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+
+*** START OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK 75747 ***
+
+
+
+
+
+
+ Union des
+ sentences de
+ Philosophie.
+
+
+ A Paris,
+
+ De l’Imprimerie de Leon Cavellat,
+ au mont sainct Hilaire au
+ Griphon d’argent.
+
+ M. D. Lxxxiii.
+
+
+
+
+Dixain.
+
+
+ Si tu desire en compagnie honneste,
+ Tenir propos qui soit d’authorité,
+ Ou si tu veux d’une grace modeste
+ Que tu sois veu parler en gravité:
+ Lire te faut ce brief present traicté,
+ Des bons autheurs sentences memorables,
+ Aorné de fleurs de science loüables.
+ Apprens les donc, & les mets en effect:
+ Et cognoistras combien sont profitables,
+ Pour estre en meurs accomply & parfaict.
+
+
+
+
+BREF ADVERTISSEMENT
+
+à tous Amateurs de vertu.
+
+
+Il n’y a celuy tant soit il peu versé és sciences des bonnes lettres,
+qui ne puisse facilement juger combien apporte de profit la reduction
+des sentences & memorables dicts de ceux qui ont surpassé le vulgaire en
+bonne doctrine & Philosophie Morale. Pour ceste cause considerant, que
+la multitude & diversité d’icelles (dispersees dedans un grand nombre &
+infinité d’Autheurs tant anciens que modernes) est telle qu’il seroit
+impossible à la plus part de les recueillir pour les mettre en usage &
+en faire leur profit, il m’a semblé bon & utile de faire un abregé et
+recueil de celles qui sont les plus singulieres & excellentes, & les
+ordonner selon l’ordre Alphabetique en forme de lieux communs: pour par
+ce moyen les delivrer d’une grande peine et travail d’esprit. Maintenant
+donc faictes en vostre profit, tellement qu’on voye d’oresnavant en voz
+propos, et en voz oeuvres reluire une gravité & modestie, telle que vous
+sera recommandee par la commodité de ce present livre à la gloire &
+honneur de Dieu, & l’edification des prochains. Que si ainsi vous le
+faictes me donnerez suffisant argument & occasion pour m’emploier à vous
+dedier ce present livre plus parfait et entier en peu de Jours.
+
+Grace avec vous.
+
+
+
+
+UNION DES SENTENCES
+
+de philosophie.
+
+
+Aage.
+
+Pytha.
+
+L’Aage qui est le temps & l’espace de la vie humaine, depuis la nativité
+jusques à la mort, Pythagoras le limitoit à quatre-vingts ans, qui est
+le point ou l’homme doit mourir, & le divisoit selon les saisons de
+l’annee, comparant l’Enfance au Printemps, l’Adolescence à l’Esté, la
+Jeunesse à l’Automne, la Vieillesse à l’Hyver.
+
+Platon.
+
+Platon le divisoit de sept ans en sept ans, & estimoit qu’au bout des
+sept ans, l’homme changeoit tousjours de complection, & se faisoit
+quelque metamorphose au corps humain, pour ceste cause estimoit le
+septiesme an estre perilleux, judiciaire, ou fatal.
+
+Patric.
+
+Aucuns Philosophes divisoient l’aage en six, enfance, puerilité,
+jeunesse, adolescence, virilité, & vieillesse.
+
+Them.
+
+Themistocles aagé de cent sept ans, regretoit finir sa vie lors qu’il
+commençoit à estre sage.
+
+Theop.
+
+Theophraste accusoit nature, qu’elle avoit donné aage si long aux cerfs
+& corbeaux, qui sont bestes inutiles, de nul proffit: Et aux hommes
+avoit donné la vie courte & de peu de duree, lesquels (s’il leur estoit
+permis par long aage) pourroient estre parfaicts en science, &
+abondamment puiser de l’eau en la fontaine de sagesse.
+
+Possid.
+
+Possidonius disoit qu’on devoit avoir plus cher, & estimer un seul jour
+d’un homme docte, que le long espace de l’aage d’un homme ignorant.
+
+Aug.
+
+Il ne me semble jamais tard à l’homme, pour apprendre ce qui est
+necessaire.
+
+Patric.
+
+Avec l’aage convient changer les moeurs.
+
+La chose en laquelle un jeune enfant s’adonne de son premier aage, le
+conduit jusques au sepulchre.
+
+Une mesme chose ne convient pas bien à tout aage, car nature se change
+avec le temps.
+
+Patric.
+
+Pour l’aage de maintenant les jeunes gens s’adonnent à toutes
+dissolutions, & plaisirs mondains, & quand sont grands ils ont honte
+d’apprendre, au lieu que plus tost devroyent estre honteux qu’ils n’ont
+apprins.
+
+
+Abstinence.
+
+Patric.
+
+Abstinence est de ne rien desirer de superflu, ne passer les limites de
+moderation, dompter convoitise soubs le joug de raison, celuy est
+abstinent à qui vice, & volupté desplaist: qui ne se resjouit d’exces,
+mais soudain retourne à mediocrité.
+
+Patric.
+
+Abstinence doit estre gardee, car superfluité & gourmandise
+affoiblissent le corps & rompent l’entendement. Ainsi comme abstinence
+faict la jeunesse longue, & conserve la santé, tient le corps en estat
+honneste: au contraire gourmandise haste la vieillesse, rend le corps
+debile, faict la face laide & salle.
+
+
+Acheter.
+
+Caton.
+
+Caton disoit, qu’il estoit requis de considerer deux choses en achetant
+une terre: premierement si elle estoit en bel air, & puis fertille, car
+si elle n’estoit en bel air, tu acheterois maladie, & si elle n’est
+fertille & feconde, pauvreté & perpetuel travail.
+
+Perian.
+
+Tu dois acheter pour un gain honneste & licite, non pas pour rapine &
+trop grande convoitise: car la troisiesme generation ne pourroit jouir
+de tes biens.
+
+Pythag.
+
+Sois songneux de rendre ce qu’on t’aura presté, car qui s’acquitte
+s’enrichit: sois plus soucieux de rendre, que tu n’as esté de prudence.
+
+
+Admonitions.
+
+Perian.
+
+Entens, & escoute les admonitions qu’on te fera, & ne desprise le bon
+conseil de tes amis, tout ce qui est à ton utilité & honneur soit par
+toy escouté.
+
+
+Adoration.
+
+S. J. iiii.
+
+L’heure est venue que les vrais Adorateurs adoreront le Pere en esprit,
+& verité, car Dieu est esprit.
+
+Sstien.
+
+J’ay eu crainte que ne transportasse l’honneur de mon Dieu à l’homme,
+que je n’adorasse aucun sinon mon Dieu.
+
+Act. x.
+
+Sainct Pierre dit à Corneille qui se jettoit à ses piedz, Lieve toy, je
+suis aussi moymesme serviteur de Dieu comme toy.
+
+Apoc. ix. & xxii.
+
+L’Ange dit à sainct Jean qui le vouloit adorer, Regarde que tu ne le
+face: Je suis serviteur de Dieu avec toy, & avec tes freres qui ont le
+tesmoignage de Jesus Christ.
+
+
+Adversitez.
+
+Chilo.
+
+Chilo voyant un qui se contristoit en ses adversitez (dit) si tu
+cognoissois les maux des autres, tu ne porterois les tiens si
+impatiemment.
+
+Perian.
+
+Tu dois aucunement celer, & ne donne point à cognoistre tes adversitez,
+à fin que tu ne donne occasion à tes envieux de se resjouir.
+
+Vives.
+
+Les adversitez de ce monde sont communes, & indifferemment peuvent
+advenir à un chacun.
+
+Perian.
+
+C’est signe d’homme de petit courage, de se contrister beaucoup des
+adversitez.
+
+
+Affaires.
+
+Bias.
+
+N’entreprens beaucoup d’affaires temerairement, & si elles sont
+commencees poursuis les avec diligence & prudence.
+
+
+Agreable.
+
+Chilo.
+
+Sois agreable à un chacun, & te gouverne si sagement que tu plaise à
+tous.
+
+Patric.
+
+Sois agreable à un chacun, & fay qu’en toy douceur & humanité abonde.
+
+
+Agriculture.
+
+Patric.
+
+L’agriculture nous apporte gain honneste, & sans tromperie: qui est
+necessaire pour la vie humaine.
+
+Agriculture est chose trop plus loüable que la guerre: elle promet vie
+paisible, & tranquille felicité: l’autre malheur, mort, & misere.
+
+
+Adultere.
+
+Patric.
+
+Il n’y a rien en ce monde qui cause plus tost un divorce, & separation
+de la saincte compagnie de mariage qu’adultere.
+
+Patric.
+
+On doit punir griefvement les adulteres, à fin que la saincte compagnie
+de mariage en soit plus stable.
+
+
+Affections.
+
+Vives.
+
+Si nous permettons noz affections regner en nous: elles nous apportent
+grandes calamitez, & souvent desespoir.
+
+Vives.
+
+Le remede en noz affections se trouve en nous mesmes.
+
+
+Ame.
+
+Patric.
+
+L’Ame est donnee de Dieu à l’homme, laquelle si faict bien son devoir,
+refrene l’appetit, appaise l’ire, mesprise volupté, pacifie convoitise,
+dompte soubs les pieds les troubles de l’esprit soubs la conduicte de
+raison & prudence.
+
+Cicero.
+
+Dieu a engendré l’Ame, & veut qu’elle soit la gouvernante de raison.
+
+Cicero.
+
+Dieu ne nous a donné chose en ce monde plus digne que l’ame.
+
+S. J. viiii.
+
+Le Fils de l’homme n’est pas venu pour damner nostre ame, ains pour la
+sauver.
+
+Cicero.
+
+Le corps n’est seulement que le vaisseau de l’ame.
+
+Vives.
+
+Le corps ayant en soy l’ame enclose, & souillee de vices & pechez, est
+comme un somptueux & ellegant sepulchre, dedans lequel gist une
+charrogne puante & infecte.
+
+Cicero.
+
+L’ame est capable et participante de raison, & rien plus excellent n’a
+esté creé par le createur.
+
+Cicero.
+
+Les ames des hommes sont immortelles, mais celles des vertueux sont
+divines.
+
+Pythag.
+
+Il est trop plus honneste mourir, que contaminer son ame d’incontinence
+& vice.
+
+Platon.
+
+Ceux faillent qui estiment les vices du corps estre plus grands que ceux
+de l’ame.
+
+Cicero.
+
+Convoitise, vaine gloire, ambition, volupté, & autres telles passions,
+sont les maladies de l’ame.
+
+Pythag.
+
+L’ame est une compagnie de l’appetit, et de la raison, neantmoins il
+faut tousjours que la raison domine, avec contemplation des choses
+hautes, & ardues.
+
+Pythag.
+
+L’appetit doit obeir à l’ame: ou bien ne desirer rien qui ne soit licite
+& honneste.
+
+Quin.
+
+L’ame a son origine des cieux, ainsi que les oyseaux sont naturellement
+nays à voler, les chevaux à courir: aussi nous a engendré nature nostre
+ame à vertu, & humanité.
+
+Cicero.
+
+D’autant que la force de l’ame est plus forte que celle du corps: Aussi
+les choses conceues en l’ame sont plus grandes & plus hautes que celle
+du corps.
+
+Cicero.
+
+La volupté de l’ame est plus grande que celle du corps.
+
+Platon.
+
+Par le corps nous ne sentons que les choses presentent, ou prochaines de
+nous, mais par l’ame nous sentons les passees & futures.
+
+Patric.
+
+Nous pouvons aysement juger nostre ame avoir prins source & origine des
+Cieux, par ce qu’elle contemple les choses celestes, predit & divine par
+prudence les futures.
+
+Sap. iii.
+
+Les ames des justes sont en la main de Dieu & le tourment de la mort ne
+les touchera point.
+
+
+Amys.
+
+Cicero.
+
+Il n’est rien plus propre à la vie humaine & convenable à bien &
+honnestement vivre, que d’avoir des amis, & de converser avec ceux qui
+nous ayment.
+
+Aristo.
+
+Les amys sont estimez estre le refuge en nostre pauvreté & calamité.
+
+Cicero.
+
+Les amys doivent estre liberaux vers leurs amys, à fin d’entretenir, &
+augmenter l’amitié.
+
+Isocra.
+
+Espreuve tes amis en tes adversitez: car ainsi que l’or s’espreuve au
+feu & sur la touche, aussi en tes adversitez cognoistras si tes amys te
+seront fideles.
+
+Cicero.
+
+Nous ne devons demander à noz amys chose qui ne soit honneste: ne faire
+aussi pour eux rien qui ne soit honneste & licite.
+
+Isocr.
+
+Fais amys avec discretion & prudence: & lors que les auras acquis, sois
+fidele, & entier vers eux.
+
+Perian.
+
+Ne reçoy aucun pour amy, si tu ne sçais comme il a versé au paravant
+avec ses amis: car tu dois esperer qu’il sera tel en ton endroit, comme
+il a esté envers les autres.
+
+Thal.
+
+Le proverbe est veritable qui dit que devant que faire amy, il faut
+manger un muy de sel avec luy: il faut cognoistre avant qu’aymer, & non
+pas aymer avant que cognoistre, le vray amy cele le secret, aide au
+besoing, l’honore en sa presence, & loue en son absence: Il le convient
+esprouver s’il est secret, ainsi qu’on essaye un vaisseau auquel on met
+de l’eau pour sçavoir s’il contiendra le vin.
+
+ Ne dy jamais avoir amy trouvé,
+ Si paravant tu ne l’as esprouvé.
+
+Pytha.
+
+N’estime celuy ton amy, lequel te flatte: & celuy duquel tu t’es
+apperceu, qu’il a pourchassé ton dommage, ou deshonneur, par ses fraudes
+& calomnies, evite le comme tu voudrois fuir la couleuvre cachee
+dessoubs l’herbe: telle amitié simulee ressemble à l’oyseleur, qui de
+son siflet deçoit les cailles tant qu’elles se viennent empestrer aux
+filets.
+
+Pytha.
+
+Pour petite occasion ne te fasche contre ton amy, & supporte ses
+imperfections.
+
+Chil.
+
+Ne change beaucoup tes amys, ne cherche point leurs tables, & à leurs
+calamitez sois prompt à les secourir.
+
+Solon.
+
+Sois pareil à tes amis en leurs adversitez, comme tu leur estois en
+leurs prosperitez.
+
+Isocra.
+
+Tu ne dois seulement ayder & subvenir à tes amys, mais aussi par charité
+secourir un chacun.
+
+Salom.
+
+Si tu veux entretenir ton amy, dy bien de luy, car ainsi comme loüange
+est commencement d’amitié: aussi detraction est origine de haine.
+
+Pline.
+
+Celuy est vray amy qui ne fait point de compte de son dommage propre,
+pour garder celuy de son amy.
+
+Cicero.
+
+L’amy ne doit point prier l’amy en demandant.
+
+Cicero.
+
+L’amy certain est cogneu és adversitez.
+
+Vives.
+
+Pour estre vray amy, il faut que tu ayme la personne, & non les biens.
+
+Il n’est archer de garde plus fort, que le fidele amy.
+
+Horace.
+
+Amitié se doit suivre jusqu’à la mort.
+
+Euseb.
+
+Celuy ne peut estre amy des bons, qui vit si follement qu’il se rend
+agreable aux meschans.
+
+Cicero.
+
+C’est chose loüable d’estre chery & amy des bons, mais d’estre craint &
+hay, c’est chose miserable.
+
+
+Amitié.
+
+Cicero.
+
+Si en amitié on ne demande chose licite, & honneste, il faut que la foy
+& crainte de Dieu soit preferé à amitié.
+
+Cicero.
+
+Amitié, plaisir & grace sont les biens de paix & concorde.
+
+Cicero.
+
+Amitié est desirer à son amy beaucoup de bien, & prosperité: encor’ que
+nul proffit ne luy en revienne.
+
+Cicero.
+
+Entre les choses qui sont donnees par la sapience divine, nulle n’est
+plus grande, ne meilleure que l’amitié.
+
+Quin.
+
+Amitié entre amis esgaux est stable, entre lesquels n’y a jamais eu
+experience de forces.
+
+Plin.
+
+Amitié est union de parfaicte volonté.
+
+Arist.
+
+Vraye amitié est entre les bons & vertueux.
+
+Cicero.
+
+Preferons amitié à toute chose, car il n’y a rien plus propre pour la
+conservation de la vie humaine.
+
+Vives.
+
+Celuy qui reprend & rejette l’amitié, faict autant que s’il ostoit le
+soleil du monde.
+
+Cicero.
+
+On doit honorer amitié: par ce que sans elle on ne peut vivre sans
+danger ne joyeusement.
+
+Patric.
+
+L’amitié qui est la plus ferme & certaine, est celle qui est conjoincte
+avec personnes semblables en meurs & conditions.
+
+Vives.
+
+Amitié ne peut estre qu’entre les bons, & vertueux.
+
+Patric.
+
+L’amitié qui est appuyee sur vertu, n’est point mise en oubly par longue
+diuturnité, ou distance des lieux, elle ne diminue par silence, & ne se
+resjouit point par soupçon ou nouvelle accointance.
+
+
+Amour honneste.
+
+Vives.
+
+Les faits de Jesus Christ nous mettent devant les yeux le vray exemple
+de ce precepte d’amour, afin que nous l’ensuivions.
+
+Pline.
+
+Nulle chose n’est en amour plus digne de louange que constance &
+perseverance.
+
+S. Au.
+
+Il est meilleur d’aymer avec severité, que decevoir avec douceur.
+
+Senec.
+
+Qui au premier assault d’amour faict resistence, a vaincu.
+
+Terenc.
+
+Les petites choses croissent, & s’augmentent par amour, & les grandes se
+ruinent par discorde.
+
+Vives.
+
+Amour faict toutes choses esgalles, personne ne cherche estre preferé
+l’un à l’autre, ne s’efforce de ravir ce qui est à son amy, & rend toute
+chose commune.
+
+Vives.
+
+Il n’est richesse plus asseuree ne plus certaine, que l’amour qu’on a
+les uns aux autres.
+
+
+Amour deshonneste.
+
+Patric.
+
+Amour est un desir insatiable, duquel quand nous en sommes rassasiez,
+nous tombons en repentance.
+
+Quin.
+
+Les amoureux ont de coustume de juger mal des beautez, par ce que
+l’amour obfusque le sens des yeux.
+
+Platon.
+
+Si celuy qui ayme est pauvre il est merveilleusement passionné.
+
+Senec.
+
+Parmy les banquets & le vin, amour brusle plus vivement.
+
+Platon.
+
+Platon disoit le coeur d’un amoureux mourir en son propre corps & vivre
+en celuy d’autruy.
+
+Senec.
+
+Apres que les amoureux ont assouvy leur insatiable desir, s’en repentent
+incontinent.
+
+
+Anciens.
+
+Tit. ii.
+
+Les anciens soyent sobres, graves, prudens, charitables & patiens.
+
+i. Tim. iii.
+
+Ne reprens point griefvement celuy qui est ancien: mais admoneste-le
+comme pere, & les jeunes comme freres.
+
+Porte honneur & reverence aux anciens.
+
+ Aux anciens remplis de sapience,
+ Tu dois porter honneur & reverence.
+
+
+Art.
+
+Patric.
+
+L’art accroist ce qui est utile à la nature.
+
+Lact.
+
+Les arts ont affaire de nature, d’enseignement & exercice.
+
+Patric.
+
+Ainsi qu’un cheval qui n’est duit ne dompté, jaçoit qu’il soit fort bien
+composé et de belle corpulence, ne peut estre propice ou utile à l’usage
+de l’homme: aussi celuy qui est sous art et doctrine, jaçoit qu’il soit
+ingenieux, ne peut acquerir vertu.
+
+
+Artisans.
+
+Patric.
+
+Les artisans rendent les villes riches, & font qu’elles sont frequentees
+de peuples.
+
+
+Argent.
+
+Patric.
+
+Argent est le sang & l’ame de la Republique, & celuy qui n’en a point,
+chemine comme mort entre les vivans.
+
+
+Avarice.
+
+Salust.
+
+Avarice est l’estude, & convoitise d’acumuler deniers, que nul sage ne
+doit desirer.
+
+Tit. li.
+
+Avarice & superfluité sont deux pestes qui sont cause de la destruction
+de maintes villes.
+
+Virgile.
+
+O maudite avarice, quel mal tant pervers induis-tu dedans le corps des
+mortels?
+
+Salust.
+
+Avarice faict ruiner la foy & la bonté.
+
+S. Au.
+
+Avarice n’est pas vice de l’or, mais de l’homme usant mal de l’or.
+
+Salom.
+
+Les jours seront longs de celuy qui hait l’avarice.
+
+Eccle.
+
+Qui ayme l’argent, jamais ne s’en rassasiera, & qui ayme l’abondance,
+est sans fruict.
+
+Lu. xii.
+
+Gardez vous d’avarice: car la vie de l’homme n’est pas aux choses qu’il
+possede.
+
+Pro. xv.
+
+Celuy qui s’adonne à avarice trouble sa maison: mais celuy qui est
+liberal, vivra.
+
+Platon.
+
+Le naturel d’un avaricieux est d’estre autant convoiteux d’un petit gain
+que d’un grand.
+
+Arist.
+
+Il y a des hommes aussi avaricieux comme s’ils devoient tousjours vivre,
+& les autres sont aussi prodigues, comme s’ils devoient mourir
+presentement.
+
+
+Audace.
+
+Isocr.
+
+Audace passe la mesure de force.
+
+Plutar.
+
+Es choses perilleuses, l’audace qui se faict avec raison est à louer:
+mais l’impetuosité qui se faict sans raison est temerité.
+
+
+Aumosne.
+
+Vives.
+
+Il n’est aumosne si bien faicte, que celle qui est distribuee aux
+pauvres: fais aumosne de ce que Dieu t’a donné.
+
+
+Beauté.
+
+Vives.
+
+Beauté du corps auquel repose un esprit ord & sale, est comme un beau
+logis, ou habite un hoste laid & deshonneste.
+
+Cicero.
+
+Beauté s’efface ou flestrit par maladie, & s’estaint par vieillesse.
+
+Aristo.
+
+En fait de recommandation, la beauté a plus de valeur que toutes les
+lettres missives.
+
+Platon.
+
+La beauté a ceste persecution, que sur toute autre chose agree & est
+amiable.
+
+Senec.
+
+Beauté a esté dommageable à plusieurs.
+
+
+Beau.
+
+Xenop.
+
+Le feu brusle de pres, mais le beau visage tant soit loin, enflamme &
+brusle les amoureux.
+
+Plutar.
+
+C’est chose plaisante de contempler les belles personnes: mais de les
+toucher, fort dangereuse.
+
+
+Bons.
+
+Euseb.
+
+Celuy qui desire de plaire aux bons est bon: ou au moins à le vouloir de
+l’estre, les bons ayment les bons, & les meschans ayment les meschans.
+
+Aristo.
+
+En faisant bien aux bons, il me semble que ce n’est donner, mais
+recevoir.
+
+Cicero.
+
+Nul ne peut estre bon par la volonté d’autruy, mais par la sienne
+propre.
+
+Aristi.
+
+La chose en ce monde qui est de plus grande admiration, c’est l’homme,
+pourveu qu’il soit bon.
+
+
+Charité.
+
+Vives.
+
+La charité que nous devons avoir en Dieu, est que nous preferions son
+honneur à toutes choses, & que nous l’ayons en plus singuliere
+recommandation que toutes autres choses.
+
+Vives.
+
+Tes abstinences ne te rendront point tant recommandable envers Dieu, que
+charité.
+
+Tu dois tenir tous hommes comme propres freres: te resjouir de leurs
+prosperitez, te contrister de leurs adversitez, & leur ayder par
+charité.
+
+
+Chasteté.
+
+Perian.
+
+Chasteté en la femme, est la forteresse de sa beauté.
+
+Cicer.
+
+C’est honte de voir celuy qui doit estre le patron & exemple de
+chasteté, se trouver surprins de vice.
+
+Vives.
+
+Entre les batailles des Chrestiens, les pires sont les brigues de
+chasteté: en laquelle est la guerre perpetuelle, & ont bien peu de
+victoire.
+
+
+Cité.
+
+Patric.
+
+Nulles richesses ne tributs n’augmentent tant une Cité que quand les
+citoyens sont bons amis, paisibles, unanimes, & bien affectionnez au
+bien publicq. Au contraire nulles puissances ne sont assez grandes,
+quand les Citoyens vacillent, & sont divisez par brigues.
+
+Perian.
+
+A une Cité on doit donner ordre, que peu de gens commandent & plusieurs
+obeissent.
+
+
+Citoyen.
+
+Patric.
+
+Le Citoyen qui volontiers se rend subject doit esperer que quelque jour
+on luy obeira.
+
+Patric.
+
+Il est convenable qu’un Citoyen ne soit ne trop riche ne trop pauvre, le
+pauvre ne peut rien, & le riche desdaigne ou ne veut ayder.
+
+
+Clemence.
+
+Senec.
+
+C’est clemence de pardonner au sang d’autruy comme au sien.
+
+
+Constance.
+
+Patric.
+
+Constance est fidelle garde de noz secrets.
+
+Patric.
+
+Un homme constant est tousjours en un estat, jamais ne se change, il
+ayme trop mieux estre bon que d’en avoir le renom. Il n’y a point en luy
+de faux semblant, ne dissimulation: il a tousjours un mesme front &
+oeil.
+
+
+Corps.
+
+Vives.
+
+Tant plus le corps est bien traicté & tant plus l’esprit est mal mené.
+
+Vives.
+
+Le corps doit obeir à l’esprit, l’esprit à l’entendement, &
+l’entendement à Dieu.
+
+
+Correction.
+
+Vives.
+
+Quand on t’aura corrigé, fay que la correction te profite.
+
+
+Crainte.
+
+Erasm.
+
+Il faut que celuy qui est craint de tous, luy mesme aussi craigne
+plusieurs: car celuy ne peut vivre en asseurance, qu’un chacun desire
+estre mort.
+
+
+Cruauté.
+
+Cicero.
+
+Cruauté doit estre en horreur, & clemence aymee.
+
+
+Curiosité.
+
+Arist.
+
+Curiosité des choses nouvelles a de coustume de plustost troubler &
+perdre un bien publique que le rendre meilleur.
+
+
+Diformité.
+
+Peria.
+
+Si tu cognois estre difforme & laid, corrige telle imperfection de
+nature par vertu & sagesse.
+
+
+Desespoir.
+
+Perian.
+
+Entre les perturbations de l’ame desespoir est la pire: & la plus
+horrible & espouventable, elle persuade à l’homme de se desfaire, violer
+nature, rompre la compagnie de l’ame & du corps: ce qui est la chose la
+plus terrible qu’on pourroit dire.
+
+
+Deshonneste.
+
+Isocr.
+
+Pense que les choses qui sont deshonnestes à dire sont aussi
+deshonnestes à faire.
+
+
+Dieu.
+
+Vives.
+
+Il est un Dieu seul, Prince, Autheur, & Recteur de ceste machine: Et
+tout ainsi qu’en la maison d’un bon pere de famille, ne se faict rien
+sans son commandement, aussi ne se faict rien de bien sans la bonne
+providence de Dieu.
+
+Vives.
+
+L’honnorer aymer, & approuver tout ce qu’il ordonne, est chose saincte,
+& vertueuse & loüable.
+
+Psal. c.
+
+Tout homme qui aymera Dieu, obeira à ses loix, & fera sa volonté.
+
+Vives.
+
+C’est une chose admirable & impossible à la captivité de l’homme humain
+de pouvoir comprendre sa grandeur.
+
+Vives.
+
+Il ne faut juger des secrets de Dieu, sinon avec reverence, craincte &
+honneur.
+
+Euseb.
+
+C’est chose impossible de comprendre la divinité de Dieu: car nous ne
+sommes point capables, avec ce corps mortel, d’exprimer une chose
+invisible, & sans corps: une chose eternelle estre cogneue par celle qui
+est mortelle & prend fin.
+
+S. Je. iiii.
+
+Dieu est charité & qui demeure en charité demeure en Dieu, & Dieu en
+luy.
+
+i. Jean i.
+
+Dieu est la lumiere, & n’y a point de tenebres en luy.
+
+Cicero.
+
+On doit parler peu de la puissance de Dieu & avec crainte & reverence.
+
+Grif.
+
+On ne peut assez recommander & persuader aux hommes l’adoration &
+honneur de Dieu, qui de sa grace nous eslargit tous biens, augmente noz
+vertus, nous illumine & baille vraye intelligence de sa doctrine, verité
+& parole, & par son sainct Esprit nous donne esperance de salut en la
+gloire advenir.
+
+Bias.
+
+Tu dois bien juger de Dieu, & de la vraye Religion Chrestienne, fidele
+assemblee en nostre Seigneur Jesus Christ: ne te mocque point des
+ceremonies d’icelle: fuy les disputes trop curieuses, garde-toy bien par
+tes paroles de prophaner le nom de Dieu.
+
+Cami.
+
+Vous trouverrez toutes choses bonnes estre advenues à ceux qui ont
+craint Dieu, & toutes adversitez à ceux qui l’ont mesprisé.
+
+Tertu.
+
+Dieu Createur de toutes choses ne peut aisement estre entendu: on ne
+peut parler de luy sinon avec grande difficulté.
+
+Xenop.
+
+Es choses prosperes ne faut oublier Dieu, ains l’avoir tousjours en la
+memoire.
+
+Platon.
+
+La cognoissance de Dieu est vraye sapience de vertu.
+
+Lacta.
+
+Dieu n’est point cogneu de nous, sinon en noz adversitez.
+
+Silvin.
+
+Pendant que les affaires des mortels sont en danger, lors font grand
+honneur à Dieu: & quand ils sont en prosperité, on ne voit plus fumer
+leurs autels.
+
+Cicero.
+
+C’est une chose donnee de nature, & comme engravee aux esprits des
+hommes qu’il est un Dieu.
+
+Euseb.
+
+Le Ciel, la terre, l’air, la mer, Astres, Planettes, se mouvent par le
+commandement de Dieu.
+
+Xenop.
+
+Il y a un Dieu lequel n’est point semblable aux hommes ny en la pensee
+ny quant au corps.
+
+Cicero.
+
+Qui est l’homme si incensé, hors du sens & entendement qui quand il
+contemple les Cieux, ne juge qu’il y a un seul Dieu, & qui n’estime
+toutes choses estre faictes par sa providence, & non par adventure ou
+fortune.
+
+Cicero.
+
+Nous pouvons cognoistre Dieu par ses oeuvres.
+
+Cicero.
+
+Jamais homme ne fut grand, ou excellent sans inspiration divine.
+
+Cicero.
+
+La coustume de trop curieusement s’enquerir de Dieu est mauvaise.
+
+
+Dignité.
+
+Vives.
+
+Dignité est la bonne reputation qu’ont les hommes d’une grande vertu.
+
+Cicero.
+
+D’autant que nous sommes haut eslevez en dignité, & honneur: d’autant en
+devons nous estre plus humbles, & moins arrogans.
+
+
+Discret.
+
+Patric.
+
+L’homme discret ne faict aucune chose dequoy il se puisse repentir.
+
+Patric.
+
+Discretion est raison de l’esprit & meur advis pour tout bien
+considerer.
+
+
+Druides.
+
+Druides furent jadis Philosophes sçavans, leur vie respondoit à leurs
+doctrines. Ilz ont parlé fort religieusement de Dieu immortel: Ils
+persuadoient par bonnes raisons naturelles, que la mort n’estoit qu’un
+passage à une vie perpetuelle & heureuse.
+
+
+Eglise.
+
+S. Aug.
+
+L’Eglise est l’assemblee, & congregation des fidelles.
+
+i. Ti. iii.
+
+La maison de Dieu vivant est la colomne & fermeté de verité.
+
+Coll. i.
+
+Jesus Christ est le chef du corps de l’Eglise.
+
+i. Cor. iii.
+
+Nul ne peut mettre autre fondement en l’Eglise que celuy qui est mis,
+lequel est Jesus Christ.
+
+Psa. viii.
+
+La verité de Dieu est l’Eglise des saincts.
+
+M. viii.
+
+Toutes & quantes fois que deux ou trois sont assemblez en mon nom je
+suis au millieu d’eux.
+
+M. xvi.
+
+Christ est la pierre, & sur icelle est edifiee l’Eglise.
+
+
+Enfans.
+
+Ro. viii.
+
+Si nous sommes enfans de Dieu, nous sommes aussi les heritiers, &
+coheritiers de Jesus Christ, voire si nous souffrons avec luy, afin que
+nous soyons aussi ensemble glorifiez.
+
+Vives.
+
+Ceux qui se mettent en devoir de reconsilier paix avec les hommes, sont
+appellez enfans de Dieu, tesmoins de Jesus Christ: au contraire ceux qui
+s’efforcent de rompre la Charité sont enfans de sathan.
+
+Arist.
+
+Aristote tient que le cry aux enfans leur est utile, par ce qu’il donne
+accroissance, dilate la poitrine, & donne force aux membres interieurs.
+
+Patr.
+
+Il est trop meilleur ne point jamais avoir enfans, & en estre
+perpetuellement privé, que d’en avoir de mal complectionnez.
+
+Patr.
+
+Un enfant est loué par sa simplesse, un jouvenceau par sa benignité, un
+ancien par sa gravité.
+
+Clerb.
+
+Si tu ayme tes enfans, fay qu’ils soient bien apprins & endoctrinez en
+bonnes meurs: car c’est le plus grand thresor que tu leur puisse
+acquerir.
+
+Patr.
+
+Enfans perdus, sont ceux qui corompus de vices & voluptez, perdent les
+biens de l’ame, ne vacquent à aucun art, s’adonnent à lascheté &
+paresse, avec gens oisifs & mal vivans.
+
+Silenn.
+
+C’est un grand bien que de naistre, & le plus grand bien apres, de
+mourir.
+
+
+Eloquence.
+
+Patri.
+
+Eloquence conjoincte avec raison & sagesse reprend les vices: faict les
+effeminez & paresseux, forts & audacieux: elle peut appaiser un peuple
+esmeu & en fureur, & luy donner courage quand il est en craincte.
+
+
+Equalité.
+
+Patric.
+
+Equalité entre Bourgeois rend la communauté stable & de longue duree:
+entretient concorde & amitié.
+
+
+Escriptures.
+
+Vives.
+
+Les Escriptures sainctes doivent estre receues en notre esprit avec
+devotion et reverence.
+
+
+Ennemis.
+
+Agis.
+
+Agis disoit qu’il ne falloit point demander combien estoient les
+ennemis: mais ou ils estoient pour combatre.
+
+
+Envie.
+
+Cicero.
+
+Envie est tristesse, & fascherie de la prosperité d’autruy.
+
+Euseb.
+
+Celuy qui porte envie à un homme de bien, qui faict bien, il porte envie
+à la republicque, et à soy-mesme.
+
+Arist.
+
+Ainsi que la roüillure mange le fer: aussi envie mange les envieux.
+
+Patric.
+
+Envie a de coustume de troubler les excellens & vertueux.
+
+Patric.
+
+Envie est celle qui se resjoüit du mal d’autruy, & se deult de la
+prosperité des gens de bien & vertueux.
+
+Patri.
+
+Envie est contraire à amitié.
+
+Solon.
+
+Envie abrege les jours de l’homme: elle ne veut bien à nul, & se
+tourmente soy-mesme.
+
+Caton.
+
+On n’a point d’envie sur celuy qui modestement use de sa fortune.
+
+Cicero.
+
+Envie est un plus grand mal contre nature que la mort.
+
+Perian.
+
+Ne porte point envie à aucun, ains plustost prens peine d’ensuivre ceux
+qui font bien.
+
+
+Envieux.
+
+Salust.
+
+Le propre d’un envieux est desirer qu’il n’advienne bien à aucun.
+
+Salust.
+
+C’est une tache de tout temps, de porter envie à vertu.
+
+Statio.
+
+Un envieux est triste & melancholique quand les affaires d’autruy
+prosperent.
+
+Pytha.
+
+Il n’est rien qui donne plus grand argument de la mauvaise & perverse
+volonté de l’homme, que de se resjouir & mocquer de l’adversité
+d’autruy.
+
+Chilo.
+
+Ne sois envieux des richesses d’autruy, qui sont transitoires.
+
+Arist.
+
+C’est une chose malaisee, d’eviter les yeux des envieux.
+
+Bion.
+
+Bion voyant un envieux qui avoit la face basse & enclinee, dit, O quel
+grand mal est advenu à celuy, ou grand bien à un autre.
+
+Patric.
+
+La felicité d’autruy est poison aux envieux, ils n’ont plaisir que quand
+ils jettent leur venin sur autruy.
+
+Theop.
+
+Les envieux ne se resjoüiront tant de leurs propres biens, comme des
+dommages & incommoditez d’autruy.
+
+Solon.
+
+Ne sois point envieux sur les biens d’autruy, mais prens peine d’en
+acquerir avec contentement, & lors envie cessera.
+
+Chil.
+
+Ne sois point envieux, ains te resjoüis avec un chacun par bonne amitié:
+car ceux qui sont envieux vivent en indigence, & ceux qui vivent en
+amitié abondent en grandes richesses.
+
+
+Esperance.
+
+Thal.
+
+Esperance est la confusion des chetifs & miserables, lesquels quand
+n’ont plus de moyens, vivent en esperance.
+
+Patric.
+
+Esperance est le songe de ceux qui veillent.
+
+Dona.
+
+Esperance & crainte, sont les deux passions des choses advenir.
+
+Socrat.
+
+La femme sans masle, & la bonne esperance sans travail, ne peuvent
+engendrer chose bonne.
+
+Socra.
+
+La mauvaise esperance se conduit en erreur & plaisir.
+
+Demo.
+
+L’esperance des sages n’est point vaine, mais celle des fols est nulle.
+
+S. Aug.
+
+Ainsi que par esperance nous sommes sauvez: aussi par esperance sommes
+pour estre bien heureux.
+
+Senec.
+
+L’esperance est le dernier refuge des adversitez.
+
+Plaut.
+
+Plustost adviennent les choses esperees, que non esperees, & souvent
+quand adviennent nous les mesprisons.
+
+Perian.
+
+Espere tousjours bien regler ta vie avec l’esperance d’avoir des biens
+en abondance.
+
+Ovid.
+
+Ou est la plus grande esperance de jouissance, là est le plus grand
+desir de luxure.
+
+
+Esprit.
+
+Eccle.
+
+L’esprit vient de Dieu, & retourne à celuy qui l’a creé.
+
+Rom.
+
+Celuy qui cognoist les oeuvres, cognoist les affections de l’esprit.
+
+Perian.
+
+C’est une chose tranquille, que le repos de l’esprit.
+
+Cicero.
+
+Il est necessaire que ton esprit soit sain, si tu veux que ton corps le
+soit.
+
+Quin.
+
+Celuy à qui l’esprit deffaut, l’entendement ne luy profite non plus que
+bonne culture aux champs steriles et sablonneux, lesquels combien qu’ils
+soient cultivez & labourez soigneusement, toutesfois ne rapportent point
+(ou que bien peu) de fruits.
+
+Quin.
+
+Par continuel exercice la dureté de l’esprit se peut vaincre.
+
+Quin.
+
+Il n’est homme si lourd d’entendement, & d’esprit, qui par continuel
+exercice ne comprenne quelque science.
+
+
+Exercice.
+
+Patric.
+
+L’exercice du corps est utile, & necessaire au corps: paresse hebete le
+corps, industrie le consolide, & le rend plus ferme et allegre.
+
+Demo.
+
+Par exercice continuel, l’homme devient plus habille & leger.
+
+Demo.
+
+Il y a plus d’hommes qui deviennent bons par exercice que par nature.
+
+Quin.
+
+Exercice est le gouverneur & maistre de toutes choses.
+
+Cicero.
+
+En quelque discipline que ce soit, les preceptes n’ont point d’effect
+sans exercice.
+
+
+Estat.
+
+Patric.
+
+Trop grand estat & superfluité d’accoustremens, est cause de la ruine
+d’une maison.
+
+
+Familiarité.
+
+Ter.
+
+Trop grande familiarité souvent engendre mespris.
+
+
+Femme.
+
+Euseb.
+
+La femme est une creature que Dieu a creé pour la compagnie de l’homme.
+
+Patric.
+
+Femme est un nom de dignité, & non de volupté, l’homme doit desirer &
+tenir sa femme pour sa compagnie, & non pour le contentement de ses
+plaisirs.
+
+Juven.
+
+Il n’y a creature qui ayme plus vengeance que la femme: & si sa force
+respondoit à son courage, elle feroit souvent grand trouble.
+
+Platon.
+
+C’est l’office de la femme de gouverner soigneusement la famille en
+l’absense du mary, & luy obeir en toutes choses.
+
+Pythag.
+
+Si tu es marié retien tousjours la seigneurie & domination sur ta femme,
+afin que par trop grande liberté & licence, elle ne te vueille
+surmonter.
+
+Patric.
+
+C’est l’office du mary d’enseigner sa femme en bonnes moeurs, & ne la
+doit injurier, menacer ou battre. Car le naturel de la femme est qu’elle
+s’endurcit aux coups, elle en devient pire, & quand elle se trouve avoir
+l’opportunité, elle s’en donne à son plaisir, se persuadant par tel
+moyen s’estre vengee de son mary.
+
+Salom.
+
+La malice de la femme est plus grande que celle du serpent: de sorte que
+si elle peut mettre les pieds sur la teste de l’homme, elle luy fera
+consumer ses jours en douleur: bien heureux est celuy qui a bonne femme,
+car c’est un don de Dieu.
+
+Pythag.
+
+Si tu prens femme, fay qu’elle soit pareille à toy.
+
+Plutar.
+
+Les maris qui ne veulent rire, joüer, et user des joyeux plaisirs, de
+Venus, avec leurs femmes, demonstrent qu’ils desirent prendre leurs
+voluptez ailleurs.
+
+Mur.
+
+Celuy qui se peut passer de femme, est exempt de grand ennuy.
+
+Patric.
+
+A tard est honteuse la femme, qui a perdu sa chasteté.
+
+Bion.
+
+Si tu as belle femme, tu seras en peril d’en estre trompé: & si elle est
+laide, elle te desplaira: la moyenne forme est la meilleure.
+
+Patric.
+
+Celuy qui se marie à une femme vefve a double peine: premierement de luy
+oster les conditions de son premier mary, & puis de l’accoustumer et
+apprendre à s’accommoder aux siennes.
+
+Thal.
+
+Si tu veux estre exempt de jalousie, tu dois plustost choisir une femme
+laide que belle.
+
+Patric.
+
+Esly femme qui soit pareille à toy: car une imparité engendre
+contemnement: Semblance & conformité lie les coeurs d’une amitié
+inseparable.
+
+Patric.
+
+Tout va mal en une famille ou la femme domine et l’homme obeit.
+
+Patric.
+
+C’est une chose que doit bien craindre la femme, que d’encourir mauvais
+bruit: car quand la femme est une fois diffamee soit à tort ou à bon
+droit, ne peut apres reparer son honneur.
+
+Marti.
+
+D’autant plus que la femme est detenue estroitement, d’autant plus est
+convoiteuse de luxure.
+
+S. Jero.
+
+Celuy qui aime femme plus ardamment qu’il n’est licite, est adultere.
+
+Senec.
+
+Nature a denié la force à la femme, autrement son courage tousjours
+plein de tromperies, seroit inexpugnable.
+
+Virgi.
+
+La femme est tousjours inconstante et muable.
+
+Mela.
+
+Il y a en ce monde trois grands dangers eminens, la femme, le feu, & la
+mer.
+
+Dioge.
+
+Diogenes loüoit les jouvenceaux, qui promettoyent de prendre femme &
+n’en prenoient jamais.
+
+Patric.
+
+La plus plaisante couverture du visage de la femme c’est modestie: &
+qu’en la face il reluise une joyeuse severité, & posee contenance, qui
+est indice que l’entendement est de mesme.
+
+Theop.
+
+L’homme sage doit prendre femme mediocrement belle, & bien apprise,
+riche et d’honneste lignage.
+
+Socrat.
+
+La principale vertu de la femme, c’est pudicité, laquelle incontinent
+qu’est suspecte, la femme vit en peine & misere.
+
+Phalar.
+
+Le lieu ou la femme s’est despouillee de sa premiere fleur de pudicité,
+luy est plus agreable.
+
+Demo.
+
+Estre gouverné de la femme est grande injure au mary.
+
+Gen.
+
+Il vaut mieux habiter dehors qu’avec une femme trop parlante.
+
+Patric.
+
+La fin est malheureuse de la femme qui est lubrique & paillarde.
+
+Patric.
+
+Les vrais accoustremens d’une femme de bien est modestie, & avoir ses
+enfans bien aprins en doctrine & bonnes moeurs.
+
+Patric.
+
+Que la femme se garde de se farder: car il n’est rien plus deshonneste
+que de se montrer autre que l’on est, & doit on mal juger d’une femme,
+qui cherche dehors estre loüee pour sa beauté.
+
+Patric.
+
+Femme qui ayme à courir, à tard est chaste & pudique.
+
+Patric.
+
+Un homme reprint sa femme, pource qu’elle ne l’advertissoit de ce qu’il
+avoit l’haleine puante: laquelle s’excusa modestement, (disant) qu’elle
+pensoit que tous les hommes sentissent comme luy.
+
+Avia (femme Romaine) reprinse de ce qu’elle ne se remarioit point, veu
+qu’elle estoit encores jeune, dit deux raisons: la premiere, Si elle
+rencontroit un bon mary, comme le sien premier, qu’elle ne vouloit estre
+perpetuellement en crainte de le perdre: ou s’il advenoit qu’elle en
+eust un mauvais, qu’elle ne le vouloit experimenter.
+
+Xeno.
+
+Amenie (femme de Perse) interrogee de son mary, ce que luy sembloit de
+la beauté de Cyrus, dit, qu’elle ne pouvoit juger d’autre beauté que de
+celle de son mary.
+
+Senec.
+
+Necessité est desloyalle garde de la pudicité de la femme.
+
+Lucie
+
+La mort du mary rompt l’amour d’une femme chaste.
+
+Ovide
+
+La femme est plus subjecte, ardente, & affectionnee en amour que
+l’homme.
+
+Juven.
+
+Le lict est plein de noise, ou la femme apporte grand doüaire.
+
+Senec.
+
+Amour de folle femme, enfer, le feu, & la terre, ne disent jamais c’est
+assez.
+
+Marc.
+
+Marie (fille de Caton) interrogee pour quoy elle ne se remarioit: Parce
+(dit elle) que je ne trouve homme qui me vueille plutost que mes biens.
+
+Gyrol.
+
+Nourrir une pauvre femme, c’est une chose difficile, & supporter une
+riche, grand tourment.
+
+Patric.
+
+La condition de la fille se cognoist par le naturel de la mere, & est à
+presumer qu’une mere chaste & pudique, entretient ses filles en honneur:
+& celle qui hayt reproche & infamie, ne souffrira à sa fille aucun vice.
+
+
+Foy.
+
+Hebr. ii.
+
+La foy est le fondement des choses que l’on espere, & certification des
+choses non apparantes.
+
+Hebr. ii.
+
+Il est impossible de plaire à Dieu sans foy.
+
+R. xiiii.
+
+Tout ce qui n’est point faict en foy, est peché.
+
+Eph. iii.
+
+Vous estes sauvez de grace, par la Foy, ce n’est point de vous, mais du
+don de Dieu, non point par les oeuvres, afin que nul ne se glorifie:
+Nous sommes son oeuvre creé en Jesus Christ.
+
+Gal. ii.
+
+L’homme n’est point justifié par les oeuvres de la Loy, sinon par la foy
+de Jesus Christ afin que nous soyons justifiez par la Foy de Jesus
+Christ, & non point par les oeuvres de la Loy, par ce que nulle chair
+n’est justifiee par les oeuvres de la Loy.
+
+Ro. iiii.
+
+La promesse n’a point esté faicte à Abraham, ou à sa semence, d’estre
+heritiers du monde par la Loy, mais par la justice de la Foy.
+
+Rom. iii.
+
+L’homme est justifié par Foy sans les oeuvres de la Foy.
+
+S. Amb.
+
+La Foy est le fondement de justice.
+
+Patric.
+
+Peu de foy est adjoustee aux personnes constituees en miseres &
+pauvreté.
+
+Patric.
+
+Foy est une chose fort loüable. Il n’est rien plus deshonneste à gens
+d’authorité, que de rompre la foy & encourir en une note d’infamie,
+laquelle tousjours dure.
+
+
+Fols.
+
+Senec.
+
+Ceux sont proprement fols, qui loüent les voluptez mondaines.
+
+Cicero.
+
+Nul fol heureux, nul sage qui ne soit heureux.
+
+Mena.
+
+Celuy qui fait au contraire de bien, doit estre reputé fol.
+
+Isocra.
+
+On feint que Protheus se change en plusieurs formes, aussi les pensees
+des fols sont diverses & muables.
+
+Euseb.
+
+Ceux la sont naturellement fols, qui honnorent les riches & mesprisent
+les sages ornez de science.
+
+Socra.
+
+Ainsi que les luxurieux ne peuvent estre gueris de leurs maladies, aussi
+les fols ne peuvent trouver remede contre leurs adversitez.
+
+Cicero.
+
+Les fols desirent souvent ce qui leur est ou seroit dommageable.
+
+Isocr.
+
+Les Pelerins s’esgarent souvent par les chemins, aussi les fols du
+sentier de vertu.
+
+Socra.
+
+Ainsi que le vin tourné n’est point desiré aux banquets, aussi ne sont
+les fols en compagnie honneste.
+
+Arist.
+
+Il vaut mieux estre pauvre, que fol.
+
+
+Folie.
+
+Cicero.
+
+C’est le propre de folie de voir les vices d’autruy & ignorer les siens.
+
+Tertul.
+
+C’est une folie de blasmer les choses non entendues, encore qu’elles
+meritassent d’estre hayes.
+
+Platon.
+
+Pense quel grand mal c’est de folie, qui cache les fautes que nous
+commettons.
+
+Cicero.
+
+C’est folie d’estre curieux d’estre cogneu des hommes: & ne se point
+cognoistre soy-mesme.
+
+Vives.
+
+C’est grande folie de commettre un crime soubs les arres d’une cupidité
+de vie incertaine.
+
+Vives.
+
+C’est folie de disputer, s’il n’y a espoir de profiter.
+
+Bion.
+
+Bion interrogué que c’est de folie, dit, que c’estoit empeschement de
+felicité.
+
+
+Force.
+
+Cicero.
+
+Le propre de force, est de ne craindre rien, ne faire conte de toutes
+choses humaines, & estimer que rien intollerable ne peut advenir à
+l’homme.
+
+Isocra.
+
+Force avec prudence ayde beaucoup mais sans icelle elle nuict.
+
+Arist.
+
+Force sans prudence, est temerité.
+
+Perian.
+
+Ne fay rien par force, mais plustost par douceur.
+
+Patric.
+
+Force, Prudence, Justice, & Temperance, sont quatre soeurs, qui sont
+aliees ensemble en telle sorte que l’une sans l’autre ne peut estre.
+
+
+Fort.
+
+Patric.
+
+Celuy doit estre reputé fort, qui est appareillé à mourir honnestement:
+& se trouve volontiers à tous hazards, ne se trouble pour aucun tumulte,
+& ne s’effraye par crainte.
+
+Patric.
+
+Il n’est rien si fort qui ne puisse estre debilité & rompu par force:
+mais vaincre son courage, & refrener ses passions, c’est le propre de
+l’homme constant, & celuy qui le faict, ne peut seulement estre comparé
+aux hommes parfaicts, mais participe beaucoup de la divinité.
+
+Platon.
+
+Platon enquis, Qui estoit le plus fort des humains, respondit, Celuy,
+qui peut moderer ses passions.
+
+Cicero.
+
+Celuy veritablement est fort qui ne se trouble point és adversitez.
+
+Senec.
+
+Celuy doit estre estimé fort, qui deschasse les vices comme ennemis.
+
+Cicero.
+
+Ceux qui repoussent l’outrage, doivent estre reputez forts, & non pas
+ceux qui les font.
+
+
+Fortune.
+
+Patric.
+
+Les anciens idolatres estimoient fortune estre une Deesse, qui estoit
+cause du bien ou du mal: mais tout se fait par la providence divine.
+
+
+Flateur.
+
+Quin.
+
+Cicero.
+
+Un Royaume est plus souvent destruit par la ruze & cautelle d’un
+flateur, que par les ennemis.
+
+Cicero.
+
+Le monde est si corrompu, que qui ne sçait flater, ou apparoir estre
+envieux, ou orgueilleux, n’est point le bien venu.
+
+Socra.
+
+Fuis comme chose abominable la benevolence des flateurs.
+
+Socra.
+
+Les loups sont semblables aux chiens, & les flateurs aux amys:
+neantmoins ils desirent choses differentes.
+
+Phano.
+
+Comme Acteon fut devoré par ses chiens: aussi plusieurs par les
+tromperies des flateurs.
+
+Plutar.
+
+Les chasseurs prennent les Lievres à l’aide des chiens: aussi les
+flateurs les fols avec fauces loüanges.
+
+
+Gain.
+
+Chilo.
+
+Ayme plustost faire ton dommage, que d’acquerir un gain deshonneste.
+
+
+Gendarme.
+
+Xenop.
+
+Le gendarme qui pour convoitise de vivre prend la fuitte, est fol: car
+souvent par vertu on se sauve, & void on trop plus tuer & s’accuger de
+gens en fuyant la mort, que de ceux qui bataillent virillement & avec
+grand courage.
+
+
+Gentilhomme.
+
+Vives.
+
+Gentilhomme est, estre bien nay, & naturellement apte à vertu.
+
+
+Gloire.
+
+Vives.
+
+Gloire est, estre bien nommé, & en bonne reputation, à cause de vertu.
+
+Cicero.
+
+Gloire est un renom illustre, de plusieurs grands benefices faicts
+envers son pays, & envers un chacun.
+
+Cicero.
+
+Nature nous a limité le corps de la vie bref: mais celuy de la gloire
+fort grand.
+
+Horace.
+
+On ne trouve homme qui apres avoir prins peine ne desire gloire, comme
+soulde & loyer de ses labeurs.
+
+Aristo.
+
+Qui est celuy qui prendroit tant de peine jour & nuit: si la gloire
+devoit terminer par mesme fin que la vie?
+
+Ovide.
+
+Gloire donne force à l’esprit, que par la cupidité de loüange, faict que
+le coeur entreprend chose honneste.
+
+Valer.
+
+Il n’est homme si humble, que quelquefois ne soit surpris de quelque
+affection de gloire.
+
+
+Gourmandise.
+
+Patric.
+
+Gourmandise faict plus mourir de gens que ne faict le glaive ou la
+famine.
+
+Hypocr.
+
+Hypocrates escrit, que ceux qui sont adonnez à gourmandise, ne sont
+jamais en santé, & ne vivent pas longuement: leurs ames sont empeschees
+de sang, comme si elles estoient envelopees de fange, & ordure: &
+pourtant ne pensent rien de celeste, mais ont tousjours le coeur à la
+cuisine.
+
+
+Gourmand.
+
+Patric.
+
+Les gourmands sont tousjours indispos, assiduellement malades, & peu
+souvent en santé, leur vie est brefve: nul gouffre n’engloutoit plustost
+le bien de l’homme que gourmandise: tant plus un gourmand est remply,
+tant plus a faim: tant plus disne, tant plus veut il souper: il n’y a
+possession si ample, ne mesnage si bien aorné, ne richesses si grandes,
+qu’en peu de temps ne soyent noyez & confondues dedans le ventre d’un
+gourmand.
+
+Diog.
+
+Diogenes voyant la maison d’un gourmand exposee en vente, dit par
+facecie, Je me doutois bien que ceste maison tousjours remplie & saoulee
+de vin & de viandes à la fin vomiroit son maistre.
+
+
+Guerre.
+
+Vives.
+
+Guerre est le comble de tous maux, par laquelle l’homme surmonte la
+cruauté de toutes bestes.
+
+Vives.
+
+On peut assez juger quelle horreur a nature de la guerre, veu qu’elle a
+engendré l’homme sans armes.
+
+Vives.
+
+Il n’est possible que l’homme puisse faire guerre sans peché & offence.
+
+Cicero.
+
+Guerre ne doit estre entreprise pour autre fin qu’afin qu’on puisse
+vivre en paix.
+
+Patric.
+
+Gens de guerre doivent contemner le commandement de ceux qui les
+induisent à combatre injustement, & soubs mauvaise querelle.
+
+
+Heresie.
+
+Vives.
+
+C’est heresie pleine d’impieté, de se mocquer des sainctes Escritures &
+de convertir le sens naturel d’icelles en resveries, & inventions
+superstitieuses.
+
+Patric.
+
+Heresie est d’estre obstiné en une opinion mauvaise, & contraire à la
+parolle de Dieu.
+
+
+Homme.
+
+Patric.
+
+L’homme se doit cognoistre soy-mesme, il s’esleve par si grande gloire,
+qu’il pense estre dominateur de la machine ronde, & qu’il peut dompter
+tous les animaux, & ce pendant n’est autre chose qu’un animal mortel,
+caducque & debile.
+
+Vives.
+
+L’homme est capable de corps, & d’esprit: le corps est faict des
+elemens, & l’esprit divin semblable à Dieu.
+
+Cicero.
+
+L’homme naturellement n’est apte à bien faire, ains enclin à mal.
+
+Ovide.
+
+L’homme void souvent ce qui luy est bon & utile: neantmoins fait le
+contraire.
+
+Aristo.
+
+L’homme est le meilleur d’entre toutes les bestes, quand il obeit à
+raison, & le pire quand il se desvoye et sort des limites de raison.
+
+Bias.
+
+Ne loüe point un homme ignorant par ses richesses, ains par sa vertu.
+
+Colum.
+
+L’homme ne faisant rien apprend à mal faire.
+
+Patric.
+
+Un Tigre n’exerce point sa cruauté sur un autre Tigre: un Lion ne faict
+la guerre à un autre Lion, un Dragon n’est ennemy au Dragon: mais
+l’homme tant est de nature perverse, prend plaisir de nuire à son
+semblable, & est celuy d’entre les bestes qui vit le plus mal asseuré.
+
+Vives.
+
+L’homme est suject à faire faute, mais c’est aux fols de perseverer en
+leurs pechez.
+
+Platon.
+
+L’homme n’est point nay pour soy-mesme mais pour son pays, ses enfans &
+prochains.
+
+Vives.
+
+Tu apprendras des sages à estre homme de bien, des fols à estre mieux
+advisé, tu ensuivras ce que les sages loüeront, & tu eviteras ce qui
+sera loüé par les fols.
+
+Vives.
+
+L’homme doit penser trois choses: Comme il doit estre sage, comme il
+doit bien dire, & comme il doit bien faire.
+
+Vives.
+
+Il n’est homme si hors de sens qu’il ne desire plustost parvenir au lieu
+ou il pretend faire sa demeure, que demourer en chemin.
+
+Vives.
+
+Il n’est possible d’avoir bonne estime de celuy, entre les mains duquel
+on se met avec crainte.
+
+Arist.
+
+Aristote interrogué que c’estoit de l’homme, dit: C’est l’exemple de
+maladie, proye du temps, jeu de fortune, image de ruine, balance
+d’envie, & calamité: et le reste flegme et cholere.
+
+Patric.
+
+L’homme est nay pour contempler les choses celestes, & mesme on le juge
+par sa face eslevee en hault, & par l’esprit.
+
+Patric.
+
+La nature de l’homme est telle qu’il ne cognoist son bien jusques à ce
+qu’il est perdu.
+
+Cicero.
+
+C’est chose mal seante à l’homme, de ne vouloir faire ce qu’il commande
+à un autre.
+
+Patric.
+
+Veu que tu es homme, tu dois considerer la commune condition, & te
+souvenir que tu es mortel.
+
+Vives.
+
+L’homme qui cherchera le Royaume de Dieu & sa Justice, n’aura jamais
+faute de ce qui luy est necessaire.
+
+Vives.
+
+L’homme ne face à autruy, que ce qu’il luy voudroit estre faict.
+
+
+Honneur.
+
+Vives.
+
+Il convient porter honneur aux bons seulement.
+
+Patric.
+
+L’honneur qui s’acquiert par science est plus loüable, que la gloire
+receue des faicts de guerre.
+
+Honneur nourrit les arts, & par icelle sommes enflammez à acquerir
+gloire.
+
+Demo.
+
+Donner honneur à aucun plus qu’il ne merite, c’est donner occasion aux
+fols de mal penser.
+
+Cicero.
+
+C’est honneur d’accuser les meschans & deffendre les bons.
+
+Cicero.
+
+Honneur se doit acquerir par vertu, & non point par finesse.
+
+Platon.
+
+Honneur est un bien divin, & ce que font les meschans ne merite honneur.
+
+S. Aug.
+
+Qui pourra endurer un riche homme estre mis au siege d’honneur, &
+l’homme honneste & sage estre mesprisé.
+
+Thal.
+
+Tu dois porter honneur (apres Dieu) à ton Prince & à ses Lieutenans, par
+ce que par eux le pays est gouverné en paix, la justice administree, les
+meschans corrigez, et les ennemis repoussez.
+
+
+Histoire.
+
+Patric.
+
+Histoire est le tesmoignage du temps, maistresse de la vie, lumiere de
+verité, et messagiere d’antiquité.
+
+Patric.
+
+Histoire nous propose devant les yeux les faits heroiques des hommes
+vertueux, par lesquels nous pouvons acquerir la maniere de bien &
+vertueusement vivre: eviter les dangers & folles entreprises, estre
+prudens & subtils aux affaires.
+
+Patric.
+
+L’histoire nous enflamme, à ce qui est honneste, elle deteste les vices,
+mesprise les meschans, loüe les bons & vertueux.
+
+
+Jesus Christ.
+
+Vives.
+
+Le fondement de nostre salut est croire en Jesus Christ nostre
+Legislateur, & que le sainct Esprit procede de luy, sans lequel nous ne
+pouvons faire, ne penser chose qui soit bonne.
+
+Act. iiii.
+
+Il n’y a point de salut sinon en Jesus Christ, il n’y a point d’autre
+nom donné entre les hommes, par lequel nous puissions estre sauvez.
+
+Mat. xi.
+
+Venez à moy vous tous qui estes affligez, & vous serez soulagez.
+
+Act. xiii.
+
+Par iceluy vous est annoncee la remission des pechez: qui croit est
+justifié par Jesus Christ.
+
+Vives.
+
+Il a moyenné la paix entre Dieu & le Genre humain, & a esté autheur de
+nostre salut, estant vray Dieu & vray homme.
+
+Vives.
+
+Il est venu en ce monde pour avoir compassion du genre humain, pour nous
+enseigner la droicte voye que nous devons tenir pour parvenir à Dieu:
+non seulement a enseigné un chemin tressur, mais aussi l’a demonstré par
+ses oeuvres & sa vie, laquelle rend tesmoignage de sa bonté, & ses
+miracles de sa grande puissance.
+
+
+Innocent.
+
+Patric.
+
+L’innocent ne craint point les Loix ne les tesmoins, l’accusateur ne le
+rapporteur: Il n’est subject à aucun, il n’obeit à nully: & ne faict
+tort ny injure à personne.
+
+
+Injure.
+
+Socra.
+
+Rendre injure pour injure, est autant que de laver la boüe avec la boüe.
+
+Lev. xx.
+
+Tu ne tiendras point ton courroux, et ne te vengeras point de l’injure
+que l’on t’aura faicte.
+
+Aristi.
+
+Aristipus estant injurié, dit, tu es le maistre de mal dire, & moy
+d’escouter.
+
+
+Ire.
+
+Patric.
+
+Ire est une perturbation de l’esprit, cruelle & mal seante à l’homme
+humain: elle change la doulceur de l’homme en la cruauté des bestes,
+contrainct souvent faire, ce dont incontinent on se reprend.
+
+Lacta.
+
+Si l’homme qui tient son ire gouverne Royaume, il trouble tout, respand
+le sang humain, faict tresbucher les citez, trouble le peuple, & rend
+les provinces desertes & inhabitables.
+
+Senec.
+
+Il n’y a chose qui face l’homme plus enclin à ire, que le nourrissement
+delicat.
+
+Senec.
+
+Persuasion de felicité a de coustume de nourrir l’ire.
+
+Heracli.
+
+C’est chose moins difficile de batailler contre volupté, que contre ire.
+
+Patric.
+
+L’ire change la nature de l’homme en nature de beste sauvage.
+
+
+Jeunesse.
+
+Patric.
+
+Jeunesse se commence, quand les enfans commencent à parler
+parfaictement, & qu’ils sont en aage pour estre instruits aux bonnes
+disciplines.
+
+i. Pie. v.
+
+Jeunes gens soient subjects aux anciens, & se monstrent humbles envers
+eux, parce que Dieu resiste aux orgueilleux, & donne grace aux humbles.
+
+
+Juge.
+
+Cicero.
+
+C’est l’office d’un Juge d’avoir au conseil gens de bien, sçavoir la
+Loy, observer la Religion, & garder inviolablement la Foy, faire cesser
+toute haine, envie, querelle, et convoitise.
+
+Cicero.
+
+Aux Juges est requis d’avoir vertu, specialement Force & Prudence.
+
+Cicero.
+
+Es choses de grande importance on regarde le soleil, puis les effects,
+puis apres les issues.
+
+Cicero.
+
+Le juge est corrompu plustost par le beau parler des Advocats, que par
+argent: toutesfois on prise celuy qui obtient par son eloquence, et qui
+corrompt par pecune est puny.
+
+Exode.
+
+Tu constitueras des Juges, afin qu’ils jugent le peuple par juste
+jugement, tu ne renverseras point le droit, & n’auras regard aux
+personnes, tu ne prendras aucuns presens, car le present aveugle les
+yeux des sages.
+
+Deut.
+
+Escoutez Juges, & jugez droictement, entre l’homme & le frere, &
+l’estranger: Vous n’aurez acception de personne: & supporterez autant le
+pauvre que le riche, vous ne craindrez la face de personne, car le
+jugement est à Dieu.
+
+Deut.
+
+Juges advisez ce que vous faictes, car vous n’exercerez point le
+jugement des hommes, mais le jugement de Dieu: Dont il vous sera faict
+selon les choses jugees, la craincte de Dieu soit en vous, ne faictes
+point d’iniquité vers le Seigneur Dieu, n’ayez acception de personne de
+convoitise de dons.
+
+
+Justice.
+
+Caius.
+
+Justice est de n’offenser personne, & rendre à un chacun ce qui luy
+appartient.
+
+Emped.
+
+Justice est le fondement de compagnie humaine, qui a esgard à la
+Religion Chrestienne.
+
+Patric.
+
+L’office de Justice, est de ne tromper personne, & de Prudence de garder
+d’estre trompé.
+
+Cicero.
+
+Il n’y a mal plus grand en Justice, que quand soubs couleur de justice,
+ceux sont reputez gens de bien qui sont malins & meschans.
+
+
+Langue.
+
+Vives.
+
+La langue est souvent cause de bien & de mal, parquoy la convient
+brider, afin qu’elle ne nuise à soy-mesme.
+
+Vives.
+
+Nul n’est digne d’estre en authorité, qui ne met point de loy à sa
+langue.
+
+Thal.
+
+Tu ne dois point avoir en la langue autre chose que tu as en la pensee.
+
+Thal.
+
+La mauvaise coustume des simulateurs, est que leurs coeurs pensent d’un
+& leurs langues dient d’autre.
+
+Salom.
+
+Malediction à l’homme qui a le coeur double, tu dois estre tel ce
+jourd’huy qu’hyer.
+
+
+Liberal.
+
+Cicero.
+
+Celuy est vrayement liberal, qui de ses richesses rachette les
+prisonniers qui sont detenus par guerre, & pirates de mer: ou celuy est
+liberal qui prend sur soy les debtes de ses amis, qui ayde à marier les
+pauvres filles.
+
+Cicero.
+
+Sois liberal à celuy qui le merite.
+
+Patric.
+
+C’est un acte de coeur noble, d’estre liberal, & faire service à un
+chacun. Ceux qui sont bienfaicteurs, semblent imiter Dieu qui tousjours
+eslargist ses bienfaicts aux humains.
+
+Bito.
+
+Ce n’est pas liberalité si tu donne plus par affection de vaine gloire,
+que par misericorde.
+
+Cicero.
+
+Il en y a plusieurs convoiteux de gloire qui ravissent aux uns pour se
+monstrer liberaux aux autres.
+
+
+Liberté.
+
+Just.
+
+Liberté est chose precieuse & qu’on ne pourroit assez priser.
+
+Patric.
+
+Gens de coeur & de vertu ayment plustost mourir, que de perdre leur
+liberté.
+
+Patric.
+
+C’est à faire à gens simples & de petite condition, de se laisser mettre
+soubs le joug.
+
+Epi.
+
+Il vaut trop mieux vivre en liberté, et sans peur avec pauvreté, qu’en
+servitude avec grandes richesses.
+
+Senec.
+
+Celuy doit estre reputé estre en liberté, qui souhaitte seulement les
+choses qui sont en sa puissance.
+
+
+Loy.
+
+i. Tit.
+
+La Loy est bonne si on en use bien. La Loy n’est pas pour les justes,
+ains pour punir les meschans.
+
+Rom. vi.
+
+Je n’ay point cognu peché sinon par la Loy, je ne sçavois que c’estoit
+de concupiscence, sinon que la Loy m’eut dit, Tu ne convoiteras point.
+
+Gal. iii.
+
+La Loy a esté nostre conducteur, pour venir à Jesus Christ, afin que
+nous soyons justifiez par la Foy. La Loy a esté donnee par Moyse: mais
+la grace a esté faicte par Jesus Christ.
+
+Ezech. xx. c.
+
+Ne cheminez point aux Loix de voz Peres, & n’observez point leurs
+jugemens, ne soyez point soüillez en leurs Images. Je suis le Seigneur
+vostre Dieu. Cheminez en mes commandemens, & gardez mes ordonnances.
+
+Cicero.
+
+Nous sommes enseignez par les Loix à dompter noz appetits, & reprimer
+toute convoitise, garder ce qui est nostre, ne convoiter ce qui est à
+autruy.
+
+Platon.
+
+La Cité n’est de longue duree en laquelle les Loix ne commandent point
+aux Magistrats, mais les Magistrats aux Loix.
+
+Pausa.
+
+Il faut que les Loix soient par dessus les hommes, & non pas les hommes
+par dessus les Loix.
+
+Patric.
+
+Les Loix civilles servent bien peu si elles ne sont conjoinctes au
+commandement de Dieu.
+
+Eras.
+
+Il est expedient qu’il y ait peu de Loix, & encores icelles de claire
+interpretation, à fin qu’on n’ait point de besoing de ceste maniere
+d’hommes praticiens, qui se nomment advocats, ce qui (à la verité) est
+un tiltre d’honneur: mais maintenant l’avarice, & trop grande convoitise
+d’argent donne mauvais bruit à cest estat.
+
+Platon.
+
+Il n’est rien plus dangereux que d’interpreter les Loix au plaisir des
+hommes.
+
+Erasm.
+
+Ainsi comme en maladie n’est point de besoing d’experimenter nouveaux
+remedes, si les vieux ont esté trouvez bons, aussi ne faut il point
+faire des Loix nouvelles, si les anciennes sont utilles & bonnes.
+
+Arist.
+
+En vain sont establies Loix s’il n’y a gens de bien pour les faire
+garder & advient souvent que les Loix bien aornees par la malice des
+gouverneurs & officiers, tournent au detriment de la Republique.
+
+
+Mariage.
+
+Platon.
+
+Il n’y a rien en la vie humaine, ou on trouve plus de consolation,
+amitié plus ferme & accomplie, qu’en mariage.
+
+Le mariage joinct ensemblement Citoyens avec Citoyens par bonne amitié,
+reconcilie les inimitiez.
+
+Ysodo.
+
+Il y a trois biens en mariage, foy, lignee, & mistere.
+
+He. xiii.
+
+Mariage est entre tous honnorable, & la couche sans macule, mais Dieu
+jugera les paillards.
+
+
+Mary.
+
+i. Cor. vi.
+
+Le mary rende la benevolence deue à sa femme: aussi pareillement la
+femme à son mary.
+
+La femme n’a point de puissance de son corps, ains son mary.
+
+Col. iii.
+
+Marys aymez voz femmes, & ne soyez point rigoureux vers elles.
+
+
+Martyrs.
+
+Ap. vi.
+
+Je voy soubs l’autel les Ames de ceux qui ont esté tuez pour la parolle
+de Dieu, & pour le tesmoignage qu’ils avoient: Et crioient à haute voix,
+disant, Jusques à quand Seigneur sainct & veritable, ne juge tu point, &
+ne venge tu point nostre sang, de ceux qui habitent en la terre: Et leur
+furent donnees à chacun robbes blanches, & leur fut dit, qu’ils se
+reposassent encores un peu de temps, jusques à ce que leurs compagnons
+serviteurs fussent accomplis & de leurs freres, qui devoient aussi estre
+martirisez comme eux.
+
+J. x. vi.
+
+Vous serez contristez, mais vostre tristesse sera convertie en joye.
+
+Apo. ii.
+
+Sois fidele jusques à la mort, & je te donneray la couronne de vie.
+
+Math. xiii.
+
+Les justes resplendiront comme le Soleil au Royaume de leur Pere.
+
+Ma. xv.
+
+Venez les beneits de mon Pere possedez le Royaume lequel vous est
+preparé des la fondation du monde. Puis dira à ceux qui seront à la
+fenestre: Maudits departez vous de moy au feu eternel, & allez au
+tourment eternel: Vous justes venez à moy, & joüissez de la vie
+eternelle.
+
+
+Medecine.
+
+Celsus.
+
+La Medecine est necessaire pour la vie humaine: L’agriculture promect
+nourrissement & la médecine santé.
+
+Vives.
+
+Si la Medecine du corps est necessaire, d’autant plus l’est celle de
+l’Ame, sans laquelle le corps ne peut estre bien dispos.
+
+
+Mediocrité.
+
+Horace.
+
+Vertu consiste en mediocrité, & vice en exces.
+
+Bito.
+
+On acquiert plus de loüange par mediocrité, que par exces.
+
+Senec.
+
+Toute chose qui est trop, se convertit en vice.
+
+Horace.
+
+Il y a moyen en toutes choses, & certaines limites & fins, lesquels la
+vertu n’outrepasse point.
+
+
+Mere.
+
+Phamo.
+
+Celle n’est point vraye mere qui permet nourrir son enfant d’autre laict
+que du sien: car les mammelles ne sont donnees à la femme pour
+l’aornement de sa poictrine: mais Nature les luy a donnees, pour le
+nourrissement de l’enfant.
+
+Patric.
+
+La bonne mere chaste & pudique qui a vescu sans blasme, ne permettra à
+ses enfans chose qui ne soit honneste.
+
+
+Menteurs.
+
+Cicero.
+
+Les hommes sont souvent menteurs contre ceux qu’ils ont en hayne.
+
+Arist.
+
+Les menteurs pour recompence de leurs menteries ont cecy, qu’encores
+qu’ils disent verité, ne sont jamais creuz.
+
+Eccle. xx.
+
+Un laron vaut mieux qu’un menteur ordinaire: mais tous deux auront
+confusion pour leur part.
+
+
+Mensonge.
+
+Eccles. xx.
+
+C’est un mauvais blasme à un homme, que mensonge: toutesfois il est
+souvent en la bouche folle.
+
+Eph. iiii.
+
+Otez le mensonge, & parlez verité chacun avec son prochain.
+
+
+Menace.
+
+Psam.
+
+Garde toy de menacer autruy, et ne desire te venger d’autruy, car à Dieu
+seul appartient la vengeance.
+
+
+Misericorde.
+
+Mat. xi. S. L. vi.
+
+Certes si vous sçavez que c’est, Je veux misericorde & non point
+sacrifice: vous n’eussiez point condamné les innocens, car aussi le Fils
+de l’homme est Seigneur mesme du jour, du repos, & est licite de bien
+faire és sabaths.
+
+
+Mort.
+
+Cicero.
+
+Cela doit estre imprimé en nous, dés nostre jeune aage, de ne point
+craindre la mort: Car si nous en avons craincte, nous vivons en
+perpetuel tourment.
+
+Isocra.
+
+Nature a condamné un chacun à mourir, mais les vertueux ont ce don
+propre de mourir avec gloire & loüange.
+
+Ap. xxiii.
+
+Bien heureux sont les morts qui meurent en la grace de Dieu, l’Esprit
+dit qu’ils reposent de leurs labeurs, & leurs oeuvres les suivent.
+
+Epi.
+
+Il y a des gens qui sont de telle nature qu’ils desirent mourir, & non
+mourir.
+
+Mus.
+
+Puis que c’est une chose arretee & certaine qu’il convient une fois
+mourir, je n’estime point celuy qui meurt tard heureux: mais celuy qui
+meurt avec honneur.
+
+Simoni.
+
+La mort est la medecine, & fin de tous noz maux.
+
+Aristo.
+
+Il n’est rien meilleur à l’homme, que de naistre: ne rien meilleur que
+de mourir au commencement de la vie.
+
+Patric.
+
+Il ne faut pas porter impatiemment ce qu’on ne sçauroit vaincre par
+force, ne par conseil, ains estimer que par la mort ne nous advient
+chose nouvelle, ne rien outre la condition de tous mortels: parquoy ne
+se faut contrister de ce qui est commun à chacune creature. Que nous
+sert-il de lamenter & plaindre, sinon que nous sommes veuz plus legers,
+& inconstans par cela?
+
+Erasm.
+
+Nous ne devons point plourer la mort d’autruy, si elle n’est
+deshonneste: car nous n’estimons point celuy estre le plus heureux, qui
+aura vescu plus longuement, mais plus honnestement.
+
+Cicero.
+
+La mort est le bout & extremité de toutes choses qui est le departement
+de l’Ame & du corps.
+
+Cicero.
+
+Il n’y a rien semblable à la mort que le dormir.
+
+Socra.
+
+La mort est incertaine: en sorte que personne ne se peut asseurer de
+vivre un an, non pas jusques à la vespree.
+
+Cicero.
+
+Qui est celuy tant soit-il jeune qui soit certain de vivre jusques au
+Soleil couché?
+
+Platon.
+
+Il faut que tout meure, & la mort, est la fin de misere & d’adversité.
+
+Ecclesi. xx.
+
+Ne pleurez point sur les morts, parce qu’ils reposent.
+
+Ecclesi. xxviii.
+
+Il n’y a point de retour de la mort, & ne te proffitera de rien de te
+tourmenter et fascher d’icelle.
+
+Sa. xii.
+
+David, de son enfant mort dit, Pourquoy ploreroy-je? Le puis-je faire
+revenir? J’iray à luy, & il ne viendra point à ensevelir les morts.
+
+Job. xiiii.
+
+L’homme qui est mort ne se releve plus & ne se reculera jusques à ce que
+les Cieux ne seront plus.
+
+Math. xxii.
+
+Dieu n’est point le Dieu des morts, ains des vivants.
+
+Deut.
+
+En toy ne sera trouvé homme qui face passer son fils, ou sa fille par le
+feu, ne Magitien usant de Magique, ne homme ayant regard au temps &
+oyseaux, ne Sorciers, ne Enchanteurs, ne hommes demandans conseil aux
+esprits familiers, ne Devins demandans advis aux morts: car tous ceux
+qui font telles choses sont abomination devant le Seigneur.
+
+Luc. vi.
+
+Les vivans ont Moyse & les Prophetes, qu’ils les oyent, s’ils ne les
+veulent ouyr aussi ne croiront-ils point aux morts quand ils
+ressusciteroient.
+
+i. Sam. xxviii.
+
+Saul fut puny pour avoir demandé conseil à la Sorciere, & aux morts.
+
+Jer. xxii.
+
+Ne pleurez point le mort, & ne soiez point esmeuz pour luy, ains celuy
+qui vient de naistre, car il ne retournera plus, & ne voira plus la
+terre de sa nativité.
+
+Cicero.
+
+Celuy qui craint la mort, laquelle on ne peut eviter, ne peut vivre en
+tranquilité & repos de son esprit.
+
+Cicero.
+
+Celuy qui ne craint point la mort, s’acquiert grand secours & moyen pour
+vivre heureusement.
+
+Cicero.
+
+La mort n’espouvente point l’homme sage, combien qu’elle luy soit tous
+les jours preparee.
+
+Socra.
+
+La mort honneste jamais ne doit estre fuye, mais plustost desiree.
+
+
+Musique.
+
+Patric.
+
+La Musique delecte l’esprit & rend les hommes plus prompts, & alaigres à
+la chose militaire.
+
+La Musique doit estre receue en la Cité de liberté, pourveu qu’elle ne
+donne que plaisir.
+
+
+Nature.
+
+Vives.
+
+Nature nous a enseigné ce qui est necessaire d’avoir: & folie a inventé
+ce qui est superflu.
+
+Vives.
+
+Si tu donne à nature ce qui luy est necessaire, elle y prend plaisir: &
+si tu luy donne chose superflue elle en est debilitee.
+
+Cicero.
+
+Nature vaut mieux sans doctrine, que doctrine sans nature.
+
+Cicero.
+
+J’ay cogneu plusieurs gens d’excellent esprit, qui sans avoir esté
+endoctrinez, ont estez grands personnages & vertueux: en sorte que l’on
+pouvoit juger qu’ils avoient une nature en eux, plustost divine
+qu’humaine.
+
+Phalar.
+
+Nature a pourveu aux commoditez de tous les animaux, aux uns donnant
+toisons, plumes, escailles & autres semblables: mais elle a produit les
+hommes tous nuds, & denuez de force: tellement que pour pourvoir à ses
+necessitez il faut qu’il travaille avec soing, labeur & industrie.
+
+
+Necessité.
+
+Leod.
+
+Necessité enseigne Nature & pouvoir à l’advenir, & s’accommoder à ce qui
+est propre pour pourvoir à la necessité des hommes.
+
+Patric.
+
+Necessité a plus d’efficace que nul art, qui ne se fortifie point d’ayde
+accoustumer: mais quiert & invente chose nouvelle pour sa deffence.
+
+
+Noblesse.
+
+Salust.
+
+La vraye noblesse, est de s’appuyer à sa propre vertu, & non à celle de
+ses Majeurs.
+
+S. Chr.
+
+Que sert la noblesse, à celuy qui est soüillé de vice? Que nuist à celuy
+l’obscure race s’il est aorné de vertu.
+
+Senec.
+
+Le noble coeur se delecte és choses vertueuses, & ne verrez point les
+choses d’excellence prendre plaisir aux choses viles.
+
+Quin.
+
+La vraye noblesse vient de vertu, & les autres choses sont de fortune.
+
+Fab.
+
+Nous n’estimons point qu’aucun merite le tiltre de noblesse à cause de
+sa naissance, & de sa race, ains pour l’excellence de sa vertu.
+
+Patric.
+
+Il est beaucoup meilleur d’estre en bonne reputation par actes vertueux,
+que d’estre meschant, & se couvrir de la vertu, & noblesse de ses
+Majeurs.
+
+Patric.
+
+Il faut vivre en sorte que l’on soit commancement & exemple de vertu à
+sa posterité.
+
+Patric.
+
+Il ne faut point degenerer, & obscurcir la gloire de ses ancestres par
+sa mauvaise vie.
+
+Patric.
+
+Noblesse sans bonté engendre orgueil, & richesse sans vertu, insolence.
+
+Socra.
+
+On reprochoit à un qu’il n’estoit point de noble sang, lequel respondit:
+Tant plus suis digne de loüange, par ce que ma noblesse commance à moy.
+
+Socra.
+
+Socrates interrogué que c’estoit que noblesse, dit, c’est une temperance
+de l’ame et du corps.
+
+Boet.
+
+La noblesse du sang d’autruy ne te rend noble si tu ne l’acquiers
+toymesme.
+
+Apul.
+
+La noblesse n’est à considerer selon le sang, ains selon les vertus.
+
+Vives.
+
+Noblesse est d’estre cogneu par l’excellence & hautesse de sa vertu,
+estre issu de gens vertueux & estre semblable à eux.
+
+Vives.
+
+Noblesse, honneur, puissance, & dignité, nous ont esté delaissez d’une
+vaine gloire & antique persuasion des hommes, laquelle Jesus Christ a
+arrachee du coeur des siens, & depuis a esté semee entre les Chrestiens
+comme Zizanie, que le diable ennemy des hommes a semé parmy la bonne
+semence.
+
+Vives.
+
+D’autant plus q’un homme est noble, et bien nourry, tant moins se doit
+estimer, mais se montrer modeste, gratieux & humain: car arrogance ne
+procede que de personne hebetee, & non pourveue de sçavoir &
+d’honnesteté.
+
+Vives.
+
+C’est le propre d’un homme noble, & bien nay, de pardonner & remettre
+les offences: Tenir sa rancune, & aymer vengeance, c’est à un homme
+cruel & inhumain.
+
+
+Officiers.
+
+Aristo.
+
+En une Republique bien ordonnee, ceste loy doit avoir lieu, que nul
+office ne soit à vendre: mais qu’un chacun en soit pourveu selon ce
+qu’il a merité.
+
+Cicero.
+
+Les officiers d’une Cité sont la Loy parlante, & les Loix sont officiers
+muetz.
+
+Isocra.
+
+Les Officiers doivent preferer l’utilité publique à leur profit
+particulier. Ainsi comme les ordonnances doivent commander aux
+officiers, aussi les officiers doivent commander au peuple.
+
+Euseb.
+
+Celuy qui tient office, & establit loix, ne doit estre gouverné par sa
+seule puissance, mais avec dignité & bon entendement se recognoistre par
+dessus tous les autres.
+
+Exode.
+
+Pourvoy entre le peuple de gens vertueux, craignans Dieu, hommes
+veritables hayssans avarice.
+
+
+Orgueilleux.
+
+Vives.
+
+L’orgueilleux est tousjours en discord avec les humbles, encores
+beaucoup plus avec les autres orgueilleux.
+
+
+Oysiveté.
+
+Patric.
+
+Oysifs ne doivent estre tollerez en une Cité bien policee, car les
+hommes ne faisans rien, apprennent à mal faire.
+
+Ovide.
+
+Si tu fuis oysiveté, Cupido ne te pourra nuire de ses darts.
+
+
+Parler.
+
+Patric.
+
+Il est beaucoup plus seant de se taire quand il est requis, que de
+parler à temps.
+
+Patric.
+
+Deux peuvent bien chanter ensemble: mais non pas parler.
+
+Cicero.
+
+Autant de fois que nous parlons: autant de fois lon juge de nous.
+
+Simoni.
+
+Je ne me repents jamais de m’estre teu, mais bien d’avoir trop parlé.
+
+Socra.
+
+Zenon voyant un jeune homme, qui estoit fort addonné à parler, luy dit,
+Sache que nature nous a donné deux aureilles, & une langue, qui veut
+signifier qu’il faut plus escouter que parler.
+
+Platon.
+
+Platon dit à un qui parloit trop en une compagnie, Sache que mesure de
+parler n’est pas à celuy qui parle, mais a celuy qui escoute.
+
+Cicero.
+
+Ne parle point beaucoup à table si tu ne veux faillir.
+
+Perian.
+
+Quand tu seras interrogué, respons à propos & non legerement.
+
+Vives.
+
+Il est meilleur d’escouter avec les gens sages, que de parler.
+
+Macr.
+
+On n’apparoit point moins sçavant en se taisant qu’en parlant.
+
+Mam.
+
+Plus grande science & prudence est de se taire que de parler.
+
+Bias.
+
+Tu dois plus escouter que parler: car tu ne seras point repris de te
+taire, mais bien de trop parler: Le fol en quoy resemble-il mieux aux
+sages? C’est quand il se tait: car lors on ne cognoist point sa follie.
+
+Bias.
+
+Sois prompt à escouter & tardif à parler: car il y a moins de peché à
+mal ouyr qu’à mal parler.
+
+
+Paroles.
+
+Platon.
+
+Paroles lascives & salles, doivent estre extirpees hors de la bouche,
+tout ainsi comme la poison des viandes.
+
+Caton.
+
+Ne t’accoustume point à parler legierement, et garde que tes paroles ne
+previennent tes pensees.
+
+
+Peché.
+
+Vives.
+
+Ne nous persuadons point que noz pechez s’effacent par or, argent, ou
+encens: mais par la grace du Seigneur: laquelle par la foy engendre en
+nous une bonté & syncerité de coeur.
+
+Vives.
+
+Il n’est possible de penser mal plus pernicieux que d’estre separé par
+peché de l’amour du Seigneur.
+
+Eras.
+
+Il n’y a rien plus miserable, que d’obeir aux pechez & passions
+sensuelles. Qu’y-a-il plus laid qu’estre serviteur d’appetit desordonné?
+d’ire, d’avarice, d’ambition, & autres maistres insolens & desreglez,
+qui s’attribuent jurisdiction sur les hommes?
+
+Perian.
+
+Reprens non seulement les pecheurs, mais aussi ceux qui se preparent à
+faire vice.
+
+
+Peres.
+
+Eph. vi.
+
+Peres ne provoquez point voz enfans à courroux, mais entretenez-les avec
+modestes instructions & remonstrances en la doctrine du Seigneur.
+
+Col. iii.
+
+Vous peres n’irritez point voz enfans à fin qu’ils ne se descouragent.
+
+Eccl. iii.
+
+La benediction du pere rend les maisons des enfans fermes: mais la
+malediction de la mere demolit les fondemens.
+
+Maxi.
+
+Les peres qui, en oubliance & mespris de leur sang par les allechemens &
+mignardises des marastres malicieuses, cherchent d’exhereder leurs
+propres enfans & d’en supplanter des estrangers, sont grandement à
+blasmer et despourveuz de leurs sens & entendement.
+
+Erasm.
+
+Un bon pere se doit plustost efforcer à delaisser à ses enfans bonne &
+honneste renommee qu’abondance de bien, pour ce qu’il est transitoire:
+mais le bon bruit est immortel.
+
+Par vertu on peut acquerir or & argent: mais par or on ne peut acquerir
+bonne renommee.
+
+Nava.
+
+Le pere doit employer toute la peine qu’il prend, à faire soigneusement
+endoctriner ses enfans en bonnes moeurs & en la craincte du seigneur.
+
+Bito.
+
+Il n’y a rien qui soit plus à craindre, que d’avoir des enfans qui
+denigrent de l’honnesteté du pere.
+
+Pytha.
+
+Tel que tu auras esté envers ton pere, tels aussi seront tes enfans
+envers toy.
+
+Papir.
+
+Si le pere cognoist que son enfant soit docile & de bon esprit, il ne
+doit rien espargner pour le faire parvenir aux sciences des bonnes
+lettres.
+
+Beren.
+
+Le pere ne doit rien plus desirer, que d’avoir son enfant bien apprins &
+sçavant, lequel non seulement doit souffrir d’estre vaincu de luy, en
+tout genre de loüange & de vertu, mais aussi estimer que l’honneur &
+dignité de son fils luy est une palme de victoire.
+
+Patric.
+
+Ce qui rend plus tenu & obligé un enfant envers son pere, est quand il
+congnoit que par son moyen il a esté instruit, et est parvenu à la
+cognoissance des bonnes lettres.
+
+Caius.
+
+Alexandre confessoit qu’il n’estoit point moins tenu à son precepteur,
+qu’à son pere, pource que l’un luy avoit donné le commencement de vie, &
+l’autre luy avoit donné la maniere de bien & vertueusement vivre.
+
+
+Prosperité.
+
+Perian.
+
+Si tu es en prosperité, gouverne tes affaires avec modestie: & en
+adversité, avec prudence.
+
+Ne te fie à la prosperité, par ce qu’il n’y a chose plus muable que
+fortune.
+
+
+Raison.
+
+Patric.
+
+Raison est la gouvernante, & maistresse de tous les faicts loüables sans
+laquelle lon ne peut rien dire ne penser qui soit bon: C’est celle la
+qui nous separe des bestes, & faict que nous sommes veuz approcher de la
+nature des Dieux.
+
+
+Religion.
+
+Vives.
+
+Religion & pieté Chrestienne, tend à ceste fin, que d’introduire une
+serenité & tranquillité dedans les esprits humains: à fin qu’estans
+paisibles & mortifiez, en nos affections, nous soyons semblables à Dieu
+et aux Anges.
+
+
+Renommee.
+
+Ovide.
+
+L’homme, apres son Ame n’a rien plus cher ne precieux, que bonne
+Renommee, laquelle une fois perdue, est tenu en mespris.
+
+Plin.
+
+Plusieurs craignent la mauvaise renommee: mais peu craignent leur
+conscience.
+
+Thal.
+
+Efforce toy d’acquerir bonne renommee, & la grace d’un chacun.
+
+
+Reprendre.
+
+Vives.
+
+Ne reprens autruy, que premier tu ne vois sur toy s’il y a rien à
+prendre.
+
+Vives.
+
+Croy que celuy t’ayme, qui te reprend amiablement.
+
+Vives.
+
+Si tu trouve mauvais d’estre reprins, fay que tu ne commette chose digne
+de reproche.
+
+
+Resjoüir.
+
+Vives.
+
+C’est à faire à l’homme cruel de se resjoüir du mal d’autruy.
+
+Vives.
+
+Il ne te faut point trop resjoüir s’il t’est venu quelque accroissement
+de bien à l’adventure: car il y a si grande mutation de fortune en
+toutes choses, que souvent douleur est voisine de folle & vaine
+resjoüissance.
+
+
+Riche.
+
+Patric.
+
+Il ne faut pas s’enrichir au dommage & detriment d’autruy.
+
+
+Richesses.
+
+Perian.
+
+Il advient peu souvent, que l’on soit excellent en richesses et en
+bonté.
+
+Pythag.
+
+Il est malaisé de retenir le cheval sans frain, ne aussi les richesses
+sans prudence.
+
+Vives.
+
+Richesses ne sont point pierres precieuses, rares metaux, bastimens
+sumptueux, ne beaux meubles: mais sont n’avoir faute des choses qui sont
+necessaires pour la garde & tuition de la vie humaine.
+
+Vives.
+
+Si tu n’es pourveu de richesses, garde toy bien d’en acquerir avec perte
+de la moindre vertu du monde.
+
+Vives.
+
+Avoir trop grande abondance de richesses, qu’est-ce autre chose qu’une
+pesante charge, & empeschement de trop de bagage.
+
+Calm.
+
+Richesses ne peuvent honnorer l’homme sans vertu: mais vertu sans
+richesses donne grand lustre et credit à l’homme vertueux.
+
+Democ.
+
+Si tu ne desire point de richesses, le peu te semble beaucoup.
+
+Simoni.
+
+Simonides interrogué lequel il aymeroit le mieux, ou richesses ou
+sçavoir, dit, J’en doubte: mais je voy tousjours les sages portez des
+riches.
+
+
+Sage.
+
+Patric.
+
+On vient plustost à bout des grandes affaires par le conseil d’un sage
+homme, que non point par les opinions de plusieurs indiscrets.
+
+Platon.
+
+Un homme sage ne se courrouce point quand on le vitupere: et ne se
+glorifie point quand on le loüe.
+
+Cicero.
+
+Il n’y a rien qui soit plus à blasmer à un sage, que de dire, Je n’y
+pensois pas.
+
+
+Sagesse.
+
+Vives.
+
+Sagesse est de se cognoistre soy-mesme.
+
+i. Co. iii.
+
+La sagesse mondaine est follie vers Dieu.
+
+
+Sacrifice.
+
+Vives.
+
+Le vray sacrifice que nous devons à Dieu, est de purger nostre Ame des
+perverses affections, de ne porter rancune à nostre prochain, nous
+mettre en devoir de profiter à un chacun.
+
+
+Santé.
+
+Vives.
+
+Santé est bonne habitude, tant du corps que de l’Ame.
+
+
+Secret.
+
+Socrat.
+
+C’est simplesse contempler les secrets de Nature, & negliger l’estat de
+nostre vie.
+
+Thales.
+
+Ce que tu entreprens, tiens-le secret, à fin que si tu ne viens à ton
+attente tu n’en sois mocqué.
+
+
+Sepulchres.
+
+Patric.
+
+La mode des Egiptiens, est de faire bastir des magnifiques & somptueux
+sepulchres, estimant que par leur folle & superstitieuse religion, ils
+peuvent servir de domicile aux morts.
+
+
+Sobrieté.
+
+Patric.
+
+Sobrieté conserve nostre santé, faict la vie de plus longue duree,
+conduit l’esprit, & le corps entier, & sain jusques à la fin de l’aage.
+
+Socrat.
+
+Socrates par sa grande sobrieté ne fut jamais trouvé malade.
+
+
+Temperance.
+
+Chal.
+
+Temperance est celle qui dompte les pensees: & qui deffend à l’homme de
+ne desirer que chose licite.
+
+
+Temerité.
+
+Isocra.
+
+Temerité & folle hardiesse sans advis ne conseil, mettent souvent
+l’homme en danger.
+
+
+Temps.
+
+Vives.
+
+Le temps consomme toutes choses, et esclarcit les choses faulses, &
+faict que les vrayes sont cognues.
+
+Patric.
+
+Le temps est plus precieux que toute autre chose car quand il est passé
+ne se peut recouvrer.
+
+Chilo.
+
+Ne pers point ton temps: car il n’y a rien si clair & precieux
+qu’iceluy, lequel soudain & avec un moment s’envole.
+
+
+Verité.
+
+Patric.
+
+Tu dois porter telle reverence à la Verité, que pour chose, tant soit de
+grande importance, ne t’en dois varier n’avoir aucun respect aux
+richesses, amys, prieres, ou crainte de mort.
+
+Cicero.
+
+Le proffit de mesnage n’est point de longue duree: aussi le dommage de
+verité ne nuit pas longuement.
+
+Vives.
+
+Il y a tousjours consentement du vray avec le vray: mais ce qui est faux
+ne s’accorde avec verité ny avec mensonge.
+
+Vives.
+
+La reputation que tu auras d’estre veritable, aura plus de foy que tous
+les grands sermens que les autres feront.
+
+
+Vertu.
+
+Horace.
+
+Celuy qui desire attaindre & parvenir au degré de vertu, ne peut sans
+peine et labeur.
+
+Vives.
+
+Vertu est une pieté & affection envers Dieu & les hommes, & volonté de
+bien faire.
+
+Cicero.
+
+Vertu ne peut estre au regne de volupté.
+
+Vives.
+
+Tout ce qui se faict avec vertu ne peut estre que honneste & loüable.
+
+Bias.
+
+Disputer de vertu & vivre en peché sont actes differents.
+
+Patric.
+
+Entre les choses de ce monde, vertu est la plus excellente.
+
+Vale.
+
+Vertu est fuir vice comme ennemy capital, & hair ceux qui sont addonnez
+à volupté mondaine.
+
+Cicero.
+
+Vertu est aucunement affoiblie par oysiveté & reforcee par peine &
+travail.
+
+Horace.
+
+Celuy qui a vertu, a tout ce qui luy est necessaire.
+
+Cicero.
+
+Il est trop meilleur servir à vertu, par peine & labeur (cognoissant
+qu’apres s’ensuit un loyer de gloire & honneur) que servir à volupté
+avec plaisir charnel, qui n’apporte que tristesse & mort.
+
+Caton.
+
+Si vous faictes chose (disoit Caton) vertueuse, le travail et le labeur
+se departiront: & le bien faict tant que vivrez vous demeurera: Mais si
+vous faictes quelque chose par oysiveté, & plaisir desordonné, votre
+volupté en un moment cessera, & le mal-faict tousjours vous
+accompagnera.
+
+Solon.
+
+Toutes choses passent, mais la seule vertu demeure entiere, qui rend son
+Autheur loüable: Au contraire vice est vituperable qui rend son Autheur
+infame.
+
+Cicero.
+
+Celuy est digne de loüange, qui par sa vertu est parvenu en hault estat,
+& non pas celuy qui par richesses, faveurs, & par la calamité d’autruy
+est eslevé en dignité.
+
+Les coeurs des humains sont esmeuz à aymer, quand ils cognoissent
+parfaictement la vertu de ceux avec lesquels ils hantent.
+
+Lact.
+
+Si vertu eschet à l’homme, il luy eschet aussi la beatitude & felicité.
+
+Cicero.
+
+Il y a en nous des semences de vertu, lesquelles si nous laissons venir
+en accroissement, il n’y a doubte que naturellement, nous ne parvenions
+à une fin heureuse.
+
+Patric.
+
+Alexandre souloit dire qu’il aymoit mieux surmonter les autres en vertu
+qu’en puissance.
+
+Cicero.
+
+Plusieurs s’attribuent le nom de vertu, mais ils ignorent ce qu’elle
+vault.
+
+Thal.
+
+Vertu fuit le vice comme son contraire, Qui veut acquerir le renom
+d’estre estimé vertueux, faut qu’il s’abstienne de tous vices, non
+seulement des vices exterieurs, mais aussi des interieurs qui demeurent
+en la pensee.
+
+Thal.
+
+Addonne toy aux choses vertueuses, & honnestes, à fin que tu en puisses
+avoir honneur & bonne renommee.
+
+Solon.
+
+Vertu est loüable de soy, laquelle porte son honneur avec elle, & bien
+souvent est loüee des meschans, contre leur gré: elle ressemble à la
+palme, que tant plus est courbee contre bas, tant plus elle se redresse
+en hault: aussi tant plus vertu est oppressee, tant plus est
+resplendissante.
+
+
+Vie humaine.
+
+Lact.
+
+Combien que ceste vie humaine soit remplie de plusieurs calamitez: ce
+neantmoins est desiree d’un chacun.
+
+Alcib.
+
+Il ne faut rien desirer en la vie humaine, sinon ce qui est conjoinct
+avec vertu & honnesteté.
+
+Patric.
+
+La vie d’un bon homme privé est trop plus seure que la vie de celuy qui
+a charge.
+
+Vives.
+
+Le temps de dormir n’est compté entre le temps de vie, car la vie n’est
+que veue.
+
+
+Volupté.
+
+Platon.
+
+Volupté est le nourrissement de tous maux, elle tue & pervertit la bonne
+nature de l’esprit, rompt & debilite le corps, hebete l’entendement,
+oste le conseil de raison.
+
+Cicero.
+
+Volupté est l’amorce de tous maux, par laquelle les hommes sont prins
+comme le poisson à l’ameçon.
+
+Perian.
+
+Les voluptez du corps se passent bien tost, mais vertu demeure.
+
+
+Fin.
+
+
+
+
+RENCONTRES FACECIEUX
+
+d’aucuns sçavans personnages.
+
+
+Quelqu’un admonestant Diogenes, luy dit, pourquoy, vu qu’il estoit deja
+vieil, il ne se deportoit de tant travailler: auquel il respondit, Si je
+courois au jeu de prix, il me fauldroit laisser la course quand je
+seroye prochain du bout de la lice.
+
+Quelquefois un sophiste pour monstrer son sçavoir disputoit hautement &
+avec ostentation des choses celestes: auquel Diogenes dit, Vrayement tu
+en parle comme sçavant, & pense qu’il n’y a guere que tu es venu du
+Ciel.
+
+On demanda à Diogenes à quelle heure l’homme pourroit prendre sa
+refection: lequel dit, S’il est riche quand luy plaira, & s’il est
+pauvre quand il pourra.
+
+On demanda à Diogenes quand c’est qu’il seroit bon se marier: lequel
+respondit, Aux jeunes il n’est pas encores temps, & aux vieux jamais.
+
+Alexandre ayant pris un escumeur de mer, luy demanda, de quelle
+authorité il deroboit sur la mer: de la mienne, dit-il: Et pource que le
+fais avec un petit Brigandin, on m’appelle Pirate: mais toy qui le fais
+avec une grosse armee, tu es appellé Roy.
+
+Cesar voyant à Rome un estranger qui portoit des petits cinges & des
+petits chiens pour plaisir, demanda si en son pays on ne faisoit point
+d’enfans.
+
+Agasides voyant qu’un sophiste exaltoit fort une petite matiere, dit, tu
+ne serois point bon cordonnier, de vouloir accommoder un grand soulier à
+un petit pied.
+
+Diogenes disoit que les paillardes estoient semblables au vin doux
+destrempé avec du venin, pource (disoit-il) qu’elles apportent au
+commencement un petit plaisir: mais apres une perpetuelle douleur &
+repentance.
+
+Diogenes disoit que ceux qui parloient disertement de vertu & ne
+vivoient point selon raison, estoient semblables à un Luth, le son
+duquel resjoüissoit les hommes, mais de soy il n’en sentoit rien.
+
+Diogenes voyant un joueur d’instrumens accorder sa harpe, luy dit, N’as
+tu point de honte que tu peux si parfaictement accorder ton instrument
+de bois, & tu ne peux accorder ta vie selon raison.
+
+Diogenes interrogué par quel moyen on se pourroit mieux venger de son
+ennemy, dit, En se monstrant homme de bien et vertueux.
+
+Quelqu’un reprochoit à Xenophanes, qu’il estoit craintif, et qu’il
+n’osoit joüer aux detz avec luy: lequel respondit, il est vray que je
+suis craintif, encores plus que tu ne dis, mais est aux choses
+deshonnestes.
+
+Themistocles faisant decreter un sien heritage dit au crieur, crie qu’il
+y a de bons voisins.
+
+Caton se repentoit de trois choses, d’avoir dit son secret à femme,
+d’avoir navigé sur mer, quand il pouvoit aller sur terre, & d’avoir
+passé aucun temps sans apprendre.
+
+
+Fin.
+
+
+ Le mien desir n’est point
+ mortel.
+
+
+
+
+NOTE DU TRANSCRIPTEUR
+
+
+L’orthographe et la ponctuation sont conformes à l’original. On a
+distingué les lettres i/j et u/v. Quelques erreurs manifestes ont été
+corrigées.
+
+
+
+
+*** END OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK 75747 ***