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diff --git a/75747-0.txt b/75747-0.txt new file mode 100644 index 0000000..1f6b50d --- /dev/null +++ b/75747-0.txt @@ -0,0 +1,3783 @@ + +*** START OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK 75747 *** + + + + + + + Union des + sentences de + Philosophie. + + + A Paris, + + De l’Imprimerie de Leon Cavellat, + au mont sainct Hilaire au + Griphon d’argent. + + M. D. Lxxxiii. + + + + +Dixain. + + + Si tu desire en compagnie honneste, + Tenir propos qui soit d’authorité, + Ou si tu veux d’une grace modeste + Que tu sois veu parler en gravité: + Lire te faut ce brief present traicté, + Des bons autheurs sentences memorables, + Aorné de fleurs de science loüables. + Apprens les donc, & les mets en effect: + Et cognoistras combien sont profitables, + Pour estre en meurs accomply & parfaict. + + + + +BREF ADVERTISSEMENT + +à tous Amateurs de vertu. + + +Il n’y a celuy tant soit il peu versé és sciences des bonnes lettres, +qui ne puisse facilement juger combien apporte de profit la reduction +des sentences & memorables dicts de ceux qui ont surpassé le vulgaire en +bonne doctrine & Philosophie Morale. Pour ceste cause considerant, que +la multitude & diversité d’icelles (dispersees dedans un grand nombre & +infinité d’Autheurs tant anciens que modernes) est telle qu’il seroit +impossible à la plus part de les recueillir pour les mettre en usage & +en faire leur profit, il m’a semblé bon & utile de faire un abregé et +recueil de celles qui sont les plus singulieres & excellentes, & les +ordonner selon l’ordre Alphabetique en forme de lieux communs: pour par +ce moyen les delivrer d’une grande peine et travail d’esprit. Maintenant +donc faictes en vostre profit, tellement qu’on voye d’oresnavant en voz +propos, et en voz oeuvres reluire une gravité & modestie, telle que vous +sera recommandee par la commodité de ce present livre à la gloire & +honneur de Dieu, & l’edification des prochains. Que si ainsi vous le +faictes me donnerez suffisant argument & occasion pour m’emploier à vous +dedier ce present livre plus parfait et entier en peu de Jours. + +Grace avec vous. + + + + +UNION DES SENTENCES + +de philosophie. + + +Aage. + +Pytha. + +L’Aage qui est le temps & l’espace de la vie humaine, depuis la nativité +jusques à la mort, Pythagoras le limitoit à quatre-vingts ans, qui est +le point ou l’homme doit mourir, & le divisoit selon les saisons de +l’annee, comparant l’Enfance au Printemps, l’Adolescence à l’Esté, la +Jeunesse à l’Automne, la Vieillesse à l’Hyver. + +Platon. + +Platon le divisoit de sept ans en sept ans, & estimoit qu’au bout des +sept ans, l’homme changeoit tousjours de complection, & se faisoit +quelque metamorphose au corps humain, pour ceste cause estimoit le +septiesme an estre perilleux, judiciaire, ou fatal. + +Patric. + +Aucuns Philosophes divisoient l’aage en six, enfance, puerilité, +jeunesse, adolescence, virilité, & vieillesse. + +Them. + +Themistocles aagé de cent sept ans, regretoit finir sa vie lors qu’il +commençoit à estre sage. + +Theop. + +Theophraste accusoit nature, qu’elle avoit donné aage si long aux cerfs +& corbeaux, qui sont bestes inutiles, de nul proffit: Et aux hommes +avoit donné la vie courte & de peu de duree, lesquels (s’il leur estoit +permis par long aage) pourroient estre parfaicts en science, & +abondamment puiser de l’eau en la fontaine de sagesse. + +Possid. + +Possidonius disoit qu’on devoit avoir plus cher, & estimer un seul jour +d’un homme docte, que le long espace de l’aage d’un homme ignorant. + +Aug. + +Il ne me semble jamais tard à l’homme, pour apprendre ce qui est +necessaire. + +Patric. + +Avec l’aage convient changer les moeurs. + +La chose en laquelle un jeune enfant s’adonne de son premier aage, le +conduit jusques au sepulchre. + +Une mesme chose ne convient pas bien à tout aage, car nature se change +avec le temps. + +Patric. + +Pour l’aage de maintenant les jeunes gens s’adonnent à toutes +dissolutions, & plaisirs mondains, & quand sont grands ils ont honte +d’apprendre, au lieu que plus tost devroyent estre honteux qu’ils n’ont +apprins. + + +Abstinence. + +Patric. + +Abstinence est de ne rien desirer de superflu, ne passer les limites de +moderation, dompter convoitise soubs le joug de raison, celuy est +abstinent à qui vice, & volupté desplaist: qui ne se resjouit d’exces, +mais soudain retourne à mediocrité. + +Patric. + +Abstinence doit estre gardee, car superfluité & gourmandise +affoiblissent le corps & rompent l’entendement. Ainsi comme abstinence +faict la jeunesse longue, & conserve la santé, tient le corps en estat +honneste: au contraire gourmandise haste la vieillesse, rend le corps +debile, faict la face laide & salle. + + +Acheter. + +Caton. + +Caton disoit, qu’il estoit requis de considerer deux choses en achetant +une terre: premierement si elle estoit en bel air, & puis fertille, car +si elle n’estoit en bel air, tu acheterois maladie, & si elle n’est +fertille & feconde, pauvreté & perpetuel travail. + +Perian. + +Tu dois acheter pour un gain honneste & licite, non pas pour rapine & +trop grande convoitise: car la troisiesme generation ne pourroit jouir +de tes biens. + +Pythag. + +Sois songneux de rendre ce qu’on t’aura presté, car qui s’acquitte +s’enrichit: sois plus soucieux de rendre, que tu n’as esté de prudence. + + +Admonitions. + +Perian. + +Entens, & escoute les admonitions qu’on te fera, & ne desprise le bon +conseil de tes amis, tout ce qui est à ton utilité & honneur soit par +toy escouté. + + +Adoration. + +S. J. iiii. + +L’heure est venue que les vrais Adorateurs adoreront le Pere en esprit, +& verité, car Dieu est esprit. + +Sstien. + +J’ay eu crainte que ne transportasse l’honneur de mon Dieu à l’homme, +que je n’adorasse aucun sinon mon Dieu. + +Act. x. + +Sainct Pierre dit à Corneille qui se jettoit à ses piedz, Lieve toy, je +suis aussi moymesme serviteur de Dieu comme toy. + +Apoc. ix. & xxii. + +L’Ange dit à sainct Jean qui le vouloit adorer, Regarde que tu ne le +face: Je suis serviteur de Dieu avec toy, & avec tes freres qui ont le +tesmoignage de Jesus Christ. + + +Adversitez. + +Chilo. + +Chilo voyant un qui se contristoit en ses adversitez (dit) si tu +cognoissois les maux des autres, tu ne porterois les tiens si +impatiemment. + +Perian. + +Tu dois aucunement celer, & ne donne point à cognoistre tes adversitez, +à fin que tu ne donne occasion à tes envieux de se resjouir. + +Vives. + +Les adversitez de ce monde sont communes, & indifferemment peuvent +advenir à un chacun. + +Perian. + +C’est signe d’homme de petit courage, de se contrister beaucoup des +adversitez. + + +Affaires. + +Bias. + +N’entreprens beaucoup d’affaires temerairement, & si elles sont +commencees poursuis les avec diligence & prudence. + + +Agreable. + +Chilo. + +Sois agreable à un chacun, & te gouverne si sagement que tu plaise à +tous. + +Patric. + +Sois agreable à un chacun, & fay qu’en toy douceur & humanité abonde. + + +Agriculture. + +Patric. + +L’agriculture nous apporte gain honneste, & sans tromperie: qui est +necessaire pour la vie humaine. + +Agriculture est chose trop plus loüable que la guerre: elle promet vie +paisible, & tranquille felicité: l’autre malheur, mort, & misere. + + +Adultere. + +Patric. + +Il n’y a rien en ce monde qui cause plus tost un divorce, & separation +de la saincte compagnie de mariage qu’adultere. + +Patric. + +On doit punir griefvement les adulteres, à fin que la saincte compagnie +de mariage en soit plus stable. + + +Affections. + +Vives. + +Si nous permettons noz affections regner en nous: elles nous apportent +grandes calamitez, & souvent desespoir. + +Vives. + +Le remede en noz affections se trouve en nous mesmes. + + +Ame. + +Patric. + +L’Ame est donnee de Dieu à l’homme, laquelle si faict bien son devoir, +refrene l’appetit, appaise l’ire, mesprise volupté, pacifie convoitise, +dompte soubs les pieds les troubles de l’esprit soubs la conduicte de +raison & prudence. + +Cicero. + +Dieu a engendré l’Ame, & veut qu’elle soit la gouvernante de raison. + +Cicero. + +Dieu ne nous a donné chose en ce monde plus digne que l’ame. + +S. J. viiii. + +Le Fils de l’homme n’est pas venu pour damner nostre ame, ains pour la +sauver. + +Cicero. + +Le corps n’est seulement que le vaisseau de l’ame. + +Vives. + +Le corps ayant en soy l’ame enclose, & souillee de vices & pechez, est +comme un somptueux & ellegant sepulchre, dedans lequel gist une +charrogne puante & infecte. + +Cicero. + +L’ame est capable et participante de raison, & rien plus excellent n’a +esté creé par le createur. + +Cicero. + +Les ames des hommes sont immortelles, mais celles des vertueux sont +divines. + +Pythag. + +Il est trop plus honneste mourir, que contaminer son ame d’incontinence +& vice. + +Platon. + +Ceux faillent qui estiment les vices du corps estre plus grands que ceux +de l’ame. + +Cicero. + +Convoitise, vaine gloire, ambition, volupté, & autres telles passions, +sont les maladies de l’ame. + +Pythag. + +L’ame est une compagnie de l’appetit, et de la raison, neantmoins il +faut tousjours que la raison domine, avec contemplation des choses +hautes, & ardues. + +Pythag. + +L’appetit doit obeir à l’ame: ou bien ne desirer rien qui ne soit licite +& honneste. + +Quin. + +L’ame a son origine des cieux, ainsi que les oyseaux sont naturellement +nays à voler, les chevaux à courir: aussi nous a engendré nature nostre +ame à vertu, & humanité. + +Cicero. + +D’autant que la force de l’ame est plus forte que celle du corps: Aussi +les choses conceues en l’ame sont plus grandes & plus hautes que celle +du corps. + +Cicero. + +La volupté de l’ame est plus grande que celle du corps. + +Platon. + +Par le corps nous ne sentons que les choses presentent, ou prochaines de +nous, mais par l’ame nous sentons les passees & futures. + +Patric. + +Nous pouvons aysement juger nostre ame avoir prins source & origine des +Cieux, par ce qu’elle contemple les choses celestes, predit & divine par +prudence les futures. + +Sap. iii. + +Les ames des justes sont en la main de Dieu & le tourment de la mort ne +les touchera point. + + +Amys. + +Cicero. + +Il n’est rien plus propre à la vie humaine & convenable à bien & +honnestement vivre, que d’avoir des amis, & de converser avec ceux qui +nous ayment. + +Aristo. + +Les amys sont estimez estre le refuge en nostre pauvreté & calamité. + +Cicero. + +Les amys doivent estre liberaux vers leurs amys, à fin d’entretenir, & +augmenter l’amitié. + +Isocra. + +Espreuve tes amis en tes adversitez: car ainsi que l’or s’espreuve au +feu & sur la touche, aussi en tes adversitez cognoistras si tes amys te +seront fideles. + +Cicero. + +Nous ne devons demander à noz amys chose qui ne soit honneste: ne faire +aussi pour eux rien qui ne soit honneste & licite. + +Isocr. + +Fais amys avec discretion & prudence: & lors que les auras acquis, sois +fidele, & entier vers eux. + +Perian. + +Ne reçoy aucun pour amy, si tu ne sçais comme il a versé au paravant +avec ses amis: car tu dois esperer qu’il sera tel en ton endroit, comme +il a esté envers les autres. + +Thal. + +Le proverbe est veritable qui dit que devant que faire amy, il faut +manger un muy de sel avec luy: il faut cognoistre avant qu’aymer, & non +pas aymer avant que cognoistre, le vray amy cele le secret, aide au +besoing, l’honore en sa presence, & loue en son absence: Il le convient +esprouver s’il est secret, ainsi qu’on essaye un vaisseau auquel on met +de l’eau pour sçavoir s’il contiendra le vin. + + Ne dy jamais avoir amy trouvé, + Si paravant tu ne l’as esprouvé. + +Pytha. + +N’estime celuy ton amy, lequel te flatte: & celuy duquel tu t’es +apperceu, qu’il a pourchassé ton dommage, ou deshonneur, par ses fraudes +& calomnies, evite le comme tu voudrois fuir la couleuvre cachee +dessoubs l’herbe: telle amitié simulee ressemble à l’oyseleur, qui de +son siflet deçoit les cailles tant qu’elles se viennent empestrer aux +filets. + +Pytha. + +Pour petite occasion ne te fasche contre ton amy, & supporte ses +imperfections. + +Chil. + +Ne change beaucoup tes amys, ne cherche point leurs tables, & à leurs +calamitez sois prompt à les secourir. + +Solon. + +Sois pareil à tes amis en leurs adversitez, comme tu leur estois en +leurs prosperitez. + +Isocra. + +Tu ne dois seulement ayder & subvenir à tes amys, mais aussi par charité +secourir un chacun. + +Salom. + +Si tu veux entretenir ton amy, dy bien de luy, car ainsi comme loüange +est commencement d’amitié: aussi detraction est origine de haine. + +Pline. + +Celuy est vray amy qui ne fait point de compte de son dommage propre, +pour garder celuy de son amy. + +Cicero. + +L’amy ne doit point prier l’amy en demandant. + +Cicero. + +L’amy certain est cogneu és adversitez. + +Vives. + +Pour estre vray amy, il faut que tu ayme la personne, & non les biens. + +Il n’est archer de garde plus fort, que le fidele amy. + +Horace. + +Amitié se doit suivre jusqu’à la mort. + +Euseb. + +Celuy ne peut estre amy des bons, qui vit si follement qu’il se rend +agreable aux meschans. + +Cicero. + +C’est chose loüable d’estre chery & amy des bons, mais d’estre craint & +hay, c’est chose miserable. + + +Amitié. + +Cicero. + +Si en amitié on ne demande chose licite, & honneste, il faut que la foy +& crainte de Dieu soit preferé à amitié. + +Cicero. + +Amitié, plaisir & grace sont les biens de paix & concorde. + +Cicero. + +Amitié est desirer à son amy beaucoup de bien, & prosperité: encor’ que +nul proffit ne luy en revienne. + +Cicero. + +Entre les choses qui sont donnees par la sapience divine, nulle n’est +plus grande, ne meilleure que l’amitié. + +Quin. + +Amitié entre amis esgaux est stable, entre lesquels n’y a jamais eu +experience de forces. + +Plin. + +Amitié est union de parfaicte volonté. + +Arist. + +Vraye amitié est entre les bons & vertueux. + +Cicero. + +Preferons amitié à toute chose, car il n’y a rien plus propre pour la +conservation de la vie humaine. + +Vives. + +Celuy qui reprend & rejette l’amitié, faict autant que s’il ostoit le +soleil du monde. + +Cicero. + +On doit honorer amitié: par ce que sans elle on ne peut vivre sans +danger ne joyeusement. + +Patric. + +L’amitié qui est la plus ferme & certaine, est celle qui est conjoincte +avec personnes semblables en meurs & conditions. + +Vives. + +Amitié ne peut estre qu’entre les bons, & vertueux. + +Patric. + +L’amitié qui est appuyee sur vertu, n’est point mise en oubly par longue +diuturnité, ou distance des lieux, elle ne diminue par silence, & ne se +resjouit point par soupçon ou nouvelle accointance. + + +Amour honneste. + +Vives. + +Les faits de Jesus Christ nous mettent devant les yeux le vray exemple +de ce precepte d’amour, afin que nous l’ensuivions. + +Pline. + +Nulle chose n’est en amour plus digne de louange que constance & +perseverance. + +S. Au. + +Il est meilleur d’aymer avec severité, que decevoir avec douceur. + +Senec. + +Qui au premier assault d’amour faict resistence, a vaincu. + +Terenc. + +Les petites choses croissent, & s’augmentent par amour, & les grandes se +ruinent par discorde. + +Vives. + +Amour faict toutes choses esgalles, personne ne cherche estre preferé +l’un à l’autre, ne s’efforce de ravir ce qui est à son amy, & rend toute +chose commune. + +Vives. + +Il n’est richesse plus asseuree ne plus certaine, que l’amour qu’on a +les uns aux autres. + + +Amour deshonneste. + +Patric. + +Amour est un desir insatiable, duquel quand nous en sommes rassasiez, +nous tombons en repentance. + +Quin. + +Les amoureux ont de coustume de juger mal des beautez, par ce que +l’amour obfusque le sens des yeux. + +Platon. + +Si celuy qui ayme est pauvre il est merveilleusement passionné. + +Senec. + +Parmy les banquets & le vin, amour brusle plus vivement. + +Platon. + +Platon disoit le coeur d’un amoureux mourir en son propre corps & vivre +en celuy d’autruy. + +Senec. + +Apres que les amoureux ont assouvy leur insatiable desir, s’en repentent +incontinent. + + +Anciens. + +Tit. ii. + +Les anciens soyent sobres, graves, prudens, charitables & patiens. + +i. Tim. iii. + +Ne reprens point griefvement celuy qui est ancien: mais admoneste-le +comme pere, & les jeunes comme freres. + +Porte honneur & reverence aux anciens. + + Aux anciens remplis de sapience, + Tu dois porter honneur & reverence. + + +Art. + +Patric. + +L’art accroist ce qui est utile à la nature. + +Lact. + +Les arts ont affaire de nature, d’enseignement & exercice. + +Patric. + +Ainsi qu’un cheval qui n’est duit ne dompté, jaçoit qu’il soit fort bien +composé et de belle corpulence, ne peut estre propice ou utile à l’usage +de l’homme: aussi celuy qui est sous art et doctrine, jaçoit qu’il soit +ingenieux, ne peut acquerir vertu. + + +Artisans. + +Patric. + +Les artisans rendent les villes riches, & font qu’elles sont frequentees +de peuples. + + +Argent. + +Patric. + +Argent est le sang & l’ame de la Republique, & celuy qui n’en a point, +chemine comme mort entre les vivans. + + +Avarice. + +Salust. + +Avarice est l’estude, & convoitise d’acumuler deniers, que nul sage ne +doit desirer. + +Tit. li. + +Avarice & superfluité sont deux pestes qui sont cause de la destruction +de maintes villes. + +Virgile. + +O maudite avarice, quel mal tant pervers induis-tu dedans le corps des +mortels? + +Salust. + +Avarice faict ruiner la foy & la bonté. + +S. Au. + +Avarice n’est pas vice de l’or, mais de l’homme usant mal de l’or. + +Salom. + +Les jours seront longs de celuy qui hait l’avarice. + +Eccle. + +Qui ayme l’argent, jamais ne s’en rassasiera, & qui ayme l’abondance, +est sans fruict. + +Lu. xii. + +Gardez vous d’avarice: car la vie de l’homme n’est pas aux choses qu’il +possede. + +Pro. xv. + +Celuy qui s’adonne à avarice trouble sa maison: mais celuy qui est +liberal, vivra. + +Platon. + +Le naturel d’un avaricieux est d’estre autant convoiteux d’un petit gain +que d’un grand. + +Arist. + +Il y a des hommes aussi avaricieux comme s’ils devoient tousjours vivre, +& les autres sont aussi prodigues, comme s’ils devoient mourir +presentement. + + +Audace. + +Isocr. + +Audace passe la mesure de force. + +Plutar. + +Es choses perilleuses, l’audace qui se faict avec raison est à louer: +mais l’impetuosité qui se faict sans raison est temerité. + + +Aumosne. + +Vives. + +Il n’est aumosne si bien faicte, que celle qui est distribuee aux +pauvres: fais aumosne de ce que Dieu t’a donné. + + +Beauté. + +Vives. + +Beauté du corps auquel repose un esprit ord & sale, est comme un beau +logis, ou habite un hoste laid & deshonneste. + +Cicero. + +Beauté s’efface ou flestrit par maladie, & s’estaint par vieillesse. + +Aristo. + +En fait de recommandation, la beauté a plus de valeur que toutes les +lettres missives. + +Platon. + +La beauté a ceste persecution, que sur toute autre chose agree & est +amiable. + +Senec. + +Beauté a esté dommageable à plusieurs. + + +Beau. + +Xenop. + +Le feu brusle de pres, mais le beau visage tant soit loin, enflamme & +brusle les amoureux. + +Plutar. + +C’est chose plaisante de contempler les belles personnes: mais de les +toucher, fort dangereuse. + + +Bons. + +Euseb. + +Celuy qui desire de plaire aux bons est bon: ou au moins à le vouloir de +l’estre, les bons ayment les bons, & les meschans ayment les meschans. + +Aristo. + +En faisant bien aux bons, il me semble que ce n’est donner, mais +recevoir. + +Cicero. + +Nul ne peut estre bon par la volonté d’autruy, mais par la sienne +propre. + +Aristi. + +La chose en ce monde qui est de plus grande admiration, c’est l’homme, +pourveu qu’il soit bon. + + +Charité. + +Vives. + +La charité que nous devons avoir en Dieu, est que nous preferions son +honneur à toutes choses, & que nous l’ayons en plus singuliere +recommandation que toutes autres choses. + +Vives. + +Tes abstinences ne te rendront point tant recommandable envers Dieu, que +charité. + +Tu dois tenir tous hommes comme propres freres: te resjouir de leurs +prosperitez, te contrister de leurs adversitez, & leur ayder par +charité. + + +Chasteté. + +Perian. + +Chasteté en la femme, est la forteresse de sa beauté. + +Cicer. + +C’est honte de voir celuy qui doit estre le patron & exemple de +chasteté, se trouver surprins de vice. + +Vives. + +Entre les batailles des Chrestiens, les pires sont les brigues de +chasteté: en laquelle est la guerre perpetuelle, & ont bien peu de +victoire. + + +Cité. + +Patric. + +Nulles richesses ne tributs n’augmentent tant une Cité que quand les +citoyens sont bons amis, paisibles, unanimes, & bien affectionnez au +bien publicq. Au contraire nulles puissances ne sont assez grandes, +quand les Citoyens vacillent, & sont divisez par brigues. + +Perian. + +A une Cité on doit donner ordre, que peu de gens commandent & plusieurs +obeissent. + + +Citoyen. + +Patric. + +Le Citoyen qui volontiers se rend subject doit esperer que quelque jour +on luy obeira. + +Patric. + +Il est convenable qu’un Citoyen ne soit ne trop riche ne trop pauvre, le +pauvre ne peut rien, & le riche desdaigne ou ne veut ayder. + + +Clemence. + +Senec. + +C’est clemence de pardonner au sang d’autruy comme au sien. + + +Constance. + +Patric. + +Constance est fidelle garde de noz secrets. + +Patric. + +Un homme constant est tousjours en un estat, jamais ne se change, il +ayme trop mieux estre bon que d’en avoir le renom. Il n’y a point en luy +de faux semblant, ne dissimulation: il a tousjours un mesme front & +oeil. + + +Corps. + +Vives. + +Tant plus le corps est bien traicté & tant plus l’esprit est mal mené. + +Vives. + +Le corps doit obeir à l’esprit, l’esprit à l’entendement, & +l’entendement à Dieu. + + +Correction. + +Vives. + +Quand on t’aura corrigé, fay que la correction te profite. + + +Crainte. + +Erasm. + +Il faut que celuy qui est craint de tous, luy mesme aussi craigne +plusieurs: car celuy ne peut vivre en asseurance, qu’un chacun desire +estre mort. + + +Cruauté. + +Cicero. + +Cruauté doit estre en horreur, & clemence aymee. + + +Curiosité. + +Arist. + +Curiosité des choses nouvelles a de coustume de plustost troubler & +perdre un bien publique que le rendre meilleur. + + +Diformité. + +Peria. + +Si tu cognois estre difforme & laid, corrige telle imperfection de +nature par vertu & sagesse. + + +Desespoir. + +Perian. + +Entre les perturbations de l’ame desespoir est la pire: & la plus +horrible & espouventable, elle persuade à l’homme de se desfaire, violer +nature, rompre la compagnie de l’ame & du corps: ce qui est la chose la +plus terrible qu’on pourroit dire. + + +Deshonneste. + +Isocr. + +Pense que les choses qui sont deshonnestes à dire sont aussi +deshonnestes à faire. + + +Dieu. + +Vives. + +Il est un Dieu seul, Prince, Autheur, & Recteur de ceste machine: Et +tout ainsi qu’en la maison d’un bon pere de famille, ne se faict rien +sans son commandement, aussi ne se faict rien de bien sans la bonne +providence de Dieu. + +Vives. + +L’honnorer aymer, & approuver tout ce qu’il ordonne, est chose saincte, +& vertueuse & loüable. + +Psal. c. + +Tout homme qui aymera Dieu, obeira à ses loix, & fera sa volonté. + +Vives. + +C’est une chose admirable & impossible à la captivité de l’homme humain +de pouvoir comprendre sa grandeur. + +Vives. + +Il ne faut juger des secrets de Dieu, sinon avec reverence, craincte & +honneur. + +Euseb. + +C’est chose impossible de comprendre la divinité de Dieu: car nous ne +sommes point capables, avec ce corps mortel, d’exprimer une chose +invisible, & sans corps: une chose eternelle estre cogneue par celle qui +est mortelle & prend fin. + +S. Je. iiii. + +Dieu est charité & qui demeure en charité demeure en Dieu, & Dieu en +luy. + +i. Jean i. + +Dieu est la lumiere, & n’y a point de tenebres en luy. + +Cicero. + +On doit parler peu de la puissance de Dieu & avec crainte & reverence. + +Grif. + +On ne peut assez recommander & persuader aux hommes l’adoration & +honneur de Dieu, qui de sa grace nous eslargit tous biens, augmente noz +vertus, nous illumine & baille vraye intelligence de sa doctrine, verité +& parole, & par son sainct Esprit nous donne esperance de salut en la +gloire advenir. + +Bias. + +Tu dois bien juger de Dieu, & de la vraye Religion Chrestienne, fidele +assemblee en nostre Seigneur Jesus Christ: ne te mocque point des +ceremonies d’icelle: fuy les disputes trop curieuses, garde-toy bien par +tes paroles de prophaner le nom de Dieu. + +Cami. + +Vous trouverrez toutes choses bonnes estre advenues à ceux qui ont +craint Dieu, & toutes adversitez à ceux qui l’ont mesprisé. + +Tertu. + +Dieu Createur de toutes choses ne peut aisement estre entendu: on ne +peut parler de luy sinon avec grande difficulté. + +Xenop. + +Es choses prosperes ne faut oublier Dieu, ains l’avoir tousjours en la +memoire. + +Platon. + +La cognoissance de Dieu est vraye sapience de vertu. + +Lacta. + +Dieu n’est point cogneu de nous, sinon en noz adversitez. + +Silvin. + +Pendant que les affaires des mortels sont en danger, lors font grand +honneur à Dieu: & quand ils sont en prosperité, on ne voit plus fumer +leurs autels. + +Cicero. + +C’est une chose donnee de nature, & comme engravee aux esprits des +hommes qu’il est un Dieu. + +Euseb. + +Le Ciel, la terre, l’air, la mer, Astres, Planettes, se mouvent par le +commandement de Dieu. + +Xenop. + +Il y a un Dieu lequel n’est point semblable aux hommes ny en la pensee +ny quant au corps. + +Cicero. + +Qui est l’homme si incensé, hors du sens & entendement qui quand il +contemple les Cieux, ne juge qu’il y a un seul Dieu, & qui n’estime +toutes choses estre faictes par sa providence, & non par adventure ou +fortune. + +Cicero. + +Nous pouvons cognoistre Dieu par ses oeuvres. + +Cicero. + +Jamais homme ne fut grand, ou excellent sans inspiration divine. + +Cicero. + +La coustume de trop curieusement s’enquerir de Dieu est mauvaise. + + +Dignité. + +Vives. + +Dignité est la bonne reputation qu’ont les hommes d’une grande vertu. + +Cicero. + +D’autant que nous sommes haut eslevez en dignité, & honneur: d’autant en +devons nous estre plus humbles, & moins arrogans. + + +Discret. + +Patric. + +L’homme discret ne faict aucune chose dequoy il se puisse repentir. + +Patric. + +Discretion est raison de l’esprit & meur advis pour tout bien +considerer. + + +Druides. + +Druides furent jadis Philosophes sçavans, leur vie respondoit à leurs +doctrines. Ilz ont parlé fort religieusement de Dieu immortel: Ils +persuadoient par bonnes raisons naturelles, que la mort n’estoit qu’un +passage à une vie perpetuelle & heureuse. + + +Eglise. + +S. Aug. + +L’Eglise est l’assemblee, & congregation des fidelles. + +i. Ti. iii. + +La maison de Dieu vivant est la colomne & fermeté de verité. + +Coll. i. + +Jesus Christ est le chef du corps de l’Eglise. + +i. Cor. iii. + +Nul ne peut mettre autre fondement en l’Eglise que celuy qui est mis, +lequel est Jesus Christ. + +Psa. viii. + +La verité de Dieu est l’Eglise des saincts. + +M. viii. + +Toutes & quantes fois que deux ou trois sont assemblez en mon nom je +suis au millieu d’eux. + +M. xvi. + +Christ est la pierre, & sur icelle est edifiee l’Eglise. + + +Enfans. + +Ro. viii. + +Si nous sommes enfans de Dieu, nous sommes aussi les heritiers, & +coheritiers de Jesus Christ, voire si nous souffrons avec luy, afin que +nous soyons aussi ensemble glorifiez. + +Vives. + +Ceux qui se mettent en devoir de reconsilier paix avec les hommes, sont +appellez enfans de Dieu, tesmoins de Jesus Christ: au contraire ceux qui +s’efforcent de rompre la Charité sont enfans de sathan. + +Arist. + +Aristote tient que le cry aux enfans leur est utile, par ce qu’il donne +accroissance, dilate la poitrine, & donne force aux membres interieurs. + +Patr. + +Il est trop meilleur ne point jamais avoir enfans, & en estre +perpetuellement privé, que d’en avoir de mal complectionnez. + +Patr. + +Un enfant est loué par sa simplesse, un jouvenceau par sa benignité, un +ancien par sa gravité. + +Clerb. + +Si tu ayme tes enfans, fay qu’ils soient bien apprins & endoctrinez en +bonnes meurs: car c’est le plus grand thresor que tu leur puisse +acquerir. + +Patr. + +Enfans perdus, sont ceux qui corompus de vices & voluptez, perdent les +biens de l’ame, ne vacquent à aucun art, s’adonnent à lascheté & +paresse, avec gens oisifs & mal vivans. + +Silenn. + +C’est un grand bien que de naistre, & le plus grand bien apres, de +mourir. + + +Eloquence. + +Patri. + +Eloquence conjoincte avec raison & sagesse reprend les vices: faict les +effeminez & paresseux, forts & audacieux: elle peut appaiser un peuple +esmeu & en fureur, & luy donner courage quand il est en craincte. + + +Equalité. + +Patric. + +Equalité entre Bourgeois rend la communauté stable & de longue duree: +entretient concorde & amitié. + + +Escriptures. + +Vives. + +Les Escriptures sainctes doivent estre receues en notre esprit avec +devotion et reverence. + + +Ennemis. + +Agis. + +Agis disoit qu’il ne falloit point demander combien estoient les +ennemis: mais ou ils estoient pour combatre. + + +Envie. + +Cicero. + +Envie est tristesse, & fascherie de la prosperité d’autruy. + +Euseb. + +Celuy qui porte envie à un homme de bien, qui faict bien, il porte envie +à la republicque, et à soy-mesme. + +Arist. + +Ainsi que la roüillure mange le fer: aussi envie mange les envieux. + +Patric. + +Envie a de coustume de troubler les excellens & vertueux. + +Patric. + +Envie est celle qui se resjoüit du mal d’autruy, & se deult de la +prosperité des gens de bien & vertueux. + +Patri. + +Envie est contraire à amitié. + +Solon. + +Envie abrege les jours de l’homme: elle ne veut bien à nul, & se +tourmente soy-mesme. + +Caton. + +On n’a point d’envie sur celuy qui modestement use de sa fortune. + +Cicero. + +Envie est un plus grand mal contre nature que la mort. + +Perian. + +Ne porte point envie à aucun, ains plustost prens peine d’ensuivre ceux +qui font bien. + + +Envieux. + +Salust. + +Le propre d’un envieux est desirer qu’il n’advienne bien à aucun. + +Salust. + +C’est une tache de tout temps, de porter envie à vertu. + +Statio. + +Un envieux est triste & melancholique quand les affaires d’autruy +prosperent. + +Pytha. + +Il n’est rien qui donne plus grand argument de la mauvaise & perverse +volonté de l’homme, que de se resjouir & mocquer de l’adversité +d’autruy. + +Chilo. + +Ne sois envieux des richesses d’autruy, qui sont transitoires. + +Arist. + +C’est une chose malaisee, d’eviter les yeux des envieux. + +Bion. + +Bion voyant un envieux qui avoit la face basse & enclinee, dit, O quel +grand mal est advenu à celuy, ou grand bien à un autre. + +Patric. + +La felicité d’autruy est poison aux envieux, ils n’ont plaisir que quand +ils jettent leur venin sur autruy. + +Theop. + +Les envieux ne se resjoüiront tant de leurs propres biens, comme des +dommages & incommoditez d’autruy. + +Solon. + +Ne sois point envieux sur les biens d’autruy, mais prens peine d’en +acquerir avec contentement, & lors envie cessera. + +Chil. + +Ne sois point envieux, ains te resjoüis avec un chacun par bonne amitié: +car ceux qui sont envieux vivent en indigence, & ceux qui vivent en +amitié abondent en grandes richesses. + + +Esperance. + +Thal. + +Esperance est la confusion des chetifs & miserables, lesquels quand +n’ont plus de moyens, vivent en esperance. + +Patric. + +Esperance est le songe de ceux qui veillent. + +Dona. + +Esperance & crainte, sont les deux passions des choses advenir. + +Socrat. + +La femme sans masle, & la bonne esperance sans travail, ne peuvent +engendrer chose bonne. + +Socra. + +La mauvaise esperance se conduit en erreur & plaisir. + +Demo. + +L’esperance des sages n’est point vaine, mais celle des fols est nulle. + +S. Aug. + +Ainsi que par esperance nous sommes sauvez: aussi par esperance sommes +pour estre bien heureux. + +Senec. + +L’esperance est le dernier refuge des adversitez. + +Plaut. + +Plustost adviennent les choses esperees, que non esperees, & souvent +quand adviennent nous les mesprisons. + +Perian. + +Espere tousjours bien regler ta vie avec l’esperance d’avoir des biens +en abondance. + +Ovid. + +Ou est la plus grande esperance de jouissance, là est le plus grand +desir de luxure. + + +Esprit. + +Eccle. + +L’esprit vient de Dieu, & retourne à celuy qui l’a creé. + +Rom. + +Celuy qui cognoist les oeuvres, cognoist les affections de l’esprit. + +Perian. + +C’est une chose tranquille, que le repos de l’esprit. + +Cicero. + +Il est necessaire que ton esprit soit sain, si tu veux que ton corps le +soit. + +Quin. + +Celuy à qui l’esprit deffaut, l’entendement ne luy profite non plus que +bonne culture aux champs steriles et sablonneux, lesquels combien qu’ils +soient cultivez & labourez soigneusement, toutesfois ne rapportent point +(ou que bien peu) de fruits. + +Quin. + +Par continuel exercice la dureté de l’esprit se peut vaincre. + +Quin. + +Il n’est homme si lourd d’entendement, & d’esprit, qui par continuel +exercice ne comprenne quelque science. + + +Exercice. + +Patric. + +L’exercice du corps est utile, & necessaire au corps: paresse hebete le +corps, industrie le consolide, & le rend plus ferme et allegre. + +Demo. + +Par exercice continuel, l’homme devient plus habille & leger. + +Demo. + +Il y a plus d’hommes qui deviennent bons par exercice que par nature. + +Quin. + +Exercice est le gouverneur & maistre de toutes choses. + +Cicero. + +En quelque discipline que ce soit, les preceptes n’ont point d’effect +sans exercice. + + +Estat. + +Patric. + +Trop grand estat & superfluité d’accoustremens, est cause de la ruine +d’une maison. + + +Familiarité. + +Ter. + +Trop grande familiarité souvent engendre mespris. + + +Femme. + +Euseb. + +La femme est une creature que Dieu a creé pour la compagnie de l’homme. + +Patric. + +Femme est un nom de dignité, & non de volupté, l’homme doit desirer & +tenir sa femme pour sa compagnie, & non pour le contentement de ses +plaisirs. + +Juven. + +Il n’y a creature qui ayme plus vengeance que la femme: & si sa force +respondoit à son courage, elle feroit souvent grand trouble. + +Platon. + +C’est l’office de la femme de gouverner soigneusement la famille en +l’absense du mary, & luy obeir en toutes choses. + +Pythag. + +Si tu es marié retien tousjours la seigneurie & domination sur ta femme, +afin que par trop grande liberté & licence, elle ne te vueille +surmonter. + +Patric. + +C’est l’office du mary d’enseigner sa femme en bonnes moeurs, & ne la +doit injurier, menacer ou battre. Car le naturel de la femme est qu’elle +s’endurcit aux coups, elle en devient pire, & quand elle se trouve avoir +l’opportunité, elle s’en donne à son plaisir, se persuadant par tel +moyen s’estre vengee de son mary. + +Salom. + +La malice de la femme est plus grande que celle du serpent: de sorte que +si elle peut mettre les pieds sur la teste de l’homme, elle luy fera +consumer ses jours en douleur: bien heureux est celuy qui a bonne femme, +car c’est un don de Dieu. + +Pythag. + +Si tu prens femme, fay qu’elle soit pareille à toy. + +Plutar. + +Les maris qui ne veulent rire, joüer, et user des joyeux plaisirs, de +Venus, avec leurs femmes, demonstrent qu’ils desirent prendre leurs +voluptez ailleurs. + +Mur. + +Celuy qui se peut passer de femme, est exempt de grand ennuy. + +Patric. + +A tard est honteuse la femme, qui a perdu sa chasteté. + +Bion. + +Si tu as belle femme, tu seras en peril d’en estre trompé: & si elle est +laide, elle te desplaira: la moyenne forme est la meilleure. + +Patric. + +Celuy qui se marie à une femme vefve a double peine: premierement de luy +oster les conditions de son premier mary, & puis de l’accoustumer et +apprendre à s’accommoder aux siennes. + +Thal. + +Si tu veux estre exempt de jalousie, tu dois plustost choisir une femme +laide que belle. + +Patric. + +Esly femme qui soit pareille à toy: car une imparité engendre +contemnement: Semblance & conformité lie les coeurs d’une amitié +inseparable. + +Patric. + +Tout va mal en une famille ou la femme domine et l’homme obeit. + +Patric. + +C’est une chose que doit bien craindre la femme, que d’encourir mauvais +bruit: car quand la femme est une fois diffamee soit à tort ou à bon +droit, ne peut apres reparer son honneur. + +Marti. + +D’autant plus que la femme est detenue estroitement, d’autant plus est +convoiteuse de luxure. + +S. Jero. + +Celuy qui aime femme plus ardamment qu’il n’est licite, est adultere. + +Senec. + +Nature a denié la force à la femme, autrement son courage tousjours +plein de tromperies, seroit inexpugnable. + +Virgi. + +La femme est tousjours inconstante et muable. + +Mela. + +Il y a en ce monde trois grands dangers eminens, la femme, le feu, & la +mer. + +Dioge. + +Diogenes loüoit les jouvenceaux, qui promettoyent de prendre femme & +n’en prenoient jamais. + +Patric. + +La plus plaisante couverture du visage de la femme c’est modestie: & +qu’en la face il reluise une joyeuse severité, & posee contenance, qui +est indice que l’entendement est de mesme. + +Theop. + +L’homme sage doit prendre femme mediocrement belle, & bien apprise, +riche et d’honneste lignage. + +Socrat. + +La principale vertu de la femme, c’est pudicité, laquelle incontinent +qu’est suspecte, la femme vit en peine & misere. + +Phalar. + +Le lieu ou la femme s’est despouillee de sa premiere fleur de pudicité, +luy est plus agreable. + +Demo. + +Estre gouverné de la femme est grande injure au mary. + +Gen. + +Il vaut mieux habiter dehors qu’avec une femme trop parlante. + +Patric. + +La fin est malheureuse de la femme qui est lubrique & paillarde. + +Patric. + +Les vrais accoustremens d’une femme de bien est modestie, & avoir ses +enfans bien aprins en doctrine & bonnes moeurs. + +Patric. + +Que la femme se garde de se farder: car il n’est rien plus deshonneste +que de se montrer autre que l’on est, & doit on mal juger d’une femme, +qui cherche dehors estre loüee pour sa beauté. + +Patric. + +Femme qui ayme à courir, à tard est chaste & pudique. + +Patric. + +Un homme reprint sa femme, pource qu’elle ne l’advertissoit de ce qu’il +avoit l’haleine puante: laquelle s’excusa modestement, (disant) qu’elle +pensoit que tous les hommes sentissent comme luy. + +Avia (femme Romaine) reprinse de ce qu’elle ne se remarioit point, veu +qu’elle estoit encores jeune, dit deux raisons: la premiere, Si elle +rencontroit un bon mary, comme le sien premier, qu’elle ne vouloit estre +perpetuellement en crainte de le perdre: ou s’il advenoit qu’elle en +eust un mauvais, qu’elle ne le vouloit experimenter. + +Xeno. + +Amenie (femme de Perse) interrogee de son mary, ce que luy sembloit de +la beauté de Cyrus, dit, qu’elle ne pouvoit juger d’autre beauté que de +celle de son mary. + +Senec. + +Necessité est desloyalle garde de la pudicité de la femme. + +Lucie + +La mort du mary rompt l’amour d’une femme chaste. + +Ovide + +La femme est plus subjecte, ardente, & affectionnee en amour que +l’homme. + +Juven. + +Le lict est plein de noise, ou la femme apporte grand doüaire. + +Senec. + +Amour de folle femme, enfer, le feu, & la terre, ne disent jamais c’est +assez. + +Marc. + +Marie (fille de Caton) interrogee pour quoy elle ne se remarioit: Parce +(dit elle) que je ne trouve homme qui me vueille plutost que mes biens. + +Gyrol. + +Nourrir une pauvre femme, c’est une chose difficile, & supporter une +riche, grand tourment. + +Patric. + +La condition de la fille se cognoist par le naturel de la mere, & est à +presumer qu’une mere chaste & pudique, entretient ses filles en honneur: +& celle qui hayt reproche & infamie, ne souffrira à sa fille aucun vice. + + +Foy. + +Hebr. ii. + +La foy est le fondement des choses que l’on espere, & certification des +choses non apparantes. + +Hebr. ii. + +Il est impossible de plaire à Dieu sans foy. + +R. xiiii. + +Tout ce qui n’est point faict en foy, est peché. + +Eph. iii. + +Vous estes sauvez de grace, par la Foy, ce n’est point de vous, mais du +don de Dieu, non point par les oeuvres, afin que nul ne se glorifie: +Nous sommes son oeuvre creé en Jesus Christ. + +Gal. ii. + +L’homme n’est point justifié par les oeuvres de la Loy, sinon par la foy +de Jesus Christ afin que nous soyons justifiez par la Foy de Jesus +Christ, & non point par les oeuvres de la Loy, par ce que nulle chair +n’est justifiee par les oeuvres de la Loy. + +Ro. iiii. + +La promesse n’a point esté faicte à Abraham, ou à sa semence, d’estre +heritiers du monde par la Loy, mais par la justice de la Foy. + +Rom. iii. + +L’homme est justifié par Foy sans les oeuvres de la Foy. + +S. Amb. + +La Foy est le fondement de justice. + +Patric. + +Peu de foy est adjoustee aux personnes constituees en miseres & +pauvreté. + +Patric. + +Foy est une chose fort loüable. Il n’est rien plus deshonneste à gens +d’authorité, que de rompre la foy & encourir en une note d’infamie, +laquelle tousjours dure. + + +Fols. + +Senec. + +Ceux sont proprement fols, qui loüent les voluptez mondaines. + +Cicero. + +Nul fol heureux, nul sage qui ne soit heureux. + +Mena. + +Celuy qui fait au contraire de bien, doit estre reputé fol. + +Isocra. + +On feint que Protheus se change en plusieurs formes, aussi les pensees +des fols sont diverses & muables. + +Euseb. + +Ceux la sont naturellement fols, qui honnorent les riches & mesprisent +les sages ornez de science. + +Socra. + +Ainsi que les luxurieux ne peuvent estre gueris de leurs maladies, aussi +les fols ne peuvent trouver remede contre leurs adversitez. + +Cicero. + +Les fols desirent souvent ce qui leur est ou seroit dommageable. + +Isocr. + +Les Pelerins s’esgarent souvent par les chemins, aussi les fols du +sentier de vertu. + +Socra. + +Ainsi que le vin tourné n’est point desiré aux banquets, aussi ne sont +les fols en compagnie honneste. + +Arist. + +Il vaut mieux estre pauvre, que fol. + + +Folie. + +Cicero. + +C’est le propre de folie de voir les vices d’autruy & ignorer les siens. + +Tertul. + +C’est une folie de blasmer les choses non entendues, encore qu’elles +meritassent d’estre hayes. + +Platon. + +Pense quel grand mal c’est de folie, qui cache les fautes que nous +commettons. + +Cicero. + +C’est folie d’estre curieux d’estre cogneu des hommes: & ne se point +cognoistre soy-mesme. + +Vives. + +C’est grande folie de commettre un crime soubs les arres d’une cupidité +de vie incertaine. + +Vives. + +C’est folie de disputer, s’il n’y a espoir de profiter. + +Bion. + +Bion interrogué que c’est de folie, dit, que c’estoit empeschement de +felicité. + + +Force. + +Cicero. + +Le propre de force, est de ne craindre rien, ne faire conte de toutes +choses humaines, & estimer que rien intollerable ne peut advenir à +l’homme. + +Isocra. + +Force avec prudence ayde beaucoup mais sans icelle elle nuict. + +Arist. + +Force sans prudence, est temerité. + +Perian. + +Ne fay rien par force, mais plustost par douceur. + +Patric. + +Force, Prudence, Justice, & Temperance, sont quatre soeurs, qui sont +aliees ensemble en telle sorte que l’une sans l’autre ne peut estre. + + +Fort. + +Patric. + +Celuy doit estre reputé fort, qui est appareillé à mourir honnestement: +& se trouve volontiers à tous hazards, ne se trouble pour aucun tumulte, +& ne s’effraye par crainte. + +Patric. + +Il n’est rien si fort qui ne puisse estre debilité & rompu par force: +mais vaincre son courage, & refrener ses passions, c’est le propre de +l’homme constant, & celuy qui le faict, ne peut seulement estre comparé +aux hommes parfaicts, mais participe beaucoup de la divinité. + +Platon. + +Platon enquis, Qui estoit le plus fort des humains, respondit, Celuy, +qui peut moderer ses passions. + +Cicero. + +Celuy veritablement est fort qui ne se trouble point és adversitez. + +Senec. + +Celuy doit estre estimé fort, qui deschasse les vices comme ennemis. + +Cicero. + +Ceux qui repoussent l’outrage, doivent estre reputez forts, & non pas +ceux qui les font. + + +Fortune. + +Patric. + +Les anciens idolatres estimoient fortune estre une Deesse, qui estoit +cause du bien ou du mal: mais tout se fait par la providence divine. + + +Flateur. + +Quin. + +Cicero. + +Un Royaume est plus souvent destruit par la ruze & cautelle d’un +flateur, que par les ennemis. + +Cicero. + +Le monde est si corrompu, que qui ne sçait flater, ou apparoir estre +envieux, ou orgueilleux, n’est point le bien venu. + +Socra. + +Fuis comme chose abominable la benevolence des flateurs. + +Socra. + +Les loups sont semblables aux chiens, & les flateurs aux amys: +neantmoins ils desirent choses differentes. + +Phano. + +Comme Acteon fut devoré par ses chiens: aussi plusieurs par les +tromperies des flateurs. + +Plutar. + +Les chasseurs prennent les Lievres à l’aide des chiens: aussi les +flateurs les fols avec fauces loüanges. + + +Gain. + +Chilo. + +Ayme plustost faire ton dommage, que d’acquerir un gain deshonneste. + + +Gendarme. + +Xenop. + +Le gendarme qui pour convoitise de vivre prend la fuitte, est fol: car +souvent par vertu on se sauve, & void on trop plus tuer & s’accuger de +gens en fuyant la mort, que de ceux qui bataillent virillement & avec +grand courage. + + +Gentilhomme. + +Vives. + +Gentilhomme est, estre bien nay, & naturellement apte à vertu. + + +Gloire. + +Vives. + +Gloire est, estre bien nommé, & en bonne reputation, à cause de vertu. + +Cicero. + +Gloire est un renom illustre, de plusieurs grands benefices faicts +envers son pays, & envers un chacun. + +Cicero. + +Nature nous a limité le corps de la vie bref: mais celuy de la gloire +fort grand. + +Horace. + +On ne trouve homme qui apres avoir prins peine ne desire gloire, comme +soulde & loyer de ses labeurs. + +Aristo. + +Qui est celuy qui prendroit tant de peine jour & nuit: si la gloire +devoit terminer par mesme fin que la vie? + +Ovide. + +Gloire donne force à l’esprit, que par la cupidité de loüange, faict que +le coeur entreprend chose honneste. + +Valer. + +Il n’est homme si humble, que quelquefois ne soit surpris de quelque +affection de gloire. + + +Gourmandise. + +Patric. + +Gourmandise faict plus mourir de gens que ne faict le glaive ou la +famine. + +Hypocr. + +Hypocrates escrit, que ceux qui sont adonnez à gourmandise, ne sont +jamais en santé, & ne vivent pas longuement: leurs ames sont empeschees +de sang, comme si elles estoient envelopees de fange, & ordure: & +pourtant ne pensent rien de celeste, mais ont tousjours le coeur à la +cuisine. + + +Gourmand. + +Patric. + +Les gourmands sont tousjours indispos, assiduellement malades, & peu +souvent en santé, leur vie est brefve: nul gouffre n’engloutoit plustost +le bien de l’homme que gourmandise: tant plus un gourmand est remply, +tant plus a faim: tant plus disne, tant plus veut il souper: il n’y a +possession si ample, ne mesnage si bien aorné, ne richesses si grandes, +qu’en peu de temps ne soyent noyez & confondues dedans le ventre d’un +gourmand. + +Diog. + +Diogenes voyant la maison d’un gourmand exposee en vente, dit par +facecie, Je me doutois bien que ceste maison tousjours remplie & saoulee +de vin & de viandes à la fin vomiroit son maistre. + + +Guerre. + +Vives. + +Guerre est le comble de tous maux, par laquelle l’homme surmonte la +cruauté de toutes bestes. + +Vives. + +On peut assez juger quelle horreur a nature de la guerre, veu qu’elle a +engendré l’homme sans armes. + +Vives. + +Il n’est possible que l’homme puisse faire guerre sans peché & offence. + +Cicero. + +Guerre ne doit estre entreprise pour autre fin qu’afin qu’on puisse +vivre en paix. + +Patric. + +Gens de guerre doivent contemner le commandement de ceux qui les +induisent à combatre injustement, & soubs mauvaise querelle. + + +Heresie. + +Vives. + +C’est heresie pleine d’impieté, de se mocquer des sainctes Escritures & +de convertir le sens naturel d’icelles en resveries, & inventions +superstitieuses. + +Patric. + +Heresie est d’estre obstiné en une opinion mauvaise, & contraire à la +parolle de Dieu. + + +Homme. + +Patric. + +L’homme se doit cognoistre soy-mesme, il s’esleve par si grande gloire, +qu’il pense estre dominateur de la machine ronde, & qu’il peut dompter +tous les animaux, & ce pendant n’est autre chose qu’un animal mortel, +caducque & debile. + +Vives. + +L’homme est capable de corps, & d’esprit: le corps est faict des +elemens, & l’esprit divin semblable à Dieu. + +Cicero. + +L’homme naturellement n’est apte à bien faire, ains enclin à mal. + +Ovide. + +L’homme void souvent ce qui luy est bon & utile: neantmoins fait le +contraire. + +Aristo. + +L’homme est le meilleur d’entre toutes les bestes, quand il obeit à +raison, & le pire quand il se desvoye et sort des limites de raison. + +Bias. + +Ne loüe point un homme ignorant par ses richesses, ains par sa vertu. + +Colum. + +L’homme ne faisant rien apprend à mal faire. + +Patric. + +Un Tigre n’exerce point sa cruauté sur un autre Tigre: un Lion ne faict +la guerre à un autre Lion, un Dragon n’est ennemy au Dragon: mais +l’homme tant est de nature perverse, prend plaisir de nuire à son +semblable, & est celuy d’entre les bestes qui vit le plus mal asseuré. + +Vives. + +L’homme est suject à faire faute, mais c’est aux fols de perseverer en +leurs pechez. + +Platon. + +L’homme n’est point nay pour soy-mesme mais pour son pays, ses enfans & +prochains. + +Vives. + +Tu apprendras des sages à estre homme de bien, des fols à estre mieux +advisé, tu ensuivras ce que les sages loüeront, & tu eviteras ce qui +sera loüé par les fols. + +Vives. + +L’homme doit penser trois choses: Comme il doit estre sage, comme il +doit bien dire, & comme il doit bien faire. + +Vives. + +Il n’est homme si hors de sens qu’il ne desire plustost parvenir au lieu +ou il pretend faire sa demeure, que demourer en chemin. + +Vives. + +Il n’est possible d’avoir bonne estime de celuy, entre les mains duquel +on se met avec crainte. + +Arist. + +Aristote interrogué que c’estoit de l’homme, dit: C’est l’exemple de +maladie, proye du temps, jeu de fortune, image de ruine, balance +d’envie, & calamité: et le reste flegme et cholere. + +Patric. + +L’homme est nay pour contempler les choses celestes, & mesme on le juge +par sa face eslevee en hault, & par l’esprit. + +Patric. + +La nature de l’homme est telle qu’il ne cognoist son bien jusques à ce +qu’il est perdu. + +Cicero. + +C’est chose mal seante à l’homme, de ne vouloir faire ce qu’il commande +à un autre. + +Patric. + +Veu que tu es homme, tu dois considerer la commune condition, & te +souvenir que tu es mortel. + +Vives. + +L’homme qui cherchera le Royaume de Dieu & sa Justice, n’aura jamais +faute de ce qui luy est necessaire. + +Vives. + +L’homme ne face à autruy, que ce qu’il luy voudroit estre faict. + + +Honneur. + +Vives. + +Il convient porter honneur aux bons seulement. + +Patric. + +L’honneur qui s’acquiert par science est plus loüable, que la gloire +receue des faicts de guerre. + +Honneur nourrit les arts, & par icelle sommes enflammez à acquerir +gloire. + +Demo. + +Donner honneur à aucun plus qu’il ne merite, c’est donner occasion aux +fols de mal penser. + +Cicero. + +C’est honneur d’accuser les meschans & deffendre les bons. + +Cicero. + +Honneur se doit acquerir par vertu, & non point par finesse. + +Platon. + +Honneur est un bien divin, & ce que font les meschans ne merite honneur. + +S. Aug. + +Qui pourra endurer un riche homme estre mis au siege d’honneur, & +l’homme honneste & sage estre mesprisé. + +Thal. + +Tu dois porter honneur (apres Dieu) à ton Prince & à ses Lieutenans, par +ce que par eux le pays est gouverné en paix, la justice administree, les +meschans corrigez, et les ennemis repoussez. + + +Histoire. + +Patric. + +Histoire est le tesmoignage du temps, maistresse de la vie, lumiere de +verité, et messagiere d’antiquité. + +Patric. + +Histoire nous propose devant les yeux les faits heroiques des hommes +vertueux, par lesquels nous pouvons acquerir la maniere de bien & +vertueusement vivre: eviter les dangers & folles entreprises, estre +prudens & subtils aux affaires. + +Patric. + +L’histoire nous enflamme, à ce qui est honneste, elle deteste les vices, +mesprise les meschans, loüe les bons & vertueux. + + +Jesus Christ. + +Vives. + +Le fondement de nostre salut est croire en Jesus Christ nostre +Legislateur, & que le sainct Esprit procede de luy, sans lequel nous ne +pouvons faire, ne penser chose qui soit bonne. + +Act. iiii. + +Il n’y a point de salut sinon en Jesus Christ, il n’y a point d’autre +nom donné entre les hommes, par lequel nous puissions estre sauvez. + +Mat. xi. + +Venez à moy vous tous qui estes affligez, & vous serez soulagez. + +Act. xiii. + +Par iceluy vous est annoncee la remission des pechez: qui croit est +justifié par Jesus Christ. + +Vives. + +Il a moyenné la paix entre Dieu & le Genre humain, & a esté autheur de +nostre salut, estant vray Dieu & vray homme. + +Vives. + +Il est venu en ce monde pour avoir compassion du genre humain, pour nous +enseigner la droicte voye que nous devons tenir pour parvenir à Dieu: +non seulement a enseigné un chemin tressur, mais aussi l’a demonstré par +ses oeuvres & sa vie, laquelle rend tesmoignage de sa bonté, & ses +miracles de sa grande puissance. + + +Innocent. + +Patric. + +L’innocent ne craint point les Loix ne les tesmoins, l’accusateur ne le +rapporteur: Il n’est subject à aucun, il n’obeit à nully: & ne faict +tort ny injure à personne. + + +Injure. + +Socra. + +Rendre injure pour injure, est autant que de laver la boüe avec la boüe. + +Lev. xx. + +Tu ne tiendras point ton courroux, et ne te vengeras point de l’injure +que l’on t’aura faicte. + +Aristi. + +Aristipus estant injurié, dit, tu es le maistre de mal dire, & moy +d’escouter. + + +Ire. + +Patric. + +Ire est une perturbation de l’esprit, cruelle & mal seante à l’homme +humain: elle change la doulceur de l’homme en la cruauté des bestes, +contrainct souvent faire, ce dont incontinent on se reprend. + +Lacta. + +Si l’homme qui tient son ire gouverne Royaume, il trouble tout, respand +le sang humain, faict tresbucher les citez, trouble le peuple, & rend +les provinces desertes & inhabitables. + +Senec. + +Il n’y a chose qui face l’homme plus enclin à ire, que le nourrissement +delicat. + +Senec. + +Persuasion de felicité a de coustume de nourrir l’ire. + +Heracli. + +C’est chose moins difficile de batailler contre volupté, que contre ire. + +Patric. + +L’ire change la nature de l’homme en nature de beste sauvage. + + +Jeunesse. + +Patric. + +Jeunesse se commence, quand les enfans commencent à parler +parfaictement, & qu’ils sont en aage pour estre instruits aux bonnes +disciplines. + +i. Pie. v. + +Jeunes gens soient subjects aux anciens, & se monstrent humbles envers +eux, parce que Dieu resiste aux orgueilleux, & donne grace aux humbles. + + +Juge. + +Cicero. + +C’est l’office d’un Juge d’avoir au conseil gens de bien, sçavoir la +Loy, observer la Religion, & garder inviolablement la Foy, faire cesser +toute haine, envie, querelle, et convoitise. + +Cicero. + +Aux Juges est requis d’avoir vertu, specialement Force & Prudence. + +Cicero. + +Es choses de grande importance on regarde le soleil, puis les effects, +puis apres les issues. + +Cicero. + +Le juge est corrompu plustost par le beau parler des Advocats, que par +argent: toutesfois on prise celuy qui obtient par son eloquence, et qui +corrompt par pecune est puny. + +Exode. + +Tu constitueras des Juges, afin qu’ils jugent le peuple par juste +jugement, tu ne renverseras point le droit, & n’auras regard aux +personnes, tu ne prendras aucuns presens, car le present aveugle les +yeux des sages. + +Deut. + +Escoutez Juges, & jugez droictement, entre l’homme & le frere, & +l’estranger: Vous n’aurez acception de personne: & supporterez autant le +pauvre que le riche, vous ne craindrez la face de personne, car le +jugement est à Dieu. + +Deut. + +Juges advisez ce que vous faictes, car vous n’exercerez point le +jugement des hommes, mais le jugement de Dieu: Dont il vous sera faict +selon les choses jugees, la craincte de Dieu soit en vous, ne faictes +point d’iniquité vers le Seigneur Dieu, n’ayez acception de personne de +convoitise de dons. + + +Justice. + +Caius. + +Justice est de n’offenser personne, & rendre à un chacun ce qui luy +appartient. + +Emped. + +Justice est le fondement de compagnie humaine, qui a esgard à la +Religion Chrestienne. + +Patric. + +L’office de Justice, est de ne tromper personne, & de Prudence de garder +d’estre trompé. + +Cicero. + +Il n’y a mal plus grand en Justice, que quand soubs couleur de justice, +ceux sont reputez gens de bien qui sont malins & meschans. + + +Langue. + +Vives. + +La langue est souvent cause de bien & de mal, parquoy la convient +brider, afin qu’elle ne nuise à soy-mesme. + +Vives. + +Nul n’est digne d’estre en authorité, qui ne met point de loy à sa +langue. + +Thal. + +Tu ne dois point avoir en la langue autre chose que tu as en la pensee. + +Thal. + +La mauvaise coustume des simulateurs, est que leurs coeurs pensent d’un +& leurs langues dient d’autre. + +Salom. + +Malediction à l’homme qui a le coeur double, tu dois estre tel ce +jourd’huy qu’hyer. + + +Liberal. + +Cicero. + +Celuy est vrayement liberal, qui de ses richesses rachette les +prisonniers qui sont detenus par guerre, & pirates de mer: ou celuy est +liberal qui prend sur soy les debtes de ses amis, qui ayde à marier les +pauvres filles. + +Cicero. + +Sois liberal à celuy qui le merite. + +Patric. + +C’est un acte de coeur noble, d’estre liberal, & faire service à un +chacun. Ceux qui sont bienfaicteurs, semblent imiter Dieu qui tousjours +eslargist ses bienfaicts aux humains. + +Bito. + +Ce n’est pas liberalité si tu donne plus par affection de vaine gloire, +que par misericorde. + +Cicero. + +Il en y a plusieurs convoiteux de gloire qui ravissent aux uns pour se +monstrer liberaux aux autres. + + +Liberté. + +Just. + +Liberté est chose precieuse & qu’on ne pourroit assez priser. + +Patric. + +Gens de coeur & de vertu ayment plustost mourir, que de perdre leur +liberté. + +Patric. + +C’est à faire à gens simples & de petite condition, de se laisser mettre +soubs le joug. + +Epi. + +Il vaut trop mieux vivre en liberté, et sans peur avec pauvreté, qu’en +servitude avec grandes richesses. + +Senec. + +Celuy doit estre reputé estre en liberté, qui souhaitte seulement les +choses qui sont en sa puissance. + + +Loy. + +i. Tit. + +La Loy est bonne si on en use bien. La Loy n’est pas pour les justes, +ains pour punir les meschans. + +Rom. vi. + +Je n’ay point cognu peché sinon par la Loy, je ne sçavois que c’estoit +de concupiscence, sinon que la Loy m’eut dit, Tu ne convoiteras point. + +Gal. iii. + +La Loy a esté nostre conducteur, pour venir à Jesus Christ, afin que +nous soyons justifiez par la Foy. La Loy a esté donnee par Moyse: mais +la grace a esté faicte par Jesus Christ. + +Ezech. xx. c. + +Ne cheminez point aux Loix de voz Peres, & n’observez point leurs +jugemens, ne soyez point soüillez en leurs Images. Je suis le Seigneur +vostre Dieu. Cheminez en mes commandemens, & gardez mes ordonnances. + +Cicero. + +Nous sommes enseignez par les Loix à dompter noz appetits, & reprimer +toute convoitise, garder ce qui est nostre, ne convoiter ce qui est à +autruy. + +Platon. + +La Cité n’est de longue duree en laquelle les Loix ne commandent point +aux Magistrats, mais les Magistrats aux Loix. + +Pausa. + +Il faut que les Loix soient par dessus les hommes, & non pas les hommes +par dessus les Loix. + +Patric. + +Les Loix civilles servent bien peu si elles ne sont conjoinctes au +commandement de Dieu. + +Eras. + +Il est expedient qu’il y ait peu de Loix, & encores icelles de claire +interpretation, à fin qu’on n’ait point de besoing de ceste maniere +d’hommes praticiens, qui se nomment advocats, ce qui (à la verité) est +un tiltre d’honneur: mais maintenant l’avarice, & trop grande convoitise +d’argent donne mauvais bruit à cest estat. + +Platon. + +Il n’est rien plus dangereux que d’interpreter les Loix au plaisir des +hommes. + +Erasm. + +Ainsi comme en maladie n’est point de besoing d’experimenter nouveaux +remedes, si les vieux ont esté trouvez bons, aussi ne faut il point +faire des Loix nouvelles, si les anciennes sont utilles & bonnes. + +Arist. + +En vain sont establies Loix s’il n’y a gens de bien pour les faire +garder & advient souvent que les Loix bien aornees par la malice des +gouverneurs & officiers, tournent au detriment de la Republique. + + +Mariage. + +Platon. + +Il n’y a rien en la vie humaine, ou on trouve plus de consolation, +amitié plus ferme & accomplie, qu’en mariage. + +Le mariage joinct ensemblement Citoyens avec Citoyens par bonne amitié, +reconcilie les inimitiez. + +Ysodo. + +Il y a trois biens en mariage, foy, lignee, & mistere. + +He. xiii. + +Mariage est entre tous honnorable, & la couche sans macule, mais Dieu +jugera les paillards. + + +Mary. + +i. Cor. vi. + +Le mary rende la benevolence deue à sa femme: aussi pareillement la +femme à son mary. + +La femme n’a point de puissance de son corps, ains son mary. + +Col. iii. + +Marys aymez voz femmes, & ne soyez point rigoureux vers elles. + + +Martyrs. + +Ap. vi. + +Je voy soubs l’autel les Ames de ceux qui ont esté tuez pour la parolle +de Dieu, & pour le tesmoignage qu’ils avoient: Et crioient à haute voix, +disant, Jusques à quand Seigneur sainct & veritable, ne juge tu point, & +ne venge tu point nostre sang, de ceux qui habitent en la terre: Et leur +furent donnees à chacun robbes blanches, & leur fut dit, qu’ils se +reposassent encores un peu de temps, jusques à ce que leurs compagnons +serviteurs fussent accomplis & de leurs freres, qui devoient aussi estre +martirisez comme eux. + +J. x. vi. + +Vous serez contristez, mais vostre tristesse sera convertie en joye. + +Apo. ii. + +Sois fidele jusques à la mort, & je te donneray la couronne de vie. + +Math. xiii. + +Les justes resplendiront comme le Soleil au Royaume de leur Pere. + +Ma. xv. + +Venez les beneits de mon Pere possedez le Royaume lequel vous est +preparé des la fondation du monde. Puis dira à ceux qui seront à la +fenestre: Maudits departez vous de moy au feu eternel, & allez au +tourment eternel: Vous justes venez à moy, & joüissez de la vie +eternelle. + + +Medecine. + +Celsus. + +La Medecine est necessaire pour la vie humaine: L’agriculture promect +nourrissement & la médecine santé. + +Vives. + +Si la Medecine du corps est necessaire, d’autant plus l’est celle de +l’Ame, sans laquelle le corps ne peut estre bien dispos. + + +Mediocrité. + +Horace. + +Vertu consiste en mediocrité, & vice en exces. + +Bito. + +On acquiert plus de loüange par mediocrité, que par exces. + +Senec. + +Toute chose qui est trop, se convertit en vice. + +Horace. + +Il y a moyen en toutes choses, & certaines limites & fins, lesquels la +vertu n’outrepasse point. + + +Mere. + +Phamo. + +Celle n’est point vraye mere qui permet nourrir son enfant d’autre laict +que du sien: car les mammelles ne sont donnees à la femme pour +l’aornement de sa poictrine: mais Nature les luy a donnees, pour le +nourrissement de l’enfant. + +Patric. + +La bonne mere chaste & pudique qui a vescu sans blasme, ne permettra à +ses enfans chose qui ne soit honneste. + + +Menteurs. + +Cicero. + +Les hommes sont souvent menteurs contre ceux qu’ils ont en hayne. + +Arist. + +Les menteurs pour recompence de leurs menteries ont cecy, qu’encores +qu’ils disent verité, ne sont jamais creuz. + +Eccle. xx. + +Un laron vaut mieux qu’un menteur ordinaire: mais tous deux auront +confusion pour leur part. + + +Mensonge. + +Eccles. xx. + +C’est un mauvais blasme à un homme, que mensonge: toutesfois il est +souvent en la bouche folle. + +Eph. iiii. + +Otez le mensonge, & parlez verité chacun avec son prochain. + + +Menace. + +Psam. + +Garde toy de menacer autruy, et ne desire te venger d’autruy, car à Dieu +seul appartient la vengeance. + + +Misericorde. + +Mat. xi. S. L. vi. + +Certes si vous sçavez que c’est, Je veux misericorde & non point +sacrifice: vous n’eussiez point condamné les innocens, car aussi le Fils +de l’homme est Seigneur mesme du jour, du repos, & est licite de bien +faire és sabaths. + + +Mort. + +Cicero. + +Cela doit estre imprimé en nous, dés nostre jeune aage, de ne point +craindre la mort: Car si nous en avons craincte, nous vivons en +perpetuel tourment. + +Isocra. + +Nature a condamné un chacun à mourir, mais les vertueux ont ce don +propre de mourir avec gloire & loüange. + +Ap. xxiii. + +Bien heureux sont les morts qui meurent en la grace de Dieu, l’Esprit +dit qu’ils reposent de leurs labeurs, & leurs oeuvres les suivent. + +Epi. + +Il y a des gens qui sont de telle nature qu’ils desirent mourir, & non +mourir. + +Mus. + +Puis que c’est une chose arretee & certaine qu’il convient une fois +mourir, je n’estime point celuy qui meurt tard heureux: mais celuy qui +meurt avec honneur. + +Simoni. + +La mort est la medecine, & fin de tous noz maux. + +Aristo. + +Il n’est rien meilleur à l’homme, que de naistre: ne rien meilleur que +de mourir au commencement de la vie. + +Patric. + +Il ne faut pas porter impatiemment ce qu’on ne sçauroit vaincre par +force, ne par conseil, ains estimer que par la mort ne nous advient +chose nouvelle, ne rien outre la condition de tous mortels: parquoy ne +se faut contrister de ce qui est commun à chacune creature. Que nous +sert-il de lamenter & plaindre, sinon que nous sommes veuz plus legers, +& inconstans par cela? + +Erasm. + +Nous ne devons point plourer la mort d’autruy, si elle n’est +deshonneste: car nous n’estimons point celuy estre le plus heureux, qui +aura vescu plus longuement, mais plus honnestement. + +Cicero. + +La mort est le bout & extremité de toutes choses qui est le departement +de l’Ame & du corps. + +Cicero. + +Il n’y a rien semblable à la mort que le dormir. + +Socra. + +La mort est incertaine: en sorte que personne ne se peut asseurer de +vivre un an, non pas jusques à la vespree. + +Cicero. + +Qui est celuy tant soit-il jeune qui soit certain de vivre jusques au +Soleil couché? + +Platon. + +Il faut que tout meure, & la mort, est la fin de misere & d’adversité. + +Ecclesi. xx. + +Ne pleurez point sur les morts, parce qu’ils reposent. + +Ecclesi. xxviii. + +Il n’y a point de retour de la mort, & ne te proffitera de rien de te +tourmenter et fascher d’icelle. + +Sa. xii. + +David, de son enfant mort dit, Pourquoy ploreroy-je? Le puis-je faire +revenir? J’iray à luy, & il ne viendra point à ensevelir les morts. + +Job. xiiii. + +L’homme qui est mort ne se releve plus & ne se reculera jusques à ce que +les Cieux ne seront plus. + +Math. xxii. + +Dieu n’est point le Dieu des morts, ains des vivants. + +Deut. + +En toy ne sera trouvé homme qui face passer son fils, ou sa fille par le +feu, ne Magitien usant de Magique, ne homme ayant regard au temps & +oyseaux, ne Sorciers, ne Enchanteurs, ne hommes demandans conseil aux +esprits familiers, ne Devins demandans advis aux morts: car tous ceux +qui font telles choses sont abomination devant le Seigneur. + +Luc. vi. + +Les vivans ont Moyse & les Prophetes, qu’ils les oyent, s’ils ne les +veulent ouyr aussi ne croiront-ils point aux morts quand ils +ressusciteroient. + +i. Sam. xxviii. + +Saul fut puny pour avoir demandé conseil à la Sorciere, & aux morts. + +Jer. xxii. + +Ne pleurez point le mort, & ne soiez point esmeuz pour luy, ains celuy +qui vient de naistre, car il ne retournera plus, & ne voira plus la +terre de sa nativité. + +Cicero. + +Celuy qui craint la mort, laquelle on ne peut eviter, ne peut vivre en +tranquilité & repos de son esprit. + +Cicero. + +Celuy qui ne craint point la mort, s’acquiert grand secours & moyen pour +vivre heureusement. + +Cicero. + +La mort n’espouvente point l’homme sage, combien qu’elle luy soit tous +les jours preparee. + +Socra. + +La mort honneste jamais ne doit estre fuye, mais plustost desiree. + + +Musique. + +Patric. + +La Musique delecte l’esprit & rend les hommes plus prompts, & alaigres à +la chose militaire. + +La Musique doit estre receue en la Cité de liberté, pourveu qu’elle ne +donne que plaisir. + + +Nature. + +Vives. + +Nature nous a enseigné ce qui est necessaire d’avoir: & folie a inventé +ce qui est superflu. + +Vives. + +Si tu donne à nature ce qui luy est necessaire, elle y prend plaisir: & +si tu luy donne chose superflue elle en est debilitee. + +Cicero. + +Nature vaut mieux sans doctrine, que doctrine sans nature. + +Cicero. + +J’ay cogneu plusieurs gens d’excellent esprit, qui sans avoir esté +endoctrinez, ont estez grands personnages & vertueux: en sorte que l’on +pouvoit juger qu’ils avoient une nature en eux, plustost divine +qu’humaine. + +Phalar. + +Nature a pourveu aux commoditez de tous les animaux, aux uns donnant +toisons, plumes, escailles & autres semblables: mais elle a produit les +hommes tous nuds, & denuez de force: tellement que pour pourvoir à ses +necessitez il faut qu’il travaille avec soing, labeur & industrie. + + +Necessité. + +Leod. + +Necessité enseigne Nature & pouvoir à l’advenir, & s’accommoder à ce qui +est propre pour pourvoir à la necessité des hommes. + +Patric. + +Necessité a plus d’efficace que nul art, qui ne se fortifie point d’ayde +accoustumer: mais quiert & invente chose nouvelle pour sa deffence. + + +Noblesse. + +Salust. + +La vraye noblesse, est de s’appuyer à sa propre vertu, & non à celle de +ses Majeurs. + +S. Chr. + +Que sert la noblesse, à celuy qui est soüillé de vice? Que nuist à celuy +l’obscure race s’il est aorné de vertu. + +Senec. + +Le noble coeur se delecte és choses vertueuses, & ne verrez point les +choses d’excellence prendre plaisir aux choses viles. + +Quin. + +La vraye noblesse vient de vertu, & les autres choses sont de fortune. + +Fab. + +Nous n’estimons point qu’aucun merite le tiltre de noblesse à cause de +sa naissance, & de sa race, ains pour l’excellence de sa vertu. + +Patric. + +Il est beaucoup meilleur d’estre en bonne reputation par actes vertueux, +que d’estre meschant, & se couvrir de la vertu, & noblesse de ses +Majeurs. + +Patric. + +Il faut vivre en sorte que l’on soit commancement & exemple de vertu à +sa posterité. + +Patric. + +Il ne faut point degenerer, & obscurcir la gloire de ses ancestres par +sa mauvaise vie. + +Patric. + +Noblesse sans bonté engendre orgueil, & richesse sans vertu, insolence. + +Socra. + +On reprochoit à un qu’il n’estoit point de noble sang, lequel respondit: +Tant plus suis digne de loüange, par ce que ma noblesse commance à moy. + +Socra. + +Socrates interrogué que c’estoit que noblesse, dit, c’est une temperance +de l’ame et du corps. + +Boet. + +La noblesse du sang d’autruy ne te rend noble si tu ne l’acquiers +toymesme. + +Apul. + +La noblesse n’est à considerer selon le sang, ains selon les vertus. + +Vives. + +Noblesse est d’estre cogneu par l’excellence & hautesse de sa vertu, +estre issu de gens vertueux & estre semblable à eux. + +Vives. + +Noblesse, honneur, puissance, & dignité, nous ont esté delaissez d’une +vaine gloire & antique persuasion des hommes, laquelle Jesus Christ a +arrachee du coeur des siens, & depuis a esté semee entre les Chrestiens +comme Zizanie, que le diable ennemy des hommes a semé parmy la bonne +semence. + +Vives. + +D’autant plus q’un homme est noble, et bien nourry, tant moins se doit +estimer, mais se montrer modeste, gratieux & humain: car arrogance ne +procede que de personne hebetee, & non pourveue de sçavoir & +d’honnesteté. + +Vives. + +C’est le propre d’un homme noble, & bien nay, de pardonner & remettre +les offences: Tenir sa rancune, & aymer vengeance, c’est à un homme +cruel & inhumain. + + +Officiers. + +Aristo. + +En une Republique bien ordonnee, ceste loy doit avoir lieu, que nul +office ne soit à vendre: mais qu’un chacun en soit pourveu selon ce +qu’il a merité. + +Cicero. + +Les officiers d’une Cité sont la Loy parlante, & les Loix sont officiers +muetz. + +Isocra. + +Les Officiers doivent preferer l’utilité publique à leur profit +particulier. Ainsi comme les ordonnances doivent commander aux +officiers, aussi les officiers doivent commander au peuple. + +Euseb. + +Celuy qui tient office, & establit loix, ne doit estre gouverné par sa +seule puissance, mais avec dignité & bon entendement se recognoistre par +dessus tous les autres. + +Exode. + +Pourvoy entre le peuple de gens vertueux, craignans Dieu, hommes +veritables hayssans avarice. + + +Orgueilleux. + +Vives. + +L’orgueilleux est tousjours en discord avec les humbles, encores +beaucoup plus avec les autres orgueilleux. + + +Oysiveté. + +Patric. + +Oysifs ne doivent estre tollerez en une Cité bien policee, car les +hommes ne faisans rien, apprennent à mal faire. + +Ovide. + +Si tu fuis oysiveté, Cupido ne te pourra nuire de ses darts. + + +Parler. + +Patric. + +Il est beaucoup plus seant de se taire quand il est requis, que de +parler à temps. + +Patric. + +Deux peuvent bien chanter ensemble: mais non pas parler. + +Cicero. + +Autant de fois que nous parlons: autant de fois lon juge de nous. + +Simoni. + +Je ne me repents jamais de m’estre teu, mais bien d’avoir trop parlé. + +Socra. + +Zenon voyant un jeune homme, qui estoit fort addonné à parler, luy dit, +Sache que nature nous a donné deux aureilles, & une langue, qui veut +signifier qu’il faut plus escouter que parler. + +Platon. + +Platon dit à un qui parloit trop en une compagnie, Sache que mesure de +parler n’est pas à celuy qui parle, mais a celuy qui escoute. + +Cicero. + +Ne parle point beaucoup à table si tu ne veux faillir. + +Perian. + +Quand tu seras interrogué, respons à propos & non legerement. + +Vives. + +Il est meilleur d’escouter avec les gens sages, que de parler. + +Macr. + +On n’apparoit point moins sçavant en se taisant qu’en parlant. + +Mam. + +Plus grande science & prudence est de se taire que de parler. + +Bias. + +Tu dois plus escouter que parler: car tu ne seras point repris de te +taire, mais bien de trop parler: Le fol en quoy resemble-il mieux aux +sages? C’est quand il se tait: car lors on ne cognoist point sa follie. + +Bias. + +Sois prompt à escouter & tardif à parler: car il y a moins de peché à +mal ouyr qu’à mal parler. + + +Paroles. + +Platon. + +Paroles lascives & salles, doivent estre extirpees hors de la bouche, +tout ainsi comme la poison des viandes. + +Caton. + +Ne t’accoustume point à parler legierement, et garde que tes paroles ne +previennent tes pensees. + + +Peché. + +Vives. + +Ne nous persuadons point que noz pechez s’effacent par or, argent, ou +encens: mais par la grace du Seigneur: laquelle par la foy engendre en +nous une bonté & syncerité de coeur. + +Vives. + +Il n’est possible de penser mal plus pernicieux que d’estre separé par +peché de l’amour du Seigneur. + +Eras. + +Il n’y a rien plus miserable, que d’obeir aux pechez & passions +sensuelles. Qu’y-a-il plus laid qu’estre serviteur d’appetit desordonné? +d’ire, d’avarice, d’ambition, & autres maistres insolens & desreglez, +qui s’attribuent jurisdiction sur les hommes? + +Perian. + +Reprens non seulement les pecheurs, mais aussi ceux qui se preparent à +faire vice. + + +Peres. + +Eph. vi. + +Peres ne provoquez point voz enfans à courroux, mais entretenez-les avec +modestes instructions & remonstrances en la doctrine du Seigneur. + +Col. iii. + +Vous peres n’irritez point voz enfans à fin qu’ils ne se descouragent. + +Eccl. iii. + +La benediction du pere rend les maisons des enfans fermes: mais la +malediction de la mere demolit les fondemens. + +Maxi. + +Les peres qui, en oubliance & mespris de leur sang par les allechemens & +mignardises des marastres malicieuses, cherchent d’exhereder leurs +propres enfans & d’en supplanter des estrangers, sont grandement à +blasmer et despourveuz de leurs sens & entendement. + +Erasm. + +Un bon pere se doit plustost efforcer à delaisser à ses enfans bonne & +honneste renommee qu’abondance de bien, pour ce qu’il est transitoire: +mais le bon bruit est immortel. + +Par vertu on peut acquerir or & argent: mais par or on ne peut acquerir +bonne renommee. + +Nava. + +Le pere doit employer toute la peine qu’il prend, à faire soigneusement +endoctriner ses enfans en bonnes moeurs & en la craincte du seigneur. + +Bito. + +Il n’y a rien qui soit plus à craindre, que d’avoir des enfans qui +denigrent de l’honnesteté du pere. + +Pytha. + +Tel que tu auras esté envers ton pere, tels aussi seront tes enfans +envers toy. + +Papir. + +Si le pere cognoist que son enfant soit docile & de bon esprit, il ne +doit rien espargner pour le faire parvenir aux sciences des bonnes +lettres. + +Beren. + +Le pere ne doit rien plus desirer, que d’avoir son enfant bien apprins & +sçavant, lequel non seulement doit souffrir d’estre vaincu de luy, en +tout genre de loüange & de vertu, mais aussi estimer que l’honneur & +dignité de son fils luy est une palme de victoire. + +Patric. + +Ce qui rend plus tenu & obligé un enfant envers son pere, est quand il +congnoit que par son moyen il a esté instruit, et est parvenu à la +cognoissance des bonnes lettres. + +Caius. + +Alexandre confessoit qu’il n’estoit point moins tenu à son precepteur, +qu’à son pere, pource que l’un luy avoit donné le commencement de vie, & +l’autre luy avoit donné la maniere de bien & vertueusement vivre. + + +Prosperité. + +Perian. + +Si tu es en prosperité, gouverne tes affaires avec modestie: & en +adversité, avec prudence. + +Ne te fie à la prosperité, par ce qu’il n’y a chose plus muable que +fortune. + + +Raison. + +Patric. + +Raison est la gouvernante, & maistresse de tous les faicts loüables sans +laquelle lon ne peut rien dire ne penser qui soit bon: C’est celle la +qui nous separe des bestes, & faict que nous sommes veuz approcher de la +nature des Dieux. + + +Religion. + +Vives. + +Religion & pieté Chrestienne, tend à ceste fin, que d’introduire une +serenité & tranquillité dedans les esprits humains: à fin qu’estans +paisibles & mortifiez, en nos affections, nous soyons semblables à Dieu +et aux Anges. + + +Renommee. + +Ovide. + +L’homme, apres son Ame n’a rien plus cher ne precieux, que bonne +Renommee, laquelle une fois perdue, est tenu en mespris. + +Plin. + +Plusieurs craignent la mauvaise renommee: mais peu craignent leur +conscience. + +Thal. + +Efforce toy d’acquerir bonne renommee, & la grace d’un chacun. + + +Reprendre. + +Vives. + +Ne reprens autruy, que premier tu ne vois sur toy s’il y a rien à +prendre. + +Vives. + +Croy que celuy t’ayme, qui te reprend amiablement. + +Vives. + +Si tu trouve mauvais d’estre reprins, fay que tu ne commette chose digne +de reproche. + + +Resjoüir. + +Vives. + +C’est à faire à l’homme cruel de se resjoüir du mal d’autruy. + +Vives. + +Il ne te faut point trop resjoüir s’il t’est venu quelque accroissement +de bien à l’adventure: car il y a si grande mutation de fortune en +toutes choses, que souvent douleur est voisine de folle & vaine +resjoüissance. + + +Riche. + +Patric. + +Il ne faut pas s’enrichir au dommage & detriment d’autruy. + + +Richesses. + +Perian. + +Il advient peu souvent, que l’on soit excellent en richesses et en +bonté. + +Pythag. + +Il est malaisé de retenir le cheval sans frain, ne aussi les richesses +sans prudence. + +Vives. + +Richesses ne sont point pierres precieuses, rares metaux, bastimens +sumptueux, ne beaux meubles: mais sont n’avoir faute des choses qui sont +necessaires pour la garde & tuition de la vie humaine. + +Vives. + +Si tu n’es pourveu de richesses, garde toy bien d’en acquerir avec perte +de la moindre vertu du monde. + +Vives. + +Avoir trop grande abondance de richesses, qu’est-ce autre chose qu’une +pesante charge, & empeschement de trop de bagage. + +Calm. + +Richesses ne peuvent honnorer l’homme sans vertu: mais vertu sans +richesses donne grand lustre et credit à l’homme vertueux. + +Democ. + +Si tu ne desire point de richesses, le peu te semble beaucoup. + +Simoni. + +Simonides interrogué lequel il aymeroit le mieux, ou richesses ou +sçavoir, dit, J’en doubte: mais je voy tousjours les sages portez des +riches. + + +Sage. + +Patric. + +On vient plustost à bout des grandes affaires par le conseil d’un sage +homme, que non point par les opinions de plusieurs indiscrets. + +Platon. + +Un homme sage ne se courrouce point quand on le vitupere: et ne se +glorifie point quand on le loüe. + +Cicero. + +Il n’y a rien qui soit plus à blasmer à un sage, que de dire, Je n’y +pensois pas. + + +Sagesse. + +Vives. + +Sagesse est de se cognoistre soy-mesme. + +i. Co. iii. + +La sagesse mondaine est follie vers Dieu. + + +Sacrifice. + +Vives. + +Le vray sacrifice que nous devons à Dieu, est de purger nostre Ame des +perverses affections, de ne porter rancune à nostre prochain, nous +mettre en devoir de profiter à un chacun. + + +Santé. + +Vives. + +Santé est bonne habitude, tant du corps que de l’Ame. + + +Secret. + +Socrat. + +C’est simplesse contempler les secrets de Nature, & negliger l’estat de +nostre vie. + +Thales. + +Ce que tu entreprens, tiens-le secret, à fin que si tu ne viens à ton +attente tu n’en sois mocqué. + + +Sepulchres. + +Patric. + +La mode des Egiptiens, est de faire bastir des magnifiques & somptueux +sepulchres, estimant que par leur folle & superstitieuse religion, ils +peuvent servir de domicile aux morts. + + +Sobrieté. + +Patric. + +Sobrieté conserve nostre santé, faict la vie de plus longue duree, +conduit l’esprit, & le corps entier, & sain jusques à la fin de l’aage. + +Socrat. + +Socrates par sa grande sobrieté ne fut jamais trouvé malade. + + +Temperance. + +Chal. + +Temperance est celle qui dompte les pensees: & qui deffend à l’homme de +ne desirer que chose licite. + + +Temerité. + +Isocra. + +Temerité & folle hardiesse sans advis ne conseil, mettent souvent +l’homme en danger. + + +Temps. + +Vives. + +Le temps consomme toutes choses, et esclarcit les choses faulses, & +faict que les vrayes sont cognues. + +Patric. + +Le temps est plus precieux que toute autre chose car quand il est passé +ne se peut recouvrer. + +Chilo. + +Ne pers point ton temps: car il n’y a rien si clair & precieux +qu’iceluy, lequel soudain & avec un moment s’envole. + + +Verité. + +Patric. + +Tu dois porter telle reverence à la Verité, que pour chose, tant soit de +grande importance, ne t’en dois varier n’avoir aucun respect aux +richesses, amys, prieres, ou crainte de mort. + +Cicero. + +Le proffit de mesnage n’est point de longue duree: aussi le dommage de +verité ne nuit pas longuement. + +Vives. + +Il y a tousjours consentement du vray avec le vray: mais ce qui est faux +ne s’accorde avec verité ny avec mensonge. + +Vives. + +La reputation que tu auras d’estre veritable, aura plus de foy que tous +les grands sermens que les autres feront. + + +Vertu. + +Horace. + +Celuy qui desire attaindre & parvenir au degré de vertu, ne peut sans +peine et labeur. + +Vives. + +Vertu est une pieté & affection envers Dieu & les hommes, & volonté de +bien faire. + +Cicero. + +Vertu ne peut estre au regne de volupté. + +Vives. + +Tout ce qui se faict avec vertu ne peut estre que honneste & loüable. + +Bias. + +Disputer de vertu & vivre en peché sont actes differents. + +Patric. + +Entre les choses de ce monde, vertu est la plus excellente. + +Vale. + +Vertu est fuir vice comme ennemy capital, & hair ceux qui sont addonnez +à volupté mondaine. + +Cicero. + +Vertu est aucunement affoiblie par oysiveté & reforcee par peine & +travail. + +Horace. + +Celuy qui a vertu, a tout ce qui luy est necessaire. + +Cicero. + +Il est trop meilleur servir à vertu, par peine & labeur (cognoissant +qu’apres s’ensuit un loyer de gloire & honneur) que servir à volupté +avec plaisir charnel, qui n’apporte que tristesse & mort. + +Caton. + +Si vous faictes chose (disoit Caton) vertueuse, le travail et le labeur +se departiront: & le bien faict tant que vivrez vous demeurera: Mais si +vous faictes quelque chose par oysiveté, & plaisir desordonné, votre +volupté en un moment cessera, & le mal-faict tousjours vous +accompagnera. + +Solon. + +Toutes choses passent, mais la seule vertu demeure entiere, qui rend son +Autheur loüable: Au contraire vice est vituperable qui rend son Autheur +infame. + +Cicero. + +Celuy est digne de loüange, qui par sa vertu est parvenu en hault estat, +& non pas celuy qui par richesses, faveurs, & par la calamité d’autruy +est eslevé en dignité. + +Les coeurs des humains sont esmeuz à aymer, quand ils cognoissent +parfaictement la vertu de ceux avec lesquels ils hantent. + +Lact. + +Si vertu eschet à l’homme, il luy eschet aussi la beatitude & felicité. + +Cicero. + +Il y a en nous des semences de vertu, lesquelles si nous laissons venir +en accroissement, il n’y a doubte que naturellement, nous ne parvenions +à une fin heureuse. + +Patric. + +Alexandre souloit dire qu’il aymoit mieux surmonter les autres en vertu +qu’en puissance. + +Cicero. + +Plusieurs s’attribuent le nom de vertu, mais ils ignorent ce qu’elle +vault. + +Thal. + +Vertu fuit le vice comme son contraire, Qui veut acquerir le renom +d’estre estimé vertueux, faut qu’il s’abstienne de tous vices, non +seulement des vices exterieurs, mais aussi des interieurs qui demeurent +en la pensee. + +Thal. + +Addonne toy aux choses vertueuses, & honnestes, à fin que tu en puisses +avoir honneur & bonne renommee. + +Solon. + +Vertu est loüable de soy, laquelle porte son honneur avec elle, & bien +souvent est loüee des meschans, contre leur gré: elle ressemble à la +palme, que tant plus est courbee contre bas, tant plus elle se redresse +en hault: aussi tant plus vertu est oppressee, tant plus est +resplendissante. + + +Vie humaine. + +Lact. + +Combien que ceste vie humaine soit remplie de plusieurs calamitez: ce +neantmoins est desiree d’un chacun. + +Alcib. + +Il ne faut rien desirer en la vie humaine, sinon ce qui est conjoinct +avec vertu & honnesteté. + +Patric. + +La vie d’un bon homme privé est trop plus seure que la vie de celuy qui +a charge. + +Vives. + +Le temps de dormir n’est compté entre le temps de vie, car la vie n’est +que veue. + + +Volupté. + +Platon. + +Volupté est le nourrissement de tous maux, elle tue & pervertit la bonne +nature de l’esprit, rompt & debilite le corps, hebete l’entendement, +oste le conseil de raison. + +Cicero. + +Volupté est l’amorce de tous maux, par laquelle les hommes sont prins +comme le poisson à l’ameçon. + +Perian. + +Les voluptez du corps se passent bien tost, mais vertu demeure. + + +Fin. + + + + +RENCONTRES FACECIEUX + +d’aucuns sçavans personnages. + + +Quelqu’un admonestant Diogenes, luy dit, pourquoy, vu qu’il estoit deja +vieil, il ne se deportoit de tant travailler: auquel il respondit, Si je +courois au jeu de prix, il me fauldroit laisser la course quand je +seroye prochain du bout de la lice. + +Quelquefois un sophiste pour monstrer son sçavoir disputoit hautement & +avec ostentation des choses celestes: auquel Diogenes dit, Vrayement tu +en parle comme sçavant, & pense qu’il n’y a guere que tu es venu du +Ciel. + +On demanda à Diogenes à quelle heure l’homme pourroit prendre sa +refection: lequel dit, S’il est riche quand luy plaira, & s’il est +pauvre quand il pourra. + +On demanda à Diogenes quand c’est qu’il seroit bon se marier: lequel +respondit, Aux jeunes il n’est pas encores temps, & aux vieux jamais. + +Alexandre ayant pris un escumeur de mer, luy demanda, de quelle +authorité il deroboit sur la mer: de la mienne, dit-il: Et pource que le +fais avec un petit Brigandin, on m’appelle Pirate: mais toy qui le fais +avec une grosse armee, tu es appellé Roy. + +Cesar voyant à Rome un estranger qui portoit des petits cinges & des +petits chiens pour plaisir, demanda si en son pays on ne faisoit point +d’enfans. + +Agasides voyant qu’un sophiste exaltoit fort une petite matiere, dit, tu +ne serois point bon cordonnier, de vouloir accommoder un grand soulier à +un petit pied. + +Diogenes disoit que les paillardes estoient semblables au vin doux +destrempé avec du venin, pource (disoit-il) qu’elles apportent au +commencement un petit plaisir: mais apres une perpetuelle douleur & +repentance. + +Diogenes disoit que ceux qui parloient disertement de vertu & ne +vivoient point selon raison, estoient semblables à un Luth, le son +duquel resjoüissoit les hommes, mais de soy il n’en sentoit rien. + +Diogenes voyant un joueur d’instrumens accorder sa harpe, luy dit, N’as +tu point de honte que tu peux si parfaictement accorder ton instrument +de bois, & tu ne peux accorder ta vie selon raison. + +Diogenes interrogué par quel moyen on se pourroit mieux venger de son +ennemy, dit, En se monstrant homme de bien et vertueux. + +Quelqu’un reprochoit à Xenophanes, qu’il estoit craintif, et qu’il +n’osoit joüer aux detz avec luy: lequel respondit, il est vray que je +suis craintif, encores plus que tu ne dis, mais est aux choses +deshonnestes. + +Themistocles faisant decreter un sien heritage dit au crieur, crie qu’il +y a de bons voisins. + +Caton se repentoit de trois choses, d’avoir dit son secret à femme, +d’avoir navigé sur mer, quand il pouvoit aller sur terre, & d’avoir +passé aucun temps sans apprendre. + + +Fin. + + + Le mien desir n’est point + mortel. + + + + +NOTE DU TRANSCRIPTEUR + + +L’orthographe et la ponctuation sont conformes à l’original. On a +distingué les lettres i/j et u/v. Quelques erreurs manifestes ont été +corrigées. + + + + +*** END OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK 75747 *** |
