssa, versant +S.W., on rencontre encore parfois dans des expositions favorables +quelques buissons plus ou moins élevés de genévriers. Dans ces +endroits et sur des rochers exposés au Nord mais tout environnés +par la formation steppique de la région moyenne, nous avons noté +les espèces suivantes qui se rattachent certainement à la zone +supérieure. — C’étaient sur les pentes du Djebel Aïssa, près +du télégraphe optique, à une altitude d’environ 1800 m. : + + _Lactuca viminea_ J. et K. Presl. + + _Clematis Flammula_ L. v. _cæspitosa_ Reich. + + _Delphinium Balansæ_ Boiss. et Reut. + + _Pimpinella Tragium_ Vill. + + _Rhamnus lycioides_ L. + + * * * * * + +La dispersion en Algérie de beaucoup des espèces mentionnées +ci-dessus est trop mal connue pour que nous osions en tirer des +conclusions détaillées ; cependant nous ne pouvons nous empêcher de +signaler le grand nombre d’espèces mentionnées comme fréquentes +sur les montagnes du Tell et sur les hauts sommets de la chaîne de +bordure saharienne, et manquant sur les hauts plateaux : 25 environ +sont dans ce cas, et plus de la moitié sont signalées aussi sur +les hauts sommets du Djurdjura. + +On est aussi frappé du très petit nombre d’espèces qui sont +signalées sur les hauts plateaux et dans le Sud mais qui manquent au +Tell. Il n’y a guère plus de 2 plantes qui soient dans ce cas, donc, +par rapport à la zone précédente, on peut dire que l’affinité +avec les hauts plateaux a diminué et que les rapports avec les +montagnes du Tell ont augmenté. + +Un nombre assez faible de plantes est signalé expressément comme +se trouvant dans le Tell, sur les hauts plateaux et dans le Sud. Une +quinzaine environ sont dans ce cas et, parmi elles, quelques-unes des +plantes les plus typiques des montagnes du Sud, telles par exemple : +_Jurinea humilis_ DC., _Helianthemum rubellum_ Presl, _Tulipa Celsiana_ +DC. Parmi ces espèces, il n’y en a pas une seule dont l’aire de +dispersion s’étende du côté de l’Orient. + +Les formes endémiques nous donnent des indications intéressantes. Un +grand nombre d’entre elles sont constituées par des variétés +spéciales à la région, mais dont l’espèce se retrouve sur +les hauts plateaux et dans le Tell. C’est le cas par exemple +du _Thymus hirtus_ Willd. habitant les 3 régions, mais dont la +variété _albiflorus_ semble particulière aux montagnes de la +bordure saharienne ; tel est le cas aussi pour le _Diplotaxis +virgata_ DC. v. _Aïssæ_ Hochr., _Linum Munbyanum_ Boiss. et +Reut. v. _meridionale_ Hochr., _Linum suffruticosum_ L. v. _squarrosum_ +Munby, _Anthriscus vulgaris_ Pers. f. _depauperata_, etc. + +Le _Linum Munbyanum_ Boiss. et Reut. en particulier offre un intérêt +très grand en ce sens qu’on retrouve une forme analogue à la +v. _meridionale_ Hochr. dans les montagnes près de Tlemcen et Sidi +bel Abbès. Il est un exemple typique de l’apparition de formes +polytopiques. + +§ 4. CONCLUSIONS. — De l’examen de la flore montagneuse dans son +ensemble, nous pouvons tirer un certain nombre d’enseignements : +tout d’abord, plus on s’élève sur les flancs des montagnes, +plus la flore devient riche en espèces et en variétés, plus aussi +les affinités avec l’Orient diminuent et plus les rapports avec +l’Occident augmentent au contraire. + +D’autre part, la grande majorité des plantes de montagnes se +retrouvent dans le Tell ; parmi celles-ci, un assez grand nombre +habitent les hauts plateaux et ont une aire continue, d’autres +habitent les hautes montagnes du Tell, le Djurdjura en particulier +et les hauts sommets du Sud. Leur aire est discontinue, mais il est +évident que, à une époque fort peu éloignée, elles devaient se +trouver, comme les précédentes, aussi sur les hauts plateaux. + +Enfin, un dernier groupe est formé par des espèces qui habitent +les 3 régions, mais qui ont varié parallèlement en s’élevant +d’une part sur les flancs des montagnes du Sud et, d’autre +part, sur les sommets des montagnes du Tell où elles ont formé +des variétés parfois distinctes et parfois très voisines. Le cas +le plus caractéristique est celui de l’_Alyssum montanum_ L. qui +se trouve sur tous les hauts sommets en des stations parfaitement +isolées et qui, à cause de cela, forme presque dans chaque station +une variété spéciale. + +Les endémiques vrais forment aussi une assez forte proportion et sont +constitués par des espèces très caractéristiques, spéciales à +la région, ou bien se retrouvant sur les hautes montagnes du Maroc. + +Il est donc hors de doute pour nous que la flore des montagnes du +Sud se compose : + +1. D’un très petit nombre de plantes steppiques orientales qui +s’élèvent plus ou moins haut sur le flanc des montagnes, mais +qui n’atteignent jamais les plus hauts sommets. + +2. D’espèces habitant les montagnes du Tell. Leur aire de +dispersion est parfois continue à travers les hauts plateaux, +ou bien l’espèce a été détruite dans la région des plaines, +ou bien enfin, l’aire de l’espèce est continue mais l’espèce +elle-même est représentée sur les montagnes du Sud par une variété +spéciale. Toutes les plantes de cette catégorie ont une affinité +occidentale. + +3. Un certain nombre d’espèces spéciales à la région et se +continuant le long de la même chaîne jusque dans l’intérieur +du Maroc. Ces espèces sont en général très typiques, telles +par exemple : les _Chrysanthemum Maresii_ Ball, _C. Gayanum_ Ball, +_Cerastium echinulatum_, _Simbuleta fruticosa_ Hochr. etc. + +En outre on peut distinguer 2 catégories dans ce dernier groupe : + +Les plantes qui sont localisées sur les hauts sommets comme les +précédentes. + +Les plantes qui habitent les montagnes mais aussi les rochers de +la plaine, par exemple : le _Pallenis spinosa_ Cass. v. _cuspidata_ +Hochr. et le _Carduncellus Duvauxii_ que M. Battandier a découvert au +col de Founassa et que nous avons retrouvé dans les rochers de Mograr. + + * * * * * + + + CHAPITRE V + + =Rochers désertiques du Sud= + + +Ces rochers désertiques, comme nous l’avons déjà dit dans notre +introduction, paraissent dépourvus de végétation à première vue, +mais si on les visite de près, on y trouve une foule de plantes du +plus haut intérêt. Je dirais même que c’est dans cette région +que le botaniste risque le plus de faire une récolte abondante en +types curieux et rares. Cette flore xérophile à l’extrême est +caractérisée surtout par la rose de Jéricho (_Odontospermum +pygmæum_) et par des _Composées_ épineuses. Ses affinités +sont fort restreintes et le très grand nombre de ses endémismes, +qui comptent même des genres monotypes, fait qu’elle doit être +considérée comme une flore très ancienne et autochtone. A cette +association que nous avons observée d’une façon typique au Raz +ed Dib près Duveyrier (Voy. Pl. VIII, f. 13), et dans les rochers +du Mograr Foukani, on peut rattacher aussi la flore de certaines +petites chaînes rocheuses, exposées en plein Sud, telles que la +petite arête de Tiout et les rochers près d’Aïn-el-Hadjej. + +Dans ces deux endroits le _Warionia_ a été signalé et quoique à +Tiout les rochers en question soient envahis dans une large mesure +par les plantes du steppe environnant, nous croyons cependant que +la présence de quelques espèces spéciales des rochers du Sud, +permet de les classer dans une même catégorie. + +Du reste une brève énumération des membres de cette association +illustrera ce que nous venons d’exposer : + + _Andropogon hirtus_ L. v. _genuinus_ Hack., circumméditerranéen. + + _Odontospermum graveolens_ Sch., circumméditerranéen. + + _Plantago amplexicaulis_ Cav., circumméditerranéen. + + _Rhus oxyacantha_ Cav., circumméditerranéen. + + _Orobanche cernua_ Lœfl., circumméditerranéen. + + _Statice pruinosa_ L., du Maroc en Orient. + + _Dianthus crinitus_ Sm. v. _typicus_ Sm. et v. _tomentellus_ + Boiss., du Maroc en Orient. + + _Andropogon laniger_ Desf., du Maroc en Orient. + + _Helianthemum Lippii_ Pers. v. _ellipticum_ Boiss., du Maroc + en Orient. + + _Statice Bonduelli_ Lestib., d’Algérie au Fezzan. + + _Globularia Alypum_ L. v. _eriocephala_ Bonn. et Barr., + d’Algérie en Egypte. + + _Atractylis serratuloides_ Sieb., d’Algérie en Orient. + + _Odontospermum pygmæum_ O. Hoffm., d’Algérie en Orient. + + _Paronychia Cossoniana_ Gay, d’Algérie en Orient. + + _Carlina corymbosa_ L. v. _libanotica_ Boiss., d’Orient. + + _Aristida adscentionis_ L. v. _cœrulescens_ Dur. et Schinz, + d’Espagne en Orient par la Barbarie. + + _Calendula ægyptiaca_ Pers., d’Espagne en Orient par la + Barbarie. + + _Lolium Trabuti_ Hochr., endémique. + + _Pennisetum orientale_ Rich. v. _Parisii_ Battandier, endémique. + + _Daucus sahariensis_ Murb., endémique. + + _Urginea nodiflora_ Batt. et Tr., endémique. + + _Carduncellus Duvauxii_ Batt., endémique. + + _Atractylis Babelii_ Hochr., endémique. + + _Perralderia Dessignyana_ Hochr., endémique. + + _Anthemis lonadioides_ Hochr., endémique. + + _Phagnalon purpurascens_ Schultz-Bip., endémique. + + _Pallenis spinosa_ Cass. v. _cuspidata_ Hochr., endémique. + + _Warionia Saharæ_ Benth. et Coss., endémique. + + _Anvillea radiata_ Coss. et Dur., endémique. + + _Antirrhinum ramosissimum_ Coss. et Dur., endémique. + + _Satureia Hochreutineri_ Briq., endémique, mais aussi au Maroc. + + _Picris Saharæ_ Hochr., endémique, mais aussi au Maroc. + + _Centaurea maroccana_ Ball, endémique, mais aussi au Maroc. + + _Pappophorum scabrum_ Kunth[35], en Algérie méridionale et + au Cap. + + _Cladanthus arabicus_ Cass., d’Espagne en Tunisie. + + _Eryngium illicifolium_ Lam., d’Espagne en Tunisie. + + _Fœniculum vulgare_ Mill., d’Espagne en Tunisie et en Orient + par l’Europe méridionale. + + _Periploca lævigata_ Ait., d’Espagne en Tunisie et en Orient + par l’Europe méridionale. + + _Ephedra fragilis_ Desf., Méditerranée occidentale. + +Pour donner une idée de l’association vivant sur les rochers de +Tiout, nous citerons à côté de : + + _Satureia Hochreutineri_ Briq. + + _Anthemis lonadioides_ Hochr.[36]. + + _Warionia Saharæ_ Benth. et Coss.[36] + + _Urginea noctiflora_ Batt. et Tr.[36] + +qui sont des plantes spéciales aux rochers désertiques, les suivantes +qui sont des échappées du steppe : + + _Zizyphus Lotus_ Lam. + + _Suæda fruticosa_ Forsk. + + _Atriplex parviflorus_ Lowe. + + _Leyssera capillifolia_ DC. + + _Argyrolobium uniflorum_ Jaub. et Spach. + + _Haloxylon articulatum_ Bunge. + +Envisageant seulement les plantes des stations typiques du Raz ed Dib +et Mograr, on peut voir que sur 39 espèces ou variétés récoltées, +il y a : + +A. 5 espèces circumméditerranéennes, c’est-à-dire le 13 %. Mais, +parmi elles, toutes, sauf le _Rhus oxyacantha_, sont des plantes +triviales se rencontrant dans toute sorte d’autres formations. Quant +au _Rhus_, c’est une espèce qui paraît fort ancienne car il se +trouve dans des stations isolées et fort éloignées les unes des +autres autour de la Méditerranée. + +B. 12 orientales, c’est-à-dire le 31 %, dont la majorité sont +des plantes steppiques ou désertiques. + +C. 16 endémiques ou particulières au Sud du Maroc et de +l’Algérie. Cela fait le 41 %, dont la majorité est formée +par des espèces tout à fait caractéristiques, par des genres +monotypes même, qui ne présentent aucune affinité avec les types +méditerranéens. Si même nous ajoutons à cela le _Pappophorum +scabrum_ qui est localisé dans les stations analogues du Sud +de l’Algérie et de la Tunisie, cela ferait 43 % d’espèces +spéciales. D’autre part le _Pappophorum_, par sa présence dans +le Sud de l’Afrique, nous donne une indication précieuse au sujet +de ce groupe de plantes dont les affinités sont si obscures. + +D. 5 espèces à dispersion occidentale ou du moins venues des +montagnes septentrionales de l’Orient par l’Europe méridionale ; +cela fait 13 % de plantes occidentales ou boréales. + +Parmi les espèces précitées sur lesquelles nous avons des +renseignements, la majorité se trouve seulement dans l’extrême +Sud. Les autres habitent les 3 régions, mais elles sont toutes +des plantes circumméditerranéennes ou orientales. Pas une seule +des plantes particulières à l’Algérie ne dépasse la bordure +saharienne vers le N., sauf peut-être le _Centaurea maroccana_ +qui est indiqué sur les hauts plateaux mais qui ne se trouve là +qu’à l’état de relique, si nos suppositions sont exactes. + +La flore des rochers désertiques du Sud se compose donc : + +1. De plantes empruntées aux associations voisines, en particulier +le steppe. Ces plantes ont des affinités orientales ou occidentales +ou sont des espèces circumméditerranéennes. + +2. D’espèces ou de genres même, spéciaux à la région, +constituant le reste d’une flore très ancienne. Parmi ces plantes +plus ou moins endémiques, les unes sont typiques pour les rochers du +Sud, comme les _Warionia_ et les _Anvillea_ ; les autres se retrouvent +dans la montagne ainsi que nous l’avons déjà indiqué à propos +de cette forme de végétation. + +_Remarque._ Nous voudrions rattacher à cette flore des rochers +2 espèces récoltées à 1800 m. d’altitude dans les parois +de rochers exposées en plein Sud près du télégraphe optique du +Djebel Aïssa. Ce sont les seules espèces que nous ayons observées +dans cette station très spéciale. Comme elles n’ont rien à faire +avec la flore des montagnes, il est préférable de les rapprocher +de l’association des rochers désertiques ; ce sont : + + _Pituranthus virgatus_ Hochr. + + _Asparagus stipularis_ Forsk. + + * * * * * + + + CHAPITRE VI + + =Conclusions générales= + + +§ 1. MIGRATION DES FLORES. — Considérant les données générales +sur la géographie botanique de l’Algérie, exposées de façon +magistrale par Cosson, et les quelques indications fournies par Debeaux +sur la flore des plus hauts sommets du Tell, nous avons cherché une +théorie qui put satisfaire aux observations que nous venons de relater +et qui s’adaptât en même temps à ce que nous savons sur le reste +de l’Algérie. Nos observations et nos herborisations ne sont pas +assez complètes et la connaissence des associations végétales de +l’Algérie est beaucoup trop peu développée (on pourrait même +dire qu’elle est inconnue) pour qu’il soit possible de se faire +une opinion ferme. Cependant il nous a semblé intéressant de faire +connaître les idées que nous ont suggéré ces études parce que +l’évidence nous en paraît très grande. Quelles que soient les +modifications profondes apportées par des études ultérieures, +nous serions étonné que nos résultats fussent modifiés au point +d’en être transformés. + +1. Nous croyons à l’existence d’une =ancienne flore=, probablement +antérieure aux temps glaciaires, et qui habitait tout ou partie +de l’Algérie et, en tout cas, la bordure saharienne. Il n’en +reste plus que des traces, et les plus précises sont celles que nous +avons mentionnées dans les rochers désertiques du Sud. A cette flore +appartiennent ces genres singuliers tels que : _Warionia_, _Anvillea_, +_Perralderia_, _Pappophorum_, et peut-être faudrait-il y ajouter +certaines espèces très localisées et à port caractéristique, +vivant, dans le steppe comme : _Anabasis aretioides_, _Limoniastrum +Feei_ et _Pistacia atlantica_, ou sur le sommet des montagnes comme : +_Cerastium echinulatum_, _Chrysanthemum Gayanum_, _C. Maresii_, etc., +etc. Cette flore ancienne est en voie d’extinction, témoin la +_Pistacia atlantica_ et surtout le _Warionia_ qui en est un élément +plus incontestable. Ce dernier genre en effet, se trouvait près de +Tiout, où il a disparu, et sur les rochers d’Aïn-el-Hadjej où +il est devenu rare. En outre tous les pieds que nous avons observés +étaient très âgés. + +Cette flore paraît avoir quelques relations avec le Sud de +l’Afrique, relations indiquées dans nos collections par le +_Pappophorum_. Ce dernier en effet, quoiqu’il ait été trouvé +dans des endroits sablonneux près de Biskra et de Ghardaïa, n’est +pas une plante dunique ; selon nous, il serait une relique des temps +préglaciaires. Au moment de la grande extension des glaciers en +Europe, il est probable que le climat, devenu plus humide, a rendu +possible à cette plante le passage du Sahara. + +Refoulés par l’arrivée d’une invasion végétale au moment de +la période glaciaire, il est possible que beaucoup d’éléments +de cette ancienne flore aient pénétré aussi dans le Sahara. Mais +pendant la période subséquente, xérothermique, ils ont péri, +ou bien ils n’ont pas pu comme le _Pappophorum_ et quelques autres +peut-être, étendre impunément fort loin leurs limites. D’autre +part, durant l’invasion que nous supposons avoir eu lieu pendant la +période glaciaire, ces éléments primitifs ont résisté seulement +dans des endroits très arides, grillés du soleil, et où la flore +envahissante, ne pouvait plus leur disputer la place. Ces stations +étaient situées, ou bien dans les rochers sahariens ou bien dans +la bordure saharienne même. Là, dans des stations privilégiées +situées à une certaine altitude, se retrouvent des conditions +d’existence semblables à celles des rochers désertiques[37]. Aussi +ces plantes ont-elles pu subsister jusqu’à aujourd’hui dans +ces régions. + +Pendant la période xérothermique, peut-être ont-elles récupéré +une aire plus considérable jusqu’au moment où elles ont été +de nouveau refoulée par l’invasion de la flore orientale. Cette +invasion se produit encore aujourd’hui et amènera, nous le croyons, +la disparition graduelle de tous ces éléments anciens. + +2. =Invasion d’une flore boréale.= — Après ce que nous avons +dit sur les relations de la flore des montagnes avec l’Espagne, +l’Europe méridionale, même l’Europe centrale et le Caucase ; +considérant aussi l’observation très juste de Cosson sur la +flore du Tell, homologue à celle du rivage méditerranéen boréal +correspondant, il est hors de doute qu’à un moment donné de +nombreux éléments ont passé du Nord de la Méditerranée en +Barbarie. Vu les rapports signalés par M. Briquet[38] entre la +flore de la Corse et de la Sardaigne et celles de la Barbarie ou de +l’Europe méridionale, vu aussi les relations entre la Sicile et la +Tunisie, il est incontestable que cette migration s’est opérée +par terre au moment où la Méditerranée n’occupait pas encore +son lit actuel. + +Ces relations par terre sont admises et ont été signalées déjà +nombre de fois en zoologie, en géologie, comme en botanique. Une +migration a donc pu se produire et elle s’est faite du Nord au Sud ; +on pourrait même dire du N.-E., car nous l’avons vu, plusieurs +espèces présentent encore entre le Caucase et l’Algérie des +stations isolées qui jalonnent le parcours qu’elles ont effectué. + +Il va de soi qu’une telle migration n’a pas eu lieu en sens inverse +car, nous l’avons vu, la flore primitive de l’Algérie avait des +caractères tout à fait différents et ces types autochtones ne se +trouvent nulle part ailleurs. S’ils avaient émigré, ce serait +plutôt vers le Sud qu’ils se seraient dirigés comme nous l’avons +dit dans le paragraphe précédent. + +Quelles ont été les raisons de cette immigration venue du N. ? Pour +ce qui est du parcours suivi depuis le Nord de la Méditerranée jusque +vers le Sud, nous serions enclins à l’attribuer à l’influence de +la période glaciaire en Europe. Quant au parcours depuis le Caucase +dans l’Europe centrale, nous nous l’expliquons mal, mais il a +été si souvent constaté pour un grand nombre d’espèces alpines +d’Europe que nous pouvons bien l’admettre sans autre. + +Cette hypothèse permet de nous expliquer aussi comment les espèces +de l’Europe centrale ont pu être refoulées par l’avancement des +glaciers jusque sur les isthmes qui reliaient encore les deux rives +de la Méditerranée[39]. Ces espèces accompagnées de beaucoup de +plantes méditerranéennes ont donc envahi le Tell d’où elles ont +chassé, en grande partie, la flore autochtone. + +Quels chemins ont-elles pris pendant leurs migration vers le Sud ? Il +est difficile de le dire. Pour quelques-unes d’entre elles manquant +en Espagne et se trouvant en Sicile, en Corse et en Sardaigne, +nous avons vu que la voie suivie était sûrement l’isthme qui +s’étendait entre ces pays et la Barbarie. Pour d’autres se +trouvant en Espagne et passant par le Maroc, nous avons admis la +voie occidentale. Mais il ne faudrait pas nous croire plus absolu que +nous sommes ; et même pour les espèces dont l’aire est continue +par l’Espagne et le Maroc, il est possible qu’il y ait eu une +émigration parallèle par la Tyrrhénis et ses prolongements. Rien +ne prouve en effet que les exemplaires d’Algérie proviennent de la +même lignée que ceux du Maroc occidental. Néanmoins dans le cas +d’une aire continue par l’Espagne, en l’absence de documents +plus précis, il était tout naturel de classer ces plantes avec +celles d’origine occidentale. + +Et puisque nous parlons de l’élément occidental, nous tenons +à ajouter une remarque : parmi les plantes qui s’étendent +d’Espagne en Algérie, il est très difficile, sinon impossible de +faire le départ entre l’élément autochtone se prolongeant par +les montagnes du Maroc jusqu’à la Sierra Nevada et l’élément +boréal. En effet les rapports étroits de la flore montagneuse de +la Sierra Nevada, du Maroc et de l’Algérie nous montrent qu’il +y a eu là autrefois une région phytogéographique. D’autre part, +il est très possible que, lors de la migration vers le Sud, au moment +des temps glaciaires (?), un certain nombre d’espèces répandues +dans l’Europe centrale, méridionale et en Espagne aient disparu +partout, sauf dans la péninsule ibérique et en Barbarie. + +A la fin des temps glaciaires, les relations cessant avec le littoral +nord de la Méditerranée et le climat se modifiant dans le sens de +ce qui existe actuellement, les plantes boréo-méditerranéennes, +immigrées dans la Tell, s’y sont établies à demeure et les +plantes européennes ont tendu à occuper les hauteurs. Pour cela, +elles se sont enfoncées vers le Sud. Elles étaient accompagnées +par les plantes méditerranéennes les plus aptes à supporter un +climat continental, c’est-à-dire celles qui, en Europe, après le +retrait des glaciers, ont été susceptibles d’émigrer le plus +loin vers le Nord ; tels sont par exemple : le _Ruscus aculeatus_, +l’_Arabis auriculata_, l’_Osyris alba_, que l’on cueille encore +non loin de Genève et que nous avons rencontrés un peu partout sur +les montagnes de l’extrême Sud. Ces espèces, accompagnées du +pin d’Halep, ont envahi les hauts plateaux et la chaîne de bordure +saharienne, mais au-delà, les conditions climatériques étaient trop +différentes et dans les rochers désertiques de l’extrême Sud, +la flore autochtone pouvait leur faire concurrence avec succès. + +Au bout d’un certain temps, ainsi qu’on l’a démontré souvent +pour l’Europe, une période chaude et sèche a succédé à la +période glaciaire, ce fut la période xérothermique. Son influence +s’est fait sentir aussi dans le Nord de l’Afrique et, comme +dans l’Europe centrale, on vit apparaître sur les hauts plateaux +et dans les vallées de l’Algérie une formation steppique. Les +arbres disparurent peu à peu, ils se réfugièrent sur le sommet des +montagnes où ils pouvaient trouver une humidité relative. C’est +ainsi que les montagnes du Sud furent envahies par le pin d’Halep et +par la flore méditerranéenne aussi bien que par les quelques types +répandus dans l’Europe centrale qui ont été signalés plus haut. + +Ces éléments détruisirent peu à peu la flore autochtone réfugiée +sur les montagnes du Tell et les envahirent à leur tour. Il en fut de +même pour les montagnes du Sud, mais d’une façon moins complète. + +On vit se différencier alors des variétés ou même des espèces +particulières, dues à l’influence du nouveau milieu où elles +se trouvaient. C’est dans cette catégorie que rentrent les +nombreuses variétés ou espèces affines, spéciales aux montagnes +du Sud. Pendant ce temps une bonne partie des types subsistaient dans +la plaine. A cette époque, les espèces si nombreuses que nous avons +notées comme habitant les montagnes du Tell ainsi que celles de la +bordure saharienne et manquant sur les hauts plateaux, avaient une +aire continue. + +3. =Arrivée de l’élément oriental.= — Bientôt cependant, +grâce à l’influence continue de cette période xérothermique, +grâce aussi à l’établissement de l’isthme de Suez qui assura +une communication avec les steppes et les déserts de l’Orient, +la flore de ces régions commença son émigration vers l’Occident, +passant par l’Egypte, la Tripolitaine et la Tunisie, elle envahit +les hauts plateaux, fit disparaître de ces plaines une quantité +d’espèces méditerranéennes ou européennes et occupa bientôt une +place considérable. Toutefois elle ne put jamais s’élever bien +haut sur les flancs des montagnes où l’élément méditerranéen +boréal lui disputait la place avec avantage. + +Pendant cette même période, le Sahara devenait le désert que nous +connaissons et refoulait la flore autochtone, d’une part vers la +bordure saharienne, d’autre part vers le Sud. Il est question ici +seulement d’une partie de cette ancienne flore, celle qui avait pu +se réfugier dans la région désertique pendant les temps glaciaires. + +Dans ces conditions d’aridité xérothermique, des dunes +commençaient à se former. Avec l’onde de sécheresse qui se fit +sentir d’abord en Orient et s’avança peu à peu vers l’Occident, +la flore des dunes de l’Orient longeant la Barbarie pénétra aussi +jusqu’en Algérie et vint peupler les montagnes de sable du Sahara. + +Avec ces évènements, nous arrivons au commencement de la période +historique. La période xérothermique se fait de moins en moins sentir +en Europe, mais en Algérie, où la colonisation romaine étendit si +avant ses ramifications, dans les endroits pauvres en forêts, comme +les hauts plateaux et la bordure saharienne, elle eut pour résultat +de battre en brèche les bois de pins de l’extrême Sud. Puis vint +la civilisation arabe qui détruisit les forêts de haute futaie dans +une plus large mesure encore, contribuant ainsi au maintien du climat +xérothermique. Si bien qu’actuellement encore, sous l’influence +de cette sécheresse et de ces violents courants atmosphériques, +la flore d’Orient gagne peu à peu du terrain et le pin d’Halep +tend à disparaître de la bordure saharienne. + +En même temps qu’elle dispute la place à l’élément d’origine +boréale, cette flore d’Orient fait une concurrence ruineuse au +reste de l’élément autochtone. Ces espèces orientales en effet, +sont des espèces steppiques et désertiques ; ce sont donc les plus +redoutables concurrents des anciens types qui, lors de l’arrivée +de l’élément boréal, s’étaient maintenus précisément dans +les endroits les plus désolés, inaccessibles à la flore boréale. + +4. =Les plantations modernes.= — Malgré des pronostics aussi +fâcheux pour la fertilité de cette contrée, nous ne croyons pas +qu’elle soit destinée actuellement à devenir un désert comme +ceux de la Perse ou de l’Arabie. Des efforts immenses sont faits +dans toute la Barbarie pour le reboisement et ils paraissent devoir +aboutir. Lentement les cultures progressent du Nord vers le Sud ; +partout où s’établit un Européen, s’élèvent quelques +arbres. En certains endroits même l’administration militaire a +créé de toutes pièces de véritables forêts, et nous ne serions +pas étonnés qu’au bout de nombreuses années d’efforts continus +dans ce sens, la période xérothermique prît fin dans cette contrée. + +Le climat de l’Algérie aurait été déjà un peu modifié par +ce qui a été fait (si peu que ce soit en comparaison de ce qui +reste à faire) : c’est l’avis de nombreux colons qui nous en ont +parlé. Pour nous, nous devons dire que nous avons été stupéfait par +l’état atmosphérique du Sud-Oranais pendant notre voyage. Quoique +ce fut au mois de mai et au commencement de juin, il ne s’est pas +passé de jour pour ainsi dire que nous n’ayons observé de nuages +au ciel, au point qu’à plusieurs reprises nous en avons été +beaucoup gêné pour nos photographies. La pluie et les orages ont +été fréquents. Jamais nous n’aurions pensé à des précipitations +atmosphériques si nombreuses après ce que nous avions lu et entendu +au sujet de cette contrée. Faut-il admettre que c’était une année +exceptionnelle ou que le climat tend à se modifier ? Nous n’osons +pas nous prononcer. Cependant les rapports de quelques vieux colons +tendraient à nous faire pencher pour la seconde alternative. + +Nous sommes persuadé que l’homme peut influer sur le climat +comme sur la flore d’un pays. Pour cette dernière, il suffit +de se reporter à ce que nous avons dit au sujet des oasis et des +points d’eau pour constater l’immigration probablement toute +récente des plantes aquatiques triviales. Ces cosmopolites ne +pourront donc que progresser avec l’augmentation de l’humidité +et des cultures. Si même on arrêtait l’envahissement de la flore +d’Orient, l’ancienne flore autochtone du pays serait donc malgré +tout appelée à s’éteindre. + +§ 2. INFLUENCES LOCALES. — 1. On a déjà signalé plusieurs fois +dans les Alpes, à une certaine altitude, la présence d’espèces +vivant au bord de la Méditerranée. On attribua cela au fait +qu’en montagne, dans des stations bien exposées, l’insolation +est beaucoup plus vive que dans la plaine à la même latitude. Aussi +la flore méditerranéenne, ayant couvert toute la région pendant +la période xérothermique, elle a pu se maintenir dans ces stations +privilégiées après le refroidissement du climat général[40]. + +Nous avons fait une observation parallèle dans le Sud-Oranais, où +nous avons relevé sur les deux versants de la vallée d’Aïn-Sefra, +au Djebel-Aïssa comme au Djebel-Mekter, à une altitude d’environ +1400 à 1600 m. des espèces que nous avons été stupéfait de +revoir en grande quantité dans les plaines de climat nettement +saharien, près de Mograr, Djenien-bou-Rezg et Duveyrier à 800 +ou 900 m. Ce sont : _Carrichtera Vellæ_, _Rumex vesicarius_, +_Calendula ægyptiaca_, _Echiochilon fruticosum_. On pourrait ajouter +la station d’_Anabasis aretioides_ que nous avons rencontrée dans +le Faidjet-el-Betoum à 1200 m. d’altitude, mais elle se trouvait en +plaine et l’influence stationelle n’était pas si évidente. Dans +les montagnes, ces plantes se trouvaient en petit nombre et très +localisées. Nous avons été frappé de leur analogie avec les +colonies xérothermiques de la Suisse et de la Savoie. + +Faut-il attribuer la présence de ces espèces à une dissémination +fortuite par l’intermédiaire du vent ou des animaux, ou +bien devons-nous en conclure à un léger refroidissement de la +température générale à la suite de la période xérothermique ? Il +est bien difficile de se prononcer, car les espèces que nous avons +mentionnées possèdent toutes des appareils de dissémination +perfectionnés. Ce qu’il y a de certain, c’est que, sous la +même latitude, c’est-à-dire dans la vallée d’Aïn-Sefra, nous +n’avons jamais rencontré ces espèces en plaine, et avant de les +avoir vues en grande quantité dans le Sud, nous les tenions pour +des caractéristiques de la zone montagneuse moyenne. + +2. De même que des plantes du Sahara se trouvent à de hautes +altitudes dans des stations isolées de la chaîne de bordure +saharienne, de même aussi des espèces méditerranéennes se +sont conservées à ces mêmes altitudes ou à des altitudes plus +considérables encore dans ces montagnes. Elles s’y rencontrent aussi +dans des stations abritées et elles se maintiennent là pour deux +raisons : la première c’est qu’elles y trouvent une humidité +plus considérable et la seconde c’est qu’elles y sont exposées +à un climat plus doux que celui des hauts plateaux où elles font +défaut ; en hiver, elles sont recouvertes plus longtemps par la neige. + +Nous avons mentionné déjà quelques-unes de ces espèces à +propos de la migration de la flore boréale, mais nous avons +tenu à faire ressortir le caractère spécial de ces stations de +plantes méditerranéennes dans l’Extrême-Sud, pour les mettre en +parallèle, non seulement au point de vue historique, mais au point +de vue biologique avec les stations de plantes méditerranéennes que +l’on rencontre dans les Alpes. Il est même une ou deux espèces +qui sont communes à ces deux sortes de stations, et l’on sait +que le _Ruscus aculeatus_ et l’_Arabis auriculata_ que nous avons +cueillis sur les hautes montagnes du Sud-Oranais se retrouvent sur +le littoral méditerranéen et peuvent être cueillis aussi sur les +pentes bien exposées du Jura méridional. + +§ 3. COMPARAISON AVEC LA FLORE EUROPÉENNE. — Dans les études +auxquelles nous nous sommes livré sur la flore d’Algérie, +nous avons été frappé de voir combien les phénomènes +phytogéographiques de cette contrée rappelaient ceux de l’Europe. + +Nous avons décelé les traces d’une ancienne flore autochtone qui +rappelle l’élément ancien, primordial, de la flore des Alpes, par +exemple. Nous avons noté ensuite l’arrivée d’une flore venant +du Nord, ou du moins du Nord-Est, et cette flore est homologue de la +partie de la flore des Alpes provenant de l’Himalaya, du Caucase +et de l’Asie centrale. + +Nous avons enfin montré l’envahissement d’une flore d’Orient, +steppique et dunique, et cette invasion est certainement parallèle +à celle qui s’est opérée dans toute l’Europe et qui a peuplé +nos prairies et nos champs d’espèces orientales. + +Le parallélisme n’est pas seulement dans l’histoire de la flore, +mais encore dans sa distribution latitudinaire. Sur les deux bords de +la Méditerranée, nous avons la flore méditerranéenne typique et, +en nous éloignant dans le Sud de l’Algérie, nous rencontrons des +éléments homologues à ceux que nous trouvons en nous éloignant du +littoral septentrional de la Méditerranée vers le Nord. En effet, +non seulement les hauts plateaux ressemblent aux plaines de l’Europe +centrale par l’envahissement de la flore steppique d’Orient, +mais encore par le climat très rude où la neige fait son apparition +chaque hiver. Ils leur ressemblent même par le paysage de la partie +Nord des hauts plateaux où, près de Aïn-el-Hadjar, nous avons +observé des cultures, des arbres et des formes de végétation tout +à fait semblables à ceux de l’Europe moyenne. + +Dans l’Extrême-Sud, sur le sommet des plus hautes montagnes, +nous avons rencontré, comme sur les Alpes, des restes de la plus +ancienne flore associée aux espèces venues des hautes montagnes +européennes. Mieux que cela, nous avons été frappé par l’aspect +alpin du paysage et par la formation de ces prairies que nous aurions +voulu appeler des prairies alpines et qui invoquaient le souvenir de +certains pâturages de nos Alpes. Il n’est pas même jusqu’à +la présence de plantes méditerranéennes telles que le _Ruscus +aculeatus_ ou l’_Arabis auriculata_ qui ne nous aient rappelé les +stations de même nature des Alpes. + +Un parallélisme et des homologies aussi exactes sont assez +surprenants, car la Méditerranée ne se trouve pas sous l’Equateur +et en s’éloignant d’elle vers le Sud, nous nous rapprochions des +Tropiques. Il faut donc croire que le climat plus ou moins continental +d’une région du globe influe plus sur sa couverture végétale +que des différences de latitude même considérables. + +Dernier résultat : nous avons pu voir que l’Afrique du Nord a +ressenti dans une large mesure l’influence des transformations +géologiques et climatologiques de l’Europe. Non seulement nous +avons remarqué les échos de la période glaciaire, mais encore +la période xérothermique y a fait sentir son influence et nous +espérons que des études plus complètes de la phytogéographie +de l’Algérie permettront de dresser un pronostic pour l’avenir +agricole de ce pays et de donner des indications précieuses pour la +culture et l’amélioration du climat. + +Les quelques études que nous avons faites sont trop incomplètes, +et, par cela même, le degré de certitude de nos conclusions trop +précaires pour qu’on ose en tirer des applications pratiques. Mais +nous espérons que ces quelques indications serviront de stimulant +pour des études ultérieures. + +Nous avons rapporté d’Algérie l’impression d’une colonie +prospère ; nous avons vu là une race de colons qui permet de +baser sur leur activité les plus grandes espérances ; nous avons +vu aussi chez les indigènes tels qu’ils ont été organisés par +l’administration française un élément de développement d’une +puissance considérable ; c’est pourquoi nous sommes persuadé +qu’avec des moyens aussi efficaces, on pourra à la longue influer +d’une façon décisive même sur le climat inconstant de ces hauts +plateaux qui ont dû être une contrée relativement fertile au +commencement de l’ère chrétienne, mais qui ont été stérilisés +par l’invasion de l’Islam. + + * * * * * + + +[Note 3 : Jean Massart, Un voyage botanique au Sahara (_Bulletin de +la Société royale de botanique de Belgique_, XXXVII, 202-339, 1898).] + +[Note 4 : Village arabe fortifié.] + +[Note 5 : Il est bien entendu que nous parlons de la dispersion de +la variété considérée et non de celle de l’espèce lorsqu’une +variété particulière est mentionnée.] + +[Note 6 : Tous deux circumméditerranéens.] + +[Note 7 : Cette espèce peut être considérée comme +circumméditerranéenne puisqu’elle ne manque qu’en France et +en Italie.] + +[Note 8 : Il s’étend depuis l’Espagne, au S. jusqu’en Tunisie, +au N. jusqu’en Piémont seulement.] + +[Note 9 : Nous rappelons que la dispersion occidentale se rapporte +à la variété et non à l’espèce qui est circumméditerranéenne.] + +[Note 10 : Voir aussi à ce sujet les deux planches caractéristiques +de Massart in _Bull. soc. bot. Belg._ XXXVII, t. V, f. 11 et 12.] + +[Note 11 : Voy. à ce sujet : Massart l.c. t. V, f. 13.] + +[Note 12 : Cette variété est une modification assez légère du +type et doit être répandue ailleurs qu’en Algérie où elle +est signalée ; c’est pourquoi nous envisagerons la dispersion de +l’espèce seulement.] + +[Note 13 : Se retrouve en Grèce et en Crète.] + +[Note 14 : Cette variété, qui habite la Perse et le Béloutchistan +n’a pas été indiquée dans des stations intermédiaires comme +ses voisines. Il est probable cependant qu’elle s’y trouve.] + +[Note 15 : N’a pas encore été indiquée au Maroc, mais doit s’y +trouver, puisqu’elle s’étend des Canaries à l’Orient.] + +[Note 16 : L’aire de la variété n’étant pas connue, nous nous +en tenons à celle de l’espèce.] + +[Note 17 : L’aire de l’espèce s’étend du Maroc en Tunisie.] + +[Note 18 : L’aire de l’espèce s’étend d’Espagne en Orient +par la Barbarie.] + +[Note 19 : L’espèce se retrouve en Tunisie.] + +[Note 20 : L’espèce se retrouve en Espagne.] + +[Note 21 : L’espèce s’étend d’Espagne en Tunisie et en +Piémont.] + +[Note 22 : La détermination est incertaine car, dépourvue de fleurs, +cette plante ne saurait être distinguée de l’_Anabasis articulata_ +Moq.] + +[Note 23 : Par _cosmopolites_ nous entendons ici des espèces +répandues dans l’Afrique du Nord, en Europe, en Orient, parfois +aussi sur une plus grande surface.] + +[Note 24 : Aire probablement disjointe chez ces deux espèces. Il faut +les rapprocher des deux autres mentionnées dans la zone précédente +et que nous avons appelées éléments à dispersion transversale +par rapport à la Méditerranée.] + +[Note 25 : Se retrouve aussi en France et en Italie.] + +[Note 26 : C’est la dispersion de l’espèce que nous avons en +vue et non celle de la variété.] + +[Note 27 : Nous ne tiendrons pas compte de cette plante dans +l’établissement des statistiques afin d’avoir des proportions +comparatives parce que nous avons oublié de la mentionner dans les +deux zones inférieures où elle se trouve également.] + +[Note 28 : Ou en Barbarie.] + +[Note 29 : Se trouvent aussi en Espagne, il est vrai, mais seulement +dans la partie boréale et manquent au Maroc, de sorte que l’aire est +nettement disjointe. L’_Anthemis montana_ s’étend aussi jusqu’en +Orient, mais seulement dans les montagnes du Nord de cette région.] + +[Note 30 : Cette forme est si caractéristique que nous pouvons la +traiter comme une variété, d’autant plus qu’elle se retrouve +ailleurs dans la barrière saharienne ainsi que nous l’avons +indiqué.] + +[Note 31 : Manquent en Egypte d’après les auteurs.] + +[Note 32 : Nous parlons de la dispersion de l’espèce, celle de la +variété nous étant insuffisamment connue.] + +[Note 33 : Pourrait bien avoir une aire disjointe aussi, mais des +renseignements précis nous manquent.] + +[Note 34 : C’est de la dispersion de l’espèce dont il est +question.] + +[Note 35 : A été signalé en Algérie seulement à Biskra, Metlili +et à Ghardaïa, au Mzab.] + +[Note 36 : Nous n’avons pas récolté nous-même ces trois plantes +en cet endroit, mais elles y sont indiquées par Battandier. Cet +auteur croit cependant que le _Warionia_ a disparu de cette station, +nous le pensons aussi parce que ce végétal est bien visible et nous +n’en avons pas vu un seul pied.] + +[Note 37 : Nous aurons l’occasion de démontrer plus bas +l’existence de stations de ce genre.] + +[Note 38 : Voy. Briquet, _Recherches sur la flore des montagnes de la +Corse et ses origines_, p. 37-81 (_Ann. Conserv. et Jard. bot. Genève_ +V, 1901).] + +[Note 39 : Voy. Briquet, op. cit. p. 72-76.] + +[Note 40 : Voy. Briquet, _Les colonies végétales xérothermiques +des Alpes Lémaniennes_, p. 32-34 (_Bull. soc. Murith._ XXVII-XXVIII, +ann. 1900) ; et _Recherches district sav. et jur. franco-suisse_ +(_Engl. Jahrb._ XIII, p. 52, ann. 1890).] + + + + + TROISIÈME PARTIE + + =Énumération des espèces= + =accompagnée d’observations floristiques et biologiques.= + + * * * * * + + + I. CRYPTOGAMES VASCULAIRES + + =FOUGÈRES= + + GYMNOGRAMME Desv. + +=G. leptophylla= Desv. _Journ. de bot._ I, 26 (1813) = _Polypodium +leptophyllum_ L. _Sp. pl._ 1092 (1753). + +Hab. : Environs d’Alger, Bouzarea, 4 mai (n. 1). + + CETERACH Willd. + +=C. officinarum= Willd. _Sp. pl._ V, 136 = _Asplenium Ceterach_ +L. _Sp. pl._ 1080 (1753). + +Hab. : Oran, dans les fentes de rochers, au vieux Saïda, alt. env. 950 +m. 10 mai (n. 133). + + =LYCOPODIACEÆ= + + SELAGINELLA Spring. + +=S. denticulata= Link _Filices Hort. Berol._ 159 = _Lycopodium +denticulatum_ L. _Sp. pl._ 1106 (1753). + +Hab. : Environs d’Alger, Bouzarea 4 mai (n. 2). + + =EQUISETACEÆ= + + EQUISETUM + +=E. ramosissimum= Desf. _Fl. atl._ II, 398 (1800). + +Hab. : Oran, jardins du Ksar d’Aïn Sefra, alt. ca. 1080 m. 30 mai +(n. 527). + + + II. GYMNOSPERMES + + =CONIFÈRES= + + PINUS L. + +=P. halepensis= Mill. _Dict._ ed. VII n. 8 (1759). + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa versant S.E., formant quelques groupes +composés de vieux exemplaires, alt. 1700-2000 m. 19 mai (n. 355). + + JUNIPERUS L. + +=J. macrocarpa= Sibth. et Sm. _Fl. græc. prodr._ II, 263 (1813) ; +Bonn. et Barr. _Cat. Tun._ 494. + +var. =globosa= Neilreich in _Verh. der k. k. zool.-bot. Ges. in Wien_ +XIX, 780 (1869). + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa à partir de 1400 m. et au-dessus ; plus +bas aussi le long des ouadi 19 mai (n. 354) partout sur le sommet +des montagnes de la région. + +_Obs._ — Au sujet de la distinction entre cette espèce et +le _J. Oxycedrus_, il convient de renvoyer à Tommasini in +_Oesterr. bot. Zeitschr._ XIII, 161 (1863). + +=J. phœnicea= L. _Sp. pl._ 1040 (1753). + +Hab. : Oran, en montant d’Aïn Sefra à Ras Chergui, fréquent à +partir de 1500 m. 16 mai (n. 210). + + =GNETACEÆ= + + EPHEDRA L. + +=E. fragilis= Desf. _Fl. atl._ II, 372 (1800) var. =Desfontainii= +Stapf _Art. d. Gatt. Eph._ p. 54 in _Denkschr. der math.-nat. Kl. der +k. Akad. Wien_ LVI (1889). + +Hab. : Oran, en montant d’Aïn Sefra à Ras Chergui à partir de +1500 m. 16 mai (n. 209 ♂) ; id. rochers arides au N. de l’oasis +de Mograr Foukani, alt. ca. 900 m. 4 juin (n. 657 ♀). + +=E. nebrodensis= Tineo in Guss. _Fl. sicul. syn._ II, II, 637 (1844) +var. =Villarsii= Stapf _Art. d. Gatt. Ephedra_ p. 78 l.c. + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa, versant S.-E. rochers herbeux et +buissonneux alt. 1800-2000 m. 19 mai (n. 372 ♂) ; id. Djebel Mekter, +versant sud, rochers herbeux, alt. ca. 1500 m. 5 juin (n. 671 ♀). + + + III. MONOCOTYLEDONEÆ + + =POTAMOGETONACEÆ= + + POTAMOGETON L. + +=P. natans= L. _Sp. pl._ 126 (1753). + +Hab. : Oran, dans l’oued de Tiout, alt. ca. 1050 m. 31 mai (n. 551). + + ZANNICHELLIA L. + +=Z. palustris= L. _Sp. pl._ 969 (1753). + +Hab. : Oran, dans la source de Bellef Loufa, point d’eau dans le +Faidjet el Betoum, alt. ca. 1200 m. 24 mai (n. 459). + + =GRAMINEÆ= + + Trib. I. ANDROPOGONEÆ. + + IMPERATA Cyrill. + +=I. cylindrica= P. de Beauv. _Agrost._ 8, t. V, f. 1 (1812) = +_Saccharum cylindricum_ Lam. _Encycl._ I, 594 (1783) = _Lagurus +cylindricus_ L. _Syst._ ed. X, 878 (1759). + +Hab. : Oran, près d’Aïn Sefra, dans le sable, au bord d’un oued +à sec, avec l’_Iris Xiphium_, alt. ca. 1150 m. 24 mai (n. 408). + + ANDROPOGON L. + +=A. hirtus= (e sect. _Cymbopogon_) L. _Sp. pl._ 1046 (1753) +var. =genuinus= Hack. in DC. _Monogr. phan._ VI, 619 (1889). + +Hab. : Environs d’Alger, Bouzarea 4 mai (n. 4) ; Oran, rochers +arides au N. de l’oasis de Mograr Foukani, alt. ca. 950 m. 4 juin +(n. 649) ; id. Mograr, lit d’un oued alt. ca. 900 m. 4 juin (n. 655). + +=A. laniger= (e sect. _Cymbopogon_) Desf. _Fl. atl._ II, 379 (1800) += _A. eriophorus_ Willd. _Sp. pl._ IV. 910 (1806). + +Hab. : Oran, Duveyrier, sommet du Ras ed Dib, dans les fentes de +rochers, alt. ca. 950 m. 4 juin (n. 629) ; rochers arides du N. de +l’oasis de Mograr Foukani, alt. ca. 950 m. 4 juin (n. 648). + + Trib. V. PANICEÆ. + + PENNISETUM Pers. + +=P. orientale= Rich. in Pers. _Syn._ I, 72 (1805) var. =Parisii= +Battandier in _Bull. soc. bot. Fr._ XXXIV, 391 (1887) = _P. Parisii_ +Batt. et Tr. _Fl. Alg._ II, 136. + +Hab. : Oran, rochers arides du N. de l’oasis de Mograr Foukani, +lit d’un oued, alt. ca. 900 m. 4 juin (n. 656). + + Trib. VI. ORYZEÆ. + + LYGEUM L. + +=L. Spartum= L. _Gen. pl._ ed. V, 31 (1754) ; id. _Cent. pl._ in +_Amœn. acad._ IV, 264 (1755). + +Hab. : Oran, Le Kreider, dans le sable, alt. ca. 950 m. 11 mai +(n. 169) ; id. Djebel Mekter, versants N. rochers herbeux, +alt. ca. 1500 m. 5 juin (n. 674). + + Trib. VII. PHALARIDEÆ. + + PHALARIS L. + +=P. canariensis= L. _Sp. pl._ 54 (1753). + +Hab. : Oran, Saïda, au bord de la route, alt. ca. 850 m. 10 mai +(n. 111). + + Trib. VIII. AGROSTIDEÆ. + + ARISTIDA L. + +=A. adscentionis= (e. sect. _Chætaria_) L. _Sp. pl._ 82 (1753) +var. =cœrulescens= Dur. et Schinz _Consp. Fl. Afric._ V, 799 (1895) += _A. cœrulescens_ Desf. _Fl. Atl._ I, 109, t. 21, f. 2. (1798) = +_A. vulgaris var. cœrulescens_ Trin. et Rup. in _Mem. Acad. Petersb._ +ser. 6, V, 135 (1842). + +Hab. : Oran, rochers arides au N. de l’oasis de Mograr Foukani, +alt. ca. 950 m. 4 juin (n. 645). + +=A. obtusa= (e. sect. _Stipagrostis_) Delile _Fl. d’Eg._ 31, t. 13, +f. 2 (1813). + +Hab. : Oran, près d’Aïn Sefra, dans le sable le long de la voie +ferrée, alt. ca. 1150 m. 24 mai (n. 416). + +_Obs._ — Cette espèce est très remarquable par sa biologie qui +rappelle celle de l’anastatique. Elle forme de petites touffes dont +les feuilles arquées se mettent en boules qui sont facilement roulées +par le vent. Dès qu’il y a de l’eau les feuilles s’étalent +un peu et l’on voit poindre de grosses racines qui pénètrent dans +le sol et y fixent momentanément la plante. + +Cette dernière pousse alors ses hampes florales et mûrit ses +fruits. Puis ces longs pédoncules très fragiles se brisent, les +racines se dessèchent et la plante peut rouler plus loin. + +=A. pungens= (ejusd. sect.) Desf. _Fl. atl._ I, 107, t. 35 (1898). + +Hab. : Oran, Aïn Sefra sur la dune, alt. ca. 1050 m. 14 mai (n. 201). + +_Obs._ — Notre plante coïncide avec le type de Desfontaines et +aussi avec la var. _scoparia_ de Boissier (_Fl. or._ V, 498) ; nous +pensons donc que la forme envisagée par Boissier comme la plante +type est plutôt une forme subépineuse et à inflorescence plus dense. + +Cette espèce est remarquable à cause de ses rhizomes et de +ses racines très longues qui plongent à de grandes profondeurs +dans le sable. En outre, comme d’autres espèces des steppes, +l’_A. pungens_ couronne généralement de petites éminences, et +cela provient du fait que ces touffes, faisant obstacle au vent, +arrêtent le sable et tendent à être enterrées, mais plus le +sable s’accumule et plus les tiges s’allongent pour échapper +à l’enfouissement. + +Enfin, il est intéressant de noter que ces deux espèces comme +plusieurs autres vivant aussi dans le sable ont des racines couvertes +du haut en bas d’un épais revêtement de poils absorbants. + + STIPA L. + +=S. tenacissima= L. _Cent. pl._ I, 6 ; _Amœn. acad._ IV, 266. + +Hab. : Oran, pentes herbeuses du Djebel Aïssa, alt. ca. 1800 m. 2 juin +(n. 600) et partout dans le steppe. + +=S. parviflora= Desf. _Fl. atl._ I, 98, t. 29 (1798). + +Hab. : Oran, Djebel Morghad, rochers de l’arête, alt. ca. 1950 +m. 25 mai (n. 500). + +=S. gigantea= Lag. _Elenchus pl._ 3. + +Hab. : Oran, le Kreider dans le sable, alt. ca. 950 m. 11 mai (n. 170). + +=S. barbata= Desf. _Fl. atl._ I, 97, t. 27 (1798). + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa, pentes herbeuses au delà du télégraphe +optique, alt. ca. 1800 m. 2 juin (n. 604). + + ORYZOPSIS Michaux. + +=O. miliacea= Richt. _Pl. Europ._ 33 (1890) ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ +II, 166 = _Agrostis miliacea_ L. _Sp. pl._ 61 (1753) = _Piptatherum +miliaceum_ Coss. _Pl. crit._ 129 (1851) = _Piptatherum multiflorum_ +P. de Beauv. _Agrost._ 18 (1812) = _Milium multiflorum_ Cav. _Desc._ +36 ; Reich. _Ic._ I, f. 162. + +Hab. : Oran, Tiloula, près d’Aïn Sefra, terrain humide près de +la source, alt. ca. 1200 m. 18 mai (n. 302). + +=O. cœrulescens= Richt. _Pl. europ._ 34 (1890) ; Batt. et +Tr. _Fl. Alg._ II, 460. = _Milium cœrulescens_ Desf. _Fl. atl._ I, +66, t. 12 (1798). = _Piptatherum cœrulescens_ P. de Beauv. _Agrost._ +18 (1812). + +Hab. : Oran, Djebel Morghad, rochers de l’arête, alt. ca. 1950 +mètres, 26 mai (n. 499). + + POLYPOGON Desf. + +=P. monspeliensis= Desf. _Fl. atl._ I, 67 (1798) = _Alopecurus +monspeliensis_ L. _Sp. pl._ 61 (1753). + +Hab. : Oran, Tiloula près d’Aïn Sefra, dans la vase de la source, +alt. ca. 1200 m. 18 mai (n. 297) ; id. Tircount, point d’eau du +Faidjet el Betoum, sable humide, alt. ca. 1200 m. 26 mai (n. 439). + + Trib. IX. AVENEÆ. + + AIRA L. + +=A. caryophyllea= L. _Sp. pl._ 66 (1753) var. =Cupaniana= Coss. et +Dur. _Explor. sc. Alg._ II, 95 (1854-67) ; Bonn. et Barr. _Cat. Tun._ +461 ; Ball _Spic._ 717. = _A. Cupaniana_ Guss. _Syn. fl. sic._ I, +145 (1842) ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ II, 171. + +Hab. : Environs d’Alger, Bouzarea, rochers, 4 mai (n. 30). + + AVENA L. + +=A. barbata= Brot. _Fl. lusit._ I, 108 (1804) var. =genuina= Willk. et +L. _Prod. fl. hisp._ I, 68. + +Hab. : Environs d’Alger, Bouzarea 4 mai (n. 90) ; Oran, Djebel +Morghad, rochers de l’arête, alt. ca. 1950 m. 25 mai (n. 502). + + Trib. X. CHLORIDEÆ. + + CYNODON Pers. + +=C. Dactylon= Pers. _Syn._ I, 85. = _Panicum Dactylon_ L. _Sp. pl._ +58 (1758). + +Hab. : Oran, Tiloula, près d’Aïn Sefra, terrain humide près de +la source, alt. ca. 1200 m. 18 mai (n. 289). + + Trib. XI. FESTUCEÆ. + + PAPPOPHORUM Schreb. + +=P. scabrum= Kunth _Enum._ I, 255 (1833) = _Enneapogon scaber_ +Lehm. _Pug._ III, 41 (1831). + +Hab. : Oran, Duveyrier, pentes de rochers au sommet du Ras ed Dib, +alt. ca. 950 m. 4 juin (n. 633). + +_Obs._ — A noter spécialement la répartition curieuse de cette +espèce en Barbarie et au Cap. Cette _Graminée_ rare n’était +connue en Barbarie qu’à Biskra, Metlili et Ghardaïa au Mzab. Nous +sommes convaincu qu’une exploration dans ces régions montrera des +stations intermédiaires entre des points si éloignés. + + ECHINARIA Desf. + +=E. capitata= Desf. _Fl. atl._ II, 385 (1800) = _Cenchrus capitatus_ +L. _Sp. pl._ 1049 (1753). + +Hab. : Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra, chemin de la source, rochers, +alt. ca. 1650 m. 16 mai (n. 240). + + AMPELODESMA P. de Beauv. + +=A. mauritanica= Dur. et Schinz _Consp. Fl. af._ V, 874 (1895) ; +Bonn. et Barr. _Cat. Tun._ 469 (1896) = _Arundo mauritanica_ +Poir. _Voy. en Barb._ II, 105 (1789). = _Arundo tenax_ Vahl +_Symb. bot._ II, 25 (1791) = _A. tenax_ Link _Hort. berol._ I, 136 +(1827) ; Ball _Spicil._ 716 ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ II, 106. + +Hab. : Environs d’Alger, Bouzarea, 4 mai (n. 10), élément +caractéristique de la brousse du Tell. + + KŒLERIA Pers. + +=K. pubescens= P. de Beauv. _Agrost._ 85 (1812) = _Phalaris pubescens_ +Lam. _Encycl._ I, 92 (1783) = _Airochloa villosa_ Link _Hort. berol._ +I, 128 (1822) = _K. villosa_ Pers. _Syn._ I, 382 (1805). + +Var. =Salzmanni= Hochr. = _K. Salzmanni_ Boiss. et Reut. _Pugill._ 123 +(1852) = _K. pubescens_ var. _longearistata_ Coss. _Expl. sc. Alg._ +II, 122 (1854-67) = _K. hispida_ Salzm. (non DC.). + +Hab. : Oran, Bou Ktoub, près du Kreider, dans le sable, alt. ca. 950 +m. 11 mai (n. 174). + + CUTANDIA Willk. + +=C. divaricata= Benth. in _Journ. linn. Soc._ XIX, 118 (1881) = +_Festuca divaricata_ Desf. _Fl. atl._ I, 89, t. 22 (1798). + +Hab. : Oran, non loin des monuments préhistoriques, près d’Aïn +Sefra, dans le sable, alt. ca. 1080 m. 18 mai (n. 277). + +=C. memphitica= Benth. in _Journ. linn. Soc._ XIX, 118 (1881) = +_Dactylis memphitica_ Spreng. _Nachtr. bot. Gart. Halle_ I, 20 (1799) += _Scleropoa memphitica_ Boiss. _Diagn._ ser. 1, XIII, 62 (1853). + +Hab. : Oran, ravin dans la dune d’Aïn Sefra, alt. ca. 1100 m. 5 juin +(n. 679). + +_Obs._ — La plante vit dans le sable et ses racines sont couvertes +de poils de haut en bas. + + MELICA L. + +=M. ciliata= L. _Sp. pl._ 66 (1753) var. =nebrodensis= +Coss. _Expl. sc. Alg._ II, 133 (1854-67) = _M. nebrodensis_ +Parlat. _Fl. Palerm._ I, 120 (1845) ; Batt. et Trab. _Fl. Alg._ II, +202. = _M. ciliata var. rupestris_ Batt. et Tr. _Fl. d’Alger_ 78 +(1884). + +Hab. : Oran, rochers de l’arête du Djebel Morghad, alt. ca. 1950 +m. 25 mai (n. 501). + + BRIZA L. + +=B. maxima= L. _Sp. pl._ 70 (1753). + +Hab. : Environs d’Alger, Bouzarea 4 mai (n. 14). + + DACTYLIS L. + +=D. glomerata= L. _Sp. pl._ 71 (1753) var. =spiciformis= Hochr., +var. nov. — A typo et var. aliis differt paniculis spiciformibus ; +a typo differt etiam foliis plicatis, angustis, ut in var. _juncinella_ +Ball. Caules 25-55 cm. alti, inflorescentia 5-10 cm. longa. Pseudospica +basi interdum interrupta 5-8 cm. longa et 0,5-1,2 cm. crassa. + +Hab. : Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra, ca. 1600 m. alt. 16 mai +(n. 207) ; id. Djebel Aïssa versant S.-E., rochers herbeux et +buissonneux, alt. ca. 1800 m. 19 mai (n. 367) et répandu à mi-côte. + +_Obs._ — Le port de cette plante frappe au premier abord. Elle +fut distinguée déjà par Boissier qui l’a classée dans son +herbier sous la rubrique : « panicula spiciformi ». Là se trouvent +deux plantes : une de Haussknecht d’Orient, laquelle est assez +détériorée et n’offre rien de caractéristique et l’autre +d’Ibrahim du Djebel Touka au S.-W. de la ville de Maroc. Cette +dernière est exactement notre plante. + + CYNOSURUS L. + +=C. elegans= Desf. _Fl. atl._ I, 82, 17 (1798). + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa versant S.-E., dans le bois de pins, +alt. ca. 1800 m. 19 mai (n. 353). + + LAMARCKIA Mœnch. + +=L. aurea= Mœnch _Method._ 201 (1794) = _Cynosurus aureus_ +L. _Sp. pl._ 73 (1753). + +Hab. : Oran, Saïda, prairie rocheuse près du vieux Saïda, +alt. ca. 900 m. 10 mai (n. 116). + + SCHISMUS P. de Beauv. + +=S. calycinus= Coss. in Coss. et Dur. _Expl. sc. Alg._ II, 138 +(1854-67) ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ II, 205 = _Festuca calycina_ +L. _Amœn. acad._ III, 400 (1756) = _S. marginatus_ P. de +Beauv. _Agrost._ t. 15, f. 5 (1812), forme typique. + +Hab. : Oran, pentes rocheuses près du télégraphe optique du Djebel +Aïssa, alt. ca. 1600 m, 2 juin (n. 572). + + POA L. + +=P. bulbosa= L. _Sp. pl._ 70 (1753), forme vivipare. + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa, versant S.-E., rochers herbeux et +buissonneux alt. ca. 1900 m. 19 mai (n. 371). + + FESTUCA L. + +=F. ovina= L. _Sp. pl._ 73 (1753) emend. Hackel, subsp. =infesta= +Hochr. = _F. infesta_ Hack. in Batt. et Tr. _Fl. Alg._ II, 213 (1895). + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa, versant S.-E., rochers herbeux et +buissonneux, alt. ca. 1900 m. 19 mai (n. 360). + +_Obs._ — Cette plante qui paraît être spéciale à cette localité +possède le port du _F. ovina subsp. indigesta_ Hack. _Monogr. Fest._ +99 et doit lui être coordonnée. Mais elle s’en distingue nettement +par ses feuilles très scabres. + +=F. elatior= L. _Sp. pl._ ed. II, 111 emend. Hackel, +subsp. =arundinacea= Hackel _Monogr. Fest._ 152 var. =genuina= Hackel +l.c. 153 = _F. arundinacea_ Schreb. _Spicil. Fl. lips._ 57 (1771). + +Hab. : Oran, Tiloula près d’Aïn Sefra, terrain humide près de +la source, alt. ca. 1200 m. 18 mai (n. 306) ; id. Saïda, au bord de +la route, alt. ca. 850 m. 10 mai (n. 101). + +Var. =Fenas= Hackel l.c. = _F. Fenas_ Lag. _gen._ 4 (1816). + +Hab. : Oran, Tiloula près Aïn Sefra, terrain humide de la source, +alt. ca. 1200 m. 18 mai (n. 307) ; id. Tircount, point d’eau dans +le Faidjet el Betoum, sable humide, alt. ca. 1200 m. 26 mai (n. 438). + +=F. triflora= Desf. _Fl. atl._ I, 87, t. 20 (1798) ; Hackel _Monogr._ +163. + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa, versant S.-E., forêt de pins, +alt. ca. 1800 m. 19 mai (n. 346). + +=F. unilateralis= (e. sect. _Nardurus_) Schrad. in _Cat. hort. Gœtt._ +(1814) ; Coss. et Dur. _Expl. sc. Alg._ II, 180 = _Triticum +unilaterale_ L. _Mant. pl._ I, 35 (1767) = _Nardurus unilateralis_ +Boiss. _Voy. Esp._ II, 677 (1845) ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ II, 234. + +Var. =aristata= Coss. et Dur. l.c. = _Nard. unilateralis var. aristata_ +Boiss. l.c. + +Hab. : Oran, pentes herbeuses au-delà du télégraphe optique du +Djebel Aïssa, alt. ca. 1700 m. 2 juin (n. 591). + +=F. cynosuroides= (ejusd. sect.) Desf. _Fl. atl._ I, 88, t. 21 (1798) += _Nardurus cynosuroides_ Batt. et Tr. _Fl. Alg._ II, 234 (1895) = +_Vulpia cynosuroides_ Parl. _Pl. nov._ 52 (1842). + +Hab. : Oran, steppe d’alfa, au-delà du télégraphe optique du +Djebel Aïssa, alt. ca. 1800 m. 2 juin (n. 599). + + SCLEROPOA Griseb. + +=S. rigida= Griseb. _Spicil. Fl. rumel._ II, 431 (1844) = _Poa rigida_ +L. _Amœn. acad._ IV, 265 (1759). + +Hab. : Environs d’Alger, Bouzarea, oued, 4 mai (n. 11). + + BROMUS L. + +=B. rigidus= Roth in Rœm. et Ust. _Mag. bot._ 4, X, 21 (1790) ; +Murb. _Contr._ IV, 26 = _B. villosus_ Forsk. _Fl. æg.-arab._ 23 +(1775) ; Bonn. et Barr. _Cat. Tun._ 484 (non Scop.) = _B. maximus_ +Desf. _Fl. atl._ I, 95, t. 26 (1798). + +Hab. : Environs d’Alger, Fort de l’Eau, rochers, 2 mai (n. 37). + +=B. rubens= L. _Amœn. acad._ IV, 265 (1759). + +Hab. : Oran, prairie rocheuse près du vieux Saïda, alt. ca. 900 +m. 10 mai (n. 115), forme type à épillets glabres. + +Var. =canescens= Coss. in _Bull. soc. bot. Fr._ XII, 280 (1865) = +_B. canescens_ Viv. _Fl. lib. spec._ 5 (1824). + +Hab. : Oran, Tafaroua, au N. des hauts plateaux, alt. ca. 1100 m. 11 +mai (n. 154) ; id. Ras Chergui sur Aïn Sefra, chemin de la source, +alt. ca. 1600 m. 16 mai (n. 230) ; id. Djebel Aïssa versant S.-E., +rochers, alt. ca. 1850 m. 19 mai (n. 365). + +_Obs._ — Cosson aurait pu rectifier la description de Viviani +en disant que chez la forme velue, comme chez la forme glabre, les +épillets peuvent être teintés de violet. + +=B. tectorum= L. _Sp. pl._ 77 (1753). + +Hab. : Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra, chemin de la source, +alt. ca. 1600 m. 16 mai (n. 231) ; id. Djebel Aïssa, versant S.-E., +rochers, alt. ca. 1850 m. 9 mai (n. 364). + +=B. squarrosus= L. _Sp. pl._ 76 (1753). + +Hab. : Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra, chemin de la source, +alt. ca. 1600 m. 16 mai (n. 232). + + BRACHYPODIUM P. de Beauv. + +=B. distachyum= P. de Beauv. _Agrost._ 101 (1812) = _Bromus distachyus_ +L. _Amœn. acad._ IV, 304 (1759). + +Var. =genuinum= Willk. et Lange _Prod. fl. hisp._ I, 112. + +Hab. : Oran, oasis de Tiout, près de l’oued, alt. ca. 1050 m. 31 +mai (n. 561). + + Trib. XII. HORDEÆ. + + LOLIUM L. + +=L. perenne= L. _Sp. pl._ 122 (1753). + +Hab. : Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra à mi-côte, alt. ca. 1500 +m., 16 mai (n. 214) ; id. Djebel Aïssa, versant S.-E., clairière +à mi-côte, alt. ca. 1800 m. 19 mai (n. 396) très abondant. + +=L. Trabuti= Hochr. sp. nov. — Planta perennis multicaulis, +innovationibus prædita. Culmi erecti vel arcuati ascendentes, glabri, +striati, basi vaginis siccis numerosis quasi incrassati. Folia +± longa subulata, acuta, sicca involuta, infer. ± lata ; vagina +lævis, striata, mox scariosa ; ligula sæpe obliqua, ± truncata vel +lobata. Inflorescentia ut in _Lolio_ sed _condensata_, sæpissime apice +attenuata, ita ut inflorescentiam _Catapodii loliacei_ æmulet. Gluma +unica, lata, ± striata, apice obtusa, dimidiam partem spiculæ +florentis vix attingens, apice vix scariosa. Spiculæ solitariæ, +ante anthesin lineares, florentes ovatæ, ad excavationes rachidis +solitariæ ; inferiores 9-10-flores, superiores interdum 1-3-flores vel +ultra. Flores dorso rachidem spectantes. Glumella inferior obtusa vel +± acuta, apice latissime scarioso-marginata, præcipue in floribus +inferioribus spiculæ ; glumella superior oblonga, acuta, binervis, +in parte media scariosa, glumella inferiore paulo brevior. + +Culmi 13-18 cm. longi. Inflorescentia 7-9 cm. longa et media parte +0,3-1 cm. lata, apice basique attenuata. Spiculæ mediæ 0,7-1,4 +cm. longæ, gluma 0,4-0,5 cm. longa. + +Hab. : Oran, Duveyrier, dans les fentes de rochers, au sommet du Ras +ed Dib alt. ca. 950 m. 4 juin (n. 621). + +_Obs._ — Cette espèce ressemble beaucoup comme port à certains +_Lolium perenne_ et au _Catapodium loliaceum_. Cependant elle +se distingue du premier par ses glumes très courtes, par son +inflorescence atténuée au sommet et à la base et très condensée +au milieu, enfin par ses tiges courtes, épaissies et tortueuses, +geniculées à leur base. Elle se distingue du second par ses +épillets exactement alternes qui sont adossés au rachis et qui +ne portent qu’une seule glume à leur base. Enfin on ne peut la +rapprocher du _Lolium multiflorum_, dont la glume est très courte, +à cause de l’inflorescence extrêmement allongée de ce dernier. + + AGROPYRUM Gärtn. + +=A. orientale= (e. sect. _Eremopyrum_) Rœm. et Sch. _Syt. veg._ II, +757 (1817) = _Secale orientale_ L. _Sp. pl._ 84 (1753) = _Eremopyrum +orientale_ Jaub. et Spach _Ill._ V, 26, t. 319 (1842-43) ; Batt. et +Tr. _Fl. Alg._ II, 242. + +Hab. : Oran, El Archaïa, près Mécheria, dans le sable, alt. ca. 1200 +m. 11 mai (n. 178). + + TRITICUM L. + +=T. triaristatum= Gr. et Godr. _Fl. Fr._ III, 602 (1854-56) = _Ægilops +triaristata_ Willd. _Sp. pl._ IV, 943 (1805). + +Hab. : Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra le long du chemin de 1400-2000 +m. d’alt. 16 mai (n. 213). + + HORDEUM L. + +=H. murinum= L. _Sp. pl._ 85 (1753). + +Hab. : Oran, Saïda, prairie rocheuse près du vieux Saïda, +alt. ca. 900 m. 10 mai (n. 124) ; id. Mir Abd el Kader près Saïda, +alt. 1085 m. 11 mai (n. 152). + + ELYMUS L. + +=E. caput-medusæ= L. _Sp. pl._ 84 (1753). + +Hab. : Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra, à mi-côte, alt. ca. 1500 +m. 16 mai (n. 215). + + =CYPERACEÆ= + + CYPERUS L. + +=C. lævigatus= (e sect. _Juncellus_) L. _Mant. pl._ 179 +(1771) var. =distachyos= Hochr., comb. nov. = _C. distachyos_ +All. _Fl. ped. auct._ 48, t. 2, f. 5 (1789) = _C. junciformis_ +Desf. _Fl. atl._ I, 42, t. 7, f. 1 (1798) = _C. lævigatus_ +var. _junciformis_ C. B. Clarke in _Journ. linn. Soc._ XXI, 79 (1884). + +Hab. : Oran, Tircount, point d’eau dans le Faidjet el Betoum, +sable humide sous les lauriers roses, alt. ca. 1200 m. 26 mai (n. 449). + +=C. rotundus= (e sect. _Eucyperus_) L. _Sp. pl._ 67 (1753), typique. + +Hab. : Oran, Tiloula près d’Aïn Sefra, dans la petite mare, +alt. ca. 1200 m. 18 mai (n. 299). + +=C. conglomeratus= (e sect. _Eucyperus_) Rottb. _Descr. et Ic._ 21, +t. 15, f. 7 (1773) ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ II, 94 = _C. pungens_ +Clarke in _Journ. linn. Soc._ XXI, 113 (1886), etc. [Voy. à ce sujet +la note de Murbeck (_Contrib._ III, p. 26) que nous pouvons confirmer, +notre plante étant identique au n. 944 de Balansa cité par Murbeck]. + +Hab. : Oran, dune d’Aïn Sefra dans une coupure transversale d’un +oued, alt. ca. 1100 m. 5 juin (n. 678). + +_Obs._ — Remarquable par ses racines couvertes d’un tomentum +dense et continu formé de longs poils enchevêtrés. + + SCIRPUS L. + +=S. Holoschœnus= L. _Sp. pl._ 72 (1753) = _S. australis_ +L. _Syst. veg._ ed. XIII, 85 (= var. _australis_ Koch). + +Hab. : Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra, source à l’E. du sommet, +alt. ca. 1600 m. 16 mai (n. 274) ; id. Tiloula près d’Aïn Sefra, +dans la mare alt. ca. 1200 m. 18 mai (n. 300) et ailleurs près +de l’eau. + + CAREX L. + +=C. divisa= Huds. _Fl. Angl._ 348 (1762). + +Hab. : Oran, Tiloula près d’Aïn Sefra, terrain humide près de +la source, alt. ca. 1200 m. 18 mai (n. 290). + + =LEMNACEÆ= + + LEMNA L. + +=L. minor= L. _Sp. pl._ 970 (1753). + +Hab. : Oran, Tiloula, dans la source, alt. ca. 1200 m. 18 mai (n. 296). + + =JUNCACEÆ= + + JUNCUS L. + +=J. maritimus= Lam. _Encycl._ III, 325 (1780) var. =arabicus= +Asch. et Buch. ex Boiss. _Fl. or._ V, 324 (1884) ; Asch. et +Schw. _Illustr. Fl. Æg._ 155. + +Hab. : Oran, Tiloula près d’Aïn Sefra, au bord du ruisseau +alt. ca. 1200 m. 18 mai (n. 298). + +=J. Fontanesii= J. Gay ap. Laharpe _Monogr. Junc._ 130 (1825) = +_J. articulatus_ Desf. _Fl. atl._ I, 313 (1798) [non L.]. = _J. repens_ +Requien ap. Guerin _Descr. Vaucl._ ed. II, 253 [non Mich.]. + +Hab. : Oran, oasis de Tiout dans l’oued, alt. ca. 1050 m. 31 mai +(n. 559) ; id. Tircount, point d’eau dans le Faidjet el Betoum, +sable humide sous les lauriers roses, alt. ca. 1200 m. 26 mai (n. 437). + +_Obs._ — Ces joncs produisent des stolons démesurés qui +s’enracinent par place et donnent naissance à des rejets dressés +comme l’indiquent Bonnet et Barratte (_Cat. Tun._ 424), de sorte +que l’eau diminuant, la plante peut la suivre en s’avançant +toujours plus loin et en gardant son habitat préféré sur le rivage +immédiat. Nous avons sous les yeux un de ces stolons qui mesure +1,50 m. + +=J. bufonius= L. _Sp. pl._ 328 (1753) var. =hybridus= Coss. et +Dur. _Fl. Alg. Glum._ 275 (1854-67) ; Bonn. et Barr. _Cat. Tun._ 475 = +_J. hybridus_ Brot. _Fl. lusit._ I, 513 (1804) = _J. mutabilis_ Savi +_Fl. pisan._ I, 364 (1798) [non Cav. nec Lam.] = _J. fasciculatus_ +Bertol. _Fl. ital._ IV, 190 (1839) = _J. congestus_ Schousb. ex +Mey. _Syn. Junc._ 60 (1822) = _J. bufonius_ var. _congestus_ +Wahlbg. _Fl. Gothob._ 38 (1820) [= var. _fasciculatus_ Koch _Syn._ +732 (1837)]. + +Hab. : Oran, Tiloula près d’Aïn Sefra au bord du ruisseau, +alt. ca. 1200 m. 18 mai (n. 301). + + =LILIACEÆ= + + ASPHODELUS L. + +=A. cerasifer= Gay in _Bull. soc. bot. Fr._ IV, 610 (1857). + +Hab. : Oran, Aïn Aïssa, près de la source, alt. ca. 1600 m. 20 mai +(n. 336). + + ALLIUM L. + +=A. pallens= L. _Sp. pl._ ed. II, 427 (1762). + +Hab. : Oran, dans la plaine près d’Ain Sefra, non loin des +sculptures préhistoriques, alt. ca. 1050 m. 18 mai (n. 276). + + TULIPA L. + +=T. Celsiana= DC. ap. Red. _Liliacées_ I, t. 38 ; Batt. et +Tr. _Fl. Alg._ II, 74 ; Bonn. et Barr. _Cat. Tun._ 407 = +_T. sylvestris_ Poir. _Voy._ II, 147 = _T. fragrans_ Munby in +_Bull. soc. bot. Fr._ XIII, 256. + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa versant S.-E., rochers buissonneux, +alt. ca. 1900 m. 19 mai (n. 363) ; id. Djebel Morghad, rochers ombreux +près du sommet, alt. ca. 2100 m. 25 mai (n. 518). + +_Obs._ — Le n. 363 est la variété à fleurs roses et blanches, +le n. 518 est la forme à fleurs entièrement jaunes. Comme on le +voit, le sud n’héberge pas exclusivement la forme rose ainsi que +l’indique Battandier. + + URGINEA Steinh. + +=U. noctiflora= Batt. et Trab. in _Assoc. fr. av. des sc._ 505 (1893) ; +Batt. et Tr. _Fl. Alg._ II, 250. + +Hab. : Oran, rochers arides au N. de l’oasis de Mograr Foukani, +alt. ca. 950 m. 4 juin (n. 634). + + ORNITHOGALUM L. + +=O. sessiliflorum= Desf. _Fl. atl._ I, 295 (1793). + +Hab. : Oran, Saïda, prairie rocailleuse, alt. ca. 900 m. 10 mai +(n. 186). + + MUSCARI Mill. + +=M. comosum= Mill. _Gard. Dict._ ed. VIII, n. 2 (1768) = _Hyacinthus +comosus_ L. _Sp. pl._ 318 (1753). + +Hab. : Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra, sous les buissons du sommet, +alt. 2000 m. 16 mai (n. 273). + + ASPARAGUS L. + +=A. stipularis= Forsk. _Fl. alg.-arab._ 72 (1775) ; Bonn. et +Barr. _Cat. Tun._ 420 = _A. horridus_ L. f. _Suppl._ 203 (1781) ; +Batt. et Tr. _Fl. Alg._ II, 49. + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa, dans les parois de rochers du versant +S.-E. au delà du télégraphe optique, alt. ca. 1800 m. 2 juin +(n. 606). + +=A. albus= L. _Sp. pl._ 314 (1753). + +Hab. : Oran, rochers du vieux Saïda, alt. ca. 950 m. 10 mai (n. 121). + + RUSCUS L. + +=R. aculeatus= L. _Sp. pl._ 1041 (1753). + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa, versant S.-E. dans une fente d’un rocher +surplombant, alt. ca. 1850 m. 19 mai (n. 362) ; id. Djebel Morghad, +rochers ombreux sur l’arête, versant N., alt. ca. 1950 m. 25 mai +(n. 482). + + =IRIDACEÆ= + + IRIS L. + +=I. Xiphium= L. _Sp. pl._ 40 p.p. (1753) ; Ehrh. _Beitr._ VII, 139 +Batt. et Tr. _Fl. Alg._ II, 42 ; Bonn. et Barr. _Cat. Tun._ 396. + +Hab. : Oran, au N. d’Aïn Sefra, dans le sable près d’un oued +à sec, alt. ca. 1150 m. 24 mai (n. 407). + +=I. Sisyrinchium= L. _Sp. pl._ 40 (1753). + +Hab. : Oran, Saïda, au bord de l’oued, alt. ca. 250 m. 10 mai +(n. 107). + + =ORCHIDACEÆ= + + OPHRYS L. + +=O. apifera= Huds. _Fl. angl._ I, 340 (1762) var. =Muteliæ= Mutel +in _Ann. sc. nat._ ser. 2, III, 243, t. 8 b, f. 2 (1835) ; Batt. et +Tr. _Fl. Alg._ II, 24. + +Hab. : Environs d’Alger, Pointe Pescade, 5 mai (n. 72). + + SERAPIAS L. + +=S. occultata= Gay in _Ann. sc. nat._ ser. 2, VI, 110 (1836). + +Hab. : Environs d’Alger, Bouzarea, 4 mai (n. 88). + + + DICOTYLEDONEÆ + + =SALICACEÆ= + + POPULUS L. + +=P. alba= L. _Sp. pl._ 1034 (1753) var. =subintegerrima= Willk. et +Lang. _Prod. fl. hisp._ I, 233 (1861) = _var. integrifolia_ Ball +_Spic._ in _Journ. linn. soc._ XVI, 668 (1878). + +Hab. : Oran, Aïn Aïssa sur le Djebel Aïssa, alt. ca. 1600 m. 20 mai +(n. 328). + + =FAGACEÆ= + + QUERCUS L. + +=Q. lusitanica= (e sect. _Lepidobalanus_ et subsect. _Gallifera_) +Lam. _Dict._ I, 719 (1783) ; Boiss. _Fl. or._ IV, 1166 = _Q. Mirbeckii_ +Dur. ap. Duchartre _Rev. bot._ II, 426 (1846) ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ +I, 820 ; Bonn. et Barr. _Cat. Tun._ 391 = _Q. infectoria_ Oliv. _Voy._ +I, 252 (1801). + +Hab. : Environs d’Alger, Pointe Pescade, ravin, 5 mai (n. 67). + +=Q. Ilex= L. _Sp. pl._ 995 (1753) var. =Ballota= A. DC. _Prod._ XVI, +II, 39 = _Q. Ballota_ Desf. in _Mem. acad. sc. Paris_ 394 (1790). + +Hab. : Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra, au sommet, formant des +buissons de 1 m., alt. 2000 m. 16 mai (n. 268) ; id. Ras Chergui, +à mi-côte, formant de petits arbres de 2-4 m., alt. ca. 1600 m. 16 +mai (n. 269) ; Djebel Aïssa versant S.-E. alt. ca. 1800 m. 19 mai +(n. 361) arbre de 2-4 m. à feuilles peu dentées et parfois entières. + + =URTICACEÆ= + + PARIETARIA L. + +=P. officinalis= L. _Sp. pl._ 1052 (1753) ; Boiss. _Fl. Or._ +IV, 1149 ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 811 = _P. erecta_ Koch et +Mert. _Deutsch. Fl._ I, 825 (1823) ; Murb. _Contr._ III, 19. + +Hab. : Environs d’Alger, Fort de l’Eau, rochers près de la mer, +2 mai (n. 16). + +Var. =judaica= Hochr. = _P. judaica_ L. _Sp. pl._ ed. II, 1492 = +_P. diffusa_ Mert. et K. _Deutsch. Fl._ I, 827 = _P. officinalis_ +var. _diffusa_ Batt. et Tr. l.c. + +Hab. : Environs d’Alger, Bouzarea, brousse, 4 mai (n. 8). + + =SANTALACEÆ= + + OSYRIS L. + +=O. alba= L. _Sp. pl._ 1022 (1753). + +Hab. : Oran, arête du Djebel Morghad, alt. ca. 1950 m. 25 mai +(n. 504). + + =BALANOPHORACEÆ= + + CYNOMORIUM Micheli in L. + +=C. coccineum= L. _Sp. pl._ 970 (1753). + +Hab. : Oran, Tiloula près d’Aïn Sefra, alt. ca. 1200 m. 18 mai +(n. 311). + +_Obs._ — Les indigènes le mangent en salade. + + =POLYGONACEÆ= + + RUMEX L. + +=R. thyrsoides= Desf. _Fl. atl._ I, 321 (1898). + +Hab. : Oran, prairie rocheuse près du vieux Saïda, alt. ca. 900 +m. 10 mai (n. 125). + +=R. tingitanus= L. _Syst._ ed. X, 991 ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, +775 var. =lacerus= Batt. et Tr. l.c. + +Hab. : Oran, Aïn Sefra, sur la dune, alt. ca. 1080 m. 30 mai (n. 537). + +=R. vesicarius= L. _Sp. pl._ 336 (1753) ; Murb. _Contr._ III, 10. + +Hab. : Oran, pentes rocailleuses en montant au télégraphe optique du +Djebel Aïssa, alt. ca. 1500 m. 2 juin (n. 570) et en grand nombre +dans les rochers près de Aïn el Hadjej à 1000 m. à peine, +où elle fut récoltée par Bonnet et Maury (var. _planivalvis_ +Murb.) conjointement avec le _R. simpliciflorus_ M. + + =CHENOPODIACEÆ= + + POLYCNEMUM L. + +=P. Fontanesii= Dur. et Moq. in DC. _Prod._ XIII, II, 335 (1849) ; +Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 759. + +Hab. : Oran, rocailles près du télégraphe optique du Djebel Aïssa, +alt. ca. 1600 m. 2 juin (n. 578) ; Faidjet el Betoum, steppe d’alfa +au pied du Djebel Morghad, alt. ca. 1200 m. 26 mai (n. 433). + + CHENOPODIUM L. + +=C. murale= L. _Sp. pl._ 219 (1752) var. =microphyllum= +Boiss. _Fl. or._ IV, 903. + +Hab. : Oran, Tiloula près d’Aïn Sefra, sous les arbres de +l’oasis, alt. ca. 1200 m. 18 mai (n. 288). + +=C. foliosum= Asch. et Græbn. _Fl. Nordostdeutsch._ 282 (1898-99) += _Blitum virgatum_ L. _Sp. pl._ 4 (1753) ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ +I, 754 [non = _C. virgatum_ Thunb. ex Japon.] + +Hab. : Oran, Tircount, point d’eau dans le Faidjet el Betoum dans le +sable humide sous les lauriers roses, alt. ca. 1200 m. 26 mai (n. 443). + +Var. =minus= Asch. et Gr. l.c. = _Blitum virgatum_ var. _minus_ +Moquin in DC. _Prod._ XIII, II, 83 (1849). + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa versant S.-E., clairière à mi-côte +alt. ca. 1800 m. 29 mai (n. 401). + + ATRIPLEX L. + +=A. parvifolius= Lowe _Prim._ 16 (1831) ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ +I, 757 = _A. mauritanicus_ Boiss. et Reut. _Pug._ 106 (1852) = +_A. alexandrinus_ Boiss. _Fl._ IV, 914 (1879) = _A. palestinus_ +Boiss. _Diagn. or._ ser. 1, XII, 96 (1853). + +Hab. : Oran, Le Kreider, dans le sable, alt. ca. 950 m. 11 mai +(n. 183) ; id. rochers de l’oued près de l’oasis de Tiout, +alt. ca. 1050 m. 31 mai (n. 552). + + BASSIA All. + +=B. muricata= All. _Misc. taur._ III, t. 4 = _Salsola muricata_ +L. _Mant._ 24 = _Kochia muricata_ Schrad. _Neu. Journ._ III, 3, 86 = +_Echinopsilon muricatum_ Moq. in DC. _Prod._ XIII, 134 ; Batt. et +Tr. _Fl. Alg._ I, 758, etc. + +Hab. : Oran, Aïn Sefra, sable de la dune, alt. ca. 1050 m. 14 mai +(n. 197). + + SUÆDA Forsk. + +=S. vermiculata= Forsk. _Fl. æg.-arab._ 70 ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ +I, 761. + +Hab. : Oran, Duveyrier, steppe sablonneux près de l’oued, +alt. ca. 800 m. 4 juin (n. 614). + +=S. fruticosa= Forsk. _Fl. æg.-arab._ 70 = _Salsola fruticosa_ +L. _Sp. pl._ 2. ed. 324. + +Hab. : Oran, oasis de Tiout, rochers au-dessus de l’oued, +alt. ca. 1050 m. 31 mai (n. 558). + + HALOXYLON Bunge + +=H. articulatum= Bunge in _Act. hort. petrop._ VI, 439 ; +Boiss. _Fl. or._ IV, 949 = _Caroxylon articulatum_ Moq. ap. DC. _Prod._ +XIII, II, 175 = _Salsola articulata_ Cav. _Ic._ III, t. 284 [non +Forsk.] + +Var. =scoparium= Hochr. = _H. scoparium_ Pomel _Nouv. Mat._ 335 = +_H. articulatum_ var. Reut. in Hb. Boiss. + +Hab. : Oran, oasis de Tiout, rochers au-dessus de la source +alt. ca. 1050 m. 31 mai (n. 556). + + SALSOLA L. + +=S. Kali= L. _Sp. pl._ 222 (1753) var. =Tragus= Moq. in DC. _Prod._ +XIII, II, 187 (1849) ; Boiss. _Flor. or._ IV, 954 (1879) = _S. Tragus_ +L. _Cent. Pl._ II, 13. + +Hab. : Oran, environs immédiats d’Aïn Sefra, alt. ca. 1050 m. 30 +mai (n. 521). + + ANABASIS L. + +=A. articulata= Moq. ap. DC. _Prod._ XIII, II, 212 = _Salsola +articulata_ Forsk. _Fl. æg.-arab._ 55. + +Hab. : Oran, El Archaïa près Mecheria, dans le sable, alt. ca. 1200 +m. 11 mai (n. 179), et répandue dans les dépressions. + +=A. aretioides= Moq. et Coss. in _Bull. Soc. bot. Fr._ IX, 299 (1862) += _Noæa aretioides_ Moq. et Coss. ap. Bourgeau _Pl. alger. exsicc._ +n. 20 a. (1856). + +Hab. : Oran, Faidjet et Betoum steppe sablonneux, alt. ca. 1200 m. 24 +mai (n. 420), et répandu à Mograr, Djenien bou Rezg, Duveyrier. + +_Obs._ — Cette plante très singulière forme des mammelons +hémisphériques irrégulièrement disséminés sur la plaine nue +et ressemblant de loin à de grosses taupinières dont le dessin de +Cosson l.c. ne donne qu’une idée fort inexacte. Cette plante est +appelée par les soldats de la région le « champignon du désert » + + =CARYOPHYLLACEÆ= + + SILENE L. + +=S. conica= (e sect. _Conosilene_) L. _Sp. pl._ 418 (1753) ; +Rohrb. _Monogr._ 81. + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa, clairière sur le col dans les bois de +chênes-verts, alt. ca. 2000 m. 19 mai (n. 387 et 388). + +_Obs._ — Le n. 387 est la forme typique, et le n. 388 est une +plante uniflore à entre-nœuds beaucoup moins proéminents, mais dont +nous ne saurions faire une variété. Dans les herbiers, nous avons +vu en effet cette forme provenant de tous les points de l’aire +de l’espèce. Ce sont plutôt des spécimens mal développés et +cela tient, dans le cas particulier, à ce qu’ils vivaient sur la +lisière de la clairière à l’ombre d’un chêne. + +=S. gallica= (e sect. _Cincinnosilene_) L. _Sp. pl._ 417 (1753) = +_S. quinquevulnera_ L. l.c. = _S. anglica_ L. l.c., etc. [De syn. vide +Rohrbach _Monogr. Silen._ 97 (1868)]. + +Hab. : Environs d’Alger : Fort de l’Eau, 2 mai (n. 20) ; Pointe +Pescade, ravin. 5 mai (n. 70). + +_Obs._ — Nous avons hésité à appeler cette espèce +_S. quinquevulnera_, car les deux noms sont contemporains et, +d’après l’art. 35 des Lois de la Nom., lorsqu’on réunit deux +espèces de ce genre, l’auteur de la réunion choisit le nom. Or, +à notre connaissance, le premier auteur qui établit cette synonymie +fut Bentham [_Cat. pl. Pyrénées_ 122 (1826)] et il conserve comme +nom d’espèce _S. quinquevulnera_ ; il a été suivi en cela par +Chaubard _Fl. Pelop._, p. 27 (1838). Mais tous les auteurs subséquents +ont adopté le terme _S. gallica_, témoin Grenier et Godron _Fl. Fr._ +I, 206 ; Burnat _Fl. Alp. marit._ I, 200 ; Boiss. _Fl. or._ I, 590 ; +Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 132 ; Bonnet et Barr. _Cat. Tun._ 52 ; +Rohrb. _Monogr. Silene_ 96 ; Rouy et Fouc. _Fl. Fr._ III, 116 ; +Murbeck _Contr._ I, 27 ; Pax in Engl. et Pr. _Nat. Pf. fam._ III, +1, 6, 71, etc. Ce nom est fort connu et l’autre ne l’est pas du +tout. En outre, comme dans tous les cas pareils, il est difficile +d’affirmer qu’il n’y ait pas eu, avant Bentham, un floriste +ou un observateur quelconque qui aurait établi la même synonymie +en conservant le nom de _S. gallica_. Par conséquent, vu ce léger +doute et considérant que la clarté n’a rien à y perdre mais tout +à y gagner, dans ce cas nous conservons le nom le plus connu (voir +Lois de la Nom., art. 3 et son comm. ainsi que le comm. de l’art. 4). + +=S. tridentata= (e sect. _Cincinnosilene_) Desf. _Fl. atl._ I, 349 ; +Bonnet et Barr. _Cat. Tun._ 52 ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 130 ; +Rohrb. _Monogr. Silene_ 99. + +Hab. : Oran, Saïda, prairie rocailleuse, alt. ca. 900 m. 10 mai +(n. 149). + +=S. nocturna= (e sect. _Cincinnosilene_) L. _Sp. pl._ 416 (1753) +var. =genuina= Rohrb. _Monogr. Silene_ 100 (1868). + +Hab. : Oran, Saïda, prairie rocailleuse, alt. ca. 900 m. 10 mai +(n. 150), et répandu au N. des hauts plateaux. + +Var. =permixta= Rohrb. _Monogr. Silene_ 101 (1863) = _S. permixta_ +Jord. _Pug. pl. nov._ 32 (1852) ; Willk. _Ic._ t. 50. + +Hab. : Oran, plaine rocailleuse entre le Djebel Mekter et les rochers +de Mograr, alt. ca. 1100 m. 5 juin (n. 664). + +_Obs._ — Notre plante coïncide exactement avec la planche de +Willkomm, et la présence de cette plante dans l’Extrême-Sud nous +fait croire qu’elle a dû être méconnue probablement dans le Tell, +car elle n’est indiquée qu’en France et en Espagne. + +=S. imbricata= (e sect. _Cincinnosilene_) Desf. _Fl. atl._ I, 349 ; +Rohrb. _Monogr._, p. 109. + +Hab. : Environs d’Alger, Bouzarea, lit d’un oued, 4 mai (n. 48). + +=S. colorata= (e sect. _Cincinnosilene_) Poir. _Voy. en Barb._ 163 +(1789) ; Rohrb. _Monogr._ p. 114. = _S. bipartita_ Desf. _Fl. atl._ +I, 352, t. 100 (1798) ; Boiss. _Fl. or._ I, 597. + +Var. =pteropleura= Coss. in Bourg. _Pl. Alg. exsicc._ n. 224 (1856) += _S. pteropleura_ Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 134. + +Hab. : Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra, au pied de la montagne, +alt. ca. 1150 m. 16 mai (n. 266) ; id. Djebel Aïssa, versant S.-E., +rochers herbeux et buissonneux, alt. ca. 1900 m. 19 mai (n. 382). + +_Obs._ — Cette variété qui n’est connue qu’à El Abiod +(Cosson) à Djelfa (Reboud) et à Boghar (Debeaux in Billot) est fort +intéressante, car elle se relie par des formes intermédiaires au +type de Poiret. Notre n. 266 serait une de ces formes. En outre, comme +le remarque avec raison Boissier (_Fl. or._ I, 597), les spécimens +vivant à de hautes altitudes ont des feuilles linéaires, tandis +que ceux qui vivent dans les sables maritimes les ont obovées. Cela +est vrai aussi pour notre variété, en ce sens que le n. 382 est +_stenophylle_, tandis que le n. 266, récolté dans le voisinage +immédiat de la dune, a des feuilles très larges. Il semble donc que +ce ne soient pas seulement les sables maritimes, mais la présence +du sable pur et simple qui implique l’élargissement des feuilles. + +A relever aussi cette indication de Rohrbach [in _Linnæa_ XXXVI, II, +259 (1869)], d’après une lettre du Dr Marcucci : « Intéressant +ist das massenhafte Auftreten einer kleinen etwa 15 cm. hohen 1-3 +blütigen Form bei Limbara nell Altipiana im nördlichen Sardinien +wo sie ganze Strecken weiss färbt ». + +C’est absolument ce que nous avons observé pour notre n. 382 qui +répond exactement à la définition de l’auteur. + +=S. rubella= (e sect. _Dichasiosilene_ sect. _Atocia_) L. _Sp. pl._ +419 ; Rohrb. _Monogr._ 155. + +Hab. : Oran, Aïn-el-Hadjar près Saïda, sur la voie ferrée, +alt. ca. 1000 m. 11 mai (n. 151). + +=S. Battandierana= Hochr., sp. nov. (e sect. _Dichasiosilene_ +sect. _Atocia_ Rohrb. _Monogr._, p. 71). — Annua. Caulis +erectus parvus simplex vel ± ramosus, inferne pilis longis, +albis, confervoideis vestitus, superne pilis brevibus recurvis +puberulo-tomentosus, eglandulosus. Folia obovata vel lanceolata, ut +rami superiores pilis brevibus recurvis puberula, integra, basin versus +margine ciliata, apice acuta, interdum mucronulata. Inflorescentia +dichotome ramosa, ramis dichasii subæqualibus, laxe corymbifera, +interdum pauci-, etiam bi-flora ; bracteæ anguste lanceolato-ovatæ, +margine ciliolatæ ; pedunculi ut caules puberuli, calyce +plerumque multoties breviores, raro subæquantes. Calyx tubulosus +(fructifer clavatus) pilis recurvis minutissimis puberulo-tomentosus, +eglandulosus, decem-nervius, nervis plerumque fuscescentibus, apice +non contractus, 5-dentatus, dentibus lobuli-formibus apice obtusis, +sinubus ± rotundatis, margine dense ciliatis. Corolla speciosa, +magna ; petalorum ungues ± exerti ; limbi rubri ad ½ vel ad ⅓ +infer. 2-partiti, lobis ± angustis et spatulatis ; appendices +longæ, profunde bilobatæ, atro-purpureæ sed albo-marginatæ +tubum efformantes. Filamenta glabra ; stigmata 3. Carpophorum +capsulam æquans ; capsula ovoidea, calycem non superans. Semina +rotundato-reniformia brunnea, faciebus profunde excavata, striolata, +dorso profunde canaliculata. — Caules quos vidi 6-16 cm. alti. Folia +17 × 5 vel 11 × 3 vel 5 × 1 mm. longa et lata ; pedunculi 2-9 +mm. longi vel etiam breviores ; calyx florifer 10-11 mm. longus et +fauce 2-3 mm. latus, lobis 1,5-1,75 mm. longis, basi ad 1 mm. latis ; +petalorum ungues ad 12-13 mm. longi, limbi ca. 5 mm. longi, ita +ut corolla ad 10-12 mm. in diam. lata fiat, appendices ad 1,5 +mm. longi. Carpophorum 4 mm. longum ; capsula matura 5 mm. longa, +4-5 mm. lata. + +Hab. : Environs d’Alger, Fort de l’Eau, gazon au bord de la mer, +2 mai (n. 21). + +_Obs._ — Nous avons hésité longtemps à considérer cette plante +comme espèce distincte, mais elle se différencie par des caractères +si importants des espèces voisines que nous ne pouvons l’identifier +à aucune. + +Elle se rapproche le plus du _S. rubella_ qui en diffère cependant +par son calice à nervures peu visibles, par l’absence totale de +ces longs poils sinueux (zottig) à la base de tiges, par ses lobes +calicinaux moins longs et plus larges, enfin par sa corolle beaucoup +plus petite. On peut aussi comparer notre espèce au _S. fuscata_, mais +ce dernier est toujours glanduleux-visqueux alors que nous n’avons +jamais observé de glandes sur aucune partie de notre plante. En +outre, le _S. fuscata_ a ses pétales beaucoup moins lobés. Ces deux +caractères séparent donc notre espèce du _S. fuscata_ et à plus +forte raison du _S. tunetana_ Murb. Enfin, notre espèce diffère du +_S. Pseudo-Atocion_ dont les dents calicinales sont aiguës acuminées. + +=Silene oranensis= Hochr., sp. nov. (e sect. _Dichasiosilene_ et +ser. _Leiocalycinæ_ Rohrb.). — Annua. Caulis simplex, superne +ramosus, glaberrimus, sed parte superiore internodii cujusque +viscosissimus. Folia anguste lanceolata vel linearia, acuta, integra, +glabra, margine scabra. Inflorescentia laxa, iteratim dichotome +ramosa ; dichasii rami æquales, vel paululum inæquales ; bracteæ +lineares dorso ± viscosæ ; pedunculi longi, viscosi. Calyx 10-venosus +nervis viridibus, vix anastomosantibus, intus extusque viscosus, +umbilicatus, apice ± contractus, 5-lobus ; lobis ovatis, obtusis, +margine late albo-membranaceis. Corolla minima ; petalorum ungues +liberi, non exserti ; limbi breves, lineares, erecti, apice bilobati, +albi ; appendices minimæ, luteo-virides, truncato-bidentatæ. Stamina +10 (5 longiora) ; filamenta glabra. Capsula immatura oblonga, apice +tuberculis quasi nectariis sessilibus coronata, basi pedicellata ; +pedicellus capsula æquilongus. Styli 3. Semina matura non vidi. + +Caulis ca. 20 cm. altus, radix ca. 5 cm. longa. Folia adulta 2-2,7 +cm. longa et 0,3-0,4 cm. lata, folia superiora vel bracteæ 0,5-1 +cm. longa 0,1-0,05 cm. lata ; pedunculi 1-2 cm. longi ; pedicelli +supra bracteam ultimam 0,1-0,2 cm. longi. Calyx 0,8 cm. longus apice +0,25 cm. latus ; dentes 0,1 cm. longi et basi 0,125 cm. lati ; petala +vix 1 cm. longa, limbi dentes 0,05-0,1 cm. longi, ligula ca. 0,075 +cm. longa vel minor. Capsula immatura 0,25 cm. longa, carpophorum +ca. totidem longum. + +Hab. : Oran, rochers herbeux du versant N. du Djebel Aïssa, au delà +du télégraphe optique, alt. ca. 1700 m. 2 juin (n. 602). + +_Obs._ — Cette espèce dont nous n’avons malheureusement qu’un +seul échantillon, est nettement distincte du _S. muscipula_, par ses +fleurs blanches et fort petites, ses sépales obtus, ses pétales peu +émarginés et par la forme de la ligule de ces pétales. Ainsi qu’il +ressort d’une comparaison avec l’original[41], elle se distingue +aussi nettement de la sous-espèce _S. deserticola_ Murb. (_Contrib._ +I, 34) par sa tige simple, ses fleurs incomparablement plus petites +et ses pétales dressés et relativement très petits. Néanmoins, +c’est dans le voisinage immédiat du _S. muscipula_ que doit +se classer notre espèce et elle ressemble particulièrement au +_S. deserticola_ par la forme de la ligule à peine émarginée et +par les tiges parfaitement glabres. + +=S. amurensis= (e sect. _Botryosilene_ Rohrb. ser. _Italicæ_) Pomel +_Nouv. Mat._ 209 (1874). + +Hab. : Oran, ravin d’Aïn Aïssa, à 50 km. d’Aïn Sefra, au bord +de l’oued sous les genévriers, alt. ca. 1400 m. 20 mai (n. 323) ; +Djebel Aïssa, versant S.-E., alt. ca. 1800 m., forêt de Pins, +sous-bois. 19 mai (n. 358). + +_Obs._ — Cette espèce nous paraît être distincte du _S. italica_, +surtout par le calice qui est complètement glabre, tandis qu’il +est velu et glanduleux chez le _S. italica_. Néanmoins ce sont deux +espèces proche-parentes. Notre n. 323 est tout à fait dépourvu +d’anthocyane, son calice verdâtre présente des nervures +blanchâtres. Le n. 358, au contraire, a des tiges et des calices +brunâtres et les nervures du calice, en particulier, sont brunes. + + DIANTHUS L. + +=D. velutinus= Guss. _Ind. sem. hort. Boccad._ (1825) ; Williams in +_Journ. linn. soc. Lond._ XXIX, 466. + +Hab. : Environs d’Alger, Bouzarea, brousse, 4 mai (n. 5). + +_Obs._ — Quelques échantillons très réduits de cette plante +nous porteraient à croire qu’elle est seulement une variété du +_D. prolifer_ L. Sur ces spécimens, en effet, on aperçoit à peine +huit ou dix poils glanduleux à l’un des entre-nœuds ; sur une de +nos plantes même, il n’y en a que des rudiments ; or ce caractère +seul serait absolument distinctif entre les deux espèces (voir Burnat, +_Fl. alp. mar._ I, 221). + +=D. longicaulis= Ten. _Cat. hort. neap._ (1819), _app. alt._, p. 77 ; +_Fl. neap._ II, 379 (verisim. var. _D. Caryophylli_ L.). + +Hab. : Oran, pied du Djebel Morghad, steppe pierreux, alt. ca. 1200 +m. 24 mai (n. 461) ; Djebel Aïssa, au delà du télégraphe optique, +steppe, alt. ca. 1800 m. 2 juin (n. 603) ; Djebel Mekter, versant sud, +bois de genévriers, alt. ca. 1600 m. 5 juin (n. 672). + +=D. crinitus= Sm. in _Trans. Lin. Soc._ II, 300 (1794). _Forma inter_ +var. =typicus= Sm. l.c. et v. =tomentellus= Boiss. _Fl. or._ I, +496, _intermedia_. + +Hab. : Oran, monuments préhistoriques près d’Aïn Sefra, dans les +rochers, alt. 1050 m. 18 mai (n. 279) ; lit d’un oued desséché +près de Mograr Foukani, alt. ca. 900 m. 4 juin (n. 659). + +_Obs._ — Nos plantes sont intermédiaires entre les deux variétés +précitées en ce sens qu’elles sont velues dans les entre-nœuds +et chez les feuilles inférieurs et complètement glabres dans leur +partie supérieure. + + STELLARIA L. + +=S. media= Cirill. _Char. Comm._ 36 (1784) = _Alsine media_ +L. _Sp. pl._ 212 (1753). + +Hab. : Environs d’Alger, Bouzarea, brousse. 4 mai (n. 63) ; Oran, +Aïn-el-Hadjar près Saïda, voie ferrée, alt. ca. 1000 m. 11 mai +(n. 144). + + CERASTIUM L. + +=C. glomeratum= Thuill. _Fl. Par._ ed. II, 226 (I799) = _C. viscosum_ +L. _Sp. pl._ 437 (1753) [non herb. sec. Smith] = _C. vulgatum_ +L. herb. sec. Smith. + +Hab. : Environs d’Alger, Bouzarea, brousse. 3 mai (n. 62). + +=C. echinulatum= Coss. et Dur. ex Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 148 +(1888) ; Coss. et Dur. ined. ex Debeaux _Cat. Boghar._ in _Actes +soc. lin. Bordeaux_ XXIII (1860) nomen. + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa, clairière sur le col, alt. ca. 2000. 19 +mai (n. 386). + +_Obs._ — Cette plante très remarquable semble particulière à +notre région. Elle n’avait pas été retrouvée je crois depuis +qu’elle fut découverte près de Boghar. + + ALSINE Wahlb. + +=A. setacea= Mert. et Koch in Rœhl. _Deut. Fl._ III, 286 (1831) += _Arenaria setacea_ Thuill. _Fl. Par._ 218 (1790) var. =genuina= +Boiss. _Fl. or._ I, 680. + +Hab. : Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra, chemin rocailleux amenant +à la source, rochers, alt. ca. 1700 m. 16 mai (n. 241). + +=A. geniculata= Hochr., comb. nov. = _Arenaria geniculata_ +Poir. _Voy. Barb._ II, 166 (1789) = _Cherleria sedoides_ +Forsk. _Cat. pl. æg._, p. 66 (1775) [non L. nec Sibth. et Sm. nec +Turcz.] = _Arenaria procumbens_ Vahl _Symb._ II[42], 50, t. 33 +(1791) = _Aren. herniariifolia_ Desf. _Fl. atl._ I, 358 (1798) = +_Alsine procumbens_ Fenzl _Verbr. Alsin._ in tab. ap. p. 57 (1833) ; +Endl. _Gen._ n. 5227 (1836-40) ; Boiss. _Fl. or._ I, 671 (1867) = +_Rhodalsine procumbens_ Gay in _Ann. sc. nat._ ser. III, IV, 25 in +adnot. (1845). + +Hab. : Oran, Tiloula près d’Aïn Sefra, terrain humide près +de la source, alt. ca. 1200 m. 18 mai (303 _bis_) ; Oran, Saïda, +prairie rocheuse, alt. ca. 900 m. 10 mai (n. 120), forme réduite. + +_Obs._ — Il est certain que, dans ce cas, le plus ancien binôme +concorde avec l’usage, mais le nom le plus ancien est sans conteste +celui de Vahl. Le nom de Forskal est encore plus ancien, mais c’est +un nom mort-né puisque Linné avait déjà utilisé ce binôme pour +une autre plante. En outre, il est à remarquer qu’il y a déjà +des _Arenaria_ et _Alsine sedoides_ s’appliquant à d’autres +espèces. De sorte que quand même les noms sont considérés comme +synonymes, créer un _Alsine sedoides_ serait augmenter encore la +confusion. + +=A. campestris= Fenzl _Verbr. Alsin._ tab. ad p. 57 (1833) ; +Willk. _Ic._ 108, t. 70, = _Minuartia campestris_ L. _Sp. pl._ 89 +(1753) ; Lœfl. _Iter. hisp._ [p. 117 in trad. 1766] (1758). + +Hab. : Oran, Tafaroua au N. des hauts plateaux, sur la voie du chemin +de fer, alt. ca. 1100 m. 11 mai (n. 155). + +_Obs._ — Cette espèce est _certainement_ distincte de l’_Alsine +(Minuartia) montana_ Fenzl, ainsi que l’indiquent Batt. et +Tr. (_Fl. Alg._ I, 155), mais il est deux caractères très distinctifs +qui ont été généralement omis par les auteurs. + +C’est : 1o la glandulosité du calice que Willkomm représente +exactement dans sa planche et 2o la forme subulée des familles +qu’aucun auteur n’a relevée. En effet, chez notre plante, les +feuilles sont trinerviées à la base et aciculaires sans qu’aucune +nervure soit visible dans les deux tiers supérieurs. Au contraire, +chez l’_A. montana_, les feuilles sont plus larges et les trois +nervures sont distinctes jusqu’au sommet, elles sont ordinairement +sous-nerviées à la base et le calice est dépourvu de glandes. + +Il nous semble que ces deux plantes, telles que nous les admettons, +correspondent bien à l’idée que s’en faisait Lœfling, car +la planche de ce dernier indique bien chez le _M. montana_ la forme +caractéristique des feuilles comme nous l’avons relatée. Le port +plus ramassé et la dimension ordinairement plus restreinte de ce +végétal sont également indiqués par la planche de Lœfling. + + ARENARIA L. + +=A. serpyllifolia= L. _Sp. pl._ 423 (1753) var. =tenuior= Koch _Syn._, +p. 128 (1837) = _A. serpyllifolia_ var. _leptoclados_ Reich. _Ic._ V, +t. 216, n. 4941 β. (1841) = _A. leptoclados_ Guss. _Fl. sic. syn._ +II, 824 (1843) ; Boiss. _Fl. or._ I, 701 (1867) ; Murb. _Contrib._ +I, 36 (1897). + +Hab. : Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra, le long du chemin de la +source, dans les rochers, alt. ca. 1700 m. 16 mai (n. 257) ; Oran, +Djebel Morghad, rochers ombreux près de l’arête, versant N.-W., +alt. ca. 1950 m. 25 mai (n. 487). + +_Obs._ — Il est matériellement impossible de séparer +l’_A. serpyllifolia_ var. _leptoclados_ Reich. comme espèce +distincte de l’_A. serpyllifolia_. Or, le nom de variété le +plus ancien est sans conteste celui de Koch. Si même on voulait +conserver cette plante comme espèce distincte, il faudrait l’appeler +_A. tenuior_ Gürke. + +En outre, il convient de remarquer que l’_A. leptoclados_ Guss. est +la même plante que l’_A. leptoclados_ Boiss. et non une plante +différente comme on pourrait le croire d’après l’_Index Kew._ + + SPERGULARIA Pers. + +=S. diandra= Heldr. et Sart. _Herb. græc. norm._ n. 492 (1855) += _Arenaria diandra_ Gussone _Prod. fl. sic._ I, 515 (1827) = +_Spergula diandra_ Murb. _Contrib._ I, 44 (1897) = _Lepigonum +salsugineum_ Kindb. _Syn. Lepig._ 7 (1856) = _Arenaria salsuginea_ +Bunge ap. Ledeb. _Fl. alt._ II, 163 (1880). + +Hab. : Oran, Tircount, point d’eau dans le Faidjet el Betoum, +sable humide sous les lauriers roses, alt. ca. 1200 m. 26 mai (n. 436). + +=S. media= Pers. _Syn._ I, 504 = _Tissa media_ Dumort. ex Pax in +Engler _Nat. Pflanzf._ III, I, 1 b, 85 (gen. _Tissa_ prescrit). + +Hab. : Oran, Tiloula près d’Aïn Sefra, terre humide près de la +source, alt. ca. 1200 m. 18 mai (n. 303). + +_Obs._ — Nous n’avons pas étudié de près et comparativement +les deux genres _Spergula_ et _Spergularia_ ; mais les arguments +donnés par Murbeck ne nous paraissant pas absolument péremptoires, +nous conserverons ces deux genres admis depuis longtemps. + + TELEPHIUM L. + +=T. Imperati= L. _Sp. pl._ 338 (1753). + +Hab. : Oran, Tircount, point d’eau dans le Faidjet el Betoum, sable +humide près des lauriers roses, alt. ca. 1200 m. 26 mai (n. 446). + + POLYCARPON L. + +=P. Bivonæ= Gay in Duch. _Rev. bot._ II, 372. + +Hab. : Oran, Ras Chergui, sur Aïn Sefra, chemin de la source dans +les rochers, alt. ca. 1700 m. 16 mai (n. 223) ; Djebel Aïssa versant +S.-E. dans la forêt de pins, alt. ca. 1780 m. 19 mai (n. 350). + + GYMNOCARPOS Forsk. + +=G. fruticosus= Pers. _Syn._ I, 262 (1805) ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, +167 ; Boiss. _Fl. or._ I, 747 ; Murb. _Contr._ I, 50 = _G. decandrum_ +(_sic_) Forsk. _Fl. æg.-arab._ 65, t. 10 (1775) = _Trianthema +fruticosa_ Vahl _Symb._ I, 32 (1790). + +Hab. : Oran, désert pierreux entre Tiloula et Aïn Sefra, en grande +quantité, alt. ca. 1150 m. 18 mai (n. 287). + +_Obs._ — Comme Murbeck, nous admettons le nom de Persoon, de +préférence à celui de Forskal, qui consacre une inexactitude +(art. 60 al. 3 des Lois de la nomenclature). + + PARONYCHIA Juss. + +=P. capitata= Lam. _Fl. fr._ III, 229 (1778) = _Illecebrum capitatum_ +L. _Sp. pl._ 299 (1753) = _P. nivea_ DC. in _Dict. Encycl._ V, 25 +(1804). + +Hab. : Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra, au sommet dans les fentes de +rochers, alt. ca. 2000 m. 16 mai (n. 248) ; Djebel Morghad, rochers +ombreux, douar des Ouled Chami, alt. ca. 1900 m. 25 mai (sine num.). + +=P. argentea= Lam. _Fl. fr._ III, 230 = _Illecebrum Paronychia_ +L. _Sp. pl._ 206 (1753). + +Hab. : Environs d’Alger, Fort de l’Eau, au bord de la mer. 2 mai +(n. 33). + +=P. Cossoniana= Gay ex Webb in Balansa _Pl. d’Alg. exsicc._ +n. 1002 ; Coss. in _Bull. soc. bot. Fr._ IV, 486 (1857) ; Batt. et +Tr. _Fl. Alg._ I, 166 (1888) = _Herniaria Cossoniana_ J. Gay in +Balansa _Pl. d’Alg. exsicc._, n. 708 (1852). + +Hab. : Oran, Duveyrier, sommet du Raz ed Dib dans les fentes de +rochers, alt. ca. 950 m. 4 juin (n. 625). + +_Obs._ — Gay a créé cette espèce sous le nom de _Herniaria +Cossoniana_ et, si nous ne nous trompons pas, c’est Webb qui a +transféré le premier cette espèce dans le genre _Paronychia_ ; +comme il l’a fait dans un exsiccata connu à étiquettes imprimées +et datées, ce nom doit être valable. + + HERNIARIA L. + +=H. mauritanica= Murbeck _Contrib._ I, 47 (1897) = _H. fruticosa_ +var. Balansa _Pl. Alg. exsicc._ n. 585 (1852) = _H. Fontanesii_ +Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 168 (1888) [non Gay in Duchartre _Rev. bot._ +II, 371 (1846)]. + +Hab. : Oran, Le Kreider, sur les hauts plateaux, dans le sable, +alt. ca. 950 m. 11 mai (n. 166). + +=H. cinerea= DC. _Fl. fr._ V, 375 (1815) = _H. annua_ Lag. _Gen. et +sp._ 12 (1816). + +Hab. : Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra, chemin de la source, dans les +pierres, alt. ca. 1650 m. 16 mai (n. 261) ; Faidjet el Betoum, sous +un rocher près de Bellef-Louffa, alt. ca. 1200 m. 26 mai (n. 422) ; +Tircount, point d’eau dans le Faidjet el Betoum, sable humide sous +les lauriers roses, alt. ca. 1200 m. 26 mai (n. 447). + +=H. glabra= L. _Sp. pl._ 218 (1753). + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa, versant S.-E., rochers herbeux à l’orée +de la forêt de pins, alt. ca. 1750 m. 19 mai (n. 349). + + =RANUNCULACEÆ= + + DELPHINIUM L. + +=D. pubescens= DC. _Fl. Fr._ V, 641. + +Hab. : Oran, steppe sablonneux à environ 10 km. au N. d’Aïn Sefra, +alt. ca. 1150 m. 24 mai (n. 409), répandu ailleurs dans la plaine. + +=D. Balansæ= Boiss. et Reut. in Boiss. _Diagn._ fasc. 2, n. 5., p. 12. + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa, versant N., au delà du télégraphe +optique, alt. ca. 1700 m. 2 juin (n. 583). + + CLEMATIS L. + +=C. Flammula= L. _Sp. pl._ 544 (1753) var. =cæspitosa= Reich. _Ic._ +IV, n. 4666 (1840) = _C. cæspitosa_ Scop. _Fl. carn._ 2, vol. I, +389 (1772) = _C. Flammula_ var. _genuina_ Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, +4 (1888). + +Hab. : Oran, versant N. du Djebel Aïssa, rochers au delà du +télégraphe optique, alt. ca. 1750 m. 2 juin (n. 582). + + RANUNCULUS L. + +=R. macrophyllus= Desf. _Fl. atl._ I, 437 (1798-1802) +var. =macrophyllus= Hochr., comb. nov. = _R. palustris_ +L. var. _macrophyllus_ Coss. _Comp._ I, 28. + +Hab. : Oran, Aïn Aïssa près Aïn Sefra, terrain marécageux, +alt. ca. 1600 m. 20 mai (n. 331). + +_Obs._ — Le _R. palustris_ L. sec. Rees _Cycl._ est une plante +douteuse et l’espèce que l’on avait toujours désignée sous +ce nom doit porter celui de _R. macrophyllus_ Desf., ainsi que l’a +démontré Freyn (_Flora_ 1880, 220). Les variétés que nous admettons +doivent donc être transférées dans l’espèce de Desf. Nous aurons +à côté de la forme déjà mentionnée, la var. =procerus= Hochr., +comb. nov. = _R. palustris_ var. _procerus_ Coss. _Comp. atl._ = +_R. procerus_ Moris _Fl. Sard._ I, 45. + + CERATOCEPHALUS Mœnch + +=C. falcatus= Pers. _Syn._ I, 341 = _Ranunculus falcatus_ +L. var. _incurvus_ Boiss. _Fl. or._ I, 58 = _C. incurvus_ +Stev. _Bull. soc. Mosc._ XXI, II, 269 (1848) = _C. incanus_ Batt. et +Tr. _Fl. alg._ I, 6 (1888) sphalmate. + +Hab. : Oran, Ras Chergui, chemin de la source, pierres, alt. ca. 1550 +m. 16 mai (n. 219). + + ADONIS L. + +=A. æstivalis= L. _Sp. pl._ ed. II, 771. + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa, dans une clairière du bois de +chênes-verts, couvrant le col. alt. ca. 2000 m. 19 mai (n. 390). + +_Obs._ — C’est une forme identique à certains exemplaires du +Valais. J’ai noté cette plante également dans la même région +sur une clairière à 1650 m. + +Var. =provincialis= Hochr., comb. nov. = _A. dentata_ +var. _provincialis_ DC. _Syst._ I, 224 (1818) = _A. æstivalis_ +var. _squarrosa_ Boiss. _Fl. or._ I, 18 (1867) = _A. æstivalis_ +var. _dentata_ Cosson. _Comp. atl._ II, 12 (1883-87) = _A. squarrosa_ +Stev. in _Bull. soc. Mosc._ II, 272 (1848) ; [non = _A. dentata_ +Delile _Fl. Eg._ (1812) qui est l’_A. microcarpa_ DC.]. + +Hab. : Oran, Mir Abd-el-Kader, entre Saïda et le Kreider, alt. 1078 +m. 11 mai (n. 184) et répandu le long de la voie ferrée jusqu’à +Méchéria. + +_Obs._ — Cette forme très typique est très répandue sur les +hauts plateaux de la province d’Oran. Elle a été incorrectement +nommée par plusieurs auteurs. Au point de vue de la synonymie, +nous nous rattachons absolument à ce qu’en dit Cosson dans son +_Compendium_ ; mais si l’_A. dentata_ Delile type (appelé par +DC. var. _orientalis_) est synonyme de l’_A. microcarpa_ DC., on +ne saurait reprendre le nom de Delile pour notre variété ; il faut +donc avoir recours au nom de la var. candollienne : _provincialis_ +qui est de beaucoup le nom le plus ancien, puisque l’_A. squarrosa_ +ne date que de 1843. + +D’autre part, si le nom de l’_A. dentata_ Del. type, doit être +retiré de la synonymie de l’_A. æstivalis_, il doit être rangé +parmi les synonymes de l’_A. microcarpa_ DC., comme le fait Cosson, +à titre de variété. + +Mais alors le nom de Delile (1812) étant de beaucoup antérieur au +nom de DC., il en résulte que le nom de Delile doit être appliqué +à l’espèce collective et le nom de DC. appliqué à la variété +qui fut la forme type de l’_A. microcarpa_. Il y aurait donc : +=A. dentata= Del. _Fl. Eg._ t. 522 (1812) = _A. microcarpa_ DC. _Syst._ +I, 224 (1818) et syn. — α. var. =orientalis= DC. _Syst._ I, 224 = +_A. dentata_ Del. sensu str. = _A. microcarpa_ var. _dentata_ Coss. et +Kral. in _Bull. soc. bot. Fr._ IV, 55 (1857). — β. var. =microcarpa= +Hochr., comb. nov. = _A. microcarpa_ DC. l.c. sensu stricto. + + =BERBERIDACEÆ= + + BERBERIS L. + +=B. australis= Hochr., comb. nov. = _B. vulgaris_ L. var. _australis_ +Boiss. _Voy. bot. Esp._ I, 15 (1839) excl. syn. = _B. hispanica_ +Boiss. et Reut. _Pug. pl. afr._ 3 (1852). + +Hab. : Oran, Djebel Morghad, rochers buissonneux près du sommet, +alt. ca. 2000 m. 25 mai (n. 510). + +_Obs._ — Le nom de la variété créée par Boissier en 1839, +a évidemment la priorité et doit être conservé. On peut en outre +remarquer que l’expression de _australis_ s’applique mieux à cette +espèce qui habite l’Espagne, le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, +que le nom trop restreint de _hispanica_. + +Boissier a déjà observé dans son _Voy. en Esp._ l.c. que cette +espèce est souvent accompagnée du _Geum heterocarpum_ qui croit +à son ombre. C’est une association exactement semblable que nous +avons observée au sommet du Djebel Morghad. + + =PAPAVERACEÆ= + + PAPAVER L. + +=P. somniferum= L. _Sp. pl._ 726 (1853) var. =setigerum= Webb _Can._ +I, 58 (1836-47) = _P. setigerum_ DC. _Fl. fr._ V, 585 (1815) = +_P. somniferum_ var. _nigrum_ DC. _Fl. fr._ IV, 633 ex Cosson +_Comp. atl._ II, 62 (1883-87). + +Hab. : Oran, Aïn Aïssa, près d’Aïn Sefra, petite prairie sèche, +alt. ca. 1500 m. 19 mai (n. 333) ; Djebel Aïssa, pentes herbeuses du +versant N., au delà du télégraphe optique, alt. ca. 1700 m. 2 juin +(n. 601). + +_Obs._ — En réalité, DC. _Fl. fr._ IV, 633 a créé non pas une +var. _nigrum_ mais une var. β, anonyme, dont la diagnose est : +« semine nigro ». Le nom repris par Cosson n’a donc aucune +valeur. S’il en avait une, il devrait primer la var. _setigerum_, +puisqu’il est dans le corps de l’ouvrage, tandis que cette +dernière figure au Supplément. + + GLAUCIUM Juss. + +=G. corniculatum= Curtis _Fl. Lond._ 6, t. 32 (1772-98) = _Chelidonium +corniculatum_ L. _Sp. pl._ 724 (1753) = _G. phœniceum_ Crantz +_Stirp. austr._ ed. I, fasc. II, 133 (1763) var. =phœniceum= +DC. _Syst._ II, 96 (1821) ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 22. + +Hab. : Oran, steppe à l’entrée du ravin d’Aïn Aïssa, +alt. ca. 1300 m. 20 mai (n. 320). + +_Obs._ — Nous pouvons remarquer ici encore à propos de cette +espèce, dont le nom est fort connu, que les partisans du plus ancien +binôme devraient adopter le nom inusité de Crantz. MM. Rouy et +Foucaud, quoique partisans de cette méthode du plus ancien binôme, +ont conservé le nom de Curtis dans leur _Flore de France_. M. Burnat, +_Fl. des Alpes mar._ I, 62, quoique d’un avis opposé, a repris le +nom de _G. phœniceum_, par inadvertance probablement, ayant négligé +le nom de Linné. + +=G. luteum= Scop. _Fl. carn._ I, 369. + +Hab. : Environs d’Alger, Fort de l’Eau, 2 mai (n. 83). + + FUMARIA L. + +=F. officinalis= L. _Sp. pl._ 700 (1753) var. =scandens= +Reich. _Ic. germ._ III, n. 4454 (1838-39) ; Batt. et Tr. _Fl. alg._ +I, 28 (1888) = _F. officinalis_ var. _banatia_ Hausskn. in _Flora_ +(1873), p. 422 p.p. + +Hab. : Oran, Saïda dans une haie au bord de la route, alt. ca. 850 +m. 10 mai (n. 106). + +_Obs._ — C’est par erreur que Battandier attribue cette variété +à Hammar dont l’ouvrage date de 1857 et qui cite lui-même +Reichenbach. C’est à tort aussi que Haussknecht débaptisa cette +variété pour l’appeler _banatia_. + +=F. densiflora= DC. _Cat. hort. monsp._ 113 ; DC. _Syst._ et _Prod._ +p.p. = _F. micrantha_ Lagasca _Elench. matrit._ 21 (1816). + +Hab. : Oran, Ras Chergui, à mi-côte sur terrain rocheux, +alt. ca. 1600 m., 16 mai (n. 256). + +_Obs._ — Voir au sujet de la synonymie : Ascherson in _Verh. des +bot. Ver. Brandenburg_ 1863, p. 223 ; Haussknecht in _Flora_ 1873, +p. 507 ; Cosson _Comp. atl._ II, 85. + +=F. capreolata= L. _Sp. pl._ 701 (1753) var. =intermedia= Hausskn. in +_Flora_ (1873) 541, p. 69 du tiré-à-part. + +Hab. : Environs d’Alger, Fort de l’Eau, au bord d’une haie, +2 mai (n. 18). + +_Obs._ — Cette forme était connue seulement au fort l’Empereur +au-dessus d’Alger par la plante de Fauché que nous avons vue dans +l’Hb. Boissier, qui est identique à la nôtre et qui a servi à +la description de Haussknecht. + +=F. spicata= (e sect. _Platycapnos_) L. _Sp. pl._ 700 (1753) = +_Platycapnos spicatus_ Bernh. in _Linnæa_ VIII, 471 (1833). + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa, pente rocailleuse et sèche près du +télégraphe optique, alt. ca. 1600 m. 2 juin (n. 573). + + =CRUCIFERÆ= + + LEPIDIUM L. + +=L. subulatum= L. _Sp. pl._ 644 (1753) ; Cosson _Comp._ I, 266. + +Hab. : Oran, hauts plateaux, le Kreider, dans le sable, alt. ca. 950 +m. 11 mai (n. 160). + + BISCUTELLA L. + +=B. lyrata= L. _Mant._ 254 var. =algeriensis= Batt. et Tr. _Fl. Alg._ +I, 38 = _B. algeriensis_ Jordan _Diagn._ I. 318. + +Hab. : Environs d’Alger, Bouzarea, brousse, partout, 4 mai (n. 7). + +_Obs._ — On peut encore faire rentrer le _B. lyrata_ dans le +_B. didyma_ L. à titre de variété, mais alors il importerait de +conserver le nom de var. _lyrata_ au lieu de var. _raphanifolia_ +Coss. _Comp._ II, 286. + + THLASPI L. + +=T. perfoliatum= L. _Sp. pl._ 641 (1753) = _T. Tineanum_ Huet du +Pav. _Pl. sic. exs._ (1855) = _T. Tinnœanum_ Batt. et Tr. _Fl. Alg._ +I, 40, sphalmate. + +Hab. : Oran, Ras Chergui, à mi-côte, au bord du chemin pierreux, +alt. ca. 1500 m. 16 mai (n. 235) ; Djebel Morghad, rochers ombreux +de l’arête versant N.-O., alt. ca. 1950 m. 25 mai (n. 485). + +_Obs._ — Nous croyons avec Cosson (_Comp._ 1, 250) que +le _T. Tineanum_ ne constitue pas même une variété du +_T. perfoliatum_. Dans notre région cependant on observe une +variation, due probablement à l’altitude, car notre n. 485 cadre +exactement avec la plante de Huet tandis que le n. 235, récolté +plus bas, se rapproche plutôt des spécimens d’Europe. + + SISYMBRIUM L. + +=S. Irio= L. _Sp. pl._ 659 (1753) ; Cosson _Comp._ II, 143. + +Hab. : Oran, Saïda, au bord de la route, alt. ca. 850 m. 10 mai +(n. 105) ; id. (n. 138) ce dernier à feuilles plus larges, à lobes +plus développés. + +=S. Sophia= L. _Sp. pl._ 659 (1753). + +Hab. : Oran, Ras Chergui, terrain rocheux à mi-côte, alt. ca. 1500 +m., 16 mai (n. 218). + +=S. Reboudianum= Verlot _Cat. jard. Grenoble_ 94 (1857) et in +_Bull. soc. bot. Fr._ IV, 726 = _S. Kralikii_ Fourn. _Cruc._ et +_Sisymb._ 74 (1869) = _S. Irio_ var. _pubescens_ Coss. in Hb. et +ap. Bourg. _Exsic. alg._ sine num. (1856) = _S. irioides_ Cosson +_Comp. atl._ II, 144 (1883-87) pro parte [non Boiss.]. + +Hab. : Oran, Bou-Ktoub près du Kreider, dans le sable alt. ca. 950 +m. 11 mai (n. 175). + +_Obs._ — Nous reconnaissons avec Cosson et Fournier qu’il y a +lieu de distinger du _S. Irio_ l’espèce présente caractérisée +surtout par la présence d’une nervure longitudinale au milieu du +septum des siliques. Mais le _S. irioides_ Boiss. in _Ann. sc. nat._ +ser. II, XVII, 76 (1842) ne présente pas ce caractère, ainsi que +nous avons pu le constater sur les échantillons de l’Hb. Boiss. Il +y a donc lieu d’exclure ce nom et nous proposons de prendre pour +notre espèce le nom le plus ancien en date à savoir _S. Reboudianum_. + +Nous laissons de côté le nom de variété de Cosson publié dans +l’exsiccata de Bourgeau parce que les étiquettes de ce dernier ne +sont pas numérotées. (V. Lois de la nom. art. 42). + +=S. crassifolium= Cav. _Præl._ 437 (1802) ; Cosson _Comp._ II, +146 var. =giganteum= Hochr., var. nov. — Caulis ad 1,10 m. altus, +ramesissimus, foliosus, glaberrimus, glaucus. Folia radicalia et +basilaria 16-30 cm. longa et ad 8 cm. lata, ± profunde runcinata, +pinnatipartita, glabra. Flores ochroleuci, fere albi. + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa, clairière dans les bois de chênes-verts +sur le col, alt. ca. 2000 m. 19 mai (n. 384). Cette clairière +était une véritable prairie presqu’exclusivement composée par +cette plante. + +Var. =scaposum= Hochr., var. nov. — Caulis 30-70 cm. longus, +parce ramosus, glaucus, parte inferiore villosus et fere omnino +efoliatus. Folia radicalia 5-7 cm. longa et ad 2,2 cm. lata, +runcinato-pinnatipartita vel saltem repando-dentata, margine +ciliata. Flores pallide sulfurei. + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa, versant S.-E., rochers herbeux et +buissonneux, alt. ca. 1900 m. 19 mai (n. 380) ; Djebel Aïssa, +sur le col, au bord de la clairière où se trouvait la +var. précéd. ca. 2000 m. 19 mai (n. 385). + +_Obs._ — Ces deux variétés sont très distinctes et, si nous +n’avions vu de nombreuses formes intermédiaires dans les herbiers, +nous eussions été persuadé que ces deux plantes constituaient +deux espèces n’ayant aucun rapport entre elles. Cela paraissait +d’autant plus vraisemblable que nous les avons récoltées l’une +à côté de l’autre et par conséquent il n’était pas possible +d’attribuer leur apparition à l’influence de milieux différents. + +Les formes de passage font défaut dans la contrée et pour les +observer, il faut revenir jusqu’au Tell ou même en Europe. La +forme-type est intermédiaire — en ce qui concerne la taille et +l’indument — entre nos deux variétés. + +=S. runcinatum= Lag. ap. DC. _Syst._ II, 478 (1821) ; Coss. _Comp._ +II, 148. + +Var. =hirsutum= Coss. _Pl. crit._ 95 (1851) ; Batt. et Tr. _Fl. alg._ +I, 63 = _S. hirsutum_ Lag. ap. DC. l.c. = _S. runcinatum_ +var. _xerophilum_ Fourn. _Crucif. et Sisym._ 88 (1865) = +_S. runcinatum_ var. _villosum_ Boiss. _Fl. or._ I, 220 (1867) = +_S. villosum_ Spreng. _Syst._ II, 901 (1825). + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa, pente rocailleuse près du télégraphe +optique, alt. ca. 1600 m. 2 juin (n. 574). + +_Obs._ — Nous no saurions distinguer encore entre les sous-variétés +_indivisum_ et _laciniatum_ Cosson l.c. parce qu’on trouve presque +sur chaque exemplaire, à la fois des bractées laciniées et +d’autres entières. + + ERUCARIA Gärtn. + +=E. uncata= Boiss. _Diagn._ I, VIII, 47 (1849) = _E. Aegiceras_ Gay ex +Boiss. _Fl. or._ I, 367 (1867) ; Cosson _Comp._ II, 215 (1883-87) ; Gay +in herb. sine diagn. et collect. num. (1826) ; Steud. _Nom._ éd. II, +I, 590, nomen solum (1840) = _Hussonia uncata_ Boiss, _Diagn._ l.c. = +_H. Aegiceras_ Coss. et Dur. in Bal. _Pl. alg. exs._ n. 994 (1853). + +Hab. : Oran, Aïn-el-Hadjej près Aïn-Sefra ; steppe rocailleux, +aride, alt. ca. 1000 m. 4 juin (n. 607). — Ce numéro est la +forme typique à fleurs blanches et petites. — Tircount près Aïn +Sefra, sable humide, sous les lauriers roses, alt. ca. 1200 m. 26 mai +(n. 451). — Cette plante se rapproche de la var. _Souisii_ Cosson +_Comp._ II, 216, par ses pétales violets et 3 fois plus longs que +les sépales, mais nous ne saurions distinguer là une variété, +c’est plutôt une forme conditionnée par l’habitat. Sur le même +exemplaire nous avons observé des fleurs bien différentes les unes +des autres. + + CARRICHTERA DC. + +=C. Vellæ= DC. _Syst._ II, 642. + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa, rocailles près du télégraphe optique +alt. ca. 1600 m. 2 juin (n. 577), et en quantité près de Mograr à +ca. 850 m. d’alt. + + ERUCA Lam. + +=E. sativa= Lam. _Fl. Fr._ II, 496. + +Var. =stenocarpa= Coss. in _Ann. sc. nat._ ser. 4, I, 233. + +Hab. : Oran, Aïn Sefra, sable de la dune, alt. ca. 1850 m. 15 mai +(n. 194). + +_Obs._ — Il nous semble que, vu la forme de la silique et de ses +graines nettement unisériées, cette variété peut être facilement +distinguée, nous croyons donc que Cosson a été trop loin en la +confondant avec le type. D’autre part nous ne saurions y voir une +espèce distincte comme Boissier. + +Var. =pinnatifida= Coss. _Cat. Tun._ 50. + +Hab. : Oran, Saïda, prairie rocheuse, alt. ca. 900 m. 10 mai (n. 153). + + DIPLOTAXIS DC. + +=D. virgata= DC. _Syst._ II, 631. + +Formæ inter f. _brachycarpa_, _saharensis_ et _longisiliqua_ +Coss. _Comp._ II, 165, intermediæ. + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa, dans l’alfa, au-delà du télégraphe +optique, alt. ca. 1650 m. 2 juin (n. 588) ; id. steppe d’alfa au +pied du Djebel Morghad alt. ca. 1200 m. 24 mai (n. 426). + +_Obs._ — Notre plante ne ressemble guère à aucune des formes que +nous avons vues dans les herbiers, sauf aux spécimens récoltés au +Maroc par Balansa. Elle réunit les caractères de plusieurs des formes +admises par Cosson, et pour qu’on puisse s’en convaincre, nous +indiquerons quelques caractères pris sur un seul et même exemplaire. + +Plante haute, rameuse, pourvue de feuilles radicales et caulinaires ; +siliques de longueur très variable égalant le pedicelle ou quatre +fois plus longues que lui ; valves parfois très convexes, parfois +± applaties, style linéaire ou ové, dans ce dernier cas souvent +séminifère et caréné. + +Par contre, notre plante a des feuilles plus velues qu’aucun des +autres exemplaires vus par nous. + +Var. =Aissæ= Hochr., var. nov. — Planta annua, humilis vel +paulo elata, ramosa vel simplex. Caulis 5-17 cm. longus, parce +hirsutus vel hirsutissimus, inferne vel usque ad medium, et ultra, +foliatus. Folia dense villosa basi exauriculata, lyrato-pinnatisecta, +segmentis pinnati-partitis vel-dentatis. Flores lutei apice ramorum +congesti ; pedunculi 3-5 mm. longi ; pedunculi fructiferi ad 7 +mm. longi. Siliquæ maturæ lineares, crassæ, 11 mm. longæ et 2 +mm. latæ usque. ad 9 mm. longæ et 1,5 mm. latæ, rostro ± conico, +seminifero, 1-2 mm. longo. + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa, rocailles près du télégraphe optique, +alt. ca. 1600 m. 2 juin (n. 575) ; Oran, Col de Merbah, Djebel Morghad, +rocailles, alt. ca. 700 m. 24 mai (n. 475). + +_Obs._ — Cette plante nous semble très caractéristique et se +distingue au premier coup d’œil de toutes les autres formes +du _D. virgata_ ; en particulier, les feuilles très découpées, +les siliques très ramassées, comme trapues, et l’indument très +fourni ne laissent aucun doute à cet égard. Mais la variabilité +extrême de ce groupe nous empêche de considérer cette plante comme +une espèce. D’autre part, il serait possible de la rapprocher +de certaines formes de l’_Erucastrum Cossonianum_ Reuter. Les +échant. de Kralik _Pl. Alg. exs._ n. 5, et d’autres plantes +de Cosson, provenant de la même localité, Batna, offrent une +ressemblance frappante de port avec nos spécimens. Mais les semences +placées nettement sur deux rangs, les valves bombées de la silique +font de notre plante un _Diplotaxis_ et ses fleurs jaune vif et ses +siliques trapues empêchent de l’assimiler à la plante de Reuter. + +Au reste, pour montrer l’incertitude qui règne dans ce genre, nous +citerons deux auteurs sagaces, Cosson et Reuter, qui ont classé une +plante d’Espagne de Bourgeau (n. 1032), l’un comme _Diplotaxis +virgata_, l’autre comme _Erucastrum Cossonianum_. + +=D. muralis= DC. _Syst._ II, 634. + +Hab. : Oran, Saïda, prairie près de l’oued, alt. ca. 850 m. 10 mai +(n. 126). + +=D. Harra= Boiss. _Fl. or._ I, 388 (1867) = _Sinapis Harra_ +Forsk. _Fl. æg.-arab._ 118 (1775) = _Sisymbrium pendulum_ +Desf. _Fl. atl._ II, 82, t. 156 (1798-1800) = _Sisymbrium hispidum_ +Vahl _Symb._ II, 77 (1791) = _D. pendula_ DC. _Syst._ II, 630 ; +Batt. _Fl. Alg._ I, 63. + +Hab. : Oran, Djebel Mekter, versant S., rochers boisés, alt. ca. 1400 +m. 5 juin (n. 669). + + ERUCASTRUM Presl + +=E. varium= Durieu in _Expl. sc. Alg._ t. 75. + +Var. =montanum= Cosson _Comp._ II, 174. + +Hab. : Oran, Tircount près d’Aïn Sefra, dans le sable humide, +alt. ca. 1200 m. 26 mai (n. 444). + +Forme extrêmement allongée et exubérante rappelant la forme typique. + +=E. leucanthum= Coss. et Durieu in _Ann. sc. nat._ ser. 4, I, 239. + +Hab. : Oran, Ras Chergui, chemin à mi-côte, alt. ca. 1700 m. 16 mai +(n. 259). + +Var. =elongatum= Hochr., var. nov. — A typo differt caulibus +elongatis, ad 60 cm. longis, parce vel non ramosis, foliosis, foliis +magnis ad 12 cm. longis, foliis radicalibus paucis vel nullis, +siliquis ut in typo. + +Hab. : Oran, Ras Chergui, à mi-côte, terrain rocheux, alt. ca. 1600 +m. 16 mai (n. 216). + +_Obs._ — Cette plante ressemble quelque peu à certaines formes de +l’_Erucastrum Cossonianum_, mais ce dernier est assez litigieux +comme nous l’avons vu, tandis que notre spécimen a exactement +les siliques et le rostre de l’_E. leucanthum_. Il en possède +également les fleurs blanches et l’indument fourni, mais il en +diffère par son port assez extraordinaire, dépourvu de rosette +et à tiges pourvues de feuilles très grandes pennatiséquées, +à segments grossièrement dentés. Du reste, nous avons une forme +intermédiaire qui montre bien qu’il y a là seulement une variété. + + MURICARIA Desvaux + +=M. Battandieri= Hochr., sp. nov. — Annua, a basi ramosissima. Caules +diffusi, prostrati vel erecti, parce pubescentes, foliosi. Folia +glaberrima, lanceolata, sinuato-dentata, vel pinnati-lobata, +vel pinnati-partita, pinnulis integris rarissime 1-3 dentibus +præditis. Racemi elongati, undulati, multiflori. Flores parvi, +apice racemorum conferti ; sepala obovata, obtusa, persistentia, +interdum accrescentia ; petala alba, integra, fauce purpurascentia vel +lutescentia, calyce fere duplo longiora. Staminum filamenta libera, +interdum apice rubella. Silicula coriacea, articulata, parte inferiore +obsoleta pedicelliforme, parte superiore globosa, echinulis magnis, +duris muricata, villoso-canescente. Stylus conicus, glaber, apice +persistens. Pedicelli fructiferi filiformes, silicula longiores. + +Caules 15-35 cm. longi ; folia 1,2 × 0,4 ad 1 × 0,7 et 4,3 × 1, +etiam 3,5 × 0,5 cm. longa et lata ; pedicelli floriferi 0,3-0,5 +cm. longi, fructiferi ad 0,6 cm. longi, sepala 0,15-0,2 cm. longa, +petala 0,2-0,4 cm. longa, in calyce fructifero sepala ad 0,3 cm. longa. + +α. var. =genuina= Hochr. — Folia pinnatipartita, flores minores : +sepala ca. 1,5 mm. longa, accrescentia ca. 2 mm. longa, petala 2-3 +mm. longa ; silicula cum stylo ca. 3 mm. longa. + +Hab. : Oran, Bou-Ktoub, près Le Kreider, sur la rive du Chott Chergui, +dans le sable sec, alt. ca. 950 m. 11 mai (n. 171). + +β. var. =subintegrifolia= Hochr., var. nov. — Folia lanceolata +repando-dentata non lobata ; flores majores, sepala accrescentia ad +3 mm. longa, petala ad 4 mm. longa silicula ad 5 mm. longa. + +Hab. : Oran, Tircount, point d’eau dans le Faidjet el Betoum, +salle humide sous les lauriers roses, alt. ca. 1200 m. 26 mai (n. 440). + +_Obs._ — D’après les descriptions et les exsiccata cités dans +les différentes flores, il nous semble que la plupart des auteurs +modernes ont pris notre espèce pour le _Muricaria prostrata_, +fondé sur le _Bunias prostrata_ Desf. Ce dernier dont nous avons +un original de Desfontaines à l’Herbier Delessert est une plante +très particulière à feuilles bipinnatipartites dont les lobules +de _second ordre_ sont parfois un peu dentés, assimilables en cela +aux lobules de _premier ordre_ de notre plante. En outre, d’après +sa planche, la plante de Desfontaines paraît être formée d’une +rosette de feuilles du centre de laquelle s’échappent un petit +nombre de tiges moins prostrées que dans notre espèce ; et ces +feuilles si élégamment découpées sont pourvues de nombreux poils +à leur surface supérieure. Rien de semblable chez notre espèce qui +forme de grosses touffes à tiges très ramifiées et dont l’aspect, +au moins dans la var. β, est plus ou moins celui d’une hémisphère +toute couverte de fleurs. + +On pourrait objecter que nous ne saurions baser une distinction +spécifique sur la forme des feuilles puisque ce caractère est +utilisé par nous pour séparer nos deux variétés. Mais nous avons +observé des formes de passage entre nos deux variétés, tandis +que nous n’en connaissons pas entre notre var. _genuina_ et le +véritable _Muricaria prostrata_ (= _Bunias pr._ Desf.). Puis il y a +l’indument des feuilles et surtout le port qui est très différent ; +aussi après avoir comparé avec l’original de Desfontaines, il ne +subsiste pas de doute. Nous dirions même que la planche du _Fl. atl._ +est, quoiqu’exacte, moins caractéristique que l’original. Les +feuilles de ce dernier sont si régulièrement découpées qu’elles +rappellent un peu des feuilles de fougères. + +L’origine de cette confusion vient peut-être du fait que Desf. dit +dans sa description « folia pinnatifida », alors que sa planche +indique des feuilles bipinnatifides. Cosson (_Comp._ II, 311) donne +une description qui correspond aux deux espèces, c’est-à-dire à +notre var. _genuina_ et au _M. prostrata_. Battandier (in Batt. et +Tr. _Fl. Alg._ I, 34) donne bien une description correspondant à +la plante de Desfontaines, mais il semble qu’il a en vue notre +var. _genuina_ si l’on en juge par le n. 511 de son exsiccata : +_Pl. d’Alg._ qui est un _M. Battandieri_ var. _genuina_. Chez +cette plante quelques lobes primaires des feuilles présentent deux +ou trois dents, généralement sur un seul de leur côté, de sorte +qu’il n’y a pas de confusion possible avec le _M. prostrata_ Desv. + + CRAMBE L. + +=C. Kralikii= Coss. in Kral. _Pl. Alg. exsicc._ n. 10 (1858) ; _Comp._ +II, 307 (1887) ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 35 (1888). + +Hab. : Oran, Tircount près Aïn Sefra, sable humide, alt. ca. 1200 +m. 26 mai (n. 453) ; id., au pied du Djebel Morghad, au bord d’un +oued à sec, alt. ca. 1200 m. 26 mai (n. 463). + + HUTCHINSIA R. Br. + +=H. petræa= R. Br. in _Hort. Kew._ ed. 2, IV, 82 ; Cosson _Comp._ +I, 258. + +Hab. : Oran, Djebel Morghad, rochers ombreux de l’arête, +alt. ca. 1950 m. 25 mai (n. 480). + +_Obs._ — Chose curieuse, notre plante présente seulement 3-7 +folioles à chaque feuille, tandis que les exemplaires européens +en comptent généralement 11, 13 et quelque fois plus. Nous avons +retrouvé cette particularité chez d’autres spécimens espagnols +et africains seulement. + + CAMELINA Crantz + +=C. silvestris= Wallr. _Sched._ 347 ; Boiss. _Fl. or._ I, 311 ; +Batt. et Tr. _Fl. alg._ I, 51 = _C. sativa_ var. _sylvestris_ Coss. et +Germ. _Fl. Paris_, 124 ; Coss. _Comp._ II, 248. + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa, versant S.-E., rochers herbeux et +buissonneux, alt. ca. 1800 m. 19 mai (n. 368). + +_Obs._ — Cette petite plante ressemble fort peu à celles +d’Europe ; nous n’avons pu la comparer qu’au n. 69 _bis_, de +Reboud, provenant de Djelfa et à une plante récoltée en Perse par +Buhse en 1847. + + ARABIS L. + +=A. auriculata= Lam. _Encycl. méth._ I, 219 (1783). + +Var. =genuina= Hochr. — Siliquis glabris. + +Hab. : Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra, dans le chemin pierreux à +mi-côte, alt. ca. 1600 m., 16 mai (n. 237 _bis_) ; Djebel Aïssa +versant S.-E., dans les pierres, alt. ca. 1900 m. 19 mai (n. 376) ; +Djebel Morghad, rochers ombreux de l’arête, alt. ca. 1950 m. 25 mai +(n. 486 _bis_). + +Var. =dasycarpa= Andrz. ex. DC. _Prod._ I, 143 (1824) = var. _puberula_ +Koch. _Syn._ 2e éd. 41 (1843-44). — Siliquis pubescentibus hirtisve. + +Hab. : Oran, Ras Chergui, sur Aïn Sefra, chemin pierreux, +alt. ca. 1600 m. 16 mai (n. 237) ; Djebel Aïssa, clairière herbeuse +à mi-côte, alt. ca. 1800 m. 19 mai (n. 395) ; Djebel Morghad, +rochers ombreux de l’arête, alt. ca. 1950 m. 25 mai (n. 486) ; +Djebel Aïssa près du poste de télégraphie optique, alt. ca. 1700 +m. 2 juin (n. 583 _bis_). + +_Obs._ — Ces deux variétés quoique nettement tranchées, et +sans formes de passage dans notre région, se ressemblent cependant +beaucoup et comme elles croissent souvent mélangées nous les avions +confondues au premier abord. + + ERYSIMUM L. + +=E. Kunzeanum= Boiss. et Reut. in Boiss. _Diagn. or._ ser. II, I, +27 (1853) = _E. strictum_ var. _micranthum_ J. Gay ap. Coss. in +_Ann. sc. nat._ ser. IV, I, 233 (1854). + +Hab. : Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra, chemin pierreux, à mi-côte, +alt. ca. 1680 m. 16 mai (n. 236). + +=E. grandiflorum= Desf. _Fl. atl._ II, 85 (1800) [non +Bieb. _Fl. taur. cauc._ II, 117 (1808)] = _E. longifolium_ DC. _Prod._ +I, 199 (1824) etc. Voy. Cosson _Comp._ II, 150. + +Hab. : Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra, dans les rochers du sommet, +alt. 2000 m. 16 mai (n. 249). + +_Obs._ — C’est la forme des montagnes mais que de légères +différences de port ne sauraient séparer nettement de la forme des +plaines, plus ligneuse et plus velue. Cette plante se retrouve sur +d’autres Djebels à des altitudes élevées. + + ALYSSUM L. + +=A campestre= L. _Syst._ ed. X, 1130 ; Coss. _Comp._ II, 233. + +Hab. : Oran, Ras Chergui, à mi-côte et jusqu’au sommet, dans les +pierres du chemin, alt. 1400-2000 m., 16 mai (n. 217) ; Saïda partout +dans les pierres et répandu sur les hauts plateaux alt. ca. 850 +m. 10 mai (n. 147). + +=A. montanum= L. _Sp. pl._ 650 (1753) ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 46 +var. =atlanticum= Boiss. _Voy. Esp._ 44 (1839-45) ; Batt. _Spicil._ in +_Journ. linn. soc._ XVI, 320 (1878) = _A. atlanticum_ Desf. _Fl. atl._ +II, 71, t. 149 (1800). + +Hab. : Oran, Ras Chergui, dans les rochers du sommet, alt. ca. 2000 +m. 16 mai (n. 247). + +Var. =Aïssæ= Hochr., var. nov. — Caules elongati, ± flexuosi ; +folia sublinearia ; inflorescentia corymbosa, pedicelli ut calyces +pilis stellatis interdum longissimis villosi, fere lanati ; flores +magni, sulfurei vel lutei. + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa, rochers de l’arête au-dessus d’Aïn +Aïssa, al. ca. 1950 m. 19 mai (n. 373). + + LOBULARIA Desv. + +=L. maritima= Desv. _Journ. bot._ III, 162 = _Clypeola maritima_ +L. _Mant._ 426 = _Alyssum maritimum_ Lam. _Encycl._ I, 98 = _Koniga +maritima_ R. Br. in App. Denh. et Clapp. _Narr. Exp. Afr._ II, 214 ; +Cosson _Comp._ II, 240. + +Hab. : Environs d’Alger, Fort de l’Eau, au bord de la mer, 2 mai +(n. 15) ; Oran, prairie rocheuse près du Vieux Saïda alt. ca. 900 +m. 10 mai (n. 129). + +_Obs._ — La plante des montagnes de Saïda est beaucoup plus +ramassée et plus courte que celle du littoral mais à part cela ces +spécimens ne diffèrent pas. + + MALCOLMIA R. Br. + +=M. arenaria= DC. _Syst._ II, 442 (1821) ; Coss. _Comp._ II, 132 = +_Hesperis arenaria_ et _ramosissima_ Desf. _Fl. atl._ II, 91, t. 162 +et 161, (1800) = _M. ramosissima_ Coss. in Hb. + +Hab. : Oran, Djebel Mekter, versant N., au pied de la montagne, +alt. ca. 1150 m. 5 juin (n. 677). + +_Obs._ — Comme nous ne possédons pas ces deux plantes dans +l’Herbier de Desfontaines, il nous est impossible de nous +faire une opinion ferme au sujet de cette synonymie, mais nous +inclinons à croire que Cosson est dans le vrai. Nous observerons +seulement que notre plante ressemble beaucoup plus à la planche 161 +(_H. ramosissima_) de Desf. qu’à la pl. 162 (_H. arenaria_). + + EREMOBIUM Boiss. + +=E. ægyptiacum= Hochr., comb. nov. = _Malcolmia ægyptiaca_ +Spreng. _Syst._ II, 898(1825) = _Matthiola linearis_ Delile in +Laborde _Voy. Arab. petr._ p. 85 (1833) = _Hesperis ramosissima_ +Delile _Fl. æg. ill._ n. 595 (1812) [non Desf.] = _Hesperis diffusa_ +Decaisne _Fl. Sin._ in _Ann. sc. nat._ ser. 2, III, 271 (1885) = +_E. lineare_ Boiss. _Fl. or._ I, 157 (1867). + +Var. =longisiliquum= Hochr., comb. nov. = _Malcolmia ægyptiaca_ +var. _longisiliqua_ Coss. ap. Bourg. _Exsicc. alg._ (1856) ; +Coss. _Illust. fl. atl._ I, 23. + +Hab. : Oran, près d’Aïn Sefra dans le sable de la dune, +alt. ca. 1050 m. 15 mai (n. 191). + +_Obs._ — Nous avons conservé le genre _Eremobium_, qui nous paraît +suffisamment caractérisé par sa radicule dorsale, alors qu’elle est +commissurale chez les _Malcolmia_ ; il y a aussi quelque différence +dans la forme des semences (Voy. Engl. u. Pr. _Nat. Pflanzfam._ III, +I, 2, 197 et 200). + +Nous croyons que ce genre renferme une seule espèce collective que +nous appellerons _E. ægyptiacum_ d’après le nom le plus ancien +de Sprengel. Nous laissons de côté le nom de _Hesperis ramosissima_ +parce que ce nom, quoique plus ancien, repose sur une erreur et qu’il +ne pouvait être appliqué par Delile à une plante différente de +celle de Desfontaines. + +Comme l’a indiqué Cosson, cette espèce unique présente 3 +variétés bien distinctes et nous transférons leurs noms sous le +nouveau binôme. Outre la variété susmentionnée, nous établirons +donc : + +Var. =ægyptiaca= Hochr. = _M. ægyptiaca_ var. _ægyptiaca_ Cosson +_Ill. fl. atl._ I, 23 (1882) = _M. ægyptiaca_ var. _diffusa_ +Aschers. et Schweinf. _Ill. Fl. Eg._ 39 (1887). + +Var. =linearis= Hochr. = _M. ægyptiaca_ var. _linearis_ Cosson +l.c. 22. + + MATTHIOLA R. Br. + +=M. oxyceras= DC. _Syst._ II, 173 (1821) emend. Conti in +_Mém. Herb. Boiss._ n. 18, p. 67 (1900) var. =livida= Conti l.c. = +_M. livida_ DC. _Syst._ II, 174 (1821). + +Hab. : Oran, monuments préhistoriques dans la plaine rocheuse près +d’Aïn Sefra, alt. ca. 1050 m. 18 mai (n. 287). + +Var. =oasicola= Hochr., var. nov. — Ab omnibus varietatibus a Conti +enumeratis differt caulibus glandulosis sed pilis omnino destitutis, +nisi in apice ramorum juxta alabastra. Tota planta viridis, folia +lanceolata vel linearia, interdum paulum sinuata, glandulosa et +minute pilosa. + +Hab. : Oran, Tircount, point d’eau dans le Faidjet-el-Betoum, dans le +sable humide sous les lauriers roses, alt. ca. 1200 m. 26 mai (n. 441). + +_Obs._ — Cette plante est évidemment une forme particulière du +_M. oxyceras_ qui se trouve dans le steppe, mais c’est une forme +profondément modifiée par le milieu. Au lieu de la plante chétive +pourvue de quelques tiges florales grisâtres avec quelques fleurs +très pâles, c’est une énorme touffe, formée d’un grand nombre +de tiges et portant d’innombrables fleurs d’un beau violet. Nous +n’avons pas vu de formes précisément intermédiaires, mais comme +les modifications ne portent que sur des caractères variables dans +cette espèce, nous sommes persuadé qu’il n’y a là qu’une +variété. + +On peut rapprocher cette plante du _M. pseudooxyceras_ var. _viridis_ +Conti l.c. p. 72, mais la description très sommaire empêche une +identification. Toutefois les filets des longues étamines sont +fortement élargis ce qui est caractéristique, selon Conti, pour +le _M. oxyceras_. Nous doutons de la valeur de ce caractère comme +d’ailleurs de celle de l’espèce de Conti. + + MORICANDIA DC. + +=M. arvensis= DC. _Syst._ II, 626 var. =suffruticosa= Coss. _Comp._ +II, 157 = _M. suffruticosa_ Coss. et Dur. in _Ann. sc. nat._ ser. 4, +IV, 282 = _Brassica suffruticosa_ Desf. _Fl. atl._ II, 94. + +Hab. : Oran, en montant d’Aïn Sefra à Ras Chergui, dans les pentes +de rochers, répandue entre 1100 et 1500 m. d’altitude. 16 mai +(n. 203). + +_Obs._ — Cette plante offre tant de termes de passage vers le +_M. arvensis_ que l’on ne saurait la regarder comme une espèce +particulière, néanmoins ses siliques très longues et très +étroites, ses feuilles plus petites et ses tiges ligneuses en +font une variété facile à distinger et caractéristique pour la +région. Nous ne parlons pas des graines uni ou bisériées dans +chaque loge, car ce caractère nous a paru inutile à mentionner à +cause de son inconstance. + +C’est à tort que cette sous-espèce est attribuée à DC. par +Battandier et Tr. (_Fl. Alg._ I, 64). DC. avait déjà reconnu, il +est vrai, que le _Brassica suffruticosa_ Desf. était une variété du +_M. arvensis_ DC., mais il avait gardé la dénomination _B. suffr._ +C’est Cosson qui, le premier, a établi une nomenclature admissible. + + =CAPPARIDACEÆ= + + CLEOME L. + +=C. arabica= L. _Amœn. acad._ IV, 281. + +Hab. : Oran, Aïn Sefra, sable de la dune, alt. ca. 1050 m. 14 mai +(n. 192). + + =RESEDACEÆ= + + RANDONIA Cosson + +=R. africana= Cosson in Kralik _Pl. alg. exsicc._ n. 19 (1858) et in +_Bull. soc. bot. Fr._ VI, 392 (1859). + +Hab. : Oran, steppe sablonneux dans le Faidjet el Betoum, à environ +15 km. d’Aïn Sefra. 24 mai (n. 419). + + RESEDA L. + +=R. alba= L. _Sp. pl._ 449 var. =lætevirens= +J. Müll. arg. _Monogr. Resed._ 101 (1857) α =vulgaris= +J. Müll. l.c. 102. + +Hab. : Environs d’Alger, Fort de l’Eau, 2 mai (n. 85) ; Oran, +Saïda, dans une haie, alt. ca. 850 m. 10 mai (n. 104). + +Var. =firma= J. Müll. arg. l.c., p. 104, _a_ =major= J. Müll. l.c. + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa, versant S.-E., rochers buissonneux, +alt. ca. 1900 m. 19 mai (n. 370). + +_Obs._ — Nous ne saurions décider quel est le nom prior qui +doit être appliqué à ces variétés, à cause de la synonymie +si compliquée de ces formes. Après la plupart des noms cités par +Müller se trouvent des restrictions. C’est pourquoi nous conservons +les noms adoptés par cet auteur. + +=R. decursiva= Forsk. _Fl. ægypt._ 67 (1775) = _R. eremophila_ +Boiss. _Diagn._ ser. I, 8, 54 (1849). + +Hab. : Oran, Aïn Sefra, dune près du Ksar, alt. ca. 1050 m. 30 mai +(n. 532). + +=R. arabica= Boiss. _Diagn._ I, 6 (1842). + +Hab. : Oran, Faidjet el Betoum, dépression limoneuse de la plaine +d’alfa, alt. ca. 1200 m. 24 mai (n. 421) ; Oran, Aïn el Hadjej, +station au S.-E. d’Aïn Sefra, steppe pierreux, alt. ca. 1000 m. 4 +juin (n. 610). + +=R. Luteola= L. _Sp. pl._ 448 (1753) var. =Gussonii= +J. Müll. arg. _Monogr. Resed._ 207. + +Hab. : Fort de l’Eau, près Alger. 2 mai (n. 22) ; Oran, Djebel +Aïssa, versant S.-E., clairière à 1800 m., alt. 19 mai (n. 404). + +_Obs._ — La seconde de ces plantes est caractérisée par une racine +ligneuse très épaisse, élargie au sommet et portant un grand nombre +de tiges ainsi que les cicatrices des rejets des années précédentes. + + =CRASSULACEÆ= + + SEDUM L. + +=S. heptapetalum= Poiret _Voy. Barb._ II, 669 (1789) = _S. cœruleum_ +Vahl _Symb. bot._ II, 51 (1791). + +Hab. : Oran, Vieux Saïda, dans les rochers, alt. ca. 900 m. 10 mai +(n. 142). + +=S. nicæense= All. _Fl. ped._ II, 122 (1785) = _S. altissimum_ +Poiret _Encycl._ IV, 634 (1791). + +Hab. : Oran, Djebel Morghad, col de Merbah, alt. ca. 1800 m. 24 mai +(n. 517), et ailleurs sur terrain rocheux, entre 1400 et 1900 m., +en particulier à Ras Chergui. + +=S. album= L. _Sp. pl._ 432 (1753) var. =micranthum= DC. _Prod._ III, +406 (1828) = _S. micranthum_ Bast. ap. DC. _Fl. Fr._ II, 523 (1815). + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa, versant S.-E., rochers herbeux, +alt. ca. 1850 m. 19 mai (n. 519) ; id. Djebel Morghad, rochers ombreux +près de l’arête, versant N.-W., alt. ca. 1950 m. 25 mai (n. 516). + +=S. dasyphyllum= L. _Sp. pl._ 431 (1753) var. =glanduliferum= Gr. et +Godr. _Fl. Fr._ I, 624 = _S. glanduliferum_ Guss. _Prod._ I, 519 +(voir à ce sujet Briquet in _Ann. Cons._ et _J. bot. Gen._ V, 101). + +Hab. : Oran, Djebel Morghad, dans une fissure de la paroi de rochers, +versant S.-E., alt. ca. 1950 m. 25 mai (n. 515). + + =ROSACEÆ= + + COTONEASTER Med. + +=C. nummularia= Fisch. et M. _Ind. hort. petrop._ II, 34. + +Hab. : Oran, Djebel Morghad, rochers sous le sommet, buissons étalés +sur les rochers, alt. ca. 2100 m. 25 mai (n. 513). + +_Obs._ — En ce qui concerne la caractéristique du _C. tomentosa_, +nous renvoyons à Burnat (_Fl. alp. mar._ III, 313). + +Cet auteur remarque avec raison que cette espèce présente +généralement trois styles. Sur tous les échantillons examinés, +nous avons observé ce nombre. Par contre, sur le _C. nummularia_ nous +avons toujours vu deux styles. C’est le cas pour notre échantillon +qui diffère cependant du type par ses feuilles plus grandes et ses +fleurs un peu plus longuement pédicellées. Ce n’est cependant +pas la var. _ovalifolia_ de Boiss., dont les feuilles sont ± +lancéolées-aiguës et le port différent. + + GEUM L. + +=G. heterocarpum= Boiss. _Voy. Esp._ II, 201, t. 58. + +Hab. : Oran, Djebel Morghad, sous les chênes verts du sommet, très +localisé, alt. 2136 m. 25 mai (n. 511). + +_Obs._ — Cette espèce est fort intéressante à cause de sa +dispersion surtout occidentale. Boissier l’a découverte en +Espagne, elle se retrouve au Maroc. Ce dernier auteur (l.c., p. 728) +la signale aussi en Carie, mais il reconnaît que c’est une forme +différente. Il manque, en effet, à cette dernière, la présence +caractéristique d’un méricarpe à la base du gynophore. + +Boissier signale cette plante en Espagne, en rapport avec le _Berberis +cretica_, et c’est également dans une station toute voisine de +cet arbuste que nous avons récolté notre échantillon. + + ROSA L. + +=R. Pouzini= Trattinick _Ros._ II, 112 (1823-24). + +Hab. : Oran, Aïn Aïssa, près Aïn Sefra, alt. ca. 1600 m. 20 mai +(n. 327). + + =LEGUMINOSÆ= + + ARGYROLOBIUM Ekl. et Zeyh. + +=A. uniflorum= Jaub. et Spach in _Ann. sc. nat._ ser. II, XIX, 45 = +_Cytisus uniflorus_ Decaisne in _Ann. sc. nat._ ser. II, III, 365. + +Hab. : Oran, Aïn Sefra, dune près du Ksar, alt. ca. 1050 m. 30 mai +(n. 535) ; Tiout, rochers au-dessus de l’oued, alt. ca. 1050 m. 31 +mai (n. 548). + +_Obs._ — L’_A. microphyllum_ Ball est, suivant la description +de l’auteur, une simple variété de l’_A. uniflorum_. Notre +n. 535 se rapproche beaucoup de la plante décrite par Ball. Mais +toutes les fleurs de notre spécimen n’ont pas des dimensions +aussi considérables que celles signalées par cet auteur. Aussi en +l’absence d’un original permettant une identification précise, +nous envisageons notre plante comme une forme intermédiaire. + + GENISTA L. + +=G. Rætam= Forsk. _Fl. æg.-ar._ 214 = _Retama Rætam_ Webb +_Phyt. canar._ II, 56 = _Spartium Rætam_ Spach in _Ann. sc. nat._ +ser. II, XIX, 288. + +Hab. : Oran, à 10 km. d’Aïn Sefra, dans le sable, près de la +voie ferrée, alt. c. 1150 m. 24 mai (n. 418). + +=G. sphærocarpa= Lam. _Encycl._ II, 616 (1786) = _Retama sphærocarpa_ +Boiss. _Voy. Esp._ II, 144 (1839-45) = _Spartium sphærocarpum_ +L. _Mant._ II, 571 (1771). + +Hab. : Oran, Tiloula, près d’Aïn Sefra, dans la salle, près de +l’oasis, alt. ca. 1150 m. 18 mai (n. 286). + +=G. saharæ= Coss. et Dur., in _Bull. soc. bot. Fr._ II, 247 (1855) += _Spartium saharæ_ Pomel _Nouv. Mat._ 173 (1874). + +Hab. : Oran, dune d’Aïn Sefra, à 15 km. à l’W. de cette +localité, alt. ca. 1100 m. 5 juin (n. 681). + + ERINACEA Adans. + +=E. pungens= Boiss. _Voy. Esp._ 145 = _Anthyllis Erinacea_ L. _Sp. pl._ +720 (1753). + +Hab. : Oran, ravin d’Aïn Aïssa, en grosses touffes entre les +pierres, alt. ca. 1400 m. 20 mai (n. 326). + + CALYCOTOME Link + +=C. spinosa= Link _Enum. hort. berol._ II, 225 = _Spartium spinosum_ +L. _Sp. pl._ 709 (1753). + +Hab. : Oran, près Saïda, alt. ca. 900 m. 10 mai (n. 113). + + ONONIS L. + +=O. biflora= Desf. _Fl. atl._ II, 143 (1800) = _O. geminiflora_ +Lag. _Nov. gen. et sp._ 22 (1816). + +Hab. : Oran, prairie rocheuse près du Vieux Saïda, alt. ca. 900 +m. 10 mai (n. 119). + +=O. glabrescens= Hochr. = _O. angustissima_ var. _glabrescens_ +Barr. in Bonn. et Barr. _Cat. Tun._ 104 (1896), p.p. = _O. polyclada_ +Murb. _Contrib._ I, 59 (1897), (p. subsp.). + +Hab. : Oran, vallon au pied du Djebel Morghad dans le steppe d’alfa, +alt. ca. 1200 m. 26 mai (n. 465). + +Var. =minor= Hochr. var. nov. — A typo differt caulibus minoribus +paucifloris, foliolis angustioribus, petiolis foliis plerumque multo +longioribus, breviter aristatis, floribus minoribus. Ab _O. filifolia_ +(subsp. Murb.) differt foliis omnibus trifoliolatis vel superioribus +interdum unifoliolatis, stipulis petiolum ca. æquantibus, pedunculis +longioribus, floribus multo minoribus. + +Caules 8-22 cm. longi ; foliorum inferiorum foliola ad 18 mm. longa +et 4 mm. lata, fol. aliorum foliola plerumque 7-15 mm. longa et +1-1,5 mm. lata ; fol. super. foliolum interdum unicum 4-8 mm. longum +et 0,5-0,75 mm. latum ; pedunculi 12-20 mm. longi ; corolla 8-12 +mm. longa. Legumen quod vidi 12 mm. longum. + +Hab. : Oran, plaine d’alfa entre Tiloula et Aïn-Aïssa près Aïn +Sefra, alt. ca. 1200 m. 20 mai (n. 317) ; vallon au pied du Djebel +Morghad dans le steppe d’alfa, alt. ca. 1200 m. 26 mai (n. 464). + +_Obs._ — Nous estimons que M. Murbeck aurait dû conserver le nom +de Bonnet et Barr. alors même que ces derniers avaient confondu deux +choses différentes. Il aurait fallu conserver le nom princeps pour +l’une au moins des deux formes. + +Au point de vue systématique nous ne saurions nous prononcer +au sujet de la distinction spécifique entre l’_O. Natrix_ et +l’_O. angustissima_, mais il nous semble pratique de séparer +l’_O. glabrescens_ de l’_O. angustissima_. Ce dernier possède +en effet comme sa var. _falcata_ (= _O. falcata_ Murb. l.c.) des +légumes velus et des semences muriquées couvertes de petites perles +très serrées, alors que le premier a des légumes glabres et des +semences muriquées aussi, mais à perles espacées. Vu l’absence +de formes intermédiaires, ces caractères, dont l’un est indiqué +très nettement par Murbeck (Pl. III), nous paraissent suffisamment +importants pour impliquer une distinction spécifique. Le port de +la plante, petite et glabre dans l’_O. glabrescens_, plus haute et +velue dans l’_O. angustissima_, permet en outre de distinguer ces +deux espèces presqu’au premier coup d’œil, et nous n’avons +jamais hésité pour l’identification. Par contre nous ne saurions +considérer comme espèce notre variété _minor_ reliée au type par +des intermédiaires, de même, d’après la description, nous pensons +que M. Murbeck rapproche avec raison ses _O. polyclada_ et _filifolia_. + +Notre variété _minor_ diffère du type de M. Murbeck par son port +moins élevé, par ses pédoncules moins longuement aristés, par +ses fleurs plus petites et en moins grand nombre. + +=O. Columnæ= All. _Fl. ped._ I, 318 (1785) = _O. parviflora_ +Lam. _Dict._ 510 (1783) non Berg. _Descr. pl. cap._ 214 (1767). + +Hab. : Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra, chemin de la source +alt. ca. 1600 m. 16 mai (n. 220). + +=O. alba= Poir. _Voy._ II, 210 (1789) = _O. monophylla_ +Desf. _Fl. atl._ II, 145, t. 188 (1800). + +Hab. : Environs d’Alger, Pointe Pescade, ravin, 5 mai (n. 66). + + MEDICAGO L. + +=M. sativa= L. _Sp. pl._ 778 (1753). + +Hab. : Oran, Saïda, dans un champ cultivé, mais probablement +indigène en Algérie où on le rencontre dans les 3 régions que +j’ai parcourues, 10 mai (n. 103). + +=M. littoralis= Rhode ex Lois. _Notice sur les plantes à ajouter à +la Fl. de Fr._ 118 (1810) ; Hornem. _Hort. Hafn. Suppl._ 85 (1819). + +Hab. : Environs d’Alger, Fort de l’Eau au bord de la mer, 2 mai +(n. 34). + +_Obs._ — La citation princeps est bien Loiseleur, et non Hornemann +comme l’indique à tort l’_Index Kew._ + + MELILOTUS L. + +=M. macrocarpa= Coss. et Dur. _Cat. gr. Bord._ 27 (1866) ; +_Bull. soc. bot. Fr._ XIV, Bibliog. 39 = _M. physocarpa_ Pomel +_Nouv. mat._ 181 et 321 (1874). + +Hab. : Environs d’Alger, Bouzarea, lit d’un oued à sec, 4 mai +(n. 61). + +=M. indica= All. _Fl. ped._ n. 1121 (1785) = _Trifolium Melilotus +indica_ var. δ L. _Sp. pl._ ed. II, 1077 (1763) = _M. parviflora_ +Desf. _Fl. atl._ II, 192 (1800). + +Hab. : Oran, Tiloula, près d’Aïn Sefra, terrain humide au voisinage +de la source, alt. ca. 1200 m. 18 mai (n. 305). + + TRIFOLIUM L. + +=T. stellatum= L. _Sp. pl._ 769 (1753). + +Hab. : Environs d’Alger, Fort de l’Eau, gazon au bord de la mer, +2 mai (n. 36). + +=T. angustifolium= L. _Sp. pl._ 769 (1753). + +Hab. : Environs d’Alger, Bouzarea, rochers, 4 mai (n. 45). + +Var. =intermedium= Gib. et Belli _Rev. crit. Trif. Lagop._ 100 in +_Mem. r. Acad. Torino_ ser. II, XXXIX (1888) ; Burnat _Fl. Alp. mar._ +II, 137 = _T. intermedium_ Guss. _Cat. pl. in Boccadif._ 82, +ann. 1821 ; Batt. et Tr. _Fl. alg._ I, 233. + +Hab. : Environs d’Alger, Bouzarea, rochers, 4 mai (n. 3). + +=T. scabrum= L. _Sp. pl._ 770 (1753). + +Hab. : Oran, prairie rocheuse près du vieux Saïda, alt. ca. 900 +m. 10 mai (n. 130). + +=T. tomentosum= L. _Sp. pl._ 771 (1753). + +Hab. : Oran, prairie rocheuse près du vieux Saïda, alt. ca. 900 +m. 10 mai (n. 131). + + ANTHYLLIS L. + +=A. Vulneraria= L. _Sp. pl._ 719 (1753) var. =coccinea= L. _Fl. suec._ +ed. II, 250 (1755) = _A. vulneraria_ β. L. _Sp. pl._ 719 ; Schultes +_Oesterr. Fl._ 2me ed. II, 317 (1814) = _A. Dillenii_ Schult. ms. ex +DC. _Prod._ II, 170 (1825) ; Steud. _Nom._ ed. 1, 56 (1821) absque +descr. et syn. = _A. Vulneraria_ var. _rubriflora_ DC. _Prod._ +l.c. ; Boiss. _Fl. or._ II, 158 ; Bonn. et Barr. _Cat. Tun._ 122 = +_A. vulneraria_ var. _Dillenii_ Ball _Spic._ in _Journ. linn. Soc._ +XVI, 421 (1878) ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 249 ; Rouy et +Fouc. _Fl. Fr._ IV, 228 = _A. rubra_ Gouan _Herbor._ 173 (1796) +nomen nud. + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa, versant S.-E., au pied d’une petite +paroi de rochers, alt. ca. 1900 m. 19 mai (n. 381), retrouvé au +Djebel Morghad. + +_Obs._ — Le vrai nom de cette variété est bien _coccinea_ ; il +a été donné par Linné qui indique une courte diagnose et cite la +figure de Dillenius. Remarquons en passant que le nom d’_A. Dillenii_ +ne se trouve pas dans Schult. _Oesterr. Fl._ l.c. comme l’indiquent +par erreur Rouy et Foucaud. La première citation valable de ce nom est +DC. _Prod._ Steudel dans son _Nomenclator_ ne donne qu’un nom sans +aucune indication qui permette de savoir à quoi il l’applique. Il +est donc nul et non avenu. + + LOTUS L. + +=L. commutatus= Guss. _Prod. fl. sic._ II, 545 (1827-28) +var. =collinus= Brand in Engl. _Bot. Jahrb._ XXV, 208 (1898) = +_L. creticus_ var. _collinus_ Boiss. _Fl. Or._ II, 164 (1872) = +_L. cytisoides_ subsp. _collinus_ Murb. _Contrib._ I, 68 (1897) = +_L. prostratus_ Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 247 [non Desf.]. + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa versant S.-E., à la lisière de la forêt +de pins, alt. ca. 1750 m. 19 mai (n. 348). + +_Obs._ — Cette plante correspond tout à fait à la description +qu’en donne M. Murbeck, c’est la forme à grandes fleurs de +la rég. médit. occid. Nous adoptons la nomenclature de Brand +(_Monogr. der Gatt. Lotus_) parce qu’il nous paraît plus clair de +prendre comme nom de l’espèce à rostre droit le _L. commutatus_ +de Guss. au sujet duquel il n’y a pas de discussion, tandis que +l’enchevêtrement des formes se rapportant aux _L. creticus_ L. et +_cytisoides_ est tel qu’il est impossible de fixer leur limite +comme la comprenait leur auteur. Cette conclusion est d’autant plus +nécessaire que l’on sera peut-être amené à réunir ces deux +espèces qui ne diffèrent que par la forme du rostre. En effet chez +notre plante le rostre est long et ± sinueux, il est légèrement +infléchi en arrière, puis dans sa partie supérieure il est un peu +recourbé en avant, de sorte que l’on peut se demander s’il y a +là une forme particulière ou une forme intermédiaire entre le rostre +droit du _L. commutatus_ et le rostre recourbé du _L. creticus_. + +=L. corniculatus= L. _Sp. pl._ 775 (1753) var. =aff. L. tigrensi= +Baker. + +Hab. : Oran, Aïn Sefra, terrain marécageux dans l’oued +alt. ca. 1080 m. 30 mai (n. 539 forme rampante à petites feuilles) ; +id. (n. 540) forme ascendante à folioles plus grands lanceolés. + +_Obs._ — Vu la confusion qui règne pour les formes du +_L. corniculatus_[43] nous renonçons à identifier cette variété +mais il est intéressant de signaler ses particularités. + +Nous avons observé notre plante sous ses deux aspects, fort +différents, qui croissaient mélangés les uns à côté des autres en +même temps que toutes les formes de passage entre eux. Ce qui paraît +être le caractère le plus intéressant de cette plante c’est +qu’elle présente des bractées possédant seulement 1 ou 2 folioles +comme les _L. tigrensis_ et _Scholleri_ de l’Afrique orientale +et australe. Selon Brand, l. infra c. p. 193, ce caractère serait +particulier à ces espèces. Nous avons cru au début avoir à faire +à un _L. decumbens_ Poiret, dont Brand (_Monogr._ in Engler _Jahrb._ +XXV, 210, 1898) fait une variété du _L. uliginosus_ Schk. Mais +quoique notre plante présente quelques stolons ± caractérisés, +son port et surtout l’absence de nervation visible des folioles +(carnet. diagnost. de Brand) nous la fait ranger sans hésitation +parmi les _L. corniculatus_. + + COLUTEA L. + +=C. arborescens= L. _Sp. pl._ 723 (1753). + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa, versant E., rochers herbeux et buissonneux, +alt. ca. 1750 (rare) 19 mai (n. 340). + + ASTRAGALUS L. + +=A. Gombo= (e sect. _Chronopus_ Bunge) Coss. et Dur. in Balansa +_Pl. alg. exsicc._ n. 549 (1852) ; id. in _Bull. soc. bot. Fr._ IV, +136 (1857) ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 261. + +Hab. : Oran, Aïn Sefra dans le sable de la dune autour de la redoute, +alt. ca. 1050 m. 30 mai (n. 533). + +_Obs._ — Cette plante s’étend beaucoup plus loin à +l’Orient qu’on ne le pense, témoin le n. 333 de Barbey +(_Herbor. au Levant_, p. 131), d’Egypte, Abou Elfein, lequel est +un _A. Gombo_ et non un _A. sparsus_ comme l’indique M. Barbey +l.c. et Boiss. _Fl. or. suppl._ 181. — Battandier et Trabut comme +Bonnet et Barr. croyaient cette espèce particulière à l’Algérie, +à la Tunisie et au Maroc. + +=A. cruciatus= (e sect. _Oxyglottis_ Bunge) Link _Enum._ II, 256, +var. =polyactinus= Hochr. = _A. polyactinus_ Boiss. _Fl. or._ II, 226. + +Hab. : Oran, Tiloula près d’Aïn Sefra, terrain humide, +alt. ca. 1200 m. 18 mai (n. 308). + +_Obs._ — Sans admettre que l’_A. polyactinus_ soit une espèce +distincte, il nous semble cependant qu’on peut le distinguer assez +facilement de l’_A. radiatus_ pour ne pas identifier tout à fait +ces deux plantes. En effet, outre la fleur qui est plus petite chez +la plante de Link, le fruit a une apparence assez différente. Il est +couvert de longs poils soyeux et plus ou moins érigés chez notre +plante, tandis qu’il est presque glabre ou pourvu de quelques poils +appliqués dans l’espèce de Link. + +=A. Fontanesii= (e. sect. _Poterion_ Bunge) Coss. et Dur. ex Bunge +_Astrag._ 126 in _Mem. Acad. St-Petersb._ ser. 7, V, XI, n. 16 (1868). + +Hab. : Oran, ravin du Djebel Aïssa près Aïn Aïssa et dans la +plaine jusqu’à Tiloula alt. ca. 1200-1500 m. 20 mai (n. 325). + +_Obs._ — Cette plante, quoique très épineuse, passe pour être +le met favori des chameaux. + +=A. tenuifolius= Desf. _Fl. atl._ II, 186 ; Bunge _Astrag._ II, 179. + +Hab. : Oran, Djebel Morghad, col de Merbah, terrain rocheux, +alt. ca. 1800 m. 24 mai (n. 471). + +Var. =austro-oranensis= Hochr., var. nov. — A typo differt caulibus +longioribus, erectis ; foliolis numerosioribus — plerumque 17 — +latioribus, ovatis vel ellipticis ; pedunculis longioribus, sæpe quam +folium duplo longioribus ; inflorescentia elongata, floribus numerosis. + +Foliola ad 2,4 mm. lata et 5 mm. longa ; pedunculi cum infrutescentia +ad 8 cm. longi. + +Hab. : Oran, Aïn Sefra, dune aux environs du village alt. ca. 1050 +m. 15 mai (n. 193). + +_Obs._ — Cette plante est fort différente du type que nous avons +trouvé sur les montagnes de la région. Si les caractères touchant +la largeur des folioles et leur nombre ainsi que le port des tiges +sont variables, la longueur relative des pédoncules par contre est +regardée comme distincte dans ce groupe. Nous aurions donc volontiers +considéré cette plante comme une espèce nouvelle si nous n’avions +observé dans un ou deux cas des stades intermédiaires entre elle et +le type. En outre il y a une parfaite ressemblance en ce qui concerne +la forme de la fleur et surtout celle de l’étendard et du calice. + +En tout cas, c’est une plante qui rappelle un peu +l’_A. Kotschianus_[44] Boiss. mais elle n’a pas les fruits courts +de ce dernier. + + SCORPIURUS L. + +=S. sulcatus= L. _Sp. pl._ 745 (1753). + +Hab. : Oran, Saïda, prairie près de l’oued alt. ca. 850 m. 10 mai +(n. 127). + +=S. subvillosus= L. _Sp. pl._ 745 (1753) var. =acutifolius= Hochr. = +_S acutifolius_ Viv. _Fl. Lyb. Spec._ 43 t. 19, f. 4 (1824) = +_S. subvillosus_ var. _eriocarpa_ Moris _Fl. sardoa_ I, 534 (1837) ; +Gren. et Godr. _Fl. Fr._ I, 493 = _S. subvillosus_ var. Coss. in +_Bull. Soc. bot. Fr._ XII, 277 (1865). + +Hab. : Environs d’Alger, Bouzarea ravin d’un oued, 4 mai (n. 60). + + CORONILLA L. + +=C. juncea= L. _Sp. pl._ 742 (1753) var. =Pomelii= Hochr., comb. nov. = +subsp. _C. Pomeli_ Batt. in _Bull. soc. bot. Fr._ XXXIII, 353 (1886) += _C. Pomeli_ Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 286 (1889). + +Hab. : Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra, à mi-côte alt. ca. 1500 +m., manque au sommet et à la base de la montagne, terrain rocheux, +16 mai (n. 211). + +_Obs._ — Cette variété est assez distincte de l’espèce. Ce +qui frappe au premier abord c’est qu’elle est presque aphylle +et que ses feuilles ne possèdent qu’une foliole. Mais on peut +observer aussi sur des échantillons du _C. juncea_ type une forte +réduction des folioles ; certaines feuilles même sont réduites +à une seule foliole. La dimension des pédoncules n’est pas +sensiblement différente, ils sont généralement un peu plus épais +chez la variété, ce qui les fait paraître plus courts. Les fruits +et les graines de la variété sont en général bien plus longs chez +la variété que chez le type mais, chez les deux plantes, il y a de +grandes variations de sorte qu’on ne saurait baser une espèce sur +ce caractère. C’est pourquoi nous considérons le _C. Pomelii_ +comme variété du _C. juncea_. M. Battandier qui en avait fait une +sous-espèce a modifié sa façon de voir et dans sa Flore il en fait +une espèce de second ordre. Cette plante étant peu connue, il est +intéressant de citer les exsiccata qui la renferment. Tels sont : + +Sahara algérien entre Sidi Makhlour et Laghouat (Reboud n. 142 +_bis_) ; in alluviis Oued Bummel in Oued en Nza confluentis, Berrian +inter Guerrara, prov. Alger. austr. 1835 (Cosson) ; in ead. st. (Kralik +n. 36). + +=C. scorpioides= Koch _Syn._ 289 = _Ornithopus scorpioides_ +L. _Sp. pl._ 734 (1753) = _Astrolobium scorpioides_ DC. _Prod._ II, +311 = _Ornithopus trifoliatus_ Lam. _Fl. fr._ II, 659. + +Hab. : Oran, Faidjet el Betoum, plaine d’alfa au pied du Djebel +Morghad, alt. ca. 1200 m. 24 mai (n. 430). + + HIPPOCREPIS L. + +=H. ciliata= Willd. in _Mag. Gesell. Nat._ p. 173 (1808) ; Batt. et +Tr. _Fl. Alg._ I, 289. + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa, versant S.-E., clairière herbeuse à +mi-côte, alt. ca. 1800 m. 19 mai (n. 400). + +=H. bicontorta= Loisel. _Fl. Gall._ II, 162, t. 28 ; Batt. et +Tr. _Fl. Alg._ I, 289 = _H. cornigera_ Boiss. _Diagn._ ser. I, 2, 102. + +Var. =sinuosissima= Pomel _Nouv. mat._ 195 (1874) ; Batt. et Tr. l.c. + +Hab. : Oran, Aïn Sefra, dune près du Ksar. alt. ca. 1085 m. 30 mai +(n. 534). + + EBENUS L. + +=E. pinnata= Ait. _Hort. Kew._ III, 27 (1789) ; Desf. in +_Act. soc. nat. par._ 2, t. 3 (1792) ; id. _Fl. atl._ II, 152 (1800) += _Hedysarum sericeum_ Vahl _Symb._ II, 83, t. 41 (1791). + +Hab. : Oran, plaine d’alfa entre Tiloula et Aïn Aïssa à env. 40 +km. d’Aïn Sefra, alt. ca. 1200 m. 20 mai (n. 318). + +_Obs._ — C’est à tort que Bonnet et Barr. (_Cat. Tun._ p. 140) +Batt. et Tr. (_Fl. Alg._ I, 290) et Boissier (_Fl. or._ II, 556) +attribuent ce nom à Desfontaines qui lui-même cite Aiton. + + VICIA L. + +=V. disperma= DC. _Cat. hort. monsp._ 154 = _Cracca disperma_ Gr. et +Godr. _Fl. Fr._ I, 472. + +Hab. : Environs d’Alger, Bouzarea, lit d’un oued près +Deux-Moulins, 4 mai (n. 27). + + LATHYRUS L. + +=L. articulatus= L. _Sp. pl._ 731 (1753) = _L. tenuifolius_ +Desf. _Fl. atl._ II, 160. + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa versant S.-E., forêt de pins, alt. ca. 1750 +m. 19 mai (n. 352). + +Var. =ligusticus= Burnat _Fl. Alg. mar._ II, 196 (1896). + +Hab. : Environs d’Alger, Bouzarea brousse, 4 mai (n. 44) ; id. Pointe +Pescade ravin, 5 mai (n. 71). + +_Obs._ — Battandier et Trabut (_Fl. Alg._ I, 277) mentionnent le +_L. Clymenum_ en Algérie. Nous doutons un peu de cette affirmation +parce que le _L. articulatus_ L. ressemble énormément à +l’espèce précitée et que dans les herbiers, il est toujours +confondu avec elle. En outre tous les échantillons étiquetés +_L. Clymenum_ et provenant d’Afrique examinés par nous étaient +des _L. articulatus_. Même l’exemplaire du _L. Clymenum_ de +l’Hb. Desfontaines est un _L. articulatus_. En ce qui concerne +la distinction à faire entre ces deux espèces, nous renvoyons +à Burnat _Fl. Alp. marit._ II, 194 indication complétée par +des notes publiées à la fin du Vol. III. Le stigmate brièvement +mucroné ou obtus nous semble constituer en regard de l’appendice +longuement subulé du _L. Clymenum_ un caractère spécifique +très net. D’après ce que nous avons vu dans l’Hb. Boissier, le +_L. Clymenum_ serait localisé en Europe, Corse, Sicile, Constantinople +(Noë n. 263) tandis que le _L. articulatus_ s’étendrait surtout +en Algérie, Espagne, Sardaigne, Corse et au sud de la France. Ex. : +Espagne (Bourgeau sine n.), Fl. ætnensis (Gabriel Strobl), Corse et +Toulon (Bourgeau), Constantine (Hb. Fauché), Espagne mérid. (Boiss.), +Alger (Fauché) id. (Bové n. 52), Sardaigne (Bula), Crète (Raulin +n. 694). + + =GERANIACEÆ= + + ERODIUM L’Hérit. + +=E. cicutarium= L’Hérit. _Geraniol._ 5, n. 12 = _Geranium +cicutarium_ L. _Sp. pl._ 680 (1753). + +Var. =allotrichum= Hochr., comb. nov. = _E. allotrichum_ Steud. in +Schimper _Iter abyssin._ sect. III, n. 1488 (1844) ; Rich. _Fl. Abyss._ +I, 116 (1847) = _E. alsiniflorum_ Delile _Ind. sem. hort. Monsp._ 7 +(1847) ; _Ann. sc. nat._ ser. 3, IX, 329 (1848) = _E. pallidiflorum_ +Jord. _Cat. gr. jard. Gren._ 2 (1849). + +Hab. : Oran, limite sept. des hauts plateaux, Aïn el Hadjar, voie +ferrée, alt. ca. 1000 m., 11 mai (n. 143). + +Var. =Jacquinianum= Hochr., comb. nov. = _E. Jacquinianum_ Fisch. et +Mey. _Ind. Hort. Petrop._ IX, Supp. (1844) ; Rouy _Illustr._ p. 44, +t. 132 (non 122 ut in R. _Fl. Fr._) = _E. hirtum_ Jacq. _Ecl._ +I, 58 (1811-1816) [non Willd. _Sp. pl._ III, 632 (1800)] fide +Fisch. et Mey. ips. = _E. staphylinum_ Bertol. _Fl. ital._ VII, 185 +(1847) = _E. tenuisectum_ Gren. et Godr. _Fl. Fr._ I, 311 (1848) = +_E. cicutarium_ var. _hirtum_ Moris _Fl. sard._ I, 342 (1837). + +Hab. : Oran, Djebel Morghad, col de Merbah, rocailles, alt. ca. 1800 +m. 24 mai (n. 473) ; plateau rocailleux entre le Djebel Mekter et +les rochers de Mograr Foukani alt. ca. 1100 m. 5 juin (n. 665). + +_Obs._ — Nous ne saurions reprendre le nom de Jacquin qui est un +nom mort-né comme pour la var. de l’espèce suivante. + +D’autre part nous devons remarquer que l’_E. Jacquinianum_ ne +diffère que très peu de l’_E. cicutarium_ et qu’il est relié +à lui par une série de formes intermédiaires. Cela ressort très +nettement de l’examen de la planche originale et des nombreux +exemplaires que nous avons eu sous les yeux. + +Le caractère différentiel donné par Rouy dans sa clef analytique est +en réalité fort indistinct. Les feuilles sont toutes pennatiséquées +et les segments sont bipennatipartites ou bipennatifides. En +particulier les plantes citées par Rouy et photographiées par lui +dans ses _Illustr._ sont démonstratives. La petite plante en haut +à droite possède des segments foliaires bipennatipartites tout à +fait semblables à ceux de l’_E. cicutarium_ type. Chez les autres +échantillons ces segments sont un peu seulement plus profonds et +plus étroits. + +Var. =subacaule= Hochr., comb. nov. = _E. Jacquinianum_ +var. _subacaule_ Boiss. et Reut. _Pug._ 26 (1852). + +Hab. : Oran, rocailles près du télégraphe optique du Djebel Aïssa, +alt. ca. 1600 m., 2 juin (n. 579). + +_Obs._ — Cette variété à port rabougri et presqu’acaule est +au moins aussi distincte de l’_E. Jacquinianum_ que ce dernier +l’est de l’_E. cicutarium_, c’est pourquoi nous ne craignons +pas de coordonner ces deux formes en les attribuant toutes deux comme +variétés à l’_E. cicutarium_. + +=E. laciniatum= Willd. _Sp. pl._ III, 663 (1801) = _Geranium +laciniatum_ Cav. _Diss._ IV, 228, t. 113, f. 3 (1790). + +Var. =Bovei=[45] Hochr., comb. nov. = _E. Bovei_ Delile +_Ind. hort. monsp._ 6 (1838) ; Murbeck _Contr._ I, 53 (1897) = +_Geranium pulverulentum_ Desf. _Fl. atl._ II, 111 (1800) [non Cav, +(1790)] = _E. pulverulentum_ Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 126 (1888) += _E. arenarium_ Pomel _Nouv. mat._ 340 (1879) = _E. laciniatum_ +var. _pulverulentum_ Boiss. _Fl. Or._ I, 893 (1867) ; Bonn. et +Bar. _Cat. Tun._ 85 (1896). + +Hab. : Oran, steppe pierreux au pied du Djebel Morghad, alt. ca. 1200 +m. 24 mai (sine num.). + +_Obs._ — Nous croyons que M. Murbeck a adopté avec raison le nom +de _Bovei_ car la dénomination de Desfontaines (_G. pulverulentum_) +était inexacte puisqu’il existait déjà une espèce de ce +nom. C’était donc un nom mort-né. + +=E. glaucophyllum= L’Hérit. _Geraniol._ 10 n. 25 (1787-88) ; +Ait. _Hort. Kew._ ed. I, II, 416 (1789) = _G. crassifolium_ +Forsk. _Fl. æg-arab._ 123. + +Hab. : Oran, le Kreider, dans le sable, alt. ca. 950 m. 11 mai +(n. 167) ; Ras Chergui sur Aïn Sefra, chemin de la source, +alt. ca. 1600 m. 16 mai (n. 258). + + =OXALIDACEÆ= + + OXALIS L. + +=O. cernua= Thunb. _Dissert. de Oxal._ 12, t. 2 (1781) = _O. libyca_ +Viv. _Fl. libyc._ 24, t. 13 (1824). + +Hab. : Environs d’Alger, Bouzarea, lit d’un oued, 4 mai (n. 87). + + =LINACEÆ= + + LINUM L. + +=L. corymbiferum= Desf. _Fl. atl._ I, 279, t. 80. + +Hab. : Environs d’Alger, Maison Carrée, dans une forêt de pins +2 mai (n. 17). + +=L. Munbyanum= Boiss. et Reut. _Pug._ p. 24. var. =meridionale= +Hochr., var. nov. — A typo differt caulibus fertilibus +elatioribus, numerosioribus, caulibus sterilibus deficientibus, +foliis angustioribus, linearibus, uninerviis, semper acutis. + +Radix apice ad 1 cm. crassa ; folia 15-20 mm. longa et 0,5-2 mm. lata ; +caules ca. 20 in apice radicis et ad 75 cm. alti. + +Hab. : Oran, Djebel Morghad, pentes herbeuses du versant +S.-E. alt. ca. 1680 m. 26 mai (n. 427) et retrouvé à 1900 m. + +_Obs._ — Cette variété ne se distingue du type que par son port +assez différent, les dimensions plus considérables de la plante +et la forme des feuilles qui sont toutes semblables entre elles +alors qu’elles sont plus larges et parfois un peu hétérophylles +chez le _L. Munbyanum_. Nous avons eu l’original de ce dernier +entre les mains. Notre variété est reliée au type par des formes +intermédiaires ; telles sont par exemple : Plantes de Sidi-bel-Abbès +(Lefranc n. 509 ; Warion, 8 juin 1876) ; Tlemcen (Bourgeau n. 162). Il +est remarquable d’observer que ces dernières stations sont aussi +intermédiaires entre Oran, où Munby découvrit le type, et le Djebel +Morghad où nous avons récolté notre variété. + +=L. strictum= L. _Sp. pl._ 279 (1753). + +Hab. : Oran, Djebel Morghad steppe rocailleux au pied de la montagne, +alt. ca. 1200 m. 24 mai (n. 460). + +=L. angustifolium= Huds. _Fl. angl._ ed 2, 135 (1778) = _L. agreste_ +Brot. _Fl. lusit._ I, 481 (1804) = _L. marginatum_ Poir. in +Ledeb. _Fl. ross._ (1842-53) = _L. cribrosum_ Reich. _Ic._ tab. 330, +n. 5158 b. (1844). + +Hab. : Environs d’Alger, Pointe Pescade, 5 mai (n. 75). + +Var. =submicranthum= Hochr., var. nov. — A typo differt radice +crassa lignosa, caulibus numerosioribus, ramosis, basi lignosis, +nigris ; foliis parte inferiore caulium et ultra medium caducis ; +pedicellis brevioribus, floribus et fructibus minoribus. + +Radix parte sup. 7 mm. crassa ; caules basi ad 2 mm. crassi. Pedicelli +sub anthesi 2-5 mm. longi, fructiferi 7-10 mm. longi (rarissime 15 +mm.) ; sepala 3-5 mm. longa ; petala 6,5 mm. longa ; capsula ad 4 +mm. longa et 4,5 mm. lata. + +Hab. : Oran, Aïn Sefra, dune, alt. ca. 1050 m. 15 mai (n. 190). + +_Obs._ — Comme on le voit, notre plante est fort distincte du +_L. angustifolium_[46], ses fleurs et ses fruits plus petits, ses +tiges ligneuses et noires à la partie inférieure et défeuillées +sur une grande longueur, frappent au premier abord. D’autres +détails contribuent aussi à lui donner un port spécial ; ce sont, +par exemple, les feuilles qui sont plus courtes et plus larges que +celles de la moyenne des autres, échantillons examinés par nous. + +Nous aurions considéré cette plante comme une espèce nouvelle, +si nous n’avions eu sous les yeux une plante de Welwitsch, _Iter +lusitanicum_ n. 170, qui ressemble singulièrement à la nôtre sauf la +dimension des capsules. Ces dernières sont d’une grosseur normale +pour le _L. angustifolium_. On peut donc considérer cette plante +comme une forme intermédiaire et il n’y avait plus lieu dès lors +à la création d’une espèce nouvelle. + +=L. suffruticosum= L. _Sp. pl._ 279 (1753) var. =squarrosum= Munby +_Cat._ II, 7 = _L. squarrosum_ Munby in _Bull. soc. bot. Fr._ II, +283 (1855). + +Hab. : Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra, à mi-côte dans les rochers, +alt. ca. 1600 m. 16 mai (n. 233) ; Djebel Morghad, col de Merbah, +dans les fentes de rochers, alt. ca. 1800 m. 24 mai (n. 474) ; Djebel +Morghad rochers de l’arête, alt. ca. 1950 m. 25 mai (n. 496). + + =ZYGOPHYLLACEÆ= + + FAGONIA L. + +=F. glutinosa= Delile _Fl. Eg._ 230, t. 28, f. 2. + +Hab. : Oran, Aïn Sefra, terrain pierreux, très commun, alt. ca. 1050 +m. 30 mai (n. 536) ; steppe rocheux au pied du Djebel Aïssa, +alt. ca. 1080 m. 2 juin (n. 563) ; Aïn-el-Hadjej, station du ch. de +f. au S.-E. d’Aïn Sefra, steppe pierreux, alt. ca. 1000 m. 4 juin +(n. 611). + + PEGANUM L. + +=P. Harmala= L. _Sp. pl._ 444 (1753). + +Hab. : Oran, Mécheria, dans le sable et un peu partout dans le Sud, +alt. ca. 1100 m. 11 mai (n. 188) ; Aïn Sefra, environs du Ksar, +partout dans les dépressions, alt. ca. 1050 m. 30 mai (n. 522) ; +Duveyrier, près de l’oued sous les lauriers, alt. ca. 800 m. 4 juin +(n. 617). + +_Obs._ — Les Arabes grillent les graines et en respirent la vapeur +pour se guérir des maladies de la gorge. + + =RUTACEÆ= + + RUTA + +=R. chalepensis= L. _Mant._ I, 69 (1767) = _R. angustifolia_ Persoon +_Syr._ I, 464 (1801). + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa versant S.-E., rochers herbeux et +buissonneux, alt. ca. 1750 m. 19 mai (n. 343). + + =MELIACEÆ= + + MELIA L. + +=M. Azedarach= L. _Sp. pl._ 384 (1753). + +Hab. : Oran, Mecheria, cult. le long de la voie alt. ca. 1110 m. 11 +mai (n. 177) et cultivé un peu partout dans le Sud. + + =POLYGALACEÆ= + + POLYGALA L. + +=P. rupestris= Pourr. in _Mem. Acad. Toul._ III, 325 var. =saxatilis= +Murbeck _Contr. fl. Tun._ 26 (1897) in _Act. Soc. Physiogr. Lund_ +VIII = _P. saxatilis_ Desf. _Fl. atl._ II, 128, t. 175. + +Hab. : Oran, Djebel Morghad, rochers de l’arête versant +S.-E. alt. ca. 1950 m. 25 mai (n. 495). + + =EUPHORBIACEÆ= + + EUPHORBIA L. + +=E. Guyoniana= (e sect. _Tithymalus_ et subsect. _Galarrhaei_) +Boiss. et Reut. _Pug._ 109. + +Hab. : Oran, Aïn Sefra, aux environs sur la dune, alt. 1050 m. 14 mai +(n. 189). + +=E. calyptrata= (e sect. _Tithymalus_ et subsect. _Carunculares_) +Coss. et Dur. in _Bull. soc. bot. Fr._ IV, 495 (1857) ; id. in +_Ann. sc. nat._ ser. 4, IV, 286 (1855) nomen. + +Hab. : Oran, environs d’Aïn Sefra, dans le sable de la dune, +alt. ca. 1050 m. 30 mai (n. 520) ; id. Aïn el Hadjej, stations près +d’Aïn Sefra, steppe pierreux, alt. ca. 1000 m. 4 juin (n. 612). + +=E. cornuta= (e sect. _Tithymalus_ et subsect. _Carunculares_) +Pers. _Syn._ II, 17. + +Hab. : Oran, steppe rocailleux entre Tiout et Aïn Sefra, alt. ca. 1050 +m. 31 mai (n. 555). + +=E. terracina= (e sect. _Tithymalus_ et subsect. _Esulæ_) L. _Sp. pl._ +ed. II, 654 ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 801 = _E. seticornis_ Poiret +_Voy._ II, 173 = _E. heterophylla_ Desf. _Fl. atl._ I, 385 [non L.] = +_E. provincialis_ Willd. _Sp. pl._ II, 914. + +Var. =trapezoidalis= Hochr. = _E. trapezoidalis_ Viv. _Fl. lib. spec._ +25, t. 4, f. 1 (1824) [non Boiss. in DC. _Prod._ XV, II, 158 +et 1268 (1862-66)] = _forma foliis floralibus e basi truncata +triangulari-acuminatis_ Coss. in _Bull. soc. bot. Fr._ XII, 285 (1865) += _E. terracina_ var. _angustifolia_ Batt. et Tr. l.c. (1890). + +Hab. : Oran, Aïn Sefra, jardins du Ksar, alt. ca. 1050 m. 30 mai +(n. 544). + +_Obs._ — Notre plante, qui paraît être annuelle, coïncide avec +la planche de Viviani, regardée avec raison par Cosson comme une +variété de l’_E. terracina_. D’autre part la plante appelée par +Boissier _E. trapezoidalis_ est bien une espèce distincte si l’on +en juge par ses graines brun-clair, la forme différente de leur +caroncule, les tiges plus hautes à feuilles plus larges. C’est +pourquoi, ce nom d’_E. trapezoidalis_ pouvant provoquer des +confusions, nous proposons d’appeler l’espèce de Boissier +=E. Edmondii=, rappelant le prénom de ce botaniste, puisqu’il y +a déjà une espèce _E. Boissieri_ qui porte son nom. + + =ANACARDIACEÆ= + + PISTACIA L. + +=P. atlantica= Desf. _Fl. atl._ II, 364 (1800). + +Hab. : Oran, Tiloula, près d’Aïn Sefra, terrain rocheux non +loin de la source, alt. ca. 1200 m. 18 mai (n. 309 ♂) ; ibidem +l.c. (n. 310 ♀) et un peu partout dans la plaine mais en spécimens +isolés et âgés. + + RHUS L. + +=R. oxyacantha= Cav. _Icon._ III, 36 (1794) = _R. oxyacanthoides_ +Dum. _Cours Bot. cult._ III, 568 (1802) = _R. dioica_ +Brouss. ap. Willd. _Enum._ 325 (1809) = _R. zizyphina_ Tineo +_Pl. rar. Pug._ 8 (1817) fide Boiss. et Ball = _R. syriaca_ Boiss. et +Bl. ex Boiss. _Fl. or._ II, 5 (1872). + +Hab. : Oran, rochers arides au N. de l’oasis de Mograr Foukani, +alt. ca. 950 m. 4 juin (n. 641), commun dans la plaine où il forme +souvent de petites éminences. + + =RHAMNACEÆ= + + ZIZYPHUS Juss. + +=Z. Lotus= Lam. _Encycl._ III, 317 = _Rhamnus Lotus_ L. _Sp. pl._ +194 (1753). + +Hab. : Oran, près de Tiout et un peu partout dans le steppe +sablonneux, alt. ca. 1050 m. 31 mai (n. 550). + + RHAMNUS L. + +=R. lycioides= L. _Sp. pl._ ed. II, I, 279 (1762). + +Hab. : Oran, versant N. du Djebel Aïssa, dans les fentes de rochers +au delà du télégraphe optique, alt. ca. 1700 m. 2 juin (n. 586). + + =MALVACEÆ= + + LAVATERA L. + +=L. olbia= L. _Sp. pl._ 696 (1753) var. =hispida= +Gr. et. Godr. _Fl. fr._ I, 293. = _L. hispida_ Desf. _Fl. atl._ +II, 118. + +Hab. : Environs d’Alger, Bouzarea, ravin, 4 mai (n. 64). + + MALVA L. + +=M. silvestris= L. _Sp. pl._ 689 (1753). + +Hab. : Oran, Bou-Ktoub près du Kreider et partout sur les hauts +plateaux, alt. ca. 950 m. 11 mai (n. 182). + +=M. nicæensis= All. _Fl. ped._ II, 40. + +Hab. : Oran, Aïn-el-Hadjar près Saïda, voie du chemin de fer, +alt. ca. 1000 m. 11 mai (n. 156). + + =GUTTIFERÆ= + + HYPERICUM L. + +=H. ciliatum= Lam. _Encycl._ IV, 170 (1797) = _H. montanum_ +Desf. _Fl. atl._ II, 216 [non L.] = _H. dentatum_ Loisel. _Fl. gull._ +499. + +Hab. : Environs d’Alger, Bouzarea, brousse, 4 mai (n. 9.). + + =FRANKENIACEÆ= + + FRANKENIA L. + +=F. pulverulenta= L. _Sp. pl._ 332 (1753). + +Hab. : Oran, Tircount, point d’eau dans le Faidjet el Betoum, sable +humide au bord d’un ruisseau, alt. ca. 1200 m. 26 mai (n. 435) ; +id. oasis de Tiout, rochers près de l’oued, alt. ca. 1050 m. 11 mai +(n. 553). + +_Obs._ — Ces deux plantes sont assez différentes comme port. La +première constituait une grosse touffe à branches dressées dans +tous les sens, et à fleurs isolées. Chez la seconde au contraire +(n. 553), nous voyons une plante ramassée, appliquée contre le sol +et à fleurs condensées en glomérules rappelant un peu le port du +_F. Boissieri_. Cette différence est due évidemment à l’influence +du milieu. Il est remarquable de voir qu’ici la plante se défend +de la sécheresse de la même façon que nos plantes alpines se +défendent contre le froid en s’appliquant contre le sol. + + =CISTACEÆ= + + CISTUS L. + +=C. incanus= L. _Sp. pl._ 524 (1753) ; Murb. _Contr._ I, 13 = +_C. villosus_ L. _Sp. pl._ ed. II, 736 (1763) ; Lam. _Encycl._ +II, 12, t. 477, f. 3 (1786) ; Desf. _Fl. atl._ I, 408 (1798) = +_C. eriocephalus_ Viv. _Fl. cors. spec. nov._ 8 (1826) = _C. corsicus_ +Loisel. _Nouv. not._ 24 (1827) = _C. vulgaris_ Spach in _Ann. sc. nat._ +368 (1836) = _C. polymorphus_ Willk. _Icon._ II, t. 19 (1852-56). + +Var. =Reichenbachii= Hochr., nom. nov. = _C. villosus_ Reichb. _Ic._ +III, n. 4567 ; Murb.[47] _Contr._ l.c. [non L. nec Lam. nec Desf. nec +auct. plur.]. + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa, versant S.-E., rochers buissonneux +alt. ca. 1750 m. 19 mai (n. 338). + +_Obs._ — C’est à tort que l’on a donné à cette plante le +nom de _C. polymorphus_ Willk., nom qui est de beaucoup postérieur +au nom linnéen. Quoiqu’on ait fait — avec raison selon nous +— une espèce collective du _C. incanus_ L., on n’en doit pas +moins maintenir ce nom. A l’intérieur de cette espèce on peut +distinguer plusieurs variétés. Elles ont été généralement +méconnues et confondues grâce au fait que l’on a voulu voir +une forme distincte dans le _C. villosus_ L. Quoiqu’on disent +Willk. et Lange _Prodr. fl. hisp._ III, 708, on s’est aperçu que +ce n’était pas le cas et la figure de Dalechamp (_Hist. des pl._) +citée par Linné paraît démonstrative à cet égard. Mais comme +il existait réellement une variété différente du _C. incanus_ +on l’a attribuée aux auteurs subséquents : Lamarck puis +Desfontaines ; cependant ces derniers avaient en vue la plante de +Linné. D’ailleurs, on peut s’en convaincre par la figure de +Lamarck et par l’original de Desfontaines conservé à l’Herbier +Delessert. + +En somme, c’est Reichenbach qui a débrouillé les formes +principales du _C. incanus_ L. ; ses trois figures nos 4566, 4567, +4568 sont exactes, mais, comme nous l’avons vu, le nom du n. 4567 +doit être changé, car le _C. villosus_ Lam., L. Desf. correspond +au n. 4566. Nous proposons donc d’appeler la plante n. 4567 de +Reich. var. _Reichenbachii_ ; c’est cette plante que nous avons +récoltée dans le Sud-Oranais. + +La var. _Reichenbachii_ est caractérisée par ses gaines foliaires +très développées, ses pétioles élargis comme chez la _C. incanus_ +type. + +A côté de cette variété il convient d’en distinguer trois autres +comme le font Battandier et Trabut savoir : + +Var. =incanus= Hochr., comb. nov. = _C. polymorphus_ var. _incanus_ +Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 88 (1888) = _C. polymorphus_ var. _vulgaris_ +Willk. et _hisp._ III, 708 (1880). — C’est la forme typique du +_C. incanus_ L. figuré par Reichenbach _Ic._ n. 4566. + +Var. =creticus= Hochr., comb. nov. = _C. polymorphus_ var. _creticus_ +Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 88 (1888) = _C. creticus_ L. _Syst._ X +(1759) ; Reich. _Ic._ n. 4568. + +Var. =corsicus= Gr. et Godr. _Fl. Fr._ I, 162 (1848) = _C. corsicus_ +Lois. l.c. + +=C. monspeliensis= L. _Sp. pl._ 524 (1753) var. α. =vulgaris= +Willk. et Lang. _Prodr. fl. hisp._ III, 708 (1880) = _C. monspeliensis_ +var. _major_ Rouy et F. _Fl. Fr._ II, 263 (1895). + +Hab. : Environs d’Alger, Bouzarea, rochers 4 mai (n. 79). + + HELIANTHEMUM L. + +=H. papillare= Boiss. _Voy. Esp._ 63, t. 14 b. f. a. + +Hab. : Oran, Ras Chergui, sur Aïn Sefra, chemin pierreux alt. ca. 1650 +m. 16 mai (n. 262) ; Djebel Aïssa, rochers herbeux de l’arête, +alt. ca. 1950 m. 19 mai (n. 374). + +=H. Lippii= Pers. _Syn._ II, 78 = _Cistus Lippii_ L. _Mant._ 245. + +Var. α. =ellipticum= Boiss. _Fl. or._ I, 443 = _Cistus ellipticus_ +Desf. _Fl. atl._ I, 418 ! = _Helianthemum ellipticum_ Pers. l.c. ; +Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 96. + +Hab. : Oran, Aïn-el-Hadjij station du ch. de f. au S.-E. d’Aïn +Sefra, steppe pierreux, alt. ca. 1000 m. 4 juin (n. 613) ; Duveyrier, +sommet du Raz-el-Dib, rochers, alt. ca. 950 m. 4 juin (n. 622). + +_Obs._ — Ces deux exemplaires sont de port très différents. L’un, +le n. 613, est une forte plante à tiges allongées ascendantes et à +feuilles très grandes ; l’autre, le n. 622, est une forme trapue +à tiges courtes et à feuilles plus petites. Ce port doit être +attribué selon nous à la position de la plante sur un sommet et +au fait qu’elle est souvent broutée par les herbivores. Le n. 613 +provient d’un endroit beaucoup plus désert et retiré que le n. 622. + +Var. β. =sessiliflorum= Spach in _Ann. sc. nat._ ser. 2, VI p. 361 +(p.p.) = _H. Lippii_ var. _micranthum_ Boiss. _Fl. or._ I, 443 = +_H. sessiliflorum_ Pers. l.c. ; Batt. et Tr. l.c. + +Hab. : Oran, le Kreider, dans le sable, alt. ca. 950 m. 11 mai +(n. 168). + +_Obs._ — Dans notre région ces deux variétés, qui présentent +ailleurs des formes intermédiaires, sont tout à fait tranchées et +faciles à distinguer. + +=H. rubellum= Presl _Del. Prag._ 25 (1822) = _Cistus nummularius_ +Cav. _Ic._ II, 34, t. 142 (1793) ; Desf. _Fl. atl._ I, +423 (1798) ! [nec L. (1753)] = _Helianthemum nummularium_ +Guss. _Cat. hort. Bocca._ 30 (1821) [nec Mill. _Dict._ ed. VIII +(1768)]. + +Hab. : Oran, Ras Chergui, sommet, dans les fentes de rocher alt. 2000 +m. 16 mai (n. 251) ; Djebel Morghad, col de Merbah, fentes de rochers +alt. 1800 m. 24 mai (n. 469). + +_Obs._ — Cette plante couvre les rochers un peu partout à +cette altitude, elle répand un parfum exquis et très pénétrant +connu des indigènes mais qui n’a jamais été signalé, à notre +connaissance. Nous ne saurions comparer cette odeur à aucune autre +qui nous soit connue. Peut-être pourrait-on en tirer une essence. + +=H. pilosum= Pers. _Syn._ II, 79 (1805-7) = _Cistus pilosus_ +L. _Sp. pl._ 528 (1753) = _Cistus racemosus_ L. _Mant._ I, 76 (1767) ; +Desf. _Fl. atl._ I, 421 = _H. variabile_ var. _linearifolium_ Spach +_Hist. veg._ VI, 26 pp. (1834-48). + +Hab. : Oran, Ras Chergui, sur tous les rochers à mi-côte, alt. 1600 +m. 16 mai (n. 229), se trouve un peu partout dans les montagnes sur +les rochers entre 1500 et 2000 m. + +=H. virgatum= Pers. _Syn._ II, 79 (1805-7) ; Willk. _Ic._ 106 +(1854-56) ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 100 (1888) = _Cistus virgatus_ +Desf. _Fl. atl._ I, 422 (1798). + +Hab. : Oran, Djebel Morghad, rochers de l’arête versant +S.-E. alt. 1950 m. 25 mai (n. 503), fréquent à cette altitude, +à côté du précédent. + +_Obs._ — Quoiqu’en disent Bonnet et Barr. (_Cat. Tun._ 44), nous +croyons que les deux espèces précédentes sont bien distinctes ; +nous en avons vu des milliers de spécimens et jamais nous n’avons +hésité pour les attribuer à l’un ou à l’autre groupe. Nous +n’avons pas vu de formes intermédiaires. Willkomm et Lange +(_Prodr. fl. hisp._ III, 728) donnent une bonne nomenclature des +petites formes. + +=H. hirtum= Pers. _Syn._ II, 79 (1805-7) var. =deserti= +Coss. _Voy. d’Oran au Chott-el-Chergui_ 33 (1853) = _H. eremophilum_ +Pomel _Nouv. mat._ 94 (1874). + +Hab. : Oran, Le Kreider, sable près du Chott, alt. ca. 950 m. 11 mai +(n. 159) ; Ras Chergui sur Aïn Sefra, rochers de 1500-2000 m. en +grand nombre, 16 mai (n. 262) ; Djebel Morghad, col de Merbah, dans +les fentes de rochers, alt. ca. 1800 m. 24 mai (n. 472). + +_Obs._ — Répandue dans les montagnes avec les précédentes cette +plante n’est qu’une variété de l’_H. hirtum_. Les n. 252 et +472 provenant des montagnes sont plus allongés et moins velus que +le n. 159 provenant des bords du Chott, au centre des hauts plateaux. + + =THYMELÆACEÆ= + + THYMELÆA Endl. + +=T. microphylla= Coss. et Dur. ap. Kral. _Pl. tun. exsicc._ n. 333 +(1855) ; et in _Bull. soc. bot. Fr._ III, 744 (1855) = _Passerina +microphylla_ Coss. et Dur. ap. Jamin _Pl. Alg. exsicc._ n. 256 (1852). + +Hab. : Oran, Aïn Sefra sur la dune, alt. ca. 1050 m. 14 mai (n. 198), +plante typique des dunes. + + =UMBELLIFERÆ= + + ERYNGIUM L. + +=E. triquetrum= Vahl _Symb._ II, 46 (1791) ; Desf. _Fl. atl._ I, 225, +t. 54 ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 338. + +Hab. : Oran, Saïda, prairie sèche près de l’oued, alt. ca. 850 +m. 10 mai (n. 95). + +=E. ilicifolium= Lam. _Encycl._ IV, 757 ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ +I, 340. + +Hab. : Oran, Duveyrier, Raz ed Dib, éboulis grillés très arides, +alt. ca. 800 m. 4 juin (n. 619). + + ANTHRISCUS Hoffm. + +=A. vulgaris= Pers. _Syn._ I, 320, forma =depauperata=. + +Hab. : Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra, au sommet sous les buissons +de chênes-verts, alt. ca. 2000 m. 16 mai (n. 244). + +_Obs._ — Ce n’est pas précisément une variété, mais c’est +une forme très curieuse qui possède un certain degré de constance +puisque nous l’avons revue, identique, dans l’Hb. Boiss. et +récoltée par Cosson au Djebel Ksel près de Géryville. C’est +une plante extrêmement délicate de 8-15 cm. de haut et possédant +des ombelles ayant 1-3 rayons seulement. La seule plante qui rappelle +notre forme et établit un intermédiaire entre elle et la forme type, +provient du bois du Bando près Madrid (Bourgeau). + + CAUCALIS L. + +=C. leptophylla= L. _Sp. pl._ 242 (1753) = _Torilis leptophylla_ +Reich. _Ic. flor. germ._ XXI, t. 169. + +Hab. : Oran, Saïda, au bord de la route, alt. ca. 850 m. 10 mai (112). + + APIUM L. + +=A. nodiflorum= (e sect. _Helosciadium_) Reich. _Ic._ XXI, t. 15 ; +Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 352 = _Sium nodiflorum_ L. _Sp. pl._ 251 +(1753) = _Helosciadium nodiflorum_ Koch in _Nov. Act. Nat. cur._ XII, +I, 126 (1824). + +Hab. : Oran, Tiloula près d’Aïn Sefra, au bord de la petite mare, +alt. ca. 1200 m. 18 mai (n. 291). + + PITURANTHUS Viv. + +=P. virgatus= Hochr., comb. nov. = _Deverra virgata_ Coss. et Dur. in +Balansa _Pl. d’Alg. exsicc._ n. 1004 (1853) = _Deverra scoparia_ +Coss. et Dur. in _Bull. soc. bot. Fr._ II, 348 (1855) = _P. scoparius_ +Drude in Engl. _Nat. Pflanzenf._ III, VIII, 188 (1898). — Voy. Schinz +in _Bull. Hb. Boissier_ II, 209. + +Hab. : Oran, arête du Djebel Aïssa, au delà du télégraphe optique +dans les parois de rochers du versant S.-E., alt. ca. 1800 m. 2 juin +(n. 605). + + AMMI L. + +=A. majus= L. _Sp. pl._ 243 (1753). + +Hab. : Oran, Saïda, prairie près de l’oued, alt. ca. 850 m. 10 mai +(n. 93). + + BUNIUM L. + +=B. incrassatum= Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 346 (1889) = _Bulbocastanum +incrassatum_ Willk. et Lang. _Prodr. fl. hisp._ III, 88 (1861-70) = +_Carum incrassatum_ Boiss. _Voy. Esp._ 239, liv. 8 (1839) excl. syn. + +Hab. : Oran, Saïda, prairie sèche, alt. ca. 850 m. 10 mai (n. 96). + + PIMPINELLA L. + +=P. Tragium= Vill. _Hist. pl. Dauph._ II, 605 ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ +I, 348. + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa, au delà du télégraphe optique, versant +N. dans des rochers herbeux, alt. ca. 1700 m. 2 juin (n. 584). + + FŒNICULUM L. + +=F. vulgare= Mill. _Gard. Dict._ ed. VIII, n. 1 (1768) ; +Gærtn. _Fruct._ 1, 105 (1788-91) ; Gren. et Godr. _Fl. Fr._ I, 712 = +_F. officinale_ All. _Fl. ped._ II, 25 (1785) ; forma =elongata=. + +Hab. : Oran, oasis de Mograr Foukani, lit d’un oued, dans les +rochers au N. de l’oasis, alt. ca. 900 m. 4 juin (n. 653). + +_Obs._ — C’est une forme très haute à tiges grêles avec des +feuilles pourvues de lanières très longues ; probablement la forme +signalée par Battandier (_Fl. Alg._ I, 362) et récoltée par Clary +dans le Djebel Amour. + + FERULA L. + +=F. communis= L. _Sp. pl._ 246 (1753). + +Hab. : Oran, Saïda, prairie rocheuse, alt. ca. 850 m. 10 mai +(n. 136) ; et en grande quantité sur la limite N. des hauts plateaux. + +_Obs._ — Les grosses tiges fendues servent à aiguiser les rasoirs. + + THAPSIA L. + +=T. villosa= L. _Sp. pl._ 261 (1753). + +Hab. : Oran, Saïda, prairie rocheuse, alt. ca. 900 m. 10 mai (n. 135). + + DAUCUS L. + +=D. sahariensis= Murbeck _Contr._ I, 88 (1897) = _D. pubescens_ Munby +_Cat._ 15 (1866) ; Bat. et Tr. _Fl. Alg._ I, 384 [non Koch _Umbell._ +in _Nov. Act. Acad. C. L. C. Nat. Cur._ XII, I, 77 (1824)]. + +Hab. : Oran, Faidjet el Betoum, plaine d’alfa, au pied du Djebel +Morghad, alt. ca. 1200 m. 26 mai (n. 431 forme chétive très +réduite) ; id. steppe rocheux au pied du Djebel Aïssa, près +d’Aïn Sefra, alt. ca. 1080 m. 2 juin (n. 565) ; id. Duveyrier, +sommet du Raz-el-Dib, dans les fentes de rochers, alt. ca. 950 m. 4 +juin (n. 624). + +Var. =elongatus= Hochr., var. nov. — A typo differt statura majore, +caulibus longioribus, involucelli bracteis quam _pedicelli floriferi +multo longioribus_ (in typo æquilongis Murb. l.c.). Caules 15-35 +cm. longi. + +Hab. : Oran, en montant d’Aïn Sefra à Ras Chergui, terrain rocheux, +alt. ca. 1200 m. 16 mai (n. 202) ; Aïn el Hadjej, station du ch. de +fer au S.-E. d’Aïn Sefra, steppe pierreux et aride, alt. ca. 1000 +m. 4 juin (n. 608). + + =PRIMULACEÆ= + + ANDROSACE L. + +=A. maxima= L. _Sp. pl._ 141 (1753). + +Hab. : Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra, dans les pierres du chemin +muletier de 1500-2000 m. 16 mai (n. 245). + + SAMOLUS L. + +=S. Valerandi= L. _Sp. pl._ 171 (1753). + +Hab. : Oran, Tiloula près d’Aïn Sefra, terrain humide de la source +alt. ca. 1200 m. 18 mai (n. 292) ; id. Aïn Sefra, terrain marécageux +près de l’oued, alt. ca. 1050 m. 30 mai (n. 541). + + =PLUMBAGINACEÆ= + + ARMERIA Willd. + +=A. allioides= Boiss. _Voy. Esp._ II, 525 (1841) ; Batt. et +Tr. _Fl. Alg._ I, 737. + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa, versant S.-E., rochers herbeux et +buissonneux, alt. ca. 1900 m. 19 mai (n. 378). + + STATICE L. + +=S. sinuata= L. _Sp. pl._ 276 (1723) ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 726. + +Hab. : Environs d’Alger, Fort de l’Eau, 2 mai (n. 38). + +=S. Bonduelli= Lestib. in. _Ann. sc. nat._ ser. III, XVI, 81 (1851). + +Hab. : Oran, plaine caillouteuse, dans l’alfa au delà de Tiloula +près Aïn Sefra, alt. ca. 1200 m. 18 mai (n. 313) ; id. lit d’un +oued à sec près de Mograr Foukani, alt. ca. 900 m. 4 juin (n. 654). + +=S. Thouini= Viv. _Cat. hort. Neyro._ 34 (1802) ; _Fl. lyb. spec._ +18 ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 727 = _S. ægyptiaca_ Pers. _Syn._ +I, 334 (1805). + +Hab. : Oran, Tiloula près Aïn Sefra, avec le précédent, +alt. ca. 1200 m. 18 mai (n. 312). + +=S. pruinosa= L. _Mant._ I, 59 ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 728. + +Hab. : Oran, plaine rocailleuse entre le Djebel Mekter et les rochers +de Mograr Foukani, alt. ca. 1000 m. 5 juin (n. 662). + +=S. cordata= L. _Sp. pl._ 275 (1753) ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 734. + +Hab. : Oran, Faidjet el Betoum, dans le sable, alt. ca. 1150 m. 24 mai +(n. 413) ; le spécimen n’étant pas en fleur il y a doute. + + LIMONIASTRUM Mœnch + +=L. Feei= Hook. ex Pax in Engl. u. Pr. _Nat. Pfl. f._ IV, I, 125 +(1897) ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 726 = _Bubania Feei_ de Gir. in +_Mem. Acad. Montp._ I, 182 (1848). + +Hab. : Oran, près de Tiout, steppe rocailleux et limoneux, +alt. ca. 1050 m. 31 mai (n. 554). + + =OLEACEÆ= + + PHILLYREA L. + +=P. angustifolia= L. _Sp. pl._ 7 (1753) = _P. latifolia_ L. l.c. 8 = +_P. media_ L. _Syst._ ed. X, 887. + +Var. =angustifolia= Hochr., comb. nov. = _P. angustifolia_ L. sensu +stricto = _P. vulgaris_ var. _angustifolia_ Caruel _Fl. tosc._ 445 +(1860). + +Hab. : Oran, Djebel Morghad, rochers au S.-E. de l’arête, buissons +rabougris sur la pente rocailleuse, alt. ca. 1950 m. 25 mai (n. 498). + +_Obs._ — Nous reconnaissons avec Caruel qu’il y a toutes +sortes de formes de passage entre les _P. media_, _latifolia_ et +_angustifolia_ et qu’il y a lieu de réduire ces espèces au rang +de variétés. Mais il est inadmissible de créer un nouveau nom +lorsqu’on modifie seulement les limites d’une espèce. Il faut +prendre le plus ancien nom. Comme les _P. latifolia_ et _angustifolia_ +sont de même date, nous avons cru préférable d’employer pour +l’espèce collective celui des deux noms que Linné a inscrit en +premier. Les deux autres formes seraient donc : =P. angustifolia= +var. =latifolia= et var. =media=. + + JASMINUM L. + +=J. fruticans= L. _Sp. pl._ 7 (1753). + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa, versant S.-E., rocher dans la forêt de +pins alt. ca. 1780 m. 19 mai (n. 347) ; retrouvé au Djebel Morghad. + + =GENTIANACEÆ= + + ERYTHRÆA L. C. Rich. + +=E. Centaurium= Pers. _Syn._ I, 283 = _Gentiana Centaurium_ +L. _Sp. pl._ 229 (1753). + +Hab. : Environs d’Alger, Bouzarea, brousse, 4 mai (n. 55). + + CHLORA L. + +=C. grandiflora= Viv. _Append. alt. ad Fl. cors. prod._ 4 (1830) ; +Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 590 ; Murb. _Contrib._ II, 3. + +Hab. : Environs d’Alger, Maison carrée, forêt de pins, 2 mai +(n. 80). + +_Obs._ — M. Murbeck l.c. doute que l’indication de cette plante +en Europe soit exacte. Nous serions tenté de le croire, les deux +seuls échantillons que nous ayons vus d’Europe ne semblent pas +appartenir à l’espèce. + + =APOCYNACEÆ= + + NERIUM L. + +=N. Oleander= L. _Sp. pl._ 209 (1753). + +Hab. : Oran, Aïn Sefra, près d’un puits sur la dune, alt. ca. 1050 +m. 30 mai (n. 523), et partout où il y a de l’eau. + + =ASCLEPIADACEÆ= + + PERIPLOCA L. + +=P. lævigata= Ait. _Hort. Kew._ ed. I, I, 301 (1789) = +_P. angustifolia_ Labill. _Ic. Syr._ II, 13, t. 9 (1791) = +_P. punicæfolia_ Cav. _Ic._ III, 9, t. 217 (1794). + +Hab. : Oran, rochers arides au N. de l’oasis de Mograr Foukani, +alt. ca. 950 m. 4 juin (n. 642). + + =CONVOLVULACEÆ= + + CONVOLVULUS L. + +=C. lineatus= L. _Syst._ ed. X, 923 ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, +592 ; Bonn. et Barr. _Cat. Tun._ 289. + +Hab. : Oran, Saïda, partie limoneuse d’une prairie près du vieux +Saïda, alt. ca. 850 m. 10 mai (n. 94). + +=C. cantabricus= L. _Sp. pl._ 158 (1753) ; Batt. et Tr. l.c. 593 ; +Bonn. et Bar. l.c. + +Hab. : Oran, Aïn Aïssa près d’Aïn Sefra, terrain pierreux près +du sanatorium, alt. ca. 1600 m. 20 mai (n. 332). + +=C. supinus= Coss. et Kral. in Kralik _Pl. Tunet. exsicc._ n. 398 +(1854) ; id. in _Bull. soc. bot. Fr._ IV, 400 (1857) ; Batt. et +Tr. _Fl. Alg._ I, 593. + +Hab. : Oran, dans le sable aux environs d’Aïn Sefra, alt. ca. 1050 +m. 15 mai (n. 195). + +=C. althæoides= L. _Sp. pl._ 156 (1753) ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ +I, 592. + +Hab. : Environs d’Alger, Pointe Pescade, ravin, 5 mai (n. 74), +comme partout dans la région. + +=C. arvensis= L. _Sp. pl._ 153 (1753) ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 592. + +Hab. : Oran, Aïn Sefra, dans les jardins du Ksar, alt. ca. 1050 m. 30 +mai (n. 528) ; id. Aïn Aïssa, terrain pierreux près du sanatorium, +alt. ca. 1600 m. 20 mai (n. 406). + + CUSCUTA L. + +=C. planiflora= Ten. _Fl. Nap._ III, 250 ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ +I, 596. + +Hab. : Oran, Djebel Morghad, col de Merbah, alt. ca. 1800 m. sur +l’_Helianthemum rubellum_, 24 mai (n. 470). + + =BORRAGINACEÆ= + + CYNOGLOSSUM L. + +=C. cheirifolium= L. _Sp. pl._ 434 (1753) ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ +615. + +Hab. : Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra, dans les pierres, +alt. ca. 1600 m. 16 mai (n. 267) ; id. Djebel Aïssa, clairière +sur le col, alt. ca. 2000 m. 19 mai (n. 392) ; id. Djebel Aïssa, +clairière à mi-côte, alt. ca. 1800 m. 19 mai (n. 393). + +=C. pictum= Ait. _Hort. Kew._ I, 179. + +Hab. : Environs d’Alger, Bouzarea brousse, 4 mai (n. 40). + + ECHINOSPERMUM[48] Swartz ap. Lehm. + +=E. patulum= Lehm. _Asperif._ 124 ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 613 ; +Bonn. et Barr. _Cat. Tun._ 302. + +Var. =genuinum= Hochr. — Fruct. non alatis. + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa, rocailles près du télégraphe optique, +alt. ca. 1600 m. 2 juin (n. 580). + +Var. =pterocarpum= Hochr., var. nov. — A typo eximie differt +mericarpiis ± (interdum latissime) alatis, alis margine longe +glochidiatis. + +Hab. : Oran, El Archaïa près Micheria, dans le sable, alt. ca. 1200 +m. 11 mai (n. 180) ; id. Faidjet el Betoum, dans le steppe rocailleux +alt. ca. 1200 m. 26 mai (n. 424). + +_Obs._ — On pourra être étonné de voir une variété basée sur la +présence d’un fruit ailé, alors que ce caractère est utilisé pour +des distinctions génériques dans la famille des _Borraginacées_, +mais la plante que nous avons sous les yeux ressemble tellement +et en tous points à l’_E. patulum_ que nous ne saurions où la +placer ailleurs. D’autre part, la présence sur un même exemplaire +de fruits plus ou moins ailés et même de méricarpes dépourvus +d’ailes et identiques à ceux de l’_E. patulum_, font que nous +n’osons pas distinguer cette plante spécifiquement. Au reste, +quelque soit le rang qu’on lui assigne, elle n’en est pas moins +intéressante à deux points de vue. + +1o Elle constitue une forme exactement intermédiaire entre le +genre _Paracaryum_ Boiss. et le genre _Echinospermum_ Sw. C’est au +point que certains de ces méricarpes[49] sont identiques à ceux de +l’_E. patulum_, tandis que d’autres sont ailés et forment même +la cupule comme chez les _Paracaryum_. + +2o Il est remarquable de voir la variété aptère habiter les +montagnes du Sud, le Tell couvrir en un mot toute l’aire de +l’espèce et, d’autre part, la variété à fruits ailés +localisée sur les hauts plateaux. Dans les montagnes en effet et dans +les régions boisées, les herbivores sont beaucoup plus fréquents, +tandis que sur les immenses étendues des hauts plateaux le vent balaie +sans cesse la plaine ; il est là le principal agent de dissémination. + + ASPERUGO L. + +=A. procumbens= L. _Sp. pl._ 138 (1753). + +Hab. : Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra, chemin de la source, +alt. ca. 1650 m. 16 mai (n. 263) ; id. Djebel Aïssa, clairière sur +le col, alt. ca. 2000 m. 19 mai (n. 389). + + ANCHUSA L. + +=A. italica= Retz _Obs._ I, 12 ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 600 = +_A. officinalis_ Desf. _Fl. Alg._ I, 157, non L. + +Hab. : Environs d’Alger, Bouzarea 4 mai (n. 28). + + NONNEA Medik. + +=N. violacea= DC. _Fl. fr._ III, 626 (1805) ; Murb. _Contrib._ II, 8 ; +Chevalier, _Notes_ in _Mém. Hb. Boiss._ VII, 12 (1900) = _Echioides +violacea_ Desf. _Fl. atl._ I, 164 (1798) = _N. phaneranthera_ Ball +_Spic._ in _Journ. linn. Soc._ XVI, 572 ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, +601 ; Boiss. in Hb. [! non Viv. _Fl. lib. spec._ 9, t. I, f. 3] etc. + +Hab. : Oran, Aïn Sefra, sur le sable aux environs, alt. ca. 1050 +m. 14 mai (n. 196). + +_Obs._ — Il est incontestable que Viviani n’entend pas +désigner la plante qui se trouve dans les herbiers sous le nom de +_N. phaneranthera_ et il paraît bien d’après les explications de +Murbeck que c’est la plante de Desf. + + MYOSOTIS L. + +=M. collina= Hoffm. _Deutsch. Fl._ 61 (1791) ; Nym. _Consp._ 520 = +_M. hispida_ Schlecht. in _Ges. Nat. Fr. Berl. Mag._ VIII, 230 (1814) ; +Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 604 ; Bonn. et Barr. _Cat. Tun._ 295. + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa versant S.-E. rochers herbeux et +buissonneux, alt. ca. 1900 m. 19 mai (n. 377) ; id. Djebel Morghad, +rochers ombreux de l’arête, versant S.-W., alt. ca. 1950 m. 25 +mai. (n. 483). + + LITHOSPERMUM L. + +=L. incrassatum= Guss. _Ind. sem. hort. Boccad._ 6 (1826) ; +_Prod. fl. sic._ I, 211. + +Hab. Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra, au sommet sous les buissons +de chênes-verts, alt. 2000 m. 16 mai (n. 254) ; id. Djebel Aïssa, +versant S.-E., rochers herbeux et buissonneux, alt. ca. 1900 m. 19 +mai (n. 379) ; id. Djebel Morghad, rochers ombragés de l’arête +versant N.-W., alt. ca. 1950 m. 25 mai (n. 484). + + CERINTHE L. + +=C. gymnandra= Gasparr. in _Rendic. Ac. sc. Nap._ I, 72 (1842) ; +Murb. _Contrib._ II, 16 ; var. =macrosiphonia= Murb. l.c. 17 (1898). + +Hab. : Environs d’Alger, Fort de l’Eau, rochers près de la mer, +2 mai (n. 84). + + ECHIUM L. + +=E. australe= Lam. _Illustr._ n. 1860 (1791) ; _Dict. Encycl._ VIII, +672 ; Murb. _Contr._ II, 11 = _E. creticum_ DC. _Fl. fr._ III, 622 ; +Gr. et Godr. _Fl. Fr._ II, 523 ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 611 et fere +omnes auct. recent. [non L. _Sp. pl._ 139 (1753)] = _E. grandiflorum_ +Desf. _Fl. atl._ I, 166, t. 46 (1798). + +Hab. : Environs d’Alger, Pointe Pescade, 5 mai (n. 78). + +_Obs._ — Au sujet de cette espèce nous nous rallions à ce qu’en +dit M. de Boutigny in _Bulletin de la Soc. dauph. pour l’éch._ +p. 423 10me bull. n. 3822, opinion adoptée par M. Murbeck. + + ECHIOCHILON Desf. + +=E. fruticosum= Desf. _Fl. atl._ I, 167, t. 47 (1798). + +Hab. : Oran, Djebel Mekter, versant N. rochers herbeux, alt. ca. 1300 +m. 5 juin (n. 675). + +_Obs._ — Notre spécimen est remarquable à cause de la coloration +bleue intense de ses calices, bractées et de toute la partie +supérieure de ses tiges. Souvent les bractées et le calice sont +un peu colorés, mais sur aucun exemplaire nous n’avons vu cette +coloration si vive. Elle est peut-être en relation avec l’altitude +à laquelle nous avons récolté cette espèce exclusivement +saharienne. + + ROCHELIA Reichb. + +=R. disperma= Hochr., comb. nov. = _Lithospermum dispermum_ +L. _Sp. pl._ II ed. 191 (1762) = _Lith. retortum_ Pall. _Reise_ III, +718 (1776) = _R. stellulata_ Reich. in _Flora bot. Z._ 243 (1824) ; +_Iconogr. pl. crit._ II, 13, t. 123 (1824) ; Boiss. _Fl. or._ IV, +244 ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 612. + +Hab. : Oran, Ras Chergui, sur Aïn Sefra, pentes orientales, entre +1700 et 2000 m. 16 mai (n. 255). + +_Obs._ — Il est indubitable que le nom linnéen ait la +priorité. D’autre part nous avons été étonné de voir Reichenbach +citer dans le _Flora_ son _Iconographie_, et dans son _Iconographie_ +son article de _Flora !_ Quelle est la citation princeps ? C’est +difficile à dire. + + =LABIATÆ= (auct. J. Briquet)[50] + + AJUGA L. + +=A. Iva= Schreb. _Plant. vert. gen. et spec._ 24 (1774) ; +Briq. _Lab. Alp. marit._ 110. + +Var. =pseudo-Iva= Benth. in DC _Prod._ XII, 600 = _A. pseudo-Iva_ +Rob. et Cast. in DC. _Fl. fr. suppl._ 395. + +Hab. : Oran, Faidjet el Betoum, dépression limoneuse de la plaine +d’alfa au pied du Djebel Morghad, alt. ca. 1200 m. 24 mai (n. 428). + + TEUCRIUM L. + +=T. Polium= L. _Sp. pl._ 566 (1753) ; Briq. _Lab. Alp. marit._ +141. Var. =vulgare= Benth. in DC. _Prod._ XII, 592. + +Hab. : Oran, au N. d’Aïn Sefra dans le sable près de la voie +ferrée, alt. ca. 1150 m. 24 mai (n. 412). + +Var. =angustifolium= Benth. in DC. l.c. + +Hab. : Oran, Djebel Mekter, rochers boisés du versant S., +alt. ca. 1400 m. 5 juin (n. 670). + +Var. =flavovirens= Briq. = _T. flavovirens_ Batt. et Tr. _Fl. Alg._ +I, 714. + +Hab. : Oran, pentes herbeuses du Djebel Aïssa au-delà du télégraphe +optique, versant N., alt. ca. 1700 m. 2 juin (n. 587). + + ROSMARINUS L. + +=R. officinalis= L. _Sp. pl._ 23 (1753) ; Briq. _Lab. Alp. marit._ 179. + +Hab. : Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra, chemin de la source et un +peu partout dans les rochers à partir de 1500 m. 16 mai (n. 234). + + PRASIUM L. + +=P. majus= L. _Sp. pl._ 601. + +Hab. : Environs d’Alger, Bouzarea, liane dans la brousse, 4 mai +(n. 42). + + LAVANDULA L. + +=L. Stœchas= L. _Sp. pl._ 573 (1753) ; Briq. _Lab. Alp. mar._ 460 +var. =platyloba= Briq. l.c. p. 463. + +Hab. : Environs d’Alger, Bouzarea, rochers, 4 mai (n. 47). + + MARRUBIUM L. + +=M. vulgare= (e sect. _Decemdentata_) L. _Sp. pl._ 583 (1753) ; +Briq. _Lab. Alp. mar._ 355. + +Hab. : Oran, murs ruinés du vieux Saïda, alt. ca. 900 m. 10 mai +(n. 141). + +=M. supinum= (e. sect. _Quinquedentata_) L. _Sp. pl._ 584 (1753) = +_M. sericeum_ Boiss. _Elench._ 77 (1838) ; _Voy. Esp._ 508, t. 148. + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa, versant S.-E., clairière à mi-côte, +alt. ca. 1800 m. 19 mai (n. 397) ; id. Ras Chergui sur Aïn Sefra, +près de la source, terrain humide, alt. ca. 1600 m. 16 mai (n. 227). + +=M. deserti= (e sect. _Quinquedentata_) de Noë ap. Balansa +_Pl. Alg. exsicc._ n. 1001 (1853) ; et ap. Cosson in +_Bull. Soc. bot. Fr._ IV, 472 et 490 (1857) = _Sideritis deserti_ +de Noë in _Bull. soc. bot. Fr._ II, 582 (1855) = _Maropsis deserti_ +Pomel _Nouv. Mat._ 121 (1874). + +Hab. : Aïn Sefra, terrain rocheux et aride sur la place devant le +Ksar, alt. ca. 1050 m. 30 mai (n. 530). + + SIDERITIS L. + +=S. montana= L. _Sp. pl._ 575 (1753) ; Briq. _Lab. Alp. mar._ 351. + +Var. =ebracteata= Briq. = _S. ebracteata_ Asso _Mant. Stirp. Arag._ +171 (1781) = _S. montana_ subsp. _ebracteata_ Murb. _Contrib._ II, +35 (1898). + +Hab. : Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra, près de la source, +alt. ca. 1600 m. 16 mai (n. 226). + +_Obs._ — M. Murbeck (l.c.) arrête l’aire du _S. montana_ +(var. _genuina_ Briq.) à l’Italie septentrionale et envisage les +localités de cette plante en Provence (Toulon, Marseille, etc.) comme +dues à des importations. Mais nous avons montré déjà en 1893 +(_Lab. Alp. mar._ p. 351 et suiv.) que le _S. montana_ se trouve +en plusieurs localités des Alpes maritimes françaises, jusque +dans la région montagneuse, ce qui fait comprendre non seulement +l’extension de cette plante dans les Basses-Alpes, connue dès +1850 (Loret in _Bull. Soc. bot. France_ VI, 444 ; Murb. l.c. p. 36), +mais encore dans le Var et les Bouches du Rhône. Nous ne pouvons +voir dans le _S. ebracteata_ Asso une sous-espèce ; c’est une +modification d’ordre inférieur qui réapparaît dans l’aire +orientale de l’espèce (nous l’avons vue de plusieurs localités +d’Asie Mineure et de Syrie). Nous avons été à plusieurs reprises +embarrassé dans l’attribution d’échantillons douteux à l’une +ou à l’autre des deux formes. + + NEPETA L. + +=N. Nepetella= L. _Syst._ ed. X, n. 4 A (1759) ; _Sp. pl._ ed. II, 797. + +Var. =amethystina= Briq. _Lab. Alp. mar._ 369 (1893) = _N. amethystina_ +Poir. _Encycl. Supp._ II, 206 (1811) = _N. amethystina_ var. _genuina_ +Willk. in _Bot. Zeitg._ XV, 217 (1857). + +Hab. : Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra, près de la source, +alt. ca. 1600 m. 16 mai (n. 235). + +_Obs._ — Ce _Nepeta_ nous paraît identique avec la plante +du Djebel-Mzi (Batt., Pl. d’Alg. n. 479 in H. Deless. !) dont +MM. Battandier et Trabut (_Fl. d’Alg._ p. 691) ont fait leur +_N. amethystina_ var. _atlantica_. Mais nous ne pouvons trouver +de différences notables entre la plante espagnole et celle du +sud-oranais. Les auteurs comparent leur _Nepeta_ oranais avec le +_N. amethystina_ var. _alpina_ Willk. (in _Bot. Zeitg._ XV, 217 = +_N. Nepetella_ var. _alpina_ Briq. l.c. p. 369). Mais ce dernier +doit être couvert d’un tomentum laineux d’un blanc de neige, +ce qui n’est pas le cas dans nos échantillons. + + LAMIUM L. + +=L. amplexicaule= (e sect. _Amplexicaulia_) L. _Sp. pl._ 579 (1753) ; +Briq. _Lab. Alp. mar._ 293. + +Hab. : Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra, près de la source, +alt. ca. 1600 m. 16 mai (n. 265). + +=L. hybridum= (e sect. _Purpurea_) Vill. _Hist. pl. Dauph._ I, 251 +(1786) ; Briq. _Lab. Alp. mar._ 301 = _L. incisum_ Willd. _Sp. pl._ +III, 89 (1801). + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa, clairière sur le col, alt. ca. 2000 +m. 19 mai (n. 383). + +_Obs._ — N’était indiqué en Algérie que d’après un +échantillon de l’Herbier Pomel sans mention de localité ! + + BALLOTA L. + +=B. hirsuta= Benth. _Lab. gen. et sp._ 595 (1834) = _Marrubium +hispanicum_ L. _Sp. pl._ 583 (1753) [non _Ballota hispanica_ +Benth. _Lab. gen. et sp._ 597 (1834)] = _Marrubium cinereum_ Desr. in +Lam. _Encycl._ III, 719 (1789) verisimillime = _Pseudodictamnus acutus_ +Mœnch _Meth._ 400 (1794) pp. = _Marrubium crispum_ Desf. _Fl. atl._ +II, 24 (1800) = _B. cinerea_ Briq. in Engl. u. Pr. _Nat. Pflanzenfam._ +IV, III a, 260 (1896) [non D. Don (1825)] = _B. acuta_ Murb. _Contr._ +II, 36 (1898) [non Briq. in Engl. u. Pr. l.c. (1896)]. + +Var. =hispida= Benth. _Lab. gen. et sp._ 595. + +Hab. : Oran, Saïda, au bord de la route, alt. ca. 850 m. 10 mai +(n. 140) + +_Obs._ — Dans la revue sommaire du genre _Ballota_ insérée par +nous en 1896 dans les _Pflanzenfamilien_, nous avions adopté les +noms de _B. acuta_ Briq. pour le _B. rupestris_ Vis. (_B. italica_ +Benth.) d’après le _Pseudodictamnus acutus_ Mœnch, et celui +de _B. cinerea_ Briq. pour le _B. hirsuta_ Benth. d’après +le _Marrubium cinereum_ Desrousseaux. Il eût été plus correct +d’ajouter le restrictif _pro parte_ après la citation de Mœnch, +car si la description peut s’appliquer à la fois aux _B. rupestris_ +et _hirsuta_, les synonymes cités par Mœnch s’appliquent au seul +_B. hirsuta_, ainsi que l’a depuis lors très justement fait observer +M. Murbeck. Quant au _M. cinereum_, il ne nous avait pas paru douteux, +d’après la description de Desrousseaux, que cette plante ne soit +bien celle décrite plus tard par Bentham sous le nom de _B. hirsuta_. + +En 1898, cette question de nomenclature a été longuement reprise +par M. Murbeck. Malheureusement cet auteur n’a pas eu connaissance +de notre revue du genre _Ballota_ parue deux ans auparavant, ce qui +a eu pour conséquence la création d’un imbroglio onomastique +fâcheux. M. Murbeck crée un _B. acuta_ Murb. basé sur le +_Pseudodictamnus acutus_ Mœnch, envisagé comme purement synonyme +du _B. hirsuta_ Benth. Il existe donc maintenant deux _B. acuta_ : un +_B. acuta_ Briq. (1896) qui est le _B. rupestris_ Vis. et un _B. acuta_ +Murb. (1898) qui est le _B. hirsuta_ Benth. ! M. Murbeck envisage +le _Marrubium cinereum_ Desr. comme douteux et estime d’ailleurs +que le nom spécifique _cinereus_ ne peut plus être utilisé dans +le genre _Ballota_, à cause de l’existence d’un _B. cinerea_ +D. Don (ann. 1825 = _Roylea calycina_ (Roxb.) Briq., _R. elegans_, +Wall.), en vertu du principe « once a synonym, always a synonym ». + +Après un nouvel examen de la question, nous ne pouvons partager +ni l’une ni l’autre des opinions de M. Murbeck. Le _Marrubium +cinereum_ Desr. nous paraît, d’après la description, représenter +avec la plus grande vraisemblance le _B. hirsuta_ Benth., manière +de voir défendue déjà par Bentham. Et d’autre part, il n’y a +aucune chance quelconque que le _B. cinerea_ D. Don, vieux synonyme +du _Roylea calycina_, puisse jamais être une cause de confusions +dans le genre _Ballota_. Mais puisque des doutes ont été émis sur +l’interprétation du _Marrubium cinereum_ Desr. et qu’il existe +des divergences sur l’interprétation du _Pseudodictamnus acutus_ +Mœnch, il y a lieu d’appliquer l’article 3 des _Lois de la +Nomenclature_ donnant comme principe essentiel : « d’éviter +ou de repousser l’emploi de formes et de noms pouvant produire +des erreurs, des équivoques, ou jeter de la confusion dans la +science ». Nous abandonnons donc complètement les termes _B. acuta_ +Briq. et _B. cinerea_ Briq. utilisés par nous en 1896 et reprenons +comme désignations valables : _B. rupestris_ (Biv.) Vis. (1847) = +_B. italica_ Benth. (1848) pour l’espèce italienne, et _B. hirsuta_ +Benth. (1834) pour l’espèce hispano-africaine. + + STACHYS L. + +=S. Ocymastrum= Briq. _Lab. Alp. mar._ 252 (1893) = _Galeopsis hirsuta_ +L. _Sp. pl._ 580 (1753) = _Sideritis Ocymastrum_ L. _Syst._ ed. X, +1098 n. 4 A (1759) = _S. hirta_ L. _Sp. pl._ ed. 2 813 (1763). + +Hab. : Environs d’Alger, Fort de l’Eau, le long d’une haie, +5 mai (n. 35). + + SALVIA L. + +=S. Verbenaca= (e sect. _Plethiosphace_) L. _Sp. pl._ 25 (1753) ; +Briq. _Lab. Alp. mar._ 510 ; var. =clandestina= Briq. l.c. 518. + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa, versant S.-E., clairière à mi-côte, +alt. ca. 1800 m. 19 mai (n. 402), et un peu partout en montagne. + +_Obs._ — Voir pour la synonymie de cette variété et ses rapports +avec les nombreuses autres formes du très polymorphe _S. verbenaca_ +notre monographie (op. cit.). Nos échantillons sont typiques, à +fleurs cleistogames. Les spicastres possèdent une fleur terminale +réduite et pélorisée ! Les feuilles ont un réticulum saillant à +la face inférieure. + + ZIZIPHORA L. + +=Z. hispanica= L. _Cent. pl._ I, 3 (1755). + +Hab. : Oran, Tafaroua au N. des hauts plateaux, alt. ca. 1100 m. 11 +mai (n. 148). + + SATUREIA L. emend. Briq. + +=S. græca= L. _Sp. pl._ 568 (1753) var. =græca= +Briq. _Lab. Alp. mar._ 419 (1895). + +Hab. : Environs d’Alger, Bouzarea, brousse, 4 mai (n. 12). + +=S. rotundifolia= Briq. _Lab. Alp. mar._ 453 (1895) = _Acinos +rotundifolius_ Pers. _Syn._ II, 131 (1807) = _Thymus graveolens_ +Marsch.-Bieb. _Fl. taur. cauc._ II, 60 (1808) = _Calamintha +graveolens_, _purpurascens_ et _rotundifolia_ Benth. in DC. _Prod._ +XII, 231-232 (1848). + +Hab. : Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra, chemin de la source, +alt. ca. 1600 m. terrain rocailleux, 16 mai (n. 238). + +Les différences indiquées par Bentham (op. cit.) entre +les _C. graveolens_ et _rotundifolia_ sont purement +individuelles. Willk. et Lange (_Prod. fl. hisp._ II, 415) ont +fait observer avec raison à propos du _C. rotundifolia_ « Stirps +ulterius observanda, foliorum figura excepta a specie præcedente +(_C. graveolens_) vix diversa ». Quant au _C. purpurascens_ (_Acinos +purpurascens_ Pers.), c’est une forme à feuilles violacées en +dessous. Nos échantillons présentent tous les passages entre la +forme à feuilles colorées et celle à feuilles vertes. + +=S. Hochreutineri= Briq., sp. nov. — Fruticulus caudice lignoso +tortuoso, ramis herbaceis duris crebris virgatis, cinereo-virentibus, +undique minute retrorsum puberulis. Folia dura, parva, subsessilia, +integra ; basilaria ovata, apice obtusa vel ± acuta, marginibus +basin versus convexioribus aliq. recurvis, basi rotundato-extenuata, +nervis lateralibus vix vel non evidentibus ; ramealia elliptica +vel elliptico-lanceolata ; suprema angustius lanceolata vel +lanceolata, subacuta vel acuta ; omnia minutissime adpresse +puberula. Verticillastri 6-10 flori, densi, folia superiora æquantes +vel parum superantes, in racemos interruptos elongatos dispositi, +breviter pedunculati, pedunculis minute adpresse puberulis, bracteolis +linearibus pedicellos æquantibus ut et pedicellis breviter adpresse +puberulis. Calix tubuloso-campanulatus, valide nervosus, sæpe +violascens, breviter pubescens, pilis aliq. longioribus patulis +commixtis ; dentes breves, lanceolati, angusti, subæquales, +superiores 3 altius connati, maturitate subparelleli vel vix +divergentes ; carpostegium constans ex pilis albo-niveis quam +dentes brevioribus. Corolla minute dentes calicinos aliq. excedens, +extus dense adpresse puberula. Nuculæ minimæ oblongæ fuscæ, +apice obtusæ. + +Planta 15-30 cm. alta. Folia basilaria superficie ad 8 × +6 mm. Pedunculi 1-2 mm., pedicelli circa 1 mm. longi. Calicis 3 +mm. longi tubus 2,2 mm. profundus, dentes 0,8 mm. alti. Corolla calicis +os circa 2 mm. excedens. Nuculæ sect. long. 0,8 — 1 × 0,3 mm. + +Hab. : Oran, oasis de Tiout, chaîne rocheuse au S. de l’oasis, +alt. ca. 1050 m. 31 mai (n. 549) ; id. rochers arides au N. de +l’oasis de Mograr Foukani, alt. ca. 950 m. 4 juin (n. 644). + +_Obs._ — Cette espèce est très voisine du _Satureia Battandieri_ +Briq. [in _Ann. conserv. et jard. bot. Genève_ II, 186, ann. 1898 = +_Satureia filiformis_ Desf. (non _Micromeria filiformis_ Benth. !) = +_Micromeria Fontanesii_ Pomel (non _Satureia Fontanesii_ Briq. !)], +dont nous avons sous les yeux l’original de Desfontaines à +l’Herbier Delessert et qui s’en distingue d’une façon constante +par l’appareil végétatif couvert de poils raides, étalés, +bien plus macrocytiques, par son calice à tube plus étroit, +à dents plus finement sétacées, surtout les inférieures, ± +divergentes à la maturité. Nous avons vu en outre cette plante des +collines du barrage du Sig (leg. Durando : Union du Sig, ann. 1850, +no 123 ; Durando, Fl. atl. exsicc. ann. 1851, sine no !) ; puis +du Maroc : env. de Keïra, vers 1000 m. d’alt. (Balansa, pl. du +Maroc ann. 1867 !) ; Siksaoua dans le Grand Atlas du sud-marocain +(Hooker leg. ann. 1871 !) ; Djebel Sidi-Fars au sud de Maroc vers +1600 m. (Balansa, Pl. du Maroc ann. 1867, p.p. !). Les localités +marocaines appartiennent à une forme plus densément velue que le +type algérien [var. _villosa_ (Benth.) Briq.]. + +Outre les localités de M. Hochreutiner, nous avons vu le +_S. Hochreutineri_ des provenances suivantes : Maroc : Djebel +Sidi-Fars au sud de Maroc, vers 1600 m. (Balansa, Pl. du Maroc, +ann. 1867, p.p. !) ; Aïn-Tarsib, entre Imtouga et Maroc (Balansa, +Pl. du Maroc, ann. 1867 !) ; Algérie : rochers de grès près de +Tiout, sud-ouest de la province d’Oran (leg. Kralik, in Bourgeau, +Pl. d’Algérie ann. 1886 no 52 !). + +Ces diverses plantes sont rapportées par Cosson (in schedulis) et par +Ball (_Spicileg. fl. marocc._ p. 613) au _S. microphylla_ Briq. (= +_Thymus microphyllus_ Urv.), opinion déjà contenue dans Bentham +(_Lab. gen. et spec._ p. 377 et in DC. _Prodr._ XII, 219). Mais ce +dernier type (Malte, Sicile, Crète), qui se rapproche par l’indument +raide et étalé du _S. Battandieri_ Briq., en diffère certainement +par ses verticillastres à pédoncules et pédicelles allongés, +ainsi que par ses dents calicinales deux fois plus longues. + +Le _S. Hochreutineri_ est voisin aussi d’une espèce décrite +par Pomel (_Nouv. mat. fl. atl._ I, 122, ann. 1874) sous le +nom de _Micromeria debilis_, et que nous appellerons =Satureia +debilis= Briq. Mais cette plante, qui possède dans ses parties +inférieures l’indument étalé du _S. Battandieri_ et dans le haut +l’indument supprimé du _S. Hochreutineri_, se distingue de tous +les deux, d’après la description, par les feuilles inférieures +pétiolées et ovées-cordiformes, et surtout par ses dents calicinales +_triangulaires_, presque égales, _à peine aiguës_. MM. Battandier et +Trabut (_Fl. d’Alg._ p. 677) ont encore exagéré ces caractères en +attribuant au calice des dents _obtuses_. Mais le _Micromeria debilis_ +de ces derniers auteurs embrasse, outre le _M. debilis_ Pomel, très +probablement aussi, le _S. Hochreutineri_, puisqu’ils citent en +synonyme le _S. microphylla_ Coss. « exsicc. vix Benth. », lequel, +ainsi que nous l’avons vu plus haut appartient au _S. Hochreutineri_. + +La seule localité dans laquelle les _S. Battandieri_ et +_Hochreutineri_ aient jusqu’à présent été constatés mélangés +est celle du Djebel Sidi-Fars au sud de Maroc. Il n’y a d’ailleurs +pas d’échantillons ambigus entre les deux formes. Dans toutes +les autres localités les deux espèces paraissent s’exclure +mutuellement. Néanmoins comme la distinction des _S. Battandieri_ +et _Hochreutineri_ est basée sur des caractères d’indument assez +minutieux, il n’y aurait rien d’impossible à ce que de nouveaux +matériaux n’entraînent à les envisager comme deux races d’une +même espèce collective. + + THYMUS L. + +=T. hirtus= Willd. _Enum. pl. hort. Berol._ 623 (1809) +var. =albiflorus= Briq. = _T. albiflorus_ Batt. et Tr. _Fl. Alg._ +I, 674. + +Hab. : Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra, au sommet dans les fentes +de rochers, alt. 2000 m. 16 (n. 250), et un peu partout entre 1600 +et 2000 m. + +_Obs._ — Le _T. albiflorus_ Batt. et Trab., dont nous faisons ici +une variété du _T. hirtus_, diffère uniquement du _T. algeriensis_ +Boiss. et Reut. (_Pug._ p. 95. ann. 1852), d’après les excellents +échantillons de M. Hochreutiner, par sa corolle constamment blanche +(rose dans le _T. algeriensis_) et son tube calicinal très faiblement +hérissé à la face inférieure, d’ailleurs glabrescent, tandis +qu’il est très fortement hérissé dans le _T. algeriensis_. Mais +les variations dans l’intensité de l’indument hérissé du +calice sont fréquentes dans le _T. algeriensis_ et formes voisines, +de sorte que nous ne pouvons voir dans le _T. albiflorus_ qu’une +intéressante race géographique. + +Le _T. pallidus_ Coss., mentionné sans description par son auteur (in +_Bull. soc. bot. Fr._ XXII, 65, ann. 1875), des régions avoisinantes +du Maroc, a été rapproché du _T. albiflorus_ par MM. Battandier +et Trabut (l.c.), mais Ball (_Spicileg. fl. marocc._ p. 611) en fait +une variété du _T. lanceolatus_ (Desf.) Benth., ce qui place cette +plante dans un cercle d’affinités très différent. + +Le _T. algeriensis_ Boiss. et Reut. a été souvent rapporté comme +variété ou sous-espèce au _T. ciliatus_ Benth. (= _Thymbra ciliata_ +Desf. _Fl. atl._ tab. 122), en particulier par MM. Battandier +et Trabut (_Fl. Alg._ p. 674). Il faudrait, pour établir une +systématique rationnelle des thyms du nord de l’Afrique, en +faire une monographie complète. Voici, en attendant, quelques +données sur les affinités des formes qui ont été rapprochées du +_T. albiflorus_. Nos échantillons algériens du _T. algeriensis_ +(Durando, Fl. atlant. exsicc. ann. 1853, env. d’Alger ; Bové no +253, env. d’Alger ; Balansa, Pl. d’Algérie ann. 1853, Batner) +cadrent exactement avec la description de Boissier et Reuter. Il +convient seulement de remarquer que les feuilles, abstraction faite +des longs cils raides, ne sont pas toujours glabres, mais parfois +finement pubescentes, caractère présenté par le _T. albiflorus_. De +la sorte s’établit un passage graduel au _T. hirtus_ Willd., ce qui +rend légitime, pour rendre exactement compte des faits actuels, la +réunion de ces races en une espèce collective, opinion qui a été +soutenue avec raison par MM. Bonnet et Baratte (_Cat. rais. Tun._ +p. 330) et par M. Murbeck (_Contrib. fl. nord-ouest Afr._ II, 30). + +En ce qui concerne le _T. ciliatus_, nous estimons avec M. Murbeck +(l.c.) qu’il a des affinités beaucoup moins étroites avec les +_T. hirtus_, _algeriensis_ etc. Il se distingue très facilement +par ses capitules plus gros et plus allongés, à grandes bractées +elliptiques-lancéolées ou ovées-lancéolées, dépassant les fleurs, +par ses dents calicinales bien plus longuement subulées et par son +tube corollin très saillant. — Le _T. Munbyanus_ Boiss. et Reut., +plus rapproché par l’organisation de sa fleur, s’écarte aussi des +_T. algeriensis_, _hirtus_ et _albiflorus_ par ses grandes bractées +ovées-lancéolées pubescentes-pubérulentes, à cils marginaux moins +robustes. — En revanche, le _T, coloratus_ Boiss. et Reut. est bien +plus voisin et devra ultérieurement être rattaché au groupe _hirtus_ +comme variété ; il ne diffère guère du _T. algeriensis_ que par ses +bractées très colorées et largement ovées, son calice coloré et +glabrescent. — Il en est de même pour le _T. zattarellus_ Pomel, à +bractées plus larges et à labre calicinal plus brusquement relevé. + +Nous profitons de cette occasion pour donner la description d’un +thym algérien voisin du _T. ciliatus_, qui a depuis longtemps attiré +notre attention et qui nous paraît nouveau : + +=Th. leucostegius= Briq., sp. nov. — Frutex elegans, ramis +ascendentibus vel erectis, virgatis, internodiis brevibus, dense +breviter pubescentibus, superne tomentellis. Folia linearia, +curvulo-patentia, apice obtusiuscula, margine recurva, basin versus +ciliis rigidiusculis longis paucis ornata, cæterum minutissime +subtomentello-puberula, juniora in axillis fasciculata minute +griseo-tomentella, superiora infra capitula lineari-lanceolata et +lanceolata ad bracteas transeuntia. Capitula ovata isodiametrica, +rarius aliq. elongata, mediocria, apicalia. Bracteæ calices superantes +ovato-lanceolatæ, apice acuminatæ, nervosæ, haud coloratæ, supra +tomentellæ cinereæ, subtus dense breviter tomentosæ, pulchre +candicantes, marginibus recurvis parce molliter ciliatis. Pedicelli +breves, retrorsum hirtuli. Calix sæpe purpurascens, undique breviter +adpresse puberulus, nunc subtomentellus, cæterum præsertim in +nervis pilis patentibus longioribus rigidioribusque (in latere +inferiore multo pulchrius evolutis quam in superiore) præditus, +usque ad ⅔ bilabiatus ; labrum ultra tertiam partem tridentatus, +dentibus triangulari-lanceolatis ; labiolum bidentatum, dentibus +subulatis sublongioribus ; dentes omnes eximie pectinato-ciliati, +fauce albo-villosa. Corolla purpurea tubo subexserto, calicis dentes +superans, extus pubescens. + +Frutex 30-50 cm. altus. Internodia media 0,5-1,5 cm. longa. Folia +ramealia circa 1 cm. longa. Capitula sect. long. 1-4 × 1,5cm. Bracteæ +superficie circa 1 × 0,4-0,5 cm. Pedicelli 1-2 mm. longi. Calicis +tubus 2-2.5 mm. longus, dentes 3-3,5 mm. longi. Corolla calicis os +3-4 mm. excedens. + +Algérie : Affreville (Miliana), fl. juin (Battandier et Trabut, +Pl. d’Algérie n. 361 in H. Delessert). + +MM. Battandier et Trabut rapportent cette espèce au _T. coloratus_ +Boiss. et Reut. Mais ce dernier en diffère très nettement par +ses rameaux flagelliformes, par ses feuilles glabres (à part les +cils marginaux nombreux), par ses capitules plus sphériques et plus +denses, ses bractées glabres (à part les cils marginaux) et vivement +colorées. Le _T. leucostegius_ est plus voisin, dans son apparence +générale, du _T. ciliatus_ Benth., mais il s’en écarte par sa +corolle à tube plus court et aussi (comme de toutes les espèces +africaines voisines) par ses bractées blanches-tomenteuses en dessous. + + =SOLANACEÆ= + + SOLANUM L. + +=S. nigrum= L. _Sp. pl._ 186. + +Hab. : Oran, Tircount, point d’eau dans le Faidjet el Betoum, +sable humide sous les lauriers roses, alt. ca. 1200 m. 26 mai (n. 454). + + =SCROPHULARIACEÆ= + + VERBASCUM L. + +=V. atlanticum= Batt. in Batt. et Trab. _Fl. Alg._ I, 626 (1890). + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa, versant S.-E., rochers herbeux et +buissonneux, un peu au-dessus du sanatorium où l’a découvert +M. Battandier, 19 mai, alt. ca. 1750 m. (n. 345). + + LINARIA L. + +=L. tristis= Mill. _Gard. Dict._ ed. VIII n. 8 (1768) = _L. marginata_ +Desf. _Fl. atl._ II, 43 (1800) ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 638 = +_L. melanantha_ Boiss. et Reut. _Pug._ 85 (1852) = _Antirrhinum +ærugineum_ Gouan _Illustr._ 38 (1773). + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa, versant S.-E., rochers ombreux, +alt. ca. 1700-2000, 19 mai (n. 357), se retrouve au Djebel Morghad +à la même altitude. + +=L. arvensis= Desf. _Fl. atl._ II, 45 (1800) = _Antirrhinum arvense_ +L. _Sp. pl._ 614 (1753). + +Var. =parviflora= Hochr. = _Antirrhinum parviflorum_ Jacq. _Ic. rar._ +III, t. 499 (1786-93) = _Antirr. simplex_ Willd. _Sp. pl._ III, +243 (1800) = _Linaria simplex_ DC. _Fl. Fr._ III, 588 (1805) += _L. arvensis_ var. _simplex_ Chav. _Mon. des Ant._ (1833) = +_L. arvensis_ v. _flaviflora_ Boiss. _Fl. or._ IV, 375 (1879). + +Hab. : Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra, chemin de la source, +alt. ca. 1600 m. 16 mai (n. 239) ; id. Djebel Aïssa, versant S.-E., +rochers herbeux et buissonneux, alt. ca. 1850 m. 19 mai (n. 366). un +peu partout à ces altitudes. + +=L. heterophylla= Desf. _Fl. atl._ II, 48, t. 140 (1800) ; +Murb. _Contr._ II, 21 = _L. aparinoides_ Chav. _Mon. d. Ant._ 138 = +_Antirrhinum aparinoides_ Willd. _Sp. pl._ III, 247 (1801)[51]. + +Var. =aurasiaca= Hochr. = _L. aurasiaca_ Pomel _Nouv. mat._ 299 +(1874) ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 641 ; Murb. _Contr._ II, 21. + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa, versant S.-E. alt. 1750-2000 m. rochers +ombreux, et plus bas le long des ouadis, 19 mai (n. 356) retrouvé +au Djebel Morghad. + +_Obs._ — Vu le principe que nous avons exposé in _Ann. Cons. et +jard. bot. Genève_ VI, 50, et vu les nombreuses formes intermédiaires +nous ne saurions maintenir le _L. aurasiaca_ autrement que comme +variété. + +=L. reflexa= Desf. _Fl. atl._ II, 42 (1800) = _Antirrhinum reflexum_ +L. _Sp. pl._ II ed. 857 (1763). + +Hab. : Environs d’Alger, Pointe Pescade, ravin, 5 mai (n. 76). + + ANTIRRHINUM L. + +=A. ramosissimum= Coss. et Dur. ap. Jamin _Pl. alger. exsicc._ n. 254 +(1852) ; _Bull. soc. bot. Fr._ II, 254 (1855) = _A. flexuosum_ Pomel +_Nouv. mat._ 100 (1874). + +Hab. : Oran, rochers arides au N. de l’oasis de Mograr Foukani, +alt. ca. 950 m. 4 juin (n. 650). + + SIMBULETA Forsk. (= Anarrhinum Desf.) + +=S. pedata= Hochr., comb. nov. = _Anarrhinum pedatum_ Desf. _Fl. atl._ +II, 51, t. 141 (1800). + +Hab. : Environs d’Alger, Bouzarea, rochers, 4 mai (n. 52). + +=S. fruticosa= Hochr. comb. nov. = _Anarrhinum fruticosum_ +Desf. l.c. 52, t. 142. + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa, versant S.-E., clairière à mi-côte, +alt. ca. 1800 m. 19 mai (n. 403) ; id. Djebel Mekter, versant S., +bois de genévriers, alt. ca. 1600 m. 5 juin (n. 673). + + SCROPHULARIA L. + +=S. lævigata= Vahl. _Symb. bot._ II, 67 (1791) var. =pellucida= +Hochr. = _S. pellucida_ Pomel _Nouv. mat._ 101 (1874) ; Batt. et +Tr. _Fl. Alg._ I, 632 ; Murb. _Contr._ II, 19. + +Hab. : Environs d’Alger, Bouzarea, lit d’un oued, 4 mai (n. 41). + +=S. canina= L. _Sp. pl._ 621 (1753). + +Hab. : Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra, au bord de la source, sur +le versant oriental, alt. ca. 1600 m. 16 mai (n. 224). + + VERONICA L. + +=V. Anagallis= L. _Sp. pl._ 13 (1753) forma =pubescens= Bonn. et +Bar. _Cat. Tun._ 323 ; Murb. _Contr._ II, 29. + +Hab. : Oran, Tiloula près d’Aïn Sefra, au bord du ruisseau, +alt. ca. 1200 m. 18 mai (n. 295) ; id. Aïn Aïssa, terrain +marécageux, alt. ca. 1600 m. 20 mai (n. 330) ; id. Aïn Sefra au +bord d’un ruisseau du Ksar, alt. 1050 m. mai 16 (n. 526). + +=V. rosea= Desf. _Fl. atl._ I, 13 (1798) ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ +I, 649. + +Hab. : Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra, rocailles, alt. ca. 1600 m. 16 +mai (n. 222) ; id. Djebel Aïssa, versant S.-E., rochers herbeux, +alt. ca. 1900 m, 19 mai (n. 375) et un peu partout entre 1500 et +2000 m. + +_Variat flore albo_ : Ras Chergui, même station que le n. 222 (n. 221) + +=V. arvensis= L. _Sp. pl._ 13 (1753). + +Hab. : Environs d’Alger, Bouzarea, brousse, 4 mai (n. 31). + + =OROBANCHACEÆ= + + CISTANCHE Hoffm. et Link. + +=C. violacea= Beck v. Man. in Engler u. Pr. _Nat. Pfl. fam._ IV, +III _b_, 129 = _Phelipæa violacea_ Desf. _Fl. atl._ II, 60, t. 145 ; +Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 656. + +Hab. : Oran, sur la route de Tiloula, près d’Aïn Sefra, +alt. ca. 1200 m. 18 mai (n. 314). + + OROBANCHE L. + +=O. Schultzii= Mutel _Fl. fr._ II, 352 (1835) ; Walp. _Rep._ III, +463, Beck _Monogr. Orob._ 111 in _Bibl. bot._ 19 (1890) = _Phelipæa +Schultzii_ F. Schultz ex Reut. in DC. _Prod._ XI, 7 ; Batt. et +Tr. _Fl. Alg._ I, 657 = _Phel. lavandulacea_ Reut. in DC. _Prod._ +XI, 7. + +Var. =typica= Beck, l.c. 112. + +Hab. : Oran, rochers du vieux Saïda, alt. ca. 950 m. 10 mai (n. 132). + +=O. nana= Noë in Reich. _Herb. norm._ n. 1352 ; Beck _Monogr. Or._ +91 in _Bibl. bot._ 19 (1890) = _Phelipæa nana_ Reich. f. _Icon._ +XX, 88, t. 151 ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 658. + +Hab. : Environs d’Alger, Fort de l’Eau, 2 mai (n. 24). + +=O. Muteli= Schultz in Mutel _Fl. fr._ II, 353 ; Beck _Monogr. Or._ +95 = _Phelipæa Muteli_ Reut. in DC. _Prod._ XI, 8 ; Batt. et +Tr. _Fl. Alg._ I, 658. + +Hab. : Oran, Bou Ktoub près du Kreider, dans le sable, alt. ca. 950 +m. 11 mai (n. 172). + +=O. fœtida= Poiret _Voy._ 195 (1786) ; Desf. _Fl. atl._ II, 59, +t. 14 ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 659 ; Beck _Monogr. Or._ 283. + +Hab. : Oran, dans le steppe d’alfa à l’entrée du ravin d’Aïn +Aïssa, alt. ca. 1200 m. parasite sur l’_Ononis polyclada_ 18 mai +(n. 315). + +=O. cernua= Lœfl. _Iter hisp._ 152 (1758) ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ +I, 664 ; Bonn. et Barr. _Cat. Tun._ 326 ; Beck _Monogr._ 143. + +Hab. : Oran, plateau rocailleux entre le Djebel Mekter et les rochers +de Mograr Foukani, alt. ca. 1100 m. 5 juin (n. 663). + + =GLOBULARIACEÆ= + + GLOBULARIA L. + +=G. Alypum= L. _Sp. pl._ 95 (1753) var. =eriocephala= Bonn. et +Barr. _Cat. Tun._ 349 (1896) = _G. eriocephala_ Pomel _Nouv. mat._ 111. + +Hab. : Oran, Duveyrier, dans les fentes de rocher au sommet du Raz +ed Dib, alt. ca. 950 m. 4 juin (n. 620). + +_Obs._ — Au sujet de cette variété qui pourrait bien être +spécifiquement distincte du _G. Alypum_, nous renvoyons à la remarque +de Barratte l.c. lequel fait remarquer avec raison la similitude très +grande de cette plante avec le _G. arabica_ Jaub. et Spach _Illustr._ +III, 76, t. 240. + + =PLANTAGINACEÆ= + + PLANTAGO L. + +=P. amplexicaulis= (e sect. _Bauphula_) Cav. _Ic._ II, 22, t. 125 +(1793) ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 740 = _P. lagopodioides_ +Desf. _Fl. atl._ I, 135 t. 39, f. 2 (1798). + +Hab. : Oran, rochers arides au N. de l’oasis de Mograr Foukani, +alt. ca. 950 m. 4 juin (n. 651). + +=P. Lagopus= (e sect. _Arnoglossum_) L. _Sp. pl._ 114 (1753) = +_P. lusitanica_ Willd. _Sp. pl._ I, 644. + +Hab. : Environs d’Alger, Fort de l’Eau, au bord de la mer, 2 mai +(n. 25) ; Oran, prairie près du vieux Saïda, alt. ca. 900 m. 10 mai +(n. 128) ; id. Djebel Aïssa, versant S.-E. clairière à mi-côte, +alt. ca. 1800 m. 19 mai (n. 399). + +=P. maritima= (e sect. _Coronopus_) L. _Sp. pl._ 114 (1753) +var. =chottica= Hochr. = _P. chotticus_ Pomel _Nouv. mat._ 124 (1874) ; +Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 743. + +Hab. : Oran, le Kreider, dans le sable, alt. ca. 950 m. 11 mai +(n. 163). + +=P. serraria= (e sect. _Coronopus_) L. _Syst._ ed. X, 896. + +Hab. : Environs d’Alger, Fort de l’Eau, au bord de la mer, 2 mai +(n. 23). + +=P. Coronopus= (e sect. _Coronopus_) L. _Sp. pl._ 115 (1753) var +=oasicola= Hochr., var. nov. — A typo differt statura maxima, foliis +minus et irregularibus lobatis lobis distantibus vel o, laminis in +petiolo longe attenuatis parce hirsutis, rache 3-5-nervato, caulibus +floriferis longissimis ; a _P. prionota_ Pomel (quæ est var. ejusdem +speciei) differt spica dense florifera foliis distincte nervatis ; +a _P. Columnæ_ Gouan (id.) differt caulibus multo longioribus et +foliis 5-nervatis. + +Caules ad. 56 cm. longi ; spica 13-14 cm. longa et 0,7 cm. crassa ; +folia 20-28 cm. longa, rachis 1-1,7 cm. lata, lobi plerumque +lanceolato-lineares 0,5 × 0,2 cm. — 3 × 0,5 cm. longi et lati. + +Hab. : Oran, Tircount, point d’eau dans le Faidjet el Betoum, sable +humide sous les lauriers-roses, alt. ca. 1200 m. 26 mars (n. 455). + +_Obs._ — Cette plante extraordinaire pourrait bien être monstrueuse +en quelque mesure, ou bien, si nous avions constaté la présence +des _P. Coronopus_ et _serraria_ dans la région, nous l’aurions +sûrement considérée comme un hybride. Les feuilles immenses très +irrégulièrement laciniées nous ont conduit à la rattacher au +_P. Coronopus_ qui est très variable. On pourrait aussi la rapprocher +du _P. serraria_ mais ce dernier est une plante habitant le littoral +et de forme nettement définie. + +=P. albicans= (e sect. _Leucopsyllium_) L. _Sp. pl._ 114 (1753). + +Hab. : Oran, Aïn el Hadjar près Saïda, sur la voie ferrée, +alt. ca. 1000 m. 11 mai (n. 165) ; id. Le Kreider, dans le sable, +alt. ca. 950 m. 11 mai (n. 164) ; id. Djebel Aïssa, pentes herbeuses +au-delà du télégraphe optique, alt. ca. 1800 m. 2 juin (n. 596). + +=P. Psyllium= (e sect. _Psyllium_) L. _Sp. pl._ 7 ed. 2, 167 (non +ed. 1) ; L. _Hort. Upsal._ 28 ; Bonn. et Barr. _Cat. Tun._ 357 = +_P. afra_ L. l.c. + +Hab. : Oran, El Beïda entre Saïda et le Kreider sur la voie ferrée, +alt. 1060 m. 11 mai (n. 162) ; id. Ras Chergui sur Aïn Sefra, au +pied de la montagne près de la dune, alt. ca. 1150 m. 16 mai (n. 208). + +_Obs._ — C’est avec raison que Bonn. et Bar. (l.c.) citent +la 2e ed. de Linné et non la première, car cette dernière se +base sur le _Plantago caule ramoso, foliis integerrimis etc._, de +l’_Hort. upsal._ lequel est évidemment une tout autre plante. + + =RUBIACEÆ= + + SHERARDIA L. + +=S. arvensis= L. _Sp. pl._ 102 (1753). + +Hab. : Environs d’Alger, Bouzarea 4 mai (n. 13), répandue partout. + + ASPERULA L. + +=A. hirsuta= Desf. _Fl. atl._ I, 127 = _A. repens_ Brot. _Phyt. lus._ +t. 10. + +Hab. : Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra, rochers au-dessus de la +source, alt. ca. 1700 m. 16 mai (n. 228) ; id. versant N. du Djebel +Aïssa, au delà du télégraphe optique, rochers herbeux alt. ca. 1700 +m. 2 juin (n. 593) ; commun dans cette région. + + GALIUM L. + +=G. ephedroides= (e. sect. _Platygalia_) Willk. in _Linnæa_ XXV, +30 (1852) ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 395 = _G. rupicolum_ Pomel +_Nouv. mat._ 74 (1874). + +Hab. : Oran, dans les rochers à sculptures préhistoriques près +d’Aïn Sefra, alt. ca. 1050 m. 18 mai (n. 284). + +Var. =oranense= Hochr., var. nov. — A typo valde differt caulibus +longissimis, internodiis elongatis, foliis lanceolatis vel linearibus, +multo longioribus, paniculis amplioribus, pedicellis longioribus et +præcipue angustioribus. + +Caules ad 40 cm. longi (in _G. ephedroide_ ad 20 cm. longi) ; +internodia 2-5,5 cm. longa (in _G. ephed._ 1-3,5 cm. l.) ; folia 7-13 +mm. longa, 1,5-2 mm. lata, interdum f. infima 5-6 × 3-4 mm. longa +et lata ; pedicelli ad 2 mm. lati, filiformes. + +Hab. : Oran, dans les rochers, eodem l. ut præc. 18 mai (n. 285). + +_Obs._ — Cette variété est extrêmement intéressante parce +qu’elle diffère totalement de la plante précédente à côté de +laquelle nous l’avons récoltée. A première vue on la placerait +dans une section différente. Autant le type de l’espèce est trapu, +ramassé, résistant autant la variété est gracile, allongée, +divariquée, flexible. Mais nous avons pu observer dans cette même +station tous les termes de passage entre ces deux plantes dont l’une, +le type, croissait sur le rocher en pleine lumière et l’autre, +la variété, dans une anfractuosité formant voûte. D’après +la disposition des lieux, il était clair que la voûte, tournée +au N., ne protégeait pas la plante contre l’humidité mais +contre la lumière. C’est pourquoi nous supposons que c’est +à l’atténuation de la lumière qu’est due cette variété +singulière. Il semble qu’il y ait là un phénomène inverse de +celui qui se produit aux voûtes du petit Salève près de Genève, +où le manque d’eau amène la production de formes naines du +_Capsella Bursa pastoris_. Et entre les deux extrêmes, comme pour +notre _Galium_, on observe toute la série des formes intermédiaires. + +=G. spurium= L. _Sp. pl._ 106 (1753) var. =Vaillantii= Gr. et +Godr. _Fl. Fr._ II, 44 (1850) = _G. Vaillantii_ DC. _Fl. fr._ IV, +263 (1805). + +Hab. : Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra, sommet sous les buissons de +chênes-verts, alt. ca. 2000 m. 16 mai (n. 243). + +=G. murale= All. _Fl. ped._ I, 8, t. 77, f. 1 = _Sherardia muralis_ +L. _Sp. pl._ 103 (1753). + +Hab. : Environs d’Alger, Bouzarea, brousse, 4 mai (n. 32). + + RUBIA L. + +=R. peregrina= L. _Sp. pl._ 109 (1753). + +Hab. : Environs d’Alger, Bouzarea, lit d’un oued, 4 mai (n. 26). + +=R. lævis= Poir. _Voy. Barb._ II, 111 = _Galium Poiretianum_ Ball +in _Journ. linn. Soc._ XVI, 484. + +Hab. : Oran, Djebel Morghad, rochers à l’ombre des buissons de +chênes-verts, près de l’arête, alt. ca. 1950 m. 25 mai (n. 481). + + =VALERIANACEÆ= + + VALERIANELLA Haller (= Fedia Gärtn.) + +=V. Auricula= DC. _Fl. fr. Suppl._ 492 ; _Prod._ IV, 627. + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa, versant S.-E., clairière herbeuse à +mi-côte, en grand nombre sous un chêne, alt. ca. 1800 m. 19 mai +(n. 405). + + FEDIA Mœnch (1794) + +=F. Cornucopiæ= DC. _Fl. fr._ IV, 240 = _Valeriana Cornucopiæ_ +L. _Sp. pl._ 39 (1753). + +Hab. : Environs d’Alger, Bouzarea, brousse, 4 mai (n. 89). + + CENTRANTHUS DC. + +=C. Calcitrapa= Dufr. _Hist. Val._ 39 = _Valeriana Calcitrapa_ +L. _Sp. pl._ 31 (1753). + +Hab. : Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra, au sommet sous les buissons, +alt. 2000 m. 16 mai (n. 272) ; ailleurs encore entre 1700 et 2000 m. + + =DIPSACACEÆ= + + SCABIOSA L. + +=S. arenaria= Forskal _Fl. æg.-arab._ p. LXI ; Boiss. _Fl. or._ +III, 135. + +Hab. : Oran, Faidjet el Betoum, dans une dépression de steppe, +alt. ca. 1200 m. 26 mai (n. 427) ; id. près d’Aïn Sefra au pied +du Djebel Aïssa, steppe rocheux, alt. ca. 1080 m. 2 juin (n. 564). + +=S. monspeliensis= Jacq. _Miscell._ II, 320 et _Ic. rar._ t. 24 ; +Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 416. + +Hab. : Oran, Tircount, point d’eau dans le Faidjet el Betoum, sable +humide près des lauriers roses, alt. ca. 1200 m. 26 mai (n. 452). + +Var. =minor= Batt. et Tr. l.c. + +Hab. : Oran, Faidjet el Betoum, dans une dépression limoneuse sèche, +alt. ca. 1200 m. 26 mai (n. 425). + +_Obs._ — C’est par erreur que Battandier et Trabut attribuent +ce nom à Linné qui n’a jamais décrit de _S. monspeliensis_ +dans aucun de ses ouvrages. + + =CUCURBITACEÆ= + + BRYONIA L. + +=B. dioica= Jacq. _Fl. austr._ II, 59. + +Hab. : Oran, Saïda, haie vive, alt. ca. 850 m. 10 mai (n. 139). + + =CAMPANULACEÆ= + + CAMPANULA L. + +=C. dichotoma= L. _Cent. pl._ II, 10 ; _Amœn. acad._ IV, 306 ; +Boiss. _Fl. or._ III, 929. + +Hab. : Environs d’Alger, Bouzarea, ravin, 4 mai (n. 29). + + =COMPOSITÆ= + + NOLLETIA Cass. + +=N. chrysocomoides= Cass. in _Dict. sc. nat._ XXXVII, 479 (1825) = +_Conyza chrysocomoides_ Desf. _Fl. atl._ II, 269 (1800). + +Hab. : Oran, environs d’Aïn Sefra, sur la dune, alt. ca. 1050 +m. 14 mai (n. 199). + + MICROPUS L. + +=M. bombycinus= Lag. _Gen. et sp._ 52. + +Hab. : Oran, prairie rocheuse près du vieux Saïda, alt. ca. 900 m, +10 mai (n. 110) ; id. Ras Chergui sur Aïn Sefra, chemin de la source, +alt. ca. 1700 m. 16 mai (n. 260) ; id. Djebel Aïssa, versant N., +au delà du télégraphe optique, alt. ca. 1700 m. 2 juin (n. 590). + +=M. supinus= L. _Sp. pl._ 927 (1753). + +Hab. : Oran, Saïda, prairie limoneuse, alt. ca. 900 m. 10 mai +(n. 100). + + EVAX Gärtn. + +=E. pygmæa= Pers. _Syn._ II, 422 = _Filago pygmæa_ L. _Sp. pl._ +927 (1753). + +Hab. : Environs d’Alger, Bouzarea, brousse 4 mai (n. 56). + +Var. =linearifolia= Hochr. = _E. linearifolia_ Pomel in +_Bull. soc. bot. Fr._ XXXV, 333 (1888) ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ +I, 438. + +Hab. : Oran, Saïda, prairie rocheuse près de la voie ferrée, +alt. ca. 900 m. 10 mai (n. 99). + +Var. =argentea= Hochr. = _E. argentea_ Pomel _Nouv. mat._ p. 48. + +Hab. : Oran, Faidjet el Betoum, dans le steppe, alt. ca. 1200 m. 26 +mai (n. 423). + +_Obs._ — M. Murbeck (_Contrib._ I, 95) considère l’_E. argentea_ +Pom. comme rentrant dans l’_E. desertorum_ Pom. Notre plante, qui +correspond exactement à la description de Pomel, se distingue de +l’_Evax pygmæa_ à première vue par son péricline argenté, +mais nous ne saurions la considérer comme une espèce distincte, +vu les intermédiaires qui la relient au type. Au nombre de +ces intermédiaires, il faut mentionner en première ligne la +var. _linearifolia_, ou tout au moins nos spécimens de Saïda. Il +semble donc qu’on ait à faire là avec une modification +climatologique : plus on s’élève dans le Sud plus le péricline +de l’_E. pygmæa_ devient scarieux et argenté. + +=E. sp.= — Hab. : Oran, rochers arides au N. de l’oasis de Mograr +Foukani alt. ca. 950 m. 4 juin (n. 640), spécimen defectueux. + + FILAGO L. + +=F. Heldreichii= Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 439 = _Evax Heldreichii_ +Parlatore in _Giorn. tosc. sc. med. etc._ I, 183 (1840). + +Hab. : Oran, Djebel Morghad, dôme rocheux sur l’arête, +alt. ca. 1950 m. 25 mai (n. 478). + +=F. spathulata= Presl. _Del. Prag._ 93 ; Boiss. _Fl. or._ III, 246 ; +Gr. et Godr. _Fl. Fr._ II, 191. + +Hab. : Oran, Saïda, prairie rocheuse, alt. ca. 900 m. 10 mai (n. 98), +et répandue sur les hauts plateaux. + +Var. =oasicola= Hochr., var. nov. — A typo differt caulibus +elongatis, ramosioribus, diffusioribus glabrescentibus ; +foliis majoribus et præcipue latioribus, subglabrescentibus ; +glomerulis lanuginosioribus canescentibus, bracteis intimis quoque +lanuginoso-ciliatis ; capitulis minoribus. + +Caules ad 16 cm. longi, folia ad 7 mm. lata, capitula 4 mm. longa +(5 mm. in typo). + +Hab. : Oran, Tircount, point d’eau dans le Faidjet el Betoum, sable +humide près des lauriers roses, alt. ca. 1200 m. 26 mai (n. 445). + +_Obs._ — Nous avons beaucoup hésité à faire de cette plante +une espèce nouvelle, car elle diffère du _F. spathulata_ type +justement par le caractère qui a servi à distinguer ce dernier du +_F. germanica_. En effet la variété _oasicola_ frappe au premier +abord par ses glomérules extrêmement laineux, dont les capitules +sont presqu’entièrement immergés dans un tomentum blanc et +aranéeux. Néanmoins, vu l’extrême variabilité du type, et vu +que chez l’_oasicola_ le sommet des capitules dépasse la laine +blanche entourant la base, nous considérerons cette plante comme +une bonne variété ou, si l’on préfère, comme une sous-espèce +du type précité. + +Notre plante est beaucoup plus haute et plus glabre que la +var. _prostrata_ Boiss. (_Fl. or._ III, 246) dont on la distingue +à première vue. Elle diffère également des _F. micropodioides_ +Lange par ses tiges plus longues et par les feuilles florales qui +dépassent les glomérules. + + PHAGNALON Cass. + +=Ph. saxatile= Cass. in _Bull. soc. philom._ 173 (1819) = _Conyza +saxatilis_ L. _Sp. pl._ ed. II, 1206. + +Hab. : Environs d’Alger, Bouzarea, rochers 4 mai (n. 50). + +=P. purpurascens= Schultz-Bip. in Webb _Phyt. canar._ II, 212, t. 82. + +Hab. : Oran, rochers au N. de l’oasis de Mograr Foukani, alt. ca. 950 +m. 4 juin (n. 646). + + HELICHRYSUM Gärtn. + +=H. scandens= Murb. _Contrib._ I, 93[52] = _Gnaphalium scandens_ +Sieb. Herb. Fl. cret. (1826) fide Boiss. = _H. decumbens_ Batt. et +Tr. _Fl. Alg._ I, 445 ! = _H. Fontanesii_ Bonn. et Barr. _Cat. Tun._ +212. + +Hab. : Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra, à mi-côte, manque au sommet +et au pied de la montagne, terrain rocheux, alt. ca. 1500 m. 16 mai +(n. 212). + + LEYSSERA L. + +=L. capillifolia= DC. _Prod._ VII, 279 (1839) ; Boiss. _Fl. or._ +III, 240 ; Hoffm. in Engl. et Pr. _Nat. Pflanz. fam._ IV, 5, 199 = +_Gnaphalium leysseroides_ Desf. _Fl. atl._ II, 267 (1800). + +Hab. : Oran, oasis de Tiout, dans les cailloux près de l’oued, +alt. ca. 1050 m. 31 mai (n. 547). + + INULA L. + +=I. montana= L. _Sp. pl._ 884 (1753) var. =calycina= Batt. et +Tr. _Fl. Alg._ I, 431 (1890) = _Pulicaria calycina_ Presl _Del. Prag._ +96 (1822) = _I. montana_ Presl _Fl. sic._ XXIX (1826). + +Hab. : Oran, Djebel Morghad, rochers de l’arête, versant +S.-E. alt. ca. 1950 m. 25 mai (n. 497) ; id. Djebel Morghad, rochers +buissonneux près de Hassin Sarah, alt. ca. 1900 m. 25 mai (n. 479). + +_Obs._ — Battandier attribue cette variété à Linné, mais nous +avons cherché en vain dans Linné l’indication de cette plante. Par +contre Presl, qui a décrit le premier cette variété comme espèce +distincte, semble la considérer comme une nouveauté. Boissier, +dans son herbier, ramène l’_I. calycina_ au rang de variété, +mais nous ne croyons pas qu’il ait jamais publié cela. C’est +donc à Battandier que nous l’attribuerons jusqu’à plus ample +informé. Cette variété qui est assez distincte de l’espèce est +signalée en Sicile (Strobl) et en Italie, Mt S. Angelo. + + PERRALDERIA Coss. + +=P. Dessignyana= Hochr., sp. nov. — Planta perennis. Rhizoma +crassum, lignosum. Caules erecti, basi ramosi ± intricati ut, +et folia glandulis pedicellatis (pedicellis basi tuberculatis) et +pilis albis, lanuginosis præditi, præcipue in axilla foliorum, +ubi pili numerosi pulvillum album efformant. Folia pinnati-vel +bipinnatisecta, præcipue supra interdum dense lanuginoso-villosa, +lobis linearibus vel filiformibus ; folia superiora interdum +linearia simplicia. Capitula terminalia ; pedunculi elongati, +erecti, fere efoliati, minute striati ; ut in _P. purpurascente_ +vel _coronopifolia_ folia elongata circum involucra non videre +potes. Involucri bracteæ subulatæ acutissimæ _usque ad apicem +glandulosæ_, basi ± villosæ, _apice non ciliatæ_ interdum dentatæ, +capitulo fere æquilongæ. Calathidia mediocria ; flosculi apice rubri, +omnes hermaphroditi, tubulosi, 5-dentati. Achænia a basi ad apicem +dense longeque villosi, villis argenteis, apice ± contracta. Pappus +biserialis ; setæ exteriores breves paleiformes, setæ inter. ca. 30, +fragillimæ, scabro-barbellatæ, flosculum subæquantes, pallide +flavescentes. Thalamus areolatus, paulo accrescens. + +Caules 20-30 cm. alti ; folia 3-6 cm. longa ; pedunculi defoliati +ad 8,5 cm. longi ; capitula quæ vidi 1-1,5 cm. in diam. lata sed +verisim. interdum ad 2 cm. ; involucri bracteæ 5-7 mm. longæ ; +flosculi ca. 5 mm. longi ; achænia ca. 1,5 mm. longa ; pappi setæ +interiores circ. 0,5 mm. longæ, exter. 5 vel 5,5 mm. longæ. + +Hab. : Oran, environs de l’oasis de Mograr Tahtani, récolté par +le caïd de Mograr, 1 juin (n. 660). + +_Obs._ — Cette plante ressemble au _P. coronopifolia_ par son +indument qui est surtout abondant à l’aisselle des feuilles +où il forme de petites pelottes blanches. D’autre part le +_P. Dessignyana_ diffère à la fois du _P. coronopifolia_ et du +_P. purpurascens_ par ses pédoncules très allongés et presque +défeuillés ; par ses capitules plus petits et par l’absence à +la base de ceux-ci des feuilles allongées formant presqu’un 2me +involucre extérieur dépassant de beaucoup le premier. Enfin notre +plante diffère du _P. purpurascens_ plus particulièrement par ses +bractées involucrales glanduleuses et non ciliées à l’extrémité +(chez le _P. purpurascens_ elles sont ciliées et non glanduleuses, +tandis que les feuilles non bractéiformes entourant l’involucre +sont seules glanduleuses sur toute leur surface) ; par l’indument +des akènes, lequel est d’un blanc d’argent (il est roux chez +le _P. purpurascens_) ; et par les feuilles dont les lobes sont plus +étroits et plus divariqués que chez le _P. purpurascens_. Ces deux +derniers caractères évidemment sont moins importants que le premier. + +Nous pensons que M. Battandier (_Fl. Alg._ I, 430) a dû confondre +le _P. purpurascens_ Coss. ined. ex Batt. et Tr. l.c. avec notre +espèce. La plante de Cosson provenant du Maroc, et dont nous avons +l’original sous les yeux diffère, comme nous l’avons indiqué, +du _P. Dessignyana_. D’autre part, Battandier cite un spécimen +de Bonnet et Maury provenant comme le nôtre de Mograr et qui doit +être probablement notre plante. + +Nous avons dédié cette espèce au capitaine Dessigny, chef du bureau +arabe d’Aïn Sefra, par l’intermédiaire duquel nous avons reçu +cette plante fort connue des Arabes parce qu’elle empoisonne les +chameaux. + + PULICARIA Gärtn. + +=P. odora= Reich. _Fl. excurs._ 239 et _Ic._ XVI, t. II = _Inula odora_ +L. _Sp. pl._ 881 (1753). + +Hab. : Environs d’Alger, pointe Pescade, 5 mai (n. 65). + +=P. inuloides= DC. _Prod._ V, 480 (1836) = _Erigeron inuloides_ Poiret +in Lam. _Encycl. Supp._ V, 464 (1817) = _P. longifolia_ Boiss. _Diagn._ +ser. 2, III, p. 16 (1856) ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 427. + +Hab. : Oran, Tiloula près d’Aïn Sefra, terrain humide au bord +de la source, alt. ca. 1200 m. 18 mai (n. 294) ; id. Duveyrier dans +l’oued, au bord de l’eau, alt. ca. 800 m. 4 juin (n. 616). + + RHANTERIUM Desf. + +=R. adpressum= Coss. et Dur. ap. Balansa _Pl. alg. exsicc._ n. 1012 +(1853) ; et in _Bull. soc. bot. Fr._ II, 252 (1855) ; Batt. et +Tr. _Fl. Alg._ I, 432. + +Hab. : Oran, à ca. 10 km. au N. d’Aïn Sefra, près de la voie +ferrée, formant des touffes dans le steppe sablonneux, alt. ca. 1200 +m. 24 mai (n. 411). + +_Obs._ — Nous ne saurions considérer Coss. et Dur. ap. Jamin +_Pl. Alg. exsicc._ n. 270 (1852) comme citation princeps, quoique +l’étiquette soit valable puisqu’elle est autographiée, datée +et numérotée. Et cela parce que, sur cette étiquette, se trouve le +nom de _R. Xeranthemum_ Coss. qui est biffé et corrigé à la main +en _R. adpressum_. Si donc on voulait considérer absolument cette +étiquette comme prior, il faudrait adopter le nom de _Xeranthemum_ +qui est imprimé et non _adpressum_ manuscrit seulement. + + ANVILLEA DC. + +=A. radiata= Coss. et Dur. in Balansa _Pl. Alg. exsicc._ n. 964 +(1853) ; Coss. in _Ann. sc. nat._ ser. 4, IV, 284 (1855) nomen ; +Coss. et Dur. in _Bull. soc. bot. Fr._ III, 742 (1856) description. + +Hab. : Oran, oasis de Mograr Foukani, rochers arides au N. de +l’oasis, alt. ca. 950 m. 4 juin (n. 638). + +_Obs._ — Les capitules fructifères de cette espèce présentent la +même particularité que ceux de l’_Odontospermum pygmæum_, ils +sont entourés de bractées très coriaces, résistantes et pouvant +s’ouvrir et se fermer par hygroscopicité. Ces capitules sont en +outre pourvus de longues épines hérissées. + + PALLENIS Coss. + +=P. spinosa= Cass. in _Bull. soc. philom._ p. 166 (1818) = _Buphtalmum +spinosum_ L. _Sp. pl._ 904 (1753). + +Hab. : Oran, Saïda, prairie rocailleuse près du vieux +Saïda. alt. ca. 900 m. 10 mai (n. 114). + +Var. =cuspidata= Hochr. = _P. cuspidata_ Pomel _Nouv. mat._ 38 ; +Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 434. + +Hab. : Oran, Djebel Morghad, versant S.-E., rochers près de +l’arête, alt. ca. 1950 m. (n. 492 petite plante peu rameuse 9-20 +cm.) ; id. Djebel Morghad, versant S.-E., pentes herbeuses depuis le +pied de la montagne alt. ca. 1300-1900 m. 26 mai (n. 493) ; id. dans +les rochers au N. de l’oasis de Mograr Foukani, lit d’un oued, +alt. ca. 900 m. 4 juin (n. 652). + +_Obs._ — Il est bien exact de dire que la plante de l’extrême +Sud diffère de la plante du Tell mais on ne saurait en faire une +espèce distincte comme le voudrait Pomel. Vu les nombreux stades +intermédiaires nous la considérons comme une variété. Néanmoins +ce n’est pas seulement une variation stationnelle, car le spécimen +que nous avons récolté à près de 2000 m. dans un endroit où nous +avons trouvé de nombreuses espèces du Tell, diffère cependant +du _P. spinosa_ type par la brièveté de ses feuilles cuspidées +entourant le capitule comme un involucre extérieur. + + ODONTOSPERMUM Neck. + +=O. pygmæum= O. Hoffm. in Engler _Nat. Pfl. fam._ IV, 5, 209 (1894) += _Asteriscus aquaticus_ var. _pygmæus_ ex p. DC. _Prod._ 287 (1839) += _Ast. pygmæus_ Coss. et Dur. ap. Balansa. _Pl. d’Alg. exsicc._ +n. 793 (1853) = _Saulcya hierochuntica_ Michon _Voy. relig. Or._ II, +383 (1854). + +Hab. : Oran, entre Tiloula et Aïn Aïssa (près Aïn Sefra), plaine +d’alfa, alt. ca. 1200 m. 20 mai (n. 319) ; id. près de l’oasis +de Tiout dans le steppe rocailleux, alt. ca 1050 m., 31 mai (n. 562) +et partout dans les rocailles à Duveyrier. + +_Obs._ — Cette plante est très répandue depuis le Sahara +algérien jusque dans le Beloutchistan (Stoks). Lorsqu’elle est en +fruit ses capitules se ferment pendant la sécheresse et s’ouvrent +largement à l’humidité. Selon Michon ce serait cette plante et non +l’_Anastatica_ qui serait la véritable « Rose de Jéricho ». Du +reste, c’est ainsi qu’on la nomme dans le Sud-Oranais. + +=O. graveolens= Sch. Bip. in Webb _Phyt. canar._ II, 232 = _Buphtalmum +graveolens_ Forsk. _Fl. æg.-arab._ 151 = _Asteriscus graveolens_ +DC. _Prod._ V, 486. + +Hab. : Oran, Duveyrier, Ras ed Dib, pentes rocheuses grillées du +soleil, alt. ca. 900 m. 4 juin (n. 623). + + MECOMISCHUS (Coss.) Benth. et Hook. + +=M. halimifolius= Hochr., comb. nov. = _Anthemis halimifolia_ Munby +in _Bull. soc. bot. Fr._ II, 284 (1855) = _Cladanthus Geslini_ (e +subgen. _Mecomischus_) Coss. in _Bull. soc. bot. Fr._ IV, 15 (1857) ; +id. ap. Kralik in Bourgeau _Pl. Alg. exsicc._ n. 190 et 191 _bis_ +(1856) = _Mecomischus Geslini_ Benth. et Hook. _Gen. pl._ II, 418 +(1873) = _Fradinia Geslini_ Pomel _Nouv. mat._ 52 (1874) = _Fradinia +halimifolia_ Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 450 (1890). + +Hab. : Oran, dans le sable mouvant de la dune, sur les bords d’un +oued qui la traverse à 15 km. W. d’Aïn Sefra, alt. ca. 1100 m. 5 +juin (n. 680). + +_Obs._ — Il est hors de doute que le nom de genre ayant la +priorité est _Mecomischus_, c’est aussi celui qui a été +adopté par M. Hoffmann (_Nat. Pfl. fam._ IV, 5, 270 et _Nachtrag_ +p. 327). D’autre part, comme nous n’admettons pas le plus ancien +binôme comme valable, c’est évidemment le nom spécifique +_halimifolia_ qui a la priorité. Il nous a donc fallu créer ce +binôme nouveau puisqu’il n’existait pas encore. + + SANTOLINA L. + +=S. rosmarinifolia= L. _Sp. pl._ 842 (1753) var. =canescens= +Boiss. _Voy. Esp._ II, 316 (1839) = _S. canescens_ Lag. _Gen. et Sp._ +p. 25 (1816) = _S. rosmarinifolia_ var. _leptophylla_ Webb _It. hisp._ +(1838). + +Hab. : Oran, Djebel Morghad, près Hassin Sarah, dôme rocheux couvert +de chênes-verts, alt. ca. 1950 m. 25 mai, (n. 476), et un peu partout +à de hautes altitudes sur les montagnes du Sud. + + ANTHEMIS L. + +=A. montana= L. _Sp. pl._ ed. III, 1261 ; une des innombrables formes. + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa, versant S.-E., dans la forêt de pins, +alt. ca. 1750 m. 19 mai (n. 359) retrouvé au Djebel Morghad. + +=A. punctata= Vahl _Symb. bot._ II, 91, t. 46 (1791). + +Hab. : Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra, à mi-côte et jusqu’au +sommet, 1500-2000 m. d’alt. 16 mai (n. 242). + +=A. lonadioides= Hochr., comb. nov. = _Rhetinolepis lonadioides_ +Coss. ap. Kralik in Bourgeau _Pl. Alger. exsicc._ n. 202 (1856) ; in +_Bull. soc. bot. Fr._ III, 708 (1856 Dec.) ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ +I, 451. + +Hab. : Oran, versant S. du Djebel Mekter, rochers boisés, +alt. ca. 1400 m. 5 juin (n. 668). + +_Obs._ — Cette espèce qui n’avait été signalée qu’en deux +endroits, entre Tiout et Asla et à la Brézina, semble plus commune +qu’on aurait pu le croire. + + ANACYCLUS L. + +=A. cyrtolepidioides= Pomel _Nouv. mat._ 54 (1874) ; Murb. _Contrib._ +I, 97 = _A. alexandrinus_ Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 452 p.p. + +Hab. : Oran, Bou-Ktoub près du Kreider, dans le sable, alt. ca. 920 +m. 11 mai (n. 176) ; id. Tircount, point d’eau dans le Faidjet el +Betoum, dans le sable humide sous les lauriers roses, alt. ca. 1200 +m. 26 mai (n. 442). + +_Obs._ — Cette espèce paraît être à peine distincte de +l’_A. alexandrinus_ d’Orient dont elle est peut-être seulement +une variété. + +=A. depressus= Ball in _Journ. bot._ p. 365 (1873) ; +id. _Spicil. marocc._ p. 503 t. XXIV. + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa, sur le col, clairière dans les bois de +chênes-verts alt. ca. 2000 m. 19 mai (n. 391). + +_Obs._ — Il est remarquable de voir dans ce genre deux espèces +dont l’une, orientale, habite la plaine tandis que l’autre, +occidentale, habite le sommet des montagnes de notre région. + +=A. valentinus= L. _Sp. pl._ 892 (1753). + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa, versant S.-E., clairière à mi-côte, +alt. ca. 1800 m. 19 mai (n. 398). + + ACHILLEA L. + +=A. odorata= L. _Syst._ ed. X. 1225 = _A. microphylla_ Willd. _Sp. pl._ +III, 2210. + +Hab. : Oran, ravin d’Aïn Aïssa à 50 km. d’Aïn Sefra, en +grosses touffes au bord de l’oued, alt. ca. 1400 m. 20 mai (n. 322). + +_Obs._ — Cette espèce était là avec d’autres descendues du +sommet en suivant le bord de la rivière. Il est vrai que nous ne +l’avons pas revue plus haut, mais M. Battandier la signale au sommet +du Djebel Mzi, c’est-à-dire à près de 2000 m. + + CLADANTHUS Cass. + +=C. arabicus= Cass. in _Bull. soc. philom._ 199 (1816) ; +id. _Dict. sc. nat._ IX, 342 ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 450 = +_Anthemis arabica_ L. _Sp. pl._ 896 (1753). + +Hab. : Oran, rochers arides au N. de Mograr Foukani, alt. ca. 950 +m. 4 juin (n. 639). + + CHRYSANTHEMUM L. + +=C. macrotum= (e sect. _Coleostephus_) Ball _Spic._ in +_Journ. linn. Soc._ XVI, 509 (1878) ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 463 = +_Coleostephus macrotus_ Dur. in Duchartre _Rev. bot._ I, 363 (1845-46) += _Myconia macrotus_ Sch. Bip in Walp. _Ann._ I, 421 (1848-49) = +_Glossopappus chrysanthemoides_ Kunze in _Flora_ XXIX, 748 (1846). + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa, versant N. au-delà du télégraphe optique +sur les pentes herbeuses, alt. ca. 1700 m. 2 juin (n. 589) ; id. vallon +au pied du Djebel Morghad, près de l’oued sec, alt. ca. 1200 m. 26 +mai (n. 466) ; id. ravin d’Aïn Aïssa, alt. ca. 1400 m. 20 mai +(n. 321). + +=C. Myconis= (e sect. _Coleostephus_) L. _Sp. pl._ ed. II, 1254 = +_Coleostephus Myconis_ Cass. in _Dict. sc. nat._ XII, 43. + +Hab. : Environs d’Alger, pointe Pescade, 5 mai (n. 73). + +=C. Maresii= (e sect. _Pyrethrum_) Ball in _Journ. Bot._ XI, 366 +(1873) ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 466 = _Pyrethrum Maresii_ Coss. in +Bourgeau _Pl. Alg. exsicc._ n. 198 (1856) ; in _Bull. soc. bot. Fr._ +IV, 17 (1857). + +Hab. : Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra, terrain rocheux commun de +1600 à 2000 m. 16 mai (n. 205) ; id. Djebel Aïssa, versant S.-E., +rochers herbeux et buissonneux, alt. ca. 1750 m. 19 mai (n. 344). + +=C. Gayanum= (e sect. _Pyrethrum_) Ball _Spic._ in _Journ. linn. Soc._ +XVI, 509 (1878) ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 466 = _Pyrethrum Gayanum_ +Coss. et Dur. in Bourgeau _Pl. Alg. exsicc._ n. 226 (1856) ; et +in _Bull. soc. bot. Fr._ IV, 15 (1857) = _C. Mawii_ Hook. fil. in +_Bot. Mag._ t. 5997 (1872). + +Hab. : Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra, répandu depuis 1500 à 1900 +m. 16 mai (n. 204) ; id. Djebel Aïssa, versant S.-E., dans la forêt +de pins, alt. ca. 1780 m. 19 mai (n. 351). + +_Obs._ — _C. Mawii_ est seulement le plus ancien nom binaire. + + ARTEMISIA L. + +=A. Herba-alba= (e sect. _Seriphidium_) Asso _Syn. Arag._ 117. + +Hab. : Oran, pentes herbeuses N. du Djebel Aïssa, alt. ca. 1500 m. 2 +juin (n. 571), et un peu partout dans les régions limoneuses. + +Var. =oranensis= Debeaux _Assoc. fr., Congrès d’Oran_ 307 (1888). + +Hab. : Oran, Djebel Mekter, versant N., pentes herbeuses au delà du +télégraphe optique, alt. ca. 1300 m. 5 juin (n. 676). + +=A. arborescens= L. _Sp. pl._ ed. II, 1188. + +Hab. : Environs d’Alger, Bouzarea, 4 mai (n. 58). + + SENECIO L. + +=S. leucanthemifolius= Poiret _Voy. Barb._ II, 238 (1789) = +_S. humilis_ Desf. _Fl. atl._ II, 271, t. 233 (1800). + +Var. =leucanthemifolius= Batt. in Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 472. + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa, versant S.-E., rochers herbeux et +buissonneux, alt. ca. 1850 m. 19 mai (n. 369), c’est la forme type. + +Var. =humilis= Batt. l.c. = _S. humilis_ Desf. sensu stricto ; +Murb. _Contrib._ I, 101 (pro subsp.). + +Hab. : Environs d’Alger, Fort de l’Eau, dans le gazon du bord de +la mer, 2 mai (n. 19). + +=S. coronopifolius= Desf. _Fl. atl._ II, 273 var. =genuinus= Hochr. + +Hab. : Oran, environs d’Aïn Sefra, dans le sable de la dune, +alt. ca. 1050 m. 14 mai (n. 200). + +Var. =oasicola= Hochr., var. nov. — A typo differt habitu +majore, caulibus elongatioribus, ramosioribus, crassioribus, foliis +angustioribus, lobulis rarioribus et brevioribus, foliis inferioribus +fere integris linearibus, capitulis majoribus, ligulis majoribus +et numerosioribus. + +Planta ca. 1 m. alta, ramosa ; caules ad 3-4 mm. crassi ; capit. discus +ad 1,2 cm. in diam. latus ; ligulæ ca. 1 cm. longæ, ita ut capitula +maxima plus quam 3 cm. in diam. metiant. + +Hab. : Oran, dans les jardins du Ksar d’Aïn Sefra, sur le sable +humide, alt. ca. 1080 m. 30 mai (n. 545). + +_Obs._ — C’est une forme très exubérante du _S. coronopifolius_, +mais qui en diffère autant, si ce n’est plus, que la +var. _subdentatus_ Boiss. _Fl. or._ I, 390. Notre plante diffère +en outre de cette dernière par sa taille très élevée et ses gros +capitules. Elle constitue évidemment une des nombreuses adaptations +de plantes du bled au climat des oasis. + + CALENDULA L. + +=C. ægyptiaca= Pers. _Synops._ II, 492 (1807) ; Murb. _Contr._ +I, 101 = _C. platycarpa_ Coss. in _Bull. soc. bot. Fr._ III, 564 +(nomen nudum) = _C. stellata_ var. _hymenocarpa_ Coss. l.c. IV, +282 etc. (Voy. Murbeck l.c.). + +Hab. : Oran, pentes rocailleuses en montant au télégraphe optique +du Djebel Aïssa, alt. ca. 1400 m. 2 juin (n. 569) ; id. Duveyrier, +sommet du Ras ed Dib, dans les fentes de rochers, alt. ca. 950 m. 4 +juin (n. 631) ; id. Aïn el Hadjar près Saïda au N. des hauts +plateaux, sur la voie ferrée, alt. ca. 1000 m. 11 mai (n. 145) ; +id. Tircount, point d’eau dans le Faidjet el Betoum, sable humide +sous les lauriers roses, alt. ca. 1200 m. 26 mai (n. 448). + +_Obs._ — Les n. 569 et 631 ont des akènes ailés et un rostre +court, le n. 145 a des akènes aptères mais un rostre plus long et +le n. 448 est une forme très haute à feuilles et à fleurs très +grandes, comme toutes les plantes oasicoles. Toutefois vu l’extrême +variabilité de cette plante, nous ne saurions en faire une variété +du n. 448. Nous avons vu en effet des spécimens cultivés dans le +jardin de Boissier et présentant un port analogue. + + ECHINOPS L. + +=E. spinosus= L. _Mant._ I, 119 = _E. Bovei_ Boiss. _Diagn._ ser. I, +VI, 99. + +Hab. : Oran, dune près du Ksar d’Aïn Sefra, alt. ca. 1050 m. 30 +mai (n. 531), très commun dans la région. + +_Obs._ — C’est bien le type qui habite surtout l’Egypte ; +l’_E. Bovei_ est une forme à feuilles un peu plus larges. + + XERANTHEMUM L. + +=X. inapertum= Willd. _Sp. pl._ III, 1902 (1801) = _X. annuum_ β +_inapertum_ L. _Sp. pl._ ed. II, 1201 (1763) = _X. erectum_ Presl +_Del. Prag._ 106 (1822) ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 484. + +Hab. : Oran, dans les rochers du vieux Saïda, alt. ca. 900 m. 10 mai +(n. 122) ; id. Tafaroua, station du chemin de fer dans la partie N. des +hauts plateaux, alt. ca. 1100 m. 11 mai (n. 157) ; id. Ras Chergui +sur Aïn Sefra, sous les buissons, entre 1600 et 2000 m. d’alt. 16 +mai (n. 246) ; id. Djebel Aïssa, versant S.-E., rochers herbeux et +buissonneux, alt. ca. 1750 m. 19 mai (n. 341). + +_Obs._ — Il est très intéressant de remarquer la différence +considérable qu’il y a entre la plante de Saïda et celle des +montagnes de l’extrême Sud. La première est subacaule quoique +polycéphale et haute de 4 à 7 cm. ; la seconde est caulescente, +ramifiée mono- ou polycéphale et atteint 30 cm. de hauteur. D’autre +part, on peut remarquer que plus on descend vers le Nord et plus la +plante devient courte, car le spécimen de Tafaroua (n. 157) tient +le milieu entre les n. 122 de Saïda et 246 et 341 provenant de 1900 +à 2000 m. d’alt. C’est en somme exactement l’inverse de ce qui +se produit pour nos plantes alpines qui se raccourcissent d’autant +plus qu’elles croissent à de plus hautes altitudes. Voici comment +nous nous expliquons ce phénomène car le nanisme xérophytique doit +être exclu. Ces plantes deviennent gazonnantes pour se protéger du +froid des nuits ; elles s’appliquent contre le sol pour échapper +au rayonnement nocturne très intense. Or la partie septentrionale +des hauts plateaux est incontestablement plus froide que la partie +méridionale et, en outre, dans les montagnes du Djebel Amour, +ces plantes trouvent des expositions plus abritées que sur une +plaine dépourvues d’arbres. (V. à ce sujet ma communication sur +la dune d’Aïn Sefra in _Comptes rendus de l’Acad. des Sc. de +Paris_ 1903 l.c.). Enfin, dans le Sud, ces plantes, pour trouver +une humidité suffisante, sont forcées de se réfugier sur les +sommets, où elles croissent à l’ombre des chênes-verts et des +genévriers. Ces derniers font donc aussi office d’écrans nocturnes +et l’espèce y présente son port élancé habituel. Dans ce dernier +cas l’étiolement pourrait aussi jouer un rôle. + + CARLINA L. + +=C. corymbosa= L. _Sp. pl._ 828 (1753). + +Var. =libanotica= Boiss. _Fl. or._ III, 450 (1875) = _C. libanotica_ +Boiss. _Diagn._ ser. 1, X, 95. + +Hab. : Oran, Duveyrier, pentes d’éboulis du Ras ed Dib, alt. ca. 850 +m. 4 juin (n. 627) ; id. rochers arides au N. de l’oasis de Mograr +Foukani, alt. ca. 950 m. 4 juin (n. 643). + +_Obs._ — Cette espèce est d’un polymorphisme vraiment +extraordinaire et notre plante se rapproche évidemment le plus +de la var. de Boissier, laquelle n’avait pas été signalée +en Algérie. Ce n’est assurément pas la var. _brachylepis_ de +Battandier, car on y chercherait en vain des écailles obtuses et +tachées de noir. + + ATRACTYLIS L. + +=A. cæspitosa= Desf. _Fl. atl._ II, 254, t. 225. + +Hab. : Oran, ravin d’Aïn Aïssa, en grosses pelotes dans les rochers +très secs, alt. ca. 1500 m. 20 mai (n. 324) ; id. rocailles près +du télégraphe optique du Djebel Aïssa, alt. ca. 1680 m. 2 juin +(n. 576), et très commun dans les stations analogues et élevées +de la région. + +=A. prolifera= Boiss. _Diagn._ ser. 1, X, 96 ; id. _Fl. or._ I, 452. + +Hab. : Oran, dans la plaine près d’Aïn Sefra, croissant dans +le sable entre les grosses touffes de végétation du steppe, +alt. ca. 1100, 24 mai (n. 410) ; id. steppe rocailleux au pied du +Djebel Aïssa, alt. ca. 1080 m. 2 juin (n. 568), et très répandu +dans la plaine. + +=A. cancellata= L. _Sp. pl._ 830 (1753) ; Boiss. _Fl. or._ III, 452. + +Hab. : Oran, dans la plaine près d’Aïn Sefra, alt. ca. 1050 m. 18 +mai (n. 283) ; id. steppe rocailleux près d’Aïn Sefra, au pied du +Djebel Aïssa, alt. ca. 1080 m. 2 juin (n. 567), et remontant encore +sur les pentes rocailleuses. + +_Obs._ — Commun dans la plaine avec l’espèce précédente. + +=A. serratuloides= Sieb. ap. Cass. in _Dict. sc. nat._ L, 58 +(1826-34) ; Boiss. _Fl. or._ III, 453 = _A. microcephala_ Coss. et +Dur. ap. Kralik _Pl. tunet. exsicc._ n. 374 (1854). + +Hab. : Oran, rochers arides au N. de l’oasis de Mograr Foukani, +alt. ca. 950 m. 4 juin (n. 635). + +=A. flava= Desf. _Fl. atl._ II, 254, (1800). + +Var. =citrina= Hochr. = _A. citrina_ Coss. et Kral. in +Schmitt. _Fragm. Fl. Alg. exsicc._ n. 148 (1856) ; id. in +_Bull. soc. bot. Fr._ IV, 361 (1857) = _A. flava_ var. _glabrescens_ +Boiss. _Fl. or._ III, 452 (1875) ; Aschers. et Schweinfurth +_Ill. Fl. Eg._ in _Mem. inst. ég._ II, 93 (1887). + +Hab. : Oran, Aïn Sefra, dune près du Ksar, alt. ca. 1050 m. 30 mai +(n. 538). + +=A. Babelii=[53] Hochr. sp. nov. — Planta annua, acaulis, +villosissima, radix simplex tenuis sed longa. Caulis brevis, dense +foliosus, folia sessilia, lanceolata, spinescentia, supra ut subtus +dense pilosa, sed non arachnoidea. Capitulum multiflorum unicum, +foliis mutatis cinctum, eadem folia profunde lyrato-lobata, rache +lineare, _dorso parte medio viscoso-glanduloso_ lobis spinescentibus, +linearibus, pilosis, ita approximatis et rachi perpendicularibus +ut scalam æmulent. Involucri bracteæ capitulo æquilongæ +exter. late, inter. angustissime lanceolatæ, virides apice pilosæ, +longe acuminato-mucronatæ, mucrone apice brunneo. Flores sulfurei, +exter. ligulati inter. tubulosi. Achænia pilis longis, _crispulis_, +lanuginosis, argenteis vestita. Pappus multiradiatus ; radii plumosi +infima basi solum coaliti, argentei, floribus fere æquilongi. + +Caulis (vel melius planta) 4-6 cm. alta ; folia 3-5 cm. longa et spinis +neglectis 0,7-1 cm. lata ; folia bracteiformia 2,5-3 cm. longa, rachis +0,2-0,3 cm. lata, lobi 0,5-0,8 cm. longi et basi ca. 0,075 cm. lati ; +involucri bracteæ mucrone neglecto 1 × 0.5 — 1,5 × 0,1 cm. longæ +et latæ ; mucro setaceus, brunneus ca. 0,5 cm. longus. Corollæ +tubus ca. 1 cm. longus, ligulæ 0,3-0,6 cm. longæ. Achænium +ca. 0,5 cm. longum, achæniorum villi ad 0,7 cm. longi ; pappus ca. 1 +cm. longus. Capitulum 1,7-2 cm. longum et 0,8-1,2 cm. in diam. latum, +ligulis neglectis. + +Hab. : Oran, Duveyrier, pentes d’éboulis du Raz ed Dib, alt. ca. 850 +m. 4 juin (n. 628). + +_Obs._ — Cette fort jolie espèce est extrêmement +caractéristique. Il est incontestable qu’elle ressemble le plus +à l’_A. flava_, mais elle s’en distingue à première vue, +par son port acaule et monocéphale, par son indument, par la forme +très curieuse des feuilles entourant immédiatement le capitule et +ressemblant à une échelle à un seul montant, par la zone visqueuse +glanduleuse occupant la partie moyenne et dorsale de ces feuilles, +et enfin par les poils de l’akène qui sont très élégamment +crépelés, soyeux et d’un blanc d’argent, alors qu’ils sont un +peu brunâtres et absolument droits chez l’_A. flava_. Ce dernier +n’a pas des feuilles bractéales de la même forme et ces feuilles +ne sont jamais glanduleuses sur le dos. + + JURINEA Cass. + +=J. humilis= DC. _Prod._ VI, 677 (1837) = _Serratula humilis_ +Desf. _Fl. atl._ II, 244, t. 220 (1800) = _Serratula mollis_ Cav. _Ic._ +I, t. 90, f. 1 (1791) [non = _J. mollis_ Reich. = _Carduus mollis_ +L.] = _J. Bocconi_ Guss. _Fl. Sic. Syn._ II, 448 (1844) = _Serratula +Bocconi_ Guss. _Ind. Sem. h. Boccad._ (1825). + +Hab. : Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra, rochers du sommet, +alt. ca. 2000 m. 16 mai (n. 253), et un peu partout à cette altitude. + +On admet que le _Carduus mollis_ Gouan _Illustr._ 63 est synonyme +du _Jur. humilis_ (V. _Ind. Kew._ 425). Cela nous paraît au moins +douteux, car la planche de Clusius sur laquelle se base Gouan ne +ressemble en rien à notre plante. + + CARDUUS L. + +=C. pteracanthus= Dur. in Duchartre _Rev. bot._ I, 361 (1845-46). + +Hab. : Oran, rochers du vieux Saïda, alt. ca. 930 m. 10 mai (n. 118). + + ONOPORDON L. + +=O. arenarium= Pomel _Nouv. mat._ 20 (1874) ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ +I, 520 ; Bonn. et Barr. _Cat. Tun._ 241 = _O. Sibthorpianum_ Boiss. et +Held. ex Boiss. _Fl. or._ I, 561 (1875) = _Carduus arenarius_ +Desf. _Fl. atl._ II, 247 (1800). + +Hab. : Oran, Aïn Sefra, un peu partout dans le sable, alt. ca. 1050 +m. 30 mai (n. 525). + +_Obs._ — Les Arabes de la région appellent cette plante le _hakka_ +et ils s’en servent pour faire du fromage. Ils arrachent les +fleurs, les mâchent et les crachent ensuite dans le lait pour le +faire cailler. + + CRUPINA Cass. + +=C. vulgaris= Cass. _Dict._ XLV, 39 = _Centaurea Crupina_ L. _Sp. pl._ +909 (1753). + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa, rochers herbeux du versant N. au delà +du télégraphe optique, alt. ca. 1700 m. 2 juin (n. 592). + + CENTAUREA L. + +=C. pullata= (e sect. _Melanoloma_) L. _Sp. pl._ 911 (1753). + +Hab. : Oran, Saïda, près de l’oued, alt. ca. 850 m. 10 mai (n. 91). + +=C. Battandieri= (e sect. _Acrocentron_) Hochr., nom. nov. = +_C. Cossoniana_ Batt. in _Bull. soc. bot. Fr._ XXXV, 341 (1888) ; +Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 497 [non Ball in _Journ. Bot._ 369 (1873) ; +_Spic._ in _Journ. Lin. soc. Lond._ XVI, 527 (1878)]. + +Hab. : Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra, dans les rocailles à +mi-côte, alt. ca. 1650 m. 16 mai (n. 271). + +=C. acaulis= (e sect. _Acrocentron_) L. _Sp. pl._ 914 (1753) ; +Desf. _Fl. atl._ II, 302, t. 243. + +Hab. : Oran, Aïn el Hadjar, près Saïda, sur la voie du chemin de +fer, alt. ca. 950 m. 11 mai (n. 187). + +_Obs._ — Comme l’indiquent Bonn. et Barr. _Cat. Tun._ 246, les +Arabes tirent de la racine une matière colorante jaune. + +=C. incana= (e sect. _Acrocentron_) Desf. _Fl. atl._ II, 301 (1800) +[non Lag. nec Ten.] = _C. pubescens_ Willd. _Sp. pl._ III, 2322 +(1801) ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 497. + +Var. =saharæ= Hochr. comb. nov. = _E. pubescens_ var. _saharæ_ +Batt. et Tr. l.c. = _C. saharæ_ Pomel _Nouv. mat._ 30 (1874). + +Hab. : Ras Chergui sur Aïn Sefra, au pied de la montagne, +alt. ca. 1200 m. 16 mai (n. 275). + +Var. =monocephala= Hochr., var. nov. — A typo differt caulibus +simplicibus non ramosis, capitulo unico terminali ; caudice apice, +inter petiolos foliorum radicalium, glabro. + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa, steppe d’alfa sur l’arête au delà +du télégraphe optique, alt. ca. 1800 m. 2 juin (n. 597). + +_Obs._ — Le nom de Desfontaines doit primer, parce qu’il est +antérieur puisqu’il est cité par Willdenow. + +=C. eriophora= (e. sect. _Mesocentron_) L. _Sp. pl._ 916 (1753). + +Hab. : Oran, prairie rocheuse près du vieux Saïda, alt. ca. 900 +m. 10 mai (n. 117). + +=C. maroccana= (e sect. _Mesocentron_) Ball in _Journ. Bot._ +370 (1873) ; id. _Spic._ in _Journ. linn. Soc._ XVI, 530 (1878) += _C. pterodonta_ Pomel _Nouv. mat._ p. 28 (1874) ; Batt. et +Tr. _Fl. Alg._ I, 499. + +Hab. : Oran, rochers arides au N. de l’oasis de Mograr Foukani, +alt. ca. 950 m. 4 juin (n. 636) a été aussi récolté à El Kantara +(Sahari) 3° 21′ long E. par E. G. Paris _Iter bor. Afric._ n. 466. + +=C. melitensis= (e sect. _Mesocentron_) L. _Sp. pl._ 917 (1753) = +_C. apula_ Lam. _Encycl._ I, 674. + +Hab. : Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra, au pied de la montagne, +près de la dune, alt. ca. 1150 m. 16 mai (n. 264). + +=C. Calcitrapa= (e sect. _Calcitrapa_) L. _Sp. pl._ 917 (1753). + +Hab. : Oran, Saïda, rives de l’oued, alt. ca. 850 m. 10 mai (n. 92). + +=C. algeriensis= (e sect. _Calcitrapa_ sed aff. sect. _Seridia_ fide +Coss.) Coss. et Dur. _Notes pl. crit._ p. 136 (inter 1851 et 1852). + +Hab. : Oran, prairie rocheuse près du vieux Saïda, alt. ca. 900 +m. 10 mai (n. 97). + +=C. dimorpha= (e sect. _Seridia_) Viv. _Fl. lyb. spec._ 58, t. 24 f. 3 +(1824) ; Boiss. _Fl. or._ III, 692 ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 504 ; +Bonn. et Barr. _Cat. Tun._ 243. + +Var. =lævibracteata= Hochr., var. nov. — A typo differt caudice +plerumque caulem unicum gerente, caule elongato ± ramoso et præcipue +involucro capitulorum juniorum quoque, glaberrimo nec arachnoideo. + +Hab. : Oran, Aïn Sefra, dans le sable, alt. ca. 1050 m. 30 mai +(n. 524). + +_Obs._ — Viviani a appelé son espèce _bimorpha_, ce que les auteurs +subséquents ont changé correctement en _C. dimorpha_. Mais il n’y +a pas là deux espèces comme paraît l’indiquer l’_Ind. Kew._ + +=C. crupinoides= (e sect. _Amberboa_) Desf. _Fl. atl._ II, 293 = +_Amberboa crupinoides_ DC. _Prod._ VI, 559 ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ +I, 506. = _Volutarella bicolor_ Cass. in _Dict. sc. nat._ L., 250. + +Hab. : Oran, Aïn el Hadjej, station au S.-E. d’Aïn Sefra, steppe +pierreux, alt. ca. 1000 m. 4 juin (n. 609). + + CARTHAMUS L. + +=C. calvus= Batt. et Tr. in _Bull. assoc. fr. avanc. sc._ 489 +(1889) ; _Fl. Alg._ I, 510 (1890) = _Carduncellus calvus_ Boiss. et +Reut. _Pugill._ 64. + +Hab. : Oran, Saïda, prairie, alt. ca. 850 m. 10 mai (n. 137). + +_Obs._ — Les soies du pappus sont simples, c’est pourquoi nous +classons cette espèce dans ce genre et non parmi les _Carduncellus_ +qui ont des soies plumeuses. + + CARDUNCELLUS Juss. + +=C. Duvauxii= Batt. in _Bull. soc. bot. Fr._ XXXV, 341 et 390 (1888) ; +id. _Fl. Alg._ I, 515. + +Hab. : Oran, rochers arides au N. de l’oasis de Mograr Foukani, +alt. ca. 1000 m. 5 juin (n. 661). + +_Obs._ — M. Battandier a découvert cette espèce au col de Founassa +mais elle avait été déjà distribuée dans l’exsicc. de Bourgeau +_Pl. d’Alg._ n. 67 (1856) sous le nom de _C. atractyloides_. En tous +cas l’échantillon de l’Hb. Boiss. appartient à l’espèce de +M. Battandier. + + WARIONIA Benth. et Coss. + +=W. saharæ= Benth. et Coss. in _Bull. soc. bot. Fr._ XIX, 165 (1872). + +Hab. : Oran, Duveyrier, dans les fentes de rochers au sommet du Ras ed +Dib, alt. ca. 950 m. 4 juin (n. 632), et retrouvée dans les rochers +arides au N. de l’oasis de Mograr Foukani. + +_Obs._ — Ce genre monotype n’a été vu que dans cette région +où il semble assez rare. Comme il est fort peu connu, il est bon de +faire, d’après la photographie que nous avons rapportée, quelques +rectifications à la description de Cosson. + +Ce végétal est un fort bel arbuste de 1,5 à 3 m. de haut, fortement +ramifié dès la base et dont les feuilles, d’un beau vert, tranchent +sur l’écorce qui est d’un blanc d’argent. Les branches sont +épaisses, surtout à leur partie inférieure, mais elles sont +extrêmement légères et fragiles à cause du grand développement +de la moelle et du liège. La plante répand une odeur _sui generis_ +et renferme en petite quantité un suc laiteux, elle est connue des +indigènes qui l’utilisent, mais je n’ai pu savoir pourquoi. + + CATANANCHE L. + +=C. cœrulea= L. _Sp. pl._ 812 (1753). + +Hab. : Oran, rochers du vieux Saïda, alt. ca. 950 m. 10 mai (n. 123). + +Var. =propinqua= Hochr. = _C. propinqua_ Pomel _Nouv. mat._ 19 (1874) += _C. cærulea_ var. _tenuis_ Ball _Spic._ in _Journ. linn. Soc._ +XVI, 533 (1878). + +Hab. : Oran, vallon au pied du Djebel Morghad, dans le steppe d’alfa, +alt. ca. 1200 m. 24 mai (n. 462). + +_Obs._ — Le nom de Pomel étant antérieur de 4 ans à celui de +Ball nous paraît devoir être conservé. + + KŒLPINIA Pallas + +=K. linearis= Pallas _Reise_ III, 755 ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 533. + +Hab. : Oran, El Archaïa près Méichéria, dans le sable, +alt. ca. 1200 m. 11 mai (n. 181). + + RHAGADIOLUS Juss. + +=R. stellatus= Gärtn. _Fruct._ II, 354 (1791) ; Willd. _Sp. pl._ +III, 1625 (1801) ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 532. + +Hab. : Oran, Aïn el Hadjar près Saïda, sur la voie ferrée, +alt. ca. 1000 m. 11 mai (n. 146). + + HEDYPNOIS Schreb. + +=H. cretica= Willd. _Sp. pl._ III, 1617 (1800) = _Hyoseris cretica_ +L. _Sp. pl._ 810 (1753) = _H. polymorpha_ DC. _Prod._ VII, 81 (1839). + +Hab. : Environs d’Alger, Fort de l’Eau, rochers au bord de la mer, +2 mai (n. 86), forme _pendula_ de Batt. _Fl. Alg._ I, 531 ; environs +d’Alger, Pointe Pescade, 5 mai (n. 69) ; Oran, Aïn Aïssa près +Aïn Sefra, sur l’emplacement du sanatorium, alt. ca. 1600 m. 19 mai +(n. 335), plante très courte et très velue, à poils glochidiés ; +Oran, steppe rocheux près d’Aïn Sefra, au pied du Djebel Aïssa, +alt. ca. 1080 m. 2 juin (n. 566), à feuilles sinuées pennatifides. + +Var. =oasicola= Hochr., var. nov. — A typo differt statura maxima, +caulibus elongatis erectis, foliis maximis parcissime ciliatis ; +radice tenuissima. Involucri bracteæ hispidæ. + +Radix ca. 2 cm. longa ; planta fere 40 cm. alta ; folia infer. 7-10 +cm. longa 1-1,5 lata, suprema 3-4 cm. longa et 0,3-0,6 cm. lata ; +pedunculi nudi, glabri 8-12 cm. longi et ad 2,5-3 mm. crassi. + +Hab. : Oran, Tircount, point d’eau dans le Faidjet el Betoum, +sable humide sous les lauriers roses, alt. ca. 1200 m. 26 mai (n. 450). + +_Obs._ — C’est évidemment là une des innombrables formes de +l’_Hedypnois_ mais sa stature vraiment extraordinaire et son port +si absolument différent nous ont induit à la distinguer comme +variété. Peut-être n’est-ce qu’une simple variation stationelle. + + HYPOCHÆRIS L. + +=H. ætnensis= (e sect. _Seriola_) Ball _Spic._ in _Journ. linn. Soc._ +XVI, 542 (1878) = _Seriola ætnensis_ L. _Sp. pl._ ed. II, 1139 ; +Benth. et Hook. _Gen._ II, 520 ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 537. + +Hab. : Environs d’Alger, Bouzarea, rochers, 4 mai (n. 53) ; +id. Pointe Pescade, ravin, 5 mai (n. 77). + + UROSPERMUM Scop. + +=U. Dalechampii= F. W. Schmidt _Samml. phys. Aufs._ I, 276 (1795) = +_Tragopogon Dalechampii_ L. _Sp. pl._ 790 (1753). + +Hab. : Environs d’Alger, Bouzarea, brousse, 4 mai (n. 43). + +=U. picroides= F. W. Schmidt l.c. = _Tragopogon picroides_ L. l.c. + +Hab. : Environs d’Alger, Bouzarea, rochers, 4 mai (n. 51). + + LEONTODON L. + +=L. Salzmanni= (e sect. _Kalbfussia_[54]) Ball _Spic._ +in. _Journ. linn. Soc._ XVI, 545 (1878) = _Kalbfussia Salzmanni_ +Schultz Bip. in _Flora_ XVI, 724 (1833) = _Apargia verna_ Salzm. in +Delile _Ind. Sem. hort. Monsp._ (1836). + +Var. =Muelleri= Ball l.c. = _K. Muelleri_ Schultz. l.c. + +Hab. : Oran, El Beida, entre Saïda et le Kreider, dans le gravier +de la voie ferrée, alt. ca. 1060 m. 11 mai (n. 161). + +_Obs._ — Nous pensons, avec Ball, que ces deux plantes peuvent être +considérées comme variétés d’une même espèce. Remarquons en +outre combien il est anormal d’accoler le nom du sous-genre au +nom de l’espèce comme le font Batt. et Tr. l.c. qui appellent +_K. Muelleri_ une espèce rangée par eux-mêmes dans le genre +_Leontodon_. Il en est de même pour les _Picris_. Cet arrangement +est absolument contraire à la méthode linnéenne. + + PICRIS L. + +=P. saharæ= (e sect. _Spitzelia_) Hochr., comb. nov. = _Spitzelia +saharæ_ Coss. in _Bull. soc. bot. Fr._ IV, 369 et 397 (1857) ; +Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 543 = _S. lyrata_ Coss. et Dur. non +Schultz. Bip. + +Hab. : Oran, dans le sable, près de la voie ferrée à env. 10 +km. d’Aïn Sefra, alt. ca. 1150 m. 2 mai (n. 415) ; id. Duveyrier, +sommet du Raz ed Dib, dans les pierres, alt. ca. 950 m. 4 juin +(n. 626). + +Var. =oranensis= Hochr., var. nov. — A typo differt caulibus +elongatis, foliatis, erectis, parte superiore paulo ramosis ; foliis +maximis fere integris, infer. vix rosulatis ; floribus maximis +sulfureis. Caules 12-27 cm. longi ; folia ad 10 cm. longa et 1,2 +cm. lata ; capitula ad 3 cm. in diam. lata. + +Hab. : Oran, Aïn Sefra, pierres sculptées préhistoriques dans la +plaine rocheuse, alt. ca. 1050 m. 18 mai (n. 282). + +_Obs._ — Notre n. 415 est évidemment la plante appelée _S. getula_ +par Pomel (_Nouv. mat._ p. 267). Nous ne saurions la distinguer du +type, même comme variété, car alors notre variété _oranensis_ +devrait être considérée, toutes proportions gardées, comme une +espèce de premier ordre. Or ce n’est pas le cas, cette dernière +constitue bien plutôt une modification curieuse du _P. saharæ_ +dont elle a l’indument, les bractées involucrales et tous les +détails du fruit. Cependant son port, ressemblant beaucoup à celui +de l’_Hagioseris galilæa_ type, de Boissier, ferait croire au +premier abord à une espèce très distincte. + +=P. cupuligera= (e. sect. _Spitzelia_) Walp. _Ann._ I, 461 (1848-49) += _Spitzelia cupuligera_ Dur. in Duch. _Rev. bot._ II, 431 (1846) += _P. pilosa_ Ball _Spic._ in _Journ. linn. Soc._ XVI, 536 (1878) +[non Delile (1813)]. + +Hab. : Oran, prairie rocheuse près du vieux Saïda, alt. ca. 900 +m. 10 mai (n. 134) ; id. Bou-Ktoub, près du Kreider, dans le sable, +alt. ca. 950 m. 11 mai (n. 173). + +_Obs._ — Nous croyons, avec Battandier, qu’il n’est pas possible +d’identifier notre plante avec le _P. pilosa_ de Delile, dont la +planche représente les akènes extérieurs pourvus d’un pappus +fimbrié et non cupuliforme. + + SCORZONERA L. + +=S. laciniata= L. _Sp. pl._ 791 (1753). + +Hab. : Oran, Aïn Aïssa, près d’Aïn Sefra, dans la petite prairie +sèche où était le sanatorium, alt. ca. 1600 m. 19 mai (n. 334). + +_Obs._ — C’est une forme acaule, décombante et très courte de +cette espèce si polymorphe. + +=S. undulata= Vahl _Symb._ II, 86 ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 548. + +Var. =alexandrina= Bonn. et Barr. _Cat. Tun._ 262 (1896) ; +Murb. _Contr._ I, 111 = _S. alexandrina_ Boiss. _Fl. or._ III, 760 +(1875). + +Hab. : Oran, près Tiloula, dans la plaine d’alfa, alt. ca. 1200 +m. 18 mai (n. 316). + + ANDRYALA L. + +=A. integrifolia= L. _Sp. pl._ 808 (1753). + +Var. =integrifolia= Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 567 (1890). + +Hab. : Environs d’Alger, Fort de l’Eau, au bord de la mer 2 mai +(n. 81). + +=A. Chevalieri= Barr. ap. Cheval. _Notes sur la Fl. du Sahara_ in +_Mém. Hb. Boiss._ VII, 10 (1900). + +Hab. : Oran, Aïn Sefra, dans le sable mouvant de la dune, près du +Ksar, alt. ca. 1080 m. 30 mai (n. 543). + + LAUNÆA Cass. + +=L. resedifolia= O. Kuntz. ex Hoffm. in Engler u. Pr. _Nat. Pfl. fam._ +IV, 5, 370 = _Zollikoferia resedifolia_ Coss. _Not. Crit._ 120 = +_Scorzonera resedifolia_ L. _Sp. pl._ 1198 = _Zoll. chondrilloides_ +DC. _Prod._ VII, 183 = _Z. chondrilloides_ Hook. _Fl. brit. Ind._ +III, 415. + +Var. =viminea= Hochr., comb. nov. = _Zollikoferia resedifolia_ +var. _viminea_ Lange _Pugill._ 149. + +Hab. : Oran, le Kreider, dans le sable, alt. ca. 950 m. 11 mai, +(n. 158) ; id. près d’Aïn Sefra, en touffes dans le sable, +près de la voie ferrée, alt. ca. 1150 m. 24 mai (n. 417) ; id. Aïn +Sefra près du Ksar, sur la limite de la dune au pied des peupliers, +alt. ca. 1050 m. 30 mai (n. 529) _forma elongata_. + +=L. spinosa= Sch. Bip. in Webb _Phyt. canar._ II, 428 = _Prenanthes +spinosa_ Forsk. _Fl. æg-arab._ 144 = _Zollikoferia spinosa_ +Boiss. _Fl. or._ III, 826. + +Hab. : Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra, formant de grosses touffes +dans les fentes de rochers, alt. ca. 1500 m. 16 mai (n. 206). + + SONCHUS L. + +=S. oleraceus= L. _Sp. pl._ 794 (1753). + +Hab. : Oran, Saïda, dans une haie au bord de la route, alt. ca. 850 +m. 10 mai (n. 102). + +=S. asper= Hill. _Herb. brit._ I, 47 (1769) ; Vill. _Hist. Pl. Dauph._ +III, 158 (1789) ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 555. + +Hab. : Oran, Aïn Aïssa, terrain marécageux près de la source, +alt. ca. 1600 m. 20 mai (n. 337). + +=S. tenerrimus= L. _Sp. pl._ 794 (1753). + +Var. =glandulosus= Lange _Ind. Sem. hort. hafn._ 19 (1853) ; +id. _Pugill._ 150. + +Hab. : Environs d’Alger, Bouzarea, 4 mai (n. 49). + +Var. =lævigatus= Lange _Pugill._ p. 150 (1860-65). + +Hab. : Environs d’Alger, Pointe Pescade, 5 mai (n. 68). + +_Obs._ — Cette espèce semble absolument inconstante au point de +vue de la durée, elle est indifféremment annuelle ou vivace. + +=S. maritimus= L. _Syst._ ed. X, 1192. + +Hab. : Oran, Aïn Sefra, jardins du Ksar, alt. ca. 1050 m. 30 mai +(n. 542). + + LACTUCA L. + +=L. viminea= (e sect. _Phœnixopus_) J. et K. Presl. _Fl. cech._ +160 (1819) ; Link _Enum._ II, 281 (1822) = _Prenanthes viminea_ +L. _Sp. pl._ 797 (1753). + +Hab. : Oran, rochers herbeux sur le versant N. du Djebel Aïssa, +au delà du télégraphe optique, alt. ca. 1700 m. 2 juin (n. 581). + + REICHARDIA Roth. + +=R. picroides= Roth _Bot. Abh._ 35 (1787) = _Picridium vulgare_ +Desf. _Fl. atl._ II, 221 (1800) = _Scorzonera picroides_ L. _Sp. pl._ +792 (1753). + +Hab. : Oran, prairie rocheuse près du vieux Saïda, alt. ca. 900 +m. 10 mai (n. 108). + +Var. =intermedium= Hochr., comb. nov. = _Picridium +vulgare_ var. _intermedium_ Bonn. et Barr. _Cat. Tun._ 268 = +_Picrid. intermedium_ Schulz Bip. ap. Webb _Phyt. canar._ II, 451 ; +Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 559. + +Hab. : Environs d’Alger, Bouzarea, rochers, 4 mai (n. 46). + +=R. orientalis= Hochr., comb. nov. = _Scorzonera orientalis_ +L. _Sp. pl._ ed. II, 1113 (1763) = _Picridium orientale_ DC. _Fl. fr._ +IV, 16 (1805) ; Murb. _Contr._ I, 112 = _Picr. discolor_ Pomel +_Nouv. mat._ 6 = _P. saharæ_ Pomel l.c. 262, etc. + +Hab. : Oran, Aïn Sefra, pierres sculptées préhistoriques, rochers, +alt. ca. 1050 m. 18 mai (n. 280) ; id. au pied du Djebel Mekter, +versant sud, rochers herbeux, alt. ca. 1200 m. 5 juin (n. 666). + +_Obs._ — Nous renvoyons au sujet de la synonymie de cette espèce +à la dissertation de M. Murbeck, en ajoutant toutefois qu’on ne +saurait séparer les _P. discolor_ et _saharæ_ de Pomel. + + CREPIS L. + +=C. taraxacifolia= (e sect. _Barkhausia_) Thuill. _Fl. Par._ 409 +(1799) ; Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 563 ; Bonn. et Barr. _Cat. Tun._ +268. + +Hab. : Oran, prairie rocheuse près du vieux Saïda, alt. ca. 900 m. 10 +mai (n. 109) ; id. Aïn el Hadjar, près Saïda, sur la voie ferrée, +alt. ca. 1000 m. 11 mai (n. 185) ; id. Djebel Morghad, versant S.-E., +pentes herbeuses, dans l’alfa, alt. ca. 1600 m. 26 mai (n. 468). + +_Obs._ — Ces plantes appartiennent à la forme appelée +_C. taraxacoides_ par Desf. + +Var. =Aïssæ= Hochr., var. nov. — A typo differt caule +subscapiforme ; foliis caulinis minimis, linearibus ; inflorescentia +depauperata ca. 3-capitata ; involucro canescente, bracteis margine +fere non scariosis. + +Caulis ca. 38 cm. altus ; folia radicalia ca. 10 × 1,7 cm. longa et +lata, lyrato-pinnatilobula. + +Hab. : Oran, Djebel Aïssa, versant S.-E., rochers herbeux et +buissonneux, alt. ca. 1750 m. 19 mai (n. 343). + + +[Note 41 : Original prêté obligeamment par M. Murbeck.] + +[Note 42 : Et non I comme l’indique par erreur l’_Ind. Kew._] + +[Note 43 : Brand lui-même ne paraît pas très au clair au +sujet de la systématique de ce groupe difficile, puisque dans sa +_Monogr._ l.c. p. 212 il cite le _L. tenuifolius_ var. _odoratus_ +Boiss. mss. comme syn. du _L. corniculatus_ var. _major_ Br. et que +dans l’Hb. Boissier il a placé une annotation identifiant cette +plante au _L. uliginosus_ var. _decumbens_ Br. Voir aussi ce que dit +de ce groupe Burnat (_Fl. des Alp. marit._ II, 148).] + +[Note 44 : Habite l’Orient, la Syrie, la Perse.] + +[Note 45 : Nous ne pouvons malheureusement pas attribuer ce nom +à M. Murbeck car il applique aux sous-espèces une dénomination +binaire ce qui est en contradiction avec les lois de la Nomenclature +(art. 38.)] + +[Note 46 : Le _L. angustifolium_ a des pétales de 9-15 mm. de +longueur.] + +[Note 47 : Les synonymes étant exclus.] + +[Note 48 : _Lappula_ Mœnch touché par la prescription +cinquantenaire. V. Engler _Nat. Pfl. f. Nachtr._ 289.] + +[Note 49 : Nous disons méricarpes et non fruit, parce que dans un +même fruit nous avons observé un ou deux méricarpes ailés et deux +ou trois méricarpes aptères.] + +[Note 50 : M. J. Briquet, le monographe des _Labiées_, a bien voulu +étudier cette famille et rédiger les notes qui la concernent.] + +[Note 51 : V. Kunze _Rev._ I, CXXXIV.] + +[Note 52 : On trouvera dans Murbeck l.c. des détails au sujet de la +synonymie de cette espèce.] + +[Note 53 : Dédié à M. A. Babel, président du Conseil administratif +de la Ville de Genève, lequel a donné à notre voyage le caractère +d’une mission scientifique et n’a épargné aucune démarche pour +faciliter notre expédition.] + +[Note 54 : et non _Kalfbussia_ (Batt. et Tr. _Fl. Alg._ I, 538, 539, +540 et in Indice).] + + + + + APPENDICE + + * * * * * + + + =Énumération des Mousses récoltées par M. Hochreutiner en + Algérie= + + PAR + =_J. CARDOT_= + + * * * * * + + +1. =Timmiella Barbula= Limpr. (_Trichostomum Barbula_ Schw.). + +Environs d’Alger : Bouzarea, brousse, n. 6 ; fert. + +_Distrib._ : Toute la région méditerranéenne, d’où il s’avance +jusqu’en Perse ; Madère, Canaries. Indiqué aussi en Abyssinie. + +2. =Crossidium squamigerum= Jur. (_Barbula squamigera_ Viv., _Tartula +membranifolia_ Hook., _Barbula membranifolia_ Schultz). + +Province d’Oran : Djebel Morghad, rochers de l’arête, dans une +fente de la paroi S.-E., alt. environ 1950 m. ; n. 491 in parte. + +_Distrib._ : Toute la région méditerranéenne, d’où il s’avance +jusqu’en Perse et dans l’Europe moyenne : France, Allemagne, +Belgique. Indiqué aux Etats-Unis dans les Montagnes Rocheuses. + +Seulement quelques tiges stériles au milieu d’un gazon +d’_Encalypta vulgaris_. En l’absence de la fructification, il est +impossible de décider si ces tiges appartiennent au type ou bien à +la var. _griseum_ (_Crossidium griseum_ Jur.). + +3. =Tortula montana= Lindb. (_Syntrichia montana_ Nees, _S. intermedia_ +Brid., _Barbula intermedia_ Milde., _B. ruralis_ var. _rupestris_ +Br. eur.). + +Province d’Oran : Djebel Morghad, rochers ombreux près de +l’arête, versant N.-W., alt. env. 1950 m. ; n. 488 in parte ; stér. + +_Distrib._ : Toute la région méditerranéenne, d’où il s’avance +jusqu’en Perse ; Europe moyenne ; Suède, îles Britanniques ; +Etats-Unis de l’Ouest. Indiqué au Cap de Bonne-Espérance. + +4. =Schistidium pulvinatum= Brid. (_Grimmia sphærica_ Sch.). + +Province d’Oran : Djebel Morghad, rochers ombreux près de +l’arête, versant N.-W., alt. env. 1950 m. ; n. 488 in parte ; fert. + +_Distrib._ : Répandu dans une grande partie de l’Europe moyenne +et dans le Caucase ; indiqué aussi en Abyssinie et au Canada. + +Forme à opercule convexe-déprimé, absolument dépourvu d’apicule. + +5. =Schistidium confertum= Br. eur. (_Grimmia conferta_ Funck). + +Province d’Oran : Djebel Morghad, rochers ombreux près de +l’arête, versant N.-W., alt. env. 1950 m. ; n. 488 in parte ; fer. + +_Distrib._ : Répandu en Europe et dans l’Amérique du Nord ; +Caucase, Perse, Abyssinie. + +Nouveau pour l’Algérie. + +6. =Grimmia pulvinata= Sm. + +Province d’Oran : Djebel Aïssa, sous un rocher, alt. env. 1800 m. ; +n. 688 ; fert. + +_Distrib._ : Commun dans toute l’Europe ; Perse, Caucase, Açores, +Canaries, Abyssinie, Tunisie ; Amérique du Nord : versant du +Pacifique ; Australie, Nouvelle-Zélande, Tasmanie. Espèce +cosmopolite. + +7. =Encalypta vulgaris= Hedw. + +Province d’Oran : Djebel Morghad, rochers de l’arête, dans une +fente de la paroi S.-E., alt. env. 1950 m. ; n. 491 ; une capsule. + +_Distrib._ : Largement répandu en Europe, en Asie et dans +l’Amérique du Nord ; Tunisie. Indiqué au Cap de Bonne Espérance +et en Tasmanie. + +Forme à feuilles obtuses, à nervure forte, d’un brun-rouge, +percurrente ou subexcurrente. + +8. =Bartramia stricta= Brid. + +Province d’Oran : Djebel Aïssa, sous un rocher ; alt. env. 1800 m. ; +n. 687 ; quelques capsules. + +_Distrib._ : Toute la région méditerranéenne ; Madère, +Canaries. Indiqué en Australie. + +9. =Bryum Donianum= Grev. + +Environs d’Alger : Bouzarea, brousse ; n. 39 ; fert. + +_Distrib._ : Europe méridionale, Tunisie, Madère, Canaries. + +10. =Brachythecium velutinum= Br. eur. + +Environs d’Alger : Bouzarea, brousse ; n. 39 in parte ; fert. + +_Distrib._ : Largement répandu en Europe, en Asie et dans +l’Amérique du Nord. + +11. =Brachythecium= sp. ? + +Environs d’Alger : Bouzarea, brousse ; n. 39 in parte ; fert. + +Seulement quelques tiges stériles, dans les touffes de _Bryum +Donianum_. Rappelle par son port les petites formes grêles du +_B. albicans_ à feuilles légèrement homotropes vers l’extrémité +des tiges ; en diffère par ses feuilles planes aux bords, moins +longuement acuminées, à peine plissées dans le bas, et pourvues +sur presque tout le contour de petites dents espacées mais bien +distinctes. En l’absence de la fructification et en raison de la +pauvreté des matériaux dont nous disposons, il est impossible de +se prononcer plus catégoriquement au sujet de cette mousse, qui +pourrait bien constituer une espèce nouvelle. + + * * * * * + + + + + =Fungi Oranenses Hochreutinerani= + + AUCTORE + =_P. HENNINGS_= + + * * * * * + + + PERONOSPORACEÆ + +1. =Cystopus candidus= (Pers.) Lév. _Ann. sc. nat._, sér. III, 1847. + +_Oran_ : Saïda in fol. vivis _Sysimbrii Irionis_, 10 Majo 1901, +n. 138. + + USTILAGINACEÆ + +2. =Ustilago Penniseti= Rabenh. _Hedw._ 1871, p. 18. + +_Oran_ : oasis de Mograr Foukani in vivis inflor. _Penniseti orientais_ +Rich., 4 Junio 1901, n. 658. + +3. =Ustilago hypodytes= (Schlecht.) Fr. _Syst. Myc._ III, p. 518. + +_Oran_ : Tircount ; point d’eau dans le Faidjet el Betoum, +alt. ca. 1200 m. in culmis _Lygii Spartii_ L. n. 26 Majo 1901, n. 234. + + UREDINACEÆ + +4. =Uromyces tingitanus= P. Henn., n. sp. ; maculis sanguineis, +rotundatis vel effusis ; soris teleutosporiferis amphigenis sparsis vel +aggregatis, rotundato-pulvinatis, firmis, atrocastaneis usque ad 1½ +mm. diam. interdum confluentibus, teleutosporis oblonge ellipsoideis +apice usque ad 10 μ incrassatis, rotundatis vel papillatis, læte +brunneis, lævibus, ca. 20-38 × 17-22 μ, pedicello valde elongato, +persistente, hyalino, usque ad 180 × 4-5 μ. + +_Oran_ : Aïn Sefra, dune près de l’oued, ca. 1050 m. in fol. vivis +_Rumicis tingitani_, 30 Majo, n. 537. + +_U. acetosæ_ Schröt. affin. sed sporis apice incrassatis et longe +pedicellatis div. + +5. =Phragmidium circumvallatum= Magn. _Ber. deutsch. bot. Gesellsch._ +XII, 1894, p. 84, tab. 4. + +_Oran_ : Djebel Morghad, alt. 2136 m. in fol. viv. _Gei heterocarpi_ +Boiss. ; ex Asia or. et Hispania not., 25 Majo, n. 512. + + PLEOSPORACEÆ + +6. =Pleospora Rhautorii= P. Henn., n. sp. ; peritheciis caulicolis +sparsis vel subgregariis, innatis, epidermide suberumpentibus, +hemisphæricis, ca. 120-160 μ atro-membranaceis, poro pertusis ; +ascis clavatis apice tunicatis rotundatis, ca. 75-100 × 20-30 μ, +basi breve stipitatis curvulis, 8-sporis, obsolete paraphysatis ; +sporis subdistichis oblonge ellipsoideis, utrinque rotundatis, +primo melleis, dein brunneis, deinde atrocastaneis, 3-5-septatis, +cuneiformibus, 20-30 × 13-18 μ. + +_Oran_ : ca. 10 km, au N. d’Aïn Sefra in ramulis siccis _Rhautorii +suaveolentis_, 24 Majo, n. 414. + + SPHÆROPSIDACEÆ + +7. =Macrophoma Hochreutineri= P. Henn., n. sp. ; maculis pallidis, +rufobrunneo cingulatis, oblongis vel effusis ; peritheciis innatis +sparsis vel gregariis, punctiformibus, atris, subhemisphæricis, poro +late pertusis, ca. 60-90 μ diam. ; conidiis oblonge cylindraceis, +utrinque rotundatis, subcurvulis, subulosis vel 3-pluriguttulatis, +hyalinis, 30-35 × 5-7 μ, conidiophoris brevissimis. + +_Oran_ : Djebel Aïssa, alt. ca. 1750 m. in ramulis _Coronillæ +junceæ_. — 19 Majo 1901, N. 359. + +_M. spartiicolæ_ Berl. et Vogl. affin. sed conidiis haud papillatis +curvulisque diversa. + +8. =Macrophoma Haloxyli= P. Henn., n. sp. ; maculis caulicolis pallidis +siccatis, peritheciis sparsis, innatis, subhemisphæricis, atris, +poro pertusis, ca. 60-80 μ diam. ; conidiis oblonge subcylindraceis, +subcurvulis vel rectis, utrinque rotundatis, eguttulatis, hyalinis, +10-18 × 4½-5½ μ. + +Oran : Oasis de Tiout pr. Aïn Sefra, alt. ca. 1050 m. in ramulis +siccis Haloxyli scoparii, 31 Majo 1901. n. 557. + + * * * * * + + + + + =Lichenes Oranenses Hochreutinerani= + + AUCTORE + =_Dr. A. ZAHLBRUCKNER_= + + * * * * * + + +1. =Dermatocarpon hepaticum= (Ach.) Th. Fr. + +Thallus sterilis. + +Ras Chergui sur Aïn Sefra, c. 1700 m. (n. 270). + +2. =Lecidea= (sect. _Psora_) =decipiens= Ach. + +Djebel Aïssa, terre humide sous un rocher, c. 1700 m. (n. 685). + +2. =Gonohymenia algerica= var. =granulosa= Stnr. in +_Verhandl. zool.-botan. Gesellsch. Wien_, vol. LII (1902), p. 485. + +Rochers au nord de l’oasis de Mograr Foukani, c. 900 m. (n. 691 ; +ad saxa arenacea). + +In dem vorliegenden Stücke liegen die Thallusareolen mehr zerstreut +und das hyphöse Verlager ist minder deutlich entwickelt. Die Reduktion +des Hypothallus dürfte durch die physikalischen Eigenschaften des +Substratus bedingt sein. + +4. =Heppia subrosulata= Stnr. in _Sitzungsber. Kaiserl. Akad. der +Wissensch. Wien_, math.-naturw. Classe, vol. CIV (1895), p. 397 et in +_Verhandl. zool.-botan. Gesellsch. Wien_, vol. LII (1902), p. 472 = +_Heppia cervinella_ Nyl. in Flagey, _Catalog. Lich. Alger._ (1896), +p. 115 ; Flagey, _Lich. Alger. exsicc._ n. 212 ! + +Rochers au nord de l’oasis de Mograr Foukani, c. 900 m. (n. 692 +pr. p. ; ad saxa arenacea). + +5. =Physcia stellaris= var. =leptalea= (Ach.) Nyl. + +Djebel Morghad : Hassin Sarah, sur l’écorce des chênes _Ballota_, +c. 1900 m. (n. 689 pr. p.). + +6. =Physcia pulverulenta= f. =argyphæa= (Ach.) Nyl. + +Cum præcedente (n. 689 pr. p.). + +7. =Physcia Hochreutineri= A. Zahlbr., nov. spec. + +Thallus rigidus, crassiusculus, substrato arcte haud affixus, sordide +cinerascens (imprimum ad margines et dein madefactus fere ochraceus) +vel ochraceus, opacus, KHO =, CaCl2O2 =, in superficie ad margines +subhirtus, in centre leprosus et scabridus, subtus pallidus (plus +minus ochraceus) et rhizinis pallidis, pro maxima parte ad margines +sitis munitus ; dense laciniatus, laciniis arcte approximatis, hinc +inde imbricatis, sat angustis, 0,9-1,2 mm. latis, convexis ; cortice +superiore duplo, parte superiore fuscescente, amorpho-pulverulenta, +usque 40 μ crassa, parte inferiore decolore, ex hyphis pro +maxima parte verticalibus vel subverticularibus, immixtis paucis +subhorizontalibus dense contextis formata, non pseudoparenchymatica, +usque 35 μ alta ; gonidiis globosis, læte viridibus, 8-12 μ +latis, infra stratum corticale in latere superiore in glomerulis +dispositis ; strato medullari albo, stuppeo, crassiusculo, hyphis +non amyloideis ; strato corticali inferiore tenui, leviter ochraceo, +ex hyphis irregularibus formato, non pseudoparenchymatico, strato +corticali superiore parum angustiore. + +Apothecia sessilia, usque 2 mm. lata, disco e concaviusculo plana +vel modice convexulo, nigricante, opaco ; margine thallino thallo +concolore, leviter incurvo, crassiusculo, integro, demum parum +depresso ; excipulo strato corticali tenui, textura sicut in thallo, +strato excipuli medullari solum infra stratum corticale gonidia +continente ; epithecio fusconigricante, subpulverulento ; hypothecio +fere decolore (leviter lutescente), angusto, ex hyphis densissime +contextis formato, non pseudoparenchymatico ; hymenio decolore, 140-170 +μ alto, J. cæruleo ; paraphysibus densis, eseptatis, simplicibus vel +parce ramosis, apice paulum latioribus ; ascis oblongo-ellipsoideis, +basi angustatis, 8-sporis ; sporis in ascis biserialiter dispositis, +fuscis, uniseptatis, oblongis vel ovali-oblongis, rectis, medio bene +constrictis, apice utrinque rotundatis, 25-40 μ longis et 11-16 μ +latis, membrana tenui cinctis, septo tenui. + +Receptacula pycnoconidiorum ad margines sita, copiosa, +verrucoso-protuberantia, circ. 0,3 mm. lata, vertice nigricante, demum +distincte pertuso ; perithecio pallido, subgloboso vel late ovali ; +fulcris endobasidialibus, dense ramoso-intricatis, leptodermaticis, +circ. 2 μ crassis, crebre transversim septatis, cellulis brevibus ; +pycnoconidiis brevibus, fusiformibus, apicibus rotundatis, rectis, +4,8-5,5 μ longis et vix 1 μ latis. + +Eine eigenartige, durch das Indument ihrer Lageroberseite an +_Theloschistes intricatus_ (Desf.) Hue errinernde Flechte, welche durch +die Farbe des dicken Thallus und die in der Mitte eingeschnürten +Sporen gut charakteriesiert ist. Sie gehört in den Formenkreis der +_Physcia pulverulenta_, steht indes zu keiner der Arten desselben in +näher verwandtschaftlichen Beziehung. + +Djebel Morghad : rochers ombreux près de l’arête, versant N.W., +c. 1950 m. (n. 490, planta fructifera ; saxicola) ; ibidem, près +du sommet, rochers surplombant l’arête, 2000 m. (n. 505, thallo +pallidiore, spermogonifera ; ad muscos). + +8. =Xanthoria lychnea= f. =pygmæa= (Bory) Th. Fr. + +Djebel Morghad, rochers de l’arête près du sommet, 2000 m. ; +lichen formant de petits glomérules verdâtres, donnant au rocher +une apparence tigrée (n. 507 et 509 ; saxicola). + +9. =Diploschistes albissimus= (Ach.) A. Zahlbr. + +Djebel Aïssa, contre un rocher, formant des taches blanches, c. 1700 +m. (n. 683 ; saxicola). + +10. =Lecanora= (sect. _Sphærothallia_) =esculenta= (Pall.) Eversm. + +Rochers au nord de l’oasis de Mograr Foukani, c. 900 m. (n. 693, +planta fructifera). + +Die Flechte liegt in einem Stücke vor, welches einen krustigen +Thallus aufweist und in der Lagerform mit dem von _Krempelhuber_[55] +abgebildeten Exemplare übereinstimmt, nur sind die Lagerareolen +noch kleiner. Auffallend ist au den von _Hochreutiner_ gesammelten +Stücken das zeitliche, schon an der jüngsten randständigen Areolen +bemerkbare Hervorbrechen der Apothecien. + +11. =Lecanora= (sect. _Placodium_) =peltata= Th. Fr. _Lichgr. Scand._ +vol. I (1871), p. 221 ; Jatta _Sylloge Lich. italic._ (1900), p. 175 += _Squamaria peltata_ DC. _Flor. franç._ vol. II (1805), p. 377 ; +Nyl. _Synops._ vol. II, p. 63. + +Pycnoconidia modice arcuatim curvata, gracilia, usque 30 μ longa. + +Djebel Morghad, près du sommet, rochers surplombant de l’arête, +c. 2000 m. (n. 506, saxicola). + +Die typische Pflanze wurde bisher für Algier nicht verzeichnet. + +Var. =lævior= Stzbgr., _Lichenæa Afric._ (1890-91), p. 89 = +_Squamaria peltata_ var. _lævior_ Nyl. _Synops._ vol. II, p. 63. + +f. =subterpallens= A. Zahlbr., nov. f. + +Thallo subtus ochraceo-rufescente, versus marginem paulum obscuriore, +rugoso-costato. + +Djebel Morghad, rochers ombreux près de l’arête, versant N.W., +c. 1950 m. (n. 489). + +12. =Lecanora= (sect. _Placodium_) =Reuteri= Schær. + +Djebel Morghad, rochers de l’arête près du sommet, ca. 2000 +m. (n. 508). + +13. =Lecanora= (sect. _Aspicilia_) =platycarpa= Stnr. in +_Sitzber. Kais. Akad. der Wissensch. Wien_, math.-naturwiss. Classe, +vol. CIV (1895), p. 390. + +f. =pruinosa= Stnr. in _Verh. zool.-bot. Gesellsch. Wien_, vol. LII +(1902), p. 482. + +Rochers au nord de l’oasis de Mograr Foukani, ca. 900 m. (n. 692 +pr. p. ; saxicola). + +14. =Parmelia conspersa= (Ehrh.) Ach. + +Djebel Aïssa, rochers buissonneux, c. 1800 m. (n. 682 ; planta +typica, sterilis). + + * * * * * + + +[Note 55 : _Verhandl. zool.-bot. Gesellsch. Wien_, vol. XVII, tab. XV, +fig. A.] + + + + + =Algæ Hochreutineranæ Oranenses= + + AUCTORIBUS + =_W. MIGULA et W. SCHMIDLE_=[56] + + * * * * * + + + ZYGNEMATACEÆ + +1. =Spirogyra= sp. (sterilis). — _Oran_ : Duveyrier (El Zoubia), +dans l’oued, alt. ca. 800 m., 4 juin (n. 618). + + ULOTRICHACEÆ + +2. =Microspora abbreviata= (Rabenh.) Lagh. — _Oran_ : Tiloula près +d’Aïn Sefra, dans le ruisseau, alt. ca. 1800 m., 18 maj. (n. 293). + + ŒDOGONIACEÆ + +3. =Oedogonium= sp. (sterilis). — _Oran_ : dans la source de Bellef +Loufa dans le Faidjet el Betoum, alt. 1300 m., 24 maj. (n. 457). + + CLADOPHORACEÆ + +4. =Cladophora glomerata= (Kütz.) Brand ampl. — _Oran_ : Oasis de +Tiout près Aïn Sefra, dans l’oued, 31 maj. (n. 546). + + VAUCHERIACEÆ + +5. =Vaucheria racemosa= Rabenh. — _Oran_ : dans la source de Bellef +Loufa dans le Faidjet el Betoum, alt. ca. 1200 m., 24 maj. (n. 450, +mélangé avec une _Oedogonium_ stérile ; et n. 458). + + CHARACEÆ + +6. =Chara fœtida= A. Br. + +Var. =subhispida= A. Br. — _Oran_ : Tiloula près d’Aïn Sefra +dans le ruisseau, alt. ca. 1200 m., 18 maj. (n. 304). + +Var. =subinermis= A. Br., f. _normalis_. — _Oran_ : oasis de Tiout +près d’Aïn Sefra dans l’oued, alt. ca. 1050 m., 31 maj. (n. 500). + + * * * * * + + +[Note 56 : Les Characées ont été déterminées par M. Migula, +le reste par M. W. Schmidle.] + + + + + =Su alcuni Zoocecidii d’Algeria raccolti dal Dott. Hochreutiner= + + APPUNTI CRITICO DESCRITTIVI + DEL + =_Dott. Alfredo CORTI_= + dell’Istituto Zoologico dell’Università di Parma. + + * * * * * + + + Pleurocecidio foliare di =Cotoneaster nummularia= F. et M. per + =Eriophyes piri= (Pag.) Nal. + +Sulla lamina delle foglie trovansi numerose pustule sub-orbicolari, +più o meno rigonfie e sporgenti quasi in forma di lente sulla pagina +inferiore ove mostransi ricoperte di peli jalini più sviluppati che +non quelli del rimanente della vicina superficie foliare. Al lato +superiore con una leggiera decolorazione avvi una poco appariscente +elevazione dei tessuti. Nell’interno del cecidio, immediatamente +sottoposto allo strato epidermoidale, trovasi da ciascum lato un +leggiero strato mesofillare limitante una zona di tramezzi di tessuto +lasso e irregolare ; qui annidansi i parassiti che hanno via d’uscita +in un ostiolo ipofillo. + +Deformazione simile trovasi in parecchie altre specie del genere +_Cotoneaster_, e tutte sono originate dall’_Eriophyes piri_ [olim +_pyri_] (Pag.). — È perciò da attribuire alla medesima specie +parassita anche la galla del _Cotoneaster nummularia_ F. et M. il +quale ne verrà cosî a costituire un nuovo substrato. + +Il compianto Giovanni Canestrini descrisse nel 1891[57] come nuova +specie (_Phytoptus cotoneastri_ n. sp., pag. 58, tav. VII. fig. 7, +8), l’acaro della galle di _Cotoneaster vulgaris_ Lindl. ; +successivamente venne riconosciuta la identità della nuova specie con +la vecchia di Pagenstecher. — Questa vive sulle foglie di numerose +altre Rosaceæ (pomeæ) producendovi il cosî detto vaiuolo delle +foglie (Blattpocken). + +Su i vari substrati il parassita è diffuso in tutta la regione +paleartica e nella neartica. + +Rami con le foglie notevolmente infette da : Djebel Morghad, rochers +du sommet (province d’Oran), 25 maj. 1901. + + + Acrocecidio delle gemme di =Populus alba= L. per + =Eriophyes populi= Nal. + +Le gemme sono trasformate in ammassi nerastri, cancerosi, globulari, +di un diametro raggiungente i due centimetri, costituiti dagli +elementi impediti nel loro normale sviluppo e fortemente alterati +nella loro costituzione. + +Per le altre due principali specie del genere _Populus_, il nero e +il tremolo, venne descritto un cecidio molto simile a questo, e ne +venne riconosciuto autore l’_Eriophyes populi_ Nal. ; la sudesignata +neoformazione del pioppo bianco ne differisce più che altro per la +deficienza, sui fillomi ond’è costituita, dei tricomi unicellulari, +ialini, lunghi e lucenti che abbondanti si trovano invece su gli +elementi delle galle del pioppo nero e del tremolo. + +I Signori Darboux e Houard nel Catalogo degli Zoocecidî europeii[58] +pag. 261 (num. 2126) riconoscendo che l’_Eriophyes populi_ +Nal. venne descritto come autore delle galle di _Populus tremula_ +L., attribuiscono al medesimo parassita anche i cecidi del _Populus +alba_ L. + +L’Abbate Prof. J. J. Kieffer dopo aver pure ritenuta la +medesima specie parassita autrice delle galle delle varie specie +di _Populus_[59], recentemente, nella Synopsis des Zoocécidies +d’Europe riporta[60], non so per quale ragione, come autore delle +galle di _Populus alba_ L. il _Phyllocoptes reticulatus_ che il +Prof. Alfredo Nalepa descrisse fin dal 1890[61] come liberamente +vivente nelle galle e sulle foglie del _Populus tremula_. + +L’acarocecidio delle gemme del _Populus alba_ L. trovasi indicato +come diffuso nella Europa media ; non venne mai prima d’ora trovato +ad una latitudine tanto bassa. — La forma simile del _Populus nigra_ +L. e del _P. tremula_ L., è più frequente e più diffusa. + +Parecchi esemplari su giovani rami da : Aïn Aïssa, près de la source +(altit. 1600 m.s.m.) [ca. 50 km. d’Aïn Sefra], province d’Oran, +20 maj. 1901. + + + Acrocecidio fiorale di =Plantago albicans= L. per =Eriophyidarum= sp. + +I fiori situati all’estremità delle lunghe spighe, infestati dai +parassiti mostrano gli elementi a sviluppo incompleto ed alterato ; +il rachide dell’inflorescenza è arrestato nel suo sviluppo ; +originanti cosî dei glomeri de 1-2 cm. di diametro, fioccosi ed +appariscensi per i numerosi tricomi sottili, delicati, ialini, onde +tutta la galla è ricoperta. Questi peli, molto fitti, non mostransi +mai arricciati ma sempre ben diritti e possono raggiungere i 5-7 mm. di +lunghezza. Con l’invecchiare della galla diventano giallo-rubiginosi. + +Per le spighe fiorali di _Plantago albicans_ L. il Fockeu descrisse nel +1897[62] un notevole acarocecidio raccolto presso Palmira nell’Asia, +dato dall’ipertrofia dei verticilli fiorali e presentantesi nelle +varie regioni dell’infiorescenza come un ammasso globuloso, duro, +irregolare, ricoperto di peli. — Il Fockeu potè rintracciarvi e +studiarvi il parassita che dedicô, come nuova specie, al raccoglitore +Dott. Barrois. + +Successivamente il medesimo acaro (_Eriophyes [Phytoptus] barroisi_ +(Fock.) era indicato in Sicilia dal Dott. Destefani Perez[63] +come autore di galle simili a quelle descritte sulla _Plantago +albicans_ L. per altre specie del medesimo genere (_Pl. serraria_ +L., _Pl. ceratophylla_ Link., e _Pl. commutata_ Guss.). + +Nel citato Catalogo degli Zoocecidî d’Europa e del Mediterraneo +dei Signori Darboux e Houard (l.c. nn. 2067, 2069, 2070) è riportata +questa produzione gallare per i vari substrati in uno alla figura +originaria che il Fockeu dava nella prima descrizione del cecidio. — +Il Kieffer anche la riporta nella Sinossi degli zoocecidî d’Europa +(p. 383-384). + +Nel sucitato lavoro del Dott. Destefani appare per la prima volta +(pag. 232, num. 24) un brevissimo accenno d’un altro acrocecidio +fiorale della _P. albicans_ L., attribuito ad una specie sconosciuta +di Eriofide : la estrema laconicità dell’autore non mi avrebbe +permesso di rintracciarvi con sicurezza un accenno alla nostra +deformazione : ne ebbi pero (in litt.) notizie più abbondati ed +esemplari di confronto, per modo che ormai non avvi più dubbio circa +il riconoscimento di questa nuova galla, cui vanno anche riferiti gli +accenni del Catalogo dei Signori Darboux e Houard (p. 254 num. 2066) +e della Sinossi dell’Abbate Kieffer (p. 383 l.s.c.) + +Se, come spero, potrô avere dalla Sicilia del materiale fresco +cerchero di compiere la descrizione e lo studio del parassita. + +Tre cospicui esemplari : Pierres sculptées préhistoriques près +d’Aïn Sefra, rocaillées, alt. 1050 s.m. ; 18 maj. 1901. + + + Pleurocecidio foliare di =Santolina rosmarinifolia= L. + var. =canescens= Boiss. per =Rhopalomyia setubalensis= Tav. + +Sulle foglie cecidî a pareti grosse e consistenti, di forma +cilindro-conica, leggermente rigonfi alla base, di colore giallo +rossastro (in exicat.) percorsi da solchi longitudinali poco profondi, +e ricoperti da una breve e non molto folta pelurie bianco-argentina. Il +parassita dimorante nell’unica cavità centrale lineare e disposta +nella direzione del maggior asse della galla esce per l’estremità +distale che s’apre a calice o rosetta in modo che le incisure +fra i lobi acuti corrispondono a i solchi delle le pareti. — Sulla +medesima foglia possono trovarsi uno o due, raramente più cecidii. — +Dimensioni medie mm. 4 × 2. + +Il Prof. Joaquim Da Silva Tavares descrisse[64] per i dintorni di +Setubal (Portogallo) una galla, molto simile alla suddescritta, +per la varietà _vulgaris_ Bss. della _Santolina rosmarinifolia_ +L. dando successivamente la descrizione del parassita, la nuova specie +_setubalensis_ Tav.[65] del genere _Rhopalomyia_. + +Nel catalogo citato non vi è ancora menzione di alcun ditterocecidio +della _S. rosmarinifolia_ L. e il Prof. Kieffer nella Sinossi (p. 499) +attribuisce la nostra galla a specie sconosciuta di Cecidomide. + +Benchè io non abbia potuto esaminare e studiare i parassiti delle +galle algerine, tutte schiuse, tuttavia con troppa sufficiente +probabilità credo poterli attribuire alla medesima specie parassita +descritta dal Prof. Tavares come autrice della galle portoghesi. — La +varietà _canescens_ Boiss. costituisce cosî un nuovo substrato per +questo parassita. — Gli esemplari da me considerati non presentano +in nessun caso alcun strozzamento a un terzo dalla base come menziona +replicatamente l’autore portoghese nelle sue descrizioni ; nel terzo +inferiore sono invece piuttosto panciuti, e vanno restringendosi +verso la metà distale, per riallargarsi, ora che sono schiusi, +all’apertura, cosî da assumere quasi la forma di un orciolo. + +Un ramo con molti cecidii : Djebel Morghad, près de Hassin Sarah, +dôme rocheux, alt. ca. 1950 m.s.m. ; 25 maj. 1901. + + * * * * * + + +[Note 57 : Prof. G. Canestrini. Ricerche intorno ai Fitoptidi. — +_Att. Soc. Venet.-trent. d. Sc. Nat._, vol. XII, fasc. 1.] + +[Note 58 : G. Darboux-C. Houard. Catalogue +systématique des Zoocécidies de l’Europe et du bassin +méditerranéen. _Bull. scient. de la France et de la Belgique_, +t. XXXIV _bis_, 6me sér., vol. supplém., Paris, 1901.] + +[Note 59 : J. J. Kieffer. Zoocécidies d’Europe. _Miscell. Entom._ +VIme ann., num. 12, 1898.] + +[Note 60 : _Annal. de la Soc. entomolog. de France_, vol. LXX, 1901, +p. 393.] + +[Note 61 : Dr A. Nalepa. Zur systematik der Gallmilben. XCIX. Band, +I. Heft. Abtheilung I d. _Sitzungsb. d. Kaiserl. Ak. d. Wissenschft._ +Wien 1890, pag. 64-65, Tav. IV, fig. 5-6.] + +[Note 62 : H. Fockeu, Etude sur quelques galles, _Revue biologique +du Nord de la France_ T. VII avec deux planches.] + +[Note 63 : T. Destefani Perez, Cecidiozoi e Zoocecidii della +Sicilia. Parte I e II _Giorn. d. Scienz. Nat. ed Econom._ Vol. XXIII +Palermo 1901.] + +[Note 64 : J. Da Silva Tavares, As Zoocecidias +portuguezas. _Ann. Soc. Sc. Nat._ Vol. VII, Porto 1900, pag. 105, +mm. 232.] + +[Note 65 : J. S. Tavares. — Description de deux Cécidomyies +nouvelles. Marcellia Vol. I, fasc. III. Avellino 1902.] + + + + + =Liste des insectes récoltés par M. Hochreutiner dans le + Sud-Oranais= + + PAR + =_G. AUDEOUD_= + + * * * * * + + + COLÉOPTÈRES + + _Anthia sexmaculata_ Frb. + + _Scarites_ (spec. ulto investig.) + + _Carabus morbillosus_ F. v. _Servillei_ Sol. + + _Saprinus equestris_ Erichs. + + _Aphodius lugens_ Creutz. + + _Triodonta unguicularis_ Erichs. + + _Ateuchus sacer_ Linn. + + _Timarcha turbida_ Erichs. + + _Erodius bicostatus_ Sol. + + _Galeruca tanaceti_ Limo. + + _Clythra_ (spec. ult. investig.) + + _Coccinella septem punctata_ Linn. + + _Blaps Edmondi_ Sol. + + _Pimelia asperata_ Sol. + + _Megagenius Frioli_ Sol. + + _Mylabris duodecim punctata_ Olis. + + _Baris_ (spec. ult. investig.) + + HYMENOPTÈRES + + _Scolia_ (spec. ult. investig.) + + ORTHOPTÈRES + + _Eremobia Clavelii_ Luc. + + * * * * * + + + + + INDEX + + * * * * * + + + ACHILLEA L., _202_. + + » _microphylla_ Willd., _202_. + + » odorata L., 49, _202_. + + _Acinos rotundifolius_ Pers., _180_. + + ADONIS L., _124_. + + » æstivalis L., 61, 72, _124_. + + » _æstivalis_ var. _dentata_ Cosson, _124_. + + » æstivalis L., var. provincialis Hochr., _124_. + + » _æstivalis_ var. _squarrosa_ Boiss., _124_. + + » _dentata_ Delile, _124_. + + » _dentata_ Del., _125_. + + » dentata Del., var. microcarpa Hochr., _125_. + + » dentata Del. var. orientalis DC., _125_. + + » _dentata_ var. _provincialis_ DC., _124_. + + » _microcarpa_ DC., _125_. + + » _microcarpa_ var. _dentata_ Coss. et Kral., _125_. + + » _squarrosa_ Stev., _124_. + + _Ægilops triaristata_ Willd., _103_. + + AGROPYRUM Gärtn., _103_. + + » orientale Rœm. et Schm., _103_. + + _Agrostis miliacea_ L., _96_. + + AIRA L., _97_. + + » caryophyllea L., var. Cupaniana Coss. et Dur., _97_. + + » _Cupaniana_ Guss., _97_. + + _Airochloa villosa_ Link., _98_. + + AJUGA L., _175_. + + » Iva Schreb. var. pseudo-Iva Benth. in DC., 36, 43, _175_. + + » _pseudo-Iva_ Rob. et Cast. in DC., _175_. + + ALLIUM L., _106_. + + » pallens L., 36, 43, _106_. + + _Alopecurus monspeliensis_ L., _96_. + + ALSINE Wahlb., _119_. + + » campestris Fenzl, _119_. + + » geniculata Hochr., 26, _119_. + + » _media_ L., _118_. + + » procumbens Fenzl, _119_. + + » setacea Mert. et Koch in Rœhl. var. genuina Boiss., 51, 55, + _119_. + + ALYSSUM L., _136_. + + » _atlanticum_ Desf., _137_. + + » campestre L., 53, 56, 60, 68, _136_. + + » _maritimum_ Lam., _137_. + + » montanum L. var. Aïssæ Hochr., 63, 68, 74, _137_. + + » montanum L., var. atlanticum Boiss., 63, 70, 74, _137_. + + _Amberboa crupinoides_ DC., _211_. + + AMMI L., _166_. + + » majus L., _166_. + + AMPELODESMA P. de Beauv., _98_. + + » mauritanica Dur. et Schinz, _98_. + + ANABASIS L., _112_. + + » aretioides Moq. et Coss., 37, 40, 43, _112_. + + » articulata Moq. ap. DC., _112_. + + ANACYCLUS L., _201_. + + » _alexandrinus_ Batt. et Tr., _201_. + + » cyrtolepidioides Pomel, 28, _201_. + + » depressus Ball, 63, 72, _202_. + + » valentinus L., 64, 72, _202_. + + _Anarrhinum fruticosum_ Desf., _187_. + + » _pedatum_ Desf., _186_. + + ANCHUSA L., _173_. + + » italica Retz., _173_. + + » _officinalis_ Desf., _173_. + + ANDROPOGON L., _93_. + + » _eriophorus_ Willd., _94_. + + » hirtus L. var. genuinus Hack. in DC., 76, _93_. + + » laniger Desf., 76, _94_. + + ANDROSACE L., _167_. + + » maxima L., 53, 56, 60, 68, _167_. + + ANDRYALA L., _215_. + + » Chevalieri Barr. ap. Cheval., 32, 35, _215_. + + » integrifolia L. var. integrifolia Batt. et Tr., _215_. + + ANTHEMIS L., _201_. + + » _arabica_ L., _202_. + + » _halimifolia_ Munby, _200_. + + » lonadioides Hochr., 37, 77, 78, _201_. + + » montana L., 62, 71, _201_. + + » punctata Vahl, 53, 55, 64, 67, _201_. + + ANTHRISCUS Hoffm., _165_. + + » vulgaris Pers. forma depauperata, 62, 70, 74, _165_. + + ANTHYLLIS L., _146_. + + » _Dillenii_ Schult. ms. ex DC., _147_. + + » _Erinacea_ L., _144_. + + » _rubra_ Gouan, _147_. + + » _vulneraria_ β L., _146_. + + » vulneraria L. var. coccinea L., 63, 66, 69, _146_. + + » _vulneraria_ var. _Dillenii_ Ball, _147_. + + » _vulneraria_ var. _rubriflora_ DC., _147_. + + ANTIRRHINUM L., _186_. + + » _ærugineum_ Gouan, _185_. + + » _aparinoides_ Willd., _186_. + + » _arvense_ L., _186_. + + » _flexuosum_ Pomel, _186_. + + » _parviflorum_ Jacq., _186_. + + » ramosissimum Coss. et Dur. ap. Jamin, 77, _186_. + + » _reflexum_ L., _186_. + + » _simplex_ Willd., _186_. + + ANVILLEA DC., _199_. + + » radiata Coss. et Dur. in Balansa, 77, _199_. + + _Apargia verna_ Salzm. in Delile, _214_. + + APIUM L., _165_. + + » nodiflorum Reich., 25, _165_. + + ARABIS L., _135_. + + » auriculata Lam. var. dasycarpa Andrz. ex DC., 49, 53, 56, 60, + 68, 69, 71, _136_. + + » auriculata Lam. var. genuina Hochr., 49, 53, 56, 60, 68, + 69, _136_. + + » _auriculata_ Lam. var. _puberula_ Koch, 49, _136_. + + ARENARIA L., _120_. + + » _diandra_ Gussone, _120_. + + » _geniculata_ Poir., _119_. + + » _herniariifolia_ Desf., _119_. + + » _leptoclados_ Guss., _120_. + + » _procumbens_ Vahl, _119_. + + » _salsuginea_ Bunge ap. Ledeb., _121_. + + » serpyllifolia L. var. tenuior Koch, 50, 55, 60, 69, _120_. + + » _serpyllifolia_ var. _leptoclados_ Reich., _120_. + + » _setacea_ Thuill., _119_. + + ARGYROLOBIUM Eckl. et Zeyh., _143_. + + » uniflorum Jaub. et Spach, 32, 78, _143_. + + ARISTIDA L., _94_. + + » Adscentionis L. var. cœrulescens Dur. et Schinz, 76, _94_. + + » _cœrulescens_ Desf., _95_. + + » obtusa Delile, 36, 40, _95_. + + » pungens Desf., 22, 31, 34, _95_. + + » _vulgaris_ var. _cœrulescens_ Trin. et Rup., _95_. + + ARMERIA Willd., _168_. + + » allioides Boiss., 65, 68, _168_. + + ARTEMISIA L., _203_. + + » arborescens L., _203_. + + » Herba-alba Asso, 36, 44, 50, 57, 58, _203_. + + » Herba-alba Asso var. oranensis Debeaux, 51, 55, _203_. + + _Arundo mauritanica_ Poir., _98_. + + » _tenax_ Link, _98_. + + » _tenax_ Vahl, _98_. + + ASPARAGUS L., _107_. + + » albus L., _107_. + + » _horridus_ L., _107_. + + » stipularis Forsk., 79, _107_. + + ASPERUGO L., _172_. + + » procumbens L., 53, 56, 60, 68, 72, _172_. + + ASPERULA L., _190_. + + » hirsuta Desf., 52, 55, 65, _190_. + + » _repens_ Brot., _190_. + + ASPHODELUS L., _106_. + + » cerasifer Gay, 29, 52, _106_. + + _Asplenium Ceterach_ L., _91_. + + _Asteriscus aquaticus_ var. _pygmæus_ ex p. DC., _200_. + + » _graveolens_ DC., _200_. + + » _pygmæus_ Coss. et Dur. ap. Balansa, _200_. + + ASTRAGALUS L., _149_. + + » cruciatus Link var. polyactinus Hochr., 26, 27, 30, _149_. + + » Fontanesii Coss. et Dur. ex Bunge, 36, 42, 48, 49, _149_. + + » Gombo Coss. et Dur. in Balansa, 32, 34, _149_. + + » _polyactinus_ Boiss., _149_. + + » tenuifolius Desf., 65, 67, _149_. + + » tenuifolius Desf. var. austro-oranensis Hochr., 33, _149_. + + _Astrolobium scorpioides_ DC., _151_. + + ATRACTYLIS L., _206_. + + » Babelii Hochr., 77, _207_. + + » cæspitosa Desf., 49, 52, 54, 57, _206_. + + » cancellata L., 36, 42, 44, _207_. + + » _citrina_ Coss. et Kral. in Schmitt., _207_. + + » flava Desf. var. citrina Hochr., 32, 34, _207_. + + » _flava_ var. _glabrescens_ Boiss., _207_. + + » _microcephala_ Coss. et Dur. ap. Kralik, _207_. + + » prolifera Boiss., 36, 40, 44, _206_. + + » serratuloides Sieb. ap. Cass., 76, _207_. + + ATRIPLEX L., _111_. + + » _alexandrinus_ Boiss., _111_. + + » _mauritanicus_ Boiss. et Reut., _111_. + + » _palestinus_ Boiss., _111_. + + » parvifolius Lowe, 41, 78, _111_. + + AVENA L., _97_. + + » barbata Brot. var. genuina Willk. et L., 61, 72, _97_. + + BALLOTA L., _177_. + + _Ballota acuta_ Murb., _178_. + + » _cinerea_ Briq. in Engl. u. Pr., _178_. + + » hirsuta Benth. var. hispida Benth., _177_. + + Bartramia stricta Brid., _219_. + + BASSIA All., _111_. + + » muricata All., 32, 34, _111_. + + BERBERIS L., _125_. + + » australis Hochr., 65, 70, _125_. + + » _hispanica_ Boiss. et Reut., _125_. + + » _vulgaris_ L. var. _australis_ Boiss., _125_. + + BISCUTELLA L., _127_. + + » _algeriensis_ Jordan, _127_. + + » lyrata L. var. algeriensis Batt. et Tr., _127_. + + _Blitum virgatum_ L., _110_. + + » _virgatum_ var. _minus_ Moquin in DC., _111_. + + BRACHYPODIUM P. de Beauv., _102_. + + » distachyum P. de Beauv. var. genuinum Willk. et Lange, 26, + _102_. + + Brachythecium sp., _220_. + + » velutinum Br., _219_. + + _Brassica suffruticosa_ Desf., _139_. + + BRIZA L., _99_. + + » maxima L., _99_. + + BROMUS L., _101_. + + » _canescens_ Viv., _101_. + + » _distachyus_ L., _102_. + + » _maximus_ Desf., _101_. + + » rigidus Roth in Rœm. et Ust., _101_. + + » rubens L., _101_. + + » rubens L. var. canescens Coss. 51, 56, 61, 69, _101_. + + » squarrosus L., 50, 56, _102_. + + » tectorum L., 50, 56, 59, 69, _102_. + + » _villosus_ Forsk., _101_. + + BRYONIA L., _193_. + + » dioica Jacq., _193_. + + Bryum Donianum Grev., _219_. + + _Bubania Feei_ de Gir., _168_. + + _Bulbocastanum incrassatum_ Willk. et Lang., _166_. + + BUNIUM L., _166_. + + » incrassatum Batt. et Tr., _166_. + + _Buphtalmum graveolens_ Forsk., _200_. + + » _spinosum_ L., _199_. + + _Calamintha graveolens_, _purpurascens_ et _rotundifolia_ Benth. + in DC., _180_. + + CALENDULA L., _204_. + + » ægyptiaca Pers., 28, 48, 77, _204_. + + » _platycarpa_ Coss., _204_. + + » _stellata_ var. _hymenocarpa_ Coss., _204_. + + CALYCOTOME Link, _144_. + + » spinosa Link, _144_. + + CAMELINA Crantz., _135_. + + » _sativa_ var. _sylvestris_ Coss. et Germ., _135_. + + » silvestris Wallr., 60, 68, _135_. + + CAMPANULA L., _193_. + + » dichotoma L., _193_. + + CARDUNCELLUS Juss., _211_. + + » _calvus_ Boiss. et Reut., _211_. + + » Duvauxii Batt., 75, 77, _211_. + + CARDUUS L., _208_. + + » _arenarius_ Desf., _209_. + + » pteracanthus Dur. in Duchartre, _208_. + + CAREX L., _105_. + + » divisa Huds., 25, _105_. + + CARLINA L., _206_. + + » corymbosa L. var. libanotica Boiss., 76, _206_. + + » _libanotica_ Boiss., _206_. + + _Caroxylon articulatum_ Moq. ap. DC., _111_. + + CARRICHTERA DC., _130_. + + » Vellæ DC., 42, 51, 57, _130_. + + CARTHAMUS L., _211_. + + » calvus Batt. et Tr., _211_. + + _Carum incrassatum_ Boiss., _166_. + + CATANANCHE L., _212_. + + » cœrulea L., _212_. + + » cœrulea L. var. propinqua Hochr., 48, _212_. + + » _cærulea_ var. _tenuis_ Ball, _212_. + + » _propinqua_ Pomel, _212_. + + CAUCALIS L., _165_. + + » leptophylla L., _165_. + + _Cenchrus capitatus_ L., _98_. + + CENTAUREA L., _209_. + + » acaulis L., _209_. + + » algeriensis Coss. et Dur., _210_. + + » _apula_ Lam., _210_. + + » Battandieri Hochr., 51, 55, _209_. + + » Calcitrapa L., _210_. + + » _Cossoniana_ Batt., _209_. + + » _Crupina_ L., _209_. + + » crupinoides Desf., 37, 42, _211_. + + » dimorpha Viv. var. lævibracteata Hochr., 33, _210_. + + » eriophora L., _210_. + + » incana Desf., _209_. + + » incana Desf. var. monocephala Hochr., 51, 58, _210_. + + » incana Desf. var. saharæ Hochr., 48, _210_. + + » maroccana Ball, 77, 79, _210_. + + » melitensis L., 48, _210_. + + » _pterodonta_ Pomel, _210_. + + » _pubescens_ Willd., _209_. + + » _pubescens_ var. _saharæ_ Batt. et Tr. + + » pullata L., _209_. + + » _saharæ_ Pomel, _210_. + + CENTRANTHUS DC., _192_. + + » Calcitrapa Dufr., 64, 70, _192_. + + CERASTIUM L., _118_. + + » echinulatum Coss. et Dur. ex Batt. et Tr., 63, 72, 75, _118_. + + » glomeratum Thuill., _118_. + + » _viscosum_ L., _118_. + + » _vulgatum_ L., _118_. + + CERATOCEPHALUS Mœnch, _124_. + + » falcatus Pers., 50, 56, _124_. + + » _incanus_ Batt. et Tr., _124_. + + » _incurvus_ Stev., _124_. + + CERINTHE L., _173_. + + » gymnandra Gasparr. var. macrosiphonia Murb., _173_. + + CETERACH Willd., _91_. + + » officinarum Willd., _91_. + + Chara fœtida A. Br., _228_. + + _Chelidonium corniculatum_ L., _126_. + + CHENOPODIUM L., _110_. + + » foliosum Asch. et Græbn., 27, _110_. + + » foliosum Asch. et Græbn. var. minus Asch. et Gr., 65, 71, + _111_. + + » murale L. var. microphyllum Boiss., 26, 27, 30, _110_. + + _Cherleria sedoides_ Forsk., _119_. + + CHLORA L., _169_. + + » grandiflora Viv., _169_. + + CHRYSANTHEMUM L., _202_. + + » Gayanum Ball, 53, 55, 63, 67, 71, 75, _203_. + + » macrotum Ball, 49, 52, 58, _202_. + + » Maresii Ball, 53, 55, 63, 67, 68, 75, _203_. + + » _Mawii_ Hook., _203_. + + » Myconis L., _203_. + + CISTANCHE Hoffm. et Link, _187_. + + » violacea Beck v. Man. in Engler u. Pr., 38, 39, _187_. + + CISTUS L., _161_. + + » _corsicus_ Loisel., _161_. + + » _corsicus_ Lois., _162_. + + » _creticus_ L., _162_. + + » _ellipticus_ Desf., _163_. + + » _eriocephalus_ Viv., _161_. + + » incanus L. var. corsicus Gr. et Godr., _162_. + + » incanus L. var. creticus Hochr., _162_. + + » incanus L. var. incanus Hochr., _162_. + + » incanus L. var. Reichenbachii Hochr., 62, 67, _161_. + + » _Lippii_ L., _162_. + + » _monspeliensis_ var. _major_ Rouy et F., _162_. + + » monspeliensis L. var. vulgaris Willk. et Lang., _162_. + + » _nummularius_ Cav., _163_. + + » _pilosus_ L., _163_. + + » _polymorphus_ Willk., _161_. + + » _polymorphus_ var. _creticus_ Batt. et Tr., _162_. + + » _polymorphus_ var. _incanus_ Batt. et Tr., _162_. + + » _polymorphus_ var. _vulgaris_ Willk., _162_. + + » _racemosus_ L., _163_. + + » _villosus_ L., _161_. + + » _villosus_ Reichb., _161_. + + » _virgatus_ Desf., _164_. + + » _vulgaris_ Spach, _161_. + + CLADANTHUS Cass., _202_. + + » arabicus Cass., 77, _202_. + + » _Geslini_ Coss., _200_. + + Cladophora glomerata Brand., _227_. + + CLEMATIS L., _123_. + + » _cæspitosa_ Scop., _123_. + + » Flammula L. var. cæspitosa Reich., 61, 73, _123_. + + » _Flammula_ var. _genuina_ Batt. et Tr., _123_. + + CLEOME L., _140_. + + » arabica L., 32, 34, _140_. + + _Clypeola maritima_ L., _137_. + + _Coleostephus macrotus_ Dur. in Duchartre, _202_. + + » _Myconis_ Cass., _203_. + + COLUTEA L., _148_. + + » arborescens L., 62, 67, _148_. + + CONVOLVULUS L., _170_. + + » althæoides L., _171_. + + » arvensis L., 26, 50, 57, _171_. + + » cantabricus L., 51, 57, _170_. + + » lineatus L., _170_. + + » supinus Coss. et Kral. in Kralik, 32, 34, _170_. + + _Conyza chrysocomoides_ Desf., _193_. + + » _saxatilis_ L., _195_. + + CORONILLA L., _150_. + + » juncea subsp. _C. Pomeli_ Batt., _150_. + + » juncea L. var. Pomelii Hochr., 52, 55, 55, 67, 68, _150_. + + » _Pomeli_ Batt. et Tr., _150_. + + » scorpioides Koch., 36, 42, _151_. + + COTONEASTER Med., _142_. + + » nummularia Fisch. et M., 61, 71, 229, _142_. + + _Cracca disperma_ Gr. et Godr., _152_. + + CRAMBE L., _135_. + + » Kralikii Coss. in Kral., 28, 30, 48, _135_. + + CREPIS L., _217_. + + » taraxacifolia Thuill., 52, 57, _217_. + + » taraxacifolia Thuill. var. Aïssæ Hochr., 63, 68, _217_. + + Crossidium squamigerum Jur., _218_. + + CRUPINA Cass., _209_. + + » vulgaris Cass., 64, _209_. + + CUSCUTA L., _171_. + + » planiflora Ten., _171_. + + CUTANDIA Willk., _98_. + + » divaricata Benth., 38, 43, _98_. + + » memphitica Benth., 33, 34, _98_. + + CYNODON Pers., _97_. + + » Dactylon Pers., 26, _97_. + + CYNOGLOSSUM L., _171_. + + » cheirifolium L., 53, 55, 64, 67, 72, _171_. + + » pictum Ait., _171_. + + CYNOMORIUM Micheli in L., _109_. + + » coccineum L., _109_. + + CYNOSURUS L., _99_. + + » _aureus_ L., _100_. + + » elegans Desf., 61, 71, _99_. + + CYPERUS L., _104_. + + » conglomeratus Rottb., 32, 34, _104_. + + » _distachyos_ All., _104_. + + » _junciformis_ Desf., _104_. + + » lævigatus L., var. distachyos Hochr., 27, _104_. + + » _lævigatus_ var. _junciformis_ C. B. Clarke, _104_. + + » _pungens_ Clarke, _104_. + + » rotundus L., 25, _104_. + + Cystopus candidus Lév., _221_. + + _Cytisus uniflorus_ Decaisne, _143_. + + DACTYLIS L., _99_. + + » glomerata L., var. spiciformis Hochr., 63, 68, 70, _99_. + + » _memphitica_ Spreng., _98_. + + DAUCUS L., _167_. + + » _pubescens_ Munby, _167_. + + » sahariensis Murbeck, 37, 42, 44, 77, _167_. + + » sahariensis Murbeck var. elongatus Hochr., 37, 42, 48, _167_. + + DELPHINIUM L., _123_. + + » Balansæ Boiss. et Reut. in Boiss., 63, 73, _123_. + + » pubescens DC., 38, 40, _123_. + + Dermatocarpon hepaticum Th. Fr., _223_. + + _Deverra scoparia_ Coss. et Dur., _166_. + + » _virgata_ Coss. et Dur. in Balansa, _166_. + + DIANTHUS L., _117_. + + » crinitus Sm. var. tomentellus Boiss., 37, 43, 76, _118_. + + » crinitus Sm. var. typicus Sm., 37, 43, 76, _118_. + + » longicaulis Ten., 49, _118_. + + » velutinus Guss., _117_. + + Diploschistes albissimus A. Zahlbr., _225_. + + DIPLOTAXIS DC., _131_. + + » Harra Boiss., _132_. + + » muralis DC., _132_. + + » _pendula_ DC., _132_. + + » virgata DC., 38, 42, 52, 58, _131_. + + » virgata DC. var. Aissæ Hochr., 51, 57, 65, 67, 74, _131_. + + EBENUS L., _152_. + + » pinnata Ait., 38, 42, _152_. + + ECHINARIA Desf., _98_. + + » capitata Desf., 51, 56, _98_. + + ECHINOPS L., _205_. + + » _Bovei_ Boiss., _205_. + + » spinosus L., 32, _205_. + + _Echinopsilon muricatum_ Moq. in DC., _111_. + + ECHINOSPERMUM Swartz ap. Lehm., _171_. + + » patulum Lehm. var. genuinum Hochr., 51, 57, _171_. + + » patulum Lehm. var. pterocarpum Hochr., 38, _171_. + + ECHIOCHILON Desf., _174_. + + » fruticosum Desf., 48, _174_. + + _Echioides violacea_ Desf., _173_. + + ECHIUM L., _174_. + + » australe Lam., _174_. + + » _creticum_ DC., _174_. + + » _grandiflorum_ Desf., _174_. + + ELYMUS L., _104_. + + » caput-medusæ L., 50, 56, _104_. + + Encalypta vulgaris Hedw., _219_. + + _Enneapogon scaber_ Lehm., _97_. + + EPHEDRA L., _92_. + + » fragilis Desf. var. Desfontainii Stapf, 53, 55, 64, 67, 77, + _92_. + + » nebrodensis Tineo in Guss. var. Villarsii Stapf, 64, 68, _93_. + + EQUISETUM, _92_. + + » ramosissimum Desf., 25, _92_. + + EREMOBIUM Boiss., _138_. + + » ægyptiacum Hochr. var. ægyptiacum Hochr., _138_. + + » ægyptiacum Hochr. var. lineare Hochr., _138_. + + » ægyptiacum Hochr. var. longisiliquum Hochr., 32, 34, _138_. + + » _lineare_ Boiss., _138_. + + _Eremopyrum orientale_ Jaub. et Spach, _103_. + + _Erigeron inuloides_ Poiret in Lam., _198_. + + ERINACEA Adans., _144_. + + » pungens Boiss., 48, 49, _144_. + + ERODIUM L’Hérit., _153_. + + » _allotrichum_ Steud. in Schimper, _153_. + + » _alsiniflorum_ Delile, _153_. + + » _arenarium_ Pomel, _154_. + + » _Bovei_ Delile, _154_. + + » cicutarium L’Hérit. var. allotrichum Hochr., _153_. + + » _cicutarium_ var. _hirtum_ Moris, _153_. + + » cicutarium L’Hérit. var. Jacquinianum Hochr., 64, 67, _153_. + + » cicutarium L’Hérit. var. subacaule Hochr., _154_. + + » glaucophyllum L’Hérit., 41, 51, _154_. + + » _hirtum_ Jacq., _153_. + + » _Jacquinianum_ Fisch. et Mey., _153_. + + » _Jacquinianum_ var. _subacaule_ Boiss. et Reut., _154_. + + » laciniatum Willd. var. Bovei Hochr., 36, 43, _154_. + + » _laciniatum_ var. _pulverulentum_ Boiss., _154_. + + » _pallidiflorum_ Jord., _153_. + + » _pulverulentum_ Batt. et Tr., _154_. + + » _staphylinum_ Bertol., _153_. + + » _tenuisectum_ Gren. et Godr., _153_. + + ERUCA Lam., _130_. + + » sativa Lam. var. pinnatifida Coss., _131_. + + » sativa Lam. var. stenocarpa Coss., 32, 34, _130_. + + ERUCARIA Gärtn., _130_. + + » _Aegiceras_ Gay ex Boiss., _130_. + + » uncata Boiss., 28, 30, 36, 42, _130_. + + ERUCASTRUM Presl, _132_. + + » leucanthum Coss. et Durieu, 51, 53, _132_. + + » leucanthum Coss. et Durieu var. elongatum Hochr., 52, 55, + _132_. + + » varium Durieu var. montanum Cosson, 28, _132_. + + ERYNGIUM L., _165_. + + » illicifolium Lam., 77, _165_. + + » triquetrum Vahl, _165_. + + ERYSIMUM L., _136_. + + » grandiflorum Desf., 64, 70, _136_. + + » Kunzeanum Boiss. et Reut. in Boiss., 52, 55, _136_. + + » _longifolium_ DC., _136_. + + » _strictum_ var. _micranthum_ J. Gay ap. Coss., _136_. + + ERYTHRÆA L. C. Rich., _169_. + + » Centaurium Pers., _169_. + + EUPHORBIA L., _158_. + + » calyptrata Coss. et Dur., 32, 37, 42, _158_. + + » cornuta Pers., 36, 39, _158_. + + » Guyoniana Boiss. et Reut., 32, 34, _158_. + + » _heterophylla_ Desf., _158_. + + » _provincialis_ Willd., _158_. + + » _seticornis_ Poiret, _158_. + + » _terracina_ var. _angustifolia_ Batt. et Tr., _158_. + + » terracina L. var. trapezoidalis Hochr., 26, 27, _158_. + + » _trapezoidalis_ Viv., _158_. + + EVAX Gärtn., _194_. + + » _argentea_ Pomel, _194_. + + » _Heldreichii_ Parlatore, _194_. + + » _linearifolia_ Pomel, _194_. + + » pygmæa Pers., _194_. + + » pygmæa Pers. var. argentea Hochr., 37, _194_. + + » pygmæa Pers. var. linearifolia Hochr., _194_. + + » sp., _194_. + + FAGONIA L., _157_. + + » glutinosa Delile, 36, 42, 44, _157_. + + FEDIA Mœnch, _192_. + + » Cornucopiæ DC., _192_. + + FERULA L., _167_. + + » communis L., _167_. + + FESTUCA L., _100_. + + » _arundinacea_ Schreb., _100_. + + » _calycina_ L., _100_. + + » cynosuroides Desf., 51, 58, _101_. + + » _divaricata_ Desf., _98_. + + » elatior L. subsp. arundinacea Hack. var. genuina Hackel, 25, + _100_. + + » elatior L. var. Fenas Hackel, 27, _100_. + + » _Fenas_ Lag., _100_. + + » _infesta_ Hack. in Batt. et Tr., _100_. + + » ovina L. subsp. infesta Hochr., 62, 68, _100_. + + » triflora Desf., 65, 71, _101_. + + » unilateralis Schrad. var. aristata Coss. et Dur., 52, 58, _101_. + + FILAGO L., _194_. + + » Heldreichii Batt. et Tr., 62, 69, _194_. + + » _pygmæa_ L., _194_. + + » spathulata Presl., _195_. + + » spathulata Presl. var. oasicola Hochr., 28, 30, _195_. + + FŒNICULUM L., _166_. + + » _officinale_ All., _166_. + + » vulgare Mill., forma elongata, 77, _166_. + + » _Forma foliis floralibus e basi truncata + triangulari-acuminatis_ Coss., _158_. + + _Fradinia Geslini_ Pomel, _200_. + + » _halimifolia_ Batt. et Tr., _200_. + + FRANKENIA L., _160_. + + » pulverulenta L., 26, 27, _160_. + + FUMARIA L., _126_. + + » capreolata L. var. intermedia Hausskn., _127_. + + » densiflora DC., 51, 55, _127_. + + » _micrantha_ Lagasca, _127_. + + » _officinalis_ var. _banatia_ Hausskn., _126_. + + » officinalis L. var. scandens Reich., _126_. + + » spicata L., 52, 57, _127_. + + _Galeopsis hirsuta_ L., _179_. + + GALIUM L., _191_. + + » ephedroides Willk., 38, 43, _191_. + + » ephedroides Willk. var. oranense Hochr., 38, 43, _191_. + + » murale All., _192_. + + » _Poiretianum_ Ball, _192_. + + » _rupicolum_ Pomel, _191_. + + » spurium L. var. Vaillantii Gr. et Godr., 60, 70, _191_. + + » _Vaillantii_ DC., _192_. + + GENISTA L., _143_. + + » Rætam Forsk., 31, 34, 36, 41, _143_. + + » saharæ Coss. et Dur., 31, 32, 34, 35, _143_. + + » sphærocarpa Lam., 31, 33, 34, 36, _143_. + + _Gentiana Centaurium_ L., _169_. + + _Geranium cicutarium_ L., _153_. + + » _crassifolium_ Forsk., _154_. + + » _laciniatum_ Cav., _154_. + + » _pulverulentum_ Desf., _154_. + + GEUM L., _142_. + + » heterocarpum Boiss., 65, 70, _142_. + + GLAUCIUM Juss., _126_. + + » corniculatum Curtis var. phœniceum DC., 48, _126_. + + » luteum Scop., _126_. + + » _phœniceum_ Crantz., _126_. + + GLOBULARIA L., _188_. + + » Alypum L. var. eriocephala Bonn. et Barr., 76, _188_. + + » _eriocephala_ Pomel, _188_. + + _Glossopappus chrysanthemoides_ Kunze, _202_. + + _Gnaphalium leysseroides_ Desf., _196_. + + » _scandens_ Sieb., _196_. + + Gonohymenia algerica var. granulosa Stnr., _223_. + + Grimmia pulvinata Sm., _219_. + + GYMNOCARPOS Forsk., _121_. + + » _decandrum_ Forsk., _121_. + + » fruticosus Pers., 37, 39, _121_. + + GYMNOGRAMME Desv., _91_. + + » leptophylla Desv., _91_. + + HALOXYLON Bunge, _111_. + + » _articulatum_ var. Reut. in Hb. Boiss., _112_. + + » articulatum Bunge var. scoparium Hochr., 37, 39, 78, _112_. + + » _scoparium_ Pomel, _112_. + + HEDYPNOIS Schreb., _212_. + + » cretica Willd., 36, 44, 50, 57, _212_. + + » cretica Willd. var. oasicola Hochr., 28, 30, _213_. + + » _polymorpha_ DC., _212_. + + _Hedysarum sericeum_ Vahl, _152_. + + HELIANTHEMUM L., _162_. + + » _ellipticum_ Pers., _163_. + + » _eremophilum_ Pomel, _164_. + + » hirtum Pers. var. deserti Coss., 41, 53, 55, 63, 67, _164_. + + » Lippii Pers. var. ellipticum Boiss., 37, 42, 76, _163_. + + » _Lippii_ var. _micranthum_ Boiss., _163_. + + » Lippii Pers. var. sessiliflorum Spach, 41, _163_. + + » _nummularium_ Guss., _163_. + + » papillare Boiss., 53, 55, 65, 67, 68, _162_. + + » pilosum Pers., 53, 55, 64, 67, _163_. + + » rubellum Presl, 64, 66, 70, 73, _163_. + + » _sessiliflorum_ Pers., _163_. + + » _variabile_ var. _linearifolium_ Spach, _163_. + + » virgatum Pers., 65, 70, _164_. + + HELICHRYSUM Gärtn., _196_. + + » _decumbens_ Batt. et Tr., _196_. + + » _Fontanesii_ Bonn. et Barr., _196_. + + » scandens Murb., 51, 55, _196_. + + _Helosciadium nodiflorum_ Koch, _165_. + + _Heppia cervinella_ Nyl. in Flagey, _223_. + + » subrosulata Stnr., _223_. + + HERNIARIA L., _122_. + + » _annua_ Lag., _122_. + + » cinerea DC., 28, 36, 42, 51, 56, _122_. + + » _Cossoniana_ J. Gay in Balansa, _122_. + + » _Fontanesii_ Batt. et Tr., _122_. + + » _fruticosa_ var. Balansa, _122_. + + » glabra L., 60, 71, _123_. + + » mauritanica Murbeck, 41, _122_. + + _Hesperis arenaria_ et _ramosissima_ Desf., _137_. + + » _diffusa_ Decaisne, _138_. + + » _ramosissima_ Delile, _138_. + + HIPPOCREPIS L., _151_. + + » bicontorta Loisel. var. sinuosissima Pomel, 32, 34, _151_. + + » ciliata Willd., 61, 72, _151_. + + » _cornigera_ Boiss., _151_. + + HORDEUM L., _103_. + + » murinum L., _103_. + + _Hussonia Aegiceras_ Coss. et Dur. in Bal., _130_. + + » _uncata_ Boiss., _130_. + + HUTCHINSIA R. Br., _135_. + + » petræa R. Br., 60, 69, _135_. + + _Hyacinthus comosus_ L., _107_. + + _Hyoseris cretica_ L., _212_. + + HYPERICUM L., _160_. + + » ciliatum Lam., _160_. + + » _dentatum_ Loisel., _160_. + + » _montanum_ Desf., _160_. + + HYPOCHÆRIS L., _213_. + + » ætnensis Ball, _213_. + + _Illecebrum capitatum_ L., _122_. + + » _Paronychia_ L., _122_. + + IMPERATA Cyrill., _93_. + + » cylindrica P. de Beauv., 45, _93_. + + INULA L., _196_. + + » montana L. var. calycina Batt. et Tr., 64, 69, 72, _196_. + + » _montana_ Presl, _196_. + + » _odora_ L., _198_. + + IRIS L., _107_. + + » Sisyrinchium L., _108_. + + » Xiphium L., 45, _107_. + + JASMINUM L., _169_. + + » fruticans L., 61, 71, _169_. + + JUNCUS L., _105_. + + » _articulatus_ Desf., _105_. + + » _bufonius_ var. _congestus_ Wahlbg., _106_. + + » _bufonius_ var. _fasciculatus_ Koch, _106_. + + » bufonius L. var. hybridus Coss. et Dur., 25, _105_. + + » _congestus_ Schousb. ex Mey., _106_. + + » _fasciculatus_ Bertol., _106_. + + » Fontanesii J. Gay ap. Laharpe, 25, 27, _105_. + + » _hybridus_ Brot., _106_. + + » maritimus Lam. var. arabicus Asch. et Buch. ex Boiss., 25, + _105_. + + » _mutabilis_ Savi, _106_. + + » _repens_ Requien ap. Guerin, _105_. + + JUNIPERUS L., _92_. + + » macrocarpa Sibth. et Sm. var. globosa Neilreich, 49, 53, 59, + 61, _92_. + + » Oxycedrus L., 49, 53, 59, 61. + + » phœnicea L., 49, 53, 59, 61, _92_. + + JURINEA Cass., _208_. + + » _Bocconi_ Guss., _208_. + + » humilis DC., 62, 70, 73, _208_. + + _Kalbfussia Muelleri_ Schultz, _214_. + + » _Salzmanni_ Schultz Bip., _213_. + + _Kochia muricata_ Schrad., _111_. + + KŒLERIA Pers., _98_. + + » _hispida_ Salzm., _98_. + + » _pubescens_ var. _longearistata_ Coss., _98_. + + » pubescens P. de Beauv. var. Salzmanni Hochr., _98_. + + » _Salzmanni_ Boiss. et Reut., _98_. + + » _villosa_ Pers., _98_. + + KŒLPINIA Pallas, _212_. + + » linearis Pallas, _212_. + + _Koniga maritima_ R. Br. in App. Denh. et Clapp., _137_. + + LACTUCA L., _216_. + + » viminea J. et K. Presl, 60, 73, _216_. + + _Lagurus cylindricus_ L., _93_. + + LAMARCKIA Mœnch, _100_. + + » aurea Mœnch, _100_. + + LAMIUM L., _177_. + + » amplexicaule L., 29, 50, _177_. + + » hybridum Vill., 62, 72, _177_. + + » _incisum_ Willd., _177_. + + LATHYRUS L., _152_. + + » articulatus L., 62, 71, _152_. + + » articulatus L. var. ligusticus Burnat, _152_. + + » _tenuifolius_ Desf., _152_. + + LAUNÆA Cass., _215_. + + » resedifolia O. Kuntz. ex Hoffm. in Engler u. Pr. var. viminea + Hochr., 25, 27, 30, 38, 40, 41, _215_. + + » spinosa Sch. Bip. in Webb, 53, 55, 61, 67, _216_. + + LAVANDULA L., _175_. + + » Stœchas L. var. platyloba Briq., _175_. + + LAVATERA L., _160_. + + » _hispida_ Desf., _160_. + + » olbia L. var. hispida Gr. et Godr., _160_. + + Lecanora esculenta Eversm., _225_. + + » peltata Th. Fr., _225_. + + » peltata Th. Fr. var. lævior Stzbgr. f. subterpallens A. Zahlbr., + _226_. + + » platycarpa Stnr. f. pruinosa Stnr., _226_. + + » Reuteri Schær., _226_. + + Lecidea decipiens Ach., _223_. + + LEMNA L., _105_. + + » minor L., 26, _105_. + + LEONTODON L., _213_. + + » Salzmanni Ball var. Muelleri Ball, _214_. + + LEPIDIUM L., _127_. + + » subulatum L., 41, _127_. + + _Lepigonum salsugineum_ Kindb., _121_. + + LEYSSERA L., _196_. + + » capillifolia DC., 78, _196_. + + _Limoniastrum_ Mœnch, _168_. + + » Feei Hook. ex Pax in Engl., 37, 39, _168_. + + LINARIA L., _185_. + + » _aparinoides_ Chav., _186_. + + » arvensis Desf. var. parviflora Hochr., 50, 56, 60, 68, _186_. + + » _arvensis_ var. _flaviflora_ Boiss., _186_. + + » _arvensis_ var. _simplex_ Chav., _186_. + + » _aurasiaca_ Pomel, _186_. + + » heterophylla Desf. var. aurasiaca Hochr., 49, 63, 68, _186_. + + » _marginata_ Desf., _185_. + + » _melanantha_ Boiss. et Reut., _185_. + + » reflexa Desf., _186_. + + » _simplex_ DC., _186_. + + » tristis Mill., 65, 68, _185_. + + LINUM L., _155_. + + » _agreste_ Brot., _156_. + + » angustifolium Huds., _156_. + + » angustifolium Huds. var. submicranthum Hochr., 33, _156_. + + » corymbiferum Desf., _155_. + + » _cribrosum_ Reich., _156_. + + » _marginatum_ Poir. in Ledeb., _156_. + + » Munbyanum Boiss. et Reut. var. meridionale Hochr., 52, 57, 63, + 72, 74, _155_. + + » _squarrosum_ Munby, _156_. + + » strictum L., 48, _155_. + + » suffruticosum L. var. squarrosum Munby, 53, 55, 63, 67, 72, 74, + _156_. + + LITHOSPERMUM L., _173_. + + » _dispermum_ L., _174_. + + » incrassatum Guss., 61, 68, 69, 70, _173_. + + » _retortum_ Pall., _174_. + + LOBULARIA Desv., _137_. + + » maritima Desv., _137_. + + LOLIUM L., _102_. + + » perenne L., 50, 56, 59, 71, _102_. + + » Trabuti Hochr., 77, _102_. + + LOTUS L., _147_. + + » commutatus Guss. var. collinus Brand in Engl., 65, 71, _147_. + + » corniculatus L. var. aff. L. tigrensi Baker, 25, _148_. + + » _creticus_ var. _collinus_ Boiss., _147_. + + » _cytisoides_ subsp. _collinus_ Murb., _147_. + + » _prostratus_ Batt. et Tr., _147_. + + _Lycopodium denticulatum_ L., _91_. + + LYGEUM L., _94_. + + » Spartum L., 41, 51, 55, _94_. + + Macrophoma Haloxyli P. Henn., _222_. + + » Hochreutineri P. Henn., _222_. + + MALCOLMIA R. Br., _137_. + + » _ægyptiaca_ Spreng., _138_. + + » _ægyptiaca_ var. _ægyptiaca_ Cosson, _138_. + + » ægyptiaca var. diffusa Aschers. et Schweinf., _138_. + + » _ægyptiaca_ var. _linearis_ Cosson, _138_. + + » _ægyptiaca_ var. _longisiliqua_ Coss. ap. Bourg., _138_. + + » arenaria DC., 33, 34, _137_. + + » _ramosissima_ Coss. in Hb., _137_. + + MALVA L., _160_. + + » nicæensis All., _160_. + + » silvestris L., _160_. + + _Maropsis deserti_ Pomel, _176_. + + MARRUBIUM L., _176_. + + » _cinereum_ Desr. in Lam., _177_. + + » _crispum_ Desf., _178_. + + » deserti de Noë ap. Balansa, _176_. + + » _hispanicum_ L., _177_. + + » _sericeum_ Boiss., _176_. + + » supinum L., 29, 53, 65, 72, _176_. + + » vulgare L., _176_. + + MATTHIOLA R. Br., _138_. + + » _linearis_ Delile in Laborde, _138_. + + » _livida_ DC., _139_. + + » oxyceras DC. var. livida Conti, 37, 43, 44, _139_. + + » oxyceras DC. var. oasicola Hochr., 28, _139_. + + MECOMISCHUS Benth. et Hook., _200_. + + » _Geslini_ Benth. et Hook., _200_. + + » halimifolius Hochr., 32, 35, _200_. + + MEDICAGO L., _145_. + + » littoralis Rhode ex Lois., _145_. + + » sativa L., _145_. + + MELIA L., _157_. + + » Azedarach L., _157_. + + MELICA L., _99_. + + » ciliata L. var. nebrodensis Coss., 61, 72, _99_. + + » _ciliata_ var. _rupestris_ Batt. et Tr., _99_. + + » _nebrodensis_ Parlat., _99_. + + MELILOTUS L., _146_. + + » indica All., 26, _146_. + + » macrocarpa Coss. et Dur., _146_. + + » _parviflora_ Desf., _146_. + + » _physocarpa_ Pomel, _146_. + + MICROPUS L., _194_. + + » bombycinus Lag., 51, 58, _194_. + + » supinus L., _194_. + + Microspora abbreviata Lagh., _227_. + + _Milium cœrulescens_ Desf., _96_. + + » _multiflorum_ Cav., _96_. + + _Minuartia campestris_ L., _119_. + + MORICANDIA DC., _139_. + + » arvensis DC. var. suffruticosa Coss., 48, _139_. + + » _suffruticosa_ Coss. et Dur., _139_. + + MURICARIA Desvaux, _133_. + + » Battandieri Hochr. var. genuina Hochr., 41, _133_. + + » Battandieri Hochr. var. subintegrifolia Hochr., 28, 30, _134_. + + MUSCARI Mill., _107_. + + » comosum Mill., 60, 70, _107_. + + _Myconia macrotus_ Sch. Bip. in Walp., _202_. + + MYOSOTIS L., _173_. + + » collina Hoffm., 60, 69, _173_. + + » _hispida_ Schlecht., _173_. + + _Nardurus cynosuroides_ Batt. et Tr., _101_. + + » _unilateralis_ Boiss., _101_. + + » _unilateralis_ var. _aristata_ Boiss., _101_. + + NEPETA L., _177_. + + » _amethystina_ Poir., _177_. + + » _amethystina_ var. _genuina_ Willk., _177_. + + » Nepetella L., var. amethystina Briq., 29, 52, _177_. + + NERIUM L., _170_. + + » Oleander L., _170_. + + _Noæa aretioides_ Moq. et Coss. ap. Bourgeau, _112_. + + NOLLETIA Cass., _193_. + + » chrysocomoides Cass., 33, 35, _193_. + + NONNEA Medik., _173_. + + » _phaneranthera_ Ball., _173_. + + » violacea DC., 33, 34, _173_. + + ODONTOSPERMUM Neck., _200_. + + » graveolens Sch. Bip. in Webb, 76, _200_. + + » pygmæum O. Hoffm. in Engler, 37, 42, 76, _200_. + + Oedogonium sp., _227_. + + ONONIS L., _144_. + + » alba Poir., _145_. + + » _angustissima_ var. _glabrescens_ Barr. in Bonn. et Barr., + _144_. + + » biflora Desf., _144_. + + » Columnæ All., 51, 56, _145_. + + » _geminiflora_ Lag., _144_. + + » _glabrescens_ Hochr., 38, 42, _144_. + + » glabrescens Hochr. var. minor Hochr., 42, _144_. + + » _monophylla_ Desf., _145_. + + » _parviflora_ Lam., _145_. + + » _polyclada_ Murb., _144_. + + ONOPORDON L., _209_. + + » arenarium Pomel, 32, _209_. + + » _Sibthorpianum_ Boiss., _209_. + + OPHRYS L., _108_. + + » apifera Huds. var. Muteliæ Mutel, _108_. + + ORNITHOGALUM L., _107_. + + » sessiliflorum Desf., _107_. + + _Ornithopus scorpioides_ L., _151_. + + » _trifoliatus_ Lam., _151_. + + OROBANCHE L., _188_. + + » cernua Lœfl., 76, _188_. + + » fœtida Poiret, 38, _188_. + + » Muteli Schultz in Mutel, _188_. + + » nana Noë in Reich., _188_. + + » Schultzii Mutel var. typica Beck, _188_. + + ORYZOPSIS Michaux, _96_. + + » cœrulescens Richt., 61, 72, _96_. + + » miliacea Richt., 25, _96_. + + OSYRIS L., _109_. + + » alba L., 60, 69, _109_. + + OXALIS L., _155_. + + » cernua Thunb., _155_. + + » _libyca_ Viv., _155_. + + PALLENIS Coss., _199_. + + » _cuspidata_ Pomel, _199_. + + » spinosa Cass., _199_. + + » spinosa Cass. var. cuspidata Hochr., 52, 57, 62, 72, 77, _199_. + + _Panicum Dactylon_ L., _97_. + + PAPAVER L., _125_. + + » _setigerum_ DC., _125_. + + » _somniferum_ var. _nigrum_ DC., _126_. + + » somniferum L. var. setigerum Webb., 50, 58, _125_. + + PAPPOPHORUM Schreb., _97_. + + » scabrum Kunth, 77, 78, _97_. + + PARIETARIA L., _109_. + + » _diffusa_ Mert. et K., _109_. + + » _erecta_ Koch et Mert., _109_. + + » _judaica_ L., _109_. + + » officinalis L., _109_. + + » _officinalis_ var. _diffusa_ Batt. et Tr., _109_. + + » officinalis L. var. judaica Hochr., _109_. + + Parmelia conspersa Ach., _226_. + + PARONYCHIA Juss., _122_. + + » argentea Lam., _122_. + + » capitata Lam., 61, 70, _122_. + + » Cossoniana Gay ex Webb, in Balansa, 76, _122_. + + » _nivea_ DC., _122_. + + _Passerina microphylla_ Coss. et Dur. ap. Jamin, _164_. + + PEGANUM L., _157_. + + » Harmala L., 36, 40, 41, 44, _157_. + + PENNISETUM Pers., _94_. + + » orientale Rich. in Pers. var. Parisii Battandier, 77, _94_. + + » _Parisii_ Batt. et Tr., _94_. + + PERIPLOCA L., _170_. + + » _angustifolia_ Labill., _170_. + + » lævigata Ait., 77, _170_. + + » _punicæfolia_ Cav., _170_. + + PERRALDERIA Coss., _196_. + + » Dessignyana Hochr., 77, _196_. + + PHAGNALON Cass., _195_. + + » purpurascens Schultz-Bip. in Webb, 77, _195_. + + » saxatile Cass., _195_. + + PHALARIS L., _94_. + + » canariensis L., _94_. + + » _pubescens_ Lam., _98_. + + _Phelipæa lavandulacea_ Reut. in DC., _188_. + + » _Muteli_ Reut. in DC., _188_. + + » _nana_ Reich., _188_. + + » _Schultzii_ ex Reut. in DC., _188_. + + » _violacea_ Desf., _187_. + + PHILLYREA L., _169_ + + » _angustifolia_ L., _169_. + + » angustifolia L. var. angustifolia Hochr., 64, _169_. + + » _latifolia_ L., _169_. + + » _media_ L., _169_. + + » _vulgaris_ var. _angustifolia_ Caruel, _169_. + + Phragmidium circumvallatum Magn., _221_. + + Physcia Hochreutineri A. Zahlbr., _223_. + + » pulverulenta f. argyphæa Nyl., _223_. + + » stellaris var. leptalea Nyl., _223_. + + _Picridium discolor_ Pomel, _217_. + + » _intermedium_ Schulz. Bip. ap. Webb., _217_. + + » _orientale_ DC., _217_. + + » _saharæ_ Pomel, _217_. + + » _vulgare_ Desf., _217_. + + » _vulgare_ var. _intermedium_ Bonn. et Barr., _217_. + + PICRIS L., _214_. + + » cupuligera Walp., _214_. + + » _pilosa_ Ball, _215_. + + » saharæ Hochr., 38, 40, 42, 77, _214_. + + » saharæ Hochr. var. oranensis Hochr., 37, 43, _214_. + + PIMPINELLA L., _166_. + + » Tragium Vill., 62, 73, _166_. + + PINUS L., _92_. + + » halepensis Mill., 59, 61, _92_. + + _Piptatherum cœrulescens_ P. de Beauv., _96_. + + » _miliaceum_ Coss., _96_. + + » _multiflorum_ P. de Beauv., _96_. + + PISTACIA L., _159_. + + » atlantica Desf., 35, 38, _159_. + + PITURANTHUS Viv., _166_. + + » _scoparius_ Drude, _166_. + + » virgatus Hochr., 79, _166_. + + PLANTAGO L., _189_. + + » _afra_ L., _190_. + + » albicans L., 41, 50, 58, 231, _190_. + + » amplexicaulis Cav., 76, _189_. + + » _chotticus_ Pomel, _189_. + + » Coronopus L. var. oasicola Hochr., 28, _189_. + + » _lagopodioides_ Desf., _189_. + + » Lagopus L., 61, 72, _189_. + + » _lusitanica_ Willd., _189_. + + » maritima L. var. chottica Hochr., 41, _189_. + + » Psyllium L., 48, _190_. + + » serraria L., _189_. + + _Platycapnos spicatus_ Bernh., _127_. + + Pleospora Rhautorii P. Henn., _222_. + + POA L., _100_. + + » bulbosa L., 50, 68, _100_. + + » _rigida_ L., _101_. + + POLYCARPON L., _121_. + + » Bivonæ Gay in Duch., 53, 55, 62, 67, 71, _121_. + + POLYCNEMUM L., _110_. + + » Fontanesii Dur. et Moq. in DC., 38, 52, 57, _110_. + + _Polypodium leptophyllum_ L., _91_. + + POLYGALA L., _158_. + + » rupestris Pourr. var. saxatilis Murbeck, 63, 66, 70, _158_. + + » _saxatilis_ Desf., _158_. + + POLYPOGON Desf., _96_. + + » monspeliensis Desf., 25, 27, _96_. + + POPULUS L., _108_. + + » _alba_ var. _integrifolia_ Ball, 29, 52, _108_. + + » alba L. var. subintegerrima Willk. et Lang., 230, _108_. + + POTAMOGETON L., _93_. + + » natans L., 26, _93_. + + PRASIUM L., _175_. + + » majus L., _175_. + + _Prenanthes spinosa_ Forsk., _216_. + + » _viminea_ L., _216_. + + _Pseudodictamnus acutus_ Mœnch, _178_. + + PULICARIA Gärtn., _198_. + + » _calycina_ Presl., _196_. + + » inuloides DC., 25, 27, 28, 30, _198_. + + » _longifolia_ Boiss., _198_. + + » odora Reich., _198_. + + _Pyrethrum Gayanum_ Coss. et Dur. in Bourgeau, _203_. + + » _Maresii_ Coss. in Bourgeau, _203_. + + QUERCUS L., _108_. + + » _Ballota_ Desf., _109_. + + » Ilex L. var. Ballota A. DC., 49, 53, 65, _109_. + + » _infectoria_ Oliv., _109_. + + » lusitanica Lam., _108_. + + » _Mirbeckii_ Dur. ap. Duchartre., _108_. + + RANDONIA Cosson, _140_. + + » africana Cosson in Kralik, 37, 40, _140_. + + RANUNCULUS L., _123_. + + » _falcatus_ L. var. _incurvus_ Boiss., _124_. + + » macrophyllus Desf. var. macrophyllus Hochr., 29, 50, _123_. + + » _palustris_ L. var. _macrophyllus_ Coss., _123_. + + REICHARDIA Roth, _217_. + + » orientalis Hochr., 37, 43, _217_. + + » picroides Roth, _217_. + + » picroides Roth var. intermedium Hochr., _217_. + + RESEDA L., _140_. + + » alba L. var. firma J. Müll. forma major J. Müll., 61, 68, + _140_. + + » alba L. var. _lætevirens_ J. Müll. forma vulgaris J. Müll., + _140_. + + » arabica Boiss., 37, 42, 43, _141_. + + » decursiva Forsk., 33, _141_. + + » _eremophila_ Boiss., _141_. + + » Luteola L. var. Gussonii J. Müll., 60, 71, _141_. + + _Retama Rætam_ Webb., _143_. + + » _sphærocarpa_ Boiss., _143_. + + RHAGADIOLUS Juss., _212_. + + » stellatus Gärtn., _212_. + + RHAMNUS L., _160_. + + » _Lotus_ L., _159_. + + » lycioides L., 64, 73, _160_. + + RHANTERIUM Desf., _198_. + + » adpressum Coss. et Dur. ap. Balansa, 37, 40, _198_. + + _Rhetinolepis lonadioides_ Coss. ap. Kralik in Bourgeau, _201_. + + _Rhodalsine procumbens_ Gay, _119_. + + RHUS L., _159_. + + » _dioica_ Brouss. ap. Willd., _159_. + + » oxyacantha Cav., 76, 78, _159_. + + » _oxyacanthoides_ Dum., _159_. + + » _syriaca_ Boiss. et Bl. ex Boiss., _159_. + + » _zizyphina_ Tineo, _159_. + + ROCHELIA Reichb., _174_. + + » disperma Hochr., 61, _174_. + + » _stellulata_ Reich., _174_. + + ROSA L., _143_. + + » Pouzini Trattinick, 29, 52, _143_. + + ROSMARINUS L., _175_. + + » officinalis L., 51, _175_. + + RUBIA L., _192_. + + » lævis Poir., 65, 69, _192_. + + » peregrina L., _192_. + + RUMEX L., _110_. + + » thyrsoides Desf., _110_. + + » tingitanus L. var. lacerus Batt. et Tr., 32, 35, _110_. + + » vesicarius L., 48, _110_. + + RUSCUS L., _107_. + + » aculeatus L., 60, 69, _107_. + + RUTA, _157_. + + » _angustifolia_ Persoon, _157_. + + » chalepensis L., 61, 68, _157_. + + _Saccharum cylindricum_ Lam., _93_. + + SALSOLA L., _112_. + + » _articulata_ Cav., _111_. + + » _articulata_ Forsk., _112_. + + » _fruticosa_ L., _111_. + + » Kali L. var. Tragus Moq. in DC., 36, 44, _112_. + + » _muricata_ L., _111_. + + » _Tragus_ L., _112_. + + SALVIA L., _179_. + + » Verbenaca L. var. clandestina Briq., 61, 72, _179_. + + SAMOLUS L., _168_. + + » Valerandi L., 25, 26, _168_. + + SANTOLINA L., _201_. + + » _canescens_ Lag., _201_. + + » rosmarinifolia L. var. canescens Boiss., 65, 69, 232, _201_. + + » _rosmarinifolia_ var. _leptophylla_ Webb., _201_. + + SATUREIA L. emend. Briq., _180_. + + » græca L. var. græca Briq., _180_. + + » Hochreutineri Briq., 77, _180_. + + » rotundifolia Briq., 51, 56, _180_. + + _Saulcya hierochuntica_ Michon, _200_. + + SCABIOSA L., _192_. + + » arenaria Forskal, 36, 43, 44, _192_. + + » monspeliensis Jacq., 28, 30, _193_. + + » monspeliensis Jacq. var. minor Batt. et Tr., 38, 43, _193_. + + SCHISMUS P. de Beauv., _100_. + + » calycinus Coss. in Coss. et Dur., 51, 57, _100_. + + » _marginatus_ P. de Beauv., _100_. + + Schistidium confertum Br., _219_. + + » pulvinatum Brid., _219_. + + SCIRPUS L., _104_. + + » _australis_ L., _104_. + + » Holoschœnus L., 25, 26, 29, 50, _104_. + + _Scleropoa memphitica_ Boiss., _98_. + + SCORPIURUS L., _150_. + + » _acutifolius_ Viv., _150_. + + » subvillosus L. var. acutifolius Hochr., _150_. + + » _subvillosus_ var. Coss., _150_. + + » _subvillosus_ var. _eriocarpus_ Moris, _150_. + + » sulcatus L., _150_. + + SCORZONERA L., _215_. + + » _alexandrina_ Boiss., _215_. + + » laciniata L., 50, 57, _215_. + + » _orientalis_ L., _217_. + + » _picroides_ L., _217_. + + » _resedifolia_ L., _215_. + + » undulata Vahl var. alexandrina Bonn. et Barr., 37, 42, _215_. + + SCROPHULARIA L., _187_. + + » canina L., 29, 50, _187_. + + » lævigata Vahl var. pellucida Hochr., _187_. + + » _pellucida_ Pomel, _187_. + + _Secale orientale_ L., _103_. + + SEDUM L., _141_. + + » album L. var. micranthum DC., 60, 69, _141_. + + » _altissimum_ Poiret, _141_. + + » _cœruleum_ Vahl, _141_. + + » dasyphyllum L. var. glanduliferum Gr. et Godr., 64, 69, _142_. + + » _glanduliferum_ Guss., _142_. + + » heptapetalum Poiret, _141_. + + » _micranthum_ Bast. ap. DC., _141_. + + » nicæense All., 61, 67, _141_. + + SELAGINELLA Spring, _91_. + + » denticulata Link, _91_. + + SCLEROPOA Griseb., _101_. + + » rigida Griseb., _101_. + + SENECIO L., _203_. + + » coronopifolius Desf. var. genuinus Hochr., 33, _204_. + + » coronopifolius Desf. var. oasicola Hochr., 26, 27, _204_. + + » _humilis_ Desf., _203_. + + » _humilis_ Desf., _204_. + + » leucanthemifolius Poiret var. humilis Batt., _204_. + + » leucanthemifolius Poiret var. leucanthemifolius Batt. in Batt. + et Tr., 62, 68, _203_. + + SERAPIAS L., _108_. + + » occultata Gay, _108_. + + _Seriola ætnensis_ L., _213_. + + _Serratula Bocconi_ Guss., _208_. + + » _humilis_ Desf., _208_. + + » _mollis_ Cav., _208_. + + SHERARDIA L., _190_. + + » arvensis L., _190_. + + » _muralis_ L., _192_. + + SIDERITIS L., _176_. + + » _deserti_ de Noë, _176_. + + » _ebracteata_ Asso, _176_. + + » montana L. var. ebracteata Briq., 29, 50, _176_. + + » _montana_ subsp. _ebracteata_ Murb., _176_. + + » _Ocymastrum_ L., _179_. + + SILENE L., _112_. + + » amurensis Pomel, 49, 63, 71, _117_. + + » _anglica_ L., _113_. + + » Battandierana Hochr., _115_. + + » _bipartita_ Desf., _114_. + + » colorata Poir. var. pteropleura Coss. in Bourg., 61, 68, _114_. + + » conica L., 60, 72, _112_. + + » gallica L., _113_. + + » imbricata Desf., _114_. + + » nocturna L. var. genuina Rohrb., _113_. + + » nocturna L. var. permixta Rohrb., _114_. + + » oranensis Hochr., 63, _116_. + + » _permixta_ Jord., _114_. + + » _pteropleura_ Batt. et Tr., _114_. + + » _quinquevulnera_ L., _113_. + + » rubella L., _115_. + + » tridentata Desf., _113_. + + SIMBULETA Forsk., _186_. + + » fruticosa Hochr., 63, 72, 75, _187_. + + » pedata Hochr., _186_. + + _Sinapis Harra_ Forsk., _132_. + + SISYMBRIUM L., _128_. + + » crassifolium Cav. var. giganteum Hochr., 63, 72, _129_. + + » crassifolium Cav. var. scaposum Hochr., 63, 68, 72, _129_. + + » _hirsutum_ Lag. ap. DC., _129_. + + » _hispidum_ Vahl, _132_. + + » Irio L., _128_. + + » _Irio_ var. _pubescens_ Coss. in Hb. ap. Bourg., _128_. + + » _irioides_ Cosson, _128_. + + » _Kralikii_ Fourn., _128_. + + » _pendulum_ Desf., _132_. + + » Reboudianum Verlot, 41, _128_. + + » runcinatum Lag. ap. DC. var. hirsutum Coss., 52, 57, _129_. + + » _runcinatum_ var. _villosum_ Boiss., _129_. + + » _runcinatum_ var. _xerophilum_ Fourn., _129_. + + » Sophia L., 52, 55, _128_. + + » villosum Spreng., _129_. + + _Sium nodiflorum_ L., _165_. + + SOLANUM L., _185_. + + » nigrum L., 27, _185_. + + SONCHUS L., _216_. + + » asper Hill., 29, 50, _216_. + + » maritimus L., 25, _216_. + + » oleraceus L., _216_. + + » tenerrimus L. var. glandulosus Lange, _216_. + + » tenerrimus L., var. lævigatus Lange, _216_. + + _Spartium Rætam_ Spach, _143_. + + » _saharæ_ Pomel, _143_. + + » _sphærocarpum_ L., _143_. + + » _spinosum_ L., _144_. + + SPERGULARIA Pers., _120_. + + » diandra Held. et Sart., 28, _120_. + + » _diandra_ Murb., _120_. + + » media Pers., 26, _121_. + + Spirogyra sp., _227_. + + _Spitzelia cupuligera_ Dur. in Duch., _215_. + + » _lyrata_ Coss. et Dur. non Schultz. Bip., _214_. + + » _saharæ_ Coss., _214_. + + _Squamaria peltata_ DC., _225_. + + » _peltata_ var. _lævior_ Nyl., _226_. + + STACHYS L., _179_. + + » _hirta_ L., _179_. + + » Ocymastrum Briq., _179_. + + STATICE L., _168_. + + » _ægyptiaca_ Pers., _168_. + + » Bonduelli Lestib., 36, 42, 76, _168_. + + » cordata L., _168_. + + » pruinosa L., 76, _168_. + + » sinuata L., _168_. + + » Thouini Viv., 36, _168_. + + STELLARIA L., _118_. + + » media Cirill., _118_. + + STIPA L., _96_. + + » barbata Desf., 51, 58, _96_. + + » gigantea Lag., 41, _96_. + + » parviflora Desf., 61, 72, _96_. + + » tenacissima L., 22, 33, 40, 42, 44, 52, 58, 65, _96_. + + SUÆDA Forsk., _111_. + + » fruticosa Forsk., 78, _111_. + + » vermiculata Forsk., 37, 39, _111_. + + TELEPHIUM L., _121_. + + » Imperati L., 27, _121_. + + TEUCRIUM L., _175_. + + » _flavovirens_ Batt. et Tr., _175_. + + » Polium L. var. angustifolium Benth. in DC., _175_. + + » Polium L. var. flavovirens Briq., 50, 58, _175_. + + » Polium L. var. vulgare Benth. in DC., 36, 40, _175_. + + THAPSIA L., _167_. + + » villosa L., _167_. + + THLASPI _128_. + + » perfoliatum L., 51, 56, 61, 69, _128_. + + » _Tineanum_ Huet du Pav., _128_. + + » _Tinnœanum_ Batt. et Tr., _128_. + + THYMELÆA Endl., _164_. + + » microphylla Coss. et Dur. ap. Kral., 32, 34, _164_. + + THYMUS L., _182_. + + » _albiflorus_ Batt. et Tr., _182_. + + » _graveolens_ Marsch.-Bieb., _180_. + + » hirtus Willd. var. albiflorus Briq., 63, 70, 74, _182_. + + » leucostegius Briq., _184_. + + Timmiella Barbula Limpr., _218_. + + _Tissa media_ Dumort. ex Pax in Engler, _121_. + + _Torilis leptophylla_ Reich., _165_. + + Tortula montana Lindb., _218_. + + _Tragopogon Dalechampii_ L., _213_. + + » _picroides_ L., _213_. + + _Trianthema fruticosa_ Vahl, _121_. + + TRIFOLIUM L., _146_. + + » angustifolium L., _146_. + + » angustifolium L. var. intermedium Gib. et Belli, _146_. + + » _intermedium_ Guss., _146_. + + » _Melilotus indica_ var. δ L., _146_. + + » scabrum L., _146_. + + » stellatum L., _146_. + + » tomentosum L., _146_. + + TRITICUM L., _103_. + + » triaristatum Gr. et Godr., 53, 56, 59, 68, _103_. + + » _unilaterale_ L., _101_. + + TULIPA L., _106_. + + » Celsiana DC. ap. Red., 64, 68, 71, 73, _106_. + + » _fragrans_ Munby, _106_. + + » _sylvestris_ Poir., _106_. + + URGINEA Steinh., _106_. + + » noctiflora Batt. et Tr., 77, 78, _106_. + + Uromyces tingitanus P. Henn., _221_. + + UROSPERMUM Scop., _213_. + + » Dalechampii F. W. Schmidt, _213_. + + » picroides F. W. Schmidt, _213_. + + Ustilago hypodytes Fr., _221_. + + » Penniseti Rabenh., _221_. + + _Valeriana Calcitrapa_ L., _192_. + + » _Cornucopiæ_ L., _192_. + + VALERIANELLA Haller, _192_. + + » Auricula DC., 62, 72, _192_. + + Vaucheria racemosa Rabenh., _227_. + + VERBASCUM L., _185_. + + » atlanticum Batt. in Batt. et Trab., 63, 68, _185_. + + VERONICA L., _187_. + + » Anagallis L. forma pubescens Bonn. et Bar., 25, 29, 50, _187_. + + » arvensis L., _187_. + + » rosea Desf., 55, 65, 67, 68, _187_. + + VICIA L., _152_. + + » disperma DC., _152_. + + _Volutarella bicolor_ Cass., _211_. + + _Vulpia cynosuroides_ Parl., _101_. + + WARIONIA Benth. et Coss., _211_. + + » saharæ Benth. et Coss., 77, 78, _211_. + + Xanthoria lychnea f. pygmæa Th. Fr., _225_. + + XERANTHEMUM L., _205_. + + » _annuum_ β _inapertum_ L., _205_. + + » _erectum_ Presl., _205_. + + » inapertum Willd., 60, 67, 70, _205_. + + ZANNICHELLIA L., _93_. + + » palustris L., 26, _93_. + + ZIZIPHORA L., _179_. + + » hispanica L., _179_. + + ZIZYPHUS Juss., _159_. + + » Lotus Lam., 36, 42, 78, _159_. + + _Zollikoferia chondrilloides_ DC., _215_. + + » _chondrilloides_ Hook., _215_. + + » _resedifolia_ Coss., _215_. + + » _resedifolia viminea_ Lange, _215_. + + » _spinosa_ Boiss., _216_. + + * * * * * + + + =ERRATA= + + + Page 29, ligne 28. Supprimer _Lamium amplexicaule_ L. + + » 32, » 15 d’en haut. Au lieu de _Combo_, lire _Gombo_. + + » 32, » 2 d’en bas. Au lieu de « Barr. et Hochr. », lire + « Barr. ». + + » 36, » 13. Au lieu de _Aretmisia_, lire _Artemisia_. + + » 36, » 22. Au lieu de « Schrob. » lire « Schreb. ». + + » 37, » 8 d’en bas. Au lieu de _Rhanterium_, lire + _Rhauterium_. + + » 37, » 4 d’en bas. Au lieu de _elangatus_, lire _elongatus_. + + » 38, » 12 d’en bas. Au lieu de « Willd. », lire « Willk. ». + + » 40, » 9 d’en bas. Au lieu de _Rhanterium_, lire + _Rhauterium_. + + » 50, 57 et 79. Au lieu de _Papaver hybridum_, + lire _Papaver somniferum_ var. _setigerum_ Webb. + + » 74, ligne 6 et 9. Au lieu de _Munbynum_, lire _Munbyanum_. + + * * * * * + + +L’auteur tient en terminant à adresser ses vifs remerciements à la +Société auxiliaire des Sciences et des Arts dont la généreuse +intervention a permis d’ajouter à ce mémoire les planches XVII-XXII. + + + * * * * * + Impression terminée le 15 avril 1904. + * * * * * + + + + +PL. I. + +_Ann. du Conserv. et du Jard. bot. de Genève_ VOL. VII-VIII. + +[Illustration : _Fig. 1. — Aïn Sefra : le Ksar (village arabe) et les +jardins avec les puits à contrepoids destinés à l’irrigation. — Vue +prise du Sud_ + +Une oasis avec ses dattiers, ses lauriers-roses, ses figuiers et ses +cultures d’orge et de légumes divers.] + +PL. II. + +_Ann. du Conserv. et du Jard. bot. de Genève_ VOL. VII-VIII. + +[Illustration : _Fig. 2. — Oasis de Tiloula_ + +_Petite mare près de la source_ + +Association des plantes aquatiques dans la mare d’une oasis : Scirpaie +composée de _Scirpus Holoschœnus_, _Cyperus rotundus_, _Juncus +buffonius_, _Apium nodiflorum_, etc. Dans le fond, lauriers-roses et +dattiers.] + +[Illustration : _Fig. 3. — Oasis de Tiout_ + +Groupe de palmiers-dattiers + +Groupe de _Phœnix dactylifera_. Les plus grands exemplaires mesurent 20 +à 25 m. de haut ; au pied, un champ préparé pour la culture de l’orge.] + +PL. III. + +_Ann. du Conserv. et du Jard. bot. de Genève_ VOL. VII-VIII. + +[Illustration : _Fig. 4. — Oasis et Ksar de Mograr Foukani_ + +Oasis typique de l’extrême Sud. Dans le fond : rochers désertiques à +_Perralderia_.] + +PL. IV. + +_Ann. du Conserv. et du Jard. bot. de Genève_ VOL. VII-VIII. + +[Illustration : _Fig. 5. — Bords de l’oued près Duveyrier_ + +Point-d’eau, association de tamaris formant deux haies étroites le long +de l’oued (ressemble au « Galeriewald » des Allemands).] + +[Illustration : _Fig. 6. — Touffe de drin sur la dune d’Aïn Sefra_ + +Flore des dunes : touffe surélevée d’_Aristida pungens_ ; derrière +elle, à l’abri du vent, un pied de _Centaurea dimorpha_.] + +PL. V. + +_Ann. du Conserv. et du Jard. bot. de Genève_ VOL. VII-VIII. + +[Illustration : _Fig. 7. — Aïn Sefra. — La redoute et les casernes, vue +prise de la partie inférieure de la dune_ + +Association steppique à la base de la dune : _Aristida pungens_, +_Echinops spinosus_, _Thymelæa microphylla_, _Cleome arabica_, etc.] + +[Illustration : _Fig. 8. — Sommet de la dune d’Aïn Sefra_ + +Partie supérieure dénudée de la dune, avec quelques touffes isolées +d’_Aristida pungens_.] + +PL. VI. + +_Ann. du Conserv. et du Jard. bot. de Genève_ VOL. VII-VIII. + +[Illustration : _Fig. 9. — Steppe rocailleux près de Tiloula_ + +Steppe à _Gymnocarpos fruticosus_, vue prise à courte distance. Le +premier buisson a environ 0,40 cm. de haut.] + +[Illustration : _Fig. 10. — Dépression limoneuse dans le +Faidjet-el-Betoum_ + +Steppe limoneux à _Haloxylon articulatum_ (?).] + +PL. VII. + +_Ann. du Conserv. et du Jard. bot. de Genève_ VOL. VII-VIII. + +[Illustration : _Fig. 11. — Gare fortifiée du Kreider près du Chott +Ech-Chergui_ + +Steppe sablonneux près des Chotts. Les grosses touffes sombres sont +formées par le _Peganum Harmala_ et par l’_Erodium glaucophyllum_ ; les +touffes de _Graminées_ sont formées par les _Stipa gigantea_ et _Lygeum +Spartum_.] + +[Illustration : _Fig. 12. — Buisson de Zizyphus Lotus dans la plaine +près Aïn Sefra_ + +_Zizyphus Lotus_ couronnant un mamelon dans le steppe à _Stipa +tenacissima_ et _Lygeum Spartum_.] + +PL. VIII. + +_Ann. du Conserv. et du Jard. bot. de Genève_ VOL. VII-VIII. + +[Illustration : _Fig. 13. — Le Ras-ed-Dib près de Duveyrier_ + +Au premier plan : steppe sablonneux à _Suæda vermiculata_ ; dans le +fond : rochers désertiques du Raz-ed-Dib, on voit au sommet des pentes +d’éboulis la station du _Warionia_.] + +[Illustration : _Fig. 14. — Steppe d’alfa au-delà de Tiloula_ + +Steppe rocailleux à _Stipa tenacissima_ dont les touffes abritent : +_Daucus sahariensis_ et _Ononis glabrescens_.] + +PL. IX. + +_Ann. du Conserv. et du Jard. bot. de Genève_ VOL. VII-VIII. + +[Illustration : _Fig. 15. — Aïn Sefra : village européen, les casernes, +la dune et le Djebel Mekter_ + +Steppe composite près d’une oasis : _Stipa tenacissima_, _Peganum +Harmala_, _Salsola Kali_, _Artemisia Herba-alba_, _Lygeum Spartum_, +_Matthiola oxyceras_ v. _livida_ et dans les interstices : _Fagonia +glutinosa_, _Scabiosa arenaria_, _Hedypnois cretica_, _Atractylis +cancellata_, etc.] + +PL. X. + +_Ann. du Conserv. et du Jard. bot. de Genève_ VOL. VII-VIII. + +[Illustration : _Fig. 16. — Panorama du Ras Chergui, vue prise non loin +de Tiloula_ + +Steppe rocailleux, pauvre, à _Stipa tenacissima_, _Artemisia +Herba-alba_, etc.] + +PL. XI. + +_Ann. du Conserv. et du Jard. bot. de Genève_ VOL. VII-VIII. + +[Illustration : _Fig. 17. — Djenien-bou-Rezg : le jardin des officiers_ + +Au premier plan : steppe rocailleux de l’extrême Sud, avec, en deçà du +mur d’enceinte, deux _Pistacia atlantica_ à couronne sub-sphérique.] + +PL. XII. + +_Ann. du Conserv. et du Jard. bot. de Genève_ VOL. VII-VIII. + +[Illustration : _Fig. 18. — Mécheria et le Djebel Antar_ + +Les trois zones altitudinaires sur le Djebel Antar ; zone inférieure +steppique, zone moyenne à genévriers peu denses ; zone supérieure à +genévriers et à chênes verts plus développés et plus serrés. On voit la +végétation arborescente s’avancer plus bas vers la plaine en suivant +les ouadi.] + +PL. XIII. + +_Ann. du Conserv. et du Jard. bot. de Genève_ VOL. VII-VIII. + +[Illustration : _Fig. 19. — Ravin au pied du Djebel Morghad_ + +Genévriers et plantes de montagne descendues au niveau de la plaine en +suivant un oued ; altitude d’environ 1200 m.] + +[Illustration : _Fig. 20. — Aïn Aïssa (la source de Jésus-Christ)_ + +Prairie-clairière caractéristique de la zone moyenne et surtout de la +zone supérieure ; au second plan : association du _Quercus Ilex_, v. +_Ballota_, du _Populus alba_ v. _integrifolia_, du _Rosa Pouzini_ et de +nombreuses espèces herbacées entourant une source de la montagne, Aïn +Aïssa, à 1650 m. d’altitude.] + +PL. XIV. + +_Ann. du Conserv. et du Jard. bot. de Genève_ VOL. VII-VIII. + +[Illustration : _Fig. 21. — Arête W. du Djebel Aïssa, Poste optique_ + +Pentes déboisées de la zone moyenne, couvertes d’un steppe d’alfa. +Altitude ca. 1600 m.] + +[Illustration : _Fig. 22. — Djebel Morghad : pied des escarpements +rocheux de l’arête_ + +Pente à _Phillyrea_ de la zone supérieure. A droite en haut : rochers à +_Sedum dasyphyllum_ v. _glanduliferum_, _Polygala rupestris_ v. +_saxatilis_, _Osyris alba_, etc. Altitude ca. 1950 m.] + +PL. XV. + +_Ann. du Conserv. et du Jard. bot. de Genève_ VOL. VII-VIII. + +[Illustration : _Fig. 23. — Forêt de pins au Djebel Aïssa_ + +Le _Pinus Halepensis_ sur les flancs du Djebel Aïssa. Altitude ca. 1850 +m.] + +[Illustration : _Fig. 24. — Djebel Morghad : versant occidental de +l’arête_ + +Rochers à genévriers et chênes-verts, abritant : _Santolina +rosmarinifolia_, _Inula montana_, _Filago Heldreichii_, etc. Alt. ca. +1950 m., versant N.-W.] + +PL. XVI. + +_Ann. du Conserv. et du Jard. bot. de Genève_ VOL. VII-VIII. + +[Illustration : _Fig. 26. — Le col de Merbah_ + +Sommet buissonneux du col de Merbah. Altitude ca. 1800 m.] + +[Illustration : _Fig. 25. — Poste optique au sommet du Ras Chergui_ + +Sommet buissonneux du Ras Chergui. Altitude 2000 m.] + +[Illustration : _Ann. Conserv. et Jard. bot. Genève ann. VII/VIII._ +_Pl. XVII._ + +_Lolium Trabutii_ Hochreut. + +Fig. 1. Habitus. + +Fig. 2. Un épillet grossi deux fois ; gl. glume. + +_Hélène Hantz, del. et sculp._ + +_Lith. Beck & Brun. Genève_] + +[Illustration : _Ann. Conserv. et Jard. bot. Genève ann. VII/VIII._ +_Pl. XVIII._ + +_Silene oranensis_ Hochreut. + +Fig. 1. Habitus. + +Fig. 2. Une fleur ouverte et grossie deux fois. + +Fig. 3. Calice grossi. + +Fig. 4. Un pétale grossi. + +Fig. 5. Ovaire et styles fortement grossis. + +Fig. 6. Etamines. + +_Hélène Hantz, del. et sculp._ + +_Lith. Beck & Brun. Genève_] + +[Illustration : _Ann. Conserv. et Jard. bot. Genève ann. VII/VIII._ +_Pl. XIX._ + +Fig. 1. _Muricaria Battandieri_ Hochr. var. _subintegrifolia_ Hochr., +var. nov. + +Fig. 2. _Muricaria Battandieri_ Hochr. var. _genuina_ Hochr. + +_Hélène Hantz, del. et sculp._ + +_Lith. Beck & Brun. Genève_] + +[Illustration : _Ann. Conserv. et Jard. bot. Genève ann. VII/VIII._ +_Pl. XX._ + +_Satureia Hochreutineri_ Briq. + +Fig. 1. Habitus. + +Fig. 2. Fleur grossie. + +Fig. 3. Calice grossi et étalé. + +_Hélène Hantz, del. et sculp._ + +_Lith. Beck & Brun. Genève_] + +[Illustration : _Ann. Conserv. et Jard. bot. Genève ann. VII/VIII._ +_Pl. XXI._ + +_Perralderia Dessignyana_ Hochreut. + +Fig. 1. Habitus. + +Fig. 2. Un fragment de tige montrant la villosité et les petites +pelotes à l’aisselle des feuilles. + +Fig. 3. Une bractée involucrale fortement grossie. + +_Hélène Hantz, del. et sculp._ + +_Lith. Beck & Brun. Genève_] + +[Illustration : _Ann. Conserv. et Jard. bot. Genève ann. VII/VIII._ +_Pl. XXII._ + +_Atractylis Babelii_ Hochreut. + +Fig. 1. Habitus. + +Fig. 2. Détail d’une feuille caulinaire. + +Fig. 3. Le capitule ouvert d’un côté. + +Fig. 4. Une feuille bractéale appuyée contre le capitule. + +Fig. 5-7. Bractées de l’involucre en allant de l’extérieur à +l’intérieur. + +Fig. 9. Une fleur ligulée grossie. + +Fig. 10. Fruit. + +_Hélène Hantz, del. et sculp._ + +_Lith. Beck & Brun. Genève_] + + + + +Note du transcripteur : + + +Les paragraphes trouvés avant chaque planche sous la mention +" LÉGENDE DE LA PLANCHE... " ont été placés à l’intérieur des +planches, sous leur figure correspondante. + +Les changements dans l’ERRATA ont été aportés (Mais l’orthographe +_Rhanterium_ a été préférée à _Rhauterium_, suivant le critère +des autorités botaniques). + +Page 22 (1), " =ET PHYTOGÉOGRAPHIQUUES= " a été remplacé par +" =PHYTOGÉOGRAPHIQUES= " + +Page 22 (1), " nous avons apppliqué " a été remplacé par " appliqué " + +Page 33 (12), " redescendre à Aîn-Aïssa " a été remplacé par +" Aïn-Aïssa " + +Page 33 (12), " abandonné quslques instants la caravane " a été +remplacé par " quelques " + +Page 40 (19), " On bien, si le troupeau " a été remplacé par " Ou " + +Page 42 (21)-43 (22), note 3 " _Société royale de botanipue_ " +a été remplacé par " _botanique_ " + +Page 44 (23), " Nous ne nons dissimulons " a été remplacé par +" Nous ne nous " + +Page 44 (23), " Bonnet et Barrette, _Catalogue de la Flore de +Tunisie_ " a été remplacé par " Barratte " + +Page 47 (26), " _Senecio coronopifolius_ Desf. v. _casicola_ Hochr. " +a été remplacé par " _oasicola_ " + +Page 48 (27), " _Senecio coronopifolius_ v. _casicola_ " a été +remplacé par " _oasicola_ " + +Page 48 (27), " Pl. IV, p. 5 " a été remplacé par " Pl. IV, fig. 5 " + +Page 49 (28), note 7 " Cette eepèce peut être " a été remplacé par +" espèce " + +Page 54 (33), " _Linum augustifolium_ " a été remplacé par +" _angustifolium_ " + +Page 54 (33), " _Astragalus tenuifolium_ Desf. " a été remplacé par +" _tenuifolius_ " + +Page 55 (34), " _Thymelea microphylla_ " a été remplacé par +" _Thymelæa_ " + +Page 56 (35), " _Andryyla Chevalieri_ " a été remplacé par +" _Andryala_ " + +Page 58 (37), " _Dianthus crinitus_ S. " a été remplacé par " Sm. " + +Page 63 (42), " _Centaurea crupinoides_ Besf. " a été remplacé par +" Desf. " + +Page 71 (50), " _Veronica Anagallis_ L., plus ou moins cosmoplite " +a été remplacé par " cosmopolite " + +Page 75 (54), " une différence aussi mimime " a été remplacé par +" minime " + +Page 81 (60), " _Sedun album_ " a été remplacé par " _Sedum_ " + +Page 83 (62), la référence à la note 30 après " _Jurinea humilis_ +DC. " a été remplacée par une référence à la note 29. + +Page 85 (64), " _Helianthamum rubellum_ " a été remplacé par +" _Helianthemum_ " + +Page 91 (70), " que sa végétetion tranche " a été remplacé par +" végétation " + +Page 94 (73), " _Lactuca vimimea_ " a été remplacé par " _viminea_ " + +Page 96 (75), " haut sur le le flanc " a été remplacé par " haut +sur le flanc " + +Page 104 (83), " flore montagneuse de la Sierra Neveda " a été +remplacé par " Nevada " + +Page 112 (91), " =LYCOPODIACCÆ= " a été remplacé par " =LYCOPODIACEÆ= " + +Page 118 (97), " Trib. X. CHLORIDEOE " a été remplacé par " CHLORIDEÆ " + +Page 120 (99), " Hausknecht d’Orient " a été remplacé par +" Haussknecht " + +Page 122 (101), " SELEROPOA Griseb. " a été remplacé par " SCLEROPOA " + +Page 128 (107), " =J. Xiphium= " a été remplacé par " =I. Xiphium= " + +Page 137 (116), " bracteam ultimam 0,1-02 cm. " a été remplacé par +" 0,1-0,2 cm. " + +Page 148 (127), " On peut eneore faire rentrer " a été remplacé par +" encore " + +Page 149 (128), " Il a y donc lieu d’exclure " a été remplacé par +" Il y a " + +Page 154 (133), " formes de l’ _Erucastrnm Cossonianum_ " a été +remplacé par " Erucastrum " + +Page 154 (133), " pedicelli floriferi 0,3-05 cm. " a été remplacé +par " 0,3-0,5 cm. " + +Page 155 (134), " dans le Faidjet et Betoum " a été remplacé par +" Faidjet el Betoum " + +Page 159 (138), " caractérisé par sa sa radicule " a été remplacé +par " caractérisé par sa radicule " + +Page 163 (142), " Djebel Morghad, dnns une fissure " a été remplacé +par " dans " + +Page 166 (145), " nons pensons que M. Murbeck " a été remplacé par +" nous " + +Page 172 (151), " Batt. et Tr. _Al. Alg._ I, 289. " a été remplacé +par " _Fl. Alg._ " + +Page 175 (154), " la dénomination de Desfontaine " a été remplacé +par " Desfontaines " + +Page 176 (155), " foliis augustioribus, linearibus " a été remplacé +par " angustioribus " + +Page 183 (162), " Rouy et F. _Fr. Fr._ II, 263 (1895) " a été +remplacé par " _Fl. Fr._ " + +Page 183 (162), " Raz Chergui, sur Aïn Sefra " a été remplacé par +" Ras " + +Page 205 (184), " attention ef qui nous paraît nouveau " a été +remplacé par " et " + +Page 205 (184), " omnes eximie peetinato-ciliati " a été remplacé +par " pectinato-ciliati " + +Page 210 (189), " remarque de Barrate l.c. " a été remplacé par +" Barratte " + +Page 210 (189), " foliis minus et irregularius lobatis " a été +remplacé par " irregularibus " + +Page 215 (194), " distingue de l’ _Erax pygmæa_ " a été remplacé +par " _Evax_ " + +Page 216 (194), " ses glomérules extrêmement lainenx " a été +remplacé par " laineux " + +Page 219 (198), " RHAUTERIUM Desf. " a été remplacé par " RHANTERIUM " + +Page 238 (217), " inflorescentia de pauperata ca. 3-capitata " a été +remplacé par " depauperata " + +Page 239 (218), " méditerrannéenne, d’où il s’avance jusqu’en +Perse ; Madère " a été remplacé par " méditerranéenne " + +Page 254 (233), " specie sconoscinta di Cecidomide " a été remplacé +par " sconosciuta " + +Page 255 (234), " _Aphodius lugens_ Crentz. " a été remplacé par +" Creutz. " + +Page 255 (234), " _Pimelia asperala_ Sol. " a été remplacé par +" _asperata_ " + +Page 258 (237), " [Anthyllis] _vulneraria_ var. _rubrifolia_ DC. " +a été remplacé par " _rubriflora_ " + +Page 261 (240), " [Centaurea] _pnbescens_ " a été remplacé par +" _pubescens_ " + +Page 262 (241), " [Cladanthus] _Geslim_ " a été remplacé par +" _Geslini_ " + +Page 265 (244), " [Gymnocarpos] _docandrum_ " a été remplacé par +" _decandrum_ " + +Page 266 (245), " [Helianthemum] _nummulariam_ " a été remplacé par +" _nummularium_ " + +Page 267 (246), " R. Br. in App. Deuh. et Clapp. " a été remplacé +par " Denh. " + +Page 268 (247), " MALCOMIA R. Br. " a été remplacé par " MALCOLMIA " + +Page 271 (250), " _Polypodium leptophyllum_ L., _9_B. " a été +remplacé par " _91_. " + +Page 272 (251), " RHAUTERIUM Desf. " a été remplacé par " RHANTERIUM " + +Page 272 (251), " _Rhetinolepis lonadioides_ [...] _20 _. " a été +remplacé par " _201_. " + +Page 273 (252), " SELEROPOA Griseb. " a été remplacé par " SCLEROPOA " + +Page 276 (255), " ZANICHELLIA L. " a été remplacé par " ZANNICHELLIA " + +Planche avec fig. 11 et 12 : " Pl. IV. " a été remplacé par +" Pl. VII. " + +Fig. 24, " _versand occidental_ " a été remplacé par " _versant_ " + +Dans la Pl. XVI, Fig. 26 a été déplacée du dessus de la Fig. 25 vers +le dessous. + +De plus, quelques changements mineurs de ponctuation et d’orthographe +ont été apportés. + + + +*** END OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK 75454 *** |
